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Chronologie détaillée des pharaons de l'Égypte antique La période pharaonique en Égypte antique s'étend sur environ et se décompose en onze grandes périodes incluant trente-trois dynasties de souverains. Les sources nécessaires à l'établissement d'une chronologie sont multiples et comprennent les listes royales établies depuis l'Antiquité et les travaux et découvertes des égyptologues depuis le . Sources documentaires. Listes royales. Les listes modernes de pharaons sont basées sur des listes de rois de l'Égypte ancienne et des listes historiques ultérieures, comme l'Ægyptiaca de Manéthon de Sebennytos. Les égyptologues et historiens appellent à la prudence sur la crédibilité, l'exactitude et l'exhaustivité de ces sources, dont beaucoup ont été écrites longtemps après les règnes qu'elles rapportent. Ces anciennes listes de rois sont également souvent endommagées, incohérentes entre elles ou sélectives. Les plus anciennes listes de rois sont les suivantes : Principaux travaux égyptologiques. La liste des pharaons, classés par ordre chronologique et regroupés par dynastie, provient de ces nombreuses sources et est sujette à discussion, surtout pour les temps les plus anciens et les périodes troubles. Le nom retenu pour chaque pharaon est celui le plus couramment rencontré dans l'égyptologie francophone. La titulature complète de chaque pharaon est donnée sur la page de chacun. Les dates et durées de règnes peuvent varier selon les sources et sont encore soumises à débat au fil de l'avancée des recherches. Les références modernes les "plus fiables" sont de : Liste des pharaons. Période prédynastique. La Période prédynastique s'étend d'environ 8000 à 3150 avant notre ère. La Dynastie zéro s'étend, selon Nicolas Grimal, de 3500 à 3150 avant notre ère. Cette période, encore assez mal connue, recouvre les temps qui précédent l’unification du pays et l’établissement des premières institutions pharaoniques. Elle commence avec la sédentarisation de diverses peuplades au bord du Nil puis le développement de l’agriculture et de l’élevage à la fin du néolithique. Durant cette période, apparaissent les premiers hiéroglyphes archaïques, notamment sous le règne de . Les premiers monarques égyptiens ont régné en Haute-Égypte et ont été découverts et étudiés par: Günter Dreyer (qui a découvert les rois Doigt Escargot, Poisson, Horus Pe, Cigogne, Chien, Taureau et et Jan Assmann (qui a découvert les rois Animal, Faucon, Lion et Tête de vache). Les souverains mentionnés dans cette liste ne sont pas classés par ordre chronologique de succession car certains d'entre-eux ont peut-être eu des règnes contemporains. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom d'Horus !Commentaires ! rowspan="13" |Dynastie zéro Période thinite. Pour cette période reculée, il est difficile d'établir une chronologie. La s'établit environ entre les années -3085 et -2850 et la entre les années -2850 et -2687. Ces dates sont approximatives et sont différentes suivant les chronologies établies par les différents chercheurs. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom d'Horus !Commentaires !Dates du règne ! rowspan="11" | Nârmer Den Adjib ! rowspan="11" | Ninetjer Sekhemib Khâsekhemoui Ancien Empire. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom d'Horus /Nom de Nesout-bity /Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne ! rowspan="5" | Djéser Sanakht Sekhemkhet Houni ! rowspan="8" | Snéfrou Khéops Djédefrê Khéphren Mykérinos ! rowspan="9" | Ouserkaf Sahourê Néferirkarê Kakaï Néferefrê Isi Niouserrê Ini Menkaouhor Hor-Ikaou ! rowspan="10" | Téti Mérirê Néferkarê Première Période intermédiaire. Les et s sont parfois classées dans l'Ancien Empire. Les rois des et héracléopolitaines sont très mal connues, ici ne sont présentés que les rois attestés sans ordre chronologique précis. , roi thébain de la , met fin à la Première Période intermédiaire en réunifiant le pays. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Nesout-bity /Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne ! rowspan="9" | ! rowspan="5" | ! rowspan="7" |Rois non classés ! rowspan="5" |et ! rowspan="7" | Moyen Empire. Le Moyen Empire, qui s'intercale entre les deux périodes intermédiaires, commence vers -2033 sous le règne de , lorsque celui-ci réunifie le royaume après la prise de Héracléopolis. Cette période se finit à la chute de la vers -1650. Elle se termine à la mort de Néférousobek, épouse d' en -1783. La est marquée par les luttes contre les opposants mais également par différentes expéditions afin de ramener des matières premières précieuses. entame une campagne de construction d'une grande ampleur qui est poursuivie par son fils. Cette dynastie s'éteint au décès de et inaugure la qui se caractérise par une succession de règnes relativement longs. Les différents pharaons parviennent à imposer leur autorité sur l'ensemble du pays, en exerçant un contrôle plus strict des nomarques, en pacifiant les frontières et en sécurisant les routes commerciales grâce aux nombreuses campagnes militaires, ce qui favorise le retour de la prospérité et de l'équilibre, recherchés depuis l'Ancien Empire. Si la semble instable politiquement du fait d'une succession rapide de régnes courts et de la prise du pouvoir par des roturiers à plusieurs reprises, l'Égypte semble toujours stable et prospère, avec une administration stable et bien organisée, parfaite héritière de la . À la chute de cette , l'Égypte est divisée et la Deuxième Période intermédiaire débute. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Nesout-bity / Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne ! rowspan="3" | Nebhépetrê Séânkhkarê Nebtaouyrê ! rowspan="8" | Sehotepibrê Khéperkarê Neboukaourê Khâkhéperrê Khâkaourê Nymaâtrê Maâkhérourê Sobekkarê Néférousobek ! rowspan="41" | Sékhemrê-Khoutaouy Amenemhat-Sobekhotep Sékhemrê Amenemhat-Senebef Semenkarê Nebnoun Aoutibrê Hor Ouserkarê Khendjer Smenkhkarê Imyramesha Sekhemrê-Souadjtaouy Sobekhotep Khâneferrê Sobekhotep Khâânkhrê Sobekhotep Khâhoteprê Sobekhotep Merhoteprê Sobekhotep Mersekhemrê Neferhotep Merânkhrê Montouhotep Mershepesrê Ini Méridjefarê Deuxième Période intermédiaire. La Deuxième Période intermédiaire débute aux alentours de -1650 à la chute de la et prend fin aux alentours de -1550, lorsque l'Égypte est réunifiée sous le règne d', premier roi de la . Cette période est caractérisée par le royaume thébain des et s, contrôlant le sud de l'Égypte, et le royaume des Hyksôs de la , basé à Avaris, d'origine sémitique et contrôlant au moins le delta oriental de l'Égypte. À la suite de la guerre entre ces deux royaumes à la fin de la , les occupants sémitiques sont chassés et le pays est réunifié avec comme capitale Thèbes. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Nesout-bity /Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne ! rowspan="20" | Méridjefarê ! rowspan="5" | Khamoudy ! rowspan="20" | Sekhemrê-Sementaouy Djehouty Sekhemrê-Sousertaouy Sobekhotep Sânkhenrê Montouhotepi Seheqaenrê Sânkhptahi Menkhâourê Senââib Sekhemrê-Neferkhâou Oupouaoutemsaf Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep Djedneferrê Dedoumes ! rowspan="7" | Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa Sekhemrê-Herouhermaât Antef Noubkheperrê Antef Seqenenrê Tâa Ouadjkheperrê Kames Nouvel Empire. Le Nouvel Empire est initié par en -1549 lorsqu'il devient roi de Thèbes et s'achève en -1069 avec la disparition de . Cette période est la plus prospère de toute l'histoire égyptienne, synonyme de raffinement et d'évolutions. C'est de cette époque que nous viennent les plus beaux témoignages architecturaux dont les « demeures des millions d'années », le temple de Louxor, la tombe de , le Ramesséum, les temples d'Abou Simbel, etc. La est une des dynasties les mieux connue de l'Égypte ancienne. Elle marque l'apogée de l'Égypte pharaonique et va être dominée par une vraie lignée de sang : les et les . Le premier souverain, , puis son successeur , parviennent à l'unification des Deux Terres, et contribuent ainsi à la prospérité du pays. Les premiers rois de la dynastie vont s'avérer de grands guerriers en partant à la conquête des royaumes adjacents et édifient un Empire qui s'étend jusqu'à l'Euphrate, où ils entrent en contact pour la première fois avec une autre grande puissance, le Mittani, qui après des affrontements jusque sous , finit par conclure une paix sous . Cette paix favorise un essor culturel inégalé qui est amplifié par la reprise de l'importation d'or, d'argent et de pierres précieuses. L'arrivée au pouvoir de l'hérétique Akhenaton, qui impose le culte du dieu Aton et délaisse la politique extérieure, marque le commencement du déclin de cette dynastie qui laissera sa place à celle dite des Ramessides. Malgré son nom, c'est qui fonde véritablement la mais c'est toutefois son fils qui laisse l'empreinte la plus importante au cours de son règne long de soixante-six ans. Grand constructeur, il fait édifier de nombreux monuments, temples et statues colossales, en particulier à Louxor, Karnak et Abou Simbel et crée une nouvelle capitale dans le Delta du Nil, Pi-Ramsès. Après le règne de son fils Mérenptah, qui repousse notamment les Peuples de la mer, débute une période d'anarchie due aux querelles de succession jusqu'à l'arrivée de Sethnakht, général en chef des armées. Il profite de l'anarchie régnant sous le règne de Taousert, épouse de , et prend le pouvoir en éliminant les derniers prétendants au trône. Le règne de son fils marque l'apogée de la dynastie. Après le règne de , une crise dynastique survient et une série de sécheresses, la famine, les troubles civils et une importante corruption, achèvent d'amplifier l'anarchie et le déclin de la dynastie. Les derniers souverains, assistent impuissants, d'abord aux pillages des tombes dans la vallée des Rois et la vallée des Reines, puis à l'ascension des Grands prêtres d'Amon à Thèbes qui marque le début de la Troisième Période intermédiaire. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Nesout-bity /Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne !Durée de règne ! rowspan="17" | Nebpéhtyrê Djéserkarê Âakhéperkarê Âakhéperenrê Menkhéperrê Maâtkarê Hatchepsout Âakhéperourê Menkhéperourê Nebmaâtrê Néferkhéperourê-Ouâenrê Néferkhéperourê-Ouâenrê Akhenaton Ânkhetkhéperourê Néfernéférouaton Ânkhkhéperourê Smenkhkarê-Djoserkhéperou Nebkhéperourê Toutânkhaton Nebkhéperourê Toutânkhamon Khéperkhéperourê It-Netjer-Aÿ Djéserkhéperourê-Setepenrê Horemheb ! rowspan="9" | Menpehtyrê Râmessou () Menmaâtrê Séthi-Merenptah () Ousermaâtrê-Setepenrê Râmessou-Méryamon () Baenrê-Mérynetjerou Merenptah-Hotephermaât (Mérenptah) Ouserkhépérourê-Setepenrê Séthi-Merenptah () Menmirê-Setepenrê Amenmes-Heqa-Ouaset Sekhâenrê-Méryamon Râmessou-Siptah Akhenrê-Setepenrê Mérenptah-Siptah Satrê-Méryamon Taousert ! rowspan="11" | Ouserkhaourê-Setepenrê-Méryamon Sethnakht-Méreramonrê Ousermaâtrê-Méryamon Râmessou-Heqa-Iounou () Ousermaâtrê-Setepenamon Râmessou-Heqamaât-Méryamon () Heqamaâtrê-Setepenamon Râmessou-Heqamaât-Méryamon Ousermaâtrê-Sekheperenrê Râmessou-Amonherkhepshef-Méryamon () Nebmaâtrê-Méryamon Râmessou-Netjerheqa-Iounou () Ousermaâtrê-Setepenrê-Méryamon Râmessou-Itamon-Netjerhéqa-Iounou () Ousermaâtrê-Akhenamon Râmessou-Séthiherkhépeshef-Méryamon () Néferkarê-Setepenrê Râmessou-Khâemouaset-Méryamon () Khépermaâtrê-Setepenrê Râmessou-Amonherkhepshef-Méryamon () Menmaâtrê-Setepenptah Râmessou-Khâemouaset-Méryamon-Netjerheqa-Iounou () Troisième Période intermédiaire. La Troisième Période intermédiaire est la troisième transition qui relie les deux grandes époques du Nouvel Empire et de la Basse époque. Elle débute en -1069 lorsque prend le contrôle de la Basse-Égypte et épouse , fille de ; tandis que Hérihor, grand prêtre d'Amon à Thèbes, fonde une dynastie parallèle et dirige la Haute-Égypte depuis Thèbes. Elle s'achève en -695 lorsque Bakenranef est capturé et brûlé vif par Chabaka, futur roi de la . Cette période est dominée par des dynasties issues de peuplades libyennes installées dans le delta du Nil, tandis que la Haute-Égypte glisse peu à peu de l'emprise des prêtres d'Amon à l'influence de plus en plus importantes du royaume de Napata. La est dirigée depuis Tanis et le pouvoir de celle-ci se limite à la Basse-Égypte. Les bâtisseurs de cette dynastie vont procéder à un ingénieux recyclage des monuments de la , avec un raffinement beaucoup plus systématique. Les temples, monuments et obélisques de Pi-Ramsès, l'ancienne capitale, sont ainsi démantelés et déménagés à Tanis afin d'orner la nouvelle cité des pharaons. Malgré des alliances entre la Haute et la Basse-Égypte, le royaume est toujours en proie aux conflits et les mercenaires libyens appelés en renfort prennent peu à peu le contrôle des principales fonctions militaires et religieuses. La fin de la est marquée par des luttes de successions, amplifiées par la crise économique et la corruption. Les Libyens, qui occupent les postes les plus importants de l'armée, voient leur influence grandir, et profite de l'anarchie pour s'emparer du pouvoir à la mort de et fonde la dynastie dite de Bubastis, sa ville d'origine. Pendant cette dynastie, les pharaons délèguent une grande partie de leur pouvoir aux Grands prêtres d'Amon. Peu à peu, des révoltes et rébellions éclatent et au cours de la , qui règne en parallèle avec les , et s, la rivalité dynastique et les compétitions entre différentes lignées provoquent l'éclatement du pays en plusieurs royaumes indépendants : Léontopolis, Héracléopolis Magna, Hermopolis Magna, Lycopolis, puis celui de Saïs lors de la , qui disparaît à la mort de Bakenranef. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Nesout-bity/Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne !Durée du règne ! rowspan="8" | Amenemopet Siamon ! rowspan="10" | Pimay ! rowspan="19" |Dynastie des Grands prêtres d'Amon(parallèle aux et s) Hérihor Piânkh Masaharta Djedkhonsouefânkh Menkhéperrê Ioupout -890/-889 Iouwelot ! rowspan="13" | ! rowspan="2" | Tefnakht Bakenranef Basse époque. La Basse époque débute vers -775 avec l'arrivée au pouvoir d'Alara, roi de Napata, ville du Royaume de Koush, dans l'actuel Soudan et se termine à la défaite de en -332. Elle débute par la dynastie des Nubiens, qui sont ensuite remplacés par les Saïtes et les Perses. Malgré la réunification du pays par Piânkhy, la Basse époque est une période de forte instabilité caractérisée par des prises de pouvoir successives par des souverains étrangers, entrecoupée de courtes périodes d'indépendances. En effet, la dynastie nubienne fut balayée après un peu plus d'un siècle par les Assyriens qui envahirent et pillèrent Thèbes. Profitant de la déroute de Tanoutamon, le futur , alors gouverneur de Saïs, prend le contrôle de la région et réussit à expulser les Assyriens grâce à des mercenaires Lydiens et Grecs et ainsi rétablir l'unité du pays. Les Perses prennent une première fois le pouvoir grâce à qui défait en -525, mais sont chassés après une révolte à la suite de laquelle Amyrtée, unique représentant de la , règne sur une partie de l'Égypte. Il est lui-même renversé quelques années plus tard par , dont les successeurs réussissent à résister aux attaques perses jusqu'aux révoltes sous le règne de qui, incapable de maintenir l'unité du pays, est à son tour renversé par , alors prince et général de Sebennytos, qui fonde la dernière dynastie de pharaons d'origine égyptienne. et ses deux successeurs réussissent à maintenir la prospérité du royaume malgré les crises de palais et l'envahisseur perse, et engagent un immense programme d’amélioration et d'embellissement des bâtiments (premier pylône du temple de Karnak, temple de Philæ). La est finalement vaincue par les Perses et inaugure la deuxième période perse achéménide qui fut une des plus noires de l'Égypte antique en raison des maltraitances et de l'oppression envers le peuple, du pillage des temples, des animaux saints et des taureaux Apis envoyés à la boucherie, etc. La Basse époque prend fin lorsque est défait par le Roi de Macédoine, Alexandre le Grand, qui est accueilli par la population comme un libérateur. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Nesout-bity/Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne !Durée du règne ! rowspan="7" | Piânkhy Chabaka Chabataka Taharqa Tanoutamon ! rowspan="10" | Apriès ! rowspan="8" | ! ! rowspan="5" | Psammouthis Achôris ! rowspan="3" | ! rowspan="3" | Arsès Période macédonienne. La Période macédonienne commence avec l'arrivée en Égypte d'Alexandre le Grand à l'automne -332 après la fuite de et se termine avec l'assassinat de son fils en -309. Cette courte période ne permet pas aux Macédoniens de s'affirmer : est frappé d'une incapacité mentale provoquée par l'ingestion d'un poison (ou due à l'épilepsie) et est un enfant-roi qui ne règne concrètement jamais, le pouvoir étant disputé par les régents Polyperchon et . C'est alors un des généraux d'Alexandre le Grand qui s'empare du pouvoir. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Nesout-bity/Nom de Sa-Rê !Commentaires !Dates du règne !Durée du règne ! rowspan="3" | Alexandre le Grand Période ptolémaïque. La Période ptolémaïque s'étend de -323 à -30. Elle doit son nom à Ptolémée, fils de Lagos (d'où son autre appellation de « lagide »). Durant cette dynastie, le pays connaît une réorganisation sociale et économique. Les plus importants postes administratifs, économiques et militaires sont occupés par les Grecs et les Macédoniens, les Égyptiens se contentant des postes subalternes. Les Ptolémées inaugurent de nombreuses constructions rivalisant avec celles du Nouvel Empire, comme le phare d'Alexandrie, la bibliothèque d'Alexandrie ou le temple d'Hathor à Dendérah. La deuxième moitié de la dynastie est marquée par les nombreuses querelles intestines et les luttes politiques pour le pouvoir qui engendrent un déclin économique et l'affaiblissement du pays, provoquant la fin de l'Égypte pharaonique, mais aussi de la période hellénistique. !Dynastie !Nom du pharaon !Nom de Sa-Rê/Anthroponyme !Commentaires !Dates du règne !Durée du règne ! rowspan="26" |lagide() Annexes. Voir aussi. Chronologies comparées des dynasties égyptiennes pour une présentation des dates de début des dynasties égyptiennes selon différents auteurs.
Protestantisme Le protestantisme est l'une des principales branches du christianisme, avec le catholicisme et l'orthodoxie. Entendu largement, le protestantisme est l'ensemble des Églises issues de la Réforme. L'ensemble de ces Églises englobe des mouvements variés, tels les luthériens, presbytériens, réformés, anglicans, méthodistes... Il regroupe plus d'un tiers des chrétiens dans le monde, soit 900 millions de protestants, dont 300 millions dans les Églises directement influencées par la Réforme et 600 millions dans les nouvelles Églises protestantes, principalement évangéliques (dont l’anabaptisme, le baptisme et le pentecôtisme). Introduction. La Réforme protestante est le résultat du rejet des orientations prises par le catholicisme pendant le Moyen Âge, avant que celui-ci ne s'engage dans un mouvement de Contre-Réforme au travers du concile de Trente. La Réforme a été menée sous l'impulsion de théologiens, tels que Martin Luther, Ulrich Zwingli, Jean Calvin, Sébastien Castellion, Guillaume Farel parmi tant d'autres. Pierre Valdo, John Wyclif, Jan Hus, Jacques Lefèvre d'Étaples sont considérés comme des précurseurs de la Réforme. À la suite de ces théologiens, le protestantisme comprend des courants théologiques très divers. Au sein de la seule fédération protestante de France, on dénombre vingt-six unions d'Églises, tandis que, sur le plan international, ce sont environ trois cent vingt Églises issues du protestantisme qui participent au conseil œcuménique des Églises, aux côtés d'une trentaine d’Églises orthodoxes et des Églises vieilles-catholiques. Origine du mot protestant. Ce sont les adversaires de la "Réforme" qui, les premiers, utilisèrent ce quolibet en 1529, en Allemagne, en désignant les "princes protestants" et les villes libres. La plupart des princes-électeurs avaient choisi de suivre la réforme de Luther tolérée par Charles Quint, l'empereur élu par eux. Mais en 1529, ce fervent catholique change d'avis et ordonne le ralliement inconditionnel à l’"Église catholique romaine". La promulgation de cette prescription provoque le refus des princes : ils « protestent devant Dieu […] ainsi que devant tous les hommes » de leur refus d'admettre un décret qu'ils jugent contraire « à Dieu, à sa sainte Parole, à [leur] bonne conscience et au salut de [leur] âme ». Plutôt attribué de façon péjorative, cet adjectif fut ensuite adopté comme substantif par les adeptes de la "Réforme". En effet, la définition (vieillie ou littéraire) de ce mot est : "Exprimer avec certitude, promettre avec force (à quelqu'un) que quelque chose est vrai, que quelque chose existe". En revendiquant le sens positif de ce mot, les protestants affirment leur croyance, ils font profession de leur foi. De là l'origine du mot protestant. La portée du mot est parfois restreinte aux seuls courants luthérien et réformé, dont la cohérence et l'unité ont été affirmées très tôt. Principes fondamentaux du protestantisme. Les protestants modernistes hésitent à parler de « doctrine » ou de « religion ». Ils préfèrent convictions, engagements ou valeurs. Ils préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d'échange entre les fidèles, particulièrement pour leurs expressions de foi, même les plus conservatrices. Grands principes. Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent plusieurs points fondamentaux : les « cinq solas » (les deux premiers concernent le salut). Pratiques et croyances protestantes. La doctrine protestante repose exclusivement sur les textes sacrés, à savoir la Bible, uniquement constituée de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les Livres deutérocanoniques ont été considérés par les Réformateurs comme intéressants mais non fondateurs de la foi et ne sont plus imprimés dans les bibles protestantes depuis le . Toutefois, on trouve toujours les apocryphes dans les bibles luthériennes. Le protestant croit donc à la résurrection et à la vie éternelle. À l'instar de toutes les confessions chrétiennes, la résurrection de Jésus-Christ et le salut qui en résulte peuvent être considérés comme le point essentiel de la foi. Les pratiques majeures sont communes avec celles de l’Église catholique (prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la participation à l’Eucharistie, dénommée la Sainte-Cène). Les protestants croient, comme les autres chrétiens, en un Dieu créateur, et participent, entre protestants ou dans le cadre d'initiatives œcuméniques, à des actions en faveur de la sauvegarde de la Création. Le baptême et la Sainte-Cène sont les deux seuls sacrements chez les protestants, qui partent du principe que, d'après le témoignage des textes bibliques, seuls ces deux actes ont été institués par Jésus-Christ. Dans certaines Églises protestantes, notamment évangéliques, le baptême n'est administré qu'à l’âge adulte tandis que d'autres laissent le choix et pratiquent assez largement le baptême des enfants. La confirmation désigne la cérémonie qui conclut l’éducation religieuse des catéchumènes, en général des adolescents de 14 à 15 ans. Assez proche de la profession de foi célébrée chez les catholiques, elle n'est cependant pas un sacrement mais elle confirme les vœux du baptême et elle marque l’admission du confirmand à la cène et son passage à une vie de foi adulte. Le mariage est la bénédiction divine d'un amour humain et, bien que le protestantisme n'encourage pas la pratique du divorce, l'idée qu'un divorce peut être préférable à une vie de couple devenue très difficile est admise par la majorité des protestants ; le remariage de divorcés est possible. Le culte des funérailles est destiné à l’accompagnement de la famille et des amis, il est centré sur l'annonce de l’Évangile et la promesse de la résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec respect : lecture d’un passage de la Bible et prières pour les familles. Il n'y a pas de cérémonie pour les morts de type messe anniversaire. Les autopsies, les prélèvements d’organes ainsi que la crémation sont en général autorisés. Fêtes et rassemblements. Les protestants célèbrent les fêtes de Noël, des Rameaux, de Pâques (ils célèbrent le Jeudi saint et le Vendredi saint mais sans procession ni chemin de croix), de l’Ascension et de la Pentecôte. Dans les Églises historiques européennes, en plus des fêtes chrétiennes (référées à Jésus-Christ selon la Bible), on célèbre parfois : Différences avec l'Église catholique. Malgré les nombreux points communs entre catholicisme et protestantisme tous deux issus du rameau occidental du christianisme, et malgré le rapprochement doctrinal obtenu par le dialogue œcuménique, par exemple par le Groupe des Dombes, il existe de nombreuses différences entre le culte protestant et le culte catholique. Histoire. Origine. Les débuts du protestantisme sont généralement datés du , le moine augustin allemand et docteur en théologie Martin Luther publie "les 95 Thèses" dénonçant les travers de l’Église catholique romaine comme la vente des indulgences, et affirme que la Bible doit être la seule autorité sur laquelle repose la foi. Protégé par le duc Jean-Frédéric de Saxe (1503-1554), Luther brûle la bulle "Exsurge Domine" le menaçant d’excommunication en 1520. L'année 1521 est également considérée comme déterminante : en janvier, Martin Luther, devant la Diète de Worms, refuse de se rétracter, s’estimant soumis à l’autorité de la Bible et de sa conscience plutôt qu’à celle de la hiérarchie ecclésiastique et est excommunié. Invoqués ici pour la première fois, l'appel direct à Dieu et à la conscience individuelle sont les marqueurs du protestantisme. Parmi les idées de Luther, l'accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l'égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu'elles provoquent, au printemps 1525, le "" (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique. Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l'état d'urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi. Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1526 par Jean de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme. Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d'endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Ces derniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princes signataires sont appelés , origine du mot "protestant" (voir "supra"). Diffusion. Le luthéranisme se répand dans toute l'Europe le long des voies de communication commerciales du Nord. De nombreux princes allemands l'adoptent, ce qui va dans le sens de leur quête d'indépendance par rapport aux pouvoirs extérieurs qui régissent le Saint-Empire romain germanique : le pape et l'empereur. L'empereur Charles Quint, justement, est aux prises avec les Turcs qui conquièrent de plus en plus de territoires européens depuis la chute de Constantinople et menacent à présent l'Est de son empire ; il ne peut donc intervenir à l'encontre des princes qui deviennent protestants. Le luthéranisme devient religion d’État en Suède en 1529, puis au Danemark en 1536. En 1536, Jean Calvin publie en latin l’"Institution de la religion chrétienne". En 1545, le concile de Trente réaffirme les dogmes et la discipline de l’Église catholique. Il se termine en 1563. Aux , la France bascule dans les guerres de religion (1562-98) puis après une période de tolérance sous l'édit de Nantes, dans une proscription croissante du protestantisme associé à des violences : destruction de temples, enlèvement d'enfants, logement de troupes, interdiction d'exercice de certains métiers et charges, ce qui conduit, malgré l'interdiction faite également d'émigrer, à l'exode de quelque deux cent cinquante à trois cent mille personnes vers l'Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et l'Angleterre. Dans le Saint-Empire romain germanique, les troubles avaient pris fin dès 1555 avec la paix d'Augsbourg, qui promulguait le principe « un prince, une religion » et permettait donc une tolérance, ceux qui étaient résolus à conserver leur religion étant libres de se déplacer, parfois de quelques kilomètres seulement, pour l'exercer librement. Les Pays-Bas faisaient exception à cette règle, les troubles religieux venant doubler le rejet de la mise sous tutelle de la Flandre et des Pays-Bas par les Habsbourg espagnols. La paix n'intervient qu'en 1648 (traité de Münster) à l'issue de la guerre de Quatre-Vingts Ans et consacre la division politique et religieuse des Pays-Bas : au sud, les Pays-Bas espagnols catholiques où le protestantisme est interdit, au nord les Pays-Bas indépendants, dirigés par des réformés et où le catholicisme, le luthéranisme et le mennonitisme sont tout juste tolérés. En Angleterre, les convenances personnelles du roi Henri VIII en matière matrimoniale le conduisent à rompre avec Rome. Née de ce schisme, l'Église anglicane conserve d'abord tous les aspects extérieurs du catholicisme mais évoluera graduellement vers le protestantisme tandis que le catholicisme poursuit son évolution divergente par le biais des doctrines promulguées après la rupture. En Suisse, les cantons s'étaient déterminés séparément, les plus vastes et les plus puissants (Bâle, Zurich, Berne) basculant vers le protestantisme. En Europe du Sud, les velléités du luthéranisme avaient été éteintes par l'Inquisition. Seule exception notable, la communauté hérétique dite vaudoise : lors du synode de Chanforan, la majeure partie de l'Église vaudoise choisit d'adhérer à la Réforme en 1532. Malgré les persécutions (entre autres le massacre de trois mille Vaudois du Luberon en 1545), cette petite communauté s'est maintenue dans le Piémont. Le protestantisme connaît ensuite une expansion mondiale au travers des mouvements missionnaires qui, le plus souvent, accompagnent la colonisation. Dans le cas des États-Unis, il est alimenté en outre par l'exil des non-conformistes religieux d'Angleterre ou d'autres régions d'Europe : ainsi les quakers puis les non-conformistes anglicans (puritains) sont-ils très tôt et très largement implantés dans le Nouveau Monde, mais c'est le cas aussi des anabaptistes germaniques (allemands, suisses, alsaciens) qui fondent les communautés mennonites et amish aux États-Unis. Développement. Aujourd'hui, le protestantisme est principalement présent en Amérique du Nord, en Europe du Nord et en Afrique. Il est fortement implanté, et en croissance, en Amérique du Sud et en Asie de l'Est plus particulièrement en Chine (en nombre) et en Corée du Sud (en pourcentage). L'estimation du nombre de protestants dans le monde est assez variable, selon que l'on prend en compte les seuls protestants « historiques » (ceux remontant à la Réforme « magistérielle » du : calvinistes, réformés, presbytériens ; luthériens ; anglicans "low church", épiscopaliens - nom des anglicans hors d'Angleterre - ; méthodistes — , dissidence anglicane — principalement), au nombre d'environ trois cent cinquante millions, ou que l'on y ajoute les descendants (baptistes et autres Églises), évangéliques, de la « Réforme radicale » (toujours au mais aussi après), qui sont, en 2011, plus de cinq cents millions dans le monde. Parmi les évangéliques, on estime à deux cents millions le nombre des pentecôtistes dans le monde. Les évangéliques et les pentecôtistes (apparus au tout début du et mettant l'accent sur le « baptême du Saint-Esprit ») sont très dynamiques et en constante expansion de par le monde (Amérique latine, Afrique, Asie…). Dans les années récentes, le calvinisme a été l'objet d'un regain en Amérique du Nord. Le magazine "Time" a décrit en 2009 le nouveau calvinisme comme l'une des « dix idées en train de changer le monde » et ses partisans comme des baptistes réformés et des baptistes du Sud principalement. Aujourd'hui, les États-Unis et la Corée du Sud sont les pays qui envoient le plus de missionnaires dans le monde. Enfin, la Chine continentale a développé de manière autonome un protestantisme non-dénominationnel particulièrement dynamique, en partie dans l'église officielle et en partie en dehors, qui est estimé à une soixantaine de millions de croyants. Églises et mouvements protestants. Selon la compilation des chiffres donnés par les organisations protestantes traditionnelles, le mouvement rassemble 317 millions de personnes dans le monde, en 2014. Luthériens, réformés et anglicans. Dès le début, les Églises historiques multitudinistes sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s'adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d'où le terme « multitudiniste »). Il s'agit des Églises luthériennes (selon la Fédération luthérienne mondiale, elle rassemble 75.5 millions de membres), des Églises réformées (calvinistes ou zwingliennes) (selon la Communion mondiale d'Églises réformées, elle rassemble 80 millions de membres) et de l'Église anglicane (selon la Communion anglicane, elle rassemble 85 millions de membres). Méthodisme. John Wesley, est à l'origine du méthodisme (selon le Conseil méthodiste mondial, l’église rassemble 80 millions de membres). Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l'engagement social, il est le précurseur de mouvements socio-évangéliques tels que l'Armée du salut, fondée par William Booth en Angleterre, à la fin du ou les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens (UCJG, en anglais YMCA), qui comptent 45 millions de membres dans le monde. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l'individu dans sa propre foi. Courants protestants libéraux. Les Églises protestantes libérales sont généralement attachées au dialogue de la religion avec la culture et relativisent la place première de la Bible. Elles sont favorables au dialogue interreligieux, au pluralisme, et à la laïcité. Elles critiquent les régulations orthodoxes des croyances et des pratiques, les appareils ecclésiastiques et leur pouvoir normatif. Mouvements évangéliques. L’évangélisme a ses origines dans la Réforme protestante du et les mouvements de Réveil qui ont suivi. Ses racines ont des liens spécifiques dans la Réforme radicale du et sa conception de l’Église de professants. Malgré les nuances dans les divers mouvements évangéliques, il y a un ensemble de croyances similaires pour les mouvements adhérant à la doctrine de l’Église de professants, dont les principaux sont l’anabaptisme, le baptisme et le pentecôtisme En 2020, l'Alliance évangélique mondiale affirmait regrouper plus de 600 millions de chrétiens évangéliques dans 143 pays. La principale distinction des églises évangéliques par apport aux églises protestantes est la doctrine de l’Église de professants, bien qu’il existe une « tendance évangélique » plus large dans le protestantisme<ref name="religion.info/2002/03/03">Religioscope et Sébastien Fath, À propos de l’évangélisme et des Églises évangéliques en France – Entretien avec Sébastien Fath, religion.info, France, 3 mars 2002</ref>. Les églises protestantes ont majoritairement une théologie libérale alors que les églises évangéliques ont majoritairement une théologie conservatrice ou modérée. Par exemple, en France, plusieurs dénominations évangéliques ont fondé le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) en 2010 qui se présente comme une voix distincte de la Fédération protestante de France. Action sociale et diaconie protestante. La diaconie, le service envers les plus faibles ou les plus pauvres, existe depuis l’origine de l’Église. Pour les protestants, la diaconie fait bien partie de la vocation de l’Église, au même titre que la prédication de l’Évangile, bien que la laïcité ait conduit en France à séparer les associations cultuelles et les associations ou fondations à caractère social, médico-social ou sanitaire. En 2007, Olivier Brès, président de la Fédération de l'entraide protestante (FEP), distinguait deux grands types d'activité : a. Les associations locales d’entraide ou diaconats. Il y a presque un diaconat par Église locale, avec des activités d’écoute, des distributions alimentaires, des vestiaires, des accompagnements plus ou moins précis de personnes isolées (hors ou dans l’Église), mais aussi du financement et de l’accompagnement d’actions de solidarité avec le Sud (associations ou Églises) au gré des rencontres et des intérêts des membres des Entraides. Cela représente des milliers de bénévoles qui collaborent souvent dans leurs activités avec d’autres associations caritatives (laïques, catholiques…). b. Les associations membres de la Fédération de l'entraide protestante (FEP), soit environ deux cents associations ou fondations engagées dans plusieurs secteurs : Ces associations regroupent des milliers d’administrateurs, de bénévoles et de salariés. Ci-dessous, quelques exemples d’œuvres d'origine protestante. La fondation John-Bost. La fondation John-Bost, créée en 1848 par le pasteur John Bost, est une institution sanitaire et médico-sociale protestante, reconnue d'utilité publique, dont le siège est situé à La Force près de Bergerac. Elle accueille, soigne et accompagne au long cours plus d'un millier de personnes (enfants, adolescents, adultes et seniors) souffrant de troubles psychiques et de handicap physique et/ou mental dont l'état nécessite une vie sociale adaptée, ainsi que des personnes âgées dépendantes. L'institution est composée d'établissements ou services sanitaires et médico-sociaux répartis dans plusieurs régions, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Île-de-France et Normandie. Comme le souhaitait le pasteur John Bost, les résidents sont accueillis dans un environnement « sans mur ni clôture », espérant ainsi offrir une bonne qualité de vie. La fondation Bagatelle. En créant la Maison protestante de santé de Bordeaux en 1863 (reconnue d'utilité publique en 1867), les Églises protestantes de la ville ont créé une œuvre dont le modernisme perdure encore dans le modèle sanitaire et social d'aujourd'hui. Dès 1920 le docteur Anna Hamilton en fait, sur le site de Bagatelle à Talence, un hôpital-école très en avance sur son temps, et fonde la première école d'infirmières selon les principes de Florence Nightingale lesquels ont révolutionné les soins infirmiers. Aujourd'hui, la Fondation Bagatelle gère et anime dix établissements sur la Gironde notamment un hôpital général (MCO), privé, très moderne (avec délégation de service public), de 250 lits et un hôpital à domicile (HAD), de 200 lits, numéro 1 sur la grande Aquitaine. L'Armée du salut. L'Armée du salut naît en pleine révolution industrielle, à la fin du . Elle est créée, en 1878, par le pasteur méthodiste anglais William Booth, scandalisé par le spectacle des foules ouvrières qui s'entassent dans les quartiers pauvres de l'Est londonien. Pour lui, le changement s'opère en chaque individu. Le progrès social, politique et économique doit découler d'une profonde transformation intérieure de l'homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l'Évangile. William Booth estime par ailleurs qu'avant de parler à quelqu'un de religion, il faut lui proposer des conditions de vie décentes, d'où l'investissement social du mouvement salutiste, et sa devise aux trois S, « soupe, savon, salut ». Les Amis de l'Atelier. À la fin des années 1950, l'éducatrice Anne Sommermeyer constate le dénuement des familles ayant des enfants handicapés, qui étaient exclus du système scolaire traditionnel et peu pris en charge par la Sécurité sociale. Indignée, elle commence par recevoir chez elle quelques enfants, pour permettre à leurs parents de prendre quelques jours de repos et de dormir quelques nuits en paix. En 1957, elle ouvre un jardin d'enfants pour déficients mentaux dans une maisonnette de qu'une jeune communauté protestante (mennonite) venait d'ériger au milieu des vergers, à Châtenay-Malabry. En 1961, elle crée des activités de jour pour de jeunes adultes en situation de handicap dans le cadre du Centre d'Aide par le Travail (CAT) « l'Atelier » puis du Centre d'Initiation au Travail et aux Loisirs (CITL) « Égalité ». Pour répondre aux sollicitations croissantes des familles, d'autres établissements et services vont peu à peu voir le jour, en concertation avec les pouvoirs publics. Le besoin d'hébergement collectif conduit d'abord l'association à créer deux foyers d'hébergement. En 50 ans, l'Association ouvre une soixantaine d'établissements et services qui vont du CAT à l'IME (Institut médico-éducatif). Elle compte environ 2 600 bénéficiaires et 1 550 salariés. En 2011, l'Association devient la "Fondation des Amis de l'Atelier", reconnue d'utilité publique. La Cimade. Créée en à l'instigation de la théologienne protestante Suzanne de Dietrich pour venir en aide aux populations alsacienne et lorraine évacuées vers le sud de la France à cause de l’entrée en guerre contre l’Allemagne, l'action de la Cimade sigle du Comité inter mouvements auprès des évacués, s'est rapidement élargie aux réfugiés de toutes origines (Tziganes, communistes, Allemands fuyant le nazisme, Juifs…). Souvent médiatisée par son actions en faveur des migrants et réfugiés, la Cimade poursuit également une action de terrain grâce à ses quelque : assistance juridique aux étrangers en centre de rétention administrative, gestion d'établissements sanitaires et sociaux, formation et adaptation linguistique, accueil des étrangers dans les permanences régionales, actions de solidarité internationale, interventions en prison et en locaux de rétention. L'hôpital Albert Schweitzer. Véritable précurseur de l'aide humanitaire médicale, le pasteur et médecin d'origine alsacienne, Albert Schweitzer, fonde en 1913 à Lambaréné (Gabon) un hôpital destiné à soigner les malades de la région mais aussi à étudier les maladies tropicales afin de mieux les prévenir et de mieux les soigner. Dès 1930, Albert Schweitzer constitue à Strasbourg une association de soutien. En 1974, la fondation de droit gabonais Albert-Schweitzer est créée pour gérer l'hôpital. Grâce à ses nombreux soutiens, l'hôpital va se moderniser en permanence. Sont créés un laboratoire de biologie et de bactériologie, une salle de radiologie, un bloc opératoire, une clinique dentaire, un pavillon de pédiatrie, un pavillon de médecine interne, des écoles. Un effort important est réalisé en direction de la formation du personnel médical et paramédical originaire d’Afrique. Le Comité international de la Croix-Rouge. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est la plus ancienne organisation internationale humanitaire existante. Elle a été créée en 1863 par un groupe de cinq citoyens protestants de Genève, dont Henri Dunant (prix Nobel de la paix en 1901) et le général Dufour. D'après ses statuts, la Croix-Rouge est une institution de secours volontaire et désintéressée dont la mission est d'agir au plus près des personnes touchées par les conflits armés et de répondre au mieux à leurs besoins. Le CICR, qui a toujours son siège à Genève en Suisse, emploie environ 11 000 personnes dans 80 pays à travers le monde (2013). L'action du CICR a été récompensée par trois prix Nobel de la paix (1917, 1944 et 1963). Héritage. Éducation. Le protestantisme, promoteur de la lecture , s'est toujours passionné pour l'enseignement. C'est ce que Jean Jaurès avait éloquemment décrit en 1911 : . Parmi les grands éducateurs protestants, on trouve Friedrich Fröbel, inventeur du jardin d'enfants qui deviendra l'école maternelle (développée en France par la protestante Pauline Kergomard), ou le pasteur Jean-Frédéric Oberlin, qui pratiquera l'éducation populaire dans sa paroisse déshéritée du Ban-de-la-Roche. L'impact du protestantisme sur l’éducation est particulièrement fort en France, sous la , où Jules Ferry compte plusieurs personnalités protestantes dans son entourage. En particulier Ferdinand Buisson (qui conçoit les grandes lois scolaires de 1881-1885 et crée les Écoles normales supérieures de Saint-Cloud et Fontenay-aux-Roses), Félix Pécaut et Jules Steeg. L'enseignement féminin doit aussi beaucoup au protestantisme, Madame Jules Favre étant la créatrice de l'École Normale Supérieure de jeunes filles de Sèvres et l'inspiratrice de la pédagogie de toute une génération d'enseignantes. Les lycées de jeunes filles comptent, en 1885, 22 % d'élèves protestantes, 10 % d'enseignants protestants et 25 % de chefs d'établissements protestants. Vie économique. Max Weber a mis en évidence, dans "L'Éthique protestante et l'Esprit du capitalisme", la contribution du protestantisme à la création d'une culture favorable au capitalisme, culture qui s'est à présent imposée à l'échelle mondiale. Weber met particulièrement en évidence le rôle des calvinistes et des puritains, caractérisés par un ascétisme qui mène à la thésaurisation donc à la formation de capital. Les activités industrielles, de négoce ou de banque menées par des protestants ont donc prospéré dans la durée. Des alliances réfléchies entre familles protestantes ont également permis de consolider et de diversifier ces activités économiques. De nombreuses entreprises françaises, toujours en activité, ont ainsi été créées par des protestants et demeurent de véritables réussites. Cette thèse fut toutefois remise en cause par Fernand Braudel dans son livre. Musique protestante. La musique joue un rôle fondamental au sein des églises protestantes. Au début du , la musique était chantée en latin dans le chœur par des religieux. Les réformateurs ont voulu faire chanter l’ensemble des fidèles, y compris les femmes. L’Église luthérienne a conservé les instruments de musique et les chœurs professionnels ce qui a permis une très riche production musicale aux . Les plus célèbres compositeurs sont Heinrich Schütz, Jean-Sébastien Bach et Georg Friedrich Haendel. Le gospel est un chant spirituel, né aux États-Unis, au sein des communautés évangéliques d'origine afro-américaine à la suite des negro spirituals. Le principe régulateur du culte calviniste recommande d'éviter les instruments de musique et préconise la psalmodie exclusive pour le culte. Cependant, Calvin finit par autoriser, outre les psaumes, quelques chants bibliques. Le culte presbytérien introduit le chant continu (vers 1720), les hymnes (vers 1850), les instruments de musique (vers 1860, orgue ou harmonium). Les formes contemporaines de culte dans les églises évangéliques sont beaucoup plus ouvertes à la musique (vocale et instrumentale), particulièrement dans le christianisme charismatique. Rejet de l'héritage protestant. Diverses dénominations, généralement réputées d'inspiration chrétienne protestante (de la réforme radicale, plutôt que des traditions réformée, congrégationaliste, luthérienne, presbytérienne ou méthodiste), rejettent toute affiliation au protestantisme : L'interdénominationalisme du "christianisme évangélique" (Évangélisme) est objet d'interrogation, même si l'Église de professants (1527) est une des tendances de la Réforme radicale : la London Missionary Society (1795), l'Alliance évangélique mondiale (1846) relèvent-elles du protestantisme, de même que l'Église émergente (1970) ou la (1970) ? Personnalités. Cette section contient une liste de pasteurs, de théologiens et de personnalités marquantes de la pensée protestante.
Produit national brut En économie, le produit national brut (PNB) correspond à la production annuelle de richesses (valeur des biens et services créés, moins valeur des biens et services détruits ou transformés durant le processus de production) créées par un pays, que cette production se déroule sur le sol national ou à l'étranger. En comptabilité nationale française, le PNB n'est plus mesuré depuis 1993 : le choix a été fait de mesurer le revenu national brut, qui en est très proche. Le produit intérieur brut (PIB) est également beaucoup plus utilisé. Définition. Le PNB est la valeur totale de la production finale de richesses (valeur des biens et services créés - valeur des biens et services détruits ou transformés durant le processus de production) des acteurs économiques d'un pays donné au cours d'une année donnée. À la différence du PIB, il inclut les produits nets provenant de l'étranger, c'est-à-dire le revenu sur les investissements nets réalisés à l'étranger (cet élément étant négatif si les revenus des investissements de l'étranger sur le territoire national sont supérieurs aux revenus des investissements du pays à l'étranger). Le terme « national », dans « produit national brut », reflète ainsi la prise en compte de la valeur ajoutée produite par les résidents du pays en question (principe de nationalité) mais il n'est pas "intérieur" parce qu'une partie de cette valeur ajoutée est produite à l'étranger (le PIB est basé sur le principe de territorialité). Le PNB, de même que le PIB, inclut la TVA du pays, ce dont la légitimité est contestée. Problème du parking. Une des questions pièges posées par des professeurs d'économie à leurs étudiants est la suivante : « Si l'on transforme un parking gratuit en parking payant, l'effet est-il d'augmenter, de diminuer ou de laisser inchangé le PNB du pays ? » La première réponse à laquelle on pense est que le PNB augmente en raison de l'apparition d'une nouvelle valorisation d'échanges. C'est oublier que les budgets ne sont pas élastiques et que ce qui est payé sur le parking par ses utilisateurs ne le sera pas par eux-mêmes ailleurs… mais le sera peut-être par les bénéficiaires de ces nouveaux revenus. Après analyse, la réponse est que le problème posé de cette façon "ne permet pas de savoir" si le PNB va augmenter, diminuer, ou éventuellement rester stationnaire. Les indices d'évolution des prix, (sur lesquels reposent par exemple les taux d'inflation) sont censés tenir compte des augmentations de prix, mais ce n'est pas toujours possible. Ainsi, le parking nouvellement payant fait probablement nouvellement l'objet d'une surveillance, d'une organisation, d'un nettoyage, d'une publicité, d'une signalisation, toutes choses qui contribuent à sa valeur et ne peuvent être distinguées de façon certaine d'une vulgaire augmentation de prix.
Psychostasie La psychostasie désigne le jugement divin d'un défunt dans les religions. La psychostasie consiste à peser l'âme du mort, plus particulièrement son cœur.
Ptah Dans la mythologie égyptienne, Ptah ("Celui qui crée") est le démiurge de Memphis, dieu des artisans, des artistes et des architectes. Dans la triade de Memphis, il est l'époux de Neith et deviendra tardivement celui de Sekhmet, il est le père de Néfertoum. Origine et symbolique. Ptah est le patron de la construction, de la métallurgie et de la sculpture. Il est également le patron des chantiers navals et des charpentiers en général. Ptah est le dieu impérial avec Rê sous l'Ancien Empire. Il est probable que le clergé de Memphis soit entré en lutte avec celui d'Héliopolis à partir de la fin de la , prenant de plus en plus l'ascendant sur la famille royale. Par la suite et dès le Moyen Empire, il fait partie des cinq grands dieux égyptiens avec Rê, Isis, Osiris et Amon. Il porte plusieurs épithètes qui qualifient ses rôles dans la mythologie égyptienne ainsi que son importance dans la société d'alors : Ptah est le dieu créateur par excellence : il est considéré comme le démiurge qui a existé avant toute chose, et qui par sa volonté a pensé le monde. Il l'a d'abord conçu par la Pensée, puis réalisé par le Verbe : « Ptah conçoit le monde par la pensée de son cœur et lui donne la vie par la magie de son Verbe. Ce que Ptah a ordonné a été créé ; en lui les constituants de la nature, faune et flore, sont contenus. » Il joue également un rôle dans la préservation de l'univers et la permanence de la fonction royale. À la , le pharaon nubien Chabaka fera transcrire sur une stèle, la pierre de Chabaka, un vieux document théologique trouvé dans les archives de la bibliothèque du temple du dieu à Memphis. Ce document, connu depuis sous le nom de "Théologie memphite", considère que le dieu Ptah est à l'origine de la création de l'univers par la pensée et par le verbe. Représentations et hypostases. Comme beaucoup de divinités de l'Égypte antique il prend diverses formes, soit qu'il s'agisse d'un de ses aspects particuliers soit qu'il ait absorbé par syncrétisme d'anciennes divinités de la région memphite. Ainsi, sous la forme de Ptah-Patèque, il est représenté comme un nain nu et difforme, dont la popularité ira grandissante au cours de la Basse époque. Fréquemment associé au dieu Bès, son culte dépasse alors les frontières du pays et est exporté à travers toute la Méditerranée orientale. Grâce aux phéniciens, on retrouvera des figurines de "Ptah-Patèque" jusqu'à Carthage. Ptah est représenté en général sous les traits d'un homme à la peau verte, enserré dans un suaire lui collant à la peau, portant la barbe divine et tenant un sceptre associant trois symboles puissants de la mythologie égyptienne : Ces trois symboles combinés indiquent les trois pouvoirs créateurs du dieu : la puissance (ouas), la vie (ânkh) et la stabilité (djed). Dès l'Ancien Empire, il absorbe vite les apparences de Sokaris et de Taténen anciennes divinités de la région memphite. Sous sa forme de Sokaris on le retrouve figuré enserré dans son linceul blanc soit hiéracocéphale soit androcéphale, coiffé de la couronne atef, attribut d'Osiris. En cette qualité, il incarne le dieu des nécropoles de Saqqarah et des autres sites célèbres où furent érigées les pyramides royales. Peu à peu il formera ainsi avec Osiris une nouvelle divinité que l'on nommera alors Ptah-Sokar-Osiris. Des statuettes le représentant sous sa forme humaine ou mi-homme mi-faucon ou simplement sous sa forme de faucon seront alors systématiquement déposées dans les tombeaux, afin d'accompagner et de protéger les défunts dans leur voyage vers l"'Occident". Sous sa forme de Taténen, il est représenté en homme jeune et vigoureux, coiffé d'une couronne à deux hautes plumes qui encadrent un disque solaire. Il incarne alors le feu souterrain qui gronde et soulève la terre. En cette qualité, il est particulièrement révéré par les métallurgistes et les forgerons, mais il est également craint car c'est lui qui provoque les tremblements de terre et les soubresauts de la croûte terrestre. Sous cette forme également, Ptah est le "maître des jubilés" ou "Heb Sed", cérémonie sanctionnant traditionnellement les trente premières années de règne de Pharaon. Si le dieu Ptah a pu être opposé au dieu solaire Rê, ou Aton lors de la période amarnienne, il incarne toutefois l'essence divine dont le dieu solaire s'est nourri pour venir à l'existence, c'est-à-dire pour naître, selon les textes mythologiques memphites. Dans le "saint des saints" de son temple de Memphis ainsi que sur sa grande barque sacrée, qu'il empruntait régulièrement en procession pour parcourir la région lors de grandes fêtes, le dieu était aussi symbolisé par deux oiseaux à têtes humaine coiffées de disques solaires, symboles des âmes du dieu Rê : les "Baou". Ils sont également identifiés aux dieux jumeaux Shou et Tefnout et sont associés au "pilier Djed" memphite. Enfin, Ptah s'incarne dans le taureau sacré Apis. Fréquemment qualifié de "héraut de Rê", l'animal sacré fait ainsi le lien avec le dieu Rê dès le Nouvel Empire. Il recevait un culte à Memphis même, probablement au cœur du grand temple de Ptah, et à sa mort était inhumé avec tous les honneurs dus à un dieu vivant dans le sérapéum de Saqqarah. Ptah sera aussi assimilé au dieu Héphaïstos par les Grecs, puis à Vulcain par les Romains. Développement du culte. En tant que dieu des artisans, le culte du dieu Ptah s'est rapidement répandu dans toute l'Égypte. Avec les grands chantiers royaux de l'Ancien Empire, ses grands prêtres étaient particulièrement sollicités et œuvraient de concert avec le vizir, remplissant en quelque sorte le rôle d'architecte en chef et de maître des artisans chargés de la décoration des complexes funéraires royaux. Au Nouvel Empire le culte du dieu se développera sous différentes formes plus particulièrement à Memphis qui reste sa patrie d'origine, mais également à Thèbes où les ouvriers de la tombe royale l'honoraient en raison de sa qualité de patron des artisans. C'est pour cette raison qu'un oratoire à "Ptah qui écoute les prières" a été aménagé non loin du site de Deir el-Médineh, le village où étaient cantonnés ces ouvriers-artisans. À Memphis ce rôle d'intercesseur auprès des hommes était singulièrement visible dans l'aspect de l'enceinte qui protégeait les sanctuaires du dieu. De grandes oreilles étaient sculptées sur ces murs et symbolisaient ainsi son rôle de dieu à l'écoute des hommes. Avec la , son culte se développe et il fait partie des quatre grands dieux de l'empire des Ramsès. Il recevra dès lors un culte à Pi-Ramsès en tant que maître des jubilés et des couronnements. Avec la Troisième Période intermédiaire, le dieu revient au centre de la monarchie, le couronnement de Pharaon ayant à nouveau lieu au sein de son temple. Les Ptolémées maintiendront cette tradition et les grands prêtres de Ptah furent alors de plus en plus associés à la famille royale. Certains d'entre eux épouseront même des princesses de sang, indiquant clairement le rôle éminent qu'ils jouaient à la cour des lagides. Principaux lieux de culte du dieu Ptah. ! width="50%" | Temple dédié à ! width="50%" | Lieu
Phosphore Le phosphore est l'élément chimique de numéro atomique 15, de symbole P. C'est un membre du groupe des pnictogènes. Le corps simple phosphore se présente sous plusieurs formes de couleurs différentes : blanc-jaune, rouge et violet-noir. Très pur, le phosphore « blanc » est transparent ; plus généralement il est blanc ambré, légèrement malléable avec une faible odeur d'ail. Les formes rouge et noire peuvent se présenter en poudre ou cristallisées. Le nom dérive du mot grec , qui signifie « porteur de lumière » et évoque la planète Vénus, l'étoile du berger. Cette origine a été attribuée au fait que le phosphore blanc émet de la lumière visible dans l'obscurité quand il est exposé à l'air, par chimiluminescence. En raison du fait qu'il est indispensable à la vie et d'une consommation mondiale qui pourrait dépasser les ressources disponibles avant une centaine d'années, l'ONU et divers scientifiques le classent comme "matière première minérale critique", qu'il faudrait apprendre à économiser et mieux recycler. Histoire. Lors de la découverte du phosphore, seulement 13 autres éléments chimiques étaient déjà connus (tableau ci-dessous), contre 118 aujourd'hui (cf. Liste des éléments chimiques). Comme les autres éléments, il ne fut reconnu comme tel que grâce aux travaux de Lavoisier, quelques années plus tard. Ses différents découvreurs lui donnèrent beaucoup de noms différents : "Phosphorus fulgurans" ou "Lumen conflans" (Kunckel), "Noctiluca aërea" (Boyle), "Lumiere condensée" ou encore "Phosphorus igneus" puis "Phosphorus pyropus" par Leibnitz. Tous ses noms sont en rapport avec la forte lumière que celui-ci produit lors de sa combustion à l’air libre. Une triple découverte. La découverte de cet élément est attribuée à l'alchimiste allemand Hennig Brandt en 1669 à partir de l'urine. Le procédé resta longtemps secret, mais malgré tout, le chimiste allemand Jean Kunckel, puis le physicien anglais Robert Boyle réussirent peu de temps après à trouver leur propre voie de synthèse. Au cours de ses recherches de la pierre philosophale, c'est-à-dire l'art de convertir les métaux vils ou imparfaits en or et en argent, Brandt s'était imaginé qu'en ajoutant de l'extrait d'urine aux métaux dont il voulait opérer la transmutation, il réussirait plus sûrement dans son entreprise. Mais au lieu d'obtenir ce qu'il cherchait avec tant d'ardeur, il obtint un corps nouveau, blanc, lumineux par lui-même et brûlant avec une énergie sans exemple : le phosphore. Surpris de l'apparition de ce corps, il en envoya un échantillon à Kunckel, chimiste allemand, qui s'empressa de le montrer à son ami . Celui-ci le trouva si merveilleux qu'il se rendit immédiatement à Hambourg dans l'intention d'acheter le secret de sa préparation. Il l'obtint moyennant deux cents rischedales (ancienne monnaie d'Europe du Nord) et son silence. Mais Kunckel désirait lui aussi vivement le connaître, et voyant que Kraft, malgré leur amitié, ne le lui confierait pas, il se résolut à le découvrir par la voie de l'expérience. Il y parvint en 1674, après beaucoup de tentatives infructueuses et devint ainsi le deuxième découvreur du phosphore, et se vantait dans le de son "Laboratoire chimique" de savoir en synthétiser un plus pur que son ami. La troisième personne à découvrir une méthode pour l'isoler est le chevalier Boyle. En 1679, il avait pu voir un morceau de phosphore apporté par Kunckel pour le montrer au roi et à la reine d'Angleterre et réussir à savoir que le phosphore était une substance tirée du corps humain. Ses essais portèrent leurs fruits en 1680. En 1692 à Paris, Homberg donne dans un Mémoire à l’Académie royale des sciences la recette de préparation du phosphore brûlant de Kunckel : faire évaporer sur un petit feu de l’urine jusqu’à ce qu’il reste une matière noire. Mettez à putréfier celle-ci dans une cave, puis rajoutez du sable (ou de l’argile) et de l’eau et distillez. Après avoir produit du flegme, du sel volatile et d’huile noire, (Hombert). Dans son "Cours de chymie" qui connut un immense succès, Nicolas Lémery donna la recette de la préparation du phosphore, non pas dans les premières éditions (1675, 1677, 1679, 1681, 1683) mais à partir des rééditions de 1687. Découverte publique. Hellot dans les "Mémoires de l'Académie pour l'année 1737" fait une description publique détaillée d'une méthode de synthèse du phosphore à partir de l'urine. Il explique le comment un étranger divulgua pour la première fois tout le mystère du procédé qui jusqu'ici était jalousement gardé par ses premiers inventeurs. Celui-ci l'exécuta en présence de quatre commissaires nommés par l'Académie des Sciences, Duhamel, Dufay, Geoffroy et, lui-même. La recette était enfin devenue publique. Dans la même année, Rouelle la répéta dans ses "Cours de Chimie". Tout le monde y a accès depuis ce temps. Cette préparation consiste à faire évaporer à siccité l'urine putréfiée, et à chauffer ensuite fortement le résidu dans une cornue de grès dont le col, par une allonge, plongeait dans l'eau. Il était ensuite moulé en cylindres et stocké dans de l'eau préalablement bouillie et à l'abri de la lumière. Même si Margrall ajouta quelques années après un sel de plomb (nitrate de plomb) à l'urine épaissie par évaporation, c'est ainsi que, pendant longtemps, le phosphore fut préparé. Le phosphore resta encore longtemps une curiosité, et un des objets les plus précieux que l'on pouvait voir. On ne le trouvait que dans les laboratoires des principaux chimistes, et les cabinets de quelques gens riches, amateurs de nouveautés. Démocratisation. En 1769, le Suédois Johan Gottlieb Gahn découvrit que le phosphore était présent dans la poudre d'os calcinée puis décomposée par l'acide sulfurique. Peu de temps après, il publia, avec Scheele, un procédé qui lui permit de s'en procurer des quantités assez considérables à partir d'os de bœufs ou de moutons. Ce nouveau protocole consiste à faire brûler les os jusqu’à ce qu’ils soient friables, puis mélangés avec du carbonate de calcium () et d’autres sels. On ajoute ensuite l’acide sulfurique. Puis après réaction et lavages, on le sèche avec du charbon, avant de faire chauffer le tout dans une cornue remplie d’eau. On note que combiné à l'hydrogène, il produit un gaz inflammable. Cela peut expliquer les feux-follets causés par la décomposition de matières riches en phosphore dans les marais. On comprend aussi que c'est sa présence qui fait luire dans le noir certaines matières organiques telles que la laitance et les œufs de poissons, la chair de certains mollusques (huîtres), certains squelettes frais de poissons, la substance cérébrale ou le foie de certains animaux. On lui attribue aussi (à tort parfois) la phosphorescence de certains organismes marins et . Troisième mode de synthèse. La méthode de synthèse actuelle a été mise au point en 1867 par les chimistes E. Aubertin et M. Boblique. Elle permet d’extraire le phosphore de roches phosphorées. Cela permet de se procurer du phosphore en plus grande quantité et à un meilleur prix. Le protocole consiste à chauffer les roches entre 1400-1500 °C avec du sable et du coke. Il se forme alors le phosphore blanc selon la réaction : En pratique, le minerai est ordinairement une phosphorite, de formule générale : Le procédé initial a été amélioré par J.B. Readman en 1888 en ajoutant l’utilisation d’un four électrique. Malgré un rendement de près de 90 %, la formation d’une tonne de phosphore blanc par cette méthode requiert tout de même environ. Travaux importants. Grands noms. Le phosphore étant devenu plus commun, les chimistes purent plus facilement en étudier les propriétés. Les travaux les plus remarquables qui aient été faits sur ce corps sont dus à : Première utilisation : l'allumette. Les premières allumettes ( en espagnol) utilisaient du phosphore blanc dans leur composition, la toxicité du phosphore les rendait d'ailleurs assez dangereuses : leur usage entraîna des empoisonnements accidentels. De plus, l'inhalation des vapeurs de phosphore entraînait, chez les ouvriers des fabriques d'allumettes, une nécrose des os de la mâchoire, connue sous le nom de "nécrose phosphorée". Lorsque le « phosphore rouge » fut découvert, son inflammabilité et sa toxicité plus faibles poussèrent à son adoption comme une alternative moins dangereuse pour la fabrication des allumettes. Propriétés. Les phosphores blancs et rouges ont une structure quadratique. Il existe un « phosphore noir » allotrope, ayant une structure similaire à celle du graphite : les atomes sont arrangés en couches hexagonales, et il est conducteur électrique. Le phosphore blanc est constitué de molécules tétraédriques P4. C'est un corps toxique qui s'oxyde lentement à l'air à température ambiante. On le conserve toujours sous l'eau. Le phosphore blanc se transforme en phosphore rouge sous l'influence de la lumière. Le phosphore rouge est constitué de molécules de longueur indéterminée, mais très grande. On peut lui donner à titre d'exemple la formule P2 000. Il n'est ni toxique ni facilement inflammable. Le phosphore rouge se transforme en phosphore blanc (gazeux) sous l'influence de la chaleur, soit . Production. Gisements. Les phosphates sont des minéraux assez fréquents en quantité faible et dispersée, dont la concentration a généralement une origine animale (guano d'oiseaux ou de chauve-souris accumulés durant des milliers ou millions d'années sur des sites dortoirs ou de reproduction). Le phosphore provient de roche phosphatée transformée chimiquement. Entre 120 et 170 millions de tonnes de roches sont extraites chaque année depuis les trente dernières années, correspondant à de tonnes de phosphore purifié par an. Les roches phosphatées exploitables se concentrent cependant en peu d'endroits : Maroc (plus du tiers des réserves mondiales), Chine (un peu plus du quart des réserves mondiales), Afrique du Sud, États-Unis. De plus ces réserves pourraient être épuisées avant un siècle. Les ressources prouvées sont de de tonnes en 2012 selon l'USGS et la production annuelle est d'environ de tonnes extraites en 2011. Une future pénurie. Les gisements géologiques accessibles de vingt-six éléments du tableau de Mendeleïev sont en voie de raréfaction, comme le cuivre, l'or, le zinc, le platine, l'uranium, le phosphore… or le phosphore est crucial pour l'agriculture et plus largement pour la vie sur terre. Il suffit de penser que cet élément forme la structure même de l'ADN, qu'il pilote la respiration - ainsi que la photosynthèse chez les plantes - ou encore le métabolisme cellulaire. C'est pourquoi chaque être humain en réclame à peu près deux grammes par jour. […] Au vu de la consommation actuelle couplée à l'épuisement des gisements de qualité à travers le monde, les chercheurs de l' (Australie) annoncent un pic de production du phosphore au milieu des années 2030, et estiment les réserves à . Cette prévision, quoique controversée, suscite néanmoins une vive angoisse : pourra-t-on extraire assez de phosphore pour nourrir les d'habitants prévus en 2050 ? De plus, avertit Jean-Claude Fardeau, de l'Institut national de la recherche agronomique, "il n'y a aucun substitut possible au phosphore, véritable facteur limitant du vivant." Indispensable à l'homme et surtout à l'agriculture, "ignorer ce problème" [celui d'une future pénurie en phosphore] "pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale" conclut Andrea Ulrich, de l' (École polytechnique fédérale de Zurich). Car, si les ressources s'épuisent, il est bien certain que la demande en phosphore ne disparaîtra jamais… En 2009, la Chine produisait 35 % du phosphore mondial, les États-Unis 17 %, et le Maroc (et dans une moindre mesure le Sahara Occidental) 15 %. Les États-Unis ont mis fin à leurs exportations, cependant que la Chine les a fortement réduites. La plupart des engrais à base de phosphore sont dérivés du phosphate naturel extrait en Chine, aux États-Unis, au Maroc et au Sahara occidental. C’est une ressource non-renouvelable : aux taux d’extraction actuels, on estime que la Chine et les États-Unis disposent chacun d’un approvisionnement d’environ 30 ans dans leurs réserves récupérables connues de phosphate naturel. La plupart des pays sont des importateurs nets de minerai. Une source alternative potentielle de phosphore est le recyclage des déchets en contenant. Ces déchets sont principalement des urines, os, déchets alimentaires, eaux usées et excréments. Les lieux densément habités et les zones d'élevage en produisent beaucoup. Ils sont également proches de zones agricoles qui recherchent du phosphore comme engrais. Vers 2015, dans le monde 72% environ des zones cultivées sont riches en fumier. Vers 2015, 68% des régions cultivées peuplées sont situées dans des pays tributaires des importations de phosphore (ex : Inde, Brésil et une grande partie de l’Europe). Des chercheurs estiment que ces pays pourraient devenir autarciques en phosphore, améliorer leur sécurité alimentaire, et avoir un développement plus soutenable en recyclant le phosphore présent dans leurs propres déchets. Récupération de phosphore dans les eaux usées et les effluents d'élevage. Une tonne de fumier contient de 2 à 3 kg de phosphore (et également d'azote et de potassium). Dans ces conditions, des associations (telles que "Zero Waste France") refusent de voir les biodéchets (qui pourraient en outre fournir du biogaz dans le cadre de la méthanisation) finir en décharge ou dans des incinérateurs. Des solutions de compostage des déchets humains ou utilisation des excreta (en y intégrant l'urine) permettraient de produire des fertilisants contenant du phosphore plus facilement accessible aux plantes. Dans le digestat de méthanisation issus d'effluents d'élevage, le phosphore peut être présent à raison de 9 à 20 g/kg de matière sèche, et être aussi disponible pour les plantes que le triple superphosphate. En France, la station d'épuration de Nîmes a testé en 2016 un procédé de récupération du phosphore (déphosphatation) dit « Extraphore » avec des tests qui en 2016 ont confirmé un possible développement à échelle industrielle. D’autres travaux sont menés à Irstea pour développer des procédés biologiques d’acidification des boues d'épuration (mais aussi des effluents d'élevage) permettant le relargage du phosphore accumulé par les bactéries déphosphatantes. La voie biologique adoptée par les chercheurs permet de diminuer les coûts du phosphore recyclé par rapport aux méthodes chimiques, rendant ce produit aussi compétitif que les engrais chimiques importés. Le déploiement du procédé à l'échelle semi-industriel est en cours en 2018. Aliments à forte teneur en phosphore. Selon une idée reçue, le poisson serait bon pour la mémoire car il contiendrait beaucoup de phosphore. Cette idée reçue est fausse. Dans l'organisme humain, le phosphore est présent dans les cellules où il sert de support à l'énergie (adénosine triphosphate). La phosphorémie est le taux de phosphore sous forme phosphate inorganique présent dans le plasma. Un excès de phosphore alimentaire déclenche une hyperphosphatémie appelée aussi l'hyperphosphorémie temporaire qui inhibe la synthèse de vitamine D. Utilisation. Phosphate. De loin, les utilisations les plus répandues du phosphore sont : Acide phosphorique : H3PO4. L'acide phosphorique a de nombreuses applications : Usages militaires. Les bombes, obus et grenades incendiaires au phosphore ont été largement utilisées pendant et depuis la Seconde Guerre mondiale, par exemple lors du bombardement de Dresde. Le protocole de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC), entré en vigueur en 1983, interdit les armes incendiaires contre des civils, et même contre des bases militaires situées . Le phosphore blanc peut aussi servir à créer des écrans de fumée permettant de couvrir ses troupes sur un théâtre d'opérations. Dosage. Un protocole de dosage a été validé en France par l'AFNOR. Les ions phosphate réagissent avec une solution acide contenant des ions molybdate et antimoine pour former un complexe antimonyl-phosphomolybdate. Ce complexe est ensuite réduit par l'acide ascorbique pour former un complexe de bleu de molybdène de couleur vive. L'absorbance est alors mesurée pour déterminer la concentration. Écologie. Cycle du phosphore. Le phosphore tend à être lessivé vers les mers sous l'action du lessivage par les pluies, du haut du bassin versant vers la mer. L'érosion éolienne peut transporter des quantités significatives de phosphore vers des zones très éloignées (dont du Sahara jusqu'en Amazonie, via des aérosols visibles de satellite). Autrefois, c'étaient surtout les migrations d'oiseaux marins ou piscivores (via leurs fientes enrichies en phosphore) et plus encore les migrations de saumons qui constituaient le mécanisme principal de "« retour à la terre »" du phosphore. Après leur phase de croissance en mer et leur remontée, en mourant par dizaines de millions dans les rivières des hauts de bassin versant après y avoir pondu, les saumons remontaient et libéraient des quantités importantes de phosphore recyclées dans les écosystèmes situés en amont des bassins versants, via leurs squelettes et cadavres particulièrement riches en phosphore, et via les urines et excréments des animaux qui chassaient ou pêchaient les saumons lors de leur remontée (ours en particulier). Aujourd'hui les saumons ont fortement régressé ou ont disparu sur une grande partie de leur ancienne aire de répartition, et l'agriculture intensive se fournit en phosphates de guano ou de synthèse, importés. Eutrophisation. Le phosphore, abondamment gaspillé par l'agriculture intensive et certaines unités de traitement des eaux usées, et fortement présent dans les lessives notamment dans les années 1980, est avec le nitrate un des grands responsables de l'eutrophisation. En France, depuis les années 1970 l'amélioration des pratiques culturales a permis de réduire significativement les apports en engrais minéraux phosphatés par unité de surface, et les bandes enherbées (localement obligatoires le long de cours d'eau) pourraient encore contribuer à le réduire dans l'environnement. Malgré cela, la teneur en phosphore des sols agricoles augmente globalement, bien que de manière inégale selon les régions : augmentation en Bretagne, Pays de la Loire, Champagne-Ardenne et Aquitaine, et diminution au nord, au centre et à l'ouest. En Bretagne, par exemple, cette hausse est causée par l'emploi des effluents issus de l'élevage intensif pour la fertilisation des sols. Le mécanisme eutrophisant du phosphore est complexe, variant selon les environnements et différent de celui des nitrates avec lesquels il interfère aussi. Selon une étude faite dans de vrais lacs et dans des , la charge du milieu en phosphore n'est un bon prédicteur de l'eutrophisation que si l'on introduit un facteur de correction tenant bien compte du renouvellement de l'eau, alors que la correction selon le sédiment a un rôle mineur. Toxicologie, écotoxicologie. Le phosphore est un oligoélément indispensable pour de nombreux organismes vivants, et sous forme de phosphate notamment pour les plantes. Sous formes solubles et solubilisées notamment, le phosphore a servi de médicament (extrait de l'urine humaine jusqu'en 1774). Mais quand il est pur, et sous certaines de ses formes, c'est un puisant toxique et corrosif de l'organisme. On le sait depuis longtemps. Il a néanmoins été utilisé dans des expériences de « physique amusante » ou de magie en causant des blessures parfois sérieuses chez les expérimentateurs. Puis certains médecins lui ont attribué des vertus médicales merveilleuses, notamment administré sous forme de « "Pilules lumineuses" » contenant une poudre de phosphore finement divisée associée à d'autres ingrédients, dont Kunckel semble avoir eu l'idée ; il était réputé prolonger la vieillesse, revigorer l'organisme, . On l'a prétendu fébrifuge, anti-rhumatismal, anti-goutteux, anti-chlorolique, et semble-t-il parfois efficace contre des , certaines , , , ou , etc., mais sa toxicité a rapidement été manifeste chez l'Homme (1/ de grain suffit parfois à déterminer des (Observation de M. Loebelstein-Loebel, d'Iéna. On se demanda ensuite si ces effets médicaux sont vraiment dus au phosphore, où à ses sels, ou aux synergies avec d'autres ingrédients ; ainsi en 1798, la société de médecine de Paris questionne (question restée sans réponse). […] . F.V. Mérat et A.J. de Lens, dans leur "Dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique" ( rappellent qu'après que le phosphore ait été découvert dans l'urine, puis utilisé comme médicament, sa toxicité a été largement observée chez l'Homme et confirmée expérimentalement chez l'animal par sur des chiens, sur des chats, des cochons d'Inde, des poules et des pigeons, des jeunes coqs et des grenouilles, enfin , Brera, Mugetti, Worbe et Bogros sur des chiens, prouvent, la plupart, que le phosphore agit à la manière des poisons corrosifs ; que les accidents une fois développés ne peuvent que difficilement être entravés par les secours de l'art. (…) Dissous ou divisé dans l'huile, et aussi à l'état de fusion dans l'eau chaude (), la combustion, qui en est rapide produit, semble-t-il, de l'acide phosphorique ; l'inflammation est alors des plus vives, les douleurs atroces, les vomissements opiniâtres, et la mort arrive au milieu des mouvements convulsifs les plus horribles. Injectée dans les veines ou dans la plèvre, cette même huile phosphorée donne lieu, dans l'espace de quelques minutes, à des flots de vapeurs blanches chargées d'acide phosphatique, qui à chaque expiration s'échappent de la gueule de l'animal (Magendie, Além. pour servira Phi* t. de la transpiration pulmonaire ; Bibl. méd., XXXII, 19) : la mort dans ce cas a lieu par asphyxie et résulte de l'inflammation subite des poumons. Son usage s'est ensuite fortement réduit, mais il a été utilisé dans les armes chimiques et munitions incendiaires, et son isotope radioactif a été utilisé comme "« radiotraceur »", dans des éléments solides (métal ou alliage par exemple) ou chez des espèces vivantes (pour le suivi de la pollinisation par exemple, via des pollens marqués au soufre ou au phosphore radioactif, pour le suivi de microbes ou virus dans l'organisme) ou encore pour le suivi de mouches afin d'étudier leur rôle épidémiologique (1957). On a aussi tenté de l'utiliser comme médicament dans les années 1950, aux débuts de la "médecine nucléaire", par exemple contre la leucose chronique (1955) ou pour traiter des tissus calcifiés (1958) ou pour détecter des néoplasmes intraoculaires, comprendre ou traiter des cancers, ou pour l'étude de certaines maladies ( maladie de Vaquez (1967) ou de cancers (1946)). Mutagénicité : un autre problème environnemental est posé par la radioactivité de certains isotopes du phosphore. Le phosphore en excès a aussi des effets écotoxiques en tant qu'eutrophisant.
Per Bast
Prescience La prescience est un terme du vocabulaire théologique définissant la faculté divine de connaissance absolue, transcendant les catégories humaines des passé, présent et avenir. Fréquemment utilisé dans le molinisme et autres théories des XVIe et XVIIe siècles liées aux controverses sur la « Liberté humaine et la Grâce de Dieu ». Le terme, dans son sens théologique a vieilli, et de nos jours, il est peu utilisé dans ce sens. Au sens moderne, le terme peut être synonyme d'intuition, pressentiment. S'il s'agit de la connaissance anticipée des évènements à venir, on parle plutôt de précognition. L'idée de connaissance anticipative a été développée de multiples manières dans le domaine de la science-fiction. Elle confère, à celui ou celle qui la détient, un pouvoir important et souvent décisif.
Préhistoire La Préhistoire est généralement définie comme la période comprise entre l'apparition du genre humain et l'apparition des premiers documents écrits. Cette définition laisse cependant la place à des interprétations divergentes selon les auteurs. La Préhistoire se divise en deux grandes parties, le Paléolithique (l'âge de la pierre taillée) et le Néolithique (l'âge de la pierre polie), qui se divisent elles-mêmes en différentes sous-périodes. La phase de transition entre ces deux grandes périodes est appelée le Mésolithique. Selon les régions du monde, la Préhistoire inclut aussi tout ou partie des périodes suivant l'Âge de la pierre, à savoir l'Âge du bronze, puis l'Âge du fer. Le terme « préhistoire » (écrit alors sans majuscule initiale) désigne aussi la discipline qui étudie cette période. Dans ce sens, cette discipline s'intéresse aux artéfacts laissés par les hommes préhistoriques, notamment leurs industries lithiques, et se distingue ainsi de la paléoanthropologie, qui étudie plutôt les fossiles humains et l'histoire évolutive de la lignée humaine. Définition de la Préhistoire. La définition classique de la Préhistoire pose un certain nombre de problèmes, notamment en ce qui concerne les critères retenus pour son début et sa fin, mais aussi pour la datation de ses limites. Début de la Préhistoire. La Préhistoire commence avec l'apparition de l'Homme. Or celle-ci est le fruit d'une lente évolution sur plusieurs centaines de milliers d'années, depuis un hominine encore indéterminé. L'apparition de l'Homme dépend des critères utilisés pour définir le genre "Homo", qui varient selon les chercheurs. Pour certains chercheurs, le genre "Homo" serait attesté il y a environ 2,8 millions d'années, d'après un fossile actuellement attribué à ce genre découvert en Éthiopie en 2013 (LD 350-1). Plusieurs espèces se sont développées au Pléistocène inférieur, dont "Homo habilis" (2,3 Ma) et "Homo rudolfensis" (2,4 Ma), qui ont coexisté en Afrique de l'Est. Ces deux espèces montrent une bipédie plus avancée et un cerveau un peu plus volumineux que les Australopithèques, et on leur a généralement attribué les outils trouvés dans les mêmes couches stratigraphiques que les fossiles humains. Toutefois, ces couches ont souvent livré aussi des fossiles de "Paranthropus boisei" (Afrique de l'Est) ou de "Paranthropus robustus" (Afrique australe). La fabrication d'outils a longtemps été considérée comme propre au genre "Homo". Les Australopithèques, qui précédaient les humains et dont ces derniers sont probablement issus, ont peut-être eux aussi produit des outils de pierre. En 2012, la découverte d'un site d'industrie lithique à Lomekwi 3 au Kenya, daté de 3,3 Ma, a montré l'existence d'outils lithiques à une date nettement antérieure à l'apparition du genre "Homo". Certains comportements traditionnellement associés au genre "Homo" pourraient donc être partagés par plusieurs genres d'Hominina. Selon que l'on considère que la lignée humaine est représentée par le seul genre "Homo" ou par la sous-tribu des Hominina, ou que le critère déterminant est l'apparition des outils, la Préhistoire débute donc respectivement il y a 2,8 Ma (premiers Homo), 3,3 Ma (premiers outils) ou 7 Ma (datation de Toumaï, surnom de Sahelanthropus tchadensis). Fin de la Préhistoire. L'apparition de l'écriture en Mésopotamie et dans le sud-ouest de l'Iran, vers , en Égypte vers , comme critère marquant la fin de la Préhistoire est problématique à plus d'un titre car l'écriture n'apparait pas à la même date dans toutes les zones géographiques, tant s'en faut, et il existe des sociétés n'ayant pas adopté l'écriture, dont la tradition orale est très forte, comme certaines civilisations d'Amérique précolombienne ou d'Afrique subsaharienne, qui ont peu de choses en commun avec les sociétés préhistoriques. La notion de Protohistoire a été introduite pour les peuples ne possédant pas eux-mêmes l'écriture, mais qui sont mentionnés par des textes émanant d'autres peuples contemporains, comme les Gaulois d'avant notre ère, décrits par des auteurs grecs et romains. Définition économique et sociale. De nombreux préhistoriens modernes, parmi lesquels Jean Guilaine et Marcel Otte, ont proposé de redéfinir le terme "Protohistoire" en se fondant sur des critères non plus archéologiques mais économiques et sociaux. La "Préhistoire" concernerait les populations dont la subsistance est assurée par la prédation au sens ethnologique. Ces groupes de chasseurs-cueilleurs, pêcheurs, collecteurs, généralement nomades, exploitent des ressources naturelles disponibles sans les maitriser. La Préhistoire "stricto sensu" comprendrait donc le Paléolithique et le Mésolithique. La "Protohistoire" concernerait les populations dont la subsistance est assurée par la production. Ces groupes d'éleveurs et d'agriculteurs, souvent sédentaires, exploitent des ressources qu'ils maitrisent et qu'ils gèrent en partie. La Protohistoire comprendrait alors le Néolithique, l'Âge du bronze et l'Âge du fer. Elle est caractérisée par une structuration croissante de la société (formation de villages, développement de l'artisanat, division du travail, hiérarchisation sociale, développement des cultes religieux, échanges commerciaux terrestres puis maritimes, etc.). Aspects historiques. Dans l'Antiquité, des auteurs périodisent l'histoire de l'humanité selon des mythes métallurgiques. Dans son mythe des races, le grec Hésiode évoque un âge d'or , suivi d'un âge d'argent, de bronze et de fer. Cette mythologie est par la suite développée à des fins philosophiques et surtout morales par Démocrite et par le romain Épicure. La chronologie de la Préhistoire a commencé à être établie au , à la suite des travaux des grands systématiciens du siècle précédent, Carl von Linné, et surtout Buffon, qui avaient largement fait reculer la date de l'origine de la vie sur Terre. En 1820, le danois Christian Jürgensen Thomsen, à la suite de Nicolas Mahudel, ordonne les collections de son musée en fonction des principaux matériaux utilisés et popularise le système des « trois âges » : Âge de la pierre, Âge du bronze et Âge du fer, sur la base des progrès technologiques dans les armes et les outils. Cette classification archéologique tripartite, devenue un des grands paradigmes de l'archéologie dès le , reste utilisée jusqu'au début du . Si les deux dernières expressions sont encore couramment employées, la première est désormais tombée en désuétude. On lui préfère selon les cas les termes Paléolithique et Néolithique, introduits par John Lubbock en 1865, ce qui conduit à une périodisation en quatre périodes (périodisation qui ne cessera de s'affiner). Le Paléolithique, étymologiquement « âge de la pierre ancienne », est la période la plus ancienne, durant laquelle la pierre est seulement taillée (d'où aussi l'appellation d'« âge de la pierre taillée »). Le Néolithique, étymologiquement « âge nouveau de la pierre », est la période plus récente, durant laquelle la pierre est taillée mais aussi travaillée par polissage (d'où aussi l'appellation d'« âge de la pierre polie »). Les découvertes et les écrits de pionniers tels que Paul Tournal (1827), Jean-Baptiste Noulet (1851) et d'autres contribuent à faire accepter l'idée de la très haute antiquité de l'Homme. Les trois volumes des "Antiquités celtiques et antédiluviennes" (1846, 1857, 1864) de Jacques Boucher de Perthes jettent les bases de la science préhistorique, dont il est considéré comme l'un des fondateurs. La date officielle de la naissance de cette science correspond à la reconnaissance par la communauté académique de la contemporanéité de l'Homme et d'espèces animales disparues « antédiluviennes ». Elle peut être fixée en avril 1859 par les Anglais de la British Archaeological Association qui se convertissent à la théorie de Boucher de Perthes, ou le 16 septembre 1859 par les Français de l'Académie des sciences, qui adhèrent à la très haute antiquité de l'homme défendue par Édouard Lartet et Albert Gaudry lors de la communication. Mais cette naissance n'est pas une rupture épistémologique brutale car de nombreux travaux pionniers montrent . S'inspirant de la chronologie utilisée en géologie, Édouard Lartet propose en 1861 une chronologie fondée sur les espèces successives de grands mammifères dominants. Seul l'âge du renne est encore parfois utilisé pour désigner le Magdalénien. En 1869, Gabriel de Mortillet propose une nouvelle chronologie de la Préhistoire, en quatorze époques successives nommées d'après les sites où elles ont été décrites et où elles sont bien représentées ; si certaines ont été abandonnées, d'autres sont encore utilisées aujourd'hui comme l'Acheuléen, le Moustérien, le Solutréen ou le Magdalénien. La chronologie a également été précisée par Henri Breuil, notamment en ce qui concerne la position stratigraphique de l'Aurignacien. Au début du , Oscar Montelius est le premier archéologue à formaliser le concept de typologie lithique et de chronologie relative par la . Divisions de la Préhistoire. La chronologie de la Préhistoire comprend plusieurs périodes, de durées très inégales, fondées sur les cultures matérielles trouvées lors des fouilles archéologiques. Ces périodes, basées sur l'étude des vestiges durables (industrie lithique essentiellement, mais aussi industrie osseuse, puis céramique et métallurgie), se sont beaucoup affinées avec les outils de recherche modernes. Cette chronologie n'est pas synchrone d'un continent à l'autre, ni même d'une région à l'autre. Pour les périodes anciennes du Paléolithique, les différences culturelles entre les industries sont difficiles à mettre en évidence, et les variations peuvent aussi être liées à la fonction des sites ainsi qu'aux types de matériaux utilisés. Paléolithique. Le Paléolithique, terme créé par John Lubbock en 1865, désigne l'époque de la Préhistoire durant laquelle l'Homme était encore partout un chasseur-cueilleur nomade. Le Paléolithique est subdivisé en trois ou quatre grandes périodes selon les auteurs. Paléolithique archaïque. Le Paléolithique archaïque commence il y a 3,3 millions d'années en Afrique de l'Est, il y a 2,1 Ma en Chine, et il y a 1,5 Ma en Europe. À la fin du Pliocène, on constate l'expansion des Australopithèques, apparus vers 4,2 Ma en Afrique, parmi lesquels se trouvent probablement les ancêtres du genre "Homo". Au début du Pléistocène apparaissent les Paranthropes (2,7 Ma), "Homo rudolfensis" (2,4 Ma) et "Homo habilis" (2,3 Ma) en Afrique de l'Est. L'apparition des premiers outils date de 3,3 Ma, à Lomekwi 3, au Kenya. Ce sont d'abord des galets aménagés, souvent considérés comme des nucléus aujourd'hui. Il y a 2,6 Ma, on constate l'apparition de l'Oldowayen en Éthiopie ainsi qu'une industrie à éclats découverte sur le site de Lokalelei, au Kenya (2,34 Ma). Le premier site oldowayen trouvé en Afrique du Nord est daté d'environ 2 Ma, à Aïn Boucherit, en Algérie. Il y a environ 2 Ma, "Homo ergaster" apparaît en Afrique. Il est attesté au Moyen-Orient il y a environ 1,4 Ma. "Homo georgicus" est identifié à Dmanissi, en Géorgie. Datés de 1,77 Ma, ses fossiles sont les plus anciens fossiles humains reconnus à ce jour hors d'Afrique. Il est accompagné d'outils oldowayens. Néanmoins, les premiers sites préhistoriques trouvés en Chine sont datés d'environ 2,1 Ma (Renzindong, Longudong, Shangchen), mais sans fossiles humains associés. La première trace de peuplement en Europe a été trouvée à Kozarnika, en Bulgarie, et date d'environ 1,5 Ma. Le site de Pirro Nord, en Italie, et les gisements de la région d'Orce, en Espagne, sont datés d'environ 1,4 Ma. Paléolithique inférieur. Le Paléolithique inférieur commence avec l'apparition de l'Acheuléen, il y a 1,76 Ma en Afrique de l'Est. Le biface et le hachereau en sont les outils emblématiques. L'Acheuléen se diffuse en Afrique australe il y a 1,6 Ma, et en Afrique du Nord il y a au moins 1,3 Ma. L'Acheuléen est attesté en Inde il y a 1,5 Ma (à Attirampakkam) et en Israël il y a 1,4 Ma (à Ubeidiya). Des industries lithiques de mode 2, comparables à l'Acheuléen, sont connues en Chine il y a au moins . Le premier site acheuléen en Europe, Le Bois-de-Riquet, à Lézignan-la-Cèbe, dans l'Hérault, est daté de , le second, La Noira, à Brinay, dans le Cher, de . On trouve ensuite de nombreux sites acheuléens anciens en Europe de l'Ouest, notamment dans la vallée de la Somme, en France, ainsi qu'en Italie et en Espagne. L'apparition de l'Homme de Néandertal est datée par la génétique et par les fossiles à environ en Europe, et celle de l'Homme de Denisova à une date comparable en Asie. Il y a environ , la domestication du feu est attestée sur tous les continents, par exemple à Menez Dregan (France), à Vértesszőlős (Hongrie), ou à Zhoukoudian (Chine). Paléolithique moyen. Le Paléolithique moyen commence en Afrique vers et en Europe vers avant le présent. Paléolithique supérieur. Le Paléolithique supérieur s'inscrit entre environ et avant le présent. Mésolithique. Vers avant le présent (AP) apparaissent au Levant les premiers villages natoufiens, puis vers AP, des constructions plus ambitieuses, comme à Göbekli Tepe en Turquie, Tell Qaramel en Syrie, ou Jéricho en Israël. Les habitants de ces villages demeurent toutefois des chasseurs-cueilleurs. En Europe, les groupes humains commencent à la fin de la dernière période glaciaire, vers AP, à réduire leurs déplacements saisonniers, car ils peuvent désormais chasser le gibier sédentaire des forêts de climat tempéré, qui remplacent les troupeaux très mobiles de gros herbivores des steppes de l'ère glaciaire. Néolithique. Le Néolithique désigne l'époque de la Préhistoire durant laquelle l'Homme devient agriculteur. Ce basculement se produit à des époques très différentes selon les continents et les régions. La révolution néolithique naît de l’adoption par des groupes de chasseurs-cueilleurs d’un mode de subsistance fondé sur l’agriculture et l’élevage. Celui-ci suit de près le développement de la sédentarisation sous la forme des premiers villages permanents, et s'accompagne de l'apparition d'un outillage en pierre polie, et de l'invention de la poterie et du tissage. L'adoption de l'agriculture et de l'élevage permet une augmentation sensible de la ressource alimentaire et entraîne, par voie de conséquence, un fort accroissement de la population. Les groupes humains désormais plus nombreux commencent à modifier leur environnement, principalement par le déboisement, et dans certaines régions par l'irrigation. On assiste au développement de la division du travail, notamment entre agriculteurs et artisans. L'existence de réserves alimentaires dans les villages favorise l'accentuation des hiérarchies sociales, et le développement des conflits entre communautés voisines pour s'approprier les ressources. Plusieurs formes de domestication de plantes et d'animaux ont surgi indépendamment dans au moins sept ou huit régions séparées à travers le monde, et à des époques différentes. La première émergence eut lieu au Proche-Orient, où les hommes passèrent graduellement de la cueillette de céréales sauvages, au Natoufien, à la production de plantes et d'animaux domestiqués, en passant par des stades intermédiaires successifs durant près de . Si l'adoption de l'agriculture dans ces foyers d'origine correspond à un lent changement des comportements des populations locales, dans d'autres régions, comme en Europe, elle est plus rapide et correspond à l'arrivée de populations déjà néolithisées. Le Néolithique débute dans le Sud-Est de l'Anatolie, au Levant, et dans les piémonts du Zagros vers 8500. Il atteint la Grèce et les Balkans vers 6400, et parvient sur la côte atlantique européenne vers Il commence en Chine entre 6000 et 5500. En Amérique, les Andes connaissent leurs premières plantes cultivées entre 5000 et . À partir de 4500 se développe en Europe atlantique, de l'Écosse au Portugal, une vaste culture mégalithique, qui voit fleurir les dolmens, menhirs et autres cromlechs. Cette culture se diffuse progressivement de l'Ouest vers l'Est du continent européen. Âge du bronze. L'âge du bronze commence avec l'apparition de la métallurgie du bronze, vers en Anatolie. Le bronze est un alliage de cuivre et d'étain, plus dur que le cuivre seul, ce qui permet de fabriquer des outils plus résistants et confère à ses détenteurs un avantage militaire. Le cuivre a été tôt exploité à Chypre, à qui il a donné son nom. L'étain, longtemps resté plus rare que le cuivre, provenait largement au d'Afghanistan puis au d'Angleterre, ce qui représentait de longues routes commerciales terrestres ou maritimes. La métallurgie du bronze est parvenue en Grèce et en Crète vers , puis en Europe de l'Ouest et en Chine vers Âge du fer. L'âge du fer commence avec l'apparition de la métallurgie du fer, vers en Anatolie. La métallurgie du fer est parvenue en Grèce vers , en Europe de l'Ouest vers , et en Chine vers Préhistoire de l'Europe. Paléolithique. Épipaléolithique. Parfois appelé Paléolithique final, l'Épipaléolithique marque la fin des temps glaciaires et est caractérisé par un radoucissement généralisé, accompagné en Europe d'un important développement du couvert forestier et donc d'une modification des faunes (disparition des espèces grégaires de milieu ouvert, en particulier du renne, et développement des espèces forestières, notamment le cerf élaphe ou le sanglier). Des cultures matérielles plus localisées et changeant plus rapidement succèdent au Magdalénien. Les expressions artistiques se font nettement plus discrètes (galets striés ou peints) et sont rarement figuratives. Mésolithique. Le Mésolithique est la période durant laquelle les humains, encore chasseurs-cueilleurs, sont confrontés à la fin de l'époque glaciaire et à la modification de l'environnement, avec en particulier le développement des forêts. Néolithique. Le Néolithique est la période marquée par l'adoption d'une économie de production fondée sur l'agriculture et l'élevage.
Paléolithique Le Paléolithique est la première et la plus longue période de la Préhistoire, durant laquelle les humains sont tous des chasseurs-cueilleurs. Elle est presque contemporaine du Pléistocène. Les humains du Paléolithique sont la plupart du temps nomades, se déplaçant au gré des saisons en fonction des ressources alimentaires disponibles, qu'elles soient végétales ou animales. La densité de population est très faible, en particulier pendant les périodes glaciaires, caractérisées par un climat plus sec (densité inférieure à ). Le Paléolithique commence avec l’apparition des premiers outils lithiques, il y a d'années en Afrique. Il s'achève il y a avec la fin de la dernière période glaciaire, qui ouvre la voie au Mésolithique en Europe et dans de nombreuses régions du monde. Le Paléolithique couvre donc environ 98 % de la durée de la Préhistoire, qui, quant à elle, s'achève avec l'apparition de l'écriture vers en Mésopotamie. Le Paléolithique, le Mésolithique et le Néolithique se succèdent dans cet ordre et forment l'âge de la pierre. Le Paléolithique est subdivisé en trois ou quatre grandes périodes, correspondant aux grandes évolutions culturelles et techniques mises en évidence par les fouilles archéologiques : le Paléolithique archaïque, le Paléolithique inférieur, le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur. Étymologie. Le terme « Paléolithique » vient du grec / "palaios" (ancien) et / "lithos" (pierre). Il peut donc se traduire littéralement par « ancienne pierre ». Le terme a été inventé en 1865 par le préhistorien John Lubbock pour désigner l'âge de la pierre taillée, par opposition à l'âge de la pierre polie ou Néolithique, « nouvelle pierre ». Définition. Le Paléolithique est caractérisé avant tout par une économie de prédation : les humains de cette époque sont des chasseurs-cueilleurs, qui tirent parti des ressources disponibles dans la nature. Les humains du Paléolithique ne connaissent ni l'agriculture, ni l'élevage, qui caractériseront le Néolithique. Le chien est l'unique espèce domestiquée pour les usages de la chasse, et seulement au Paléolithique supérieur, mais il n'est qu'un outil de prélèvement des ressources dans la nature et non un animal de production alimentaire comme le seront les animaux issus des domestications néolithiques. Outre la chasse et la pêche, le charognage était un moyen d'acquisition de ressources carnées au Paléolithique inférieur et moyen. La cueillette de fruits et de végétaux, le déterrage de tubercules et la récolte d’œufs représentaient souvent la majorité des calories obtenues. On a pu mettre en évidence le régime alimentaire des humains à différentes époques par l'analyse de la composition chimique des tissus humains fossilisés, en particulier les dents qui sont la partie souvent la mieux conservée du corps humain. Les outils de cette époque parvenus jusqu'à nous sont en très grande majorité des outils de pierre taillée, mais des outils en os sont également connus, surtout au Paléolithique supérieur. Le bois est exceptionnellement conservé mais devait être utilisé fréquemment, par exemple pour réaliser des épieux ou pour confectionner des manches. L'industrie lithique taillée n'est pas spécifique au Paléolithique puisqu'elle perdure au Mésolithique, et jusqu'au Néolithique. L'usage de la pierre polie fait son apparition en contexte paléolithique en Australie et au Mésolithique en Europe du Nord. En revanche, le travail des métaux est inconnu au Paléolithique. Si la céramique est employée pour réaliser de rares statuettes au Paléolithique supérieur, son emploi pour la poterie ne se généralisera qu'au Néolithique. Subdivisions. Les subdivisions du Paléolithique ne sont pas synchrones d'un continent à l'autre. C'est pourquoi ne sont ci-après mentionnées que les dates de première attestation des principales cultures lithiques, qui apparaissent le plus souvent en Afrique. Les dates de disparition sont très variables selon les régions et presque toujours nettement postérieures à l'apparition des nouvelles industries. Les acteurs du Paléolithique. La fabrication d'outils a longtemps été considérée comme propre au genre "Homo", mais les Australopithèques, qui précédaient les humains et dont ces derniers sont probablement issus, ont peut-être eux aussi produit des outils de pierre. En 2012, la découverte d'un site d'industrie lithique à Lomekwi 3, au Kenya, daté de , a montré l'existence d'outils lithiques à une date antérieure de à l'apparition présumée du genre "Homo". Le genre "Homo", apparu en Afrique, s'est tôt diffusé en Eurasie. "Homo georgicus", daté de et découvert en Géorgie, est le plus ancien représentant fossile du genre "Homo" trouvé hors d'Afrique qui fasse consensus. La Chine a cependant livré des dents présumées humaines (Longgudong) et de nombreux vestiges lithiques (Renzindong, Longgudong, Shangchen) datés d'environ . Dans la seconde moitié du Pléistocène moyen, des espèces humaines distinctes peuplent les différents sous-continents de l'Ancien Monde : "Homo sapiens" en Afrique, l'Homme de Néandertal en Europe et au Moyen-Orient, l'Homme de Denisova en Asie orientale, et "Homo erectus" en Asie du Sud-Est. L'Amérique et l'Australie sont encore vierges de toute population humaine. Il y a environ , lors de la dernière période glaciaire, "Homo sapiens" (connu en Europe sous le nom d'« Homme de Cro-Magnon ») arrive en Europe. Il introduit en Europe une industrie lithique plus avancée que le Moustérien, l'Aurignacien. "Homo sapiens" se diffuse dans tout l'Ancien Monde, où il remplace les espèces humaines antérieures. Il peuple pour la première fois l'Australie puis l'Amérique, à des dates qui demeurent débattues par les chercheurs.
Pasteur (christianisme) Un pasteur ou une pasteure est une personne qui exerce des fonctions de gestion et d'enseignement dans une communauté ecclésiale chrétienne. Le terme désigne un ministre du culte protestant ou évangélique. Il désigne également, mais dans un sens moins institutionnel, un prêtre ou un diacre dans les Églises catholique et orthodoxe. Cette appellation se réfère au thème du berger dans la Bible, en particulier dans le Nouveau Testament, et à l'identification de Jésus-Christ à l'image du « Bon Pasteur ». Origine. Dans l'Ancien Testament, le Dieu d'Israël est fréquemment comparé à un berger. « La métaphore pastorale apparaît d'abord comme un titre divin, bien avant l'institution de la monarchie, contrairement à ce que l'on considère généralement en y voyant un titre spécifiquement royal […]. L'origine de ce titre est double : il est d'abord et surtout lié à la vieille conception du Dieu des Pères qui s'est maintenu en Canaan à côté de la religion officielle des dieux El et Baal, il représente ensuite une transposition sur le nouveau Dieu YHWH d'un attribut royal cananéen. Le fait que ce titre ait été repris et amplifié avec une certaine prédilection peut s'expliquer par sa particulière aptitude à exprimer les expériences de l'exode et de la marche dans le désert […]. Désormais c'est à la fois comme Dieu de Jacob et comme Roi d'Israël que YHWH sera le berger de son peuple. » (Philippe de Robert, "Le Berger d'Israël : Essai sur le thème pastoral dans l'Ancien Testament") Le psaume 23, un des psaumes les plus connus et les plus cités dans les Églises protestantes, en particulier au cours des cérémonies funèbres, commence par « L'Éternel (YHWH) est mon berger ». Dans le Nouveau Testament, le mot "pasteur" est employé à plusieurs reprises, y compris par Jésus lui-même. L'apôtre Paul, dans sa lettre aux Éphésiens, parle également des pasteurs, qui auront pour charge de « former les saints pour l’œuvre du ministère » (Ep 4.10,11). Selon ce texte, le ministère pastoral aurait donc pour fonction principale de former les chrétiens afin qu'ils puissent, chacun selon son appel, vivre ce pour quoi Dieu les a appelés. Le mot "pasteur" est employé en ce sens dans le christianisme en général. Le pastorat est un ministère donné par Dieu pour l'Église : "Et il (Dieu) a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ (l'Église)". Éphésiens, 4:11-12. Catholicisme. Dans la religion catholique, le mot peut désigner, dans une certaine mesure toute personne chargée de conduire spirituellement une communauté religieuse, et est donc utilisé quelquefois pour parler du prêtre ou de l'évêque. En anglais nord américain, en Allemagne du nord et dans la langue néerlandaise, un curé est appelé "pastor" ou "pastoor". Protestantisme. Les protestants multitudinistes ne connaissent pas de clergé, au sens de personnes qui recevraient le sacrement de l'ordre ou qui seraient investies d'un pouvoir particulier. Chaque protestant se considère comme engagé dans le sacerdoce universel. S'appuyant notamment sur la première épître de Pierre (chapitre 2, verset 9), Martin Luther a développé ce principe très tôt en affirmant : « le baptême seul fait le chrétien. Tous nous sommes prêtres, sacrificateurs et rois. Tous nous avons les mêmes droits […]. L’État ecclésiastique ne doit être dans la chrétienté qu’une sainte fonction. Aussi longtemps qu’un prêtre est dans sa charge, il paît l’Église. Le jour où il est démis de ses fonctions, il n’est plus qu’un paysan. » ("Manifeste à la nation allemande", 1520) De ce fait, le "pasteur", dont le titre officiel est , ne saurait être comparé chez les protestants à un prêtre catholique ou orthodoxe. Pasteur est finalement un nom d'usage, le mot propre est "ministre", étymologiquement : serviteur. Le mot latin "ministerium" « fonction de serviteur [minister], service, fonction » a aussi donné le mot "métier". Le pasteur est simplement quelqu'un dont le métier est le service du culte (prédication et sacrements), l'enseignement ainsi que la direction et l'accompagnement d'une communauté sur un territoire donné. Étant donné ses fonctions, un pasteur doit avoir satisfait à diverses conditions d'études et de diplômes. En Europe, le master en théologie (bac+5) est exigible (master professionnel, bac+5, pour les Églises luthéro-réformées en France). Les diplômes reconnus ne suffisent cependant pas pour être pasteur, il faut aussi un agrément d'une commission des ministères. Dans l'Église protestante unie de France, le pasteur doit, après son master pro, faire encore deux ans de proposanat (stage) en paroisse pour enfin être agréé (ou pas) par la commission des ministères et reconnu comme "ministre". Un cursus de formation typique pour un pasteur français est donc le suivant : C'est seulement à l'issue de ce cursus que la Commission des ministères va autoriser l'ordination ou la consécration du nouveau pasteur et l'inscrire au rôle. Les luthériens, les anglicans, les Moraves, les méthodistes et les adventistes pratiquent une ordination ; l'Église protestante unie de France célèbre une "ordination-reconnaissance de ministère". Les protestants conservateurs (libristes ou réformés) maintiennent le concept de "consécration pastorale". Dans le protestantisme historique, le pasteur est élu par un conseil presbytéral (lui-même élu par l'assemblée générale locale) en concertation avec un conseil régional (ou synodal) qui est son véritable employeur. Le statut du pasteur est légèrement différent selon les confessions protestantes et surtout selon le régime de gouvernement de l'Église considérée : Christianisme évangélique. Le pasteur chrétien évangélique exerce des fonctions de direction, enseignement et conseil dans les églises. La formation des pasteurs s’effectue dans un institut de théologie évangélique pour une durée d’une année (certificat) à quatre années (licence, master) en théologie évangélique. La consécration pastorale se fait généralement par l’église locale, qui le place comme interprète principal de la Bible. Les pasteurs peuvent se marier et avoir des enfants. Pastorat féminin. Protestantisme. Dans une partie des Églises protestantes, les femmes peuvent être pasteurs. Les Eglises confessionnelles, qui ont fait le choix de suivre la position des premiers réformateurs ne l'autorisent cependant pas. Jean Calvin exprime, dans son institution, le fait que les femmes ne sont pas autorisées à exercer le sacrement du baptême. Ce qui est compris comme une tâche appartenant au pasteur. Il reprend l'argumentation de d'Épiphane de Salamine, qui disait que la permission n'a même pas été donnée à la sainte mère du Christ. En 1818, les deux premières pasteures suisses , Elise Pfister et Rosa Gutknecht sont ordonnées dans le canton de Zurich. Suit en 1929 Marcelle Bard, nommée pasteure dans l'Église nationale protestante de Genève en Suisse. Et en 1949, Élisabeth Schmidt sera la première femme consacrée pasteure dans l'Église réformée de France. Christianisme évangélique. Certaines dénominations chrétiennes évangéliques autorisent officiellement le ministère des femmes dans les églises. La première femme baptiste qui est consacrée pasteur est l’américaine Clarissa Danforth dans la dénomination Free Will Baptist en 1815. En 1882, dans la Convention baptiste nationale, USA . Dans les Assemblées de Dieu des États-Unis, depuis 1927 . En 1961, dans la Convention baptiste nationale progressiste . En 1975, dans l’International Church of the Foursquare Gospel . La première femme pasteur française est Madeleine Blocher-Saillens : elle est reconnue pasteur par l'Église évangélique baptiste indépendante du Tabernacle, à Paris, en 1929. Pasteurs protestants célèbres. "(Par ordre alphabétique)"
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Pierre Bordage Pierre Bordage, né le à La Réorthe, en Vendée, est un auteur de science-fiction français. C'est avec sa trilogie "Les Guerriers du silence", publiée aux éditions de l'Atalante et vendue à exemplaires, qu'il rencontre le succès. Ce space opera ainsi que le cycle de Wang sont salués par la critique littéraire comme des œuvres majeures du renouveau de la science-fiction française des années 1990, genre qui était alors dominé par les auteurs anglophones. Au fil de ses publications, Pierre Bordage acquiert la notoriété et une reconnaissance parmi les meilleurs romanciers populaires français. Auteur d'une quarantaine d'ouvrages ainsi que de nouvelles, publiés chez différents éditeurs (notamment Au diable vauvert) et de différents genres (fantasy historique avec "L'Enjomineur", science fantasy avec "Les Fables de l'Humpur", polar, etc.), il a aussi conçu des novélisations et réalisé quelques scénarios pour le cinéma, pour ensuite s'essayer à l'adaptation théâtrale, ainsi qu'à celle de sa propre œuvre en bande dessinée. Les ouvrages de Pierre Bordage ont une orientation humaniste, axée sur la découverte de la spiritualité, la lutte contre le fanatisme, ou encore le détournement du pouvoir politico-religieux au profit de quelques-uns. Bien qu'issu de la science-fiction, il travaille davantage sur ses personnages que sur la science et les technologies qu'il met en scène, et s'inspire des épopées et des mythologies du monde entier. Pierre Bordage a reçu de nombreux prix littéraires tels que le grand prix de l'Imaginaire (1993) et le grand prix Paul-Féval de littérature populaire (2000). Biographie. Enfance. Pierre Bordage grandit dans une ferme familiale en Vendée, élevé par des parents et une famille profondément catholiques, dans un village très rural. L'un de ses oncles est prêtre. Il a très tôt le goût de l'écriture, mais le système scolaire et les cours de français tendent à l'en éloigner. De plus, il vit des expériences mystiques, qu'il décrit comme telles : . Il intègre de son propre chef le petit séminaire entre 1965 et 1967, ce qui lui permet de prendre connaissance de la Bible, d'apprendre le latin et de lire les textes mythologiques fondateurs de l'Antiquité. Ses parents espèrent qu'il deviendra prêtre ou se consacrera d'une autre façon à la religion. Toutefois, Pierre Bordage, qui se dit , affirme que les prêtres s'évertuent à contrarier ses . Pour combler son ennui pendant les messes du matin, il imagine des histoires. À l'adolescence, il s'éloigne définitivement de la religion qu'il a vécue comme un endoctrinement. Il a toujours aimé la mythologie. Il recevait un livre sur le sujet pour ses étrennes chaque année. Il garde un souvenir ému de ces récits qui l'ont émerveillé et fait voyager. La mythologie grecque et la mythologie indienne (le "Rāmāyana" et le "Mahâbhârata" notamment) sont ses préférées. Période étudiante. Il obtient le baccalauréat en 1973, puis s'inscrit en lettres modernes à l'université de Nantes, diplôme qu'il dit lui être de peu d'utilité. Il rencontre sa future épouse à l'université de Nantes, mais n'obtient pas sa maîtrise de lettres au terme de sa scolarité. Il pratique le karaté pendant neuf ans et le basket plusieurs années durant, jusqu'au niveau nationale 3, à la Vendéenne de La Roche-sur-Yon (il mesure ), avant de suivre des cours de banjo et de guitare avec Patrick Couton. Il s'intéresse à nouveau à l'écriture durant sa première année d'université, grâce à un atelier en lettres modernes, en 1975. À l'occasion d'une dissertation en littérature comparée, consacrée à l'âge d'or de la science-fiction, il découvre ce genre littéraire avec, notamment, les "Chroniques martiennes" de Ray Bradbury (mais aussi "Demain les chiens" de Clifford D. Simak, "Shambleau" de Catherine Moore, "Dune" de Frank Herbert et "Abattoir 5 ou la Croisade des enfants" de Kurt Vonnegut) qui sont pour lui une véritable révélation, et lui rappellent, par le « vertige » qu'ils lui donnent, tous les textes mythologiques qui le fascinent, l'encourageant à écrire dans le genre SF. L'un de ses professeurs de lettres note sa classe au nombre de pages sans se soucier du style. Cette formation aide Pierre Bordage à se lancer dans l'écriture. La sortie de Star Wars, en 1977, l'influence également en ce sens. Recherches spirituelles. Il fait de nombreux voyages, surtout en Asie et particulièrement en Inde où il séjourne trois mois avec sa compagne en 1975, dans un esprit de découverte spirituelle. Ce pays le marque pour sa spiritualité , le pour son côté initiatique et lui permet de retrouver les élans de son enfance. L'expérience le conforte dans son rejet des valeurs occidentales à l'époque. De ce fait, il commence à s'intéresser à la philosophie orientale et au tao, et lit les écrits de penseurs comme Jiddu Krishnamurti pour comprendre la spiritualité non religieuse. Cette fascination pour la dimension spirituelle de l'Inde se ressent dans la plupart de ses écrits. En 1976, il entame un premier roman mais ne parvient pas à le faire publier, et s'éloigne à nouveau de l'écriture romanesque jusqu'à l'âge de 30 ans. Premiers métiers. Il pratique alors différents métiers, commençant par tenir une librairie ésotérique rue d'Alésia à Paris, de 1981 à 1984. Françoise Hardy est, entre autres, l'une de ses clientes fidèles. Il part en 1985 dans un village reculé du Gers afin de mettre en pratique ce qu'il a appris de ses recherches spirituelles. Ayant du temps et des économies devant lui, il écrit les deux mille pages du roman "Les Guerriers du silence" en six mois, à la main et sur un grand cahier d'écolier. Il vend des brioches fabriquées avec sa femme sur les marchés de la région afin de gagner un peu d'argent. Son expérience d'écriture, qu'il qualifie de et dont il n'a jamais connu l'intensité une seconde fois, ne débouche pas sur une édition immédiate puisque le milieu de la SF française est sinistré, ce que Pierre Bordage ignore à l'époque. De ce fait, il ne reçoit que des lettres de refus des différentes maisons d'édition. Revenu de sa période d'ascétisme, il devient vendeur, puis commercial pour un grossiste en jouets. Il devient ensuite journaliste sportif à la suite d'un concours de circonstances, et déménage à Paris où il rencontre en 1992 son premier éditeur, Vaugirard, qui lui propose d'écrire le cycle de "Rohel le conquérant", série de 14 tomes et d'apprendre la discipline nécessaire pour écrire un grand nombre de pages rapidement. Premiers succès en science-fiction. En 1993, il découvre chez un petit éditeur nantais, l'Atalante, un ouvrage de l'écrivain américain Orson Scott Card traduit par son ancien professeur de banjo, Patrick Couton. Il propose alors "Les Guerriers du silence" à Pierre Michaut, directeur de la maison d'édition qui, considéré comme , accepte de le publier en trois volumes et en grand format. Le premier tome est un succès inattendu et immédiat qui se vend à , chiffre de vente rarement atteint en science-fiction francophone. Il reçoit le grand prix de l'Imaginaire et le Prix Julia-Verlanger. Ce cycle introduit de la densité et une dimension psychologique particulière au sein du genre du space opera. L'Atalante publie les deux autres tomes de la trilogie, et le dernier, "La Citadelle Hyponéros", récompensé du Prix Cosmos 2000, est considéré comme par "Le Figaro". En 1996, Pierre Bordage déménage en Dordogne avec sa femme et ses enfants, la région inspirant le pays de la « Dorgne » de son roman "Les Fables de l'Humpur". Le premier volume d"'Abzalon" suit et en 1998, le cycle de "Wang" permet à Pierre Bordage de et de remporter l'éphémère Prix de la Tour Eiffel. Diversification des genres littéraires. En 1998, il publie "Atlantis, les fils du rayon d'or", novélisation d'un univers de jeu vidéo qui lui permet d'être traduit aux États-Unis. En 1999, il déménage aux États-Unis, à Kansas City, grâce à des amis américains qu'il a rencontrés dans le Gers, et y reste deux ans. Les paysages qu'il découvre inspirent son roman "Orchéron". La même année sort "Graine d'immortels", un roman consacré au brevetage génétique. En 2000, "Les Fables de l'Humpur", son roman de science fantasy, reçoit le Prix Paul Féval. Il met à jour chez Librio le roman-feuilleton en six épisodes : "Les Derniers Hommes", et publie "Orchéron", la suite d'Abzalon. Le cycle des "Griots célestes", qui a pour thème le détachement et le non-jugement et se compose de "Qui-vient-du-bruit" en 2002 et "Le Dragon aux plumes de sang" en 2003, marque un retour au space opera. En 2001, il devient aussi le président du festival nantais des Utopiales, et entame une nouvelle collaboration éditoriale avec les éditions du Diable Vauvert. La "trilogie des Prophéties", composée des trois thrillers "L'Évangile du serpent" (2001, récompensé du prix Bob-Morane), "L'Ange de l'abîme" (2004) et "Les Chemins de Damas" (2005), parait chez le Diable Vauvert, son éditeur principal avec L'Atalante. Il publie ses ouvrages ayant l'imaginaire ("space opera", fantasy…) pour thème chez L'Atalante. Le Diable Vauvert édite ses romans contemporains (polar, thriller…). En 2003, il réalise la novélisation du film d'animation "Kaena, la prophétie" et s'essaie pour la première fois à l'écriture jeunesse. De 2004 à 2006, il publie "L'Enjomineur" chez L'Atalante, saga de fantasy historique dont les trois tomes, fortement documentés pendant quatre mois, connaissent un franc succès critique. Son polar d'anticipation "Porteurs d'âmes", paru en 2007, est récompensé du prix des lecteurs du Livre de Poche deux ans plus tard. "La Fraternité du Panca", cycle de space opera en cinq volumes reprenant un scénario et une thématique typiques de ses écrits, est en cours de parution depuis 2007. "Le Feu de Dieu", un roman apocalyptique, parait en 2009. En 2008, son ami Alain Grousset, directeur de collection jeunesse chez Flammarion, lui propose de travailler sur une nouvelle collection d'uchronies. Pierre Bordage écrit "Ceux qui sauront" en 2008, puis "Ceux qui rêvent" en 2010. "Résonances", premier roman d'une nouvelle collection de science-fiction chez J'ai lu, Nouveaux Millénaires, était initialement annoncé pour . Il a été repoussé à puis à . Le roman est finalement publié en . Pierre Bordage envisage de se remettre ensuite sur un nouveau cycle de fantasy. En 2009, son épouse Hamama meurt dans un accident en Inde. Carrière littéraire. Nouvelles et anthologies. Pierre Bordage écrit aussi des nouvelles, mais a tardé pour s'y mettre malgré les sollicitations. En 1996, son ami Ayerdhal le contacte pour le recueil "Genèses" et il rédige "Une paix éternelle" qu'à son propre avis, il a totalement ratée. Cette expérience le pousse à retravailler son écriture afin de participer à d'autres recueils, entre autres ceux des 40 ans de J’ai Lu, et des 10 ans de l’Atalante : il a publié une trentaine de nouvelles entre 1996 et 2011. Il participe à "Pro Créations", anthologie sur le thème de la maternité parue aux éditions Glyphe en 2007, "Rois et Capitaines" (2009) et "Magiciennes et sorciers" (2010), anthologies annuelles des Imaginales, ou encore l'anthologie des Utopiales depuis 2009, l'édition de 2010 ayant pour thème les frontières. Il participe également à des anthologies jeunesse, comme "10 nouvelles fantastiques : de l'Antiquité à nos jours". En 2008, il écrit "On va marcher sur la Lune", une nouvelle à propos de la propagande chinoise, pour l'anthologie "Complots capitaux". En 2004 et en 2010, "Nouvelle vie™" et "Dernières nouvelles de la Terre..." rassemblent un certain nombre de ses nouvelles publiées antérieurement. Les textes courts écrits par Pierre Bordage, bien accueillis, n'ont toutefois pas la notoriété de ses romans. Méthodologie et travail d'écriture. Après avoir écrit trois tomes de "Rohel" et le roman "Terra Mater", second tome des "Guerriers du silence", Pierre Bordage décide de se consacrer entièrement à l'écriture, soutenu dans cette idée par sa femme. Depuis, il vit de sa plume : décrit comme un auteur très régulier et assidu dans les interviews à son sujet, dès l'âge de 44 ans (en l'an 2000), il a écrit selon lui plus de pages. Il déclare écrire chaque jour environ dix pages de 8 h 30 ou 9 h le matin jusqu'à 18 h 30 ou 19 h le soir, ce qui lui permet de sortir un roman tous les cinq ou six mois, sans compter ses nouvelles. C'est l'un des rares écrivains français qui vivent uniquement (et confortablement) de l'écriture. Depuis, il a changé de rythme et n'écrit que jusque vers 15 heures, pour se garder le temps de sortir tous les jours. Il effectue de nombreuses sorties dans la nature pour trouver de l'inspiration, et apprécie particulièrement les promenades au bord de l'eau. Il se voit lui-même comme un dont l'écriture est très symétrique, particularité qu'il aurait héritée de ses années au petit séminaire et de son amour du latin. L'écriture est pour lui une mise en contact avec l'inconscient. Il s'inspire de ses propres lectures, voyages, rencontres et discussions dans ses œuvres, avouant dans une sorte de symbiose où il se laisse happer, sans jamais juger les personnages qu'il met en scène. Il ne réalise aucun plan au préalable, ne prévoit pas où son récit va le mener, commence avec un personnage et une idée, puis retravaille chacun de ses romans au fur et à mesure qu'il les avance en s'appuyant seulement sur quelques notes. Du fait qu'il ne réalise pas de plan ni de fiches et ne structure pas son récit au préalable, Pierre Bordage avoue connaître des crises de confiance, puis commettre et parfois laisser échapper des erreurs et des incohérences lorsqu'il écrit, bien qu'il n'ait jamais abandonné de roman en cours d'écriture. La relecture, la réécriture et le travail sur le style afin d'être à la fois clair et compréhensible sont pour lui primordiaux. Il affirme se livrer à ce qu'il appelle une de son œuvre, afin d'y détecter les et d'en faire un récit harmonieux. Pierre Bordage parle en effet du style d'un auteur comme d'une dont il ne peut s'éloigner. Réception du public. D'après ActuSF, Pierre Bordage atteint des ventes record pour un auteur de l'imaginaire français, comptant en plus de exemplaires vendus à travers le monde. Il a attiré d'année en année un lectorat nombreux, contribuant à renouveler le genre SF à l'époque où il était dominé par les Anglo-saxons, aux côtés d'auteurs comme Ayerdhal ou Laurent Genefort. L'encyclopédie américaine de la science-fiction voit en lui l'un des principaux chefs de file de la science-fiction française des années 1990, et un numéro des "Cahiers d'histoire des littératures romanes" publié en Allemagne le décrit comme un auteur français incontournable de ce genre littéraire, avec Bernard Werber. Pierre Bordage a été traduit en Russie, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Roumanie, en Slovénie et en Chine. Autres activités. En dehors de l'écriture, Pierre Bordage a d'autres activités, dont la présidence du festival nantais des Utopiales, l'un des rendez-vous majeurs de la science-fiction. En 2000, il vit aux États-Unis quand la mairie de Nantes lui demande s'il peut prendre la présidence de l'association qui organise les Utopiales. Il reste à sa tête onze ans durant, et bien qu'il exprime son désir de passer la main depuis plusieurs années, il n'est remplacé qu'en 2011, par Roland Lehoucq. À l'occasion des Utopiales de 2011, le maire de Nantes lui remet la médaille d'honneur de la ville, en remerciement de son engagement pour Nantes en général et pour ce festival en particulier. Il fait plusieurs incursions dans le milieu du cinéma en coscénarisant les longs-métrages "Eden Log" et "Dante 01". Il était associé au film "Kaena, la prophétie" avant de quitter la scénarisation et de s'en voir confier la novélisation. Il a supervisé l'adaptation de son cycle le plus célèbre, "Les Guerriers du silence", en quatre albums de bande dessinée par Algésiras et Philippe Ogaki entre 2005 et 2009. En 2008, il crée pour l'entreprise "mp3minutes" une bande dessinée vidéo intitulée "Chroniques des Ombres", téléchargeable sur Internet. En 2009, il écrit "Empreintes", une pièce de théâtre d'anticipation conçue pour les Utopiales, s'oppose à la loi Hadopi et annonce la sortie prochaine d'une adaptation des "Fables de l'Humpur" en bande dessinée, sur laquelle il travaille. Le manuscrit original des "Guerriers du silence", qu'il a écrit à la main sur un grand cahier d'écolier, est conservé par la Bibliothèque Nationale de France qui l'a prêté à la cité des sciences et de l'industrie pour l'exposition « science et fiction » jusqu'au . Décrit par "Science-Fiction magazine" comme quelqu'un de profondément humaniste et généreux, Pierre Bordage, qui se voit comme très gentil mais impatient, aime aussi la musique (qu'il ne pratique plus), le dessin et la peinture, pour lesquels il a peu de temps pour s'exercer. Il continue à suivre de près l'actualité de la NBA et de l'Euroleague, ainsi que le rugby. Il n'a cessé de voyager et de déménager. Il a vécu un temps à Kansas City et habite de 2001 à 2015 dans le sud-est de la Loire-Atlantique, à Boussay, avec ses deux enfants. Sa femme décède fin , victime d'un accident de la route en Inde. Pierre Bordage remercie personnellement les auteurs et lecteurs qui lui manifestent leur soutien. Il délaisse sa maison de Boussay pendant trois ans, de 2009 à 2012, pour habiter à Nantes dans le quartier Saint-Félix. En 2015, peu après le décès de son ami Ayerdhal, il déménage près de Marmande, dans une maison isolée entourée de forêt, pour retrouver de la solitude et se relancer. Point de vue sur ses œuvres. Pierre Bordage ne s'est pas limité à la science-fiction ni à ses codes et s'est essayé à différents genres comme la fantasy historique, la science fantasy et le polar scientifique. De même, il multiplie les références et les citations sur des thèmes divers au fil de ses écrits, mais avoue ne pouvoir se passer de la science-fiction ni de la plongée dans l'imaginaire et les voyages qu'elle lui permet. Il a inventé des systèmes biologiques, politiques et religieux inédits dans ses ouvrages, mais a une prédilection pour selon "Science-Fiction magazine", l'importance du lien avec la nature étant l'un de ses thèmes de prédilection (il avoue détester l’esthétique des villes modernes), avec l'humanisme, la spiritualité et la mise en garde contre les dogmes. Sources d'inspiration. Pierre Bordage se définit lui-même comme un auteur de sagas épiques, héroïques et initiatiques inspiré par les mythologies plutôt que comme un auteur de science-fiction, genre qu'il voit comme une sorte de mythologie moderne née de la révolution industrielle et de nouvelles interrogations sur la nature humaine, mais qui reprend les mêmes grands thèmes que les premiers mythes. Il cite Philip José Farmer, Robert A. Heinlein, Frank Herbert (avec Dune) et surtout Orson Scott Card parmi ses influences majeures, ainsi que la première trilogie Star Wars. Ses voyages ont une influence majeure sur ses écrits, car il s'est souvent demandé quelle est l'histoire des personnes qu'il croise à l'étranger, ce qui lui a par exemple donné l'idée de la structure des "Griots célestes". On retrouve dans ses romans (entre autres les "Griots célestes", "Les Chemins de Damas" et "La Fraternité du Panca") son idée selon laquelle le voyage est formateur dans le cadre de la recherche spirituelle. Une autre de ses sources d'inspiration réside dans l'environnement social, l'évolution du libéralisme, et celle de l'économie. Le roman contemporain lui permet de construire des scénarios inspirés de la géopolitique. Son but est avant tout de raconter une histoire, et de parvenir à entraîner le lecteur dans un univers différent, tout en cultivant une part d'enfance et d'émerveillement. Le thème de l'humanisme. Pierre Bordage dit travailler davantage sur ses personnages et leur histoire personnelle, qui font « le sel des romans », que sur le choix d'une époque particulière ou la description des technologies qui l'accompagnent. Ses œuvres, particulièrement "Les Guerriers du silence" et "Wang", montrent des personnages amenés à découvrir leur part spirituelle de manière solitaire, puis une force intérieure qui les rend capables d'affronter toutes les épreuves et de mettre en échec les stratégies adverses. Selon "Le Dauphiné libéré", . Si bon nombre de ces personnages sont violents et immoraux, si plusieurs scènes décrivent des viols, des meurtres ou des prises de pouvoir fascistes, Pierre Bordage met en cause les structures sociales et les conditionnements, mais pas la nature humaine. De plus, il se déclare féministe à l'occasion, rappelant que la femme est à l'origine du « mystère de la vie ». De manière générale et selon "Science-Fiction magazine", Pierre Bordage est un auteur humaniste qui met l'accent sur l'amour du prochain et la notion de la tolérance dans l'ensemble de son œuvre. S'il se révèle assez pessimiste quant à l'avenir d'une humanité très destructrice dans ses propres écrits, il s'estime lui-même optimiste, et affirme que l'un des plus grands dangers serait la disparition de l'être humain, car il croit que la pensée a une influence sur la matière, vue comme une illusion selon la spiritualité orientale. Une idée que l'on retrouve dans bon nombre de ses œuvres comme "Les Guerriers du silence" et les "Griots célestes". Dans ses œuvres, le salut de l'humanité passe par la spiritualité non religieuse, par le rejet du matérialisme qui conduit à vouloir toujours plus de biens et de territoire puis dégrade les rapports avec autrui (ce qui explique que Pierre Bordage tente de faire réfléchir sur l'« être »), par la lutte contre les conditionnements et les jugements d'autrui qui en découlent. Le thème des spiritualités. La spiritualité et la religion sont deux éléments indissociables de l'œuvre de Pierre Bordage, qui par ailleurs déclare être , il fait partie des rares auteurs de SF qui ne soient pas athée. Inspiré par le taoïsme, le bouddhisme et le soufisme, il n'adhère pourtant à aucune religion en particulier et voit ces dernières comme des instruments d'oppression et de domination, voire comme des « partis politiques » qui exploitent l'attirance naturelle de l'Homme pour la spiritualité. Il aborde le thème de la déformation du message des prophètes, tout particulièrement dans "L'Évangile du serpent". Il s'oppose aux clergés, et surtout au fanatisme, met en avant la profonde différence entre les messages des Évangiles et les agissements de l’Église, et y voit un système qui rejette la véritable aspiration spirituelle, ainsi que le , riche et avide de pouvoir. De même, les trois religions du livre, Christianisme, Islam et Judaïsme, sont selon lui très éloignées de leurs enseignements originels, et de plus patriarcales : , déclare-t-il dans une interview. Il a soulevé bon nombre d'interrogations à ce sujet, concluant de manière récurrente que la quête spirituelle est d'abord celle de la libération de toutes les entraves et de tous les dogmes. Son œuvre met souvent en scène des hommes et des femmes qui entreprennent un travail spirituel sur eux-mêmes pour , un principe que Pierre Bordage dit appliquer dans sa vie quotidienne. D'après lui, . Une critique des dogmes et du libéralisme. La dénonciation des dogmes, du libéralisme, du matérialisme et des dévoiements politico-religieux est un autre grand thème des romans de Pierre Bordage. Dans "Les Guerriers du silence", il écrit que . "La Citadelle Hyponéros" est d'après Jacques Baudou une . C'est d'ailleurs le rôle que Pierre Bordage affirme vouloir lui-même tenir, en suscitant sans cesse des réflexions plutôt qu'en donnant des solutions. Inquiet par l'orientation du libéralisme, il souhaiterait que le développement de technologies accompagne celui de nouvelles philosophies. Dans "Wang", Ce roman a valeur d'alarme pour le futur, dans une société où l'exclusion et le mépris sont monnaie courante. Dans les "Griots célestes", il met l'accent sur la valeur de la tradition orale à l'ère de l'information instantanée. Dans sa "trilogie des Prophéties" ("L'Évangile du serpent", "L'Ange de l'abîme" et "Les Chemins de Damas"), nettement moins humaniste que ses autres publications, Pierre Bordage affirme sans ambiguïté que si un prophète doté de pouvoirs christiques revenait au début du , il serait impitoyablement combattu par les représentants du pouvoir politique et religieux. De la même manière, "l'Ange de l'Abîme", livre inspiré par les attentats du 11 septembre 2001, est une réflexion bâtie sur la place des religions dans la société et la notion d'axe du mal. Dans plusieurs interviews, il dit que la mémoire des évènements dramatiques n'empêche pas ceux-ci de se reproduire, au contraire, et cite l'exemple de la Shoah, considérée comme le pire génocide du , mais dont le devoir de mémoire n'a pas empêché le génocide du Rwanda ni celui du Cambodge. Le cycle de "L'Enjomineur", qui rappelle que les idéaux défendus lors de la Révolution française n'ont pas empêché des atrocités de se commettre, ni des erreurs de se répéter, illustre cette idée. Dans son recueil de nouvelles "Dernières nouvelles de la Terre...", Pierre Bordage pousse à . La violence de ses propres récits peut selon lui être vue comme une catharsis. Anticipation et réflexion. Une étude du recueil de nouvelles "Nouvelle vie™" a été réalisée par Marc Atallah à l'université de Lausanne. Elle interprète que les mondes futurs et les biotechnologies présentés dans l'œuvre de Pierre Bordage poussent le lecteur à se poser des questions sur le respect de la dignité de l'être humain dans un monde où prévaut la rentabilité dans le développement de la technologie. Ses récits mettent l'accent sur l'importance de relations morales et sur la prise de conscience des erreurs de l'humanité, qui seule permettrait de créer un monde meilleur. La fin de ses ouvrages amènerait à retrouver avec autrui, montrant que . Ses nouvelles auraient pour objectif de susciter une réflexion sur le choix entre un monde d'aliénation et d'instrumentalisation, ou une humanité morale, ce qui est, conclut l'universitaire, . Bon nombre d'œuvres de science-fiction poursuivent le même but, à savoir prendre à contre-pied le point de vue des grands médias sur les avancées de la science, et d'après une autre étude sur l'éthique en littérature, Pierre Bordage écrit des nouvelles visant à renverser les valeurs et à pousser le lecteur à remettre ses croyances en question. Réception critique. Les ouvrages de Pierre Bordage sont globalement bien accueillis, celui que l'éditeur Au diable vauvert décrit comme est vu comme l'un des meilleurs romanciers populaires français qu'une partie de la presse surnomme . selon la sélection critique 2004-2005 des bibliothécaires, le magazine "Khimaira" le qualifie de . Thierry Hubert du "Dauphiné Libéré" voit dans Pierre Bordage le , ou encore un , allant jusqu'à qualifier la trilogie de "L'Enjomineur" de chef-d'œuvre à la sortie de son dernier tome. Les journalistes du "Monde", plus modérés, le considèrent comme étant . Le directeur des éditions de l'Atalante, Pierre Michaud, voit dans Pierre Bordage un héritier de Jules Verne et un autre article du "Dauphiné Libéré", voyant dans "L'Enjomineur : 1792" le meilleur roman de l'année 2004, affirme que . Pour Erick Vogel du magazine "Mad Movies", il a . "Le Cafard cosmique" le décrit comme . Pierre Bordage a été inclus à la liste de lecture de plusieurs cycles scolaires au lycée, notamment grâce au recueil "Nouvelle vie™", dans le cadre de réflexions sur la place de l'homme face aux progrès scientifiques. La revue de science-fiction "Galaxies" lui a consacré tout un dossier en 2001. Une critique spécialisée. Pierre Bordage reste assez peu mis en avant par la critique généraliste, ses ouvrages étant surtout chroniqués et critiqués par des spécialistes des littératures de l'imaginaire. Marion Mazauric, son éditrice de la maison Au diable vauvert, affirme que les critiques généralistes le boudent en raison de ses débuts dans le milieu de la science-fiction, qui l'ont cantonné à un genre littéraire considéré comme populaire, et qu'ils accordent un traitement médiatique privilégié aux auteurs issus de la littérature généraliste. De même, Pierre Bordage ajoute que des auteurs comme Bernard Werber, Amélie Nothomb et Dantec, qui écrivent en science-fiction, semblent refuser toute association entre leurs écrits et ce genre littéraire pour la même raison, ce qu'il appelle le Critiques positives. Selon "Science-Fiction magazine", les points forts de Pierre Bordage résident dans la richesse romanesque de l'intrigue, la qualité de la narration et sa technique de conteur, les personnages ayant un caractère très dense et une psychologie à la fois fouillée et crédible, un avis repris par "L'Intermède" qui lui trouve pour première qualité une écriture , le tout porté par une voix de conteur qui permet au lecteur de s'immerger facilement dans son univers. Il manie aussi bien le registre populaire que celui de la science-fiction, son travail sur la linguistique, les néologismes et les dialogues (il est lui-même passionné d'étymologie) a été salué : ainsi, dans "Les Guerriers du silence", on comprend immédiatement le sens de néologismes comme « inspobot » (robot d'inspection) ou « dérémat » (dé et re-matérialisateur), sans qu'il soit besoin de se référer à un lexique de fin d'ouvrage. Les ouvrages de Pierre Bordage dépassent en ce sens les limites et les codes du space opera grâce à leurs innovations en matière d'épistémologie, d'étymologie et de linguistique et tendraient à définir un français répondant à des règles et des codes différents de ceux des auteurs anglo-saxons. Selon Thomas Bauduret, Pierre Bordage est avec Jean-Marc Ligny le seul auteur de science-fiction qui mette l'humanisme en avant à l'horizon 2010, , et ce alors que les bouleversements de la société sont plus nombreux et devraient inspirer davantage d'auteurs. Lors d'une interview à son sujet, Ayerdhal, autre auteur de science-fiction, parle de Pierre Bordage comme d'un auteur dont les ouvrages créent une sorte . Il le décrit comme étant . Critiques négatives. Parmi les reproches qui lui sont généralement adressés figurent ceux sur ses fins de romans et de nouvelles vues comme trop ou trop New Age, ainsi qu'un côté fleur bleue. Cette faiblesse sur les fins de récits est à mettre en balance avec l'ampleur de ces derniers, qui . De même, le peu de variété dans le caractère de ses personnages féminins a parfois été critiqué. Egalement, parmi les points négatifs, on peut noter une tendance de l'auteur à décrire des scènes extrêmement crues, comme des viols, des mutilations (émasculations, égorgements, crucifixions, éventrations, marquages au fer rouge), des meurtres (bon nombre de ses histoires se finissent en génocide) et autres exactions diverses, parfois même commises sur des enfants ; on trouve aussi occasionnellement des scènes de cannibalisme. Bordage a aussi parfois tendance à se copier lui-même (par ex, on peut noter des ressemblances entre " les derniers hommes" et "les chroniques des ombres"). Autre défaut : l'auteur a tendance à multiplier les intrigues en parallèle de personnages qui ne se rencontrent quasiment pas de tout le roman, ce qui peut être frustrant et produire un rythme inégal, suivant l'intérêt de telle ou telle histoire qui peut paraître finalement superflue. Il a aussi l'habitude d'étirer inutilement son récit sur plusieurs volumes, ce qui "noie" la dramatique du scénario qui aurait gagné en efficacité s'il avait été plus concis (les actions de ses personnages sont parfois répétitives, comme de passer d'un niveau d'une cité à un autre, puis à un autre, etc...). L'auteur se contredit parfois et donne l'impression de faire ses romans d'une traite sans se relire, car il y a souvent des problèmes de cohérence qui auraient pu être corrigés à la relecture (par ex : dans Arkane, Renn fait disparaître une masure alors que sa magie n'a d'effet que sur les pierres non façonnées). Un autre grand reproche est celui d'exploiter des poncifs de la science-fiction, dans "Abzalon", par exemple, on retrouve la plupart des archétypes du genre, avec l'arche spatiale quittant une planète mourante, les nanotechnologies et le clonage, des personnages caricaturaux à l'origine, des incohérences scientifiques et un scénario peu réaliste : c'est le souffle épique du roman qui en fait tout l'intérêt, d'après le site NooSFere. Certains de ses romans peuvent être moins bien perçus ou considérés ratés par la critique, si fin 2009, ses œuvres les plus connues et les plus appréciées sont, selon France 3, "Les Guerriers du silence" et "L'Enjomineur", "L'Ange de l'abîme" a été boudé par une partie de la critique qui le considère comme une ou un roman au scénario trop convenu. C'est également le cas pour "Le Feu de Dieu", dont le thème apocalyptique est très classique, et qui présente quelques incohérences malgré ses qualités de narration, et pour "Orchéron", qui s'éloigne des thèmes présentés dans "Abzalon". Publications. Depuis ses débuts dans la littérature et jusqu'en 2011, Pierre Bordage a publié plus d'une quarantaine de romans ainsi qu'une trentaine de nouvelles. Il réalise aussi quelques préfaces, notamment celle de l"'Anthologie du rock progressif" de Jérôme Alberola, en 2010, et des articles de presse, sachant qu'il a une longue expérience de journaliste sportif. De plus, il a écrit une nouvelle pour l'anthologie "De Brocéliande en Avalon" dirigée par Lucie Chenu, en 2008. "Rohel le conquérant". Première série d'ouvrages écrite de 1992 à 1996, "Rohel le conquérant" est une saga de science-fiction contant le destin de Rohel le Vioter, qui est manipulé par un cartel et obtient une formule d'une terrible puissance, ce qui pousse des fanatiques à le pourchasser de monde en monde dans un univers qui souffre de l'obscurantisme depuis des siècles, afin de s'en emparer. Les éléments du cycle sont davantage tournés vers la fantasy. "Les Guerriers du silence". La trilogie "Les Guerriers du silence" raconte la lente conquête des cent mondes de la confédération de Naflin par les Scaythes d'Hyponéros, des créatures dotées de pouvoirs psychiques qui paraissent invincibles et privent peu à peu les hommes de leur liberté et de leur créativité. Face à cette menace dans un monde où la corruption du pouvoir et de la religion est immense, un groupe connu sous le nom de Guerriers du silence tente de rendre aux hommes leur souveraineté individuelle. "Wang". Le cycle de "Wang" dépeint une Terre futuriste partagée en quatre camps : l'Occident, la République Populaire Sino-Russe (RPSR), les Sudam, et la Grande Nation de l'Islam (GNI). Les troupes orientales (la Russie et l'Asie) sont stoppées lors de leur tentative d'invasion de l'Europe par le REM (rideau électro-magnétique) et restent en Pologne, vivotant dans la misère et la corruption. Wang quitte Grand-Wrocław en Pologne et passe en Occident. Devenu la coqueluche des occidentaux, il tente ensuite d'abattre le REM et de retourner chez lui. Le cycle a reçu le Prix Tour Eiffel en 1997. "Abzalon". La cycle d'Abzalon parle d'un monde au bord de la destruction, où les prisonniers de Doeq et le peuple archaïque des Kroptes se retrouvent embarqués de force à bord de l'Estérion, un vaisseau spatial qui a pour but la colonisation d'un nouveau monde. La suite, "Orchéron", reprend l'histoire plusieurs années après l'arrivée du vaisseau. "La trilogie des prophéties". Mettant en scène des personnages différents au fil de ses tomes, la "trilogie des prophéties" explore les religions et leurs dérives en détail. "L'Évangile du serpent" forme une version moderne des quatre Évangiles en s'intéressant à la question de ce que provoquerait la venue d'un homme doté de pouvoirs christiques à l'époque moderne. "L'Ange de l'abîme" revisite l'Apocalypse, et "Les Chemins de Damas" s'interroge sur la rédemption humaine. "Griots célestes". Le cycle des "Griots célestes" met en scène Seke, un enfant orphelin élevé dans le désert par le peuple mythique des Skadges. Il voit sa vie bouleversée par un étrange messager du ciel - un griot - qui le prend sous son aile et en fait son disciple. Il connaît avec son maître des aventures très riches en parcourant les mondes et les âges, découvrant ainsi sa nature humaine refoulée et la menace grandissante planant sur l'humanité. "L'Enjomineur". "L'Enjomineur" est un cycle de fantasy historique composé de trois romans. Il a pour cadre l'histoire de la Vendée, région natale de l'auteur, et se déroule après la révolution française, incluant de nombreux éléments de féerie. L'histoire tourne autour de deux personnages : Émile, l'enfant trouvé, est réputé fils de la fée Mélusine. Élevé par un prêtre rationaliste, il est confronté au jugement d'autrui et s'éprend d'amour pour Perrette, avant de rencontrer le petit peuple et d'autres créatures, puis de partir pour Paris. Cornuaud est un ancien négrier possédé par une sorcière vaudoue qui lui fait payer ses erreurs passées. Au fil de l'histoire, les liens se resserrent entre ces deux personnages. "L'Enjomineur" a connu les honneurs d'une édition reliée à tirage limité. "La Fraternité du Panca". "La Fraternité du Panca" est un cycle de space opera en cinq volumes (le mot panca étant tiré du sanskrit signifiant « cinq ») parlant d'une compagnie secrète composée d'initiés destinés à sauver l’humanité et tout ce qui vit. Leur but est de reconstituer la chaîne quinte, ou pancatvique, en cas de menace, et de permettre au cinquième frère de mener le combat final grâce à l’énergie des quatre autres maillons. "Jean et Clara". Trilogie jeunesse, cette uchronie imagine un monde dans lequel l'instruction pour tous serait interdite et où la Troisieme République aurait sombré sous une Restauration. Elle raconte l'histoire de Clara Barrot, habitant Versailles, et de Jean, simple "cous noirs" de Chatillon. Aidés d'Élan Gris, un sioux en fuite, de Nadia, poursuivie par l'Église pour une religion et de Elmana, jeune Nègre d'Amérique, ils vont changer la face du monde. "Chroniques des ombres". Dans un monde dystopique après une guerre nucléaire et bactériologique les hommes se sont retranchés dans des cités mégalopoles de plusieurs centaines de millions d'individus. Ces quelques cités sont isolées par un dôme protecteur. Personne n'a le droit de sortir sauf quelques exceptions, dans les limites sauvages appelées "Horcite" ou vivent des personnes à l'abandon. Cependant, ces citées sont-elles vouées à disparaître quand elles doivent faire face à des meurtres de masse dont personne n'arrive en déceler les auteurs. Prix Thierry-Jonquet 2014. Nouvelles. Certaines nouvelles écrites par Pierre Bordage pour des anthologies et divers appels à textes ont été rassemblées dans des recueils : D'autres n'ont pas été rééditées : Cinéma. Pierre Bordage a écrit les scénarios de "Eden Log", un long métrage sorti en 2007 et réalisé par Franck Vestiel, ainsi que de Dante 01, sorti en 2008 et coécrit avec le réalisateur Marc Caro. Il travaillait sur le film d'animation "Kaena, la prophétie", mais a été écarté du projet de film à la suite d'un désaccord sur la complexité du scénario, et s'est plus tard occupé de sa novélisation. Bande dessinée. De 2008 à 2009, il a travaillé sur les "Chroniques des Ombres", une BD vidéo téléchargeable, qui par la suite est sortie en livre (édition Au diable vauvert 2013). Il a supervisé l'adaptation de la bande dessinée "Les Guerriers du silence", et s'occupe lui-même de celle des "Fables de l'Humpur" dessinée par Olivier Roman.
