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Népal Le Népal, en forme longue la république démocratique fédérale du Népal (en népalais : , , et , ), est un pays enclavé de l'Asie du Sud, bordé par la Chine (région autonome du Tibet) au nord et par l'Inde sur le reste de ses frontières. En termes de superficie, la majorité du pays se situe dans l'Himalaya mais une partie s'étend également sur la plaine indo-gangétique. A l'est, le pays est séparé du Bangladesh par le corridor de Siliguri et du Bhoutan par l'état du Sikkim (Inde). Le Népal possède une très grande variété de paysages, s'étendant du tropical humide du Téraï, au sud, jusqu'aux plus hautes montagnes du monde, au nord. Il possède huit montagnes parmi les dix plus hautes du monde, dont, à l'est l'Everest (Sagarmatha en népalais) qui marque la frontière avec une partie de la région tibétaine de Chine. Le Népal est un pays multi-ethnique, polyglotte, multi-religieux et multi-culturel ayant le népali comme langue officielle. La capitale du Népal est Katmandou. La monnaie est la roupie népalaise. Le Népal a été rendu célèbre pour les possibilités qu'il offre pour le tourisme, le trekking, l'alpinisme, le VTT, les safaris, le rafting et ses nombreux temples et lieux de culte. Katmandou est la capitale (politique et religieuse) du Népal, dont elle est également la plus grande ville. Les autres principales villes sont Pokhara, Biratnagar, Patan (Lalitpur), Bhaktapur, Birendranagar, Hetauda, Butwal, Bharatpur, Siddharthanagar (Bhairahawa), Birganj, Janakpur, Nepalganj, Dharan, Dhangadhi, et Bhimdatta (Mahendranagar). Le pays est peuplé de plus de et castes différentes. La caste des Chhetri (Kshatriya) constitue le groupe le plus représenté au Népal, regroupant 17 % de la population. La caste des Bahun (Brahmanes) constitue le second groupe avec 12 % de la population (recensement de 2011). Les Newars, considérés comme les premiers habitants de la vallée de Katmandou comptent pour 5 % de la population népalaise. Leur langue, le newari, est toujours parlée dans la vallée de Katmandou. Les autres principaux peuples du Népal sont les Tharus (7 %), les Sherpas, les Tamangs (6 %), les Gurungs, les Kirantis et les Magars (7 %). Bien qu'il ne soit à l'origine que de 0,025 % des émissions de gaz à effet de serre, le Népal est l'un des pays les plus vulnérables et les plus affectés par le changement climatique. Avec le réchauffement climatique, la fonte des glaciers (le Népal a perdu le quart de ses glaciers entre 1997 et 2010) a entraîné la formation de lacs proglaciaires. Ces retenues d'eau représentent une menace potentiellement dévastatrice ; si les berges rompent, des dizaines de milliers de personnes pourraient être déplacées. Histoire. Dynasties Kirata et Licchavi. Entre 400 et 750 , la capitale actuelle du Népal, Katmandou, était dirigée par la dynastie des Licchavi. Les vestiges archéologiques de cette période consistent principalement en des inscriptions sur pierre, datées de deux époques consécutives. La plus ancienne, l'époque Åšaka, date de 78 , tandis que la seconde, Amshuvarmā, date de 576. Bien que la plupart des inscriptions indiquent les dates et commissaires des constructions en pierre, certaines transmettent des édits royaux, des mantras religieux ou des notes historiques. C'est grâce à la corroboration entre les mythes locaux et ces découvertes archéologiques qu'un peuple antérieur aux Licchavi a été identifié, connu sous le nom de Kirata. Très peu d'informations sont disponibles à ce sujet. Dynastie Malla. La dynastie Malla règne sur la vallée de Katmandou, de 1201 à 1769. Monarchie : 1750-2006. Le Népal moderne est créé dans la deuxième moitié du lorsque Prithivî Nârâyan Shâh, le chef de la petite principauté de Gorkha, unifie un certain nombre d'États indépendants des contreforts de l'Himalaya en 1768. Le pays est fréquemment appelé le . Après 1800, la dynastie Shah étant incapable de maintenir un contrôle du pays, celui-ci sombre dans une période d'agitation avant que la famille Rânâ accapare le poste de Premier ministre dans une autocratie fortement centralisée, reléguant le monarque a un rôle de représentation. Ce n'est qu'à partir des années 1950, que l'ancien roi Tribhuvan, de retour au pouvoir après un an d'exil en Inde, parvient à nommer un Premier ministre ne faisant pas partie de la famille Rânâ : un projet de constitution institue une forme représentative de gouvernement basée sur un modèle britannique, mais remplacé rapidement par un retour à une monarchie plus traditionnelle, dénommée le « panchayat ». Lors de l'indépendance et de la partition de l'Inde en 1947, de nombreux royaumes ou principautés hindous enclavés dans le Raj, ou Indes Britanniques, rejoignent la fédération Indienne. Le Népal fait alors savoir qu'il est un royaume totalement indépendant, même s'il subissait l'influence britannique, et le pays n'a aucune intention de rejoindre l'union Indienne. De même, les autorités népalaises déclareront que le pays n'était pas concerné par les divisions entre Hindous et musulmans, qui étaient des problèmes sociaux et religieux qui concernaient l'Inde et le Pakistan. À son indépendance en 1947, le Népal devient le seul royaume hindou au monde. Le Népal nouera des relations diplomatiques avec l'Inde et le Pakistan, et aussi avec Ceylan (le futur Sri Lanka) entre 1947 et 1948. Le Népal ne connait pas les tensions que l'Inde a avec le Pakistan, depuis 1947, et entretient des relations diplomatiques normales, et cordiales, avec le Pakistan, ce qui renforce son indépendance, par rapport à l'Inde. Le Népal nouera aussi des relations diplomatiques avec le Bangladesh (ex-Pakistan Oriental) en 1974, environ après l'indépendance de ce pays. À partir du 18 février 1990, le Mouvement pour la restauration de la démocratie — qui regroupe les partis politiques interdits au Népal depuis 1960, dont notamment le Parti communiste et le Parti du congrès — organise des grèves et des manifestations massives contre le régime. Ce mouvement donne lieu à des affrontements entre les forces de police et les manifestants. Le 6 avril, la police ouvre le feu sur un rassemblement de , tuant une cinquantaine d'entre elles. Le roi Birendra, au pouvoir depuis 1972, se résout à démettre de ses fonctions son premier ministre, à dissoudre le gouvernement et à annoncer des réformes politiques. Les partis politiques sont autorisés et le système de monarchie absolue prend fin. Guerre civile : 1996-2006. En 1980, un référendum confirme le système du panchayat mais l'assortit de réformes démocratiques. En 1990, l'adoption de la démocratie parlementaire fait encore quelque peu progresser la démocratie, mais l’ampleur de la pauvreté et des inégalités dans les zones rurales va à partir de 1996 peu à peu développer une guérilla d'inspiration maoïste. Les affrontements, d'abord sporadiques, engendrent une guerre civile qui fera plus de . Des portions importantes du Népal sont gagnées par la rébellion. Les maoïstes en chassent les représentants des partis proches du pouvoir, exproprient les « capitalistes » locaux et mettent en œuvre leurs propres projets de développement. Ils gèrent également leur propres prisons et tribunaux. Outre les mesures coercitives exercées, la guérilla renforce son implantation en raison d'une popularité rencontrée auprès d’importants secteurs de la société népalaise, en particulier les femmes, les intouchables et les minorités ethniques. Ainsi, les discriminations relatives aux castes sont supprimées, les femmes reçoivent des droits de succession égaux à ceux des hommes et les mariages forcés sont interdits. Par ailleurs, les maoïstes dispensent gratuitement des soins de santé et participent à des cours d'alphabétisation. C'est dans ce contexte qu'en 2001, le roi Birendra, la reine Aiswarya, le prince héritier Dipendra et les autres enfants du couple royal sont abattus au cours d'un dîner. Le prince Dipendra, sous l'effet d'alcool et de drogue, serait l'auteur des meurtres des membres de sa famille, ayant ensuite retourné l'arme contre lui. Gyanendra, le frère de Birendra, parent absent à ce dîner, devient ainsi roi. Mais la monarchie népalaise est fortement affaiblie, d'autant que Gyanendra, soupçonné d'être le vrai instigateur de ce massacre, suspend un an plus tard le Parlement, les Conseils locaux, et démet de ses fonctions le Premier ministre Sher Bahadur Deuba. République depuis 2006. En 2006, face à la pression de la rue et à l'avancée des maoïstes qui chassent les forces gouvernementales des régions rurales, le roi est conduit à restaurer l'assemblée dissoute quatre ans plus tôt et nomme Premier ministre Girija Prasad Koirala qui parvient à faire voter par le Parlement une proclamation privant le roi Gyanendra de l’essentiel de ses pouvoirs. Un accord de paix est alors établi entre le gouvernement et le Parti communiste unifié du Népal (maoïste) et signé fin 2006. L'élection d'une Assemblée constituante le voit alors la victoire des maoïstes ; sa séance inaugurale le suivant confirme l'abolition de la monarchie et son remplacement par une république démocratique fédérale. Le premier président de l'histoire du pays, Ram Baran Yadav est alors élu par la Constituante au scrutin indirect le 19 juillet 2008 pour assurer la transition. Incapables de s'accorder sur une constitution, les partis finissent par constater l'échec de la première Constituante, et une seconde est à son tour élue en 2013. Les rapports de force y sont alors modifiés, avec l'arrivée en tête du Congrès népalais mais le blocage institutionnel persiste faute d'une majorité nette et à cause d'intérêts électoraux divergents et de désaccord quant à la nature de l'État et des futures institutions. Secoués par l'importance de la crise humanitaire liée au tremblement de terre de 2015, les membres de la seconde Constituante s'accordent finalement sur une nouvelle constitution qui est promulguée le . Celle ci instaure un État démocratique républicain, fédéral, laïque, d'orientation socialiste et doté d'un régime parlementaire. Dans la foulée, la Constituante élit le 28 octobre suivant un nouveau chef de l'État, la candidate du Parti communiste marxiste-léniniste unifié, Bidya Devi Bhandari, qui devient la première femme présidente de la République et se voit chargée d'assurer la transition jusqu'à la mise en place des institutions. Mise en place des institutions. Conformément à la constitution nouvellement en vigueur, les différents échelons administratifs ainsi qu'un Parlement bicaméral sont mis en place tout au long de l'année 2017 jusqu'au début de 2018. Des municipales ont lieu en plusieurs fois de mai à septembre 2017, puis des provinciales en deux temps les 26 novembre et 7 décembre 2017, le pays étant désormais composé de sept provinces, dont les noms et capitales sont alors encore à définir. Simultanément aux provinciales se tiennent les élections des de la Chambre des représentants, chambre basse du Parlement et organe central au sein du système parlementaire népalais. Formant une « coalition de gauche », le PCM-LU et le PCM remportent la majorité absolue avec respectivement 121 et . Leurs dirigeants s'accordent sur la formalisation de leur alliance via la fusion prochaine des deux partis en un seul "Parti communiste". Le 7 février, la chambre haute, dite Assemblée nationale, est élue au scrutin indirect par un collège d'élus municipaux et provinciaux. Le scrutin est également remporté par la coalition de gauche, qui transforme ainsi les victoires obtenues aux niveaux local et provincial l'année précédente. Khadga Prasad Sharma Oli (PCM-LU) devient Premier ministre le 15 février 2018. Il fixe immédiatement au 5 mars la tenue de l'élection du nouveau président, et au 16 mars celle du vice-président, ces scrutins devant ainsi achever la décennie de transition post-révolutionnaire. Drapeau. Le drapeau népalais est le seul drapeau national qui ne soit pas rectangulaire ou carré. Il s'agissait à l'origine de deux pennons distincts, identiques aux bannières triangulaires que les chevaliers du Moyen Âge en Europe portaient au bout de leur lance. Le croissant de lune en berceau représente la pérennité de la famille royale et le soleil symbolise la famille Rânâ qui, depuis l'indépendance, pourvoit le pays de ses premiers ministres. Ce drapeau fut adopté en 1962. Politique. Après une histoire riche en rebondissements où les régions qui le constituent ont connu une diversité de régimes monarchiques absolus qui se sont successivement rassemblés ou séparés, le royaume du Népal est devenu une monarchie constitutionnelle en 1990. L'instabilité politique, déjà latente, prit alors de l'ampleur à partir de 1996, où une insurrection menée par le Parti communiste unifié du Népal (maoïste), la « guerre populaire népalaise », apparut notamment dans les campagnes. Celle-ci luttait pour l'abolition de la monarchie et des structures féodales, afin d'établir une . L'arrivée sur le trône de Gyanendra, personnage déjà très impopulaire, a aggravé la situation lorsque celui-ci a cherché à exercer un pouvoir personnel en suspendant les libertés fondamentales et le parlement. En , une grève générale en faveur de la démocratie a fini par faire céder le souverain. Le parlement fut alors rétabli dans ses droits le et, durant le mois de mai suivant, retira au monarque la majorité de ses prérogatives. En 2007, a été mis sur pied, composé de représentants des principaux partis politiques népalais dont cinq ministres appartenant à l’ex-guérilla maoïste. Le , le Parlement provisoire a approuvé, à contre 3, une résolution prévoyant de faire du Népal « un État fédéral, démocratique et républicain », après l'élection d'une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution. L'assemblée a été élue le et a vu la victoire relative des maoïstes qui ont remporté plus du tiers des . La séance inaugurale de cette assemblée durant laquelle la monarchie a été abolie et remplacée par une république a eu lieu le . Le suivant, cette assemblée a élu Ram Baran Yadav, membre du Congrès népalais, à la présidence de la République. Cependant, cette assemblée constituante s'est avérée incapable de s'entendre sur le texte d'une nouvelle constitution et s'est auto-dissoute le , ouvrant une crise politique résolue avec l'arrivée d'un Conseil Électoral Intérimaire en mars 2013 constitué d’anciens hauts fonctionnaires chargés d'organiser des élections générales. Celles-ci, en , ont vu la victoire des partis traditionnels comme le Congrès népalais et le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), au détriment des maoïstes. La Constitution est adoptée le avec une entrée en vigueur prévue le . Son adoption a lieu à la suite du tremblement de terre qui a affecté le pays, et qui provoque un sursaut d'union de la part des trois principaux partis, en réaction à l'inertie du gouvernement lors de la catastrophe. Elle se fait toutefois dans un fort climat de violence, avec des manifestations provoquant la mort de , de dix policiers et de deux enfants. Certaines minorités telles que les Madhesis s'estiment lésées par le redécoupage des frontières intérieures, et la nouvelle Constitution est dénoncée par les féministes comme entrainant une régression du statut des femmes. Il est prévu que Sushil Koirala, le premier ministre en place, laisse sa place de façon intérimaire à K. P. Sharma Oli, le leader du Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), qui formera un nouveau gouvernement en attendant l’organisation d’élections. Le , Bidya Devi Bhandari a été élue présidente du pays. Le , Pushpa Kamal Dahal redevient Premier ministre, quinze jours après la démission forcée de K. P. Sharma Oli. Sher Bahadur Deuba lui succède le . Subdivisions administratives. Depuis la mise en place de la constitution népalaise de 2015 le Népal est un État fédéral constitué de sept provinces. Avant 2015. Le Népal était subdivisé en cinq régions de développement (, "vikās kṣetra"), en 14 zones administratives (, "añcal", transcrit par « anchal », au singulier et au pluriel) et en 75 districts (, "jillā", transcrit par « jilla »). Mustang. Le Mustang est un petit territoire situé dans le nord du Népal et fondé vers 1380. Cet ancien royaume, également appelé le « Royaume interdit », a pour capitale Lo Mantang. Isolé au sein de l'Himalaya jusqu'au début des années 1980, avec un régime de type féodal, il s'ouvre alors sur l'extérieur et notamment aux touristes en 1992. À la suite de la proclamation de la république au Népal en 2008, la royauté a été abolie au Mustang. Géographie. Le Népal a approximativement la forme d’un trapèze. Petit pays de de longueur et environ de largeur, il couvre une surface de . Il est enclavé entre l'Inde et la Chine avec lesquelles il partage de frontières terrestres. Seulement 20 % de la superficie totale du pays est cultivable et les besoins croissants de la population en bois de chauffage et en riz entraînent une déforestation importante. D’un point de vue physique, le Népal peut être divisé en trois zones (ceintures) grossièrement orientées est-ouest : la zone montagneuse, la zone des collines et la région du Teraï. Ces trois zones sont parcourues par les cours d’eau majeurs du pays. L'altitude varie de dans le Téraï à au sommet du Chomolungma (Everest). Climat. Cet énorme dénivelé entraîne une grande diversité de climats et de terrains : Géologie. Le Népal est une région soumise à des séismes fréquents en raison de la subduction de la plaque indienne sous la plaque eurasiatique, à l'origine de l'élévation de l'orogène Himalaya. Le , un séisme de magnitude 7,8 a causé la mort de plus de et de plus de . Le , un autre séisme, de magnitude 7,3 frappe le nord du Népal et se fait ressentir jusqu'à New Delhi, en Inde. Le 3 juin 2015, le gouvernement népalais publie un bilan de et pour les deux séismes. Économie. Pays fermé jusque dans les années 1950, le Népal est aujourd'hui l'un des pays les plus pauvres au monde avec un revenu moyen par personne de par an. Le pays dépend fortement des rémitances, comptant pour près de 30 % de son PIB. L'agriculture emploie 1/3 de la population active. Quant à l'industrie, elle se concentre autour de quelques secteurs, principalement le tabac, la tapisserie et le riz. Ses performances économiques sont handicapés par sa géographie. Ainsi, uniquement 20 % de la surface totale est cultivable. On y trouve une industrie en cours de mutation avec une proto-industrialisation forte. Le secteur des services est en croissance depuis : en 1980 il représentait 26 % du PIB du Népal, aujourd'hui il constitue plus de 42 % du PIB. Cette croissance est due au tourisme et au secteur informatique. En 2022, le Népal est classé en pour l'indice mondial de l'innovation. Toutefois, on peut souligner les remarquables efforts effectués par le Népal ces dernières années pour réduire le taux d'illettrisme (particulièrement chez les jeunes), la pauvreté et la mortalité infantile. Récemment, le Rwanda, le Bangladesh et le Népal ont fait des efforts remarquables pour diminuer leur taux de pauvreté. En sept ans, la population vivant sous le seuil de pauvreté a été divisée par deux passant de 53,51 % en 2003 à 24,8 % en 2010. Ainsi, le taux de pauvreté se réduit de 4 % par an en moyenne. Si la tendance se confirme, le Népal devrait voir sa pauvreté extrême éradiquée dans les vingt prochaines années. L'Inde lève en 1990 le blocus qu'elle avait imposé au Népal un an auparavant, en représailles à l'achat d'armes chinoises par le gouvernement népalais. Il avait provoqué de graves dommages à l'économie du pays. Le gouvernement annonce en 1991 entreprendre la privatisation de la plupart des entreprises publiques du royaume. La pandémie de Covid-19 fait à nouveau plonger le Népal dans une crise économique majeure. Le pays reste dépendant des transferts de fonds des migrants, qui représentent un tiers du PIB (plus de 15 % de la population népalaise vit à l'étranger, notamment dans les pays du Golfe, où les ouvriers népalais représentent une main d’œuvre bon marché). Démographie. La population du Népal était estimée en 2016 à environ d'habitants. La densité de population était d'environ , toutefois, la majorité des Népalais vivant dans le Teraï et la vallée de Katmandou, la densité de population est beaucoup plus importante dans ces zones. Santé. En 2016, l'espérance de vie était de pour les hommes et de pour les femmes, le taux de mortalité infantile s'élevait à et le taux de natalité demeurait élevé. Selon l"Environnemental Performance Index" de l'Université Yale, le Népal est considéré en 2014 comme le deuxième pays le plus pollué de la planète derrière le Bangladesh. Langues. Lors du recensement réalisé en 2011, un peu plus de d'habitants ont déclaré avoir le népalais pour langue maternelle soit 44,64 % de la population. De plus, 33 % de la population déclarent l'avoir pour langue secondaire. La deuxième langue maternelle du Népal est le maïthili parlé par près de d'individus (11,67%). Ils sont regroupés, pour l'essentiel, dans les districts de Dhanusha, Mahottari, Saptari et Siraha où ils composent plus de 80 % de la population. Ces districts sont situés au sud-est du Népal, dans la zone du Teraï. Les troisième et quatrième groupes linguistiques, de taille comparable (environ 6 % de la population chacun) sont apparentés au maïthili : il s'agit du bhodjpouri majoritaire dans les districts de Bara et Parsa (Terraï central) et du , langue maternelle de 52 % des habitants du district de Bardiya et de 41 % de celui de Kailali. Les langues maïthili, bhodjpouri et appartiennent au groupe bihari des langues indo-aryennes. Les langues qui occupent la cinquième et sixième place s'agissant du nombre de locuteurs sont respectivement le (5,11 % de la population) et le nepalbhasha (3,20 %). Ces deux langues appartiennent à la famille des langues sino-tibétaines. Le tamang est majoritaire dans le seul district de Rasshua situé au nord de la Katmandou, à la frontière avec le Tibet. Il est cependant la langue maternelle de plus d'un tiers de la population des districts de Kavrepalanchok, Makwanpur, Nuwakot et Sindhupalchok qui entourent la capitale. Le nepalbhasha est quant à lui pratiqué par 17 % des habitants de Katmandou. 70 % de ses locuteurs habitent la capitale et ses districts limitrophes (Lalitpur ou Bhaktapur notamment). Enfin, cinq autres langues comptent plus de chacune à savoir, par ordre d'importance, le bajjika (), le magar (), le dotyali (), l'ourdou () et l'awadhi (). Religions. Le Népal est un pays multi-religieux à très forte majorité hindouiste avec 81,3 % de pratiquants. La seconde religion la plus exercée est le bouddhisme (9 %), les musulmans sont environ 5 % et les chrétiens 1 % de la population. Certaines des dates des fêtes sont variables, en fonction du type de calendrier utilisé. La liste des jours fériés nationaux comprend 83 fêtes hindoues ; plus aucune fête chrétienne n'est fériée depuis que Noël a été retiré de cette liste en 2016 après y avoir été introduit plus tôt.
Norvège La Norvège (, — ), en forme longue le royaume de Norvège (en bokmål : ' — en nynorsk : '), est un pays d'Europe du Nord. Située dans l'ouest-nord-ouest de la péninsule Scandinave qu'elle partage avec la Suède, elle possède également des frontières avec la Finlande et la Russie au nord-est, et est bordée par l'océan Atlantique à l'ouest-nord-ouest et au sud-est, enfin par l'océan Arctique au nord-est. Avec d'habitants pour , dont de terre, la Norvège est après l'Islande et la Russie le pays le moins densément peuplé d'Europe. Sa capitale, et plus grande ville, est Oslo. La Norvège possède pour langues officielles deux formes du norvégien, le bokmål et le nynorsk, et pour monnaie la couronne norvégienne (NOK). Le pays compte deux territoires insulaires arctiques : l'archipel de Svalbard et l'île Jan Mayen ; par ailleurs il possède une dépendance externe dans l'hémisphère sud, l'île Bouvet dans l'Atlantique sud. L'île Pierre- et la terre de la Reine-Maud en Antarctique sont revendiquées par la Norvège mais ces revendications ne sont pas reconnues internationalement. Après la Seconde Guerre mondiale, la Norvège a connu une expansion économique très rapide, et compte aujourd'hui parmi les pays les plus riches du monde, avec une politique sociale très développée. Le progrès économique s'explique en partie par la découverte et le développement de grandes réserves de pétrole et de gaz naturel sur sa côte. Depuis plusieurs décennies, la Norvège est classée première sur l'indice de développement humain (IDH), inégalité ajustée y compris, et est également considérée comme le pays le plus démocratique au monde avec un indice de démocratie de 9,87 en 2018, selon le groupe de presse britannique The Economist Group. Elle a aussi été déclarée pays le plus pacifique du monde en 2007 par le "Global Peace Index". Elle est membre fondateur de l'OTAN. En matière sportive, la Norvège est la meilleure nation aux Jeux olympiques d'hiver, que ses athlètes dominent depuis la première édition en 1924, comptant au total plus de médailles d'or (148) et de podiums (405) que tous les autres pays participants. En 2022, la Norvège est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Étymologie. Beaucoup d'étymologistes pensent que le nom du pays vient de l'expression « chemin du Nord » dans plusieurs langues scandinaves. En vieux norrois, l'expression est « "nord veg" » ou « "norð vegri" ». Le nom pour la Norvège en vieux norrois était « "Nóreegr" », en anglo-saxon « "Norþ weg" » et en latin médiéval « "Nhorvegia" ». Le nom actuel de la Norvège est « "Norge" » en norvégien bokmål et « "Noreg" » en norvégien nynorsk. Les formes en nynorsk et en vieux norrois sont similaires à un mot same signifiant « le long de la côte » ou « le long de la mer », écrit « "nuorrek" » en same contemporain. La présence du prosécutif appuie l'idée que le mot same est indigène et non un emprunt des langues scandinaves. Une autre étymologie proposée est « "Nór rige" », signifiant « royaume de Nór », du nom d'un roi mythique. Dans les autres langues de la Norvège, le nom du pays est écrit « "Norga" » (same du Nord), « "Vuodna" » (same de Lule), « "Nøørje" » (same du Sud), et « "Norja" » (kvène/finnois). Le nom officiel, « royaume de Norvège » en français, s'écrit « "Kongeriket Norge" » en bokmål, « "Kongeriket Noreg" » en nynorsk, « "Norga gonagasriika" » en same du Nord, « "Vuona gånågisrijkka" » en same de Lule, « "Nøørjen gånkarijhke" » en same du Sud, et « "Norjan kuningaskunta" » en kvène/finnois. Géographie. La Norvège occupe le côté ouest-nord-ouest de la péninsule Scandinave, en Europe du Nord. Les côtes norvégiennes, d’une longueur de plus de (continent uniquement) ou (littoral des îles de l'archipel inclus), sont ponctuées de fjords et d’une multitude de petites îles (environ ). La Norvège borde majoritairement l'océan Atlantique en se répartissant sur trois étendues d’eau : le Skagerrak au sud, la mer du Nord au sud-sud-ouest et la mer de Norvège à l’ouest-nord-ouest. Elle baigne en outre l'océan Arctique au nord-est par la mer de Barents. Les frontières terrestres du pays mesurent de long, la plupart avec la Suède, mais aussi avec la Finlande et la Russie au nord-est. La Norvège est le pays d'Europe le plus septentrional, contenant notamment le très officiel cap Nord, en norvégien Nordkapp, cap situé sur l'île Magerøya dans le Nord du pays. Mais, en fait, d'autres points de sa côte sont légèrement plus au nord. Avec (y inclus Jan Mayen et Svalbard), la Norvège est un peu plus étendue que l'Allemagne, mais le relief du pays, constitué de montagnes et de glaciers, est très accidenté. La caractéristique la plus connue de sa géographie est le fjord : la Norvège en compte plusieurs centaines sur sa côte, creusés par les glaciers au cours de la période glaciaire. Le plus long fjord est le Sognefjord. La Norvège abrite également beaucoup de glaciers et de chutes d'eau. Le sommet le plus élevé est le mont Galdhøpiggen, d’une altitude de ; ce qui en fait par ailleurs le point culminant de toute la Scandinavie. Le sol est constitué en grande partie de granite et de gneiss, mais il s'y trouve également beaucoup d'ardoise, de grès, et de calcaire. Les élévations basses contiennent des dépôts marins. Climat. Le climat norvégien est de type tempéré, en particulier sur le littoral grâce à la douceur apportée par le Gulf Stream et les pluies amenées par les vents de l'ouest. Cette douceur permet notamment aux navires de l'Hurtigruten de naviguer tous les jours de l'année jusqu'à Kirkenes, au Finnmark, alors que les eaux de la mer Baltique (bien plus au sud pourtant) sont prises par les glaces. Les conditions climatiques à l’intérieur des terres, en revanche, peuvent se révéler plus rudes, et le Nord du pays connaît un climat subarctique. L'archipel de Svalbard, par contre, connaît un climat arctique de toundra. La Norvège est parfois surnommée « pays du soleil de minuit » en raison de sa situation septentrionale : une partie du pays se trouve en effet au nord du cercle polaire arctique, où le soleil ne se couche pas au moins un jour en été (de mai à fin juillet) et ne se lève pas au moins un jour en hiver (de fin novembre à fin janvier). Environnement. Les parcs nationaux de Norvège sont au nombre de 41, dont 7 dans l'archipel du Svalbard. Histoire. La nation norvégienne affirma pour la première fois son unité et sa volonté d’expansion à l’époque des grands raids vikings, du . Redoutables navigateurs, les Vikings d’origine norvégienne étendirent rapidement leur influence aux îles Shetland, aux Orcades, aux Hébrides et à l’île de Man. Depuis les Shetland, ils implanteront ensuite des colonies plus durables dans les îles Féroé, en Islande et au Groenland. Il n'existe toutefois pas encore d’autorité centrale en Norvège elle-même, où les communications se font d’ailleurs davantage par voie maritime que terrestre. Au , la Norvège était encore divisée en vingt-neuf petits royaumes indépendants. Le premier roi connu qui aurait régné sur toute la Norvège serait Harald aux Beaux Cheveux (872-933), qui l'emporte, selon les sagas, en 872 sur les ducs ("jarl"). L'aîné de ses fils, Erik « Hache sanglante », est détrôné en 935 par le chef viking Haakon le Bon. Son petit-fils, Olaf Tryggvason (995-1000), lui succède, mais il est chassé par le roi danois Sven « Barbe fourchue ». La Norvège est alors partagée entre Sven et le jarl de Trondheim. Il faut attendre l’an 1016 pour trouver un vrai père fondateur du royaume norvégien, en la personne du roi Olaf Haraldsson, qui établit sa capitale à Trondheim. Olaf, ancien Viking, rapporte de ses nombreux voyages le christianisme, et convertit la population par la force, ce qui lui vaut d’être canonisé en . En 1066, le roi de Norvège Harald Hardrada tente de devenir roi d'Angleterre mais il est battu et tué à Stamford Bridge, cela va profiter à Guillaume le Conquérant qui va battre l'armée anglaise affaiblie à la bataille d'Hastings. Au , un jeune aventurier prénommé Sverre Sigurdsson s’empare du pouvoir et fonde une nouvelle dynastie, installée à Bergen. Néanmoins, en raison du pouvoir croissant détenu par la ligue hanséatique dans cette ville, la capitale du pays se fixa finalement à Oslo au début du . Au cours du Moyen Âge se forge également l'Empire colonial norvégien. L'année 1380 voit l’extinction de la dynastie royale norvégienne, avec la mort du roi . Sa femme Margrethe de Danemark, fille du roi de Danemark, obtient la succession et consacre ainsi l'union du Danemark et de la Norvège. La Suède vient s'ajouter à ce domaine en 1397, formant l'« Union de Kalmar ». Le Danemark, au sein de cette union, exerce une nette domination, et la Norvège n’est plus guère alors qu’une province danoise, avec le danois pour langue officielle. L'émancipation de la Suède, avec la révolte de Gustave Vasa, met un terme à l’Union de Kalmar en 1523. La Norvège, elle, reste néanmoins sous domination des Danois. Ces derniers, en 1536, imposent au pays la Réforme luthérienne, ce qui a pour conséquence de tarir le flot des voyageurs se rendant en pèlerinage auprès des reliques de saint Olaf, à Trondheim (anciennement "Nidaros"), et de couper encore davantage le pays du reste du monde. En raison de l'alliance contractée par le royaume dano-norvégien avec Napoléon, les puissances coalisées victorieuses cèdent la Norvège continentale à la Suède en 1814. En réaction, une Convention nationale se réunit à Eidsvoll, dans l'Akershus : elle déclare l’indépendance du royaume de Norvège et adopte une constitution (c'est la seconde constitution écrite la plus ancienne encore en vigueur en Europe après celle de Saint-Marin), avant de désigner comme roi le prince danois Christian-Frédéric de Danemark, le . Un compromis est finalement trouvé, et fait de la Norvège un royaume distinct, mais en union personnelle avec le roi de Suède Charles. Toutefois, depuis 1810, c'est le prince héritier de Suède, Charles-Jean, qui joue un rôle décisif. Ce dernier est un ancien maréchal d'Empire de Napoléon, Jean-Baptiste Bernadotte, qui prend fait et cause pour son nouveau royaume et mène une brève campagne en Norvège pour réunir les deux couronnes. Il devient roi en 1818 sous le titre de Charles Jean. L'union personnelle Suède-Norvège, malgré plusieurs concessions, entraîna un mécontentement croissant des Norvégiens au cours du , et fut dissoute sans effusion de sang le . À la suite d'un référendum confirmant la nature monarchique du nouveau régime, le gouvernement offrit la couronne à un prince danois, qui fut élu par le Parlement sous le nom de . La Norvège parvint à conserver sa neutralité au cours de la Première Guerre mondiale, en raison de sa puissance navale particulièrement dissuasive. Il n’en alla pas de même pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le pays fut envahi par les troupes allemandes dans le cadre de l’opération "Weserübung". La résistance armée dura jusqu’à trois mois dans certaines régions. Le roi et le gouvernement choisirent de s’exiler et de continuer la lutte depuis Londres. La Norvège occupée fut dirigée par le chef des forces d'occupation, le "" Josef Terboven. Le chef du parti pronazi local, Vidkun Quisling, fut autorisé à former à partir de 1942 un gouvernement collaborationniste, sous supervision allemande. Les Allemands et les collaborateurs se heurtèrent durant cette période à la résistance norvégienne. Après l’intervention des Alliés au sud et au nord les forces allemandes capitulèrent le . L'épisode de l'occupation allemande rendit les Norvégiens plus sceptiques vis-à-vis du concept de neutralité, et le pays adopta une nouvelle stratégie fondée sur la sécurité collective. Après l'échec de l'instauration d'une union de défense scandinave, la Norvège fut l’un des membres fondateurs de l’OTAN, en 1949, et de l’ONU, à laquelle elle fournit son premier Secrétaire général (Trygve Lie). La Norvège a refusé à deux reprises par référendum de rejoindre l’Union européenne, en 1972 et en 1994. Le débat européen continue néanmoins à déchaîner les passions, avec environ 50 % de la population dans chaque camp. Le pays fait par ailleurs partie, comme l'Islande, de l'Espace économique européen (EEE), ainsi que de l'espace Schengen depuis 2001. Le , le pays subit deux attaques terroristes marquantes. La première est une explosion à la bombe survenue à Regjeringskvartalet, le quartier gouvernemental de la ville d'Oslo, à . L'explosion tue huit personnes et en blesse plusieurs autres. La seconde attaque suit la première d'environ deux heures dans un camp organisé par la Ligue des jeunes du Parti travailliste norvégien, sur l'île d'Utøya. Anders Behring Breivik, déguisé en policier, ouvre le feu sur les campeurs, tuant . Ce drame est le plus meurtrier que la Norvège ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale, même si le pays avait également été fortement marqué en 1973 par l'assassinat d'Ahmed Bouchiki. Politique. La Norvège est une monarchie constitutionnelle à gouvernement parlementaire. La famille royale, originaire du Schleswig-Holstein, descend de la famille princière de Glücksburg. Le roi ne joue pour l’essentiel qu’un rôle honorifique, mais il constitue un symbole fort d’unité nationale. Bien que la Constitution de 1814 lui accorde d’importantes prérogatives dans le domaine de l’exécutif, ces dernières sont presque toujours exercées en son nom par le gouvernement. Les pouvoirs dont le monarque est investi par la constitution de la Norvège ont au cours du été largement symboliques, sauf dans quelques cas importants comme pendant la Seconde Guerre mondiale, où le monarque annonçait qu'il allait abdiquer si le gouvernement capitulait face aux demandes des nazis. Le gouvernement est composé du ministre d'État et des ministres, tous nommés par le roi. Mais depuis 1884, l’évolution parlementaire du régime fait que le gouvernement doit obtenir un vote de confiance du Parlement : la désignation du gouvernement par le roi n’est donc qu’une formalité quand il y a une majorité claire au Parlement pour un parti en particulier (ou coalition de partis). Après une élection sans majorité claire, le chef du parti le plus susceptible de créer un gouvernement est nommé ministre d'État par le roi. La Norvège a vu plusieurs de ces gouvernements gouverner en minorité. Le roi assiste aux réunions du gouvernement chaque vendredi au palais royal, mais le gouvernement prend ses décisions en avance, à des conférences présidées par le ministre d'État et tenues chaque mardi et jeudi. Chaque année, le roi ouvre le Parlement en septembre. Il accueille les ambassadeurs à la cour et est symboliquement le commandant en chef des Forces de défense norvégiennes et à la tête de l'Église de Norvège. Le parlement norvégien, le Storting, est monocaméral depuis les élections générales de 2009 (amendement de la Constitution du ) et comprend (soit quatre membres de plus à la suite des élections du ). Les députés sont élus tous les quatre ans dans chacun des 11 "fylker" du pays, à la représentation proportionnelle. Il y a , les « sièges égalisants », un par "fylke", pour faire que la représentation au parlement corresponde mieux au vote populaire. Il y a un seuil électoral de 4 % pour ces sièges. L"'impeachment" est très rare (le dernier cas étant celui du ministre d'État Abraham Berge, acquitté, en 1927), et peut se faire à l'encontre de membres du Conseil d'État, de la Cour suprême, ou du Storting pour des crimes qu'ils auraient commis au pouvoir. Avant l'amendement du , les accusations étaient formulées au Odelsting et traitées par le Lagting et les juges de la Cour suprême, formant ensemble la « Haute Cour du Royaume ». Dans le nouveau système les impeachments seront traités par les cinq juges les plus importants de la Cour suprême ainsi que six autres personnes, dans l'une des cours de la Cour suprême (avant il se déroulait dans la chambre du Lagting). Les représentants du Storting ne peuvent pas être juges. Les accusations seront formulées par le Storting dans une réunion plénière. Le Storting fonctionne sinon en tant que parlement unicaméral, la division en Odelsting et Lagting abolie dès les élections de 2009. La législation devra passer par deux, parfois trois, relectures avant d'être approuvée et passée au roi pour son approbation. À la tête du système juridique se trouve la Cour suprême, ou "Høyesterett" (composée de et d’un "chief justice"). On trouve ensuite les cours d'appel, les tribunaux ordinaires et les juges de paix. Les juges sont nommés par le roi et le gouvernement, sur proposition du ministre de la Justice. Jusqu'en 2012, plus de la moitié des membres du gouvernement étaient membres de l'Église de Norvège, soit au moins dix des dix-neuf ministres. Cette disposition a été abrogée, mais la séparation de l'Église et de l'État reste un sujet de controverse en Norvège. Ainsi, le passage de l'école chrétienne à l'école laïque y est débattu depuis 1739, sans qu'une condamnation de l'État norvégien en Cour européenne des droits de l'homme en 2007 ait abouti à une évolution généralisée des structures éducatives. Relations internationales. Quoique non membre de l'Union européenne, la Norvège a accès au marché unique européen à travers l'Espace économique européen. Le parlement et le gouvernement sont en dialogue permanent avec les autres pays scandinaves dans le cadre du Conseil nordique. La Norvège maintient des ambassades dans du monde ainsi que des relations diplomatiques avec beaucoup d'autres sans toutefois y avoir d'ambassade. Soixante pays maintiennent à leur tour des ambassades à Oslo. La Norvège est membre fondateur des Nations unies, de l'OTAN, du Conseil de l'Europe, de l'AELE, de l'OCDE et de l'OSCE. Elle est aussi membre de plusieurs autres organisations internationales. La Norvège a participé ou facilité plusieurs négociations de paix internationales, notamment les accords d'Oslo du conflit israélo-palestinien. La Norvège est la première puissance européenne à avoir appliqué la conscription aux femmes. En , la Norvège est élue membre non permanent du conseil de sécurité de l'ONU pour 2021 et 2022. Administration territoriale. La Norvège est traditionnellement divisée en cinq "Landsdeler", ou grandes régions, dont les délimitations sont fondées sur des critères géographiques et linguistiques : Sørlandet, Østlandet, Vestlandet, Trøndelag, et Nord-Norge. Par contre, les subdivisions les plus importantes sont les onze "fylker" ("fylke" au singulier), ou comtés, qui assurent d’importantes fonctions administratives. Le "fylke" est l'administration intermédiaire entre l'État et les "kommuner" (communes). Le roi est représenté par un "Fylkesmann" par "fylke". Ces onze "fylker" sont : Au niveau local, la Norvège compte 356 communes ("kommuner") en 2020 (422 communes en 2018), alors qu'il y en avait encore 747 en 1930. Des plans existent pour poursuivre ce processus de fusion. Oslo est considérée à la fois comme une commune et comme un comté. Les communes sont l'unité locale de gouvernement en Norvège et sont responsables d'un certain nombre de domaines : éducation primaire, soins ambulatoires, services aux aînés, chômage et autres services sociaux, zonage, développement économique et routes municipales. Économie. L’économie norvégienne est un bastion prospère du capitalisme social, offrant une combinaison entre la liberté des marchés et l’intervention de l’État. Le gouvernement, par le biais de grandes entreprises publiques, contrôle quelques domaines particulièrement stratégiques, comme une partie du secteur pétrolier. Mais une vague de privatisations a débuté en 2000, lorsque l’État a vendu un tiers de l’entreprise Statoil, qu’il contrôlait jusqu’alors dans sa totalité. Le pays et sa zone économique exclusive regorge de ressources naturelles (pétrole, hydroélectricité, poissons, forêts, minéraux…) et sa prospérité est très dépendante des revenus engendrés par l’exploitation du pétrole : ce dernier représentait en 1999, avec le gaz, 35 % des exportations du pays. Seules l’Arabie saoudite et la Russie exportent davantage que la Norvège, laquelle ne fait pas partie de l’OPEP. La croissance économique, forte, a atteint 4,1 % en 2005. Le R.N.B. de la Norvège s'élevait en 2008 à de US dollars, ce qui permettait pour la même année un revenu national par habitant de US $. Malgré un niveau de vie comptant parmi les plus élevés au monde, les Norvégiens s’inquiètent à propos des deux prochaines décennies, lorsque leurs réserves de gaz et de pétrole commenceront à s’épuiser. C’est pourquoi le pays engrange, depuis 1990, la totalité de ses revenus pétroliers dans le "fonds pétrolier de Norvège". Le capital ainsi obtenu est investi à l’étranger : à la fin 2016, il est estimé à d'euros et en 2021, il atteint les de dollars avec une progression de 10 pour cent par an environ. Les revenus pétroliers de la Norvège en 2022 s'élèvent à environ 131 milliards d'euros, presque le triple des revenus de 2021, de sorte que le pays a parfois été traité de "profiteur de guerre", ce que le gouvernement récuse. La Norvège est proche du plein emploi : en novembre 2006, le taux de chômage est descendu à 2,1 % de la population active soit demandeurs d'emploi et il atteignait 3,3 % de la population active en 2014. À l'instar de nombreux pays européens, le pays a cependant un important problème d'emploi avec sa population vieillissante. La Norvège présente l'un des taux d'emploi dans les administrations publiques (nombre de fonctionnaires par habitant) les plus élevés des pays de l'OCDE, celui-ci s’élevant en 2018 à ( en France) Flotte marchande et pêche. La forme du territoire norvégien explique sa vocation. Avec, au , près de navires (dont sous pavillon étranger), la Norvège possède la neuvième flotte marchande du monde. En 2008, l'industrie halieutique norvégienne a produit de poissons et autres produits de la mer, dont une petite partie, , provenait de l'élevage. L'image du saumon d'élevage norvégien a été ternie en 2011-2012 par la controverse écologique du diflubenzuron, des polluants organiques persistants (comme la dioxine, les pesticides ou les PCB) et de l'éthoxyquine, comme l'explique le documentaire "". Si la Norvège n'était en 2007 que le mondial de produits de la mer, elle n'en était pas moins le second exportateur pour un montant dépassant les de dollars américains. Une grande partie de la morue pêchée en Norvège a pour marché principal le Portugal. Démographie. La Norvège compte environ d'habitants. D’un point de vue ethnique, la plupart des Norvégiens sont d’origine germanique. Une minorité saami habite les régions centrales et septentrionales du pays ainsi que la Suède, le Nord de la Finlande et dans la péninsule de Kola en Russie. On trouve aussi une minorité kvène descendue d'un peuple parlant le finnois ayant migré au nord de la Norvège au cours des . Les Saamis et Kvènes furent tous les deux assujettis à une politique forte d'assimilation de la part du gouvernement norvégien depuis le jusqu'aux années 1970. En raison de ce processus de « norvégianisation » beaucoup de personnes d'origine saami ou kvène se considèrent maintenant comme ethniquement norvégiens. C'est cela, ainsi que la longue cohabitation des Saamis et Scandinaves sur la péninsule Scandinave, qui fait que les statistiques sur les ethnies ne sont pas aussi claires que suggéré, particulièrement en ce qui concerne les régions centrales et septentrionales de la Norvège. Parmi les autres minorités reconnues, on trouve les juifs, les Skogfinns et les Roms. L’immigration, ces dernières années, a assuré plus de la moitié de la croissance démographique. En 2006 "Statistisk sentralbyrå", le service de statistiques du gouvernement, a compté arrivés sur le territoire norvégien, soit 30 % de plus qu'en 2005. Au début de l'année 2009 il y avait d'origine immigrée en Norvège (immigrants et enfants d'immigrants), soit 10,6 % de la population. En on compte non-occidentaux légaux en Norvège. Les nationalités les plus représentées parmi la population d'origine immigrée sont les Polonais, les Pakistanais, les Suédois, les Irakiens, les Somaliens, les Allemands, les Vietnamiens et les Danois. Depuis quelques années on voit un plus grand nombre d'immigrants de l'Europe centrale et orientale, dont les Polonais sont la nationalité la plus représentée en Norvège, suivis des Lituaniens. Oslo est la ville avec le plus grand pourcentage d'habitants d'origine immigrée, avec , soit 25 % de sa population totale. Selon l'Institut norvégien des statistiques, au , on comptait en Norvège et nés de parents immigrés soit un total de immigrées ou nées de parents immigrés, soit 15,6 % de la population norvégienne. La Norvège est passée sous le seuil de renouvellement de sa population ( par femme) en 1975. En 2018, le taux de fécondité s'élève à par femme. Culture. Langues. Le norvégien, langue germanique, a pour racine historique le vieux norrois, qui était pratiqué depuis le Moyen Âge dans les pays scandinaves (Suède, Danemark, Islande et Norvège). Le norvégien actuel se compose en réalité d'un grand nombre de dialectes, et de deux langues écrites officielles : le bokmål (littéralement « langue des livres »), héritier du "riksmål" (ou « langue du royaume »), c'est-à-dire du dano-norvégien élaboré pendant la longue période de domination danoise, et le nynorsk (ou « néo-norvégien »), héritier du "landsmål" ou « langue des campagnes » (on peut aussi traduire "landsmål" par « langue nationale »). Elles sont officiellement égales, les deux étant utilisées dans l'administration publique, aux écoles, dans les églises, à la radio et à la télévision, mais le bokmål est utilisé par une grande majorité de la population (entre 85 et 90 %). Cette scission en deux formes écrites s'est produite au moment de l'indépendance de la Norvège, sous l'influence des travaux du linguiste Ivar Aasen qui avait réalisé un relevé particulièrement étendu des différents dialectes du norvégien du . La Norvège acquit son indépendance vis-à-vis de la Suède à la fin de ce siècle. Après une période de romantisme patriotique effréné, certains voulurent imposer un retour aux sources, c'est-à-dire à un norvégien « originel » des campagnes ; mais les diverses institutions ne purent suivre ce mouvement, toutes leurs archives étant rédigées en danois. Cette tension explique la coexistence, aujourd'hui, de deux formes écrites. Actuellement, le bokmål est plus répandu dans le Sud et dans l'Est de la Norvège (les régions les plus urbanisées), alors que le nynorsk se rencontre dans les montagnes de l'Ouest et dans le Nord (les régions rurales). Environ totale emploie soit le bokmål soit le nynorsk, mais la plupart des Norvégiens parlent dans la vie de tous les jours un ou plusieurs dialectes qui peuvent différer grandement de ceux-ci. Les dialectes norvégiens sont en général mutuellement intelligibles. Plusieurs langues sames (de la famille des langues finno-ougriennes) sont parlées et écrites partout dans le pays, particulièrement dans le Nord, par les Samis. L'État reconnaît ces langues comme officielles ; les autochtones ont le droit d'avoir de l'enseignement en langue same où qu'ils soient dans le pays, et les actions du gouvernement leur sont communiquées dans les diverses langues sames. Il existe également une minorité kvène dans le Nord parlant la langue finno-ougrienne kvène. Le norvégien est très similaire à d'autres langues scandinaves, particulièrement le suédois et le danois. Ces trois langues sont mutuellement compréhensibles et souvent utilisées par les habitants de ces pays pour communiquer entre eux. La coopération avec le Conseil nordique implique que les habitants de tous les pays nordiques, y compris l'Islande et la Finlande, ont le droit de communiquer avec le gouvernement norvégien dans leur propre langue (et vice-versa). Les enfants norvégiens de parents immigrés sont encouragés à apprendre la langue norvégienne. En outre, le gouvernement norvégien offre des cours de norvégien aux immigrants souhaitant devenir citoyens. Parmi les langues les plus parlées par la population d'immigrants on trouve l'arabe et le somali. Les principales langues enseignées à l'école en tant que langue étrangère sont l'anglais, l'allemand, le russe, et le français. On trouve des cours d'espagnol et de russe dans certaines écoles, particulièrement des grandes villes. Au moins 3/4 des citoyens norvégiens, surtout les plus jeunes, savent parler l'anglais. L'anglais est appris dès la maternelle, mais toutefois, une partie des plus de ne connaissent pas la langue. L'anglais est souvent utilisé dans l'administration par les étrangers. Médias. Les principaux journaux norvégiens sont "Aftenposten", "Dagbladet" et "Verdens Gang". La radio-télévision d'État NRK diffuse quatre chaînes de télévision (NRK1, NRK2, NRK3 et NRK Super) et plusieurs stations de radio nationales et régionales tandis que le groupe privé TV2 détient plusieurs chaînes de télévision. Religion. Initialement et jusqu'à la fin de l'Âge des Vikings, la majorité des habitants de la Norvège actuelle vénéraient les dieux anciens du paganisme nordique, comme dans les autres pays scandinaves. À la fin du , la Norvège est christianisée, le paganisme et ses rites sont alors interdits. Les lois contre le paganisme sont abolies au début du . On voit aujourd'hui beaucoup de traces du paganisme norrois en Norvège, particulièrement dans les toponymes, les noms des jours de la semaine, et dans la langue parlée en général. Une partie de la minorité saami continue à pratiquer sa religion jusqu'à leur conversion au protestantisme au par les missionnaires dano-norvégiens. Il existe aujourd'hui plusieurs mouvements néopaïens en Norvège, le "Åsatrufellesskapet Bifrost" fondé en 1996 et "Foreningen Forn Sed" en 1999. Ils ont été officiellement reconnus par le gouvernement norvégien en tant que sociétés religieuses, ce qui leur permet de conduire légalement des cérémonies civiles (comme des mariages). "Forn Sed" est un membre du Congrès mondial des religions ethniques depuis 2005, ils comptent près de 400 fidèles. Environ 69,8 % des Norvégiens sont membres de l’Église d’État luthérienne, dans laquelle ils sont recensés à leur naissance. Jusqu'en , l’Église de Norvège ("Den norske kirke"), aussi appelée "Église luthérienne évangélique de Norvège", était reconnue comme telle par la constitution du pays. Son gouverneur est le roi régnant, qui a donc l’obligation d’être de confession luthérienne. Les lois régissant le fonctionnement et le budget de l’Église de Norvège étaient votés par le Parlement et exécutés par le ministère des Églises. Le , les parlementaires norvégiens abolissent cette disposition constitutionnelle qui faisait de l’Église évangélique luthérienne l’Église d’État : l’État n’est plus confessionnel et la notion de « religion publique » disparaît, à l'instar de l'impôt ecclésiastique même si l’État conserve la tâche de soutenir l’Église en tant que communauté de croyants. L’Église norvégienne est substituée à l'État pour la nomination des évêques et doyens tandis qu'il n'est plus nécessaire pour les membres du gouvernement d'appartenir à cette Église. Selon un sondage Eurobarometer datant de 2005, 32 % des citoyens norvégiens ont répondu qu'ils , tandis que 47 % disent qu'ils et 17 % . Selon un autre sondage, de Gallup, 36 % des Norvégiens sont religieux. C'est la proportion la plus faible des pays occidentaux. Les autres confessions chrétiennes, Église évangélique luthérienne libre de Norvège, Église catholique, congrégations pentecôtistes et méthodistes, adventistes, mormones, Témoins de Jéhovah regroupent environ 4,5 % de la population. En raison d'une immigration récente, l’islam représente 1,5 % de la population norvégienne. Le judaïsme et les autres religions représentent moins de 1 % de la population. Les immigrants indiens ont introduit l'hindouisme en Norvège mais ne comptent que pour 0,5 % de la population du pays. Il y a onze organisations bouddhistes regroupées dans l'organisation mère "Buddhistforbundet" ; 0,42 % de la population est bouddhiste. Environ 1,5 % des Norvégiens adhèrent à l'Association humaniste norvégienne. Les personnes se déclarant sans confession comptent pour un peu plus de 5 % de la population. Cuisine. La cuisine norvégienne est, dans sa forme traditionnelle, en grande partie basée sur les matières premières facilement disponibles dans un pays dominé par les montagnes et la mer. Par conséquent, elle diffère à bien des égards de ses homologues continentaux en mettant davantage l'accent sur le gibier et le poisson. La cuisine norvégienne moderne, bien que toujours fortement influencée par sa base traditionnelle, porte aujourd'hui les marques de la mondialisation : pâtes, pizzas et autres produits sont d'usage courant au même titre que la morue et les boulettes de viande comme aliments de base. En Norvège, le petit déjeuner ("frokost") est composé de pain, de confiture, de fromage, de charcuterie, ou de céréales. Le déjeuner (fréquemment un repas froid) se déguste entre 11 h et 14 h selon les disponibilités de chacun. Enfin, le dîner ("middag") se prend quant à lui entre 16 h et 18 h. Il peut être accompagné d'un en-cas aux alentours de 21 h ou 22 h ("kveldsmat"). En Norvège, les écoliers se voient offrir une pomme par jour. Le reste de l'alimentation est du ressort des parents. Les enfants norvégiens mangent donc souvent à la mi-journée les traditionnels "matpakker" (paniers-repas). Ces derniers sont habituellement composés de tranches de kneippbrød. Ce pain est recouvert de margarine et le plus souvent assorti de tranches d'un fromage brun (au goût de caramel) typique ("Brunost"), de salami ou de jambon ("skinke"), le pâté de foie ("leverpostei") ainsi que le maquereau à la tomate ("makrell i tomat") sont également très populaires dans la composition des tartines norvégiennes. Musique. De nombreux groupes de black metal sont apparus en Norvège dans les années 1990, donnant naissance au black metal norvégien. En voici une liste non exhaustive : Burzum, Darkthrone, Mayhem, Immortal, Gorgoroth, Emperor, Satyricon, Dimmu Borgir et bien d'autres encore. Plus récemment d'autres groupes sont apparus tels que le Groupe 1349 ou Taake. Le groupe de « deathpunk » Turbonegro est originaire de la ville d'Oslo. À noter également, durant cette même période, l'émergence de groupes dit viking metal ou, pour les plus primitifs, Viking/black metal, qui, contrairement aux formations décrites ci-dessus, créeront un style, un visuel et une musique qui les différencient de leurs homologues. Majoritairement originaire de la côte ouest de la Norvège, les groupes les plus réputés tels que Einherjer, Enslaved ou Borknagar, s'inspirent de l'histoire du pays, voire de l'histoire locale, de la nature et du climat, mais aussi des invasions vikings, pour écrire leur musique et leurs textes, bien souvent dans leur langue natale. Cependant plusieurs formations initiales se sont éloignées du black metal traditionnel pour aller vers une forme de musique unique et piochant dans l'electro, le progressif ou l'indus. La Norvège comporte d'autres groupes de metal comme Theatre of Tragedy ou Tristania qui pratiquent du metal gothique. Ole Bull (1810-1880) fut certainement le premier violoniste norvégien à atteindre une renommée internationale. Il se produisit en Europe et aux États-Unis et laissa aussi une œuvre variée. C'est certainement Edvard Grieg (1843-1907) qui illustre le mieux la musique norvégienne. Il s'inspira dans ses œuvres de la musique traditionnelle norvégienne et assura notamment la mise en musique de pièces d'Henrik Ibsen. Le jazz est bien développé en Norvège, la figure majeure étant Jan Garbarek, connu pour son travail avec Keith Jarrett, et sa sonorité si particulière. De la même génération que Garbarek, Arild Andersen, Terje Rypdal, Bjørn Kjellemyr, Eivind Aarset, Ketil Bjørnstad, Odd-Arne Jacobsen, , , , Jon Balke et Jon Christensen sont des musiciens confirmés, avec de nombreuses collaborations internationales. Parmi la jeune génération, Trygve Seim, Arve Henriksen, Christian Wallumrød, Tord Gustavsen, Mathias Eick assurent un renouveau acoustique, tandis que Nils Petter Molvær, Bugge Wesseltoft, Jaga Jazzist et Wibutee expérimentent le mélange avec la musique électronique. Guitariste de blues d'exception, Bjørn Berge est l'un des artistes offrant le plus grand nombre de concerts par an en Europe. Enfin, depuis les années 1980, le groupe a-ha reste le représentant de la pop norvégienne à travers le monde. Il est composé de Morten Harket (chanteur et vocaliste), Magne Furuholmen (clavier et compositeur) et Pål Waaktaar-Savoy (né Pål Waaktaar Gamst) (guitariste et principal compositeur). Leur dernier album en date, "Cast in Steel", est sorti en . Ils ont vendu plus de d'albums et singles depuis 1985. Dans le cadre de la pop, on peut trouver des groupes mondialement connus comme Lene Marlin, Kings of Convenience, Röyksopp, Sondre Lerche, Thomas Dybdahl, Madrugada, etc. Enfin plus récemment, le duo de pop norvégienne Marcus and Martinus. Sport. La Norvège est le pays des sports d'hiver, occupant le premier rang des nations du palmarès des médailles aux Jeux olympiques d'hiver, tandis qu'Ole Einar Bjørndalen (biathlon) et Marit Bjørgen (ski de fond) en sont les athlètes les plus décorés avec respectivement treize et quinze médailles dont huit en or chacun. Le football reste aujourd'hui, en termes de licenciés, le sport numéro un en Norvège. Si l'équipe nationale de football masculin connait un succès limité (trois participations à la Coupe du Monde, ainsi qu'une participation au Championnat d'Europe), son pendant féminin était une place forte dans les années 1990, gagnant Coupe du Monde (1995), Championnat d'Europe (1987, 1993) ainsi que Jeux olympiques (2000). Plusieurs athlètes norvégiens font aujourd'hui partie des figures de proue de leurs sports respectifs et jouissent d'une reconnaissance internationale, parmi lesquels Erling Braut Haaland (football), Martin Ødegaard (football), Ada Stolsmo Hegerberg (football), Magnus Carlsen (échecs), Karsten Warholm (athlétisme), Jakob Ingebrigtsen (athlétisme), Johannes Boe (biathlon), Tiril Eckhoff (biathlon), Therese Johaug (ski de fond), Henrik Kristoffersen (ski alpin) Lucas Braathen (ski alpin), Casper Ruud (tennis). Codes. La Norvège a pour codes :
Nikkei 225 Le est le principal indice boursier de la bourse de Tōkyō. Le terme "Nikkei" est l'abréviation de "Nihon keizai shinbun", le nom du quotidien économique qui publie cet indice. Il est composé de . Histoire. Le Nikkei a été créé le (année de la base 100). Le Nikkei 225 se calcule par une moyenne arithmétique des valeurs qui le composent, sans pondération par la capitalisation boursière des titres qui le composent. Cet indice a connu . Il se trouvait à près de à la fin 1989 et à en 1992, à la suite de l'explosion de la bulle financière. Entre 2000 et 2003, il a accentué sa chute pour atteindre un plus bas de vingt ans. À la faveur du retour en grâce de l'économie nipponne après une stagnation longue d'une décennie, l'indice a repris du terrain, clôturant fin 2005 à plus de , à la suite des seconds semestres 2004 et 2005 qui ont été le théâtre de rallyes boursiers particulièrement marqués. En 2013, le Nikkei 225 réalise sa meilleure performance depuis 1972 en augmentant de 57 % après l'arrivée au pouvoir de Shinzō Abe le 26 décembre 2012 ce dernier ayant de grandes réformes afin de redynamiser l'économie japonaise. Suivant les recommandations du premier ministre Shinzō Abe, les grands fonds institutionnels du pays reviennent sur le marché des actions, poussant le Nikkei 225 à plus de 20 000 points en . Corrélation avec les autres bourses. Les performances annuelles de l'indice Nikkei 225 se sont rapprochées de celles du Dow Jones, du S&P 500, du DAX, du CAC 40 et du Footsie, les grands marchés boursiers étant de plus en plus dépendants les uns des autres depuis une quinzaine d'années. Composants du Nikkei 225. Par secteur. En , le Nikkei était composé des 225 groupes suivants. Le code d'identification de chaque titre à la bourse de Tōkyō (TSE) est indiqué entre parenthèses.
NetBSD NetBSD est un système d'exploitation libre de type Unix BSD dérivé de 386BSD et de Net/2 (4.3BSD-Lite). Présentation. NetBSD est entièrement fondé sur des logiciels libres, la plupart des composants étant soumis à la Licence BSD. Le système détient le record sur le nombre d'architectures compatibles ; il peut en effet être utilisé sur plus de cinquante architectures différentes. Cette portabilité est un point central du projet, si bien que sa devise est que face à tout ordinateur, on peut déclarer : « Bien sûr, cela fonctionne avec NetBSD » (de l'anglais « "" »). Pour l'anecdote, NetBSD a même déjà été porté sur un grille-pain. Un autre aspect sur lequel le projet met fortement l'accent est la qualité du code écrit. Le projet vise à développer des solutions conceptuellement cohérentes. Une fonctionnalité relevant du bidouillage, même efficace, n'est donc pas satisfaisante de ce point de vue. Ici une phrase souvent mise en avant est « des solutions, pas du bidouillage » (de l'anglais « "" »). Le modèle de développement retenu pour le projet est assez centralisé. Il est qualifié de modèle cathédrale par opposition au modèle bazar. NetBSD est orienté vers une ergonomie privilégiant l'efficace à l'intuitif. Il est donc plus adapté à un public d'utilisateurs expérimentés, comme des administrateurs système ou des développeurs. Pour une utilisation plus grand public, comme la bureautique, NetBSD sera moins convivial et disposera d'un moins bon support des périphériques que d'autres systèmes, comme certaines distributions Linux. En revanche, toutes les interfaces du noyau et les pilotes sont documentées dans des pages man, et non dans des fichiers textes éparpillés en divers endroits. Enfin NetBSD fait de la rétro compatibilité un de ses chevaux de bataille, et avec un noyau intégrant l'option COMPAT_09, le système est capable d'exécuter des logiciels compilés dans un format binaire de 1993. Organisation du projet. NetBSD est organisé autour de la fondation NetBSD, une association à but non lucratif dont sont membres les développeurs. Le code source de NetBSD est disponible sur internet via CVS et accessible en ligne via une interface cvsweb. Pour pouvoir disposer des accès nécessaires à la soumission de modifications sur le dépôt CVS du projet NetBSD, chaque développeur doit signer un accord d'agrément qui le rend membre de la fondation NetBSD. Le conseil d'administration de la fondation NetBSD, élu par les développeurs, publie des rapports réguliers sur ses activités et sur les finances du projet. Histoire. Le projet NetBSD a été fondé par , Theo de Raadt, Adam Glass et Charles Hannum en . La formation du projet fait suite à la stagnation relative du développement et l'impossibilité de faire accepter des patchs externes dans 386BSD. En 1994 et 1995, des désaccords surviennent dans l'équipe de développement, qui s'étalent pendant près de sur les listes de diffusion. Certains développeurs autour de Theo de Raadt quittent l'équipe puis créent OpenBSD. Les deux systèmes d'exploitation divergent dans un certain nombre de domaines, comme l'initialisation du système, mais restent cependant assez proches pour que le portage de pilotes de l'un à l'autre soit relativement facile. Ainsi les deux BSD utilisent tous deux le framework wscons, le même système de nomenclature de périphériques, et distribuent les mêmes shells dans le système de base. Fonctionnalités. Portabilité. À partir de n'importe quelle installation de NetBSD, il est possible à partir d'une seule commande make, de reconstruire l'ensemble de la distribution NetBSD pour n'importe quelle architecture, compilateur compris. Il est même possible de compiler une distribution NetBSD depuis FreeBSD ou Linux. Ainsi il est possible à partir d'un système intel i386, de compiler très facilement un noyau pour PowerPC, Alpha, MIPS, le script de cross-compilation build.sh se chargeant lui-même de la compilation de toutes les dépendances requises. Ceci fait de NetBSD un système de choix pour le développement de systèmes embarqués (routeurs, firewalls, caméra vidéo IP, et même robot et grille-pain). Virtualisation. L'hyperviseur Xen est supporté par NetBSD depuis la version 3.0. Juridique. Licence BSD. Historiquement, la majorité de NetBSD est disponible sous la licence BSD « traditionnelle » à quatre clauses. Depuis le , le projet utilise désormais une licence BSD à deux clauses. Fondation NetBSD. La protection légale du projet est assurée par la fondation NetBSD. Organisation du système. NetBSD lui-même est un système de base minimal de comprenant les outils Unix traditionnels et l'environnement. Les applications externes sont disponibles via pkgsrc, un système de packages multiplateformes. Critiques. Des trois systèmes BSD, NetBSD est celui qui dispose de moins de visibilité. Avant 1998, il n'existait aucune distribution officielle de NetBSD sur CD-ROM, alors que FreeBSD et OpenBSD dès le départ ont utilisé ce canal de diffusion pour se faire connaître et générer des revenus. Les développeurs de NetBSD répondent que leur projet n'est pas un phénomène de mode (« "" »), et qu'il est destiné à des utilisateurs ayant une bonne maitrise de l'outil informatique.
Nintendo entertainment system
Nintendo Nintendo est une entreprise multinationale japonaise fondée en 1889 par Fusajirō Yamauchi près de Kyoto au Japon. Elle est spécialisée dans la fabrication de consoles de jeu vidéo depuis 1977 avec la sortie de la Color TV-Game, ainsi que dans la conception de jeux vidéo, dont les séries "Super Mario" ou "The Legend of Zelda". À ses débuts, la société produisait des cartes à jouer japonaises : les "Hanafuda". À partir des années 1970, la société diversifie ses activités en produisant des jouets et des bornes d'arcade. Elle est ainsi l'une des principales sociétés précurseurs du jeu vidéo. Dans la fin des années 1970, Nintendo se lance dans le marché des consoles et des jeux vidéo. Elle est l'un des leaders de ce marché : en 2008, Nintendo est classé premier éditeur de jeux vidéo au Japon et deuxième aux États-Unis (NPD Group). En date de 2019, Nintendo a vendu environ de consoles, toutes générations et types confondus. Nintendo est l'une des rares entreprises de jeu vidéo à avoir su faire entrer certaines de ses licences, en particulier "Mario" ou "Pokémon", dans la culture commune, au même titre que des personnages emblématiques d'autres sociétés de divertissement comme Mickey Mouse de The Walt Disney Company. Une zone "Super Nintendo World" est notamment ouverte à Universal Studios Japan en 2020 après un partenariat avec Universal Parks & Resorts. Histoire. 1889-1970 : débuts dans des secteurs variés. Créée le , Nintendo se nomme d’abord "Nintendo Koppaï". Il ne s'agit que d’une petite entreprise artisanale que Fusajirō Yamauchi a créée pour vendre des cartes à jouer, les "Hanafuda", qu’il avait fabriquées lui-même. Ses cartes deviennent très populaires, à tel point qu'Yamauchi doit s'entourer d'assistants pour pouvoir aller vers une production plus massive de cartes et ainsi satisfaire la demande. Mais c'est en 1902 qu'il commence à fabriquer les premières cartes à l'occidentale au Japon. En 1907, Fusajirō agrandit sa société en exportant ses cartes à l'étranger. Fusajiro prendra sa retraite en 1929 et cédera sa place à son gendre, Sekiryo Yamauchi (originellement Sekiryo Kaneda, il adopte le nom de Yamauchi à la suite de la demande de Fusajiro). La société est rebaptisée Yamauchi Nintendo & Co. en 1933. En 1947, Sekiryo crée une nouvelle société, Marufuku Co. Ltd (rebaptisée Nintendo Karuta Co. Ltd. en 1951) dans le but de distribuer les Hanafudas à l’étranger. Il faudra attendre 1949 et l’arrivée du jeune Hiroshi Yamauchi, le petit-fils de Sekiryo Yamauchi (et qui sera président de Nintendo jusqu’en 2002), pour voir les activités de la société se diversifier concrètement. Par exemple, on l’a vu se développer dans le marché des portions de riz individuelles, la gestion de compagnies de taxis et même propriétaire d’une chaîne de Love Hotels, activités anecdotiques. En 1951, il change le nom de la société pour Nintendo Playing Cards Co. Ltd. En 1953, Nintendo commence à avoir un immense succès dans la fabrication des premières cartes en plastique du Japon. En 1956, Hiroshi Yamauchi, arrière-petit-fils de Fusajirō Yamauchi, visite les États-Unis pour discuter avec la United States Playing Card Company, le principal fabricant de cartes à jouer. Il a découvert que la plus grande entreprise de cartes à jouer au monde n'utilisait qu'un petit bureau. La prise de conscience de Yamauchi que le commerce de cartes à jouer avait un potentiel limité était un tournant. Il a ensuite acquis la licence pour utiliser les personnages de Disney sur les cartes à jouer pour stimuler les ventes chez les plus jeunes, notamment au Japon où les cartes étaient un domaine réservé aux adultes. C'est grâce à un contrat signé avec Disney en 1959 que la société prend une envergure internationale. Nintendo entre en bourse en 1962, sous le nom de Nintendo Co. Ltd. En 1965, Nintendo a embauché Gunpei Yokoi en tant qu'ingénieur de maintenance pour la chaîne de montage. Cependant, Yokoi est rapidement devenu célèbre pour beaucoup plus que sa capacité à réparer les bandes transporteuses. En 1969 est créé le département "" dirigé par Gunpei Yokoi. Le premier jouet de ce dernier se nomme et se vendra à 1,2 million d’exemplaires. Par la suite, Nintendo lancera d’autres jouets avec plus ou moins de succès comme Ultra Machine ou Love Tester. De nos jours, Nintendo continue de commercialiser des cartes à jouer. La firme organise en parallèle de ses activités son propre tournoi de bridge, la "Nintendo Cup". 1970-1983 : du jeu au jeu vidéo. C’est au début des années 1970 que Nintendo se tourne vers le marché naissant des jeux vidéo, en créant des jeux pour les bornes d’arcades. En 1970 est mise en vente des Beam Gun Games, ayant recours à l'optoélectronique. Pour la première fois au Japon, de la technologie électronique s'installait dans l'industrie du jouet. En 1971, Nintendo lance (uniquement au Japon) une photocopieuse simple nommée NCM Copilas. Elle deviendra un produit à succès avec plus de unités vendues. Nintendo collabore avec Magnavox à la création de l'Odyssey, la première console de salon multi-jeux de l'histoire (1972). En 1973, le Laser Clay Shooting System, qui utilisait la même technologie de pistolets légers que ceux utilisés dans la série de jouets Kousenjuu de Nintendo, est installé dans des salles de quilles abandonnées. Après un certain succès, Nintendo développe plusieurs autres machines à pistolet léger comme le jeu de tir à la mitraillette Wild Gunman qui sortira en 1974 pour la scène d'arcade émergente. Alors que les gammes Laser Clay Shooting System ont dû être fermées à cause de coûts excessifs, Nintendo avait trouvé un nouveau marché. En 1974, Nintendo obtient les droits de distribution de la console de jeu vidéo Magnavox Odyssey au Japon. La même année voit le début de l'exportation vers l'Amérique et l'Europe. En 1975, Nintendo développe une machine de jeux de médailles commerciales de type vidéo nommé EVR race. En 1975, Yamauchi commence à étudier certaines nouvelles tendances américaines et certains appareils pouvant se connecter à la télévision pour jouer à des jeux simples, notamment des jeux vidéo. Certaines sociétés, telles qu'Atari, ont déjà connu un certain succès dans ce domaine et Yamauchi décide que ce serait une bonne affaire pour Nintendo. 1976, marque le début du microprocesseur dans le jeu vidéo. Dans un contexte d'explosion du marché occidental, Nintendo lance sa première console en 1977, uniquement au Japon, la Color TV-Game 6. Plusieurs variantes lui succéderont : la Color TV-Game 15 (1977), la Color TV Game Racing 112 (1978), la Color TV Game Block Kuzushi (1979) et la Computer TV Game (1980). Fonctionnant à piles pour la première version, une seconde version avec adaptateur secteur arrivera deux mois plus tard. Ces consoles n’avaient pas de cartouches de jeu supplémentaires et n’avaient qu’un jeu séparé en plusieurs versions en fonction de leur difficulté (de 6 à 112 versions selon les consoles). Les microprocesseurs, trop chers à fabriquer pour Nintendo, viennent de la société Mitsubishi. Cette console connaîtra un certain succès et incitera Nintendo à poursuivre dans ce domaine : avec consoles vendues, les Color TV-Game inondent le marché japonais et représentent 70 % du marché, alors qu'une dizaine d'autres sociétés se partagent les 30 % restants. Durant la même année, en octobre 1977, Nintendo embauche l'un de ses plus grands créateurs, Shigeru Miyamoto. En 1978, Nintendo ont décidé de commencer à vendre des machines de jeux vidéo professionnelles. Au mois de mars 1978, Nintendo sort un jeu d'arcade simpliste inspiré du jeu de société Othello, intitulé Computer Othello. Sur fond noir avec le vert comme seule couleur, des pions Othello noirs et blancs sont remplacés respectivement par des carrés et des signes plus. Pas de joystick pour Computer Othello, seulement dix boutons de couleur par joueur. En 1979, Gunpei Yokoi a conçu l'idée d'un jeu vidéo de poche, tout en observant un autre banlieusard qui a passé le temps en interagissant inutilement avec une calculatrice LCD portable, ce qui a donné naissance à Game & Watch. Au début des années 1980, la micro-informatique explose et le marché des consoles s’effondre pour la première fois de sa courte histoire. En effet, à l’époque, les micro-ordinateurs ne coûtent pas plus cher que les consoles tout en offrant plus de services. Seule la Famicom, grâce à son prix très compétitif, réussit à tirer son épingle du jeu. Et alors que Coleco fait faillite, que Mattel et MB s’écartent du marché et qu’Atari et Philips se recyclent dans l’informatique, Nintendo se retrouve ainsi sans aucun concurrent. Malgré la sortie, en 1986, de la console Master System de Sega, Nintendo règne en maître incontesté sur le marché des consoles. En effet, à cette époque, au Japon et aux États-Unis, un foyer sur trois était équipé d’une Famicom. C’est grâce à la qualité et au nombre important de jeux sortis que la Famicom s’impose, selon la tactique imposée par Hiroshi Yamauchi. En 1980, Nintendo lance les Game and Watch créés par Gunpei Yokoi. Ces jeux électroniques à écran à cristaux liquides, qui tiennent dans la poche, connurent un très grand succès à travers le monde : en 2008, certaines versions de Game and Watch très recherchées atteignent des prix avoisinant les . Gunpei Yokoi, créateur du jeu "Metroid", est aussi l’inventeur de la croix directionnelle qui depuis 1980 bénéficie d’un brevet d’étude appartenant à la firme Nintendo. C’est l'année suivante en 1981 que le premier jeu de Shigeru Miyamoto, "Donkey Kong", sort sur bornes d’arcade ; dans ce jeu, les deux plus emblématiques personnages de Nintendo de l'époque, Mario et Donkey Kong, apparaissent pour la première fois. Fort de ces succès, Hiroshi Yamauchi envoie aux États-Unis sa fille Yoko et son gendre Minoru Arakawa dans le but d’y implanter une filiale. Nintendo of America, dont le siège social est situé à New York, voit ainsi le jour en 1982. Minoru Arakawa restera président jusqu'en 2002. Dans la même veine, ouvre la même année un quartier général subsidiaire à Redmond, près de Seattle. Retour au Japon avec, en 1983, la construction d’un centre de distribution à Uji City afin d’améliorer la production et favoriser l’expansion. Nintendo s’installe également au Canada, à Vancouver, et bâtit un centre vidéoludique aux allures familiales. Au cours de la même année, le chiffre d’affaires de Nintendo of America atteint le seuil de de dollars. En juillet, Nintendo fait son entrée sur le premier marché boursier de Tokyo. 1983-1989 : le début du succès. En 1983, Nintendo sort la console Famicom () au Japon, et en 1985 aux États-Unis avec l'aide de (jusqu'en 1987), (1986 en Europe et au Canada) sous le nom de Nintendo Entertainment System (NES). C'est à partir de 1983 que Nintendo va sortir plusieurs accessoires pour la Famicom et en 1985 et 1986 pour la NES, comme le NES Zapper, le Power Pad ou le Power Glove. En 1984, Shigeru Miyamoto crée R&D4. Toujours en 1984, Nintendo sort "Vs. System", qui est le premier jeu vidéo d'arcade interactif à deux écrans. En 1985, le très célèbre "Super Mario Bros." est mis en vente et sera le deuxième jeu le plus vendu au monde (derrière "Wii Sports" de Nintendo, vendu avec la console Wii) avec ses d’exemplaires. En 1986, Nintendo va lancer sur le marché japonais un périphérique révolutionnaire permettant de télécharger les jeux, le Famicom Disk System. C’est sur la NES que naîtront les plus grandes licences Nintendo tels que "Metroid", la trilogie "Super Mario Bros." ou encore "The Legend of Zelda" dont le premier épisode sort en 1986. Le chef-d’œuvre créé par Shigeru Miyamoto se vend à plus de six millions d’exemplaires. En 1987, Nintendo se lance secrètement dans un tout nouveau projet, une console : La Super Famicom. Le marché se développe tellement qu’on assiste, en 1988, à une véritable pénurie de microprocesseurs chez Nintendo. En 1988, Nintendo crée le Seal Of Quality, qui est placé sur n'importe quel jeu licencié pour l'usage sur une de leurs consoles de jeux vidéo. À la fin des années 1980, Nintendo est l’entreprise japonaise la plus rentable, devant Toyota, et près d’un foyer sur deux au Japon est équipé d’une Famicom. À cette époque Nintendo contrôle près de 90 % du marché des consoles de salon. 1989-1995 : l’apogée de la société. Encore grâce au génie de Gunpei Yokoi, Nintendo enfonce le clou en sortant en 1989 la Game Boy. La sortie de la petite console portable de Nintendo est accompagnée du célèbre "Tetris", dont Nintendo a obtenu les droits après une lutte acharnée contre Atari et Microsoft ; c’est un succès foudroyant. Cette console a su allier prix bas, grande autonomie et un catalogue de jeux aussi riche que varié. C’est un mariage dont a été incapable la Lynx d’Atari et la NEC PC Engine GT, pourtant bien plus performantes, mais bien trop chères. Seule la Game Gear de Sega aurait pu concurrencer sérieusement la Game Boy, mais sa faible autonomie lui a fait perdre le combat. À cette époque, tous les concurrents de la Game Boy étaient en couleurs, alors qu’elle ne disposait que d’un écran monochrome. Côté console de salon, c’est NEC avec sa PC-Engine (TurboGrafx-16 aux États-Unis) et surtout Sega avec sa Mega Drive (« Genesis » en Amérique du Nord), qui briseront la suprématie de Nintendo. Nintendo réplique en 1990 en sortant la Super Famicom (SNES aux États-Unis, Super Nintendo en Europe). Et malgré un démarrage un peu difficile de la petite dernière de Nintendo, la firme fait toujours d’énormes bénéfices grâce aux ventes de consoles Famicom et de Game Boy. "Super Mario Bros. 3" (sorti en 1991 sur NES) est un rouleau compresseur qui se vend à d’exemplaires. Un projet de lecteur CD-ROM, en collaboration avec Sony, pour la Super Nintendo est annoncé. La même année, en 1990, le Super Famicom Box sort disponible seulement pour chambres d'hôtels uniquement au Japon. C'est une console de salon, la Super Famicom, enfermée dans une boite munie d'un monnayeur, permettant de jouer à une durée limitée à un jeu vidéo et qui fonctionne sur le système du pay to play. En juin 1990, Nintendo crée sa filiale Nintendo of Europe, à Grossosteim en Allemagne. Le nom du lecteur CD est annoncé, le Super Nintendo CD-ROM Adapter (ou CD-ROM Super Nintendo ou SNES-CD en anglais) en 1991. C'est un périphérique destiné à la console Super Nintendo, conçu pour lui permettre de lire des jeux vidéo sur CD-ROM. Ce n’est qu’à partir de 1992 (date de sa sortie en Europe) et grâce à sa légère supériorité technique face à ses concurrentes (en particulier le Mode 7, qui permet de créer des jeux en pseudo 3D, comme "F-Zero" ou "Super Mario Kart", et le nombre de couleurs affichées à l’écran), que la console finit par s’imposer. En 1993, la création de Nintendo of Netherlands prend la gestion des produits Nintendo aux Pays-Bas, jusqu'ici distribués et gérés par Bandai. D'autres filiales voient également le jour en France, au Royaume-Uni, en Espagne, en Belgique et en Australie. En 1993, Nintendo lance une version relookée de la Famicom baptisée Famicom AV (NES Top Loader aux États-Unis), c’est l’année suivante que sortent les dernières cartouches Famicom, soit une durée de vie de onze ans : du jamais vu pour une console de salon. Toujours en 1993, Nintendo annule le partenariat de lecteur CD-ROM avec Sony pour s’allier à Philips, espérant profiter de la nouvelle technologie CD-i. De cette alliance ne naîtront que 4 jeux sur la machine CD-i de Philips. Trois de ces jeux, utilisant les personnages de "The Legend of Zelda", sont réputés aujourd'hui pour leur très mauvaise qualité. Nintendo annonce également le développement d’une nouvelle console : le , une console de jeu 64 bits. Nintendo va créer en 1994, le Super Game Boy. Il permet de jouer à des cartouches Game Boy sur un écran de télévision en utilisant les manettes de la Super Nintendo. Ce sera un grand succès. Tout au long de sa commercialisation, le catalogue de la Super Nintendo va régulièrement s’étoffer de jeux mythiques comme "Super Mario World, ", "Super Metroid", "", la trilogie "Donkey Kong Country" (où les personnages sont des modèles 3D digitalisés, véritable révolution pour l’époque), "Super Mario Kart" ainsi que les séries de jeux de rôle "Final Fantasy", "Seiken Densetsu" (Secret of Mana), "Dragon Quest" et "EarthBound". La console explore même la 3D avec le chip graphique Super FX utilisé dans le mythique "Star Fox" ("Starwing" en Europe). À cette époque, Nintendo maîtrise encore 75 % du marché des consoles de jeux vidéo. "" en 1995 représente l’apogée des jeux Nintendo de cette génération. Toujours en 1995 et afin de stimuler les ventes face à une concurrence de plus en plus agressive, Nintendo va lancer un nouveau périphérique (uniquement au Japon) permettant, grâce à un adaptateur satellite, de télécharger des jeux sur sa console : le Satellaview. 1995 est aussi l’année où Nintendo va entrer dans le capital de Rareware, la société à l’origine du développement de "Donkey Kong Country". 1995-2001 : une époque contrastée. Pendant l’été 1995, Nintendo lance sur les marchés américain et nippon une console expérimentale : le Virtual Boy. Cette console mi-portable, mi de salon imaginée par Gunpei Yokoi se présentait sous la forme d’un casque reprenant le concept de réalité virtuelle. Ce fut un échec, à peine () *800 000 unités furent vendues, contraignant Nintendo à annuler le lancement européen. Toujours en 1995, Nintendo s'est retrouvé dans une situation concurrentielle. Le concurrent Sega a présenté sa console Saturn 32 bits (qui fut un échec commercial), tandis que le nouveau venu, Sony, a présenté la PlayStation 32 bits. Les campagnes de marketing féroces de Sony qui suivirent ont par ailleurs commencé à réduire la part de marché de Nintendo et surtout de Sega (la compagnie passant de 39 millions de Megadrive vendues à 9 millions d'exemplaire écoulés pour la Saturn). Le (ou Ultra 64) sort enfin en 1996 au Japon et aux États-Unis et en 1997 en Europe. Rebaptisée Nintendo 64, cette console ultra puissante lors de son annonce en 1993 en partenariat avec Silicon Graphics n’était plus aussi révolutionnaire en 1996, après deux ans de retard. Sans être un échec commercial, elle ne connaît pas le succès escompté, et le marché se voit dominé par Sony et sa PlayStation. La perte des parts de marché n’empêche toutefois pas la Nintendo 64 d’enchaîner les succès avec de nombreux jeux vendus à des millions d’exemplaires. Nintendo, principal éditeur de sa propre console, réalise ainsi des bénéfices exceptionnels. "Super Mario 64", qui sort en même temps que la console, révolutionne le monde du jeu vidéo avec sa 3D superbe pour l'époque, et sa maniabilité au stick analogique. Toujours en 1996 prend fin la collaboration entre Nintendo et Square, qui lui avait apporté un énorme soutien avec ses nombreux RPG. Un différend à propos du support cartouche de la N64 (que Square jugeait trop limité face aux CD-ROM) va aboutir à la volonté de Square de ne plus développer de jeux pour les consoles de salon Nintendo, participant ainsi à la perte de parts de marché de Nintendo au profit de Sony. C’est un jeu nommé "Pocket Monsters" (Pokémon), sorti sur Game Boy en 1996, qui va relancer la firme. En effet, et contre toute attente, ce jeu connaît un succès planétaire et se place en tête des meilleures ventes de jeux ( vente à ce jour), relançant du même coup les ventes de la Game Boy, et faisant de la portable de Nintendo une des consoles les plus vendues de l’histoire vidéoludique. C’est également en 1996 que Nintendo va mettre sur le marché la Game Boy Pocket, version redessinée, plus petite, plus légère que la Game Boy originale dont les ventes diminuaient. Le , la mort tragique de Gunpei Yokoi dans un accident de la route bouleverse la firme nippone. Il était connu entre autres pour son invention des Game and Watch. Par la suite, des succès comme "Mario Kart 64", "" et "GoldenEye", "F-Zero X" vont s’enchaîner et faire décoller les ventes de la Nintendo 64 (sans toutefois égaler celles de la PlayStation). Entre 1997 et 1998, Nintendo décide de rafraîchir le design de la Super Nintendo au Japon et Etats-Unis, en sortant le modèle SNS-101, parfois appelé Super NES 2 aux États-Unis, et la Super Famicom Jr. au Japon. En 1998, la Super Nintendo s’était vendue à plus de d’exemplaires. En , Nintendo lance au Japon la Game Boy Light, version rétroéclairée de la Game Boy Pocket. Toutefois, le lancement de la Game Boy Light n’est pas un réel succès : en effet, les fans préfèrent attendre la fin de l’année 1998 et découvrir une véritable nouvelle console portable : la Game Boy Color. Disposant d’un écran couleur et d’un processeur deux fois plus rapide que sur l’ancienne Game Boy, elle est un véritable succès. Elle incorpore un écran couleur à peine plus grand que celui de la Game Boy. En revanche, son processeur est deux fois plus rapide, et sa mémoire deux fois plus grande. Elle est rétrocompatible avec tous les jeux Game Boy de première génération. La "Game Boy Color" est disponible en coques de différentes versions : translucide, violet, bleu, vert, fuchsia, jaune, violet translucide. des éditions limitées ont également été éditées : Noir translucide, vert translucide, bleu nuit, bleu translucide, orange clair, vert et or et une dizaine d'autres variantes spécifiques, ainsi que 7 versions Pokémon ce qui en a fait son succès. Toujours en 1998, la Game Boy Camera, commercialisée sous le nom de au Japon, sort. Elle sert à prendre des photographies de jeux Game Boy, mais également compatible avec tous les modèles de Game Boy et fonctionneront aussi sur les Game Boy Advance (à l'exception de la Game Boy Micro). Elle est déclinée en cinq coloris : bleu, rouge, vert, jaune ou violet (ce dernier seulement disponible au Japon). Toujours en 1998, le Game Boy Printer, une imprimante thermique qui se branche directement sur la Game Boy via un câble, sort. Vendue avec des rouleaux de papier autocollants de de large, qui étaient aussi disponibles dans le commerce, le Game Boy Printer est compatible avec toutes les consoles Game Boy et Game Boy Advance à l'exception de la Game Boy Micro. Elle permettra d'imprimer des images présentes dans certains titres "Game Boy" et "Game Boy Color." En 1998 au Japon et aux États-Unis et en 1999 dans le reste du monde, Nintendo sort Pokémon Pikachu, une console de jeux vidéo portable mettant en scène le Pokémon Pikachu. Elle ressemble à une Game Boy jaune, avec un écran noir et blanc LCD qui permet d'afficher les activités de Pikachu. Lors de l’E3 1999, Nintendo annonce sa nouvelle console : la (nom de code de la GameCube). En décembre 1999, le 64DD (DD pour Disk Drive) sort uniquement au Japon. c'est une extension matérielle de la Nintendo 64 permettant d’effectuer des modifications dans les jeux tels que l’édition de niveaux, de personnages et permet aux éditeurs de jeux de distribuer des mises à jour via le réseau Randnet, grâce à la possibilité de stockage de données sur disque dur. Ce dernier permet également d’augmenter la taille des jeux, bridée sur cartouche. Il fut un échec commercial (peu de jeux étant sortis sur cette plate-forme) et est abandonné un an plus tard. En 2000, Rareware sort la suite non officielle de "Goldeneye" : "Perfect Dark" qui surpasse son aîné et Nintendo lance "" qui malgré sa qualité, mais surtout son originalité ne se vend qu’à d’exemplaires. Le Mobile System GameBoy sort exclusivement au Japon le 14 décembre 2000. Il s'agit d'un adaptateur permettant de relier la console à un Téléphone Portable. Cela offrait aux joueurs la possibilité de jouer en réseau, de télécharger des articles de presse et des nouveaux niveaux ou personnages pour leurs jeux et de consulter et envoyer des courriels avec leur console portable. 2001-2004 : maintien du succès des consoles portables Nintendo. En 2001, le rythme des sorties sur Nintendo 64 se ralentit. Néanmoins, c’est au cours de cette année que Rareware sort le jeu le plus injurieux de la console : "Conker's Bad Fur Day" (ce qui l'a rendu prisé des collectionneurs). Nintendo sortira, dans le dernier trimestre de 2001, un de ses derniers jeux : "Paper Mario" suite spirituelle de "Super Mario RPG" sur Super Nintendo. En , Nintendo sort la successeur de la Game Boy (âgée de , bien qu’ayant connu : la Game Boy Pocket en 1996, la Game Boy Light et la Game Boy Color en 1998), la Game Boy Advance. Cette console portable, plus puissante que la Super Nintendo, crée un véritable engouement, tant chez les joueurs que chez les développeurs. Le Game Boy Advance Card-e Reader sort au Japon le , donnant une nouvelle signification au système de jeu portable. Des informations de jeux enregistrées sur des cartes Card-e peuvent désormais être lues par le Card-e Reader et transférées sur Game Boy Advance. Fin 2001, Nintendo sort au Japon et aux États-Unis la GameCube (autrefois nommée Dolphin), créée pour concurrencer la Dreamcast de Sega, la PlayStation 2 de Sony et la Xbox de Microsoft, la nouvelle console 128-bits de Nintendo a bien des atouts. C’est la première console de Nintendo à délaisser les cartouches pour un format de stockage sur Mini-DVD. En plus de sa grande puissance, la GameCube débarque avec un catalogue mêlant les classiques de la marque, comme "Metroid Prime", "Super Smash Bros. Melee", "" qui fut un des plus grands succès sur GameCube, et des titres innovants tels que "Pikmin" ou "Animal Crossing". Nintendo a également signé un accord d’exclusivité, perdu par la suite, avec Capcom pour sa série "Resident Evil". En décembre 2001 sort la Pokémon mini, qui est une console de jeux vidéo portable conçue et axée sur la franchise Pokémon. Elle est la plus petite console de jeux à cartouches produite par Nintendo. Elle possède un écran noir et blanc, et propose une horloge, un vibreur et un détecteur de choc. Elle dispose d'une connexion infrarouge permettant le jeu multijoueur. La GameCube sort en Europe en 2002, et Panasonic commercialise, au Japon seulement, une version de la GameCube capable de lire les films DVD nommée Q (prononcer ). Toujours en 2002, Nintendo crée une carte d’arcade (fondée sur la GameCube) en collaboration avec Sega et Namco. Son nom : la Triforce (clin d’œil à "Zelda"). Les jeux créés sur ce support ont l’avantage d’être facilement et rapidement portables sur la GameCube (ex. le jeu d’arcade "F-Zero AX" devenu "F-Zero GX" sur GameCube). Fin , Hiroshi Yamauchi quitte la présidence de Nintendo après plus de passés à sa tête. Son successeur est Satoru Iwata. La même date, Minoru Arakawa démissionne de son poste de PDG de Nintendo of America et est remplacé par Tatsumi Kimishima jusqu'en 2006. C’est également en 2002 que Nintendo va se séparer de Rareware, rachetée par Microsoft. C'est également en 2002, que Nintendo fit une version sans fil de la manette GameCube, nommée Wavebird. Elle avait pour particularité d'utiliser des ondes radios pour communiquer avec la console au lieu des habituelles liaisons infrarouge et possédait une autonomie d'environ pour une consommation de deux piles AA, permise par l'absence de module de vibrations. Au Japon, elle a été commercialisée en couleur platine (Silver), alors qu'elle était grise en Europe. Aux États-Unis, les deux étaient disponibles. Une version collector Club Nintendo existe au Japon, blanche et turquoise, avec le logo du Club Nintendo (la casquette rouge de Mario) au lieu du logo GameCube. Il y a également une version collector Gundam, de couleur bordeaux, disponible uniquement au Japon aussi. D'autres manettes sans fils ont été créées par Mad Catz. Le , Nintendo sort la Game Boy Advance SP (SP pour SPécial). Dôtée de la même puissance que la GBA mais possédant un design radicalement différent, la console est repliable, l’écran est éclairé par le bas (et non rétroéclairé comme l’annonçait la rumeur), les piles sont remplacées par une batterie et la console perd son port jack. À noter : une nouvelle version améliorée de l’éclairage en 2005. Par son design, cette version de la Game Boy augure la prochaine série de consoles portable de Nintendo : la Nintendo DS. Lors du Tokyo Game Show 2003, Nintendo a annoncé sa décision de s’implanter en Chine. Les produits Nintendo commercialisés en Chine porteront le nom iQue. Le premier projet de Nintendo en Chine sera l’iQue Player, une Nintendo 64 recarrossée. Pour éviter le piratage, les jeux sont téléchargés depuis des bornes spéciales sur des cartouches flashs réinscriptibles (à la manière du "Famicom Disk System"). Toujours en 2003, Le Game Boy Player sort. C'est un accessoire pour la GameCube permettant d'insérer des cartouches Game Boy, Game Boy Color et Game Boy Advance pour y jouer directement sur une télévision à l'aide des manettes de la console de salon. En 2003, Nintendo sort un site internet Club Nintendo, qui sera un succès dès sa sortie. Lors de l’E3 2004, Nintendo annonce un nouveau "Zelda" (prévu pour fin 2006) et une nouvelle console portable : la Nintendo DS. C’est également lors de cette période que Nintendo va renouer avec Square après une absence de près de . Square sortira "Final Fantasy Crystal Chronicles" sur GameCube et de nombreux jeux sur Game Boy Advance. 2004-2011 : le retour de la réussite commerciale. Fin 2004 au Japon et aux États-Unis, début 2005 en Europe, Nintendo lance la Nintendo DS, nouvelle console portable équipée de plusieurs fonctions jusque-là inédites dans le domaine du jeu vidéo portable, telles que l’utilisation de deux écrans rétro éclairés simultanément dont un tactile, d’une connexion internet-joueurs Wi-Fi et d’un microphone intégré. Grâce à un son stéréo ou Surround (avec l’utilisation d’un casque), la rétrocompatibilité avec les titres Game Boy Advance et la mise en veille automatique, la Nintendo DS est un vif succès. Lors de l’E3 2005, Nintendo présente au public certaines caractéristiques de sa nouvelle console de salon : le Project Revolution. Satoru Iwata, nouveau président de Nintendo, s'avère décidé à se démarquer avec la nouvelle génération de console de salon en approche : le but est de revenir à des coûts de production peu élevés (l'un des principaux objectif de la Famicom à l'époque qui fit son succès), avec un système de jeu unique qui poussera les ventes vers l'avant. Cependant, cela risque de repousser les joueurs réguliers : il faut donc toucher un public plus occasionnel. En , Nintendo lance son nouveau système de jeu en ligne : le Nintendo Wi-Fi Connection, compatible avec la Wii et la Nintendo DS. Ce système connaît un vif succès en partie grâce à "Mario Kart DS" qui sort au même moment. Fin 2005 au Japon et aux États-Unis, Nintendo lance une troisième version et dernière du Game Boy, le Game Boy Micro avec un écran rétroéclairé et une coque amovible de décoration ; trois coques sont fournies avec la console. L’écran est de meilleure qualité que ceux des versions précédentes du Game Boy Advance. Sa petite taille, plus petite de face qu’une carte de crédit, attire une nouvelle clientèle plus âgée. Cette console se vend assez bien, même si elle n’est que légèrement moins coûteuse que la Nintendo DS (qui offre une compatibilité avec le même catalogue de jeu) et qu'elle n'est pas compatible avec les jeux Game Boy et Game Boy Color. Début , Nintendo annonce avoir écoulé treize millions de DS dans le monde depuis son lancement à l’échelle mondiale jusqu’à la fin . Un chiffre important suivi par des ventes de jeux excellentes dépassant le million pour des titres tels que "Nintendogs", "", "Mario Kart DS", "Metroid Prime Hunters", "Nintendo DS Brain Training", "Pokémon Diamant et Perle", un remake de "Super Mario 64" : "Super Mario 64 DS", et "New Super Mario Bros.", un opus qui rappelle celui sur NES. Toujours fin janvier 2006, Nintendo annonce une version relookée de la Nintendo DS dans un style assez proche de la Wii (nom de code Revolution). Nommée Nintendo DS Lite, elle est sortie le au Japon pour le prix de (environ ), le 11 juin en Amérique du Nord pour le prix de et enfin en Europe le pour le prix de . La Nintendo DS Lite est plus légère que l’originale ( contre 275 pour l’originale) mais aussi plus petite : ses dimensions ayant été réduites (133 × 74 × 22 contre 149 × 85 × 29) et il est possible de gérer la luminosité de l’écran avec 4 niveaux d’éclairage. Pour de nombreux joueurs, il s’agit de la console inaugurale de "New Super Mario Bros." (un certain mélange de tous les épisodes en un seul nouveau jeu). Ce jeu s’est vendu à d’exemplaires dans les 4 premiers jours de sa sortie. En 2008, nous avons le choix entre plusieurs coloris : blanc et noir disponibles dès le lancement, puis gris et rose, et enfin rouge, bleu clair et vert clair qui sont des couleurs ajoutées par la suite (d'autres couleurs comme bleu foncé, violet, jaune ou or sont disponibles en version limitée en Amérique du Nord ou au Japon). En 2006, Nintendo ouvre la voie à la gamme de jeux Touch! Generations, une gamme de titres permettant de jouer de toutes nouvelles manières et qui met à l'honneur le stylet et l'écran tactile de la console. En 2006, Tatsumi Kimishima démissionne de Nintendo of America et laisse la place à Reggie Fils-Aimé. Début , la barre du million de joueurs uniques sur la est dépassée et Nintendo se fait un nom dans le domaine du jeu vidéo en ligne par la même occasion. La barre des deux millions de joueurs est franchie en . Nintendo sort le jeu "" qui fut un véritable succès. Une suite de ce jeu ne tarde pas à sortir ainsi que d'autres jeux visant le même public sortent et se vendant aussi bien. Nintendo a trouvé le public qu'il lui faut pour sa prochaine console de salon, et juge donc inutile de dépenser trop d'argent pour sa production. La Révolution se nomme désormais « Wii », soit « We », ou « Nous » en anglais, signe de l'orientation multijoueur donnée à cette console. Le design de la console aborde un style épuré, et aura le but de plaire à un large public, mais conviendra aussi aux joueurs « confirmés » qui se sentiront, malgré tout, délaissés après sa sortie. La cinquième console de salon de Nintendo est donc la Wii (dont l’ancien nom de code était Revolution), qui a été présentée en version jouable à l’E3 au début du mois de . Cette console est sortie le en Europe au prix de . Elle propose un système de jeu en ligne comme celui qui a vu le jour sur la Nintendo DS en . Ce système en ligne (le WiiConnect24) est entièrement gratuit. Elle offre une compatibilité avec les jeux de la Nintendo GameCube. De plus, elle permet, grâce à la Virtual Console, d’avoir accès à certains jeux NES, Super Nintendo et Nintendo 64, par la voie du téléchargement, mais aussi à des jeux Mega Drive, TurboGrafx-16, MSX, Commodore 64, PC-Engine (Hudson, NEC), NEO-GEO et Master System. La manette, appelée Wiimote, est totalement inédite. Elle a été présentée au Tokyo Game Show de 2005 pour la première fois. Elle se présente sous la forme d’une télécommande. C’est un engin de pointage qui détecte les mouvements. Cette manette peut interpréter les déplacements diagonaux, d’éloignement et de rapprochement, ainsi que les rotations. Depuis l’E3 2006, elle contient aussi un haut-parleur et un vibreur. Ici, deux capteurs fixes sous la forme de tiges de jouent le rôle de référentiels. Des extensions peuvent être attachées à la manette, comme un joystick (appelé « nunchuk », qui détecte aussi les mouvements) et qui est vendu avec la console. En , Nintendo a déjà vendu près de de consoles Wii à travers le monde et compte en vendre en 2007/2008. Par ailleurs, la Nintendo DS se porte extrêmement bien, et la barre symbolique des d’unités vendues en Europe en moins de a été franchie en janvier 2008. Notons également que le nombre de Nintendo DS vendues aux États-Unis est sur le point de franchir les d’unités vendues. La Nintendo DS devient ainsi la première console à avoir atteint ce chiffre en si peu de temps. Le , Nintendo a acquis une participation de 80 % dans la société de développement de jeux vidéo Monolith Soft, auparavant détenue par Bandai Namco. Monolith Soft est surtout connu pour développer des jeux de rôle tels que les séries Xenosaga et . Toujours fin 2007, Nintendo change son site. Le design du site arbore un style épuré, correspondant aux couleurs de la Wii et de la Nintendo DS Lite. Dans ce nouveau site, l'espace communauté où les joueurs pouvaient s'échanger des messages, et communiquer avec les administrateurs du site (bien qu'ils y fussent rarement présents) disparait. Les news ne dévoileront plus aucune avant-première, et ne feront que présenter les nouveaux jeux qui sortent, et mises à jour. Le site, bien que de meilleure qualité, est une déception réelle pour les joueurs dont beaucoup le considéraient comme une référence, pour les avant-premières, mais aussi pour un contenu bien plus étoffé auparavant.. En novembre 2007, Nintendo sort le jeu "Super Mario Galaxy". Successeur de "Super Mario Sunshine", "Galaxy" est le nouveau volet 3D des aventures du célèbre plombier de la firme. Le jeu est un immense succès critique et commercial, acclamé pour son originalité, son concept de gravité, sa musique orchestrée et ses graphismes. Le jeu se vend à plus de d'exemplaires à travers le monde et est décerné jeu de l'année 2007 par plusieurs sites de référence de jeux vidéo tel IGN ou GameSpot. Le jeu remporte le prix prestigieux de jeu de la décennie par la BAFTA, l'Académie Britannique. "Super Mario Galaxy" est le jeu le mieux côté de tous les temps sur GameRankings. Il est également le titre Wii le mieux côté de tous, suivi de sa suite, "Super Mario Galaxy 2" ainsi que ', "World of Goo" et '. En 2007, Greenpeace dénonce l'absence de politique environnementale de Nintendo, tant en matière d’élimination des substances chimiques dangereuses qu'en recyclage des produits électroniques obsolètes. Début 2008, Nintendo sort un jeu très attendu : "Super Smash Bros. Brawl". Le jeu est un vif succès avec des ventes de plus de d'exemplaires. Au mois d'avril 2008, Le Wii Fit et la Wii Balance Board sortent, invitant des familles entières à s'intéresser à leur forme physique tout en s'amusant. Dans le courant de la même année, la sortie de Mario Kart Wii et du volant Wii Wheel amène les joueurs de tous âges et de tous niveaux à s'affronter tambour battant sur les circuits. C'est au mois de mai 2008 que WiiWare, le service de téléchargement de jeux vidéo, est lancé. Le , la Nintendo DSi sort au Japon. Celle-ci est équipée d'une fonction appareil photographique, mais ne lit plus les jeux Game Boy Advance. Le , Nintendo annonce que la DSi s'est écoulée à lors des deux premiers jours de sa commercialisation au Japon. À titre de comparaison, la DS s'était vendue à unités pendant les deux premiers jours de sa mise en circulation. La DSi est commercialisée depuis le aux États-Unis et le en Europe. Fin 2008, Nintendo adopte définitivement un nouveau logo : soit le même que le précédent, mais en un gris assez discret correspondant mieux ainsi aux couleurs épurées de la Wii et de la Nintendo DS Lite (puis de la DSi). Il sera demandé par courrier à de nombreux journaux et magazines de ne plus utiliser l'ancien logo rouge. Les boites de jeux abordant encore l'ancien logo sont rééditées, ainsi également que le contenu des jeux où apparaissent le logo rouge. Durant l'été 2009, Wii Fit revient en pleine forme avec Wii Fit Plus offrant à ses utilisateurs encore plus de façons de mesurer leur forme physique. L'ajout d'un compteur de calories et d'une option permettant de personnaliser les entraînements selon les besoins de l'utilisateur permettent à chacun de prendre soin de sa forme à son rythme. La Nintendo DSi XL (ou DSi LL au Japon) est sortie le 21 novembre 2009 au Japon, le 5 mars 2010 en Europe et le 28 mars 2010 aux États-Unis. Il s'agit d'une version agrandie de la Nintendo DSi, ses écrans étant 93 % plus grands. Fin 2009, Nintendo met en vente le jeu "New Super Mario Bros. Wii", un épisode 2D du célèbre Mario. Le jeu bat le record de ventes sur la durée la plus courte, autrefois détenu par "" et devient le jeu le plus rapidement vendu de l'histoire, cumulant en février 2010 près de douze millions de ventes après deux mois de commercialisation. En juin 2010, à l'occasion de l'E3, Nintendo dévoile sa nouvelle console portable devant succéder à la gamme Nintendo DS. Dénommée Nintendo 3DS celle-ci conserve le concept des 2 écrans. Celui du bas est toujours tactile (elle est rétrocompatible avec les jeux Nintendo DS) mais la grande nouveauté provient de l'écran supérieur qui permet d'afficher des effets 3D sans que l'utilisateur ait besoin de porter des lunettes. La Nintendo 3DS dispose d'une puissance accrue par rapport à la Nintendo DS, d'un gyroscope, de trois caméras (permettant de prendre des photographies en 3D) et de fonctions de communication avancées. Elle est lancée au Japon le 26 février 2011, en Europe le 25 mars 2011 et aux États-Unis le 27 mars 2011. 2011-2017 : échec de la Wii U, ère de la Nintendo 3DS et lancement du jeu mobile. Au mois d', le site 01net déclare que, selon une source interne de Nintendo, la future console de salon de la firme se nommerait « Project Café ». Les rumeurs font état de compatibilité HD et d'une nouvelle manette intégrant un écran. Finalement, Nintendo dévoile sa nouvelle console lors de l'E3 2011. Dénommée Wii U, elle est la première console capable d'afficher des jeux en 1080p en natif et est rétrocompatible avec les jeux et accessoires Wii. La manette, appelée GamePad, constitue la principale innovation. Celle-ci comprend un écran tactile 16:9 de , une caméra, un micro et un gyroscope. En , Nintendo a annoncé son rapport financier pour 2011, qui a entraîné une perte nette de de yens en raison des baisses de prix du matériel et des taux de change. Nintendo a montré des pertes pour la première fois depuis que le rapport financier a été publié dans les années 1980. Le , lors d'un Nintendo Direct, la Nintendo 3DS XL est annoncée. Il s'agit d'un nouveau modèle de la Nintendo 3DS possédant des écrans plus grands, à l'instar de la Nintendo DSi XL en son temps. Elle est vendue avec une carte mémoire de et est disponible au Japon et en Europe le et aux États-Unis le . La Wii Mini, annoncée le est une console de jeux vidéo semblable à la Wii mais en plus petit. Elle est commercialisée le au Canada et le en Europe, au prix conseillé de , soit le prix de sortie le moins cher pour une Wii. À la fin de l'année 2012, Nintendo lance dans les principaux marchés du jeu vidéo la console de salon Wii U. Celle-ci profite d'une connectivité en ligne plus poussée comparé à celle de la Wii. Le nouveau réseau "Miiverse", lieu d'échange entre les Mii des utilisateurs dans le monde entier en est un exemple. Fin août 2013, Nintendo dévoile la Nintendo 2DS, une console portable compatible avec les jeux DS et 3DS, mais sans possibilité d'activer la fonction de 3D autostéréoscopique, pour un prix moins élevé que les précédents modèles. La console n'est également pas pliable et est commercialisée en octobre 2013. Le , Nintendo a annoncé avoir acheté une participation de 28 % dans une société dérivée de Panasonic appelée PUX Corporation. La société se spécialise dans la technologie de reconnaissance faciale et vocale, avec laquelle Nintendo entend améliorer la convivialité des futurs systèmes de jeux. Nintendo a également travaillé avec cette société dans le passé pour créer un logiciel de reconnaissance de caractères pour un écran tactile Nintendo DS. Au début 2014, les chiffres de Nintendo sont dévoilés. Les mauvaises ventes de la Wii U contribuent grandement à des prévisions pessimistes pour l'année fiscale 2013-2014. Lors de l'E3 2014, Nintendo dévoile les figurines amiibo, compatibles avec la Wii U et Nintendo 3DS et fonctionnant avec la technologie NFC. Ces figurines sont commercialisées à partir de novembre 2014 pour la sortie du jeu "Super Smash Bros. for Wii U". En août 2014, Nintendo annonce le lancement de la New Nintendo 3DS, nouvelle version de la Nintendo 3DS possédant notamment un second stick analogique de petite taille. Certains jeux sont spécifiquement conçus pour utiliser le nouveau processeur de ces deux modèles de ce système et ne sont pas compatibles avec les anciens modèles 3DS. Elle est commercialisée fin 2014 au Japon et en Australie, puis le en Europe et en Amérique du Nord. En janvier 2015, les chiffres de Nintendo dévoilent la montée en puissance de la Wii U qui a désormais atteint les d'unités vendues et de la Nintendo 3DS avec plus de d'unités vendues. Toujours en janvier 2015, Nintendo a annoncé sa sortie du marché brésilien après quatre années de distribution de produits dans le pays. Nintendo a invoqué des droits d'importation élevés et le manque d'opérations de fabrication locales pour justifier son départ. Nintendo poursuit son partenariat avec pour distribuer des produits dans le reste de l'Amérique latine. Il est à noter que Nintendo n'a jamais véritablement réussi à s'implanter dans le continent du fait d'une distribution très efficace des consoles Sega par la compagnie de jouet Tectoy dès les années 1990 qui développe encore aujourd'hui des nouvelles consoles exclusives tel la Megadrive 3. En mars 2015, Nintendo annonce un rapprochement avec DeNA pour le développement de jeux et applications conçus spécifiquement pour smartphones et tablettes. Le même jour, Nintendo annonce également une nouvelle console avec le nom de code « NX ». En mai 2015, Universal Parks & Resorts a annoncé qu'il était en partenariat avec Nintendo pour créer des attractions dans les parcs à thème Universal basés sur les propriétés de Nintendo. Le , Nintendo annonce le décès de son PDG, Satoru Iwata, le 11 juillet à l'âge de des suites d'une tumeur à la vésicule biliaire. L'intérim est alors assuré par Shigeru Miyamoto, créateur de nombreux jeux de Nintendo, et Genyo Takeda, membre de la direction. Le , Nintendo organise un conseil dans le but d'élire le nouveau PDG de l'entreprise. Ainsi, Tatsumi Kimishima est officiellement nommé président de la compagnie. Cette élection s'accompagne d'une restructuration interne de la société, avec notamment la fusion de plusieurs structures proches, ainsi que la création d'un département Business Development. Fin octobre 2015, Nintendo annonce l'ouverture d'un nouveau service de fidélisation, , en remplacement du Club Nintendo fermé plus tôt dans l'année, ainsi que la sortie de la première application pour mobile, intitulée "Miitomo", pour mars 2016. Lors de son lancement au Japon, l'application dépasse le million de téléchargements en trois jours, et fait s'envoler l'action de Nintendo à la Bourse de Tokyo. En mars 2016, un nombre important de licenciements est annoncé. Le 27 avril 2016, Nintendo publie ses résultats financiers sur l'année écoulée (du 31 mars 2015 au 31 mars 2016) et annonce un bilan positif malgré un bénéfice réduit de 60 % par rapport à l'année précédente. La sortie de l'application mobile Pokémon Go par Niantic en juillet 2016 a fait doubler les parts de Nintendo, en raison d'un malentendu des investisseurs selon lequel le logiciel était la propriété de Nintendo. Plus tard ce mois-ci, Nintendo a publié une déclaration clarifiant sa relation avec Niantic, Nintendo a déclaré détenir 32 % du propriétaire de la propriété intellectuelle de Pokémon The Pokémon Company, et bien qu'il recevrait des licences et d'autres revenus du jeu, il s'attendait à un impact limité sur le revenu total de Nintendo. À la suite de la déclaration, le prix des actions de Nintendo a chuté considérablement, perdant 17 % en un jour de négociation. En août 2016, Nintendo of America a vendu 90 % de sa participation majoritaire (55 %) dans les Seattle Mariners à un groupe d'investisseurs dirigé par l'homme d'affaires de téléphonie mobile John Stanton pour de dollars. En novembre 2016, la , une version modernisée et compacte de la NES, sort. Elle comporte 30 jeux pré-installés. Le , Universal Parks & Resorts lance officiellement les parcs thématiques de Nintendo sur trois noms : Universal Studios Japan, Universal Orland Resort et Universal Studios Hollywood. En décembre 2016, Nintendo sort "Super Mario Run" pour les appareils IOS. Avec plus de de téléchargements en une semaine, Kimishima déclare que Nintendo sortira quelques jeux mobiles chaque année à partir de là. Depuis 2017 : le succès de la Nintendo Switch. En octobre 2016, Nintendo révèle la Nintendo Switch, connue jusqu'alors sous son nom de code « NX ». L'innovation majeure de cette console hybride est la possibilité de passer du mode console de salon au mode console portable sans avoir besoin d'interrompre la partie. Son système de manettes détachables permet de nombreuses possibilités de jeu. La console est commercialisée le 3 mars 2017 et est accompagnée de "1 2 Switch", "Fast RMX", "Human Resource Machine", "I Am Setsuna", "Just Dance 2017", ', "Little Inferno", ', "", "Super Bomberman R", "Shovel Knight" et "World of Goo". En , Nintendo annonce la New Nintendo 2DS XL. Comme la Nintendo 2DS, elle est compatible avec tous les jeux Nintendo 3DS sans les effets 3D stéréoscopiques. Elle dispose d'un plus large écran et est plus légère que les modèles précédents. Elle est sortie le 28 juillet 2017. En , la est annoncée. C'est une console de jeux vidéo considérée comme une version modernisée et compacte de la Super Nintendo. Elle sort fin septembre 2017 en Europe et aux États-Unis et en octobre 2017 au Japon. Elle comporte 21 jeux préinstallés. En , il a été annoncé que Nintendo ferait équipe avec Illumination Entertainment, une division d'animation d'Universal Pictures, plus connue pour la franchise "Moi, Moche et Méchant" pour réaliser un film d'animation sur la franchise "Mario". En , Nintendo présente "Nintendo Labo", une gamme d'accessoires à assembler soi-même, compatibles avec la Nintendo Switch. Surnommés Toy-Con, ils sont fabriqués à base de carton, et peuvent se présenter sous la forme d'un piano, d'une maison ou encore d'une canne à pêche, pouvant être synchronisés à un jeu. Les Toy-Con utilisent les capacités intégrées des Joy-Con, comme le gyroscope ou le capteur infrarouge, pour fonctionner. Les accessoires Nintendo Labo sont sortis depuis le 27 avril 2018. Toujours en 2018, la firme nippone annonce qu'elle a vendu 14,86 millions d'unités au cours du premier exercice de la console. La compagnie annonce dans le même temps avoir vendu 52,57 millions d'unités de logiciels. Après son plus gros échec commercial sur le marché des consoles avec la Wii U (écoulée à 13,56 millions d'exemplaires), la Switch permet à Nintendo de renouer avec les succès qu'elle a connu du temps de la Wii. En , Nintendo a annoncé que Tatsumi Kimishima quitterait son poste de président de l'entreprise en juin. Shuntaro Furukawa, directeur général et co-directeur externe de The Pokémon Company, lui succédera. Le , Nintendo a officiellement annoncé le lancement de leur jeu mobile intelligent "Dragalia Lost ~ Lost Dragonskin ~" développé conjointement avec Cygames et qui disponible à l'été 2018 au Japon, à Taiwan, à Hong Kong et à Macao. En , Nintendo annonce que sortira pour le 15 septembre 2018, la Nintendo Classic Mini Double Pack, un pack qui contient la NES Mini et SNES Mini. En , Nintendo annonce la fin des productions de ces deux mini-consoles. En janvier 2019, Nintendo a annoncé avoir réalisé un bénéfice de 958 millions de dollars et généré un chiffre d'affaires de 5,59 milliards de dollars en 2018. En , après quinze ans à la tête de Nintendo of America, Reggie Fils-Aimé annonce mettre fin à ses fonctions à partir du 15 avril 2019. Il est remplacé par Doug Bowser. Début , Nintendo annonce la Nintendo Switch Lite. Cette console est un modèle dérivé uniquement portable de la Nintendo Switch. Elle est sortie le . En , ValueAct Capital Partners a annoncé une acquisition de 1,1 milliard de dollars d'achats d'actions Nintendo, leur donnant une participation globale de 2% dans Nintendo. En , bien que la pandémie de Covid-19 ait provoqué des retards dans la production et la distribution de certains produits de Nintendo, la situation "a eu un impact limité sur les résultats commerciaux". Nintendo a signalé une augmentation de 75% de ses revenus par rapport à l'exercice précédent, principalement grâce au service Nintendo Switch Online. En , Nintendo a été nommée la société la plus riche du Japon. En , Nintendo cesse la production de tous les modèles de Nintendo 3DS qui a été un succès commercial. C'est la première fois depuis 1989 (ou 1980 en considérant les Game & Watch) que Nintendo ne fabrique plus de consoles spécifiquement portables. Nintendo fait en 2020 une année record depuis la Wii grâce aux ventes de la Nintendo Switch et au record d""' sorti durant les premiers mois de confinement, malgré un catalogue de sorties assez faible en dehors des produits pour célébrer les de "Super Mario Bros.". Le , Nintendo rachète le studio Next Level Games, basé à Vancouver, développeur des deux derniers volets de la série Luigi's Mansion et de la série de football Mario Strikers. Le , la Nintendo Switch OLED est commercialisée. Elle propose des améliorations mineures à la Nintendo Switch, comme un écran amélioré. En , le fonds public d'investissement d'Arabie saoudite annonce son entrée au capital de Nintendo avec 5% des parts, ce qui en fait le plus grand actionnaire. Produits. Consoles. Consoles portables. Nintendo est leader sur le marché des consoles portables depuis 1980. Ventes de consoles. Chiffres datés de la fin du mois de décembre 2022 : Jeux vidéo. Franchises. Les franchises "Super Mario", "Pokémon", "The Legend of Zelda", "Animal Crossing" et "Super Smash Bros." font partie des plus importants succès populaires de la compagnie. "Donkey Kong", "Metroid", "Star Fox", "Fire Emblem" et "Xenoblade Chronicles" comptent parmi les plus jolies réussites critiques. Jeux d’arcade réalisés par Nintendo. Au début des années 1980, Nintendo était très présent sur le marché de l’arcade avec des franchises telles que "Mario Bros." ou "Donkey Kong", mais avec la sortie de la Famicom, Nintendo s’est petit à petit retiré de ce marché. En 2002, Nintendo a signé un contrat avec Sega et Namco pour produire une nouvelle carte d’arcade fondée sur l’architecture de la Gamecube, la Triforce (clin d’œil à "The Legend of Zelda"). Personnages emblématiques. De nombreux protagonistes et antagonistes sont devenus les emblèmes de Nintendo. Mario, Luigi, la princesse Peach ainsi que Bowser comptent parmi les personnages les plus célèbres. Recherche et développement. La structure interne de Nintendo est caractéristique de sa politique : le logiciel est la clé de voûte du succès. Tout a été mis en place par le PDG historique de Nintendo, Hiroshi Yamauchi. Il devient en 1984 "Directeur des unités de Recherche et de Développement". Le 16 septembre 2015, Nintendo subit une profonde restructuration à l'arrivée du nouveau PDG, Tatsumi Kimishima, qui mènera à une nouvelle organisation et à la fusion de nombreuses équipes. Les principaux locaux sont situés à Kyoto au Nintendo Kyoto Development Complex. Cette évolution était voulue par Satoru Iwata, mort en juillet 2015. Nintendo possède trois divisions clés spécialisées dans différents domaines ainsi qu'une galaxie de petites équipes. Développement. Les studios de développement de Nintendo restent très petits (près de ) tandis que certains grands éditeurs comme Ubisoft dépassent les dont plus de dédiés au développement et à la création artistique à travers le monde. De même, en comparant Ubisoft ou même Activision Blizzard avec Nintendo, Nintendo détient près de moitié moins d'employés ( à la fin du mois de septembre 2020). Nintendo produit néanmoins un flux continu de jeux sur ces plateformes même si certaines consoles pâtissent d'un « isolement » de Nintendo par rapport aux éditeurs tiers sur certaines générations de consoles (notamment la Wii U et la Nintendo 64). Studios restructurés en 2015. Le 16 septembre 2015, Nintendo a subi une profonde restructuration de ses studios, les équipes de développement interne étaient au nombre de quatre jusqu'en septembre 2015 : Studios first-party. Nintendo possède également des studios majoritairement qu'il détient sans pour autant les intégrer, ces studios sont donc plus « indépendants » mais restent liés à Nintendo : Studios second-party (ou affiliés). Les développeurs dits sont des développeurs ayant passé des contrats d’exclusivité avec Nintendo. En signant ces contrats, les développeurs s’engagent à ne sortir des jeux que sur console Nintendo et de son côté Nintendo leur apporte une aide financière. Les studios second-party ou affiliés de Nintendo travaillent sur la licence "Pokémon" avec le soutien financier de Nintendo : Studios partenaires. Jeux vidéo. Ces studios ou éditeurs développent une grande partie de leurs jeux sur les consoles Nintendo. Parmi ces studios, on peut retrouver : Adaptations et parcs d'attraction. Certains studios partenaires de Nintendo réalisent des films ou séries d'animation, les séries d'animation et les parcs d'attraction pour Nintendo : Société. Participations. Nintendo est actionnaire majoritaire des Seattle Mariners, une équipe de baseball américaine, de l’équipe de basket-ball NBA Atlanta Hawks, de l’entreprise Gyration Inc spécialisée dans la fabrication de souris optiques et possède un certain nombre de ports de plaisance sur la côte est des États-Unis. En 2016, Nintendo vend une grande partie de ces parts dans l'équipe des Mariners de Seattle, passant à 10 % des parts du club. Par la suite, Nintendo annonce avoir gagné plus de de dollars à la suite de cette opération financière, et augmente ses bénéfices annuels de 160 %. Nintendo détenait les Seattle Mariners depuis 1992, où Hiroshi Yamauchi avait investi de dollars dans le club. Depuis mars 2022, le PIF avait détenu 5% des actions de Nintendo. Au début de 2023, l'Arabie saoudite a décidé d'augmenter sa participation à 6%. En février 2023, le Royaume a décidé de devenir le plus grand actionnaire étranger de Nintendo en achetant des actions de nouvelles pour atteindre 8,23%. Cependant, Nintendo surveille soigneusement les activités de l'Arabie saoudite en tant que prince héritier de saoudite, MBS, a été confronté à plusieurs controverses mondiales de questions sur les droits de l'homme dans le royaume. Actionnariat. Liste des principaux actionnaires au 7 novembre 2019. Localisation. Nintendo étant une compagnie au rayonnement international, elle possède des filiales dans de nombreux pays. Chaque filiale est assez indépendante de Nintendo Co. Ltd et possède son propre directeur. Les filiales de Nintendo sont chargées de la distribution et du lancement d’un jeu ou d’une console, du marketing, du service après-vente et parfois de la localisation (traduction) des jeux. La division américaine (NoA), la plus importante après celle de Kyoto, est localisée à Redmond dans l’État de Washington. Elle est dirigée par Doug Bowser. D’autres centres de distribution sont également situés à Atlanta et à North Bend. (ou Nintendo du Canada) est localisé à Richmond en Colombie-Britannique, et est dirigé par Pierre-Paul Trépanier. La division européenne principale, Nintendo of Europe (NoE), est localisée à Francfort-sur-le-Main en Allemagne depuis juin 2014 et emploie en mars 2019. Son siège historique à Großostheim a fermé ses portes en juin 2014 et les équipes ont été centralisées à Francfort. NoE est dirigée par Koji Miyake (en tant que directeur général) depuis 2018. À noter que Nintendo of Europe est elle-même divisée en plusieurs filiales dont Nintendo France SARL située à Cergy-Pontoise, Nintendo Espana SA domiciliée à Alcobendas, Nintendo Benelux domiciliée à Anvers en Belgique, Nintendo domiciliée à Slough (s'occupant également de l'Irlande) et Nintendo Italia installée à Milan. a également une filiale à Moscou. À noter que Nintendo est aussi implantée en Australie, à Scoresby sous le nom de Nintendo of Australia. Nintendo of Australia dépend de Nintendo of Europe du fait que l'Australie fait aussi partie de la zone PAL. Nintendo est aussi implantée en république populaire de Chine à Suzhou depuis 2003 sous le nom iQue. Depuis , Nintendo a ouvert une filiale en Corée du Sud à Séoul sous le nom de Nintendo of Korea. Slogans. Voici une liste des slogans utilisés par Nintendo au cours de ces 20 dernières années : « Nintendo 64 la nouvelle dimension de l’amusement ! » (N64) Controverses. Obsolescence programmée. Après les défauts récurrents des manettes de la dernière console Nintendo Switch et l'absence de service de réparation, la société a été accusée par UFC Que Choisir d'obsolescence programmée.
Nagasaki est une ville japonaise, capitale de la préfecture homonyme sur l'île de Kyushu. En 2020, Nagasaki compte . L'histoire de Nagasaki a presque entièrement été construite par des étrangers ; en effet, ce sont les Portugais qui en font une ville portuaire prospère au . Sous la période Tokugawa, la persécution des chrétiens y fut particulièrement vive, avant que la ville ne soit ouverte après la restauration Meiji. Nagasaki a été, le , la cible du deuxième bombardement atomique de l'histoire par les États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale après celui d'Hiroshima trois jours plus tôt. C'est donc à ce jour la dernière ville à avoir subi le feu nucléaire. Histoire. Le port et le commerce (). Naissance et développement du port. Fondée dans la seconde moitié du , c'était à l'origine un village isolé. C'est l'arrivée d'explorateurs européens au milieu du , quand un navire portugais s'échoua accidentellement sur les rives de la préfecture de Kagoshima en 1543, qui en provoqua la naissance et l'essor. Le missionnaire jésuite François Xavier arriva au Japon en 1549, mais bien qu'il partît pour la Chine en 1551 et y mourût peu de temps après, ses compagnons missionnaires restèrent au Japon et y convertirent plusieurs daimyō (chefs de guerre). Le plus important fut Ōmura Sumitada qui tira grand profit de sa conversion, car il reçut une part du commerce des navires portugais dans un port qu'ils établirent à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville, avec son accord. En 1580, Ōmura Sumitada céda le port de Nagasaki et les territoires environnants à la Compagnie de Jésus dont le supérieur local était le père Côme de Torres, successeur immédiat de saint François Xavier. Le petit village portuaire grandit rapidement, et les produits importés à Nagasaki (comme le tabac, le pain, les beignets la plupart d'entre eux ont d'ailleurs conservé leur nom d'origine portugaise comme les gâteaux de Nagasaki, les castella. Les Portugais amenèrent aussi avec eux des marchandises d'origine chinoise et les armes à feu. On parle de cette période comme la "" ou bien "Nagasaki ecclésiastique". La prospérité de Nagasaki fut menacée en 1587 lorsque Hideyoshi Toyotomi arriva au pouvoir. Inquiété par l'influence des chrétiens dans le Sud du Japon, il ordonna l'expulsion de tous les missionnaires. Ōmura avait donné aux jésuites un contrôle administratif partiel de Nagasaki, et la ville retourna sous le contrôle impérial. Les chrétiens japonais et étrangers furent persécutés. En 1596, Hideyoshi fit crucifier à Nagasaki pour détruire toute tentative d'usurper son pouvoir. Toutefois, comme l'empereur ne fit pas bannir les marchands portugais, l'économie de la ville continua à prospérer. Quand presque vingt ans après, Ieyasu Tokugawa prit le pouvoir, la situation ne s'améliora pas. Le christianisme fut interdit en 1614 et tous les missionnaires furent déportés, ainsi que les daimyō qui ne renoncèrent pas à leur religion. Une campagne brutale de persécution s'ensuivit, avec des centaines de tués ou torturés à Nagasaki et dans d'autres parties du Japon. Les chrétiens offrirent une certaine résistance, en 1637 lors de l'insurrection de la péninsule de Shimabara, à l'est de Nagasaki. Au nombre de , ils capturèrent le château d'Hara et humilièrent le daimyō local. En réponse, le shogun envoya . Ce fut la fin du bref « siècle chrétien » au Japon. Ils durent pratiquer leur religion en secret, toujours victimes d'inquisitions occasionnelles (voir les Seize martyrs de Nagasaki). L'îlot de Dejima et la « réouverture » du Japon. Pendant ce temps les Néerlandais, appelés "Oranda-jin" en japonais, continuèrent discrètement à exercer leurs affaires au Japon, ramenant même avec eux des Japonaises en Hollande. Malgré la politique officielle des shogun, désireux de mettre fin à l'influence étrangère dans le pays, les Hollandais démontrèrent qu'ils étaient intéressés surtout par le commerce, et prouvèrent leur engagement aux côtés des Tokugawa durant la rébellion de Shimabara en ouvrant même le feu sur les chrétiens (catholiques) afin de venir en aide au pouvoir shogunal. En 1641, on leur octroya Dejima, une île artificielle dans la baie de Nagasaki, afin que celle-ci serve de base à leur commerce et dans laquelle ils étaient confinés. Depuis cette date et jusqu'en 1855, les contacts du Japon avec le monde extérieur furent strictement limités à Nagasaki. En 1720, la censure qui frappait les livres néerlandais fut levée. Des centaines d'étudiants en profitèrent pour affluer vers Nagasaki pour étudier les sciences et les arts européens, appelés "rangaku" en japonais, c'est-à-dire science hollandaise. Après que le commodore Matthew Perry eut débarqué en 1853 dans la baie de Tokyo et imposé un traité d'ouverture commerciale par la menace, le Japon fut contraint d'ouvrir ses ports aux navires américains. Nagasaki devint un port libre en 1859. Avec la restauration Meiji, Nagasaki devait rapidement dominer d'un point de vue économique, notamment grâce à la construction de navires. Lors de la première reconstruction d'une église, des chrétiens japonais sortirent du secret dans lequel ils avaient vécu depuis le en se faisant connaître du père Petitjean : ils furent néanmoins, dans un premier temps, persécutés avant de pouvoir exercer librement leur culte. Le bombardement atomique de 1945. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le à du matin, le B-29 "Bockscar" piloté par Charles Sweeney, parti de Tinian dans les îles Mariannes du Nord, largua la bombe atomique "Fat Man" sur la ville : elle explosa à d'altitude, à la verticale du quartier Urakami. Ce fut la seconde explosion nucléaire au Japon, trois jours après celle d'Hiroshima. L'objectif initial du B-29 était la ville de Kokura, dans le nord de Kyushu, devenue aujourd'hui un quartier de la ville de Kitakyūshū. Les trois tentatives échouent, d'une part à cause du mauvais temps, d'autre part à cause de la fumée venant de Yahata, située à seulement à l'est de Kokura, et qui avait été bombardée la veille. De plus, un écran de fumée avait été créé à Kokura par des ouvriers en brûlant des barils de goudron pour gêner un éventuel bombardement. Cette bombe était une bombe au plutonium d'une puissance de , différente de celle d'Hiroshima (uranium 235, d'une puissance de ), mais semblable à celle de l'essai "Trinity", réalisé à Alamogordo, le . Le scénario d'Hiroshima se reproduisit, à peine moins meurtrier. En effet, la topographie de Nagasaki en fait un site plus ouvert alors que les collines ceignant Hiroshima avaient amplifié les effets dévastateurs de l'explosion. Quelque des de Nagasaki furent tués, y compris japonais, forcés coréens, japonais, et huit prisonniers de guerre alliés. Si la cathédrale chrétienne d'Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon, presque à l'aplomb du largage (dit "hypocentre"), confondue avec un bâtiment portuaire, fut entièrement détruite, "le jardin de l'Immaculée", le couvent franciscain construit derrière la crête d'une colline au-dessus de Nagasaki par Maximilien Kolbe, fut épargnée. Initialement, le bombardier devait viser les quais Mitsubishi. La reconstruction. La ville fut reconstruite après la guerre, quoique radicalement différente. De nouveaux temples furent bâtis ainsi que des églises, car la présence chrétienne ne disparut en fait jamais. Il y eut même, après la guerre, une augmentation du nombre de fidèles. Parmi ceux-ci, le radiologue Takashi Nagai (1908-1951), le premier citoyen honoraire de la ville, mort de la leucémie diagnostiquée en (deux mois avant le lancement de la bombe) qui ne devait lui laisser que à vivre. Quelques débris furent laissés en place en souvenir du bombardement : comme une porte (torii) dont il ne reste plus qu'un poteau dressé. Comme Hiroshima, Nagasaki présente son parc de la Paix et les deux villes sont associées dans les protestations contre les armes atomiques et leurs essais. De nouveaux bâtiments furent créés pour servir de mémorial, tel le musée de la Bombe atomique. Après-guerre. Nagasaki reste une ville portuaire, avec une construction navale florissante. Les chantiers de construction navale de Mitsubishi Heavy Industries, créés en 1857, sont parmi les plus importants du monde après ceux de Hyundai à Ulsan (Corée du Sud). Début , la direction de Mitsubishi Heavy Industries a annoncé que, face aux mauvais résultats, les chantiers navals de Nagasaki seraient regroupés dans une seule société de construction navale avec ceux de Shimonoseki, pour rechercher des synergies et des partenariats. Parallèlement, il a déjà été décidé fin 2016 de fusionner la branche de conception et construction de moteurs diesels marins avec la société Kobe Diesel. La ville est desservie depuis 1975 par l'aéroport de Nagasaki, installé sur une île artificielle. Dans la nuit du 17 au , Itchō Itō, le maire de la ville fut assassiné par un yakuza. Géographie. Localisation. Nagasaki se situe à l'ouest de l'île de Kyushu, la plus méridionale des quatre îles principales du Japon. La ville fait partie de la préfecture de Nagasaki et s'étend sur les péninsules de Nagasaki et de Nishisonogi. Elle est entourée par les villes de Saikai et d'Isahaya, respectivement au nord et à l'est, et par les bourgs de Togitsu et de Nagayo, au nord-est, dans le district de Nishisonogi et elle est bordée par la baie d'Ōmura, au nord-est, et par la mer d'Amakusa, à l'est, au sud et à l'ouest. La rivière traverse la ville d'est en ouest. Climat. Nagasaki vit sous un régime de climat subtropical humide. La ville bénéficie d’hivers relativement doux, avec une moyenne de en janvier et février. Les étés sont chauds, avec une moyenne de en juillet et août. Les étés sont également très humides. Culture. Personnalités liées à la ville. Pierre Loti (1850-1923), officier de marine et écrivain français, auteur de "Madame Chrysanthème" (1887) écrit après son séjour à Nagasaki en 1885. Le , dès son arrivée à Nagasaki, Loti épouse par contrat d'un mois renouvelable, une jeune Japonaise de , Okané-San baptisée Kiku-San (Madame Chrysanthème). Le , âgé de , il quitte Nagasaki. Ce mariage auquel les parents ont donné leur consentement a été arrangé par un agent et enregistré par la police locale. Il ne dure que le temps du séjour et la jeune fille pourra par la suite se marier avec un Japonais. Cette pratique peut paraître curieuse mais elle est alors courante dans l'empire du Japon, même si elle s’avère coûteuse pour l'étranger. Il écrira par ailleurs deux autres romans sur le Japon qu'il visitera à nouveau : "Japoneries d'automne" (1889) et la "Troisième Jeunesse de Madame Prune" (1905). Une histoire similaire entre une maiko et un lieutenant de l'United States Navy en 1894 inspirera l'opéra "Madame Butterfly" de Giacomo Puccini, une œuvre du répertoire : une statue représentant Tamaki Miura en Madame Butterfly est installée dans le Glover Garden. Tsutomu Yamaguchi, né le 16 mars 1916 et mort le 4 janvier 2010 à , a été déclaré seul survivant des deux bombes atomiques largués le 6 et le 9 août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. Événements et festivals. Chaque année, à l'occasion du Nouvel An chinois se déroule le festival des lanternes. Des danses du dragon sont effectuées dans les rues du centre-ville, le long desquelles des milliers de lampions chinois sont installés. Éducation. La ville compte plusieurs universités, dont l'université de Nagasaki qui est une université nationale du Japon. Transports. L'aéroport le plus proche est celui de Nagasaki, situé dans la ville proche d'Ōmura.La gare de Nagasaki est desservie par la ligne Shinkansen Nishi Kyūshū et la ligne principale Nagasaki de la JR Kyushu. En complément, le tramway de Nagasaki gère cinq lignes au sein de la ville. L'autoroute de Nagasaki, et les routes 34, 202, 251, 324 et 499 desservent également la municipalité. Voir aussi. Filmographie. Yves Ciampi, "Typhon sur Nagasaki", 1957, film franco-japonais, avec Jean Marais, Danielle Darrieux, Keiko Kishi.
Noun Dans la mythologie égyptienne, l’Océan primordial est appelé le Noun ou Nouou (Nwn). On peut considérer le Noun comme un concept plutôt qu’un dieu. Il est l’Océan qui a fait la "Vie" et qui fera la "Mort" ; sans créateur, il s’étend autour du monde. Tous les mythes de création ont une chose en commun, ce Noun, d'où naquit le dieu-créateur. Les Égyptiens voyaient dans le Nil une subsistance de l’Océan primordial. C’est en son sein que naquit le premier dieu, Atoum, puis sortirent Rê-Amon-Khépri, Thot, Ptah, Sokaris, Khnoum et bien d’autres dieux. Ces dieux sont appelés Créateurs et sont les divinités se rapportant à l’Océan primordial, elles sont nées du chaos divin, du concept vital. L’Océan fut donc aussi appelé le père des dieux. Noun était plus qu'un océan, il était une vaste étendue d'eau immobile. Même après la création du monde, Noun continue d'exister pour revenir un jour, le détruire et recommencer le cycle. Après la Création, Noun a joué un rôle dans la destruction de l'humanité quand les hommes n'ont plus respecté et n'ont plus obéi à Rê dans sa vieillesse. Rê a rassemblé tous les dieux et déesses, y compris Noun. Noun a proposé que Rê jette son œil pour détruire l'humanité. Et l'œil de Rê, sous la forme de la déesse Sekhmet, voyage à travers l'Égypte, tuant tous les mortels. Noun a protégé Shou et Tefnout à leur naissance des puissances démoniaques du chaos (représentées comme serpents). Dans la cosmogonie de Khéménou ("Ḫmnw") (la Ville des Huit) ou Hermopolis Magna, il est divinisé et fait partie de l’Ogdoade créatrice avec sa parèdre, Nounet. Noun est représenté comme un homme barbu, avec un corps bleu ou vert, symbolisant l'eau et la fertilité. Parfois il est aussi montré avec des seins femelles. Dans une de ses mains il tient un tronc de palmier (stipe), symbole de longue vie, et en porte encore un dans ses cheveux. Il est également parfois représenté sous la forme d'une divinité à tête de grenouille. Cosmogonie du "Livre des Portes". La douzième et dernière séquence du "Livre des Portes" contient une représentation de l'instant où le Soleil sort du monde souterrain pour renaître à l'aube. Cette scène est une mise en image de la pensée cosmogonique des Égyptiens du Nouvel Empire. Le dieu Noun semble sortir des eaux primordiales. Il élève de ses deux bras la barque solaire. À son bord, le scarabée Khépri (symbole de la renaissance) tient le disque solaire. De part et d'autre du scarabée, les déesses Isis et Nephtys paraissent accueillir ou propulser le Soleil renaissant. Ce dernier est reçu dans les bras de Nout, la déesse du ciel. Représentée à l'envers, la déesse est debout sur la tête d'Osiris dont le corps forme une boucle (à l'instar du serpent Ouroboros) qui contient la Douât. Le Noun. Bien que le Noun soit un monde sans formes où ni l'espace ni le temps n'existent, il est ici représenté comme un dieu anthropomorphe avec un visage, un buste et deux bras d'une longueur disproportionnée. La notice explicative indique que « C'est de l'eau que sortent les bras pour qu'ils élèvent ce dieu. » Le Noun est ici représenté pour montrer le moment du premier geste de la Création. L'existence se manifeste pour la première fois avec l'émergence de Rê le dieu Soleil hors des eaux de l'Océan des origines. Mais on ne voit que la moitié du corps de Noun comme pour montrer qu'il y aura toujours une limite entre le visible et l'invisible, entre le compréhensible et l'incompréhensible. Il est aussi l'océan sur lequel navigue la barque du Soleil, Rê. Cette barque voyage alternativement dans le monde visible, diurne, et ensuite dans le monde invisible, nocturne, qui symbolise le parcours de l'âme dans l'au-delà, après la mort. . L'univers ordonné. La barque solaire est l'élément principal de la scène. Elle apparaît dans un rectangle horizontal blanc qui contraste avec les vagues bleues de l'océan de Noun. Ce rectangle représente le monde créé et ordonné où évolue l'humanité, l'univers dirigé par Rê. La barque solaire symbolise cet ordre cosmique. Le voyage de la barque maintient en état le cosmos. Elle évoque aussi le Nil, le fleuve qui dispense la vie à l'Égypte. Le disque solaire est accompagné par plusieurs dieux garants de la Création ; Shou (souffle vital), Geb (la terre) et Heka (magie créatrice). Deux rames servent de gouvernail à la barque ; Hou (parole divine) et Sia (pensée créatrice) sont à la manœuvre. Rê est représenté sous la forme du disque solaire poussé par le scarabée Khépri. C'est le Soleil en devenir, qui va bientôt venir à l'existence en surgissant du monde nocturne et souterrain. La Douât. Tel le serpent Ouroboros qui se mord la queue, Osiris est lové sur lui-même. Son corps forme un cercle et la notice dit que: « C'est Osiris qui encercle la Douât ». Cette représentation du dieu est une manière de montrer que le temps est cyclique. Le cercle symbolise la perfection et le mouvement. Ce retour permanent des choses et des événements est une succession de régénérations. Osiris et Nout sont représentés à l'envers pour montrer que la Douât n'est pas soumise aux mêmes règles que l'univers ordonné. Quand le Soleil y entre, il ne peut qu'en ressortir. Le soir, le Soleil entre dans l'Occident. Il se régénère lors de ses passages dans la Douât, qui est le monde de la nuit et de la mort gouverné par Osiris. Puis, il renaît à l'aube lorsqu'il sort de l'horizon oriental. Cette sortie du monde souterrain étant symbolisée par le second soleil qui se situe à la proue de la barque solaire. Nout (le ciel) est située entre la Douât et l'univers ordonné, formant un lien entre les deux mondes. La notice dit que: « C'est Nout qui reçoit Rê. »
Nome (Égypte antique) Les nomes (en grec ancien : νομός, "nomós", en égyptien ancien : "sepat"), au nombre de trente-huit pendant l'Ancien Empire et le Moyen Empire et quarante-deux à l’époque ptolémaïque, sont les circonscriptions administratives de l’Ancienne Égypte. Le nombre de nomes. Le nombre de vingt-deux nomes pour la Haute-Égypte est resté remarquablement stable tout au long de l'histoire de l'Égypte antique, au moins de la (voir la « Chambre du monde », ou "Weltkammer", du temple solaire de Niouserrê aujourd'hui exposée à Berlin ; voir également le soubassement de la Chapelle Blanche de retrouvée et exposée à Karnak pour les nomes de la ) aux Lagides (voir les listes de Dendérah et du "mammisi" d’Edfou). Malgré cette apparente stabilité, le territoire couvert par chaque nome a pu évoluer. Particulièrement, le Fayoum a été ajouté au nome inférieur du Laurier rose pendant l'époque ptolémaïque et la capitale changée pour Crocodilopolis. À l'inverse, le nombre de nomes pour la Basse-Égypte a varié tout au long de l'histoire du pays, peut-être en raison de la topographie fluctuante du delta. Ainsi, le nome de Neith, attesté durant l'Ancien Empire, a été scindé en deux pour créer les nomes inférieur et supérieur de Neith, attestés pendant le Moyen Empire. Le nome du Harpon, attesté pendant l'Ancien Empire et situé au nord-ouest du delta, a été renommé nome du Harpon à cordes-côté occidental après la création au Moyen Empire, à partir d'une partie du territoire que couvrait le nome du Sceptre intact pendant l'Ancien Empire, du nome du Harpon à cordes-côté oriental à l'est du delta. Les nomes du Sceptre intact et de l'Orient avaient chacun été scindés pendant la en deux nomes, nommés respectivement "Sceptre intact" et "Sceptre intact occidental", et "Orient antérieur" et "Orient postérieur", avant d'être réunifiés au moins à partir de la . Le nome du Trône n'est attesté qu'à partir de la fin de la Deuxième Période intermédiaire, détaché du territoire du nome du Veau divin. Le nome de l'Enfant royal n'est attesté qu'à partir de la , puis il est renommé nome supérieur de l'Enfant royal lors de la création nome inférieur de l'Enfant royal à partir de la Troisième Période intermédiaire. Enfin, le nome de Soped n'est attesté qu'à partir de la . De plus, le nome de l'Occident a été intégré au nome de la Cuisse pendant le Nouvel Empire avant d'en être à nouveau séparé. Ainsi, si la Basse-Égypte comptait seize nomes pendant les et s (voir ), avec des changements entre-temps, le nombre augmenta jusqu'à en compter vingt à partir de la . L'organisation des nomes, de l'Ancien au Nouvel Empire. Chaque nome a sa métropole, centre administratif et judiciaire, un ou plusieurs sanctuaires, et son emblème totémique : faucon, crocodile, cobra, gazelle, sycomore, couteau, etc. Cette division de l'Égypte semble remonter à la période prédynastique, où les nomes étaient des territoires tribaux ou claniques autonomes, avant de devenir, sous les premières dynasties, des divisions territoriales administrées par un fonctionnaire. En effet, les nomarques sont en principe des agents du roi. Ils perçoivent en son nom les impôts destinés au « Double Grenier » ; ils répriment au besoin les troubles de leur ressort et, en tant que "ˁḏ-mr", ils veillent à l’entretien des canaux d’irrigation et des digues. À la fin de l’Ancien Empire toutefois, ces grands seigneurs arrivent à s’émanciper, d’abord dans les nomes méridionaux, les plus éloignés de la Résidence, et finissent par former d’authentiques dynasties locales agissant en pleine indépendance. Ainsi, Ânkhtyfy, nomarque de Nekhen et d’Edfou au temps d’un Néferkarê de la héracléopolitaine, se dit « grand chef » ("ḥry-tp ˁȝ") de son fief. Il conclut alliance avec le nomarque d’Éléphantine et guerroie contre ses voisins de Thèbes et de Coptos : bref, en tant que « héros qui n’a pas son pareil », il n’a apparemment de comptes à rendre à personne. Au Moyen Empire, en revanche, l’autorité royale s’affirme prépondérante, grâce à la réorganisation administrative du pays en trois districts ("wˁrt") : celui du Nord, la Basse-Égypte, celui du Sud, la Moyenne-Égypte, et celui de « la Tête du Sud », la région en amont d’Akhmîm. Chaque "wˁrt" est gouverné par un « rapporteur » ou "wḥmw", désignation qui exprime clairement sa subordination au pouvoir central. En même temps, le titre de « grand chef » tombe en désuétude tandis que, dans les villes, des fonctionnaires appointés, les « maires » ou "ḥȝty-ˁ", prennent progressivement le relais des princes locaux. Par ailleurs, « la Tête du Sud » est placée sous l’autorité directe du vizir, lequel est représenté sur place par un délégué résidant à Thèbes. Par ces moyens, semble-t-il, la royauté réussit à faire pièce aux velléités d’indépendance des grandes familles seigneuriales. L’administration provinciale du Nouvel Empire se caractérise par la même centralisation rigoureuse, avec comme corollaire la constitution de plusieurs échelons administratifs : le « directeur des champs » du nome, qui supervise l’entretien du système d’irrigation et l’exploitation des ressources agricoles ; les « préposés de circonscription », placés à la tête des districts ruraux ; et enfin, les "héqa hout", chargés de l’administration des districts urbains. Ces fonctionnaires d’autorité ont à leur service un vaste personnel subalterne : scribes, conseillers, contrôleurs, appariteurs, contremaîtres, arpenteurs etc. Tout cet appareil administratif, strictement hiérarchisé, est subordonné au gouverneur de la province, lequel à son tour doit rendre compte de sa gestion aux « rapporteurs » du vizir, les "wḥmw". La survie des nomes à l'époque gréco-romaine. Les Lagides confient l’administration du nome à un "stratège", recruté parmi les descendants d’immigrants grecs. Sorte de gouverneur militaire sous les premiers Ptolémées, le stratège assume à partir du - des tâches purement civiles, la gestion fiscale du nome devenant sa principale attribution. Il est assisté d’un scribe royal ou "basilicogrammateus", chargé surtout de la tenue du cadastre. Dans une Égypte bureaucratique jusqu’à l’excès, ces fonctionnaires ont à leur service tout un personnel hiérarchisé de percepteurs, de comptables et de secrétaires. À l’époque romaine, l’Égypte, qui fait partie du "patrimonium" de l’empereur, est placée sous l’autorité d’un préfet d’ordre équestre, le "praefectus Aegypti". Pour faciliter le contrôle et l’exploitation de cette riche province, essentielle pour le ravitaillement de Rome en blé, le gouvernement impérial la divise en trois grandes circonscriptions administratives ou "épistratégies", dont chacune regroupe plusieurs nomes ou "stratégies", à l’exemple des "wˁrt" du Moyen Empire : le Bas Pays, l’Heptanomia, et la Thébaïde. À la tête de ces divisions territoriales se trouvent des délégués du gouvernement provincial, les épistratèges et les stratèges, choisis et nommés par le préfet, agissant en son nom et place, et responsables devant lui. Le stratège dispose de toute une bureaucratie hiérarchisée, calquée sur les échelons administratifs de la monarchie lagide. Ses attributions sont surtout d’ordre fiscal et judiciaire : il est notamment chargé de la perception des impôts, responsabilité qu’il partage avec le Conseil de la métropole à partir de Septime Sévère, et tient tribunal dans son ressort. Sous Gallien, sa compétence s’étend aussi sur l’annone militaire, dont il assure le recouvrement et la distribution à l’armée stationnée en Égypte. Ainsi, des premiers Ptolémées au Bas-Empire, le maintien du stratège à travers les siècles atteste l’importance de la fonction, même si ses attributions ont pu être modifiées au gré des besoins administratifs : le stratège est l’homme de confiance du gouvernement à la tête du nome, dont il assure la gestion comme les nomarques de pharaon l’ont fait avant lui. Les nomes de Haute-Égypte. ! scope=col bgcolor="#" width="5%" | n° ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom du nome ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom égyptien translittéré du nome ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom égyptien de la capitale à l'époque des Lagides ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom grec du site ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom actuel du site Les nomes de Basse-Égypte. ! scope=col bgcolor="#" width="5%" | n° ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom du nome ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom égyptien translittéré du nome ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom égyptien de la capitale à l'époque des Lagides ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom grec du site ! scope=col bgcolor="#" width="19%" | Nom actuel du site
Nout Nout est une déesse de la mythologie égyptienne qui fait partie de la grande Ennéade d'Héliopolis. Déesse du ciel, Nout symbolise le firmament et fut considérée comme la mère de tous les astres. Mythes. La déesse Nout fait partie, en tant que déesse originelle, du mythe de la création de l'Ennéade d'Héliopolis. Selon ce mythe, elle est la fille de Shou dieu de l'air, de Tefnout déesse de l'humidité et la sœur jumelle et épouse de Geb, dieu de la terre. Ils forment ainsi les quatre éléments primordiaux. Elle est en outre la petite-fille du dieu-soleil Atoum. Jaloux de leur union, Shou avait séparé Nout et Geb pour une durée de 360 jours. Nout réussit à gagner aux dés contre Thot, le dieu du temps, cinq jours supplémentaires (les jours épagomènes), qui firent passer le calendrier de 360 à 365 jours. C'est durant ces cinq jours supplémentaires qu'elle s'unit à Geb et donna naissance à Osiris, Seth, Isis et Nephtys. Certaines versions de la légende disent qu'elle enfanta Horus l'Ancien (à ne pas confondre avec Horus fils d'Osiris et d'Isis) le cinquième jour. Nout déesse céleste. Nout remplit une fonction importante dans la cosmogonie égyptienne. Elle incarne le ciel ; sa colère est le tonnerre, ses larmes la pluie ; son corps symbolise la voûte céleste et sépare la terre du déluge qui l'entourait. Selon les traditions, le corps de Nout se déploya au-dessus de la terre pour la protéger ; ses membres qui devaient toucher le sol symbolisent les quatre points cardinaux. Elle fait de plus figure de mère des astres. Le Soleil disparaissait le soir dans sa bouche pour voyager la nuit dans son corps et au matin réapparaître dans son giron, à l'Est. Au cours d'un cycle éternel, les étoiles traversaient également son corps pendant le jour. Ces métaphores sont à l'origine de la désignation de Nout comme « truie qui dévore ses gorets ». En dépit de ce surnom, la déesse était perçue très favorablement. Le mythe de la naissance de ses enfants fut documenté par l'auteur grec Plutarque : le dieu-soleil enviait Nout pour sa présence éternelle dans les cieux et craignait qu'elle ne le défie pour s'emparer de son pouvoir. C'est ainsi qu'il la maudit afin qu'elle ne puisse pas enfanter pendant les 360 jours de l'année. Le dieu Thot a cependant allongé l'année de cinq jours pour permettre à Nout de mettre au monde ses enfants. Certains égyptologues estiment que la déesse Nout pourrait avoir symbolisé le ruban de la voie lactée. La formule 176 du livre des morts évoque le ruban astral en relation avec la déesse. De surcroît, elle est représentée pendant la période ramesside avec des étoiles sur et autour de son corps. Ronald Wells a démontré que le ruban de la voie lactée pendant la période prédynastique au cours du solstice avait la forme d'une figure allongée, dont les bras et les jambes étendus touchaient l'horizon. C'est de cette manière que la déesse Nout fut reproduite ultérieurement. De même, le soleil aurait décliné au moment de l'équinoxe de printemps à l'endroit exact où la « tête » de cette figure se trouvait. Bien que nommée couramment « Déesse du ciel », Nout est la partie du ciel traversée chaque jour et chaque nuit par le soleil, c'est-à-dire le plan de l'écliptique qui fait naître le jour, autrement dit, la partie qualifiée du ciel par rapport à la vie. Nout dans le culte des morts égyptien. Nout reçoit un rôle important dans le culte égyptien des morts. Elle est étroitement apparentée à la croyance de la résurrection des défunts qui après leur trépas resplendissent comme des étoiles sur le corps de la déesse. Avec son frère et époux Geb, le dieu de la terre, elle généra les dieux Osiris, Isis, Nephtys et Seth qui sont tous liés au culte des morts égyptiens. Nout est aussi une déesse des morts. Dans les textes des pyramides, elle est représentée entre autres comme une vache qui apporte la guérison. Plus tard, Rê remplacera Shou dans le rôle du père de Nout et Geb et, au Moyen Empire, le culte de Nout finit par se confondre avec celui de la déesse Hathor. Nout assuma ainsi en partie la fonction d'Hathor comme maîtresse du sycomore, l'arbre qui assure aux défunts le boire et le manger ; et Hathor fut représentée partiellement comme une déesse céleste. Représentations. Nout est représentée la plupart du temps sous forme humaine. Adorée à Héliopolis, Nout était fréquemment représentée de côté sous les traits d'une femme arquée au-dessus de la terre (ou du dieu de la terre Geb) qu'elle touchait avec les mains et le bout des pieds. Son corps étoilé représentait la voûte céleste. C'est elle qui engendra le soleil et les étoiles, les avalant, elle les fit renaître le jour et la nuit. Elle est parfois dans cette scène soutenue par son père, le dieu de l'air Shou. Elle apparaît aussi dans l'intérieur de sarcophages vue de devant, souvent en train d'avaler ou d'enfanter le Soleil. Cette scène est exécutée sur la partie inférieure du couvercle afin d'assurer une sorte d'union avec le défunt. Le cercueil symbolisait ainsi le corps de Nout, qui accueillait en elle le mort afin de pouvoir l'enfanter à nouveau. Elle était la protectrice des morts qui les accompagne dans l'Au-delà. Nout prit également partiellement les traits d'une "vache céleste" où ses quatre fers symbolisent les points cardinaux ou ceux d'une truie avec ses gorets. Lorsqu'elle était représentée sortant à moitié des feuillages d'un sycomore (qui est son arbre symbolique) pour donner à boire aux morts, elle symbolisait la mère qui rend la vie aux morts. Culte. Comme de nombreuses autres divinités cosmiques, Nout ne jouissait pas d'un culte particulier et aucun temple ne lui était dédié ; cependant, ses représentations ornent de nombreux lieux de culte. La population portait, assez rarement, des amulettes, représentant Nout comme une truie.
Nephtys Nephtys, Nebt-Het ou Neb-Hout qui signifie « "La Dame (ou Maîtresse) du château" », est une déesse de la mythologie égyptienne ; elle est la déesse protectrice des morts en veillant sur le sarcophage, déesse funéraire aux côtés de Hâpi, avec qui elle est associée pour protéger le vase canope contenant les poumons du défunt. Dénomination. Hiéroglyphes. "Nephtys" ou "Nephthys", est la forme grecque () de l'épithète égyptien "Nb.t-ḥw.t" (translittérée en Nebet-Hout, Nebet-Het ou Nebt-Het). Son nom s'écrit avec une combinaison de signes pour l"enceinte sacrée du temple" ("ḥw.t") et du signe pour "maîtresse" ou "dame" ("nb") au-dessus du signe de l'enceinte. Il s'agit du signe O9 de la liste de Gardiner. Étymologie. L'origine de la déesse Nephtys n'est pas claire, mais la traduction littérale de son nom "Nb.t-ḥw.t" est généralement donnée comme « "Dame (ou Maîtresse) de la maison" », ce qui a amené certains à l'identifier par erreur avec la notion de "femme au foyer" ou comme la principale dame qui dirigeait un foyer domestique. Il s'agit d'une erreur répandue dans de nombreux commentaires concernant cette divinité. Son nom signifie précisément « "Dame de l'enceinte [du temple]" », ce qui l'associe au rôle de prêtresse. Ce titre, qui est peut-être plus une épithète décrivant sa fonction qu'un prénom, indique probablement l'association de Nephtys avec un temple particulier ou un aspect spécifique du rituel du temple égyptien. Avec sa sœur Isis, Nephtys représentait le pylône du temple ("bḫnt"), où se trouvait également le mât de l'oriflamme. Cette entrée symbolisait l'horizon ou "akhet". Représentations. Nephtys est le plus souvent figurée comme une déesse anthropomorphe, dépeinte comme une femme à la poitrine dénudée et vêtue d'une longue robe moulante à bretelles, avec la tête couronnée par le signe hiéroglyphique O9 de la liste de Gardiner servant à écrire son nom. Cela permet de la distinguer d'Isis avec qui elle est souvent représentée, cette dernière a de son côté la tête couronnée par le signe hiéroglyphique du trône royal (signe Q1 de la liste de Gardiner). Comme d'autres divinités, Nephtys peut tenir dans une main le hiéroglyphe Ânkh, symbole du souffle de vie et, dans l'autre main, le sceptre Ouas, symbole de la puissance divine. Dans son rôle funéraire, Nephtys était souvent représentée sous la forme d'un milan ou d'une femme avec des ailes de faucon, généralement déployées comme symbole de protection. L'association de Nephtys avec le milan ou le faucon égyptien (et ses cris perçants et pleureurs) rappelait évidemment aux anciens les lamentations habituellement offertes pour les morts par les femmes en pleurs. À ce titre, il est facile de comprendre comment Nephtys pouvait être associée à la mort et à la putréfaction dans les Textes des pyramides. Fonction. À l'époque des textes des pyramides de la , Nephtys apparaît comme une déesse de l'Ennéade héliopolitaine. Elle est la fille de Geb et de Nout, sœur d'Isis, d'Osiris et de Seth dont elle est également l’épouse. En tant que sœur d'Isis et surtout d'Osiris, Nephtys est une déesse protectrice qui symbolise l'expérience de la mort, tout comme Isis représentait l'expérience de la naissance. Ainsi, dans les Textes des pyramides se trouve la formule suivante : Montez et descendez ; descendez avec Nephtys, plongez dans les ténèbres avec l'écorce de la nuit. Montez et descendez ; montez avec Isis, levez-vous avec l'écorce du jour. Nephtys était généralement associée à sa sœur Isis dans les rites funéraires en raison de leur rôle de protectrices de la momie et du dieu Osiris. En tant que déesse mortuaire comme Isis, Neith et Serket, Nephtys était l'une des protectrices des vases canopes, elle protégeait celui d'Hâpi, l'un des fils d'Horus, qui gardait les poumons embaumés. C'est ainsi que nous trouvons Nephtys dotée de l'épithète « "Nephtys du lit de vie" » en référence directe à ses priorités régénératrices sur la table d'embaumement. Dans la ville de Memphis, Nephtys était dûment honorée du titre de « "Reine de l'atelier d'embaumement" » et y était associée au dieu à tête de chacal Anubis comme protecteur. Nephtys était clairement considérée comme une force morbide mais cruciale de la transition céleste, c'est-à-dire que le pharaon devient fort pour son voyage dans l'au-delà grâce à l'intervention d'Isis et de Nephtys. Le même pouvoir divin pouvait être appliqué plus tard à tous les morts, qui étaient invités à considérer Nephtys comme une compagne nécessaire. Selon les Textes des pyramides, Nephtys, avec Isis, était une force devant laquelle les démons tremblaient de peur et dont les sorts magiques étaient nécessaires pour naviguer dans les différents niveaux de Douât, comme on appelait la région de l'au-delà. Nephtys était connue dans certaines théologies et cosmologies des temples de l'Égypte ancienne sous le nom de « "Déesse secourable" » ou « "Déesse excellente" ». Ces textes des temples de l'Égypte ancienne tardive décrivent une déesse qui représentait l'assistance divine et la tutelle protectrice. En tant que principale "mère nourricière" du dieu pharaonique incarné, Horus, Nephtys était également considérée comme la nourrice du roi régnant lui-même. Bien que d'autres déesses puissent assumer ce rôle, Nephtys était le plus souvent représentée dans cette fonction. En revanche, Nephtys est parfois présentée comme une divinité plutôt féroce et dangereuse, capable d'incinérer les ennemis du pharaon avec son souffle ardent Les pharaons ramessides du Nouvel Empire, en particulier, étaient épris de "Mère Nephtys", comme l'attestent diverses stèles et une multitude d'inscriptions au temple de Karnak et à Louxor, où Nephtys était membre de l'Ennéade de cette grande ville et où ses autels étaient présents dans le complexe massif. Les talents de guérisseuse de Nephtys et son statut de contrepartie directe d'Isis, imprégnée, comme sa sœur, de "mots de pouvoir", sont attestés par l'abondance d'amulettes en faïence sculptées à son effigie et par sa présence dans divers papyri magiques qui cherchaient à invoquer ses célèbres qualités altruistes pour aider les mortels. Nephtys était également considérée comme une divinité festive dont les rites pouvaient imposer une consommation généreuse de bière. Sur divers reliefs d'Edfou, de Dendérah et de Behbeit El Hagar, Nephtys est représentée recevant du roi de somptueuses offrandes de bière qu'elle "rendait" en utilisant son pouvoir de déesse de la bière "pour que [le pharaon] ait de la joie sans gueule de bois". Ailleurs à Edfou, par exemple, Nephtys est une déesse qui donne au pharaon le pouvoir de voir "ce qui est caché par la lumière de la lune". Cela correspond bien aux thèmes textuels plus généraux qui considèrent Nephtys comme une déesse dont le domaine unique était l'obscurité ou les bords périlleux du désert. Nephtys pourrait également apparaître comme l'une des déesses qui assistent à l'accouchement. Un ancien mythe égyptien conservé dans le papyrus Westcar raconte l'histoire d'Isis, de Nephtys, de Meskhenet et de Héqet, déguisées en danseuses ambulantes, qui assistent l'épouse d'un prêtre d'Amon-Rê alors qu'elle se prépare à donner naissance à des fils destinés à la gloire et à la fortune. Mythologie et position dans le panthéon. Elle est la fille de Geb et de Nout, sœur d'Isis, d'Osiris et de Seth dont elle est également l’épouse. Avec Isis, qu’elle aida à reconstituer le corps démembré de son époux Osiris, elle était l'un des deux « milans » ou oiseaux hurleurs, qui semblaient émettre des lamentations funèbres. Dans certains mythes, Nephtys est considérée comme la mère de la divinité funéraire Anubis ("Inpou"), même s'il est également décrit comme le fils de Bastet ou d'Isis. Elle est parfois considérée comme l'amante d'Osiris de qui elle aurait eu Anubis. Nephtys et Seth. Bien qu'il ait été communément admis que Nephtys était mariée à Seth et qu'ils avaient un fils, Anubis, de récentes recherches égyptologiques ont remis en question cette hypothèse. Jessica Levai note que si le "De Iside et Osiride" de Plutarque mentionne le mariage des deux divinités, il y a très peu de liens spécifiques entre Nephtys et Seth dans les premières sources égyptiennes. Selon elle, les preuves suggèrent que si le mariage de Nephtys avec Seth faisait partie de la mythologie égyptienne, il ne faisait pas partie du mythe du meurtre et de la résurrection d'Osiris, elle n'était pas associée à Seth le méchant, mais à l'autre aspect de Seth, la figure bienveillante qui était le tueur d'Apophis, c'est cet aspect de Seth qui était vénéré dans les oasis occidentales à l'époque romaine, où il est représenté avec Nephtys comme co-dirigeant. Nephtys et Isis. C'est Nephtys qui aide Isis à rassembler et à pleurer les parties démembrées du corps d'Osiris après son meurtre par l'envieux Seth. Nephtys est également la nourrice et la gardienne vigilante de l'enfant Horus. Les Textes des pyramides désignent Isis comme la mère "biologique" et Nephtys comme la "mère nourricière" d'Horus. Il est attesté que Nephtys était l'un des quatre "grands chefs" régnant dans le centre de culte osirien de Bousiris dans le Delta et elle semble avoir occupé une position honorifique dans la ville sainte d'Abydos. Aucun culte n'est attesté pour elle là-bas, bien qu'elle ait certainement figuré comme une déesse de grande importance dans les rites annuels organisés, dans lesquels deux femmes ou prêtresses choisies jouaient les rôles d'Isis et de Nephtys et exécutaient les « "Lamentations d'Isis et de Nephtys" » élaborées. À Abydos, Nephtys rejoignait Isis en tant que pleureuse dans le sanctuaire connu sous le nom d'Osireion. Ces « "chants de fête d'Isis et de Nephtys" » étaient des éléments rituels de nombreux rites osiriens dans les principaux centres de culte de l'Égypte ancienne. Lieux de cultes. Son sanctuaire principal se trouve à Héliopolis où elle fait partie de la grande Ennéade. Elle est vénérée aussi, à l'époque gréco-romaine, à Kom Mer (ou Kômir, Haute-Égypte), associée à Anoukis (Anqet en égyptien). Dans le temple d'Edfou, une fête, « Le cœur de Nephtys se réjouit », était célébrée le du mois pharmouti de la saison peret. Nephtys était plus largement et habituellement vénérée dans l'Égypte ancienne dans le cadre d'un consortium de divinités de temple. Il n'est donc pas surprenant de trouver des images de son culte dans l'entourage divin des temples de Kharga, Kellis, Coptos, Dendérah, Philæ, Sebennytos, Bousiris, Shenhur, El Qa'la, Létopolis, Héliopolis, Abydos, Thèbes, l'oasis de Dakhla, et même dans toute l'Égypte. Dans la plupart des cas, Nephtys trouve sa place typique au sein d'une triade aux côtés d'Osiris et d'Isis, d'Isis et d'Horus, d'Isis et de Min, ou au sein d'un quatuor de divinités. Déesse suprême du de Haute-Égypte. Nephtys était considérée comme l'unique protectrice de l'oiseau Bénou. Ce rôle peut provenir d'une association précoce avec sa ville natale, Héliopolis, qui était renommée pour son temple « "Maison de Bénou" ». Dans ce rôle, Nephtys a reçu le nom de "Nephthys-Kheresket" dans de nombreux textes des temples d'Edfou, de Dendérah, de Philæ, de Kôm Ombo, d'El Qa'la, d'Esna et d'autres encore qui corroborent l'identification tardive de Nephtys comme déesse suprême du de Haute-Égypte, où un autre sanctuaire existait en l'honneur du Bénou. Nephtys était également la déesse de la « "Demeure du Sistre" » à Hout-Sekhem, la ville principale de ce . Là, Nephtys était la principale protectrice de la relique osirienne résidente, de l'oiseau Bénou, et de la manifestation locale d'Horus/Osiris, le dieu Néferhotep Temples au Nouvel Empire. Les pharaons ramessides étaient particulièrement attachés aux prérogatives de Seth et, à la , un temple de Nephtys appelé « "Maison de Nephtys de Ramsès-Meriamon" » fut construit ou rénové dans la ville de Seper-Merou, à mi-chemin entre Oxyrhynque et Héracléopolis Magna, à la périphérie du Fayoum et tout près du site moderne de Deshasheh. Ici, comme le note le papyrus Wilbour dans ses nombreux registres d'impôts et d'évaluations foncières, le temple de Nephtys était une fondation spécifique de , située à proximité (ou dans) l'enceinte de l'enclos de Seth. Ce qui est certain, c'est que la « "Maison de Nephtys" » était l'un des cinquante temples individuels, propriétaires de terres, délimités pour cette partie du district de la Moyenne-Égypte dans le papyrus Wilbour. Les champs et autres possessions appartenant au temple de Nephtys étaient sous l'autorité de deux prophètes de Nephtys (nommés Penpmer et Merybarse) et d'un prêtre-"ouâb" (mentionné) de la déesse. Bien que certainement affilié à la « "Maison de Seth" », le temple de Nephtys à Seper-Merou et les terres qui lui étaient attribuées (plusieurs hectares) étaient clairement sous une administration distincte de l'institution de Seth. Le temple de Nephtys était donc une entité indépendante. Selon le papyrus Wilbour, une autre « "Maison de Nephtys de Ramsès-Meriamon" » semble avoir existé au nord, dans la ville de Sou, plus proche de la région du Fayoum. En tant que « "Nephtys de Ramsès-Meriamun" », la déesse et ses sanctuaires étaient sous l'aval particulier de . Les fondations des temples de Seth et de Nephtys à Seper-Merou ont finalement été découvertes et identifiées dans les années 1980 et le temple de Nephtys était un complexe de temples autonomes dans l'enceinte de Seth. Un autre temple de Nephtys semble avoir existé dans la ville de Punodjem. Le papyrus Bologna rapporte une plainte déposée par un prophète du temple de Seth dans cette ville, concernant des impôts indus à son égard. Après avoir lancé un appel introductif à "Rê-Horakhty, Seth et Nephtys" pour que le vizir royal règle cette question, le prophète (nommé Pra'emhab) se plaint de sa charge de travail. Il note qu'il administre la « "Maison de Seth" » et ajoute : "Je suis également responsable du navire, et de même je suis responsable de la Maison de Nephtys, ainsi que d'un tas d'autres temples". Il ne fait guère de doute qu'un culte de Nephtys existait dans le temple et la grande ville d'Héracléopolis Magna, au nord de Seper-Merou. Une statue presque grandeur nature de Nephtys (actuellement conservée au Louvre) présente une inscription curieusement modifiée. La statue en basalte se trouvait à l'origine à Médinet Habou dans le cadre de la célébration cultuelle de la fête-"Sed" pharaonique, mais elle a été transférée à un moment donné à Héracléopolis dans le temple d'Harsaphes. L'inscription de l'image cultuelle était à l'origine "Nephtys, la plus importante de la [fête]-Sed dans le kiosque des Annales" (à Médinet-Habou), mais elle a été réinscrite ou dédiée à "Nephtys, la plus importante des [kiosques] d'Hérakléopolis". Un prophète de Nephtys est en effet attesté pour la ville d'Héracléopolis à la . Musique. "Nephté", tragédie lyrique en trois actes, musique de Jean-Baptiste Moyne, livret de François-Benoît Hoffmann, le à l’Académie Royale de Musique (Opéra de Paris).
Nephthys
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Nupedia Nupedia est une ancienne encyclopédie sous licence libre fondée par Jimmy Wales le et financée par Bomis, pour laquelle Larry Sanger est embauché comme éditeur en chef. Elle se distingue de Wikipédia par une politique stricte pour l'intégration des nouveaux articles, le comité scientifique visant à en faire une encyclopédie de qualité comparable aux encyclopédies professionnelles sur le marché. On la qualifiait souvent de plus sérieuse, mais la rareté des contributeurs lui a été fatale : Nupedia ferme définitivement le . Au moment où elle cesse ses opérations, sont intégrés à l'encyclopédie, , et sont en développement. Historique. Destiné à être une encyclopédie Internet au contenu sous licence libre, le projet Nupedia eut d’abord sa licence : la . En , sous l’impulsion des arguments de la " de Richard Stallman, Nupedia transfère son contenu sous la Licence de documentation libre GNU. Cependant, à la même époque, Stallman enclenche également son projet d’encyclopédie Internet, GNUPedia, qui entre en compétition avec Nupedia. En dépit de son contenu sous une licence libre, la participation à Nupedia demeure soumise à un processus assez lourd de soumission des textes, contrastant avec les conceptions sous-jacentes au mouvement des logiciels libres. À cette époque, soit en , à cause de la frustration occasionnée par la lenteur de la progression de l'encyclopédie Nupedia, Larry Sanger propose la création en parallèle d’un wiki dans le but d’accroître la vitesse de développement des articles encyclopédiques qui tende à stagner à cause de la lourdeur occasionnée par le comité de lecture. La création de Wikipédia n’apparait alors pas comme un " de Nupedia et n'en reprend pas les contenus (chose cependant faite depuis la fermeture de Nupedia) mais était plutôt, "à l'origine", mise en place comme une sorte de « sas d’entrée » pour les articles devant être éventuellement intégrés à Nupédia. Wikipédia apparait donc parallèlement à Nupédia en tant que complément, et cette nouvelle donne rallie les partisans des deux approches en rejoignant ainsi les défenseurs de l'approche plus souple qu’offrait GNUPedia. De la sorte, GNUPedia n’a pas la chance de se développer et elle avorta. En se développant et en attirant ses contributeurs, Wikipédia en est cependant rapidement venue à tracer son cheminement et atteint un mode de fonctionnement largement indépendant de Nupedia, bien que Larry Sanger participe à la formulation de la majorité des politiques d’origine parallèlement à son travail pour Nupedia. Tout comme elle a contribué à l’avortement du projet GNUPedia, Wikipédia a aussi contribué à graduellement remettre en cause l’existence de Nupedia. En , Bomis mit fin à la rémunération de Larry Sanger pour son travail d’éditeur en chef, l’amenant à quitter Nupedia et Wikipédia peu après. Nupedia s’efface graduellement derrière Wikipédia (seulement deux articles franchirent le processus d’évaluation après 2001). Comme elle devenait de plus en plus stagnante, l’idée que Nupedia puisse constituer une version stable (validée) des articles développés par Wikipédia fut occasionnellement évoquée, mais jamais réalisée. Le , le site de Nupedia ferme définitivement et ses contenus sont intégrés à Wikipédia. Processus éditorial. Le processus d'édition et de publication d'un article de Nupedia comprenait sept étapes : Les conditions pour contribuer à Nupedia étaient élevées et la politique éditoriale stipulait ceci : « Nous souhaitons que les auteurs soient de véritables experts dans leurs domaines et (à quelques exceptions près) qu’ils possèdent un doctorat. » Le développement logiciel. Nupedia était alimenté par , un logiciel de groupe à code source ouvert sous licence publique générale GNU conçu pour les grands projets évalués par les pairs. Le code était disponible via le référentiel CVS de Nupedia. L'un des problèmes rencontrés par Nupedia pendant une grande partie de son existence était que le logiciel manquait de fonctionnalités. Une grande partie des fonctionnalités manquantes avait été simulée à l'aide de blocs de texte soulignés qui semblaient être des hyperliens, mais qui ne l'étaient pas. Dans le cadre du projet, une nouvelle version du logiciel original (appelée NuNupedia) était en cours de développement. NuNupedia a été implémenté pour des tests à SourceForge, mais n'a jamais atteint un stade de développement suffisant pour remplacer le logiciel d'origine mais sa mise en œuvre a été arrêté, Wikipédia ayant plus de pages que Nupedia.
Noël Mamère Noël Mamère, né le à Libourne (Gironde), est un ancien journaliste et homme politique français, partisan d'une écologie politique. Membre des Verts puis d'Europe Écologie Les Verts (EÉLV) jusqu'en 2013, il est maire de Bègles de 1989 à 2017 et député de 1997 à 2017. Candidat à l'élection présidentielle française de 2002, il obtient 5,25 % des suffrages, soit le meilleur score réalisé par un candidat des Verts ou d'Europe Écologie Les Verts lors d'un scrutin présidentiel. Biographie. Jeunesse et études. Issu d'une famille catholique de droite originaire de Libourne, ses parents sont négociants en chaussures, Roger et Marthe Mamère. Il est le frère de Jean Mamère (journaliste sportif de télévision, mort en 1995 à la suite d'un cancer, père de Marie Mamère, journaliste sportive), de Catherine Janoueix, Luc Mamère et Isabelle Besserie-Mamère. Il se marie le à Françoise Pichon, maître de conférence à l'université de Paris-Sorbonne. Ils ont un fils, Adrien, avocat au barreau de Paris. Il décroche son baccalauréat en 1968 au sein du lycée Saint-Joseph de Sarlat-la-Canéda en Périgord. Il poursuivra ses études par une maîtrise en droit à la faculté de Bordeaux, avant d'intégrer l'Institut d'études politiques de Bordeaux et de terminer son cursus universitaire par un doctorat en sciences de l'information et de la communication. Écologiste convaincu, il se réclame héritier de la pensée de Jacques Ellul, qu'il a pour enseignant durant ses études de droit, et de Bernard Charbonneau, avec lequel il accomplit ses premiers pas d'écologiste au début des années 1970, notamment aux « camps du Boucau » sorte de séminaires de réflexion organisés par la famille Charbonneau. De 1973 à 1977, il est assistant à l'Institut universitaire de technologie de journalisme de Bordeaux. Il est l'auteur d'une thèse préparée sous la direction d'André Tudesq et soutenue en 1977 à l'université Bordeaux-, ce qui lui permet d'acquérir le grade de docteur ès sciences de l'information et de la communication. Carrière journalistique. Il est journaliste pigiste pour l'ORTF de Bordeaux de 1969 à 1972 et correspondant aquitain du "Quotidien de Paris" de 1974 à 1975. Il est correspondant de Radio Monte Carlo pour l’Aquitaine, de 1974 à 1977. Sur Antenne 2, de 1977 à 1982 il devient animateur et rédacteur en chef du magazine télévisé "C'est la Vie", créé par Louis Beriot, première émission généraliste traitant des questions d'environnement et de défense des consommateurs. De 1982 jusqu'en 1986, toujours sur Antenne 2, il présente le journal de la mi-journée Antenne 2 Midi, avant d’exercer les mêmes fonctions aux journaux du week-end de la chaîne, pendant un an de 1986 à 1987. Parallèlement, il présente le "Grand Raid Le Cap Terre de Feu", de 1984 à 1985. Il présente et anime, de 1986 à 1992, l'émission "Résistances" sur Antenne 2, consacrée à La défense des droits de l’homme dans le monde. De 1991 à 1992, il co-anime avec Martine Chardon l’émission « Agape », commune au « Jour du Seigneur » et à « Présence protestante », sur Antenne 2. Il tient entre 2012 et 2015 un blog sur le site Rue89, intitulé "Noël toute l'année". Il est l'auteur d'éditoriaux réguliers publiés sur les sites Mediapart et Reporterre. Il est également coauteur de documentaires : Depuis 2021, il anime un podcast audiovisuel, « l’avis de Mamère », produit par Guillaume Combastet (Wake up), dans lequel il interview des experts, des sociologues, des activistes qui portent un regard critique sur la société. Entre 1981 et 1982, à l’invitation de Monique Cara et Alain Valentini, producteurs de l’émission « un temps pour tout » (Antenne 2) et anciens de son équipe de l’émission « C’est la vie » créée par Louis Beriot, il chante "Les Enfants de par-là", qu'il a écrite sur une musique de Dominique Galopin. Elle fait le tour du web quelques années plus tard alors qu’elle n’était appelée à aucun lendemain. En 2010, il participe à la mini-série télévisée, « les vivants et les morts », de Gérard Mordillat À partir de , il contribue au "Journal", une émission journalistique diffusée sur Internet quotidiennement à par "Le Média", où il anime une interview hebdomadaire de philosophes, experts, militants ou auteurs. Quelques semaines plus tard, en février, il décide de quitter "Le Média" évoquant dans la rédaction autour du départ d'Aude Rossigneux et le traitement de la crise syrienne. Il explique n'avoir subi . Parcours politique. En juin 1988, il est élu comme suppléant du député socialiste de la de Gironde, Gilbert Mitterrand. En 1989, il est élu maire de Bègles à la tête d'une liste , contre le sortant communiste soutenu par les instances départementales du Parti socialiste et réélu jusque-là. Il échoue toutefois à se faire élire député lors d'une législative partielle (causée par la démission de Catherine Lalumière) le dans la de la Gironde. Il échouera dans la même circonscription en mars 1993 sous l'étiquette écologiste. En 1990, il crée Génération écologie (GE), avec Brice Lalonde, Haroun Tazieff et Jean-Louis Borloo. Deux ans plus tard, il devient vice-président et porte-parole national de Génération écologie. Il quitte le parti dès 1994, à la suite du virage centriste entamé sous l'impulsion de Brice Lalonde, et fonde Convergences écologie solidarité dont il devient le président. Cette même année, il est élu député européen sur la liste de Bernard Tapie, tête de liste , jugeant qu'il faut développer un véritable courant écologiste de gauche. En 1995, après le retrait de Jacques Delors, il soutient Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle. Aux élections législatives de 1997, il est une troisième fois candidat dans la de la Gironde. Au nom de la gauche plurielle, il bénéficie du soutien des instances nationales du Parti socialiste, malgré les réticences des socialistes girondins qui, associés aux communistes, l'ont combattu aux municipales. Il est élu et siège dans le groupe radical, citoyen et vert (constitué par les députés du PRG, du MDC et des Verts). En 1998, il adhère, avec l'ensemble de son mouvement, au parti écologiste Les Verts. Il est réélu député en 2002 : il siège dès lors parmi les non-inscrits, les Verts n'ayant pas assez d'élus (trois) pour pouvoir former un groupe. Lors de la primaire présidentielle des Verts de mai et , il arrive en tête du premier tour avec 42,8 % des voix, puis est battu de peu au second tour par Alain Lipietz, qui obtient 50,3 %. Cependant, le , à la suite d'une prise de position controversée sur l'amnistie des nationalistes corses, Alain Lipietz est évincé du poste de candidat lors d'un référendum interne. Noël Mamère, pressenti pour reprendre le titre de candidat annonce alors son refus catégorique : . Mais après le refus de Dominique Voynet d'être à nouveau candidate, Noël Mamère est désigné pour remplacer Alain Lipietz par le conseil national des Verts, le suivant, par contre 29. Le , un second référendum interne approuve sa nomination à plus de 80 % des voix. Après avoir obtenu 5,25 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, à l’occasion de laquelle il se prononce notamment pour la légalisation contrôlée du cannabis, le droit de mourir dans la dignité et le vote à seize ans, il appelle à voter pour Jacques Chirac, afin de barrer la route à Jean-Marie Le Pen au second tour. Il est le premier (et à ce jour le seul) candidat écologiste à avoir dépassé le score de 5 % lors d'un tel scrutin. Fin 2005, il renonce à se porter candidat à l'investiture des Verts pour la prochaine élection présidentielle. En , Les Verts valident son investiture pour les élections législatives. Il est réélu député avec 62,82 % des voix le . De 2012 à 2017, il a été co-président du groupe d'études sur la question du Tibet à l'Assemblée nationale. Durant la même période, il a présidé le Groupe d'amitié France-Nigéria. Le , Noël Mamère prête serment comme avocat au barreau de Paris afin d'exercer avec l'avocate Caroline Mécary. Ce cumul de fonctions semble être en contradiction avec ses propres déclarations. Ainsi, réagissant à la situation du député UMP Jean-François Copé, après que celui-ci fut devenu avocat selon la même procédure, il avait déclaré : , prônant . Interviewé sur la radio RMC le vendredi , il déclare néanmoins : . Il a demandé et obtenu son omission du barreau de Paris en 2011. De 2008 à 2011, Noël Mamère a plaidé quatre affaires, toutes bénévolement. En 2003, lors de la première crise des intermittents, il crée à l’Assemblée nationale « le comité de suivi sur la réforme de l’assurance-chômage des intermittents du spectacle » avec Étienne Pinte, deputé UMP de Versailles. Le 2 mars 2006, ils déposent une proposition de loi définissant un nouveau régime d’assurance-chômage, signée par 469 parlementaires. Elle sera rejetée. En décembre 2003, avec ses collègues Martine Billard et Yves Cochet, il dépose une demande de commission d’enquête parlementaire sur « le rôle de la France dans le soutien aux régimes militaires d’Amérique latine entre 1973 et 1984 ». Cette demande est examinée par la commission des affaires étrangères qui la rejette sur proposition du rapport du député Roland Blum. En 2008, il est nommé membre de la mission d’information sur la révision des lois bioéthiques présidée par Alain Claeys, rapporteur Jean Leonetti, où il défend la procréation médicalement assistée ouverte aux couples homosexuels ainsi que la gestation pour autrui et le droit à connaître ses origines. Le Président et le rapporteur de la Mission refusent sa demande de débattre du droit à mourir dans la dignité. En , il est élu par l'Assemblée nationale juge suppléant à la Cour de justice de la République. Le 08 décembre 2009, il rapporte et défend en séance la proposition de loi (déposée avec ses collègues Yves Cochet et François de Rugy) sur « le tiers secteur de l’habitat participatif, diversifié et écologique » . Elle est rejetée mais sera reprise quatre ans plus tard dans le cadre de la loi ALUR de la ministre du logement, Cécile Duflot. En 2015, il préside la commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre et vote contre les conclusions de son rapporteur considérant qu’elles portent atteinte à la doctrine française du maintien de l’ordre. En 2016, il est le co-auteur du rapport de la commission des affaires étrangères étudiant les effets du réchauffement climatique sur les pôles, intitulée « le monde au miroir des pôles », avec Hervé Gaymard, député UMP. Noël Mamère est membre du comité d’honneur de l’association pour le droit de mourir dans la dignité et membre de la ligue des droits de l’homme. Aux côtés de l’association « Survie », il est très actif dans la recherche de la vérité sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda. A l’Assemblée nationale, il demande une commission d’enquête parlementaire qui lui sera refusée au profit d’une mission d’information présidée par Paul Quiles. Il interpelle le gouvernement à plusieurs reprises. À Bègles, le 30 novembre 2010, il fait ériger une fresque, « Les hommes debout », de l’artiste Bruce Clarke, à la mémoire des victimes du génocide des Tutsis au Rwanda. Le , il déclare vouloir devenir le président du futur groupe écologiste de l'Assemblée nationale à l'issue des législatives. Il est réélu député de la troisième circonscription de la Gironde dès le premier tour, le . Il obtient alors 51,98 % des voix exprimées. Sa suppléante est Naïma Charaï. Le , il affirme vouloir constituer un binôme homme-femme avec Barbara Pompili, élue de la de la Somme, à la tête de ce groupe parlementaire. C’est finalement le député François de Rugy qui exerce cette coprésidence, bien que le règlement de l’assemblée ne le permette pas : il devient dès lors officiellement président, avant que celle-ci ne le remplace début 2013. Interpellé en sur la question du cumul des mandats, il répond qu'il choisira . Il annonce cependant qu'il ne sera plus député dès 2014. En 2014, il change d'avis et reste député : . Le , il annonce quitter EÉLV tout en restant membre du groupe écologiste à l'Assemblée nationale. En 2014, la liste qu'il conduit à Bègles l'emporte au premier tour, avec 51,74 % des voix, ce qui lui permet d'être réélu maire. Il annonce en se présenter aux élections législatives de juin suivant qu'en tant que suppléant et qu'il abandonne dans le même temps son mandat de maire de Bègles.il démissionne de ses fonctions de maire le 30 juin 2017 au profit de Clément Rossignol-Puech. Fin 2017, il participe aux premières réunions de Génération.s. Le , il annonce son retrait de la vie politique. Aux élections européennes de 2019, il soutient la liste Europe Écologie Les Verts, conduite par Yannick Jadot. Prises de position. Droits de l’homme. En 1996, lors de la visite à Paris du Premier ministre chinois Li Peng, l’un des principaux responsables du massacre de Tian An Men (1989), il est le coordinateur de la manifestation du « Comité pour La Défense des libertés en Chine et au Tibet », qui réunit plus de trente organisations de défense des droits de l’homme, organisée pour protester contre cette visite et pour dénoncer les silences du président de la République et du gouvernement sur les violations des droits de l’homme en Chine et au Tibet. Vingt quatre ans plus tard, en 2020, dans une tribune publiée par le journal "Libération", co-signée par la sinologue Marie Holzman, il appelle au boycott des Jeux olympiques d'hiver de 2022, en 2022, en raison de la politique chinoise de répression des Ouïgours. Écologie. En 2004, il a soutenu et a participé à des arrachages illégaux d'OGM en plein champ, aux côtés notamment de José Bové et de faucheurs volontaires au nom de la et du . Il est alors condamné à trois mois de prison avec sursis et à de dommages et intérêts solidairement avec sept autres « faucheurs ». Le , il soutient ouvertement l'action de Greenpeace, applaudissant lorsque des membres de l'association envahissent l'hémicycle de l'Assemblée nationale le jour du débat sur l’avenir climatique prévu avant le grand rendez-vous international de Copenhague. À la suite de cette approbation dans l’hémicycle, le Bureau de l’Assemblée nationale lui retire un tiers de son indemnité de député pendant un mois. Le matin même, il s’était laissé photographier avec des militants derrière une banderole qu'ils réussirent à déployer brièvement sur le toit du palais Bourbon. En janvier 2009, Daniel Cohn-Bendit, tête de liste des écologistes aux élections européennes, Noël Mamère et Marianne Isler-Beguin par les employés de la Cogema lors de leur visite au centre de retraitement des déchets nucléaires de La Hague. Pendant cette campagne, ils seront aussi empêchés à plusieurs reprises de tenir leurs réunions publiques par les chasseurs de CPNT (chasse, pêche, nature et traditions) qui s’en prendront physiquement à Noël Mamère lors d’une réunion publique à Arcachon. Ses agresseurs seront condamnés un an plus tard par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Moyens de transports écologiques. Noël Mamère a pris des positions très favorables au vélo dans Paris et au covoiturage, mais aussi très sévères à l'égard de l'automobile. Dans son blog de mediapart il avait notamment écrit que « la voiture est une machine à tuer » et dénoncé ainsi « la religion de l’automobile » et la surmédiatisation des événements automobiles comme la Formule 1 ou le Paris-Dakar qui, selon lui, « exporte la mort en Afrique ». Pourtant, en 1985, à la demande de Claude Balzane, un myopathe qui rêvait de participer au Paris-Dakar, il a prêté sa voix, parmi d’autres personnalités sollicitées, à l’enregistrement d’un disque, intitulé « l’odyssée du Paris-Dakar » pour financer la participation de cette personne handicapée à un rallye dont il condamnait par ailleurs le principe. . Questions sociétales. Mariage entre personnes de même sexe. Le , il a célébré le premier mariage entre personnes de même sexe de l'histoire de France dans sa mairie. Il entendait ainsi protester contre l'agression homophobe dont Sébastien Nouchet avait été victime quelques mois auparavant. Cette cérémonie très médiatisée a suscité un important débat et provoqué de vives réactions contre Noël Mamère qui a reçu plus de 4 000 lettres d’insultes. Elle a poussé le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin à suspendre Noël Mamère de ses fonctions de maire pour une durée d'un mois en application de l'application de l'article L 2122-16 du code général des collectivités territoriales. Le mariage a quant à lui été annulé par le tribunal de grande instance de Bordeaux le . Cette annulation a été confirmée en appel le , puis validée en cassation le . La cour européenne des droits de l'homme a été saisie d'un recours contre ces décisions mais, le , elle a statué que ces dernières étaient légales. Cette « première » a été racontée au jour le jour dans le documentaire « Maris à tout prix », d’Yves Jeuland et Jean-Michel Vennemani, diffusé en juillet 2004 sur Canal+. En , Noël Mamère sera désigné comme orateur par le groupe écologiste pour défendre l’explication de vote approuvant la loi sur le mariage pour tous présentée par Christiane Taubira. Vote des résidents étrangers aux élections locales. Le 3 mai 2000, l’Assemblée nationale adopte une proposition de loi, dont il est co-signataire et rapporteur, qui donne le droit de vote à tous les résidents étrangers pour les élections locales, texte qui ne sera pas mis à l'ordre du jour du Sénat. Gestation pour autrui. Le , il est signataire d'un appel pour la légalisation de la gestation pour autrui (GPA), autrement dit pour la légalisation des mères porteuses que d'autres Verts dénoncent comme une exploitation du corps des femmes. Port du voile islamique ou intégral. Noël Mamère a été l'un des rares députés à toujours être favorable au port du voile dans les écoles et à celui du voile intégral dans l'espace public, au nom de la non-stigmatisation des musulmans. Corrida et chasse. "Je ne suis pas un ayatollah vert : j'aime la chasse et la corrida. Avec modération" sont les mots de Noël Mamère dans son livre "Mes années vertes" pour qualifier sa position sur ces sujets. Élu du sud de la France, il est un des très rares écologistes à être favorable à la corrida. Il vote toutefois deux propositions de loi, en 2007 et en 2015, pour interdire les corridas aux mineurs. Question identitaire. Noël Mamère estime qu'il faut lutter contre le Front national « en lui opposant le projet d’une société cosmopolite et métissée assumée ». Accusations contre Jacques Chirac. Le , député, il a accusé et demandé une mise en accusation judiciaire du président Jacques Chirac pour sa participation au financement illégal de son parti, ce qui lui vaudra une sanction symbolique de l'Assemblée bien qu'il fût membre de la majorité parlementaire, elle-même opposée au président. Prolongation de l'état d'urgence en France. Après les attentats du 13 novembre 2015 en France, Noël Mamère est l'un des six députés français à voter contre la prolongation de l'état d'urgence en France. Le , il est avec Jean-Baptiste Eyraud et Olivier Besancenot à l'initiative de l"'Appel des 58" : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence ». International. Il est membre du « Comité International de Soutien aux victimes vietnamiennes de l'Agent Orange et au procès de New York » (CIS) conduit par André Bouny. Le 14 juin 2000, il quitte l’hémicycle pour protester contre la réception par l’Assemblée nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika qu’il accuse de corruption et de répression de ses opposants démocrates. La même année, avec Reporters sans frontières, il participe à la campagne de libération du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik en grève de la faim pendant 42 jours pour protester contre la censure et le harcèlement du régime. En février 2002, après l’emprisonnement de Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste tunisien, par le régime de Ben Ali, il mène campagne pour sa libération aux côtés de son épouse, l’avocate Radhia Nasraoui, qui a entamé une grève de la faim. En septembre 2002, alors maire de Bègles, il refuse de se trouver en présence de Rafik Khalifa, propriétaire notamment de la compagnie aérienne Khalifa Airways, partenaire de l'Olympique de Marseille en foot et sponsor du club de Bordeaux-Bègles-Gironde (CABBG), qu’il accuse de « blanchir l’argent des généraux algériens ». Il demande, que l'Assemblée nationale crée une commission d'enquête à son sujet. Noël Mamère a été membre du groupe d'intellectuels qui s'opposait à l'extradition du terroriste italien d'extrême-gauche Cesare Battisti après 2002. Le , il signe, avec 16 autres personnalités politiques de tous bords, l'« Appel du » pour une vigilance républicaine lancé par l'hebdomadaire "Marianne" En , il signe une pétition pour la libération de la personnalité politique et islamiste (ex-FIS) algérien qui avait réclamé la création d'un Etat islamique en Algérie. En , il déclare au cours d'une émission de télévision traitant du conflit au Mali que le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, est le et confirme ces propos sur un site d'information en ligne mauritanien quelques jours plus tard. À la suite de la plainte pour diffamation du président mauritanien et face à la polémique enflant en Mauritanie, Noël Mamère finit par se rétracter en Le 12 janvier 2013, avec ses collègues Marie-George Buffet et Pouria Amirshahi, il organise à l’Assemblée nationale une journée intitulée : « À quand la vérité sur les crimes coloniaux », en collaboration avec l’association « vérité et justice pour Farhad Hached » et « l’institut Mehdi Ben Barka - sortir du colonialisme ». Il demande une nouvelle fois que les États français et marocain reconnaissent leurs responsabilités dans l’assassinat du leader tiers-mondiste, le 29 octobre 1965 en plein cœur de Paris. Le 28 octobre 2020, à l’occasion du centième anniversaire de la naissance de Mehdi Ben Barka, il co-signe dans Mediapart, avec cent autres personnalités, une tribune intitulée : « Gloire à Mehdi Ben Barka » Le , il intervient au sein de l'hémicycle de l'Assemblée nationale dans le cadre d'une question à Ségolène Royal sur le procès intenté à l'écrivain Erri De Luca, à la suite d'une plainte déposée par la société publique Lyon-Turin Ferroviaire pour incitation au sabotage. Erri De Luca avait déclaré au "Huffington Post" en 2013 que les « sabotages sont nécessaires pour faire comprendre que le TGV est une œuvre nuisible et inutile ». Noël Mamère qualifie le procès d'absurde, le projet étant « inutile et imposé » et suscitant, « du côté italien comme du côté français, de fortes résistances ». Il demande alors au gouvernement français d'intervenir auprès de ladite société publique, afin qu'elle retire sa plainte. Erri De Luca est finalement relaxé le par le tribunal de Turin. En mai 2020, il est signataire de « l’Appel international pour La Défense des négociateurs de paix au pays basque et pour la protection par la France de Josu Urrutikoetxea », ancien responsable de l’organisation séparatiste basque ETA, qui a mis fin à la lutte armée de son mouvement en 2018 et est réclamé par la justice espagnole. Polémiques. Avec la société Elf. En 1998, il demande en vain une commission d’enquête parlementaire sur le rôle de la société Elf-Aquitaine dans la guerre civile au Congo Brazzaville qui, en 1997 a opposé Pascal Lissouba et Denis Sassou Ngesso et fait plus de dix mille victimes. Face à ce refus, il crée le comité citoyen « Elf ne fera pas la loi en Afrique ». Poursuivi devant les tribunaux pour usage détourné du logo de la société, il gagne son procès, défendu par maîtres Antoine Comte et Henri Leclerc. Le 24 janvier 1999, avec le « Comité Elf ne fera pas la loi en Afrique », il dépose plainte devant le « Tribunal permanent des peuples » qui, le 21 mai 1999, demande à l’Assemblée nationale de « constituer une commission d’enquête parlementaire sur les relations entre le gouvernement français, la société Elf Aquitaine et les gouvernements des pays africains où elle opère ». Avec le professeur Pierre Pellerin. Lors de l'émission télévisée "Tout le monde en parle" diffusée sur la chaîne publique France 2 le , il qualifie de « sinistre personnage » le professeur Pierre Pellerin, ancien directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants en 1986, à l'époque de l'explosion de la centrale de Tchernobyl. Il déclare que celui-ci « n'arrêtait pas de raconter que le nuage radioactif n'avait pas franchi nos frontières ». À la suite de cette déclaration, Pierre Pellerin porte plainte contre Noël Mamère et le directeur de la chaîne France 2, Marc Tessier, afin de réfuter cette présentation de son rôle lors de la catastrophe de Tchernobyl. Le , Noël Mamère et France 2 sont condamnés par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation publique envers un fonctionnaire. Ils font appel. Le , Noël Mamère et France 2 sont condamnés par la cour d’appel de Paris qui motive ainsi son jugement sur la question de la mauvaise foi de Noël Mamère : Noël Mamère et France 2 se pourvoient en cassation. Le , les pourvois de Noël Mamère et de France 2 sont rejetés par la Cour de cassation. Le , Noël Mamère saisit la Cour européenne des droits de l'homme, en invoquant la violation de l'article 10 (droit à la liberté d'expression) de la Convention européenne des droits de l'homme. Dans un arrêt du , la Cour considère que les propos de Mamère sont « une caricature de la situation » et sont exagérés, mais « dans les limites permises », aussi juge-t-elle à l'unanimité que l'article 10 a été violé, la condamnation de Mamère n'étant pas « nécessaire [...] dans une société démocratique [...] à la protection de la réputation ou des droits d’autrui ». Sur son patrimoine. En , la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique appelle la justice à examiner la déclaration de patrimoine de Noël Mamère, le soupçonnant d'y avoir omis une partie de son patrimoine. Synthèse des résultats électoraux. Élections régionales. "Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste." Élections municipales. "Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste."
GameCube La (ou le) est une console de jeux vidéo de salon du fabricant japonais Nintendo, sortie en 2001 (2002 en Europe), développée en association avec IBM, NEC et ATI. Elle fut en concurrence avec la PlayStation 2 de Sony, la Xbox de Microsoft et la Dreamcast de Sega, qui forment ensemble la sixième génération de consoles de jeux vidéo. Historique. Genèse : "Project Dolphin". C'est en 1998 que l'on entend parler pour la première fois de la GameCube. À l'époque, un nouveau développeur de jeux vidéo, Retro Studios basé à Austin au Texas, annonce la signature d'un contrat d'exclusivité avec Nintendo afin de produire des jeux (les futurs "Metroid Prime") non pas sur la Nintendo 64 mais sur la console devant lui succéder. Lors de l'E3 1999, Howard Lincoln, président de Nintendo of America, annonce que Nintendo est en train de développer une console en collaboration avec ATI et IBM. Il parle alors du projet sous le nom de "Project Dolphin" et parle d'une sortie mondiale fin 2000. L'année 2000 n'est faite que de reports et d'annonces contradictoires de la part de Nintendo (par exemple sur la question de la lecture de DVD ou la connexion à Internet). Lors de l'E3 2000, on apprend que la machine sera présentée en août lors du traditionnel salon Nintendo Space World. C'est donc le 24 août 2000 que la machine est officiellement présentée avec son nouveau nom, la GameCube, ainsi que diverses démos et vidéos dont certaines deviendront plus tard des mythes (comme "Super Mario 128" ou la version « photoréaliste » de "The Legend of Zelda"). La présentation de la GameCube a suscité de nombreux espoirs chez tous les fans de la firme, compte tenu notamment de l'annonce du retour de franchises célèbres ("Mario", "Zelda", "Metroid"…) et de l'abandon du support cartouche, qui équipait toutes les consoles de salon de Nintendo jusqu'alors. Les premiers jeux sont présentés en versions jouables pour la première fois lors de l'E3 2001. Sortie de la console. Lors du Nintendo Space World d'août 2000, Nintendo annonce la sortie de la GameCube pour juillet 2001 au Japon et pour octobre de la même année aux États-Unis. Finalement la console ne sort que le 14 septembre 2001 au Japon, le 18 novembre 2001 aux États-Unis et le 3 mai 2002 en Europe. Pour sa sortie européenne, Nintendo avait annoncé un prix de mais il fut ramené à quelques jours avant son lancement afin de concurrencer une récente baisse de prix de la Xbox. À sa sortie aux États-Unis, la Gamecube est vendue . Lors de l'E3 2002, Nintendo présenta au public les « "Game Giants" » ("Super Mario Sunshine", "", "Star Fox Adventures" et "Metroid Prime"), à savoir quatre jeux à fort potentiel devant soutenir la console durant sa première année de vie ; malheureusement, les "Games Giants" arrivèrent au compte-goutte et certains se révélèrent décevants pour les fans de la firme. À Noël 2002, la console se retrouva avec pour seul jeu fort "Star Fox Adventures" qui s'avèrera être le dernier jeu de Rareware pour une console de salon Nintendo. À partir de cette période, le grand public se rendit compte que le syndrome de la Nintendo 64 (jeux sortant au compte-goutte) risquait de réapparaître et commença à délaisser la console. Début 2003, "Phantasy Star Online" sort sur GameCube et est le premier jeu jouable en ligne de la console. Lors de l'E3 2003, Nintendo mise toute sa politique sur la connectivité entre la GameCube et la Game Boy Advance et annonce des partenariats avec Namco à présent Bandai Namco, Konami et Sega pour le développement de nouveaux jeux. Pour Noël 2003, le prix de la console est ramené à en Europe et aux États-Unis dans le but de faire grimper les ventes, de plus en plus faibles. Lors de l'E3 2004, Nintendo présenta une nouvelle gamme de jeux forts pour sa console avec notamment "". Ce jeu attendu comme un messie devait à l'origine sortir pour Noël 2005, malheureusement quelques mois avant sa sortie, Nintendo décida de le reporter à un vague 2006 et de développer en parallèle une version sur sa nouvelle console : la Wii. L'année 2007 marqua la fin de vie de la console, très peu de jeux sortirent sur ce support et Nintendo abandonna tous ses projets pour les reporter sur la Wii, mis à part "The Legend of Zelda: Twilight Princess" qui sortira sur les deux supports. Fin de la console. Malgré ses excellents jeux, la GameCube ne rencontre pas le succès de ses devancières, avec sur le marché des consoles de jeux, elle ne totalise que le score de d'unités écoulées. Il y a en France 150 jeux sortis la première année de commercialisation (du 3 mai 2002 au 2 mai 2003), 111 la deuxième année, 80 la troisième, 63 la quatrième. L'un des derniers jeux majeurs développés pour cette console fut "", sorti en France le , et disponible également sur le successeur de la GameCube, la Wii. La Wii peut lire ses jeux et recevoir ses manettes et cartes mémoires. En revanche, le Game Boy Player, qui permet de jouer aux jeux Game Boy/Color et GBA sur la télévision, n'est pas compatible avec cette nouvelle console. Entre les années 2002 et 2003, Nintendo a vu ses bénéfices nets baisser de 37%. En effet, les bénéfices nets de sur l'exercice clos fin Mars 2003 atteignaient 491,5 millions d'euros. Les ventes ont également reculé de 9% d'un exercice sur l'autre (3,7 milliards d'euros). La baisse des ventes de la GameCube a durement affecté l'entreprise. En février 2007, Nintendo of America annonce l'arrêt définitif de la production de la console. Matériel. Console. Design. Semblable physiquement à un cube doté d'une anse pour évoquer la facilité du transport, la console utilise un support de stockage unique nommé Nintendo Game Cube Optical Disc. Créé en collaboration avec Matsushita, le disque a grandement été inspiré du DVD avec un changement spécial pour éviter la copie. Nintendo a choisi ce mini format de 8 centimètres pour éviter les longs temps de chargement présents dans les jeux des consoles concurrentes de sa génération. La GameCube est la console la plus petite de sa génération avec des dimensions de en largeur, en hauteur et de profondeur. Elle a été dessinée par Kenishiro Ashida qui voulait, en lui donnant ce design, créer un objet compact et innovant. La couleur de base de la GameCube est le bleu violet. Au fil de sa commercialisation, elle est également sortie en noir et en argenté (platinium) ou dans des couleurs en éditions limitées comme le blanc cristal (pour "Final Fantasy: Crystal Chronicles"), Mint Green (pour "Tales of Symphonia"), cuivre (pour "Char Aznable from Gundam") gris métallisé et noir (pour "Resident Evil 4") et blanc avec des rayures noires (pour the "Hanshin Tigers") voire d'autres coloris suivant les jeux vendus en "bundle" comme "Mario Smash Football". Une version "Spice" (une couleur orange) et "Gold" (exclusivité Toys R us Japon) sont également sorties. Il y eut également en vente des autocollants de la taille des côtés de la NGC, pour donner un nouveau style à la console. Deux types de GameCube sont utilisés pour tester les logiciels pendant leur développement : une version vert turquoise, qui lit uniquement les Mini DVD issus des studios de développement (et pas les jeux sortis dans le commerce), et une version rouge bordeaux, qui lit uniquement un format cartouche propriétaire réinscriptible, à l'image des précédentes consoles Nintendo (le chargement des cartouches de la taille d'un livre de poche se fait en lieu et place du chargement des Mini DVD). Spécifications techniques. La Gamecube est, avec la Xbox, la console qui a mis fin à la « course technique aux bits ». La Dreamcast et la PlayStation 2, ses rivales sorties quelque temps avant elle, avaient poursuivi ce marketing des "bits" en étant présentées comme des consoles "128 bits". La Gamecube, basée sur un processeur principal 32 bits, et pourtant plus puissante que la Dreamcast et la PlayStation 2 à de nombreux égards, n'affiche plus les "bits" comme un élément démonstrateur de puissance. C'est plutôt l'indicateur FLOPS qui est mis en avant, également utilisé par la Dreamcast et la PlayStation 2, et toujours utilisé en 2022. Effets graphiques. Voici une description des différents effets graphiques réalisables par le processeur graphique : le Flipper. Linux. La GameCube reposant sur une architecture PowerPC, il est possible d'installer Linux. Affichage. La GameCube, dans sa version européenne, permet à certains jeux d'activer l'option 480i60 Hz, qui permet d'avoir une image plus nette et moins clignotante. La plupart des jeux qui n'ont pas cette option activable ont très souvent un mode 576i50 Hz optimisé. Enfin, les versions japonaises et américaines, permettent, sur une sélection de titres, d'activer le mode progressif (Progressive Scan, 480p) afin d'avoir une image encore meilleure, à condition d'utiliser un câble adapté. Bien qu'on puisse brancher un tel câble sur les GameCubes européennes, l'activation du 480p en est impossible. Panasonic Q. Il existe une version spéciale de la console qui permet de lire les DVD. Cette machine, dénommée Q, a été développée par Panasonic uniquement pour le marché japonais. La platine DVD, d'origine, est d'ailleurs zonée, ne permettant pas de lire des DVD d'autres zones que celle correspondant au Japon. Elle était livrée avec une télécommande et ses dimensions étaient un peu plus importantes que la GameCube de Nintendo. Une version du Game Boy Player a été spécifiquement conçue pour s'adapter au format de cette console. De couleur argentée, elle possédait également un petit écran LCD affichant diverses informations sur les DVD ou CD. La manette donnée avec était estampillée Panasonic, au lieu du logo « Nintendo Gamecube » habituel. Son prix à sa sortie était de ¥39,800 et fut rabaissé par la suite à ¥34,800. Manette. La manette de la GameCube fut dessinée par Shigeru Miyamoto dans l'esprit de la rendre attractive par le plus grand nombre. Sa principale innovation était le fait que chaque bouton présentait une forme différente de manière que le joueur puisse les reconnaître juste en les touchant, sans les regarder. La manette GameCube possède 2 sticks analogiques (gris et C), 1 bouton d'action principal (A) et 3 secondaires (B, X et Y), 2 gâchettes analogiques (L et R) avec un « clic » supplémentaire lorsqu'on appuie dessus jusqu'au bout, un bouton subsidiaire placé au-dessus de la gâchette R (Z) et la traditionnelle croix directionnelle, inventée par Nintendo, ainsi que le bouton start. La manette GameCube n'a plus besoin du Rumble Pak pour faire de la vibration. Elle est directement intégrée dans la manette contrairement à la Nintendo 64. Ces manettes sont disponibles en plusieurs couleurs : indigo, indigo et transparent, noir, orange, platine (édition "Mario Kart: Double Dash!!"), bleu émeraude et nacrée (blanche perle édition "Super Mario Strikers"). En 2008, une manette blanche est sortie au Japon pour aller avec la couleur de la Wii. Différentes éditions collectors sont également sorties au Japon, uniquement disponibles en éditions limitées, via le Club Nintendo japonais : une manette « Mario » (rouge et bleue, avec le « M » à la place du logo GameCube), une manette « Luigi » (verte et bleue, avec le « L »), une manette « Wario » (jaune et violette, avec le « W »), et enfin une manette blanche et turquoise, avec le logo du Club Nintendo (La casquette rouge de Mario) au lieu du logo GameCube. En 2002, une version sans fil de la manette nommée Wavebird fit son apparition. Elle avait pour particularité d'utiliser des ondes radios pour communiquer avec la console au lieu des habituelles liaisons infrarouge et possédait une autonomie d'environ 50 heures pour une consommation de deux piles AA, permise par l'absence de module de vibrations. Au Japon, elle a été commercialisée en couleur platine (Silver), alors qu'elle était grise en Europe. Aux États-Unis, les deux étaient disponibles. Une version collector Club Nintendo existe au Japon, blanche et turquoise, avec le logo du Club Nintendo (la casquette rouge de Mario) au lieu du logo GameCube. Il y a également une version collector Gundam, de couleur bordeaux, disponible uniquement au Japon aussi. D'autres manettes sans fils ont été créées par MadCatz. En 2014, une manette noire et une manette blanche estampillées "Super Smash Bros." sont commercialisées à l'occasion de la sortie du jeu éponyme sur Wii U ; elles fonctionnent à l'aide d'un adaptateur spécial. En 2018, une manette noire estampillée "Super Smash Bros." est commercialisée à l'occasion de la sortie du jeu éponyme sur Switch, elle fonctionne à l'aide d'un adaptateur spécial. La manette GameCube a fait preuve d'une longévité sans égale dans l'histoire du jeu vidéo avec une compatibilité s'étalant sur quatre consoles différentes (GameCube et Wii par branchement direct, puis Wii U et Switch via un adaptateur officiel Nintendo) et a encore de nombreux adeptes dans le monde. Elle est notamment encore beaucoup utilisée dans les tournois de la série de jeux "Super Smash Bros.", la plupart des joueurs pros la considérant comme étant indissociable de la licence. Connexion à la Game Boy Advance. Il est possible, grâce à un câble spécial, de connecter sa console portable Game Boy Advance à la console GameCube pour échanger diverses informations. Dans ce cas, la GBA peut alors servir d'écran supplémentaire ou de manette. Il devient alors possible d'élaborer une stratégie sans que votre adversaire ne puisse la voir, ou de créer un personnage directement sur sa Game Boy Advance puis l'envoyer sur sa GameCube, visualiser le plan d'un niveau Il est également possible, si l'on possède les deux versions d'un jeu, de commencer sa partie sur GameCube puis de la transférer sur sa Game Boy Advance et d'y jouer plus tard (ou l'inverse) ou de télécharger un mini jeu depuis la GameCube sur la Game Boy Advance. Jeux. Jeux disponibles au lancement. Voici la liste des jeux disponibles lors du lancement de la console sur les différents territoires : Jeu en ligne. À l'époque de la GameCube, Nintendo était clairement opposé au jeu en ligne. D'après la firme, ce dernier était trop complexe d'utilisation et ne présentait que peu de convivialité. C'est pourquoi la firme avait annoncé dès le lancement de la console sa volonté de ne sortir aucun titre jouable en ligne. En revanche si des éditeurs tiers désiraient sortir un tel titre, Nintendo ne les en empêchait pas. Nintendo mit sur le marché, début 2003, 2 modems pour sa console (un bas débit et un haut débit) et seuls 3 jeux permettant de jouer en ligne sortirent sur cette console : En décembre 2006, Nintendo a annoncé la fermeture de ses serveurs GameCube pour mars 2007. Les jeux jouables en LAN, comme "", "1080° Avalanche" ou "Kirby Air Ride", peuvent également se jouer en ligne sur Internet grâce à des logiciels tels que Warp Pipe, , téléchargeables depuis son ordinateur, et également grâce à la fonction Netplay de l'émulateur Wii/Gamecube : Dolphin.
Nouvelle-Zélande La Nouvelle-Zélande (en anglais : ; en maori : ) est un pays insulaire d'Océanie situé dans le Sud-Ouest de l'océan Pacifique. Elle est constituée de deux îles principales : l'île du Nord et l'île du Sud, ainsi que de 700 plus petites îles. Se situant à environ au sud-sud-est de Grande Terre, en Nouvelle-Calédonie, dont elle est séparée par l'océan Pacifique Sud et à à l'est-sud-est de la Tasmanie, elle se trouve également à de Vanuatu (île d'Anatom), à au sud-est de l'Australie continentale et à environ au sud-sud-est des Fidji et des Tonga. La topographie variée du pays et ses pics montagneux, dont ceux des Alpes du Sud, doivent beaucoup au soulèvement tectonique et aux éruptions volcaniques. Sa capitale est Wellington et sa plus grande ville est Auckland. En raison de son éloignement, l'archipel néo-zélandais constitue la dernière grande masse continentale à avoir été découverte et colonisée par les hommes. Les îles ont d'abord été peuplées entre 1280 et 1350 environ, par les Polynésiens qui ont ensuite développé une identité maorie distincte. En 1642, l'explorateur néerlandais Abel Tasman devient le premier Européen à explorer et cartographier une partie de l'archipel. De 1788 à 1840, la moitié septentrionale de l'île du Nord est intégrée à la colonie britannique de Nouvelle-Galles du Sud, située en Australie. La colonisation y est désordonnée et les Britanniques ne portent qu'un intérêt limité pour le territoire néo-zélandais. Des représentants du Royaume-Uni et des chefs maoris signent le traité de Waitangi le , ce qui a pour effet de proclamer la souveraineté britannique sur l'ensemble des îles. En 1841, la Nouvelle-Zélande devient une colonie de peuplement à part entière au sein de l'Empire britannique. Ce changement s'accompagne d'une période de colonisation intensive, où les Britanniques conquièrent et colonisent l'entièreté de l'archipel, parfois à travers des guerres contre les Maoris entre 1843 et 1872. La Nouvelle-Zélande obtient la souveraineté interne en acquérant le statut de dominion le , puis elle obtient la souveraineté externe avec la Loi d'adoption du statut de Westminster en 1947. Sa population, estimée à d'habitants en 2022, est en majorité blanche, mais elle comporte aussi plusieurs minorités ethniques, avec les Maoris, suivis des Asiatiques et des Pacifiens. La culture néo-zélandaise est occidentale et est dérivée des colons européens (principalement britanniques). Il existe également une culture maorie distincte, ainsi que des cultures plus récentes résultant de l'augmentation et de la diversification de l'immigration depuis les années 1970. Les langues officielles sont l'anglais ("de facto"), le maori et la langue des signes, avec le dialecte local de l'anglais comme langue dominante. À l'échelle nationale, le pouvoir législatif est confié à un Parlement monocaméral élu, tandis que le pouvoir exécutif est exercé par le cabinet, dirigé par le Premier ministre. Le roi est le monarque du pays et est représenté par le gouverneur général. La Nouvelle-Zélande est organisée en seize régions, onze conseils régionaux et soixante-sept autorités territoriales à des fins d'administration locale. En tant que pays développé, la Nouvelle-Zélande figure en haut des classements internationaux en termes de qualité de vie, d'éducation, de protection des libertés publiques, de transparence du gouvernement et de liberté économique. La Nouvelle-Zélande a connu des changements économiques majeurs au cours des années 1980, qui l'ont transformée d'une économie étatiste et protectionniste à une économie libérale et libre-échangiste. Le secteur des services domine l'économie nationale et est suivi du secteur industriel et agricole. Le tourisme constitue également une importante source de revenus. Le Royaume de Nouvelle-Zélande comprend également le territoire dépendant de Tokelau, les États associés des Îles Cook et Niue, ainsi que la dépendance de Ross, correspondant à la revendication territoriale de la Nouvelle-Zélande en Antarctique. La Nouvelle-Zélande est membre de l'ONU, du Commonwealth, de l'ANZUS, de l'OCDE, de l'APEC, de la Communauté du Pacifique et du Forum des îles du Pacifique. Étymologie. Si la façon dont les Māoris désignaient la Nouvelle-Zélande avant l'arrivée des Européens est inconnue, on sait qu'ils appelaient l'île du Nord "Te Ika-a-Māui" (« le poisson de Māui »), et l'île du Sud "Te Wai Pounamu" (« eaux de jade ») ou "Te Waka-a-Māui" (« le waka de Māui »). Jusqu'au début du , l'île du Nord était également appelée "Aotearoa", souvent traduite comme « pays du long nuage blanc ». En usage māori actuel, ce nom fait référence à tout le pays. Le premier nom européen de la Nouvelle-Zélande fut "Staten Landt" (en néerlandais "Le Pays des États", d'après les États généraux des Provinces-Unies, responsables pour l'administration des Pays de la Généralité dont dépendait le territoire), donné par l'explorateur néerlandais Abel Tasman, qui fut en 1642 le premier Européen à avoir vu ces îles. Tasman présuma que ces terres faisaient partie d'un continent austral découvert en 1615 au sud du continent sud-américain par Jacob Le Maire. Le nom de Nouvelle-Zélande (« nouvelle terre des mers ») trouve ses origines chez les cartographes néerlandais de l'époque, qui baptisèrent les îles "Nova Zeelandia" en honneur de la province néerlandaise de Zélande. L'origine du nom pour ces îles lointaines n'est pas vraiment connue, mais il apparaît pour la première fois en 1645 et peut avoir été le choix du cartographe Johannes Blaeu. L'explorateur anglais James Cook anglicisera le nom en "New Zealand", d'où vient la traduction française "Nouvelle-Zélande". Le nom n'a aucun lien avec la région danoise de Seeland. Géographie. Géographie physique. La Nouvelle-Zélande est composée de deux îles principales, l'île du Nord et l'île du Sud, et de nombreuses autres plus petites, certaines d'entre elles étant même assez éloignées, près du centre de l'hémisphère maritime. La superficie totale est de en incluant les îles des Antipodes, les îles Auckland, les îles Bounty, les îles Campbell, les îles Chatham, les Tokelau et les îles Kermadec, soit un peu moins que l'Italie ou la Pologne, et un peu plus que le Royaume-Uni. Le pays s'étend sur plus de depuis la côte sud de l'île Stewart jusqu'au cap Reinga, dans l'île du Nord, et possède de côtes. Parmi les autres îles habitées, les plus importantes sont l'île de la Grande Barrière (dans l'océan Pacifique, à l'entrée du golfe de Hauraki), l'île Waiheke (dans le Sud du même golfe), l'île Stewart, les îles Chatham (au sud-est de l'île du Nord) et les Tokelau (au nord des Samoa). L'île du Sud ("South Island") est la plus grande ; elle est partagée dans toute sa longueur par les Alpes du Sud ("Southern Alps"), dont le point culminant est l'Aoraki/Mont Cook avec ses d'altitude. Ce mont mesurait , mais un glissement de terrain a notamment raboté son sommet d'au moins dix mètres le . De nouvelles mesures en révèlent que son altitude est désormais de (). L'île du Sud possède dix-huit sommets supérieurs à . L'île du Nord ("North Island") est quelque peu montagneuse, mais marquée par le volcanisme et une activité géothermique. Son point culminant, le mont Ruapehu (), est d'ailleurs un volcan en activité. Les paysages tourmentés et étranges de la Nouvelle-Zélande lui ont valu l'intérêt des studios de cinéma et de télévision ; son industrie du tourisme a vu un intérêt accru pour le pays après la sortie des films du "Seigneur des anneaux", réalisés par Peter Jackson, lui-même néo-zélandais. La Nouvelle-Zélande possède d'énormes ressources marines : sa zone économique exclusive est la septième plus grande du monde et recouvre quatre millions de kilomètres carrés, soit plus de quinze fois la taille de sa superficie terrestre. Le pays est parsemé de lacs, particulièrement l'île du Sud, avec notamment le lac Te Anau (), mais le plus grand est le lac Taupo, dans l'île du Nord, avec . L'eau (y compris les rivières, fleuves, lacs et glaciers) recouvre . Parmi les cours d'eau les plus importants, on peut citer le Waikato, dans l'île du Nord, plus long fleuve du pays et dans l'île du Sud, le Clarence et le Waimakariri. La Nouvelle-Zélande est isolée géographiquement. Son plus proche voisin, la Nouvelle-Calédonie, est situé à au nord-nord-ouest. Les autres terres proches sont la Tasmanie à l'ouest, l'Australie continentale à l'ouest-nord-ouest, Vanuatu au nord, les Fidji au nord-nord-est et les Tonga au nord-est. Elle fait partie d'un continent appelé Zealandia, à 93 % submergé. Zealandia fait presque la moitié de la taille de l'Australie et est remarquablement longue et étroite. Il y a environ d'années, un changement dans les mouvements des plaques tectoniques a commencé à étirer Zealandia avec force. Parmi les régions submergées de Zealandia, on trouve le plateau de Lord Howe, le plateau Challenger, le plateau de Campbell, la ride de Norfolk et le plateau de Chatham. La Nouvelle-Zélande fait partie de la Polynésie et constitue l'angle sud-ouest du « triangle polynésien ». Climat. La température moyenne quotidienne à Wellington — la capitale, au centre du pays — est de en hiver et en été. Le climat de la Nouvelle-Zélande est globalement tempéré, océanique sur la majeure partie du pays ; les températures oscillent entre et . Les maxima et minima historiques sont à Rangiora (Canterbury), et à Ophir (Otago), respectivement. Les conditions climatiques varient beaucoup selon les régions, de très humide dans la région de West Coast sur l'île du Sud à semi-aride dans le bassin de Mackenzie de l'intérieur du Canterbury et subtropical humide au Northland. Des principales villes du pays, Christchurch est la plus aride, ne recevant que de précipitations par an, tandis qu'Auckland, la plus humide, reçoit presque le double. Auckland, Wellington et Christchurch ont toutes une moyenne annuelle de de soleil. Environnement en Nouvelle-Zélande. Faune et flore. Son isolement géographique a permis le développement d'une faune et d'une flore endémiques riches et variées, allant des conifères kauri géants aux insectes weta, en passant par la fougère argentée et l'oiseau kiwi, ces deux derniers étant des symboles nationaux. Spécificités. Avant l’arrivée récente de l’homme (entre 1050 et 1300) et des animaux introduits par l’homme, la faune de l’archipel de la Nouvelle-Zélande ne comptait que deux espèces de mammifères non marins, des chauves-souris, et aucun mammifère prédateur. Les prédateurs dominants étaient donc des oiseaux, parmi lesquels l’Aigle géant de Haast était le plus imposant. De par l’absence quasi totale de mammifères, leurs proies étaient également des oiseaux. L’Aigle de Haast chassait des proies pouvant peser de 60 à , parfois même jusqu’à . En raison de son long isolement du reste du monde et à sa biogéographie insulaire, la Nouvelle-Zélande abrite une faune et flore très particulière. Environ 80 % de la flore n'existe que dans le pays, dont plus de quarante genres endémiques. Des terrestres du pays, seulement environ ont été décrites. Il y a , , , , et d'oiseaux (dont endémiques). L'insularité a protégé cette faune et flore pendant des siècles jusqu'à l'arrivée des humains et des animaux qui voyageaient avec eux. Les Māoris ont apporté avec eux le chien polynésien ("kuri") et la souris polynésienne ("kiore"). La seconde vague d'immigration mit fin à l'insularité de la Nouvelle-Zélande. La multiplication des échanges entre l'Europe, l'Australie et la Nouvelle-Zélande a permis la propagation d'espèces nouvelles, dont certaines invasives. Aujourd'hui parmi les espèces introduites on trouve , , un lézard, trois grenouilles, vingt poissons d'eau douce, environ et environ (dont fleurissant à l'état sauvage). Pour enrayer la perte de biodiversité en Nouvelle-Zélande, le ministère de la Conservation protège environ 30 % du territoire. Ce chiffre est considérable, mais il doit être relativisé et ce pour deux raisons : tout d'abord, la Nouvelle-Zélande est peu peuplée et, d'autre part, la plupart de ces territoires se situent au sud, de sorte que le DoC évite ainsi les conflits d'usage avec les utilisateurs du territoire. Ces mesures associées à des programmes de recherche très ambitieux commencent à porter leurs fruits. Une étude du programme NZ SeaRise indique en 2022 que le niveau de la mer monte bien plus rapidement que prévu en Nouvelle-Zélande, ce qui laisse moins de temps aux autorités pour planifier la manière de s’adapter aux conséquences du changement climatique, notamment par la relocalisation des habitants vivant le long des côtes. En outre, Wellington et Auckland, les deux plus grandes villes de l’archipel, pourraient connaître des inondations importantes chaque année dès 2040, ce qui n'était auparavant pas attendu avant 2060. Flore. Avant l'arrivée des humains, environ 80 % des terres étaient recouvertes de forêt. La déforestation a été importante au . Les principaux types d'arbre dans les forêts qu'on rencontre aujourd'hui sont les podocarpes, et dans les régions à climat plus frais par les "Nothofagus", genre d'arbres proche des hêtres de l'hémisphère nord. Les autres types de végétation sont celles des plaines et des régions subalpines, ainsi que les arbustes entre les plaines et les forêts. Les fougères du pays sont également très connues (une espèce, "Cyathea dealbata" aussi connue sous le nom de fougère argentée en raison de sa coloration en sous face de la fronde, étant devenue symbole du pays ainsi que de son équipe nationale de rugby à) de même que les étonnantes mégaherbes des îles sub-antarctiques du pays. La conversion des terres en pâturage a entraîné une perte de de la végétation naturelle, détruisant une partie de la biodiversité. Faune. Les forêts furent autrefois habitées par diverses espèces de mégafaune, dont plusieurs oiseaux incapables de voler, comme le moa. Aujourd'hui plusieurs autres oiseaux, dont le kiwi, le kakapo et le takahé, sont en danger d'extinction. Il y a d'autres oiseaux notables : l'aigle géant de Haast (éteint), le nestor superbe ("kākā" en māori), le kereru et le kéa. Les reptiles sont représentés par les scinques, les geckos et les tuataras. Il y a également quatre espèces de "Leiopelma" et une seule espèce d'araignée venimeuse, la katipo, rare et habitant les régions côtières ; il n'y a aucune espèce de serpent en Nouvelle-Zélande. À noter également la présence de (mouche des sables), notamment sur les plages et près des points d'eau. Les piqûres de ces insectes ressemblent aux piqûres de moustiques. Il y a beaucoup d'espèces endémiques d'insectes, dont une, le weta, peut devenir aussi grande qu'une souris et représente l'espèce d'insecte la plus lourde du monde. Quant aux de poisson, 90 % sont endémiques et sont pour la plupart petites et discrètes ; seulement trois font plus de deux kilogrammes : deux espèces d'anguille et le "kokopu" géant (une autre grande espèce, le "grayling", s'est éteinte au début du ). On a longtemps pensé que, à part trois espèces de chauve-souris dont une est éteinte, il n'y avait jamais eu de mammifères terrestres dans le pays. Toutefois, en 2006, des scientifiques ont trouvé des os appartenant à un animal terrestre éteint depuis longtemps, de la taille d'une souris, dans la région d'Otago sur l'île du Sud. Un rapport gouvernemental paru en 2019 indique que près de de Nouvelle-Zélande sont menacées d'extinction. D'après l'association écologiste Forest and Bird, ces résultats catastrophiques sont dus à « des décennies de procrastination et de déni ». Impacts de l'Homme sur les milieux naturels. La Nouvelle-Zélande produit du pétrole, du gaz naturel et du charbon ; elle importe du pétrole (85 % de sa consommation intérieure), exporte du charbon (43 % de sa production) et consomme la totalité de sa production de gaz naturel. Sa production d'électricité est tirée à 79,2 % des énergies renouvelables (hydraulique : 55,9 % ; géothermie : 16,7 % ; éolien : 5,1 %). En 2015, l'organisation "Global Footprint Network" (GFN) indique que la Nouvelle-Zélande est un des (sur 181) qui préserve ses ressources naturelles. La biocapacité par personne s'élève à environ (hectare global par habitant), l'empreinte écologique par personne à . Si le pays connait un très léger déficit agricole, les réserves de bois sont préservées et l'empreinte carbone est bien inférieure à la capacité forestière, d'où un bon bilan carbone. En 2007, La Nouvelle-Zélande arrivait en des pays de l'OCDE pour ce qui est de l'intensité d'émissions de gaz à effet de serre de son économie et ces émissions continuaient d'augmenter. En 2007, si la qualité de l'air restait bonne dans l'ensemble, elle s'était dégradée dans certaines agglomérations à cause principalement des émissions automobiles et industrielles. Histoire. Avant les Européens. La Nouvelle-Zélande est l'un des territoires les plus tardivement peuplés : les premiers colons sont des Polynésiens de l'est (îles de la Société, îles Cook, les îles australes de Polynésie française) qui arrivent probablement entre 1200 et 1300 de notre ère, naviguant dans des waka avec l'aide des systèmes météorologiques subtropicaux ou des oiseaux migrateurs ou des baleines et établissent la culture indigène maori. C'est vers la même époque que d'autres groupes de Polynésiens s'installent aux îles Kermadec et l'île Norfolk ; ce n'est que plusieurs siècles plus tard qu'ils coloniseront les îles Chatham, y développant leur propre culture moriori. La date de l'arrivée des premiers Maoris varie selon les sources, mais la plupart s'accordent sur le siècle entre 1250 et 1350. L'historien néo-zélandais Michael King suggère le , tandis qu'un autre historien néo-zélandais, James Belich, suggère le milieu du . Ils arrivent au nord de l'île du Nord et rencontrent des forêts tempérées et des espèces qu'ils n'avaient pas vues auparavant dans les îles à climat plus doux d'où ils étaient originaires (le moa, l'aigle géant de Haast, la weta...). Ils introduisent le chien et le rat polynésien ("kiore"), le taro, la variété de patate douce appelée "kūmara", le mûrier à papier et l'épinard hawaïen. Les "iwi" (tribus) se divisent en "hapū" (clans) qui peuvent se disputer ou se combattre, mais coopèrent en cas d'hostilité de la part d'un autre "iwi" à l'encontre du leur. Les "hapū", comportant jusqu'à plusieurs centaines de personnes, sont eux-mêmes divisés en "whānau" (parentèle), concept culturel aujourd'hui encore très respecté des Māoris et à la base de la structure de leur société. Les "iwi" et "hapū" pouvaient se modifier sous l'effet des conflits (particulièrement sur les ressources exploitables), de l'élargissement ou diminution du nombre de membres, des fusions. Leurs noms pouvaient venir d'un illustre ancêtre (femme ou homme), d'un évènement marquant dans leur histoire, voire du nom des chefs des groupes ayant décidé de resserrer leurs liens et de fusionner. Premiers Européens. Les premiers explorateurs européens qu'on sait avoir abordé la terre néo-zélandaise sont les néerlandais Abel Tasman, qui arrive de Batavia en 1642, son équipage (dont Franz Jacobszoon Visscher, pilote-major, et Isaac Gilsemans, qui réalise les premiers dessins de la Nouvelle-Zélande), sur les navires "Heemskerck" et "Zeehaen". Plusieurs d'entre eux sont tués par des Māoris le de la même année, dans ce qui est aujourd'hui Golden Bay, que Tasman nomme "Moordenaers Bay" (« Baie des Assassins »). Quelques jours après leur mort, Tasman écrit dans son journal que c'étaient « de très belles terres » ; ils auraient vu, entre autres régions, les Alpes du Sud. Ils s'arrêtent à l'île d'Urville, où Tasman se doute de l'existence du détroit de Cook mais doit renoncer à explorer les environs en raison du mauvais temps. Aucun autre Européen ne visite la Nouvelle-Zélande jusqu'au voyage de 1768-1771 du capitaine James Cook à bord de l"'Endeavour". Envoyé par le gouvernement britannique, il arrive en 1769 et cartographie presque toute la côte en prenant soin de décrire en détail les terres qu'il explore, que ce soit en Australie ou en Nouvelle-Zélande, pour une éventuelle colonisation. Ces cartes très détaillées sont longtemps utilisées par les explorateurs. Joseph Banks l'accompagne et dessine la faune et flore du pays avec Daniel Solander, botaniste, et plusieurs autres dessinateurs ; il ne retourne pas en Nouvelle-Zélande, mais conserve un grand intérêt pour le pays jusqu'à sa mort en 1820. James Cook y retourne à deux reprises, utilisant la Nouvelle-Zélande comme base pour ses explorations de la côte australienne, une fois compris que la Nouvelle-Zélande ne fait pas partie du continent "Terra Australis Incognita". Ayant l'esprit plus ouvert à propos des autochtones des pays qu'il visite que la plupart de ses concitoyens, essayant de communiquer avec eux, il les présente à ses supérieurs comme « les possesseurs naturels et légaux des terres qu'ils habitent ». Sur les traces de Cook, on trouve George Vancouver et William Broughton, qui partent ensemble à bord des navires "Discovery" et "Chatham" ; Vancouver découvre les Snares et Broughton les îles Chatham en . En , l'Italien Alessandro Malaspina, commandant d'une expédition espagnole de deux navires, explore un peu la région, mais dresse peu de cartes. 1820 voit l'arrivée de Fabian Gottlieb von Bellingshausen, commandant deux navires russes, "Mirny" et "Vostok", qui s'arrête au Bassin de la Reine-Charlotte avant de continuer vers sa destination, l'Antarctique. Les Français sont également présents dans la région, de Surville la même année que Cook (il rencontre beaucoup de difficultés et accidents et tue des Māori), Du Fresne (au début en bons termes avec les Māori, mais la fin de l'expédition se solde par un massacre d'Européens et de Māoris), D'Entrecasteaux, Duperrey et D'Urville. Il est suivi par de nombreux navires de chasse à la baleine et au phoque ainsi que de divers marchands. Ils échangent des produits et des vivres européens, particulièrement des outils métalliques et des armes, contre du bois, des vivres, des artefacts et de l'eau des Māori ; parfois, les Européens échangent leurs produits contre des relations sexuelles. Chez les Maori, l'agriculture et la guerre sont transformées par l'arrivée de la pomme de terre et du mousquet, les Guerres des mousquets qui en résultent cessent quand ces armes sont plus équitablement réparties parmi les Maori. Les missionnaires chrétiens arrivent en Nouvelle-Zélande au début du , convertissant progressivement la population maorie, mal soutenue par sa foi face à l'invasion de la civilisation occidentale et les maladies européennes auxquelles son système immunitaire n'est pas préparé. Les "iwi" deviennent peu à peu plus importantes que les "hapu", car moins nombreuses et donc plus faciles à gérer pour les Européens, et partout en Nouvelle-Zélande les Māori se déplacent, certains pour profiter du commerce avec les Européens et d'autres pour les éviter. Traité de Waitangi. De 1788 à 1840, les îles de Nouvelle-Zélande font officiellement partie de la Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Se rendant compte du caractère désordonné de la colonisation européenne en Nouvelle-Zélande et de l'intérêt croissant de la France pour ce territoire, le gouvernement britannique envoie William Hobson proclamer la souveraineté britannique et négocier un traité avec les Māoris. Le Traité de Waitangi est signé dans la Baie des Îles le . Ce traité est écrit rapidement et dans la confusion ; on se dispute encore sur la traduction du document en māori. Le traité est vu comme l'acte fondateur de la Nouvelle-Zélande en tant que nation et comme la charte garantissant les droits des Māoris. En 1839, la population totale non-māorie était de ; en 1852, elle était de . À partir de 1840, un nombre grandissant de colons européens émigrent en Nouvelle-Zélande, encouragés par les efforts de la Compagnie de Nouvelle-Zélande, qui fonde Wellington un peu avant la signature du Traité ; dans les deux années qui suivent sont fondées Wanganui, Nelson, et New Plymouth. Otago sera fondé en 1848 et Christchurch en 1850. Dans les années 1850, la plus grande partie de l'intérieur de l'île du Nord était connue des Européens ; on attendra les années 1860 et l'arrivée des orpailleurs pour connaître la géographie de l'île du Sud. Deux-tiers des immigrants viendront du sud de l'Angleterre ; peu de personnes d'autres nationalités y émigreront : à Nelson en 1843-1844, cent Français à Akaroa en 1840, des Écossais (particulièrement de Glasgow et Édimbourg) en Otago... Moins de 2 % viendront d'Irlande. Au début les Māoris se lancent avec enthousiasme dans le commerce avec ceux qu'ils appelaient "Pakeha", et de nombreux iwi (tribus) deviennent riches. Mais les conflits se multiplient avec l'augmentation du nombre de colons, pour aboutir aux guerres maories des années 1860 et 1870, qui provoquent la perte de beaucoup de terres par les Māoris. Le détail et l'interprétation de la colonisation européenne et de l'acquisition des terres māories demeurent aujourd'hui controversés. Globalement, la population māorie passera de à entre les années 1840 et 1891. De l'autonomie à l'indépendance. En 1854, le premier Parlement de Nouvelle-Zélande, établi par le Parlement du Royaume-Uni, à travers la "New Zealand Constitution Act" de 1852, conduit le pays vers une autonomie partielle, et vers la fin du siècle, elle sera entièrement autonome. Cette période verra une explosion démographique, puisqu'en 1870 la population pākehā atteindra alors qu'en 1853 elle était de . En 1893, elle est le premier pays à donner le droit de vote aux femmes après notamment une pétition signée par près d'un quart de la population féminine. La Nouvelle-Zélande devient un "dominion" indépendant en 1907 et le pays est entièrement souverain en 1947 lors de la ratification du Statut de Westminster de 1931 ; en pratique le Royaume-Uni avait cessé depuis longtemps de jouer un quelconque rôle dans la politique du pays. Plus la Nouvelle-Zélande devenait indépendante politiquement, plus elle le devenait aussi économiquement : dans les années 1890, la réfrigération dans le transport des produits commerciaux lui permet de baser toute son économie sur l'exportation de la viande et de produits laitiers vers le Royaume-Uni. La Nouvelle-Zélande est un membre enthousiaste de l'Empire colonial britannique, envoyant des hommes lutter dans la Seconde guerre des Boers et la Première et Seconde Guerre mondiale ; elle le soutient également lors de la crise du canal de Suez. Le pays fait partie de l'économie mondiale et souffre comme les autres pendant la Grande Dépression des années 1930. Cette dépression mène à l'élection du premier gouvernement travailliste, qui établit un État-providence et une économie protectionniste. La Nouvelle-Zélande entre dans une période de prospérité grandissante après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, certains problèmes sociaux se développent en même temps. Les Maoris commencent à migrer vers les villes et abandonnent peu à peu leur mode de vie traditionnel : en 1936, 83 % habitaient en région rurale et 17 % en ville ; en 1986, les pourcentages étaient presque inversés avec 80 % des Maori en ville. Le recensement de 2001 révèle que 20 % des Maori ne connaissent pas leur "iwi" d'origine, et beaucoup de ceux qui s'en souviennent ne connaissent pas leur "hapu". Privée d'attaches culturelles et familiales, isolée dans la pauvreté urbaine, la jeunesse maorie qui n'avait connu que la ville se rebella en créant et rejoignant des gangs, mais aussi des groupes culturels, de soutien et d'éducation sur la culture maorie pour accompagner tous ceux qui veulent se reconnecter avec leurs origines. On construira des "marae" urbains ouverts à tous, Maori ou Pakeha. Le mouvement de protestation maori se forme, critiquant l'eurocentrisme et cherchant une meilleure reconnaissance de la culture maorie et du traité de Waitangi, qu'ils considéraient trahi. En 1975 est créé le Tribunal de Waitangi, qui enquête dès 1985 sur les violations du traité. Comme dans les autres pays développés, les mœurs et le comportement politique changent pendant les années 1970 ; le commerce avec le Royaume-Uni est fragilisé par son adhésion à la Communauté européenne. De grands changements économiques et sociaux ont lieu dans les années 1980 sous le quatrième gouvernement travailliste, particulièrement par la politique du ministre des finances, Roger Douglas. Entre 1984 et 1990, la Nouvelle-Zélande, qui avait l'économie « la plus réglementée et la plus planifiée » de l'OCDE, devient « l'une des économies les moins règlementées au monde » : c'est la période des "Rogernomics". Pendant les années 2000, l'économie de la Nouvelle-Zélande étant moins forte que celle de l'Australie et d'autres nations développées, on voit une fuite des cerveaux de jeunes Néo-Zélandais vers l'Australie en particulier ( de à ), mais aussi le Royaume-Uni et d'autres pays anglophones ; c'est également le cas des Maori. Dans la même période, on a vu migrer en Nouvelle-Zélande. Ce phénomène est en passe de disparaître, la Nouvelle-Zélande jouissant depuis 2008 d'un taux de croissance supérieur à tous les autres pays anglo-saxons, dont les économies ont été plus durement touchées par la crise. Un séisme d'une magnitude de 7,0 touche Christchurch le , faisant deux blessés graves et endommageant deux maisons sur trois. Ce séisme fragilise certains bâtiments qui se sont finalement écroulés le , lors d'un nouveau séisme de magnitude 6,3 survenu dans la même ville et qui a fait au moins et environ . Le , plus de cinquante-six pour cent des électeurs néo-zélandais se sont opposés au changement du drapeau national de Nouvelle-Zélande. Le , un terroriste australien d'extrême droite, Brenton Tarrant, attaque deux mosquées de la ville de Christchurch, tuant . Politique. Gouvernement. La Nouvelle-Zélande est une démocratie parlementaire indépendante et officiellement une monarchie constitutionnelle. Le monarque du Royaume-Uni, actuellement , est le chef d'État en tant que monarque de Nouvelle-Zélande. En son absence, il est représenté par un gouverneur général, poste occupé actuellement par Cindy Kiro. Le roi ou la reine « règne mais ne gouverne pas » ; il ou elle n'a aucune influence politique, sa fonction étant surtout symbolique. Il n'y a pas de constitution écrite ; le ' est le principal document formel qui traite de la structure constitutionnelle du pays ; le premier ' date de 1852. Le gouverneur général a le pouvoir de nommer et de limoger le Premier ministre et de dissoudre le Parlement. Il est également à la tête du , un comité formel constitué de tous les ministres de la Couronne. Les membres du Conseil doivent être membres du Parlement, et la plus grande partie sont au cabinet. Le cabinet est l'organe exécutif le plus haut placé ; il est dirigé par le Premier ministre, qui est également le leader parlementaire du parti ou de la coalition au pouvoir. Le Premier ministre est actuellement, depuis 2023, Chris Hipkins, chef du Parti travailliste élu le à la suite de la démission de Jacinda Ardern. Le Parti travailliste gouverne en coalition avec Nouvelle-Zélande d'abord et le Parti vert. Le Parlement de Nouvelle-Zélande n'a qu'une chambre, la Chambre des représentants, qui réunit normalement cent-vingts députés. L'ancienne chambre haute, le Conseil législatif, a été abolie en 1951. Les élections législatives se tiennent tous les trois ans sous une forme de scrutin proportionnel plurinominal appelé représentation proportionnelle mixte, introduite en 1993 à la suite d'un référendum. Les élections législatives de 2005 ont amené la création d'un siège supplémentaire (") au Parlement, occupé par le Parti māori ; en effet, il a obtenu plus de sièges au scrutin par circonscription que son score au scrutin par liste lui en aurait donné (cf. le système de calcul en représentation proportionnelle mixte). Le tribunal supérieur est la Cour suprême de Nouvelle-Zélande, depuis le ", qui a aboli la possibilité d'appel au comité judiciaire du Conseil privé de Londres. La présidente de la Cour suprême est Dame Sian Elias. Le système judiciaire inclut également la Haute Cour et la ainsi que des cours inférieures. Une des singularités du pays est que tous les postes de premier rang ont déjà été occupés par des femmes : les reines Victoria (1840-1901) puis (1952-2022) ; deux anciennes gouverneures générales, les Dames Catherine Tizard (1990-1996) et Silvia Cartwright (2001-2006) ; les Premiers ministres Jenny Shipley (1997-1999), Helen Clark (1999-2008) et Jacinda Ardern (2017-2023) ; la présidente (') de la Chambre des représentants Margaret Wilson (2005-2008) ; et la présidente (') de la Cour suprême, Dame Sian Elias (depuis 1999). La Nouvelle-Zélande est également le premier pays à avoir donné aux femmes le droit de vote, en 1893. Au , elle se positionne comme le à la plus forte proportion de femmes parlementaires ( sur à la Chambre des représentants, soit légèrement plus d'un tiers). Ce que l'on nomme le « Royaume de Nouvelle-Zélande » ("") inclut les îles Cook et Niue, autonomes, mais en association libre, Tokelau, et la dépendance de Ross (la revendication territoriale de la Nouvelle-Zélande en Antarctique). Administration territoriale et territoires externes. Les premiers colons Européens divisèrent la Nouvelle-Zélande en provinces. Celles-ci furent abolies en 1876 pour que le gouvernement puisse être centralisé pour des raisons économiques. Ainsi, la Nouvelle-Zélande n'a pas de divisions administratives (provinces, États ou territoires), à part son administration territoriale. L'esprit des provinces persiste toutefois, avec une rivalité marquée lors des évènements sportifs et culturels. Depuis 1876, l'administration territoriale administre les régions de Nouvelle-Zélande. En 1989, le gouvernement a complètement réorganisé l'administration territoriale, implémentant la structure actuelle à deux niveaux de conseils régionaux et autorités territoriales. En 1991, le "Resource Management Act 1991" remplace le "Town and Country Planning Act" comme législation principale pour l'administration territoriale. Aujourd'hui la Nouvelle-Zélande a douze conseils régionaux pour l'administration de l'environnement et l'infrastructure et soixante-treize autorités territoriales qui s'occupent des routes, des eaux usées, de la construction et d'autres sujets locaux. Les autorités territoriales comprennent seize conseils communaux, cinquante-sept conseils de district et le conseil du comté des îles Chatham. Quatre des conseils territoriaux (une ville et trois districts) et le conseil du comté des îles Chatham font aussi office de conseils régionaux et sont donc appelés autorités unitaires. Les districts d'autorités unitaires ne sont pas des subdivisions des conseils de district régionaux, et certains sont répartis sur plusieurs conseils régionaux. Les régions sont : Northland, Auckland, Waikato, Baie de l'Abondance, Gisborne, Hawke's Bay, Taranaki, Manawatū-Whanganui, Wellington, Tasman, Marlborough, Nelson, West Coast, Canterbury, Otago, Southland, et les îles Chatham. Les îles Tokelau sont quant à elles dotées d'un statut spécial. L'archipel est donc qualifié de "territoire". En tant que nation importante du Pacifique sud, la Nouvelle-Zélande travaille souvent avec plusieurs autres nations insulaires du Pacifique et continue son association politique avec les îles Cook et Niue. La Nouvelle-Zélande possède également la base antarctique Scott dans la dépendance de Ross. D'autres pays utilisent Christchurch et son aéroport pour ravitailler et soutenir leurs bases antarctiques, lui valant le surnom de « porte de l'Antarctique » ("Gateway to Antarctica"). Relations internationales et forces militaires. La Nouvelle-Zélande applique une politique développée sur les sujets touchant à l'écologie, les droits de l'homme et le libre-échange, particulièrement en agriculture. Elle est membre des organisations géopolitiques suivantes : l'APEC, le Sommet de l'Asie orientale, le Commonwealth, l'OCDE, et les Nations unies. Elle a signé de nombreux accords de libre-échange, dont le plus important est le "Closer Economic Relations" avec l'Australie. Pendant son premier siècle d'existence, la Nouvelle-Zélande s'alignait sur le Royaume-Uni en politique étrangère. Elle déclare la guerre à l'Allemagne le ; le Premier ministre de l'époque, Michael Savage, proclama : « Où elle va, on va ; où elle est, nous sommes. » Toutefois, la guerre finie, l'influence des États-Unis s'accroît ; en même temps la Nouvelle-Zélande commence à ressentir plus clairement son identité nationale. Elle signe le traité de l'ANZUS ("Australia, New Zealand, United States Security Treaty") en 1951 et envoie des troupes participer aux guerres de Corée et du Viêt Nam. Le Royaume-Uni se replie de plus en plus sur l'Europe à la suite de la crise du canal de Suez. La Nouvelle-Zélande se voit ainsi forcée de développer de nouveaux marchés après que le Royaume-Uni a rejoint la Communauté européenne en 1973. La Nouvelle-Zélande est traditionnellement proche des positions de l'Australie, dont la politique étrangère prenait une tendance historique similaire. De nombreuses îles dans le Pacifique, dont les Samoa, ont à leur tour suivi la direction de la Nouvelle-Zélande. L'influence américaine sur la Nouvelle-Zélande diminue après l'échec de la guerre du Viêt Nam. Les relations avec la France se sont détériorées à la suite de l'affaire du "Rainbow Warrior" et des essais nucléaires dans l'océan Pacifique. Le traité ANZUS prévoyait une coopération militaire complète entre la Nouvelle-Zélande, l'Australie et les États-Unis, mais ce n'est plus le cas. En , la Nouvelle-Zélande refusa de donner accès à ses ports aux navires nucléaires ou transportant des armes nucléaires. Le pays devient territoire dénucléarisé en , le premier État développé à le faire. En 1986, les États-Unis annoncent la suspension de ses obligations définies par le traité avec la Nouvelle-Zélande. Le "New Zealand Nuclear Free Zone, Disarmament, and Arms Control Act 1987" interdit l'installation d'armes nucléaires sur le territoire ainsi que l'entrée dans les eaux territoriales néo-zélandaises de navires nucléaires ou portant des armes nucléaires. Cette législation reste une source de controverse et forme la base du refus constant de la suspension du traité demandée par les États-Unis. En plus des nombreuses guerres entre les iwi (tribus), et entre les colons britanniques et les iwi, la Nouvelle-Zélande a participé à la Seconde guerre des Boers, les Première et Seconde Guerres mondiales, la guerre de Corée, l'insurrection communiste malaise (et a envoyé des troupes et des avions dans le conflit qui en découla avec l'Indonésie), la guerre du Viêt Nam, la guerre du Golfe, la guerre d'Afghanistan, et a envoyé une unité d'ingénieurs militaires améliorer l'infrastructure irakienne pendant une année lors de la guerre d'Irak. La Force de Défense de Nouvelle-Zélande comprend trois branches : la "New Zealand Army", la "Royal New Zealand Navy", et la "Royal New Zealand Air Force". Le pays considère que ses besoins en défense nationale doivent être modestes ; il a démantelé ses capacités de combat aérien en 2001. La Nouvelle-Zélande a envoyé des troupes dans plusieurs missions de maintien de la paix récentes, tant régionales qu'internationales : à Chypre, en Somalie, en Bosnie-Herzégovine, au Sinaï, en Angola, au Cambodge, à la frontière Iran-Irak, à l'île Bougainville, au Timor oriental, et aux îles Salomon. Démographie. Le , la population est estimée à . Lors du recensement de 2006, tenu le , "Statistics New Zealand" a trouvé habitant la Nouvelle-Zélande, dont et . En , la population du pays augmentait d'une personne toutes les et : une naissance toutes les et , un décès toutes les et , et un immigrant toutes les et . Environ 78 % de la population dit s'être identifié avec des groupes ethniques européens ; ils sont collectivement appelés "Pakeha". Le terme se réfère aux Néo-Zélandais d'origine européenne, quoique des Maori l'emploient à propos de tous les non-Maori. La plupart des Néo-Zélandais d'origine européenne ont des ancêtres britanniques ou irlandais, mais il y a eu une immigration importante des Pays-Bas, de Dalmatie, de l'Italie et de l'Allemagne, ainsi qu'une immigration européenne indirecte par l'Australie, l'Afrique du Sud, et l'Amérique du Nord. Selon les prévisions du recensement de 2001, en 2021 les enfants d'origine européenne compteront pour 63 % de la population mineure, comparé avec 74 % en 2001. Les Maori forment l'ethnie non européenne la plus importante, soit 14,6 % de la population lors du recensement de 2006. Les personnes peuvent s'identifier avec plus d'un groupe ethnique sur les recensements nationaux ; 53 % des Maori s'identifièrent comme uniquement d'origine maori. Les personnes revendiquant des origines asiatiques forment 9,2 % de la population en 2006, une augmentation considérable depuis 2001, où ils étaient 6,6 %. En outre, 6,9 % de la population dit avoir des origines polynésiennes non-maori, mélanésiennes ou micronésiennes, une augmentation de 0,4 % depuis 2001. Les politiques d'immigration de la Nouvelle-Zélande sont relativement souples et accueillantes ; le gouvernement s'est engagé à augmenter la population d'un pour cent par an. Vingt-trois pour cent de la population est née à l'étranger, soit lors du recensement de 2006. En 2004-2005, le service d'immigration du pays comptait accueillir , soit 1,5 % de la population. En première place des régions dont sont originaires les immigrants on trouve, "ex æquo", l'Irlande/le Royaume-Uni et l'Asie, tous les deux à 28,6 % des immigrants. Des Asiatiques, les Chinois sont les plus nombreux. Une observation souvent faite sur la nature démographique de Nouvelle-Zélande est que le nombre des Néo-Zélandais est surpassé par le nombre de moutons. Vrai depuis le début de la colonisation, le rapport entre les populations ovine et humaine est néanmoins passé d'un maximum de vingt-deux moutons par personne en 1982 à cinq moutons par personne en 2018. Religion. D'après le recensement de 2013, le christianisme est la religion la plus répandue en Nouvelle-Zélande (48,01 % de la population). Dans le même temps la déchristianisation augmente, 41,92 % des habitants se déclarant désormais sans religion. Les principales subdivisions chrétiennes sont le catholicisme (12,61 %), l'anglicanisme (11,79 %), le presbytérianisme (8,47 %) et le méthodisme ; on trouve également des personnes se reconnaissant dans le pentecôtisme et le baptisme. Il existe aussi des mormons et le mouvement syncrétiste de lointaine inspiration chrétienne Ratana trouve des fidèles parmi les Maoris. Parmi les religions non-chrétiennes les plus répandues, on trouve l'hindouisme (2,11 %), le bouddhisme (1,50 %) et l'islam (1,18 %) et en moindre proportion des personnes de religion juive. La religion ne joue pas un rôle important dans la politique : les partis ouvertement chrétiens (dont le Parti de l'héritage chrétien de Nouvelle-Zélande et "Destiny") sont peu populaires. Les opinions religieuses des dirigeants politiques, quoique généralement connues, sont considérées comme étant de nature privée et la franc-maçonnerie a une forte influence depuis la fin du . Langues. La première langue nationale du pays est l'anglais, suivi du langage māori en deuxième place et enfin, de la langue des signes. Après la Seconde Guerre mondiale, les Māoris sont dissuadés de parler le maori, reléguée au rang de langue communautaire parlée seulement dans quelques régions isolées. Depuis les années 1970, il connait un processus de revitalisation, et est l'une des langues officielles du pays depuis 1987. En 2018, le maori était parlé par 3,7 % de la population. Il existe aujourd'hui des écoles d'immersion linguistique maorie et deux chaînes de télévision qui diffusent principalement en maori. Dans de nombreux endroits, les noms maoris et anglais sont officiellement reconnus. Économie. La Nouvelle-Zélande est un pays industrialisé avec un PIB de de dollars américains en 2013. Le niveau de vie est élevé, avec un PIB par personne de en 2013. Elle est principalement un pays d'exportation, en 2013 elle exporte pour en produit agricole. La Nouvelle-Zélande est le deuxième pays de l'OCDE où les inégalités de revenu ont le plus augmenté depuis la seconde moitié des années 1980. Structure de l'économie. Le secteur tertiaire est le secteur le plus important de l'économie néo-zélandaise (68,8 % du PIB), suivi du secteur secondaire (26,9 %) et du secteur primaire (4,3 %). En 2022, la Nouvelle-Zélande est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. La Nouvelle-Zélande est un pays très dépendant de son commerce extérieur, particulièrement dans le domaine de l'agriculture. Les exportations comptent pour environ 24 % de sa production, ce qui est relativement élevé (ce rapport est d'environ 50 % pour plusieurs petits pays européens). Ceci la rend sensible aux cours internationaux des produits et l'expose aux récessions économiques. Ses principales exportations concernent l'agriculture, l'horticulture, la pêche et l'industrie forestière, qui représentent à elles seules environ la moitié des exportations. Elle exporte principalement à l'Australie (20,5 %), aux États-Unis (13,1 %), au Japon (10,3 %), à la Chine (5,4 %), et au Royaume-Uni (4,9 %). Le tourisme joue un rôle important dans l'économie néo-zélandaise, soit de dollars au PIB du pays et presque à temps plein, soit 9,9 % de la population active du pays. Le ministère du tourisme de la Nouvelle-Zélande prévoit une augmentation de 4 % du nombre de touristes dans les six années à venir. Les trente chambres de commerce de Nouvelle-Zélande, pour leur part, regroupent près de actifs, au niveau local et international. Leur rôle est d'inspirer et d'influencer les entreprises et les conduire à la réussite. De plus, elles favorisent, soutiennent et encouragent une croissance économique durable et rentable. Enfin ces chambres sont divisées en quatre pôles : le nord, le centre, le canterbury et le sud. Revenus et bien-être. En 2006, le revenu médian des ménages néo-zélandais (corrigé en parité de pouvoir d'achat) était inférieur de 17 % à celui des ménages américains. Depuis 2000, ce revenu a nettement augmenté, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ayant largement échappé à la récession économique du début des années 2000 qui a affecté la plupart des autres pays avancés. Cette croissance du revenu médian, couplée avec sa décroissance aux États-Unis, a entraîné un rétrécissement sensible de l'écart entre les deux pays. Malgré un PIB par habitant moins élevé que dans d'autres pays développés, les Néo-Zélandais sont plus satisfaits de leur vie. La Nouvelle-Zélande a été classée sur l'indice de développement humain de 2021 et sur l'indice de qualité de vie 2005 du magazine "The Economist". Le pays a également été classé premier en satisfaction de vie et cinquième sur l'indice général de prospérité 2007 du Legatum Institute. Le sondage 2007 sur les meilleures villes du monde pour y vivre de Mercer classe Auckland, en et Wellington en . Histoire économique récente. Les Néo-Zélandais ont historiquement profité d'un niveau de vie élevé basé sur les relations privilégiées avec le Royaume-Uni, et du marché commercial stable qui en découlait. L'économie néo-zélandaise était bâtie sur une gamme restreinte de produits primaires, dont la laine, la viande et les produits laitiers. La forte demande de ces produits permit de longues périodes de prospérité économique, notamment lors du boom de l'industrie lainière de 1951. Toutefois, l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté européenne en 1973 met un terme à ses relations économiques étroites. Pendant les années 1970, d'autres facteurs, dont les chocs pétroliers, réduisent la vitalité de l'économie néo-zélandaise, qui était parvenue à dépasser le niveau de vie de l'Australie et de l'Europe occidentale. Ces évènements aboutissent à une longue et grave crise économique, plaçant le niveau de vie des Néo-Zélandais au-dessous de ceux de l'Australie et de l'Europe occidentale, si bien qu'en 1982, la Nouvelle-Zélande avait le PIB par personne le moins élevé de tous les pays développés sondés par la Banque mondiale. Depuis 1984, plusieurs gouvernements ont opéré d'importantes réformes structurelles, transformant l'économie protectionniste et régulée en une économie libéralisée et adoptant le libre-échange. Ces changements sont connus sous le nom de "Rogernomics" et "Ruthanasia" d'après les ministres de l'Économie de l'époque, Roger Douglas et Ruth Richardson. La récession induite par le krach d'octobre 1987 couplée au choc des réformes entraîne une hausse du chômage dans le pays, qui atteint 10 % de la population active au début des années 1990. Les réformes réalisées et un contexte économique régional très favorable permettent à l'économie de se remettre rapidement durant les années 1990, avec un taux de chômage qui devient le second plus faible des vingt-sept pays « riches » de l'OCDE (3,5 % en ). Le revenu national brut a pratiquement doublé, en passant de en 1984 à en 1990. En revanche, le PIB par habitant recule de 10 % par rapport à la moyenne de l’OCDE dans les années 1990 et la pauvreté a augmenté. Les objectifs du gouvernement actuel en matière d'économie sont de continuer à faire des accords de libre-échange et de créer une économie du savoir. En 2004, il ouvre des pourparlers pour une zone de libre-échange avec la Chine, devenant ainsi l'un des premiers pays à le faire. Les défis économiques actuels de la Nouvelle-Zélande sont un déficit de balance courante de 8,2 % du PIB, le lent développement des exportations non-alimentaires et la croissance lente de la productivité. La Nouvelle-Zélande a subi des « fuites des cerveaux » depuis les années 1970 où les jeunes diplômés partaient, souvent de manière définitive, travailler en Australie, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Le « style de vie kiwi » et la famille ou whanau sont des facteurs qui incitent certains au retour, tandis que des considérations économiques, culturelles et de carrière personnelle en poussent d'autres à partir et ne pas revenir. On constate également une augmentation de jeunes diplômés étrangers venant de pays en développement et qui s'installent de manière permanente en Nouvelle-Zélande. La situation économique de la Nouvelle-Zélande devrait évoluer considérablement dans les années à venir à la suite du traité que son gouvernement a signé avec la Chine sur le libre-échange le . Cet accord est le plus important du genre signé entre la Chine et un pays du monde occidental. Le traité libéralise et facilite les échanges de biens et services, il va permettre d'améliorer l'environnement des entreprises et favoriser la coopération entre les deux pays dans un large éventail de secteurs économiques. Il a soulevé nombre de polémiques, critiqué en particulier par le Parti vert d'Aotearoa Nouvelle-Zélande et le Parti māori sur le résultat attendu (essor de l'économie néo zélandaise permettant au pays d'acquérir une nouvelle indépendance face aux États-Unis ou à l'Australie). Des dizaines de milliardaires et multimillionnaires américains se font construire des bunkers en Nouvelle-Zélande par crainte d'un phénomène apocalyptique ou d'une révolte sociale. Agriculture. L'agriculture a été et reste l'industrie d'exportation la plus importante de la Nouvelle-Zélande. Dans l'année allant de à , les produits laitiers comptaient pour environ 21 % du total des exportations, soit de dollars. La viande comptait 13,2 %, le bois 6,3 %, les fruits 3,5 % et la pêche 3,3 %. Environ un sixième des exportations néo-zélandaises sont des produits provenant de vaches laitières : poudre de lait, fromage, beurre et mélange protidique. Il y a plus de de vaches laitières, principalement dans l'île du Nord (particulièrement dans les régions de Waikato et Taranaki). La laine, autrefois l'exportation la plus importante dominant l'économie, est moins importante depuis les années 1960 et la baisse des prix ; aujourd'hui la moitié des exportations de viande, qui compte un dixième des exportations totales, sont de viande ovine. Les élevages de moutons sont principalement situés dans la région de Canterbury. Le bétail est rarement logé à l'intérieur d'édifices, étant généralement laissé dans les pâturages, où on peut leur apporter du foin et d'autres denrées en complément, particulièrement en hiver. La période de croissance de l'herbe varie selon la saison, la région et le climat, mais est généralement de huit à douze mois. Le bétail est également maintenu dans des enclos, avec clôture électrique, autour de la ferme. La naissance des agneaux et des veaux est planifiée pour se produire au printemps, profitant de la repousse de l'herbe. Dans les années 1970, on essaya de diversifier l'agriculture, menant à l'établissement d'élevages de cerf, chèvre et porc ; dans les années 1990 l'élevage de chèvre et de porc décline ; le cerf est élevé surtout dans le Canterbury et le Southland. L'élevage de poule est important au niveau national. En 2000, il y eut d'apiculture produisant en tout de miel. En ce qui concerne les plantes utiles, le blé et l'orge dominent le marché national ; ils sont cultivés surtout au Canterbury. Parmi les fruits les plus importants on trouve la pomme (particulièrement dans Hawke's Bay), le kiwi (Baie de l'Abondance), le raisin et les avocats (Bay of Plenty et Northland). La viticulture devient de plus en plus importante, les régions pionnières étant Marlborough, Hawke's Bay et Gisborne. En 2001 il existait , dont les exportations atteignirent de dollars. Axes de transport et communication. La Nouvelle-Zélande est composée de deux grandes îles qui sont reliées par avion ou par ferry. En 2022, les deux îles cumulaient plus de 28 aéroports mais seulement trois sont à destination ou en provenance de l'étranger, il s'agit de ceux de Auckland, Wellington et Christchurch. La distance à vol d'oiseau entre Auckland et Sydney (Australie) est de 2156km. Culture. Une grande part de la culture contemporaine néo-zélandaise a des racines britanniques ; mais cette culture « kiwi » a également vu des apports des cultures américaine, australienne et maori, avec d'autres cultures européennes et asiatiques ainsi que polynésiennes non-maori. De grandes fêtes sont tenues chaque année à Auckland et Wellington pour célébrer Divali et le Nouvel An chinois, ainsi que le plus grand festival polynésien du monde, . Les liens culturels entre la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni et l'Irlande sont maintenus par une langue commune et une migration constante entre ces pays, particulièrement en ce qui concerne les étudiants néo-zélandais passant une année à l'étranger lors de leurs études universitaires. La musique et la cuisine de la Nouvelle-Zélande sont similaires à celles du Royaume-Uni et des États-Unis, quoiqu'avec des détails spécifiques du Pacifique. C'est également le cas en gastronomie, où le pays a toutefois plusieurs plats connus, dont la pavlova et le biscuit ANZAC, des desserts, et la soupe de "kumara" (une espèce de patate douce). La culture maorie a considérablement changé depuis l'arrivée des Européens, en particulier depuis l'introduction du christianisme au début du , qui changea profondément jusqu'à la vie de tous les jours. Toutefois, la perception que les Maori vivent aujourd'hui comme les Pakeha n'est que superficielle. La culture maori est en effet très différente, par exemple en ce qui concerne les "marae" et leur rôle dans la vie communale et familiale. Comme autrefois, on fait des "karakia" (prières) pour s'assurer du succès d'un projet, mais aujourd'hui ce sont généralement des prières chrétiennes. Les Maori considèrent encore leur allégeance aux groupes tribaux comme une part essentielle de leur identité ; c'est ainsi que les liens de parenté maori ressemblent à ceux des autres cultures polynésiennes. Les arts, chants et danses traditionnels redeviennent populaires à partir de la fin du , particulièrement le "kapa haka" (chant et danse), la gravure sur bois et le tissage. L'architecture maori connaît également une hausse de popularité. Les Maori maintiennent également leurs liens avec la Polynésie, comme en atteste la popularité grandissante de "waka ama" (courses de waka), aujourd'hui un sport international impliquant des équipes de tout le Pacifique. Le tatouage maori ("ta moko") a traversé les époques. Grâce à la beauté et à la symbolique de ses motifs, il s'est popularisé en dehors des frontières de la Nouvelle-Zélande. À l'origine, c'était le visage qui était au centre de l'art du tatouage maori, aujourd'hui, ces motifs spiralés sont systématiquement tatoués sur le corps. L'usage du "reo māori", autrefois limité à des régions isolées dans l'après-guerre, voit une certaine renaissance, en partie grâce aux écoles d'immersion complète en langue maorie et la chaîne de télévision "Māori Television". L'industrie cinématographique a débuté au cours des années 1920, mais ce n'est qu'à partir des années 1970 qu'apparaît un authentique cinéma néo-zélandais. Des films tels que "Sleeping Dogs" et "Goodbye Pork Pie" connaissent un immense succès et lancèrent les carrières de Sam Neill, Geoff Murphy et Roger Donaldson. Au début des années 1990, plusieurs films néo-zélandais eurent une immense audience internationale et emportèrent plusieurs prix prestigieux : "La Leçon de piano" de Jane Campion (Oscar, Palme d'or), "L'Âme des guerriers" de Lee Tamahori, et "Créatures célestes" de Peter Jackson. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, celui-ci met en scène la trilogie du "Seigneur des anneaux" (Oscar du meilleur film et plusieurs autres) en Nouvelle-Zélande, son pays natal, utilisant des acteurs et une équipe presque entièrement néo-zélandaise. Les lieux du tournage sont aujourd'hui très fréquentés par les touristes. Beaucoup de productions non-néo-zélandaises ont également été filmées dans le pays, que ce soit pour Hollywood ou Bollywood. Les médias de Nouvelle-Zélande sont dominés par quelques entreprises, la plupart étrangères. Le "Broadcasting Standards Authority" et le "New Zealand Press Council" peuvent faire des enquêtes à la suite d'allégations de non-neutralité et d'inexactitude dans la presse et à la télévision. Ceci, combiné aux dures lois contre la diffamation, font que les médias néo-zélandaises sont plutôt modérés et impartiaux. La télévision néo-zélandaise est dominée par des émissions américaines, avec des émissions australiennes et néo-zélandaises. Parmi les symboles de la Nouvelle-Zélande (non officiels, puisque le gouvernement n'en a pas désigné), on trouve le "koru" ("Cyathea dealbata", une fougère utilisée pour le logo des ""), le kiwi, un arbre appelé « pōhutukawa rouge » ("Metrosideros excelsa") et le « kōwhai jaune » ("Sophora"). Fêtes. Fête nationale. Tous les et ce, depuis 1840, les Néo-zélandais célèbrent la nation. Noël. Célébré le , Noël c'est comme ailleurs avec le père Noël, mais ce dernier est souvent représenté en tenue estivale. En Nouvelle-Zélande, Noël s'accompagne d'un repas constitué de dinde traditionnelle mais aussi de différentes viandes cuites au barbecue accompagnées de frites, salades et de patates douces. Le repas traditionnel est une cuisse de jambon. Enfin le dessert des fêtes est le pavlova. Fête de la reine. Le , les Néo-Zélandais célèbrent l'anniversaire officiel de la reine même si cette date ne correspond pas à la date réelle de son anniversaire. Fête d'ANZAC. La Nouvelle-Zélande célèbre tous les la mémoire des soldats tombés au champ d’honneur durant la Première Guerre mondiale. Sport. Le sport joue un rôle majeur dans la culture néo-zélandaise, particulièrement le rugby à XV. Parmi les autres sports très populaires, on trouve le cricket, le football, le rugby à XIII, le basket-ball, le netball et le boulingrin, ainsi que le golf, le tennis, le cyclisme, le hockey sur gazon, le ski, le snowboard, le softball et plusieurs sports nautiques, dont le surf, le nautisme, le kayak, le "surf lifesaving" et l'aviron. Elle est également reconnue pour son bon ratio médailles-population aux Jeux olympiques et du Commonwealth. Le rugby à est très étroitement lié à l'identité nationale néo-zélandaise. Survivance des luttes ancestrales des peuples des îles du Pacifique, des danses guerrières traditionnelles maoris, ou "haka", sont exécutées avant chaque match. L'équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à XV, surnommée « "" », a les meilleures statistiques de victoires des équipes nationales à travers le monde. Elle accueille en 1987 la première Coupe du monde de rugby à, qu'elle remporte, et la septième en 2011, qu'elle remporte aussi. L'équipe nationale de Nouvelle-Zélande réalise même le premier doublé en gagnant la Coupe du monde suivante, qui se déroule en Grande-Bretagne. Le cricket est considéré comme le principal sport estival de la Nouvelle-Zélande et l'équipe de Nouvelle-Zélande de cricket (surnommée les "Black Caps"), est dans les toutes meilleures équipes du monde dans les deux formes du jeu, test cricket et One-day International. Elle accueille, en association avec l'Australie, la Coupe du monde de cricket en 2015. La Nouvelle-Zélande est également l'une des nations les plus performantes dans le domaine de la voile, particulièrement dans les courses autour du monde et de longue distance. "Emirates Team New Zealand" a gagné la Coupe de l'America en 1995, 2000 et 2017. Le netball est le principal sport féminin : l'équipe nationale, les "Silver Ferns", a été plusieurs fois championne du monde. En équitation, on connaît surtout Mark Todd, dit le « Cavalier du Siècle ». Parmi les autres personnalités du sport néo-zélandais, on trouve Sir Richard Hadlee (cricket), Jonah Lomu (rugby à ), Sir Peter Blake (nautisme), Michael Campbell (golf) et Valerie Adams (athlétisme). La Nouvelle-Zélande est considérée par certains comme une destination de sport extrême et tourisme d'aventure. Sa réputation en sport extrême vient de l'établissement de la première organisation de saut à l'élastique du monde, sur le pont de Kawarau près de Queenstown dans l'île du Sud en 1986. Le zorbing est un sport extrême originaire du pays. Codes. La Nouvelle-Zélande a pour codes :
New York New York (prononcé en anglais : ), officiellement nommée ', connue également sous les noms et abréviations de ' ou (pour éviter la confusion avec l'État de New York), et dont le surnom le plus connu est ', est la plus grande ville des États-Unis en nombre d'habitants et l'une des plus importantes du continent américain et du monde. Elle se situe dans le Nord-Est du pays, sur la côte atlantique, à l'extrémité sud-est de l'État de New York. La ville de New York se compose de cinq arrondissements appelés ' : Manhattan, Brooklyn, Queens, le Bronx et Staten Island. Ses habitants s'appellent les New-Yorkais (). New York exerce un impact significatif sur le commerce mondial, la finance, les médias, l'art, la mode, la recherche, la technologie, l'éducation, le divertissement et le tourisme, regroupant l'ensemble des caractéristiques d'une ville mondiale. Si elle n'est plus la capitale fédérale des États-Unis depuis plus de deux siècles (elle occupe cette fonction de 1785 à 1790), New York alimente pendant quelques décennies une rivalité financière et politique avec Philadelphie. Il n'en reste pas moins que New York est la ville la plus peuplée du pays depuis 1790, avec selon le Bureau du recensement des États-Unis (recensement officiel de 2020) et la ville anglophone la plus peuplée au monde. Elle est aussi la troisième plus grande ville du continent américain derrière Mexico et São Paulo. Située au cœur de la mégalopole du BosWash, l'agglomération new-yorkaise () s'étend sur plusieurs comtés de l'État de New York (banlieues est et nord) et empiète sur deux États limitrophes. En effet, l'État du New Jersey comprend ses banlieues ouest et sud, et celui du Connecticut comprend ses banlieues nord-est. Son aire urbaine quant à elle comptait d'habitants en 2017. La ville et sa région métropolitaine constituent la première porte d'entrée pour l'immigration légale aux États-Unis. Pas moins de sont parlées à New York, ce qui en fait la ville la plus linguistiquement diversifiée au monde. New York abrite plus de de résidents nés à l'étranger, la plus grande population née à l'étranger de toutes les grandes villes du monde en 2016. Avec notamment Genève, Bâle et Strasbourg, New York est l'une des rares villes au monde à être le siège de plusieurs institutions internationales sans être capitale politique d’un État. New York accueille quelque de visiteurs annuellement. Times Square, « », est l'une des intersections les plus populaires du monde, et le quartier des théâtres de Broadway est la plaque tournante du spectacle dans le pays tout entier et un centre majeur de l'industrie du divertissement dans le monde. La ville abrite un grand nombre de ponts et tunnels (789 en 2012), gratte-ciel et parcs de renommée mondiale. New York se place en tête dans la triade des grands centres financiers mondiaux avec Londres et Hong Kong. Le quartier financier de New York, ancré par Wall Street dans le Lower Manhattan, fonctionne ainsi comme la , abritant les deux plus grandes bourses du monde par capitalisation, le New York Stock Exchange (Bourse de New York) et le NASDAQ, tandis que le nouveau One World Trade Center est le plus haut gratte-ciel d'Amérique du Nord. De plus, le marché immobilier de Manhattan est parmi les plus chers au monde. New York abrite également le plus grand nombre de milliardaires de toutes les villes du monde. New York est frappée le 11 septembre 2001 par le plus grave attentat ayant jamais touché les États-Unis : deux avions de ligne détournés par des terroristes membres d'Al-Qaïda percutent les tours jumelles du World Trade Center et les détruisent entièrement. En 2021, la reconstruction du quartier n'est pas encore achevée. New York est l'une des villes les plus cosmopolites du monde, par ses nombreux quartiers ethniques. Les plus connus sont , ou encore Chinatown qui intègre la plus forte concentration de population chinoise des Amériques. Enfin, New York accueille des institutions d'importance mondiale. On peut notamment citer le siège de l'ONU, mais aussi de nombreux sièges de multinationales, des centres culturels tels que le Metropolitan Museum of Art, le Brooklyn Museum, le Museum of Modern Art, le Lincoln Center et des salles de spectacle de renommée mondiale comme le Madison Square Garden. De nombreuses universités réputées sont situées à New York, notamment l'université de la ville de New York, l'université Columbia, l'université de New York, et l'université Rockefeller, qui sont classées parmi les 50 meilleures universités du monde. Histoire. Premiers temps. Avant l'arrivée des Européens, le territoire de l'actuelle ville de New York était peuplé par des Lenapes. Le , le navigateur Giovanni da Verrazzano, missionné par le roi de France François, découvre la baie de New York qu'il baptise la baie Sainte-Marguerite, en hommage à la sœur de François, et il nomme la terre située dans la baie et aux abords du fleuve « La Nouvelle-Angoulême ». De nos jours, le pont Verrazzano-Narrows rappelle cette découverte. L'explorateur entend recommander le site au roi, mais, en , François annule l'entrevue prévue avec Verrazzano pour s'engager dans la campagne d'Italie, qui se conclura en février 1525 par la désastreuse bataille de Pavie. Arrivée des Néerlandais. En 1609, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales engage l'explorateur anglais Henry Hudson pour tenter de découvrir à son tour une nouvelle route maritime vers les Indes orientales. Il entre dans la baie de New York et remonte le fleuve qui porte aujourd'hui son nom, le nommant à l'époque Mauritius en l'honneur de Maurice de Nassau. En 1624, la région devient officiellement une possession néerlandaise sous l'égide de la Compagnie des Indes orientales. Trente familles protestantes, parmi lesquelles des protestants français huguenots et wallons, s'installent au sud de Manhattan formant la colonie de « La Nouvelle-Amsterdam ». En 1626, le directeur de la colonie Pierre Minuit acquiert l'île auprès des Lenapes. En 1646, le village de Breuckelen est fondé d'après la ville de Breukelen, en tant que première municipalité de la Nouvelle-Néerlande, actuel arrondissement de Brooklyn. L'année suivante, Pieter Stuyvesant est nommé directeur général de la colonie pour remplacer Willem Kieft, dont l'administration s'était attiré les foudres des colons depuis que les relations avec les Autochtones avaient dégénéré en de violents affrontements, durant les années 1640. New York anglaise (1664-1783). En 1664, les Anglais conquièrent La Nouvelle-Amsterdam qui est rebaptisée « New York » en l'honneur de Jacques, duc d'York et frère du roi Charles. L'anglicanisme devient la religion officielle de la colonie en 1698. La ville, avec des noms de quartiers anglicisés, se développe rapidement : en 1700, elle compte près de . Les premières institutions culturelles sont fondées comme le en 1754. Le commerce se diversifie et se développe notamment grâce à l'aménagement du "" sur l' en 1676. En 1765, le Parlement britannique vota le Stamp Act. Cette loi imposant un droit de timbre sur les journaux et les documents officiels britanniques provoqua la réunion à New York du Stamp Act Congress en octobre. Les délégués des Treize Colonies britanniques d'Amérique protestèrent contre la taxe qui fut abrogée l'année suivante. New York vit naître le mouvement des Fils de la Liberté qui contestaient la présence coloniale anglaise. Les incidents se multiplièrent et New York devint une place stratégique dans la guerre d'indépendance américaine (1775-1783). Le général américain George Washington fit fortifier la ville et prit personnellement le contrôle de l'Armée continentale en 1776. Mais les insurgés américains furent battus à la bataille de Long Island et un quart de la ville fut réduit en cendres. La ville resta aux mains des Britanniques jusqu'en 1783, date de la fin de la guerre d'indépendance. En 1785, le Congrès continental s'installa à New York, qui fit dès lors office de capitale provisoire des États-Unis. Mais, sous la pression de Thomas Jefferson, le Congrès déménagea à Philadelphie cinq ans plus tard. En 1789, le premier président des États-Unis, George Washington, prêta serment sur la Bible au balcon du Federal Hall National Memorial dans le sud de Manhattan. Croissance de la ville (1783-1900). À partir des années 1790, la ville de New York connut une importante croissance démographique et devint la plus peuplée des États-Unis en 1820. En 1811, le imposa le plan hippodamien pour le développement de la ville. À la suite des épidémies de choléra, la municipalité décida de porter ses efforts sur l'adduction d'eau et les égouts : un service des égouts fut fondé en 1849 et des bains publics furent ouverts dans les années 1850. Un aqueduc fut mis en chantier en 1842 afin d'apporter l'eau de la rivière Croton. Au milieu du siècle, le Central Park fut aménagé au cœur de Manhattan. Plusieurs bâtiments publics de style néoclassique sortirent de terre. En 1898, la ville de New York est divisée en cinq arrondissements (") : Manhattan, Brooklyn, Bronx, Queens et Staten Island. Avec le développement des transports en commun et de l'industrie, l'agglomération new-yorkaise s'agrandit rapidement dans la deuxième moitié du . Les New-Yorkais les plus pauvres s'entassèrent dans des appartements étroits et insalubres appelés ": en 1890, un million d'habitants vivent dans ces logements. Les classes moyennes s'implantèrent dans les banlieues. En juillet 1834, les débats autour de la question de l'esclavage dégénèrent en émeute. Pendant deux jours, des maisons de militants de la cause abolitionniste sont assaillies et pillées, ainsi qu'une église noire brûlée. Un nombre indéterminé de Noirs sont également battus à mort. Au milieu du , plus de la moitié des New-Yorkais étaient nés à l'étranger; entre 1820 et 1890, plus de dix millions d'immigrants, essentiellement irlandais, allemands et italiens s'installèrent dans la métropole, fuyant la crise économique et les persécutions qui avaient lieu en Europe. Des quartiers « ethniques » se constituèrent à Manhattan et chaque communauté développa ses réseaux d'entraide, ses associations et ses journaux. Les Allemands s'installent dans le quartier appelé « Little Germany », dans le sud-est de Manhattan ; au milieu du , New York est, après Berlin et Vienne, la troisième plus importante ville germanophone du monde avec allemands. Les tensions entre ces communautés dégénèrent parfois en émeutes : celles de 1871 entre catholiques et orangistes se soldèrent par . Mais les émeutes les plus graves de l'histoire de New York furent liées à la guerre de Sécession : les "Draft Riots" de 1863 firent une centaine de morts. Le développement économique de New York fut facilité par la modernisation et l'extension des réseaux de transport : le canal Champlain (1823) et le canal Érié (1825) reliaient New York à son arrière-pays et aux Grands Lacs. Les liaisons ferroviaires se multiplièrent à partir des années 1830 et Grand Central devint la principale gare de New York dans les années 1870. Sur la mer, les lignes transatlantiques reliaient New York à l'Europe par les paquebots. Candidat fédéraliste à la présidentielle de 1812, le gouverneur DeWitt Clinton a obtenu que des obligations de l'État de New York financent le Canal Erié, un coup de pouce à Wall Street. Le port devient le premier du pays ; les installations durent s'agrandir dans les années 1850-1860, notamment à Brooklyn et au New Jersey. Les premières jetées maçonnées (les "Piers") apparurent dans les années 1870. En 1900, le port de New York était le premier du monde. Avec la Révolution industrielle, les usines, les manufactures et les ateliers furent de plus en plus nombreux. La place fit rapidement défaut sur l'île et de nombreuses industries s'implantèrent dans les quartiers périphériques. Les principales activités de l'agglomération étaient alors liées au secteur agroalimentaire, au textile (filatures, ateliers de confection), aux constructions navales et à l'imprimerie. Vers 1900, New York était la ville industrielle la plus importante des États-Unis. En 1874, une manifestation rassemblant des milliers de chômeurs, pourtant officiellement autorisée, est brutalement dispersée par la police. C'est également au que New York se positionna comme premier centre des affaires du pays : la vocation financière de la métropole se développa avec la création de la "" en 1784 et l'ouverture de la bourse en 1792. Plus tard, des bourses spécialisées furent fondées (bourse aux grains en 1850, au coton en 1868). L'indice boursier du Dow Jones fut créé en 1896. Les grandes enseignes telles que Macy's et Bloomingdale's virent le jour dans la deuxième moitié du . Broadway devint l'artère commerçante de la ville. En juillet 1863, la ville connaît des émeutes très dures provoquées par l'instauration de la conscription. Environ sont tuées. New York, métropole mondiale (1900-1945). Au cours de la première moitié du , la ville devint un centre d'envergure internationale. La croissance urbaine nécessita toujours plus d'investissements dans les transports. Ainsi, l', la première compagnie de métro, vit le jour en 1904. En 1913, la principale gare, Grand Central Terminal, fut reconstruite. La densification du trafic automobile amena la municipalité à penser un nouveau plan d'urbanisme et à relier Manhattan par de nouvelles infrastructures : ponts, tunnels (Holland Tunnel) et voies rapides (""). Avec la multiplication des sièges sociaux d'entreprises et le manque de place, les gratte-ciel se multiplièrent dans deux quartiers : le Sud de Manhattan et Midtown. En 1929, New York compte déjà 188 immeubles de plus de . Le Chrysler Building et l'Empire State Building deviennent des symboles de la modernité new-yorkaise dans l'entre-deux-guerres. Le problème du logement subsistait à New York : (« immeubles de logement ») furent détruits dans les années 1920 et des logements sociaux furent construits. La Grande Dépression des années 1930 jeta à la rue des milliers de New-Yorkais. La loi Wagner-Steagall de 1937 permit la construction de grands ensembles. New York, en particulier Ellis Island où transitèrent de personnes, resta pendant plusieurs décennies la principale porte d'entrée des immigrants aux États-Unis. Dans la première moitié du , ces derniers venaient d'Europe orientale et méditerranéenne. Les Afro-Américains affluèrent également du Sud du pays et se concentrèrent dans des quartiers comme Harlem. Après la Seconde Guerre mondiale, l'immigration changea de nouveau pour venir d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique. New York devint par ailleurs un centre culturel d'importance mondiale. Ce rôle s'amplifia vers la fin des années 1930 avec l'afflux de réfugiés européens, qui comportaient de nombreux intellectuels, musiciens et artistes. Les quartiers de Greenwich Village et de Harlem devinrent les principaux lieux de création artistique et littéraire. Avec l'Armory Show (1913) puis l'ouverture du Museum of Modern Art (1929), du Whitney Museum of American Art (1931) et du musée Solomon R. Guggenheim (1937), New York devint l'une des capitales mondiales de l'art moderne. Malgré la concurrence de Los Angeles, New York resta jusqu'en 1945 un centre cinématographique majeur : elle exerçait le contrôle financier de l'industrie du , produisait des films dans ses studios et possédait de très nombreuses salles de projection. Les nouveaux médias se développèrent dans la cité : tabloïds, chaînes de radio ( et ). En 1919, New York fut secouée par des grèves massives. Le 16 septembre 1920, un attentat à la bombe souffla les bureaux du siège de la compagnie J.P. Morgan à Wall Street, faisant et . Les années 1920 furent également marquées par la prohibition, avec l'ouverture des "". La « grosse pomme » n'échappa pas à la Grande Dépression économique des années 1930. C'est d'ailleurs à la bourse de Wall Street que se manifesta le krach de 1929, le plus violent de l'histoire boursière mondiale, qui donna lieu à une crise mondiale. Le chômage et la misère augmentèrent rapidement et des bidonvilles se développèrent. Dans les années 1940, une grande partie des institutions politiques et judiciaires de New York tombent sous la coupe du chef mafieux Frank Costello. L'appartement de celui-ci devient le lieu de rencontre des plus éminents magistrats et hommes politiques de la ville, parmi lesquels William O'Dwyer, qui devient maire de New York en 1945. Frank Costello distribue des pots-de-vin en fonction des hiérarchies : de pour un policier de base effectuant une ronde à pour un inspecteur-chef. En 1949, le président du conseil d'arrondissement de Manhattan reconnaissait que si Costello le convoquait, il se rendrait aussitôt à la convocation. Difficultés et rayonnement (1945-2010). Après la Seconde Guerre mondiale, New York connut cependant un relatif déclin, perdit de ses habitants, et son tissu industriel commença à vieillir. La crise des années 1960-1970 engendra des friches industrielles dans le Bronx et Queens. Ainsi, le chantier naval Navy Yard ferma ses portes en 1966. Entre 1953 et 1992, New York perdit quelque industriels. La place du port de New York recule. En revanche, la ville affermit sa position mondiale avec l'installation des institutions permanentes de l'ONU. L'exposition universelle de la foire internationale de New York 1964-1965 attira des millions de visiteurs. New York s'affirma comme capitale de l'expressionnisme abstrait, rivalisant avec Londres sur le marché de l'art. La contre-culture s'épanouit à New York dans les lettres et les arts. L'Off-off Broadway proposait une alternative au théâtre commercial. Le Pop art dénonçait la société de consommation. Frank Stella expérimenta le minimalisme et Christo proposa aux New-Yorkais des œuvres éphémères. Les fresques murales se multiplièrent sur les murs de la ville. La culture de la rue (graffiti, hip-hop) prit son essor dans les années 1980. Cependant, New York se vit de plus en plus concurrencée par d'autres pôles dans le pays, en particulier ceux de la Sun Belt (Los Angeles, San Francisco). Les années 1960 furent aussi marquées par des tensions raciales, et New York s'imposa rapidement comme un lieu clé du mouvement américain des droits civiques. Parmi les événements les plus marquants du mouvement, on peut citer les émeutes de et les diverses manifestations sociales (grèves des transports en 1966, manifestations contre la guerre du Viêt Nam). La municipalité confia à Robert Moses le soin de détruire les taudis, de rénover certains blocks et de construire des logements sociaux. En 1968, Harlem connut de nouvelles émeutes à la suite de l'assassinat de Martin Luther King. Entre 1940 et 1990, Manhattan perdit , Brooklyn et le Bronx . Cependant, les banlieues résidentielles continuèrent de s'étendre grâce au réseau autoroutier et à la construction de nouveaux ponts tel le pont Verrazzano-Narrows en 1964. Les années 1970 sont souvent considérées comme le point bas de l'histoire de New York, en raison des taux de criminalité élevés assortis de divers désordres sociaux qui débutèrent dès les années 1960, en particulier avec les émeutes de Stonewall en 1969. Dans un contexte de stagflation aux États-Unis et de maintien en parallèle de dépenses sociales élevées à New York, les dépenses de la municipalité explosèrent, conduisant l'État fédéral à se désengager. Finalement, en 1975, le président Gerald Ford autorisa le Trésor américain à injecter de dollars par an dans le budget municipal pour sauver la ville de la banqueroute. Par la suite, la désindustrialisation et le déclin démographique poussèrent la ville au bord de la faillite. De nombreuses infrastructures urbaines furent laissées à l'abandon, faute de subventions. Parallèlement, l'immense World Trade Center fut inauguré au cours d'une cérémonie grandiose en 1973. Plusieurs quartiers s'enfoncèrent alors dans la criminalité et la drogue, comme Harlem ou South Bronx. Le phénomène s'accompagna même d'une chute brutale de la population. Le rebond de Wall Street, dans les années 1980, malgré le krach de 1987, permit à New York de retrouver son rôle de leader dans la sphère économique et financière mondiale et l'équilibre budgétaire de la ville fut rétabli en 1981. Au début des années 1990, New York dépassa Londres pour les activités financières et bancaires. Les années 1990 furent marquées à New York par un premier attentat terroriste contre le World Trade Center (1993). En l'espace de quelques années, le maire Rudy Giuliani parvint à faire de la ' une ville sûre et attractive pour les investisseurs. Il lutta contre la délinquance (politique de la « tolérance zéro », réformes de la police), les mafias familiales dans les quartiers sensibles et contre les délits d'initiés à Wall Street. La gentrification de certains quartiers (Harlem, East Village, et Williamsburg, par exemple) et l'implantation d'industries de pointe dans la Silicon Alley marquent le renouveau de la métropole. New York fut frappée par les attentats du 11 septembre 2001 qui firent près de trois mille morts, des centaines de blessés et des dégâts considérables dans le quartier de Financial District. Le site du World Trade Center est encore en cours de reconstruction en 2020. À partir de 2007, la capitale mondiale de la finance subit la crise des subprimes. Deux événements survenant au troisième trimestre 2008 symbolisent à eux seuls l'impact de la tempête financière sur la ville : la faillite de Lehman Brothers et le scandale Madoff. Symboles et surnoms. Le drapeau de New York porte les mêmes couleurs (sur des barres aux dimensions égales) que le drapeau des Provinces-Unies tel qu'il était utilisé en 1625, l'année où Manhattan fut colonisée. En son centre est reproduit, en bleu, le sceau de la ville. Sur ce dernier figurent plusieurs éléments symboliques : l'aigle représente l'État de New York. L'Amérindien évoque les premiers habitants de la région, tandis que le marin évoque les colons : leur évocation conjointe suggère l'idée d'une union entre les deux peuples. Le castor fait référence à la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Le baril et la fleur font référence aux premiers temps de l'industrie new-yorkaise. Le moulin à vent est un rappel de l'histoire néerlandaise de New York. Quant à ", c'était le nom de la ville de York à l'époque romaine. En reportage à La Nouvelle-Orléans, John J. Fitz Gerald entendit les valets d'écurie appeler les champs de course de New York « » (dans le sens ' = ' = le plus grand pari). L'expression lui plut et il donna comme titre à sa chronique '. Dix ans plus tard, de nombreux musiciens de jazz commencèrent à utiliser l'expression de ' pour désigner New York, et plus particulièrement le quartier de Harlem (à Manhattan), considéré comme la capitale mondiale du jazz. Ils disaient qu'il y avait beaucoup de pommes sur les arbres du succès, mais que, quand vous choisissiez , vous choisissiez LA grosse pomme. En 1971, cette expression prit toute son ampleur grâce à Charles Gillett (président du ) qui lança une campagne publicitaire sur le thème de la ". Celle-ci fut relayée par l'agence qui lança cette expression en Angleterre. Depuis, cette expression est devenue courante. 35 % des Anglais affirment même qu'elle est typiquement anglaise et non d'origine américaine. Géographie. Situation et superficie. New York est située sur la côte est des États-Unis, à l'embouchure du fleuve Hudson. La métropole s'ouvre sur l'océan Atlantique et se trouve à mi-distance entre Washington et Boston. La ville est située à peu près à la même latitude que Madrid ou Rome (40°43' N) et à une longitude voisine de celle de Bogota (74°04' O). New York se trouve à au sud de Montréal, la grande ville canadienne, à à l'est de Chicago, à au nord-est de Houston, au Texas, à au nord-est de Mexico, à à l'est-nord-est de Los Angeles et à à l'ouest-sud-ouest de Paris. La superficie totale de la ville de New York est de , dont de terres émergées et d'eau. L'altitude maximale est de , sur Todt Hill à Staten Island. Le Grand New York ou "" est l'aire urbaine la plus peuplée des États-Unis et la deuxième du monde par le nombre total d'habitants, sur la base des critères démographiques les plus simples et les plus répandus. Cette région est centrée autour de la ville de New York et regroupe au total 30 comtés et 725 municipalités qui s'étendent sur quatre États (New York, New Jersey, Connecticut, Pennsylvanie) et quelque . Selon le Bureau de la gestion et du budget, New York fait également partie d'une CMSA. Enfin, New York appartient à la mégalopole du BosWash qui s'étire de Boston à Washington D.C. Elle fait également partie des ensembles géographiques du Nord-Est des États-Unis et de la Manufacturing Belt. La métropole se trouve sur un carrefour de voies de communication, à la fois maritimes, fluviales (Hudson) et terrestres (voies ferrées, autoroutes, conduites). Elle est également reliée au reste du monde par ses aéroports (aéroport international de New York - John-F.-Kennedy par exemple). Selon le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) paru en 2019, New York pourrait devoir affronter un risque accru d'inondation avec une élévation moyenne du niveau de la mer de par an. La ville pourrait être exposée à des crues de tous les à compter de 2030 à 2045. Avant l'ère industrielle, une telle inondation se produisait tous les en moyenne. Îles. À l'exception du Bronx qui se trouve sur le continent, dans le sud d'une presqu'île, la ville s'étend sur plusieurs îles : la plus peuplée est celle de Manhattan où se trouve le cœur économique et culturel de l'agglomération. Governors Island, Liberty Island et Ellis Island sont de petites îles au sud de Manhattan dont les lieux historiques sont visités par les touristes. Staten Island est l'île la plus au sud de New York. Les arrondissements de Brooklyn et Queens occupent la partie occidentale de Long Island. Cette configuration insulaire nécessite la présence de nombreux ponts et tunnels qui relient les différentes parties de l'agglomération. Un service de traversiers permet également aux New-Yorkais de se déplacer facilement. Plusieurs détroits comme le "Long Island Sound" ou "The Narrows" séparent les différentes îles. Les eaux profondes de la baie de New York et les côtes très découpées fournissent de nombreuses autres petites baies abritées. Le site de New York apparaît à la fois comme un atout (ouverture maritime, défense naturelle) mais aussi comme un risque (inondations, élévation de la mer, raz-de-marée) pour la métropole. Hydrographie. La ville de New York dispose d'un important réseau hydrographique. Le fleuve Hudson se jette dans la baie de New York en formant un estuaire. La baie est constituée de deux parties : la "Upper New York Bay" (la « baie supérieure ») au sud de Manhattan et la "Lower New York Bay" (la « baie inférieure ») au sud de Staten Island et de Long Island, séparées par un détroit, "The Narrows", qui forme le principal chenal d'accès au port de la ville. Malgré leur nom, l'East River et la Harlem River ne sont pas des cours d'eau mais des bras de mer ou des détroits. Le canal Érié, voie d'eau artificielle majeure qui fut aménagée au début du , fait communiquer le fleuve, donc New York, avec la région des Grands Lacs. Géologie et relief. Brooklyn et Queens, situés sur Long Island, font partie de la plaine côtière atlantique, un ensemble géophysique allant de la baie de New York à la Floride. Il s'agit d'une région de faibles altitudes). Long Island est une île-barrière constituée d'un socle de roches sédimentaires du Crétacé. Des couches de sédiments se sont déposées lors de la Glaciation du Wisconsin, il y a entre et . À cette époque, le niveau de la mer était plus bas qu'aujourd'hui et l'inlandsis laurentidien recouvrait une grande partie du Nord-Est des États-Unis. La région de New York se trouvait alors à la limite de cette immense couverture de glace. Le glacier a laissé plusieurs moraines frontales. Entre et avant Jésus-Christ, à la fonte des glaciers, la moraine frontale joua le rôle de digue et les vallées creusées par la glaciation (Hudson Est et Harlem River) se remplirent d'eau. Le Bronx et Manhattan appartiennent à une section de la province géologique de Nouvelle-Angleterre. Le point culminant de l'île de Manhattan () se trouve dans le Nord de l'île, dans le Fort Tryon Park. Les roches métamorphiques, fournissant un appui solide pour ses nombreux gratte-ciel. Ce substrat rocheux correspond à une très ancienne chaîne de montagnes érodée et affleure à Central Park et en divers endroits du Nord de Manhattan. La géologie de Staten Island est plus complexe : le socle rocheux se compose de roches sédimentaires du Crétacé dans le Sud-Est et de roches du Trias dans le Nord-Ouest. On y trouve également de la serpentinite. Des couches sédimentaires de type morainiques se sont déposées au cours de la dernière glaciation. Le territoire new-yorkais a été considérablement aménagé par les Hommes qui ont modifié la topographie et le tracé du littoral, particulièrement dans le sud de l'île de Manhattan. Climat. New York n'est pas très éloigné de la mer, mais celle-ci se trouve à l'est, alors que les vents modérateurs dominants viennent plutôt de l'ouest ; de ce fait l'océan n'a aucune influence sur le climat de New York. C'est la raison pour laquelle le climat de New York est très chaud et humide l'été et parfois très froid en hiver, bien que des températures de aient déjà été observées en plein hiver. New York se trouve dans la zone tempérée nord sur la façade orientale du continent américain. Son climat dépend de cette position géographique, de la circulation méridienne des masses d'air et de la proximité d'un courant marin froid. D'après la classification de Köppen avec la station météorologique du Belvedere Castle / Central Park : la température du mois le plus froid est comprise entre et (janvier avec ) et la température du mois le plus chaud est supérieure à (juillet avec ) donc c'est un climat tempéré. Les précipitations sont stables, il n'y a pas de saison sèche. C'est donc un climat tempéré chaud sans saison sèche. L'été est chaud, car la température moyenne du mois le plus chaud est supérieure à (juillet avec ). Avec cette station, le climat de New York est classé comme Cfa dans la classification de Köppen, soit un climat subtropical humide. Mais le climat de New York peut aussi être considéré comme continental humide. En effet, avec la station JFK et d'après la classification de Köppen : la température moyenne du mois le plus froid est inférieure à (janvier avec ) et celle du mois le plus chaud est supérieure à (juillet avec ) donc c'est un climat continental. Les précipitations sont stables, donc il s'agit d'un climat continental froid sans saison sèche. L'été est chaud, car la température moyenne du mois le plus chaud est supérieure à (juillet avec ). Avec cette station, le climat de New York est classé comme Dfa dans la classification de Köppen, soit un climat continental humide avec été chaud. Les hivers sont généralement froids et humides, avec parfois des précipitations neigeuses (de à selon les différentes stations météorologiques) et plusieurs jours de gel. De la glace peut se former sur le fleuve Hudson. Cependant, la chaîne des Appalaches protège la ville des coulées d'air glacial venues du Canada, si bien que les températures minimales sont moins froides que dans les villes du Midwest comme Chicago. Les étés sont chauds et humides. Printemps et automne sont courts et changeants. Avant l'hiver, New York peut connaître quelques jours de chaleur appelés « été indien ». Le total annuel des précipitations est relativement important (environ ) et les pluies sont réparties de façon à peu près égale sur l'année et s'abattent sous forme de courtes averses chaudes en été. Les principaux risques climatiques sont les inondations, les tempêtes et les blizzards. Le Grand blizzard de 1888 qui a affecté le Nord-Est des États-Unis fut l'un des plus importants de l'histoire de la ville. Plus récemment, la tempête de neige de a paralysé la ville pendant plusieurs jours, ou encore la tempête hivernale de décembre 2022, considérée comme un événement qui ne se produit qu’une fois par génération. Manhattan a déjà été touché par de faibles tornades F0 à F1 en 2010 mais cela est rare. En 1973, une tornade de catégorie 3 est passée à une quarantaine de kilomètres du centre de la ville. Cependant, par sa position géographique, New York n'est pas non plus à l'abri des ouragans remontant de la côte Est. L'ouragan Sandy, en , fut la pire catastrophe naturelle de l'histoire de la métropole, noyant le sud de Manhattan sous plus de d'eau, dévastant plusieurs quartiers de la ville, tuant plusieurs dizaines de personnes. Avec un coût de de dollars, c'est aussi le deuxième ouragan le plus coûteux de l'histoire américaine. Sandy n'est pas le seul ouragan à avoir frappé New York, il y eut, un an auparavant le passage d'Irène en , ainsi qu'Agnès en 1972, ou encore le Long Island Express en 1938. Parmi les autres événements météorologiques extrêmes qui frappent New York, on peut citer les canicules qui reviennent quasiment chaque été lorsque les masses d'air tropical viennent du sud. Celle de 1911 provoqua la mort de . Les canicules sont amplifiées par le phénomène de l'îlot de chaleur urbain. Les vagues de chaleur peuvent faire monter la température au-delà de avec un taux d'humidité important qui peut entraîner des indices de chaleur de plus de . La ville de New York a déjà enregistré à l'aéroport LaGuardia de New York le et une température de le à Central Park constituant les records de températures connus à New York. À la station météorologique de Central Park, le record de chaleur est de le 9 . Le , une température de a été enregistrée à l'aéroport international Liberty de Newark. New York bénéficie d'un ensoleillement élevé : en moyenne par an. Environnement. Importante biodiversité. Il existe une importante biodiversité à New York dans les parcs, le fleuve Hudson et les diverses zones humides de la baie. La mégapole compte plus de d'oiseaux, 170 de poissons, 30 de mammifères, 32 de reptiles et d'amphibiens. de plantes ont été répertoriées à New York par les équipes du jardin botanique de Brooklyn. Le milieu urbain abrite des espèces communes comme les moineaux, les étourneaux, les pigeons, les écureuils mais aussi des animaux plus sauvages comme l'oie des neiges et diverses espèces de canards passent l'hiver dans la région new-yorkaise. Les îles inhabitées du port de New York sont le refuge des aigrettes, hérons et ibis. Plusieurs couples de faucons pèlerins ont été observés : ils régulent les populations de pigeons, d'étourneaux et de moineaux. Les arbres les plus courants sont le chêne, le tulipier de Virginie et l'orme. Malgré sa réputation de « jungle urbaine », New York regorge de parcs et d'espaces naturels: 27% de la superficie totale de la ville est occupée par des parcs publics, des terrains de jeux, des réserves naturelles, des plages et des terrains de golf, ainsi que des stades, des cimetières et des parcs d'attractions. New York compte plus de de parcs et de plages publiques. Avec ses de verdure, Central Park représente le plus vaste espace vert de Manhattan. Il abrite un total de et buissons. Le parc urbain accueille d'oiseaux et de mammifères (lapins, marmottes, écureuils, ratons laveurs…). Il se situe sur la route atlantique des oiseaux migrateurs qui s'y arrêtent. Le matin, à Turtle Pond, on peut apercevoir des hérons argentés et environ évoluent dans l'Harlem Meer. En dehors de Manhattan se trouvent les plus grands parcs de la ville, comme Pelham Bay Park, qui avec ses carrés (environ ) est le plus grand parc de la ville, étant environ trois fois plus vaste que Central Park. Politique environnementale. Depuis quelques années, la municipalité a entamé une politique environnementale dont le principal acteur est le "New York City Department of Environmental Protection", un département de la ville de New York responsable de la protection de l'environnement sur la commune. Elle s'est engagée à dépasser les objectifs de réduction de GES fixés par le protocole de Kyoto. Les associations écologistes font également pression pour améliorer la qualité de l'environnement urbain. Plusieurs groupes de pression ont leur siège à New York : le Natural Resources Defense Council ou encore de l'Environmental Defense Fund par exemple. À l'instar d'autres grandes villes américaines comme Portland ou San Francisco, certains habitants des classes moyennes sont sensibles aux questions environnementales. Ces derniers fréquentent les "farmers' markets" qui vendent des produits locaux. La pollution atmosphérique est responsable du développement de maladies respiratoires parmi les New-Yorkais. Les pluies acides sont un problème que l'on retrouve dans tout le Nord-Est du pays. Cependant un New-Yorkais produit en moyenne de gaz à effet de serre par an, un nombre très en dessous de la moyenne nationale ( par an et par habitant). New York représente 1 % des émissions de GES des États-Unis alors qu'elle abrite 2,7 % de la population américaine. En effet, les New-Yorkais utilisent beaucoup plus les transports en commun que le reste de la population américaine. D'après le recensement de 2000, New York est la seule ville américaine où plus de la moitié des habitants ne possède pas d'automobile. Les efforts de la municipalité ont porté sur l'équipement en transports collectifs propres. En moyenne, un New-Yorkais consomme moitié moins d'électricité qu'un habitant de San Francisco. La municipalité a remplacé des milliers de feux de signalisation et de lampes pour l'éclairage public, maintenant bien moins énergivores. Le courant électrique utilisé par une vingtaine de bâtiments publics, parmi lesquels la Statue de la Liberté et Ellis Island, est produit par des éoliennes. La municipalité consacre une part de plus en plus élevée de son budget à l'efficacité énergétique. Il s'agit d'élaborer des plans de rénovation ou de construction de bâtiments aux normes du LEED. Les groupes privés participent également à la réduction des GES : la Hearst Tower et le 7 World Trade Center sont des exemples de "green buildings". New York a besoin d'importantes quantités d'eau chaque jour : 1,4 milliard de gallons soit de litres. Le système d'approvisionnement en eau de New York repose sur 19 réservoirs situés dans les montagnes à l'intérieur des terres, notamment des montagnes Catskill. Cette eau est transportée à partir des années 1840 par l'aqueduc de Croton, puis après 1890 par le . Au sont construits l' et surtout l'aqueduc du Delaware, qui fournissent désormais l'essentiel de l'approvisionnement en eau potable de l'agglomération. Malgré la croissance démographique de New York, la ville consomme 28 % d'eau en moins au milieu des années 2000 par rapport à 1979, grâce à la réparation des fuites sur le réseau de distribution. Les eaux de l'Hudson et de la baie de New York subissent d'importantes pollutions urbaines. Le Newtown Creek a été pollué pendant des décennies par des rejets de pétrole. Le mercure et les PCB présents dans l'eau ont des conséquences sur la faune et sur la santé humaine. Subdivisions de la ville. La ville de New York est constituée de cinq arrondissements (en anglais : "boroughs") connus sous les noms de Manhattan, Brooklyn, Queens, le Bronx et Staten Island. Ceux-ci coïncident avec cinq comtés de l'État de New York ("county") que sont respectivement ceux de New York, Kings, Queens, Bronx et Richmond, mais ces derniers ne fonctionnent pas comme les autres comtés américains. En effet, ils n'ont pas de gouvernement de comté et sont en lieu et place des comtés, soumis directement à l'administration municipale. Population et société. Démographie. Évolution et répartition. La ville de New York est la ville la plus peuplée des États-Unis, avec une population plus de deux fois supérieure à celle de la deuxième ville du pays, Los Angeles (3,9 millions). Elle compte en effet en 2020, ce qui représente près de 40 % de la population de l'État de New York. Centré autour de la ville de New York, le Grand New York ou "" est l'aire urbaine la plus peuplée des États-Unis et la troisième du monde derrière Tokyo et Mexico. Cette région s'étend sur quatre États (New York, New Jersey, Connecticut, Pennsylvanie) et quelque . Sa population est de d'habitants en 2010. La CMSA de New York rassemble environ d'habitants en 2009. La densité moyenne atteint : New York est la métropole la plus densément peuplée des États-Unis, loin devant San Francisco. Au milieu du , New York est moins peuplée que Philadelphie, et guère plus que Boston. Mais le développement du commerce, de l'industrie et l'arrivée de millions de migrants européens provoquent un fort accroissement démographique au siècle suivant. En 1830, New York devient la plus grande ville des États-Unis, avec environ . La population new-yorkaise dépasse celle de Paris à la fin des années 1880, mais reste encore derrière Londres. Après la Seconde Guerre mondiale, la population urbaine diminue à cause de l'exurbanisation et des difficultés sociales. Le phénomène, qui touche la plupart des villes américaines, est particulièrement fort à New York qui perd entre 1950 et 1980, soit une baisse d'environ 10 %. Mais dans les dernières décennies du , la population augmente à nouveau. Ainsi, entre 1990 et 2000, la ville a gagné grâce à l'immigration. Certaines études estiment que New York pourrait atteindre entre d'habitants en 2030. La population de la ville s'est réduite de entre et . Chaque jour, quittent New York, notamment chassés par la hausse des loyers, la gentrification, ou l'état de délabrement des transports en commun. Aujourd'hui, le loyer moyen pour un studio dans Manhattan est de par mois. Pour le même prix, il est possible de loger dans un appartement trois pièces à Brooklyn ou Queens, voire un quatre pièces dans le Bronx. Mais il faudra près de par mois pour le même quatre pièces à Manhattan. Caractéristiques démographiques. D'après le recensement de 2000, l'espérance de vie moyenne des New-Yorkais est supérieure à celle des Américains dans leur ensemble ( pour les femmes ; 74, pour les hommes). La structure par âge révèle une population relativement jeune (11,9 % ont ou plus) et une part importante de personnes ayant l'âge de travailler (75,8 %). En 2005, l'âge médian à New York est de , soit un peu moins que la moyenne nationale (). Les femmes sont surreprésentées par rapport à la moyenne américaine (52,6 % de femmes pour 47,4 % d'hommes). Disparités socio-économiques. En 2015, 80,3 % des New-Yorkais de plus de ont leur baccalauréat ou un diplôme supérieur, contre 86,7 % au niveau national. En , le taux de chômage à New York est de 4,7 %, un chiffre similaire au taux national (4,3 %). En 2015, le revenu moyen par habitant est de à New York, soit de moins que la moyenne nationale. 20,6 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, un taux supérieur de à la moyenne américaine ; catégories les plus touchées sont les jeunes. La ville est marquée par une importante disparité des revenus selon les quartiers. À Manhattan, les différences sont grandes entre le quartier d'Upper East Side, où le revenu moyen annuel par habitant s'établit à , et Harlem, où près de 37 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Les autres arrondissements ("boroughs"), en particulier ceux de Queens et de Staten Island, sont peuplés par les classes moyennes. New York connait une forte crise du logement, avec de très nombreux immeubles et appartements vétustes et mal entretenus. Population cosmopolite. D'après le classement du groupe immobilier Knight Frank et Citi Private Bank, New York est la troisième ville la plus chère du monde (derrière Londres et Monte-Carlo) en ce qui concerne les prix de l'immobilier ( par mètre carré dans les quartiers les plus chics). New York est l'une des métropoles les plus cosmopolites du monde : en 2005, 36 % des New-Yorkais sont nés à l'étranger, près de 170 langues différentes sont parlées dans la ville et 47,7 % des habitants s'expriment dans une autre langue que l'anglais à la maison. À certains égards, la ville de New York est davantage internationale qu'américaine. Elle accueille presque autant d'immigrants que Los Angeles. On peut entendre parler des centaines de langues différentes à New York. La tendance est au regroupement communautaire, et des quartiers entiers se sont formés selon les origines géographiques ou culturelles : Italiens dans Little Italy, Chinois dans Chinatown, Coréens dans Koreatown, Portoricains à East Harlem, Sénégalais dans Le Petit Senegal, Polonais à Greenpoint, Russes et Ukrainiens à Brighton Beach, Espagnols dans Little Spain, Syriens et Libanais dans Little Syria, Vietnamiens dans le Bowery, occupent chacune des enclaves dans la ville. Depuis le , New York est l'une des principales portes de l'immigration aux États-Unis : entre 1820 et 1890, dix millions d'Européens arrivent à New York, essentiellement des Irlandais et des Allemands. Entre 1880 et 1920, les migrants viennent d'Europe du Sud (Italie, Grèce, Espagne…) et d'Europe de l'Est (Pologne, Russie, Roumanie…) après avoir traversé l'océan Atlantique jusqu'à Ellis Island. Pendant cette période, les Juifs fuient les pogroms : vers 1915, ils sont 1,5 million à New York. Après les lois sur les quotas d'immigration de Johnson-Reed (1924), le nombre d'arrivées diminue considérablement. Au début du , plus de s'installent dans le quartier de Harlem. Entre 1940 et 1960, les Portoricains arrivent massivement à New York et leur nombre passe de à . Après l'Immigration and Nationality Act of 1965, l'immigration reprend à un rythme important, mais l'origine des migrants change : ils viennent désormais d'Amérique latine (Mexique, Guyana, Équateur, Colombie, Venezuela…), des Caraïbes (Cuba, République dominicaine, Haïti, Jamaïque…), d'Asie (Inde, Chine, Pakistan, Philippines…) et d'URSS (Russie, Ukraine, Biélorussie…). Dans les années 1970-1990, ces migrants ne s'installent plus seulement à Manhattan mais aussi dans les arrondissements périphériques (Bronx, Brooklyn, Queens, Staten Island) et les banlieues. Entre 1990 et 2000 la ville a accueilli ; cependant, les villes de Los Angeles et de Miami disputent à New York la première place pour l'immigration. Langues. Selon l""', en 2017, 51,14 % de la population âgée de plus de déclare parler seulement l'anglais à la maison, 24,26 % déclare parler l'espagnol, 6,59 % une langue chinoise, 2,31 % le russe, 1,54 % le bengali, 1,18 % le créole haïtien, 1,10 % le yiddish, 1,04 % le français, 0,91 % une langue nigéro-congolaise, 0,85 % le coréen, 0,84 % l'italien, 0,84 % l'arabe, 0,61 % l'ourdou, 0,61 % le tagalog, 0,58 % l'hébreu, 0,55 % le polonais et 4,99 % une autre langue. Francophonie. New York est le siège d'une représentation permanente de l'Organisation internationale de la francophonie. Les premières tendances d'un sondage réalisé par le consulat général de France à New York en auprès de vivant dans les États de New York, du New Jersey, du Connecticut et des Bermudes et auquel ont répondu sont les suivantes. Il y a autant d'hommes que de femmes et la tranche d'âge la plus représentée est celle des 36- (31 %), suivie de près par les 26- (27 %). Sur les ayant répondu au sondage, aussi la nationalité américaine, soit un tiers d'entre eux. De plus on remarque que 52 % des répondants sont diplômés de niveau master et 13 % de niveau doctorat. Au total, près de 90 % ont au moins un diplôme de niveau Bac + 2, seulement 1 % n'ont aucun diplôme. La proportion d'actifs est très élevée, puisque 80 % d'entre eux disent exercer une activité professionnelle. On compte 50 % de Français résidant aux États-Unis depuis moins de , et un cinquième des répondants est arrivé il y a moins de trois ans. La principale raison citée par les répondants est le fait de suivre son conjoint, après la progression de carrière. 49 % d'entre eux disent parler anglais chez eux contre 48 % pour le français et le niveau de maîtrise de l'anglais est très bon puisque 46 % des répondants déclarent être bilingues. Cultes. Le christianisme (59%), et plus particulièrement le catholicisme (33%), était, en 2014, la religion la plus pratiquée à New York, suivi par le judaïsme (avec plus d'un demi million de juifs dont la moitié résidant à Brooklyn). L'islam vient en troisième position avec près 300 000 d'adeptes, suivi par l'hindouisme et le bouddhisme ainsi que par une variété d'autres religions<ref name="2015/07/29 powersearch">Article "Major U.S. metropolitan areas differ in their religious profiles" de Michael Lipka, paru sur le site internet du Pew Research Center du </ref>. Catholicisme. La plupart des catholiques relèvent de l'Archidiocèse de New York dont la cathédrale est Saint-Patrick. En revanche, ceux de Brooklyn et du Queens relèvent du diocèse de Brooklyn. Orthodoxie. De nombreuses églises orthodoxes ont été construites à New York par les populations originaires du bloc de l'Est et ayant fui les persécutions soviétiques. Souvent de nouveaux sièges ont été créés par leurs patriarches en exil (volontaire ou forcé) : New York accueille aussi les sièges locaux et/ou épiscopaux d'Églises qui sont rattachés à un grand patriarcat : Judaïsme. La première présence juive à New York date de lorsqu'un groupe de colons néerlandais arriva à La Nouvelle-Amsterdam, ayant dû quitter Recife après que les Portugais ont repris la ville. La première synagogue locale "", alors séfarade, y fut établie en 1682. En 1720, le nombre des Ashkénazes dépassa celui des Séfarades et la seconde synagogue, "B'nai Jeshurun", fut fondée en 1825. Toutes deux sont situées dans le Upper West Side. En 1902 ouvre la première synagogue roumano-américaine. Islam. Les trois principales mosquées de New York sont celles du Centre culturel islamique, puis et . En , la mairie de la ville inaugure la mise en place d'un jour de congé dans les écoles à l'occasion des fêtes musulmanes. Architecture. Gratte-ciel. La ville de New York est difficilement dissociable de ses nombreux gratte-ciel, qui contribuent à rendre le panorama urbain de Manhattan reconnaissable entre tous. Ainsi, bien que le premier gratte-ciel de l'histoire de l'architecture fut construit à Chicago dans les années 1880 (Home Insurance Building), la ville de New York a toujours été mondialement populaire avec ses édifices immenses, et dont la notoriété est parfois universelle. On peut citer en premier lieu l'Empire State Building, sans doute le building le plus célèbre au monde. Ce nom vient du fait qu"'Empire State" est le surnom de l'État de New York. La construction de l'Empire State Building a débuté en 1930, pour s'achever en 1931. Le style Art déco de cet immeuble lui donne un aspect sobre et robuste, et ses ont fait de lui le plus haut immeuble du monde pendant plusieurs décennies. Le gratte-ciel préféré des New-Yorkais est le Chrysler Building, contemporain de l'Empire State Building, dont la construction fut achevée en 1930 et qui fut inscrit au registre de protection de la Commission de conservation des monuments de la ville de New York en 1978. Construit à la gloire de Walter Chrysler sous la direction de William Van Alen, le Chrysler Building, avec ses a été l'espace de quelques mois le plus haut immeuble du monde, avant d'être détrôné par l'Empire State Building. Le Chrysler Building demeure cependant le second immeuble le plus haut de la ville de New York, jusqu'à la construction du One World Trade Center sur le site du World Trade Center. La ville présente également de nombreux autres "buildings" dont il serait difficile de dresser une liste exhaustive, cependant, on peut citer le Flatiron Building, considéré comme l'un des premiers gratte-ciel, le Comcast Building, gratte-ciel le plus élevé du Rockefeller Center avec , la Trump World Tower, la tour d'habitation la plus haute du monde avec , le MetLife Building, et ses , le Woolworth Building, situé dans le quartier financier et qui culmine à , ou encore le Solow Building, tout proche de Central Park, avec . Pour les plus hauts gratte-ciel de la ville il y a au total : gratte-ciel, dont 550 structures achevées d'au moins de haut - deuxième au monde après Hong Kong - 50 buildings d'au moins et six buildings égaux ou supérieurs à . Par comparaison, il y a en Europe vingt gratte-ciel égaux ou supérieurs à et un seul dépassant les . Architecture résidentielle. La ville a connu une croissance rapide de sa démographie entre 1870 et 1930, ce qui inclut un développement significatif des quartiers résidentiels, peuplé par des "brownstones" nouvellement construits, des maisons en rangée et des immeubles d'habitation construits en hauteur, qui expriment un caractère très différent de celui des gratte-ciel. En 1870, la pierre et la brique étaient devenues des matériaux de construction de choix, comme la construction de maisons à ossature de bois a été fortement limitée dans le sillage du Grand Incendie de New York de 1835. Contrairement à Paris, qui pendant des siècles a été construite à partir de son propre socle calcaire, New York a toujours tiré sa pierre de construction d'un réseau de carrières, parfois très éloignées, ce qui est évident dans la variété des textures et des teintes de pierre vu dans les bâtiments de la ville. Pendant la construction des premières lignes ferroviaires, des pierres ont été flottées sur le fleuve Hudson ou le long de la côte atlantique à partir de puits en Nouvelle-Angleterre. Administration municipale. Bien que dépendant de l'État de New York, la ville de New York bénéficie d'une large autonomie législative et exécutive et d'une administration plus centralisée que la plupart des autres villes américaines. Ce statut est défini par une charte, amendée et promulguée par l'Assemblée législative de l'État de New York, et parfois par référendum. La municipalité est responsable de l'éducation, des bibliothèques, de la sûreté, de l'hygiène, de l'approvisionnement en eau, des services d'assistance sociale, des établissements pénitentiaires et des équipements de loisirs. L'autorité de la police de la ville de New York (NYPD) à arrêter des individus est valable dans tout l'État de New York. Les New-Yorkais sont majoritairement démocrates et libéraux : lors de l'élection présidentielle de 2004, le candidat démocrate John Kerry a ainsi obtenu plus de 74 % des voix dans la ville, alors qu'il perdit l'élection au niveau national. 66 % des votants enregistrés sont démocrates. En 2012, Barack Obama obtient plus de 81 % des voix. Cinq des comtés de l'État de New York coïncident avec les cinq arrondissements ("boroughs") de la ville de New York : comté de New York (Manhattan), comté de Kings (Brooklyn), comté de Bronx (Bronx), comté de Richmond (Staten Island), et le comté de Queens (Queens). Mais ces derniers ne fonctionnent pas comme des comtés à proprement parler, en effet depuis la "consolidation" de la ville de New York dans ses limites actuelles en 1898 (fusion des cinq "boroughs" pour donner la municipalité), les gouvernements de comté ont été supprimés et n'ont plus aucun pouvoir ou statut. Depuis, ils dépendent directement de l'autorité municipale et servent essentiellement de base pour les données statistiques et démographiques du bureau du recensement des États-Unis. L'administration new-yorkaise est divisée en trois branches : exécutif, législatif et judiciaire. Exécutif. Le maire incarne le pouvoir exécutif du gouvernement de la ville de New York. Le bureau du maire administre tous les services de la ville ("Departments") : la propriété publique, l'assainissement, l'entretien de la voirie, la police et le service du feu, l'entretien des parcs, la protection de l'environnement, ainsi que la plupart des organismes publics, et applique toutes les ordonnances et les lois de l'État de New York dans la ville. Le bureau du maire est situé à l'hôtel de ville de New York ("New York City Hall") et exerce ses compétences sur l'ensemble des cinq arrondissements de la ville de New York. Il est élu au suffrage direct par tous les habitants de la ville pour un mandat de quatre ans. Le mode de scrutin se déroule, à l'instar de celui de l'élection présidentielle en deux phases : durant la première, les deux principaux partis, le parti démocrate et le républicain désignent leur candidat, qui sont ensuite soumis au suffrage universel des habitants de la ville. Depuis 2022, le maire est le démocrate Eric Adams. Le maire dirige cinq sections administratives de la ville et d'autres institutions. Ces cinq sections (en réalité gérées par des adjoints au maire : "Deputy mayors") sont : Il dispose également de pouvoirs exceptionnels en cas d'urgence (menace climatique, catastrophe naturelle, émeutes, troubles civils, invasion). Chacun des cinq arrondissements ("boroughs") de la ville de New York est dirigé par un ". Il s'agit d'un poste représentatif au pouvoir très limité, qui consiste essentiellement à conseiller le maire à propos des problèmes relatifs à un arrondissement en particulier, et à propos du budget. Législatif. Les lois et règlements locaux de New York sont décidés par un conseil municipal ("), composé de , chacun représentant un secteur de la ville d'environ . Ils sont élus tous les quatre ans par les habitants des cinq arrondissements, et le chef de la majorité porte le titre de "speaker". En 2007, le Speaker est la démocrate Christine Quinn. Ce conseil municipal est divisé en comités spécialisés par domaines d'intervention. Lorsqu'une proposition est votée à la majorité simple (50 %), elle est transmise au maire qui peut la promulguer en tant que loi locale. Si ce dernier met son veto, le conseil municipal a pour passer outre, par un deuxième vote à la majorité des deux tiers. En 2007, le conseil est dominé à une écrasante majorité par les démocrates, qui détiennent , contre trois aux républicains (un dans Queens et deux à Staten Island) et un au parti de gauche "Working Families Party". Judiciaire. À la différence du reste de l'État, les cinq comtés de la ville de New York ne disposent pas tous de tribunaux. Il existe en effet un unique tribunal civil (possédant cependant des annexes dans les différents arrondissements). Un tribunal pénal, pour chaque arrondissement, traite les délits mineurs et les violences domestiques, conjointement avec le tribunal des affaires familiales. Les affaires criminelles sont renvoyées devant la Cour suprême de New York ("New York Supreme Court") qui est le tribunal de première instance et d'appel de l'État de New York, qui s'occupe également des affaires civiles les plus importantes. Ainsi, à la différence des autres cours suprêmes d'États ou de la Cour suprême fédérale, cette Cour suprême n'est pas l'instance la plus haute du système judiciaire new-yorkais, contrairement à ce que son nom indique. Les appels sont traités par une division spécialisée de la Cour suprême, et le tribunal qui décide en dernier ressort est la ("New York Court of Appeals"). Économie. En , la ville de New York est en faillite. Deux jours avant qu'elle ne se retrouve en cessation de paiement, le président d'alors, Gerald Ford, autorise le trésor américain à prêter à la cité de dollars par an jusqu'en 1978. Aujourd'hui le poids économique de New York est considérable : en 2014, la ville a créé une richesse estimée à de dollars, c'est-à-dire que son produit brut est supérieur à celui d'un pays comme la Belgique. Seuls ont un PIB supérieur à celui de la seule ville de New York. Cadrage historique. L'expansion économique de New York a été rendue possible par sa situation géographique exceptionnelle : établies sur un port naturel au débouché de l'Hudson, les activités portuaires ont induit le développement industriel de la métropole. L'industrie textile se développa tout au long du avec l'arrivée des migrants d'Europe centrale et orientale. Vers 1900, l'agglomération new-yorkaise est la plus peuplée des États-Unis, mais aussi le plus grand centre industriel et financier du pays. La prééminence économique de New York, quoique moins absolue aujourd'hui, est encore largement vraie dans différents secteurs stratégiques. À partir des années 1960 et 1970, le secteur secondaire connaît une crise dans l'agglomération new-yorkaise comme dans les autres grandes villes du nord-est des États-Unis. Les services et la finance, en revanche, connaissent un nouvel essor à partir de la fin des années 1970. New York reste le principal centre de commandement de l'économie américaine. Secteur secondaire puissant. La crise des années 1960-1970 a engendré des friches industrielles dans les arrondissements du Bronx et de Queens. Pendant cette période, les usines ferment à cause de la concurrence internationale, déménagent ou se délocalisent à l'étranger. Ainsi, le chantier naval de Navy Yard ferme ses portes en 1966. Entre 1953 et 1992, New York perd quelque industriels. Au milieu des années 1970, la désindustrialisation et le déclin démographique poussent la ville au bord de la faillite. Depuis les années 1990, plusieurs opérations de réhabilitation ont été menées dans plusieurs quartiers de la Grosse Pomme. À Brooklyn, plusieurs des zones portuaires industrielles sont reconverties en lofts et en ateliers d'artistes. Le secteur industriel new-yorkais est très diversifié, allant des industries traditionnelles aux industries du luxe (quartier des diamantaires) en passant par la haute technologie. Il est bien implanté dans Queens, mais aussi de l'autre côté de l'Hudson, dans l'État du New Jersey. Les principales activités industrielles de la ville sont l'imprimerie et l'édition, l'industrie agro-alimentaire, la chimie et la pétrochimie, l'électricité, la mécanique, l'électronique, et la confection textile (Adore Me par exemple), notamment dans le Garment Center (Manhattan). À la suite des multiples mutations économiques et technologiques, l'industrie new-yorkaise s'est transformée. Elle repose sur un réseau dense de PME. Pôle tertiaire à rayonnement mondial. Finance et direction d'entreprise. L'économie de New York est aujourd'hui essentiellement tournée sur l'activité tertiaire, avec une forte surreprésentation de ce que l'on appelle parfois le « tertiaire supérieur », c'est-à-dire les activités à forte valeur ajoutée faisant appel à des travailleurs très qualifiés. Les activités financières y tiennent une place centrale. De nombreuses entreprises multinationales sont implantées à New York. Fin 2007, vingt des cinq cents plus grosses entreprises mondiales par le chiffre d'affaires avaient leur siège à New York. C'est moins qu'à Tokyo et qu'à Paris, mais trois fois plus qu'à Houston, deuxième ville des États-Unis dans ce domaine. Parmi ces vingt, on peut citer, outre de nombreuses institutions financières, le groupe de télécommunications Verizon, l'entreprise pharmaceutique Pfizer ou le conglomérat de media WarnerMedia. D'autres entreprises de première importance, General Electric et IBM, ont leur siège dans la banlieue de la ville. D'autre part, la plupart des grandes entreprises de "professional services", telles que le cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers ou le cabinet d'avocats Skadden, ont d'importants bureaux dans la ville. La finance joue un rôle particulier à New York. C'est, avec Londres, l'un des grands centres mondiaux dans ce secteur. On y trouve deux des principales bourses du monde, le New York Stock Exchange (NYSE) et le NASDAQ, la première dépassant de loin toutes les autres bourses du monde par la capitalisation boursière des sociétés cotées. Une autre institution, le New York Mercantile Exchange (NYMEX), est spécialisée dans les matières premières. Parallèlement, de nombreux groupes financiers ont leur siège à New York. On peut citer les banques Citigroup, JPMorgan Chase et Goldman Sachs, ainsi que les assureurs AIG et MetLife. Au total, le secteur financier emploie à New York. Le "Financial District" (quartier financier), situé au sud de Manhattan, est emblématique de ce secteur. Activités politiques et diplomatiques. Si les activités politiques et diplomatiques occupent à New York une place moins importante que les activités économiques ou financières, leur rôle n'en est pas négligeable pour autant. Sur le plan diplomatique, la ville doit son rang à l'Organisation des Nations unies dont le siège se trouve à Manhattan depuis 1952. D'autre part, de très nombreux pays, dont la France, y possèdent une représentation consulaire. Tourisme. New York bénéficie également d'importantes ressources liées au tourisme : la Grosse Pomme a attiré en 2018, de touristes dont de visiteurs nationaux (soit 79% des touristes). Les touristes internationaux étaient donc en 2018 à New York. premiers visiteurs sont les Britanniques ( de touristes par an), suivi des Chinois ( de visiteurs par an), suivi des Canadiens ( de visiteurs par an) et des Brésiliens (). Les Français ont été en 2018, un record. Les touristes français privilégient les grandes villes américaines : ainsi, sur les 20 premières destinations touristiques des Français, cinq sont américaines, la première étant New York. Médias. New York a aussi été le berceau du cinéma américain (studios Paramount dans Queens), avant que la production ne soit déplacée à Hollywood. New York est néanmoins à la seconde place au niveau national en ce qui concerne la télévision et le cinéma. Ce secteur est actuellement en pleine croissance. New York héberge les sièges et les rédactions centrales de médias très influents internationalement, notamment les agences de presse Associated Press, Bloomberg LP et Dow Jones Newswires, les quotidiens "The New York Times" et "Wall Street Journal" et les chaînes de télévision NBC, ABC et CBS. Autour de tous ces grands noms de la presse mondiale, la ville de New York abrite également le siège de nombreuses autres publications, quotidiennes, hebdomadaires voire bimestrielles, publiées dans différents formats, comme les tabloïds. Le quotidien gratuit "Metro" est également publié chaque jour à New York. C'est donc une presse diverse, variée, mais aussi polyglotte puisqu'il existe des éditions locales pour les communautés majoritaires. La presse new-yorkaise est également impressionnante par sa volonté de ne pas vendre uniquement ses propres journaux, certains kiosques de Manhattan étant spécialisés dans la presse internationale. Port de New York. À l'origine du développement économique de la ville, le port de New York a dès le début bénéficié d'un site naturel le protégeant des tempêtes. Après 1819, l'ouverture du canal Érié lui confère un avantage décisif par rapport à Boston et Philadelphie. Dans la deuxième moitié du se développe le transport de voyageurs par paquebots : entre et , environ un million de personnes passent ainsi par New York. Le port de New York est devenu vers 1910 le plus important du monde. Le port connut un déclin relatif après la Seconde Guerre mondiale en raison de l'essor de la façade pacifique pour le commerce et de la concurrence du transport aérien pour les voyageurs. Au début des années 1960, il perd son rang de première place portuaire du monde au profit de Rotterdam. Historiquement, les installations portuaires se situaient au sud de Manhattan, à South Street Seaport. Il ne reste aujourd'hui qu'une activité résiduelle à Brooklyn (quartier de Red Hook) et au Howland Hook Marine Terminal de Staten Island. Depuis les années 1950, le transit marchandises (notamment des conteneurs) s'est déplacé vers le port Newark-Elizabeth Marine Terminal à Newark dans le New Jersey, au nord de Staten Island ( mondial). Voies de communication et transports. Transports en commun. Contrairement aux habitants d'autres villes américaines, les New-Yorkais utilisent largement les transports en commun : un New-yorkais sur quatre les utilise pour se rendre au travail. Le prix des parkings, très élevé, les péages aux ponts, aux tunnels et les bouchons découragent l'usage de la voiture. Le métro de New York, efficace et rapide, utilise un réseau de de voies. Les bus, taxis, ainsi que les ferries (surtout en direction du New Jersey et de Staten Island) sont également largement utilisés. Les personnes habitant en banlieue (Long Island, New Jersey, Connecticut) ou en lointaine banlieue (Pennsylvanie ou plus au nord dans l'État de New York) utilisent généralement leur véhicule personnel pour rejoindre le réseau urbain. Au printemps 2007, le maire de New York, Michael Bloomberg a promis une réduction de 30 % des émissions de gaz carbonique d'ici à 2030 dans sa ville. Il a décidé de mettre en œuvre une politique de rénovation énergétique des gratte-ciel, de plantation d'un million d'arbres et d'instauration d'un péage pour les véhicules pénétrant dans Manhattan. Métro. Figurant parmi les réseaux de transport en commun les plus importants à l'échelle internationale, il compte pour d'arrêt, ce qui le place au premier rang mondial quant au nombre de stations desservies. Le réseau comporte de lignes comptant pour la plupart quatre voies (deux voies pour les trains express et deux voies pour les omnibus). Il constitue en outre l'un des cinq réseaux de transport en commun fonctionnant sur 24, sur 7 aux États-Unis, aux côtés du Staten Island Railway et du PATH, également situés à New York, des trains du PATCO et du métro de Chicago. Le métro constitue le moyen de transport en commun le plus fréquenté de la mégalopole new-yorkaise. Avec d'usagers par jour en 2012, il a ainsi représenté près de 63 % du trafic total de passagers qui ont transité sur le réseau de la MTA sur l'année, loin devant les réseaux de bus, le Staten Island Railway, le Long Island Railroad et le Metro-North Railroad qui sont également gérés par la MTA. Sur la base de ces mêmes chiffres, le réseau de métro de New York se classe au septième rang mondial et au premier rang national. Bien que le métro de New York porte le nom de ', ce qui traduit en anglais l'idée de "souterrain", 40 % des lignes suivent un tracé aérien qui s'appuie sur des structures en acier ou parfois en fonte, des viaducs en béton, des remblais aménagés, des ponts ferroviaires et, occasionnellement, des voies en surface. Les lignes sont presque exclusivement souterraines à Manhattan, alors qu'elles sont en majorité aériennes dans le reste de la ville. Toutes ces lignes, quelle que soit la base de leur tracé, sont situées à des niveaux différents de ceux des infrastructures routières et des aires piétonnes, et la plupart des croisements entre deux lignes de métro ou entre une ligne de métro et une ligne de train de banlieue sont sécurisés par la présence d'échangeurs ferroviaires de type saut-de-mouton. Taxis. Il est très difficile d'imaginer les rues de la ville de New York, et plus particulièrement celles de Manhattan, sans les célèbres taxis jaunes, que l'on retrouve en vedette dans les films et les séries télévisées, tout particulièrement dans le film de Martin Scorsese, "Taxi Driver", avec Robert De Niro, qui impose alors un véritable archétype de la métropole nocturne, de ses habitants et de ses taxis. L'origine de cette couleur remonte à 1915, année durant laquelle l'entrepreneur John Daniel Hertz fonda une société de gestion de parc de taxis à Chicago, la Yellow Cab Company, qu'il implanta dans les principales villes américaines, dont New York. Les taxis sont exploités par des sociétés privées, sous licence de la "New York City Taxi & Limousine Commission". On en trouve deux sortes. Dans un premier temps, on reconnaît les « medallion » taxis, ou encore "yellow cabs" à la célèbre couleur jaune. Ces taxis sillonnent en permanence les axes routiers de la ville, et il est possible de les prendre directement dans la rue. Ils desservent, selon la bonne volonté du chauffeur, les cinq arrondissements de New York et une partie du New Jersey. En 2011, le prix minimal d'une course est . Il convient en outre de donner un pourboire au chauffeur d'un montant de 10 à 15 % du prix affiché de la course. Les "yellow cabs" peuvent se trouver n'importe où dans Manhattan. D'ailleurs, ces taxis représentent la plupart des véhicules que l'on rencontre dans les rues de New York ; on en compte plus de . La seconde catégorie de taxis est composée des « car services », que l'on doit appeler par téléphone, et dont la répartition est gérée par un centre informatisé. Ces "cars services" sont en conséquence plus onéreux que les "yellow cabs", mais assurent d'avoir un véhicule lorsqu'on en a besoin. Il existe également des taxis "indépendants", qui ne présentent pas les labels exigés pour les "yellow cabs", et qui sont d'ailleurs souvent d'une autre couleur que le jaune. Ils n'appartiennent à aucun réseau et ne jouissent d'aucune licence. Transport ferroviaire. Le réseau de l'agglomération new-yorkaise est le plus étendu des États-Unis. Il dépend de plusieurs sociétés publiques et privées. L'Amtrak est la société américaine qui gère les grandes lignes de chemin de fer. L'historique et majestueuse gare de Grand Central Station est désormais consacrée au trafic local, tandis que le moderne terminal de Pennsylvania Station, propose des liaisons notamment : Le trafic de proche et grande banlieue est assuré par diverses compagnies : Transports aérien. La ville de New York possède trois principaux aéroports. Ils constituent la voie d'accès aérienne la plus importante et la plus active du pays, avec plus de de voyageurs par an et de voyageurs en 2017, faisant de New York le carrefour aérien le plus fréquenté au monde après Londres. La route aérienne Londres - New York est la plus lucrative et la plus haut-profil au monde. New York possède un héliport ("E 34th St Heliport", code AITA : TSS). En comptant les aéroports de tourisme, New York est la ville qui possède le plus d'aéroports au monde. En effet, 7 aéroports sont appelés aéroports de New York. New York, ville du divertissement. Lieux de détente. New York possède d'espaces verts et environ de plages publiques. "Big Apple" possède également d'importants parcs publics, dont le plus célèbre est Central Park, le poumon de la ville qui est le parc le plus visité du pays. Il existe huit parcs d'État sur la commune de New York: Riverbank State Park, Parc d'État Roberto-Clemente, , , parc d'État de l'East River, , et . Les principaux autres parcs de la ville sont Riverside Park, Battery Park, Pelham Bay Park, Staten Island Greenbelt, Flushing Meadows-Corona Park, Prospect Park ou encore High Line, une promenade qui occupe une ancienne voie ferrée aérienne du . Le tourisme tient une place importante dans la ville de New York où on trouve des centaines de lieux à visiter et d'endroits pour se divertir. de touristes visitent la ville chaque année. Parmi les lieux de la ville qui accueillent le plus de touristes, on trouve Times Square, Wall Street, la statue de la Liberté, l'Empire State Building, le pont de Brooklyn, la Cinquième Avenue ou encore Central Park. Le World Trade Center et ses tours jumelles étaient également une destination privilégiée avant le , même si, depuis, "Ground zero" attire beaucoup de monde. Un autre lieu également fréquenté, mais un peu plus original, est le magasin de jouets FAO Schwarz de Manhattan : on peut parfois y voir de longues files d'attente sur les trottoirs. Le matin de Thanksgiving, célébré chaque année le quatrième jeudi de novembre se déroule la "Macy's Thanksgiving Day Parade", organisée par le grand magasin Macy's, qui attire des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs"via" les ondes de la télévision. Le long de Broadway et plus particulièrement à Times Square, on trouve une importante concentration de théâtres, de commerces et de lieux de divertissement. Times Square est également très célèbre en raison de ses panneaux publicitaires lumineux qui donnent une impression perpétuelle de mouvement. Parmi les salles de spectacles les plus célèbres, on peut citer le Radio City Music Hall, le Carnegie Hall, le Lincoln Center ou le Madison Square Garden. Plusieurs lieux mythiques rappellent la place que New York a occupée dans l'histoire du jazz. Le plus célèbre d'entre eux, "The Blue Note", a accueilli les plus grandes légendes du jazz et continue à proposer deux concerts quotidiens à une clientèle de plus en plus composée de touristes. Le quartier de Harlem, situé au nord de Manhattan, doit également son succès à son rôle fondamental dans l'histoire du jazz. La ville possède aussi plusieurs zoos, parmi lesquels zoo de Central Park et le zoo du Bronx. En ce qui concerne les parcs d'attraction, Coney Island, située au sud de Brooklyn, comprend l'Aquarium de New York, des jeux d'arcades et des attractions foraines : grande roue, de vieilles montagnes russes en bois, ou encore auto-tamponneuses… Sports. New York est l'une des villes américaines qui possède le plus d'équipes sportives dans toutes les ligues professionnelles du pays, avec notamment deux équipes de football américain en NFL, deux équipes de baseball en MLB, deux équipes de hockey sur glace en NHL et deux équipes de basket-ball en NBA et de football en MLS. Cela traduit l'influence de la ville qui s'étend jusque dans le domaine sportif. Si l'on inclut la banlieue, l'agglomération new-yorkaise compte neuf franchises majeures, étant la seule métropole américaine à compter au moins deux franchises dans chaque ligue. La ville possède de plus une ancienne tradition sportive. Le baseball est le sport le plus populaire parmi ses habitants. Il y a eu quatorze disputés entre des équipes locales, souvent appelées . New York est l'une des cinq régions métropolitaines des États-Unis (les autres sont Chicago, Washington-Baltimore, Los Angeles et la baie de San Francisco) à compter deux équipes de baseball. Les deux équipes actuellement présentes dans la Ligue majeure de baseball sont les Yankees de New York et les Mets de New York, qui entretiennent une rivalité peut-être comparable à celle entre les Yankees et les Boston Red Sox. Les Yankees ont remporté 27 titres, tandis que les Mets en ont gagné seulement deux. La ville abritait également les Giants de New York (maintenant les Giants de San Francisco) et les Dodgers de Brooklyn (actuellement connus sous le nom de Los Angeles Dodgers). Les deux équipes ont déménagé en Californie en 1958. Il y a également deux équipes dans les ligues mineures, les Staten Island Yankees et les Brooklyn Cyclones. La ville est représentée dans la Ligue nationale de football par Jets de New York et Giants de New York, mais aujourd'hui les deux équipes locales jouent au MetLife Stadium dans le New Jersey. Il y a une rivalité impressionnante entre les fans des deux équipes, bien que les Giants avec leurs quatre victoires au Super Bowl aient facilement battu les Jets, qui ont remporté leur seul titre lors de la célèbre finale du Super Bowl en 1969. Les équipes de la NBA de la ville sont les Knicks de New York et les Nets de Brooklyn. Bien que les derniers titres des Knicks et des Nets aient été remportés en 1973 (par les Knicks) et 1974 (par les Nets), les deux équipes ont toujours de nombreux fans dans la ville. Les Rangers de New York et les Islanders de New York représentent la ville dans la Ligue nationale de hockey. En football, le New York City FC et les Red Bulls de New York sont les deux équipes qui représentent la ville en Major League Soccer. Les Red Bulls jouent à domicile au Red Bull Arena, situé dans le New Jersey, tandis que New York City joue à domicile au Yankee Stadium. De plus, New York avait d'autres équipes de football légendaires, aujourd'hui disparues, comme les MetroStars et le New York Cosmos, une équipe dans laquelle des stars mondiales telles que Pelé, Beckenbauer, Giorgio Chinaglia, Carlos Alberto et Johan Neeskens ont joué. Voici les principales équipes professionnelles : La ville de New York est également le théâtre de l'un des tournois majeurs de la saison de tennis, avec l'US Open qui a lieu à la fin du mois d'août dans le parc municipal de Flushing Meadows-Corona Park (tournoi masculin et féminin). En outre, l'un des événements sportifs majeurs de la saison d'athlétisme a également lieu dans la Big Apple avec le très populaire marathon de New York qui a lieu depuis 1970 et qui attire en moyenne plus de . Face aux nombreuses demandes de participation, le marathon le plus important du monde, a dû instituer un système de loterie. Cette course qui a lieu chaque année le de novembre traverse les cinq arrondissements de la ville. Elle débute à Staten Island pour finir à Central Park. Le New York Yacht Club est l'organisme qui organise la Coupe de l'America depuis , la plus longue séquence de victoires de l'histoire du sport. Criminalité et sécurité. Police. La ville de New York a le plus grand nombre de services de police des États-Unis, cela est dû à l'imbrication des services municipaux chargés du maintien de l'ordre dans cette mégapole. Le plus connu et de loin le plus important étant le New York City Police Department (NYPD), la police de la ville de New York. La municipalité pratique une importante présence policière (dans les années 1990, le nombre de policiers est passé de à ). La plus importante prison de la ville est située sur Rikers Island. Comme dans le reste des États-Unis, la criminalité et la délinquance ont diminué depuis le début des années 1990 à New York. Cette réussite est due en partie à l'action du maire de la ville, Rudy Giuliani (entre 1993 et 1998) et sa politique de tolérance zéro. Durant cette période, le nombre de meurtres par an a été divisé par plus de trois, passant de à 633, pour une population de d'habitants. L'année 1990 fut la plus meurtrière avec enregistrés. En 2014, ont été signalés, le chiffre le plus bas alors enregistré en un demi-siècle, mais en 2015, le nombre de meurtres et de viols a augmenté malgré une baisse globale de la criminalité. En 2017, le nombre d'homicides signalés est de , le plus en bas en date de 2019 qui voit moitié moins de crimes majeurs qu'en 2019. L'indice de criminalité a baissé de 22,1 % entre 2001 et 2006. Parmi les grandes villes des États-Unis, New York est la plus sûre au niveau de l'indice de criminalité total pour . Parallèlement on assiste à une médiatisations des bavures dont la plus célèbre est sûrement l'assassinat d'Amadou Diallo en 1999. Ces résultats sont la conséquence de plusieurs facteurs, dont les plus importants sont la politique de « tolérance zéro », la baisse du chômage, la réhabilitation des quartiers du nord de Manhattan (par exemple de Harlem), de l'intégration des minorités ethniques dans les forces de l'ordre, ou encore d'un travail concerté des diverses institutions municipales, en particulier des écoles. Le sentiment d'insécurité a baissé et il est tout à fait possible de se promener sans crainte dans tous les quartiers de Manhattan et de Staten Island, la plupart des quartiers de Queens et de Brooklyn. Il est seulement conseillé aux touristes d'être plus vigilants la nuit et d'éviter certains lieux tels que Central Park, ainsi que certains quartiers de Brooklyn et du Bronx. La mafia new-yorkaise, même si elle est moins puissante aujourd'hui, est dominée par les Cinq familles : les Genovese, les Gambino, les Lucchese, les Colombo et les Bonanno. Elles vivent, entre autres, du trafic de drogue, du racket, de l'industrie du bâtiment et des ports. Selon les statistiques du NYPD pour 2007, le taux d'homicides pour un million d'habitants était de 81,1 pour les Afro-Américains et de 6,3 pour les blancs. Sur les enregistrés entre le et , 64,8 % des victimes étaient des noirs, les Latino-Américains représentaient 23,4 % des victimes, les Blancs 7,4 % et les Asio-Américains 4,5 %. En 2007, les Noirs représentaient 64,9 % des arrestations pour assassinat, les Latino-Américains 27,2 %, les Blancs 7,3 %, et les Asio-Américains moins de 1 %. Sapeurs-pompiers. Le New York City Fire Department (FDNY) est le corps de sapeurs-pompiers professionnels de la ville de New York. Il possède une flotte de dont companies (fourgon-pompe), companies (échelles), sept squads companies, cinq rescue companies (sauvetage) et répartis dans . Avec près d'un million d'interventions dont et d'interventions de secours à personne, c'est le plus grand corps de pompiers du monde. Le FDNY a été endeuillé par la mort de dans l'effondrement du World Trade Center le . L'école du FDNY se situe sur Randall's Island sur un site de . Les pompiers de New York sont surnommés « The Bravest » (les braves) depuis le sacrifice de 343 des leurs le . Le FDNY dispose de pompiers enquêteurs, ils sont armés et enquêtent en coopération avec la police municipale (NYPD) sur les incendies suspects et d'origine criminelle. Éducation et art. Généralités. Au , New York a joué un rôle de premier plan dans la culture américaine. C'est durant l'Entre-deux-guerres que le quartier de Harlem est devenu le centre du renouveau de la culture afro-américaine, appelé Renaissance de Harlem, qui toucha tous les domaines de la création artistique et littéraire. Dans la deuxième moitié du naissent de nouveaux genres artistiques (expressionnisme abstrait) et musicaux (punk rock et hip-hop dans les années 1970). Une culture de la rue ("street culture") se développe autour du rap, du graffiti, du deejaying, du breakdance et du Streetwear et se diffuse dans le monde entier depuis New York. New York demeure aujourd'hui l'un des principaux foyers culturels de la planète. En effet, la ville accueille environ culturelles et artistiques et plus de d'art. Le Département des affaires culturelles de la ville de New York, fonctionne avec un budget annuel de de dollars, ce qui représente le premier budget culturel public américain, devant celui du National Endowment for the Arts, l'agence culturelle « fédérale ». Il finance plusieurs dizaines d'institutions culturelles dans la ville (musées, conservatoires, théâtres). La culture new-yorkaise est cosmopolite et plurielle : élitiste dans ses opéras et ses théâtres avant-gardistes, la création artistique est également populaire avec les comédies musicales de Broadway ou tout simplement dans la rue. Cette implication artistique dépasse les seuls services directement concernés, comme l'a montré l'accueil de Mierle Laderman Ukeles par les services de nettoyage de la ville, cette artiste développant son œuvre dans le domaine de l'entretien et de la maintenance. Le Département de l'Éducation de la ville de New York est le plus grand district scolaire des États-Unis. Enseignement supérieur. À l'instar d'autres grandes métropoles américaines, la ville de New York est pourvue de très nombreux établissements d'enseignement supérieur. Plus de sont inscrits dans plus de d'enseignement supérieur de la ville de New York, le nombre le plus élevé de toutes les villes du monde, avec plus d'un demi-million dans le seul système de la City University of New York. L'université la plus célèbre et la plus prestigieuse de la ville est l'université Columbia, fondée en 1754, et qui fait partie de la très prestigieuse et sélective Ivy League. Mais les autres universités privées de la ville sont également réputées et prisées par les étudiants du monde entier. Ainsi, l'université de New York, qui possède différents campus dispersés dans la ville est la plus grande université privée du pays avec plus de , alors que l'université Fordham est l'une des universités jésuites les plus célèbres de la côte est. Mais New York ne compte pas que sur ses établissements privés pour assurer sa réputation académique ; en effet, l'université de la ville de New York est la plus grande université urbaine des États-Unis, alors que le City College of New York, situé dans le quartier de Harlem est réputée pour avoir formé de nombreux prix Nobel. En outre, dans le domaine des arts, la Cooper Union, fondée en 1859 constitue l'un des établissements les plus sélectifs au monde. Fondé en 1955, le Red Wings de Rochester est un établissement d'enseignement supérieur qui a été le berceau de la technologie graphique de la 3D. Par ailleurs, le fondateur du laboratoire graphique de l'université (New York Institute of Technology Computer Graphics Lab), Edwin Catmull a par la suite fondé les studios d'animation Pixar. Ce laboratoire est aujourd'hui reconnu comme l'un des fleurons de l'industrie graphique informatique, et fait partie des principaux groupes de recherche et développement au monde dans ce domaine. Musées. Le Metropolitan Museum of Art est le plus célèbre de Manhattan. Avec ses deux millions d'œuvres, ses carrés et ses de visiteurs annuels, le « MET » se place parmi les plus grands musées du monde. D'autres musées, dispersés dans toute la ville, proposent également des collections d'art généralistes (The Frick Collection, le Brooklyn Museum, le musée d'Art du Queens) ou spécialisés (The Cloisters pour le Moyen Âge ; l'American Folk Art Museum et le Whitney Museum of American Art pour l'art américain). L'art contemporain est représenté par de nombreuses institutions telles que le Musée Solomon R. Guggenheim, le Museum of Modern Art ou encore le New Museum of Contemporary Art. Dans le domaine des sciences et des techniques, on trouve le New York Hall of Science, le Skyscraper Museum ou encore l'institut des arts et des sciences de Staten Island ; mais le plus prestigieux est le musée américain d'histoire naturelle avec ses de spécimens et d'objets, ainsi que son planétarium. Enfin, de nombreux musées illustrent l'histoire et la diversité ethnique de New York : au nord de Manhattan se trouvent le Studio Museum in Harlem (culture afro-américaine), le Musée de la ville de New York, the Hispanic Society of America et le musée du Barrio (culture hispanique et latino-américaine), le musée juif. Le New York City Fire Museum et le New York City Police Museum rendent hommage aux pompiers et aux policiers de la ville. Liste des musées de New York : Peinture. L'école de New York inaugure l'expressionnisme abstrait pendant la Seconde Guerre mondiale, qui se divise en deux tendances principales : l'« Action painting » et le « Color Field painting ». Les premiers représentants de ce courant artistique sont Willem de Kooning, Clyfford Still, Jackson Pollock, Mark Rothko ou encore Ad Reinhardt. Ces artistes sont suivis par une génération de femmes comme Joan Mitchell, Helen Frankenthaler et Lee Krasner. Viennent ensuite les artistes new-yorkais, du pop art comme Andy Warhol, Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat et de l'art conceptuel comme Robert Morris, qui montrent la vitalité de New York dans le domaine de l'art contemporain. Dans la culture populaire. Au cinéma. La ville de New York est le théâtre de très nombreux films et de très nombreuses séries télévisées : elle est le deuxième centre de production cinématographique des États-Unis, derrière Hollywood. Ceci s'explique par le fait que le cadre de "Big Apple" est propice aux tournages, avec ses gratte-ciel et sa multitude de petits quartiers qui constituent autant de communautés pittoresques ou inquiétantes, et correspondent à différents modes de vie. Les personnages des films se déroulant à New York peuvent ainsi être de toutes origines, avoir toutes sortes d'emplois, ce qui renforce cette image de melting-pot qu'il s'agit parfois de montrer dans ces mêmes films ou séries. Les films célèbres qui se déroulent à New York sont légion, et la ville sert de décor à tous les genres cinématographiques. On peut évidemment citer "New York, New York" ou "Gangs of New York" du réalisateur new-yorkais Martin Scorsese qui deviendra, tout au long de sa filmographie, un véritable peintre de la ville, "Diamants sur canapé" de Blake Edwards, "Manhattan" de Woody Allen et les comédies musicales "Un jour à New York", "West Side Story" et "Fame". Dans un autre genre, les trois versions de "King Kong" ont toutes pour cadre New York, ainsi que "Le Parrain", "Il était une fois en Amérique" et "Les Affranchis", qui traitent de la mafia, ou encore dans un registre plus comique "Un prince à New York", avec Eddie Murphy, "Madagascar" des studios Dreamworks, "Le Diable s'habille en Prada", ou encore "Le Gendarme à New York" avec Louis de Funès. Les films de science-fiction post-apocalyptique prennent, eux aussi, pour cible la métropole comme : "New York ne répond plus". Les sept adaptations cinématographiques du "comics Spider-man" mettent aussi largement en valeur l'architecture new-yorkaise, notamment lors des séquences où l'homme-araignée se déplace de bâtiment en bâtiment dans la ville. La présence massive de New York comme décor de film fait de la ville un lieu étrangement familier pour les habitants du monde entier, comme l'observe le réalisateur et scénariste Jean-Claude Carrière : « Ma première impression, qui ne disparaîtra jamais et que beaucoup de visiteurs ont partagée, est de traverser une ville où j'ai déjà vécu. Je la connais, comme tout le monde, par le cinéma. Je la connais et je la reconnais. Même les sirènes de police me sont familières. Le cinéma a fait de New York une ville des pas perdus, une cité spectrale où nous avons tous voyagé, un jour ou l'autre. » Les attentats du 11 septembre 2001 ont également inspiré plusieurs réalisateurs, qui ont mis en images soit les attaques terroristes elles-mêmes, soit l'impact qu'elles ont eu sur la ville et ses habitants. Ainsi le générique de "La", de Spike Lee, montre-t-il des faisceaux lumineux sous plusieurs angles, avant qu'un plan plus large ne révèle que ce sont ceux qui s'élèvent vers le ciel pour remplacer les tours du World Trade Center désormais disparues. Le film "The Guys" avec Sigourney Weaver sorti en 2002 traitait, lui, de la difficulté d'oublier ces événements et de surmonter l'absence des personnes mortes ce jour-là. La même année, "11'09"01 - September 11" (Onze minutes, neuf secondes, une image) réunissait onze réalisateurs d'origines diverses, chacun montrant un point de vue différent sur les attentats. En 2004, Michael Moore incluait dans son documentaire "Fahrenheit 9/11" de nombreuses séquences des attaques. Le film "World Trade Center" d'Oliver Stone dépeint, lui, la chronologie de cette journée à travers le regard de deux policiers, l'un d'eux étant interprété par Nicolas Cage. C'est la première grande production hollywoodienne à traiter de manière directe ces attentats. En 2007, dans "Je suis une légende" de Francis Lawrence, l'on peut voir la ville de New York dépourvue de tous ses habitants ; la scène du flashback durant l'évacuation et l'explosion du pont de Brooklyn est la plus chère jamais tournée à New York : six jours de tournage pour de dollars. En 2008, la crise économique a inspiré Oliver Stone pour son film "". À la télévision. Parmi les sitcoms les plus connues qui se déroulent à New York, on peut citer "Friends" (qui a intégré la ville de New York à la série pendant dix ans, avec les plans de la ville que l'on voit dans tous les épisodes, les visites de lieux célèbres…), mais aussi "Jessie", "Spin City", "Brooklyn Nine-Nine", "How I Met Your Mother", "Les Sorciers de Waverly Place", "Will et Grace", "Ugly Betty", "Shadowhunters" ou "Gossip Girl" par exemple. Le sitcom "Seinfeld" a aussi contribué à mettre la ville de New York en valeur avec ses personnages et ses aventures et ce, pendant neuf ans. Cependant, la série récente qui a le plus mis "Big Apple" en valeur est incontestablement "Sex and the city" puisque, tournée sur place, au cœur de la mégapole, elle a mis la ville au premier plan. New York a ainsi été envisagé par les créateurs non comme un simple décor, mais comme la « cinquième dame » de la série, s'ajoutant aux quatre héroïnes. La ville est absolument indissociable de la série et les scénaristes ont toujours tenté d'ancrer les épisodes dans la réalité new-yorkaise, par exemple en faisant dîner les personnages dans des restaurants réels et à la mode au moment du tournage. Enfin, ils ont fait évoluer les personnages en même temps que la ville, faisant emménager le personnage de Samantha dans un loft du "Meatpacking District", au sud de Manhattan, juste au moment où celui-ci émergeait comme un quartier résidentiel (et non plus industriel) très à la mode. Le personnage de Miranda est contraint de déménager à Brooklyn pour trouver un logement qui pourra accueillir sa nouvelle famille agrandie, un exemple révélateur de la hausse des prix de l'immobilier dans Manhattan, qui a contraint de nombreuses personnes à aller vivre dans les autres arrondissements de la ville. New York inspire aussi beaucoup les auteurs de séries policières. On retrouve ainsi toutes sortes de séries qui traitent des affaires criminelles dans la ville de New York, avec par exemple ', ', ', "New York, police judiciaire", "New York, section criminelle", "New York, unité spéciale", ', "Blue Bloods", "New York 911" qui traite davantage du rôle des pompiers et des services de secours à New York ou encore "". Dans les jeux vidéo. La ville de New York est également utilisée comme cadre de plusieurs jeux vidéo. Ainsi, la série des "Grand Theft Auto", dans ses opus ' et surtout ', se déroule dans une métropole nommée « Liberty City », mais dont l'architecture, le réseau ferroviaire, les monuments (Statue de l'Hilarité pour la Statue de la Liberté, la Rotterdam Tower pour la copie exacte de l'Empire State Building, le Chrysler Building, le One Court Square, le Flatiron Building, le Getalife pour la copie du MetLife Building, les One, Two, Three et Four World Financial Center, la Hearst Tower, le pont de Brooklyn, l'Unisphere, la cathédrale Saint-Patrick, le , la Wonder Wheel, le Middle Park pour Central Park et le métro), les arrondissements (Brooker/Brooklyn, Dukes/Queens, Algonquin/Manhattan, Bohan/Bronx, pour "GTA IV") et l'organisation urbaine font davantage que s'inspirer de ceux de New York. "GTA" ne possède pas toutes ces similitudes en restant sur une inspiration plus timide. Un exemple plus pertinent est celui de "Max Payne", dont les deux volets se déroulent dans un New York respectivement enneigé puis pluvieux. "Max Payne" y reprend les thèmes du film noir. Le premier opus, sorti en 2001, fait d'ailleurs l'objet d'une adaptation cinématographique sous la bannière de 20th Century Fox, qui est sortie à la fin de l'année 2008. La cinématique d'introduction de "" est visiblement tournée dans les quartiers de New York. Les tours du World Trade Center y apparaissent. Dans "Mafia", l'action se déroule dans la ville fictive d'Empire Bay, largement inspirée du New York du milieu des années 1940 et du début des années 1950 avec des monuments célèbres comme l'Empire State Building et le Chrysler Building, le pont de Brooklyn, les quartiers de Little Italy et Chinatown. L'action de "Parasite Eve", sorti en 1998 sur PlayStation, se situe à New York et plus précisément à Manhattan. Tout au long de l'aventure, on peut visiter des lieux comme Carnegie Hall, Central Park, le muséum d'histoire naturelle, le métro new-yorkais, Chinatown, ou encore le Chrysler Building (lorsque l'on termine le jeu une deuxième fois). L'action se situant en hiver, les décors sont enneigés. La dernière mission de la campagne solo de "Battlefield 3", nommée « Destruction massive » se passe dans New York, que le héros Henry Blackburn sauve d'un attentat en désamorçant une ogive nucléaire à Times Square. Le deuxième opus de la série "True Crime", "" se situe dans le quartier de Manhattan : le joueur incarne un policier du nom de Marcus Reed qui, après la mort de son collègue et ami, cherche une taupe dans l'unité anti-mafia. On peut voir dans cet opus de nombreux bâtiments de New York. Le jeu "Crysis 2" se passe dans un New York dévasté par une invasion alien, de plus on peut visiter des lieux emblématiques de New York comme Times Square ou encore comme le pont de Brooklyn Tous les opus de la série "Spiderman" se déroulent aussi à Manhattan et dans les deux derniers (Spiderman 2 et Spiderman 3 du film du même nom) l'intégralité du quartier est visitable. "Alone in the Dark" est une série de Survival Horror dont le dernier est sorti sur Xbox 360 et PlayStation 3 est un jeu se déroulant quasi exclusivement à Central Park." The Darkness" est un Horror-FPS à univers ouvert possédant comme base deux stations du métro new-yorkais (City Hall, nouvelle et désaffectée et Fulton). Quelques quartiers de Manhattan y sont accessibles dont le Lower East Side et Chinatown. Le jeu "Prototype" s'inspire lui aussi de la ville de New York, mais seulement de l'île de Manhattan. "Deus Ex" est un jeu de rôle/FPS dont l'intrigue se déroule principalement à New York. "" est un jeu de gestion où le joueur incarne un entrepreneur qui doit faire fortune en construisant un empire commercial et résidentiel à New York. Le jeu ne fait cependant figurer que le quartier de Manhattan et Liberty Island. La région de la cinquième génération du jeu Pokémon sur consoles portables Nintendo (Unys en français, Unova en anglais) est basée sur la région de New York. En particulier, la ville principale s'inspire des gratte-ciel de Manhattan. De nombreux autres jeux et mini-jeux font référence à New York ou évoquent simplement le nom de la ville. New York apparaît également dans le jeu vidéo "Assassin's Creed". Le jeu se déroulant durant la Révolution américaine, la ville a été reproduite comme elle l'était à la fin du . Cependant, une mission, se déroulant en 2012, permet d'escalader un immeuble de Manhattan. "Assassin's Creed Rogue" se déroule également en partie à New York, cette fois-ci durant la guerre de Sept Ans. Dans le jeu "The Crew", New York est reproduit presque à l'identique, tout comme les principales villes du pays. Dans "Tom Clancy's The Division", le joueur évolue dans un New York dévasté par le chaos. Un des jeux vidéo les plus célèbres de sa génération "" a pour cadre indirect tant au début qu'à la fin, la ville de New York et plus précisément le pont George-Washington et le fleuve Hudson, en effet la cinématique d'introduction se déroule sur ce pont avant que Solid Snake, le héros principal, ne se jette sur un tanker qui traverse la rivière. La scène de fin se déroulant, quant à elle, sur la rue de Wall Street. Dans la littérature. Comme c'est le cas dans le domaine de la télévision, la ville de New York est une source d'inspiration pour de nombreux écrivains, parfois eux-mêmes originaires de la ville, qui ont soit consacré leur livre à New York, soit pris "Big Apple" comme cadre pour leur histoire. Dans la musique. La ville donne une place importante aux lieux de concerts, et entre autres aux clubs de jazz, mais l'industrie musicale a également été très inspirée par New York, ses différents quartiers, sa population, et son atmosphère particulière. La première fête de la musique ("Make Music New York") a été organisée en 2007, sous l'impulsion d'Aaron Friedman. L'édition 2009 comprend quelque inscrits qui se produisent dans plusieurs arrondissements de la Grosse Pomme. La chanson la plus célèbre est probablement "New York, New York", composée par John Kander et écrite par Fred Ebb pour Liza Minnelli, puis reprise par Frank Sinatra. Ce standard glorifie New York comme la ville de tous les possibles, magnifiant son pouvoir d'attraction sur le reste du monde. Si certains déclarent leur amour à la ville tout entière ("I Love New York" de Madonna ; "New York City Serenade" de Bruce Springsteen ; "New York" de Bryan Adams ; "NYC" du groupe local Interpol ; "An Open Letter To NYC" et "To the 5 Boroughs" des Beastie Boys ; Jay-Z et Alicia Keys dans leur titre "Empire State of Mind" ou encore "New York state of mind" de Billy Joel), d'autres choisissent de n'évoquer que certains quartiers ("Chelsea Morning", de Joni Mitchell ; "Coney Island Baby", de Lou Reed ; "Harlem", de Duke Ellington ; "Central Park West", de John Coltrane ; "Tribeca", de Kenny G), voire certaines rues ("Seventh Avenue", de Rosanne Cash ; "Positively Street", de Bob Dylan ; "Union Square", de Tom Waits ; "Avenue B", d'Iggy Pop ; "Ludlow Street", de Julian Casablancas) ou certains éléments de l'architecture new-yorkaise ("Queensboro Bridge", de David Mead ; "Times Square", de Marianne Faithfull ; "Empire State Building", de Randy Newman). D'autres encore évoquent les transports de la ville, que ce soit ses taxis ("Cabbies on Crack", de Ramones) ou son métro ("My My Metrocard", de Le Tigre ; "Subway Train", des The New York Dolls ; "Take the A Train", morceau écrit par Duke Ellington et Billy Strayhorn ; "Take the L Train (To 8 Ave.)", de Brooklyn Funk Essentials). On peut aussi évoquer ici des artistes anglais comme Sting qui a célébré "Big Apple" avec sa chanson "Englishman in New York", ou le groupe glam-rock T. Rex avec la chanson simplement intitulée "New York City" ou encore Sex Pistols avec "New York". Les Irlandais des Pogues ont également fait leur tribut à la ville, avec "Fairytale of New York", tout comme les Français Serge Gainsbourg (""), Michel Sardou ("La Java de Broadway" - "Chanteur de Jazz") et Claude Nougaro ("Nougayork"). Aussi, la vogue new-yorkaise des années 1970-1980 a vu le « déménagement » de deux Anglais célèbres à New York, tous deux sur les bords de Central Park : Mick Jagger et John Lennon. On trouve par exemple mention de New York dans la chanson "Shattered" des Rolling Stones, sur l'album "Some Girls" en 1978. Plus récemment dans les années 2000, The Strokes, groupe américain, parle aussi de leur ville dans "New York City Cops" ou encore le groupe anti-folk français Herman Dune avec "Take Him Back to New York City". Dans le domaine de la musique classique, la ville est devenue après 1945 une place importante au niveau mondial tant au niveau de la qualité des grands orchestres qui y résident comme l'Orchestre philharmonique de New York, des salles de concert comme le Lincoln Center (accueillant le célèbre Metropolitan Opera) ou le Carnegie Hall, des écoles de musique réputées comme la Juilliard School, que des compositeurs qui y ont vécu et travaillé. Parmi les plus emblématiques se trouvent Leonard Bernstein qui composa notamment "West Side Story" en 1957 en hommage à sa ville, et plus récemment les deux fondateurs du courant de musique minimaliste, Steve Reich et Philip Glass, dont le travail est très lié à New York et son dynamisme culturel depuis la fin des années 1960. Dans la bande dessinée. Alors que certains des super héros les plus importants comme Spider-Man évoluent à New York ou dans des doubles fictionnels telle la corrompue et sombre Gotham City où se déroulent les aventures de Batman ainsi que, dans une moindre mesure (car d'abord inspirée de Toronto), Metropolis de Superman, le livre-fondateur qui marqua la rupture avec ce courant qualifié d'enfantin et en cela le passage du média à l'âge adulte, à savoir "Un Pacte avec Dieu" de Will Eisner, considéré d'ailleurs comme le premier roman graphique, évoque justement le quotidien de New York et de ses quartiers de même que de nombreux ouvrages postérieurs du même auteur ("Big City", "Dropsie avenue"…). L'important passé criminel de la métropole s'avère comme en télévision ou cinéma une source importante d'inspiration de récits divers. L'histoire du crime organisé new-yorkais a ainsi été racontée en détail dans la série "Ce qui est à nous" de David Chauvel et Erwan Le Saëc. Sous l'angle parodique, Tome et Janry évoquent également cet aspect en opposant leurs héros "Spirou et Fantasio" à la mafia italienne et aux triades chinoises le temps de deux épisodes ("Spirou à New York" et "Luna fatale"). Tome y situera également son polar noir "Berceuse assassine" (dessiné par Ralph Meyer) en forme de triptyque racontant la haine que se vouent un taximen new-yorkais et son épouse cherchant à s'assassiner mutuellement. Le NYPD n'est pas en reste avec les aventures du faux pasteur mais vrai flic "Soda" dessinées par Luc Warnant puis Bruno Gazzotti et scénarisées encore par Tome). Dans un cadre fantastique, la ville version années trente sert également de décors aux aventures de "Capricorne" d'Andreas. Plusieurs événements historiques ont été racontés en bande dessinée. Ainsi, les "Draft Riots" survenues lors de la Guerre de Sécession sont évoquées dans l'album "Émeutes à New York" de la série "Les Tuniques bleues" de Raoul Cauvin et Lambil. Par ailleurs, les attentats du 11 septembre 2001 ont eux inspiré à Art Spiegelman son album À l'ombre des tours mortes. Personnalités liées à New York. Cinéma. De très nombreux acteurs, réalisateurs, scénaristes sont originaires de New York, même si la plupart des activités du septième art sont situées à Hollywood en Californie. Parmi les réalisateurs les plus célèbres, on retrouve Woody Allen, né à Brooklyn en 1935, Martin Scorsese, né à Queens en 1942, László Benedek, d'origine hongroise mais mort à New York, Stanley Kramer né à Brooklyn, Stanley Kubrick né dans le Bronx, Jerome Robbins, Herbert Ross, Oliver Stone, Spike Lee, Jerry Schatzberg ou encore George A. Romero, maître du film de zombies. Les acteurs et actrices célèbres originaires de "Big Apple" sont très nombreux. Les plus illustres sont Humphrey Bogart, Robert De Niro, Al Pacino, David Schwimmer, Jack Nicholson et Sylvester Stallone pour les hommes, Shirley Booth, Joan Crawford, Susan Hayward, Anne Hathaway, Judy Holliday, Fran Drescher, Sarah Michelle Gellar, Scarlett Johansson ou encore Jennifer Aniston pour les femmes. Physique. La ville de New York a formé de nombreux prix Nobel de physique, notamment grâce à la "Bronx High School of sciences", ainsi qu'à la prestigieuse université Columbia. Parmi les grands physiciens de la ville de New York, on retrouve Richard Feynman, Melvin Schwartz, Sheldon Lee Glashow, Steven Weinberg, Charles Harding Townes, Russell Hulse, H. David Politzer ou encore Roy J. Glauber, tous lauréats du prix Nobel. Journalisme et littérature. Le "New York Times" est l'un des journaux les plus lus et les plus prestigieux au monde. Cependant, il n'est qu'un exemple de la puissance de la presse new-yorkaise. Ainsi, de nombreux journalistes brillants sont originaires de "Big Apple" parmi lesquels William Sherman, William Safire, Joseph Lelyveld ou encore William Taubman, tous vainqueurs du prix Pulitzer, remis chaque année à Manhattan dans l'université Columbia. New York accueille aussi le siège de nombreuses maisons d'édition (telles que Penguin Random House). Musiciens. "Big Apple" est une ville monde, un carrefour des cultures et des civilisations, ce qui se retrouve dans les arts, notamment la musique, la chanson, de telle sorte que de nombreux artistes, originaires par leurs parents de différentes régions de la planète, de différents États des États-Unis sont nés, ont grandi, étudié ou habité longtemps dans la ville de New York. Comme pour d'autres domaines culturels, les styles et les influences se classent selon les courants (folk, jazz, soul, funk, rock, pop, disco, rap, dance, techno, R&B…), mais aussi selon les quartiers (Greenwich Village, Harlem, Brooklyn, le Bronx ou encore Queens). Des années 1930 aux années 1990, cette métropole fournit de nombreux artistes de réputation nationale et internationale : on pense notamment au succès du jazz, des orchestres, des clubs, des chefs d'orchestre et des solistes à partir des années 1930, surtout dans les années 1940 et les années 1950. On peut ainsi prendre l'exemple de la chanteuse et compositrice Carole King, née dans le quartier de Brooklyn, de Lou Reed des Velvet Underground, du groupe Kiss formé dans le quartier de Queens en 1972, de Barry Manilow, compositeur, chanteur, acteur, présentateur et producteur né à Brooklyn, du groupe Blondie formé à Manhattan en 1975, de The Fleshtones, formés en 1976 dans le quartier de Queens, du groupe Beastie Boys formé à Brooklyn en 1979, Barbra Streisand, chanteuse, actrice, productrice et réalisatrice née à Brooklyn, Moby, DJ et producteur de musique électronique né dans le quartier de Manhattan, tout comme les chanteuses Lana Del Rey et Lady Gaga, le chanteur Art Garfunkel né à Queens, le pianiste du groupe Blondie Jimmy Destri né à Brooklyn, le rappeur P.Diddy né à Harlem, Mobb Deep groupe de rap constitué de Prodigy et Havoc tous deux issus de Queensbridge à Queens, Jay-Z rappeur né à Brooklyn, la diva Christina Aguilera née dans le quartier de Staten Island, la chanteuse de jazz Norah Jones née à Brooklyn bien qu'elle passa son adolescence au Texas, Jennifer Lopez, chanteuse et actrice née dans le quartier du Bronx, Julian Casablancas et Nick Valensi, membres fondateurs du groupe rock The Strokes sont nés à Manhattan, la chanteuse de Soul/R'n'B et occasionnellement actrice Alicia Keys née dans le quartier de Harlem au nord de Manhattan, 50 cent (Curtis Jackson), rappeur né à Queens, Notorious B.I.G, rappeur (assassiné) né à Brooklyn, John Frusciante, guitariste des Red Hot Chili Peppers né à Queens, Tupac Shakur (2 Pac), rappeur (assassiné) né à East Harlem, Nas, rappeur né à Queens, Stretch, rappeur (assassiné) né à Queens, ainsi que les rappeurs du Wu-Tang Clan de Staten Island. On peut rajouter le groupe fondateur du mouvement punk, Ramones, formé à Queens et dont deux des membres d'origine, le chanteur Joey Ramone et le guitariste Johnny Ramone sont nés respectivement à Queens et Long Island. D'autres membres de ce groupe sont également originaires de "Big Apple" : C. J. Ramone et Richie Ramone (Queens) et Marky Ramone (Brooklyn), Amy Lee du groupe Evanescence habite New York depuis de nombreuses années. Ces artistes ne représentent cependant qu'une infime partie des chanteurs originaires de la ville. Certains ont donné de célèbres concerts à Central Park, en présence d'une foule immense ; ainsi en 1973, Carole King fit un concert gratuit en plein air qui a attiré plus de . Jumelages. La ville de New York est jumelée avec douze villes "()": Depuis 2006, ces partenariats ont été refondus au sein de « New York City Global Partners ».