Pyrénées Les Pyrénées sont une chaîne montagneuse du sud-ouest de l'Europe. Elles s'étendent en longueur selon une direction est-ouest sur une distance approximative de depuis la mer Méditerranée (Cap de Creus) jusqu'au golfe de Gascogne (Cap Higuer). Barrière géographique résultant de la collision des plaques ibérique et eurasiatique, les Pyrénées culminent à d'altitude au pic d'Aneto et séparent la péninsule Ibérique au sud du reste de l'Europe continentale au nord. Frontière naturelle, elles séparent l'Espagne de la France tout en abritant la principauté d’Andorre. La chaîne des Pyrénées traverse deux régions et six départements français : d’est en ouest les régions Occitanie (Pyrénées-Orientales, Aude, Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées) et Nouvelle-Aquitaine (Pyrénées-Atlantiques). Côté espagnol, elle traverse quatre communautés autonomes et sept provinces d'Espagne : d’est en ouest la Catalogne (Gérone, Barcelone et Lérida), l'Aragon (Huesca et Saragosse), la Navarre (communauté composée d'une seule province du même nom) et la Communauté autonome basque (Guipuscoa). Trois sentiers de grande randonnée traversent les Pyrénées d'ouest en est : le GR 10 côté français, le GR 11 côté espagnol et la Haute randonnée pyrénéenne. Toponymie. Étymologie. L'origine du nom « Pyrénées » reste assez floue. De nombreuses étymologies qui furent proposées au cours des siècles ne sont plus retenues aujourd'hui, où l'on estime que Pyrénées est un toponyme savant emprunté tardivement aux géographes grecs. Au , l'historien grec Hérodote croit savoir que l'Istros (le Danube) « vient du pays des Celtes et de "la ville de Pyréné" ». Le terme ("Pyrēnaîa") se trouve ensuite, par exemple, chez l'écrivain Plutarque (vers 46 - 125 ap. J.-C.). Plus tard, le mot transitera par le latin ', avant de devenir un emprunt savant au Moyen Âge : à titre d'exemple, sa première apparition en occitan est, en 1660, '. Dans les diverses langues de la chaîne montagneuse, ' donne : en aragonais ', en catalan ', en espagnol ', en gascon "eths/los Pirenèus" (ou simplement "los montios"), en occitan "los Pirenèus", ainsi qu'en basque ' ou "Auñamendiak". Dans toutes ces langues (sauf en basque, langue ne possédant pas de genre), le nom est masculin ; en français, cependant, « les Pyrénées » est souvent perçu comme un mot féminin, confusion entretenue par le fait que l'article pluriel n'a pas de genre. De plus, par contact linguistique, l'occitan a développé la forme erronée '. Dans la mythologie grecque, le terme « Pyrénées » était associé au personnage légendaire nommé Pyrène (), fille du roi Bebryce. Selon Silius Italicus, la jeune fille fut aimée d'Héraclès qui la délaissa. Elle donna naissance à un serpent et alla enfouir sa honte dans les forêts où elle fut dévorée par les bêtes sauvages. Héraclès lui construisit un tombeau. Diodore de Sicile (vers 90 - 30 av. J.-C.) explique en revanche le nom Pyrénées à partir du grec ancien (devenu "pyr"), « feu » à cause d'un immense incendie qu'auraient provoqué les bergers. Terminologie pyrénéenne. Un certain nombre de termes sont spécifiques des Pyrénées : Géographie. Situation. En géographie physique, les Pyrénées forment une chaîne d'allure rectiligne, assez étroite, d'une longueur totale de de la Méditerranée (cap de Creus) à l'Atlantique (Jaizkibel). La délimitation occidentale peut paraître arbitraire puisque les Pyrénées se fondent progressivement dans les Montagnes basques qui à leur tour rejoignent les monts Cantabriques (soit un axe pyrénéo-cantabrique atteignant de continuité montagneuse). La plus simple définition géographique des Pyrénées tient à leur caractère « isthmique » : entre la Méditerranée et le point le plus proche du golfe de Gascogne. Au-delà commence la chaîne ("cordillera") basco-cantabrique. Pour fixer une largeur limite approximative au massif, on peut dire que le piémont pyrénéen se dilue dans le bassin de l'Èbre versant espagnol, dans le Bassin aquitain et la basse vallée de l'Aude versant français. La superficie du massif est alors estimée à environ . Topographie. D'ouest en est, on distingue traditionnellement trois aires de montagne : Parmi les caractéristiques distinctives des paysages pyrénéens, on peut citer : La plus haute chute d'eau () se trouve à la source du gave de Pau au niveau du cirque de Gavarnie. Ce dernier fait partie avec le massif du Mont-Perdu d’un massif montagneux transfrontalier plus vaste désigné sous le nom de Pyrénées-Mont Perdu, et inscrit depuis 1997 sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO au titre "des paysages naturels et des paysages culturels". Massifs et sommets. Le point culminant des Pyrénées est le pic d'Aneto (), situé en territoire espagnol. Les hauts sommets, situés au-dessus de , se situent principalement dans les Pyrénées centrales, en région Occitanie, côté français, et dans la communauté autonome d'Aragon côté espagnol : il existe en tout principaux et se hissant au-dessus des et répartis en . Cette limite mythique des est née courant à la suite de la Révolution française qui a institutionnalisé le système métrique (avant on comptait en toise), engendrant un véritable engouement pour l'ascension de tel sommets (voir pyrénéisme). Tous les massifs et sommets célèbres n'atteignent pas : par exemple, le massif des Corbières qui culmine à avec le pic de Bugarach, le pic du Midi de Bigorre () et le pic du Midi d'Ossau () bien visibles depuis la plaine, le pic du Canigou (), le pic d'Anie (), le Grand Gabizos (), le Montardo (), la Rhune (), sans oublier le mont Valier () dans le Couserans, etc. Vallées. Les vallées pyrénéennes sont fréquemment orientées nord-sud (à l'exception des vallées catalanes, le plus souvent orientées ouest-est) et ses hauts sommets s'égrènent sans grande discontinuité, ce qui explique que d'un bout à l'autre de la chaîne il existe peu de points de passage praticables entre le versant septentrional et le versant méridional. Ainsi la frontière franco-espagnole suit à peu près la ligne des crêtes, la principale exception à cette règle étant formée par le val d'Aran qui dépend de l’Espagne mais se situe sur le versant septentrional du massif. Autre « anomalie », la chute de Cerdagne, située sur le versant méridional de la chaîne mais partagée entre la France et l’Espagne. Les versants comptent des vallées glaciaires typiques en « U », comme celles d'Aspe et de Benasque. Les vallées pyrénéennes sont en général étroites, orientées nord-sud et particulièrement encaissées du côté français à proximité de la haute chaîne frontalière (jusqu'à de dénivelé). La plupart des vallées ont subi l'érosion glaciaire comme en témoignent les dépôts morainiques (remarquables en vallée de Campan) et certains fonds plats (vallée d'Aure vers Saint-Lary-Soulan, vallée du Louron, vallée de la Noguera Pallaresa vers Esterri d'Àneu, vallée du Rio Cinqueta vers Plan…). Si elles sont moins larges que celles des Alpes et dépourvues de lacs cela s'explique surtout par la plus faible superficie des Pyrénées, qui n'a pas permis la formation de grandes langues glaciaires (les plus grands glaciers atteignaient cependant le piémont : Ossau, Gave de Pau, Garonne, Ariège). Dans les massifs calcaires, surtout versant espagnol, on observe de nombreux canyons (Kakouetta, Vellos, Anisclo…), signe d'une érosion de type fluvial plus que glaciaire (certains ont pu être jadis glacés, mais les glaciers n'y ont pas stationné suffisamment longtemps ou étaient de trop faible taille pour y laisser des traces significatives). Les canyons recèlent une très grande diversité floristique et faunistique. Hydrographie. Le système hydrographique des Pyrénées est composé d'un très grand nombre de petits lacs et étangs ("ibón" en aragonais) jalonnant de non moins nombreux gaves et autres cours d'eau. Il n'y a pas de « grands lacs » dans les Pyrénées (contrairement aux Alpes) : les plus grands sont des retenues artificielles telles que la retenue de Yesa (Navarre) avec une superficie de . Toutefois le nombre de lacs et étangs est impressionnant, environ , ainsi que leur profondeur qui peut être supérieure à . On trouve de nombreux lacs artificiels et de nombreux barrages, dont les principaux côté français sont Puyvalador, Matemale, Bouillouses, Paset, Lanoux, Naguilhe, Orgeix, Grandes Patures, Bésines, Goulours, Laparan, Gnioure, Fourcat, Izourt, Bassies, Soulcem, Oô, Portillon, Cap de Long, Gloriettes, Gavarnie, Ossoue, Orédon, Escoubous, La Mongie, Laquets, Aumar, Aubert, Oule, Migouelou, Tech, Artouste, Bious Artigues, Fabrèges, etc. Selon les régions, le nom générique des rivières diffère : depuis la vallée d'Argelès-Gazost, en Bigorre, jusqu'en Béarn, les rivières torrentielles sont appelées « gaves » et se rejoignent dans l'Adour. En revanche, depuis la vallée de Bagnères-de-Bigorre jusqu'en vallée d'Aure, on parle de « ». En milieu karstique, les cours d'eau forment souvent par de longues rivières souterraines comme celles de Bétharram avant de jaillir sous forme de petits torrents, pouvant donner place à des gorges très étroites et profondes comme les gorges de Galamus, ou des trouées impressionnantes comme celle de la grotte du Mas d'Azil. Par ailleurs, les cours d'eau les plus importants ont donné leur nom aux départements, provinces ou comarques qu'ils traversent : l'Aragon, l'Ariège, l'Aude, la Garonne, etc. Géologie. La chaîne est à la fois jeune et ancienne selon l'échelle des temps géologiques: jeune car la surrection du relief s'est produite il y a d'années, en même temps que les Alpes, durant l'ère tertiaire ; ancienne car les roches et matériaux surélevés ne se sont pas formés à ce moment-là mais bien plus tôt : ils préexistaient à la chaîne, durant les ères secondaire et primaire, voire avant. La formation des Pyrénées, causée par la collision des plaques ibérique et eurasiatique, s'est effectuée en deux phases affectant le bassin d'avant-pays situé au nord de la chaîne : Les sédiments de la genèse des Pyrénées se déposèrent dans des bassins littoraux au cours du Paléozoïque (ère primaire) et du Mésozoïque (ère secondaire). Les roches métamorphiques et magmatiques (granite et gneiss par exemple), qui s'étaient formées dans le manteau et la croûte terrestre, commencèrent à affleurer il y a d'années (Permien). Puis, au Crétacé inférieur (150 - ), sous l'effet d'une ouverture océanique, le golfe de Gascogne s'ouvrit en éventail, serrant l'Espagne contre la France et prenant en étau de grandes couches de sédiments d'une mer peu profonde présente à l'époque. La collision continentale fut progressive d'est en ouest : le serrage et le soulèvement de l'écorce terrestre commencèrent par affecter la partie orientale pour s'étendre progressivement à toute la chaîne, surrection et déformation culminant à l'Éocène, au début du Cénozoïque (ère tertiaire). La zone axiale des Pyrénées (qui forme une ellipse très allongée tout le long de la ligne des hautes altitudes, du pic d'Anie jusqu'au Roussillon) est constituée de roches bien plus anciennes que la formation des sommets elle-même. La prépondérance dans cette zone de roches crustales (granites et gneiss) offrant peu de prise à l'érosion est responsable de l’aspect massif et peu découpé de la chaîne. Tout autour de la zone axiale, les sédiments des formations jurassiques et crétacées se sont plissés en bandes concentriques. Ils sont plus étalés sur le versant sud où ils forment des étagements successifs de sierras et de hauts plateaux. Au nord, ils forment une bande relativement étroite dans les Pyrénées centrales, par exemple pour les Petites Pyrénées, avant-mont s'étendant de l'Aude au confluent du Salat et de la Garonne et comprenant des chaînons calcaires comme le Plantaurel ; ils s’élargissent à l’ouest au-delà du pic d'Anie où les sommets de granite sont flanqués de couches calcaires et à l’est, dans les Corbières, où les soubassements schisteux et calcaires reparaissent, fortement plissés et ravinés. Au Pléistocène, l'érosion glaciaire façonna les cirques et vallées glaciaires en forme de U, fréquents sur le versant nord, de même qu'elle fut responsable de la création de plateaux fluvio-glaciaires au nord de la chaîne (comme le Lannemezan) par l'accumulation des alluvions de graviers et d'argiles transportées par les cours d’eau. Curiosités géologiques : Climat et écosystèmes. Par leur latitude et leur orientation les Pyrénées séparent deux grands ensembles climatiques et végétaux : océanique à l'ouest et au nord, continental et méditerranéen au sud et à l'est. Seul le versant français présente des vallées glaciaires, typiques et impressionnantes comme la vallée d'Ossau ou celle d'Aspe par exemple. Les glaciers s'étendaient alors au nord jusqu'aux portes de Pau, les coteaux de Jurançon étant d'ailleurs d'anciennes moraines glaciaires. L'influence océanique du nord-ouest, en provenance du golfe de Gascogne tout proche, est intense au Pays basque (cumuls pluviométriques de 150 à , hivers relativement doux et étés frais : moyennes de en janvier à en juillet vers d'altitude). Elle se prolonge sur les quatre cinquièmes de la chaîne en versant nord (jusqu'au département de l'Aude), tandis qu'elle pénètre peu sur le versant sud (guère plus loin que les montagnes de Navarre puis à proximité immédiate des crêtes frontalières). En s'enfonçant dans les terres la pluviométrie se modère tout en restant régulière (100 à en moyenne montagne, localement sur les plus hauts massifs des Pyrénées Occidentales) et l'amplitude thermique augmente (à : en janvier, en juillet). Les pâturages verdoyants alternent avec des forêts de chênes à feuilles caduques en vallée et piémont, de hêtres et sapins en moyenne montagne. La limite haute de la forêt se situe entre et (pins à crochets), laissant place aux landes subalpines (bruyère, rhododendrons) puis, au-dessus de à , aux pierriers, névés et petits glaciers. Sur le versant sud (Aragon, Catalogne occidentale, Andorre, Cerdagne) le régime des précipitations est essentiellement alimenté par les perturbations de sud à sud-ouest d'origine atlantique, qui subissent une influence continentale lors de leur traversée de la péninsule ibérique et se réactivent au contact du relief pyrénéen. Les précipitations sont plus rares mais souvent plus intenses qu'en versant nord, ce qui explique que l'ensoleillement soit bien meilleur alors que les cumuls pluviométriques sont comparables (100 à ) si l'on excepte le piémont aride (environ ). L'air océanique tempéré étant repoussé par la haute chaîne, les hivers sont relativement froids et les étés chauds (à : en janvier, en juillet). La moyenne montagne présente une végétation typiquement méditerranéenne : garrigue pierreuse et buissonneuse, forêts de chênes verts, pins noirs, pins sylvestres. Les plus hautes vallées accueillent de vertes prairies, des forêts de hêtres, sapins, pins sylvestres et à crochets. L'étage altimontain ne serait guère différent de celui du versant nord si la prédominance des terrains calcaires au sud n'était une contrainte se superposant au climat et qui abaisse la limite du végétal. La frontière franco-espagnole est aussi une frontière climatique : alpin, frais et humide au nord, en France, méditerranéen, sec et plus chaud au sud en Espagne. En avion au-dessus de la chaîne, il n'est pas rare de voir les nuages se bloquer côté français au versant nord et d'admirer l'Espagne, juste derrière cette frontière, ensoleillée . Sur le versant nord, en Béarn, Comminges et Béarn, deux phénomènes sont courants : le blocage orographique, avec ses abondantes précipitations (jusqu'à de neige en quelques semaines), phénomène dû à la présence d'un anticyclone sur l'Atlantique et les dépressions anglaises et scandinaves qui basculent leurs fronts froids vers le sud, ces derniers se bloquant sur cette barrière montagneuse est-ouest ; et deuxième phénomène, le foehn, ce vent chaud qui dévale des montagnes vers les vallées françaises, lorsqu'un front froid et humide de sud se bloque sur le versant espagnol à cause d'une dépression sur le golfe de Gascogne, l'air froid qui remonte du sud vers les hauts sommets est aspiré par les basses pressions situées de l'autre côté de la barrière, au large de Biarritz, et se comprime et perd sa vapeur d'eau en s'échauffant brusquement. Il est possible de constater une température de en plein mois de janvier à Luchon et seulement à Saint-Gaudens, plus au nord, mais le foehn peut atteindre Pau, Tarbes, Lourdes et Foix. Quelques jours après, il peut neiger à basse altitude. L'Hôspitalet-près-l'Andorre en Ariège est la dernière commune à l'est des Pyrénées françaises qui connaisse le climat alpin atlantico-continental avec tous les mois de l'année frais, nuageux et humides, particulièrement neigeux en hiver. Dès que l'on passe le col de Puymorens, on bascule dans la zone méditerranéenne, le contraste est saisissant : à Latour-de-Carol, à quelques kilomètres à vol d'oiseau plus à l'est, la sécheresse domine et le soleil brille plus de par an. Enfin, l'orient de la chaîne plus proche du versant sud par sa végétation mais qui diffère par son régime des précipitations : la Méditerranée génère des perturbations, rares mais parfois diluviennes sur les premiers versants montagneux rencontrés. La région transfrontalière située entre le Canigou et la ville d'Olot est particulièrement arrosée (100 à ) ainsi qu'en témoignent les nombreuses hêtraies. L'ensoleillement est cependant important, avec de longues périodes de beau temps et une sécheresse estivale atténuée sur les massifs par des orages. Faune et flore. Flore. La flore des Pyrénées comporte environ , dont endémiques comme le saxifrage des Pyrénées ("Saxifraga longifolia"), l'ancolie des Pyrénées ("Aquilegia pyrenaica"), le chardon bleu des Pyrénées ("Eryngium bourgatii"), etc. Les principales essences d'arbre sont le pin à crochets (Pinus uncinata) en altitude (étage subalpin) ; le hêtre commun (Fagus sylvatica) et le sapin blanc (Abies alba) en moyenne montagne (étage montagnard) ; puis le chêne et le châtaignier sur les basses pentes (étage collinéen). L'agriculture est limitée dans les vallées aux céréales et aux arbres fruitiers. L’influence méditerranéenne fait que les Pyrénées orientales, plus ensoleillées, ont une composition floristique différente du reste de la chaîne. L’orientation d’ouest en est de la chaîne a eu pour conséquence qu’un grand nombre d’espèces qui étaient présentes au nord de cette région durant l’ère tertiaire ont disparu en raison du froid pendant la dernière grande glaciation (maximum glaciaire vers -) : elles ont en effet buté en migrant vers des zones de basses latitudes plus clémentes contre la chaîne de montagnes, qu’elles n’ont pas pu franchir. Toutefois, quelques espèces ont pu subsister dans des vallées protégées des Pyrénées, devenant endémiques de la zone. Faune. La faune des Pyrénées présente également quelques exemples saisissants d'endémisme : le "desman des Pyrénées" ou rat-trompette ("Galemys pyrenaicus"), mammifère aquatique dont l'aire de répartition s'étend aux deux versants des Pyrénées et aux massifs montagneux du nord-ouest de la Péninsule Ibérique (seule une espèce voisine appartenant au même genre est confinée aux fleuves du Caucase, en Russie méridionale). L'euprocte des Pyrénées ("Euproctus asper"), batracien urodèle proche de la salamandre, vivant dans les cours d'eau d'altitude, est également caractéristique. Le bouquetin des Pyrénées ("Capra pyrenaica ssp. pyrenaica") s'est éteint dans les années 1998-2001. Dès 2014, la réintroduction du bouquetin ibérique a été opérée dans le parc national des Pyrénées et le parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises. D'autres espèces comme le gypaète barbu ou l'isard ont elles aussi été en voie d'extinction mais sont aujourd'hui protégées et commencent petit à petit à se repeupler. Quant à l'ours brun indigène des Pyrénées (voir ours des Pyrénées), il a été chassé jusqu'à sa quasi-extinction dans les années 1990. Des tentatives de renforcement de l'espèce ont lieu depuis 1996 en relâchant des ours apportés de Slovénie. Une des particularités de la faune pyrénéenne est la richesse et la diversité de sa vie souterraine, ayant donné lieu à l'installation en 1948 du Laboratoire souterrain de Moulis. En particulier, toutes les espèces cavernicoles du genre "Aphaenops" (coléoptères) sont endémiques de la chaîne pyrénéenne (voir aussi René Jeannel). Autres espèces : Histoire. Période préhistorique. La plus ancienne présence d'un membre de la lignée humaine (genre "Homo") est attestée dans la région dès ans (Paléolithique inférieur) avec "Homo antecessor" à Atapuerca (nord de l'Espagne), puis avec l'homme de Tautavel vers ans (commune de Tautavel dans le département des Pyrénées-Orientales). Durant tout le Paléolithique moyen, la zone des Pyrénées sera occupée par l'Homme de Néandertal (grottes de Gargas, du Noisetier ou d'Isturitz), avant que ce dernier ne soit remplacé par l'Homme moderne au Paléolithique supérieur. Les grottes de Gargas (période gravetienne) et de Niaux (période magdalénienne) témoignent à travers l'art pariétal de la présence et de la complexité des sociétés humaines de l'époque. Le radoucissement climatique vers ans (Holocène) met fin à cette culture de « l'âge du renne » dans la zone du piémont pyrénéen : les grands troupeaux des steppes remontent vers le nord ; la couverture forestière s'étend, la technique de chasse évolue alors en conséquence vers l'Azilien (du nom de la commune du Mas-d'Azil en Ariège). La néolithisation, ou passage d'une économie de prédation (chasseurs-cueilleurs) à une économie de production (agriculture-élevage), s'étend lentement par diffusion à partir de la côte méditerranéenne (voir courant cardial) : la pénétration des nouvelles techniques se fait depuis la côte suivant les fleuves (Èbre, Aude). La côte atlantique connaît aussi un courant de néolithisation plus tardif avec le mégalithisme (attestation de nombreux harrespils ou cromlechs (Occabe, plateau du Bénou), tumulus et menhirs dans le département des Pyrénées-Atlantiques). Avec l'âge du bronze et l'âge du fer commence l'exploitation minière du massif, riche aussi en or et en argent. La Protohistoire voit le développement des "Gaztelu zahar". Période historique. La zone « rentre dans l'Histoire » avec les premiers comptoirs grecs côté méditerranéen (Empúries), puis les conquêtes romaines de la Catalogne vers 210 av. J.-C. et de la Narbonnaise vers 118 Rome conquiert finalement toute la zone (conquête romaine de l'Hispanie progressivement, conquête de l'Aquitaine par Crassus en 56 av. J.-C.) et divise le territoire suivant 3 provinces romaines sous l'empire romain : Novempopulanie côté Aquitaine, Narbonnaise côté Languedoc, et Tarraconaise côté péninsule ibérique. Au haut Moyen Âge, le territoire tombe sous la domination des Wisigoths au puis des arabo-musulmans au . Les Francs conquerront rapidement la zone au nord-ouest des Pyrénées appartenant aux Vascons (ancêtre des Basques et des Gascons), et la "Reconquista" sur versant espagnol verra naître des royaumes à partir des vallées pyrénéennes que seront le royaume de Navarre et le royaume d'Aragon. Voir aussi : Aux , l'Aude et l'Ariège furent des foyers importants du mouvement religieux cathare. En 1209 démarre la croisade des albigeois ordonnée par le pape Innocent III pour la réprimer. Elle fut l'occasion de nombreux sièges et affrontements auxquels participèrent les seigneurs des fiefs pyrénéens, comme le roi Pierre II d'Aragon, le comte Raymond-Roger de Foix ou le comte Bernard IV de Comminges. La prise du château de Montségur (Ariège) en 1244, où plus de deux cents croyants furent condamnés au bûcher, reste un des épisodes les plus connus de cette période. À l'issue de la croisade, le royaume de France étendra son influence jusqu'au pied des Pyrénées. La frontière franco-espagnole est le fruit d'une longue évolution dans les relations entre la France et l'Espagne : un premier traité, le traité de Corbeil (1258) entre le roi d'Aragon Jaume (Jacques le conquérant) et Saint-Louis établit des zones d'influences entre le royaume de France et le royaume d'Aragon de chaque côté des Pyrénées, excepté le Roussillon qui fait partie de la Catalogne. La partie nord de la Navarre, ou Basse-Navarre, est rattachée à la France sous Henri IV tandis que le reste de la Navarre, ou Haute-Navarre, revient à la couronne d'Espagne. Il faudra attendre 1659 et le traité des Pyrénées pour qu'une "frontière" sur papier soit fixée : le Roussillon est rattaché définitivement à la couronne de France, la frontière suit grosso modo la ligne de partage des eaux, c'est-à-dire la ligne des plus hautes crêtes, excepté quelques territoires comme l'enclave de Llívia (voir le traité de Llivia). Toutefois, cette délimitation n'étant pas marquée "physiquement" sur le terrain, aucune zone de droit n'est définie et les communautés paysannes continuent de jouir par exemple de coutumes de pacages sur les terres du pays voisin de l'autre côté de la frontière. Il faudra attendre le traité de Bayonne en 1856 pour que soient réglés les litiges entre communautés frontalières, et qu'il soit décidé la pose de 602 bornes régulièrement espacées définissant ainsi la frontière actuelle. L'évolution historique récente explique la prépondérance de la langue française au nord et espagnole au sud même si elles ne sont pas originaires de la région. Mais les langues catalane (Catalogne - Roussillon - Andorre - frange orientale de l'Aragon), occitane (côté français et en Val d'Aran), et basque (Biscaye - Guipuscoa - nord de la Navarre - sud-ouest des Pyrénées-Atlantiques) sont aussi parlées, ainsi que, dans une bien moindre mesure, l'aragonais (nord de l'Aragon). Mythologies pyrénéennes. L'ensemble pyrénéen a connu une occupation humaine ininterrompue. Si le caractère montagnard a pu faciliter un relatif isolement des populations, comme un certain esprit d'indépendance vis-à-vis des pouvoirs centraux, il n'en demeure pas moins que les Pyrénées sont aussi un axe de passage, dès la Préhistoire. On a quelques témoignages de croyances pouvant remonter au Paléolithique. Il existe aussi des cultes très anciens portant sur des « dieux pyrénéens » pouvant se rattacher à des traditions celtes et gauloises, et plus spécifiquement basques, dont on sait que la zone d'influence couvrait la majeure partie des Pyrénées centrales et occidentales. Beaucoup de ces dieux ont été par la suite assimilés à des dieux romains. Conformément à la tradition, les cultes se sont succédé sans discontinuer. Beaucoup d'églises ont, enchâssés dans leurs murs, des stèles et des autels « païens ». Les mégalithes ont fait l'objet de rituels jusqu'au , où l'Église a procédé à des « christianisations » autoritaires. Par la suite, les dieux perdent peu à peu leur statut pour céder la place à des divinités plus ou moins familières et inquiétantes, présidant aux activités agropastorales, protégeant troupeaux et cultures et punissant les malfaiteurs. De là, les "sylvains" comme Tantugou en haut Comminges, le "Silvan" aragonais, et une infinie variété d'hommes sauvages, souvent couverts de poils, comme Jan de l'Ours en Béarn, ou le Basajaun basque, pour finir par des géants faisant figure de croquemitaines, Bécuts, Tartaro ou autres, avatars des cyclopes de l'Antiquité, d'abord effrayants, puis victimes de leur bêtise dans des contes populaires. L'actualité des temps leur trouve toujours une nouvelle jeunesse : des "hommes sauvages" sont appelés "Iretges" (hérétiques) en souvenir d'un temps où on pourchassait les déviants du christianisme, cathares ou autres. Les nains et lutins, comme les laminak du Pays basque, sont omniprésents. D'autres mythologies sont associées à la christianisation. Notamment le mythe de Milharis, berger légendaire ayant vécu selon les légendes ("Mulat-Barbe", "Millaris", "le Berger de Mille ans moins un jour", etc.), liées à l'apparition de la première neige, symbole d'un monde nouveau, sont rapportées à l'apparition du christianisme et à la fin d'élites anciennes, détentrices de savoirs perdus (les Jentils). Les saints protecteurs des activités agropastorales prennent la place des divinités. Les mégalithes, objets de cultes qui ont parfois perduré jusqu'au , sont christianisés autoritairement par l'Église. Enfin, les apparitions de la Vierge Marie, nombreuses avant la plus célèbre, celle de Lourdes, sont quasiment une spécificité pyrénéenne. Beaucoup de ces apparitions se sont produites dans ou à proximité de grottes ayant connu un habitat préhistorique et où étaient relatées des apparitions de "damas blancas", dames blanches, c'est-à-dire des fées. En dehors de quelques recueils isolés, d'abord sur le versant français, puis, de manière plus poussée, sur le versant espagnol, il y a eu peu d'études globales de la mythologie pyrénéenne jusqu'à Olivier de Marliave. Activités. Exploitation et économie de la zone massif. Voir aussi : En 1999, les statistiques concernant la répartition socio-professionnelle (côté français) étaient les suivantes : Administration et aménagement du territoire. L'administration du territoire est bien sûr différente suivant les pays. En France, le territoire est découpé en régions, départements, arrondissements et cantons ; en Espagne, le découpage se fait en communautés autonomes, provinces et comarques ; en Andorre, la division est effectuée en paroisses. Côté français, l'espace pyrénéen est défini et délimité administrativement d'après la loi Montagne du : le massif pyrénéen est constitué par « chaque zone de montagne et les zones qui lui sont immédiatement contiguës et qui forment avec elle une même entité géographique, économique et sociale » (Art.5L 85-30). C'est une unité d'aménagement de l'espace et de programmation. L'aménagement du territoire y vise le regroupement économique de communes avec la création d'intercommunalités et de pays (voir l'article Pays des Pyrénées), ainsi que le désenclavement de la zone massif avec la construction de voie rapides ou d'autoroutes sur chaque versant ou transnationales (voir l'article frontière franco-espagnole). Le réseau routier comprend l'autoroute A64 ("la Pyrénéenne") qui compte dans la zone massif, de routes nationales et de routes départementales. Les autoroutes A9 et AP-7 permettent de traverser les Pyrénées orientales, l'A63 et l'AP-8 les Pyrénées occidentales ; l'autoroute A66 permettra à terme de relier Toulouse et Foix à Barcelone en ligne directe en passant près d'Andorre. Le réseau ferré quant à lui comprend dont un pôle d'échange transfrontalier à Enveitg (département des Pyrénées-Orientales) avec l'Espagne et l'Andorre. Du Pays basque à l’Ariège, en passant par le Béarn et la Bigorre, 35 Commissions Syndicales du massif Pyrénéen, des structures intercommunales créées par l’ordonnance royale du 18 juillet 1837, ont mission de gérer et développer le patrimoine naturel d’un territoire en montagne (forêts, espaces montagnards, faune et flore). Mêmes si elles sont bien présentes dans le code des Collectivités Territoriales (art L 5222-1 et suivants du code général des collectivités territoriales), les Commissions Syndicales sont peu connues au niveau du public et des instances nationales. Parcs nationaux et réserves naturelles. La faune et la flore de la partie centrale des Pyrénées sont protégées par le parc national des Pyrénées, versant français, et par deux parcs nationaux, le parc national d'Aigüestortes et lac Saint-Maurice en « Encantats » et le parc national d'Ordesa et du Mont-Perdu, versant espagnol. À cela, s'ajoute le parc naturel régional des Pyrénées catalanes, le parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises et des réserves naturelles nationales comme celle du Néouvielle, du Soussouéou dans la vallée d'Ossau dans les Pyrénées occidentales, ou les nombreuses réserves naturelles catalanes (Prats-de-Mollo, Nohèdes, Py, Mantet, Vallée d'Eyne, Jujols, Conat, La Massane). Il existe enfin des réserves naturelles régionales en Ariège (Embeyre), dans les Pyrénées-Orientales (Nyer) et dans les Hautes-Pyrénées (Pibeste). Les nombreux sites naturels classés au titre de la loi sur la protection des paysages et les arrêtés préfectoraux de protection de biotope, les réserves biologiques et les réserves de faune sauvage témoignent également de l'intérêt écologique du massif pyrénéen.
Philip José Farmer Philip José Farmer, né le à Terre Haute dans l'Indiana et mort le à Peoria dans l'Illinois, est un écrivain américain, connu pour ses romans et nouvelles de science-fiction et fantastique. En 1953 il obtient le prix Hugo du nouvel auteur ou artiste de SF avec une nouvelle sulfureuse à l’époque et publiée en août 1952 dans la revue "Startling Stories, Les Amants étrangers," adaptée en roman en 1961. Il s'agit de l'un des premiers romans de l'histoire de la science-fiction dans lequel un Terrien a une relation d'ordre sexuel avec une extraterrestre. Il a inventé le concept de Wold Newton. Une grosse partie de son œuvre s'intéresse à la réinterprétation de personnages historiques ou romanesques. Par exemple, "", qui remplit les trous du calendrier dans "Le Tour du monde en quatre-vingts jours" de Jules Verne ; sa série de romans "Le Fleuve de l'éternité" ("Riverworld") suit les aventures de Richard Francis Burton, Cyrano de Bergerac, Jean sans Terre, Hermann Göring et Samuel Clemens, le long d'un fleuve gigantesque, sur une planète où l'on a mystérieusement ressuscité toute l'humanité. Il a fait entrer dans le monde réel le personnage de Kilgore Trout, créé par Kurt Vonnegut, en publiant sous ce pseudonyme le roman "Le Privé du cosmos". Biographie. Né en 1918 dans l'Indiana, Philip José Farmer, est l'un des grands écrivains américains de l'âge d'or de la science-fiction. Avec trois prix Hugo ("Les Amants étrangers" -1953-, "Les Cavaliers du Fiel ou le Grand Gavage" -1968, "Le Fleuve de l'éternité" -1972), il est reconnu pour son audace, son imagination débordante et son absence de tabous littéraires. Il est, en effet, le premier écrivain à avoir introduit l'érotisme dans la science-fiction, jusque-là très pudibonde, dès son premier roman, "Les Amants étrangers". De fait, Farmer a rapidement révélé un caractère novateur dans sa façon de traiter les grands thèmes du genre. Dans les années 1950-60, alors que la plupart des héros de science-fiction sont bons, sûrs d'eux et des valeurs qu'ils défendent, les héros farmeriens, tout en étant athlétiques et héroïques, sont beaucoup moins « purs » : ils se posent des questions sur le bien-fondé de leurs actions, se révèlent curieux de comprendre le fonctionnement des sociétés exotiques qu'ils observent, s'initient au langage et aux coutumes des peuplades qu'ils rencontrent… Mais surtout, ils ne sont pas exempts de défauts, ce qui les rends plus réalistes. Souvent, ils ont eu accès à une forme d'immortalité, ce qui, avec les métabolismes étranges, l'érotisme et la religion, constitue l'un des thèmes fétiches de Farmer, qui reviennent tout au long de son œuvre. Cependant, Farmer n'est pas un précurseur dans les thèmes évoqués précédemment, puisque des auteurs comme Vance, par exemple, ont abordé ces sujets bien avant lui. Il apparaît souvent lui-même dans ses propres romans sous forme d'un personnage portant les mêmes initiales que lui (Peter Jairus Frigate, écrivain de science-fiction, dans le cycle du Fleuve, Paul Janus Finnegan, originaire de l'Indiana, alias Kickaha, dans la "Saga des Hommes-Dieux"). Il revisite aussi avec ironie et brio les mythes littéraires existants, comme celui de Tarzan ("La Jungle nue" ou "Le Seigneur des arbres"). Il meurt le à l'âge de 91 ans chez lui, à Peoria dans l'Illinois. Œuvres. Romans. Série "Saga des Hommes-Dieux". Cette série a été adaptée en jeu de rôle sous le titre "Thoan, les faiseurs d'univers". À noter. Un roman a été écrit avec Philip José Farmer comme personnage : "Philip José Farmer conquiert l'univers" par François Mottier - Glénat, 1980
Liste des Premiers ministres du Japon Ceci est une liste chronologique des personnes qui ont occupé le poste de Premier ministre du Japon. Les mandats multiples, qu'ils soient consécutifs ou non, sont comptés dans la première colonne (ordre administratif) et la deuxième colonne établit une comptabilité par individus. Par exemple, Jun'ichirō Koizumi est la à occuper le poste de Premier ministre, mais son premier mandat est le depuis Itō Hirobumi. Différents records. Ces records ne prennent pas en compte les mandats par intérim.
Pierre Mendès France Pierre Mendès France, parfois surnommé PMF, est un homme d'État français, né le à Paris et mort le dans la même ville. Il s'initie à la vie politique dès 1924 dans les mouvements étudiants d'opposition à l'extrême droite. Il rencontre Édouard Herriot, qui le motive à adhérer au Parti républicain, radical et radical-socialiste (PRRRS). Aux élections législatives de 1932, il est élu de justesse député de l'Eure. Malgré le fait qu'il soit plus identifié à gauche que la majorité du Parti radical, s'opposant parfois aux grandes figures du parti, il en reste membre. Après les évènements du 6 février 1934 et la chute du gouvernement Daladier, il s'oppose fermement à l’alliance des radicaux avec la droite, dont la Fédération républicaine de Louis Marin. En 1938, il participe à la coalition du Front populaire et devient membre du second gouvernement Blum. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir été incarcéré par le régime de Vichy, il parvient à rejoindre la Résistance et s'engage dans les Forces aériennes françaises libres. Il est commissaire aux Finances puis ministre de l'Économie nationale dans le gouvernement provisoire du général de Gaulle de à . Il est critiqué pour son souhait d’une politique de rigueur et d’une monnaie publique. Nommé président du Conseil par le président René Coty en , il cumule cette fonction avec celle de ministre des Affaires étrangères. S'il parvient à conclure la paix en Indochine, à préparer l'indépendance de la Tunisie et à amorcer celle du Maroc, ses tentatives de réforme en Algérie entraînent la chute de son gouvernement, cible à la fois de ses adversaires colonialistes et de ses soutiens politiques habituels anti-colonialistes. Renversé par l'Assemblée nationale sur cette question très sensible de l'Algérie française, il quitte la présidence du gouvernement en . Ministre d'État sans portefeuille du gouvernement Guy Mollet en 1956, il démissionne au bout de quelques mois en raison de son désaccord avec la politique du cabinet menée en Algérie. Il vote contre l'investiture de Charles de Gaulle à la présidence du Conseil en 1958, puis abandonne tous ses mandats locaux à la suite de sa défaite aux élections législatives qui suivent. Après avoir été pressenti pour se présenter à l’élection présidentielle de 1965, il revient au Parlement en 1967, en se faisant élire député de l'Isère. Ayant perdu son siège à l’Assemblée nationale l'année suivante, il forme un « ticket » avec Gaston Defferre, candidat à l'élection présidentielle de 1969, mais celui-ci ne recueille que 5 % des suffrages exprimés. Bien qu'il n'ait dirigé le gouvernement de la France que pendant un peu plus de sept mois, il constitue une figure morale pour une partie de la gauche en France. Au-delà, il demeure une référence pour des personnalités de la classe politique française, incarnant le symbole d'une conception exigeante de la politique. Situation personnelle. Origines. Pierre Mendès France est issu d'une vieille famille d'ascendance séfarade judéo-portugaise du nom de « Mendes de França », installée à Bordeaux, Rochefort, Louviers et Paris. Son premier ancêtre établi en France est Luís Mendes de França, arrivé du Portugal vers 1684 et établi à Bordeaux en provenance de La Rochelle. Son père, Cerf-David Mendès France, fondateur d'une entreprise de confection, était rigoureusement areligieux. L'affaire Dreyfus avait été la grande bataille de sa vie, qu'il avait vécue « moins en juif solidaire qu'en démocrate indigné », démocrate de gauche bien qu'il n'ait jamais adhéré à aucun parti politique. Sur le sujet des études de son fils, sa position était claire : le parcours sera laïc, de l'école communale au doctorat en droit. Évoquant son rapport au judaïsme en mars 1976 dans "L'Arche", Pierre Mendès France se définit comme non religieux et non pratiquant et explique que, s'il se sait juif, , mais , . La sœur de Pierre, Marcelle Grumbach, précise que leur mère était plus superstitieuse que croyante, et elle confirme que le père, Cerf-David Mendès France, était rigoureusement areligieux, raison pour laquelle c'est à Strasbourg, chez les grands-parents maternels, que Pierre a fait sa "bar-mitzvah". Il s'est rapidement éloigné des valeurs religieuses mais il a plusieurs fois exprimé son attachement au judaïsme. Lors de l'entrevue rapportée par la revue "L'Arche", il disait en 1976 : « Je sais que je suis juif. Mes enfants, qui n'ont pas la foi plus que moi savent qu'ils sont juifs. Je sens que les antisémites me considèrent comme juif, voilà les faits. ». De même, Pierre Birnbaum rapporte cette affirmation de Mendès France : . Formation et carrière. Bachelier à quinze ans, il devient en 1928, à vingt et un ans, le plus jeune avocat de France, après des études de droit à la faculté de droit de l'université de Paris et un passage par l'École libre des sciences politiques de la rue Saint-Guillaume. Lors de ce passage rue Saint-Guillaume, il devient l'un des plus jeunes membre de la Conférence Olivaint. Très intéressé par les questions économiques et financières, il soutient, en , une thèse sur la , dans laquelle il salue l'efficacité « brute » de cette politique, mais en critique les conséquences économiques et sociales. Pour lui, « l'économie est une science vraie ; sa pratique concourt au développement harmonieux des sociétés […] on peut changer le monde, à condition d'en connaître les lois. » Franc-maçonnerie. Il est initié le à la respectable loge à Paris et visite la loge Union et Progrès à Pacy-sur-Eure. Vie privée et familiale. Le à Louviers, Pierre Mendès France épouse Liliane dite Lily Cicurel (1910-1967), sœur de Raymond Cicurel. Son mariage en 1933 a été acté religieusement. Amie proche de la sœur de Pierre, Marcelle, Lily est une artiste peintre. Elle a notamment réalisé le portrait de son époux. Ce mariage la libère de l'autorité d'une mère dominatrice, juive d'origine égyptienne, dont le mari Moreno Cicurel a été assassiné au Caire. De leur union naissent deux enfants : Lily Cicurel-Mendès-France est morte le à Suresnes. Lors du congrès du Parti radical de 1955, Mendès France rencontre Marie-Claire de Fleurieu, née Marie-Claire Servan-Schreiber, fille de Suzanne Crémieux, une des premières femmes élues sénatrices. Elle est journaliste à "L'Express" et au journal "Les Échos" et vit séparée de son mari, le comte Jacques Claret de Fleurieu. Il se lie avec elle secrètement dès 1956. Le à Montfrin (Gard), il l'épouse en secondes noces, quatre ans après le décès de sa première épouse. Pierre Mendès France était passionné par l'histoire des marranes et par les recherches généalogiques sur ses ancêtres, remontant jusqu'au . Depuis 1935, il n'a cessé de rassembler une importante documentation, annotée et classée. L'histoire de ces « gens quelconques jette mille lumières sur les conflits de religions et de mœurs, d'affaires et de pouvoir en Europe occidentale entre le et le . » Parcours politique. Débuts. Parallèlement à ses études, Pierre Mendès France se tourne vers le militantisme. Il est l'un des membres fondateurs en 1924 de la Ligue d'action universitaire républicaine et socialiste (LAURS), un mouvement étudiant d'opposition à l'extrême droite, très actif dans le Quartier latin. Il participe aux affrontements qui opposent l'Action française et les Jeunes patriotes à la LAURS (qu'il préside en 1928) vers la fin des années 1920. Pierre Mendès France apparaît alors comme l'un des espoirs du Parti radical auquel il est inscrit depuis 1924, dès l'âge de seize ans. Il fait partie, aux côtés de Jacques Kayser, Gaston Bergery, Pierre Cot, Jean Zay ou encore Bertrand de Jouvenel, des « Jeunes Turcs » qui réclament un renouvellement de la doctrine du mouvement, demandent son ancrage à gauche et contestent les orientations de la direction du mouvement incarnée par la figure historique d'Édouard Herriot. Selon Jean-Pierre Rioux, Pierre Mendès-France est un pragmatique : pour lui, « le tâtonnement peut être de règle », et, toujours selon Rioux, PMF « est très actif aussi dans tous les laboratoires intellectuels du renouveau théorique des années 1930, un des rares politiques à prendre au sérieux les non-conformistes » ; par exemple, il écrit dans les "Cahiers bleus" de Georges Valois, personnage complexe qui a d'abord milité à l'extrême gauche, puis à l'extrême droite jusqu'au fascisme avant de revenir à gauche et qui a terminé sa vie en 1945 au camp de Bergen-Belsen, après avoir, en tant que Résistant, été arrêté par la Gestapo. Lors des élections législatives de 1932, il est élu député de l'Eure avec seulement quelque 200 voix d’avance sur son adversaire de droite au second tour de scrutin ; il est alors le plus jeune député de France. Il est maire de Louviers à partir de 1935, puis devient conseiller général de l'Eure en 1937. Il attaque Herriot, président du parti, au congrès de Clermont-Ferrand (), soutient Édouard Daladier ainsi que la stratégie du Front populaire (1936) d'alliance avec les socialistes. Il prend la tête de la commission des douanes de la Chambre des députés, avant d'être nommé sous-secrétaire d'État au Trésor dans le deuxième et éphémère gouvernement Léon Blum (du au ). Le PCF s'abstient lors du vote du à propos de la participation française aux Jeux olympiques de Berlin, organisés par le régime nazi ; Pierre Mendès France est le seul député à voter contre. Mendès France élabore ensuite avec le directeur de cabinet de Léon Blum, Georges Boris, un projet de réforme économique audacieux, axé sur le contrôle des actifs et sur le soutien à l'investissement militaire, dont l'exposé des motifs se réclame pour la première fois en France de préceptes du keynésianisme. Très contesté, ce projet sera rejeté par le Sénat, ce qui précipite la chute du gouvernement. S'il a chaudement soutenu les réformes de Léon Blum, Pierre Mendès France n'en a pas moins été en désaccord avec le premier gouvernement du Front populaire sur deux points : celui de la politique monétariste qui donne la priorité à la défense du franc et refuse la dévaluation, et celui de la République espagnole à laquelle Blum n'accorde aucun soutien. Pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans la Résistance. Député à la déclaration de la guerre, il est mobilisé comme officier au Moyen-Orient où il passe un brevet d'observateur aérien. Au moment de la déroute qui a obligé le gouvernement à se réfugier à Bordeaux, il est de ceux qui veulent poursuivre la guerre à partir de l'Afrique du Nord, et il embarque à bord du "Massilia" avec un certain nombre de députés et d'hommes politiques. Il est arrêté le au Maroc sur l'ordre du résident général Charles Noguès et accusé, avec trois autres officiers, de désertion, alors que, paradoxalement, il est de ceux qui veulent se battre. Rapatrié à Marseille en même temps que Jean Zay, il est jugé le par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand et condamné à six ans de prison et à la destitution pendant dix ans. Incarcéré par le régime de Vichy, puis transféré à l'hôpital militaire pour insuffisance hépatique, il s'en échappe le après avoir écrit une lettre au maréchal Pétain. Il se cache pendant plusieurs mois de cavale, notamment dans la région de Grenoble, avant de parvenir à rejoindre les Forces aériennes françaises libres à Londres d'où il participe aux combats. Le , il est promu capitaine des aviateurs du Groupe Lorraine. Le lieutenant colonel Henry de Rancourt de Mimérand assigne à ce groupe, qui compte aussi dans ses rangs Jean d'Astier de La Vigerie, une mission : attaquer la centrale électrique de Chevilly-Larue, groupe des trois stations qui alimentent en énergie Paris, sa banlieue et une partie de Bordeaux. Il participe à cette mission, en tant que capitaine navigateur, à bord d'un bombardier "Douglas Boston Mk III A", "dont le code était OA N" . Nommé par le général de Gaulle, en 1943, commissaire aux finances, dans le Comité français de Libération nationale d'Alger, il représente la France à la conférence de Bretton Woods avant de devenir ministre de l'Économie nationale du gouvernement provisoire de la République française, à partir du . En désaccord avec René Pleven, ministre des Finances, sur l'orientation à donner à la politique économique, qu'il désire énergique, il démissionne le faute d'obtenir le soutien du général de Gaulle pour prendre les mesures de rigueur et d'assainissement monétaires que lui semble exiger la situation économique du pays. Le litige portait tout particulièrement sur l'échange des billets de banque afin de corriger certains abus que le marché noir et l'économie souterraine avaient favorisés durant l'occupation. Nommé au conseil d'administration de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, il représente ensuite la France au Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC). Bretton-Woods et le Fonds monétaire international. En 1944, Pierre Mendès France participe à Bretton Woods aux travaux fondateurs de deux institutions : la Banque internationale pour la reconstruction, et le Fonds monétaire international. À Bretton-Woods, il se lie d'amitié avec John Maynard Keynes qui représente le Royaume-Uni. Mendès admire la Théorie générale de Keynes, et il se range à ses côtés pour obtenir dans le système monétaire international défini par les Américains une place qui ne soit pas trop défavorable aux pays endettés par la guerre. Mais rien ne peut fléchir le géant américain. Bretton-Woods se solde par une « défaite stratégique » ainsi que la nomme Keynes. Ni Keynes, ni Mendès, ne peuvent empêcher la mise en place du monopole américain. Mais d'autres délégations, notamment latino-américaines, élèvent la voix, et parlent, elles, non seulement de « reconstruction », objectif premier de la banque mondiale, mais aussi de « développement », ce qui aboutit à la création de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) dont Mendès est élu membre du « Comité des directeurs exécutifs ». Il est aussi nommé membre du conseil d'administration du FMI, où il reste jusqu'en 1947, date à laquelle il donne sa démission. En 1947, il devient délégué de la France au Conseil économique et social de l'ONU (ECOSOC), poste dont il démissionne en 1951. L'après-guerre. Opposition à la guerre d'Indochine. Il retrouve ses mandats de député de l'Eure, de maire de Louviers et de président du conseil général de l'Eure cette même année 1951. Le , à l'occasion d'un débat budgétaire, le député de l'Eure monte à la tribune de l'Assemblée nationale et se lance dans un véritable réquisitoire contre la guerre d'Indochine. Il ne se contente pas de dire que le conflit coûte trop cher, il ouvre aussi le dossier politique et militaire. Il dénonce très vivement l'engagement militaire français et devient l'un des principaux opposants au conflit. Déclaration de Pierre Mendès France à l'Assemblée nationale après le revers militaire dans la province de Cao Bang (1950) : Président de la Commission des Finances à partir de 1953, les revers rencontrés par les forces françaises finissent par l'imposer comme l'un des recours possibles pour faire aboutir une résolution négociée du conflit. Président du Conseil des ministres. Après une première tentative infructueuse pour former un gouvernement en 1953, il est finalement investi président du Conseil avec une forte majorité le , quelques semaines après la défaite française à la bataille de Dien Bien Phu, pour faire la paix en Indochine. Il ne dirige le Gouvernement que pendant sept mois et demi, mais son passage aux affaires est l'un des temps forts de l'histoire institutionnelle de la République. Mendès France fut conseillé par Georges Boris. En dehors d'Edgar Faure, ministre des Finances et numéro deux du gouvernement, son cabinet, qu'il forme sans négocier directement comme c'était alors l'usage avec l'état-major des partis politiques, comporte peu de poids lourds de la vie parlementaire sous la République. C'est une équipe relativement jeune, resserrée et technicienne. On y trouve des CNIP, des MRP, des radicaux, quelques gaullistes dont Jacques Chaban-Delmas. François Mitterrand en est le ministre de l'Intérieur. Le gouvernement est assuré du soutien des députés communistes, bien qu'il ait annoncé qu'il démissionnerait s'il était investi grâce aux voix communistes (c'est-à-dire si, sans compter les voix communistes, il n'avait pas la majorité à l'Assemblée). Questions coloniales. Dans son discours d'investiture, le président du Conseil désigné, dont l'objectif est de se faire conduire par l'Assemblée à exercer de plein pouvoir cette fonction, se donne trente jours pour faire aboutir les négociations de paix en Indochine, ce qui est réussi à deux jours près puisque les accords de Genève sont signés le . Tandis qu'il se débat à Genève avec les exigences de Phạm Văn Đồng et celles de Foster Dulles, toutes deux contradictoires, Mendès a encore à régler des problèmes sur le niveau de vie des Français, la reconversion économique du pays, de la politique fiscale, de l'orientation du crédit, d'incitation à l'auto-financement. Lorsque Pierre Mendès France devient Président du Conseil des ministres, en 1954, il doit régler, après l'Indochine, des problèmes des colonies et protectorats français du Maghreb qui sont multiples. Au Maroc d'abord. Depuis la déposition du sultan Sidi Mohammed, en , le pays sombre dans le chaos. En Tunisie, Habib Bourguiba a été interné. Lors de sa déclaration d'investiture du , Pierre Mendès France annonce qu'il a pris le parti de négocier : La stratégie tunisienne de Mendès France consiste d'abord à restaurer l'autorité morale du bey, puis à associer aux négociations le Néo-Destour et enfin à s'appuyer sur les militaires. L'habileté de Mendès France à engager des pourparlers et à jouer sur tous les registres fait l'admiration de Bourguiba qui s'en confie à Roger Stéphane. Les résidents français ne partagent pas son enthousiasme. Pourtant, l'opération Carthage, du nom du discours de Carthage prononcé le 31 juillet 1954 alors qu'il est président du conseil depuis seulement un mois, aboutit le à l'indépendance de la Tunisie. Cette politique de négociation sera poursuivie après lui par Edgar Faure et Guy Mollet pour le Maroc. En revanche, pour l'Algérie, l'attitude du président du Conseil est bien différente car, dans son esprit Le , à l'Assemblée nationale, Pierre Mendès France et son ministre François Mitterrand sont félicités pour leur riposte ferme à l'agitation algérienne par le porte-parole de la grande colonisation René Mayer. Une phrase de Mendès France résume assez bien sa pensée : Le , dans une note qu'il a adressée à André Pelabon en réponse au général Cherrière, qui faisait savoir qu'il n'avait pas besoin de parachutistes et que les CRS lui suffisaient, Mendès France insiste : Mais dès le , Mendès France rectifie le tir en donnant des indications sur la nécessité d'une « coopération généreuse que la métropole doit créer pour une vie meilleure en Algérie, amélioration des terres incultes etc. », ce qui a pour effet de lui mettre à dos à la fois les porte-paroles de la colonisation, et les défenseurs des droits des Algériens qui dénoncent les exactions de policiers tortionnaires. C'est dans un climat de sommations et d'hyperboles, de dénonciations venues des deux pôles de l'opinion, que s'ouvre, le , le grand débat à propos du Maghreb où sombrera le cabinet de Pierre Mendès France. Son gouvernement est renversé le sur la question de l'application du statut de l'Algérie. Après son départ, dans l'hebdomadaire "L'Express", le Prix Nobel de littérature Albert Camus appelle à son retour au pouvoir, selon le documentaire biographique consacré à la télévision à l'écrivain. En 1974, PMF commente ainsi la chute de son gouvernement : Politique intérieure et européenne. Sur le plan institutionnel, sa politique se caractérise par un effort de rationalisation du régime parlementaire de la République et par une tentative de rééquilibrage des institutions en faveur de l'exécutif. Refusant le principe de la double investiture par lequel le président du Conseil pressenti se présentait deux fois devant la Chambre, d'abord seul, ensuite avec son gouvernement, il dénonce les marchandages auxquels cette pratique donne lieu et parvient à faire réviser la Constitution de 1946 pour entériner la fin de cet usage. Cette révision donne également l'occasion d'un assouplissement limité du droit de dissolution. Au lendemain de Genève et de Tunis, le gouvernement de PMF subit de rudes attaques, résumées dans un article cinglant de Jean Fabiani, rédacteur en chef de "Combat" : . Largement accaparée par les problématiques internationales, son expérience gouvernementale n'a pas le temps de s'inscrire, sur le plan socio-économique, dans des réformes d'ampleur. L'opinion retient néanmoins sa politique de lutte contre l'alcoolisme qui se traduit à l'automne 1954 par une série de dispositions durcissant le régime fiscal des bouilleurs de crus et l'abolition de la transmission par héritage du privilège qui leur donnait par tradition le droit de fabriquer une dizaine de litres d'alcool par foyer. En parallèle, en 1954, Pierre Mendès France, alors président du Conseil, organise la distribution de lait dans les écoles et casernes de France pour lutter contre la dénutrition et l'alcoolisme et fonde le Haut Comité d'étude et d'information sur l'alcoolisme (HCEIA). Malgré l'hostilité déclarée d'une grande partie de l'hémicycle, il soumet au vote de l'Assemblée, sans le soutenir véritablement, le projet de Communauté européenne de défense (CED) en août. Son rejet, qui ouvre la voie au réarmement allemand dans le cadre de l'OTAN, lui vaut l'hostilité ouverte du MRP, très favorable à la construction européenne, et prive le cabinet Mendès France de la base parlementaire indispensable à sa survie au-delà du très court terme. Craignant notamment une suprématie de l'Allemagne dans une communauté européenne qui n'inclurait pas le Royaume-Uni, il vote contre le traité instituant la Communauté économique européenne dit traité de Rome, ce qui le brouille encore plus avec le MRP. À cela s'ajoute la bataille épuisante menée par PMF sur le plan des accords européens. Sa victoire à l'assemblée arrachée de haute lutte sur les accords de Paris (1955) lui a coûté. Le , il déclare : Son cabinet privé de tout soutien à la Chambre, PMF présente au président Coty sa démission, lors d'une entrevue au palais de l'Élysée, le . Le chef de l'État lui demande d'assurer les affaires courantes jusqu'à la nomination de son successeur à la présidence du Conseil. Quelques jours plus tard, le , Edgar Faure, ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant, est officiellement investi dans cette fonction par la Chambre des députés. Dès 1954, Pierre Mendès-France avait mis l'accent sur la recherche scientifique et le progrès technique en instituant un secrétariat d'État à la Recherche scientifique et au Progrès technique qu'il avait confié à Henri Longchambon, ce dernier obtenant la création par décret du Conseil supérieur à la recherche scientifique et du progrès technique (CSRSPT). Après Matignon. En 1956, il prend la tête du Front républicain, coalition électorale rassemblant les radicaux, les socialistes et les membres de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), la formation dirigée par François Mitterrand. Mais le succès de cette alliance aux élections législatives ne lui vaut qu'un poste de ministre d'État (du au ) dans le nouveau gouvernement, Guy Mollet lui ayant été préféré pour en prendre la tête. Opposé à ce dernier sur sa politique en Algérie, et estimant que les mesures politiques indispensables pour reconquérir la confiance des Algériens n'ont pas été prises, Pierre Mendès France démissionne en du gouvernement et quitte la direction du Parti radical, qu'il n'a pas réussi à moderniser et qui penche de plus en plus vers la droite. Modernisation du Parti radical. En 1955, PMF tente de donner un souffle nouveau au Parti radical via la tenue, salle Wagram, le , d'un congrès extraordinaire pour réformer le parti, dont l'organisation est dans un premier temps refusée par Léon Martinaud-Déplat, le président administratif, qui finalement cède, car Édouard Herriot, maire de Lyon et président du parti, soutient l'initiative. Le plus vieux parti de France y subit les assauts des jeunes militants parisiens, parmi lesquels Charles Hernu, qui, selon Francis de Tarr, « se conduisait en ultra mendésiste plutôt qu'en radical-mendésiste. ». Du congrès des « agités de Wagram », il sort un néo-radicalisme mendésiste entériné par le Parti radical en et qui rend Mendès maître du mouvement. Il est élu vice-président du parti, président dans les faits puisque Herriot, président à vie, est trop âgé pour assumer cette fonction. Il peut ainsi préparer les élections législatives de l'année suivante avec des chances de succès. Mais Edgar Faure, conseillé par son directeur de cabinet Jacques Duhamel et Valéry Giscard d'Estaing, décide de dissoudre l'Assemblée nationale et de procéder à des élections anticipées, ce qui hypothèque les projets de PMF. Edgar Faure est alors exclu du bureau du parti le , ce qui sera confirmé en appel en 1956, ainsi que Martinaud-Déplat. Cependant le « mendésisme de Wagram » ne se relève pas de ce coup porté, et dès , PMF est marginalisé et confiné à la fonction de ministre d'État. Il démissionne du gouvernement en , puis l'année suivante, attaqué dans son propre parti sur la question algérienne, considéré comme un « traître », il est contraint de démissionner de la vice-présidence du Parti radical le . La tentative de conquête et de rénovation du Parti radical a échoué parce que Mendès a multiplié les congrès, multipliant ainsi les occasions d'intrigues. Le , quelques mois avant la signature des (Euratom et CEE), il exprime devant l'Assemblée nationale ses doutes sur un marché commun où les pouvoirs de la démocratie sont délégués Plus tard, il vote contre les pleins pouvoirs à Charles de Gaulle. Il s'oppose aux conditions dans lesquelles ce dernier prend le pouvoir et par conséquent au projet de constitution élaboré par le gouvernement de Gaulle. Il mène vigoureusement campagne pour le non au référendum du , qui se solde par l'adoption du projet et la rapide promulgation de la Constitution du de laquelle naît la République. Battu aux élections législatives de dans son fief de l'Eure, ainsi qu'Édouard Depreux et Robert Verdier, il abandonne ses mandats de maire et de conseiller général pour se consacrer à la réflexion politique et à la réorganisation de la gauche. Maurice Clavel salue son départ dans un article plutôt aigre, l'accusant de Du Parti radical au Parti socialiste unifié. En 1959, Mendès France rompt avec le Parti radical parce qu'il voit les jeunes s'en éloigner, mais aussi parce qu'il en a été « exclu », selon les termes de Jean Bothorel : À cette question, Mendès France répond : Cette expérience est une initiative de Jean-Jacques Servan-Schreiber. En , il organise pour l'hebdomadaire "l'Express" un débat entre Mendès France et deux des principaux représentants socialistes européens : l'italien Pietro Nenni et le travailliste britannique Aneurin Bevan. C'est là que Mendès se sent un langage commun avec une famille politique, celle des vrais socialistes, notamment de Bevan qui lui explique sans ménagement que l'administration américaine ne peut accepter chez elle des idéologies qu'elle combat dans les pays étrangers. Nenni lui fait remarquer que ce qui sépare PMF du socialisme, c'est son approche plus économiste. Cependant, malgré quelques oppositions, l'adhésion de Pierre Mendès France au Parti socialiste autonome (PSA) donne une nouvelle impulsion au nouveau parti, ce que reconnaît Édouard Depreux. Malgré les réticences de ses amis de l'UFD et de ceux d'une filiale spécifiquement mendésiste : le CAD (centre d'action démocratique) qui tentent de le mettre en garde contre une adhésion au PSA en soulignant la doctrine contraignante, la discipline pesante, Mendès France rejoint le Parti socialiste autonome, sans toutefois se précipiter. C'est Georges Boris qui le convainc. Il fait valoir à PMF tout ce que peut lui apporter l'adhésion à un parti tout neuf, non corrompu par les intrigues et les rivalités. C'est à lui, Georges Boris, que Mendès donne son adhésion écrite. Boris l'apporte le à Édouard Depreux. Mendès France se réclame désormais d'« un socialisme […] qui devra s'inspirer de la tradition humaniste de Léon Blum et Jean Jaurès », reconnaissant également l'échec de sa politique antérieure de réforme au coup par coup, qui doit être abandonnée pour une réforme en bloc. Ainsi PMF passe du radicalisme au socialisme. Mais quand il réclame de pouvoir entraîner avec lui ses amis du CAD, on lui répond que chacun d'eux devra subir des tests. Ce qu'ils font. Alain Gourdon surnomme ces examens des "ordalies". Le PSA n'est qu'une étape puisque l'année suivante, le avec le congrès de fusion présidé par Laurent Schwartz, le Parti socialiste unifié (PSU) est fondé avec un bureau national comprenant Édouard Depreux, Alain Savary, Robert Verdier, Gilles Martinet, Henri Longeot, Jean Poperen et Charles Hernu. Mendès refuse tout poste de responsabilité à l'intérieur de ce parti, et il se tient à l'écart du congrès constitutif d'Issy-les-Moulineaux. Il charge alors ses fidèles : Richard Dartigues, Charles Hernu ou Harris Puisais de maintenir le contact avec les militants. Indépendance de l'Algérie et rapports avec de Gaulle. Écarté du Parlement, Mendès ne reste pas pour autant silencieux, notamment à propos de l'Algérie. Bien que le général de Gaulle ait reconnu le droit des Algériens à « l'autodétermination », PMF reste sceptique sur ses intentions. Parce que le général a aussi évoqué l'indépendance de l'Algérie comme , qu'il a aussi apporté son soutien aux militaires qui luttent contre le FLN et que, dans le même temps, il déclare que l'heure de la décolonisation est venue. À la veille des pourparlers d'Évian, Mendès trouve que les deux parties, de Gaulle et le FLN, ne s'engagent pas franchement dans un processus de paix. Mais, après l'échec du coup d'État militaire de quatre généraux à Alger (« un quarteron de généraux en retraite » selon la formule du général Gaulle), le , PMF salue l'action du général : Cependant, une fois les accords signés, le , PMF s'oppose de nouveau à de Gaulle lorsqu'il propose d'amender la constitution pour une élection du président de la République au suffrage universel direct, par référendum. PMF entre alors en campagne énergiquement pour le « non », parce qu'il estime cette démarche contraire à la constitution. Il refuse même, dans les "Cahiers de la République", journal mendésiste qu'il préside, la publication d'articles « présidentialistes », y compris ceux de Pierre Avril qui est pourtant un des rédacteurs en chef de la revue. Le triomphe du général au référendum, puis dans la foulée l'échec de PMF à son élection dans l'Eure (il est battu par le giscardien Jean de Broglie), poussent l'ex-président du Conseil à préparer les élections suivantes : celle de 1965 et pour cela, à soutenir la candidature de François Mitterrand : Face à l'extrême droite et aux antisémites. Très tôt opposé dès les années 1920 à l'Action française, Pierre Mendès France continue toute sa vie à lutter contre l'extrême droite. Il a été le seul député à s'opposer à la participation française aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. . Pierre Mendès France a été toute sa vie une cible de l'antisémitisme. Le sommet en est atteint lorsqu'en 1940, Pierre Mendès France est accusé par le régime de Vichy de désertion pour s'être embarqué à bord du "Massilia". Selon Éric Roussel, président de l'Institut Pierre Mendès France, cela l'a marqué pour toujours. Après la guerre, il continue d'être visé par les antisémites et l'extrême droite. Outre les attaques sur sa politique économique, financière et ses positions européennes critiquées vertement par le , c'est aussi au juif Mendès que l'on s'en prend. C'est d'abord à Mitterrand que s'en prend l'avocat d'extrême droite Jean-Louis Tixier-Vignancour, avant de considérer qu'il faut « frapper plus haut ». En 1956, quand Mendès France se désolidarise de l'action franco-anglaise sur le canal de Suez, on l'insulte, on le menace, on crie : et Tixier : . Ses origines juives, ses positions sur la décolonisation et sa politique de fiscalisation des bouilleurs de cru font de Pierre Mendès France l'une des cibles favorites de l'extrême droite et du mouvement poujadiste. Pierre Poujade lui lance ainsi, en 1955 : Pierre Joxe écrit en 2011 : « Les poujadistes ainsi giflés refusent de l'appeler « Mendès-France ». Ces braves Gaulois le surnomment même « Mendès Lolo. » Le , il se fait violemment prendre à partie à l'Assemblée nationale par le jeune député d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen : . Derniers engagements socialistes et mort. Pour soutenir la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1965, PMF se lance dans une campagne de rencontres, de débats, qu'il anime, dont le plus célèbre, à la radio, est publié en librairie. Après l'échec de François Mitterrand, qui obtient 44,80 % des voix au second tour, il multiplie les conférences et se pose en « garant de la doctrine » socialiste, allant jusqu'à donner des conférences à Harvard. Le score obtenu par l'ancien ministre de l'Intérieur de Mendès France rend à la gauche une crédibilité qu'elle avait perdue. Désormais, l'hypothèse d'une revanche est envisageable. Dans la foulée, il part en campagne pour les élections législatives des 5 et. Il se présente dans une circonscription de Grenoble, où il est élu. L'année suivante, se déroulent les Jeux olympiques d'hiver où, pour la première fois depuis bien longtemps, il rencontre de nouveau le général de Gaulle, dont il dit sentir , le jour de l'ouverture des jeux le . Lors des événements de 1968, Pierre Mendès France apparaît comme l'un des recours possibles en cas d'effondrement du régime. Son apparition lors d'un rassemblement public au stade Charléty le , durant lequel il reste toutefois silencieux, lui sera par la suite beaucoup reprochée. Pierre Viansson-Ponté voit même dans sa démarche une manœuvre « machiavélique », qui lui permettrait de jouer sur deux tableaux. PMF ne réussit pas à obtenir l'approbation des communistes pour lesquels il n'est pas l'homme providentiel, ni celle de François Mitterrand, qui lui conseille de garder une certaine réserve vis-à-vis des étudiants. Il est battu par Jean-Marcel Jeanneney, qui l'emporte avec d'avance sur lui aux élections législatives de 1968, dans la de l'Isère, où il se présente sous l'étiquette PSU, bien qu'il ait déjà choisi de quitter ce parti avec lequel il veut néanmoins rester solidaire. Plus tard, il estime que c'est cette étiquette PSU qui lui a coûté son siège de député. En 1969, il mène campagne aux côtés de Gaston Defferre pour l'élection présidentielle. Defferre annonce qu'en cas de victoire, Mendès France sera son Premier ministre. Le « ticket » ne convainc pas, obtenant tout juste 5 % des suffrages. Mendès s'attire toujours la méfiance des communistes qui souhaitent l'exclure de l'union de la gauche : Mitterrand lui-même ne le ménage pas et lui reproche son action en faveur des étudiants : Frappé par la maladie, Pierre Mendès France prend ses distances avec la vie politique française après 1972 et choisit d'œuvrer en faveur de la paix au Proche-Orient. Pierre Mendès France a écrit en 1957 qu'il a été « sensible » à la création de l'État d'Israël et c'est « en ami qu'il entend s'adresser aux Israéliens et non en sioniste passionné, ni même en tant que juif » et qu'il confirme son attachement au droit d'Israël à l'existence et dès 1959, il se rend en Israël. Mais c'est surtout à la fin de sa vie qu'il consacre son activité à la recherche de la paix au Moyen-Orient en organisant des conversations entre Israéliens et Palestiniens. En 1973, s'adressant au colonel Kadhafi, il déclare : « le judaïsme est-il un nationalisme ou une religion ? Je n'en sais rien mais il y a un certain nombre d'hommes qui veulent se rassembler en Israël et qui ont entrepris d'y bâtir ensemble un foyer. C'est leur droit, personne n'a le droit de les en empêcher. Si les Palestiniens désirent bâtir une nation, c'est leur droit aussi. Il y a assez de place dans le monde et au Proche-Orient pour que les Israéliens soient quelque part chez eux et les Palestiniens quelque part chez eux. » Sa position, rapportée par Jean Daniel se résume par la formule : « Tout pour la paix avec les Palestiniens, rien contre la sécurité d'Israël ». C'est ainsi qu'il est à Jérusalem en novembre 1977 lors de la visite du président Anouar el-Sadate et qu'il y rencontre le président égyptien et le Premier ministre israélien Menahem Begin. Il soutient François Mitterrand lors de l'élection présidentielle de 1981, malgré une série de malentendus qui ont éloigné les deux hommes l'un de l'autre. Il est néanmoins présent, ému, lors de l'investiture du président socialiste ; ce dernier lui aurait déclaré : . Il reste jusqu'à la fin proche de sa famille politique, de ses amis, compagnons et collaborateurs tels que les Gabriel Ardant, Georges Boris, Claude Cheysson, Pierre Cot, Didier Grumbach, Georges Kiejman, Simon Nora, Michel Rocard. Pierre Mendès France demeure une référence dans la classe politique française, comme symbole d'une conception exigeante de la politique. Ainsi, pour Jean-Louis Debré : Pierre Mendès France jouit toujours d'une réelle popularité dans l'opinion. Ses « causeries au coin du feu », tous les samedis à la radio, sont restées célèbres. Elles lui permettaient d'expliquer aux Français les grandes lignes de sa politique. En matière de communication, il a également bénéficié d'efficaces soutiens, notamment de celui de Jean-Jacques Servan-Schreiber et de l'hebdomadaire qu'il dirigeait, "L'Express". À propos de l'icône politique que PMF est resté dans l'esprit des Français, Louis-Bernard Robitaille souligne la curieuse contradiction française : Pierre Mendès France qui selon sa veuve « enviait à Charles de Gaulle sa mort magnifique » eut la même fin rapide, succombant à un infarctus foudroyant le , à son bureau, chez lui rue du Conseiller-Collignon, dans le . L'hommage de la classe politique est unanime, Mitterrand déclare que . Il avait demandé par testament que ses cendres soient dispersées à Louviers (Eure) dont il fut maire. Des demandes de transfert des cendres au Panthéon furent suggérées en 1999 et 2012. Décorations. Hommages. De nombreux établissements scolaires (dont le lycée Pierre-Mendès-France de Tunis) et universitaires (dont l'Université Pierre-Mendès-France de Grenoble, et le Centre Pierre-Mendès-France de Paris 1 Panthéon-Sorbonne) portent son nom, ainsi qu'un planétarium à Poitiers. Plusieurs communes ont donné le nom de Pierre Mendès France à une de leurs rues. À Louviers, c'est la rue qui passe devant la mairie qui porte ce nom ; à Chartres, l'entrée du lycée Marceau se situe rue Pierre-Mendès-France. Un arrêt du Tramway A à Mérignac (Gironde), un arrêt du tramway T2 à Lyon ainsi qu'un arrêt de la ligne 1 à Nantes portent son nom. Un "Hommage à Pierre Mendès France", sculpture de Pierre Peignot (1947–2002) est inauguré à Paris au jardin du Luxembourg en 1984. Le centre de conférence du ministère de l'Économie et des Finances porte également son nom. L'hémicycle du conseil départemental de l'Eure porte son nom.
Paul Dirac Paul Adrien Maurice Dirac ( à Bristol, Angleterre - à Tallahassee, Floride, États-Unis) est un mathématicien et physicien britannique. Il est l'un des « pères » de la mécanique quantique et a prévu l'existence de l'antimatière. Il est colauréat avec Erwin Schrödinger du prix Nobel de physique de 1933 . Biographie. Son père, Charles Adrien Ladislas Dirac, est originaire de Saint-Maurice, dans le canton du Valais (Suisse). Il s'établit à Bristol comme enseignant de français et se marie avec Florence Hannah Holten avec qui il a trois enfants : Reginald Charles Félix (grand frère), Béatrice Isabelle Marguerite (petite sœur) et Paul (le cadet). À l'école primaire de sa ville natale, Paul montre des qualités exceptionnelles en mathématiques. A 12 ans, il entre à l’école secondaire, où enseigne son père. Commence alors la Première Guerre mondiale qui influence la carrière de Paul, car depuis l'ancienne école jusqu’au service militaire, les jeunes garçons ont plus facilement accès à la science et aux laboratoires. Au collège technique, il est initié très jeune aux mathématiques, à la physique et à la chimie. Il étudie les mathématiques dans des livres en avance sur les programmes des classes qu’il fréquente. Cette avance est d'une grande aide en dernière année de collège. Il étudie ensuite les mathématiques à l'université de sa ville natale et entre en 1923 à l'université de Cambridge, où il a pour superviseur Ralph Fowler. En 1925, il rencontre Niels Bohr, puis Werner Heisenberg. Dans les six mois suivant son arrivée à Cambridge, il publie deux documents en mécanique statistique et en physique quantique des atomes. En , Dirac termine son premier document traitant des problèmes quantiques et en achève quatre autres en . Durant sa période de thèse, son frère Félix se suicide. En 1926, il constate que le principe d'incertitude de Heisenberg est une conséquence de la non-commutativité des opérateurs de la mécanique quantique, il démontre l'équivalence physique de la mécanique ondulatoire et de la mécanique matricielle. Il réalise l'analogie avec les crochets de Poisson dans la mécanique hamiltonienne. Selon le biographe Graham Farmelo, Paul Dirac aurait vécu avec le syndrome d'Asperger. Théorie. Il formule aussi une théorie quantique mathématiquement cohérente en assemblant les idées de Schrödinger et Heisenberg. Il propose et étudie le concept de monopôle magnétique, une particule jamais observée jusqu'à aujourd'hui (2015), comme moyen d'apporter encore davantage de symétrie aux équations de Maxwell. Dirac a publié onze articles dans la presse avant de soutenir sa thèse de doctorat. Après sa thèse, il part travailler avec Bohr à Copenhague. Il rejoint Göttingen en 1927. En septembre, il est invité au cinquième congrès Solvay où il rencontre Albert Einstein. En 1927, il publie des résultats sur la distribution statistique des fermions conduisant à la statistique de Fermi-Dirac. En 1928, il déduit du travail de Pauli sur un système de spins non relativiste une équation relativiste décrivant l'électron, et contenant en soi le spin. Elle est appelée aujourd'hui équation de Dirac. Cela permet à Dirac de prédire en 1931 l'existence d'une particule appelée positon, l'antiparticule de l'électron. Il faut attendre 1932 pour qu'Anderson et Patrick Blackett observent cette particule. Dans "Les Principes de la mécanique quantique", publié en anglais en 1930, il utilise l'algèbre des opérateurs linéaires comme une généralisation des théories de Heisenberg et de Schrödinger. Il introduit ainsi la notation bra-ket, pour laquelle formula_1 est un vecteur d'état dans l'espace des états du système, et formula_2 un vecteur de l'espace dual correspondant. Il partage le prix Nobel de physique en 1933 avec Erwin Schrödinger pour « la découverte de formes nouvelles et utiles de la théorie atomique ». Cette même année, il publie un document sur le lagrangien en mécanique quantique qui inspire Richard Feynman. Il se marie une année plus tard avec Margit Wigner (1904-2002), la sœur du physicien Eugene Wigner, avec qui il a deux filles ; il adopte les deux enfants de Margit issus d’un précédent mariage, dont Gabriel Andrew Dirac qui devient mathématicien. Dirac occupe la chaire de professeur lucasien de mathématiques de l'université de Cambridge de 1932 à 1969 et est professeur de premier cycle à l'université de Bristol. Il est lauréat de la "Royal Medal" en 1939 et de la médaille Copley en 1952. En 1970, il rejoint l'université de Floride et s'installe à Tallahassee où il meurt 14 années plus tard. Pour les besoins du formalisme quantique, Dirac a introduit ce qu'on appelle aujourd'hui la « distribution de Dirac » (ou bien « impulsion de Dirac », « masse de Dirac » ou « fonction delta de Dirac »), notée formula_3. Cette impulsion représente un signal de durée théoriquement nulle mais d'amplitude infinie, et doit vérifier la condition formula_4. Ce concept d'impulsion n'avait pas de fondement mathématique précis : en particulier, il ne pouvait pas s'agir d'une "fonction" ordinaire, car une fonction qui est nulle presque partout possède une intégrale identiquement nulle, d'après la théorie de l'intégration de Lebesgue. Le mathématicien Laurent Schwartz a inventé l'outillage adéquat pour décrire rigoureusement ce genre d'objets, la théorie des distributions. Communément, on dit d'une mesure qu'elle est "de Dirac" si toute la densité est concentrée en un point unique. Pour Dirac, seule la beauté mathématique de la théorie prime. Il n’a donc pas été très influencé par les résultats expérimentaux. Il a écrit un manuel sur la mécanique quantique et un ouvrage de relativité générale. Considérations religieuses. Heisenberg se rappelle une conversation entre des jeunes participants au Congrès Solvay de 1927 à propos des points de vue d'Einstein et de Planck sur la religion entre Wolfgang Pauli, Heisenberg et Dirac. La contribution de Dirac était une critique des fins politiques de la religion, qui fut bien appréciée par Bohr pour sa lucidité quand Heisenberg la lui rapporta plus tard. Entre autres choses, Dirac a dit : L'opinion d'Heisenberg était tolérante. Pauli, qui était élevé en tant que catholique, reste silencieux après ses premières remarques, mais finalement lorsqu'on lui demanda son opinion, dit : Plus tard dans sa vie, l'opinion de Dirac à propos de l'idée de Dieu était moins mordante. Dirac écrit dans un article de la revue Scientific American en : En 1971, lors d'un congrès, Dirac fait part de son opinion sur la question de l'existence de Dieu. Dirac explique que l'existence de Dieu pouvait seulement être justifiée si un événement très peu probable avait eu lieu par le passé : Dirac ne s'est engagé à aucun point de vue précis, mais il a décrit d'une manière scientifique les réponses possibles à la question de l'existence de Dieu.
Prononciation du japonais Cet article traite de la prononciation du japonais. Rappelons que le japonais possède trois systèmes d'écriture : Prononciation des deux syllabaires. Syllabaire hiragana. On dit souvent que Japonais utilise un alphabet dit syllabaire soit un alphabet où chaque lettre ne représente pas un phonème, mais une syllabe, cependant ici le terme "syllabaire" est utilisé abusivement, car, pour être exact, dans l'alphabet japonais, chaque lettre, appelée Kana, représente une more, soit une unité plus fine que la syllabe, ne la constituant pas forcément à elle seule par exemple dans le mot : "Ōsaka" (o-o.sa.ka おおさか), il n'y a que trois syllabes mais bien quatre mores, on l'écrira donc avec quatre kana De plus en Japonais ce sont bien les mores qui rythment la phrase, et non pas les syllabes, de ce fait chacun des kana ci-dessous prendra le même temps dans le discours Les kanas en sont aujourd’hui désuets. Quant à を, il a perdu sa valeur sonore au profit d’une valeur grammaticale. Syllabaire katakana. Syllabaire katakana étendu. Ces digrammes de katakana servent à noter des mots étrangers utilisant des sons qui n’existent pas directement dans la langue japonaise. ヴ est utilisé pour transcrire "v" et se prononce comme tel, à moins qu'on l'adopte. Mais la plupart de cette notation est remplaçable par "b" (par exemple : ヴェルサイユ "verusaiyu", « Versailles », peut aussi s'écrire et se dire comme ベルサイユ "berusaiyu"), excepté les mots dont il n'est pas permis de remanier l'orthographe comme les noms déposés (par exemple : la marque française "Louis Vuitton", déposée au Japon sous le nom ルイ・ヴィトン "rui viton", n'est pas écrite comme *ビトン ni prononcée comme *"biton"). Phonétique. Consonnes. Remarque : Archiphonème /Q/. L'archiphonème /Q/ s'écrira っ ou ッ. il sert à noter une consonne géminée ou bien, par extension, un coup de glotte terminant fermement un mot (ce n'est pas un phonème) Palatalisation des consonnes. La voyelle a un effet palatalisant sur la consonne servant d'attaque de sa syllabe, on peut donc la noter . Il existe d'autres voyelles ayant un effet palatalisant sur la consonne servant d'attaque, à savoir , ou (et plus récemment ) celles-ci s'opposent à , ou (qui sont les mêmes mais sans cet effet). Pour les noter, on utilise ゃ, ゅ ou ょ(や, ゆ, よ en petit) à la suite d'un kana en , ce qui crée un digramme dont la voyelle de la more est donc respectivement , ou . Quand on écrit en katakana, s'écrit avec un ェ après le kana en Cette agrégation existe de façon similaire pour les kana き, ひ, に, み, り, び, ギ, ぴ suivis d'un ゃ, ゅ ou ょ. Attention, certaines consonnes changent de point d'articulation lorsqu'elles se palatalisent, plutôt que d'en adopter un double Le "sh" japonais. La consonne alvéolo-palatale de "shi" (し/シ) et de ses dérivées "sha" (しゃ/シャ), "shu" (しゅ/シュ), "sho" (しょ/ショ) et du plus récent "she" (シェ) est proche de la post-alvéolaire (de chat), qui peut être considérée comme un allophone. Mais son lieu d'articulation est plus proche du palais. Le cas du ん. La transcription "n" n'est qu'un artifice. Le ん possède plusieurs prononciations, mais note dans l'ensemble une nasale. Il ne peut se trouver qu'après une more, et ne commence jamais un mot. Devant /z/, certains locuteurs prononcent le ん en nasalisant la voyelle qui le précède, tandis que d'autres le prononcent et prononcent le /z/ comme [dz]. La voyelle qui précède le ん subit une plus ou moins grosse nasalisation. Le "f" japonais. La consonne bilabiale , présente dans "fu" (ふ/フ) et dans ses dérivées modernes "fa" (ファ), "fi" (フィ), "fe" (フェ) et "fo" (フォ), diffère de la labio-dentale (de "faute"). En effet, elle n'est pas produite en pressant ses lèvres contre ses dents, mais en fermant un petit peu les lèvres et en soufflant légèrement. Voyelles. Remarque : Voyelles longues. L'allongement correspond à une more à part entière Ainsi, le "o" long de ありがとう ("arigatō", « merci ») est phonétiquement un [oː]. De même, le "e" long de 例 (れい, "rē", « exemple ») se retranscrit [eː]. Voyelles sourdes. les voyelles fermées et s'assourdissent entre deux consonnes sourdes ainsi le de 人 /ひと/ (hito « personne ») se trouvant entre un et un (consonnes sourdes), se prononcera sourd , [] Évolution de la prononciation. Restes de l'ancienne orthographe. La particule marquant le thème s'écrit aujourd'hui encore は mais se prononce wa et non pas ha. De même, la particule へ se prononce é et non hé. Par ailleurs, les kana peu fréquents を, ぢ et づ, qui subsistent dans quelques mots, sont parfaitement homophones avec respectivement お, じ et ず. Accent. Accent de hauteur. Le japonais est une langue à accent de hauteur. En japonais, cet accent de hauteur est constitué de montée et descente abrupte de la hauteur, ainsi que de hauteurs relativement continues à l'intérieur d'un mot. Ces variations de hauteur sont classées en six catégories de base dont la variation peut changer sur les six premiers mores. La méthode de transcription permet de retranscrire en rōmaji ces accents de hauteur.
Propane Le propane est un alcane linéaire de formule . On parle de biopropane s'il est d'origine non fossile. Il est essentiellement aujourd'hui dérivé d'autres produits pétroliers par des processus de thermochimie de gaz ou de pétrole, mais commence aussi à être dérivé du biogaz. Il est couramment utilisé comme source d'énergie chimique par combustion dans les moteurs à combustion interne, chaudières, barbecue. Généralement vendu à l'état liquide, sous forme de GPL notamment (c'est l'un de ses constituants principaux). Un additif, l'éthanethiol, est utilisé comme odorant pour signaler les fuites éventuelles. Utilisation. Le propane est principalement utilisé comme combustible et carburant (c'est le principal composant du gaz de pétrole liquéfié). Dans l'industrie, il est également utilisé comme réactif pour : Une oxydation catalytique est possible en utilisant du platine ou du palladium comme catalyseurs. Parce que le propane est une matière première bon marché et abondante, son oxydation sélective en monomères (propylène, acide acrylique) est étudiée intensivement. Propriétés physico-chimiques. Le propane est un gaz plus dense que l'air () dans les conditions normales de température et de pression, il forme donc des poches au sol dans une pièce remplie d'air. Il se décompose à partir d'une température supérieure à . La combustion du propane est plus propre que celle de l'essence (grâce à son rapport H/C avantageux), mais significativement plus polluante que celle du méthane ou de l'hydrogène. La présence de liaisons C-C crée des résidus organiques en plus de la vapeur d'eau et du dioxyde de carbone. Ces produits rendent la flamme visible. Production et synthèse. Le propane est principalement issu de la purification du gaz naturel ou de la séparation des gaz de pétrole liquéfiés (propane et butane) provenant de la distillation du pétrole brut. Effets sur le climat. La Terre en libère une mégatonne par an dans l'atmosphère, par comparaison la consommation mondiale de GPL et de ses dérivés s'élève à . Il est important de noter que le propane n'est pas considéré comme un gaz à effet de serre (GES), alors que le méthane l'est. Par conséquent, l'effet sur le climat du propane est limité à l'effet du dioxyde de carbone et autres GES émis par sa combustion et sa production. Dans le cas du méthane, il faut ajouter l'émission du gaz lui-même, par exemple par le bétail mais aussi par fuites à toutes les étapes de l'extraction à la consommation. Biopropane. Le biopropane est un gaz issu de biomasse, ayant la même composition chimique que le propane du commerce, donc à ne pas confondre avec le méthane. Dans le cas de la première raffinerie européenne de Neste à Rotterdam, il s'agit d'un coproduit de la production du biodiesel à partir de 68 % de déchets industriels (huiles de cuisson, résidus de graisse animale (provenant principalement d'Asie, mais aussi d’Europe et de France) et huiles végétales (colza et huile de palme qui constituent les 32 % restants du mélange)). Selon les analyses de cycle de vie commandées par Primagaz (évaluée durant un an avec l'ADEME) . La moitié des projets de construction de maisons individuelles desservies par Primagaz le seront en biopropane dès 2019 selon Primagaz, de même, probablement, que certains éco-quartiers habitats sociaux en projet. Tout le territoire, dont les non desservies par le réseau gazier, y aura potentiellement accès. En outre, une bouteille de gaz biopropane est prévue avant la fin 2018. En 2018, Primagaz envisage d'intégrer 8 % de biopropane dans le GPL de françaises, mais n'importera en 2020 que 3 % de ses ventes. Économie. Le propane est utilisé dans des citernes, aériennes ou enterrées, et remplies une ou plusieurs fois par an par des fournisseurs, appelés propaniers. La citerne est généralement mise à disposition gratuitement en échange d'un engagement sur plusieurs années. En France, le marché du gaz propane est un oligopole entre Antargaz (Anciennement Antargaz-Finagaz), Butagaz, Primagaz et, dans une moindre mesure, Vitogaz. Les fournisseurs facilitent l'accès au gaz en installant des citernes dans les logements qui ne sont pas reliés au gaz de ville (gaz naturel). Il existe aussi des citernes de fioul, mais le propane est une énergie plus propre à consommer lors de sa combustion.
Pentane Le pentane est un alcane linéaire de formule . Le terme pentane désigne aussi par extension abusive les trois isomères : le "n"-pentane, le 2-méthylbutane ou isopentane et le 2,2-diméthylpropane ou néopentane. Ces diverses molécules comportent toutes cinq [en grec πέντε (pénte), "cinq"] atomes de carbone. Utilisations. Le pentane est un solvant couramment utilisé en chimie organique. Dans certains circuits frigorifiques (congélateurs par exemple), du pentane peut être ajouté comme additif au fluide frigorigène. Propriétés chimiques. Le pentane brûle dans l'air selon la réaction :
Pentadécane Le pentadécane est un alcane linéaire de formule brute . Il possède 4 347 isomères structuraux.
Pétase Le pétase (en grec ancien / ) est un chapeau rond de feutre ou de paille, à bord large, souple et plat dont se coiffaient principalement les voyageurs grecs. Un cordon, noué sous le menton ou derrière la tête, le maintenait en place. Description. Les Grecs le pensaient d’origine thessalienne. Il était porté, en même temps que la chlamyde, par les éphèbes au gymnase. Il donna naissance à l'expression , utilisée par la Septante dans le deuxième livre des Maccabées (2 Maccabées 4, 12), littéralement « mener sous le pétase », c’est-à-dire « conduire au gymnase ». Ailé, c’est l'un des attributs du dieu Hermès, protecteur des éphèbes. Pour les Étrusques, c'est le chapeau du paysan. Les Romains l’utilisaient également, au théâtre, pour se protéger du soleil.