NGC
Neverwinter Nights est un jeu vidéo de rôle créé par BioWare et édité par Atari Inc. en 2002. Il s’agit d’un jeu de rôle sur ordinateur se déroulant dans le monde imaginaire des Royaumes oubliés, et plus précisément dans la région de la ville de "Neverwinter" (Padhiver en français). Les règles sont inspirées du jeu de rôle "Donjons et Dragons". Le jeu. Les créateurs de la série des "Baldur's Gate" innovent avec "" en proposant un jeu de rôle en 3D axé sur le multijoueur et offrant la possibilité pour un meneur de jeu de diriger une aventure. "Neverwinter Nights" est imaginé comme le prolongement de la version papier du jeu de rôle "Donjons et Dragons" et offre, comme "" sorti en 1993, la possibilité de créer ses propres modules dans l'univers des Royaumes oubliés à l'aide de l'Aurora Toolset, un ensemble d'outils d'édition de niveaux puissants accompagné d'un langage de scripts. Le titre est un hommage à un classique de Strategic Simulations, Inc. édité par America Online : "Neverwinter Nights", le premier MMORPG graphique de l'histoire du jeu vidéo, sorti en 1991 et reposant sur le moteur de jeu Gold Box développé pour "Pool of Radiance". Les parties à plusieurs se jouent sur des modules, sortes de petits univers représentant une ville, une région, mais pas un monde complet comme sur les univers persistants classiques. Il n'était pas au début dans l'idée de Bioware de proposer des serveurs avec des modules persistants. Pourtant, dès la sortie du jeu, de tels univers ont vu le jour. La version anglaise de "Neverwinter Nights" est disponible depuis juin 2002. Depuis, deux extensions sont sorties, sous le nom de ' et '. Au-delà de l’intérêt des campagnes "un joueur", ces extensions rajoutent des éléments utilisables par l'Aurora Toolset. Une troisième extension, composée uniquement de contributions de la communauté des joueurs a été compilée et distribuée par Bioware. Cette troisième extension appelée CEP pour "Community Expansion Pack" est gratuite. Fin 2004, BioWare lance sa boutique en ligne et entreprend la distribution de "premium modules", des modules de luxe offrant un contenu plus riche que ceux distribués gratuitement par des fans : voix digitales enregistrées par des acteurs professionnels en studios, musique symphonique et artworks. L'histoire. La cité de Padhiver est atteinte par un mal étrange qui ronge son peuple : une épidémie terrible qui tue chaque jour des centaines de personnes. La "Mort Hurlante" comme on la surnomme désormais ne semble posséder aucun remède. La magie divine comme la magie profane restent sans effet, et tandis que la ville se meurt son dirigeant prend la décision de la mettre en quarantaine. Le joueur incarne un des nombreux volontaires arrivés en renfort à Padhiver juste avant sa mise en quarantaine. Au cours de sa quête à la recherche d'un remède contre la "Mort Hurlante", il aura l'occasion de parcourir de vastes contrées (principalement le Nord de Féérune), de résoudre d'astucieuses énigmes et de pourfendre une pléthore d'ennemis. Le système de jeu. Les caractéristiques. Chaque personnage possède 6 caractéristiques différentes. Trois d'entre elles font référence aux aptitudes physiques du personnage, et les trois autres aux aptitudes mentales. Au départ, elles ont une valeur comprise entre 8 et 18. Le joueur dispose de 30 points de base à répartir dans les 6 caractéristiques. Les premiers points (entre un score de 8 et 14) ne coûtent qu'un seul point de base; augmenter une caractéristique à 15 ou 16 en coûte 2, et à 17 ou 18 en coûte 3. Il est donc impossible de démarrer la partie avec de très bons scores dans plus d'une ou deux caractéristiques. Le choix de certaines races accorde en outre un bonus ou un malus aux caractéristiques, et de plus, avec l'expérience acquise par le personnage, de nouveaux points viendront s'ajouter à ceux définis au départ. Le choix de la race. Neverwinter Nights offre un choix de 7 races différentes, parmi les plus connues de Féérune. Si chacune peut progresser dans la classe de son choix, certaines s'y épanouiront de façon plus profitable que d'autres. Ils n'ont aucune classe de prédilection, et disposent de par leur polyvalence d'un bonus aux dons et aux compétences. Les Elfes font d'excellents Magiciens. Leur grâce naturelle leur offre un bonus de 2 en Dextérité, mais en parallèle un malus de 2 en Constitution. Ils bénéficient aussi d'une résistance naturelle au sommeil, aux enchantements, de la connaissance du maniement de certains arcs et épées, d'une plus grande capacité de détection ainsi que d'une vision nocturne. Les Demi-Elfes n'ont pas de classe de prédilection et leur parenté elfique leur apporte une résistance au sommeil, aux enchantements, ainsi qu'une meilleure capacité de détection et d'une vision nocturne. Les Nains font d'excellents Guerriers. Leur endurance naturelle leur apporte un bonus de 2 en Constitution, mais leur réticence sociale leur fait aussi perdre 2 en Charisme. Ils bénéficient aussi d'une résistance naturelle au poison et à la magie, d'une vision nocturne, et leur haine farouche et ancestrale envers les peuples orque et gobelin leur confère un bonus d'attaque envers ces deux races. Les Halfelins font d'excellents Voleurs. Leur petite taille leur confère un bonus de 2 en Dextérité, mais aussi un malus de 2 en Force. Ils bénéficient ainsi d'une facilité au déplacement silencieux et discret, ainsi que d'une chance naturelle (et insolente) propre à leur peuple. Les Gnomes font d'excellents Magiciens. Leur nature robuste ainsi qu'une lointaine parenté avec les Nains leur confère d'un bonus de 2 en Constitution, mais leur petite taille et leur inexpérience du combat leur impose un malus de 2 en Force. Ils bénéficient de talents naturels pour tout ce qui touche à la magie d'Illusion, et disposent comme les Nains de bonus à l'attaque face aux gobelins. Les Demi-Orques font d'excellent Barbares. Si leur grande force musculaire leur confère un bonus de 2 en Force, leur Intelligence et leur Charisme s'en trouvent diminués d'autant. Ils bénéficient aussi d'une vision nocturne. Le choix de la classe. Tous les personnages peuvent choisir l'une des 11 classes différentes. À chaque niveau, il est possible d'opter pour une autre voie, si les caractéristiques du personnage le permettent. La caractéristique principale du Guerrier est la Force, mais un bon score de Dextérité ou de Constitution lui sera tout aussi profitable. Les caractéristiques principales du Paladin sont la Force, mais aussi la Sagesse et le Charisme d'où il tirera ses pouvoirs. Les caractéristiques principales du Barbare sont la Force, et la Dextérité, mais un bon score de Constitution lui sera aussi profitable. Les caractéristiques principales du Rôdeur sont la Force et la Dextérité, mais un bon score de Sagesse lui permettra le moment venu d'appliquer efficacement quelque magie en rapport avec la nature. La caractéristique principale du Moine est la Sagesse, sur laquelle sont basées toutes ses techniques, mais un bon score de Force et de Dextérité en fera un encore meilleur combattant. La caractéristique principale du Prêtre est la Sagesse, mais un bon score de Charisme lui permettra de mieux repousser les morts-vivants. La caractéristique principale du Druide est la Sagesse, qui détermine la puissance et le nombre de ses sortilèges. La caractéristique principale du Voleur est la Dextérité, mais un bon score d'Intelligence viendra parfaire ses multiples talents. La caractéristique principale du Magicien, et vitale, est l'Intelligence. La caractéristique principale de l'Ensorceleur, et vitale, est le Charisme. La caractéristique principale du Barde est le Charisme, qui détermine l'efficacité de ses sorts et de ses chants, mais un bon score en Dextérité lui sera très utile, s'il souhaite par exemple utiliser un arc ou une arbalète. Mode multijoueurs. Si l’aventure est jouable seul, l’intérêt du jeu repose sur un mode multijoueur très riche. En effet, en plus d’offrir la possibilité de jouer l’aventure à plusieurs (en mode coopératif ou non), "Neverwinter Nights" permet à un ou plusieurs joueurs d’incarner le rôle de meneur de jeu. Ainsi à l’instar du jeu de rôle classique (sur papier), le meneur de jeu a dans "Neverwinter Nights" un contrôle quasi absolu sur le déroulement de l’aventure. Il peut modifier le scénario à tout moment pour l’adapter aux choix des joueurs, et peut par exemple faire varier le niveau de difficulté global du jeu, rendant les ennemis plus ou moins difficiles à battre. Certains modules multijoueurs se déroulent dans de véritables mondes persistants. L'éditeur : l'Aurora Toolset. Le jeu dispose en outre d'un éditeur de module extrêmement bien fourni : l'Aurora Toolset. À l'aide de l'éditeur on peut créer des lieux (bâtiments, forêts, etc.), y incorporer des personnages (PNJ, créatures, monstres, ennemis). L'ensemble étant relié par le scénario que l'esprit machiavélique du "Maître du Donjon" aura imaginé. Parmi les modules francophones, l'un des plus célèbres est "Le Bâtard de Kosigan", série de modules solo (il y en a six à l'heure actuelle) mettant en scène non pas les Royaumes Oubliés mais une Europe du avec de nombreux éléments empruntés à la fantasy.
Nicolas Miguet Nicolas Miguet, né le à Verneuil-sur-Avre (Eure), est un journaliste, homme d'affaires et homme politique français. Éditeur de lettres d'information financière, il est doté d'une réputation sulfureuse dans les milieux financiers. Il a été condamné directement ou indirectement quatre fois par l'Autorité des marchés financiers pour plus d'un million d'euros d'amendes, ainsi qu'à plusieurs reprises par la justice pour diffamation, escroquerie ou fraude à la TVA. Conseiller municipal de Verneuil-sur-Avre à deux reprises, il fonde en 1999 son propre parti, le Rassemblement des contribuables français, généralement classé comme poujadiste. Sous cette étiquette, il tente de se présenter à la présidentielle en 2002, 2007, 2012, 2017 et 2022, échouant à chaque fois à obtenir les 500 signatures. Biographie. Journaliste. En 1982, Nicolas Miguet devient journaliste tout en étant étudiant à l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1984). Pendant ses études (1980-1984), il milite au CELF, petit syndicat étudiant libéral proche des giscardiens, et est élu représentant étudiant à l'IEP. Journaliste à la rubrique économie de "La Croix", au "Journal des finances", puis à "Investir", il publie des ouvrages chez Pierre Belfond sur les montages fiscaux. Il quitte "Investir" fin 1986 et crée son entreprise en février 1987 : lancement de la lettre confidentielle "La Bourse". En , avant la chute boursière de fin octobre, il crée "Business Bourse", un hebdomadaire spécialisé. En 1988, il introduit 10 % du capital de NCM Communication au marché hors cote de la Bourse de Paris. En 1989, il crée "Le Quotidien de 89" et le mensuel grand public, "Vous et Votre Argent". En , il fonde le quotidien économique, "Le Temps de la Finance" mais le retrait de financeurs le contraint à arrêter la publication et à déposer le bilan de NCM Communication. Le tribunal de commerce cède les actifs à l'éditeur Pierre Belfond mais, par ordonnance, lui restitue sa lettre "La Bourse" avec laquelle, en , il relance son activité. En mai 1991, il lance un hebdomadaire de seize pages vendu en kiosques, "Bourse", puis l'hebdomadaire "Capital" et en le premier service Audiotel d'actualité économique et de conseils boursiers. En septembre 1994, il crée "Le Nouveau Quotidien de Paris", Sarl qui rachète "Le Quotidien de Paris" (de Philippe Tesson en liquidation depuis juillet 1994) avec le soutien du Front national. L'organe de presse dont la périodicité est devenue mensuelle voire trimestrielle cesse d'être diffusé en kiosque en novembre 1996 et se transforme pendant quelques mois en lettre politique quotidienne, proche des thèses de l'extrême droite. Le titre est vendu au début des années 2000. En février 1997, une décision du tribunal de commerce de Paris interdit à Nicolas Miguet de gérer une société pendant cinq ans, condamnation confirmée en 1999 par la cour d'appel. Propriétaire de son groupe, il nomme son ancien banquier, Nicolas Martin du Nord comme PDG. En 1999, il lance un journal intitulé "L'Hebdo : le nouveau Minute" pour récupérer le lectorat de l'hebdomadaire "Minute" en cessation de parution à la suite de la liquidation de la société éditrice. Échouant dans le rachat du fichier des abonnés de "Minute" au tribunal de commerce, il doit appeler son journal "L'Hebdo" et se consacre essentiellement à l'information boursière. "L'Hebdo", devenu "L'Hebdo-Bourse Plus" en avril 1999, refuse toute publicité des entreprises. En 2011, le magazine revendique 12 000 abonnés et verse sur l'année 800 000 euros à la société personnelle de Nicolas Miguet, la Société civile de la Tour Grise, au titre de « prestations rendues ». Activités boursières. Nicolas Miguet donne des conseils boursiers depuis 1986. Il se veut également défenseur du petit actionnaire et dénonce « le bankstérisme et la voyoucratie patronale. ». Il est le fondateur, PDG, actionnaire majoritaire (75 %), rédacteur en chef, éditorialiste et principal journaliste de la société de presse cotée au marché libre « Nicolas Miguet et Associés », spécialisée dans le conseil boursier aux particuliers par différents médias, le journal "L’Hebdo Bourse Plus", la lettre "La Bourse" où il gère un portefeuille fictif depuis 1987, un service audiotel, où il commente la séance boursière du jour et un site web commercial. L'ensemble de ces activités auraient dégagé un chiffre d’affaires de 70 000 euros en 2010 selon les comptes publiés par la société. Ses conseils et avis, qui se fondent sur l'analyse économique, sont proposés dans ses publications, et côtoient des analyses techniques développées par Mustapha Ghailane. Ils sont généralement tranchés, allant souvent à l’encontre du consensus des analystes et des publications financières. Sa stratégie d’investissement est de conseiller le plus souvent des valeurs décotées, en difficulté ou en « recovery» pour tabler sur un rebond boursier, voire une OPA. Ainsi, il recommande à partir de 2000 avec des succès variables d’investir dans des titres comme Eurotunnel, Euro Disney, Atari ou DMC. Le , disant détenir 27 % du capital d'Eurotunnel grâce à des pouvoirs, il met la direction en minorité. Selon la société ou l'Association de défense des actionnaires d'Eurotunnel (Adacte), cela serait 17%. Lors de cette AG, Charles Mackay, président, est remplacé par Jacques Maillot, ancien PDG de Nouvelles Frontières et Richard Shirrefs, directeur général, par Jean-Louis Raymond. En 2005, Nicolas Miguet crée l'ARARE (Association pour la Représentation des Actionnaires Révoltés), qu'il préside depuis, et qui affiche l'objectif de défendre les intérêts des actionnaires individuels, et de les représenter dans le cadre des assemblées générales d'entreprises cotées. L'association dit avoir près de en 2011. En 2018, l'association est présidée par Nicolas Miguet, avec pour bureau une salariée de la société de Nicolas Miguet et un dirigeant d'une autre société de Nicolas Miguet En 2011, il réunit les pouvoirs du quart des actionnaires du Groupe Belvédère, et apporte son soutien à l'équipe de direction en place. Il publie les comptes de la société sur son site 15 jours avant leur parution officielle, ce qui lui vaut des soupçons de délit d'initié. L'Autorité des Marchés Financiers le condamne à 600 000€ d'amende en 2014 pour conflit d'intérêts dans cette affaire : la commission des sanctions de l'AMF a considéré que Nicolas Miguet « n'a[vait] pas, contrairement à l'obligation qui était la sienne en sa qualité de directeur de la publication et d'éditeur de publication de presse, porté à la connaissance de ses lecteurs les intérêts significatifs qu'il avait dans l'action Belvédère ». Doté d'une réputation sulfureuse dans les milieux financiers, Nicolas Miguet est très présent sur les forums boursiers internet. Les performances et résultats supposés de ses conseils tout comme ses condamnations y font l’objet de buzz et d’innombrables échanges entre internautes. Engagement politique. En 1977, il s'engage auprès des Jeunes Giscardiens dont il devient responsable dans l'Eure. Il dirige en 1978 la campagne du député UDF Pierre Monfrais, qui est réélu. Il est élu conseiller municipal de Verneuil-sur-Avre en 1989 et 1995. Il crée en 1999 le Rassemblement des contribuables français, parti financé par appel à la générosité de ses lecteurs et sympathisants, également connu sous le sigle RCF. Ce mouvement politique milite en faveur de la baisse de la fiscalité. Pour ses détracteurs, il s'agit de poujadisme ; pour ses partisans, il s'agit plutôt de libéralisme. Nicolas Miguet a présenté, sous l'étiquette « Moins d'impôts maintenant ! », une liste aux élections européennes de 1999 qui a obtenu 1,77 % des voix. Il essaye d'être candidat à l’élection présidentielle de 2002 mais n'obtient pas les 500 parrainages, tout en prétendant y être parvenu, et dénonce une manipulation du Conseil constitutionnel. Il présente des candidats du RCF aux législatives de 2002, dont les affiches délivrent le slogan construit sur l'acronyme M.I.G.U.E.T. : « Moins d'impôts, gérer utilement, l'emploi pour tous ». Le , il se déclare candidat à l’élection présidentielle de 2007, se voulant « apporteur d'idées et de talents » pour « toute future majorité de droite ». Son but est de . Il doit renoncer le , reconnaissant ne pas avoir les parrainages nécessaires. Il déclare avoir eu 476 promesses de parrainage, mais que de nombreux maires se sont rétractés après sa mise en examen pour détournement de parrainages. Il appelle alors à voter François Bayrou. En 2007, il annonce plus de 400 candidats RCF aux législatives, mais après l'affaire des « faux guides officiels », il n'y en a finalement qu'un, dans la première circonscription de l'Allier (ce dernier, le docteur Hugues Auvray, obtient 0,45 % des suffrages). En 2011, il annonce son intention de présenter sa candidature à l'élection présidentielle de 2012. Il ne réussit pas à atteindre le seuil des 500 parrainages, indiquant au soir du dépôt des candidatures n'en avoir recueilli que 491. En 2013, il se porte candidat à l'élection législative partielle de la troisième circonscription de Lot-et-Garonne à la suite de la démission de Jérôme Cahuzac. Il obtient le score de 0,42 %. En 2014, lors des élections municipales, il est présent sur la liste de son frère, Christophe Miguet, sur la commune de Verneuil-sur-Avre. La liste recueille 7,69 % des voix, ce qui ne lui permet pas d'être élu au conseil municipal. Il est également candidat aux élections départementales l'année suivante, éliminé dès le premier tour avec 4,23 % des suffrages exprimés. Le , à Bagnolet, il participe au banquet anniversaire des 65 ans du journal d'extrême-droite et antisémite "Rivarol". En 2017, il se porte à nouveau candidat à l'élection présidentielle, mais ne recueille que 15 parrainages. Candidat aux élections législatives de la même année, il obtient 2,58% des suffrages au premier tour. En 2021, il se présente aux élections départementales dans le canton de Verneuil d'Avre et d'Iton et obtient 12,16% des suffrages exprimés au premier tour. Il est de nouveau candidat à l'élection présidentielle de 2022 et tente de recueillir les parrainages nécessaires en expédiant des paquets de chips Belsia d’un producteur fermier, comme exemple de la capacité de la Ferme France à briller, aux maires. Controverses et démêlés judiciaires. Ses soutiens affirment qu'il serait victime d'un « complot politico-médiatique » (redressements fiscaux, tracasseries administratives, etc.), en raison de ses critiques et prises de positions sur la politique fiscale (dénonciation des gaspillages publics et de la corruption) et le monde bancaire. Ses détracteurs et la presse dénoncent son côté poujadiste, affairiste, une forte tendance au gouroutisme et le mélange des genres entre ses activités boursières et politiques. Ils affirment que les performances boursières affichées de ses conseils seraient largement surévaluées et l'accusent de manipulation de cours afin de s'enrichir au détriment de ses clients. En 1997, il est interdit de gérer une entreprise pour cinq ans à la suite de sa condamnation pour fraude fiscale et faillites douteuses. En 1999, il est condamné en appel à huit mois de prison avec sursis pour « banqueroute, escroquerie et faux en écriture », après un mois de détention provisoire. Le , le tribunal correctionnel de Paris le condamne à de dommages-intérêts, pour avoir diffamé Jacques Cheminade, candidat concurrent à l'élection présidentielle de 2002. Le tribunal relève la « mauvaise foi caractérisée » de Nicolas Miguet affirmant sans preuve dans son journal que M. Cheminade « anime un mouvement classé comme secte […] et plusieurs fois mis en cause par la justice », qu'il a « un très lourd casier judiciaire comme profession de foi ». Ce casier a été présenté vierge au tribunal par Jacques Cheminade. En , une information judiciaire à son encontre fait suite à une plainte contre X avec constitution de partie civile déposée par l’ancienne direction d'Eurotunnel. Elle porte sur les délits présumés de « diffusion de fausses nouvelles » et de « manipulation de cours » à but spéculatif. Ceci fait suite aux conseils d'achat donnés à ses clients alors qu'il revendait ses titres au même moment. En , il est condamné par le tribunal de grande instance de Paris à de dommages-intérêts pour des propos diffamatoires et injurieux tenus entre août et à l'égard du directeur général d'Eurotunnel, Richard Shirrefs. Le , le tribunal de grande instance de Paris le condamne à verser de dommages-intérêts au PDG du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault pour diffamation et insultes sur son service de conseils boursiers par téléphone. Le , la cour d'appel de Rouen le condamne, comme dirigeant de la société anonyme « Nicolas Miguet », à six mois de prison avec sursis, trois ans de mise à l'épreuve et d'amende pour fraude à la TVA. En 1999, il avait soustrait à l'État par application illégale du taux de TVA réduit (5,5 % et 2,1 %) au lieu du taux normal (20,6 %). Le , le Conseil constitutionnel met en garde les élus contre de « faux documents officiels » envoyés par Nicolas Miguet dans plusieurs départements préconisant notamment d'envoyer les parrainages à une adresse du 8 arrondissement de Paris « RF République Française - Opération parrainage 63, bd de Courcelles - 75008 Paris » qui est l'adresse du RCF dirigé par N. Miguet. Un candidat à l'élection présidentielle, Gérard Schivardi, annonce des poursuites pour diffamation, ce « guide officiel » contenant de fausses informations sur sa carrière politique. Le , la brigade de répression de la délinquance aux personnes, sur instruction du parquet, place M. Miguet en garde à vue. Il est mis en examen pour « tentative de détournement d'acte ou de titre remis à une personne dépositaire de l'autorité publique » et « fabrication, vente, distribution d'imprimés officiels de nature à causer une méprise dans l'esprit du public ». Le , Nicolas Miguet est condamné à d'amende par l'Autorité des marchés financiers (AMF). Ceci fait suite à une plus-value de , réalisée sur les titres de la société "Le Bélier". L'AMF lui reproche d'avoir acheté en environ au prix de environ, d'avoir ensuite conseillé à l'achat ce titre dans sa publication "La Bourse", et d'avoir revendu ces actions environ en avril. Le principal grief fait par l'AMF est le manque de loyauté vis-à-vis de ses clients : . Nicolas Miguet a fait appel mais, par un arrêt du , la cour d'appel de Paris l'a débouté de l'ensemble de ses demandes. En , il appelle à la manifestation "Jour de colère". Sa participation à cette journée a été rappelée tout au long des municipales parisiennes, Miguet apportant son soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet. Patrick Klugman, avocat de SOS racisme et conseiller de Paris PS, dénonce ainsi les « fiançailles » de la candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet, avec l'homme d'affaires, Nicolas Miguet, président du Rassemblement des contribuables français (RCF), qu'il qualifie d'« affairiste en affaires et poujadiste en politique ». Miguet dément un accord avec NKM, ainsi que son appartenance au mouvement Jour de colère. Le , la Commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) annonce avoir infligé une amende de 150 000 euros à l'entreprise d'informatique "Prologue" et une autre de 100 000 euros à la société éditrice de publications financières "Le Quotidien de Paris Editions", dirigées par Nicolas Miguet. "Le Quotidien de Paris Editions" a été épinglé pour avoir recommandé d'investir dans "Prologue" sans dévoiler ses liens commerciaux avec elle. Selon la Commission des sanctions, « ces liens étaient susceptibles de constituer un conflit d'intérêts significatif ». Son amende est cependant inférieure aux 700 000 euros requis. Le , la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) annonce avoir infligé une amende de 200 000 euros à Nicolas Miguet et de 800 000 euros à la société « Le Quotidien de Paris Editions », qu’il détient indirectement à plus de 99% via sa holding personnelle, « Nicolas Miguet et Associés ». En cause: deux articles conseillant d’investir dans "« "une société spécialisée dans la conception et la commercialisation de dispositifs et d’outils de biopsie optique" »" que la Commission des sanctions a considéré devoir être considérés comme des « recommandations d’investissement » au sens du droit européen. Or, le droit européen impose des mécanismes de prévention des conflits d’intérêt qui n’ont pas été respectés. En effet, "« "préalablement à la publication de la première recommandation d’investissement, les sociétés Le Quotidien de Paris Editions et Nicolas Miguet & Associés ont acquis 125 000 titres de cette société, et (…) postérieurement à la publication de cette première recommandation, ces deux sociétés ont chacune vendu 50 000 titres, de sorte qu’elles disposaient encore, lors de la publication de la seconde recommandation, de 75 000 titres" »." La Commission des sanctions a également considéré que la publication de ces deux articles devait être considérée comme une manipulation de cours. Vie privée et famille. Divorcé, Nicolas Miguet a six enfants, dont une petite fille morte dans un accident domestique des suites d'un empoisonnement au monoxyde de carbone.
New Deal Le (« Nouvelle donne » en français) est le nom donné par le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt à sa politique mise en place pour lutter contre les effets de la Grande Dépression aux États-Unis. Ce programme s'est déroulé entre 1934 et 1938, avec pour objectif de soutenir les couches les plus démunies de la population, réussir une réforme innovante des marchés financiers et redynamiser une économie américaine meurtrie depuis le krach de 1929 par le chômage et les faillites en chaîne. On distingue communément deux : le premier, marqué notamment par les « Cent jours de Roosevelt » en 1933 visait à une amélioration de la situation à court terme. On y retrouve donc des lois de réforme des banques, des programmes d'assistance sociale d'urgence, des programmes d'aide par le travail, ou encore des programmes agricoles. Le gouvernement réalisa ainsi d'importants investissements et permit l'accès à des ressources financières à travers diverses agences gouvernementales. Les résultats économiques furent mitigés, mais la situation s'améliora. Le « Second » s'étala entre 1935 et 1938, mettant en avant une redistribution des ressources et du pouvoir à une échelle plus large, avec les lois de protection syndicales, le , ainsi que des programmes d'aide pour les et les travailleurs itinérants. Cependant, la Cour suprême jugea de nombreuses réformes inconstitutionnelles, et certaines parties des programmes furent rapidement remplacées, à l'exception de la . Le second fut bien plus coûteux que le premier, et creusa le déficit public. Par ailleurs, malgré des programmes comme la , le chômage touchait encore 11 millions d'Américains en 1938. De nombreux programmes du restent toujours actifs, dont certains qui ont gardé leur nom originel : on peut ainsi citer la (FDIC), la (FHA), la (TVA), mais aussi le , première expérience d'État-providence aux États-Unis ainsi que la dans le domaine de la régulation financière. Les origines du New Deal. La Grande Dépression des années 1930 et le krach de 1929. La Grande Dépression, considérée comme l'une des plus grandes crises économiques du , débuta le jeudi avec le krach de "Wall Street" qui fit d'abord plonger les cours du "New York Stock Exchange" avant de toucher progressivement (sous les effets de domino et de contagion) tous les secteurs, puis par la suite tous les pays industrialisés, à l'exception de l'URSS de Staline (qui vivait en autarcie). Les États-Unis, « pays d'origine » de la crise, furent logiquement les premiers touchés pendant les années qui suivirent le krach, jusqu'à un point bas atteint en 1932, avec notamment un taux de chômage de 25 %. Le fait est que l'économie américaine souffrait de divers déséquilibres, notamment dans la répartition des richesses et des ressources : on estime que trente-six familles riches possédaient des revenus égaux à ceux de 42 % de la population. En outre, sur 27,5 millions de familles, 21,5 ne possédaient aucune épargne. Le désépargne des ménages américains est une constante qui existe même en dehors de la Grande Dépression. Il s'explique moins par la concentration des revenus que par l'effet de richesse. Lorsque le patrimoine augmente, les ménages préfèrent s'endetter pour consommer encore plus plutôt que d'épargner (et réduire leur patrimoine). La situation financière était également préoccupante : face aux nombreuses demandes des épargnants, les banques se trouvèrent désemparées. Les faillites d'établissements bancaires commencèrent alors à se multiplier. D'autre part, les fonds des banques, investis dans la spéculation, diminuèrent progressivement. Par effet de contagion, et en raison des tensions déflationnistes portant sur les produits agricoles, les "farmers" connurent des difficultés : 15 millions de paysans étaient au bord de la ruine. Dans le domaine de l'industrie, la crise se manifesta par une surproduction, et des faillites d'entreprises. La débâcle de Hoover. Au moment où la crise éclata c'est Herbert Hoover qui était président des États-Unis. Contrairement à ce qui a été dit, en particulier par son futur rival, Franklin D. Roosevelt, Hoover n'était pas un "do nothing", c'est-à-dire quelqu'un qui ne fit rien pour endiguer la crise. Cependant, la politique menée par Hoover fut un échec, comme le montrent les conséquences de l'adoption de la loi protectionniste Hawley-Smoot qui provoqua une récession. Sa volonté d'encourager les milieux d'affaires fut également un échec patent : le pays s'enfonça dans la récession et les faillites se multiplièrent. En 1932, les deux candidats à la présidence organisèrent leur campagne : Hoover le républicain affronta le démocrate Franklin D. Roosevelt, qui s'était fait une notoriété en tant que gouverneur de New York. Roosevelt, qui inspirait confiance, remporta largement l'élection avec 57,4 % des voix du vote populaire et 89 % des voix des grands électeurs. Ses promesses de relance séduisirent les Américains : quatre mois après son élection, le "New Deal" débuta. Un nouveau président audacieux. Le , Roosevelt promit dans un discours de sa campagne électorale « une nouvelle donne pour le peuple américain » : il prononça pour la première fois l’expression "New Deal" lors de son discours à la Convention démocrate de Chicago en 1932. Trente ans auparavant, Theodore Roosevelt, son lointain cousin, avait initié un « "Square Deal" », programme national visant à soutenir la classe moyenne. Ce « "Square Deal" » était alors le nom donné par Roosevelt et ses associés aux politiques de son administration. En cela, il aurait inspiré Franklin D. Roosevelt. En fait, Franklin Delano Roosevelt était intéressé par le contraste entre Théodore Roosevelt et Woodrow Wilson : . En 1927, un certain nombre de libéraux américains : John Dewey, Stuart Chase, Rexford Tugwell, visitèrent l’URSS de Staline. Tugwell qui devait plus tard être membre du "Brain Trust" de F.D. Roosevelt puis l'adjoint d'Henry Wallace à l'agriculture, fut intéressé par la planification comme instrument de régulation économique. En réalité, si l'URSS fut peu affectée par la crise, c'est parce qu'elle n’avait pas connu le boom des années 1920 et que ses échanges commerciaux avec « l'Ouest » étaient réduits. Roosevelt considéré comme un progressiste et un réformiste fut élu à une large majorité avec l'espoir qu'il saurait faire face à la crise économique là où Herbert Hoover avait échoué. Cependant, il arriva au pouvoir sans avoir de plan préconçu pour sauver l’économie de son pays. Son « "New Deal" » n'était pas idéologique, mais plutôt pragmatique, ce qui conduisit à quelques contradictions. Il y appliqua des idées expérimentées pendant la période progressiste de Wilson et se servit de ses expériences politiques acquises pendant les années 1920. L'idée centrale de Roosevelt est l'expérimentation : il était persuadé de la nécessité de mener une politique audacieuse et novatrice. Il remarqua également que l'une des principales priorités était de remonter le moral des Américains, en proie au doute face à la généralisation de la crise à toute l'économie. Le , son discours d'investiture resta empreint de lieux communs, tout juste se contenta-t-il de mettre en garde les Américains contre un excès de pessimisme. Il prononça ainsi une phrase devenue célèbre : (). Pour mener à bien sa politique, il s'entoura de conseillers brillants et imaginatifs qui le suivirent à Washington. On peut notamment citer Raymond Moley, Adolf Berle, Cordell Hull (Affaires étrangères), Henry Wallace (Agriculture), Frances Perkins (Travail), première femme à accéder à un poste ministériel aux États-Unis. Harry Hopkins, l'un de ses plus proches conseillers, fut d'ailleurs l'un des architectes du "New Deal". Il fut même considéré par la suite comme son éminence grise. Les grandes lignes du "New Deal". Certains historiens distinguent deux ou trois "New Deals". L'analyse qui privilégie deux "New Deals" considère que le premier correspond au premier mandat de Roosevelt (ce qui inclut les « Cent Jours » dans le premier "New Deal") et que le second correspond à la période 1936-1938, durant le second mandat. Dans la seconde analyse qui distingue trois "New Deals", le premier correspond aux « Cent Jours » (entre le 9 mars et le ) et comprend un grand nombre de mesures en faveur de la monnaie et du système bancaire en général, de l'agriculture, de l'industrie et de la lutte contre le chômage. Le deuxième "New Deal" débuta en novembre 1934 et correspond à la période 1936-1937. Le troisième, qui n'est pas toujours considéré en tant que tel (on le rattache parfois simplement au second "New Deal") est appliqué en 1937 et en 1938. Cependant, la politique de Roosevelt dans les années 1930 se caractérisa par plus de continuités que de ruptures radicales. Volontarisme et interventionnisme. Roosevelt remporta l'élection grâce à ses promesses de changement qui reposaient sur une politique volontariste et interventionniste. Ainsi, l'État fédéral joua un rôle essentiel dans le "New Deal" en mettant à la disposition des Américains de nombreuses agences, rattachées pour la plupart à des programmes aux natures et aux fonctions variées : les "farmers" bénéficièrent d'aides et de subventions conditionnées par une diminution de leur production, les entreprises furent sommées d'adopter un « code de bonne concurrence » afin de redynamiser le tissu industriel et de réduire la « concurrence destructrice ». Enfin, l'État s'attaqua également aux problèmes d'ordre social avec la question des retraites, des syndicats et surtout du chômage qui fut tout au long des années 1930 l'un des marqueurs les plus visibles de la crise. Des nombreux programmes visant à créer des emplois furent ainsi lancés dès 1933, et les réformes s'enchaînèrent très rapidement. Le "New Deal" vit également l'apparition des premières formes d'État-providence aux États-Unis. Comment réguler l’économie ? Dans l’entourage de Roosevelt deux façons de réguler l’économie se sont en partie confrontées. D’un côté en honneur chez les juristes et intellectuels de l’Est. Louis Brandeis et Felix Frankfurter, un juriste formé à Harvard, en étaient les plus éminents représentants auprès de Roosevelt. L'économie brandésienne se méfiait des et préconisait . Louis Brandeis, son fondateur, avait été le conseiller de Woodrow Wilson et tous deux étaient tombés d’accord sur le fait que . Pour Brandeis, les règlementations devaient viser à maintenir la concurrence en limitant la taille des entreprises. D’une manière générale (selon Arthur Schlesinger) Brandeis estimait que . Rexford Tugwell, Adolf Augustus Berle, Hugh S. Johnson et Raymond Moley se situaient à l'opposé du courant précédent. Ils inspirèrent pour partie la doctrine du premier "New Deal". Celle-ci insistait sur le fait qu’ et que . L’accent était davantage mis sur l’administration de l’économie que sur la production. Si Moley avait été influencé par Théodore Roosevelt, Tugwell avait lui subi l’influence d’un institutionnaliste, Simon Patten, qui avait été son professeur à "Wharton School". Pour lui le dirigisme gouvernemental devait être plus poussé que pour Raymond Moley. Ce courant fut influent notamment à l’"Agricultural Adjustment Administration" (AAA) avec Rexford Tugwell et à la NRA qu’administra Hugh S. Johnson. Ces programmes, outre qu’ils étaient souvent en contradiction avec la vision du courant brandeisien, impliquaient également un certain repli protectionniste, ce qui amena l’opposition de Cordell Hull qui avait toujours été un partisan de l’ouverture économique et du libre-échange. L’influence des membres clés de ce courant décline assez vite. Raymond Moley quitte les sphères d’influence vers la mi-1933, Hugh S. Johnson la NRA en pour rejoindre la "Works Progress Administration", Rexford Tugwell devient en 1934 chef de la "Resettlement Administration" puis quitte en 1937 la sphère gouvernementale. Il occupera par la suite divers postes dont celui de gouverneur de Porto Rico de 1942 à 1946. Les « Cent Premiers Jours ». Des réformes dans l'urgence. On fait souvent référence, pour parler de la période initiale du "New Deal", aux « Cent Jours » qui ont correspondu à l'adoption de nombreuses lois liées à divers domaines de l'économie américaine. Conformément à la méthode empirique de Roosevelt, reposant sur les 3 R : « "Relief, Recovery and Reform" » ("Aide Sociale, Reprise et Réforme"), la plupart des mesures furent prises rapidement, pour parer au plus pressé. Ainsi, le lendemain de son "Inauguration Day", célébré le , Roosevelt lança sa première mesure, et décida d'une fermeture exceptionnelle de toutes les banques du pays : ce fut le "United States bank holiday". Le 9 mars, c'est-à-dire quatre jours plus tard, le Congrès fut appelé à siéger : la première loi proposée par son administration concernait les établissements bancaires ; rédigée dans la nuit, elle fut présentée au Congrès à midi et ratifiée le soir même, à 21 heures. Le 12 mars, Roosevelt s'adressa à la nation à la radio, dans le but d'expliciter sa politique et ses objectifs. Partant de là, quinze autres lois furent votées au cours des « Cent Jours » qui constituèrent l'épisode le plus important du premier "New Deal". Il s'agissait avant tout de projets plus ou moins improvisés visant à améliorer la situation à court terme. Les réformes concernèrent tous les secteurs, de l'agriculture à l'industrie, notamment par le biais de programmes de grands travaux. En parallèle, des projets de lutte contre le chômage virent le jour, comme la "Civilian Conservation Corps" qui mobilisa jeunes. En définitive, deux millions de personnes y furent recrutées. Les réformes structurelles. Une réforme de fond du secteur bancaire et monétaire. Sa victoire écrasante aux élections présidentielles de 1932 mais également celle du Parti démocrate aux élections du Sénat et de la Chambre des représentants de la même année ainsi que la gravité de la crise permirent à Roosevelt et à son administration d’exercer une grande influence sur le Congrès durant les premiers mois de son mandat. Cela rendit facile et rapide l’adoption d’une série de mesures destinées à rétablir l’équilibre du système bancaire, du marché financier et à aider les chômeurs. D'emblée, Roosevelt mit en cause les pratiques des hommes d'affaires et les banquiers dans une phrase restée célèbre : : . La mesure du "United States bank holiday" visait à rétablir la confiance, jusqu'à la ratification d'une nouvelle loi, l'"Emergency Banking Act" voté le 9 mars, qui imposa que seules soient rouvertes les banques ayant passé avec succès un examen de leur solvabilité, examen placé sous le contrôle du département du Trésor des États-Unis. Trois quarts des banques rouvrirent ainsi dans les trois jours qui suivirent l'adoption de la loi. Des milliards de dollars composés de monnaie et d'or tenus jusque-là cachés retournèrent alors dans les banques, permettant une stabilisation du système bancaire. Au cours de toute l'année 1933, plusieurs milliers de banques fermèrent leurs portes, et fusionnèrent pour donner naissance à de plus grands établissements (les dépositaires touchèrent ainsi environ pour chaque dollar épargné). Dans le but de prévenir les crises futures, le gouvernement mit en place la "Federal Deposit Insurance Corporation" au mois de juin, ce qui permit d'assurer les dépôts des déposants dans la limite de dollars. Le premier "New Deal" vit également la mise en place de la "Securities and Exchange Commission", créée par le "Securities Exchange Act", initié durant les « Cent Jours », la réforme jugée la plus importante de l'histoire boursière. Pour apaiser en partie le monde de la finance, Roosevelt nomma à la tête de la SEC Joseph Kennedy, un connaisseur de "Wall Street". Aux mois de mars et d'avril, dans une série de lois et d'ordres exécutifs, Roosevelt et le Congrès firent sortir le dollar de l'étalon-or, qui imposait que la Fed ne diminue pas les taux d'intérêt, et même au contraire qu'elle les augmente afin de protéger le dollar. Trois textes fondateurs participèrent à ce mouvement : l'"Emergency Banking Act", l'"Executive Order 6102" et le "Glass-Steagall Act". Ces trois textes sont considérés par les conservateurs comme une atteinte au droit de propriété et comme des attaques importantes contre la constitution : toute personne détenant une somme importante d'or fut ainsi sommée de l'échanger contre des dollars à un taux fixé. Passé un certain délai, le gouvernement put exiger la restitution de l'or sans contrepartie. En outre, l'or perdit son cours légal dans le règlement des créances et des dettes à la même époque. Les contrevenants se virent même parfois sanctionnés par des amendes. Dès lors, le dollar put fluctuer librement sur le marché des changes, sans contrepartie en or. Ce n'est qu'en 1934 que l'or redevint convertible, à un prix nettement inférieur au précédent. Globalement, les marchés réagirent bien à l'abandon du "Gold Standard (l'étalon-or)", même s'il ne devait être que provisoire au départ. Le point bas économique de la crise fut atteint en mars 1933 (le moment à partir duquel le PIB commence à reprendre sa tendance haussière). L'historien note ainsi que la plupart des indices indiquent une aggravation de la situation jusqu'à l'été 1932 qui peut être considéré comme le point bas de la crise, sur le plan économique comme psychologique. Les indicateurs économiques indiquent un point bas au cours des premiers jours de , avant que ne débute une reprise rapide. L’"Agricultural Adjustment Act" (A.A.A.). Sur les recommandations d’Henry Wallace, l’administration Roosevelt entreprit également de protéger les agriculteurs contre les aléas du marché en distribuant des subventions fédérales et en contrôlant la production via l’AAA, dont un des architectes fut Rexford Tugwell. Le , l’"Agricultural Adjustment Act" entra en vigueur. On décida ainsi de réduire la production pour faire remonter les cours agricoles selon le schéma simple de la loi de l'offre et de la demande. Pour cela une grande partie des récoltes et des réserves furent détruites ou laissées en friche, et la réduction des surfaces cultivées fut encouragée par une politique d'indemnisation, financée notamment par l'ajout de taxes appliquées au circuit de traitement de la nourriture. Les premiers résultats, observés au bout de trois ans, furent encourageants, puisque le revenu des agriculteurs augmenta. Aussi, l’interventionnisme étatique dans le secteur primaire fut amorcé. Mais malgré cette mesure, les prix agricoles n'augmentèrent que très légèrement, et la hausse constatée des revenus des agriculteurs ne résulta pour une large part que des subventions accordées par le gouvernement fédéral. En parallèle, Roosevelt s'attaqua au problème de l'endettement alors que 15 millions d'agriculteurs américains étaient proches de la ruine. Les dettes des "farmers" furent ainsi rééchelonnées (en baissant les sommes payées à la fin de chaque période et en augmentant le nombre de périodes) via le "Farm Credit Act", , ce qui permit de donner du pouvoir d'achat à environ 30 millions d'américains. Le bien-fondé de ce type de politique, qui allait jusqu'à subventionner les agriculteurs acceptant de brûler tout ou partie de leurs récoltes, fut cependant contesté par , qui considéraient que dans le but d'atteindre un objectif en termes d'emplois, et de prix, le gouvernement effectuait une destruction effective de richesse, dont les contreparties furent, à leur sens, insuffisantes pour la justifier. Certains historiens tels Cushing Barry rapportèrent plus tard que les consommateurs ne supportèrent pas la hausse des prix, et la politique de limitation de production forcée. Un sondage du "Washington Post" rapporta même que la majorité des Américains étaient opposés à l'AAA. Le "National Industrial Recovery Act" (NIRA). En matière industrielle, le "National Industrial Recovery Act" (« loi de redressement industriel national ») fut approuvé par le Congrès en 1933, pour instaurer deux types de réformes. D'une part, il encouragea les industriels à signer des codes de concurrence loyale, et d'autre part, il accorda aux ouvriers la liberté de se syndiquer et de négocier des conventions collectives. La loi créa en même temps un organisme de régulation, la "National Recovery Administration" ou NRA, qui encouragea l'adhésion des sociétés. Les firmes qui suivirent volontairement ce code avaient la possibilité d'afficher un logo en forme d'aigle bleu ("Blue Eagle"), symbole de leur adhésion au programme. La NRA contribua également à créer des emplois afin de lutter contre le chômage. Le NIRA fut fortement soutenu par de nombreux hommes d'affaires de premier plan, qui participèrent même pour certains à sa rédaction. , le patron de General Electric, fut d'ailleurs l'un des premiers défenseurs de la loi, qui légalisa les cartels et encouragea le gouvernement à entreprendre de nombreux travaux publics. Ces dépenses accrues visaient au retour de la prospérité et des profits pour GE comme les autres entreprises. Harry Harriman, président de la "United States Chamber of Commerce", fervent supporter de la mesure expliqua qu'il s'agissait de l'un des pas les plus importants vers la réhabilitation des affaires. Au contraire, l'association nationale des fabricants ("National Association of Manufacturers") s'opposa vivement au projet. Henry Ford devint ainsi l'un de ses principaux détracteurs par la suite. La "National Recovery Administration" avait quant à elle pour mission de stabiliser les prix et les salaires en coopérant avec les entreprises et les syndicats. Elle fut administrée dans un premier temps par Hugh S. Johnson. Ensuite, elle créa la "Public Works Administration" (PWA), qui devait contrôler la mise en œuvre de la politique de grands travaux publics. Toutes ces dispositions furent saluées par le patronat et les syndicats ; elles furent populaires pour l'ensemble des Américains. La politique de relance et d'aide sociale. L'action budgétaire. Deux autres initiatives législatives majeures furent prises par Roosevelt au cours des « Cent Jours ». La première fut une loi, l’"Economy Act", conçue par le secrétaire au Budget, Lewis Douglas. Elle fut approuvée le . La loi, qui considérait deux budgets différents, le budget régulier, et le budget d'urgence imposait d'équilibrer le budget régulier, en réduisant notamment le salaire des fonctionnaires, et en diminuant les retraites des vétérans de 40 %. La seconde initiative fut quant à elle une révision constitutionnelle, relative à la Prohibition, imposée aux États-Unis par le dix-huitième amendement en 1919. Le , la loi Volstead ("Volstead Act") sur la prohibition de l'alcool fut ainsi abrogée : le amendement de la Constitution, approuvé au Congrès annula donc la prohibition de l’alcool. Les premiers programmes de lutte contre le chômage. La lutte contre le chômage mobilisa également l'administration Roosevelt dès les mois qui suivirent son entrée en fonction. Roosevelt s'intéressa dans un premier temps à la question des chômeurs les plus nécessiteux : il créa ainsi la "Federal Emergency Relief Administration" (FERA) qui permit de soutenir financièrement les programmes d'aide aux chômeurs des divers États. Mais Roosevelt pensait que pour redonner confiance aux Américains, il ne fallait pas se contenter de simples aides sans contreparties mais les remettre au travail. Plusieurs programmes virent ainsi rapidement le jour. Conscient du fait que les jeunes représentaient potentiellement de futurs propriétaires et que leur propension à tomber dans la délinquance ou la pauvreté était plus élevée, Roosevelt créa la "Civilian Conservation Corps" (« Corps Civil de Protection de l'environnement »), financée par des bons du Trésor, le . Elle permit, grâce à des travaux de reboisement, de lutte contre l'érosion et les inondations, l'embauche de milliers de jeunes chômeurs dans tout le pays : emplois furent créés pour les 18-25 ans, et en huit ans, le CCC garantit un salaire mensuel de à près de deux millions de jeunes hommes. De même, les premiers programmes de grands travaux virent également le jour en 1933. Le plus célèbre, la "Tennessee Valley Authority" (TVA), s'employa à la construction de barrages en vue d’aménager le territoire de la vallée du Tennessee, à limiter les inondations, à augmenter la production hydroélectrique tout en fournissant des emplois aux chômeurs. Il visait également à rendre plus attractive cette zone des États-Unis en pleine déprise. Ce programme concerna finalement sept États. Le bilan des Cent Jours. Les « Cent Jours » furent caractérisés par d'importantes dépenses budgétaires engagées dans les divers programmes gouvernementaux. Dès 1931, le budget fédéral était déficitaire du fait des réformes de Herbert Hoover. Cependant, il ne retrouva pas l'équilibre pendant toute la durée du "New Deal". En 1933, le budget afficha ainsi un déficit de 1,3 milliard de dollars. Au demeurant, le premier "New Deal" ne fut pas le plus coûteux : en 1936, le déficit atteignit 3,5 milliards de dollars. Les Cent Jours ont essentiellement reposé sur des mesures d'urgence, visant à réaliser deux objectifs ambitieux : la reprise économique d'une part et un retour à la confiance de la population américaine d'autre part. L'objectif de reprise économique n'a été que très sommairement atteint. En effet, du fait de résistances nombreuses de la part d'une partie du patronat ainsi que de certains fermiers en dépit des mesures qui leur ont été accordées, la reprise fut très lente. D'autre part, le chômage se maintient à un niveau très élevé et concernait toujours 24,9 % de la population en 1933. En revanche, ce premier "New Deal" fut une réussite sur le plan populaire et pour le retour de la confiance : l'assainissement de la situation bancaire permit aux Américains de déposer à nouveau leur épargne dans les banques. D'autre part Roosevelt bénéficia d'un véritable « état de grâce », au Congrès d'une part, mais également auprès de la presse qui soutint son action. Ce bilan en demi-teinte provoqua malgré tout des mécontentements, surtout quelques mois après la fin du premier bloc de réformes, début 1934. La contestation toucha même le camp démocrate, où les partisans originels du "New Deal" montrèrent des signes d'impatience. Ainsi, le sénateur démocrate de Louisiane Huey Long regroupa les mécontents du Sud et du "Midwest" et lance le mouvement "Share and Wealth" pour contrer Roosevelt. Dans la banlieue de Détroit, Charles Coughlin, prêtre catholique, connu pour son influence à la radio avec 40 millions d'auditeurs utilisa un discours démagogique et fonda son propre mouvement politique, profondément anti-"New Deal" et xénophobe. Ce furent ensuite les milieux d'affaires, composés d'industriels capitalistes comme de démocrates parmi les plus conservateurs qui accusèrent Roosevelt de défendre un programme socialiste. Le président ne désarma pas pour autant. Les élections législatives de 1934 renforcèrent au contraire la majorité démocrate, et le confortèrent dans ses options. L'accent fut cette fois-ci plus mis sur la satisfaction des mécontents, mais la volonté de rechercher des solutions demeura. Le second "New Deal" mit en conséquence davantage l'accent sur l'aspect social. De la politique économique à la politique sociale : d'un "New Deal" à l'autre. Alors que les cent premiers jours virent la mise en place de mesures visant à la stabilisation de l'économie américaine qui toucha son point bas en 1932, les diverses mesures mises en place au cours de la fin du premier "New Deal" (fin , 1934) puis au cours du second "New Deal" correspondirent davantage à la volonté de redonner confiance au peuple américain, frappé notamment par le chômage. C'est donc à partir de ce moment qu'apparurent les premiers programmes nationaux de lutte contre le chômage, et que se mirent progressivement en place les bases de l'interventionnisme de l'État notamment en matière de retraites, de conditions de travail avec en particulier l'élargissement des prérogatives syndicales, et enfin en matière d'aide sociale pour venir en aide aux plus démunis. L'aspect économique du "New Deal" céda ainsi progressivement sa place à la question sociale. Cependant, cette nouvelle priorité donnée à la population américaine victime de la crise s'accompagna d'une volonté de stabiliser et de consolider les systèmes bancaires (dépôts et crédits) et monétaires dans le prolongement des réformes profondes qui marquèrent les « Cent Jours ». Les moyens qui furent mis en place pour accomplir cet objectif jouèrent un rôle essentiel dans la fin de la Grande Dépression. Les grands programmes de lutte contre le chômage. Les cent premiers jours virent déjà la mise en place des premiers programmes en faveur de l'emploi, et visant à réduire les taux de chômage. Ainsi, la "Federal Emergency Relief Administration" issue de la "RFC" ou la "Civilian Conservation Corps" permirent la création d'emplois, mais dans des proportions limitées du fait du nombre limité de personnes auxquels elles s'adressaient, comme les 18-25 ans dans le cadre de la CCC. Mais dès la mise en place de cette politique de lutte contre le chômage, des problèmes apparurent. Le premier tenait au budget accordé aux différentes instances gouvernementales consacrées à l'emploi, comme celui de la FERA, dirigée par Harry Hopkins. En effet, alors que le budget de la "Public Works Administration" de Harold Ickes, destinée au renouveau industriel s'élevait à 3,3 milliards de dollars (soit 5,9 % du PIB américain de l'époque), celui de l'agence de Hopkins était beaucoup plus faible, malgré des objectifs d'importance similaire. Hopkins incita alors Roosevelt à créer une agence lui permettant d'engager directement des chômeurs. C'est dans ce contexte que naquit la "Civil Works Administration" le , avec pour objectif de fournir des emplois à quatre millions d'Américains. L'objectif fut atteint dès janvier 1934. Hopkins réalisa ainsi son souhait de redonner de la valeur à l'aide sociale par le travail. Malgré les résultats très positifs de ces programmes, le président Roosevelt s'inquiéta des dépenses croissantes des États et des gouvernements locaux, et il décida de démanteler progressivement la CWA. Mais il ne renonça pas pour autant au rôle du travail dans la distribution de l'aide sociale, surtout face aux critiques de la population selon lesquelles une aide sociale limitée dans le temps était encore pire que pas d'aide du tout. Voyant fin 1934 que le spectre de la dépression était encore présent, Roosevelt demanda à son administration de concevoir un nouveau plan d'aide sociale par le travail. Au printemps 1935, "" accorda 5 milliards de dollars au gouvernement pour mettre en œuvre de nouveaux projets. C'est ainsi que naquit le 6 mai la "Works Progress Administration", qui prit le relai de la FERA, et succéda avec succès à la "Civil Works Administration", devenant ainsi l'une des agences clés du "New Deal". Deux nouveautés : les libertés syndicales et la reconnaissance du consommateur. La mise en place des syndicats se heurta à la réticence des milieux d'affaires, et des dirigeants des entreprises. Pour cette raison, en 1934, des grèves éclatèrent dans de nombreuses entreprises pour protester contre le refus des patrons de reconnaître les syndicats, ralentissant ainsi l'activité dans les villes. Les entreprises utilisèrent divers moyens pour intimider leurs employés, comme l'espionnage ou les menaces sur leur emploi. Pour régler les litiges à ce propos, Roosevelt décida en 1934 de la création du "National Labor Relations Board" à la suite de l'adoption du "National Labor Relations Act". Dès 1934, des représentants syndicaux de premier plan tels que John Lewis, président de l'"United Mine Workers of America" n'hésitèrent pas à annoncer : « Le président veut que vous rejoigniez un syndicat ». Cependant, Roosevelt n'apprécia pas d'être placé en opposition aux chefs d'entreprise, qui devaient permettre la reconstruction du pays. Le sénateur Robert Wagner se manifesta ensuite comme un pionnier des libertés syndicales aux États-Unis, lors de la rédaction d'une loi prônant un "National Labor Relations Board" permanent, censé empêcher les intimidations d'une part, et les syndicats d'entreprise d'autre part. C'est ainsi qu'en juillet 1935, peu de temps après l'abrogation par la cour suprême des États-Unis du "National Industrial Recovery Act", le "Wagner Act" fut approuvé, reprenant une partie du texte du NRA, tout en réalisant l'objectif de l'administration Roosevelt de contrebalancer les pouvoirs entre les employés et leurs employeurs. Dès lors, Roosevelt souhaita que les employés rejoignent un syndicat. Rapidement, les taux de syndicalisation augmentèrent : ils passèrent de 9 % en 1930 à plus de 33 % en 1940 dans l'industrie manufacturière, et de 51 % en 1930 à plus de 75 % en 1940 dans les industries minières. Dans les autres secteurs, les chiffres furent similaires. Cette expérience fut suivie de près en France par Célestin Bouglé alors sous-directeur de l'École normale supérieure qui demanda à Robert Marjolin, futur commissaire au Plan, un rapport sur l'évolution du syndicalisme aux États-Unis. Les politiques fédérales se penchèrent également sur la situation du consommateur, avec la création d'un "Consumer's Advisory Board", chargé de recueillir les plaintes des consommateurs, contre les prix élevés et les produits de mauvaise qualité. Un « Guide du consommateur » ("Consumer's Guide") vit rapidement le jour, pour fixer un prix théorique des biens de consommation de base, et permettre aux acheteurs de signaler les écarts de prix entre les prix théoriques et les prix appliqués dans la réalité. Le mouvement des consommateurs contribua ainsi également dans une moindre mesure à contrebalancer l'influence du patronat. Rexford Tugwell poussa à l'adoption de normes sanitaires et à la lutte contre les produits dangereux. La question des retraites et de l'aide sociale. La redistribution des richesses figurait parmi l'une des priorités de Roosevelt. Cependant, il n'utilisa pas l'État comme moyen principal pour réaliser cette redistribution. À la même époque, dans d'autres pays que les États-Unis, de tradition plus interventionniste, l'impôt sur les plus grosses fortunes constituait l'un des moyens les plus directs de partage des richesses. Mais malgré le caractère direct de l'intervention, Roosevelt refusa de l'utiliser, au profit d'un impôt créé par Hoover en 1932, qui ajoutait des taxes de fonctionnement de l'AAA payées par les producteurs aux impôts régressifs sur l'alcool et les autres biens considérés comme conduisant à la luxure ou au vice. Malheureusement, cette mesure devint un fardeau pour les Américains les plus démunis. Par la suite, l'administration Roosevelt chercha un moyen de redistribuer les richesses sans passer par la politique fiscale. En marge de la formation des associations de consommateurs, le gouvernement souhaitait garantir à la population américaine une certaine indépendance, et des moyens de se prémunir contre des diminutions brutales des revenus, soit à court terme du fait du chômage cyclique, ou permanentes, du fait d'un handicap ou de la vieillesse. Dans un premier temps, Roosevelt décida de créer une « Commission de Sécurité Économique » ("Committee on Economic Security") chargée d'esquisser les plans d'une sécurité sociale. Le CES prônait dans un rapport envoyé à Roosevelt un système de retraite payé dans un premier temps par les futurs retraités, puis progressivement par les revenus du Trésor américain. Mais Roosevelt était opposé à ce principe qui ne constituait selon ses propos qu'une variante de la "dole" britannique. Il souhaitait au contraire un système que les employeurs et les employés financeraient par un prélèvement sur leur feuille de paie, et où l'État n'interviendrait donc pas. Mais face aux nombreuses critiques qui s'élevèrent contre le projet, notamment du fait de la situation instable de l'emploi qui rendait illusoire un prélèvement stable sur l'ensemble de la masse salariale, Roosevelt et son administration opérèrent quelques changements, en s'inspirant des systèmes déjà expérimentés dans d'autres pays, avec notamment comme priorité de couvrir un nombre plus élevé d'Américains(comme le système de retraite par répartition qui permet plus de justice sociale que le système par capitalisation). Le texte clé de cette période fut le "Social Security Act" approuvé le . Il établit un système de protection sociale au niveau fédéral : retraite pour les plus de 65 ans, assurance-chômage et aides diverses pour les handicapés, la maladie et l'invalidité n'étant pas couvertes. Les aveugles et les enfants handicapés reçurent des aides financées par des subventions fédérales accordées aux États. Le "New Deal" posa ainsi les bases de l’État-providence ("Welfare State" en anglais). Progressivement, le système de "Welfare State" couvrit une part plus large de la population, notamment grâce aux amendements de 1939 puis 1950, mais au départ, il resta cantonné aux limites initialement imposées par Roosevelt. Aux États-Unis, le système des retraites par répartition (en anglais "Social Security") fut ainsi initié pendant le New Deal des années 1930, dans le but de protéger les personnes âgées contre la misère. En 2005, ce système donnait toujours plus de la moitié de leurs revenus aux deux tiers des retraités du pays. Vers la fin du "New Deal". La montée des contestations. Dès 1934, les premières contestations émergèrent. Contre Roosevelt en premier lieu, accusé d'une part de faire preuve de conservatisme notamment en matière fiscale, en dépit de sa propension à expérimenter, et de vouloir trouver un contrepoids au pouvoir des milieux d'affaires et du patronat d'autre part. Roosevelt fut aussi critiqué lorsqu'il promit de faire la guerre « Aux princes privilégiés de ces nouvelles dynasties économiques ». Il se vit ainsi accusé de trahir « sa classe », et bien qu'il ait toujours défendu le capitalisme américain comme la base de la reprise, il n'obtint qu'un soutien partiel et limité du milieu d'affaires, dont il était pourtant lui-même issu. Roosevelt se trouva également dès 1934 confronté à la « question raciale » étant donné que les démocrates ne pouvaient se passer du vote des ségrégationnistes blancs des États du Sud dans l'optique d'une réélection. Pourtant, certains collaborateurs du "New Deal" se préoccupèrent dans le même temps de la situation des minorités, soutenues entre autres par la femme du président, Eleanor Roosevelt, qui défendait les intérêts d'associations de défense des droits des Noirs telles que la NAACP. Une contestation se développa ainsi, dans les États du Sud qui se sentirent lésés, notamment au travers de l’"American Liberty League", créée dans le but d'« éduquer le peuple au caractère gratifiant d'encourager les gens à travailler ». En 1935, Roosevelt dut faire face à un autre opposant, la Cour suprême, qui invalida plusieurs mesures, plaçant ainsi le gouvernement dans une situation difficile. C'est ainsi que la NRA fut condamnée à l'unanimité des neuf juges, qui estimèrent que les codes de concurrence loyale allaient à l'encontre des dispositions commerciales de la Constitution. En janvier 1936, ce fut au tour de l'AAA d'être invalidée pour avoir créé une taxe illégale en faveur des fermiers. Malgré ces difficultés, l'administration Roosevelt continua de faire approuver des lois comme le "Wagner Act" qui compensèrent une partie du NRA. Roosevelt, témoin d'une situation de plus en plus tendue entre le Congrès et les États qui réclamaient davantage d'autorité, décida de ne plus annoncer publiquement son action politique. Alors que les républicains firent campagne en soutenant le Congrès, Roosevelt fit appel, lors d'un discours prononcé le 31 octobre au "Madison Square Garden" à ceux qui l'avaient soutenu en 1932, et qui continuaient de le soutenir. Lors de l'élection présidentielle, la victoire de Roosevelt fut écrasante puisqu'il remporta le vote de 46 États sur 48, avec un écart de 11 millions de voix, contredisant tous les sondages et les prévisions de la presse. Cela indiqua un fort soutien populaire à la politique de "New Deal", ce qui se traduisit par une majorité démocrate dans les deux Chambres du Congrès. Grâce à une réforme de la Cour suprême, Roosevelt parvint à obtenir davantage de soutien, la Cour réaffirmant son appui pour le "Wagner Act" puis le "Social Security Act". Les critiques croissantes de la presse. Les historiens de gauche et de droite ont en général été déçus par le deuxième mandat de Roosevelt. De nombreux journalistes, provenant d'horizons politiques divers, ont ainsi pris position contre les réformes du "New Deal". Parmi ces auteurs, on peut dans un premier temps citer ceux de droite, comme John T. Flynn. En effet, en 1948, Flynn rédigea un livre, "The Roosevelt Myth" (« Le Mythe Roosevelt ») relatant les mandats présidentiels de Roosevelt, de 1932 à sa mort en 1945. Flynn était vivement opposé au "New Deal", qu'il qualifia même en 1943 de « forme dégénérée de socialisme, et de forme biaisée du capitalisme ». D'autre part, il considérait que Roosevelt et son administration bénéficiaient d'une image héroïque trompeuse, véhiculée par la presse, la radio et la télévision. Son œuvre, qui fut révisée en 1956, visait donc selon ses propres dires à présenter Franklin Delano Roosevelt tel qu'il fut vraiment de 1932 à 1945. Flynn dénonça ainsi une tendance « dictatoriale » et « socialiste » de Roosevelt. D’autres journalistes comme Homer Simpson ont au contraire trouvé le "New Deal" trop conservateur. Ainsi, dans les années 1960, la nouvelle gauche américaine se révéla très critique envers la politique de Roosevelt : Barton J. Bernstein, en 1968, fit la liste des occasions manquées et des solutions inadéquates aux problèmes économiques et sociaux des années 1930. Paul K. Conkin dans "The New Deal" (1967) dénonça une politique favorable aux patrons. Howard Zinn, dans un essai de 1966, reprocha au "New Deal" d’avoir préservé le capitalisme aux États-Unis. Dans un autre registre, les journalistes libertariens Garet Garrett et Henry Hazlitt comptèrent parmi les principaux critiques du "New Deal". En effet, Garrett, dans la lignée du libertarianisme, considérait que toute personne était responsable de sa propre existence, et qu'aucun humain ne pouvait espérer déléguer sa liberté aux autres, au travers par exemple de systèmes contraints de distribution de richesse tels que le socialisme ou le communisme. Il considérait ainsi qu'en échangeant leur autonomie et leur responsabilité contre des programmes socialistes, les Américains renonçaient à leur droit inaliénable à la liberté. Pour cette raison, il publia de 1933 à 1940 dans les colonnes du "Saturday Evening Post" des articles remettant en cause les choix du président. L'ensemble de ces articles fut par la suite rassemblé dans un recueil nommé "Salvos against the New Deal: Selections from the Saturday Evening Post: 1933-1940". 1937 : une nouvelle récession. Malgré la réforme de la Cour Suprême, le camp démocrate se divisa au cours de l'année 1937, alors que le pays connaissait sa première récession depuis le point bas de 1932, ce qui mit en péril la crédibilité du "New Deal". Plusieurs positions se confrontèrent alors : les milieux d'affaires accusèrent l'administration Roosevelt de les empêcher de réaliser des investissements productifs, et de pénaliser l'activité du fait des taxes de sécurité sociale, effectives à partir de 1937. Inversement, les partisans du "New Deal" dénoncèrent une « grève du capital » menée par les milieux d'affaires pour discréditer le "New Deal", et s'en prirent également à Roosevelt, qui du fait de son conservatisme fiscal, prit la décision de réduire certaines dépenses de travaux publics, pour équilibrer le budget, provoquant ainsi une recrudescence du chômage. Dans une lettre privée adressée au président le , soit deux ans après la parution de la "Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie", John Maynard Keynes suggéra à Roosevelt de considérer toutes les critiques qu'il reçut comme valables. Keynes expliqua ainsi que la diminution des dépenses publiques était une erreur, et qu'il était nécessaire de stimuler les entreprises du secteur privé afin de faciliter la reprise. Conformément à ces principes, Roosevelt réclama donc une reprise des dépenses publiques dès le printemps 1938. Trois milliards de dollars de fonds furent débloqués à cette fin. Mais Roosevelt fut affaibli par la récession, et le litige avec la Cour Suprême. La dernière grande loi du "New Deal", le "Fair Labor Standards Act", interdisant le travail des enfants et instituant un salaire minimal fut votée cette même année. Par la suite, aucun autre texte de loi majeur ne fut ratifié au Congrès, et le "New Deal" céda progressivement la place à un autre objectif : la guerre. Les nouvelles priorités de Roosevelt. En novembre 1938, c'est-à-dire quelques mois après la signature du "Fair Labor Standards Act", Roosevelt expliqua lors d'un entretien privé avec son secrétaire du Trésor, Henry Morgenthau, que la guerre qui se profilait en Europe pouvait être bénéfique aux États-Unis en général, et aux démocrates politiquement parlant. À cette même époque, Roosevelt commença à envisager les moyens de construire la puissance militaire américaine pour dissuader les autres pays, tout en évitant d'avoir à négocier avec Hitler. Malgré des élections difficiles pour son parti, Roosevelt fut réélu pour un troisième mandat en 1940, et déclara devant la presse qu'il n'appréciait plus le terme de "New Deal", ni son surnom de « Docteur "New Deal" », étant donné que bien qu'il ait soigné son pays de nombreux maux, les États-Unis encouraient de nouveaux risques. Il déclara ainsi que son partenaire « Docteur Gagne-La-Guerre » allait prendre la relève. La fin du "New Deal" fut manifeste dans l'évolution des dépenses budgétaires, qui traduisirent clairement la transition vers une économie de guerre. En 1943, la "Civilian Conservation Corps", la "Work Projects Administration" et d'autres agences du "New Deal" furent supprimées. Dans le même temps, les dépenses budgétaires passèrent de 8 % en 1938 à 40 % en 1943. Finalement, il fallut attendre 1943 pour que le chômage tombe sous son niveau de 1929, à un moment où le "New Deal" n'était plus la priorité. Malgré tout, les idées du "New Deal" ne disparurent pas totalement avec la Seconde Guerre mondiale, et dès 1944, Roosevelt réaffirma que la liberté individuelle ne pouvait exister sans une certaine sécurité économique. Il conçut même un second "Bill of Rights" garantissant des bases nouvelles de prospérité et de sécurité pour tous, quelles que soient leur condition, leur race ou leurs croyances. Parmi ces droits, où figuraient la sécurité contre les aléas de la conjoncture économique, le droit à l'emploi, des prix de produits agricoles corrects, ou encore le droit à un salaire décent, la plupart étaient des priorités du "New Deal". Bilan du "New Deal". Il n’y a aucune preuve que le "New Deal" ait eu une quelconque efficacité dans la lutte contre la crise, qui perdura jusqu’à ce que l’Amérique mobilise son économie pour la Seconde Guerre mondiale. Son succès est en revanche indéniable au niveau social. La politique menée par le président Franklin Roosevelt a changé le pays par des réformes et non par la révolution. D'autre part, les programmes du "New Deal" étaient ouvertement expérimentaux, manifestement perfectibles, et étant donné les coûts de ce processus, un programme de changement plus complet aurait pu y être préféré, cependant, le caractère imparfait du "New Deal" a permis une critique constructive et une réflexion plus poussée qui a ouvert la voie à une amélioration de la démocratie américaine, dans les années qui ont suivi, et qui perdure de nos jours. En matière syndicale, l'adoption du "Wagner Act" a permis de faire des syndicats de groupes puissants. Succès politique et social. Sur le plan politique, le pouvoir exécutif et le cabinet présidentiel ont renforcé leur influence, sans pour autant faire basculer le pays dans la dictature. Roosevelt a su instaurer un lien direct avec le peuple, par les nombreuses conférences de presse qu'il a tenues, mais aussi par l'utilisation de la radio dans ses célèbres « Causeries au coin du feu », et ses nombreux déplacements. Le "New Deal" a permis une démocratisation (généralisation) de la culture et la réconciliation des artistes avec la société. L'esprit du "New Deal" a imprégné le pays : le cinéma et la littérature s'intéressent davantage aux pauvres et aux problèmes sociaux. La "Works Projects Administration" (1935) est parvenue à mettre en route de nombreux projets dans le domaine des arts et de la littérature, en particulier avec les cinq programmes du fameux "Federal One", en faveur des artistes. La WPA a ainsi permis la réalisation de peintures nouvelles, sculptures, peintures à l’huile et de développer l'enseignement artistique. Mais même dans ce domaine, le bilan est à nuancer : si les artistes américains ont été soutenus par des fonds publics et ont acquis une reconnaissance nationale, cette politique culturelle a été interrompue par la Seconde Guerre mondiale puis la mort de Roosevelt en 1945. Du point de vue des agences du "New Deal", on peut aussi citer la "Public Works Administration", qui a dépensé 13 milliards de dollars en 1942, et employé jusqu'à 3,5 millions de chômeurs en 1938 En ce qui concerne les travaux publics réalisés, on peut citer entre autres 285 aéroports, 1 million de kilomètres de routes, ponts, bâtiments publics en l'espace de sept ans. Échec relatif en matière économique. Sur le plan économique, la situation était meilleure à l'orée de la Seconde Guerre mondiale qu'en 1933 : la production industrielle retrouva son niveau de 1929. En prenant comme base 100 la situation de 1929, le PNB en prix constants était de 103 en 1939, 96 pour le PNB/hab. Cependant, le chômage était toujours massif : 17 % de la population active américaine pointait au chômage en 1939 soit 9,5 millions de personnes. Néanmoins ils recevaient une allocation chômage, ce qui représente une nouveauté par rapport à l'avant "New Deal". Notons enfin que la population active augmenta de 3,7 millions de personnes entre 1933 et 1939. Le "New Deal" inaugura en outre une période d'interventionnisme étatique dans de nombreux secteurs de l'économie américaine : bien qu'il n'y ait pas eu de nationalisations comme dans la France du Front populaire, les agences fédérales développèrent leurs activités, et employèrent davantage de fonctionnaires issus de l'université. Les mesures du "New Deal" posèrent ainsi les bases de la future superpuissance américaine. Malgré tout, le "New Deal" n'est pas parvenu à faire revenir la prospérité des années 1920, et en 1941, six millions d'Américains attendaient toujours un emploi. Le plein emploi ne fut pas rétabli avant la guerre. Du point de vue de l'investissement, les résultats furent également en demi-teinte : l'opposition des milieux d'affaires à l'action de Roosevelt provoquèrent une chute de l'investissement privé, que le public ne put pas compenser. Malgré tout, les mesures de Roosevelt permirent de soutenir la demande globale, en freinant sa chute. La récession de 1937 joua également en la défaveur de Roosevelt, en se traduisant notamment par une baisse de 50 % de la valeur des actions, et par une hausse du chômage qui toucha 11 millions d'Américains cette même année. Dans le domaine agricole, Roosevelt ne parvint pas à offrir une parité entre les prix agricoles et industriels, du fait notamment de la réticence du Congrès à octroyer des crédits en 1938 pour enrayer la chute des prix agricoles. Dans un contexte de nouvelle hausse de la production, les prix chutèrent de nouveau. Le problème de paupérisation agraire s'aggrava donc encore, comme le montre John Steinbeck dans son roman "Les Raisins de la colère". En matière commerciale enfin, les résultats furent nettement inférieurs à ceux enregistrés avant la crise. La situation de la balance des comptes (ou balance des paiements) se dégrada progressivement, et la balance commerciale ne put retrouver l'équilibre que grâce à une contraction nette des importations, qui passèrent de 4,4 milliards de dollars en 1929 à 2,1 milliards en 1939. Malgré tout, les États-Unis bénéficièrent de rentrées d'or de telle sorte qu'ils détenaient 70 % (soit plus des deux-tiers) du stock d'or mondial en 1939. Héritage politique et social. Du point de vue politique, le "New Deal" a laissé une empreinte forte, en créant une large gamme d'agences gouvernementales, protégeant des groupes divers de citoyens (ouvriers, fermiers entre autres) qui ont souffert de la crise, en leur permettant de faire contrepoids au pouvoir du patronat et du milieu d'affaires. L'administration Roosevelt a ainsi généré de nombreuses idées politiques, connues pour les générations suivantes sous le nom de « Réforme libérale du "New Deal" » qui sont restées des sources d'admiration comme de critiques pour les générations qui ont suivi, et qui ont contribué à façonner la grande vague de réforme libérale qui a suivi, avec la « Grande Société » de Lyndon B. Johnson dans la seconde moitié des années 1960. Suivant le modèle de son mentor, Franklin D. Roosevelt, Johnson chercha en effet à étendre le programme du "New Deal" au-delà de la simple sécurité économique, en prenant en compte les droits civiques, l'éducation, le logement, et le système de couverture médicale, c'est-à-dire les sujets déjà abordés par Roosevelt dans son "Bill of Rights". En ce qui concerne les droits civiques, les ordres exécutifs tels que le , adopté le par Roosevelt, et interdisant la discrimination à l'embauche à l'encontre des Afro-Américains, des femmes, et des minorités ont constitué un progrès, qui a apporté de meilleurs emplois et salaires à des millions de personnes appartenant à des minorités. Globalement, le "New Deal" a donc correspondu à une phase de reconnaissance des populations minoritaires, dix ans avant le début du Mouvement des droits civiques. L'influence d'Eleanor Roosevelt, considérée comme la première femme de président à avoir rendu le rôle de Première dame actif notamment auprès d'organismes comme la NAACP, a ainsi été crucial dès 1933. Cependant, ce constat doit être relativisé, car le "New Deal" n'a pas été le déclencheur du mouvement des Droits civiques. En effet, la plupart des grandes associations de défense des minorités telles que la NAACP, ou l’"Universal Negro Improvement Association and African Communities League" ont été créées au début du . D'autre part, le fait qu'une proportion croissante d'Afro-Américains ait été employée à la fin des années 1930 tient également au fait que l'économie de guerre impliquait de faire appel au plus de personnes possible. Les controverses autour du "New Deal". Le "New Deal" et le keynésianisme. Même si la notion d'État-providence est amenée par le "New Deal", l'influence de Keynes sur celui-ci est quasiment inexistante. En effet, la "Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie" n'a été publiée qu'en 1936, autrement dit près de trois ans après le début du "New Deal". D'ailleurs, à l'issue d'une entrevue entre Keynes et Roosevelt, ce dernier aurait déclaré n'avoir rien compris au discours tenu par Keynes. Enfin, des auteurs américains ont conduit dès la fin des années vingt leur propre recherche. et , par exemple, dans leurs ouvrages "Business Without a Buyer" (1927) et surtout "The Road to Plenty" (1928), ont mis l’accent sur l’importance de la consommation et remis en cause la loi de Say qui veut que l’offre crée sa propre demande et qui considère donc que la crise est impossible. Marriner Eccles, président de la "Federal Reserve Bank" (la Fed) de 1934 à 1948, fut pour Arthur Schlesinger le plus marquant des disciples de Foster. Toutefois, le second "New Deal", dont les mesures ont été mises au point par l'école dite des conjoncturistes (Alvin Hansen et Foster en particulier), a été fortement influencé par les travaux de Keynes, avec notamment le principe de la "pump primiry" (le « réamorçage de la pompe »), indispensable à la reprise économique et au soutien de la demande globale. En revanche, Keynes a contribué à la mise en place du système monétaire international au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et à la suite de la conférence de Bretton Woods. En effet, alors que le programme national et ambitieux du "New Deal" commençait à s'essouffler, Roosevelt a pris conscience de l'importance de la politique extérieure en réalisant, notamment d'après les théories de son secrétaire d'État Cordell Hull et de Keynes, qu'un commerce sans entrave pouvait être vecteur de paix et de prospérité. Cependant, au lendemain de la conférence, ce n'est pas le plan de Keynes qui fut choisi, mais celui de son homologue américain Harry White, car il proposait, à l'instar du modèle de Sécurité sociale du "New Deal", la mise en place d'un fonds auquel chaque pays apporterait sa contribution. C'est ainsi que les bases du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ont pu être posées. Ces deux institutions s'inspiraient donc des agences du "New Deal", d'une part par leur caractère expérimental, et d'autre part par leur incapacité à s'adapter aux besoins de l'économie, en étendant leurs prérogatives. Ainsi, l'impossibilité pour le FMI de fournir des fonds pour endiguer la montée du communisme conduit par exemple à l'élaboration du plan Marshall. Critiques. École de Chicago. Milton Friedman, chef de file de l'école de Chicago, fut sur le moment favorable au "New Deal". Alors qu'il était porte-parole du Trésor, il défendit une politique keynésienne. En revanche, en 1962, dans son ouvrage "Capitalisme et liberté", il se livra à une défense du capitalisme, et à une critique du "New Deal" et de l'État-providence. Lui et Anna Schwartz, critiquèrent alors le "New Deal" en expliquant que « le remède avait bien failli être pire que la maladie ». Pour Friedman, en effet, la Grande Dépression venait principalement d'une mauvaise gestion de la monnaie, dont l'offre aurait dû être augmentée et non réduite. Dans son "Histoire monétaire des États-Unis" parue en 1963, il développa cette thèse en expliquant cette grave crise économique par les politiques de contraction monétaire menées. Ainsi, Friedman expliqua que : « La Fed était largement responsable de l'ampleur de la crise de 1929. Au lieu d'user de son pouvoir pour compenser la crise, elle réduisit d'un tiers la masse monétaire entre 1929 et 1933… Loin d'être un échec du système de libre entreprise, la crise a été un échec tragique de l'État. ». Friedman y dénonça en cela le rôle néfaste de l'intervention de l'État dans l'économie, et en particulier dans la politique monétaire (en réduisant les liquidités), comme ce fut le cas pendant le "New Deal". École autrichienne. Friedrich Hayek, critiqua vivement l'interventionnisme étatique, en rejetant l'intervention économique dans les économies capitalistes. Hayek critiqua également le keynésianisme, jugeant que John Maynard Keynes ne possédait que des connaissances limitées en théorie économique. Il montra ainsi que les politiques keynésiennes de relance économique, fondées sur l'utilisation du budget public, conduisaient à terme à la fois à l'inflation, à la stagnation économique et au chômage. Mais au-delà de ces critiques générales, ce qui va plus spécifiquement gêner Hayek, c’est que les principaux conseillers de Roosevelt aient été classés parmi les libéraux (de nos jours ils seraient plutôt considérés comme des sociaux libéraux). Hayek n’est d’accord avec John Dewey, un de leurs principaux inspirateurs, ni sur la conception de la liberté, ni sur le lien entre liberté et contrainte, ni sur ce qu’il appelle leur . De même, dans cette optique, Friedrich Hayek critique les quatre libertés de Franklin Delano Roosevelt dans son livre "Droit, législation et liberté".
Niels Bohr Niels Henrik David Bohr ( à Copenhague, Danemark - à Copenhague) est un physicien danois. Il est surtout connu pour son apport à l'édification de la mécanique quantique, pour lequel il a reçu de nombreux honneurs. Il est notamment lauréat du prix Nobel de physique de 1922. Biographie et parcours intellectuel. Fils de Christian Bohr, professeur de médecine et recteur d'université, de confession luthérienne, et de Ellen Adler, de confession juive, Niels Bohr a un frère cadet, Harald Bohr, mathématicien et sportif de haut niveau (il joua dans l'équipe nationale de football et participa aux Jeux olympiques de 1908 tenus à Londres), ainsi qu'une sœur aînée, Jenny. Il est lui-même un très bon footballeur. Niels entre à l'université de Copenhague en 1903. Dès 1906, il travaille sur le thème des vibrations d'un jet de liquide et son mémoire obtient une récompense de l'Académie royale danoise des sciences et des lettres. Il obtient un doctorat à l'université de Copenhague en 1911 « Sur la théorie électronique des métaux », émettant ses premières idées sur la structure atomique. Quelques mois avant la soutenance, il se fiance avec Margrethe Norlung (1890-1984). Il obtient une bourse de la Fondation Carlsberg et veut dans un premier temps travailler à l'université de Cambridge avec le professeur Joseph John Thomson dont le modèle atomique, sphère de charge positive dans laquelle sont plongés les électrons, ne satisfait pas totalement son élève. Bohr rencontre alors Ernest Rutherford qu'il rejoint à Manchester (Angleterre). Se basant sur les théories de Rutherford, il publie en 1913 un modèle de la structure de l'atome mais aussi de la liaison chimique dans une série de trois articles de la revue "Philosophical Magazine". Cette théorie présente l'atome comme un noyau autour duquel gravitent des électrons, qui déterminent les propriétés chimiques de l'atome. Les électrons ont la possibilité de passer d'une couche à une autre, émettant un quantum d'énergie, le photon. Cette théorie est à la base de la mécanique quantique. Albert Einstein s'intéresse de très près à cette théorie dès sa publication. Ce modèle est confirmé expérimentalement quelques années plus tard. Il rentre au Danemark en 1912 et se marie peu après. De cette union naissent six garçons, le plus connu étant Aage Bohr, lauréat du prix Nobel de physique de 1975. Il devient assistant à la chaire de physique de l'université de Copenhague. En 1913, en manipulant différentes notions de mécanique classique et de la naissante mécanique quantique, il obtient l'équation de Bohr, : où formula_2 est l'énergie d'un électron, formula_3 : sa masse, formula_4 : la constante de Planck réduite, formula_5 : la charge de la particule, formula_6 : la constante mathématique 3,14159..., formula_7 : la permittivité du vide, et formula_8 : le nombre quantique principal. En 1914, il accepte un poste de professeur à l'université de Manchester. Durant la Première Guerre mondiale, le Danemark est un État neutre et Bohr peut rester dans la recherche civile, même en Angleterre où il se trouve. Il en profite pour peaufiner son modèle atomique en y introduisant des idées relativistes quant aux mouvements des électrons, théorie reprise et complétée par Arnold Sommerfeld. En 1916, Bohr devient professeur à l'université de Copenhague dans la chaire de physique théorique tout juste créée. Il est nommé en 1920, directeur du tout nouvel Institut de la physique théorique dont il est le fondateur. Cet établissement prend le nom de "Niels Bohr Institutet" en 1965. Pendant les années 1920, il complète sa théorie, parvenant à établir une relation étroite entre le tableau de Mendeleïev et la structure électronique des atomes. Il reçoit le prix Nobel de physique en 1922 . Bohr est aussi à l'origine du principe de complémentarité : des objets peuvent être analysés séparément et chaque analyse fera conclure à des propriétés contraires. Par exemple, les physiciens pensent que la lumière est à la fois une onde et un faisceau de particules, les photons. Cette idée a aussi inspiré son blason, dans lequel le symbole du taijitu (ou yin et yang) est utilisé avec une devise latine "" (les contraires sont complémentaires). Parmi les plus célèbres étudiants de Bohr qui fréquentent son institut de physique, on peut citer Werner Heisenberg qui devient responsable d'un projet de bombe atomique allemande durant la Seconde Guerre mondiale et Wolfgang Pauli. En , il rencontre pour la première fois Albert Einstein au cours du cinquième congrès Solvay avec qui il a de très fréquents entretiens jusqu'en 1935. Einstein défend le caractère provisoire de la théorie quantique, ne se satisfaisant pas de cette dernière au niveau épistémologique. Bohr, au contraire, considère qu'il s'agit d'une théorie achevée. Ces réflexions et discussions sont l'une des sources de ses "Écrits philosophiques", publiés en quatre volumes (dont deux à titre posthume en 1963 et en 1998), dont l'une des thématiques est l'utilisation du langage. Il travaille également sur le principe de complémentarité en biologie. Lors d'un débat, Niels Bohr se disputait avec Albert Einstein à propos de la réalité de la physique quantique. À un moment donné Einstein, excédé, jeta à Niels Bohr : « Dieu ne joue pas aux dés ! », ce à quoi Bohr répondit : « Qui êtes-vous, Einstein, pour dire à Dieu ce qu'il doit faire ? ». Cet échange est devenu célèbre par la suite. À la fin des années 1930, ses recherches s'orientent vers le noyau atomique pour lequel il propose le modèle, dit « de la goutte », où l'ensemble des particules constitutives de ce dernier reste fortement lié, ne permettant que des interactions globales avec l'extérieur. En 1943, Bohr s'échappe du Danemark sous occupation allemande, où il est menacé en raison des origines juives de sa mère, et il gagne la Suède avec l'aide de la résistance danoise, peu de jours après que Heisenberg lui ait rendu une visite. De là, il est conduit clandestinement en Angleterre dans la soute d'un Mosquito civil de la BOAC. Il intègre alors "Tube Alloys", le programme atomique britannique secret. Il n'y restera cependant que deux mois, avant de rejoindre le Laboratoire national de Los Alamos dans le cadre du projet Manhattan. Selon l'historien Alex Wellerstein, Bohr y fit quelques contributions techniques pour la réalisation de bombe atomique, "mais il fut particulièrement influent dans ses efforts pour exhorter les scientifiques, notamment Oppenheimer, à penser aux implications à long terme de la bombe". Après la guerre, il rentre à Copenhague et milite pour une utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, en particulier avec la création du Laboratoire national Risø en 1956, ce qui lui vaut d'être lauréat de l'Atoms for Peace Award en 1957. Il participe également à la formation du Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) et son institut de Copenhague héberge sa section théorique dans un premier temps. Il meurt à Copenhague le . Sa sépulture se trouve au parc-cimetière Assistens. L'élément bohrium (numéro atomique 107) a été nommé en son honneur. Une légende urbaine attribue à Niels Bohr une anecdote concernant la mesure de la hauteur d'un bâtiment à l'aide d'un baromètre. Cette histoire aurait été écrite dans le "Reader's Digest" en 1958, et se serait transformée au fil du temps en une anecdote supposée réelle et attribuée à Niels Bohr. On peut se demander si le recours à cette personne célèbre n'est pas une manière de transformer une anecdote amusante en un pamphlet contre la « rigidité de l'enseignement scolaire » opposée à la « créativité ». Théorie quantique. Première période. L'héritage philosophique. C'est en 1903 que Niels Bohr entre à l'université de Copenhague où il suit des cours de philosophie, de logique et de psychologie. Du temps de Bohr, tous les étudiants devaient commencer leur cursus universitaire en acquérant une base solide dans ces disciplines, et cela quelle que soit la spécialité choisie. L’influence sur Bohr du philosophe Harald Höffding, commentateur de Sören Kierkegaard, a souvent été évoquée dans ce contexte. Auteur en 1892 de "Sören Kierkegaard som Filosof", Höffding insiste sur le caractère subjectif de la connaissance dont Kierkegaard aurait mieux que personne aperçu l’importance. Il distingue dans cette perspective deux types de penseurs : ceux qui, comme Hegel, s’occupent de continuité, et ceux qui, tel Kierkegaard, privilégient la discontinuité et les inconciliabilités. Bien que Bohr lui-même ait été un lecteur assidu de Kierkegaard, l'influence du grand philosophe danois sur ses conceptions reste hypothétique, et tout au plus indirecte, à travers l'interprétation qu'en a faite Höffding. Dans ses premiers travaux scientifiques, Bohr identifie le formalisme mathématique de la physique à une sorte de sémiotique – ou système de signes – conformément à la théorie de la connaissance qui s'est développée en Allemagne à la fin du sous l'impulsion du physiologiste néokantien Hermann von Helmholtz. D'après Claude Chevalley, c’est la « théorie hiéroglyphique de la représentation » développée par Helmholtz qui influence les premières conceptions de Bohr : le langage de la physique renvoie bien au monde tel qu'il existe, mais il ne constitue pas un « reflet » de la réalité dans lequel les mots correspondraient « de façon biunivoque à des "moellons" de la réalité » . Selon cette théorie, aucune relation de correspondance terme à terme ne peut être établie entre les concepts de la physique et le monde. Cette conception sémiotique de la physique a pour Bohr l'avantage de maintenir l’unité de l’objet référent (objet de connaissance) par-delà la diversité des représentations dans la connaissance. Il l'abandonne toutefois peu à peu, adoptant une attitude de plus en plus kantienne, au sens où il exprime de plus en plus son refus de statuer sur la nature des choses-en-soi, pour insister plutôt sur les principes constitutifs de la formalisation des phénomènes. En 1927, année où Bohr expose pour la première fois sa nouvelle conception de la physique atomique, ses idées sur la physique relèvent d'une conception épistémologique qui oscille entre une forme sophistiquée d’instrumentalisme et une perspective kantienne sur les limites de la connaissance. L'atome de Bohr. La première contribution importante de Bohr à la physique atomique consiste en une refonte du modèle de l’atome à partir des années 1912-1913. Le modèle en vigueur en 1911 était celui d’Ernest Rutherford, dans lequel les électrons gravitaient autour du noyau central à la façon des planètes autour du Soleil. Cette conception présentait un défaut majeur : elle n'était pas stable. En effet, selon les lois de l'électromagnétisme, toute particule en mouvement accéléré émet un rayonnement et perd ainsi de l'énergie. En tournant autour du noyau, les électrons devraient donc perdre leur énergie et finir par s'effondrer sur le noyau. Pour remédier à ce problème, Bohr imagine que les électrons circulent sur des orbites définies par leur niveau d'énergie. Ces orbites sont stables et de rayon bien déterminé. La nouveauté profonde de l'atome de Bohr consiste alors à ne plus attribuer aux électrons des valeurs continues mais des valeurs discrètes. Bohr introduit dans son modèle la notion d'état stationnaire, état déterminé dans lequel l'électron qui orbite autour du noyau atomique n'émet ou n'absorbe aucune quantité d'énergie. Son idée fondamentale est que le rayonnement énergétique n’est pas émis ou absorbé de manière continue, comme le suppose l’électrodynamique classique, mais correspond au passage du système atomique vers différents états eux-mêmes stationnaires. Le rayonnement électromagnétique se réalise alors comme si les électrons « sautaient » d’une trajectoire stable à une autre : ils émettent une quantité d'énergie quand ils sautent d'un état stationnaire à un autre dont l'énergie est plus faible et absorbent une quantité d'énergie équivalente quand ils reviennent à leur état initial, ou quand ils sautent d'un état stationnaire à un autre dont l'énergie est plus élevée. Partant de ces hypothèses, Bohr établit avec les outils mathématiques de la physique classique le calcul des propriétés subatomiques telles que la masse du noyau, le rayon des différentes orbites d’un atome, la fréquence de rotation d’un électron autour du noyau, ainsi que sa masse et sa charge. Ces calculs démontrent que la masse du noyau représente presque la totalité (plus de 99 %) de celle de l’atome, et que ce dernier occupe un volume beaucoup plus important que celui de son noyau. En effet, la dimension d’un atome est établie à environ un dixième de milliardième de mètre (10 m) et celle du noyau est environ 10 000 fois plus petite (10 m.). Ainsi, dès 1913, Bohr forge le premier modèle quantique cohérent de l’atome. Sa structure globale – électrons tournant autour du noyau sur des orbites circulaires possédant chacune une énergie précise – et l’explication du passage d’un électron d’une orbite à une autre, permettent d’une part d’expliquer comment le rayonnement électromagnétique (dont la lumière) est émis par la matière, et d’autre part de résoudre deux énigmes scientifiques vieilles de presque un siècle : les raies spectrales et la table périodique des éléments de Mendeleïev. Bien que révisé à partir des années 1920, ce modèle a également permis des découvertes cruciales, dont le spin des électrons, le principe d’exclusion (par Wolfgang Pauli), le laser et le quatrième état de la matière ou état plasma. Seconde période. La contextualité des phénomènes quantiques. À partir de 1927, année de la conférence de Côme où il présente sa première formulation de la physique quantique, Bohr ne cesse d'insister sur l'aspect contextuel des phénomènes quantiques. Leur contextualité (Bohr parle d’« indivisibilité ») réside dans l'impossibilité de les dissocier des conditions expérimentales de leur apparition. Elle est la conséquence du caractère quantique de l'interaction avec le dispositif de mesure. Bohr s'appuie sur la notion de « quantum d'action » (ou constante de Planck) pour expliquer l'impossibilité de la dissociation entre le phénomène et la situation expérimentale. Cette notion implique que leur interaction s'effectue par un échange d'énergie quantique dont la valeur est discrète ou minimale, car composée d'au moins un "quantum" d'action. Dans cette situation, il n'est pas possible de soustraire les effets perturbateurs de l'interaction du processus en tant que tel, et de remonter ainsi au phénomène initial. En effet, évaluer « l'étendue de la perturbation apportée par la mesure » amorcerait une régression à l'infini d'interactions elles-mêmes finies, comportant à chaque fois l'échange d'au moins un "quantum" d'énergie. Il n'est donc pas possible de séparer ce qui revient au phénomène propre de ce qui revient à l'appareil ou à la situation expérimentale, comme c'est le cas dans les situations classiques. C'est ce que signifie Bohr lorsqu'il déclare que La frontière présupposée en physique classique entre le phénomène et l'observation devient ainsi nécessairement brouillée au point que le concept même d'observation dans sa forme traditionnelle doit être remis en cause. Le « postulat quantique ». Le postulat quantique exprime selon Bohr « l'essence de la théorie » quantique. Dans un rapport publié en 1927 et intitulé "Le postulat quantique et le dernier développement de théorie atomique", Bohr énonce que « tout processus atomique présente un caractère de discontinuité, ou plutôt d'individualité, complètement étranger aux théories classiques, et caractérisé par le quantum d'action de Planck » (la constante de Planck) . Ensemble, la discontinuité du processus atomique et la relativité de la mesure quantique interdisent toute description classique des phénomènes atomiques : L'analyse du phénomène quantique ne peut donc pas séparer légitimement le phénomène quantique et l'instrument d'observation : celui-ci fait partie, d'une façon essentielle et définitive, de la description de celui-là. Bohr explique cette interdépendance entre les deux par le fait que l'action exercée par le phénomène quantique sur le dispositif qui permet de le détecter correspond à une réaction de ce même dispositif sur le phénomène. L'incompatibilité affirmée par Bohr dans son rapport de 1927 entre les descriptions causale et spatio-temporelle tient alors au principe suivant : chacune de ces descriptions n'a de sens que si le phénomène quantique est défini par un certain dispositif expérimental ; or les dispositifs exigés par les deux descriptions sont incompatibles. Bohr résume cette situation par le concept de « complémentarité ». La description causale et la description spatio-temporelle d'un phénomène quantique sont dites « complémentaires » au sens où : Pour Bohr, l'apparente dualité onde-corpuscule des phénomènes quantiques n'est qu'une conséquence de cette complémentarité, liée elle-même à l'interaction inhérente au processus physique de la mesure. La « complémentarité ». Dans les années 1920, dans un contexte de division de la communauté des physiciens concernant les interprétations de la physique atomique, un usage combiné de concepts nouveaux et classiques prévaut encore, sans qu’une unité méthodologique et interprétative s’y dessine. L'impossibilité d'une compréhension unifiée et exhaustive des phénomènes à l'échelle quantique est alors envisagée, et les résultats de la théorie quantique qui semblent contradictoires paraissent liées aux perspectives prises par l’expérimentateur. Afin de rendre compte de façon cohérente et systématique de cette situation, Bohr introduit l’idée de « complémentarité » : la physique quantique doit admettre des couples de descriptions incompatibles entre elles, comme celui de la particule locale et de l'onde de propagation. Sans cette forme de dualité, la physique quantique ne pourrait être considérée comme une science prédictive complète, ce qu'elle semble bien être pourtant. Bohr soutient en ce sens qu'il existe deux types de descriptions mutuellement exclusifs mais nécessaires à l'explication des processus atomiques et à leur prédiction. Notamment, le principe de complémentarité permet de considérer comme mutuellement exclusifs les deux aspects fondamentaux de la description classique des phénomènes que sont : Tandis que la physique classique présuppose l'unité de ces deux aspects, la physique quantique impose de les dissocier au niveau de la représentation. Il est alors nécessaire d'abandonner les concepts classiques de la physique qui présupposent leur unité. Bohr exclut pour cette raison de sa théorie : Bohr souligne à plusieurs reprises que si la complémentarité est une nouveauté radicale en physique, elle est déjà pressentie dans d'autres disciplines. En particulier, elle se remarque par une attitude intuitivement prise par les biologistes envers les phénomènes liés au vivant. La double nature de l'électromagnétisme. Bohr n'a jamais posé une symétrie parfaite entre onde et particule. Pour lui, le rayonnement électromagnétique reste un phénomène ondulatoire véritable, bien que non mécanique. En effet, sa propagation dans le vide, en l'absence de toute interaction avec la matière, est légitimement décrite comme la propagation d'une onde. C'est l'interaction avec la matière qui fait apparaître des phénomènes discontinus qui peuvent, dans une certaine mesure, être décrits à l'aide d'un concept de particule (le photon). La situation est inverse pour les électrons qui sont, d'après Bohr, des particules à part entière, bien qu'indéterminées, dont les propriétés ondulatoires ne se manifestent que dans leur interaction avec le champ électromagnétique. Ces propriétés sont par ailleurs très éloignées de celles d'une onde classique. Débats Bohr-Einstein. Même si la physique quantique a très vite rendu compte de nombreux résultats expérimentaux, l’étrangeté de ses interprétations et des phénomènes qu’elle décrit l’a rendu insatisfaisante pour certains physiciens et a conduit Albert Einstein à s’opposer pendant plus de vingt ans à Bohr autour de la question de la complétude de cette théorie, qu’il remettait en cause. En 1935, dans le célèbre article « EPR » (du nom de ses auteurs Einstein, Podolski et Rosen), publié dans la revue américaine "Physical Review" avec le titre « Peut-on considérer que la physique quantique donne de la réalité physique une description complète ? », Einstein expose avec ses deux collaborateurs une expérience de pensée qui lui permet, sans contester les prédictions de la mécanique quantique, de mettre en doute sa complétude et, par là même, l’interprétation développée par Bohr de la physique quantique. Il imagine deux particules issues d’un même atome (donc intriquées) qui partent dans deux directions opposées. L’une des deux est soumise à une contrainte qui l’oblige à réagir d’une certaine façon. Selon les principes fondamentaux de la physique quantique, si on fait subir à l’une des deux particules une contrainte pour la faire réagir d’une certaine façon, l’autre particule, quelle que soit la distance qui les sépare, aura exactement le même comportement. Si, pour Einstein, ce phénomène d’intrication semble encore acceptable dans le monde de l’infiniment petit, il ne l’est plus dans ce contexte où il signifie qu’un signal se transmet plus vite que la vitesse de la lumière, ce qui entre en contradiction avec sa théorie de la relativité restreinte. Pour Einstein, cette contradiction démontre que la physique quantique est bien une théorie incomplète et qu’il existe dans les particules quantiques des variables (ou caractéristiques) cachées restant à découvrir. Bohr s’oppose à cette conviction d’Einstein en soutenant que son expérience de pensée n’a aucun sens logique puisque, dans le cadre de la physique quantique, on doit considérer les deux particules comme un tout indissociable ou comme un phénomène unique, se situant dans le contexte d’un même ensemble ou d’un même référentiel. Ce n’est pas le cas dans l’hypothèse d’Einstein, qui considère chaque particule comme indépendante et donc « maîtresse », dans son référentiel, de son propre comportement. Par ailleurs, Bohr réfute catégoriquement la notion de variables cachées. Pour lui, en effet, il ne peut exister de « prédétermination » des caractéristiques physiques d’une particule quantique puisque ce n’est qu’au moment où l’expérimentateur fait une mesure sur une particule que l’on peut connaître la valeur de l’une de ses caractéristiques physiques (position, quantité de mouvement, spin dans le cas de l’intrication quantique, etc.). La formulation des inégalités de Bell, relations que doivent respecter les mesures sur des états intriqués dans l'hypothèse d'une théorie déterministe locale à variables cachées, et les expériences réalisées par Alain Aspect au début des années 1980, qui montrent que ces inégalités sont systématiquement violées, semblent prouver ensemble que Bohr avait raison sur Einstein concernant cette question. Distinctions et récompenses. En 1921, Niels Bohr est lauréat de la médaille Hughes. En 1922, il reçoit le prix Nobel de physique pour son développement des mécaniques quantiques. Il devient membre étranger de la Royal Society en 1926. Il est également lauréat de la médaille Franklin en 1926, du Faraday Lectureship de la Société royale de chimie en 1930 et de la médaille Copley en 1938. En 1947, Bohr est admis au sein du très prestigieux Ordre de l'Éléphant, et devient ainsi le troisième et dernier Danois à en être décoré au cours du , n'étant ni membre d'une famille royale, ni chef d'État. Il fut président de l'Académie royale danoise des sciences et des lettres de 1939 à 1962. L'Union astronomique internationale a nommé une vallée lunaire, la Vallis Bohr, en son honneur. L'astéroïde porte également son nom. Médailles Niels Bohr. La médaille Niels Bohr a été remise pour la première fois en 1955. Elle récompense un ingénieur ou scientifique qui a réalisé une contribution significative dans l'usage civil de l'énergie nucléaire. Elle a été remise onze fois entre 1955 et 2013. Depuis 2010 ( de la naissance de Niels Bohr), l’institut Niels Bohr de Copenhague remet chaque année une autre récompense, la médaille de l'Institut Niels Bohr. La médaille est décernée à un chercheur travaillant dans l'esprit de Niels Bohr : .
Néfertoum Dans la mythologie égyptienne, Néfertoum est le fils de Ptah et de Sekhmet dans la théologie memphite de l'ancien Empire. Évoquant le parfum du lotus, il est représenté par un lion ou plus souvent par un jeune homme portant une fleur de lotus dans les cheveux. Il est le dieu de la résurrection et de l'immortalité. Nefertoum est un nom composé, Nefer signifiant « beauté », « accomplissement parfait », et Toum le principe créateur. C’est-à-dire que le principe créateur trouve son accomplissement en Nefertoum.
Neith Neith (ou Neit) est, dans la mythologie égyptienne, une très ancienne déesse de la ville de Saïs dans le delta du Nil (Basse-Égypte). Origines. Son nom et son culte sont attestés dès les débuts de l'histoire du pays grâce à des témoignages des rois des premières dynasties qui effectuèrent des visites régulières à son sanctuaire de Saïs, pèlerinages qui semblent avoir une signification particulière dans les rites liés au couronnement du souverain ou encore à son jubilé. Les Égyptiens reconnaissaient l'origine libyenne de la déesse Neith, venue selon leur mythologie depuis la Libye pour s'établir dans le delta du Nil. Neith est elle-même associée par Hérodote puis par Platon, à la déesse grecque Athéna. Certains portraits de dieux égyptiens, comme Ament, les montrent pourvus d'attributs et bijoux typiquement berbères. Représentations et hypostases. Sur les parois des temples et des tombeaux, elle est représentée sous les traits d'une femme portant la couronne rouge (symbole de la Basse-Égypte) et, avec la déesse Ouadjet de Bouto, elle est l'une des gardiennes de cette coiffe royale. C'est également coiffée de la couronne de Basse-Égypte qu'elle est représentée debout munie d'un arc et de flèches, affichant un caractère guerrier. Elle avait pour emblème deux flèches entrecroisées sur un bouclier. On l'associe ainsi aux victoires militaires du pharaon. C'est sous cet aspect que les Grecs l'assimilèrent plus tard à leur déesse Athéna. que l'on retrouve dans son nom et qui est parfois placé à la verticale parfois à l'horizontale, symbole ovoïde représentant la navette que les tisserands égyptiens utilisaient dans leurs métiers. Elle personnifie ainsi la protectrice de tous ceux qui travaillaient et produisaient les tissus, étoffes et bandelettes nécessaires pour les rites de momification. Hérodote signale un culte rendu à la déesse sous la forme d'une vache couchée la tête dorée et portant un disque d'or entre ses cornes. Comme beaucoup de déesses égyptiennes, Neith pouvait être assimilée à Nout, la grande vache céleste qui supporte sur son dos la course du dieu solaire Rê. Développement du culte. Dans un tout autre registre, elle est également une déesse primordiale et créatrice asexuée ou androgyne faisant ainsi partie du cercle très restreint des démiurges du panthéon égyptien. Dans ce rôle, elle est fécondée par le Verbe et engendre le Soleil. Elle tisse le monde et en fixe les limites avec sept tissus, puis elle crée les sept paroles justes qui la font maîtresse de l'univers. Elle est mère de Sobek qui engendre Rê au matin et le dévore au soir. Elle fait aussi partie du mythe osirien en tant que la « Grande de sagesse » qui jugea le combat entre Seth et Horus et proposa au tribunal divin que Horus devienne roi du monde végétal et Seth du désertique, mais pour ne pas favoriser Horus elle offre à Seth les déesses étrangères. Une de ses fonctions à dater du Nouvel Empire est de protéger les viscères du roi en compagnie d'Isis, de Serket et de Nephtys. Elle est responsable du vase canope contenant l'estomac du défunt. Placé à l'est, il était fermé par un bouchon représentant le génie Douamoutef à tête de chacal. Par la suite elle est parfois considérée comme l'épouse de Khnoum ou, dans le Fayoum, et en tant que parèdre de Seth elle est la mère de Sobek. Elle est aussi parfois assimilée à la déesse Nout, la voûte céleste. À l'époque gréco-romaine elle sera assimilée à Isis et par ce biais transmettra une partie de son caractère de démiurge à la divinité égyptienne dont le culte se répandra dans tout l'Empire se confondant avec celui de la grande déesse Cybèle. Lieux de cultes principaux. Son culte culmina aux alentours de la ( avant notre ère) dont les pharaons sont originaires de Saïs. À dater de cette époque son clergé devient aussi puissant que celui d'autres dieux célèbres et son grand temple du delta est réputé avoir l'une des bibliothèques les plus riches du pays ainsi qu'une école de médecine célèbre dans tout le pays. On retrouve le culte de Neith dans les grands centres religieux suivants : Neith reçoit également un culte dans la ville de l'oasis occidentale de Kellis l'actuelle Ismant el-Kharab dans l'oasis d'Al-Kharga, où elle partage un sanctuaire avec la déesse Tapsaïs à l'époque romaine. Hommage. Neith est l'une des dont le nom figure sur le socle de l'œuvre contemporaine "The Dinner Party" de Judy Chicago. Elle y est associée à la "Déesse primordiale", première convive de l' de la table.
Nil Le Nil ( ) est un fleuve d'Afrique. Avec une longueur d'environ , c'est, avec le fleuve Amazone, le plus long fleuve du monde. Il est issu de la rencontre du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le Nil Blanc ("Nahr-el-Abiad") prend sa source au lac Victoria (Ouganda, Kenya, Tanzanie) ; le Nil Bleu ("Nahr-el-Azrak") est issu du lac Tana (Éthiopie). Ses deux branches s'unissant à Khartoum, capitale du Soudan actuel, le Nil se jette dans la Méditerranée en formant un delta au nord de l'Égypte. En comptant ses deux branches, le Nil traverse le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, l'Ouganda, l'Éthiopie, le Soudan du Sud, le Soudan et l'Égypte. Il longe également le Kenya et la République démocratique du Congo (respectivement avec les lacs Victoria et Albert), et son bassin versant concerne aussi l'Érythrée grâce à son affluent du Tekezé. Le Nil est la voie qu'empruntaient les Égyptiens pour se déplacer. Il apporte la vie en fertilisant la terre et garantit l'abondance. Il joua un rôle très important dans l'Égypte antique, du point de vue économique, social (c'était autour de lui que se trouvaient les plus grandes villes), agricole (grâce au précieux limon des crues) et religieux. Fleuve nourricier de cette civilisation, il fut divinisé sous le nom d'Hâpy, personnifiant la crue du Nil dans la mythologie égyptienne. La crue du Nil, qui avait lieu chaque été et qui apportait le limon noir permettant la culture de ses rives, est restée longtemps un phénomène inexpliqué. C'est de ce limon noir que vient le nom antique de l'Égypte, "Kemet", qui veut dire « la terre noire ». De nos jours, les eaux limoneuses du Nil sont captées et redistribuées sur les terres agricoles grâce aux barrages de Ziftah, d'Assiout, d'Hammadi, d'Esna et surtout aux deux barrages géants d'Assouan, l'ancien et le grand barrage, dont la construction dans les années 1970 a nécessité le déplacement de plusieurs temples dont ceux d'Abou Simbel, qui auraient été noyés dans la retenue du lac Nasser. Étymologie. Les anciens Égyptiens l'appelaient soit Ḥ'pī ou Ḥap, soit "iteru" (trans. = "jtrw") signifiant « rivière », représentée par les hiéroglyphes : M17-X1:D21-G43-N35A-N36:N21*Z1 qui se déformera plus tard en "eior". Hâpy était la personnification divine du Nil. En copte, le Nil est appelé en fonction des dialectes ⲉⲓⲟⲟⲣ (eioor), ⲫⲓⲁⲣⲟ (piaro en sahidique, phiaro en bohaïrique), ⲉⲓⲉⲣⲟ (eiero), ⲓⲁⲣⲟ (iaro), ⲓⲉⲣⲟ (iero), ⲓⲉⲣⲁ (iera) ou ⲓⲟⲣ (ior), termes tous dérivés de l'égyptien ancien. Le mot « Nil » ( "nīl"), vient du latin "Nilus", lui-même issu du grec , qui serait lui-même une transcription déformée du terme égyptien "Na-eiore", pluriel de "eior", désignant le delta et signifiant « rivière, cours d'eau ». En arabe, on écrit . Affluents. Le bassin hydrographique du Nil couvre , à peu près 10 % de la superficie de l'Afrique. Les deux grands affluents du Nil sont le Nil Blanc dont la source se trouve à l'équateur, et le Nil Bleu dont la source se trouve en Éthiopie. Chacune de ces branches se trouve sur le flanc ouest du rift est-africain. L'Atbara est aussi un autre affluent moins important du Nil, qui coule seulement quand il pleut en Éthiopie et qui s'assèche vite. Le Nil Blanc. La source du Nil est parfois considérée comme étant le lac Victoria, mais le lac est alimenté par des cours d'eau de taille considérable. Le cours d'eau le plus long qui se jette au lac Victoria, et qui en est donc la source la plus éloignée, émerge de la forêt de Nyungwe au Rwanda, par l'intermédiaire du Rukarara, qui se jette dans le Mwogo, puis le Nyabarongo et enfin le Kagera, avant de rejoindre le lac Victoria en Tanzanie près de la ville de Bukoba. Le Nil quitte le lac Victoria aux chutes de Ripon, près de Jinja, Ouganda ; il porte le nom de « Nil Victoria ». Il s'écoule pendant approximativement , par le lac Kyoga, jusqu'à atteindre le lac Albert. Après avoir quitté ce lac, le fleuve est connu sous le nom de « Nil Albert ». Il coule alors au Soudan, où il est connu comme le "Nahr el Jabal" (« rivière de la montagne »). Au confluent du Nahr el-Jabal et du Bahr el-Ghazal ( de long), le fleuve est connu sous le nom de Nahr al Abyad, ou Nil Blanc, ce nom lui venant de l'argile blanchâtre en suspension dans ses eaux. De là, le fleuve coule vers Khartoum. Selim Bimbachi va effectuer trois expéditions entre 1839 et 1842 pour en découvrir les sources. Le Nil Bleu. Le Nil Bleu (Ge'ez ጥቁር ዓባይ "Ṭiqūr ʿĀbbāy", "rivière noire Abay" pour les Éthiopiens ; "Nahr al Azraq" pour les Soudanais) jaillit du lac Tana dans les montagnes éthiopiennes. Le Nil Bleu mesure environ jusqu'à Khartoum, où il rejoint le Nil Blanc pour former le Nil proprement dit. 90 % de l'eau et 96 % des sédiments transportés par le Nil proviennent de l'Éthiopie, mais cet écoulement se produit seulement en été, quand les grandes pluies tombent sur le plateau éthiopien ; le reste de l'année, les grands fleuves drainant l'Éthiopie vers le Nil coulent faiblement. Hydrologie. Le débit du Nil Albert à Mongalla (au nord-est de Djouba) est presque constant pendant toute l'année, d'une moyenne de /s. Après Mongalla, le Nil () entre dans d'immenses marais au Sud du Soudan ("marais du Sudd"). Plus de la moitié des eaux du Nil sont perdues dans ce marais par évaporation. Le débit moyen du , de Nahr à la fin des marais, est d'environ /s. À la sortie des marais, cette rivière rejoint rapidement le Sobat et forme le Nil Blanc. L'écoulement moyen du Nil Blanc à Malakal est de /s, le débit maximum est approximativement de /s début mars et le minimum est d'environ /s en août. La fluctuation ici est due à la variation substantielle du débit du Sobat qui a un écoulement minimum d'environ /s en août et un débit maximum de plus de /s début mars. Le Nil Blanc coule ensuite vers Khartoum où il rejoint le Nil Bleu pour former le Nil. Le Nil Blanc contribue approximativement à 30 % du débit annuel du Nil. Cependant, pendant la saison sèche (de janvier à juin), le Nil Blanc contribue à hauteur de 70 % voire 90 % à tout le débit du Nil. Pendant cette période, le débit du Nil Bleu peut descendre jusqu'à /s, bien que les barrages en amont règlent l'écoulement du fleuve. Pendant la saison sèche, l'écoulement de l'Atbara est pratiquement nul. Le Nil Bleu contribue approximativement à 70 % du débit du Nil. Le débit du Nil Bleu change considérablement au cours de l'année. C'est ce qui provoque principalement les grandes variations du débit du Nil. Pendant la saison des pluies, le débit maximum du Nil Bleu excède souvent /s fin août (multiplication par 50 du débit normal). Avant la construction de barrages sur le fleuve, le débit annuel pouvait passer de un à quinze à Assouan. Les débits maxima de plus de /s se produisent fin août – début septembre et les débits minima d'environ /s ont lieu vers la fin avril – début mai. Le bassin du Nil est complexe, et pour cette raison, le débit en n'importe quel point le long du fleuve dépend de beaucoup de facteurs comprenant la météorologie, les déviations, l'évaporation ou l'évapotranspiration, et l'écoulement d'eaux souterraines. Transport de sédiments. Le transport annuel de sédiments dans le Nil en aval du barrage d’Assouan est de l’ordre de : Les bras du Nil. Après la confluence du Nil Bleu et du Nil Blanc, le seul affluent principal restant est la rivière Atbara, qui prend sa source en Éthiopie, à environ au nord du lac Tana, et coule sur approximativement . Elle rejoint le Nil environ après Khartoum. Le Nil a ainsi comme particularité que son dernier affluent le rejoint à mi-chemin de la mer. Après cette dernière confluence, le débit du Nil diminue en raison de l'évaporation très importante lors de la traversée du Sahara. Le Nil au Soudan présente deux particularités : Au nord du Caire, le Nil rejoint la Méditerranée par un delta à l'entrée duquel il se divise en deux bras principaux, le bras de Rosette à l'ouest et celui de Damiette à l'est. Histoire. Le Nil ("iteru" en égyptien ancien) était au cœur de la civilisation de l'Égypte antique. La majorité de la population et toutes les villes de l'Égypte occupaient les rives du Nil au nord d'Assouan. Le Nil a été la colonne vertébrale de la culture égyptienne depuis l'âge de pierre. Le changement de climat, et peut-être la surexploitation des pâturages, a desséché les terres pastorales de l'Égypte pour former le désert du Sahara, probablement vers -8000, et les habitants ont alors vraisemblablement émigré vers le fleuve, où ils ont établi une économie agricole sédentaire et une société plus centralisée. Pendant trente siècles, seules des felouques et des canges à rames ont navigué sur le Nil de Haute-Égypte. Il n'a fallu que cinquante ans pour qu'une armada de palaces flottants bouleverse le trafic fluvial millénaire. Le rôle du Nil dans la fondation de la civilisation égyptienne. La nourriture a joué un rôle crucial dans la fondation de la civilisation égyptienne. Le Nil a été une source intarissable de nourriture. Le Nil rend les terres environnantes très fertiles grâce à ses crues annuelles. Les Égyptiens pouvaient entre autres cultiver le blé et l'orge, fournissant de la nourriture pour toute la population. En outre, l'eau du Nil attire la faune telle que le buffle d'Afrique, et, après son introduction par les Perses au avant notre ère, le dromadaire. Ces animaux ont pu être tués pour la viande, ou capturés, apprivoisés et employés pour labourer . L'eau était vitale pour les humains comme pour le bétail. Le Nil était également un moyen commode et efficace de transport pour les personnes et les marchandises. Le Nil a aussi fourni le lin pour le commerce. Le blé était également échangé, une récolte cruciale dans le Moyen-Orient où la famine sévissait souvent. Ce système marchand a fixé les rapports diplomatiques de l'Égypte avec d'autres pays et a souvent contribué à la stabilité économique de l'Égypte. En outre, le Nil a fourni des ressources telles que la nourriture (poissons, gibier d'eau, irrigation des champs) ou de l'or alluvionnaire, pour lever rapidement et efficacement des armées. Le Nil a joué un rôle important dans la politique et dans la vie sociale. Le pharaon faisait déborder le Nil, et en échange de l'eau fertile et des récoltes, les paysans cultivaient le sol et envoyaient au pharaon une partie des ressources qu'ils avaient récoltées. En contrepartie, ce dernier utilisait ces ressources pour le bien-être de la société égyptienne. Le Nil avait une dimension spirituelle. Le Nil signifiait tant dans la vie des Égyptiens qu'ils ont créé un dieu consacré au bien-être apporté par l'inondation annuelle du Nil. Le nom de ce dieu était Hâpy et autant lui que Pharaon étaient censés contrôler la crue du Nil. Le Nil a été aussi considéré comme un seuil entre la vie et la mort, l'au-delà. L'est était considéré comme le lieu de la naissance et de la croissance et l'ouest celui de la mort, comme le dieu Rê, le soleil, qui subit ces trois états : naissance, mort et résurrection à chaque fois qu'il traverse le ciel. Ainsi, tous les tombeaux ont été placés à l'ouest du Nil, parce que les Égyptiens croyaient que pour entrer dans l'au-delà, il fallait être enterré du côté symbolisant la mort. L'historien grec Hérodote a écrit que « l'Égypte était un don du Nil ». Cette formulation, bien que naïve, illustre bien l'importance du Nil dans la société égyptienne. Cependant, elle passe sous silence la grande quantité de travail fournie par les Égyptiens pour mettre en valeur le fleuve (construction de canaux d'irrigation puis utilisation de chadoufs et de norias) ; en effet, ses crues dévastatrices et son cours variable (la ville de Pi-Ramsès a par exemple dû être abandonnée à la suite de l'ensablement du bras du Nil qui l'alimentait) ont rendu son exploitation laborieuse. Cette phrase passe également sous silence la mise en valeur plus anecdotique des oasis du désert Libyque, pour lesquelles il a également fallu avoir recours à d'importants travaux d'irrigation (chadoufs, norias, qanats). Le commerce de grande envergure le long du Nil depuis des temps antiques peut être prouvé à partir de l'os d'Ishango, probablement la première indication connue de la multiplication, qui a été découverte près de la source du Nil (près du lac Édouard, au nord-est du Congo), os qui a été daté au carbone 14 à près de avant notre ère. La recherche des sources du Nil. En dépit des tentatives des Grecs et des Romains (qui n'ont pu traverser les marais du Sudd), l'amont du Nil est demeuré en grande partie inconnu des sociétés méditerranéennes. Les diverses expéditions n'avaient pas réussi à déterminer la source du fleuve. Les représentations hellénistiques et romaines classiques du fleuve représentaient ainsi un dieu masculin avec son visage et sa tête se cachant dans des draperies, en témoignent les vers célèbres de Lucain : Agatharchide relate que sous le règne de "Philadelphe", une expédition militaire avait pénétré assez loin le long du cours du Nil Bleu pour déterminer que les crues de l'été étaient provoquées par les orages de pluies saisonnières dans les montagnes éthiopiennes. Mais aucun voyageur n'est connu dans l'Antiquité pour avoir atteint le lac Tana, encore moins pour avoir retracé les étapes de cette expédition après Méroé. Les Européens ne connaissaient que peu de choses sur les origines du Nil jusqu'aux , quand des voyageurs allant en Éthiopie ont visité non seulement le lac Tana, mais sont allés jusqu'à la source du Nil Bleu dans les montagnes au sud du lac. Bien que James Bruce ait prétendu avoir été le premier Européen à avoir vu la source, les auteurs modernes considèrent que le premier est plutôt le père jésuite Pedro Páez. Des Européens s'étaient installés en Éthiopie depuis la fin du , et il est possible qu'ils aient exploré le fleuve au plus près de sa source, mais ils ne pouvaient pas envisager son cours au-delà de l'Éthiopie. La rivière prend sa source près de Gish Abay, à cent kilomètres au sud-ouest du lac Tana, traverse le lac avec un courant sensible (comme le Rhône traverse le lac Léman), puis sort à Baher Dar et fait une grande boucle vers Khartoum. Le Nil Blanc était encore plus inconnu. Les anciens ont pensé que le fleuve Niger était une des extensions supérieures du Nil Blanc. Par exemple, Pline l'Ancien a écrit que le Nil aurait sa source "dans une montagne de la Mauritanie du Sud", qu'il coule sur une distance "de plusieurs jours", puis se prolonge sous terre, et qu'il réapparaît sur le territoire des Massæsyles, puis retourne sous le désert pour couler pendant "vingt jours jusqu'à ce qu'il atteigne les Éthiopiens les plus proches". Le lac Victoria a été aperçu pour la première fois par un Européen en 1858 quand l'explorateur britannique John Hanning Speke atteignit son rivage méridional pendant son voyage avec Richard Francis Burton pour explorer l'Afrique centrale et pour localiser les Grands Lacs. Croyant avoir trouvé la source du Nil en voyant cette « vaste étendue d'eau » pour la première fois, Speke a appelé le lac du nom de la reine du Royaume-Uni. Burton, qui récupérait d'une maladie et se reposait au sud dans la ville de Kazeh après avoir exploré les rivages du lac Tanganyika, s'est indigné du fait que Speke ait prétendu avoir découvert la vraie source du Nil sans en apporter les preuves scientifiques nécessaires. Burton considérait donc la question des sources du Nil non encore réglée. Une querelle publique suivit, qui a non seulement provoqué des discussions intenses au sein de la communauté scientifique, mais aussi beaucoup d'intérêt chez les autres explorateurs souhaitant confirmer ou réfuter la découverte de Speke. L'explorateur et missionnaire britannique David Livingstone échoua dans sa tentative de vérifier la découverte de Speke, en allant trop vers l'ouest et entrant dans le système du fleuve Congo. C'est finalement l'explorateur britannique Henry Morton Stanley qui confirma la véracité de la découverte de Speke, en naviguant autour du lac Victoria et en se rendant compte de l'existence des chutes de Ripon sur la rive nord du lac. C'est au cours de ce voyage qu'il est dit que Stanley aurait salué l'explorateur britannique avec les mots célèbres « Livingstone, je présume ? » en découvrant l'Écossais malade et découragé dans son camp à Ujiji sur les rives du lac Tanganyika. L'expédition du Nil Blanc, menée par le Sud-Africain Hendri Coetzee, a été la première à naviguer sur toute la longueur du Nil. Elle est partie de la source du Nil en Ouganda le et est arrivée à la Mer Méditerranée à Rosette, quatre mois et deux semaines plus tard. National Geographic a présenté un film sur l'expédition à la fin de l'année 2005 : . Le , le géologue Pasquale Scaturro et son associé, le kayakiste et réalisateur de documentaires Gordon Brown, sont devenus les premières personnes à naviguer sur le Nil Bleu, du lac Tana en Éthiopie aux plages d'Alexandrie sur la Méditerranée. Cependant, leur expédition comprenait beaucoup d'autres personnes, mais Brown et Scaturro ont été les seuls à rester pendant tout le voyage. Ils ont enregistré la chronique de leur aventure avec une caméra IMAX et deux caméras à main dans le film IMAX intitulé "Le Mystère du Nil" et dans un livre éponyme. Malgré tout, l'équipe a été forcée d'utiliser des bateaux à moteur pour la majeure partie de leur voyage, et ce n'est que le que le Canadien Les Jickling et le Néo-Zélandais Mark Tanner atteignirent la mer Méditerranée. Le , une équipe menée par les Sud-Africains Peter Meredith et Hendri Coetzee fut la première expédition à naviguer jusqu'à la source la plus lointaine du Nil : la rivière Kagera, connue comme la rivière Rukarara, dans la forêt de Nyungwe au Rwanda. Le , trois explorateurs de Grande-Bretagne et de Nouvelle-Zélande ont prétendu avoir été les premiers à remonter le fleuve de son delta à la vraie source qui se trouve dans la forêt tropicale de Nyungwe, dans le sud-ouest du Rwanda. Au terme d'une progression dans la forêt de Nyungwe, ils se sont arrêtés autour d'un trou rempli de vase, situé à d'altitude, d'où jaillissait un filet d'eau, une source du Nil ; la source la plus lointaine du Nil, portant la longueur du fleuve à au lieu des précédemment établis. La source la plus haute du Nil naît dans les montagnes du Rwenzori. Ce nom veut dire "faiseur de pluie" dans la langue des tribus d'altitude ougandaises. Dans ce massif, la pluie tombe plus de par an. Ses forêts sont une éponge gonflée d'humidité. Les torrents qui se déversent en cataracte sur les fortes pentes de ce grossissent la rivière Semliki qui alimente le lac Albert, grand déversoir du Nil. La source la plus méridionale demeure celle du Burundi : Gel. Deux épisodes de gel du Nil sont connus : la première fois en 829 et la seconde fois en 1010 ou 1011. Le climatologue anglais HH Lamb écrivait en 1966 dans "The Changing Climate" que l'étrangeté du gel du Nil était probablement attribuable à « un déplacement vers le nord de la ceinture anticyclonique, caractéristique de l'époque, et à l'air froid sibérien qui atteignait parfois la Méditerranée ». Le fleuve depuis la construction du barrage d’Assouan (1970). Autrefois, le fleuve débordait chaque été, déposant du limon fertile sur les champs et irriguant les terres agricoles grâce à un système de canaux que les anciens Égyptiens avaient creusé. Il y a eu quelques rares exceptions, par exemple en -43 et -42 où les crues ont fait défaut, à la suite d'un épisode de refroidissement de l'hémisphère nord induit par l'explosion du volcan Okmok en Alaska, qui a obscurci la haute atmosphère durant environ 2 ans et demi. Tandis que la plupart des Égyptiens vivent toujours dans la vallée du Nil, la construction du haut barrage d'Assouan (fini en 1970) pour fournir de l'hydroélectricité a mis fin en aval au renouvellement du limon fertile des crues de l'été en stabilisant son débit. La construction de deux grands barrages au sud d'Assouan, en inondant l'île de Philae et toute la région d'Abou Simbel, a mis ainsi un terme à ces crues qui firent la prospérité de générations d'Égyptiens, produisant par ailleurs un certain nombre d'effets pervers : l'agriculture a recours aux produits chimiques et la production ne suffit plus à nourrir ses habitants. Le Nil permet toujours à une grande partie de la population de subsister le long de ses rives, mais l'économie égyptienne dépend surtout du tourisme et des croisières sur le Nil. On estime que près de 90 % de la population égyptienne vit ainsi dans la vallée et le delta du Nil. L'écoulement du fleuve est contrarié en plusieurs points par des cataractes, qui sont des endroits où la vitesse de l'eau s'intensifie, avec beaucoup de petites îles, de l'eau peu profonde, et des rochers, formant un obstacle à la navigation par bateaux. Les marais du Sudd au Soudan forment également un obstacle pour la navigation et l'écoulement de l'eau. L'Égypte avait, par le passé, essayé de creuser un canal (le canal de Jonglei) pour améliorer l'écoulement de cette masse stagnante d'eau (également connue sous le nom de Lac No). Le Nil est toujours utilisé pour transporter des marchandises à différents endroits de son long cours ; les vents d'hiver favorisent cette navigation : les bateaux peuvent ainsi voyager vers l'amont en utilisant seulement la voile, et en employant vers l'aval l'écoulement du fleuve. Les villes sur le Nil incluent Khartoum, Assouan, Louxor (Thèbes), et l'agglomération du Caire. La première cataracte, la plus proche de l'embouchure du fleuve, est près d'Assouan, au nord des barrages d'Assouan. À partir d'Assouan, vers le nord, le Nil est un itinéraire touristique important où naviguent des bateaux de croisière comme des bateaux traditionnels en bois, felouques et dahabiehs. En outre, beaucoup de « bateaux-hôtels » font le chemin entre Louxor et Assouan, s'arrêtant entre-temps à Edfou et à Kôm Ombo. Il était encore possible récemment de naviguer sur ces bateaux du Caire jusqu'à Assouan, mais les autorités ont interdit la plus grande partie de cet itinéraire pour des raisons de sécurité. Géopolitique et partage des eaux. Les rives du fleuve moyen firent à la fin du l'objet de convoitises diverses, d'abord dans le cadre de la révolte mahdiste, puis entre les Britanniques et les Français (Crise de Fachoda) et les Belges (Enclave de Lado) dans le cadre du « Partage de l'Afrique » par les puissances européennes, initié par la Conférence de Berlin (1884-1885). Le haut-fleuve sera partagé entre l'État indépendant du Congo de (actuelle République démocratique du Congo), l'Empire britannique (actuels Ouganda et dans une moindre mesure Kenya) et l'Afrique orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi). Lors de la crise du canal de Suez, parmi les plans élaborés par les Britanniques lors des tensions avec l'Égypte, désormais pleinement indépendante, figurait l'assèchement des eaux du Nil vers l'Égypte, depuis le barrage des chutes Owen en Ouganda, de manière à endommager le secteur agricole et couper les communications. Les militaires exposèrent ce plan au Premier ministre Anthony Eden six semaines avant l'invasion. Il fut abandonné par crainte qu'il ne provoque de violentes émeutes au sein de la population égyptienne, parce qu'il aurait pris des mois à mettre en place et qu'il aurait aussi mis à mal d'autres pays comme le Kenya et l'Ouganda. De nos jours, la répartition des eaux du Nil pour l'exploitation est régulée par un accord liant neuf des dix pays riverains du bassin (Burundi, République démocratique du Congo, Égypte, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan, Tanzanie — mais pas l’Érythrée, seulement observateur, et ne voisinant pas directement le Nil), sous la bannière de l'Initiative du bassin du Nil (IBN, ""). Il tire son origine d'un premier accord datant de 1929, définissant la répartition entre l'Égypte, formellement indépendante à cette époque, et le reste du territoire de l'Empire britannique riverain du Nil, donnant notamment un droit de véto à l'Égypte sur tout projet en amont. Un second accord fut signé en 1959 entre l'Égypte et le Soudan, sans tenir compte des huit autres États concernés. L'Égypte accédait ainsi à par an, et le Soudan à , accaparant à eux deux plus des trois quarts de l’eau disponible. Cette répartition est remise en cause par les autres pays riverains du fleuve, souhaitant pouvoir mener leurs propres projets de développement. L'Égypte et le Soudan revendiquent, eux, des droits historiques, en en faisant même une question de "sécurité nationale". de l'immobilisme, un a été proposé à la signature par quatre pays de l'IBN en amont du fleuve : l'Éthiopie, la Tanzanie, le Rwanda et l’Ouganda (rejoints plus tard par le Kenya). Pour entrer en vigueur au sein de l'IBN, le texte doit être approuvé par six des neuf pays. Le Burundi et la République démocratique du Congo sont donc désormais les deux seuls pays n'ayant pas pris position. En mai 2013, le gouvernement éthiopien a entamé des opérations de détournement du Nil Bleu afin de permettre la construction d'un barrage hydroélectrique appelé barrage de la Renaissance. Le gouvernement égyptien a vivement réagi, évoquant en dernier recours une intervention « pour détruire le barrage ». Histoire géologique. Le bassin hydrographique du Nil existe depuis au moins d'années, âge des plus anciens sédiments transportés jusqu'au delta, et date probable du soulèvement éthiopien. Le Nil actuel est au moins le cinquième fleuve qui ait coulé au nord des montagnes éthiopiennes. Grâce à des images satellites, on a pu repérer des cours d'eau asséchés dans le désert à l'ouest du Nil. Un canyon, maintenant rempli par la , était emprunté par un Nil antique appelé l'Éonil qui a coulé vers la fin du Miocène (23-5,3 millions d'années). L'Éonil a transporté les dans la Méditerranée ; plusieurs gisements de gaz ont été découverts dans ces sédiments. Au sud du Caire, une gorge remplie de sable atteint une profondeur de . Pendant la crise du Messinien à la fin du Miocène, lorsque la mer Méditerranée était un bassin fermé et que le niveau de la mer avait baissé d'approximativement , le Nil était alors au niveau de cette mer, au point d'être à Assouan quelques centaines de mètres plus bas que le niveau des océans. Cet immense canyon est maintenant rempli de sédiments. Autrefois, le lac Tanganyika se déversait au nord dans le Nil, jusqu'à ce que les volcans de Virunga aient bloqué son cours au Rwanda. Cela aurait rendu le Nil beaucoup plus long, avec sa source au Nord de la Zambie. Voir aussi. Bibliographie. Les sources du Nil. Voir aussi : Nil Blanc (bibliographie)
Nombre Un nombre est un concept permettant d’évaluer et de comparer des quantités ou des rapports de grandeurs, mais aussi d’ordonner des éléments par une numérotation. Souvent écrits à l’aide d’un ou plusieurs chiffres, les nombres interagissent par le biais d’opérations qui sont résumées par des règles de calcul. Les propriétés de ces relations entre les nombres sont l’objet d’étude de l’arithmétique, qui se prolonge avec la théorie des nombres. En l’absence d’une définition générale satisfaisante de cette notion, les mathématiques proposent plusieurs types de nombres pour exprimer des mesures physiques, résoudre des équations, voire pour appréhender l’infini. En physique, les grandeurs sans dimension sont souvent appelées « nombres », tels le nombre de Reynolds en mécanique des fluides ou les nombres quantiques. En dehors de leur utilisation scientifique, certains nombres ont aussi acquis une charge symbolique forte dans différentes cultures. C'est par exemple le cas du nombre trois pour les chrétiens ou du nombre dix pour les pythagoriciens. Conception. Principe. Le concept de nombre trouve son origine dans l’idée d’appariement, c’est-à-dire de la mise en correspondance d’ensembles (par exemple des êtres humains d’une part et des chevaux d’autre part). Si l’on tente de répartir tous les éléments en couples comprenant un élément de chaque ensemble, il se peut qu’il reste des éléments d’un ensemble en trop, ou qu’il en manque, ou encore qu’il y en ait juste assez. L’expérience montre alors que la manière de faire la répartition ne change pas le résultat, d’où la notion de quantité, caractère intrinsèque et qui peut être comparé. Cette quantité n’est pas encore un nombre mais est parfois désignée comme un « nombre-de ». Le nombre en tant que tel ne possède pas d’unité de mesure. Il est d’après Euclide « un assemblage composé d’unités », où « l’unité est ce selon quoi chacune des choses existantes est dite une. » Parallèlement à la notion de quantité, liée à l’aspect « cardinal », la notion de repérage dans une liste mène à la définition du nombre « ordinal » : le premier nombre est suivi d’un deuxième, lui-même suivi d’un autre et ainsi de suite « jusqu’à l’infini ». Extension progressive. Sans calcul, les nombres sont limités à la quantité de symboles utilisables. La découverte des opérations numériques élémentaires (addition et multiplication notamment) va permettre aux mathématiques de faciliter la description des nombres beaucoup plus grands à l’aide de divers systèmes de numération. La civilisation babylonienne découvre notamment la notation positionnelle dès le millénaire avant notre ère et pratique alors le calcul avec des nombres ayant une partie fractionnaire. Les fractions sont conçues en Égypte antique sous forme de « quantièmes », c’est-à-dire d’inverses d’entiers. Leur manipulation est alors soumise à certaines contraintes qui ne seront surmontées que par l’interprétation géométrique comme rapport de longueurs (entières). Toutefois, ni les fractions ni les autres proportions géométriques telles que pi, le nombre d’or ou la diagonale du carré ne seront vraiment considérées comme des nombres par les mathématiciens de la Grèce antique, pour qui les seuls nombres sont entiers. Même si le "chiffre" « 0 » est employé dans certains systèmes de numération positionnelle par plusieurs civilisations antiques, le "nombre" zéro n’apparaît en tant que tel qu’au dans les mathématiques indiennes. Il est repris par la civilisation de l’Islam et importé en Europe au . Sous le qualificatif d’« absurdes », les nombres négatifs sont déjà étudiés au mais leurs propriétés arithmétiques font encore polémique au début du . Les nombres algébriques réels positifs sont étudiés avec le développement de l’algèbre par les mathématiciens arabes. Ces derniers en calculent des valeurs approchées en notation décimale dès le . Cette même algèbre conduira certains mathématiciens italiens à inventer au des nombres « imaginaires », première approche des nombres complexes qui ne seront définis de manière satisfaisante qu’au . Leur construction géométrique sera d’ailleurs rapidement suivie de celle des quaternions puis d’autres nombres hypercomplexes pendant le siècle suivant. Paradoxalement, il faudra cependant attendre le pour que soit reconnue l’existence de nombres transcendants, juste avant que soit formalisée la notion de nombre réel indépendamment de la géométrie. La procédure de complétion des nombres rationnels sera imitée au début du pour construire les nombres "p"-adiques. Les nombres transfinis sont introduits de diverses manières à partir de la fin du , lorsque Georg Cantor définit les ordinaux et cardinaux. Dans la seconde moitié du , l’analyse non standard fait usage de nombres hyperréels puis superréels, tandis que Conway présente les nombres surréels et pseudo-réels. Pédagogie. Diverses expériences explorent les capacités numériques chez l’enfant en bas âge. Dans l’éducation, l’apprentissage du nombre débute avec l’acquisition de la « chaîne numérique », notamment à l’aide de comptines : « un, deux, trois… » Cette liste sera progressivement prolongée pour permettre à l’enfant d’"énumérer" des objets qu’il manipule afin de les "dénombrer" (en associant à cette quantité le dernier terme de l’énumération), mais aussi pour repérer une position dans une série ordonnée. Au cours de la scolarité, l’enfant est amené à considérer divers types de nombres rangés dans une suite croissante d’ensembles : Numération. Origine. L’idée de quantité et sa codification visuelle sont vraisemblablement antérieures à l’apparition de l’écriture. Plusieurs procédés de comptage sont progressivement développés pour décrire la taille d’un troupeau et contrôler son évolution, suivre un calendrier ou mesurer des récoltes. Au millénaire avant notre ère, les civilisations mésopotamiennes utilisent ainsi des boules creuses d’argile contenant des jetons, puis des tablettes d’argile munies de marques. Un système de notation (dit « système S ») est employé pour la désignation des quantités discrètes, tandis que les surfaces et autres grandeurs sont représentées chacune selon un système de notation propre. Il faut attendre la fusion de ces systèmes, à la fin du millénaire avant notre ère, pour voir se former véritablement le concept du nombre abstrait, indépendant de ses réalisations concrètes. Du signe au chiffre. Dans les systèmes de numération additifs, certains symboles (variables selon les cultures) représentent des quantités précises et sont juxtaposés pour désigner tous les nombres utiles. Les systèmes alphabétiques associent la liste des lettres de l’alphabet (employant en renfort des lettres inusitées, désuètes ou inventées) aux neuf unités, neuf dizaines et neuf centaines pour écrire chaque nombre entre 1 et 999 en trois caractères maximum. Pour écrire des valeurs supérieures, un nouveau groupe de trois lettres maximum désignant les milliers est placé à gauche, séparé par une apostrophe. Ce système est proche de l’écriture positionnelle chiffrée, dans laquelle chaque position ne contient (au plus) qu’un seul chiffre. Les chiffres de la numération décimale correspondent aux dix premiers nombres entiers : zéro, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit et neuf. Arithmétique. Opérations. Dès lors que les quantités sont représentées par des symboles, la manipulation des quantités doit être traduite par des opérations sur les nombres. Ainsi, la réunion de deux quantités définit l’opération d’addition et la répétition d’une certaine quantité donne lieu à la multiplication. Ces deux opérations "directes" admettent des opérations "réciproques" : la soustraction et la division, qui permettent de retrouver l’un des opérandes à partir du résultat et de l’autre opérande. Chacune de ces opérations est réalisée selon diverses techniques de calcul. Mais contrairement aux opérations directes qui sont définies sans restriction, les opérations réciproques n’aboutissent que sous certaines conditions. Ainsi, avant l’utilisation des nombres négatifs, un nombre ne peut être soustrait qu’à un nombre plus grand. De même, la notion de divisibilité décrit la réalisabilité d’une division. Le processus de division euclidienne a cependant l’avantage de fournir un résultat même sans l’hypothèse de divisibilité. Cette dernière s’exprime alors par l’absence de "reste". À partir du moment où la multiplication apparaît comme une opération purement numérique, sa répétition définit les puissances d’un nombre, dont les opérations réciproques sont appelées racines. D’autres opérations telles que la factorielle sont développées dans le cadre de la combinatoire. Multiple et diviseur. Dans ce paragraphe, les nombres considérés sont des entiers naturels non nuls. Étant donné un nombre, l’ensemble de ses multiples est infini mais régulièrement réparti et facile à décrire par une suite arithmétique. Par exemple, les multiples de 2 sont les nombres pairs, qui sont alternés avec les nombres impairs parmi tous les entiers. Au contraire, l’ensemble des diviseurs d’un nombre est toujours fini et sa répartition n’a pas du tout le même genre de régularité. Il contient certes toujours le nombre à diviser et le nombre 1, les éventuels autres diviseurs se situant entre ces deux extrêmes. Mais il est en général difficile de lister ces autres diviseurs à partir d’une écriture du nombre dans une base donnée. Ce problème est lié en partie à la rareté de critères simples pour déterminer sans calcul si un nombre est divisible par un autre. Dans un système de numération positionnelle décimale, plusieurs critères de divisibilité sont connus pour de petits diviseurs (surtout pour 2, 3, 5, 9 et 10), mais en dehors de ces quelques cas, c’est essentiellement la division euclidienne qui permet de répondre à cette question. Nombre premier. Hormis le nombre 1, qui est son seul diviseur, tout nombre admet donc au moins deux diviseurs distincts. Ceux qui en admettent exactement deux sont appelés nombres premiers. Ils sont les seuls à pouvoir réduire d’autres nombres par division, sans être eux-mêmes décomposables en produit de nombres strictement plus petits. Il en existe une infinité et chaque nombre se décompose de manière unique en un produit de nombres premiers. Cette décomposition permet entre autres de comprendre la structure de l’ensemble des diviseurs. Vers la théorie des nombres. L'arithmétique est littéralement la science des entiers, comprenant la définition des opérations élémentaires d'addition et de multiplication, de leurs opérations inverses, de la relation de divisibilité et des propriétés qui s'en déduisent, permettant le traitement d'équations diophantiennes. À partir du , la théorie des nombres prolonge ces notions à l'aide des outils de l'algèbre et de l'analyse, dans les ensembles de nombres réels, complexes ou p-adiques. Géométrie. Nombre figuré. L’évaluation d’une quantité d’objets se fait plus ou moins rapidement selon la manière dont les objets sont rangés. Par exemple, seize jetons se comptent bien plus facilement s’ils sont disposés en carré que s’ils sont jetés en désordre sur une table. De même, la "tetraktys" des pythagoriciens est le rangement de dix points en triangle. D’autres formes sont étudiées sous cet angle dans le plan (hexagones par exemple) ou dans l’espace par des empilements de figures. Cette vision des nombres comme des configurations géométriques permet entre autres d’interpréter le produit de deux nombres comme le rectangle dont les côtés sont décrits par ces deux nombres, d’où la nécessaire commutativité de la multiplication, c’est-à-dire que l’ordre dans lequel on effectue la multiplication n’a pas d’influence sur le résultat. D’autres propriétés arithmétiques peuvent s’énoncer géométriquement. Ainsi, un nombre est pair s’il est représentable par un rectangle sur deux lignes ; il est premier si la seule manière de le représenter sous forme de rectangle est une ligne de plusieurs points. Rapport de grandeur. Certains nombres proviennent de rapports géométriques comme pi, rapport de la circonférence du cercle à son diamètre, ou le nombre d’or, né du problème de la division « en extrême et moyenne raison ». Voir aussi. Filmographie. "L'empire des nombres", DVD paru chez Arte édition.
Nomarque Dans l'antiquité égyptienne, les nomarques (en égyptien ancien : "ḥrj tp ꜥꜣ") étaient les fonctionnaires qui administraient les nomes (provinces) au nom du pharaon. Bien que les nomarques fussent normalement nommés par le pharaon, l'affaiblissement du pouvoir central conduisit souvent à la création de dynasties locales ; la fonction se transmettait alors héréditairement. Durant les « périodes intermédiaires » (périodes de troubles profonds) les nomarques devenaient de véritables petits roitelets qui allaient parfois jusqu'à utiliser les attributs du pharaon sur les décors de leurs sépultures. Principaux nomarques de l'Égypte antique. Basse-Égypte. ! scope=col colspan="2" | Nome ! scope=col rowspan="2" width="8%" | Dynastie ! scope=col rowspan="2" width="12%" | Souverain régnant ! scope=col rowspan="2" width="10%" | Nomarque ! scope=col rowspan="2" width="24%" | Remarque ! scope=col colspan="2" | Sépulture ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="8%" | N° ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="16%" | Nom et (capitale) ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="10%" | type ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="12%" | emplacement Haute-Égypte. ! scope=col colspan="2" | Nome ! scope=col rowspan="2" width="8%" | Dynastie ! scope=col rowspan="2" width="12%" | Souverain régnant ! scope=col rowspan="2" width="10%" | Nomarque ! scope=col rowspan="2" width="24%" | Remarque ! scope=col colspan="2" | Sépulture ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="8%" | N° ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="16%" | Nom et (capitale) ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="10%" | type ! scope=col bgcolor="#CCCCAA" width="12%" | emplacement
Bourse de New York
Nenkō Au Japon, la désigne le système par lequel les salariés touchent de plus en plus avec l'âge. "Nenkō jōretsu" peut se traduire par "principe de séniorité", soit un avancement à l'âge. Un équivalent en France serait la prime d'ancienneté. Description. Le système "nenkō" repose sur deux principes : Ce système a été le symbole pour les Occidentaux (Européens et Américains) du monde du travail japonais. Néanmoins, il faut nuancer le principe du "nenkō". D'une part, seules les grandes entreprises offraient cet avantage, les petites entreprises et sous-traitants licencient bien plus que les grandes entreprises lors d'une crise économique. D'autre part, ces dernières années, l'évolution de la société depuis les années 1990 a favorisé le déclin de l'avancement à l'âge. Citons : Le , Toyota dévoile un projet prévoyant de réduire le poids de l’ancienneté et d’intégrer plus de mérite dans les salaires, tout en proposant des avantages pour les employés ayant des enfants, tout cela pour attirer de jeunes talents. La position de Toyota pourrait faire école, et aboutir à la fin du système de rémunération à l’ancienneté, alors que les cadres de Sony, Hitachi et Panasonic sont déjà payés depuis 2014 à la performance.
Nomikai signifie littéralement « réunion pour boire » et désigne les soirées que font les Japonais pour se détendre. Ces soirées se déroulent généralement dans une "izakaya", un genre de bar-restaurant où bière et saké sont servis. Si on parle de "nomikai" pour une sortie entre amis, le véritable phénomène de société est la "nomikai" entre collègues de bureau. Il n'est pas rare de croiser des groupes de "salarymen" parfois ivres morts dans des quartiers d'affaires tels que Nihonbashi. C'est généralement le chef qui propose de partir en "nomikai" et il est difficile pour les subalternes de refuser. Une "nomikai" commence toujours par le fameux , et se termine souvent par un savant calcul de division de la note faisant en sorte que les plus jeunes payent le moins cher, et les plus âgés plus cher.
Nîmes Nîmes ( , ou prononcé localement , en occitan : "Nimes" ) est une commune du sud de la France, préfecture du département du Gard en région Occitanie. Ses habitants se nomment les "Nîmois". Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par le Vieux Vistre, la Pondre, le Grand Campagnolle, le Pierrau, le vistre de la fontaine, le ruisseau de Campagne, le ruisseau de Goutajon et par divers autres petits cours d'eau. Incluse dans les gorges du Gardon, la commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000 (les « costières nîmoises » et le « camp des Garrigues »), deux espaces protégés (le « domaine d'Escattes » et les « Costières de Nîmes ») et quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Nîmes est une commune urbaine qui compte en . Elle est ville-centre de l'agglomération de Nîmes et fait partie de l'aire d'attraction de Nîmes. Ses habitants sont appelés les Nîmois ou Nîmoises. Située à quelques dizaines de kilomètres de la mer Méditerranée et des montagnes des Cévennes, la ville se trouve sur l'axe très fréquenté reliant la basse vallée du Rhône à la plaine languedocienne et sur l'arc méditerranéen entre Marseille et Barcelone. Avec au , elle est la troisième commune la plus peuplée d'Occitanie derrière Toulouse et Montpellier et connaît une croissance démographique qui est supérieure à la moyenne nationale. Le dynamisme économique de la métropole s'accroît depuis plus d'une décennie. L'aire urbaine nîmoise atteint les , alors que le Gard qui est centré sur Nîmes totalise . La ville de Nîmes connaît en période estivale un afflux notable de touristes venus visiter ses monuments et participer à ses ferias et festivals. Son accessibilité est renforcée grâce à la nouvelle ligne TGV. La gare Nîmes pont du Gard est reliée à la gare de Nîmes centre par TER. L'aéroport connaît un trafic moyen. Riche d'un patrimoine exceptionnel, de ses musées, la ville méditerranéenne connaît une effervescence culturelle. Avec de soleil par an, la qualité de vie y est appréciée par les habitants et visiteurs. La fondation de Nîmes remonte à l'Antiquité. De la période romaine, Nîmes conserve des monuments tels que les arènes, la Maison Carrée ou encore la tour Magne au pied de laquelle se situe le site du sanctuaire de la Fontaine. Ce riche passé antique lui vaut le surnom de « Rome française ». Ville à la fois gauloise, romaine, camarguaise, cévenole, languedocienne et provençale, fief protestant depuis le et centre de production de tissus à partir du , avec notamment la fameuse toile denim, Nîmes possède une culture et une histoire abondantes et reste une ville à forte identité. La valorisation de son patrimoine historique, culturel et architectural a permis à la ville d'obtenir le label de Ville d'art et d'histoire. Depuis 2012, date de son inscription sur la liste indicative française, Nîmes travaille son dossier de candidature pour l'inscription de la cité bimillénaire au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nîmes fait partie des "52 endroits où aller en 2023" du "New York Times", apparaissant en 24ème position. Géographie. Localisation. Préfecture du département du Gard, la commune se trouve dans l’étroite plaine du bas-Languedoc qui s’étire du Rhône à l’Aude. Sa position avantageuse sur l’arc méditerranéen la met en proximité de villes importantes. Nîmes est à au sud de Paris. À l’est, la séparent d'Arles, d’Istres, de Martigues, d’Aix-en-Provence et au sud-est, la métropole de Marseille n’est qu’à . Au nord-est, elle est distante de d'Avignon, de d’Orange et au nord, Lyon est à par le couloir rhodanien. Au nord-ouest Alès n'est qu'à . Au sud-ouest, une distance de seulement la sépare de Montpellier, de Sète, de Béziers, et de Narbonne. Barcelone, en Espagne, est distante de et Gênes, en Italie, de . <mapframe text="Situation de Nîmes." width=300 height=300 zoom=10 latitude=43.8 longitude=4.36> "type": "ExternalData", "service": "geoshape", "ids": "Q42807", "properties": { "stroke": "#d20005", "stroke-width": 2, "fill": "#008000", </mapframe><mapframe text="Carte occitane (Geoccitania:IEO-BdTopoc)." latitude="43.836944" longitude="4.36" zoom="12" lang="oc" width="298" height="192" align="right" /> Communes limitrophes. Nîmes est entourée des 16 communes suivantes : La commune de Nîmes est l'une des membres du schéma de cohérence territoriale (SCOT) du sud-Gard, dont elle est la ville centre. Elle est également l'une des du pays Garrigues et Costières de Nîmes. Paysages naturels. Du sud-ouest au nord-est, la ville de Nîmes s'étend sur une longueur de pour 3 à de largeur de la plaine aux garrigues (S-E/N-O). L'altitude maximale atteint sur les collines situées au nord de la ville ( en zone urbaine) et l'altitude minimale est de dans la plaine du Vistre ( à en zone urbaine). Depuis sa position dominante sur la large plaine du Vistre et le plateau des Costières, notamment au niveau de la fameuse tour Magne, Nîmes embrasse un large paysage, parfois jusqu'à . Les « sept collines de Nîmes », qui topographiquement n'en constituent que trois ont pour toponyme d'ouest en est : Puech du Teil, Montaury, Canteduc, mont Cavalier au sommet duquel trône la tour Magne, Mont Margarot, colline des moulins, La Croix de Fer-Mont Duplan. En direction du midi, s’étalent tout d’abord la plaine fertile de la Vistrenque, où coule le Vistre, ce petit cours d’eau qui descend des collines de Cabrières, puis le bas plateau des Costières : deux éléments géographiques qui constituent à la fois un grand couloir de circulation et un riche espace agricole grâce aux vignobles réputés, à côté desquels le canal du Bas-Rhône Languedoc a permis de développer vergers et maraîchages. Ce secteur comporte des villages importants qui soutiennent des densités de population assez élevées. Au-delà du bourrelet des Costières arrive le pays de l’eau, du sable et du sel, nature grandiose et sauvage de la Petite Camargue et de la Camargue par delà le Petit-Rhône, qui s’achève par les salines. Le paysage s’ouvre alors sur le cordon littoral sablonneux baigné par les eaux de la mer Méditerranée, où s’est développé l'ensemble touristique et balnéaire comprenant les villes d'Aigues-Mortes, du Grau-du-Roi et de Port-Camargue. Vers le nord, en direction d’Alès, s’étagent successivement les paysages arides et calcaires des Garrigues nîmoises, puis de la large plaine de la Gardonnenque, dominée par le mont Bouquet (), où le Gard serpente à travers des gorges et parfois perd ses eaux avant de croiser le pont qui porte son nom. Au pied de la ville d’Alès, la chaîne montagneuse des Cévennes dresse ses premiers contreforts. La barrière du mont Lozère est parfaitement visible, tout comme le mont Aigoual au nord-ouest. Au levant, le mont Ventoux du haut de ses découpe la ligne d'horizon de sa masse imposante flanqué au sud des montagnes de Luberon, des Alpilles, et, par temps clair, la montagne Sainte Victoire au loin. Au-delà du Rhône, qui trace les limites entre les départements du Gard et de Vaucluse et des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, la ville côtoie les cités d’Avignon et d’Arles. Les cités « jumelles » de Beaucaire et Tarascon se situent à plein est, en direction des Alpilles. À l'ouest, sur la ligne d'horizon, le regard s'accroche, en terre héraultaise précédée de la Vaunage, sur la silhouette pittoresque du pic Saint Loup qui culmine du haut de ses d'altitude à vingt-cinq kilomètres au nord de Montpellier auquel répond l'impressionnante falaise de l'Hortus. Plus près, à environ vingt-cinq kilomètres, peu avant Lunel, notamment au niveau de Sommières, le Vidourle (petit fleuve dont la longueur ne dépasse pas mais sujet à des crues automnales violentes appelées vidourlades) chevauche la limite entre les départements du Gard et de l’Hérault. Climat. La cité gardoise bénéficie d'un climat méditerranéen, codé « Csa » selon la classification de Köppen. L'ensoleillement est de 2662 heures par an sur la période 1990-2010. Cependant, la ville reste soumise à l'influence du mistral dont les rafales peuvent dépasser les par heure et qui souffle une centaine de jours par an en moyenne dans la vallée du Rhône. Ce vent froid du nord tend à relativiser les hivers doux. Les moyennes mensuelles varient entre pour janvier qui est le mois le plus froid et pour juillet qui est le mois le plus chaud. L'influence méditerranéenne limite les précipitations et donne un été chaud ainsi qu'une aridité très marquée de la période estivale. Au contraire, l'automne est généralement la saison des perturbations pluvio-orageuses méditerranéennes pouvant déverser des quantités d'eau remarquables en quelques heures. Sa position topographique, au creux des collines de garrigues, retient parfois de fortes chaleurs. Cette situation explique les importantes chaleurs estivales et les fréquentes inondations. Les plus dramatiques furent celles du 3 octobre 1988 déversant, en moyenne, 250 à plus de / en six heures sur les hauteurs de la ville et entraînant la mort de dix personnes. Dernièrement, le au matin, la ville a échappé de peu à une nouvelle catastrophe; étant à nouveau enregistrés à la station du mas de Ponge entrainant une forte crue du cadereau de Camplanier. La configuration de la ville n'arrange rien lors de ce type d'événement. En effet, de nombreux ruisseaux d'écoulement du plateau des garrigues, appelés cadereaux, convergent tous vers le centre de la ville. La neige au sol reste un phénomène relativement marginal, apportant en général moins de . Il n'est d'ailleurs pas rare de voir se succéder plusieurs hivers de suite sans sa présence. La dernière chute d'importance s'est produite de manière assez tardive au cours de l'épisode « orageo-neigeux » du avec pas moins de relevés à la station météo de Nîmes-Courbessac et plus de 30– sur les hauteurs des garrigues avec des congères, par endroits, supérieures à . Le , en moyenne ont été relevés sur la cité. Le , avec une température de , Nîmes est devenue la ville avec la température la plus élevée d'une grande ville de France. Le tableau suivant donne la comparaison du climat nîmois avec la moyenne nationale et quelques villes représentatives : La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1921 permet de connaître en continu l'évolution des indicateurs météorologiques. Le tableau détaillé pour la période 1981-2010 est présenté ci-après. Voies de communication et transports. Déjà à l'époque romaine, Nîmes (en latin "Nemausus") était une étape sur la Voie Domitienne, cette ancienne voie de communication qui reliait l’Italie à la péninsule Ibérique. Aujourd’hui la ville tire profit pour son développement des excellentes infrastructures de communication, tant autoroutières que routières, ferroviaires ou aériennes qui irriguent le sud de la France. Transports en commun. Les réseaux de transports en commun sont sous la responsabilité de la communauté d'agglomération Nîmes Métropole, qui est l'autorité organisatrice de la mobilité. Il est exploité sous la marque "Tango !", "TAN" étant l'acronyme de "Transports de l'agglomération nîmoise" et "Go" ayant été ajouté pour signifier le déplacement et le dynamisme. Le , la ligne T1 du BHNS de Nîmes, un bus à haut niveau de service en site propre (appelé « Tram'Bus ») a été mise en service entre l'autoroute A54 et les arènes. Elle dessert notamment les nouvelles zones commerciales et de loisirs du sud de la ville, le quartier des Costières ainsi que le centre historique. Les travaux de prolongement de la ligne autour de l’Écusson, d'abord suspendus par le tribunal administratif en mars 2011 pour vice de forme, notamment au niveau de l'impact environnemental et des nuisances en centre-ville, ont finalement démarré en 2015 pour une mise en service le . La Ligne T2 du BHNS de Nîmes est mise en service en 2020 et relie sur "CHU Carémeau" à "Gare Feuchères". En 2019, Transdev remporte l'exploitation du réseau. Réseaux routiers et autoroutiers. L’autoroute A9, dite aussi « la Languedocienne » est un des axes majeurs qui assurent la liaison entre l'Europe du Nord et l'Espagne via la vallée du Rhône. Dans sa traversée du Languedoc, elle borde la ville de Nîmes sur sa façade sud. Ses deux accès est et ouest favorisent les liaisons rapides avec les villes importantes ; au nord en direction de Lyon et les villes au-delà, et à l’ouest vers Montpellier, et les prolongements vers l’Espagne, ou Toulouse et Bordeaux. La liaison autoroutière avec les villes du sud de la France comme Arles, Aix-en-Provence, Marseille et au-delà vers Nice puis l’Italie est établie par l'autoroute A54. Une route à deux fois deux voies, assure les importantes relations vers le nord du département du Gard, vers la cité gardoise d'Alès et les Cévennes. La proche rive droite du Rhône et les villes et les sites touristiques de Vaucluse sont accessibles par route N86, mais on notera l'absence d'une liaison autoroutière avec la cité des papes (section de sur route classique très encombrée entre Remoulins et Les Angles - Villeneuve-lès-Avignon). De Nîmes, vers les sites touristiques du littoral, la cité d'Aigues-Mortes et du Grau-du-Roi, les plages du littoral méditerranéen, le lien routier a été largement dimensionné pour répondre à la demande de la forte densité de circulation de la période estivale. Une rocade permet de contourner la ville par l'ouest, le sud et le sud-est. Elle sera complétée par un tracé au nord en cours de concertation. Transport ferroviaire. Le réseau ferroviaire nîmois est également de première importance, constituant un nœud stratégique depuis 1845. La première gare ouverte aux voyageurs remonte à 1839. La ville bénéficie des relations directes assurées par des trains à grande vitesse de la ligne à grande vitesse Méditerranée. Le TGV met la gare de Nîmes à environ 1 heure de Marseille-Saint-Charles, 1 heure 20 de Lyon-Part-Dieu, 2 heures 50 de Paris ou même à 4 heures 40 de Lille. Dans les années 1990, sous l'impulsion de Jean Bousquet, l’hypothèse d’une gare proche de l’aéroport de Nîmes-Garons avait été étudiée avec le prolongement sur des allées Jean Jaurès (« axe Foster ») qui aboutissait à une future gare TGV avec vue panoramique sur Nîmes. Mais ce projet monumental et ambitieux a été abandonné. Le prolongement de la ligne à grande vitesse vers l'Espagne, prévu initialement à l'horizon des années 2020 aurait dû faciliter les relations avec la ville de Barcelone, la capitale de la Catalogne et l'Espagne en général. Cependant, Nîmes n’est pas assurée de disposer d'une gare TGV prévue pourtant à Manduel et Redessan, à à l'est de Nîmes. Bien que cette implantation très excentrée engendre de nombreuses polémiques et protestations, le projet est malgré tout maintenu par SNCF Réseau et une nouvelle gare appelée Gare Nouvelle de Nîmes Pont du Gard est mise en service en décembre 2019 permettant d'augmenter considérablement le trafic ferroviaire sur la nouvelle ligne (et dans la nouvelle Gare de Montpellier Sud de France). Un contournement ferroviaire a donc été réalisé afin de ne plus saturer la gare de triage de fret. Le réseau ferroviaire classique, par la ligne de Tarascon à Narbonne assure les liaisons par trains TER ou Intercités de, ou vers, Avignon, Marseille, Montpellier, Perpignan, Toulouse ou Bordeaux. En direction du nord, la ligne des Cévennes à fort intérêt touristique, met en relation Nîmes et Paris via Alès et Clermont-Ferrand. Vers les plages du littoral, la ligne Nîmes – Le Grau-du-Roi assure, avec du matériel TER la desserte des stations touristiques d'Aigues-Mortes et du Grau-du-Roi, son terminus. Transport aérien. L'aéroport Nîmes Alès Camargue Cévennes, appelé aussi « Nîmes Garons » bien que le territoire de cette dernière commune, certes voisine, n'empiète pas sur l'emprise des installations qui se trouve sur la commune de Saint-Gilles, assure la desserte aérienne de la ville. Situé à environ au sud de l'agglomération nîmoise et à d'Arles sur les communes de Nîmes et Saint-Gilles, il possède une piste longue de . Il reçoit les vols réguliers qui relient Nîmes à Londres (Luton), Liverpool, East Midlands et Bruxelles-Charleroi. La gestion de l'aéroport a été confiée en janvier 2007 à Veolia Transport pour une durée de cinq ans. La gestion est depuis 2017 sous la gestion de Edeis. Sa fréquentation a enregistré une hausse de entre les années 2004 et 2005, passant ainsi de à . Toutefois, une trop grande proximité avec l'aéroport de Montpellier-Méditerranée (éloigné seulement de ) semble nuire au développement naturel de ces deux infrastructures aéroportuaires qui auraient dû trouver un compromis de fusion depuis fort longtemps. Par ailleurs, Nîmes dispose encore, à l’est de la ville de son premier et ancien aérodrome de tourisme et loisirs de Nîmes-Courbessac, doté d’une piste non revêtue. L'ancienne base aéronavale de « Nîmes Garons » accueille depuis 2017 la base nationale des moyens aériens de la sécurité civile (BASC) (canadairs). Urbanisme. Typologie. Nîmes est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Nîmes, une agglomération intra-départementale regroupant et en 2017, dont elle est ville-centre. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nîmes, dont elle est la commune-centre. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de . Occupation des sols. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (37,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (30,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (25,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (24,8 %), zones agricoles hétérogènes (13,5 %), cultures permanentes (10,1 %), forêts (9,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (9,1 %), terres arables (2,5 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,2 %), prairies (1 %), mines, décharges et chantiers (0,4 %). L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Logement. La commune comptait en 2014, avec principales, secondaires ou occasionnelles, et vacants. Le nombre de logements HLM loués vides était ou 19,1 % des logements à Nîmes, juste sous le seuil minimum légal de 20 % déterminé par la loi SRU. Morphologie urbaine. La ville s’est développée à partir de l’Écusson, son centre historique contenu à l’intérieur d’une enceinte constituée par de larges boulevards, eux-mêmes aménagés sur l'emplacement des anciens remparts médiévaux. Ces boulevards sont ombragés par des doubles alignements d'arbres séculaires (micocouliers et platanes). L’Écusson médiéval, secteur protégé par le PSMV (plan de sauvegarde et de mise en valeur), dense et saturé avec ses places et placettes, son dédale de rues étroites, commerçantes et ombragées, propices à la flânerie, recèle de trésors architecturaux, hôtels particuliers érigés entre le , hôtel de ville du , cathédrale, chapelles, façades, dont la plupart a été récemment mise en valeur et constitue un ensemble architectural fort intéressant. Au nord-ouest de l'Écusson, la Maison Carrée, monument romain deux fois millénaire, côtoie Carré d'art, œuvre de verre de Norman Foster qui abrite le musée d'art contemporain et la bibliothèque municipale. La pointe méridionale de l'Écusson s’ouvre sur le monument le plus emblématique de la ville, l'amphithéâtre romain ou arènes. Au sud-est de ce dernier s'ouvre l'esplanade Charles-de-Gaulle, ornée en son centre de la monumentale fontaine Pradier et prolongée jusqu’à la gare ferroviaire par la monumentale avenue Feuchères. Dans ces quartiers du , se localisent le palais de justice, l’église Sainte-Perpétue et Sainte-Félicité, l'hôtel de la préfecture ou encore l'hôtel Silhol, qui accueille le tribunal administratif. Ce bel ordonnancement architectural est fermé au sud par la façade particulièrement monumentale de la gare de Nîmes (1844) qui lui fait face. La voie ferrée posée en hauteur sur un viaduc long de plus de , dont la plupart des grandes arcades sont bouchées créant ainsi une sorte de « muraille », traverse en son centre la ville d'est en ouest. Ce secteur a fait l'objet d'aménagements dans le cadre du programme « Arènes-Esplanade-Feuchères », achevé en 2013. Dès 2007, ce programme débute avec la reminéralisation du parvis des arènes. Puis, en 2009, la ville lance de nouveaux travaux afin de rajeunir l'entrée de son cœur historique. L'esplanade Charles-de-Gaulle entame alors sa métamorphose, avec l'aménagement de nouveaux accès pour le parking souterrain des arènes et l'apparition de tout nouveaux espaces verts. Les travaux sur l'Esplanade se sont terminés en avril 2012. À cela s'ajoute une troisième restructuration, celle de l'avenue Feuchères, qui, entièrement restaurée, accueille depuis 2013 plus d'un hectare de végétation avec un petit canal à la manière de celui de la place d'Assas. Ce projet a cherché à réunir trois espaces distincts en un seul. Plusieurs artères (dont la rue de la République) ont également été réaménagées à la fin des années 2000 lors de la création de la ligne T1 du bus à haut niveau de service. En se développant vers l'ouest, la ville a ouvert de larges et longues artères. L'avenue Jean-Jaurès ou les « allées Jaurès », la plus longue ( pour environ de large), orientée nord-sud, s'étire des immeubles du Forum-Camargue au sud jusqu'aux grilles des jardins de la Fontaine au nord, avec en ligne de mire la tour Magne. Cette avenue a connu de 2009 à 2013 une restructuration complète de sa voirie et une modernisation de son "design" urbain. Ces nouvelles allées ont été redessinées par Jean-Michel Wilmotte. L'espace urbain nîmois s’est donc développé d’une façon relativement dissymétrique. Le centre urbain posé au pied des reliefs s’est moins développé au nord, en s’adossant aux petites collines qui montent en gradin sur les garrigues, tandis qu’il s’étalait plus facilement vers l’ouest débordant les collines de Valdegour et de Pissevin et au sud sur la plaine du Vistre en délaissant quelque peu le secteur est. La ville en elle-même s'étend sur près de de longueur pour une largeur n'excédant pas 2 à . Pour faire face à la poussée urbaine et démographique, la ville autorise ou lance de nombreuses opérations immobilières, résidences ou zone d'aménagement concerté (ZAC) et accepte l'ajout d'un étage aux immeubles dans certains quartiers, même en centre-ville. Aménagements urbains en cours ou prévus. Requalification urbaine en centre-ville. Depuis le milieu des années 2000, le centre-ville a connu des vagues successives de requalification urbain et continue à transformer des secteurs urbains anciens, telles que les place du Chapitre, Montcalm, les places du Griffe à Saint-Césaire, la percée Clérisseau, l'îlot Corcomaire, le square Antonin ainsi que les places Saint-Baudile, Saint-Charles, Questel et Saint-Paul qui bordent les boulevards qui ceinturent « l’Écusson médiéval ». Ces derniers travaux se sont déroulés dans le cadre du prolongement de Tango+, le réseau de bus à haut niveau de service autour de l’Écusson. À ces travaux s'ajoute également la construction de l'immeuble "La Porte Romaine" face à l'antique porte d'Auguste et à proximité de l'église Saint-Baudile, par le cabinet Norman Foster inauguré en 2015. Musée de la Romanité et autres projets culturels. Nîmes renoue également avec la « tradition » des nouvelles constructions à but culturel en vogue dans les années 1980-1990 avec l'ouverture du musée de la Romanité en 2018, situé face à l'amphithéâtre romain et conçu par les architectes Elizabeth de Portzamparc et Christian de Portzamparc. La ville souhaite enfin construire un palais des congrès d'une capacité de et créer un Institut de formation des métiers et de l'artisanat, juste à côté de l'actuelle chambre des métiers. Cet édifice d'une superficie de fera partie intégrante du futur projet d'université régionale des métiers. Ce projet doit se concrétiser pour 2026. Écoquartier Hoche-Sernam et Triangle de la Gare. Dans le nouvel écoquartier qui sort de terre autour de l'ancien hôpital Gaston-Doumergue et la réhabilitation de l'ancien hôpital du , la ville aménage un nouveau site universitaire pour l'université de Nîmes ainsi que plusieurs centaines de logements étudiants. Cette opération est prévue de se concrétiser en 2023. À ces grands chantiers s'ajoute également celui du "Triangle de la gare", en construction depuis 2007 entre la gare de Nîmes, le boulevard Natoire et l'avenue du général Leclerc. Soumis à de vifs débats, le réaménagement de cet espace vise à prolonger vers le sud la nouvelle avenue Feuchères. Il accueille de nouveaux logements, des bureaux, des locaux commerciaux de même qu'un cinéma depuis 2017. Le dernier aménagement de ce quartier se réalisera en 2023 avec la construction d'un dernier bâtiment à usage variés dont 89 logements. Nouveau programme national de renouvellement urbain. Nîmes compte aussi des zones de grands ensembles populaires très vieillissants comme à l'Est avec les zones du Chemin-bas d'Avignon et à l'ouest, sur les collines, de Valdegour et de Pissevin, devenues des îlots de précarité comportant des immeubles vieillissants qui ne répondent plus aux normes de vie. L'agglomération de Nîmes Métropole fait ainsi l'objet de l'aide nationale du NPNRU financée en partie par le plan européen "France Relance" de même que le plan du gouvernement "France 2030" pour lancer un vaste programme de modernisation, de désenclavement et de réhabilitation de ces quartiers. Risques majeurs. Le territoire de la commune de Nîmes est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à deux risques technologiques, le transport de matières dangereuses et le risque industriel. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle. Risques naturels. La commune fait partie du territoire à risques importants d'inondation (TRI) de Nîmes, regroupant soumises aux aléas de ruissellement pour la commune de Nîmes et de débordements de cours d’eau, notamment du Vistre, d'un de ses affluents, le Rhôny, et plus à la marge du Rhône, à l’aval, un des qui ont été arrêtés fin 2012 sur le bassin Rhône-Méditerranée. Les événements significatifs passés relatifs au Vistre sont des crues rapides et violentes, qui causent d’importants dégâts, voire des pertes humaines en novembre 1963, 3 octobre 1988, 9 septembre 2002, décembre 2003, septembre 2005, octobre 2014, septembre 2021, septembre 2022 notamment. Concernant le Rhôny, les principales crues recensées à Codognan ont eu lieu en 1845, 1907, 1933, 1938, 1945, 1958, 1963, 1976, 1977, 1987 et surtout en octobre 1988 sans oublier octobre 2014 et septembre 2021. Celle de 1988 est la plus importante et marquante pour la population nîmoise. Des cartes des surfaces inondables ont été établies pour trois scénarios : fréquent (crue de temps de retour de à ), moyen (temps de retour de à ) et extrême (temps de retour de l'ordre de , qui met en défaut tout système de protection). La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1983, 1987, 1988, 1994, 1998, 2003, 2005, 2014, 2018 et 2021. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 72,2 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (67,5 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 18120 sont en en aléa moyen ou fort, soit 78 %, à comparer aux 90 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM. Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2007, 2012, 2017, 2018 et 2019 et par des mouvements de terrain en 1983. Risques technologiques. La commune est exposée au risque industriel du fait de la présence sur son territoire d'une entreprise soumise à la directive européenne SEVESO. Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence. Toponymie. Le nom de la ville dérive du latin "Nemausus" qui devint en occitan médiéval "Nimes" ou "Nemze", puis en occitan moderne "Nimes", puis en français "Nîmes". La légende veut que l’origine de la ville soit attribuée à Nemausus, un des fils d’Hercule héros éponyme de Nîmes. Étymologiquement "Nemausus" pourrait trouver son origine dans le mot celtique "nem", qui signifie lieu consacré et que l'on retrouve dans "nemeto(n)", enclos sacré, temple, suivi du suffixe gaulois "-ausu". Histoire. Antiquité. Époque pré-romaine. Strabon et Pline rapportent qu’une peuplade celte se serait établie dans la région et aurait fondé, sur le territoire de la ville de Nîmes, l’antique capitale des Volques Arécomiques. Cette dernière devint maîtresse de vingt-quatre bourgs considérables. Durant l'âge du fer (), sous le possible toponyme de "Namausikabo" se constitue l'un des principaux oppida de la Celtique méditerranéenne. À Nîmes, les Volques Arécomiques s'installent près de la source de la Fontaine. Là, au pied du mont Cavalier, un sanctuaire se crée et la source est divinisée. C'est à cette époque qu'est notamment édifiée la tour Magne, au sommet du mont Cavalier, qui sera plus tard intégrée à l'enceinte romaine. Époque romaine. La victoire remportée sur les Arvernes par Cnaeus Domitius Ahenobarbus et Quintus Fabius Maximus, en 121 av. J.-C., décida du sort de la ville. En effet, l’inquiétude que leur causaient leurs turbulents voisins engagea les Volques à s'offrir d'eux-mêmes aux Romains et à se mettre sous leur protection. Cela ne leur permit pas pour autant d’échapper aux dévastations causées par l’irruption des Cimbres et des Teutons. La colonie fondée par Octave Auguste sous la direction de Marcus Vipsanius Agrippa ne fut définitivement organisée qu’en l’an 27. La "Colonia Augusta Nemausus" est dotée de nombreux monuments et d’une enceinte de de long, enfermant la troisième superficie urbaine des Gaules (provinces de Germanie incluses), . Vers la fin du , le christianisme commença son histoire en 287 à Nîmes avec saint Baudile. Au début du (407-408), une invasion des Vandales avec Chrocus à leur tête apporta son lot de dévastations dans la colonie qui vit disparaître, entre autres, la basilique élevée en l’honneur de Plotine. En 333, l'anonyme de Bordeaux, sur la route de Jérusalem, s'y arrêta et nota sur son itinéraire : Civitas Nemauso. En 2016 est officialisée la découverte de ce qui aurait été la première église de Nîmes, construite au , avec autour 130 tombes. Moyen Âge. Grandes invasions. En 472, aux Vandales succédèrent les Wisigoths. Aux Wisigoths succédèrent les Arabo-musulmans du califat omeyyade (appelés "Sarrasins" par les occidentaux de ce temps) qui, après avoir franchi les Pyrénées en 719, prennent Nîmes en 725, comme en témoignent les sépultures exceptionnelles découvertes dans la ville en 2007. Ceux-ci s’installèrent jusqu'à la reconquête de la région par Charles Martel en 737, les divers combats de ces rudes époques entraînant de très grands dommages à la cité. De Nîmes, partit un raid musulman en direction de la ville d'Autun, qui fut ravagée le 22 août 725. Ce fut certainement pendant ce temps que l’amphithéâtre fut converti en citadelle. Reprise par les Sarrasins, avec plusieurs autres communes voisines, la ville fut en 752 par Pépin le Bref, grâce à l'action d'un seigneur goth du nom d’Ansemond, qui se plaça sous la protection du nouveau roi franc. Néanmoins, Ansemond fut tué par un groupe wisigoth rival. Un soulèvement eut lieu à Nîmes en 754, lequel fut rapidement réprimé par le roi, qui imposa le comte franc Radulfe. En 892, le comté de Nîmes passa dans la maison des comtes de Toulouse, puis aux Trencavels, vicomtes d'Albi, qui restèrent néanmoins soumis à la suzeraineté des comtes de Toulouse, avant de revenir en 1181 sous l’autorité directe des comtes de Toulouse. En 925 elle eut à subir de nouvelles désolations : les Normands et les Hongrois la traversèrent et en emportèrent quelques lambeaux. Moyen Âge tardif. En 1226, les nîmois, à l’approche de Louis VIII en croisade contre les Albigeois, se soumirent volontairement. Le roi en profita pour réunir la ville au domaine royal (sénéchaussée de Nîmes-Beaucaire). Le traité fut passé le . Au , la ville avait déjà perdu son unité matérielle et formait deux quartiers indépendants. D'un côté, l’amphithéâtre romain devenu forteresse (le "castrum arenarum", occupé par la noblesse qui en avait la garde sous le titre de "Chevaliers des arènes"). De l'autre, le reste de la cité occupée par la population. En 1378, le consulat sortait presque tout entier des rangs de la bourgeoisie. Les chevaliers ayant peu à peu quitté les arènes en abandonnant aux bourgeois une partie de leurs privilèges municipaux. En 1390, la population entière des arènes avait disparu et avec elle son consulat. La fin du voit une ville qui, si elle n'est plus menacée par les Anglais ni les routiers, n’en est pas moins épuisée par les tailles et les pestes. Elle eut à disputer le peu de substance qui lui restait à l’avidité fiscale d’abord du duc d’Anjou, puis du duc de Berry, frère du duc d’Anjou nommé gouverneur du Languedoc. La résistance que la ville opposa à la rapacité du duc donna naissance en 1382 à une jacquerie locale que l'on nomma « Tuchinat » et dont les protagonistes étaient qualifiés de Tuchins. L'histoire de Nîmes pendant la première moitié du s'inscrit comme une triste continuation de celle du , sans compter les calamités climatiques qui dévastèrent la ville. La peste, qui trouvait une proie facile sur une population déjà malade, faible et mal nourrie, y sévit trois fois en dix ans (1448, 1455 et 1459). Époque moderne. Guerres de religion. Au la situation de la ville s’améliora sensiblement. En 1533 elle fit un accueil magnifique au roi François et mérita l’établissement de son université par lettres patentes datées de mai 1539. Très vite, Nîmes devint un foyer des plus actifs du calvinisme et les désaccords entre catholiques et protestants furent courants, se partageant le pouvoir soit de manière consensuelle, soit de manière forcée et violente. Le , le jour de la Saint-Michel, a lieu la Michelade par laquelle des protestants assassinent près de . En 1569, la ville, fortement gardée par les troupes catholiques fut prise par un coup d'audace des huguenots, commandés par Nicolas Calvière. En effet, ceux-ci parvinrent à s'introduire par les égouts. Si l’édit de Nantes apporta une relative tranquillité, sa révocation en octobre 1685, à la suite des pressions violentes des Réformés, fut suivie de restrictions à l'encontre des protestants. Les réformés ne pouvaient éduquer leurs enfants dans la religion calviniste, leurs inhumations étaient interdites dans les cimetières paroissiaux, leurs cultes encadrés et limités et ils se voyaient refuser toute fonction publique. C'est logiquement qu'en 1702, à la suite de l'assassinat de l'abbé du Chayla, commença la guerre des Cévennes, dénommée également guerre des Camisards, où de simples paysans et des bourgeois, fanatisés, se battirent contre les dragons du roi. L'équivalent du territoire actuel du Gard fut touché par ce conflit et Nîmes vit se reproduire, le , des tueries de Protestants contre Catholiques et vice versa comme celle du massacre du moulin de l’Agau où les troupes catholiques du maréchal de Montrevel engagèrent des répressions contre des Protestants. La première moitié du ne voyait pas encore l'avènement d'une véritable entente. Celle-ci fut véritablement acquise en 1789 avec la Révolution française et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dont l'un des auteurs, Rabaut-Saint-Étienne, est un pasteur nîmois anticlérical (il est notamment l'auteur de l'article garantissant la liberté de culte). Cependant, la Révolution provoqua de derniers affrontements. Catholiques, proches des royalistes, et protestants, proches des idées révolutionnaires, se livrèrent, du 13 au 16 juin 1790, à des combats meurtriers désignés sous le nom de « bagarre de Nîmes ». Essor économique. Dans le domaine économique, c'est à la Renaissance, puis aux que Nîmes connaît un essor impressionnant, lorsque se développent de grandes manufactures de tissus. Dès 1552, le conseil municipal installe un grand marché de la viande et subventionne l'installation d'une usine de douilles, puis en 1557 il fait venir à Nîmes des soyeux italiens qui vont développer l'industrie de la soie, au moment où Olivier de Serres et le jardinier François Traucat, développent la culture du ver à soie. La ville finance un an plus tard la création d'une manufacture de soie par Pierre Dupont. Vers 1680, le métier à tisser les bas est introduit à Nîmes. On attribue cette importation à Simon-Pierre Grizot. Nîmes, cité manufacturière vouée au textile et place commerciale importante, devient une plaque tournante ferroviaire essentielle lors de la mise en place du réseau de chemin de fer dès les années 1830-1840. Mais la concurrence lyonnaise est rude durant la deuxième moitié du et la bourgeoisie nîmoise réinvestit les capitaux du textile dans la banque ou la vini-viticulture. La culture de la vigne est facilitée par la construction du canal du Midi (dès le ) et surtout sa liaison avec le Rhône, par Sète (). Le transport du vin est aussi grandement favorisé par l'apparition du chemin de fer à Nîmes dès 1839. On notera cependant le coup rude porté aux activités vinicoles par la terrible crise liée au phylloxéra à partir de 1872. Époque contemporaine. Le , quatre vagues de bombardiers Consolidated B-24 Liberator larguent plus de visant la gare de marchandises. Le bilan sera de , , détruits et . Seront notamment détruits ou gravement endommagés : la caserne des pompiers de la place de l’Écluse, l’École ménagère de la rue Notre-Dame, l’imprimerie Notre-Dame-le-Carmel, le monastère des carmélites, l’hôpital Gaston-Doumergue, la clinique des Franciscaines et les salles du presbytère de Jeanne-d’Arc. Politique et administration. Tendances politiques et résultats. Récapitulatif de résultats électoraux récents. Européennes. Lors des élections européennes de 2014, le Front national arrive en tête dans la ville. La liste conduite par Louis Aliot recueille 26,16 % des suffrages, devant la liste UMP de Michèle Alliot-Marie qui obtient 23,3 % et devant la liste PS loin derrière avec 11,61 %. Élections locales. Municipales. En 2014, le maire sortant Jean-Paul Fournier est réélu au second tour avec 46,80 % des suffrages lors d'une quadrangulaire l'opposant au Front national (qui recueille 24,41 % des voix), au Front de gauche (qui en obtient 14,83 %) et au Parti socialiste de la député Françoise Dumas (13,94 %). La liste menée par Jean-Paul Fournier est élue après une élection qui fut reportée à cause de la pandémie mondiale qui sévissait alors. Administration municipale. Le conseil municipal actuel de la ville de Nîmes est présenté dans le tableau ci-dessous. Conseil municipal de Nîmes (2020-) Liste des maires. Depuis 1945, six maires se sont succédé à Nîmes. Le tableau ci-dessous en présente la liste. Situation administrative. Cantons. Depuis le redécoupage cantonal de 2014, Nîmes est divisée en cinq cantons dont 4 ont pour bureau centralisateur la ville de Nîmes. Les anciens cantons de Nîmes-5 et Nîmes-6 sont intégrés au nouveau découpage nîmois tandis que la partie de la commune située dans l'ancien canton de La Vistrenque est intégrée au canton de Saint-Gilles. Circonscriptions. Nîmes est divisée en deux circonscriptions législatives : Intercommunalité. La communauté d'agglomération nîmoise, Nîmes Métropole, compte depuis 2017 : Instances judiciaires et administratives. Nîmes est le siège de la cour d'appel du Gard, de l'Ardèche, du Vaucluse et de la Lozère. Nîmes est également le siège du tribunal administratif du Gard, du Vaucluse et de la Lozère, récemment installé dans les locaux de l'ancien hôtel Silhol qui abritait, jusqu'en 2006, l'ancien commissariat central. Finances et fiscalité locales. Nîmes est l'une des villes les plus endettées de France : La ville affiche un taux d'endettement deux fois supérieur à la moyenne des autres villes françaises, (+ 37,78 % pour des communes similaires). Toutefois son endettement par habitant est en baisse 27,94 % entre 2000 et 2011 (plutôt mieux que des communes comparables). Par ailleurs sa "rigidité structurelle" (qui traduit les marges de manœuvre dans les dépenses de la commune) est inférieure de 5,44 % à la moyenne. L'accroissement de la dette correspond à l'ère des « grands travaux » de Jean Bousquet qui a réveillé cette « belle endormie ». À la fin de son mandat en 1995, avec une dette de de francs, Nîmes se classait parmi les dix villes françaises les plus endettées et a failli être mise sous tutelle préfectorale. Cette situation pèse sur la fiscalité locale, Nîmes se classant dans le palmarès des villes où les taxes foncière et d'habitation sont les plus élevées. Politique environnementale. La ville a été récompensée par trois fleurs en 2007 et 2010 puis quatre fleurs au palmarès 2014 du concours des villes et villages fleuris. La ville a hébergé, au sein de l'incubateur technologique de l'école des Mines d'Alès (Innov'up) sur le site de Georges-Besse, le projet de vigilance de la filière apicole en Europe "Apisystems". Ce projet donné naissance à l'association internationale "Maksiska" et au programme d'évaluation de l'environnement et de la santé des abeilles "Bee Secured", à partir de ruches innovantes instrumentées déployées sur toute l'Europe. Jumelages. Au , Nîmes est jumelée avec : Par ailleurs, un contrat de partenariat a été signé en 1965 avec la ville de Meknès au Maroc et le centre de préparation militaire marine (PMM) de Nîmes est parrainé par la frégate anti-sous-marine "Montcalm" de la Marine nationale française. Population et société. Démographie. Au regard de la population, Nîmes était jusqu'en 2016 la deuxième ville de l'ancienne région Languedoc-Roussillon et est depuis cette date la troisième de l'actuelle région Occitanie. La ville qui fut un centre de l'immigration espagnole, italienne, portugaise et maghrébine est devenue la vingtième ville de France par sa population intra-muros. En 2007, l'unité urbaine de Nîmes compte . D'après les prévisions, la population de celle-ci pourrait atteindre dans les années 2030. En 2008, elle est au centre d'une aire urbaine de , ce qui en fait la troisième aire urbaine de la région après celles de Montpellier et Perpignan. C'est la quarantième aire urbaine de France. La communauté d'agglomération Nîmes Métropole qui comprend depuis 2009 totalise selon son site officiel. Enseignement. Enseignement primaire et secondaire. Nîmes est située dans l'académie de Montpellier. La ville administre (dont en ZEP) et (dont une dizaine situées en ZEP) communales. Les écoles maternelles accueillent et scolarisent enfants chaque année. Le cycle élémentaire (écoles maternelles et élémentaires) accueille chaque année entre enfants. Le département gère (Antoine-Bigot, Capouchiné, Condorcet, Diderot, Feuchères, Jean-Rostand, Mont-Duplan, Les Oliviers, Révolution, Romain-Rolland, Jules-Vallès et Jules-Verne) et la région cinq lycées à Nîmes : Alphonse-Daudet, Philippe-Lamour et Albert-Camus (ex-Montaury), établissements d'enseignement général et technologique, Ernest-Hemingway (ex-Camargue), établissement d'enseignement polyvalent et le lycée Dhuoda, établissement d'enseignement technologique. Les lycées professionnels publics au nombre de quatre : Jules-Raimu, Gaston-Darboux, Frédéric-Mistral, et le lycée Voltaire à vocation hôtelière (ex-L'Étincelle), auxquels il faut ajouter le lycée agricole Marie-Durand à Rodilhan (formations générales et dans le domaine de l'agriculture, de l'environnement et de l'aménagement paysager). Les nîmois disposent également de cinq lycées et collèges privés : Institut Emmanuel-d'Alzon, Saint-Stanislas, école et collège la Valsainte, Saint-Vincent-de-Paul, Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle et le lycée privé de la CCI de Nîmes. Enseignement supérieur. Enseignement supérieur public. Nîmes devient au fil des années une vraie ville universitaire autour des sites de Vauban, des Carmes et du futur site « Hoche-Gaston Doumergue », où sont prévus d'ici à 2015. Derrière la fidélisation des jeunes à Nîmes, l'objectif avoué était d'y obtenir la création d'une véritable université de plein exercice, ce qui a été obtenu en 2006, pour la rentrée universitaire 2007. Depuis, l'enseignement supérieur à Nîmes tend à se développer rapidement, compte tenu d'une forte volonté politique (de toutes tendances) et à une demande croissante de la part d'une population locale qui ne cesse d'augmenter. À l'heure actuelle, la population étudiante de Nîmes n'est cependant que d'environ , dont près de à l'université de Nîmes. Nîmes a, par ailleurs, la particularité de posséder un centre hospitalier universitaire (CHU Carémeau) autonome et indépendant alors que l'UFR de médecine n'est qu'une antenne de celle de Montpellier. Nîmes dispose de plusieurs établissements d'enseignement supérieur, dont le principal est donc l'université de Nîmes, située sur trois pôles : le site historique Vauban ("Arts, Droit, Économie, Lettres, Sciences Sociales, Psychologie"), celui des Carmes ("Sciences") ainsi que le parc scientifique et technique Georges-Besse (avec la CCI de Nîmes). Les autres établissements sont l'École de sages-femmes et l'antenne de l'UFR de médecine de l'université Montpellier 1, l'Institut universitaire de technologie de Nîmes (IUT Génie Civil, GEII, SGM, GMP, GEA) de université Montpellier 2, l'École d'infirmières du CHU de Nîmes, l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), l'École nationale supérieure des mines d'Alès (institut EERIE), l'École de Notariat, l'École nationale de police (ENP), l'École des employés territoriaux et le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Nîmes. La ville dispose également d'un Conservatoire à rayonnement départemental et d'une École supérieure des beaux-arts, située dans l'ancien hôtel Rivet. Par ailleurs, plusieurs établissements publics proposent des classes préparatoires scientifiques, littéraires, économiques et technologiques ainsi que de nombreux BTS. Enseignement supérieur privé. Plusieurs établissements d'enseignement secondaire privés proposent des formations dans le supérieur (classes préparatoires et BTS) comme le lycée de la CCI de Nîmes (BTS), le lycée Saint-Vincent de Paul (BTS), l'Institut Emmanuel-d'Alzon (classes préparatoires et BTS) et le lycée Saint-Stanislas (classes préparatoires artistiques). Des formations sont également proposées par l'IFC Nîmes (baccalauréat professionnel, BTS, Bachelors, bac +3 DCG, bac +5 DSCG) et Pigier (formation initiale et formation en alternance). Des établissements proposent des formations dans le domaine des sciences et de la santé, comme l'École de l'ADN, l'IFSI Croix-Rouge, l'IPESUD et Formatic Santé. Des écoles dispensent également des formations dans le commerce, comme l'IFAG Nîmes. SUPEXUP cherche depuis plusieurs années une implantation au centre de Nîmes pour développer une grande école de l'immobilier. Citons également la maison des Compagnons du Devoir, l'École hôtelière Vatel et l'école de formation de pilote de ligne Airways Formation. Enfin, l'école des métiers du jeu vidéo Créajeux propose des formations d'artiste 2D/3D spécialisé dans le jeu vidéo, d'artiste 2D/3D spécialisé dans l'animation, de programmeur de jeu vidéo, de testeur de jeu vidéo ainsi qu'une année de préparation aux différentes filières proposés (Prépa-JV) (label SNJV). Manifestations culturelles et festivités. Tauromachie. Nîmes a été la première ville de France à accueillir une école taurine de tauromachie espagnole dans le "Centre français de tauromachie" en 1984. La ville est connue pour ses "ferias", qui existent officiellement depuis 1952. La feria de Pentecôte, dite Feria de Nîmes, se déroule fin mai-début juin du mardi au lundi qui suit, tandis que la feria des Vendanges se tient durant trois jours en septembre. Une troisième feria, la feria de Primavera, se tenait durant deux jours au mois de février. Elle n'existe plus aujourd'hui car une toile, appelée « la bulle » par les Nîmois, qui recouvrait les arènes et protégeait ainsi les spectacles de l'hiver, n'est aujourd'hui plus installée. À cette occasion, des corridas, qui se pratiquent officiellement à Nîmes depuis 1853, sont organisées avec ou sans mise à mort, dans les arènes. Les rues sont envahies par des "peñas" (orchestres de rue d'origine espagnole), et des "bodegas" (bars souvent temporaires, boite de nuit en plein air dans des hôtels particuliers...) ouvrent au centre-ville en caves ou en extérieurs. La fête dure toute la nuit jusqu'au lever du jour. La feria de Pentecôte, tout comme celle des vendanges, constitue l'une des fêtes les plus populaires d'Europe. Pour les deux ferias nîmoises, certains médias parlent de plus d'un million de visiteurs par an. En 2012, la feria de Pentecôte a célébré ses 60 ans. La Feria se compose de la "Pégoulade", défilé d'ouverture de la Feria avec des chars, des "bandas" et un spectacle pyrotechnique. Elle a lieu le jeudi ou le mercredi précédant la Pentecôte, de "corridas" ou de "novilladas", deux fois par jour à 11 heures et 17 ou 18 heures ; une course camarguaise le samedi et deux corridas le dimanche et le lundi de Pentecôte. Il y a aussi des concerts place de la Maison Carrée, parvis des Arènes, allées Jean-Jaurès et aux jardins de la Fontaine et "l'encierro" et l"'abrivado" dans les rues de la ville. Les arènes de Nîmes accueillent également des courses camarguaises pendant l'année. Autres manifestations. Des manifestations musicales de renom se déroulent à Nîmes chaque année. Le Festival de Nîmes est un festival de musique se tenant chaque été dans les arènes et où se retrouvent de nombreux groupes et artistes d'envergure internationale. Le festival a ainsi vu défiler Stevie Wonder, Muse, Jamiroquai, Mika, Metallica, Radiohead, David Guetta, LMFAO, Depeche Mode, Elton John… Nîmes accueille aussi des artistes renommés dans le cadre de l'Automne Musical de Nîmes, du festival de Jazz organisé par Jazz 70 en octobre et du festival Tout Simplement Hip-Hop (concerts rap, "battles" hip-hop, "live graffiti") également organisé en octobre. De nombreuses manifestations culturelles et artistiques se tiennent annuellement à Nîmes. Citons notamment la foire d'art contemporain ARTéNIM (en septembre) et le salon de l'artisanat Nimagine (en novembre). Le Salon des Antiquaires (en décembre) est un des plus importants du sud de la France et incontournable pour la qualité remarquable de ses meubles régionaux. Les établissements culturels de Nîmes, dont le musée archéologique et Carré d'art, proposent de nombreuses expositions en lien avec leurs collections. Le théâtre Bernadette-Lafont propose quant à lui une riche programmation tout au long de l'année. Il organise notamment le Festival Flamenco, en janvier. Notons que Nîmes accueille chaque année plusieurs manifestations liées au monde littéraire, comme le Festival de la biographie (en janvier), le Festival des auteurs psy (en mars), le Salon européen de la BD (en mai) et le Salon du livre d'artiste (en juin). Entre 2010 et 2020, la ville de Nîmes et la société Culturespaces organisaient chaque année les Grands Jeux Romains, reconstitution historique des "ludi" romains, tels qu'ils devaient se dérouler il y a 2000 ans au sein de la cité de "Nemausus". L'évènement se tient généralement au mois de mai et dure le temps d'un week-end. Chaque édition est l'objet d'une thématique particulière : la guerre de Troie en 2012, le triomphe de César en 2013, l'avènement d'Auguste en 2014 ou encore Hannibal en 2015. Depuis, la société Edeis Romanité a pris la relève en créant le spectacle Hadrien, la Guerre des Pictes en mai 2022. À cette occasion, de nombreuses manifestations se tiennent dans les rues de la ville (défilés, visites guidées...). Depuis plus de vingt ans, les Jeudis de Nîmes se tiennent chaque jeudi de l'été et animent les rues de la ville avec des marchés ouverts durant la soirée. Durant la belle saison, des manifestations artistiques et musicales en plein air se tiennent également dans les jardins de la Fontaine. Dans le cadre des Nuits des Jardins, des concerts et spectacles ont lieu vers la fin du mois de juin à la tombée de la nuit. La ville participe également au festival culturel et musical le Temps des Jardins, chaque année en juin. La Féérie des Eaux est un spectacle de jeux d'eaux en son-et-lumière qui se déroule chaque été au mois d'août ; en 2013, des représentations se sont également tenues dans les arènes. Les Jardins de la Fontaine accueillent également chaque année le festival Un Réalisateur dans la Ville, festival de cinéma où sont programmés et diffusés en plein air pendant une semaine les principaux films d'un réalisateur, en présence de ce dernier et de certains acteurs. Parmi les réalisateurs déjà invités : Claude Chabrol, Bertrand Tavernier, Claude Lelouch, Claude Miller, Jean-Pierre Mocky, Patrice Leconte ou encore Danièle Thompson en 2016. Notons que le festival réunit environ par soir, soit un total de chaque année. Nîmes met également en avant la culture et le terroir méditerranéens, avec les Journées méditerranéennes de l'olivier (en mai). Au mois de juillet se tient l'Université Occitane d'Été, durant laquelle les associations M.A.R.P.OC. (Maison pour l'Animation et la Recherche Populaire OCcitane) et I.E.O. 30 (Institut d'Estudis Occitans) organisent une semaine de conférences, de colloques et de spectacles dont le thème central est l'Occitanie. Le , a eu lieu le des vins des vignerons indépendants qui est un concours itinérant visant à promouvoir le vin et les vignerons. Lors de cette manifestation, 353 médailles d'or, 436 médailles d'argent et 226 médailles de bronze ont récompensé les meilleurs vignerons de France. Sports. Nîmes est une ville sportive et possède des clubs sportifs dans la plupart des disciplines, aussi bien individuelles que collectives. Les principaux clubs sportifs de la ville sont le Nîmes Olympique pour le football évoluant en Ligue 2, l'USAM et le HBC Nîmes pour le handball évoluant le plus souvent dans les championnats de France de première division et enfin le RC Nîmes en rugby qui évolua dans les années 1980 et 90 en groupe A de du Championnat de France (ancienne formule). La ville de Nîmes possède également des infrastructures de qualité comme le stade des Costières, Le Parnasse et le stade nautique Nemausa. Elle possède aussi un aérodrome dans le quartier de Courbessac. Nîmes a accueilli quelques événements sportifs comme le WWE Raw LIVE! Tour aux arènes en 2009 avec les stars suivantes : "Triple H", John Cena, Randy Orton, "The Miz", "The Big Show", "MVP", Matt Hardy, Kofi Kingston, Maryse Ouellet, Kelly Kelly, "Carlito", "Primo", Cody Rhodes, Ted DiBiase Jr., "Goldust" et William Regal. Par le passé, le Grand Prix automobile de Nîmes a été organisé en 1932, 1933 et 1947 sur le circuit de Nîmes-Courbessac. En 2012, la ville a reçu les Championnats du monde de squash féminin. Nîmes a également été une ville étape du Tour de France 2014, le . Enfin, Nîmes accueille régulièrement des manifestations sportives d'ampleur nationale et internationale, comme la Coupe du monde de tir à l'arc en salle qui se tient chaque année au mois de janvier. La ville reçoit aussi des épreuves de la Coupe du monde d'escrime. En 2017, la ville accueille le Grand Départ du Tour d'Espagne. La première étape est un contre-la-montre par équipes dans les rues de la ville tandis que la deuxième est un départ en direction de Gruissan. Le , Nîmes est ville-étape du Tour de France 2019. Cette étape est une boucle romaine qui part devant l'arènes pour revenir au sud de la ville. Cette 16e étape est remportée par l'australien Caleb Ewan. En natation, la ville de Nîmes a vu naître un grand champion, Yannick Agnel, médaille d'or sur nage libre et sur et d'argent sur aux Jeux olympiques d'été de 2012. Il est le premier et le seul nîmois à avoir été vainqueur d'une médaille olympique. Le , Nîmes est ville-étape du Tour de France 2021 (arrivée de la 12e étape). Santé. La ville de Nîmes dispose d'un CHU (Nîmes Carémeau) et de plusieurs cliniques dont la Polyclinique Grand-Sud. La maison de santé protestante est quant à elle une institution médico-sociale reconnue d'utilité publique depuis 1872. Elle gère aujourd'hui trois EHPAD sur la commune de Nîmes. Cultes. Les Nîmois disposent de lieux de culte catholique, israélite, musulman, orthodoxe et protestant. Cultes catholique et orthodoxe. La ville de Nîmes est le siège du diocèse de Nîmes. La communauté catholique dispose de nombreux lieux de culte : dix-sept églises (Bethléem, cathédrale Notre-Dame et Saint-Castor, Notre-Dame-des-enfants, Notre-Dame-du-Salut, Notre-Dame-du-Suffrage-et-Saint-Dominique, Saint-Baudile, Saint-Césaire, Saint-Charles, Saint-Luc, Saint-François-de-Sales, Saint-Jean de Courbessac, Sainte-Jeanne-d'Arc, Saint-Joseph-des-Trois-Piliers, Saint-Paul, Saint-Pierre, Saint-Vincent-de-Paul, Sainte-Perpétue et Sainte-Félicité), cinq chapelles (Institut Emmanuel-d'Alzon, Sainte-Eugénie, Saint-Jean-Baptiste de La Salle, Saint-Louis, Sainte-Madeleine-Sainte-Rita) ainsi que le monastère des Stellamarins (Œuvre de l'Étoile), le sanctuaire Notre-Dame-de-Santa-Cruz et l'ancien grand séminaire de Nîmes. Le culte orthodoxe grec est assuré dans l'église "Saint Antoine le Grand et de la Pêche miraculeuse", chemin de la Planète, chaque dernier dimanche du mois. Culte israélite. La synagogue de Nîmes a été édifiée en 1793 par des marchands juifs (marchands de mules, marchands de textiles) venus du Comtat Venaissin, principalement de Carpentras et installés depuis peu à Nîmes. Comme celles du Comtat Venaissin, la synagogue qu'ils ont édifiée se trouve au premier étage tandis qu'au rez-de-chaussée se trouvent des annexes : le logement du rabbin, le four à "Matsot" (pain azyme) ou le "Mikvé" (bain rituel). Elle a été restaurée en 1893 et la façade actuelle sur rue date de cette époque. Depuis, elle n'a subi aucun changement notable. Culte musulman. La communauté musulmane dispose de sept lieux de culte : association culturelle des musulmans de Nîmes (rue des Greffes), association culturelle et cultuelle du Mas de Mingue (Chemin du Mas de Mingue), association culturelle musulmane de Nîmes (route de Nîmes), association culturelle musulmane Mosaïque de Nîmes (rue Galilée), association franco-musulmane de la ZUP Sud (place Fragonard), association de l'union culturelle musulmane Imano-Paix (quai Mégisserie) et la mosquée Lumière et Piété (rue Jacques-Monod). Culte protestant. Les différentes communautés protestantes et leurs lieux de culte sont les suivants : Église protestante unie de France (Chapelle de Garons, Fraternité, Grand temple, Petit temple, Temple de l'Oratoire, Temple Réformé de Nîmes - Saint-Césaire, Temple Réformé de Nîmes-Sud, Temple Réformé de Nîmes-Ouest), Union nationale des Églises réformées évangéliques indépendantes (rue Adrien), Association évangélique d'Églises baptistes de langue française (chemin de la combe des oiseaux), Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (Centre Martin Luther King), Armée du salut (boulevard Victor-Hugo et rue régale), Assemblées de Dieu (rue Godin), Union des Églises évangéliques libres (rue du fort), Église adventiste du septième jour (rue Saint-Rémy et route d'Avignon). L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours se situe, quant à elle, chemin du Mas de Vignolles. Médias. Presse écrite. Nîmes reçoit deux quotidiens régionaux principaux, le "Midi libre" et "La Marseillaise" (édition gardoise du quotidien provençal) ainsi qu'un hebdomadaire, "La Gazette de Nîmes et un bimensuel Objectif Gard." Télévision. Deux chaînes de télévision locales émettent sur Nîmes et sa région : Ces 2 chaînes émettent sur Nîmes grâce aux sites TDF de la route d'Arles (multiplex R1 avec France 3 et TV Sud) et de la Tour France Télécom du Mas des Capitelles (simplex R15 avec TV Sud). Radio. Plusieurs radios locales peuvent être reçues à Nîmes : Internet. L'actualité de la ville de Nîmes est relayée sur internet par les sites suivants : Économie. Revenus de la population et fiscalité. Concernant les revenus, celui moyen par ménage est d'environ quand il est d'environ au niveau national. Le nombre de bénéficiaires du revenu minimum d'insertion (RMI) s'élève à , soit 14 % de la population totale, contre 4 % au niveau régional et 2 % au niveau national. En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de , ce qui plaçait Nîmes au rang parmi les de plus de en métropole. Emploi. En 2009, la population de Nîmes se répartissait ainsi : 66,7 % d'actifs et 33,3 % d'inactifs dont 7,7 % de retraités et 13,2 % d'élèves, d'étudiants et de stagiaires non rémunérés. En 2009, la population active nîmoise se compose pour 34,2 % d’employés, pour 27,9 % de professions dites intermédiaires, pour 17 % d’ouvriers, pour 15,1 % de cadres et autres professions intellectuelles, pour 5,5 % d’artisans, commerçants et chefs d'entreprise. Les actifs des professions du secteur agricole ne comptent que pour 0,3 % de la population active. Le taux de chômage était de 20,4 %, légèrement plus faible que celui de 1999 (22,9 %), mais supérieur au taux de chômage du département du Gard et du territoire national. Les données concernant les quartiers prioritaires de Valdegour et Pissevin sont encore plus préoccupantes et méritent une attention particulière, s'agissant de la sixième zone la plus pauvre de France. Dans ces îlots de précarité, (en 1999 44,2 % de la population y était au chômage) on trouvait en 2009 78 % des jeunes adultes sans diplôme de niveau au moins égal au baccalauréat. Malgré un accroissement marqué de sa population de plus de entre les années 2000 et 2005, le taux de sa population active n’atteint que les 42,5 % environ, soit en valeur absolue environ à comparer au taux de 45,5 % de la moyenne nationale. La comparaison des données concernant le taux d'activité des travailleurs dont l’âge se situe entre 20 et 59 ans se fait encore en défaveur de la cité nîmoise ; il n’atteint que les 78 % alors que la moyenne nationale s'élève à 82,5 % et sa population de retraités est supérieure d'un demi point à celle de la moyenne nationale qui n'est qu'à 18,5 %. Entreprises et commerces. Au , Nîmes comptait : 226 dans l'agriculture-sylviculture-pêche, 735 dans l'industrie, dans la construction, dans le commerce-transports-services divers et étaient relatifs au secteur administratif. En 2011, ont été créées à Nîmes dont 635 par des auto-entrepreneurs. Après avoir traversé des années de sérieuses difficultés, notamment en ce qui concerne le secteur du textile, la ville semble avoir retrouvé depuis 2000 le chemin de l’essor et du dynamisme économique grâce, entre autres, au dynamisme de Montpellier et d'Avignon. L’environnement nîmois, devenu relativement attractif, est un gage de succès pour les entreprises qui s’installent dans les zones d’activité créées et leurs capacités d’accueil sont dépassées. Pour maintenir le rythme du nouvel essor économique, la ville avec l'aide de la communauté d'agglomération Nîmes Métropole, et la Chambre de commerce et d'industrie de Nîmes-Bagnols-Uzès-Le Vigan, dont la ville est le siège, cherche à valoriser ses atouts. Les efforts déployés pour améliorer la situation économique portent en particulier sur l’extension des zones d’activités économiques. La zone d’activité de Grézan avec ses procure quelque principalement dans la logistique. La zone du parc scientifique et technique Georges-Besse spécialisée dans les hautes technologies et les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), compte 100 entreprises et apporte environ . La zone franche urbaine (ZFU) de Pissevin-Valdegour, avec l'attractivité de ses avantages fiscaux temporaires pour les entreprises, a prospéré de façon assez significative. Son attractivité a favorisé, mais sans doute pas dans de suffisantes proportions, l’emploi dans les quartiers prioritaires qui reste encore à un niveau trop élevé. Toutes ces zones ont fait l’objet d’extensions et les nombreuses demandes d'installations venant d'entreprises souhaitant s'y installer créent une situation encourageante. Nîmes est une commune viticole connue grâce au vin AOC Costières-de-nîmes (en rouge, blanc et rosé). Son terroir lui donne également la possibilité de produire de l'AOC Languedoc et les IGP Gard et Pays-d'oc. Deux AOC oléicoles sont également produites sur le territoire nîmois : l'olive de Nîmes AOC et l'huile d'olive de Nîmes AOC. Culture locale et patrimoine. Nîmes est classée ville d'art et d'histoire. Connue sous le nom de "Colonia Augusta Nemausus" à l'époque romaine, Nîmes conserve de nombreux témoignages de la splendeur romaine et des largesses de l'empereur Auguste. La ville possède également des édifices religieux, hôtels particuliers, places et musées prestigieux. Nîmes possède également un patrimoine textile important. Longtemps le textile a fait la richesse de la ville qui possédait par le biais de certains commerçants des comptoirs à l'étranger. La ville est connue pour sa production de soie et surtout de la toile de Nîmes ancêtre du "Denim" que nous connaissons maintenant. Patrimoine architectural. Monuments romains. Nîmes abrite de remarquables témoins du passé romain de la ville. Certains de ses monuments figurent aujourd'hui parmi les mieux préservés au monde dans leur catégorie. C'est notamment le cas du plus connu d'entre eux, l'amphithéâtre, appelé également arènes de Nîmes. Construit à la fin du , l’amphithéâtre mesure de long et de large. La façade, haute de , est composée de deux niveaux de 60 arcades chacun. À l’intérieur, près de pouvaient assister aux combats d’animaux et de gladiateurs. Une légende affirme qu'un tunnel relierait les arènes de Nîmes à celles d'Arles (à ). Ce tunnel traverserait ainsi le Rhône. En réalité, de nombreux tunnels existent sous les arènes, correspondant à un système très perfectionné d'égouts romains. Aujourd’hui, les arènes de Nîmes, lieu de prestige, se transforment régulièrement en une grande salle de spectacle où artistes nationaux et internationaux viennent se produire. Elles constituent de même le cœur des ferias de Nîmes, où des corridas réunissent des milliers de spectateurs venus du monde entier. Un vaste programme de sauvegarde et de restauration de la totalité du monument est peu à peu réalisé, tant pour l'ensemble des façades extérieures (120 arches reparties sur deux niveaux) que pour le lourd et très problématique traitement de l'étanchéité interne. Ce programme devrait durer de longues années étant donnée l'importance de l'édifice. L'autre monument romain emblématique de la ville est la Maison Carrée, temple romain construit en 3 et 5 , qui dominait le forum de la ville antique. Dédiée donc, dans un second temps, à Caius et Lucius César, petits-fils et fils adoptifs de l’empereur Auguste, la Maison Carrée est dans un état de conservation tout à fait exceptionnel qui en fait le temple le plus "intact" du monde romain. La restauration de ses façades, initiée en 2006, a nécessité quatre années de travaux. La Maison Carrée est entourée d'un péristyle élevé sur un podium et marquée dans son architecture classique par une influence grecque (ordre corinthien). Le forum romain auquel elle appartenait autrefois était un important ensemble immobilier. Le plus imposant vestige de la très longue enceinte romaine de Nîmes est la tour Magne. Fondée sur un édifice pré-romain que les Romains surélevèrent, la plus haute et la plus prestigieuse des tours de l’enceinte romaine augustéenne se composait de trois niveaux au-dessus d’un soubassement. Aujourd’hui, le dernier étage a disparu et elle s’élève à au-dessus du sol. La tour domine les jardins de la Fontaine sur le mont Cavalier. Par beau temps, elle offre un point de vue sur le mont Ventoux, les Alpilles, les Cévennes, le mont Aigoual, le pic Saint-Loup et la plaine du Vistre, et la garrigue environnante. Les jardins de la Fontaine abritent un autre monument romain, datant du : le temple de Diane. Il se dresse dans la partie basse des jardins, à proximité de la source. Il était encore entier au milieu du , transformé en église. Les frères en furent chassés au moment des guerres de Religion et le bâtiment servit alors d'entrepôt à bois et foin. Mais, rapidement, un différend apparaît entre deux personnages sur l'attribution de la propriété du lieu qui est alors incendié. Sa voûte s'effondre, le mur sud est démoli, la façade principale est dépouillée de son ordonnancement de colonnes et de ses frontons étagés. Le temple de Diane constitue néanmoins le seul monument conservé en élévation de l'ensemble du sanctuaire romain dédié au culte impérial et aux loisirs autour de la source sacrée. Sa fonction d'origine reste incertaine, même si l'on penche vers un édifice à vocation culturelle, de type bibliothèque. D'une manière générale, ce monument a été assez peu étudié. De l'antique enceinte augustéenne, deux portes de villes nous sont parvenues : la porte d'Auguste et la porte de France (16-15 ). Dite également « porte d'Arles », la porte d'Auguste est une des principales portes de l'époque romaine de la ville. Elle s'ouvrait sur la voie Domitienne et faisait partie des remparts. D'après certains érudits, une borne milliaire y fixait le point de départ de la voie Domitienne de Nîmes à Beaucaire. Elle fut redécouverte au moment de la démolition du château royal durant la période révolutionnaire et échappa de peu aux coups de pioches. Elle était flanquée à l'origine de deux puissantes tours. On notera, à cet effet, que la ville antique était entourée d'une muraille autant défensive que symbolique de la puissance de la cité. S'étendant sur plus de , ponctuée de nombreuses tours, sa partie la mieux conservée et la plus impressionnante s'étend du bas de la route de Sauve au sommet du Montaury. Par endroits, elle a conservé sa hauteur initiale ce qui en fait un monument exceptionnel ; le tronçon de rempart antique le mieux conservé en France selon le ministère de la Culture. La porte de France portait autrefois le nom de porte d'Espagne. Elle compte une seule arcade en plein cintre surmontée d'une galerie aveugle décorée de pilastres toscans. Durant l'Antiquité, elle était, elle aussi, flanquée de deux tours semi-circulaires. Visible de loin, elle signalait la présence de la cité et du sanctuaire impérial située au pied de la colline, autour de la source. Le "castellum divisorium", aussi appelé "castellum aquae" () est situé rue de la Lampèze, au pied de l'ancien « fort Vauban ». Redécouvert il y a près de , ce bassin de distribution des eaux répartissait dans la ville l'eau arrivant d’Uzès sur , "via" l'aqueduc de Nîmes et le pont du Gard. C'est un témoin unique et exceptionnel du génie des ingénieurs romains. Il est le seul du monde antique à avoir conservé l'intégralité de son socle percé de bouches. De ce bassin circulaire de de diamètre et de de profondeur, taillé dans le roc, partaient des canalisations en plomb qui acheminaient l’eau vers les monuments, les fontaines et les différents quartiers de la cité antique. De la fin du , les monuments antiques nîmois ont été très étudiés par les érudits de l'époque : Hubert Gaultier a ainsi écrit une "Histoire de la ville de Nismes" ; Léon Ménard a écrit quant à lui une "Histoire des Antiquités de la ville de Nismes et de ses environs". Monuments religieux. Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor de Nîmes. L'architecture religieuse médiévale est relativement peu représentée à Nîmes. En effet, les vicissitudes de l'histoire ont emporté de nombreux témoins bâtis de cette époque. Parmi les édifices parvenus à ce jour, citons surtout la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Castor, édifice roman du . Flanquée d'une tour massive d'environ , elle a subi les assauts des guerres de religion et dû malgré tout être remaniée. Seules la tour nord et les six premières scènes de la frise sculptée sur le large fronton de la façade appartiennent à l'édifice d'origine. L'église a été reconstruite à deux reprises au . L'intérieur a été entièrement remanié à la fin du par l'architecte diocésain Henri Antoine Révoil qui restaura également, entre autres, l'amphithéâtre romain ou encore la cathédrale de Montpellier. On remarquera cependant la chapelle du Rosaire, très bel exemple d'architecture religieuse baroque du , un sarcophage paléochrétien intégré dans l'autel d'une chapelle latérale et, bien sûr, la frise du grand fronton de la façade extérieure, chef-d'œuvre de sculpture de l'art roman, en partie restaurée au , inspirée elle aussi des représentations antiques. La cathédrale est élevée au rang de basilique depuis 1882. La hauteur des voûtes de la nef atteint . Henri Antoine Révoil ne fut cependant pas autorisé à remanier la façade en style néo-roman. Chapelle Sainte-Eugénie de Nîmes. La chapelle Sainte-Eugénie est la plus ancienne église de Nîmes encore ouverte à ce jour. Elle était également romane à l'origine. Sa façade (beaucoup plus haute que l'église elle-même) est un trompe-l'œil de style néo-roman réalisé par des maîtres cimentiers marseillais spécialistes en la matière à la fin du . L'intérieur présente un plan très irrégulier et conserve une partie de ses voûtes gothiques refaites au , de nombreux tombeaux médiévaux à même le sol, un étonnant et monumental retable en bois et un maître-autel de style néo-gothique formant dentelle de boiseries. Chapelle du collège des Jésuites de Nîmes. L'ancienne chapelle du collège des Jésuites est un des rares témoins nîmois de l'architecture religieuse du . Son architecture se distingue par l'emprunt de nombreux éléments de décoration aux monuments romains de la ville. Elle possède une vaste coupole centrale d'où pénètre la lumière, des balcons en fer finement ouvragés et sa toiture est ponctuée d'originaux clochetons cylindriques surmontés de petits dômes. Le maître autel et son retable du sont invisibles au public, stockés depuis fort longtemps dans les réserves du musée des beaux-arts. La chapelle accueille aujourd’hui des expositions temporaires et des manifestations culturelles. L'ancien collège des Jésuites abrite depuis 1886 le musée archéologique et le muséum d'histoire naturelle de la ville. Chapelle Saint-Joseph de l'Hôtel-Dieu de Nîmes. La chapelle Saint-Joseph est une petite église située rue Jean-Reboul, à proximité de la porte de France. À l'intérieur de ce discret mais intéressant édifice du se trouve un retable et plusieurs peintures de la même époque. Ancienne chapelle conventuelle, elle faillit être démolie en même temps que son couvent à la fin des années 1970. Église Saint-Charles à Nîmes. La façade monumentale de l'église Saint-Charles donne sur le boulevard Gambetta. Elle est surmontée d'un vaste fronton triangulaire de style néo-classique s'inspirant des temples antiques, avec pilastres et sculpture d'une coquille Saint-Jacques au-dessus de la fenêtre qui domine la porte d'entrée. On notera que cet édifice, œuvre de l'architecte Claude Rollin dans les années 1770, est bien peu mis en valeur et n'a été que très récemment inscrite monuments historiques. La hauteur des voûtes de la nef s'élève à . Cette nef longue de pour de large se compose de 4 travées. Le clocher carré, terminé aujourd'hui par une simple terrasse sans ornement, a malheureusement perdu son couronnement d'origine. De nombreuses églises nîmoises ont été construites au . C'est notamment le cas de l'église Saint-Paul de style néo-roman, réalisée par l'architecte Charles-Auguste Questel (1835-1849). Elle possède un puissant clocher s'élevant à à la croisée du transept de la nef formant une coupole sur trompes. La hauteur des voûtes de la nef centrale atteint . La coupole de la croisée du transept atteint environ 24 mètres. La façade est, à trois porches, s'inspire des portails de Saint-Trophime d'Arles et de ceux de l'abbatiale de Saint-Gilles. Le clocher, quant à lui, à deux étages d'arcades, reprend le modèle de Saint Honorat des Alyscamps d'Arles tout en y ayant adjoint une haute flèche. Le chevet est également remarquable, avec son abside semi-circulaire encadrée par deux absidioles dont l'ensemble forme, avec les toitures, jusqu'au clocher, une élévation à multiples décrochements particulièrement réussie. On notera enfin que Saint-Paul de Nîmes est le premier projet d'église néo-romane présenté en France au et qu'il s'agit d'un édifice majeur de ce siècle tant décrié, qui devait être « à la hauteur » architecturale des fleurons que constituent la Maison Carrée et l'amphithéâtre romain. L'église Sainte-Perpétue-et-Félicité est représentative du mouvement éclectique, à tendance néo-gothique, style de rigueur sous le Second Empire. Elle fut édifiée entre 1854 et 1865 sur les plans de l'architecte Léon Feuchère , sur l’emplacement de la petite chapelle de l’ancien couvent des Capucins.(Ce dernier,ses batiments, cloître,réfectoire, laverie, puits, laterines,passage dissimulé, furent détruits en 1984.)La hauteur des voûtes intérieures sur croisées d'ogives est de plus et l'intérieur de l'édifice, pouvant contenir , mesure de long par de large. Remarquer l'étonnante présence d'arcs outrepassés sur les bas-côtés. La disposition générale de sa façade occidentale ainsi que son haut clocher ne sont pas sans rappeler l'architecture de la basilique de l'Immaculée-Conception de Lourdes, construite 15 ans plus tard. Le clocher, qui est le plus haut de la ville, s'élance à au-dessus de l'esplanade au niveau du sommet de sa grande croix en fer. Elle était encadrée à l'origine par le palace du Luxembourg au nord et la façade de la manutention militaire (partie importante de l'ancien couvent et son cloître), au sud qui permettaient de la mettre en valeur. Aujourd'hui, deux hauts immeubles modernes gâchent quelque peu cette harmonie primitive. L'église renferme une très belle "pietà" en marbre du . Notons que Perpétue et Félicité sont deux martyres suppliciées dans l’arène en 203 à Carthage. Nîmes est la seule ville de France qui possède une église où sont honorées les deux saintes. On ne sait pas vraiment par quel cheminement le culte de ces martyres nord-africaines est arrivé jusqu’à Nîmes. L'église Saint-Baudile est un édifice de style néo-gothique, réalisé entre 1867 et 1877 en pierre de Beaucaire et dédié à saint Baudile. Elle possède deux clochers surmontés de hautes flèches. L'église Saint-Baudile fut construite sur les plans de l'architecte bordelais Mondet, au détriment du projet romano-byzantin avec coupole et campanile d'Henri-Jacques Espérandieu. À l'intérieur se trouvent les mosaïques des fonts baptismaux et un ensemble de vitraux de belle qualité, exécutés par des ateliers bordelais. Elle est la plus spacieuse église de Nîmes. La longueur de la nef est de , la largeur au transept de et la hauteur sous voûtes de . En façade, les flèches sont hautes de . Les visiteurs confondent souvent l'église Saint-Baudile avec la cathédrale, car il s'agit de la plus vaste église de Nîmes. Comme pour l'église Sainte-Perpétue, le monument nécessiterait une importante campagne de restauration. Les hameaux de Saint-Césaire-lès-Nîmes et de Courbessac disposent chacun d'une église. À Saint-Césaire, une ancienne église, romane à l'origine, possède un intéressant chevet. À Courbessac se trouve une église du , largement réaménagée depuis le . Haut lieu du protestantisme dès le , Nîmes possède plusieurs édifices religieux affectés à ce culte. La plupart de ces édifices date des , les guerres de religion ayant détruit les édifices antérieurs. Le principal d'entre eux, le Grand temple, est une ancienne église des Dominicains datant de la fin . Elle fut affectée au culte protestant sous la Révolution. Sa façade baroque a été en partie remaniée au par l'ajout d'une grande Bible sculptée. Le Petit temple est quant à lui une ancienne église d'un couvent du ; on notera à l'intérieur un remarquable buffet d'orgue très travaillé, du milieu du . Enfin, le temple de l'Oratoire a été édifié dans un style néo-roman de 1866 à 1877. Il se situe près de la porte de France, non loin du quartier de la Placette. Il possède la particularité d'avoir une charpente apparente en fonte de fer ouvragée typique de la seconde moitié du . Il est le temple de Nîmes possédant la plus grande capacité d'accueil (forme intérieur quasi en hémicycle). À l'arrière de ce bâtiment est installé le conseil régional Cévennes-Languedoc-Roussillon de l'Église protestante unie de France depuis l'arrivée du président de région (ERF-CLR) Christian Bouzy. Monuments civils. Parmi les édifices civils, deux maisons représentent principalement l'époque médiévale. La maison romane de Nîmes a été édifiée au . Elle présente une décoration sculptée composée de frises, de colonnettes surmontées de têtes de monstre, de têtes de bélier ou de visages humains et de cupules ornées d'un visage, de feuilles d'acanthe ou de fleurs. La maison dite de "l'avocat des pauvres", située rue Fresque, a quant à elle longtemps hébergé une fondation de bienfaisance. Cette dernière logeait un avocat, qui défendait la cause des pauvres aux tribunaux de Nîmes. La tour de l'horloge a été réédifiée à l'emplacement de l’ancien beffroi de l'hôtel de ville en 1752. Cette tour de de haut est surmontée d'un campanile en fer forgé très ouvragé formant une sorte de couronne et abritant une cloche de 1757. Les rues de Nîmes sont parsemées de nombreux hôtels particuliers construits à l'époque moderne, entre les . L'édification de ces demeures coïncide avec l'essor économique qu'a connu la ville à cette époque. Parmi les hôtels particuliers nîmois les plus prestigieux, on compte notamment, l'hôtel de l'Académie (, siège de l'Académie de Nîmes depuis 1919), l'hôtel de Balincourt, l'hôtel de Bernis, l'hôtel Bézard, l'hôtel Boudon ou "Meynier de Salinelles", l'hôtel de Brueys ou "André", l'hôtel de Chazelles, l'hôtel Davé, l'hôtel Démians, l'hôtel de Fontfroide (, remarquable escalier), l'hôtel Foulc ou "Colomb de Daunant" (, remarquable jardin d'hiver du début du , réaménagé selon un plan inspiré d'Édouard André), l'hôtel Lagorce, l'hôtel Milliarède, l'hôtel Novi de Caveirac ou "Chouleur", l'hôtel de Possac, l'hôtel de Régis, l'hôtel de Rozel, l'hôtel Rivet (, siège de l'École supérieure des beaux-arts depuis 1985), l'hôtel Séguier, l'hôtel Villard, la maison des Atlantes ou encore le château Fadaise. La rue Dorée, à l'arrière de l'hôtel de ville, concentre à elle seule une quantité non négligeable de ces hôtels particuliers, encore peu mis en valeur pour certains. L'hôtel de ville a quant à lui été construit à la charnière des . Sa façade du est ornée de mascarons remarquables. Son escalier d'honneur abrite quatre crocodiles naturalisés des provenant de l'ancienne foire de Beaucaire. À noter le "Mandarin" égrenant les heures sur la place de l'hôtel de ville, au sein de l'ancien hôtel Méjean. L'architecture civile nîmoise du est principalement représentée par des bâtiments administratifs et officiels. L'hôtel de préfecture du Gard est un édifice monumental, typique de l'architecture éclectique (1855) sous le Second Empire. Il donne alors sur la nouvelle et prestigieuse avenue Feuchères. Il dispose d'une tour-horloge sur la façade centrale à portiques et colonnades, d'un avant-corps à frontons inspirés de l'Antiquité, de toitures mansardées couvertes d'ardoises et de tours d'angle donnant sur le parc surmontées de grandes toitures pointues à pans coupés, couvertes, là aussi, d'ardoises. La construction de l'édifice s'est tenue sous la direction de l'architecte Léon Feuchère. Le décor du grand escalier d'honneur reprenant la composition d'Hubert Robert sur les monuments antiques de Nîmes est remarquable ; les salons, chambres et la galerie du sont dans le plus pur style Napoléon III de la République. En revanche, les décors du rez-de-chaussée n'ont jamais été achevés. Le palais de justice est un imposant monument néo-classique édifié à de 1836 à 1846 par l'architecte Gaston Bourdon. Il possède une puissante colonnade donnant sur l'esplanade, largement inspirée par la Maison Carrée et récemment restaurée. L'ancien hôpital Ruffi, ou "Hôtel-Dieu", est situé rue de la République. Il fut réédifié par Charles-Étienne Durand, ingénieur des ponts et chaussées et architecte dans les années 1820-30 dans le style néo-classique monumental avec frontons triangulaires et arcades, qui rappelle un peu le premier palais de justice édifié par le même architecte. Il abrite la CCI de Nîmes depuis 1937 ; l'édifice conserve de belles peintures régionalistes de style art déco dans la salle d’honneur et une cheminée Renaissance provenant du château de Montcalm. Situé route d'Uzès, près des casernes, l'ancien hospice d'humanité fut édifié à partir de 1863 et inauguré le . Il a malheureusement perdu sa grande coupole à quatre pans, son lanternon abritant une cloche qui surmontait la chapelle et ses toitures d'origine donnant au centre de la façade principale du bâtiment sur la route d'Uzès. Côté route d'Uzès, l’ancienne grille d’entrée en fer forgé richement travaillée encadrée de deux petits pavillons est remarquable. Des constructions ont été adjointes à l'édifice dans les années 1920 pour servir de nouvel hôpital à Nîmes (ancien hôpital Gaston-Doumergue) lors de son déménagement définitif de l'ancien hôpital Ruffi en 1937. Il va subir de graves dommages lors du bombardement allié du (55 victimes) qui visait les casernes militaires voisines. Il est à son tour désaffecté progressivement après les terribles inondations du 3 octobre 1988 au profit du grand et moderne hôpital Carémeau au milieu des années 1990 sur les hauteurs ouest de la ville. Le site, abandonné depuis 10 ans, fait actuellement l’objet d’une vaste campagne de réhabilitation en vue d’accueillir le nouveau campus universitaire de Nîmes. Seuls les bâtiments de l'hospice d'humanité avec leurs gracieuses cours à portiques seront conservés. Le grand dôme de la chapelle et son lanternon devraient être reconstruits à l'identique. Situé à l'emplacement de l'ancienne église des Carmes, près de l'actuelle église Saint-Baudile, l'ancien théâtre de la Renaissance, puis de la Scala, fut construit durant la seconde moitié du (1877). Il brûle à deux reprises, en 1885 et 1893. Du théâtre original, seule la façade nous est parvenue. Son affectation en tant que théâtre est de courte durée, puisque dès le début du le magasin Paris-Nîmes y prend ses quartiers puis ce seront les Dames de France qui s'y installeront, jusque dans les années 1980. Un faubourg des antiquaires s'y installe durant une courte période puis le bâtiment est affecté au Rakan, association d'artistes. De style éclectique, très en vogue durant la seconde moitié du , la façade n'est pas sans rappeler l'architecture d'autres monuments destinés au théâtre et à l'opéra, comme l'Opéra Comédie de Montpellier ou même le Palais Garnier, de Paris, de manière bien plus modeste. L'édifice abrite aujourd'hui la majorité de la partie scientifique de l'université de Nîmes (site des Carmes). Construite au sein du complexe urbanistique de l'ancien cloître des Jésuites par Maximilien Raphel en 1894, la galerie Jules-Salles vient de retrouver ses décors d'origine au cours d'une restauration. Son architecture et ses décors sont typiques de la fin du , avec une impressionnante verrière zénithale. Le lycée Alphonse-Daudet a d'abord été un hôpital. Sa façade néo-classique donnant sur le boulevard Victor Hugo, édifiée au tout début du avec arcades au rez-de-chaussée, possède, dans sa partie supérieure, une frise à l'antique sur le thème de la médecine. L'intérieur, dont l'aménagement fut un temps envisagé pour accueillir le palais des arts et de la culture de la ville, est richement décoré. Le bâtiment a été finalement affecté au lycée de garçons en 1883, après que ce dernier ait quitté ses locaux du cloître des Jésuites en 1886. Face aux arènes, se dresse une rotonde d'angle (tour de l'horloge vers 1885) surmontée d'une coupole dont les pilastres évoquent les différentes civilisations antiques. Cette tour possède un cadran d'horloge inscrit dans un arc monumental dans lequel s'inscrivent les 12 signes du zodiaque, dont l'état très dégradé. Il est soutenu par deux grandes colonnes de marbre rose. L'horloge possède un carillon de plusieurs cloches qui vient d'être remis en marche lors de récents travaux de restauration de la partie haute du campanile. De la même époque datent les différentes adjonctions de bâtiments en pierres et briques avec cours protégées de portiques en fonte de fer, typiques de l'architecture sous la République. Certaines façades sont soulignées de bandeaux de carreaux émaillés. L'architecture civile du début du est peu représentée à Nîmes. La ville possède toutefois un témoignage intéressant du style art déco, avec le lycée Dhuoda, édifié dans les années 1930. Il possède un programme iconographique caractéristique de cette période et de ce style : colonnade en façade et bas-reliefs, décors peints de la salle des fêtes, etc. L'un des édifices civils nîmois les plus contemporains est sans doute l'ensemble résidentiel Nemausus 1, construit en 1987 sur une ancienne friche industrielle par l'architecte Jean Nouvel. Cet ensemble original de deux immeubles se trouve dans la banlieue sud de la ville. Places monumentales et parcs publics. Les jardins de la Fontaine, aménagés au milieu du , constituent le principal jardin public de la ville et l’un des plus importants jardins d’Europe. Respectant en partie le plan du sanctuaire antique autour de la source fondatrice de la ville, Jacques Philippe Mareschal et Gabriel Dardailhon ont dessiné, sous l'influence de Le Nôtre, un jardin à la française où sont actuellement rassemblées de nombreuses espèces végétales méditerranéennes. Entre les un petit théâtre romain, a été enfoui plusieurs fois sous les pelouses. Au des influences anglaises et italiennes se sont manifestées dans l'aménagement du jardin, contribuant à l'esprit « romantique » du lieu. L'esplanade Charles-de-Gaulle est une place majeure du centre-ville, à mi-chemin entre la gare et les arènes. Son premier aménagement remonte au . De nombreux embellissements y furent apportés au cours des siècles qui suivirent et plus particulièrement au . L'esplanade est dominée, à l'est, par la haute flèche néogothique de l'église Sainte-Perpétue, au nord-est par le grand dôme recouvert d'ardoises de l'immeuble art déco (1924) des anciens « grands magasins Bloch », au nord-ouest par le palais de justice avec sa puissante colonnade puis, en arrière, par les imposantes arènes romaines. Au sud, le départ de la très large avenue Feuchères ( × ) bordée de façades monumentales telles la préfecture, l'ancien « hôtel Silhol » (actuel tribunal administratif) ou encore l'ancien hôtel des Postes (ancien « hôtel Bézar ») en direction de la grande gare centrale, confèrent au site un aspect particulièrement monumental. La fontaine en marbre inaugurée en 1851 au centre de l'esplanade, la fontaine Pradier est l'œuvre du sculpteur James Pradier et de l'architecte Charles Questel, auteur de l'église Saint-Paul. La figure féminine monumentale représente la ville de Nîmes (une des toutes premières représentations allégoriques de ce type en France) couronnée des arènes et des colonnades de la Maison Carrée, celles du palais de justice et de l'ancien théâtre. Elle est entourée de personnages symbolisant les cours d'eau importants pour la ville ; le Gardon, le Rhône, la fontaine d'Eure (source d'Uzès, point de départ de l'ancien aqueduc romain) et la fontaine de Nîmes. Aménagé durant la seconde moitié du sur les plans de l'architecte Henri Révoil à l'emplacement du bassin terminal du quai de la Fontaine, le square Antonin témoigne de l'attachement des nîmois à leur passé antique. La statue monumentale dédiée à Antonin, érigée au centre du square en 1874, est l'œuvre du sculpteur Auguste Bosc. La grille extérieure en fer forgé est quant à elle l'œuvre de Marius Nicolas, serrurier nîmois. Sur le piédestal de la statue, près de la dédicace, se trouvent ces quelques vers du poète nîmois Jean Reboul : À proximité du square Antonin se trouve la place d'Assas, place du centre-ville avec une imposante fontaine imaginée par l'artiste Martial Raysse au milieu des années 1980. Cet artiste est également à l'origine de la fontaine au crocodile de la place du Marché, située au cœur de l’Écusson, œuvre réalisée avec les sculpteurs italiens Silvio et Vito Tongiani. Le crocodile qui se rafraîchit dans l'eau du bassin en marbre et le palmier situé de l'autre côté de place rappellent les armoiries de la ville. Notons qu'il s'agit du seul endroit de Nîmes où figure une plaque de nom de voie écrite en occitan ("Plan dau mercat"). Le Bois des Espeisses est un espace naturel de situé dans le quartier de Villeverte. Architecture militaire. L'architecture militaire nîmoise est principalement représentée par l'ancien fort dit « Vauban », datant de la fin du . Sa porte d'accès est surmontée d'une remarquable coquille Saint-Jacques sculptée. Il fut construit pour prévenir des menaces venant de l'intérieur, au temps de la Réforme. L'édifice est aujourd'hui le site principal de l'université de Nîmes. Architecture ferroviaire. Nîmes possède une importante architecture ferroviaire. Le viaduc à arceaux qui dessert l'actuelle gare de Nîmes est long de . Sa façade monumentale, l'une des premières et des plus anciennes en France à posséder de telles proportions, est ponctuée de près de 20 arches à son rez-de-chaussée et autant de grandes fenêtres à arcades au premier étage (1842-44) ; clin d'œil aux arènes romaines…) avec horloge en son centre. Les vastes frontons qui couronnent l'ensemble ne furent ajoutés qu'entre 1947 et 1948 afin de masquer la nouvelle marquise en voile de béton lors de l'électrification de la ligne. Si la gare a la particularité d'être établie au premier étage et la ligne de passer sur un viaduc surplombant la ville, c'est tout simplement parce que les ingénieurs de l'époque ont tenu compte des risques de barrage que constituerait une « voie classique sur remblais » et du barrage que ce dernier constituerait en cas d'inondation de la ville… De plus, élément esthétique non négligeable, toutes ces arcades ouvertes permettaient, à l'origine, d'apercevoir l'autre côté de la ville (alors la campagne). Mais au fil des décennies, nombre de ces arches furent bouchées pour créer garages et autre ateliers et il aura fallu attendre les inondations du 3 octobre 1988 pour voir rouvrir certaines d'entre elles. L'idéal serait bien entendu la réouverture totale de l'ensemble des arcades afin de diminuer la coupure fort disgracieuse que ce « pont bouché » engendre et dans un but de réunification du centre-ville avec les quartiers souvent oubliés dits de « derrière la gare ». Notons également l'ensemble formé par les bâtiments de la gare de marchandises : le pavillon néo-classique à colonnes doriques, donnant sur la route d'Uzès, date de 1839 et constituait, avec son frère jumeau hélas disparu en 1977 lors d'un élargissement du carrefour, la première gare de Nîmes. Les anciennes rotondes de garage des locomotives ont hélas été détruites durant la Seconde Guerre mondiale. Leurs emplacements ont été toutefois en partie rénovés et quelques anciennes colonnes en fonte subsistent. En revanche, la grande et magnifique halle métallique de ce dépôt existe toujours et abrite une partie du musée du chemin de fer. Architecture de pierre sèche. La commune de Nîmes, très étendue par sa superficie, possèderait, selon une estimation, plus de 1500 capitelles, cabanes de pierre sèche, témoins de l'architecture vernaculaire rurale locale. Sans oublier les nombreux murs d'enclos et autres clapas, construits en pierre sèche du : ils forment un ensemble unique et exceptionnel protégé, en théorie, depuis 25 ans par la « Charte de la garrigue ». Notons aussi la présence de très nombreux mazets, petites constructions rurales à pièce unique, en maçonnerie liée (enduite ou non de mortier) et à couverture de tuiles, qui servaient au de maisonnettes dominicales aux petites gens propriétaires d'un lopin dans la garrigue. Patrimoine culturel. Musées. Le muséum d’histoire naturelle est installé dans l'enceinte du collège des Jésuites (). Ce musée, aménagé en 1892, abrite de très riches collections relevant des domaines des sciences de la nature et des sciences de l’homme. Il possède, notamment, l'herbier de l'érudit nîmois Jean-François Séguier. Le musée archéologique possède une très riche collection d'antiquités. De 1896 à 2013, l'institution était installée dans une partie l'ancien collège des Jésuites (), dont la fameuse chapelle. Le musée présentait alors des collections de l’âge du bronze à l’époque gallo-romaine des céramiques sigillées, des vaisselles en bronze, des parures, des objets artisanaux, des verreries romaines, des monnaies issues du médailler, des maquettes des monuments antiques remontant au , des mosaïques et surtout une très importante collection épigraphique d’inscriptions latines sur stèles souvent en rapport avec la gladiature, spécificité nîmoise de l'époque. Aujourd'hui, ces collections sont présentées avec une nouvelle muséographie au sein du musée de la Romanité. Le musée du Vieux Nîmes présente la vie, la culture, l'économie et l'artisanat nîmois depuis la fin du Moyen Âge. Il est installé depuis 1921 dans l'ancien palais de l'évêché de la fin du , près de la cathédrale. Le musée des beaux-arts, construit en 1907 sur les plans de l'architecte nîmois Maximilien Raphel, a été réaménagé en 1986-1987 par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. La salle principale s'inscrit autour d'une remarquable mosaïque romaine découverte en 1883 "(Le Mariage d'Admète)". Le musée abrite, outre de nombreuses peintures françaises, flamandes et hollandaises, des œuvres italiennes des , une collection de peintures françaises des . On notera la présence d'un exceptionel tondo du en terre cuite émaillée réalisé par l'artiste italien Della Robia. La mosaïque romaine a été découverte à l'occasion de la construction des anciennes halles centrales de type « Baltard » en 1883. Inauguré en mai 2002 dans l'ancien bâtiment du Crédit municipal (« Le Mont de Piété »), à proximité des arènes et du récent musée de la romanité, le musée des cultures taurines permet de découvrir une culture qui perdure depuis l’Antiquité autour du culte du taureau. Il offre un véritable panel de traditions régionales et internationales. Le musée du chemin de fer présente l'ancien matériel ferroviaire, dont une locomotive. L'exposition est riche en histoire, en documentation, objets divers et modélisme. Les amateurs d'architecture métallique du seront comblés par la très grande halle, rescapée des bombardements de 1944, qui donne accès au musée. Enfin, Carré d'art se trouve face à la Maison Carrée qui se reflète dans sa façade vitrée. Il a été construit à l'emplacement de l'ancien grand théâtre (1798) détruit par les flammes en 1952. Conçu par l'architecte Norman Foster, Carré d'art regroupe la bibliothèque municipale classée, conservant un fonds ancien et proposant tous les services d'une médiathèque moderne, ainsi que le musée d'art contemporain, complété par une audiothèque et une médiathèque. La collection du musée comprend près de 370 œuvres et présente un panorama de la création contemporaine des années 1960 à nos jours. La ville possède deux cimetières marquants d'un point de vue patrimonial, le cimetière protestant de Nîmes et le cimetière Saint-Baudile de Nîmes. Textile. Le textile a joué une place importante dans l'histoire et le patrimoine culturel nîmois. Dès le , on relève des traces d'un artisanat local. Cette industrie a eu son point culminant au , époque à laquelle Nîmes était la troisième ville la plus importante du royaume de France dans le domaine textile. Les productions comme la soie ou la célèbre toile de Nîmes sont les plus connues. Au , Nîmes héberge encore quelques usines de chaussures, de lingerie, de pantalons, des bonneteries, etc. La marque Cacharel fondée en 1958, célèbre pour ses tissus Liberty et ses chemisiers, y avait son usine et ses bureaux jusqu'à la fin des années 1990. Depuis 2014, la marque Les Ateliers de Nîmes relance ce passé textile autour d'articles en denim, rendant ainsi hommage à la toile du même nom. Au mois de septembre 2017, la marque a réussi à tisser ses premiers mètres de toile de Nîmes, impulsant ainsi une nouvelle dynamique dans ce domaine. Sociétés savantes, culturelles, religieuses. L'Académie de Nîmes est une des plus anciennes sociétés savantes de France. Officiellement reconnue par Louis XIV, l'Académie royale de Nîmes s'est vu conférer, par lettres patentes d'août 1682 « les honneurs, privilèges, facultés, franchises et libertés » dont jouissait depuis 1635 l'Académie française. Fidèle à ses traditions, elle travaille à l'enrichissement du patrimoine culturel, local (Nîmes, Gard), régional (Languedoc-Provence) et national. Sans jamais oublier la devise inscrite au fronton de son hôtel de la rue Dorée : "Ne Quid Nimis" (en latin : rien de trop). Centre de rencontres, d’accueil et d’échanges, la Maison du Protestantisme se veut la vitrine nîmoise des Réformés et de leur histoire, très liée à la cité. Située à deux pas de la Maison Carrée et du Carré d'art, elle a vocation à recevoir les visiteurs en organisant des circuits touristiques protestants. Quelques vitrines donnent un aperçu des collections du patrimoine réformé, qui manquent d’un espace permanent d’exposition au musée du Vieux Nîmes. La Maison du Protestantisme (qui n’est pas un temple) est selon ses responsables, une « expérience de médiation entre une confession religieuse et son environnement urbain ». À l’échelle du département, elle met en place des itinéraires « sur les traces des huguenots, des Cévennes à la Méditerranée ». Bibliothèques et médiathèques. La ville dispose de plusieurs bibliothèques, la principale étant la médiathèque municipale de Carré d'art. Les annexes constituent un réseau à travers la ville avec les médiathèques de Marc-Bernard, Jean-Paulhan, et Serre Cavalier. Galeries et salles d'expositions. Ville d'art, Nîmes possède plusieurs galeries susceptibles d'accueillir œuvres et expositions. Les galeries d'art majeures sont la chapelle des Jésuites, la galerie Jules-Salles, la galerie des arènes, la galerie 4 ou encore la galerie Anne-Paulin. Théâtres et salles de spectacles. Le principal théâtre nîmois est le théâtre Bernadette-Lafont, ou théâtre de Nîmes. D'autres établissements proposent une programmation assez riche, comme le théâtre ATP, l'Odéon, le théâtre Christian-Liger, le théâtre Beau Parleur, le théâtre Télémac, le théâtre du Périscope ou encore la Comédia 7, qui est une salle de spectacle. Nîmes possède également une scène de musiques actuelles (SMAC) avec la salle Paloma, inaugurée le à Courbessac. Cinémas. Le principal cinéma nîmois est le multiplexe du groupe Kinepolis, situé en périphérie. Kinepolis possède également le cinéma Forum du centre-ville avec ses 4 salles. Nîmes dispose également d'un cinéma d'art et essai, Le Sémaphore, avec ses 6 salles. Notons que l'ouverture d'un nouveau cinéma multiplexe de 10 salles, Cap'Cinéma, est prévue pour 2016 dans le nouveau quartier du Triangle de la gare. Gastronomie. Certains produits locaux nîmois possèdent une appellation d'origine contrôlée « de Nîmes ». De plus, la plupart des spécialités du département du Gard sont fabriquées et/ou vendues à Nîmes. La brandade de Nîmes est un plat typiquement nîmois. En effet, depuis le Moyen Âge, la morue était échangée contre le sel de Camargue, d'où sa présence en abondance. La recette de la brandade de morue est signalée dès 1786. Ce mets a acquis son titre de noblesse en 1830 grâce au célèbre cuisinier Charles Durand. La brandade de Nîmes est faite de morue dessalée que l'on monte avec de l'huile d'olive et un peu de lait. Servie de préférence chaude, la brandade se mange également en feuilleté ou tout simplement mélangée à la purée de pommes de terre. Le vignoble des Costières-de-nîmes s'étend au sud de la ville sur hectares. Celui des Coteaux-du-languedoc s’étend plus à l’ouest de la ville. Rouge, rosé ou blanc, la qualité de ces vins AOC n'a cessé de s'améliorer ces vingt dernières années, permettant à certains costières-de-nîmes et coteaux-du-languedoc de figurer parmi les meilleurs vins français. Les vins de Nîmes, plus particulièrement de Langlade (village en bordure ouest de Nîmes, dans la vallée de la Vaunage), sont loués par des chants provençaux (le langlade fut un vin fort apprécié par Louis XIV). L'olive de Nîmes AOC est une picholine. Sa chair abondante, ferme et douce se croque verte. Son huile (également AOC) au goût très fruité provient de fruits mûrs récoltés en décembre et janvier. La tapenade est une pâte d'olives noires ou vertes que l'on pile avec de câpres (en occitan "tapènas"),des anchois, des herbes de Provence et de l'huile d'olive. On la déguste froide, tartinée sur du pain grillé. Le Crocus de Nîmes est un croque-monsieur composé uniquement d’aliments que consommaient les Gallo-romains. La fraise de Nîmes est généralement disponible dès le 15 mars. Elle est la première fraise printanière de France. De forme allongée et élégante, les deux variétés « gariguette » (qui n'est pas strictement une spécialité nîmoise) et « ciflorette » sont précoces, cultivées en pleine terre et particulièrement parfumées. L'agneau de Nîmes est élevé sous la mère. Son âge ne doit pas dépasser trois mois. Ainsi sa viande très blanche reste particulièrement goûteuse et appréciée des gourmets. La "zarzuela" est une spécialité espagnole adaptée à Nîmes. Il s'agit d'une sorte de ragoût espagnol importé par les immigrants ibériques venus s’installer en masse dans la ville, fuyant le franquisme ou la misère. La communauté espagnole est importante à Nîmes et a amené avec elle de nombreuses traditions et coutumes, adoptées et adaptées par une ville que les traditions taurines rapprochent de ce qui vient de la péninsule. Le petit pâté nîmois est présenté dans une petite boîte ronde qui cache sous son couvercle un pâté réputé. On le trouve aux halles de Nîmes, dans quelques charcuteries et pâtisseries et on le déguste chaud. Les dragées Amande de la maison BEZ ont accompagné plusieurs générations de gardois. Cette maison a ouvert sa première boutique en 1860 au 16 "bis", rue Nationale. Elle y a demeuré jusqu'en 2008, date de son déménagement temporaire au centre commercial des 7 Collines. La recette du croquant Villaret est tenue secrète par la famille Villaret et ses successeurs ; elle n'a pas changé depuis 1775. C'est un biscuit mince et doré fait à base de farine, de sucre, d’eau, de fleur d’oranger, d’extrait de citron et d'éclats d'amandes. Il est particulièrement dur. L'oreillette est un beignet languedocien, qui demeure une fabrication très artisanale. Sa forme évoque pour certains le pavillon d’une oreille. Ce beignet est traditionnellement préparé dans les familles et consommé pendant toute la période du carnaval. La minerve n'est pas une spécialité strictement nîmoise, mais plutôt du Gard et de l'Hérault. C'est une pâtisserie qui serait née à l’occasion de l’Épiphanie. Les gâteaux des rois invendus par les boulangers auraient été découpés en tranches et recouverts d’une « croûte » sucrée (meringue aromatisée à la fleur d'oranger), donnant ainsi la minerve. La fougasse d'Aigues-Mortes, ou de Saint-Gilles, est une brioche glacée au sucre et levée à la fleur d'oranger. La recette reste secrète car cette fougasse est unique dans la région. De nombreuses boulangeries en préparent dans le Gard. La rouille d'Aigues-Mortes, provenant de la même cité gardoise et préparée avec du poulpe, de la pomme de terre et de l'aïoli. On la retrouve également dans les restaurants nîmois. En Camargue, la viande de taureau, viande corsée, se déguste en « gardianne », c’est-à-dire, marinée dans du vin. Elle peut également se déguster en grillade, notamment lors de ferrades et fêtes champêtres camarguaises. Le Gard est également un important producteur d'asperges « blanches » ou « vertes ». L'asperge des sables, quant à elle, est produite en Petite Camargue, dans la vallée du Rhône et dans la plaine de Beaucaire. Nîmes dans la culture populaire. Nîmes au cinéma. La ville de Nîmes est une ville riche en patrimoine cinématographique. Pour la beauté de ses décors naturels et son climat chaud et ensoleillé pratiquement toute l'année, Nîmes a attiré et attire encore de nombreux réalisateurs et acteurs tels que François Truffaut, Agnès Varda, Claude Chabrol, Claude Lelouch, Patrice Leconte, Gérard Depardieu, Thierry Lhermitte, Bernadette Lafont ou encore Philippe Noiret. Le "Dictionnaire du cinéma dans le Gard" de Bernard Bastide et Jacques-Olivier Durand (Presses du Languedoc, 1999) évoque les rapports de la ville au cinéma : histoire des tournages, des salles, des festivals, personnalités cinématographiques originaires de Nîmes. Prochainement est prévue l'ouverture d'un "Bureau national du cinéma" ainsi que de "Studios de cinéma" (les en France, après Saint-Denis et les Studios de la Victorine à Nice), afin d'augmenter et de faciliter les tournages. Quelques films principalement tournés à Nîmes : Garnison. Nîmes est l'une des plus grandes villes de garnison de France et un site clé dans le dispositif de défense français. Conséquence de la nouvelle organisation territoriale mise en place par le ministère de la Défense, Nîmes devient à compter du l'une des 51 bases de défense de métropole. Cette base regroupe en fait les diverses unités déjà stationnées : l’état-major de la légère blindée (200 personnes), le étranger d'infanterie (plus de ), le du matériel (plus de 300), le du train (1000), auxquelles s'ajoutent le centre de formation initiale des militaires (300) ainsi que le groupement de soutien de la base de défense (350). Créé en 1841, le étranger d'infanterie est le plus ancien des régiments d'infanterie de la Légion étrangère. Son histoire est glorieuse tout au long des . Le régiment se distingue particulièrement lors du combat d'El-Moungar, au Maroc, le . Cette date symbolique est devenue fête de tradition du régiment. À l'image des autres régiments étrangers, le REI a été engagé lors des combats d’Indochine. Son premier bataillon s'est illustré notamment lors de la bataille de Diên Biên Phu. Par la suite il sera engagé dans les très durs combats de la guerre d’Algérie. Aujourd'hui stationné à la caserne Colonel-de-Chabrières, le REI est l'un des deux régiments d'infanterie de la BLB. Avec ses , le REI a la particularité d'être le plus gros régiment de l'infanterie française. Héraldique. L'emblème de la ville d'aujourd'hui s'inspire de l'iconographie de l'as, monnaie frappée à Nîmes dans les débuts de notre ère, au revers de laquelle figure un crocodile enchaîné à un palmier qui symbolise la soumission de l'Égypte à Rome et où sont frappés les mots : "COL NEM". Ces mots ayant la signification de "colonia Nemausus", ou "Nemausa", ou "Nemausensis", en français "colonie de Nîmes". Pendant le Moyen Âge, la ville dut perdre entièrement le souvenir de ce symbole, car le sceau de la ville, scellant un acte de 1226 qui était propre à la communauté de Nîmes représentait les quatre consuls de la ville, debout en habits civils. Ainsi le logo actuel de la ville, conçu en 1985 par Philippe Starck, garde-t-il la symbolique romaine tout en modernisant le trait de manière plus lisible.
Nonane Le nonane est un hydrocarbure linéaire de la famille des alcanes supérieurs, de formule brute . Il existe trente-cinq isomères structuraux. Ces diverses molécules comportent toutes neuf [en grec ἐννέα (ennéa), "neuf"] atomes de carbone.
Neptune Neptune est initialement la francisation du latin "Neptunus", nom du dieu romain des mers et du règne aquatique. Culture et société. Marine. De nombreux autres navires ont porté le nom de "Neptune" :
Nicolas Copernic Nicolas Copernic ( , , ) est un astronome polonais ou allemand, également chanoine, médecin et mathématicien, né le à Thorn (Toruń) en Prusse royale (royaume de Pologne), et mort le à Frauenburg (Prusse royale, royaume de Pologne ; aujourd'hui Frombork). Il est célèbre pour avoir développé et défendu la théorie de l'héliocentrisme, selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil, supposé au centre de l'Univers, contre l'opinion alors admise, que la Terre était centrale et immobile. Les conséquences de cette théorie, ayant causé de profonds changements des points de vue scientifique, philosophique et religieux, sont désignées comme la révolution copernicienne. Biographie. Naissance et études. Nicolas Copernic est né le 19 février 1473 dans une famille riche de la ville hanséatique de Thorn, en Poméranie. Son père, également prénommé Nicolas, négociant en cuivre originaire du village éponyme de Silésie (Koperniki), est un bourgeois de Cracovie venu s'établir à Thorn peu avant l'annexion de la région par le royaume de Pologne, et suffisamment intégré pour y devenir échevin. Il est investi dans les affaires politiques et, avec d'autres bourgeois de Thorn, finance Casimir IV dans sa guerre contre l'ordre Teutonique, qui se termine en 1466 par la victoire du roi de Pologne. Sa mère, Barbara Watzenrode (ou Watzelrode), est d'une ancienne famille de Thorn, probablement originaire de Silésie. La famille de Nicolas Copernic était plutôt liée à la population germanophone. Lui-même écrira et étudiera en latin ; il parlait allemand et avait une connaissance élémentaire du polonais. Le jeune Nicolas passe son enfance à Thorn, d'abord au 17 de la rue Sainte-Anne (aujourd'hui renommée rue Copernic). Alors qu'il est âgé de sept ans, la famille déménage au 36 de la place du marché de la même ville. Très tôt, le jeune Copernic est initié à l'art, à la musique et aux belles-lettres. Il fréquente l'école paroissiale de l'église Saint-Jean. Il a trois frère et sœurs plus âgés : Andrzej (né vers 1465) est devenu chanoine augustinien à Frauenburg ; Barbara (née vers 1469), devenue religieuse bénédictine puis, dans ses dernières années, prieure d'un couvent à Kulm, est morte après 1517 ; Katarzyna (née vers 1471) a épousé Barthel Gertner, homme d'affaires et conseiller municipal de Thorn, et a laissé cinq enfants, dont Copernic a pris soin jusqu'à la fin de sa vie. Après le décès de son père (vers 1483), il est pris en charge par son oncle maternel, futur évêque de Varmie, Lukas Watzelrode (ou Lucas Watzenrode). Celui-ci veille sur son neveu et s'assure qu'il fréquente les meilleures écoles et universités ; en 1491, il devient étudiant à l'Université de Cracovie (actuellement l'université jagellonne de Cracovie) où il étudie les mathématiques et l'astronomie ("quadrivium"), mais aussi la médecine et le droit, tout en suivant probablement le "trivium", cours habituel de la Faculté des arts (centré sur la dialectique et la philosophie). Il quitte cette université après trois ou quatre ans, trop tôt pour obtenir un diplôme. Il retourne alors chez son oncle, qui tente de le faire élire chanoine au chapitre de la cathédrale de Frauenburg. Sans attendre la confirmation de son élection (en 1497), il se rend en 1496 en Italie où il étudie à l'université de Bologne le droit canonique puis le droit civil, mais aussi la médecine et la philosophie. Il y apprend le grec, qui lui servira grandement pour étudier les sources de la science antique. À Bologne, il loge chez l'astronome Domenico Maria Novara, qui est l'un des premiers à remettre en cause l'autorité de Ptolémée. Selon Rheticus, « il fut moins le disciple que l'assistant et le témoin des observations du très savant Dominicus Maria ». C'est ainsi que Copernic fit la première observation dont nous ayons connaissance de l'occultation de l'étoile Aldébaran par la Lune, le . En 1500, il donne, d'après Rheticus, une conférence sur l'astronomie à Rome, et y observe une éclipse partielle de lune. Le chanoine Copernic se rend l'année suivante au chapitre de la cathédrale de Frauenburg, où on lui accorde une absence supplémentaire de deux ans pour étudier la médecine. Il poursuit donc ses études en médecine et droit à l'université de Padoue, réputée pour son enseignement de médecine. Mais c'est à Ferrare, le 31 mai 1503, qu'il obtient le titre de docteur en droit canon (le doctorat de médecine aurait nécessité trois années d'études). À la fin de ses études, en 1503, il quitte définitivement l'Italie et réintègre son diocèse. Humaniste aux activités multiples, et astronome révolutionnaire. À son retour en Pologne, Copernic se loge auprès de son oncle dans le palais épiscopal de Heilsberg (Lidzbark Warmiński). Il assiste l'évêque dans l'administration du diocèse (qui disposait d'une autonomie politique vis-à-vis du roi de Pologne), et devient également son médecin personnel. La réputation du médecin Copernic semble avoir été grande, puisqu'après la mort de Lukas Watzelrode, il soigne deux de ses successeurs (les évêques Maurice Ferber et Johannes Dantiscus), mais aussi d'autres personnalités et des gens du peuple. En bon humaniste, Copernic s'essaye aussi à la traduction du grec : son premier livre, imprimé en 1509, est une traduction latine de lettres grecques dont l'auteur est un Byzantin du , Théophylacte Simocatta. Copernic devient ainsi le premier Polonais à publier en Pologne une traduction d'un auteur grec. Copernic ne succédera pas à son oncle, ainsi que celui-ci l'aurait souhaité, mais il ne délaisse pas pour autant ses tâches de chanoine de l'évêché de Warmie (institution politique tout autant que religieuse). Ainsi, il occupe à plusieurs reprises le poste important d'administrateur des biens du chapitre à Olsztyn ("Allenstein"). L'invasion de la Warmie par les chevaliers teutoniques en 1520 l'amène même à devenir commandant militaire d'Olsztyn jusqu'à la fin des hostilités. C'est encore à Olsztyn qu'il compose un "Essai sur la frappe de la monnaie", à l'occasion de la crise monétaire qui touche son pays, l'économie étant l'activité qui l'intéressait le plus en dehors de l'astronomie. Tout au long de ces années, et probablement dès son retour d'Italie, Copernic continue ses recherches en astronomie, et réalise quelques observations des astres depuis la tour de la cathédrale de Frauenburg, qu'il a fait aménager pour cela et où il vécut la plus grande partie de sa vie. Il se convainc rapidement de la nécessité d'abandonner le modèle d'Univers de Ptolémée au profit d'un système héliocentrique. C'est ainsi qu'il écrit, dès les années 1511-1513, "De Hypothesibus Motuum Coelestium a se Contitutis Commentariolus" (connu sous le titre de "Commentariolus"), un court traité qui expose le système héliocentrique et qu'il fait secrètement circuler, sous forme manuscrite, auprès de ses amis. C'est à la même période que Copernic, dont les compétences astronomiques sont visiblement reconnues, est sollicité dans le cadre du concile du Latran sur la réforme du calendrier. Pendant 36 ans, de son propre aveu, Copernic garde sa pensée sans la divulguer. C'est probablement bien plus par rigueur scientifique que par conscience des dangers d'une telle publication. Car Copernic, en se livrant aux observations et aux calculs qui doivent confirmer son Système, rencontre des difficultés insurmontables. Comme tous ses prédécesseurs il a une faiblesse initiale à l'égard du mouvement circulaire et uniforme, or les mouvements planétaires sont en réalité légèrement elliptiques. C'est Kepler qui fera cette découverte près d'un siècle plus tard (1609), grâce au Système de Copernic. En attendant, ce dernier ne parvint jamais à concilier parfaitement la réalité avec l'idée fausse du mouvement circulaire. Autre difficulté rencontrée, le ciel brumeux de la Vistule empêche souvent l'astronome de mener ses observations et il se trouve ainsi dans la nécessité d'exploiter les matériaux douteux accumulés depuis Ptolémée en leur accordant une confiance absolue. Copernic passe alors de longues années à gâter la simplicité de son Système en l'emplissant d'épicycles et d'excentriques, et ce jusqu'au découragement. Les disciples de Copernic, dont Rheticus, sont moins soucieux des précisions de détail et restent éblouis par les nobles lignes du Système de Copernic. L'enthousiasme des savants ne permet plus à la réalité de se perdre. Le manuscrit du ""De Revolutionibus Orbium Coelestium (De"s révolutions des sphères célestes)" est achevé vers 1530. En 1533, l'hypothèse héliocentrique de Copernic s'est déjà répandue jusqu'au Pape Clément VII, et plusieurs prélats pressent Copernic de la publier. Vers 1540 circulent peut-être déjà des copies ; du moins Georg Joachim Rheticus en publie à cette date à Dantzig une analyse qui connaît un grand succès. Mais ce n'est qu'en 1543 que l'ouvrage immortel parait enfin chez un imprimeur luthérien de Nuremberg, au moment même de la mort de son auteur. On rapporte que Copernic eut l'occasion d'en manier un exemplaire dans les heures de son agonie. Bien que chanoine, de son vivant Copernic ne fut jamais inquiété pour ses théories par les autorités ecclésiastiques, et il dédia son livre au Pape Paul III. Mais en 1616, avec la censure de la thèse de Galilée, le "De Revolutionibus Orbium Coelestium" est finalement mis à l'index des livres interdits par l'Église Catholique (il le sera jusqu'en 1835), jusqu'à correction. Ces corrections, au nombre de dix sont annoncées en 1620. Elles concernent les passages qui affirment la réalité du modèle héliocentrique. Chaque possesseur de l'ouvrage devait effacer les passages interdits ou les réécrire suivant des instructions précises. De fait ces corrections furent réalisées en Italie (à peu près deux tiers des exemplaires qui nous sont parvenus), mais pas dans le reste de l'Europe. Système et théories de Copernic. Copernic propose une rupture radicale dans l'organisation du cosmos jusque-là établie : les systèmes du monde admis à son époque avaient un point commun, leur géocentrisme : la Terre était immobile au centre de l'univers, tous les astres tournant autour. Au contraire, Copernic place le Soleil au centre de l'univers, la Terre devenant une planète tournant autour de ce point fixe ; c'est l'héliocentrisme. Motivations. Pour justifier cette remise en cause totale, Copernic met en exergue les défaillances des systèmes astronomiques existants : tout d'abord, leur multiplicité, d'Eudoxe à Ptolémée en passant par les nombreux aménagements opérés aux théories de ce dernier par les astronomes qui lui ont succédé. Ensuite, leur incapacité à décrire avec précision les phénomènes observés. Enfin, le manque d'ordre et d'harmonie dans ces systèmes extrêmement complexes. Concernant la théorie de Ptolémée, il ajoute une sévère critique de l'astucieuse invention de ce dernier, l'équant, qui viole le principe de l'uniformité des mouvements circulaires par rapport à leur centre, ce qui la rend irréaliste aux yeux de Copernic. Il propose en réponse à ces insuffisances un système reposant sur quelques axiomes révolutionnaires (présentés dès le "Commentariolus"), et étayé par une démonstration mathématique minutieuse (exposée dans le "De Revolutionibus"). Mais dans son étude du ciel, Copernic dut faire face à plusieurs problèmes qui divisent les astronomes. Il y a l'idée persistante, proposée pour la première fois par Aristote (384-322 av. J.-C.), que les planètes se déplacent de manière uniforme dans un milieu indéfini de sphères invisibles, toujours à des distances fixes d'un point central, la Terre. Cela signifie que l'univers doit être constitué d'une série de sphères concentriques. Malheureusement, cette théorie ne correspondait pas à l'expérience vécue en observant une variation de la luminosité des planètes dans le ciel nocturne. Axiomes du système héliocentrique. Ayant disposé le Soleil au centre de l'Univers, il dote donc la Terre de deux mouvements principaux : sa rotation (la Terre tourne sur elle-même et fait un tour sur son axe en une journée) explique dans un premier temps le mouvement diurne de la sphère céleste en un jour, la sphère des étoiles demeurant immobile ; sa révolution annuelle autour du Soleil fait de la Terre une planète, toutes les planètes tournant autour du Soleil. La Terre n'est plus que le centre des mouvements de la Lune. Pour Copernic, « le mouvement de la Terre seule suffit donc à expliquer un nombre considérable d'irrégularités apparentes dans le ciel », notamment le mouvement rétrograde des planètes, phénomène qui n'était expliqué qu'à grand-peine par les systèmes géocentriques. Pour justifier que l'on ne perçoive pas les effets de la révolution annuelle de la Terre par un effet de parallaxe sur les étoiles, Copernic postule enfin que la sphère des étoiles se situe à une distance considérable, bien plus importante que ce que l'on imaginait jusqu'alors. Les autres planètes tournent aussi autour du Soleil, en des durées d'autant plus longues qu'elles sont éloignées du Soleil. D'où le terme "héliocentrique" pour qualifier ce modèle. Les irrégularités (rétrogradations...) des planètes s'expliquent facilement comme effets de perspective dus au mouvement de l'observateur terrestre. Comme Vénus est en mouvement sur une orbite inférieure à celle de la Terre, on comprend que vue de la Terre, Vénus n'est jamais très écartée du Soleil. Il en est de même pour Mercure. Outre qu'il explique assez bien tout ce qui est observé à l'oeil nu, Copernic avance quelques "arguments" en faveur de son modèle : En réalité, Copernic n'a aucun argument basé sur des observations astronomiques nouvelles : Il explique autrement ce que le monde gréco-romain avait déjà essayé d'expliquer par le modèle géocentrique. Avantages du système copernicien. Pour son auteur, la grande force de ce système héliocentrique est qu'il introduit ordre et harmonie dans le cosmos. Il y a en particulier une corrélation logique entre les distances des planètes au centre du système et leur période de révolution. En effet, plus l'orbite d'une planète est grande, plus il lui faudra de temps pour faire une révolution complète autour du Soleil (ce qui n'était pas le cas pour Mercure et Vénus dans le système de Ptolémée, ces deux planètes ayant la même période de révolution que le Soleil). Copernic n'a plus besoin des monstrueux épicycles des planètes que Ptolémée avait introduits pour expliquer leurs rétrogradations. Il élimine également l'incroyable coïncidence qui donnait par exemple à Mars, Jupiter et Saturne la même période d'un an sur ces épicycles (de tailles pourtant inégales). Sa théorie explique en outre pourquoi les planètes internes, Vénus et Mercure, ne s'écartent jamais beaucoup du Soleil et ne se retrouvent jamais en opposition par rapport à lui. Le système de Copernic permet même de mesurer les distances de chaque planète au Soleil, ce qui était impossible dans un système géocentrique. C'est ce qui permettra plus tard à Johannes Kepler de calculer les trajectoires de ces astres, et d'établir les lois du mouvement dans le Système solaire, lois sur lesquelles Isaac Newton s'appuiera pour élaborer sa théorie de la gravité. Univers de Copernic : plus simple et moderne que celui de Ptolémée. Malgré la modernité révolutionnaire de son système, Copernic conserve certains éléments archaïques des anciens systèmes du monde : ainsi l'idée aristotélicienne (pourtant abandonnée par Ptolémée et même probablement déjà par Hipparque) des sphères solides, ou encore la "sphère des fixes", contenant les étoiles et marquant la limite d'un univers fini. On oppose souvent la complexité du système de Ptolémée et de leurs dérivés à la simplicité du système de Copernic. En effet, le premier comporte une multitude de cercles (excentriques et épicycles), tandis que la représentation classique du second ne montre que les six cercles des planètes et celui de la Lune (voir l'illustration). Et il est vrai, comme Copernic nous le dit, que son modèle a permis de supprimer les énormes cercles disgracieux (épicycles ou excentriques) destinés à justifier les inégalités des mouvements des astres (rétrogradations). Cependant, ce schéma du système héliocentrique est trompeur, car extrêmement simplifié. En effet, Copernic considère que le mouvement circulaire uniforme est un principe fondamental de l'astronomie. Or, les observations contredisent l'uniformité des mouvements célestes. Pour concilier ce principe avec la réalité, Copernic, qui a rejeté l'équant de Ptolémée, est obligé d'ajouter à son système une multitude de petits épicycles et d'excentriques dont l'effet est de moduler la vitesse de chaque planète sur son parcours. Au nom du principe antique de l'uniformité des mouvements circulaires, Copernic a donc rendu son système tout aussi complexe que celui de Ptolémée. Cependant, de nombreux commentateurs de l’œuvre du chanoine-astronome maintiennent que celui-ci a introduit une simplification, car les épicycles de Copernic, beaucoup plus petits que les cercles déférents, ne sont là que pour corriger les petites variations de vitesse et de position des planètes (qui se déplacent en réalité à vitesse variable sur des orbites elliptiques) par rapport à une trajectoire circulaire uniforme, et ne sont pas nécessaires, en première approche, pour décrire les irrégularités apparentes les plus importantes de leurs trajectoires (rétrogradations). Au contraire, les épicycles de Ptolémée, de tailles beaucoup plus importantes (et comparables à celles des déférents), sont indispensables pour expliquer ces irrégularités et ne peuvent donc être omis, même en première approximation. Influences. Inspirateurs, selon Copernic, de sa théorie. Copernic n'est pas l'inventeur de la théorie héliocentrique. Selon Archimède et Plutarque, l'astronome grec Aristarque de Samos était partisan de l'héliocentrisme, dès le avant notre ère. Copernic d'ailleurs mentionne son prédécesseur, ainsi que les sources antiques qui lui ont inspiré l'hypothèse du mouvement de la Terre. Car, selon son propre témoignage, il a commencé sa recherche, en bon humaniste, par la lecture des textes des Anciens : Il nomme alors, dans une citation de [pseudo] Plutarque, Philolaus le pythagoricien (pour qui la Terre tournait, comme le Soleil et tous les astres, autour d'un feu central), Héraclide du Pont et Ecphantus le pythagoricien (qui admettaient la rotation de la Terre sur son axe). Et il poursuit : . Il est à noter que, s'il reconnaît que ces astronomes antiques ont eu l'idée du mouvement de la Terre, il ne signale pas qu'Héraclide avait imaginé, en plus de la rotation de la Terre sur elle-même, que Mercure et Vénus tournaient autour du Soleil, ni qu'Aristarque était à l'origine d'un système héliocentrique : il se contente d'écrire que, selon certains, Aristarque, comme Philolaus, avait admis la mobilité de la Terre. Cette unique mention d'Aristarque, d'ailleurs, sera rayée dans le manuscrit et n'apparaîtra pas dans la version imprimée du "De Revolutionibus". Enfin, il fait référence à Martianus Capella, ainsi qu'à « quelques autres Latins », qui « estimèrent, en effet, que Vénus et Mercure tournent autour du Soleil, qui est au centre, et pour cette raison-là ne peuvent s'éloigner de lui plus loin que ne le permettent les convexités de leurs orbes ». Le système de Capella (que celui-ci appelle « système égyptien », et qui est aussi celui d'Héraclide), dans lequel seules Vénus et Mercure tournent autour du Soleil, ce dernier et les autres planètes tournant autour de la Terre, pourrait avoir amené Copernic sur la voie de l'héliocentrisme. Influences possibles ou probables. En plus des influences grecques qu'il revendique, Copernic a peut-être été influencé par des astronomes arabes et perses du Moyen Âge. Il n'en fait pas mention dans son œuvre, mais certains modèles mathématiques utilisés pour décrire le mouvement des astres sont identiques à ceux établis par les astronomes de l’école de Maragha aux . Ainsi, il utilise pour décomposer un mouvement linéaire en mouvements circulaires la même méthode que l'astronome perse Nasir al-Din al-Tusi. De même, son modèle du mouvement de la Lune est pratiquement identique à celui d’Ibn al-Shâtir, qui a en outre développé au des théories planétaires proches de celles décrites par Copernic. Copernic a-t-il eu connaissance des textes de l'école de Maragha ? Nous l'ignorons, mais nous ne pouvons qu'être frappés par ces similitudes. Ce qui est intéressant, c'est que certains astronomes du monde musulman ont évoqué contre Ptolémée la possibilité d'un mouvement de la Terre, suivant en cela les Grecs et Latins que nous avons cités. Ainsi, la rotation de la Terre sur elle-même a été discutée dès le , en particulier par al-Biruni (qui l'a finalement rejetée pour les mêmes raisons qu'Aristote et Ptolémée). Plus tard, des astronomes de Maragha, parmi lesquels Ibn al-Shatir, ont poursuivi et approfondi cette réflexion. En Europe également, le système de Ptolémée et la physique d'Aristote ont été contestés par des philosophes et des astronomes connus de Copernic, et qui ont pu l'amener sur la voie de l'héliocentrisme. Ainsi, les philosophes Nicolas de Cues (), qui dans la "Docte ignorance" chasse la Terre du centre du monde et la rend mobile, ou Jean Scot Érigène (), qui, allant plus loin qu'Héraclide et Martianus Capella, fait tourner autour du Soleil non seulement Mercure et Vénus, mais aussi Mars et Jupiter. Au , des débats ont eu lieu à l'université de Paris sur l'hypothèse du mouvement de rotation de la Terre, comme le rapporte Pierre Duhem, qui cite à ce propos Nicole Oresme, dont il fait un « précurseur de Copernic ». L'astronome du Peurbach et son élève Regiomontanus, étudiés par Copernic, pourraient avoir eu, selon Ernst Zinner, une influence sur la conversion de Copernic à l'héliocentrisme. Le premier avait débattu du mouvement de la Terre, et noté la corrélation entre les mouvements des planètes et ceux du Soleil ; le second aurait écrit à la fin de sa vie : « Il faut modifier un peu le mouvement des étoiles à cause du mouvement de la Terre ». Il est possible d'affirmer que les réflexions sur le mouvement de la Terre et la place du Soleil n'étaient pas neuves au temps de Copernic, et que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, elles avaient largement eu cours au Moyen Âge, tant dans l'Europe chrétienne que dans le monde musulman. Thomas Samuel Kuhn écrit à ce propos : Toutefois, il ne faudrait pas pour autant, ainsi que le fait Arthur Koestler, minimiser l'apport personnel de Copernic dans la révolution héliocentrique. L'opinion du célèbre auteur des "Somnambules" a d'ailleurs été reprise depuis, l'étude récente des précurseurs arabo-perses de l'astronome polonais tendant à la renforcer. Mais Koestler reconnaît lui-même que Copernic a eu l'immense mérite de développer l'idée de l'héliocentrisme, envisagée par d'autres avant lui, pour en faire un système complet, à l'instar de celui de Ptolémée. Personne avant lui n'avait construit un tel système, dans toute sa complexité, ni défendu l'héliocentrisme avec autant d'application et de conviction. Et nul ne conteste que c'est le "De Revolutionibus", conçu comme un nouvel "Almageste", qui marque, par son importance historique considérable, l'origine de ce qu'il est convenu d'appeler, à juste titre, la "révolution copernicienne". Révolution copernicienne. Avant Copernic, la façon de voir le cosmos reposait sur la thèse aristotélicienne que la Terre est au centre de l'univers et que tout tourne autour d'elle : « l'univers géocentrique ». La description des mouvements des astres reposait sur le système dit « de Ptolémée » et la théorie des épicycles. Cette vision de l'univers (le géocentrisme) demeura la doctrine établie jusqu’à la fin de la Renaissance et ne fut totalement abandonnée par les savants et par l'Église que vers 1750. Réticences. Au , on croit fermement que la Terre est immobile et que la théorie du géocentrisme est la règle universelle. On accepte mal que la Terre soit mobile. Les chercheurs et scientifiques du acceptent certains éléments de la théorie, en revanche la base de l'héliocentrisme est rejetée. L'acceptation de la nouvelle théorie va devenir l'enjeu d'une lutte d'influence aux confins de l'Université, de la politique et de la religion. Dès 1533, le pape Clément avait connaissance des travaux de Copernic sans les critiquer et, en 1536, le cardinal-archevêque de Capoue Nikolaus von Schönberg l'encourage à communiquer ses recherches. Fort de cet accueil, Copernic fait parvenir au pape Paul un exemplaire dédicacé de la première version de son livre "De revolutionibus coelestium". De son vivant, à aucun moment, Copernic ne fut inquiété par l'Église. Cependant, seuls une dizaine de clercs de son époque lui accordent un appui. Mais ces chercheurs travaillent souvent à l'extérieur des universités (subventionnées), dans des cours royales ou impériales, ou encore même tout près de l'Église. Les plus célèbres sont Giordano Bruno et l'astronome allemand Johannes Kepler (1571-1630). En 1582, lors de la grande réforme du calendrier par le pape Grégoire les travaux de Copernic sur l'héliocentrisme furent utilisés. Ce n'est qu'après, qu'une féroce bataille d'universitaires va déclencher la polémique qui aboutira à la condamnation des travaux de Copernic, malgré des efforts pour tenter de trouver un compromis. Près de cent ans après la parution du livre "Des révolutions des sphères célestes", réticences et hésitations existent toujours. Si certains philosophes jésuites sont profondément convaincus, certains sont même disciples de Copernic, d'autres acceptent plutôt le système de Tycho Brahe. L'astronome danois Tycho Brahe soutient une théorie qui garde la Terre immobile mais qui prévoit que toutes les autres planètes tournent autour du Soleil pendant que celui-ci tourne autour de la Terre, ce qui, sur le strict plan mathématique, est équivalent au système de Copernic. Galilée défend les travaux de Copernic et mène une féroce guerre d'influence contre ses collègues universitaires italiens qui montent contre lui les dominicains. Galilée est l'ami du pape et ne peut être directement attaqué. Ses adversaires vont donc s'attacher à mettre à l'Index les travaux de Copernic qui est sa référence. Le pape refuse de déclarer Copernic hérétique mais ne peut empêcher de faire condamner ce qui pourrait déborder sur la théologie. Le système de Copernic sera finalement condamné en 1616. Galilée reste un fervent défenseur de la théorie copernicienne et son attitude aboutit au fameux procès de 1633 où il est condamné par un tribunal ecclésiastique. Dès 1664, les auteurs coperniciens sont retirés de l'Index, mais il faut attendre la fin du pour voir se réconcilier la plupart des savants de l'Europe, grâce à la mise en place de la mécanique céleste d'Isaac Newton. Mis à part l'Angleterre, la France, les Pays-Bas et le Danemark, le reste de l'Europe garde sa position anti-copernicienne pendant encore un siècle. La première preuve scientifique de la rotation de la Terre autour du Soleil fut produite, en 1728, par James Bradley, par l'explication qu'il donna à « l'aberration de la lumière ». À partir de 1741 et sous l'influence de Roger Boscovich le pape Benoît abandonne progressivement le système géocentrique. En 1757, le jésuite obtient que les livres de Copernic et Galilée soient retirés de l'Index. Galilée est réhabilité en 1784, mais ce n'est qu'en 1822 que l'Église accepte définitivement et complètement l'idée que la Terre tourne autour du Soleil, par un décret approuvé par le pape Pie VII déclarant permises à Rome l'impression et la publication d'ouvrages traitant de la mobilité de la Terre et de l'immobilité du ciel selon l'opinion commune des astronomes modernes.. Cette nouvelle théorie du monde était loin de faire l'unanimité. Elle heurtait le sens commun des populations et allait, chez les érudits, à l'encontre d'une tradition de pensée vieille de plus de 2 000 ans. Son influence. Copernic a retardé de plusieurs années la parution de l'œuvre de sa vie. Ses croyances et la peur de la réaction de l'Église et de Wittenberg en sont les principales raisons. Ce texte ne sera publié que le jour de sa mort. Il n'oublia pas une dédicace au pape Paul dans son œuvre rédigée en latin où il revendiqua le droit à la liberté d'expression. Copernic sut libérer les scientifiques et chercheurs de leurs préjugés (le système cosmologique d'Aristote et de Ptolémée était longtemps resté la référence). Il amena aussi par la suite les théologiens à s'interroger sur l'interprétation des textes sacrés. Il fallut attendre le pour que les théologiens reprennent une certaine distance vis-à-vis de l'interprétation trop littérale des textes sacrés, ce qui nécessita tout de même un renouvellement des études bibliques (exégèse et herméneutique). L'influence de Copernic se fit sentir jusque dans le domaine philosophique : Descartes, qui avait rédigé un "Traité du monde et de la lumière", fut étonné de la décision de l'Inquisition lorsqu'il apprit la condamnation de Galilée (procopernicien) en 1633. C'est la raison pour laquelle Descartes s'orienta vers la philosophie et rédigea le fameux "Discours de la méthode" et quelques autres ouvrages philosophiques qui constituaient un projet de recherche d'une science universelle. Ce n'est pas sans raison que l'on parle de révolution copernicienne, car l'influence du système de Copernic se fit sentir profondément dans tous les domaines de la connaissance humaine. Les conceptions de contemporains de Copernic etaient les suivantes. Controverse sur sa nationalité. Selon Konrad Rudnicki, la nationalité de Copernic a été objet de controverses à partir de la seconde moitié du , lors de la montée des nationalismes, car son père était polonais et sa mère allemande, qu'il est né en territoire polonais mais dans une ville hanséatique à population majoritairement allemande. Pourtant Luther disait qu'en son temps il était considéré comme polonais, au moins par les Allemands. Il est généralement reconnu comme polonais. Mais en 1496, il s'était inscrit dans la "natio" allemande pour étudier le droit canon à l'université de Bologne. Selon l'épistémologue Simone Mazauric, il est né « dans une famille germanophone, ce qui explique que Copernic ait été fréquemment désigné, au moins jusqu'au , comme astronome allemand ». Enquête sur sa tombe. Le lieu exact de l'inhumation de Copernic est longtemps demeuré inconnu, mais en 2005 des ossements sont retrouvés dans la cathédrale de Frombork (Pologne), près de l'autel dont il avait la charge. Le , des chercheurs de l'Institut médico-légal de Cracovie et de l'université d'Uppsala confirment que le crâne et le fémur retrouvés sont ceux de Copernic, grâce à deux cheveux trouvés dans un exemplaire du "Calendarium Romanum Magnum" de Johannes Stœffler dont Copernic s'est servi toute sa vie. Le , lendemain du de sa mort, Copernic, dont les restes sont identifiés, est enterré à nouveau dans la cathédrale de Frombork, dans le Nord de la Pologne. Lors de la cérémonie religieuse, le cercueil de Copernic est à nouveau enfoui sous le sol de la cathédrale construite au , au pied d'une tombe neuve en granit noir frappée d'une représentation d'un modèle du Système solaire. Dans son discours, l'archevêque Jozef Zycinski déplore les « excès de zèle des défenseurs autoproclamés de l'Église ». Il rappelle la condamnation en 1616 par le pape Paul de l'œuvre de l'astronome, considérée à l'époque contraire aux Écritures. Hommages. L'article recense les articles de Wikipédia dont la dénomination est liée à Nicolas Copernic. Œuvres. Editions modernes. Œuvres complètes, en cours d'édition à Berlin depuis 1974 : "Nicolaus Copernicus-Gesamtausgabe" : Traductions françaises :
Nénètse des forêts Le nénètse des forêts est une langue samoyède parlée par à en Sibérie occidentale et l'un des deux principaux dialectes du nénètse. Comme son nom l'indique, il est étroitement apparenté au nénètse de la toundra, parlé par un groupe plus important. Proches par leurs structures grammaticales, les deux langues sont toutefois suffisamment dissemblables dans leur construction phonétique et leur vocabulaire pour interdire toute intercompréhension.
Nunavut Le Nunavut (en syllabaire inuktitut : , , signifiant « notre terre ») est le plus vaste, et le plus septentrional des territoires du Canada. Il a été séparé des Territoires du Nord-Ouest, le , par la Loi sur le Nunavut, qui fournit aux Inuits un gouvernement autonome. Les frontières ont été tracées en 1993. La création du territoire a entrainé le premier changement majeur dans la carte politique du Canada, depuis l'admission de Terre-Neuve dans la Confédération, en 1949. Le Nunavut se situe dans le Nord canadien et occupe la majeure partie de l'archipel Arctique. Son vaste territoire en fait la cinquième plus grande subdivision de pays au monde, et la deuxième en Amérique du Nord, après le Groenland. La capitale Iqaluit (anciennement Frobisher Bay), sur l'île de Baffin, a été choisie après un plébiscite en 1995. Les autres grandes collectivités du territoires comprennent les centres régionaux de Rankin Inlet et Cambridge Bay. Le Nunavut inclut également l'île d'Ellesmere à l'extrême nord, ainsi que les parties est et sud de l'île Victoria à l'ouest, et toutes les îles des baies d'Hudson, James et Ungava, y compris l'île Akimiski, loin du reste du territoire, au sud-est. Il s'agit de la seule région géopolitique du Canada à ne pas être reliée au reste des Amériques par une autoroute. Le Nunavut est la juridiction territoriale la moins peuplée du Dominion. Elle est une des régions les plus reculées et les moins peuplées au monde, avec 39 536 habitants en 2021, dont la grande majorité sont des Inuits. Son territoire est de , et il abrite la base militaire canadienne et la station météorologique d'Alert, le lieu habité le plus au nord du monde. La station météorologique d'Eureka, sur l'île d'Ellesmere, possède la température annuelle moyenne la plus basse de toutes les stations météorologiques canadiennes. Histoire. Ancienne. La région actuellement connue comme Nunavut est peuplée continuellement depuis . La plupart des historiens identifient l'île de Baffin avec le Helluland des sagas scandinaves. Il est donc possible que les habitants de la région aient eu des contacts occasionnels avec des marins scandinaves. L'histoire écrite du Nunavut commence en 1576. Martin Frobisher, en dirigeant une expédition pour trouver le passage du Nord-Ouest, crut avoir découvert du minerai d'or près de l'actuelle baie de Frobisher sur la côte de l'île de Baffin. Le minerai était sans valeur, mais Frobisher fut le premier contact européen connu avec les Inuit. Le contact fut agressif : Frobisher captura quatre Inuits et les ramena en Angleterre, où ils périrent. D'autres explorateurs vinrent au en quête du passage du Nord-Ouest, dont Henry Hudson, William Baffin et Robert Bylot, ou encore, au , l'expédition Franklin financée par la Couronne britannique. En 1871, les États-Unis subventionnent l'expédition Polaris menée par Charles Francis Hall pour trouver le Pôle Nord ; puis Henry W. Howgate mène plusieurs expéditions scientifiques, visant entre autres à rencontrer les Inuits, atteignant la baie de Cumberland ainsi que le Groenland. En 1893, Joseph Burr Tyrrell et James Williams Tyrrell, employés par la Commission géologique du Canada pour explorer l'intérieur des terres du Keewatin, partirent du lac Athabasca situé à la frontière de l'Alberta et de la Saskatchewan, descendirent la rivière Dubawnt, traversèrent la région de Chesterfield Inlet et longèrent la côte de la baie d'Hudson jusqu'à Churchill. L'année suivante, Joseph Burr Tyrrell explora et cartographia la partie sud de l'intérieur des terres du Keewatin. Pendant la période de colonisation par les Canadiens, les Inuits ont été contraints à la sédentarisation à l'aide de méthodes coercitives, dont le massacre des chiens esquimaux. Contemporaine. Des négociations pour un accord sur les revendications territoriales commencent en 1976 entre le gouvernement fédéral et l'Inuit Tapiriit Kanatami. En avril 1982, une majorité des résidents des Territoires du Nord-Ouest votent en faveur de la scission, et le gouvernement fédéral l'approuve conditionnellement sept mois après. L'accord sur les revendications territoriales est conclu en septembre 1992 et ratifié par près de 85 % des électeurs du futur Nunavut. En juin 1993, le Parlement du Canada adopte la loi concernant l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et la loi sur le Nunavut. La transition débouche sur la création du Nunavut le . Géographie. Généralités. Le Nunavut est le plus oriental des trois territoires du Canada. Il couvre au total , dont de terres et d'eaux, ce qui en fait la grande entité subétatique du monde (après la République de Sakha, l'Australie-Occidentale, le kraï de Krasnoïarsk et le Groenland), plus grande que le Mexique. Situé à l'extrémité septentrionale du Canada, le Nunavut s'étend sur la partie nord du continent américain, immédiatement à l'ouest de la baie d'Hudson, ainsi que sur la majeure partie de l'archipel Arctique et sur toutes les îles des baies d'Hudson, James (y compris les îles Belcher) et d'Ungava. Il est bordé à l'ouest par les Territoires du Nord-Ouest et par le Manitoba au sud. À l'est, le Nunavut et Terre-Neuve-et-Labrador possèdent une courte frontière terrestre sur l'île de Killiniq. Le Nunavut possède également des frontières maritimes avec le Groenland à l'est (à travers le détroit de Davis, la baie de Baffin et le passage Kennedy) et le Québec au sud-est (à travers le détroit d'Hudson et par ses îles méridionales). La frontière sud-ouest avec les Territoires du nord emprunte la longitude 102° O ; le nord forme la frontière avec le Manitoba. L'intersection de ces deux lignes, au sud-ouest du territoire, forme un quadripoint nommé "Four Corners" entre les frontières du Nunavut, du Manitoba, des Territoires du Nord-Ouest et de la Saskatchewan. Le territoire occupant une partie de l'archipel Arctique est traversé par le Passage du Nord-Ouest. Celui-ci est emprunté par les navires pétroliers et de marchandises de nombreuses nations qui considèrent ces eaux libres. Cette situation est l'objet d'un enjeu économique important pour le Canada qui revendique sa souveraineté sur ses eaux intérieures. Géographie physique. Les montagnes de la côte orientale du Nunavut font partie de la cordillère Arctique, qui s'étend du nord de l'île d'Ellesmere à la pointe nord du Labrador. Le point culminant du territoire est le mont Barbeau, sur l'île d'Ellesmere (). Géologie. Géologiquement, le Nunavut est situé sur le bouclier canadien, avec très peu de sol meuble reposant au-dessus du substrat rocheux et de nombreux affleurements nus. Cette disposition résulte des glaciers pendant la dernière glaciation, qui recouvraient le bouclier et ont mis à nu la roche. Le substrat rocheux du Nunavut est très ancien, remontant au précambrien. Le territoire abonde en filons de minerai. Hydrographie. Le Nunavut possède de nombreux cours d'eau et lacs. Quasiment tous les bassins versants se déversent dans la baie d'Hudson ou l'océan Arctique. Flore. La toundra arctique recouvre presque tout le Nunavut, à l'exception d'une zone réduite au sud-ouest près des Four Corners où une taïga marginale existe. La végétation du Nunavut comprend de rares baies, des lichens, des saules arctiques, des herbes dures et des petits buissons de saules. Des calottes glaciaires subsistent dans certaines des grandes îles de l'archipel Arctique à des altitudes suffisamment élevées (principalement les îles de Baffin, Devon et d'Ellesmere). Géographie humaine. La densité de population du Nunavut n'atteint que soit une densité d'un habitant pour près de . Il s'agit de l'une des plus faibles au monde. En comparaison, le Groenland à l'est fait à peu près la même superficie mais abrite deux fois plus d'habitants. La capitale du Nunavut est Iqaluit (anciennement Frobisher Bay), sur l'île de Baffin à l'est. Iqaluit est la plus grande ville du territoire et abrite . Il existe officiellement reconnues. Elles sont regroupées en trois régions : Kitikmeot, Kivalliq et Qikiqtaaluk. Démographie. Population. Selon le recensement fédéral de 2016, la population du Nunavut est de . Le Nunavut est le deuxième territoire le moins peuplé des territoires du Canada, tout juste devant le Yukon. D'une superficie équivalente à celle de l'Europe occidentale, le Nunavut est également la moins densément peuplée de toutes les entités subnationales du pays. Environ 40 % des Nunavutois ont moins de . La population du Nunavut est touchée par des problèmes sociaux importants : chômage, pénurie de logements, délinquance, alcoolisme, suicides. Si le chômage a récemment sensiblement diminué au Nunavut, passant de 16,2 à 12,5 % entre janvier 2016 et janvier 2017, il reste très supérieur à la moyenne canadienne, en particulier chez les plus jeunes. Les causes du chômage sont multiples. De récentes recherches suggèrent la faiblesse du niveau scolaire et les carences du système de formation, le coût très élevé de la vie pour la couverture des besoins de base dans cette région inhospitalière et vaste, le faible nombre de structures d'accueil de la petite enfance, ou encore la mauvaise qualité des logements. L'importance des langues anglaise et française sur le marché du travail de la région ne semble pas constituer une barrière majeure pour l'accès à l'emploi, 94 % des Nunavutois ayant connaissance d'une langue officielle canadienne et pouvant soutenir une conversation en anglais et/ou en français. Il reste que dans certains cas la barrière de la langue peut rendre plus difficile l'accès à certains services spécialisés indispensables, par exemple en matière de santé, aussi bien pour ceux parlant l'inuktitut que le français et ayant des difficultés à s'exprimer en anglais, l'interprétation d'un diagnostic pouvant dépendre des références culturelles réciproques du médecin et du patient et les traductions étant parfois peu professionnelles. Origines. Bien que le Nunavut compte quelques migrants intérieurs depuis le reste du Canada (ces migrants sont généralement présents temporairement), il existe peu d'immigration depuis l'extérieur du pays vers le territoire. En 2016, le Nunavut ne compte que , dont 370 d'Asie, 180 d'Europe, 190 d'Afrique, 160 d'Amérique et dix d'Océanie. ont émigré du Nunavut vers d'autres régions du Canada entre 1996 et 2006, tandis que se déplaçaient dans le sens inverse. Le Nunavut est la seule subdivision territoriale du Canada où les autochtones sont le groupe majoritaire de la population. En 2016, ont une identité autochtone au Nunavut, soit 85 % de la population du territoire. C'est le taux le plus élevé du pays. Selon le même recensement, les Territoires du Nord-Ouest occupe la deuxième position avec 49,5 % de sa population ayant une identité autochtone. Religion. Selon le recensement fédéral de 2001, les principales affiliations religieuses du Nunavut sont : Les catholiques du Nunavut sont représentés au sein de la Conférence des évêques catholiques du Canada par l'Assemblée des évêques catholiques de l'Ouest. Les anglicans sont pour leur part représentés au sein de l'Église anglicane du Canada par le diocèse anglican de l’Arctique. Langues. Les langues officielles du Nunavut sont l'inuktitut, l'inuinnaqtun, l'anglais et le français. De tous les territoires et provinces du Canada, le Nunavut est le seul où la première langue maternelle n'est ni l'anglais, ni le français, mais une langue autochtone : l'inuktitut. Les francophones du territoire sont, entre autres, représentés par l'Association des francophones du Nunavut. Si l'anglais est parlé en langue maternelle par 26,5 % de la population, 63,5 % (2013) parle anglais en seconde langue : 90 % de la population sait donc parler l'anglais à des degrés divers. Vie politique. Commissaire du Nunavut. Le représentant du gouvernement du Canada au Nunavut est le commissaire dont le rôle est symbolique. Depuis 2021, la commissaire du gouvernement fédéral est Eva Aariak. Premier ministre. Le chef du gouvernement est le Premier ministre, actuellement P. J. Akeeagok, élu, ainsi que ses ministres, par l'Assemblée législative du territoire. Assemblée législative. Les vingt-deux députés qui siègent à l'Assemblée législative monocamérale sont élus individuellement. Les dernières élections générales ont eu lieu le . Aucun parti local n'existe au Nunavut et la législature opère par un système de consensus. Face aux critiques sur sa politique, le Premier ministre Paul Okalik a institué un conseil de onze aînés : le "inuit qaujimajatuquangit". Ce groupe conseille le gouvernement pour intégrer la culture inuite dans les lois et décisions politiques. Budget. Le budget annuel du territoire est d'environ sept cents millions de dollars canadiens (environ d'euros) qui proviennent presque entièrement du gouvernement fédéral. L'ancien Premier ministre canadien, Paul Martin, a inscrit « le soutien au Grand Nord canadien » comme une priorité de son gouvernement pour 2004 : cinq cents millions de dollars par an à répartir entre les différents territoires nordiques. Représentation fédérale. Comme les autres territoires, le Nunavut consiste en une seule circonscription électorale fédérale, également nommée Nunavut, dont le député est Mumilaq Qaqqaq du Nouveau Parti démocratique du Canada. Le sénateur du Nunavut est Dennis Glen Patterson du Parti conservateur du Canada. Économie. PIB. Le produit intérieur brut (PIB) du Nunavut s'élevait à de dollars canadiens en 2010 et plus de en 2017, soit une hausse de 62,6 %. Plus de 71 % du PIB sont destinés aux dépenses publiques. Sources de revenus. À partir de 1960, l'état canadien aide au développement des entreprises coopératives, comme la coopérative de pêche de Cambridge Bay, le but est de créer des emplois pour les Inuits.
Entier naturel En mathématiques, un entier naturel est un nombre permettant fondamentalement de compter des objets considérés comme des unités équivalentes : un jeton, deux jetons… une carte, deux cartes, trois cartes… Un tel nombre entier peut s'écrire avec une suite finie de chiffres en notation décimale positionnelle (sans signe et sans virgule). L’étude des entiers naturels est l’objet de l’arithmétique, branche des mathématiques, constituée dès l'Antiquité grecque. Chaque nombre entier a un "successeur" unique, c'est-à-dire un entier qui lui est immédiatement supérieur, et la liste des entiers naturels est infinie. Les définitions modernes d’entier naturel sont fondées sur : La définition originelle, due à Richard Dedekind, de l'ensemble des entiers naturels ne comprend pas le nombre zéro ; plus récemment une autre définition a été proposée qui inclut zéro. Ces deux définitions coexistent encore aujourd'hui. Selon les acceptions, la liste des entiers naturels est donc : ou Quelle que soit la définition choisie (entiers commençant à zéro ou commençant à un), l'ensemble des entiers naturels est conventionnellement noté « N » ou « ℕ », avec tous les risques induits de mésinterprétation. La notation est due à Dedekind en 1888, qui l'utilise pour l'ensemble des entiers commençant à un. On trouve parfois des notations moins ambiguës exposées dans la section Notations. Les entiers naturels s'identifient aux entiers relatifs positifs (ou nuls), ainsi qu'aux nombres rationnels positifs (ou nuls) pouvant s'écrire sous la forme d'une fraction de dénominateur 1, et d'une manière plus générale aux réels positifs (ou nuls) de partie fractionnaire nulle. Historique. De l'énumération à l'abstraction. La notion d'entier naturel, occupant d'abord (et jusqu'au ) toute l'idée de nombre, est probablement issue de la notion de collection : le nombre entier est avant tout conçu comme un cardinal. Certains objets ou animaux, tout en étant distincts les uns des autres, peuvent admettre une désignation commune, du fait de leur ressemblance ou d'une autre caractéristique partagée. Leur rassemblement constitue une collection, tel un troupeau de vaches, un collier de perles, un tas de pierres. Le nombre est en germe dans l'énumération d'une collection, c'est-à-dire le fait de faire défiler tous ses éléments, un à un et sans répétition. Il prend consistance dans le constat que deux énumérations simultanées (d'un troupeau vers un enclos et de cailloux dans un sac, par exemple) se terminent soit toujours en même temps, soit toujours en décalage. Le nombre est enfin représenté lorsque le sac de cailloux ou le bâton à encoches est utilisé pour indiquer une quantité. Cependant, le concept d'entier ne naît véritablement que lorsqu'il est départi de ce qu'il représente, c'est-à-dire lorsqu'il ne représente plus ni cailloux, ni encoches, ni vache : il y a là une première abstraction où chaque objet est considéré comme une unité pure et sans qualité. Ce processus mental est connu sous le nom d'abstraction : il est fait abstraction de la qualité de l'objet pour s'intéresser uniquement à la quantité. Une seconde abstraction mène alors à la considération de ces unités comme une collection d'unités. Euclide donne au Livre VII des "Éléments" la définition suivante : « L'unité est ce relativement à quoi tout objet est appelé Un. » Cette abstraction lui permet de définir ensuite le nombre (entier naturel) comme « collection d'unités ». Construction par les cardinaux. Frege a songé (dans "Les Fondements de l'arithmétique", 1884) à définir les entiers en termes de classe de bijectabilité. Cette idée consiste à définir chaque entier n comme le "rassemblement" de tous les ensembles ayant n éléments. Cette très séduisante définition se heurte au paradoxe de Russell si l'on souhaite, en vue d'un monisme ontologique, qu'un tel "rassemblement" soit, aussi, un ensemble. Ceci car, sauf pour l'entier 0, identifié à l'ensemble contenant uniquement l'ensemble vide, pour tout autre entier n le rassemblement des ensembles ayant n éléments est une classe propre et donc n'est pas un ensemble. La définition de Frege conduit donc à une impasse. Pour en sortir, les mathématiciens ont cherché à définir un représentant dans chaque classe de bijectabilité, appelé cardinal de chacun des éléments de la classe. Cela peut être réalisé par le τ de Hilbert ou par un axiome adéquat garantissant la possibilité du choix d’un tel représentant dans chaque classe de bijectabilité. Un cardinal a est dit fini s’il est différent de a + 1. Les entiers naturels sont définis comme les cardinaux finis. Construction par les ordinaux. Les entiers naturels peuvent être définis comme des ordinaux, c'est-à-dire, par la méthode de von Neumann, comme des ensembles bien ordonnés tous comparables par inclusion. Les entiers naturels sont les ordinaux finis, ceux dont l'ordre réciproque est aussi un bon ordre, ou encore les ordinaux successeurs dont tous les minorants sont aussi des ordinaux successeurs. Désignation. Énonciation. La désignation des entiers dans le langage n'est pas la même d'une langue à l'autre, même si elle se fonde en général sur quelques méthodes simples. Les premiers entiers ont un nom spécifique sans lien les uns avec les autres. En français, il s'agit des entiers de "un" à "dix" (les noms des entiers de "onze" à "seize" sont en fait des déformations de noms composés). Certaines langues n'ont pas de mot spécifique au-delà de "deux". L'accolement de deux noms peut désigner le résultat de l'addition (comme dans "dix-sept") ou de la multiplication (comme dans "quatre-vingts") des entiers correspondants. D'autres procédés existent utilisant la soustraction, la division ou la protraction. Certains « grands » nombres reçoivent également un nom spécifique, en général certaines puissances d'une base particulière. La base dix est la plus répandue aujourd'hui, mais la désignation des entiers en français par exemple conserve la trace d'un usage partiel de la base vingt. Des conventions internationales contradictoires proposent des désignations standardisées pour les cent premières puissances de mille ou du million. Au-delà des limites imposées par le vocabulaire, la langue ne peut que proposer des désignations par accolement : « mille milliards de milliards… » Écriture chiffrée. Si l'écriture des entiers a beaucoup varié dans l'histoire des civilisations, elle est aujourd'hui presque partout fondée sur un même système de notation décimale positionnelle, même si la graphie des chiffres peut subir des variations plus ou moins importantes d'un pays à l'autre. Chaque entier naturel se décompose de façon unique en une somme de multiples de puissances de dix, de façon que chaque coefficient multiplicateur soit strictement inférieur à dix, donc représenté par l'un des dix chiffres arabes de 0 à 9. L'écriture de ce nombre se fait alors en accolant ces chiffres rangés par ordre décroissant des puissances de dix correspondantes. L'intérêt majeur de cette écriture est la simplicité conjointe des algorithmes de calcul pour les quatre opérations arithmétiques élémentaires. Codage. La pratique du calcul a pu s'appuyer sur la manipulation de cailloux ou d'autres symboles concrets, d'abord pour symboliser une unité par caillou, puis en différenciant la valeur des symboles (un coquillage dénotant par exemple dix cailloux). La notation positionnelle a permis de différencier les valeurs des symboles en fonction de leur position et non plus leur nature, ce qui s'est traduit par le développement de l'abaque et du boulier. Ce principe est toujours en vigueur dans les calculatrices et ordinateurs. Arithmétique. Représentation des opérations. En représentant chaque entier par une collection d'objets (des cailloux ou des jetons par exemple), l'opération d'addition est représentée par la réunion de deux collections, tandis que la soustraction revient à retirer une collection d'une autre. Cette représentation montre bien l'impossibilité de soustraire (dans les entiers naturels) un nombre à un autre strictement plus petit. La multiplication de deux entiers naturels correspond au remplissage d'un rectangle dont deux côtés adjacents représentent chacun l'un des facteurs. La division euclidienne d'un entier (appelé "dividende") par un autre (appelé "diviseur" et nécessairement non nul) est illustrée par le rangement de la collection représentant le dividende en un rectangle dont un côté représente le diviseur. Le nombre de rangées complètes représente alors le "quotient" tandis que l'éventuelle rangée incomplète représente le "reste", nécessairement strictement inférieur au diviseur. Multiple et diviseur. Étant donné un entier naturel non nul, l’ensemble de ses multiples est infini mais régulièrement réparti et facile à décrire par une suite arithmétique. Par exemple, les multiples de 2 sont les nombres pairs, qui sont alternés avec les nombres impairs parmi tous les entiers. Au contraire, l’ensemble des diviseurs d’un entier non nul est toujours fini et sa répartition n’a pas du tout le même genre de régularité. Il contient certes toujours le nombre à diviser et le nombre 1, les éventuels autres diviseurs se situant entre ces deux extrêmes. Mais il est en général difficile de lister ces autres diviseurs à partir d’une écriture du nombre dans une base donnée. Ce problème est lié en partie à la rareté de critères simples pour déterminer sans calcul si un nombre est divisible par un autre. Dans un système de numération positionnelle décimale, plusieurs critères de divisibilité sont connus pour de petits diviseurs (surtout pour 2, 3, 5, 9 et 10), mais en dehors de ces quelques cas, c’est essentiellement la division euclidienne qui permet de répondre à cette question. Nombre premier. Hormis le nombre 1, qui est son seul diviseur, tout nombre admet donc au moins deux diviseurs distincts. Ceux qui en admettent exactement deux sont appelés nombres premiers. Ils sont les seuls à pouvoir réduire d’autres nombres par division, sans être eux-mêmes décomposables en produit de nombres strictement plus petits. Il en existe une infinité et chaque nombre se décompose de manière unique en un produit de nombres premiers. Cette décomposition permet entre autres de comprendre la structure de l’ensemble des diviseurs. Ensemble des entiers naturels. Existence. Quelle que soit la manière d’introduire les entiers naturels, l’existence d’un ensemble les contenant tous, repose sur une forme ou une autre de l’axiome de l’infini. Si les entiers naturels sont introduits avant la théorie des ensembles, celle-ci étant construite comme une extension de l’arithmétique, l’axiome de l’infini sous sa forme la plus simple énonce : "il existe au moins un ensemble (infini) contenant tous les entiers naturels". D’où l’existence de l’ensemble des entiers naturels par application de l’axiome de compréhension. Si les entiers naturels sont introduits comme les cardinaux finis, l’existence peut être démontrée à partir de l’axiome : "il existe au moins un ensemble infini". On montre que tout cardinal fini est inférieur au cardinal d’un ensemble infini. Par ailleurs le schéma d'axiomes de remplacement permet de montrer que pour tout cardinal, il existe un ensemble des cardinaux qui lui sont inférieurs. L’ensemble des cardinaux inférieurs au cardinal d’un ensemble infini contient donc tous les entiers naturels. Si les entiers naturels sont introduits par la méthode de Von Neumann, l’existence résulte directement de l’axiome de l’infini sous la forme : "Il existe un ensemble auquel appartient l'ensemble vide et qui est clos par application du successeur x" ↦ "x" ∪ {"x"} " ". L’ensemble des entiers naturels est alors l’intersection de tous les ensembles vérifiant cette propriété. Notations. En 1894, Giuseppe Peano utilise les notations « N » pour « nombre entier strictement positif » et « N0 » pour « nombre entier positif ou nul » dans ses "Notations de logique mathématique" qui servent d'introduction à son grand projet de formalisation des mathématiques, le "Formulaire de mathématiques". Il l'utilise comme prédicat une notion très proche de celle d'ensemble. Ainsi Peano écrit « "x" ε N » (qu'on écrit aujourd'hui « formula_4 ») ce qui pour lui se lit « "x" est un nombre entier strictement positif ». La notation historique de l'ensemble des entiers naturels en imprimerie devient « N », lettre capitale grasse. En écriture manuscrite (et particulièrement au tableau noir), ce caractère a été distingué de la lettre « N » utilisée pour d'autres usages par le doublement de la première barre verticale, ou de la barre oblique, « formula_5 ». Ce dernier choix a été adopté pour la police gras de tableau noir. L'édition mathématique moderne utilise maintenant les caractères « doublés », mais l'usage du gras typographique perdure également. Théorie des ensembles. Le plus petit ordinal infini est la borne supérieure de tous les ordinaux finis, qui sont les entiers naturels. Il a été introduit par Georg Cantor qui l'a noté ω (lettre minuscule grecque oméga) ou ω0. John von Neumann a montré que les ordinaux pouvaient être définis de façon à identifier un ordinal à l'ensemble de ses minorants stricts, et l'ordinal ω s'identifie alors à l'ensemble des entiers naturels (un entier naturel étant lui-même identifié à l'ensemble des entiers naturels qui lui sont strictement inférieurs). En théorie des ensembles, la lettre ω est donc aussi utilisée pour désigner l'ensemble des entiers naturels. L'axiome de l'infini permet de montrer l'existence de cet ensemble. Un ensemble dénombrable est un ensemble qui a même cardinal que l'ensemble des entiers naturels (on précise parfois « infini dénombrable », dénombrable pouvant aussi signifier « fini ou de même cardinal que N »). Le cardinal du dénombrable, celui de N, est le plus petit cardinal infini, il est noté ℵ0, aleph-zéro. En théorie des ensembles, formellement ℵ0, se définit comme le plus petit ordinal infini dénombrable, soit ω, et donc à nouveau comme l'ensemble des entiers naturels. Propriétés. Les opérations d'addition et de multiplication étant associatives, commutatives, munies de neutres et satisfaisant une propriété de distributivité, l'ensemble des entiers naturels est un semi-anneau. Il est ordonné pour la relation d'ordre usuelle induite par l'addition, qui lui donne une structure de bon ordre, c'est-à-dire que toute partie non vide admet un plus petit élément. Cette propriété est à la base du raisonnement par récurrence. L'ensemble est également muni de la relation de divisibilité qui est un ordre partiel. Son cardinal est le plus petit nombre cardinal infini, noté ℵ0 (aleph zéro), définissant ainsi la notion de dénombrabilité. En effet, on dit d'un ensemble quelconque qu'il est dénombrable s'il existe une bijection de cet ensemble dans celui des entiers naturels. On se contente parfois d'une injection pour englober aussi les ensembles finis. Axiomatique de Peano. Quelle que soit la façon d'introduire les entiers naturels, ceux-ci ont les mêmes propriétés fondamentales à partir desquelles on développe l'arithmétique. Richard Dedekind et Giuseppe Peano en ont proposé indépendamment des axiomatisations qui étaient essentiellement équivalentes. Il s'agissait d'axiomatisation que l'on dit parfois aujourd'hui du second ordre : la notion d'ensemble (ou de prédicat) est supposée connue et n'est pas prise en compte par l'axiomatisation. Voici une présentation moderne de ces axiomes (dits axiomes de Peano) : Le premier axiome permet de poser que l'ensemble des entiers naturels n'est pas vide, le second que le successeur est une fonction, le quatrième que cette fonction est injective, le troisième qu'il possède un premier élément (ces deux axiomes assurent que l'ensemble des entiers naturels est infini). Le cinquième est une formulation du principe de récurrence. Une propriété importante, démontrée par Richard Dedekind à partir de ces axiomes, est le principe de définition par récurrence. Il permet par exemple de définir les opérations usuelles.