Gaulois (peuples) Les Gaulois (en , en ) étaient l'ensemble des peuples protohistoriques habitant la Gaule, au sens défini par Jules César dans le cadre du récit de ses conquêtes militaires. Ce concept ethno-culturel, né de la vision romaine de l'espace continental européen alors peu connu des géographes antiques, sert usuellement à désigner l'ensemble des peuples celtiques ayant occupé les territoires de la France, de la Suisse et de la Belgique actuelles et d'une partie de l'Allemagne actuelle (par exemple, la ville de Trèves actuelle, allemande, est située sur le territoire de la Gaule Belgique). Les peuples gaulois sont liés entre eux par plusieurs traits de culture et de langue, notamment la culture matérielle de la civilisation celtique, à l'instar du faciès culturel de La Tène. Sur le plan linguistique, la majeure partie parle la langue gauloise, documentée par de nombreuses inscriptions. Seul fait exception l'isolat linguistique constitué par les Aquitains, qui parlent le proto-basque. Outre la désignation sous laquelle on range les Gaulois, il existe plusieurs sous-ensembles et groupes culturels identifiés avant César par les géographes et historiques antiques : on peut mentionner ainsi les Ibères dans le Languedoc et les Ligures en Provence, qui se rattachaient eux aussi à la civilisation celtique antique malgré une forte hellénisation dès l'époque classique et hellénistique. Les Gaulois, à partir du et surtout à la suite de la conquête des Gaules par Jules César, sont l'objet d'un processus d'acculturation rapide, du fait du grand commerce en Méditerranée et de la soumission à l'État romain. Les marqueurs de la civilisation gauloise s'estompent alors progressivement et ne survivent que par des portions limitées : la culture matérielle de La Tène disparaît au début du de notre ère, la langue celtique reste pratiquée mais marginale, cantonnée à des textes religieux, des calendriers, ou des dédicaces votives, au profit de l'ascension du latin dans la région. Les panthéons gaulois survivent partiellement, parfois mêlés aux divinités grecques et romaines qui s'imposent alors dans les cultes publics des cités gallo-romaines soumises au pouvoir de Rome et intégrées aux provinces des Gaules. Les Gaulois, à proprement parler, se composaient politiquement de nombreuses tribus indépendantes et de confédérations parlant un ensemble de dialectes celtes. Ils pensaient descendre d'une même souche dont ils connaissaient la généalogie et avaient conscience pour partie des similitudes qui les unissaient, à l'image de ce qui constituait l'identité grecque par exemple. À ces liens de filiation, réels ou mythiques, qui leur créaient parfois des obligations de solidarité, d'asile, de soutien militaire occasionnel, s'ajoutaient régulièrement des alliances de circonstance. Du fait de ces alliances et des équilibres géopolitiques, certains des peuples Gaulois se constituèrent comme la clientèle d'autres peuples plus puissants pour former des fédérations comme celles des Arvernes et des Éduens. Tous ces peuples étaient divisés en entités politiques plus ou moins définies et associées à un territoire fixe, formant des précurseurs des ' romaines de l'époque impériale. La plupart des peuples disposaient d'une capitale, un chef-lieu politique ou religieux, entourée d'un pays avoisinant abritant des communautés secondaires, rurales. Ces structures perdurent parfois à l'époque romaine, sous la forme des ', subdivisées en "", qui correspondent à peu près aux cantons français actuels. Les civilisations gauloises sont rattachées, en archéologie, pour l'essentiel, à la civilisation celtique de La Tène (du nom d'un site découvert au bord du lac de Neuchâtel, en Suisse). La civilisation de La Tène s'épanouit sur le continent au Second Âge du fer (Tène ) et disparut en Irlande durant le haut Moyen Âge (Tène ). L'image des Gaulois est encore faussée chez le public et la presse française qui reprennent la plupart des stéréotypes établis dès le Second Empire et la Troisième République, notamment celle d'un peuple ne sachant ni lire ni écrire, de guerriers valeureux mais de brutes sauvages, et de l'expression typique du « roman national » français, « nos ancêtres les Gaulois ». Étymologie et ethnonymie. Les Gaulois se nommaient eux-mêmes « "Celtes" » (« "Celtae" » en latin) en leurs langues ou plus exactement "Keltoï" écrit en alphabet grec. . Selon Jules César, la Gaule était habitée par trois principaux peuples : ', ' et "". La première mention écrite du nom des Celtes pour désigner un groupe ethnique, est due à Hécatée de Milet, historien et géographe grec, en 517, qui parlait d'un peuple vivant près de "Massilia" (actuelle Marseille). Au , Hérodote se référait aux "Keltoi" vivant aux environs de la source du Danube, ainsi que dans l'Extrême-Ouest de l'Europe. L'étymologie du terme "Keltoi" n'est pas claire. Un fragment d'un texte des "Catalogues" d'Hésiode (), cité par Strabon, cite les Ligures parmi les trois grands peuples barbares, aux côtés des Éthiopiens et des Scythes, alors que quelques siècles plus tard Éphore de Cumes remplacera les Ligures par les Celtes aux côtés des Scythes, des Éthiopiens et des Indiens. Avienus, dans sa traduction en latin d'un vieux récit de voyage, probablement marseillais, qu'on peut dater de la fin du , indique que les Ligures se seraient jadis étendus jusqu'à la mer du Nord, avant d'être repoussés (ou dominés et assimilés) par les Celtes jusqu'aux Alpes. On pourrait y voir un remplacement de la dénomination ligure par celle de celte à la suite d'une extension culturelle des Celtes d'Europe centrale étant donné la courte période de transition. Différentes racines indo-européennes pourraient en être à l'origine : *"kʲel" « cacher », « dissimuler » (présent aussi dans le vieil irlandais: "ceilid") ; *"kʲel" « échauffer » ou « mettre en colère» ; *"kel" « pousser ». Certains auteurs supposent que ce terme est d'origine celtique, tandis que d'autres le considèrent comme inventé par les Grecs. La linguiste Patrizia de Bernardo Stempel appartient à ce dernier groupe et suggère qu'il signifie « les grands ». Le mot proprement "celte" est issu du celtique commun "*kel-to" (« combattant, guerrier ») dérivant lui-même de "*kellāko-" (« combat, guerre »), tandis que "galate" et "gallus" procèdent eux du celtique commun *"galatis" (« fort, puissant ») dérivant lui-même de "*gal-n" (« être capable, puissant »). Il a peut-être été emprunté en latin, pendant les expansions celtiques en Italie, au début du Les noms tribaux de "Gallaeci", et du grec Γαλάται ("Galatai", latinisé "Galatae", voir la région de Galatie en Anatolie) ont très probablement la même origine. Le suffixe "-atai" pourrait être une flexion grecque ancienne. Les auteurs classiques n'appliquaient pas les termes Κελτοί ou "Celtae" aux habitants de la Grande-Bretagne ou de l'Irlande, ce qui a conduit certains savants, par préférence, de ne pas utiliser le terme pour désigner les habitants de l'âge du fer britannique. Le géographe Strabon, écrivant notamment sur la Gaule, vers la fin du , se réfère à la « race qui s'appelle maintenant à la fois gauloise et galate », bien qu'il utilise également le terme celtique comme synonyme de Gaule, qui est séparée de l'Ibérie par les Pyrénées. Pourtant, il rapporte des peuples celtiques en Ibérie, et utilise également les noms ethniques "Celtiberi" et "Celtici" pour désigner ces peuples, à la différence de "Lusitani" et "Iberi". Pline l'Ancien a cité l'utilisation du terme Celtici, en Lusitanie, comme nom de famille tribal, ce que les découvertes épigraphiques ont confirmé. Au , Jules César a rapporté que les personnes connues des Romains comme Gaulois ("Galli") s'appelaient "Kelt" dans leur langue et "Gallii" dans la nôtre, ce qui suggère que même si le nom "Keltoi" a été accordé par les Grecs, il a été adopté dans une certaine mesure comme un nom collectif par les tribus de Gaule. Les Germains appelaient les Celtes "*Walχisk" « étranger » devenu en allemand moderne "", un terme souvent péjoratif par lequel les Allemands désignaient les populations non germaniques, et devenu en slave Valaque pour désigner les non slaves. Les Germains (Angles, Saxons et Jutes) arrivés sur le sol britannique au de notre ère ont utilisé ce même terme pour qualifier les Celtes du Pays de Galles : "Welsh", et de "Wales" leur pays. Cette même racine est utilisée aujourd'hui encore à travers le gentilé "Wallon" et la région correspondante en Belgique, la Wallonie. De même, le français "Gaule" et "gaulois" procède du même terme germanique utilisé par les locuteurs de langue francique : "walhisk" « roman », dérivé de walha « les Romans » faisant référence aux tribus ne parlant pas le francique, cependant il y a eu métathèse de [l], d'où "Wahla" > "*Gwaula" > "Gaule". Le nom latin de ' « Gaulois » a été associé à la Renaissance à son homophone ' « coq » (ancien français "" « coq »), devenu ainsi l'animal emblématique de la France. « Celt » est ensuite devenu un mot de l'anglais moderne, d'abord attesté en 1707, dans l'écrit d'Edward Lhuyd, dont le travail, avec celui d'autres savants de la fin du , a attiré l'attention sur les langues et l'histoire des premiers habitants celtiques de Grande-Bretagne. La forme anglaise « Gaul » (d'abord attestée au ), et « Gaulish », viennent du français « Gaule » et « Gaulois », emprunt du franc *"Walholant", « terre des étrangers ou des Romains » (voir Gaule), dont la racine proto-germanique est *"walha-", « étranger, romain, celte », d'où le mot anglais gallois (vieux anglais "wælisċ" < *"walhiska-", le welche sud-allemand signifiant « locuteur celtique », « locuteur français » ou « locuteur italien » dans différents contextes, et le vieux norrois "valskr", pl. "valir", « gaulois, français »). Le proto-germanique *"walha", est, en définitive, dérivé du nom des "Volcae", une tribu celtique qui a vécu primairement dans le Sud de l'Allemagne, et en Europe centrale, et a alors émigré en Gaule. Cela signifie que le terme « Gaul », anglais, en dépit de sa similitude superficielle, n'est pas en réalité dérivé du latin "Gallia" (qui aurait dû produire **"Jaille", en français), bien qu'il se réfère à la même région ancienne. Histoire. Les origines d'après les sources écrites. Les mentions écrites des auteurs gréco-latins décrivant l'arrivée des peuplades gauloises dans l'histoire sont relativement tardives par rapport aux époques auxquelles elles se réfèrent, ce qui incite à interpréter ces textes avec précaution. Une corrélation est toutefois à établir entre les Ligures et les Gaulois puisqu'Hésiode (cité par Strabon) spécifie bien que les Ligures faisaient partie des grandes nations du monde connu entre les Éthiopiens et les Scythes, alors que quelques siècles plus tard Éphore de Cumes remplaçait les Ligures par les Celtes aux côtés des Éthiopiens, des Scythes et des Indiens. Les auteurs antiques parlent d'invasions celtiques, terme repris par les historiens postérieurs. Il semble que Tite-Live, historien latin et Trogue Pompée, premier historien gallo-romain, aient été largement influencés par les migrations en masse des peuples nordiques, les Cimbres et les Teutons. De même, les archéologues qui parlent, les premiers, des invasions celtiques ne font que reproduire, plus ou moins consciemment, le modèle des invasions germaniques du . En réalité, les évolutions que connaissent les peuples celtes aux ont probablement pour origine deux mouvements importants venus de l'extérieur (colonisation grecque et phénicienne en Méditerranée, campagnes assyriennes dévastant les cités de Palestine et syro-phéniciennes). Ces troubles provoqués à l'est, ainsi que l'installation de colonies grecques sur les littoraux occidentaux de la Méditerranée, tout comme le développement de l'Étrurie padane, transforment les routes commerciales européennes, au profit des peuples occidentaux. Cette nouvelle donne engendre les mutations sociales du , la formation de la civilisation laténienne. Selon Tite-Live, des Celtes qui peuplaient les territoires correspondant à la Gaule auraient commencé à migrer vers l'est au cours du . Ambigatos roi des Bituriges, aurait ainsi envoyé deux de ses neveux chercher de nouvelles terres. Le premier, Segovesos, se serait rendu en forêt Hercynienne tandis que le second, Bellovesos aurait commencé la migration et les raids gaulois en Italie. Pour Strabon ( 1, 2), les Germains sont identiques aux Gaulois par leur aspect physique et leur mode de vie, tout en étant plus sauvages, plus grands et aussi plus blonds. Cette blondeur des Gaulois pourrait provenir d'une teinture à l'argile ou à l'eau de chaux qui éclaircissait les « cheveux chaulés » des Gaulois même bruns, ou d'une teinture, le "sapo" à base d'un mélange de graisse de chèvre, de bois de hêtre et de suc de plantes qui donnait une chevelure blonde tirant vers le roux. Cet auteur croit que les Romains eux-mêmes ont donné ce nom aux Germains pour signifier qu'ils étaient les Gaulois authentiques, « germanus » ayant ce sens en latin. . . Les Celtes, n'utilisant pas l'écrit communément, apparaissent donc pendant la période dite protohistorique, à l’âge du bronze. Les débuts de l'époque gauloise sont difficiles à dater et varient selon les régions considérées. Pour Henri Hubert, le processus aurait duré plusieurs siècles pendant lesquels plusieurs peuples auraient coexisté. Il ne se serait fait ni soudainement par une sorte de guerre d'invasion générale, ni en masse par la migration d'une multitude d'individus isolés, mais par l'arrivée de groupes organisés en clans, numériquement plus ou moins importants (voir la Civilisation de Vix et de Lavau), au milieu des autres peuples qui leur auraient accordé l'hospitalité, des droits définis par des traités et un territoire. Il est communément admis que la civilisation celtique s'épanouit en Gaule avec La Tène, c'est-à-dire au deuxième âge du fer, à partir du La ville de Marseille, colonie de la cité grecque de Phocée, est fondée vers 600 sur le territoire des Ségobriges, peuple ligure ("sego", « victoire », « force » et "briga", « colline », « mont », « forteresse »). Dans les sources grecques, en particulier de l'époque macédonienne, de nombreuses mentions de Celtes apparaissent : il est surtout fait référence à leur courage et à leur valeur guerrière. Cela correspond à la période de la plus grande expansion celtique (). Dans les sources latines postérieures, les Gaulois des sont clairement distingués des Cimbres, des Teutons et des Bretons. La recherche actuelle montre ainsi que les Gaulois sont un peuple indigène, mais qu'ils étendent leur territoire à l'est en établissant des colonies (notamment en Galatie). Les cités décident d'y envoyer une partie de leur jeunesse, peut-être une génération entière, fonder un nouveau territoire, cette colonisation étant loin de l'image des invasions gauloises forgée par les Romains. Avant Rome. La Gaule, à la veille de la conquête romaine, est un pays d'alternances de forêts, de plaines cultivées, de bocages et de cités fortifiées, sillonnés de routes, pour certaines empierrées, donc d'un espace densément mis en valeur, loin des clichés légués par les historiens du passé. L'archéologie, en particulier aérienne, a démontré que des milliers de fermes gauloises (nombreuses petites fermes mais aussi certaines villas gauloises aussi étendues que les futures villae gallo-romaines) quadrillaient le territoire aux , et les fouilles réalisées dans les oppida, par exemple à Bibracte, ont mis en valeur une structure urbaine complexe et élaborée. Les résultats archéologiques et archéométriques viennent ainsi graduellement gommer l'image mythique de la grande forêt gauloise centrale, épaisse et impénétrable, au fond de laquelle vivent dans des cabanes ou des huttes rondes des guerriers hirsutes et paillards. Les Gaulois sont des paysans pratiquant une gestion forestière avec choix de bois de chauffe et de construction, ainsi que des défrichements pour une mise en culture des sols, si bien que la forêt n'a plus le loisir de reconquérir les terres défrichées. Ce sont également des commerçants, des négociants, des artisans, des techniciens qui habitent des maisons convenables, dans des fermes, des villages, voire des villes. Dans ses "Commentaires sur la Guerre des Gaules", César sous-estime le nombre d'habitants, tout en exagérant le nombre de guerriers. Suivant ses écrits, les érudits du passé ont estimé à cinq ou six millions le nombre d'habitants d'une Gaule qui faisait près de de plus que la France actuelle. Certains spécialistes pensent que la "Celtica Gallica" était peuplée de dix millions d'âmes environ , mais Ferdinand Lot en prenant pour base l'espace mis en culture et en faisant des comparaisons avec les chiffres obtenus au Moyen Âge, avance le nombre de vingt millions d'habitants (à peu près autant que sous le règne de ). La Gaule fut le lieu, bien avant la conquête, d'une urbanisation en plein essor, comme le montrent, par exemple, les fouilles des oppida de Corent, ou de Bibracte et d'un commerce à grande échelle, comme le révèlent les nombreux dépôts d'amphores vinaires italiques découvertes en contexte de sanctuaires. Enfin, la société gauloise, dont la structure a varié dans le temps, semble très complexe et hiérarchisée à la veille de la conquête, et laisse apparaître une tripartition fonctionnelle qui peut être interprétée comme un héritage indo-européen. Les institutions sont proches de celles des Grecs et des Romains : une assemblée du peuple, un sénat et des magistrats placés sous l'autorité d'un vergobret. D'une manière générale, les femmes occupent une place plus grande que leurs correspondantes dans le monde méditerranéen. En effet, elles pouvaient participer à des jugements, délibérer dans des affaires d’État et étaient instruites dans l'art de soigner. La fin de l'indépendance. La Gaule fut incorporée militairement à la république romaine en deux étapes : la Gaule méridionale au-delà des Alpes ("Gallia bracata" en latin, c'est-à-dire "Gaule en braies") fut conquise dès la fin du et « romanisée », semble-t-il, en moins d'un siècle. Elle devint la première province romaine hors d'Italie : la Narbonnaise, et compta la première cité de droit romain hors d'Italie (Narbonne). La Gaule septentrionale (nommée "Gallia comata", c'est-à-dire "Gaule chevelue", par Jules César) fut soumise entre -58 et -51 par les légions de ce dernier. Cette « Guerre des Gaules » culmina avec la défaite d'une coalition gauloise menée par l'Arverne Vercingétorix, à Alésia, en -52. L'historiographie romaine ne situe toutefois la fin de la pacification qu'en -51, à la suite d'une ultime victoire sur les restes des coalisés rassemblés sous les ordres du chef Lucterios. La présence de très nombreux lieux-dits « camps de César » en France ne doit pas tromper : la plupart d'entre eux sont des sites postérieurs, datant parfois du Moyen Âge. Cependant, il est probable que la pacification fut plus longue que ce que l'on a longtemps cru et dura au moins jusqu'après l"'imperium" d'Auguste. En effet les dernières révoltes ont eu lieu en pays Séquane en 70 et 71. L'empire des Gaules. Au cours du , l'empire romain connaît une grave crise, appelée par la tradition anarchie militaire. Aux invasions barbares s'ajoutent dans de nombreuses provinces une crise économique. De la mort de Sévère Alexandre en 235 à l'avènement de Dioclétien en 285, 64 empereurs ou usurpateurs se succèdent ou luttent les uns contre les autres. Parmi eux se trouvent quelques généraux qui prennent le contrôle des Gaules pendant une quinzaine d'années, assurent la défense du limes du Rhin et établissent un empire des Gaules qui dure de 260 à 274. Les Gaulois de l'empire romain. Les historiens parlent de la « romanisation » des Gaulois. Les termes « Gaulois » et « Gaule », ainsi que l'essentiel des noms de peuples et de tribus de la Gaule protohistorique restèrent en usage pour désigner peuples et territoires ("cités"). Par la suite, ces circonscriptions et leurs noms se fixèrent dans les diocèses pour parvenir jusqu'à nous : Périgueux, cité des Pétrocores, Vannes, cité des Vénètes, etc. En archéologie et en histoire, les Gaulois romanisés sont appelés Gallo-romains, quoique ce terme n'ait jamais été employé dans les sources. Culture. Contrairement à une idée reçue tenace, les Gaulois ne vivaient pas dans les forêts (le paysage était ouvert, moins boisé qu'aujourd'hui), ils vivaient en ville (oppidum) ou à la campagne (maillage de grandes fermes abritant des aristocrates). Avant même la conquête de la Gaule par l'armée romaine, les Gaulois entretenaient des relations commerciales denses avec les marchands romains. On trouve à Bibracte, à 500 km de la côte, des centaines de tonnes de fragments d'amphores de vin produit en Italie centrale, importées par les Gaulois au ; ces témoignages archéologiques renforcent la thèse d'un développement important du commerce en Gaule. La monnaie gauloise était conçue de manière à pouvoir être échangée avec du numéraire romain. Les Gaulois n'étaient nullement isolés. Aux échanges économiques s'ajoute la circulation des hommes engagés dans les armées impériales. Christian Goudineau rappelle que les armées des grands empires de l'époque hellénistique ont recruté des Gaulois, qui ainsi, ont vu Athènes, Alexandrie, Antioche ; ces mouvements ont introduit au moins une amorce d'acculturation. Artisanat. L'artisanat prospère notamment dans l'art de la guerre. L'armement (casques, épées, pointes de lances et de flèches) témoigne de l'adresse des forgerons et des armuriers gaulois qui inventent la cotte de mailles (sans doute le modèle utilisé par les Romains, son usage se répandant en Europe au haut Moyen Âge) et les chaînes de ceintures à l'articulation complexe. L'outillage des métiers du fer (bêches, faux, araires) bénéficie de cet art de la guerre. . La vaisselle (en céramique, mais aussi en bronze voir des objets en or et en argent liés à une marque de prestige), les parures (bagues, bracelets, fibule, pendentif, torques) sont également des témoignages de la maîtrise de cet art. Les Gaulois sont des artisans réputés dans le travail du bois : le tonneau cerclé de métal, notamment, serait une invention gauloise ; des ateliers de tabletiers (faisant appel aux techniques de l'ébéniste, du marqueteur ou du tourneur) sont souvent situés à proximité des forges ou d'autres artisanats. La cuisine gauloise est riche et diversifiée : viandes (essentiellement d'animaux domestiques : bœufs, porcs, moutons, chevaux et chiens ; volaille telle que canards et oies ; les animaux chassés et mangés ne représentent qu'un centième des mammifères consommés, et le sanglier, mammifère moins fréquent que le lièvre ou les cervidés, est un animal honoré (les Gaulois lui attribuent des propriétés divines) et rarement chassé), poissons, céréales (blé, orge, millet), légumineuses (pois cassés, lentilles), légumes (haricots, herbes, panais, asperges), et fruits de saison (framboises, mûres, baies de sureau et de genévrier, noisettes et châtaignes). Ils ont l'habitude de rehausser le goût des aliments avec des condiments, sauces et épices divers, tels que le garum ou le cumin. L'habileté des artisans gaulois leur permet de produire des tissus et des vêtements (de lin à la saison chaude, de laine épaisse en hiver) avec un tissage qui dessine des rayures, des carreaux, interprète des fleurs. Leur qualité et confort sont tels qu'ils peuvent même être exportés. L'habillement caractéristique comprend chez l'homme les braies, pantalons retenus par une ceinture. Le Gaulois est torse nu ou porte une tunique, blouse à manche serrée à la taille, et la saie, manteau en forme de cape agrafé à la poitrine par une fibule. Le guerrier gaulois peut être en plus équipé d'un manteau, le bardocuculle, sorte de pèlerine avec capuchon (baptisé "cucullus"), d'une cotte de mailles et d'un casque avec des paragnathides articulées. La femme porte sous sa tunique une robe qui tombe jusqu'aux chevilles. Au pied, les deux sexes se chaussent notamment de brogues, des chaussures en cuir souple à semelle de bois avec laçage (mocassins reprise par les Romains qui les nomment "caligae", corruption de *"gallicae"). Les membres des classes privilégiées peuvent revêtir des habits en soie ou brodés de fil d'or ou d'argent. Architecture. Les édifices gaulois sont en bois et en terre, non en pierre, raison pour laquelle il n'en reste pas de vestiges visibles aujourd'hui. L'archéologie a mis en évidence en Auvergne la présence de sanctuaires gaulois de 50 mètres de côté, de 7 à 8 mètres de hauteur, avec des dizaines de colonnades, grâce aux traces laissées par les trous des poteaux et les parois ; ces monuments sont tout aussi imposants que ceux construits à la même époque en Grèce et à Rome, selon Matthieu Poux. Vincent Guichard rapproche cette architecture en bois de celle qui était à l'œuvre en Italie au temps des Étrusques. Langue. La langue gauloise est mal connue, cependant le "corpus" des inscriptions gauloises s'est considérablement enrichi ces dernières années, grâce aux progrès de l'archéologie, ainsi que la capacité linguistique à déchiffrer cette langue. Il est établi depuis longtemps que le gaulois est une langue celtique, parfois classée comme langue celtique continentale, alors que d'autres sources n'hésitent pas à souligner sa parenté étroite avec le groupe des langues celtiques brittoniques. Le français a certaines caractéristiques qui sont d'origine gauloise (mais la liste exacte est controversée). 150 mots sont considérés comme gaulois (si l'on exclut les termes dialectaux). La langue française est de toutes les langues romanes celle qui est la plus imprégnée de « celticismes ». Ainsi de nombreux noms d'arbres (if, chêne, érable, verne, etc.), de plantes (droue, beloce, fourdraine, etc.), de poissons (vandoise, limande, loche, etc.), de techniques (ardoise, gouge, quai, chai, etc.) sont propres au latin de Gaule, ainsi que des calques comme "aveugle" (bas latin "aboculis" « sans yeux » < gaulois "eksops", même sens), quelques influences phonétiques sûres comme "caisse" de "*caxsa" au lieu de "capsa" ou "chétif" (anciennement "chaitif") de "*caxtivu-" au lieu de "captivu-". Les Gaulois utilisaient peut-être (mais les témoignages ne sont pas directs et peu sûrs) le système de numération vicésimal (en base 20) ; la présence résiduelle en français de ce système (80 se disant "quatre-vingts" et non "octante" comme en latin ; l'hôpital des Quinze-Vingts, héritier d'un hospice fondé vers 1260 par Saint Louis pour 300 aveugles…) est peut-être due à cet héritage. Certains Gaulois utilisaient l'alphabet grec et comme monnaie des divisions du statère grec. Dans la Turquie actuelle, la Galatie est un lointain témoignage de la présence de Gaulois Volques (Galates) qui servirent Alexandre le Grand comme mercenaires avant de s'établir dans cette région d'Asie Mineure, où ils firent d'Ankara (Ancyre) leur capitale. Le quartier d'Istanbul nommé Galatasaray, « palais des Galates », pourrait provenir du fait de la résidence des mercenaires engagés par le pouvoir byzantin. À en croire saint Jérôme, dans son commentaire de l’"Épître aux Galates", ces derniers parlaient encore au la même langue que les Trévires (Trèves). Il faut donc supposer qu’à cette époque le gaulois n’avait pas encore disparu d’Asie mineure, ni d'ailleurs des bords du Rhin, à moins que l'auteur n'ait repris des écrits antérieurs. Science et art. Il existe une science gauloise équivalente, dans ses concepts, à la science grecque. Les Gaulois du possèdent des connaissances très élaborées de la géométrie, en particulier des propriétés du cercle, et de l'astronomie. Ils les transcrivent dans des objets, qui sont autant des œuvres d’art que des modèles de science. Musique. Il ne nous reste peu de la musique gauloise. Cependant nous pouvons en comprendre l’importance lorsqu’une catégorie sociale est tournée vers la musique : les bardes. Ces derniers, utilisant l’art poétique avec la musique, pouvaient conter gloire ou déboire de guerriers ou rois. Ils auraient eu le devoir aussi d’accompagner les âmes guerrières à l’Avalon, le paradis Gaulois, par la musique. Il nous reste deux instruments utilisés par les Gaulois : la lyre, cithare à sept cordes, et le carnyx, instrument de guerre. Au delà des rôles religieux et militaires de la musique, les Gaulois l’utilisaient aussi durant les assemblées pour calmer les mœurs. Religion. Les Gaulois sont polythéistes. Le druide est un personnage important aux multiples facettes : il remplit le rôle à la fois de ministre du culte, théologien, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Les "ovates" secondent les druides en amenant et liant les bêtes lors des sacrifices. Les Gaulois pratiquent des sacrifices d'animaux pour les Dieux et procèdent ensuite à de la divination avec leurs organes. Ils ont pour rituel de détruire volontairement leurs armes et leurs objets de guerre ainsi que des pièces de monnaie par exemple afin de les offrir aux Dieux en leur faisant perdre leur valeur pour les mortels. Les auteurs antiques ont propagé le stéréotype de . Structure sociale. Les Gaulois, comme de nombreuses civilisations antiques, entretiennent des rapports fonctionnant sur un principe clientéliste. Ce lien social très fort serait apparu lors de l'époque aristocratique () et aurait perduré jusqu'à la conquête, lorsque des notables locaux (les « Vergobrets ») se seraient substitués aux nobles. Les clients servaient des patrons, sans doute originellement afin de rembourser d'anciennes dettes, de réparer certaines fautes, ou pour d'autres raisons à caractère social et ce lien se transmettait héréditairement. L'homme ou le peuple client était libre (le clientélisme antique est différent de l'esclavage) mais il devait rendre des services ou s'acquitter de tributs. Un patron pouvait avoir plusieurs clients. Il pouvait, enfin, défaire le lien qui pesait sur sa clientèle ou bien transmettre sa clientèle à un autre. Des "gens", des familles entières, pouvaient ainsi être clientes d'une personne ou d'une famille puis d'une autre. Sentiment d'appartenance. La question se pose de savoir si les Gaulois avaient conscience d'appartenir à un ensemble de peuples ayant en commun une culture commune au-delà de leur tribu. Certains éléments relatifs au rôle de la classe sacerdotale attestent que les Gaulois avaient le sentiment d'appartenir à un ensemble cohérent, capable en certaines circonstances de transcender les petites patries tribales, à la manière des "Highlanders" écossais, cultivant avec passion leurs appartenances à ces clans rivaux mais conscient d'appartenir à une patrie commune. La classe sacerdotale veillait au maintien de cette unité avec une institution qui était celle de l'Assemblée de la « Forêt des Carnutes », sur les bords de la Loire, dont on sait qu'elle était commune à tous les peuples de la Gaule et à elle-seule ; au cours de celle-ci, se prenaient des décisions importantes pour tous les peuples de la Gaule. Vaste forêt parsemée d'étangs, la Sologne fut à l'époque gauloise une forêt-frontière d'une grande importance, séparant deux importantes nations celtes, les "Carnutes" au Nord, les "Bituriges Cubes" au sud et pourrait correspondre à cette « Forêt des Carnutes », principal Nemeton de la Gaule et témoignerait d'un sentiment d'appartenance gaulois au-delà des différences tribales. Cette institution imposait une trêve respectée par tous les peuples gaulois et peut être comparée aux Jeux panhelléniques, qui dans une Grèce morcelée en Cités-États en perpétuelle rivalité armée, imposait également une trêve à tous les peuples de la Grèce. D'autres éléments vont dans ce sens, tel le discours que César lors de l'assemblée de Bibracte ou celui qu'il attribue à Critognatos, à Alésia. Agriculture. La Gaule était principalement un pays agricole. Sa prospérité provenait d'une agriculture largement excédentaire qui exportait ses surplus chez ses voisins, ce dont témoignent des textes massaliotes, étrusques et romains. La majeure partie de la population était constituée de paysans, réputés pour l'abondance, la qualité et la diversité de leur production, mais aussi pour leurs inventions technologiques. La quasi-totalité des outils employés dans l'agriculture jusqu'à la Première Guerre mondiale était déjà en usage chez les Gaulois, sans changement important et c'est à eux qu'il convient d'en attribuer l'invention. Chez les Belges, une moissonneuse a été inventée, attestée en pays rème et trévire. Urbanisation. Dans le sud de la Gaule, apparaissent assez tôt de véritables petites villes fortifiées. Le cas d'Entremont, capitale de la puissante tribu des Salyens, détruite par les Romains en 123 en est l'illustration, avec ses puissantes murailles et leurs tours, des maisons et des rues entièrement construites en pierre. De même, l'habitat celte de Martigue, mis au jour lors de travaux d'urbanisme, atteste lui aussi d'un développement urbain réel. Depuis la création en 2002 de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), ses chercheurs ont multiplié les fouilles préventives liées aux développements des constructions urbaines, routières et ferroviaires : il en résulte une série de mises au jour de villes gauloises jusque-là inconnues car non mentionnées dans les textes antiques. Centres de pouvoir contrôlant un territoire et reliées par un réseau de voies de communication, ces villes pouvaient servir de marché, de centre d'artisanat, d'entrepôt de stockage, de résidence princière, d'ateliers de monnayage, de lieux de garnison : non assimilables à de simples forteresses, elles étaient souvent des capitales de territoire. C'est plus à l'archéologie qu'aux textes, que l'on doit de connaître un processus urbain proprement gaulois beaucoup plus important qu'on ne le croyait. Des ensembles urbains souvent non fortifiées apparaissent dans le monde gaulois et au-delà celtique, dès le . Entre la fin du et le début du , ce processus atteint son apogée. En France, les oppida de Bibracte ou de Corent en sont les exemples les plus emblématiques, dotés de tous les équipements nécessaires au fonctionnement de la cité (rempart pour le premier, sanctuaire et édifice d'assemblée, pour le second). D'autres exemples comme celui du Mont-Lassois (Vix) ou de l'Oppidum Saint-Marcel (Le Pègue) attestent que c'est quatre cents ans plus tôt qu'il faut situer les débuts de centres urbains et que leur origine est indigène. Société gauloise. Organisation sociale. L'organisation de la société gauloise répond globalement aux fonctions tripartites indo-européennes avec la classe sacerdotale représentée par les druides, la classe guerrière représentée par une aristocratie qui gère les affaires militaires et la classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs). Organisation politique. Une généralisation précise d'un système politique commun à tous les peuples et tribus gaulois serait actuellement infondée. Cependant, une base commune se retrouve chez plusieurs tribus grâce aux sources antiques et à l'archéologie. Elle se compose du magistrat, du chef de guerre et du sénat. Au niveau tribal, des élections annuelles ont lieu rassemblant toute la noblesse guerrière de la tribu sous l'égide des druides. Cette assemblée armée élisait annuellement un magistrat, appelé vergobret qui avait l'interdiction de quitter le territoire, et un chef de guerre ou stratège dont la seule fonction est de mener les campagnes guerrières extérieures. Ces deux fonctions ne pouvaient être exécutées par la même personne ni même par deux membres de la même famille. Le sénat d'un peuple gaulois aurait été composé des membres de familles patriciennes et avait un rôle de consultation. Ces mêmes familles auraient fournis les magistrats. Au niveau civilisationnel, la réunion annuelle druidique dans la forêt des Carnutes avait un pouvoir politique fort. En effet, les druides étaient sollicités à la fois par des particuliers ou par des peuples pour des questions diplomatiques et rendaient un jugement du fait de leur réputation sage, savante et neutre. Apparence physique. Le savant Posidonios qui a effectué un voyage dans le sud de la Gaule dans les années 100 av. JC, décrit les Gaulois ainsi : . Cette description nuancée n'a pas empêché une série de stéréotypes liés à leur physionomie : tous les Gaulois seraient des hommes robustes, de haute taille, à la peau blanche et les yeux bleus, portant de longues moustaches pendantes et une chevelure claire (blonde ou rousse), longue et hirsute. Ce portrait caricatural est utilisé . Données génétiques. Les études génétiques portant sur les populations celtiques du territoire de la Gaule sont en accord avec le peuplement de l'Europe à l'âge du bronze, puis à l'âge du fer. Elles montrent chez les individus étudiés un clair héritage de la steppe pontique. Cette ascendance est suggérée notamment par la forte fréquence de l'haplogroupe mtDNA H et les fréquences notables des haplogroupes U4 et I. Ces caractéristiques sont communes avec les groupes de l'Âge du bronze ayant un fort héritage des steppes. L'héritage des steppes est confirmé par la majorité frappante des haplogroupes R* et R1b du chromosome Y. L’analyse de l’ADN de fossiles, de sépultures et d’individus contemporains européens et français a permis de retracer en grande partie l’histoire des populations peuplant l’Europe et la France depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Ces études montrent notamment que les invasions du Bas-Empire puis du Haut-Moyen Âge concernaient des populations peu nombreuses, quelques milliers d'individus, et génétiquement très proches, et qu’il n’y a pas eu de variations génétiques importantes en France et en Europe depuis environ . C'est donc bien une population essentiellement gauloise qui peuplait au cours du millénaire le territoire correspondant à la France moderne. Des études génétiques récentes, publiées depuis les années 2020 ont montré que les individus de l'âge du bronze et ceux de l'âge du fer se regroupent ensemble dans des profils génétiques proches des populations actuelles d'Europe centrale. L'âge du fer n'est pas lié à un nouveau flux de gènes, ce qui semble indiquer qu'il correspond en France à une diffusion culturelle et non pas démique. Les Gaulois ne seraient donc pas les descendants d'envahisseurs venus d'Europe centrale pour amener la culture celtique gauloise dans ce qui est aujourd'hui la France mais seraient plutôt les descendants directs des populations de l'âge du bronze et donc le phénomène celtique serait plus dû à une acculturation plutôt qu'amené par une population étrangère. Ces conclusions sont en adéquation avec les théories qui font émerger les Celtes de populations issues de la culture campaniforme. Néanmoins, étant donné la grande homogénéité des profils génétiques en Europe à cette période, une migration intra-européenne est difficile à mettre en évidence. Héritage. Historiographie grecque et romaine. Le sac de Rome en 390 par les Gaulois menés par Brennus et celui de Delphes par Brennos en 279 durant la Grande expédition, suivi de la colonisation des Galates en Asie Mineure, sont à l'origine du stéréotype ethnographique gaulois forgé dans les textes des auteurs grecs et romains (Posidonios, Diodore de Sicile, Strabon, Tite-Live, Cicéron et César), stéréotype que les Gaulois ont pu ensuite intérioriser : celui du guerrier ne respectant pas les lieux sacrés et se battant de manière désordonnée, parfois nu car méprisant la mort ; du barbare hirsute, la moustache pendante, s'habillant de manière bariolée, s'adonnant volontiers aux sacrifices humains et à l'ivresse lors des festins. Ce topos renforcé par l'iconographie gréco-romaine (monnaies, sculptures) est cependant infirmé par les travaux archéologiques et historiques qui montrent une société gauloise très bien organisée politiquement et religieusement. Historiographie française. La genèse de la conscience nationale française se produit au cours de plusieurs phases historiques : depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen Âge, se développe l'identité gauloise avant même son existence, au émerge culturellement la conscience nationale grâce à la redécouverte du passé gaulois par un petit groupe d'érudits humanistes, au et surtout au se politise l'idée nationale en faisant réémerger le passé, après la guerre de 1870 et au l'idée nationale au travers de l'identité gauloise se met à acquérir le soutien des masses. La légende de l'origine troyenne des Francs est un mythe historique apparu au et couramment utilisé jusqu'à la seconde moitié du , faisant des Romains (descendants du Troyen Énée) les frères des Gaulois. Il est popularisé par les écrivains et les chroniqueurs de Frédégaire à Ronsard, et évolue progressivement en intégrant celui de l'origine troyenne des Gaulois. Au Moyen Âge classique, le mythe troyen d'identification devient de plus en plus englobant : dans les romans courtois, les Troyens sont à l'origine des défrichements ou de la hiérarchie féodale en France. Ce mythe élitiste, correspondant à la première phase du mouvement national selon l'historien Miroslav Hroch, légitime la domination de la noblesse et du clergé chrétien sur l'ensemble de la société. Au , l'émergence de royaumes nationaux sûrs de leur identité voit les sociétés en quête d'autochtonie refuser leur mythe des origines troyennes remis en cause scientifiquement par les humanistes de la Renaissance. La France ranime ses ancêtres Gaulois au détriment des Troyens. Au , dans un contexte de celtomanie (depuis l’"Illustration de Gaule et Singularité de Troie" de Jean Lemaire de Belges en 1511 jusqu'au roman "L'Astrée" d'Honoré d'Urfé en 1627), naît le mythe de la Gaule indépendante et du « bon gaulois » vis-à-vis des Romains dont les Italiens se réclament les descendants légitimes, comme dans l'ouvrage de Pierre de La Ramée en 1559 "De moribus veterum Gallorum" (Livre des mœurs des Gaulois). Les historiens humanistes de cette époque, essentiellement des juristes comme François Hotman, imaginent une monarchie gouvernée par des assemblées libres (parlements et États généraux), à l'instar des assemblées druidiques. Au , la monarchie absolue revient au mythe troyen à l'origine des rois Francs chrétiens régnant sur un peuple issu des Gallo-romains. Au , l'image des Gaulois dans les milieux lettrés n'est plus valorisante : l'article "Gaulois" de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert conclut ainsi : . Cette image est radicalement changée à la même époque par plusieurs courants : un courant historique portant sur une querelle entre germanistes et romanistes, un courant archéologique et ethnographique porté par des antiquaires anglais puis français. Ce courant est initié par l'antiquaire anglais William Stukeley qui fait revivre le mythe druidique : dans "The History of the Temples of the Ancient Celts" publié en 1740, il développe la théorie selon laquelle les monuments mégalithiques sont les temples des druides. Le néodruidisme apparaît alors, remettant les Celtes et les Gaulois à l'ordre du jour. Un autre courant littéraire est mené par le poète et faussaire écossais James Macpherson, auteur entre 1760 et 1763 d'Ossian et notamment de "Fragments de poésie ancienne recueillis dans les montagnes d'Écosse" qu'il attribue à un barde guerrier, redonnant ainsi la popularité aux Celtes et Gaulois par la littérature. La Révolution française se réclame plutôt de la République romaine ou de Sparte, à l'exception de l'abbé Sieyès : alors que la noblesse fait remonter ses privilèges à la conquête franque, l'essayiste et religieux français, favorable au Tiers état, rappelle que cette conquête s'est faite sur les Gallo-romains. L'origine du peuple français serait donc les Gaulois. Au , François-René de Chateaubriand réalise la synthèse entre le mégalithisme et l'ossianisme dans Les Martyrs publié en 1809. Plusieurs auteurs régionalistes s'intéressent aux origines celtes de leur région comme Théophile-Malo de La Tour d'Auvergne-Corret en Bretagne, Hector du Lac de la Tour d'Aurec dans le Forez ou Jean Picot dans le Genevois. Sous la Restauration puis les Trois Glorieuses, de jeunes historiens Amédée Thierry (c'est lui qui fait naître le « Nos ancêtres les Gaulois » dans son "Histoire des Gaulois" publiée en 1828) puis Henri Martin relisent les textes antiques grecs et romains et réécrivent l'histoire de France non plus sous la chronologie dynastique mais sous l'angle de la nation vieille de : ils consacrent à nouveau les Gaulois comme ancêtres originels des Français et créent des légendes autour du premier héros national, Vercingétorix. , auteur d'une biographie de Jules César (en 1866), a contribué à ranimer le passé gaulois : il commande au sculpteur Aimé Millet la statue monumentale de Vercingétorix, érigée sur le site d'Alésia ; il favorise le développement de sociétés savantes menant des fouilles archéologiques (Jacques Gabriel Bulliot et Bibracte en 1836, Joseph Déchelette engage des correspondances avec tous les savants européens pour y visiter leurs oppida) sous la houlette de Prosper Mérimée, il s'implique dans les chantiers de fouilles (Gergovie, Alésia, Bibracte dont on recherche alors les emplacements) sur les sites de la guerre des Gaules, chantiers confiés à son aide de camp le colonel baron Eugène Stoffel, historien dans l'âme. Les instituteurs de la Troisième République, par leur haine du Second Empire accusé de vouloir imposer son histoire officielle, remettent en cause ces emplacements, à tort. Dans un but de propagande nationale destinée à exalter le patriotisme des Français, notamment au début du dans le contexte de l'opposition à l'Allemagne, l'idéologie de l'école de Jules Michelet et de la Troisième République a propagé une vision ethnocentriste du peuple français, privilégiant un élément gaulois indigène (Vercingétorix est vu comme un résistant à l’envahisseur) par rapport aux éléments romains, germaniques et romans postérieurs, voulant également restaurer les frontières naturelles de la Gaule. Ainsi, dans l'église de Ham, on pouvait voir jusqu'à l'époque de la Grande Guerre, un plâtre (préfiguration d'un bronze) dans lequel Vercingétorix et Jeanne d'Arc se serraient la main, avec marqué au revers . Les manuels scolaires sont illustrés de reproductions d'estampes avec des représentations archétypales : sacrifice humain par un druide sur un dolmen, reddition du valeureux Vercingétorix à cheval, jetant ses armes aux pieds de César. Ernest Lavisse, dans son "Histoire de France illustrée depuis les origines jusqu’à la Révolution" aux nombreuses rééditions, parle des Gaulois comme des barbares hirsutes indisciplinés mais . "Le Tour de la France par deux enfants" d'Augustine Fouillée, destiné au cours moyen, décrit la Gaule . Dans cette vision, Rome a apporté la civilisation à la Gaule comme la France l'apporte à ses colonies. Les deux guerres mondiales ne modifient pas cette vision d'une Gaule héroïque résistant bravement, le personnage de Vercingétorix étant utilisé sous l'Occupation aussi bien par les tenants du maréchal Pétain qui voient dans le héros gaulois la dignité qu'il faut afficher dans la défaite et la lucidité de se placer sous la domination militaire romaine (Vercingétorix est alors assimilé au maréchal, la domination romaine aux nazis), que par les tenants du général de Gaulle qui exaltent sa volonté de lutter jusqu'au bout pour l'indépendance nationale.
Panoramix Panoramix est le principal druide de la bande dessinée "Astérix", de René Goscinny et Albert Uderzo. Première apparition. Panoramix apparaît dès le premier album "Astérix le Gaulois" et par la suite dans tous les albums (à l'exception de "Les Lauriers de César" bien qu'il y figure au banquet final), son rôle fondamental dans le village d'Astérix en faisant un des personnages les plus importants. Il joue un rôle important dans beaucoup d'albums, mais il a une place centrale dans certains comme "Le Combat des chefs". Hutte. Panoramix habitait dans une grotte en pleine forêt dans le premier album ("Astérix le Gaulois"); dans les suivants, il vit au village gaulois dans une hutte avec un toit en poutres recouvert de chaume. La façade est en pierres, percée d'une porte. La cheminée avec la marmite où il prépare ses potions se trouve au fond de la pièce. Mixtures magiques. Fameuse potion magique. La composition de la potion magique est tenue rigoureusement secrète. Les rares ingrédients dévoilés dans les albums sont : Panoramix dans le monde. Comme pour beaucoup de personnages de la série, son nom est modifié dans les versions étrangères . Il est appelé "Panoramix" en russe, portugais, néerlandais, espagnol, catalan et italien, mais : Médias. Adaptations au cinéma. Films d'animations. Plusieurs comédiens de doublage ont prêté leurs voix à Panoramix : Films en prises de vues réelles. Bien que Panoramix ne soit que mentionné dans le quatrième film ", sorti en 2012, il est crédité dans le générique de fin, comme étant interprété par László Baranyi. Attractions au Parc Astérix. Au sein du célèbre parc d'attractions, l'image de Panoramix est très présente et le personnage possède même un théâtre à son nom, certains spectacles qui s'y sont joués l'ayant directement mis en scène. Sa hutte est également présente dans la reconstitution du Village Gaulois, celle-ci étant parfois ouverte au public et le druide y apparait sous la forme d'un automate dans une mise en scène de la préparation de la Potion Magique. Lors de l'ouverture, une attraction le mettait en scène : "La Balade d'Astérix". Celle-ci comportait en effet de nombreuses animatroniques et plusieurs représentaient le célèbre livreur de menhirs. Toutefois, l'attraction a été remaniée en 1999, devenant "Épidemaïs Croisières", et le célèbre druide devient alors moins présent sur le parcours, laissant la place à plus de personnages de l'univers de la série. Encore visible jusqu'en 2013 à la fin de la zone couverte de l'attraction, d'abord sous la forme d'une statue qui obtiendra du mouvement comme tant d'autres en 2010 mais une projection murale en relief s'y substitue en 2014, le personnage étant désormais totalement absent de cette attraction.<br>Panoramix est également représenté sur les décorations du "Carrousel de César" (ouverte en 1989) et des "Chaudrons" (en 1990). La nouveauté 2019 du Parc est "Attention Menhir", un film d'animation, réalisé par François-Xavier Aubague et Arnaud Bouron, projeté dans un nouveau cinéma 4-D. Ce dernier prend place dans le Cinématographe situé dans La Rue de Paris, renommé pour l'occasion Les Studios Idéfix, en référence aux studios du même nom. Le style graphique de ce film d'animation est basé sur les deux films réalisés par Alexandre Astier et Louis Clichy. La distribution vocale des principaux personnages du village est sensiblement la même que dans ces films, Panoramix retrouvant ainsi la voix de Bernard Alane. Jeux vidéo. Panoramix est bien sûr présent dans la plupart des jeux vidéo adaptés de la bande dessinée : Et il tient notamment un rôle important dans les trois jeux développés par Étranges Libellules et édités par Atari :
Peuple gaulois
Pierre Boulle Pierre Boulle, né le à Avignon et mort le à Paris, est un écrivain français. Agent de la France libre en Asie du Sud-Est pendant la Seconde Guerre mondiale, il est l’auteur du "Pont de la rivière Kwai" (1952) et de "La Planète des singes" (1963). Biographie. Jeunesse. Son père Eugène Jean Baptiste Boulle (1880-1926), Seconde Guerre mondiale. Au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale, Pierre Boulle se trouve toujours en Asie du Sud-Est. Dès la déclaration de guerre de 1939, volontaire pour partir sur le front, il se rend à Singapour puis à Saïgon où il est mobilisé sur place. En juin 1940, la France s'effondre. Pierre Boulle est envoyé à la frontière siamoise à la tête d'un peloton d'automitrailleuses : peu de combat mais c'est pour lui la découverte des charmes du Laos. En 1941, alors que la France est occupée, il décide de rejoindre le mouvement gaulliste, dont un représentant, François Girot de Langlade, ancien planteur comme lui, se trouve alors dans la base militaire britannique de Singapour. Boulle devient officier de liaison (sous-lieutenant) du commandant Baron. Après un entraînement spécial et muni d’un faux passeport anglais, sous l’identité de "Peter John Rule", il part en mission en Indochine contre les Japonais, alliés des Allemands, pour tenter de fomenter des révoltes, en faisant sauter des ponts. Cependant, dès son arrivée, en 1942, il est capturé par des militaires français fidèles à Vichy. Jugé comme traître, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Deux ans plus tard, il parvient à s’évader de Saïgon, et rejoint la Force 136 du Special Operations Executive (un service spécial britannique), à Calcutta. Il contera en 1966 ses aventures dans un livre, "Aux sources de la rivière Kwaï". L'écrivain. Après la guerre, lorsqu'il retrouve sa patrie libérée, le général de Gaulle lui remet plusieurs médailles pour ses exploits. Aussitôt, il se cherche : que faire après avoir vécu tant d’aventures ? Un jour, sur un coup de tête, il décide de vendre tout ce qu’il possède, puis s’installe dans un petit hôtel à Paris pour écrire. L’aventurier est désormais un écrivain célèbre. Il habite chez sa sœur Madeleine devenue veuve, et s’occupe comme un père de sa petite nièce Françoise, à laquelle il racontait tous ses romans avant de les écrire. Célibataire endurci, Boulle écrit tous les jours ; de 1950 à 1992, il publie un livre presque chaque année, dont deux romans qui sont publiés dans le monde entier et sont considérés comme des classiques : un roman d'aventures publié en 1952, "Le Pont de la rivière Kwai" , et un autre de science-fiction en 1963, "La Planète des singes", le plus célèbre de ses romans, traduit dans plusieurs langues, et qui a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques. Boulle a vécu ainsi jusqu’à la fin de ses jours, partageant son temps entre Paris et une maison de campagne à Autry-le-Châtel dans le Loiret, et écrivant des livres où il se plaisait par-dessus tout à construire la rencontre entre deux choses : « le simple et l’étrange ». Il meurt le . Son urne funéraire est alors placée dans la case du columbarium du cimetière du Père-Lachaise. En , ses cendres sont finalement déposées dans le caveau familial au cimetière Saint-Véran à Avignon. Œuvre. Accueil et perception de son œuvre. "William Conrad", son premier roman, est publié en 1950. Boulle a alors 38 ans et aucune formation littéraire, mais l’histoire d’agents secrets présente une aura d’authenticité qui séduit la critique. Deux de ses romans connaissent une notoriété mondiale, grâce à leurs adaptations cinématographiques : "Le Pont de la rivière Kwaï" et "La Planète des singes", et à leur traduction en langue anglaise par Xan Fielding, ancien officier du "Special Operations Executive" pendant la Seconde Guerre mondiale. "Le Pont de la rivière Kwaï" obtient le prix Sainte-Beuve. Inspiré d’une période de la vie de Boulle, engagé dans les FFL, le roman et le film de 1957 du même nom, réalisé par David Lean, assurent la célébrité de l’auteur. "Le Photographe" est adapté au cinéma par Jean-Claude Tramont sous le titre "Le Point de mire", en 1977. Pierre Boulle est, avec Jacques Spitz, René Barjavel et José Moselli, un des pionniers de la science-fiction française. Dans une histoire écrite en 1949, "Une nuit interminable", publiée dans le recueil "Contes de l'absurde" (1953), Boulle joue avec les paradoxes temporels, faisant preuve d’un étonnant modernisme, à la manière de Barjavel dans "Le Voyageur imprudent". Ce recueil est par ailleurs le premier recueil de nouvelles de science-fiction françaises. Dans "Un métier de Seigneur", il montre un lâche qui est démasqué après la guerre par ses anciens compagnons d'armes de la Résistance, mais meurt en héros pour ne pas avouer sous la torture sa couardise passée. Pierre Boulle est également l’un des auteurs français les plus traduits et les plus connus à l’étranger, plus particulièrement aux États-Unis où ses romans connaissent un énorme succès, dopé par les adaptations cinématographiques du "Pont de la rivière Kwaï" et de "La Planète des singes". Il est ainsi l’objet d’une étude littéraire, "Pierre Boulle", écrite par Lucille Frackman Becker, parue chez Twayne Publishers et jamais traduite en français. Une autre étude, "Pierre Boulle et son œuvre", écrite par Paulette Roy, est publiée en 1970 chez Julliard. Pour cette étude, Paulette Roy a rencontré l’écrivain qui lui donnait lui-même de nombreux renseignements. Elle y présente ses œuvres et le situe avec de nombreux exemples dans la lignée de plusieurs auteurs pour la satire, la science, et tous les sujets les plus fréquents dans son œuvre. Exemple de l'aura de Pierre Boulle aux États-Unis, dans la série télévisée dérivée d’', ', dans l’épisode "Planet of the Frohikes", on mentionne le "Boulle Behavioral Institute", en hommage à l’auteur. Par ailleurs, dans l’épisode 5 de la première saison de "X-Files" ("Le Diable du New Jersey"), un ranger s’appelle « Peter Boulle ». "La Planète des singes". "La Planète des singes", considéré comme un classique de la science-fiction et le livre le plus important de l’écrivain, connaît un grand succès à sa sortie en 1963. Entre 1968 et 2017, le roman a connu neuf adaptations cinématographiques américaines, deux séries télévisées en 1974 et 1975 et d’innombrables séries de bandes dessinées. Dans le roman, le professeur Antelle organise une mission à destination de l’étoile Bételgeuse. Accompagné du physicien Levain et du journaliste Ulysse Mérou, il découvre une planète semblable à la Terre, appelée Soror, et décide de l’explorer. C’est ainsi qu’ils découvrent avec horreur qu’elle est dominée par des primates chassant les hommes comme des bêtes sauvages… Aucune des adaptations n’a été fidèle à la version de Boulle. Elles sont plutôt spectaculaires et « réalistes », etc. En 1968, après le premier volet au cinéma, Boulle écrit un script sous le titre "La Planète des hommes" ; refusé par les studios, ce scénario manuscrit fait partie des collections de la Bibliothèque nationale de France depuis 2007. La saga cinématographique des années 1970 met en avant les dangers de la guerre nucléaire, très en vogue à l’époque dans le cinéma américain. Trois Américains échouent sur la Terre du futur (sans le savoir) après avoir traversé le temps lors d’un voyage spatial. L’astronaute Taylor découvre alors que les singes intelligents ont pris le contrôle de la planète après une guerre qui a transformé les continents en déserts et jungles, et l’Homme en un être inférieur et muet… Dans le film de 2001 réalisé par Tim Burton, une station spatiale s’écrase sur une planète inconnue. Des primates, utilisés pour le vol spatial habité, se rebellent contre les survivants humains pour ériger leur propre civilisation. Des siècles plus tard, Léo Davidson, un astronaute qui faisait partie de la station et qui a traversé le temps, se retrouve prisonnier des singes et tente de s’échapper… Dans "" de 2011, un laboratoire développe un remède contre la maladie d’Alzheimer en testant un rétrovirus sur des singes. Le virus, mortel pour l’Homme, décuple l’intelligence d’un chimpanzé qui mène alors ses semblables à la révolte… Si l’on devait comparer les différentes adaptations, c’est la première version qui est la plus proche du roman, par le déroulement de l’histoire et sa présentation du comportement des singes (chasse au fusil, prise de photos avec les trophées humains, expériences en laboratoire...) vis-à-vis des hommes (qui y sont muets comme dans le roman). Ses seules trahisons à l’œuvre de Boulle provient du lieu de l’action, que le film de Burton rétablit, ainsi que la fin avec la Statue de la Liberté échouée, ce dont Boulle ne voulait pas ; il écrit d'ailleurs au producteur Arthur P. Jacobs pour exprimer son désaccord. Dans le livre original, l’action se passe sur une planète inconnue, et non sur la Terre. Et lorsque le héros rejoint la Terre à la fin du livre, c’est pour découvrir que les hommes ont subi un sort similaire à ceux de la planète explorée (comme dans le film). Œuvres posthumes. Cinq ans après la mort de Pierre Boulle, sa nièce, qu’il avait élevée comme sa propre fille, et le mari de celle-ci découvrent de nouveaux manuscrits inédits dans les archives de l’auteur. Presque illisibles, il a fallu repasser une à une les vingt mille pages découvertes pour les restaurer. À l’issue de ce fastidieux travail, un nouveau roman sort de l’oubli, "L’Archéologue et le Mystère de Néfertiti", probablement écrit entre 1949 et 1951, et finalement paru au Cherche midi en 2005. Des nouvelles inédites ou oubliées ont également été réunies en un recueil, "L’Enlèvement de l’Obélisque". Manuscrits de ses œuvres. En , les héritiers familiaux de Pierre Boulle font donation de la collection complète de ses manuscrits à la Bibliothèque nationale de France. Jean Loriot-Boulle, son neveu et gendre, évoque les souvenirs de Pierre Boulle lors de la Nuit de la lecture organisée en janvier 2020 par les bibliothèques de CentraleSupélec. Bibliographie des œuvres premières. Recueils de nouvelles. Si Pierre Boulle est célèbre pour ses romans, c'est pourtant dans ses nouvelles qu'il exprime le plus d'originalité et de force.
Prix Goncourt Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d'expression française, créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1892. La Société littéraire des Goncourt, dite Académie Goncourt, est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt proclamé le . Le prix annuel est décerné au début du mois de novembre par l'Académie Goncourt, après trois présélections successives, en septembre et en octobre, parmi les romans publiés dans l'année en cours. Il s'agit du plus ancien et de l'un des plus prestigieux prix littéraires français. Historique. Le prix Goncourt, créé pour récompenser chaque année est attribué presque exclusivement à un roman. En 1862, les frères Goncourt décident qu’après leur mort, leurs biens seront vendus, leur capital placé et les intérêts de cette somme utilisés par leur Académie Goncourt pour rémunérer dix auteurs à hauteur de francs or par an (avec cette rente à vie, les dix académiciens peuvent ainsi vivre de leur plume) et pour décerner un prix annuel de francs or. Cependant, l'Académie Goncourt devant être reconnue d'utilité publique, elle doit placer ses fonds sous forme de portefeuille comprenant des obligations d'État, certes peu rémunératrices mais jugées sûres. Hélas, celles-ci n'étaient pas indexées sur l'inflation (inexistante en 1900) : avec la Première Guerre mondiale, puis la création du franc Poincaré en 1928, ce portefeuille obligataire s'effondre au fil des dévaluations successives ; les montants des rentes et du prix suivent la même tendance que la valeur du capital de l'académie littéraire. On aboutit à la somme de 50 nouveaux francs en 1962. Depuis 1903, un chèque est remis au lauréat du prix Goncourt, lequel distinguait à l'origine des romans naturalistes pour échapper à l'érudition qu'affectionnent les académiciens. Aujourd'hui, du fait de l'inflation, le montant du chèque, que certains lauréats font encadrer, ne représente plus qu'un prix symbolique — actualisé à — mais la « notoriété » promise au lauréat dès la fin de la Première Guerre mondiale par l'académicien Jean Ajalbert, qui verra son œuvre accéder au palmarès des meilleures ventes, est une récompense bien plus convoitée. En outre, en marge du prix Goncourt, l'académie décerne les prix Goncourt de la poésie (qui a pris en 2012 le nom de « prix Goncourt de la poésie Robert Sabatier »), de la nouvelle, de la biographie (devenu « prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux » en hommage à la présidente de l'Académie, après son décès) et du premier roman. Depuis octobre 1914, les dix membres de l'Académie Goncourt se réunissent au restaurant "Drouant", rue Gaillon, dans le deuxième arrondissement de Paris chaque premier mardi du mois depuis 1920 dans leur salon, au premier étage du restaurant. Le prix est attribué début novembre. Si, après quatorze tours de scrutin, il n'y a pas de lauréat élu, le président a une voix double pour déterminer une majorité de vote. Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. Ce principe n'a connu qu'une exception, consécutive à la supercherie de Romain Gary qui a reçu le prix en 1956 pour son roman "Les Racines du ciel", puis en 1975, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour le roman "La Vie devant soi". Depuis 1926, le prix Goncourt est indissociable du prix Renaudot, créé cette année-là par dix critiques littéraires qui attendaient la proclamation faite par le président de l'Académie Goncourt. Sans lui être organiquement lié, le jury du Renaudot joue le rôle de complément naturel du jury du Goncourt, ce rôle étant accentué par l'annonce du résultat, qui intervient simultanément et dans le même cadre. En 1941, les autorités de Vichy sont intervenues dans l’attribution pour éviter que le roman de Raymond Guérin, "Quand vient la fin", jugé démoralisant, soit couronné. Le prix est allé à Henri Pourrat, écrivain régionaliste prônant le retour à la terre. En 1988, l'Académie Goncourt a accueilli avec bienveillance la création du prix Goncourt des lycéens par la Fnac en collaboration avec le rectorat de Rennes. Le , les jurés du Goncourt ont modifié certaines règles de fonctionnement à des fins de transparence, pour répondre aux critiques récurrentes qui leur étaient faites : ils ont décidé à l'unanimité que la qualité de juré était incompatible avec une fonction rémunérée dans une maison d'édition ; ils ont également prévu que les jurés n'ayant pas assisté aux réunions mensuelles pendant un an devaient démissionner ; et, enfin, ils ont instauré une limite d'âge, fixée à 80 ans, pour les futurs membres de l'Académie Goncourt (cette disposition ne s'appliquant pas de manière rétroactive). Secrétaire générale de l'Académie Goncourt de 1998 à 2018, Marie Dabadie a participé aux démarches visant à obtenir l'enregistrement du nom « Goncourt » à titre de marque et à doter l'Académie d'un site Internet officiel. Unique salariée de l'institution, elle était notamment chargée de transmettre aux membres du jury les ouvrages adressés par les éditeurs et d'assister à toutes les délibérations du jury. A partir de 2022, une règle tacite indiquée par le président de l'Académie Goncourt précise que les anciens jurés ne peuvent figurer dans la sélection et concourir au prix. Il apporte cette clarification au sujet de l'ouvrage "Cher connard" de l'ancienne jurée Virginie Despentes, qui fut l'un des romans les plus vendus de la rentrée littéraire. Une récompense aussi convoitée que décriée. Le prix Goncourt reste le prix littéraire le plus convoité en France, en particulier parce qu'il assure de fait à son récipiendaire une promotion et des tirages importants. Le gain pour l'éditeur serait évalué à au moins trois millions d'euros dans les huit semaines suivant l'obtention du prix. Une critique récurrente formulée à l'encontre du prix Goncourt est d'être parfois « passé à côté » d'auteurs majeurs du : Guillaume Apollinaire et Colette (qui deviendra plus tard membre puis présidente de l'Académie Goncourt) sont les premiers écrivains illustres à être recalés. Mais l'exemple le plus souvent cité est l'attribution du prix 1932 à Guy Mazeline pour son roman "Les Loups", l'année de la publication de "Voyage au bout de la nuit" de Louis-Ferdinand Céline évincé par 6 voix contre 4, qui constituera ce que le journaliste et écrivain François Nourissier, qui présidera l’Académie Goncourt de 1996 à 2002, qualifiera de plus grand « scandale » de l'histoire du prix Goncourt. Parmi les auteurs français reconnus, et parfois même nobélisés, qui ont été boudés par l'Académie Goncourt, les noms d'André Gide, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Albert Cohen, Claude Simon, Marguerite Yourcenar, Françoise Sagan, Antoine Blondin, Michel Butor et Jean-Marie-Gustave Le Clézio sont régulièrement cités. En 1999, le magazine "Lire" résumait le problème en une phrase lapidaire : . En conséquence, les jurés du prix Goncourt se voient souvent reprocher un certain académisme dans leur approche de la littérature. En 1983, Michel Tournier déclarait à ce propos : . De nombreuses critiques visent également l'affiliation des jurés à de grandes maisons d'édition (et plus précisément à trois éditeurs : Gallimard, Grasset et Le Seuil, d'où le terme ironique de « Galligrasseuil ») qu'ils auraient tendance à privilégier au détriment des petites maisons d'édition. Comme évoqué ci-dessus, de nouvelles règles ont été instituées en 2008 pour éviter tout soupçon de connivence entre des membres du jury et ces grandes maisons d’édition : les jurés ont désormais l'interdiction d'être salarié dans l'édition. Des réserves ont cependant été émises sur ces nouvelles règles qui ne garantiraient pas une plus grande impartialité. Les jurés, en tant qu'auteurs, restent liés à leurs maisons d'éditions, et comme le déclarait Bernard Clavel (démissionnaire de l'académie en 1977) : « je n'ai jamais vu un seul juré voter au dernier tour contre son éditeur ». À la différence d'autres prix littéraires prestigieux comme le prix Pulitzer, le prix Cervantes ou le prix Booker, le prix Goncourt n'est pas décerné par un jury « tournant » : les membres de l'Académie Goncourt n'étant pas remplacés d'année en année, ces soupçons continuent de peser sur leurs décisions. L'âge des jurés est également un sujet de controverse, voire de raillerie constante. Jules Renard écrivait déjà à ce sujet : . Pour y remédier, l'Académie a changé son règlement en 2008 pour prévoir que les jurés perdront désormais leur droit de vote à 80 ans (basculement vers l'honorariat). Si le prix Goncourt suscite encore la convoitise, son attribution peut être ressentie par certains lauréats comme une forme de cadeau empoisonné. Sept ans après avoir reçu le prix, Jean-Louis Bory écrit : « La première conséquence du Goncourt a été de planter une date dans ma mémoire, comme une écharde. (…) Depuis, je vieillis. (…) Le Goncourt, c'est automatique, vous attire le grand public. Il vous aliène, c'est aussi automatique, les “connaisseurs”, aux yeux de qui le Goncourt est une maladie assez honteuse, un peu dégoûtante, qui se tient entre le lupus et la blennorragie. (…) Résultat : le grand public lit votre livre pour l'unique raison qu'il a eu le Goncourt, mais ne lit pas vos livres suivants, pour la bonne raison qu'ils ne l'auront pas. (…) Les connaisseurs ne liront pas votre livre parce qu'il a eu le Goncourt, et ne liront pas les suivants parce que le premier a eu le Goncourt ». L'écrivain Jean Carrière, lauréat de 1972, écrira en 1987 le livre "le prix d'un Goncourt" pour raconter sa longue traversée du désert suite à l'attribution de ce prix. La compétition est grande pour l'annonce des résultats entre les jurys du Femina et du Goncourt. Ainsi Antoine de Saint-Exupéry reçoit le Femina en 1931 alors qu'il était favori du Goncourt, "idem" en 1993 pour Marc Lambron tandis qu'en 1959, c'est le Goncourt qui « souffle » André Schwarz-Bart au Femina. Un accord est conclu en 2000 entre les deux jurys pour que l'ordre d'attribution des deux distinctions alterne en principe d'une année sur l'autre. Certains critiques soulignent que la plupart des anciens lauréats sont tombés dans l'oubli. En 1974, au moment même où Romain Gary imagine de mystifier les jurés, Yvan Audouard écrit à propos du prix Goncourt : . L’Académie Goncourt a aussi pu prêter le flanc à la critique en distinguant surtout des hommes, ainsi que le constate la journaliste Cécile Mazin qui dénombre, en 2015, 112 lauréats dont 101 hommes avant proclamation du prix. Cécile Mazin signale que . Puis la journaliste publie en intégralité le tract du groupe d’action féministe La Barbe, qui énumère le nom de dix femmes auxquelles n’est pas allé le prix Goncourt : Rachilde, Colette, Irène Némirovsky, Françoise Sagan, Christiane Rochefort, Violette Leduc, Albertine Sarrazin, Nathalie Sarraute, Sylvie Germain et Amélie Nothomb. , ironise dans ce tract-manifeste le groupe d'action féministe. Cécile Mazin prolonge sa réflexion pour déterminer pourquoi, par exemple et à titre de rappel, . Dans un article paru dans le magazine littéraire et d’information éditoriale ActuaLitté et signé par son directeur, Nicolas Gary, le collectif La Barbe émet des hypothèses à ce sujet : . Le collectif observe encore : « Beauvoir en 1954 pour ses "Mandarins", ça ressemble à de la femme alibi ». Membres actuels de l'Académie Goncourt. Les dix membres de l'Académie Goncourt, qui sont cooptés par les autres membres, sont désignés à vie. Ils ne perçoivent aucune rémunération ni aucun dédommagement, hormis le couvert qui leur est assuré chez "Drouant". Chacun des académiciens se voit attribuer un couvert en vermeil gravé à son nom et est ainsi élu à un « couvert » déterminé. Depuis 2008, les membres sont : Liste des lauréats du prix Goncourt. Les lauréats du prix Goncourt sont : Autres prix Goncourt. Longtemps appelés « bourses », les Goncourt de la poésie, de la nouvelle, de la biographie, de la jeunesse et du premier roman sont décernés chaque année par l'Académie Goncourt. Goncourt des lycéens. Le Goncourt des lycéens est un prix littéraire français créé en 1988 par la Fnac, en collaboration avec le rectorat de Rennes et avec la bienveillance de l'Académie Goncourt. Le coup d'envoi du Goncourt des lycéens est donné tous les ans par l'annonce de la première sélection de l'Académie Goncourt. Le Goncourt des lycéens obéit aux mêmes règles de fonctionnement que le prix Goncourt. Plus de de opèrent leur choix propre parmi les romans de cette sélection. La Fnac met à disposition des lycéens dès la rentrée de septembre les ouvrages de la sélection que les lycéens vont lire et étudier pendant deux mois et organise, en coopération avec le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, des rencontres régionales au cours desquelles les lycéens ont la possibilité d'échanger et de débattre avec les auteurs des livres qu'ils ont lus. À l'issue de leurs lectures et de leurs rencontres avec les auteurs, les élèves élisent le « Goncourt des lycéens ». Le lauréat est proclamé quelques jours après son aîné. Goncourt des détenus. Le prix Goncourt des détenus est créé en 2022 pour . Sarah Jollien-Fardel en est la première récipiendaire pour son roman "Sa préférée". Goncourt de la poésie. La bourse Goncourt de la poésie a été instituée en 1985, grâce au legs d'Adrien Bertrand (prix Goncourt en 1914). À la différence des autres prix de l'Académie, ce prix est décerné à un poète pour l'ensemble de son œuvre et non pour un ouvrage ou recueil particulier. En 2012, le prix a pris le nom de « Goncourt de la poésie-Robert Sabatier » en hommage à l'Académicien récemment décédé. Goncourt de la biographie. Le Goncourt de la biographie est décerné annuellement depuis 1980. Il a pris le nom de « Goncourt de la biographie Edmonde Charles-Roux » après le décès de l'académicienne et en hommage à cette dernière, elle-même biographe. Le lauréat du Goncourt de la biographie Edmonde Charles-Roux est annoncé par les Académiciens à l'issue de leur réunion de début juin et est remis à son lauréat en septembre à Nancy lors du Livre sur la Place, une manifestation que les Académiciens parrainent depuis sa création. Goncourt Jeunesse. Décerné en partenariat avec la municipalité de Fontvieille : Choix Goncourt à l'étranger. Il existe également depuis 1998 un « » organisé par l'Institut français de Cracovie et décerné par un jury constitué d'étudiants des départements de français des universités de toute la Pologne sur la base de la liste établie en septembre par l'Académie Goncourt. Depuis 2012 un « Choix Goncourt de la Serbie » décerné par un jury constitué d'étudiants en langue et littérature françaises est organisé par l’Institut français de Serbie avec l'aide des universités serbes. 2013 a vu la naissance du « Choix Goncourt de la Roumanie », décerné par sept jurys d'étudiants (un jury étant constitué au sein du département de français de chacune des sept universités roumaines participantes) et organisé par l'Institut français de Roumanie avec le soutien de lecteurs français du pays et la librairie française de Bucarest, Kyralina. Proclamé pour la première fois en 2019, le « Choix Goncourt de l'Algérie » est organisé par l'Institut français d'Algérie à Alger, Annaba, Oran, Tlemcen et Constantine et est le fruit du vote d'un jury lycéen (à Alger) et de jurys étudiants et d'adhérents des médiathèques de l'Institut français d'Algérie constitués dans chacune des cinq villes précitées. Au , le nombre de « Choix Goncourt à l'étranger » s'élève à quatorze, chacun couvrant un pays ou une région : Algérie, Belgique, Brésil, Bulgarie, Chine, Espagne, Italie, Orient (Liban et douze pays du Moyen-Orient), Pologne, Roumanie, Serbie, Slovénie, Suisse et Tunisie. Pour l'édition 2019-2020, six nouveaux pays ont rejoint les pays participant au « Choix Goncourt à l'étranger » : le Royaume-Uni (Choix Goncourt décerné pour la première fois en décembre 2019), l'Autriche (Choix Goncourt décerné pour la première fois en janvier 2020), le Maroc (Choix Goncourt décerné pour la première fois en février 2020) et, enfin, la Grèce, la République tchèque et la Géorgie (qui décerneront chacune leur Choix Goncourt pour la première fois en mai 2020). Le nombre de « Choix Goncourt à l'étranger » s'élève ainsi désormais à vingt.
Porte logique Une porte logique ("gate") est un circuit électronique réalisant des opérations logiques (booléennes) sur une séquence de bits. Cette séquence est donnée par un signal d'entrée modulé en créneau (signal carré), et cadencé de façon précise par un circuit d'horloge, ou quartz. Les opérations logiques sont réalisées électriquement par une combinaison de bascules ou inverseurs, à base de transistors. Étant donné les capacités d'intégration en électronique, un circuit intégré comporte généralement plusieurs portes à la fois. Désignation. La négation logique est représentée par un triangle, puisqu'elle est réalisée par un simple transistor. On constate d'ailleurs que cette porte n'a qu'une seule entrée. Utilisation. Les portes logiques sont constitutives des technologies numériques (par opposition aux technologies analogiques) : elles sont omniprésentes dans les ordinateurs, les filtres numériques, horloges et chronomètres numériques. Elles assurent une multitude de fonctions : unité arithmétique et logique, adressage et lecture de circuits de mémoire, conversion analogique-numérique et numérique-analogique, conversion DCB, décodage de codes Gray, etc. Compteur. Le circuit ci-contre est alimenté en courant par le générateur à courant continu en haut à gauche, cependant que la base de temps est donnée par le signal d'horloge (le générateur de créneaux en bas à gauche). Les circuits 74LS107D sont de simples inverseurs à base de diode Schottky : ils détectent chaque changement d'état (de 0 à 1, ou de 1 à 0) de leur entrée, et envoient un signal 1 chaque fois qu'un changement a lieu (fonction de "trigger"). Le principe de l'afficheur numérique DCD_HEX en haut à droite est simple : en fonction du mot binaire codé sur quatre bits qu'il reçoit en entrée, il affiche la valeur décimale du nombre correspondant ( 0110 = 0x2³+2x2²+2x2+0x2⁰ = 6) en allumant les segments d'un afficheur sept segments. Pour comprendre le fonctionnement du circuit ci-contre, il faut supposer les entrées initialement à 0 et cheminer de la gauche vers la droite du diagramme ; chaque émission d'un créneau par le générateur, produit une alternance de 0 à 1, puis de 1 à 0 qui déclenche un signal des circuits inverseurs ; avec les tables de vérité des portes du circuit, on peut ainsi déterminer l'état (0 ou 1) des quatre bits d'entrée du circuit afficheur le long de 4 créneaux émis en séquence. Comparateur. Le circuit comparateur ci-contre n'est guère plus difficile à comprendre : il suffit de construire la table de vérité des quatre sorties proposées en fonction des valeurs d'entrée (0 ou 1) de A et de B. La notation != signifie formula_1. Unité arithmétique et logique. Ce circuit (UAL en abrégé) prend en entrée deux mots de 2 bits (les opérandes) : soit par exemple A et B. Le bit des unités (LSB) est noté A[0] pour A, et B[0] pour B ; l'autre bit (MSB) est codé A[1] (resp. B[1]). Les entrées A et B sont envoyés sur les quatre portes logiques à gauche du diagramme : de haut en bas, on reconnaît les portes XOR, AND, OR et XOR. Cette dernière porte forme l'étage d'entrée d'un circuit additionneur. Outre les entrées A et B, le circuit tient compte d'une éventuelle retenue résultant d'une opération précédente (CARRY IN). De même, si le circuit réalise une opération aboutissant à un débordement, il émet un bit de retenue en sortie (CARRY OUT). Dans la pile d'un microprocesseur, ces bits spéciaux sont stockés dans un registre d'état. Chaque bit est finalement séquencé par un multiplexeur (les deux blocs rectangulaires à droite du diagramme) pour former le résultat. La nature de la fonction à réaliser est donnée par le signal OP (codé sur 3 bits par une unité de contrôle) : OP = 000 → XOR OP = 001 → AND OP = 010 → OR OP = 011 → Addition Réalisation. Les premières portes logiques (fin des années 1950) étaient réalisées en technologie DTL. Au début des années 1960, elles ont été réalisées par des circuits intégrés TTL, à base de transistors bipolaires saturés. Cette technologie donnait des circuits miniaturisés, et elle a perduré jusqu'à la fin des années 1970 en raison de sa robustesse (systèmes embarqués et applications militaires) et de sa relative insensibilité à l'électricité statique ; néanmoins, les circuits intégrés à transistor à effet de champ ( familles NMOS, PMOS, CMOS, HCMOS), quoique demandant davantage de précautions au câblage, réalisaient un niveau d'intégration encore bien supérieur aux TTL, et étaient plus économes en électricité : ils se sont imposés dès la fin des années 1960, en particulier pour les ordinateurs et leurs périphériques intelligents.
Portishead (groupe) Portishead (se prononçant ) est un groupe anglais de trip-hop, formé à Bristol en 1991. Histoire. Formation. Le groupe se forme en 1991, lorsque Geoff Barrow rencontre la chanteuse Beth Gibbons. Ils forment un duo et choisissent pour nom celui de la ville côtière dans laquelle a grandi Geoff Barrow : Portishead dans le Somerset, à 20 kilomètres à l'ouest de Bristol. Ils enregistrent leurs premiers titres aidés par le guitariste Adrian Utley, venu du jazz, et d'un ingénieur du son, Dave McDonald. L'orientation musicale de Barrow est liée à ses différentes expériences en studio. Il a notamment travaillé en tant qu'assistant au studio d'enregistrement Coach House Studios, durant l'enregistrement de l'album "Blue Lines" de Massive Attack. Sa technique de production, non conventionnelle à l'époque, se base sur des enregistrements bruts qu'il enrichit avec des effets et des échantillons. Utley devient un membre à part entière, participant à l'écriture et à la production. Deux premiers albums. Après avoir travaillé sur un court métrage intitulé "To Kill a Dead Man" (l'affiche est visible au dos de "Dummy"), Portishead a signé un contrat et son premier album, "Dummy" est paru en 1994 chez Go! Discs Records. Avec "Dummy", Portishead s'impose comme un groupe fondateur et emblématique du jeune mouvement trip-hop. En dépit de la timidité du groupe à l'égard de la presse, l'album a été un succès commercial, tant en Europe qu'aux États-Unis, tout comme les singles extraits de l'album, "Glory Box" et "Sour Times". La presse britannique élit "Dummy" comme album de l'année. Le trio reçoit en 1995 le très convoité Mercury Music Prize, devançant alors Oasis, Blur et PJ Harvey. Un deuxième album, "Portishead", est sorti en 1997. Le single "All Mine" qui en a été tiré eut moins de succès que les précédents. L'album "Roseland NYC Live", principalement enregistré au Roseland Ballroom de New York avec un orchestre de 35 musiciens, est sorti en 1998 et permet de voir que le groupe prend toute sa dimension sur scène. Absence et publication de "Third". En 1998, Gibbons décide de s'éloigner du groupe et publie "Out of Season" en 2002, en duo avec Rustin Man, pseudonyme de Paul Webb, ancien bassiste du groupe Talk Talk. De nombreuses rumeurs sur la sortie d'un troisième album au cours de la période 1998-2008 ont circulé, en particulier en 2003 avec un éventuel album intitulé "Alien". Beth Gibbons annoncera, sur son propre site, qu'elle travaille à l'élaboration du prochain album du groupe. De nouvelles rumeurs laissèrent à penser que l'enregistrement de l'album serait terminé en 2006. Portishead s'est produit en concert lors du festival "All Tomorrow's Parties - A Nightmare Before Christmas" à Minehead (Royaume-Uni) du 7 au et dont ils étaient les mécènes. Finalement début 2008 est faite l'annonce officielle de la sortie de l'album "Third" pour le après plus de dix ans d'absence du groupe. L'album, qui s'éloigne musicalement des précédents opus de Portishead, est considéré par la critique comme un album de la « transformation » du groupe, « un nouveau départ » dans lequel le groupe décide d'expérimenter de nouvelles sonorités et recherches musicales. Le , le groupe dévoile le titre intitulé "Chase the Tear" disponible en téléchargement légal, les bénéfices étant reversés à Amnesty International. Durant l'été 2011, Portishead se produit dans de nombreux festivals en Europe, puis entreprend en octobre une tournée dans plusieurs villes d'Amérique du Nord, qui s'achève par une escapade en Australie et en Nouvelle-Zélande. En 2013, le groupe se produit au festival de Glastonbury et entame une tournée européenne. Durant l'été 2014, ils donnent plusieurs concerts en Europe. Un hypothétique quatrième album. En 2014, les membres du groupe se montrent enthousiastes à l'idée d'enregistrer rapidement un nouvel album. En 2015, le groupe est présent sur la bande originale du film "High-Rise" de Ben Wheatley avec une reprise de "SOS" du groupe ABBA. En 2022, dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le groupe annonce rejouer pour la première fois depuis 7 ans à l'occasion d'un concert caritatif en soutien à l'Ukraine prévu pour le 2 mai 2022. Style. Le style du groupe est caractérisé par des rythmes hip-hop ponctués de "scratch", la voix tourmentée de Beth Gibbons qui évoque Billie Holiday, et une ambiance cinématographique. Le groupe incorpore dans sa musique des "samples", des ensembles de cordes, et des guitares saturées. Membres. Les membres principaux du groupe sont : Musiciens additionnels :
Partitif En linguistique, le partitif est le cas grammatical qui exprime la partie d’un tout. Exemple : « Il mange de la purée. » Dans certaines langues, il est considéré comme un nombre, et non comme un cas. Dans certaines langues, comme le finnois ou l’estonien, l’usage du partitif est très étendu et il est utilisé à chaque fois que l’on ne veut pas parler d’un « tout » (marquage des noms précédés d’un adjectif numéral, marquage du complément d’objet, de l’adjectif attribut, etc.). Il s’exprime alors au moyen de suffixes spécifiques (en finnois) ou de modifications de la racine du mot (estonien). Les partitifs fixés et partitifs entités. Les partitifs peuvent être sémantiquement distingués basée sur l’engagement partial d’un ensemble, qui s’appellent "partitifs entités" ou d’une sous-catégorie d’un grand ensemble qui s’appellent "partitifs fixés". Les SNs intégrés dans les partitifs entité indiquent les entités dans au niveau individuel, par exemple. « un biscuit » ou les entités au niveau du groupe, comme « Bob et Sue ». Quelques phrases telles que « les linguistes » peuvent être interprétées comme un niveau du groupe et donc, peuvent participer comme un partitif entité – « la moitié de linguistes » ; ou elles peuvent être interprétées comme un fixe des entités, donc participer comme un partitif fixé – « un des linguistes ». Les partitifs fixes contient les noms comptables pluriels dans leurs syntagme nominal (SN), et peuvent être combinés avec les déterminant quantitatifs comme « beaucoup de », et nombres spécifiques comme « trois ». Les partitifs entités peuvent contenir les noms comptables singulaires ou les noms masses (quelquefois, les noms comptables pluriels fonctionnent aussi), en combinant avec les déterminant comme « beaucoup de » ou « demi ». Autre déterminants peuvent être combiner avec un type de partitifs (quelque, beaucoup, et tous).
Phonème En phonologie, domaine de la linguistique, un phonème est la plus petite unité "discrète" (ou "distinctive", c'est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l'on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d'être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone) : les phones sont les différentes réalisations d'un phonème. Par exemple, [ʁ] dans croc [kʁo] et [ʀ] dans gros [ɡʀo] sont deux phones différents du même phonème /r/. On transcrit traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques : /a/, /t/, /ʁ/, etc., selon la règle « un phonème égale un symbole ». Définition. L'identification des phonèmes d'une langue se fait en construisant des "paires minimales" strictes, c'est-à-dire des paires de mots de sens différents et qui ne diffèrent dans leur forme sonore que par un seul son (ce son peut alors être considéré comme un phonème). Exemples : Cette notion de phonème est relative à une langue. En espagnol, il n'existe pas de paire minimale qui distingue /s/ de /z/, qui sont donc des allophones. Au contraire, la paire "pero" et "perro" forme une paire minimale, qui prouve que /r/ et /rr/ sont des phonèmes distincts dans la langue standard. L'universalité même du concept de phonème n'est pas reconnue unanimement : le linguiste Xuân Hạo Cao a notamment suggéré que cette notion était européocentriste et ne pouvait pas s'appliquer à tous les groupes de langue. Outre les phonèmes, il existe d'autres unités discrètes, comme les unités suprasegmentales. Jan Niecisław Baudouin de Courtenay est l'un des inventeurs du mot. Phonèmes du français. Les phonèmes classiques du français comportent 16 voyelles, 3 semi-consonnes (ou semi-voyelles) et 17 consonnes, pour un total de 36 : Dans d'autres langues. Chaque langue comporte une liste de phonèmes différente. Il y en a 68 en Allemand, 44 en anglais, 42 en italien et 34 en espagnol. La "paragoge" : figure de style par adjonction de phonème(s). La paragoge est l'ajout d'un ou plusieurs phonèmes en fin de mot. On dit aussi épithèse. Un exemple est l'addition d'un « s » à la fin de « jusque » pour former « jusques » afin de faciliter des liaisons.
Portable Network Graphics Le (PNG) est un format ouvert d’images numériques, . Le PNG est un format "sans perte" spécialement adapté pour publier des images simples comprenant des aplats de couleurs. Il a été normalisé par l’ISO (ISO/CEI 15948:2004). PNG est une spécification pour Internet et l’objet d’une Recommandation W3C et d’une RFC. Il a été créé pour contourner la licence existante sur le format GIF, le plus en vogue à la fin des années 1990, Unisys, propriétaire de deux brevets sur des algorithmes utilisés par la compression sous GIF ayant réclamé des royalties. PNG a alors été défini mais en augmentant les capacités de GIF. Utilisation. Pour les images synthétiques. PNG est particulièrement approprié lorsqu’il s’agit d’enregistrer des images synthétiques destinées au Web comme des graphiques, des icônes, des images représentant du texte (bonne conservation de la lisibilité), ou des images avec des dégradés. Le PNG surpasse régulièrement le format GIF en ce qui concerne la réduction de la taille des fichiers (avec une palette de couleurs bien choisie) ou la qualité (puisqu’il n’est pas limité à ). Pour les photos. Les caractéristiques de PNG lui permettent d’enregistrer des photographies sans perte de données, au détriment de la taille du fichier qui reste logiquement très supérieure à celle de formats avec perte de données destinés aux photographies, comme JPEG ou . Détails sur le format. PNG permet principalement d’enregistrer les images matricielles sous différents formats : Après l’application d’un filtre prédictif qui permet généralement d’obtenir de plus hauts niveaux de compression, le tout est compressé sans pertes suivant l’algorithme (), généralement avec zlib, mais zopfli peut également être utilisé avec des applications comme advpng. Les composantes des pixels ou les entrées de palette sont données soit au format RVB (rouge, vert, bleu), soit au format RVBA (avec un canal alpha supplémentaire pour la translucidité). Dans ce cas, 8 ou supplémentaires sont utilisés par pixel ou par entrée de palette, ce qui fait pour une image en niveaux de gris, pour une image en couleurs vraies et pour une image en de chacun. La translucidité. La présence d’un canal alpha définissant différents niveaux de transparence le rend idéal pour la composition sur les pages web. Cette caractéristique est bien implémentée par la majorité des navigateurs web. La transparence. Lorsque l’image PNG utilise une palette de maximum, il est possible d’utiliser une des couleurs pour la transparence. C’est le même comportement qu’avec le format GIF et cela fonctionne même avec Internet Explorer 6. Par conséquent, les images Web au format GIF peuvent être converties en cette version de PNG sans crainte d’incompatibilité avec la majorité des navigateurs web actuels (premier trimestre 2006), et sans souci de brevet (le brevet GIF est entré en 2006 dans le domaine public). Autres comparaisons avec GIF. Le PNG, d’ailleurs parfois appelé par récursivité ("PNG n’est pas GIF"), peut faire tout ce que le format GIF peut faire et même plus, comme la translucidité. Il n’a cependant pas été prévu pour faire des images animées, mais le format dérivé MNG a été créé par ses auteurs à cet effet (voir également le format APNG). Les deux formats peuvent être entrelacés, mais PNG utilise l'algorithme Adam7 tandis que GIF affiche dans ce cas l'image ligne par ligne. Structure d'un fichier PNG. Composition minimale d'un fichier PNG. Un « "chunk" » est un gros morceau du fichier, un fragment d'information constituant une entité. Ce terme anglais est utilisé dans de nombreux formats multimédias. Un fichier peut contenir plusieurs chunks de données ainsi qu'un chunk pour la palette à utiliser s'il s'agit d'une image dont les couleurs sont indexées. Un fichier peut également contenir d'autres chunks secondaires, dont des informations textuelles. Signature PNG. Un fichier PNG commence par une signature de 8 octets représenté par les valeurs décimales suivantes : codice_1, ou en hexadécimal: codice_2. La suite du fichier est décomposée en plusieurs parties de longueurs variables, appelées chunk. Nommage des chunks. Il existe 18 "chunks" officiels, dont 4 principaux et 14 secondaires. Les "chunks" sont étiquetés (nommés). La casse est importante dans les noms des "chunks". Chaque étiquette est définie par quatre caractères successifs, définissant un code mnémonique, sous forme de "fourCC". Pour chaque "chunk", si la première lettre de son nom est en capitale il s'agit d'un "chunk" critique, sinon c'est un "chunk" auxiliaire. Voici un tableau regroupant les "chunks" les plus utilisés (les quatre principaux en tête) : Les autres dix "chunks" secondaires sont : D'autres "chunks" peuvent également être définis. Ils sont soit publics, soit privés, mais doivent répondre au règles de nommage. Un "chunk" public doit avoir été enregistré auprès du W3C, l'autorité désignée par l'ISO/IEC. Voici les "chunks" publics en usage : Composition d'un chunk. Un chunk est composé de 4 parties: LENGTH : La taille en octets du chunk, seulement ses datas. On ne prend pas en compte la taille, le type, ni le CRC. TYPE : Le nom du chunk (ex : , , , etc.). DATAS : Les informations relatives au chunk sur n octets (relatif à LENGTH). CRC : 4 octets de contrôle généré en utilisant l'algorithme suivant : fonction maj_crc((entier positif 4 octets) crc, (entier positif 1 octet) bloc(), (entier positif 4 octets) taille) //le premier argument, crc, lors du premier appel de cette fonction pour un chunk donné, doit être 0xffffffff (tous les bits à 1) //sinon, il doit s'agir de la valeur retournée par le précédent appel de cette fonction //le deuxième argument, bloc(), est une liste d'éléments d'un octet. Il s'agit de tout ou partie du chunk //le troisième argument, taille, est le nombre d'éléments de la liste bloc() (entier positif 4 octets) c, n, v c=crc pour n de 0 à (taille-1) //normalement, cette boucle ne contient qu'une seule instruction mais, ici, elle est subdivisée en quatre instructions. C'est plus lisible ainsi //il y a une itération de cette boucle pour chacun des octets de la partie DATA du chunk, dans l'ordre de leurs positions dans le chunk //xb=ou exclusif bit à bit v=c xb bloc(n) //eb=et bit à bit; tout nombre préfixé par 0x est en base 16 //on met à 0 les bits des trois premiers octets, vu que leur valeur ne dépend pas de celle de bloc(n) v=v eb 0xff //table_crc() est une liste de 256 constantes, des entiers codés sur quatre octets (voir ci-dessous) v=table_crc(v) //div=division entière c=v xb (c div 256) fin pour retourner c fin fonction Une fois tout le chunk parcouru, la valeur renvoyée par le dernier appel de "maj_crc()" n'est pas celle du crc. il faut encore inverser la valeur de chaque bit : fonction validation_crc((entier positif 4 octets) crc) retourner (crc xb 0xffffffff) fin fonction La liste "table_crc()" se trouvant dans "maj_crc()" est constituée de valeurs arbitraires mais calculables. certaines implémentations listent ces valeurs (alors calculées à l'avance) et les stockent directement dans la variable tandis que d'autres contiennent l'algorithme (généralement une fonction) permettant de les calculer : fonction calcul_table_crc() (entier positif 4 octets) c, i, j pour i de 0 à 255 c=i //8 itérations pour j de 0 à 7 //retourne 0 (faux) si c est pair et 1 (vrai) si c est impair (en dehors du dernier,tous les bits du résultat sont à 0) si (c eb 1) //la valeur 0xedb88320 (11101101 10111000 10001100 00100000 en binaire et 3 988 292 384 en décimal) est arbitraire //c étant, dans ce cas, nécessairement impair, c div 2 équivaut à (c-1)/2 c=0xedb88320 xb (c div 2) sinon c=c/2 fin si fin pour table_crc(i)=c fin pour fin fonction Exemple d'un chunk IHDR pour une image de 800x600. L'exemple du chunk est constitué des données binaires, représentées ici en hexadécimal, suivantes : codice_3 Ces données sont à interpréter selon le tableau. Compression des données. La méthode de compression codice_4 spécifiée dans (la seule possible au format PNG) fait référence à la compression Deflate/Inflate. La compression se fait sur les datas du chunk uniquement. En Programmation. La compression peut être effectuée grâce à la bibliothèque zlib (C/C++). Il est aussi possible de générer le CRC grâce à cette bibliothèque. Voir aussi. Articles connexes. Autres formats :
Phonologie La phonologie est la branche de la linguistique qui étudie l'organisation des sons du langage "au sein des différentes langues naturelles". Elle est complémentaire de la phonétique, qui s'intéresse à ces sons eux-mêmes, "indépendamment de leur emploi". La phonétique s’intéresse aux sons en tant qu’unités acoustiques produites par un mécanisme physiologique (phones) ; la phonologie, aux sons en tant qu’éléments d’un système (phonèmes). Exposé de la méthode phonologique. Distinguer le son du phonème. Le phonème /r/ en français peut servir de bon exemple. Un francophone peut prononcer le mot "rat" avec un /r/ roulé [r], un /r/ grasseyé [ʀ], ou encore un /r/ guttural [ʁ] ; la phonologie n'y verra cependant qu'un seul phonème /r/, car il n'est pas possible, en français, d'opposer, par exemple, trois mots qui débuteraient chacun par une de ces sortes de /r/ et seraient suivis de /a/ : cette distinction n'intéresse que la phonétique. Autrement dit, [ra] (avec /r/ roulé), [ʀa] (avec /r/ grasseyé, comme les prononçait Édith Piaf) et [ʁa] (avec un /r/ guttural) se réduisent tous trois à la suite de phonèmes /ra/, et ces suites de phones désignent toutes le même mot. On dira alors que les sons [r], [ʀ] et [ʁ] sont des variantes libres du phonème /r/, c'est-à-dire diverses possibilités de réalisation qui ne contrastent pas en français (alors que [r] et [ʁ] s'opposent dans la prononciation de l'arabe et constituent deux phonèmes distincts). La phonologie n'ayant pas besoin de viser à une aussi grande précision que la phonétique, elle n'utilise pas autant de symboles que cette dernière et suit souvent des notations qui sont propres à l'étude de chaque langue. Ainsi, dans l'exemple précédent, si [ʀ], [ʁ] et [r] (notation phonétique) désignent des sons différents, /r/ (notation phonologique) servira à dénoter n'importe lequel des allophones tant que ceux-ci ne s'opposent pas dans la langue. De plus, si l'on peut décrire phonétiquement les sons comme ils se présentent, à la suite, il faut, en phonologie, respecter la règle « un signe = un phonème ». Par exemple, dans le mot anglais "choose", ce qu’un francophone analyserait spontanément comme une succession de deux sons [t] + [ʃ] (« ch »), correspond en fait à un seul son : une affriquée. Ce son, représenté par un seul symbole /t͡ʃ/, a également statut de phonème parce qu’il permet d’opposer des paires minimales contenant /t/ ou /ʃ/ ("tat" et "chat"). Dans la phrase anglaise, on peut parfaitement trouver une succession /t/ + /ʃ/. Ici, /t͡ʃ/ s’oppose à /tʃ/ et suffit à modifier le sens de la phrase ; comparer en anglais : Notons cependant qu'un tel exemple ne constitue pas une paire minimale, car d'autres phénomèmes (intonation, hauteur) les différencient. Cependant, la succession de phonèmes non affriqués est parfois nécessaire aussi en français (contrairement à l'anglais, le ton n'est pas noté en phonologie française et réalisé phonétiquement au gré de l'interlocuteur suivant l'intention, et il en est de même pour la longueur phonétique des voyelles françaises) : se distingue de : La première version nécessite de marquer une pause entre les deux phonèmes /t/ et /ʃ/ pour éviter l'affrication, alors que dans les autres cas, les pauses entre mots ne sont souvent marquées ni phonétiquement ni phonologiquement, et l'affrication est réalisée automatiquement dans le discours usuel rapide. Cette affrication qui crée un seul phonème en phonétique ne change pas la phonologie des mots. Un tel cas où la distinction phonologique est nécessaire ne se produit que pour les emprunts de mots étrangers commençant par des affriquées après un mot finissant par une voyelle, et l'usage français est d'allonger la voyelle, ou de marquer la pause, ou de marquer le ton en prononçant l'affriquée du mot emprunté. Traits distinctifs, traits pertinents et unités discrètes. En phonétique on appelle "trait" "distinctif" un son qui permet à l'auditeur de distinguer deux phonèmes de prononciation proche. En phonologie, on appelle "trait pertinent" un trait distinctif qui, dans l'organisation d'une langue particulière, sert effectivement à distinguer deux phonèmes. Enfin, une "unité discrète" est la séquence sonore minimale qu'un auditeur-locuteur peut identifier comme phonème dans une séquence sonore. Les corrélations. Lorsque le même trait distinctif permet d'opposer une série de phonèmes, on parle de corrélation phonologique. Et le trait distinctif en question s'appelle la marque de corrélation. Par exemple : le trait de sonorité est en français une marque de corrélation, car il permet d'opposer des phonèmes sourds à des phonèmes sonores de la façon suivante : /-sonorité/= /p/, /t/, /k/, /f/ ,/s/ ,/ʃ/ /+sonorité/= /b/, /d/, /ɡ/, /v/ ,/z/ ,/ʒ/ La distribution. Les unités distinctives n’auront pas nécessairement une valeur stable. Leur qualité phonétique peut changer selon l’entourage : on a affaire à des phénomènes de variation. Leur qualité phonologique, c'est-à-dire le caractère distinctif, peut disparaître : on a affaire à des phénomènes de neutralisation. La variation. Un entourage phonétique différent peut avoir de l’influence sur les caractéristiques phonétiques d’un phonème : il faut toujours examiner tous les entourages possibles d’un son dont on veut établir la fonction phonologique. Revenons à deux sons que nous avons mentionnés : [œ] "peuple" et [ø] "peuplé" (on les appelle des « voyelles moyennes antérieures arrondies ») ; elles n’ont la même distribution que dans de très rares cas, par exemple, elles peuvent être commutées dans le même entourage phonétique dans les mots "jeune / jeûne avec" [ʒœn] / [ʒøn] ou encore "fun / foehn" [fœn] et [føn]. Cependant, mis à part ces deux cas, par ailleurs, l'entourage phonétique est différent : on aura, par exemple, "honneur" [ɔnœʁ], mais ni *[ɔnœ] ni *[nœ], et on aura "nœud" [nø] mais non *[nøʁ]. Cependant, en raison de ces deux cas, on ne peut pas dire qu'on a une seule et même unité phonologique qui a soit la forme [œ] soit [ø]. Et c’est ce que nous avons vu : le phonème /ø/ a deux variantes, selon l’environnement phonétique. Un autre exemple serait "ceux" [sø] et "sœur" [sœʁ] : c’est la présence de la consonne qui induit la variation. Ces variantes combinatoires sont dites en distribution complémentaire : lorsqu’un apparaît, l’autre est impossible, et réciproquement. Les facteurs susceptibles de donner lieu à une distribution complémentaire sont : Quelques exemples dans différentes langues : La neutralisation. Lorsqu’une opposition a pu être établie, c’est grâce à un nombre important de paires minimales qui illustrent l’occurrence de deux phonèmes dans une distribution donnée. Mais la conclusion à laquelle on peut aboutir n’est pas nécessairement valable pour toutes les distributions. Prenons l’allemand. Il connaît l’opposition /k/ /ɡ/ à l’initiale ou en position intervocalique, comme dans : Mais, en position finale, il n’y a plus de distinction : on ne trouve que le son [k] : "Tag" [taːk], "sag" [zaːk] ou "Sack" (sac) [zak]. L’opposition est alors neutralisée. La neutralisation se fait au profit de la consonne sourde /k/, qui devient l’archiphonème /K/. L’archiphonème est le produit de la neutralisation d’une opposition, et il signale que, dans une distribution donnée, une distinction entre deux phonèmes perd son caractère distinctif. Dans le domaine vocalique, le français est intéressant : c’est la distinction entre "marée" [maʁe] et "marais" [maʁɛ], ou entre "été" [ete] et "étais" [etɛ]. En position finale, les deux phonèmes /e/ et /ɛ/ ont une valeur distinctive. Mais dans toutes les autres distributions, l’opposition /e/ et /ɛ/ est neutralisée : l’une ou l’autre des valeurs phonétiques ne disparaît pas, on trouve l’une ou l’autre, mais le passage de l’une à l’autre ne fait pas changer la signification du mot. Ici, la neutralisation implique la disparition du caractère distinctif d’une opposition entre deux sons. On parlera donc toujours d’une neutralisation d’une opposition phonétique, et non d’un phonème. Ainsi, pour le mot "raidi", on peut avoir la prononciation [ʁedi] ou [ʁɛdi]. [e] et [ɛ] sont alors deux variantes de l’archiphonème /ɛ/. Les neutralisations sont des phénomènes fréquents dans les différents systèmes phonologiques. Elles concernent des oppositions isolées (ce que nous venons de voir), mais aussi des ensembles d’oppositions, c’est ce qu’on appelle des corrélations. C’est, par exemple, le cas de la corrélation de voisement (oppositions entre consonnes voisées et non voisées) Dans ces deux systèmes phonologiques, la corrélation de voisement est neutralisée. D’un point de vue phonétique, c’est un phénomène d’assimilation. Mais l’entourage phonétique qui génère des neutralisations n’est pas toujours facile à caractériser. C’est le cas, en anglais, de la neutralisation de l’opposition entre /s/ et /ʃ/ devant /l/ et /r/. Cette opposition est bien établie dans les contextes suivants : "same" et "shame", ou "mass" et "mash". Cependant, elle disparaît devant /r/ et /l/, et l’archiphonème /ʃ/ résultant de cette neutralisation a deux variantes [s] et [ʃ], qui se répartissent ainsi : C’est un trait phonétique qui donne lieu à cette neutralisation : [ʃ] et [r] ont en commun un arrondissement des lèvres, [s] et [l] se prononcent lèvres écartées. Ainsi, pour savoir quelle opposition est neutralisée ; le phonologue doit raisonner sur l’ensemble des voyelles et des consonnes orales d’un système phonologique donné, donc sur des systèmes d’oppositions. La distribution lacunaire. La distribution lacunaire est l’indice qui permet de diagnostiquer soit une distribution complémentaire, soit une neutralisation. En anglais, c’est la distribution lacunaire du l sombre (absent en début de syllabe), et celle, complémentaire, du l clair (absent en fin de syllabe) qui permettent de conclure à une distribution complémentaire de ces deux variantes du phonèmes /l/. Mais la conclusion n’est pas toujours aussi facile : c’est le cas des consonnes [ʔ] et [h]. Elles ne sont pas commutables, et ne peuvent donner lieu à des paires minimales. /h/ et /ʔ/ sont néanmoins considérés comme des phonèmes (ils ont une fonction distinctives par rapport aux autres consonnes), mais ils ont tous deux une distribution lacunaire, leurs distributions lacunaires respectives se trouvant être complémentaires. Notation de système phonologique. Par convention, une transcription phonologique se place entre barres obliques : /ʁa/ est la transcription phonologique du mot français "rat". Chaque symbole utilisé doit ne renvoyer qu'à un seul phonème et chaque phonème ne doit être codé que par un seul symbole. Les symboles utilisés sont souvent ceux de l'API mais on trouve de nombreuses méthodes de transcription, selon les langues, les auteurs, les époques. Entre autres, pour le français, la notation Alfonic initiée par André Martinet. Ces notations sont largement inspirées des archigraphèmes tels que révélés par Nina Catach. Liste de termes propres à la phonologie. Pathologies du système phonologique. Les troubles phonologiques sont des troubles qui atteignent la constitution du système phonologique, et par conséquent la construction du système phonologique des mots. Il s'agit de troubles centraux, qui touchent l'intégrité des représentations d'un niveau linguistique dans le système cognitif.
Palindrome Le palindrome (adjectif et substantif masculin), du grec / (« en arrière ») et / (« chemin, voie »), aussi appelé palindrome de lettres est une figure de style désignant un mot ou une phrase dont l'ordre des lettres reste le même qu'on les lise de gauche à droite ou de droite à gauche, comme dans la phrase ou encore à un accent près. Le palindrome est un cas particulier d'anacyclique (lequel est lui-même un cas particulier d'anagramme) comme « suce|écus », pour lequel la signification est la même dans les deux sens de lecture. Il est communément admis que l'on ne tient pas compte des signes diacritiques (accents, trémas, cédilles) ni des espaces. Cependant, rien n'interdit de choisir des règles plus strictes. On peut distinguer les palindromes possédant un nombre pair de lettres, dans lesquels l'axe de symétrie passe entre deux exemplaires de la même lettre (« élu par cet|te crapule »), des palindromes à nombre impair de lettres, dont une « lettre-pivot » occupe le centre (« Ésope reste ici et se repose »). Par extension, il existe des palindromes musicaux où les notes de musique de la phrase musicale peuvent se lire indifféremment dans les deux directions, des palindromes mathématiques où les chiffres et symboles mathématiques se lisent dans les deux sens, des dates palindromes, etc. Historique du palindrome proprement dit. Bien que pratiqué de longue date (les palindromes étaient aussi appelés autrefois "sotadiques", du poète grec Sotades () qui passe pour les avoir inventés), le palindrome fut souvent considéré comme un jeu mineur. Il fut popularisé par le groupe littéraire Oulipo dans la seconde moitié du . En 2020, Jacques Perry-Salkow et Frédéric Schmitter publient le plus long palindrome existant en langue française, totalisant lettres. Ce texte contient des phrases du genre "Ni mage, ni paria, je suis né de la rude nue, fer, acier, une mer acide, né d’un éden si usé ! J’en recueille ici la parole, l’océan, l’unicité". Quelques exemples. Mots palindromes. Les mots palindromes sont parfois nommés « palindromes naturels », bien que cette appellation ne convienne pas aux langues agglutinantes (ex : "Gnutötung" « mise à mort de gnou » en allemand). Ainsi, les mots "radar, rotor, kayak", "été, ici, tôt", "rêver", "réifier", "ressasser", "bob", ... sont des mots palindromes. Il peut s'agir également de noms propres, comme les prénoms Bob, Ève, Anna, Otto, Aviva, Natan, Neven, Hannah et Ekitike, les villes de Sées, Laval, Noyon, Callac, Selles ou Senones en France, de Neuquen en Argentine ou de Qaanaaq au Groenland, la rivière Erdre, le groupe de musique ABBA, le diplomate Léon Noël, le personnage de Stanley Yelnats dans le film "La Morsure du lézard", la danseuse de flamenco Sara Baras, ou l'acteur Robert Trebor (ce dernier nom est toutefois un pseudonyme). On peut encore citer comme exemple "malayalam", nom d'une langue de l'Inde parlée dans l'État de Kerala, ou "", nom d'un marais de Caroline du Sud. Expressions et phrases-palindromes. "Seuls quelques exemples parmi les plus connus pour chaque langue sont recensés dans cette section. Pour des listes plus exhaustives, vous pouvez consulter la bibliographie et les liens externes." En français. Les difficultés de composition de palindromes en français sont notamment dues à la grande fréquence du e muet et de digrammes ou trigrammes particuliers comme « ch », « qu », « au », « eau » ou « ain ». Cependant, la littérature est abondante Certains auteurs ont voulu porter le palindrome à ses limites. Le mot « palindrome » lui-même peut s'inscrire dans des palindromes autoréférents : « caser vite ce palindrome ne mord ni lape cet ivre sac », ou « ni palindrome ne mord ni lapin ». Georges Perec l'a également utilisé dans le long palindrome publié dans "La Clôture". Langues anciennes. En latin. Nom scientifique, réputé latin : Langues vivantes. En allemand. Les palindromes ("Palindrom") en allemand peuvent différencier les lettres ö de o, ü de u et ä de a, en négliger l'accentuation, ou encore les écrire sous leur forme archaïque oe, ue et ae. En coréen. Les palindromes sont dénommés "huimunche ogu" : En espagnol. L'écrivain argentin Juan Filloy a publié plus de palindromes en langue espagnole ( ...). En finnois. Le finnois est une langue propice aux longs palindromes : Saippuakivikauppias (marchand de pierre de savon), est considéré comme le palindrome naturel le plus long. C'est également une langue où un palindrome de près de caractères a été composé. En japonais. Les palindromes sont dénommés "kaibun" : Élargissement de la notion. On élargit parfois la notion de palindrome, en ne se limitant plus à l'ordre des lettres ou des symboles, mais à des segments plus larges ou à des notions non linguistiques. On peut mentionner : Palindromes sonores (ou phonémiques). Un palindrome sonore est une expression dans laquelle la suite phonémique (les phonèmes successifs) est réversible. Exemple : Autres exemples : Palindromes graphiques. L'écrivain Georges Perec, membre de l'Oulipo et auteur de nombreux palindromes, a créé un ambigramme rotationnel. Sa phrase, « andin basnoda a une epouse qui pue », pivote à 180° dans une typographie classique telle qu'Arial, si l'on adapte les espaces. La police d'écriture "Basnoda" du graphiste et typographe français est née en hommage à cet ambigramme que Perec nommait "palindrome vertical". Calendrier. Certaines dates peuvent être palindromes sous leur forme numérique. On y trouve notamment au : Pour le 20 février 2002, date de l’inauguration du parc Vulcania, le palindrome est d’ailleurs la raison pour laquelle Valéry Giscard d'Estaing avait choisi cette date, poussant même le « palindromisme » jusqu’à l’heure de la cérémonie qui débuta à 20:02. Le 20/02/2002 était aussi un double palindrome (20|02||20|02), mais pas dans le format américain. Pour le 2 février 2020, cette date, contrairement aux autres du , est un palindrome autant en format jj/mm/aaaa qu’au format américain (mm/jj/aaaa) : 0202|2020 dans les deux formats, ce qui lui vaut d’être qualifiée de « palindrome universel ». Le précédent étant le 11 novembre 1111, époque où les dates ne s’écrivaient pas sous ces formats entièrement numériques. L'année 2021 est une date palindrome dans le calendrier holocène, comme l'a souligné l'essayiste Florian Gouthière – vulgarisateur de l'intérêt de ce système de décompte des dates. Il s'agit de la seule année palindrome du siècle dans ce système. Le 22 février 2022, le quotidien Libération consacre un numéro spécial avec un dossier sur les palindromes, des tutoriels sur la création de palindromes et d'ambigrammes ou encore une grille de mots croisés palindrome. Cette date est également la dernière de l'histoire où, dans le calendrier grégorien, à une heure donnée de la journée, il était possible d'écrire jj/m/aa hh:mm:ss avec onze fois le même chiffre. Heures. <poem> </poem> Mathématiques. Pour tout "n", la suite des coefficients du développement de ("a"+"b")"n" forment un palindrome (ici représenté sous la forme du triangle de Pascal) : Informatique - Théorie des langages. Le langage des palindromes est un langage algébrique mais pas un langage rationnel. Voici une grammaire algébrique qui engendre tous les palindromes sur l'alphabet formula_1 : formula_2 où formula_3 est le mot vide et formula_4 est un symbole non terminal. C'est un langage non ambigu. De plus, le langage des palindromes n'est pas un langage algébrique déterministe, c'est-à-dire qu'il n'est pas reconnu par un automate à pile déterministe. Un programme de la machine de Turing est capable de détecter les palindromes : pour tester si un mot binaire écrit (en symboles 0 et 1) sur son ruban est un palindrome, la machine exécute un calcul, selon plusieurs étapes décrites sur une table d'action, jusqu'à atteindre l'état OUI ou l'état NON. Musique. Le système occidental à douze sons par octave (douze demi-tons ou gamme chromatique), est un palindrome musical "matriciel". Bien évidemment, la gamme par tons, soit six sons par octave, en est un autre ; mais aussi le mode Dorien de notre gamme majeure (sept sons par octave) bien connue, soit Ré-Mi (un ton), Mi-Fa (1/2), Fa-Sol (un), Sol-La (un), La-Si (un), Si-Do (1/2), Do-Ré (un). De même l'intervalle (deux sons) de trois tons (six demi-tons), qui fut jadis appelé "diabolus in musica", soit par exemple Fa-Si (trois tons), Si-Fa (trois tons). Ou encore l'accord de trois sons dit augmenté, soit Do-Mi (deux tons), Mi-Sol# (deux), Sol#-Do (deux). Dans notre système musical à douze sons, il existe 64 palindromes musicaux "matriciels". Toujours en musique mais plutôt sur la rythmique, la Cáscara est un palindrome car l'espace entre chaque notes a une symétrie dont l'axe est situé entre la fin du 2ème et le début du 3ème temps. Bande dessinée. En 1903, Gustave Verbeck crée "The Upside-Downs of Little Lady Lovekins and Old Man Muffaroo", une série d'une soixantaine de bandes dessinées où, pour savoir la suite, il faut tourner le dessin à l'envers, le texte étant écrit dans les deux sens. Le cinquième épisode de "Watchmen" d'Alan Moore et Dave Gibbons, "Terrible Symétrie", propose un découpage dans lequel la première planche a son image-miroir dans la dernière et ainsi de suite avec une double page centrale à la disposition symétrique. "Nogegon", le tome 3 des "Terres creuses" de Luc et François Schuiten est palindrome. Biologie. En génétique, une séquence palindromique est une séquence d'acide nucléique — ADN ou ARN — identique lorsqu'elle est lue dans le sens 5' → 3' sur un brin ou dans le sens 5' → 3' sur le brin complémentaire. C'est donc une extension de la notion de palindrome, puisque le message est bien lu de manière identique dans les deux sens, mais pas sur le même brin. C'est une conséquence de la structure en double hélice antiparallèle de l'ADN. Exemple: Les séquences palindromiques sont fréquemment des sites de reconnaissance de protéines interagissant avec l'ADN. C'est en particulier le cas des enzymes de restriction dont la fonction est de cliver les deux brins l'ADN à des sites spécifiques, mais aussi de certains facteurs de transcription qui interviennent dans l'expression des gènes. Cette séquence palindromique a un intérêt tout particulier dans le cadre des fonctions normales des enzymes de restriction ou des facteurs de transcription, permettant la reconnaissance spécifique au sein d'une longue séquence nucléotidique ou du génome d'un site particulier. Cette propriété est particulièrement utile dans le but d'identifier une séquence d'ADN donnée au sein d'un gène, afin de le caractériser sans ambigüité. Si lors d'une mutation, la séquence palindromique est modifiée, l'enzyme spécifique de cette séquence ne pourra plus la reconnaître, et donc ne pourra plus agir en coupant l'ADN. L'identification de cette séquence différente et plus longue par la technique d'électrophorèse permettra la confirmation d'une maladie génétique par exemple.
Point de Lagrange Un point de Lagrange (noté à ), ou, plus rarement, point de libration, est une position de l'espace où les champs de gravité de deux corps en mouvement orbital l'un autour de l'autre, et de masses substantielles, fournissent exactement la force centripète requise pour que ce point de l'espace accompagne simultanément le mouvement orbital des deux corps. Dans le cas où les deux corps sont en orbite circulaire, ces points représentent les endroits où un troisième corps, de masse négligeable, resterait immobile par rapport aux deux autres, au sens où il accompagnerait à la même vitesse angulaire leur rotation autour de leur centre de gravité commun sans que sa position par rapport à eux n'évolue. Au nombre de cinq, ces points se scindent en deux points stables dénommés et , et en trois points instables notés à . Ils sont nommés en l'honneur du mathématicien français Joseph-Louis Lagrange. Ils interviennent dans l'étude de certaines configurations d'objets du Système solaire (principalement pour les points stables) et dans le placement de divers satellites artificiels (principalement pour les points instables). Ce sont les points remarquables de la « géométrie de Roche » (points-col et extrema), laquelle permet notamment de classer les différents types d'étoiles binaires. Les trois points , et sont parfois appelés les points d'Euler, en l'honneur de Leonhard Euler, l'appellation de points de Lagrange étant alors réservée aux deux points et . Les points et , en raison de leur stabilité, peuvent naturellement attirer ou retenir longtemps des objets. Les points , et , étant instables, ne peuvent pas maintenir naturellement des objets, mais peuvent être utilisés par des missions spatiales, avec des corrections d’orbite. Historique. En mécanique céleste, il est un sujet qui a passionné de nombreux mathématiciens : c'est le problème dit des "trois corps". Newton, après avoir énoncé sa loi qui exprime que « les corps s'attirent avec une force proportionnelle au produit de leur masse et inversement proportionnelle au carré de la distance de leurs centres », a cherché à décrire le comportement de trois corps sans y parvenir. Il faut attendre le mathématicien Joseph-Louis Lagrange qui, en 1772, étudia le cas d'un petit corps, de masse négligeable (ce qu'on appelle aujourd'hui "corps d'épreuve" ou particule-test), soumis à l'attraction de deux plus gros : le Soleil et, par exemple, une planète. Il découvrit qu'il existait des positions d'équilibre pour le petit corps, des endroits où toutes les forces se compensent. Définition. Un objet de faible masse situé en ces points ne bouge plus relativement aux deux autres corps, et tourne de concert avec eux (par exemple une planète et le Soleil). Si on donne en exemple les points de Lagrange du système Soleil-Terre, ces cinq points sont notés et définis comme suit (échelle non respectée) : Calcul de la position des points de Lagrange. Le calcul de la position des points de Lagrange se fait en considérant l'équilibre d'un corps de masse négligeable entre le potentiel gravitationnel créé par deux corps en orbite et la force centrifuge. La position des points et peut être obtenue analytiquement. Celle des trois autres points à s'obtient en résolvant numériquement, ou éventuellement à l'aide d'un développement limité, une équation algébrique. La position de ces trois points est donnée dans le tableau ci-dessous, dans le cas où la masse d'un des deux corps (en l'occurrence le ) est négligeable devant l'autre, situé à une distance "R" du précédent. Les positions sont données le long de l'axe reliant les deux corps, dont l'origine est identifiée au centre de gravité du système, et dont l'orientation va du au . Les quantités "r" = "(1-q)R" et "q" dénotent respectivement la position du sur l'axe et le rapport de la masse du corps le plus léger à la masse totale des deux corps. Enfin, on utilise la quantité "ε" définie par "ε" = ("q" / 3). Dans la littérature, on trouve parfois des expressions quelque peu différentes, du fait que l'origine de l'axe est prise ailleurs que sur le centre de gravité, et que l'on utilise comme terme à la base du développement limité le rapport entre les deux masses plutôt que le rapport de la plus petite à la masse totale, c'est-à-dire que l'on utilise parfois la quantité "q" définie par formula_1. que l'on simplifie immédiatement par la constante de gravitation La position du point est donc donnée par On pose alors On a donc, d'une part et, d'autre part Autrement dit, Le premier terme du membre de droite est nul en vertu de la relation "A" + "B" = 0. Il reste donc Or, pour le point , on est situé plus près du que du . Par conséquent, "u" est plus petit que "u", et, par conséquent, formula_10 est positif. Le signe de la dérivée seconde correspond donc à celui de "B", qui lui-même est déterminé par la valeur de "u" : si cette quantité est supérieure à 1, alors "B" est négatif, alors que, dans le cas contraire, "B" est positif, ce qui implique que le point est instable. Le est situé au-delà du . La force totale (gravitationnelle plus centrifuge) s'exerçant dans cette région est d'abord tournée vers le quand on est proche de celui-ci, puis s'annule en et est après dirigée à l'opposé de . Au point tel que "u" vaut 1, la composante de cette force, selon l'axe reliant les deux corps, est donnée (à une constante multiplicative positive près) par avec, ici, soit Cette quantité étant strictement positive, le point "u" = 1 de l'axe est situé au-delà du point . En conséquence, au point , "u" est inférieur à 1, donc "B" est positif, donc le point est bien un point selle, ce qui assure de son instabilité. Une démonstration strictement analogue peut être faite pour le point , ce qui achève la démonstration de leur instabilité du fait de leur caractère de point selle. Temps caractéristiques en et pour les systèmes à grande hétérogénéité de masse. Une des applications les plus importantes de l'instabilité des points de Lagrange, et , réside dans le fait que des satellites artificiels peuvent être envoyés en ces points du système Terre-Soleil (voir ci-dessous). Pour de tels satellites, des corrections de trajectoires régulières doivent être appliquées afin de conserver le satellite au voisinage du point. Ce temps caractéristique peut être évalué dans le cas où le rapport de masse des deux corps du système est élevé. Dans ce cas, le temps caractéristique "γ" d'instabilité est donné par où "T" est la période orbitale du système. Dans le cas du système Terre-Soleil, où "T" est légèrement supérieur à , le temps caractéristique d'instabilité est alors de et . Par ailleurs, la composante stable de la trajectoire se fait à la pulsation soit, de façon équivalente, avec la période ce qui, dans le même cas de figure que ci-dessus, donne une période de . = \frac{2 \pi}{T} \sqrt{1 + 2 \sqrt{7}}</math>. Le temps caractéristique associé est donc soit, comme annoncé, un temps caractéristique de l'ordre de 23 jours pour les points de Lagrange de la Terre. De la même façon, il existe des trajectoires périodiques dont la pulsation est donnée par les racines complexes de l'équation, soit c'est-à-dire une période de ce qui correspond à un temps de presque six mois pour les points de Lagrange de la Terre. La structure des orbites en présence d'instabilité. Une fois les valeurs propres d'un point instable connues, une trajectoire au voisinage d'un point de Lagrange va être une combinaison linéaire des vecteurs propres associés aux valeurs propres. En notant "λ" l'une de ces valeurs propres, le vecteur propre associé a pour composantes avec et une trajectoire est de la forme où les quantités "formula_24" sont des nombres quelconques déterminés par la valeur des "δX", "δY" et de leur dérivée à un instant donné. Dans le cas des trois points de Lagrange instables, le déterminant de la matrice des dérivées secondes est négatif, ce qui implique que le discriminant de l'équation du second degré en "λ" possède des racines réelles de signes opposés, et que, au terme, les valeurs propres recherchées sont deux nombres imaginaires purs opposés et deux nombres réels opposés. Une trajectoire générique comprend donc, dans le plan orbital, une composante périodique (liée aux racines imaginaires pures), une composante amortie (liée à la racine réelle positive), et une composante instable. Pour une position "δX", "δY" donnée, il est toujours possible de choisir une vitesse telle que les deux vecteurs propres aux racines réelles ne contribuent pas à la solution correspondante. La trajectoire obtenue est alors périodique, la période étant donnée par la racine complexe. Une telle solution n'est cependant pas stable. Un écart de trajectoire infime va en réalité rajouter à la trajectoire une composante instable, qui va peu à peu éloigner et faire diverger la trajectoire de sa composante périodique. On dit que la trajectoire obtenue n'est pas dynamiquement stable. Ceci est une généralisation du fait qu'un objet situé exactement sur un point de Lagrange instable est dans une situation instable : un petit écart à cette position d'équilibre, inéluctablement généré par les perturbations causées par les autres corps du système, finira par éloigner l'objet de sa position initiale. La même chose se produit pour des trajectoires situées autour du point d'équilibre instable. Pertinence du concept. Le calcul ci-dessus fait référence à une configuration où les deux corps du système sont en orbite circulaire. Néanmoins, le concept de point de Lagrange vaut pour tout type d'orbite, y compris elliptique. On peut donc définir ces points dans tout système à deux corps liés gravitationnellement. En revanche, les trajectoires, stables ou instables, autour des différents points de Lagrange dépendent explicitement de la circularité ou non de l'orbite des deux corps du système. Utilisation dans les missions spatiales. L'étude mathématique des points de Lagrange, ainsi que de leurs propriétés mathématiques, telles que les associées, a été exploitée pour concevoir des missions de sondes spatiales dans le système solaire. Pour des missions comme "Rosetta", "" ou "Galileo", la vitesse relative de la sonde par rapport aux corps considérés est suffisamment élevée pour que l’approximation, considérant que les orbites képlériennes ne sont que peu perturbées par les autres corps au sein de la sphère d’influence, soit valide. Cependant, dès qu’on considère des vitesses et des poussées faibles, une approximation plus fine est nécessaire. Le théorème de Liapounov-Poincaré assure de l’existence d’une famille d’ autour de ces points d’équilibre. Les orbites périodiques planaires sont alors appelées « orbites de Liapounov », alors que dans le cas tridimensionnel, elles sont appelées en fonction de leurs propriétés topologiques, soit « orbites de halo », soit « orbites de Lissajous ». Ce type d’orbites périodiques autour des points de Lagrange a déjà été utilisé dans la construction de missions réelles telles que la mission SoHO. De ces orbites périodiques autour des points de Lagrange sont issues des variétés invariantes (tubes de Conley-McGee) qui sont des et qui en ce sens peuvent être considérées comme des "courants gravitationnels". De plus en plus, ces courants sont utilisés pour la conception de missions, notamment le réseau de transport interplanétaire (ITN). Les Points de Lagrange sont utilisés pour répondre à des besoins spécifiques de certaines missions spatiales. Point de Lagrange L1. Le du système Terre-Soleil, situé entre la Terre et le Soleil (bien que beaucoup plus proche de notre planète), permet d'observer le Soleil sans interférence ni ombrage de la Terre et de la Lune. Il est possible d'y mesurer l'activité solaire (éruptions, cycles, vent solaire) sans que celle-ci ne soit affectée par la magnétosphère terrestre. C'est la position idéale pour des missions de météorologie spatiale comme celle remplie par SoHO et ACE. C'est également le point L1 qui est choisi pour positionner le futur télescope NEO Surveyor pour pouvoir observer une grande portion de l'espace dans lequel circulent les géocroiseurs. Point de Lagrange L2. Le du système Terre-Soleil permet de bénéficier d'une grande stabilité thermique tout en étant situé suffisamment près de la Terre (1,5 million de kilomètres) pour que les données collectées puissent y être transférées avec un débit élevé. Il est utilisé en particulier par les grands observatoires astronomiques spatiaux lancés dans les décennies 2010 et 2020 : "Planck", "James-Webb", "Gaia", "Euclid". Le du système Terre-Lune a été utilisé pour la première fois en 2018, comme un intermédiaire Terre-Lune, par le satellite chinois "Queqiao". Ce satellite de télécommunication peut ainsi retransmettre vers la Terre les données collectées par la sonde spatiale "Chang'e 4" posée sur la face cachée de la Lune. Dans le Système solaire. Troyens. Les points et sont généralement stables, aussi on y trouve de nombreux corps naturels, dits troyens : Curieusement, il semblerait que le système Soleil-Saturne ne soit pas en mesure d'accumuler des troyens du fait des perturbations joviennes. Dans le système Soleil-Terre, on connait depuis le un troyen au point , l'astéroïde 2010 TK7, qui mesure de diamètre. Un deuxième troyen a été découvert en décembre 2020, d'un diamètre de l'ordre du kilomètre. Certains astronomes soulignent que cet objet pourrait représenter un risque comparable aux géocroiseurs. Ces auteurs proposent également que l'impacteur géant supposément à l'origine de la Lune (Théia) aurait stationné un temps sur le point ou et accumulé de la masse avant d'en être éjecté sous l'action des autres planètes. Applications. Les points et sont des équilibres instables, ce qui les rend utilisables dans le cadre de missions spatiales : on n'y trouve pas ou peu de corps naturels, et un équilibre dynamique peut y être maintenu pour une consommation de carburant raisonnable (le champ gravitationnel étant faible dans leur voisinage). Système Soleil-Terre. Les principaux avantages de ces positions, en comparaison des orbites terrestres, sont leur éloignement de la Terre et leur exposition au Soleil constante dans le temps. Le point se prête particulièrement à l'observation du Soleil et du vent solaire. Ce point a été occupé pour la première fois en 1978 par le satellite "ISEE-3", puis par le satellite ' en 2016 (fin de mission en 2017). Le point est actuellement occupé par les satellites "SoHO" (fin de mission prévue fin 2025), "DSCOVR" (mission de la NOAA en cours depuis 2015) et ' (fin de mission prévue fin 2024). Le point est à l'inverse particulièrement intéressant pour les missions d'observation du cosmos, qui embarquent des instruments de grande sensibilité devant être détournés de la Terre et de la Lune, et fonctionnant à très basse température. Son orbite a été utilisée par les satellites "Herschel" (fin de mission en 2013), "Planck" (fin de mission en 2013), "WMAP" (fin de mission en 2010). Il est actuellement occupé par les télescopes spatiaux "Gaia" (mission en cours jusqu'à fin 2025) et "James-Webb" (depuis ), que doivent rejoindre "Euclid" (en 2023) et 'Nancy-Grace-Roman' (vers 2025). Système Terre-Lune. Dans le cadre de la mission chinoise "Chang'e 4", sonde spatiale lunaire ayant atterri en 2019 sur la face cachée de la lune, un satellite relais "Quequio" a été placé au point afin d'assurer les communications entre la Terre et la sonde. Il a été un temps envisagé de placer un télescope spatial au point ou du système Terre-Lune, mais cette option a été abandonnée après que des nuages de poussière y ont été observés. En science-fiction. En science-fiction, de par leur stabilité, les points et du système Terre-Lune abritent souvent de gigantesques colonies spatiales, comme dans le roman "Vendredi", de Robert A. Heinlein, où ceux-ci sont mentionnés dès l'introduction sous le nom de "Ell-4" et "Ell-5". Les auteurs de science-fiction et de bande dessinée aiment également placer une Anti-Terre au point . Cette idée est cependant irréaliste: les points de Lagrange n'ont de sens que pour un objet de masse négligeable par rapport aux deux éléments du système, ce qui n'est pas le cas d'une planète jumelle. Parmi les auteurs ayant utilisé ces points dans leurs récits, John Varley envisage dans plusieurs de ses romans et nouvelles l'installation de colonies aux points de Lagrange de l'ensemble Terre-Lune, tirant parti du fait qu'un objet de faible masse n'aurait besoin d'aucune énergie pour maintenir sa position relative aux deux astres. C'est le cas notamment dans sa série dite de la "Trilogie de Gaïa" où certains personnages principaux des deux derniers tomes viennent d'une de ces colonies, « le Covent », On les trouve aussi, de manière souvent secondaire, dans les récits (romans et nouvelles) qui se situent dans le contexte de la série "Les Huit Mondes". Dans le roman "Gens de la Lune" notamment, le point est le lieu d'assemblage du vaisseau spatial "Robert Anson Heinlein" censé se lancer dans un voyage intersidéral, avant que le projet soit abandonné et la carcasse du vaisseau remisée dans une décharge sur la Lune. Dans les diverses œuvres des univers de Gundam, les colonies spatiales sont souvent situées aux points de Lagrange, ce qui en fait des positions stratégiques importantes dans ces conflits orbitaux. Dans Rupture dans le réel, de Peter F. Hamilton, un vaisseau spatial traqué par plusieurs vaisseaux ennemis leur échappe via un point de Lagrange pour pouvoir faire un saut (de type hyperspatial même si le terme n'est pas utilisé) car c'est le seul endroit proche où la gravité est quasi nulle. Son capitaine Joshua Calvert est par la suite surnommé Lagrange Calvert à la suite de cet exploit. Dans le film "" de Peter Hyams (1984) (qui fait suite à "2001, l'Odyssée de l'espace"), le monolithe gigantesque dont la nature reste mystérieuse est présenté comme positionné sur un point de Lagrange entre Jupiter et une de ses lunes, Io.
Propulsion La propulsion est l'action de fournir une poussée à un corps pour qu'il se déplace dans l'espace environnant. Elle fait appel à un propulseur qui transforme en force motrice l'énergie fournie par le milieu extérieur (par exemple le vent ou la gravité) ou par un moteur soit embarqué soit externe (quand le système moteur est placé hors du corps). Risque de confusion. Dans le langage usuel non technique, le terme "propulsion" sert souvent à désigner la production de la force de propulsion (par exemple Navire à propulsion nucléaire), ce qui introduit une confusion entre la partie motrice et la partie propulsive. Dans l'automobile, on utilise le terme propulsion pour un véhicule dont la puissance est transmise aux seules roues arrière quels que soient le type et la position du (ou des) moteur(s). Pour les humains, on utilise parfois l'expression « propulsion musculaire » ce qui n'est pas exact (les muscles ne poussant pas la charge) alors que les Anglais utilisent l'expression « "" » signifiant « qui tire son énergie de l'humain », qui est plus exacte. Étymologie. Nom féminin du latin "propulsum", pousser en avant. La propulsion correspond à l'action de pousser un objet.