Nombre de Mach Le nombre de Mach est un nombre sans dimension, noté "Ma", qui exprime le rapport de la vitesse locale d'un fluide à la vitesse du son dans ce même fluide. La vitesse du son dans un gaz variant avec sa nature et sa température, le nombre de Mach ne correspond pas à une vitesse fixe, il dépend des conditions locales. Il a été ainsi nommé en l'honneur du physicien et philosophe autrichien Ernst Mach par Jakob Ackeret. Définition du nombre de Mach. Aux températures habituelles et dans l'air, la vitesse du son vaut environ ou . Le nombre de Mach mesure le rapport entre les forces liées au mouvement et la compressibilité du fluide. où : La vitesse du son dans l'air, considéré comme un gaz parfait, s'exprime par : Où : L'équation d'état permet de la réécrire en fonction de la constante spécifique du gaz "r" ( pour l'air) et de la température "T" en kelvins : Elle ne dépend donc que de la température. Types d'écoulements autour d'un objet volant. D'une manière générale, sauf obstacle, cet ébranlement se propage de la même façon dans toutes les directions. Ainsi, il se retrouve au bout d'une seconde réparti sur une sphère de 340 mètres de rayon. La surface d'une sphère étant proportionnelle au carré de son rayon, l'intensité de la perturbation décroît très rapidement avec la distance : c'est la cause principale de l'atténuation d'un son, beaucoup plus importante que la viscosité. Dans ce qui suit, un objet volant en mouvement uniforme à la vitesse "V" sera assimilé à un point. Dans la réalité l'analyse est valide à une certaine distance de l'objet, typiquement quelques dizaines de fois sa taille. Écoulement subsonique. Si "V" < "a" (c'est-à-dire "Ma" < 1), l'objet volant a une vitesse inférieure à celle de l'accroissement des sphères de perturbation qu'il crée à chaque instant. De plus, il se trouve en permanence à l'intérieur de celles créées précédemment. Tout le monde peut faire l’expérience du phénomène : l'observateur fixe ressent le son très faible des premières sphères très dilatées, puis l'intensité augmente jusqu'à ce que l'objet volant soit au plus près et diminue enfin jusqu'à extinction. De plus, le déplacement du point d'émission des sphères de perturbation donne naissance à l’effet Doppler. Écoulement sonique. Si "Ma" = 1, l'objet volant colle en permanence à l'avant de toutes les sphères créées précédemment qui se retrouvent donc toutes tangentes à un plan perpendiculaire au mouvement de l'objet volant. La superposition d'une multitude de petites perturbations crée une grosse perturbation qui augmente considérablement la résistance de l'air : c'est le mur du son. Écoulement supersonique. Quand "Ma" > 1, l'objet volant laisse au contraire toutes les sphères de perturbation derrière lui. Un raisonnement simple montre qu'elles sont toutes tangentes à un cône appelé cône de Mach. L'angle de ce cône peut être calculé par la simple géométrie. Il est donné de manière rigoureuse par les relations de Rankine-Hugoniot. Données pratiques. Les considérations qui précèdent donnent une idée de l'importance du nombre de Mach mais la réalité est nettement plus compliquée. On distingue généralement les plages de vitesses suivantes : On peut négliger la compressibilité de l'air pour les nombres de Mach inférieurs à 0,3 environ (puisque le changement de densité dû à la vélocité est d'environ 5 % dans ce cas). Le cas sonique défini précédemment comme frontière entre le subsonique et le supersonique n'a pas de réalité physique : il est remplacé par une zone de transition assez large, dite transsonique, dans laquelle les phénomènes sont particulièrement compliqués. En supersonique, le cône de Mach, obtenu en considérant un obstacle ponctuel, n'est qu'une image simplifiée des phénomènes. En effet la région proche de l'objet est caractérisée par son écoulement, borné par une onde de choc. Celle-ci tend asymptotiquement vers une onde sonore conique appelée onde de Mach. Cette onde comporte généralement deux variations rapides de la pression correspondant à un double bang. Les deux variations ne sont séparables du point de vue auditif que pour un objet décimétrique. Le régime hypersonique est le domaine où apparaissent des phénomènes physico-chimiques (excitation vibrationnelle des molécules vers 800 K, dissociation du dioxygène vers 2500 K).
NYSE
Narratologie La narratologie (science de la narration) est la discipline qui étudie les techniques et les structures narratives mises en œuvre dans les textes littéraires (ou toutes autres formes de récit). Les premiers travaux en narratologie des études littéraires modernes proviennent du formalisme russe et tout particulièrement des travaux de Victor Chklovski et de Boris Eichenbaum. L'étude systématique de la morphologie des contes russes par Vladimir Propp connait une bonne diffusion en France, parallèlement aux travaux (en particulier le schéma actantiel) d'Algirdas Julien Greimas. En Allemagne, la narratologie s'est développée sous l'impulsion de et de . Comme la sémiologie, la narratologie s'est développée en France à la fin des années 1960, grâce aux acquis du structuralisme. En 1969, Tzvetan Todorov forgeait le terme dans "Grammaire du Décaméron" et, en 1972, Gérard Genette définissait certains de ses concepts fondamentaux dans "Figures III". On constate toutefois, à l'origine, quelques hésitations quant à l'objet de la narratologie : certains travaux mettent l'accent sur la « syntaxe » des histoires, tandis que d'autres privilégient la forme (les « figures » du discours). À ceci s'ajoute la question des récits non verbaux (par ex. le cinéma). Le personnage. Un récit est composé de plusieurs éléments essentiels, notamment un personnage, c’est-à-dire celui qui participe à l’histoire, le narrateur, celui qui raconte l’histoire et, enfin, un auteur, celui qui l’écrit. Il ne faut donc pas confondre le narrateur et l’auteur, puisque le narrateur n’est, en fait, qu’un rôle joué et inventé par l’auteur. Donc, le narrateur narre l’histoire et l’écrivain l’écrit. De même, tout comme une œuvre contient un auteur implicite, il existe aussi un lecteur et une personne construite à qui on destine le récit, c’est-à-dire le destinataire : « Le texte, objet de communication, ne se conçoit pas sans destinataire implicite ». Selon Vincent Jouve, à la suite de l’analyse du destinataire, on peut théoriquement mettre au jour les réactions du « lecteur réel », c’est-à-dire le sujet bio-psychologique qui tient le livre entre ses mains lors de sa lecture du texte. En narratologie, on nomme le destinateur « narrateur », par définition celui qui émet le message, et le destinataire « narrataire », celui à qui s’adresse le discours énoncé. Le narrataire n’a pas plus une existence réelle que le narrateur : ils n’existent que sous la forme textuelle. Le narrataire existe sous trois formes : narrataire intradiégétique (qui a toutes les caractéristiques d'un personnage), narrataire invoqué (qui n'a de caractéristique fictionnelle que l'apostrophe du narrataire intradiégétique), narrataire extradiégétique (qui correspond à une figure de lecteur postulée par le texte lui-même et à laquelle tout lecteur s'identifie en lisant l'histoire). Les différents modèles d'interprétation des œuvres. Le modèle sémiotique. De prime abord, la sémiotique est la science dont l'objet est l'ensemble des processus de signification. Comme la sociologie ou la psychologie, la sémiotique n'a pas d'objet propre, mais elle constitue une grille d'analyse des phénomènes affectant le vivant et elle représente donc un lieu où peuvent converger de nombreuses sciences comme la linguistique, l'anthropologie, la sociologie, la philosophie, l'épistémologie, etc. Peu importe son objet d'étude, elle approche les différents phénomènes qui le constituent en se demandant quel en est le sens. La sémiotique narrative, voire la sémiotique greimassienne, s'intéresse aux structures de l'histoire qui composent le récit, soit au « contenu ». Sur ce plan, l'histoire peut se définir comme un enchaînement d'actions prises en charge par des acteurs. Par définition, l'acteur est l'instance chargée d'assumer les actions qui font fonctionner le récit. En effet, il ne peut y avoir de récit sans actions. En ce qui concerne les actants, on se réfère surtout au schéma actantiel tel qu'établi par A.J. Greimas. Selon lui, dans un premier temps, les rôles actantiels (ou actants) sont au nombre de six : Cependant, au moins dès "Sémiotique. Dictionnaire raisonné de la théorie du langage" (Hachette 1979, avec Joseph Courtés), il apparaît que l'opposant et l'adjuvant ne sont pas des actants, mais des acteurs (voir ci-dessous), que Greimas nomme des « auxiliants », renvoyant au pouvoir-faire (adjuvant) ou au non-pouvoir-faire (opposant) du Sujet. À partir de là, la théorie actantielle de Greimas va fonctionner avec seulement trois actants : le Sujet, « bloqué » avec le destinataire, qui disparaît en pratique de ce schéma-là, l'Objet et le Destinateur : on ne saurait donc affirmer que la réorganisation actantielle de Jean-Claude Coquet ("Le discours et son sujet", Klincksieck 1984), en prime actant, second actant et tiers actant, réduit le nombre des actants ; c'est dans la modification de leurs relations et de leur contenu modal (pouvoir, savoir, vouloir) que se trouve l'apport spécifique, ici, de sa sémiotique. Finalement, le rôle thématique désigne l'acteur qui est porteur de sens, notamment au niveau figuratif. Il renvoie donc à des catégories (psychologiques, sociales) permettant d'identifier le personnage sur le plan du contenu. Selon Vincent Jouve, « si le rôle actantiel assure le fonctionnement du récit, le rôle thématique lui permet de véhiculer du sens et des valeurs. De fait, la signification d'un texte tient en grande partie aux combinaisons entre rôles actantiels et rôles thématiques ». Le modèle sémiologique. Une approche est qualifiée de sémiologique lorsqu'elle choisit d'étudier un aspect (par exemple le personnage) sur le modèle du signe linguistique. Ainsi, le personnage devient le « signe » du récit et se prête à la même qualification que les signes de la langue. De ce fait, on peut classer les personnages d'un récit en trois catégories : Philippe Hamon retient aussi trois champs d'analyse : Le modèle sémio-pragmatique. Dans la lignée des travaux effectués par Umberto Eco dans "Lector in fabula" (1985), une approche sémio-pragmatique étudie le personnage comme « effet de lecture ». En d'autres termes, la narration (la manière dont le narrateur effectue sa présentation, sa mise en scène) influence l'image que retient le lecteur d'un personnage et les sentiments qu'il lui inspire. Selon Vincent Jouve, les personnages peuvent induire trois types différents de lecture : Les actions et l'intrigue. Selon Paul Larivaille, l'intrigue (l'histoire) se résume dans toute œuvre selon un schéma quinaire : Bref, selon ce schéma, le récit se définit comme le passage d'un état à un autre par la "transformation" (étapes 2, 3 et 4) : La narratologie post-classique (Baroni 2007) est venue redéfinir les notions de schéma narratif et d'intrigue en insistant sur l'actualisation du récit par un interprète et sur les émotions (suspense, curiosité, surprise) générées par la « mise en intrigue » des événements. La séquence narrative repose dès lors sur l'alternance entre un "nœud" textuel qui agit comme un inducteur d'incertitude chez l'interprète, un "retard" qui entretient la tension narrative par une narration réticente et enfin un "dénouement" textuel qui viendra éventuellement répondre aux questions engendrées par le nœud. Cette conception de la séquence narrative fait ressortir deux modalités alternatives de l'intrigue suivant le type de nœud textuel : l'interrogation peut porter soit sur le développement ultérieur d'un événement sous-déterminé (alors les pronostics de l'interprète accompagnent un sentiment de suspense), soit sur la nature d'un événement mystérieux actuel ou passé (alors les diagnostics de l'interprète accompagnent un sentiment de curiosité) (Baroni 2007: 110-152). Cette approche renouvelée permet de définir l'intrigue non seulement en tant que logique de l'action ou structure immanente de l'histoire, mais également en tant que dispositif textuel et fonctionnel dont dépend en partie l'intérêt anthropologique de la narrativité et ses effets passionnels ou « thymiques » sur un auditoire (cf. "catharsis"). Il devient en outre possible de tisser des liens entre narratologie thématique (Bremond, Larivaille, etc.) et narratologie modale (Genette) en insistant sur la nécessaire interdépendance entre histoire (fabula) et discours (sujet). L'analyse de Genette. Le temps narratif. Il est important de toujours bien distinguer ce qui relève ou non de la narratologie, c'est-à-dire ici le temps de l'univers représenté et les temps du discours. La narratologie peut analyser le temps du récit. Il en existe plusieurs : l'ordre, la durée, la fréquence, etc. L'ordre du récit est l'ordre des faits. Il peut y avoir rétrospection ou anticipation, l'ordre peut être linéaire, mais aussi anachronique. La durée quant à elle est le temps que durent les faits, le rythme de la narration. Aussi, la fréquence est le nombre de fois qu'un événement s'est passé. On peut distinguer : Les moments de la narration. On distingue au moins quatre moments différents dans la narration : Les modes narratifs et les points de vue. Cette conception, bien que largement controversée, distingue trois types de points de vue : Dans la majorité des romans, les trois points de vue coexistent en alternance et s’inscrivent donc dans la focalisation variable (zéro) : la focalisation se déplace d’un personnage à un autre ou est indéterminable. Lorsque le narrateur se confond avec l'un des personnages et raconte l'histoire de son point de vue, il s'agit d'un récit à la première personne. Cette technique est différente de la focalisation interne. En effet, le narrateur peut prendre une distance avec le regard du personnage tout en utilisant la focalisation interne. Il peut pour cela utiliser l'ironie, à la manière de Flaubert. Il existe plusieurs types de narrateurs (voir "Figure III") : Ces modes de narration ne sont pas exclusifs : outre qu'il est évidemment possible de trouver successivement plusieurs types de narrateurs dans un même récit, un narrateur peut être "à la fois" extradiégétique et homodiégétique (sans être un personnage de la diégèse, le narrateur peut apostropher le lecteur ou livrer un jugement sur ses personnages, par exemple). Inversement, un narrateur peut être intradiégétique et hétérodiégétique (tout en étant un personnage, il peut ne pas intervenir en tant que narrateur dans l'histoire qu'il raconte). On peut enfin penser au cas particulier de l'autobiographie, où le narrateur est autodiégétique et homodiégétique (il y a alors équivalence de trois niveaux différents : personnage principal = narrateur = auteur). La narratologie dans les jeux vidéos. L’histoire de la narratologie dans le jeu vidéo. En 1979, Richard Garriott sort le jeu vidéo en s’inspirant des jeux de rôle sur table, il est alors le premier jeu vidéo de rôle défini comme tel. Il sortira par la suite une série de Jeux vidéo de rôle sous le nom d’Ultima, qui est considéré comme la franchise la plus ancienne dans cette catégorie. Son travail donne alors une forme au RPG dans le jeu vidéo qui sera généralement défini par un univers vaste, un scénario complexe et une durée de vie conséquente. , sortie en 1985, cherche à dépasser les limites du genre. Il est le premier épisode de la série qui s’écarte de la formule classique centré sur un scénario manichéen et propose au joueurs de faire leurs propres choix moraux et éthiques. Richard Garriott avait pensé lors de l’écriture du scénario du jeu que des actions immorales, tels que le vol ou le meurtre, étaient importantes pour conclure les précédents épisodes. L’analyse narrative dans le jeu vidéo. Espen Aarseth, chercheur en littérature, découvrit les limites de l’analyse littéraire classique lors de l’étude de la fiction dans les jeux d’aventure textuelle (MUD), ainsi que dans les autres jeux vidéo. Selon lui, les jeux vidéos sont de la littérature ergodique ( Du grec ancien ἔργον, « travail, action », et ὁδός, « chemin » ) où il faut s’activer, fournir un “effort interactif ” afin de faire avancer l’histoire. Dans son livre de 2005, , Jesper Juul parle des incohérences inhérentes au jeu et, de par sa nature de double média, les jeux vidéos possèdent des incohérences fondamentales. Il pose alors la question, pourquoi Mario possède 3 vies ? Un joueur lambda ne se poserait pas la question, mais Juul met le doigt sur une incohérence du jeu vidéo, rien dans la narration n’explique pourquoi Mario peut revenir à la vie. Pourtant, certains auteurs comme Edward Wesp, considèrent que le jeu vidéo est un médium cohérent avec lui-même. “Les incohérences entre la narration et le gameplay sont donc perçues de la sorte lorsqu’on les considère de manières distinctes telles deux sphères éloignées l’une de l’autre. “ La narration dans le gameplay. Le jeu vidéo possède une structure duale : le Core (la structure interne du jeu) et le Shell (la structure externe du jeu). C’est le postulat de la complexité socioculturelle des jeux proposé par Mäyrä en 2008. Lorsqu’on analyse les jeux, il est nécessaire de distinguer au moins deux strates au sein de leur structure ludique : la strate de la performance, dite interne, définie par le gameplay, et la strate des représentations, dite externe, définie par un système de signes. Les représentations sont alors le moyen par lequel le joueur peut percevoir la narration du jeu au travers de signes : scénario, imagerie, personnages, intriguent, son… Le jeu vidéo est alors un générateur de signes. Selon Peirce, un signe est “quelque chose qui tient lieu pour quelqu'un de quelque chose [d’absent] sous quelque rapport ou à quelque titre”. Charles S. Peirce - Le triangle sémiotique Lors des phases de gameplay, les représentations permettent d’enrichir l’expérience du jeu en l’inscrivant dans un contexte plus vaste (psychologie, croyances, système de valeurs, références culturelles, politique…). La dialectique du ‘Core’ et du ‘Shell’
Noël au Japon Noël au Japon est une fête moderne en plein développement, mais plus que la naissance du Christ, c'est surtout le mythe de qui est mis en avant. Les Japonais profitent principalement de cette occasion pour se réunir entre amis. Les chrétiens étant peu nombreux au Japon, les célébrations de ne revêtent que rarement de véritables aspects religieux. . Le premier symbole de Noël aurait été vu en 1904, quand l’épicerie haut de gamme Meidi-ya dans le quartier de Ginza à Tokyo a exposé un sapin de Noël en vitrine. Fête romantique et amicale. À la différence des pays occidentaux où l’on se rassemble en famille, les Japonais passent Noël en couple ou entre amis, car c'est pour le Nouvel An que les familles se réunissent au Japon. Par conséquent, c’est le réveillon de Noël qui, plus que Noël lui-même, prend de l’importance. Les couples se retrouvent autour d'un bon repas le soir du réveillon, dans un restaurant plus intimiste. Malgré le prix des menus qui flambe à cette occasion, les restaurants affichent souvent complet. Les amoureux peuvent s’échanger à ce moment des cadeaux. Cependant, comme dans les pays occidentaux, Noël est aussi l'occasion d'offrir des cadeaux aux enfants (surtout aux plus petits). La fête est également amicale. Des groupes d'amis se retrouvent autour d'un bon repas, au restaurant, ou au karaoké. Repas de fête. À défaut de dinde, on consomme plus volontiers lors du réveillon de Noël du poulet, notamment le poulet frit de la chaîne "" (KFC), qui multiplie ses ventes de cinq à dix en cette période de l'année. Ce succès daterait des , KFC était alors le seul à proposer les dindes ou poulets entiers recherchés par les Occidentaux vivant au Japon. La pratique est devenue coutume et les Japonais ont fait de leur pays l'un des plus grands marchés pour KFC. Les Japonais peuvent aussi aller passer le réveillon de Noël dans des restaurants plus classiques, avec leurs enfants ou leurs amis, encore que la pizza soit aussi un plat très apprécié à ce moment de l'année car il permet de partager simplement un repas convivial. L’autre élément indispensable est le ou gâteau de Noël. C’est un gâteau à base de "sponge cake" recouvert d’une couche de crème Chantilly ou de chocolat. Il peut être décoré avec une petite figurine, généralement un père Noël, des animaux ou un sapin, et peut prendre l'apparence d'un "cheesecake" ou, selon les boutiques, être préparé avec des fraises, des cerises, des raisins, du chocolat, du sucre, du massepain ou de la crème de marrons. Décorations et illuminations. La période de Noël est l'occasion pour les villes de se parer de toutes sortes d'illuminations, guirlandes et décorations. On peut y rencontrer des marchés de Noël, avec tout ce qui en fait le charme : vin ou chocolat chaud, friandises, pain d'épice. Les centres commerciaux et les vitrines des magasins se transforment aussi à ce moment de l'année. Les chants de Noël participent également à la fête. Les illuminations de Tokyo sont très nombreuses, notamment dans les quartiers d'Omotesando, Shibuya, Shinjuku, Roppongi, au Tokyo Dôme ou encore au Yebisu Garden Place. Les Japonais, comme les touristes, aiment à faire le déplacement pour les admirer. Bien que les Japonais ne décorent pas spécialement leur maison pour célébrer cette fête occidentale, sapins et autres ornements peuvent se retrouver chez certains. Les "100-yen shop" contribuent largement à cette petite fantaisie en proposant toutes sortes de produits décoratifs et lumineux pour 100 yens. Tokyo Disneyland. Se rendre au parc d'attractions le plus populaire du Japon est aussi devenu une tradition pour certains. Tokyo Disneyland (1983) et Tokyo DisneySea (2001) attirent chaque année des millions de visiteurs et Noël est, comme dans les autres parcs Disney, une période très riche en événements, parades, spectacles et décorations. C'est aussi un moyen pour les Japonais d'approcher Noël à travers la culture américaine et ses personnages les plus populaires.
Nepri Dans la mythologie égyptienne, Nepri (ou Neper) est le dieu protecteur du grain. Il est représenté sous les traits d'un homme à la peau constellée de grains de blé. Le blé étant la principale nourriture des égyptiens de l'Antiquité, la protection des grains de blé contre les intempéries et les rongeurs était une question vitale.
Niveau trophique En écologie, le niveau trophique ou maillon trophique est le rang qu'occupe un être vivant dans un réseau trophique. Il se mesure en quelque sorte par la distance qui sépare cet être du niveau basique qui est celui de la production primaire autotrophe. Au-dessus de ce niveau de base, chaque maillon (ou étage) d'une chaîne alimentaire correspond à un "niveau trophique". En écosophie le réseau trophique écologique est considéré comme un système apyramidal. Enjeux. C'est un concept théorique de l'écologie qui permet de mieux cerner ou expliquer certaines relations entre espèces (relations prédateur-proie notamment), les cycles et flux d'énergie et de nutriments dans les écosystèmes, les réseaux trophiques ainsi que les phénomènes de bioconcentration dans la pyramide alimentaire, qui ont une grande importance en écotoxicologie. Producteurs, consommateurs. De manière simplifiée, on distingue trois niveaux fondamentaux (plus ou moins subdivisés selon les écosystèmes) : producteurs, consommateurs et décomposeurs, autrement dit : La réalité est plus complexe, avec quelques espèces parfois intermédiaires (certaines plantes carnivores par exemple). Cependant, le niveau trophique ne traduit pas la relation proie-prédateur telle qu'on l'imagine généralement lorsque l'on parle de la chaîne alimentaire, mais illustre plutôt les habitudes alimentaires de l'espèce. Ainsi, l'appartenance de l'homme au second niveau trophique ne signifie pas pour autant que l'espèce humaine ait de nombreux prédateurs, mais seulement qu'il s'alimente de beaucoup de végétaux. Exemples. Selon la nature des espèces et les sources utilisées, le niveau trophique précis peut être parfois difficile à établir. Les plantes, le phytoplancton et les organismes similaires sont au niveau 1,0. La plupart des vers sont typiquement classés au niveau 2,1 ; un insecte commun 2,2 ; une méduse 3,0 ; un oiseau commun 3,6 ; un petit mammifère commun 4,1. Le niveau trophique moyen d'un humain, contrairement à ce que l'on pourrait penser, est proche de 2,2, comme les porcs ou les anchois. Cette moyenne peut être parfois très éloignée de la réalité, car les habitudes alimentaires des humains modernes sont très complexes et varient grandement. Par exemple, dans la cuisine inuite, la base alimentaire est constituée de phoque ou de morse, ce qui ferait qu'un inuit a plutôt un niveau proche de 5. Avant l'avènement de l'agriculture, le niveau trophique des humains était probablement plus élevé qu'aujourd'hui. Le développement de l'agriculture aurait considérablement réduit le niveau trophique des humains.
Non Non, en français, est un adverbe utilisé pour marquer son désaccord ou apporter une réponse négative à une question. Le terme peut également désigner :
Noël Godin Noël Godin, surnommé Georges Le Gloupier — en référence à un personnage imaginaire et multiface créé par Jean-Pierre Bouyxou — ou l'Entarteur, né à Liège le , est un agitateur anarcho-humoristique belge. Il s'est rendu célèbre pour ses jets de tarte à la crème, ou « entartages », sur de nombreuses personnalités de différentes nationalités. Lorsqu'il a reçu le grand prix de l'humour noir en 1995 et le prix de la dent dure en 1996, il s'est entarté lui-même. Parcours. L'entarteur. Ses activités d'« entarteur » semblent avoir commencé en novembre 1968. Avec un complice, il s'en prit à un professeur de l'université de Liège, Marcel De Corte, connu pour ses idées réactionnaires, sur lequel Godin déversa un pot de colle. Même si l'acte n'a pas été directement revendiqué, il est plausible de penser qu'il s'agissait bien de Noël Godin. Chroniqueur de cinéma pour un magazine belge, Noël Godin écrivit un jour que le réalisateur imaginaire Georges Le Gloupier avait jeté une tarte à la crème au visage de Robert Bresson. Dans le numéro suivant, il annonça que Marguerite Duras, amie de Bresson, l'avait vengé en attaquant Le Gloupier de la même manière. Peu après, à l'occasion d'un passage en Belgique de Marguerite Duras, venue présenter son film "Détruire, dit-elle" à l'université de Louvain, Noël Godin se livra sur celle-ci à son premier entartage. Depuis, seul ou à la tête de véritables commandos pâtissiers, il a entarté d'innombrables personnalités qu'il considérait comme particulièrement détestables et infatuées. Parmi ses victimes : Bernard-Henri Lévy, Bill Gates, Doc Gynéco, le ministre belge Edouard Poullet, Jean-Luc Godard, Marco Ferreri, Maurice Béjart, Nicolas Sarkozy, Pascal Sevran, Patrick Bruel, Bernard Landry, Hélène Rollès, Patrick Poivre d'Arvor, Jean Charest. Bernard-Henri Lévy prendra très mal sa tarte à la crème en 1985, flanquant rudement Le Gloupier par terre. Il lui intima ensuite, alors que Godin était maintenu au sol par deux agents de sécurité : La scène fut filmée et diffusée, notamment par Coluche et Pierre Desproges, qui fit un commentaire acerbe de la réaction de BHL, déclarant qu'il y illustrait . Depuis lors, BHL est l'une des rares personnalités à avoir subi plusieurs entartages. Le , il a été entarté pour les et fois par les « tueurs à gags » des « brigades pâtissières » de Noël Godin au Salon du livre de Paris. Godin a déjà déclaré plusieurs fois que ce qui pourrait ressembler à de l'acharnement prendra fin lorsque Lévy montrera que le « message » est passé en entonnant en public la chanson de Maurice Chevalier "Le Chapeau de Zozo". L'exemple de Noël Godin fait des émules dans de nombreux pays avec la création d'une anti-organisation appelée l"'Internationale pâtissière" dont Le Gloupier se déclare le porte-parole. Le chroniqueur. Noël Godin a contribué, dès le début de sa parution, à l'hebdomadaire pamphlétaire "Siné Hebdo", créé par le dessinateur Siné, et dans lequel il tenait la rubrique « L'Entarteur littéraire ». Après l'arrêt du journal, il poursuit ses chroniques anarcho-littéraires dans le mensuel satirique de Paul Carali "Psikopat", dans les canards rebelles "La Mèche", aujourd'hui disparu, "El batia moûrt sôu" (en Belgique), "Zélium", et "CQFD", dans la revue en ligne "ventscontraires.net" et dans "Siné Mensuel". Entartages (en ordre chronologique). Marguerite Duras. Le lundi , Noël Godin et trois complices réussissent leur premier entartage. Godin, muni d'une fausse barbe et de lunettes (le nœud papillon et le smoking viendront plus tard), fait les cent pas dans la salle d'attente de l'université de Louvain où l'on va projeter le film de Marguerite Duras : "Détruire, dit-elle". Cette dernière est entourée des organisateurs de l'événement et de quelques admirateurs. Au signal de son caméraman, Noël Godin déballe sa tarte à la crème et l'écrase sur le visage de Marguerite Duras. Cette dernière et les nombreux spectateurs de la scène restent stupéfaits ; cela permettra aux entarteurs de s'enfuir sans être rattrapés. Dans la tarte se trouvait un carton avec l'inscription : « Avec les compliments de Georges Le Gloupier. » Ne retrouvant pas ses esprits, l'écrivaine-cinéaste annulera la conférence-débat prévue à l'issue du film. Le lendemain, plusieurs médias rapporteront l'événement en première page, à la surprise de Noël Godin et sa bande. Aucune vidéo n'existe de cet entartage puisque le caméraman du groupe a raté les prises de vue. Maurice Béjart. En , c'est le complice de Noël Godin, Jean-Pierre Bouyxou qui joue cette fois le rôle de Georges Le Gloupier. Ce dernier attend le maître de ballet Maurice Béjart à la sortie du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Lorsque Béjart sort de l'immeuble, Bouyxou lui envoie sa tarte à la figure avec une telle véhémence que Béjart en perd l'équilibre ; il fait alors un entrechat acrobatique et retombe sur ses pieds. Dans la crème est enfoui un message : « Cette tarte, Maurice, ne peut pas en tout cas te rendre plus disgracieux que lorsque tu danses. » Malgré le fait que Béjart se plaint du traitement reçu, cet entartage n'ayant pas été filmé, il aura peu d'échos dans les médias. Henri Guillemin. En , l'historien Henri Guillemin donne une conférence au complexe Barbou de Liège. Au moment où Guillemin descend de son estrade, Noël Godin fonce sur lui et lui envoie une tarte à la figure. Guillemin reste sans voix, ce qui donne le temps à l'entarteur de s'enfuir. Un message est enfoui dans la crème : « Puisse cette tarte te rappeler, Henri, que l'Histoire, c'est aussi l'immédiat. » Marco Ferreri. Le , Noël Godin et six complices se trouvent au festival de Cannes ; ils décident de parcourir la promenade de la Croisette avec une tarte et entarter le premier metteur en scène qu'ils jugent le mériter. En passant devant le Grand Hôtel, ils voient le cinéaste Marco Ferreri attablé à un restaurant avec des producteurs ; ils décident de l'entarter. Georges Le Gloupier, dont le rôle est tenu cette fois par Stéphane Holmès (fils du chanteur Joël Holmès), se met à danser autour de la table en s'exclamant « Gloup ! Gloup ! » puis envoie sa tarte à la figure de Ferreri. Dans la crème était enfoui le message : « Avec mes respectueux hommages. Georges Le Gloupier ». Le lendemain, Ferreri, donnant une entrevue à la RTBF, accuse la CIA d'avoir commandité l'attentat. Jean-Luc Godard. Noël Godin affirme apprécier le cinéaste Jean-Luc Godard mais il décide de l'entarter après avoir vu son film "Je vous salue, Marie", qu'il juge comme faisant l'apologie de l'Église. Noël Godin et sa bande apprennent en que le film "Détective" du cinéaste sera présenté au Festival de Cannes. Godin entarte Godard. Il sera rattrapé par les policiers gardant l'entrée de l'auditorium ; il est emmené au poste de police mais est relâché quelques heures plus tard, Jean-Luc Godard refusant de porter plainte. Quand ce dernier apprend le lendemain qu'on veut expulser Noël Godin à vie du Festival de Cannes, il téléphone à la direction pour leur demander de passer l'éponge, ce qui fut fait. Bernard-Henri Lévy – Entartage. L'essayiste Bernard-Henri Lévy fut entarté une première fois par Noël Godin le . Lévy se trouve à la station RTBF de Liège où il doit faire une apparition à l'émission "Écran Témoin". Noël Godin et quatre complices pensent entarter Lévy à sa sortie de la station mais il fait nuit et ils réalisent qu'il n'y aura pas assez de lumière pour filmer l'événement ; ils décident donc d'attendre Lévy à l'intérieur. Cela rend l'opération plus difficile car Noël Godin est habillé en Georges Le Gloupier ; il attire beaucoup l'attention. Ce dernier attend depuis vingt minutes lorsque Lévy apparaît ; lorsqu'il est à portée de tir, Godin lui envoie sa tarte à la figure. Lévy réplique en lui envoyant un uppercut qui jette Godin par terre, puis lui dit : « Lève-toi ou je t'écrase la gueule à coups de talon ». Le vidéoclip de l'entartage sera diffusé massivement, entre autres par Coluche et Pierre Desproges ; . Le chanteur Renaud fait d'ailleurs référence aux multiples entartages de Bernard-Henri Lévy qu'il présente comme un « Jean-Paul Sartre dévalué » dans sa chanson "L'Entarté" extraite de l'album "Boucan d'enfer" (2002). Édouard Poullet. Le , Noël Godin et sa bande décident d'entarter le chanteur Michel Sardou. Ce dernier, souffrant, décide d'annuler le récital prévu ; Godin décidera donc d'entarter à la place le ministre belge des Affaires sociales, de la Formation et du Tourisme Édouard Poullet. Ce dernier doit inaugurer le Théâtre du Résidence Palace de Bruxelles. L'entartage est réussi. L'incident a une grande ampleur médiatique ; la plupart des journaux belges mettent l'incident en première page. Jean Delannoy. Le cinéaste Jean Delannoy fut entarté par Noël Godin le à l'auditorium Shell de Bruxelles, où il était venu présenter son film "Bernadette". Dans le communiqué de presse envoyé par Godin aux médias après l'entartage, on peut lire : « Georges Le Gloupier aurait trouvé cornichon que son courroux pâtissier ne s'abatte pas aussi sur l'arrière-garde artistique des punaises de sacristie ». Il y eut peu d’échos médiatiques de cet entartage. Bernard-Henri Lévy - Entartages et 3. Noël Godin et ses amis entartent à nouveau Bernard-Henri Lévy en (lancement de son nouveau livre à la librairie Chapitre XII de Bruxelles), en (université libre de Bruxelles). Vladimir Volkoff. En , Noël Godin est l'un des invités de l'émission "Durand la Nuit" sur TF1. Il profite de la tribune qui lui est offerte pour entarter en direct un autre invité, le romancier Vladimir Volkoff, qu'il qualifie « d'infâme tsariste ». Sur le coup, la chaise de Volkoff bascule ; il déserte ensuite le plateau en titubant. Ce coup d'éclat forcera TF1 à annuler l'émission quelques mois plus tard par peur d'autres accrochages en direct. Alain Bévérini. En , le journaliste du journal de 20 heures de TF1 Alain Bévérini est entarté pendant l'interview de l'actrice américaine Holly Hunter. Noël Godin est arrêté mais relâché quelques heures plus tard, bien que Bévérini ait porté plainte pour voie de fait. En , l'événement fut nommé par TF1 numéro 2 des « 100 plus grands scandales de la TV ». Patrick Bruel. Bien qu'attribué à Noël Godin par la presse, l'entartage de Patrick Bruel fut en réalité réalisé par un de ses complices. Le , Patrick Bruel est dans sa suite de l'hôtel Amigo à Bruxelles. Il y a beaucoup de mesures de sécurité puisque l'hôtel héberge aussi Helmut Kohl et Jacques Delors. Huit complices de Noël Godin, tous habillés en Georges le Gloupier, réussissent à entrer dans l'hôtel. À un moment donné, Patrick Bruel sort de sa suite et descend dans le hall où l'attendent des fans et plusieurs journalistes. Alors qu'il est en train de signer un autographe, un des entarteurs lui envoie sa tarte à la figure en s'écriant : « Et pan, pan, pan, pan ! Sur l'affreux pou chantant ! ». En recevant la tarte, Bruel explose de colère puis retourne dans sa suite se doucher. Bernard-Henri Lévy – Entartages , 5 et 6. En , Bernard-Henri Lévy se trouve au festival de Cannes où il doit présenter en avant-première son film "Bosna!". Noël Godin et deux complices décident de se rendre à Cannes pour l'entarter. Les journalistes et la population reconnaissent Godin dès son arrivée et la rumeur commence à se répandre que Noël Godin est à Cannes. Godin croit que Lévy veut entrer dans le palais des Festivals par l'entrée principale et qu'il n'aura qu'à l'attendre à cet endroit ; mais quelques heures avant la présentation, ils apprennent par un sympathisant que Lévy, ayant eu vent de la présence de Godin, est déjà entré dans le palais et s'y est enfermé. Lévy est en train de faire son entrée sur scène lorsqu'un autre complice de Godin qui n'a pas été pris et qui se trouve à trois mètres de Lévy, lui envoie sa tarte à la figure comme un discobole. Selon des témoins, les gardes rouent ensuite de coups de poing et de pieds celui qui a envoyé la tarte. Ils ne cesseront que lorsqu'un ami de Godin, le cinéaste Jan Bucquoy, leur ordonne d'arrêter en se faisant passer pour l'ambassadeur de Belgique. En , Bernard-Henri Lévy est entarté par Noël Godin une cinquième fois à l'aéroport de Nice en présence d'Arielle Dombasle qui adresse un violent coup de poing à deux des entarteurs. Le , il est entarté une sixième fois, à la Foire du Livre de Bruxelles. Jean-Pierre Elkabbach. En , Noël Godin se rend avec quelques complices au tournoi Roland-Garros pour entarter Patrick Poivre d’Arvor ; une amie lui a dit qu'il s'y trouverait. Finalement, ils apprennent que Poivre d'Arvor n'y sera pas, ils décident alors d'entarter à la place le patron de la chaîne de télé France 2 Jean-Pierre Elkabbach. Godin et trois complices l'attendent pendant cinq heures à la sortie VIP du stade. Au moment où ils aperçoivent Elkabbach sortir, ils envoient leurs tartes sur lui en même temps, en criant : « Osons ! Osons ! Osons ! Osons ! ». Plus tard, Elkabbach accusera Thierry Ardisson d'avoir été complice de l'événement et annulera son émission "Autant en emporte le temps". Hélène Rollès. L'entartage d'Hélène Rollès en ne sera pas réalisé par Noël Godin mais par des complices féminines. Lors d'un concert, deux entarteuses réussissent à se cacher sous la scène. Au moment où Hélène commence sa première chanson, une entarteuse se glisse vers elle et lui envoie sa tarte à la figure en s'écriant : « Entartons, entartons "Hélène et les Garçons" ! ». Les entarteuses affirmeront avoir ensuite été battues par l'équipe technique. Philippe Douste-Blazy. En , Noël Godin et son ami le cinéaste Jan Bucquoy se trouvent au festival de Cannes, et décident d'entarter le nouveau ministre de la Culture de France, Philippe Douste-Blazy. Godin et vingt complices décident de s'introduire dans l'hôtel Carlton Cannes où Douste-Blazy doit conduire un bal. Mais, Douste-Blazy sort de l'hôtel. Godin et ses complices courent en direction du ministre, qui se trouve maintenant dans sa voiture. Deux complices (dont Jan Bucquoy) réussissent à entarter le ministre, en s'exclamant : « Entartons, entartons les ministres bouffons ! ». La voiture part ensuite en trombe toutes sirènes hurlantes oubliant la femme du ministre sur le trottoir. Jan Bucquoy sera arrêté et poursuivi pour l'entartage du ministre mais en fin de compte acquitté. Puisque aucune vidéo n'existe de cet entartage, certains médias français mettront plus tard en doute le fait même qu'il soit arrivé. Pascal Sevran. En , Noël Godin et sa bande décident d'entarter le chanteur et animateur de télé Pascal Sevran lorsqu'ils apprennent que ce dernier sera l'invité unique de l'émission "Une pêche d'enfer", diffusée sur France 3 en vrai direct de la Grand-Place de Bruxelles. Quelques secondes après le début de l'émission, des entarteurs mêlés aux spectateurs se lèvent et envoient deux tartes à la figure de Sevran en s'exclamant : « Entartons, entartons le chancre aux chansons ! ». Sevran finira quand même l'entrevue après avoir essuyé la crème qu'il avait sur lui. Patrick Poivre d'Arvor. Noël Godin essaie à deux reprises d'entarter Patrick Poivre d’Arvor avant de réussir le . Godin reçoit l'information que Poivre d'Arvor se trouve à Neuilly et qu'il fait toujours son jogging matinal. Quelques jours plus tard, alors que Godin et deux complices attendent depuis plusieurs heures au froid dans une fourgonnette, ils voient arriver Poivre d'Arvor qui fait son jogging. Les deux complices réussissent à l'entarter en s'exclamant : « Entartons, entartons le pire des faux jetons ! ». Godin ne réussira pas à envoyer sa tarte car Poivre d'Arvor courait trop vite. Daniel Toscan du Plantier. En , deux employées de Daniel Toscan du Plantier contactent Noël Godin, qui se trouve à Cannes, en lui suggérant d'entarter Plantier parce que, selon elles, ce dernier devenait de plus en plus imbuvable. Godin rejoint Plantier au palais des Festivals et lui envoie sa tarte à la figure en s'écriant : « Entartons, Entartons les pontifiants croûtons ! ». Quelques secondes plus tard, un complice de Noël Godin, le cinéaste Jan Bucquoy, envoie une seconde tarte à la figure de Plantier. Le lendemain, Daniel Toscan du Plantier accuse Cannes TV, qui a filmé l'entartage, d'avoir été complice de l'événement et exige des excuses. Les prêtres de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes. En 1996, Noël Godin accepte de se rendre à Nantes en France avec deux complices à la demande d'un groupe de jeunes anarchistes qui préparent l'entartage des prêtres de la cathédrale Saint-Pierre. Comme se doutait Godin, une fois rendu à Nantes, le groupe souhaite qu'il participe à l'entartage. Le dimanche , tout le groupe d'environ soixante-cinq personnes réussit à entrer dans la cathédrale avec des tartes pendant une messe. Au moment où l'un des officiants achève sa lecture de l'Évangile, une dizaine d'entarteurs se dirigent vers les religieux et réussissent à entarter deux d'entre eux. Dans le même temps, un second commando lance des préservatifs remplis d'eau dans les allées de la cathédrale et déploient des banderoles. Noël Godin réussit à s'enfuir en courant dans les rues avoisinantes, mais ses deux complices belges sont pris par la police ; ils seront relâchés quelques heures plus tard. Nicolas Sarkozy. En 1997, Noël Godin est très connu en Belgique. Ayant peur d'être reconnu, il ne participera pas à l'entartage de Nicolas Sarkozy, qui sera commis par des complices. Un jour de , Sarkozy arrive au palais des congrès de Bruxelles pour y faire un exposé aux Grandes conférences catholiques. Après qu'il est entré dans le hall d'accueil, une complice de Godin lui demande un autographe ; au moment où Sarkozy le signe, elle lui envoie une tarte à la figure. Sarkozy a alors le réflexe de se réfugier dans un ascenseur. Il se rend au deuxième étage et lorsque la porte s'ouvre, il voit une autre complice de Godin avec une tarte ; il referme la porte et se rend au rez-de-chaussée où l'attend une autre entarteuse qui ne réussit pas non plus à l'entarter. Après plusieurs voyages, Sarkozy s'arrête de nouveau au rez-de-chaussée où il est accueilli par ses agents accompagnateurs ; ils l'accompagnent aux toilettes pour qu'il puisse se nettoyer. Au moment où il en sort tout propre, une vingtaine d'entarteurs situés plus haut le bombardent de crème chantilly puis s'enfuient, poursuivis par tous les agents de sécurité du centre. Sarkozy retourne dans les toilettes pour se nettoyer de nouveau. Il est en train de retraverser le hall d'accueil quand un complice de Godin supposé filmer les entartages le voit arriver. Il met sa caméra en bandoulière, sort une tarte et l'envoie à la figure de Sarkozy en s'exclamant : « Entartons, entartons les arrogants étrons ! ». En s'enfuyant après son coup, le caméraman donne sa dernière tarte à une religieuse qu'il croise dans le hall d'accueil, les gardes de sécurité croiront qu'elle était complice. Bill Gates. Le , Noël Godin reçoit chez lui une enveloppe dans laquelle se trouve un message l'informant que Bill Gates sera à Bruxelles le et que « si le coup vous intéresse on peut vous aider ». Godin rencontre son informateur, qui s'avère être un employé de Microsoft Belgique et qui lui remet un horaire détaillé et le trajet qu'empruntera Bill Gates. Afin d'être au courant des derniers ajustements dans l'horaire de Gates, un des complices de Godin se fait passer pour un journaliste désirant effectuer un documentaire "Vingt-quatre Heures avec Bill Gates" ; il pourra ainsi suivre ce dernier toute la journée de sa visite qui sera finalement le . Godin et sa bande prévoient d'entarter Gates quand il donnera une conférence de presse à l'hôtel Méridien ; l'informateur de chez Microsoft leur a donné des laissez-passer. Le rendez-vous sera manqué. Plus tard, en face du Concert Noble se préparent plusieurs petits groupes de trois entarteurs. Au moment où Gates s'apprête à entrer dans l'édifice, les entarteurs se ruent vers Gates qui est entarté trois fois. Ce dernier cherche ensuite à s'abriter dans l'édifice mais à ce moment un quatrième entarteur, le cinéaste Rémy Belvaux, envoie une quatrième tarte à la figure de Gates. Les autres entarteurs s'exclament : « Entartons, entartons le polluant pognon ! » Le public du concours musical Reine Élisabeth. Après plusieurs années d'entartages individuels, Noël Godin désire essayer de nouvelles façons d'entarter. En , le gratin bruxellois était réuni au Palais des beaux-arts de Bruxelles pour assister à la remise des prix du Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique. La reine Fabiola fait partie des invités. Au moment où le troisième lauréat s'avance vers la scène, une pluie de crème Chantilly provenant des balcons s'abat sur l'assistance. Au dos des assiettes était écrit : « De la crème pour la crème ». Les médias rapporteront qu'environ une vingtaine de tartes avaient été lancées dans l'assistance. Joint plus tard au téléphone par un journaliste, Noël Godin affirmera : « Pour une fois, c'est le public que nous visions, le gratin des trognons royalistes et m'as-tu-vu ». Bernard Landry. Après l'entartage de Bill Gates, plusieurs groupes d'entarteurs se créent un peu partout à travers le monde. En , Noël Godin et huit complices s'envolent pour le Canada où les ont invités un groupe d'entarteurs du Québec. Là ils rencontrent des membres des Biotic Baking Brigade, des TAART et d'autres groupes sympathisants du monde entier. Un midi, tout le monde se rend au palace Château Champlain de Montréal où a lieu un souper-causerie présidée par le ministre des Finances du Québec, Bernard Landry. Cent cinquante décideurs provenant de tout le Canada assistent à l'événement. Un entarteur québécois réussit à entarter l'influent délégué du Québec à Boston. Godin essaie quant à lui de se frayer un chemin jusqu'à Landry mais plusieurs agents de sécurité s'accrochent à ses vêtements ; il réussit à se rendre jusqu'à Landry mais Maurice Prudhomme, le vice-président du syndicat Fédération des travailleurs du Québec, se lève pour protéger Landry et est entarté à sa place. Pendant ce temps, un groupe d'entarteuses françaises vident leurs bombes aérosol de crème fouettée sur les costumes des participants. Landry recevra assez d'éclaboussures de crème pour que des photos paraissent le lendemain dans les journaux. Le "Journal de Montréal" du titre : « L'Internationale pâtissière est vraiment née quand un commando d'entartistes de tous pays a semé la pagaille dans une salle de conférence. » Benjamin Castaldi. En , Noël Godin et ses complices essaient une première fois d'entarter Benjamin Castaldi, animateur de l'émission "Loft Story" sur M6. Le coup est raté puisqu'une employée de la station télé où se trouve Castaldi reconnaît Noël Godin, qui se trouve assis près de la station avec une tarte, et donne l'alerte. Plus tard, lorsque Castaldi s'engouffre dans le taxi, l'entarteur lui envoie sa tarte à la figure. C'est le complice caméraman filmant la scène qui s'écrie : « Entartons, entartons la télé attrape-couillons ! ». Jean-Pierre Chevènement. Le dimanche , au vingt-deuxième Salon du Livre de la porte de Versailles en France, Noël Godin est à son stand où il dédicace son dernier livre "Grabuge !". Un de ses amis l'informe alors que l'ancien ministre français Jean-Pierre Chevènement se rendra quelques heures plus tard à un autre stand et qu'il devra pour ce faire passer juste devant eux, mais aussi qu'il sera protégé par des gardes du corps. Chevènement est sur la liste d'entartés potentiels de Godin depuis la promulgation de la loi relative au séjour des étrangers en France. Lorsque Chevènement passe devant lui, il sort sa tarte, réussit à contourner les trois gardes du corps et l'envoie à la figure de Chevènement en s'exclamant : « De la part des sans pa-pi-ers, des sauvageons, des Pieds Nickelés ! ». Godin est attrapé et emmené par les gardes du corps de Chevènement qui promettent de lui régler son compte ; il est cependant protégé d'eux par les gardes de sécurité du salon, qui le remettent à la police. Il passe environ quatre heures en garde à vue au poste de police. Chevènement porte plainte pour l'entartage dont il a été victime ; venu personnellement à l'audience il déclare que et que . Il soutient aussi que la tarte à la crème est une , mais le tribunal ne retient pas cette qualification. Le tribunal correctionnel de Paris condamne Noël Godin à une amende de . Ce dernier interjette appel de la décision mais la cour d'appel confirme le verdict. Comme le verdict fera jurisprudence en France Godin décide de former un pourvoi en cassation. La chambre criminelle de la Cour de cassation confirme le verdict et condamne Godin à payer 1 euro symbolique à Chevènement et au Trésor public. Au total, Godin doit débourser en frais divers. Comme il n'a pas un sou, lui et sa femme organisent une soirée bénéfice à la discothèque bruxelloise "Le Dirty Dancing" ; cela leur permettra d'acquitter la somme due. Karel Dillen et Jean-Claude Martinez. Noël Godin affirme ne pas vouloir entarter les leaders de l'extrême droite comme Jörg Haider ou Jean-Marie Le Pen car il croit que cela pourrait rendre ces derniers plus sympathiques aux yeux de la population. Cependant, en , Godin reçoit un coup de téléphone d'un de ses amis qui se trouve au Parlement européen de Bruxelles, et qui lui affirme que Jean-Marie Le Pen y sera à 17 heures ce jour-là pour y présenter les grands axes de son programme ; il affirme aussi qu'il peut faire entrer six entarteurs dans le bâtiment. Noël accepte l'idée d'entarter Le Pen mais refuse de le faire lui-même car il croit qu'il est trop connu et serait probablement démasqué. Finalement, six complices de Godin tentent d'entrer dans l'immeuble ; seulement deux réussissent, les autres étant arrêtés par les policiers. Peu avant le discours de Le Pen, une des entarteuses entrées téléphone à Godin et lui demande d'envoyer du renfort. Godin réussit à rassembler un groupe d'environ mille personnes ; un complice distribue aux cent premiers des bombes chantilly et des fonds de tartes (qui devaient servir à un précédent entartage). Le groupe, Noël Godin en tête, commence à marcher vers le Parlement européen. À un moment donné, Godin, qui ne se souvient plus de la route à prendre pour se rendre au Parlement, se perd. Personne dans le groupe ne connaissant le chemin, ils n'arriveront pas à temps au Parlement pour le discours de Le Pen. Godin et son groupe n'auront finalement rien manqué puisque Jean-Marie Le Pen, ayant appris que des entarteurs se trouvaient dans l'édifice, a annulé son discours. Les deux entarteurs déjà présents dans l'édifice réussiront quand même à entarter Jean-Claude Martinez, le porte-parole du Front national, en s'exclamant : « Entartons, entartons les xénophobes cochons ! ». Ils entartent aussi Karel Dillen, fondateur du Vlaams Blok belge. Jean Charest. En , un ami de Noël Godin, le cinéaste Benoît Lamy, invite Godin et sa femme à se rendre avec lui au Québec dans le cadre d'un documentaire sur les entarteurs qu'il réalise. Rendu là-bas, Godin et les sympathisants québécois décident d'entarter les trois candidats de l'élection provinciale dont la campagne électorale se déroule à ce moment-là. Une première équipe composée de Noël Godin, sa femme et deux entartistes québécois se rendent au quartier général d'un des députés que doit visiter Jean Charest, le chef du Parti libéral du Québec. Au moment où Jean Charest s'avance vers sa caravane, la femme de Noël Godin, Sylvie Van Hiel, envoie une tarte à la figure de Charest, qui tombe par terre. Pendant que les policiers arrêtent Sylvie Van Hiel, Godin réussit à envoyer une tarte sur la tête de Charest. Plus tard, une deuxième équipe réussit quant à elle à entarter le chef de l'Action démocratique du Québec Mario Dumont ; le chef du Parti québécois, Bernard Landry, ne sera pas entarté puisque ayant appris la nouvelle de l'entartage de Jean Charest, il veillera à ce que la sécurité autour de lui soit renforcée. Jean Charest porta plainte contre Godin et sa femme pour l'entartage ; ils sont arrêtés juste avant leur retour en Europe ; ils sont relâchés en échange d'une caution de (environ ) chacun. Avant de les relâcher, la police leur déconseille de remettre les pieds au Canada ou aux États-Unis. Doc Gynéco. Noël Godin décida d'entarter le rappeur Doc Gynéco après que ce dernier a dit à Michel Polac lors d'une entrevue qu'il « n'avait pas de leçons à recevoir d'un malade au stade terminal », mais aussi parce que Gynéco est un soutien de Nicolas Sarkozy. En , Noël Godin est reçu à l'émission "Village Départ" diffusée en direct sur France 3 ; Doc Gynéco est aussi invité. Au moment où Godin prend sa place, des complices lancent quatre tartes à la figure de Doc Gynéco pendant que Godin s'exclame : « Entartons, entartons les sarkochiants couillons ! ». Des témoins rapportent que Gynéco, beau joueur en direct, fut très en colère dans les coulisses. Bernard-Henri Lévy, entartages multiples (). Victime d'entartages multiples à Namur le ; cette fois, Bernard-Henri Levy a été attaqué dans une église. Une vingtaine de personnes lui ont lancé des tartes malgré la présence de ses deux gardes du corps, BHL, criant « Non, y en a marre ! », n'a pas pu y échapper. Noël Godin a dédié son geste au dessinateur Siné, limogé de "Charlie Hebdo" et contre lequel BHL a témoigné. Plaintes et procès. Parmi les « entartés » à avoir porté plainte se trouve Jean-Pierre Chevènement, qui a obtenu en octobre 2002 la condamnation de Noël Godin à 800 euros d'amende pour « violences volontaires avec préméditation », plus un euro symbolique pour le plaignant. Devant le tribunal, Noël Godin a déclaré avoir entrepris une « croisade pâtissière en hommage à l'humoriste Alphonse Allais, contre des personnalités qui se prennent très, très, très au sérieux ». En 2004, sa peine est alourdie en appel à euros, en faisant avec les frais de justice la somme de euros. L'entartage de Philippe Douste-Blazy, en 1995, a également donné lieu à un dépôt de plainte contre Noël Godin, mais le procès a débouché sur une relaxe. Cinéma. Critique de cinéma, Noël Godin a également écrit de faux comptes rendus (par exemple dans le "Télérama" belge) avec de fausses informations, des photos de films imaginaires et des interviews apocryphes. Il a réalisé des courts-métrages, comme "Prout prout tralala !" Dans les films de Jan Bucquoy et de son producteur Francis De Smet, il incarne, entre autres, une parodie de l'écrivain belge Pierre Mertens (voir : "La Vie sexuelle des Belges 1950-78", en 1994, et "Camping Cosmos", en 1996), et il joue son propre personnage dans "La Vie politique des Belges", en 2002, et dans "Les Vacances de Noël", en 2005. Depuis 2013, comme Jean-Pierre Bouyxou, il est membre à vie du jury du Festival International du Film Grolandais de Toulouse.
Astéroïde géocroiseur En astronomie, les astéroïdes géocroiseurs sont des astéroïdes évoluant à proximité de la Terre. Pour les nommer on utilise souvent l'abréviation "ECA" (de l'anglais "Earth-Crossing Asteroids", astéroïdes croisant l'orbite de la Terre), astéroïdes dont l'orbite autour du Soleil croise celle de la Terre, ayant une distance aphélique inférieure à celle de Mars, soit 1,381 UA (valeur d'1,300 UA fixée par les spécialistes américains). Les NEA ("Near-Earth Asteroids", astéroïdes proches de la Terre) sont aussi souvent, par abus et à tort, appelés en français géocroiseurs même si certains ne croisent pas l'orbite de la Terre (voir ci-dessous). Parmi les NEA, on distingue quatre familles principales : On appelle « astéroïdes potentiellement dangereux » (APD ; "potentially hazardous asteroids", "PHA", en anglais) les astéroïdes de magnitude absolue (mesurant donc typiquement plus de de diamètre moyen) et qui peuvent passer à moins de de la Terre. Les astéroïdes géocroiseurs appartiennent au groupe des objets géocroiseurs (en anglais, "NEO" : "Near Earth Object"), qui comprend également quelques comètes. Certains de ces objets étant susceptibles de heurter la Terre, ils font l'objet d'une recherche et d'un suivi particulier. est le premier astéroïde géocroiseur détecté et suivi dans l'espace avant sa chute sur Terre le 7 octobre 2008. Détection des astéroïdes géocroiseurs. Dans la seconde moitié du , différents travaux scientifiques ont permis de découvrir la menace que constituerait l'impact d'astéroïdes pour la vie sur Terre. La NASA a mis sur pied en 1998 le programme Spaceguard de détection des astéroïdes géocroiseurs (dont l'orbite coupe celle de la Terre) ayant un diamètre supérieur à . Cette dimension a été retenue car l'impact d'un tel astéroïde pourrait amener l'extinction de l'humanité. On estime qu'il existe moins de astéroïdes dans cette catégorie. Un objet de ce type frappe la Terre environ tous les ans. Fin 2008, près de 90 % des objets de cette dimension ont été recensés. Ces dernières années plusieurs programmes de détection de la NASA (LINEAR, NEAT, Spacewatch, LONEOS, Catalina Sky Survey, ADAS) ou d'autres pays (CINEOS, etc.) ont été mis sur pied pour identifier les objets de plus petite taille. Ces programmes utilisent des télescopes dédiés à cette tâche et basés sur Terre. Le programme NEOWISE exploite les capacités du télescope spatial infrarouge WISE pour identifier une sous-catégorie des astéroïdes géocroiseurs baptisée PHA ("Potentially hazardous asteroid") qui se définit comme ceux dont l'orbite coupe celle de la Terre à moins de 8 millions de km de celle-ci. Les résultats de cette étude, achevée en 2012, permettent d'estimer qu'il existe environ à astéroïdes de ce type ayant une taille comprise entre et un kilomètre dont 20 à 30 % sont aujourd'hui identifiés. Il existe par ailleurs un demi million d'astéroïdes géocroiseurs d'une taille comprise entre . Un de ces objets frappe la Terre statistiquement tous les mille ans (un astéroïde de moins de tous les 100 ans). Début 2013 seule une faible fraction de ces objets a été détectée. Liste partielle d'objets numérotés. Au sens strict, un astéroïde géocroiseur est un astéroïde dont l'orbite croise celle de la Terre. Les géocroiseurs numérotés sont listés ici. Dans cette liste, on trouvera notamment l'astéroïde (3753) Cruithne, dont l'orbite entretient un rapport particulier avec celle de la Terre (orbite en fer à cheval). "Notes :" † frôleur-extérieur Surveillance et déviation des géocroiseurs. Ce sont surtout les astéroïdes potentiellement dangereux que l’on cherche à recenser d’une manière quasi exhaustive afin de les détruire ou les détourner en cas de risque d'impact avec la Terre. Ces PHA font partie des objets potentiellement dangereux. Il existe deux systèmes automatisés destinés à la surveillance, Sentry à Pasadena aux États-Unis et NEODyS à Pise en Italie. L'Agence spatiale européenne (ESA) est en train de réaliser un programme de surveillance et de déviation éventuelle de géocroiseurs. Le projet est détaillé dans services publics (www.esa.int)
Notation bra-ket La notation bra-ket a été introduite par Paul Dirac en 1939 (on l'appelle aussi formalisme de Dirac) pour faciliter l’écriture des équations de la mécanique quantique, mais aussi pour souligner l’aspect vectoriel de l’objet représentant un état quantique. Le nom provient d'un jeu de mots avec le terme anglais "" qui signifie « crochet de parenthèse », en l'occurrence « formula_1 » et « formula_2 » qui avec l'adjonction d'une barre verticale « formula_3 » sont respectivement appelés « bra » et « ket ». Cette notation est depuis reprise dans l’étude mathématique de l’algèbre des opérateurs, dont le champ d’application est plus large. Usage en mécanique quantique. La structure mathématique de la mécanique quantique se prête à l'application de la théorie des représentations pour facilement représenter divers objets de la théorie par leur contrepartie en algèbre linéaire : Puisqu'un grand nombre de calculs en mécanique quantique impliquent les objets mentionnés ci-haut, l'usage de la notation bra-ket est très utile. L'origine du formalisme. Notation : la notation formula_14 désigne l'adjoint d'une matrice ou d'un vecteur. L'adjoint est défini comme le transposé du conjugué complexe. Une autre notation utilisée régulièrement dans le cadre de la mécanique quantique pour l'adjoint est le « dague » formula_15. Rappelons que selon les postulats de la mécanique quantique, les fonctions d'onde sont des fonctions du temps formula_16, des coordonnées spatiales formula_17, et possiblement d'autres paramètres internes formula_18 (spins, moments magnétiques…) qu'elles sont solutions de l'équation de Schrödinger qu'elles sont normalisées de sorte que et que la valeur d'une grandeur physique formula_22 est calculée selon La notation de Dirac permet d'exprimer les intégrales précédentes, qui n'est rien de moins qu'un produit hermitien sur l'espace des fonctions à valeur complexe de carré intégrable formula_24, de façon très compacte. Il suffit de définir la façon de représenter les objets suivants : Les intégrales ci-dessus se réécrivent donc de la façon suivante : et plus généralement, pour deux fonctions d'onde formula_33 et formula_34 : Kets et bras. Définitions. Kets. Soit un vecteur de l’espace de Hilbert des états formula_36. Il est dénoté formula_37 et s'appelle vecteur-ket ou ket. Les kets forment un espace vectoriel complexe. Ainsi, si formula_38 et formula_39 sont des nombres complexes quelconques et formula_40 et formula_41 sont deux kets, alors est également un ket. Plus généralement, si formula_43 dépend d’un indice continu formula_17, et si formula_45 est une fonction complexe normalisée sur formula_46, alors, est également un ket. On peut définir un produit scalaire pour les vecteurs-kets, mais pour ce faire, il faut tout d'abord introduire les vecteurs duaux aux kets : les bras. Bras. L'espace dual des états quantiques, dénoté formula_48, est l'espace vectoriel des fonctionnelles linéaires sur les kets de formula_36. (Rappel : une fonctionnelle linéaire agit linéairement sur un espace vectoriel et renvoie un scalaire.) Les éléments de formula_48 sont les bras et sont dénotés par formula_51. Puisque les bras forment un espace vectoriel, une combinaison linéaire à coefficients complexes de bras est également un autre bra. Produit scalaire et correspondance bras → kets. Il est possible de définir un produit scalaire formula_52 de deux kets formula_37 et formula_54 qui correspond au produit scalaire des fonctions d'ondes correspondantes : Comme tout produit scalaire complexe, ce produit est sesquilinéaire, c’est-à-dire que : et que : Ceci implique donc une correspondance bra → ket (notons que l'inverse n'existe pas forcément) qui est antilinéaire : Une norme peut également être définie pour un ket formula_4 Cette définition est consistante avec la définition mentionnée plus haut en termes des fonctions d'onde. Composantes. L’écriture de la norme permet d’écrire un bra sous forme de composantes dans l’espace vectoriel dual formula_63 de même dimension que l’espace vectoriel formula_64 des états : On représente aussi le bra sous la forme d’un vecteur ligne, une suite de nombres (les composantes) rangés horizontalement : Le produit matriciel ci-dessus est commutatif, car la matrice ligne ne contient que des scalaires, la matrice colonne que des bras unitaires, et le produit d’un scalaire et d’un bra est commutatif, et le produit matriciel d’une matrice colonne et d’une matrice ligne, s'il est défini, est toujours commutatif. Il en est de même du produit matriciel d’une matrice colonne de scalaires et d’une matrice ligne de kets. Il est alors possible d’écrire le produit scalaire d'un bra et d’un ket sous forme du produit de quatre matrices : deux matrices scalaires et des matrices de bras unitaires ou de kets unitaires. En permutant les matrices scalaires, il reste à déterminer le produit de matrices de bras unitaires et de kets unitaires. Or, ces matrices unitaires sont transposées et conjuguées, ce qui signifie que leur produit se réduit au produit de leurs normes. Comme par définition, la norme des matrices unitaires est 1, ces matrices unitaires peuvent être éliminées du produit scalaire. La définition même du produit scalaire nous permet alors de l'écrire simplement en termes de produit de deux matrices scalaires de la façon suivante : Opérateurs et notation de Dirac. D’une façon générale, les opérateurs linéaires agissant sur l’espace formula_36 des états peuvent s’écrire sous la forme d’une combinaison linéaire d'opérateurs.<br> Ainsi, à titre d'exemple de combinaison linéaire, on peut former l'opérateur: dont l’action sur un état, représenté par le ket formula_73, sera l’état : Un exemple physique : Prenons le cas d'un atome à deux niveaux. Notons formula_75 son niveau (état) fondamental et formula_76 son état excité. On peut définir formula_77 comme étant l'opérateur dont l'application permet de faire passer l'atome de son état fondamental vers son état excité. Ainsi, si l'on fait porter formula_78 sur formula_75 on obtient : Au passage on notera que l'application d'un opérateur en notation de Dirac doit se lire de droite à gauche. Dans le cas présent, l'opérateur formula_78 assure donc bien la transition de formula_75 vers formula_84
Narmer Narmer est un roi de l'Égypte antique ayant régné pendant la période thinite, 31 siècles avant notre ère. Il est probablement le successeur du couple / , roi et reine de la dynastie égyptienne zéro ou de Ka. Certains considèrent qu'il a unifié la Haute et la Basse-Égypte et fondé la . De fait, il est le premier roi de l’Égypte unifiée. Les informations sur ce pharaon sont essentiellement tirées de la célèbre palette de Narmer, palette de grauwacke le représentant victorieux contre un peuple que l'on n'a pas identifié. Y figurent les premiers hiéroglyphes clairement définis, qui forment le nom de ce roi ("nar-mer" en égyptien : « poisson-chat, burin »). Sur cette palette, il est représenté alternativement portant la couronne du Sud (couronne blanche des rois de Haute-Égypte) et celle du Nord (couronne rouge des rois de Basse-Égypte ou du delta). L'identité de Narmer suscite le débat, beaucoup d'égyptologues l'identifient à Ménès. Biographie. Origine. Manéthon donne pour origine aux deux premières dynasties la ville de Thinis. À proximité de Thinis, Abydos est la nécropole des rois de la période prédynastique égyptienne. Toutefois, il pourrait être originaire de Hiérakonpolis, la capitale du royaume du Sud. C'est en ce lieu qu'ont été trouvées la palette et la massue de Narmer, même si ces œuvres y ont probablement été déposées près de mille ans après le règne de Narmer. Généalogie. Les noms de Narmer et Hor-Aha ont été trouvés dans ce que les archéologues ont identifié comme étant la tombe de Neith-Hotep, une découverte qui a conduit à la conclusion que cette reine était l’épouse de Narmer et la mère de Hor-Aha. Des inscriptions mentionnant son nom ont été trouvées dans les tombes de Hor-Aha et de Djer, successeurs immédiat de Narmer, impliquant qu'elle est la mère de Hor-Aha. Le nom de Neith-Hotep signifie « Neith est satisfaite » et suggère que cette princesse était originaire de Basse-Égypte. En effet, la déesse Neith était la patronne de la ville de Sais, dans le delta occidental, la région même que Narmer a dû conquérir pour compléter l'unification de l'Égypte. Il est donc possible que Narmer épousa Neith-Hotep pour consolider le lien entre les deux régions d’Égypte. En outre, la présence du tombeau de cette reine à Nagada, en Haute-Égypte, a mené certains égyptologues à conclure qu'elle était descendante des dirigeants prédynastiques de Nagada ayant régné sur cette ville avant la formation d’une Haute-Égypte unie. Il a également été suggéré que la tête de massue de Narmer commémore ce mariage. Cependant, la découverte en 2012 d’inscriptions rupestres au Sinaï par Pierre Tallet remet en question la théorie que Neith-Hotep fut l’épouse de Narmer. À moins qu'elle ne soit l'épouse de Hor-Aha. Qu'elle soit ou non l’épouse de Narmer, elle demeure la première femme dans l’histoire dont on connaît le nom et dont l’existence est confirmée par des découvertes archéologiques. Le successeur de Narmer, Hor-Aha, est peut-être son fils et celui de Neith-Hotep. L'épouse de son successeur, Hor-Aha, est probablement sa fille, Beneryb. Nom. Méni est le nom utilisé sur les documents à partir de la (scarabée d'Hatchepsout et de ). Ménès en est la forme grecque utilisée par Manéthon. Son nom pourrait signifier « quelqu'un », « personne » ou « celui qui établit ». Il est possible que les prêtres, ne connaissant pas le nom du premier pharaon, mais devant le citer, aient utilisé cette expression à la place. Dans un article de juillet 2002, Bernadette Menu expose que Ménès serait une sorte de titre, « Celui qui établit », porté par les deux premiers souverains de la première dynastie, Narmer et Hor-Aha. Il est possible que Narmer ait changé de nom après l'unification et la mise en place de l'institution pharaonique en prenant le titre de Ménès, « le fondateur ». D'autant plus que les deux noms ont été retrouvés sur un sceau où ils sont associés, mais d'une façon qui n'assure pas qu'il s'agisse de la même personne. Certes, les pharaons de la portaient deux noms : le « Nom d'Horus », que pourrait représenter Narmer, et le « Nom des deux maîtresses » retenu par la tradition postérieure, qui pourrait être Ménès. L’orthographe complète du nom d'Horus de Narmer se compose des hiéroglyphes du poisson-chat ("nˁr") et du ciseau ("mr")), d’où la lecture « Narmer », basée sur le principe du rébus. Ce mot est parfois traduit par " le poisson-chat qui frappe ". Toutefois, il n’y a pas de consensus pour cette lecture. D’autres traductions incluent " le poisson-chat en colère, combattant, féroce, douloureux, furieux, mauvais, malfaisant, mordant, menacant ". Certains chercheurs ont suivi des approches complètement différentes pour lire ce nom et ont opté de ne pas du tout inclure le mot poisson-chat dans le nom. Ces approches, toutefois, ne sont généralement pas acceptées de façon unanime par la communauté des égyptologues. Plutôt que d'incorporer les deux hiéroglyphes, le nom de Narmer est souvent écrit sous une forme abrégée avec simplement le symbole de poisson-chat, parfois stylisé, et même, dans certains cas, uniquement représenté par une ligne horizontale. L’utilisation de cette orthographe simplifiée semble être liée à la formalité du contexte. Dans tous les cas où un serekh est inscrit sur des objets en pierre ou sur un sceau officiel, les deux symboles sont présents. Toutefois, dans la plupart des cas où le nom est écrit sur un tesson de poterie ou sur une inscription rupestre, seul apparaît le poisson-chat ou une version simplifiée. Deux autres orthographes du nom de Narmer ont également été découverts. Sur un sceau venant de Tarkhan, le symbole de l’oiseau "Tjay" (le signe G47 dans la liste de Gardiner, un oisillon battant des ailes) a été ajouté dans le serekh aux deux autres symboles traditionnellement utilisé pour Narmer. Cette écriture a été interprétée comme signifiant « Narmer le masculin » ; cependant, selon Ilona Regulski, « le troisième signe (l'oiseau "Tjay") ne fait pas partie intégrante du nom royal car il se rencontre si rarement ». Godron a suggéré que le signe supplémentaire ne fait pas partie du nom, mais a été mis à l'intérieur du serekh pour accommoder la composition. En outre, deux sceaux funéraires venant d'Abydos montrent le nom d'une manière unique : alors que le ciseau est inscrit où le poisson-chat serait traditionnellement attendu, un autre symbole a été ajouté, interprété par plusieurs chercheurs comme représentant une peau d'animal. Selon Dreyer, c'est probablement un poisson-chat paré d’une queue de taureau, semblable à l'image de Narmer sur la palette de Narmer ou il est montré portant une queue de taureau, symbole du pouvoir. Règne. Représentation possible. Le Musée Petrie d'archéologie égyptienne possède dans sa collection la tête de calcaire d'un ancien roi égyptien que le musée identifie comme étant une représentation de Narmer sur la base de la similitude (d’après Petrie) avec le visage du roi sur la palette de Narmer, une identification qui n’est pas en général acceptée. Selon Trope, Quirke & Lacovara, la suggestion selon laquelle il s’agit de Narmer est « improbable ». Alternativement, ils proposent d’y voir le roi Khéphren de la . Stevenson l'identifie également comme étant Khéphren. Charron l'identifie comme étant un roi de la période thinite, mais ne croit pas qu'elle puisse être assignée à un roi particulier. Wilkinson propose d’y voir un roi « probablement de la ». Identification possible avec Ménès. Narmer est souvent assimilé à Ménès, le fondateur de la , dite thinite selon Manéthon. Toutefois, cette conclusion n'est pas universelle. En effet, certains égyptologues soutiennent que Ménès est en réalité Hor-Aha et pensent qu'il a hérité d'une Égypte déjà unifiée par Narmer; d'autres maintiennent que Narmer a initié le processus d'unification mais n'a pas, ou partiellement réussi à l'achever, laissant ainsi Ménès prendre le relais. Les arguments sur le fait que Narmer et Ménès ne sont qu'une seule et même personne sont fondés sur l'apparence d'un sceau de boue trouvé à Abydos (Égypte). Une autre théorie possible est que Narmer pourrait, aussi, être le successeur immédiat du roi qui a unifié l’Égypte (peut-être le roi dont le nom a été trouvé sur une tête de massue découverte à Hiérakonpolis), et il aurait adopté les symboles d'unification mis en usage à la génération précédente. Deux listes royales trouvées dans les tombes de Den et Qâ citent Narmer comme fondateur de la , suivi par Hor-Aha. La liste de Qâ indique les huit rois de la première dynastie dans le bon ordre, en commençant par Narmer. Ménès n'est mentionné sur aucune de ces listes car c'est généralement le nom d'Horus qui est utilisé sur les monuments, alors que Ménès est un nom personnel. Bien qu'interconnectées, les questions de "qui était Ménès ?" et "qui unifia l’Égypte ?" sont en fait deux questions distinctes. Narmer est souvent crédité d’avoir unifié l'Égypte par la conquête de la Basse Égypte par la Haute Égypte. Alors que Ménès est traditionnellement considéré comme le premier roi de l’Égypte antique, Narmer a été identifié par la majorité des égyptologues comme étant la même personne que Ménès. Bien que vigoureusement débattue (Hor-Aha, le successeur de Narmer, est la principale alternative identifiée comme étant Ménès par plusieurs spécialistes), l'opinion prédominante est que Narmer était Ménès. La question est source de confusion car "Narmer" est un nom d’Horus, tandis que "Ménès" est une appellation personnelle (nom de naissance ou nom de Nesout-bity). Toutes les listes royales qui ont commencé à apparaître au Nouvel Empire dressent la liste des noms personnels de rois, et presque toutes commencent par Ménès ou par des souverains divins et/ou semi-divins, avec Ménès étant le premier "roi humain". La difficulté est de faire correspondre les preuves archéologiques contemporaines, qui répertorient les noms d’Horus, avec les listes royales qui énumèrent les noms personnels. Deux documents ont été mis en avant comme preuve que Narmer ou Hor-Aha était Ménès. Le premier document est l’étiquette de Naqada, qui montre un "serekh" de Hor-Aha à côté d'une enceinte à l'intérieur de laquelle des symboles ont été interprétés par certains chercheurs comme représentant le nom "Ménès". Le second est l’impression d’un sceau découvert à Abydos, sur lequel un "serekh" de Narmer alterne avec le symbole de l'échiquier, "mn", qui est interprété comme une abréviation de Ménès. Des arguments ont été proposés pour chacun de ces documents comme étant preuve que Narmer ou Hor-Aha était Ménès ; toutefois aucun de ces arguments n’est concluant. Deux sceaux funéraires, trouvés en 1985 et 1991 à Abydos, dans ou près des tombes de Den et Qâ, montrent Narmer comme étant le premier roi, suivi par Hor-Aha. La liste du sceau de Qâ dresse la liste des huit rois qui constituent ce que les égyptologues appellent la , en commençant par Narmer. Ces sceaux funéraires prouvent fortement que Narmer était le premier roi de la , et donc doit être identifié avec Ménès. Narmer et l'unification de l'Égypte. La fameuse palette de Narmer, découverte par James Edward Quibell en 1898 à Hiérakonpolis, montre Narmer portant les insignes des Haute et Basse-Égypte, donnant naissance à la théorie selon laquelle il aurait unifié ces deux royaumes. Depuis sa découverte, il y a débat pour savoir si la palette de Narmer représente un événement historique ou est purement symbolique. Toutefois, en 1993, Günter Dreyer découvre à Abydos une étiquette datant de Narmer et décrivant le même événement que la palette de Narmer, montrant par là qu'elle décrit bien un événement historique, une interprétation acceptée par la majorité des égyptologues. Toutefois, Baines et Wengrow continuent à émettre des doutes et réfutent cette conclusion. Les preuves archéologiques suggèrent que l'Égypte était au moins partiellement unifiée pendant les règnes de Ka et d'Iry-Hor (prédécesseurs immédiats de Narmer), et peut-être dès le règne de (plusieurs générations avant Iry-Hor). La collection d’impôt est probablement documentée pour Ka et Iry-Hor. La preuve d'un rôle joué par en Basse Égypte vient de sa tombe Uj à Abydos (Haute Égypte), où des étiquettes ont été trouvées identifiant des produits de Basse Égypte. Bien qu’il ne s’agisse pas de documents fiscaux, ces étiquettes sont en revanche probablement des indications d'échange plutôt que de conquête. Une différence considérable existe dans la quantité et la répartition des inscriptions avec les noms de ces précédents rois en Basse-Égypte et à Canaan (qui était atteint en passant par la Basse-Égypte), par rapport aux inscriptions datant du règne de Narmer. Les inscriptions de Ka ont été trouvées dans trois sites de la Basse-Égypte et une autre à Canaan. Des inscriptions d'Iry-Hor ont également été trouvées dans deux sites de Basse-Égypte et une en terre de Canaan. En comparaison, les "serekhs" de Narmer ont été trouvés dans dix sites de Basse-Égypte et dans neuf sites de Canaan (voir la discussion dans la section « Tombe et objets »). Le rôle de Narmer en Basse-Égypte apparaît donc comme conséquent par rapport à celui de ses deux prédécesseurs immédiats. Jusqu’à maintenant, le règne de souverains de Haute-Égypte ne peut être attesté en Basse-Égypte avant Iry-Hor. Les données archéologiques suggèrent donc que l'unification des deux terres commença avant Narmer et fut complétée par lui par la conquête d’une province dans le Nord-Ouest du Delta, comme représenté sur la palette de Narmer. L'importance que Narmer attacha à son « unification » de l'Égypte est démontrée par le fait qu'elle est commémorée non seulement sur la palette de Narmer, mais également sur un sceau-cylindre, l'étiquette-année de Narmer, et les coffres de Narmer. De plus, les conséquences de l'événement sont commémorées sur la . L'importance de l'unification pour les anciens Égyptiens est démontrée par le fait que Narmer est décrit comme le premier roi sur les deux sceaux funéraires mentionnés auparavant et est également listé sous le nom de Ménès, le premier roi, dans les listes royales ultérieures. Bien que l’existence de quelques rois soit attestée avant Narmer, aucun d'entre eux n'est mentionné dans ces documents. Il est donc possible d’affirmer que, du point de vue des anciens Égyptiens, l'histoire a commencé avec Narmer et l'unification de l'Égypte, et que tous les évènements l’ayant précédé furent relégués au domaine du mythe. Narmer dans le pays de Canaan. Selon Manéthon (cité dans Eusèbe (Fr. 7(a)), « Ménès mena une campagne étrangère et devint célèbre par la suite ». Si cette expédition a bien eu lieu (et en supposant qu'il s’agisse de Narmer), elle fut sans aucun doute dirigée vers la terre de Canaan où le "serekh" de Narmer a été identifié dans neuf sites différents. Quoiqu’une présence égyptienne soit bien attestée dans le pays de Canaan pendant deux siècles avant le règne de Narmer, c’est pourtant pendant le règne de ce roi que cette présence culmine, pour diminuer rapidement par la suite. Les relations entre l'Égypte et Canaan « ont commencé vers la fin du cinquième millénaire et ont apparemment pris fin pendant la deuxième dynastie, quand elles ont cessé tout à fait ». Trente-trois "serekhs" égyptiens datant de la Dynastie 0 ont ainsi été découverts en pays de Canaan, parmi lesquels vingt ont été attribués à Narmer. Avant Narmer, seuls un "serekh" de Ka et une inscription avec le nom d'Iry-Hor ont été trouvés en Canaan. Les "serekhs" datant de souverains ayant régné avant Iry-Hor sont des "serekhs" génériques soit ne faisant pas référence à un roi spécifique, soit nommant des rois qui ne sont pas attestés à Abydos. Un seul "serekh" attribué au successeur de Narmer, Hor-Aha, a été trouvé en Canaan, preuve du déclin de la présence égyptienne dans la région. Il convient de noter que même cet exemple est contestable, Wilkinson ne croyant pas qu'il existe de "serekhs" de Hor-Aha en dehors d'Égypte. De plus, très peu de "serekhs" associés aux autres rois des deux premières dynasties ont été découverts au pays de Canaan. La présence égyptienne en terre de Canaan se manifeste davantage par la découverte dans cette région du Proche-Orient de poterie égyptienne fabriquée à partir d'argile du Nil, ainsi que de poterie fabriquée à partir d'argile locale mais dans le style égyptien. Ces dernières trouvailles archéologiques suggèrent l’existence de colonies égyptiennes dans la région plutôt que de simples échanges. La nature du rôle de l'Égypte dans le pays de Canaan a été vigoureusement débattue, avec d’un côté certains chercheurs suggérant une invasion militaire et de l’autre ceux qui proposent l’existence de relations commerciales et coloniales, une théorie qui gagne de plus en plus d’adhérents dans la communauté égyptologique. Toutefois, la présence de fortifications à Tell Es-Sakan datant de la dynastie 0 ou du début de la , et bâties presque exclusivement dans un style de construction égyptien, démontrent qu’un contingent militaire égyptien devait être également présent dans la région. Quelle que soit la nature de la présence égyptienne en pays de Canaan, le contrôle du commerce vers et à travers Canaan était important pour l'Égypte ancienne. Narmer n'a probablement pas établi l'influence initiale de l'Égypte dans cette région par le biais d’une invasion militaire, mais il est fort possible qu’il lança une campagne militaire pour réaffirmer l'autorité égyptienne ou pour augmenter sa sphère d'influence dans la région. En plus du passage de Manéthon et du grand nombre de "serekhs" de Narmer trouvés en Canaan, une reconstruction récente effectuée par Günter Dreyer d’un coffre attribué à Narmer peut représenter la commémoration d’une campagne militaire en terre de Canaan. Il est également possible qu’il s’agisse simplement de la présentation de biens offerts à Narmer par les Cananéens. Date et durée du règne. La date traditionnellement donnée pour le début du règne de Narmer est env. 3100 avant notre ère. D’autres estimations dominantes, qui utilisent à la fois la méthode historique et la datation par le carbone 14, placent ce règne entre env. 3273 et 2987 avant notre ère. Manéthon, prêtre sous le règne de , écrit l"'Histoire de l'Égypte" ("Ægyptiaca") au avant notre ère. L’œuvre est perdue mais elle est connue par des citations fragmentaires d'historiens du et s. Sextus Julius Africanus donne un règne de soixante ans à Narmer. La version de Eusèbe de Césarée réduit son règne à 30 ans. Les deux versions précisent que Ménès a été tué par un hippopotame. Il peut s’agir de Narmer mais son identité commune avec Ménès n'est pas prouvée. Cet épisode pourrait être une allégorie d'un conflit entre Nagada (dont le dieu Seth est le protecteur des hippopotames) et Hiérakonpolis. Sépulture et objets archéologiques. Tombeau. La tombe de Narmer à Oumm el-Qa'ab près d'Abydos en Haute-Égypte consiste en deux chambres jointes (B17 et B18), tapissées de briques en terre crue. Les deux tombes B17 et B18, faisant chacune séparées par un mur, furent découvertes par Émile Amélineau en 1894 et fouillées par William Matthew Flinders Petrie entre 1899 et 1901, mais ce n’est qu’en 1964, avec Werner Kaiser qu’elles furent associées avec Narmer. Il identifie sa tombe dans le cimetière B grâce à un sceau représentant Narmer. Depuis 1973, le site a fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles par l'Institut archéologique allemand, ce qui a permis de comprendre l'architecture et le mode de construction des tombes. La tombe de Narmer est située à proximité des tombeaux de Ka, qui a probablement gouverné la Haute-Égypte juste avant Narmer, et Hor-Aha, qui fut son successeur immédiat. Bâtie voilà plus de , cette tombe a été pillée à maintes reprises depuis l'Antiquité. Il est donc surprenant que les archéologues aient pu y faire des découvertes notables. En raison des pillages répétés au cours des siècles à Oumm el-Qa'ab, de nombreux articles provenant de la tombe de Narmer ont été trouvés dans d'autres sépultures, et, vice-versa, des objets d'autres rois ont été retrouvés dans la tombe de Narmer. Malgré cela, Flinders Petrie, entre 1899 et 1903, et l'Institut archéologique allemand (DAI) ont fait des découvertes de la plus haute importance pour mieux comprendre l'histoire du début de l'Égypte par leur ré-excavation des tombeaux d'Oumm el-Qa'ab. En dépit de l'état chaotique du cimetière, des inscriptions sur bois et os, des impressions de sceaux, ainsi que des dizaines de pointes de flèches en silex. Des couteaux en silex et un fragment de chaise en ébène ont également été découverts dans la tombe de Narmer, ces objets ayant à priori fait partie de l'assemblage funéraire original. Ces objets ne sont pas mentionnés dans les publications de Petrie, mais sont maintenant au Musée Petrie d'archéologie égyptienne sous les numéros d'enregistrement UC35679, UC52786 et UC35682. Selon Dreyer, ces pointes de flèches proviennent probablement du tombeau de Djer, où des pointes de flèches semblables ont été trouvées. Il est probable que tous les rois de l'Égypte ancienne enterrés à Oumm el-Qa'ab possédaient des enclos funéraires dans le secteur nord du cimetière d’Abydos, près de la zone agricole. Ceux-ci étaient caractérisés par de gros murs de briques crues qui clôturaient l'espace dans lequel on pense que les cérémonies funéraires avaient lieu. Huit enclos ont été fouillés, parmi lesquels deux restent à identifier. Il est possible qu’un de ces enclos ait pu appartenir à Narmer, mais cette hypothèse n’a pas encore été confirmée. Objets. Narmer est bien attesté dans toute l'Égypte, dans le sud du pays de Canaan, et au Sinaï : au total 98 inscriptions sur vingt-sept sites. À Abydos et Hiérakonpolis, le nom de Narmer apparaît à la fois seul ou à l’intérieur d’un "serekh". En dehors de ces sites, et à l’exception de Coptos, le nom de Narmer est écrit dans un serekh. En Égypte, son nom a été trouvé dans 17 sites : quatre en Haute-Égypte (Hiérakonpolis, Nagada, Abydos, et Coptos) ; dix en Basse-Égypte (Tarkhan, Helwan, Zaouiet el-Aryan, Tell Ibrahim Awad, Ezbet el-Tell, Minshat Abu Omar, Saqqarah, Buto, Tell el-Farkha, et Kafr Hassan Dawood) ; une dans le désert oriental (Wadi el-Qaash) ; et deux dans le désert occidental (oasis de Kharga et Gebel Tjauti). Pendant le règne de Narmer, l'Égypte avait des intérêts économiques dans le sud du pays de Canaan. Des tessons de poterie ont été découverts dans plusieurs sites, à la fois des pots fabriqués en Égypte et importés en terre de Canaan et à d'autres fabriqués dans le style égyptien avec des matériaux locaux. Durant le règne de Narmer, l'Égypte a une présence économique active dans le sud de Canaan. Des tessons de poterie ont été découverts sur plusieurs sites, certains provenant de jarres fabriquées en Égypte et importées en Canaan, d'autres fabriqués localement dans un style égyptien. Les dernières découvertes permettent de conclure que la présence de l’Égypte n'est pas simplement le résultat d'échanges commerciaux mais atteste d'une colonisation. Il est possible que la présence de l'Égypte soit le résultat d'une invasion militaire, mais ce point de vue n'est pas général. Vingt "serekhs" ayant pu être rattachés à Narmer ont été découverts en terre de Canaan, parmi lesquels sept sont incertains ou controversés. Ces "serekhs" proviennent de neuf sites différents : Tel Arad, En Besor (Ein HaBesor), Tell Es-Sakan, Nahal Tillah (Halif Terrace), Tel Erani (Tel Gat), Tel Malhata, Tel Ma'ahaz, Tel Lod, et Lahav. Un serekh provenant de Lod est attribué à Ka, prédécesseur de Narmer. Un autre serekh est attribué à Hor-Aha, successeur de Narmer. Les autres serekhs ne portent pas de nom ou portent des noms ne correspondant à aucun pharaon connu. Le "serekh" de Narmer, ainsi que ceux d'autres rois pré- et protodynastiques, ont été trouvés dans le Ouadi 'Ameyra dans le sud du Sinaï, où les inscriptions commémorent les expéditions minières égyptiennes vers cette région. Après 20 ans d'activité en Canaan, la présence égyptienne atteint un pic sous le règne de Narmer avant de décliner après lui. Nag-el-Hamdulab. Mentionnée pour la première fois à la fin du , une collection de gravures rupestres à Nag-el-Hamdulab, près d'Assouan, a été retrouvée en 2009 et c’est lors de cette redécouverte que les archéologues prirent conscience de son importance historique. Parmi les nombreuses inscriptions, le tableau 7a montre un homme portant une coiffure similaire à la couronne blanche de Haute-Égypte et tenant un sceptre. Il est suivi par un homme avec un éventail. Il est également précédé de deux hommes portant des étendards et accompagnés d'un chien. Outre le motif du chien, cette scène est similaire aux scènes sur la tête de massue de Scorpion et sur le recto de la palette de Narmer. L'homme armé d'ornements pharaoniques (la couronne et le sceptre) peut clairement être identifié à un roi. Bien qu'aucun nom n'apparaisse sur le tableau, Darnell l'attribue à Narmer en se basant sur l’iconographie et suggère que cette scène pourrait représenter une visite de Narmer dans la région pour le rituel du « Cortège d’Horus ». Au cours d’une entrevue en 2012, Gatto décrit également le roi dans cette inscription comme étant Narmer. Toutefois, Hendrickx place cette scène légèrement avant Narmer, se basant, en partie, sur l'absence inhabituelle du nom royal de Narmer dans l'inscription.
Nombre complexe En mathématiques, l'ensemble des nombres complexes a été progressivement introduit au par l’école mathématique italienne (Jérôme Cardan, Raphaël Bombelli, Tartaglia) afin d'exprimer les solutions des équations du troisième degré en toute généralité par les formules de Cardan, en utilisant notamment des « nombres » de carré négatif. Cet ensemble est actuellement défini comme une extension de l'ensemble des nombres réels, contenant en particulier un "nombre imaginaire" noté tel que . Le carré de est aussi égal à −1 : . Tout nombre complexe peut s'écrire sous la forme où et sont des nombres réels. On peut munir l'ensemble des nombres complexes d'une addition et d'une multiplication qui en font un corps commutatif contenant le corps des nombres réels. Il est appelé corps des nombres complexes et se note ℂ. La notion de valeur absolue définie sur l'ensemble des nombres réels peut être étendue à l'ensemble des nombres complexes et prend alors le nom de module. Mais on ne peut pas munir l'ensemble des nombres complexes d'une relation d'ordre qui en ferait un corps totalement ordonné, c'est-à-dire qu'il n'est pas possible de comparer deux complexes en respectant les règles opératoires valables pour les nombres réels. Ce n'est qu'à partir du , sous l'impulsion de l'abbé Buée et de Jean-Robert Argand (plan d'Argand), puis avec les travaux de Gauss et de Cauchy, que se développe l'aspect géométrique des nombres complexes. On les associe à des vecteurs ou des points du plan. Les transformations du plan s'expriment alors sous forme de transformations complexes. En algèbre, le théorème de d'Alembert-Gauss énonce qu'un polynôme complexe non constant possède toujours au moins une racine complexe. Le corps des nombres complexes est dit algébriquement clos. On peut ainsi identifier le degré d'un polynôme complexe non nul au nombre de ses racines comptées avec leur ordre de multiplicité. En analyse, l'exponentielle complexe permet de simplifier l'étude des séries de Fourier, puis de définir la transformée de Fourier. La branche de l'analyse complexe concerne l'étude des fonctions dérivables au sens complexe, appelées fonctions holomorphes. En physique, les nombres complexes sont utilisés pour décrire le comportement d'oscillateurs électriques ou les phénomènes ondulatoires en électromagnétisme ( représentant une sinusoïde). Dans le domaine de l'électricité et notamment de l'électrocinétique, on note souvent l'unité imaginaire, la notation usuelle pouvant prêter à confusion avec le symbole d'une intensité électrique. Ils sont aussi essentiels dans la formulation mathématique de la mécanique quantique. Introduction. La méthode de Cardan fournit une solution des équations du troisième degré, à condition de pouvoir résoudre une équation auxiliaire du second degré. Or cela est impossible lorsque son discriminant est négatif, alors qu’on sait que l’équation initiale admet des solutions. Cardan lui-même s’est enhardi à introduire dans ce cas des nombres « imaginaires » de carré négatif, constatant qu’alors sa méthode fonctionnait et produisait bien les solutions de l’équation initiale. Il est clair que si l’on admet l’existence de tel que = –1, on doit aussi introduire tous les « nombres » de la forme a + b. (où a et b sont des nombres ordinaires). Il aura fallu deux siècles pour que les mathématiciens se convainquent que ces nombres « absurdes », loin d’amener à des résultats contradictoires, étaient au contraire d’une grande utilité dans de nombreux domaines fort éloignés des questions algébriques qui leur avaient donné naissance. Présentation. Les nombres complexes, notés habituellement , peuvent être présentés sous plusieurs formes, algébriques, polaires, ou géométriques. Forme algébrique. Un nombre complexe se présente en général sous forme algébrique comme une somme , où et sont des nombres réels quelconques et où (l’unité imaginaire) est un nombre particulier tel que = –1. Le réel est appelé partie réelle de et se note ou , le réel est sa partie imaginaire et se note ou . Deux nombres complexes sont égaux si et seulement s'ils ont la même partie réelle et la même partie imaginaire. Un nombre complexe est dit imaginaire pur ou totalement imaginaire si sa partie réelle est nulle, dans ce cas il s'écrit sous la forme . Un nombre complexe dont la partie imaginaire est nulle est dit réel. Le nombre réel 0 est le seul qui soit à la fois réel et imaginaire pur. Bien sûr la plupart des nombres complexes ne sont ni réels ni imaginaires purs. Dans les textes anciens, de tels nombres, avant de s'appeler « complexes », s'appelaient « imaginaires », ce qui explique l'habitude persistante d'appeler « imaginaires purs » ceux ne comportant pas de partie réelle. Forme polaire. Pour tout couple de réels différent du couple (0,0), il existe un réel positif et une famille d'angles déterminés à un multiple de 2π près tels que et . Tout nombre complexe non nul peut donc s'écrire sous une forme trigonométrique : avec . Le réel positif est appelé le module du complexe et est noté ||. Le réel est appelé un argument du complexe et est noté . On écrit parfois ce même complexe sous les formes suivantes : Le module du complexe est la racine carrée de la somme des carrés des parties réelles et imaginaires : Pour calculer un argument θ à partir de la forme algébrique , on peut utiliser les fonctions arccos, arcsin ou arctan : formula_1 Par exemple, les réels strictement positifs ont un argument multiple de , les réels strictement négatifs ont pour argument un multiple impair de . Les imaginaires purs non nuls ont un argument congru à ou – modulo , selon le signe de leur partie imaginaire. Forme géométrique. Dans un plan complexe formula_2 muni d'un repère orthonormé formula_3, l'image d'un nombre complexe est le point "M" de coordonnées ("a", "b"), son image vectorielle est le vecteur formula_4. Le nombre est appelé affixe du point "M" ou du vecteur formula_4 (dans ce contexte, affixe est féminin : une affixe). Le module || est alors la longueur du segment ["OM"]. Si "z" est différent de 0, son image est distincte de l'origine "O" du repère. Est argument de n'importe quelle mesure en radians de l'angle formula_6, bien définie à un multiple de près. Puisque tous les plans complexes sont canoniquement isomorphes, on parle du plan complexe sans préciser davantage. Opérations et relations. Addition. Forme algébrique. Dans l'ensemble des nombres complexes, on définit une addition de la manière suivante : Cette opération est associative, commutative, possède un élément neutre (le complexe nul) et tout complexe possède un opposé : L'ensemble des nombres complexes muni de l'addition forme donc un groupe commutatif. Interprétation géométrique. Si et ' sont les points d'affixes et ', l'image de la somme est définie par la relation Pour tout complexe , la transformation qui, au point d'affixe , associe le point d'affixe est une translation de vecteur d'affixe . Multiplication. Forme algébrique. Dans l'ensemble des nombres complexes, on définit une multiplication de la manière suivante : Cette opération est associative, commutative, distributive pour l'addition et possède un élément neutre 1. Puisque , un complexe est noté indifféremment ou Ces propriétés permettent d'obtenir l'égalité suivante : Puisque la somme de deux carrés de nombres réels est un nombre réel strictement positif (sauf si ), il existe un inverse à tout nombre complexe non nul avec l'égalité : L'ensemble des nombres complexes munis de l'addition et de la multiplication est donc un corps commutatif. De plus, l'ensemble des nombres complexes muni de l'addition et de la multiplication par un réel est un espace vectoriel sur ℝ de dimension 2 Forme polaire. Cette écriture est adaptée au calcul du produit de deux nombres complexes du fait des formules d'addition : Ces identités, appliquées à la forme trigonométrique des nombres complexes, permettent d'énoncer les règles suivantes : La forme exponentielle met en évidence ces propriétés
Neil Armstrong Neil Alden Armstrong, né le à Wapakoneta dans l'Ohio aux États-Unis et mort le à Cincinnati dans le même État, est un astronaute américain, pilote d'essai, aviateur de l' et professeur. Il est le premier homme à avoir posé le pied sur la Lune le à UTC, durant la mission "Apollo 11", prononçant alors une phrase restée célèbre : (en français : ). Armstrong obtient une licence en aéronautique à l'université Purdue. Ses études sont momentanément interrompues en 1950 par son service militaire dans la marine de guerre des États-Unis. Il y suit une formation de pilote d'avion à réaction. Basé sur le porte-avions , il participe à la guerre de Corée et réalise sur des chasseurs F9F Panther. Après avoir obtenu son diplôme, il intègre, en 1955, le National Advisory Committee for Aeronautics (NACA), organisme de recherche aéronautique ancêtre de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Devenu pilote d'essai, il effectue plus de pour mettre au point des bombardiers et des chasseurs ; il pilote également les avions-fusées expérimentaux Bell X-1B, Bell X-5 et North American X-15. En 1962, il rentre dans le corps des astronautes de l'agence spatiale américaine, la NASA. En 1966, Armstrong effectue son premier vol spatial à bord de "Gemini 8" et réalise le premier amarrage de deux engins spatiaux. Il est sélectionné comme commandant d"Apollo 11", la première mission à se poser sur la Lune. Le , il pilote le module lunaire "Apollo" qui atterrit. Avec son copilote Buzz Aldrin, Armstrong réalise une sortie extravéhiculaire d'une durée de deux heures vingt qui constitue les premiers pas de l'homme sur un autre corps que la Terre. Immédiatement après sa mission, Armstrong quitte le corps des astronautes. Il occupe un temps un poste d'enseignant dans le domaine aérospatial et sert de porte-parole pour le compte de plusieurs sociétés américaines. Il est membre des commissions d'enquête formées après l'interruption de la mission "Apollo 13" (1970) et l'accident de la navette spatiale "Challenger" (1986). Biographie. Jeunesse et études. Neil Alden Armstrong naît le à Wapakoneta dans l'Ohio dans une région rurale du Middle West. Il est le fils de Stephen Koenig Armstrong (né aux États-Unis en 1898 et mort en 1990) et de Viola Louise Engel (née en Irlande en 1907 et morte en 1990). Sa famille a des origines écossaises par son père ("clan Armstrong" de Langholm dont il a emporté une pièce du tartan traditionnel lors de la mission Apollo 11), irlandaise et allemande (grands-parents maternels issus de Ladbergen) par sa mère. Son père est auditeur pour l'État de l'Ohio et sa mère femme au foyer. Neil est l'aîné des trois enfants, de sa sœur June et de son frère Dean. La famille déménage fréquemment pour suivre les différentes affectations de Stephen Armstrong dans la région. Au cours de ses quinze premières années, Neil va ainsi habiter dans vingt localités différentes. La famille déménage une dernière fois en 1944 à Wapakoneta où elle s'installe définitivement. Neil pratique le scoutisme : il entre chez les Boy Scouts of America où il parvient au rang le plus élevé d'Eagle Scout. À Wapakoneta, il étudie à la Blume High School. Dès son plus jeune âge, Neil s'intéresse à l'aviation. À , son père l'emmène aux courses aériennes de Cleveland, et à , il fait son baptême de l'air dans un Ford Trimotor à Warren le . Il pratique le modélisme à partir de l'âge de et réalise différents petits jobs pour se payer des cours de pilotage sur l'Aeronca 7 Champion à l'aéroport de Wapakoneta en 1945 : il obtient son brevet de pilote le jour de son seizième anniversaire, avant même son permis de conduire. C'est également à cet âge qu'il fait ses premières observations astronomiques grâce au télescope de Jacob Zint, un voisin astronome amateur. En 1947, Armstrong commence à étudier l'aéronautique à l'université Purdue. Il est seulement la deuxième personne de sa famille qui entre à l'université. Il est accepté au Massachusetts Institute of Technology (MIT), mais le seul ingénieur qu'il connaisse et qui y ait étudié, le dissuade d'y aller, lui disant qu'il n'est pas nécessaire d'étudier à Cambridge (Massachusetts) pour recevoir une éducation de qualité. Les revenus de la famille de Neil sont modestes et les frais de scolarité pour l'université sont financés par le plan Holloway, programme porté par . Celui-ci prend en charge le règlement de six ans d'études en échange d'un temps de service de trois ans dans la Marine de guerre américaine. À Purdue, il obtient des notes qui le placent onzième parmi ses 78 camarades de classe. Service dans la marine. Neil Armstrong est appelé pour effectuer son service militaire dans la marine le . Il suit une formation de pilote au Naval Air Station Pensacola durant dix-huit mois et obtient en son diplôme de pilote d'avion à réaction embarqué sur porte-avions alors qu'il a tout juste . Il est alors affecté à la base de Naval Air Station North Island (son appellation actuelle) située à San Diego au sud de la Californie. Peu après, il est intégré dans l'escadrille 51 composée de chasseurs embarqués Grumman F9F-2B Panther. Il réalise son premier vol sur ce type d'appareil le et, six mois plus tard, réalise son premier appontage sur l'. Cet événement lui permet d'être promu enseigne de vaisseau. Peu après, l’"Essex", avec à son bord l'escadrille d'Armstrong, met le cap sur la Corée pour soutenir les forces de l'Organisation des Nations unies (ONU) engagées dans la guerre de Corée. Le squadron d'Armstrong a pour mission d'effectuer des attaques au sol. Armstrong réalise son premier vol au-dessus de la zone de conflit le : il escorte un avion de reconnaissance photo sur Sŏngjin (Kimch'aek). Cinq jours plus tard, son avion est abattu au cours d'une mission d'attaque au sol. Neil devait bombarder une zone de stockage de marchandises et un pont situés au sud du village de Majon-ni, à l'ouest de Wonsan. Durant son passage à basse altitude à une vitesse d'environ , son F9F Panther est touché par des projectiles de l'artillerie antiaérienne. Alors qu'il tente de reprendre le contrôle de son avion, il perd environ un mètre de l'extrémité de son aile droite cisaillée par un câble qui a été tendu à une hauteur d'environ au-dessus de la vallée. Armstrong parvient néanmoins à ramener son avion en territoire « ami ». Il ne peut atterrir sans risque car il a perdu un de ses ailerons. Il choisit de s'éjecter au-dessus d'un plan d'eau situé près de Pohang et d'attendre ensuite les hélicoptères de secours. Poussé par le vent après s'être éjecté, il se pose sur la terre ferme et est recueilli par une jeep conduite par un de ses camarades de chambrée de l'école de pilotage. L'épave du F9F-2 n'a pas été retrouvée. Au cours de la guerre de Corée, Armstrong réalise 78 missions et totalise en vol, la plupart effectuées en . Il reçoit l'Air Medal pour ses 20 premières missions de combat, la Gold Star pour les 20 suivantes, et la Korean Service Medal, ainsi que l'Engagement Star. Armstrong quitte la Marine le et est versé dans la réserve de la Marine de guerre américaine avec le grade de Lieutenant, Junior Grade (enseigne de vaisseau de première classe). Armstrong retourne à l'université Purdue pour poursuivre ses études. Il effectue ses meilleurs semestres durant cette deuxième partie de sa scolarité et sa dernière moyenne est de 4,8 sur 6,0. Il achève ses études en 1955 en obtenant une licence en sciences dans le domaine de l'aérospatiale. Pilote d'essai. Après avoir obtenu son diplôme de Purdue, Armstrong décide de devenir pilote d'essai. Il postule auprès du NACA, organisme de recherche aéronautique ancêtre de la NASA, qui effectue à la fois des recherches théoriques et pratiques. Sa candidature est retenue et il y entre en . Le NACA n'ayant pas besoin de pilotes au moment de son embauche, il travaille brièvement au Lewis Flight Propulsion Laboratory du Glenn Research Center à Cleveland, Ohio, avant d'intégrer le centre de recherche aéronautique du NACA sur la base d'Edwards, le site des essais en vol en . Pour sa première journée à la base d'Edwards, Armstrong pilote un avion suiveur. Il vole par la suite sur des bombardiers reconvertis et, au cours d'une de ces missions, connaît son premier incident en vol à Edwards. Le , Armstrong est pilote dans le siège droit d'un Boeing B-29 Superfortress qui doit larguer un avion-fusée Douglas Skyrocket D-558-2. Au poste qu'il occupe, Armstrong a la responsabilité de la libération de la charge utile (l'avion-fusée), tandis que le pilote de gauche, Stan Butchart, commande le vol du B-29 quadrimoteur. En montant à (), le moteur numéro quatre commence à ralentir puis, au contraire, s'emballe. Le moteur ne peut être arrêté et il menace de se désintégrer. L'avion a besoin de maintenir une vitesse de pour pouvoir libérer la Skyrocket, et il ne peut atterrir avec l'engin non largué. Armstrong et Butchart font piquer leur avion, pour accélérer et pouvoir libérer la Skyrocket juste avant que le moteur ne se désintègre. Des morceaux de celui-ci endommagent deux autres moteurs. Butchart et Armstrong sont contraints d'arrêter le moteur numéro trois en raison des dommages, et le moteur numéro un en raison du couple créé (les deux moteurs qui fonctionnent se trouvent du même côté). Ils réalisent une lente descente en spirale de en utilisant uniquement le moteur numéro deux, et parviennent à se poser sans dommage. Armstrong réalise son premier vol dans un avion-fusée, le , avec le Bell X-1B, à une altitude de . Le train d'atterrissage se brise à l'atterrissage, ce qui était déjà arrivé sur une dizaine de vols précédents, en raison de la conception de l'avion. Il effectue son premier vol sur le North American X-15 le , monte à cette occasion à une altitude de et atteint une vitesse maximale de Mach 1,75 (). En novembre 1960, Armstrong est choisi dans le cadre du projet Boeing X-20 Dyna-Soar, un corps portant militaire préfigurant la navette spatiale américaine et y participe jusqu'au bout, pendant près de 18 mois. Le , il est nommé un des six pilotes-ingénieurs, mais le projet est arrêté peu après. Armstrong a été impliqué dans plusieurs incidents qui ont marqué le folklore de la base d'Edwards ou qui furent cités par ses collègues. Le premier de ces incidents est un vol sur North American X-15, le , au cours duquel Armstrong devait tester un système de contrôle pouvant s'ajuster automatiquement. Il monte jusqu'à une altitude de mais, durant la descente, maintient le nez de son appareil trop longtemps levé, si bien que son appareil « rebondit » jusqu'à une altitude de . À cette altitude, l'atmosphère est si ténue que les surfaces aérodynamiques n'ont pas d'effet. Durant la phase de descente, l'avion-fusée se comporte comme un planeur car il ne dispose d'aucune propulsion. À la suite de cette mauvaise manœuvre, il passe au-dessus de sa piste d'atterrissage à Mach 3 () et à plus de d'altitude. Selon la légende, il parvient à faire virer son appareil alors qu'il est éloigné de de la base Edwards, au niveau du Rose Bowl Stadium. Il parvient à ramener son avion près de la zone d'atterrissage, mais arrive tout juste à atterrir en posant ses roues à l'extrémité de la piste. Ce fut le plus long vol de X-15 en durée et en éloignement depuis la piste. Un deuxième incident se produit au cours d'un vol qu'Armstrong réalise avec Chuck Yeager, quatre jours après son aventure avec le X-15. Les deux pilotes sont à bord d'un Lockheed T-33 Shooting Star et doivent tester si le Smith Ranch Dry Lake peut servir de piste d'atterrissage d'urgence pour le X-15. Dans son autobiographie, Yeager écrit qu'il savait et avait averti son coéquipier que le lac n'était pas utilisable pour les atterrissages, après les pluies qui venaient de se produire, mais qu'Armstrong avait insisté pour effectuer ce test. Alors que l'avion effectue un atterrissage de type « touch-and-go », les roues restent bloquées et ils ne parviennent pas à redécoller. Les deux hommes sont obligés d'attendre les secours. Armstrong raconte une version différente des événements : selon celle-ci, Yeager n'a jamais essayé de le prévenir et l'avion a effectué un premier atterrissage réussi sur le côté est de la zone. Yeager lui aurait alors demandé d'effectuer une deuxième tentative à une vitesse moins élevée. C'est au cours de ce deuxième essai que l'avion aurait été immobilisé, déclenchant, selon Armstrong, l'hilarité de Yeager. Beaucoup de pilotes d'essai à Edwards ont loué les talents d'ingénieur d'Armstrong. Milt Thompson a déclaré qu'il était et Bruce Peterson a dit d'Armstrong qu'il avait . Ceux qui venaient de l'Armée de l'air américaine avaient tendance à avoir une opinion différente, en particulier des pilotes comme Chuck Yeager et Pete Knight, qui n'avaient pas de diplôme d'ingénieur. Knight a dit que les pilotes-ingénieurs volaient d'une manière qui était « plus mécanique » et expliquait que c'était pour cette raison que certains pilotes-ingénieurs rencontraient des problèmes en vol : leurs compétences de pilote n'étaient pas innées. Le , Armstrong est impliqué dans « l'affaire Nellis ». Il est envoyé dans un Lockheed F-104 Starfighter pour inspecter le Delamar Dry Lake, là encore pour vérifier si celui-ci permet les atterrissages d'urgence. Il a mal évalué son altitude et ne s'est pas rendu compte que son train d'atterrissage n'était pas complètement déployé. En touchant le sol, le train d'atterrissage commence à se rétracter. Armstrong met plein gaz pour reprendre de l'altitude, mais la partie ventrale de l'avion et les portes du train d'atterrissage heurtent le sol ce qui déclenche une fuite de liquide hydraulique et endommage également la radio. Armstrong se dirige alors vers la Nellis Air Force Base et, en l'absence de communication radio, survole la tour de contrôle en « battant des ailes » pour signaler qu'il va effectuer une tentative d'atterrissage sans disposer de radio. La perte de fluide hydraulique entraîne la libération du crochet d'appontage (utilisé sur les porte-avions), et celui-ci se prend dans un câble qui entraîne une chaîne d'ancre. Il faut près de trente minutes pour dégager la piste et réparer le câble. Pendant ce temps, Armstrong téléphone à Edwards et demande que quelqu'un vienne le chercher. Milt Thompson est envoyé à bord d'un F-104B, le seul avion biplace disponible, mais que Thompson n'avait jamais piloté. Thompson parvient non sans difficultés à Nellis, mais l'avion effectue un atterrissage dur car il souffle, à ce moment-là, un vent de travers violent, et un des pneus du chasseur éclate. La piste est de nouveau fermée afin d'être dégagée. Bill Dana est envoyé à son tour à Nellis, cette fois-ci dans un Lockheed T-33 Shooting Star, mais il atterrit presque trop loin. Le commandement de la base de Nellis décide que le mieux est de trouver un véhicule terrestre pour rapatrier les trois pilotes, afin d'éviter un nouveau problème. Armstrong a effectué sept vols sur North American X-15, au cours desquels il a atteint une altitude de () et une vitesse de (Mach 5,74) à bord du X-15-1. Lorsqu'il abandonne sa fonction de pilote d'essais, il a réalisé plus de de vol sur plus de 200 appareils différents (dont des avions à réaction, des hélicoptères et des planeurs). Astronaute à la NASA et premiers entraînements. La vocation d'astronaute d'Armstrong ne résulte pas d'une décision instantanée. En , il est sélectionné pour faire partie du programme "Man In Space Soonest" de l'Armée de l'air américaine. En , il devient un des pilotes consultants pour le projet Dyna Soar et, en , il est désigné comme un des six pilotes ingénieurs susceptibles de piloter l'avion dans l'espace si ce projet se concrétise. Au cours des mois qui suivent l'annonce du recrutement du Groupe d'astronautes 2 par la NASA, il est de plus en plus enthousiasmé par le programme "Apollo" et par la perspective de découvrir un nouvel environnement aéronautique. Mais la candidature d'Armstrong arrive environ une semaine après la date limite fixée au . , avec qui Armstrong avait collaboré étroitement à la base d'Edwards et qui travaillait à ce moment-là au Manned Spacecraft Center, voyant l'arrivée tardive de son dossier, le glisse dans la pile des candidatures à étudier sans que personne ne le remarque. Armstrong passe en juin à la , l'examen médical que la plupart des candidats décrivaient comme douloureux et parfois inutile. Le , Deke Slayton appela Armstrong et lui demanda s'il voulait faire partie du Groupe d'astronautes 2 baptisé par la presse américaine « The New Nine » (les neuf nouveaux). Armstrong accepta sans hésitation. Les résultats des sélections furent gardés secrets durant trois jours, mais les journaux avaient annoncé, depuis le milieu de l'été, qu'un des candidats retenus serait le « premier astronaute civil ». Armstrong est le premier astronaute américain qui ne soit pas militaire d'active au moment de sa sélection. Programme "Gemini". "Gemini 8". Les astronautes de la mission Gemini 8 sont désignés le : Armstrong est le commandant et David Scott le pilote. Ce dernier est le premier membre du groupe d'astronautes 3 à recevoir une place dans l'équipage titulaire d'une mission spatiale. La mission est lancée le . Celle-ci est la plus complexe réalisée jusque-là, avec un rendez-vous et un amarrage du vaisseau Gemini avec l'étage de fusée "Agena" et une activité extravéhiculaire (EVA) qui constitue la deuxième sortie américaine et la troisième en tout, réalisée par Scott. La mission doit durer 75 heures et le vaisseau doit effectuer 55 orbites. Après le lancement de l'étage-cible "Agena" à 0 UTC, la fusée Titan II GLV transportant Armstrong et Scott décolle à UTC. Une fois en orbite, la poursuite de l'étage "Agena" par le vaisseau Gemini 8 s'engage. Le premier rendez-vous et l'amarrage entre les deux engins qui constitue une première sont réalisés avec succès, après 6 heures et trente minutes passées en orbite. Le contact du centre de contrôle avec l'équipage est intermittent car les stations terrestres ne permettent qu'une couverture partielle de l'orbite. Pendant une de ces périodes sans liaison radio avec le sol, l'engin spatial commence à tourner sur lui-même. Armstrong essaie de corriger, sans y parvenir, ce problème d'orientation avec les moteurs-fusées dédiés au contrôle d'attitude faisant partie de l' (OAMS). Comme suggéré auparavant par le centre de contrôle, les astronautes choisissent de désamarrer leur vaisseau de l'étage "Agena" mais ne constatent aucune amélioration : la vitesse de rotation s'est encore accrue, atteignant un tour par seconde. L'équipage comprend alors que le problème vient du système de contrôle d'attitude du vaisseau Gemini. Armstrong décide de désactiver le système de contrôle d'attitude OAMS et d'initialiser les rétrofusées RCS. Les procédures imposaient qu'une fois le système RCS activé, l'engin devait entamer sa rentrée sur Terre dès que possible. Il a été démontré par la suite qu'une connexion électrique endommagée avait bloqué en position allumée un des moteurs-fusées utilisé pour le contrôle d'attitude. Quelques personnes, dont Walter Cunningham, ont déclaré publiquement par la suite que Scott et Armstrong n'avaient pas suivi les procédures en vigueur pour un tel incident et qu'Armstrong aurait pu sauver la mission s'il avait activé une seule des deux grappes de rétrofusées RCS (il y avait une deuxième grappe en cas de défaillance de la première). Ces critiques sont sans fondement car aucune procédure n'a été écrite pour une telle défaillance, et il est seulement possible d'activer les deux grappes de rétrofusées RCS simultanément et pas l'une ou l'autre. Gene Kranz a écrit : . Les planificateurs et les contrôleurs de la mission n'avaient pas réalisé que lorsque deux engins spatiaux sont amarrés ensemble, ils doivent être considérés comme un seul et même véhicule spatial. Armstrong fut déprimé et irrité que le vol ait été écourté : la plupart des objectifs de la mission n'avaient pas été remplis et Scott n'avait pu effectuer sa sortie extravéhiculaire. Armstrong ne fut pas mis au courant des critiques des autres astronautes, mais il réalisa après le vol que les moteurs de contrôle d'attitude du vaisseau Gemini auraient pu être désactivés lors de l'amarrage avec l'étage "Agena", et que le système de contrôle d'attitude de l’"Agena" aurait peut-être pu suffire pour stabiliser l'ensemble. Gemini 11. La dernière mission d'Armstrong lors du programme "Gemini" fut en tant que pilote-commandant de l'équipage de remplacement de "Gemini 11", laquelle était prévue deux jours après l'atterrissage de "Gemini 8". Ayant déjà reçu une formation pour les deux vols, Armstrong était très bien formé sur les systèmes et aurait été le mieux placé pour assister le pilote novice William Anders désigné avec lui. Mais l'équipage de remplacement ne fut pas mobilisé et c'est l'équipage titulaire formé par Pete Conrad et Dick Gordon qui fut lancé le . Les deux hommes purent remplir tous les objectifs de la mission, tandis qu'Armstrong assura les fonctions de contrôleur de vol (CAPCOM). Après le vol, le président américain Lyndon B. Johnson demanda à Armstrong et à sa femme de prendre part à une tournée de 24 jours en Amérique du Sud, destinée à promouvoir les relations avec les États-Unis. Les Armstrong étaient accompagnés de Dick Gordon, George Low, leurs épouses et d'autres fonctionnaires du gouvernement. Ils voyagèrent dans onze pays et quatorze grandes villes. Armstrong impressionna tous les participants en saluant les dignitaires dans leur propre langue. Au Brésil, il parla des exploits d'Alberto Santos-Dumont, qui est considéré dans ce pays comme le premier à avoir volé avec un aéronef « plus lourd que l’air » devançant les Américains Orville et Wilbur Wright. Programme "Apollo". Lorsqu'éclate l'incendie d"Apollo 1" le , qui est fatal aux astronautes Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee, Armstrong est en déplacement à Washington avec Gordon Cooper, Dick Gordon, Jim Lovell et Scott Carpenter pour la signature du traité de l'espace de l'Organisation des Nations unies. Armstrong et le groupe passent le reste de la nuit à boire et à spéculer sur l'origine de l'accident. Le , le jour même où la mission d'enquête sur l'incendie d'Apollo 1 a publié son rapport, Armstrong et dix-sept autres astronautes sont conviés à une réunion avec Deke Slayton. Slayton leur annonce que . Selon Eugene Cernan, Armstrong ne se montre pas particulièrement surpris car ceux qui sont présents sont les vétérans du programme "Gemini" et donc les seules personnes susceptibles de participer aux missions lunaires. Slayton parle des missions prévues et nomme Armstrong comme membre de l'équipage réserve d"Apollo 9" qui, à ce stade, est planifié pour être une mission en orbite terrestre moyenne destinée à tester le fonctionnement conjoint du module lunaire Apollo et du module de commande et de service Apollo. À la suite de retards dans la conception et la fabrication du module lunaire, "Apollo 9" et "Apollo 8" échangèrent leurs équipages. Sur la base du système de rotation des équipages, Armstrong doit commander la mission "Apollo 11". Pour que les astronautes puissent acquérir de l'expérience en vol sur le module lunaire Apollo, deux atterrisseurs lunaires expérimentaux dits Lunar Landing Research Vehicles (LLRV) sont construits par Bell Aircraft Corporation. Par la suite, trois Lunar Landing Training Vehicles (LLTV) jouant le même rôle sont construits. Surnommés les « sommiers volants », ils simulent la gravité lunaire en utilisant un turboréacteur à double flux. <br>Le , à environ du sol, Armstrong a un problème technique sur l'engin. Il parvient à s'éjecter à temps mais frôle la mort en raison de la proximité du sol et du temps d'ouverture du parachute. L'appareil s'écrase 3,7 secondes plus tard. Sa seule blessure est de s'être mordu la langue. Son sang-froid stupéfie ses collègues : " Il a regagné juste après son bureau, où ils étaient estomaqués de voir qu'il avait repris son travail. Il faisait le rapport de l'incident comme si rien ne s'était passé. Il est probable que sa capacité à gérer les crises a fait que la Nasa a choisi Armstrong pour aller sur la Lune". <br>Armstrong soulignera par la suite l'importance de l'expérience acquise avec ces vols simulés pour la réussite des atterrissages sur la Lune. Apollo 11. Armstrong est désigné comme commandant de l'équipage de remplacement de la mission "Apollo 8" mais c'est l'équipage titulaire qui effectue la mission. Le , Slayton annonce à Armstrong qu'il a été choisi comme commandant d"Apollo 11", la première mission qui pourrait atterrir sur la Lune. Les deux autres membres de l'équipage sont Buzz Aldrin qui doit être pilote du module lunaire et Michael Collins, pilote du module de commande. Au cours d'un entretien, dont l'existence a seulement été dévoilée par la publication de la biographie d'Armstrong en 2005, Slayton propose à Armstrong, s'il le souhaite, de remplacer Aldrin par Jim Lovell. Après y avoir réfléchi une journée, Armstrong répondit à Slayton qu'il allait garder Aldrin, car il n'avait aucune difficulté à travailler avec lui et pensait que Lovell méritait d'avoir son propre commandement. En effet, le remplacement d'Aldrin par Lovell, poste pour poste, aurait officieusement classé Lovell en numéro trois sur l'équipage, chose qui ne pouvait pas se justifier selon Armstrong pour un vétéran comme Lovell qui avait déjà effectué trois vols dans l'espace. Aldrin pensait qu'il serait le premier à poser un pied sur la Lune, compte tenu de son expérience dans le programme "Gemini", de la répartition des rôles des pilotes et du temps qu'il avait passé à se former. Toutefois, le choix du premier homme à marcher sur la Lune fut remis en question du fait de la prééminence naturelle du commandant et de l'agencement du module (l'écoutille s'ouvrait de l'intérieur vers la droite, ce qui facilitait la sortie pour Armstrong et la compliquait pour Aldrin). En , une rencontre eut lieu entre Slayton, George Low, Bob Gilruth et Chris Kraft au cours de laquelle il fut décidé qu'Armstrong serait la première personne à marcher sur la Lune (également car ils souhaitaient une personne dont l'ego n'était pas surdimensionné). Au cours d'une conférence de presse, qui eut lieu le , Slayton donna comme raison principale au choix d'Armstrong l'architecture intérieure du module lunaire (l'écoutille une fois ouverte constituait un obstacle difficilement franchissable pour Aldrin). Slayton ajouta : . Mais comme l'a révélé l'autobiographie de Kraft publiée en 2001, à l'époque où la décision avait été prise, les quatre hommes à l'origine de celle-ci n'étaient pas au courant du problème créé par l'architecture intérieure du module. Une autre hypothèse pourrait expliquer le choix d'Armstrong : celui-ci était civil (NASA) et non militaire (USAF) comme ses deux compagnons. Armstrong semblait effectivement un bon choix : "Mister Cool" comme le surnommaient ses collègues, était . Enfin, le choix d'un civil plutôt qu'un militaire pourrait être un signe de paix de l'exécutif américain en pleine guerre froide et guerre du Viêt Nam. Transit vers la Lune et atterrissage. Le à UTC, le lanceur Saturn V, pesant plus de tonnes, décolle du complexe de lancement 39 de Cap Canaveral en emportant Neil Armstrong et ses coéquipiers à bord du vaisseau "Apollo 11". Au début du décollage, le pouls d'Armstrong atteint un maximum de 109 battements par minute. Il trouve le premier étage de la fusée très bruyant, beaucoup plus que celui des fusées Titan II GLV utilisées pour "Gemini 8". Par contre, le module de commande et de service Apollo lui semble particulièrement spacieux par rapport à la capsule Gemini. Certains spécialistes pensent que le volume habitable disponible est à l'origine du « mal de l'espace » qui a frappé les membres de l'équipage de la mission précédente, mais aucun des équipiers de l'équipage d'Apollo n'en souffre. Armstrong en est particulièrement heureux, car il était sujet, enfant, à la cinétose et pouvait avoir des nausées après de longues périodes de mouvements. Après un transit entre la Terre et la Lune d'une durée de quatre jours sans anomalie, Armstrong et Aldrin embarquent à bord du module lunaire Apollo, baptisé "Eagle" pour entamer leur descente vers le sol lunaire. L'objectif d'Apollo 11, mission pionnière, est de limiter les risques. Pour l'atterrissage, l'équipage a pour consigne de privilégier la sécurité par rapport à la précision. L'ordinateur de bord gère le pilote automatique, assure la navigation et optimise la consommation de carburant (optimisation sans laquelle il serait difficile de se poser avec la faible quantité de carburant disponible). Sa puissance est équivalente à celle d'une calculatrice bas de gamme des années 2000. Durant la phase de descente, l'équipage est gêné par une alarme « 1202 » émise par l'ordinateur de bord et qui, en simulation, était d'un type menant habituellement à l'annulation de la mission. Le jeune Steve Bales, l'un des programmeurs de l'ordinateur de bord, présent à Houston, détermine que l'alarme correspond à une saturation mémoire et peut être ignorée, et après 30 longues secondes, Houston confirme que la mission peut se poursuivre. Une analyse plus approfondie révèlera que cette saturation provenait des signaux du radar de rendez-vous qui était inutile dans la phase de descente et aurait dû normalement être désactivé à ce stade de la mission. Or, à la suite d'une erreur dans la préparation à Terre, la liste de contrôle que devaient suivre Armstrong et Aldrin ne mentionnait pas la nécessité d'effectuer cette désactivation (ultérieurement, Steve Bales sera reçu à la Maison-Blanche par le président Nixon et remercié d'avoir ainsi sauvé la mission). Accaparé par ces alarmes, Armstrong laisse passer le moment où, selon la procédure, il aurait dû exécuter une dernière manœuvre de correction de la trajectoire. Le LEM dépasse de le site sélectionné pour l'atterrissage (« Site 2 ») et s'approche d'une zone encombrée de rochers. Armstrong n'a pas le temps d'étudier la situation avec Houston et de reconfigurer l'ordinateur de bord. Il prend le contrôle manuel du module lunaire pour survoler à l'horizontale le terrain à la recherche d'un site adapté à l'atterrissage. À Houston, on est inquiet de la durée anormalement longue de l'atterrissage, et l'abandon de la mission est de nouveau envisagé. Lorsque s'affiche le signal indiquant qu'il ne reste plus que 60 secondes de carburant, le LEM est désormais très proche du sol et soulève un nuage de poussière qui gêne la visibilité. Armstrong avait déjà posé le simulateur du LEM, le LLTV, avec moins de quinze secondes de carburant restant à plusieurs reprises et était, par ailleurs, convaincu que le module lunaire pouvait résister à une chute de en cas de besoin. À la recherche d'une zone non accidentée, Armstrong fait avancer le LEM en rasant le sol dans la direction de sa fenêtre afin d'avoir le nuage derrière lui et de garder de la visibilité, pendant qu'Aldrin indique l'altitude, la vitesse horizontale et les secondes de carburant restant. Le module lunaire "Eagle" se pose dans la mer de la Tranquillité le à 20:17:40 UTC (, heure de Houston), avec 20 secondes restant du propergol réservé à l'atterrissage, à du lieu prévu à l'origine. Les premiers mots d'Armstrong destinés au contrôle de la mission sont : Armstrong et Aldrin se félicitent d'une poignée de main et une tape dans le dos avant d'entamer la liste de contrôle destinée à vérifier que le module est prêt pour un décollage d'urgence si la situation le justifie. À Houston, le capcom Charlie Duke s'exclame : , trahissant la nervosité qui régnait au contrôle de mission. Premier pas sur la Lune. Le plan de vol établi par la NASA prévoyait une période de repos de l'équipage immédiatement après les vérifications qui suivaient l'atterrissage. Mais Armstrong demande que la sortie extravéhiculaire sur le sol lunaire se fasse plus tôt. Les deux astronautes doivent s'équiper et lorsque Armstrong et Aldrin sont prêts à sortir il s'est écoulé près de six heures depuis qu'Eagle s'est posé sur la Lune. La cabine est dépressurisée et l'écoutille est ouverte. Armstrong descend d'abord en utilisant l'échelle située sur le flanc du module. Arrivé au dernier échelon, il déclare : Avant de se tourner et de poser son pied gauche sur la surface lunaire, le à , il prononce la phrase restée célèbre qu'il avait préparée quelques heures auparavant : ; ce qui peut se traduire par : Note sur la citation : le « a » dans est indiqué entre crochets car il n'a pas été prononcé (ou entendu) à l'époque, ce qui créait un pléonasme car "man" (l'homme) est synonyme de "mankind" (l'humanité). Néanmoins, si les médias français titraient à l'époque « Un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité », le sens des paroles d'Armstrong, mettant en parallèle son petit pas et le bond de géant pour l'humanité que représentait l'arrivée de l'espèce humaine sur la Lune, était implicitement parfaitement compris. Armstrong dit plus tard : Une analyse numérique de l'enregistrement audio, réalisée par l'informaticien australien Peter Shann Ford, révélerait la présence de la syllabe « a » manquante, qui aurait été inaudible en raison des limites technologiques des communications de l'époque. Ford et James R. Hansen, biographe d'Armstrong, ont présenté ces résultats à Armstrong et aux représentants de la NASA, mais l'article de Ford a été publié sur son propre site Web et non dans une revue soumise à relecture par des pairs scientifiques. Des linguistes comme David Beaver et Mark Liberman considèrent avec scepticisme les affirmations de Ford. Quoi qu'il en soit, Armstrong a exprimé sa préférence pour que cette citation soit écrite avec le « a » entre parenthèses et la transcription de ses paroles sur le site de la NASA est conforme à ce souhait. Lorsque Armstrong fait son annonce, les échanges radio entre l'équipage et la mission au sol sont diffusés en direct par la Voix de l'Amérique, par la BBC ainsi que par de nombreuses autres radios dans le monde entier. On estime que près de d'auditeurs sur une population mondiale estimée de de personnes suivent la sortie d'Armstrong en direct, soit 13 % de la population mondiale. Vingt minutes après la sortie d'Armstrong, Aldrin pose à son tour le pied sur le sol lunaire. Les deux hommes dévoilent une plaque commémorant leur vol, fixée sur l'étage de descente qui doit rester sur le sol lunaire puis plantent le drapeau des États-Unis. Celui-ci possède une armature faite d'une tige métallique pour le maintenir horizontalement faute d'atmosphère et donc de vent. L'apparence ondulée, chiffonnée, identique sur toutes les photos, vient de la manière dont il avait été plié et emballé pendant le voyage. Sur Terre, une discussion eut lieu sur la pertinence de planter un drapeau, mais ce point n'a pas préoccupé Armstrong qui pensait que tout le monde aurait fait de même. Slayton avait averti Armstrong qu'ils recevraient une communication spéciale, mais ne lui avait pas dit que ce serait le président Richard Nixon qui serait en contact avec eux, juste après la mise en place du drapeau. Il n'existe que cinq photos d'Armstrong sur la Lune : le déroulement des tâches était programmé à la minute et la majorité des photos devaient être réalisées par Armstrong à l'aide de l'unique appareil Hasselblad disponible. Après avoir aidé à mettre en place les expériences scientifiques du Apollo Lunar Surface Experiments Package, Armstrong effectue une brève excursion vers un cratère situé à à l'est du module lunaire et qui est East Crater. C'est la plus longue distance parcourue durant la mission. La dernière tâche d'Armstrong est de laisser un petit paquet d'objets en mémoire des défunts cosmonautes soviétiques Youri Gagarine et Vladimir Komarov, et des astronautes d"Apollo 1" « Gus » Grissom, « Ed » White et Roger Chaffee. Le temps consacré à la sortie de l'équipage d"Apollo 11" sur le sol lunaire a été limité à environ deux heures et trente minutes ; c'est la plus courte sortie des six missions Apollo. Les sorties des missions suivantes seront de plus en plus longues et, à titre d'exemple, l'équipage d"Apollo 17", la dernière mission lunaire, passera plus de 21 heures à explorer la surface lunaire. Retour sur Terre. Les deux astronautes ont récolté d'échantillons de sol lunaire et la sortie extravéhiculaire a duré durant laquelle ils ont parcouru . Alors que Buzz Aldrin réintègre le module lunaire, il casse par inadvertance dans l'habitacle étroit l'interrupteur permettant de mettre à feu le moteur de l'étage de remontée du LEM. Comme il s'agit d'un bouton poussoir, Aldrin se sert de la pointe d'un stylo pour l'enclencher, et permettre aux deux astronautes de quitter la Lune. Le décollage depuis la Lune a lieu après le début de la mission. Le drapeau américain, planté trop près du module lunaire, est couché par le souffle du décollage. Les astronautes sont restés sur la Lune. Le LEM effectue avec succès la manœuvre de rendez-vous en orbite lunaire avec le module de commande et de service "Columbia" resté en orbite lunaire avec Collins à son bord. Le module de service est largué 15 minutes avant d'entamer la rentrée atmosphérique. Le vaisseau pénètre dans l'atmosphère à environ et amerrit 15 minutes plus tard à 16 h 50 min 59 s TU dans l'océan Pacifique à du point visé : l'amerrissage a lieu à à l'est de l'atoll de Wake et à au sud de l'atoll Johnston. Le porte-avion chargé de récupérer l'équipage se trouve à du point d'amerrissage (). Il s'est écoulé depuis que le vaisseau a décollé. Sur Terre. Les trois astronautes sont mis en quarantaine pendant 21 jours, une pratique qui perdure pendant les trois missions Apollo suivantes, avant que la Lune ne soit déclarée stérile et sans danger de contamination. Le , une conférence de presse télévisée est organisée durant laquelle l'équipage décrit la mission puis répond aux question des journalistes. Du au , les astronautes se rendent dans 23 pays à l'occasion d'une tournée mondiale. Armstrong participe à des spectacles de Bob Hope de l'United Service Organizations destinés à soutenir le moral des troupes américaines principalement au Viêt Nam. En , Armstrong se rend en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) pour présenter un exposé lors de la annuelle du Comité international de la recherche spatiale. Arrivé à Leningrad (Saint-Pétersbourg) en provenance de Pologne, il se rend à Moscou où il rencontre le Premier ministre Alexis Kossyguine. Il est le premier Occidental à voir le supersonique Tupolev Tu-144 et à visiter le Centre d'entraînement des cosmonautes Youri-Gagarine. À la fin de la journée, il assiste surpris à la retransmission en différé du lancement du vaisseau "Soyouz 9" dont il ignorait tout alors que l'équipage comprenait Andrian Nikolaïev, le mari de son hôtesse Valentina Terechkova. Le 10 juillet 1979, pour le X° anniversaire de la mission Apollo XI, Neil Armstrong est invité aux "Dossiers de L'Écran" pour témoigner de son exploit. Par la suite il restera à l'écart de la vie publique, refusant les interviews. Il avait décidé de ne plus signer d'autographes, scandalisé par le trafic qu'ils suscitaient pour d'importantes sommes d'argent à la clé. Suite de carrière. Enseignant. Armstrong est nommé "Deputy Associate Administrator" pour l'aéronautique au Bureau de technologie et de recherche avancé ("Office of Advanced Research and Technology"), futur Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). Il occupe ce poste pendant treize mois puis démissionne de la NASA en . Il accepte un poste de professeur au département de génie aérospatial de l'université de Cincinnati. Il choisit Cincinnati plutôt que d'autres universités, y compris son "alma mater" Purdue, car dans cette université, le département de génie aérospatial a une taille modeste. Il espère que les membres de cette faculté ne seront pas dérangés par le fait qu'il occupe ce poste de professeur avec sa seule maîtrise de l'USC. Il avait commencé son mémoire lorsqu'il était à Edwards des années auparavant, et il en termine la rédaction après Apollo 11 en se basant sur divers aspects de la mission au lieu de présenter une thèse sur le vol hypersonique. Le titre de sa chaire à Cincinnati est professeur d'ingénierie aérospatiale. Après avoir enseigné pendant huit ans, il démissionne en 1979 en raison d'autres engagements, mais également à cause des changements intervenus dans la structure de l'université qui passe sous le contrôle de l'État. L'université Purdue, quant à elle, restera un important vivier pour les futurs astronautes au point d'être surnommée le "cradle of astronauts" (« berceau des astronautes »). Participation aux commissions d'enquête des accidents d'Apollo 13 et de Challenger. Armstrong a participé à deux commissions d'enquêtes formées pour analyser les raisons d'accidents de vols spatiaux. La première en 1970, après "Apollo 13". Pour Edgar Cortright, il a produit une chronologie détaillée du vol. Armstrong s'oppose aussi personnellement à la recommandation du rapport de revoir la conception des bonbonnes d'oxygène du module de service qui étaient l'origine de l'explosion. En 1986, le président des États-Unis Ronald Reagan le nomme vice-président de la commission Rogers formée pour enquêter sur les causes de l'accident de la navette spatiale "Challenger", le plus grave qu'ait connu la NASA jusque-là. En tant que vice-président, Armstrong est chargé des aspects opérationnels de la Commission. Lors de l'abandon du programme "Constellation" par Barack Obama, il sort exceptionnellement de sa réserve. Autres activités. À sa retraite de la NASA prise en 1971, il refuse les offres d'entreprises qui lui proposent de devenir leur porte-parole. La première entreprise qui ait réussi à se mettre en contact avec lui est le constructeur automobile Chrysler. Il apparaît dans un spot publicitaire de cette dernière en 1979. Ce qui avait décidé Armstrong était qu'elle avait un fort pôle d'ingénierie et qu'elle était en difficulté financière. Par la suite, il a travaillé comme porte-parole pour d'autres entreprises, telles la General Time Corporation et l'. Il a agi comme porte-parole uniquement pour des entreprises américaines. Par ailleurs, Armstrong a également siégé au conseil d'administration de plusieurs sociétés dont Marathon Oil, Learjet, , , United Airlines, Eaton Corporation, AIL Systems et Thiokol. Dans cette dernière, il a rejoint le conseil d'administration, après avoir siégé à la commission Rogers. Ladite commission a suivi l'accident de la navette spatiale "Challenger" et a déduit que l'accident était dû à un problème de joint torique fabriqué par Thiokol. Il prend sa retraite comme président du conseil d' en 2002. Mort et hommages. Le , Neil Armstrong est opéré du cœur. Le 25 du même mois, à la suite de complications cardio-vasculaires dues à cette opération, il meurt à l'âge de à Cincinnati, dans l'Ohio. Il reçoit un hommage unanime de la classe politique aux États-Unis. Le président Barack Obama déclare : . Son ancien collègue de la mission Apollo, le pilote du module de commande Michael Collins, déclare à la NASA que Neil Armstrong lui . Buzz Aldrin, quant à lui, déclare qu'il est profondément attristé de la perte d'un si bon ami. Pour sa famille il était « un héros américain contre son gré », qui a « servi sa nation avec fierté, comme pilote de la marine, pilote d'essai, puis astronaute ». Ses obsèques, intimes, se déroulent le à Indian Hill (Ohio), dans la banlieue de Cincinnati. En cette occasion, tous les drapeaux américains sont mis en berne. Le 14 septembre, le lendemain d'une commémoration à la cathédrale nationale de Washington, ses cendres sont dispersées dans l'océan Atlantique lors d'une cérémonie à bord du . En , peu après le cinquantenaire des premiers pas sur la Lune, le "New York Times" révèle que la mort d'Armstrong a fait l'objet d'une poursuite pour faute professionnelle médicale contre l'hôpital où il est mort. La famille obtient finalement une compensation de six millions de dollars en 2014, afin d'arrêter les poursuites. Vie privée. Famille. Neil rencontre sa future femme, Janet Elizabeth Shearon, née en 1934, à l'université Purdue. Selon Neil et Janet, il n'y a pas eu de véritable séduction et aucun d'eux n'a pu se souvenir des circonstances exactes de leur engagement mutuel, sauf que cela s'est produit alors qu'Armstrong travaillait au Lewis Flight Propulsion Laboratory. Ils se marient le à Wilmette dans l'Illinois. Quand Neil est transféré sur la base Edwards, il s'installe dans les quartiers des célibataires, alors que Janet vit à Westwood, un quartier de Los Angeles. Après un semestre, ils emménagent dans une maison dans la vallée d'Antelope. Janet ne termine pas ses études, ce qu'elle regrettera plus tard. Le couple a eu trois enfants : Eric, né en 1957, Karen, née en 1959, et Mark, né en 1963. En , des examens révélent que Karen a une tumeur maligne au cerveau. Le traitement qu'elle doit subir ralentit sa croissance et sa santé se détériore au point qu'elle ne peut plus ni marcher ni parler. Karen meurt d'une pneumonie liée à sa santé fragile le . Janet et Neil Armstrong divorcent en 1994. Elle dira plus tard que . En 1994, il épouse en secondes noces Carol Held Knight, avec laquelle il vécut dans une ferme à Indian Hill, dans l'Ohio. Caractère et personnalité. Surnommé « Mister Cool » par ses collègues, Armstrong était connu . Buzz Aldrin disait de lui : Armstrong a exprimé des sentiments religieux à mi-chemin entre christianisme et déisme. Dans les années 1950, il fréquentait une église méthodiste, mais il se qualifiait alors lui-même de « déiste ». Ses proches témoignent également de ce qu'il ne se considérait pas à proprement parler comme chrétien. En 1969 après son voyage sur la Lune, interrogé sur CBS, il infirme tout athéisme : Dix ans plus tard, il déclare à Alain Jérôme aux "Dossiers de l'écran" avoir eu du réconfort devant l' et avoir des preuves d'un créé par une . Santé. En 1979, il se sectionne accidentellement l'annulaire de la main gauche alors qu'il travaille dans sa ferme à Lebanon. Gardant son sang-froid, il met la partie coupée de son doigt dans de la glace et part à l'hôpital où un chirurgien recoud son doigt. En 1991, Armstrong est victime d'une crise cardiaque. Justice. L'usage de son nom, de la célèbre citation et de son image, lui a causé des problèmes au fil des ans. En 1994, il poursuit en justice Hallmark Cards après que l'entreprise a utilisé son nom sans autorisation. La plainte est réglée à l'amiable et Armstrong fait don de l'argent à l'université Purdue. L'affaire incitera la NASA à être plus prudente sur l'utilisation des noms, photos et enregistrements des astronautes. En , Armstrong menace d'une action en justice son coiffeur qui, après lui avoir coupé les cheveux, en a vendu une partie à un collectionneur, sans son autorisation. Le coiffeur devait soit rendre les cheveux, soit faire un don à un organisme de bienfaisance de son choix. Dans l'impossibilité de rendre les cheveux, le coiffeur a décidé de faire le don. Postérité. Plusieurs sites et ouvrages ont été baptisés pour rendre hommage à Neil Armstrong. L'Union astronomique internationale a donné son nom au cratère d'impact situé près de l’endroit où s’était posé "Apollo 11", ainsi qu'à l'astéroïde . L'aéroport de sa ville natale de Wapakoneta porte son nom. Un musée porte également son nom dans sa ville natale : le Neil Armstrong Air and Space Museum. En 2014, le centre de recherche de la NASA sur la base d'Edwards, où Armstrong a été pilote d'essai entre 1955 et 1962, a été renommé en "Neil A. Armstrong Flight Research Center". Neil Armstrong a, avec les deux autres membres de l'équipage d"Apollo 11", son étoile au Hollywood Walk of Fame au coin d'Hollywood et de Vine. "", la première biographie officielle consacrée à Armstrong a été publiée en 2005. Elle a été écrite à partir de 1999 par James R. Hansen, professeur à l'université d'Auburn. Armstrong avait auparavant refusé des demandes de Stephen Ambrose et James A. Michener mais fut enthousiasmé par la biographie "From the Ground Up" de Fred Weick que lui avait transmise Hansen comme exemple. Un film tiré de cette biographie sort en 2018, intitulé "" et réalisé par Damien Chazelle. Neil Armstrong est interprété par Ryan Gosling. Il est interprété par Henry Pettigrew dans l'épisode 7 de la saison 3 de "The Crown".
Nombre de Mersenne premier En mathématiques et plus précisément en arithmétique, un nombre de Mersenne est un nombre de la forme (souvent noté ), où est un entier naturel non nul ; un nombre de Mersenne premier (ou nombre premier de Mersenne) est donc un nombre premier de cette forme. Ces nombres doivent leur nom au religieux érudit et mathématicien français du Marin Mersenne ; mais, près de auparavant, Euclide les utilisait déjà pour étudier les nombres parfaits. Avant Mersenne, et même un certain temps après lui, la recherche des nombres de Mersenne premiers est intrinsèquement liée à celle des nombres parfaits. Si le nombre de Mersenne est premier, alors est premier. Par exemple, les nombres de Mersenne sont premiers, et leurs exposants le sont bien aussi. Cette condition que soit premier est nécessaire pour que le nombre de Mersenne soit premier. Par exemple, ne sont pas premiers, et les nombres de Mersenne ne le sont effectivement pas. Mais cette condition n'est pas suffisante. Par exemple, est premier, mais le nombre de Mersenne ne l'est pas. Il existe un test de primalité efficace pour les nombres de Mersenne, le test de primalité de Lucas-Lehmer ; de ce fait, les plus grands nombres premiers connus sont des nombres de Mersenne. Les nombres de Mersenne premiers sont pourtant rares : seulement sont connus début 2022. On ne sait même pas s'il en existe une infinité. La recherche de grands nombres de Mersenne premiers fait l'objet d'un projet de calcul collaboratif, le projet GIMPS. Nombres de Mersenne et nombres parfaits. Les nombres premiers de Mersenne sont liés aux nombres parfaits, qui sont les nombres « égaux à la somme de leurs diviseurs stricts ». Historiquement, c'est cette connexion qui a motivé l'étude des nombres premiers de Mersenne. Dès le , Euclide démontrait que si est un nombre premier, alors est un nombre parfait. Deux millénaires plus tard, au , Euler prouvait que tous les nombres parfaits "pairs" sont de cette forme. Par ailleurs, aucun nombre parfait "impair" n'est connu. Propriétés des nombres de Mersenne. Propriété fondamentale des nombres de Mersenne. Soit formula_1 ; si n'est pas premier, alors le -ième nombre de Mersenne n'est pas premier. En effet : Les deux plus petits exemples avec indices composés sont :<br> sont composés, et sont bien composés. Plus précisément :<br> divise , et divise bien . Autrement dit (contraposée) :<br>Soit formula_1 ; si le -ième nombre de Mersenne est premier, alors est premier. Les huit plus petits exemples sont :<br> () sont premiers, et () sont bien premiers. La réciproque est fausse. En effet :<br>Soit formula_1 ; même si est premier, le -ième nombre de Mersenne peut ne pas être premier. Les trois plus petits contre-exemples sont :<br>, , () sont premiers, mais () sont composés. Conséquences :<br>Pour trouver des nombres de Mersenne premiers, on sait déjà qu'il faut se limiter à des avec premier, mais que ce n'est pas suffisant. Il faut ensuite affûter les critères de sélection des nombres premiers . Historique. Historique des outils théoriques. Marin Mersenne, moine de l'ordre des Minimes au début du , est l'auteur de la proposition : si est premier, alors aussi ; . En 1732, Euler rappelle que la réciproque est fausse : peut être composé alors que est premier. Il donne le plus petit contre-exemple : 11 est premier mais ne l'est pas; il mentionne que c'est aussi le cas pour , et . En 1878, Édouard Lucas développe une méthode pour tester si un nombre de Mersenne (avec premier) est premier. Dans les années 1930, Derrick Lehmer l'améliore. Le test de primalité de Lucas-Lehmer pour les nombres de Mersenne est exceptionnellement simple comparativement à la taille des nombres considérés. Grâce à ce test très rapide, depuis longtemps les plus grands nombres premiers connus sont des nombres premiers de Mersenne. Historique des nombres de Mersenne premiers découverts. Les quatre premiers nombres premiers de Mersenne sont connus dès l'Antiquité. Au , Ibn Fallus donne une liste de nombres parfaits dans un commentaire de l'introduction à l'arithmétique de Nicomaque. On y trouve ceux correspondant aux cinquième, sixième, et septième nombres de Mersenne. Mais il ne fournit aucun calcul et sa liste comporte des erreurs, qui peuvent laisser penser qu'il s'est appuyé sur des hypothèses fausses ou insuffisantes, et n'a pas vérifié la primalité de ces nombres de Mersenne. On trouve le cinquième () dans un manuscrit anonyme daté de 1456 ou 1461. Les deux suivants ( et ) sont donnés par Pietro Cataldi en 1588. Au début du , Marin Mersenne fournit une liste des nombres premiers « de Mersenne » jusqu’à l'exposant 257, qui se révélera fausse : elle inclut par erreur 67 et 257, et omet 61, 89, et 107. En 1750, Euler vérifie que est premier. Le suivant dans l'ordre chronologique (mais non numérique), , est trouvé par Lucas en 1876 ; puis est démontré premier par Ivan Pervouchine en 1883. Encore deux autres sont trouvés au début du par en 1911 et en 1914. La recherche des nombres premiers de Mersenne est révolutionnée par l'utilisation des calculateurs électroniques. La première identification d'un nombre de Mersenne par ce moyen a lieu à 22 heures le par un ordinateur SWAC à l'Institut d'Analyse Numérique ("Institute for Numerical Analysis") du campus de l'université de Californie à Los Angeles, sous la direction de Derrick Lehmer, avec un programme écrit par Raphael Robinson. C'est le premier nombre premier de Mersenne identifié depuis ans. Le suivant est découvert moins de deux heures plus tard par le même ordinateur, qui en trouve trois de plus dans les mois suivants. En décembre 2018, nombres premiers de Mersenne sont connus, le plus grand étant , qui est aussi à la même date le plus grand nombre premier connu. Comme plusieurs de ses prédécesseurs, il est découvert par un calcul distribué sous l'égide du projet GIMPS, Great Internet Mersenne Prime Search (qui signifie « grande recherche par Internet de nombres premiers de Mersenne »). Liste des nombres de Mersenne premiers connus. On ne sait pas si l'ensemble des nombres de Mersenne premiers est fini ou infini (mais on conjecture qu’il est infini). En décembre 2018, nombres de Mersenne premiers étaient connus (suite pour , et suite pour ). Historiquement, ils ne furent pas toujours découverts par ordre croissant. Par exemple : en 1983 fut trouvé le , ; en 1988 fut trouvé le , . Liste de nombres de Mersenne non premiers mais d'indices premiers. Les neuf plus petits nombres de Mersenne non premiers mais d'indices premiers (venant s'intercaler entre les et nombres de Mersenne premiers, connus à la fin du ) sont : Le nombre de Mersenne non premier mais d'indice premier, , figurait dans la liste originelle de Mersenne ; mais Lucas montra en 1876 que ce nombre n'est pas premier, sans toutefois pouvoir exhiber ses facteurs. La factorisation fut déterminée par Frank Nelson Cole en 1903. Généralisations. Suite de Lucas. Les nombres de Mersenne (premiers ou non) sont les répunits en base 2. La suite formula_6 des répunits en base "b" est la suite de Lucas "U"("b" + 1, "b"). Or toute suite de Lucas "U"("P", "Q") avec "P" et "Q" premiers entre eux est à divisibilité forte. Par le même raisonnement que pour la suite des nombres de Mersenne , une condition nécessaire (mais non suffisante) pour que le "n"-ième terme d'une telle suite soit premier est donc que "n" le soit également. Nombres premiers de Solinas. Les nombres premiers de Solinas sont les nombres premiers de la forme "p = f"(2) où "f" est un polynôme unitaire à coefficients entiers de faible « poids de réduction modulaire » (une condition technique destinée à ce que les calculs de réduction modulo "p" soient rapides et qui, pour simplifier, est parfois remplacée par : les coefficients non nuls de "f" sont peu nombreux et valent ±1). Solinas donne une série d'exemples, dont le premier est "f"("t") = "t" – 1, de « poids » 1 (qui correspond aux nombres de Mersenne) et le dernier est "f"("t") = "t" – "t" + "t" + 1, de « poids » 4, mais qui inclut aussi "f"("t") = "t" – "t" + "t" – … + (–1), de « poids » 3. Nombres premiers dont l'écriture n'utilise pas un chiffre donné. Puisque les nombres de Mersenne sont les répunits en base 2, leur écriture binaire ne comporte aucun 0. De manière analogue, on peut étudier dans les bases supérieures les nombres premiers dont l'écriture est dépourvue d'un certain chiffre. Il a été prouvé en 2019 qu'il existe une infinité de nombres premiers dont le développement en base 10 ne comporte pas l'un quelconque des chiffres de 0 à 9. Répartition des nombres de Mersenne premiers. Les nombres de Mersenne premiers sont rares. On ne sait pas s'il en existe une infinité. Une conjecture est que le nombre de ceux qui sont inférieurs à un réel donné est asymptotiquement proportionnel à , soit une croissance très lente et de plus en plus lente. Plus précisément, selon une conjecture due à Lenstra et Pomerance, puis reformulée et complétée par Wagstaff, il y aurait asymptotiquement nombres de Mersenne premiers inférieurs à . Si la conjecture était réalisée, le nombre d'exposants inférieurs à tels que est premier serait asymptotiquement proportionnel à . Une estimation fondée sur les nombres premiers connus en mars 2022 donne .
Osaka Osaka ou est la troisième plus grande municipalité du Japon et le centre de la conurbation du "Keihanshin" (Kyoto-Kobe-Osaka), deuxième aire métropolitaine du pays tant en nombre d'habitants qu’en PIB. La ville est également le chef-lieu de la préfecture du même nom. Elle est située sur l'île de , l'île principale du Japon sur laquelle se trouve également Tokyo, sur les rives de la mer intérieure de Seto, plus précisément dans la baie d'Osaka. veut dire littéralement « grande pente ». Histoire. La fondation de la ville remonterait au . Son port joue un rôle fondamental dans son développement et lui permet de nouer des contacts avec la Corée et la Chine. C'est de cette époque que datent les "kofun", d'impressionnantes structures funéraires. Tournée vers le commerce et l'industrie, Osaka est aussi devenue grâce à l'empereur Tenji, sous son ancien nom de , la capitale de l'empire entre le milieu du et le milieu du . On construit à cette période le premier temple bouddhiste du Japon, le Shi Tennō-ji. Un autre événement essentiel dans l'histoire d'Osaka a été la décision prise par Toyotomi Hideyoshi d'y construire un imposant château, Ōsaka-jō, en 1583. Cela attira de nombreux négociants. Bien qu'elle ait souffert lors des sièges de 1614 et 1615, Osaka retrouva la prospérité et, lors de la période Edo, était parfois surnommée à cause de son rôle central dans le commerce du riz. Outre son économie florissante, la ville était un centre culturel qui vit se développer, par exemple, le "bunraku" (théâtre de marionnettes) et le "kabuki" ainsi qu'un lieu de savoir et d'éducation, en particulier dans le domaine de la médecine. A l'époque Edo, l'univers des Maisons vertes était très important dans la peinture des ukiyo-e. A Osaka, ces lieux de prostitution étaient installés à partir de 1624 dans le quartier Shinmachi ("la nouvelle ville"). Tolérés par le shogunat, ces quartiers sont reconnus par des licences gouvernementales et constituent de véritables enclaves dans lesquels les distinctions sociales qui régissent la vie ordinaire n'ont plus cours. Les théâtres kabuki étaient généralement installés au sein de ces quartiers et au début les actrices étaient des femmes prostituées. Au début du , Osaka était devenu un important centre industriel. La ville a été profondément affectée par les bombardements américains de la Seconde Guerre mondiale. Les effets d'une reconstruction rapide et désordonnée se font encore sentir aujourd'hui sur son urbanisme. Des années 1950 aux années 1970, la région a été la proie d'une pollution industrielle intense. Par exemple, l'année 1960, on a enregistré 156 jours de brouillard polluant. Depuis, Osaka est devenue pionnière au Japon en matière de politiques environnementales. Osaka a accueilli l'Exposition horticole de 1990. Suita, dans sa préfecture, a été le siège de l'Exposition universelle de 1970. Population. En 2000, la population d'Osaka le jour représentait 141 % de sa population la nuit, les travailleurs rentrant le soir chez eux, dans les autres villes de la préfecture. Ce rapport de proportion s'élevait à 947,3 % dans l'arrondissement Chūō. En 2016, d'Osaka reçoivent une aide sociale. Géographie. Osaka est située sur l'île de , au bord de la mer intérieure de Seto, plus précisément dans la baie d'Osaka. Elle est traversée par plusieurs rivières dont la principale est la "Yodo-gawa". Arrondissements. Osaka est subdivisée en 24 arrondissements ("ku") : Climat. Le climat à Osaka est subtropical humide (Köppen: Cfa) selon la classification de Köppen. Les précipitations sont abondantes et bien réparties tout au long de l'année, avec un léger creux pluviométrique en janvier. L'humidité accentue la chaleur des étés, déjà très chauds avec des températures minimales moyennes qui ne descendent pas en dessous de en plein mois d'août, même au beau milieu de la nuit. Pour autant, le climat à Osaka n'est pas pleinement tropical car les hivers sont quand même plutôt frais, secs et généralement sans gel ce qui rend la période agréable, sans l'humidité et la chaleur étouffante de l'été. Transports. Aéroports. L'aéroport international d'Osaka (aéroport d'Itami) pour les vols intérieurs ou moyens courriers, et l'aéroport international du Kansai ("KIX") sont à proximité de la ville. Trains. La ville est desservie par : Un monorail circule au Nord de la ville. Maritime. La ville d'Osaka est reliée de manière quotidienne aux îles de Kyūshū et Shikoku par des liaisons régulières en car-ferry. Métro. Le métro d'Osaka, avec 9 lignes, inauguré en 1933, compte . Depuis le , l'ensemble de l'activité a été transféré à la compagnie privée "Osaka Metro". Tramway. La compagnie Hankai Tramway opère deux lignes de tramway au sud d'Osaka. Bus. Jusqu'au , la ville disposait de bus municipaux. À partir du , l'ensemble de l'activité a été transféré à la compagnie privée . D'autres compagnies privées circulent à l'intérieur de la ville : Hankyu Bus, Hanshin Bus, Keihan Bus, Kintetsu Bus, Nankai Bus et Hokkoh Kanko Bus. Tourisme. Quelques sites intéressants ou célèbres : Culture et Enseignements. Sport. Osaka abrite trois clubs sportifs professionnels de renommée nationale. L'un d'eux est le Orix Buffaloes. C'est une équipe japonaise de baseball qui évolue au Kyocera Dome Osaka pour ses matchs à domicile. La ville possède un autre club de baseball, les Hanshin Tigers, qui joue une partie de ses matchs à domicile au Kyocera Dome Osaka et l'autre au Koshien Stadium. Osaka compte également un club de football, le Cerezo Osaka évoluant au Nagai Stadium, ainsi qu'un club de futsal le club de Shriker Osaka qui évolue en première division pour la saison 2015-2016. Le basket-ball est représenté par le club de Osaka Evessa fondé en 2004. On y trouve aussi du rugby à XV: les NTT Docomo Red Hurricanes évoluent en première division. La ville accueille en outre régulièrement différents événements sportifs. L'un des six tournois de sumo professionnel a lieu chaque année au gymnase préfectoral d'Osaka. Le Marathon international féminin d'Osaka se déroule quant à lui tous les ans en janvier. Économie. Le PIB dans la région du "Keihanshin" (Osaka, Kyoto et Kobe) est de , en faisant une des régions les plus productives du monde. Jumelages. En 2016, la ville d'Osaka est officiellement jumelée avec huit grandes villes d'envergure internationale : En , la municipalité américaine de San Francisco fait installer, dans un parc du quartier asiatique de la ville, un monument en mémoire des « femmes de réconfort », esclaves sexuelles coréennes, chinoises, philippines ou néerlandaises de l'Armée impériale japonaise du début des années 1930 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un an plus tard, Hirofumi Yoshimura, maire d'Osaka, met fin au jumelage soixantenaire entre les deux villes, afin d'affirmer officiellement l'opposition de la ville (et du gouvernement japonais) à l'érection du monument aux femmes de réconfort.
Oise (département) L'Oise () est un département français de la région Hauts-de-France, qui doit son nom à la rivière homonyme qui le traverse. Ses habitants sont appelés les Isariens. Sa préfecture est Beauvais, qui est la plus grande ville du département. L'Insee et La Poste lui attribuent le code 60. Formant auparavant, avec la Somme et l'Aisne, l'ancienne région Picardie, il constitue depuis 2016, avec quatre autres départements (Nord, Pas-de-Calais, Somme, Aisne), la région Hauts-de-France. Géographie. Situation. L'Oise fait partie de la région Hauts-de-France. Avant 2016, elle appartenait à la région Picardie. C'est le département non francilien le plus proche de la capitale, avec plusieurs communes situées à moins de de Paris. Il est limitrophe des départements de la Somme, de l'Aisne, de Seine-et-Marne, du Val-d'Oise, de l'Eure et de la Seine-Maritime. Hydrographie. Cours d'eau. La rivière de l'Oise, qui donne son nom au département, est le principal affluent de la Seine. Elle prend sa source près de Chimay en Belgique. L’Epte est un affluent en rive droite de la Seine. Le Thérain est une rivière affluente en rive droite de l'Oise du bassin de la Seine. L'Aisne prend sa source dans l'Argonne à Sommaisne, près de la limite entre les départements de la Meuse et de la Marne, et se jette dans l'Oise à Compiègne, après un long parcours de . L'Automne, qui coule dans les départements de l'Aisne et de l'Oise, est un affluent de l'Oise en rive gauche qui conflue à Verberie. La Noye est une rivière française dans les départements de l'Oise et de la Somme, et un affluent de l'Avre en rive gauche. La Nonette est un affluent de l'Oise en rive gauche. L'Aunette est un affluent de la Nonette en rive droite. La Bresle est un fleuve côtier se jetant dans la Manche au Tréport sur la Côte d’Albâtre. La Brêche ou Brèche est un affluent de l'Oise. Le Matz (prononcé /ma/) est une rivière affluente de l'Oise. La Viosne est une rivière affluente de l'Oise. L'Esches est une affluente de la rive droite de l'Oise. Lacs et étangs. Le plan d'eau du Canada est un lac artificiel, créé en 1981, situé au nord-ouest de Beauvais et le long du Thérain. Les étangs de Commelles sont quatre étangs en forêt de Chantilly, avec le château de la Reine-Blanche en style pseudo-gothique, qui donne au site un caractère romantique. Relief et géologie. Les couches albiennes, que l’on retrouve dans le pays de Caux, se prolongent jusqu’au pays de Bray. Ces couches sont mises au jour grâce aux carrières, nombreuses dans le pays de Bray. Ces carrières servent à la fabrication de briques et de tuiles, avec les argiles dites du Gault, qui se déposèrent pendant l’Albien. Climat. Océanique dégradé frais et humide. Le niveau des précipitations est dans la moyenne nationale, cependant l’ensoleillement et les températures moyennes sont parmi les plus faibles de France. Transport. Débordement du réseau de transport de l'Île-de-France. Le département de l'Oise est desservi par quatre lignes du réseau francilien. Il s'agit de la ligne D du RER d'Île-de-France, avec les stations RER de La Borne Blanche, Orry-la-Ville - Coye, Chantilly - Gouvieux et Creil, de la Ligne H du Transilien, avec les gares transilien de Boran-sur-Oise, Précy-sur-Oise, Saint-Leu-d'Esserent et Creil, de la Ligne J du Transilien, avec les gares de Lavilletertre, Liancourt-Saint-Pierre, Chaumont-en-Vexin, et Trie-Château, et de la Ligne K du Transilien, avec les gares du Plessis-Belleville, Nanteuil-le-Haudouin, Ormoy-Villers et Crépy-en-Valois. Réseau interurbain. Le réseau interurbain du département est composé d'une soixantaine de lignes qui desservent l'intégralité du territoire ainsi que les départements limitrophes (Somme, Aisne, Val-d'Oise...).<br> Les lignes sont organisées en forme d'étoile autour des principales villes. Transport aérien. L'aéroport de Paris-Beauvais (nom commercial de l'aéroport de Beauvais-Tillé) est situé sur le territoire de la commune de Tillé, à au nord-est de Beauvais et à environ de Paris à vol d'oiseau. Il a pour code AITA les trois lettres BVA. Le premier terminal est ouvert en novembre 1979, le second en décembre 2010 afin de pouvoir augmenter le trafic passagers. En 2015, l'aéroport était le dixième de France en nombre de passagers avec . L'aéroport est entièrement tourné vers le trafic à bas coût dit "low-cost". Des liaisons régulières par autocar sont organisées entre l'aéroport et Paris-Porte Maillot et Amiens-Gare routière. Transport fluvial. Le transport fluvial s'organise dans le département autour de la rivière Oise qui connecte le canal du Nord et le canal latéral à l'Oise. Toponymie. C'est la rivière de l'Oise qui donne son nom au département. La rivière "Isara" est citée par César, puis par l'auteur latin Lucain. Le géographe Vibius Sequester nous informe qu'à son époque, l'appellation est simplement "Esia". Toutefois, son nom est mentionné sous la forme "Esera" en 742 et 898. L'évolution se poursuit avec une diphtongaison de la voyelle initiale qui donne "Oysia", forme attestée en 886. La forme médiévale apparue probablement au mais déjà très répandue au est "Oise" ou "Oyse". Il reste pour les clercs la forme latine savante et ses variantes "Ysera", "Isera", "Isara"... Nombreux sont les lettrés qui aiment discourir sur la rivière navigable et flottable. Ils prennent en référence l'abbé Folcuin de Lobbes qui écrit en latin au : . La forme latine "hysa" est donc employé avant l'an mil dans le monde savant. De l'écriture avec un h antéposé, nous pourrions déduire que le latin médiéval, influencé par la prononciation germanique, insiste sur l'aspiration de la première voyelle, mais ce n'est pas un h aspiré étymologique et il ne peut pas s'agir d'un reliquat de la prononciation gauloise. Histoire. Des tribus gauloises. À l'époque de la conquête romaine, le territoire de l'Oise est partagé entre différentes tribus gauloises. La plus importante est celle des Bellovaques qui occupent la partie la plus vaste située sur la rive droite de l'Oise (Isara). La ville de Beauvais tire son nom de celui des Bellovaques. Les Silvanectes vivent sur la rive gauche de la rivière. La ville de Senlis tient son nom de cette tribu. Au Sud-Est, les Véliocasses ont laissé leur nom au Vexin. Moyen Âge. Le après la mort de Louis V le Fainéant, Hugues Capet comte de Paris est élu roi à Senlis. Détachement de l'Île-de-France à la Révolution française. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , principalement à partir d'une partie de la province d'Île-de-France. Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes britanniques de à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire). L'armistice du 11 novembre 1918 entre l'Allemagne, la France et ses alliés, puis celui du 22 juin 1940 entre l'Allemagne et la France, furent signés tous deux à la clairière de Rethondes dans la forêt de Compiègne dans l'Oise. Le , la région Picardie, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Nord-Pas-de-Calais pour devenir la nouvelle région administrative Hauts-de-France. Démographie. Les habitants de l'Oise sont les "Isariens, Isariennes" ou "Oisiens" et "Oisiennes". Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 2,9 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de l'Oise dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : Administration et politique. Les intercommunalités. Le département de l'Oise compte 3 communautés d'agglomération et 24 communautés de communes. Six communes ne font partie d'aucune intercommunalité. Découpage administratif. L'Oise est divisé en quatre arrondissements : l'arrondissement de Beauvais, qui compte 14 cantons, l'arrondissement de Clermont, 7 cantons, l'Arrondissement de Compiègne, 10 cantons, et l'arrondissement de Senlis, 10 cantons. Enseignement supérieur. L’université de technologie de Compiègne (UTC) est un établissement public d’enseignement supérieur et de recherche situé à Compiègne. Elle est membre de l'alliance Sorbonne Université (Sorbonne University) et partage avec les autres membres, Paris-Sorbonne, Pierre et Marie Curie, Muséum national d'histoire naturelle et INSEAD son ambition de développement à l'international et de mutualisation des efforts. Elle compte 4200 étudiants. L'Institut polytechnique LaSalle Beauvais est une école privée d'enseignement supérieur, située à Beauvais. Elle délivre le titre d'ingénieur ainsi que des diplômes nationaux dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation et santé et de la géologie. L'école délivre également un diplôme de Technicien supérieur professionnel en géologie. Il compte 1600 étudiants. L'Université de Picardie dispose de 2 campus dans l'Oise par l'intermédiaire de l'Institut universitaire de technologie de l'Oise avec des locaux à Beauvais et à Creil. Les formations vont du DUT à la Licence professionnelle dans les domaines du commerce, de la logistique, du management et de la sécurité. Vie quotidienne dans l'Oise. Culture. Le musée Condé est situé dans le château de Chantilly. Il possède la plus grande collection de porcelaine de Chantilly. Les Grandes Ecuries abritent le musée vivant du Cheval et du Poney .La ville évoque aussi la dentelle noire dans le petit musée du Patrimoine et de la Dentelle. Elle est labellisée « Ville d'Art et d'Histoire ». Le musée Gallé-Juillet, est un musée d'arts décoratifs et de faïence du situé à Creil. Le musée Pillon, qui possède une grande collection de fossiles, est situé à Chaumont-en-Vexin. Le musée Antoine-Vivenel est l'un des musées municipaux de la ville de Compiègne. Ce musée d'art et d'archéologie a été fondé en 1839, à la suite d'un don important d'Antoine Vivenel, entrepreneur-architecte et grand collectionneur. C'est un musée de France au sens de la loi du . Le musée municipal du Cloître Saint-Corneille est son annexe. Le musée de la Figurine Historique rassemble une impressionnante collection de militaires ou civiles en plomb, bois ou plastique. L'hôtel de ville de style gothique flamboyant, dont la façade a été restaurée par Viollet-le-Duc. Le Mémorial de l'internement et de la déportation est un lieu de mémoire, d'histoire et d'expositions a été créé autour de trois bâtiments préservés du camp de Royallieu. Le musée départemental de l'Oise (MUDO) est un musée situé au cœur de Beauvais, au pied de la cathédrale, dans l'ancien palais épiscopal, classé monument historique. La galerie d'expositions, à proximité de la cathédrale, est implantée le long du rempart gallo-romain, et la Manufacture nationale de la Tapisserie est toujours en activité et visitable. Beauvais est labellisée « Ville d'Art et d'Histoire ». Le musée de la Nacre et de la Tabletterie, labellisé musée de France, se situe à Méru, au sud du département, berceau d'une activité tabletière intense aujourd'hui disparue et dont le musée conserve une partie du savoir-faire. Installé dans l'ancienne demeure médiévale des seigneurs de Crépy-Nanteuil, le musée de l'Archerie et du Valois, est situé à Crépy-en-Valois. L'ancienne sucrerie de Francières, située près de Compiègne, est l'une des plus anciennes de Picardie, inscrite aux monuments historiques. Elle amorce aujourd'hui sa reconversion en centre d'interprétation de l'industrie sucrière et des industries agro-ressources. Les anciennes carrières de pierre de Montigny est un site troglodytique situé à Machemont. Les souterrains allemands de la Botte situés à Cannectancourt ne sont ouverts que sur rendez-vous, à la ferme templière de la Carmoye. A Hétomesnil est installé dans une ancienne ferme école le Musée conservatoire de la vie agricole et rurale. Le musée de la Poterie de la Chapelle-aux-Pots, dans le pays de Bray picard, retrace la tradition potière avec une collection de 300 pièces usuelles et œuvres de maîtres potiers. Le musée de la Céramique architecturale est situé à Auneuil, dans le pays de Bray. La Cité des Bateliers de Longueuil-Annel, située entre Noyon et Compiègne, est un espace scénographique vivant de la batellerie artisanale en cinq dimensions. Noyon est aussi connu par son musée Calvin, illustrant l'histoire de la Réforme autour de la personnalité de Jean Calvin, natif de la ville, et le musée du Noyonnais, consacré à l'art, l'architecture et l'urbanisme, depuis la période gallo-romaine jusqu'à nos jours. Elle est labellisée « Ville d'Art et d'Histoire ». L'Espace Découverte du Musée Territoire 1919-1918 de Rethondes est un lieu moderne de ressources et d'éveil à l'histoire, accessible aux plus jeunes et aux populations anglophones et germanophones. La Maison de la Pierre invite à découvrir les mondes souterrains de la carrière Parain, à Saint-Maximin. Senlis présente ses trois musées: les collections denses et originales au musée d'Art et d'Archéologie, l'art et la chasse à courre au musée de la Vénerie et les traditions militaires au musée des Spahis. Son pays de Senlis à Ermenonville est labellisé « Pays d'Art et d'Histoire ». De création récente, le musée archéologique de l'Oise est installé à Vendeuil-Caply dans un lieu atypique au milieu des champs. Le musée Serge-Ramond, la Mémoire des Murs, de Verneuil-en-Halatte, est l'unique musée européen des marques, des symboles et des graffitis historiques gravés ou sculptés par l'homme, de l'Antiquité à nos jours. Le musée de l'Aviation de Warluis, près de Beauvais, est consacré plus spécialement à l'aviation et aux aviateurs de la Seconde Guerre mondiale. Le musée des Arts et Traditions populaires de Saint-Germer-de-Fly nous replonge dans l'ambiance des petits villages du pays de Bray d'antan. Gerberoy, minuscule place forte médiévale est l'un des plus beaux villages de France, avec ses remparts, les jardins Henri le Sidaner, la collégiale Saint-Pierre et le Musée municipal. Le moulin-musée de la Brosserie à Saint-Félix. La Maison du serger à Hardivilliers. Le musée national Gadzarts est situé à Liancourt. Le musée Raymond-Joly à Ponchon. Festivals, spectacles et manifestations. Depuis 1992, le Festival des forêts propose de la musique classique dans les décors naturels des forêts de Laigue et de Compiègne. Il a également imaginé le concert-randonnée, promenade permettant, avant le concert, de découvrir le patrimoine naturel et historique de notre région. Voici les principaux événements culturels de l'Oise : Sport. La ville de Chantilly est reconnue au niveau international pour ses activités hippiques : outre son hippodrome, sur lequel se déroulent notamment deux courses hippiques prestigieuses, le Prix du Jockey Club et le Prix de Diane, la ville et ses environs abritent le plus grand centre d'entraînement de chevaux de course de France. Le département compte deux patinoires, à Compiègne et à Beauvais. En 2016, avec , 70 disciplines sportives, 70 comités sportifs départementaux, clubs sportifs, l'Oise est l'un des plus sportifs de France, avec près d'un Oisien sur quatre qui pratique une activité sportive. Le Département est labélisé Terre de Jeux 2024, le label de Paris 2024 à destination des collectivités, et accueillera sur son territoire le passage du Relais de la flamme. Économie. Géographie de l'économie oisienne. Quatre grands groupes sont ou furent implantés dans le département. Il s'agit d'ArcelorMittal, à Montataire, d'AGCO et de Spontex, à Beauvais et de Mapa, à Liancourt. Tourisme. L'Oise compte différents parcs de divertissement et de lieux de loisirs, dont le Parc Astérix, depuis le , sur la commune de Plailly. Le département abrite également le Parc Saint-Paul depuis 1983 sur la commune de Saint-Paul , La Mer de sable depuis 1963 à Ermenonville et le Parc Les Grands Félins à Saint-Léger-en-Bray. Il faut y ajouter le plan d'eau du Canada , le parc municipal Marcel-Dassault, avec "Aquaspace", et le "Speedpark" de Beauvais, le "Laserquest" d'Allonne, "RLS Karting" de Rochy-Condé, le parc d'aventures "Carisiolas" de Crisolles, le parcours aventure de la vallée des peaux-rouges à Fleurines, la base nautique de Longueuil-Sainte-Marie, le parc Chédeville de Mogneville, "Grimp à l'Arb" de Pierrefonds, la base de loisirs de Saint-Leu-d'Esserent, "Aqualis" à Gouvieux, "Speed Park" à Compiègne, le parc de loisirs d'Hérouval et "Kidzy" à Saint-Maximin. Ainsi que les nombreux terrains de golf. Grands centres commerciaux. La zone commerciale de Creil-Saint-Maximin, ouverte en 1969, est l'une des plus vastes de France et emploie plus de . Le jeu de paume à Beauvais d'une superficie de 20000 m2 construit en 2015 qui emploie 400 personnes. Culture locale et patrimoine. Patrimoine environnemental. Le parc départemental Jean-Jacques-Rousseau est un parc à l'anglaise situé à Ermenonville. L'arboretum de l'Institut Charles Quentin est situé à Pierrefonds. Le jardin de l'ancienne abbaye de Saint-Arnould est situé à Warluis, près de Beauvais. Le Potager des Princes, ou Parc de la Faisanderie, est un parc situé à Chantilly. Il est inscrit monument historique depuis 1975. Le plan d'eau du Canada à Beauvais est un lieu idéal pour pratiquer en toute sécurité la baignade, la promenade à pied, à vélo, en VTT et les activités nautiques et sportives variées. Et aussi dans cette même ville, le parc municipal Marcel-Dassault avec son « Aquaspace ». A Saint-Paul, petit village voisin, le jardin du peintre André Van Beek à l'ambiance magique et colorée. La forêt domaniale de Compiègne (), l'une des plus grandes de France, vestige de l'immense forêt de Cuise, qui s'étendait des lisières du pays de France à l'Ardenne, séduit par ses hautes futaies, ses diverses essences, ses vallons, ses étangs et ses villages. La forêt de Laigue contiguë au nord est située entre les rivières Aisne et Oise. La forêt de Hez-Froidefont, située entre Bailleul-sur-Thérain et Clermont-de-l'Oise, possède des arbres remarquables, de nombreux sentiers balisés et un sentier botanique. La forêt domaniale d'Halatte, de type jurassien, située près de Senlis et de Creil, s'étend sur un plateau ondulé de d'altitude en moyenne. Le vaste massif forestier de Chantilly, Domaine de l'Institut de France, avec le site romantique des étangs de Commelles, couvre environ . La forêt domaniale d'Ermenonville, contiguës des deux précédentes, couvre environ . Les forêts de Coye, d'Orry et de Pontarmé sont terre de randonnée. D'autres forêts comme la forêt du Parc Saint-Quentin, la forêt de Thelle et la forêt d'Ourscamp-Carlepont. Patrimoine architectural. Le département, anciennement dans le gouvernement administratif de l'Île-de-France, mais en province culturelle de Picardie, sur sa plus grande partie, compte de nombreux châteaux. L'Oise abrite le château de Chantilly du style Renaissance-Éclectisme, construit entre 1358 et 1882, classé et inscrit aux monuments historiques depuis 1988, sur la commune de Chantilly. Dans cette ville, au bord de la Nonette, également le pavillon de la Manse-moulin des Princes, bâtiment classé monument historique, avec machines impressionnantes en fonctionnement. Le château de Pierrefonds, qui est un château fort se situe sur la commune de Pierrefonds. Il a été construit entre 1396 et 1885, et est de type médiéval. Classé aux monuments historiques depuis 1862, le château a servi de lieu de tournages de films et séries françaises et américaines, notamment "La Vie de Polichinelle" en (1907), "Le Bossu" en (1959), "Papy fait de la résistance" en (1983), "Les Visiteurs" en (1993), "Sydney Fox, l'aventurière" en (1999) ou encore "Merlin", sur BBC One en (2008). Il a aussi inspiré le château du roi Miraz dans "" sorti en (2008). Et aussi l'église Saint-Sulpice. Le château de Compiègne, sur la commune de Compiègne, est classé aux monuments historiques depuis 1994. Il fut construit entre 1751 et 1788, et est de style néoclassique. C'est une ancienne résidence royale et impériale. Et les églises Saint-Antoine et Saint-Jacques, paroisse royale, patrimoine de l'UNESCO. Le château de Boury est situé sur la commune de Boury-en-Vexin, près de Gisors, sur terrain plat. Il occupait une position stratégique aux confins du Vexin français et du Vexin normand, côté français. Le château, son parc et ses annexes sont classés monument historique depuis 1931. Le château de Trie se situe dans la commune de Trie-Château, à soixante kilomètres au nord-ouest de Paris. Il est inscrit monument historique partiellement depuis 1956. Le château Mennechet est un château de la fin du construit sur la commune de Chiry-Ourscamp, au sommet de la colline du Montconseil. Le château de Montvillargenne est situé à Gouvieux à proximité de Chantilly. Le château de Troissereux, château privé Renaissance, avec son parc paysager et arboretum, est situé à proximité de Beauvais. Le château de Mont-l'Évêque, près de Senlis. Le château de Montataire est situé près de Creil. Le château Renaissance au Plessis-Brion est situé dans le Noyonnais. Le château de Bellinglise. Le château de Merlemont à Warluis, près de Beauvais. Le département picard compte également de nombreux monuments: cathédrales, églises, abbayes . La maladrerie Saint-Lazare et son jardin médiéval, exemple de l'architecture hospitalière, avec la cathédrale Saint-Pierre au chœur gothique le plus haut du monde () et son horloge astronomique, l'église Saint-Étienne passée avec harmonie du roman au gothique flamboyant. De l'ancienne abbaye cistercienne Notre-Dame d'Ourscamp, près de Noyon, il ne reste que d'imposants vestiges. Le domaine de Chaalis, à proximité de Senlis, comporte les vestiges de l'église, la chapelle Sainte-Marie-de-l'Abbé, le château-musée, un parc et une roseraie. L'abbaye royale du Moncel de Ponpoint, haut-lieu historique et archéologique du Moyen Âge, présente de témoignages de l'art gothique. L'abbaye de Saint-Germer-de-Fly avec son immense abbatiale est un exemple de style gothique primitif. L'abbatiale clunisienne de Saint-Leu d'Esserent est un témoin clé du passage de l'art roman à l'art gothique. L'abbaye de Saint-Martin-aux-Bois, chef-d'œuvre de l'art gothique, près de Maignelay-Montigny. L'ancienne abbaye de Saint-Paul, village situé près de Beauvais. Crépy-en-Valois, cité des ducs de Valois, avec ses anciennes maisons de notables, le château des seigneurs de Crépy-Nanteuil, l'abbaye Saint-Arnoul et les ruines de la collégiale Saint-Thomas. Noyon présente un ensemble canonial et épiscopal remarquable. À Saint-Jean-aux-Bois, village en plein cœur de la forêt de Compiègne, fondé autour d'une abbaye bénédictine, il ne reste plus qu'une vieille église abbatiale avec sa salle capitulaire. Senlis, ville royale à patrimoine architectural et culturel, est une cité médiévale avec ses ruelles pavées, ses vestiges du château royal, son prieuré, ses arènes et murailles gallo-romaines, ses fortifications médiévales, ses hôtels particuliers. La cathédrale Notre-Dame-de-Senlis, témoin majeur de l'évolution du style gothique. Les 35 clochers de la vallée de l'Automne et le donjon de Vez. Les beaux villages et églises du Sud de l'Oise, dans le Vexin picard. L'église Saint-Jean Baptiste de Chaumont-en-Vexin en gothique flamboyant. L'Église Saint-Samson de Clermont est classée Monument Historique. L'imposante église Saint-Léger d'Agnetz est de style gothique. L'église de Hannaches, près de Saint-Germer-de-Fly, forme un ensemble avec le château privé. L'église Saint-Martin de Marquemont est le symbole de la piété populaire. L'église Sainte-Félicité, située à l'écart du village de Montagny-Sainte-Félicité, surprend par sa flèche haute de de style gothique flamboyant. L'ancien prieuré de Saint-Arnoult est un des rares exemples de construction à pans de bois et torchis. Le sanctuaire gallo-romain de Champlieu est situé à Orrouy. Gastronomie. L'Oise est le berceau d'un produit phare de la gastronomie, la Crème chantilly, dont l'invention est usuellement attribuée à François Vatel, "maître d'hôtel" du château de Chantilly au . L'Oise offre au visiteur nombre de mets raffinés qui sont autant d'emprunts aux terroirs frontaliers que de créations purement régionales. Les fermes, les marchés, sont les lieux privilégiés pour trouver des produits fermiers. Certains restaurants gastronomiques étoilés ou non, les auberges paysannes au sein des fermes permettent de consommer, voir de découvrir, les plats régionaux. Peinture et photographie. Le peintre Charles-François Daubigny, considéré comme un des précurseurs de l’impressionnisme, a représenté le département au .
Organisation internationale Une organisation internationale (OI) est une personne morale de droit public. Selon Stéphane Paquin et Kristine Plouffe-Malette : « Les organisations internationales sont créées par traités par des États souverains et représentent des lieux où ces derniers se réunissent dans le cadre de structures permanentes qui incluent généralement des instances de délibération et un organe exécutif et administratif. Une organisation internationale comprend généralement une constitution ou une charte qui rappelle son origine et prévoit la structure, la composition, les conditions de participation et les fonctions de celle-ci, ainsi que des organes, principaux, subsidiaires, pléniers ou restreints, qui remplissent des fonctions liées à l’activité de l’organisation dans laquelle ils sont intégrés ». Ces organisations prennent une importance particulière grâce à l'essor de la mondialisation, à la multiplication des échanges à l'échelle mondiale notamment depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, par exemple en apportant un cadre juridique à certaines activités concernant l'ensemble du monde ou de vastes zones de celui-ci. Larousse : Organisation internationale est un groupement composé ou non d'États (organisation intergouvernementale), à vocation soit universelle, soit régionale ou continentale. (Les organisations internationales ont notamment pour objet la sécurité collective des États et la promotion de la condition humaine dans la communauté mondiale.) Voir aussi : Institution internationale. Définition. Une organisation internationale est l'association d'États souverains établie par un traité international ou une convention multilatérale entre ses membres et elle est dotée de plusieurs organes qui peuvent être communs selon les organisations internationales. Elle a également pour but de réaliser des intérêts communs afin de les protéger et de les soutenir à travers le monde et face aux autres institutions tels que les Etats. En effet, les organisations internationales possèdent une personnalité juridique qui se distingue de celle des États. Histoire. Jusqu'au début du , les relations internationales étaient et demeuraient diplomatiques. Les "congrès", appelés par la suite "conférences" restent ponctuels et assez rares. Puis, avec l'apparition de la société politique (l'État), se développent des relations bilatérales, temporaires puis permanentes. Des réunions internationales décidant, notamment dans le domaine militaire, d'un traité de paix, avec ses conditions et ses conséquences et autres résolutions de conflits, se tiennent de manière de plus en plus fréquentes et une véritable Communauté internationale se forme alors. La première organisation internationale créée serait la "Commission centrale pour la navigation du Rhin" en 1815 (après le Congrès de Vienne) après avoir pris racine dès 1804 par un accord passé entre le Saint empire romain germanique et la France. Suivirent la création en 1865 de l’"Union internationale du télégraphe" (future "Union internationale des télécommunications"), basée à Genève, et celle en 1874 de l’"Union générale des postes" (future "Union postale universelle"), basée à Berne. Toutes deux furent rattachées aux Nations unies après leur création (en 1947 pour l’UIT et en 1948 pour l’UPU), et sont toujours opérationnelles. La Cour permanente d'arbitrage est créée en 1899 par la Conférence internationale de la Paix ; l'Organisation internationale du travail (prix Nobel de la paix en 1969) et la Société des Nations sont créées en 1919. Les Nations unies en 1945. Distinction entre organisations intergouvernementales et organisations non gouvernementales. Il faut distinguer les organisations publiques, dites aussi intergouvernementales (OIG), qui émanent de, et sont contrôlées par des gouvernements de divers pays, des organisations non gouvernementales (ONG) qui émanent de personnes privées et agissant dans divers pays, parfois abusivement appelées organisations internationales. Elles sont environ dans le monde. Ce sont de simples associations de droit privé, dont l'activité est internationale. L'Amnesty International ou encore Médecins sans frontières (MSF) en sont des exemples. Il est important de noter que le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a un statut hybride. Le terme "organisation internationale" est utilisé pour désigner les seules organisations intergouvernementales. Il faut noter par ailleurs, pour celles-ci, le grand éventail des termes utilisés, qui ajoute du flou dans le vocabulaire: « Organisation internationale », « Organisation d'instance internationale », « Institution internationale », « Organisme multilatéral », en constituent des exemples. Certes, dans une analyse plus approfondie, des nuances apparaissent d'une expression à une autre. Les organisations internationales, au sens d'OIG, ont été admises comme sujets dérivés du droit international public (DIP), constituant aux côtés des États, les seules institutions à faire partie intégrante du cercle réservé des sujets de cette branche du droit. La Commission du droit international (CDI) définit l'organisation internationale comme « toute organisation instituée par un traité ou un autre instrument régi par le droit international et doté d'une personnalité juridique internationale propre. Une organisation internationale peut comprendre parmi ses membres des entités autres que des États ». Cette définition a été proposée par la CDI dans le cadre de ses travaux sur la responsabilité des organisations internationales. Nombre et domaines d'exercice. Dans le monde en 1996, il y avait 320 organisations internationales contre 100 en 1950. En 2017, elles comptent un total d'environ fonctionnaires dont près de français travaillant dans environ 180 d'entre elles. Exemples à champ géographique restreint. Il existe des organisations intergouvernementales de champ géographique restreint, car axées sur : Création. Une organisation internationale est créée grâce à un instrument juridique qui constate l'accord des États membres. Cet instrument juridique peut revêtir plusieurs noms : charte, constitution, statuts, etc. Il prend la forme soit d'un traité international, soit d'une convention, soit d'un accord. Il est soumis à la procédure de ratification. Pour qu'un instrument juridique d'une OI entre en vigueur, il faut que cet instrument ait atteint un nombre de ratifications fixé par l'acte multilatéral fondateur. Ce nombre peut être soit un nombre minimal, qui est alors appelé un seuil (situation la plus fréquente dans les Organisations Internationales à vocation universelle, telle l'Organisation des Nations unies [ONU]), ou la totalité des États membres (situation la plus souvent rencontrée dans les Organisations Internationales à vocation restreinte, spécifiquement les Organisations Internationales d'intégration, induisant des relations renforcées entre les États membres). Par exemple, l'OMC est entrée en vigueur quand il y a eu au moins 80 ratifications sur 128 membres. Parfois, l'évolution de l'organisation internationale (OI) est soumise à un accord suscité par l'unanimité de ses parties (les États membres), ce qui est le cas pour l'Union européenne. Cependant, l'exemple de l'Union européenne n'est peut-être pas le meilleur, puisque celle-ci n'est généralement pas considérée, strictement parlant, comme une organisation internationale. Il s'agirait plutôt d'une création "sui generis", à mi-chemin entre un État supranational et une organisation internationale. Capacité juridique. Les organisations internationales jouissent de la personnalité morale. Elles ont alors quatre privilèges : Structure organique. La plupart des OI votent selon le principe majoritaire (majorité simple : 50 % plus 1 voix, soit la majorité renforcée ou qualifiée : 2/3 ou pourcentage des voix). Au Fonds monétaire international (FMI) par exemple, il y a une majorité des 4/5 pour les décisions de tous ordres. De plus en plus se développe la pratique du consensus : il n'y a pas de vote formel. Par exemple à l'OMC on ne vote pas, on demande si quelqu'un est contre le vote; si personne ne répond, on adopte la loi. La logique est qu'il ne faut pas perdre de temps pour appliquer un texte qui est utile à tous. Toute OI est tripartite (3 séries d'organes) : Statuts des langues employées. Les organisations internationales définissent des statuts pour l'utilisation des langues : Financement. Chaque État contribue au budget de l'organisation (ce sont les contributeurs). Le calcul est défini selon les statuts. Par exemple pour l'ONU il se base notamment sur le Produit intérieur brut (PIB) ajusté au revenu par habitant (plus il est riche, plus il contribue). Pour l'OMC il se base sur la part de l'État membre dans le commerce mondial. Pour l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), c'est le principe égalitaire qui est appliqué. La part de chaque État est la même. Activités. Elles sont de deux ordres :
Otan
Organisation du traité de l'Atlantique nord LOrganisation du traité de l'Atlantique Nord () est l'organisation politico-militaire mise en place par les pays signataires du traité de l'Atlantique Nord afin de pouvoir remplir leurs obligations de sécurité et de défense collectives. Elle est le plus souvent désignée par son acronyme OTAN () mais aussi fréquemment nommée l’Alliance atlantique ou l'Alliance nord-atlantique, plus rarement l’Alliance euro-atlantique ou l’Alliance transatlantique, ou parfois, encore plus brièvement, l’Alliance. Le texte de ce traité, signé le , établit le Conseil de l'Atlantique nord (CAN), et met en place une alliance militaire défensive contre toute attaque armée contre l'un de ses membres en Europe, en Amérique du Nord ou dans la région de l'Atlantique Nord au nord du tropique du Cancer. Le choc provoqué par le déclenchement de la guerre de Corée conduit le CAN à décider fin 1950 la création d'une organisation militaire intégrée permanente, qui constitue encore actuellement la marque distinctive de l'OTAN et lui assure des capacités militaires qu'aucune autre alliance de défense ne possède. Sous le vocable OTAN, l'usage a prévalu d'englober l'alliance juridiquement conclue par les pays signataires du traité de l'Atlantique nord, et l'organisation civile et militaire mise en place pour en rendre opérants les objectifs. La France toutefois a fait exception en décidant en 1966, tout en restant membre de l'Alliance atlantique, de quitter l'organisation militaire intégrée, dont elle est redevenue membre à part entière . L'Alliance voit le jour dans le contexte général des débuts de la guerre froide et plus spécifiquement pendant le blocus de Berlin exercé par les Soviétiques. Elle a pour vocation initiale, selon l'exposé des motifs, d'assurer la sécurité de l'Europe occidentale en instaurant un couplage fort avec les États-Unis, seul moyen aux yeux des Européens après la Seconde Guerre mondiale de se prémunir contre toute tentative expansionniste de l'Union soviétique. Selon le mot de son premier secrétaire général, Lord Ismay, le rôle de l'OTAN consiste à . L'OTAN constitue le noyau dur du bloc de l'Ouest. De sa création à 1991, l'adversaire désigné de l'OTAN est l'URSS qui forme elle-même le pacte de Varsovie en 1955 à la suite de l'adhésion de la RFA à l'OTAN et à son réarmement. L'OTAN s'organise donc pour faire face à cette menace par la définition de concepts stratégiques touchant notamment les questions relatives aux armes nucléaires, par la planification coordonnée entre tous ses membres de leurs moyens militaires, et par des commandements intégrés par zone géographique, dont le SHAPE est de loin le plus important. Depuis la dissolution de l'URSS et la fin de la guerre froide en 1991, l'Alliance atlantique a perduré malgré la disparition de sa principale raison d'être initiale. Elle a procédé à son élargissement à d'anciens pays du bloc de l'Est et d'anciennes républiques de l'Union soviétique. Elle a pris en compte de nouvelles crises et menaces comme les conflits nationalistes dans l'ex-Yougoslavie, l'essor du terrorisme international ou la lutte contre la prolifération des « armes de destruction massive », en conséquence desquelles l'OTAN a revu en profondeur son concept stratégique et son organisation civile et militaire à plusieurs reprises. Elle a développé une politique systématique de partenariats en Europe et dans le monde, au titre de laquelle les pays de l'Alliance ont établi un partenariat pour la paix (PPP) avec la Russie, les pays de sa zone d'influence et avec les pays neutres d'Europe occidentale. L'OTAN a aussi mis en place avec l'UE une relation privilégiée, l'Identité européenne de sécurité et de défense (IESD), qui permet à cette dernière de bénéficier de moyens de l'OTAN pour certaines opérations entrant dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune. Fustigée par Donald Trump durant sa présidence des États-Unis (2017-2021) et par Emmanuel Macron lors de son premier mandat de président de la République française (2017-2022), l'OTAN retrouve sa raison d'être en 2022 en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Tout en évitant l'affrontement direct avec la Russie, l'Alliance soutient l'Ukraine diplomatiquement, matériellement par la livraison d'armes de plus en plus performantes, et en matière de renseignement. La Suède et la Finlande lancent leur procédure d'adhésion à l'organisme de défense militaire commune. Le siège de l'OTAN, initialement situé à Londres puis à Paris (dans les locaux désormais occupés par l'université Paris-Dauphine - PSL) se trouve depuis 1966 à Haren (Bruxelles), et son principal commandement militaire, le SHAPE, initialement installé à Rocquencourt (France), se trouve aujourd'hui à Maisières (Mons), également en Belgique. Histoire. Les années 1949-1991 : débuts et développements de l'OTAN pendant la guerre froide. La nécessité d'une organisation permanente. Le Conseil de l'Atlantique nord (CAN) tient sa première session à Washington en septembre 1949 et jette les bases d'une organisation pour l'essentiel constituée de comités chargés de rechercher un consensus entre les membres sur les différents sujets politiques, techniques et militaires qui relèvent de sa compétence et de coordonner les plans de défense des pays membres. Il apparaît rapidement nécessaire de mettre en place une organisation permanente. En , le CAN en session à Lisbonne procède à une restructuration de l’Alliance qui devient une organisation permanente dont le siège est établi à Paris. Lord Ismay devient le premier secrétaire général de l'OTAN. Une première Conférence des parlementaires de l’OTAN se tient à Paris en , devenue depuis l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. L'organisation militaire intégrée. Le déclenchement de la guerre de Corée précipite les décisions : le , le CAN nomme le général Dwight D. Eisenhower, qui jouit d'un prestige considérable acquis pendant la Seconde Guerre mondiale, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR). Le , le commandement allié en Europe devient opérationnel et le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (le SHAPE) s'établit à Rocquencourt, près de Paris. Les pays membres mettent à disposition des commandements de l'OTAN tout ou partie de leurs forces, dont elles continuent d'assurer directement le coût. Pour faire pièce à l'énorme supériorité, au moins en termes quantitatifs, des forces soviétiques conventionnelles, l'OTAN élabore dans les années 1950 des plans qui conduisent à une augmentation sensible des forces occidentales, quoique les objectifs affichés soient rarement atteints. La France en particulier dégarnit ses moyens militaires sur le front européen au profit des forces engagées dans la guerre d'Algérie. De même, les États-Unis réduisent leurs effectifs en Europe pendant la guerre du Vietnam. La présence militaire des États-Unis en Europe. Les États-Unis déploient de nombreuses forces en Europe pendant toute la durée de la guerre froide, placées sous l'autorité du Commandement des forces des États-Unis en Europe (EUCOM), dont le général commandant est aussi le SACEUR. Numériquement la plus importante, sa composante terrestre est la armée ; sa composante navale est la sixième flotte qui opère en mer Méditerranée ; la composante aérienne de l'USAFE comprend la au Royaume-Uni, la basée en Allemagne de l'Ouest et la en Espagne, disposant dans les années 1960 d'environ . Dans les années 1960, afin de réduire les effectifs présents sur le sol européen, les Américains y « prépositionnent » du matériel et se dotent de capacités de transport aérien leur permettant d'amener des États-Unis en Europe de gros effectifs en cas de crise. Pour démontrer leurs capacités, ils organisent d'importants exercices comme en 1963 l'opération "Big Lift" lors de laquelle américains sont acheminés par avion des États-Unis en Allemagne en . En 1957, américains sont stationnés en France. La France quitte le commandement intégré de l'OTAN en 1966, conduisant au déplacement vers d'autres pays membres des quelque américains encore présents sur le territoire français. L'adhésion de la RFA. Dès 1950, les Américains veulent que la RFA contribue à sa propre défense et donc rejoigne l'Alliance. La France continue de craindre la résurgence d'un État allemand fort qui dominerait l'Europe, et s'oppose donc au réarmement allemand. Face à l'insistance américaine et aux impératifs économiques et financiers, la France prend l'initiative de créer une Communauté européenne de défense, la CED, dont la RFA serait membre, dans un cadre lui offrant plus de garanties. Un accord est trouvé après plus de deux années de négociations, mais le Parlement français rejette finalement la CED en . Dès lors, l'adhésion de la RFA à l'Alliance, devenue inévitable, se concrétise en . Elle s'assortit d'un plan de réarmement visant à constituer en quelques années une armée, la Bundeswehr, forte de , devenue dans les années suivantes la composante la plus importante des forces conventionnelles de l'OTAN sur le front d'Europe centrale. En réaction immédiate, l'Union soviétique forme le pacte de Varsovie, alliance militaire avec sept de ses États satellites. Durant la guerre froide, trois autres États rejoignent l'Alliance, la Grèce et la Turquie en 1952 pour en renforcer le flanc sud et l'Espagne de l'après-Franco en 1982, qui contribuait précédemment à l'OTAN par des accords bilatéraux avec les États-Unis. Le face à face de l'OTAN et du Pacte de Varsovie. Les deux alliances mobilisent des moyens militaires conventionnels considérables pendant toute la guerre froide. Le pacte de Varsovie jouit en la matière d'une supériorité numérique significative ; en termes qualitatifs, l'OTAN possède en revanche un avantage certain. Au début des années 1980, les forces armées des pays du pacte de Varsovie comptent environ d'hommes, dont face à l'OTAN ; les forces permanentes des pays de l'OTAN se composent de d'hommes, dont quelque stationnés en Europe. Les forces les plus importantes sont massées de part et d'autre de la frontière entre les deux Allemagnes : sur ce front, le « pacte » aligne , plus de et , tandis que l'OTAN compte équipées de et . Le déploiement des armes nucléaires et leur doctrine d'emploi. Le nucléaire est au centre de l'histoire de l'OTAN. La dissuasion nucléaire est un axe dominant de la stratégie atlantique face à l'importante force conventionnelle du bloc de l'Est. Fondée essentiellement sur les armes nucléaires des États-Unis, elle constitue ce qui est communément appelé le parapluie nucléaire américain au bénéfice des Européens. Sa crédibilité fait l'objet de débats et de doutes tout au long de la guerre froide, notamment de la part de la France, mais aussi du Royaume-Uni, qui se dotent d'une force de dissuasion nucléaire en propre. Le nucléaire stratégique. L'arme nucléaire ne fait pas tout de suite l'objet d'un déploiement opérationnel après les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. La définition de sa doctrine d'emploi et la mise au point des vecteurs capables de la rendre employable dans des conditions opérationnelles aboutissent en 1954 avec le déploiement en Europe des premières armes nucléaires. Jusque-là seuls les Américains pouvaient agiter la menace de l'emploi des armes nucléaires, ce qui est fait lors du blocus de Berlin en 1948-1949 : des bombardiers stratégiques B-29 du Strategic Air Command sont dépêchés en Angleterre, geste purement politique, car ils ne sont pas équipés de bombes atomiques. Des bombes nucléaires complètes y sont stockées à partir de 1954, sans que les Britanniques obtiennent des Américains mieux qu'un engagement de concertation sur leur emploi. De leur côté les Britanniques développent dans les années 1950 leurs propres capacités nucléaires. Kennedy est hostile au développement de forces nucléaires indépendantes par les pays européens. Sous la pression américaine, les Britanniques acceptent lors du sommet de Nassau en de se fournir dorénavant auprès des États-Unis pour leurs armes stratégiques et de mettre l'ensemble de leurs moyens nucléaires à disposition de l'OTAN, mais ils conservent toutefois leur indépendance quant à la décision finale d'emploi. Depuis lors, le Royaume-Uni joue volontairement de l’ambiguïté quant à son degré d'indépendance concernant le choix des cibles potentielles de ses armes nucléaires, estimant qu'un second centre de décision améliore la dissuasion des Occidentaux en complexifiant singulièrement la tâche des stratèges soviétiques, selon la même logique d'indépendance que celle poursuivie par la France, qui se voit proposer d'entrer dans les accords de Nassau, ce que de Gaulle refuse en janvier 1963. Kennedy puis Johnson doivent aussi faire face à la pression des Allemands pour accéder au nucléaire et des autres membres de l'OTAN pour être mieux associés aux décisions relatives au « parapluie nucléaire ». Aussi les Américains poursuivent-ils leur projet de (MLF) au sein de l'OTAN, évoqué pour la première fois fin 1960 lors d'une réunion du CAN, sans réussir à créer un consensus sur ses modalités. En parallèle, se développent dans un cadre onusien les négociations relatives au contrôle de la prolifération nucléaire avec les Soviétiques qui ne veulent à aucun prix que l'Allemagne accède à l'arme nucléaire. La MLF est définitivement enterrée fin 1965, ce qui permet de débloquer les négociations relatives au TNP. Quoique les États-Unis possèdent pour encore plusieurs années une supériorité stratégique écrasante sur l'Union soviétique, le lancement de Spoutnik 1 en par une fusée R-7 Semiorka utilisable comme missile nucléaire intercontinental marque symboliquement la fin d'une ère durant laquelle les Européens se sentaient couverts par la doctrine américaine des représailles nucléaires massives, rendue crédible par la présence de soldats américains sur leur sol, exposés à une éventuelle attaque soviétique. Les années 1960 voient donc se développer un débat sur la crédibilité du parapluie nucléaire américain et sur la révision par les États-Unis de leur stratégie de représailles massives au profit de celle de la réponse flexible assortie du renforcement des forces conventionnelles que McNamara propose à l'OTAN, notamment lors d'une réunion du CAN le à Athènes. Les pays européens de l'OTAN sont plutôt réticents pour plusieurs raisons : d'une part le renforcement de leurs forces conventionnelles risque d'illustrer aux yeux des Soviétiques le peu de détermination des Occidentaux à utiliser l'arme nucléaire, d'autre part le partage des tâches proposé aboutit à laisser le contrôle de tout le nucléaire entre les mains des Américains et à cantonner les Européens dans un rôle secondaire tout en exigeant d'eux un effort de financement de la défense considérable voire irréaliste. À la faveur du départ de la France de l'organisation militaire intégrée et d'un accord sur le niveau de forces conventionnelles requis, un consensus s'établit en sur l'adoption par l'OTAN d'un nouveau concept stratégique intégrant la doctrine de réponse flexible. Une adaptation de l'organisation de l'OTAN est rendue nécessaire par le départ de la France de l'organisation militaire intégrée ; le groupe des plans nucléaires (NPG) est alors créé en décembre 1966 pour permettre un processus de consultation sur la doctrine nucléaire au sein de l'OTAN, sans la France En 1974, la déclaration du CAN sur les relations atlantiques acte que les forces nucléaires de la France et du Royaume-Uni sont en mesure de jouer un rôle dissuasif propre qui contribue au renforcement global de la dissuasion de l'Alliance. Le nucléaire intermédiaire et tactique. Le déploiement de missiles de portée intermédiaire et d'armes nucléaires tactiques commence en 1955 en Allemagne de l'Ouest, en 1957 en Italie et en 1958 en France. Le déploiement s'accélère dans les , le pic est atteint en 1971 avec nucléaires pour tous les types de vecteurs nucléaires disponibles (obus, missiles sol-sol et sol-air, charges de profondeur, etc.) stockées dans sept pays de l'OTAN. Poursuivant une politique d'association plus importante des forces armées non américaines de l'OTAN à la dissuasion nucléaire à partir du début des années 1960, environ 35 à 40 % de ces armes sont gérées par des forces non américaines, sous « double clé » en partage nucléaire avec les États-Unis, équipées de dispositif de sécurité et d'armement. En raison de sa position en première ligne, l'Allemagne de l'Ouest accueille une proportion très importante de ces armes nucléaires tactiques. À la fin des années 1970 et dans les années 1980, des retraits successifs ramènent leur nombre à moins de lorsque le bloc de l'Est s'effondre en 1990/1991 et à en 1995, ces dernières étant désormais exclusivement des bombes B61 larguées par avion. Nucléaire intermédiaire : l'introduction de nouveaux missiles de portée intermédiaire SS-20 par les Soviétiques à la fin des années 1970, dans un contexte général de guerre fraîche entre l'Est et l'Ouest après plus d'une décennie de détente, est à l'origine de la crise des euromissiles. Le , les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l’OTAN prennent une « double » décision qui combine le déploiement en Europe de missiles MGM-31 Pershing et BGM-109G Gryphon américains, et un effort parallèle et complémentaire de maîtrise des armements avec les Soviétiques, visant à éviter que de tels déploiements s’avèrent nécessaires. Mitterrand appuie fortement cette décision. Les déploiements vont commencer, mais un accord d'élimination complète de ces missiles de portée intermédiaire, le traité INF, intervient fin 1987. Nucléaire tactique : L'OTAN rencontre de grandes difficultés pour définir une doctrine d'emploi des armes tactiques qui fasse consensus, ne serait-ce que par crainte des énormes destructions et pertes humaines qu'elles pourraient engendrer sur le sol même des pays européens membres de l'OTAN, au premier rang desquels l'Allemagne de l'Ouest. Aussi l'OTAN réduit-elle fortement dans les années 1980 ses stocks d'armes tactiques, de manière unilatérale, même en plein bras de fer avec Moscou sur les missiles de portée intermédiaire. En , le président George H. W. Bush annonce l’annulation des programmes de modernisation des obus d’artillerie nucléaire déployés en Europe et du successeur du missile nucléaire à courte portée Lance. Il souhaite que des négociations sur les missiles nucléaires à courte portée des États-Unis et de l’Union soviétique commencent peu après la signature d’un traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Le départ de la France de l'organisation militaire intégrée. Les relations entre la France et l'OTAN ont toujours été complexes : d'un côté la France a fortement poussé à la fondation de l'Alliance atlantique, à l'implication directe des États-Unis dans la défense de l'Europe et a bénéficié d'aides économiques et militaires importantes des États-Unis pendant toute la République ; d'un autre côté, l'OTAN a peu ou pas pris en compte les intérêts de la France, notamment en Indochine et en Algérie, et surtout a généré un sentiment d'impuissance du pays face à l'hégémonie américaine au sein de l'Organisation, et suscité une envie d'indépendance nationale plus forte. Avec le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, à la faveur de la crise de mai 1958, la nouvelle politique étrangère d'indépendance provoque de vives tensions au sujet de l'OTAN et de la force de dissuasion nucléaire française entre la France et les États-Unis. Le , de Gaulle envoie un mémorandum au président américain Dwight Eisenhower et au Premier ministre britannique Harold Macmillan, dans lequel il demande la création d'un directorat tripartite de l'OTAN. Ni les Américains ni les autres membres de l'OTAN ne veulent donner satisfaction à la France. Bien que lors de la crise de Berlin et de la crise des missiles de Cuba, Paris montre sa solidarité atlantique, de Gaulle demeure convaincu de la nocivité de la bipolarisation des relations internationales autour des blocs de l'Ouest et de l'Est et du risque pour la France de s'en remettre pour sa sécurité au seul parapluie nucléaire américain. En , contrairement aux autres pays membres de l'OTAN, la France s'oppose à l'installation sur le territoire français d'armes nucléaires américaines, faute d'avoir le contrôle de leur emploi. Le , de Gaulle annonce lors d'une conférence de presse le retrait du commandement intégré de l'OTAN au plus tard pour 1969. Cette décision est confirmée par une lettre adressée au président américain, Lyndon B. Johnson, le , l'informant que, si la France envisage de rester partie au Traité de Washington, elle . La France demeure toutefois membre de l'Alliance atlantique : un échange de lettres avec la RFA règle la question du maintien des forces françaises en Allemagne (FFA), et un accord est conclu en 1967 entre les généraux Ailleret et Lemnitzer (SACEUR) qui définit le rôle des forces armées françaises en coopération avec l'OTAN en cas de conflit ouvert entre les deux blocs. Le siège de l'OTAN quitte alors Paris pour Bruxelles en pour le centre du terrain de l'ancien aérodrome de Haren (surnommé abusivement du nom de la commune voisine d'Evere). Le SHAPE (« Grand Quartier général des puissances alliées en Europe ») est transféré le de Rocquencourt, près de Paris, à Casteau, près de Mons en Belgique, dans les locaux d'une ancienne infrastructure militaire belge. Le Quartier général des forces alliées en Europe centrale (AFCENT), actuellement (), est transféré de Fontainebleau à Brunssum aux Pays-Bas dans une ancienne mine de charbon. Celui des forces aériennes en Europe centrale (), actuellement (AIRCENT), est transféré de Fontainebleau à Ramstein en Allemagne. Celui des forces terrestres en Europe centrale (LANDCENT), dénommé par la suite Quartier général des forces alliées à Heidelberg et clôturé , est transféré de Fontainebleau à Heidelberg. La dimension politique. Les premières années de l'OTAN sont dominées par les considérations de défense, toutefois sa dimension politique se traduit par la réaffirmation périodique de la solidarité atlantique. Le , le CAN approuve les recommandations contenues dans le « rapport du Comité des Trois sur la coopération non militaire au sein de l’OTAN ». Les chefs d'État et de gouvernement réunis à Paris du 16 au pour un premier sommet de l'OTAN réaffirment les principes et les buts de l’Alliance atlantique. Les limites du rôle politique de l'Alliance sont toutefois mises en évidence durant la période de fortes tensions de la guerre froide de 1958 à 1963 où les décisions les plus importantes sont prises par les États-Unis, parfois en y associant les Britanniques et les Français en particulier sur la question de Berlin, les autres membres de l'OTAN étant le plus souvent simplement informés. Par exemple, lors de sa session de , le CAN « s’associe aux vues exprimées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni au sujet de Berlin et du droit des Occidentaux d’y demeurer ». Les Européens font entendre leur voix en faveur de la détente et le le CAN approuve le rapport Harmel sur les futures tâches de l’Alliance. Pour Pierre Harmel, ministre belge des Affaires extérieures, les pays individuels de l'OTAN ont le droit d'établir et d'entretenir des contacts bilatéraux avec « l'autre côté ». Une telle approche n'est nullement contraire à la loyauté à l'Alliance occidentale, laquelle doit maintenir sa force de frappe militaire. Le renoncement à l'ancien modèle conflictuel et la croyance à une détente durable sont des éléments neufs et témoignent d'une conscience européenne grandissante. L'approbation du rapport Harmel par le conseil de l'OTAN est un jalon important dans les relations Est-Ouest. C'est ainsi qu'à partir de 1969 l’"Ostpolitik" de rapprochement avec l'Est menée par Willy Brandt, chancelier de la RFA, jette les bases de la normalisation qui se concrétisera par la démolition du mur de Berlin vingt ans plus tard. En au cours d'une session ministérielle du CAN à Bonn, les ministres décident d’entreprendre des négociations multilatérales liées aux préparatifs d’une Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE). Les pays qui font partie de la structure militaire intégrée de l’OTAN proposent de tenir des entretiens exploratoires multilatéraux sur des réductions mutuelles et équilibrées de forces (MBFR). À la suite du coup d'État de 1974 à Chypre, l'OTAN demande le retrait des officiers grecs. La Grèce quitte les structures militaires de l'Alliance le à la suite de l'invasion turque de Chypre, elle réintègre ceux-ci le après la levée du véto turc. Le , réunis à Bruxelles pour un deuxième sommet, les chefs de gouvernement des pays de l’OTAN signent la « Déclaration sur les relations atlantiques ». L'habitude est prise de réunir beaucoup plus fréquemment les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'OTAN : dix sommets se tiennent de 1974 à 1991, année de la fin de la guerre froide. Le s'ouvrent à Vienne des discussions entre les pays de l’OTAN et les pays signataires du Pacte de Varsovie relatives aux modalités de conduite des négociations sur les forces conventionnelles en Europe. Les années 1990 : l'Alliance assure sa pérennité. La fin de la guerre froide en 1991, consécutive à la chute du mur de Berlin en 1989, à l'écroulement de l'URSS et à la dissolution du pacte de Varsovie, l'adversaire « naturel » de l'Alliance atlantique, pose la question du devenir de l'Alliance : selon les critères habituels des relations internationales, elle aurait dû disparaître faute d'adversaire, mais elle va réussir à assurer sa pérennité grâce à la solidité du lien qui unit ses membres, à la crainte de la plupart des Européens de devoir assurer leur sécurité sans les États-Unis et en se trouvant très rapidement de nouvelles missions. La décision de conserver l'Alliance. Les États-Unis et les Européens souhaitent que l'Alliance atlantique demeure le pilier de la sécurité en Europe dans une vision atlantique. George H. W. Bush rencontre François Mitterrand par deux fois pour tenter d'en définir le nouveau modèle de fonctionnement. Les deux présidents sont d'accord sur la nécessité de pérenniser l'Alliance et de la transformer en profondeur à cet effet, mais peinent à trouver un terrain d'entente sur les modalités précises. Le Royaume-Uni milite aussi très activement pour le maintien de l'Alliance, parce qu'elle a fait ses preuves, permet des économies d'échelle et évite que l'Allemagne ne se retrouve en position d'hégémonie en Europe. Le sommet de l'OTAN qui se tient à Londres les 5 et 6 juillet 1990 prend acte de la fin de la guerre froide, de la réunification de l'Allemagne et du rôle que peut jouer à l'avenir une Alliance atlantique rénovée. Mitterrand déclare que . La guerre du Golfe d' à favorise le maintien de la cohésion occidentale durant cette période chaotique en Europe et au Moyen-Orient, et contribue au rapprochement franco-américain ; mais la France paie le prix de sa quasi-absence des structures de l'OTAN depuis 1966 et voit son influence demeurer faible sur les choix que vont faire adopter les Américains et les Anglais. Au sommet de Rome en novembre 1991, l'OTAN définit un nouveau concept stratégique et multiplie les ouvertures vers les pays d'Europe centrale, sans pour autant ouvrir la porte de leur adhésion à l'OTAN. Il s'agit aussi de ménager Moscou et de tenter d'établir de bonnes relations avec la fédération de Russie qui se substitue à l'Union soviétique fin 1991. Les dirigeants de l'Alliance jouent la carte d'une approche multilatérale de la sécurité en Europe, autour de l'Alliance, de la CSCE et de l'Union européenne en voie de se doter d'institutions compétentes en matière de politique étrangère, de sécurité et, à plus long terme, de défense. Ils prennent aussi soin de rappeler que cette sécurité dépend de l'engagement des États-Unis et que l'OTAN est la seule alliance militaire à disposer d'engagements contractuels entre ses membres et d'un potentiel militaire commun pour l'action aussi bien que pour la consultation. François Mitterrand continue d'apporter le soutien de la France au maintien de l'Alliance et à une nouvelle définition stratégique de son rôle au motif que la disparition du bloc soviétique ne signifie pas la fin de tous les périls. Mitterrand prend toutefois ses distances avec l'exercice d'un rôle politique par l'Alliance, qu'il réserve à chaque pays et à l'Union européenne selon les dispositions du traité de Maastricht. L'intégration de l'Allemagne réunifiée. Gorbatchev et Kohl se mettent d'accord le pour que l'Allemagne réunifiée fasse partie de l'OTAN et, en contrepartie, confirme son renoncement à l'arme nucléaire, levant ainsi les derniers obstacles à la réunification de l'Allemagne qui intervient formellement le par incorporation des "Länder" de l'ex-RDA. L'accord prévoit aussi qu'aucune troupe de l'OTAN ne sera stationnée sur le territoire de l'ex-RDA, aussi longtemps qu'y seront des troupes soviétiques ; les Russes s'engagent à ce que leurs troupes quittent le territoire allemand dans un délai de trois ou quatre ans au maximum ; au-delà de cette période, les forces intégrées de l'OTAN pourront y stationner à condition de ne pas avoir de porteurs nucléaires. Enfin, l'Allemagne réunifiée s'engage à ramener à ses forces armées, fortes en 1990 de en RFA et ex-RDA. Parallèlement, les négociations dites « 2+4 » entre les quatre puissances occupantes de l'Allemagne, la RFA et la RDA aboutissent à un accord sur la reconnaissance par toutes les parties des frontières issues de la Seconde Guerre mondiale, en particulier celle entre la Pologne et l'Allemagne réunifiée. Les relations avec la Russie et l'élargissement de l'Alliance. La question de l'élargissement est au cœur des débats géopolitiques de l'Alliance depuis 1990. Dans le contexte de la désintégration de l'Union soviétique fin 1991, l'Alliance ne veut cependant pas ignorer le souhait des pays d’Europe centrale et orientale (PECO) de recevoir une assurance de sécurité absolue envers la Russie voisine : lors du sommet de Rome, elle propose d'établir des relations plus institutionnelles de consultation et de coopération sur des questions politiques et de sécurité avec ces pays et les invite à se joindre aux ministres des Affaires étrangères à Bruxelles en décembre 1991 afin de mettre en place le Conseil de partenariat euro-atlantique (CCNA), premier jalon du processus d'élargissement. Cette instance de dialogue et de coopération, conçue pour mettre un point final à la guerre froide en Europe, n'est aux yeux de la plupart des PECO qu'un succédané, loin de répondre à leur demande d'intégration dans l'OTAN afin de pouvoir bénéficier d'une garantie réelle de sécurité, engageant les États-Unis, bien supérieure à ce que les seuls Européens pourraient leur apporter dans ce domaine. Le nouveau gouvernement de Bill Clinton hésite et gagne du temps par la mise en place du Partenariat pour la paix (PPP) en janvier 1994 à l'occasion du sommet de Bruxelles, qui propose à la Russie et aux PECO un accord-cadre bilatéral de coopération militaire, adaptable au cas par cas, mais qui ne constitue pas une garantie de sécurité. Boris Eltsine met en garde les Occidentaux contre de nouvelles adhésions à l'OTAN que réclament plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, en réaffirmant qu'un tel élargissement pourrait provoquer une . Sans enthousiasme, la plupart des pays concernés adhèrent au PPP, et la Russie elle-même y souscrit le , bien qu'elle ne bénéficie pas d'un statut privilégié qu'elle appelait de ses vœux afin de continuer d'être reconnue comme une grande puissance, légitime à bénéficier d'une zone d'influence, la protégeant à ses frontières comme en son temps l'URSS. C'est finalement en 1995 que l'Alliance décide d'entamer concrètement le processus d'adhésion, en commençant par conduire une étude détaillée des conditions et modalités des futures adhésions, en ouvrant des discussions bilatérales en 1996 avec les pays candidats et en menant de longues négociations avec la Russie. La solution finalement adoptée en 1997 consiste à conclure d'une part un accord privilégié avec la Russie, sous la forme de l'Acte fondateur entre l'OTAN et la Russie, et d'autre part à accepter en décembre 1997 les demandes d'adhésion de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque. En parallèle, l’ancien Conseil de coopération nord-atlantique est remplacé par le Conseil de partenariat euro-atlantique, institution qui unifie la gouvernance mise en place par le CCNA et le PPP et offre à chaque partenaire une grande flexibilité dans le choix de son niveau de coopération avec l'OTAN. Le Partenariat pour la Paix est également renforcé : l'accent est mis sur la consultation politique et l'accroissement du rôle des Partenaires dans la prise de décisions opérationnelles : à ce double effet, les Partenaires ont la faculté d'établir des missions diplomatiques auprès de l'OTAN, et d'intégrer du personnel à la structure de commandement de l'OTAN. Au terme des procédures de ratification, ces trois anciens pays satellites de l'URSS deviennent membres de l'OTAN en . Une pause est ensuite observée dans l'élargissement de l'Alliance qui tourne pour un temps son attention vers une adaptation de sa stratégie et de ses missions pour faire face aux nouvelles menaces à l'aube des années 2000. En complément de sa politique d'élargissement, qui ne peut concerner que des pays d'Europe selon ses statuts, l'Alliance développe des partenariats avec d'autres pays : en 1994, elle lance le dialogue méditerranéen, initiative de coopération entre l'OTAN et sept pays de la rive sud de la Méditerranée, dont Israël et l'Égypte. La coopération entre l'OTAN et la Russie : l'Acte fondateur de 1997. « L’Acte fondateur sur les relations, la coopération et la sécurité mutuelles entre l'OTAN et la fédération de Russie », signé à Paris le , crée le Conseil conjoint permanent OTAN-Russie qui est chargé de mettre en œuvre les consultations et coopérations dans les domaines prévus dans cet Acte et rappelle quelques principes tels que le respect de la souveraineté et de l’indépendance nationale, de l’intégrité territoriale, le règlement pacifique des différends, le droit pour chaque État de choisir ses moyens pour assurer sa Défense nationale. L'Acte stipule également que , ce qui entre les lignes inclut l'élargissement de l'OTAN à de nouveaux membres à part entière, et ce d'autant plus clairement que, par cet Acte, les membres de l'OTAN . Enfin, l'Acte développe en détail l'engagement des deux parties à parvenir à un accord sur l'adaptation du traité FCE de 1990 au nouveau contexte de sécurité en Europe. L'opposition de la Russie à l'élargissement de l'OTAN demeure malgré tout très forte : le ministre russe des Affaires étrangères, Ievgueni Primakov, déclare en juillet 1997 que l'élargissement de l'OTAN est une « faute majeure, peut-être la plus grosse depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », tout en appelant à la bonne application de l'Acte fondateur. Toujours à la recherche d'une politique d'équilibre entre les différentes parties en Europe de l'Est, l'OTAN signe également en une charte de partenariat avec l'Ukraine, souhaitée par les dirigeants ukrainiens pour faire pendant à l'Acte fondateur des relations OTAN-Russie. Cette charte n'en a cependant pas l'ampleur, car elle ne donne pas à l'Ukraine un statut particulier comparable à celui de la Russie dans le dialogue sur la sécurité avec les Occidentaux. La France se rapproche de l'OTAN. La France se montre active dans la définition de l'avenir de l'Alliance au lendemain de la guerre froide, et surtout elle participe aux opérations militaires de l'OTAN en ex-Yougoslavie lors de la guerre en Bosnie, en 1993, ce qui lui fait prendre conscience de la nécessité de se coordonner étroitement avec les autres forces de l'OTAN présentes et ce d'autant plus que les Européens n'ont pas les moyens de se passer du support, aérien et logistique notamment, des Américains. Mitterrand accepte tacitement cette situation mais ne souhaite pas toucher au dogme gaulliste de l'indépendance de la France, ce pour quoi Chirac a davantage de légitimité en raison de sa forte filiation gaulliste revendiquée. En décembre 1995, il décide que la France réintègre le Comité militaire et que de nombreux officiers français participent dorénavant aux instances de l'OTAN. Toutefois, ses efforts pour obtenir un rôle majeur pour la France ne sont pas couronnés de succès, Washington refusant de confier le commandement sud de l'OTAN, à Naples, à la France. La cohabitation de 1997 à 2002 avec Lionel Jospin bloque le processus. Ces négociations marquent le début d'une évolution de la politique française héritée du gaullisme. La réduction drastique des dépenses militaires. Les années 1990 sont celles d'une certaine euphorie dans les relations internationales qui se traduit par une chute des budgets consacrés à la Défense. Entre 1990 et 2000, la part des dépenses de défense dans le PIB des quatre plus grandes nations européennes passe de 3,15 % à 2,18 %, soit une baisse de presque un tiers ; pour les États-Unis, la baisse est encore plus importante, les dépenses passant sur la même période de 5,6 % à 3,1 % du PIB, soit une chute de 45 %. La disparition de la menace aux frontières de l'est de l'Europe entraîne le retrait de la majeure partie des forces de combats étrangères stationnées en Allemagne durant la guerre froide. Les FFA sont dissoutes en 1993, puis après le rapatriement en France de la division blindée courant 1999, il ne reste plus outre-Rhin que l'état-major, deux régiments et un bataillon des services de la brigade franco-allemande (relevant de l'Eurocorps), soit , et un groupe de chasseurs, soit , en garnison à Sarrebourg. Toujours en 1999, les Américains, Belges, Britanniques, Italiens et Néerlandais ne déploient plus en Allemagne que quelque au total. Le format de l'Armée française est réduit de en 1990 à en 2000. L'Armée belge passe elle de en 1990 à . Au Royaume-Uni, la Royal Navy qui en 1989 représentait , dont de combat, chacun d'un tonnage supérieur à était tombé au à (le gros du tonnage étant assuré par les navires de soutien), dont seulement de combat hauturiers. Les opérations militaires. Paradoxalement, l'OTAN entreprend ses premières opérations militaires après la fin de l'affrontement entre les deux blocs de l'Ouest et de l'Est. Elle intervient en Europe, mais en dehors des frontières de ses membres, ce qui constitue une interprétation large du traité d'origine. En 1999 toujours, l'OTAN engage ses forces dans sa première grande opération militaire, participant à la guerre du Kosovo en bombardant la Yougoslavie pendant onze semaines (du au ), lors de l'opération "Allied Force". Cette opération fut motivée par le massacre de Račak. Les années 2000 : l'OTAN se transforme face aux dangers d'un monde instable. Les attentats du 11 septembre 2001 et la déclaration, par le président George W. Bush, d'une « guerre contre le terrorisme », modifient la donne et font jouer à l'OTAN un nouveau rôle. Elle compte désormais s'engager dans cette « guerre » atypique, qui n'oppose pas un État contre un État, mais un groupe d'États à un réseau hétérogène d'organisations terroristes islamistes, souvent désignés, de façon métonymique, par le nom dAl-Qaïda. L'islamisme remplace ainsi le communisme comme principale menace du « monde libre ». Cette situation va donc entraîner une nouvelle phase d'adaptation de l'OTAN à l'évolution de son environnement et des menaces auxquelles elle doit faire face. Le sommet de Prague en prend une série de décisions : poursuite de l'élargissement de l'OTAN et développement des partenariats notamment avec l'Europe et avec la Russie, élargissement de la zone d'intervention au monde entier et des domaines de compétences en matière de renseignement ou à la cybersécurité, adaptation des moyens militaires, confirmation de l'engagement des pays membres à renforcer leurs capacités militaires. Ces orientations sont confirmées par les sommets suivants, qui se succèdent au rythme inhabituel d'un par an, à Istanbul en 2004, Bruxelles en 2005, Riga en 2006 puis Bucarest en 2008. Les désaccords transatlantiques. Si un accord existe sur ces grandes orientations, les relations entre les Américains et, selon les cas, les Français ou un petit noyau de pays européens sont difficiles pendant le premier mandat de George W. Bush, en raison essentiellement de la décision américaine de passer outre sur la question irakienne, mais aussi du refus des Européens de faire évoluer l'Alliance vers une alliance globale, mondiale. En constituant des coalitions au cas par cas et hors du cadre de l'OTAN en Afghanistan et en Irak pour les deux guerres les plus importantes de la décennie, les États-Unis appliquent leur nouvelle doctrine « la mission détermine la coalition » déstabilisent l'Alliance et font passer l'OTAN au second plan. est celle de la mésalliance atlantique et de prises de position fortement anti-européennes de plusieurs très hauts responsables américains. Pourtant l'Alliance atlantique demeure la seule institution permettant à l'Amérique de faire exister ce lien stratégique avec l'Europe auquel elle ne veut pas renoncer, et réciproquement le seul cadre crédible d'organisation de la sécurité de l'Europe. Durant son second mandat toutefois un rapprochement s'opère à l'occasion des sommets de Bruxelles et de Riga spécifiquement organisés dans ce but. L'intérêt des États-Unis se porte pourtant de plus en plus vers l'Asie, et l'OTAN n'est plus aussi importante dans la politique américaine, d'autant que la participation des Européens aux opérations menées en Afghanistan demeure en dessous de leur attente. La France réintègre le commandement intégré de l'OTAN. Plusieurs centaines de militaires français sont présents dans les commandements suprêmes, à Mons (Belgique) et à Norfolk (États-Unis). La France participe alors à toutes les opérations de l'OTAN (Kosovo en 1999 et Afghanistan). Elle est même le de l'OTAN en termes de forces. En , à l'occasion de la présentation du Livre blanc sur la défense, Nicolas Sarkozy franchit l'ultime étape en confirmant le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, avec toutefois une restriction symboliquement importante : la France ne siégera pas au groupe des Plans nucléaires. Ce retour s'accompagne de l'attribution à un officier général français d'un grand commandement militaire de l'OTAN. Élargissement et partenariats. En , l'Union européenne (UE) signe avec l'OTAN un partenariat stratégique, l'Identité européenne de sécurité et de défense (IESD). Dans le même temps, l'OTAN prépare son élargissement concomitant avec celui de l'UE elle-même. Le , l'Alliance accueille sept nouveaux pays, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie, portant ainsi à vingt-six le nombre de ses membres. Ce sont des États militairement peu puissants, mais trois d'entre eux, les pays baltes, sont d'anciennes républiques soviétiques, et les autres d'anciens États satellites du pouvoir soviétique, Slovénie exceptée. Ces États doivent réformer leur organisation militaire en profondeur, accepter les standards de l'OTAN, développer les « capacités politico-militaires afin de pouvoir intervenir sur des crises et conflits différents d'une agression armée classique ». À la suite des révolutions de couleur survenues en Géorgie (révolution des Roses) puis en Ukraine (révolution orange), ces deux autres anciens États soviétiques ont fait part de leur volonté d'adhérer à l'Alliance. Lors du sommet de Bucarest de, la France et l'Allemagne, désireuses de ménager Moscou, s'opposent aux États-Unis qui y sont favorables ; le communiqué final réaffirme un accord de principe de l'Alliance, mais n'ouvre pas la porte du (MAP) à ces deux pays ce qui équivaut à un renvoi "sine die" de leur adhésion. En , à l'occasion du sommet de l'OTAN à Strasbourg et à Kehl, qui célèbre le de l'OTAN et voit d'importantes manifestations antimilitaristes et anticapitalistes, est annoncée l'adhésion de l'Albanie et de la Croatie, ce qui porte le nombre d'États membres à vingt-huit. Dans les années 2000, l'OTAN poursuit le développement d'initiatives de partenariats avec des pays hors d'Europe mais qui présentent à un titre ou à un autre un intérêt stratégique dans une vision élargie de la sécurité des membres de l'Alliance. L'Initiative de coopération d'Istanbul, lancée en 2004, s'adresse aux pays du golfe Persique. Des relations de coopération sont développées au cas par cas avec des pays alliés des États-Unis dans le monde comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon ou la Corée du Sud, qui participent à la FIAS en Afghanistan. Nouvelles adaptations de la stratégie NBC et antimissile. La dissuasion nucléaire : à la fin de la guerre froide, les États-Unis diminuèrent drastiquement le nombre de leurs armes nucléaires tactiques entreposées sur le sol des pays de l'OTAN en Europe, le ramenant de plusieurs milliers à quelques centaines ; dans les années 2000, il resterait entre 150 et nucléaires B-61, entreposées dans cinq pays, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie, après le retrait de ces armes de Grèce en 2001 et du Royaume-Uni à partir de 2004. Les principales raisons du maintien des NSNW (Armes nucléaires non stratégiques) en Europe une fois la guerre froide terminée avaient été le souci de ne pas compromettre la cohésion et la solidarité entre Alliés et le besoin de maintenir une garantie nucléaire résiduelle. Les Russes conservent plusieurs milliers de ces armes, arguant de plusieurs facteurs de déséquilibre en leur défaveur, comme les forces nucléaires de la France et du Royaume-Uni, la supériorité conventionnelle des pays de l'OTAN et leur situation de quasi-encerclement par les pays de l'Alliance, aux portes de leurs frontières, ce qui n'est pas le cas des États-Unis. La protection contre les armes NBC : après l'accord, conclu au sommet de Prague en 2002, visant à renforcer les capacités de défense de l'Alliance contre les armes de destruction massive (ADM) et contre les menaces nucléaires, radiologiques, bactériologiques et chimiques (NRBC), l'OTAN met en place en 2003 et 2004 un bataillon multinational de défense NRBC et divers moyens de prévention, d'éducation et de lutte contre ces risques. La défense antimissile : le concept stratégique de l'OTAN, actualisé lors du sommet de Washington pour le anniversaire de l'Alliance en 1999, affirme la nécessité d'améliorer les moyens de défense de l'Alliance contre les risques et les menaces potentielles de prolifération des armes NBC et de leurs vecteurs, y compris par des travaux sur une défense antimissile. Au sommet de Prague en 2002, les membres de l'Alliance se mettent d'accord pour mettre en place un dispositif OTAN antimissile de théâtre (ALTBMD) et décident de lancer une étude de faisabilité concernant la défense antimissile balistique territoriale. En 2003, le Conseil OTAN-Russie se saisit du sujet afin que soient évalués les niveaux possibles d’interopérabilité des systèmes antimissile de théâtre de l’OTAN et de la Russie. La mise en œuvre du dispositif OTAN antimissile de théâtre prend un tour concret en 2006 et aboutit à un premier déploiement opérationnel en 2010. En parallèle, une orientation complémentaire est prise en 2008 lors du sommet de Bucarest visant à intégrer le système antimissile de l'OTAN et la composante européenne du système de défense antimissile de territoire des États-Unis (GMD) que les Américains souhaitent implanter en Pologne et en République tchèque. Face à l'hostilité de la Russie et aux réticences de plusieurs alliés européens au premier rang desquels la France, le président Obama abandonne ce projet en au profit d'une nouvelle approche, dite EPAA, qui permet à la nouvelle administration américaine de renouer le dialogue avec la Russie sur ces questions de dissuasion nucléaire et de défense antimissile. Les hauts et les bas des relations avec la Russie. À la fin des années 1990, les relations entre l'OTAN et la Russie traversent une crise sous le double effet de la concrétisation de l'élargissement de l'OTAN et plus encore de l'intervention militaire de l'OTAN dans le conflit au Kosovo sans l'accord de la Russie. Début 2000, Vladimir Poutine succède à Eltsine à la tête de la Russie. Pragmatique, conscient des faiblesses de la Russie et de ce que l'Alliance est appelée à demeurer la principale alliance politico-militaire en Europe, il s'engage sur la voie de la normalisation des relations avec l'OTAN qui se conclut par la déclaration de Rome de relative à un partenariat stratégique entre les deux parties et à l'instauration du Conseil OTAN-Russie (COR). Cette relance des relations entre la Russie et l'OTAN intervient au moment où l'Alliance négocie activement la poursuite de son extension vers l'est de l'Europe et dans le Caucase, que la Russie continue de condamner à de nombreuses reprises durant toute la décennie. Ainsi, peu après le sommet de l'OTAN d'avril 2008 à Bucarest, Poutine déclare . Sergueï Lavrov estimant que l'OTAN s'étend « toujours plus près de la frontière russe », affirme que ce déploiement est « la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les États-Unis et l'Union européenne ». Jugeant que la politique de l'Alliance menace ses intérêts géopolitiques et s'estimant en particulier visée par le projet de bouclier antimissile mis en place par les États-Unis, la Russie manifeste son mécontentement en suspendant le l'application sur le traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), alors que George W. Bush avait dénoncé le traité ABM en . De 2002 à 2008, certaines coopérations concrètes se mettent en place : la Russie, par exemple, apporte une contribution dans les domaines de la logistique et de la formation aux actions de la FIAS en Afghanistan. L'action militaire menée par la Russie en Georgie en 2008 provoque une interruption de ces coopérations, dont la reprise est décidée lors du sommet tenu à Strasbourg-Kehl en. Ces évènements témoignent aussi de ce que la Russie considère que l'adhésion de la Géorgie à l'Alliance atlantique constituerait un véritable "casus belli". Les interventions « hors zone » et l'Afghanistan. Les menaces continuent de s'éloigner de l'Europe au début des années 2000, avec la fin des conflits dans l'ex-Yougoslavie et une relation stabilisée avec la Russie. Les pays européens poursuivent donc la décroissance de leurs budgets et effectifs militaires commencée au début des années 1990. La France met fin au service militaire national. Il n'en est pas de même pour les États-Unis qui mènent durant cette décennie 2000 deux guerres majeures, en Afghanistan puis en Irak. Les effectifs des pays européens de l'OTAN diminuent de presque de 2000 à 2010 malgré l'arrivée de nouveaux membres depuis 1999. Le personnel civil et militaire passe de 2,5 a 1,1 % de la population active entre 1990 et 2010. La question qui se pose alors aux Alliés est de savoir si, pour faire face à des menaces de moins en moins localisées au sein ou en bordure de ses frontières, l’OTAN doit ou non intervenir partout dans le monde ? Les Alliés tranchent le débat, lors d’une réunion tenue à Reykjavik les et , en décidant d’intervenir au-delà de la zone de responsabilité habituelle : l’engagement en Afghanistan à partir de 2003 est la conséquence de cette décision. L’OTAN prend la direction de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan le . Créée en vertu d'un mandat de l'ONU, la FIAS se trouve face à une mission longue et difficile qui mobilise des effectifs considérables. À partir de 2011, la responsabilité de la sécurité est progressivement transférée aux forces afghanes. Le processus de transition s'achève à la fin de , terme de la mission de la FIAS. Réorganisation du commandement et création de la force de réaction rapide. Lors du sommet de Prague en 2002, l'OTAN crée une force de réaction rapide et réorganise ses structures de commandement autour du Commandement Opérations (ACO) et du Commandement Transformation (ACT). L'OTAN annonce que la force de réaction rapide est devenue pleinement opérationnelle à l'occasion du sommet de Riga en 2006. Elle consiste alors en une force interarmées (terre, air, mer) multinationale de , comprenant une brigade d'armée de terre, une force aéronavale et une composante aérienne capable d’effectuer de combat par jour. Elle peut être déployée en cinq jours et soutenir des opérations pendant , ou davantage si elle est réapprovisionnée. Placée sous l’autorité du Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR), elle est en mesure de mener toute la gamme des missions de l’Alliance, depuis les opérations de secours en cas de catastrophe ou de maintien de la paix jusqu’aux opérations de combat les plus intenses. Les années 2010 : regain des tensions en Europe et au sein de l'OTAN. Depuis le début des années 2010, le fait géopolitique majeur est pour l'Alliance le regain de tensions en Europe avec la réémergence de la Russie sur la scène internationale. L'OTAN est fragilisée par les critiques du président américain Donald Trump, qui demande aux Européens de contribuer davantage à leur défense, et par les initiatives nationalistes du président turc Recep Tayyip Erdoğan qui vont à l'encontre de l'unité de l'Alliance atlantique (achat de missiles S-400 russes, tensions avec la Grèce et échec des négociations concernant Chypre, offensive en 2019 contre les kurdes en Syrie). L'OTAN poursuit à petits pas son élargissement avec l'adhésion du Monténégro en 2017 et de la Macédoine du Nord en 2020. Le nouveau concept stratégique et sa déclinaison budgétaire. Au sommet de Lisbonne fin 2010, l'Alliance adopte un nouveau concept stratégique, toujours actuel en 2016, qui : Dans le contexte de la crise économique mondiale des années 2008 et suivantes, l'OTAN assure aussi son avenir en réduisant son train de vie dans ses organismes tant civils que militaires et en développant sa communication publique, par exemple en créant une chaîne de télévision (NATO TV Channel). D'importantes réformes de structure sont menées à bien dans les qui réduisent sensiblement les effectifs civils et militaires des organismes de l'OTAN. L'OTAN impulse aussi une initiative de « défense intelligente » qui vise à développer les coopérations multinationales afin de renforcer les capacités de défense des États européens par la recherche de synergies, d'économies d'échelle et d'évitement de doublons. L'Union européenne et l'OTAN développent également leur coopération institutionnelle dans un objectif de mise en cohérence de leurs plans d'action de renforcement des capacités de défense et de conduite d'opérations de gestion de crise. Les développements opérationnels de la défense antimissile. Le programme ALTBMD de l'OTAN est opérationnel depuis 2011 dans une première version. Il dote l’OTAN d’une capacité de théâtre contre des missiles balistiques à courte portée. Seul le système de commandement et de contrôle est financé et développé en commun par l’Alliance afin d’intégrer et de rendre interopérable les systèmes de missiles de chacun des pays de l'OTAN qui y participent, dont la France. Au sommet de Lisbonne, l'OTAN donne une place beaucoup plus considérable que par le passé à la défense antimissile (BMD), en affirmant que . L'opportunité d'un tel accroissement du niveau d'ambition est fournie aux Européens par le programme « "European Phased Adaptive Approach" (EPAA) » américain qui leur apporte le bénéfice du système Aegis et ne laisse à leur charge que son interconnexion avec le système ALTBMD de l'OTAN. Les contributions américaines consistent notamment en un radar en Turquie, quatre navires dotés du système Aegis (déployés à partir de 2014 depuis la base navale espagnole de Rota), en un site Aegis Ashore en Roumanie (opérationnel depuis 2016). Un deuxième site américain Aegis Ashore est en cours de construction en Pologne. À l'occasion du sommet de Varsovie en 2016, l'OTAN , qui combine les moyens américains avec ceux fournis par les Européens, dont la mise en œuvre intégrée sera assurée par le système C2 de l'OTAN dont les fonctionnalités existantes de défense de théâtre (ALTBMD) seront étendues d'ici 2018 à la défense de territoire (BMD) afin de permettre un contrôle politique collectif des alliés. Selon l'OTAN, ce système BMD de l'OTAN vise à parer les menaces résultant du développement par des pays comme l'Iran de missiles à courte ou moyenne portée susceptibles d'atteindre l'Europe et notamment son flanc sud ; il ne menace pas la force de dissuasion nucléaire de la Russie, du fait qu'il ne possède pas de capacité d'interception de ses missiles stratégiques. Les dirigeants russes ne partagent pas ce point de vue et continuent de dénoncer la politique antimissile de l'OTAN. La défense antimissile est aussi un sujet sensible dans les relations entre l'OTAN et la France, par crainte que la prolifération de systèmes antimissile en réponse aux plans de l'OTAN et des États-Unis ne réduise la capacité de sa force de dissuasion nucléaire à atteindre ses cibles potentielles et donc la crédibilité de sa dissuasion nucléaire qui demeure un pilier de sa doctrine de défense. La détérioration des relations avec la Russie. Les relations se sont progressivement tendues durant la décennie en cours. Le sujet de discorde principal et permanent est l'installation du bouclier anti-missile de l'OTAN. Mais la guerre russo-ukrainienne et la guerre civile syrienne qui marquent le retour de la Russie au premier plan de la diplomatie mondiale aggravent fortement les différends. Ces tensions se développent sur fond de réarmement des Russes et de l'OTAN après des années de baisse des dépenses militaires. Guerre russo-ukrainienne. En , le début de la guerre russo-ukrainienne connaît un développement important avec l' et le rattachement "de facto" de la Crimée et du port stratégique de Sébastopol à la Russie. Le 17 mars, le Conseil de l'Atlantique nord (CAN) déclare . Le , l'OTAN suspend toute coopération pratique, tant civile que militaire, avec la Russie. Le sommet de l'OTAN au pays de Galles en condamne les actions de la Russie en Ukraine. Toutefois trois réunions du Conseil OTAN-Russie se sont tenues en 2016. L'OTAN poursuit le partenariat avec l'Ukraine, mais il n'est plus question d'envisager une adhésion à un terme prévisible. Concernant la Géorgie, sa demande d'adhésion continue d'être examinée mais sans qu'aucun calendrier précis soit affiché et sans qu'elle soit invitée à participer au plan d'action pour l'adhésion afin de ne pas aggraver les relations avec la Russie. Désarmement. La Russie avait suspendu en son adhésion au traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), tout en continuant de participer au Groupe consultatif commun qui se réunit régulièrement à Vienne pour faire le point sur l’application de ce traité FCE. En , la Russie suspend également sa participation à ce groupe. Depuis 2014, l'OTAN a fait état à plusieurs reprises de ce qu'elle estime être des violations du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (traité FNI) de 1988 par la Russie. Américains et Russes ont conclu en 2010 le traité New START de contrôle des armes nucléaires stratégiques. Concernant les armes nucléaires tactiques, le "statu quo" des prévaut ; l'option dite « Global Zero » d'élimination de toutes ces armes par l'OTAN et la Russie, mise en avant par Barack Obama, ne fait pas consensus au sein des pays membres de l'OTAN et fait l'objet de négociations avec les Russes, sans qu'aucun progrès ne soit enregistré, en raison notamment des désaccords relatifs à la défense antimissile. L'effort de défense des pays membres. La baisse des dépenses de défense des pays membres de l'OTAN, amorcée depuis la fin de la guerre froide, se poursuit durant la première moitié des . L'écart est important entre les Européens et les États-Unis dont l'effort de dépense exprimé en pourcentage du PIB est entre 2014 et 2016 en moyenne deux fois plus élevé que celui de leurs alliés européens de l'OTAN. Cette différence s'explique en partie par le rôle mondial des États-Unis et leur engagement dans les guerres d'Afghanistan et d'Irak. Les États-Unis continuent d'être à un niveau de dépenses militaires très supérieur à tous les grands pays industrialisés occidentaux ce qui entretient tout à la fois leur poids prépondérant au sein de l'Alliance et leur demande que les Européens en fassent davantage pour leur sécurité. En 2015, alors que les États-Unis représentent 45,9 % du PNB des membres de l'OTAN, leur budget de la défense compte pour 71,9 % du total de ses membres. La baisse constante des dépenses de défense des pays européens depuis la fin de la guerre froide est stoppée à partir de 2014 qui enregistre encore une baisse, mais moins importante que les années précédentes. La tendance est clairement inversée en 2015 avec une hausse de 0,5 % en termes réels. Lors du sommet de 2014 au pays de Galles, les membres de l'OTAN s'engagent à dépenser 2 % de leur PIB à au titre de la défense, et à consacrer 20 % de cet effort à l'investissement dans les futurs équipements militaires. En 2016, l'objectif des 2 % est loin d'être atteint puisque cinq pays seulement respectent cette norme : les États-Unis, la Grèce, le Royaume-Uni, l'Estonie et la Pologne. La France se rapproche de cet objectif, contrairement à beaucoup de pays de l'UE auxquels elle demande régulièrement de contribuer davantage à la défense de l'Europe et aux opérations extérieures dont elle assume à ses yeux une part disproportionnée. L'Administration Trump accentue début 2017 la pression sur les alliés européens pour qu'ils augmentent leurs dépenses militaires plus rapidement. Donald Trump saisit l'occasion du mini-sommet du à Bruxelles pour rappeler cette exigence, d'une façon jugée brutale sur la forme par les Européens. Visant plus particulièrement l'Allemagne, le président américain soutient que certains pays doivent , des propos qui ne s'appuient sur aucune disposition régissant le fonctionnement de l’organisation. D. Trump met ce sujet au premier plan des sommets de l'OTAN de 2018 et 2019, éclipsant les autres sujets pourtant cruciaux pour l'avenir. Que l'origine en soit les pressions américaines ou la détérioration du climat géopolitique en Europe ou au Moyen-Orient, les Européens augmentent depuis 2015 chaque année leurs dépenses de défense (à prix constant). Ils sont encore loin cependant de l'objectif des 2 % du PIB. Le renforcement des moyens militaires des pays membres. En 2014, l'OTAN annonce le renforcement de sa Force de réaction (NRF), en créant en son sein une force « fer de lance » baptisée « force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF). Ce renforcement de la force de réaction rapide est une des mesures prises dans le cadre du plan d'action « réactivité » (RAP) adopté par les Alliés pour répondre à leur analyse de l'évolution de l'environnement de sécurité. Toujours dans l'objectif de renforcer la capacité de réaction rapide de l'OTAN, le sommet de Bruxelles en 2018 entérine une « initiative pour la disponibilité opérationnelle » par laquelle les Alliés seront en mesure d'ici 2020 de mobiliser 30 bataillons mécanisés, 30 escadrons aériens et 30 navires de combat dans un délai de . L'OTAN fragilisée par les États-Unis et la Turquie. Les tensions entre les États-Unis et les Européens au sujet de l'OTAN ne se limitent pas à la question de l'effort budgétaire. Avant même sa prise de fonction, Donald Trump a qualifié l'OTAN d'organisation obsolète et dit qu'il réfléchirait à deux fois avant d'aider un pays de l'OTAN si les États-Unis ne devaient pas être raisonnablement remboursés pour leur soutien. Ces propos inquiètent les Européens qui y voient une possible remise en cause de l'obligation de solidarité entre pays de l'OTAN en cas d'agression. Le sujet est particulièrement sensible en Allemagne qui a toujours misé sur l'alliance euro-atlantique pour assurer sa sécurité et plus largement celle de l'Europe. Peu après l'élection de D. Trump, la ministre allemande de la Défense, U. von der Leyen réaffirme que le rôle de l'OTAN et de ses membres est de défendre des valeurs communes et non pas de réaliser un bon deal financier. Après le sommet de l'OTAN de 2018, Angela Merkel, la chancelière allemande, fait part de ses doutes : . Juste avant le sommet de l'OTAN de 2019, dans des termes moins diplomatiques, E. Macron juge que l'OTAN est en état de car les deux derniers sommets au lieu qu'y soient traitées les questions stratégiques sur la paix en Europe, la relation avec la Russie, la Turquie et le terrorisme. Les Allemands et les Français obtiennent lors de ce sommet que soit engagée une réflexion stratégique sur l'avenir de l'OTAN. Celle-ci est depuis conduite sous le nom d'initiative « "OTAN 2030" ». En , D. Trump agite la menace du retrait d'une partie des troupes américaines stationnées en Allemagne dans le cadre de l'OTAN. Cette annonce surprise provoque des réactions négatives en Europe et aux États-Unis où le Congrès ne reprend pas à son compte cette initiative qui se retrouve bloquée. En , Joe Biden annonce le gel de ce retrait, le temps d'un des forces armées déployées à l'étranger. Depuis l'achat du système russe de défense aérienne S-400 unanimement condamné par les membres de l'OTAN, la Turquie a multiplié les initiatives que les autres membres de l'OTAN jugent contraires à leurs intérêts : offensive unilatérale en 2019 contre les Forces démocratiques syriennes et les milices kurdes dans le nord de la Syrie pourtant alliées de la coalition internationale en Irak et en Syrie, implication dans le conflit du Haut-Karabakh en 2020 y compris l'acheminement de mercenaires syriens, contribution à la violation de l'embargo sur les armes à destination de la Libye et incident avec une frégate française tentant de contrôler cet embargo, réalisation de forages dans les eaux territoriales chypriotes et grecques dans le contexte du contentieux gréco-turc en mer Égée. La réaction la plus concrète aux désaccords avec la Turquie est la décision prise en par Washington de l'exclure du programme de chasseurs F-35 de dernière génération. Les relations diplomatiques se sont peu à peu tendues, notamment entre Ankara et Paris. L'importance stratégique de la Turquie sur le flanc sud de l'OTAN rend la détérioration de la relation de la Turquie avec ses « alliés » complexe à dénouer. Les années 2020 : remise en cause de l'extension à l'Est de l'OTAN par la Russie. Les tensions internes à l'Alliance atlantique, toujours présentes en 2020, et son échec en Afghanistan sont rapidement mis au second plan par la guerre russo-ukrainienne qui a conduit, en 2014, à l'annexion de la Crimée et, en février 2022, à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. La Russie utilise son invasion de l'Ukraine comme moyen de pression sur l'OTAN pour remettre en cause non seulement l'idée que l'Ukraine puisse un jour y adhérer, mais surtout la présence de l'OTAN dans d'ancien pays membres du pacte de Varsovie durant l'époque de la guerre froide. Victoire des talibans en Afghanistan. Le retrait en catastrophe des troupes américaines en Afghanistan faisant suite à la victoire des Talibans en 2021, reprenant le pouvoir après de guerre, est perçu comme le premier grand échec militaire de l'OTAN. Crise avec la Russie. L'OTAN et l'Ukraine sont les sujets fin 2021 et début 2022 d'une nouvelle période de crise entre la Russie et les Occidentaux, auxquels elle demande qu'ils s'engagent à ne pas élargir l'OTAN à l'Ukraine et qu'ils retirent leurs forces militaires des pays issus de l'URSS et du bloc de l'Est européen. Formulée à de nombreuses reprises, cette exigence est formalisée le par deux projets de traité adressés l'un aux États-Unis, l'autre à l'OTAN. Pour justifier ses demandes à l'égard de l'OTAN, la Russie met en avant la des Occidentaux, ce que réfutent leurs dirigeants. L'opposition constante de la Russie à l'élargissement de l'OTAN vers l'Est est en revanche un fait incontesté. Les principales dispositions figurant dans le projet d'accord entre la Russie et les États membres de l'OTAN sont d'une part que et d'autre part que . Ces demandes, combinées avec un déploiement militaire important aux frontières de la Russie et de la Biélorussie avec l'Ukraine, sont à l'origine d'une crise d'une gravité inédite depuis la crise ukrainienne de 2014. Les Occidentaux excluent d'intervenir militairement en Ukraine et menacent la Russie de sanctions en cas d'invasion, allant bien au-delà des sanctions contre la Russie prises à la suite de la crise de 2014. Les échanges diplomatiques se multiplient entre les parties à la crise jusqu'au plus haut niveau. Plusieurs échanges ont lieu entre Poutine et respectivement Biden et Macron notamment. La diplomatie occidentale est confrontée à un dilemme entre le risque d’une escalade militaire aux conséquences désastreuses et celui d’une reculade diplomatique qui discréditerait l’Otan et les garanties de sécurité américaines à ses membres européens. Selon les termes d'un article paru dans "Le Figaro", . Le Conseil OTAN-Russie se réunit le , à l'issue duquel il n'est pas publié de communiqué commun et, selon les propos tenus par Jens Stoltenberg après la réunion sans que d'autres discussions soient prévues. Le 23 février 2022, la première ministre finlandaise Sanna Marin affirme que la Finlande est prête à demander l'adhésion à l'OTAN si la sécurité nationale est en jeu. La Russie, sur ordre de Vladimir Poutine, met ses menaces à exécution, et attaque militairement l'Ukraine, le 24 février 2022. Dans un communiqué publié le 12 mai 2022, le président Sauli Niinistö et la Première ministre de la Finlande estiment qu'être membre de l'OTAN et sont favorables à une adhésion . Face aux mises en garde formulées par la Russie, le président finlandais affirme qu'. La commission de la défense du Parlement finlandais avait conclu que l'OTAN était pour la sécurité de la Finlande après l'invasion russe de l'Ukraine, qui a finalement fait basculer l'opinion de la population et des responsables politiques en Finlande, sortant le pays de sa position traditionnellement neutre vis-à-vis de la Russie et de l'Occident. La veille, le 11 mai, lors de la signature d'un accord de protection mutuelle avec le Royaume-Uni, Sauli Niinistö a également appelé Moscou à se considérer comme responsable d'une éventuelle adhésion à l'OTAN : . Le , la Finlande officialise en même temps que la Suède sa demande d'adhésion à l'OTAN, souhaitant ainsi renforcer les relations qu'elle entretient avec cette organisation. Le , la Turquie lève son veto vis-à-vis de l'adhésion de la Suède et de la Finlande. En échange, la Turquie annonce avoir obtenu de la Finlande et de la Suède contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et ses alliés. Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, annonce que les trois dirigeants ont . Le lendemain, le processus d'adhésion est lancé pour les deux pays nordiques. Le , le Parlement turc ratifie l'adhésion de la Finlande à l'OTAN. Au terme d'un court débat, les 276 députés turcs ont voté à l'unanimité. Cependant, celle de la Suède reste pour le moment bloquée par la Turquie. Cette dernière lui reproche la présence de militants kurdes sur son territoire. Helsinki n'a plus qu'à envoyer ses à Washington, lieu où le traité de l'Alliance est conservé. Sauli Niinistö, le président de la république de Finlande, se félicite de ce moment : . États membres et partenaires. États membres. L'OTAN compte trente membres, vingt-sept pays européens, un pays asiatique la Turquie, et deux pays nord-américains, les États-Unis et le Canada. Le processus d'adhésion est régi par l' du traité de l'Atlantique nord qui limite les futurs membres aux seuls . Comptant initialement douze membres fondateurs, l'OTAN s’élargit durant la période de la guerre froide en accueillant la Grèce et la Turquie en 1952, l'Allemagne de l'Ouest en 1955 (accords de Paris), puis l'Espagne en 1982. Depuis l'effondrement du bloc de l'Est marquant la fin de la guerre froide, douze pays d'Europe de l'Est ont rejoint l'OTAN en trois vagues entre 1999 et 2009. En , le Monténégro devient le membre de l'OTAN, puis le , la Macédoine du Nord en devient le membre. Plan d'action pour l'adhésion. L'Alliance a lancé le Plan d'action pour l'adhésion (MAP) en avril 1999, au sommet de Washington, pour aider les pays candidats dans leurs préparatifs. Le seul pays qui participe actuellement au MAP est la Bosnie-Herzégovine, depuis . Lors du sommet de Bucarest en 2008, les Alliés conviennent que la Géorgie et l'Ukraine deviendront un jour membres de l'Alliance. Cette position est une nouvelle fois réaffirmée lors du sommet de Bruxelles en 2021. Toutefois ni l'un ni l'autre de ces pays n'a intégré le MAP, ce qui revient à affirmer le principe de l'adhésion mais sans en fixer l'horizon, en raison notamment de l'opposition de la Russie, mais aussi des réticences de l'Allemagne ou de la France. Partenariats. Le Partenariat pour la paix (PPP) : l'OTAN a signé de nombreux accords de coopération avec la plupart des États européens non membres et tous les pays de la CEI. Ce sont des accords bilatéraux et extrêmement souples : chaque État souhaitant participer au partenariat décide, en collaboration avec les États membres, du niveau de collaboration qu'il souhaite entreprendre avec l'OTAN. L'objectif est avant tout de maintenir des échanges d'informations avec les anciens États membres de l'URSS. Le seul État européen qui ne fasse pas partie du PPP, en plus des micro-États (Andorre, Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin et Vatican), est Chypre. D'autres partenariats, généralement plus distendus, existent : c'est le cas par exemple du dialogue méditerranéen qui réunit la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Jordanie, Israël et l'Égypte. Structures politiques, civiles et militaires. Présentation générale de l'organisation (fin 2016). L'OTAN est en 2016 organisé autour : L'organisation de 2016 est le résultat de réformes entreprises en 2010 et 2011 qui ont visé à simplifier la structure, réduire les coûts et l'adapter à l'évolution des menaces auxquelles l'OTAN doit être en mesure de répondre, telles que définies lors de la dernière révision de sa stratégie militaire, également en 2010. Hautes instances décisionnelles. Conseil de l'Atlantique nord. Le Conseil est l'organe principal de décision. Il s'agit du seul organe instauré par le traité de l'Atlantique nord (article 9) en 1949 et il possède l'autorité de mettre en place des entités subsidiaires, s'il l'estime nécessaire. Il est composé de représentants permanents des États membres (ayant rang d'ambassadeurs), il se réunit au moins une fois par semaine sous la présidence du secrétaire général de l'OTAN. Il prend ses décisions à l'unanimité. Les représentants permanents agissent sur instructions de leur pays, et rendent compte aux autorités nationales des positions des autres gouvernements. Parallèlement aux réunions des représentants permanents, les ministres des Affaires étrangères et ceux de la Défense se réunissent deux fois par an. Enfin, tous les deux ans environ, les chefs d'État et de gouvernement des pays membres se réunissent en sommet de l'OTAN. Les sommets les plus récents se sont tenus en 2014 à Newport au pays de Galles, en 2016 à Varsovie et en 2018 à Bruxelles. Le statut et le degré d'importance des décisions du Conseil de l'Atlantique nord sont les mêmes qu'elles soient prises au niveau des représentants permanents, des ministres ou des chefs d'État ou de Gouvernement. Le Conseil s'appuie sur un ensemble de Comités qui assurent la préparation de ses réunions et du processus de prise de décision. Groupe des Plans nucléaires (NPG). Tandis que le Conseil de l'Atlantique nord est l'autorité ultime au sein de l'OTAN, le NPG (en anglais : "") est l'organe de haut niveau chargé des questions nucléaires au sein de l'Alliance. Le NPG examine les questions politiques spécifiques liées aux forces nucléaires et des questions plus larges comme la maîtrise des armes nucléaires et la prolifération nucléaire. Tous les membres, à l'exception de la France, font partie du NPG, indépendamment du fait qu'ils détiennent ou non des armes nucléaires. Le NPG a été fondé en décembre 1966 pour permettre un processus de consultation sur la doctrine nucléaire au sein de l'OTAN, au moment où la France quittait la structure militaire intégrée de l'OTAN. Il s'appelait initialement le comité des questions de défense nucléaire Comité militaire. Le Comité militaire (CM) est la plus haute instance militaire de l'OTAN. Il est la principale source de conseils pour le Conseil de l’Atlantique nord et le groupe des Plans nucléaires, et contribue à l'élaboration des politiques et concepts stratégiques. Il fournit également des orientations stratégiques aux deux commandements stratégiques : le Commandement allié Opérations et le Commandement allié Transformation. Le Comité militaire se compose d’officiers de haut rang des pays membres de l’OTAN qui servent en qualité de représentants militaires (MILREP). Périodiquement, le Comité militaire se réunit au niveau des chefs d'état-major des armées. La France n'a pas siégé à ce comité de 1966 à 1995, date à laquelle le Président Chirac décide que la France reprenne en partie sa place dans les institutions militaires de l'OTAN sans pour autant rejoindre le commandement militaire intégré. Élu parmi les chefs d'état-major de la défense des pays de l'OTAN pour un mandat de trois ans, le président actuel du comité militaire est l'amiral Rob Bauer de la Marine royale néerlandaise. Représentation permanente de chaque État membre. Chaque pays membre de l'OTAN est représenté par une délégation au siège de l'Organisation, qui participe au processus de consultation, afin de permettre à l'Alliance de prendre des décisions ou de mener des actions collectivement. Elle est dirigée par un ambassadeur ou une ambassadrice (aussi appelé(e) « représentant(e) permanent(e) »). De taille variable, les délégations sont principalement composées de fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, qui siègent. Madame Muriel Domanech est, depuis , ambassadrice, représentante permanente de la France auprès de l'OTAN. Le vice-amiral d'escadre Eric Chaperon est depuis le représentant militaire de la France auprès de l'OTAN. Il cumule ce poste avec celui de chef de la représentation militaire française auprès du Comité militaire de l'Union européenne. Secrétaire général et organismes « civils ». Le secrétaire général de l'OTAN est le plus haut fonctionnaire international de l'Alliance. Il est chargé de piloter le processus de consultation et de prise de décision de l'Alliance et de faire en sorte que les décisions soient exécutées. Il préside le Conseil de l'Atlantique nord, dirige le Secrétariat international et représente l'Alliance à l'extérieur. Depuis le , cette fonction est occupée par Jens Stoltenberg, ancien Premier ministre de Norvège. Le Secrétariat international (SI) a un effectif d’environ , toutes ressortissantes de pays membres de l'OTAN. Il fournit des avis, des orientations et un soutien administratif aux délégations des pays auprès de l’OTAN, depuis le siège de l'OTAN à Bruxelles. Il contribue à la mise en œuvre de toutes les décisions prises par les comités, à tous les niveaux. L'Assemblée parlementaire de l'OTAN a été fondée en 1955 pour amener les parlementaires à prendre part au débat sur les questions transatlantiques. Indépendante de l'Organisation, cette Assemblée constitue un lien entre l'OTAN et les parlements de ses pays membres. L'Assemblée compte issus des membres de l'Alliance. Chaque délégation, dont la composition numérique est fonction de la population du pays, reflète les couleurs politiques du parlement national, représentant ainsi un large éventail d'opinions politiques. Dix-huit députés et sénateurs français y participent. À leurs côtés, les délégués de quatorze pays associés européens et de quatre pays associés méditerranéens ainsi que des observateurs de sept autres pays participent aux travaux de l'Assemblée. La structure permanente de l'OTAN (par opposition aux moyens apportés ponctuellement par les États membres dans le cadre d'opérations comme l'ISAF en Afghanistan) comprend des agences et de nombreux comités (politiques, financiers, techniques) dédiés au soutien du commandement politique et militaire de l'OTAN. Les agences de l'OTAN doivent acquérir et maintenir les capacités collectives de défensive et d'offensive de l'OTAN. Initialement il en existait deux, constituées de scientifique et ingénieurs venus des pays membres : En 2010, au sommet de Lisbonne, les chefs d'États-membres de l'OTAN et de gouvernement sont convenus de rationaliser les autour de trois thèmes programmatiques majeurs : acquisition, soutien, et information et communication, et de ramener à les quelque quatre cents comités. Cette réforme a abouti en 2012. En , quatre nouveaux organismes, reprenant les fonctions des agences existantes : Cette structure permanente de soutien emploie environ , civils ou militaires. Organisation militaire. Durant la guerre froide, l'organisation militaire de l'OTAN reposait principalement sur une division géographique, au plus haut niveau de laquelle existait le Commandement allié pour l'Europe (ACE) identifié le plus souvent sous le nom de son quartier général, le SHAPE, et le Commandement allié pour l'Atlantique (ACLANT) auxquels treize quartiers généraux étaient subordonnés. Réorganisation de 2003. Avec la réorganisation de 2003, toute la fonction opérationnelle est concentrée en un seul commandement : le Commandement allié des opérations ("Allied Command for Operations - ACO"), par fusion des anciens commandements Europe (ACE) et Atlantique (ACLANT). Son quartier général, le « SHAPE » (Supreme Headquarters Allied Powers in Europe, Grand Quartier général des puissances alliées en Europe) est basé à Mons, en Belgique. Le Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) est un commandement double car il dirige non seulement l'ACO mais aussi le Commandement des forces des États-Unis en Europe. Le Commandement allié des opérations dirige alors trois états-majors interarmées basés à Brunssum (Pays-Bas), à Oeiras dans la banlieue de Lisbonne (Portugal) et à Naples (Italie) et six états-majors de composante (air, terre, mer) : Cette réorganisation s'accompagne de la création du Commandement allié pour la transformation ("ACT", "Allied Command Transformation") situé dans la base navale de Norfolk (Virginie, États-Unis), utilisant les infrastructures de l'ancien Commandement allié Atlantique (ACLANT). L'ACT dirige les efforts militaires visant à adapter les forces de l'Alliance à un environnement en mutation rapide. Les deux commandements « ACO » et « ACT » sont tous deux rattachés au Comité militaire (MC) de l'OTAN. Réorganisation de 2011. Faisant suite à l'adoption d'un nouveau concept stratégique au sommet de Lisbonne en 2010, une nouvelle réorganisation est initiée en 2011 qui vise à réduire les coûts et à améliorer la capacité de l'OTAN à faire face avec rapidité et flexibilité à des menaces diversifiées partout dans le monde. Les suppressions et regroupements de formations décidés, qui touchent surtout l'ACO, sont opérationnels depuis 2013, réduisant le nombre de quartiers généraux majeurs et de effectifs. La structure de commandement de l'OTAN s'appuie d'une part sur des structures permanentes multinationales propres à l'OTAN et d'autre part sur des états-majors organisés et préparés par certains de ses États membres pour intervenir dans le cadre des opérations conduites par l'OTAN. La plupart d'entre eux peuvent aussi être mobilisés pour conduire des opérations de l'Union européenne. Placée sous l'autorité du Comité militaire, l'organisation militaire de l'OTAN est principalement constituée : Organisation du Commandement allié opérations (ACO). Les structures rattachées à l'ACO comprennent : Lors du sommet du pays de Galles en 2014, l’OTAN adopte un « plan d’action pour la réactivité (RAP) » afin de renforcer sa posture de dissuasion et de défense de l’Alliance en assurant une présence avancée à ses frontières est et sud-est. Parmi les mesures adoptées, figure l'établissement de huit petits quartiers généraux, appelés « unité d’intégration des forces OTAN (NFIU) ». Le sommet de Bruxelles en 2018 entérine le renforcement de la structure de commandement de l'OTAN par la création d'un nouveau commandement basé à Norfolk aux États-Unis pour aider à protéger les routes de communication maritimes entre l’Amérique du Nord et l’Europe et d'un autre commandement basé à Ulm en Allemagne pour améliorer le mouvement de troupes et d’équipements au sein de l’Europe. Force de réaction (NRF). Le dispositif militaire de l'OTAN est entièrement repensé au début des années 2000, le besoin n'étant plus d'être capable de faire face à une attaque massive des armées du Pacte de Varsovie sur le territoire européen, mais de pouvoir projeter hors du territoire de ses membres des forces capables de répondre à des situations de crise. Le nouveau dispositif, appelé Force de réaction de l'OTAN (NATO Response Force - NRF), est adopté en 2003 et devient opérationnel l'année suivante. Lors du sommet du pays de Galles, en 2014, il est décidé de renforcer la NRF en créant, en son sein, une « force fer de lance » baptisée « force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation » (VJTF). La Force de réaction de l’OTAN (NRF) est une force multinationale à haut niveau de préparation, regroupant des éléments des forces terrestres, aériennes, maritimes et d'opérations spéciales qui peuvent être déployés rapidement : sa composante VJTF peut déployer ses éléments de tête dans un délai de deux à trois jours. Le fonctionnement de la NRF repose sur les notions de rotation et de pays-cadre. À tour de rôle, les pays membres de l'OTAN mettent à disposition de la Force de réaction de l'OTAN des états-majors et des unités pour une durée de douze mois. Missions permanentes et moyens militaires. Missions permanentes de temps de paix. La défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN (NIAMD) est une mission permanente, en temps de paix comme en période de crise ou de conflit, qui a pour objectif de protéger les pays de l'Alliance contre toute menace ou attaque aérienne ou de missile. Cette mission de police du ciel de l’OTAN nécessite un système de surveillance et de contrôle aériens (ASACS), une structure de commandement et de contrôle aériens (C2 Air), des aéronefs disponibles sur 24, sur 7 et depuis 2015 des systèmes anti-missiles. Depuis sa création en 1961, le système OTAN de défense aérienne intégrée est la seule capacité opérationnelle de l’Alliance, pour laquelle les autorités nationales ont délégué à l’OTAN, à titre permanent, le pouvoir de défendre les pays de l’Alliance et pour laquelle des ressources nationales étaient employées dans le cadre d'une structure C2 de l'OTAN. Dans ce cadre, les pays baltes dont les forces armées sont très limitées bénéficient depuis 2004 d'une couverture aérienne permanente de l'OTAN, dénommée "Baltic Air Policing". À fin 2017, dix-sept États membres avaient participé à une ou plusieurs des rotations de trois ou quatre mois organisées pour assurer cette mission. Unités en propre. Outre ses moyens de commandement, l'OTAN dispose de quelques moyens opérationnels en propre. Ce sont essentiellement trois entités multinationales à caractère directement opérationnel rattachées à l'ACO : Pour chaque opération conduite par l'OTAN, les moyens militaires nécessaires sont apportés par les états membres et les pays partenaires de l'OTAN, au cas par cas, en fonction des besoins et de la volonté de chaque État d'y participer ou non. Une douzaine de pays de l'OTAN partagent l'utilisation de la "Heavy Airlift Wing" (HAW) créée en 2009 pour le transport aérien stratégique qui dispose de trois McDonnell Douglas C-17 Globemaster III sur la base aérienne de Pápa en Hongrie. Forces américaines en Europe. En 2014, à la suite de nombreuses dissolutions et rapatriement d'unités, l'Armée américaine n'a plus en Europe comme unités de combat que la parachutiste en Italie et le de cavalerie. Le quartier général du d'armée a été désactivé en 2013, et de nombreux rapatriements et suppressions d'unités sont prévus jusqu'en 2016. Forces britanniques en Allemagne. Le Royaume-Uni qui avait déployé la majorité de ses forces blindées au sein de la British Army of the Rhine stationnée dans le nord de l'Allemagne de l'Ouest, a vu son contingent baisser depuis la fin de la guerre froide. En 2013, il est prévu le retrait total des forces britanniques en Allemagne d'ici 2019. Budget de l'OTAN et de ses États membres. Le financement de l'OTAN est négocié entre pays membres tous les deux ans. Les pays membres supportent de manière directe ou indirecte les frais de fonctionnement de l’OTAN et le coût de la mise en œuvre de ses politiques et activités ; la comptabilité de l'OTAN est opaque sur certains points comme les opérations secrètes. Financement direct. Les contributions directes couvrent les dépenses de l'Alliance qui servent les intérêts communs de ses membres et qui n’incombent à aucun d’entre eux en particulier. Les contributions des États membres sont calculées selon une formule de partage des coûts fondée sur leur revenu national brut. Les cinq principaux contributeurs sont en 2021, dans l'ordre décroissant de leur participation financière, les États-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie. La France est donc le contributeur aux budgets de l’OTAN sur la période 2016/2017, puis le sur la période 2021/2024. Dans le contexte des pressions exercées par l'administration Trump, la quote-part de l'Allemagne augmente fortement à partir de 2021. Ce financement commun alimente les trois principaux budgets gérés par l'OTAN : Financement indirect. Chaque État membre de l'OTAN supporte en plus les coûts liés aux opérations de l'OTAN auxquelles il choisit de participer. Ces contributions sont les plus importantes. Un État membre fait par exemple une contribution indirecte lorsqu'il décide d'affecter des équipements ou des forces à une opération militaire OTAN et assume le coût de cette décision. Lors du sommet de 2014 au pays de Galles, les membres de l'OTAN se sont engagés à consacrer au moins 2 % de leur PIB aux dépenses militaires à l'horizon 2024. En 2017, seuls la Grèce, l'Estonie, le Royaume-Uni, la Pologne et les États-Unis respectent déjà cette règle. Les dépenses de défense des États-Unis représentent de manière constante depuis 2010 au moins 70 % des dépenses de défense des pays de l'OTAN. Selon les données publiées par l'OTAN, le budget militaire des États-Unis s'élève en 2019 à de dollars, soit 70 % du budget total de défense des États membres. Ce déséquilibre leur donne un poids prépondérant dans les décisions et traduit la faiblesse de l'effort de défense des États européens et leurs hésitations à bâtir une défense européenne moins dépendante des États-Unis. Concepts stratégiques. Depuis le début de son existence, l'OTAN a élaboré puis régulièrement mis à jour sous le vocable général de « concept stratégique » des documents publics ou non qui décrivent ses missions de sécurité fondamentales, identifient les caractéristiques essentielles de son environnement de sécurité et fournissent des directives pour l'adaptation de ses forces militaires. Ces concepts stratégiques sont validés au moins par le Conseil de l'Atlantique nord en session ministérielle et depuis la fin de la guerre froide par les chefs d'État et de gouvernement dans le cadre d'un sommet de l'OTAN. Le concept stratégique en vigueur a été adopté lors du sommet de Madrid en 2022. Concept stratégique OTAN 2022. Alors que dans le précédent concept stratégique datant de 2010, la coopération avec la Russie était toujours à l'ordre du jour, le concept stratégique de 2022 postule que . Le nouveau texte s'inscrit aussi dans une vision globale, qui dépasse la vocation atlantique et européenne de l'Alliance, dans l'objectif d'assurer la défense collective de ses membres . Dans cette optique, pour la première fois, le nouveau concept identifie spécifiquement la république populaire de Chine, dont il est dit qu'elle . Le texte du document public affirme en termes généraux que l'Alliance va . Dans le contexte de la mise en avant récente des capacités nucléaires de la Russie par Vladimir Poutine, le texte de l'OTAN réaffirme clairement la place de la dissuasion nucléaire dans l'OTAN. Tout en posant comme préalable que , l'Alliance prévient qu'elle a . Le texte réaffirme la validité du parapluie nucléaire américain en affirmant que . Historique des concepts stratégiques. Pendant la guerre froide. Initialement, la planification stratégique de l'OTAN concerne les forces conventionnelles et prévoyait 96 divisions et en 1954. L’arrivée des premières armes nucléaires tactiques a lieu en octobre 1953, le troisième concept stratégique adopté en 1956 introduit les armes nucléaires stratégiques selon la doctrine des représailles massives et envisageaient 28 divisions en 1961. Avec la montée en puissance de l'arsenal nucléaire soviétique, les doutes émergent de plus en plus quant à la crédibilité de cette doctrine. Faisant suite à la crise de Suez qui voit s'opposer fortement des membres majeurs de l'OTAN, en parallèle de l'actualisation de sa stratégie militaire, l'Alliance jette les bases d'une coopération plus poussée en matière de politique étrangère y compris hors de la zone de l'Atlantique nord. À partir de 1961, les Américains poussent à l'adoption d'un nouveau concept stratégique selon la doctrine de la réponse flexible, sans qu'un consensus puisse s'établir en raison des réticences de beaucoup de pays européens, la France en tête. Le grand débat stratégique occupe une place considérable au sein des instances décisionnelles de l'OTAN et des gouvernements alliés. Le retrait français en 1966 crée l'occasion de réorganiser le fonctionnement de l'OTAN, de donner plus de poids aux alliés européens majeurs que sont le Royaume-Uni et la RFA, et de trouver un compromis pour l'adoption d'un nouveau concept stratégique qui entérine les principes de la réponse flexible. Ce quatrième concept, souple par nature, reste en vigueur jusqu'à la fin de la guerre froide. Pendant la période de la guerre froide, la menace principale perçue par les alliés est que les Soviétiques, qui disposent d'une supériorité au moins quantitative forte relative aux forces conventionnelles, lancent une offensive majeure pour conquérir l'Europe occidentale. Face à cette menace, l'OTAN a successivement adopté trois postures stratégiques en matière d'emploi des forces conventionnelles : Depuis la fin de la guerre froide. L'effondrement du bloc soviétique et la disparition de la menace principale que représentait le Pacte de Varsovie conduisent à une révision en profondeur de la stratégie de l'OTAN afin de l'adapter à un nouvel environnement géopolitique et à l'émergence de nouvelles menaces. Trois concepts stratégiques ont été successivement adoptés depuis 1991, le dernier en date en lors du sommet de Lisbonne. Dans le monde multipolaire actuel, le rôle et les missions de l'OTAN sont devenus multiples et sortent donc du traditionnel espace euratlantique. Cependant, l'OTAN n'a pas vocation à se substituer à l'ONU et à ses Casques bleus : selon les déclarations de son secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, l'OTAN n'a pas vocation à devenir une organisation mondiale de défense : . Les stratégies de la nouvelle OTAN sont fortement influencées par l'accroissement du risque terroriste , la dissémination avérée ou potentielle des armes nucléaires , et la multiplication des foyers de crise requérant des moyens de réaction rapide : Liste des opérations militaires. Pendant la guerre froide, l'OTAN n'aura mené aucune opération militaire, ce que ses membres analysent comme la démonstration que l'Alliance est une expérience réussie de sécurité et de dissuasion collectives, qu'il convient de préserver dans le monde du début des années 1990 dans lequel tous les dangers et toutes les incertitudes n'ont pas disparu. Mais les missions et l'organisation des moyens militaires de l'OTAN évoluent nécessairement fortement puisque la menace principale n'est plus celle d'une attaque des armées du pacte de Varsovie sur le territoire de ses membres, mais celle résultant de crises ou de guerres limitées à leur périphérie voire dans des zones géographiques plus lointaines dès lors que leurs intérêts vitaux seraient menacés. Cet élargissement du champ d'intervention de l'OTAN à des missions nouvelles au-delà du strict cadre défensif du territoire de ses membres se traduit à partir du début des années 1990 par l'engagement de ses moyens militaires hors de leurs frontières. Il ne s'agit pour autant pas de la transformation de l'OTAN en une organisation de sécurité globale à vocation mondiale, la France en particulier s'y refusant clairement. La guerre en Bosnie-Herzégovine, le premier des conflits qui font suite à l'éclatement de la république fédérative socialiste de Yougoslavie, est le premier champ opérationnel d'intervention de l'OTAN à partir de 1993. Puis l'OTAN intervient à partir de 1999 au Kosovo où stationne toujours la KFOR, force de maintien de la paix de l'OTAN sous mandat de l'ONU. Au lendemain des attaques terroristes du, le Conseil de l'Atlantique nord invoque pour la première fois dans son histoire l’article 5 du traité de Washington en déclarant que l’attaque contre les États-Unis était une attaque dirigée contre eux tous. À ce titre, l'OTAN mène des opérations maritimes en Méditerranée et dans l'océan Indien. Cependant, plusieurs des opérations militaires majeures conduites par les États-Unis en coalition avec d'autres pays ne l'ont pas été dans le cadre de l'OTAN : Début 2017, l'OTAN est principalement engagée en Afghanistan, au Kosovo et dans des opérations navales en Méditerranée. Symboles et mémorial. Adopté le , le drapeau de l’OTAN est composé d’une rose des vents blanche à quatre directions accompagnée de quatre lignes radiales blanches sur un fond bleu foncé. L'OTAN a également créé une décoration militaire internationale, la médaille de l'OTAN, qui est décernée aux militaires de diverses régions du monde opérant sous son autorité; ainsi que la médaille du service méritoire de l'OTAN, décoration personnelle du Secrétaire général de l'OTAN, qui signe chaque citation. Le premier mémorial européen honorant la mémoire des soldats morts ou blessés lors d'opérations de l'OTAN a été inauguré le à Fréthun dans le Pas-de-Calais. Controverses. Certaines organisations de défense des droits humains critiquent les actions de l'OTAN et pointent du doigt certaines de ses actions, qu'elles qualifient de crimes de guerre. Selon Amnesty International, l'organisation se serait notamment rendue coupable de bombardements de civils durant les guerres survenues en Yougoslavie, en Libye en Afghanistan. Des partis politiques de gauche tels que Lutte Ouvrière accusent l'OTAN d'être le bras armé de l'impérialisme américain et de créer des guerres dans l'unique but de défendre les intérêts économiques des grandes entreprises occidentales.
Ordinateur personnel L'ordinateur personnel (en anglais : ' ou "PC") se confond aujourd'hui avec le micro-ordinateur ou ordinateur individuel"' : c'est un ordinateur destiné à l'usage d'une personne, de prix accessible et dont les dimensions sont assez réduites pour tenir sur un bureau. La première machine appelée micro-ordinateur est le Micral N, breveté en 1973 par le Français François Gernelle. Toutefois, à cette époque, on pouvait déjà considérer comme ordinateurs personnels les mini-ordinateurs diffusés au cours des années 1960, ainsi que le premier ordinateur de bureau Olivetti Programma 101 commercialisé en 1965. Quant aux premiers ordinateurs personnels "grand public", ils sont apparus à la fin des années 1970 et les premiers ayant fait l'objet d'une certaine popularité ont été mis en marché en 1977. Depuis le début de l'année 2013, on assiste à un recul des ventes d'ordinateurs personnels (portables ou de bureau) au bénéfice des tablettes tactiles et des smartphones. Historique et évolutions. Parmi les premières machines vendues comme calculatrice programmable, mais pouvant aussi être considérées comme des ordinateurs personnel, il y a la Programma 101 inventée en 1964 par l'ingénieur italien Pier Giorgio Perotto pour l'entreprise italienne Olivetti. Environ seront vendues, principalement aux États-Unis. En 1968, la Hewlett-Packard 9100A s'inspire de la Programma 101 et intègre calculs scientifiques et financiers. Les ordinateurs personnels grand public sont apparus à la fin des années 1970 lorsque le coût et la dimension des ordinateurs ont pu être suffisamment réduits pour les rendre abordables. Les premiers ordinateurs personnels populaires sont apparus quasiment simultanément et sont : Les années 1980 ont vu la multiplication des micro-ordinateurs. De nombreuses entreprises américaines, européennes et asiatiques ont participé avec enthousiasme à ce nouveau marché. En 1981, IBM produit l'IBM PC, qui était vendu très cher par rapport aux autres micro-ordinateurs et nécessitait son propre écran, alors que les autres micro-ordinateurs permettaient d'utiliser l'écran de la télévision familiale. La carte graphique CGA, sortie en 1981, avait aussi un prix assez élevé et était limitée à quatre couleurs. En 1984, IBM sort une carte Enhanced Graphics Adapter supportant . Les descendants de l'ordinateur personnel d'IBM, les compatibles PC, fabriqués par des entreprises asiatiques, ont exercé une pression sur le marché qui a fait diminuer le prix de vente des ordinateurs personnels. À partir des années 1990, . Il y a une convergence entre le type de matériel utilisé dans les Macintosh et celui utilisé dans les PC — allant jusqu'à l'adoption, à partir de 2006, de processeurs Intel par Apple — minimise le fossé traditionnel entre les deux mondes. Les différences principales entre les types de micro-ordinateurs portent depuis essentiellement sur leurs systèmes d'exploitation. Architecture matérielle d'un micro-ordinateur. Le micro-ordinateur est traditionnellement composé d'une unité centrale (unité de traitement de l'information), essentiellement un microprocesseur, ainsi que d'interfaces d'entrée (clavier, souris pour les entrées standard) et d'interfaces de sortie (écran, imprimante pour les sorties standard). L'ensemble des composants (processeur, barrettes de mémoire vive, ports matériels, est assemblé sur une carte mère. Distribution. Les ordinateurs personnels sont vendus assemblés et prêts à l'emploi dans de nombreuses enseignes grand public, comme les hypermarchés, ou spécialisées. Il n'est alors pas possible de choisir la configuration matérielle, qui est déterminée en fonction du modèle. Il est également possible d'acheter les composants de l'ordinateur et de l'assembler. Quelques modèles d'ordinateurs personnels. Ci dessous figure une liste chronologique de quelques ordinateurs personnels ayant marqué leur époque. Le marché mondial des ordinateurs personnels. Au cours du second trimestre 2011, selon un analyste de la société d'études de marketing IDC, la vente de PC sur le marché chinois a dépassé les d'appareils et d'appareils aux États-Unis. Ordinateur portable ou de bureau. Le prix des ordinateurs portables a beaucoup diminué au cours des dernières années et l’ordinateur portable est devenu une bonne alternative au traditionnel ordinateur de bureau. L’ordinateur portable possède des avantages indéniables pour les travailleurs mobiles qui doivent transporter leurs ordinateurs. Cependant, l’ordinateur de bureau est parfois une alternative plus avantageuse pour les travailleurs sédentaires et reste la référence pour les stations de travail demandant une batterie de processeurs puissants et l'accès à de grosses unités de stockage sans passer par le "". Il est aussi préféré par les joueurs de jeux vidéo sur ordinateur, car il permet d'avoir des cartes graphiques plus performantes, davantage de mémoire vive et une meilleure aération des composants qui améliore significativement leur durabilité. Depuis le début de l'année 2013, le marché s'oriente vers les tablettes tactiles, les phablettes et les smartphones. Aspects environnementaux. L'obsolescence des ordinateurs personnels est habituellement assez rapide dans les entreprises (souvent de trois années seulement) et plus ou moins rapide chez les particuliers (de cinq à dix ans). Cette faible durée de vie, jointe au fait que les ordinateurs en fin de vie génèrent des déchets, a fait prendre conscience qu'il existe un impact environnemental à changer trop souvent d'ordinateur personnel. L'empreinte environnementale des ordinateurs personnels est très importante : Ce sont deux arguments qui montrent que, pour réduire l'empreinte environnementale d'un ordinateur personnel, il faut le garder le plus longtemps possible. En France, l'État exige depuis le Grenelle Environnement que la durée d'utilisation des micro-ordinateurs soit portée à cinq ans et que :
Octavio Paz Octavio Paz, né le à Mexico et mort le dans la même ville, est un poète, essayiste et diplomate mexicain, lauréat du prix Nobel de littérature en 1990. Biographie. Il est surtout connu pour ses poèmes et ses essais d'inspiration très diverse puis pour son engagement anti-fasciste, sa collaboration et sa création de plusieurs revues littéraires comme "Vuelta" (1976-1998). Il est considéré comme l'un des plus grands poètes de langue espagnole du , et on a comparé son influence sur la littérature hispanique et mondiale à celle de Juan Ramón Jiménez, Vicente Huidobro, César Vallejo, Jorge Luis Borges, Gabriel García Márquez ou encore Pablo Neruda. Paz est d'ascendance mexicaine par son père et espagnole par sa mère. Son grand-père paternel était aussi écrivain et précurseur du mouvement « indigéniste ». Sa bibliothèque très pourvue lui a permis, enfant, de se familiariser avec les civilisations préhispaniques. Son père, avocat et promoteur de la réforme agraire au Mexique, était conseiller du révolutionnaire Emiliano Zapata auprès du mouvement ouvrier des États-Unis. Lors de ses études à l'Université nationale autonome du Mexique, Paz entame une carrière littéraire fondant les revues "Barandal" en 1931 et "Cahiers du val de Mexico" en 1933, année où il publie son premier recueil de poèmes. Résidant en Espagne lors de la guerre civile, il soutient la lutte des républicains et le combat antifasciste. En 1938, il se marie avec l'écrivaine Elena Garro alors âgée de 22 ans. Le couple divorce en 1959. Il quitte la rédaction d'un journal ouvrier après la signature du pacte germano-soviétique en 1939 et rompt définitivement avec le parti communiste mexicain après l'assassinat de Trotski, l'année suivante. En 1943, il part pour 2 ans aux États-Unis où il lit Ezra Pound, William Butler Yeats, T. S. Eliot et E. E. Cummings. Il y fait également la connaissance de William Carlos Williams et de Robert Frost. Entré en 1945 dans la carrière diplomatique, il vit en France à partir de 1946. Il y fréquente les surréalistes et plus particulièrement André Breton et Benjamin Péret dont il devient un ami proche. Il revient vivre à Paris entre 1959 et 1962. Entre 1955 et 1962, il est membre du comité commanditaire de la revue littéraire colombienne "Mito", aux côtés de Vicente Aleixandre, Luis Cardoza y Aragón, Carlos Drummond de Andrade, León de Greiff, et Alfonso Reyes. Il est nommé ambassadeur du Mexique en Inde en 1962. Il travaille à l'ambassade de New Delhi en octobre 1968 lors de la répression par son gouvernement des étudiants à Tlatelolco (quartier de Mexico) 10 jours avant les Jeux olympiques de Mexico. Il abandonne ce poste par la suite en signe de protestation. Entre-temps, il épouse, en secondes noces, la Française Marie-José Tramini à qui sont dédiés certains de ses plus beaux poèmes écrits sous le signe d'Eros dans "Versant Est" ("Ladera Este", 1969). Dans les années 1970, Paz s'engage contre la violence et l'oppression quelles qu'elles soient, prenant la défense d'auteurs comme Alexandre Soljenitsyne et critiquant ouvertement l'action des sandinistes au Nicaragua et des castristes à Cuba ce qui lui vaut le rejet, voire le mépris, d'une partie de l'intelligentsia de gauche même s'il est rejoint dans son combat par des personnalités comme Mario Vargas Llosa. Œuvre. L'œuvre de Paz est considérable. Elle enchevêtre des inspirations multiples, au carrefour de cultures mondiales, afin d'élaborer une cosmogonie personnelle et originale. Sa poésie revêt plusieurs formes et connaît diverses périodes, concentrant un grand nombre de références puisées dans l'histoire de l'humanité et le patrimoine littéraire mondial : les légendes méso-américaines, la poésie baroque du Siècle d'or espagnol, le symbolisme, le surréalisme, l'existentialisme, le bouddhisme, l'hindouisme ou encore la poésie japonaise dont il a traduit en espagnol quelques chefs-d'œuvre (notamment "Les Sentiers d'Oku" de Basho en 1970). Nourri par ses aventures existentielles et ses découvertes intellectuelles, le poète concilie aussi bien l'extase mystique de l'artiste convoquant les grandes figures de la mythologie précolombienne à une inspiration autobiographique plus quotidienne. Il évoque au passage le problème du rapport au monde extérieur et de l'angoisse individuelle procurée par les bouleversements du monde moderne. À cela s'ajoutent plusieurs considérations théoriques et des réflexions critiques sur la poétique, la philosophie, l'Histoire et l'anthropologie. Parmi les nombreux recueils de poèmes de Paz, on note l'importance qu'a eue "Liberté sur parole" ("Libertad bajo palabra", 1958). Son essai le plus connu, traitant de l'identité mexicaine est "Le Labyrinthe de la solitude" ("El laberinto de la soledad", 1950). Il est l'auteur de nombreux textes sur la peinture et l'art, aussi bien précolombiens que contemporains, comme son étude sur Marcel Duchamp. Style. L’œuvre de Paz se définit en deux temps : l’expérimentation et le conformisme. L'auteur est un poète difficile à cerner : son style, complexe, inclassable et en perpétuelle mutation, ne cherche aucune ligne directrice évidente. À ses débuts, ses œuvres se rapprochent du néomodernisme. Plus tard, Paz devient un poète existentiel même si certaines de ses productions manifestent régulièrement une forme de surréalisme. En réalité, Paz ne prend parti pour aucun mouvement littéraire car il est toujours attentif aux changements majeurs dans le domaine poétique. Il reste sensible à la recherche de nouvelles expérimentations, ce qui rend ses œuvres très originales et personnelles. De plus, il est considéré comme un grand poète par le lyrisme qu'il déploie et la grande beauté de ses vers. Après avoir délaissé les préoccupations politiques et sociales de ses premiers livres, il traite de thèmes intimistes et existentiels tels que la solitude et le manque de communication. L'une de ses obsessions est le désir de fuir le temps qui rattache ses créations à une forme de "poésie spatiale". Certains de ses poèmes sont d'ailleurs baptisés "topoemas" (topos : lieu, poemas : poèmes). La poésie spatiale est loin du discours, des canons esthétiques et de la rhétorique liés à la poésie du temps, plus mélancolique et accessible. Il s'agit d'un style poétique intellectuel et minoritaire, presque métaphysique qui, en plus de signes linguistiques complexes, comprend de nombreux indices visuels plus ou moins compréhensibles. Dans les "topoemas", à l'instar de la poésie d'avant-garde, Paz donne une importance à la puissance évocatrice et expressive de ses notations visuelles. Dans ses derniers poèmes consacrés à la paix, il n'hésite pas à manifester un certain ésotérisme. Toutefois, ses précédents poèmes se démarquent par leur puissante tonalité élégiaque et le sentiment de « transportation » accordé à chaque mot. Prix. Il obtient le Prix Cervantes en 1981, le Prix Neustadt en 1982 et le prix Nobel de littérature en 1990. En 1989, François Mitterrand lui remit le prix Alexis-de-Tocqueville, pour son attachement à l'humanisme et aux libertés publiques, perpétuant ainsi la pensée d'Alexis de Tocqueville.
Organisation non gouvernementale Une organisation non gouvernementale (ONG) est une association à but non lucratif, d'intérêt public, qui ne relève ni de l'État, ni d'institutions internationales. Les ONG n'ont pas le statut de sujet de droit international. L'habitude est de réserver le terme aux personnes morales à but non lucratif financées par des fonds privés. Les principaux critères définissant une ONG sont : Une ONG est une personne morale qui, bien que n'étant pas un gouvernement, intervient dans le champ national ou international. Les relations juridiques internationales sont traditionnellement des relations uniquement entre États (ou entre Gouvernements). On considère parfois le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) comme l'ancêtre des ONG, bien qu'ayant un statut hybride spécifique vis-à-vis des États. Dans le cas d'organisations internationales, on parle également d"Association de solidarité internationale" (ASI) ou d'organisations non gouvernementales internationales. En France, le secteur des ASI emploie près de 51 000 personnes en équivalent temps-plein dont 71% de salariés. Histoire. Les organisations internationales non gouvernementales ont une histoire qui remonte au moins à 1839. L'Institut de droit international est créé en 1873, à Gand et reçoit le prix Nobel de la paix en 1904 ; l'Union interparlementaire est créée en 1889 ; le Bureau international de la paix (prix Nobel de la paix en 1910) est créé à Berne en 1892. Rotary, futur Rotary International, est fondé en 1917. Il a été estimé qu'en 1978 il y avait 1083 ONG. Les ONG internationales ont été importantes dans le mouvement anti-esclavagiste et le mouvement pour le vote des femmes, et ont atteint leur apogée au moment de la Conférence mondiale pour le désarmement. Cependant, l'expression "organisation non gouvernementale" n'est entrée dans le langage courant qu'avec la création de l'Organisation des Nations unies en 1945 avec les dispositions de l'article 71 du chapitre 10 de la Charte des Nations unies qui donne un rôle consultatif à des organisations qui ne sont ni les gouvernements ni les États membres. La définition de l'« ONG internationale » (OING) est d'abord donnée dans la résolution 288 (X) de l'ECOSOC le : elle est définie comme « toute organisation internationale qui n'est pas fondée par un traité international ». Le rôle vital des ONG et d'autres « grands groupes » dans le développement durable a été reconnu dans le chapitre 27 d'Action 21, conduisant à l'intensification des relations consultatives entre l'ONU et les ONG. En l'absence de critères objectifs de la nature d'une ONG, la plupart des organisations intergouvernementales internationales (ONU, Union européenne, etc.) ont dressé une liste des ONG qu'elles reconnaissent comme des interlocuteurs valables. L'entrée, et éventuellement la sortie, d'une organisation de ces listes est soumise à un processus complexe. Le Conseil économique et social (ECOSOC) à l'ONU possède un comité permanent, le "comité chargé des ONG" qui est chargé de valider le statut des ONG en vue de leur collaboration avec cette instance. Le statut consultatif est divisé en plusieurs catégories : générale, spéciale et "roster". En 2006, ont le statut consultatif dit « statut ECOSOC » et 400 sont accréditées auprès de la "Commission du développement durable". Suivant les contextes du terrain, d’autres organes des Nations unies peuvent aussi coordonner les différentes actions et accréditer des ONG : "Office for the Coordination of Humanitarian Affairs" (OCHA), Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), OMS, OMPI, FAO. Certains dévoiements fragilisent la reconnaissance du statut et des actions des ONGs, en compliquant leur travail de terrain. En effet, des ONGs ont été utilisées comme « sociétés écrans » par certains gouvernements, notamment des États-Unis. Pour l’ancien fonctionnaire du département d’État William Blum, les organisations « non gouvernementales font partie de l’image et du mythe (…) elles contribuent à conserver à l’étranger un niveau de crédibilité qu’une agence officielle ne pourrait atteindre ». Depuis les années 1980, la CIA délègue ses activités de propagande à des ONG. Les différentes ONG et leurs domaines d'intervention. Ces associations concernent les Droits de l’Homme (Amnesty International, ACAT, ATD Quart Monde ou Human Rights Watch), la lutte contre la faim (Action contre la faim), l'accès à l'eau potable, lutte contre les maladies (AMREF Flying Doctors), la protection des enfants (Plan International France, Fondation Terre des hommes, Vision Mondiale), la scolarité (Aide et Action), l’économie mondiale (Mouvements altermondialistes comme ATTAC), la lutte contre la pauvreté (ADA), l’écologie (Les Amis de la Terre) ou alors la protection de la nature (Greenpeace, Sea Shepherd Conservation Society ou WWF). Ces organisations sont en si grand nombre qu’elles couvrent tout le spectre politique, social et philosophique et anthropologique, y compris parfois pour la défense d’intérêts très restreints, voire parfois très peu altruistes. Les ONG ont différents domaines d'intervention, ce qui conduit à les classer dans au moins deux grandes catégories : Les ONG humanitaires peuvent elles-mêmes se subdiviser en deux grands domaines d'intervention : Certaines ONG internationales ont une approche dite « globale », intervenant à la fois sur des urgences humanitaires, des programmes de développement et des activités de plaidoyer (Oxfam international, CARE). De même, la distinction entre les Organisations de Solidarité Internationale (OSI) et les Organisations de Solidarité Internationale des Migrants (OSIM) a permis de rendre visibles les actions initiées par les organisations créées ou animées par des personnes vivant hors des pays d'origine, mais qui agissent pour promouvoir des initiatives de développement en lien avec leurs pays d'origine. Relations entre ONG et autres institutions. La Banque mondiale constate non seulement que « les ONG prennent de plus en plus part aux processus de développement économique et social, et que les lois et règlements des États concernant les ONG sont très divers et parfois susceptibles d’étouffer leurs activités et leur croissance ». Afin d’encourager le développement des ONG et de leurs « activités de coopération, facteurs d’amélioration et d’élargissement de l’aide au développement ». La Banque mondiale propose « une série de "recommandations" générales aux États en matière juridique, destinées à garantir aux ONG une existence et un fonctionnement sans entrave, indépendamment de l’État et de manière transparente et responsable ». En 1994, dans son livre "Somalia: The Missed Opportunities" ("Somalie : les occasions manquées") dans lequel il analyse les raisons de l'échec de l'intervention de l'ONU en Somalie en 1992, l'ancien ambassadeur algérien Mohamed Sahnoun raconte que, lorsque les Nations unies ont voulu fournir une aide humanitaire, leur performance a été largement dépassée par celles des organisations non gouvernementales, dont la compétence et le dévouement ont mis en évidence par contraste la prudence excessive et l'inefficacité bureaucratique des Nations unies - dont les responsables du programme en Somalie restaient confinés dans leur bureaux de Nairobi, au Kenya, loin des risques du terrain. Des actions récompensées. L’action des ONG reste cependant globalement bénéfique pour les populations auxquelles elles s’adressent. En 1974, le président d'Amnesty international reçoit le prix Nobel de la paix. En 1977, c'est l'organisation elle-même qui reçoit ce prix Nobel. En 1997, la Campagne internationale pour l’interdiction des mines antipersonnel, cofondée par 6 ONG dont Handicap International se voit décerner le prix Nobel de la paix avec sa coordinatrice Jody Williams. En 1999, également, l’ONG Médecins sans frontières reçoit le prix Nobel de la paix. En 2008, l'année de son , Human Rights Watch a reçu le Prix 2008 des Droits de l'Homme des Nations unies. Professionnalisation des ONG. Depuis la fin des années 1990, on a assisté à une montée en puissance des ONG : médiatisation des besoins, recours à l’humanitaire après des opérations armées… Les ONG disposent de plus en plus de compétences techniques, qui les rendent crédibles et leur permettent d’être consultées et écoutées lors des grandes réunions internationales. Depuis les années 2000, de grandes entreprises privées signent des partenariats avec des ONG de façon à acquérir une vision plus globale de l’environnement mondialisé, et afin de disposer de compétences les aidant à mieux percevoir les attentes des consommateurs et des marchés. Ceci est plus perceptible dans le monde britannique et japonais. Les ONG doivent répondre encore plus professionnellement que par le passé. Certaines organisations françaises se sont un peu rapprochées du système anglais (emploi salarié alors qu’avant le volontariat était la règle), et se tournent vers des candidats qui présentent des connaissances professionnelles dans différents secteurs. Il est devenu impératif, au moins pour des ONG de taille moyenne à grande, de présenter une expérience professionnelle avant de postuler. Parmi les profils recherchés, se trouvent des médecins et autres professionnels de la santé, des agronomes, des ingénieurs et techniciens en traitement de l’eau (ingénieurs Watsan), des professionnels du BTP (routes, constructions), des logisticiens, des techniciens radio dans le milieu de catastrophe, des informaticiens, des administrateurs et des comptables… Afin de répondre à ce besoin de professionnalisation des ONG, de plus en plus d’universités et écoles mettent en place des formations spécifiques aux ONG, en plus des formations existantes (cursus d’une ou plusieurs années dans des écoles dédiées, telles que "Bioforce" à Lyon ou encore l'IFAID (Institut de Formation et d'Appui aux Initiatives de Développement), à Bordeaux, ou encore la "Licence professionnelle mention conduite de projets internationaux de codéveloppement" à Besançon). Cependant, compte tenu des évolutions en cours et de certaines remises en question concernant les liens officiels et/ou officieux entre ONG, Banque Mondiale et FMI apparaissent également des formations spécialisées dans l'observation des ONG, telle celle proposée à Bac+3 par l'ESCA-INFORS de Montpellier ("ONG : Audit et contrôle de gestion"). Évaluation des ONG. Les ONG peuvent être évaluées : En France, il existe le Label IDEAS délivré par un Comité Label indépendant de l'association IDEAS. Ce Label atteste d'un bon niveau de conformité de l'organisme au Guide des Bonnes Pratiques qui couvre les trois champs : gouvernance, gestion financière et efficacité de l'action. L'objectif visé est l'optimisation des bonnes pratiques. Journée internationale. La journée mondiale des ONG est organisée tous les . Elle a été déclarée le par douze pays et reconnue internationalement le à Helsinki (Finlande) par Helen Clark, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui a félicité la Journée mondiale des ONG et souligné l'importance du secteur des ONG pour l'ONU par l'intermédiaire de son discours. Relations antagonistes et dérives possibles. Les relations entre le monde des affaires, les gouvernements et les ONG sont souvent compliquées, antagonistes, et peuvent créer une dépendance des ONG vis-à-vis des États donateurs. En effet, les ONG de développement implémentent des projets à la suite d'un appel d'offres des donateurs. La concurrence des Organisations « Non Gouvernementales » les unes avec les autres peut réduire leur rôle à l'application des décisions des États. Considérant la multitude d’ONG, des dérives peuvent être déplorées, aussi bien dans leurs pays d’origine que dans leurs pays d’intervention. Des critiques peuvent porter sur l’appropriation de ressources rares, comme l’eau ou l’énergie, pour les besoins du fonctionnement propre de l’organisation. Ces critiques s’apparentent aux critiques faites à une entreprise privée classique installée dans un pays du tiers-monde. Un autre point est l’éventuel écart de salaires, de revenus ou d’indemnités : dans certains cas les expatriés salariés (à l'exclusion des bénévoles) peuvent percevoir un salaire supérieur aux revenus habituels du pays. Mais dans d'autres cas, c'est la situation inverse qui prévaut : le personnel des organisations humanitaires est moins bien rémunéré que dans l'administration ou le secteur privé marchand. Des critiques sont apparues au moment de la professionnalisation des actions humanitaires, à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Le politologue Frédéric Thomas relève que plus une catastrophe est médiatisée, plus celle-ci attire d'organisation humanitaires. Or, « en janvier 2006, une étude sur le traitement de l’information par une soixantaine de journaux et d’hebdomadaires dans neuf pays occidentaux concluait à l’absence de lien entre l’ampleur d’une catastrophe et sa couverture médiatique, cette dernière étant liée à des considérations économiques et stratégiques des États du Nord. Ainsi, l’impact du tsunami de 2004 dans l’océan Indien sur l’industrie touristique occupa une place disproportionnée dans les médias ».
Oxyrhynque Oxyrhynque est le nom francisé d'Oxyrhynchos ou Oxyrhinchus (du : nez pointu) de la ville antique de Per-Medjed ("Pr-mḏd") sur la rive ouest du Nil, à environ cent soixante kilomètres au sud du Caire et capitale du de Haute-Égypte, le Nome des Deux sceptres ("wȝb.wj"). Cette ville s'appelle aujourd'hui El-Behneseh (ou Al-Bahnasah), et doit sa célébrité aux nombreux papyrus qu'on y découvrit (voir "Papyrus d'Oxyrhynque"). Depuis plus d'un siècle, la zone d'Oxyrhynque a été l'objet de fouilles continues, fournissant une grande quantité de papyrus des périodes grecques et romaines de l'histoire égyptienne. Parmi les textes découverts figurent le papyrus P52 qui est le plus vieux texte manuscrit du Nouveau Testament, une pièce de Ménandre et l'Évangile de Thomas, un important document gnostique précoce. Étymologie. Le nom grec de la ville traduit l'égyptien "Per-Medjed", « maison de Medjed », un dieu égyptien, homonyme de l’oxyrhynque dans cette langue. Histoire. Oxyrhynque est située à cent-soixante kilomètres environ au sud-sud-est du Caire, à l'ouest du bras principal du Nil, le long du Bahr Youssouf (Canal Joseph), une branche du Nil se jetant dans le lac Moéris et l'oasis du Fayoum. Au temps de l'Égypte antique, une ville existait à cet emplacement. Elle portait le nom de « Per-Medjed ». L'agglomération ne prit une certaine importance qu'après la conquête de l'Égypte par Alexandre le Grand en 332 avant notre ère. C'est après cet épisode qu'elle fut refondée sous le nom grec d’"Oxyrhynchon Polis" (litt. « ville du poisson à nez pointu »). Pendant la période grecque, Oxyrhynque était une capitale régionale prospère, la troisième ville d'Égypte par sa taille. Après la christianisation de l'Égypte elle resta connue pour ses nombreuses églises et monastères. La ville continua à jouer un rôle majeur, quoique déclinant, pendant les périodes romaine et byzantine. Après la conquête arabe du pays en 641, le système de canaux dont dépendait la ville fut progressivement abandonné et la ville fut désertée. La ville actuelle d'el-Bahnasa occupe une partie du site historique. Pendant plus de mille ans, les habitants d'Oxyrhynque déversèrent leurs déchets dans une série de sites dans le désert bordant la ville. Le fait même que la ville soit construite au bord d'un canal et non du Nil est très important. En effet, cela signifiait que la crue du Nil ne couvrait pas les terres tous les ans comme c'était le cas des villes construites sur les berges. Quand le canal s'assécha, la nappe phréatique s’abaissa et son niveau ne remonta plus. Comme la rive ouest du Nil ne reçoit jamais de pluies, les détritus des habitants d'Oxyrhynque restèrent en place, furent graduellement recouverts de sables et restèrent enterrés pendant plus d'un millénaire. Comme la société égyptienne pendant les périodes grecque et romaine était gouvernée de façon bureaucratique, et qu'Oxyrhynque était la capitale du , les restes découverts dans les décharges de la ville comportaient de grandes quantités de textes. Comptes-rendus, feuilles d'impôts, recensements, factures, reçus, correspondances sur des questions administratives, religieuses, militaires, économiques et politiques, certificats et licences de tous genres... Toutes ces pièces était périodiquement évacuées des archives gouvernementales, mises dans des paniers d'osier et déversées dans le désert. De plus les habitants de la ville avaient eux aussi leurs propres papiers devenus inutiles. Comme le papyrus était cher, les papiers étaient souvent réutilisés : un document peut comporter sur une face un décompte agricole et de l'autre un texte d'étude sur Homère. La collection de papyrus, connue sous le nom d’"Helléniques d'Oxyrhynque", présente en fait un état complet de la vie de la ville, et plus loin de la civilisation et de l'empire dont elle faisait partie. Le site de la ville d'Oxyrhynque lui-même n'a jamais été fouillé car la ville égyptienne actuelle a été bâtie sur l'ancienne capitale régionale. Il est admis que la ville devait comporter de nombreux édifices publics dont un théâtre d'une capacité de , un hippodrome, quatre établissements de bains publics, un gymnase et deux appontements sur le canal de Bahr Youssouf. Il est également probable qu'on y trouvait des constructions militaires, comme des casernes car la ville hébergea une garnison à de nombreuses reprises pendant les périodes romaine et byzantine. Au cours des périodes grecque et romaine, Oxyrhynque possédait des temples dédiés à Sarapis, Zeus Ammon, Héra-Isis, Atargatis-Bethnnis et Osiris. On y trouvait également des temples grecs dédiés à Déméter, Dionysos, Hermès et Apollon et romains (Jupiter capitolin et Mars). Pendant la période chrétienne, Oxyrhynque était le centre d'un évêché et la ville compte encore de nombreuses anciennes églises coptes. Quand Flinders Petrie visita le site en 1922, il y découvrit des restes de colonnades et du théâtre. À l'heure actuelle, une seule colonne attire l'attention, tous les autres vestiges ont été utilisés pour la construction de bâtiments modernes. Fouille(s). En 1882, l'Égypte, bien qu'encore officiellement province de l'Empire ottoman, passa sous contrôle effectif britannique. Des archéologues anglais commencèrent alors une exploration systématique du pays. Comme le site d'Oxyrhynque n'était pas considéré comme d'intérêt majeur pour l'étude de l'Égypte antique, il fut négligé jusqu'en 1896, lorsque deux jeunes archéologues, Bernard Grenfell et Arthur Hunt, tous deux membres du Queen's College (Université d'Oxford), commencèrent des fouilles. , écrivit Grenfell. . Cependant ils réalisèrent très vite qu'ils étaient en fait les archives de toute une ville. se rappelle Grenfell, . Ayant suivi une éducation anglaise traditionnelle, Grenfell et Hunt étaient surtout intéressés par la possibilité qu'Oxyrhynque conserve des chefs-d'œuvre perdus de la littérature grecque classique. Ils savaient par exemple que la constitution d'Athènes d'Aristote avait été découverte sur des papyrus égyptiens en 1890. Cet espoir les poussa, ainsi que leurs successeurs, à fouiller scrupuleusement des montagnes de détritus pendant le siècle qui suivit. Leur effort fut largement récompensé : plus de 70 % des papyrus découverts jusqu'ici proviennent d'Oxyrhynque, que ce soit des copies de travaux déjà bien connus (dont beaucoup de versions significativement plus proches de certains originaux que les versions retranscrites à l'époque médiévale) ou des travaux jusque-là inconnus des plus grands auteurs antiques. Cependant sur les milliers de papyrus découverts à Oxyrhynque, seuls 10 % concernaient des textes littéraires. Le reste était constitué de documents publics et privés : codes, édits, registres, notes officielles, décomptes, correspondance officielle, recensements, relevés de taxes, pétitions, comptes-rendus judiciaires, ventes, baux, testaments, factures, inventaires, horoscopes et lettres privées. À chaque fois Grenfell et Hunt trouvaient suffisamment de texte d'intérêt général pour les pousser à continuer leurs recherches. Lors de leur première campagne, ils trouvèrent des extraits de plusieurs pièces perdues de Sophocle, comme l"'Ichneutae" et beaucoup d'autres livres ou fragments dont l'un s'avéra être un évangile chrétien encore inconnu. Leurs découvertes attirèrent l'attention du public et Grenfell et Hunt envoyèrent photos et articles à des journaux anglais, exposant l'intérêt de leur travail et levant des donations pour sa continuation. Grenfell et Hunt consacrèrent le reste de leur vie à travailler sur le matériel découvert à Oxyrhynque à l'exception des années de guerre (1914-1918). Jusqu'en 1906, tous les hivers, lorsque le climat égyptien est favorable, Grenfell et Hunt supervisaient des centaines de travailleurs égyptiens pendant qu'ils fouillaient les remblais de détritus, exhumant, par paniers entiers, des papyrus mêlés de terre. Les découvertes étaient triées, partiellement nettoyées et expédiées au laboratoire de Grenfell et Hunt à Oxford. Pendant l'été, les deux archéologues nettoyaient, classaient, traduisaient et comparaient la récolte de l'année, regroupant des douzaines de fragments pour reconstituer des textes complets. En 1898, ils publièrent le premier volume concernant leurs découvertes. Ils travaillaient en étroite collaboration, chacun vérifiant les écrits de l'autre et publiant de façon conjointe le résultat. Grenfell mourut en 1926 et Hunt continua son travail avec d'autres collaborateurs jusqu'à sa propre mort en 1934. Pendant ce temps, des fouilleurs italiens reprirent les travaux sur site de 1910 à 1934, mettant au jour de nombreux autres papyrus dont des pièces complétant les découvertes de Grenfell et Hunt. Découvertes. Bien que l'espoir de trouver tous les textes antiques perdus à Oxyrhynque fut déçu, beaucoup de textes grecs furent découverts sur le site. Ces textes comprenaient des poèmes de Pindare, des fragments de Sappho et d'Alcée de Mytilène ainsi que de plus importants extraits d'Alcman, Ibycos et Corinne. On découvrit aussi de longues parties de l’"Hypsipyle" d'Euripide, ainsi qu'une adaptation d"'Iphigénie en Tauride" (mime de Charition), une grande partie des pièces de Ménandre et la quasi-totalité de l’"Ichneutae" de Sophocle (le dernier fut adapté en 1988 dans une pièce intitulée "Les Traqueurs d'Oxyrhynque", par le poète et auteur anglais Tony Harrison, avec Grenfell et Hunt comme personnages principaux). On découvrit également à Oxyrhynque les plus anciens et plus complets diagrammes extraits des "Éléments d'Euclide". Une autre trouvaille importante concerne un ouvrage historique connu sous le nom d’"Helléniques d'Oxyrhynque" dont l'auteur pourrait être Éphore de Cumes ou comme d'autres érudits le pensent, Cratippos. Une vie d'Euripide par Satyros fut également découverte et, concernant la littérature latine, la pièce la plus importante est un épitomé de certains des livres perdus de Tite-Live. Le "Papyrus Oxyrhynchus 222" y a été découvert en 1897 par Bernard Pyne Grenfell et Arthur Surridge Hunt, il est hébergé à la British Library (Department of Manuscripts, 1185) à Londres. L'auteur classique ayant le plus bénéficié des découvertes d'Oxyrhynque est le dramaturge athénien Ménandre (-342/-291) dont les pièces étaient très populaires à l'époque hellénistique et dont les extraits se retrouvent très fréquemment sur les papyrus. À Oxyrhynque, les fragments découverts concernent les pièces suivantes : "Misoumenos", "Dis Exapaton", "Epitrepontes", "Karchedonios", et "Kolax". Les travaux menés à Oxyrhynque ont permis de révéler aux chercheurs et étudiants la place importante qu'occupait Ménandre dans le théâtre grec antique. Parmi les documents chrétiens trouvés dans le Fayoum ou à Oxyrhynque, se trouve le plus ancien papyrus comportant un texte évangélique, le Papyrus Rylands 457, daté de l'an 125, qui reproduit une partie du chapitre 18 de l'Évangile selon Jean. D'autres fragments concernent les évangiles selon Matthieu 1 ( : pièce 3), 11-12 et 19 ( : pièces 2384, 2385) ; Marc ( et s : pièce 3) Jean 1 et 20 ( : pièce 208), l'épître aux Romains 1 ( : pièce 209), la première épître de Jean ( et s : pièce 402), l'Apocalypse de Baruch (chapitres 12 à 14, ou : pièce 403), l'évangile des Hébreux ( : pièce 655), le pasteur d'Hermas ( ou : pièce 404), et un travail d'Irénée de Lyon ( : pièce 405). On trouve de nombreux fragments d'autres livres canoniques ainsi que des prières (fragment Oxyrhynchus 840 - et fragment Oxyrhynchus 1221 - ), des cantiques, et des lettres chrétiennes. Des fragments de l'Évangile selon Thomas, aussi connu sous le nom de "paroles de Jésus" sont présents sur le fragment 1654. On y a aussi découvert un portrait, qui pourrait représenter Jésus, datant du . Le projet aujourd'hui. Depuis les années 1930, les travaux sur les papyrus se sont poursuivis. Pendant les vingt dernières années, leur supervision en a été assurée par le professeur Peter Parsons d’Oxford. Soixante-dix volumes des "Oxyrhynchus Papyri" ont été publiés et sont devenus une référence incontournable pour les travaux concernant l’Égypte entre les et s. Ils sont également très importants pour l’étude des origines de l’Église catholique, de nombreux documents provenant d’Oxyrhynque étant les versions les plus anciennes connues à ce jour. Quarante autres volumes de cette collection devraient encore être publiés. Depuis l’époque de Grenfell et Hunt, l’intérêt porté au site d’Oxyrhynque a changé de nature. Les archéologues actuels sont moins intéressés par la recherche de pièces perdues d’Eschyle (bien que certains fouillent encore dans cet espoir) que par l’étude des aspects sociaux, économiques et politiques de la vie de l’Antiquité. Ce nouvel intérêt pour le site rend les documents, même les plus anodins, exploitables par les chercheurs actuels. De nombreux travaux sur les aspects sociaux économiques de l’histoire égyptienne ou romaine, ou sur l’histoire du christianisme s’appuient principalement sur des documents découverts à Oxyrhynque. En 1996, la publication des papyrus a été officiellement retenue comme projet de recherche prioritaire par la British Academy, dirigé conjointement par l’université d'Oxford et l'University College de Londres et supervisé par Peter Parsons. Le chef de projet et administrateur désigné est le professeur Nikolaos Gonis. La British Academy octroya des fonds jusqu’en 1999, date à laquelle le projet reçut un prix du "Arts and Humanities Research Council", qui permit le financement des travaux de recherche jusqu’en 2005. Aujourd’hui, près de de papyrus sont stockés à la bibliothèque Sackler d’Oxford, avec leurs référencements, archives et photographies. Il s’agit là de la plus grande collection de manuscrits de l’époque classique au monde. Près de sont exposées en vitrines et le reste est stocké dans d’archives. L’objectif du projet est la publication de l’ensemble de ces archives. En 2003, avaient été traduits, édités et publiés. Les publications continuent au rythme moyen d’un volume par an. Chacun d’entre eux contient une sélection de fragments couvrant un large panel thématique. Les équipes de rédaction comportent des chercheurs confirmés mais aussi des doctorants et des chercheurs post-doctoraux en papyrologie. Les derniers volumes parus contiennent des fragments anciens des Évangiles, de l’Apocalypse, des versions anciennes des textes d’Apollonios de Rhodes, Aristophane, Démosthène et Euripide, des extraits alors inconnus d’écrits de Simonide de Céos, de Ménandre et de l’épigrammatiste Nicarchus. D’autres sujets sont aussi abordés, en particulier la musique grecque et des documents relatifs à la magie et à l’astrologie. Le projet, conjointement avec l'université Brigham-Young, en utilisant l’imagerie multi spectre a permis de découvrir des textes jusqu’ici illisibles. Grâce à l’imagerie multispectrale, de nombreux clichés de papyrus, illisibles, sont pris en utilisant différents filtres, très finement réglés afin de capter certaines longueurs d’onde lumineuses. Ensuite, les chercheurs peuvent déterminer la longueur d’onde optimale qui fait ressortir le mieux l’encre par rapport au papier et permet ainsi de déchiffrer les textes. Le nombre de papyrus potentiellement exploitables avec cette méthode est énorme. Des exemples de résultats obtenus et plus d’informations sur les dernières avancées sont fournis sur le site du projet. Le , le magazine publia un texte et une traduction d’un poème dernièrement reconstruit de Sappho en même temps qu’un long article de Martin Litchfield West. Une partie de ce poème avait été publié en 1922, d’après le papyrus (fragment 1). La plus grande partie des éléments manquants ont été retrouvés sur un papyrus actuellement conservé à l’université de Cologne. Voir aussi. Lien externe. [[Catégorie:Index égyptologique]] [[Catégorie:Ville d'Égypte antique]] [[Catégorie:Gnosticisme]]
Osiris (du grec ancien : ) est un dieu du panthéon égyptien et un roi mythique de l'Égypte antique. Inventeur de l'agriculture et de la religion, son règne est bienfaisant et civilisateur. Il meurt noyé dans le Nil, assassiné dans un complot organisé par Seth, son frère cadet. Malgré le démembrement de son corps, il retrouve la vie par la puissance magique de sa sœur Isis. Le martyre d'Osiris lui vaut de gagner le monde de l'au-delà dont il devient le souverain et le juge suprême des lois de Maât. Au Moyen Empire, la ville d'Abydos devient la cité du dieu Osiris. Elle attire ainsi de nombreux fidèles en quête d'éternité. La renommée de cette cité repose sur ses festivités cultuelles du Nouvel An et sur une sainte relique, la tête du dieu. Durant le premier millénaire avant notre ère, Osiris conserve son statut de dieu funéraire et de juge des âmes. Cependant, ses aspects de dieu des flots du Nil et, par là-même, de dieu de la fertilité, acquièrent la primauté, augmentant ainsi sa popularité auprès de la population nilotique. Des colons grecs installés à Memphis adoptent son culte dès le avant notre ère sous sa forme locale de Osiris-Apis, le taureau sacré mort et momifié. Les souverains lagides importent ce culte dans leur capitale Alexandrie sous la forme de Sérapis, le dieu syncrétique gréco-égyptien. Après la conquête de l'Égypte par les forces romaines, Osiris et Isis s'exportent vers Rome et son empire. Ils s'y maintiennent, avec des hauts et des bas, et ce jusqu'au de notre ère pour finalement être évincés par le christianisme (interdiction du paganisme à la suite de l'édit de Thessalonique). Le culte osirien, actif depuis le avant notre ère, durera jusqu'au de notre ère, quand fermera vers 530 le temple d'Isis de l'île de Philæ, le dernier d'Égypte, fermeture ordonnée par l'empereur . Présentation. Étymologie. Le théonyme "Osiris" est une translittération en alphabet latin d'un mot issu du qui a lui-même pour origine un mot de la langue égyptienne : "Wsjr" variablement translittéré selon les auteurs par "Asar", "Asari", "Aser", "Ausar", "Ausir", "Wesir", "Ousir", "Ousire" ou "Ausare", la prononciation égyptienne d'origine n'étant pas connue du fait que l'écriture hiéroglyphique égyptienne ne restitue pas toutes les voyelles. Plusieurs égyptologues ont tenté de donner une signification au théonyme Osiris. En 1980, John Gwyn Griffiths propose que "Wsjr" dérive de "Wser" et signifie « le Puissant ». D'ailleurs, une des plus anciennes attestations du dieu Osiris apparaît dans le mastaba du défunt Netjer-ouser (Dieu-puissant). En 1987, Wolfhart Westendorf propose l'étymologie "Waset-jret" : « celle qui porte l'œil ». En 1985, David Lorton émet l'hypothèse que "Wsjr" est un mot composé issu du morphème "set" associé à "jret" ; "set-jret" signifiant « l'activité rituelle ». Osiris serait alors . Selon la vision égyptienne, les forces destructrices sont en lutte perpétuelle contre les forces positives. En cela, Seth s'oppose à son frère Osiris, symbole de la terre fertile et nourricière. Premières attestations. Osiris est l'une des principales divinités du panthéon égyptien. Cependant les origines de son culte restent encore très obscures. En l'état des connaissances égyptologiques, les plus anciennes attestations d'Osiris remontent au avant notre ère et datent de la fin de la ou du début de la . Le nom d'Osiris se repère pour la première fois dans une formule d’offrande adressée à Osiris et à Anubis par une probable fille de Khéphren, Hemet-Rê, fille royale et prêtresse d'Hathor. Elle est sans doute décédée sous le règne du roi Chepseskaf, le dernier souverain de la . L'inscription figure sur le linteau de l'entrée de sa tombe située à Gizeh. La première représentation d'Osiris est lacunaire, car figurant sur un fragment du temple haut du roi Djedkarê Isési. Le dieu figure comme un personnage masculin coiffé d'une longue perruque divine. Un autre de ces anciens témoignages archéologiques est une inscription du nom d'Osiris sur le linteau de la tombe du grand prêtre Ptahchepsès. Ce dernier décède sous le règne du roi Niouserrê. Découvert à Saqqarah la grande nécropole de Memphis, le linteau est à présent conservé par le British Museum de Londres. Les "Textes des pyramides" regroupent des litanies et des incantations récitées lors des cérémonies funéraires royales. Ces textes sont gravés sur les parois des chambres funéraires à partir du roi Ounas dernier membre de la . On ne parvient guère avec cette documentation à déduire où et quand le culte osirien est apparu. Le chapitre 219 évoque pourtant divers lieux de cultes situés dans plusieurs villes de la vallée du Nil dont Héliopolis, Bousiris, Bouto, Memphis et Hermopolis Magna. Chose étrange, Abydos n'est pas mentionnée dans cette liste. Le culte d'Osiris est pourtant introduit dans cette ville sous la . Abydos est pour le culte osirien le plus important lieu de pèlerinage à partir du Moyen Empire. Les "Textes des pyramides" mentionnent en effet que le corps du dieu assassiné fut retrouvé gisant près des rives du Nil à Nédit (ou Géhésti), un territoire proche d'Abydos. Archétypes et associations. Selon l'égyptologue Bernard Mathieu, l'apparition du dieu Osiris résulte d'une décision royale, car son culte se diffuse soudainement sur l'ensemble du territoire égyptien, lors des débuts de la . Son nom est un jeu graphique volontaire basé sur le hiéroglyphe représentant le trône. Dès le départ, Osiris est donc lié à la déesse Isis, le nom de cette dernière signifiant "le trône". Osiris est le roi des domaines funéraires et le juge des défunts. Sa représentation est anthropomorphe, très éloignée des formes animales que peuvent prendre d'autres divinités issues de la période prédynastique (bovidés, crocodiles, faucons). Le dogme osirien est élaboré par le clergé d'Héliopolis sous le contrôle du pouvoir monarchique qui se charge de le diffuser dans tout le pays, sans doute pour mieux asseoir son ascendant sur les grands temples comme ceux de Bousiris, d'Abydos ou d'Héracléopolis. Osiris est associé à d'autres divinités. En Basse-Égypte, à Bousiris, il absorbe les qualités d'Andjéty, dieu tutélaire de cette localité dès la préhistoire. La représentation de ce dieu berger se caractérise par ses deux hautes plumes sur la tête, retenues par un long bandeau, avec dans ses mains le sceptre Héqa et le flagellum Nekhekh. Osiris est aussi assimilé au dieu funéraire Sokar qui veille sur la nécropole memphite. Ce dieu est représenté par l'association d'un corps d'homme, qui est parfois gainé dans un linceul, et d'une tête de faucon et très souvent sans aucun signe distinctif. On le représente aussi parfois sous la forme d'un faucon momifié. En Haute-Égypte, Osiris s’implante plus particulièrement dans le nome de la Grande Terre, région entourant la ville de Thinis, la plus ancienne capitale de l'Égypte antique. Cette ancienne cité n'est toujours pas localisée avec certitude. On sait toutefois qu'Osiris y fut rapproché du dieu Onouris. Ce dieu est un homme à barbe qui porte une coiffe composée de quatre hautes plumes. Onouris, dans son aspect funéraire, porte l'épithète de Khentamenti, le « Chef de l'Occident ». La nécropole thinite se situait à Abydos. Là, Osiris s'assimile à Khentamentiou, le « Chef des Occidentaux », divinité funéraire proche d'Oupouaout et représentée sous la forme d'un canidé noir. Représentations. Le dieu Osiris est intimement lié à la monarchie égyptienne. Le dieu est vu comme un roi défunt puis divinisé. Ses attributs sont ainsi ceux des souverains égyptiens. Osiris fut considéré comme un souverain de l'Égypte entière. Ses représentations ne le font pourtant voir qu'avec la couronne Hedjet de couleur blanche, symbole de la Haute-Égypte. Cette couronne se présente sous la forme d'un bonnet se rétrécissant vers le haut et se terminant par un renflement. Toutefois cette couronne peut s'augmenter de deux hautes plumes latérales, probablement d'autruche, on parle alors de la couronne Atef. Ses autres symboles royaux sont le sceptre Héqa et le flagellum Nekhekh qu'il tient dans ses mains croisés sur sa poitrine. Osiris étant un dieu mort, ses représentations le font voir comme un corps momifié. Ses postures sont diverses, couché sur son lit funèbre, assis sur le trône ou debout tel un être ayant vaincu la mort. Épithètes. Osiris est un dieu complexe dont la présence est attestée sur tout le territoire égyptien. Ce dieu regroupe en son sein plusieurs facettes. Ses aspects de dieu funéraire sont bien connus. Mais Osiris est aussi une divinité qui veille au bon fonctionnement de l'univers. Son action bienfaisante est ainsi à l'œuvre dans le défilé des étoiles ou dans le cycle saisonnier de la végétation. Par conséquent, Osiris se présente à ses adorateurs sous une multiplicité de noms. Des litanies sont psalmodiées à « Osiris sous tous ses noms ». Très tôt, Osiris est doté de l'épithète « Celui qui a beaucoup de noms » ("ash renou"). Cette accumulation d'épithètes et de noms apparaît dans le chapitre 142 du "Livre des morts". Ce texte permet au défunt d'accéder à la vie éternelle à l'image d'Osiris. Pour ce faire le défunt énumère une liste de cent-quinze épithètes attachées au nom d'Osiris. Plus le fidèle énumère de noms, plus il reconnaît et accepte la puissance de la divinité invoquée. Les différentes fonctions du dieu et les différentes villes où son culte est présent s'enchaînent pêle-mêle, sans ordre logique : Naissance et famille. Osiris, le fils de Nout. Le grec Plutarque est l'auteur de plusieurs traités portant sur la morale, la philosophie et la théologie. Le traité "Sur Isis et Osiris" se rapporte aux croyances égyptiennes. Cet auteur est le premier à résumer et à exposer le mythe osirien en un récit linéaire. L'histoire débute par l’instauration mythique du calendrier solaire de . Nout, la déesse du ciel, a entretenu une relation amoureuse secrète avec Geb, son frère, le dieu de la terre. Rê, le dieu soleil, en apprenant ces agissements se met en colère et interdit à Nout d’accoucher durant les jours de l’année. Thot, l'autre frère de Nout, décide alors de jouer aux dés avec la Lune pour lui gagner un soixante-douzième de ses jours de lumière. Ayant gagné cinq jours supplémentaires, il les place à la suite des créés par Rê. Osiris naquit le premier jour, Horus l’Ancien le deuxième jour, Seth le troisième jour en déchirant le ventre maternel, Isis le quatrième jour dans les marais du delta du Nil et Nephtys le cinquième et dernier jour. Plutarque ajoute que le véritable père d’Osiris et de Horus l’Ancien serait Rê, que le père d’Isis serait Thot et que seuls Seth et Nephtys seraient les descendants de Geb. Mais il indique aussi une autre version de la paternité d’Horus l’Ancien. Avant même de naître, Osiris et Isis, amoureux l’un de l’autre, auraient conçu Horus l’Ancien dans le sein de leur mère. Le chapitre 219 des "Textes des pyramides" assimile magiquement le pharaon défunt à Osiris, le dieu qui a été rétabli dans la vie. Tous les dieux de la famille osirienne sont encouragés à rétablir le roi mort dans la vie comme ils l’ont fait pour Osiris. Dans ce chapitre sont mentionnés les différents liens familiaux que les dieux d’Héliopolis entretiennent entre eux. Osiris est le fils d’Atoum, de Shou et de Tefnout, de Geb et de Nout. D’autres textes nous font comprendre qu’Atoum a créé Shou et Tefnout et que ces derniers sont les parents de Geb et Nout. L’énumération des liens familiaux se poursuit en mentionnant la fratrie d'Osiris, disant qu’il a pour frères et sœurs, Isis, Seth, Nephtys et Thot, puis qu’Horus est son fils. Osiris, l'aimé de ses sœurs. Isis. Isis fut considérée par les Égyptiens de l'Antiquité comme l'épouse du dieu Osiris. À ce titre, son culte connut une grande popularité, particulièrement durant les années de la Basse époque. Lorsque le culte des dieux égyptiens commença à péricliter dans leur pays d'origine, la vénération d'Isis, la veuve éplorée qui sauve les initiés de la mort, se poursuivit toutefois hors des frontières de l'Égypte, en Grèce (Athènes, Delphes, Corinthe), en Italie (Rome et Pompéi) ou en Germanie (Mayence). Osiris (ou sa forme gréco-romaine de Sarapis) lui fut bien sûr toujours associé mais l'épouse éclipsa le mari dans le cœur des dévots. La stèle funéraire d'Amenmès (), aujourd'hui conservée au Musée du Louvre, est le document archéologique égyptien le plus exhaustif à propos du mythe osirien. On peut y lire un hymne à Osiris. Bien naturellement, des passages sont consacrés à son épouse éplorée. Seth a assassiné Osiris puis a fait disparaître le corps. Isis, par la puissance de sa magie, fait renaître Osiris le dieu au cœur défaillant. Puis après s'être unie à lui, elle conçoit Horus le futur héritier du trône : Nephtys. Dans son traité, Plutarque mentionne qu’Osiris, par méprise, a trompé Isis et que cette infidélité a été commise avec sa sœur jumelle Nephtys, l’épouse de Seth. De cette relation adultérine est né Anubis, le dieu à tête de canidé. Un paragraphe du "Papyrus Brooklyn" () mentionne que dans la ville de Létopolis se trouve une statue représentant Nephtys sous la forme de la lionne Sekhmet enlaçant la momie d’Osiris ; attitude qui est plus celle d’une épouse officielle que d’une maîtresse. Ce fait est confirmé par deux scènes du temple d’Edfou où Nephtys porte le nom d’Onnophret. Cette dénomination fait de Nephtys la contrepartie féminine d’Osiris dans son aspect d’Ounennéfer (l'existence parfaite). Dans une scène, Nephtys protège la momie d’Osiris après lui avoir restitué sa tête et la vie. De plus, le nom de la déesse est inscrit dans un cartouche ce qui fait d’elle une épouse légitime. Plutarque écrit à propos des deux sœurs d'Osiris : « "Nephtys, en effet, désigne ce qui est sous terre et ce qu'on ne voit pas ; Isis, au contraire, ce qui est sur terre et ce qu'on voit" ». Nephtys a été la nourrice du jeune Horus. Elle l'a protégé de la fureur de Seth en le cachant dans les marais de Khemmis. En échange de cette protection et pour échapper à la vengeance de Seth, elle a obtenu la faveur d’être aux côtés d’Osiris dans le monde souterrain : Souverain égyptien mythique. Osiris l'intronisé. L'Ennéade des dieux d'Héliopolis fut considérée par les Égyptiens de l'Antiquité comme la première dynastie de leurs souverains. Après avoir créé l'Égypte, Atoum-Rê régna sur le pays, puis fut remplacé par Shou puis par Geb. Ce dernier en constatant les mérites d'Osiris lui laissa le trône : Une scène du temple de Dendérah gravée au avant notre ère nous informe qu'Osiris, à l'instar des pharaons humains, a bénéficié d'une titulature royale composée de cinq noms et basé sur un jeu de mots théologique : Le chapitre 175 du "Livre des Morts" indique que le dieu a été couronné dans la ville de Héracléopolis Magna par le dieu créateur Atoum-Rê. Le couronnement d'Osiris donne l'occasion d'un dialogue où le verbe créateur des deux divinités engendre des faits et des lieux mythiques de la théologie égyptienne ; ci-dessous les bassins sacrés du temple d'Héracléopolis : Osiris, seigneur de Maât. Plutarque rapporte qu'Osiris enseigna à son peuple les manières civilisées afin que les hommes ne ressemblent plus à des bêtes sauvages. Il leur enseigna l'agriculture ainsi que le respect des dieux et des lois. Les plus anciens documents archéologiques égyptiens concernant Osiris confirment les dires de Plutarque. Un fragment d'une architrave de la nous fait savoir que, dès ses débuts cultuels, Osiris est nommé « le grand dieu, seigneur de Maât, Osiris qui préside à Busiris et dans toutes ses places ». La Maât (ordre cosmique) est un concept politico-religieux qui apparaît lors de la formation de l'Ancien Empire. À cette époque, le roi égyptien prend une dimension centrale. Dans un pays unifié, sa personne dépasse toutes les autorités locales. Dans ce cadre, la Maât est un mythe qui permet d'unifier tous les sujets du souverain égyptien sous une seule autorité. La Maât est alors la déification de la volonté et de l'ordre royal. Dire et faire la Maât, c'est obéir et participer à la monarchie. Dans la vie sociale, participer à la Maât c'est participer activement et réciproquement à une nécessaire solidarité humaine, les comportements anti-Maât étant la paresse, la surdité mentale et l'avidité. Aux plus forts moments de la royauté de l'Ancien Empire, la Maât est un attribut typique du roi humain. Il en va ainsi du bâtisseur de pyramide rhomboïdale, le roi Snéfrou (). Dans sa titulature, ce souverain s’érige en « seigneur de Maât ». La situation politico-théologique change avec la . La puissance suprême passe du monde terrestre au plan divin. La puissance du roi se dévalue et les souverains de cette dynastie deviennent les « fils de Rê ». Dans le même temps, les souverains se voient aussi déposséder de leur autorité sur la Maât au profit d'Osiris. Par là-même, la Maât devient sacrée car confiée au souverain de l’au-delà, qui sanctionne à la fin de la vie humaine tous les actes néfastes. Les rois ne sont plus que des exécutants qui font et qui disent la Maât. Un passage de l’enseignement de Ptahhotep nous fait voir que les lettrés égyptiens ont lié l’instauration de la Maât au règne mythique du roi Osiris : Meurtre et renaissance. Textes des pyramides. La mort brutale du dieu Osiris et le processus magique de sa renaissance sont évoqués à plusieurs reprises dans les "Textes des pyramides". Le chapitre 670 est une récitation funéraire où apparaissent ces principaux moments de la destinée osirienne. Deux rois ont bénéficié de ce texte rituel. Il s'agit de et de de la . Ils ont régné sur l'Égypte aux Dans les deux cas, le texte est gravé sur le mur méridional de la chambre funéraire au plus près du sarcophage. La récitation ne se présente pas comme un récit ou comme une histoire structurée ; ce genre n'apparaît qu'avec le philosophe Plutarque. La récitation est une incantation magique qui fait jouer au roi défunt le rôle d'Osiris. La récitation peut se diviser en deux séquences. La première évoque le martyre d'Osiris. Les portes du ciel s'ouvrent pour laisser passer les dieux de la ville de Pé, une localité située en Basse-Égypte. Sans doute s'agit-il d'Horus et ses deux fils Amset et Hâpi. Les dieux viennent vers le corps d'Osiris, attirés par les lamentations d'Isis et de Nephtys. En deuil et en l'honneur du défunt, ils se frappent les cuisses, s'ébouriffent les cheveux, battent des mains tout en niant la mort d'Osiris. Ils l'exhortent à se réveiller pour qu'il puisse entendre ce qu'a fait Horus pour lui. On lui annonce que son meurtre est vengé. Seth avait frappé et tué Osiris comme un simple bovidé puis l'avait ligoté. Horus fait savoir à son père qu'il a fait subir à Seth le même sort puis l'a placé sous la garde d'Isis. La suite de la récitation retrace la renaissance du dieu Osiris. Dans le "lac de la vie", le défunt prend la forme du dieu chacal Oupouaout. Horus offre à son père ses ennemis séthiens vaincus. Ces derniers sont amenés par Thot. Puis le fils intronise le père en tant que chef des défunts en lui donnant le sceptre Ouas. Après avoir été purifié par Nephtys, Osiris est parfumé par Isis. Il semble que Seth a aussi dépecé son frère car il est ensuite mentionné que les deux sœurs ont regroupé ses chairs et rattaché ses membres. Ses yeux lui sont redonnés sous la forme des barques du jour et de la nuit (Soleil et Lune). Les quatre enfants d'Horus ont participé au redressement d'Osiris. Pour qu'il soit entièrement calmé, on procède sur lui au cérémonial de l'ouverture de la bouche. Éveillé à la vie par Shou et Tefnout, Osiris sort de la Douât et monte vers Atoum en direction des champs paradisiaques. Plutarque. La plus récente version du mythe nous fut transmise par Plutarque. Ce philosophe grec fait d'Osiris et d'Isis des souverains bienfaiteurs. Osiris enseigna aux humains les rudiments de l'agriculture et de la pêche, tandis qu'Isis leur apprit le tissage et la médecine. Pendant ce temps, Seth régnait sur les contrées désertiques et hostiles ainsi que sur les terres étrangères. Jaloux de son frère, Seth projeta l'assassinat d'Osiris pour s'emparer du trône d’Égypte qu'il convoitait. Pendant un banquet en l'honneur d'Osiris, Seth offrit à l'assistance un magnifique coffre, jurant de le céder à celui qui l'emplirait parfaitement en s'y allongeant. Aucun de ceux qui tentèrent l'exploit ne parvinrent à remporter le coffre. Quand vint le tour d'Osiris, qui fut le seul à y parvenir, Seth fit refermer et sceller le coffre, tandis que ses complices chassaient les invités et tenaient Isis à l'écart… Seth jeta le coffre dans le Nil, qui l'emporta dans la mer Méditerranée. Osiris noyé, Seth profita du meurtre pour asseoir sa domination sur l’Égypte. Isis, la veuve éplorée, rechercha alors à travers toute l’Égypte le corps de son mari et le retrouva à Byblos, au Liban. Elle ramena la dépouille du roi assassiné en Égypte et se réfugia dans les marais du delta du Nil. Au cours d'une chasse nocturne dans les marécages, Seth retrouva le corps haï de son frère. Il entra dans une rage folle et découpa le défunt en quatorze morceaux qu'il dispersa dans toute l'Égypte. Aidée de quelques fidèles dont Thot, Nephtys et Anubis, Isis retrouva les parties du dieu, hormis son pénis avalé par le poisson oxyrhynque. Après en avoir reconstitué le corps, elle procéda à son embaumement avec l'aide d'Anubis en l'enveloppant dans des bandelettes de lin. Le corps du dieu restant inerte, avec l'aide de sa sœur Nephtys, Isis bat des ailes en poussant des cris stridents pour insuffler la vie à Osiris grâce à ses pouvoirs magiques. Ranimé, Osiris ne revient pas sur terre, mais règne désormais sur le royaume des morts. Ainsi, la renaissance d'Osiris annonce toutes les formes de renouveau possibles, que ce soit dans la végétation ou chez les humains. Transformée en milan, Isis peut être fécondée. De cette union naît Horus l'Enfant (Harpocrate), qu'elle cacha dans les fourrés de papyrus du delta pour le protéger de son oncle Seth. Pilier-Djed et rituels de régénération. Le pilier Djed est un très ancien fétiche attesté à Hiérakonpolis dès l'époque thinite dans le cadre d'un culte rendu à Sokar ; un dieu funéraire représenté sous la forme d'un faucon momifié. La signification d'origine de Djed n'est pas encore connue. Peut-être s'agit-il d'un arbre ébranché. Mais dès ses débuts, ce pilier fait aussi partie des rites agraires de la fertilité du grain. À Memphis, le pilier Djed était d'abord érigé en l'honneur de Ptah et Sokar. Au début du Nouvel Empire, Osiris se fond avec ces deux dernières divinités sous la forme de Ptah-Sokar-Osiris. L'érection du pilier Djed symbolise alors la victoire d'Osiris sur Seth. Dans ce cadre, le Djed est vu comme l'épine dorsale d'Osiris. Cette vision du Djed apparaît aussi dans le "Livre des Morts". Le jour de l'enterrement, une amulette Djed est placée au cou de la momie : À partir du Nouvel Empire, le pilier Djed est anthropomorphisé et ses représentations se rapprochent de celles d'Osiris. Sur les reliefs du temple funéraire de , le pilier Djed tel un Osiris ressuscité s'anime et reprend vie après avoir été redressé par le pharaon . Là, le rite de l'érection du pilier Djed consiste à rendre la vie au dieu Osiris. Le pilier Djed est pourvu de deux yeux Oudjat, de différentes couronnes (dont celle constituée de deux hautes plumes d'autruche) et est revêtu du pagne royal. Dans l'écriture hiéroglyphique, le Djed est le signe de la stabilité. Dans le rituel d'Abydos, cette notion de stabilité renvoie à la nécessaire cohésion du Double-Pays formé par l'union de la Haute et de la Basse-Égypte. Divinité cosmique. Osiris qui encercle la Douât. Douât. La Douât est un lieu mythique qui n'a pas de localisation géographique précise. Ce lieu est parfois situé dans le ciel, mais d'autres fois sur terre. Les traductions des égyptologues en font un au-delà ou un enfer. La Douât ne correspond toutefois pas vraiment à ces deux concepts. En égyptien ancien, la racine du mot "douât" est proche du verbe "douâ" qui signifie « prier, adorer ». Quant au mot "douât", sous une autre graphie, il peut aussi signifier « louange, hymne, adoration ». De plus le mot "douâou" signifie « aube, matin et aurore ». Quant à la planète Vénus elle est soit le "douâou netjer" (dieu du matin), soit plus simplement "Douât". La région de la Douât est ainsi un point de jonction où les vivants et les morts peuvent louer la renaissance de la lumière quand les ténèbres nocturnes disparaissent face à la renaissance du soleil à l'aube. ! scope="col" | Nom ! scope="col" | Transcription ! scope="col" | Hiéroglyphe ! scope="col" | Traduction Régénération nocturne. Au Nouvel Empire se crée un nouveau genre de littéraire funéraire ; les « Livres de ce qui est dans la Douât ». Ces ouvrages sont destinés aux personnalités royales et figurent sur les parois de leurs tombes, cénotaphes ou sarcophages. Ces textes, contrairement au "Livre des Morts", ne sont pas des compilations de formules magiques de provenance hétéroclite. Ce sont des textes immuables qui décrivent les riches illustrations qui leur sont associées. Le plus ancien ouvrage est le "Livre de l'Amdouat" apparu sous . Si le "Livre des Portes" apparaît chez Horemheb, le premier exemplaire complet figure sur le sarcophage de . La douzième et dernière séquence de cette composition contient une représentation de l'instant où le soleil sort du monde souterrain pour renaître à l'aube. Cette scène est une mise en image de la pensée cosmologique des Égyptiens du Nouvel Empire Le dieu Noun semble sortir des eaux primordiales. Il élève de ses deux longs bras la barque solaire. À son bord, le scarabée Khépri (symbole de la renaissance) tient le disque solaire. De part et d'autre du scarabée, les déesses Isis et Nephtys paraissent accueillir ou propulser le soleil renaissant. Ce dernier est reçu dans les bras de Nout la déesse du ciel. Représentée à l'envers, la déesse est debout sur la tête d'Osiris dont le corps forme une boucle qui contient la Douât. La notice dit que : « C'est Nout qui reçoit Rê. ». Tel le serpent Ouroboros qui se mord la queue, Osiris est lové sur lui-même. Son corps forme un cercle et la notice dit que : « C'est Osiris qui encercle la Douât ». Cette représentation du dieu est une manière de montrer que le temps est cyclique. Le cercle symbolise la perfection et le mouvement. Ce retour permanent des choses et des événements est une succession de régénérations. Osiris et Nout sont représentés à l'envers pour montrer que la Douât n'est pas soumise aux mêmes règles que l'univers ordonné, le soleil y voyageant d'ouest en est. Quand le soleil y entre, il ne peut qu'en ressortir. Le soir, le soleil entre dans l'Occident. Il se régénère lors de son passage dans la Douât. Ce monde de la nuit et de la mort est gouverné par Osiris. Après avoir traversé douze régions et douze portails, le soleil renaît à l'aube quand il sort de l'horizon oriental. Cette sortie du monde souterrain est symbolisée par le second soleil qui se situe à la proue de la barque solaire. Le ciel à travers Nout est situé entre la Douât et l'univers ordonné. Il constitue le lien entre les deux mondes. Osiris, le seigneur des millions d'années. La mortalité des dieux égyptiens est souvent évoquée dans un cycle où mort et renaissance alternent, le rajeunissement du dieu n'étant possible qu'à travers sa mort. Mais les documents égyptiens qui évoquent la fin définitive du temps et la disparition finale des dieux sont peu nombreux. Le chapitre 175 du "Livre des Morts" décrit pourtant très clairement cette situation. À la fin des temps, seuls Atoum et Osiris demeureront. Osiris se lamente de devoir rester dans le monde de l'au-delà. Atoum le console en lui disant que le désert des nécropoles est son royaume, que son fils Horus règne sur les hommes et que sa durée de vie va être très longue. Atoum lui annonce qu'eux deux, seuls, perdureront en retournant dans le chaos des origines sous la forme d'un serpent : Osiris Orion. Les Égyptiens désignaient par "Sah" la constellation d'Orion. Personnifié par un homme portant la couronne blanche de Haute-Égypte, Sah était considéré comme le souverain des étoiles dont il ordonnait la course dans le ciel nocturne. Sah est l'âme-Ba d'Osiris ou Osiris lui-même selon les différentes traditions. Plusieurs chapitres des "Textes des sarcophages" sont consacrés à cette constellation (chap.469, 470, 689, 1017). Le chapitre 227 permet au défunt de se transformer en successeur d'Osiris. Le défunt, après avoir affirmé qu'il est Osiris, enchaîne en parlant d'Orion : Osiris l'engendreur. Les chapitres 366 et 593 des "Textes des pyramides", très proches dans leur rédaction, relatent la naissance et la conception d'Horus. Il y apparaît que ses parents sont Osiris et Isis : La suite du texte est dotée d'une dimension astrale car le fruit de cette union est "Hor-imy-Sopedet" c'est-à-dire « Horus dans la constellation du Grand Chien ». Osiris assimilé à la constellation d'Orion, transmet son essence stellaire à Horus c'est-à-dire l'étoile Sirius à travers Isis, la constellation du Grand Chien : Cette naissance mythique et astronomique est basée sur une série de jeux de mots théologiques : "Soped" nom égyptien de l'étoile Sirius, signifie pointu, acéré, adroit, habile et "Sopedet" signifie triangle et efficacité. L'étoile Sirius-Soped peut alors se référer à une des trois pointes du triangle qu'elle forme avec les étoiles Bételgeuse et Rigel, Sirius-Soped ayant un rôle plus important car ce triangle équilatéral pointe vers elle. Osiris-Orion est le dieu en léthargie ; trois étoiles forment son phallus (vues actuellement comme sa ceinture) pointant vers la constellation du Grand Chien : pour les Égyptiens, celui-ci est Isis sous la forme d'un oiseau, le milan, qui porte en son sein son successeur Horus-Soped (Sirius), celui qui combat efficacement pour restaurer son père dans sa vie et ses fonctions royales. Divinité funéraire. Osiris le chef des Occidentaux. Daté du règne de (), le "papyrus Chester " contient le conte des "Aventures de Horus et de Seth". L'histoire relate les luttes intestines qui font rage au sein de la famille osirienne. Le roi Osiris est mort. Depuis quatre-vingt ans, Horus et Seth se querellent au sujet de la succession au trône. Les dieux égyptiens siègent en tant que jurés au sein d'un tribunal présidé par Rê. Ils sont partagés en deux camps de puissance égale. Horus, adolescent sans grande expérience, est soutenu par une faction menée par sa mère Isis. Quant à Seth, vaillant défenseur de la Barque solaire face à Apophis, sa cause est soutenue par Rê. Si Horus doit faire face aux assauts magiques de Seth, ce dernier doit faire face à ceux d'Isis. Après des milliers de coups fourrés, les dieux du tribunal sont lassés des tergiversations du vieux Rê. Ses jugements successifs sont tous favorables à Horus mais à chaque fois, Seth peut les remettre en cause du fait de son ascendant sur Rê. Sur les conseils de Thot et de Shou, Rê envoie une lettre à Osiris pour connaître son opinion. En réponse, le dieu défunt met en avant ses propres mérites : Peu impressionné, Rê raille la puissance d'Osiris en disant qu'avec ou sans lui, l'orge et l'épeautre existeraient quand même. En colère, Osiris menace les dieux de l'Ennéade. Dans la crainte d'une épidémie, les dieux rendent un jugement définitif en faveur d'Horus. L'argument final est que d'Osiris dépend la bonne santé de la création. Il nourrit les dieux et les hommes en tant que dieu de l'abondance. Mais selon son bon plaisir, il peut lâcher contre ses ennemis et les impies une armée de démons pour qu'ils écourtent la joyeuse vie terrestre des êtres vivants : Osiris Ounennéfer. Les anciens Égyptiens ne voyaient pas le décès comme une chose naturelle. En identifiant tous les morts à Osiris, le dieu assassiné, ils ont conçu la mort comme le franchissement d'un seuil situé entre le monde terrestre et le monde de l'au-delà. Le décès est une crise passagère que l'on peut résoudre par le rituel funéraire. Le tribunal d'Osiris symbolise cette étape cruciale car seul celui qui est pur moralement peut prétendre aux rites. Ne se présente devant le tribunal d'Osiris que celui qui est exempt de péchés. Cette pureté est mise en avant dès l'Ancien Empire dans les textes des tombes et mastabas. Les dieux, par l'intercession du roi, accordent aux serviteurs de la monarchie le statut d'Imakhou (possesseur de tombe). Mais on ne peut prétendre à ce privilège que si l'on a respecté et appliqué la Maât. Osiris, en son nom d'Ounennéfer (Existence parfaite), est un modèle à suivre, sa vie exemplaire l'ayant mené à exercer la royauté sur la terre et sur l'au-delà : Au Nouvel Empire, le jugement des morts acquiert sa forme définitive tel qu'il apparaît dans le "Livre des Morts" (chap. 125). Le passage devant Osiris et ses quarante-deux assesseurs ressemble plus à une épreuve qu'à une procédure judiciaire. Le défunt connaît à l'avance ce que l'on peut lui reprocher et se défend en niant en bloc deux listes de péchés. Une première liste de quarante fautes est niée devant Osiris, puis une deuxième liste de quarante-deux fautes est niée devant les quarante-deux assesseurs qui symbolisent l'ensemble du territoire égyptien. Ces lois conditionnaient l'accès au monde de l'au-delà. Mais le chapitre 125 est plus qu'une formule magique destinée à purifier le défunt. L'Égyptien ne comptait pas seulement sur la puissance de la magie pour sauver son âme. Son passage post-mortem devant Osiris s'accompagnait, durant la vie terrestre, d'une vie inspirée par les lois du tribunal : De Osiris-Apis à Sarapis. Le taureau Apis (Hapi en égyptien) symbolise le cycle d'un jeune animal succédant à un aîné qui vient de mourir de mort naturelle. Dès qu'un taureau mourait, les prêtres se mettaient en quête d'un taurillon lui ressemblant puis l'intronisaient. La succession des Apis est attestée depuis jusqu'à la fin de la dynastie des Ptolémées mais perdura probablement jusqu'au de notre ère. Apis véhicule deux images théologiques ; premièrement la succession royale et deuxièmement, la renaissance osirienne. Apis est ainsi représenté comme un taureau vivant et marchant, comme un animal mort et momifié et comme un humain à tête de taureau. L'Apis défunt devient un Osiris sous le nom d'Osiris-Apis (en égyptien Osor-Hapi). À la Basse époque se développe un culte en l'honneur de cet animal mort mais dans les limites de la ville de Memphis. Le culte se pratique dans les milieux égyptiens mais aussi chez les colons grecs installés à Memphis. Un papyrus en langue grecque mentionne le dieu "Osérapis" dès le avant notre ère. Lorsque la dynastie des lagides s'installe en Égypte, elle met en place à Alexandrie, le culte de Sarapis. Cette divinité prend les fonctions funéraire et agraire du dieu Osiris mais ses représentations sont celles d'un dieu grec : un homme barbu à la chevelure bouclée couronné soit du "modius" (symbole de fertilité) soit de la couronne Atef (caractéristique d'Osiris). Divinité de la végétation. Osiris qui préside au grain. Pour l'anthropologue James George Frazer, les dieux Osiris, Dionysos, Attis et Adonis sont des esprits de la végétation. Osiris est comme le grain enterré lors des semailles qui ressuscite lors de la moisson suivante. Le grain est fécondé par l'eau dans le sol puis, lors des récoltes, il est démembré par les faucilles des faucheurs. Il n'est pas encore établi avec certitude si dès le départ Osiris est un dieu de la végétation ou si ce côté de sa personnalité s'est greffé par la suite sur ses aspects de dieu funéraire. La fertilité du sol égyptien est en rapport avec le limon charrié par la crue du Nil à laquelle Osiris est associé. Malgré le découpage du corps d'Osiris en morceaux, sa mort physique est présentée comme une léthargie. Cette inconscience d'Osiris est comme celle d'Atoum dans le Noun (l'océan primordial) avant la création de l'univers. Le sommeil du dieu Osiris est contraire à l'ordre établi par le dieu créateur. Néanmoins, sa mort est nécessaire pour que l'humanité puisse dépasser ses limites terrestres et atteindre l'éternité divine. Osiris est le dieu qui s'est noyé dans les eaux du Nil. Son long séjour dans l'eau est vu comme un retour dans le chaos de l'océan des origines. Or cet océan est le milieu d'où jaillit la vie. Le démembrement d'Osiris en seize morceaux est lié au retour annuel de l'inondation du Nil. La hauteur idéale de la crue est de seize coudées et, lorsque ce niveau est atteint Osiris est reconstitué. Festivités du mois de Khoïak. Élaboré à l'origine à Abydos et Busiris, le rite des festivités du mois de Khoïak gagne dès la tous les temples censés conserver une relique du corps osirien dépecé. Le cycle de la germination du grain a été vu par les Égyptiens comme une métaphore de leur conception de la mort. Une des images de la renaissance d'Osiris est la figuration d'épis de céréales poussant sur son corps momifié. Cette représentation était réellement mise en œuvre dans les temples selon le "rituel du mois de Khoiak". Dans une cuve en forme de momie, les prêtres plaçaient un mélange terreux, où du grain se mettait à germer (lors de recherches sous-marines, une cuve de ce genre a été retrouvée à l'intérieur du téménos du temple d'Amon et Khonsou de la ville engloutie de Héracléion). Cet Osiris végétant, une fois placé au soleil puis desséché, était placé dans une barque sacrée puis transporté vers la nécropole de la ville de Canope. Cette momie végétale y était éliminée, soit enterrée soit jetée à l'eau. Dans les tombes, on pouvait placer des petits moules de ce genre, appelés dans le milieu égyptologique « Osiris végétant » ou « Osiris céréales ». Culte des reliques sacrées. Osiris dans toutes ses tombes. Le culte d'Osiris s'est diffusé sur l'ensemble du territoire égyptien. Cependant plusieurs villes se sont distinguées du fait de leur rapport particulier avec le mythe du démembrement d'Osiris. Les traditions divergent quant au nombre des membres osiriens dispersés dans le pays ; de quatorze à quarante-deux selon les différentes versions. D'après Plutarque, Seth noya son frère Osiris en l'enfermant dans un coffre jeté dans le Nil. La dépouille dériva jusqu'à Byblos (Liban) où elle fut retrouvée par Isis. La déesse ramena le coffre et le corps en Égypte près de Bouto. Mais lors d'une partie de chasse, Seth retrouva le corps d'Osiris. Fou de rage, il démembra le corps en quatorze morceaux et les dispersa de tous les côtés. Désespérée, Isis se mit en quête de les retrouver et partit à leur recherche à travers tout le pays. Chaque fois qu'elle retrouvait un morceau elle en confia la garde au clergé du lieu pour que la mémoire d'Osiris soit honorée. Dans le premier chapitre du "Livre des Morts", le défunt se présente comme un prêtre du culte d'Osiris, dans l'espoir de bénéficier lui aussi des rites funéraires inaugurés par le dieu démembré. Le défunt énumère ainsi quelques villes où, de son vivant, il a honoré Osiris. La participation aux rites de ces lieux sacrés permet de gagner la faveur des dieux. Dans l'au-delà, les dieux ne prennent soin que de ceux qui les ont honorés. Participer de son vivant aux rites en relation avec l'embaumement d'Osiris permet, une fois décédé, de pouvoir contempler le dieu et de survivre dans son royaume : Phallus de Mendès. Plutarque, dans sa version du mythe d'Osiris rapporte que la déesse Isis retrouva tous les membres dispersés à l'exception du phallus mangé par des poissons. Pour le remplacer, elle en fit une imitation. Cependant, la ville de Mendès a conservé une autre tradition mythique. La relique qui est honorée dans cette ville est le phallus attaché à la colonne vertébrale. Ces deux membres ne font qu'une seule relique car les Égyptiens, (et les Grecs après eux), pensaient que la moelle osseuse descendait de la colonne vertébrale vers les testicules et ressortait par le phallus sous la forme du sperme. La semence dans le corps de la femme formait alors les os de l'enfant, les humeurs féminines formant les chairs. Tardivement, le pilier Djed fut assimilé à cette relique, la ville de Mendès portant en langue égyptienne le nom de "Djedet" ou "Perbanebdjedou" ; le dieu de Mendès étant depuis les débuts de l'Égypte pharaonique le bélier Banebdjedet. Ce dernier était considéré comme l'âme-ba d'Osiris. En fait cet animal portait en lui quatre âmes-ba, celles de Rê, de Shou, de Geb et d'Osiris ; aussi le représentait-on avec quatre têtes de béliers. Philæ et l'Abaton de Biggeh. Pour les Égyptiens, l'eau de la crue du Nil provient du monde souterrain et sort d'une caverne située dans la région de la première cataracte. On situa d'abord cette source mythique à Éléphantine, la ville du dieu bélier Khnoum. Puis, à la Basse époque, la source du Nil fut surtout assimilée à l'Abaton de l'île de Biggeh. La crue jaillissant de la blessure infligée par Seth à la jambe gauche d'Osiris conservée en ce lieu. Le culte au profit d'Osiris y remonte probablement au à partir du règne de . Abaton est un mot issu du et signifie « inaccessible ». Les noms égyptiens de l'Abaton sont "Iat-ouâbet", « La Place pure » et "Iou-ouâbet", « L'Île pure ». L'Abaton est un des tombeaux d'Osiris. Ce lieu sacré est une nécropole où Isis retrouva la jambe gauche de son frère démembré. Les cultes d'Osiris de l'Abaton de Biggeh étaient intimement liés à ceux d'Isis de l'île de Philæ : La statue de la déesse sortait en procession tous les dix jours de son temple de Philæ pour se rendre en barque à Biggeh. Isis y effectuait, par l'entremise de ses prêtres, des actes rituels comme des libations de lait pour Osiris ; le but étant de ranimer sa vigueur. Les rites sont tournés vers l'âme-Ba d'Osiris pour qu'il s'unisse à son corps et réveille la momie dormant dans l'Abaton. Outre ces rituels décadaires, les moments forts de l'année sont les séjours d'Isis et d'Harendotès dans le tombeau le treizième jour du mois d'Epiphi et les rituels de régénération du mois de Khoiak. Menaces magiques contre le culte. Vers le début du de notre ère, le néoplatonicien Jamblique dans son traité sur les "Mystères d'Égypte" explique aux adversaires de la théurgie le mécanisme opératoire des menaces verbales contre les cultes et festivités rendues à Osiris et à Isis. Selon lui, les menaces proférées par le magicien ne sont pas destinées aux dieux (soleil, lune, étoiles) mais à des esprits inférieurs. Ces derniers, sans jugement ni raison, se contentent d'obéir aux ordres de leurs supérieurs divins. Les menaces verbales terrorisent ces esprits. Lors d'un cérémonial, un magicien exercé peut facilement les berner en se présentant à eux sous la forme d'une divinité supérieure. Au , le conte des "Aventures d'Horus et de Seth" se termine par une mention de ces esprits inférieurs. Pour obtenir gain de cause, Osiris menace les autres dieux de les envoyer contre eux. Si Horus n'obtient pas le trône alors une horde d'esprits hostiles s'abattra sur la terre et les êtres vivants, dieux et humains, rejoindront plus tôt que prévu le royaume de l'Au-delà. Les "papyrus magiques de Turin" sont datés de la même époque. Une formule magique utilise la menace verbale contre les fêtes et les cultes osiriens. Le but de l'incantation est de guérir une personne malade car envoûtée par un envoyé d'Osiris. La guérison passe par un nécessaire désenvoûtement. Le magicien-guérisseur présente la chose sous la forme d'un décret royal rédigé par Osiris. L'ordonnance contraint l'entité maléfique à quitter le corps de la victime. Pour que la chose se réalise, le magicien l'effraye en proférant de sombres menaces sur le culte osirien. La bonne marche de l'univers garantie par le culte rendu à Osiris ne peut se poursuivre qu'à la condition de son départ hors de sa victime : Osiris dans le nome d'Abydos. Nécropole royale. Très anciennement, le dieu funéraire d'Abydos fut le canidé Khentamentiou « celui qui préside les Occidentaux (les défunts) », vénéré depuis la fin de la période prédynastique. Si le culte d'Osiris s'installa dans la ville sous la , il ne prit son essor qu'à partir de la Première Période intermédiaire, ce qui provoqua la fusion des deux divinités funéraires sous la , lorsque le roi fit passer Abydos sous son autorité. Osiris supplanta alors complètement Khentamentiou et ce dernier devint une simple appellation d'Osiris. Au Moyen Empire, la ville d'Abydos s'érigea en tant que lieu principal du culte osirien. Cependant son apogée se situa sous la quand les rois et entreprirent de grands travaux. Le prestige de la nécropole d'Abydos est très ancien car il remonte très loin dans l'histoire ; les tombes ou les cénotaphes des premiers rois égyptiens y étant situés. Les recherches archéologiques ont ainsi mis au jour des tombes royales remontant à la dynastie égyptienne zéro (), mais aussi des deux dynasties thinites ( et ). Par la suite, la nécropole royale fut transférée plus au nord, à Memphis (Saqqarah). Abydos devint alors un lieu semi-mythique des origines de la royauté. Le tombeau du roi Djer, édifié vers l'an 3000 avant notre ère fut identifié par les croyants du Moyen Empire, (soit un millénaire plus tard), comme étant celui du dieu Osiris. Cette tombe devient au Nouvel Empire un lieu de pèlerinage. Tête d'Osiris. Au Moyen Empire, le prestige d'Abydos tenait au fait que la ville était la dépositaire d'une relique osirienne confiée par les dieux ; ces derniers ayant trouvé la tête d'Osiris non loin de la nécropole : La relique est un objet sacré mais fragile. Dans la crainte d'un éventuel attentat séthien, la relique est déposée et cachée dans un reliquaire. Ces derniers peuvent prendre différentes formes, coffre, obélisque, vase, peau d'animal. La relique d'Abydos est renfermée dans une corbeille juchée sur un poteau : Festivités abydéennes. Les temples égyptiens étaient des lieux fermés au public profane. La statue du dieu restait cachée tout le long de l'année dans le naos (ou saint des saints) de l'édifice religieux. Cependant le dieu sortait annuellement au dehors du temple. Cette sortie était le prétexte d'une grande fête où lors de quelques moments forts, tout un chacun pouvait participer. À Abydos, cette sortie se déroulait en début d'année au commencement de la saison de l'inondation. La statue du dieu Osiris transportée dans une barque quittait son temple pour se rendre en grande pompe jusqu'à sa tombe située dans un lieu dénommé Ro-Peker. Là, on commémorait sa mort puis son triomphe sur ses ennemis. Après cela, la statue regagnait son temple. Les festivités osirienne d'Abydos s'inspirent des rituels funéraires royaux memphites du temps des pyramides et célébrés pour les pharaons décédés de l'Ancien Empire, transposés sur le plan divin et répétés annuellement pour Osiris. Ikhernofret, sur sa stèle conservée à Berlin, relate les évènements festifs qui se sont déroulés sous sa direction, durant la du règne du roi . Alors âgé de vingt-six ans, il est envoyé sur ordre royal à Abydos. Il doit rendre hommage à Osiris, en le comblant d'or après une victoire du roi contre les Nubiens. Avant de participer aux célébrations osiriennes en jouant le rôle d'Horus, Ikhernofret fait rénover la barque Neshmet, fait façonner des statues et fait reconstruire leurs chapelles. Les festivités se déroulent en quatre actes : Stèles votives. Au Moyen Empire, le roi de la a encouragé le culte d'Osiris à Abydos en renouvelant le matériel cultuel, en faisant construire un temple d'Osiris et pour lui-même un complexe funéraire pyramidal. À cette même époque, un grand nombre de particuliers aisés, motivés par leur piété envers Osiris, se font construire des chapelles-cénotaphes sur la « Terrasse du Grand Dieu » près du temple d'Osiris. Ces bâtiments sont édifiés en briques crues et sont entourés d'un enclos rectangulaire. Certaines chapelles présentaient une salle voûtée où se trouvait la statue du défunt avec des stèles votives encastrées dans les murs intérieurs. D'autres étaient pleines avec des stèles fixées sur les murs extérieurs. Le point central de ces constructions étaient donc des stèles célébrant la mémoire du défunt et de sa famille. Ces pièces archéologiques se trouvent aujourd'hui dispersées dans les musées du monde entier. En 1973, allant de la à la ont été inventoriées ; 961 d'entre elles invoquent Osiris. À la fin de la puis sous la ces stèles ne sont plus un privilège pour les fonctionnaires de haut rang. Des personnes de condition modeste déposent des stèles dans des chapelles plus petites où se les font déposer dans un monument d'un particulier plus aisé. La stèle du harpiste Néferhotep a ainsi été déposée par son ami Nebsoumenou, porteur de briques, dans la chapelle d'Iki, supérieur des prêtres. Cette pratique funéraire perdure au Nouvel Empire et durant la Basse époque.