Propulsion spatiale La propulsion spatiale désigne tout système permettant d’accélérer un objet dans l'espace. Cela inclut les moyens de propulsion des véhicules spatiaux (fusées, satellites, sondes) ou les systèmes de commande d'attitude et d'orbite. Différentes méthodes de propulsion spatiale existent, chacune ayant ses défauts et ses avantages. La propulsion spatiale est un domaine de recherche actif, pourtant la plupart des véhicules spatiaux utilisent actuellement le même type de propulsion s'appuyant sur l'éjection de gaz à grande vitesse en arrière du véhicule au travers d'une tuyère. Ce genre particulier de propulsion est appelé moteur-fusée. La plupart des vaisseaux spatiaux actuels utilisent des moteurs-fusées chimiques (à propergol solide ou à ergols liquides) pour le lancement même si certains systèmes (comme le lanceur Pegasus ou le vaisseau SpaceShipOne) ont recours partiellement à un lancement aéroporté. La plupart des vaisseaux spatiaux utilisent un système de propulsion chimique simple mais fiable mono-ergol ou un système de propulsion électrique pour le maintien à poste. Des actionneurs gyroscopiques ou roues d'inertie peuvent également être utilisés pour le contrôle d'attitude. Les satellites soviétiques utilisent la propulsion électrique depuis des décennies, une technologie qui commence seulement à devenir fréquente dans les pays occidentaux en particulier pour le maintien à poste nord-sud des satellites géostationnaires et la rehausse de leur orbite. Les sondes interplanétaires utilisent pour la plupart des moteurs chimiques, cependant quelques essais d'utilisation de moteur ionique (Dawn et Deep Space 1) ou à effet Hall ont démontré leur efficacité. Besoin. Les satellites artificiels doivent être placés sur orbite de manière précise par un lanceur. Une fois sur leur orbite, ils doivent la plupart du temps contrôler leur attitude de manière à être correctement pointés vers la Terre, le Soleil ou d'autres astres dans le cas de missions astronomiques. Les satellites en orbite autour d'astres comportant une atmosphère doivent également compenser la traînée provoquée par l'atmosphère résiduelle. Il est ainsi nécessaire d'effectuer des petites corrections d'orbite régulièrement pour pouvoir rester sur orbite basse pour une longue période. Beaucoup de satellites modifient également leur orbite au cours de leur mission pour remplir leurs objectifs ce qui demande également un système de propulsion spatiale. Ces changements dépendent des besoins. Dans la plupart des cas, la fin des réserves de carburant du système propulsif est synonyme de fin de vie pour l'engin spatial.Si cette fin de vie reste majoritaire, une nouvelle tendance de prolongation de fonctionnement commence à voir le jour (Le , un satellite, MEV-1, s’est amarré pour la première fois à un autre satellite, Intelsat-901, en orbite géostationnaire) MEV-1 pour Mission Extension Vehicle-1 (véhicule d’extension de mission) est conçu pour accoster des satellites géostationnaires dont le carburant est presque épuisé. Une fois connecté à son satellite client, il utilise ses propres propulseurs et son approvisionnement en carburant pour prolonger la durée de vie du satellite. Les engins spatiaux qui voyagent au-delà de l'orbite terrestre ont également besoin de se propulser dans l'espace. Une fois lancé depuis la Terre comme les satellites habituels, ces vaisseaux interplanétaires doivent utiliser un système de propulsion pour quitter l'orbite terrestre et naviguer dans le Système solaire. Les sondes spatiales corrigent habituellement leur trajectoire par de petits ajustements successifs au cours de leur croisière. Durant le transit entre deux planètes les sondes poursuivent leur trajectoire sans propulsion. La trajectoire la plus efficace en termes de propulsion entre deux orbites elliptiques sur un même plan est appelée orbite de transfert de Hohmann. Partant d'une orbite circulaire, une courte poussée dans la direction de son mouvement entraîne le vaisseau sur une orbite elliptique. Une autre poussée à l'apoapside permet de retrouver une deuxième orbite circulaire, d'altitude plus élevée, où il accélère à nouveau pour sortir de l'orbite, complétant ainsi le transfert. Certaines méthodes exotiques comme l'aérofreinage sont parfois utilisées pour réaliser les ajustements finaux d'une trajectoire. Certaines méthodes de propulsion comme les voiles solaires produisent une poussée très faible mais continue. Un véhicule interplanétaire utilisant de tels systèmes de propulsion ne peut utiliser une orbite de transfert de Hohmann, basé sur le caractère impulsionnel de l'accélération donnée en début et en fin de transfert. Par conséquent les systèmes propulsifs de faible poussée utilisent des stratégies complexes de direction de la poussée. Le concept de voile solaire a été démontré par le projet japonais IKAROS. Les vaisseaux interstellaires auront besoin d'autres méthodes de propulsion. Aucun vaisseau de ce type n'a été construit même si de nombreux concepts ont été proposés. Les distances astronomiques séparant les étoiles entre elles requièrent des vitesses très importantes pour que le voyage se déroule dans des délais raisonnables. Accélérer à de telles vitesses puis ralentir à l'approche de la destination sera un défi pour les concepteurs de tels vaisseaux. La force de gravité à la surface de la Terre est relativement élevée. La vitesse nécessaire pour pouvoir quitter le champ d'influence gravitationnelle de la Terre est environ de . Les humains étant habitués à une accélération gravitationnelle de soit environ , un système de propulsion idéal pour simuler les conditions de gravité terrestre accélérerait donc à . Le corps humain supporte néanmoins des accélérations plus fortes pour des périodes de temps réduites. Cette gravité artificielle permettrait en outre de résoudre les problèmes liés à la micropesanteur comme la nausée ou les pertes osseuses et musculaires. Méthodes de propulsion. Les méthodes de propulsion spatiale peuvent être classées en fonction de la façon dont elles accélèrent la masse propulsive. Il existe également des méthodes particulières dépendant des phases du vol, comme le lancement, la rentrée ou encore l’atterrissage. Moteur à réaction. Un moteur à réaction utilise l'expulsion d'une masse propulsive pour assurer son déplacement, cela en s'appuyant sur la troisième loi de Newton. Impulsion spécifique et vitesse d'éjection. L'objectif d'un système de propulsion spatiale est d'accroître la vitesse "v" d'un engin spatial. Accélérer un objet est d'autant plus difficile que sa masse est importante ; aussi la quantité de mouvement, ou impulsion, "p = m v", plutôt que la vitesse est utilisée pour caractériser ce phénomène. Ce qu'on appelle couramment dans le domaine du spatial une "impulsion" est en fait une variation de la quantité de mouvement. Si le système de propulsion est utilisé dans le cadre d'un lancement, la poussée (donc une force) qu'il développe doit dépasser le poids du vaisseau afin que la résultante d'accélération soit positive. Par contre, une fois en orbite, toute poussée, aussi faible soit-elle, provoquera une variation de la quantité de mouvement. La modification de la quantité de mouvement au cours du temps est une force (principe fondamental de la dynamique) tandis qu'une accélération est une modification de la vitesse au cours du temps. Pour modifier sa vitesse, un vaisseau peut, soit maintenir une accélération faible sur une longue période, soit accélérer fortement sur une courte durée. De la même manière, pour modifier sa quantité de mouvement, le vaisseau peut subir une faible poussée pendant longtemps, ou une forte poussée pendant une courte durée. Cela implique que, lors de manœuvres dans l'espace, une méthode de propulsion qui provoque une faible accélération pendant longtemps permet d'obtenir la même variation de quantité de mouvement qu'une méthode de propulsion provoquant une forte accélération pendant un temps court. À nouveau, si le vaisseau lutte contre la gravité de la planète (s'il en décolle, par exemple), une poussée au moins égale à la gravité est nécessaire. Si certains systèmes de propulsion spatiale utilisent des champs magnétiques ou la lumière comme intermédiaire dans cette transmission de quantité de mouvement, la plupart communiquent une quantité de mouvement à une masse éjectée dans le sens inverse de la poussée. Le bilan de quantité de mouvement s'écrit pour l'engin : où dP est variation de quantité de mouvement et "v" la vitesse d'éjection de la matière. Cette variation se traduit, en utilisant la deuxième loi de Newton appliquée sur l'engin, par une force s'exerçant sur l'engin : où F est la force appliquée sur l'engin et formula_3 est le débit de matière éjectée. Cette masse éjectée est appelée masse propulsive en opposition aux masses utile et de structure qui comprennent la masse du vaisseau ne servant pas à accélérer. Pour qu'un moteur à réaction fonctionne, il lui faut donc deux éléments : de la masse propulsive et de l'énergie. La variation de quantité de mouvement du vaisseau lors de l'éjection d'une particule de masse "m" à une vitesse "v" sera donc égale à la quantité de mouvement transmise à la particule, soit "m v". L'énergie cinétique de la particule quant à elle est de "m v2 / 2" et doit être fournie par le système propulsif. Tous les systèmes de propulsion chimique utilisent la combustion comme source d'énergie. Les produits de cette combustion sont ensuite relâchés, devenant masse propulsive. Dans un système de propulsion spatiale électrique, l'électricité est utilisée pour accélérer des ions formant la masse propulsive. Ces systèmes ont donc besoin d'énergie électrique pour fonctionner. Celle-ci peut être fournie par des panneaux solaires photovoltaïques ou par des réacteurs nucléaires. Lors de la conception de systèmes de propulsion spatiale, les concepteurs concentrent souvent leurs efforts sur la diminution de la masse propulsive emportée. La masse propulsive doit en effet accompagner le vaisseau tant qu'elle n'est pas utilisée et est perdue irrémédiablement une fois consommée. La réduire au maximum permet donc de minimiser la taille et la masse des réservoirs. Une manière de déterminer la quantité de mouvement que l'on peut obtenir à l'aide d'une masse propulsive donnée est l'impulsion spécifique, qui équivaut à la quantité de mouvement obtenue par unité de poids de carburant sur Terre (habituellement notée formula_4). Elle se mesure en secondes. L'impulsion spécifique s'écrit donc ainsi : où F est la poussée fournie par la propulsion, formula_6 le débit de matière éjectée et g0 l'accélération due au champ de gravité, supposé constant à proximité de la surface d'une planète. La dimension de "Isp" est ainsi un temps qui s'exprime en secondes. Comme le poids de carburant sur Terre est souvent inutile dans une discussion d'un moteur spatial, l'impulsion spécifique peut être calculée par unité de masse. Cette formulation donne à l'impulsion spécifique la dimension d'une vitesse (i.e. m/s) [pas très clair...]. L'impulsion spécifique est dans ce cas la vitesse d'éjection efficace du moteur à réaction (habituellement notée formula_7). Les auteurs font parfois la confusion et nomment impulsion spécifique la vitesse d'éjection efficace. Pourtant les deux diffèrent d'un terme g0, l'accélération standard de la gravité au niveau de la mer soit (formula_8). Un moteur-fusée ayant une vitesse d'éjection importante peut par conséquent générer une variation de quantité de mouvement importante avec une masse propulsive réduite. En revanche l'énergie cinétique à fournir à une particule est proportionnelle à sa masse, mais varie comme le carré de sa vitesse d'éjection. Par conséquent un système très efficace sur le plan de la masse propulsive demande beaucoup d'énergie et est souvent moins efficace d'un point de vue de l'énergie totale dépensée. De plus, il faut garder à l'esprit que si le gain en masse propulsive se fait aux dépens de la masse globale du vaisseau, par exemple, par l'ajout d'une grande surface de panneaux solaires pour fournir de l'énergie, le bilan de masse peut au bout du compte devenir négatif. Ce problème devient critique pour un système devant fournir une forte poussée. En effet générer une grande quantité de mouvement avec peu de masse propulsive implique une très grande vitesse d'éjection donc beaucoup d'énergie à fournir. En conséquence, la plupart des moteurs très efficaces sur un plan de la masse propulsive embarquée fournissent une poussée très faible en raison de l’inexistence de systèmes embarqués pouvant générer assez d'énergie. Delta-v et carburant. À supposer qu'on utilise un vaisseau spatial en dehors de toute interaction extérieure, la consommation de son carburant au travers de son système propulsif dans une direction donnée provoquerait une modification de sa vitesse. La différence totale entre la vitesse initiale du véhicule et sa vitesse finale (i.e. après la poussée) est appelée "delta-v" (formula_9). Si la vitesse d'éjection efficace du système de propulsion ne varie pas durant la poussée, le "delta-v" total peut être calculé en utilisant l'équation de Tsiolkovski. où : Pour des raisons historiques, on remplace parfois formula_13 de la manière présentée préalablement : où l'formula_4 est l'impulsion spécifique et formula_16 est la constante d'accélération gravitationnelle au niveau de la mer. Pour une mission ayant besoin de beaucoup de delta-v, la majorité de la masse du vaisseau est souvent de la masse propulsive. Comme un vaisseau doit emporter toute sa masse propulsive, une grande partie de la masse propulsive consommée l'est en réalité pour accélérer de la masse propulsive, qui sera utilisée plus tard, plutôt que de la masse utile. Si un vaisseau, dont la masse finale "mf" comprend la masse utile ainsi que la masse de structure, doit accélérer d'un delta-v formula_9 avec un système propulsif de vitesse d'éjection formula_18, "mp" la masse propulsive nécessaire peut être calculée en utilisant l'équation de Tsiolkovski de la manière suivante : Ainsi pour des formula_9 bien plus petits, l'équation devient quasi linéaire et une masse propulsive très réduite est nécessaire. Si formula_9 est du même ordre de grandeur que formula_18 alors le besoin en masse propulsive est typiquement égal environ deux fois la masse utile et de structure du vaisseau. À partir de là, l'augmentation de masse propulsive devient exponentielle. Pour des formula_9 très supérieurs à la vitesse d'éjection, un ratio de masse très important est nécessaire entre masse propulsive et masse utile. Pour une mission nécessitant, par exemple, un décollage ou un atterrissage sur une planète, les effets de la gravité et de la traînée créée par l'atmosphère doivent être compensés par de la masse propulsive supplémentaire. Il est courant d'intégrer de tels effets dans un bilan de delta-v. Ainsi un lancement vers une orbite basse terrestre demande un delta-v entre et . Ces bilans de delta-v sont habituellement calculés numériquement. Quelques effets particulier comme l'effet Oberth ne peuvent être utilisés qu'avec des systèmes propulsifs à très forte poussée comme ceux utilisés sur les lanceurs (l'accélération doit être importante). Puissance et efficacité énergétique. Pour tous les moteurs à réaction (comme les moteurs-fusées ou la propulsion ionique) une partie de l'énergie doit être transmise à la masse propulsive pour l’accélérer. Tout système propulsif va dissiper de l'énergie lors de ce processus, mais, même en supposant l'accélération parfaite, l'énergie cinétique à transmettre à la masse propulsive sera toujours donnée par la formule suivante: La comparaison entre l'équation de Tsiolkovski et celle de l'énergie cinétique montre que, même à supposer que le rendement du système propulsif soit de 100 %, toute cette énergie ne finit pas dans l'énergie cinétique du véhicule, le reste étant perdu dans la masse propulsive une fois cette dernière éjectée. Le ratio entre énergie dissipée dans la masse propulsive et énergie communiquée au vaisseau dépend de la conception du vaisseau et de la mission. On peut souligner quelques règles importantes en la matière : Certains systèmes propulsifs encore en phase d'essai comme le VASIMR ou les propulseurs à force pondéromotrice peuvent modifier de manière importante leur vitesse d'éjection. La variation de l'impulsion spécifique permet de modifier l'utilisation de la masse propulsive et d'améliorer l'accélération à différentes phases du vol. Cependant les meilleures performances demandent à nouveau une vitesse d'éjection proche de la vitesse du véhicule. La plupart de ces concepts de moteurs ioniques et plasmiques ont une vitesse d'éjection bien supérieure à la vitesse du véhicule. À titre d'exemple, le VASIMR a une vitesse d'éjection minimale autour de alors que, en comparaison, le delta-v orbite terrestre - orbite lunaire est de . Il est souvent proposé dans les missions utilisant ce genre de technologie d'utiliser des générateurs électriques très puissants basés, par exemple, sur l'énergie nucléaire. Si cette solution peut être intéressante, la croissance très rapide de la masse du système électrique peut rendre le concept impraticable. En effet, comme expliqué préalablement, la croissance de la puissance du système électrique est souvent linéairement liée à la croissance de sa masse alors que l'énergie est liée au carré de la vitesse. Énergie. La structure abstraite suivante peut s'appliquer de façon générale aux différents types de moteurs à réaction : Dans le cas idéal où formula_27 est la masse utile du vaisseau et où formula_28 est sa masse propulsive (on suppose ainsi que la masse de structure est nulle). L'énergie nécessaire pour accélérer la masse propulsive d'une vitesse formula_29 est : Ceci correspond à une énergie cinétique nulle pour la masse propulsive une fois celle-ci relâchée. On se place donc ici dans le cas où la vitesse d'éjection est égale à la vitesse du vaisseau. Si l'on suppose à présent le vaisseau fixe, la masse propulsive est alors accélérée d'une vitesse nulle jusqu'à la vitesse d'éjection et toute l'énergie est transmise à la masse propulsive. Dans la plupart des cas néanmoins on se trouve entre ces deux cas limites et le vaisseau perd une partie de l'énergie cinétique créée en raison de la vitesse d'éjection de la masse propulsive. Prenons l'exemple où l'on a une vitesse d'éjection formula_18= et une vitesse du vaisseau de . Durant le fonctionnement du système propulsif, on a donc une partie de la masse propulsive dont la vitesse est modifiée et passe de dans le sens d'avancée du vaisseau à dans le sens opposé de la vitesse du vaisseau. Par conséquent, sur les dépensés pour accélérer la masse propulsive, sont perdus dans l'accélération de la masse propulsive (de 0 à ) et par conséquent seulement sont utilisés pour l'accélération du vaisseau. Dans le cas général, cette équation s'écrit ainsi : où formula_33 est la vitesse du véhicule, formula_29 la vitesse d'éjection de la masse propulsive et formula_35 la masse du véhicule. Par conséquent la densité massique d'énergie gagnée par le véhicule spatial durant un intervalle de temps formula_36 est l'énergie gagnée par le véhicule, incluant la masse propulsive non consommée, divisée par la masse du véhicule. Cette énergie gagnée par le véhicule est égale à l'énergie produite par le système de propulsion moins l'énergie perdue dans la masse propulsive éjectée. Plus la vitesse du véhicule est élevée, moins la perte énergétique dans la masse propulsive éjectée est importante ; si le véhicule se déplace à plus de la moitié de la vitesse d'éjection alors la masse éjectée perd même de l'énergie au profit du véhicule. On a : où formula_38 est la densité massique d'énergie mécanique du véhicule. Dans le cas où l'on utilise le système propulsif pour décélérer en éjectant donc la masse dans la direction de la vitesse, formula_33 devient négatif. Cette formule s'applique à nouveau uniquement pour le cas idéal où le vaisseau n'a aucune perte énergétique, par exemple, par chaleur. Les pertes étant de toute manière au désavantage du système propulsif, que cela soit en accélération ou en décélération, puisqu'elles réduisent l'énergie dédiée à la poussée. Si l'énergie est produite par la masse propulsive elle-même, comme dans un moteur chimique, la densité énergétique doit être formula_40, sachant que les masses du réducteur et de l'oxydant doivent être prises en compte. Un exemple courant est formula_29 = , correspondant à une densité énergétique de (combustion de l'hydrogène). La densité énergétique réelle de cette combustion est plus importante, mais les pertes thermiques et mécaniques entraînent cette valeur plus réduite. L'énergie nécessaire formula_42 peut ainsi s'écrire : En conclusion : Tous ces résultats ne sont valables que pour une vitesse d'éjection fixe. En raison de l'effet Oberth, et en supposant que la poussée débute à une vitesse non nulle, l'énergie que doit développer le système propulsif peut être inférieure à la différente d'énergie cinétique de la masse finale du véhicule (c'est-à-dire la somme de la masse de structure, de la masse utile et de la masse propulsive non consommée). C'est le cas, par exemple, lorsque la masse propulsive est éjectée à une vitesse inférieure que celle du véhicule ; dans ce cas le véhicule peut s'approprier une partie ou l'intégralité de l'énergie cinétique initiale de la masse propulsive (due à sa vitesse avant la poussée). La puissance est donnée par : où formula_50 est la poussée et formula_51 est l'accélération du véhicule. Par conséquent la poussée disponible théorique par unité de puissance est de deux divisé par la vitesse d'éjection. L'efficacité de la poussée est calculée en comparant la poussée réelle du moteur avec cette poussée théorique. Dans le cas de faible puissance disponible (en utilisant un panneau solaire, par exemple), l'accélération est réduite, en effet dans le cas d'une grande vitesse d'éjection des moteurs électriques on a donc une accélération possible très faible, cela augmente donc le temps nécessaire pour obtenir le formula_9. La vitesse d'obtention du formula_9 est par conséquent inversement proportionnelle à la vitesse d'éjection pour une efficacité de 100 %. Pour formula_54 on a donc formula_55, avec formula_56 le temps de poussée. Exemples : Rapport puissance poussée. Le rapport puissance sur poussée s'écrit : Par conséquent pour un véhicule de puissance P, la poussée s'écrit : Exemple pour plusieurs moteurs à réaction. Supposons que l'on souhaite envoyer une sonde de vers Mars. Le delta-v nécessaire à partir de l'orbite basse terrestre est environ de en utilisant un transfert d'Hohmann. Dans cet exemple, on supposera que les systèmes de propulsion proposés ci-après sont tous compatibles avec une telle manœuvre. - suppose une puissance massique de On peut observer ici que les moteurs consommant peu de carburant peuvent effectivement diminuer de beaucoup la masse propulsive en comparaison de la masse utile : ici la sonde de . La masse peut parvenir à des proportions négligeable comme dans le cas du concept de propulsion avancée. En revanche il faut noter que dans ce cas l'énergie nécessaire est très importante. À cela s'ajoute le problème du rapport poussée/poids d'un véhicule devant être supérieur à 1 si l'on décolle d'un astre. Pour arriver à de tels niveaux de poussée, les systèmes de propulsion électrique doivent développer des puissances de l'ordre du Gigawatt ce qui est l'équivalent de la consommation électrique d'une petite ville industrialisée. C'est donc actuellement impossible à la vue des techniques de génération de puissance que l'on peut embarquer dans un véhicule spatial. Certains concepts alternatifs utilisent une transmission de la puissance d'un générateur non embarqué, en focalisant par exemple l'énergie d'un laser ou d'un autre faisceau énergétique sur le véhicule, la masse propulsive ne servant alors plus à donner l'énergie servant à la propulsion mais étant simplement là pour être accélérée par cette énergie extérieure. Ce genre de concepts présente néanmoins de grandes difficultés dans sa mise en œuvre tant dans l'espace qu'au sol. La génération d'énergie à faible puissance et son accumulation pour être relâchée par décharges successives dans le propulseur est également utilisée. Ces solutions sont utilisables uniquement une fois déjà dans l'espace. Après une longue phase de propulsion par petits jets successifs la sonde atteint alors le delta-v recherché. Par exemple la sonde SMART-1 utilisant un moteur ionique a eu plusieurs centaines de phases propulsives générant petit à petit le delta-v nécessaire pour l'envoyer en orbite autour de la Lune. Cette méthode a demandé plus d'un an d'attente avant d'arriver sur la Lune alors que des méthodes de propulsion chimique demandent moins d'une semaine. En revanche la quantité de carburant nécessaire a été bien plus faible que pour un moteur chimique et la masse au lancement est souvent un facteur de coût important dans les missions spatiales. Par conséquent la sélection préliminaire de toute mission doit prendre en compte ces différents facteurs (masse, temps d'opération, flexibilité une fois sur orbite, fenêtres de tirs, etc.) afin de déterminer quel concept est le moins coûteux et offrira les meilleures chances de succès. Moteurs-fusées. La plupart des moteurs-fusées sont des moteurs à combustion interne, même si certains types de moteurs n'utilisant pas de combustion existent. Les moteurs-fusées produisent en général une masse propulsive de haute température, éjectée sous la forme d'un gaz très chaud. Cette température est produite par combustion d'un carburant solide, liquide ou gazeux en présence d'un oxydant dans une chambre de combustion. Ces gaz extrêmement chauds sont alors conduits vers une tuyère pour être détendus. Ces tuyères, habituellement en forme de cloche donnent à la plupart des moteurs-fusées leur aspect si reconnaissable. Ces tuyères permettent la détente et l'accélération du gaz d'échappement, transférant ainsi l'énergie thermique du gaz en énergie cinétique. Les vitesses d'éjection de tels moteurs sont habituellement comprises entre 2 et 10 fois la vitesse du son au niveau de la mer. Dans le domaine de la propulsion spatiale, les moteurs-fusées produisent les puissances et les poussées spécifiques les plus importantes. Certains concepts de moteurs-fusées utilisant la propulsion nucléaire thermique permettent également d'atteindre des puissances et poussées proches des niveaux des moteurs-fusées chimiques, mais leur utilisation se limite à des démonstrateurs d'essai. Propulsion électrique. Ne s'appuyant pas sur la détente de gaz à haute température pour accélérer la masse propulsive, ces moteurs utilisent un large choix de solutions pour l'accélérer en utilisant des forces électrostatiques ou électromagnétiques. Dans ce genre de système, la masse propulsive est habituellement un flux d'ions. Ces moteurs utilisent l'énergie électrique pour ioniser les atomes de la masse propulsive puis créent des champs électriques pour accélérer les ions jusqu'à leur vitesse d'éjection. Le concept de propulsion électrique date de 1906 lorsque Robert Goddard la proposa dans son carnet de recherche. Constantin Tsiolkovski publia le concept en 1911. Pour ces systèmes de propulsion, qui produisent de grandes vitesses d'éjection, l'efficacité énergétique et la poussée sont inversement proportionnelles à leur vitesse d'éjection. Leurs grandes vitesses d'éjection demandant de grandes puissances électriques et rendant ces concepts impossibles pour de fortes poussées par manque de systèmes de production d'énergie suffisamment puissants. Ces systèmes peuvent en théorie utiliser presque n'importe quelle sorte de masse propulsive. Pour certaines missions, en particulier celles proches du Soleil, l'énergie solaire est suffisante et a souvent été utilisée par le passé, mais pour explorer des astres plus lointains hors du Système solaire interne, telles que Jupiter ou Saturne, d'autres moyens de production de l'électricité doivent être trouvés, comme l'énergie nucléaire. Ces concepts sont appelés propulsion nucléaire électrique. Dans la plupart de ces concepts, la masse du système de production et de conversion de l'énergie est bien plus importante dans la conception du vaisseau que la masse propulsive car très sensible aux besoins de la mission. La plupart des réacteurs nucléaires offre des puissances spécifiques environ de moitié inférieures aux puissances développées par les panneaux solaires à proximité de la Terre. Des générateurs chimiques d'électricité ne sont pas envisagés pour ces concepts car trop limités en énergie totale. Les concepts utilisant de l'énergie dirigée (laser, particules, etc.) envoyées vers le vaisseau depuis la Terre peuvent potentiellement être une solution mais sont aujourd'hui à l'état de concept non démontré technologiquement. À cela s'ajoute que tous ces systèmes de propulsion ont des rendements de conversion énergétiques trop faibles pour atteindre des vitesses permettant des voyages interstellaires. Quelques méthodes de propulsion électrique : Dans les propulseurs électrothermiques et électromagnétiques, les ions et les électrons sont accélérés en même temps, une neutralisation du faisceau n'est par conséquent pas nécessaire. Propulseurs sans masse propulsive embarquée. La loi de la conservation du moment déclare qu'un propulseur n'utilisant aucune masse propulsive ne peut accélérer le centre de masse du vaisseau (changer son orientation en revanche est possible). Cependant l'espace n'est pas totalement vide, en particulier lorsqu'on reste dans les limites du Système solaire. Il existe des champs de gravité, des champs magnétiques, des vents solaires et d'autres radiations, solaires, par exemple. De nombreux concepts de propulsion tentent de profiter de ces environnements pour accélérer le vaisseau. Cependant comme ces effets sont très diffus, les structures propulsives mises en jeu sont souvent très importantes pour pouvoir en profiter. Il existe plusieurs concepts de propulsion utilisant aucune ou peu de masse propulsive pour fonctionner. Le concept du satellite captif, par exemple, emploie un long câble très résistant pour changer d'orbite reproduisant à plus petite échelle le concept de l'effet de fronde. Les voiles solaires utilisent la pression de radiation solaire pour se propulser, ce qui demande une grande surface d'exposition aux radiations solaires et de grands efforts pour limiter la masse du vaisseau. Les voiles magnétiques dévient les particules chargées des vents solaires grâce à un champ magnétique, récupérant ainsi une partie de leur quantité de mouvement. Une variante de ce concept est appelée propulsion plasmique mini-magnétosphérique et qui utilise un petit nuage de plasma pour modifier la trajectoire de ces mêmes particules. Les concepts de voiles électriques quant à eux proposent l'utilisation de fils très fin et très légers au travers desquels un courant électrique permanent permet la déviation des particules des vents solaires. Quelques démonstrations en vol ont été faites de concept de voile solaire comme IKAROS ou NanoSail-D2. Un vaisseau spatial est soumis au théorème de la conservation du moment cinétique ; par conséquent tout changement de son moment est le produit d'une force désaxée (principe du Reaction Control System), donc d'une masse propulsive éjectée, ou de la création d'un moment inverse dans le vaisseau (principe des roues de réaction). Les forces extérieures non conservatives, comme la gravité ou la traînée atmosphérique, peuvent contribuer à la création de moment dans le vaisseau spatial. Un système de contrôle de l'attitude est donc nécessaire dans les vaisseaux spatiaux pour pouvoir gérer l'orientation. Une autre méthode est l'assistance gravitationnelle qui peut accélérer une sonde sans masse propulsive en récupérant une partie de l'énergie cinétique d'une planète par gravité. Ces assistances gravitationnelles peuvent permettre des niveaux d'accélération très important si elles sont combinées à l'utilisation d'un moteur-fusée. Propulsion planétaire et atmosphérique. Pour le lancement depuis la Terre, la poussée est un facteur très important. En effet, la gravité tend à retenir le lanceur tandis qu'il s'élève vers l'espace et par conséquent la poussée du système de propulsion doit impérativement être supérieure à la pesanteur. Beaucoup de types de propulsion présentés dans la section précédente, telle que la propulsion ionique, ne permettent pas d'obtenir un rapport poussée sur poids supérieur à 1 et ne peuvent par conséquent pas être utilisés pour un lancement depuis la Terre. La plupart des vaisseaux spatiaux utilisent des moteurs-fusées chimiques pour le lancement depuis la Terre. D'autres sources de puissance comme la propulsion nucléo-thermique ont été proposées et testée, mais, pour des raisons politiques, environnementales et de sûreté, n'ont jusqu'à présent jamais été utilisées. Systèmes de lancement assistés. L'un des avantages des vaisseaux spatiaux partant du sol est qu'ils pourraient disposer "a priori" de l'aide d'infrastructures terrestres. Les propositions de lancement spatial sans fusée comprennent beaucoup de projets dont la taille limite leur application dans un proche futur. On pourra citer par exemple : Moteurs aérobies. La plupart des études montrent que la majorité des moteurs aérobies conventionnels comme les turboréacteurs ou statoréacteurs ont un rapport poussée/poids trop faible pour être utilisés sur des vaisseaux spatiaux sans sacrifier de la performance. En revanche le lanceur pourrait être lancé depuis un véhicule utilisant ce mode de propulsion (comme pour Pegasus ou SpaceShipTwo). Certains concepts de systèmes cités dans les systèmes de lancement assistés comme les lancements sur traîneau utilisent également des moteurs aérobies. En parallèle, certains moteurs particuliers sont étudiés actuellement pour leur utilisation sur des vaisseaux spatiaux durant la montée initiale (la phase de vol atmosphérique) : La plupart des lanceurs décollent à la verticale puis progressivement inclinent leur trajectoire pour l'amener à l'horizontale en exploitant les forces de gravité ("gravity turn"). Cette manœuvre est réalisée à une altitude de plusieurs dizaines de kilomètres. La première phase de montée à la verticale permet de limiter l'énergie perdue par frottement atmosphérique en réduisant le temps passé à basse altitude, là où l'atmosphère est la plus dense et donc où les forces de frottement sont plus importantes. Les moteurs aérobies sont bien plus efficaces que les moteurs fusées durant cette phase et par conséquent dans les concepts de fusée utilisant un étage aérobie, le lanceur passe une partie plus importante de sa phase propulsée dans l'atmosphère de manière à utiliser au mieux ces moteurs. Rentrée atmosphérique, capture planétaire et atterrissages non propulsés. Lorsqu'un vaisseau spatial entre dans la sphère d'influence d'une planète pour se placer en orbite, ou lorsqu'un vaisseau souhaite atterrir sur cette planète, il doit ajuster sa vitesse. Cette manœuvre peut être réalisée par certaines méthodes utilisant l'atmosphère de l'astre permettent de réduire le coût en carburant de ces manœuvres (si elles apportent suffisamment de delta-v). Concepts futuristes. Beaucoup de concepts futuristes sont proposés dans le domaine de la propulsion spatiale. La plupart sont à prendre avec beaucoup de précaution quant à leur faisabilité tant leurs hypothèses sont difficiles à démontrer. Des exemples de tels concepts hautement spéculatifs sont représentés au sein du programme de physique avancée des propulseurs de la NASA. On y retrouve : Classification des différents types de propulsion. Tableau comparatif. Ci-après se trouve un tableau récapitulant les méthodes de propulsion spatiale allant des plus classiques à des concepts plus futuristes. Les caractéristiques suivantes sont données : Test des systèmes de propulsion. La plupart des systèmes de propulsion spatiale sont testés au sol en reproduisant avec plus ou moins de réalisme les conditions de fonctionnement prévu. De nombreux types de test existent. Les essais sur banc d'essais de moteur-fusée sont utilisés pour la démonstration du bon fonctionnement des moteurs autant que pour leur réglage avant le vol. En raison de leur dangerosité, ces installations sont pour la plupart situées à grande distance des habitations. Les moteurs-fusées qui doivent fonctionner dans le vide, comme les propulseurs ioniques ou les moteurs d'étages supérieurs, sont testés dans des chambres de vide.
Propulsion à réaction
Liste de personnalités de la danse La liste de personnalités de la danse recense de manière non exhaustive les personnes ayant laissé une trace dans l'histoire de la danse.
Propulsion électrique (spatial) La propulsion électrique dans le domaine spatial est un type de propulsion à réaction dans lequel l'électricité est utilisée comme source d'énergie pour accélérer un fluide. Contrairement à la propulsion chimique, ce type de propulsion spatiale ne fournit pas des poussées suffisamment importantes (poussées inférieures à , soit ) pour placer en orbite des satellites artificiels mais, grâce à une impulsion spécifique très élevée, elle permet de réduire de manière très importante (jusqu'à dix fois) la masse d'ergols nécessaire pour manœuvrer un engin dans l'espace par rapport aux autres types de propulsion. L'énergie électrique est fournie généralement par des panneaux solaires photovoltaïques, mais elle pourrait également provenir de générateur thermoélectrique à radioisotope (RTG). Des prototypes de propulseurs ont été développés dans les années 1960, mais ce n'est que depuis les années 2000 que son emploi s'est généralisé pour les corrections orbitales des satellites circulant en orbite géostationnaire, et pour l'exploration du système solaire sur certaines sondes spatiales ("Smart 1", "Dawn", "Hayabusa", "BepiColombo"). De nombreuses techniques coexistent, mais deux catégories se sont particulièrement développées : les moteurs à effet Hall et les moteurs ioniques à grilles. Historique. Le concept de la propulsion électrique spatiale est décrit de manière relativement simultanée et indépendante en 1906 par les pionniers du domaine spatial Robert Goddard, en 1906, et Constantin Tsiolkovski, en 1911. Différentes modalités de mise en œuvre sont décrites par Hermann Oberth, en 1929, puis par Shepherd et Cleaver, au Royaume-Uni, en 1949. Les premières recherches pratiques démarrent dans les années 1960, au début de l'ère spatiale. Elles sont menées aux États-Unis par le centre de recherche Glenn de la NASA, par le JPL et par les laboratoires de recherche Hughes et en Union soviétique par plusieurs laboratoires de recherche. Les premiers propulseurs électriques expérimentaux utilisés dans l'espace sont des moteurs ioniques, utilisant comme fluide du mercure ou du césium. Les recherches soviétiques se concentrent sur les moteurs à effet Hall, tandis que les chercheurs américains s'intéressent plus particulièrement aux moteurs ioniques à grilles. L'installation d'un couple de moteurs SPT-60 à bord des satellites météorologiques soviétiques "Meteor" (premier lancement en 1971) constitue la première application opérationnelle de la propulsion électrique spatiale. Ces moteurs à effet Hall sont utilisés pour maintenir les satellites sur leur orbite. Le Japon lance en 1995 le satellite ', qui est équipé d'un moteur ionique à grilles. Aux États-Unis, la première utilisation commerciale débute en 1997 avec le lancement de satellites de télécommunications Hughes équipés de moteurs XIPS ('). La sonde spatiale "Deep Space 1", lancée en 1998, est le premier engin destiné à explorer le Système solaire dont la propulsion principale est assurée par un moteur électrique. Avantages et inconvénients. La propulsion produit une poussée bien moins élevée que celle produite par les systèmes de propulsion chimiques classiques, mais la poussée s'exerce sur un intervalle de temps bien plus important. Cette technologie présente toutefois certains inconvénients : Le propulseur magnétoplasmadynamique se rapproche de ce type de propulsion. Familles de propulseurs. Les propulseurs électriques peuvent être rangés dans trois catégories : Applications. Contrôle d'attitude. De par les très faibles poussées produites, ce type de propulsion est idéal pour effectuer des corrections d'orientation de vaisseaux ou satellites en orbite ou sur une trajectoire vers un autre corps céleste. Il évite aux concepteurs de devoir incorporer dans le vaisseau de lourds systèmes à base de monergols (RCS) ou de roues de réaction. La faible consommation de ces moteurs permet de plus d'assurer ce rôle sur une très longue durée. Maintien à poste des satellites en orbite géostationnaire. Le principe de fonctionnement de ces moteurs limite fortement leur poussée mais permet des durées de fonctionnement très longues. Ils ne sont donc pas toujours le meilleur choix pour un vaisseau spatial, mais leur emploi convient à merveille à des utilisations fréquentes et répétées pour maintenir des satellites à une orbite très précise. De plus, la nature de ces moteurs, contenant très peu de pièces mobiles, leur assure une très bonne fiabilité dans le temps (les moteurs chimiques subissent des contraintes mécaniques et thermiques bien plus fortes et ont une durée de vie plutôt limitée). Un module de propulsion électrique de type VASIMR est actuellement en cours de réalisation et devrait être testé sur la Station Spatiale Internationale. La station spatiale internationale, du fait de son orbite assez basse, subit encore les effets de l'atmosphère et perd quelques mètres d'altitude chaque jour (traînée aérodynamique). Un tel moteur serait la solution la plus adaptée à son maintien sur une orbite stable. Propulsion interplanétaire ; sondes spatiales. La sonde spatiale de la NASA "Deep Space 1", lancée en 1998, a été la première à utiliser comme système de propulsion spatiale un moteur électrique. La sonde "Smart-1", de l'Agence spatiale européenne a été lancée en 2004 et s'est placée en orbite autour de la Lune à l'aide de la propulsion électrique. Elle a utilisé le moteur PPS-1350, de Snecma, qui produisait une poussée de . C'est la première sonde européenne à rejoindre un corps du système solaire et à s'y être satellisé à l'aide d'une propulsion électrique. Exemples de moteurs. Parmi ces moteurs figurent :
Plasma Sciences et techniques. Pédologie. Le plasma est le matériau le plus fin (minéraux argileux, oxydes de fer, macromolécules organiques) qui se trouve au sein des agrégats primaires et qui est susceptible de servir de ciment au squelette (particules plus grossières).
PocketPC
Programme sur l'homme et la biosphère Le Programme sur l'homme et la biosphère (ou Programme MAB pour "Man and Biosphere") est l’un des quatre programmes de l’Unesco dans le domaine des sciences exactes et naturelles, avec le Programme hydrologique international (PHI), le Programme international des sciences fondamentales (PISF), et le Programme international de géosciences (PICG). Le programme MAB, initié en 1968 et créé officiellement en 1971 au siège de l'Unesco à Paris, vise à établir une base scientifique pour améliorer les relations homme-nature au niveau mondial. Parce qu’il touche à des enjeux à la croisée des domaines scientifiques, écologiques, sociétaux et du développement, le programme MAB rassemble plusieurs disciplines (sciences exactes et naturelles, sciences sociales, économie et éducation) destinées à améliorer les environnements humains et préserver les écosystèmes naturels. Le programme MAB encourage notamment les approches novatrices pour un développement économique respectueux des valeurs sociales, culturelles et écologiques. Il vise à parvenir à un équilibre durable entre les nécessités parfois conflictuelles de conserver la diversité biologique, de promouvoir le développement économique, et de sauvegarder les valeurs culturelles qui y sont associées. Les réserves de biosphère sont des sites où cet objectif est testé, affiné, appliqué et vulgarisé. Ce programme s'exprime dans chaque pays à travers des comités nationaux et au niveau mondial avec le "réseau mondial des réserves de biosphère". Le lancement du site du « MAB a 40 ans » a été l’occasion de rendre hommage à Michel Batisse qui a joué un rôle central dans la création, le lancement et le développement du Programme MAB et du réseau mondial des réserves de Biosphère.
Programme des Nations unies pour l'environnement Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE, en anglais "", UNEP) est une organisation dépendante de l'Organisation des Nations unies, créée en 1972, et ayant pour but de : Depuis que la notion de développement durable a été forgée (rapport Brundtland, 1987), le PNUE a cherché à intégrer la problématique environnementale dans des politiques plus globales de développement durable. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dépend de l’Organisation météorologique mondiale et du PNUE. Son siège se trouve à l'office des Nations unies à Gigiri au nord de Nairobi (UNON) au Kenya. Le PNUE a été la première organisation de l'ONU basée dans un pays en développement. Histoire. Création. La "déclaration finale de la Conférence des Nations unies sur l'environnement", issue de la conférence des Nations unies sur l'environnement humain (aussi nommée sommet de la Terre, qui s'est tenue à Stockholm du 5 au ), pose les bases du PNUE. Officiellement, le PNUE est créé le par la résolution 2997 lors de la Assemblée générale des Nations unies intitulée "Dispositions institutionnelles et financières concernant la coopération internationale dans le domaine de l'environnement". En 1972, l'écologie moderne était encore en gestation. En 1962, la zoologiste Rachel Carson publie ' qui accuse certains pesticides d'être dangereux pour les oiseaux et pour l'homme. En 1968, l'écologiste Garrett Hardin ' développe l'idée que . La multiplication des alertes et des travaux qui placent l'écologie au centre de leur propos fait surgir, dans les pays industrialisés, un nouveau paradigme, marqué par l'idée de "complexité" portée entre autres par Edgar Morin qui dit avoir pris conscience des enjeux écologiques en Californie, dans les années 1969-1970. Dans les pays en développement, le cercle vicieux entre pauvreté et dégradation de l'environnement est résumé par Indira Gandhi à la conférence de Stockholm (en tant que Premier Ministre de l'Inde) « La pauvreté est la forme la plus grave de pollution ». Les effets tératogènes de la Thalidomide découverts en 1960-61, et les preuves de plus en plus précises de pollution chimique des milieux. Le , le Torrey Canyon fait naufrage et donne naissance aux premiers éléments des politiques française, britannique et européenne de prévention et de lutte contre les grandes marées noires. Parmi les actions en faveur de l'environnement, on note le Club de Rome et le rapport qu'il a commandé en 1970 au Massachusetts Institute of Technology puis publié en 1972 sous le titre "Halte à la croissance ?". Entre conservation et développement ; équilibres difficiles à trouver. Au et au début du , le premier mouvement spontané de protection et conservation de la nature a été de créer des aires protégées (parcs nationaux principalement), pour protéger la nature et la naturalité ("wilderness") des activités humaines les plus destructrices. Cette stratégie « gelait » des terres, et en excluait parfois certaines formes de développement pour les populations indigènes ou nouvellement arrivées. Elle a dans les années 1970-1980 été critiquée et présentée par ses détracteurs comme une « mise sous cloche » (ou comparées à des réserves indiennes). Elle a parfois été jugée « muséographique » et uniquement capable de conserver une nature fragmentée ou freinant le développement économique en y empêchant l'exploitation des ressources, minières et pétrolières notamment. Un constat partagé est qu'elle n'a pas suffi à empêcher une dégradation générale et accélérée de l'environnement hors des réserves, et parfois dans celles-ci. Face à ce constat d'échec ou de demi-échec, l'ONU, comme d'autres, a souhaité promouvoir un développement humain intégrant mieux l'environnement. Un nouveau paradigme a alors émergé, partagé par des organisations telles que le PNUE, l'UICN, Man and Biosphère ou des ONGE telles que le WWF, consistant à promouvoir une démarche dite de « développement intégré » et durable prenant conjointement soin de la Terre et des ressources naturelles, et des populations humaines. Cette approche promeut un développement des communautés humaines qui apprendraient à restaurer, protéger ou gérer la biodiversité et les milieux, tout en les exploitant en deçà de leurs seuils de non-renouvelabilité. Cette volonté de ne pas opposer la nature et le développement (ou l'emploi), pour un « développement harmonieux » prenant mieux en compte le développement humain a nettement émergé à Rio de Janeiro au premier Sommet de la Terre en 1992, puis réaffirmée au Sommet de la Terre de Johannesbourg en 2002. Elle était encore la priorité des projets de textes soumis aux membres de la Conférence mondiale de l'ONU pour la biodiversité (2010) à Nagoya. Pourtant, en 20 ans, cette approche n'a pas non plus permis de stopper la perte de biodiversité, ce qui était l'une des premières préoccupations du PNUE depuis Rio. Au moment du Sommet de Johannesburg, des auteurs tels que John G. Robinson avaient déjà fait une analyse critique de cette stratégie trop utilitaire qui en posant le principe que n'a pas tenu compte d'une réalité qui est celle que les modèles économiques et de développement dominants ne disposent pas des outils permettant de ne pas surexploiter les ressources naturelles. J. G. Robinson, par exemple soutient que le but de créer une société durable, tel que défini dans "Sauver la Planète", est une utopie irréalisable, et que les mécanismes proposés pour atteindre cet objectif conduiront irrémédiablement à la perte de la diversité biologique. L'utilisation durable et raisonnable des ressources naturelles n'est possible dans cette vision que . Or, , et J.G. Robinson considère qu'il y a des contradictions fondamentales entre les besoins humains et le potentiel des ressources naturelles. Il conclut en soulignant que, . Un autre paradigme émergent dans les années 1980-1990 est celui de la nécessité urgente de restaurer un minimum de connectivité écologique à échelle de tous les biomes (notion traduite en France par la Trame verte et bleue), mais sa déclinaison concrète sur le terrain est lentement mise en œuvre. La dernière conférence des parties sur la Convention de l'ONU pour la biodiversité a admis le besoin de restaurer la biodiversité dans les villes et sur une partie significative des territoires exploités par l'Homme, et le besoin de multiplier la surface d'aires protégées (y compris en mer). Réforme. Depuis le sommet de la Terre 2002 à Johannesburg et le projet de réforme de l'ONU initié en par Kofi Annan, une réforme du PNUE est envisagée. La création de l'ONUE (Organisation des Nations unies pour l'environnement). Les « Amis de l'ONUE » se sont réunis à Agadir les 12 et ; quelques jours plus tard, le porte-parole des États-Unis indique que le gouvernement des États-Unis ne voyait pas l'intérêt d'une ONUE. Le , le PNUE a annoncé la création d’un « groupe d’experts sur la gestion durable des ressources » ("UN – International Resource Panel"). Activité. Ses activités couvrent une large étendue de problèmes. De la sauvegarde des écosystèmes marins et terrestres à la protection de l'atmosphère, en passant par la promotion et amélioration de la science environnementale. Il élabore également des moyens de préventions et de réponses rapides aux catastrophes environnementales. Le PNUE a ainsi développé des manuels de recommandations et traités d'applications sur les problèmes tels que le commerce international de produits chimiques dangereux, la pollution de l'air transfrontalière ainsi que la contamination des routes maritimes internationales. Il supervise le Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR), créé en 1955. L'Organisation météorologique mondiale et le PNUE ont créé le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) en 1988. Les quatre organes principaux du PNUE sont le conseil d'administration, le forum global des ministres de l'environnement, le secrétariat et le Fonds pour l'environnement mondial. Le PNUE emploie environ 600 personnes de diverses nationalités, et associe indirectement de nombreuses agences de l'environnement ou de l'énergie, scientifiques, experts et ONGEs dans le monde. Pendant deux décennies, l’UNESCO et le PNUE ont dirigé le Programme international d’éducation relative à l’environnement (1975-1995), lequel fournissait une vision et des conseils sur la mobilisation de l’éducation pour renforcer la prise de conscience environnementale. En 1976, l’UNESCO a lancé Connexion, un bulletin de l’éducation relative à l’environnement qui faisant office d’organe officiel du Programme international d’éducation relative à l’environnement UNESCO-PNUE (PIEE). Jusqu’en 2007, cette publication servait de ressource pour l’échange d’informations sur l’éducation à l’environnement (EE), en général, et pour la promotion des objectifs et des activités du PIEE, en particulier. Elle a aussi permis de créer un réseau d’institutions et d’individus intéressés et actifs dans le domaine de l’éducation à l’environnement. Bureaux. Le PNUE dispose de six bureaux régionaux (RO pour Régional Office) et d'un réseau de centres : Bureaux de liaison. Le PNUE dispose de sept bureaux de liaison : Divisions. Le PNUE dispose aussi de sept divisions, dont six situées à Nairobi : Et une partagée entre Paris, Genève et Osaka : Prix et récompenses. Le PNUE décerne un certain nombre de prix et récompenses :
Programme interdisciplinaire de recherches sur l'environnement Le Programme Interdisciplinaire de Recherches sur l'Environnement (PIREN) est un programme de recherche français sur les problèmes d'environnement et d'écologie, lancé par le CNRS et associant diverses institutions et disciplines. Niveau national, créé en 1990. Le PIREN-Seine. Le PIREN-Seine est un groupement de recherche dont l'objectif est de développer, à partir de mesures de terrain et de modélisations, une vision d'ensemble du fonctionnement du système formé par le réseau hydrographique de la Seine, son bassin versant et la société humaine qui l'investit. Le bassin de la Seine, 12 % du territoire national, supporte le quart de la population de la France, un tiers de sa production agricole et industrielle, et plus de la moitié de son trafic fluvial. Le fonctionnement écologique de l'ensemble du système fluvial et sa modélisation, depuis les bactéries jusqu'aux poissons, sont basés sur l'étude fine des processus physiques, chimiques et biologiques des milieux. Les modèles développés par le PIREN-Seine simulent les variations écologiques et biochimiques de l'hydrosystème, depuis les ruisseaux jusqu'à l'entrée de l'estuaire. Le PIREN-Seine fait partie du réseau des Zones Ateliers mises en place par le CNRS. Il rassemble des équipes du CNRS, de Mines ParisTech, de l'INRAE et de diverses Universités et Grandes Écoles. Les travaux sont menés avec le concours de la plupart des acteurs publics ou privés de la gestion de l'eau dans le bassin Seine-Normandie (AESN, SIAAP, Métropole du Grand Paris, EPTB Seine Grands Lacs, DRIEE, SEDIF, VNF, Eau de Paris, Ville de Paris, Suez, Veolia, Climespace, SDDEA ).
Produit phytopharmaceutique Les produits phytopharmaceutiques appartiennent à la famille des pesticides, dont font également partie les biocides. Éléments de définition. La directive 91/414/CEE définit comme produit phytopharmaceutique tout produit destiné à : Dans le droit français, le décret n° 94-359 du (abrogé par Décret n°2003-768 du - art. 6 (V) JORF ) relatif au contrôle des produits phytopharmaceutiques donne la même définition, mais en prévoyant la possibilité d'avoir dans l'avenir des produits phytopharmaceutiques contenant des OGM. Le texte précis est « Au sens du présent décret, on entend par produit phytopharmaceutique, les substances, les préparations contenant une ou plusieurs substances actives et les produits composés en tout ou partie d'organismes génétiquement modifiés présentés sous la forme dans laquelle ils sont livrés à l'utilisateur, destinés à... ». Les traces résiduelles présentes sur ou dans les aliments ayant été en contact avec ces produits sont dits « résidus ». Ils doivent faire en Europe l'objet d'un suivi, assuré en France par l'Observatoire des résidus de pesticides. Termes proches. Les termes de "pesticide", "produit phytosanitaire", "produit agropharmaceutique", "produit de protection des plantes", "produit de protection des cultures" sont aussi employés dans un sens proche de produit phytopharmaceutique. L'Union européenne définit un produit phytopharmaceutique dans la directive communautaire 91/414/CEE du et dans le décret 94-359 du . Elle ne propose pas de définition règlementaire pour "pesticide" ni pour les autres les termes listés ci-dessus. Le terme de "produit antiparasitaire contre les ennemis des cultures" est défini dans le Code rural français. Il englobe les notions de produit phytopharmaceutique, adjuvant et désinfectant agricole. Liste des produits phytopharmaceutiques. Les produits phytosanitaires autorisés ou tout simplement utilisés varient en fonction de chaque pays et des usages. En France, la liste exhaustive des produits autorisés peut être consultée sur le site du Ministère chargé de l'agriculture Marché français des produits phytopharmaceutiques. La France, second marché mondial. Avec plus de tonnes de produits formulés consommés en moyenne chaque année, la France se situe au deuxième rang mondial, derrière les États-Unis. De manière plus précise, on distingue trois grandes filières d'utilisation des produits phytopharmaceutiques en France : Ces deux dernières activités ont représenté la consommation de tonnes en 2000. Répartition de la consommation. La consommation en tonnes de produits formulés dans le secteur agricole se répartit par familles de produits de la manière suivante : Source : Union des industries de protection des plantes. La famille de produits utilisée en majorité en agriculture est celle des fongicides, suivie par les herbicides. Les insecticides représentent 3 à 4 % du volume annuel consommé. Les variations annuelles s'expliquent par des facteurs agronomiques (climat, pression des ravageurs) mais aussi fiscales (incidence de la taxe générale sur les activités polluantes en 2000, qui a conduit à un stockage de produits en 1999).
Produit antiparasitaire contre les ennemis des cultures
Préparation phytopharmaceutique Les préparations phytopharmaceutiques sont des produits commerciaux destinées à l'agriculture pour lutter contre les bioagresseurs susceptibles de réduire le rendement ou la qualité des produits agricoles. Définition. Dans l'Union européenne, les préparations phytopharmaceutiques sont définies par la directive communautaire 91/414/CEE du 15 juillet 1991, comme suit (Définitions, art. 2) : Les substances sont définies comme les éléments chimiques et leurs composés tels qu'ils se présentent à l'état naturel ou tels que produits par l'industrie, incluant toute impureté résultant inévitablement du procédé de fabrication. Composition. Les préparations phytopharmaceutiques se composent d'une part de substances actives, qui donnent à la préparation ses propriétés biologiques, et d'autre part de « co-formulants », sans activité biologique propre, tels que antimoussants, diluants, ou agents mouillants, qui sont destinées à faciliter l'application sur les cultures.
Produit végétal traité avec un produit phytopharmaceutique Les produits végétaux traités avec un produit phytopharmaceutique sont désignés par la directive communautaire 91/414/CEE du , comme « "les produits d'origine végétale subissant l'application de ce traitement, non transformés ou ayant subi une préparation simple telle que mouture, séchage ou pression; pour autant qu'il ne s'agisse pas de plantes vivantes et de parties vivantes de plantes, y compris les fruits frais et les semences" ».
Pluton (planète naine) Pluton, officiellement désignée par (134340) Pluton (désignation internationale : "(134340) Pluto"), est une planète naine, la plus volumineuse connue dans le Système solaire ( de diamètre, contre pour Éris), et la deuxième en ce qui concerne sa masse (après Éris). Pluton est ainsi le neuvième plus gros objet connu orbitant directement autour du Soleil et le dixième par la masse. Premier objet transneptunien identifié, Pluton orbite autour du Soleil à une distance variant entre et appartient à la ceinture de Kuiper, ceinture dont il est (tant par la taille que par la masse) le plus grand membre connu. Après sa découverte par l'astronome américain Clyde Tombaugh en 1930, Pluton était considérée comme la du Système solaire. À la fin du et au début du , de plus en plus d'objets similaires furent découverts dans le Système solaire externe, en particulier Éris, alors estimé légèrement plus grand et plus massif que Pluton. Cette évolution amena l'Union astronomique internationale (UAI) à redéfinir la notion de planète, Cérès, Pluton et Éris étant depuis le classées comme des planètes naines. L'UAI a également décidé de faire de Pluton le prototype d'une nouvelle catégorie d'objet transneptunien. À la suite de cette modification de la nomenclature, Pluton a été ajoutée à la liste des objets mineurs du Système solaire et s'est vu attribuer le numéro 134340 dans le catalogue des objets mineurs. Pluton est principalement composée de roche et de glace de méthane, mais aussi de glace d'eau et d'azote gelé. Son diamètre est d'environ les deux tiers de celui de la Lune. Pluton est le corps principal du système plutonien. Le couple que forme Pluton avec son grand satellite, Charon (diamètre ), est souvent considéré comme un système double, car la différence de masse entre les deux objets est l'une des plus faibles de tous les couples corps primaire/satellite du système solaire (rapport 8:1) et le barycentre de leurs orbites ne se situe pas à l'intérieur d'un des deux corps (il est légèrement à l'extérieur de Pluton). Quatre autres satellites naturels, nettement plus petits et tous en orbite à peu près circulaires (excentricité < 0,006) à l'extérieur de l'orbite de Charon, complètent le système tel qu'actuellement connu (dans l'ordre en s'éloignant) : Styx, Nix, Kerbéros et Hydre. Tous quatre furent découverts avec l'aide du télescope spatial "" : les deux plus importants, Nix et Hydre (respectivement et ), en 2005, Kerbéros (environ ) en 2011 et Styx (environ ) en 2012. Ces deux derniers ont reçu leur nom officiel en . Les dimensions mentionnées correspondent à des mesures effectuées ultérieurement à leur découverte, et non aux premières estimations qui purent être faites. La sonde spatiale "New Horizons", lancée en par la NASA, est la première sonde à explorer le système plutonien ; elle le traverse le à une distance minimale de de Pluton, après un voyage de de kilomètres. La sonde ne détecte aucun autre satellite de plus de de diamètre pour un albédo de 0,5. Historique. Pré-découvertes. D'après Greg Buchwald, Michel DiMario et Walter Wild, Pluton a été photographiée le 21 août et le 11 novembre 1909 à l'observatoire Yerkes de l'université de Chicago. Cependant, leurs coordonnées n'apparaissent pas dans la liste des quatorze autres pré-découvertes de Pluton qui sont recensées dans les données du Minor Planet Center. La toute première officiellement identifiée est celle du à l'observatoire du Königstuhl de Heidelberg. Découverte. Pluton fut découvert en 1930 lors de la recherche d'un corps céleste permettant d'expliquer les perturbations orbitales de Neptune, hypothèse proposée par Percival Lowell comme la planète X. Ayant fait fortune dans les affaires, Lowell se fait construire en 1894 un observatoire à plus de d'altitude dans l'Arizona et entreprend la recherche d'une neuvième planète au-delà de Neptune. Il pense suivre la même méthode que celle qui avait conduit à la découverte de cette dernière en étudiant son orbite, mais la précision des instruments de l'époque ne permettant pas de mesurer de façon précise les anomalies orbitales, il doit se rabattre sur celles d'Uranus. Sa planète (baptisée « X ») serait située à , aurait une période de 327 ans et une masse de deux cinquièmes de celle de Neptune. En 1905, il lance une première campagne photographique de trois ans, mais celle-ci ne donne rien de concluant, notamment, comme il fut démontré par la suite, parce que ce programme était focalisé sur l'écliptique et que l'orbite fortement inclinée de Pluton la plaçait à cette époque en dehors du champ des photographies. Lowell ne baisse pas les bras pour autant et décide de redoubler d'efforts, notamment lorsqu'il voit apparaître un concurrent : William Pickering. Celui-ci annonce en 1908 la présence d'une planète qu'il nomme « O » de deux masses terrestres, à une distance de 52 ua et d'une période de 373 ans. En 1911, Lowell fait l'acquisition d'un comparateur à clignotement, machine destinée à l'analyse photographique lui permettant de comparer les clichés beaucoup plus vite (deux séries de photos sont prises à quelques jours d'intervalle pour repérer le mouvement éventuel d'un astre) et entame une nouvelle série de photographies. Ce nouvel échec le mènera à se désintéresser de sa planète X. Percival Lowell meurt en 1916 mais laisse dans son testament de quoi poursuivre les recherches sans se soucier des problèmes d'argent, bien que des problèmes d'héritage avec sa femme finissent par réduire le budget de l'observatoire. Or dix ans plus tard, l'observatoire doit se doter d'un nouvel instrument. Abbott Lawrence Lowell, le frère de Percival Lowell, accepte de donner dix mille dollars pour la construction d'un télescope de que Clyde W. Tombaugh sera chargé de piloter pour cette lourde tâche qu'est la cartographie minutieuse du ciel, à la recherche de la planète X. Tombaugh réorganise son plan de travail et procède à trois prises au lieu de deux afin d'augmenter les chances de percevoir le mouvement de la planète. La troisième série de clichés prend fin le et commence alors l'analyse des plaques photographiques. Le , il remarque un point qui bouge d'une plaque à l'autre sur deux photographies prises les 23 et 29 janvier. L'équipe de l'observatoire Lowell, après avoir pris d'autres photographies permettant de confirmer la découverte, télégraphie la nouvelle au Harvard College Observatory le . La découverte est annoncée le par une circulaire de l'Union astronomique internationale. De nombreux observatoires se mettent alors à observer cette nouvelle planète, afin de déterminer son orbite le plus précisément possible. En reprenant des clichés antérieurs, Pluton est rétroactivement observée sur des plaques photographiques remontant jusqu'à 1909. La planète est nommée à la fois en référence au dieu romain des enfers et à Percival Lowell dont les initiales forment les deux premières lettres de Pluton. Ses initiales forment le premier symbole astronomique et astrologique de Pluton : ♇ (Il y a aussi un deuxième symbole planétaire, ⯓. Ces symboles sont rares en astronomie aujourd'hui, mais courants en astrologie). Le nom fut suggéré par Venetia Burney, une jeune fille de onze ans d'Oxford, en Angleterre. Passionnée de mythologie et d'astronomie, Venetia Burney trouva approprié d'associer le nom du dieu du monde souterrain à ce monde obscur et glacé. Son grand-père qui travaillait à la bibliothèque universitaire d'Oxford en parla à l'astronome Herbert Hall Turner, qui transmit l'idée à ses confrères américains. Le nom de Pluton fut officialisé le . Le nom-même attribué à Pluton en tant que maître des Enfers a excité outre mesure l'imagination des astrologues à une époque de temps troublés où l'astrologie a - comme d'habitude pour les périodes de crises - connu une effervescence (à cette époque, elle est sortie de sa clandestinité, faisant irruption dans les médias de masse). Le spécialiste de l'histoire de l'astrologie Jacques Halbronn trouve curieux que le nom choisi par les astronomes ait déterminé le symbolisme adopté par les astrologues. En effet, il y avait dans le nom « Pluton » l'idée du juge des âmes, et dès lors d'une sorte de Jugement Dernier. Quatre ans seulement après la découverte de l'astre, l'astrologue allemand Fritz Brunhübner, voyant en Pluton un astre super-maléfique, a affirmé que . Avec une absence de recul remarquable pour un astre dont la période de révolution est de 249 ans, Brunhübner est alors allé jusqu'à attribuer à Pluton la maîtrise astrologique sur le signe du Scorpion. Il n'a cependant pas fait consensus : Alexandre Volguine estimait que Pluton gouvernait le signe du Sagittaire alors que Dane Rudhyar voyait l'astre en analogie avec le signe du Bélier. D'autres ont fait l'hypothèse d'une maîtrise astrologique sur le signe des Poissons! Pluton et la planète X. À l'origine, la découverte de Pluton est liée à la recherche systématique d'une planète permettant d'expliquer les perturbations observées dans les orbites d'Uranus et Neptune, mais le doute est très vite jeté sur le fait que Pluton serait bien la planète X que Percival Lowell recherchait. À cette époque, Pluton est si lointaine que son diamètre ne peut pas être déterminé avec précision, mais sa faible luminosité et son absence de disque apparent laissent présager un corps plutôt petit, comparable en taille aux planètes telluriques déjà connues, probablement plus grand que Mercure mais pas plus que Mars, pense-t-on à l'époque. Il devient donc rapidement clair que Pluton ne peut pas être la source des perturbations dans les orbites de Neptune et Uranus. Clyde Tombaugh et d'autres astronomes persévèrent dans la recherche de la planète X pendant 12 ans, mais ne découvrent que des astéroïdes et des comètes. Les astronomes sont amenés à imaginer que de nombreux autres corps similaires à Pluton pourraient orbiter autour du Soleil au-delà de Neptune. On pense alors que le système solaire pourrait être constitué de plusieurs zones regroupant les corps célestes par familles, planète tellurique, planète géante, « objets ultra-neptuniens ». Cette hypothèse sera formalisée plus tard au cours des années 1940 et 1950 par Kenneth Edgeworth puis Gerard Kuiper, et est désormais connue sous le nom de ceinture de Kuiper. Le premier satellite de Pluton fut découvert le lorsque James W. Christy réalisa que l'image de Pluton apparaissant sur des plaques photographiques prises dans les deux mois précédents semblait présenter une protubérance tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. La protubérance fut confirmée sur d'autres plaques, dont la plus ancienne remontait au . Des observations ultérieures de la protubérance montrèrent qu'elle était causée par un petit corps. La périodicité de la protubérance correspondait à la période de rotation de Pluton, laquelle était connue à partir de sa courbe de luminosité, indiquant une orbite synchrone et suggérant qu'il s'agissait d'un effet réel et non d'un artefact d'observation. Le nom de Charon fut donné au satellite. En 1993, les calculs de la trajectoire de survol de Neptune par la sonde "Voyager 2" en août 1989 ont montré que Neptune avait une masse inférieure aux hypothèses précédentes, et en tenant compte de cette nouvelle mesure, le mathématicien Myles Standish montre que les divergences dans les mouvements des planètes Uranus et Neptune deviennent négligeables devant l'incertitude de la mesure liée à la précision des instruments. L'hypothèse d'une planète X perturbatrice ne tient donc plus, et c'est donc sur la base d'une prédiction de position fausse que Pluton fut découverte. Statut de planète naine. Dans la dernière décennie du , la découverte de nombreux objets transneptuniens (plus d'un millier), dont certains ont une dimension estimée voisine de celle de Pluton (par exemple Éris), pousse à la remise en question de son statut de planète. Parmi ceux-ci, de très nombreux corps sont découverts qui possèdent une période de révolution égale à celle de Pluton, et sont comme lui en résonance 2:3 avec Neptune. Certains scientifiques proposent alors de reclasser Pluton en planète mineure ou en objet transneptunien. D'autres, comme Brian Marsden du Centre des planètes mineures, penchent pour lui attribuer les deux statuts, en raison de l'importance historique de sa découverte. Marsden annonce le 3 février 1999 que Pluton serait classée comme le objet du catalogue recensant justement mineures. Le numéro rond de « 10000 » serait attribué à Pluton en son honneur pour la « célébration » de ce compte atteint. L'Union astronomique internationale (UAI), l'organisme coordinateur de l'astronomie au niveau international, chargé de la dénomination des corps célestes ainsi que de leur statut, fit alors une mise au point, rappelant qu'elle seule était habilitée à déterminer le statut de Pluton. Historiquement, les quatre premiers astéroïdes découverts de 1801 à 1807 — (1) Cérès, (2) Pallas, (3) Junon et (4) Vesta — furent eux aussi considérés comme des planètes pendant plusieurs décennies (à l'époque, leurs dimensions n'étaient pas connues avec précision). Certains textes astronomiques du début du font référence à onze planètes (incluant Uranus et les quatre premiers astéroïdes). Le cinquième astéroïde ((5) Astrée) fut découvert en 1845 peu de temps avant la découverte de Neptune, suivi de plusieurs autres dans les années suivantes. Dans les années 1850, on cessa de considérer ces objets de plus en plus nombreux comme des « planètes », pour les nommer « astéroïdes » ou « planètes mineures ». La découverte en 2005 de (136199) Éris, d'un diamètre comparable et d'une masse légèrement supérieure à ceux de Pluton, contribue à relancer le débat ; puisqu'il s'agit en effet de ne pas reproduire le même scénario que ce qui s'était passé pour Cérès, Pallas, Junon et enfin Vesta. Le diamètre d'Éris, qui avait initialement été estimé à (il semblait alors notablement plus grand que Pluton) était encore en 2006 du même ordre de grandeur que celui de Pluton, même après avoir été revu à la baisse (). Selon une étude publiée dans "Science" du , sa masse serait supérieure à celle de Pluton d'environ 27 %. De nombreux autres corps ont également été découverts à cette époque, tels que (136472) Makémaké, (90482) Orcus ou (90377) Sedna, régulièrement annoncés comme la dixième planète du Système solaire. La classification en neuf planètes devient difficilement tenable. Le dernier mot revient à l'UAI, qui, lors de son tenu le 24 août 2006 en République tchèque, a décidé au terme d'une semaine de débats de compléter la définition de planète, disant qu'une planète élimine de son voisinage tous les objets ayant une taille qui lui soit comparable. Ce qui n'est pas le cas de Pluton, qui partage son espace avec d'autres objets transneptuniens et qui est reclassé en planète naine. Le Centre des planètes mineures lui attribua le 7 septembre 2006 le numéro d'objet mineur « 134340 ». "(134340) Pluto" devient la désignation officielle de l'Union astronomique internationale le 13 septembre 2006. Néanmoins, à la suite du vote, une pétition ayant réuni en cinq jours les signatures de plus de 300 planétologues et astronomes majoritairement américains (Pluton ayant été la première planète découverte par un Américain) a été lancée pour contester la validité scientifique de la nouvelle définition de planète qui déclassait Pluton ainsi que son mode d'adoption et inviter à la réflexion sur une autre définition plus appropriée. Il faut dire que lors du de Prague qui s'est tenu du 14 au , le vote sur la rétrogradation ou non de Pluton a eu lieu seulement le 24 août et en présence de 400 membres environ sur , ce qui peut remettre en cause le bien-fondé de la décision. Néanmoins, Catherine Cesarsky, présidente de l'UAI, clôt le débat en décidant que l'assemblée de l'UAI d'août 2009 ne reviendrait pas sur la définition de planète. Des planétologues continuent cependant à parler de Pluton comme d'une planète en 2018, tel Alan Stern. Le 18 septembre 2014, le Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics organise un débat réunissant trois experts présentant trois points de vue de la définition d'une planète : historique, la définition retenue par l'UAI et enfin le point de vue des chercheurs des exoplanètes ; ce dernier, présenté par Dimitar Sasselov, président de Harvard Origins of Life Initiative, recueille l'adhésion des experts, pour lesquels Pluton serait donc bien une planète. Pluton conserve son importance. Environ cent-cinquante objets orbitant comme Pluton avec une résonance 2:3 avec Neptune étaient recensés en février 2006, ce qui tend à montrer que Pluton est le plus grand représentant d'une vaste famille de corps plus ou moins massifs. Les astronomes David Jewitt et Jane Luu proposent de les nommer « plutinos ». Une nouvelle sous-catégorie, les plutoïdes, est créée par l'UAI pour les planètes naines qui passent la majeure partie de leur révolution orbitale à l'extérieur de l'orbite de Neptune, dont Pluton fait partie. Observations du télescope spatial "Hubble". Le télescope spatial "Hubble" a fourni les images les plus détaillées de la surface de Pluton avant l'arrivée de "New Horizons". Exploration de Pluton. Pluton est un objectif difficile pour l'exploration spatiale, à cause de la grande distance la séparant de la Terre (environ de kilomètres), de la forte inclinaison de son orbite (17°) sur l'écliptique et de sa très faible masse. À titre de comparaison, si la Terre était un ballon de football ( de circonférence), Pluton aurait environ la taille d'une balle de golf. À cette échelle, une distance de séparerait les deux planètes, soit du Circuit Gilles-Villeneuve ou la distance de Paris à Évreux. La sonde "Voyager 1" aurait éventuellement pu l'atteindre, mais l'exploration de Titan (le plus grand satellite parmi les innombrables que comporte Saturne) et des anneaux de Saturne fut jugée plus importante, ce qui eut pour effet de rendre sa trajectoire incompatible avec un rendez-vous avec Pluton. "Voyager 2" n'était pas en mesure de l'atteindre car la trajectoire théorique de la sonde pour réaliser ce rendez-vous aurait supposé de traverser la planète Neptune. La NASA étudia en 1991 un projet de sonde vers Pluton, qui fut révisé à la baisse en 1992 puis abandonné en 1994. Un nouveau projet américano-russe, la mission "Pluto Kuiper Express", démarra en 1995. Il aurait eu pour but le survol vers 2012 du couple Pluton/Charon, et d'au moins un objet de la ceinture de Kuiper. La Nasa l'annula en 2000, pour des raisons budgétaires. Elle a finalement été remplacée par une mission similaire, '. La sonde ', lancée le , est donc la première sonde spatiale à visiter Pluton, bénéficiant en février 2007 de l'assistance gravitationnelle de Jupiter pour arriver au plus près de la planète naine le , après un voyage de de kilomètres. Les observations débutent environ cinq mois avant le plus proche passage et devraient continuer environ un mois après. Le survol est toutefois si rapide que seul un hémisphère peut être photographié avec la résolution la plus élevée. L'engin spatial emporte à son bord des instruments d'imagerie, de spectroscopie et d'autres appareils de mesure, afin de déterminer les caractéristiques géologiques et morphologiques de Pluton et de sa lune Charon, mais aussi cartographier les éléments composant leur surface et étudier l'atmosphère de Pluton (composition et taux d'évasion). La mission prévoit également un survol des objets de la ceinture de Kuiper jusqu'en 2025. Orbite. L'orbite de Pluton autour du Soleil a été observée pendant plus d'un siècle (le cliché le plus ancien sur lequel on repère Pluton remonte à janvier 1914), durée de parcours d'un peu plus du tiers de sa trajectoire annuelle, mais suffisante pour mesurer avec précision ses caractéristiques orbitales. Paramètres orbitaux. Orbite. Le demi-grand axe de l'orbite de Pluton est de , mais du fait de l'excentricité prononcée de cette orbite, la distance entre Pluton et le Soleil varie entre au périhélie et à l'aphélie, et l'année plutonienne dure terrestres. Inclinaison. En comparaison des planètes classiques du système solaire, l'orbite de Pluton est fortement inclinée par rapport au plan de l'écliptique (17,14175°) et excentrique (0,24880766). Les orbites des planètes classiques sont quasi circulaires et coplanaires de l'écliptique (seule Mercure possède une orbite inclinée (7°) et excentrique (0,2) de manière significative). Comparaison avec Neptune. Le périhélie de Pluton est situé à plus de au-dessus du plan de l'écliptique, soit de km, et c'est près de cette position de son orbite que la planète naine se trouve plus proche du Soleil que Neptune. Ce fut le cas pendant vingt ans entre le et le . À l'opposé, Pluton s'éloigne de au-dessous du plan de l'écliptique. Croisements avec d'autres astéroïdes. L'orbite de Pluton étant très excentrique, elle croise celle de nombreux autres objets ; parmi les astéroïdes numérotés, ces hadéocroiseurs comptaient (en ) 10 frôleurs intérieurs (dont (5145) Pholos), 24 frôleurs extérieurs (dont (19521) Chaos), 17 croiseurs (dont (38628) Huya) et 37 coorbitaux (dont (20000) Varuna, (28978) Ixion et (50000) Quaoar). Résonance orbitale. Bien que Pluton soit parfois plus proche du Soleil que Neptune, les orbites des deux objets ne se croisent jamais, en raison de la forte inclinaison (environ 17°) de l'orbite de Pluton par rapport au plan de l'écliptique. Les nœuds de l'orbite de Pluton (les points où l'orbite traverse le plan de l'écliptique) sont situés à l'extérieur de l'orbite de Neptune. Pluton est en résonance avec Neptune de rapport 3:2, c'est-à-dire que sur une durée de , Pluton effectue deux révolutions autour du Soleil pendant que Neptune en réalise trois. Cette résonance est stable : une perturbation de l'orbite de Pluton serait corrigée par l'attraction de Neptune. À cause de ce phénomène, Pluton et Neptune ne sont jamais plus proches que , tandis que Pluton peut s'approcher à 12 ua d'Uranus. Quand Neptune dépasse le point où les deux orbites sont les plus proches, la résonance maintient une séparation angulaire Neptune-Soleil-Pluton supérieure à 50° et Pluton reste près de derrière Neptune, soit près de de kilomètres. Le vrai point de rapprochement se situe de l'autre côté de l'orbite. Neptune « dépasse » toujours Pluton quelque après l'aphélie de ce dernier. D'autres objets transneptuniens qui gravitent sur une orbite dont le demi-grand axe est de possèdent une telle résonance orbitale 3:2 avec Neptune et sont appelés des plutinos, par référence à Pluton. En 2009, on en compte plus de 200. Caractéristiques physiques. Si la trajectoire de Pluton a pu être déterminée sans grande difficulté, ses caractéristiques physiques (diamètre, masse, et partant densité, pouvoir réflecteur, état de la surface) sont restées longtemps mal connues et controversées : son diamètre apparent est inférieur à ¼ de seconde d'arc, tandis que les turbulences de l'atmosphère terrestre rendent difficile l'observation de détails inférieurs à une seconde d'arc. La finesse des observations s'est accrue à partir des années 1980, par l'usage de l'optique adaptative, de la spectrométrie, et du télescope spatial "Hubble". La découverte en 1978 d'un satellite de Pluton, Charon, offrit des moyens d'investigation supplémentaires. Néanmoins en 2010, les valeurs publiées diffèrent encore quelque peu selon que l'on se réfère à la NASA ou à des publications récentes. Le survol en 2015 par la mission "New Horizons" et les effets gravitationnels du couple Pluton-Charon sur la sonde permettront d'ajuster les valeurs de son champ de gravité, selon l'observation de l'effet Doppler sur les signaux de la sonde et la déduction qui en résulte des variations de sa vitesse et de son accélération induite par Pluton et Charon. Rotation. En 1955, on observe que les variations de la luminosité de Pluton sont de l'ordre de 30 % et sont périodiques. On en déduit que Pluton tourne sur elle-même en , soit , et . Son axe de rotation est incliné de 57,5° par rapport à son plan orbital, ce qui est plutôt élevé et inhabituel dans le Système solaire (seule Uranus a une inclinaison comparable). Aux points de solstice de son orbite, Pluton expose donc un pôle au Soleil pendant de nombreuses décennies, et aux points d'équinoxe, soit tous les , il tourne comme sur une broche face au Soleil, tandis que la Terre voit verticalement sa ligne d'équateur ainsi que l'orbite de Charon, qui passe alternativement devant et derrière Pluton. L'action des forces de marée a contraint la période de rotation de Pluton jusqu'à la synchroniser avec la période de révolution de son principal satellite, Charon : les deux périodes étant égales, Charon se trouve donc toujours à la verticale du même point de la surface de Pluton, et Charon paraît donc immobile dans le ciel plutonien. Masse et dimensions. Pluton, avec sa masse d'un cinq-centième de celle de la Terre et un diamètre de , est plus petite et moins massive que sept satellites naturels dans le Système solaire : la Lune ( de diamètre), les quatre satellites galiléens de Jupiter (Ganymède, ; Callisto, ; Io, ; Europe, ), le plus gros satellite de Saturne (Titan, ) et celui de Neptune (Triton, ). Dimensions. Avant son survol par la sonde "New Horizons", le diamètre de Pluton était l'un des paramètres physiques les moins bien connus et les plus difficiles à mesurer, et la source principale d'incertitude sur les autres paramètres dérivés comme la masse volumique. Sa très grande distance combinée à sa petite taille font qu'il est impossible de résoudre avec précision le disque de Pluton, et empêche donc les mesures « directes » de ses dimensions, que ce soit avec le télescope spatial "Hubble" ou avec les instruments terrestres dotés d'une optique adaptative. Les mesures se fondant sur les occultations d'étoile par Pluton et les occultations de Pluton par Charon ne concordent pas exactement, et les explications permettant d'expliquer ces différences dépendent des modèles utilisés pour analyser les données, notamment concernant l'atmosphère de la planète naine. La valeur et la marge d'erreur généralement retenue de de diamètre incluent en fait les différences de résultat des différentes méthodes de mesure. Le , la sonde "New Horizons" permet de réévaluer légèrement à la hausse le diamètre de Pluton à (soit un rayon de ), l'incertitude de cette valeur étant due à la présence d'une atmosphère planétaire. En 2017, la ré-analyse des données de "New Horizons" permet d'affiner ce résultat : (rayon : ). Masse. La masse de Pluton, tout comme son diamètre, ont été largement surestimés durant les décennies suivant sa découverte. Percival Lowell espérait trouver une planète comparable à Neptune, de l'ordre de dix fois la masse terrestre. La magnitude observée étant plus faible que prévu, on abaissa l'évaluation à une masse terrestre. Les estimations qui tablaient sur une taille comprise entre celles de Mercure et de Mars ont continuellement été revues à la baisse avec l'amélioration des instruments d'observation. En 1976, l'analyse de la lumière de Pluton fit supputer une surface glacée, donc un éclat fourni par une surface plus petite, et une masse réduite à un centième de celle de la Terre. La découverte de Charon en 1978 a permis, par application de la troisième loi de Kepler, de déterminer beaucoup plus précisément la masse totale du couple planétaire. La masse de Pluton est estimée en 2006 à , soit moins que celle de la Lune ou le cinq centième de la masse terrestre. En extrapolant cette baisse continuelle, deux astronomes facétieux sont allés jusqu'à annoncer la disparition complète de Pluton . Géographie physique et caractéristiques géologiques. Atmosphère. Pluton ne possède pas d'atmosphère significative. Mais d'après les lois de la physique, les glaces de sa surface doivent être en équilibre thermodynamique avec des phases gazeuses, elle serait donc entourée d'une mince enveloppe de gaz qui serait composée d'azote (N) à 90%, car c'est l'élément le plus volatil parmi ceux détectés à la surface, et de monoxyde de carbone (CO) à 10 %, ainsi que des traces de méthane (CH). En outre, les scientifiques de la mission "New Horizons" ont noté que cette atmosphère s'échappe à un rythme d'environ par heure à cause de la faible attraction gravitationnelle de la planète naine. L'atmosphère de Pluton a été découverte lors d'une occultation stellaire en 1985, et confirmée par une autre occultation en 1988. Lorsqu'un objet dépourvu d'atmosphère passe devant une étoile, cette étoile d'arrière-plan disparaît de manière brutale ; dans le cas de Pluton, la luminosité de l'étoile masquée a graduellement diminué. De l'évolution de cette courbe de luminosité, une mince atmosphère de a été déterminée, soit environ un de celle de la Terre. Cette atmosphère pourrait n'exister que lorsque la planète est proche de son périhélie, et geler lorsqu'elle s'éloigne du Soleil. En effet, l'énergie du Soleil reçue par Pluton varie assez fortement entre le périhélie et l'aphélie, du fait de son excentricité orbitale marquée. La température change d'environ 10 K entre ces deux points. Lorsque Pluton s'écarte de son périhélie, une partie de son atmosphère gèle et retombe à la surface. Quand elle s'en rapproche, la température de la surface augmente et l'azote se sublime. À la manière de la sueur qui s'évapore sur la peau, cette sublimation tend à refroidir la surface, et des recherches ont montré que la température de Pluton est inférieure à ce qui était attendu (température moyenne en surface : ) ; contrairement à Charon qui, sans atmosphère, a une température de surface conforme à son albédo. En 2002, une autre occultation stellaire par Pluton a été observée par plusieurs équipes dirigées par Bruno Sicardy, Jim Elliot et Jay Pasachoff. De manière surprenante, la pression atmosphérique a été estimée à , bien que Pluton soit plus éloignée du Soleil qu'en 1988, et donc plus froide. L'hypothèse privilégiée à l'heure actuelle est que le pôle Sud de Pluton serait sorti de l'ombre en 1987 pour la première fois depuis 120 ans, et qu'un surplus d'azote aurait alors sublimé une partie de la calotte polaire sud. Cet excès d'azote devrait mettre vraisemblablement des décennies avant de se condenser à l'autre pôle, selon un phénomène cyclique. Le survol de Pluton par "New Horizons" permet une mesure directe de la pression au sol : (), fois moins que sur Terre mais trois fois plus que l'estimation précédente la plus élevée. Cette atmosphère s'échappe 500 à fois moins vite qu'il n'était prévu, et elle a une présence significative jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres d'altitude, avec des dizaines de couches de brume mais pas de nuages. Le 8 octobre 2015, la NASA annonce que, vu depuis Pluton, le ciel paraît bleu du fait de la diffusion de la lumière par des particules (qui seraient pour leur part plutôt grises ou rouges), ressemblant à de la suie, appelées tholines. Albédo et surface. Les variations de luminosité de Pluton témoignent d'une inégale brillance entre les différentes régions à sa surface. Pluton réfléchit la lumière solaire avec un albédo de 58 % en moyenne, ce qui est une valeur élevée (elle est de 31 % pour la Terre, et monte à 72 % pour Vénus grâce à sa couche nuageuse). Le pôle Nord est particulièrement brillant, avec un albédo estimé à 80 %, le pôle Sud est un peu moins lumineux, tandis que l'équateur présente une bande sombre 5 fois moins réfléchissante, et les zones intermédiaires des contrastes marqués. Les zones d'albédo élevé sont interprétées comme des parties couvertes de neige ou de glace de formation récente, non encore obscurcie par des dépôts d'impuretés, tandis que les parties sombres pourraient être des composés carbonés. La cartographie de ces zones a été affinée par l'analyse des variations lumineuses lors des passages de Charon devant Pluton, et confirmée en 1994 par les observations directes de "Hubble". L'image d'ensemble, prise grâce à la caméra pour objets à luminosité réduite ("Faint Object Camera"), demeure toutefois très floue, car elle n'est constituée que d'une centaine de pixels, mesurant chacun de côté. Un nouvel équipement de "Hubble", l""', fournit en 2002-2003 des vues complètes de Pluton, encore floues mais montrant des modifications de coloration par rapport aux précédentes images. Les analyses par spectroscopie infrarouge ont identifié plusieurs types de glace à la surface de Pluton : glace de méthane en 1976, puis à partir de 1992, glace d'azote, la plus abondante avec une proportion de l'ordre de 98 %, glace de monoxyde de carbone, glace d'eau et glace d'éthane. La température moyenne au sol est évaluée à , avec des variations selon les zones, pour les zones sombres et entre et pour les parties les plus réfléchissantes. Sur sa surface, de la glace de méthane () et d'azote () a été détectée aux pôles par une observation dans l'infrarouge, en calottes dont la taille varie selon l'éloignement de la planète par rapport au Soleil. À la date du 5 février 2010, certains spécialistes ont remarqué que la glace au pôle Nord est devenue plus brillante, alors que celle du pôle Sud s'est assombrie. Sous la croûte plutonienne se trouve vraisemblablement un manteau glacé. Au cours des dernières années, la couleur de Pluton a pris une teinte rouge de 20 à 30 % plus élevée qu'en 2000, alors qu'elle n'avait pas changé de toute la période allant de 1954 à 2000. Ce changement de teinte serait dû au méthane, composé présent sur la planète naine. L'hydrogène contenu dans le méthane, frappé par des vents solaires, libérerait le carbone constituant l'autre partie du méthane, produisant des teintes de rouge et de noir à la surface de Pluton. Les photographies du 26 et 27 juin 2015 prises par "New Horizons" montrent « une série de taches intrigantes au niveau de l'équateur, régulièrement espacées. Chacune de ces taches fait environ de diamètre ». Le 8 octobre 2015, la NASA annonce la détection de glace d'eau à la surface de Pluton par "New Horizons". Géographie. Le survol de Pluton par la sonde "New Horizons" a révélé une géographie et une géologie bien plus diversifiées qu'on ne s'y attendait : vastes glaciers d'azote ( pour Sputnik Planitia, le plus grand d'entre eux), terrains chaotiques et montagneux provenant du démantèlement d'anciens glaciers, blocs de méthane gelé et calottes de neige de méthane, un ensemble de tours de glace de méthane (de plus de de hauteur) long de centaines de kilomètres, et des systèmes de failles s'étendant également sur des centaines de kilomètres. Plusieurs grandes régions ou caractéristiques géologiques sont connues à ce jour : Cryovolcanisme. L'existence de cryovolcanisme sur Pluton est envisagée. Ainsi, deux structures géologiques à sa surface, le mont Piccard et le mont Wright, sont approximativement circulaires avec une dépression en leur centre et pourraient être deux cryovolcans. Le 29 mars 2022, les scientifiques confirment que des volcans de glace ont bien été reconnus grâce à des images captées par la sonde New Horizons de la NASA. D’après les scientifiques, il est très probable que ces volcans de glace soient encore actifs (Kelsi Singer - Southwest Research Institute - Boulder, Colorado) Composition interne. La composition interne de Pluton est pour l'instant inconnue. S'il y a eu différenciation planétaire, il pourrait y avoir un noyau rocheux. Si l'on accorde à Pluton une densité de 2, valeur approximative, la densité voisine de 1 des glaces détectées en surface doit être compensée par une masse rocheuse, de densité de l'ordre de 4 ou 5, en proportion égale aux glaces d'eau et d'éléments volatils (azote, méthane, oxyde de carbone). Ces roches pourraient affleurer à la surface sans être visibles car dépourvues de signatures spectrales caractéristiques, ou bien être recouvertes d'un manteau de glaces. Avec une teneur en glace d'eau de l'ordre de 50 % ou plus pour la masse de Pluton, la présence en profondeur d'eau liquide sous l'effet de la haute pression est envisageable dans les couches profondes, coexistant avec de la glace sous haute pression. Des simulations basées sur les données de la sonde "New Horizons" concernant la plaine Spoutnik ont renforcé la présomption de l'existence d'un océan interne d'une profondeur d'une centaine de kilomètres. Pour expliquer que Pluton puisse maintenir un océan sous-marin tout en possédant une couche externe de glace très froide, il a été avancé qu'il y a probablement une couche isolante de clathrates au-dessus de l'océan interne, qui est supposé être constitué d'eau et de méthane. Système plutonien. Description. Les recherches d'un satellite de Pluton partaient du postulat qu'un éventuel satellite devait être beaucoup plus petit que sa planète, comme c'est le cas dans le reste du Système solaire, et donc moins lumineux que Pluton. Des clichés réalisés dans les années 1950 et 1960 très surexposés par des temps de pose longs ne donnèrent aucun résultat. La théorie de Gerard Kuiper qui proposait de voir en Pluton un ancien satellite de Neptune éjecté de son orbite, impliquait que Pluton ne pouvait probablement pas avoir de lune, ce qui n'incitait pas à sa recherche. La découverte d'un satellite près de après celle de Pluton fut donc fortuite. Pluton possède cinq satellites naturels connus, le plus grand étant Charon qui fut identifié dès 1978. Deux satellites plus petits ont été découverts en 2005 et nommés Hydre et Nix (connus jusqu'en par leurs désignations provisoires S/2005 P 1 et S/2005 P 2). Le cinquième membre du système, nommé provisoirement S/2011 (134340) 1 et informellement P4, fut découvert en 2011. La découverte d'un dernier satellite, provisoirement connu comme S/2012 (134340) 1 et informellement surnommé P5, est annoncée le . La sonde "New Horizons" ne détecte aucun autre satellite de plus d' de diamètre pour un albédo de 0,5 lors de son passage dans le système plutonien. Le , l'Institut SETI lance la campagne "Pluto Rocks!" qui permet aux internautes de voter pour les noms qu'ils préféreraient voir attribués à P4 et P5. Le site permettait aussi de proposer des noms tant qu'ils respectent les règles de l'Union astronomique internationale. La campagne se termine après avoir recueilli près de . Le nom le plus populaire est "Vulcain", proposé par l'ancien acteur de Star Trek, William Shatner, suivi de "Cerberus". Cependant, d'autres objets portant déjà ces noms et pour éviter toute confusion, l'orthographe grecque "Kerberos" est préférée à sa version latine "Cerberus", et "Styx", troisième du classement, est préféré à "Vulcain". Le , l'Union astronomique internationale confirme les noms de Kerbéros pour P4 et Styx pour P5. Une particularité du système plutonien est que le barycentre du couple Pluton/Charon n'est pas situé à l'intérieur du premier mais dans le vide entre les deux corps. La distribution des satellites de Pluton est concentrée au centre du système. Potentiellement, un satellite pourrait orbiter autour de Pluton jusqu'à 53 % du rayon de sa sphère de Hill (soit environ ) dans le sens direct et 69 % dans le sens rétrograde, mais le système plutonien est resserré dans les 3 % internes de cette zone. À titre de comparaison, Psamathée orbite Neptune à 40 % du rayon de sa sphère de Hill. Selon les termes des découvreurs de Nix et Hydre, le système plutonien est « hautement compact et largement vide ». Charon. Charon fut découvert en 1978, lors d'une campagne d'astrométrie destinée à affiner la mesure de position de Pluton. James Christy remarqua sur la tache lumineuse des clichés de Pluton une excroissance placée différemment selon les clichés, dont l'examen révéla une périodicité d'une semaine. Christy annonça sa découverte le 7 juillet 1978 et proposa de la nommer Charon. Comparativement à Pluton, Charon est un très gros satellite (son rayon de environ est la moitié de celui de Pluton, estimé à ), et le barycentre des deux corps se trouve au-delà de la surface de Pluton (à un peu plus de deux rayons plutoniens). Il s'agit du plus grand système de ce genre dans le Système solaire (certains astéroïdes binaires possèdent également ce trait, comme (617) Patrocle ; le barycentre du Soleil et de Jupiter est également situé à l'extérieur du premier) et il y est parfois fait référence comme un système binaire d'astéroïdes. Sous l'effet de marée gravitationnelle, Pluton et Charon sont tous les deux en rotation synchrone, avec une période de 6,387 jours : Charon présente toujours la même face à Pluton et Pluton la même face à Charon, un fait inhabituel dans le Système solaire pour deux objets de cette taille (mais non exceptionnel, certains astéroïdes binaires possèdent cette propriété). La découverte de Charon a permis en exploitant de 1985 à 1990 les occultations de Charon par Pluton et les transits de Charon devant Pluton de préciser la masse totale du système double et de déterminer que celle-ci était inférieure aux estimations précédentes. En fait, elle a amené les astronomes à revoir totalement leur estimation de la taille de Pluton. À l'origine, on pensait que Pluton était plus grande que Mercure (on lui donnait environ de diamètre) et plus petite que Mars, mais les calculs étaient fondés sur le fait qu'un seul objet était observé (on ne distinguait pas Charon de Pluton). Une fois le système double découvert, l'estimation de la taille de Pluton a été revue à la baisse. Il est possible aujourd'hui, avec des instruments modernes, de distinguer le disque de Pluton séparément de celui de Charon (voir l'image établie par "Hubble" en 2006). En conséquence, l'albédo de Pluton a dû aussi être recalculé et revu à la hausse : la planète étant bien plus petite que les premières estimations, sa capacité à réfléchir la lumière devait être plus importante que ce que l'on pensait. Les estimations actuelles lui donnent une valeur moyenne de 58 %, tandis que Charon avec 36 % apparaît beaucoup plus sombre. Charon n'a pas retenu le méthane, seule de la glace d'eau et d'ammoniac y a été détectée. Les observations faites par la sonde "New Horizons" en juillet 2015 ont permis de découvrir une zone sombre au nord de ce satellite, surnommée « Mordor » par l'équipe de la NASA. Hydre et Nix. Pluton possède deux autres satellites, qui furent photographiés le lors d'une campagne d'observation du télescope spatial "Hubble", temporairement nommés S/2005 P 1 et S/2005 P 2 puis dénommés Hydre (du nom du monstre l'Hydre) et Nix (de Nyx, mère de Charon). Ils ont été repérés par une équipe du Southwest Research Institute sur des clichés pris pour préparer la nouvelle mission d'exploration lointaine du Système solaire, "New Horizons". Leur existence fut confirmée par l'examen de photographies prises par Hubble et datant du . D'après les premières observations, le demi-grand axe de l'orbite de Nix mesure avec une période de et celui de l'orbite d'Hydre avec une période de . Les deux satellites semblent orbiter dans le sens rétrograde dans le même plan que Charon et sont deux et trois fois plus éloignés que celui-ci, avec une résonance orbitale proche de (mais pas égale à) 4:1 et 6:1. Les observations se poursuivent pour déterminer les caractéristiques des deux astres. Hydre est parfois plus brillant que Nix, soit parce qu'il est plus grand, soit parce que la luminosité de sa surface varie suivant les zones. Le spectre des satellites est similaire à celui de Charon, ce qui suggère un albédo similaire d'environ 0,35 ; dans ce cas, le diamètre de Nix est estimé à et celui de Hydre à . Une limite supérieure peut être déterminée en supposant un albédo de 0,04 similaire aux objets les plus sombres de la ceinture de Kuiper : pour Nix et pour Hydre. Dans ce cas, la masse des satellites serait 0,3 % de celle de Charon (0,03 % de la masse de Pluton). Autres objets orbitant autour de Pluton. Pluton possède un quasi-satellite nommée (15810) Arawn. Les observations effectuées par le télescope spatial Hubble ont placé des limites quant à l'existence de satellites additionnels dans le système plutonien. Avec une probabilité de 90 %, aucune lune de plus de et d'un albédo similaire à celui de Charon (soit 0,38) n'existe dans une zone de 5" autour de Pluton. Pour un albédo plus sombre de 0,041, cette limite est portée à . Avec une probabilité de 50 %, cette limite descend à . Dans un article publié dans la revue "Nature", une équipe de scientifiques américains conduite par S. A. Stern (du ) a annoncé que Nix et Hydre se sont très probablement formées lors du même impact géant qui a donné naissance à Charon. L'équipe a émis l'hypothèse que d'autres grands objets binaires de la ceinture de Kuiper pourraient également abriter de petites lunes et que celles qui gravitent autour de Pluton pourraient générer des anneaux de débris autour de la planète naine. À l'heure actuelle, les données provenant de la caméra de prospection avancée d"'Hubble" suggèrent qu'aucun anneau n'existe. Dans le cas contraire, il s'agit d'un anneau ténu comme ceux de Jupiter ou de moins de de large. Lors d'une nouvelle campagne d'observation réalisée à l'aide du télescope spatial "Hubble", une nouvelle lune fut observée, le . Cette observation a été confirmée par d'autres le 3 et le 18 juillet. La petite lune nommée Kerberos (quelquefois francisé en Cerbère ; provisoirement S/2011 (134340) 1 ou P4) et dont la taille doit être comprise entre , a une orbite inscrite entre celles de Nix et d'Hydre. Une nouvelle lune appelée Styx (provisoirement S/2012 (134340) 1 ou P5), a été découverte entre le 26 juin et le , elle fut baptisée par l'Union astronomique internationale, le . Après une première inspection des environs de Pluton les 11 et , lors de laquelle l'instrument LORRI de la sonde "New Horizons" a pris de chacune afin de repérer tout objet qui pourrait être dangereux pour la sonde lors de sa traversée du système plutonien, aucun nouveau satellite n'a été repéré. S'ils existent, les satellites supplémentaires de Pluton ont donc une taille maximale de 5- (intervalle correspondant à différents albédos). De même, aucun anneau de matière n'a été repéré, ce qui signifie que, s'ils existent au-delà de l'orbite de Charon, ils sont soit extrêmement fins soit extrêmement peu réflectifs (ils réfléchiraient moins d'un cinq-millionième de la lumière solaire incidente). Théories sur l'origine du système plutonien. Différentes théories ont été formulées pour expliquer l'origine du système plutonien, et notamment la petite taille de Pluton, comparable à celle de satellites de la géante voisine Neptune.
Phytoseiulus Le genre Phytoseiulus regroupe des acariens prédateurs de la famille des Phytoseiidae, dont les formes mobiles ont pour proies principalement les acariens sur les arbres fruitiers, la vigne, les cultures légumières, et les cultures ornementales. "P. persimilis" est utilisé dans le monde entier en lutte biologique contre les espèces d'acarien du genre "Tetranychus". Liste d'espèces. Selon :
Pterostichus Le genre comprend des insectes coléoptères prédateurs de la famille des Carabidae, dont les adultes ont pour proies principalement les pucerons, les diptères et les larves de coléoptères sur les grandes cultures et les cultures légumières. Classification. Le genre "Pterostichus" est décrit par Bonelli en 1810 Liste des espèces. Selon : Espèces fossiles. Selon Paleobiology Database en 2023, les espèces fossiles référencées sont les dix-sept suivantes :
Propylea Propylea est un genre de coléoptères prédateurs de la famille des Coccinellidae, dont les larves et les adultes ont pour proies principalement des pucerons aussi bien sur les arbres fruitiers, les grandes cultures, les cultures légumières, les cultures ornementales que sur des plantes sauvages.
Paul Lafargue Paul Lafargue, né le à Santiago de Cuba et mort le à Draveil (France), est un journaliste, économiste, essayiste, écrivain et homme politique socialiste français. Époux de Laura Marx et ainsi gendre de Karl Marx, il est surtout connu pour son essai "Le Droit à la paresse". Il a été militant de l'Association internationale des travailleurs, de la franc-maçonnerie, du Parti ouvrier français, du Parti socialiste de France et de la Section française de l'Internationale ouvrière. Biographie. Paul Lafargue est né d'une mère mulâtre et d'un père bordelais de confession juive. Les Lafargue regagnent la France en 1851 ; le jeune Paul est alors âgé de neuf ans. Il suit des études secondaires à Bordeaux, dont est originaire son père François Lafargue, puis des études de médecine à la faculté de médecine de Paris, où il fait connaissance avec Proudhon. Il collabore alors au journal "La Rive gauche", favorable aux idées de Proudhon. À la suite d'une déclaration au premier congrès international des étudiants qui a lieu à Liège, en octobre 1865, et dans laquelle il émet le souhait de voir disparaître les rubans tricolores au profit de la seule couleur rouge, il est exclu à vie de l'université de Paris. En 1865, il vient présenter l'état du mouvement socialiste français au conseil général de l'Association internationale des travailleurs à Londres. Il rencontre Friedrich Engels et Karl Marx (en ), dont il épouse la seconde fille, Laura, en avril 1868. Après son exclusion de l'université en France, il retourne à Londres finir ses études. Il est élu au conseil général de l'Internationale et fréquente régulièrement les Marx. Première Internationale. Il rentre alors en France où il devient membre de la Première Internationale. Dès 1866, il est élu au conseil général de l'Internationale où il représente l'Espagne jusqu'au congrès de Bruxelles en 1868. Il participe à la Commune de Paris en 1871. Il est alors envoyé à Bordeaux pour y organiser un soutien pour le mouvement parisien. En , alors que la section bordelaise est dissoute, il la reconstitue aussitôt, avec le bottier Vezinaud. En avril, quelque 300 personnes descendent dans les rues de Bordeaux, descellent les pavés et bombardent la caserne de la Garde nationale en criant « vive la Commune ». Paul Lafargue est rejoint à Bordeaux par son épouse, ses enfants et ses belles-sœurs. Après la semaine sanglante de , pour éviter d'être arrêtés, ils trouvent refuge à Luchon. Le dernier né, Marc-Laurent, meurt à Luchon le 26 juillet 1871 à l'âge de cinq mois. Finalement, Lafargue doit passer secrètement en Espagne à Bossòst le 6 août. Le lendemain, le 7 août, les femmes et l'enfant survivant, Charles-Étienne, le rejoignent à Bossòst. Le soir, Jenny et Eléanor rentrent en France pour poursuivre le cure à Luchon. Elles sont arrêtées à la frontière et ramenées sous escorte à Luchon. Leurs chambres sont fouillées, à la recherche d'explosifs et de documents compromettants, sans succès (le seul document qui aurait pu les incriminer, une lettre de Gustave Flourens, avait été mise dans un vieux livre de comptes poussiéreux par Jenny, juste avant une fouille au corps au poste frontière de Fos). Après une nuit d'interrogatoire à la gendarmerie, les deux sœurs Marx sont libérées, mais leurs passeports ne leur seront remis qu'une dizaine de jours plus tard. Lafargue fonde, à Madrid, une section marxiste (1871) de la Internationale. Il y dirige des groupes ouvriers et combat les thèses anarchistes. Parti ouvrier français. Après s'être rendu au Portugal, Lafargue revient à Londres où il rencontre Jules Guesde. Il rentre en France après l'amnistie et fonde, avec Guesde, le Parti ouvrier (1880) et son périodique, "Le Socialiste" (1885-1904). Dans les années 1880, il est, tout comme Jules Guesde, l'une des rares voix en France à s'élever contre le colonialisme. Il dénonce par exemple, lors de la conquête de la Tunisie, « la responsabilité du sang versé en Afrique et des infamies commises, [qui] retombe sur la tête de la bourgeoisie » (décembre 1881). Il est incarcéré en 1883 à la prison Sainte-Pélagie pour propagande révolutionnaire, d'où il réédite son célèbre "Droit à la paresse", initialement paru en 1880 dans le journal "L'Égalité" de Jules Guesde. Il devient député de Lille en novembre 1891 alors qu'il est à nouveau emprisonné à la suite d'une condamnation pour « provocations au meurtre » après la fusillade de Fourmies (), qui a fait neuf morts chez les ouvriers. Il est élu député du Nord du au . Lors de l'affaire Dreyfus, il prend parti pour ce dernier. En 1896, Laura Marx-Lafargue hérite d’une partie de la fortune de Friedrich Engels. Paul et Laura achètent alors une propriété à Draveil où ils vivent d’une « manière hédoniste », tout en poursuivant leurs anciens combats. À partir de 1906, il rédige régulièrement des éditoriaux pour "l'Humanité". À 69 ans, en 1911, proche de la limite d'âge de 70 ans qu'il s'était fixée, il se suicide à Draveil avec son épouse, en se justifiant dans une courte lettre : Paul Lafargue et Laura Marx sont enterrés au cimetière du Père-Lachaise (division 76), face au mur des Fédérés. Leurs obsèques ont lieu le en présence d'une foule nombreuse. Plusieurs leaders socialistes y prennent la parole, notamment : Karl Kautsky, Jean Jaurès, Édouard Vaillant, Alexandra Kollontaï et Lénine qui séjourne alors à Paris.
Persan Le persan (autonyme : , , ou , ") est une langue indo-européenne. C'est la langue officielle et majoritaire de l'Iran (centre, centre-sud, nord-est), de l'Afghanistan et du Tadjikistan. Le persan est une langue notable mais minoritaire au Pakistan, à Bahreïn, en Irak, en Oman, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Le dari, dialecte du persan, également appelé persan afghan ou persan oriental, est une langue officielle en Afghanistan ; il est parlé également en Iran et au Pakistan. De même, le tadjik, autre dialecte du persan, est la langue officielle du Tadjikistan et également parlé au Kirghizistan, au Turkménistan, en Ouzbékistan, et dans une moindre mesure au Kazakhstan. Le persan ou l’une de ses langues-sœurs est également parlé en Azerbaïdjan, en Russie et en Ouzbékistan (minorité tadjike). Jadis, du , il fut la langue officielle de l'Empire moghol. Le persan fait partie du groupe indo-iranien de la famille des langues indo-européennes. C'est une langue du type « sujet-objet-verbe ». Les langues persanes s’écrivent surtout au moyen de l'alphabet arabo-persan, variante de l'alphabet arabe, bien qu'elles n'aient aucune parenté avec la langue arabe, dont elles diffèrent tant sur le plan de la grammaire que de la phonologie. Au Tadjikistan, en Russie, en Azerbaïdjan et en Ouzbékistan, le tadjik s’écrit au moyen de l'alphabet cyrillique. Le persan moderne est la continuation du moyen perse, langue officielle de l'Empire sassanide (224–651), lui-même une continuation du vieux perse, utilisé dans l'Empire achéménide (550–330 avant J.C.). Il est originaire de la région de Fars, au sud-ouest de l'Iran. Sa grammaire est similaire à celle de la plupart des langues européennes. Au cours de l'histoire, le persan était employé comme la langue littéraire et culturelle par les différents empires d'Asie de l'Ouest, d'Asie centrale et d'Asie du Sud. Le vieux perse est attesté par des inscriptions cunéiformes datant du . Le moyen perse s'écrivait dans des écritures dérivées de l'alphabet araméen, on le retrouve sur des inscriptions zoroastriennes et manichéennes allant du au . La littérature persane moderne remonte au , après la conquête musulmane de la Perse, lorsque le persan adopta l'alphabet arabe. Le persan est la première langue qui brise le monopole de l'arabe dans le monde musulman, la poésie persane devenant rapidement une tradition très populaire et prestigieuse. Parmi les œuvres célèbres de la littérature persane, il y a le "Shahnameh" de Ferdowsi, les œuvres de Rumi, les Rubaiyat d'Omar Khayyam, le "Khamse" de Nizami, le Divân de Hâfez, la Conférence des oiseaux de Attâr, le Golestan et le Bûstan de Saadi. Parmi les célèbres poètes contemporains, on peut citer Nima Yooshij, Ahmad Shamlou, Simin Behbahani, Sohrab Sepehri, Rahi Mo'ayyeri, Mehdi Akhavan-Sales, ou encore Forugh Farrokhzad. Le persan reçoit différentes appellations : il est appelé "fārsi" () en Iran et en Afghanistan (ce qui est une forme arabisée de "parsi" — l'alphabet arabe ne comportant pas de consonne « p ») ou encore "parsi" (, une appellation locale ancienne, toujours utilisée par certains locuteurs); on trouve aussi les termes "hazara" et "tadjik" (un dialecte d'Asie centrale) ainsi que "dari" (appellation locale en Afghanistan). D'une manière générale, les locuteurs du persan sont nommés "persanophones". Histoire. Le persan est un membre du groupe indo-iranien de la famille linguistique indo-européenne. Le persan moderne est apparenté au vieux perse (avestique et perse achéménide) et au moyen persan (pehlevi, parthe et perse sassanide). Le vieux perse, langue de la plupart des inscriptions achéménides, diffère de la langue élamite, laquelle n'est pas indo-européenne. Au cours du temps, la morphologie du persan se simplifie grandement : la conjugaison et la déclinaison complexes des origines cèdent la place à la morphologie régulière et à la syntaxe rigide de la langue d'aujourd'hui. Cette évolution se compare au développement de l'anglais. Pour ce qui est du lexique, de nombreux mots provenant des langues avoisinantes (l'araméen et le grec dans les temps anciens, plus tard l'arabe et, dans une moindre mesure, le turc) ont été introduits dans le vocabulaire persan. Plus récemment, les emprunts aux langues européennes, principalement au français et à l'anglais, sont les plus fréquents. Dialectes et langues proches. L'intercompréhension est en général possible entre les Iraniens, les Tadjiks et les Afghans parlant persan. Cependant, on peut remarquer deux choses : d'une part, le dari est le nom local du dialecte oriental du persan, une des deux langues officielles de l'Afghanistan, dont le hazaragi — parlé par le peuple Hazara du centre de l'Afghanistan. D'autre part, le tadjik peut aussi être considéré comme un dialecte du persan mais, au contraire du farsi et du dari, il s'écrit avec l'alphabet cyrillique. D'après Ethnologue.com, les dialectes du persan sont : Les dialectes suivants sont des langues proches parlées par plusieurs peuples en Iran et dans les pays limitrophes : Autres dialectes persiques : Écriture et prononciation. Le farsi et le dari s'écrivent avec l'alphabet perso-arabe, variante de l'alphabet arabe. L'alphabet latin est utilisé par certains pour des raisons de technologie ou d'internationalisation. Le tadjik, influencé par le russe, s'écrit avec l'alphabet cyrillique au Tadjikistan mais avec l'alphabet perso-arabe en Afghanistan. Alphabet perso-arabe. Auparavant, deux alphabets différents étaient utilisés pour le moyen persan : l'un, appelé "pehlevi", est une adaptation de l'alphabet araméen ; l'autre est un alphabet iranien originel appelé "dîndapirak" (littéralement : écriture de la religion). Environ 150 ans après la conquête de l'Empire perse par les Arabes musulmans, les Persans adoptent l'alphabet arabe en remplacement de leur ancien alphabet. Le texte se lit de droite à gauche. Les lettres prennent quatre formes : isolée, initiale, médiane et finale. Les voyelles brèves (a, é, o) ne sont pas écrites mais les voyelles longues (â, i, ou) le sont. L'alphabet persan présente certaines différences avec l'alphabet arabe. Notamment, il compte quatre lettres supplémentaires, du fait que quatre sons existant en persan n'existent pas en arabe. Les diacritiques en persan comprennent notamment le tachdid, le sokoun, le fathé, le kasré et le zammé. Ces signes sont très rarement utilisés en pratique. Le tachdid est une petite barre oblique placée en suscrit sur une consonne marquant qu'on la prononce deux fois de suite. Par exemple, le mot دکان ("magasin") se prononce dokkân, en doublant le son k. Le sokoun est un petit cercle inscrit au-dessus d'une consonne pour marquer qu'elle n'est pas suivie par un son de voyelle. Ce signe est le plus souvent omis sauf lorsqu'il élimine toute ambiguïté. Il peut être inscrit par exemple sur le râ (ر) dans le mot مرد ("homme"). Dans certains cas où il peut y avoir forte ambiguïté, les voyelles peuvent être marquées sur la consonne par l'ajout du fathé (petite barre oblique au-dessus de la consonne) pour le son a ([a]), du kasré pour le son é ([e]), du zammé pour le son o ([o]). Les signes de ponctuation sont les mêmes qu'en français, sauf la virgule et le point d'interrogation (؟) qui s'écrivent à l'envers. Plusieurs mots persans d'origine arabe sont écrits différemment du mot arabe original. Ainsi, "alef" avec la hamza en dessous ( إ ) se change toujours en "aléf" ( ا ) ; généralement "teh marbuta" ( ة ) se change en "té" ( ت ) ou en "hé" ( ه ), sans qu'il s'agisse d'une règle absolue ; plusieurs mots utilisant différents types de hamza sont écrits avec une autre sorte de hamza (de cette manière مسؤول devient مسئول). Les marques diacritiques utilisées dans le script arabe, ou "harakat", sont aussi utilisées en persan, bien que certaines se prononcent différemment. Par exemple un "damma" en arabe se prononce /u/, alors qu'en persan on le prononce /o/. La variante persane ajoute aussi une notion de pseudo-espace à l'écriture arabe, appelée un ZWNJ ("Zero-width non-joiner", le "liant sans chasse" U+200D) dans le standard Unicode et la norme ISO 10646. Ce caractère agit comme une espace en déconnectant deux caractères adjacents qui seraient optionnellement joints sans le ZWNJ qui n'a pas de largeur visuelle. Les caractéristiques du persan sont reprises par d'autres langues comme le pashto ou l'ourdou et a parfois été encore plus étendu avec d'autres lettres ou de nouveaux signes de ponctuation. Alphabet latin. L'alphabet universel persan (UniPers / Pârsiye Jahâni) est un alphabet fondé sur l'alphabet latin créé il y a plus de 50 ans en Iran et popularisé par Mohammad Keyvan, qui l'a utilisé dans nombre de livres persans pour les étrangers et les voyageurs. Il met de côté les difficultés de l'alphabet traditionnel fondé sur l'arabe, avec ses multiples formes de lettres, et s'adapte particulièrement bien au contexte moderne des médias écrits. L'alphabet international persan (IPA2), communément appelé Pársik est un autre alphabet basé sur le script latin développé récemment, principalement par A. Moslehi, linguiste comparatif qui a défini le projet, sous l'autorité de l'Association des linguistes persans. Il est réputé être le plus exact des alphabets persans fondés sur le script latin dans lequel beaucoup d'aspects linguistiques du persan moderne sont respectés. Cependant, ces règles ne sont pas aussi simples qu'UniPers. Fingilish, ou Penglish, est le nom donné aux textes écrits utilisant l'alphabet latin de base. Il est communément utilisé dans le cadre d'applications de messagerie instantanée, de courrier électronique et SMS. Phonétique. La prononciation en persan est semblable à celle du français. Le persan comporte six voyelles et vingt-deux consonnes (vingt-trois avec le « ʔ », d'origine arabe), dont deux affriquées (ch) et (j). Historiquement, le persan distingue la longueur : les voyelles longues , , contrastant avec les voyelles courtes , , . Le persan moderne parlé, cependant, ne fait généralement plus ce type de distinctions. Grammaire. Syntaxe. Les phrases déclaratives normales sont ordonnées « (S) (PP) (O) V ». Les phrases simples peuvent comprendre des sujets optionnels, des groupes prépositionnels et des objets, suivis du verbe. L'adjectif se place généralement après le substantif. Dans ce cas, l'ézâfé (son [e] (é)) s'ajoute après le nom pour marquer la relation entre les deux éléments. L'ézafé n'est pas marqué à l'écrit. Si l'objet est défini, alors il est suivi du suffixe (ﺭﺍ) et précède les groupes propositionnels « (S) (O + « ») (PP) V ». L'ordre est le suivant : Genre et nombre. En persan, il n'existe pas de genre pour les noms, les pronoms et les adjectifs. Le genre d'une personne est parfois marqué par des noms qualifiants, par exemple "avocate" se dit ﺧﺎﻧﻢ وﻛﻴﻞ (khânom-é vakil), ce qui signifie littéralement « dame avocat ». Il n'existe pas d'article défini (le, la). Ainsi, "le pain" se dit ﻧﺎﻦ (nân, littéralement "pain"). L'article indéfini singulier (un, une) est rendu par يِک (yék, "un"). Le nombre ne se marque pas et se comprend implicitement par le contexte de la locution, sauf par le mot ﺗﺎ (tâ) qui marque le lien entre l'adjectif numéral et le substantif. Ainsi, le groupe "six pommes" se traduit par ﺷﺶ ﺗﺎ ﺳﻴﺐ (chéch tâ sib), soit littéralement « six quantités pomme ». Par ailleurs, "aimer les pommes" se dit ﺳﻴﺐ ﺩوﺳﺖ ﺩﺍﺷﺘﻦ (sib doust dâchtan), soit littéralement « pomme ami avoir » et "avoir des pommes" s'exprime par ﺳﻴﺐ ﺩﺍﺷﺘﻦ (sib dâchtan), ce qui équivaut littéralement à « pomme avoir ». L'ézafé est un suffixe prononcé é ([e]) à la fin d'un substantif qui est suivi d'un attribut, d'un autre type d'adjectif ou d'un complément. Il est prononcé mais non écrit. Par exemple, "pain chaud" s'écrit ﻧﺎﻦ ﮔﺮﻡ et se prononce nân-é-garm, littéralement « pain-é-chaud », "mon nom" s'écrit اسم من et se prononce ésm-é-man, littéralement « nom-é-moi », "centre de la ville" ou "centre-ville" s'écrit مرکز شهر et se prononce markaz-é chahr, littéralement « centre-é-ville ». Verbes et dépendants. Les verbes peuvent exprimer le temps et l'aspect, et ils s'accordent avec le sujet en nombre. La conjugaison est très régulière en persan. Le temps présent et passé est marqué par le radical alors que la désinence ou terminaison indique la personne et le nombre. La troisième personne du singulier se conjugue avec le radical sans terminaison. À l'instar de langues comme l'italien et l'espagnol, le pronom personnel peut ainsi être omis et, lorsqu'il est ajouté au verbe, il marque l'insistance sur le sujet plutôt que l'action ou l'état. Les verbes sont souvent de forme composée, employant un auxiliaire et un nom, un adjectif ou un gérondif pour obtenir un signifié distinct. Il existe certaines formes de contractions du verbe avec un adverbe. La forme négative se forme au moyen du terme نا (na) placé devant le verbe. Par exemple, l'expression "tu n'as pas fait" est rendue par (to na-kardi = nadkardi). À la forme négative, le verbe "être" se contracte; ainsi "il n'est pas" se dit "Ou" "nist", ce dernier mot étant la contraction de "na + ast". La forme interrogative se prononce avec une intonation prosodique ascendante en fin de phrase, comme en français familier. À l'écrit, elle est marquée par le point d'interrogation retourné (؟) et par le mot « âyâ », littéralement « est-ce que », mais dont l'emploi est toutefois facultatif. Par exemple « est-ce que tu as? » se rend par « âyâ to dâri? ». Vocabulaire. Les suffixes prédominent dans la morphologie du persan, bien qu'il y ait aussi un petit nombre de préfixes. Le vocabulaire du persan comprend des mots empruntés, venant pour la plupart de l'arabe, de l'anglais, du français et des langues turques. De la même façon, le persan influence les vocabulaires d'autres langues, spécialement les langues indo-iraniennes et turques. Beaucoup de mots persans ont aussi trouvé leur chemin jusqu'à la langue anglaise. Plus de 40 % des mots utilisés en persan ont des racines arabes. Le "kh" correspond au j espagnol ("jota") ou au ch allemand dans Bach.
Prolatif En linguistique, le prolatif est un cas grammatical présent dans certaines langues, exprimant le lieu ou le milieu "à travers lequel" se déroule un mouvement, ou encore le vecteur (support, médium) d'un déplacement ou d'un transfert d'information. Exemples : Cependant, les grammaires basques qualifient de "prolatif" la forme utilisant le suffixe -tzat directement accolé à la racine d'un substantif. La fonction d'un tel mot en basque se rattache en fait aux cas grammaticaux essif ou translatif.
Produit intérieur brut Le produit intérieur brut (PIB) est l'indicateur économique qui permet de quantifier la valeur totale de la « production de richesse » annuelle effectuée par les agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques) résidant à l'intérieur d'un territoire. Le produit intérieur brut est le principal indicateur de la mesure de la production économique réalisée à l’intérieur d'un pays et l'un des agrégats majeurs des comptes nationaux. Le PIB reflète donc l'activité économique interne d'un pays et la variation du PIB d'une période à l'autre est censée mesurer son taux de croissance économique. Il diffère du revenu national brut (RNB) qui ajoute au PIB (produit intérieur brut) les entrées nettes de revenus de facteurs en provenance de l'étranger (revenus de facteurs provenant du reste du monde diminués des revenus de facteurs payés au reste du monde). La composition de cet indice est dans certains cas sujette à caution ou à suspicion, en particulier lorsque les gouvernements y voient un outil politique et qu'ils ont la capacité d'influencer la production de cet indicateur. La notion de PIB fait l'objet de contestations : Le Comité d'experts des Nations unies sur la comptabilité environnementale-économique (UNCEEA) travaille à définir un indicateur qui tienne compte des effets sur l'environnement, le produit intérieur brut vert et à faire du Système de comptabilité environnementale économique (SEEA) un standard international pour l'année 2010 et à promouvoir sa mise en œuvre dans les pays. Histoire. William Petty est le premier à avoir l’idée de mesurer le revenu national, pour critiquer les taxes levées sur les propriétaires fonciers pour financer les guerres anglo-néerlandaises entre 1652 et 1674, qu’il estimait injustes. Charles Davenant développe cette méthode en 1695. À la demande du congrès américain en 1932, Simon Kuznets crée une comptabilité nationale aux États-Unis, et invente le produit intérieur brut, en 1934 afin de mesurer l'effet de la Grande Dépression sur l'économie. On ne dispose en effet à cette époque d'aucun indicateur synthétique. Kuznets met dès cette date en garde contre l’utilisation du PIB comme d’un indicateur de bien-être. L’adoption de l’indicateur par le Département du Commerce des États-Unis, sous la direction de , achève d’intégrer les idées de Kuznets aux institutions. Après la conférence de Bretton Woods, en 1944, le PIB devient le principal outil pour mesurer l’économie d’un pays. À l’époque, le Produit national brut est privilégié par rapport au PIB, dont il diffère en cela qu’il mesure la production par les ressortissants du pays à l’intérieur et à l’extérieur du territoire, plutôt que la production sur le territoire national. Le passage du PNB au PIB comme indicateur privilégié a lieu en 1991 aux États-Unis, la plupart des autres pays suivant ensuite cet exemple. Le rôle joué par les mesures du PIB dans le déroulement de la Seconde Guerre Mondiale a joué un rôle central dans l’acceptation ultérieure du PIB comme indicateur de progrès et de développement national. L’histoire du concept de PIB doit être distinguée de l’histoire des changements dans la manière de le mesurer. La valeur ajoutée par les entreprises est relativement facile à calculer à partir de leurs comptes, mais la valeur ajoutée par le secteur public, la finance, et par la création de capital immatériel l'est moins. Ces activités sont de plus en plus importantes dans les économies développées, et les conventions internationales régissant leur estimation et leur inclusion ou exclusion du PIB changent régulièrement, afin de suivre au mieux les transformations de l’économie. Ainsi, selon les termes de Diane Coyle, « Le chiffre du PIB est donc le produit d’un vaste agglomérat de statistique et d’un ensemble complexe de procédures appliquées aux données pour les faire rentrer dans le cadre conceptuel prédéfini ». Définition. L'agrégat PIB représente le résultat final de l'activité de production des unités productrices résidentes d'un pays. Cette notion peut se définir de trois manières : Modes de calcul du PIB. L'appellation exacte du PIB est : « le produit intérieur brut aux prix du marché ». Il ne mesure que le flux de production, et non un stock de capital ou de dettes (comme l"'adjusted net savings" de la Banque mondiale). Il ne prend pas non plus en compte la dépréciation des actifs (d'où le qualificatif « brut »), le calcul de celle-ci nécessitant des imputations faisant intervenir des conventions arbitraires et des données qui ne sont souvent pas disponibles de façon continue sur des durées aussi longues. Le PIB mesure la valeur de l'ensemble des biens et services produits sur le territoire d'un pays donné au cours d'une période donnée (en général, une année, parfois un trimestre), quelle que soit la nationalité des producteurs présents sur ce territoire. Le PIB (produit intérieur brut) se distingue : Détermination des composantes du PIB. Composantes marchandes ou non marchandes. Le PIB recense à la fois la production marchande et la production non marchande, composée exclusivement de services. Composantes vues sous l'angle de la production. Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées des agents économiques résidents, calculée aux prix du marché, à laquelle on ajoute la part de la valeur ajoutée récupérée par l'État (taxe sur la valeur ajoutée et droits de douane) et de laquelle on soustrait les subventions ; Si potentiellement trois méthodes coexistent pour calculer le PIB d'un pays ou d'une région (via la production, la dépense ou le revenu), la première méthode (approche par la production) est utilisée pour des raisons pratiques. Selon cette technique, on additionne toutes les valeurs ajoutées issues des comptes de résultats fournis par les entreprises, et les administrations publiques. Composantes vues sous l'angle des dépenses. Le PIB est égal à la somme des emplois finaux intérieurs de biens et de services, c'est-à-dire : la consommation finale effective (CF), l'investissement (formation brute de capital fixe (FBCF)) et les variations de stocks (VS). Cette définition se déduit de l'égalité comptable entre les ressources de l'économie (PIB) et les emplois qui sont faits de ces ressources. En situation d'autarcie, on a (équilibre Ressources - Emplois) : Dans une économie ouverte les importations (notées M) s'ajoutent aux ressources, les exportations (notées X) aux emplois, si bien que la relation ci-dessus devient : La dernière relation peut se réécrire : Ou, en omettant les variations de stock et en développant la consommation finale : À titre d'exemple, en 2004 dans l'Europe des Vingt-Cinq, 59 % du PIB était consacré aux dépenses de consommation finale des ménages, 21 % aux dépenses de consommation finale des administrations publiques, et 19 % à l'investissement. Composantes vues sous l'angle des revenus. Le PIB est égal à la somme des revenus bruts des secteurs institutionnels : rémunération des salariés (RS), impôts sur la production et les importations moins les subventions (T), excédent brut d'exploitation et revenus mixtes (EBE). Mesure du PIB en volume et en valeur. Le produit intérieur brut réel ou "en volume" est la valeur du PIB en ne tenant pas compte des variations des prix, c'est-à-dire de l'inflation. Le PIB réel a l'avantage de montrer les variations à la hausse et à la baisse dans le volume (les quantités) de la production de biens et services. C'est la valeur utilisée lorsque l'on mesure la croissance du PIB. En effet, on ne peut pas savoir uniquement en observant le PIB nominal (en valeur), si la hausse de l'indicateur provient d'une hausse des prix, d'une hausse de la production ou dans quelles proportions ces deux variations se combinent. Lorsqu'on calcule le volume du PIB, les trois approches qui permettaient de calculer le PIB nominal (demande, production et revenus) ne sont plus équivalentes. L'approche par la demande est privilégiée. Les volumes des grandeurs qui entrent dans la définition du PIB par l'approche par la production sont toutefois définis de telle sorte que le volume du PIB calculé par cette approche coïncide avec le volume obtenu en utilisant l'approche par la demande : le volume de valeur ajoutée est défini comme la différence entre le volume de la production et le volume des consommations intermédiaires ; le volume des taxes et subventions est défini comme le volume des produits taxés tandis que le prix correspondant est le prix du produit que multiplie le taux de taxe ou de subvention. L'approche par les revenus n'est pas utilisée : elle ne permettrait pas de prendre en compte l'évolution de la productivité des facteurs de production. Soit formula_1 le prix d'un bien formula_2 au cours d'une période formula_3 (par exemple, une année) et formula_4 la quantité de ce bien demandée formula_2 au cours de la période formula_3 (demande finale, investissement et exportations nettes) ; alors : formula_7 Le PIB réel est constitué par la valeur des biens formula_2 demandés au cours de la période formula_3 mesurés à prix constants (année de base notée formula_10), soit : formula_11 Le manuel des comptes nationaux de 2008 recommande de réactualiser l'année de base chaque année. Le volume du PIB est alors calculé sur la base du taux de croissance annuel appliqué au volume de l'année précédente. On parle d'indice chainé. Le déflateur du PIB est le rapport entre le PIB nominal et PIB réel. Utilisation de la notion de PIB. Sur le plan national. Variations du PIB. Une augmentation à court terme du PIB correspond à une expansion, tandis qu'une diminution indique une récession. L'augmentation à long terme du PIB par habitant est un indicateur de croissance économique. Produit intérieur brut par habitant. Le produit intérieur brut par habitant (ou per capita) est la valeur du PIB divisée par le nombre d'habitants d'un pays. Il est plus efficace que le PIB pour mesurer le développement d'un pays ; cependant, il n'est qu'une moyenne donc il ne permet pas de rendre compte des inégalités de revenu et de richesse au sein d'une population. En général, un pays est considéré comme « développé » lorsqu'il dépasse les US de PIB par habitant, vers 2006. Cet indicateur n'est pas égal au revenu par tête. Il est un bon indicateur de la productivité économique, mais il ne rend compte qu'imparfaitement du niveau de bien-être de la population ou du degré de réussite d'un pays en matière de développement. Il ne montre pas quelle est la répartition du revenu d'un pays entre ses habitants. Dérivé du PIB, il ne reflète pas les atteintes causées à l'environnement et aux ressources naturelles par les processus de production, et ne tient pas compte du travail non rémunéré qui peut être effectué au sein des ménages ou des communautés, ni de la production à mettre au compte de l'économie souterraine. Le PIB par habitant n'est pas construit comme un indicateur de la qualité de vie ; cette dernière, bien plus subjective, est difficilement mesurable, même si certains indicateurs comme l'indice de développement humain (IDH) ambitionnent de l'évaluer. Sur le plan international. PIB mondial. Après une hausse de 3,7 % en 2007, puis de 2 % en 2008, le PIB mondial a chuté de 1,1 % en 2009 à la suite de la crise économique mondiale de 2008 (un peu plus que ce qu'attendait le FMI), avec d'importantes disparités, les pays riches devant affronter en 2009 un recul de 3 à 3,5 % de leur PIB (toujours selon les estimations annoncées du FMI). C'est la baisse la plus forte depuis l'après-guerre, malgré l'importance des efforts publics, notait le FMI. Le PIB mondial aurait été selon le FMI de de dollars en 2009 contre en 2008. Comparaisons internationales. On peut comparer les PIB de plusieurs pays, initialement exprimés en monnaie nationale, selon deux méthodes : Les comparaisons en PPA sont en principe plus favorables aux pays pauvres que celles au taux de change courant, du fait de la faiblesse mécanique de leurs devises : si le prix des produits échangeables est souvent comparable d'un pays à l'autre, celui des produits non échangeables, notamment les services, est généralement moins élevé dans les pays pauvres (effet Balassa-Samuelson) ; les devises des pays dotés de places financières majeures (Suisse, Royaume-Uni) ou de ressources minières très importantes (Norvège) sont habituellement surévaluées par rapport à leur valeur en PPA. Les comparaisons en PPA sont généralement préférées car elles permettent par ailleurs de s'affranchir des variations parfois brutales des taux de change. Cette comparaison permet d'analyser l'évolution des parts des différents pays dans le PIB mondial, ou de groupes de pays, répartis par exemple en fonction de la langue dominante, de la zone géographique ou du niveau de développement. Le calcul du PIB varie d'un pays à l'autre concernant la prise en compte de certains secteurs de l'économie : par exemple, le Royaume-Uni et l'Espagne prennent en compte les recettes de l'économie souterraine . Or, les marchés de la drogue et de la prostitution représentaient environ 0,5 % du PIB britannique en 2013, et 0,85 % du PIB espagnol en 2010. En France, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) refuse d'intégrer la drogue et les réseaux de prostitution dans son calcul car, à l'inverse d'Eurostat, l'institut estime qu'il ne s'agit pas d'activités économiques librement consenties par le consommateur dépendant des drogues comme par les prostituées contrôlées par des réseaux. L'Insee estime par ailleurs que les autres formes de prostitution sont déjà comptabilisées au sein d'autres activités économiques. L'Insee a toutefois accepté de changer de pratique à la demande d'Eurostat. Limites du PIB et défauts dans sa détermination. PIB et développement durable. Par définition, le PIB est un indicateur de flux et ne tient pas compte de la valeur estimée des actifs et passifs (le patrimoine) publics et privés. Il ne mesure donc pas les externalités positives ou négatives qui font évoluer cette valeur et qui contribuent donc à un gain ou à une perte de moyens. Pour Dominique Méda, il présente trois grandes limites : il ne tient pas compte de temps et d'activités essentielles pour le développement de la société comme le temps avec les proches, temps pour les activités politiques, temps domestique ; il n'est pas affecté par les inégalités dans la participation à la production ou à la consommation ; il ne tient pas compte des dégradations apportées au patrimoine naturel. Le PIB tient compte des ressources naturelles (énergie, matières premières) consommées dans les processus de production en comptabilité nationale par les consommations intermédiaires. Cependant, la comptabilité nationale ne distingue pas, dans les consommations intermédiaires, les ressources renouvelables des ressources non renouvelables (c'est-à-dire celles qui relèvent d'une utilisation de revenu et celles qui relèvent d'une destruction de capital), ou les produits recyclés des autres produits achetés. Jean-Marc Jancovici critique ainsi le fait que le PIB ne permet pas d'évaluer la consommation du capital naturel ni d'anticiper les menaces environnementales avec une avance suffisante. Dans le cas d'une production polluante, suivie d'un processus de dépollution, le PIB comptabilise deux productions, qui s'annulent partiellement. Ce que Leopold Kohr nomme . Le PIB est neutre vis-à-vis d'un progrès technique qui va dans le sens de la conception de processus industriels propres, l'emploi de matériaux recyclés, et d'une façon générale l'anticipation des risques environnementaux. Le PIB n'envoie aucun signal d'alerte sur la dégradation de l'environnement. Ainsi, le PIB ne permet pas de mesurer l'impact de la production sur le capital naturel. La croissance économique mesurée par le PIB ne rend donc pas bien compte du respect ou non des principes de développement durable ni de ses effets sur l'environnement. Jean Gadrey souligne les limites de la croissance économique comme mesure de la bonne santé d'un pays ou d'une économie, ou contestent le bien-fondé ou même la possibilité physique de perpétuer la croissance économique telle qu'elle est définie par la variation du PIB. Dominique Méda a proposé dès 1999 dans "Qu'est-ce que la richesse ?" de recourir à d'autres indicateurs que le PIB. Patrick Viveret considère également qu'il faut reconsidérer les instruments de mesure de la richesse. Élisabeth Laville estime qu'il est important de remettre en cause l'acception institutionnelle du PIB comme principal indicateur de la performance économique, qui s'avère un frein important pour les entreprises et les autres acteurs économiques dans la transition de l'approche financière classique à une approche de triple performance ("triple bottom line" en anglais, que l'on peut traduire littéralement par « triple résultat net »), intégrant leurs performances environnementales et sociales. Les productions omises par le PIB. Le PIB ne comptabilise pas ou comptabilise de manière approchée un certain nombre d'éléments pourtant réels. Parmi les éléments les plus importants on peut citer : PIB et bien-être. Le PIB n'est pas construit comme un indicateur du bien-être, de bonheur, ou de qualité de vie. Ainsi, certaines consommations font gonfler le PIB alors que, de toute évidence, elles ne reflètent pas une amélioration du bonheur des habitants. Cependant, en dessous d'un certain seuil (environ par an et par personne), l'augmentation du PIB par habitant est fortement corrélée à l'augmentation du bien-être de la population, selon une étude publiée en 2001 par l'université de Princeton. Autres limites. Dans le cas d'une catastrophe naturelle (ouragan, tremblement de terre), le PIB ne comptabilise les destructions d'actifs (maisons, routes…) qu'indirectement, à la hauteur de l'impact sur la production (donc moins que la perte nette des actifs). En revanche, le PIB prend en compte les reconstructions qui font suite à la catastrophe (souvent financées par des aides nationales ou internationales). Considérer cette prise en compte comme un défaut est discutable : la capacité à faire face à une catastrophe naturelle constitue bien une richesse économique, qu'il semble donc normal de comptabiliser (au même titre que la santé par exemple). La création d'activités, même socialement inutiles, peut cependant être bénéfique en provoquant l'utilisation de facteurs non employés et une augmentation de la demande agrégée. Ainsi, John Maynard Keynes appelait sous forme de boutade à employer des chômeurs à creuser des trous et d'autres chômeurs à les reboucher. Frédéric Bastiat décrivait une autre limite de la mesure de la richesse avec son "sophisme de la vitre cassée" publié en 1850. Prenant l'exemple d'une vitre, il montrait que la société s'appauvrissait de la valeur de cette vitre quand celle-ci était brisée. Il concluait « la société perd la valeur des objets inutilement détruits », ou « destruction n'est pas profit ». Reprenant à leur compte ces réflexions Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice écrivent de manière imagée que « si un pays rétribuait 10 % des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager les véhicules, et 10 % pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20 % d'emplois (dont les effets sur le bien-être s'annulent) seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir ». Autres indicateurs. Développement humain. Comme d'autres indicateurs économiques, le PIB n'a pas vocation à mesurer le niveau de développement humain des pays. L'Indice de développement humain (IDH), inspiré des travaux d'Amartya Sen, a été créé pour tenter d'appréhender le bien-être social. Happy Planet Index. Le « Happy Planet Index », ou indice de la planète heureuse, est un indicateur économique alternatif au PIB. Il classe 178 pays d'après 3 indicateurs : l'empreinte écologique, l'espérance de vie et le degré de bonheur des populations. Ainsi, ce classement donne une image très différente de la richesse et de la pauvreté des nations. PIB vert. Des économistes ont pensé à mesurer un « Produit intérieur brut vert », pour lequel serait soustrait du PIB conventionnel la valeur de la baisse du stock de ressources naturelles. Une telle méthode de comptabilisation permettrait de mieux savoir si une activité économique accroit ou fait baisser la richesse nationale lorsqu'elle utilise des ressources naturelles. Cependant, les économistes estiment qu'il serait très difficile de mesurer correctement un tel indicateur. PIB régional ou PIB urbain. Une mesure de PIB régional, ou de « produit urbain brut », est parfois présentée. Son utilisation est critiquée car les échanges commerciaux (imports et exports) avec les autres régions d'un même pays ne sont pas mesurés. Le calcul se fait alors avec l'approche productive (somme des valeurs ajoutée). Cet indicateur ne reflétera alors que la production de la zone, et non la richesse, puisqu'un quartier résidentiel où la production est faible aura un PIB local très faible, même si le revenu des habitants est élevé. L'attribution des fonds structurels européens, basée sur les PIB régionaux, voit donc certaines régions résidentielles à faible PIB par habitant mais peu sinistrées (chômage faible, résidents travaillant dans une région limitrophe) emporter les fonds sur des régions industrielles à plus fort PIB mais à la richesse effective plus faible (chômage important, emplois précaires…). Liste de pays par leur PIB. Les données peuvent varier (légèrement) selon les modes de calcul du FMI, de la Banque mondiale, de l'OCDE, de la CIA Note : le PIB de l'Union européenne, prise dans son ensemble et comparée aux autres États indépendants, est le troisième au monde après ceux des États-Unis et de la Chine. PIB par habitant en Europe. Le tableau suivant indique, à partir des données d'Eurostat, le PIB par habitant en standard de pouvoir d'achat (SPA), de 2012 à 2021, dans les cinq pays les plus peuplés de l'Union européenne (Allemagne, France, Italie, Espagne et Pologne), ainsi que les autres pays francophones de l'UE (Belgique, Luxembourg) et aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et en Turquie. L'unité (100) correspond pour chaque année à l'Union européenne des 27 : ce graphique permet donc de voir comment ces pays ont évolué les uns par rapport aux autres mais pas de déterminer la hausse ou la baisse du PIB par habitant d'une année à l'autre dans un pays donné. Voir aussi. Articles connexes. Indicateurs Réflexions Liste des pays Autres
Mouvement punk Le mouvement punk, qui se centre sur le punk rock, s'appuie sur divers types d'idéologies, de modes et autres formes d'expression, incluant art visuel, danse, littérature et films. À l'origine aux États-Unis, le mot décrit la musique basée sur des guitares électrique des groupes « garage » des années 1960 tels The Sonics, The Seeds, 13th Floor Elevators et des groupes de Détroit, The Stooges et MC5, ce qui est maintenant appelé protopunk ("60's punk" en anglais) pour éviter une confusion. Le mot punk aurait été utilisé la première fois par Lester Bangs (critique rock) pour qualifier la musique des Motor City Five (MC5). Influences. Les influences du punk-rock sont aussi le groupe américain The New York Dolls, mais aussi les groupes de rock britannique comme The Who et The Kinks première manière. Au début des 1970s, un autre groupe américain électronique Suicide, mené par Alan Vega, est l'une des premières formations à être qualifés de "Punk". D'autres artistes de sa scène new-yorkaise du club CBGB du milieu des 1970s, (Patti Smith, Television) et The Heartbreakers avec Johnny Thunders et Jerry Nolan, se démarquent par leur démarche et leur éthique, intransigeantes. On constate un fort désir de retourner à la spontanéité et la simplicité du rock primitif et un rejet de ce que les punks ont perçu comme prétentieux, mercantile et pompeux dans l'arena rock des années 1970, engendrant les formes grandiloquentes du heavy metal et du rock progressif. Par contraste, le punk a délibérément renforcé la simplicité de ses mélodies, refusant toute démonstration ostentatoire de virtuosité, engageant n'importe qui à former son propre groupe dans sa cave ou son garage et adoptant un format de chanson plus court (environ 3 minutes). Les paroles ont apporté une nouvelle radicalité d'expression dans les sujets politiques et sociaux, traitant souvent de l'ennui urbain et du chômage. Les thèmes sexuels étaient abordés de façon crue et ne se limitaient plus à l'amour sublimé qui était chanté ailleurs ou aux métaphores suggestives (et souvent transparentes, d'ailleurs) qui avaient cours dans le rock (puis la pop) et qui avaient suscité à l'origine de vives polémiques. Aux États-Unis, les Ramones ont posé, à partir de 1974, les jalons du punk américain. The Germs, formés autour de Patate Smear, ont sorti en 1977 leur single "Forming/Sexboy (live)", souvent considéré comme le tout premier disque punk de Los Angeles. Richard Hell et ses Voidoids est un autre jalon important, tant pour l'image (T-shirts déchirés et port d'épingles à nourrices) que pour le son avec leur titre "Blank Generation". À New York, le magazine "Punk" est fondé en 1975 par le dessinateur John Holmstrom, Ged Dunn et Legs McNeil. Au Royaume-Uni, certains ont pu écrire que des groupes traditionnellement rattachés au courant « pub rock », l'équivalent des "garage bands" américains au milieu des années 1970, pourraient représenter les prémices de l'explosion punk britannique de 1976-77, en raison de l'énergie de leur musique et de leur vitesse d'exécution ; parmi eux : Doctor Feelgood ou Eddie and the Hot Rods. Même si le premier groupe punk britannique ayant sorti un disque fut The Damned dont le premier single vinyle parut confidentiellement durant l'été 1976 (son titre phare étant "New rose"), les véritables débuts du mouvement ont été les premiers concerts des Sex Pistols au Roxy Club et au 100 Club de Londres et l'interview du groupe dans une émission de large audience. Cependant, le manager des Sex Pistols, Malcolm McLaren, s'était considérablement inspiré de groupes américains pour créer les Sex Pistols. Il avait en effet suivi le groupe New York Dolls en tournée quelques années auparavant, et décida de partir son mouvement plus sur sa ville natale. Plusieurs acteurs de la scène musicale de ce temps prennent les Sex Pistols pour des enfants. Jerry Nolan, batteur de New York Dolls. Le passage des Sex Pistols et du Bromley Contingent à la télévision a suscité un véritable engouement mais aussi une très vive hostilité (aboutissant à l'interdiction de la plupart de leurs concerts), qui fut l'un des engrais essentiels du phénomène. À partir de là le punk, médiatisé, a enflammé une partie de la jeunesse. La scène punk londonienne influence notablement la chanteuse allemande Nina Hagen en particulier dans son album Unbehagen, sorti en 1979. En France, les pionniers du mouvement furent le « petit cercle d'initiés » qui se créa autour d'Élodie Lauten. Revenant du CBGB's à New York, où elle avait entendu Patti Smith réciter d'étranges poèmes rock toutes les nuits, elle fit découvrir à ceux qui allaient former Angel Face et European Son (et plus tard, Métal Urbain), à Alain Pacadis et à Patrick Eudeline (qui décida alors de former le premier line-up d'Asphalt Jungle), cette vague explosive qui commençait à envahir la planète. De son côté, Marc Zermati, qui avait depuis plusieurs mois ouvert une boutique, l'Open Market, rue des Lombards (dans les Halles), où se côtoyaient Iggy Pop, les Flaming Groovies et Doctor Feelgood lorsqu'ils passaient à Paris, et aussi Yves Adrien, organisa, en , le premier festival punk de Mont-de-Marsan. The Damned clôturèrent les deux journées de délires. Au même moment, Philippe Bone, passant l'été à Londres, ramenait en France le premier single de ce groupe « vinylisé » paru chez un petit label indépendant qui venait juste d'en presser quelques exemplaires. C'est ainsi que "", sur la face A de ce disque, retentit pour la première fois dans un lieu public en France, au Gibus. Culture punk. L'expression reste associée aujourd'hui à la période 1976-1980, incarnée par les Sex Pistols, The Clash, The Damned, Stiff Little Fingers, Buzzcocks, The Saints, Ramones, Strychnine et Stalag en France, entre autres et à une nouvelle forme d'énergie, d'esthétique et de radicalité prenant le pas sur la contestation hippie de la décennie précédente. La scène permet aussi à plusieurs chanteuses de percer et d'être les leaders de groupes avec notamment Siouxsie Sioux pour Siouxsie and the Banshees, Poly Styrene avec X-Ray Spex, et le quatuor féminin The Slits. À Londres, Malcolm McLaren, le manager des Sex Pistols était vu comme l'initiateur machiavélique et secret du mouvement. On note aussi l'influence du mouvement situationniste et du mouvement Dada dans l'esthétique et l'activisme punk, dominés par une économie de moyens et un sens aigu de l'auto-dérision. Ces courants ont marqué l'avant-garde du mouvement punk britannique, avec les Sex Pistols et leurs « satellites » : le Bromley Contingent (leur cercle rapproché), la boutique "Sex" de Malcolm McLaren et de la styliste Vivienne Westwood, Jordan, « créature » travaillant pour eux, The Flowers of Romance, etc. Le couple McLaren-Westwood a su habilement faire des Sex Pistols, dont ils se chargeaient de confectionner les tenues, leurs ambassadeurs les plus médiatiques, posant ainsi les fondations de l'apparence punk telle qu'elle reste ancrée dans la culture populaire. Dans d'autres domaines artistiques, le graphiste Jamie Reid, proche des situationnistes, avait précédemment travaillé dans les revues ' et '. Les pochettes de disques, dans les mains des graphistes punks, servent d'instrument de détournement des valeurs sociales et de la culture populaire comme la pochette du disque des Dead Kennedys "". Pourtant la petite histoire a surtout gardé du punk des symboles : les épingles à nourrice utilisées comme bijoux, les coupes de cheveux extrêmes et colorées comme la crête iroquoise ("mohawk" en anglais) qui n'est d'ailleurs apparue qu'à partir du début des années 1980, le piercing (souvent avec des épingles de nourrice), le tatouage et la réappropriation « artistique » des vêtements de masse. Après le punk pauvre est apparu le « punk chic », recyclage commercial et industriel de ce qui en 1977 s'inventait dans la rue. Au-delà du nihilisme prétendu ou affiché, le punk est un mouvement assez largement créatif et solidaire, un mouvement qui en profondeur semble avoir posé les bases de différentes alternatives sociales et économiques, qui ont parfois réussi à durer. La scène punk s'est exportée mondialement, a créé une scène propre avec ses labels (Rough Trade, Factory, New Rose, Bondage Records, All or Nothing Records, Folklore de la zone mondiale…) et concerts alternatifs autogérés. Les groupes punk alternatifs comme Bérurier Noir ou Crass ont imposé des places de concert moins chères, les travellers ont inventé des modes de vie alternatifs, le mouvement des squats alternatifs est également issu de l'autonomie active voulue et animée par l'esprit originel du mouvement, qui cherche d'abord à vivre autrement et remet en question le mode de vie bourgeois traditionnel. La vague punk a vu naître également une presse underground indépendante, les fanzines créés par des amateurs. Aux États-Unis parmi les plus connus : ' et ', au Royaume-Uni ', en France ' (réapparu en 2004), "On est pas des Sauvages", "Hello Happy Taxpayers", etc. Chaque scène locale a eu au moins son fanzine édité avec des informations, un graphisme différent, des entrevues avec les groupes locaux ou en tournée. Le magazine "" a énuméré et chroniqué les milliers de publications underground des années 1980 et années 1990. Des centaines d'expériences de squats communautaires et autogérés, ont accueilli et fait rayonner le mouvement punk. On peut penser par exemple, au Wagon, entre 1997 et 2004, à Saint Brieuc. Période. Si le punk a émergé en 1976, à l'époque dite de l'Hiver du Mécontentement et de la fin du Consensus d'après-guerre, durant la sortie de la chanson "New Rose" puis progressé jusqu'à son apogée en 1980, apogée symbolisée par le film "Time Square" d'Allan Moyle, il marquera ensuite un temps d'arrêt après la mort de Sid Vicious en 1979 puis de Darby Crash en 1980. Enfin, l'arrivée au pouvoir ces mêmes années de Margaret Thatcher puis Ronald Reagan, la mort de John Lennon le 8 décembre clôtureront cette période de contre-culture ainsi qu'une certaine époque. Malgré l'arrivée ensuite de la Cold Wave, les années 1980 seront symboliques de la montée d'un certain individualisme et matérialisme arrivés également en France avec le tournant de la rigueur de 1983 par le nouveau gouvernement socialiste et signifiant la fin du social, accéléré en 1986 avec les décès de Daniel Balavoine et Coluche mettant fin à un certain anticonformisme, créant un conformisme consensuel, conformisme qui est dénoncé sur le film réalisé par Vincent Maël Cardona Les Magnétiques sorti en novembre 2021. Postérité. Depuis son apparition à la fin des années 1970, le punk côtoie et échange avec d'autres cultures underground comme le reggae, notamment grâce à Don Letts (le "" de Bob Marley et Lee Perry), ou le ska, pour donner naissance à des groupes comme The Specials, Madness ou The Selecter. Par ailleurs, il a fortement inspiré, de par ses convictions, des groupes « hybrides », à la frontière du hard rock et du punk tels Motörhead, et Nashville Pussy. Le punk a eu une influence durable sur toute la musique contestataire, dans la continuité de la culture "underground" des "seventies" qui subsiste aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Hollande, et dans bien d'autres pays.