Opéra (homonymie) Autres. Opéra ou opéra peut aussi désigner : Voir aussi. Le mot opéra peut être associé à d’autres mots pour désigner :
ONG ONG peut désigner :
Ovide Ovide, en latin Publius Ovidius Naso, né en 43 av. J.-C. à Sulmone (en italien Sulmona) dans le centre de l'Italie et mort en 17 ou 18 ap. J.-C., en exil à Tomis (l'actuelle Constanţa en Roumanie), est un poète latin qui vécut durant la période de la naissance de l'Empire romain. Ses œuvres les plus connues sont "L'Art d'aimer" et les "Métamorphoses". Son surnom "Naso" lui vient de son nez proéminent. Il naît un an après l'assassinat de Jules César, est adolescent lorsque Auguste s'empare du pouvoir pour transformer la République en Empire, et meurt trois ans après la mort de ce premier empereur. Biographie. Des débuts prometteurs. Issu d'une famille aisée appartenant à l'ordre équestre, Ovide est héritier d'une grande fortune. Il étudie la rhétorique à Rome. À l'âge de dix-huit ans, son père lui permet d'aller voyager à Athènes, voyage qui le marquera et exercera une influence sur ses œuvres, notamment "Les Métamorphoses". Après ce long voyage en Grèce, il entre dans la carrière judiciaire pour complaire à son père, siégeant parfois au tribunal des décemvirs où, selon son propre témoignage, il sait toujours « sans malversations décider de la fortune des accusés » ; choisi comme arbitre de leurs contestations par des particuliers, il est de même loué par la partie déboutée pour son impartialité. Mais délaissant très tôt les carrières juridique et administrative, il est attiré par la poésie, sa véritable vocation ; artiste mondain, sensible et spirituel, il fréquente les poètes Horace, Tibulle et Properce, et inaugure sa carrière littéraire à vingt-quatre ans, avec "les Amours" (19 av. J.-C.) ; ce recueil d'élégies développe tous les thèmes érotiques en une sorte de roman d'amour autour d'une certaine Corinne, une hétaïre sous le pseudonyme de laquelle Ovide a dissimulé l'identité de son amante. En 2 av. J.-C., Ovide apparaît comme un poète majeur du Principat (le régime instauré par Auguste) car il est choisi pour déclamer en vers l'inauguration du temple de Mars Vengeur, à Rome. Il connaît bientôt la célébrité grâce à trois autres recueils de poèmes, "les Héroïdes", lettres fictives prêtées à des héroïnes de la mythologie, "l'Art d'aimer" (1 av. J.-C.) sur la théorie de la séduction, et les "Remèdes à l'amour" (2 ). Cette inspiration, jusque-là d'un badinage grivois, change ensuite notablement d'orientation si l'on excepte l'épithalame consacré en 11 av. J.-C. aux noces de Paullus Fabius Maximus et une élégie sur la mort du grand orateur Marcus Valerius Messalla Corvinus. Renonçant en grande partie aux distiques de sa poésie amoureuse, il adopte l'hexamètre dactylique dans un poème astronomique, les "Phénomènes", où, au témoignage de Valerius Probus, il décrit la marche des astres sur le firmament, évoquant Persée et les Pléiades. À partir de 3 il s'applique à un calendrier national, les "Fastes", où il parcourt, mois par mois, le cycle annuel des fêtes religieuses romaines. Après l'âge de quarante ans, il abandonne la poésie érotique pour écrire les "Métamorphoses", poème de hexamètres dactyliques répartis en quinze livres et reprenant les récits de la mythologie grecque et romaine. Le lien qui unit ces œuvres, malgré le caractère apparemment disparate de leurs sujets, pourrait bien être la doctrine astrologique qu'Ovide professe en maints passagesde ses œuvres, et qui est le reflet de sa conversion aux croyances néopythagoriciennes. Ovide avait perdu son père et sa mère ; sa famille se composait d'une fille prénommée Pérille issue des secondes noces du poète et mariée au sénateur Cornelius Fidus ; elle résidait en Libye avec son époux et leurs enfants. Par son troisième mariage avec Fabia, sœur de Paullus Fabius Maximus, Ovide est entré dans une branche de l'aristocratie romaine apparentée à Jules César et à l'empereur Auguste lui-même, ce qui lui aurait permis, s'il l'avait voulu, de faire une brillante carrière dans les magistratures ; mais comme Asinius Pollion, comme le grand juriste Antistius Labéon ou Messala Corvinus, Ovide refusa d'être le complice d'un régime impérial abhorré qui avait fait disparaître toutes les libertés politiques et individuelles, en dédaignant les faveurs qui pouvaient lui être offertes. Il a cependant joui de l'amitié des plus hautes personnalités romaines de son temps. Parmi ses intimes les plus proches, on compte, outre Paullus Fabius Maximus chez qui il est souvent convié pour des dîners, le consul et sénateur Cotta Maximus, le préfet de la bibliothèque impériale d'Apollon, Hygin, et le petit-fils adoptif d'Auguste, Germanicus en personne. La relégation à Tomis. Les faits. À l'automne de l'an 8 ap. J.-C., sur un simple édit d'Auguste, Ovide est assigné à résidence en Scythie mineure, sur les bords du "Pont-Euxin" (aujourd'hui la mer Noire), à Tomis où vit une population composée de Gètes et de Grecs. La promulgation d'un simple édit, sans autre forme de procès, permettait d'éviter tout débat judiciaire et de ne pas ébruiter l'affaire. Ovide n'est ni banni dans une île, ni déporté : il est relégué ("relegatus"). Alors que la déportation entraînait la perte de la citoyenneté romaine et une confiscation totale des biens du condamné, la relégation laissait à Ovide sa personnalité de citoyen, elle ne touchait pas à sa fortune et n'entamait pas sa liberté de poursuivre sa carrière d’écrivain et de communiquer avec sa femme et ses amis. C'est avec ses biens et ses esclaves qu'Ovide arriva à "Tomis" au printemps de l'an 9 de notre ère et c'est dans ce lieu éloigné de Rome, sur une île proche de la côte (mais qui se trouve aujourd'hui dans une lagune au nord de Constanţa, si c'est bien la même) qu'il bâtit sa villa et qu'il passa les dix dernières années de sa vie. La relégation d'Ovide était temporaire ("ad tempus") et non pas perpétuelle. Sur le motif de cette sanction, Ovide fut soumis à l'obligation du silence. Par le poète lui-même, nous savons que durant cette décennie d'exil, il apprit le thrace qui lui permit de communiquer avec les Gètes, les Sarmates et avec le roi thrace Cotys VIII ; au lendemain de la mort d'Auguste, il lut devant les Gètes réunis sur le forum de Tomis, le poème qu'il avait composé en leur langue à la gloire de l'empereur, et reçut d'eux des marques d'enthousiasme. Il écrivit à Tomis ses ultimes vers, les "Tristes" et les "Pontiques", qui contiennent des confidences pleines de mélancolie où s'expriment sa nostalgie, sa douleur et sa détresse d'exilé. Mais à partir de la relégation, aucune de ses œuvres n'entra plus dans les bibliothèques publiques. Ovide tenta en vain de revenir à Rome. Il écrivit pour son amusement un traité sur la pêche, les "Halieutiques", dont la tradition nous a transmis 136 vers, un pamphlet intitulé "Ibis", où il couvre de malédictions l'infidélité d'un faux ami, ainsi que quelques descriptions des Thraco-Romains vivant autour de Tomis. Après sa mort, malgré le souhait d'Ovide, sa famille ne put rapatrier son corps et il fut, selon toute vraisemblance, enseveli à Tomis ; on n'a trouvé aucune tombe dans l'île, qui porte son nom, mais il est vrai que la surface de cette île a diminué en raison de l'érosion, depuis l'époque où une "villa rustica" romaine s'y trouvait, il y a deux mille ans. À titre symbolique, son exil a été révoqué en décembre 2017 par la municipalité de Rome, qui réhabilita officiellement Ovide. Les hypothèses. Sur les motifs de cette relégation, diverses hypothèses ont été émises. De son propre aveu, Ovide fut condamné sous deux chefs d'accusation distincts : «"Deux chefs d'accusation ont causé ma perte, mon poème et une erreur".» Le poème ("carmen") qui lui valut la sévérité de l'empereur, c'est "L'Art d'aimer". Au moment où Auguste se faisait le restaurateur de la moralité, imposant aux Romains une ambiance de conformisme et de pruderie par les Lois Iuliae, ce recueil de poèmes fait d'Ovide un «"professeur de l'obscène adultère"», comme il l'écrit lui-même : « ». Sur l'erreur qui lui fut fatale, Ovide a affirmé n'avoir été qu'un spectateur : Gaston Boissier, dans son étude consacrée à l'exil d'Ovide, a supposé qu'une relation amoureuse entre la fille d'Auguste et le poète aurait déplu à l'empereur. Mais la chronologie s'oppose absolument à cette hypothèse : depuis qu'Auguste avait découvert les débordements de sa fille, c'est-à-dire entre 5 et 2 av. J.-C., il la fit surveiller étroitement, l'exila sur l’île de Pandataria, puis, à partir de 5 ap. J.-C., à Regium de Calabre où nul ne pouvait l'approcher, et il est donc impossible qu’une intrigue ait pu alors se nouer entre Ovide et elle. De nombreuses hypothèses ont encore été avancées, certaines hautement improbables. D'autres suppositions mettent en scène Julia Vipsania ou encore imaginent Ovide dans quelque cérémonie consacrée au culte de la déesse égyptienne Isis ou de la Bonne Déesse. Les deux hypothèses les plus solidement étayées à la fois par des faits précis, par les textes d'Ovide et par des indices concordants, sont celles de l'érudit et helléniste Salomon Reinach et de Jérôme Carcopino. Ces deux hypothèses reposent sur le constat que le catalogue juridique des Romains détaillant les chefs d'accusation pour relégation "ad tempus" ne permet de retenir, dans le cas d'Ovide, que la pratique de l'art divinatoire des astrologues et mathématiciens adeptes du néopythagorisme. Et justement, en fidèle admirateur de Pythagore, Ovide avoue avoir pratiqué la divination qui était alors illégale, car elle usurpait une des prérogatives essentielles de l'Empereur, et César comme Auguste ont sévi avec la dernière sévérité contre les néopythagoriciens et leurs pratiques divinatoires. La culpabilité d'Ovide aurait pu être aggravée du fait que cette séance de mantique se serait déroulée dans sa propre maison, ce qui explique que le poète ait pu être dénoncé par «le sacrilège de ses camarades et la trahison de ses serviteurs», comme il l'écrit lui-même. Jérôme Carcopino a émis l'hypothèse que la question posée dans cette séance de divination a peut-être concerné l’éventualité de la mort de l'empereur, ou bien l'éventualité d'une victoire de Germanicus. Dans l'une et l’autre de ces hypothèses, la séance de divination néopythagoricienne était doublement attentatoire aux prérogatives d'Auguste qui ne manquera d'ailleurs pas dès l'année suivante, en 9 ap. J.-C., d'interdire sévèrement la divination privée. Œuvres. Deux œuvres sont soupçonnés d'être apocryphes : Postérité. Postérité des œuvres d'Ovide. Les œuvres d'Ovide ont continué à être lues bien après sa mort. Au Moyen Âge, ses poèmes, comme par exemple sur Dédale et Icare dans les Métamorphoses, exercent une forte influence sur les auteurs de poésie et de romans. Des critiques pour évoquer cette influence n'ont pas hésité à qualifier les et d'âge d'Ovide (). Cette prégnance sur la littérature médiévale commence dès la période carolingienne et se poursuit jusqu'à la Renaissance. Les œuvres d'Ovide font l'objet de nombreuses réécritures, suites ou adaptations sur d'autres supports (notamment des œuvres musicales et des films). Voyez les articles des œuvres elles-mêmes sur ce sujet. Évocations d'Ovide dans les arts. La vie d'Ovide a inspiré plusieurs écrivains, en particulier les circonstances de son bannissement et son séjour à Tomes en exil. Le roman "Dieu est né en exil" de l'écrivain roumain Vintila Horia, paru en 1960, se présente comme un journal tenu par Ovide à Tomes. En 1978, l'écrivain australien David Malouf publie "An Imaginary Life" où il s'intéresse également à l'exil d'Ovide à Tomis. En 1988, l'écrivain autrichien Christoph Ransmayr publie "Le Dernier des mondes" ("Die letzte Welt") où il imagine un disciple d'Ovide partant à sa recherche dans la région où le poète a été exilé et vivant des aventures teintées de surnaturel. Ovide est représenté également en peinture, dans le tableau d'Eugène Delacroix de 1859, "Ovide parmi les Scythes", visible à la National Gallery à Londres, qui fait référence au bannissement d'Ovide par l'empereur Auguste dans le port de Tomis. Il réalisera une deuxième version en 1862, conservée au Metropolitan Museum de New York. Toponymes. En Italie, il existe une rue d'Ovide à Rome, près du château Saint-Ange, et un cours d'Ovide à Sulmona, sa ville natale. Le nom d'Ovide a été donné à : Annexes. Liens externes. Texte latin et traduction française. Traduction juxtalinéaire du livre I des métamorphoses d'Ovide
Ogdoade d'Hermopolis LOgdoade d'Hermopolis est l'ensemble formé par les huit génies d'Hermopolis qui ont jailli des flots glacés : le Noun, océan primordial qui précède l'existence du monde selon les égyptiens. Inclus initialement dans ce non-monde, informe et désincarné, ils finirent par former la volonté de création initiale qui donnera la première étincelle de vie. Ils se sont alors regroupés en quatre couples formés chacun d'un dieu et de son pendant féminin, et sont la personnification des éléments du chaos qui ont précédé la création. Heh et Hehet, l'infinité spatiale, Kekou et Kekout, les ténèbres profondes, Noun et Nounet, le couple de l'eau initiale et Amon et Amonet, ce qui est caché. Les quatre entités masculines ont des têtes de grenouilles et les féminines des têtes de serpents. Tous sont chaussés de têtes de chiens. Un texte d'Edfou relate leur apparition et son effet initial sur l'organisation du monde : Depuis leur œuvre de création, ces huit dieux initiaux reposent dans le monde souterrain sous la butte de Médinet-Habou (Djêmé), traditionnellement située sous le sanctuaire du petit temple de la que l'on peut encore y visiter, et se chargeant du lever quotidien du soleil ou du cours du Nil. La ville d'Hermopolis portait le nom égyptien de Khéménou ("la ville des huit"). Ils représentent ainsi le chaos primordial d'où naquit le soleil. Dans le gnosticisme. Le concept d'ogdoade apparaît aussi dans le système métaphysique du gnosticisme de Valentin. Il représente plus ou moins la somme des huit sphères célestes concentriques qui sont au-dessus du monde terrestre et en dessous du Plérôme : dans le désordre, celles de la Lune, du Soleil, de Mercure, de Vénus, de Mars, de Jupiter, de Saturne, et des étoiles fixes. À chacune de ces sphères est associé un ange, qui est tout aussi bien part de l'ogdoade. Valentin associe également à chaque ogdoade un concept divin, ou éon, qui sont respectivement : le Pro-Père (Propator) ou la Profondeur (Bythos), la Pensée (Ennoia) ou le Silence (Sige), l'Intellect (Nous), la Vérité (Aletheia), le Verbe (Logos), la Vie (Zoe), l'Homme (Anthropos), et l'Église (Ekklesia). Ces éons vont par paires (ou syzygies) dans l'ordre où elles sont listées, et chaque paire engendre la suivante.
OS/2 OS/2 est un système d'exploitation créé par Microsoft et IBM, qui a ensuite été développé par IBM seul. Le nom OS/2 signifie ("" signifie système d'exploitation en anglais). Ce nom fut choisi en référence à la gamme de PC de seconde génération d'IBM nommée , sur lesquels OS/2 était installé, en remplacement de PC-DOS et surtout, comme nous le verrons par la suite, afin de dépasser ses limites. La première version (sans interface graphique, , multitâche) est sortie en . Actuellement, IBM ne commercialise plus OS/2 et l'entreprise a arrêté sa prise en charge depuis le . Historique. 1987 : OS/2 1.0. La toute première version d'OS/2, fruit d'une collaboration entre IBM et Microsoft est la 1.0. Elle sortit le , avec pour projet de la rendre disponible pour le premier trimestre 1988, (ce qui fut à l'époque une totale rupture dans les habitudes d'IBM de l'époque, qui préférait annoncer un produit une fois prêt à la mise sur le marché) et fut finalement disponible en . Cette sortie fut importante pour IBM, intervenant parallèlement à la sortie d'IBM PS/2, voulant faire d'une pierre deux coups et lier les deux produits. Cependant, OS/2 avait été développé antérieurement pour IBM AT et non PS/2, et OS/2 était d'ores et déjà compatible avec des machines compatibles PC. IBM et Microsoft eurent pour OS/2 une division de l'affaire très stricte notamment en matière de marketing (très similaire à leur arrangement dans la vente de DOS). En effet, IBM offrait OS/2 directement à ses clients et fournissait uniquement un support pour les systèmes IBM alors que leur système était tout à fait compatible avec du matériel non-IBM tant qu'il était compatible IBM AT. Microsoft faisait de même en fournissant OS/2 pour les systèmes non-IBM et n'offrant de support qu'à ces systèmes (travaillant notamment avec les fabricants comme Compaq, et non les utilisateurs finaux). Ainsi, le prix d' était de (plus élevé que le ) alors que les versions OEM de Microsoft OS/2 (qui suivirent avec un léger retard en 1988) étaient beaucoup moins chères dues à leur intégration dans le matériel acheté. OS/2, bien que différent sur bien des points par rapport à DOS, n'avait pas pour essence une rupture violente avec le fameux système en mode réel mais une transition progressive vers un nouveau système (ce qui se remarque dans la manière de le développer, dénommé parfois « » avant qu'un nom officiel ne soit choisi). La preuve en est que cette première version d'OS/2 utilise le même système de fichier que DOS (FAT), que la communication entre deux systèmes DOS et OS/2 est possible, que le double amorçage entre ces deux mêmes systèmes sur un même ordinateur est également possible (et avec une installation des deux systèmes sur la même partition !), que l'on pouvait exécuter des applications programmées pour DOS sous OS/2 de façon totalement native et qu'il existait même des "applications bimodes" capables de s'exécuter indifféremment sous DOS ou sous OS/2. La vraie différence d'OS/2 par rapport à DOS était la structure, claire et établie, d'APIs clairement définies que les programmes devaient utiliser (ce qui n'existait pas sous DOS). En effet, c'était une nouvelle philosophie : celle du mode protégé Jerry Pournelle, de Byte, décrit comme une erreur de marketing qu'IBM mette son OS à le prix du DOS alors qu'aucun bénéfice immédiat ne peut rentabiliser cet investissement pour l'utilisateur. Par malheur pour le produit, la période 1987-1988 correspond aussi à une envolée des prix de la mémoire vive qui jusqu'à présent avaient toujours baissé (et ne rebaisseront que quelques dizaines de mois après). 1988 : OS/2 1.1. sort à Halloween 1988. Cette nouvelle version dispose de l'interface graphique prévue, ' (qui sera plus tard renommé '). Elle supporte également les disques de plus de . 1989 : OS/2 1.2. Avec sorti au COMDEX 1989 apparaissent le langage de script REXX et le nouveau système de fichiers HPFS. HPFS () offre un stockage plus efficace des fichiers. HPFS est un peu le demi-frère de NTFS : ils portent le même "partition id" 0x07 dans la table de partitions. En outre, HPFS autorise des noms de fichiers de plus de . Le système possède cependant de graves incommodités. Par exemple, installer une imprimante ne demande pas moins de "huit" actions de l'utilisateur. Excusables dans un monde de où une imprimante s'installe souvent pour toute la vie de l'ordinateur, ces opérations deviennent dissuasives dans un contexte personnel. Par comparaison, Windows réalise la même chose en deux opérations. Microsoft ne fera pas bénéficier OS/2 de cet avantage. 1991 : OS/2 1.3, départ de Microsoft. En 1991, IBM sort , qui apporte une légère amélioration : Adobe Type Manager. Mais la nouvelle la plus importante est que Microsoft abandonne le projet OS/2. Cependant, Microsoft continue individuellement le développement de ce qui s'appelle alors et qui deviendra Windows NT. De son côté, IBM continue de développer mais n'annonce aucune date de sortie. La situation est telle qu'un article du proclame la mort d'OS/2. 1992 : OS/2 2.0. Annoncé comme « ' » et « ' » par IBM, en sort enfin. Il supporte les applications OS/2 , , et DOS. Il permet de faire tourner plusieurs sessions DOS simultanément sans que le crash d'une des sessions n'influence les autres. L'architecture est donc différente de qui possédait trois modes distincts : 8086, 80286 et 80386, le mode approprié étant soit choisi au démarrage par test du matériel (ou de la machine virtuelle, par exemple dans une émulation), soit forcé par l'utilisateur à une version inférieure (par exemple pour compatibilité) au moyen d'une option. utilise également une nouvelle interface graphique : le . À cette époque, la grande majorité des magazines spécialisés considère qu'OS/2 est bien plus stable que Windows et plusieurs grandes entreprises l'utilisent pour leurs données stratégiques. Mais en nombre et qualité des logiciels applicatifs, Windows avait maintenant une avance considérable sur OS/2. Cette avance a été déterminante dans le choix des petits utilisateurs. OS/2 est également très orienté objet (en conséquence, par exemple, le déplacement de quoi que ce soit sous OS/2, fichier ou application, entraîne la mise à jour automatique de tous les raccourcis s'y rapportant, évitant les problèmes de « liens morts » de Windows dans le même cas). 1993 : OS/2 2.1. En sort . Plus rapide qu', il supporte également le format de police de caractères TrueType, comme . 1994 : OS/2 Warp 3.0. En sort OS/2 . Il inclut TCP/IP en standard, ainsi qu'un jeu complet d'applications appelé . Quelques raisons de l'échec d'OS/2. Le moteur est passé avant la carrosserie. La culture d'IBM (dans les laboratoires, non dans les équipes commerciales) était une culture de "hackers". Les équipes d'OS/2 se sont focalisées sur la robustesse de l'OS, d'autant plus difficile à assurer que la direction d'IBM avait imposé qu'OS/2 tournât sur , dont l'architecture était parfaitement inadaptée aux passages fréquents entre modes protégé (système) et réel (applications DOS) : il fallait, pour repasser en mode réel, effectuer à chaque commutation de contexte un redémarrage à chaud, avec un indicateur de mode positionné dans une bascule CMOS du microcontrôleur du clavier. Le bruit courut à IBM qu’"un tiers du code d'OS/2 servait à contourner les bugs des différentes versions du 80286". En contrepartie, peu de soin a été apporté à l'apparence, par exemple les "polices de caractères", dans lesquelles pourtant IBM avait une excellente expérience avec son "" développée à Sindelfingen ; les polices de l'interface graphique, issues de , étaient très loin d'avoir la qualité typographique, donnant à OS/2 une allure de système "amateur" par rapport à Macintosh, voire à un avec Adobe Type Manager, ou 3.1 (TrueType), à la présentation impeccable. La situation était inhabituelle pour IBM pourtant censée savoir que pour vendre un ordinateur la "présentation" est une chose importante (le costume trois-pièces longtemps porté par ses commerciaux était un sujet de plaisanterie dans les milieux Unix). Grave erreur de marketing d'IBM. Le public aurait encore pu passer sur ces défauts et essayer OS/2 comme successeur normal du DOS (son nom interne avait d'ailleurs été quelque temps "DOS 5", sans rapport avec le DOS 5 qui suivit), mais IBM commit une énorme erreur de marketing en le vendant 4 fois le prix du DOS. Le saut était trop grand pour être accepté par une clientèle de particuliers et de petites entreprises, et IBM se marginalisa encore un peu plus tandis que Windows (facturé séparément du DOS) annonçait un coût qui était moins de la moitié de celui de son concurrent. Cette erreur fut stigmatisée, avec bien d'autres, par Jerry Pournelle, rédacteur technique à la revue "BYTE", et le sera plus durement encore par Merril Chapman. Le service marketing d'OS/2 ne sut, ne voulut ou ne put (car les impératifs de marges de la direction générale étaient sévères, et la part revenant à Microsoft importante) suivre son conseil. Quant à Bill Gates, il déclara à la presse : « Oh, nous ne cherchons pas à tuer OS/2, au contraire ! Nous touchons davantage d'argent pour chaque OS/2 installé que pour chaque Windows installé, vous savez ! » Ingénieux "coups" de Microsoft. Après 1990, Microsoft s'ingénia à promouvoir son produit Windows au détriment d'OS/2. L'interface OS/2 fut discréditée comme « trop compliquée » par rapport à celle de . En fait, cette interface ressemblait beaucoup à celle de – et pour cause puisque, là aussi, c'était Microsoft qui avait conçu en grande partie cette interface, mais Microsoft gardait cette nouvelle interface sous le coude et Chicago (nom de code de ) dans les semaines mêmes qui suivirent la disponibilité d'une couche d'émulation parfaite de dans . Là encore, l'émulation OS/2 faisait certes de lui, conformément à la promesse d'IBM, « un meilleur Windows que Windows » (notamment par l'usage du multitâche)… mais ce n'était plus la bonne version de Windows". IBM était une fois de plus marginalisé, et l'interface encensée là où celle d'OS/2 avait été décriée. Microsoft a encouragé ses utilisateurs à acquérir des nouveaux claviers comportant supplémentaires (105 au lieu de 102 dans les pays francophones, 104 au lieu de 101 aux États-Unis) pour disposer des nouvelles fonctionnalités de . De ce fait, les trois touches supplémentaires n'avaient pas d'usage sous OS/2 et le faisaient apparaître comme un OS déjà dépassé. De surcroît, deux de ces touches avaient le logo Windows, à l'image des touches « pomme » d'Apple. Bill Gates marquait ainsi son territoire en rappelant de façon persistante que "le PC était une machine à faire tourner Windows" avant toute autre chose. OS/2 aujourd'hui. L'intérêt essentiel d'OS/2 en 2014 était réduit aux besoins de sécurité et réseau. C'était un système « à part », qui n'était pas la cible des piratages de masse. Ses failles étaient méconnues, et n'étaient pas étudiées par les pirates. Cela le faisait apprécier pour des applications critiques ne demandant pas l'usage de périphériques récents, en particulier dans le domaine de la "sécurité réseau" (pratiquement à parité avec Novell). Une citation officieuse. « "La bataille du poste de travail est loin d'être finie. Lorsque la direction générale aura compris la puissance de Linux, elle va se mettre à l'appeler OS/3" » était une boutade fréquente dans les milieux UNIX d'IBM vers 1995. Nul n'imaginait alors tout de même que Linux deviendrait moins de cinq ans plus tard le fer de lance du marketing d'IBM, qu'il gérerait en 2004 la plus puissante machine de cette époque, et qu'en 2008 il équiperait un portable grand public vendu à un million d'exemplaires, l'Eee PC. La mort d'OS/2 (2005). IBM a annoncé l'arrêt définitif d'OS/2, prévu pour le . Le support a été stoppé en . Une ouverture (et publication) du code, demandée par plusieurs utilisateurs et notamment les fidèles d'os2world.com n'a pu porter ses fruits, notamment à cause des origines d'OS/2 : une importante partie du code avait en effet été développée par Microsoft et il aurait été extrêmement coûteux de chercher à la repérer et à l'extraire. Pourtant, le , Harry McCracken crée la surprise dans TIME en annonçant que le « légendaire système d'exploitation » faisait de la résistance après sa première annonce, en particulier dans les banques où sa robustesse était appréciée ().
Organisation de libération de la Palestine L’Organisation de libération de la Palestine (, "Munadhamat al-Tahrir al-Filastiniyah", "OLP", , "PLO") est une organisation palestinienne politique et paramilitaire, créée le à Jérusalem. L'OLP est composée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP). Depuis sa création, l'OLP, qui comporte des institutions politiques, s'est présentée comme un mouvement de résistance armée représentant les Palestiniens. Le , l’Assemblée générale des Nations unies, lui accorde le statut d’observateur sous l'impulsion du président de cette assemblée à ce moment, le ministre des Affaires étrangères algérien Abdelaziz Bouteflika. En 1988, l'OLP reconnait le droit d'Israël à vivre « en paix et en sécurité » et déclare « renoncer totalement » au terrorisme, et est depuis lors reconnue comme le partenaire palestinien des négociations pour régler le conflit israélo-palestinien. Histoire. Naissance. Imaginée au départ (avec à sa tête Ahmed Choukairy) comme un mouvement nationaliste arabe par les membres de la Ligue arabe dans le but de « libérer » la totalité de la Palestine du mandat britannique, la débâcle des armées arabes pendant la guerre des Six Jours de 1967 a changé le mouvement en organisation de guérilla palestinienne à l'arrivée de Yasser Arafat qui la dirigea de 1969 à sa mort, le . Septembre noir. En septembre 1970, l'OLP a subi un revers majeur lors de l'assaut des armées jordaniennes contre ses groupes armés, qui délogea les groupes palestiniens de la Jordanie, à la suite de tentatives de l'OLP de renverser le pouvoir en place. L’OLP au Liban. L'opération "Paix en Galilée" est déclenchée en 1982, après plus de 150 atteintes au cessez-le-feu négocié en 1981 par les États-Unis. Cette opération de « libération » qualifiée de « représailles » fit de nombreuses victimes civiles. L'OLP est contrainte de fuir le Liban pour un autre pays arabe, la Tunisie. En 1985, le premier ministre israélien Shimon Peres fait organiser un attentat contre le siège de l'OLP à Tunis ; 50 Palestiniens et 18 Tunisiens sont tués. Première intifada. Soulèvement des Palestiniens contre l'autorité Israélienne, ce qui va conduire par la suite à une vague de répression en Israël. Évolution du mouvement. La fin des années 1980 et l'ouverture de discussions avec Israël, qui privilégia cet interlocuteur parmi les nombreux mouvements palestiniens marqueront un tournant pour cette organisation. L'OLP fut alors reconnue par l'Organisation des Nations unies et par de nombreux États comme le représentant du peuple palestinien (habitants des Territoires palestiniens occupés, d'Israël, des réfugiés et des exilés) puis négocia les accords d'Oslo avec le gouvernement de Yitzhak Rabin. La reconnaissance de la légitimité de l'OLP par Israël est un fait marquant, puisqu'il tranche nettement avec la politique refusarde adoptée par Israël et les États-Unis jusqu'alors (on se souvient de la déclaration de Nasser en 1970 qui souhaitait une paix durable entre les deux États à condition qu'Israël quitte les territoires occupés ; déclaration qui n'a suscité aucune réponse de la part d'Israël). Ayant proclamé en 1988 à Alger un « État de Palestine » reconnu par 89 États (en ), l'OLP siège à l'ONU en tant qu'observateur permanent, sous le nom de « Palestine », et entretient des relations diplomatiques ou quasi diplomatiques avec de nombreux États. L'OLP a modifié, en avril 1996, sa charte qui visait la destruction de l'État d'Israël. Naturellement, elle entretient des liens étroits avec l’"Autorité palestinienne" qui est née de l'application des accords d'Oslo négociés entre l'OLP et Israël. Pourtant, quelques mois après les affaires de corruption dans l'Organisation et de trafic d'armes (affaire du "Karine A") ont mis en cause Yasser Arafat directement, surtout, depuis le déclenchement de la seconde intifada. Succession de Yasser Arafat. Depuis la mort de Yasser Arafat, son ancien Premier ministre Mahmoud Abbas est devenu son successeur à la tête de l'OLP et de l'Autorité palestinienne; en 2005, et a rétabli le dialogue avec Israël. Il a obtenu un cessez-le-feu qui n'est pas respecté, de la part des autres factions de l'OLP et des organisations islamistes palestiniennes comme le Hamas et le Jihad islamique palestinien. Mais l'autorité de Mahmoud Abbas est mise à mal par les tirs fréquents de roquettes revendiquées par ces mêmes organisations. Le plan de désengagement de la bande de Gaza, adopté et appliqué unilatéralement par le gouvernement israélien d'Ariel Sharon, doit donner plus de responsabilités à l'OLP dans la bande de Gaza après le retrait des colons et de l'armée israélienne réalisé en . Mahmoud Abbas. Après la mort en 2020 de Saeb Erekat, négociateur en chef des Palestiniens, et la démission d'Hanan Ashrawi, son porte-parole, l'OLP appelle à rajeunir le leadership palestinien. En effet, depuis les Accords d’Oslo, le président Mahmoud Abbas poursuit son mandat qui devait s'achever en 2009 , concentrant ainsi entre ses mains la quasi-totalité du pouvoir palestinien. Aussi, l'ensemble des institutions palestiniennes vieillissantes sont décriées pour leur manque de légitimité comme de représentativité mais les nombreuses divisions au sein de l'OLP ne parviennent pas à trouver un accord politique. Terrorisme. Le , l'OLP en formation tente de faire exploser le conduit national d'eau d'Israël pour son premier attentat. Durant les trois années suivantes, l'organisation établit un réseau international de cellules terroristes, elle entraine ses terroristes, amasse des armes et des explosifs et les cache. C'est durant cette période qu'elle collecte des renseignements pour préparer des attentats contre des cibles juives et israéliennes. Les objectifs sont de rendre la cause palestinienne connue internationalement, perturber le trafic aérien et maritime d'Israël, terroriser et créer une confusion chez la population cible, perturber le tourisme et l'économie israélienne et blesser son image de pays fort et gagnant, victorieux de la guerre des Six jours, isoler Israël et ses institutions, pour en faire un pays « lépreux ». En 1969, Yasser Arafat, le chef de l'OLP décrit la transformation des Palestiniens Après un échec à créer un mouvement de révolte à ses débuts, l'OLP opte pour le terrorisme au détriment de la guérilla. L'organisation vise à la création d'une « Palestine libérée » à la place de l'État d'Israël, en démoralisant et en terrorisant la société israélienne. De 1969 à 1985, les groupes de l'OLP auraient commis, selon un rapport du Ministère des Affaires Étrangères israélien, 8000 attaques terroristes (dont 435 en dehors d'Israël) qui totalisent 650 morts israéliens, principalement des civils. Une stratégie perçue comme efficace par l'organisation, en partie pour faire connaître internationalement le problème palestinien. De plus pour les États arabes en guerre avec Israël, le terrorisme constituait une stratégie d'attrition à coût réduit avec des implications politiques et psychologiques importantes ainsi qu'une « balle de jeu » pour conduire et tester les intérêts arabes communs. Selon Daniel Baracskay, l'OLP repose sur cinq piliers: Fondamentalisme islamique, le nationalisme arabe/l'antisémitisme, pensée radicale et de gauche, formation d'un État et l'autodétermination.
Oslo Oslo ( ) est la capitale de la Norvège. La ville s'est appelée Christiania de 1624 à 1924, selon l'ancienne graphie latine héritée du danois, ou communément Kristiania en dano-norvégien. Le , elle a officiellement repris le nom d'un modeste faubourg, site historique de la première ville, fondée au fond de l'Oslofjord par Harald III et promue capitale royale sous Håkon V. La ville d'Oslo compte, en 2020, une population de plus de , dont 25,6 % d'immigrants, ce qui en fait la plus grande ville de Norvège. La région du Grand Oslo a, pour sa part, une population totale de , en 2020. La capitale regroupe ainsi 12,9 % de la population norvégienne et constitue tant une "kommune" qu'un "fylke" (comté), regroupant quinze "bydeler" (arrondissements), s'étendant largement autour du fjord d'Oslo et vers le nord-est. Il n'y a pas de gentilé d'usage générique dans la langue norvégienne pour les habitants et originaires d'Oslo (sur le modèle de Tokyo, on parle parfois d’"Osloïtes" en français, voire très récemment d"'Osloviens"). En norvégien, le terme admis est Osloborger, dont la traduction littérale en français est « citoyen d'Oslo ». La commune s'étend sur et possède de grands parcs, ainsi que des pistes de ski de fond. Important nœud de communication ferroviaire et portuaire, la ville est desservie par un réseau routier et autoroutier dense et de nombreux trains de banlieue. Toponymie. Après diverses spéculations, l’origine du nom de la ville semble s'être définitivement débarrassée des tergiversations et de certaines élucubrations romantiques ou plus anciennes, comme celle du géographe et historien Peder Claussøn Friis en 1613. Au Moyen Âge, le nom de la ville était transcrit "Ásló", aussi bien qu’"Ósló", soit « la terre des Ases ». Le mot "ló", en vieux norrois, signifie « clairière » ou « bande de terre » ; le terme "ás" en vieux norrois ou "ós" en ancien høgnorsk fait référence à une des deux grandes familles de dieux nordiques. Oslo a pour surnom "Tigerstaden" (la « Ville du tigre »), en référence à la critique que lui fait l'auteur et polémiste Bjørnstjerne Bjørnson dans son poème de 1870 "Siste Sang" (« Dernier chant »), reprochant à la ville de se parer de couleurs variables selon le contexte sociopolitique — le pays était alors sous le joug suédois et peinait à lancer sa révolution culturelle, identitaire et indépendantiste. Pourtant, les habitants d'Oslo contemporains jugent ce surnom flatteur, symbole de leur grande capacité d'accueil des immigrants et d'intégration de leur culture. Lors du Jubilé de l'an 2000, une statue représentant un tigre est placée sur la place Fridtjof Nansen (sur le côté nord de la mairie), un bronze de plus grande dimension du même symbole étant dressé sur Jernbanetorget (place de la Gare), ainsi que d'autres en divers endroits de la capitale, notamment à Furuset, quartier où vivent de nombreux immigrants, essentiellement du Pakistan, du Viêt Nam et du Maghreb "(Maroc et Algérie)" (par ordre décroissant d'importance des communautés). Histoire. Fondation légendaire. D’après les "sagas" nordiques, Oslo serait fondée aux alentours de l’an 1048 par le roi Harald III. Des fouilles archéologiques récentes ont mis au jour des tombes chrétiennes antérieures à l’an 1000, ce qui prouve qu’une communauté s’était déjà implantée précédemment sur le site. Cela tend à confirmer l'attribution traditionnelle de sa fondation à Olaf Tryggvason à cette date tout en justifiant la célébration du millénaire d’Oslo en 2000. Oslo a affirmé son rôle de capitale à partir du règne de Håkon V Magnusson (1299-1319), qui y établit sa résidence permanente et commence la construction de la citadelle d'Akershus. Un siècle plus tard, la Norvège passe sous domination danoise, et Oslo est réduite au rang de simple chef-lieu de province, tandis que le roi en titre réside à Copenhague. Le fait que l’université d'Oslo n’ait vu le jour qu’en 1811 montre à quel point la ville s’efface ensuite de la marche de l’histoire. Christiania. Oslo, détruite par un incendie en 1624, est reconstruite par le roi danois Christian IV de l’autre côté de l'anse de Bjørvika, près de la citadelle d'Akershus. En l’honneur du roi, la ville est rebaptisée Christiania, orthographié Kristiania selon les anciennes normes dano-norvégiennes. Elle ne retrouvera son ancien nom que par décision de la commune le . La ville, rebâtie après l'incendie de 1624, est déplacée à l'ouest près de la forteresse d'Akershus, résidence du gouverneur danois. Le roi Christian IV supervise avec soin cette reconstruction : il y voit un site défensif de premier ordre car les courants et la longueur du fjord d'accès limitent la facilité d'accès aux gros navires à voiles, privés de rames. Des comptoirs et des banques sont installés à nouveau, mais, si la sécurité maritime est bien assurée, ce n'est pas le cas sur la terre ferme à cause des menaces des voisins suédois. Pire, l'essor économique escompté ne survient pas et ce sont les marchands de bois hollandais qui drainent comme auparavant l'essentiel du trafic commercial, le bois flotté, dans ce petit centre régional. À partir de 1710, les Anglais prennent la place des Hollandais : ils préfèrent petit à petit le bois travaillé et Christiania se dote après 1790 d'une industrie du bois. En 1811, les Danois, conscients d'un regain de prospérité local depuis deux décennies, créent une petite université, appelée à être un centre intellectuel du pays à la fin du siècle. En 1814, après les épisodes mouvementés et hauts en couleur de la constitution d'Eidsvoll, Christiania devient le siège du gouvernement et du Parlement du royaume de Norvège. Le souverain est également roi de Suède, ce qui entraîne, outre la pleine sécurité terrestre, la suppression des lourdes dépenses consacrées aux forteresses qui s'échelonnaient entre les deux pays, anciens rivaux scandinaves, réunifiés sous la même égide royale. Les commerçants de Christiania, ville de plus en plus dynamique malgré son retard sur Bergen, qui dépasse déjà , trouvent plus de débouchés, même s'ils se plaignent du contrôle douanier tatillon sous tutelle royale et suédoise. La population passe de en 1805 à en 1900. L'essor maritime survient avec la navigation à vapeur. Puis le chemin de fer rompt l'enclavement de l'hinterland et accentue l'importance des manufactures, devenues fabriques et usines. Avant la Première Guerre mondiale, Christiania, siège administratif de l'État indépendant depuis 1905, est désormais un vrai port marchand qui exporte du bois sous toutes ses formes ouvragées, de la cellulose et du papier et un nœud ferroviaire d'importance nationale. Il importe des tissus, des denrées alimentaires de base (en particulier de la farine), des denrées exotiques, du charbon et du pétrole. Le travail du métal y supplée celui du bois, des chantiers navals y sont installés. Les industries textiles, alimentaires, électriques, mécaniques et électromécaniques, les groupes d'édition et de presse comme les entreprises d'arts graphiques produisent pour une grande partie du pays. Au cours de ce siècle industriel, Christiania regagne son statut de centre commercial et culturel de la Norvège. Elle redevient capitale en 1814 lorsque l’union avec le Danemark prend fin. Le voit la construction de nombreux édifices symboliques, comme le Palais royal (Det Kongelige Slott, 1848), le Parlement (Stortinget, 1866), l’université d'Oslo (Universitetet i Oslo, UiO), le Théâtre national (Nationaltheatret) et la Bourse (Oslo Børs). Enfin, après 1904 et la séparation définitive avec la couronne de Suède, Christiania est la capitale d'une nation souveraine et indépendante. Fréquentée par des artistes de renommée internationale comme le peintre Edvard Munch, les écrivains Henrik Ibsen, Knut Hamsun et Sigrid Undset, ces deux derniers Prix Nobel de littérature, Christiania connaît un âge d’or culturel de 1875 à 1914. Passage de Christiania à Oslo le janvier 1925. Le changement de nom était prévisible en considérant la politique culturelle et linguistique de l'État norvégien. Le faubourg d'Oslo, lieu de la primitive fondation du roi norvégien Harald , à l'apogée médiévale du , donne son nom à la capitale, effaçant les traces de la longue hégémonie hanséatique ou danoise depuis l'Union de Kalmar de 1397, de la même façon que les réformes de l'orthographe officielle s'efforcent de « norvégianiser » progressivement la langue. Oslo. Oslo accueille les Jeux olympiques d'hiver en 1952, consacrant ainsi son statut de grande ville du monde occidental. En mai 1995, les accords d'Oslo ("Osloavtalen") sont signés par Shimon Peres (alors ministre des Affaires étrangères d'Israël) et l'OLP menée par Yasser Arafat, sous l'égide des États-Unis, ainsi qu'avec l'entremise du Norske Nobelkomité (Comité Nobel norvégien). Il aura fallu attendre la fin du pour que le pays se dote d'une véritable Bibliothèque nationale ("Nasjonalbiblioteket") dont l'administration est répartie entre Oslo et Mo i Rana. Auparavant, les fonctions de la bibliothèque nationale étaient remplies par la bibliothèque universitaire d'Oslo. Géographie. Oslo occupe le territoire se situant à la limite septentrionale du fjord portant son nom, elle est traversée par la rivière Akerselva. Dans toutes les autres directions, la ville est entourée de collines verdoyantes. Les environs comptent une quarantaine d’îles, dont la plus importante est Malmøya (« L'Île du fer ») (), ainsi que pas moins de . Ceux-ci constituent une source importante d’eau potable pour tout l’ouest de la ville. Le point le plus élevé est la colline "Kjerkeberget" (« La Montagne de l'Église »), à . Alors que la surface couverte par la ville est remarquablement vaste par rapport aux autres métropoles européennes, la population osloïte reste faible : le territoire municipal comprend de nombreux parcs et espaces ouverts qui lui donnent un aspect aéré et vert. Bien que la plupart des forêts et des lacs entourant Oslo soient détenus par des propriétaires privés (sans préjudice au principe de droit ancien du "allmennsrett", c'est-à-dire l'accès libre aux terres pour tous, quel que soit leur propriétaire, à condition de respecter faune et flore), il existe un large consensus populaire visant à leur conservation, quitte à aller à l'encontre du développement de la ville. De nombreux quartiers d’Oslo souffrent par conséquent de congestion, de rareté relative et de coûts généralement élevés de location ou d'achat des logements (selon les statistiques de 2006, Oslo est la troisième ville la plus chère au monde, après Tokyo et Osaka), ce qui est compensé par le cadre de vie unique offert aux citadins, avec un accès quasi immédiat à la nature sauvage, notamment au nord à Nordmarka (la Forêt du Nord), une forêt dont les lacs les plus grands sont Bogstadvannet, Sognsvann et Maridalsvannet : aucun espace vert ou forêt n'est distant de plus de dix minutes à pied de sa porte, et Frognerseteren, proche de la station de sports d'hiver de Tryvann est à en métro de Majorstua (près du parc Vigeland) et à du Storting (en plein centre-ville), changement de ligne compris. La presqu'île de Bygdøy (sud-ouest d'Oslo), en grande partie résidentielle, est très appréciée par les habitants de l'agglomération d'Oslo, notamment pour son calme, ses petites rues, l'une des trois principales bases nautiques de la ville et la richesse de ses divers musées. S'y trouve aussi la ferme du roi. Climat. Le climat d'Oslo est de type continental humide (Köppen: "Dfb"), certes tempéré par la proximité de l'océan Atlantique et du Gulf Stream mais la ville reste toutefois du mauvais côté de l'océan et les vents doux venus de l'ouest ont traversé tout l'intérieur de la Norvège avant d'atteindre Oslo ce qui limite les effets du climat océanique. Ainsi, les hivers sont froids avec des températures en dessous de de novembre à mars. Janvier est le mois le plus froid avec une température moyenne de , et on atteint des températures minimales d'environ en janvier et février. Les chutes de neige sont réparties équitablement sur les mois d'hiver et on compte en moyenne plus de de neige trente jours par an. Les précipitations annuelles sont de , avec des hivers plus secs que les étés. Administration. Système politique. La ville d'Oslo constitue un comté norvégien ("fylke") doté d’un fonctionnement qui lui est propre, avec un statut différent des autres "fylker" du pays : le gouvernement de la ville ("byråd" en norvégien), fondé sur le parlementarisme depuis 1986, est confié aux commissionnaires (les "byråder") nommés par le conseil municipal et dirigés par un commissionnaire en chef ("byrådsleder"). Ce dernier détient le réel pouvoir exécutif, à la différence du maire ("ordfører") dont l'une des principales missions est de diriger les débats et représenter la ville. Le conseil municipal ("bystyre") est composé de élus par les habitants pour quatre ans. Il s'agit du « parlement » de la ville, contrôlant l'activité des commissionnaires. Il compte cinq commissions permanentes chargées respectivement de la santé et des affaires sociales, de l'éducation et des affaires culturelles, du développement urbain, des transports et des affaires environnementales et, enfin, des finances. De 1995 à 2007, le maire d'Oslo, ("ordfører") était Per Ditlev-Simonsen (H, parti conservateur), avec Erling Lae (H) comme commissionnaire en chef. Ditlev-Simonsen est contraint de démissionner à la suite d'un scandale financier en , et Svenn Kristiansen du Parti du progrès assume l'intérim jusqu'en octobre 2007. Fabian Stang (H) est alors élu et siège jusqu'en 2015, année où la gauche gagne les élections. Depuis 2015, le gouvernement de la ville est composé d'une coalition minoritaire entre les travaillistes de Ap, les écologistes de Mdg et les socialistes de SV. Ils bénéficient généralement du soutien au conseil municipal des communistes de Rødt. Marianne Borgen (SV) est la maire, et Raymond Johansen le chef commissionnaire. L'hôtel de ville d'Oslo, le Rådhus, se trouve sur le port et a été bâti au début du , pour les de la ville. Arrondissements. Depuis la dernière réforme entrée en vigueur le , la ville est par ailleurs divisée en 15 arrondissements ("bydeler"), dotés d’un haut degré d’autonomie, à l'image de la forte décentralisation qui caractérise la Norvège. Depuis 2007, l'ensemble des conseils d'arrondissement sont élus directement par la population. Ils sont notamment responsables des services sociaux, des services sanitaires de base et des jardins d'enfants. Sentrum et Marka sont des entités géographiques distinctes mais n'ont pas de statut administratif propre. Sentrum est géré par la mairie d'arrondissement de St. Hanshaugen, tandis que Marka est partagée entre les arrondissements voisins. Population et société. Éducation supérieure. Oslo abrite les établissements d'enseignement supérieur suivants : L'Université norvégienne pour les sciences de la vie est située à Ås, en banlieue d'Oslo (30 km). Festivités. Depuis 1999 a lieu en août le festival de musique . Transports. En menant une politique volontariste en suivant une vision zéro, la ville d'Oslo a obtenu qu’aucun piéton ne meure en 2019. Métro. Le métro d'Oslo est un ancien réseau de trains de banlieue qui maintenant relie le centre-ville à la périphérie. Tramway. Le tramway d'Oslo est composé de 6 lignes. Aéroports. L'aéroport principal d'Oslo, Gardermoen, est situé à une cinquantaine de kilomètres au nord de la ville dans les communes de Nannestad et Ullensaker. Il est relié au centre par l'unique ligne à grande vitesse de Norvège, la ligne de Gardermoen, et remplace depuis le l'aéroport de Fornebu, qui était situé dans la commune de Bærum, au sud-ouest d'Oslo. L'aéroport de Sandefjord à Torp est situé à 110 kilomètres d'Oslo au sud-ouest, et desservi par la ligne de Vestfold. Certaines compagnies low-cost l'utilisent plutôt que de se poser à Gardermoen. L'aéroport de Moss-Rygge, à 60 kilomètres au sud d'Oslo sur la ligne d'Østfold a été fermé au trafic marchand le et n'est plus utilisé que par l'armée de l'air norvégienne ("Luftsforvaret"), qui en est propriétaire. Des projets de réouverture existent mais n'ont, en 2020, pas encore abouti. Oslo se trouve à environ d'avion de Paris. Trains. Les trains en provenance d'autres régions ou pays desservent la gare centrale d'Oslo (souvent nommée Oslo S pour Oslo Sentralstasjon ). Cette gare se trouve en plein centre-ville et constitue la clef de voûte du réseau ferré du pays. Un grand nombre de trains s'arrête également à la gare souterraine du Nationaltheatret située entre l'hôtel de ville et le palais royal. Ferries. Le fjord d'Oslo est navigable toute l'année. Le projet Fjordbyen a remodelé considérablement les installations portuaires de la ville, il y a désormais deux sites majeurs; Le trafic de marchandises est implanté à Sydhavna, entre les arrondissements de Gamle Oslo et Nordstrand, alors que les ferries et bateaux de croisière sont concentrés autour de Vippetangen, dans le prolongement de la citadelle d'Akershus. Des compagnies de ferries comme Color Line ou DFDS Seaways assurent les liaisons avec Kiel, Frederikshavn et Copenhague. Tourisme. Musées. À Bygdøy : Criminalité. La police d'Oslo estime que la capitale est l'une des plus sûres d'Europe. Les statistiques ont montré que la criminalité à Oslo est néanmoins en augmentation, et certains médias ont signalé qu'il y avait quatre fois plus de vols à Oslo qu'à New York par habitant. La police d'Oslo reçoit chaque année plus de signalements de vols mineurs. Moins d'un cas sur cent est résolu. Sport. La ville d'Oslo a accueilli de grands événements internationaux : Depuis 2010, la ville accueille tous les ans la de la Ligue de diamant d'athlétisme au Bislett stadion. Oslo est également connue pour son tremplin à ski Holmenkollen, qui accueille tous les ans des épreuves de Coupe du monde. Autour du tremplin se trouvent un stade de ski de fond, un pas de tir de biathlon et des pistes de ski alpin, le lieu se nomme "Oslo Vinterpark". Le football est représenté principalement par le club de Vålerenga (résidant au Ullevaal stadion, qui accueille aussi les matchs de l'équipe nationale de football). On compte de nombreux clubs de hockey sur glace et de handball.
OpenBSD OpenBSD est un système d'exploitation libre de type Unix, dérivé de 4.4BSD. Créé en 1994 par Theo de Raadt, il est issu de la séparation avec NetBSD, le plus ancien des trois autres principaux systèmes d'exploitation de la famille des BSD aujourd'hui en activité. Le projet OpenBSD est réputé pour son intransigeance sur la liberté du logiciel et du code source, la qualité de sa documentation, et l'importance accordée à la sécurité et la cryptographie intégrée. OpenBSD inclut un certain nombre de mesures de sécurité absentes ou optionnelles dans d'autres systèmes d'exploitation. Ses développeurs ont pour tradition de réaliser des audits de code à la recherche de problèmes de sécurité et de "bogues". Le projet suit des politiques strictes sur les licences et préfère sa propre licence open source ISC et autres variantes de la licence BSD : dans le passé, ceci a conduit à un audit exhaustif des licences et des remplacements, voire des suppressions de codes sous licences considérées comme moins acceptables. À l'instar de la plupart des systèmes d'exploitation basés sur BSD, le noyau d'OpenBSD et ses programmes utilisateurs, tels que le shell et les outils habituels comme cat et ps, sont développés dans un seul et même dépôt de sources géré avec CVS. Les logiciels tiers sont fournis sous forme de paquets binaires ou peuvent être compilés depuis leurs sources grâce à la collection des « ports ». Le projet est coordonné par Theo de Raadt de sa maison à Calgary, Alberta, Canada, et la mascotte du projet est Puffy, un diodon. Histoire. Theo de Raadt était le cofondateur de NetBSD, et membre de l'équipe de développement. En 1994, l'équipe lui demanda de démissionner et son accès au dépôt des sources CVS fut révoqué. Les raisons de cette éviction restent incertaines à ce jour, mais plusieurs autres membres de l'équipe de NetBSD ont évoqué des problèmes de relations avec de Raadt. Il lui était notamment reproché d'être désagréable avec les utilisateurs en employant un ton agressif sur les listes de discussion de NetBSD. La personnalité de Theo de Raadt. Aux dires de nombreuses autres personnalités du logiciel libre, dont Linus Torvalds, celle de Theo de Raadt est réputée comme étant franche et difficile. Ses prises de positions tranchées sont source de conflits, et sont parfois considérées comme blessantes. De Raadt déclarait ceci à propos du système d'exploitation GNU/Linux dans une interview au journal Forbes : « C'est terrible [...] Tout le monde l'utilise, et ils ne réalisent pas à quel point il est mauvais. Et les utilisateurs de Linux s'en contenteront et l'étofferont plutôt que de prendre du recul et de dire "C'est n'importe quoi et nous devrions y remédier". » Bien que sa personnalité laisse rarement indifférent, la plupart des commentateurs s'accordent à reconnaître en Theo de Raadt un programmeur talentueux et un gourou de la sécurité. Sa spontanéité, que certains apprécient, s'est illustrée dans ce conflit avec l'équipe de NetBSD, dont la plupart des membres gardent encore aujourd'hui le silence sur cet épisode. À l'inverse, Theo de Raadt répondit à toutes les questions qui lui furent posées, et mit à disposition les courriels échangés et les logs des salons de discussion avec l'équipe de NetBSD. Une démission contrainte. Theo de Raadt ne fut pas exclu d'emblée du projet NetBSD. Le dépôt CVS de ce projet nécessite différents niveaux de droits en lecture et en écriture. En tant que cofondateur et deuxième contributeur le plus actif, de Raadt disposait d'un accès en lecture et écriture sur la base du système. L'équipe de NetBSD lui retira alors la possibilité d'envoyer directement des modifications dans le dépôt, et de rendre ces changements permanents. De Raadt était alors contraint d'envoyer chacune de ses contributions par courriel à un membre de l'équipe pour examen. De Raadt considéra cette mesure comme abusive et essaya vainement de recouvrer un plein accès au dépôt CVS de NetBSD. L'équipe de développement voulant s'assurer que ses contributions seraient « positives », elle proposa à de Raadt plusieurs solutions parmi lesquelles une lettre à signer, résumant les conditions, les droits et les devoirs de Raadt. Après plusieurs mois de disputes sur les listes de discussion du projet, de Raadt démissionna officiellement et créa en 1994 le système d'exploitation OpenBSD d'après la version 1.0 de NetBSD, comme l'en autorisait la licence. La création d'OpenBSD. Après la création d'OpenBSD, chaque projet essaya d'attirer à lui des développeurs. Deux camps quasi hermétiques se formèrent rapidement, et plusieurs développeurs de NetBSD suivirent de Raadt. Ce dernier s'aperçut qu'un certain nombre de courriels et de lettres publiées sur son site web personnel avaient disparu. Bien qu'il refusa formellement d'incriminer des membres de l'équipe de NetBSD, Theo de Raadt décida d'examiner la sécurité de NetBSD, qu'il jugea déficiente. Peu après la création d'OpenBSD, Theo de Raadt fut contacté par Secure Networks inc. (ou SNI), une société locale de logiciels de sécurité qui développait un outil d'audit de la sécurité réseau nommé Ballista (renommé en Cybercop Scanner après le rachat de SNI par Network Associates), destiné à trouver et à essayer d'exploiter les possibles failles de sécurité d'un logiciel. Ceci coïncida avec l'intérêt propre de De Raadt dans la sécurité : les deux parties décidèrent ainsi de coopérer, dans une relation particulièrement bénéfique qui conduisit à la publication d'OpenBSD 2.3. La sécurité et l'audit du code. "Pour plus de détails sur cette section, reportez-vous à la page ." Cette coopération permit également au projet de se concentrer sur un point précis : les développeurs OpenBSD devraient essayer de faire ce qui est correct, propre et sécurisé, même au détriment de la facilité d'utilisation, de la vitesse ou des fonctionnalités. Les failles d'OpenBSD devenant plus difficilement détectables et exploitables, l'entreprise de sécurité statua que l'audit de code était devenu trop difficile et peu rentable. Après des années de coopération, les deux parties s'accordèrent à penser que leurs objectifs communs avaient été atteints et se séparèrent. L'argument du faible nombre de failles exploitables à distance. Jusqu'en juin 2002, le site web d'OpenBSD affichait le slogan suivant : En , Mark Dow de la société Internet Security Systems découvrit une faille dans le code d'OpenSSH qui implémentait l'authentification par question. Ce fut la première vulnérabilité découverte dans l'installation par défaut d'OpenBSD qui permet à un attaquant d'accéder à distance au compte superutilisateur. L'usage répandu d'OpenSSH à ce moment était à l'origine de la gravité de la faille, qui affectait un nombre considérable d'autres systèmes d'exploitation. Ce problème nécessita l'ajustement du slogan du site web d'OpenBSD : Cette affirmation a été critiquée du fait du peu de logiciels activés dans l'installation par défaut d'OpenBSD, et du fait également que des failles distantes avaient été découvertes après la publication d'une version. Toutefois, le projet insiste sur le fait que le slogan fait référence à l'installation par défaut, et qu'il est donc correct à ce niveau. Une des idées fondamentales sous-jacentes à OpenBSD est de concevoir un système simple, propre et sécurisé par défaut. Par exemple, les réglages minimaux par défaut correspondent à la pratique standard en sécurité informatique qui consiste à activer aussi peu de services que possible sur les systèmes en production, et le projet pratique des audits de codes considérés comme étant des éléments importants de la sécurité d'un système. En , la découverte d'une nouvelle faille dans OpenBSD, se situant dans la pile IPv6, nécessita le remplacement du slogan par : À la sortie de la 4.5 le , le compte des années est retiré : Les principales fonctionnalités de sécurité. OpenBSD inclut un grand nombre de fonctionnalités spécifiques destinées à améliorer la sécurité, notamment : La gestion des privilèges. Pour réduire le risque d'une vulnérabilité ou d'une mauvaise configuration permettant l'usurpation de privilèges, certains programmes ont été écrits ou adaptés pour utiliser la séparation des privilèges, la révocation des privilèges ou la mise en cage (chroot). La "séparation des privilèges" est une technique, pionnière sur OpenBSD et inspirée du principe du moindre privilège, dans lequel un programme est divisé en deux ou plusieurs parties, dont l'une effectue les opérations privilégiées, et l'autre — presque toujours le reste du code — fonctionne sans privilège. La "révocation des privilèges" est similaire et implique qu'un programme réalise toutes les opérations nécessaires avec les privilèges avec lesquels il a été lancé, puis qu'il abandonne ces privilèges. La "mise en cage" implique de restreindre l'environnement d'exécution d'un programme à une partie du système de fichiers, l'interdisant ainsi d'accéder à des zones qui contiennent des fichiers systèmes ou privés. Les développeurs ont appliqué ces fonctionnalités aux versions OpenBSD des applications communes, notamment tcpdump et le serveur web Apache, lequel n'est qu'une version 1.3 lourdement modifiée en raison de problèmes de licences avec la série Apache 2. Audits de code. Le projet suit une politique d'audit permanent du code à la recherche de problèmes de sécurité, un travail que le développeur Marc Espie décrit comme « jamais terminé […] plus une question de processus que de recherche d'un bug spécifique. » Ce dernier a d'ailleurs produit une liste de plusieurs étapes typiques à suivre lorsqu'un bug est détecté, notamment l'examen complet des sources à la recherche de problèmes identiques et similaires, « [en] essayant de déterminer si la documentation nécessite d'être amendée », et en enquêtant pour savoir « s'il est possible d'améliorer le compilateur pour produire des avertissements sur ce problème spécifique. » À l'instar de DragonFly BSD, OpenBSD est l'un des deux systèmes d'exploitation libres dont la politique est de rechercher du code C au format classique pre-ANSI, et de le convertir en son équivalent moderne ANSI. Ceci ne doit pas impliquer des changements de fonctionnalités et n'est réalisé qu'à des fins de lisibilité et de cohérence. Un standard de style, le Kernel Normal Form, qui dicte quelle doit être la forme du code pour faciliter sa maintenance et sa compréhension, doit être appliqué à tout code avant qu'il ne puisse être inclus dans le système d'exploitation de base. Le code existant est sans cesse mis à jour pour correspondre à ces conventions de style. Plates-formes supportées et compatibilité. OpenBSD fonctionne ou a fonctionné sur 32 plates-formes matérielles différentes : Le nom. Le nom OpenBSD vient de l'aventure NetBSD de Theo de Raadt. En effet le CVS de NetBSD n'était pas accessible aux non-développeurs officiels ; seules les "releases" étaient diffusées. Pour son fork, Theo de Raadt a mis en place un serveur CVS public : tout le monde peut accéder aux dernières sources du projet. Mascotte. Comme les autres BSD (FreeBSD et NetBSD), OpenBSD a pour mascotte le BSD Daemon (alias "Beastie"). Il a aussi comme mascotte propre le "Blowfish", alias "Puffy". Cette dernière est une référence à l'algorithme cryptographique de Bruce Schneier du même nom (utilisé entre autres par OpenSSH) : son graphisme attrayant associé à l'aspect défensif impressionnant du diodon hérissé de pointes l'ont rendue très populaire. Chaque version d'OpenBSD est accompagnée d'un morceau de musique ainsi que d'une planche de bande dessinée mettant généralement en scène Puffy. Il existe depuis peu des dérivés du Blowfish dessinés façon manga, Sushi Fugu et Harisenbon. État du projet. La version courante d'OpenBSD est actuellement la version 7.0 (depuis le ). L'équipe publie une nouvelle version de l'OS tous les (habituellement début mai et début novembre). D'après un message déposé sur undeadly.org, le projet OpenBSD aurait subi des pertes financières de l'ordre de USD par an en 2004 et en 2005. Récemment (2015), de nouveaux investisseurs bénévoles dont Microsoft Corporation ont injecté d’importantes liquidités pour soutenir le projet et ses multiples sous-projets, en particulier OpenSSH. Une équipe française lance l'initiative d'un script simplifiant l'installation d'un environnement de bureau sur OpenBSD, baptisé IsoTop. Point de vue utilisateur. Beaucoup d'utilisateurs ne connaissent pas OpenBSD et se tournent vers des systèmes "unix-like" plus populaires, comme Linux ou FreeBSD. Les utilisateurs d'OpenBSD sont plutôt des gens habitués aux environnements de type Unix car le système n'est pas conçu pour simplifier l'usage de la machine et demande certaines « connaissances élémentaires » à l'utilisateur pour mener à bien des tâches qui seraient peut-être automatisées sur d'autres systèmes. Les développeurs d'OpenBSD disent souvent qu'ils conçoivent le système pour eux-mêmes avant de le faire pour les autres. Il en résulte donc un système très intéressant pour les développeurs (fonctionnalités multiples, compatibilité etc.) pouvant paraitre assez froid au premier abord pour un utilisateur non initié. Autres projets. L'équipe d'OpenBSD travaille également sur d'autres projets qui deviennent des pièces à part entière de l'OS et qui sont également portés (ou portables) sur d'autres systèmes d'exploitation. Parmi ces projets en cours, on peut citer : En outre, diverses Interface de programmation sécurisées, comme strlcat(3), strlcpy(3), strtonum(3) ou encore arc4random(3) sont fournies. Ces API sont souvent reprises dans d'autres logiciels ou systèmes d'exploitation.
Oscar Wilde Oscar Wilde , dont le nom complet est Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, est un écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais né à Dublin le et mort à Paris le . Oscar Wilde est né dans la bourgeoisie irlandaise et protestante de Dublin d’un père chirurgien renommé Sir William Wilde et d’une mère poétesse, Lady Jane Wilde. Il se distingue par un parcours scolaire brillant. Nourri de culture classique, couronné de prix au sein du Trinity College de Dublin, il intègre le Magdalen College de l'université d'Oxford, où il se construit un personnage d’esthète et de dandy, sous l’influence des préraphaélites et des théories de L'art pour l'art de Walter Pater, John Ruskin et Whistler. À l’issue de ses études, il s’installe à Londres, où il parvient à s'insérer dans la bonne société et les cercles cultivés, s’illustrant dans plusieurs genres littéraires. S’il publie, conformément aux exigences de l’esthétisme le plus pur, un volume de poésie, il ne néglige pas des activités moins considérées des cercles littéraires, mais plus lucratives : ainsi, il se fait le porte-parole de la nouvelle « Renaissance anglaise dans les arts » dans une série de conférences aux États-Unis et au Canada, puis exerce une prolifique activité de journaliste. Au tournant des années 1890, il précise sa théorie esthétique dans une série de dialogues et d’essais, et explore dans son roman "Le Portrait de Dorian Gray" (1890) les liens entretenus par la beauté, la décadence et la duplicité. Sa pièce "Salomé" (1891), rédigée en français à Paris l’année suivante, ne peut être jouée en Angleterre, faute d’avoir obtenu la licence d’autorisation au motif qu’elle met en scène des personnages bibliques. Confronté une première fois aux rigueurs de la morale victorienne, Oscar Wilde enchaîne cependant avec quatre comédies de mœurs qui font de lui l’un des dramaturges les plus en vue de Londres. Indissociables de son talent littéraire, sa personnalité hors du commun, son esprit mordant, sa conversation brillante et ses costumes assuraient sa renommée. Au faîte de la gloire, alors que sa pièce maîtresse "L'Importance d'être Constant" (1895) triomphe à Londres, Oscar Wilde poursuit le père de son amant Alfred Douglas pour diffamation, après que celui-ci a entrepris de faire scandale de son homosexualité. Au terme de trois procès retentissants, Oscar Wilde est condamné pour « grave immoralité » à deux ans de travaux forcés. Ruiné par ses différents procès et condamné à la banqueroute, il écrit en prison "De Profundis", une longue lettre adressée à son amant dont la noirceur forme un contraste saisissant avec sa première philosophie du plaisir. Dès sa libération en , il quitte définitivement la Grande-Bretagne pour la France. C’est dans ce pays d’accueil qu’il met un point final à son œuvre avec "La Ballade de la geôle de Reading" (1898), un long poème commémorant l’expérience éprouvante de la vie en prison. Il meurt à Paris en 1900, dans le dénuement, à l'âge de quarante-six ans. Biographie. Enfance. Oscar Wilde naît au 21 Westland Row à Dublin (aujourd'hui le siège de l', Trinity College). Il est le deuxième des trois enfants de Sir William Wilde et de Jane Francesca Elgee, de deux ans le cadet de son frère aîné William. À en croire Vyvyan Holland, fils cadet d'Oscar, le patronyme de Wilde est d'origine hollandaise, l'ancêtre le plus lointain dont on retrouva la trace étant un certain colonel De Wilde qui se serait enrôlé dans l'armée du roi au . Sa mère ne se départit jamais sa vie durant de son soutien à la cause nationaliste irlandaise, bien qu'elle restât fidèle à la tradition anglicane de ses grands-pères, tous deux pasteurs. Elle s'enorgueillissait tout particulièrement de ses poésies nationalistes, dont elle avait commencé la composition en 1845, après la mort du journaliste et poète , l'une des figures de proue des Jeunes Irlandais. Publiées sous le pseudonyme de "Speranza" dans le journal "The Nation", l'organe de presse du mouvement cofondé par Davis, ces poésies jouissaient d'une certaine estime dans le milieu littéraire irlandais. W. B. Yeats lui-même ne manquait pas d'en faire l'éloge. Les poèmes des Young Irelanders, que leur mère leur lit régulièrement, font, dès le plus jeune âge, partie intégrante de l'univers culturel dans lequel baignent les deux frères Oscar et Willie Wilde. Les peintures et les bustes antiques, qui ornent la maison familiale, témoignent, quant à eux, de l'engouement maternel pour la mode néo-classique de l'époque. L'influence de Jane Wilde sur Oscar ne se limite pas au cadre culturel dans lequel grandit son fils : elle ne cesse, dès qu'elle a perçu chez lui les prémices d'une vocation littéraire, de l'encourager et de la nourrir. William Wilde est un médecin ophtalmologiste éminent (il soigne notamment la reine Victoria elle-même, ou le roi de Suède qui tient à le remercier en devenant le parrain d'Oscar Wilde, d'où le prénom original donné à celui-ci). William Wilde anobli, devient « chevalier » en 1864 pour les services rendus comme conseiller médical et commissaire adjoint au recensement de l'Irlande. Il verse par ailleurs dans l'érudition locale et écrit plusieurs ouvrages traitant de l'archéologie et du folklore irlandais. Philanthrope reconnu, il ouvre un dispensaire à l'intention des pauvres de Dublin qui préfigure le Dublin Eye and Ear Hospital, situé de nos jours à Adelaide Road. En 1855, la famille Wilde emménage au 1 Merrion Square, où Isola voit le jour deux ans plus tard. La nouvelle résidence, à la hauteur de la notoriété grandissante du couple, lui permet de tenir un salon pour recevoir l'élite culturelle et médicale de la ville. Ces réunions des samedis après-midi réunissent parfois jusqu'à cent invités, et comptent parmi leurs habitués des personnalités comme Sheridan Le Fanu, Charles Lever, George Petrie, Isaac Butt, William Rowan Hamilton et . Jusqu'à l'âge de neuf ans, Oscar Wilde est éduqué à domicile, sous la garde d'une bonne française et d'une gouvernante allemande. Il fréquente ensuite la à Enniskillen, dans le comté de Fermanagh, établissement qui se targuait d'être l'« Eton irlandais ». Pendant son adolescence, il passe l'essentiel de ses étés dans la villa familiale de Moytora, dans le comté de Mayo où il fréquente avec son frère le futur écrivain George Moore. Sa jeune sœur Isola meurt à neuf ans d'une méningite. Il lui a dédié le poème "Requiescat". Études supérieures. Trinity College. Oscar Wilde quitte Portora avec une bourse royale pour le prestigieux Trinity College de Dublin, qu'il fréquente de 1871 à 1874, en compagnie de son frère, dont il partage la chambre. Il reçoit l'enseignement de R. Y. Tyrell, Arthur Palmer, Edward Dowden et surtout de son tuteur, le révérend John Pentland Mahaffy, vieil érudit qui éveille son intérêt pour la culture grecque antique et la passion des questions nobiliaires. Malgré des réserves tardives, Oscar Wilde tient encore, en 1893, Mahaffy pour son « premier et meilleur maître », celui qui « [lui] apprit à aimer les œuvres grecques ». De son côté Mahaffy se vante dans un premier temps d'avoir créé Oscar Wilde, puis dans un second temps, après les revers de fortune de son élève, déplore qu'il soit « la seule tache de [son] tutorat ». Les deux hommes entretiennent, à l'époque, une relation suffisamment étroite pour que Mahaffy choisisse de citer nommément son élève en exergue de son ouvrage "Social life in Greece from Homer to Menander". Cette découverte de l'hellénisme va, pour Oscar Wilde, de pair avec un approfondissement de ses conceptions esthétiques, qui commencent à se préciser. Outre les enseignements de Mahaffy, il subit pendant cette période l'influence des poètes et des peintres préraphaélites, en premier lieu de Dante Gabriel Rossetti et d'Algernon Swinburne, qui oriente ses lectures vers Baudelaire puis Walt Whitman. Sous l'effet de ces théories esthétiques, inséparables d'une conception plus générale et assez exigeante des rapports entre l'art et la vie, il commence à modeler le personnage d'esthète qui devait faire sa réputation. Oscar Wilde devient également un membre actif de l', une société de débats qui publie une feuille de chou. Remarqué pour ses activités parascolaires, il brille également sur le terrain plus proprement académique : premier de sa classe lors de sa première année, récipiendaire d'une bourse par concours la seconde, il remporte finalement la médaille d'or de Berkeley, la récompense suprême en grec de l'université, pour clore son cursus. Il était dans la logique du système universitaire britannique qu'un élève aussi brillant intégrât l'une des prestigieuses universités anglaises. Encouragé par Mahaffy, il postule pour une bourse spéciale du Magdalene College de l'université d'Oxford, qu'il remporte aisément. Oxford. Pendant sa scolarité à Oxford, Oscar Wilde gagna rapidement une certaine renommée parmi ses condisciples pour son esthétisme affiché et son rôle dans le mouvement décadent. Il portait les cheveux longs, méprisant ouvertement les sports virils, qui jouaient un rôle central dans la vie sociale des étudiants d'Oxford, bien qu'il pratiquât occasionnellement la boxe. Dans sa chambre, les plumes de paon, les fleurs de lys ou de tournesol côtoyaient des porcelaines de Chine bleues, des photographies du pape et des gravures de peintres préraphaélites. Il confia un jour à des amis qu'il lui était « chaque jour plus difficile de se montrer digne de [sa] porcelaine bleue » ; la phrase fit rapidement le tour du campus, reprise comme un slogan par les esthètes et utilisés contre eux par ceux qui l'érigeaient en symbole de leur vacuité. L'hostilité de certains étudiants contre ces excentriques qui se distinguaient par leurs poses languides et leurs costumes tape-à-l'œil pouvait parfois tourner à la provocation physique. Attaqué par un groupe de quatre jeunes gens, Oscar Wilde désarçonna un jour tous ces critiques en répondant seul du tac au tac à l'aide de ses poings. Dès sa troisième année à Oxford, il avait définitivement posé les bases de son personnage de dandy et assis sa notoriété, qui reposait pour partie sur la distance désinvolte qu'il adoptait avec l'imposante institution qu'était l'université d'Oxford. Il fut ainsi exclu provisoirement, après avoir manqué le début des cours à l'issue d'un voyage en Grèce en compagnie de Mahaffy. Plusieurs professeurs d'Oxford exercèrent une influence décisive sur sa trajectoire. Si Oscar Wilde ne fit pas la connaissance de Walter Pater avant sa troisième année, il avait été enthousiasmé par la lecture de ses "Studies in the history of the Renaissance", publiées alors qu'il était encore étudiant à Trinity. Walter Pater considérait que la sensibilité esthétique de l'homme devait être cultivée avant toute chose, et accordait une attention toute particulière à l'expérience, dont la « splendeur » et la « terrible brièveté » exigeaient qu'elle mobilise la concentration de « tout notre être ». Des années plus tard, dans "De Profundis", Oscar Wilde reconnut « l'influence si étrange » que l'ouvrage de Walter Pater avait eue sur sa vie. Il en connaissait des extraits par cœur et l'emporta avec lui en voyage jusque dans ses dernières années. Si Walter Pater lui donna son sens du dévouement à l'art, on peut créditer John Ruskin d'avoir donné un but à cet investissement esthétique. La fin de son cycle oxonien fut couronnée de succès. Il sortit diplômé du Magdalene College en ayant obtenu les mentions les plus hautes () dans ses deux matières principales après avoir remporté le prix de poésie de l'université d'Oxford, le prix Newdigate, exercice de style dont le thème imposé était cette année-là "Ravenne". La ville ne lui était pas inconnue puisqu'il l'avait visitée l'année précédente. Ce prix assez prestigieux, doté de la somme confortable de , donnait le droit à son récipiendaire de lire son poème lors de la cérémonie annuelle, mais lui assurait surtout une petite notoriété dans le monde des lettres. Carrière artistique et premiers succès. Débuts londoniens. Son diplôme en poche, Oscar Wilde retourna à Dublin, où il rencontra Florence Balcombe, dont il s'amouracha, mais la jeune femme se fiança à l'écrivain Bram Stoker, qu'elle épousa en 1878. Peu après avoir appris ses fiançailles, Oscar Wilde lui annonça son intention de « retourner en Angleterre, probablement pour de bon ». Incertain de la marche à suivre pour lancer sa carrière, il s'enquit d'abord auprès de plusieurs connaissances de positions libres à Oxbridge. Puis, profitant de la part d'héritage qu'il avait reçue de son père, il s'installa peu après, comme pensionnaire du peintre Frank Miles, d'abord près du Strand, puis à partir de 1880 au 1, Tite Street dans le quartier de Chelsea. La capitale paraissait être la rampe de lancement idéale pour un apprenti artiste ambitieux. Il put y profiter des relations dont Miles bénéficiait déjà dans le monde du théâtre londonien. Il devint proche des comédiennes Lillie Langtry et Ellen Terry, avant de devenir un intime de Sarah Bernhardt. Bien qu'il se destinât avant tout à une carrière de critique d'art, ce fut par le biais de la poésie qu'il parvint à se faire un nom dans le monde littéraire de la capitale britannique. Dès son entrée à Trinity College, Oscar Wilde avait publié de la poésie dans de petites revues telles que "Kottabos" et le "". Inspiré par ses voyages en Grèce et en Italie, il n'avait depuis jamais cessé d'écrire, publiant occasionnellement dans des magazines. En 1881, un recueil titré "Poems", publié « quasiment à compte d'auteur », réunit ses premières compositions et des œuvres jusqu'alors inédites. Il reçoit un bon accueil et l'écoulement rapide des 750 premiers exemplaires rend nécessaire une nouvelle édition l'année suivante. Tournée nord-américaine. Bien qu'Oscar Wilde n'eût alors que peu produit, il profita pleinement de la notoriété de son cercle d'amis pour faire valoir ses qualités mondaines ; il était déjà une figure suffisamment célèbre pour que son style hors norme fît l'objet de caricatures dans la presse. Cette notoriété prit une nouvelle ampleur en 1881 lorsque Gilbert et Sullivan, deux compositeurs en vogue, s'inspirèrent directement d'Oscar Wilde pour l'un des personnages de leur nouvel opéra intitulé "Patience". Lorsque la pièce fut produite aux États-Unis, on lui proposa une série de conférences visant à familiariser le public américain aux ressorts de l'esthétisme britannique. Il arriva aux États-Unis le , précédé d'une réputation d'homme d'esprit. Il s'empressa de confirmer cette réputation devant la foule venue l'accueillir dès sa descente de bateau en répondant à un douanier qu'il n'avait rien d'autre à déclarer que son génie. Le succès fut au rendez-vous dans des proportions que les organisateurs n'avaient pas su prévoir : programmée initialement pour quatre mois, la tournée dura finalement plus d'un an, avec un crochet final par le Canada. Le séjour américain d'Oscar Wilde lui fut finalement extrêmement profitable. Ce détour transatlantique, autorisé à l'origine par la petite notoriété dont il jouissait à Londres, lui permit en retour de se parer d'une aura plus grande encore qui affermit considérablement sa position en Angleterre. D'un point de vue intellectuel, l'exercice difficile de la conférence publique et la diversité des auditoires auxquels il fut confronté, se produisant aussi bien dans les salons de la grande bourgeoisie que face à des parterres d'ouvriers, lui permit d'affuter sa pensée dans le domaine de l'esthétique. Ces nouveaux développements, inspirés de la lecture de Théophile Gautier, Baudelaire ou William Morris, nourrirent directement les premiers essais qu'il devait publier à son retour en Angleterre. Parenthèse parisienne. À peine revenu à Londres, Oscar Wilde s'embarqua pour Paris, où il séjourna de février à la mi-. Les revenus tirés de ses conférences et les gains qu'il attendait d'une pièce en cours d'écriture, "La Duchesse de Padoue", lui permirent de revenir dans une ville qui avait déjà marqué son adolescence et était un des hauts lieux de la vie intellectuelle européenne. Il fit peu de temps après son arrivée la connaissance du jeune poète , qui devait devenir son biographe. L'ascendance glorieuse de Robert Sherard, qui n'était autre que l'arrière-petit-fils du poète William Wordsworth, lui ouvrait les portes des plus illustres écrivains. Dans son sillage, Oscar Wilde put dîner chez Victor Hugo. Son étape parisienne marqua un changement notable dans le style d'Oscar Wilde, qui entra alors, selon Daniel Salvatore Schiffer, dans sa « deuxième période esthétique ». Troquant ses tenues extravagantes contre des costumes toujours aussi soignés, mais plus sobres, il fit également couper ses fameux cheveux longs, qui lui valaient maints commentaires sarcastiques de la presse, pour une coupe qu'il qualifiait fièrement d'« à la Néron ». Paris marqua également sa rencontre avec le décadentisme français ; s'il fit la connaissance de Marcel Proust (qui avait douze ans), il fut néanmoins beaucoup plus marqué par sa rencontre avec Maurice Rollinat, avec lequel il s'entretint à plusieurs reprises. Les soirées organisées par le peintre Giuseppe De Nittis furent également l'occasion pour Oscar Wilde de côtoyer les peintres impressionnistes Edgar Degas et Camille Pissarro. Mariage. Dès son retour en Angleterre, Oscar Wilde convie Constance Lloyd, la fille d'Horace Lloyd, un riche conseil de la Reine, au thé dominical donné par sa mère. À l'issue d'une cour assidue, il se fiance avec la jeune femme, le , avant de l'épouser en grande pompe le , dans la très distinguée église St James, à Londres dans le quartier de Paddington. L'entreprise de séduction, savamment orchestrée, tombe à point nommé pour mettre fin aux rumeurs sur son homosexualité, qui se sont accentuées lors de son séjour français. De cette union naîtront deux enfants, Cyril et Vyvyan. Avant même son mariage, le jeune couple s'affiche assez ouvertement lors de la série de conférences sur ses « Impressions personnelles sur l'Amérique », « La mode » ou « La valeur de l'art dans la vie moderne » dans laquelle Oscar Wilde, à nouveau à court d'argent après son dispendieux séjour parisien, a été contraint de se lancer. Le conférencier ne tarit pas d'éloges sur sa nouvelle femme qui incarne à ses yeux l'essence même du modèle préraphaélite, et dont le caractère est trempé aux nouvelles idées féministes. Le , Oscar se rend, avec son frère et sa mère, chez Charles Carleton Massey, pour assister à la première réunion de la loge théosophique de l'Hermetic Society. Les revenus annuels de Constance Lloyd s'élèvent à , somme généreuse pour une jeune femme, mais qui est bien le moins qu'il faut à un chantre de l'esthétisme qui doit maintenant incarner les principes qu'il s'est fait profession d'enseigner aux autres. Le 16 Titre Street, qui doit abriter le jeune couple, est rénové à grand frais, consumant l'intégralité des d'avance sur héritage que le grand-père de Constance lui avait consenti. La villa dont la décoration est confiée à l'architecte accueille les trésors qu'Oscar Wilde a amassés, comme le bureau de travail de Thomas Carlyle. Il devient rédacteur en chef de "The Womans' World". En 1886, il rencontre Robert Ross qui devient son amant et sera plus tard son exécuteur testamentaire. "Le Portrait de Dorian Gray". Publié dans sa première version le , "Le Portrait de Dorian Gray" ("The Picture of Dorian Gray") est le produit d'une commande de l'éditeur américain J.M Stoddart pour sa revue, le '. Il parait en volume, augmenté de six chapitres, l'année suivante aux États-Unis et en Angleterre et déclenche une tempête de protestations parmi les critiques anglais. La qualité littéraire du texte n'est certes pas mise en cause. À l'instar du "Scots Observer", qui mène campagne contre le roman aux côtés du "Daily Chronicle" et de la ', la plupart des critiques reconnaissent à Wilde « de l'intelligence, de l'art et du style». Ils lui reprochent en revanche de compromettre ses qualités en illustrant des thèmes qui portent atteinte à la morale publique. « Art travesti » que celui de Wilde, « car son intérêt est d'ordre médico-légal ; il travestit la nature, car son héros est un monstre ; il travestit la morale, car l'auteur ne dit pas assez explicitement qu'il ne préfère pas un itinéraire de monstrueuse iniquité à une vie droite, saine et sensée ». Wilde n'est pas pour rien dans l'ampleur que prend la controverse. Il ne se dérobe pas face aux critiques et choisit de répondre avec vigueur à chacune des objections de ses détracteurs. Sa défense est pour lui l'occasion de mettre en lumière, et parfois même de préciser, les lignes du programme qu'il vient de développer dans son essai "Le Critique comme artiste" (1891). Elle tient dans l'affirmation de l'indépendance que l'art doit maintenir vis-à-vis de la morale, et plus généralement dans la supériorité de l'Esthétique sur l’Éthique. En 1891, il rencontre Lord Alfred Douglas de Queensberry, s'en éprend et tous deux mènent une vie débridée en affichant en public leur homosexualité. Le père d'Alfred, John Douglas, de Queensberry et frère de Florence Dixie, désapprouve cette relation et provoque Wilde à plusieurs reprises. Cela entraîne le scandale Queensberry et un procès. Le scandale Queensberry. Le marquis de Queensberry a demandé à Wilde de s'éloigner de son fils. Au début de 1895, il remet au portier du club Albermarle, l’un des clubs d’Oscar Wilde, sa carte de visite où il écrit : « "For Oscar Wilde posing as Somdomite" » « Pour Oscar Wilde, s’affichant comme Somdomite "[sic]". » (l'orthographe fautive du mot "sodomite" créa en anglais le mot somdomite) Wilde décide alors de lui intenter un procès pour diffamation, qu'il perd. Le marquis se retourne contre Wilde.Premier des procès intentés contre Wilde, il débute le . L'avocat de Queensberry, Edward Carson, s'y révèle un accusateur habile et coriace, et les joutes verbales opposant les deux hommes restent dans l'histoire. Wilde joue tout d'abord de son charme habituel, de son inégalable sens de la répartie, déclenchant l'hilarité du public, transformant par moments le tribunal en salle de théâtre. Mais il finit par se faire « piéger » pour un « bon mot » à propos de Walter Grainger, un jeune domestique de Lord Alfred Douglas à Oxford : Carson lui demandant s'il l'a jamais embrassé, Wilde répond « Oh non, jamais, jamais ! C’était un garçon singulièrement quelconque, malheureusement très laid, je l'ai plaint pour cela. » (« "He was a particularly plain boy—unfortunately ugly—I pitied him for it" »). Emprisonnement. Pressé par ses amis, Robert Ross en particulier, de s'enfuir sur le continent, Oscar Wilde préfère attendre l'inéluctable. Daniel Salvatore Schiffer reprend l'explication de Yeats concernant cette attitude, citant les propos de Lady Wilde : « Si vous restez, et même si vous allez en prison, vous serez toujours mon fils [...]. Mais si vous partez, je ne vous adresserai jamais plus la parole ». Il est arrêté le dans sa chambre du palace londonien ', puis, après deux autres procès, il est condamné le pour grossière indécence, en vertu d'une loi datant de 1885 interdisant l'homosexualité, à la peine maximale de deux ans de travaux forcés en 1895. Ses biens sont confisqués pour payer les frais de justice. Constance, sa femme, se réfugie avec ses fils en Suisse où elle subit une humiliation à Neuchâtel en , un hôtelier la mettant dehors en raison de son nom scandaleux. Elle substitue alors au patronyme de ses fils celui de « Holland », qui correspond au deuxième prénom de son frère, Otho Holland Lloyd. Après quatorze mois de travaux forcés et à la suite de son transfert de la prison de Reading, Wilde se voit accorder le privilège exceptionnel de la part du directeur de la prison de posséder un petit matériel d’écriture et reçoit la permission d’écrire à condition de remettre tous les soirs ses écrits, son papier et son stylo aux autorités pénitentiaires. Il n'écrira en prison que de la correspondance, et en particulier une longue lettre adressée à Alfred Douglas qui sera, après sa mort, publiée sous le titre "De Profundis". Les travaux forcés et l'enfermement l'affecteront au point qu'il ne produira qu'une seule œuvre après sa libération, elle-même sur le thème de la prison : "La Ballade de la geôle de Reading". Durant son incarcération, il continue de recevoir la visite de Robert Ross. Alfred Douglas est, quant à lui, poussé à l'exil en France et en Italie pendant plus de trois ans. Après sa libération de prison. Sa libération, en 1897, est un grand moment de joie, Oscar Wilde s'exclame à de nombreuses reprises « Que le monde est beau » sur le quai de la gare, ce que ses amis lui reprochent puisqu'il lui est plus que nécessaire de se faire discret. Il souhaite épouser le catholicisme, à la suite de sa conversion spirituelle que lui a coûté la prison, et désire se retirer un an dans un cloître. Les Jésuites qu'il sollicite refusent d'accueillir un tel membre et lui conseillent d'attendre encore un an ou deux. Il quitte alors l'Angleterre pour la France, où il demeure quelque temps à Berneval, près de Dieppe en Normandie, sous le nom de Sébastien Melmoth, en référence au roman "Melmoth, l'homme errant" ("Melmoth the Wanderer" 1820) de Charles Robert Maturin, un des romans fondateurs du courant gothique en littérature, et du martyr Sébastien, personnage qui le fascine. Maturin était par ailleurs le grand-oncle de Wilde. Il vit sous la tutelle de Robert Ross, qui s'étonne de le voir se comporter tel un enfant. En effet, Wilde est très dépensier alors même que ses ressources se sont taries. Traumatisé par son expérience de la prison, il semble avoir plus que besoin d'une présence à ses côtés, alors que Ross doit retourner à Londres pour affaires. Il s'étonne des réticences de Constance à le rejoindre. Or cette dernière est, non seulement très éprouvée, mais combat en plus la maladie. Extrêmement déçu, Wilde reçoit un billet de Lord Alfred Douglas et désire ardemment le retrouver malgré les avertissements de Ross et les menaces de Constance de lui couper les vivres. Vraisemblablement, Bosie n'a pas lu "De Profundis", qui lui était pourtant originellement destiné, encore que cela fasse débat entre Ross qui devait le lui remettre, et Alfred Douglas qui assure encore dans son autobiographie ne l'avoir jamais eu en main. Finalement, une rencontre à Rouen, le , leur fait retrouver la vie commune. Et, après être passés par Paris afin d'obtenir les fonds nécessaires, généreusement offerts par O'Sullivan, les deux amants partent pour Naples en . Ils mènent un train de vie très confortable, compte tenu de leurs revenus communs. Toutefois, lorsque Constance apprend la situation, elle met sa menace à exécution, et le couple s'enfonce alors dans le besoin. Oisif, Wilde sort avec ses amis ou fréquente de jeunes prostitués à Paris. Commence alors une période de déchéance dont il ne sortira pas. Malgré l'aide de ses amis qui lui prêtent de l'argent (ses revenus littéraires étant devenus insuffisants), notamment André Gide et Robert Ross, il finit ses jours dans la solitude et la misère. Oscar Wilde meurt probablement d'une méningite, âgé de , en exil volontaire à Paris, le au 13 rue des Beaux-Arts. Plusieurs causes de cette mort ont été données par ses biographes : méningite consécutive à sa syphilis chronique (il n'en a jamais montré de symptômes) ; consécutive à une opération chirurgicale, peut-être une mastoïdectomie selon Merlin Holland, unique petit-fils d'Oscar Wilde ; les médecins de Wilde, le Paul Cleiss et Tucker A'Court, pensent que cette inflammation des méninges est la conséquence d'une . Le , il s'était converti au catholicisme. À cette occasion, la tradition voulant que l'on offre une coupe de champagne à un adulte qui se convertissait, il aurait eu ce mot : « Je meurs comme j'ai vécu, largement au-dessus de mes moyens. » Ses derniers mots, dans une chambre d'hôtel au décor miteux (Hôtel d'Alsace, 13 rue des Beaux-Arts à Paris, devenu aujourd’hui L'Hôtel) auraient été : « Ou c'est ce papier peint qui disparaît, ou c'est moi. » Guy-Louis Duboucheron, propriétaire de "L'Hôtel", Jacques de Ricaumont et Maria Pia de Savoie présidente de l'Association des amis d'Oscar Wilde, ont créé le prix Oscar-Wilde remis par le "Cercle Oscar-Wilde" lors de la réouverture de l'établissement en 2000. Le premier prix a été attribué à Frédéric Mitterrand pour son livre "Un jour dans le siècle". Après un enterrement de « sixième classe » (le dernier avant la fosse commune) et une inhumation au cimetière de Bagneux, ses restes sont transférés, en 1909, au cimetière du Père-Lachaise, division 89, à Paris. Son tombeau surmonté d’un monument s'inspirant d'un taureau ailé assyrien, conservé au British Museum et dont le visage est celui du dramaturge (allusion au poème "La Sphinx" de Wilde), a été sculpté par l'artiste expressionniste Sir Jacob Epstein de 1911 à 1914. Conceptions esthétiques. En ces dernières décennies du , Oscar Wilde incarne une nouvelle sensibilité qui apparaît en réaction contre le positivisme et le naturalisme. Dans sa préface au "Portrait de Dorian Gray", il défend la séparation de l'esthétique et de l'éthique, du beau et du moral : The artist is the creator of beautiful things. [...] There is no such thing as a moral or an immoral book. Books are well written, or badly written. That is all. […] No artist desires to prove anything. Even things that are true can be proved. […] All art is quite useless. L'artiste est le créateur de belles choses. […] il n'y a pas de livre moral ou immoral. Les livres sont bien ou mal écrits. Voilà tout. […] Aucun artiste ne désire prouver quoi que ce soit. Même les choses vraies peuvent être prouvées. […] Tout art est complètement inutile. Vivian, le porte-parole de Wilde dans "Le Déclin du mensonge", s'oppose clairement au mimétisme en littérature qu'implique le réalisme. Selon lui, « la vérité est entièrement et absolument une affaire de style » ; en aucun cas l'art ne doit se faire le reflet de Wilde contestait d'ailleurs la classification d'Honoré de Balzac, dans la catégorie des réalistes : . Il ne cachait d'ailleurs pas son admiration pour Balzac, en particulier pour "Illusions perdues", "Le Père Goriot" et surtout pour le personnage de Lucien de Rubempré dont il disait . Dans "The Critic as Artist" ("Le Critique en tant qu'artiste"), Wilde s'oppose à une critique littéraire positiviste, qui voit dans l'objectivité le seul salut de la critique. Le critique, selon Wilde, ne doit considérer l'œuvre littéraire que comme « un point de départ pour une nouvelle création », et non pas tenter d'en révéler, par l'analyse, un hypothétique sens caché. Selon lui, la critique n'est pas affaire d'objectivité, bien au contraire: « le vrai critique n'est ni impartial, ni sincère, ni rationnel ». La critique elle-même doit se faire œuvre d'art, et ne peut dès lors se réaliser que dans le subjectif ; à cet égard, dit Wilde, la critique est la « forme la plus pure de l'expression personnelle ». La critique ne peut caractériser l'art aux moyens de canons prétendument objectifs ; elle doit bien plutôt en montrer la singularité. La théorie critique de Wilde a été très influencée par les œuvres de Walter Pater. Il reconnaîtra dans "De profundis" que le livre de Pater "Studies in the History of the Renaissance" a eu . Dans "Le Portrait de W. H.", Wilde raconte l'histoire d'un jeune homme qui, en vue de faire triompher sa théorie sur les sonnets de Shakespeare, va se servir d'un faux, puis décrit la fascination qu'exerce cette démarche sur d'autres personnages. Le fait que la théorie ne soit pas d'office disqualifiée, dans l'esprit du narrateur, par l'usage d'un faux, va de pair avec l'idée qu'il n'y a pas de vérité en soi de l'œuvre d'art, et que toute lecture, car subjective, peut ou doit donner lieu à une nouvelle interprétation. On pourrait distinguer deux esthétiques correspondant aux deux périodes marquantes, bien qu'inégalement longues, de la vie littéraire de Wilde. La première, décrite ci-dessus, pourrait se résumer à l'éloge de la superficialité. L'intuition de Wilde, fortement influencée par les écrivains français de son temps qu'il lisait dans le texte, était que dans la forme même, gît le sens et le secret de tout art. Dans "Le Portrait de Dorian Gray", il fait dire à Lord Henry : . Son écriture d'ailleurs correspond exactement à ses conceptions : se refusant aux descriptions naturalistes, il se contente de poser une ambiance en égrenant quelques détails : la couleur d'un rideau, la présence d'un vase, le passage d'une abeille près d'une orchidée. La deuxième période, celle de la prison et de la déchéance prend l'exact contre-pied théorique : dans son "De Profundis", Wilde répète comme une litanie pénitentiaire ce refrain : . On assiste dans cette œuvre, ainsi que dans l'autre production de cette période, dans la vie de Wilde, "La Ballade de la geôle de Reading", à la reprise de formes d'écriture, comme la ballade, qui sont plus traditionnelles, jouant plus sur la répétition et l'approfondissement que sur la légèreté et l'effet de contraste. La deuxième esthétique ne s'inscrit pas en faux envers la première : l'œil averti trouvera qu'elle la révèle. Le masque du Dandy et l'affectation de superficialité, chez un esprit aussi puissant et cultivé que Wilde, étaient la marque d'une volonté de dissimuler des conflits sous-jacents. L'éloge wildien n'était pas un éloge de la superficialité, ce qu'il révèlera lui-même lorsqu'il déchut de son statut de « lion » (au , on appelait lion les personnes en vue dans les salons anglais) pour tomber en celui de réprouvé. Œuvres. Essais. et aussi : Adaptations musicales et théâtrales. Plusieurs opéras et ballets ont été composés sur des livrets traduisant ou adaptant des pièces de théâtre d'Oscar Wilde, parmi lesquels on peut citer :
Optimisation de code En programmation informatique, l'optimisation de code est la pratique consistant à améliorer l'efficacité du code informatique d'un programme ou d'une bibliothèque logicielle. Ces améliorations permettent généralement au programme résultant de s'exécuter plus rapidement, de prendre moins de place en mémoire, de limiter sa consommation de ressources (par exemple les fichiers), ou de consommer moins d'énergie électrique. Principes d'optimisation. La règle numéro un de l'optimisation est qu"'elle ne doit intervenir qu'une fois que le programme fonctionne et répond aux spécifications fonctionnelles". L'expérience montre qu'appliquer des optimisations de bas niveau du code avant que ces deux conditions ne soient réalisées revient le plus souvent à une perte de temps et s'avère néfaste à la clarté du code et au bon fonctionnement du programme : Cependant cette citation, tronquée, est très souvent mal interprétée. La version complète étant : La citation originale indique que généralement durant l'écriture d'un code, on peut laisser de côté les optimisations locales, de bas niveau (réécriture en assembleur, déroulage de boucle, etc.). Il est possible d'interpréter cette citation en déduisant de celle-ci que les optimisations de haut niveau concernant le choix des algorithmes ou l'architecture d'un projet doivent venir avant celle de bas niveau. Ainsi, ce n'est que vers la fin de l'écriture du programme, une fois que l'analyse montre qu'un détail de bas niveau est critique qu'il peut éventuellement être nécessaire de le modifier : Au contraire plus le projet grandit et plus ces optimisations de haut niveau seront difficiles, coûteuses (en termes de temps, difficulté et budget) voire impossibles à effectuer. La plupart des compilateurs récents pratiquent de façon automatique un certain nombre d'optimisations qu'il serait fastidieux d'effectuer "manuellement" et qui rendraient le code source moins lisible. L'optimisation manuelle locale peut s'avérer nécessaire dans des cas très spécifiques, mais les mesures montrent que sur des machines RISC qui possèdent un nombre élevé de registres et où l'efficacité demande le regroupement des instructions identiques pour bénéficier de l'effet pipeline, l'optimiseur d'un compilateur C fournit souvent un code plus efficace que celui qui serait écrit en assembleur par un programmeur expérimenté (ce qui n'était jamais le cas sur les machines CISC). Et de surcroit ce code est bien plus facile à maintenir, car les instructions en C restent dans un ordre lié à la seule intelligibilité du code et non aux spécificités de la machine : dans les optimiseurs actuels, en effet, les ordres machines associés à une instruction ne se trouvent plus nécessairement en position contiguë, pour des raisons d'efficacité d'exécution. Cela rend le code assembleur généré particulièrement indéchiffrable. Pratique de l'optimisation. Pour suivre l’efficacité d’une optimisation, le développeur s’appuie sur des tests de performance, c’est-à-dire sur des mesures objectives du temps de traitement et de la taille de la mémoire allouée. La réduction de la taille des données résidentes en mémoire est complexe puisque la libération d’une zone de mémoire permet rarement de rendre la mémoire disponible pour le système d’exploitation. Localisation du code à optimiser. Pour évaluer le temps et la mémoire nécessaire pour chaque partie du programme, les développeurs réalisent le profilage du code. Il n'est pas rare qu’une grande partie du temps soit consacré à l'exécution d’un petit morceau du code, ce morceau de code est appelé « goulot d’étranglement ». Le logiciel de profilage est chargé de compter le nombre d’exécutions de chaque fonction et de cycles du microprocesseur correspondants au cours de l'exécution. Différentes approches d’optimisation. Plusieurs approches existent pour optimiser un code : Optimisation algorithmique. L’optimisation algorithmique consiste à appliquer au code des transformations mathématiques successives qui préservent la spécification du programme tout en réduisant la consommation des ressources. Optimisations grâce aux outils du langage. L’utilisation de fonctions différentes voire de bibliothèques complètes différentes peut permettre une optimisation du programme. Optimisation en changeant de langage utilisé. Dans la pratique, les applications comportant beaucoup d'entrées-sorties lentes peuvent être optimisées en étant réécrites dans un langage comme Haskell ou Python. Une application nécessitant beaucoup de calculs et d’affectations en mémoire peut être optimisée en étant réécrite dans un langage tel que le C ou le C++. Optimisation automatique. Les compilateurs sont souvent capables de faire des optimisations locales, auxquelles aucun développeur ne penserait en première approche. Pour le langage C, cela peut considérer : Toutefois, on peut grandement aider le compilateur en déclarant les variables avec les mots-clefs codice_2 et/ou codice_3 quand c'est possible ; autrement, le compilateur ne peut savoir si une zone mémoire est accessible par d'autres références, et désactivera des optimisations (phénomène dit d'alias de mémoire). Exemples. Utilisation de variables locales pour éviter les alias de mémoire. Le code C++ suivant sera en général peu optimisé par le compilateur car il est souvent incapable de savoir si le code de la boucle modifie ou non le compteur d'itérations : un pointeur ou une référence pourrait le modifier. void MyClass::DoSomething() const for( int i=0; i<m_nbrElements; ++i ) void *ptr = GetSomePtr(); Dans cette version, on indique clairement qu'on utilise un nombre d'itérations fixé à l'avance et qui ne sera jamais modifié, autorisant le compilateur à effectuer des optimisations plus agressives : void MyClass::DoSomething() const int nbrElements = m_nbrElements; for( int i=0; i<nbrElements; ++i ) ... Une spécificité du binaire : le décalage. Une des toutes premières optimisations a été celle de la division et de la multiplication par une puissance de 2. En effet, l'informatique actuelle repose sur le binaire, puisqu'elle utilise comme élément de base le transistor (et historiquement, auparavant le relais) qui n'autorise que deux valeurs différentes. On a donc logiquement implémenté en langage machine les opérations de décalage à gauche et décalage à droite. En effet, en binaire, le décalage d'un nombre d'un cran vers la gauche le multiplie par 2. Ceci marche aussi pour la division, en décalant les bits vers la droite. L'arithmétique entière d'un processeur est en fait l'arithmétique dans l'anneau des formula_9 par exemple. Et donc, tous les nombres premiers avec formula_10 ont un inverse, et il est possible d'effectuer une division par l'un de ces nombres en une seule instruction. Par exemple, dans l'anneau des entiers sur 32 bits, diviser par 3 revient à multiplier par 2863311531. Diviser par 14 revient à multiplier par 3067833783 puis diviser par 2. C'est donc possible avec deux instructions. Les compilateurs savent faire ces optimisations mais pour cela le diviseur doit être connu à la compilation. La division dans le cas général est une instruction coûteuse en temps machine, et n'est d'ailleurs toujours pas disponible sur la grande majorité des processeurs de type RISC. Le mot clef "inline" du C. Le mot clef "inline" attaché à une fonction indique au compilateur qu'il devrait essayer d'étendre cette fonction. Considérons par exemple le code C suivant : inline int f(int a, int b) { return a * b; int g (int a) { switch (a) { case 10: return f(a, a); case 11: case 12: return f(a - 2, a); case 1200: return f(a - 2, a); default: return f(a, a); Une compilation avec gcc -O4 -S donne, en assembleur i386 : .file "opt.c" .text .p2align 4,15 .globl g .type g, @function g: pushl %ebp movl %esp, %ebp movl 8(%ebp), %edx cmpl $12, %edx jg .L14 leal -2(%edx), %eax cmpl $11, %edx jge .L15 movl $100, %eax cmpl $10, %edx .L17: je .L2 movl %edx, %eax .L15: imull %edx, %eax .L2: popl %ebp ret .p2align 4,7 .L14: movl $1437600, %eax cmpl $1200, %edx jmp .L17 .size g, .-g .section .note.GNU-stack,"",@progbits .ident "GCC: (GNU) 3.3.2 (Mandrake Linux 10.0 3.3.2-6mdk)" Ce qui pourrait se traduire, pour une compréhension plus aisée, par le code C suivant : int g(int a) { int eax, b; if (a > 12) /* cas a == 1200 */ goto L14; eax = a - 2; if (a >= 11) /* cas a == 11 ou a == 12 */ goto L15; eax=100; /* = 10 * 10 */ b=10; L17: if (a == b) /* cas a == 10 */ goto L2; /* cas "default" */ eax=a; L15: eax=eax*a; L2: return eax; L14: eax = 1437600; /* = 1200*(1200-2) */ b = 1200; goto L17; On peut remarquer par exemple que la fonction 'f' n'a pas été générée, mais que son code a directement été incorporé dans la fonction 'g' (le mot clef 'inline' permet de forcer ce type d'optimisation en C)
Organisation des pays exportateurs de pétrole L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ( [OPEC]), est une organisation intergouvernementale de pays visant à négocier avec les sociétés pétrolières pour tout ce qui touche à la production de pétrole, son prix et les futurs droits de concession. Histoire. L'OPEP est créée le , lors de la Conférence de Bagdad, principalement à l'initiative du chah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi. Le ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minérales et le ministre vénézuélien des Mines et des Hydrocarbures le rejoignent ensuite. Ce dernier songeait créer une organisation internationale des pays producteurs de pétrole pour pallier la baisse du prix du baril (moins de 5 dollars américains à l'époque). À l'origine, seuls cinq pays en étaient membres : l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Irak, le Koweït et le Venezuela. Ils furent rejoints par d'autres pays producteurs : Pendant les cinq premières années de son existence, son siège est situé à Genève, en Suisse. Il est déplacé le à Vienne en Autriche. Alors à Vienne, la conférence est victime d'une prise d'otage en 1975. Le , lors d'un sommet Union européenne-Amérique latine, le président de la Bolivie, Evo Morales a déclaré à des journalistes vouloir que la Bolivie fasse partie de l'OPEP. Néanmoins, le pays n'est qu'un producteur mineur de pétrole. Le jour précédent, l'OPEP s'est engagé à prêter à un taux d'intérêt réduit 10 millions de dollars américains sur 20 ans à la Bolivie, pour aider ses universités publiques. Fin novembre 2006, il a été annoncé qu'au terme de longues négociations, deux nouveaux pays ont accepté de rejoindre l'OPEP. L'Angola (deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne après le Nigeria avec 1,4 million de barils par jour, et 2 millions de barils à la fin de 2007) est devenu le douzième membre de l'OPEP au . Il sera suivi par l'Équateur, qui revient dans l'organisation. Ensemble, ils contribueront à la production de l'OPEP à hauteur d'environ 2,5 millions de barils par jour. Objectifs. La création de l'OPEP vient du fait que jusque dans les années 1950-1970, les compagnies pétrolières avaient les "pleins pouvoirs" sur le cours du pétrole et imposaient leurs prix aux pays producteurs. C'est ainsi que les principaux pays producteurs décidèrent de se regrouper de manière à pouvoir influer sur le cours du pétrole. La prise de contrôle de la production de pétrole se fit par une politique de nationalisation. Étant maîtres de leur production, les pays producteurs peuvent de cette manière influencer le cours du baril de pétrole et ainsi augmenter leurs revenus. L'idée originelle de Juan Pablo Pérez Alfonso en créant l'OPEP était, au-delà du fait de rendre les pays producteurs maîtres de leur production, de faire en sorte que les bénéfices liés au commerce juste du pétrole permettent le développement des pays sous développés. Il s'éloigna de l'organisation qu'il avait créée voyant qu'elle ne traitait qu'avec les pays industrialisés qui étaient prêts à payer le prix fixé. Revenus pétroliers des pays de l'OPEP. La rente pétrolière apporte un revenu très fluctuant dans le temps (selon le cours du pétrole notamment), qui varie beaucoup selon le pays, surtout si on le rapporte au nombre d'habitants ; par exemple, selon l’EIA (2019), le revenu pétrolier s'est élevé en 2018 à au Koweït (près de d’habitants), alors qu'il n'était que de pour le Nigéria (+/-200 millions d'habitants). Quand le dollar baisse par rapport aux autres monnaies, les États de l'OPEP voient leurs revenus diminués pour les achats effectués dans d'autres monnaies, ce qui réduit leur pouvoir d'achat puisqu'ils continuent à vendre leur pétrole en dollars. Des contraintes locales (instabilités politiques, guerres) ou internationales (embargo...) influent aussi sur la disponibilité de la ressource pétrolière et donc son prix. En 2018, l'ensemble des États de l'OPEP a bénéficié d'un revenu pétrolier s'élevant au total à environ 711 milliards de dollars (selon l’EIA), à comparer aux 538 milliards de dollars de 2017, du fait d'une hausse des prix moyens du pétrole brut et d'une hausse des exportations. L’Arabie saoudite recueille le tiers de cette manne (237 milliards de dollars en 2018) devant l’Irak (91 milliards de dollars), les Émirats arabes unis (74 G$), l’Iran (67 G$) et le Koweït (61 G$), les autres pays ayant tous perçu moins de 50 milliards de dollars en 2018. Mesures historiques, décisions prises par l'OPEP, désaccords. 1973. L'OPEP décide une réduction significative de la production et un embargo contre les États-Unis et les Pays-Bas qui avaient soutenu Israël lors de la guerre du Kippour conduite par une coalition de l'Égypte et de la Syrie. Le baril passe brutalement de environ à . Cette décision, qui déclenche le premier choc pétrolier, s'avère un puissant levier pour la promotion des exigences politiques arabes exprimées au Sixième sommet des chefs d'État arabes (novembre 1973). 1986. À l'automne 1985, le prix du pétrole dévisse et passe sous les à la suite d'une augmentation excessive de la production de l'Arabie saoudite. L'OPEP aboutit à l'été 1986 à un accord permettant de stabiliser les cours qui remonteront autour de en 1987. 2008-09. Avec l'émergence de la Chine dans les années 2000 et grâce à une demande toujours plus importante, le pétrole grimpe à des sommets, atteignant un record à . La crise financière met un coup d'arrêt à cette hausse : le baril tombe à moins de . Pour enrayer la chute, l'OPEP décide de réduire sa production de 4,8 millions de barils par jour en trois fois entre fin 2008 et début 2009. Le pétrole remonte au-dessus de . 2014. Avec l'essor du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis, l'offre mondiale dépasse largement la demande. Mi-2014, les cours passent de 110 à . En , l'OPEP décide de ne plus soutenir les prix, afin de protéger les parts de marchés du cartel et de tuer la production américaine avec un baril trop bon marché pour les producteurs de pétrole de schiste. 2016. Le , l'OPEP, réunie à Alger, prend la décision de limiter la production de pétrole brut à un niveau de 32,5 à 33 millions de barils par jour. Le , l'OPEP, réuni à Vienne, annonce être parvenu à un accord pour réduire sa production de 1,2 million de barils par jour à 32,5 millions. L'organisation pétrolière entérine donc ce qui avait été dessiné il y a deux mois à Alger. Dans le détail, l'Arabie saoudite est le pays qui contribue le plus à cet effort avec une réduction de sa production de par jour. À cela il faut ajouter une baisse de concédée par trois pays : les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. Cet accord est effectif le et s'ajoute à l'engagement de la Russie de réduire de par jour sa production. 2017. En mai, les pays membres de l’organisation et la Russie se réunissent au siège à Vienne afin de reconduire leurs quotas de production de pétrole jusqu’en . Le but de cette action est de réduire les stocks mondiaux et de pouvoir peser sur les prix. Durant cette réunion, les membres signent l’intégration d'un autre pays : la Guinée équatoriale. Ainsi en , Gabriel Mbaga Obiang Lima, le ministre équatoguinéen des Mines et des Hydrocarbures, est accueilli par les représentants des autres pays membres au siège de l’organisation. La Guinée équatoriale devient alors officiellement le membre de l'OPEP (le sixième pays africain). 2018. Le , à Alger, est présenté la douzième édition du " OPEC World Oil Outlook" (WOO). Ce document permet d’avoir une analyse et une évaluation des défis, changements et perspectives qui attendent l'industrie pétrolière mondiale jusqu'en 2040. En décembre, l’OPEP se réunit avec pour objectif affiché la baisse de la production afin de contrer la baisse du prix du baril ( le baril en , en baisse de 32 % par rapport à ). Face aux sanctions américaines, l’Iran connaît une chute de sa production mais l’Arabie saoudite, les E.A.U. et le Koweït ont augmenté leur production. Le Qatar annonce qu’il va quitter l’organisation en , officiellement pour se concentrer sur sa production de gaz. Mais Téhéran affirme que cette décision confirme « la frustration des petits producteurs face au rôle dominant d’un groupe dirigé par les Saoudiens et la Russie ». Pour les Iraniens, ce groupe aurait la mainmise et déterminerait seul les baisses de production dans le but de réguler le prix du baril selon leurs besoins. 2020. En , dans un contexte de très forte réduction de la demande à la suite de la pandémie de coronavirus, l'Arabie saoudite s'engage à une réduction d’un million de barils par jour pour l’OPEP si Moscou et ses partenaires s’engagent à une réduction de 500 000 barils par jour. La Russie s'oppose à cette proposition, entraînant une très forte chute des cours. En avril, la Russie accepte de diminuer sa production après une division par trois des tarifs du baril en deux mois. L'accord entre l'Opep et la Russie doit aboutir à une baisse de production de 9,7 millions de barils par jour à partir de mai 2020. De nouvelles baisses de productions doivent être mises en place d'ici à mai 2022. Selon Mohammed Barkindo, secrétaire général de l'Opep, cette réduction est de l'histoire de l'organisation. En septembre 2020, les baisses de production ont été ramenées à 7,7 millions de barils par jour. Au 2021, ces quotas devaient être encore réduits à 5,8 millions mais, compte-tenu des impacts de la persistance de la pandémie de coronavirus, seule une augmentation de la production de /jour est actée pour janvier lors de la réunion du 3 décembre 2020. 2021. Après l'augmentation de /jour actée pour janvier, la baisse de production passe à 7,2 millions de barils par jour. Lors de la réunion du 5 janvier 2021, les participants conviennent de ne pas engager d'augmentation supplémentaire de la production en février et mars, à l'exception de la Russie et du Kazakhstan qui sont autorisés à augmenter leurs productions journalières respectivement de 65000 et /jour en février puis en mars. L'Arabie saoudite s'engage à compenser ces augmentations. La réduction passe alors de 7.2 en janvier à 7.125 en février et 7,05 millions de barils/jour en mars. Le 18 juillet, les treize pays membres de l'Opep et leurs dix alliés s'entendent sur une hausse graduelle de leur production de pétrole de par mois à partir du mois d'août jusqu'en septembre 2022. Fonctionnement. L'OPEP cherche à réguler la production et le prix par un effort coordonné de ses pays membres, notamment en instaurant un système de quotas de production. Les membres constituent donc un cartel de producteurs. Ils se mettent d'accord sur la quantité de pétrole exporté, ce qui influence le prix du marché. En 2005, ses États membres possèdent 78,4 % des réserves estimées de pétrole et fournissent 43 % de la production mondiale de pétrole brut. Les transactions de pétrole se faisant en dollars américains, le changement de la valeur du dollar par rapport aux monnaies des pays producteurs affecte les décisions de l'OPEP quant à la quantité à produire. Les décisions de l'OPEP ont une certaine influence sur le cours mondial du pétrole. Un exemple est la crise pétrolière de 1973 lors de la guerre du Kippour : l'embargo de l'OPEP envers les pays occidentaux qui soutiennent Israël provoque une multiplication par quatre du cours pendant cinq mois ( - ). Par la suite, le , les pays de l'OPEP s'entendent pour augmenter le prix du pétrole brut de 10 %. Cependant cette version historique du premier choc pétrolier est très fortement sujette à caution. D'une part du fait que, les États-Unis ayant passé leur pic de production en 1970, il était de l'intérêt des "majors" de voir le prix du brut augmenter afin de pouvoir mettre en production le golfe du Mexique, l'Alaska, la mer du Nord. D'autre part l'embargo n'a jamais été effectif vis-à-vis des États-Unis : des pétroliers chargés en Arabie saoudite, après une escale à Bahreïn, livraient les États-Unis, en particulier au Viêt Nam. À l'inverse d'autres cartels, l'OPEP a réussi à relever le prix du pétrole pendant de longues périodes. Le succès de l'organisation vient de la volonté de l'Arabie saoudite d'accepter de baisser sa production lorsque les autres dépassent leurs quotas. Ainsi la plupart des membres produisent au maximum de leur capacité et l'Arabie saoudite est la seule à avoir une capacité de réserve et la possibilité d'augmenter sa production si nécessaire. La règle a très bien réussi dans les années 1970, amenant le cours du brut à rejoindre des niveaux qui n'avaient été atteints que par des produits raffinés. En revanche, à partir de 1983, le cours du baril s'effondre, et ne sera plus maîtrisé par l'OPEP pendant plusieurs années. Par ailleurs, les marchés à terme de Londres (ICE) et de New York (NYMEX) jouent un rôle croissant dans la détermination des cours, retirant ainsi du pouvoir à l'OPEP. L'Iran a établi un contre-pouvoir à ces marchés en ouvrant, en , sa Bourse internationale iranienne du pétrole, où s'échangent dans un premier temps des dérivés du pétrole. Ces transactions ne s'effectuent plus en dollars mais en diverses autres monnaies (le rial iranien principalement). Jusqu'à la guerre du Golfe de 1990-1991, le président irakien Saddam Hussein demandait à l'OPEP d'augmenter les cours du pétrole afin d'aider l'Irak et d'autres pays membres à résorber leur dette. Depuis 1976, l'OPEP abonde le "Fonds de l'OPEP pour le développement international", qui est une banque de développement dont le siège se trouve à Vienne. Pays membres. Les 13 pays membres sont : Cas de l'Équateur, du Gabon, de l’Indonésie et du Qatar. Pour les pays qui exportent du pétrole à un volume relativement faible, leur pouvoir de négociation est très limité en tant que membres de l'OPEP. Ce dernier ne justifierait pas nécessairement les quotas de production et les coûts d'adhésion imposés par l'OPEP. Ainsi, alors qu'il l'avait intégré en 1973, l'Équateur se retire de l'OPEP en . Quito ne souhaitait pas payer les 2 millions de dollars de cotisation annuelle et jugeait nécessaire de produire plus de pétrole que l'autorisait les quotas de l'OPEP à l'époque. Il rejoindra l'organisation en . En janvier 1995, des préoccupations similaires ont incité le Gabon à suspendre son adhésion à l'OPEP. 21 ans plus tard, il réintègre l'organisation, en . En , l'Indonésie annonce qu'elle va quitter l'OPEP. Pour faire face à un besoin croissant de brut, elle passe d'exportateur à importateur de pétrole et se voit même incapable d'atteindre son quota de production imposé par l'OPEP. Elle rejoint l'organisation en . Mais elle décide de suspendre son adhésion une nouvelle fois lors de la conférence de l'OPEP le . Le , le Qatar annonce son retrait de l'OPEP au début de 2019. Le janvier 2020, l'Équateur a quitté l'OPEP. Autres pays producteurs non membres de l'OPEP, création de l'OPEP+. Certains importants pays producteurs de pétrole, dont certains sont exportateurs nets, ne sont pas membres de l'OPEP. C'est le cas du Canada, du Soudan, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Norvège, des États-Unis, de la Russie et d'Oman. Mais certains experts estiment que les États-Unis étaient un membre "de facto" de l'OPEP pendant leur occupation de l'Irak. Cela en raison de leur hégémonie de l'autorité provisoire de la Coalition de 2003 à 2004. Mais cela n'a jamais été acté par l'OPEP, aucun représentant des États-Unis n'ayant assisté à titre officiel aux réunions. En 2016, les membres de l’OPEP se sont associés avec dix autres pays producteurs pour limiter leur production : Russie, Mexique, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, Malaisie, Oman, Soudan et Soudan du Sud. Cette alliance est connue désormais sous le nom d’« OPEP+ ». Cette alliance est mise à rude épreuve dans le cadre de la baisse mondiale de demande en pétrole à la suite de la pandémie de Covid-19 au printemps 2020. Voir aussi. Articles relatifs à la géopolitique et au pétrole au Moyen-Orient. Géopolitique régionale : Organisations régionales : Par pays : Pétrole :
Organisation des Nations unies L’Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale regroupant en juin 2022 membres. Elle a été instituée le par la ratification de la Charte des Nations unies signée le par les représentants de . Elle remplace alors la Société des Nations. Les objectifs premiers de l'organisation sont le maintien de la paix et la sécurité internationale. Pour les accomplir, elle promeut la protection des droits de l'homme, la fourniture de l'aide humanitaire, le développement durable et la garantie du droit international et dispose de pouvoirs spécifiques tels que l'établissement de sanctions internationales et l'intervention militaire. La Charte des Nations unies définit six organes principaux : l'Assemblée générale, le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle, la Cour internationale de justice et le Secrétariat. Le système des Nations unies inclut plus largement des programmes, fonds, institutions spécialisées et apparentées. Les six langues officielles de l'ONU sont l'anglais, l'arabe, l'espagnol, le français, le mandarin et le russe. Le Secrétariat des Nations unies ne reconnait que l'anglais et le français comme langue de travail, le Conseil économique et social des Nations unies reconnait l'anglais, l'espagnol et le français, et le reste des organes de l'ONU utilise les six langues officielles. Depuis le , le secrétaire général des Nations unies, nommé par l'Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité, est le Portugais António Guterres. Le siège des Nations unies est à New York et bénéficie du régime d'extraterritorialité. Les membres y sont représentés par un ambassadeur permanent auprès de l'ONU. Histoire. Avant 1945. Avant l'ONU, d'autres organisations internationales ont œuvré pour la paix dans le monde. Les actions de l'Union interparlementaire et du Bureau international de la paix, créés respectivement en 1889 et 1891, ont contribué à l'instauration de la Cour permanente d'arbitrage (tribunal de La Haye) en 1899. Après la Première Guerre mondiale, elles soutiennent la création de l'Organisation internationale du travail et de la Société des Nations. La Société des Nations est fondée le avec la signature du traité de Versailles : son but est de conserver la paix. Elle est active entre 1919 et 1939 (de jure jusqu'en 1946). Mais sa crédibilité est éprouvée par la Seconde Guerre mondiale. Pour pallier cet échec, et afin d'institutionnaliser un nouvel espace de dialogue international, le président américain Franklin Delano Roosevelt souhaite la création d'une nouvelle organisation. Les premières bases de l'architecture internationale d'après-guerre sont posées le avec la signature de la Charte de l'Atlantique par le président des États-Unis et le premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill. Les deux dirigeants « sont convaincus que toutes les nations du monde […] devront finir par renoncer à l'usage de la violence. […] En attendant l'institution d'un système permanent de sécurité générale établi sur des bases plus larges, il est essentiel de désarmer ces nations ». Cette déclaration est complétée en septembre par la signature de neuf États européens occupés ou en guerre contre l'Allemagne nazie, ainsi que par les Forces françaises libres. La Déclaration des Nations unies fut signée le à Washington DC par se battant contre les forces de l'Axe. C'est la première fois que l'expression « Nations unies », dont la paternité est attribuée à Roosevelt, est utilisée ; elle désigne alors l'engagement des signataires à contribuer ensemble à l'effort de guerre et à ne pas signer de paix séparée avec l'Axe. Ce n'est qu'avec les conférences de Moscou et Téhéran que la République de Chine, les États-Unis, l'Union soviétique et le Royaume-Uni reconnaissent formellement « la nécessité d'établir aussitôt que possible, en vue de la paix et de la sécurité internationales, une organisation internationale fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous les États pacifiques ». Les quatre États se rencontrèrent ensuite lors de la conférence de Dumbarton Oaks en 1944 afin d'adopter une proposition de traité. Lors de la conférence de Yalta en février 1945, les « Trois Grands » (États-Unis, Royaume-Uni et Union soviétique) évoquent à nouveau des questions liées à la future organisation (nombre de voix de l'URSS, Conseil de Sécurité…). Pour ne pas reproduire l'échec de la Société des Nations, il fut convenu que la nouvelle organisation devait être structurée autour d'un noyau dur d'États détenant une puissance objective et disposant d'un droit de véto. Finalement, après reconnaissance du gouvernement provisoire de la République française par les alliés, cinq pays considérés comme les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, disposeront du droit de veto : les États-Unis, la France, l'URSS (remplacée par la Russie en 1991), la République de Chine (remplacée par la République populaire de Chine en 1971) et le Royaume-Uni. Le , les États ayant signé la Déclaration des Nations unies et déclaré la guerre à l'Allemagne et au Japon avant sont invités à participer à la conférence de San Francisco, qui a lieu du 25 avril au 25 juin 1945. La rencontre s'achève le avec la signature de la Charte des Nations unies par les cinquante États membres (la Pologne, n'ayant pas à cette date de gouvernement constitué, ne put ratifier le texte). Fondation et premières années. L'ONU a été officiellement fondée à San Francisco le avec la ratification de la Charte des Nations unies. Elle réunit des États pour prévenir les conflits armés et se préserver des violences de la Première et la Seconde Guerres mondiales qui « deux fois en l'espace d'une vie humaine ont infligé à l'humanité d'indicibles souffrances ». Le siège provisoire des Nations unies était situé à Londres ; l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité s'y réunissent pour la première fois en . Le , le Norvégien Trygve Lie devient le premier secrétaire général des Nations unies. La première résolution, adoptée le , est relative à la découverte de l'atome : l'Assemblée générale recommande d'en éliminer l'usage militaire et d'en développer l'usage civil. En 1946, Joachim Hambro, président de l'Assemblée générale de la Société des Nations entre 1939 et 1946 déclare au sujet de l'Organisation des Nations unies : . Joachim Hambro rapporte aussi une déclaration du premier secrétaire de la Société des Nations, Eric Drummond : . La question de la partition de la Palestine mandataire entre Juifs et Arabes fut l'un des premiers dossiers majeurs de l'Organisation. En janvier 1947, le Royaume-Uni, qui assure alors le mandat sur la Palestine, confie aux Nations unies le rôle de définir la mise en place d'un plan de partage, après de vaines tentatives d'y trouver une réponse entre 1945 et 1947. Le transfert du mandat d'administration britannique de la Palestine aux Nations unies donne lieu à la première mission d'observation de l'organisation avec l'envoi du médiateur Folke Bernadotte en Palestine. Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale vote la résolution 181, préconisant le partage de la Palestine mandataire en 3 entités : un État juif, un État arabe, et Jérusalem, placée sous tutelle de l'ONU. Cet évènement, qui marque le début d'une guerre civile en Palestine mandataire, sera suivi de la proclamation de l'État d'Israël et du retrait britannique en mai 1948, marquant le début de la première guerre israélo-arabe. Assassiné pendant le conflit en à Jérusalem, Folke Bernadotte est remplacé par son bras-droit Ralph Bunche. La première guerre israélo-arabe s'achève après la signature d'un cessez-le-feu entre Israël et les États arabes le sous les auspices de Ralph Bunche. La trêve donne lieu à la première opération de maintien de la paix des Nations unies qui est déployée en 1949 avec l'ONUST. Pendant la guerre froide. Dès 1946, la question de l'arme atomique, dont l'utilisation est monopolisée par les États-Unis, fait l'objet de tensions entre Soviétiques et Américains. Staline s'oppose au plan Baruch, un projet proposé aux Nations unies ayant pour but d'attribuer la maîtrise de l'atome à un organisme de l'ONU. Plus tard, l'Union soviétique utilisera pour la première fois son droit de veto dans une décision demandant l'évacuation des troupes soviétiques d'Iran, qui y sont stationnées depuis la guerre. Le début de la guerre civile grecque en 1947 accentue les dissensions au sein du Conseil de sécurité. Les antagonismes entre les États-Unis et l'URSS verrouillent son action. En 1948, le bloc soviétique s'abstient sur le vote de la Déclaration universelle des droits de l'homme et, à partir de 1949, l'ambassadeur soviétique auprès des Nations unies pratique la politique de la chaise vide pour contester la reconnaissance de la Chine nationaliste (gouvernement de Taïwan) au lieu de la Chine communiste (gouvernement de Pékin). Or, le Conseil de Sécurité adopte le une résolution autorisant à soutenir par la force la Corée du Sud contre l'invasion du Nord ; la séance, qui a lieu en l'absence de l'URSS, ouvre la voie à des opérations militaires sans réserves. Cet évènement marque une évolution dans la pratique du droit de véto : l'absence d'un membre permanent du Conseil de sécurité ne bloque pas "" l'adoption d'une résolution, il faut que son ambassadeur vote formellement contre. L'URSS s'est donc rendu compte qu'il était dans son intérêt de siéger au CSNU. En 1952, le siège des Nations unies est déménagé à New York. L'année suivante, le Suédois Dag Hammarskjöld est élu secrétaire général par l'Assemblée Générale : son mandat débute le et s'achève à sa mort le . Son mandat est marqué par une importante évolution des opérations de maintien de la paix avec l'introduction d'instruments coercitifs. En 1956, le déploiement de la Force d'urgence des Nations unies (FUNU) en Égypte pour endiguer la crise du canal de Suez marque ainsi un premier tournant : c'est la première mission d'interposition armée. Dans ce prolongement, le déploiement de l'Opération des Nations unies au Congo (ONUC) est d'une plus grande envergure : sont mobilisés au Congo, contre en Égypte. Le mandat de l'ONUC est le premier à briser le principe de neutralité du maintien de la paix et les Nations unies rencontrent des difficultés tactiques, financières et humaines sur le terrain : du personnel sont tués, dont le secrétaire général. L'expérience est un traumatisme pour l'institution, autant chez les fonctionnaires que les États-membres, et laisse place à une période relativement non-interventionniste jusqu'en 1989. La fin du mandat d'Hammarskjöld est également marquée par la décolonisation et l'élargissement significatif des Nations unies. Le passe ainsi de 82 à membres : sur les entrants, 16 sont des États africains nouvellement indépendants. En tout, entre 1960 et 1970, États-membres rejoignent l'organisation. En pleine guerre froide, ces derniers contribuent largement à fonder le mouvement des non-alignés et le . La composition du Conseil de Sécurité des Nations unies doit s'adapter à ces bouleversement. En 1963, on décide de faire passer le nombre de membres du CSNU de 11 à 15 : 6 sièges pour des membres non-permanents sont créés ; une décision effective à partir de 1966. En 1964, U-Thant supervise le déploiement des casques bleus à Chypre. L'UNFICYP, toujours active, est la plus longue opération de maintien de la paix de l'histoire des Nations unies. En 1965, l'Assemblée générale vote la création du Programme des Nations unies pour le développement et, en 1972, celle du Programme des Nations unies pour l'environnement. Néanmoins, l'ONU est restée pendant très longtemps paralysée durant la guerre froide. Les deux superpuissances, les États-Unis et l'URSS, paralysèrent l'Organisation des Nations unies en usant de leur droit de veto (il fut utilisé en ). Pour tenter de contrer cette paralysie, la résolution Acheson fut adoptée à l'initiative des États-Unis ; elle permettait à l'Assemblée d'émettre des recommandations aux États membres de l'ONU. Cependant, celle-ci ne fut que très peu utilisée en pratique. Après la guerre froide. Le , l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali est élu secrétaire général par l'Assemblée Générale des Nations unies. Son mandat débute le et s'achève le . Pour la première fois de l'histoire onusienne, il invite les chefs d'État et de gouvernement à siéger à la place de leur représentants pour une réunion du Conseil de sécurité le . Ce sommet permet de préparer l'Agenda pour la paix, publié le : il s'agit d'un plan présentant la diplomatie préventive, de rétablissement et de maintien de la paix de l'ONU rénovée. La décennie des est marquée par la fin de la guerre froide et l'éclatement du bloc de l'Est : États membres intègrent l'organisation. Pour endiguer des conflits naissants, des mandats sont votés pour déployer des opérations de maintien de la paix en Yougoslavie, au Rwanda, en Somalie et en Angola. Le , Kofi Annan est élu secrétaire général par l'Assemblée générale. Sous son mandat, les États-membres adoptent les objectifs du millénaire pour le développement et les statuts de la Cour pénale internationale. À l'occasion du Sommet mondial de 2005, les États-membres réaffirment l'importance accordée par l'ONU à la promotion du développement, du maintien de la paix, des droits de l'homme et de la sécurité mondiale. Ils adoptent également le principe de la responsabilité de protéger : elle est mobilisée pour la première fois par le Conseil de sécurité en 2011, pour répondre à la guerre civile libyenne. Le , Ban Ki-Moon est élu secrétaire général par l'Assemblée générale : son mandat débute le et s'achève le . Les objectifs du développement durable sont adoptés en 2015 et succèdent aux objectifs du millénaire pour le développement. Depuis 2012 et l'adhésion du Soudan du Sud, l'ONU compte membres. La même année, la Palestine se voit octroyer le statut d'observateur. Depuis 2017, le secrétaire général des Nations unies est le Portugais António Guterres. En 2017 aussi, les Nations unies ont proclamé une "Année internationale du tourisme durable pour le développement". Objectifs. Quatre objectifs. Alors que la Société des Nations n'était qu'un espace de dialogue où les diplomates pouvaient se rencontrer pour établir des consensus, l'ONU peut, avec le Conseil de sécurité, prendre des décisions concrètes. Celles-ci peuvent déboucher, par exemple, sur l'autorisation d'employer une force armée – les « Casques bleus » – pour maintenir ou rétablir la paix. Selon l' de sa Charte, l'ONU s'efforce d'être un lieu où se construit un avenir meilleur pour tous les êtres humains, et ce à travers quatre objectifs : L'ONU n'est pas un gouvernement mondial et ne légifère donc pas. Cependant, ses résolutions donnent une légitimité aux interventions des États dans le cadre de leur mise en œuvre et sont de plus en plus appliquées dans le droit national et international. Toutes ces actions se pérennisent au travers de la signature de traités ou conventions internationales entre les nations. Garantie du droit international. Le , l'Assemblée générale adopte la déclaration universelle des droits de l'homme. Il ne s'agit pas d'un traité : le texte n'a pas une valeur juridique en soi. Néanmoins, il constitue une source d'inspiration pour la promotion, le développement et l'exercice des droits de l'homme. C'est-à-dire qu'elle a produit des effets politiques. Ainsi, la déclaration a inspiré neuf principaux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme, et dont l'application est surveillée par un comité d'experts onusien : la ratification par un État l'engage à en appliquer les dispositions. Ce bloc est complété par neuf protocoles facultatifs. Développement durable. Sous l'influence du Rapport sur les limites de la croissance et à l'issue de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm en , l'Assemblée générale vote la création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Son siège est à Nairobi au Kenya. En 1983, le Secrétariat général mandate une Commission mondiale sur l’environnement et le développement, présidée par l'ancienne première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland. Son rapport, publié en 1987, définit le développement durable comme la capacité à satisfaire les besoins présents tout en garantissant les besoins futurs : il est caractérisé par une dimension économique, sociale et environnementale. Ces travaux préparent le sommet de la Terre de Rio de 1992 à l'issue duquel les États membres adoptent la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (COP). Le protocole de Kyoto est adopté à la COP3, en 1997, et l'accord de Paris sur le climat est adopté à la COP21, en 2015. Organisation. Organes principaux et institutions. L'Organisation des Nations unies comprend six organes principaux : Le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC) est placé sous l'égide de l'Assemblée générale et a un rôle consultatif concernant les questions de coopération économique et sociale internationales ; deux types de commissions : les Commissions techniques, comme la commission du développement durable ; les Commissions régionales, comme la CEE-ONU, (UNECE), qui participe à des travaux de standardisation comme les spécifications techniques sur le commerce électronique. En plus de ces six organes principaux, l'ONU compte spécialisées. Enfin, elle compte 5 organisations apparentées : L'ensemble forme le système des Nations unies. États membres. Depuis l'adhésion du Monténégro en 2006 et de la République du Soudan du Sud en 2011, l'ONU compte en juin 2022, 193 états sur les 197 qu'elle reconnaît – les quatre États reconnus mais non membres étant la Palestine (depuis le ) et le Vatican (à travers le Saint-Siège) qui ont un statut d'observateur, ainsi que les îles Cook et Nioué. Le Vatican est toutefois le seul État pleinement souverain et reconnu par les Nations unies bien qu'il n'en soit pas membre et il n'existe aucun obstacle à son adhésion si les autorités vaticanes souhaitent un jour rejoindre l'organisation. Certains territoires prétendant à un statut d’État (par exemple Taïwan, Kosovo, etc.) dont certains sont reconnus par un ou plusieurs États membres de l’ONU ne sont pas représentés. Ainsi contrairement à la dénomination "Nations unies", c'est le statut d’État majoritairement reconnu et non de Nation qui permet l'accès à l’ONU. Langues officielles. Il existe six langues officielles utilisées par l'Organisation des Nations unies. Il s'agit de l'anglais, de l'arabe, du chinois (mandarin), de l'espagnol, du français et du russe. Ces langues sont utilisées lors des réunions des différents organes de l'ONU, en particulier à l'Assemblée générale ( de son règlement intérieur) et au Conseil de sécurité. Les six langues officielles servent également à la diffusion de documents officiels. Tant que les documents ne sont pas disponibles dans les six langues officielles, ils ne sont pas publiés. Cependant, le Secrétariat des Nations unies n'utilise que deux langues de travail : l'anglais et le français. Financement. Le financement de l'Organisation des Nations unies et de ses agences spécialisées est assuré par trois types d'instruments : Le budget ordinaire des Nations unies (environ d'euros en 2013-2014), est établi tous les deux ans, sur les contributions obligatoires fixées par l'Assemblée générale. À la demande des États-Unis, le niveau maximum de la plus grosse contribution a été fixé à 22 % (le seuil minimal est quant à lui 0,001 % du budget global). Tous les trois ans, le barème des contributions est révisé par l'Assemblée générale. Depuis plusieurs années les Nations unies connaissent des problèmes financiers. Ils sont principalement dus aux arriérés de paiement des États membres parmi lesquels le plus grand débiteur est les États-Unis avec 61 % du total en 1999. Les contributions obligatoires ne sont pas toujours remplies à temps par les autres États membres. Seuls sur 192 l'ont fait en . L'ONU étant de plus en plus souvent engagée dans des opérations de maintien de la paix dans le monde (objectifs qui n'étaient pas formellement prévus dans sa Charte), cela a un impact important sur son budget en raison du coût élevé de ces interventions. Néanmoins il s'agit d'un budget séparé du budget ordinaire. Dans ce domaine également les États-Unis partagent 62 % de la dette avec un autre pays. Cet état de fait a été évoqué dans un bulletin de session du sénat belge en 1998 ainsi que dans la section « affaires étrangères » d'un projet de loi de finances du sénat français en 2001. De nombreux États souhaitent une réforme en profondeur des Nations unies. Barème des quote-part de contributions au budget ordinaire. Selon le barème 2013-2015, les principaux contributeurs sont : les États-Unis (22 %), le Japon (10,833 %), la France (8,593 %), l'Allemagne (7,1741 %), le Royaume-Uni (5,179 %), la république populaire de Chine (5,148 %), l'Italie (4,448 %), le Canada (2,984 %), l'Espagne (2,973 %) et le Brésil (2,934 %). Selon le barème 2016-2018, adopté par la résolution 70/245 de l'Assemblée générale, les principaux États contributeurs sont : les États-Unis (22 %), le Japon (9,68 %), la république populaire de Chine (7,921 %), l'Allemagne (6,389 %), la France (4,859 %), le Royaume-Uni (4,463 %), le Brésil (3,823 %), la fédération de Russie (3,088 %), le Canada (2,921 %) et l'Australie (2,337 %). Siège. Le siège des Nations unies est à New York et bénéficie du régime d'extraterritorialité. C'est-à-dire que, par exemple, aucun membre de la sécurité américaine ne peut y entrer sans la permission du secrétaire général. À la demande des parlementaires américains, il fut construit à New York le long de l' sur un terrain acquis grâce à une donation de John Davison Rockefeller Junior. Il a été inauguré le . Cinq des six organes principaux de l'ONU sont situés à New York : seule la Cour internationale de justice (CIJ) siège à La Haye aux Pays-Bas. Il existe trois sièges subsidiaires des Nations unies à Genève (ouvert en 1946), Vienne (ouvert en 1980) et Nairobi (ouvert en 1996). De nombreuses agences importantes des Nations unies ont leur siège à Genève, siège européen de l'ONU qui a hérité du siège de l'ancienne Société des Nations (SDN), où se déroulent toujours deux tiers des activités du système des Nations unies : À Berne, en Suisse, se trouve l'Union postale universelle (UPU). D'autres agences sont situées ailleurs dans le monde, dont : Analyses. Dans son ouvrage "", l'historien anglais Mark Mazower soutient que les Nations unies, comme la Société des Nations avant elle, ne sont pas sorties d'une vision libérale immaculée des droits universels, mais sont plutôt une manifestation de « l'internationalisme impérial » de l'époque victorienne, une extension organisationnelle et idéologique de l'Empire britannique. Il prend pour exemples notamment Jan Smuts, l'homme politique sud-africain, qu'il décrit comme un partisan de la supériorité raciale blanche, et Sir Alfred Zimmern, la principale voix britannique de l'internationalisme libéral. Tous deux appartenaient à un groupe plus large d'élites qui tentaient de « consolider un ordre mondial libéral compatible avec l'empire et l'hégémonie anglo-américaine ». Selon Mazower, Smuts croyait que la ligue assurerait « le blanc du monde », agirait comme un instrument pour une « mission civilisatrice mondiale » et soutiendrait le leadership impérial britannique. Néanmoins, le fait de s'appuyer sur d'anciennes figures de l'époque de la Société des Nations signifie, pour G. John Ikenberry, passer à côté de l'évolution de l'ONU alors que les rébellions coloniales des ont transformé l'Assemblée générale en la voix du « Sud global ». D'autres participants aux origines des Nations unies étaient mus par des buts différents, la Charte des Nations unies a finalement affirmé l'égalité raciale et des aspirations similaires ont été énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Critiques. L'organisation s'est montrée largement impuissante lors de drames récents : échec de la prévention et de la protection en 1994 lors du terrible Génocide des Tutsis au Rwanda qui s'est soldé par , incapacité également de prévenir et d'arrêter les conflits en ex-Yougoslavie de 1991 à 1995, en particulier d'assurer la protection des enclaves musulmanes de Bosnie-Herzégovine. Le Massacre de Srebrenica (), pour lequel la qualification de Génocide est en débat, s'est déroulé dans l'incapacité des 400 Casques bleus néerlandais d'intervenir. Après l'invasion américaine de l'Irak, les demandes pour une réforme en profondeur de son fonctionnement deviennent de plus en plus pressantes, notamment les demandes concernant le fonctionnement du Conseil de sécurité avec l'arrivée de nouveaux membres permanents et l'extension de son domaine de compétence. Durant son mandat, le secrétaire général Kofi Annan a commandé de nombreuses études sur les voies à suivre pour réformer l'organisation. Mais, par manque de consensus au sein des membres permanents du Conseil de sécurité, elles sont restées lettre morte. Le , lors du sommet annuel auquel participèrent près de d'État et de gouvernement au siège à New York, des réformes mineures furent adoptées : la création d'une Commission de consolidation de la paix pour fournir un mécanisme aidant les pays en guerre à sortir d'un conflit, la création d'une responsabilité de protéger les populations contre les génocides, les crimes de guerre, les nettoyages ethniques et les crimes contre l’humanité, la création d'un Conseil des droits de l'homme des Nations unies en parallèle de la Commission des droits de l'homme des Nations unies (discréditée depuis longtemps par la présence en son sein de pays violant ces mêmes droits)refsou, la dissolution du Conseil de tutelle des Nations unies (qui n'a cependant toujours pas eu lieu en 2020), une condamnation « claire et sans ambiguïté » du terrorisme et des engagements financiers. Le , le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a proposé, dans un rapport à l'Assemblée générale, aux États membres une vaste réforme de l'administration de l'ONU, attendue par les dirigeants mondiaux après que l'Organisation eut été secouée par une série de scandales. a présenté une série de mesures allant de la délocalisation de certains services au renforcement du système de passation des marchés. Celui-ci a été ces dernières années mis à mal par le scandale du programme « pétrole contre nourriture » de l'ONU en Irak et lorsqu'une enquête interne a découvert des pratiques contestables dans le secteur du maintien de la paix, ayant occasionné des dizaines de millions de dollars de pertes pour l'Organisation. Intitulé « Investir dans l'Organisation des Nations unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale », ce rapport de 48 pages reconnaît l'inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l'ONU est censée relever chaque jour, après sa création. Il souligne l'augmentation vertigineuse, depuis la fin de la guerre froide, des activités de terrain de l'ONU, notamment des opérations de maintien de la paix, qui représentent plus de 50 % des dépenses totales de l'ONU (en 2004-2005), soit presque de 10 milliards de dollars américains (près de trois fois le budget ordinaire), sans tenir compte des agences onusiennes (Unicef, PAM, PNUD…), qui ont leur propre budget. propose de « refondre complètement l'ensemble du secrétariat, ses règles, sa structure, ses rouages, pour qu'il soit mieux adapté aux réalités d'aujourd'hui » et de « remettre entièrement à neuf » l'ensemble de l'organisation. En 2010, lorsqu'un séisme provoqua un désastre humanitaire à Haïti, l'ONU s'est montrée incapable de coordonner l'aide rapidement, c'est finalement l'armée américaine qui jouera un rôle clé. L'organisation internationale avait été dépassée à peine un mois auparavant lors de la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques, les États-Unis et la Chine avaient alors conclu des accords seuls. L'ONU est très souvent critiquée pour son inaction, certains conflits se produisant sans aucune intervention de sa part. Dans une interview menée par ARTE, la journaliste Celhia de Lavarène, ancienne employée de l'organisation, dénonce les raisons de cet immobilisme, parmi lesquelles les nominations de personnes non compétentes et les copinages avec des pays enfreignant les droits de l'homme. D'après la spécialiste en relations internationales Anne-Cécile Robert, les principes fondateurs des Nations unies sont violés par des pays siégeant au conseil de sécurité de l'ONU, notamment dans les cas de la Yougoslavie, de l'Irak et de la Libye. Espionnage. En 2009, d'après des câbles émanant du département d’État révélés par Wikileaks, les États-Unis ont massivement collecté des informations relatives à des diplomates de l'ONU, en particulier nord-coréens, cubains et syriens : courriers électroniques, mots de passe Internet et intranet, numéros de cartes bancaires, numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes, plannings de travail, empreintes digitales, portraits, ADN, scanners de l'iris, etc. Hommages. Sept institutions des Nations unies et l'organisation elle-même ont reçu le prix Nobel de la paix, l'obtenant au total neuf fois : le HCNUR en 1954 et en 1981, l'Unicef en 1965, l'OIT en 1969, la Force de maintien de la paix en 1988, l'ONU elle-même et son secrétaire général Kofi Annan en 2001, l'AIEA en 2005, le GIEC en 2007, et le PAM en 2020. Kofi Annan et le personnel des Nations unies ont également reçu le prix Sakharov en 2003. La Journée des Nations unies est célébrée par l'Assemblée générale chaque , jour anniversaire de l'entrée en vigueur de la Charte des Nations unies en 1945. L'astéroïde est nommé d'après l'Organisation des Nations unies.
OGM
Olifant L'olifant (anciennement « oliphant ») est un instrument de musique à vent de la famille des cuivres, bien qu'il ne soit pas généralement métallique. Présentation. C'est un instrument ancien à embouchure parfois fabriqué à partir d'une défense d'éléphant (d'où son nom) garnie de viroles de métal pour le suspendre, mais plus fréquemment à partir d'une corne de bovidé voire en métal. Ne pouvant émettre qu'un seul son, l'olifant ne servit que pour les communications. C'était un de guerre et de chasse, il servait à donner des signaux, à rallier les troupes, à annoncer l'approche d'un ennemi. L'olifant était donc un instrument que portaient les chefs, ou un homme qui les suivait (comme les "radios" modernes suivent le lieutenant) et qu'ils embouchaient à la guerre, pour réunir leur monde, ou pour prévenir de leur approche. Le guetteur du château n'a qu'un cor, pour donner des signaux ; l'olifant était la trompe du noble, du seigneur ayant des barons sous ses ordres. Dans la légende de Roland son cor est un olifant. Lorsqu'il combat dans les défilés de Roncevaux, qu'il voit ses compagnons morts pour la plupart, il met alors l'olifant à sa bouche. Le héros tient à son olifant autant qu'à son épée ; lorsqu'il sent la mort venir, ne pouvant briser Durandal, il met son cor en pièces, puis se couche sous un pin pour mourir. L'olifant était alors une marque distinctive de commandement, de dignité, que les grands, seuls, portaient à la guerre, et il était déshonorant de laisser prendre cet instrument considéré comme noble. Sur l'un des corbeaux de l'une des portes de la façade de l'église abbatiale de Vézelay, un ange qui annonce la naissance du Sauveur porte un olifant en bandoulière. Ce cor est façonné à pans. Les olifants d'ivoire étaient souvent richement sculptés ; des collections publiques et privées en conservent un certain nombre d'une époque très ancienne (du au ), sur lesquels sont figurés en bas-reliefs des chasses, des animaux réels ou fantastiques. La plupart de ces objets ont été plusieurs fois gravés ; ils affectent tous la même forme, imposée d'ailleurs par la courbure de la défense d'éléphant.
OpenGL OpenGL (') est un ensemble normalisé de fonctions de calcul d'images 2D ou 3D lancé par Silicon Graphics en 1992. Cette interface de programmation est disponible sur de nombreuses plateformes où elle est utilisée pour des applications qui vont du jeu vidéo jusqu'à la CAO en passant par la modélisation. OpenGL permet à un programme de déclarer la géométrie d'objets sous forme de points, de vecteurs, de polygones, de bitmaps et de textures. OpenGL effectue ensuite des calculs de projection en vue de déterminer l'image à l'écran, en tenant compte de la distance, de l'orientation, des ombres, de la transparence et du cadrage. L'interface regroupe environ différentes qui peuvent être utilisées pour afficher des scènes tridimensionnelles complexes à partir de simples primitives géométriques. Du fait de son ouverture, de sa souplesse d'utilisation et de sa disponibilité sur toutes les plates-formes, elle est utilisée par la majorité des applications scientifiques, industrielles ou artistiques 3D et certaines applications 2D vectorielles. Cette bibliothèque est également utilisée dans l'industrie du jeu vidéo où elle est souvent en rivalité avec la bibliothèque de Microsoft : Direct3D. Une version nommée OpenGL ES a été conçue spécifiquement pour les applications embarquées (téléphones portables, agenda de poche, consoles de jeux…). Histoire. OpenGL est une évolution d'IrisGL, API 3D développée par Silicon Graphics (SGI). Cette dernière étant difficile à faire évoluer et à étendre, il a été décidé chez Silicon Graphics qu'OpenGL pouvait être assimilé à un sur-ensemble d'IrisGL. Les spécifications et développements de base ont été réalisés par une équipe de Silicon Graphics. Le projet Fahrenheit, initiative de Microsoft et de Silicon Graphics, tenta d'unifier les interfaces OpenGL et Direct3D. Celui-ci apporta au début l'espoir de mettre de l'ordre dans le monde des API 3D, mais pour des contraintes financières de la part de Silicon Graphics, le projet dut être abandonné. La spécification OpenGL est actuellement surveillée par l'Architecture Review Board (ARB), formé en 1992. L'ARB se compose d'entreprises ayant un profond intérêt pour la création d'une API cohérente et largement disponible. Selon le site officiel d'OpenGL, AMD/ATI, Apple, Dell, Evans & Sutherland, Hewlett-Packard, IBM, Intel, Matrox, Nvidia, SGI et Sun font partie des membres votants (juin 2002). Microsoft, l'un des membres fondateurs, s'est retiré en . OpenGL 1.5. Le est annoncé OpenGL 1.5. Au même moment, ARB annonce les spécifications d'une première ébauche de l"'OpenGL Shading Language" ainsi que les trois extensions "ARB_shader_objects", "ARB_vertex_shader" et "ARB_fragment_shader". OpenGL 2.0. Le est annoncé OpenGL 2.0. l'OpenGL Shading Language ("GLSL", également surnommé "GLslang") à la syntaxe proche du langage C y est intégré dans une version définitive. OpenGL ES. Le lors de la conférence de la Siggraph, l'ARB a annoncé sa décision de transférer le contrôle de la spécification OpenGL au Khronos Group, qui s'occupait déjà de différentes spécifications OpenGL pour les systèmes embarqués et les consoles de jeux vidéo dont OpenGL ES. L'Architecture Review Board a été dissoute le , mais pour des raisons historiques, le sigle « ARB » a été conservé. OpenGL 3.0. Les spécifications officielles de OpenGL 3.0 ont été présentées le 11 août 2008. À l'origine, OpenGL 3 devait constituer un changement majeur, avec une refonte totale de l'API pour la rendre plus concurrentielle face à Direct3D. Il était notamment question d'abandonner les fonctionnalités obsolètes qui n'étaient, jusque-là, conservées que par souci de compatibilité avec les anciennes versions, l'utilisation d'un nouveau modèle objet plus cohérent qui encapsule notamment les états, etc. Cependant, après un an de retard et une absence totale de communication de la part du groupe Khronos, cette refonte totale a été abandonnée au profit d'une mise à jour incrémentale permettant simplement de prendre en charge les dernières technologies graphiques. Cette décision serait due à la volonté de rassurer certains marchés, par exemple en CAO, qui ne souhaitaient pas voir disparaître ces anciennes fonctionnalités. Malgré tout, les fonctions obsolètes seront marquées « "deprecated" » dans les nouvelles spécifications, et pourraient être supprimées dans les versions futures. OpenGL 3.1. Les spécifications d'OpenGL 3.1 ont été publiées le 28 mai 2009. Il supprime toutes les fonctionnalités qui étaient déclarées obsolètes dans OpenGL 3.0. OpenGL 3.2. Les spécifications d'OpenGL 3.2 ont été publiées le 3 août 2009. Les spécifications sont divisées, en 2 ; "profil principal" () et "profil compatible" (). Sa sortie est accompagnée de la sortie des spécifications du langage de shaders GLSL 1.50. OpenGL 3.3. Les spécifications d'OpenGL 3.3 ont été publiées le 11 mars 2010, ce sont les dernières spécifications de la série 3.3. Comme pour OpenGL 3.2, il y a un "profile principal" et un "profil compatible". Cette version est souvent utilisée comme version charnière à atteindre avant un portage d'un logiciel d'OpenGL à Vulkan. OpenGL 4.0. Le , OpenGL 4.0 est annoncé, il a pour but d'exploiter pleinement le matériel compatible avec DirectX 11. Au même moment OpenGL 3.3 est également annoncé. Vulkan. Au début annoncé sous l’appellation "", "Vulkan" revoit d'importants concepts d'OpenGL afin de s'adapter aux 25 ans d'évolution des processeurs graphiques 3D depuis la première version. La compatibilité avec les anciennes versions n'est plus assurée. Les changements les plus notables sont : Extensions. La norme OpenGL permet à différents fabricants d'ajouter de nouvelles fonctionnalités sous forme d"'extensions". Une extension est distribuée en 2 parties : un fichier d'en-têtes qui contient les fonctions prototypes de l'extension et les drivers du fabricant. Chacun d'eux possède une abréviation qui est utilisée pour nommer leurs nouvelles fonctions et constantes. Par exemple, l'abréviation de nVidia (« NV ») est utilisée pour définir leur fonction propriétaire « glCombinerParameterfvNV() » et leur constante « GL_NORMAL_MAP_NV ». Il peut arriver que plus d'un fabricant implémente la même fonctionnalité. Dans ce cas, l'abréviation « EXT » est utilisée. Il peut également arriver que l'ARB officialise une extension. Celle-ci devient alors un standard et l'abréviation « ARB » est utilisée. La première extension ARB fut GL_ARB_multitexture. Bibliothèques. Plusieurs bibliothèques sont développées à partir d'OpenGL afin d'apporter des fonctionnalités qui ne sont pas disponibles dans la bibliothèque OpenGL elle-même : On notera en particulier la bibliothèque OpenGL Performer, développée par et disponible pour IRIX, Linux et quelques versions de Windows, qui permet la création d'applications de rendu en temps réel. Exemple simple de programme OpenGL. Voici un programme simple, en 2D, dessinant un triangle et permettant de modifier instantanément sa couleur en pressant l'une des touches r, g, b et celle du fond avec R, G, B. La touche q quitte le programme. Celui-ci, qui utilise GLUT pour simplifier la programmation (penser à l'installer par Synaptic ou autre), est compilé et exécuté, sous Linux ou WSL sous Windows 10, parcodice_1. Les bibliothèques OpenGL sont à installer depuis les dépôts de votre distribution particulière. L'objectif du code est ici la lisibilité et non la performance. Ce programme est en OpenGL "classique". Les version d'OpenGL supérieures à la 3.1 ("modern OpenGL") permettent une programmation plus concise, bien qu'un peu plus complexe conceptuellement (utilisation obligatoire de "shaders"). * colorswap.c - Options -lglut -lGL -lGLU : * cc colorswap.c -lglut -lGL -lGLU && ./a.out * Donnez le focus à la fenêtre, puis pressez : * R G B ou Y pour couleur du fond * r g b ou y pour celle de l'encre * q pour quitter. * Programme écrit sous OpenSuSE avec Geany sous * Sony Satellite G50 bootant Linux d'un SSD USB3 * en inhibant le secure boot et en donnant la * priorité de boot à l'USB. int firstPass = 1; // simule le « once » d'Eiffel // Fonction associée (« callback ») à la fenêtre. // Elle redessine tout quand on redimensionne. void Rafraichir(void) glClear(GL_COLOR_BUFFER_BIT); // Effacer la surface graphique if (firstPass) { glColor3f(0, 0, 1.0); // Encre bleue au départ firstPass = 0; // Dessiner un triangle glBegin(GL_POLYGON); // Commencer un polygone glVertex2i(100, 100); // Coordonnées des trois points glVertex2i(400, 100); glVertex2i(250, 400); glEnd(); // Fermer le polygone glFlush(); // Dessiner le polygone // Action sur frappe d'une touche au clavier void Clavier(unsigned char key, int x, int y) switch(key) { case 'q' : exit(0); // q => « quitter » case 'R' : glClearColor(1, 0, 0, 0); break; // R G B : couleur fond case 'G' : glClearColor(0, 1, 0, 0); break; case 'B' : glClearColor(0, 0, 1, 0); break; case 'Y' : glClearColor(1, 1, 0, 0); break; // Y : jaune case 'r' : glColor3f(1, 0, 0); break; // r g b : couleur encre case 'g' : glColor3f(0, 1, 0); break; case 'b' : glColor3f(0, 0, 1); break; case 'y' : glColor3f(1, 1, 0); break; // y ; jaune Rafraichir(); // Affichage int main(int argc, char *argv[]) int win; // Identificateur de fenêtre (une seule) glutInit(&argc, argv); // initialise GLUT glutInitDisplayMode(GLUT_RGB); // On travaille en RGB glutInitWindowSize(500,400); // 500px large, 400px haut win = glutCreateWindow("Pressez r/g/b/y/R/G/B/Y/q"); // Ordres maintenant exécutés dans la fenêtre « win » glClearColor(0.9, 0.9, 0.2, 0); // Jaune gluOrtho2D(0,600,0,600); // On garde ces coordonnées glutDisplayFunc(Rafraichir); // Callback de la fenêtre glutKeyboardFunc(Clavier); // Callback du clavier glutMainLoop(); // Boucle infinie /* Le programme n'atteint jamais ce point */ return 0; Implémentations. Plusieurs implémentations d'OpenGL (exploitant l'accélération 3D fournie par le matériel) existent pour Windows, de nombreuses stations Unix et Mac OS. Ces implémentations sont généralement fournies par les constructeurs de matériels graphiques et y sont étroitement liées. Il existe une implémentation libre de cette bibliothèque, nommée Mesa, créée en 1993 par Brian Paul et utilisant la même API, ce qui permettait : Intérêt d'OpenGL pour Silicon Graphics. a eu pour politique de mettre à chaque fois dans le domaine public l'avant-dernière version de GL, bibliothèque graphique de GL. Cette approche : Utilisations. Certains logiciels utilisent OpenGL pour gérer l'ensemble de leur interface, même 2D, comme Blender, Google Earth (version OpenGL), GLtron, XBMC, ou la version SGI de X11. Critiques. Rich Geldreich et Joshua Barczak, sur leur blogs personnels, critiquent OpenGL. Leurs doléances suggérant d'un côté le besoin d'une remise à plat totale à la lumière de l'expérience acquise, de l'autre le besoin de mieux maîtriser la dispersion des portages. Il s'agit cependant d'utilisateurs à haute technicité devant utiliser les fonctions les plus avancées des cartes graphiques de 2014.
Oupouaout Oup(y)-ouaout ou Oupouaout, dont le nom signifie « Celui qui ouvre les chemins », est, dans la mythologie égyptienne, le dieu tutélaire de la ville d'Assiout (Saout), capitale du de Haute-Égypte. On le représente le plus souvent en tête des cortèges d'enseignes car en tant que dieu « éclaireur » il a pour fonction principale d'écarter symboliquement toute force hostile sur le chemin des processions royales ou divines. Il est associé à la protection de la personne royale puis à celle de la « Terre Sacrée » de la ville sainte d'Abydos et donc aux dieux canidés gardiens des lieux Khenty-Imentiou et Anubis. Son nom d'origine est vraisemblablement Sed(y) signifiant « Celui à la queue », caractéristique physique la plus remarquable de l'animal lui conférant sa silhouette particulière et aussi allusion à l'utilisation de la queue du canidé dans le costume de chasse aux époques préhistorique et prédynastique. Oupouaout devient parfois Oupouaout-Rê, lorsqu'il remplit le rôle de Rê dans un lieu ou d'une manière particulière. Il est parfois aussi représenté dans la barque solaire, ayant les fonctions de Rê. Oupouaout-Rê s'écrit, en hiéroglyphe, de la même manière qu'Oupouaout mais en rajoutant le disque solaire, symbole du dieu soleil. Plus de six-cents stèles votives lui sont dédiées. Elles ont été découvertes dans la tombe de Salakhana à Lycopolis et elles dateraient du Nouvel Empire. Oupouaout aurait comme père Anubis et plus tard Osiris et Isis comme parent mais parfois on lui attribut aussi Seth et Nephtys. Il serait, également, le frère d'Horus l'Enfant et d'Anubis. Iconographie. Oupouaout est figuré sous l'aspect d'un canidé dont les dernières études génétiques tendent à prouver qu'il s'agit d'un loup gris. Les anciens grecs hellénisèrent ainsi le nom d'Assiout en Lycopolis, « La ville du Loup ». Le dieu présente les mêmes caractéristiques extérieures qu'Anubis mais est représenté debout sur ses pattes, alors qu'Anubis est plutôt figuré couché. L'animal est donc dressé, les pattes jointes, sur son pavois constitué lui-même d'une planchette étayée par une traverse oblique reliée à un mât porté à bout de bras. Ce pavois est orné à l'avant d'un renflement épais (le "shedshed") et/ou d'un uræus. Sur certaines représentations ornant le cintre des stèles votives d'Abydos au Moyen Empire, Oupouaout est figuré couché sur son pavois, à l'instar d'Anubis. Quant aux représentations anthropomorphes, elles sont beaucoup plus rares et postérieures aux premières dynasties. Le dieu y conserve presque toujours sa tête de canidé. La personnalité d'Oupouaout est scindée en deux : un Oupouaout de la Haute-Égypte, un autre de la Basse-Égypte ; il est aussi de ce fait appelé « Ouvreur du Double pays » et représente l'unification de la Haute et Basse-Égypte. Une parèdre lui est parfois adjointe, simple féminisation de son nom Oupet-ouaout : « Celle qui ouvre les chemins ». Elle ne joue aucun rôle significatif en dehors de celui, nécessaire, du complément féminin du dieu. Premier symbole des ancêtres royaux. Il figure parmi les plus anciennes divinités étendards représentées sur les objets cultuels prédynastiques (palettes, plaquettes et sceaux). Son enseigne, souvent dédoublée en celle de l'Oupouaout de Haute-Égypte et celle de l'Oupouaout de Basse-Égypte, selon la dichotomie habituelle chez les anciens Égyptiens pour décrire leur pays, se trouve en tête du cortège d'enseignes divines nommées "Suivants d'Horus" (Shemsou-Hor) et désignant les antiques successeurs d'un prestigieux roi Horus () dont le nom servit à fonder la titulature des pharaons (premier nom de la titulature qui en comprendra cinq). Oupouaout fut ainsi associé à la notion d'ancestralité royale. On le voit fréquemment présider le double cortège des "Âmes de Nekhen", divinités anthropomorphes à tête de pseudo chacal symbolisant les antiques rois du royaume préhistorique de Haute-Égypte, et des "Âmes de Bouto", divinités symétriques aux premières, à tête de faucon et incarnant les ancêtres royaux de la Basse-Égypte. Ce double cortège divin est figuré en train d'encadrer et d'acclamer le pharaon intronisé sur le double kiosque de la fête-Sed dans une sorte de rite de consécration monarchique. Fêtes en l'honneur d'Oupouaout. Une « Sortie d'Oupouaout » (ou « Première Sortie ») est attestée à Abydos probablement le jour du mois de Thout ou de Khoiak lors de la saison Akhet. Oupouaout serait alors dressé sur son pavois devant la barque "nechmet" de son père Osiris et repousserait les attaques du dieu Seth. Et pendant le , il se passerait une procession où Oupouaout partait de Lycopolis et allait jusqu'à Anubis de Ro-Qereret (la nécropole de cette même ville). Oupouaout, premier dieu tutélaire de la royauté ? De récentes découvertes dans des sites préhistoriques égyptiens semblent confirmer la prépondérance du modèle d'organisation des lycaons pour les sociétés tribales de la période néolithique. Les premiers habitants de la vallée du Nil furent sans doute frappés par les mœurs grégaires de ces canidés sauvages organisés en bandes fortement structurées et par leur tempérament commensal de l'homme, à une époque où les groupes humains s'organisaient et se hiérarchisaient, faisant émerger la notion de chefferie. À l'état sauvage, ces canidés, assimilables aux chacals, pratiquent dans la savane une technique de chasse conjuguée collective, rabattant le gibier vers les lionnes afin de se partager les restes du festin laissé par ces dernières. Cette particularité suscita probablement l'intérêt croissant des groupes de chasseurs avec lesquels ils partageaient le même territoire de chasse. On peut imaginer qu'ils suivirent les chasseurs nomades dans leurs pérégrinations, rabattant pour eux le gibier tant convoité et se contentant des carcasses laissées près des foyers. Petit à petit la collaboration distante fit place à un rapprochement de plus en plus étroit et sans doute consenti, amorçant un processus de domestication non prédatrice (la consommation de la viande de canidé se limitant, pour l'Ancien Empire à celle des hyènes). C'est sans doute cette spécificité qui fit de ce pseudo chacal le premier auxiliaire cynégétique de l'homme et l'emblème archaïque de la chefferie puis du pouvoir royal lui-même. À la période préhistorique où la survie des clans dépendait étroitement du produit de la chasse, cet auxiliaire canin fut progressivement associé à la personne et à la fonction du chef, chasseur émérite par nature. L'enseigne d'Oupouaout et ses attributs cynégétiques en sont peut-être la codification matérielle protohistorique puis historique. Sur un bas-relief fragmentaire provenant du complexe funéraire du pharaon Niouserrê à Abou Ghorab (Ancien Empire, ), certains ritualistes sont coiffés de dépouilles de canidés. Ce costume tout à fait inhabituel, constituant un exemple unique dans tout le fond iconographique de la Fête-Sed, est sans doute la survivance matérielle d'un antique rituel préhistorique associant la force potentielle du canidé avec la personne physique du chef de chasse, futur pharaon. Cet élément confirme l'archaïsme du rituel jubilaire. En effet, à la période historique, le canidé ne figure jamais comme victime sacrificielle, en Égypte mais aussi sur tout le continent africain où le sacrifice d'un chien est tabou sinon exceptionnellement motivé et jamais à des fins alimentaires. De nombreux indices renforcent l'hypothèse selon laquelle un très ancien chien de chasse divinisé, peut-être nommé Sed, fut à l'origine de la future Fête-Sed des temps protohistoriques et historiques, à une époque reculée où celle-ci s'apparentait à une chasse de qualification destinée à désigner le nouveau et jeune chef de la tribu. Après avoir sacrifié et inhumé l'ancien chef, devenu trop âgé et dont le vieillissement compromettait symboliquement la pérennité du clan -le corps du chef, puis du pharaon, étant symboliquement identifié à l'ensemble du territoire- on désignait ainsi son jeune remplaçant. L'enseigne du dieu est très fréquemment associée à une autre qu'elle surmonte, plus petite et plus mystérieuse, que l'on attribue généralement au dieu de la lune, Khonsou, par analogie au nom donné à cette enseigne, « Khenes » avec le nom « Khonsou ». Elle représente une sorte de sac (?) ou d'outre (?) à double renflement ou, plus vraisemblablement un placenta humain très stylisé, si l'on se réfère à l'étymologie supposée du nom de Khonsou. Les égyptiens considéraient le placenta comme le jumeau mort-né de chaque humain. Il était l'objet d'un culte funéraire royal dès l'époque des pyramides (voir le rôle supposé des pyramides "satellites"). L'astre lunaire étant lui-même le double nocturne mort-né du Soleil, l'enseigne en question (pseudo placenta/emblème de Khonsou) devrait être interprétée comme un symbole de régénération gestative ou latente, fort utile pour la Fête-Sed destinée au renouvellement du corps royal à laquelle préside notre dieu étendard Sed-Oupouaout. Anubis, l'autre grand dieu « chacal » est lui aussi associé à un très archaïque fétiche gestatif, l'Imy-ut, sorte de peau (de canidé ?) acéphale cousue contre une hampe et ornée. Le glissement sémantique de l'enseigne d'Oupouaout vers une signification funéraire/régénérative procède vraisemblablement de cette proximité avec l'enseigne du pseudo placenta, au point que celle-ci devient un attribut du dieu, au même titre que les antiques armes de chasse évoquées ci-dessus. C'est ainsi qu'Oupouaout put prendre place parmi les dieux d'Abydos, ville sainte du dieu Osiris. Oupouaout y est très fréquemment représenté sur les cintres des stèles ornant les chapelles votives du Moyen Empire et cité dans l'énumération des divinités invoquées par les prières qui y sont inscrites. Son rôle recouvre là encore une symbolique territoriale, Oupouaout étant chargé de protéger « La Terre Sacrée » (ta-djéser), en compagnie de son comparse Anubis, avec lequel il partage l'apparence de pseudo-chacal et auquel il s'assimile au cours des âges. Cette assimilation fut facilitée par le fait que le dieu tutélaire primitif d'Abydos était lui-même un pseudo chacal Khenty-imentiou « Celui qui est à la tête des Occidentaux (= des défunts) ». À l'aube de la période historique (-3200), le nom de Sed fut remplacé par l'épithète principale du dieu étendard en tête des processions d'enseignes divines : Oup(y)-ouaout « Celui qui ouvre les chemins ». Le nom de Sed subsista uniquement pour désigner le rituel jubilaire tout entier. Dès lors, on comprend mieux pourquoi Oupouaout demeura pendant toute l'histoire de l'Égypte pharaonique le principal ordonnateur divin de la Fête-Sed, elle-même originellement chasse de qualification symbolique ritualisée et enrichie d'apports théologiques complexes au fil des siècles, au fur et à mesure que la fonction royale se complexifiait, rendant de plus en plus opaque l'origine préhistorique du rituel et rigidifiant le rôle d'Oupouaout au point de le reléguer au rang de simple étendard exhibé en tête des processions y compris en dehors de la Fête-Sed. Oupouaout, gardien de la personne royale par la prime fonction cynégétique -donc terrienne- du chef de clan, fut détrôné, à partir de la période thinite par des divinités plus sophistiquées, tel Horus, plus en harmonie avec une conception désormais céleste et universelle de la souveraineté. Mais la Fête-Sed conserva toujours la mémoire du dieu Oupouaout, en tant que divinité royale protectrice de la personne du pharaon de tout premier plan, jusqu'à la fin du paganisme, les bas-reliefs ptolémaïques en faisant foi. Par parenté de fonction entre la chasse et la guerre, apanage aristocratique, Oupouaout devint également un auxiliaire royal guerrier. Son enseigne, en tête des cortèges militaires, ouvre souvent la voie au pharaon partant guerroyer pour la gloire de l'Égypte. Assiout, dont il était le dieu tutélaire, a longtemps eu un rôle stratégique en Moyenne-Égypte. Elle était une ville de garnison, comme en témoignent le contenu des tombes qui y furent mises au jour ainsi que les inscriptions du nomarque Hâpydjéfaï () qui commandait également la garnison nubienne de Kerma. Rôle d'Oupouaout dans la Fête-Sed. Associé originellement à la fonction cynégétique royale, notamment dans les textes des pyramides sous le nom de "Sed" (litt. "celui de la queue"), il préside au cérémonial du même nom "fête-Sed", c'est-à-dire au jubilé pharaonique, où il accompagne le roi dans l'accomplissement des rites majeurs, souvent les plus anciennement attestés par les représentations, tels que la course entre les deux bornes symbolisant la prise de possession territoriale de l'Égypte par le roi régénéré par le rite. Cette course se déroule dans un lieu appelé Sekhet « le champ de joncs / la prairie » évoquant cet espace giboyeux situé entre les marécages et les champs cultivés et qui fut très longtemps un territoire de chasse idéal. La présence de l'enseigne de ce dieu manifeste ici toute la dimension territoriale du pouvoir pharaonique sur l'Égypte et, lors du rite final du tir à l'arc dans les quatre directions cardinales, sur le Monde entier. La palette prédynastique dite « Palette de la Chasse » représente un groupe de chasseurs archers portant une queue postiche de canidé accrochée à l'arrière du pagne. On retrouve à la période historique cette queue postiche accrochée au pagne pharaonique de la fête-Sed mais devenue queue de taureau, expression de la puissance fertilisatrice du roi régénéré par le rituel jubilaire dans une Égypte sortie d'une économie de la chasse et devenue un véritable empire agricole. La fonction nourricière du roi a permis l'incursion d'éléments et rites agraires dans la Fête-Sed, élargissant ainsi le domaine initial strictement cynégétique de cette cérémonie séculaire. C'est tout naturellement que l'enseigne d'Oupouaout encadre le double kiosque jubilaire où trône le pharaon régénéré, rite essentiel de la Fête-Sed qui exprime l'emprise du roi sur son royaume, initialement territoire de chasse du chef préhistorique. Des armes de chasse (arc, flèches, massue, propulseur et armes de la déesse sauroctone Mafdet) accompagnent souvent l'étendard divin d'Oupouaout, de préférence lors de la Fête-Sed, confirmant la primauté de ce dieu et, sans doute, l'origine cynégétique même du jubilé ; le nom même du dieu Sed ayant été donné à l'ensemble du rituel jubilaire, le terme Oupouaout n'étant vraisemblablement à l'origine que l'épithète principale du dieu désignant sa fonction principale. On plonge ici aux sources préhistoriques de la fonction pharaonique et à certains liens culturels paléo-africains de cette dernière. C'est pourquoi il convient de demeurer prudent sur les hypothèses que l'on avance à ce sujet. Avec le temps, la fête-Sed s'enrichit d'épisodes à connotation cynégétiques dérivées impliquant, outre la tutelle de l'enseigne d'Oupouaout, celle d'autres entités divines ou acteurs symboliques exprimant la puissance physique du pharaon, comme chasseur pourfendeur des forces destructrices de l'univers et, par extension, comme guerrier. On peut citer notamment les rites cynégétiques suivants dont certains sont plus ou moins directement mis en relation avec la fête-Sed : Rôle d'Oupouaout dans les textes des pyramides. Le dieu intervient sous cinq appellations : Oupouaout y est principalement associé à la notion d'élévation dans l'espace. Il assiste le pharaon défunt dans son ascension au ciel. Pour cela, il l'aide à s'envoler ou lui prête son identité. Cette utilisation peut surprendre de la part d'un dieu chacal, animal terrestre voire chtonien, dans les cas des dieux funéraires Khenty-imentiou et Anubis. On aurait pu s'attendre à ce que ce soit une hypostase animale aérienne - un oiseau - qui soit sollicitée. Mais, en dehors de l'étymologie du verbe "wp(i)", à l'origine du nom d'Oupouaout (cf. Pyr.463 a / W.571 ci-après), il ne faut pas oublier que des armes de jets aériennes lui sont associées : arc, flèches et propulseur. C'est ainsi qu'il prête volontiers main-forte à des entités divines incarnées par des oiseaux (cf. Pyr.126 b-c / W.187 [l'aigrette appelée "Sdȝ"] ; Pyr.1900 c / N.870 et Pyr.1979 a-b / N.762 [le faucon Horus]) ou encore au dieu Shou, symbole de l'espace aérien lui-même Pyr.1066 c (P.220). Lieux de culte principaux d'Oupouaout. Ses lieux de cultes principaux sont Abydos, Lycopolis/(Assiout), Quban, El-Hargarsa, Memphis, Saïs (dans le temple de Neith) et à Héliopolis. Le sanctuaire principal du dieu à Assiout, en Moyenne-Égypte, n'a jamais pu être découvert, donc fouillé, la ville moderne recouvrant totalement les vestiges de l'antique cité du dieu chacal. On connaît toutefois un peu l'organisation de son clergé grâce aux fameux contrats funéraires gravés sur les parois de l'hypogée du nomarque (), à Assiout, dans lesquels le propriétaire de la tombe énumère les clauses lui garantissant les services du clergé du dieu pour son culte funéraire.
Ouadjit
Organisation de coopération et de développement économiques L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une organisation internationale d'études économiques, dont les pays membres — des pays développés pour la plupart — ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d'assemblée consultative. L'OCDE a succédé à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) issue du plan Marshall et de la Conférence des Seize (Conférence de coopération économique européenne) qui a existé de 1948 à 1961. Son but était l'établissement d'une organisation permanente chargée en premier lieu d'assurer la mise en œuvre du programme de relèvement commun (le plan Marshall), et, en particulier, d'en superviser la répartition. En 2021, l'OCDE compte 38 pays membres et regroupe plusieurs centaines d'experts. Elle publie fréquemment des études économiques et sociales — analyses, prévisions et recommandations de politique économique — et des statistiques, principalement concernant ses pays membres. Le siège de l'OCDE se situe à Paris (), au château de la Muette. L'organisation possède également des bureaux dans plusieurs autres métropoles, notamment à Berlin, Mexico, Tokyo et Washington. Histoire. Fondée en 1948 pour mettre en place le plan Marshall, l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) voit son rôle économique diminuer lorsque celui-ci arrive à son terme, en 1952. L'OCDE qui lui succède en 1961 se tourne vers les études économiques et s'élargit au-delà de la dimension européenne, en ajoutant aux 18 membres européens les États-Unis, le Canada, puis le Japon en 1964. En plus de l'approfondissement de sa structure interne, l'OCDE crée progressivement différentes agences rattachées : le Comité d'aide au développement de l'OCDE (CAD, 1961), l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN, 1972), l'Agence internationale de l'énergie (AIE, en 1974, à la suite du premier choc pétrolier), le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI, 1989). Par ailleurs, le Centre de développement de l'OCDE assure l'interface entre l'OCDE et les pays en développement depuis 1962. En 1989, après les révolutions de 1989, l'OCDE commence à aider les pays d'Europe centrale (en particulier le groupe de Visegrád) à préparer des réformes d'économie de marché. En 1990, le Centre pour la coopération avec les économies européennes en transition (auquel succède aujourd'hui le Centre pour la coopération avec les non-membres) est créé, et en 1991, le programme « Partenaires en transition » est lancé au profit de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie et de la Pologne. Ce programme comporte également une option d'adhésion pour ces pays. C'est ainsi que la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, le Mexique et la Corée du Sud deviennent membres de l'OCDE entre 1994 et 2000. Organisation. En 2019, l'OCDE compte un secrétariat général, une direction exécutive, une direction chargée de la communication et douze départements spécialisés sur des thèmes différents : développement, échanges et agriculture, affaires économiques, éducation, emploi, PME, environnement, finance, fiscalité, gouvernance publique, sciences et technologies, statistiques. Elle emploie environ au niveau du Secrétariat. L'organisation compte par ailleurs des organes particuliers mentionnés plus haut (l'AIE, l'AEN, le Centre de développement, et le Forum international des transports) et des entités particulières (Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, GAFI, MOPAN, et un Partenariat statistique au service du développement au ). Le Centre de développement, le Club du Sahel et le secrétariat du Partenariat statistique au service du développement font partie de la direction de la coopération pour le développement, un des douze départements cités ci-dessus, qui contribue aux travaux du Comité d'aide au développement. Promotion du libéralisme. L'OCDE encourage la libéralisation économique au travers du libre-échange et de la concurrence pour favoriser l'innovation et les gains de productivité. Pour lutter contre le chômage, l'OCDE recommande notamment la flexibilisation du marché du travail. Si elle se veut surtout pragmatique (elle préconise les politiques qui, de son point de vue, ont donné les meilleurs résultats au sein des pays membres), la conception économique de l'OCDE se rapproche des arguments du libéralisme économique et entre souvent en opposition avec certains principes keynésiens, notamment celui de l'augmentation des dépenses de l'État-providence. Ainsi, tout en soulignant les ajustements indispensables et la nécessité de protéger les employés, et pas seulement les emplois, elle encourage la mondialisation économique et l'ouverture des marchés. Pour établir ses études économiques, l'OCDE s'appuie sur sa base de données économiques, une des plus fournies au monde. Études et publications. L'OCDE publie des rapports périodiques spécialisés, ainsi que des rapports ponctuels pour certains domaines, des données statistiques, des études-pays, et des documents de travail (, au contenu plus technique). Au total, l'OCDE publie entre chaque année en anglais. La plupart sont traduits en français (le français est l'une des deux langues officielles de l'OCDE). Tous les résumés et une partie importante des rapports complets sont disponibles gratuitement en ligne sur le site OECD iLibrary. La collection de Bibliothèque & Archives comprend les documents et publications du Comité de coopération économique européenne (CCEE), de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) et de l'OCDE, de 1947 à nos jours. Les rapports les plus connus de l'OCDE sont publiés à intervalles réguliers (souvent annuellement). Ils mènent chaque année une revue exhaustive de la situation actuelle de tous les pays de l'OCDE, dans un domaine particulier. On compte principalement : L'OCDE publie, pour chacun de ses pays membres, tous les deux ou trois ans, une « étude-pays », revue exhaustive de la situation économique du pays, des recommandations de politique économique et le bilan des réformes passées. En plus des rapports périodiques, l'OCDE mène régulièrement des études sur différents thèmes « à la pointe » de la recherche empirique en économie. En particulier, l'OCDE est à l'origine du modèle pression-état-réponse, qui vise à modéliser la réponse des organismes aux pressions environnementales. Ce modèle a été élargi par la suite à d'autres domaines. Le Manuel d'Oslo de l'OCDE rassemble les « principes directeurs proposés pour le recueil et l'interprétation des données sur l'innovation ». Domaines particuliers. Lutte contre la corruption. L'OCDE est à la pointe en matière de lutte contre la corruption. Elle a créé en 1996 la Convention de l'OCDE contre la corruption, qui a été adoptée en 1997. Le groupe multidisciplinaire sur la corruption (GMC) a été mis en place dans ce but. Son indépendance relative par rapport à ses pays membres lui permet d'y souligner les dangers de corruption ; l'OCDE a par exemple critiqué le Royaume-Uni en 2007 dans l'affaire BAE. Protection de l'investissement. L'OCDE joue un rôle important dans une tentative de réglementation multilatérale de la protection de l'investissement. De 1995 à 1998 un forum de négociations a permis la création de l'accord multilatéral sur l'investissement (accord AMI, ou en anglais ), qui sert de modèle aujourd'hui à beaucoup d'accords bilatéraux. De tels accords n'existent aujourd'hui essentiellement qu'au niveau bilatéral (les TBI : traités bilatéraux d'investissement), que des États établissent entre eux lorsqu'ils en sentent le besoin (par exemple : l'accord entre le Conseil fédéral suisse et le Gouvernement des Émirats arabes unis concernant la promotion et la protection réciproque des investissements RS 0.975.232.5). Les principes directeurs pour le traitement de l'investissement étranger élaborés en 1992 au sein de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) constituent une autre source d'inspiration pour la rédaction d'accords sur la protection de l'investissement. Au niveau international il a été jusqu'à présent difficile de trouver un consensus. L'ONU (plus précisément la CNUCED) pourrait jouer un rôle. Quant à l'OMC (en 2001 à Singapour ou 2004 à Genève), aucun accord n'a pu voir le jour en son sein. Elle continue donc aujourd'hui à réglementer les domaines du commerce, des services et de la propriété intellectuelle sans s'occuper de la protection et du développement de l'investissement au niveau international. Liste des pays non coopératifs selon l'OCDE. L'OCDE publie une « liste noire » des pays non coopératifs pour l'échange d'informations fiscales et pour la transparence. Pays membres. Le , vingt pays signent la Convention relative à l'Organisation de coopération et de développement économiques. Les membres fondateurs sont les 18 membres de l'OECE, les États-Unis et le Canada. Depuis lors, dix-huit autres pays ont adhéré à l'OCDE qui comprend ainsi quasiment tous les pays développés et démocratiques du monde. L'ensemble formé par ces pays représente 80 % du PNB mondial en 2009. : membre fondateur L'Union européenne participe aux travaux de l'OCDE, en accord avec le protocole additionnel à la Convention de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Élargissement. En , le Conseil de l'OCDE au niveau des ministres décide d'ouvrir des négociations avec cinq pays : le Chili, l'Estonie, Israël, la Russie et la Slovénie, en vue de leur adhésion à l'OCDE, et de renforcer la coopération de l'OCDE avec l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Inde et l'Indonésie, dans le cadre de programmes d'engagement renforcé en vue de leur adhésion éventuelle. Le Chili est devenu membre de l'OCDE le . L'Estonie et la Slovénie sont admises le . Israël est admis le même jour en ayant intégré dans son dossier d'adhésion un « territoire économique israélien » composé non seulement du territoire d'Israël mais aussi des territoires palestiniens occupés par Israël tels que Jérusalem-Est et le plateau du Golan, ce qui a provoqué une vive polémique. Dans un plus lointain avenir, priorité sera donnée à l'élargissement vers les pays de l'Asie du Sud-Est. Lors du sommet ministériel du , l'organisation décide l'ouverture de négociations avec la Lettonie et la Colombie. Lors de ce sommet, il est aussi décidé que des négociations d'adhésion pourront être ouvertes en 2015 avec le Costa Rica et la Lituanie ; ces négociations commencent le . La Lettonie est formellement invitée à rejoindre l'OCDE le . La Lituanie devient le le membre de l'OCDE. Elle est suivie le par la Colombie, puis le par le Costa Rica. Lors du sommet ministériel du , l'organisation déclare examiner les candidatures de l'Argentine, du Brésil, de la Bulgarie, de la Croatie, du Pérou et de la Roumanie. Lors de la réunion de son conseil de gouvernance du , l'OCDE annonce qu'elle suspend provisoirement le processus d'adhésion de la Russie car l'organisation souhaite renforcer la coopération avec l'Ukraine, avec qui la Russie est en conflit. Le , en réponse à l’invasion russe de l'Ukraine, elle annonce qu'elle va clôturer ce processus et fermer son bureau à Moscou. Critiques. L'OCDE est critiquée par plusieurs courants de pensée dont le mouvement altermondialiste. On lui reproche de faire la promotion active du libéralisme économique et d'être un des piliers du capitalisme. Ces critiques pointent notamment son manque de transparence dans les négociations de l'Accord multilatéral sur l'investissement. Serge Halimi, directeur du "Monde diplomatique", estime dans son essai politique "Le Grand Bond en arrière" (2004, réédité en 2006 et 2012) que l'« étude sur l'emploi » réalisée par l'OCDE en 1994, dont les conclusions ont largement inspiré des politiques publiques libérales telles que la baisse des cotisations patronales en France ou l'Agenda 2010 en Allemagne, « fut échafaudée sur la base de comparaisons statistiques notoirement peu fiables, de réfutations désinvoltes et d'occultations délibérées ». L'étude en question, bien que reposant exclusivement sur des comparaisons statistiques entre pays membres, était cependant accompagnée d'une note expliquant que les données utilisées « ne se prêtent pas à des comparaisons internationales car elles renvoient à des particularités institutionnelles propres au pays considéré ». Pour Serge Halimi, « incidemment, cette phrase permettait d'absoudre les États occidentaux qui transformaient davantage que les autres leurs agences de l'emploi en machines à radier les chômeurs ou à oublier de les recenser ». Selon Raoul-Marc Jennar, essayiste anti-libéral, l'OCDE constitue un « véritable bureau d'études des pays industrialisés, qui propage la doctrine libérale, juge les politiques des États membres et propose des accords orientés dans le sens d'un dépérissement des pouvoirs publics et d'une autonomie des acteurs privés ». Pour l'historienne Chloé Maurel en 2009, l'OCDE et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se distinguent des organisations comme l'Organisation des Nations unies (ONU), qu'elle perçoit comme une organisation démocratique et universelle. En effet, alors que l'ONU rassemble pratiquement tous les pays du monde, l'OCDE n'en compte alors que trente, les plus riches et les plus industrialisés. En outre, alors que la première serait fondée sur les valeurs universelles des droits de l'homme, l'OCDE se réclamerait des valeurs du libéralisme, politique et économique. De fait, l'OCDE a succédé en 1960 à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), organisme créé en 1948 en Europe à l'initiative des États-Unis dans le cadre de la guerre froide et de l'opposition au bloc communiste. Pour Chloé Maurel, comme son ancêtre l'OECE, l'OCDE a pour objectif principal de promouvoir l'économie de marché et le libre-échange, de diffuser le libéralisme économique et d'encourager le développement du secteur privé dans le monde (en particulier les intérêts des grandes firmes transnationales) au détriment des services publics. En 2010, l'entrée d'Israël dans l'organisation a suscité l'indignation de certains groupes, qui y ont vu un encouragement à l'annexion par Israël des colonies en Cisjordanie. Pour Nabil Chaath, ancien Premier ministre palestinien, .
Ouganda LOuganda, en forme longue la république d'Ouganda ou la république de l'Ouganda, (en anglais : et , en swahili : et ), est un pays d'Afrique de l'Est. Il est aussi considéré comme faisant partie de l'Afrique des Grands Lacs. Il est entouré par la République démocratique du Congo à l'ouest, le Kenya à l'est, le Rwanda au sud-ouest, le Soudan du Sud au nord et la Tanzanie au sud. Le Sud du pays englobe une vaste partie du lac Victoria. L'Ouganda tire son nom du royaume de Buganda, qui couvrait autrefois les régions les plus au sud, dont la capitale et plus grande ville est Kampala. L'Ouganda est un pays membre de l'Organisation de la coopération islamique. Le territoire devient un protectorat britannique en 1894 et obtient son indépendance en 1962 sous le premier ministre Milton Obote, qui accède à la présidence en 1966 en transformant le régime parlementaire en régime présidentiel. En 1967, le pays devient une république et abolit les monarchies précoloniales. La plupart des monarchies sont rétablies dans les années 1990 en tant que monarchies constitutionnelles. En 1971, Obote est renversé et remplacé par Idi Amin Dada lors d'un coup d'État. Amin impose une dictature brutale jusqu'à son renversement en 1979 par la guerre ougando-tanzanienne. Une guerre de brousse éclate l'année suivante contre le gouvernement restauré d'Obote. En 1986, le Mouvement de résistance nationale gagne la guerre et Yoweri Museveni accède à la présidence. Grâce aux amendements constitutionnels, il reste le président actuel. Géographie. Le pays est situé sur le plateau Est-africain, pour la plus grande partie entre les nord et sud et entre les et est. Son altitude moyenne est de , en descente abrupte vers la plaine soudanaise au nord. Le centre s’articule autour du lac Kyoga, entouré de zones marécageuses. La quasi-totalité du territoire ougandais se trouve dans le bassin du Nil. Le Nil sort du lac Victoria pour rejoindre le lac Kyoga puis le lac Albert, sur la frontière avec la république démocratique du Congo. Une petite région située tout à l’est est drainée par le fleuve Turkwel, qui fait partie du bassin drainant du lac Turkana. Le lac Kyoga fait grossièrement office de frontière linguistique entre les langues bantoues au sud et les nilotiques au nord. Cette frontière, orientée du nord-ouest au sud-est, ne reflète que partiellement la division politique entre le nord et le sud. La superficie de l'Ouganda est de , soit environ la taille du Royaume-Uni. Topographie et hydrologie. Le territoire de l'Ouganda recèle plusieurs sites de minerais inexploités, notamment de cuivre et de cobalt. Climat. Largement équatorial, le climat subit toutefois de larges variations selon l’altitude. Le sud du pays est plus humide et frais, avec des précipitations réparties sur toute l’année et une température moyenne de . À Entebbe, sur la rive nord du lac Victoria, la plus grande partie des précipitations tombe entre mars et juin, puis entre novembre et décembre. La région de Rwenzori, une chaîne montagneuse aux sommets enneigés, connaît d’abondantes précipitations toute l’année. Plus au nord, avec une température moyenne de , la saison sèche se fait graduellement plus chaude et plus marquée : à Gulu, à au sud de la frontière sud-soudanaise, les mois de novembre à février sont beaucoup plus secs que le reste de l’année. La région de Karamoja, au nord-est, connaît le climat le plus sec et peut subir des sécheresses certaines années. Environnement et conservation. L’Ouganda compte protégées, dont nationaux: la Forêt impénétrable de Bwindi et le Parc national Rwenzori Mountains (tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO), le Parc national de Kibale, le Parc national Kidepo Valley, le Parc national du lac Mburo, le Parc national des gorilles de Mgahinga, le Parc national du Mont Elgon, le Parc national Murchison Falls, le Parc national Queen Elizabeth, et le Parc national de Semuliki. Transport. Les boda-boda sont un modèle de motocyclette particulièrement allongé et disposant d'une place arrière passager pouvant normalement accueillir une personne supplémentaire, mais qui peut parfois être occupée par cinq personnes à la fois. Les chauffeurs attendent leurs clients à l'ombre des arbres. Les boda-boda sont un des moyens de transport les plus réputés en Ouganda notamment grâce au faible coût du déplacement et à la promotion de ce transport par des applications telles que SafeBoda permettant la réservation immédiate d'un chauffeur de boda-boda pour un trajet. Bien sûr, l'engorgement des rues kampalaises et l'imprudence des chauffeurs rendent le boda-boda dangereux. Un hôpital ougandais a déclaré que sur soixante patients admis 80 % avaient été victimes d'accidents de boda-boda. Les statistiques montrent que ont été blessés en 2012 contre en 2008. Les estimations disent que circulent dans les rues de Kampala (chiffres de 2016). Histoire. Période pré-coloniale. Les peuples formant l’Ouganda actuel étaient des chasseurs-cueilleurs jusqu’à 700 à 300 Des populations de langue et culture bantoue, probablement originaire d’Afrique centrale, migrèrent vers le sud du pays, apportant avec eux le travail du fer et de nouvelles organisations sociales et politiques. Aux et , l’Empire du Kitara couvrait la plus grande partie de l’Afrique des Grands Lacs, entre le lac Albert, le lac Tanganyika, le lac Victoria et le lac Kyoga. Son gouvernement était basé dans ce qui devint le royaume Ankole, aux mains de la dynastie Bachwezi, succédant elle-même à la dynastie semi-légendaire des Batembuzi. Au nord et à l’est du pays, des peuples nilotiques pratiquant l’élevage et l’agriculture, dont les Luo et les , colonisèrent la région au début du , ce qui aurait causé la chute de l’Empire Chwezi. Les jumeaux Rukidi Mpuuga et Kato Kintu auraient été les premiers rois Bunyoro et Buganda après la fin de l’Empire Chwezi et auraient fondé les dynasties Babitto et Bambejja. Certains Luos s’installèrent dans les territoires Bunyoro et s’y assimilèrent, fondant la dynastie babiito de l’actuel "Omukama" des Bunyoro-Kitara. Les migrations des Luos durèrent jusqu’au , vers l’est de l’Ouganda comme sur les rives orientales du lac Victoria, sur les territoires des actuels Kenya et Tanzanie. Les Ateker (Karimojong et Iteso) s’établirent au nord-est et à l’est du pays et certains fusionnèrent avec les Luos au nord du lac Kyoga. À partir des années 1830, des commerçants arabes arrivèrent à l’intérieur des terres à partir des côtes d’Afrique de l'Est. Ils furent suivis trente ans plus tard par des explorateurs britanniques à la recherche des sources du Nil. Des missionnaires protestants puis catholiques arrivèrent respectivement en 1877 et 1879. Période coloniale. Le Royaume-Uni plaça la région sous l’autorité de la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est en 1888 et l’administra comme un protectorat à partir de 1894, date à laquelle la compagnie fait faillite. Au cours des années 1890, originaires des Indes britanniques furent embauchés pour travailler à la construction de chemins de fer. Après la fin des travaux, d’entre eux décidèrent de rester en Afrique de l’Est. Il se forme donc une importante communauté indienne, dotée de privilèges commerciaux. Après intégration de plusieurs autres chefferies et territoires, le protectorat nommé Ouganda prit sa forme définitive en 1914. La période coloniale est structurée par la dichotomie royaume du Bouganda-autres États. Celle-ci va freiner le développement d'un nationalisme ougandais, les premières formations étant effectivement créées sur base ethnique, à l'instar de la Young Baganda Association (1919). Indépendance. Le 9 octobre 1962, à l'indépendance de l'Ouganda, se pose de manière aiguë le problème des structures politiques. La solution retenue, exprimée dans la première Constitution, est de type fédéral - elle associe les quatre anciens royaumes - mais le Buganda maintient sa prépondérance jusque dans le nom du nouvel État, l'Ouganda, pays des Bagandas. Le Kabaka Mutesa II en devient le président à vie. Milton Obote, fondateur en 1960 du Congrès du peuple ougandais (UPC), devient Premier ministre. L'UPC, à l'image de son dirigeant, est le parti des populations nilotiques du Nord, opposées à la domination économique et politique du Bouganda et, donc, favorable à la centralisation. Dès lors, les tensions entre le Nord nilotique et le Sud bantou s'exacerbent. En mai 1966 : Milton Obote, afin d'imposer la centralisation, envoie l'armée au Bouganda et dépose le roi Kabaka Mutesa II avec l'appui de son chef d'état-major, Idi Amin Dada. Ce dernier appartient à une ethnie musulmane minoritaire du nord-ouest. Obote fait promulguer, l'année suivante, une nouvelle constitution abolissant les royaumes, et instituant un régime présidentiel à parti unique. La résistance des Baganda, que la politique de nationalisation du commerce entreprise par Obote menace directement dans leurs intérêts, la dégradation économique et les accusations de corruption se conjuguent pour déstabiliser Obote. Dictature d'Amin Dada. Le 25 janvier 1971, Idi Amin Dada prend le pouvoir par un coup d'État. Au départ soutenu par les pays occidentaux qui craignaient une orientation trop socialiste du régime précédent, Amin Dada va être lâché par ces derniers au fur et à mesure que son régime devient tyrannique et sanguinaire. En huit ans de pouvoir, le régime va être accusé de la mort ou de la disparition de près de . Privé de l'aide occidentale, après l'expulsion du pays des (qui détenaient le commerce et beaucoup d'entreprises) et l'oppression de l'intelligentsia, l'économie s'effondre. En 1978, avec la chute du cours du café, principale exportation du pays, l'Ouganda frôle le défaut de paiement et le gouvernement ougandais est aidé financièrement par les États arabes amis d'Idi Amin Dada. La même année, après des mutineries de l'armée, Idi Amin Dada, aux abois, déclenche la Guerre ougando-tanzanienne. La Tanzanie contre-attaque et, avec l'aide du mouvement de résistance ougandais, le renverse en avril 1979. L'ex-dictateur s'exile alors en Libye puis en Arabie saoudite où il meurt en 2003. Ère Museveni. Entre le départ d'Idi Amin en avril 1979 et décembre 1980, deux gouvernements se succèdent puis laissent la place, après mai 1980, à un directoire militaire. En décembre 1980, Milton Obote reprend le pouvoir à la faveur d'élections contestées, déclenchant une guerre civile. Il est renversé en 1985 par un coup d'état de ses propres généraux. Mais le régime ne parvient pas à contenir la rébellion d'un groupe armé, qui s'est baptisé l'Armée Nationale de Résistance ("National Resistance Army" - NRA). Début 1986, avec la prise de Kampala, le chef de ce groupe, Yoweri Museveni, âgé de , s'empare du pouvoir. Se déclarant initialement socialiste, il fait de l'Ouganda, une fois arrivé au pouvoir, un laboratoire des politiques libérales, et redresse l'économie du pays. Il durcit la répression contre les homosexuels, bien que ces initiatives dans ce domaine soient en partie contenues par la Cour constitutionnelle du pays. Il se fait réélire six fois : en 1996, en 2001, en 2006, en 2011 et en 2016, au premier tour, en 2021 au second tour, avec chaque fois des soupçons de fraude. Économie. On retrouve sur le territoire ougandais un peu d’hydrocarbure, dont du pétrole qui provient du lac Albert. Le pays produit environ par jour. L'entreprise pétrolière britannique Tullow Oil n'en est encore qu'à l'exploration mais elle a déjà obtenu, de la part de l'État, une dizaine de licences de forage, comme à Kigogole sur les rives du lac Albert. Le climat et les terres riches favorisent l'agriculture. Parmi les principales productions, le café, dont l’Ouganda est devenu un des premiers exportateurs dans le monde. Au cours des six premières années de la décennie des années 2010, l'Ouganda est devenu le onzième producteur mondial de café et le deuxième d'Afrique derrière l'Éthiopie, grâce à une récolte en progression d'environ un tiers. C'est également le deuxième au palmarès des producteurs africains de thé au début de la décennie 2010, après le Kenya. Autres grandes cultures du pays, la canne à sucre, le coton et la patate douce. Ces éléments sont les principales activités économiques du secteur primaire. L'État peine à relancer une économie rurale (80 % de la population vit de l'agriculture). Le pays est au palmarès des huit premiers producteurs de coton d'Afrique de l'est, du sud et du nord au milieu des années 2010. En 2022, l'Ouganda est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Démographie. L'Ouganda compte plus de d'habitants en 2020. Le pays connaît l'une des plus fortes croissances démographiques au monde avec un taux de fécondité estimé à environ cinq enfants par femme. La population du pays a ainsi été multipliée par 8 entre 1950 et 2015. La population pourrait pratiquement doubler en 2050 pour atteindre 86,9 millions et dépasser 130 millions avant la fin du 21e siècle. Cependant cet accroissement pourrait être contraint par la production alimentaire du pays. D'après le recensement de 2002, la population de d'habitants se répartit entre les différents groupes ethniques comme suit : Politique et administration. Jusqu'en 2005, l'Ouganda est une république à parti unique, tous les citoyens ougandais étant membres du parti unique. Le , un référendum populaire valide la modification constitutionnelle et autorise à nouveau le multipartisme. Le "oui" obtient 92,6 % des voix et la participation est seulement de 47 %. L'opposition qui dans sa grande majorité avait appelé au boycott dénonce des chiffres de participation fantaisistes. Les dernières élections législatives et présidentielle ont eu lieu le 23 février 2006, et ont permis la réélection de Yoweri Museveni (au pouvoir depuis 1986) avec 59 % des voix, contre 37 % pour son principal adversaire, Kizza Besigye. Le Forum pour le changement démocratique de M. Besigye dénonce des fraudes. De 1988 à 2006, l'Armée de résistance du Seigneur a combattu l'armée régulière dans le Nord du pays, afin, sans succès, de renverser Museveni. Subdivisions territoriales. Districts. L'Ouganda est divisé en 111 districts (depuis juillet 2010) répartis entre quatre grandes régions (Nord, Est, Centre et Ouest). Les districts sont tous nommés d'après leur ville principale respective. Les districts sont divisés en sous-districts, en comtés, en sous-comtés, en paroisses et en villages. Royaumes. Parallèlement aux subdivisions administratives, six royaumes traditionnels bantous ont été préservés avec une autonomie limitée, essentiellement culturelle. Ce sont le Toro, l'Ankolé, le Busoga, le Bunyoro, le Buganda et le Rwenzururu. Éducation. L'analphabétisme est fréquent en Ouganda, notamment parmi les femmes. Dans la période de 2002–2005 les dépenses publiques pour l'éducation étaient de 5,2 % du PIB. L'Ouganda a des universités privées et publiques. En 2007, on comptait plus de 90 % de jeunes ougandais qui fréquentaient les établissements scolaires primaires. En revanche, la même année, on ne dénombrait qu'environ un adolescent sur trois dans l’enseignement secondaire. Ce déséquilibre est lié au coût trop élevé de l'éducation, au manque d'établissements scolaires et au désintérêt des étudiants. Santé. Le SIDA est fréquent en Ouganda. L'espérance de vie des femmes était de , et l'espérance de vie des hommes était de en 2007. En 2007, l'espérance de vie en bonne santé était de . Les dépenses gouvernementales pour la santé étaient de ("parité de pouvoir d'achat") par habitant en 2007. Loi anti-homosexualité. Depuis un projet de Loi anti-homosexualité déposé en octobre 2009, l'Ouganda envisage de pratiquer la peine de mort pour les homosexuels « récidivistes » (c'est-à-dire les personnes qui ont des relations homosexuelles librement consenties) et d'infliger de lourdes sanctions à leurs complices. L'Ouganda rejoindrait alors la liste des neuf pays qui appliquent la peine de mort pour les homosexuels : Iran, Afghanistan, Arabie saoudite, Soudan, Mauritanie, Nigeria (États du nord), Pakistan, Émirats arabes unis et Yémen. En juin 2011, la session parlementaire a été ajournée sans débattre de ce projet de loi. En février 2014, le président ougandais Yoweri Museveni a promulgué une loi (Anti-Homosexuality Act, 2014) durcissant la répression de l’homosexualité : celle-ci prévoit notamment la prison à perpétuité pour « délit d’homosexualité » (« "offense of homosexuality" »). L’Église catholique locale, ainsi que la conférence épiscopale des africains du Sud, et le Vatican, conformément à la doctrine catholique, se sont opposés à cette loi"." La loi interdit également toute promotion de l'homosexualité et sa reconnaissance. Culture et patrimoine. Langues. Les langues officielles sont l'anglais et le swahili ; d'autres langues sont également parlées, dont l'Acholi, le kiganda, le konjo, le lusoga ou le luganda. Il y a aussi au moins qui parlent le chinois mandarin. Parmi la petite minorité indienne du pays, le hindi, le tamoul et le bengali sont trois langues du sous-continent Indien parlées, mais ces locuteurs sont souvent bilingues, et parlent aussi l'anglais. Religions. Le poids démographique des religions présentes dans le pays a été dénombré lors du recensement général de la population et de l'habitat de l'Ouganda de 2014 : Beaucoup de convertis continuent cependant à pratiquer les religions traditionnelles ou certains de leurs rites. L'Ouganda est un pays membre de l'Organisation de la coopération islamique. Codes. L'Ouganda a pour codes :
Octane L'octane est un hydrocarbure saturé de la famille des alcanes, de formule brute . Il a dix-huit isomères. Ces diverses molécules comportent toutes huit [en grec ὀκτώ (octố), "huit"] atomes de carbone. Utilisation. C'est le principal composant de l'essence, et est la molécule de référence de la réaction de combustion des moteurs à « essence ». La formule simplifiée de la réaction de combustion de l'octane est : ou avec des nombres entiers : Pour définir l'indice d'octane, on utilise le 2,2,4-triméthylpentane, qui est un isooctane.
Orlando (Floride) Orlando est une ville américaine située dans la partie centrale de l'État de Floride. Elle est le siège du comté d'Orange. La ville compte en 2020. Son agglomération comprend quant à elle en 2010. Quatrième ville de Floride en nombre d'habitants derrière Jacksonville, Miami et Tampa, elle est la première située à l'intérieur des terres de l'État. Orlando et ses environs constituent à présent l'une des zones métropolitaines à la croissance démographique la plus rapide des États-Unis. L'agglomération d'Orlando est surtout connue pour ses complexes de loisirs Walt Disney World Resort et Universal Orlando Resort : le premier, créé par la Walt Disney Company en 1971, comprend le Magic Kingdom, Epcot, Disney's Hollywood Studios et Disney's Animal Kingdom, tandis que le second, ouvert en 1991, est composé de deux grands parcs, le premier basé sur le cinéma (Universal Studios Florida) et le second constitué d'attractions en rapport avec les héros de "comics" (Universal's Islands of Adventure). Entre ces deux complexes de loisirs, le long de l'Interstate 4, se trouve également SeaWorld Orlando, parc proposant des spectacles avec des animaux. Pour la partie restauration, une grande avenue nommée International Drive regroupe plusieurs thèmes avec notamment le McDonald's avec l'aire de jeu la plus grande du monde. Orlando attire de touristes par an et est la deuxième ville hôtelière du pays après Las Vegas, dans le Nevada. L'aéroport international d'Orlando est le plus fréquenté de Floride, avec plus de 50 millions de passagers annuels. Elle est l'une des villes qui connaît récemment le plus important apport de population des États-Unis, nombre de retraités étant venus s'installer à Orlando pour sa douceur de vivre, sa situation géographique et son climat, caractères qu'elle partage avec le reste de la "Sun Belt". Le symbole d'Orlando est la fontaine du en centre-ville. Toponymie. Le nom d'Orlando vient d'un soldat tué durant la Seconde guerre séminole, Orlando Reeves, tandis que le surnom de la ville est « " » (« la belle ville »), bien qu'un concours est lancé pour en définir un nouveau. Géographie. Selon le Bureau du recensement, Orlando a une superficie de ( de terres, d'eau, soit 6,9 % du total). Dans son aire urbaine, on y dénombre plus de 100 lacs, les plus grands étant les lacs Apopka, Eustis, Griffin, Harney, Harris, Jesup, Monroe, Sand Lake, Conway, et Tohopekaliga. En ce qui concerne son climat, il est subtropical humide : il est la plupart du temps chaud et humide avec parfois des jours froids en hiver. L'année est divisée en deux saisons de durée à peu près égale. Parmi les 115 quartiers d'Orlando, les plus connus sont : Histoire. Avant l'arrivée des Européens en 1536, Orlando était peuplé par les Amérindiens notamment par les Creeks. Peu de sites archéologiques existent aujourd'hui hormis celui des ruines du fort Gatlin sur le lac Gatlin au sud d'Orlando. Ce fort fut d'ailleurs construit en 1838 par l'armée américaine durant les guerres contre les Séminoles, mais fut abandonné après la fin de la Troisième guerre séminole. La plupart des pionniers n'arrivèrent qu'après les hostilités en 1850. Le , la fusillade la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis eut lieu dans la boîte de nuit LGBT le Pulse située à Orlando. Celle-ci fut revendiquée par l'organisation État islamique. Politique. La ville d'Orlando est gouvernée par un maire et un conseil communal de six membres. Démographie. Selon l"' pour la période 2010-2014, 66,78 % de la population âgée de plus de déclare parler l'anglais à la maison, 22,91 % déclare parler l'espagnol, 2,75 % un créole français, 2,12 % le portugais, 0,77 % le vietnamien, 0,67 % l'arabe et 4,0 % une autre langue. Selon la , en 2018, d'Orlando sont de confession juive, soit 11,1 % de la population totale. Culture. La musique hip-hop, métal, rock, reggaeton et les scènes musicales latino-américaines sont tous actifs dans la ville. Orlando est connue sous le nom ' en raison de nombreux studios de cinéma dans la région. La production cinématographique a été très active dans la ville pendant les années 1990, mais a ralenti au cours de la dernière décennie. Probablement, la plus célèbre réalisation de films de l'histoire de la ville est l'explosion de l'hôtel de ville d'Orlando dans "L'Arme fatale 3". Orlando est aujourd'hui un grand centre de production d'émissions de télévision et la production de séries commerciales. Au début de 2011, le cinéaste Marlon Campbell construit le '. Jusqu'à récemment, Walt Disney Feature Animation a exploité un studio à Hollywood Studios Disney à la Walt Disney World Resort. Feature Animation et la Floride était principalement responsable des films "Lilo et Stitch". Soundstage Universal Studios Florida est le siège de la TNA Impact Wrestling show. Le Florida Film Festival qui a lieu dans divers sites de la région est l'un des festivals les plus respectés de films régionaux du pays et attire les cinéastes en herbe du monde entier. Orlando est très populaire parmi les cinéastes indépendants. On voit par exemple Orlando dans les films "Le Projet Blair Witch" (1999) ou "Monster" (2003). La région d'Orlando abrite de nombreux théâtres : , , , , théâtre de la vache folle et la glacière Théâtre. L'université de Floride centrale et Rollins College (Winter Park) abritent des départements de théâtre qui attirent de jeunes artistes de la région. L', qui attire les entreprises de tourisme du monde entier, est hébergé dans divers lieux sur le parc d'Orlando Loch Haven, chaque printemps. Toujours au printemps, il y a le Lac Harriett Festival de New Plays, organisé par Orlando Shakespeare Theater, fondée en 2002, le festival présente Orlando Cabaret, artiste de cabaret local, national, et de renommée internationale au Théâtre de la vache folle au centre-ville d'Orlando. La série télévisée "Bienvenue chez les Huang" se déroule à Orlando. Économie. Orlando attire chaque année de nombreux visiteurs. Cette activité touristique est en majorité du fait des parcs à thèmes présents dans la région. Ainsi, Orlando accueille les parcs à thèmes de Walt Disney World et le Universal Parks & Resorts. Éducation. Avec l'université de Floride centrale, Orlando compte la septième université des États-Unis en capacité, une section spécialisée pour l'hôtellerie-restauration a été créée en 2004. Cette école se nomme Rosen College du nom de son principal mécène. Cette école d'un genre nouveau a été sponsorisée par les principaux parcs d'Orlando, les chaînes hôtelières comme Marriott, la brasserie Anheuser-Busch qui commercialise la bière Budweiser, ainsi que Monsieur Rosen propriétaire d'une chaîne hôtelière à Orlando. Les écoles primaires et secondaires sont gérées par le Orange County Public Schools. Certaines écoles privées sont gérées par l'Orlando Lutheran Academy, la Forest Lake Academy, la The First Academy, la Trinity Preparatory School, la Lake Highland Preparatory School, le Bishop Moore High School et l'Orlando Christian Prep. Transport. L'aéroport international d'Orlando est le quatorzième plus important du pays en termes de trafic. Jumelages. Le siège de la Total Nonstop Action Wrestling siège dans cette ville.
Onomastique L'onomastique est une branche de la lexicologie ou de la philologie qui a pour objet l'étude des noms propres : leur étymologie, leur formation, leur usage à travers le temps ou encore leur fonctionnement en synchronie. Le terme "onomastique" vient du grec , « art de dénommer », de , « nom ». La problématique de l'origine et de la signification des noms propres est immémoriale et remonte, en Occident, aux textes bibliques. Toutefois, en tant que discipline scientifique, reposant sur des preuves matérielles – inscriptions, documents écrits –, l'onomastique et ses branches majeures, l'anthroponymie (noms de personnes) et la toponymie (noms de lieux), ne date que du milieu du ; c'est à partir de cette époque qu'elle a acquis ses méthodes et ses règles ; comme dans toute discipline savante, certains de ses résultats sont prouvés, d'autres hypothétiques et d'autres conjecturaux. L'onomastique trouve de nouvelles applications dans le domaine des affaires, avec l'apparition de nouvelles techniques de fouille de données ("data mining") : marketing, communication, gestion des risques et ressources humaines. L'onomastique est également utilisée par l'Organisation internationale pour les migrations en combinaison avec le "big data" pour estimer les flux migratoires . Histoire et méthodes de l'onomastique. L’un des premiers traités d’onomastique est dû à Eusèbe Salverte, qui fait paraître en 1826 son "Essai historique et philosophique sur les noms d'hommes et de lieux." Dans cet ouvrage, l’onomastique est considérée à mi-chemin entre la critique nominaliste et la philosophie mobiliste inspirée d’Héraclite. L'onomastique d'abord est une branche de la philologie : l'étude scientifique de l'origine et du sens d'un nom propre consiste d'abord à rechercher les documents les plus anciens où il apparaît, à étudier la transformation de ses formes au fil du temps selon le contexte linguistique et historique. L'onomastique mobilise donc plusieurs sciences : La toponomastique et l'anthropologie explorent aussi le rôle des noms de lieux dans la formation et le maintien des identités individuelles et du groupe dans des situations multilingues et multiethniques. Organisation. Au niveau international. L'organisme fédérateur au niveau international est l'International Council of Onomastic Sciences (ICOS), dont le siège se trouve à Louvain en Belgique. Cette organisation édite la revue "Onoma" qui contient des rapports actualisés sur les travaux menés dans les différents champs des sciences onomastiques. Elle soutient le colloque mondial organisé chaque année par l'un de ses membres. En France. L'organe officiel destiné à la recherche onomastique en France est le Centre d'onomastique des Archives nationales et il se trouve hébergé par le Centre d'accueil et de recherche des Archives nationales à Paris. Ouvert au public, il comporte une bibliothèque rassemblant plus de ainsi qu'un fonds cartographique. Fondée en 1960 par les héritiers de la pensée d'Albert Dauzat, la Société française d'onomastique édite une revue, paraissant chaque année en un numéro double, et des "Cahiers" qui privilégient une approche de vulgarisation. Elle attribue un prix, le Prix Albert Dauzat, ainsi qu'un colloque qui se tient tous les deux ans et dont les "Actes" font l'objet d'une publication. Champs d'application. Dans l'étude des langues, le nom propre se manifeste à travers la syntaxe et la morphoanalyse mais aussi à la lumière de phénomènes extralinguistiques. Les deux branches principales et les plus anciennes de l'onomastique sont l'anthroponymie et la toponymie, science qui s'applique aussi à étudier les noms de cours et étendues d'eau (hydronymie), de relief (oronymie) ou de voies de communication (odonymie). Elle intervient également dans le domaine commercial où elle étudie les noms des boutiques, des enseignes ou des marques (onomastique commerciale ou onomastique des noms propres commerciaux). Vocabulaire d’onomastique. Onomastique dans l'apologétique chrétienne. L'onomastique a fait récemment l'objet de recherches apologétiques approfondies par deux spécialistes du Nouveau Testament : Richard Bauckham et Peter Williams. Selon ces auteurs, l'étude des noms propres se trouvant dans les Évangiles accréditerait la thèse selon laquelle ceux-ci résulteraient de témoignages oculaires. Voir aussi. Liens externes. Logiciels : Autres
Oxygène L'oxygène est l'élément chimique de numéro atomique 8, de symbole O. C'est la tête de file du groupe des chalcogènes, souvent appelé "groupe de l'oxygène". Découvert indépendamment en 1772 par le Suédois Carl Wilhelm Scheele à Uppsala, et en 1774 par Pierre Bayen à Châlons-en-Champagne ainsi que par le Britannique Joseph Priestley dans le Wiltshire, l'oxygène a été nommé ainsi en 1777 par le Français Antoine Lavoisier du grec ancien (« aigu », c'est-à-dire ici « acide »), et (« générateur »), car Lavoisier pensait à tort que : Une molécule de formule chimique , appelée communément « oxygène » mais « dioxygène » par les chimistes, est constituée de deux atomes d'oxygène reliés par liaison covalente : aux conditions normales de température et de pression, le dioxygène est un gaz, qui constitue 20,8 % du volume de l'atmosphère terrestre au niveau de la mer. L'oxygène est un non-métal qui forme très facilement des composés, notamment des oxydes, avec pratiquement tous les autres éléments chimiques. Cette facilité se traduit par des énergies de formation élevées mais, cinétiquement, le dioxygène est souvent peu réactif à température ambiante. Ainsi un mélange de dioxygène et de dihydrogène, de fer ou de soufre, n'évolue qu'extrêmement lentement. C'est, en masse, le troisième élément le plus abondant de l'Univers après l'hydrogène et l'hélium, et le plus abondant des éléments de l'écorce terrestre ; l'oxygène constitue ainsi sur Terre : La Terre était à l'origine dépourvue de dioxygène. Celui-ci s'est formé grâce à la photosynthèse réalisée par les végétaux, les algues et les cyanobactéries, ces dernières étant apparues il y a peut-être d'années. Le dioxygène est toxique pour les organismes anaérobies, dont faisaient partie les premières formes de vie apparues sur Terre, mais est indispensable à la respiration des organismes aérobies, qui constituent la grande majorité des espèces vivantes actuelles. La respiration cellulaire est l'ensemble des voies métaboliques, telles que le cycle de Krebs et la chaîne respiratoire, alimentées par exemple par la glycolyse et la β-oxydation, par lesquelles une cellule produit de l'énergie sous forme d'ATP et du pouvoir réducteur sous forme de et de . En s'accumulant dans l'atmosphère terrestre, le dioxygène issu de la photosynthèse a formé une couche d'ozone à la base de la stratosphère sous l'effet du rayonnement solaire. L'ozone est un allotrope de l'oxygène de formule chimique encore plus oxydant que le dioxygène mais qui a la particularité d'absorber les rayons ultraviolets du Soleil et donc de protéger la biosphère de ce rayonnement nocif : la couche d'ozone a constitué le bouclier qui a permis aux premières plantes terrestres de quitter les océans il y a près de d'années. La teneur en oxygène des océans chute significativement depuis plusieurs années. Cette désoxygénation de l’océan affecte la biodiversité marine. Les océans ont perdu de tonnes d’oxygène au cours des cinquante dernières années. Dans l'industrie, il a une énorme importance en tant qu'oxydant. Dans les centrales électriques, le combustible est brûlé soit avec de l'air, soit avec de l'oxygène pur (procédé "oxy-fuel"). L'oxy-craquage de fractions pétrolières lourdes produit des composés précieux. Par exemple, l'industrie chimique l'utilise pour la production d'acide acrylique, un monomère très important. L'oxydation catalytique hétérogène est prometteuse pour la production d'acide benzoïque. C'est également une matière première prometteuse pour la synthèse électrochimique du peroxyde d'hydrogène. L'oxydation par l'air joue un rôle très important dans la conversion des gaz dangereux (CO, méthane) en moins nocif. Élément. Isotopes et origine stellaire. L'oxygène possède dix-sept isotopes dont le nombre de masse varie de 12 à 28. L'oxygène d'origine naturelle est composé de trois isotopes stables : l' O, l' O et l' O. On attribue en outre à l'oxygène une masse atomique standard de . La majorité de l'oxygène 16 est synthétisée à la fin du processus de fusion de l'hélium au sein d'étoiles massives mais une partie est aussi produite lors des réactions de fusion du néon. L' est principalement issu de la fusion de l'hydrogène en hélium au cours du cycle CNO. Il s'agit donc d'un isotope courant des zones de combustion de l'hydrogène des étoiles. La majorité de l' est produite quand l' N rendu abondant par le cycle CNO capture un noyau d' He. L' est donc couramment présent dans les zones riches en hélium des étoiles massives évoluées. Quatorze radioisotopes ont été mis en évidence. Les plus stables sont l'oxygène 15 O ayant la plus longue demi-vie () et l' O ayant une demi-vie de . Tous les autres isotopes radioactifs ont des demi-vies inférieures à et la majorité d'entre eux a des demi-vies de moins de . L' 12O a la durée de vie la plus courte (). Le type de décroissance radioactive le plus répandu chez les isotopes plus légers que l' est l'émission de positron produisant de l'azote. Le type de décroissance le plus courant pour les isotopes plus lourds que l' est la radioactivité β donnant naissance à du fluor. Utilisation de l'oxygène 18. L'oxygène 18 est un indicateur paléoclimatique utilisé pour connaître la température dans une région à une époque donnée : plus le rapport isotopique 18O/16O est élevé et plus la température correspondante est basse. Ce rapport peut être déterminé à partir de carottes de glace, ainsi que de l'aragonite ou de la calcite de certains fossiles. Ce procédé est très utile pour confirmer ou infirmer une théorie sur les changements climatiques naturels terrestres comme les paramètres de Milanković. Comme marqueur isotopique stable, il a été utilisé pour mesurer le flux unidirectionnel d'oxygène absorbé, pendant la photosynthèse, par le phénomène de photorespiration. Il a été montré que, avant l'augmentation de de l'ère industrielle, la moitié de l'oxygène émis par les feuilles était réabsorbée. Cela réduisait le rendement de la photosynthèse de moitié (Gerbaud et André, 1979-1980). Importance de la présence de l'oxygène. L'oxygène est l'élément chimique le plus abondant du point de vue de la masse dans la biosphère, l'air, l'eau et les roches terrestres. Il est aussi le troisième élément le plus abondant de l'univers après l'hydrogène et l'hélium et représente environ 0,9 % de la masse du Soleil. Il constitue 49,2 % de la masse de la croûte terrestre et est le principal constituant de nos océans 88,8 % de leur masse). Le dioxygène est le second composant le plus important de l'atmosphère terrestre, représentant 20,8 % de son volume et 23,1 % de sa masse (soit quelque ). La Terre, en présentant un taux si important d'oxygène gazeux dans son atmosphère, constitue une exception au sein des planètes du système solaire : l'oxygène des planètes voisines Mars (qui ne représente que 0,1 % du volume de son atmosphère) et Vénus y a des concentrations bien plus faibles. Toutefois, le dioxygène entourant ces autres planètes est seulement produit par les rayons ultraviolets agissant sur les molécules contenant de l'oxygène comme le dioxyde de carbone. La concentration importante et inhabituelle de dioxygène sur Terre est le résultat des cycles de l'oxygène. Ce cycle biogéochimique décrit les mouvements de cet élément entre ses trois principaux réservoirs sur Terre : l'atmosphère, la biosphère et la lithosphère. Le facteur principal de la réalisation de ces cycles est la photosynthèse qui est le principal responsable de la teneur actuelle en dioxygène sur Terre. Le dioxygène est indispensable à tout écosystème : les êtres vivants photosynthétiques dégagent du dioxygène dans l'atmosphère alors que la respiration et la décomposition des animaux et des plantes en consomme. Dans l'équilibre actuel, la production et la consommation se réalisent dans les mêmes proportions : chacun de ces transferts correspond à environ 1/2000 de la totalité de l'oxygène atmosphérique chaque année. Enfin, l'oxygène est un composant essentiel des molécules qui se retrouvent dans tout être vivant : acides aminés, sucres. L'oxygène joue également un rôle important dans le milieu aquatique. L'augmentation de la solubilité du dioxygène à basses températures a un impact notable sur la vie dans les océans. Par exemple, la densité d'espèces vivantes est plus importante dans les eaux polaires en raison de la plus forte concentration du dioxygène. Les eaux polluées contenant des nutriments pour les plantes comme des nitrates ou des phosphates peuvent stimuler la pousse d'algues par un processus appelé « eutrophisation » et la décomposition de ces organismes et d'autres biomatériaux peut réduire la quantité de dioxygène dans les eaux eutrophes. Les scientifiques évaluent cet aspect de la qualité de l'eau en mesurant la demande biologique en oxygène de l'eau ou la quantité d'oxygène nécessaire pour revenir à une concentration normale d'. Corps simples. Allotropes. L'allotrope ordinaire de l'oxygène sur Terre est nommé « dioxygène », de formule chimique . Il présente une longueur de liaison de et une énergie de liaison de . Il s'agit de la forme utilisée par les formes de vie les plus complexes, comme les animaux, lors de la respiration cellulaire et la forme qui constitue la majeure partie de l'atmosphère terrestre. Le trioxygène O, habituellement nommé « ozone », est un allotrope très réactif de l'oxygène qui est néfaste pour le tissu pulmonaire. L'ozone est un gaz métastable produit dans les hautes couches de l'atmosphère quand le dioxygène se combine à l'oxygène atomique provenant lui-même de la fragmentation du dioxygène par les rayons ultraviolets. Comme l'ozone absorbe fortement dans le domaine des ultraviolets du spectre électromagnétique, la couche d'ozone contribue à la filtration des ultraviolets qui frappent la Terre. Toutefois, près de la surface de la Terre, c'est un polluant produit par la décomposition lors de journées chaudes des oxydes d'azote issus de la combustion des carburants fossiles sous l'effet des rayons solaires ultraviolets. Depuis les années 1970, la concentration d'ozone dans l'air au niveau du sol augmente du fait des activités humaines. La molécule métastable nommée « tétraoxygène » (O) a été découverte en 2001 et était jusqu'alors supposée exister dans l'une des six phases de l'oxygène solide. Il est prouvé en 2006 que cette phase, obtenue en pressurisant du dioxygène à est en fait constituée d'un cluster rhomboédrique O. Ce cluster est potentiellement un comburant plus puissant que le dioxygène ou l'ozone et pourrait par conséquent être utilisé dans les propergols pour fusées. Une phase métallique, découverte en 1990, apparaît lorsque l'oxygène solide est soumis à une pression supérieure à et il a été montré en 1998 qu'à des températures très basses, cette phase devenait supraconductrice. Structure du dioxygène. Dans les conditions normales de température et de pression, l'oxygène est sous forme de gaz inodore et incolore, le dioxygène, de formule chimique . Au sein de cette molécule, les deux atomes d'oxygène sont liés chimiquement l'un à l'autre dans un état triplet. Cette liaison, ayant un ordre de 2, est souvent représentée de manière simplifiée par une liaison double ou par l'association d'une liaison à deux électrons et de deux liaisons à trois électrons. L'état triplet de l'oxygène est l'état fondamental de la molécule de dioxygène. La configuration électronique de la molécule présente deux électrons non appariés occupant deux orbitales moléculaires dégénérées. Ces orbitales sont dites « antiliantes » et font baisser l'ordre de liaison de trois à deux, si bien que la liaison du dioxygène est plus faible que la triple liaison du diazote pour lequel toutes les orbitales atomiques liantes sont remplies mais plusieurs orbitales antiliantes ne le sont pas. Dans son état triplet normal, la molécule de dioxygène est paramagnétique, c'est-à-dire qu'elle acquiert une aimantation sous l'effet d'un champ magnétique. Cela est dû au moment magnétique de spin des électrons non appariés de la molécule ainsi qu'à l'interaction d'échange négative entre les molécules voisines de . L'oxygène liquide peut être attiré par un aimant si bien que dans des expériences en laboratoire, de l'oxygène liquide peut être maintenu en équilibre contre son propre poids entre les deux pôles d'un aimant puissant. L'oxygène singulet est le nom donné à plusieurs espèces excitées de la molécule de dioxygène dans laquelle tous les spins sont appariés. Dans la nature, il se forme communément à partir de l'eau, durant la photosynthèse, en utilisant l'énergie des rayons solaires. Il est également produit dans la troposphère grâce à la photolyse de l'ozone par des rayons lumineux de courte longueur d'onde et par le système immunitaire comme une source d'oxygène actif. Les caroténoïdes des organismes photosynthétiques (mais aussi parfois des animaux) jouent un rôle majeur dans l'absorption d'énergie à partir de l'oxygène singulet et dans la conversion de celui-ci vers son état fondamental désexcité avant qu'il ne nuise aux tissus. Propriétés physiques du dioxygène. Le dioxygène est plus soluble dans l'eau que ne l'est le diazote. L'eau en équilibre avec l'air contient approximativement une molécule de dioxygène dissous pour deux molécules de diazote, alors que dans l'atmosphère, le rapport est approximativement d'une molécule de dioxygène pour quatre de diazote. La solubilité du dioxygène dans l'eau dépend de la température : environ deux fois plus () en est dissous à qu'à (). À et à une pression d'air valant , l'eau douce contient environ d'oxygène par litre alors que l'eau de mer en contient environ . À , la solubilité augmente à d'eau douce soit 50 % de plus qu'à et à d'eau de mer, soit 45 % de plus. Le dioxygène se condense à et se solidifie à . Les phases liquide et solide du dioxygène sont toutes deux transparentes avec une légère coloration rappelant la couleur bleue du ciel causée par l'absorption dans le rouge. L'oxygène liquide de haute pureté est habituellement obtenu par distillation fractionnée d'air liquide. L'oxygène liquide peut aussi être produit par condensation d'air en utilisant l'azote liquide comme liquide de refroidissement. C'est une substance extrêmement réactive qui doit rester éloignée de matériaux combustibles. Bien que l'oxygène 17 soit stable, le dioxygène, composé essentiellement d'oxygène 16, présente une section efficace de capture des neutrons thermiques particulièrement basse : (en moyenne pondérée sur les trois isotopes stables), ce qui permet son usage dans les réacteurs nucléaires en tant qu'oxyde dans le combustible, et dans l'eau en tant que réfrigérant et modérateur. Néanmoins, l'activation de l'oxygène par les neutrons du cœur provoque la formation d'azote 16 émetteur d'une radiation gamma spécialement énergétique (), mais dont la période n'est que de , ce qui fait que ce rayonnement s'éteint rapidement après arrêt du réacteur. Corps composés. L'oxygène est très électronégatif. Il forme facilement de nombreux composés ioniques avec les métaux (oxydes, hydroxydes). Il forme aussi des composés ionocovalents avec les non-métaux (exemples : le dioxyde de carbone, le trioxyde de soufre) et entre dans la composition de nombreuses classes de molécules organiques, par exemple, les alcools (R-OH), les carbonylés R-CHO ou RCO et les acides carboxyliques (R-COOH). Énergie de dissociation des molécules diatomiques O-X à en kJ/mol (formula_1) : Historique. Premières expériences. L'une des premières expériences connues concernant la relation entre la combustion et l'air est menée par Philon de Byzance, écrivain grec du Dans son ouvrage intitulé "Pneumatiques", Philon observe qu'en faisant brûler une bougie dans un récipient renversé dont l'ouverture est plongée dans l'eau, cela provoque une élévation de l'eau dans le col du récipient contenant la bougie. Philon émet une conjecture incorrecte, affirmant qu'une partie de l'air dans le récipient s'est transformée en l'un des quatre éléments, le feu, qui a pu s'échapper du récipient à cause de la porosité du verre. De nombreux siècles plus tard, Léonard de Vinci s'appuie sur le travail de Philon de Byzance et observe qu'une partie de l'air est consumée pendant la combustion et la respiration. À la fin du , Robert Boyle prouve que l'air est nécessaire à la combustion. Le chimiste anglais John Mayow affine le travail de Boyle en montrant que la combustion a seulement besoin d'une partie de l'air qu'il nomme "spiritus nitroaereus" ou simplement "nitroaereus". Dans une expérience, il constate que lorsqu'il place une souris ou une bougie allumée dans un récipient fermé dont l'ouverture est plongée dans l'eau, le niveau de l'eau augmente dans le récipient et remplace un quatorzième du volume de l'air avant l'extinction des sujets. Dès lors, il conjecture que le "nitroaereus" est consommé aussi bien par la combustion que par la respiration. Mayow observe que l'antimoine augmente en masse lorsqu'il est chauffé et en déduit que le "nitroaereus" doit y être associé. Il pense aussi que les poumons séparent le "nitroaereus" de l'air et le font passer dans le sang et que la chaleur animale et les mouvements musculaires résultent de la réaction du "nitroaereus" avec certaines substances du corps. Les comptes-rendus de ces expériences, d'autres expériences et des idées de Mayow sont publiées en 1668 dans "Tractatus duo" extrait de "De respiratione". Phlogistique. Robert Hooke, Ole Borch, Mikhail Lomonosov et Pierre Bayen parviennent tous à produire de l'oxygène dans des expériences aux et mais aucun d'entre eux ne le reconnaît comme élément chimique. Cela est probablement dû en partie à la théorie scientifique concernant la combustion et la corrosion et nommée « phlogisitique » qui était alors l'explication la plus répandue pour expliquer ces phénomènes. Établie en 1667 par le chimiste allemand Johann Joachim Becher et modifiée par le chimiste Georg Ernst Stahl en 1731, la théorie du phlogistique affirme que tous les matériaux combustibles sont constitués de deux parties : une partie nommée « phlogiston » qui s'échappe lorsque la substance qui le contient brûle tandis que la partie déphlogistiquée constitue la vraie forme de la substance. Les matériaux hautement combustibles qui laissent très peu de résidus comme le bois ou le charbon sont considérés comme contenant majoritairement du phlogiston alors que les substances non combustibles qui se corrodent comme le métal, en contiennent très peu. L'air ne joue aucun rôle dans la théorie du phlogistique, pas plus que les premières expériences menées à l'origine pour en tester l'idée. Au contraire, la théorie se base sur l'observation de ce qui se produit lorsqu'un objet brûle et sur le fait que la majorité des objets apparaît plus léger et semble avoir perdu quelque chose pendant le processus de combustion. Pour justifier le fait qu'un matériau comme du bois voit en fait sa masse augmenter en brûlant, Stahl affirme que le phlogiston a une masse négative. En effet, le fait que les métaux voient eux aussi leur masse augmenter en rouillant alors qu'ils sont supposés perdre du phlogiston est l'un des premiers indices infirmant la théorie du phlogistique. Découverte. L'oxygène est découvert en premier par le chimiste suédois Carl Wilhelm Scheele. Il produit du dioxygène en chauffant de l'oxyde de mercure et divers nitrates vers 1772. Scheele nomme ce gaz (air de feu) car c'est le seul comburant connu et écrit un compte-rendu de sa découverte dans un manuscrit qu'il intitule "Traité chimique de l'air et du feu" qu'il envoie à son éditeur en 1775 mais qui ne sera pas publié avant 1777. Dans le même temps, le , une expérience conduit le pasteur britannique Joseph Priestley à faire converger les rayons du Soleil vers un tube en verre contenant de l'oxyde de mercure (HgO). Cela provoque la libération d'un gaz qu'il nomme . Il constate que la flamme des bougies est plus brillante dans ce gaz et qu'une souris est plus active et vit plus longtemps en le respirant. Après avoir lui-même respiré le gaz il écrit : . Priestley publie ses découvertes en 1775 dans un article intitulé "An Account of Further Discoveries in Air" inclus dans le second volume de son livre, "Experiments and Observations on Different Kinds of Air". Le chimiste français Antoine Laurent Lavoisier déclare plus tard avoir découvert cette nouvelle substance indépendamment de Priestley. Toutefois, Priestley rend visite à Lavoisier en octobre 1774, lui parle de son expérience et de la façon dont il a libéré le gaz. Scheele envoie également une lettre à Lavoisier le dans laquelle il décrit sa propre découverte de la substance jusqu'alors inconnue mais Lavoisier déclare ne jamais l'avoir reçu (une copie de la lettre est retrouvée dans les affaires de Scheele après sa mort). Contribution de Lavoisier. Même si cela est contesté à son époque, la contribution de Lavoisier est incontestablement d'avoir réalisé les premières expériences quantitatives satisfaisantes sur l'oxydation et d'avoir donné la première explication correcte sur la façon dont se déroule une combustion. Ses expériences, toutes commencées en 1774, conduiront à discréditer la théorie du phlogistique et prouver que la substance découverte par Priestley et Scheele est un élément chimique. Dans une expérience, Lavoisier observe qu'il n'y a généralement pas d'augmentation de masse quand l'étain et l'air sont chauffés dans une enceinte fermée. Il remarque que l'air ambiant s'engouffre dans l'enceinte lorsqu'il l'ouvre ce qui prouve qu'une partie de l'air emprisonné a été consommée. Il constate également que la masse de l'étain a augmenté et que cette augmentation correspond à la même masse d'air qui s'est engouffrée dans l'enceinte lors de son ouverture. D'autres expériences ainsi que celle-ci sont détaillées dans son livre "Sur la combustion en général", publié en 1777. Dans cette œuvre, il prouve que l'air est un mélange de deux gaz : l' qui est essentiel à la respiration et la combustion et l'azote (du grec "", ) qui leur est inutile. Lavoisier renomme l' en "oxygène" en 1777 à partir de la racine grecque "" ("oxys") (acide, littéralement « âpre » d'après le goût des acides et " (-genēs)" (producteur, littéralement « qui engendre ») car il croit à tort que l'oxygène est un constituant de tous les acides. Des chimistes, notamment Sir Humphry Davy en 1812, prouvent finalement que Lavoisier s'était trompé à cet égard (c'est en réalité l'hydrogène qui est à la base de la chimie des acides) mais le nom est resté. siècle et après. La théorie atomique de John Dalton suppose que tous les éléments sont monoatomiques et que les atomes dans les corps composés sont dans des rapports simples. Par exemple, Dalton suppose que la formule chimique de l'eau est HO, donnant à l'oxygène une masse atomique huit fois supérieure à celle de l'hydrogène contrairement à la valeur actuelle qui vaut environ seize fois celle de l'hydrogène. En 1805, Joseph Louis Gay-Lussac et Alexander von Humboldt montrent que l'eau est formée de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxygène et en 1811 Amedeo Avogadro parvient à interpréter correctement la composition de l'eau sur la base de ce qu'on appelle maintenant la loi d'Avogadro et l'hypothèse des molécules diatomiques élémentaires. En , Louis Paul Cailletet en France et Raoul Pictet en Suisse réussissent à produire, par deux procédés différents et indépendamment l'un de l'autre, les premières gouttes d'oxygène liquide.
Organisme auxiliaire En protection des cultures, les organismes auxiliaires sont : Ils contribuent aux services écologiques rendus par la biodiversité. Dans le cadre de la protection des végétaux contre les ennemis des cultures, ces organismes auxiliaires sont aussi appelés organismes utiles. Ils peuvent être élevés et diffusés dans certaines cultures ou sylvicultures, ou ils peuvent être favorisés par certaines pratiques (pose de nichoirs, de perchoirs, renaturation, conservation et restauration de réseaux écologiques (trame verte, trame bleue), de corridors biologiques de types haies, bocage et ripisylve, ou d'autres types de zones tampon autour des cultures (bandes enherbées, prairies fleuries)... Les larves de coccinelles issues d'élevage et utilisées contre les pucerons sont l'exemple le plus connu du public, mais quelques autres espèces ont été élevées et vendues comme auxiliaires des cultures ou des jardins (y compris des lombrics) Enjeux. Selon un rapport de l'ONU de 2017, les pesticides génèrent encore beaucoup trop d'effets négatifs sur l'environnement et la santé et il est possible de produire assez de nourriture pour nourrir neuf milliards de terriens avec une agriculture plus écologique, et des quantité de pesticides chimiques substantiellement moins importante, si l'on utilise mieux la lutte biologique basée sur les auxiliaires de l'agriculture. Pour cela des mesures politiques sont nécessaires, afin d'accélérer le développement et l'utilisation d'une protection des cultures respectueuse de l'environnement. Les auxiliaires de l'agriculture sont maintenant également préconisés par la directive européenne sur l'utilisation soutenable des pesticides. Limites et précautions. En cas de volonté d'introduction, tout projet doit être précédé d'une étude affinée des besoins et des impacts. En effet, dans de nombreux cas, une espèce introduite s'est avérée pouvoir devenir invasive et s'attaquer à d'autres organismes que les « nuisibles » qu'on souhaitait éliminer ou contrôler par cette introduction (cas de la coccinelle asiatique, ou de chats introduits dans les îles par exemple). Si l'on introduit ou réintroduit des parasitoïdes, il leur faut des « proies » où pondre leurs œufs, mais de nombreuses espèces produisent des adultes qui auront besoin de pollen ou nectar pour se nourrir. La richesse et proximité en plantes nourricières des parasitoïdes adultes (des fleurs de la strate herbacée, buissonnante ou arborée) contrôlent l'importance de l'activité de parasitage et donc l'efficacité de ce type de lutte biologique. Elles doivent donc être conservées à proximité et il faut les laisser fleurir (ce que des fauches ou tontes trop fréquentes peuvent interdire). Parfois il faut les réintroduire et ce sont des communautés de plantes natives qu'il faut entretenir, qui produiront nectar et/ou pollen durant toute la saison où ils seront nécessaires aux auxiliaires de l'agriculture. C'est idéalement à l'échelle du paysage que la lutte intégrée doit être conçue et gérée. Les plantes nourricières doivent être les plus adaptées au contexte agroécosystémique local. Les études et solutions appliquées dans une région ne correspondent pas nécessairement aux besoins d'une région édaphiquement ou climatiquement légèrement différente. Bocages et bandes enherbées et fleuries, avec refuges non fauchés chaque année sont des moyens de retrouver une activité parasitoïde moins éloignée de ce qu'elle serait dans la nature, c'est-à-dire élevée. Il est important de conserver ou retrouver une biodiversité élevée dans le paysage non cultivé (ou dans les prairies) car comme on l'a montré, par exemple pour "Cotesia glomerata", beaucoup de parasitoïdes utiles ont des préférences alimentaires marquées pour le pollen et/ou nectar d'une espèce de plante ou d'un groupe particulier de plantes. Ainsi les diptères et syrphes parasitoïdes apprécieront de trouver près de leurs lieux de ponte une abondante floraison de Brassicaceae. Il faut en outre, comme on l'a montré pour le prédateur "Pimpla turionellae", que ces ressources alimentaires florales soient accessibles aux adultes parasitoïdes. Les stratégies de renaturation et de retour des fleurs sauvages dans les agrosystèmes peuvent s'appuyer sur les bandes enherbées (encore pauvres en fleurs) et les trames vertes et bleues, au profit des pollinisateurs, du gibier, des aménités écopaysagères, de la qualité de l'eau, etc. mais en tenant compte des risques et inconvénients associés. L'échelle des grandes cultures imposée par les remembrements tels qu'ils se sont pratiqués peut devoir être revue au profit d'un paysage plus complexe, embocagé et mosaïqué. Après les phases d'artificialisation et de simplification et homogénéisation du paysage par les vastes monocultures, remembrements et destruction des mares, chemins ruraux, talus, haies, bocages, bosquets, délaissés, friches, etc., une re-diversification des agroécosystèmes est une des conditions de la lutte biologique. Types d'organismes auxiliaires possibles. Ces organismes auxiliaires peuvent être :
Oligate
Orius Orius est un genre d'insectes hétéroptères prédateurs de la famille des Anthocoridae. Les larves et adultes ont principalement pour proies les acariens, les pucerons et les thrips sur les arbres fruitiers, la vigne, les grandes cultures, et les cultures légumières. Ces insectes peuvent parfois piquer les humains. Liste des espèces. Selon : Liste des sous-genres européens. divise ce genre en 4 sous-genres :
Oedothorax Oedothorax est un genre d'araignées aranéomorphes de la famille des Linyphiidae. Distribution. Les espèces de ce genre se rencontrent en écozones holarctique, afrotropicale et indomalaise. Description. Les mâles mesurent de à et les femelles de à . Ces araignées prédatrices ont pour proies de petits insectes comme les psylles et les diptères. Liste des espèces. Selon : Systématique et taxinomie. Ce genre a été décrit par Bertkau en 1883 dans les Micryphantidae. "Stylothorax" et "Kulczynskiellum" ont été placés en synonymie par Simon en 1926.
OU OU est un sigle : OU est un code : Ou est un mot : Ou est le nom de Ȣ, une lettre de l'alphabet algonquin. Ou est un digramme de l'alphabet latin. Nom de famille. Ce nom de famille () est communément romanisé Au en cantonais.
OR
Oupaout
Oupouat
Onde radio Une onde radioélectrique, communément abrégée en onde radio, est une onde électromagnétique dont la fréquence est inférieure à . Si la longueur d'onde dans le vide est supérieure à (fréquences inférieures à ) on parle d'ondes « radiofréquences ». Si la longueur d'onde dans le vide est comprise entre et (fréquences comprises entre et ) on parle d'ondes « hyperfréquences ». Adaptées au transport de signaux issus de la voix et de l'image, les ondes radio permettent les radiocommunications (talkie-walkies, téléphone sans fil, téléphonie mobile…), la radiodiffusion et les radars. Avec les micro-ondes, les radiofréquences font partie des rayonnements non-ionisants. Leurs effets biologiques et environnementaux, à certaines fréquences et intensités, font l'objet de nombreuses études, très discutées dans le cadre du développement des communications sans fil, et notamment de la 5G. Définition et réglementation. Par convention, une onde radio a une fréquence inférieure à . Le domaine des radiocommunications est réglementé par l'Union internationale des télécommunications (UIT) qui a établi un règlement des radiocommunications dans lequel on peut lire la définition suivante : Les ondes de fréquence inférieure à sont des ondes radio, mais ne sont pas réglementées. Les ondes de fréquence supérieure à sont classées dans les ondes infrarouges car la technologie associée à leur utilisation est actuellement de type optique et non électrique, cependant cette frontière est artificielle car il n'y a pas de différence de nature entre les ondes radio (dont les micro-ondes, les ondes radars), les ondes lumineuses et les autres ondes électromagnétiques. De nombreuses réglementations concernent le partage des fréquences pour différents usages, certains usages ou encore l'exposition de travailleurs à certains champs électromagnétiques, dont via la réglementation européenne. Spectre radiofréquence. Terminologie officielle. Une onde radio est classée en fonction de sa fréquence exprimée en Hz ou cycles par seconde ; l'ensemble de ces fréquences constitue le spectre radiofréquence. Le spectre est divisé conventionnellement en bandes d'une décade, dont les appellations internationales sont normalisées. Les appellations francophones équivalentes sont parfois également utilisées dans les textes français. Autres appellations. Pour éviter les ambiguïtés avec le vocabulaire de l'acoustique et de la sonorisation, on utilise le terme « audiofréquence » de préférence à « basse fréquence » pour désigner des ondes acoustiques (mécaniques) ou des signaux électriques (en rapport avec le son) dans la bande à . D'autres appellations de bandes ou sous-bandes sont également utilisées en fonction des habitudes techniques : Propagation. Comme toutes les ondes électromagnétiques, les ondes radio se propagent dans l'espace vide à la vitesse de la lumière et avec une atténuation de la puissance transportée par unité de surface proportionnelle au carré de la distance parcourue selon l'équation des télécommunications. Dans l'atmosphère, elles subissent des atténuations liées aux précipitations, et peuvent être réfléchies ou guidées par la partie de la haute atmosphère appelée ionosphère. Elles sont atténuées ou déviées par les obstacles, selon leur longueur d'onde, la nature du matériau, sa forme et sa dimension. Pour simplifier, un matériau conducteur aura un effet de réflexion, alors qu'un matériau diélectrique produira une déviation, et l'effet est lié au rapport entre la dimension de l'objet et la longueur d'onde. Utilisation. Chaque fréquence radioélectrique subit différemment les divers effets de propagation, ce qui explique leur choix selon l'application. Ainsi, par exemple, l'atmosphère terrestre bloque les émissions vers l'espace hors de certaines bandes, qui sont donc privilégiées pour la radioastronomie et les satellites. Certaines fréquences sont absorbées par les molécules d'eau, donc utilisées pour les fours à micro-ondes ou pour la réalisation de réseaux de télécommunication denses (comme avec la 5G par exemple), d'autres sont au contraire réfléchies par les précipitations et utilisées pour les radars météo L'autre critère clé est la bande passante utilisable et l'encombrement du spectre par les multiples applications et services : toute application demande une bande passante, qui doit lui être affectée sous peine de brouillage mutuel. Par exemple, la télévision ne peut utiliser que des fréquences élevées VHF ou UHF. Enfin la technologie disponible permet progressivement d'utiliser des bandes de fréquence de plus en plus haute. Ainsi, par exemple les SHF et EHF n'étaient pas utilisables avant l'invention du magnétron. Types de modulation d'une onde radio. Les ondes radio sont modulées pour porter une information (un signal), par exemple en modulation d'amplitude pour la radio AM, en modulation de fréquence pour la radio FM, en modulation de phase dans d'autres applications ou en modulation d'impulsion pour les radars. D'autres types de modulation existent, combinant une modulation de phase et une modulation d'amplitude par exemple. C'est le cas des modulations de type QAM (Quadrature Amplitude Modulation) dont les symboles sont caractérisés par une phase et une amplitude spécifique. Ces modulations QAM permettent d'augmenter le débit de transmission, en diminuant la durée de transmission d'un message puisqu'on peut coder plus de bits par symbole. Par contre, ces modulations sont plus sensibles aux interférences et aux déformations de signal dues à la propagation dans le canal. Gestion et attribution des fréquences radioélectriques. La demande en bande passante pour les télécommunications ou les radars, ainsi que la protection de fréquences de radioastronomie fait du spectre radioélectrique une ressource rare qui doit être réglementée mondialement. L'attribution des radiofréquences s'effectue dans le cadre d'organismes internationaux, en particulier la Conférence mondiale des radiocommunications (CMR) et l'Union internationale des télécommunications (UIT). Usage du terme « onde hertzienne ». S'agissant des ondes radioélectriques, le terme « ondes hertziennes » en est un synonyme. Selon la définition de l'UIT, le terme « hertzien » ne couvre que les signaux transmis par rayonnement — il s'agit là du rayonnement électromagnétique — c'est-à-dire sans support matériel, par exemple aussi bien la télévision terrestre que par satellite et tous les autres modes de transmission sans fil dans le spectre de fréquence de ces ondes. Usage en médecine esthétique. Certaines pratiques en médecine esthétique, utilisent la radiofréquence pour rajeunir ou traiter les imperfections de la peau, du relâchement cutané, de la texture de la peau : cicatrices d’acné et vergetures, raffermissement cutané, réduction des rides et des pores dilatés… Risques sanitaires liés aux ondes radioélectriques. Les dangers encourus en présence de champs radioélectriques intenses ont été très tôt soulevés en particulier à l’apparition des fours à micro-ondes dans les foyers, pour les personnes habitant à proximité des émetteurs militaires de très forte puissance ou pour le personnel travaillant près des radars. Plus récemment, le danger éventuellement lié aux téléphones portables a amené à définir une mesure normalisée de rayonnement (Débit d'absorption spécifique ou DAS) mais cette mesure est un principe de précaution car un éventuel risque sanitaire lié aux ondes radioélectrique n'est aujourd'hui pas prouvé. Mesure du spectre radioélectrique. Les mesures professionnelles sur les ondes électromagnétiques nécessitent une antenne étalonnée adaptée aux fréquences à mesurer, suivie d’un appareil de mesure électronique de type : L’analyse en amateur des bandes courantes LF à UHF peut s’effectuer avec un récepteur étalonné ("scanner"). L’analyse dans les bandes basses VLF à ELF s’effectue en général avec des logiciels FFT après numérisation directe dans un ordinateur individuel.
Optique géométrique L’optique géométrique est une branche de l'optique qui s'appuie notamment sur le modèle du rayon lumineux. Cette approche simple permet entre autres des constructions géométriques d’images, d’où son nom. Elle constitue l'outil le plus flexible et le plus efficace pour traiter les systèmes dioptriques et catadioptriques. Elle permet ainsi d'expliquer la formation des images. L'optique géométrique (la première théorie optique formulée) se trouve validée "a posteriori" par l'optique ondulatoire, en faisant l'approximation que tous les éléments utilisés sont de grande dimension devant la longueur d'onde de la lumière. Dans le débat entourant au la dualité onde-corpuscule de la lumière, l'optique géométrique ne spécifie pas la nature de la lumière et est alors compatible avec les deux approches. Historique. Du point de vue physique, l'optique géométrique est une approche alternative à l'optique ondulatoire (souvent appelée optique physique) et à l'optique quantique. Elle est en revanche plus ancienne, ayant été développée dès l'Antiquité. La notion de rayon lumineux a ainsi été introduite par Euclide au avant notre ère. Jusqu'au , l'optique reste sur cette notion de rayon lumineux et ne progresse que de manière empirique, permettant toutefois l'apparition de premiers verres correcteurs en 1285. Les lois de Snell-Descartes sont trouvées par Snell en 1621 puis par Descartes en 1637. La première expérience montrant les limites de l'optique géométrique est réalisée par Grimaldi en 1665 qui donne son nom à la diffraction. L'optique ondulatoire ne sera mise en évidence qu'au avec l'expérience des fentes d'Young et l'optique quantique n'émergera qu'au cours du . Propagation de la lumière. Le rayon lumineux. Un rayon lumineux est un objet théorique : il n'a pas d'existence physique. Il sert de modèle de base à l'optique géométrique où tout faisceau de lumière est représenté par un ensemble de rayons lumineux. Le rayon lumineux est l'approximation de la direction de propagation de l'onde lumineuse ou des photons. Lorsque l'on considère l'onde lumineuse, si la surface d'onde est un plan, tous les rayons sont parallèles entre eux et si la surface d'onde est sphérique, tous les rayons se dirigent vers un point, ou semblent provenir d'un point : on a un faisceau qui converge en un point, ou qui diverge à partir d'un point. Le chemin optique. La notion de chemin optique permet de traduire de manière géométrique l'influence de l'indice de réfraction des milieux sur la vitesse de la lumière. Le chemin optique est égal à la distance que la lumière aurait parcourue pendant le même temps dans le vide. En pratique, dans un milieu homogène d'indice formula_1, pour une distance parcourue formula_2, le chemin optique formula_3 s'exprime : Dans une approche continue et non discrète du chemin optique : formula_5. Le principe de Fermat s'appuie sur cette notion de "chemin optique" : « entre 2 points, la lumière suit le trajet correspondant à un chemin optique stationnaire (constant) c'est-à-dire le chemin avec le temps de parcours minima ». Lien entre la notion de rayon lumineux et la théorie ondulatoire. Pour relier le modèle du rayon lumineux à la théorie ondulatoire de la lumière, il faut avoir une approche énergétique de la propagation de la lumière. Le rayon lumineux représente la direction de propagation de l'énergie lumineuse. Cette direction est orthogonale aux fronts d'onde de l'onde lumineuse. Lois de l'optique géométrique. Deux grands principes ont fondé l'optique géométrique : Ces principes n'ont été formalisés que tardivement comparé à la loi de la réflexion mais ils avaient déjà été postulés dans l'Antiquité par Héron d'Alexandrie. La loi de la réfraction est arrivée plus tard. Réflexion et réfraction sont gouvernées par les lois de Snell-Descartes. Le phénomène de réfraction limite et de réflexion totale ne seront trouvés que plus tard. Domaine de validité de l'optique géométrique. L'optique géométrique ne permet pas d'expliquer tous les phénomènes lumineux. En particulier, elle ne tient pas compte du fait que la lumière est de nature ondulatoire ou corpusculaire. Lorsque tous les objets qui interagissent avec la lumière ont des tailles caractéristiques grandes devant la longueur d'onde du rayon lumineux alors il est convenable et plus simple d'utiliser l'optique géométrique pour décrire son comportement avec une bonne précision. Mais quand la lumière diffuse ou passe à travers des objets dont la taille est du même ordre de grandeur (voire plus petits) que sa longueur d'onde, alors il n'est plus possible de négliger l'aspect ondulatoire et on entre dans le domaine de l'optique physique. Deux phénomènes caractéristiques de l'optique ondulatoire, inexplicables dans le contexte de l'optique géométrique, sont les interférences lumineuses et la diffraction. Autres modèles de l'optique et interaction avec le modèle géométrique. Dans le modèle électromagnétique de la lumière, l'optique géométrique correspond à un cas particulier où la longueur d'onde est considérée nulle devant tous les systèmes (lentilles, miroirs, ...) et où les rayons sont considérés comme tous incohérents entre eux. Cette approximation permet de justifier la focalisation des rayons lumineux en un point ainsi que l'absence de phénomène de diffraction.
Oi
Octet En informatique, un octet est un multiplet de codant une information. Dans ce système de codage, s'appuyant sur le système binaire, un octet permet de représenter 2 nombres, soit différentes. Un octet permet de coder des valeurs numériques ou jusqu'à différents. Le terme est couramment utilisé comme unité de mesure en informatique (symbole : o) pour indiquer la capacité de mémorisation des mémoires (mémoire vive ou morte, capacité des périphériques de stockage). À cette fin, on utilise couramment des multiples de l'octet, comme le kilooctet (), le mégaoctet (), le gigaoctet () ou le téraoctet (). Cette unité permet aussi de quantifier la rapidité de transfert d'informations en octets par seconde (ou ses multiples : ko/s, Mo/s). Étymologie. Le mot octet est constitué du préfixe « oct- » signifiant huit et du suffixe « -et » signifiant petit. Littéralement un octet est un groupe de qui permettent de coder différents, ce qui est largement suffisant pour coder l'alphabet latin (y compris les différents types d'accents), les chiffres et la ponctuation. La langue anglaise a repris ce terme avec la même orthographe et la même signification. Historique. La quantité de "bits" que le processeur doit "consommer" pour exécuter une instruction machine est appelé le "mot", sa taille est définie par le constructeur. Aux origines de l'informatique, les processeurs étant limités, ceux-ci "consommaient" ce mot par petites « bouchées », correspondant au nombre de bits du bus de données. C'est ainsi, que le terme ' est créé en 1956 par Werner Buchholz alors qu'il travaille à la conception de l'IBM Stretch. C'est une déformation orthographique volontaire de l'anglais ', littéralement « bouchée », pour éviter toute confusion avec "bit" par élision du "e" final.. Le "byte" était également l'unité de stockage permettant de stocker un caractère. En anglais, on utilise fréquemment le mot « "char" » (abréviation de "character") pour « "byte" », et réciproquement. Chaque constructeur définissait la taille du "byte" en fonction de ses besoins du moment. Dans les années 1950 et 1960, le "byte" était souvent composé de 6 bits, car tous les caractères nécessaires à la programmation en langue anglaise pouvaient être codés avec six bits (64 possibilités). Le "byte" pouvait aussi avoir une taille de 9 bits sur d'autres systèmes. Le PDP-10 avait encore une autre définition du "byte" avec une taille variable, allant de 1 à 36 bits selon l'instruction machine à exécuter. Dans la plupart des architectures matérielles, la capacité de la mémoire informatique est généralement exprimée en , alors que sur les architectures « grand public » en français, on l'exprime en octets. La généralisation des de huit bits amplifie cette confusion, en tirant un trait sur les architectures anciennes − essentiellement nord-américaines. On trouve beaucoup de documentation en français exprimant improprement la capacité de mémoire en par une confusion bytes/octets lors de la traduction. Aujourd'hui, pour le "Dictionnaire du multimédia – Audiovisuel, informatique, télécommunications" de l'AFNOR, le "byte" est « l'unité d'information correspondant à un octet, soit ». La normalisation IEC 80000-13 va dans le même sens : normaliser la taille des "bytes" à 8 bits. C'est de cette « normalisation » à que vient la confusion. Toutefois, en anglais comme en français, si l'on veut explicitement désigner une quantité de huit bits, on utilise le mot « » ; tandis que si l'on veut exprimer l'unité d'adressage indépendamment du nombre de bits, on utilise le mot « ». Ainsi la description formelle d’un langage de programmation utilisera sciemment le mot si le langage ne nécessite pas qu’un ait une taille d’un octet. C’est par exemple le cas du langage C, où un peut contenir plus de huit bits. Le mot « octet » est sciemment utilisé en français comme en anglais pour décrire un format de données au bit près. Ainsi, on trouve le mot « octet » dans des textes anglais comme le qui décrit le protocole de communication TCP d'Internet, ou dans le standard H.263 qui décrit une norme de codage vidéo numérique. La même distinction entre « » et « octet » existe donc dans les deux langues, seul change le mot que l'on utilise couramment dans les cas où le "byte" mesure huit bits. Symbole. Le symbole de l'octet est la lettre « o » minuscule. La lettre « O » (en majuscule) n'est pas acceptable dans le Système international d'unités (SI) en raison du risque de confusion avec le chiffre 0 et parce que les lettres majuscules sont en général utilisées pour les symboles des unités dérivées d'un nom propre (par exemple : volt dont le symbole est , ou watt dont le symbole est ). Cette question n'est cependant pas tranchée, les unités d'information ne faisant pas partie du SI. Multiples. Historiquement, dans le monde informatique, les préfixes « kilo », « méga », « giga » ne représentaient pas une puissance d'un nombre en base dix (10 = ), mais une puissance d'un nombre en (. Cependant, cette tradition n'était pas compatible avec les normes en vigueur pour les autres unités et n'était pas appliquée uniformément aux tailles exprimées en octets, notamment pour la mesure de la capacité des disques durs et autres périphériques de stockage. Une nouvelle norme a donc été créée en 1998 pour noter les multiples de : les « », « mébi », « gibi ». Cependant, encore actuellement, pour des raisons pratiques nombre de constructeurs n'appliquent pas cette norme et continuent d'utiliser les unités historiques dans leurs documentations techniques. Multiples normalisés. La normalisation des préfixes binaires en 1998 par la Commission électrotechnique internationale spécifie les préfixes suivants pour représenter les multiples calculés en puissances : Les préfixes binaires ont la relation d'ordre suivante : Les préfixes décimaux quant à eux sont identiques aux préfixes du Système international d'unités : Confusions entre multiples binaires et décimaux. Certains utilisateurs débutants sont légitimement perturbés lorsqu'un logiciel ou système d'exploitation leur présente une quantité d'octets affichée avec un préfixe décimal, ou un acronyme en « Go », « Mo », mais une quantité calculée, à tort, sur des puissances de 1024. Bien que les constructeurs indiquent sur leurs composants des valeurs décimales (par exemple « » représentent ), ces logiciels vont indiquer soit correctement « », soit incorrectement « ». Plus la capacité des supports augmente plus l'écart entre les valeurs attendues et constatées devient important : ainsi un disque dur de « » (valeur indiquée par le constructeur et qui est conventionnellement correcte) a une capacité affichée dans les systèmes d'exploitation de , fréquemment notée de façon erronée « », soit un écart de 9 %. Ces confusions ont été à l'origine de plusieurs actions en justice, notamment aux États-Unis. L'usage des préfixes décimaux, en contradiction avec les recommandations de la Commission électrotechnique internationale qui définissent clairement d'autres préfixes, reste toujours répandu dans la littérature et dans le langage courant. Les préfixes recommandés ne sont pas encore systématiquement intégrés. D'autres usages courants, mais incorrects, suppriment complètement le nom ou le symbole de l'unité pour ne plus garder que le nom ou le symbole du préfixe multiplicateur (par exemple « 56K » ou « 20 méga »). Cela entraîne cependant de nombreuses ambiguïtés quant à la nature de cette unité, notamment quand on l'utilise pour exprimer un taux de transfert de données ou la capacité d'une puce de mémoire : en effet, dans ces deux cas, il est courant que l'on mesure en bits plutôt qu'en octets (ainsi un débit de connexion de « 20 méga » — selon l'appellation commerciale — correspond à , ce qui peut induire en erreur un utilisateur non averti). Variantes orthographiques. La langue française pose un problème d'orthographe, relativement à la prononciation de la voyelle initiale du mot « octet » lorsqu'il suit un préfixe ; on peut donc trouver dans la littérature les formes suivantes : « kilo-octet » (avec trait d'union) ou « kilooctet » (sans trait d'union). Au Québec, la forme d'usage est sans le trait d'union, sauf lorsqu'on est en présence d'une lettre doublée Propriétés. Propriétés de représentation binaire. Un octet peut représenter 2 soit différentes. La valeur de tout octet peut s'écrire avec un entier naturel entre 0 et 255 compris. Elle peut aussi s'écrire avec huit chiffres binaires, entre 00000000 et 11111111 compris, ou avec deux chiffres hexadécimaux, entre 00 et FF compris. La notation hexadécimale est utilisable dans de nombreux langages informatiques car elle est compacte et pratique pour noter la valeur d'un ou plusieurs octet(s). Un octet peut servir à noter un entier naturel, appelé en informatique « non signé », (en base dix). Une autre convention courante, le complément à deux, permet de noter un entier relatif, ou « signé », entre (en base dix). De nombreuses conventions existent pour représenter un caractère par un ou plusieurs octets. On peut notamment citer le codage ISO/CEI 8859-1, très utilisé pour représenter avec un octet les 10 chiffres, les minuscules, les majuscules, ainsi que les lettres accentuées et la ponctuation des langues d'Europe occidentale, dont le français. Plus récent, le codage UTF-8 permet de noter tout caractère avec un à quatre octets. L'article sur le codage des caractères développe ce thème. Propriétés de représentation décimale. Dans certaines applications nécessitant un codage exact des valeurs décimales (par exemple pour les applications financières), les puissances peuvent ne pas s'avérer pratiques. Aussi un octet est parfois utilisé pour stocker jusqu'à deux chiffres décimaux exactement (entre ), chacun codé sur un "quartet" (quatre bits) distinct entre et . Les autres valeurs de quartets peuvent être utilisées pour coder la position d'une virgule décimale, un signe, l'absence de chiffre significatif à la position indiquée, ou une autre fonction spéciale (valeur infinie, valeur erronée non numérique). Certains calculateurs (et des bibliothèques logicielles de calcul à virgule fixe ou travaillant sur de très grands entiers ou des valeurs de grande précision) utilisent ce format dit « BCD », sigle anglais de "binary coded decimal" (décimal codé en binaire). L'usage du codage BCD était populaire sur les anciens systèmes (notamment ceux utilisant l'EBCDIC) car cela évitait une conversion finale coûteuse pour afficher les nombres à virgule flottante. De plus ce système était plus pratique au temps où les données étaient entrées manuellement sur des cartes perforées : pour convertir un nombre BCD en caractères, il suffisait d'éclater le nombre BCD en deux en n'utilisant qu'un seul quartet par octet pour représenter le chiffre en décimal, le quartet de poids fort prenant une valeur fixe indiquant simplement que c'est un chiffre décimal. Les autres valeurs de quartets de poids fort étaient utilisées pour indiquer que c'était une lettre majuscule, une lettre minuscule ou un autre symbole ou ponctuation. Aujourd'hui, dans la plupart des systèmes actuels, le codage EBCDIC des caractères et du BCD pour les valeurs numériques est plus rarement utilisé car la plupart des calculs se font plus rapidement en représentation binaire de façon matérielle avec une précision globale prédéfinie (codée sur un nombre fixe d'octets). Des variantes du système BCD permettent de conserver une représentation précise des nombres à virgule fixe ou flottante en base dix, tout en permettant une plus grande compacité de stockage et en rendant les calculs plus rapides. L'astuce consiste à grouper les chiffres décimaux et les représenter en binaire sur un groupe de plusieurs octets. Par exemple : Usages. Les processeurs n'opèrent généralement pas sur chaque bit individuellement, mais sur des groupes de bits. L'habitude de concevoir le matériel pour qu'il traite les bits par huit, ou par multiples de huit, s'est généralisée depuis les années 1970, si bien qu'aujourd'hui l'octet et ses multiples sont généralement utilisés comme mesure de la capacité de mémorisation des mémoires informatiques : mémoire vive, disquette, disque dur, CD-ROM La taille des fichiers est aussi mesurée en octets (avec le plus souvent les multiples conventionnels en binaire). Le taux de transfert des bus informatiques entre les applications informatiques et périphériques informatiques locaux est généralement donné en octets par seconde (avec les multiples normalisés ; voir ci-après). Mais les débits sur les réseaux ou supports de transmission de données s'expriment plutôt : Bits et octets. Exemples de conversion des bits vers octets (sans normalisation CEI) : Mots. Lorsque le traitement se fait sur plusieurs octets simultanément, notamment deux octets (16 bits) et quatre octets (), on parle parfois de mot et de double-mot, ou bien de demi-mot et de mot. La signification de ces termes a tendance à varier avec le contexte, notamment car en terminologie des langages d'assemblage pour processeurs, le « mot » désigne souvent la quantité d'information dans un registre de calcul entier pour une opération élémentaire, cette quantité pouvant aussi dépendre du mode d'adressage utilisé par le processeur à l'exécution (ou des traditions de programmation pour un système d'exploitation donné), aussi n'est-il pas recommandé de les utiliser.
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Titulature royale dans l'Égypte antique Dans l'Égypte antique, la titulature royale est l'ensemble des noms officiels par lesquels un pharaon est désigné dans les textes légaux et les grandes inscriptions dédicatoires. La titulature du roi d'Égypte se compose de cinq « Grands Noms », chacun formé d’un titre suivi d’un nom proprement dit. Ces cinq appellations définissent la nature royale et constituent en même temps une idéologie du pouvoir. L'usage de la titulature se met en place dès l'aube de la monarchie pharaonique et perdure jusqu'à la fin de l'institution au moment de l'incorporation de l'Égypte dans l'Empire romain. À partir du Moyen Empire, les cinq noms se suivent dans un ordre canonique et invariable. Les quatre premiers sont attribués à l'occasion du couronnement. Le nom d'Horus est le plus ancien titre attesté par les sources. Dès l'époque prédynastique, il place le détenteur de la charge royale sous la protection du dieu faucon Horus ; une très ancienne divinité céleste et solaire adorée à Nekhen. Ce nom s'inscrit invariablement dans le "serekh" qui est l'image stylisée du palais royal. À partir de la , le nom de Nebty ou des "Deux Maîtresses" place le roi sous la protection de Nekhbet et Ouadjet, les déesses vautour et serpent protectrices de la Haute et Basse-Égypte. À partir de la , le nom d'Horus d'or associe le dieu Horus à l'éclat de l'or. Il s'agit d'une évocation de la brillance de l'astre diurne dans le ciel mais aussi une référence voilée au dieu Seth par ailleurs surnommé « Le doré ». Dès la , le nom de Nesout-bity fait référence à la royauté en tant qu'institution divine et pérenne ("nesout") mais aussi en tant que charge éphémère ("bity") exercée par un mortel. Ce nom s'inscrit dans un cartouche et a la préférence des Égyptiens lorsque le pharaon n'est désigné que par un seul de ses titres. Le nom de Sa-Rê ou "Fils de Rê", en usage à partir de la , est le nom de naissance du prince héritier, attribué par sa mère dès le premier jour de son existence. Comme le précédent, ce nom se trouve inscrit dans un cartouche à partir de l'intronisation. C'est aussi le nom auquel les égyptologues ajoutent un nombre romain ( ou par exemple) afin de distinguer les monarques entre eux au sein d'une même dynastie. Cette pratique, totalement ignorée des Anciens Égyptiens, est un mode de désignation commode. Aussi, se trouve-t-il invariablement utilisé dans les livres de vulgarisation à l'adresse du grand public. Chaque titulature est élaborée par un collège de prêtres au moment de l'accession au trône. Elle est ensuite officiellement promulguée et diffusée auprès des différentes autorités subalternes du pays. Dès la mise en place de l'écriture hiéroglyphique, les scribes ont fait œuvre d'archivistes. On possède ainsi des listes nominales plus ou moins exhaustives sur papyrus et sur pierre. Certaines se trouvent gravées au sein des temples dans le cadre du culte funéraire royal. La monarchie pharaonique s'est fortement appuyée sur certaines valeurs fondamentales et les titulatures sont le reflet de ce fait idéologique. Plusieurs concepts ont sans cesse été mis en exergue comme la piété envers le dieu solaire, le principe de la dualité monarchique, l'attachement à la Maât (ordre social et cosmique), l'entretien des forces vitales ou le combat face aux forces hostiles. Généralités. Symbolique du nom. Dans l'imaginaire collectif contemporain, le mot « pharaon » est emblématique de l'Égypte antique ; une civilisation par ailleurs aussi qualifiée d'Égypte pharaonique. Synonyme de « roi d'Égypte », le terme « pharaon » n'a cependant jamais fait partie de la titulature officielle des souverains égyptiens. Dans la langue égyptienne, le mot "per-aâ" « pharaon » en tant que désignation de l'individu régnant est d'un emploi tardif ; pas avant le Nouvel Empire. Sa présence dans les langues actuelles (' en allemand ' en anglais, "" en espagnol, "faraone" en italien, etc.) s'est faite par l'entremise de la "Bible", en particulier du "Livre de l'Exode" où le personnage de Pharaon s'oppose avec véhémence au prophète Moïse. Dans l'Égypte antique, comme dans d'autres sociétés anciennes ou primitives, donner un nom "(ren)" à une personne est lourd de signification. Le nom de l'enfant est généralement donné par la mère à la naissance. Il est choisi en fonction des croyances religieuses locales ou est le reflet de préoccupations familiales plus particulières. À partir de l'Ancien Empire, lors du couronnement, chaque nouveau pharaon se voit attribuer une titulature sacrée composée de cinq noms différents. Mis ensemble, ces derniers constituent le programme mystique du règne. Les noms royaux sont tout naturellement imprégnés d'un fort symbolisme politique et religieux car ils visent à intégrer le titulaire de la charge royale dans la sphère du sacré. Tout au long de la civilisation, certains concepts sont immanquablement mentionnés dans les titulatures comme la puissance, la compétence, la fécondité, la vitalité et l'harmonie cosmique (Maât). Dans la pensée égyptienne, le nom donne vie à la chose qu'il désigne et le détruire revient à anéantir magiquement son possesseur. D'où l'importance qu'attachent les pharaons aux noms qui les désignent et l'acharnement avec lequel ils ont fait marteler ceux d'un prédécesseur honni. Description de la titulature. Dans la langue égyptienne, le terme "nekhbet" désigne la titulature officielle composée des cinq "ren" « noms » ou "ren-our" « grands noms ». L'expression "ren-maâ" ou « nom véritable » s'applique aux quatre nouveaux noms attribués lors de l'investiture en plus du prénom de naissance. Dans sa forme canonique, une titulature royale comprend donc cinq titres successifs. Pour mieux illustrer ce fait, il est donné à lire ci-dessous la traduction intégrale de deux titulatures royales. La première est celle du pharaon qui conduisit plusieurs expéditions militaires en Nubie sous la () : G16 ..R8 F31 G43 X1 L1**G5:S12 M23:X1 L2:X1.. < N5 N28 D28*D28:D28 > G39 N5:Z1.. < F12 S29 D21:X1 O34:N35 > La seconde titulature est celle de , un des plus glorieux représentants de la () : G16.. V29 M23 X1 M17 M17 W19 N5:Z1 G17 Q3*X1:N1 G8.. S42 F9:F9 D45:N28 M23:X1 L2:X1.. < N5:Y5 L2 > G39 N5:Z1.. < G26 F31 S29 F35 L1:Z2 > Transcriptions modernes. La transcription des noms royaux égyptiens est caractérisée par quatre faits notables. Contrairement à l'habitude des monarchies européennes modernes, les Anciens Égyptiens tout imprégnés de leur vision cyclique du temps, n'ont pas numéroté les prénoms de leurs souverains afin de les inscrire dans la continuité. Cette habitude ne s'est instituée qu'avec la mise en place de la science égyptologique au dont les savants pionniers sont tous de culture européenne. Deuxièmement, l'orthographe des noms royaux est différente selon que l'on translittère les hiéroglyphes ou que l'on utilise le nom donné par les historiens grecs. Par exemple, la dénomination "Amenhotep" (nom transcrit de l'égyptien ancien) est identique à "Aménophis" (nom grec) ; "Djehoutymès" à ' ; "Chepseskaf" à "Sebercheres" ou à "Sasychès". Troisièmement, une des règles de l'écriture hiéroglyphique est l'antéposition honorifique du glyphe divin. Cela revient à inscrire le symbole divin avant tous les autres quand bien même il faut le lire en dernier. Cette règle de lecture est ignorée des premiers égyptologues qui ont ainsi transcrit fautivement le sigle divin en premier. De ce fait, certaines dénominations royales sont traditionnellement connues par deux transcriptions ; tel Raneb (ancienne et fausse transcription) et Nebrê (bonne transcription). Quatrièmement, les égyptologues perpétuent la pratique des historiens grecs qui vise à donner la préférence au Nom de Sa-Rê pour désigner le souverain égyptien. Or, la lecture des listes royales compilées par les Anciens Égyptiens ainsi que des noms figurant sur les statues royales montre que ces derniers ont prioritairement désigné et connu leurs souverains par le Nom de Nesout-bity ; "Khâkhéperrê" pour , "Khâkaourê" pour , "Âakhéperenrê" pour , 'Menkhéperrê" pour , "Ousermaâtrê-Setepenrê" pour , "Ousermaâtrê-Mériamon" pour . Élément de la composition de l'être. Dans le système de pensée des Anciens Égyptiens, l'être humain est composé de plusieurs éléments matériels et immatériels (corps, âme-Ba, vitalité-Ka, ombre, cœur) qui lient le monde terrestre des humains au monde invisible des dieux et ancêtres. Le nom est l'un de ces éléments essentiels qui définissent et situent l'individu dans la Création. La titulature royale est intimement liée aux statues et aux autres représentations iconographiques de Pharaon. Une statue anonyme est inconcevable car l'absence du nom du détenteur de la charge royale revient à lui dénier l'exercice de la royauté terrestre. Tout comme l'image, le nom est le signe de la présence de Pharaon. Aussi, dans les temples, le nom de Pharaon est omniprésent et figure gravé sur les parois, sur les plafonds, sur les colonnes ; en des frises, entouré ou non par des serpents uræus protecteurs. À l'occasion, surtout sous le Nouvel Empire, la titulature peut représenter la personne tout entière et remplacer la figuration corporelle du pharaon. Sur des monuments, des dignitaires peuvent ainsi être montrés en adoration devant le souverain ou devant sa titulature. Sur un linteau du temple de Seth d'Ombos, le dieu vivifie par l'entremise de sa titulature. Sur une décoration du coffre du char de , le nom royal semble doté d'une vie propre en étant anthropomorphisé. En lieu et place du pharaon, le cartouche d'une main empoigne un ennemi par les cheveux tandis qu'avec l'autre il brandit une massue pour l’assommer. Le cartouche est en outre figuré avec une tête de faucon horienne couronnée du pschent et muni de plumes caudales. À Médinet Habou, sur la tranche du socle de certaines statues colossales de , le cartouche est là aussi muni de deux bras. Il tient captif et encordé quatre hommes qui sont les symboles des pays étrangers soumis à la puissance de Pharaon. L'identité de substance entre le nom et l'image de Pharaon trouve son expression la plus aboutie dans un groupe statuaire dédié conjointement à et au faucon Houroun. Le disque solaire ("Râ") couronnant le corps enfantin du roi ("mès") et le jonc ("sou") qu'il tient dans la main forment le rébus "Râ-mès-sou" qui signifie "Ramsès" « Rê l'a engendré » afin d'écrire le prénom de naissance du souverain. Évolution de la titulature royale. Au tout début de la royauté, la titulature royale n'est pas standardisée. Ainsi, des hiéroglyphes utilisés en tant que titre plus tard font souvent partie intégrante du nom dans ces périodes anciennes. Le premier nom à apparaître, dès la Période prédynastique, est le nom d'Horus, inscrit dans un serekh. Au cours de la , un nouveau nom apparaît à partir de Djer : il s'agit de l'ancêtre du nom d'Horus d'or. Le titre lui-même "Bik-nebou" ("Bjk-nbw") n'existe pas encore, seul le hiéroglyphe "nbw", signifiant "or", est systématiquement présent est fait partie intégrante du nom : par exemple, pour Djer, c'était "Ni-Nebou", pour Den, "Iâret-Nebou", pour Ninetjer, "Ren-Nebou", pour Djéser, "Râ-Nebou" et pour Khaba, "Netjeri-Nebou". Au cours de cette même , un autre nom apparaît également à partir de Den : ce nom est précédé du titre "Nesout-bity" ("Nswt-bjtj") et, à partir de Sémerkhet, ce nom comporte souvent (mais pas systématiquement) le vocable "nebty" ("nb.tj"). Ce nom est considéré comme l'ancêtre du nom de Nebty. Ainsi, jusqu'à la , la titulature royale prenait la forme suivante : À partir de la deuxième moitié de la , un quatrième nom apparaît, précédé du titre "Nesout-bity" ("Nswt-bjtj") et inscrit dans un cartouche. Ainsi, sur un sceau trouvé à Beit Khallaf, le serekh de Sanakht est accompagné d'un cartouche très abîmé, que certains reconstituent comme "Nebka". Le cartouche est également utilisé par le dernier roi de la , Houni puis par tous leurs successeurs des dynasties suivantes. À partir de Snéfrou, l'ancêtre du nom d'Horus d'or intègre presque systématiquement le hiéroglyphe "bjk", signifiant "faucon", l'animal d'Horus : par exemple pour les rois de la , pour Snéfrou, c'était "Bik-Nebou", pour Khéops, "Bikouy-Nebou", pour Djédefrê, "Bikou-Nebou", pour Khéphren, "Sekhem-Bik-Nebou" et pour Mykérinos, "Netjeri-Bik-Nebou". Si plus tard, le titre séparé du nom est bien "Bik-Nebou", à cette époque ancienne, il fait partie intégrante du nom et ne peut en être séparé. On peut mentionner également que "Sa-Râ" ("Sȝ-Rˁ") apparaît à partir de Djédefrê, mais il ne s'agit pas encore d'une composante de la titulature royale. Ainsi, jusqu'au début de la , la titulature royale prenait la forme suivante : À partir de Neferirkarê, un cinquième nom apparaît, il s'agit du nom de naissance du souverain et il est également inscrit dans un cartouche. Ce nom est souvent précédé du titre "Nesout-bity" ("Nswt-bjtj") et est de même souvent accompagné de "Sa-Râ" ("Sȝ Rˁ"), qui est même parfois directement intégré dans le cartouche (par exemple Ounas, Téti, , , et ). La forme de ce titre est donc assez instable : "Nesout-bity" est tantôt absent, tantôt présent ; "Sa-Râ" est tantôt absent, tantôt présent, parfois devant le cartouche, parfois à l'intérieur de celui-ci. Plus rarement, le nom pouvait également être allongé par l'ajout de certains titres à l'intérieur même du cartouche. Ainsi, à partir de Neferirkarê, la titulature royale prenait la forme suivante : Ce n'est qu'à partir de Meribrê Khety que le nom de Nebty acquiert sa forme finale, le vocable "nebty" étant devenu un titre à part entière et non plus une partie intégrante du nom. Le vocable "Sa-Râ" peut encore être trouvé à l'intérieur du cartouche jusqu'à . Le nom d'Horus d'or acquiert sa forme finale à partir du début , quand le vocable "Bik-nebou" devient un titre bien séparé du nom. La forme finale de la titulature devint alors : Liste des cinq titres royaux. Nom d'Horus. Le nom d'Horus est introduit par le hiéroglyphe du faucon Horus, dieu principal de la ville de Nekhen (Hiérakonpolis) en Haute-Égypte. De là, sont issus les "Shemsou Hor" ou « Suivants d'Horus ; les fondateurs de l'État égyptien. Aux premiers temps de l'institution pharaonique, durant la période prédynastique et au début de la , la titulature royale ne comporte que le seul nom d'Horus. Les plus anciens pharaons comme Narmer ou Hor-Aha ne sont ainsi connus que par ce titre. Il est possible de penser que les courtisans de ces premiers souverains ont exploité le mythe préhistorique d'une divinité falconidée et céleste nommée Horus et qu'ils ont assimilés leurs dirigeants à cette figure divine. Le récit de ce mythe archaïque est aujourd'hui perdu mais il en subsiste de nombreuses allusions dans les "Textes des pyramides". Des animaux comme le taureau ou le lion ont été utilisés comme emblèmes royaux dès le prédynastique ("Palette de Narmer", "Palette du champ de bataille" et "Palette au taureau"). Cependant, c'est plus spécifiquement le faucon qui en est venu à symboliser le pouvoir royal ; chaque roi devenant un nouvel Horus au moment de l'intronisation. Même si on ne connaît les premiers pharaons que par leur nom d'Horus, cette dénomination n'est probablement pas le prénom de naissance. Il doit s'agir d'un surnom forgé lors de l'accession au trône afin d'entourer d'une aura religieuse et mythique le nouvel accédant au pouvoir. Dans les textes hiéroglyphiques, le nom d'Horus est facilement discernable. Il est inscrit à l'intérieur du "serekh", un mot qui signifie « se faire remarquer » et qui est la représentation stylisée et rectangulaire de l'enceinte du palais royal. Cette image est ainsi l'évocation du concept du roi, nouvel Horus, vivant dans son palais terrestre. Surmonté d'un faucon couronné ou non du "pschent", ce nom exprime la nature divine du pharaon en tant que représentant terrestre du dieu céleste Horus. Exemples : Nom de Nebty. Le nom de Nebty ou "nom des Deux Maîtresses" place le pharaon sous la protection des deux déesses Nekhbet et Ouadjet. Dans l'iconographie, elles sont représentées debout sur le hiéroglyphe de la corbeille. Celui-ci a pour signification « maître » ou « maîtresse », d’où la désignation de "nebty", « Les Deux Maîtresses » ou « Les Deux Dames ». Nekhbet, la vautour femelle, est la déesse tutélaire de la ville méridionale de Nekheb, en Haute-Égypte. La déesse cobra Ouadjet est quant à elle la protectrice de la ville septentrionale de Bouto, en Basse-Égypte. Ces deux cités avaient déjà atteint une importance notable durant les périodes prédynastique et thinite avant l'unification politique de l'Égypte. La première cité est située en face de Nekhen d'où est issu le dieu faucon Horus. La seconde est située dans les marécages du Delta du Nil. Une ancienne analyse voyait dans ce titre la marque d'une conquête agressive du sud sur le nord. Cette assertion est maintenant abandonnée. Il vaut, sans doute, mieux y voir une allusion au concept de la dualité par lequel les Égyptiens percevaient le monde. Selon cette vision, les deux royaumes - l'étroite vallée méridionale du Nil et le luxuriant delta septentrional - se trouvent être complémentaire. Dans l'écriture le groupe du vautour et du cobra est attesté dès le règne de Hor-Aha (début de la ) inscrit à côté du serekh où figure inscrit le nom royal. Toutefois, ce n'est que vers la fin de cette même dynastie, que Sémerkhet introduit le nom de Nebty en tant que deuxième élément de la titulature. Ceci pour exprimer l'unification des Deux Terres, la Haute-Égypte et la Basse-Égypte dans la personne unique du souverain. À partir de là, ce titre est continuellement utilisé par les souverains égyptiens. Exemples : G16.. S29 Y5:N35:Y1 O4:Q3 G43 Y1:Z2 S29 W11:D21 V28 D36:N17:N17 G16.. F35 O4:Q3 G43 M40 Z3 S29 W11:D21 V28 D36:N17:N17 N21:N21 G16.. G37:D21 F7:X1 G20 V31:Aa16 X1:Z2 G16..S29 Y5:Aa1*U22 M127 M13 Nom d'Horus d'or. Durant l'Ancien Empire se met progressivement en place le Nom d'Horus d'or ou "Hor Noubt" qui s'écrit avec l'image du faucon Horus posé debout sur le hiéroglyphe de l'or ("nebou"). Le métal est vraisemblablement représenté par l'idéogramme du collier précieux. La première attestation du collier dans une titulature remonte au pharaon Den de la . Il est associé avec le cobra afin de noter l'épiclèse "iaret nebou" « L’uræus d'or ». La première association entre le faucon et l'or remonte au règne de Khaba sous la . Plus tard, sous la , le glyphe de l'or peut être accompagné par un, deux ou même trois faucons. Dans ces cas, il s'agit plus d'un « Nom d'or » que du Nom d'Horus d'or tel qu'il est traditionnellement connu par la suite. L'analyse de ce titre royal est délicate. Dans la pensée égyptienne, le métal doré est lié au monde divin. Du fait de sa brillance et de son inaltérabilité, l'or a des connotations solaires en lien avec les rayons étincelants du soleil. Dans les hymnes, l'or est dit être la chair des dieux tandis que l'argent constitue leur ossature. Le faucon associé à l'or évoque le ciel diurne rempli de la lumière solaire. Il est ainsi possible de voir en ce titre une identification du pharaon à l’Horus solaire et céleste et une évocation de la pérennité de l'institution monarchique. Cette interprétation ne fait pas l’unanimité et ce titre peut aussi s'interpréter comme une évocation de la puissance guerrière de Seth. Il est à signaler que Seth disposait d'un temple dans la ville de Noubt la « ville de l'or » et l'un de ses surnoms est "Noubty", traduisible par « Celui de Noubt » ou par « Le Doré ». On peut penser que du fait de l'interprétation duelle du cosmos par les Égyptiens, la présence d'Horus dans la titulature (Nom d'Horus) a dû être contrebalancée par la présence de Seth sous le couvert du titre de l'Horus d'or. Du fait du caractère turbulent de Seth dans le mythe et de son geste fratricide envers Osiris, la présence de ce dieu a été camouflée en ne le nommant pas explicitement. Cela est d'autant plus probable que l'un des titres de la reine est « Celle qui voit Horus et Seth », c'est-à-dire le pharaon, son époux. D'une manière exceptionnelle, le nom de Seth a été utilisé sous la lorsque le roi Péribsen a eu le désir de mettre ce dieu au rang de divinité principale en abandonnant son nom d'Horus. Exemples : G8.. O29:D36:F23 V28 A24 S22:X1 G21*Z3 G8.. U39 N28:Z2 O34 R4:X1*Q3 R8A G8..R8 R8 R8 D4:X1:N36 Nom de Nesout-bity. Également connu sous les vocables de "praenomen" et de "nom de couronnement", le nom de Nesout-bity est la dernière des quatre appellations attribuées au pharaon lors de l'intronisation. En suivant des sources en langue grecque de l'époque ptolémaïque, telle la "Pierre de Rosette", l'expression égyptienne "Nesout-bity" a souvent été traduite par « Roi de Haute et Basse-Égypte ». Plus littéralement, elle semble signifier « Celui qui appartient au jonc et à l'abeille » ; le jonc-"sout" et l'abeille-"biti" étant respectivement les symboles héraldiques des royaumes de Haute et Basse-Égypte. La première partie du titre, "nesout" fait référence à la royauté en tant qu'institution pérenne issue du monde divin. Dans les faits, le mot "nesout" signifie « roi » comme dans les expressions "per-nesout" « maison du roi », "oudj-nesout" « commandement du roi », "sa-nesout" « fils du roi ». La seconde partie, "bity" semble faire référence au détenteur mortel et donc éphémère de la charge royale. Ce second terme se rencontre plus précisément dans le contexte humain des affaires administratives et gouvernementales comme dans l'expression "khetmety-bity" « trésorier du roi (actuel) ». La juxtaposition des deux termes "nesout-bity" est une manière commode de mentionner dans une même expression les deux aspects du roi, divin et mortel, augmenté d'une évocation assez évidente de la division du pays en royaumes du sud et du nord. Au milieu de la , le pharaon Den fait preuve d'innovation en adjoignant la désignation de "souty-bity" « Celui du jonc et de l'abeille » à sa titulature. Son successeur Adjib est le premier souverain à en user tel un titre suivi d'une épiclèse. Durant les , et s, ce nom de couronnement assez peu mis en relation avec Rê. Par la suite, le dieu solaire devient une référence quasi-obligée. À partir du Moyen Empire, le "praenomen" devient le titre le plus important des cinq éléments de la titulature. Il devient ainsi le nom par lequel le pharaon est désigné quant seulement un seul titre est mentionné. Ceci s'explique, sans doute, par le fait que ce nom est invariablement inscrit dans un cartouche. Ce dernier hiéroglyphe représente une boucle de corde ovale nouée à l'une des extrémités. Dans un texte, ce procédé formel fait ressortir visuellement le nom du pharaon et signifie symboliquement que la puissance royale encercle l'ensemble de la Création. En d'autres termes, le pharaon se proclame maître de l’univers. Exemples : M23:X1 L2:X1 < N5 C10 D28 > M23:X1 L2:X1 < N5 V30 C10 > M23:X1 L2:X1 < N5 L1 Z2:V30 > M23:X1 L2:X1 < N5 L1 D28 > Nom de Sa-Rê. Également connu sous les appellations de "nomen" et de "nom de naissance", le nom de Sa-Rê qualifie le pharaon de « fils de Rê ». Ce titre est constitué par l'idéogramme du canard-"sa" qui signifie « fils » et par celui du soleil. Cette filiation divine rattache charnellement la personne royale au dieu-soleil Rê. Le titre apparaît pour la première sous Djédefrê (). Dans les faits, il s'agit du prénom donné au prince héritier à sa naissance. Ce nom de naissance, inséré dans la titulature officielle, signale l'origine divine du souverain. Il témoigne aussi de l'influence grandissante du clergé d'Héliopolis et du culte de Rê dans la vie politique. Avec l'apparition de la titulature complète, le nom de Nesout-bity et le nom de Sa-Rê sont invariablement insérés dans le cartouche royal. Le "serekh" reste, quant à lui, réservé au seul nom d'Horus dans les grandes inscriptions dédicatoires arrangées en colonnes. Exemples : G39 N5:Z1 < M17 Y5:N35 R4 S38 R19 > G39 N5:Z1 < M17 Y5:N35 R4 S38 R19 > G39 N5:Z1 < N35:M3 Aa1*X1:D40 E151:I9 > Le choix du prénom dépend de traditions familiales établies au sein de chaque dynastie royale. Un nouveau-né reçoit généralement le prénom de son père, d'un de ses oncles ou d'un de ses grands-pères. Du fait de lacunes dans nos connaissances, il n'est pas toujours évident de reconstituer l'arbre généalogique d'un souverain et ainsi de suivre le fil des transmissions. Néanmoins, on est assez bien renseigné pour les périodes du Moyen et du Nouvel Empire. Sous la le choix se porte d'abord sur le prénom ' « Celui que son père a amené » puis sur celui de ' « Montou est satisfait ». La alterne entre les prénoms ' « Amon est en tête » et "Senousret " () « L'homme de la Puissante (déesse) ». La s'est placée sous la protection du dieu Amon en adoptant le prénom ' (Aménophis) « Amon est en fête » et sous la protection du dieu lunaire Thot avec les prénoms ' (Ahmôsis) « La Lune est née » et "Djehoutymès" () « Né de Thot ». Ce dernier prénom semble avoir été attribué au fils aîné d'une concubine royale. Les et s voient la préférence aller vers les prénoms ' « Celui de Seth » et "" « Né de Rê ». Pratiques royales. Élaboration de la titulature. En tant que gouvernement d'un seul homme sur la population égyptienne, Pharaon a pour charge de continuer l'œuvre du dieu créateur Atoum-Rê. Les actions royales comme la guerre, la fondation de villes, la rénovation des temples ou la promulgation de réformes législatives ne sont pas présentées dans une perspective historique. Elles s'inscrivent plutôt comme la répétition d'événements survenus dans les temps mythiques lorsque les dieux étaient présents sur terre et régentaient directement les humains. L'élaboration de la titulature n'échappe pas à ce mode de pensée. Dans les textes de propagande royale, des dieux comme Amon-Rê participent directement à sa confection. L'exemple le plus parlant est le "Texte de la Jeunesse" de : . Plus prosaïquement l'élaboration de la titulature et sa proclamation sont le fait d'un collège de prêtres comme l'indique le "Texte de l'investiture anticipée" de la pharaonne Hatchepsout : . La titulature est d'origine divine mais elle ne procède pas d'une révélation envoyée à un devin lors d'un oracle. Le dieu fait en sorte que des prêtres se mettent à réfléchir ensemble afin de trouver les meilleurs mots et concevoir ainsi la titulature. Cette élaboration ne se fait pas dans la précipitation car le délai entre l’avènement et le couronnement est relativement long, plusieurs mois, le temps de momifier et inhumer le pharaon défunt. Décret de promulgation. Après avoir été élaboré par un collège des prêtres, la titulature d'un nouveau pharaon doit être connue du pays entier. Lors du couronnement ou peu de jours après, la titulature est lue par des prêtres-lecteurs devant une assemblée de notables. Par la suite, le nouveau pharaon envoie un décret de promulgation à l'ensemble de ses subalternes. L'information est relayée à travers tout le royaume jusqu'aux contrées les plus éloignées de la capitale. Des messagers, porteur du décret, sont envoyés auprès des gouverneurs et fonctionnaires provinciaux. Charge pour eux de faire connaître la titulature à leurs administrés. La passation de pouvoir entre et est ainsi renseignée par trois stèles érigées par Touri, le Fils royal de Koush (gouverneur de la Nubie) au Ouadi Halfa, à Kouban et à Assouan. Toutes trois sont des copies du décret lui enjoignant de faire connaître l'investiture du nouveau pharaon : Modifications au cours du règne. Au cours d'un règne, la titulature royale peut être modifiée ou amendée afin d'évoquer un événement politico-religieux d'importance. Au début du Moyen Empire, le thébain parvient à vaincre la dynastie héracléopolitaine et à réunifier l'Égypte. Pour marquer sa victoire, le souverain adopte un nouveau Nom d'Horus et devient « Celui qui réunit les Deux-Terres ». Au Nouvel Empire, après ses nombreuses victoires militaires en Syrie-Palestine, mentionne ses hauts-faits en modifiant son Nom d'Horus d'or en « Celui qui se réjouit de ses victoires, Celui qui a frappé les souverains des contrées étrangères qui l'attaquent ». Après avoir célébré sa première fête-Sed (jubilé des trente ans), modifie le sien en se proclamant « Celui dont les kaou sont prospères, Celui dont les années sont parfaites, Le seigneur des fêtes-Sed ». Le changement de titulature le plus spectaculaire survient à l'occasion de l'abandon du culte d'Amon au profit de celui d'Aton ; son promoteur devenant Akhenaton au cours de sa de règne. À contrario, quelques années plus tard, la restauration du culte d'Amon entraîne la modification de la titulature de son fils, Toutânkhaton devenant Toutânkhamon. Au cours de ses soixante-sept années de règne, a procédé à de nombreux amendements. Son Nom d'Horus connaît au moins vingt-six variations, son Nom de Nebty une dizaine et il en va de même pour ses trois autres noms officiels. Archivages. Civilisation de l'écrit, l'Égypte antique s'est très tôt constituée sous la forme d'une monarchie centralisée capable d'archiver ses documents légaux, fiscaux et religieux. Dès les débuts de la royauté, des scribes ont gardé la mémoire des noms royaux en les consignant sur des listes. La documentation sur papyrus est aujourd'hui quasiment entièrement perdue mais des condensés subsistent sur les parois de certains sanctuaires. De ces listes sur pierre, la plus ancienne recension connue est la "Pierre de Palerme" gravée au milieu de la . Cette dernière conserve la mémoire d'une vingtaine des plus anciens souverains du pays et ayant régné durant la Période prédynastique, la Période thinite et l'Ancien Empire. Les autres listes connues sont bien plus tardives. Du Nouvel Empire, il subsiste la "Liste de Karnak" (61 noms à l'origine), la "Liste d'Abydos" (76 noms), la "Table royale de Saqqarah" (58 noms) toutes gravées sur pierre. De la même époque, on possède le "Canon royal de Turin" (plus de 300 noms) inscrit sur un rouleau de papyrus. Cette liste est malheureusement très endommagée et émiettée depuis son transport vers l'Italie au début du . Pour les Égyptiens, l'utilité de ces listes n'est pas historique mais religieuse. Il s'agit en effet de conserver la mémoire des titulatures dans le cadre du culte funéraire des ancêtres royaux. Ce fait explique des lacunes chronologiques. Les souverains jugés non légitimes ou trop peu glorieux ont volontairement été oubliés. Ces réprouvés appartiennent aux temps troubles de la Première et de la Deuxième Période intermédiaire et, sous le Nouvel Empire aux noms de la pharaonne Hatchepsout et aux souverains amarniens Akhenaton, Smenkhkarê, Toutânkhamon et Aÿ. Cette réprobation religieuse n'a semble-t-il pas affecté les documents d'archives. Au , lorsque le prêtre égyptien Manéthon de Sebennytos rédige en grec son "Histoire de l'Égypte" ("Ægyptiaca") il trouve à disposition des sources écrites mentionnant les pharaons réprouvés. Ceci, plus d'un millénaire après leur décès et leur proscription religieuse. Reflet des concepts religieux fondamentaux. Filiation solaire. Le souverain égyptien a pour fonction principale de garantir des valeurs religieuses du pays. De ce fait, les titulatures royales reflètent tout naturellement les concepts fondamentaux enseignés par les mythes divins. Selon l'idéologie pharaonique, les souverains égyptiens sont les successeurs terrestres de Rê, le faucon céleste et solaire des temps originels. Dès les époques les plus reculées de la monarchie, la nature solaire des pharaons est inlassablement rappelée dans les titulatures officielles. Parmi les premiers rois à s'approprier ce mythe figurent deux représentants de la ; Nebrê « Rê est le seigneur » et Néferkarê « Le Ka de Rê est parfait ». Durant la , cette dimension solaire prend de l'ampleur sous l'influence grandissante des prêtres d'Héliopolis. Par la suite, ce fait religieux ne se dément plus jusqu'à la fin de la royauté. Pour un même souverain, l'attachement au dieu solaire peut s'exprimer dans la titulature en usant d'une grande variété d'épiclèses. Sous la , est à la fois "Méryrê" « L'aimé de Rê », "Ouahnesytmirêempet" « Celui dont la royauté est durable comme celle de Rê dans le ciel », "Sehoteprê" « Celui qui satisfait Rê », "Menkheperrê" « Le devenir de Rê est durable », "İouarê" « L'héritier de Rê », "İrouenrê" « Celui qui a été engendré par Rê », "Setepenrê" « Celui qui a été choisi par Rê », "Saâouenrê" « Celui que Rê a rendu grand », "Titrê" « L'image de Rê ». Dans l'écriture hiéroglyphique, le soleil est très simplement figuré par le moyen d'un idéogramme représentant un disque. L'identification du pharaon à Rê étant totale, la cérémonie de l'intronisation est présentée comme une glorieuse apparition lumineuse. Dans l'écriture, ceci se matérialise par le glyphe "kha" montrant une colline sur laquelle se lève le soleil (ou un arc-en-ciel). Cette apparition lumineuse est mentionnée dans un certain nombre de titulatures ; le nom égyptien de Khéphren est ainsi "Khafrê" « Rê est apparu ». Cette notion apparaît déjà dans la titulature de Khaba « Le Ba est apparu » et les rois Néferefrê et sont aussi désignés par le nom de "Khaneferrê" « La perfection de Rê est apparue » Transformations solaires. Forme matinale du Soleil, le scarabée Khépri évoque le passage de l'astre solaire de l'état latent (nuit) à l'état actif (jour). Selon le mythe solaire, le dieu Rê connaît plusieurs transformations au cours de son périple journalier, passant de la jeunesse de Khépri à la vieillesse d'Atoum. Dans le "Livre des Morts", chaque défunt aspire à ce destin et douze formules magiques permettent à l'âme-Ba de profiter de douze transformations-"khéperou", une pour chaque heure du jour. Dans l'écriture hiéroglyphique, ce modeste coléoptère évoque le mythe du démiurge qui vient à l'existence de lui-même. Selon une croyance rapportée par Plutarque, cette espèce n'a pas de femelle et tous sont des mâles. Ils déposent leur semence dans une boulette d'excrément et, de là, se forment les jeunes larves. Sous le Moyen Empire et surtout sous la durant le Nouvel Empire, nombreuses sont les titulatures où s'expriment le verbe "kheper" « exister, advenir, se transformer » et le terme "khéperou" « forme, aspect, transformation, manifestation ». Le roi est ainsi "Khâkheperrê" « Le devenir de Rê est advenu » ; est "Âakhepernyrê" « Le devenir de Rê est grand » ; (Akhenaton) est "Neferkheperourê" « Les devenirs de Rê sont parfaits » ; Aÿ est "Kheperkheperourê" « Les devenirs de Rê sont advenus ». Dualité monarchique. Un des principes intangibles de la civilisation pharaonique est de considérer le pays égyptien comme un double royaume composé de la Haute-Égypte au sud et de la Basse-Égypte au nord. Selon un récit rapporté par la "Pierre de Chabaka", après la disparition d'Osiris, le juge Geb départage les rivaux Horus et Seth en attribuant le royaume du sud à Seth tandis que celui du nord revient à Horus. Très vite, Geb se ravise et attribue l'entièreté du pays à Horus. Depuis lors, les deux royaumes sont fermement unis et gouvernés par un seul souverain. La dualité monarchique transparaît à travers de nombreux symboles ; deux dieux-rois (Horus et Seth), deux couronnes (la blanche et la rouge), deux titres royaux ("nesout" et "bity"), deux déesses protectrices (Nekhbet et Ouadjet connues sous l'appellation "Nebty" les « Deux Maîtresses »), deux plantes héraldiques (le lys et le papyrus). Malgré cette dualité de principe, l'unicité est elle aussi fortement affirmée. Dans l'iconographie, Horus et Seth couronnent conjointement le pharaon de la double-couronne pschent. Dans d'autres scènes, les deux déesses protectrices font pareillement. Dans la scène, dite du "sema-taouy" qui se trouve très fréquemment représentée sur le trônes des statues royales, Horus et Seth nouent ensemble les deux plantes héraldiques. De facto, la notion de dualité apparaît dans les titulatures ; le Nom de Nebty et le Nom de Nesout-bity ayant été inventés à cet effet. Des épiclèses affirmant l'unicité dans la dualité viennent fréquemment s'intégrer dans les titulatures. Sous l'Ancien Empire, Khéops est "Medjdouernebty" « Celui qui obéit aux Deux-Maîtresses », Djédefrê est "Kheperouemnebty" « Celui qui est advenu en tant que les Deux Maîtresses », Khéphren est "Ousiremnebty" « Le puissant en tant que les Deux Maîtresses ». Sous le Moyen Empire, dans son Nom d'Horus, est "Séânkhibtaouy" « Celui qui fait vivre le cœur des Deux Terres » et "Sémaoutaouy" « Celui qui unit les Deux Terres » tandis que est "Séânkhtaouyfy" « Celui qui fait vivre ses Deux Terres », est "Nebtaouy" « Le Maître des Deux Terres » et est " Séhotepibtaouy" « Celui qui satisfait le cœur des Deux Terres ». Sous le Nouvel Empire, Toutânkhamon est "Segerehtaouy" « Celui qui apaise les Deux Terres », Aÿ et Horemheb sont "Sekhepertaouy" « Celui qui accroît les Deux Terres » et est "Héqataouy" « Le souverain des Deux Terres ». Harmonie cosmique et sociale. La Maât est à la fois une déesse dotée de quelques temples et un concept abstrait, une référence incontournable dans les comportements individuels. En tant que concept, la Maât résume les principes bénéfiques nécessaires à la bonne marche du monde et au bon fonctionnement de la monarchie ; à savoir la justice, la vérité, l'ordre et l'équilibre. Dès les "Textes des pyramides", l'action royale est définie par une maxime simple ; amener la Maât et repousser le chaos. Dans l'écriture, la Maât apparaît comme une femme coiffée d'une haute plume d'autruche et tenant dans ses mains le glyphe "ânkh", symbole de la vie. Ce mode de représentation la rapproche de Shou, le dieu de l'air lui aussi coiffé d'une plume. La tâche de ce dernier, par ailleurs considéré comme son frère dans les "Textes des sarcophages", consiste à séparer le dieu Geb de la déesse Nout, respectivement les métaphores du socle terrestre et de la voûte céleste. Durant l'Ancien Empire, le pharaon Snéfrou est aussi connu sous le nom de "Nebmaât" « Le seigneur de la Maât » et Ouserkaf sous le nom de "İroumaât" « Celui qui a fait la Maât ». Sous la , parmi les souverains qui se sont faits les champions de la Maât figurent la pharaonne Hatchepsout aussi dénommée "Maâtkarê" « Maât est le ka de Rê ». Selon deux variantes du Nom d'Horus de , ce souverain est « Celui qui est apparu en tant que Maât » ou « Celui qui s'est réjoui de la Maât ». Le roi est, lui, connu sous le nom de "Nebmaâtrê" « Rê est le seigneur de la Maât ». Plus tard, sous la , est intronisé sous le nom de "Menmaâtrê" « La Maât de Rê est durable » et son fils sous le nom de "Ousirmaâtrê" « Puissante est la Maât de Rê ». Force vitale. Bien plus encore que la Maât, le Ka est sans cesse mentionné dans les titulatures royales. Cela est vrai pour les pharaons des origines comme pour ceux du crépuscule de la civilisation. Durant la , le roi Sneferka est « Celui qui rend le Ka parfait », tandis que sous la , est aussi dénommé "Khéperkarê" « Le Ka de Rê est advenu ». En hiéroglyphe, le Ka s'écrit avec un idéogramme représentant deux bras qui se lèvent vers le haut ou qui se tendent en avant dans un geste d'étreinte. Ce concept abstrait est difficile à cerner et donc à définir selon les modalités de la pensée contemporaine. Le Ka est une puissance vitale possédée par les dieux et les humains et qui se transmet de père en fils. Comme source d'énergie et de vie, le Ka est lié à la puissance sexuelle masculine et aux nourritures ("kaou" en langue égyptienne). Une des tâches principales de pharaon est d'entretenir la vitalité des dieux et de son peuple humain. Ceci se fait en assurant les rites d'offrandes aux dieux dans les temples et en garantissant le culte des ancêtres dans les chapelles funéraires (le premier d'entre eux étant Osiris). Dans un cycle vertueux de dons et de contre-dons, par réciprocité, le roi attend des dieux qu'ils approvisionnent le royaume en fournissant des récoltes abondantes. Parmi les nombreuses titulatures ayant intégré le concept du Ka, on peut mentionner pour l'Ancien Empire celle du célèbre Mykérinos, transcription grecque de l'égyptien "Menkaourê" « Les Kaou de Rê sont durables ». Le nom de son fils est Chepseskaf c'est-à-dire « Son Ka est noble ». Ce dernier a pour successeurs les pharaons Ouserkaf « Son Ka est puissant » et Néferirkarê Kakaï « Celui qui a fait le Ka de Rê est parfait, Le dirigeant avec des Kaou ». Puissance guerrière. Selon une vision très pessimiste de l'univers, les Anciens Égyptiens ont perçu la Création comme un îlot assiégé par les forces destructrices du Chaos. Dans la mythologie, ce combat primordial s'incarne, entre autres, dans la lutte de Rê contre le serpent Apophis et dans celle de Horus contre Seth et ses acolytes. Toutes les actions militaires conduites par les pharaons ont été interprétées comme la continuation de ces affrontements divins. Aussi, les peuples étrangers (Nubiens, Libyens, Asiatiques, Bédouins) ont été assimilés aux forces chaotiques des origines. Dans les titulatures, la puissance guerrière des souverains s'exprime surtout à partir de la fin de la Deuxième Période intermédiaire au moment de l'expulsion des peuples Hyksôs et durant le Nouvel Empire lorsque l'Égypte, au faîte de sa puissance militaire, contrôle une vaste aire d'influence en Nubie et au Proche-Orient ancien (en Syrie-Palestine). Sous les , , et s, à partir du règne de , il est de tradition de faire débuter le Nom d'Horus par l'épiclèse "Kanakht" « Taureau puissant ». Cette expression assimile le pharaon au taureau, un animal admiré dès les temps prédynastiques pour sa force physique. Sous la , la "Palette de Narmer" montre ainsi le roi sous l'apparence d'un taureau furieux en train de bousculer un ennemi et de percer l'enceinte d'une cité rivale. Dans les titulatures, le prestige guerrier des pharaons s'exprime toutefois au moyen de plusieurs expressions stéréotypées sans cesse reprises. est ainsi, tout à la fois, « Celui qui piétine chaque contrée étrangère sous ses sandales », « Celui dont la force est puissante », « Celui dont la force est importante », « Celui qui combat au moyen de sa force », « Celui dont les victoires sont importantes », « Celui dont les cornes sont pointues », « Celui qui a frappé tous les pays », « Celui qui brise les Asiatiques », etc. Bibliographie. : principaux documents utilisés comme source pour la rédaction de cet article.