Période Meiji
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Paléolithique du Japon Le Paléolithique du Japon, parfois aussi nommé , est la période qui débute (en l'état des connaissances de 2017) vers ans avant le présent (BP), correspondant à la datation par le carbone 14 des premiers objets lithiques indiscutables retrouvés, et s'achève vers ans BP après la fin de la dernière période glaciaire, au cours d'une période de net réchauffement et début de la période Jōmon avec les premières céramiques au Japon, période considérée comme relevant d'un Mésolithique à céramique. Une partie de la période du paléolithique final, parfois nommée Épipaléolithique, peut être assimilée à la période Jōmon initial, alors nommée Proto-Jōmon. Histoire de la recherche sur le Paléolithique japonais. Il y avait deux cultures paléolithiques sur le site d'Iwajuku, le premier site paléolithique découvert au Japon, en 1949. Parmi les outils du niveau le plus ancien, les fouilleurs ont trouvé deux outils de type « hache » qui semblaient aussi avoir un tranchant affûté par frottement ou usé. Bien que le fouilleur, Chosuke Serizawa, ait hésité à porter un jugement sur le caractère du tranchant, Sugao Yamanouchi jugea qu'il était le résultat d'un affûtage intentionnel. Et, en prenant en compte des outils semblables en provenance d'autres sites, il conçut la théorie selon laquelle la période « précéramique » du Japon n'était pas équivalente au Paléolithique supérieur européen ou africain, avec l'argumentation suivante : qu'il s'agissait d'un Néolithique (en suivant la définition ancienne des types d'outils) sans céramique. Cette idée et le fait qu'il était difficile de dater le début de la période Jomon et de ses poteries ont généré une violente controverse sur la position du Japon dans la préhistoire mondiale. Dans les années 1970, avec des fouilles à grande échelle, on a découvert de nombreux outils de type « hache » à tranchant affuté, aux niveaux les plus bas, - BP, et elles étaient souvent accompagnées par la pierre à affuter. Leur nombre baissait dans les phases post-AT (après l'éruption de la caldeira d'Aira, 21 000-22 000 BP) dans le contexte de la culture du loch de Tachikawa et ses équivalents, mais vers BP de nombreuses et grandes haches à un seul tranchant, ou gouge apparaissaient de nouveau dans le contexte de la culture de Mikoshiba-Chojakubo, qui faisait figure de phase ultime du « Pré-céramique » ou du Paléolithique japonais. On a remarqué ultérieurement que la période ancienne de ces outils affutés par frottement, soit 30 000-22 000 BP, correspond à une période relativement moins froide et que la teinte noirâtre de la couche dans laquelle ils ont été déposés correspondrait à un apport d'humus conséquent, lié à la forte végétation de l'époque, dans la région de Kantō. La corrélation entre les périodes de poussée végétale et l'abondance de ces haches semble ainsi se confirmer. Généralités. Un grand nombre de sites. Selon la "Japanese Palaeolithic Research Association" (JPRA) ce sont sites paléolithiques qui ont été répertoriés en 2010 sur l'ensemble des îles. Les assemblages lithiques sont bien préservés dans des sites de plein air (couches de lœss) et les plus anciens remontent au Paléolithique supérieur, au sud de la région de Kantō. Les différents repères que nous possédons aujourd’hui sont assez nombreux pour qu’il soit possible de donner une vue d'ensemble du Paléolithique des différentes régions de l’archipel japonais. Les sols volcaniques et leur acidité. Au Japon la nature volcanique des sols de l'archipel en couches bien identifiables sur tout le territoire favorise une datation précise des industries lithiques. Mais la nature acide de ces sols ne permet pas la conservation des restes fossiles, ossements humains et animaux en particulier dans les sites de plein air, qui représentent l'essentiel des sites. Certains sites marécageux, comme le lac Nojiri, ont conservé de nombreux fossiles animaux et quelques outils paléolithiques. Mais ceux-ci sont trop clairsemés et ne sont pas aisément connectés avec la stratigraphie volcanique. La découverte de sites de caverne ou d'abris sous roche est rare et cela a contribué à rendre difficile la corrélation entre les assemblages d'outils, la faune et les stratégies de subsistance. Par contre l'obsidienne, qui a été abondamment utilisée, permet que l'on détermine précisément son origine par une analyse physico-chimique. Et ainsi percevoir la circulation de cette roche, parfois sur de longues distances en haute mer. Périodisation. Après 2003, à la suite de l'affaire du faussaire Fujimura dénoncée en 2000, la mise au point effectuée par la communauté archéologique japonaise a rétabli la liste des sites scientifiquement reconnus et datés. La période comprise entre et BP est désignée « Paléolithique supérieur I ». Ce Paléolithique supérieur I, est caractérisé, au Japon, par des outils en forme de « couteaux » et des industries trapézoïdes.<br> La rupture entre les deux périodes est marquée par une éruption volcanique majeure au sud de Kyushu.<br> La période comprise entre BP et vers 15 000 BP (13 500/13 000 AEC, début de la période Jōmon) est désignée « Paléolithique supérieur II ». Le Paléolithique supérieur II étant caractérisé par l'apparition de microlithes. On peut noter qu'en 2017 la communauté archéologique japonaise semble être divisée en deux camps. Pour les uns, la colonisation de l'archipel ne peut être envisagée avant 40 000 BP. Mais, s'appuyant sur plusieurs découvertes, les autres sont préparés à accepter des dates beaucoup plus hautes. En fait, ces assemblages apparemment très anciens partagent certaines caractéristiques, telles que: (1) l’absence de méthodes normalisées d’élimination des éclats ("flakes"); (2) une prédominance des petits outils à éclats retouchés de manière minimale; et (3) la fréquence des denticulés, des racloirs denticulés et des becs. Ce sont des caractéristiques que l'on retrouve dans les assemblages précoces du continent asiatique, tels que Xibaimaying et Houjiayao dans le bassin de Nihewan, dans le nord de la Chine (Takehana, 2012), à l'exception du fait que les pierres sphériques, souvent présentes dans leurs homologues continentales, sont très rares dans les assemblages japonais. Les sites acceptés par tous : La très grande majorité des 14 500 assemblages appartiennent au Paléolithique supérieur, qui appartiennent aux niveaux MIS 3 et MIS 2, de 40 000 BP à 16 000 BP dans le Paléo-Honshu, et 10 000 BP pour la Paléo-péninsule d'Hokkaido. Les sites en débat : Sur le site de Kanedori, dans la préfecture d'Iwate (Nord-est de Honshu), non affecté par les activités du faussaire Fujimura malgré sa proximité avec Sendai, les recherches étaient en cours depuis 1984. Des assemblages lithiques ont été récupérés sur deux niveaux situés au-dessous des couches contenant des artefacts appartenant au Jomon et aux Paléolithique tardif. Du niveau supérieur des deux niveaux, appelé couche de la Culture 3, 40 objets en cornéenne / hornfels (décrits comme étant des choppers, chopping tools, grattoirs, des lames ("flakes") et des chips) ont été découverts et un échantillon de charbon de bois de cette couche a été daté à 46 480 ± 710 cal. BP. Dans la partie inférieure, appelée couche de la Culture 4, huit objets, également en cornéenne, ont été mis au jour. Un âge voisin de 85 000 BP est suggéré pour cet assemblage, en raison de la présence d'un verre volcanique de cet âge dans la couche (Kuroda et al. 2016). Deux autres découvertes posent problème sur les sites de Sinabara et Itazu, Izumo City, préfecture de Shimane, côté mer du Japon, à l’ouest de Honshu. Les chercheurs suggèrent que les formations sur lesquelles 36 objets lithiques ont été découverts dans deux couches du site de Sunabara remontent aux étapes 5d et 5e du MIS, il y a environ 110 000 à 120 000 ans ("Sunabara Iseki Gakujutsu Chosadan", 2013; Uemine et al. 2016). L'unique pièce récupérée sur un chantier de construction à Itazu semble avoir été, à l'origine, contenue dans une couche de loess déposée lors du MIS6, il y a environ 186 000– 128 000 ans (Matsufuji et al. 2013). Cependant, de nombreux archéologues ont du mal à accepter la nature artificielle de ces spécimens. Début du Paléolithique japonais. Paléogéographie. Terres émergées, détroits et mers. Au maximum de l'âge glaciaire l'archipel était constitué de deux blocs, le Paléo-Honshu (Honshu, Shikoku et les îles Kyushu) et la Paléo-péninsule Sakhaline, Hokkaido et les îles Kouriles en connexion avec le continent par la Russie. La Mer Jaune (Yellow Sea) et la Mer de Chine orientale (East China Sea) étaient plus ou moins asséchées, tandis que Taiwan était reliée au continent, et que la péninsule de Corée était reliée à l'est de la Chine. Les détroits de Tatarie et de La Pérouse seraient devenus secs avec une baisse modérée du niveau de la mer au cours du Pléistocène. Par contre les détroits de Corée et de Tsugaru (entre Honshū et Hokkaidō) seraient restés ouverts, quoique moins larges. Le climat de l'archipel était du fait de cette contiguité avec le continent, beaucoup plus froid et sec qu’aujourd’hui. La forêt de feuillus qui caractérise aujourd'hui la partie sud-ouest de l'archipel était alors une forêt mixte de conifères et d'arbres à feuilles caduques, tandis que les conifères dominaient les zones plus au nord. Au Sud, une question reste débattue, la question de savoir si l'archipel des Ryūkyū a été reliée, momentanément ou pas au continent, et ainsi aurait pu servir de pont à l'arrivée des humains par le sud du Japon. Premières migrations. Pour ce qui est des tout premiers indices d'une population paléolithique sur les îles on manque de traces indiscutables sur le plan stratigraphique et de la typologie des formes. Une hypothèse qui semble acceptable (en 2014) propose que les premières populations humaines auraient commencé à s'implanter dans les îles à partir de BP. En effet au cours de la dernière moitié du Pléistocène supérieur ce peuplement est reconnu par des industries lithiques, datées sur le plan stratigraphique et morpho-typologique, précisément vers le milieu du MIS 3 (stade isotopique 3 : de ), c'est-à-dire autour de BP. Les restes humains étant peu nombreux, une série d'études a pu trier ce qui relevait de restes humains du Pléistocène et ceux qui n'en font pas partie. Le plus grand nombre, aux dates anciennes, est situé dans les Ryukyu. Le fragment datable directement le plus ancien provient de la grotte de Shiraho Saonetabaru sur lîle de Ishigaki, et est daté 25 000 BP après calibration. Un autre fossile, dans le site de grotte Yamashitacho No. 1, à Naha City sur Okinawa, est daté 32 000 BP (2007 et 2012) par l'intermédiaire d'un charbon appartenant au même niveau. Ce serait (en 2017) le plus ancien fossile humain de l'archipel Japonais. Par ailleurs, la série des « hommes de Minatogawa » (connue en tant que « MMS ») se répartit sur la période 20 000 - 12 000 BP. Les crânes du niveau inférieur ont plus de similarité morphologique avec l'homme de Liujiuang, en Chine du Sud , qu'avec l'homme de Zhoukoudian, grotte supérieure (Upper cave) . En effectuant d'autres comparaisons les hommes de Minatogawa (v. 20 000 - 12 000 BP) auraient (1998) encore plus de points communs avec les fossiles de Wajak dans l'île de Java en Indonésie, voire avec ceux de la grotte de Niah à Bornéo et Keilor en Australie (2006 et 2012), ce qui indiquerait des affinités morphologiques avec les premiers habitants de la Chine du Sud, du Sud-est asiatique et avec les australo-mélanésiens. Une autre population, représentée par des ossements du niveau supérieur de la grotte de Minatogawa, proche de la morphologie des populations Jōmon, indiquerait que ces deux populations auraient, un temps, cohabité dans les Ryukyu (2011). En 2014, une équipe de Shanghaï a publié les résultats d'une étude de génétique sur les haplogroupes leur permettant de proposer plusieurs schémas des migrations anciennes. Selon cette étude, les îles du Japon auraient reçu un apport de population venant du sud de la Chine et, au-delà, d'une région qui aurait correspondu au Sundaland de l'époque, vers ans BP, en étant passé par l'archipel Nansei. Une seconde vague autour de ans BP depuis une zone s'étendant de l'est de l'Inde au Yunnan aurait atteint le Japon en étant passé par la Corée (cf. carte ci-jointe). Le type de population, qui est celui des chasseurs-cueilleurs-pêcheurs indigènes Jōmon, restera globalement inchangé jusqu'à la période Yayoi. Les analyses génétiques révèlent que la population Jōmon a subi un fort goulet d'étranglement il y a 15 à 20.000 ans, période qui a vu l'insularisation du Japon par l'élévation du niveau de la mer, avec une profonde divergence par rapport aux populations continentales. Elles estiment que la petite population effective était seulement d'environ un milliers de personnes sur plusieurs millénaires. Paléolithique supérieur I, à pierres « polies ». Cette période s'étend de 40 000 à 30 000 BP. L'origine des premières populations ne peut s'appuyer, en 2017, sur le matériel lithique, car il est inhabituel, avec, pour une part, des éclats informes ("amorphous flakes"), d'origine locale, apparemment utilisés comme expédients d'outils, et des lames à base vaguement retouchée qui semblent avoir servi de pointes de lance. Ces dernières, en obsidienne, provenant de sites choisis, comme Kuzoshima, une île au minimum à 30-40 km au sud de la terre ferme pendant le maximum glacial (LGM) et qui témoigne de la maîtrise exceptionnelle de la navigation pour ces cultures. D'autre part, la découverte de pierres en partie polies, des haches (ou herminettes ?) dont le bord tranchant a été retravaillé sur une pierre à affûter, a ouvert un débat qui s'intègre à une relecture des traditionnelles catégories comme « Paléolithique » et « Néolithique ». Ces industries à haches au tranchant poli sont apparues au Japon entre et BP(en particulier sur le site de "Hinatabayashi B ", préfecture de Nagano - image en introduction de cet article). Ce type d'outil n'était apparu nulle part à cette date dans les zones continentales de Chine, Corée ou Russie. Les plus grandes de ces haches semblent avoir été utilisées pour couper et travailler le bois. Si elles se trouvaient abimées à l'usage, elles étaient réduites et réutilisées. Ces paléolithiques pratiquaient un habitat saisonnier en cercle. Ils utilisaient des obsidiennes pour leurs lames, dont l'origine, dans une île de la côte Est, nécessitait la maîtrise de la navigation en haute mer. Paléolithique supérieur II. Cette période s'étend de 30 000 à 16 000 / 10 000 BP. Le téphra AT répandu provenant de la caldera à la pointe sud de l'île Paleo-Honshu marque la limite entre les Paléolithiques supérieurs I et II. Cela se passe également au moment de la transition MIS3 vers MIS2, menant au LGM (Last Glacial Maximum) vers 26 500 BP. Le froid diminue ensuite jusqu'à un très net réchauffement autour de 14 000 BP. Le début de la période suivante, celle de la culture Jōmon, commence vers 15 000 BP, avant ce maximum de chaleur humide. La disparition des haches au tranchant poli pourrait correspondre à un bouleversement dans le mode de subsistance et de mobilité, lié à l'éruption volcanique et au refroidissement qui suivit. Avec le froid qui sévissait durement sur le continent, il semblerait qu'une nouvelle vague de peuplement ait eu lieu. L'outillage se diversifie régionalement, dans le procédé choisi pour détacher l'éclat comme pour le retoucher. On voit apparaitre des éclats d'andésite aux faces régulières transformés en pointes (est de l'actuelle mer de Seto, technique de Setouchi), alors que dans le nord-est, depuis le Paléo-Hokkaido jusqu'au centre de Honsu, on extrait d'abord des lames auxquelles on attribue, ensuite, une fonction par la retouche (entre autres des grattoirs et des burins). Aussi, variant d'une région à l'autre, la manière dont on réalise des espèces de « couteaux » ("naifu-gata sekki"), probables extrémités de projectiles (Midoshima, T., 1996). Des bifaces sont réalisés dans le centre montagneux du Paléo-Honsu. Certains outils, typiques de Corée et de Russie font une brève apparition dans Kyushu dévasté par le volcan : probable arrivée de groupes du continent. Période finale du Paléolithique japonais : Proto-Jōmon. La fin du Paléolithique est marqué, ici comme partout, par un net réchauffement. Le niveau de la mer s'est élevé et, vers 15 000-14 000 BP, les îles ont pris leur forme actuelle. Vers BP les températures étaient devenues considérablement plus douces qu'à époque du Würm, avec des températures de 3-4° seulement au-dessous des températures actuelles, et c'était un climat plus humide aussi. Faunes et flores se transformaient. Puis l'évènement du Dryas récent a frappé, avec une brutale chute des températures vers BP, lesquelles sont remontées ensuite de 7° en un demi-siècle vers BP. La découverte de poteries anciennes semble confirmer le début de la période Jōmon autour d'une période. Selon Jean-Paul Demoule, en 2004 puis en 2018, le début de l'époque Jōmon, se situe entre avant notre ère, soit « vers 13 000 » avant notre ère. Ce qui semble correspondre au site d'Odai Yamamoto site I, vers 13 000-13 500 AEC. Une découverte archéologique publiée en 2013 confirme la période des « premières céramiques ». Par comparaison on peut se référer aux publications concernant les premières céramiques ailleurs dans le monde. Ainsi des découvertes effectuées en Chine indiquent que des « poteries » fragiles ont été réalisées dans le sud de la Chine, sensiblement un millénaire plus tôt que celles actuellement découvertes au Japon. Très tôt au cours de la période Jōmon qui suit ce Paléolithique japonais et au sein de populations de « chasseurs-cueilleurs », la présence de céramiques a mis en évidence le caractère spécifique du Japon au cours de cette période et a permis de pointer le caractère insatisfaisant du terme « Mésolithique » qui lui a été attribué. Le peuplement. Les îles centrales et Hokkaido. Les détroits de Mamiya (Détroit de Tatarie) et de Soya (Détroit de La Pérouse) qui séparent Hokkaidō du continent - en passant par l'île Sakhaline - sont, respectivement de de profondeur maximum. Pendant la dernière glaciation, avec un niveau de la mer d'environ en dessous du niveau actuel, il y avait donc un « pont » entre le continent et les « îles ». Animaux et humains ont ainsi pu se déplacer entre le continent et Hokkaidō, et des ossements de mammouth y ont été découverts, mais la faune des îles n'en a pas pour autant été bouleversée. Les populations de chasseurs-cueilleurs provenant d'Asie du Nord-Est auraient donc pu utiliser certains passages, à une époque où l'archipel était quasiment relié en plusieurs points au continent, jusqu'entre et BP. D'autant que plusieurs autres voies doivent être envisagées, dont le passage par l'île de Tsushima, où le détroit de Corée entre Tsushima et la Corée était considérablement réduit.D'autant que ces déplacements ne se sont pas nécessairement effectués à pied sec. Leur migration serait donc intervenue au cours de la dernière glaciation, la glaciation de Würm (Koji Mitzoguchi indique que la période de plus basses eaux se situerait entre et BP). Leur présence est en effet attestée, en 2014, sur toutes les îles vers BP. Ces premiers habitants des îles appartiennent à la culture du début du Paléolithique supérieur. Au milieu du dernier maximum glaciaire, vers ans BP, les régions situées les plus au nord du Japon témoignent de traditions culturelles sibériennes, via l'île Sakhaline, et des industries lithiques de microlithes nordiques sont apparues, d'abord à Hokkaido. Cela dit, Koji Mizoguchi fait remarquer que les mammifères locaux constituent l'essentiel des populations de mammifères, bien plus que leur partiel remplacement par des (grands) mammifères venus du continent. L'archipel Nansei. Au Sud, l’archéologie a permis de donner une vision plus précise du Paléolithique de l’archipel Nansei (comprenant les archipels Satsunan et Ryûkyû). L’archipel Nansei s’étend sur de Taïwan à l’île de Kyûshû. Entre 250 Ma BP et 130 Ma BP, l’archipel était encore submergé par les eaux. Entre 15 Ma et 10 Ma, un vaste bras de terre relie directement Taïwan et toutes les îles de l’archipel Nansei au Kyûshû, lui-même relié au Honshû, et certainement à la péninsule Coréenne formant ainsi une vaste mer intérieure, correspondant à la mer de Chine orientale aujourd’hui. Durant le Pléistocène, de nombreuses espèces animales ont fait le chemin du continent asiatique aux îles Ryûkû jusqu’au Honshû. L’archipel Nansei est de nouveau complètement submergé entre 10 Ma et 2 Ma. C’est à partir de 1,5 Ma que l’archipel est de nouveau relié à la Chine continentale. Durant le Pléistocène, les périodes de glaciations et les périodes interglaciaires entre ans BP jusqu’à ans BP vont faire varier le niveau de la mer et le pont continental, parfois en le faisant disparaître complètement. À la fin de la dernière glaciation (vers AEC , fin du Pléistocène début de l'Holocène), le niveau de la mer dans la région monta d’environ submergeant totalement le pont de Nansei pour former la topographie actuelle. L'étude sur les haplogroupes publiée en 2014, mentionnée ci-dessus, propose que ce groupe ait migré vers BP, en passant par cet archipel, pendant une période de relatives "basses eaux", au Würmien moyen. Mais ces déplacements ne se seraient pas nécessairement effectués entièrement à pied sec. Le Paléolithique à Okinawa a débuté aux alentours de 35 à ans BP. La dernière glaciation de Würm ( LGM) a permis de nouveau l’exondation de nombreuses terres aujourd’hui submergées, en particulier des îles. Le dernier maximum glaciaire ayant été atteint il y a , de nombreuses îles ont été connectées au continent asiatique par des ponts de terre ferme avec des zones extracôtières ; c’est le cas d’une grande partie des îles des Philippines, de nombreuses îles d’Indonésie, de Taïwan, et, au Japon, de tout l'archipel Nansei. Mode de vie. Habitat, gestion des ressources, déplacements. Les traces d'habitat se manifestent, en général, par une zone de galets plus ou moins épars et par le travail de la pierre taillée, avec des nucléus et des éclats. Ces zones de galets épars, entre . de "diamètre", sont appelées ici : : « "blocks" ». Selon une première interprétation, ces dimensions de . correspondraient à celles d'une structure de la taille d'une "hutte" ou d'une "tente", pour un petit groupe, à l'échelle d'une famille. À partir d'environ ans BP on trouve ce type de « "block" » avec des galets portant des traces de combustion. Ces galets auraient servi à la cuisson ou/et afin de rendre certains aliments végétaux non toxiques. On rencontre très souvent un ou deux « "blocks" », ce qui constitue ce que les archéologues appellent des « petits sites ». Si l'on ne prend en compte que leur type d'outils (en comparaison avec ce qui se passe en Europe), il semblerait que, pour ces groupes qui auraient pratiqué une « mobilité circulaire », chaque période d'utilisation des petits sites d'habitat temporaire ait été de très courte durée, dans un environnement où les ressources auraient été abondantes (pendant peu de temps). Mais si l'on considère la distribution de ce type d'habitat, le modèle de vie qui s'en dégage est celui d'une ou plusieurs bases, d'usage assez long mais pas nécessairement permanent, et de raids avec des objectifs spécifiques, tout autour. Les déplacements se seraient alors limités à une espèce de « territoire ». Les « grands sites » constitués de ces « "blocks" » peuvent avoir, au Paléolithique final, de relativement grandes dimensions. Le site de Shimobureushibuse, préfecture de Gunma, est constitué de ces groupes de galets plus ou moins épars (donc indénombrables), certains portant des traces de combustion. Le tout étant disposé à peu près en un grand cercle, dans un espace de . Ces structures seraient révélatrices d'une certaine stabilité de l'habitat. Mais il y a plusieurs schémas « possibles » pour la constitution de ce genre de grand site et son usage. 1: Lieu de regroupement régulier de petits groupes. 2 : Parfois "relais" pour la distribution de pierres, comme les obsidiennes, d'origine lointaine. On a pu remarquer aussi que les outils sont extraits d'un même nucléus et se retrouvent souvent sur différents « "blocks" ». Ce qui pourrait suggérer deux interprétations . 1 : Le tailleur ou le groupe des tailleurs de pierre déplace son atelier. 2 : La taille se fait sur un seul atelier mais les débris sont déplacés ici et là en certaines occasions. Dans l'interprétation 2, les « "blocks" » ne seraient pas des traces d'habitat, et ceux-ci seraient soit à l'intérieur du cercle, soit en dehors. Le fait que les outils et les débris provenant d'un nucléus particulier soient distribués sur un site de grande dimension suggérerait une occupation brève, correspondant au moment où un nucléus était travaillé. On a remarqué aussi que des outils provenant de matériaux-sources éloignés dans l'espace coexistent sur le même « grand site ». Ce qui supposerait que ces « grands sites » particuliers étaient occupés par des groupes ayant accès directement à des ressources différentes ou indirectement par l'intermédiaire de réseaux d'échange. En résumé l'usage de chaque « grand site » serait de courte durée par un assez grand nombre de groupes. Par ailleurs, il a été démontré que ces « grands sites » se sont formés pendant une courte période, vers BP. Cette période correspond ici au Dernier Maximum Glaciaire. Les grands mammifères coutumiers des migrations annuelles n'ont guère atteint ces régions pendant cette période et n'ont pas eu, en conséquence, de réel impact sur le régime des Paléolithiques. Enfin, concernant les longs déplacements, il est tout à fait remarquable que l'on ait quelques cas où un certain assemblage, caractérisé par une technologie particulière constitué aussi bien par une sélection de matériel que par une pratique de taille spécifiques, ont été découverts très loin de l'horizon originel propre à cette technologie. Ainsi des couteaux de type Setouchi et des outils associés ont été découverts à . du plus point le plus proche appartenant à l'origine de cet horizon Setouchi. Ce qui permettrait de supposer que la mobilité de ces petits groupes n'était pas limitée par des normes restrictives, dans l'espace d'un « territoire ». L'outillage et le mode de vie. Transition du Paléolithique supérieur à l'époque Jōmon : le Proto-Jōmon. À la fin du Paléolithique l'outillage s'adapte aux évènements climatiques, avec une faune et une flore soumises à des « mutations » successives rapides. On voit l'apparition de deux types de microlithes. Dans le Nord c'est l'assemblage à micro-nucléus en forme de burin. Dans le Sud, c'est l'assemblage à micro-nucléus en forme de cône. Le premier est originaire de Sibérie et s'est répandu jusqu'au milieu de l'île de Honshu. Le second provient de Chine, du bassin du fleuve Jaune, et s'est répandu du Sud au Nord jusqu'au milieu de Honshu. les microlithes mesurent . de long et autour de . de large. Ils étaient plantés sur des supports de bois ou d'os pour divers outils composites. Ils ont remplacé les précédents assemblages où le couteau dominait. Vers BP, avant que le pont terrestre qui reliait Hokkaido à Sakhaline ne soit submergé, l'assemblage « Mikoshiba » est arrivé de Sibérie. Il est caractérisé par des haches partiellement polies et des pointes en forme de feuille, probablement utilisées comme pointes de lances. Ces nouveaux outils apparaissent parfois avec des poteries. Celles-ci sont donc de beaucoup postérieures aux plus anciennes poteries du Japon, datées vers BP. Il est tout fait remarquable que l'on ait pratiqué un peu partout des dépôts (vers BP) de pierres taillées partiellement polies de type Mikoshiba, de diverses formes/fonctions, rangées comme un "trésor" ( : "hoard") ou selon un rite, tant on a mis de soin dans sa disposition. Inada (1993) a fait remarquer que la diversité des fonctions n'est pas seule dans ces dépôts, on rencontre aussi différents moments de l'histoire de leur production et de leur usage. Prudemment Inada propose qu'il pourrait s'agir de dépôts en vue d'échanges ou pour une utilisation future et ils auraient pris cette forme d'un dépôt « rituel », car ces dépôts contiennent aussi des nucléus et des éclats à côté d'outils très sophistiqués. Cette hétérogénéité n'empêche d'ailleurs pas qu'il puisse effectivement s'agir d'un rituel. Il est remarquable à ce propos que certains outils, les haches et les pointes, entre autres, n'ont jamais été utilisées. Il semblerait que ces dépôts aient été effectués de nombreuses fois au même endroit, comme au site éponyme de Mikoshiba. Koji Mizoguchi en déduit que cela pourrait être le signe d'un attachement à des lieux précis et le début d'une « appartenance collective » ( : "togetherness"), ainsi qu'une organisation des déplacements, voire une certaine stabilité des faits sociaux. On a, par ailleurs, découvert un site de pêche du saumon, à la confluence de la rivière et du fleuve Tama-gawa , associé à deux habitations et à une multitude d'outils (dont pointes de flèche, celles-ci ayant pu servir à pêcher) et une fosse réservée aux rebuts. L'usage de ce site aurait été régulier, attaché à la meilleure saison de pêche, l'automne. De nombreux sites de ce type ont été localisés en des points semblables. Ailleurs, le site de Sojiyama - à la pointe Sud de l'île de Kyushu - présente des fosses et des foyers implantés sur les lieux de maisons semi-enterrés, abandonnés. Comme il s'agit d'un lieu précis quant à son exposition aux vents dominants, il pourrait s'agir d'un usage passager, en hiver, pour consommer, dans cet exemple, les noix conservées dans les fosses/silos depuis l'automne. Tout ceci semblerait porter les indices d'un certain attachement à des lieux particuliers, à certains moments d'une année encore largement consacrée à des déplacements flexibles et fluides. Les ressources y sont prévisibles et espérées dans l'espace, et avec le retour des saisons. Ce qui a pu se passer auparavant, mais qui n'aurait pas laissé de traces aussi nettes, avec des fosses/rebuts et des fosses/silos ou des dépôts « rituels » d'outils. Conclusion. L'archipel manquait alors de ces ressources régulières qui étaient la contrepartie des conditions de vie difficiles sur la terre ferme. Les déplacements, en petits groupes et l'usage flexible d'outils multifonctionnels témoignerait d'une préparation à l'« incertain prévisible ». Il y a, ainsi, un grand nombre de concentrations de sites le long des cours d'eau, comme le site de Musashino dans la région de Kantō, avec seulement un ou deux groupes à chaque fois. En dépit de ce type de mobilité en petits groupes, il a fallu maintenir un réseau de solidarité en cas de disette, un réseau d'alliances pour les mariages et un réseau d'échanges de ressources, en particulier pour les ressources les plus rares. Les sites du Paléolithique japonais. Hokkaido. L'abondance et la qualité des obsidiennes le long de la rivière Yubetsu a favorisé le développement d'un travail de débitage de l'obsidienne par pression. La « méthode Yubetsu » a permis ainsi d'obtenir une pièce bifocale asymétrique. Actuellement, le nombre total de lieux d'extraction d'obsidienne archéologique au Japon est plus de 80 et parmi eux, 21 se trouvent dans Hokkaido. L'obsidienne était la matière première dominante des pierres dans Hokkaido au Paléolithique Supérieur (35-10 000 Cal BP). Sur les 21 sites d'extraction d'obsidienne dans Hokkaido, 4 sources : Shirataki, Oketo, Tokachi et Akaigawa sont les principales et les autres sont des sources secondaires. Shirataki est une des plus grandes sources d'obsidienne dans l'Asie du Nord-Est. L'obsidienne de Shirataki a été transportée hors de Hokkaido jusqu'à l'île Sakhaline , au Nord, et l'île Paléo-Honshu, au Sud, au Paléolithique Supérieur final. Datations scientifiques et falsifications. Les fossiles situés dans les plaines de la région de Kantō sont les plus faciles à dater, car celle-ci est composée de trois niveaux de dépôts volcaniques : le dépôt de Shimosueyashi (de - à - ), le dépôt de Musashino (environ - ) et celui de Tachikawa (- à - ). La révélation des supercheries de l'archéologue Shinichi Fujimura, en 2000, a remis en cause la plupart des découvertes japonaises les plus anciennes : il a reconnu avoir lui-même enfoui des objets de sa collection personnelle : ce « salage » consistant en l'enfouissement de vestiges paléolithiques de façon à créer de faux sites faisait remonter la présence humaine au Japon à ans avant le présent, avec les restes construits de toutes pièces du premier habitat humains à Chichibu, au nord de Tokyo et daté de ans BP. Depuis cet événement, et après un rapport détaillé de la communauté archéologique japonaise en 2004, la date la plus communément admise pour le début du peuplement humain du Japon se situe aux environs de - ans. Les Aïnous. Selon certains, les Aïnous auraient immigré au Japon avant la remontée des eaux vers BP (début de l'Holocène, avec une insolation maximum vers BP, c'est-à-dire à l'époque Jōmon ou auparavant). Pour Vadime Elisséeff, « ils sont issus comme les autres habitants nippons d'un métissage entre un type hypothétique de Proto-Japonais et d'autres groupes venus d'ailleurs ». Ils vivaient principalement de la collecte-cueillette, de la pêche et de fruits de mer. Ils chassaient également grâce à des armes de pierre taillée. Ils utilisaient la pierre pour la confection d'outils simples. Les principaux matériaux utilisés étaient le grès, le schiste, l'obsidienne et le basalte. Leur corrélation moins avec le paléolithique qu'avec la période Jōmon n'est plus retenue (depuis au moins 1996). Ils ont occupé, au moins une partie de Honshu, puis ont été chassés vers le Nord. « Ils ont, depuis le , peu à peu adopté le mode de vie nippon malgré d'anciennes hostilités ». Une étude génétique en 2020 retraçant la formation génomique des populations humaines en Asie de l'Est montre qu'il existe une division profonde entre les populations de l'Eurasie orientale, remontant à plus de ans, entre un ensemble de populations issues de groupes liés à l'homme de Tianyuan et des populations ayant des affinités avec les peuples autochtones du sud-est de l'Eurasie et Australie (nommés en anglais "Ancestral Ancestral South Indians" AASI) comme les Onges, les Negritos de Malaisie et des Philippines et les Océaniens. Les populations modernes d'Asie de l'Est et du Sud-Est peuvent être considérées comme un mélange entre ces deux groupes, sous diverses impulsions et vagues. L'ascendance liée aux Onges contribue à 45 % de l'ascendance des Jōmons. Les Jōmons se présentent comme un mélange homogène d'une population issue d'une ascendance liée aux Onges et d'une autre plus proche des populations eurasiennes du nord-est de la vallée de l'Amour, qui descendent de populations liées à l'homme de Tianyuan. Fondamentalement, les Aïnous sont également une fusion d'un groupe sibérien et d'une population qui a des affinités avec les indigènes d'Asie du Sud-Est avant l'arrivée des agriculteurs. En dépit de leur apparence parfois « européenne », la génétique rend intelligible tout à la fois l'analyse précoce des groupes sanguins qui avait établi une affinité orientale de ces populations, mais également les observations concernant la morphologie et la culture qui suggéraient des connexions différentes avec la Sibérie ou l'Australie. En effet, les aborigènes australiens descendent également en grande partie de l'un des groupes liés aux Onges.
Prokaryota Un procaryote est un micro-organisme unicellulaire dont la structure cellulaire ne comporte pas de noyau, et presque jamais d'organites membranés (la seule exception étant les thylakoïdes chez les cyanobactéries). Les procaryotes actuels sont les bactéries et les archées. Les "Prokaryota" ne constituent pas un taxon valide du point de vue de la phylogénie. Dans la classification du vivant en sept règnes, les procaryotes formaient un taxon paraphylétique, regroupant ainsi des êtres vivants partageant une structure cellulaire similaire et simple. La notion de procaryote s'oppose aux eucaryotes, lesquels sont caractérisés par la présence d'un noyau et de multiples autres organites, cette division du vivant en deux étant considérée comme la plus fondamentale. On considère généralement que les eucaryotes se sont créés par assimilation de petits procaryotes au sein de plus grands.   Le dernier ancêtre commun universel était un procaryote. Ces microorganismes étaient vraisemblablement déjà présents lors de l'Éoarchéen (ère de l'Archéen), soit il y a plus de d'années. L'étude des procaryotes s'est surtout développée au , avec les travaux de Louis Pasteur en France et de Robert Koch en Allemagne. Le terme « procaryote » est apparu dans les années 1950, lorsque le microscope électronique montre l'absence de noyau vrai dans la cellule. Histoire et étymologie. Origine du concept. Le terme procaryote provient du latin "pro", « avant », et du grec "karyon", « noyau ». Le concept de monère (du grec "moneres", « simple ») conçu par Haeckel est assez semblable. Les procaryotes sont également désignés par Monera, Prokaryota (voire Schizophyta' ou Schizomycetes"). Le terme est aussi écrit sous l'orthographe Prokarya pour les biologistes Margulis et Chapman (2009), qui considèrent le taxon comme un super-règne. Histoire des concepts de monère, de bactérie, de procaryote. Leeuwenhoek fut le premier à observer des bactéries, grâce à un microscope de sa fabrication, en 1668. Il les appela « animalcules » et publia ses observations dans une série de lettres qu'il envoya à la Royal Society. Le mot « bactérie » apparaît pour la première fois avec le microbiologiste allemand Ehrenberg en 1838. Ehrenberg classait les bactéries en tant que vibrions dans le règne animal. En 1857, Nägeli les plaçait parmi les Plantes, dans le groupe des "Schizomycetes". Parallèlement Haeckel inventa, en 1866, l'embranchement "Monera" pour regrouper, au sein de son règne "Protista", tous les micro-organismes sans structure interne (bien qu'excluant les cyanobactéries, alors classées parmi les végétaux). Cohn utilisa à son tour le terme "Bacteria" comme taxon en 1870 et tenta le premier de les classer rigoureusement selon leur morphologie. Pour Cohn, les bactéries étaient des plantes primitives non chlorophylliennes. Cohn les classa en tant que végétaux inférieurs dans l'embranchement des "Schizophytes". À la suite des travaux de Cohn, Haeckel révisa la circonscription de ses « monères » pour y inclure les cyanobactéries. Les termes de « monère » et de « bactérie » devinrent alors synonymes. En 1925, dans un essai de classification des Protistes, Chatton forge le groupe taxinomique des Procaryotes constitué des "Cyanophycae" (Cyanophycées), des "Bacteriacae" (Bactériacées) et des "Spirochaetacae" (Spirochétacées) ainsi que celui des Eucaryotes formé des protozoaires "Mastigiae" (Flagellés, Rhizopodes et Sporozoaires), "Ciliae" (Ciliés) et "Cnidiae" (Cnidosporidies et Acnidosporidies). En 1937, Chatton propose une classification du monde du vivant en deux types cellulaires qu'il nomme Procaryotes (organismes à cellules sans noyau) et Eucaryotes (organismes à cellules avec noyau). La notion de Procaryotes recouvre alors celle de Protistes inférieurs. En 1938, Copeland éleva les monères au rang de règne, à un niveau désormais égal aux animaux, plantes et protistes. Traçant les grandes lignes de la classification bactérienne en 1941, Stanier et Van Niel proposèrent de subdiviser le règne "Monera" en deux divisions : I. "Myxophyta" pour les algues bleues et II. "Schizomycetae" pour les bactéries. En 1957, Dougherty classa les organismes vivants en deux grands groupes, dont il nomma formellement les structures nucléiques "prokaryon" et "eukaryon" (au singulier), "prokarya" et "eukarya" (au pluriel), sur la base de l'absence ou de la présence d'un noyau bien défini (délimité par une membrane nucléaire) et plaça les bactéries avec les algues bleues dans le premier groupe "Monera". Ce n'est qu'en 1957 que Lwoff distingua avec clarté les concepts de bactérie et de virus grâce à des arguments biochimiques et structuraux. En 1961, Stanier adopte la terminologie proposée par Chatton en désignant deux types de cellules : Enfin Stanier et Van Niel définirent pour la première fois rigoureusement, en 1962, le concept de bactérie par l’absence d’organite membrané (et en particulier de véritable noyau, donc de mitose) et réintroduisirent le terme de « procaryote » auprès de la communauté scientifique internationale. Murray créa le règne des procaryotes, en 1968, sous le nom formel de "Procaryotae". Allsopp proposa, en 1969, que le règne comprenant les "Bacteria" et les "Cyanophyta" soit nommé "Procaryota". Pertinence actuelle du concept. Les procaryotes forment un taxon paraphylétique, sa pertinence a donc été remise en cause par l'école cladiste et notamment Carl Woese. Cependant, l'existence d'un plan d'organisation commun aux archébactéries et aux eubactéries rend la reconnaissance de ce groupe indispensable pour l'école évolutionniste. Identification et classification. La taxonomie permet de classer de façon rationnelle les organismes vivants. Chez les bactéries, les taxons dans l’ordre hiérarchique sont les suivants : phylums (ou divisions), classes, sous-classes, ordres, sous-ordres, familles, sous-familles, tribus, sous-tribus, genres, sous-genres, espèces et sous-espèces. Différentes approches permettent la classification des bactéries. Chimiotaxonomie. Il s’agit de l’analyse chimique de constituants cellulaires (structure et composition de la paroi, des membranes plasmiques, du peptidoglycane). Identification des espèces bactériennes. La détermination génétique des espèces se base sur l’étude des gènes des ARN ribosomiques. Le choix des gènes des ARNr 16S se justifie pour les raisons suivantes : Le choix des gènes des ARNr plutôt que les ARNr eux-mêmes se base sur le choix de la technique de l’amplification par PCR. Cette technique permet, à partir d’une colonie de bactéries, d’obtenir des fragments d’ADN correspondants au gène ou à une partie du gène. Les analyses génétiques concernent également la région intergénique 16S-23S des opérons des ARN ribosomiques. Cette dernière est une région de longueur variable selon les organismes. Elle donne une indication immédiate sur le fait que deux souches données appartiennent ou non à la même espèce. Tous les micro-organismes possèdent au moins une copie des gènes codant les ARN ribosomiques. Ces molécules sont indispensables à la synthèse des protéines, raison pour laquelle cette séquence d’ADN est très conservée au sein des espèces (plus de 99 %). Cette conservation de séquence permet d’utiliser cette région pour la détermination des espèces. En effet, Le degré de similitude des séquences d’ARNr entre deux organismes indique leur parenté relative. La procédure utilisant l’ARNr 16S comme facteur d'identification implique l'extraction de l’ADN des bactéries d’une colonie. Puis des amorces reconnaissant des zones très conservées du gène permettent d'amplifier par PCR une grande partie du gène ARNr 16S, qui par la suite est séquencé. Les données sur la séquence nucléotidique sont comparées avec des bases de données de séquences déjà connues. Les séquences du gène codant l’ARNr 16S sont connues pour plus de souches bactériennes. Ces séquences peuvent être consultées par interrogation de banques de données (fichiers aux formats EMBL, GenBank, Fasta) par des logiciels comme le Blast. Le Ribosomal Data Project II (RDP) est également intéressant dans la mesure où sa base de données est spécifique de l’ARN 16S. Ces logiciels sont accessibles en ligne sur l’internet. Selon les différents auteurs, le degré d’homologie entre deux bactéries pour qu’elles appartiennent à la même espèce doit être supérieur à 97 %, voire 99 %. Comme les gènes de la région intergénique 16S-23S sont moins conservés, ils diffèrent d’une souche à l’autre aussi bien au niveau de la séquence que de la longueur. Ceci résulte de ce que de nombreuses bactéries ont des copies multiples par génome de l’opéron de l’ARNr, il en résulte lors de l’amplification un motif caractéristique. Comme pour le gène de l’ARNr 16S, l’étude systématique de la région intergénique 16S-23S requiert l’amplification de cette région par PCR. L’utilité de la région intergénique 16S-23S est qu’elle permet de distinguer des espèces différentes et parfois différentes souches au sein de la même espèce. En effet la région intergénique étant moins conservée, des variabilités au niveau des séquences peuvent se présenter pour des souches de la même espèce mais appartenant à des biovars différents. Les séquences de la région intergénique 16S-23S sont comparées par interrogation des bases de données IWoCS qui est spécifique de la région intergénique 16S-23S. La base de données GenBank est également très bien fournie. Le degré d’homologies devrait idéalement être proche de 100 % pour des souches identiques. Relations avec les eucaryotes. La distinction principale entre les procaryotes et les eucaryotes se base sur le fait que le matériel génétique des procaryotes est regroupé dans une zone appelée nucléoïde qui n'est pas physiquement séparée du reste de la cellule, alors que chez les eucaryotes, celui-ci est contenu par un organite, le noyau. Les organismes eucaryotes peuvent être unicellulaires, comme les amibes, ou pluricellulaires, comme les plantes et les animaux. La différence entre la structure des procaryotes et des eucaryotes est si grande qu'elle est parfois considérée comme la distinction la plus importante entre tous les groupes d'organismes. Toutefois, une critique de cette classification est que le mot procaryote est basé sur ce que ces organismes ne sont pas (eucaryotes), plutôt que ce qu'ils sont (archées ou bactéries). En 1977, Carl Woese propose de diviser les procaryotes entre les bactéries et les archaea (à l'origine des eubactéries et des archaebactéries) en raison des grandes différences au niveau de la structure et de la génétique des deux groupes d'organismes. Selon la théorie endosymbiotique énoncée par Lynn Margulis (1967) puis par Max Taylor (1974), les cellules Eucaryotes proviennent de l'association de plusieurs Procaryotes. Admettant la théorie de la fusion des génomes entre Bactéries et Archées (pour engendrer les Eucaryotes), d'autres biologistes comme Rivera et Lake (2004) tendent à remplacer l'image de l'arbre phylogénétique des Procaryotes par une forme circulaire, ou « anneau » de la vie Le texte qui suit est une comparaison des caractéristiques des Procaryotes et des Eucaryotes : Plan d'organisation. Les procaryotes possèdent une paroi cellulaire (polypeptides, polysaccharides) et un ADN circulaire généralement unique (de nombreux procaryotes ont plusieurs chromosomes comme Rhodobacter qui en possède deux ou Deinococcus qui en a quatre). Cet ADN est associé aux protéines HU et IHF. Les procaryotes possèdent également parfois des plasmides. À l'inverse du noyau chez les cellules eucaryotes, la cellule procaryote possède un filament d'ADN qui contient l'information génétique qui n'est protégée que par une membrane plasmique. Croissance et reproduction. Division cellulaire. Les archébactéries et les eubactéries se multiplient par scissiparité, ou parfois par gemmiparité. Bien que des mécanismes modifiant le génome des procaryotes existent (comme des mutations, recombinaisons ou encore des transferts horizontaux de gènes), on ne parle pas de reproduction. Deux cellules identiques sont produites à partir d’une cellule mère. La croissance cellulaire se manifeste par un accroissement du volume cellulaire, suivi de la synthèse d’un septum transversal au milieu de la cellule, aboutissant à la séparation des deux cellules filles. La division bactérienne est précédée par la duplication du chromosome bactérien grâce à la réplication de l'ADN. De nombreuses protéines interviennent durant ces processus, notamment des protéines considérées comme des équivalents de cytosquelette bactériens tels que la protéine ATPase FtsZ. Quelques bactéries présentent des structures reproductives plus complexes mais toujours de manière asexuée, facilitant la dispersion : "Myxococcus" élabore des fructifications (corps fructifiants), tandis que "Streptomyces" forme des hyphes aériens. Quand elles se trouvent dans un milieu propice, les bactéries se multiplient rapidement. Leur prolifération dépend de la disponibilité en nutriments, et de la présence de bactéries concurrentes, de prédateurs comme les paramécies ou les bactériophages, ou encore d’antibiotiques produits par des champignons ou des actinomycètes (bactéries filamenteuses). Croissance et culture des bactéries. Dans la nature, depuis des milliards d'années, les biofilms et concrétions bactériennes contribuent au cycle de nombreux éléments, à la formation de « filons » riches en métaux (par fixation en biofilm et/ou bioconcentration), ainsi qu'à la formation et dégradation des roches. Au laboratoire, les bactéries peuvent être cultivées en milieu de culture liquide ou en milieu solide. Le milieu de culture doit apporter les éléments nutritifs ou nutriments élémentaires à la bactérie. Les milieux de culture gélosés solides sont utilisés pour isoler des cultures pures de cellules bactériennes. Dans le cas des bactéries se divisant rapidement, une cellule bactérienne dispersée sur un milieu gélosé va se multiplier et, au bout de 24 à 48 heures, devenir un amas de bactéries, appelé une colonie bactérienne, visible à l’œil nu. Le temps de génération est le temps nécessaire à une bactérie pour se diviser. Le temps de génération correspond donc au temps nécessaire pour qu’une population de cellules double en nombre. Ce temps est très variable selon les espèces de bactéries et les conditions environnementales. Au laboratoire, dans des conditions idéales, il est par exemple de 20 minutes pour "Escherichia coli", 100 minutes pour "Lactobacillus acidophilus", pour "Mycobacterium tuberculosis". La croissance d’une population bactérienne dans un milieu de culture liquide non renouvelé, peut être observée dans le temps. Les cellules se divisent, et leur nombre augmente avec le temps. Si on relève le nombre de bactéries à différents intervalles au cours de la croissance, on obtient une courbe de croissance. Elle présente quatre phases principales : Paramètres influant sur la croissance microbienne. Certaines conditions environnementales (paramètres physico-chimiques) influencent la croissance des micro-organismes. Parmi celles-ci figurent le pH (acidité et alcalinité), la température, la présence d’, de , la disponibilité de l’eau. La plupart des micro-organismes tolèrent une gamme de "p"H permettant la croissance. Le pH optimal de croissance de beaucoup de bactéries est proche de la neutralité (pH 7). Les micro-organismes acidophiles se développent à des pH acides, alors que les microorganismes alcalinophiles se développent à des pH basiques. De même, les bactéries peuvent être distinguées selon leur aptitude à croître en fonction de la température. Les mésophiles se développent généralement à des températures comprises entre 20 et . Les psychrophiles possèdent des températures optimales de croissance inférieures à , alors que les bactéries thermophiles croissent de façon optimale à des températures comprises entre 45 et . Les micro-organismes ayant des températures optimales de croissance supérieures à sont qualifiés d’hyperthermophiles. Endospores. Quelques bactéries, Gram positif, comme "Bacillus", "Clostridium", "Sporohalobacter", "Anaerobacter" et "Heliobacterium" peuvent fabriquer des endospores leur permettant de résister à certaines conditions de stress environnemental ou chimique. La formation d'un endospore n'est pas un processus de reproduction. Les Anaerobacter peuvent faire jusqu'à sept endospores en une seule cellule. Les bactéries à endospores ont une zone centrale de cytoplasme contenant l'ADN et ribosomes entouré par une couche du cortex et protégé par un manteau imperméable et rigide. Les bactéries à endospores peuvent survivre dans des conditions physiques et chimiques extrêmes, tels que des niveaux élevés de rayonnement UV, les rayons gamma, les détergents, les désinfectants, une forte chaleur ou pression et à la dessiccation. Ces organismes pourraient rester viable durant des millions d'années. Les endospores peuvent même permettre aux bactéries de survivre à l'exposition au vide et au rayonnement dans l'espace. Les bactéries à endospore peuvent également causer des maladies: par exemple, la maladie du charbon peut être contractée par l'inhalation d'endospores "Bacillus anthracis", et la contamination des plaies profondes avec la perforation par "Clostridium tetani" responsable du tétanos. Métabolisme. Le métabolisme d’une cellule est l’ensemble des réactions chimiques qui se produisent au niveau de cette cellule. Pour réaliser ce processus, les bactéries, comme toutes les autres cellules, ont besoin d’énergie. L’ATP est la source d’énergie biochimique universelle. L’ATP est commune à toutes les formes de vies, mais les réactions d’oxydo-réduction impliquées dans sa synthèse sont très variées selon les organismes et notamment chez les bactéries. Les bactéries vivent dans pratiquement toutes les niches environnementales de la biosphère. Elles peuvent ainsi utiliser une très large variété de source de carbone et/ou d’énergie. Les bactéries peuvent être classées selon leur type de métabolisme, en fonction des sources de carbone et d’énergie utilisés pour la croissance, les donneurs d’électrons et les accepteurs d’électrons. L’énergie cellulaire des chimiotrophes est d’origine chimique alors que celle des phototrophes est d’origine lumineuse. La source de carbone des autotrophes est le , tandis que des substrats organiques sont la source de carbone des hétérotrophes. Il est aussi possible de distinguer deux sources possibles de protons (H) et d'électrons (e) : les bactéries réduisant des composés minéraux sont des lithotrophes alors que celles réduisant des substances organiques sont des organotrophes. Les bactéries peuvent être divisées en quatre grands types nutritionnels en fonction de leurs sources de carbone et d’énergie : Chez les chimiohétérotrophes, les substrats sont dégradés en plus petites molécules pour donner des métabolites intermédiaires (pyruvate, acétylCoA…) qui sont eux-mêmes dégradés avec production de , et d’énergie. Ces réactions productrices d’énergie sont des réactions d’oxydation d’un substrat hydrogéné, avec libération de protons et d’électrons grâce à des déshydrogénases. Le transfert de protons et d’électrons à un accepteur final est réalisé par toute une série d’enzymes qui forment une chaîne de transport électronique. L’énergie ainsi produite est libérée par petites étapes dans le but d’être transférée dans des liaisons chimiques riches en énergie (ATP, NADH, NADPH). Suivant la nature de l’accepteur final d’électrons, on distingue les processus de la respiration et de la fermentation. La respiration peut être aérobie quand est l’accepteur final de protons et d’électrons, ou anaérobie (respiration nitrate, et respiration fumarate par exemple). Dans tous les cas, l’accepteur final d’électrons doit être une molécule oxydée (, NO, SO). Chez les organismes aérobies, l’oxygène est utilisé comme accepteur d’électrons. Chez les organismes anaérobies, d’autres composés inorganiques comme le nitrate, le sulfate ou le dioxyde de carbone sont utilisés comme accepteurs d’électrons. Ces organismes participent à des processus écologiques très importants lors de la dénitrification, la réduction des sulfates et l’acétogenèse. Ces processus sont aussi importants lors de réponses biologiques à la pollution, par exemple, les bactéries réduisant les sulfates sont responsables de la production de composés hautement toxiques à partir du mercure (méthyl et diméthylmercure) présent dans l’environnement. Les anaérobies (non respiratoires) utilisent la fermentation pour fournir de l’énergie à la croissance des bactéries. Au cours de la fermentation, un composé organique (le substrat ou la source d’énergie) est le donneur d’électrons tandis qu’un autre composé organique est l’accepteur d’électrons. Les principaux substrats utilisés lors de la fermentation sont des glucides, des acides aminés, des purines et des pyrimidines. Divers composés peuvent être relargués par les bactéries lors des fermentations. Par exemple, la fermentation alcoolique conduit à la formation d’éthanol et de . Les bactéries anaérobies facultatives sont capables de modifier leur métabolisme entre la fermentation et différents accepteurs terminaux d’électrons, selon les conditions du milieu où elles se trouvent. Selon leur mode de vie, les bactéries peuvent être classées en différents groupes : Les bactéries lithotrophes peuvent utiliser des composés inorganiques comme source d’énergie. L’hydrogène, le monoxyde de carbone, l’ammoniac (), les ions ferreux ainsi que d’autres ions métalliques réduits et quelques composés du soufre réduit. Le méthane peut être utilisé par les méthanotrophes comme source de carbone et d’électrons. Chez les phototrophes aérobie et les chimiolithotrophe, l’oxygène est utilisé comme accepteur terminal d’électrons, alors qu’en condition anaérobie, ce sont des composés inorganiques qui sont utilisés. En plus de la fixation du lors de la photosynthèse, quelques bactéries peuvent fixer l’azote (fixation de l’azote) en utilisant une enzyme : la nitrogénase. Des bactéries aérobies, anaérobies et photosynthétiques sont capables de fixer l’azote. Les cyanobactéries qui fixent l’azote, possèdent des cellules spécialisées (les hétérocystes).
Philippe Pétain Philippe Pétain, né le à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) et mort en détention le sur l'île d'Yeu (Vendée), est un militaire, diplomate et homme d'État français. Élevé à la dignité de maréchal de France en 1918, il est frappé d'indignité nationale et déchu de sa distinction militaire en 1945. Militaire de carrière s'étant démarqué à l'École de guerre de la doctrine dominante de l'offensive à outrance, il est sur le point de terminer sa carrière comme colonel lorsque la Grande Guerre éclate, en 1914. Chef militaire à l'action importante, il est généralement présenté comme le vainqueur de la bataille de Verdun et, avec Georges Clemenceau, comme l'artisan du redressement du moral des troupes après les mutineries de 1917. Remplaçant Nivelle en , il reste commandant en chef des forces françaises jusqu'à la fin de la guerre, bien que placé sous les ordres de son rival Ferdinand Foch nommé généralissime des troupes alliées après la rupture du front le . Auréolé d'un immense prestige au lendemain de la guerre, il est le chef de l'armée d'après-guerre. En 1925, il commande personnellement les forces françaises combattant aux côtés de l'Espagne dans la guerre du Rif, remplaçant le maréchal Lyautey. Devenu académicien en 1929, il occupe les fonctions de ministre de la Guerre de à , puis est nommé ambassadeur en Espagne en 1939, alors que le pays est dirigé par le général Franco. Rappelé au gouvernement le , après le début de l'invasion allemande, il s'oppose à la poursuite d'une guerre qu'il considère comme perdue et dont il impute bientôt la responsabilité au régime républicain. Il devient président du Conseil en remplacement de Paul Reynaud le ; le lendemain, il appelle à cesser le combat. Selon la volonté d'Adolf Hitler, il fait signer l’armistice du 22 juin 1940 avec le Troisième Reich, à Rethondes. Investi des pleins pouvoirs constituants par l'Assemblée nationale, le , il s'octroie le lendemain le titre de « chef de l'État français », à . Il conserve cette fonction durant les quatre années de l'occupation de la France par l’Allemagne nazie. Installé en zone libre à Vichy à la tête d'un régime autoritaire, il abolit les institutions républicaines et les libertés fondamentales, dissout les syndicats et les partis politiques, et instaure une législation antimaçonnique et antisémite en août-. Il engage le pays dans la Révolution nationale et dans la collaboration avec l'Allemagne nazie. Le « régime de Vichy », qu'il dirige jusqu'en , est déclaré par le général de Gaulle à la Libération. Emmené contre son gré par les Allemands à Sigmaringen puis en Suisse, où il se rend aux autorités françaises, Philippe Pétain est jugé pour intelligence avec l'ennemi et haute trahison par la Haute Cour de justice en . Il est frappé d'indignité nationale, condamné à la confiscation de ses biens et à la peine de mort. Alors que la cour recommande la non-application de cette dernière en raison de son grand âge, sa peine est commuée en emprisonnement à perpétuité par le général de Gaulle. Il meurt sur l’île d'Yeu, où il est inhumé. Biographie. Jeunesse et formation. Henri Philippe Bénoni Omer Pétain naît le à Cauchy-à-la-Tour, dans une famille de cultivateurs installée dans la commune depuis le . Il est le fils d'Omer-Venant Pétain (1816-1888) et de Clotilde Legrand (1824-1857). Il a quatre sœurs, Marie-Françoise Clotilde (1852-1950), Adélaïde (1853-1919), Sara (1854-1940) et Joséphine (1857-1862). Sa mère meurt et son père se remarie avec Marie-Reine Vincent. Trois autres enfants, demi-frère et sœurs, voient le jour : Élisabeth (1860-1952), Antoine (1861-1948) et Laure (1862-1945). Bien que son acte de naissance porte les prénoms Henri, Philippe, Bénoni, Omer, c'est Philippe qu'il choisit et, tout au long de sa vie, il prend soin de rectifier. Sa belle-mère néglige les enfants du premier lit de son mari et Philippe Pétain s'enferme dans le silence, ne parlant pas avant l'âge de trois ans. Il est élevé par ses grands-parents maternels ; sa grand-mère lui apprend à lire. En 1867, à l'âge de , il entre au collège Saint-Bertin situé à Saint-Omer, à trente kilomètres de Cauchy, et y montre des qualités en géométrie, grec, et anglais. La famille est marquée par le catholicisme. Philippe sert la messe quotidienne comme enfant de chœur. Un membre de la famille est canonisé en 1881 par ; un de ses oncles et deux de ses grands-oncles sont abbés. Cet environnement influence Philippe Pétain ; marqué à par la défaite de 1870, il décide d’être militaire. Son oncle paternel, l'abbé Legrand, le présente au châtelain du village de Bomy, Édouard Moullart de Vilmarest, qui souhaitait financer les études d'un jeune villageois se destinant à une carrière militaire. Philippe Pétain prépare, au collège des Dominicains d'Arcueil (1875), l'école de Saint-Cyr, où il entre en 1876. À l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il est de la promotion Plewna, avec le vicomte Charles de Foucauld, futur saint catholique, et Antoine Manca de Vallombrosa, futur aventurier. Entré parmi les derniers ( 412), il sort en milieu de classement ( 336). Cinq ans sous-lieutenant, sept ans lieutenant, dix ans capitaine (promu en 1890), il gravit lentement les échelons militaires. Il est admis en 1888 à l'École supérieure de guerre et en sort breveté d'état-major deux ans plus tard au rang modeste de . Plusieurs jeunes femmes de bonne famille (Antoinette Berthelin, Angéline Guillaume, Lucie Delarue, Marie-Louise Regad) refusent ses demandes en mariage, car il n'est encore qu'un officier subalterne. Sa vie personnelle est celle d'un homme à femmes: célibataire endurci jusqu'à son mariage avec Eugénie Hardon à 60 ans passés, il a de nombreuses maîtresses au cours de sa vie et fréquente souvent les maisons closes. Opinions personnelles avant la guerre. Élevé dans le catholicisme, mais ayant une vie personnelle « de garnison », confronté à une certaine morgue de ses supérieurs et des « bonnes familles », Pétain reste discret sur ses opinions, dans l'esprit de la « grande muette ». Sa carrière est lente dans l'armée assez aristocratique des . Lors de l’affaire Dreyfus, le capitaine Pétain n'est pas antidreyfusard ; ultérieurement, il affirme à son chef de cabinet civil Henry du Moulin de Labarthète : . Il juge cependant que Dreyfus s’était mal défendu et que sa condamnation était logique : l'idée que Félix Gustave Saussier et Jean Casimir-Perier aient condamné Dreyfus en le sachant innocent l'aurait tourmenté, voire scandalisé d'après les deux ministres pétainistes, Henri Moysset et Lucien Romier. En tout cas, il ne participe pas à la souscription en vue du , ouverte par le journal antisémite "La Libre Parole", d'Édouard Drumont, pour la veuve du colonel Henry, responsable par ses faux de la condamnation du capitaine Dreyfus. Philippe Pétain est promu dans la période de « républicanisation de l'armée » qui suit l'affaire Dreyfus : aide de camp de Joseph Brugère, général républicain nommé gouverneur militaire de Paris par le gouvernement de défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau pour réduire l'influence antidreyfusarde dans l'armée, Pétain est également un proche du général Percin, officier républicain impliqué dans l'affaire des fiches. Toutefois, le militaire Pétain s'occupe fort peu de la vie politique de l'époque, et reste très discret sur ses opinions personnelles. Au contraire de beaucoup de militaires, il ne s’engage à aucun moment, pas plus lors de l'affaire des fiches en 1904 que lors des débats sur la séparation des Églises et de l'État en 1905. Cette image d'un militaire républicain d'aucun parti perdurera dans l'entre-deux-guerres. Il ne semble pas avoir eu d'expression antisémite avant 1938 (en 1919, il signe une pétition demandant de et en 1938, une autre contre les persécutions en Allemagne). Première carrière. Au début de sa carrière militaire, Philippe Pétain est affecté à différentes garnisons, mais ne participe à aucune des campagnes coloniales. En 1900, chef de bataillon, il est nommé instructeur à l’École normale de tir du camp de Châlons-sur-Marne. Il s’oppose à la doctrine officielle de l'époque qui veut que l'intensité du tir prime la précision et qui privilégie les attaques à la baïonnette pour l'infanterie et la poursuite à outrance pour la cavalerie. Il préconise au contraire l'utilisation des canons pour les préparations et les barrages d'artillerie, afin de permettre la progression de l'infanterie, laquelle doit pouvoir tirer précisément sur des cibles individuelles. Le directeur de l'école signale la . En 1901, il occupe un poste de professeur adjoint à l’École supérieure de guerre, à Paris, où il se distingue par des idées tactiques originales. Il y est de nouveau de 1904 à 1907, puis de 1908 à 1911 reprenant sans ménagement le poste de titulaire de la chaire de tactique de l’infanterie à Adolphe Guillaumat. Il s’élève alors violemment contre le dogme de la défensive prescrit par l’instruction de 1867, . Mais il critique aussi le code d’instruction militaire de 1901 prônant la charge en grandes unités, baïonnette au canon, tactique en partie responsable des milliers de morts d’août et. Humiliés par la défaite de 1870, les états-majors se montrent volontiers bravaches et revanchards. À partir de 1911, l'État-major prône l'offensive à outrance. Pétain, lui, préconise la manœuvre, la puissance matérielle, le mouvement, l’initiative : . Ainsi, il déclare à un élève officier : Parmi les officiers rangés sous ses ordres, il est le , premier chef de corps de Charles de Gaulle, alors sous-lieutenant au d'infanterie stationnée à Arras. En , devant commenter, devant les officiers réunis, un exercice conçu par le général Gallet, qui, lors de manœuvres, a fait charger à la baïonnette des nids de mitrailleuses, qui naturellement tiraient à blanc, le colonel Pétain répond que le général commandant la division d'infanterie vient de montrer, afin de frapper les esprits, toutes les erreurs qu'une armée moderne ne doit plus commettre. Après avoir détaillé la puissance de feu des armes allemandes, il conclut par : . Franchet d'Esperey est nommé en commandant du corps d'armée à Lille en remplacement du général anticlérical Henri Crémer. En , Franchet d'Esperey nomme le colonel Pétain pour assurer la vacance du général de Préval commandant la d'infanterie à Arras qui quitte l'armée d'active pour des problèmes de santé. Le , par permutation avec le général Deligny , Philippe Pétain est nommé au commandement de la d’infanterie qui est composée de deux régiments, le régiment d'infanterie en garnison à Saint-Omer, Calais et Boulogne et le 110e régiment d'infanterie en garnison à Dunkerque, Bergues et Gravelines. Le commandement du d'infanterie est repris par le lieutenant-colonel Stirn. Arrivé à Saint-Omer, Philippe Pétain, pourtant excellent cavalier, fait une mauvaise chute de cheval. Le docteur Louis Ménétrel (père de Bernard Ménétrel) interdit l'amputation et sauve la jambe gauche de Pétain. Adolphe Messimy, qui est redevenu ministre de la Guerre le et qui a pris pour chef de cabinet militaire le général Guillaumat, adresse le un refus au général Anthoine, venu solliciter la nomination de Pétain au grade de général. Ses biographes identifient ce manque de reconnaissance comme un des éléments structurant la personnalité de Pétain. À , en , le colonel Philippe Pétain s’apprête à prendre sa retraite après une carrière relativement modeste. Promotion du général de la guerre de 1914-1918. Dès le début de la Première Guerre mondiale, le , il se distingue à la tête de la d’infanterie en couvrant la retraite du général Lanrezac en Belgique. Il fait partie des officiers rapidement promus au début de la guerre pour remplacer ceux qui ont échoué : général de brigade le il commande la d'infanterie à la tête de laquelle il participe à la bataille de la Marne (durant laquelle il conseille l'usage de l'artillerie et de l'aviation). Il devient général de division le . Investi le de la fonction de général commandant de corps d'armée, il prend le commandement du . Affecté sur le secteur du front où il avait grandi, il réalise des actions d’éclat lors de l'offensive en Artois effectuant la seule percée le () qu'il juge à raison ne pouvant être exploitée. En , investi de la fonction de général d'armée, il commande la . Ayant pourtant désapprouvé ouvertement l'offensive de Joffre en Champagne, il est au commandement d'une des deux armées engagées. Il obtient les meilleurs succès et fait stopper l'offensive quand les pertes deviennent importantes. Son souci d’épargner leurs vies le rend populaire parmi ses hommes. Bataille de Verdun. Sous les ordres du futur maréchal Joffre et du général de Castelnau, il est l'un des à la bataille de Verdun, en poste du au . Son sens de l'organisation, soutenu par un réel charisme ne sont pas étrangers à l’issue victorieuse du combat, huit mois plus tard, même si la ténacité de ses troupes, comme celle du commandant Raynal au fort de Vaux, en a été le facteur décisif. Sa vision stratégique de la bataille lui fait comprendre que le meilleur soldat du monde, s’il n’est pas ravitaillé, évacué en cas de blessure ou relevé après de durs combats, est finalement vaincu. Pétain met en place une rotation des combattants. Il envoie au repos les régiments épuisés qu'il fait remplacer par des troupes fraîches. Il organise des norias d’ambulances, de camions de munitions et de ravitaillement sur ce qui devient la « Voie sacrée » (terme de Maurice Barrès). Comprenant la valeur de l’aviation dans les combats, il crée en la première division de chasse aérienne pour dégager le ciel au-dessus de Verdun. Il réaffirme cette vision dans une instruction de : . Il a tiré de cette période le titre de « vainqueur de Verdun », même si cette appellation a été surtout exploitée plus tard, sous le régime de Vichy. Ce célibataire reçoit plus de d'admiratrices durant le premier conflit mondial. Toutefois, Joffre, Foch et Clemenceau attribuent la victoire de Verdun à Nivelle et à Mangin. Certains reprochent à Pétain son pessimisme. En fait, comme la réputation de Pétain s'affirme auprès des soldats après les erreurs de Nivelle (en 1917), il existe deux traditions de la victoire de Verdun, comme l'écrit Marc Ferro, biographe de Pétain : . Le , le général Nivelle, auréolé de la reprise des forts de Vaux et de Douaumont, prend la tête des armées françaises, alors que Joffre, nommé maréchal, est évincé du commandement. Le général Pétain est nommé chef d'état-major général, poste spécialement recréé pour lui. Il s’oppose à Nivelle, peu économe du sang de ses hommes, dont la stratégie d’offensive à outrance contraste avec le pragmatisme de Pétain. Le commandement de Nivelle aboutit à la bataille du Chemin des Dames, à la mi- : sont mis hors de combat du côté français en une semaine. Devant cet échec et le sentiment des soldats qu'ils sont menés à la mort pour rien, le mécontentement gronde, provoquant des mutineries dans de nombreuses unités. Nivelle est renvoyé, et Pétain se trouve en situation de lui succéder, par sa réputation à Verdun et ses prises de position visant à limiter les pertes. Le , il est nommé commandant en chef des armées françaises. Son commandement cherche à redonner confiance aux troupes en améliorant les conditions de vie des soldats, en accordant plus libéralement des permissions, en mettant fin aux offensives mal préparées, et en faisant condamner les mutins, dont seule une minorité de meneurs seront fusillés, malgré les exigences d'une partie des hommes politiques. Pour ne pas gaspiller la vie des soldats, il lance des offensives plus limitées, et toutes victorieuses. Il reprend aux Allemands lors de la deuxième bataille de Verdun en tout le terrain perdu en 1916. Il reprend la crête du Chemin des Dames lors de la bataille de la Malmaison, en . Le , les Allemands rompent le front britannique en Picardie, menaçant Amiens. Pétain est un candidat possible au titre de généralissime des troupes alliées, mais, avec l'appui des Britanniques, Clemenceau, qui le juge trop porté à la défensive et trop pessimiste, lui préfère Foch, partisan de l'offensive, lors de la conférence de Doullens du . À cette conférence, Douglas Haig, représentant les Britanniques et soutenu par le représentant américain, exige et obtient que Pétain soit exclu de l'état-major inter-allié. Foch, à l’origine de la coordination des troupes alliées, en est désormais le chef suprême. Mais chaque commandant d'une armée nationale conserve le droit de faire appel de toute décision de Foch auprès de son gouvernement. Pétain conserve son rôle de général en chef des armées françaises, mais passe de fait sous les ordres de Foch. Le , les Allemands percent le front français au Chemin des Dames, le général Duchêne, qui bénéficie de la protection de Foch, ayant refusé d'appliquer la doctrine défensive prescrite par Pétain consistant à transformer la première position défensive en ligne d’alerte et de désorganisation, afin de reporter la résistance ferme sur la deuxième position quelques kilomètres en arrière. L'armée française est contrainte de rétrograder sur la Marne. Pétain conseille la prudence, là où Foch choisit la contre-offensive, qui s'avèrera en juillet victorieuse. Foch, ne pouvant atteindre directement Pétain, fait limoger son major général, le général Anthoine. Le , le Comité de guerre retire à Pétain, qui a refusé de sanctionner Anthoine, son droit d'en appeler au gouvernement en cas de désaccord avec Foch. Le , la nomination du général Buat au poste de major général est imposée par Foch et Clemenceau à Buat et Pétain afin de rendre plus souples et plus efficaces les relations entre les états-majors de Foch et de Pétain, dans l'espoir que l'armée française obéisse directement à Foch. En , la médaille militaire est attribuée à Pétain : . En , il prépare une grande offensive en Lorraine qui aurait mené les troupes franco-américaines jusqu’en Allemagne. Cette grande offensive, prévue à partir du , n’a pas lieu : contre son avis, Foch et Clemenceau ont accepté de signer le l’armistice demandé par les Allemands. À la demande des officiers du GQG, le maréchal Foch fait, le , une démarche auprès du président du conseil Georges Clemenceau. Le , le général Pétain apprend à midi par téléphone qu'il va obtenir le bâton de maréchal puis, en début d'après-midi, assiste, impassible sur son cheval blanc suivi du général Buat et de vingt-cinq officiers du GQG, au défilé des troupes de la entrant officiellement à Metz par la porte Serpenoise sous les vivats d'une foule en liesse. Pétain est élevé à la dignité de maréchal de France par décret du (publié au "Journal officiel" le 22). Il reçoit à Metz son bâton de maréchal, le . Il est l'un des très rares acteurs militaires de premier plan de la Grande Guerre à n'avoir jamais voulu publier ses mémoires de guerre. En 2014 est publié un manuscrit inédit de Philippe Pétain qui retrace le conflit tel que Pétain l'avait vécu. Les différents témoignages à son sujet, . L'historien Jean-Louis Crémieux-Brilhac rappelle que . Entre-deux-guerres. Populaire, couvert d'honneurs, (le , il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques), marié (le , à , avec Eugénie Hardon, sans descendance) Pétain devient progressivement la référence principale pour les anciens combattants pendant l'entre-deux-guerres, profitant de la mise à l'écart et des décès des autres maréchaux. Il reste jusqu'en 1931 chef de l'armée (écartant Joffre puis Foch auquel il succède à l'Académie française), quelle que soit la majorité politique en place (en 1924, au moment du cartel des gauches il se serait opposé à l'hypothèse d'un coup d'État militaire envisagée par Lyautey qu'il écarte du Maroc en acceptant d'intervenir personnellement lors de la guerre du Rif). Il a une influence majeure sur la réorganisation de l'armée entouré d'un cabinet dont de Gaulle est l’une des plumes. Toutefois à partir de 1929, son opposition à Maginot l'écarte de la tête des armées au profit de la génération des collaborateurs de Foch (Weygand). Il s'appuie sur sa popularité auprès des ligues pour obtenir, après le , le ministère de la Guerre, auquel il ne peut revenir en 1935 ni pendant le Front populaire. Le cabinet Chautemps le choisit comme ambassadeur auprès de Franco après la fin de la guerre d'Espagne jusqu'en . Général en chef de l'armée française et opposant à la ligne Maginot. Général en chef de l’armée française (il le reste jusqu’au ), il estime en 1919 à le nombre de chars nécessaires à la défense du territoire ( en régiment de première ligne, en réserve à la disposition du commandant en chef et pour le remplacement des unités endommagées). Il écrit : . De 1919 à 1929, avec la présence d'un ami au poste de chef d'état-major des armées (le général Buat jusqu'en 1923, puis après sa mort le général Debeney), il s'oppose à la construction de fortifications défensives, préconisant au contraire la constitution d'un puissant corps de bataille mécanisé capable de porter le combat le plus loin possible sur le territoire ennemi dès les premiers jours de la guerre. Il parvient à rester l'instigateur principal de la stratégie, obtenant, en , la démission du maréchal Joffre de la présidence de la Commission d'étude de l'organisation de la défense du territoire créée quinze jours plus tôt, et s'opposant, lors de la séance du Conseil supérieur de la guerre du , à la construction d’une ligne défensive continue. Il y prône des môles défensifs sur les voies d’invasion. Lors de la séance du , et contre l’avis de Foch, qui estime que Pétain donne à tort aux chars une importance capitale, il préconise et obtient l’étude de trois prototypes de chars (léger, moyen et lourd). Il doit, cependant, finir par s'incliner et accepter la construction de la ligne Maginot, lorsque André Maginot, alors ministre de la Guerre, déclare, lors du débat parlementaire du : . Guerre du Rif. En 1925 et 1926, Pétain combat la révolte des forces d’Abd el-Krim, chef de la très jeune république du Rif, au Maroc, contre leurs voisins espagnols. Pétain remplace avec peu d'égards le maréchal Lyautey, et commande les troupes françaises en campagne avec l'armée espagnole ( au total), dans laquelle se trouve Franco. La campagne est victorieuse, en partie grâce à l'emploi par les Espagnols d'armes chimiques sur les populations civiles. Abd el-Krim se plaignit à la Société des Nations de l'utilisation par l'aviation française de gaz moutarde sur les douars et les villages. Relations avec de Gaulle. À partir de l’affectation de Charles de Gaulle au d’infanterie commandé par Philippe Pétain, alors colonel, le destin des deux hommes s'est régulièrement croisé. Charles de Gaulle est affecté à ce régiment le à sa sortie de Saint-Cyr avec un grade de sous-lieutenant. En 1924, à l'occasion d'une visite à l'École de guerre, Pétain s'étonne de la faiblesse des notes attribuées à de Gaulle. Ses professeurs appréciaient peu l'indépendance de celui-ci, trait de caractère qu'il partageait avec Pétain. L'intervention de Pétain a probablement conduit à une rectification à la hausse desdites notes. En 1925, Charles de Gaulle est détaché à l'état-major de Philippe Pétain, vice-président du Conseil supérieur de la Guerre. Pétain briguait l'Académie française et avait pu apprécier la qualité de la plume de De Gaulle en lisant "La discorde chez l'ennemi", publié en 1924. Il lui demande de préparer la rédaction d'un ouvrage sur l'histoire du soldat pour l'aider à soutenir sa candidature. De Gaulle prépare le livre, "Le Soldat à travers les âges", qui est quasiment fini à la fin de l'année 1927 lorsque de Gaulle tient à l'École de guerre trois conférences remarquées, respectivement intitulées : « L'action de guerre et le chef », « Du caractère » et « Du prestige » en présence du Maréchal. Mais son opinion envers Pétain change en raison de l'attitude du Maréchal vis-à-vis de Lyautey au moment de son éviction. Lorsqu'en Pétain veut faire retoucher le livre par un autre de ses collaborateurs, de Gaulle proteste énergiquement. En 1929, Pétain succède à Foch à l'Académie française sans avoir eu besoin du livre. Pétain demande à de Gaulle d'écrire l'éloge de son prédécesseur sous la coupole, mais n'utilise pas le texte proposé. En 1931, au retour du Liban, de Gaulle qui souhaitait une chaire d'enseignement à l'École de guerre est affecté contre son vœu au Secrétariat général de la Défense nationale (SGDN) à Paris. Sollicité, Pétain répond à de Gaulle : . De Gaulle est en décalage stratégique et en conflit littéraire avec son supérieur ; Pétain, lui, considère qu'il a aidé au mieux son subalterne qui fait montre d'un peu trop d'orgueil. En 1932, de Gaulle dédie au maréchal Pétain son ouvrage "Le Fil de l'épée" : . En 1938, de Gaulle réemploie le texte du "Soldat à travers les âges" pour rédiger son livre "La France et son armée". Pétain s'oppose à la publication de l'ouvrage, puis finit par y consentir après une explication de vive voix avec son ancien porte-plume, qui corrige toutefois la dédicace proposée par le maréchal. Celui-ci en garde une rancune tenace contre de Gaulle qu'il tient pour Élection à l'Académie française. Le , il est élu à l’unanimité membre de l’Académie française, au , où il succède au maréchal Foch. Le , il est reçu à l'Académie française par Paul Valéry, dont le discours de réception, qui retrace sa biographie, rappelle et développe une phrase sur laquelle insistait Pétain, « le feu tue » et comporte des considérations sur la façon dont « la mitrailleuse a modifié durablement les conditions du combat à terre » et les règles de la stratégie. Le discours rappelle aussi les désaccords, dans le respect mutuel, entre Pétain et Joffre. Le discours de réception du maréchal Pétain est un hommage au maréchal Foch auquel il succède. Selon Jacques Madaule, Philippe Pétain s'opposa à l'élection à l'Académie française de Charles Maurras, qui sera un de ses plus grands défenseurs, et il félicita François Mauriac d'avoir fait campagne contre lui. Philippe Pétain n'était pas ouvertement antisémite avant d'accéder au pouvoir : ainsi, il critiqua fermement Louis Bertrand, qui avait protesté contre l'élection d'André Maurois, un Juif, à l'Académie française, Maurois lui en fut reconnaissant. Néanmoins, dans ses échanges de correspondance privée avec le couple Pardee, voisin américain de sa maison du Var, Philippe Pétain se plaignait des Juifs. Inspecteur général de la défense aérienne. Le , il est remplacé par le général Weygand au poste de vice-président du Conseil supérieur de la guerre (correspondant à la fonction de commandant suprême de l’armée), et nommé inspecteur général de la défense aérienne du territoire. À ce titre, il écrit le à Pierre Laval, alors président du Conseil, pour lui demander la création d’une force aérienne puissante de défense et d’attaque, indépendante de l’armée de terre et de la marine. Il préconise pour cela de prélever de francs sur les crédits alloués à la construction de la ligne Maginot. Il reste influent dans le monde militaire et politique, est actif dans le mouvement antiparlementaire le Redressement français, qui souhaite un exécutif fort. Ministre de la Guerre. Après la crise du , le , Philippe Pétain est nommé ministre de la Guerre dans le gouvernement Doumergue de tendance radicale, fonction qu’il occupe jusqu’au renversement du cabinet le . Sa présence, populaire parmi les anciens combattants qui avaient défilé, contribue à l'image d'union nationale voulue par Doumergue. Elle est symbolique de la fin du second cartel des gauches : les gouvernements des deux années 1934/36 sont, le plus souvent une alliance des radicaux et des partis de centre-droit. Ils conduisent des politiques sensiblement déflationnistes, visant à réduire les déficits en diminuant les dépenses. Puis, l'arrivée au pouvoir de Hitler conduit la France à abandonner progressivement sa politique de désarmement, même si simultanément les choix budgétaires contribuent à maintenir une pression à la baisse sur les crédits militaires. Les choix stratégiques défensifs absorbent en outre une forte partie des crédits. La polémique des années 1940 sur les responsables du retard du réarmement français (que Pétain attribuera lors du procès de Riom à Édouard Daladier et Léon Blum, ce dernier dénonçant en réplique le faible niveau des crédits alloués quand Pétain était ministre de la Guerre), et celle sur les choix stratégiques qui conduisirent à la défaite, expliquent la diversité des points de vue de l'historiographie évaluant le passage de Pétain au gouvernement. La date du changement de politique budgétaire militaire est présentée avec des nuances : ainsi pour François Paulhac, entre 1934 et 1935, sous les gouvernements de centre droit, les dépenses d'armement sont réduites de 32 %, tandis que les crédits militaires n'augmentent qu'à partir de 1936, votés sans grande opposition, mis à part celle d'une partie de la droite. Pour Robert Frank, elles connaissent un . [[Jean-Luc Marret] estime pour sa part que les réductions budgétaires ont cessé en 1934, sans qu'il y ait pour autant cette année-là d'importante augmentation de l'effort de défense. Le gouvernement de Gaston Doumergue fait ainsi voter des crédits militaires de trois milliards de francs. Pour [[Guy Antonetti]], la reprise des dépenses est consécutive à l'inflexion de la politique étrangère, plus offensive, d'alliances renouées, entamée sous le gouvernement de [[Gaston Doumergue]] (1934) et son ministre des Affaires étrangères [[Louis Barthou]] puis sous le gouvernement de [[Pierre Laval]] (1935). Un article de Philippe Garraud en 2005 consacré à la question du réarmement, estime que d'une manière générale, et que , tout en précisant qu'. Concernant le réarmement, Jean-Luc Marret en situe les « premiers indices » à l'occasion de la réorientation de la politique étrangère française par [[Louis Barthou]] (en 1934) et [[Pierre Laval]] (en 1935). Pétain limite les travaux de la ligne Maginot, en estimant que les [[Massif ardennais|Ardennes]] sont une barrière naturelle difficilement franchissable par les Allemands. Le , il obtient le vote d’un crédit supplémentaire de de francs pour la modernisation de l’armement. Partisan des chars de combat, il décide avant de l’adoption du [[B1 (char)|char B1]] dont il avait fait faire les prototypes pendant son commandement. La même année, il décide aussi de l’adoption du [[D2 (char)|char D2]] et de l’étude d’un char léger. Soucieux de la formation des officiers supérieurs, il ordonne que tous les postulants à l’[[École de guerre|École supérieure de guerre]] effectuent des stages préalables dans des unités de chars et d’aviation. Le , convoqué devant la [[Commission des Finances (Sénat)|Commission des finances]], il exprime ses vues sur la fortification et renouvelle ses réserves sur l’efficacité de la [[ligne Maginot]]. Il explique ce qu’est pour lui la fortification : le béton est un moyen pour économiser les effectifs, mais l’essentiel reste une armée puissante, sans laquelle elle n’est qu’une fausse sécurité. Le but de la fortification est de permettre le regroupement des troupes pour l’offensive ou la contre-offensive. Il aura cette phrase : . Il soutient néanmoins le principe de cette ligne. Cependant, selon [[Robert Aron]], les conceptions stratégiques qu'il défend à cette époque sont conformes à son expérience de la Grande Guerre, ainsi : Le , il convainc [[Louis Germain-Martin]], ministre des Finances, de signer le « plan Pétain pour 1935 » d'un montant de de francs, qui prévoit notamment la construction de . La chute du Gouvernement, et le remplacement du maréchal Pétain par le [[Louis Maurin (homme politique, 1869-1956)|général Maurin]], partisan de chars lourds et lents, retarderont la mise en œuvre de ce plan de plusieurs mois. Après son expérience ministérielle, Pétain jouit d’une très grande popularité, à droite mais aussi à gauche. En témoigne en 1935, la célèbre campagne lancée par [[Gustave Hervé]] intitulée . Le fait de vouloir faire appel en cas de péril au maréchal Pétain n'est pas une spécificité de la droite et le radical-socialiste [[Pierre Cot]] déclara dès 1934 : . Membre du Conseil supérieur de la guerre. Il participe par la suite au [[Conseil supérieur de la guerre]], où il soutient la politique de guerre offensive promue par le [[Charles de Gaulle|colonel de Gaulle]], qui fut un temps son « porte-plume », préconisant la concentration de [[char d'assaut|chars]] dans des divisions blindées. Il écrit dans la "[[Revue des Deux Mondes]]" du : . Et lors d'une conférence à l’[[École militaire (France)|École de Guerre]] en : . Ainsi que dans la préface d'un ouvrage du [[Władysław Sikorski|général Sikorsky]] : . Le , il dit, devant le président [[Albert Lebrun|Lebrun]], dans un discours à l’École supérieure de Guerre : . En 1938, il préface le livre du général [[Louis Chauvineau]] "Une invasion est-elle encore possible", qui prônait l'utilisation de l'infanterie et des fortifications comme moyens de défense, face au « front continu ». Dans cette préface, Pétain considérait que l'utilisation des chars et des avions ne modifiaient pas les données de la guerre : . À l’instigation des grands chefs militaires ([[Ferdinand Foch|Foch]], [[Joseph Joffre|Joffre]]), les gouvernements de la fin des vont affecter d’importants efforts budgétaires à la construction de lignes de défense. Cette stratégie est symbolisée par la coûteuse, et de surcroît incomplète [[ligne Maginot]] qui fut arrêtée à la frontière [[Belgique|belge]]. [[Winston Churchill]], dans son ouvrage sur la [[Seconde Guerre mondiale]], émet l'avis que la ligne Maginot aurait pu être d'une très grande utilité si elle avait été correctement exploitée et qu'elle paraissait justifiée compte tenu, en particulier, du rapport numérique entre les populations de la France et de l'Allemagne. [[Winston Churchill]] juge mais indique : . Après le succès de la guerre-éclair menée par les Allemands via les Ardennes, Pétain ne pouvait plus ignorer que la [[Bataille de France|débâcle de 1940]] était aussi due aux « grands chefs militaires », dont les autorités gouvernementales n’avaient fait que suivre les orientations stratégiques. Il [[procès de Riom|fit pourtant juger]] les hommes politiques en charge avant 1940 comme « responsables » exclusifs de la défaite. Ambassadeur en Espagne. [[Fichier:José Moscardó, Francisco Franco, Ramón Serrano Súñer (1938).jpg|vignette|gauche|redresse|Le général [[Francisco Franco|Franco]], entouré par [[José Moscardó]] et [[Ramón Serrano Súñer]], en 1938.]] [[Fichier:Pétain et le baron de las Torres à Burgos.jpg|vignette|redresse|L'ambassadeur Philippe Pétain et le baron de las Torres, interprète de Franco, sortant d'une entrevue avec le [[Caudillo]] à [[Burgos]] en .]] La France reconnaît officiellement le nouveau [[Espagne franquiste|gouvernement franquiste]] le . Le , Pétain est nommé [[Ambassade de France en Espagne|ambassadeur de France en Espagne]]. Hostile aux [[nationalistes espagnols]], la gauche française proteste au nom de la réputation du maréchal. Ainsi, "[[L'Humanité]]" honore ce dernier en regard du [[Francisco Franco|Franco]] tandis que dans "[[Le Populaire]]" du , [[Léon Blum]] décrit alors Pétain comme , formule dont les partisans de la réhabilitation de l'ancien « chef de l'[[Régime de Vichy|État français]] » sauront tirer largement parti après la [[Seconde Guerre mondiale]]. Pour l'heure, la nomination de Pétain vise à améliorer l'image de la République française en atténuant le souvenir du soutien hexagonal aux [[républicains espagnols]] pendant la [[Guerre d'Espagne|guerre civile]]. Le , le maréchal présente ses [[lettres de créance]] au ministre de l'Intérieur, [[Ramón Serrano Súñer|Serrano Súñer]], qui le reçoit très froidement. Selon l'historien Michel Catala, il gardera le souvenir de ce mauvais accueil et ses liens vis-à-vis de Franco resteront très critiques, malgré la propagande ultérieure dépeignant des rapports privilégiés entre le [[régime de Vichy]] et la dictature du [[Caudillo]]. Dans l'immédiat, Pétain a pour mission d'assurer la neutralité de l'Espagne en vue du prochain conflit européen. Au nom du rapprochement diplomatique de la France avec l’Espagne, il lui incombe de superviser, dans le cadre des [[accords Bérard-Jordana]], le rapatriement à [[Madrid]] des réserves d'[[or]] de la [[Banque d'Espagne|Banque d’Espagne]], de l'armement républicain ainsi que des œuvres d'art que l’[[Seconde République (Espagne)|ancienne République espagnole]] avait transférés à l'abri en France durant la [[Guerre d'Espagne|guerre civile]]. L'ambassadeur de France sait s'entourer d'une équipe de qualité mêlant personnel diplomatique chevronné et officiers militaires dévoués. En quelques mois, le maréchal se réconcilie avec l'élite espagnole. Sa présence active dans le pays a pour conséquence un renforcement de l'image de la France, en dépit d'une presse espagnole très francophobe. [[Fichier:Pétain ambassadeur en Espagne - Excelsior 26 juillet 1939.jpg|vignette|redresse|Philippe Pétain, ambassadeur de France à Burgos, est accueilli par une délégation d'[[Ancien combattant|anciens combattants]] à son arrivée au [[Le Perthus|Perthus]].<br> [[Une (journalisme)|Une]] du journal "[[Excelsior (journal)|Excelsior]]", .]] Malgré de nombreuses réticences du côté français, notamment en raison de tensions militaires franco-espagnoles au Maroc en mars-, Pétain engage son autorité auprès du [[Président du Conseil (France)|président du Conseil]] [[Édouard Daladier|Daladier]] afin de réaliser les accords Bérard-Jordana, condition "[[sine qua non]]" exigée par les autorités franquistes. La France finit par céder, sans obtenir de contreparties significatives. La déclaration officielle de neutralité de l'Espagne le semble couronner les efforts français, mais résulte davantage du réalisme de [[Francisco Franco|Franco]] tenant compte des faibles capacités militaires espagnoles consécutives à la guerre civile. La masque l'échec de la politique de conciliation française visant à obtenir des relations de bon voisinage et un accord militaire entre les deux pays. Si le Caudillo incline prudemment vers une neutralité de fait, il ne desserre pas pour autant ses liens avec le [[Troisième Reich]] et l'[[Histoire de l'Italie fasciste|Italie fasciste]]. Conscient de la fragilité de la neutralité espagnole, Pétain affirme que celle-ci de l'attitude de la France. Son demeure la réconciliation , souligne Michel Catala. Du reste, le maréchal exprime depuis son souhait d'abandonner sa mission plénipotentiaire. Le rétablissement partiel des rapports commerciaux et culturels franco-espagnols dans les derniers mois de 1939 et les premiers mois de 1940 ne modifie pas l'ambiguïté de la position franquiste vis-à-vis de l'[[Axe Rome-Berlin-Tokyo|Axe]] et de la France. Tout au plus Pétain peut-il être crédité d'une amorce de normalisation des relations franco-espagnoles. En dépit de l'insuccès de sa stratégie vis-à-vis de Franco, puisqu'il confirme son autorité sur les militaires français et établit son aptitude à imposer ses vues au [[Liste des gouvernements de la France|gouvernement]], en sus d'acquérir une réputation de fin diplomate. Or Michel Catala doute que le maréchal ait réalisé le fiasco de sa mission d'ambassadeur, eu égard à sa future [[Collaboration en France|politique allemande à Vichy]] où il fera . Homme du recours à l'armistice. Pendant la drôle de Guerre : un recours possible. [[Fichier:Pétain vers 1940.jpg|vignette|gauche|redresse|Philippe Pétain vers 1940.]] À la déclaration de guerre, en , le maréchal Pétain, depuis Madrid, refuse une proposition du président du Conseil [[Édouard Daladier]] d'entrer au gouvernement, et il se tient prudemment à l'écart des sollicitations officielles. Cette proposition avait été inspirée par le président de la [[Chambre des députés (Troisième République)|Chambre des députés]], le radical-socialiste [[Édouard Herriot]], comme condition à son acceptation éventuelle du ministère des Affaires étrangères. Cependant, Pétain ne fait nullement mystère de son hostilité personnelle à la guerre contre Hitler. , souligne l'historien [[Jean-Louis Crémieux-Brilhac]]. Chef de file des parlementaires « défaitistes », [[Pierre Laval]] songe ainsi précocement à un gouvernement Pétain dont il serait le chef réel, et expose fin à l'un de ses interlocuteurs : . Le , un rapport de l'ambassadeur d'Italie note que . Arrivé au pouvoir le , la situation militaire se dégradant, le président du Conseil [[Paul Reynaud]] songe également à utiliser le prestige du maréchal Pétain auprès des Français et lui propose en vain, début mai, d'entrer au gouvernement. Jugeant la situation favorable pour lui, Pétain accepte de revenir à Paris et d'intégrer le gouvernement note l'historien Gérard Boulanger. Au moment de retourner aux responsabilités, le maréchal , analyse Jean-Louis Crémieux-Brilhac. De surcroît, l'action de Pétain est marquée par une [[anglophobie]] et un [[défaitisme]] déjà sensibles en 1914-1918. Vice-président du Conseil pendant l'invasion de 1940. [[Fichier:Pétain-mai 1940-A.jpg|gauche|vignette|Pétain, vice-président du Conseil, dans son bureau en .]] [[Fichier:Reynaud-Pétain-Weygand-mai1940.jpg|vignette|redresse|De gauche à droite : [[Maxime Weygand]], [[Paul Baudouin]], [[Paul Reynaud]] et Philippe Pétain ().]] Le , une semaine après l'offensive allemande, Pétain, alors âgé de , est nommé vice-président du Conseil dans le [[gouvernement Paul Reynaud|gouvernement de Paul Reynaud]]. Franco lui avait conseillé de ne pas accepter d’apporter sa caution à ce gouvernement. Pour [[Paul Reynaud|Reynaud]], il s'agit de remonter le moral des Français, de resserrer les rangs et de renforcer sa propre image au parlement. Cette nomination est bien accueillie dans le pays, au Parlement et dans la presse, quoiqu'elle reçoive moins de publicité que celle de [[Maxime Weygand|Weygand]] comme généralissime, ou que celle de [[Georges Mandel]], partisan de la résistance à tout prix, comme ministre de l'Intérieur. Comme la plupart de ses ministres ou des parlementaires, Paul Reynaud sous-estime le vieil homme initialement taciturne et passif qu’est Pétain, et il n’imagine pas qu’il puisse jouer plus qu’un rôle purement symbolique. Cependant, dès le , dans une note à Paul Reynaud, Pétain refuse de considérer les chefs militaires comme responsables de la défaite, et rejette la responsabilité du désastre sur . Cette interprétation moraliste de la défaite n'est pas sans annoncer les appels à la contrition nationale et la politique d'[[ordre moral]] qui caractériseront le régime de Vichy. Le , il fait preuve d’[[anglophobie]] et de pessimisme devant l’ambassadeur américain [[William C. Bullitt|Bullit]]. Accusant l'[[Angleterre]] de ne pas fournir une aide suffisante à la France en péril, il lui explique qu'en cas de défaite . Le [[6 juin|6]], il ne réagit pas lorsque le général [[Edward Spears|Spears]], représentant de [[Winston Churchill|Churchill]] auprès du gouvernement français, l'avertit que si la France s'entendait avec l'Allemagne, . À partir du , alors que la bataille de France est perdue et le gouvernement replié en [[Touraine]], Pétain se fait ouvertement l'un des avocats les plus constants de l’armistice au sein du gouvernement. Ce jour-là, il lit au Conseil des ministres une note dans laquelle il déclare qu’il n’est aucunement question pour lui de quitter la France pour poursuivre la lutte. Le , [[Paris]] est occupé par l’[[Wehrmacht|armée allemande]]. Le Gouvernement, le [[Président de la République française|président de la République]] et les Assemblées sont alors réfugiés à [[Bordeaux]]. Pétain s'y confirme comme le chef de file des partisans de l’armistice, et met sa démission dans la balance. Pétain s'oppose au projet de fusion entre les gouvernements britannique et français. Président du Conseil et armistice. Le , se croyant en minorité au sein du Conseil des ministres, à tort semble-t-il, [[Paul Reynaud]] présente la démission du Gouvernement et suggère, suivi en cela par les présidents du [[Sénat (France)|Sénat]] et de la Chambre des députés, de confier la présidence du Conseil au maréchal Pétain, choix aussitôt approuvé par le président de la République [[Albert Lebrun]] (voir [[gouvernement Philippe Pétain]]). Il semble avoir espéré qu'un échec de Pétain à obtenir l’armistice lui permette de revenir très vite au pouvoir. Le , suivant le conseil énoncé le par le général [[Maxime Weygand]], chef d’état-major des armées, Pétain fait demander aux Allemands, par l'intermédiaire du gouvernement espagnol, les conditions d'un armistice. [[Fichier:Pétain lisant un discours radiodiffusé.jpg|vignette|gauche|Pétain lisant un discours radiodiffusé, vers 1940-1944.]] [[Fichier:Pétain - La Petite Gironde - 18 juin 1940.png|vignette|Une de "[[La Petite Gironde]]" rapportant le discours de Pétain du .]] Depuis le lycée Longchamps (aujourd'hui lycée Montesquieu) il enregistre un discours qui est radiodiffusé et où il déclare, alors qu'il n'a fait que demander les conditions d'un armistice et que les négociations n'ont pas commencé : . Le discours a un effet désastreux sur le moral des troupes et précipite de fait l’effondrement des armées françaises. Du à l’entrée en vigueur de l’armistice le [[25 juin|25]], les Allemands font ainsi plus de prisonniers que depuis le début de l’offensive le . Dans le même discours, Pétain anticipe la création de son propre régime en déclarant qu’il fait . Le , dans un nouveau discours rédigé, tout comme le premier, par l'intellectuel de [[Judaïsme|religion juive]] [[Emmanuel Berl]], il annonce les tractations en vue de l'armistice. Il en détaille les motifs, ainsi que les leçons que, selon lui, il faudra en tirer. Il y fustige : . L’[[Armistice du 22 juin 1940|armistice]] est finalement signé le dans la [[Clairière de l'Armistice|clairière de Compiègne]], après avoir été approuvé par le Conseil des ministres et le président de la République. Le , Pétain annonce les conditions « sévères » de l'armistice et décrit les territoires qui seront sous contrôle allemand. La démobilisation fait partie de ces conditions. Il annonce : . Les causes de la défaite sont à rechercher selon lui dans l'esprit de relâchement : . Le , le Gouvernement s’installe dans la région de [[Clermont-Ferrand]] puis, en raison des capacités d’hébergement limitées, déménage à nouveau le pour [[Vichy]], en zone non occupée par l’armée allemande. Cette ville présentait les avantages d’un réseau téléphonique extrêmement performant et de la présence d’une multitude d’hôtels qui furent réquisitionnés pour abriter les différents ministères et les ambassades. Chef du régime de Vichy. Vote des pleins pouvoirs. [[Fichier:Pierre Laval - Grand Casino de Vichy - 10 juillet 1940.jpg|vignette|gauche|[[Pierre Laval]] devant l'[[Opéra de Vichy|opéra du Grand Casino de Vichy]] le jour du [[Vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain|vote]] de la [[loi constitutionnelle du 10 juillet 1940]].]] [[Fichier:Second cabinet of Philippe Pétain, 1940.jpg|vignette|Le chef de l'État français et le [[Gouvernement Pierre Laval (5)|premier gouvernement]] du [[régime de Vichy]] en . De gauche à droite : [[Pierre Caziot]], [[François Darlan]], [[Paul Baudouin]], [[Raphaël Alibert]], [[Pierre Laval]], [[Adrien Marquet]], [[Yves Bouthillier]], Philippe Pétain, [[Émile Mireaux]], [[Maxime Weygand]], [[Jean Ybarnégaray]], [[Henry Lémery]], [[François Piétri]], [[Louis Colson]].]] Le , [[Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940|une loi, dite « constitutionnelle »]], [[Vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain|votée par les deux Chambres]] ( pour, contre, , et ) réunies en [[Assemblée nationale (Troisième République)|Assemblée nationale]] au casino de Vichy , sans contrôle de l’Assemblée, avec pour mission la promulgation d’une nouvelle Constitution. Celle-ci ne verra jamais le jour. L'« [[Régime de Vichy|État français]] » (nouveau nom officiel de la France, remplaçant la dénomination « République française ») allait donc demeurer un État provisoire. La constitutionnalité de cette réforme fut contestée pour plusieurs motifs, dont le fait que la Constitution ne peut pas être modifiée sous la menace directe d'un ennemi. Surtout, la confusion de tous les pouvoirs (constituant, législatif, exécutif et judiciaire) entre les mêmes mains était contraire aux fondements même des [[lois constitutionnelles de 1875]], fondées sur une séparation des pouvoirs. Il en résulta un régime anti-démocratique, sans constitution et sans contrôle parlementaire. Ce régime sera qualifié de par [[Stanley Hoffmann]], qui démontre, entre autres, les aspects dictatoriaux dans une publication parue en 1956. D'autres auteurs, comme [[Robert Aron]], [[Robert Paxton]] et [[Marc Ferro]], évoquent, au sujet de Pétain, des dictateurs tels que [[António de Oliveira Salazar|Salazar]] et son régime, [[Francisco Franco|Franco]], voire [[Benito Mussolini|Mussolini]]. Pour Aron : . Selon Paxton, , tandis que pour Ferro c'est l'exemple de Salazar qui inspire le programme du maréchal, ainsi : et : . Installation du régime. Pouvoir personnel. Dès le , par trois « [[Actes constitutionnels du régime de Vichy|actes constitutionnels]] », Pétain se proclame chef de l'[[Régime de Vichy|État français]] et s'arroge tous les pouvoirs. Par son acte constitutionnel du , il abroge l' de la [[Lois constitutionnelles de 1875|loi constitutionnelle du ]], ce qui consiste à détruire le fondement même de la République, sachant que cet [[Lois constitutionnelles de 1875#La « fondation de la République »|article de loi]] est celui qui établissait le régime républicain en France. [[Pierre Laval]] lui dit un jour : , Pétain répondit : . Aux traditionnels attributs régaliens (droit de grâce, nominations et révocations des ministres et des hauts fonctionnaires), Pétain ajoute en effet des droits tout à fait inédits, même du temps de la monarchie absolue. Il peut ainsi rédiger et promulguer seul une nouvelle Constitution, il peut désigner son successeur (qui est le vice-président du Conseil), il et il . Les lois, adoptées de sa seule autorité, sont promulguées sur la formule : . Par prudence, par contre, Pétain évite de s’attribuer le droit de déclarer la guerre seul : il doit pour cela consulter les éventuelles assemblées. [[Fichier:Pierre Laval 1940.jpg|vignette|[[Pierre Laval]].]] Jusqu’en , Pétain reste à la fois chef de l’État et chef du gouvernement en titre, [[Pierre Laval]], [[Pierre-Étienne Flandin]] et l'amiral [[François Darlan]] n’étant que vice-présidents du Conseil. Il gouverne de manière autoritaire. Ainsi, le , il évince brusquement Pierre Laval du pouvoir, non par désaveu de la politique de collaboration avec l’Allemagne nazie menée par ce dernier, mais par irritation devant sa manière trop indépendante de la conduire. Il est remplacé par Flandin. Parallèlement, Pétain signe la révocation de nombreux maires, préfets et hauts fonctionnaires républicains, dont le préfet d'[[Eure-et-Loir]], [[Jean Moulin]], et le président de la [[Cour des comptes (France)|Cour des comptes]] [[Émile Labeyrie]]. Le Maréchal supprime précocement tous les contre-pouvoirs institutionnels à son autorité, et tout ce qui rappelle trop le régime républicain, désormais honni. Le mot même de "République" disparaît. Les libertés publiques sont suspendues, tout comme les partis politiques, à l’exception de ceux des [[collaboration (pays occupé)|collaborationnistes]] parisiens, qui subsistent en [[zone nord]]. Les centrales syndicales sont dissoutes, les unions départementales subsistantes unifiées dans une organisation corporatiste du travail. La [[franc-maçonnerie]] est mise hors-la-loi. Toutes les assemblées élues sont mises en sommeil ou supprimées, les Chambres aussi bien que les [[conseil départemental|conseils généraux]]. Des milliers de municipalités, dont les maires qui n'ont pas voulu signer un serment d'allégeance (non pas à l'État, mais à Pétain lui-même) sont destituées, et remplacées par des « délégations spéciales », nommées par décret du pouvoir central, et dont la présidence revient à des personnalités présentant les garanties exigées du maréchal. Des juridictions d’exception sont mises en place. [[Fichier:Le châtiment des responsables - Cour de Riom.jpg|vignette|redresse|Par ordre de Pétain, les journaux reçoivent la consigne d'annoncer, en gros caractères et sur , présumés de la [[Bataille de France|défaite]] ().]] Le , Pétain promulgue la création de la Cour suprême de justice (dite ), juridiction d'exception chargée de conduire le procès des hommes politiques et du général [[Maurice Gamelin]] que le maréchal estime responsables de l'impréparation et de la [[Bataille de France|défaite]] militaires du pays. [[Léon Blum]], [[Édouard Daladier]] et le général Gamelin sont ainsi arrêtés. De surcroît, Pétain envisage de faire condamner [[Paul Reynaud]] et [[Georges Mandel]] mais ceux-ci, également incarcérés, ne peuvent pas être inclus dans la procédure de Riom. Censé servir la propagande vichyste en jugeant les ministres du [[Front populaire (France)|Front populaire]] et, au-delà, les institutions démocratiques de la [[Troisième République (France)|Troisième République]] comme seuls comptables de la débâcle, le [[procès de Riom]] tourne à la confusion des accusateurs, devenus à leur tour accusés. Blum et Daladier bousculent les juges par leur connaissance des dossiers relatifs à la défense nationale, rappelant notamment la responsabilité du [[Gouvernement Gaston Doumergue (2)|gouvernement Doumergue]], dont Pétain faisait partie en tant que ministre de la Guerre, dans la réduction des crédits militaires en 1934. Somme toute, le , Pétain reporte le procès "sine die" par un . Les accusés, toujours en instance de jugement, demeurent internés. Fin , le régime de Vichy cède devant les exigences des autorités allemandes qui, sous prétexte d'empêcher une tentative de libération américaine, transfèrent les prisonniers sur le territoire du [[Troisième Reich|Reich]]. Par ailleurs, dès le , Vichy fait condamner à mort par [[contumace]] [[Charles de Gaulle]] (même si Pétain prétend qu'il veillera à ce que la sentence ne soit pas appliquée) puis ses compagnons, qui sont déchus de la nationalité française avec ceux qui les rejoignent. Des procès iniques sont intentés à diverses personnalités républicaines, ainsi à [[Pierre Mendès France]], condamné en à Clermont-Ferrand pour une prétendue « désertion » (l'affaire du "[[Massilia (paquebot)|Massilia]]", bateau-piège), avec [[Jean Zay]] et quelques autres. À l’automne 1941, grâce à des lois ouvertement antidatées, Vichy envoie à la [[guillotine]] plusieurs prisonniers [[Communisme|communistes]], dont le député [[Jean Catelas]], en représailles à des attentats anti-allemands. Culte du chef et popularité. [[Fichier:Imagerie de la Révolution nationale.jpg|gauche|vignette|redresse|Imagerie de propagande : sous la devise « [[Travail, Famille, Patrie]] », le portrait de Pétain en médaillon soutenu par une [[Ordre de la Francisque|francisque]] au-dessus d'une scène représentant la France rurale et industrielle, 1942.]] [[Fichier:Mère de famille et enfants - portrait Pétain.jpg|vignette|redresse|Une mère de famille avec des enfants tenant le portrait de Pétain.]] Jouant le plus possible sur la réputation du « vainqueur de Verdun », le régime exploite le prestige du maréchal et diffuse un [[culte de la personnalité]] omniprésent : les photos du maréchal figurent dans les vitrines de tous les magasins, sur les murs des cités, dans toutes les administrations, ainsi qu’aux murs des classes dans tous les locaux scolaires et dans ceux des organisations de jeunesse. On le retrouve jusque sur les calendriers des [[Postes, télégraphes et téléphones (France)|PTT]]. Le rôle de [[Bernard Ménétrel]], médecin et secrétaire particulier du maréchal est prédominant dans cette action de communication et de propagande. Le visage du chef de l’État apparaît aussi sur les [[Philippe Pétain (timbre)|timbres]] et les pièces de monnaie, tandis que les bustes de [[Marianne]] sont retirés des mairies. La Saint-Philippe, chaque , est célébrée à l’instar d’une fête nationale. Un hymne à sa gloire, le célèbre "[[Maréchal, nous voilà !]]", est interprété dans de nombreuses cérémonies en lieu et place de "[[la Marseillaise]]". À qui douterait, des affiches de propagande proclament : ou encore . Pétain exige aussi un serment de fidélité des fonctionnaires d'État à sa propre personne. L'acte constitutionnel du oblige déjà les secrétaires d'État, les hauts dignitaires, et les hauts fonctionnaires à jurer fidélité au chef de l'État. Après son discours du (discours dit du , où il déplore les contestations croissantes de son autorité et de son gouvernement), Pétain étend le nombre de fonctionnaires devant lui prêter serment. Les actes constitutionnels et du concernent respectivement les militaires et les magistrats. Le serment est prêté par tous les juges à l’exception d’un seul, [[Paul Didier]], aussitôt révoqué et interné au [[camp de Choisel|camp de Châteaubriant]]. Puis c'est l’ensemble des fonctionnaires qui doit jurer fidélité au chef de l'État par l’acte constitutionnel du . Il concernera donc les instituteurs jusqu'aux postiers. Néanmoins, en zone occupée, où l'autorité de Vichy est moins assurée, de hauts fonctionnaires nommés avant 1940, éviteront discrètement de prêter serment à Pétain et, après la guerre, pourront ainsi conserver leur poste. Toute une littérature, relayée par la presse sous contrôle et par maints discours officiels ou particuliers, trouve des accents quasi-idolâtres pour exalter le maréchal comme un sauveur messianique, pour célébrer son « sacrifice », pour le comparer à [[Jeanne d'Arc]] ou à [[Vercingétorix]], pour vanter l’allant et la robustesse physique du vieillard, ou encore la beauté de ses célèbres yeux bleus. Un chêne pluri-centenaire reçoit son nom en [[forêt de Tronçais]]. De nombreuses rues sont débaptisées et prennent son nom sur ordre. Le serment prêté par les titulaires de la [[ordre de la Francisque|Francisque]] prévoit : Henri [[Henri Pourrat|Pourrat]], salué par le [[prix Goncourt]] en 1941 pour son livre "Vent de Mars", devient le chantre officiel du nouveau régime et se fait l'hagiographe du chef de l'État français avec la sortie de son livre "Le Chef français" publié par [[Robert Laffont]] en 1942. [[Fichier:La-terre-elle-ne-ment-pas-marechal-petain.jpg|vignette|« La terre, elle, ne ment pas. »<br>[[Imagerie]] de [[propagande]] du régime de Vichy.]] La popularité du maréchal ne repose cependant nullement sur le seul appareil de propagande. L’intéressé sait l’entretenir par de nombreux voyages à travers toute la [[zone sud]], surtout en 1940-1942, où des foules considérables viennent l’acclamer. Il reçoit de nombreux présents de partout ainsi qu'un abondant courrier quotidien, dont des milliers de lettres et de dessins des enfants des écoles. Pétain entretient aussi le contact avec la population par un certain nombre de réceptions à [[Vichy]], ou surtout par ses fréquents discours à la radio. Il sait employer dans ses propos une rhétorique sobre et claire, ainsi qu’une série de formules percutantes, pour faire mieux accepter son autorité absolue et ses idées réactionnaires : , (), (). [[Fichier:Revolution Nationale poster.png|gauche|vignette| : affiche de 1940]] Par ailleurs, de nombreux évêques et hommes d’Église mettent leur autorité morale au service d’un culte ardent du maréchal, salué comme l’homme providentiel. Le , le [[primat des Gaules]], le [[Pierre Gerlier|cardinal Gerlier]], proclame ainsi, à la [[primatiale Saint-Jean de Lyon]], en présence du maréchal : . L’[[Assemblée des cardinaux et archevêques de France]], en 1941, assure le chef de l’État de sa « vénération », dans une résolution sans équivalent au . Mais de nombreux Français de tous bords et de toutes croyances communient pareillement dans la confiance au Maréchal. En particulier, le vieux chef [[Monarchisme|monarchiste]] [[Charles Maurras]] salue son arrivée comme une . Basés à Paris, les « ultras de la [[Collaboration en France|Collaboration]] » se montrent généralement hostiles à Vichy et à la [[Révolution nationale]], qu’ils jugent trop réactionnaires et pas engagés assez loin dans l’appui à l’Allemagne nazie. Cependant, à la suite de [[Philippe Burrin]] et [[Jean-Pierre Azéma]], l’historiographie récente insiste davantage sur les passerelles qui existent entre les hommes de Vichy et ceux de Paris. Un ultra-collaborationniste comme le futur chef de la [[Milice française]], [[Joseph Darnand]], est ainsi pendant toute l’Occupation un inconditionnel fervent du Maréchal. Le chef fasciste français [[Jacques Doriot]] proclame quant à lui jusqu’à fin 1941 qu’il est « un homme du Maréchal ». Son rival [[Marcel Déat]] a essayé en 1940 de convertir Pétain à son projet de parti unique et de régime totalitaire, s’attirant de ce dernier une fin de non-recevoir () ; déçu, Déat quitte définitivement Vichy et agonit désormais Pétain d'attaques dans son journal "[[L'Œuvre (journal)|L’Œuvre]]", à tel point que le maréchal, en 1944, se débrouille pour ne jamais contresigner sa nomination comme ministre. D'autres entourent Pétain de leur vénération sans bornes, tels [[Gaston Bruneton]], chargé de l’action sociale auprès des travailleurs français en Allemagne (volontaires et forcés) en étroite collaboration avec le DAF ([[Deutsche Arbeitsfront|Front allemand du travail]]), ou encore se voient confier des fonctions importantes par Vichy. Programme de Révolution nationale. Choix prioritaire du maréchal Pétain. [[Fichier:Revolution Nationale propaganda poster.jpg|vignette|Projet d'affiche conçu pour promouvoir la Révolution nationale et stigmatiser la [[Troisième République (France)|Troisième République]] prétendument en proie au capitalisme, au communisme, à l'affairisme, aux juifs et aux francs-maçons. Illustration de R. Vachet, Centre de propagande de la Révolution nationale d'Avignon.]] Instaurant un régime contre-révolutionnaire et autoritaire, le régime de Vichy veut réaliser une « [[Révolution nationale]] », à fortes consonances [[antisémitisme|antisémites]], qui rompt avec la tradition républicaine et instaure un ordre nouveau fondé sur l’[[autorité]], la [[hiérarchie]], le [[corporatisme]], l’inégalité entre les [[citoyenneté|citoyens]]. Sa devise « [[Travail, Famille, Patrie]] », empruntée aux « [[Croix-de-Feu]] », remplace le triptyque « [[Liberté, Égalité, Fraternité]] ». Dès l’, un discours du maréchal Pétain prévient que le nouveau régime . La Révolution nationale est la priorité de Pétain, dont il fait son affaire personnelle, et qu'il encourage par ses discours et ses interventions en Conseil des ministres. Cependant, dès , il avoue à la radio ses projets, parmi la masse de la population. À partir du retour au pouvoir de Laval en , la Révolution nationale n’est plus à l’ordre du jour. L’historiographie récente, depuis les travaux d'[[Henri Michel (historien)|Henri Michel]], [[Robert Paxton]] ou [[Jean-Pierre Azéma]], tend à montrer que le désir de pouvoir enfin « redresser » la France à sa façon a poussé largement Pétain, en , à retirer la France de la guerre par l’armistice. C’est également lui qui le pousse à accepter l’entente avec le vainqueur : la Révolution nationale ne peut prospérer que dans une France défaite, car c'est la défaite qui rend caduques les institutions républicaines qui l'ont provoquée et justifie la nécessité d'une telle révolution. Pour les pétainistes, une victoire alliée signifierait de plus le retour des Juifs, des francs-maçons, des républicains et des communistes. Selon ces historiens, Pétain néglige aussi le péril et la contradiction qu’il y a à entreprendre ses réformes sous le regard de l’occupant. Cette illusion est d’ailleurs dénoncée dès l’époque par la [[France libre]] du [[Charles de Gaulle|général de Gaulle]], mais également par nombre de [[Résistance intérieure française|résistants]], dont certains avaient pu au départ être tentés par le programme de Pétain, mais qui estiment dangereux de se tromper sur les priorités et vain d'entreprendre des réformes, tant que les Allemands ne sont pas chassés du pays. En , [[François Valentin (homme politique)|François Valentin]], le chef de la [[Légion française des combattants]], nommé à ce poste par Pétain lui-même, rejoint [[Londres]], enregistre et fait diffuser à la [[BBC]] un message retentissant dans lequel il fait son autocritique et dénonce la faute grave du maréchal et de ses fidèles : Mais, si les historiens ont déterminé les intentions de Pétain, ce n'était pas toujours le cas des personnes vivant à l'époque, et, si Pétain conduisit par exemple une politique antisémite, ceux qui l'admiraient n'avaient pas forcément de telles idées. Enfin, les « vichysto-résistants », souvent séduits par la Révolution nationale mais hostiles à la collaboration et à l'occupant, furent nombreux. Réformes, contrôles et exclusions. [[Fichier:Statut des Juifs - page 1.jpg|vignette|gauche|redresse|Texte du [[Lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy|statut des Juifs]], annoté de la main de Pétain (). "Archives Mémorial de la Shoah."]] [[Fichier:'Entreprise juive' affichage obligatoire, Le Matin, 19-10-1940.jpg|vignette|Marque obligatoire bilingue allemand-français à afficher sur la devanture des entreprises juives, France, .]] Les premières mesures sont prises par la loi du qui dissout les sociétés secrètes et interdit la franc maçonnerie en France et dans toutes les colonies et territoires sous mandat français. Par décret pris quelques jours après la loi, les sièges des obédiences sont occupés par la police et les lieux d'exercice (temples maçonniques) sont fermés. En , le gouvernement oblige tous les agents publics à faire une déclaration, afin de servir le nouveau régime, certifiant qu'ils ne sont pas francs maçons ; s'ils le sont, ils se retrouvent exclus de la fonction publique ou de l'armée. Les secondes mesures sont notamment dirigées contre les Juifs dès la loi du , bien que le maréchal semble avoir été imperméable à l'antisémitisme avant la guerre : il soutint la candidature d'André Maurois à l'Académie française, fut représenté à l'enterrement d'[[Edmond de Rothschild]] en 1934, fut témoin au mariage de l'économiste israélite [[Jacques Rueff]] en 1937 et le parrain de sa fille en 1938. [[Fichier:Le statut des Juifs est promulgué - Le Matin.jpg|vignette|Une du journal "[[Le Matin (France)|Le Matin]]" du , annonçant la promulgation du [[Loi portant statut des Juifs|statut des Juifs]] ainsi que la révocation du [[Franc-maçonnerie en France|franc-maçon]] Louis Doignon.]] Dès la troisième semaine de , ainsi, des mesures sont prises pour écarter des fonctionnaires juifs, et une commission est fondée pour réviser et annuler des milliers de [[naturalisation]]s accordées depuis 1927. En , sans aucune demande particulière de la part des Allemands, des lois d’exclusion adoptées à la hâte contre les [[Juifs]] sont promulguées (voir l’article : [[régime de Vichy]]). Selon le témoignage du ministre des Affaires étrangères [[Paul Baudouin]], Pétain a personnellement participé à la rédaction du [[Lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy|statut des Juifs]] et insisté pour qu’ils soient par exemple davantage exclus du milieu médical et de l'enseignement. Le brouillon originel de ce texte, qui est redécouvert en , annoté de la main du maréchal, prouvant ainsi son implication personnelle, confirme bien que Pétain a durci la version première et fait étendre l'exclusion à la totalité des Juifs de France, alors qu'elle ne devait concerner d'abord que les Juifs ou descendants de Juifs naturalisés après [[1860]]. Les textes discriminatoires du sont durcis le : ils excluent ainsi les Français de « race juive » (déterminée par la religion des grands-parents) de la plupart des fonctions et activités publiques. Des quotas sont fixés pour l’admission des Juifs au [[barreau]], dans le monde universitaire ou médical. Lors du statut du , la liste des métiers interdits s’allonge démesurément. Dans le même temps par une loi du , promulguée par le maréchal, est créé un . Auprès du maréchal se pressent des hommes de tous bords, mêlant de façon baroque, au sein de sa , des technocrates modernistes et des révolutionnaires déçus du marxisme aussi bien que des maurrassiens et des réactionnaires. Pétain cependant manifeste personnellement des orientations proches de "[[L'Action française (quotidien)|L’Action française]]" () et cite surtout en exemple à ses proches les régimes conservateurs et cléricaux de [[António de Oliveira Salazar|Salazar]] et de [[Francisco Franco|Franco]], qu’il connaît personnellement depuis 1939. Parallèlement au développement d’un pouvoir centralisé, le maréchal se consacre au « relèvement de la France » : rapatriement des réfugiés, démobilisation, ravitaillement, maintien de l’ordre. Mais loin de se limiter à gérer les [[affaires courantes]] et à assurer la survie matérielle des populations, son régime est le seul en [[Europe]] à développer un programme de réformes intérieures, indépendant des demandes allemandes. Certaines mesures prises à cette époque ont survécu, comme la création d’un ministère de la Reconstruction, l’unification du permis de construire, la transformation du service géographique des armées en [[Institut national de l'information géographique et forestière|IGN]] en , l’étatisation des polices municipales par une loi en en vue de faciliter le contrôle des populations, ou encore une politique familiale, déjà amorcée par la finissante et prolongée sous la [[Quatrième République (France)|]]. D’autres dispositions sont adoptées : campagne contre l’alcoolisme, interdiction de fumer dans les salles de spectacle, inscription de la [[fête des Mères]] au calendrier. D’autres encore portent la marque des projets réactionnaires du chef de l’État, comme la pénalisation des [[homosexualité|relations homosexuelles]] avec des personnes mineures. De nombreux étrangers supposés sont incorporés de force dans des [[Groupement de travailleurs étrangers|Groupes de travailleurs étrangers]] (GTE). Les Écoles normales, bastion de l’enseignement laïc et républicain, sont supprimées à la fin de l'année 1940 et le baccalauréat devient alors obligatoire pour pouvoir enseigner dans l'enseignement primaire, le futur instituteur se formant alors « sur le tas » en étant en stages pendant plus d'une année, dans les écoles maternelles ou élémentaires. Les lois des [[11 octobre|11]] et contre l’emploi des femmes en renvoient des milliers au foyer de gré ou de force. Le [[divorce]] est rendu nettement plus difficile, et le nombre de poursuites judiciaires et de condamnations pour avortement explose littéralement par rapport à l’entre-deux-guerres. En , apparaît le premier statut général des fonctionnaires civils. En 1943, Pétain refuse de gracier une avorteuse condamnée à mort, qui est guillotinée. Autre rupture avec la , les rapports étroits noués avec les Églises : Pétain, personnellement peu croyant, voit comme [[Charles Maurras|Maurras]] en la religion un facteur d’ordre, et ne manque pas d’assister à chaque messe dominicale à l’[[église Saint-Louis de Vichy]]. [[Fichier:Chantiers de la jeunesse BNF.jpg|vignette|gauche|redresse|Affiche des [[Chantiers de la jeunesse française]], 1941.]] Dans l’optique de la « restauration » de la France, le régime de Vichy crée très tôt, sous la direction de [[Joseph de La Porte du Theil]], un fidèle très proche du maréchal Pétain, des camps de formation qui durent six mois et qui deviendront plus tard les [[Chantiers de la jeunesse française]]. L’idée est de réunir toute une classe d’âge (en remplacement du service militaire interdit par les Allemands), et, à travers une vie au grand air, par des méthodes proches du [[scoutisme]], leur inculquer les valeurs morales du nouveau régime (culte de la hiérarchie, rejet de la ville industrielle corruptrice), ainsi que la vénération à l’égard du chef de l’État. D’autres moyens de contrôle sont également mis en place dans le domaine économique, comme les Comités professionnels d’organisation et de répartition, ayant un pouvoir de juridiction sur leurs membres ou un pouvoir de répartition des matières premières, pouvoir capital en ces temps de restrictions généralisées. [[Fichier:Bundesarchiv Bild 183-H26364, Paris, Anwerbung französischer Arbeiter.jpg|vignette|À [[Paris]], l'armée d'[[occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale|occupation allemande]] sélectionne les futurs travailleurs du [[Service du travail obligatoire (France)|Service du travail obligatoire]].]] À destination des ouvriers, Pétain prononce le un important discours à [[Saint-Étienne]], où il expose sa volonté de mettre fin à la lutte des classes en prohibant à la fois le [[capitalisme]] [[Libéralisme|libéral]] et la révolution [[Marxisme|marxiste]]. Il énonce les principes de la future [[Charte du travail du 4 octobre 1941|Charte du travail]], promulguée en . Celle-ci interdit à la fois les grèves et le "[[lock-out]]", instaure le système du syndicat unique et le [[corporatisme]], mais met aussi en place des comités sociaux (préfiguration des [[Comité d'entreprise|comités d'entreprise]]) et prévoit la notion de salaire minimum. La Charte séduit de nombreux syndicalistes et théoriciens de tous bords ([[René Belin]], [[Hubert Lagardelle]]). Mais elle peine à entrer en application, et ne tarde pas à se briser sur l’hostilité de la classe ouvrière au régime et à ces idées, l’aggravation des pénuries, l’instauration du [[Service du travail obligatoire (France)|Service du travail obligatoire]] (STO) en , et enfin sur la lutte menée contre elle par les syndicats clandestins de la [[Résistance intérieure française]]. Véritables enfants chéris de Vichy, les paysans passent cependant longtemps pour les vrais bénéficiaires du régime de Pétain. Lui-même propriétaire terrien en sa résidence de [[Villeneuve-Loubet]], un vaste domaine agricole qu'il gère lui-même, le maréchal affirme que , et encourage le retour à la terre — politique soldée sur un échec, moins de en quatre ans tentant de suivre ses conseils. La [[Corporation paysanne]] est fondée par une loi du . Une partie des membres se détache du régime fin 1943 et lui font aussi servir de base à la création d'un syndicalisme paysan clandestin fin 1943, la [[Confédération générale de l'agriculture]] (CGA) qui voit le jour officiellement le , lors de la dissolution de la Corporation paysanne par les autorités et qui se prolongera sous la forme de la [[Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles|FNSEA]] en 1946. Développant fréquemment et complaisamment la vision doloriste d’une France « décadente » qui expie maintenant ses « fautes » antérieures, Pétain entretient les Français dans une mentalité de vaincu : (à une délégation, ), et manifeste un souci particulier pour les soldats prisonniers, images mêmes de la défaite et de la souffrance : , ([[Noël]] 1941). Selon son chef de cabinet, [[Henry du Moulin de Labarthète]], le tiers du temps de travail quotidien du maréchal était consacré aux prisonniers. De ces derniers, Vichy rêvait de faire les propagateurs de la Révolution nationale à leur retour. De la Légion à la Milice. [[Fichier:Joseph Darnand c1940.jpg|vignette|redresse|[[Joseph Darnand]], secrétaire général de la [[Milice française|Milice]].]] [[Fichier:Bundesarchiv Bild 146-1989-107-24, Frankreich, Einsatz gegen die Resistance.jpg|vignette|gauche|Arrestation de [[Résistance intérieure française|résistants]] par la [[Milice française|Milice]], .]] La période consécutive à l’armistice voit aussi la création de la « [[Légion française des combattants]] » (LFC), à laquelle sont ensuite agrégés les « Amis de la Légion » et les « Cadets de la Légion ». Fondée par le très antisémite [[Xavier Vallat]] le , elle est présidée par le maréchal Pétain en personne. Pour Vichy, elle doit servir de fer de lance de la Révolution nationale et du régime. À côté des parades, des cérémonies et de la propagande, les Légionnaires actifs doivent surveiller la population, et dénoncer les déviants et les fautifs de « mauvais esprit ». Au sein de cette légion se constitue un Service d’ordre légionnaire (SOL) qui s’engage immédiatement dans la voie du [[Collaboration en France|collaborationnisme]]. Cet organisme est commandé par [[Joseph Darnand]], héros de la Première Guerre mondiale et de la campagne de 1940, et fervent partisan de Pétain (sollicité en 1941 de joindre la Résistance, il refuse, selon le témoignage de [[Claude Bourdet]], parce que « le Maréchal » ne comprendrait pas). Ce même organisme devient en la « [[Milice française]] ». À la fin de la guerre, alors que Vichy est devenu un régime fantoche aux ordres des Allemands, la Milice qui compte au maximum , dont beaucoup d’aventuriers et de droit-communs, participe activement à la lutte contre la Résistance, avec les encouragements publics du maréchal Pétain comme de [[Pierre Laval]], son président officiel. Haïe de la population, la Milice perpètre régulièrement délations, tortures, rafles, exécutions sommaires, qui se mêlent à d’innombrables vols, viols, voies de faits sur la voie publique ou contre des fonctionnaires. Pétain attend le pour les désavouer dans une note à Darnand, trop tardivement pour que ce dernier soit dupe. , rappellera Darnand dans sa réponse caustique au maréchal, . Collaboration d’État. [[Fichier:Arthur Szyk - Le maréchal Pétain écoutant la voix de son maître.jpg|vignette|Le maréchal Pétain écoutant la voix de son maître.<br> Parodiant un célèbre [[La Voix de son maître|logo canin]], la caricature est signée [[Arthur Szyk]], New York, 1941.]] Sur le plan de la politique extérieure, Pétain a retiré d’emblée le pays du conflit mondial en cours, et affecte de croire que ce dernier ne concerne plus du tout la France. S’il refuse jusqu’au bout toute rentrée dans la guerre aux côtés d’un des deux camps, il ne refuse pourtant pas le combat contre les [[Alliés de la Seconde Guerre mondiale|Alliés]] chaque fois qu'il en a l'occasion et annonce dès , son intention de reprendre par la force les territoires sous autorité de la [[France libre]]. Il pratique donc une « neutralité dissymétrique » qui profite aux Allemands. Il choisit en effet de s’entendre avec le vainqueur et imagine que la France, avec son empire colonial, sa flotte et sa bonne volonté à coopérer, peut obtenir une bonne place dans une Europe durablement allemande. Ceci peut être perçu comme une certaine naïveté de la part de Pétain : dans l’idéologie nazie, la France était en effet l’ennemie irréductible de l’Allemagne, elle devait être écrasée et ne pouvait en aucun cas bénéficier d’une quelconque place privilégiée à ses côtés. Il est bien établi, depuis les travaux d'[[Eberhard Jäckel]] et surtout de [[Robert Paxton]], que Pétain a activement recherché et poursuivi cette [[Collaboration en France|collaboration]] avec l’Allemagne nazie. Elle ne lui a pas été imposée. Moins intéressé par la politique extérieure que par la [[Révolution nationale]], sa vraie priorité, Pétain laisse Darlan et Laval mettre en œuvre les volets concrets de la collaboration d’État. Mais l’une est en réalité le revers de l’autre, selon les constats concordants de l’historiographie contemporaine : les réformes vichystes n’ont pu se mettre en place qu’en profitant du retrait de la France de la guerre, et elles ne sauraient survivre à une victoire alliée. Par ailleurs, le « mythe Pétain » est indispensable pour faire accepter à bien des Français la collaboration. Le prestige du vainqueur de Verdun, son pouvoir légal sinon légitime, brouillent en effet dans les consciences en désarroi la perception des devoirs et des priorités. Rencontre de Montoire. [[Fichier:Bundesarchiv Bild 183-H25217, Henry Philippe Petain und Adolf Hitler.jpg|vignette|gauche|Pétain et Hitler à [[Entrevue de Montoire|Montoire]], le .]] Après avoir affecté pendant trois mois de rester neutre dans le conflit en cours entre l’Axe et le [[Royaume-Uni]], Pétain engage personnellement et officiellement, par son discours radiodiffusé du , le régime de Vichy dans la [[Collaboration en France|collaboration]], à la suite de l’[[entrevue de Montoire]] du , durant laquelle il rencontra [[Adolf Hitler|Hitler]]. Cette « [[poignée de main]] de Montoire », sera par la suite largement diffusée aux actualités cinématographiques, et exploitée par la propagande allemande. Certes, l’armistice avait permis, en un premier temps, de limiter l’occupation allemande à la [[zone occupée|moitié nord et ouest]] du territoire. Mais l’autonomie de la [[zone libre|zone sud]] est toute relative, car Pétain, avec ou sans discussion préliminaire, plie le plus souvent devant les exigences des autorités allemandes, quand son gouvernement ne va pas spontanément au-devant de celles-ci. Cette collaboration d’État entraîne plusieurs conséquences. Le maréchal, alors que son prestige reste immense, s’interdit de protester, au moins publiquement, contre les exactions de l’occupant et de ses auxiliaires français ou contre l’annexion de fait, contraire à la convention d’armistice, de l’[[Alsace]] et de la [[Moselle (département)|Moselle]]. Aux parlementaires des trois départements, qu’il reçoit le alors que commence l’incorporation massive et illégale des Français d'Alsace et de Lorraine, dits les [[malgré-nous]] dans la [[Wehrmacht]], il ne conseille que la résignation. La veille, il avait fait remettre par Laval une protestation officielle, qui restera sans suite. En 1941, le régime de Pétain est "[[de facto]]" [[cobelligérance|allié]] avec les forces militaires allemandes lors de la [[Campagne de Syrie (1941)|guerre de Syrie contre les Alliés]]. Le [[Maxime Weygand|général Weygand]], connu pour son hostilité à la collaboration, ayant été limogé en , Pétain obtient [[Entrevue de Saint-Florentin|une entrevue avec Göring]] à [[Saint-Florentin (Yonne)|Saint-Florentin]] le . Mais c'est un échec, les Allemands refusant de céder à ses demandes : extension de la souveraineté de Vichy à toute la France sauf l'[[Alsace-Lorraine]], réduction des frais d'occupation et du nombre de prisonniers de guerre et renforcement des moyens militaires de l'Empire. En , sous la pression allemande, mais aussi parce qu’il est déçu des maigres résultats de Darlan, Pétain accepte le retour au pouvoir de [[Pierre Laval]], désormais doté du titre de « chef du gouvernement ». Il n’y a pas de différence en politique extérieure entre un « Vichy de Pétain » et un « Vichy de Laval », comme l’ont suggéré [[André Siegfried]], [[Robert Aron]] ou [[Jacques Isorni]]. S’il n’a aucune affection personnelle pour Laval, Pétain couvre sa politique de son autorité et de son charisme, approuve ses orientations en Conseil des ministres, et même parfois les mots de ses discours. Ainsi celui du où Laval prononce ces mots retentissants : : [[Charles Rochat]] a témoigné par écrit pour la Haute Cour de justice que Pétain les avait avalisés, en faisant même changer un « Je crois » initial en un « Je souhaite » encore plus critique. En , devant une délégation de visiteurs à [[Vichy]], Pétain assure qu’il agit avec Laval, que les ordres de ce dernier sont et que tous lui doivent obéissance . Lors du procès de Pétain, Laval déclarera sans ambiguïté qu’il n’agissait qu’après en avoir déféré à l'avis du maréchal : tous ses actes avaient été approuvés préalablement par le chef de l’État. Rafle du billet vert par la police française en 1941. Sur la base des recensements effectués, étrangers, des Polonais pour la plupart, des hommes de 18 à habitant en région parisienne, reçoivent une convocation pour « examen de situation » (le billet vert), les sommant de se rendre, accompagnés d'un proche, dans divers lieux de rassemblement le . Plus de la moitié () obéissent et sont aussitôt arrêtés pendant que la personne qui les accompagne est invitée à aller leur chercher des affaires et des vivres. Ils sont transférés en autobus à la [[gare de Paris-Austerlitz|gare d'Austerlitz]] et déportés le jour même par quatre trains spéciaux vers les camps d'internement du Loiret (à peu près à [[Pithiviers]] et à [[Beaune-la-Rolande]]) Dans leur très grande majorité, les victimes de cette opération sont déportées lors des premiers [[Convois de la déportation des Juifs de France|convois]] de juin et et assassinées à [[Auschwitz|Auschwitz-Birkenau]]. En , les Allemands exécutent en [[représailles après la mort de Karl Hotz]], "Feldkommandant" des troupes d'occupation du département de Loire-Inférieure. À la suite de ces représailles qui soulèvent l’indignation générale, Pétain a des velléités secrètes de se constituer lui-même comme otage à la [[Ligne de démarcation (France)|ligne de démarcation]], mais son ministre [[Pierre Pucheu]] l’en dissuade vite au nom de la politique de collaboration, et le maréchal ne fait finalement de discours que pour blâmer les auteurs d’attentats et appeler les Français à les dénoncer. Au encore, Pétain ne condamne jamais les déportations, les rafles et les massacres quasi-quotidiens, se taisant par exemple sur le [[massacre d'Ascq]], où sont massacrés par les [[Waffen-SS|Waffen SS]] dans le [[Nord (département français)|Nord]], près de [[Lille]]. Par contre, il ne manque pas de dénoncer « les crimes terroristes » de la [[Résistance intérieure française|Résistance]] ou les bombardements alliés sur les objectifs civils. Il encourage les membres de la [[Légion des volontaires français contre le bolchevisme|Légion des volontaires français]] (LVF) qui combattent en [[Union des républiques socialistes soviétiques|URSS]] sous uniforme [[Allemands|allemand]], leur garantissant dans un message public qu’ils détiennent . Rafle du Vel' d'Hiv' Lorsque fin , Laval informe le Conseil des ministres de la prochaine mise en œuvre de la [[rafle du Vélodrome d'Hiver]], le procès-verbal témoigne que Pétain agrée comme « juste » la livraison de milliers de Juifs aux nazis. Puis le , la zone sud devint le seul territoire de toute l’Europe d’où des Juifs, souvent internés par Vichy depuis 1940 dans les très durs camps de [[camp de Gurs|Gurs]], [[Noé (Haute-Garonne)#Histoire|Noé]], [[Rivesaltes#Histoire|Rivesaltes]], furent envoyés à la mort alors même qu’aucun soldat allemand n’était présent. Maintenant [[antisémitisme|antisémite]], Pétain s’est opposé en à l'introduction en zone sud du port obligatoire de l’[[étoile jaune]], mais il n’a pas protesté contre son introduction en zone nord, et en zone sud son gouvernement fait apposer le tampon « Juif » sur les papiers d’identité à partir de fin 1942. En , comme les Allemands pressent Vichy de retirer en bloc la nationalité française aux Juifs, ce qui aurait favorisé leur déportation, le [[Valerio Valeri|nonce]] le fait prévenir discrètement que , ce qui impressionne le vieil homme et contribue à l’échec du projet. En tout, parmi lesquels , non réclamés au départ par les Allemands, ont été déportés de France sous l’Occupation, dont 80 % ont été arrêtés par la police française. Un tiers avait la nationalité française. Seuls 3 % survivront aux déportations dans les camps de concentration. À ce sujet, l'historien [[André Kaspi]] écrit : . Pour l'avocat [[Serge Klarsfeld]] cet lorsque l'on constate l'implication personnelle de Pétain dans la politique antisémite dès . En , un télégramme signé Pétain félicite Hitler d’avoir fait échec à la [[Raid de Dieppe|tentative de débarquement allié à Dieppe]]. Le , Pétain promulgue la première loi fondant le [[Service du travail obligatoire (France)|Service du travail obligatoire]], complétée par celle du . Le [[Service du travail obligatoire (France)|STO]] organise en une dizaine de mois le départ forcé de plus de français, qui vont renforcer malgré eux l'[[Allemagne]] nazie. Après le tournant de. [[Fichier:Göring mit Petain und Darlan 1941.jpg|vignette|Entrevue entre les maréchaux Pétain et [[Hermann Göring|Göring]], [[Entrevue de Saint-Florentin|gare de Saint-Florentin - Vergigny]], .]] Lorsque les Alliés [[Opération Torch|débarquent en Afrique du Nord]] le , au [[Maroc]], à [[Oran]] et dans le port d'[[Alger]], Pétain donne officiellement l’ordre de les combattre, en déclarant : L'existence même de Vichy est alors en cause : si les forces de Vichy ne résistent pas à l'invasion alliée, les Allemands envahiront inéluctablement la France non occupée et le reste de l'[[Afrique du Nord]]. Pendant quelques jours, les Alliés doivent donc faire face à une authentique résistance de la part de l'[[Armée de Vichy]], obéissant aux ordres de ses chefs. En réaction à ce débarquement, le , violant la convention d’armistice, les Allemands envahissent la [[zone libre|zone sud]]. Pétain refuse l'idée de gagner l'Afrique du Nord, d'ordonner à la flotte de [[Toulon]] d’appareiller, de replacer la France dans le camp des Alliés. Pour justifier sa décision, il va en privé jusqu'à invoquer que son médecin lui a déconseillé de prendre l’avion… Il veut surtout pouvoir continuer à . Il proteste contre cette invasion par une déclaration plusieurs fois diffusée sur les ondes. En fait, soulignent Robert Paxton et R. Franck, il reste fidèle à son choix de 1940, associant étroitement retrait de la guerre, collaboration et Révolution nationale. Sa décision déçoit d'innombrables Français qui croyaient encore en un hypothétique « double jeu » secret du maréchal et s'imaginaient qu'il souhaitait en secret préparer la reprise de la lutte et la revanche contre l'ennemi. Nombre d’entre eux se détachent du régime de Vichy tout en conservant généralement leur respect pour la personne du maréchal Pétain et vont parfois gonfler les rangs clandestins des inspirés notamment par les généraux [[Henri Giraud (militaire)|Giraud]] et [[Jean de Lattre de Tassigny|de Lattre de Tassigny]]. Le surnom de , dont certains l’avaient affublé, se répand. La dissidence de la plus grande partie de l'Empire, la fin de la « zone libre », le [[sabordage de la flotte française à Toulon]], le , la dissolution de l’armée d'armistice font perdre à Vichy ses derniers atouts face aux Allemands. En maintenant sa politique de collaboration, Pétain perd beaucoup de la popularité dont il jouissait depuis 1940, et la [[résistance (politique)|Résistance]] s’intensifie malgré le durcissement de la répression. [[Fichier:Marshal Petain and Pierre Laval c1942.jpg|vignette|gauche|Pétain et [[Pierre Laval]] dans le parc du [[pavillon Sévigné]] à Vichy, vers 1942.]] Pétain fait officiellement déchoir de la nationalité française et condamner à mort ses anciens fidèles [[François Darlan]] et [[Henri Giraud (militaire)|Henri Giraud]], qui sont passés au camp allié en Afrique du Nord. Il ne proteste à aucun moment lorsque fin 1942, puis à nouveau à l’automne 1943, une vague d'arrestations frappe son propre entourage et écarte de lui un nombre important de conseillers et de fidèles dont [[Maxime Weygand]], [[Lucien Romier]] ou [[Joseph de La Porte du Theil]], interné en Allemagne. Il consent des délégations croissantes de pouvoirs à [[Pierre Laval]], redevenu son dauphin, qui place ses fidèles à tous les postes-clés et qui obtient de lui, à partir du , de signer seuls les lois et les décrets. Fin 1943, voyant le sort de l’Axe scellé, Pétain tente de jouer en France le rôle du maréchal [[Pietro Badoglio|Badoglio]] en Italie, lequel en , après avoir longtemps servi le fascisme, a fait passer le pays du côté allié. Pétain espère ainsi qu’un nouveau gouvernement moins compromis aux yeux des Américains, doté d’une nouvelle constitution pourra, au « jour J », écarter le général [[Charles de Gaulle|de Gaulle]] du jeu et négocier avec les libérateurs l’impunité de Vichy et la ratification de ses actes. Le , alors que Pétain s'apprête à prononcer le lendemain un discours radiodiffusé par lequel il annoncerait à la nation une révision constitutionnelle selon laquelle il reviendrait à l'Assemblée nationale de désigner son successeur, ce qui aurait remis en cause le statut officiel de dauphin de Laval, les Allemands, par l'intermédiaire du consul général [[Roland Krug von Nidda|Krug von Nidda]], bloquent ce projet. Après six semaines de « grève du pouvoir », Pétain se soumet. Le projet de constitution républicaine est finalisé et approuvé par Pétain le ([[:wikisource:fr:Projet de constitution du 30 janvier 1944|Projet de constitution du ]]) mais il ne fut jamais promulgué. Pétain accroît encore les pouvoirs de Laval tout en acceptant la fascisation progressive de son régime par l’entrée au gouvernement de [[Joseph Darnand]], [[Philippe Henriot]] et [[Marcel Déat]] (, et ). Dans les derniers mois de l’Occupation, Pétain affecte désormais d’être un simple « prisonnier » des Allemands, tout en continuant à couvrir en fait de son autorité et de son silence la collaboration qui se poursuit jusqu’au bout, ainsi que les atrocités de l’ennemi et de la Milice française. En , il tente de déléguer l’amiral [[Gabriel Auphan|Auphan]] auprès de [[Charles de Gaulle|De Gaulle]] pour lui transmettre régulièrement le pouvoir sous réserve que le nouveau gouvernement reconnaisse la légitimité de Vichy et de sauvegarder « le principe de légitimité que j’incarne ». . Sigmaringen. [[Fichier:95, Schloß Sigmaringen - panoramio.jpg|vignette|Vue extérieure du [[château de Sigmaringen]].]] Le , les Allemands, en la personne de [[Cecil von Renthe-Fink]], « délégué spécial diplomatique du [[Führer]] auprès du chef de l'État français », demandent à Pétain de se laisser transférer en [[zone nord]]. Celui-ci refuse et demande une formulation écrite de cette demande. Von Renthe-Fink renouvelle sa requête par deux fois le 18, puis revient le 19, à , accompagné du général von Neubroon qui lui indique qu'il a des . Le texte écrit est soumis à Pétain : . Devant le refus renouvelé du maréchal, les Allemands menacent de faire intervenir la Wehrmacht pour bombarder Vichy. Après avoir pris à témoin l'ambassadeur de Suisse, [[Walter Stucki]], du chantage dont il est l’objet, Pétain se soumet, et . Le lendemain, , il est emmené contre son gré par l’armée allemande à [[Belfort]] puis, le , à [[Sigmaringen]] dans le sud-ouest de l'Allemagne, où s’étaient réfugiés les dignitaires de son régime. À Sigmaringen, Pétain refuse d’exercer encore ses fonctions et de participer aux activités de la [[Commission gouvernementale de Sigmaringen|Commission gouvernementale]] présidée par [[Fernand de Brinon]]. Il se cloître dans ses appartements, tout en préparant sa défense après avoir appris que la [[Haute Cour (France)#Haute Cour de justice (Gouvernement provisoire de la République française)|Haute Cour de justice française]] se dispose à le mettre en accusation par contumace. Arrestation et retour en France. Le , après avoir obtenu des Allemands qu'ils le conduisent en [[Suisse]], et des Suisses qu'ils l'acceptent sur leur territoire, Pétain demande à regagner la France. Par l'intermédiaire du diplomate [[Carl Jacob Burckhardt|Carl Burckhardt]], le gouvernement suisse transmet cette requête au général de Gaulle. Le [[Gouvernement provisoire de la République française|gouvernement provisoire de la République]] décide de ne pas s'y opposer. Le , les autorités suisses lui font rejoindre la frontière puis il est remis aux autorités françaises le . Le général [[Pierre Kœnig|Kœnig]] est chargé de le prendre en charge à [[Vallorbe]]. Le maréchal est ensuite interné au [[fort de Montrouge]]. Procès et condamnation. [[Fichier:Procès Pétain.jpg|gauche|vignette|Philippe Pétain durant son procès, .]] [[Fichier:Pétain au poteau.jpg|vignette|« Pétain au poteau ! »,<br> tract de l'[[Mouvement jeunes communistes de France|Union de la jeunesse républicaine de France]], vers 1945.]] Le [[procès]] du maréchal Pétain débute le devant la [[Haute Cour (France)|Haute Cour de justice]] créée le . Après que six autres magistrats se sont récusés, le tribunal est présidé par [[Paul Mongibeaux]], promu à cette occasion par le gouvernement provisoire du général de Gaulle, premier président de la [[Cour de cassation (France)|Cour de cassation]], assisté du président de la [[Chambre criminelle de la Cour de cassation française|chambre criminelle à la Cour de cassation]] Donat-Guigne, et Picard, premier président de la [[Cour d'appel de Paris|Cour d'appel]]. Tous trois avaient prêté [[Actes constitutionnels du régime de Vichy|serment de fidélité au maréchal]]. Le [[Ministère public (France)|ministère public]] est représenté par le procureur général [[André Mornet]], président honoraire de la [[Cour de cassation (France)|Cour de cassation]]. L’instruction est assurée par [[Pierre Bouchardon]], président de la commission de la Haute Cour, choisi personnellement par de Gaulle. Le jury de vingt-quatre personnes est constitué de douze parlementaires (et quatre suppléants) et de douze non-parlementaires issus de la Résistance (et quatre suppléants). Ce jury est choisi dans deux listes, la première étant celle de cinquante parlementaires n'ayant pas voté les pleins pouvoirs à Pétain, la deuxième étant composée de personnalités de la Résistance ou proches d'elle. La défense use de son droit de récusation pour quelques noms sortant du tirage au sort, notamment [[Robert Pimienta]] et [[Lucie Aubrac]]. Après récusations de la défense, les jurés sont : Défendu par [[Jacques Isorni]], [[Jean Lemaire (avocat)|Jean Lemaire]] et le [[bâtonnier (France)|bâtonnier]] Fernand Payen, Philippe Pétain déclare le premier jour qu’il avait toujours été un allié caché du [[Charles de Gaulle|général de Gaulle]] et qu’il n’était responsable que devant la France et les Français qui l’avaient désigné et non devant la Haute Cour de justice. Dans ces conditions, il ne répondra pas aux questions qui lui seront posées. Viennent déposer de nombreuses personnalités en tant que témoins soit à charge : [[Édouard Daladier]], [[Paul Reynaud]], [[Léon Blum]], [[Pierre Laval]], soit à décharge : le [[Maxime Weygand|général Weygand]], le pasteur [[Marc Boegner]], ou encore l’aumônier des prisonniers de guerre [[Jean Rodhain]], seul homme d'Église à témoigner à décharge. Le procès s’achève le à quatre heures et demie du matin. Suivant les réquisitions du procureur général [[André Mornet]], la cour déclare Philippe Pétain coupable d’intelligence avec l’ennemi et de [[haute trahison]]. Elle le [[peine de mort|condamne à mort]], à l'[[indignité nationale]], et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge. Le verdict de la Haute Cour de justice reconnaît Philippe Pétain coupable d'[[indignité nationale]] et le condamne à la dégradation nationale ; cette décision emporte « la destitution de toutes fonctions, emplois, offices publics et corps constitués / la perte de tous grades dans l'armée ». À la fin du procès, il se dépouille de son uniforme avant d'être incarcéré, mais c’est avec ce même uniforme qu’il fut inhumé en 1951. Accomplissant le vœu de la Haute Cour de justice, le [[Charles de Gaulle|général de Gaulle]], chef du [[Gouvernement provisoire de la République française|Gouvernement provisoire de la République]], commue la sentence de mort en peine de réclusion à perpétuité le . Compte tenu de la peine de [[Indignité nationale#Peine encourue|dégradation nationale]] (article 21 de l'[[ordonnances du Gouvernement provisoire de la République française relatives à l'épuration|ordonnance du ]]), Philippe Pétain est exclu automatiquement de l'[[Académie française]] (l'ordonnance prévoit l'exclusion de l'[[Institut de France|Institut]]). Toutefois, celle-ci s’abstint d’élire un remplaçant de son vivant au , égard dont bénéficia également [[Charles Maurras]] (tandis qu’[[Abel Bonnard]] et [[Abel Hermant]] sont remplacés dès 1946). Emprisonnement. Philippe Pétain est emprisonné au [[fort du Portalet]], un fort de montagne, dans les [[Pyrénées-Atlantiques]] (alors les Basses-Pyrénées), du au . L'unique photo de Pétain enfermé dans ce lieu a été prise clandestinement par Michel Larre, chargé de l'entretien du fort à cette époque. Pendant le régime de Vichy, ce fort avait servi de lieu de détention pour plusieurs personnalités politiques. Il est ensuite transféré au [[fort de Pierre-Levée]] sur l'[[île d'Yeu]], au large de la [[Vendée (département)|Vendée]]. Il est, hormis ses gardiens, le seul occupant du fort. Son épouse installée à son tour dans l’île, bénéficie d’un droit de visite quotidien. Au cours de ces années, les avocats de Philippe Pétain et plusieurs dignitaires étrangers, parmi lesquels l'ancien roi et la reine [[Mary de Teck|Mary]], réclament sa libération auprès des gouvernements successifs. Ceux-ci, emmêlés dans l'instabilité politique de la [[Quatrième République (France)|Quatrième République]], préfèrent cependant ne pas prendre de risque sur un sujet sensible pour l'opinion publique. Début , le président américain [[Harry S. Truman|Harry Truman]] intervient sans succès pour réclamer sa libération, proposant de lui accorder l'asile politique aux [[États-Unis]]. La santé mentale de Philippe Pétain décline à partir de la fin des , les moments de lucidité devenant de plus en plus rares. Après avoir pris position en ce sens dès 1949, le général de Gaulle déclare le à [[Oran]], dans un discours prononcé place d'Armes devant une foule d'environ huit mille personnes, qu'. Eu égard à cette situation, après un examen médical réalisé par le professeur [[René Piedelièvre]], le [[Conseil supérieur de la magistrature (France)|Conseil supérieur de la magistrature]], présidé par [[Vincent Auriol]], président de la République, en vue d’adoucir une fin prévisible, autorise le « l’élargissement » du prisonnier et son assignation à résidence . Le transfert dans une maison privée de [[Port-Joinville]] a lieu le , soit moins d'un mois avant sa mort. Mort, inhumation et tombe. Le , Philippe Pétain meurt à [[Port-Joinville]], à l'âge de . Veillé par [[Jean Rodhain]], il est inhumé le surlendemain dans le cimetière de la même commune. La translation de la dépouille du maréchal Pétain à la [[Ossuaire de Douaumont|nécropole de Douaumont]] à côté de Verdun est réclamée à plusieurs reprises par l'[[Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain]] (ADMP) à partir de 1951, au nom de la « réconciliation nationale ». Ce transfert correspond à un souhait de Pétain, tel qu’écrit dans son [[testament (droit)|testament]] de 1938, qui souhaitait reposer auprès des centaines de milliers de soldats français qui sont tombés pendant la [[bataille de Verdun]]. L'association organise notamment une pétition en ce sens en , soutenue par de très nombreuses associations d'anciens combattants de 1914-1918, qui recueille près de . Les gouvernements français successifs s'opposeront toujours à cette demande. Il s'agit en fait avec celle-ci, selon l'analyse d'[[Henry Rousso]], . Dans la nuit du , le cercueil du maréchal Pétain est enlevé par des membres de l’extrême droite, à l'instigation de [[Jean-Louis Tixier-Vignancour]], ancien de l’[[Organisation de l'armée secrète|OAS]], afin d’opérer le transfert de sa dépouille à Douaumont. Malgré les précautions prises, l'enlèvement est découvert quelques heures plus tard ; il fait rapidement la une des médias français et mobilise les autorités. Le commando abandonne alors sa route vers Verdun, trop risquée, et remonte sur Paris. Le cercueil est dissimulé dans un garage de [[Saint-Ouen-sur-Seine|Saint-Ouen]] tandis que Tixier-Vignancour tente de négocier un transfert de la dépouille aux [[Hôtel des Invalides|Invalides]]. [[Hubert Massol]], chef du commando, se rend finalement le , après l'arrestation de ses complices et indique où se trouve le cercueil. Celui-ci est ramené à l'île d'Yeu le lendemain et réinhumé après une brève cérémonie. La tombe est cette fois bétonnée. [[Fichier:Tombe de Philippe Pétain à l'Île-d'Yeu.jpg|vignette|Tombe de Philippe Pétain sur l'[[île d'Yeu]], en [[Vendée (département)|Vendée]].]] La tombe de Philippe Pétain est fleurie au nom de la présidence de la République le (sous le [[Charles de Gaulle|général de Gaulle]], à l'occasion du de l'armistice de 1918), le (sous [[Georges Pompidou]], à la suite de la réinhumation suivant le vol du cercueil) et en 1978 (sous [[Valéry Giscard d'Estaing]], de la victoire de 1918). Pendant la présidence de [[François Mitterrand]], elle est fleurie le (jour de la rencontre avec le chancelier [[Helmut Kohl]] à Verdun), puis le ( de la bataille de Verdun), puis chaque entre 1987 et 1992. Cette pratique ne cesse qu’après de nombreuses protestations dont celles de la communauté juive. Sa tombe est vandalisée une à deux fois par an, ce qui donne lieu à des dépôts de plainte. Position de l'opinion publique à son égard. De la Grande Guerre à 1940. Militaire à la réussite tardive, Pétain doit son premier prestige moins à son rôle à Verdun qu’à sa gestion de la crise du moral en 1917. En arrêtant les offensives inutilement meurtrières, et en libéralisant le régime des permissions, il gagne et conserve auprès des hommes et jusque dans certains cercles pacifistes la réputation d’un chef compréhensif et soucieux d’épargner le sang des soldats. Même si certains rappellent (pour l’exalter ou pour le dénoncer) son rôle de « fusilleur » des [[Mutineries de 1917|mutins de 1917]], c’est cette réputation qui se maintient pendant l’[[entre-deux-guerres]]. Il fut reconnu tout au long de l'entre-deux-guerres: fait [[Maréchal de France|maréchal]] en 1918, il est, avec [[Louis Franchet d'Espèrey|Franchet d'Esperey]] , le dernier titulaire de la prestigieuse [[Maréchal de France|dignité dans l'État]] après 1934; membre de l’[[Académie française]], [[Inspection générale des armées|inspecteur général de l’Armée]], il est un éphémère ministre de la Guerre en 1934 puis [[Ambassade de France en Espagne|ambassadeur de France en Espagne]] en 1939. Pendant ces années, il évite de prendre des partis trop tranchés, ce qui lui ménage même dans les milieux républicains voire de gauche la réputation d’un militaire modéré et politiquement fiable. Peu clérical au contraire d’un [[Ferdinand Foch|Foch]] ou d’un [[Édouard de Castelnau|Castelnau]], il ne se mêle pas de la crise de 1924, où ce dernier prend la tête d’un mouvement de masse contre l’anticléricalisme du gouvernement [[Édouard Herriot|Herriot]] ; il évite de dénoncer en public le [[Front populaire (France)|Front populaire]] et l’[[Front populaire (Espagne)|Espagne républicaine]] ; il est informé du complot de la « [[Cagoule (Osarn)|Cagoule]] » visant à renverser la République et à porter un militaire prestigieux (lui-même ou [[Louis Franchet d'Espèrey|Franchet d’Esperey]]) à la tête de l’État, mais se garde de s’y compromettre (1937). En 1939, lorsqu’il est nommé ambassadeur auprès de Franco, [[Léon Blum]] proteste dans "Le Populaire" qu’on envoie au dictateur espagnol . Seul le colonel [[Charles de Gaulle|de Gaulle]] soupçonne qu’il prend goût au pouvoir, et confie : . En , [[Paul Reynaud]] ne se méfie pas davantage de Pétain quand il l’appelle à la vice-présidence du Conseil. Or, après s’être d’abord longuement tu, Pétain prend la tête des partisans de l’armistice. Maréchalistes, pétainistes et opinion pendant l’Occupation. Il est hors de doute qu’une majorité de Français, sonnés par la déroute d’une armée qu’ils croyaient invincible, ont accueilli l’[[Armistice du 22 juin 1940|armistice]] comme un soulagement, de même que le maintien d’un gouvernement français dirigé par un sauveur providentiel et susceptible à leurs yeux de faire écran entre eux et l’occupant. Très peu ont perçu sur le coup que le retrait de la guerre condamnait le pays à une longue occupation nécessitant l’entente avec le vainqueur. Par ailleurs, souligne [[Olivier Wieviorka]], ni l’essentiel des Français ni la majorité des parlementaires à lui [[vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain|voter les pleins pouvoirs]] ne voulaient lui donner ainsi mandat pour exclure les Juifs, briser l’unité nationale ou atteler la France au char allemand. Contrairement à une légende encore tenace, il n’y a pas eu non plus en 1940 « quarante millions de pétainistes » qui seraient devenus en 1944 quarante millions de gaullistes. La distinction de [[Stanley Hoffmann]] entre « maréchalistes » et « pétainistes » s’est imposée en effet à l’historiographie contemporaine. Les « maréchalistes » font confiance à Pétain comme bouclier des Français. Beaucoup plus minoritaires, les « pétainistes » approuvent en plus son idéologie réactionnaire et sa politique intérieure, voire la [[Collaboration en France|collaboration d’État]]. Maurras lui-même diagnostique publiquement sans fard dès le décalage entre le soutien de l’opinion publique à la personne du Maréchal et la méfiance ou l’opposition face à l’œuvre de [[Révolution nationale]] : . Nombre de résistants de la première heure furent ainsi un temps maréchalistes par erreur, croyant que Pétain jouait double-jeu et qu’en préparant la revanche, ils répondaient à ses vœux secrets. [[Henri Frenay]] ou le journal clandestin "[[Défense de la France]]" citent ainsi élogieusement Pétain en 1941-1942, avant de revenir de leurs illusions et de dénoncer son rôle comme équivoque et néfaste. D’autres encore, les , ont participé au [[régime de Vichy]] et à la mise en œuvre de sa politique avant de se détourner de lui surtout après , tout en gardant leur respect pour Pétain et pour tout ou partie de ses idées. Souvent, ils n’ont pas d’objection de fond à faire à celles-ci, mais considèrent que le moment choisi pour les appliquer est inapproprié, tant que l’Allemand occupe encore le territoire. Des déçus de la ont cru aussi que le régime de Pétain pouvait leur servir à mettre en place leurs propres projets, et se sont ralliés à tout ou partie de sa [[Révolution nationale]]. Ainsi, [[Emmanuel Mounier]], qui obtient la reparution d’"[[Esprit (revue)|Esprit]]" en et dont le premier numéro de la revue paraît plutôt favorable à la Révolution nationale, rompt avec Pétain dès par rejet radical de l'[[antisémitisme]] et passe à la Résistance. Sa revue cesse de paraître après . [[François Mitterrand]], prisonnier évadé travaillant aux bureaux officiels de Vichy, est reçu par le maréchal Pétain en mais n’en rejoint pas moins la Résistance quelques mois plus tard.. Si beaucoup de « [[Collaboration (pays occupé)|collaborationnistes]] parisiens » méprisent Vichy et son chef qu’ils jugent trop réactionnaires et toujours trop peu engagés aux côtés du [[Troisième Reich]], nombre des ultras de la collaboration sont de très fervents fidèles de Pétain, dont ils estiment relayer les appels publics à collaborer avec l’occupant : ainsi [[Joseph Darnand]] ou encore [[Jacques Doriot]] qui se dit « un homme du Maréchal » jusqu’à fin 1941. Un groupuscule clairement pro-nazi de zone nord se baptise même les « Jeunes du Maréchal ». De nombreux ultras sont d’ailleurs plus ou moins précocement nommés membres du gouvernement Pétain à Vichy : ainsi [[Gaston Bruneton]], [[Abel Bonnard]], [[Jean Bichelonne]], [[Fernand de Brinon]], et plus tard [[Philippe Henriot]] ou [[Marcel Déat]]. Selon le Quellien, : 19 % des collaborationnistes du [[Calvados (département)|Calvados]] interrogés après la guerre confient s’être inscrits à des partis « collabos » d’abord parce qu’ils pensaient suivre ainsi les volontés du maréchal. Les travaux pionniers de [[Pierre Laborie]] et de nombreux historiens permettent aujourd’hui de mieux cerner l’évolution de l’opinion publique sous Vichy. Généralement, la [[Révolution nationale]], souci premier de Pétain, intéresse peu les Français, et « patine » dès 1941. La [[Collaboration en France|collaboration]] est très largement rejetée, mais beaucoup croient à tort que le maréchal est de bonne foi et veut protéger les Français, voire qu’il est forcé par les Allemands à collaborer ou même prisonnier d’un entourage « collabo ». Reprenant le thème ancestral du bon monarque trompé par ses mauvais ministres, la masse des Français distingue entre le maréchal et ses ministres, à commencer par le très impopulaire [[Pierre Laval]], unanimement haï, et chargé seul de toutes les turpitudes et de tous les échecs du régime. Nombre de Français ne font toutefois pas la différence, qu’ils soient résistants ou non. Dans bien des écoles, l’instituteur néglige d’apprendre aux élèves le "[[Maréchal, nous voilà !]]". Globalement, le prestige de Pétain est nettement plus faible chez les ouvriers que chez les paysans ou dans la bourgeoisie, et encore faut-il apporter de nombreuses nuances. Les prisonniers de guerre, coupés depuis 1940 de la réalité française et choyés par la propagande du régime, sont en général restés maréchalistes ou pétainistes plus longtemps que les autres Français. Si la grande majorité de l’épiscopat français est restée très maréchaliste voire pétainiste jusqu’en 1944, les catholiques ont été, avec les communistes, une des catégories les plus engagées dans la [[Résistance intérieure française|Résistance]]. Enfin, la [[Zone libre|zone sud]], est beaucoup plus marquée par la présence de Pétain et de son régime que la [[Zone occupée|zone nord]], où le chef de l’État, Vichy et la [[Révolution nationale]] sont des réalités bien plus lointaines. Dans son [[Nord-Pas-de-Calais]] natal, coupé de l’Hexagone et dirigé depuis [[Bruxelles]], Pétain ne jouit avec son régime d’aucune considération : l’Occupation y est d’emblée trop brutale, pire que celle déjà subie entre 1914 et 1918, l’anglophilie traditionnelle trop forte, pour laisser la moindre place aux thèmes de la collaboration et du « redressement » intérieur. Après les [[Rafle du Vélodrome d'Hiver|rafles de Juifs de l’]], l’[[Opération Anton|invasion de la zone sud]] en , puis l’instauration du [[Service du travail obligatoire (France)|STO]], le discrédit de Vichy est massif, mais épargne toutefois majoritairement la figure tutélaire du maréchal. Cependant, celui-ci devient de plus en plus lointain aux yeux des Français. Le , lorsque Pétain vient pour la première fois à Paris en quatre ans, une foule nombreuse l'acclame et chante "La Marseillaise". Les sondages d’opinion effectués à l’automne 1944 ne montrent pas une nette majorité de Français favorables à la condamnation du « traître » Pétain, cependant, la proportion exigeant la peine capitale ne cesse d'augmenter au fil des mois. À la question posée de savoir s'il faut infliger une peine au maréchal, les réponses sont les suivantes : Le [[Parti communiste français|PCF]] mena quant à lui une virulente campagne contre « Pétain-[[François Achille Bazaine|Bazaine]] », assimilant ainsi le chef de Vichy au fameux traître de la [[Guerre franco-allemande de 1870|guerre de 1870]]. La condamnation de Pétain au châtiment suprême, puis sa grâce, furent majoritairement approuvés. Cependant, une ordonnance du nie la légalité du régime de Vichy et réaffirme la légalité républicaine à compter du . La nullité de la législation de Vichy est précisée à l’article 2 du texte : « Sont, en conséquence, nuls et de nul effet tous les actes constitutionnels, législatifs ou réglementaires, ainsi que les arrêtés pris pour leur exécution, sous quelque dénomination que ce soit, promulgués sur le territoire continental postérieurement au et jusqu’au rétablissement du gouvernement provisoire de la République française ». Après la Seconde Guerre mondiale. Au procès Pétain, l’avocat [[Jacques Isorni]] avec ses confrères [[Jean Lemaire (avocat)|Jean Lemaire]] et le [[bâtonnier (France)|bâtonnier]] Fernand Payen lance la légende du « détournement de vieillard » : Pétain aurait été abusé par [[Pierre Laval]] qui aurait profité de son grand âge. Sous la , le [[Rassemblement du peuple français|RPF]] gaulliste emploie la fameuse phrase de [[Charles de Gaulle]] dans ses mémoires : , . L’historien [[Éric Roussel]], entre autres, a montré que ce jugement gaullien n’explique en rien les choix du chef de l’État français, et qu’il n’a en réalité qu’une finalité électorale : pour rallier le plus possible de voix contre le « régime des partis » honni, les gaullistes doivent rallier les ex-pétainistes sans se déjuger de leur action dans la Résistance, d’où cette excuse commode de Pétain par l’âge de l’intéressé. En réalité, comme le montrent [[Marc Ferro]], [[Jean-Pierre Azéma]] ou [[François Bédarida]], les choix de Pétain étaient parfaitement cohérents et bénéficiaient d’appuis dans les milieux les plus divers de la société. [[Yves Durand (historien)|Yves Durand]] souligne qu’il bâtissait son régime comme s’il avait du temps devant lui, sans se soucier de la possibilité de sa disparition prochaine. Quant aux fameuses « absences du Maréchal » rapportées par [[Jean-Raymond Tournoux]], Marc Ferro ou [[Jean-Paul Brunet]] (il se mettait à disserter soudain sur le menu du jour ou le temps dehors face à des visiteurs), il s’agissait surtout d’une tactique pour éluder les questions gênantes en jouant du respect qu’inspirait sa qualité d’octogénaire. Au reste, à la fin de son régime, tant les observateurs que les [[Collaboration en France|ultras de la collaboration]] louaient encore publiquement sa santé et sa clarté d’esprit. Pour [[Robert Paxton]], le journaliste [[Robert Aron]] aurait contribué à lancer la légende parallèle de « [[Thèse du bouclier et de l'épée|l’épée et du bouclier]] » : Pétain aurait tenté de résister pied à pied aux demandes allemandes, et secrètement cherché à aider les Alliés, pendant que de Gaulle préparait la revanche ; d’autre part, il y aurait un « Vichy de Pétain » opposé au « Vichy de Laval ». Ces deux thèses sont les chevaux de bataille des apologistes de la mémoire de Pétain, mais ces distinctions ont volé en éclats à partir de la parution de son livre "La France de Vichy" en 1973. Archives allemandes puis françaises à l’appui, les historiens actuels démontrent, à sa suite, que la [[collaboration en France|collaboration]] a été recherchée par Pétain, alors qu'[[Adolf Hitler]] n’y croyait pas et n’a jamais voulu traiter la France en partenaire. Si la collaboration n’est pas allée aussi loin qu’elle aurait pu, c’est bien en raison des réticences de Hitler, et non grâce à une quelconque résistance de Pétain aux demandes de l’occupant. Ainsi, la collaboration répondait aux choix fondamentaux et intangibles de Pétain comme de Laval, que le maréchal a nommé et laissé agir en aidant son gouvernement de son charisme. Quant au fameux « double jeu » du maréchal, il n’a jamais existé. Les quelques sondages informels qu’il a autorisés avec Londres, fin 1940, n’ont eu aucune suite, et ne pèsent rien au regard de son maintien constant de la collaboration d’État jusqu’à la fin de son régime, à l’. Loin d’avoir protégé les Français, selon les historiens, Pétain a accru leurs souffrances en permettant aux Allemands de réaliser à moindres frais leurs objectifs : livraisons de Juifs dans le cadre de la [[Shoah]], répression de la [[Résistance intérieure française|Résistance]], envoi forcé de main-d’œuvre au [[Service du travail obligatoire (France)|STO]], pillage alimentaire et économique. Avec son peu de troupes, de fonctionnaires et de policiers, jamais l’occupant n’aurait vu ses projets aboutir sans le concours indispensable des autorités de Vichy, et sans le prestige de Pétain, qui maintenait les Français dans le doute ou dans la conviction qu’ils faisaient leur devoir en collaborant. 80 % des de France déportés et exterminés par les nazis dans les [[Camps d'extermination nazis|camps de la mort]] ont ainsi été arrêtés par la police française. De plus, en excluant de sa propre initiative des catégories entières de la communauté nationale (Juifs, communistes, républicains, francs-maçons, et bien sûr résistants), Pétain les a rendues plus vulnérables à la répression allemande, et a écarté d’emblée ces catégories de son hypothétique protection, tout comme les [[Malgré-nous|Alsaciens-Mosellans]], abandonnés et pour nombre d'entre eux morts ou blessés à vie à cause d'Hitler, dans les mains d'un pouvoir ennemi. Aussi Pétain apparaît-il aujourd’hui aux historiens, selon le mot de [[Jean-Pierre Azéma]], comme « un bouclier percé ». Depuis 1945, huit demandes en révision du procès Pétain ont été rejetées, ainsi que la demande répétée du transfert de sa dépouille à [[Ossuaire de Douaumont|Douaumont]]. Dans une note à [[Alexandre Sanguinetti]], le , le [[Charles de Gaulle|général de Gaulle]], alors président de la République, signifia ainsi sa position sur cette question : Dans la foulée de l'[[Épuration à la Libération en France|épuration]], la plupart des en France sont renommées, quelques-unes subsistant, la dernière jusque 2013. En 1995, le président [[Jacques Chirac]] reconnut officiellement la responsabilité de l’État dans la [[rafle du Vélodrome d'Hiver]] et, en [[2006]], pour les de la [[bataille de Verdun (1917)|bataille de Verdun]], son discours mentionna à la fois le rôle de Pétain dans la bataille et ses choix désastreux de la Seconde Guerre mondiale. Une longue bataille judiciaire a eu lieu d' à au sujet de la mémoire du maréchal Pétain. [[Jacques Isorni]] et [[François Lehideux]] avaient fait paraître le dans le quotidien "[[Le Monde]]" un encart publicitaire intitulé « Français, vous avez la mémoire courte », dans lequel, au nom de l'[[Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain]] et l'Association nationale Pétain-Verdun, ils prenaient sa défense. À la suite d'une plainte déposée par l'[[Association nationale des anciens combattants de la Résistance]] pour apologie de crimes ou délits de collaboration avec l'ennemi, le [[Procureur de la République (France)|procureur de la République]] prit un réquisitoire définitif de non-lieu le , mais le juge d'instruction renvoya, une semaine plus tard, les parties devant le tribunal correctionnel de Paris, qui relaxa les prévenus le — jugement confirmé par la [[Cour d'appel de Paris]] le . L'arrêt de la Cour d'appel fut cassé par la [[Cour de cassation (France)|Cour de cassation]] le . La Cour d'appel de Paris se déjugea le en déclarant les constitutions de parties civiles recevables ; elle infirma le jugement de relaxe, et condamna les prévenus à un franc de dommages et intérêts et à la publication de l'arrêt dans "Le Monde". Le pourvoi en cassation déposé par les prévenus fut rejeté par la Cour le . Enfin, le (par l'arrêt Lehideux et Isorni contre France) la [[Cour européenne des droits de l'homme|Cour européenne des droits de l'Homme]] décida par quinze voix contre six qu'il y avait eu violation de l'article 10 de la [[Convention européenne des droits de l'homme|Convention européenne des droits de l'Homme]] — portant sur la liberté d'expression : l'opinion majoritaire chez les juges fut qu'il devait être possible de présenter un personnage, quel qu'il soit, sous un jour favorable et de promouvoir sa réhabilitation et que la condamnation pénale subie en France par les requérants était disproportionnée. Dans la culture populaire. Roman graphique. "Juger Pétain", textes de [[Sébastien Vassant]] et Philippe Saada, dessins de Sébastien Vassant, éditions [[Glénat]], coll. 1000 Feuilles, , 2015. Divers. Le nom du maréchal Pétain a été donné à un paquebot des [[Messageries maritimes|Messageries Maritimes]] mais celui-ci, s'il fut bien lancé sous ce nom, fut rebaptisé "La Marseillaise" avant sa mise en service. Le village de [[Beni Amrane]] en [[Algérie]] porte le nom de « Maréchal Pétain » entre 1942 et 1943. Voir aussi. Liens externes. [[Catégorie:Philippe Pétain|*]] [[Catégorie:Naissance en avril 1856]] [[Catégorie:Naissance dans le Pas-de-Calais]] [[Catégorie:Décès en juillet 1951]] [[Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr]] [[Catégorie:Militaire français de la Première Guerre mondiale]] [[Catégorie:Exil français à Sigmaringen]] [[Catégorie:Vice-président du Conseil supérieur de la guerre]] [[Catégorie:Maréchal de France de la Troisième République]] [[Catégorie:Membre de l'Académie des sciences morales et politiques]] [[Catégorie:Ministre de la Troisième République]] [[Catégorie:Président du Conseil de la Troisième République]] [[Catégorie:Chef d'État français]] [[Catégorie:Chef d'État ou de gouvernement de la Seconde Guerre mondiale]] [[Catégorie:Personnalité politique du régime de Vichy]] [[Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de l'Aigle blanc]] [[Catégorie:Personne reconnue coupable de trahison envers la France]] [[Catégorie:Condamné à la peine de mort en France]] [[Catégorie:Personnalité condamnée à mort pour haute trahison]] [[Catégorie:Personnalité condamnée à mort pour collaboration avec le régime nazi]] [[Catégorie:Membre exclu de l'Académie française]] [[Catégorie:Décès dans la Vendée]] [[Catégorie:Décès à 95 ans]] [[Catégorie:Personnalité inhumée dans la Vendée]] [[Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur]] [[Catégorie:Titulaire de la médaille militaire]] [[Catégorie:Grand-croix avec collier de l'ordre de Charles III d'Espagne]] [[Catégorie:Parrain de promotion de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr]] [[Catégorie:Personnalité condamnée à l'indignité nationale]] [[Catégorie:Ambassadeur de France en Espagne]] [[Catégorie:Ministre français de la Guerre]] [[Catégorie:Ministre d'État (France)]] [[Catégorie:Personnalité radiée de la Légion d'honneur]] [[Catégorie:Chef d'état-major de l'Armée de terre française]] [[Catégorie:Chef militaire de la Première Guerre mondiale]] [[Catégorie:Coprince d'Andorre du XXe siècle]]
Prix Ig-Nobel Le prix Ig Nobel (qui peut être prononcé "Ignobel", car nommé ainsi par jeu de mots entre « prix Nobel » et l'adjectif « ignoble » en anglais) est un prix parodique du prix Nobel décerné chaque année à dix recherches scientifiques qui paraissent loufoques ou anodines, mais qui amènent ensuite à réfléchir. L'objectif déclaré de ces prix est de « récompenser les réalisations qui font d'abord rire les gens, puis les font réfléchir ». Les prix sont également utilisés pour souligner que même les recherches paraissant insolites ou absurdes peuvent apporter des connaissances utiles. Certains lauréats acceptent de recevoir leur prix lors d'un gala, d'autres non. L'Ig Nobel a été créé par Marc Abrahams, éditeur et cofondateur du magazine scientifique humoristique "". Les recherches sont présentées principalement par des lauréats du prix Nobel lors d'une cérémonie au "Sanders Theater" de l'université Harvard, et, après l'attribution des prix, une série de conférences publiques est donnée par les au "Massachusetts Institute of Technology". Principe. L'énoncé officiel dit que ces prix sont avant tout destinés à éveiller la curiosité du public pour la science en général, bien qu’ils puissent parfois prendre une valeur dénonciatrice (voir Critères). « Les prix Ig Nobel couronnent des prouesses qui font rire les gens au premier abord, et les font ensuite réfléchir. Ces prix ont pour but de rendre hommage à l'originalité et d'honorer l'imagination . » On peut ajouter à cela que la futilité de certains travaux primés peut n'être qu'apparente : ainsi, l'étude de 2006 relative aux spaghettis (évoquée plus loin dans cet article) permet de répondre à une question posée par Pierre-Gilles de Gennes et semble trouver des applications en architecture. L'expression reprend le nom d'une revue irrévérencieuse des années 1960, ', que la revue "Planète" avait fait connaître alors en France. Dix prix sont attribués chaque année à des recherches particulièrement saugrenues . Les prix sont décernés au "Sanders Theater" de l'université Harvard par la revue d'humour en science ', en présence de lauréats du prix Nobel. Les lauréats du prix Ig Nobel sont ensuite conviés à donner des conférences publiques au MIT. Le nom est un jeu de mots en référence au prix Nobel : en anglais, « "" » se prononce approximativement comme le mot « ignoble ». Les premiers prix "Ig Nobel" ont été remis en 1991. En 2010, un ancien lauréat du prix "Ig Nobel" a reçu le prix Nobel de physique (Andre Geim, prix "Ig Nobel" pour la lévitation d'une grenouille ; prix Nobel pour son travail sur les graphènes). Critères. Le prix est décerné une fois par an, mais les domaines sont variables. Les domaines possibles sont toutes les branches de la science, ou tous les domaines proches de ceux pour lesquels il existe un prix Nobel. Cela inclut la psychologie, les mathématiques ou l'informatique. Le prix est décerné chaque année, dans des domaines choisis par les jurés suivant ce que l'actualité a fourni. On peut distinguer plusieurs types de travaux susceptibles de recevoir un prix Ig Nobel. Tout d'abord les recherches concluantes, mais répondant à une question qui semble n'avoir que peu d'intérêt, voire être risible, par rapport à l'effort fourni. C'est la situation la plus courante pour les authentiques chercheurs recevant un prix. Dans ce cas-là, les lauréats viennent parfois recevoir leur prix, comme Basile Audoly et Sébastien Neukirch en 2006. Le prix peut également récompenser l'humour volontaire. Dans d'autres cas, le prix est plutôt une critique vis-à-vis du lauréat. Dans un registre humoristique, un prix peut être décerné pour un événement remarquable, de manière ironique : prix Ig Nobel de la paix en 1996 au président Jacques Chirac pour la reprise des essais nucléaires français, qui plus est l'année de la cinquantième commémoration des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki ; prix Ig Nobel d'économie aux dirigeants d'Enron pour leurs mensonges sur leur comptabilité. Enfin, le prix peut être décerné à des recherches sans résultat probant alors qu'elles annonçaient initialement des résultats spectaculaires (comme le prix décerné pour la « découverte » de la mémoire de l'eau).
Philip K. Dick Philip Kindred Dick, dit Philip K. Dick, est un auteur américain de romans, de nouvelles et d’essais de science-fiction né le à Chicago (Illinois) et mort le à Santa Ana en Californie. De son vivant, il a reçu plusieurs prix littéraires, comme le prix Hugo pour "Le Maître du Haut Château", et le prix John-Wood-Campbell Memorial pour "Coulez mes larmes, dit le policier". L'auteur a passé la majorité de sa carrière dans une quasi-pauvreté. L'apport de Philip K. Dick à la science-fiction est important, et certaines de ses œuvres ont été adaptées au cinéma pour devenir des films « cultes » : "Blade Runner", "Total Recall", "Minority Report", "Planète hurlante", "A Scanner Darkly". Biographie. Jeunesse. Philip et sa sœur jumelle, Jane Charlotte, naissent en de Dorothy Kindred Dick et Joseph Edgar Dick, travaillant tous deux au département de l'Agriculture des États-Unis, sa mère plus particulièrement employée dans le service censurant les textes officiels du porte-parole du gouvernement, ce qui ne sera pas étranger à son inspiration. Sa mère n'ayant pas assez de lait et pas assez d'argent pour recevoir l'aide médicale qui l'aurait conseillée pour complémenter le régime des nourrissons avec des biberons, Jane meurt quelques semaines plus tard de sous-alimentation, le . Le décès de ce affectera Philip jusqu'à la fin de ses jours. Toute sa vie il reprochera leur misère à ses parents, qu'il considérera comme de la négligence, et sentira qu'une partie de lui-même est manquante, ce qui est très probablement à l'origine de la dualité exceptionnellement forte de son œuvre : on en voit un écho dans son roman ', en la personne du petit frère « interne », mort-né, en relation télépathique avec son jumeau adulte. Assez jeune, il souffre de vertiges et, plus tard, on lui diagnostique une schizophrénie qui sera réfutée par la suite. Terrorisé par ce qu'il imagine, il découvre la science-fiction dans le magazine de nouvelles ' et y décèle la seule issue possible pour extérioriser ses angoisses. Quand il a quatre ans, ses parents divorcent et il reste seul avec sa mère, à Berkeley. Bien que le psychologue conjugal ait prédit que la séparation n'affecterait pas l'enfant, celui-ci s'en plaindra pourtant toute sa vie. Son père rompt définitivement toute relation avec la famille. Il développe très tôt un rapport aigu avec la musique. À , il sait reconnaître un grand nombre d'opéras, symphonies ou concertos rien qu'en entendant les premières notes. Il se passionne également pour les lectures d'Edgar Poe et de Lovecraft. Après avoir commencé à l'université de Californie des études philosophiques qu'il ne terminera jamais (le maccarthisme étant alors à son apogée, il est renvoyé pour sympathies communistes), il s'adonne alors à sa passion principale, la musique, au point d'en faire son métier. Il travaille en effet comme programmateur pour une station de radio et, dans le même temps, comme vendeur de disques dans un magasin à Berkeley, "Universal Music". On reconnaît là de nombreux éléments autobiographiques utilisés dans "Radio libre Albemuth", son fascinant roman posthume et paranoïde, qui recrée avec un remarquable pouvoir évocateur l'époque très particulière où se préparaient, à Berkeley, la vague hippie et les mouvements ultérieurs des années 1960. La plupart des biographes supposent que ce sont les "pulps" américains (', ', ', etc.) qui lui ont fait découvrir la science-fiction. Alors qu'il est encore au collège, il commence à écrire ses premiers textes de SF (et de poésie), dont certains sont publiés dans le "Berkeley Gazette", le tout premier étant ', daté du . En mai 1948, il épouse Jeanette Marlin dont il divorce six mois plus tard, leurs centres d'intérêt divergeant totalement, pour se remarier en juin 1950 avec Kleo Apostolides, d'origine grecque, une militante de gauche mineure, fichée au pour communisme. Dick doit alors affronter la visite de deux agents fédéraux, qui lui demandent d'enquêter sur sa femme. Il refuse, mais finit pourtant par se lier avec l'un d'entre eux, George Scruggs, qui est fasciné par les discours de Dick et sa profession mystérieuse d'écrivain. Dick décrit cette épouse d'ultra-gauche et ces événements presque sans changement dans "Radio libre Albemuth". Débuts dans l'écriture. Poussé par sa femme, il entame en 1952 une carrière d'écrivain professionnel. Ses débuts sont ignorés par le monde qui regarde avec circonspection cet auteur dont les concepts scientifiques sont assez bizarres et le style littéraire non exempt de défauts. Après de très nombreuses nouvelles écrites durant cette période, comme ', " ", ', "Petit Déjeuner au crépuscule", ', ', "", pour ne citer que les plus connues, il décide de se lancer dans le roman, plus rémunérateur. Son premier roman, "Loterie solaire", très politique, est publié en 1955. Il s'inspire de l'idée des stratégies mixtes en théorie des jeux pour suggérer l'idée qu'en contexte concurrentiel des nations, il peut être avantageux de tirer au sort les gouvernants avec une périodicité aléatoire. Côté vie de famille, les relations se dégradent peu à peu. Dick, qui écrit surtout la nuit, ne peut plus supporter de voir sa femme plus active que lui, et le regard des voisins, qui le voient chaque matin paresser dans la véranda, le met mal à l'aise. Il se sent sans cesse traqué, épié, surveillé. Pour réussir à soutenir un rythme de travail rapide, il prend toutes sortes de médicaments, en particulier des amphétamines, qui le plongent régulièrement dans des dépressions terribles. Son côté paranoïaque s'amplifie au fil des mois : s'il ne réussit pas, estime-t-il, c'est parce qu'il est victime de complots fomentés contre lui. Un double effet joue en fait contre lui : la science-fiction n'est plus un genre à la mode, le phénomène des étant passé ; et son style arrive trop en avance pour le public américain de l'époque, dont l'humeur est davantage à l'euphorie qu'à la suspicion. Cela n'arrange en rien la situation psychologique et financière du romancier. Il divorce de sa femme en 1958 et rencontre Anne Williams Rubinstein dont le mari vient de mourir. Commence un flirt où Anne et Philip ont l'impression de se comprendre l'un et l'autre comme s'ils n'avaient jamais connu personne d'autre. Les trois petites filles d'Anne se lient très vite avec ce gros homme barbu qui débarque chez elles sans crier gare et épouse leur mère le . Une fille, Laura Archer, naît de cette union le . Sa nouvelle épouse l'encourage à écrire une œuvre qui fasse de lui un auteur célèbre et reconnu. Il commence alors la rédaction du "Maître du Haut Château". Encore une fois, le couple tourne mal. Anne voit en Dick l'image d'un écrivain qu'il n'est pas et ne tient pas à être, celui-ci ne pouvant se décider à abandonner son genre de prédilection, la science-fiction, bien que son rêve soit d'être reconnu comme écrivain de littérature générale. Sa femme ouvre une bijouterie. Philip se sent une nouvelle fois entretenu par sa femme, bon à rien. Il soupçonne Anne d'avoir contre lui des idées de meurtre. Il déclarera plus tard : Lorsque Anne quitte la maison en emmenant sa fille, il sombre dans la dépression. Le divorce a lieu en 1964. Succès. En 1962, "Le Maître du Haut Château" est publié : c'est un immense succès. Un public « dickien » commence à se créer, enthousiasmé par l'œuvre et, l'année suivante, le roman gagne le prix Hugo. En 1963 et 1964, il enchaîne les romans : "Les Clans de la lune alphane", "Nous les martiens", "Simulacres" et "Le Dieu venu du Centaure", ce dernier étant l'un de ses romans les plus connus. Pour produire, il consomme en masse des amphétamines. En 1964, il se remarie avec Nancy Hackett, âgée de 21 ans, qui lui donne un second enfant, Isolde Freya (surnommée tout simplement Isa). Mais, à nouveau, le mariage ne fonctionne pas. Dick accuse sa femme de « vouloir faire comme les autres » et de chercher malgré lui à l'intégrer dans ce qu'il appelle « la bonne société californienne ». La vie mondaine ne l'intéresse pas : il se consacre entièrement à ses livres, et sort de moins en moins de chez lui. Les assassinats de Robert Kennedy et de Martin Luther King le révoltent, et il cesse de voter cette même année. Durant cette période, Dick écrit "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?", qui servira de base au film "", mais aussi et surtout "Ubik" qui sera plus tard vu comme le chef-d'œuvre de l'écrivain. En 1970, il est éreinté : il a de forts ennuis avec le fisc et sa femme, l'actualité mondiale le rend amer (en particulier la guerre du Viêt Nam). Il écrit à cette époque "Coulez mes larmes, dit le policier", qui porte l'empreinte de sa déprime du moment. Nancy le quitte en emmenant Isa en septembre. Cette période est la plus sombre de sa vie. Seul, abandonné par sa femme, l'auteur ouvre sa maison à tous les drogués, hippies ou junkies de passage. Plus une journée ne passe sans qu'il se drogue, ce qui provoque chez lui de longues périodes de délire. Cette expérience le pousse à écrire "Substance Mort", dans lequel un policier est chargé de surveiller un drogué qui n'est autre que lui-même, écrit en 1975 et publié en 1977. Il cherche à plusieurs reprises, sans succès, à se faire interner en hôpital psychiatrique, parvenant cependant à passer quelques jours en salle d'examen. Dick est peut-être paranoïaque, schizophrène, mais ne présente pas les symptômes physiques caractéristiques d'un drogué dur : il est bien en chair, et en forme physiquement. Le , un événement bouleverse sa vie. Lorsqu'il rentre chez lui, il trouve , classeur où il conservait tous ses « trésors » : textes, vieux "pulps" de sa jeunesse, collections diverses… Aussitôt, ses peurs paranoïaques remontent à la surface : il accuse tour à tour le et le KGB de vouloir attenter à sa vie. Sa plainte en justice reste sans suite. Il part s'installer à Vancouver, qu'il a découvert lors d'une conférence de science-fiction, le , et où il a directement envisagé d'émigrer. Il tente de refaire sa vie là-bas, tombe plusieurs fois amoureux de filles bien plus jeunes que lui, qui le repoussent à chaque fois, prenant souvent peur devant cet homme gauche qui réclame leur affection. Il tente alors de se suicider en prenant une forte dose de tranquillisants. Il survit, et se fait interner à X-Kalay, un centre de désintoxication pour héroïnomanes. Il y découvre l'enfer des drogués durs dont le cerveau a subi des lésions irrémédiables. Il arrête la drogue (tout en continuant à consommer des médicaments divers et variés). Après trois semaines à X-Kalay, Dick émigre à . Il est hébergé par deux étudiantes fans de ses œuvres et rencontre l'écrivain amateur Tim Powers. En juillet, il fait la connaissance de Tessa Busby, jeune fille réservée de dix-huit ans. Le couple emménage et ils fondent un foyer. Il recommence alors à écrire. L'Europe, en particulier la France, commence à s'intéresser à lui. "Substance Mort" est publié durant cette période, ainsi que la version finale de "Coulez mes larmes, dit le policier", qui est nommé en 1974 pour le prix Nebula et pour le prix Hugo. On lui propose d'adapter "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" en scénario de film. Dick avait fait de son corps, comme l'écrit Emmanuel Carrère dans sa biographie, . À cette époque, on parlait beaucoup des "flashbacks" d'acide, où les anciens drogués des années 1960 avaient soudain des hallucinations hors du commun, et pouvaient être pris de pulsions meurtrières inattendues, phénomène qui faisait peur et fascinait les Américains. Peut-être cela explique-t-il la raison qui poussa Dick à verser dans le mystique, lui qui avait toujours voulu prouver que notre monde était faux, qu'il existait une réalité supérieure, et que lui seul semblait s'en apercevoir. Au printemps 1977, alors qu'il vient d'emménager à Santa Ana, il reçoit la visite de Philippe Hupp, qui le persuade d'être l'invité d'honneur du deuxième festival international de science-fiction de Metz. La manifestation se déroulera en septembre. Dick y présente une conférence intitulée « Si vous trouvez ce monde mauvais, vous devriez en voir quelques autres », où il parle de mondes parallèles, affirmant que la réalité dans laquelle nous vivons a été reprogrammée, laissant son public perplexe. C'est néanmoins à Metz qu'il mesure la popularité dont il jouit en France. Il écrira plus tard y avoir passé « la plus belle semaine de sa vie ». LExégèse", ouvrage énorme (plus de ), date de cette époque. Il s'agit d'un essai où toutes ses révélations sont soigneusement notées, et où s'affrontent Philip K. Dick et Horselover Fat (imprégné de gnose valentinienne), unique et même personnage ("Philippe" signifie en grec « l'ami des chevaux » qui s'écrit en anglais « ' » ; "Dick" signifie « gros » en allemand, « "" » en anglais). Dans plusieurs de ses romans de cette dernière période, l'ancien président Richard Nixon, sous son nom (dans "SIVA") ou une version fictive, apparaît comme une figure maléfique de ce que Dick qualifie d'« Empire » ( est une phrase récurrente dans "SIVA", synonyme de démiurge aveugle (Samaël)). Avant la sortie du film, la Warner et Ridley Scott permirent à Philip K. Dick de visionner une copie de travail du film "Blade Runner". Dick fut très impressionné par les images. Il relata son visionnage le dans une lettre qu'il envoya à Jeff Walker : Décès. Le , un accident vasculaire cérébral le terrasse ; il meurt le d'une défaillance cardiaque quelques jours avant la sortie du film "Blade Runner" tiré de son roman "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?". Il commençait juste à en recevoir les droits d'auteur. Il est enterré à Fort Morgan, dans le Colorado, aux côtés de sa sœur Jane. Postérité. En 1983, un an après sa mort, un prix littéraire est créé en son hommage, le prix Philip-K.-Dick. Œuvres. Depuis 2007, l'écrivain est devenu le premier et unique auteur de science-fiction publié au sein de la prestigieuse collection classique de la , équivalent américain de La Pléiade. Nombre des histoires de Philip K. Dick ont pour thèmes la modification et la manipulation de la réalité. Ces thèmes sont particulièrement présents dans les nouvelles "Jeu de guerre" (, 1959), "Souvenir à vendre" (, 1966), ainsi que dans les romans "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?", "La Vérité avant-dernière", "Le Dieu venu du Centaure", "Le Maître du Haut Château" ou "Ubik". Nombreux sont ceux qui pensent que ces caractéristiques proviennent directement de la paranoïa qui marquait sa santé mentale fragile, notamment en raison de sa consommation de drogues (surtout des amphétamines) et de médicaments. Mais cette idée est contestée, étant donné la cohérence et la complexité narrative des œuvres de Dick. La critique sociale et le cynisme des puissants qui « imposent une réalité fictive » sont aussi très présents chez lui. Il est très connu pour avoir créé dans ses romans une atmosphère sombre, inspirant ainsi les cyberpunks, bien qu'il ait vécu trop tôt pour les connaître. Mais cette atmosphère « glauque » tient en fait à l'intrigue héritée du gnosticisme qui hante la plupart des romans de Dick : le faux, qui régit ce monde, et que nous percevons comme le vrai, doit être démasqué. Aussi Dick est, avec Daniel F. Galouye, l'un des inventeurs du thème romanesque du simulacre en science-fiction, avec ses romans "Le Temps désarticulé" (1959) et "Simulacres" (1964). Dick est un auteur d'idées et c'est probablement pour cela que ses nouvelles et romans ont été autant adaptés au cinéma, ou ont inspiré d'autres auteurs de science-fiction, comme Ursula Le Guin pour "", Disch lui-même pour "334", et qu'il est régulièrement cité comme un des inspirateurs du mouvement cyberpunk. Il ne faut guère chercher de logique dans l'œuvre de Dick en termes d'opinions morales ou politiques, particulièrement à la fin de sa vie. Bien que lié surtout dans sa jeunesse à des féministes ou de gauche, il écrira en 1973 une nouvelle ("") qui lui vaudra une lettre particulièrement courroucée de Joanna Russ, ce qui ne l'empêchera pas de maintenir sa position violemment anti-avortement. Durant les dernières années de sa vie, il consacre la plupart de son temps à écrire "L'Exégèse de Philip K. Dick", texte monumental sur son œuvre dont une seule partie est publiée aux États-Unis. Elle est issue des interrogations de Dick sur une expérience mystique qu'il a vécue en , laquelle est aussi à l'origine de "SIVA", œuvre emblématique de la fin de sa vie. On y trouve des fragments de "l'Exégèse", à l'intérieur d'une histoire qui est une véritable mise en abîme de sa propre vie. À sa mort, on découvre chez lui plus de du dialogue qu'il entretient avec lui-même depuis cette expérience. Un exemple parmi d'autres : en écoutant la chanson des Beatles "", il diagnostique que son fils est atteint d'une hernie inguinale, ce qui sera confirmé par des examens ultérieurs. En plus des publiés, Dick a écrit près de . Les nouvelles sont parues regroupées en français aux éditions Denoël en quatre tomes de 1994 à 1998, et furent regroupées ensuite en deux gros volumes en 2000, réédités en 2004, dans la collection « Lunes d'encre ». L’intégrale de ses nouvelles est rééditée en 2020 dans la collection « Quarto » chez Gallimard. Des thématiques récurrentes. Selon Hélène Collon, traductrice en français des nouvelles de Philip K. Dick et de son "Exégèse", deux questions récurrentes traversent l’œuvre de l'écrivain : « Qu'est-ce que le réel ? » et « Qu'est-ce qu'être humain ? ». Si le problème que soulève la première question semble difficile à résoudre, en revanche la seconde interrogation trouve très tôt, dans ses nouvelles de jeunesse, sa réponse dans la "caritas" paulinienne, cette capacité d'empathie qui, chez Dick, rend certains androïdes plus humains que les humains eux-mêmes. La journaliste Frédérique Roussel, dans "Libération," écrit : Adaptations. L'œuvre de Philip K. Dick a eu une grande influence sur le cinéma, surtout sur le cinéma de science-fiction, notamment depuis l'adaptation de "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" par Ridley Scott ("", 1982). Hormis "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?", deux autres de ses romans ont été adaptés : "Confessions d'un barjo" et "Substance Mort", tandis que "Ubik" est toujours en projet. Les autres films sont issus de nouvelles. Adaptations au cinéma et à la télévision. Après la mort de Philip K. Dick, plusieurs scénarios ont été inspirés plus ou moins fidèlement de ses œuvres : Films adaptés et inspirés de la philosophie « dickienne ». Philip K. Dick a influencé des réalisateurs de science-fiction dite « dickienne », c'est-à-dire ayant un propos, une mise-en-scène, un scénario, une philosophie ou une optique propre aux thématiques de l'auteur. Ces œuvres ne sont pas des adaptations de ces œuvres mais une sorte de marque de fabrique rattachant à ce qu'il écrivait, on peut à la fois voir ça comme une influence et à la fois comme un hommage.
Prince Buster Cecil Bustamente Campbell dit Prince Buster est un chanteur, DJ, percussionniste, et producteur de ska, de rocksteady et de reggae jamaïcain, né le à Kingston (Jamaïque) et mort le à Miami (États-Unis). Visionnaire, précurseur du ska, il est un des artistes jamaïcains les plus importants des années 1960. Biographie. Fils d'un ouvrier des chemins de fer, Prince Buster suit des études à l'école de Central Branch puis à Saint Ann en Jamaïque. Il est vite surnommé « Buster » (argot britannique pour « brise-tout »). Adolescent, il joue dans un groupe de percussions. Il suit le sound system de Tom The Great Sebastian où officie le DJ Count Machukie. Très jeune, il est à la tête d'une bande des rues dans le quartier de Luke Lane au centre de Kingston, puis devient boxeur, avant d'être engagé comme videur dans les soirées de Coxsone Dodd au milieu des années 1950. En 1957 il ouvre un magasin de disques (le "Prince Buster Record Shack") et quitte Coxsone vers 1959-1960. Il monte son propre soundsystem, « "Voice of the People" » basé sur Charles Street. Il est un de ces deejay qui parlent par-dessus les disques, sortes de précurseurs du rap. Comme ses concurrents, il se rend aux États-Unis pour se procurer des disques exclusifs de rhythm and blues. En 1960, il enregistre son premier disque : "Oh Carolina" des Folkes Brothers. Arrogant, revendiquant comme beaucoup l'invention du ska, il rejette la musique de ses concurrents qu'il qualifie de « plagiaires », comme Byron Lee. Prince Buster est un des premiers musiciens à affirmer l'identité jamaïcaine du ska. Il revendique aussi sa négritude avec force, estimant comme africaine l'identité de sa nation antillaise. En ce sens, il est l'un des précurseurs de la culture rastafari. Chrétien baptiste, mais très influencé par les Black Muslims, un de ses premiers succès ska, "Black Head Chineman", attaque ouvertement son concurrent d'origine chinoise Leslie Kong. Il se convertira d'ailleurs plus tard à l'islam et prendra le nom de "Mohamed Yusuf Ali". Il crée plusieurs marques de disques comme « Prince Buster Voice of the People », « Wild Bells », « Buster Record Shack », « Soulville Center » et « Islam ». Outre ses propres disques, il produit aussi des morceaux de Derrick Morgan, Eric Morris, Owen Gray, Don Drummond, Tommy McCook, Stranger Cole, Bobby Aitken ou Toots & The Maytals. Mais il est avant tout chanteur, généralement accompagné par la formation de Baba Brooks ou par les Skatalites. Il joue et chante un ska rempli d'humour et d'allusions sexuelles (certaines de ses chansons sont sexistes comme "The 10 Comandments"). En 1963 il est un des premiers artistes jamaïcains à partir en tournée en Angleterre, où il enregistre un premier succès, "Wash Wash", avec Georgie Fame. Ses disques sont alors publiées par le label anglais Blue Beat. Puis il enregistre "I Got A Pain" avec les Maytals. En 1964, son plus grand tube, "Al Capone", est (avec "Guns Of Navarone" des Skatalites et après "My Boy Lollipop" de Millie Small) le premier disque d'un artiste au son authentiquement jamaïcain remarqué à l'étranger. Après avoir joué à New York en compagnie de Byron Lee & the Dragonaires, Jimmy Cliff, Millie Small et Delroy Wilson dans le but de promouvoir le ska aux États-Unis, le Buster All Stars revient en Angleterre en 1965 pour une tournée. Il passe à la télévision dans l'émission « Ready Steady Go! ». En 1966 il enregistre "Ghost Dance" et "Judge Dread" en duo avec Lee "Scratch" Perry dans le style rocksteady. Sur l'album "Ska-Lip-Soul", il mélange le rocksteady et la soul avec le mento et le calypso ("Matilda", "Day-O", "Respect", "And I Love Her"). À la fin des années 1960, avec l'arrivée du reggae, Prince Buster renforce le côté « salace » de ses compositions, dans le style slack dont il est aussi l'un des initiateurs. Après quelques succès reggae ("The Virgin"), il arrête de chanter au début des années 70 et investit dans des magasins de disques et la location de juke-boxes aux Antilles. Il produit des disques de Big Youth, The Heptones, Alton Ellis, John Holt, Dennis Brown, Dennis Alcapone, puis cesse toute activité musicale en 1974, à l'exception d'un album en 1976 sous le nom de Yusuf Ali and the Revolutionaries. Il réédite régulièrement ses nombreux disques. Prince Buster vit à Miami. Il remonte sur scène à la fin des années 1980 et enregistre quelque peu en 1992. Il réédite une série d'albums en vinyle lors du renouveau du ska en 1997 aux États-Unis, et le titre de 1967 "Whine And Grine" est utilisé en 1998 dans une publicité pour Levi's. En 2001, le gouvernement jamaïcain décerne à Campbell l'Ordre de la Distinction pour sa contribution à la musique. Les dernières années, Prince Buster connaît de nombreux problèmes cardiaques. En 2009, une attaque le laisse paralysé. Après plusieurs AVC, il meurt le au Memorial General Hospital de Miami, âgé de 78 ans. Malgré les nombreuses rééditions et l'importance de cet artiste dans l'histoire de la musique jamaïcaine, sa musique n'est jamais distribuée en France, à l'exception de quelques titres intégrés dans de rares compilations. Charts. Classement dans les charts britanniques (durée et meilleure position) :
Pharaons par ordre alphabétique Cette page propose une liste non exhaustive des pharaons de l'Égypte antique classés par ordre alphabétique. Un même souverain peut être présent plusieurs fois dans cette liste sous ses différents noms (nom égyptien, nom grec, transcriptions multiples). La position dans la dynastie peut être précisée avec M ou T entre parenthèses. Les dates de règne varient selon les égyptologues. Une seule période est donnée arbitrairement dans ce tableau. Pour plus de détails voir la fiche du souverain. A. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées B. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées C. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées D. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées E. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées G. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées H. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées I. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées K. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées M. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées N. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées O. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées P. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées Q. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées R. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées S. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées T. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées X. ! scope=col width="35%" |Nom du pharaon ! scope=col width="35%" |Dynastie ! scope=col width="10%" |Position dans la dynastie ! scope=col width="20%" |Dates de règne présumées
Polythéisme Le polythéisme est une croyance religieuse, ou philosophique, selon laquelle il existe plusieurs divinités, comme par exemple Osiris (dieu de la mort et de la réincarnation) ou encore Anubis (Dieu des funérailles et de la nécropole ), dieux du panthéon de l'Égypte antique. Origine du terme. Le terme vient du grec , « beaucoup » et , « dieu » signifiant « plusieurs dieux ». Il a été inventé par l’auteur juif Philon d'Alexandrie (-12 ~ 54) pour argumenter avec les Grecs. Lors de l’expansion du christianisme autour du bassin méditerranéen et en Europe, les non-chrétiens furent appelés païens (gens du pays), ou, de façon péjorative, « idolâtres » (adorateurs de « faux » dieux). L’emploi du terme polythéiste est relancé en 1580 par Jean Bodin en français et par Samuel Purchas en anglais en 1614. Au sens figuré, Max Weber a utilisé l’expression « polythéisme des valeurs », pour décrire ce qui se passe dans les sociétés modernes, où les différentes valeurs sont incommensurables et entrent en conflit, toutes ne pouvant être simultanément honorées. Aspects du polythéisme. Ils sont divers car chaque système polythéiste l’est à sa manière, et peut comprendre des sous-systèmes dans lesquels l’interprétation des dieux et de leurs relations diffèrent. Par ailleurs, certaines religions ne sont plus accessibles que par des traces archéologiques difficilement interprétables, des mythes et des textes littéraires (épopée, etc.). Or la place d’un dieu dans un mythe ou dans une œuvre comme l’Odyssée ne reflète pas exactement sa place dans le culte. Dans les systèmes polythéistes, il y a partage des domaines d’influence ou de compétence entre les dieux. Ce partage peut être territorial (dieu dont le pouvoir s’étend sur un territoire limité), ethnique ou professionnel (dieu compétent seulement pour un clan ou un groupe professionnel), ou autre (dieu gouvernant un phénomène naturel, l’outre-tombe, les mariages, etc.). Néanmoins, il y a tendance au cumul de plusieurs fonctions par certains dieux importants ; la divinité cumulatrice peut ne pas être la même pour différents groupes humains appartenant au même ensemble religieux, certains dieux faisant l’objet de préférences locales, par exemple. On prête en général aux divers dieux des relations de type familial ou social (subordonné/supérieur hiérarchique). L’ensemble des dieux d’une religion est appelé panthéon (du grec "pan" « tout » et "theos" « dieux »). Ces panthéons peuvent présenter des variantes ; il n’est pas rare que des groupes ayant les mêmes dieux ne leur prêtent pas exactement les mêmes relations. Ils ne sont pas figés, pouvant accueillir de nouvelles divinités ou admettre une redéfinition des rapports entre dieux. Souvent il existe une entité supérieure plus rarement invoquée que les dieux populaires, qui peut être la plus haute divinité du panthéon, comme le dieu Nzambi dans la religion africaine des Lundas, ou une entité plus abstraite, comme le Ciel de la religion chinoise. Liste de religions polythéistes. Quelques religions polythéistes (au sens large) ; certaines de ces religions ou certaines de leurs interprétations peuvent également être qualifiées de moniste, dualiste ou panthéiste : La qualification populaire de « religion polythéiste » de l'Égypte antique n'est pas remise en cause selon les égyptologues actuels, contrairement aux anciens égyptologues qui y voyaient un monothéisme polymorphe (un seul Dieu présenté sous différents aspects en fonction de son interaction avec le monde). En réalité, ce polythéisme est bien réel, même s'il fonctionne selon les logiques d'un hénothéisme (chaque Divinité est Unique, "la plus grande" dans le cadre de son culte) ; néanmoins, comme il y a possibilité de syncrétisme (un Dieu spécifique et unique pouvant apparaître à partir d'un mélange de plusieurs Divinités "qui continuent à exister" malgré cette interaction), ceci révèle une tendance chez les Anciens égyptiens à rejeter le monothéisme (excepté le culte d'Aton, dédié au disque solaire), le polythéisme égyptien se comprenant comme l'Un primordial (asexué) ne pouvant se manifester, et exister, qu'à travers une Multitude (non infinie) de Divinités. Les Dieux égyptiens ne sont jamais immortels (avec une naissance mais sans fin, comme chez les Dieux gréco-latins), ni éternels (sans début ni fin), car l'éternité et l'infinité correspondent chez les Anciens égyptiens au non-existant, non-existant (symbolisé par le serpent qui se mord la queue, l'ouroboros), non-existant que les Divinités et les hommes doivent repousser sans cesse, même si ce non-existant est utile à l'existence (mais il ne doit pas régner, amener le désordre, s'opposer à la Maât, l'Ordre, l'équilibre du monde, la Justice) : l'existence des divinités égyptiennes est ainsi très longue, mais néanmoins soumise au temps, au vieillissement et à la mort, mort nécessaire qui est cependant toujours suivie d'une renaissance (le non-être "absolu" ne pouvant "être" réellement). Cette vision des choses existe aussi dans l'hindouisme, mis à part en ce qui concerne le "Brahman", concept hindou de l'Absolu ou Âme universelle éternelle et immuable, au Centre de Tout, transcendant les cycles temporels infinis ("Brahman" identifié par le dévot soit à Vishnou, Shiva, ou la Grande Déesse, etc., Divinités non limitées par le Temps et l'Espace).
Panthéisme Le panthéisme est une doctrine philosophique selon laquelle . Elle se distingue du monothéisme en considérant que Dieu n'est pas un être personnel distinct du monde, mais qu'il est l'intégralité du monde ; cette conception est appelée l'immanence par opposition au principe de transcendance du Dieu créateur monothéiste. Ce mot vient du grec ancien , « tout », et , « dieu ». Il apparaît pour la première fois en 1720 dans le "Pantheisticon" de John Toland ou, plus tôt, chez Joseph Raphson, en 1697 quand il oppose les panthéistes aux athées et aux matérialistes. Il les définit comme des penseurs qui affirment qu'il existe une seule substance qui est matérielle et intelligente et qui a tout créé de sa propre substance. Dans la philosophie occidentale, et notamment depuis Spinoza, le sens qui est donné à ce mot "tout" est en général identique à celui associé à la "Nature", au sens le plus général de ce terme, autrement dit, de « "tout" ce qui existe ». Le panthéisme est un naturalisme de la divinité de la Nature. Une forme de "naturalisme", concernant notre monde connu plutôt que tout ce qui existe , peut être définie comme une doctrine athée qui ne reconnaît d'autres principes que les lois ou forces de notre nature connue. Le panthéisme peut s'identifier ainsi, sous ce rapport, à un "naturalisme déiste" déterministe en cela qu'il est lié au concept de nécessité ; mais il peut aussi, contrairement à la conception de Spinoza, ne pas être déterministe si un libre arbitre est reconnu à l'homme ou à Dieu, avec ses caractéristiques propres. Le panthéisme est distinct du panenthéisme nommé « acosmique » par Hegel ("tout est en Dieu"), qui est quant à lui une doctrine issue du panthéisme. Le panthéisme entretient en revanche certains rapports avec les courants monistes. Typologie des panthéismes. L'histoire de la philosophie distingue communément plusieurs types de panthéisme. De façon courante on oppose naturalisme et formalisme. On peut aussi opposer l'avant et l'après Kant. Vincenzo Gioberti (1840) distingue trois formes de panthéisme. Philosophie indienne. Certains courant de l'hindouisme peuvent être considérés comme panthéistes, d'autres comme panenthéistes. Panthéisme acosmique et panthéisme cosmique. Les présentations les plus typiques du panthéisme acosmique proviennent de la tradition hindoue, dont le principal représentant philosophique fut le penseur indien Adi Shankara, défenseur de l'Advaita Vedanta. Son système révèle les caractéristiques de l'acosmisme : la tendance à récuser la réalité globale du fini changeant (toutes les choses temporelles sont impermanentes, transitoires, elles sont un voile cachant – ou révélant – la Réalité divine éternelle, que l'on soit un ignorant – ou un sage), à récuser la réalité du mal (Dieu est au-delà des notions de bien et de mal, notions relatives selon les cultures et les époques, la souffrance n'est que la rétribution d'un acte/"karma" mauvais, égoïste, d'une vie passée ; et la souffrance étant éphémère, elle n'a pas de réalité "réelle", définitive, absolue) et à considérer la personnalité individuelle comme finalement illusoire (ce en quoi le système d'Adi Shankara rejoint toutes les philosophies/religions indiennes, qu'elles soient hindoues, jaïnes, bouddhistes ou sikhes, puisque toutes sont « anti-humaines » : le but sotériologique qu'elles se donnent n'étant jamais la préservation de la condition/personnalité humaine à travers le Temps, mais son dépassement définitif, par la Délivrance du cycle des réincarnations où l'essence de la vie est affranchie de tout lien, de toute renaissance en créature, à jamais en communion avec l'Absolu divin). Inversement, les tenants du panthéisme cosmique se réfèrent à la totalité des entités finies et changeantes, réalité temporelle à laquelle ils donnent le nom de Divinité : le panthéisme cosmique hindou identifie généralement la totalité du monde du Devenir, temporel, des phénomènes, de la Nature/"Prakriti", à la Déesse, par exemple la Déesse Kali, manifestation combative et maternelle du Dieu Shiva. La Divinité est simplement toutes les choses de l'univers. Tout ce qui existe est en la Divinité et réciproquement. Cependant, l'hindouisme considère certes parfois un Dieu personnel (écoles de bhakti, dvaita vedanta, etc.), mais l'advaita ou le samkhya considèrent la "Prakriti" (la Nature, la réalité cosmique de l'univers existant donc la manifestation de Dieu), et Shiva/Purusha (l'Être, l'Essence divine) comme "coexistant". L'univers manifesté ne limitant jamais la réalité de Dieu. Par exemple nous lisons dans "Katha Upanishad" 2-III-7 et 8 : Dieu est donc le Manifesté (cosmos), le Non-manifesté, et au-delà. De manière générale – et hormis pour les Shaktas (qui identifient la Grande Déesse ou Nature/"Prakriti" au Brahman), l'hindouisme ne se traduit pas comme un panthéisme strict (ou panthéisme cosmique). Philosophie occidentale. Les présocratiques. La philosophie de Thalès de Milet est volontiers classée comme panthéisme matérialiste. « Il considéra l'eau comme le principe de toutes choses, et que le monde est animé et rempli de démons », Diogène Laërce. « Thalès disait que Dieu est l'Intellect du monde, que le tout est animé et plein de démons », Aetius. On peut parler d'un panthéisme idéaliste à propos de l'école éléatique, en particulier Xénophane et Parménide. Aristote note ceci : « Quant à Xénophane, le plus ancien des partisans de l'unité (car Parménide fut, dit-on, son disciple), promenant son regard sur l'ensemble de l'Univers matériel, il assure que l'Un est Dieu » ("Métaphysique, A, 5, 986b23). Le stoïcisme. Le stoïcisme est la doctrine panthéiste et matérialiste qui prit naissance à la fin du avec Zénon de Cition et se développa jusqu'à la fin du . On distingue : L'évolution du stoïcisme s'est faite dans le sens d'un passage d'une « physique » (identifiée à la théologie) de caractère panthéiste à une « morale » de caractère rigoriste. Pline l'Ancien suit cette tendance panthéiste : Jean Scot Érigène. Jean Scot Érigène, au s., semble défendre le panthéisme. Pour lui comme pour les néo-platoniciens et le pseudo-Denys l'Aréopagite, Dieu est l'être dans son absolue unité, sans division et sans déterminations négatives. Le monde est l'être divisé et limité. La création est une division (production ou procession) et une analyse (réduction ou retour) de ce qu'enferme l'unité divine. De là, le titre donné à son livre : "De divisione naturae" (864-866). Amaury de Bène et David de Dinant. Amaury de Bène et David de Dinant ont soutenu au Moyen Âge des thèses 'panthéistes', mais de contenus différents. Les deux ont été condamnés par l'Église (1210) et l'Université. Pour le premier, Amaury de Bène, dit aussi Amaury de Chartres (vers 1150 - vers 1206), « "tout est un parce que tout ce qui est, est Dieu"... Saint Paul dit que Dieu sera tout en toutes choses ; mais il n'y aura pas de changement en Dieu : il est donc tout ce qu'il sera, et est (dès à présent) tout en toutes choses. D'autres conclusions sortaient de là : Dieu est partout, donc en tout lieu ("in omni loco"), donc en quelque lieu que ce soit ("alicubi"), et pierre dans la pierre. de même, il est toujours, donc dans le temps » (Jean Jolivet, apud "Histoire de la philosophie", Pléiade, t. II, ). Le panthéisme formel d'Amaury tient dans cette formule : "Dixerunt Deum esse principium formale omnium rerum" (les amauriciens ont dit que Dieu est le principe formel de toutes choses). Ou dans celle-ci : "Quicquid est est Deus" (tout ce qui est est Dieu). En revanche, David de Dinant (vers 1165 - vers 1231) défend un panthéisme matérialiste. Il écrit ceci : « Dieu, il est vrai, est le principe actif, la matière le principe passif ; mais si l'on fait abstraction de cette différence, Dieu, l'intelligence et la matière se confondent dans l'unité de la substance » (apud Albert le Grand, "Summa de creaturis", II, qu. 5, art. 2). Jean de Gerson ("De concordia metaphysica cum logica", 1426) résume ainsi la doctrine : « Tout est Dieu, et Dieu est tout ("omnia sunt Deus et Deus est omnia"). Dieu est à la fois créateur et créature ("creator et creatura idem Deus"). De même que Dieu est la source et le principe, il est aussi la fin de toutes choses qui doivent retourner à lui, afin de reposer immuablement et former une unité indivisible ("et ita unum individuum et immutabile"). Tout est un, c'est-à-dire que tout est Dieu ("omnia enim esse quod idem est omnia esse Deum"). Suivant Albert le Grand, David de Dinant, dans son livre "De Tomis, id est de divisionibus", cherchait à démontrer que le "Noûs", l'intelligence et la matière première sont identiques et que cette identité correspond au plus haut concept de l'esprit. Si on les distingue, il faut supposer un concept commun plus élevé dans lequel ils se réunissent, et ce concept serait précisément l'identité de Dieu et de la matière première (Albert le Grand, "Summa theologica", I, 4, 2O). » Giordano Bruno. Le représentant même du panthéisme moderne, Giordano Bruno, se réfère très souvent à Plotin. Ce qu'il retient essentiellement chez le chrétien David de Dinant et chez le juif Ibn Gabirol, c'est l'affirmation de la divinité de la matière. Dieu est infini, et la nature matérielle qui est divine fait partie intégrante de cet infini. Le monde, dès lors, est réunifié et l'on peut affirmer valablement et que Dieu est l'infini et que Dieu est Un. La doctrine de Bruno consiste dans l'affirmation d'un monisme infiniste absolu. Dieu n'est pas distinct de l'Univers, et cet être unique et infini constitue la Substance. Plus précisément, Dieu et Univers sont deux aspects, deux points de vue sur cette réalité véritable qu’est l'« originaire et universelle Substance, identique pour tout » ("De la cause, du principe et de l'unité", dialogue). « Dans l’un infini et immobile qui est la Substance, qui est l’être », l'unité n'est pas affectée par la multiplicité des choses sensibles, qui ne sont que des modes multiformes de cet être unique, ou des apparences fugitives et la « face diverse » d'une même substance. « Aussi ce dieu, en tant qu'il est absolu, n'a-t-il pas de rapport à nous ; il n'en a que dans la mesure où il se communique aux effets de la nature, plus intimement que la nature elle-même. De sorte que s'il n'est pas la nature même, il est certainement la nature de la nature, et il est l'âme de l'âme du monde, s'il n'est pas l'âme elle-même. » ("Expulsion de la bête triomphante", in "Oeuvres complètes", V, 2, p. 426). Bruno représente la réflexion individuelle antidogmatique. D'inspiration néoplatonicienne, il préconise de n'user que de l'expérience et de la raison pour connaître le monde. Il écrit notamment : "Expulsion de la bête triomphante" (1584), "De la cause, du principe et de l'unité" (1584), "De l'Infini, de l'univers et des mondes" (1585). Spinoza. Spinoza, tout comme la plupart des auteurs qualifiés de panthéistes (Giordano Bruno, Friedrich Schelling, notamment) n'utilise pas ce terme. Le mot panthéisme a au contraire été forgé pour désigner la philosophie de ces auteurs de manière péjorative. Dans son "Éthique", Spinoza affirme que le panthéisme est la seule façon logique de considérer Dieu et l'univers. Bien que le terme en question apparaisse au , donc ait été étranger à Spinoza lui-même, il résume, quoique très grossièrement, l’essentiel de la pensée de l’auteur. Dieu n’est pas cet être suprême, transcendant et personnel. Il est en fait impersonnel et immanent au monde, c’est-à-dire qu’il fait partie du monde ; mieux, qu’il est le monde. Les êtres, au lieu d’être vus comme une création de Dieu, sont perçus comme une affection de la substance, une expression de Dieu. Ayant ceci en tête, on peut comprendre ce qui amène Spinoza à écrire son "Éthique", et à le faire selon la méthode géométrique. On peut, puisque Dieu est la nature (relations étroites entretenues entre le panthéisme de Spinoza et une forme de naturalisme) , au sens de tout ce qui existe, et non un être céleste résidant hors du monde en ce sens, faire une étude toute scientifique, avec la méthode des sciences naturelles de deux de ses attributs (parmi une infinité), la pensée et l'étendue. Tout n’est donc qu’une seule chose, et cette seule chose, c’est Dieu. La table est table avant d’être une table rouge, et ainsi de suite. De même, sachant qu’une substance est conçue par elle-même et ne dépend pas d’une autre (déf. 3), deux substances n’ont rien de commun entre elles si elles ont des attributs différents. Spinoza ne fait qu’étendre ici la définition 3. Si, en effet, une substance ne dépend pas d’une autre, c’est qu’elle a son concept en elle-même, et ainsi son concept « n’enveloppe pas le concept de l’autre ». Les deux substances sont donc entièrement indépendantes, elles ne se connaissent pas mutuellement. Or, une chose ne peut en causer une autre si elle ne la connaît pas. On en arrive à la question centrale, qui est la détermination des choses, c’est-à-dire ce qui permet de distinguer une chose d’une autre. Pour Spinoza, c’est soit la « diversité des attributs des substances », soit « la diversité des affections des substances ». Puisqu’une chose ne peut exister que par elle-même, on ne peut la distinguer que par ses propres propriétés, c’est-à-dire ses attributs et ses affections. Or, comme Spinoza pense l'avoir démontré, la substance vient avant l’affection. Si on écarte les affections et qu’on se concentre seulement sur la substance en elle-même, on ne peut plus la distinguer. Si c’est en revanche l’attribut qui détermine la substance, on ne peut distinguer deux substances ayant le même attribut. On doit conclure qu’il « ne peut y avoir dans la nature deux ou plusieurs substances de même nature ou attribut » (Prop. 5). Spinoza pense avoir prouvé qu’une substance ne peut pas en produire une autre si elle n’a rien de commun avec elle. Il affirme ensuite qu’aucune substance, en fait, n’a quoi que ce soit en commun avec une autre. On peut en déduire, dans ces conditions, qu’« une substance ne peut pas être produite par une autre substance » (Prop. 6). Voilà qui conclut ce premier mouvement de l’argumentation portant sur la substance en tant que telle. Voyons maintenant ce qui en est de Dieu. Si une chose ne peut être produite par une autre, c’est qu’elle est sa propre cause. Cela implique que « son essence enveloppe nécessairement son existence » (Prop. 7), donc qu’elle existe. Or, puisque toute substance doit être unique et qu’elle existe nécessairement, elle doit exister soit comme chose finie, soit comme chose infinie. Spinoza réfute toutefois la thèse de la finitude. Si une substance est finie, c’est qu’elle est limitée par une autre de même nature qui, elle aussi, existe nécessairement. Or, Spinoza a affirmé qu’il ne peut y avoir deux substances de même nature. Il est donc absurde qu’une substance existe comme chose finie. En découle que « toute substance est nécessairement infinie » (Prop. 8). Cela inclut aussi Dieu, que Spinoza a décrit comme étant un être absolument infini. Or, si l'on admet que l’essence enveloppe nécessairement l’existence, on doit aussi admettre que Dieu, substance constituée par une infinité d’attributs, existe. (Prop. 11). Spinoza voit Dieu comme un être, donc dans la Nature. Toutefois, Spinoza réserve aux sceptiques une preuve plus soignée. Il souligne qu’on ne peut prouver que Dieu existe en se référant à une autre chose car, comme dit plus haut, deux choses différentes ne se connaissent pas l’une l’autre. On ne peut non plus infirmer son existence, pour les mêmes raisons. On doit donc expliquer Dieu par sa propre nature. Or, démontrer que Dieu n’existe pas en utilisant des notions contenues dans sa substance est absurde. Cela reviendrait par exemple à montrer qu’une table n’existe pas en utilisant sa couleur ou sa solidité comme argument. Le but de ce second mouvement est atteint : Spinoza est parvenu à une définition de Dieu et à une preuve de son existence. Il doit maintenant conjuguer à cela ce qu'il dit de la matière. Dieu, qui existe par sa nature même, est indivisible. C’est le cas pour toute substance absolument infinie, qu’on ne peut considérer autrement. En effet, imaginons que cette substance soit divisible. Dans un cas, les « morceaux d’infini » retiendraient les attributs de leur état d’origine (non divisé) et on aurait plusieurs infinis. Or, Spinoza estime avoir démontré qu'on ne peut concevoir deux substances ayant les mêmes attributs. Dans l’autre cas, la substance infinie ne serait plus, et, ayant démontré que Dieu existe bel et bien, cela est impossible. Dieu existe, il est infini et indivisible. Mais s’il est infini, c’est qu’il possède tous les attributs possibles. Il est donc parfait, au sens classique du terme, puisqu’il contient nécessairement plus d’être que toute autre chose. Toute substance doit donc s’expliquer par un des attributs de Dieu. Mais cela est absurde car il ne peut y avoir deux substances possédant les mêmes attributs. De plus, une substance ne peut s’expliquer que par elle-même. La seule solution est d’admettre que rien n’existe en dehors de Dieu. Si quelque chose pouvait être conçu en dehors de Dieu, cette chose devrait être conçue comme étant existante. Comment pourrait-elle alors exprimer une essence puisque toutes les essences demeurent en Dieu ? Cette substance hors de Dieu n’aurait donc pas d’attributs, et puisque les attributs définissent la substance, ne pourrait exister. Or, Spinoza ayant démontré que toute substance existe nécessairement, on ne peut donc penser aucune substance en dehors de la substance divine. Il n’y a dans la nature qu’une seule substance, qui est Dieu, et qui possède tous les attributs. La querelle du panthéisme : Jacobi et Lessing. En Friedrich Heinrich Jacobi fit paraître "Lettres à Moses Mendelssohn sur la philosophie de Spinoza". Il révélait qu'au cours d'une conversation de juillet (?) 1780 avec Lessing (qui meurt en 1781), celui-ci lui avait déclaré : « Έν καì Πᾶν [Hen kai pân : Un et Tout] : je ne sais rien d'autre. (…) Il n’y a pas d’autre philosophie que la philosophie de Spinoza. » Jacobi, lui, s'opposait au spinozisme, qui tient la liberté pour une illusion, et qui, surtout, aboutit à l'athéisme, comme, d'ailleurs, le rationalisme. Les positions étaient prises : "Aufklärung" (la Philosophie des Lumières, rationaliste, représentée jusqu'alors par Lessing) contre "Schwärmerei" (irrationalisme, illuminisme attribués prestement à Jacobi). La querelle du panthéisme dura de 1785 à 1815 au moins, elle fit intervenir Moses Mendelssohn, Kant, Herder, Fichte, Schelling. Le jeune Schelling (1794-1807). Dans ses écrits de jeunesse, Schelling développe une pensée panthéiste. Dans "Du Moi comme principe de la philosophie" (1795) il identifie le moi, ou plutôt la liberté (« L'essence du Moi est liberté »), à l'Absolu, à l'être ("Seyn"), connu par intuition intellectuelle (la « réflexion »). C'est sa « philosophie du moi » (1794-1799). « Dans le Moi la philosophie a trouvé son Un et Tout ». Schelling, spinoziste, tient la substance absolue pour le Moi. Dans sa « philosophie de la nature » (1796-1800), développée dans "Système de l'idéalisme transcendantal" (1800), et dans sa « philosophie de l'identité » (1801-1807), développée dans "Fernere Darstellungen. Exposés ultérieurs" (1802), Schelling soutient que la Nature et l'Esprit sont un, un même Absolu. La Nature est l'Esprit extériorisé, et l'Esprit est l'intériorisation de la Nature. « Il faut que la Nature soit l'Esprit visible, l'Esprit la Nature invisible ». Schelling voit un lien entre ses diverses philosophies : « Le philosophe de la Nature traite la Nature comme le philosophe transcendantal traite le Moi ». Teilhard de Chardin ? Pierre Teilhard de Chardin, bien que jésuite, frôle souvent le panthéisme quand il parle d'Évolution. On lit ceci dans "Le Cœur de la Matière" : Un monitum du Saint-Office en date du , met en garde : L"'Osservatore romano" du juillet suivant indique ces points litigieux : le concept de création (Teilhard va jusqu'à dire : « Pas de Dieu (jusqu'à un certain point) sans Union créatrice »), les rapports entre le Cosmos et Dieu (Teilhard parle comme si le cosmos « en quelque sorte transformait Dieu »), la conception de la Matière (selon le Saint-Office, Teilhard confond la Matière avec l'Esprit, qui ne serait qu'un « état supérieur de la Matière »). Teilhard fait la distinction entre un grand nombre de formes de panthéisme : le panthéisme de diffusion (Dieu est le Tout impersonnel), le panthéisme d'unification et le panthéisme d'union (le « Dieu tout en tous » de saint Paul), le panthéisme d'amour, le panthéisme de différenciation, le panthéisme de dissolution (dissolution des individus dans une immensité diffuse), « les 3 Panthéismes » : panthéisme de tension (« Dieu = Énergie christique »), panthéisme d'extension (« tout embrasser ») et panthéisme de détente ; le para-panthéisme (« devenir tous, geste impossible et faux »), le pseudo-panthéisme (« devenir tout, monisme oriental »), l'eu-panthéisme (« devenir un avec tous, monisme occidental »), le panthéisme ancien, le panthéisme chrétien (panthéisme d'amour), le faux panthéisme, le panthéisme humanitaire (« se vouer corps et âme au Progrès universel »), le panthéisme naturaliste (panthéisme païen) ; le panthéisme païen comme panthéisme de diffusion, soit idéaliste dans la conception hindouiste, soit matérialiste (le fond commun est l'élémentaire, soit matière, soit énergie) ; le panthéisme socialiste (panthéisme humanitaire), le panthéisme spiritualiste (trouver l'Élément universel « dans un Principe plasmatique, vital ou intellectuel, de l'Univers »), et le « véritable panthéisme » (panthéisme d'union). Critique du panthéisme. L'Église catholique condamne le panthéisme dans le "Syllabus" (1864) du pape Pie IX qui l'expose ainsi : « Il n'existe aucun Être divin, suprême, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l'univers, et « Dieu » est identique à la nature des choses, et par conséquent assujetti aux changements ; « Dieu », par cela même, se fait dans l'homme et dans le monde, et tous les êtres sont « Dieu » et ont la propre substance de « Dieu ». « Dieu » est ainsi une seule et même chose avec le monde, et par conséquent l'esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste avec l'injuste ». Mais cette critique chrétienne ne tient pas compte des justifications panthéistes telles qu'on les retrouve dans l'ouvrage hindou de "Mandana Mishra, Brahmasiddhi", éliminant ce genre de raisonnement chrétien qui s'élabore à partir de la croyance selon quoi tout se vaudrait (mal et bien, vrai et faux, etc.) pour un panthéiste, – car il y est clairement écrit : « Le "Brahman" est Tout, mais tout n’est pas "Brahman" » ; c'est-à-dire : Dieu étant Tout, mais tout n'étant pas Dieu, il y a un chemin d'accès vers cette Âme universelle ("Brahman") grâce à l'imitation de ce même "Brahman" – Être sans début ni fin, imitation ou réalisation qui sous-entend la destruction de son propre égoïsme de créature limitée et mortelle, au profit d'une conscience compatissante et dévote, voulant s'unir à l'Infini ; une "Upanishad", qu'aimait citer Albert Schweitzer, déclare d'ailleurs à ce titre : « Quiconque se voit dans tous les êtres et voit tous les êtres en lui, devient ainsi Un avec le Brahman suprême ("Parabrahman"). » C'est d'ailleurs pourquoi un des grands dieux de l'hindouisme, pour représenter le Brahman ineffable, porte le nom de "Shiva déva", c'est-à-dire « Bon dieu » (Shiva qui est "Hara", « Destructeur » de l'ignorance, de l'ego/"ahamkara"), ou encore "Satya", la « Vérité ».
Pharmacologie La pharmacologie est une discipline scientifique du vivant, subdivision de la biologie, qui étudie les mécanismes d'interaction entre une substance active et l'organisme dans lequel elle évolue, de façon à pouvoir ensuite utiliser ces résultats à des fins thérapeutiques, comme l'élaboration d'un médicament (principalement) ou son amélioration. Pour ce faire, la pharmacologie intègre des concepts et données issus de la physiologie, physio-pathologie, biochimie, génétique et biologie moléculaire. Le champ de la pharmacologie peut être étendu puisqu'elle étudie également les moyens d'administration des médicaments, les interactions médicamenteuses et les effets néfastes de ces médicaments (effets latéraux, effets secondaires). Cette discipline pharmaceutique est fortement liée à la recherche fondamentale, à la recherche clinique et à la santé publique (pharmaco-épidémiologie), mais aussi à la toxicologie et la chronopharmacologie. Histoire de la pharmacologie. Durant l'Antiquité, Hippocrate de Cos fut le premier médecin à rejeter les superstitions et les croyances qui attribuaient la cause d'une maladie à des forces surnaturelles ou divines. Dans son livre "Sur la maladie sacrée", il évoque sa qui prouva qu'une maladie n'est pas une punition infligée par les dieux, mais plutôt le résultat de facteurs environnementaux, de l'alimentation et des habitudes de vie. Ce constat permit à la médecine de se dissocier de la religion et d'exister en tant que discipline à part entière, mais aussi de concevoir l'interaction de l'organisme, entité matérielle, avec son environnement qui est lui aussi matériel. Héraclide de Cumes, contemporain d’Asclépiade de Bithynie, il fut un des fondateurs de la pharmacologie et de la toxicologie. Galien, médecin grec considéré comme l'un des fondateurs de la pharmacie, reprit et précisa la théorie d'Hippocrate. Selon lui, la maladie résulte d'un déséquilibre entre les humeurs et la thérapie consiste donc à en rétablir l'équilibre, souvent à l'aide de remèdes ayant l'effet inverse aux symptômes identifiés. Toutefois, la dissection de cadavres étant interdite par le droit romain, il pratiqua la dissection sur des d'animaux ce qui l'amena à développer un grand nombre d'idées erronées sur l'anatomie humaine. Ainsi, Galien proposa la saignée comme remède à presque tous les maux. L'utilisation abusive de purgatifs, de sudorifiques et d'émétiques (vomitifs), visant à purifier le corps pour en chasser l'excès maladif de l'une des humeurs, fut l'un des premiers balbutiements de la pharmacie et de la pharmacologie occidentale. Au Moyen Âge, on ne constate pas d'avancement significatif : la théorie galénique est conservée jusqu'au et on fait une distinction entre la pharmacie et la médecine. Néanmoins, les concoctions ayant des propriétés miraculeuses sur l'organisme se multipliaient. Des épiciers connaissant les propriétés médicamenteuses de certaines épices se spécialisèrent en apothicairerie. En effet, la profession d'apothicaire devint popularisée aux . Le terme désignait alors les boutiquiers qui vendaient des drogues et des médicaments pour les malades. Évidemment, la distinction entre l'apothicaire et le charlatan était presque imperceptible. Des rapports houleux s'établirent alors entre les apothicaires et les médecins du . Ces derniers considéraient l'acte médical des autres comme moins noble. En 1241, l"'édit de Salerne" édicté par sépara juridiquement la médecine et l'apothicairerie, ce qui marqua l'origine officielle de la profession d'apothicaire. Au , Paracelse, alchimiste et médecin parfois considéré comme le père de la toxicologie et de la pharmacologie, écrit un livre sur le corps humain qui réfute Galien. À l'époque, on se purgeait encore dans l'intention de se qui attaquaient le corps et provoquaient un déséquilibre physiologique. Paracelse énonça la théorie selon laquelle le fonctionnement de l'organisme s'explique par un ensemble de réactions chimiques. Selon lui, les maladies sont provoquées par des désordres chimiques, provenant d'organes spécifiques, à l'intérieur du corps et elles ne peuvent donc être soignées que par des moyens chimiques. Le remède est donc formé par l'extraction d'un élément particulier pour chaque maladie, la , puis donné au malade. À ce titre, il introduit notamment l'utilisation du mercure pour le traitement de la syphilis, ce qui provoqua un évident intérêt pour les gens de l'époque. L'une des causes de ce succès est dû au fait qu'il reconnaissait la relation dose-effet d'un médicament, l'un des principes fondamentaux de la pharmacologie. Dans ses mots, Paracelse écrit : L'apparition des premières pharmacopées, recueils officiels de médicaments, vit le jour aux . On parle entre autres du "Codex Medicamentarius Parisiensis" paru en 1638. Éducation. Les étudiants en pharmacologie doivent acquérir un large éventail de connaissances, notamment en physiologie, biochimie, chimie, génétique, ainsi qu'en pharmacologie moléculaire et clinique. À Sherbrooke, Québec au Canada, l'Université de Sherbrooke offre son baccalauréat en pharmacologie depuis 2001.
Procaryotes
Pâte (pâtisserie) Une pâte est une préparation alimentaire à base de farine délayée dans un liquide, destinée à la cuisson. Elle sert de base à de nombreuses préparations culinaires, salées (pâté en croûte), sucrées (gâteau) ou neutre (pain). Faite de farine et de liquide (eau, lait...), éventuellement de matières grasses, d'œuf, elle peut être levée ou non. Diverses pâtes sont utilisées en pâtisserie : pâte phyllo, pâte à crêpe, pâte feuilletée, pâte sucrée, pâte sablée, pâte brisée, pâte à pizza, pâte à galettes, pâte à pain, pâte à choux; Pâte feuilletée. On distingue 3 méthodes de préparation de la pâte feuilletée : la méthode simple, inversée et rapide.
Liste de logiciels d'astronomie pour Linux Voici quelques programmes sous Linux pour les amateurs d'astronomie.
Blanc d'œuf Le blanc d’œuf est une partie de l’œuf, composée essentiellement d’une albumine, l’ovalbumine, qui protège le zygote (le jaune d’œuf). Composition. Le blanc d’œuf est constitué à 88 % d’eau. Parmi les autres constituants, on trouve 10,6 % de protéines globulaires, la principale étant appelée ovalbumine (plus de 50 % de toutes les protéines). Cette protéine est structurellement une serpine (une classe de protéines), bien qu’elle ne possède pas de fonction connue d’inhibition d’autres protéines. Elle est intéressante par ses propriétés de coagulant et de tensioactif (c’est elle qui permet de stabiliser la mousse des blancs en neige). Les deux autres protéines principales du blanc sont le lysosyme et l'ovotransferrine. Il contient également diverses autres protéines comme des ovomucoïdes, l’avidine, des glycoprotéines (telle l'ovomucine), des glucoses (0,9 %) et des sels minéraux (0,5 %). Le blanc d'œuf de poule est constitué de quatre zones distinctes dont la proportion varie selon le poids de l'œuf (et donc de l'âge de la poule) : le blanc externe fluide (23 % du blanc total, soit ), intermédiaire épais (57 % du blanc total, soit ), interne fluide (17 % du blanc total, soit ) et les chalazes (3 % du blanc total, soit ). Cuisine : battre les blancs. En pâtisserie, on utilise souvent les blancs d’œufs de cuisine séparément en les battant avec un fouet à main, un fouet mécanique ou un batteur électrique. L’agitation rapide des blancs d’œufs forme une mousse de plus en plus fine et compacte au fur et à mesure que l’on bat les blancs. Ce sont les protéines présentes dans le blanc qui emprisonnent l'air dans l'eau qui constitue cette mousse. Lorsque les blancs sont fermes, on peut les mélanger doucement avec la préparation que l’on souhaite rendre plus légère. Il est recommandé de verser les blancs battus sur la pâte et de mélanger doucement avec une spatule. Il existe de nombreuses astuces pour obtenir des blancs en neige plus fermes. On ajoute en général une pincée de sel aux blancs, ou encore quelques gouttes de jus de citron, ce qui n'est pas recommandé, car le sel, en se dissolvant, brise les liaisons faites par les protéines de l’œuf autour des bulles. Il est préférable d'ajouter sel, sucre et autres condiments après avoir monté ses blancs. Le meilleur moyen d'obtenir une montée rapide est d'opérer avec des ustensiles et des blancs très froids mais non congelés. Un blanc d’œuf ne permet pas de générer plus d'un demi-litre de mousse ; cependant, ajouter de l'eau permet d'augmenter ce volume, les protéines du blanc étant excédentaires par rapport au volume d'eau initial. Utiliser un fouet comprenant de nombreux fils est un facteur de succès. On peut aussi utiliser des blancs à température ambiante, cassés la veille par exemple, montés dans un saladier froid. Il est préférable de commencer à battre doucement et d’accélérer progressivement. La moindre présence de jaune rend la montée des blancs plus difficile car les molécules tensio-actives et les graisses présentes dans le jaune qui se lient aux protéines du blanc gênent l'établissement du réseau nécessaire pour emprisonner l'air. Œnologie. L’albumine d’œuf est une colle protéique. Elle est employée pour assouplir les vins rouges tanniques. On utilise 3 à d’œufs par fût de (). Le séchage ou le chauffage détruisent certaines protéines longues, si bien que les blancs d'œufs frais et les produits lyophilisés ne donnent pas les mêmes résultats. Le blanc d'œuf contient également une enzyme : le lysozyme (). Elle attaque la paroi des bactéries à coloration de Gram positive. Mais elle est inoffensive pour les bactéries lactiques parce qu’elle précipite lors du collage. Conservation. Les blancs (lorsqu’ils sont séparés des jaunes) se conservent à dans une boîte hermétique au congélateur.
Qatar Le Qatar (en / "qaṭar"), en forme longue l'État du Qatar (en / "dawlat qaṭar"), est un émirat du Moyen-Orient d'une superficie de . Le Qatar est situé sur une petite péninsule s'avançant dans le golfe Persique et reliée à la péninsule Arabique au sud, où elle a une frontière terrestre avec l'Arabie saoudite. Sa capitale est Doha, sa langue officielle l'arabe, et sa monnaie le riyal qatarien. Le Qatar est le cinquième producteur de gaz naturel du monde après la Russie, les États-Unis, le Canada et l'Iran ; il est devenu le premier exportateur de gaz naturel liquéfié. Le pays est aussi un producteur de pétrole, mais de taille moyenne. Il est membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) entre 1961 et 2018. Il est membre associé de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis le sans être passé par le statut d'observateur. Histoire. Préhistoire et Antiquité. Les traces d'habitation humaine au Qatar remontent à . Des colonies et des outils datant de l'âge de pierre ont été mis au jour dans la péninsule. Des objets mésopotamiens, datant de la période d'Obeïd (vers 6500-3800 ), ont été découverts dans des établissements côtiers abandonnés. En 224 après J.-C., l'empire sassanide prend le contrôle des territoires entourant le golfe Persique. Les territoires de l'actuel Qatar ont joué un rôle dans l'activité commerciale des Sassanides, contribuant notamment à l'apparition de deux produits : les perles précieuses et les colorants. Ère musulmane. En 628, le prophète de l'islam Mahomet envoie un émissaire musulman à un dirigeant en Arabie orientale nommé Munzir ibn Sawa Al Tamimi et demande que lui et ses sujets acceptent l'islam. Munzir accepte et, par conséquent, la plupart des tribus arabes de l'est se convertissent. Après l'adoption de l'islam, les Arabes mènent la conquête musulmane du Moyen-Orient, notamment de la Perse, causant la chute de l'Empire sassanide. Par la suite, le Qatar fera systématiquement partie des différents empires arabes qui se succéderont : Califat des bien guidés, Califat omeyyade, Califat abbasside, etc. Portugais et Ottomans. Malgré un climat aride et difficile, le Qatar a toujours connu une présence humaine durant des milliers d'années. Cette présence est le fait de plusieurs tribus nomades ou sur les côtes avec de petits villages de pêche. Les tribus ont longtemps combattu pour les terres les plus riches, formant et cassant ainsi des coalitions. Au , les Portugais occupent le détroit d'Ormuz, puis Mascate et Bahreïn, d'où ils sont en concurrence avec l'Empire ottoman. En 1517, ils prennent le Qatar et imposent leurs contrôles maritimes et commerciaux dans le Golfe. En 1538, le Qatar a été rattaché à l'Empire ottoman, rattachement qui a duré quatre siècles. Les Ottomans n'imposent pas la langue turque aux habitants, cette langue restant l'apanage de la seule administration ; de même leur domination demeure relativement lointaine et surtout administrative. Au cours du , le pays est marqué par de violentes rivalités entre les tribus désirant contrôler le territoire. Ces conflits se poursuivent jusqu'au début du , quand les Britanniques décident d’intervenir. Protectorat britannique. Les Britanniques considèrent tout d'abord le Qatar et le golfe Persique comme une position intermédiaire stratégique pour leurs intérêts coloniaux en Inde, mais la découverte de pétrole et d'hydrocarbures cent ans plus tard change cette vision. Pendant le , période de développement des entreprises britanniques, la famille Al Khalifa règne sur la péninsule qatarienne et l'île de Bahreïn. Bien que le Qatar soit une possession légale, des contestations naissent, le long du littoral oriental dans les villages de pêche de Doha et d'Al Wakrah, contre la domination des Bahreïniens Al Khalifa. En 1867, les Al Khalifa lancent une offensive massive contre les rebelles qatariens en envoyant une force navale à Wakrah. Malgré le succès de l'opération, l'agression bahreïnienne viole un traité de 1820 entre le Royaume-Uni et les Bahreïniens. La réponse diplomatique britannique ne se fait pas attendre, le colonel Lewis Pelly, responsable du protectorat, commence des pourparlers avec un responsable du Qatar. Ces pourparlers aboutissent à une séparation tacite du statut du Qatar d'avec celui de Bahreïn. L'homme choisi pour négocier avec le colonel Pelly est un entrepreneur respecté et un résident de longue date de Doha : Mohammed Ben Thani. La famille Al Thani a jusqu'alors été relativement inactive dans la politique du Golfe, mais cet événement lui assure l'ascendant sur le Qatar en tant que famille régnante, toujours en place à ce jour. Indépendance. La Seconde Guerre mondiale remet en cause l'emprise des Britanniques sur leur Empire, particulièrement quand l'Inde devient indépendante en 1947. L'incitation à un retrait semblable des émirats du Golfe s’accélère pendant les années 1950, et les Britanniques accueillent bien la déclaration d'indépendance du Koweït en 1961. Sept ans plus tard, ils annoncent officiellement qu’ils se désengagent (politiquement, mais pas économiquement) du Golfe dans un délai de trois ans. Le Qatar, Bahreïn et sept autres États forment une fédération. Néanmoins, des conflits régionaux amènent le Qatar à déclarer son indépendance vis-à-vis de la coalition qui devient les Émirats arabes unis. 1971 marque la naissance du Qatar comme État souverain, qui devient membre de l'Organisation des Nations unies. De 1995 à 2013, le Qatar est dirigé par l’émir Hamad ben Khalifa Al Thani, qui a pris les commandes du pays en renversant son père Khalifa ben Hamad Al Thani, alors que celui-ci était en vacances en Suisse (qui vécut en exil en France puis en Italie jusqu’à son retour au Qatar en 2004). En 2004, un attentat tue Zelimkhan Iandarbiev, le président de Tchétchénie, exilé au Qatar. En 2005, un attentat-suicide visant un petit théâtre à Doha tue un ressortissant britannique, professeur d'anglais et de théâtre. Cet événement choque le pays, qui n'avait jamais auparavant connu d’acte terroriste. En 2009, les autorités qatariennes refusent d'arrêter le président soudanais Omar el-Bechir, en visite officielle dans le pays, malgré un mandat d'arrêt émis à son encontre par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et génocide. Le , le Qatar est désigné pour organiser la Coupe du monde de football 2022, et, le , il est désigné pour organiser le championnat du monde masculin de handball 2015. Politique. Politique intérieure. Le gouvernement qatarien maintient un certain nombre de restrictions sur la liberté d'expression et les mouvements pour l'égalité. Au Qatar, la famille régnante, Al Thani (), continue de détenir seule le pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1971. L'émir, qui est le chef de l'État, gère le pays en s'appuyant sur sa famille. En 1970, la base des lois du Qatar institutionnalise les coutumes locales enracinées dans l'héritage conservateur wahhabite (son influence a diminué aujourd'hui) du Qatar, conférant à l'émir un très grand pouvoir. Le maintien des traditions de consultation, gérées par consensus, et du droit du citoyen de faire appel personnellement à l'émir, influencent le rôle de l'émir. Celui-ci, tandis qu'il n'est soumis à aucun individu, ne peut violer la charia (la loi islamique) et, en pratique, doit prendre en compte les opinions des dirigeants notables et de l'autorité religieuse. Le Conseil consultatif, un groupe aux membres désignés qui assiste l'émir dans l'élaboration de nouvelles politiques, institutionnalise la position de ces genres de groupes d'influences. Aucun parti politique n'existe dans le pays. En , le Premier ministre, Khalifa ben Hamad Al Thani, destitue son cousin, l'émir Ahmad ben Ali Al Thani, et assume tous les pouvoirs. Les membres importants de la famille Al-Thani soutiennent sa décision, exécutée sans aucune violence ni signe d'agitation politique. Le , le Premier ministre, Hamad bin Khalifa Al Thani, destitue son père, l'émir Khalifa, sans violence, et s’est fixé pour objectif la visibilité du Qatar sur la scène régionale et, autant que possible, internationale. L'émir Hamad et son père se réconcilient en 1996, mais le souverain renversé ne revient au pays qu'en 2004, après avoir séjourné en France puis en Italie. La liberté de la presse s'est étendue, et la station de télévision Al Jazeera située au Qatar, a acquis une réputation unique en tant que source libre et non-censurée de l'information dans les pays arabes. En 1999, les premières élections pour un Conseil communal sont organisées, candidature pour tous les adultes, femmes comprises, et en avril 2003 le pays se dote d'une constitution, dont la rédaction a duré quatre ans. Sa principale nouveauté : l'institution d'un Majlis Al-Choura (conseil consultatif) dont trente des quarante-cinq membres seront élus au suffrage universel direct, les quinze autres étant nommés par l'émir (article 77). La première élection de ce Parlement a eu lieu en 2004. La nouvelle Constitution n'autorise pas pour autant la formation de partis politiques. L'un des articles les plus novateurs est celui qui garantit la liberté de culte, sans la restreindre aux religions monothéistes. Lors de la guerre contre l'Irak, le pays a servi de base à l’état-major américain (Commandement central américain de Tampa, Floride, CENTCOM, responsable des opérations de guerre en Irak). Le , est signé, avec les États-Unis, un accord de coopération militaire relatif à l’utilisation de la base aérienne d’Al-Eideïd par les forces américaines. En 2011, le Qatar a envoyé ses avions Mirage combattre les forces libyennes de Mouammar Kadhafi aux côtés des troupes occidentales, il a quitté le terrain de la médiation pour celui de l'action. Après avoir progressivement préparé sa succession pendant deux ans en l’impliquant dans les dossiers les plus importants, l’émir Hamad ben Khalifa Al Thani, de santé fragile, abdique le en faveur de son fils Tamim ben Hamad Al Thani qui devient, à , le plus jeune chef d'État du monde arabe. Politique extérieure. En 2011, le Qatar soutient les révolutions du Printemps arabe. En Syrie, en Égypte, en Libye et en Tunisie, il appuie principalement les mouvements liés aux Frères musulmans. Ce soutien provoque cependant de fortes tensions avec l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, très hostiles à ces mouvements. Par contre, le Qatar soutient la répression des soulèvements populaires à Bahreïn. Cette apparente contradiction s'explique par la lecture confessionnelle qui sous-tend la géopolitique du Qatar. Le Qatar soutient les révolutions sunnites et la répression des printemps chiites. En Syrie, le Qatar, qui entretenait jusqu'alors des relations cordiales avec le régime syrien, ne bascule en faveur de l'opposition qu'au bout de plusieurs semaines. Comme dans d'autres pays, il appuie ouvertement les Frères musulmans. Il finance de nombreux groupes rebelles, ainsi que la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR). Cependant les Qatariens sont écartés de la CNFOR en 2013, après l'élection d'Ahmad Jarba, soutenu par les Saoudiens. En septembre 2014, le Qatar rejoint la coalition internationale contre l'État islamique. Le Qatar est régulièrement accusé d'être l'une des principales sources financières du terrorisme islamique. Il est notamment avancé que l'association humanitaire Qatar Charity, étroitement liée au gouvernement qatarien, finance dans le monde entier et notamment en Europe des groupes et des projets fondamentalistes islamistes. Le Qatar est accusé de soutenir des groupes comme l'État islamique ou al-Qaïda, ce qu'il nie vigoureusement. Ces accusations sont formulées par ses rivaux : l'Iran, l'ancien Premier ministre irakien et proche allié de l'Iran Nouri al-Maliki et les Émirats arabes unis — qui, selon Ignace Dalle et Wladimir Glasman, financeraient une campagne de communication pour accuser les Qatariens de soutenir des groupes terroristes. En 2018, une enquête administrative conduite par l'Unité FARA de la Section du contre-espionnage et du contrôle des exportations (CES basée au sein de la Division "Sécurité nationale" du département de la justice américaine) a montré (en 2018) qu'une officine de lobbying "Andreae and Associates" a travaillé avec « PIC Media » (filiale d'une autre agence de lobbying PIC (« "Policy Impact Communications" » où travaille Alex Braha, qui est la seule associée déclarée de « Andreae and Associates ») et avec une société dénommée « Lapis Communications » (organisme basé aux Émirats arabes unis, et identifié comme fournissant des « services » au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des Émirats arabes unis) à la production et la diffusion d'un film scénarisé, produit et diffusé par PIC Media, mais aussi d'un site internet et d'une campagne médiatique d'influence intitulée , faisant passer le message que le Qatar soutenait le terrorisme. Ce soutien au terrorisme est devenu, selon l'ambassadeur du Qatar à Paris, un « présupposé communément admis » au sein du débat sur l'extrémisme en Europe. Des groupes djihadistes bénéficient de soutiens financiers venus d'acteurs privés, activités au sujet desquelles, le Département d'État des États-Unis accuse le pays de vigilance « inexistante » ou, pour "Les Échos" de « fermer les yeux ». Selon Pierre-Jean Luizard, historien et chercheur au CNRS : . Pour François Burgat, directeur de recherche à l'Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), ni le Qatar, ni l'Arabie saoudite ne soutiennent financièrement Al-Qaïda ou l'État islamique : . En Syrie, le Qatar soutient de nombreuses factions rebelles comme Ahrar al-Cham, le Liwa al-Tawhid, le Front islamique de libération syrien, la Brigade Ahfad al-Rassoul, Faylaq al-Rahmane ou Faylaq al-Cham. En 2017, "L'Orient-Le Jour" indique que le Hayat Tahrir al-Cham pourrait avoir des liens avec le Qatar, ce que le Qatar dément formellement. Lors de la Deuxième guerre civile libyenne, le Qatar soutient le gouvernement de Tripoli, dominé par les Frères musulmans, et finance la coalition militaire Fajr Libya. En Égypte, le Qatar soutient Mohamed Morsi et condamne le coup d'État mené par l'armée qui porte le maréchal Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir. Le , le Qatar signe un accord de défense avec la Turquie. Le , David Cohen, sous-secrétaire américain au Trésor, chargé de la lutte contre le financement du terrorisme, a révélé que le Qatar, pourtant un allié américain de longue date, finance depuis de nombreuses années le mouvement palestinien Hamas. En 2017, une crise diplomatique secoue les pays du Golfe après des propos conciliants attribués à l'émir du Qatar envers l'Iran, le Hamas et le Hezbollah. Bien que l'émir Tamim ben Hamad Al Thani ait démenti avoir formulé de telles déclarations, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Égypte, Bahreïn, le gouvernement yéménite d'Abdrabbo Mansour Hadi, le gouvernement libyen de Tobrouk, la Mauritanie, les Maldives, les Comores et l'île Maurice annoncent à partir du la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, en l'accusant de soutenir . Le Qatar est exclu de la coalition qui mène alors l'« opération redonner espoir » au Yémen. Il est également mis sous quarantaine avec la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes. Plusieurs compagnies aériennes Etihad, Emirates, Flydubai et Air Arabia, ainsi que la Saudia et Gulf Air suspendent leurs vols en direction du Qatar. L'Arabie saoudite annonce la fermeture des bureaux de la chaine Al Jazeera de Riyad. Le , un accord de défense et de coopération militaire est signé entre le Qatar et la Russie, ainsi qu'un mémorandum d'entente concernant la coopération dans le domaine de la défense anti-aérienne et les fournitures d'armes. En , les relations diplomatiques avec les autres pays arabes de la région et en particulier avec l'Arabie saoudite sont rétablies. En décembre 2022, après des accusations de corruption concernant notamment l’ancienne vice-présidente du Parlement européen, la Grecque Éva Kaïlí, le Qatar menace l’Union européenne d’un « effet négatif » sur « la sécurité énergétique mondiale ». Armée. Bien que le Qatar soit un très petit pays, il possède une armée importante, et détient même le record mondial des armements toute catégorie, par rapport à son nombre d'habitants. Outre ses , le Qatar a entamé en 2018 l'embauche de contractuels étrangers, venus essentiellement du Pakistan, de Turquie et de quelques autres pays amis. Hormis les officiers supérieurs, la grande majorité des forces armées qatariennes sont composées de soldats étrangers. L'armée qatarienne est surtout pourvue d'un équipement extrêmement sophistiqué, constitué notamment d'avions français et américains, de chars Leopard allemands, et de missiles chinois. Le pays abrite une énorme base militaire américaine à Al-Udeid, et constitue le siège de l'United States Central Command. Les importations d'armes au Qatar ont augmenté de 166 % entre 2013 et 2017 comparativement à la période 2008-2012. Droits de l'homme. La situation des droits de l'homme au Qatar est une préoccupation importante de plusieurs organisations non gouvernementales, bien que des améliorations significatives aient été enregistrées depuis que Hamad ben Khalifa Al Thani s'est emparé du pouvoir, au milieu des années 1990. Sous son gouvernement, l'émirat a connu une période de rapide libéralisation et de modernisation, tout en conservant néanmoins son identité islamique. Entre autres choses, le Qatar est connu pour être le premier pays des États arabes du Golfe à donner aux femmes le droit de vote. La possibilité pour les femmes d'occuper des postes qualifiés s'est également accrue, y compris celle de briguer et de tenir des mandats électifs. Cependant, la situation de la très nombreuse population de travailleurs migrants est très préoccupante. Selon "Human Rights Watch", en juin 2012, des centaines de milliers de travailleurs migrants, pour la plupart en provenance d'Asie du Sud et employés au Qatar sur des chantiers de construction, courent le risque d'une grave exploitation et de maltraitance, au point que l'on peut parler de travaux forcés ou d'esclavage. Les fortes réactions suscitées dans le monde par les morts sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022 et la crainte que les conditions de travail sur ces chantiers n'occasionnent la mort de plus de étrangers avant même le début de la Coupe du monde ont amené le gouvernement du Qatar à promettre une nouvelle législation qui abolirait le système de « parrainage », le kafala, au cœur des problèmes constatés. En 2016, en dépit des promesses du Qatar d'améliorer les conditions de vie des travailleurs migrants, la présence de travail forcé, de violences, les « logements insalubres et étroits » demeurent prépondérants. Un rapport d'Amnesty International de mai 2017 évoque également ces problèmes. En novembre 2017, l'Organisation internationale du travail (OIT) décide de clore la plainte qui visait le Qatar sur la violation des droits des travailleurs immigrés. Le , à la suite de l’adoption de la loi de 2020, le Qatar adopte une réforme de son Code du travail. Les travailleurs immigrés peuvent désormais changer de travail avant la fin de leur contrat sans avoir à obtenir au préalable un certificat de non-objection de la part de leur employeur. Cette nouvelle loi qui s’ajoute à l’abandon plus tôt cette année des obligations en matière de permis de sortie du territoire, conduit au démantèlement effectif du système de parrainage connu sous le nom de « kafala », marquant ainsi le début d’une ère nouvelle pour le marché du travail au Qatar. Pour ce qui est du droit de la nationalité, le Qatar veille particulièrement à ne pas permettre aux travailleurs immigrés d'obtenir la nationalité qatarienne. Les enfants n'acquièrent pas la nationalité qatarienne lorsqu'ils naissent au Qatar, même si leur mère est elle-même qatarienne. La peine de mort reste en vigueur, ainsi que les punitions corporelles, notamment la flagellation. La liberté d'expression a subi une atteinte grave avec la condamnation à la prison à vie du poète qatarien Mohammed al-Ajami du fait des critiques qu'il avait formulées contre le gouvernement du Qatar lors de la Conférence de Doha de 2012 sur les changements climatiques. Une certaine liberté de culte est admise en faveur des travailleurs étrangers et des touristes, à condition que la pratique religieuse reste discrète et s'abstienne de tout signe extérieur ostentatoire. Dans le domaine de la vie privée, la charia interdisant toute relation sexuelle hors mariage, les relations extraconjugales sont interdites, et les actes homosexuels sont passibles de la peine de mort au Qatar. Subdivisions administratives. Depuis 2004, le Qatar comprend sept subdivisions appelées "baladiyat" ( "baladiyah", pluriel بلديات "baladiyat") : Géographie. Le Qatar est une presqu'île de située sur la rive sud du golfe Persique. Il est limitrophe de l’Arabie saoudite au sud et est bordé par le golfe de Bahreïn à l'ouest, il partage une frontière maritime avec Bahreïn au nord-ouest. Le pays s'étend sur de longueur et dans sa plus grande largeur. Ses de côtes furent jusqu'au la source de ses principales richesses, tirées de la pêche et des huîtres perlières. La majeure partie de la péninsule qatarienne est une plaine stérile recouverte de sable. Au sud-est se trouve Khawr al Udayd ou « la mer intérieure ». Le pays est très majoritairement plat. Son point culminant est le Qurayn Abu al Bawl. Il est situé dans le Jebel Dukhan et ne dépasse guère . C’est dans ce secteur que l’on trouve les principaux gisements terrestres de pétrole du Qatar, alors que les gisements de gaz naturel sont en mer, au nord-ouest de la péninsule. Le climat du Qatar est désertique, chaud en été et très doux en hiver. Pendant l’été, les températures varient de . Les averses hivernales sont minimes et la pluviométrie n’excède pas par an. La végétation du Qatar est typique d’un tel climat : maigre, éparse, constituée de quelques broussailles épineuses et de quelques arbres d’espèces peu variées (parmi lesquelles prédominent les palmiers…). Les pluies d’hiver et de printemps viennent chaque année reverdir le désert, mais seulement pendant quelques semaines. Doha, la capitale du Qatar, est aussi sa principale ville. Elle concentre la moitié de la population qatarienne et la quasi-totalité des infrastructures hôtelières et sportives du pays, et abrite le Palais royal (Diwan Emiri). En 1986, un contentieux régional est ravivé lorsque les forces qatariennes occupent l'îlot de Fecht el-Dibel, également revendiqué par Bahreïn ; il est finalement apaisé par les termes d'un accord de paix. La découverte de gisements pétroliers, au début des années 1990, est le prétexte à de nouveaux différends territoriaux concernant la région de Zubarah et les îles Hawar situées à l'ouest du pays. Le règlement proposé par la Cour internationale de justice en mars 2001 déclare : Le règlement est accepté par les deux pays et le Qatar déclare fériés les deux jours suivant la proclamation de la décision. Pendant l'été 2018, l'Arabie affirme sa volonté de construire le Canal Salwa qui transformerait le pays en île. Environnement. Le Qatar est en 2017, le pays rejetant le plus de par habitant dans l'atmosphère. Ces rejets étaient de l'ordre de par habitant en 2014, quand la moyenne mondiale s'élevait à . Ceci est dû à la fois à un niveau de consommation par habitant très élevé, supérieur à celui des pays développés, et à une forte extraction d'hydrocarbures, très énergivore. En 2019, le Qatar a la pire empreinte écologique des pays figurant au classement de Global Footprint Network, le tombant le 11 février . En 2012, le pays a accueilli deux rencontres internationales sur le thème de l’environnement et du développement durable : le troisième sommet qatarien sur les énergies alternatives et le sommet 2012 sur le climat sous l'égide des Nations unies. 95 % de la population du pays se concentre sur moins de 10 % de la superficie du pays, surtout à Doha et sa grande banlieue, et la côte nord. Donc, moins de 5 % de la population vit sur une surface de plus de 90 % du territoire, surtout des Bédouins, en des terres très arides et désertiques, ce qui laisse vide d'hommes la majeure partie du territoire. La température moyenne a augmenté de deux degrés depuis la période préindustrielle et peut dépasser 46 degrés en été. En raison de la chaleur extrême, les rues sont climatisées, aggravant encore le réchauffement. Alors que 60 % de la consommation d'électricité est destinée à la climatisation, la consommation électrique pourrait presque doubler au cours de la décennie 2020 selon certaines projections. Sécurité alimentaire. Le Qatar a peu de terres cultivables sur son territoire et importe 90 % de ses besoins alimentaires. Il met en place en 2009 le Programme national pour la sécurité alimentaire. Par ailleurs, le Qatar crée en 2012 l'Alliance mondiale des pays désertiques, une coalition de gouvernements de pays secs, dont font partie l'Algérie, l'Égypte, l'Irak et le Mexique. Économie. L'unité monétaire est le riyal qatarien, divisible en cent dirhams. Le taux de croissance annuel était de 6,2 % en 2012. Jusqu'en 2014 le Qatar possède la croissance économique la plus vive de la région du Golfe grâce aux renchérissements des cours du pétrole mais aussi depuis quelques années à la mise en place de son programme gazier mais l'économie du pays reste très dépendante du pétrole qui représentait en 2014 plus de 66 % de ses revenus. Aussi le krach sur le cours du baril qui passe de fin 2014 à en janvier 2016, a mis le budget 2015 en déficit, le budget 2016 étant prévu en déficit de de dollars. Le pays est à la onzième place au palmarès des producteurs OPEP pendant la décennie 2010, derrière l'Arabie saoudite et l'Irak, l'Iran et les Émirats. En 1920, le Qatar était essentiellement une région de pêche et de culture de perles. Après l’arrivée de la perle japonaise sur le marché mondial dans les années 1920 et 1930, l’industrie de la perle au Qatar stagne du fait de cette nouvelle concurrence. C'est la découverte du pétrole dans les années 1940, qui va complètement transformer l'économie du pays. Les ressources principales du Qatar proviennent maintenant des exportations de pétrole et de gaz naturel. À fin 2013, les réserves de pétrole du pays sont estimées à de barils ( de tonnes), soit 1,5 % des réserves prouvées mondiales, ce qui le classe parmi les vingt premières puissances pétrolières de la planète, juste devant la Chine et le Brésil. Le Qatar détient actuellement les troisièmes réserves de gaz ( de mètres cubes soit 13,3 % des réserves prouvées mondiales à fin 2013) après l’Iran et la Russie. Il est le quatrième producteur loin derrière les États-Unis et la Russie et à peu près au même niveau que l'Iran et le Canada. Le pays accueille la première bourse des matières énergétiques du Moyen-Orient, Energy City. La ville s'étendra sur et accueillera les bureaux des sociétés du secteur, ainsi qu’une myriade de services : laboratoires, banques, assurances, centres de formations, hôtels pour un coût de construction global de de dollars. La dépendance à l’égard du gaz et, dans une moindre mesure, du pétrole, a incité les autorités qatariennes à s’orienter vers une diversification de l’économie. Elles entendent ainsi développer le tourisme et se confronter à la concurrence de Dubaï, notamment avec la construction de The Pearl, un archipel artificiel dédié au tourisme. Le Qatar est par ailleurs le premier émetteur mondial de par habitant, avec une émission par habitant trois fois supérieure à celle des États-Unis. En 2022, le Qatar est classé en pour l'indice mondial de l'innovation. PIB. Au PIB nominal, le Qatar, avec un PIB estimé à en 2012, est cependant très loin derrière les dix grandes puissances que sont (dans l'ordre) les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, le Brésil, la Russie, l'Inde, et l'Italie. Il est également derrière des moyennes puissances comme la Colombie, l'Argentine, le Nigeria, l'Indonésie ou l'Afrique du Sud. De ce fait, le Qatar n'est classé qu'au des puissances économiques. L'économie du Qatar dépend en grande partie d'une importante main-d'œuvre étrangère travaillant principalement dans le secteur de la construction. Le PIB du Qatar a plus que triplé en cinq ans, atteignant le chiffre de de dollars en 2013. En outre, le pays génère de très confortables excédents financiers, ce qui lui permet de lancer de grands programmes industriels. Les hydrocarbures emploient 38 % de la population et génèrent 60 % du PIB, le secteur des services (tourisme, construction) emploie quant à lui 59 % de la population. À côté du pétrole et du gaz, l’agriculture, l’élevage et la pêche, ressources traditionnelles du Qatar, sont également à l’ordre du jour, grâce à l’implantation de fermes expérimentales de l’État. La pêche, quant à elle, satisfait à 90 % la demande locale. Défendant cependant le principe de la libre entreprise, il encourage l’investissement privé par certaines incitations fiscales comme la suppression d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Quant aux sociétés étrangères, elles sont imposées de 5 % à 35 % sur les bénéfices qu’elles réalisent sur place, encore que nombre d’entre elles fassent exception à la règle, soit parce qu’elles sont des coentreprises, soit parce qu’elles sont sous contrat avec l’État. Le PIB par habitant atteint, selon le FMI, en 2009. Sur d'habitants estimés en avril 2010, plus de sont des Népalais (selon l'ambassade, en 2011), formant la deuxième communauté d'expatriés après les Indiens. L'immense majorité n'est pas ou peu qualifiée et 61 % d'entre eux gagnent entre 114 et par mois. En moins d'une génération, l'émirat a connu un enrichissement sans précédent, notamment grâce à Hamad ben Khalifa Al Thani. Au pouvoir de 1995 à 2013, l'émir a fait de cette péninsule l'un des États les plus prospères du monde. Gratte-ciel, centres commerciaux, hôtels, lotissements chics, villas luxueuses, universités, musées… La capitale, Doha, a triplé en superficie depuis la fin des années 1990, et n'en finit pas de grignoter le désert. En 2012, elle accueille à elle seule la moitié de la population. Qatar Airways est l'une des quatre compagnies aériennes mondiales classées cinq étoiles Skytrax et élue meilleure compagnie aérienne au monde en 2011, 2012, 2015, 2017 et 2019. En ce qui concerne la population active, 69 % travaillent dans le secteur des services, 28 % dans l’industrie et 3 % dans l’agriculture. L'agriculture réalise uniquement 1 % du PNB. Malgré d'importants investissements, principalement dans le système d'irrigation, le pays n'est pas autosuffisant. Le premier client du Qatar est de loin le Japon. Les fournisseurs sont plus diversifiés : Japon, Royaume-Uni, France, États-Unis et Allemagne. Le pays est doté d'un réseau routier assez développé, de de routes et d'autoroutes. Il possède un aéroport international à Doha, agrandi et rénové à l'occasion des Jeux asiatiques de 2006. La capitale, Doha, et Mesaieed (pour les industries pétrolières) sont les deux ports importants du pays. Le taux de chômage du Qatar est presque nul puisqu'il avoisine 0,1 % en 2017. En 2015, les Qatariens occupent moins de 2 % de l'ensemble des emplois (la plupart des travailleurs sont des immigrés). Jusqu'en 2016, les travailleurs migrants sont soumis à la « kafala ». Celle-ci peut s'apparenter à une sujétion où le salarié n'a aucun droit, étant placé sous la tutelle d'un « parrain », généralement son employeur. La médiatisation internationale de la dureté des conditions de travail sur les chantiers, notamment les stades en construction pour la coupe du monde de football 2022, a poussé l'émirat à entreprendre certaines réformes. La "Kafala" est officiellement abolie et la poursuite du travail lorsque la température dépasse les est interdite. Toutefois, les syndicats restent interdits, le ministère du travail n'a guère d'inspecteurs pour faire respecter la loi, et les peines encourues ( d'amende) sont peu dissuasives. Les employés peuvent difficilement se risquer à présenter leur cas devant les tribunaux ; une femme de ménage qui dénoncerait des mauvais traitements pourrait facilement être expulsée. Le juriste égyptien Adnan Fayçal souligne que Démographie. Selon l'institut national de statistiques, la population du Qatar est estimée à en 2018. Le Qatar ne publie toutefois aucune statistique sur le nombre de ses ressortissants, qui représenteraient selon des organismes indépendants 10 % de la population en 2018. La densité de population est de au kilomètre carré. La majorité de la population est concentrée dans la capitale, Doha ; Al Rayyan est la deuxième ville du pays ; ces deux villes concentrent environ 80 % de la population. Les habitants du Qatar se nomment les "Qatariens" et "Qatariennes", les "Qataris" et "Qataries" (selon une variante acceptée par la commission de terminologie de l'ONU) ou les "Qatariotes" (ou encore les "Katariens" et "Katariennes", les "Kataris" et "Kataries" ou les "Katariotes" (formes précédentes déclinées avec un K d’après la variante orthographique « Katar »). L'arabe sert comme langue officielle mais l'anglais est largement utilisé. Le Qatar est une véritable mosaïque culturelle, du fait de l'important poids des étrangers. L'industrie pétrochimique attirant des gens du monde entier, la population du Qatar est composée à 65 % d'ouvriers immigrés. La plupart des immigrants viennent du sous-continent indien et des proches pays arabes qui ne sont pas riches en pétrole. En raison de la grande quantité d'expatriés, majoritairement masculins, le Qatar a l'une des plus grosses différences de ratio entre les sexes dans le monde, avec environ trois hommes pour une femme. Ceci vaut également mais de façon moindre dans les autres pays arabes du Golfe Persique. Langues. Il existe au Qatar une triglossie linguistique institutionnelle, celle-ci comprenant l'arabe littéraire, l'arabe dialectal qatarien et la langue des signes qatarienne. L'anglais est fréquemment usité dans les rapports commerciaux. Non seulement il a tendance à s'imposer comme une langue véhiculaire entre les différentes communautés culturelles qui composent le pays, mais également à devenir une langue de communication privilégiée pour l'importante diaspora d'expatriés que compte le pays. Face à ce tout-à-l'anglais en nette expansion, le gouvernement qatarien a mis en œuvre des mesures ayant pour but la revalorisation de l'utilisation de la langue arabe dans le pays. Le persan (ou farsi) est la seconde langue étrangère importante, du fait que l'Iran est proche, et que ce pays est un important partenaire économique, surtout pour des ventes concernant l'alimentation (viandes, laitages, fruits et légumes). De plus, le Qatar a une minorité musulmane chiite dont une grande partie de ce groupe confessionnel parle couramment le farsi. En 2012, notamment pour des raisons de proximité géopolitique avec l'Afrique francophone, le Qatar adhère à l'Organisation internationale de la francophonie en tant que membre associé, bravant ainsi la règle qui nécessite d'être d'abord reconnu comme membre observateur avant de pouvoir accéder au statut de membre associé. Une position que l'Organisation a justifiée à l'époque par le nombre non négligeable de francophones dans le pays : parleraient ainsi français, soit le dixième de la population qatarienne. Toutefois, il semblerait que le Qatar ait rapidement perdu intérêt dans l'Organisation et trois ans plus tard le pays risquait l'expulsion pour non-paiement de sa cotisation annuelle. Conséquence de la mosaïque multiculturelle du pays, de nombreuses autres langues y sont parlées telles que l'hindi, l'ourdou, le tamoul, le népalais ou encore le tagalog. Religion. L'islam d'obédience wahhabite est la religion d'État du Qatar. En dehors de l'Arabie saoudite, le seul autre pays « dont la population indigène est wahhabite et qui adhère à la croyance wahhabite », est la petite monarchie du Golfe du Qatar, mais le wahhabisme au Qatar est moins strict. Contrairement à l'Arabie saoudite, le Qatar a apporté des changements significatifs dans les années 1990. Les femmes sont désormais autorisées à conduire et voyager seules ; les non-musulmans sont autorisés à consommer de l'alcool et du porc. Le pays parraine un festival de cinéma, a des « musées d'art de classe mondiale », abrite la chaîne d'informations Al Jazeera et accueille la Coupe du monde de football 2022. Des Qatariens attribuent leur interprétation différente de l'islam à l'absence d'une classe cléricale indigène et à l'autonomie de la bureaucratie (vis-à-vis de l'autorité des affaires religieuses, des dotations, du Grand Mufti), et au fait que les dirigeants qatariens ne tirent pas leur légitimité d'une telle classe. En revanche, il y a des fidèles d'autres religions, notamment des chrétiens, parmi les nombreux travailleurs étrangers. Selon le recensement de 2004, 77,5 % de la population est musulmane, 9 % sont hindouistes, 8,5 % sont chrétiens et 5 % sont adeptes d'autres religions. La plupart des Qatariens sunnites sont wahhabites, soit 46,87 % de l'ensemble des Qatariens. Tourisme. Le secteur du tourisme n’occupe à ce stade qu’une place de second plan dans l’économie qatarienne et souffre de la crise régionale depuis le . Il constitue toutefois l’un des piliers de la stratégie de diversification de l’économie et les autorités mettent les moyens pour développer ce secteur. Visa. Les citoyens des pays faisant partie du Conseil de coopération du Golfe (Bahreïn, Koweït, Oman, Arabie saoudite et Émirats arabes unis) n'ont pas besoin de visa pour entrer au Qatar. Flux touristiques. Les flux touristiques à destination du Qatar ont connu une forte hausse sur la période 2010-2016 (+ 10,5 % par an en moyenne) notamment grâce au développement rapide de la compagnie nationale Qatar Airways, qui dessert plus de à travers le monde, et à la mise en service du nouvel aéroport international de Doha en 2014. Ces flux sont néanmoins sur une tendance baissière dans le contexte de crise régionale depuis juin 2017, la frontière terrestre avec l’Arabie saoudite étant fermée et les vols en provenance des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, de Bahreïn et de l’Égypte suspendus. Le trafic passager à l’aéroport de Doha a ainsi été ramené de de personnes en 2016 à en 2018. Dans ce contexte, le Qatar a accueilli de visiteurs en 2018 (contre en 2017 et en 2016), la voie aérienne constituant le premier point d’entrée suivie de la voie maritime (cf. supra). La provenance des touristes a par ailleurs quelque peu évolué. Les ressortissants des pays du CCEAG représentaient 48 % des visiteurs en 2016, ceux d’Asie 22 % et ceux d’Europe 15 %. En 2018, ceux d’Asie (41 %) et de l’Europe (29 %) sont en revanche majoritaires devant ceux des pays du CCEAG (11 %). Parc hôtelier. Le parc hôtelier a connu une croissance rapide, le nombre de chambres étant passé de en 2014 à en 2018 (dont 80 % de chambres quatre et cinq étoiles). Ce programme de développement devrait se poursuivre à un rythme soutenu ces prochaines années, les établissements en projet représentant un stock supplémentaire de plus de 23000 chambres. Environ devraient ainsi être disponibles pour 2022. Cette hausse de l’offre ne s’accompagne pas à ce stade d’une hausse comparable de la demande si bien que les performances du secteur hôtelier se sont dégradées. Le taux d’occupation des chambres a été ramené de 62 % en 2016 à 58 % en 2017 avant de remonter à 61 % en 2018. Le prix moyen par chambre est tombé sous les (après en 2017 et en 2016), impliquant une baisse du revenu par chambre disponible ( en 2018, après en 2017 et en 2016). Tenue vestimentaire. En 2014, une campagne est lancée pour rappeler aux touristes l'importance de l'aspect vestimentaire au Qatar. Les touristes de sexe féminin sont tenues de ne pas porter de leggins, minijupes, hauts sans manche, ni de vêtements courts ou moulants dans les espaces publics. Les touristes de sexe masculin sont tenus de ne pas porter de shorts ou de débardeurs. Axes de développement. L’un des principaux axes de développement du secteur est le tourisme d’affaires, qui passe par l’accueil d’évènements d’affaires d’envergure internationale. Le Qatar dispose d’une surface d’exposition de plus de , répartie entre le Qatar National Convention Center (QNCC), le Doha Exhibition and Convention Center (DECC) et les nombreux hôtels de la ville, qui lui permet d’accueillir plus de cent forums d’affaires chaque année. Le sport constitue le deuxième axe structurant de la stratégie du Qatar en matière de tourisme. Sous l’impulsion de Hamad ben Khalifa Al Thani, père de l’actuel émir du Qatar, le pays s’est lancé dans une politique de rayonnement par le sport, qui lui a permis de remporter l’organisation de prestigieux tournois internationaux : jeux asiatiques de 2006, championnats du monde de handball de 2015, championnats du monde de cyclisme sur route en 2016, championnats du monde de gymnastique artistique en 2018, championnats du monde d’athlétisme en 2019, et Coupe du monde de football 2022. Le pays a également mis l’accent sur la formation et la médecine sportives, avec pour objectif de faire du Qatar une destination prisée des athlètes internationaux. Le Qatar met l’accent sur la promotion de Doha comme escale pour les croisières qui parcourent la région en hiver. vingt-deux paquebots ont ainsi fait escale au Qatar pour la saison 2017 (soit ). La saison 2018-2019 devrait constituer un record avec et . Enfin, le Qatar investit dans le développement de son patrimoine culturel et dispose aujourd’hui de plusieurs musées phares (notamment le Musée National conçu par Jean Nouvel et inauguré le , le Musée d’art islamique conçu par l’architecte chinois I.M. Pei, d’un « village culturel » ou encore d’un vaste souk, entièrement remis à neuf en 2008. Culture. L’islam est la religion officielle de l’État du Qatar. On y compte plus de mille mosquées. La majorité des Qatariens sont des musulmans sunnites. La langue officielle du Qatar est l’arabe, mais l'anglais est la deuxième langue officielle du pays, et il est parlé couramment. D'autres langues comme le persan, l'ourdou et certaines langues orientales y sont parlés. L'Ardha est la danse traditionnelle du pays ; elle est effectuée par l'émir lors des évènements majeurs, comme le jour de l'indépendance ou le jour de l'aïd. Les chanteurs qatariens sont peu nombreux, et peu connus dans le monde arabe, à part Ali Abdel Sattar, mais ce dernier n'est apprécié que par les habitants du Golfe. Le plat traditionnel qatarien est à base de riz et d’épices : le majbouss. Le Qatar comporte aussi une francophonie qui se manifeste dans des festivités annuelles, sur un site internet et grâce à une station de radio. Doha compte également un Institut français. Le Qatar investit également beaucoup dans la culture en général – la salle de cinéma numérique du Royal Monceau à Paris, par exemple – et en particulier dans les arts plastiques arabes : peinture, sculpture, photographie… Son premier musée d'art moderne et contemporain, le Mathaf, ouvre ses portes en décembre 2010. Il existe également, à Doha, un musée des Arts Islamiques, construit sur la baie, selon une architecture moderne ; il rassemble de nombreuses œuvres, poteries, etc. du monde arabe. Mode de vie. Le Qatar demeure une société patriarcale où l'homme décide de tout. Ainsi, dans certaines familles, les femmes ne sont pas encore autorisées à sortir seules. Les mariages restent souvent arrangés. Quant à la mixité, elle est loin d'être la norme : à l'université du Qatar par exemple, filles et garçons étudient sur deux campus séparés. Ces règles sont si profondément ancrées que beaucoup de jeunes y adhèrent. Médias. Certains journaux qatariens sont rédigés en arabe "Al-Raya", "Al-Sharq" et "Al-Watan" et d'autres sont en anglais "Gulf Times" (version anglaise de Al-Raya) et "The Peninsula" (version anglaise de Al-Sharq). La première chaîne de télévision qatarienne, Qatar Television, a été lancée en 1970. Après quatre ans en noir et blanc, les retransmissions en couleur ont commencé en 1974. Une deuxième chaîne, principalement en anglais, a été inaugurée en 1982 et diffuse un hebdomadaire en français le lundi (vers ). La chaîne de télévision Al Jazeera, première chaîne d’informations en continu du monde arabe, est basée à Doha et . Elle est diffusée via satellite et regardée par près de quarante-cinq millions d’arabophones dans le monde. Le président du Conseil d’administration d’Al Jazeera est un membre de la famille royale. Présente dans trente-cinq pays, la chaîne de télévision Al Jazeera s'est imposée comme un véritable outil d'influence médiatique et diplomatique. Elle a permis de faire connaître le Qatar au reste du monde. Elle a aussi offert à l'émir une légitimité sans précédent, pour se positionner dans les négociations internationales. Ainsi, depuis 2007, peu de discussions géopolitiques ont lieu sans que le Qatar soit présent. Au point que l'émir est désormais surnommé le « Kissinger arabe ». En 2018, Reporters sans frontières place le Qatar au de son classement mondial de la liberté de la presse, notant les blocages et la censure dont sont l'objet les journalistes abordant les sujets de la famille royale et de l’islam. Éducation. L'enseignement au Qatar est gratuit et obligatoire à la fois pour les enfants qatariens et pour ceux des travailleurs immigrés . Au cours des dernières années, le Qatar a donné une grande importance à l'éducation. Au même titre que les services de soins de santé gratuits pour tous les citoyens, chaque enfant a droit à l'éducation gratuite à partir de la garderie jusqu'à la fin du collège. Chaque communauté du pays a une école qui suit le programme de son pays d'origine. Le pays a une université, l'université du Qatar, et un certain nombre d'institutions permettant la poursuite d'études supérieures. De plus, avec le support de la Fondation du Qatar, des universités américaines réputées ont ouvert des campus dans la Cité de l'éducation. Celles-ci incluent l'université Carnegie-Mellon, l'université de Georgetown, l'université A&M du Texas, l'université du Commonwealth de Virginie, le collège médical Weill de l'université Cornell, l'University College de Londres et HEC. En 2004, le Qatar a établi le Parc des Sciences et Technologies du Qatar dans la Cité de l'éducation pour relier ces universités avec l'industrie. En novembre 2002, l'émir Hamad ben Khalifa Al Thani a créé, par le décret numéro 37, le Conseil d'Éducation Suprême, qui inclut, parmi les membres de sa famille, la femme de l'émir, Sheikha Moza bint Nasser al-Missned, ambassadrice de l'UNESCO pour l'éducation de base et l'enseignement supérieur, et qui a pour but de superviser la réforme complète du système de l'enseignement public au Qatar. Le Conseil dirige et contrôle l'éducation pour tout âge, à partir du préscolaire jusqu'au niveau universitaire, incluant la réforme de l'Éducation pour une Nouvelle Ère. Des écoles indépendantes financées par l'État ont été créées au cours des années qui ont suivi la création du Conseil. Ces établissements scolaires seront guidés par de nouveaux programmes d'enseignement en arabe, en anglais, en mathématiques et en sciences. En 2005, 3,3 % du PIB du Qatar était consacré aux dépenses d'éducation. Des frais trop élevés privent de scolarité des milliers d'enfants de travailleurs étrangers au Qatar, leurs parents étant incapables de payer les frais de scolarité, relève en décembre 2019 la rapporteure spéciale de l'ONU sur le droit à l'éducation. Selon elle, ces frais devraient être « levés pour que tous les enfants jouissent du droit à l'éducation ». Art et musées. Le musée d'Art islamique de Doha est le plus grand musée de Doha, devant le Musée national du Qatar. Il dispose d’une collection d’œuvres d’art islamique datant du . En 2015 est paru "La Politique culturelle du Qatar, vers une légitimation identitaire ?" (Lorraine Engel-Larchez, l'Harmattan), seul ouvrage en français à ce sujet, faisant l'état des lieux de la politique culturelle du micro-émirat. Sport. En 1977 la fédération d'athlétisme engage comme entraîneur l'ancien décathlonien belge Freddy Herbrand qui deviendra ensuite directeur technique et travaille au Qatar pendant trente-trois ans. Aux Jeux olympiques d'été, le Qatar a remporté trois médailles de bronze, deux médailles d'argent et deux médailles d'or. Aux Jeux olympiques d'été de 1992 à Barcelone, Mohamed Ahmed Sulaiman a remporté la médaille de bronze sur 1500 m. Aux Jeux olympiques d'été de 2000 à Sydney, Said Saif Asaad a fini en haltérophilie hommes, plus de . Aux Jeux olympiques d'été de 2012 à Londres, Nasser al-Attiyah a pris la au tir (skeet) et Mutaz Essa Barshim la médaille d'argent au saut en hauteur (Initialement 3e, il profite de la disqualification du Russe Ivan Ukhov pour dopage pour grimper d'une marche sur le podium). Aux Jeux olympiques de Rio en 2016, Mutaz Essa Barshim a remporté cette fois-ci la médaille d'argent toujours au saut en hauteur. Aux jeux olympiques de 2020 à Tokyo, Barshim remporte l'or ex aequo avec l'Italien Gianmarco Tamberi. Fares El-Bakh, quant à lui, a remporté la médaille d'or en haltérophilie en moins de 96kg. Dans le but de se faire connaître dans le monde, le pays utilise le sport pour accueillir des évènements importants et des sportifs célèbres. La Fédération qatarienne est reconnue par le CIO depuis 1980. Le pays accueille chaque année le tournoi de tennis de Doha, ainsi que l'Open du Qatar de tennis de table. Le pays a accueilli les jeux asiatiques en , le troisième événement sportif mondial, après la Coupe du monde et les Jeux olympiques. Dans ce but, le stade Khalifa à Doha a été agrandi, un ensemble de complexes sportifs a été construit tout autour recouvrant une surface de . Le Campus ASPIRE, académie sportive du Qatar à la pointe de la modernité, représente l’un des édifices centraux de ce complexe. Pour son inauguration, Diego Maradona, Pelé et Hicham El Guerrouj ont été invités. Le pays a lancé une politique pour naturaliser des sportifs de haut niveau. Le Qatar a même remporté une médaille d’or aux championnats du monde d’athlétisme de Paris d’août 2003, en fait grâce à un ex-Kényan, Stephen Cherono, qui venait d’être naturalisé et rebaptisé Saif Said Shaheen en échange d’un salaire à vie. Le Qatar propose même à des footballeurs qui n’auraient pas été sélectionnés dans leur pays la nationalité qatarienne afin de qualifier l’Émirat pour la Coupe du monde 2006, mais la Fédération internationale de football (FIFA) a mis un veto à un tel projet. En 2005, Tracy Edwards a reçu d’euros pour baptiser son bateau Qatar-2006 (ex-Club Med). Quarante millions d’euros ont été injectés dans le championnat de football, où Gabriel Batistuta, Frank Lebœuf, Stefan Effenberg et Pep Guardiola gagnent entre par mois. Le pays accueille également le tour du Qatar depuis 2002, qui est organisé par les organisateurs du tour du France ainsi qu'une étape du Moto GP depuis 2004. Le Qatar était candidat à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2020. Le , l'IHF désigne le Qatar pour organiser le championnat du monde masculin de handball 2015. Pour cette des championnats du monde, le Qatar constitue une équipe composée essentiellement de joueurs naturalisés les précédentes années. Le Qatar est le premier pays non-européen à atteindre la finale et finit médaillé d’argent, avec de nombreux joueurs naturalisés, en perdant le dernier match contre la France sur le score de vingt-deux buts à 25. Le , QSI, filiale de Qatar Investment Authority, rachète le Paris Saint-Germain à 70% avant de racheter les parts restantes en mars 2012. L'homme d'affaires et ex-tennisman qatarien Nasser Al-Khelaïfi devient le président-directeur général du club et lui injecte des moyens financiers très importants qui permettent d'acheter des joueurs parmi les plus chers au monde, tels Neymar et Kylian Mbappé en 2017 et Lionel Messi en 2021. Le PSG devient alors un club d'une dimension mondiale, mais échoue cependant à remporter la Ligue des champions. La FIFA a décidé le qu'il serait le pays hôte de la coupe du monde de football en 2022 (les autres candidats étaient les États-Unis, le Japon, l'Australie et la Corée du Sud). Ainsi, le Qatar sera le premier pays arabe à organiser un des deux plus grands évènements sportifs du monde avec les Jeux olympiques. L'attribution de la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar fait état de nombreux soupçons de corruption. La chaîne de télévision Al-Jazeera, propriété de l'État qatarien, aurait offert dans le plus grand secret quatre cents millions de dollars américains à la FIFA à vingt et un jours du vote pour l'attribution de la Coupe du monde 2022, dont cent millions de dollars de « bonus » qui devaient être versés seulement si le Qatar remportait l'organisation de la compétition. Des dizaines de milliers de travailleurs sont embauchés pour bâtir les infrastructures dans des conditions de travail souvent décriées par les ONG qui accusent le pays de ne pas payer les travailleurs étrangers sous le système de la "kafala". Des centaines de travailleurs immigrés employés dans la construction des infrastructures sportives décèdent chaque année. Le , le Qatar a remporté son premier trophée international majeur de football grâce à une victoire en finale de Coupe d'Asie des nations face au Japon (). Le Qatar, qui a affiché un style de jeu de grande qualité tout au long de la compétition qu'il a dominé de bout en bout (sept victoires en sept rencontres, meilleure attaque et co-meilleure défense du tournoi, des victoires probantes sur des favoris tels que la Corée du Sud, l'Arabie saoudite ou le Japon), prépare ainsi de la meilleure des manières « sa » Coupe du monde à domicile à trois ans de l'échéance. Le pays a aussi pris part, grâce à une invitation des organisateurs, à la Copa América 2019 au mois de juin. En novembre 2014, le Qatar obtient l'organisation des championnats du monde d'athlétisme 2019. Le Qatar s'investit également beaucoup dans le sport équestre et hippique. Il s'y élève des pur-sang et des pur-sang arabes réputés. Le souverain investit beaucoup, à travers des achats de haras et de chevaux de valeur, ou encore le sponsoring du prix de l'Arc de Triomphe. L'endurance est, de loin, le sport équestre le plus pratiqué. L'arrivée du Qatar sur la scène équestre et hippique internationale s'accompagne aussi de controverses, en raison d'affaires de dopage et de chevaux morts d'épuisement après les épreuves. Codes. Le Qatar a pour codes :
Qeb
Querétaro Querétaro (ou officiellement État Libre et Souverain de Querétaro) est un État du Mexique situé au centre du pays. La ville de Santiago de Querétaro, ou plus simplement Querétaro, est sa capitale. L'État de Querétaro est entouré par les États de San Luis Potosí au nord, Guanajuato à l'ouest, Hidalgo à l'est, Mexico au sud-est et Michoacán au sud-ouest.
Quatrain Un quatrain est une strophe de quatre vers, qui peut être soit un poème indépendant, soit une strophe d'un poème plus long. Le quatrain se prête à de très nombreuses combinaisons en jouant sur les mètres et sur les rimes, ce qu’ont su exploiter tous les poètes, notamment Paul Verlaine dans "Fêtes galantes". Il se révèle d’un emploi extrêmement varié tout au long de l’histoire littéraire malgré son apparente simplicité, ce qui fait de lui la strophe de base de la poésie française. Le mot correspond au genre du "robāʿi," un poème de quatre vers très utilisé dans la littérature persane. Ce genre est particulièrement connu grâce aux "Robâ‘iyât" du poète Omar Khayyâm. Fernando Pessoa a aussi adopté cette forme. Combinaisons métriques. Les quatrains isométriques. Ils comportent un seul type de vers ou des vers libres pour certains. Alexandrins. Les alexandrins sont des vers de douze syllabes. Décasyllabes. Les décasyllabes sont des vers de dix syllabes. Octosyllabes. Les octosyllabes sont des vers de huit syllabes. Heptasyllabes. Les heptasyllabes sont des vers impairs de sept syllabes. Pentasyllabes. Les pentasyllabes sont des vers impairs de cinq syllabes. Autres. D’autres quatrains existent encore, pairs ou impairs : tétrasyllabes (quatre syllabes) comme « » de Verlaine dans le recueil "Romances sans paroles"), ennéasyllabes (neuf syllabes) comme « » de Verlaine dans le recueil "Jadis et naguère") Les quatrains hétérométriques. Les quatrains hétérométriques ont des vers possédant un nombre de syllabes différents. Les combinaisons sont extrêmement variées, en voici quelques-unes : 8/8/12/8 syllabes. 12/6/12/6 syllabes. Le Lac 6/6/2/6 syllabes. Ballade à la lune Combinaisons des rimes. Genre des rimes. Rimes uniquement masculines ou féminines avec alternance strophique. Par exemple avec la première strophe masculine et la seconde féminine : Disposition des rimes. Rimes plates ou suivies. De forme A/A féminine/B/B masculine Rimes croisées. De forme A masculine/B féminine/A masculine/B féminine Rimes embrassées. A féminine/B/B masculine/A féminine Utilisation dans différents types de poème. Quatrain isolé. Le quatrain peut être utilisé seul : il constitue alors un petit poème complet comme l’illustrent de nombreux exemples depuis le Moyen Âge. En voici quelques-uns : En contrerime. Forme formalisée et baptisée par Paul-Jean Toulet : quatrain combinant rimes embrassées (A/B/B/A) et structure métrique croisée (généralement 8/6/8/6), qui donne au poème une impression de déséquilibre systématique. Les poèmes du recueil comportent deux, trois ou quatre strophes ; une seule fois le quatrain est autonome : Suggestif chez Prévert. L’automne Dans des poèmes courts. Il est très utilisé dans des poèmes plutôt courts, de huit à vingt vers, avec une certaine préférence pour le poème de quatre quatrains (proche visuellement du sonnet sans ses contraintes) comme « » de Charles Baudelaire dans "Les Fleurs du mal" ou « » de Victor Hugo dans "Les Contemplations’’ ). Dans des poèmes longs. Le quatrain se présente souvent dans de longs poèmes isostrophiques (uniquement des quatrains) : Autres exemples célèbres : « Le Bateau ivre » d'Arthur Rimbaud, 1871 ; « Liberté » de Paul Éluard, 1942 ; Je vous salue ma France... de Louis Aragon, 1943 ; On trouve parfois l’association de quatrains isométriques et hétérométriques comme dans « » de Victor Hugo dans "Les Contemplations’’, 1856, ou Le Lac d'Alphonse de Lamartine dans Méditations poétiques, 1820. On le trouve plus rarement dans de longs poèmes hétérostrophiques comme dans « » de Charles Péguy dans "", où des quatrains sont associés à des quintils : Utilisation dans des poèmes à forme fixe. Dans le sonnet. Les sonnets comportent deux quatrains dans les deux premières strophes que complètent un sizain ou deux tercets :
Quasar Un quasar (source de rayonnement quasi-stellaire, ' en anglais, ou plus récemment « source de rayonnement astronomique quasi-stellaire », ') est un trou noir supermassif au centre d'une région extrêmement lumineuse (noyau actif de galaxie). Les quasars sont les entités les plus lumineuses de l'Univers. Bien qu'il y ait d'abord eu une certaine controverse sur la nature de ces objets, jusqu'au début des , il existe maintenant un consensus scientifique selon lequel un quasar est typiquement la région compacte entourant un trou noir supermassif au centre d'une galaxie massive. Leur taille est de le rayon de Schwarzschild du trou noir et leur émission d'énergie provient de la zone du disque d'accrétion qui l'entoure. À travers les télescopes optiques, la plupart des quasars ressemblent à de petits points lumineux, bien que certains soient vus comme étant les centres de galaxies actives (et abrégés AGN, pour ). La majorité des quasars sont beaucoup trop éloignés pour être vus avec de petits télescopes, mais , d'une magnitude apparente (ou relative) de 12,9 et situé à d'années-lumière de la Terre, est une exception. Certains quasars présentent de rapides changements de luminosité, ce qui implique une relation avec leur taille (un objet ne peut pas changer de luminosité plus vite que le temps qu’il faut à la lumière pour voyager d’un bout à l'autre). Le quasar ULAS J1120+0641, observé en 2011, est longtemps resté le plus lointain jamais détecté, à (donc à environ d'années-lumière de la Terre). Fin 2017 est annoncée l'observation du quasar ULAS J1342+0928, à ; ce quasar a une luminosité bolométrique de et est interprété comme un trou noir de . On pense que les quasars gagnent en puissance par l’accrétion de matière autour des trous noirs supermassifs qui se trouvent dans le noyau de ces galaxies, faisant des « versions lumineuses » de ces objets connus comme des galaxies actives. Aucun autre mécanisme ne paraît capable d’expliquer les immenses énergies libérées, et leur rapide variabilité. Un phénomène encore inexpliqué à ce jour autour des quasars est que certaines galaxies « relativement tranquilles » semblent passer tout à coup au stade de quasars, en quelques mois à peine. Étymologie. Le substantif masculin "quasar" est un emprunt à l'anglais américain ', un substantif de même sens, attesté en . Sa plus ancienne occurrence connue se trouve dans un article de l'astrophysicien sino-américain Hong‐Yee Chiu relatif à l'effondrement gravitationnel et paru dans la revue ' en . C'est un mot-valise, contraction de l'adjectif ' (« quasi-stellaire »), abréviation de ' () par adjonction de ' à ' . En français, le mot "quasar" est employé dès , avec sa première occurrence publique connue dans « Les monstres du Cosmos », un article de Pierre-Charles Pathé paru dans "Le Nouvel Observateur" le . Structure. Un quasar est composé de trois grandes parties principales : Propriétés. Le plus grand catalogue recense, en 2006, . Tous les spectres observés montrent des décalages vers le rouge allant de 0,06 à 6,4, indiquant selon la loi de Karlsson que ces quasars se situent à de très grandes distances de nous, le plus proche de nous étant à et le plus éloigné étant à , aux limites de l’univers observable (leur décalage vers le rouge élevé implique que ces objets s'éloignent de nous). Quoique faibles quand ils sont observés optiquement les quasars sont les objets les plus brillants connus dans l’Univers. Le quasar qui apparaît le plus brillant dans notre ciel est l'hyper-lumineux , dans la constellation de la Vierge. Il a une magnitude apparente d’environ 12,9 (assez brillant pour être vu avec un petit télescope) mais sa magnitude absolue est de −26,7. Cela veut dire qu’à une distance de (~ ), cet objet luirait dans le ciel aussi fortement que le Soleil. La luminosité de ce quasar est donc plus forte que celle du Soleil, ou environ plus forte que la lumière totale d’une galaxie géante, telle que notre Voie lactée. Le quasar super-lumineux APM 08279+5255 avait, lorsqu’on l'a découvert en 1998, une magnitude absolue de −32,2, quoique les images à haute résolution des télescopes Hubble et Keck révèlent que ce système est gravitationnellement grossi. Une étude du grossissement gravitationnel dans ce système suggère qu'il a été amplifié par un facteur d’environ 10. Cela est encore beaucoup plus lumineux que les quasars tout proches tels que . On pensait que HS 1946+7658 avait une magnitude absolue de −30,3, mais lui aussi était mis en valeur par l’effet de grossissement gravitationnel. On a découvert que les quasars varient en luminosité sur différentes échelles de temps. Certains varient en brillance tous les , semaines, jours ou heures. Cette découverte a permis aux scientifiques de "théoriser" le fait que les quasars génèrent et émettent leur énergie dans une petite région, puisque chaque partie de quasar doit être en contact avec d’autres parties sur une échelle de temps pour coordonner les variations de luminosité. Ainsi, un quasar dont la luminosité varie sur une échelle de temps de quelques semaines ne peut être plus grand que quelques "semaines-lumière". Les quasars montrent beaucoup de propriétés comparables à celles des galaxies actives : le rayonnement est non-thermique et quelques-uns ont des jets et des lobes comme ceux des radiogalaxies. Les quasars peuvent être observés sur de nombreuses régions du spectre électromagnétique : les ondes radio, les infrarouges, la lumière visible, les ultraviolets, les rayons X et même les rayons gamma. La plupart des quasars sont les plus brillants dans le domaine du proche ultraviolet (~ , ce qui correspond à la raie d'émission Lyman-α de l'hydrogène) dans leur référentiel propre, mais à cause des décalages vers le rouge considérables de ces sources, le pic de luminosité a été observé aussi loin que , soit dans le très proche infrarouge. Les quasars peuvent montrer des raies d’émission très fortes provenant du fer ionisé, tel que . Génération d'émission. Comme les quasars montrent des propriétés communes à toutes les galaxies actives, beaucoup de scientifiques ont comparé les émissions des quasars à celles de petites galaxies actives. La meilleure explication pour les quasars est qu’ils deviennent puissants grâce aux trous noirs supermassifs. Pour créer une luminosité de (la brillance typique d'un quasar), un trou noir supermassif devrait convertir chaque année en énergie la matière équivalant à celle de , et les quasars les plus brillants sont réputés dévorer solaires de matière par an. On pense que les quasars peuvent s’allumer ou s’éteindre selon l'état de leur environnement, là où ils puisent de la matière. La conséquence serait donc qu’un quasar ne pourrait, par exemple, continuer de se nourrir à son rythme pendant d'années, ce qui expliquerait pourquoi il n’y a aucun quasar près de la Voie Lactée. Lorsqu’un quasar a terminé d’avaler du gaz et de la poussière, des étoiles et des planètes, il deviendrait une galaxie plus calme, ordinaire. Les quasars fournissent également des indices quant à la fin de la réionisation du . Les plus vieux quasars () montrent une onde Gunn-Peterson et des régions d’absorption devant eux, indiquant que le milieu intergalactique était fait de gaz neutre, à ce moment-là. Des quasars plus récents montrent qu’ils n’ont aucune région d’absorption, mais plutôt des spectres contenant une zone avec un pic connu sous le nom de forêt Lyman-α. Cela indique que l’espace intergalactique a subi une réionisation dans le plasma, et que le gaz neutre existe seulement sous la forme de petits nuages. Une autre caractéristique intéressante des quasars est qu’ils montrent des traces d’éléments plus lourds que l’hélium. Cela indique que ces galaxies ont subi une importante phase de formation d’étoiles, créant une d'étoile, dans la période entre l’époque du et l’observation des premiers quasars. La lumière de ces étoiles a pu être observée grâce au télescope spatial Spitzer de la NASA (fin 2005, cette interprétation demande encore à être confirmée). Historique. Les premiers quasars furent découverts avec des radiotélescopes vers la fin des . Beaucoup furent enregistrés comme des sources radio sans objet visible associé. En utilisant de petits télescopes et le télescope Lovell comme interféromètre, on a remarqué qu’ils avaient une très petite taille angulaire. Des centaines de ces objets ont été répertoriés dès 1960 et répertoriés dans le . En 1960, la source radio fut finalement reliée à un objet optique. Les astronomes détectèrent ce qui paraissait être une pâle étoile bleue à l’endroit des sources radios, et purent mesurer son spectre. Contenant énormément de raies d’émission inconnues — le spectre irrégulier défiait toute interprétation — la revendication de John Bolton parlant d’un grand décalage vers le rouge ne fut pas alors acceptée. En 1962, une percée fut accomplie. Une autre source radio, , allait subir cinq occultations par la Lune. Les mesures effectuées par Cyril Hazard et John Bolton, durant une occultation, en utilisant le radiotélescope de Parkes, permirent à Maarten Schmidt d’identifier l’objet du point de vue optique. Il obtint un spectre optique en utilisant le télescope Hale () du mont Palomar. Ce spectre révéla les mêmes raies d’émission étranges. Schmidt réalisa alors que c’étaient les raies de l’hydrogène "redshiftées" (décalées vers le rouge) de 15,8 % ! Cette découverte majeure démontra que s’éloignait de nous à la vitesse de . La découverte révolutionna l’observation des quasars, et permit à d’autres astronomes de trouver les émanant de raies d'émission pour des signaux provenant d’autres sources radio. Comme Bolton l’avait prédit plus tôt, s’avéra avoir un décalage vers le rouge équivalent à une vitesse d'éloignement égale à 37 % de la vitesse de la lumière. Le mot « quasar » fut inventé par l’astrophysicien Hong-Yee Chiu dans la revue ", pour désigner ces intrigants objets, qui devenaient populaires peu après leur découverte, mais qu'on désignait alors par leur appellation complète () : Plus tard, on découvrit que certains quasars (en fait, seulement ~10 %) n’avaient pas de fortes émissions radio. De là, le nom de « QSO » (") utilisé (en plus du mot « quasar ») en référence à ces objets, comprenant la classe des "radio-bruyant" et des "radio-silencieux". Le grand sujet de débat dans les était de savoir si les quasars étaient des objets proches ou plutôt des objets lointains, comme le laissait penser leur . On suggéra, par exemple, que le des quasars n’était pas dû à l’effet Doppler, mais plutôt à la lumière s’échappant d’un puits gravitationnel profond. Cependant, on calcula qu'une étoile avec une masse suffisante pour former un tel puits serait instable. Les quasars montrent également des raies spectrales inhabituelles, auparavant visibles sur une nébuleuse chaude de basse densité, qui serait trop diffuse pour générer l’énergie observée, et pour accéder au profond puits gravitationnel. Il y eut également de sérieux soucis en ce qui concerne l’existence possible de quasars cosmologiques lointains. Un des principaux arguments en leur défaveur était qu’ils impliquaient des énergies qui excédaient les processus de conversion connus, y compris la fusion nucléaire. Ces objections se sont effacées avec la proposition d’un mécanisme de disque d’accrétion, faite dans les . Et aujourd’hui, la distance cosmologique des quasars est acceptée par la majorité des chercheurs. En 1979, l’effet de lentille gravitationnelle prédit par la théorie de la relativité générale d’Einstein fut confirmée lors de l’observation des premières images du double quasar 0957+561. Dans les , des modèles unifiés furent développés dans lesquels les quasars étaient vus simplement comme une classe de galaxies actives, et un consensus général a émergé : dans beaucoup de cas, c’est seulement l’angle de vue qui les distingue des autres classes, tels que les blazars et les radiogalaxies. L’immense luminosité des quasars serait le résultat d’une friction causée par le gaz et la poussière tombant dans le disque d’accrétion des trous noirs supermassifs, qui peut transformer en énergie de l’ordre de 10 % de la masse d’un objet (à comparer à 0,7 % pour l'énergie produite lors du processus p-p de fusion nucléaire, qui domine la production d'énergie dans les étoiles, comme dans le Soleil). Ce mécanisme explique aussi pourquoi les quasars étaient plus communs lorsque l’Univers était plus jeune, comme le fait que cette production d’énergie se termine lorsque le trou noir supermassif a consumé tous les gaz et toutes les poussières se trouvant à sa portée. Cela impliquerait la possibilité que la plupart des grandes galaxies, dont notre Voie Lactée, sont passées par un stade actif (apparaissant comme étant des quasars, ou une autre classe de galaxie actives, cela dépendant de la masse du trou noir et de son disque d’accrétion) et soient maintenant paisibles parce qu'elles n’ont plus de quoi nourrir leur trou noir central pour engendrer beaucoup de radiations.
Qebehsenouf
Quechua Le quechua ( ou ) ou quichua () est une famille de langues parlées au Pérou, où il a le statut de langue officielle depuis 1975, ainsi que dans d'autres régions des Andes, du sud de la Colombie au nord-ouest de l'Argentine. Sa variante équatorienne est appelée kichwa, ou quichua. Il compte environ dix millions de locuteurs, dont un million et demi en Équateur, plus de quatre millions au Pérou et près de trois millions en Bolivie, tout en étant également parlé localement au nord du Chili. Il se subdivise en de nombreuses variétés. La plus répandue (sud du Pérou et Bolivie) est le quéchua dit « cuzquénien », qui possède une tradition écrite ancienne remontant à l'époque coloniale (). Le quechua était la "" et la langue officielle de l'Empire inca. La large extension territoriale actuelle du quechua est due au fait qu'il a été promu au rang de par la couronne espagnole. Histoire. Avant le développement de l'empire inca, le quechua était la langue des Chinchas qui vivaient dans la région côtière autour de l'actuelle ville de Lima, qui comprend notamment le temple de Pachacamac. Durant le millénaire , la langue se serait propagée dans un premier temps par le biais des échanges commerciaux entre les Chinchas et les peuples voisins, notamment à Cajamarca et jusqu'en Équateur, sans nécessairement s'y imposer comme langue vernaculaire. Selon le linguiste Nicholas Ostler, le quechua est devenu la langue impériale des Incas après l'annexion des territoires des Chinchas sous le règne de Pachacutec. Durant les générations suivantes, la langue s'est répandue dans une grande partie de l'empire inca grandissant, soit par une politique de colonisation, soit, comme le rapporte l'historien jésuite Blas Valera, par l’éducation, directement à Cusco, des héritiers des territoires vassalisés, lesquels devaient en retour transmettre le quechua à leurs descendants. Distribution géographique. Les langues quechuas sont parlées dans une large zone géographique discontinue dans l’ouest de l’Amérique du Sud, du sud-ouest de la Colombie jusqu’au nord de l’Argentine. Le nord : l’Équateur, la Colombie et le Loreto. Entre le sud-ouest de la Colombie, l’Équateur et l’extrémité nord de l’Amazonie péruvienne prédomine la variante du quechua appelée kichwa. Cette variante s’étend de régions discrètes des départements de Nariño, Putumayo et Cauca (Colombie) jusqu’aux versants nordiques du fleuve Amazone dans le département de Loreto (Pérou), passant au travers d’une grande partie de la sierra équatorienne et de l’Oriente. Le nord-est du Pérou. Deux variantes apparentées au kichwa sont parlées dans les départements péruviens d’Amazonas et de San Martín. Le quechua chachapoyas est employé dans les montagnes amazoniennes tandis que le quechua de San Martín est employé sur les versants des rivières Mayo et Sisa. À l’ouest, le quechua cajamarca est utilisé dans les environs de la ville de Cajamarca, dans des localités telles que Chetilla et Porcón. La variété d’Incahuasi-Cañaris, intelligible avec la variété cajamarca, s’étend au nord-est dans les districts andins de Incahuasi et de Cañaris (Lambayeque) et à proximité dans les provinces de Cutervo et de Jaén (Cajamarca), ainsi que dans un village éloigné de la province voisine de Huancabamba (Piura). Centre du Pérou. Dans les Andes péruviennes sont principalement parlées les variétés de la famille Quechua I. Elles forment un continuum dialectal réparti entre les départements de Áncash et Huánuco au nord, et ceux de Junín, Huancavelica et Ica au sud, incluant les départements de Pasco et Lima. Le dialecte le plus parlé dans ces régions est le quechua ancash, employé dans l’extrême nord (Áncash et le nord-ouest de Huánuco). Le quechua huanca est employé dans les provinces de Huancayo, Chupaca et Concepción situées dans le département de Junín. Au sud, dans le département de Lima, deux dialectes de la famille Quechua II partagent leur superficie avec les variétés de la famille Quechua I de la province de Yauyos : l’un est situé dans le district de Laraos et le second au sud de la province. Phonologie. Le quechua dit « normalisé » a trois voyelles : , et , généralement réalisée , , . Chaque consonne occlusive (labiale, dentale, palatale, vélaire et uvulaire) a une variante simple, une variante glottale et une variante aspirée (exemple : p, p' et ph). Syntaxe et morphologie. Le quechua est une langue agglutinante, exclusivement suffixante. Le nom est constitué d'une base à laquelle viennent s’ajouter, toujours dans cet ordre, une série de suffixes possessifs, la marque de pluriel "-kuna", puis en dernier les marques casuelles (le tout éventuellement suivi d'un enclitique). Aucun de ces suffixes n'est obligatoirement présent, la base nominale nue représente le cas nominatif. Le genre grammatical est inconnu en quechua, de même que les articles définis ou indéfinis, et l’opposition singulier/pluriel est moins systématiquement utilisée que dans les langues indo-européennes. Le verbe, situé en fin de phrase, comporte obligatoirement une base et au moins un suffixe (contrairement à la base nominale qui peut apparaître seule) : il est constitué de marques de temps, d'aspects, de transitions, de post-verbes et de marques de la personne. La première personne du pluriel est dédoublée en « nous inclusif » (nous, y compris toi) et « nous exclusif » (nous, mais pas toi). Le quechua est particulièrement riche et nuancé pour exprimer l'implication du sujet dans les processus exprimés, et notamment les modalités de sa connaissance desdits procès (l'évidentialité). Lexique. Emprunts français. Quelques mots d'origine quechua se sont introduits en français par l'intermédiaire de l'espagnol, notamment alpaga, condor, coca, guano, lama, pampa, puma, quinoa, et vigogne. Controverse orthographique. Une controverse orthographique oppose les partisans de l'écriture du quechua avec trois voyelles (trivocalistes) à ceux qui préfèrent employer les cinq voyelles de l'espagnol (pentavocalistes). Il est généralement admis que, d'un point de vue phonologique, les locuteurs totalement quechuaphones ne distinguent que trois voyelles ([a], [i] et [u]). Cependant, les locuteurs bilingues (également hispanophones), qui ont souvent appris à écrire en espagnol, ont tendance à noter cinq voyelles comme dans cette dernière langue (ils noteront tantôt "i", tantôt "e" là où les trivocalistes préconisent l'usage unique de "i", et tantôt "u", tantôt "o", là où les trivocalistes préconisent de n'utiliser que "u"). Trivocalistes et pentavocalistes sont généralement d'accord pour admettre que ces variantes sont des allophones et ne sont donc pas porteuses de sens. Elles se manifestent pour des raisons de physique articulatoire, en présence des consonnes dites uvulaires ou post-vélaires, mais pratiquement pas dans d'autres cas. L'opinion la plus couramment admise aujourd'hui parmi les universitaires préconise donc de limiter à trois voyelles la transcription de cette langue, afin d'éviter la multiplication inutile de variantes de graphies selon les dialectes et les transcriptions. Cette position reste cependant contestée par beaucoup d'autochtones, lesquels la jugent paradoxalement intellectualisante et déconnectée de la réalité (paradoxe, puisque le système phonologique du quechua se réduit à trois voyelles; mais ce paradoxe s'explique par la prégnance des modèles hérités de la colonisation). Elle présente aussi l'inconvénient de rendre caducs de nombreux ouvrages (dictionnaires, grammaires, anthologies…) rédigés avec l'orthographe pentavocaliste. Enfin, elle néglige le fait que le quechua contemporain fait des emprunts de vocabulaire à la langue espagnole — qui, elle, fait sans l'ombre d'un doute appel à cinq voyelles. Et dans ce cas, ou bien le mot conserve la trace de son origine étrangère au quechua et il faut le transcrire avec les normes espagnoles, ou il s'intègre au système phonologique quechua, c’est-à-dire à un système trivocalique.
Réusinage de code Le réusinage de code est l'opération consistant à retravailler le code source d'un programme informatique – sans toutefois y ajouter des fonctionnalités ni en corriger les bogues – de façon à en améliorer la lisibilité et, par voie de conséquence, la maintenance, ou à le rendre plus générique (afin par exemple de faciliter le passage de simple en multiple précision) ; on parle aussi de « remaniement ». Cette technique utilise quelques méthodes propres à l'optimisation de code, avec des objectifs différents. Le terme réusinage est originaire du Québec. L'équivalent en anglais est ', parfois rendu par refactorisation, terme qui, selon l'Office québécois de la langue française (OQLF), est à éviter. Pourquoi réusiner ? Au cours de la vie d'un logiciel, on lui ajoute souvent des fonctions, et en tout cas on corrige ses bogues. Ces modifications successives, n'améliorant pas en général la lisibilité du logiciel, ne facilitent pas, de ce fait, sa maintenance ultérieure. Le code source d'un programme a tout intérêt à rester, malgré ses modifications, le plus clair possible. Les techniques de programmation agile, où évolution et mise à disposition se font en quasi-continu, rendent cette exigence encore plus fondamentale. Pour toujours conserver un code aussi simple que possible, on : Niveaux de réusinage. Durant une même session de réusinage, on considèrera ces différents niveaux : Modification de la présentation. Ce niveau améliore la présentation du code source sans modifier le code exécuté : les commentaires (suppression de commentaires superflus, l'ajout de commentaires sur des sections complexes…) et la mise en page (indentation du code rendue homogène, passages à la ligne…). Des logiciels comme Eclipse ou même l'historique "cb" ("C beautifier") de Linux peuvent faciliter cette opération cosmétique, voire la prendre en charge. Eclipse en propose même plusieurs variantes. Modification de l'algorithmique. Ce type de modification vise à conserver des méthodes aussi simples que possible, par exemple en scindant une méthode ou un algorithme en plusieurs parties ou en confiant à un objet annexe une partie du traitement. Ce type de modification introduisant fréquemment des bogues, il s'accompagne nécessairement d'une batterie de tests unitaires exécutée après chaque modification proposée pour s'assurer d'une non-régression. Relocalisation de procédures. Consiste à déplacer une procédure soit dans une autre procédure, soit dans le corps principal de la classe. Peut également induire un déplacement de procédure dans une classe-mère ("pull-up"), ou dans une classe-fille ("push-down"). Refonte de la conception. Cette modification plus radicale remanie la hiérarchie des classes composant l'application. La progressivité et les tests de non-régression sont plus que jamais indispensables. Utiliser un explorateur de classes facilite le processus. Activités de réusinage. Suppression du code mort. Le code mort est le code dont on constate qu'il ne sert à rien faute d'être appelé par une autre partie du programme. Sans doute utile dans une étape antérieure du développement ou du débogage, il n'a plus de raison d'être, rend la lecture du code source plus complexe et déconcentre les responsables de la maintenance. Pour détecter le code mort, on peut utiliser les techniques suivantes : Autre forme de code mort : le code commenté ("commented out"). Il arrive souvent qu'à la suite de modifications, on laisse des pans entiers de l'ancien code pour pouvoir éventuellement revenir à la version antérieure facilement. Ce type de code devrait également être supprimé à la fin de la session de développement. Dans tous les cas, il n'est jamais recommandé de conserver du code qui "pourrait servir un jour". Il est toujours préférable de le supprimer de la version de travail et d'utiliser un outil de gestion de versions pour archiver ce type de code. Ajout d'assertions. Les assertions définissent un ensemble de règles à respecter par une application, dans le cadre de la programmation par contrat. Elles sont très intéressantes d'une part car elles permettent de simplifier le débogage en détectant les erreurs au plus tôt, mais également parce qu'elles sont placées à l'intérieur du code qu'elles contrôlent et peuvent donc aider à la compréhension de l'état du système. Renommage. Au fur et à mesure du développement d'un logiciel, le rôle des classes et des méthodes devient moins clair. Il est donc souvent utile de modifier les noms de classes ou de méthodes pour bien indiquer ce rôle. Commentaires. Il n'existe pas de consensus sur la question des commentaires en documentation du logiciel. Il est cependant important de toujours synchroniser commentaire, code et documentation externe (voir POD).
Russie La Russie (en , "Rossiïa" ), en forme longue la fédération de Russie (en , "Rossiïskaïa Federatsiïa" ), est un État fédéral transcontinental, le plus vaste État de la planète, à cheval sur l'Asie du Nord (80 % de sa superficie) et sur l'Europe (20 %). D'ouest en est, son territoire s'étend de la mer Baltique (exclave de Kaliningrad) au détroit de Béring (district autonome de Tchoukotka) sur plus de , avec une superficie de , soit des terres émergées. Du fait de cette étendue, la Russie connait une variété de climats allant du climat subtropical humide sur les rives de la mer Noire jusqu'à des climats beaucoup plus froids dans la zone de toundra limitrophe du cercle polaire arctique, ainsi qu'en Sibérie, en passant les zones arides et semi-arides du désert Ryn et de la steppe eurasienne au sud. La majorité du territoire russe est caractérisée par un climat continental avec des hivers froids et est occupée par la taïga. La population russe est estimée à près de d'habitants en 2021 ce qui en fait le neuvième pays le plus peuplé de la planète. 78 % de ses habitants vivent en Russie européenne. Après la chute de la Rus' de Kiev au , la grande-principauté de Moscou unifie plusieurs territoires voisins et devient le tsarat de Russie au , fondé par Ivan le Terrible. Le pays s'élargit rapidement en conquérant l'Asie du Nord au . En 1721, le tsar Pierre le Grand établit l'Empire russe qui devient le troisième plus grand empire de l'histoire ainsi qu'une puissance majeure en Europe. La révolution russe, à la suite de la Première Guerre mondiale, mène à la chute de la dynastie impériale en , puis à la prise de pouvoir des bolcheviks dirigés par Vladimir Lénine et l'établissement de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1922, dont la république socialiste fédérative soviétique de Russie est le principal constituant. Après la Seconde Guerre mondiale, l'URSS devient une des deux superpuissances de la guerre froide, fer de lance de l'idéologie communiste et du « socialisme réel » face au monde capitaliste dirigé par les États-Unis. L'Union soviétique développe l'arme nucléaire dès 1949, stupéfie le monde par son avance dans le domaine spatial et s'implique dans de nombreux conflits afin de maintenir et d'étendre son influence, s'engageant notamment dans une guerre en Afghanistan en 1979, une des causes de son effondrement dans les années 1990-1991. Fin 1991, l'URSS éclate en quinze États indépendants, dont la fédération de Russie qui reprend la place de l'URSS dans les institutions internationales, notamment le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle assume également le passif financier de l'URSS et prend en charge l'armement nucléaire soviétique. Elle est aussi à l'origine de la Communauté des États indépendants (CEI) qui rassemble dix des ex-républiques soviétiques. La Russie adopte alors une économie de marché et un régime parlementaire pluraliste. Depuis la démission du premier président, Boris Eltsine, en 1999, la vie politique de la Russie est dominée par Vladimir Poutine, souvent qualifié de dirigeant autoritaire et accusé de violations des droits de l'homme, ainsi que de corruption et d'ingérences. La Russie actuelle est une fédération constituée de 89 entités, les « sujets de la Fédération », disposant d'une autonomie politique et économique variable. Le découpage territorial, qui tient compte entre autres de la présence de minorités, reprend celui de la Russie soviétique. Aspirant à s'insérer dans la mondialisation, la Russie fait partie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Elle se considère par ailleurs comme un pont entre l'Europe et l'Asie. En 2019, la Russie est la onzième puissance économique mondiale en termes de PIB à valeur nominale et la sixième en parité de pouvoir d'achat. Géographie. Topographie. Le territoire de la Russie est constitué majoritairement de vastes plaines où prédominent les steppes au sud, la forêt au nord et la toundra le long des rivages de l'océan Arctique. Les principaux massifs montagneux se situent le long de la frontière méridionale : ce sont le Caucase, dont le point culminant, le mont Elbrouz () est également le sommet le plus élevé d'Europe et les montagnes de l'Altaï au sud de la Sibérie. À l'est se trouvent le massif de Verkhoïansk et la chaîne de volcans de la presqu'île du Kamtchatka, dominée par le Klioutchevskoï, un stratovolcan de . L'Oural, qui sépare selon un axe nord-sud la Russie d'Europe de la Russie d'Asie, est un massif montagneux érodé riche en ressources minières. L'énorme ceinture forestière d'une largeur de en « Russie européenne » dont l'Oural est la barrière naturelle, et de en Sibérie constitue la plus grande réserve forestière de la planète. Les surfaces cultivées présentent 8,9 % de la surface cultivable de la planète. Le littoral de la Russie a une longueur de : il s'étire essentiellement le long de l'océan Arctique et de l'océan Pacifique ; il comprend également de relativement petites portions de côtes sur la mer Baltique, la mer Noire, la mer Caspienne et la mer d'Azov. Les principales îles et archipels comprennent en océan Arctique la Nouvelle-Zemble, l'archipel François-Joseph, l'archipel de Nouvelle-Sibérie, et dans le Pacifique l'île Sakhaline et l'archipel des Kouriles, dont les îles les plus méridionales sont revendiquées par le Japon. Plus de arrosent la Russie dont certaines figurent parmi les plus importantes de la planète. La Volga, qui draine un bassin versant de de kilomètres carrés, est le plus long fleuve d'Europe () et a joué un rôle majeur dans l'histoire du pays. Les grands fleuves sibériens figurent parmi les géants de la planète : ce sont l'Ienisseï (débit moyen /s), l'Ob, la Léna et l'Amour tous caractérisés par des débits énormes et des débâcles particulièrement violentes lorsque l'été arrive, et remet ainsi en mouvement les eaux prises dans les glaces. Les principales étendues d'eau sont le lac Baïkal, qui contient 20 % de l'eau douce lacustre de la planète, le lac Ladoga et le lac Onega. Climat. Plus de la moitié du pays est située au nord du 60° de latitude tandis que seule une faible partie se trouve au sud du 50° de latitude. Les montagnes qui ferment les frontières méridionales (Altaï…) empêchent la remontée des masses d'air chaud venues des régions plus méridionales ; par contre, les plaines qui dominent dans le nord du pays laissent pénétrer loin à l'intérieur des terres les masses d'air refroidies par l'océan Arctique. Il en résulte une température moyenne de avec une grande amplitude thermique entre l'hiver et l'été. Dans pratiquement tout le pays, il n'existe que deux grandes saisons : l'hiver et l'été ; le printemps et l'automne sont généralement de très courte durée et le passage des températures les plus chaudes aux températures les plus froides est extrêmement rapide. Le mois le plus froid est janvier (février sur les côtes). Les températures hivernales vont en s'abaissant à la fois du sud au nord et de l'ouest à l'est (beaucoup plus continental) : on relève ainsi une température moyenne en février de à Saint-Pétersbourg située à l'extrême-ouest, dans les plaines de Sibérie occidentale, et à Iakoutsk située en Sibérie orientale à peu près à la latitude de Saint-Pétersbourg. Le record du froid est détenu par la ville de Oïmiakon ( relevés). Le vent du sud, généré par l'anticyclone qui stationne en hiver sur la majeure partie de la Russie, réduit les différences de température entre les régions situées à des latitudes différentes. En été, le mois le plus chaud est généralement juillet (la température moyenne en Russie est de ). Les températures peuvent être très élevées dans les régions continentales (jusqu'à au sud). L'amplitude des températures est généralement extrêmement élevée. L'été peut être très chaud et humide y compris en Sibérie. Une petite partie de la côte de la mer Noire près de Sotchi a un climat subtropical. Le climat continental limite fortement la pluviométrie. Si à l'ouest les précipitations annuelles sont de dans les régions baltiques et de à Moscou, elles tombent à à Novossibirsk (en Sibérie). La durée de l'hiver, le froid intense et les variations brutales de température ont un énorme impact sur le mode de vie de la population et le fonctionnement de l'économie. Dans la partie la plus froide du pays, le sous-sol ne dégèle jamais : on parle de pergélisol ("permafrost" en anglais, "merzlota" en russe) ; l'eau stagne en surface et crée de gigantesques marécages – paysage récurrent de la Sibérie ; la présence du sous-sol gelé génère des contraintes très coûteuses sur le mode de construction des bâtiments et des infrastructures. Les grands fleuves sont généralement pris par les glaces d'octobre/novembre à avril/mai bloquant toute circulation fluviale ; au printemps, la débâcle des glaces entraîne souvent des inondations catastrophiques sur les plus grands fleuves sibériens. Végétation. Du fait de sa taille, le pays présente de nombreux types de paysages parmi lesquels prédominent des étendues relativement plates couvertes selon la latitude de toundra, de taïga, de forêts ou de steppes. La Russie d'Europe, définie de manière arbitraire comme la partie du pays située à l'ouest de l'Oural, présente successivement en allant du nord au sud les paysages suivants : au nord la partie la plus froide est le règne de la toundra à laquelle succèdent en allant vers le sud les forêts de conifères, puis les forêts mixtes (feuillus et conifères), les prairies, et enfin la steppe semi-désertique (près de la mer Caspienne). Le changement de végétation suit celui du climat. La Sibérie – la partie située à l'est de l'Oural – présente la même succession de paysages, mais c'est surtout la taïga, forêt plus ou moins clairsemée composée majoritairement de conifères, qui prédomine. Organisation du territoire. La Russie est une fédération constituée de 89 sujets de la fédération de Russie qui sont des unités territoriales du niveau supérieur de la fédération de Russie : Les sujets de la fédération de Russie ont un pouvoir exécutif (un chef, un gouverneur, un maire), un pouvoir législatif (parlements régionaux) et un pouvoir judiciaire. Les républiques ont une Constitution tandis qu'on parle de statut pour les autres sujets de la fédération. Chaque sujet de la fédération de Russie envoie deux représentants au Conseil de la fédération (le sénat de la fédération de Russie). Quatre nouvelles régions sont rattachées à la fédération de Russie le 5 octobre 2022 : Ce rattachement est cependant contesté par l’Ukraine et une grande partie de la communauté internationale. Régions. Pour des raisons différentes, les sujets de la fédération de Russie sont regroupés en : Frontières de la Russie. La Russie est limitrophe (frontières terrestres) de . Dans l'ordre inverse des aiguilles d'une montre, en partant de la Norvège (latitude Nord la plus élevée), ce sont : la Norvège sur , la Finlande sur , l'Estonie sur , la Lettonie sur , la Biélorussie sur , la Lituanie sur , la Pologne sur , l'Ukraine sur , la Géorgie sur , l'Azerbaïdjan sur , le Kazakhstan sur , la Chine sur , la Mongolie sur et la Corée du Nord sur . Elle est aussi limitrophe de deux républiques séparatistes en Géorgie (l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud-Alanie dont la Russie a reconnu l'indépendance en 2008). En ce qui concerne les frontières maritimes, la Russie est très proche du Japon (détroit entre les îles de Sakhaline et d'Hokkaido) et des États-Unis (détroit de Bering). Histoire. Rus' de Kiev. La Rus' de Kiev ou principauté de Kiev (Ruthénie) est le premier État organisé à s'être formé dans la région occupée aujourd'hui par l'Ukraine, la Biélorussie et une partie de la Russie occidentale (862). Fondée par des Vikings venus de Scandinavie (les Varègues en russe) puis dirigée par la dynastie des Riourikides, elle forme un État peu structuré dont les sujets sont les tribus de Slaves orientaux vivant dans la région et qui seront progressivement conquis. Les princes varègues développent la route commerciale qui relie la mer Baltique et la mer Noire en empruntant le fleuve Dniepr (la route des Varègues). Ils réussissent, par la force des armes, à s'imposer à l'Empire byzantin en tant que partenaires commerciaux. La principauté de Kiev doit combattre les peuples nomades des steppes venus de l'est : Petchenègues, Coumans, etc. Sous le règne de Vladimir, le territoire s'étend et en 988, ce grand prince se convertit à la religion de l'Empire byzantin, le christianisme orthodoxe : celle-ci deviendra religion d'État et sera l'un des facteurs de l'unité nationale russe. La Principauté de Kiev se désintègre au fil des années sous les coups de boutoir des peuples nomades après une longue période d'instabilité interne en raison des partages successoraux entre les descendants de Vladimir. Elle fait place à une quinzaine de principautés situées sur les territoires des actuelles Ukraine, Biélorussie et de la partie européenne de la Russie. Ainsi, en 1276, la grande-principauté de Moscou voit le jour. Les princes, qui dirigent ces principautés et ont la propriété éminente de la terre, emploient des armées encadrées par des boyards qui deviendront progressivement des propriétaires terriens. Ils règnent sur une masse de paysans à cette époque généralement libres. La principauté de Vladimir-Souzdal et surtout la république de Novgorod toutes deux situées au nord de la Principauté de Kiev vont profiter de leur indépendance pour se développer. La république de Novgorod, cité-État dotée d'un système de gouvernement original, prospère grâce à ses échanges commerciaux avec les pays de la Baltique. Elle repousse à plusieurs reprises les tentatives d'expansion des chevaliers teutoniques. Invasion tataro-mongole. En 1226, un peuple nomade guerrier venu de Mongolie, appelé Tataro-Mongols par les Russes, attaque les principautés. Entre 1237 et 1242, le khan Batou petit-fils de Gengis Khan, défait les unes après les autres les armées des princes et réduit en cendres les principales villes dont Vladimir, Kiev et Moscou. Les populations sont massacrées ou réduites en esclavage. Seule Novgorod et dans une certaine mesure Pskov, situées au nord-est, réussissent à conserver une certaine autonomie. Les Mongols n'occupent pas les territoires vaincus, mais les principautés doivent payer tribut et reconnaître la suzeraineté des Mongols qui fondent un État au sud de la Volga : la Horde d'or. Cette vassalité ne prendra fin que trois siècles plus tard. Les Mongols tatars ont profondément marqué la Russie, ethniquement avec l'installation de peuples de langues turciques, culturellement avec l'islamisation des peuples de l'est de Moscou, entre Vladimir et Kazan qui renforcera le poids de l'Église face à l'occupation musulmane. Le vocabulaire russe s'enrichit de nombreux termes de la langue mongole tels que "yam" (poste) et "tamga" (péage). Administrativement, les Russes intègrent les tribus ainsi que les levées de troupes. Comme les Mongols, les princes russes iront jusqu'à imposer à leurs sujets de maintenir un service de relais de poste. Enfin, militairement, l'armée russe reprendra à son compte l'usage de la cavalerie légère. Moscovie. Du , l'une de ces principautés, la Moscovie (dont la capitale est Moscou), dirigée par des princes habiles, annexe progressivement toutes les autres pour devenir la Russie. Le prince Dimitri IV de Russie vainc une première fois les Mongols à la bataille de Koulikovo (1380). Toutefois, ce mouvement d'unification se heurte aux rivalités et à la tradition de partage des territoires entre les différents fils du prince, ce qui engendra une guerre civile entre 1425 et 1453. Monté sur le trône en 1462, , qu'un voyageur vénitien décrit comme un « homme de haute taille, penché en avant et beau », libère la Moscovie du joug des Mongols dont l'empire est désormais fragmenté en plusieurs khanats, puis absorbe les principales principautés russes encore indépendantes dont Novgorod (1478) et Principauté de Tver (1485). En 1485, prend le titre de « souverain de toute la Rus' », désirant montrer sa volonté de reconstituer tout l'héritage de Vladimir. À la fin du règne d' le territoire de la Moscovie a quadruplé. Son fils Vassili III (1505–1533) poursuit l'extension territoriale en annexant la cité-État de Pskov (1510) et la principauté de Riazan (1521) ainsi que Smolensk (1514). Ivan le Terrible, premier prince à se faire désigner sous le titre de tsar, parachève ces conquêtes en s'emparant des principaux khanats mongols, mais il perd l'accès à la mer Baltique face à une coalition de l'Empire suédois avec la Pologne et la Lituanie. Désormais l'expansion de la Russie vers l'est n'a plus d'obstacle sérieux. La colonisation par les paysans russes du vaste bassin de la Volga et de l'Oural prend son essor. Des paysans et fugitifs, les cosaques, s'installent sur les marges et s'organisent en « armée » tout en jouant les rôles de pionniers et de garde-frontières. Ivan le Terrible se considère alors logiquement comme l'unique héritier de Vladimir, bien qu'il ne possède pas la ville de Kiev aux mains de la dynastie lituanienne des Jagellon. Cette dernière avait conquis la plupart des territoires de la Rus' occidentale. Dynastie Romanov. L'extinction de la dynastie des descendants de Riourik (qui remontait aux mythiques princes varègues) déclenche le Temps des troubles jusqu'à ce qu'une nouvelle dynastie, les Romanov, monte sur le trône (1613). Plusieurs souverains brillants vont aux accroître la taille de l'Empire russe avec l'aide des cosaques. Pierre Ier le Grand (1682–1725), au prix d'une longue guerre avec la Suède, obtient un accès à la mer Baltique ; il fait construire Saint-Pétersbourg qui devient à compter de 1712 la nouvelle capitale, symbolisant ainsi l'ouverture du pays vers l'Europe. Une puissante industrie métallurgique, la première d'Occident à l'époque, est édifiée dans l'Oural et permet de soutenir l'effort de guerre. Catherine de Russie (1762-1796), autocrate éclairée, achève la conquête des steppes situées au bord de la mer Noire après avoir défait l'Empire ottoman et le khanat de Crimée et repousse vers l'ouest les frontières de l'empire russe grâce au partage de la Pologne. L'actuelle Ukraine et la Russie Blanche (Biélorussie) sont désormais entièrement en territoire russe. Durant toute cette période, les cosaques occupent progressivement la Sibérie et atteignent l'océan Pacifique en 1640. Irkoutsk au bord du lac Baïkal est fondé en 1632, la région du détroit de Béring et l'Alaska sont explorés dans les années 1740. Un code édicté en 1649 lie désormais le paysan et ses descendants à la terre et à son propriétaire généralisant le servage, à contresens de l'évolution du statut du paysan en Europe occidentale. En contrepartie, les propriétaires terriens sont astreints à servir leur souverain. Catherine II confirme et renforce ces dispositions. Le mécontentement des paysans et d'une classe naissante d'ouvriers, exploités par leurs propriétaires et lourdement taxés par la fiscalité d'un État en pleine croissance déclenchent aux de nombreuses révoltes paysannes dont la plus importante, menée par le cosaque Pougatchev, parvient à menacer le trône avant d'être écrasée (1773). L'Église à l'époque joue un rôle essentiel dans la société russe et possède plus des deux tiers des terres. La réforme du dogme orthodoxe russe par le patriarche Nikon (1653) est à l'origine du schisme des vieux-croyants sévèrement réprimé. Pierre le Grand puis Catherine II font venir un grand nombre de colons allemands (par exemple les Allemands de la Volga), d'artisans et de savants occidentaux souvent allemands, pour moderniser le pays, édifier des industries et jeter les fondements des établissements d'enseignement et de diffusion du savoir. Les bases de la langue littéraire russe sont définies par Mikhaïl Lomonossov. Les premiers journaux sont publiés à cette époque. La noblesse russe s'occidentalise, surtout sous l'influence de la philosophie allemande et de la langue française, et certains de ses membres s'enthousiasmeront pour les idées des Lumières, et parfois même de la Révolution française. Une grande puissance européenne. L'Empire russe joue un rôle décisif durant la guerre de Sept Ans puis, cinquante ans plus tard, dans les guerres napoléoniennes ; ces conflits font de la Russie une puissance européenne. Mû, comme tous les souverains européens, par une idéologie conservatrice et hostile aux idées de la Révolution française, Alexandre participe à deux coalitions contre Napoléon et essuie des défaites coûteuses. Alexandre choisit alors, par renversement d'alliance, le camp de la France (traités de Tilsit), mais la paix ne durera que cinq ans (1807–1812). Il profite de cette pause pour attaquer la Suède et annexer la Finlande. En 1812, les hostilités reprennent. La Grande Armée de Napoléon parvient à s'emparer de Moscou, mais doit en repartir, chassée par l'incendie de la ville. Les armées russes harcèlent alors un ennemi décimé par la faim et le froid et, en 1814, elles occupent Paris. L'Empire russe joue un rôle majeur dans le congrès de Vienne et la Sainte-Alliance, qui veut régir le destin de l'Europe post-napoléonienne : il s'oppose à la reconstitution de l'État polonais et participe militairement à la répression des soulèvements contre les monarchies (Hongrie 1849), à l'instar de l'empire d'Autriche. Expansion de l'Empire vers le sud. L'Empire russe poursuit, sous son règne et celui de ses successeurs, son expansion dans le Caucase et vers les bouches du Danube, au détriment de l'Empire perse et de l'Empire ottoman. La Géorgie (vassale de l'Empire perse) est annexée en 1813 (traité de Golestan). La partie orientale de la Principauté de Moldavie (vassale de l'Empire ottoman) est annexée en 1812 et forme le gouvernement de Bessarabie (Traité de Bucarest de 1812). L'Arménie, le Daghestan et une partie de l'Azerbaïdjan sont annexés en 1828 au terme d'un conflit de quatre ans avec l'Empire perse (Traité de Turkmantchaï). Au décès d'Alexandre (1825), des officiers réformistes, les décembristes, se soulèvent en vain pour demander une réforme de la monarchie. Cette tentative de soulèvement d'officiers issus de l'aristocratie va servir aussi de modèle à de nombreux intellectuels russes au cours du siècle suivant, inspirés par la philosophie de Hegel ou de Kropotkine. En 1829 l'Empire russe se fait céder par l'Empire ottoman les Bouches du Danube. Nicolas bénéficie d'une bonne croissance économique, mais renforce l'appareil répressif. Il écrase violemment un soulèvement armé de la Pologne (1831). Le déclin de l'Empire ottoman, qui attise les convoitises des puissances européennes, est à l'origine d'un conflit entre la Russie et les autres puissances européennes, Grande-Bretagne en tête: la guerre de Crimée. Défait à Sébastopol (1856), Alexandre, le successeur de Nicolas, doit céder le sud de la Bessarabie avec les Bouches du Danube, et perd les droits de passage entre la mer Noire et la Méditerranée. Un dernier conflit victorieux avec l'Empire ottoman (1878), déclenché par l'insurrection bosniaque de 1876, lui permet de retrouver un accès au Danube et parachève la conquête du Caucase. Ce conflit inquiète cependant les investisseurs, car la Turquie refuse de signer le protocole élaboré à Londres par les grandes puissances. La Russie obtient aussi la création dans les Balkans d'un royaume de Bulgarie, et la reconnaissance par les Ottomans de l'indépendance de la Serbie et de la Roumanie. Cet accroissement d'influence ravive l'hostilité du Royaume-Uni ("Le Grand Jeu"). De nombreuses jacqueries, contre l'aristocratie terrienne endettée et attachée de ce fait au système du servage, ont lieu durant cette période. L'industrie se développe surtout dans les mines et le textile, mais reste très en retrait par rapport à l'Angleterre et à l'Allemagne (environ vers 1860). Une nouvelle classe de commerçants et de petits industriels – souvent d'anciens serfs libérés par rachat – apparaît, mais ses effectifs sont relativement peu nombreux. L'enseignement se répand dans les classes les plus aisées et de nombreuses écoles supérieures sont fondées. La littérature russe connaît un premier épanouissement avec des écrivains majeurs comme Tourgueniev, Pouchkine ou Gogol qui témoignent des tourments de la société russe. Cet essor culturel s'étend également à l'architecture et à la musique (Glinka). Tentatives de réforme. Alexandre tente de tirer les leçons de la défaite de Crimée. Le pays, qui s'étend désormais sur de kilomètres carrés et compte d'habitants, est handicapé par son fonctionnement archaïque. Des réformes structurelles sont mises en train par le tsar : la mesure la plus importante est l'abolition du servage de 1861 qui inclut l'attribution à l'ancien serf d'une terre, souvent trop petite pour le nourrir, au prix d'un endettement à long terme vis-à-vis de l'État. Des conseils locaux élus au suffrage censitaire – les Zemstvos – sont créés à compter de 1864 : dotés de pouvoir leur permettant de gérer les affaires locales et de construire routes, écoles et hôpitaux, ils peuvent lever des impôts pour les financer. Ce type de structure est étendu par la suite aux villes (douma urbaine). Enfin le code juridique introduit les procédures d'accusation et de défense et crée une justice théoriquement indépendante du pouvoir jusqu'à l'échelon du district. Le régime conserve malgré tout un caractère autocratique et fortement policier. Les réformes vont d'ailleurs attiser la violence de groupes d'intellectuels nihilistes et Alexandre finira par tomber sous leurs coups (1881). Sous son règne, l'empire a poursuivi son expansion coloniale en Asie centrale : après l'annexion des terres des Kazakhs achevée en 1847, les trois khanats du territoire ouzbek (Kokand, Boukhara et Khiva) sont conquis au cours des trois décennies suivantes puis annexés ou placés sous protectorat (1876). Cette avancée place les limites de l'empire russe aux portes de l'Empire britannique aux Indes. La tension ("Grand Jeu") entre les deux pays va rester très vive jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé en 1907 (convention anglo-russe). La Pologne se soulèvera sans succès en 1863. Alexandre II est principalement connu pour ses réformes, notamment l'abolition du servage. Malgré les grandes réformes libérales mises en place, il est assassiné, le , lors d'un attentat organisé par le groupe anti-tsariste Narodnaïa Volia. Industrialisation. Alexandre, lorsqu'il monte sur le trône en 1881, mène en réaction à l'assassinat de son père une politique de contre-réformes. Les dispositions autoritaires sont maintenues ou renforcées : les partis politiques et les syndicats sont interdits, le droit de circulation est limité, la presse est censurée. Sur le plan économique, l'industrie se développe rapidement grâce, entre autres, aux investissements étrangers et à la construction d'un réseau ferroviaire qui atteint en 1890. De nouvelles régions s'industrialisent (Ukraine) tandis que certaines renforcent leur caractère industriel comme la région de Saint-Pétersbourg et surtout celle de Moscou. Mais la main-d'œuvre abondante dégagée par l'abolition du servage et la croissance démographique ne trouve pas entièrement à s'employer dans l'industrie (trois millions d'ouvriers en 1913). De nombreux paysans viennent coloniser les terres vierges de l'empire situées dans le sud et l'est (vallée inférieure de la Volga, Oural, Sibérie) de l'empire. Le Transsibérien permet de désenclaver les immenses territoires de la Sibérie et facilite cette migration, tandis que le financement de l'industrialisation se fait principalement par les emprunts russes venus surtout de France. Le premier tronçon du Transsibérien ouvre dès 1888 et Moscou émet quatre emprunts de de francs-or. En 1904, la France compte de créanciers du réseau ferré, de l'État et des municipalités russes, tandis que l'alliance franco-russe mise en place en 1892 tente de faire pièce à la Triplice. Ceux-ci ne possèdent généralement pas les terres qu'ils cultivent (25 % seront propriétaires en 1914). Le taux d'alphabétisation est très faible et la mortalité infantile est élevée (environ ). L'excédent démographique est absorbé par les villes dont le nombre croît rapidement : à la veille de la Première Guerre mondiale, la population citadine dépasse les d'habitants. La Russie continue d'accroître son aire d'influence : en Chine et en Corée, elle se heurte aux intérêts japonais. La guerre russo-japonaise qui s'ensuit se termine par une défaite complète (1905 à Tsushima) : la modernisation du Japon a été sous-estimée et l'éloignement du champ de bataille a créé d'énormes contraintes logistiques. Révolution de 1905. La défaite de Tsushima de 1905 déclenche le premier soulèvement généralisé de la population russe contre le régime. La révolution russe de 1905 est d'abord un mouvement paysan qui touche essentiellement la région des terres noires. Les ouvriers se joignent au mouvement par la suite. La loyauté des forces armées va sauver le régime. , qui est monté sur le trône en 1894, est obligé de donner des gages d'ouverture. Une assemblée ("douma") élue est dotée de pouvoirs législatifs. Mais les élections de deux doumas successives donnent une large majorité à l'opposition. La loi électorale est alors modifiée pour obtenir une chambre des députés favorable au pouvoir. L'évolution économique et sociale du pays avait fait monter les oppositions libérales, démocrates, socialistes et révolutionnaires au régime tsariste. La fusillade meurtrière du Dimanche rouge à Saint-Pétersbourg mit le feu aux poudres. Le régime impérial survécut à cette première attaque d'envergure, mais le mécontentement grandit et l'opposition se radicalisa. La grève générale d'octobre 1905 réussit à faire céder le régime. Une constitution libérale fut octroyée ; mais dans les deux ans qui suivirent, la contre-attaque de Nicolas II réduisait à néant les espoirs soulevés par cette révolution. La mutinerie du cuirassé Potemkine, immortalisée en 1925 par "Le Cuirassé Potemkine", film de Sergueï Eisenstein, en est restée un symbole. Première Guerre mondiale et révolution russe. La Russie entre en guerre contre l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie en 1914 pour venir en aide à la Serbie, son alliée. L'Empire russe déclenche une offensive en Pologne orientale mais est sévèrement battu. Les troupes russes doivent abandonner la Pologne. Début 1917 éclatent des mouvements sociaux, suscités par le poids de la guerre sur l'économie, les pertes sur un front réduit à une stratégie défensive, l'instabilité des dirigeants et la défiance vis-à-vis du tsar. Le refus des troupes de réprimer les manifestations et la lassitude des classes dirigeantes obligent le tsar à abdiquer; ainsi éclate la Révolution de Février 1917 et la Russie devient une république. Un gouvernement provisoire est alors constitué, présidé par Alexandre Kerenski. Tout en esquissant des réformes, celui-ci tente malgré tout de respecter les engagements de la Russie vis-à-vis de ses alliés en poursuivant la guerre. L'impopularité de cette dernière mesure est exploitée par le parti des bolcheviks qui, le , renverse le gouvernement à Saint-Pétersbourg (alors capitale de la Russie) par les armes (révolution d'Octobre). La paix est signée avec les Allemands (à Brest-Litovsk, en Biélorussie actuelle) au prix d'énormes concessions territoriales (Pologne, partie de l'Ukraine, pays baltes, etc., soit environ ). Une tentative de Lénine d'exporter la révolution en Occident déclenchant la guerre contre la Pologne se termine par un cuisant échec: l'armée russe presque deux fois plus nombreuse que la polonaise est battue aux portes de Varsovie en août 1920. C'est le "miracle de la Vistule" et la "dix-huitième bataille décisive dans l'histoire du monde" due au génie stratégique du Maréchal Joseph Pilsudski. Une guerre civile va opposer pendant trois ans les Russes blancs (républicains ou monarchistes), assistés par les puissances occidentales, aux bolcheviks. Après leur victoire, le , les bolcheviks instaurent l'Union des républiques socialistes soviétiques ; la Russie devient une des républiques de l'Union. Entre les deux guerres. Dès la prise du pouvoir, le nouveau régime tourne à la dictature réprimant toute opposition même au sein du parti bolchevik. L'ensemble des moyens de production industrielle est placé sous le contrôle de l'État. À la fin de la guerre civile en 1921, le pays est exsangue : la désorganisation des transports et les réquisitions agricoles déclenchent une famine qui fait un million de victimes autour de la Volga. Le mécontentement gagne et le régime doit assouplir son programme : c'est la "NEP" qui autorise une forme limitée d'économie privée. En quelques années, les productions agricole et industrielle se rétablissent. Lénine, mort en 1924, laisse sa « succession » ouverte. Staline va en quelques années se hisser au pouvoir en éliminant physiquement ses rivaux. Le plan de collectivisation est repris avec vigueur et les terres agricoles sont regroupées par la force au sein de grandes coopératives. Une nouvelle famine éclate, cette fois-ci majoritairement en Ukraine (1932–1933) et dans le Kouban. Le développement de l'économie est désormais planifié de façon centralisée et le pouvoir, qui se concentre à Moscou (redevenue capitale du pays en 1918), mène un vaste programme d'industrialisation (surtout dans le domaine de l'industrie lourde) à l'aide des plans quinquennaux. Le gouvernement incite les travailleurs au dépassement des normes de productivité (stakhanovisme) au nom de l'avenir radieux. La machine de propagande communiste fonctionne à plein régime. En même temps, Staline mène une politique répressive qui envoie au "goulag" ou à la mort plusieurs millions de personnes avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, ce qui ne l'empêche pas d'instaurer un véritable culte de personnalité. C'est la montée du stalinisme. Seconde Guerre mondiale. Le Pacte germano-soviétique, signé le , pacte de non-agression entre l'Allemagne nazie et l'Union soviétique contient des protocoles secrets établissant les modalités de partage de la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Roumanie entre le Reich et l'Union soviétique. La Pologne est ainsi partagée en deux en . De même, Staline annexe les trois États baltes et force la Roumanie à lui céder la Bessarabie et les régions moldaves. Ces protocoles sont mis en œuvre sans difficulté véritable, sauf en ce qui concerne la Finlande (qui doit être placée sous influence soviétique), où se déroule la guerre d'Hiver. Ainsi, l'Union soviétique et l'Allemagne nazie se partagent une partie de l'Europe, sans que cela ne déclenche de réaction notoire de la part de la France et de la Grande-Bretagne. Staline, qui a signé avant le début de la Seconde Guerre mondiale un pacte de non-agression avec Hitler comprenant une clause de partage de la Pologne et des pays baltes, est attaqué par l'Allemagne en juin 1941 (opération Barbarossa). L'Armée rouge sous-équipée et désorganisée par les purges staliniennes recule en essuyant des pertes qui se chiffrent en millions. L'avancée allemande est bloquée devant Stalingrad en , puis repoussée vers l'ouest, notamment à la suite de la bataille de Koursk opposant du au les forces allemandes aux forces soviétiques sur un immense saillant de situé au sud-ouest de la Russie, à la limite de l'Ukraine, entre Orel au nord et Belgorod au sud. C'est l'une des batailles qui ont déterminé l'issue de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Les généraux soviétiques reprennent progressivement l'initiative et l'Armée rouge, renforcée par des livraisons d'armes alliées, reconquiert les territoires perdus, libère les pays de l'Europe orientale puis rentre victorieuse dans Berlin (mai 1945), au prix d'un terrible bilan de de victimes (dont presque la moitié de civils). Staline et ses alliés occidentaux ont conclu un accord sur un partage de l'Europe en zones d'influence qui entérine le rôle joué par l'URSS dans le conflit (conférence de Yalta). Les pays d'Europe orientale et l'Allemagne de l'Est se voient bientôt imposer un régime socialiste piloté par l'URSS. La superpuissance soviétique. La guerre a saigné l'URSS (plus de de victimes dont une majorité de civils) et détruit une bonne partie de ses installations industrielles et de ses villes. L'immédiat après-guerre est une période de reconstruction. Le pays retrouve son niveau de production industrielle d'avant-guerre puis le double en 1952. L'industrie nucléaire se développe, avec la création du complexe nucléaire Maïak. L'URSS effectue son premier essai nucléaire en 1949, accédant ainsi au rang de seconde puissance nucléaire mondiale. Dans le même temps, le culte de la personnalité est porté à son comble par Staline. Peu après le décès de celui-ci en 1953, Nikita Khrouchtchev accède au pouvoir (1953) et dénonce les excès de son prédécesseur. Sur le plan intérieur commence une période de relative prospérité ; les droits des citoyens sont mieux respectés, c'est le début d'une certaine libéralisation. L'URSS stupéfie le monde par son avance dans le domaine spatial en mettant en orbite le premier Spoutnik et en y envoyant Youri Gagarine, premier homme dans l'espace. Sur le plan international, l'URSS élargit son influence à de nombreux pays du tiers monde et parvient par des investissements massifs dans l'armement à faire jeu égal avec les États-Unis, notamment dans le domaine nucléaire et des missiles balistiques. Cette période de guerre froide se traduit par de nombreux conflits ou tensions un peu partout dans le monde entre les deux superpuissances et leurs alliés. La crise de Cuba en 1962 manque de dégénérer en un conflit nucléaire. L'accession de Léonid Brejnev au pouvoir (1964) se traduit par une relative détente entre les deux grands, grâce aux travaux de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe mais également, sur le plan intérieur, par une réduction des tentatives de réforme qui n'avaient pas réussi à son prédécesseur (la campagne des terres vierges entre autres). L'écart entre le niveau de vie des Soviétiques et celui des habitants des pays occidentaux s'accroît. La tension entre les deux superpuissances reprend à compter de 1979 à la suite de l'invasion de l'Afghanistan et de l'arrivée de Ronald Reagan à la tête des États-Unis en 1980. Fin de l'URSS. Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir en 1985 en prenant la tête du PCUS avec la volonté de réformer le régime pour combattre la stagnation économique et les reliquats du stalinisme, mais ses réformes donnent des résultats plutôt mitigés. La "perestroïka" (restructuration économique) n'a pas atteint les objectifs escomptés ayant aggravé les pénuries de biens de consommation et les inégalités sociales entraînant un mécontentement populaire, tandis qu'une démocratisation du régime, amorcée avec la "glasnost" (transparence), déclenche des conflits interethniques et la montée des nationalismes, mal perçus par les Russes. En 1986, le pays est confronté à la Catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Les élections législatives de 1989 sont marquées par l’émergence des réformateurs et des nationalistes. La même année, les troupes soviétiques se retirent d’Afghanistan. Le mur de Berlin chute le sans que l’URSS ne s’y oppose et dès 1990, les trois républiques baltes déclarent leur indépendance. Vers 1991, un véritable dualisme du pouvoir s'installe au Kremlin - la puissance montante des structures étatiques russes libérées de la tutelle du PCUS, avec Boris Eltsine en tête, face aux organes du pouvoir soviétique et communiste, archaïque et conservateur, essayant en vain de freiner les réformes gorbatchéviennes et de préserver le système soviétique. Lors d'un référendum organisé le , 77,85 % des électeurs votent pour la préservation de l'Union soviétique. Un nouveau traité devait être signé entre les républiques le . Cependant un coup d'État mené par les conservateurs le 19 août échoue mais empêche l'adoption du projet et accélère la chute du pays. L'URSS s'effondre : les républiques qui la constituaient prennent leur indépendance, le Conseil d'assistance économique mutuelle créé en 1949 et le Pacte de Varsovie (1955) ne sont plus. Mikhaïl Gorbatchev démissionne le . La fédération de Russie reprend de l'ancienne superpuissance mondiale les trois quarts de son territoire, plus de la moitié de sa population, les deux tiers de son industrie et la moitié de sa production agricole. État continuateur de l'URSS, elle occupe désormais sa place dans les institutions internationales, dont le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, mais assume également le passif financier de l'ancienne URSS. Une union politique et économique, la Communauté des États indépendants (CEI), est fondée quelques jours avant la démission de Gorbatchev pour tenter de maintenir des liens privilégiés entre les anciennes républiques soviétiques. Bien que la Russie, dirigée par Boris Eltsine à partir de 1991, soit l’héritière de l'Union soviétique, elle ne peut endosser son rôle de superpuissance. Elle est en effet confrontée à de nombreux problèmes internes, parmi lesquels l'élaboration laborieuse d'un système politique démocratique et une guerre de sécession en Tchétchénie, et laisse la grande politique mondiale aux Américains et à leurs alliés. Effondrement, puis redressement économique. Eltsine, le premier président de la Russie postsoviétique, donne une inflexion libérale au nouveau régime. La société russe, qui a dû abandonner le socialisme, est profondément bouleversée. Quelques oligarques construisent des fortunes. Mais le déclin de l'outil économique, l'affaiblissement de l'État fédéral provoquent une chute catastrophique du niveau de vie des Russes. Thérapie de choc. La transition vers l'économie de marché est alors apparue inéluctable pour la fédération russe née fin 1991. Deux approches économistes s'opposaient vis-à-vis des modalités de cette transition vers le capitalisme: Appuyés par les instances internationales (FMI, BERD, etc.), les partisans de la « thérapie de choc » (Jeffrey Sachs) l'emportèrent et conseillèrent le gouvernement russe. À partir de 1992, la Russie privatisa massivement, la thérapie de choc étant mise en œuvre de façon complète à partir de 1994 : à cette époque, plus de 50 % du secteur public ( d'État) avaient été privatisés. Au niveau économique, la planification dirigiste et centralisée de l'économie est ainsi abandonnée sans transition au profit d'un mode de fonctionnement s'inspirant des thèses libérales des économistes de l'école de Chicago. Les moyens de production ont été en grande partie privatisés, dans des conditions souvent obscures. Transition vers l'économie de marché. La transition rapide vers une économie de marché capitaliste provoque au cours des années 1990 un effondrement total de l'économie. Le PIB est divisé par deux en quelques années, et une crise financière majeure en 1998 plonge une grande partie de la population dans de graves difficultés (exceptée une infime minorité de nouveaux riches, surnommés « nouveaux Russes »). La privatisation assortie de l'ouverture des marchés des capitaux facilite la ruée des capitaux hors du pays. Si l'on prend le seuil de pauvreté de par jour, 23,8 % de la population vit désormais dans la pauvreté sous le nouveau régime capitaliste, contre seulement 2 % en 1989 sous le régime communiste. Le chômage, qui s'élevait à moins de 0,1 % de la population active au début des années 1990, a grimpé à 0,8 % en 1992 et jusqu'à 7,5 % en 1994, quatre fois plus vite qu'en Biélorussie (0,5 % en 1992 et 2,1 % en 1994), qui a elle adopté une méthode plus graduelle de libéralisation. Pour le prix Nobel d'économie Joseph E. Stiglitz, la thérapie de choc a été une grave erreur. Dans son livre, "La Grande Désillusion" il écrit ainsi : . Lorsque la présidence de Boris Eltsine touche à sa fin, l'économie russe est au plus bas. Le PIB a baissé de 7,5 % par an en moyenne entre 1990 et 1998, à une époque où la Chine, autre pays en transition, connaissait un taux de croissance annuel moyen de 10 %. Élections. De plus, l'armée est tenue en échec dans le conflit qui l'oppose aux séparatistes islamistes en Tchétchénie. Les élections de 1993 se traduisent par une montée du courant nationaliste (22,92 % des votes vont au Parti libéral-démocrate de Russie de Vladimir Jirinovski, contre 7,81 % en juin 1991) et le maintien d'un vote communiste important (12,40 % des votes, contre 16,85 % en juin 1991). Une nouvelle constitution, adoptée en décembre 1993 après une grave crise constitutionnelle et la mise au pas du Congrès des députés du peuple à l'aide de l'armée, donne un tour plus présidentiel au régime. La période est également caractérisée par de grands mouvements de population entre les États composant l'URSS (population russe des États voisins se repliant en Russie, émigration des Russes de religion juive ou d'origine allemande, fuite des cerveaux) et au sein même de la Russie (abandon des campagnes et des zones les plus éloignées en Sibérie). Le désordre économique et politique se prolonge jusqu'en 1998, date à laquelle le système financier russe s'effondre : entre 1990 et 1998 le PIB aura chuté de 45 %. Vladimir Poutine, porté au pouvoir en 2000, se donne pour objectif de rétablir le fonctionnement de l'État et de l'économie par le biais d'un régime présidentiel fort. Le nouveau président bénéficie de l'envolée du cours des matières premières, dont la Russie est le plus grand producteur. Il lance des réformes structurelles visant entre autres à rétablir la « verticale des pouvoirs ». Des mesures ont été prises contre la fraude fiscale, ce qui s'est traduit par l'arrestation de certains oligarques. Depuis 2000, la Russie connaît une croissance forte (augmentation du PIB de 7 % en moyenne) étroitement liée à la montée des prix des matières premières et plus particulièrement du pétrole et du gaz. L'afflux de revenus qui en découle permet le développement du secteur tertiaire (banque, assurance, distribution) et la croissance de la consommation intérieure. Vladimir Poutine tente de redonner à la Russie un rôle de premier plan sur la scène internationale en profitant, entre autres, des déboires américains en Irak, et de renouer des liens privilégiés avec les anciennes républiques composant l'URSS en maniant alternativement la manière forte (Biélorussie, Ukraine) et une approche plus diplomatique. Son successeur, Dmitri Medvedev, élu en mars 2008, est plus libéral, mais continue d'appliquer la politique générale de Poutine. Par ailleurs, la guerre d'Ossétie en 2008 étend l'influence russe dans le Caucase, en particulier en Abkhazie et en Ossétie du Sud-Alanie. Vladimir Poutine lui succède à nouveau après l'élection présidentielle de mars 2012. Vladimir Poutine est réélu au premier tour de l'élection présidentielle du 18 mars 2018. Exacerbation des tensions avec l'Occident et expansionnisme militaire. En 2014, à la suite de la annexion de la Crimée, le gouvernement de Vladimir Poutine est critiqué par les autres pays du G8 qui suspendent son adhésion au groupe, reformant ainsi temporairement le G7. À la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, l'Occident adopte des sanctions contre l'économie russe qui entre en récession de 4 % au second semestre de 2022 d'après l'agence de statistique Rosstat. L'Europe et les États-Unis livrent également de grandes quantités d'armement pour permettre à l'Ukraine de résister face à l'invasion. Politique. La Constitution de 1993, adoptée à la suite de la crise constitutionnelle de 1993 qui avait opposé le président Boris Eltsine à l'Assemblée et n'avait pu être résolue que par l'intervention des chars, définit la Russie comme une fédération et une république présidentielle dans laquelle le président de la fédération, en tant que chef de l'État, dirige la Nation et le président du gouvernement dirige le gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le chef de l'État. Le président de la fédération est élu au suffrage universel pour une période de six ans depuis 2012. Son mandat est renouvelable une seule fois. La dernière élection présidentielle a eu lieu le 18 mars 2018. Le pouvoir législatif est représenté par l'Assemblée fédérale, un parlement bicaméral composée de : La constitution russe garantit l'égalité de tous les citoyens devant la loi et l'indépendance des juges. Les procès doivent être publics et le droit de la défense est garanti aux accusés. Selon la loi fédérale, le dirigeant d'un sujet de la fédération de Russie est élu soit par les citoyens de la fédération de Russie résidant dans ce sujet sur la base du suffrage universel, égal et direct, au scrutin secret, soit par les députés de l'organe législatif de ce sujet sur la proposition du président de la fédération de Russie, qui a aussi le droit de destituer le dirigeant d'un sujet de la fédération de Russie et d'en désigner un par intérim (jusqu'aux élections prochaines dans ce sujet de la fédération de Russie). Les principaux partis sont le parti progouvernemental « Russie unie » ( à la Douma aux élections de 2021), le Parti communiste de la fédération de Russie (), Russie juste (), et le Parti libéral-démocrate de Russie (). La majorité des trois quarts est nécessaire à la destitution du chef de l'État. Le président de la Russie est Vladimir Poutine (réélu le 18 mars 2018, pour son quatrième mandat). Depuis son arrivée au pouvoir en 2000, la Russie a connu un recul démocratique jusqu'à devenir un État autoritaire et autocratique, certains allant jusqu'à la qualifier d'État totalitaire. Défense et géostratégie de la Russie. L'actuelle armée russe, formée en 1992, est l'héritière de l'ancienne Armée rouge qui fut l'Armée soviétique de 1922 à 1991, année de la dislocation de l'URSS. Elle a hérité de l'armement et de l'équipement de l'armée soviétique située sur le territoire russe, ainsi que de la totalité de l'arsenal nucléaire soviétique qui lui a été transféré par le Kazakhstan, l'Ukraine et la Biélorussie. La Russie est l'un des cinq pays reconnus officiellement par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme possédant l'arme nucléaire. Elle possède d'ailleurs le plus vaste arsenal nucléaire au monde avec plus de nucléaires dont opérationnelles. Au cours de son histoire, l'URSS aura produit quelque nucléaires. Après la chute de l'URSS, malgré la baisse des effectifs et du budget, l'armée russe reste une armée de premier plan à l'échelle mondiale. La Russie est en tête des exportations d'armes, devant la France ( de dollars) et derrière les États-Unis ( de dollars) avec un excédent de de dollars américains, émanant de son secteur de l'armement. Les principaux clients de la Russie sont l'Inde et la Chine en tête, puis notamment l'Iran, le Venezuela et l'Algérie. La Russie considère devoir se protéger contre diverses « menaces » : indépendantistes au sein de la Russie, rivalités avec ses voisins de l'Ouest, d'Asie Mineure, du Japon, de Mongolie et de Chine. Elle surveille de près les détroits turcs pour accéder à la Méditerranée, le « verrou » danois pour accéder à l'océan Atlantique et à l'Est, le « verrou » japonais pour l'océan Pacifique, et l'Arctique notamment pour le pétrole. Durant l'invasion de l'Ukraine, la Russie perd énormement d'équipements militaires au combat. Politique étrangère. Relations avec les anciennes républiques soviétiques. La Russie a des relations amicales avec les républiques d'Asie centrale, la Biélorussie, l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Ces relations sont plus froides avec l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie, qui ont intégré l'Union européenne et l'OTAN en 2004, ainsi qu'avec la Géorgie où une guerre a eu lieu en 2008. Les relations sont difficiles avec la Moldavie, en raison du problème de la république séparatiste prorusse de Transnistrie. Les relations avec l'Ukraine, tendues depuis la révolution de Maïdan, sont devenues hostiles avec l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et l'instauration des républiques séparatistes du Donbass, aboutissant à l'état de guerre avec l'invasion russe de février 2022. Les sanctions économiques contre la Russie depuis l'occupation de la Crimée et la guerre du Donbass ont été aggravées immédiatement après cette invasion par les États-Unis et l'Union européenne. Depuis la chute de l'URSS, la Russie s'est engagée dans plusieurs conflits de la sphère ex-soviétique : guerre civile du Tadjikistan (1992-1997), conflit en Ossétie du Nord de 1992, guerre du Dniestr (1992), première guerre de Tchétchénie (1994-1996), invasion du Daghestan (1999), seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009), deuxième guerre d'Ossétie du Sud (2008), guerre du Donbass depuis 2014. Relations avec le reste du monde. Vladimir Poutine a soutenu Bachar el-Assad dans la guerre civile syrienne en intervenant militairement. D'après Taline Ter Minassian, professeure d'histoire contemporaine à l'INALCO, . Économie. De l'égalité initiale, en l'an 1000, avec l'Europe, le PIB par habitant russe n'a cessé de fléchir. Les Mongols rassemblés sous Gengis Khan ruinent son économie au . Les tsars fondent un empire fondé sur la puissance militaire et le féodalisme, mais ne peuvent « rattraper » le retard pris sur l'Europe. Les efforts entrepris par Moscou ont permis à l'époque soviétique quelques rebonds au , vite retombés lors de la dislocation de l'URSS, le PIB par habitant russe n'atteignant que 50 % du PIB franco-allemand et 40 % du PIB américain au début du . De son passé soviétique, la Russie a hérité d'une industrie métallurgique lourde puissante et concurrentielle, d'un savoir-faire pointu dans les domaines de l'aéronautique, de l'armement et de l'énergie. La Russie fait partie des pays économiquement développés : PIB de de $ en 2010 (nominatif), de $ (en parité de pouvoir d'achat, en 2007). Son économie est marquée par le poids des industries extractives : gaz naturel ( et exportateur mondial), pétrole (), charbon ( producteur), métaux non ferreux. L'agriculture, longtemps handicapée par la collectivisation des exploitations agricoles sous le régime soviétique, malgré le labourage des terres vierges dans les années 1970, composant avec un environnement naturel globalement peu favorable et immense, est structurellement déficitaire (déficit en valeur de de $). Mais la Russie peut être considérée comme une puissance agricole forte – la Russie est le premier producteur mondial d'orge, de framboise, de groseille. Elle est aussi un gros producteur de betteraves, de blés et de pommes de terre. La répartition du PIB (secteur primaire 7 % – secondaire 37 % – tertiaire 56 %) reflète la montée en puissance des services. Le fonctionnement de l'économie russe a subi des transformations radicales après les réformes entamées par Gorbatchev dans la des années 1980 (perestroïka), caractérisées par le passage d'une économie planifiée (dont l'ensemble des moyens de production étaient contrôlés par l'État) à un mode de fonctionnement basé sur l'économie de marché. Ce processus de transformation est à l'origine d'une crise économique profonde, culminant avec la crise financière en 1998, dont la Russie s'est progressivement relevée depuis : le PIB a retrouvé en 2007 son niveau de 1990. L'évolution du prix des matières premières a grandement favorisé la reprise économique amorcée en 1998. Avec une croissance du PIB supérieure à 6 % en moyenne depuis cette date, l'État russe a pu régler par anticipation les emprunts contractés au plus fort de la crise financière et ramener la dette publique à 8 % fin 2007. La Russie s'est constituée la troisième réserve de change du monde ( de $ en février 2012) grâce à une balance des paiements excédentaire de 10 % du PIB durant cette période. Le budget de l'État, régulièrement excédentaire grâce à une gestion prudente de la manne financière constituée par des rentrées fiscales plus efficaces et au prix assez élevé des hydrocarbures, a permis la constitution en 2004 d'un fonds de stabilisation qui se montait à de dollars en septembre 2007. L'État russe a retrouvé des moyens financiers permettant de lancer des projets d'envergure (infrastructures, soutien à l'investissement). Des secteurs importants de l'industrie russe sont, depuis la libéralisation de l'économie, confrontés à la concurrence des entreprises étrangères : celle-ci n'est freinée que dans des domaines jugés stratégiques (construction automobile, ressources minières et énergétiques, industrie de l'armement). La Russie reste le deuxième exportateur mondial d'armes (avions de chasse, sous-marins, etc.). Mal préparée, l'industrie légère russe a vu ses parts de marché fondre sur le marché national. Le phénomène touche également des industries de pointe comme la construction aéronautique. Les exportations sont désormais en grande partie composées de produits à faible valeur ajoutée (hydrocarbures et métaux représentaient en 2005 82 % des exportations en volume et non en valeur). La croissance de cette économie peu diversifiée est très sensible aux évolutions du prix des matières premières. Le PIB par habitant s'élevait en 2007 à et le taux de chômage à 6,6 % (2006). Mais ce PIB est très inégalement réparti. La libéralisation de l'économie a accentué un phénomène qu'avait jusqu'à présent contrebalancé le régime socialiste. La richesse s'est plutôt concentrée au cours de la décennie dans quelques régions favorisées : les deux métropoles de Moscou et Saint-Pétersbourg, les régions sibériennes où sont situés les gisements d'hydrocarbures et quelques régions industrielles (Tatarstan, Iekaterinbourg, Samara, etc.). La ville de Moscou concentre à elle seule 22 % du PIB russe. Le taux de TVA est rehaussé de 18 % à 20 % en 2019. En 2022, la Russie est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Agriculture. Les statistiques officielles de la fédération de Russie reconnaissent trois formes d'exploitations agricoles. Les organisations agricoles, les fermes privées et les lopins de terre. La culture du blé et des pommes de terre en représente une large part. La Russie est cinquième au palmarès des producteurs mondiaux de céréales au milieu des années 2010, dominé par les États-Unis, car elle a très fortement augmenté ses récoltes entre 2012 et 2016. L'élevage porcin et de volaille est également très répandu. En revanche, l'élevage de bovins est essentiellement destiné à la production laitière. La betterave sucrière est également une réussite du secteur agricole. Sur les six premières années de la décennie 2010, le pays a confirmé sa huitième place au palmarès des grands producteurs mondiaux de sucre, grâce à une progression de près d'un cinquième des volumes de betterave récoltés. Les conditions climatiques de la Russie ne lui permettent une mise en culture de ses terres que sur une période relativement courte (environ sept mois de l'année). La dimension de sa surface agricole utilisée et le facteur climatique permettent sans doute d'expliquer que son agriculture est plutôt extensive qu'intensive. Les variations paysagères et structurales de l'espace agricole russe se font largement suivant un gradient nord-sud défini essentiellement par le climat. Cette variation régionale est visible par le degré de mise en culture du territoire, par la densité de population et par la taille des bourgs. Énergie. La Russie est riche en ressources énergétiques. Elle possède les plus grandes réserves de gaz naturel du monde (32 % des réserves prouvées, 23 % des réserves probables), ainsi que les deuxièmes plus grandes réserves de charbon (10 % des réserves prouvées, 14 % des réserves probables), les huitièmes pour le pétrole (12 % des réserves prouvées, 42 % des réserves probables), et 8 % des réserves prouvées d'uranium. La production d'énergie de la Russie atteignait en 2011 un total de de Tep, dont 42 % pour le gaz naturel, 39 % pour le pétrole, 14 % pour le charbon ; le nucléaire (3,5 %) et les énergies renouvelables pèsent peu à côté de ces mastodontes, bien que la Russie compte plusieurs centrales hydroélectriques et nucléaires parmi les plus puissantes du monde. La Russie était en 2012 le de pétrole et de gaz naturel du monde, pour le charbon, d'électricité nucléaire en 2011 et pour l'hydroélectricité. Une part importante (45,6 %) de cette production est exportée : 48 % du pétrole, 30 % du gaz naturel et 45 % du charbon ; la Russie était en 2011 le exportateur de pétrole du monde et en 2012 le exportateur de gaz naturel et le de charbon. La consommation d'énergie de la Russie est très élevée : 5,15 Tep par habitant en 2011 (France : 3,88) et les émissions de gaz à effet de serre de la Russie étaient de de par habitant (France : 5,04 tCO2/hab ; États-Unis : 16,94 tCO2/hab ; Chine : 5,92 tCO2/hab). Transports. Transport ferroviaire. La compagnie des chemins de fer russes (RJD) connecte toutes les villes importantes de Russie. Le Transsibérien est le plus célèbre des trains russes. Le train rapide Allegro relie Helsinki à Saint-Pétersbourg depuis 2010. Le réseau ferroviaire régional se nomme « Elektritschka ». Espace aérien. Principales plates-formes de correspondances : Compagnies aériennes : Numérique. L'industrie numérique russe connaît une croissance notable, grâce notamment à des entreprises comme Yandex, Kaspersky et Mail.ru Group, toutes trois connues à l'étranger. On peut aussi citer VKontakte, un réseau social qui constitue en Russie une alternative à Facebook. Dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine, le gouvernement russe bloque l'accès aux réseaux sociaux Facebook et Instagram, utilisés par de Russes. Droits de l'homme et corruption. Bien que la Russie soit signataire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, sa gestion de la démocratie et des Droits de l'homme est très critiquée par les organisations internationales. Des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch considèrent que la Russie n'a pas assez d'attributs démocratiques et n'accorde pas assez de droits politiques et de libertés civiles à ses citoyens. Les statistiques de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) indiquent que la Russie est le pays d’Europe qui compte le plus grand nombre de violations des droits de l’homme. Loin devant la Turquie ou l’Ukraine. Dans son rapport annuel de 2020, Amnesty International indique notamment que la torture est endémique et que les tortionnaires restent quasiment totalement impunis, que la modification de la législation a réduit l'indépendance de la justice, que les personnes LGBTI restent discriminées et persécutées et que de nouveaux éléments confirmant les allégations de crimes de guerre par les forces Russes en Syrie ont été apportés. En 2021, Human Rights Watch affirme que la répression n'a jamais été aussi importante depuis la chute de l'URSS en 1991. La censure des médias d'oppositions, le harcèlement des manifestants pacifiques, les campagnes de diffamation contre les groupes indépendants, l'interdiction de nombreuses organisations étrangères font partie des griefs portés par l'ONG. La liberté de la presse est très limitée, avec notamment une télévision d'État entièrement sous contrôle. En 2022, la Russie est classée sur 180 par le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. En ce qui concerne la corruption, la Russie est classée, en 2021, sur par Transparency International avec un indice de perception de la corruption de 29 sur 100, ce qui en fait le pays le plus corrompu du continent européen. Cela s'explique en partie par l’économie de réseau héritée de la période des privatisations des années 1990. Cette distribution des ressources et des entreprises a façonné les rapports de force dans les plus hautes sphères du pouvoir en Russie au profit de certains oligarques faisant désormais partie intégrante de la réalité socio-économique et politique du pays. De plus le manque de certains attributs d’un État de droit (justice indépendante, liberté d’association et de presse) laisse une forme d’anomie autoritaire se dessiner en Russie, affaiblissant la constitution d’un appareil déjà déficient de lutte contre la corruption. Depuis l'invasion de l'Ukraine commencée le 24 février 2022, la Russie est accusée d'attaques constitutives de crimes de guerre. Elle est suspendue du Conseil de l'Europe le , puis son exclusion est votée à l'unanimité le 16 mars parce qu’elle ne respecte plus les valeurs de l'organisation, ni aucun des engagements qu’elle a pris lors de son adhésion. Les citoyens russes n'ont désormais plus accès à la CEDH, les recours russes représentant un quart des cas (dont par exemple, celui de l'activiste anti-corruption Alexei Navalny). L'ONG "Global Initiative Against Transnational Organized Crime" publie en avril 2022 un rapport qui relève qu'à la suite des sanctions économiques et financières qu'elle a subies après l'invasion de l'Ukraine, la Russie, avec l'aide des Émirats arabes unis (EAU), utilise son influence en Afrique de l'Ouest pour exploiter les marchés illicites de l'or afin de générer des bénéfices et déplacer des capitaux, ceci malgré la condamnation par les EAU de l'invasion de l'Ukraine. Le marché de l'or des EAU, qui a augmenté pour devenir l'un des plus importants au monde au cours de la dernière décennie, conserve une réglementation inadéquate susceptible de permettre un commerce non éthique. Le 26 septembre 2022, un rapport du Comité pour la protection des journalistes révèle que des journalistes russes ont été arrêtés alors qu'ils couvraient des manifestations de protestation contre la « mobilisation partielle » des réservistes annoncée par Vladimir Poutine le 21 septembre. Démographie. La population de la Russie s'établit approximativement à d'habitants en 2021, avec un taux d'urbanisation élevé (73 % de la population). La densité est de , mais la population est très inégalement répartie sur le territoire : de 26,9 en Russie d'Europe (Oural compris) elle tombe à 2,5 en Russie d'Asie. L'urbanisation tend à dépeupler la « Russie profonde » au profit de grandes métropoles et plus particulièrement des villes de la Russie européenne. Historique. Après la Seconde Guerre mondiale, qui avait entraîné la mort d'environ de personnes (civils et militaires), la population avait retrouvé son niveau d'avant-guerre en 1955 (), puis s'était accrue de près de 35 % en atteignant son maximum en 1992 (). Cependant plusieurs phénomènes sont venus modifier cette dynamique démographique dont la plus importante est sans doute la « normalisation » de la fécondité russe qui a effectué à compter de 1988 sa transition démographique et présente désormais un taux de natalité proche de celui des autres pays d'Europe de l'Est, c'est-à-dire très bas. La population de la Russie augmente depuis 2009 du fait de l'immigration, d'une hausse de la natalité et d'une baisse de la mortalité. En 2013, le taux de natalité s'établit à tandis que le taux de mortalité s'élève à . L'indice de fécondité est de par femme. Depuis 2007, pour enrayer la diminution de la population, l'administration Vladimir Poutine octroie un "capital maternité" de (environ ) à la naissance du second enfant. Depuis 2019, la population russe rebaisse. Le déficit naturel est en partie compensé par des flux migratoires en provenance des pays issus de l'éclatement de l'URSS. L'immigration, qui était dans les années 1990 essentiellement le fait de russophones, a aujourd'hui des origines plus mélangées (immigration chinoise et ouzbèke). En 2008, la Russie comptait quelque d'immigrés. La crise économique, l'augmentation du chômage et la redéfinition de l'identité russe provoquent une montée de la xénophobie dans le pays : 74 meurtres à caractère raciste ont été recensés en 2007, 114 en 2008, ce qui est à mettre en perspective avec les statistiques inférieures des autres pays européens connaissant désormais eux aussi ce phénomène. Par ailleurs, le courant d'émigration en direction d'Israël, des États-Unis et de l'Allemagne, très important durant les années 1990, s'est aujourd'hui pratiquement tari et fut bien inférieur à certaines prévisions. L'espérance de vie est inférieure à la moyenne européenne pour les femmes () mais l'est surtout pour les hommes : pour ceux-ci, l'âge moyen au décès est de (inférieur de à la moyenne européenne et de à la moyenne française) soit un taux de mortalité de pour un taux de natalité de . L'espérance de vie a connu une chute dramatique pendant la période de chaos politique et économique des années 1990, à la suite de la disparition de l'Union soviétique. Cela s'explique par divers facteurs : l'alcoolisme de masse, le suicide, un système de santé déficient qui ne réussit pas à stopper le développement rapide du SIDA et la tuberculose. Ainsi, la Russie a connu pendant la crise de la période de transition quatre fois plus de morts violentes que les États-Unis : en effet, elle se classait à l'époque au deuxième rang mondial pour les homicides (28,4 pour en 2000) et troisième pour les suicides (38,4 pour en 2002). L'arrivée, plus tardive qu'à l'Ouest, de certaines épidémies comme le sida explique aussi la situation : à la fin de 2005, la Russie enregistrait près de au VIH. L'alcoolisme en Russie était un problème de santé publique de premier plan. Un plan gouvernemental restreignant la vente d'alcool, en augmentant le prix et en interdisant la publicité, a fait baisser la consommation de 43 % entre 2003 et 2016. Cette baisse a contribué à la hausse de l'espérance de vie, qui a atteint un niveau record en 2018, pour s'établir à pour les femmes et pour les hommes. Au début des années 1990, l'espérance de vie des hommes n'était que de .Face à cette situation, le gouvernement russe a inscrit dans son programme la mise en place d'une politique nataliste reposant sur des incitations financières pour la naissance des et . Ainsi, en 2009, la population russe a augmenté pour la première fois depuis 1995, sous l'effet conjugué depuis quatre ans d'une remontée de la natalité et d'une baisse de la mortalité. Après le rattachement de la Crimée à la fédération le, la population russe a subitement augmenté d'environ deux millions d'habitants, portant le total à environ d'habitants. Villes. Malgré la faiblesse de la densité moyenne, la Russie est un pays fortement urbanisé : près des trois quarts des Russes (73 %) résident en ville, soit de ses habitants au sein d'environ et . Quelque 20 % des Russes se concentrent dans des villes de plus d'un million d'habitants et 45 % dans des zones urbaines de plus de cent mille âmes. Langues. Le russe est la langue d'État de la fédération. Par ailleurs ont un statut de langue d'État dans les républiques, et 15 autres langues ont un statut officiel. Un grand nombre d'autres langues sont parlées en Russie. Répartition statistique des croyances religieuses. La Russie compterait en 2014, environ 77 % de croyants (dont 70 % de chrétiens). Le dénombrement des pratiquants est toutefois difficile et le CIA Factbook donnait l'évaluation suivante en 2006 : Éducation. Le taux d'alphabétisation est dans la moyenne des pays de l'OCDE : 99,7 % en 2019. Les populations n'appartenant pas à l'ethnie russe sont souvent bilingues (exemples : russe et tatar, russe et oudmourte, russe et iakoute, russe et arménien). Entre 2003 et 2008, le taux de scolarisation brut pour les hommes et femmes est de 96 % et le taux de scolarisation net est de 91 %. Dans un cadre éducatif, 21 % des enfants scolarisés utilisent un accès à Internet, en 2007. Le taux de suivi en dernière année d'école primaire est de 99 %, entre 2003 et 2008, d'après les données administratives russes. D'après l'Unicef, le taux de scolarisation en secondaire est de 85 % pour les hommes et de 83 % pour les femmes entre 2003 et 2008. Art et culture. La littérature russe prend son essor à Saint-Pétersbourg avec Alexandre Pouchkine, qui est considéré comme l'un des fondateurs de la littérature moderne russe et est parfois surnommé le « Shakespeare russe ». Parmi les poètes et écrivains russes les plus célèbres figurent Nicolas Gogol, Mikhaïl Lermontov, Fiodor Dostoïevski, Léon Tolstoï et Anton Tchekhov. Les écrivains les plus marquants de la période soviétique sont Boris Pasternak, Alexandre Soljenitsyne, Vladimir Maïakovski, Mikhaïl Cholokhov et les poètes Evgueni Evtouchenko et Andreï Voznessenski. Un grand nombre de groupes ethniques vivant en Russie ont des traditions folkloriques très variées. La musique russe du est caractérisée par l'existence de deux courants musicaux : celui représenté par le compositeur Mikhaïl Glinka et ses successeurs, dont le Groupe des Cinq, qui ont inclus des éléments folkloriques et religieux dans leurs compositions et la Société musicale russe dirigée par Anton et Nikolaï Rubinstein aux accents plus traditionnels. La tradition du romantisme tardif incarnée par Tchaïkovski ou encore Nikolaï Rimski-Korsakov (bien qu'également successeur de Glinka), fut prolongée au par Sergueï Rachmaninov, l'un des derniers grands compositeurs de musique romantique. Les compositeurs du de renommée mondiale comprennent Alexandre Scriabine, Igor Stravinsky, Sergueï Rachmaninov, Serge Prokofiev et Dmitri Chostakovitch. À l'époque soviétique, la musique était sous surveillance constante du régime, car elle était un moyen d'éduquer les masses socialistes, et elle ne devait pas être influencée, selon la propagande officielle, « par la décadence bourgeoise ». Les conservatoires de Russie ont produit des générations de solistes de renommée mondiale. Parmi les plus connus figurent les violonistes David Oïstrakh, Leonid Kogan et Gidon Kremer, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, les pianistes Vladimir Horowitz, Sviatoslav Richter et Emil Gilels et la cantatrice Galina Vichnevskaïa. Tchaïkovski composa des ballets connus dans le monde entier comme "Le Lac des cygnes", "Casse-Noisette" et "La Belle au bois dormant". Au début du , les danseurs russes Anna Pavlova et Vaslav Nijinski devinrent célèbres et les déplacements à l'étranger des Ballets russes influencèrent fortement le développement de la danse dans le monde. Le ballet soviétique a préservé à la perfection les traditions du et les écoles de chorégraphie de l'Union soviétique ont fait naître de grandes étoiles, admirées partout comme Maïa Plissetskaïa, Rudolf Noureev et Mikhaïl Barychnikov. Le ballet du Bolchoï à Moscou et le celui du Mariinsky à Saint-Pétersbourg sont universellement prisés. Alors que le cinéma a souvent été considéré comme une forme de divertissement bon marché à destination des classes populaires, la production cinématographique en Russie a eu dès 1917 un rôle culturel important : immédiatement après la révolution de 1917, le cinéma soviétique a exploré les possibilités et les limites du montage avec par exemple des films comme "Le Cuirassé Potemkine". Le régime utilisait cet art pour former les masses, mais il tenta cependant de le faire avec des formes nouvelles et une grande créativité. Des réalisateurs soviétiques comme Sergueï Eisenstein et Andreï Tarkovski marquèrent leur époque et eurent une grande influence sur les cinéastes contemporains. Eisenstein fut l'élève du metteur en scène et théoricien Lev Koulechov, qui mit au point les principes du montage cinématographique dans la première école du cinéma créée au monde, l'institut du cinéma de l'Union à Moscou. En 1932, Staline promulgua le réalisme socialiste soviétique comme fondement de l'art soviétique, ce qui freina la créativité, mais beaucoup d'œuvres produites à cette époque sont des réussites artistiques comme Tchapaev, "Quand passent les cigognes" et "la Ballade du soldat". Le cinéma soviétique fut en crise dans les années 1980 et 1990. Les réalisateurs russes n'étaient plus obligés d'affronter la censure, mais les réductions des subventions d'État ne leur permettaient de produire qu'un nombre réduit de films. Le début du quant à lui se caractérisa par un accroissement des entrées en salle et en conséquence une prospérité accrue de l'industrie cinématographique. L'art de la vidéo est très populaire dans la Russie moderne. La Russie est l'un des marchés prioritaires pour YouTube. L'épisode le plus populaire de la série animée russe "Masha et Michka" a plus de de vues. La chaîne « +100500 », qui héberge des critiques de vidéos pour des vidéos amusantes et BadComedian, qui fait des critiques pour des films populaires, est particulièrement populaire. De nombreuses bandes-annonces de films russes ont été nominées aux Golden Trailer Awards. Beaucoup de vidéos de , éditeur russe, poète et publiciste, le fondateur de bande-annonce de poétique et de construction de la bande-annonce ont été téléchargés sur les grandes chaînes YouTube, ont été utilisés comme bandes-annonces principales et entrés dans le livre des records. "Voir aussi : – – – – Théâtre russe – Cinéma russe et soviétique" Architecture. Depuis la christianisation de la Rus' de Kiev, l'architecture russe a été influencée par l'architecture byzantine pendant de nombreuses années. Outre les fortifications (kremlins), les principaux bâtiments en pierre de l'ancienne Rus' étaient des églises orthodoxes avec leurs nombreux dômes, souvent dorés ou peints de couleurs vives. Aristotile Fioravanti et d'autres architectes italiens ont introduit la mode de la Renaissance en Russie depuis la fin du , tandis que le vit le développement des églises uniques en forme de tente (chatior) culminant dans la cathédrale Sainte-Basile-le-Bienheureux. À cette époque-là, la conception du dôme en forme d'oignon, ou clocher à bulbe, était complètement développée. Au , le « style ardent » de l'ornementation a prospéré à Moscou et à Iaroslavl, ouvrant progressivement la voie au Baroque Narychkine dans les années 1690. Après les réformes de Pierre Ier le Grand, le changement de style architectural en Russie a généralement suivi celui de l'Europe occidentale. Le goût du pour l'architecture rococo a conduit aux œuvres ornées de Bartolomeo Rastrelli et de ses disciples. Les règnes de et de son petit-fils ont vu fleurir l'architecture néoclassique, notamment à Saint-Pétersbourg, capitale de la Russie à cette époque. La seconde moitié du a été dominée par les styles néo-byzantin et néo-russe. Les styles prédominants du étaient l'Art nouveau, le constructivisme russe et l'architecture stalinienne. Durant la période stalinienne, la tradition de préservation a été brisée. Les sociétés de préservation indépendantes, même celles qui ne défendaient que des sites séculiers tel l'OIRU basé à Moscou, ont été dissoutes à la fin des années 1920. Une nouvelle campagne antireligieuse, lancée en 1929 coïncide avec le collectivisme agricole ; la destruction des églises dans les villes atteint un sommet vers 1932. Un certain nombre d'églises ont été démolies, dont la Cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. À Moscou seulement, les disparitions d'édifices notables de 1917 à 2006 sont estimées à plus de 640 (dont classés, sur un inventaire total de ) - certains ont complètement disparu, d'autres ont été remplacés par des répliques en béton. En 1955, un nouveau leader soviétique, Nikita Khrouchtchev, a condamné les « excès » de l'ancienne académique d'architecture et la fin de l'ère soviétique a été dominée par le fonctionnalisme simple en architecture. Cela a quelque peu aidé à résoudre le problème du logement, mais en créant une grande quantité de bâtiments de faible qualité architecturale, contrastant significativement avec les styles lumineux antérieurs. En 1959, Nikita Khrouchtchev a lancé la campagne antireligieuse. En 1964, plus de sur ont été fermées (principalement dans les zones rurales) et beaucoup ont été démolies. Sur 58 monastères et couvents en activité en 1959, seulement 16 restaient en 1964, sur 50 églises de Moscou en activité en 1959, 30 ont été fermées et 6 démolies. Fêtes et jours fériés. Outre ces jours fériés, il existe un grand nombre de fêtes de corporations (). Ces jours ne sont pas chômés, mais les plus importants sont célébrés officiellement (12 avril : journée de la cosmonautique ; 28 mai : jour des gardes-frontières ; 5 octobre : jour des enseignants ; 10 novembre : jour de la police…). Codes. La Russie a pour code :
Royaume-Uni Le Royaume-Uni (prononcé en français : ), en forme longue le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord ( et ""), est un pays d'Europe de l'Ouest, ou selon d'autres définitions, du Nord, situé au nord-ouest de l'Europe continentale. Le Royaume-Uni est formé de quatre nations constitutives : l'Angleterre, l'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord. Le Royaume-Uni comprend l'île de Grande-Bretagne, la partie nord-est de l'île d'Irlande — appelée Irlande du Nord — et de nombreuses petites îles autour des deux principales îles de l'archipel britannique. L'Irlande du Nord partage une frontière terrestre avec la République d'Irlande. Le Royaume-Uni est entouré par l'océan Atlantique, la mer du Nord à l'est, la Manche au sud, la mer Celtique au sud-ouest et la mer d'Irlande à l'ouest, ce qui lui donne le plus long littoral au monde. Sa superficie totale est de et sa population est estimée à plus de d'habitants en 2020. L'île de Man, Guernesey et Jersey ne font pas partie du Royaume-Uni, étant des dépendances de la Couronne, le gouvernement britannique étant toutefois responsable de leur défense et de leur représentation internationale. Le Royaume-Uni possède également quatorze territoires d'outre-mer, constituant les derniers vestiges de l'Empire britannique qui, à son apogée dans les années 1920, englobait près d'un quart de la masse continentale mondiale, un tiers de la population mondiale, et était le plus grand empire de l'histoire. Le Royaume-Uni est une monarchie constitutionnelle régie par un système de dévolution du pouvoir, constitué d'un Parlement britannique central et d'une gouvernance décentralisée au pays de Galles par le Parlement gallois, en Écosse par le Parlement écossais et en Irlande du Nord par l'Assemblée d'Irlande du Nord. Le monarque, le roi , règne depuis . La capitale et plus grande ville du pays est Londres, une ville mondiale et un centre financier d'une population métropolitaine de d'habitants. Les autres grandes villes sont Birmingham, Manchester, Glasgow, Liverpool et Leeds. Le premier peuplement des îles Britanniques remonte à environ 30000 av. J.-C. Des peuples celtes colonisent l'archipel au cours du La partie méridionale de la Grande-Bretagne est conquise par l'Empire romain, de 43 à 84 après J.-C. Des peuples germaniques commencent à coloniser l’île de Grande-Bretagne au , alors que la puissance romaine décline. Ils parviennent à dominer la majeure partie de ce qu'est aujourd'hui l'Angleterre et le Sud de l'Écosse. Les invasions vikings s'étendent du dans l'ensemble des îles, et sont suivies par la conquête normande de l'Angleterre et de l'Irlande, à partir de 1066 et 1169. Au Moyen Âge tardif, la Grande-Bretagne est séparée entre le royaume d'Angleterre, le royaume d'Écosse et la principauté de Galles, tandis que le contrôle de l'Irlande oscille entre les royaumes gaéliques, les seigneurs hiberno-normands et la seigneurie d'Irlande dominée par les Anglais (ensuite limitée au Pale). L'Angleterre parvient à unifier l'Irlande en un seul royaume et à annexer le pays de Galles, en 1542. L'Union des Couronnes en 1603 préfigure l'unité politique des îles Britanniques, qui disposent désormais d'un même monarque. Au cours du , les trois royaumes (Angleterre, Écosse, Irlande) sont marqués par des guerres civiles qui entraînent l'instauration d'une république dictatoriale, entre 1649 et 1660. Une révolution en 1688 et 1689 instaure définitivement la monarchie constitutionnelle en Angleterre. Le Royaume-Uni est né et a évolué à partir d'une série d'annexions, d'unions et de séparations des pays constitutifs sur plusieurs centaines d'années. Le traité d'Union entre les royaumes d'Angleterre et d'Écosse en 1707 forme le royaume de Grande-Bretagne. Son union en 1801 avec le Royaume d'Irlande crée le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. À la suite de la guerre d'indépendance irlandaise de 1919 à 1921, la majeure partie de l'Irlande fait sécession en 1922, laissant l'actuel Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, qui adopte officiellement ce nom en 1927. Le Royaume-Uni est l'une des plus grandes puissances mondiales, son influence politique, économique, culturelle, militaire, scientifique et technologique est considérable au niveau international. L'influence britannique peut être observée dans la langue, la culture, les systèmes juridiques et politiques de plusieurs de ses anciennes colonies. L'économie du Royaume-Uni est la cinquième au niveau mondial par son produit intérieur brut nominal (PIB) et la dixième en parité de pouvoir d'achat (PPA). Il possède une économie à revenu élevé et un indice de développement humain très élevé, se classant au mondial en 2021. Le Royaume-Uni est devenu le premier pays industrialisé au monde et a été la première puissance mondiale au et durant la première moitié du . Il possède l'arme nucléaire et est classé au quatrième rang mondial en matière de dépenses militaires. En 2022, le Royaume-Uni est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Le Royaume-Uni est membre du Commonwealth, du Conseil de l'Europe, du G7, du G10, du G20, de l'ONU, de l'OTAN, de l'AUKUS, de l'OCDE, d'Interpol, de l'Organisation mondiale du commerce ainsi qu'un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies depuis sa première session en 1946. Il était un membre des Communautés européennes et de leur successeur, l'Union européenne, depuis son adhésion en 1973 jusqu'à son retrait en 2020 à la suite d'un référendum tenu en 2016. Géographie. Localisation, frontières et superficie. La partie européenne du Royaume-Uni est dans les îles Britanniques, dans l'océan Atlantique. Le pays est situé à l'extrémité nord-ouest de l'Europe continentale, et sa délimitation est définie depuis la fin du traité anglo-irlandais et la création de l'État libre d'Irlande en 1922. L'île de Grande-Bretagne constitue la plus grande partie du Royaume-Uni. La Grande-Bretagne est bordée par la mer du Nord à l'est et au nord-est, la Manche au sud, la mer Celtique au sud-ouest, la mer d'Irlande à l'ouest et la mer des Hébrides au nord-ouest. L'Irlande du Nord, de l'autre côté de la mer d'Irlande sur l'Irlande, ainsi que les nombreuses petites îles entourant la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, y compris les Orcades et les Shetland, composent le reste du Royaume-Uni métropolitain. Au sud, à l'ouest et au nord-ouest, l'Irlande du Nord est frontalière avec le pays voisin, l'Irlande. La frontière entre le Royaume-Uni et l'Irlande est la seule frontière terrestre du Royaume-Uni métropolitain. Près de la ville de Douvres (), le tunnel sous la Manche relie la Grande-Bretagne à l'Europe continentale en France. Le Royaume-Uni est également composé de nombreux territoires situés en dehors du continent européen, appelés territoires britanniques d'outre-mer, qui lui permettent d'être présent dans tous les océans du monde sauf l'océan Arctique. Ces territoires ont des statuts variés dans l'administration territoriale du Royaume-Uni et sont situés : Le Royaume-Uni possède une frontière terrestre avec l'Espagne en Gibraltar, ainsi qu'avec la République de Chypre via la partie britannique de l'île de Chypre. La majeure partie de l'Angleterre a un relief très varié hormis le Nord et la péninsule de Cornouailles. Les deux principaux fleuves sont la Tamise () et la Severn () qui est le plus long cours d'eau du Royaume-Uni. Il n'existe pas de sommet en Angleterre dépassant les mille mètres d'altitude ; le point culminant anglais, le Scafell Pike, culmine à d'altitude dans le Lake District, en Cumbria.La géographie de l'Écosse est variée, avec ses ' du Sud et ses ' dans le Nord et l'Ouest . On y trouve de longs et profonds bras de mer qui s'enfoncent dans les terres. L'Écosse possède près de huit cents îles, se situant pour la plupart dans l'Ouest et dans le Nord du pays, notamment les Hébrides, les Orcades () et les Shetland. Bien qu'Édimbourg soit la capitale, riche d'un bel héritage historique et architectural, la ville principale est Glasgow. Le pays de Galles ( et ) demeure en majorité un terrain montagneux. Son point culminant, le mont Snowdon () culmine à . Cardiff (), capitale galloise depuis 1955, se situe dans le Sud. La plupart des populations se trouvent dans le Sud, notamment dans les villes telles que Swansea, Newport et Cardiff. La plus grande ville du Nord est Wrexham. L'Irlande du Nord fait partie du patrimoine du Royaume-Uni. Lough Neagh est le plus grand lac du Royaume-Uni avec ses . Le lac est situé à peu près à trente kilomètres au sud-ouest de Belfast. Le Slieve Donard est le plus haut sommet d'Irlande du Nord, et culmine à . Au total, on estime que le Royaume-Uni possède près d'un millier d'îles, huit cents pour la seule Écosse. La plupart de ces îles sont naturelles, mais certaines ont été créées artificiellement à l'aide de pierres et de bois. À titre comparatif, le Royaume-Uni possède une superficie proche de celle de la Roumanie, de l'Équateur, du Ghana ou de l'Ouganda. Climat. Au Royaume-Uni, en raison du changement climatique, les hivers et les étés sont de plus en plus chauds, le niveau de la mer sur la côte britannique augmente d'environ par an et des signes de modification de la configuration des précipitations sont observés. Les scientifiques du climat s'attendent à ce que les vagues de chaleur, telles que celles de 2003, deviennent la norme dans les années 2040 à la suite de la crise climatique. Les calculs du modèle de 2019 montrent que Londres serait déplacée dans une autre zone climatique si le scénario RCP4.5 était appliqué. Le climat à Londres en 2050 ressemble alors plus au climat précédent à Barcelone (Espagne) qu'au climat précédent à Londres. Même les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents et intenses. Il a été démontré que les peuvent être reliées au changement climatique provoqué par l'homme. Paysages et environnement. En 2019, le jour du dépassement (date de l'année, calculée par l'ONG Global Footprint Network, à partir de laquelle l'humanité est supposée avoir consommé l'ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an) du Royaume-Uni est le 17 mai. En 2019, une étude de Greenpeace s'inquiète de la pollution des rivières par le microplastique, évoquant un « problème d'une complexité énorme ». Préservation de l'environnement. La population de rossignols a chuté de 90 % au Royaume-Uni depuis les années 1960. Zones naturelles protégées. En Angleterre et au pays de Galles, la désignation de parc national peut inclure des communautés humaines et des usages du sol importants et qui sont souvent partie intégrante du paysage. Il y a actuellement nationaux en Angleterre et au pays de Galles. Réseau européen Natura 2000. Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En décembre 2018, le Royaume-Uni compte , dont : La superficie totale est de , ce qui représente 8,6 % de la surface terrestre et marine du territoire du Royaume-Uni. Histoire. États antérieurs. Le premier peuplement des îles Britanniques remonte à environ av. J.-C. Les royaumes d'Angleterre et d'Écosse ont cohabité en tant que nations souveraines et indépendantes avec leurs propres monarques et structures politiques depuis le . La principauté de Galles est intégrée au royaume d'Angleterre en 1536, après son annexion à la suite du statut de Rhuddlan en 1284. L'Irlande, conquise à partir du et l'invasion normande de l'Irlande. En 1541, devient roi d'Irlande, formant le Royaume d'Irlande composé des possessions anglaises de l'île, qui est lentement tombée sous contrôle anglais entre l'invasion normande de l'Irlande et 1691. Les rois d'Angleterre et d'Écosse avaient tenté d'établir un lien entre les deux royaumes par le mariage en 1474. et proposèrent d'unir les familles royales de : le prince héritier d'Écosse (futur ) épousera une princesse d'Angleterre, Cécile d'York. , roi d'Angleterre et d'Irlande, chercha à unifier les royaumes en épousant son héritier, le prince de Galles (futur ), à . Après la mort d', le lord-protecteur Edward Seymour, duc de Somerset poursuivit cette politique. Une proposition de 1548, selon le diplomate français Odet de Selve, concernait un royaume uni de Grande-Bretagne : . En fin de compte, ces tentatives ont été infructueuses, quoique la question de la succession à ait finalement abouti à l'union personnelle entre les trois royaumes après la mort de son fils et de ses filles et . À partir de l'Union des Couronnes en 1603, les trois royaumes partagent également le même souverain, , mais Angleterre, Écosse et Irlande restent des États distincts. Le a été conçu pour combiner les drapeaux de l'Écosse et de l'Angleterre. La Maison Stuart, la dynastie royale écossaise, a donc hérité des royaumes anglais et irlandais (et la revendication anglaise du trône français) de la Maison Tudor. Les ancêtres de Jacques – les Stuart et les Tudor – prétendaient qu'ils descendaient des anciens Britanniques (les Bretons insulaires). Les Tudor prétendaient descendre du mythique premier Britannique, l'éponyme Brutus de Troye par l'intermédiaire de leurs ancêtres gallois. Les Stuart prétendaient dériver les mêmes Bretons de l'Antiquité, par leur descendance de , fils de Banquo. Alors que Jacques voyageait vers le sud pour prendre possession de son nouveau royaume, l'ambassadeur vénitien rapporta que son intention était de faire revivre la légendaire monarchie britannique, une royauté autrefois détenue par le roi Arthur, réunifiant l'île en un seul royaume uni. Le , le roi publia une proclamation, changeant son titre en .Après une série de guerres, fut exécuté au palais de Whitehall. Durant les guerres des Trois Royaumes et l'Interrègne, l'état républicain en Angleterre, le Commonwealth d'Angleterre, annexe l'Écosse. (La perpétuation du contrôle anglais en Irlande n'a pas été altérée.) Le Commonwealth d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande a finalement été créé sous le régime d'Oliver Cromwell. La situation précédente est restaurée avec la royauté Stuart en 1660. La maison des Stuart fut de nouveau déposée et exilée en 1688 à la suite de la tyrannie de . Cette Glorieuse Révolution a remplacé la lignée Stuart catholique par les protestants et . La révolution a établi la Déclaration des droits (), assurant le gouvernement parlementaire et constitutionnel en Angleterre. Le contenu de la Déclaration a été influencé par la philosophie de John Locke, et la Déclaration reste l'un des documents constitutionnels majeurs du Royaume-Uni. L'Acte d'Établissement promulgué par le Parlement d'Angleterre a rendu illégale une succession catholique au trône d'Angleterre. L'Acte d'Établissement a assuré que la Maison de Hanovre hériterait après la mort d'Anne. Le manque d'enfants de la reine Anne menaçait donc une divergence des monarchies anglaise et écossaise et la fin de l'Union des couronnes si les héritiers catholiques d'Anne étaient autorisés à hériter de son domaine écossais. Les efforts pour unifier les deux royaumes se sont intensifiés à la fin de la vie de et pendant le règne d'Anne, mais ces efforts politiques ont échoué, car le Parlement d'Écosse a demandé le pouvoir de nommer lui-même le successeur d'Anne tandis que le Parlement d'Angleterre a cherché à forcer son équivalent écossais à accepter l'Acte d'Établissement et assurer une succession protestante commune. La Révolution financière britannique et le développement d'une presse indépendante et de très nombreuses sociétés par actions renforcent l'économie anglaise, tandis que l'effondrement de la Compagnie du Darién du financier écossais William Paterson engloutit les économies des Écossais et suscite une grave crise financière. Naissance d'une Union. Première union. Celle-ci débouche sur les Actes d'Union (1707), à travers lesquels l'Angleterre (incluant le pays de Galles) et l'Écosse deviennent une union politique sous la forme du Royaume-Uni de Grande-Bretagne (également connu à ses débuts comme le Royaume-Uni). Le nouveau royaume avait une monarchie unique avec une maison royale définitivement protestante. Il avait une seule législature, le Parlement de Grande-Bretagne au palais de Westminster. Le est devenu son drapeau. Deuxième Union. L'Acte d'Union de 1800 a unifié le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et le Royaume d'Irlande, pour former le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande en 1801. Empire britannique. Le Royaume-Uni a joué un rôle important durant le siècle des Lumières, avec une présence forte en philosophie et en sciences ainsi qu'une grande influence dans la tradition théâtrale et littéraire. Tout au long du siècle qui suivit, le royaume a pris une part importante dans le développement des idées occidentales de démocratie parlementaire, avec une remarquable contribution en littérature, en arts et en sciences. La richesse de l'Empire britannique, comme celle des autres grandes puissances, fut aussi en partie générée par l'exploitation coloniale dont l'industrialisation, après 1750, du commerce des esclaves, avec la flotte britannique du , la plus importante à l'époque. Cependant au début du , la Grande-Bretagne a voté le "" en 1807 et est devenue la première entité politique à avoir aboli durablement le commerce d'esclaves. La révolution industrielle débuta en Grande-Bretagne vers 1780 et en 1825, pour la première fois dans l'Histoire, la valeur ajoutée industrielle d'un pays dépasse celle de son agriculture. Jusqu'au milieu , l'économie britannique se développe dans un cadre fortement protectionniste. En 1846, les lois sur le blé sont abrogées. D'après l'historien de l'économie Charles Kindleberger, l'abrogation de ces lois était motivée par un « impérialisme libre-échangiste » destiné à « stopper les progrès de l'industrialisation du continent en y élargissant le marché des produits agricoles et des matières premières ». C'est aussi argumentation soutenue à l'époque les principaux porte-parole de l'Anti-Corn Law League. Pour l'économiste allemand Friedrich List, « les prêches britanniques en faveur du libre-échange faisaient penser à celui qui, parvenu au sommet d'un édifice, renvoie l'échelle à terre d'un coup de pied afin d'empêcher les autres de le rejoindre ». Après la défaite de la France lors des guerres napoléoniennes, la Grande-Bretagne devint la première puissance mondiale du . L'Angleterre est la première au monde dans la banque, la sidérurgie, le textile et les chantiers navals. La très forte expansion boursière des années 1840, appelée « ' », lui donne la moitié des de rail européen dès 1845. Ce succès l'amène à exporter la technologie ferroviaire sur les cinq continents. C'est aussi la première nation à vivre un essor rapide de la monnaie de papier grâce à son système bancaire.À son apogée, l'Empire britannique, incluant le Royaume-Uni et toutes les entités dont il est légalement séparé, mais qu'il contrôle, s'étendait sur un tiers des terres émergées et englobait un tiers de la population mondiale. L'Empire britannique fut donc le plus grand et le plus peuplé que l'histoire ait connu. On l'appelait communément l'« empire sur lequel le Soleil ne se couche jamais » (') ; en effet, on dit qu'il y avait toujours une partie de l'empire où il faisait jour.Un des symboles marquant de la suprématie anglaise durant cette période est l'érection un peu partout sur le globe de petites forteresses défensives appelées les tours Martello. On pouvait ainsi apercevoir ces ouvrages défensifs notamment sur la côte sud et est de l'Angleterre, de l'Irlande, de Jersey et de Guernesey. De plus, on pouvait également en retrouver en Afrique du Sud, en Australie et au Canada. Sur tout le , le pays a joué un rôle prédominant dans le développement de la démocratie parlementaire, en partie par l'émergence d'un système à multiples partis politiques et une expansion du suffrage universel. Le développement des arts et des sciences, avec des personnalités comme Isaac Newton, montre également le rôle moteur du Royaume-Uni dans la construction du patrimoine culturel et scientifique du . À la fin de l'époque victorienne, le Royaume-Uni a perdu énormément de son monopole industriel. La Première Guerre mondiale remet en cause cette domination, au profit des États-Unis, qui ont surpassé le pays en production et en commerce industriel après l'avoir rattrapé au tournant des années 1890, tout comme l'Empire allemand. Le pays resta quand même une superpuissance prépondérante et son empire atteignit sa superficie maximale en 1921. L'indépendance de l'État libre d'Irlande en 1922 a suivi la séparation de l'île d'Irlande deux ans auparavant avec six des neuf comtés de la province d'Ulster restant attachés au Royaume-Uni, ce qui mène donc en 1927 au nom officiel actuel de « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord ». Le Royaume-Uni est donc une union de quatre nations (Angleterre, Écosse, pays de Galles et Irlande du Nord). Dès 1925, le Royaume-Uni annonce son retour à l'étalon-or, la livre étant passée à l'automne 1923 de en dix semaines. Cette décision de Winston Churchill, prise sous l'influence d'une « City » qui veut rester première place financière mondiale, est fustigée par l'économiste John Maynard Keynes, car reposant sur la parité d'une livre pour , qui pénalise l'industrie britannique. L'indice de la production manufacturière n'atteint que 106 en[1928 en Grande-Bretagne, sur une base 100 en 1913, contre 118 en Allemagne et 139 en France. Les Britanniques sont ainsi les perdants de la forte expansion des années 1920. Trois phases de l'après-guerre : travaillisme, thatchérisme et blairisme. Après la Seconde Guerre mondiale, le travailliste Clement Attlee est porté au pouvoir par le raz-de-marée électoral de 1945. Au programme, nationalisations des services et création d'un État-providence, avec le Service national de santé britannique ("National Health Service", "NHS"). À la fin des années 1950, durant la décolonisation, le Royaume-Uni perd son statut de superpuissance. Puis Edward Heath (1970-1974) doit affronter la question de l'Irlande du Nord. Dans les années 1970, les travaillistes veulent renégocier les termes de l'entrée dans la Communauté économique européenne (CEE) et doivent limiter les hausses de salaires à moins de 5 % alors que l'inflation dépasse 10 %, provoquant les grèves dures de l'Hiver du Mécontentement. L'objectif majeur de Margaret Thatcher (1979-1990) est de libérer les énergies individuelles. Elle élève les taux d'intérêt, privilégie l'impôt indirect à l'impôt sur le revenu, élève la TVA à 15 %, et réussit à casser une inflation endémique et la puissance des syndicats lors de la longue Grève des mineurs britanniques de 1984-1985. Le système de retraite au Royaume-Uni est réformé en profondeur en 1986. En dix ans, le PIB a augmenté de 20 % et la productivité industrielle de moitié. Les privatisations s'accompagnent d'une forte désindustrialisation : baisse de 30 % de la main-d'œuvre industrielle et fermeture de de 1979 à 1984. La fin des années 1990 voit l'avènement du travailliste Tony Blair (1997-2007), proche de la City, et qui voit d'abord dans l'Europe un grand marché, soutenant les candidatures de presque tous les pays d'Europe de l'Est et la guerre d'Irak malgré une opinion publique britannique plutôt défavorable. Il démissionne en 2007, pour laisser la place à son ministre des finances Gordon Brown, lui-même battu aux élections de 2010 par le conservateur David Cameron. Sous le ministère de ce dernier se tient un référendum sur l'indépendance de l'Écosse le . Politique et administration. Gouvernement. Le Royaume-Uni est, comme son nom l'indique, un royaume, mais le pouvoir du monarque britannique (actuellement le roi ) est limité : celui-ci règne, mais ne gouverne pas. Le souverain possède par contre certains pouvoirs spécifiques qui encadrent cette capacité à régner comme celui de tenir une audience avec le Premier ministre. Ainsi on peut interpréter la capacité juridique du souverain britannique comme un droit d'être consulté, un droit d'encourager et un droit de mettre en garde. Le Royaume ne possède pas de constitution écrite codifiée. Des conventions constitutionnelles et divers éléments issus de coutumes et de la "common law" (droit coutumier) mises en place depuis l'époque de l'Angleterre anglo-saxonne, ainsi que certaines lois, forment un ensemble que l'on désigne souvent sous la dénomination de loi constitutionnelle britannique ou constitution du Royaume-Uni. Le pouvoir exécutif de cette monarchie parlementaire est exercé, au nom du monarque, par le Premier ministre (actuellement Rishi Sunak), et les autres ministres du cabinet. Le cabinet est « le gouvernement de Sa Majesté », mais ses ministres sont responsables devant le Parlement, qui peut le renverser à tout moment. Le gouvernement peut également être renversé à l'issue d'élections législatives. Le Premier ministre est nommé par le souverain ; il n'est pas directement élu. Néanmoins lorsqu'un parti dispose d'une majorité absolue des sièges à la Chambre des communes, le monarque doit nommer au poste de Premier ministre le chef de ce parti. Et en cas de Parlement minoritaire, ce sont des ministres ("senior ministers") qui conseillent le monarque pour choisir un Premier ministre ; ne peut être nommée qu'une personne qui disposera de la confiance d'une majorité des députés. Le gouvernement britannique est généralement constitué de dix-sept à vingt-trois ministres (actuellement vingt-deux) qui forment, autour du Premier ministre, le cabinet ministériel, à ne pas confondre avec le ministère, qui est la réunion d'une centaine de personnes : les ministres, les secrétaires d'État, les sous-secrétaires d'État et les secrétaires parlementaires privés. Par ailleurs, un phénomène s'accroît de plus en plus en Grande-Bretagne: la solidarité ministérielle. C'est-à-dire que si le Premier ministre engage la responsabilité ministérielle remise en cause par le Parlement, il n'est pas le seul à tomber, ses ministres tombent également. Aussi, le gouvernement prend part à la procédure législative. En effet, la Chambre des communes est disposée de telle sorte que le gouvernement fait face, avec sa majorité, à l'opposition. Le gouvernement peut aussi proposer des textes qui seront débattus et votés par la chambre. Il n'existe pas de loi de séparation entre l'Église et l'État au Royaume-Uni : le monarque est également le chef de l'Église anglicane. Selon l'acte d'Établissement de 1701 toujours en vigueur, les catholiques ne peuvent pas accéder au trône ; rien ne leur interdit toutefois de gouverner le Royaume-Uni en tant que Premier ministre. Transparency International (TNI) place en 2018 le Royaume-Uni au sur pris en compte dans son classement selon d'indice de perception de corruption, signifiant un niveau de corruption très peu élevé. Systèmes juridiques. Le Royaume-Uni a trois systèmes de loi distincts : le droit anglais ("English law"), qui s'applique à l'Angleterre et pays de Galles, et le droit nord-irlandais ("Northern Ireland law") sont basés sur les principes de "common law". Le droit écossais ("Scots law") est un système hybride basé sur les principes de droit civil. Les actes d'Union de 1707 garantit le système des lois séparées pour l'Écosse. La Chambre des lords était la plus haute cour pour les cas criminels et civils d'Angleterre, du pays de Galles et d'Irlande du Nord et pour les cas civils seulement en Écosse. Des récents changements de la constitution ont transféré en 2009 les pouvoirs de la Chambre des lords à la nouvelle Cour suprême du Royaume-Uni. Défense. Le Royaume-Uni est une puissance nucléaire reconnue avec le sixième budget de la défense le plus élevé Subdivisions. Le Royaume-Uni est divisé en quatre parties, souvent appelé "" (nations d'origine) ou nations constitutives. Chaque nation est, quant à elle, divisée par les gouvernements locaux. Excepté l'Angleterre, chaque pays constitutif dispose d'un Parlement local via la dévolution des pouvoirs. Le roi nomme un lieutenant-lord en tant que représentant personnel de différentes zones spécifiques à travers le royaume. Note : les territoires d'outre-mer sont sous la souveraineté et le contrôle formel du Royaume-Uni, mais ne sont pas une partie du Royaume proprement dit. L'Île de Man, les bailliages de Jersey et de Guernesey (auquel est rattachée la seigneurie de Sercq) ne font pas partie du Royaume-Uni ; ce sont des dépendances de la Couronne britannique. Territoires britanniques d'outre-mer. Les quatorze territoires britanniques d'outre-mer ("", en anglais) sont sous la souveraineté et le contrôle formel du Royaume-Uni, mais ne sont pas une partie du Royaume proprement dit (Grande-Bretagne et Irlande du Nord). Ces anciennes colonies ont choisi de rester territoire britannique. Couvrant ensemble une superficie d'environ et une population d'environ , ces territoires, selon le cas, possèdent une administration semi-autonome ou sont directement administrés par le gouvernement britannique. Ce sont majoritairement des paradis fiscaux. Relations extérieures. Le Royaume-Uni est membre de l'OTAN, du "Commonwealth" (qui regroupe nombre de ses anciennes colonies) et du G8. Il est également membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et dispose de la dissuasion nucléaire. En tant que successeur de l'Empire britannique, le Royaume-Uni exerce une influence certaine dans le monde, encore renforcée par l'usage extensif de sa langue et sa relation privilégiée avec les États-Unis. Le Royaume-Uni est classé en 2015 et en 2018 au premier rang mondial de l'indice "Soft Power 30" grâce à ses principales institutions comme le British Council et BBC World Service, et sa capacité à diriger l'action mondiale grâce à son adhésion à des organisations internationales. Le , à la suite du référendum de juin 2016, le pays enclenche la clause de sortie du TUE (article 50) lançant la procédure de sortie de l'Union européenne dont il n'est plus membre depuis le . Selon la Campagne contre le commerce des armes, depuis 2018, le Royaume-Uni dispense une formation militaire à certains des régimes les plus répressifs du monde, concernant les questions de droits de l'homme. La liste de comprenait l'Arabie saoudite, l'Égypte, la Chine et l'Ouzbékistan. Le 20 septembre 2022, "The Independent" a révélé que le "Royaume-Uni" a secrètement augmenté le soutien financier des états du Golfe - l'Arabie saoudite, Bahreïn, l'Oman, les Émirats arabes unis et le Koweït, qui a été accusé d'avoir violé les droits de l'homme dans leurs efforts pour améliorer «l'ordre public» et effectuer des répressions, en particulier sur les enfants. En octobre 2022, le gouvernement du Royaume-Uni semblait avoir violé ses propres directives en fournissant des millions de dollars de financement à Bahreïn malgré un "rapport" du 10 octobre 2022 a révélé que 8 hommes ont été condamnés à mort dans le royaume sans aucune preuve matérielle. Le gouvernement britannique devrait arrêter de parrainer Bahreïn. Économie. Le Royaume-Uni est en 2018 la cinquième puissance économique mondiale devant la France ; la cinquième en 2014 derrière les États-Unis, la Chine, le Japon et l'Allemagne avec un produit intérieur brut (PIB) de de dollars. Il était la septième économie mondiale en 2012, avec un produit intérieur brut (PIB) de de dollars, derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne, la France et le Brésil. Berceau de la révolution industrielle, le pays fut la première puissance mondiale durant la majeure partie du . En classement par PIB en parité de pouvoir d'achat (PPA), le Royaume-Uni est le huitième pays, devant la France. La ville de Londres est un centre majeur économique et commercial du niveau de mégapoles telles que New York ou Tokyo. Pendant vingt-cinq ans, l'économie britannique s'est vue désignée, par certains depuis les années 1980, comme le « modèle anglo-saxon » s'appuyant notamment sur les principes de libéralisme, de libre marché et de faible taxation. Le taux de chômage au Royaume-Uni est estimé à 3,8 % en décembre 2019 selon l'Office for National Statistics (ONS). En , le salaire moyen avant les impôts et autres déductions estimé par l'ONS s'élève à par semaine ( le ), environ par mois. En 2020, le salaire minimum britannique dépasse pour la première fois le salaire minimum français, et s'élève a par heure, soit environ (, soit un peu plus de par an pour le nombre d'heures de travail hebdomadaire moyen britannique de ). Près d'un million de salariés britanniques sont soumis à un contrat de travail à « zéro heure ». Ces employés n'ont aucune heure de travail garantie et sont souvent appelés au dernier moment pour répondre à la demande, afin de permettre aux employeurs de disposer d'une main d'œuvre très flexible et de réduire leurs couts. Pour ces travailleurs, le statut précaire peut rendre la vie quotidienne très difficile. Louer un logement, contracter un emprunt ou même obtenir un forfait de téléphone portable est souvent très compliqué, faute de pouvoir justifier d'un revenu régulier. Outre les contrats « zéro heure », plus de sept millions de Britanniques travaillent sous un statut très flexible. Et pour ceux ayant obtenu un contrat de longue durée, les licenciements sont relativement faciles et les indemnisations minimales assez faibles. Le taux d'impôt sur le revenu individuel est le suivant, en notant que la taxation est graduelle: Le taux d'impôt sur le revenu des entreprises est de 19 % pour toutes les entreprises. Une étude publiée en décembre 2019 par l'association "The Equality Trust" révèle qu'en additionnant la fortune des cinq familles les plus riches du Royaume-Uni , on obtient la somme détenue par les de personnes les plus pauvres du pays. Plus largement, le 1 % de Britanniques les plus riches possèdent autant d'argent à eux seuls que 80% de la population totale . Entre 2017 et 2018, le taux de pauvreté dans le pays est passé de 22,1 % à 23,2 %, ce qui représente la plus forte augmentation depuis 1988, durant l'ère de Margaret Thatcher. La hausse de l'inflation et les coupes budgétaires décidées en 2015 par le gouvernement conservateurs, notamment dans les allocations familiales ainsi que dans les allocations logement, en seraient les causes principales. Quatre millions de Britanniques n'ont pour vivre pas même la moitié de la somme sous laquelle est atteint le seuil de pauvreté, et ne peuvent pas se payer des produits de première nécessité. Les jeunes générations sont confrontées à un fort déclassement social ; en 1997, un peu plus de 60 % des ayant un revenu médian possédaient lors logement, contre un peu plus de 20 % en 2017. Les Britanniques furent les premiers à entrer dans l'ère de la Révolution industrielle en développant notamment, comme la plupart des pays en voie d'industrialisation à l'époque, des industries lourdes telles que la construction navale, l'industrie minière, la production d'acier et le textile. Le Royaume a créé un marché outre-mer des produits britanniques lui permettant de dominer le marché international durant le . Cependant, tant du fait de l'industrialisation des autres pays que de la perte d'emplois dans l'agriculture, le Royaume-Uni a vu son avance économique diminuer par rapport aux autres. En conséquence, l'industrie lourde a lentement décliné tout au long du . Pour autant, le secteur tertiaire, lui, s'est sensiblement développé et pèse maintenant près de 73 % du PIB britannique. Le secteur tertiaire du Royaume-Uni est dominé par les services financiers, en particulier dans les domaines de la banque et de l'assurance. Londres est le plus grand centre financier du monde, en particulier grâce à la Bourse de Londres, au London International Financial Futures and options Exchange et au "Lloyd's of London" tous situés dans la Cité de Londres (). La capitale possède aussi la plus forte concentration de sièges de banques étrangères. Durant ces dernières décennies, un centre financier sur les rives de la Tamise - Canary Wharf - s'est développé dans le quartier des Docklands qui a ensuite accueilli les bureaux des banques HSBC, Barclays. Il existe un certain nombre de multinationales non-basées au Royaume-Uni, ayant choisi pour siège social européen ou étranger Londres ; par exemple les sept géants bancaires Bank of America, Citigroup, Crédit suisse, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley et UBS ont leur siège européen basé à Canary Wharf, Londres ou à la City de Londres. Édimbourg possède aussi d'importants centres financiers. Le tourisme représente une part majeure de l'économie britannique : avec plus de vingt-sept millions de touristes par an, le Royaume-Uni est la sixième destination touristique mondiale.Le secteur secondaire a, quant à lui, amplement diminué depuis la Seconde Guerre mondiale. Il constitue encore, néanmoins, une part importante de l'économie britannique. L'industrie britannique des moteurs en représente une partie majeure, bien diminuée néanmoins depuis l'effondrement de Rover. La production d'avions civils et militaires, dirigée par la plus grosse firme aérospatiale du Royaume-Uni : BAE Systems et l'européen EADS (dirigeant d'Airbus). Rolls-Royce détient une part très significative du marché mondial des moteurs aérospatiaux. L'industrie chimique et pharmaceutique est, elle aussi, puissante avec les seconds et sixièmes plus grands noms de l'industrie pharmaceutique dans le monde : respectivement GlaxoSmithKline et AstraZeneca, tous deux basés au Royaume-Uni. L'industrie « créative » (art, cinéma, mode, design) représentait 7,3 % du PNB et a monté d'en moyenne 5 % par an entre 1997 et 2004. Le secteur agricole représente lui seulement 0,9 % du PIB. À cause du climat, l'agriculture ne couvre que la moitié des besoins alimentaires et est éclaboussée par des scandales (vache folle, fièvre aphteuse). Les principales cultures du territoire sont celle du blé, de la betterave à sucre, de la pomme de terre et de l'orge. Au niveau de l'élevage, les principaux au Royaume-Uni sont les élevages bovins, l'élevage du mouton, du porc et de la volaille. Fait intéressant en marge de l'élevage de la volaille qui est de quelques millions de têtes, celui de la dinde (du dindon) représente un élevage important avec de têtes chaque année. Le Royaume-Uni possède d'importantes richesses énergétiques : charbon, gaz, pétrole, bien que ces deux dernières soient en diminution. La production d'énergie primaire est responsable de 10 % du PIB britannique, une part bien plus importante que la majorité des pays industrialisés. À fin d'assurer son autonomie énergétique, le Royaume-Uni a adopté un modèle MARKAL en commun avec l'Irlande. Le secteur privé sollicite fortement l'État afin qu'il le subventionne dans le domaine de la recherche et du développement. Ces subventions s'élèvent à de livres sterling par an, un chiffre en augmentation constante. La monnaie du Royaume-Uni est la livre sterling (en anglais "pound sterling") représentée par le symbole « £ ». La Banque d'Angleterre est la banque centrale qui gère notamment la fabrication des pièces et billets. Les banques en Écosse et Irlande du Nord se réservent le droit de mettre en circulation leurs propres billets, à condition toutefois de maintenir un nombre suffisant de billets de la Banque d'Angleterre en réserve pour couvrir la mise en circulation. Le Royaume-Uni a préféré ne pas adopter l'euro lors du lancement de cette monnaie en 1999 bien que le gouvernement ait prévu de tenir un référendum pour décider de l'adoption de la monnaie si « cinq tests économiques » se révèlent concluants. L'opinion britannique est toujours contre même si elle a récemment montré un intérêt grandissant puis redescendant quant à son adoption. Entre 2007 et 2015, le Royaume-Uni a enregistré la plus forte baisse des salaires réels (ajustée en fonction de l'inflation) de tous les pays avancés, à égalité avec la Grèce (- 10,4 %). Le Royaume-Uni connaît les inégalités de revenus les plus élevées des pays de l'OCDE et les disparités régionales les plus fortes d'Europe. La part du revenu captée par les 1 % les plus riches a doublé ces trente dernières années, passant d'environ 4 % à plus de 8,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2018. En 2018 le gouvernement renationalise des services qui avaient été laissés au secteur privé ; c'est notamment le cas d'une prison réputée pour être la plus violente du pays et d'une société ferroviaire peu rentable. Population et société. Démographie. Au , la population du Royaume-Uni est de , soit la troisième d'Europe de l'Ouest après l'Allemagne et la France. Près d'un quart des Britanniques vivent dans le Sud prospère de l'Angleterre et sont principalement une population urbaine avec un nombre estimé à d'habitants rien que pour la capitale londonienne. La croissance démographique s'est accélérée au cours des dernières années en raison de l'immigration, mais aussi d'une hausse de la natalité et d'une plus haute espérance de vie. Le Royaume-Uni pourrait devenir le pays le plus peuplé d'Europe de l'Ouest à l'horizon 2050, ou le deuxième plus peuplé (derrière la France et devant l'Allemagne) selon l'évolution démographique à venir. Immigration et ethnicité. Le recensement établi en 2011 comptabilise les différentes ethnies peuplant le Royaume-Uni ainsi : L'immigration, de nos jours, provient principalement des pays qui formaient jadis l'Empire britannique, notamment l'Inde, le Pakistan et le Bangladesh. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni a absorbé une immigration substantielle dont les trois principales origines des flux est l'Europe, l'Afrique et l'Asie du Sud. En 2011, près de 12,9 % de la population au Royaume-Uni s'identifiait en tant que minorité ethnique. Ce pourcentage atteint 40,1 % à Londres, 34,4 % à Birmingham et 39,5 % à Leicester. Il existe aussi au Royaume-Uni un flux d'émigration avec environ de Britanniques vivant à l'étranger. Un autre demi-million vit ou travaille à l'étranger sur une certaine période de l'année, notamment en Australie, Espagne et en France. Le , la Grande-Bretagne et la France ont signé un nouvel accord pour lutter contre l'activité des migrants dans la Manche. En 2021, un nouveau recensement ethnique est effectué pour l’Angleterre et le Pays de Galles : De plus, le nombre de personnes s'identifiant aux groupes anglais, gallois, écossais, nord-irlandais ou britannique s'élève à , soit 74,4 % de la population. Système de retraite. Le revenu des retraités est constitué d'une partie de pension reversée par l'État et d'une partie par le secteur privé. Monika Queisser, cheffe de la division des politiques sociales de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), relève que ce système est « plus proche d'un système Beveridge, avec une retraite de base assez basse complétée par des retraites issues des entreprises ou branches collectives. Ce système s'est de plus en plus transformé en système de cotisation individualiste, ou chacun épargne pour soi même ». Les salariés ayant cotisé à taux plein touchent de l'État un taux de remplacement de 28 % (montant de la première pension en comparaison du dernier salaire), mais une majorité bénéficie d'une retraite privée, auprès d'un fonds de pension ou auprès de leur entreprise, dont le montant peut varier en fonction de la santé de l'économie, ou de celle de l'entreprise. Le Royaume-Uni est ainsi le pays où les personnes âgées souffrent du taux de pauvreté le plus élevé d'Europe. L’âge de départ moyen à la retraite pour les Britanniques est de 65 ans en 2018 et devrait atteindre 67 ans en 2028. Il est prévu ensuite de reculer à nouveau les départs en retraite pour préserver les finances publiques. Santé. Le National Health Service (NHS) est le système de la santé publique du Royaume-Uni. Il a été fondé en 1948 par le gouvernement travailliste de Clement Attlee. Le NHS est confrontée depuis les années 1980 au désengagement de l’État dans les services publics. Son budget est dès lors insuffisant pour répondre aux besoins de la population. Il subit chaque année ce que les médias britanniques appellent la « crise hivernale », au cours de laquelle les délais de prise en charge aux urgences augmentent significativement. Près de sont morts en attendant un lit d'hôpital entre 2016 et 2019, des décès entièrement et uniquement liés à la durée d'attente et non à l'état des malades. Le système de santé britannique subit plusieurs préjudices, tels que la surpopulation, le manque d'effectifs et de moyens. Ainsi, plus de ont été supprimés entre 2010 et 2019 en Angleterre, alors que le nombre de personnes devant être hospitalisées augmente. L’espérance de vie des Britanniques stagne depuis 2011 et tend même à régresser pour les franges les plus vulnérables de la population, notamment dans les territoires désindustrialisés du nord de l’Angleterre. Les inégalités socio-économiques sont très marquées au Royaume-Uni et ont une forte incidence sur l'espérance de vie de la population ; celle-ci est dans les zones les plus déshéritées jusqu’à vingt ans inférieure à ce qu’elle est dans les quartiers les plus privilégiés. Religion. Selon le recensement de 2011, les habitants du Royaume-Uni se déclaraient à 59,5 % chrétiens, 25,7 % sans religion, 4,4 % musulmans, 1,3 % hindous, 0,7 % sikhs, 0,4 % juifs et 0,4 % bouddhistes. Le christianisme, qui s'oriente autour de l'Église d'Angleterre, se partage entre l'anglicanisme principalement en Angleterre, le presbytérianisme, le méthodisme et le catholicisme en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord. Bien qu'il y ait plus de protestants nominaux en Angleterre, le dimanche il y a plus de catholiques qui vont à l'église. Le chef suprême de l'Église d'Angleterre est le roi . Justin Welby, archevêque de Canterbury, est pour sa part le leader spirituel de la Communion anglicane au sein de l'Église d'Angleterre. De plus, il est le Primat d'Angleterre. L'Église d'Angleterre est l'Église établie en Angleterre, et l'Église d'Écosse est l'Église nationale en Écosse. L'Église d'Écosse était autrefois l'Église établie en Écosse, jusqu'à la '. L'Église au pays de Galles anglicane faisait autrefois partie de l'Église d'Angleterre, mais ils se sont séparés à la suite de la ' et l'Église au pays de Galles n'est pas une église établie. L'Église d'Irlande anglicane, également une ancienne partie de l'Église d'Angleterre, s'est séparée de l'Église d'Angleterre et n'est plus l'Église établie, à la suite de l"". Seul un sujet de confession anglicane peut accéder au trône de la monarchie britannique, étant donné que le monarque devra prendre la tête symbolique de cette Église. Selon l'acte d'Établissement de 1701, il est donc interdit aux catholiques de régner sur le Royaume-Uni, mais rien ne leur interdit de gouverner le pays en qualité de Premier ministre, les catholiques ayant les mêmes droits civiques que les protestants depuis 1829. Langues. La langue principale du Royaume-Uni est l'anglais, qui trouve d'ailleurs son origine en Angleterre. Avec le développement progressif de l'empire britannique au sein de l'histoire mondiale, l'anglais s'est répandu un peu partout sur le globe. En effet on retrouve aujourd'hui entre et un milliard d'individus touchés par l'anglais en tant que langue officielle. Cela représente sur tous les continents. Au Royaume-Uni, c'est 94 % de la population qui a pour langue maternelle l'anglais. Il y a également six langues régionales ou minoritaires dont toutes sont moins nombreuses qu'avant : le gallois, le gaélique écossais, l'irlandais, le cornique qui sont toutes de la famille celtique, alors que le scots et le norne sont, avec l'anglais, des langues germaniques. Toutefois, seuls le gaélique écossais et le gallois bénéficient du même statut que l'anglais : depuis le de 1981, les demandeurs de la nationalité britannique doivent démontrer qu'il possèdent une connaissance suffisante de l'une de ces trois langues. Il est donc possible de passer le test "" en gaélique écossais ou en gallois. Le français est la plus importante langue étrangère apprise au Royaume-Uni. On compte 23 % de la population qui maîtrise le français. Les origines de cette situation seraient: la popularité du français dans les écoles du Royaume, le nombre d'immigrés français au pays qui représentent et enfin les immigrants originaires d'Afrique qui parlent français au Royaume-Uni. Ainsi et selon les données de l'Organisation internationale de la francophonie, le Royaume-Uni compterait environ de francophones ce qui fait de lui un territoire comparable à la France ou au Canada sur le plan de la francophonie. Culture. Le Royaume-Uni reste une grande puissance, avec une influence internationale considérable sur le plan économique, politique, culturel, militaire et scientifique. Éducation. Le Royaume-Uni possède aussi un système d'éducation semi-public très étendu et développé. L'éducation au Royaume-Uni est une question décentralisée, chaque pays (Angleterre, Pays de Galles, Écosse et Irlande du Nord) ayant un système éducatif distinct. Si l'on considère les quatre systèmes réunis, environ 38 % de la population du Royaume-Uni possède un diplôme universitaire, ce qui représente le pourcentage le plus élevé en Europe et parmi les pourcentages les plus élevés au monde. Le Royaume-Uni ne suit que les États-Unis en matière de représentation sur les listes des 100 meilleures universités. Dans le 2018 Times Higher Education World University Rankings, il y a britanniques dans le top 100, dont trois dans le top 10 : Université d'Oxford (première), Université de Cambridge (deuxième) et Imperial College London (huitième). De même, dans le Classement mondial des universités QS de 2019, il y a britanniques parmi les dont quatre dans le top 10 : Université d'Oxford (cinquième), Université de Cambridge (sixième), Imperial College London (huitième) et University College London (dixième). Selon "The Complete University Guide", l'université britannique la plus sélective est l'Université de Cambridge avec un tarif UCAS moyen de 226, suivie de l'Imperial College London avec un tarif UCAS moyen de 219. En troisième position, l'Université d'Oxford est 217. Le tarif UCAS mesure la note obtenue à l'examen de fin du cycle secondaire, et valable pour n'importe quel système éducatif dans le monde reconnu dont le baccalauréat français. Un rapport d'une commission gouvernementale en 2014 a révélé que les personnes éduquées dans une école privée représentent 7 % de la population générale du Royaume-Uni, mais des pourcentages beaucoup plus élevés des professions les plus élevées, le cas le plus extrême étant 71 % des juges. Science. Le pays forme un grand nombre de scientifiques et d'ingénieurs. On attribue aux Britanniques des découvertes scientifiques telles que l'hydrogène, l'oxygène, la gravité, les électrons, la structure moléculaire de l'ADN, la sélection naturelle, et des inventions comme la télévision, le vélo moderne, l'ordinateur. Le Royaume-Uni fut aussi le premier pays à introduire la radio publique en continu, un système de transport public par rails et un réseau de radar civil et militaire entièrement opérationnel. Parmi les scientifiques britanniques les plus importants, du et du siècle des Lumières jusqu'à nos jours, se trouvent tout d'abord Francis Bacon et Robert Boyle, fondateurs de la méthode expérimentale et des conceptions modernes de la science. Sir Isaac Newton, figure majeure de l'histoire des sciences, est le fondateur de la mécanique classique et l'auteur de découvertes fondamentales sur la gravitation, ainsi que de principes de l'optique. Au , Charles Darwin révolutionne la biologie en développant la théorie de l'évolution (darwinisme), et contribue également à la géologie. À la même période, Ada Lovelace est une pionnière de la science informatique. Au , Rosalind Franklin, pionnière de la biologie moléculaire, découvre la structure de l'ADN. Le mathématicien et cryptologue Alan Turing est le fondateur de la science moderne de l'informatique. À sa suite, Sir Tim Berners-Lee est l'inventeur du World Wide Web. Stephen Hawking contribue aux domaines de la cosmologie et de la gravité quantique, mais aussi à la vulgarisation scientifique. Son collègue Sir Roger Penrose -prix Nobel de physique 2020- et lui développent les théorèmes sur les singularités dans le cadre de leurs recherches sur les origines de l'univers. Dans un tout autre domaine, Jane Goodall transforme profondément le champ de l'éthologie, c'est-à-dire la compréhension humaine des comportements animaux. Vingt-huit Britanniques ont remporté le prix Nobel de physique, dont Peter Higgs en 2013 pour sa découverte du boson de Higgs, vingt-neuf le prix Nobel de chimie, dont Ernest Rutherford, le père de la physique nucléaire et trente le prix Nobel de physiologie ou médecine, dont Alexander Fleming pour la découverte de la pénicilline. Littérature. Les pays composant le royaume ont donné de grands et remarquables écrivains et poètes. William Shakespeare, qui a écrit de nombreuses pièces de théâtre, est considéré comme le plus grand auteur de langue anglaise (on parle de « la langue de Shakespeare » à propos de l'anglais). On note parmi les auteurs anglais Geoffrey Chaucer (1343-1400), William Shakespeare (1564-1616), Samuel Taylor Coleridge (1772-1834), Jane Austen (1775-1817), Percy Bysshe Shelley (1792-1822), John Keats (1795-1821), William Makepeace Thackeray (1811-1863), Charles Dickens (1812-1870), la fratrie Brontë, George Eliot (1819-1880), Lewis Carroll (1832-1898), Robert Muchamore, Anthony Trollope, George Meredith, George Orwell, Aldous Huxley, William Wordsworth, Alfred Tennyson, Robert Browning, Elizabeth Barrett Browning, Mary Shelley, Dame Agatha Christie, T. S. Eliot, Virginia Woolf, Wilfred Owen, J. K. Rowling, J. R. R. Tolkien, Ian Fleming et Douglas Adams. Parmi les auteurs du pays de Galles, d'Écosse et d'Irlande du Nord, on peut citer Robert Burns, Dylan Thomas, Walter Scott, Arthur Conan Doyle, Robert Louis Stevenson, Iain Banks, Muriel Spark, Irvine Welsh, Ken Follett, C. S. Lewis ou encore Colin Bateman. Cinéma. Le cinéma britannique a longtemps influencé le développement du cinéma avec par exemple les Studios Ealing affirmant être les plus vieux existants. Malgré une histoire riche de succès, l'industrie est caractérisée par des débats incessants concernant son identité et l'influence du cinéma américain et européen. On compte parmi les plus célèbres productions : Musique. Le pays compte plusieurs orchestres de renommée internationale, tels l'Orchestre symphonique de la BBC, l'Orchestre philharmonique de Londres, l'Orchestre philharmonique royal et surtout l'Orchestre symphonique de Londres, conduit par Valery Gergiev. Le pays a énormément contribué au développement de la musique rock, particulièrement durant les années 1960, 1970 et première moitié des années 1980. Plus précisément, la pop/pop rock (The Beatles, Cliff Richard, Rod Stewart, Phil Collins, Chris Rea, Sting, Sade (groupe), le rhythm and blues (The Animals, Manfred Mann) le rock 'n' roll (The Shadows, The Rolling Stones, The Who), le rock psychédélique (Barclay James Harvest) le blues rock (The Yardbirds, Eric Clapton, Jeff Beck), le folk rock (Cat Stevens, Donovan, Fairport Convention), le garage rock (The Kinks), le hard rock (Led Zeppelin, Deep Purple), le glam rock (Queen, David Bowie, T Rex), le boogie rock (Status Quo), le rock progressif (Pink Floyd, Genesis, Yes, Electric Light Orchestra, Emerson, Lake and Palmer, The Moody Blues, Kate Bush, King Crimson, Supertramp, Jethro Tull, Procol Harum, Gentle Giant, Camel), le heavy metal (Black Sabbath, Judas Priest, Motörhead puis la New wave of British heavy metal (Iron Maiden, Saxon, Def Leppard)), le punk rock (Sex Pistols, The Clash) et la new wave (The Police, Talk Talk, Depeche Mode, Erasure, The Cure, Tears for Fears, Simple Minds). Plus récemment, le Royaume-Uni a contribué à l'expansion de genres tels que le rock alternatif, la techno, la house music, le metalcore, la musique électronique, la pop moderne, le RnB contemporain ainsi que d'autres. Parmi les artistes britanniques récents les plus connus, il y a Babyshambles, Arctic Monkeys, Muse, Coldplay, Blur, Oasis, The Libertines, Jamiroquai, Radiohead, les Spice Girls, Mika, Elton John, Adele, Little Mix, The Vamps, Union J, le groupe One Direction ou encore Amy Winehouse. Médias. Principal groupe de média, la BBC est une société publique de production et de diffusion de programmes de radio et de télévision. Elle a acquis, notamment par ses reportages, une réputation de très grande qualité, ainsi qu'en attestent de nombreuses récompenses internationales. Les principales chaînes de télévision sont BBC One, BBC Two, ITV1, Channel 4 et Five. La radio est dominée par BBC Radio dont les deux principales stations sont BBC Radio 1 (station à dominante musicale, tournée vers la jeunesse) et BBC Radio 2 (station généraliste). Dans la presse écrite quotidienne généraliste, on peut diviser les journaux en deux catégories, ceux dits « de qualité », d'autres plus populaires types tabloïds, journaux à ragots. Dans la première catégorie on trouve "The Daily Telegraph", "The Guardian", "The Independent", "The Times". En tête de la presse à sensation, "The Sun" est le quotidien de langue anglaise le plus diffusé au monde (1/4 du marché britannique). La plupart des quotidiens ont une édition de fin de semaine plus fournie avec de nombreux cahiers et suppléments. En marge de toutes ces constituantes de la BBC existe aussi la BBC Afrique, qui à l'image de TV5 couvre pour le compte du Royaume la Francophonie mondiale et africaine, ce qui fait de la BBC une chaîne complète du point de vue des langues d'influence mondiale à savoir l'anglais et le français. Il est à noter que l'on retrouve la langue française dans des sphères d'influence anglaise comme au Canada ou en Afrique, d'où la pertinence de l'existence de la BBC Afrique. Sport. Les règles actuelles du football, du rugby, du hockey, du bandy, du shinty, du cricket, du rounders, du stoolball, du polo, du water-polo, du netball, de la boxe, du golf, du tennis, du tennis de table, du badminton, du squash et d'autres ont été codifiées au Royaume-Uni. Le sport le plus populaire est le football. À l'exception des tournois olympiques, le Royaume-Uni ne joue pas en tant que pays, chaque nation possède sa propre équipe : pays de Galles, Écosse, Irlande du Nord, Angleterre. On note de nombreux clubs renommés tels que Manchester United, Liverpool, Chelsea, Arsenal, et Newcastle United pour l'Angleterre, le Celtic et les Rangers pour l'Écosse. La plupart des équipes du Royaume-Uni se nomment « équipe de Grande-Bretagne », comme l'Équipe de Grande-Bretagne de Coupe Davis ou l'Équipe de Grande-Bretagne de basket-ball. En cyclisme, le vainqueur du Tour de France 2012 est le Britannique Bradley Wiggins, et le vainqueur des Tours de France 2013, 2015, 2016 et 2017 est le Britannique Christopher Froome. Il a également remporté la Vuelta 2017 et le Giro 2018. Geraint Thomas ayant remporté le Tour de France 2018 et Simon Yates ayant gagné la Vuelta 2018, le Royaume-Uni devient la première nation à remporter les trois grands tours la même année avec trois coureurs différents. Gastronomie. Au départ on remarque une présence typique de viande de bœuf, d'agneau, de poulet et de mouton dans l'ensemble de la cuisine du Royaume-Uni. Ainsi des plats comme l'agneau à la menthe ou le haggis font partie de la culture culinaire. À cela il faut ajouter la présence d'ingrédients comme l'abat, la pomme de terre en purée ou nature. La dinde traditionnelle des fêtes, l'Irish stew et le bangers and mash sont tous des plats très prisés qui comportent des pommes de terre. L'oignon est également largement utilisé. La cuisine de type pub est de plus en plus prisée, notamment à Londres, de même que le poisson qui, sous la forme de fish and chips est populaire dans tout le pays. Enfin, le vin du Kent, le whisky et la bière ferment la boucle de la gastronomie du Royaume-Uni. Noms officiels et symboles. Noms officiels. Le nom officiel du Royaume-Uni est : Aussi, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires reconnaît le gallois, le gaélique écossais, l'irlandais, le cornique et le scots comme langues régionales du Royaume-Uni respectivement nommé ainsi :
Réflexivité La réflexivité est une notion apparaissant dans plusieurs domaines.
Liste de soupes Le présent article présente une liste de soupes ou potages. Potages liés. Les potages liés sont les crèmes, les veloutés, les soupes et les bisques. Potages clairs. Ils comprennent les bouillons et les consommés.
Rōnin Un était, dans le Japon médiéval, un samouraï sans maître. Origine du terme. "Rōnin" signifie littéralement « homme vague » ou « homme prison ». Le terme daterait de l’époque de Nara (710-794) et aurait alors désigné ceux qui désertaient leurs maîtres, qu'il s'agisse de guerriers ou de serfs. Les "rōnin". Les "rōnin" sont d'anciens samouraïs exclus de la société japonaise féodale ; il y avait plusieurs raisons : la mort de leur seigneur, leurs propres fautes ou leur défaite au combat. Ils devenaient donc en quelque sorte des « parias », n'ayant pas de classe propre dans une société extrêmement hiérarchisée et basée sur les relations de loyauté envers un seigneur. La plupart d'entre eux se tournaient alors vers des métiers plus humbles après la perte de leur fief, en devenant fermiers ou même prêtres bouddhistes errants (, "komusō"), vivant d'aumônes. Mais certains, ayant des difficultés à accepter leur nouvelle position sociale, tentaient de se rebeller, parfois même en se tournant vers le banditisme. Après la période Sengoku (1467-1568), l'image des samouraïs se dégrada, et ils furent considérés comme des mercenaires à la solde de leurs maîtres. C'est à cette époque que le nombre de "rōnin" augmenta. Les "rōnin" combattaient pour leurs idéaux. On leur associait souvent l'image du « preux chevalier ». C’est surtout lors de l’ère Edo (1600-1868) que le nombre de "rōnin" alla en croissant (environ dans les années 1650) : le shogunat avait en effet mis en place un système rigide qui interdisait aux samouraïs de changer de maître, de se marier hors de leur « clan », ou d’avoir des occupations extérieures au clan sans la permission de leur ancien maître alors que les règles étaient beaucoup plus flexibles sous les régimes précédents. De fait, la mort ou la ruine de son maître rendait presque impossible au samouraï d’en trouver un autre et le forçait à devenir "rōnin". Le "rōnin" dans la société japonaise. Le "rōnin" avait une mauvaise réputation, contrebalancée pourtant par de nombreux récits à sa gloire. Si le statut de "rōnin" était peu enviable en raison du mépris et de la honte liée à cette situation, il était pourtant recherché par certains samouraïs qui considéraient qu’il s’agissait d’une expérience que tout bon samouraï se devait de vivre dans sa vie, fidèle au proverbe "nana korobi ya oki" ( ). Ce proverbe symbolise la persévérance face à des situations difficiles ou aux vicissitudes de l'existence. Au cours de sa vie le samouraï pouvait partir sept fois pendant une mission de « vagabondage » d’un an pendant lequel il vivait comme un "rōnin" avant de revenir servir son maître. Néanmoins, un samouraï devenait plus souvent "rōnin" en raison de circonstances indépendantes de sa volonté que parce qu’il aspirait véritablement à cette situation. Les "rōnin" étaient méprisés et discriminés par les samouraïs qui jalousaient probablement leur grande liberté personnelle. Pourtant, ils étaient respectés par les basses classes, bien que ces derniers se méfiaient néanmoins d'eux : de nombreux récits content l’histoire d’un "rōnin" châtiant d’arrogants samouraïs qui tyrannisaient un village. Dans d’autres histoires, les villageois louent leurs services pour se défendre contre des bandits (comme dans le film "Les Sept Samouraïs"). Souvent leur sont associées toutes les vertus du samouraï, comme en témoigne l’histoire des 47 "rōnin". Malgré ces histoires épiques, être "rōnin" était une grande honte. Lord Redesdale, un Britannique attaché au Japon peu après la restauration de l’ère Meiji (1868), raconta que lors de son séjour un "rōnin" s’était suicidé sur les tombes des 47 "rōnin" (Lord Redesdale habitait non loin de cet endroit). Il laissa un mot derrière lui disant qu’il avait demandé à entrer au service du daimyō de Chōsū mais s’était vu rejeté. N’ayant voulu servir d’autre maître et ne supportant plus la honte associée à la condition abominable de "rōnin", il voulait en finir avec sa vie et ne trouvait pas d’endroit plus adapté pour le faire. Lord Redesdale précisa qu’il vit de ses propres yeux l’endroit une heure ou deux après le suicide et que du sang se trouvait encore par terre. Pourtant, certains "rōnin" se forgèrent une réputation et s'attirèrent le respect de tous. C'est notamment le cas de Musashi Miyamoto qui est devenu la personnification du mythe du samouraï errant qui va de ville en ville pour affûter sa technique. Autres significations. Après la disparition de la classe des samouraïs, la dénomination de « "rōnin" » est élargie aux étudiants qui échouent à leur examen d'entrée à l'université, et passent une ou plusieurs années supplémentaires à étudier pour le repasser, le plus souvent en intégrant une école préparatoire privée (une ). Ce terme s'applique aussi à celles et ceux n'ayant pas trouvé d'emploi à la fin de leur cursus. Par extension, on appelle également "rōnin" une personne au chômage. En effet, dans le Japon de la fin du , . Selon le japanologue Jean-François Sabouret, , d'où l'analogie entre l'étudiant sans université, la personne sans travail, et le .
Rhône-Alpes Rhône-Alpes est une ancienne région française du Sud-Est de la France qui regroupait huit départements (l'Ain, l'Ardèche, la Drôme, l'Isère, la Loire, le Rhône, la Savoie et la Haute-Savoie) et la métropole de Lyon. Son chef-lieu est Lyon. La région faisait partie de l'Eurorégion Alpes-Méditerranée. Dans le cadre d'une réforme territoriale, la région Rhône-Alpes a fusionné avec la région Auvergne le pour former la région Auvergne-Rhône-Alpes. Démographie. Rhône-Alpes comptait habitants en 2012 dont de personnes âgées de 60 ans et plus, ce qui constitue 22,5 % de la population de la région. Parmi eux, un demi-million de personnes sont âgées de plus de 75 ans. Le taux d'équipement de la région en structures d'hébergement pour personnes âgées est supérieur à la moyenne nationale pour répondre aux besoins des populations. Agglomérations importantes. Sa configuration géographique s'appuie sur le triangle Lyon-Grenoble-Saint-Étienne et sur le Sillon alpin, qui s'étend de Genève à Valence via Annecy, Chambéry et Grenoble. Ces deux ensembles forment deux métropoles européennes. En 2015, avec ses 49 communes et ses , la métropole grenobloise est désormais la première intercommunalité de Rhône-Alpes puisque le Grand Lyon est devenue une collectivité territoriale à statut particulier. Ces sept aires urbaines comptent plus de 4,3 millions d'habitants. Plus grandes villes. Population dans la commune en 2012 : Les résidences secondaires. Ce tableau indique les communes de Rhône-Alpes qui comptaient en 2008 plus de secondaires. Histoire. Plus de avant notre ère : les occupants de la grotte Chauvet (Ardèche) dessinent les premières œuvres d'art connues de l'humanité. Avant l'arrivée des Romains, pas moins de 8 peuples gaulois se partagent le territoire de la future région Rhône-Alpes : les Helviens du côté méridional, les Allobroges de Vienna, les Ceutrons en Tarentaise, les Médulles en Maurienne, les Ambarres dans l'Ain, les Ségusiaves autour de Lyon et de Roanne et, de manière plus limitée, les Cavares et les Voconces installés surtout au sud de la région. Jusqu'à Philippe le Bel (début du ), le Rhône servit de limite entre le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique. Il faut attendre 1349 - les débuts de la guerre de Cent Ans - pour que le Dauphiné soit rattaché à la France. Puis en 1601, par le traité de Lyon, annexe au royaume de France le Bugey et le pays de Gex. Puis c'est le tour de la principauté de Dombes en 1762. Le duché de Savoie est annexé une première fois en 1792 par la France révolutionnaire et constitué en département du Mont-Blanc. Notons qu'une partie de la Suisse romande est annexée par la France sous l'Empire avec les départements du Léman (1798-1813, Canton actuel de Genève) et du Simplon (1810-1815, Canton actuel du Valais). Au Congrès de Vienne (1815), la Savoie est restituée au Royaume de Sardaigne (dirigé par la Maison de Savoie) et la frontière avec la Suisse est fixée par l'incorporation de six communes du pays de Gex au canton de Genève. La région est définitivement rattachée à la France en 1860. La province savoyarde se trouve alors partagée en deux départements : Savoie et Haute-Savoie. C'est à ce moment-là que sont fixées les limites actuelles des départements d'Ardèche, Loire, Drôme, Savoie et Haute-Savoie. En 1969, 27 communes de l'Ain et de l'Isère sont rattachées au département du Rhône, de même qu'une commune de l'Isère en 1971. La création de l'entité administrative un siècle plus tard (au début des années 1960) crée un ensemble régional regroupant les trois agglomérations qui en déterminent la puissance : Lyon, Saint-Étienne, et Grenoble. Géographie. Géographie administrative. La région était scolairement divisée en deux académies : Lyon pour l'Ain, la Loire, le Rhône et la métropole de Lyon ; puis Grenoble pour l'Ardèche, la Drôme, l'Isère, la Savoie et la Haute-Savoie. Au sud, on trouvait une enclave de la Provence-Alpes-Côte d'Azur, dite Enclave des papes, au sein de Rhône-Alpes (enclave du Vaucluse dans le sud de la Drôme). La région était, pour l'ordre judiciaire, divisée en quatre ressorts de cours d'appel : Chambéry pour la Savoie et la Haute-Savoie, Grenoble pour la Drôme et l'Isère, Lyon pour l'Ain, la Loire et le Rhône, et enfin Nîmes pour l'Ardèche. Sous-ensembles naturels. Rhône-Alpes s'étendait du Massif central à l'ouest jusqu'aux Alpes à l'est. Entre ces deux ensembles montagneux se trouve la vallée du Rhône. Massif Central. À l'ouest, la région se composait de la partie orientale du Massif central, qui culmine au mont Mézenc à . Les principaux ensembles étaient : Vallées. Au centre, l'ancienne région était traversée du nord au sud par les vallées de la Saône et du Rhône ainsi qu'à l'est par celle de l'Isère. A l'ouest, elle était traversée par la Loire. Jura. Au nord-est de l'ancienne région, s'étend le Jura dont le point culminant est le Crêt de la Neige à , situé dans l'Ain. Du nord vers le sud, les plis méridionaux du Jura laissent place aux Alpes du nord. Alpes. À l'est, l'ancienne région s'étendait sur les Alpes avec des zones de haute montagne. Les Alpes dauphinoises et savoyardes sont fortement marquées par les dernières glaciations (larges vallées de l'Isère et de la Maurienne / "Môrièna", et ses lacs). Les Alpes sont facilement pénétrables grâce au sillon alpin, qui comprend les cluses de Grenoble et Chambéry, ainsi que le Grésivaudan et la combe de Savoie. En Isère, la chaîne de Belledonne, culminant à , longe le Grésivaudan et les massifs du Pelvoux et des Écrins, dont l'altitude atteint , forment la frontière de l'Isère avec les Hautes-Alpes. Rhône-Alpes abritait le mont Blanc, qui avec ses est le plus haut sommet d'Europe hors Caucase. Les grands glaciers comme celui du Montenvers (Mer de Glace), des Bossons, ou d'Argentière se réduisent fortement en raison du réchauffement climatique. Vercors. Cet important massif, haut lieu de la résistance française, chevauche la partie est de la Drôme et la partie sud-ouest de l'Isère en constituant les Préalpes. Il comporte des cols comme celui de Rousset, des vallées très étroites comme les Grands Goulets et de nombreuses grottes comme celles des grottes de Choranche. Un de ses sommets connus est le Mont Aiguille près de Clelles en Isère, et son point culminant est le Grand Veymont. Lacs. Les lacs de l'ancienne région sont les plus grandes étendues d'eau douce de France : Classement des chefs-lieux par leur altitude moyenne. L'ancienne région Rhône-Alpes étant essentiellement une région montagneuse, ses villes sont situées en moyenne altitude. L'altitude globalement plus élevée des villes du Massif central (Saint-Étienne et Privas) que celles des Alpes (Grenoble, Annecy, Chambéry) peut paraître à première vue paradoxale étant donné que les Alpes sont bien plus élevées que le Massif central. Cela tient au fait que les Alpes rhônalpines sont largement aérées de profondes et larges vallées, comme le Grésivaudan ou la combe de Savoie, alors que le Massif central dispose d'un relief difficilement pénétrable. Enfin, Valence et Lyon se trouvant dans la vallée du Rhône, sillon entre Alpes et Massif central, bénéficient d'une altitude plus modeste. Environnement et biodiversité. L'ancienne région abrite un patrimoine naturel varié et quelques refuges pour la biodiversité, qui est néanmoins localement fortement affectée par la fragmentation écologique. Notamment dans le cadre des lois et , une stratégie de restauration et gestion d'un réseau écologique a été mise en place, qui s'appuie sur un outil cartographique, le SIG dynamique dit "CartoRERA", actualisé en 2010, d'une cartographie des corridors biologiques et des réseaux écologiques de Rhône-Alpes, avec une vingtaine de couches SIG (dont corridors écologiques, trame verte et bleue, "« points de conflit »" et de fragmentation pour la faune sauvage). Ce travail a préfiguré le schéma régional de cohérence écologique (SRCE) écrit et validé, avec un copilotage État et région. Un travail a également été mené sur la lutte contre le Changement climatique et sur l'Adaptation au changement climatique, via un autre schéma régional dit SRCAE. Le département de l'Isère a fait partie des collectivités pionnière en matière de corridors biologiques. L'intégration des corridors dans les plans locaux d'urbanisme (PLU) a été testée et recommandée en région et dans ce département. La région accueillait le siège social de l'association internationale Maksika (Réseau solidaire associatif mondial de conservation des abeilles des hommes et des territoires), menant des actions compensatrices de développement des territoires, basées sur les observations et les prévisions des interactions environnement/biodiversité/abeilles/activité humaines, grâce au réseau de ruches communicantes, technique de pointe, développé et géré par l'équipe de recherche "Bee secured" soutenue par GRAIN de Grenoble. Transports. Ferroviaire. Lignes à grande vitesse. Un nombre important de villes sont desservies par le TGV. Réseau régional. Sur le plan des Trains Express Régionaux, les TER Rhône-Alpes desservent l'un des réseaux le plus dense de France. Rhône-Alpes consacrait une part très importante de son budget aux transports ferroviaires régionaux. C'est la seule région de France où la part du budget ferroviaire était plus importante que celui des routes. La région a notamment investi dans l'exploitation, la rénovation du matériel roulant et les infrastructures. Lignes touristiques. Enfin, des lignes ferroviaires touristiques circulent au cœur de paysages à intérêt particulier : Routier. Le réseau autoroutier de la région Rhône-Alpes, carrefour européen, est le deuxième plus dense de province après celui de la région Nord-Pas-de-Calais. C'est aussi un des seuls en France à ne pas suivre le schéma disposé en « araignée » (axes centrés sur la capitale régionale et pas de communications entre les villes secondaires) mais à assurer un véritable quadrillage de la région Rhône-alpes, à l'exception de la Drôme et de l'Ardèche, desservies uniquement par la vallée du Rhône. Il est connecté à deux réseaux étrangers, à savoir l'Italie et la Suisse. Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Valence, Bourg-en-Bresse, Chambéry et Annecy sont reliées par un important réseau d'autoroutes. Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Valence et Bourg-en-Bresse sont entourées par des périphériques (partiels ou entiers). Grâce aux profondes vallées de Rhône-Alpes (vallée du Rhône, Grésivaudan et combe de Savoie notamment), les tunnels autoroutiers sont plutôt rares pour cette région montagneuse. On en dénombre toutefois plusieurs autour de Lyon (tunnel de Fourvière par exemple), autour de Chambéry (tunnel du Chat), autour de Grenoble (tunnel du Sinard) et sur l'autoroute A40 (tunnels de Chamoise, de Saint-Germain et de Châtillon dans l'Ain, tunnel du Vuache en Haute-Savoie). Transports en commun. Les trois plus grandes villes de Rhône-Alpes (Lyon, Grenoble et Saint-Étienne) sont équipées en tramway et disposent d'un réseau de bus important (TCL pour Lyon, TAG pour Grenoble et STAS pour Saint-Étienne). Lyon, la capitale régionale, bénéficie de surcroît de quatre lignes de métro. Lyon et Saint-Étienne ont conservé leurs lignes de trolleybus. Ce sont les seules villes en France avec Limoges). Par ailleurs Saint-Étienne est la seule ville de la région et l'une des rares villes françaises) à avoir, depuis le , conservé son tramway mis en service en 1881. De nombreuses villes ont également leurs réseaux de bus (Valence : Citéa, Chambéry : Synchro Bus, Annecy : SIBRA, Vienne : L'va, Aix-les-Bains : Ondéa, Villefranche-sur-Saône : Libellule, Roanne : STAR, Bourg-en-Bresse : Rubis, Bourgoin-Jallieu : RUBAN, Voiron : TPV, Valserhône : Mobi'Vals, Oyonnax : Duobus, Ambérieu-en-Bugey : TAM, Chamonix-Mont-Blanc : Chamonix Bus). Il y a également des réseaux de cars départementaux et interdépartementaux. La carte OùRA! est une carte à puce qui permet de voyager dans les trains du réseau TER Rhône-Alpes, en chargeant ses titres de transports, mais aussi de combiner ses déplacements avec d'autres modes de transport comme les réseaux de transport en commun de Saint-Étienne (STAS), Valence (Citéa), Grenoble (TAG) ou Lyon (TCL), ou encore de louer un vélo en libre service. En hiver, des lignes supplémentaires ouvrent pour relier les vallées aux stations de ski. C'est par exemple le cas depuis Grenoble pour Chamrousse et l’Alpe d'Huez. Enfin, l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry est accessible en navette régulière depuis les grandes villes environnantes, à savoir Bourg-en-Bresse, Saint-Étienne, Grenoble et Annecy "via" Chambéry. La ville de Lyon, quant à elle, dispose d'une liaison tramway exploitée par le Rhônexpress. Il y a également des liaisons entre l'aéroport de Grenoble-Alpes-Isère et Grenoble ainsi qu'entre l'aéroport de Saint-Étienne-Loire et Saint-Étienne. Le réseau ferré est connecté à deux réseaux étrangers, à savoir l'Italie, par le tunnel ferroviaire du Fréjus et la Suisse par deux lignes reliées à Genève et une ligne reliée au Valais. La région Rhône-Alpes est en profonde mutation en ce qui concerne son réseau ferroviaire et de nombreux projets sont en cours de développement ; à savoir le Réseau express de l'aire métropolitaine lyonnaise, le Projet ferroviaire de l'ouest lyonnais, le Tram-train de l'Ouest lyonnais. La région est aujourd'hui soucieuse d'unifier les départements dans le domaine des transports comme on peut le remarquer depuis la création de Multitud'. Aérien. Rhône-Alpes compte plusieurs aéroports dont de nombreuses lignes régulières et des vols saisonniers pour le ski. Le plus grand aéroport de la région est celui de Lyon Saint-Exupéry. Il est situé au cœur de la région, si bien que les principales villes régionales se trouvent à moins de de l'aéroport. Les deux principaux autres aéroports sont ceux de Grenoble et Chambéry. Ils sont gérés par la même société qui les exploite grâce à l'or blanc. Économie. L'économie rhônalpine est une des plus dynamiques de France, dans de nombreux domaines. En 2012, une étude de l'APEC (Agence Pour l'Emploi des Cadres) place la région Rhône-Alpes (et, en particulier, son chef-lieu Lyon) comme la région la plus demandée chez les jeunes cadres et les jeunes diplômés. La région est aussi un des Quatre moteurs pour l'Europe. Culture. Langues. Le français est la langue majoritaire de la population. Historiquement, deux langues étaient parlées sur le territoire de l'ancienne région : Le francoprovençal et l'occitan sont reconnus institutionnellement comme langues de la région, à la suite de l'assemblée plénière du Conseil régional des 8 et 9 juillet 2009. Le texte a été voté par le PCF, le PRG, Les Verts, le MoDem et le PSEA (Groupe Socialiste, Écologiste et apparentés). Le PGA et le FN ont voté contre. Le Centre et l'UMP se sont abstenus. La délibération relative aux langues régionales prévoit de développer ces langues dans la région, à travers les médias, le tourisme et l'enseignement notamment. Ces deux langues sont considérées par l'Unesco comme « sérieusement en danger » d'extinction . En effet, l’étude FORA (Francoprovençal et occitan en Rhône-Alpes) de juillet 2009, pilotée par l’Institut Pierre Gardette de l’Université catholique de Lyon, commandée par la région Rhône-Alpes confirme un très fort déclin de l'usage de ces langues, notamment chez les jeunes. Selon les résultats de cette enquête, 30 % des plus de 80 ans déclaraient parler une langue régionale contre 2 % des moins de 30 ans. Comme pour de nombreuses langues régionales, il existe surtout des locuteurs passifs, qui comprennent la langue sans la parler. Ainsi, 60,9 % des plus de 80 ans interrogés la comprendraient contre 4 % des moins de trente ans. Sport. Les plus grands clubs de football de la région sont : Ligue 2 Évian Thonon Gaillard FC En rugby, la région compte de nombreux clubs de haut-niveau : Le basketball n'est pas non plus en reste : Autres sports : Chambéry en handball, Grenoble, Chamonix, Lyon et Morzine en hockey. La ligue Rhône-Alpes d'aviron compte également une équipe de haut vol ayant encore une fois démontré de sa supériorité à la Coupe de France lors de la saison 2011/2012 où elle remporte sept titres sur douze disponibles. La pratique du canoë-kayak est très importante dans cette région grâce à la multitude des lieux de pratique (descente de l'Ardèche, de l'Isère) Sports d'hiver : la région Rhône-Alpes est une des premières régions mondiales pour son domaine skiable, notamment dans la vallée de la Tarentaise et secondairement dans les massifs du Giffre, du Chablais, des Aravis et des Grandes Rousses. Son territoire actuel a notamment accueilli les trois éditions françaises des Jeux olympiques d'hiver : La région était également candidate pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 2018 à Annecy, mais la candidature a été éliminée en phase finale de vote. Tourisme. Située entre Paris et la Côte d’Azur, aux frontières de la Suisse et de l’Italie, Rhône-Alpes se trouve au carrefour de l’Europe, avec ses deux aéroports internationaux, Lyon et Grenoble, une desserte par train réputée dense et un vaste réseau autoroutier. La région Rhône-Alpes abrite 8 parcs naturels: 2 Parcs Nationaux (Le Parc national de la Vanoise et Le Parc national des Écrins) 6 Parcs Naturels Régionaux (Le Parc naturel régional du Vercors, Le Parc naturel régional du Pilat, Le Parc naturel régional de Chartreuse, Le Parc naturel régional du Haut-Jura, Le Parc naturel régional du massif des Bauges, Le Parc naturel régional des Monts d'Ardèche) Certains sites uniques tels que le Mont Blanc et les gorges de l'Ardèche, sont des atouts pour la région Rhône-Alpes, qui offre des paysages très divers : hautes montagnes, vignobles et douces vallées, champs de lavande et d’oliviers, vastes plaines fluviales. En Rhône-Alpes, l’eau est présente sous toutes ses formes : neige et glaciers, fleuves, rivières et lacs. Rhône-Alpes possède trois des cinq plus grands lacs de France (lac Léman, lac du Bourget et lac d'Annecy). Tous les sports en plein air sont accessibles : la randonnée, le VTT, le parapente, le canoë Rhône-Alpes, seconde région golfique française avec plus de 60 parcours, possède également les plus grands domaines skiables du monde (Les Portes du Soleil, Les Trois Vallées, Paradiski, ou encore l'Espace Killy et a accueilli trois fois les Jeux olympiques d’hiver. Plusieurs villes présentent un fort intérêt architectural : Lyon (classée au patrimoine mondial de l’UNESCO), Valence, Grenoble, Chambéry, Annecy, Aix-les-Bains, Saint-Étienne et Vienne. Jumelage et coopération décentralisée. Les régions de Tombouctou (au Mali) et Rhône-Alpes sont unies par une convention de coopération qui remonte à 1986. Une convention triennale de renouvellement a été signée par Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional de Rhône-Alpes et Mohamed Ibrahim, président de l’assemblée régionale de Tombouctou en octobre 2009. La coopération porte notamment sur une aide au processus de décentralisation au Mali, sur des actions en faveur de l'accès à l'eau et le développement de l'agriculture. La région des Hauts-Bassins (au Burkina Faso voisin) est également unie à la région Rhône-Alpes par un accord de coopération similaire.
Rhône Le Rhône ( en français standard ou dans le Midi de la France) est un fleuve d'Europe, long de 812 kilomètres (un tiers en Suisse et deux tiers en France). Il prend sa source dans le glacier du Rhône, en Suisse, à une altitude de , à l'extrémité orientale du Valais, dans le massif des Alpes uranaises. Il parcourt en Suisse, se jetant dans le Léman pour en sortir à Genève. Il entre ensuite en France, où il parcourt , selon l'Encyclopédie Larousse, ou , selon le , prenant son virage vers le sud à Lyon. Il termine son cours dans le delta de Camargue pour se jeter dans la mer Méditerranée. Port-Saint-Louis-du-Rhône est la dernière ville traversée par le Rhône. En termes de débit, de tous les fleuves s'écoulant en Méditerranée, le Rhône est deuxième après le Nil, si l'on ne tient pas compte de la mer Noire, où se jettent en particulier le Danube et le Don. Finissant son cours dans une mer sans marée, le fleuve a formé un delta avec des bras qui se sont déplacés globalement d'ouest en est au cours de la période historique. Désormais endigué, son delta est figé, hormis lors de crues exceptionnelles comme en 1993, 1994 et 2003. Il est parfois identifié à l'Éridan, qui est le nom d'un dieu fleuve de la mythologie grecque, fils d'Océan et de Téthys. Hydronymie. Le nom du fleuve est attesté sous les formes "Rhodanus" en 62 avant J.C. [Jules César, "De bello gallico", Liv I, c. 6], "Rodanus fluvius" en 869, "Rodonus" en 915, "Rodeno volvente" en 941, "Aqua Rodani" en 1265, "Rozer" au , "Aqua Rodagni" en 1460, "La rivière de Rosne" en 1492, "Aqua Rodanni" en 1493. Selon la légende, le nom de ce fleuve remonte à la venue de Grecs en provenance de Rhodes, en effet, ils vinrent faire du commerce avec la bourgade Ligure située sur le haut de la colline de l'Hauture, Thelinée (plus tard Arles) située juste au-dessus d'un fleuve important qui se dirigeait vers la Méditerranée toute proche. Ces grecs de Rhodes lui donnèrent le nom de leur ville, Rhodes d'où par la suite le couloir rhodanien et plus tard les Romains le nommèrent "Rhodanus". Pline l'Ancien, dans son "Histoire naturelle", estimait que le Rhône tire bien son nom de "Rhoda" ou "Rhodanusia", colonie de Rhodiens bâtie jadis à l’une de ses embouchures, aux environs d'Aigues-Mortes. En réalité, le nom est pré-celtique ou plus probablement celtique, même si les plus anciennes attestations du noms se trouvent chez les auteurs grecs ou romains. Albert Dauzat propose un radical indo-européen "*rod-", alternance de "*red-" « couler » suivi par un suffixe atone pré-latin "-ǎnus." Mais il n'exclut pas un préfixe intensif "ro-" et le radical celtique ou pré-celtique "dan-". Cette hypothèse est corroborée par Pierre-Yves Lambert qui signale le même élément "danu"- dans le nom celtique du Danube ("Danuuios") et le rapproche de l'irlandais "dánae" « audacieux, hardi, violent ». Une racine indo-européenne "*dānu-" « fleuve » se retrouverait dans le nom du Don, de "*dā-" « couler ». Dans les autres langues qu'on rencontre le long de son cours, le Rhône est appelé : Le Rhône a donné son nom : Géographie. Subdivisions territoriales traversées de l'amont vers l'aval. En Suisse. Communes traversées ou longées par canton : En France. Communes traversées ou longées par département : Bassin versant. Le bassin versant du Rhône est situé sur deux pays : la Suisse et la France. Il mesure en tout , dont en France, soit environ 17 % de la superficie de la France métropolitaine, et en Suisse, soit 18,89 % de la superficie de la Suisse. Les tripoints hydrographiques aux extrémités des lignes de partage des eaux séparant le bassin versant du Rhône de ses principaux voisins sont : En Suisse, le bassin versant du Rhône n'est pas contigu. En effet, il est constitué de deux zones distinctes l'une de l'autre. Le cours principal du Rhône ainsi que ses affluents directs coulent dans le sud-ouest du pays avant de rejoindre le Léman, néanmoins une partie du bassin versant du Doubs arrose les cantons de Neuchâtel et du Jura dans le nord-ouest de la Suisse. Le Doubs rejoint la Saône en Bourgogne qui elle-même rejoint le Rhône à Lyon. Ainsi les eaux du bassin versant du Rhône se rejoignent très en aval de la sortie du territoire suisse. De même, l'Arve dont le cours et le bassin sont très majoritairement situés en France, rejoint le Rhône dans le canton de Genève. En France, d'autres bassins versants plus petits voisinent celui du Rhône, ceux de l'Argens et du Var sur sa rive gauche ou l'Hérault sur sa rive droite. Cours. Le Rhône naît des eaux de fonte du glacier du Rhône, à l'extrémité orientale du canton du Valais en Suisse, il porte alors le nom de " jusqu'à Sierre. Le glacier du Rhône est situé à la jonction de deux importants massifs des Alpes : les Alpes uranaises et les Alpes valaisannes. Autour du glacier se trouvent quelques sommets de plus de : le Dammastock (), le Galenstock () ou le Tieralplistock (). En 2007, la langue glaciaire se terminait à une altitude de non loin de la route d'accès au col de la Furka. De là, le Rhône coule vers le sud-ouest en passant par Gletsch puis coule dans la vallée de Conches. Dans cette vallée il reçoit différents torrents de montagne tels, sur sa rive gauche, l'Agene, le Milibach et la Minna et, sur sa rive droite, la Minstigerbach et la Wysswasser. Son parcours est d'environ jusqu'à Brigue. Peu avant d'atteindre Brigue, il reçoit les eaux de la Massa en provenance du glacier d'Aletsch (plus grand glacier des Alpes). La vallée qu'il emprunte porte dès lors son nom, la vallée du Rhône. Cette vallée coule tout d'abord en direction de l'ouest sur une trentaine de kilomètres jusqu'à Loèche, puis vers le sud-ouest sur une cinquantaine de kilomètres jusqu'à Martigny. C'est une vallée intérieure des Alpes, elle est parallèle à la ligne de crête des Alpes bernoises au nord et des Alpes valaisannes au sud. De ces deux massifs coulent de nombreux torrents de montagne. À Martigny, où il reçoit les eaux de la Dranse sur sa rive gauche, le cours du Rhône fait un fort virage en direction du nord. En direction du Léman, il passe à Saint-Maurice dans un verrou glaciaire qui a longtemps donné à la vallée du Rhône une importance stratégique pour le contrôle des cols alpestres. Le Rhône marque ensuite la frontière entre les cantons du Valais (rive gauche) et de Vaud (rive droite), séparant le Chablais valaisan et le Chablais vaudois. Il se jette dans le Léman à l'est du lac à proximité du Bouveret et de la réserve naturelle des Grangettes. Sur une partie de son étendue le Léman marque la frontière entre la France et la Suisse. Sur sa rive gauche le Léman reçoit la Morge. Cette rivière marque la frontière entre la Suisse (Valais) et la France (Haute-Savoie). Elle pénètre dans le Léman à Saint-Gingolph, village situé de part et d'autre de la frontière. Toujours sur sa rive gauche, il reçoit les eaux de la Dranse entre Thonon-les-Bains et Évian-les-Bains. Sur sa rive droite le lac reçoit la Venoge et la Morges. Les termes de Haut-Lac (région de la Riviera vaudoise, du Chablais suisse et Lavaux), Grand-Lac (Lausanne, Évian) et Petit-Lac (entre Yvoire et Genève) sont utilisés, même si le lac ne constitue qu'une seule entité. L'émissaire du Léman se trouve à l'ouest du lac à Genève, où le niveau du lac est maintenu par le barrage du Seujet. À Genève, il reçoit les eaux de l'Arve en provenance du massif du Mont-Blanc. L'Arve, dont la température de l'eau ne dépasse pas , fait chuter la température du Rhône, dans le secteur de La Jonction, et en aval, d'environ , car l'eau du Léman en surface, a une température d'environ , en été. Cette différence de températures peut s'avérer dangereuse pour les baigneurs, s'ils nagent en amont et en aval de la Jonction, car ils risquent l'hypothermie et une réduction de la force musculaire, voire la noyade. Plusieurs personnes se noient chaque année, avec une surreprésentation des hommes jeunes et des étrangers parmi les victimes. La méconnaissance des lieux est impliquée. Une autre explication incrimine la précarité. Après avoir quitté la Suisse, le fleuve pénètre dans le sud du massif du Jura par le défilé de l'Écluse. Le cours du Rhône devient alors très encaissé, et le fleuve disparaissait même sous les calcaires urgoniens en amont de Bellegarde (pertes du Rhône) et de la confluence de la Valserine, affluent de rive droite. Le canyon du Rhône et les pertes sont aujourd’hui noyés sous le lac de retenue du barrage de Génissiat. À Bellegarde, le fleuve oblique en direction du sud, reçoit les eaux du Fier en rive gauche, longe la plaine autrefois marécageuse de Chautagne et passe à proximité du lac du Bourget auquel il est relié par le canal de Savières. Il poursuit son cours en direction de l'ouest, quitte le Jura après les rapides de Sault Brénaz, reçoit les eaux de la rivière d’Ain en rive droite. Il longe le plateau de la Dombes et atteint Lyon où il reçoit la Saône, son plus long affluent. Le système le plus long du bassin du Rhône n'est d'ailleurs pas le fleuve éponyme, mais le Doubs, qui mesure environ depuis sa source jusqu'à la Méditerranée ( de la source à la Saône, de Verdun-sur-le-Doubs à Lyon, et de Lyon à Port-Saint-Louis-du-Rhône). À partir de Lyon, il coule vers le sud, entre les Alpes et le Massif central. En Ardèche, entre Andance et Tournon, il forme une vallée épigénique. Il reçoit les eaux de l’Isère en amont de Valence, celles de la Drôme (rive gauche), de l’Ardèche (rive droite), de l’Ouvèze (rive gauche) et enfin de la Durance en aval de la ville d'Avignon. En amont de Beaucaire, il reçoit le Gardon. À hauteur d'Arles, il se partage en deux bras : le Grand-Rhône à l'est et le Petit-Rhône à l'ouest, entre lesquels se situe le delta de la Camargue, avant de se jeter dans la mer Méditerranée. Principaux affluents. Liste des principaux affluents directs du Rhône (longueur supérieure à , ou bassin versant supérieur à ou débit moyen (module) supérieur à connu au plus proche de la confluence) et situés avec leur confluence par : puis avec les trois données comparables à celles de l'affluent, pour le Rhône (juste à l'amont de la confluence) : En Suisse, les principaux affluents du fleuve sont la Massa, la Saltina, la Vispa, la Lonza, la Turtmänna, la Raspille, la Navizence, la Rèche, la Lienne, la Borgne, la Sionne, la Morge, la Lizerne, la Faraz, la Losentse, la Salentse, la Drance, le Trient, l'Avançon, la Vièze, la Gryonne, la Grande Eau, la Veveyse, la Venoge, l'Arve et l'Allondon. En France, les affluents majeurs (plus de ) sont la Saône (rd), l'Isère (rg), la Durance (rg) et l'Ain (rd). Parmi les autres affluents (moins de ), notons la Dranse (rg), l'Arve (rg), qui naît en France mais rejoint le Rhône en Suisse, l'Annaz (rd), la Valserine (rd), les Usses (rg), le Fier (rg), le Séran (rd), le Furans (rd), le Guiers (rg), la Bièvre (rg), la Bourbre (rg), la Sereine (rd), l'Yzeron (rd), l'Ozon (rg), le Garon (rd), le Gier (rd), la Sévenne (rg), la Gère (rg), la Varèze (rg), le Dolon (rg), les Collières (rg), la Cance (rd), l'Ay (rd), la Galaure (rg), le Doux (rd), la Véore (rg), l'Eyrieux (rd), la Drôme (rg), l'Ouvèze (rd), la Payre (rd), le Roubion (rg), l'Escoutay (rd), la Berre (rg), l'Ardèche (rd), le Lauzon (rg), le Lez (rg), la Cèze (rd), l'Eygues (rg), l'Ouvèze (rg) et le Gardon (rd). Diagramme comparatif des bassins versants des principaux affluents, supérieurs à : Géographie urbaine. Le Rhône traverse notamment les localités et les villes suisses de Gletsch, première localité traversée, Brigue-Glis, Viège, Sierre, Sion, Martigny, Saint-Maurice, Monthey puis sur rive droite du Léman, Villeneuve, Montreux, La Tour-de-Peilz, Vevey, Pully, Lausanne, Morges, Gland, Nyon, Versoix et, sur rive gauche du Léman, les villes françaises de Thonon-les-Bains et Évian-les-Bains. Après Genève, il arrose Vernier, Lancy, Onex, Bernex dans le canton de Genève puis Valserhône, Culoz, Belley, Montalieu-Vercieu, Sault-Brénaz, Saint-Sorlin-en-Bugey, Lagnieu, Saint-Vulbas, Jonage, Meyzieu, Vaulx-en-Velin, Villeurbanne, Caluire-et-Cuire, Lyon, La Mulatière, Oullins, Pierre-Bénite, Saint-Fons, Irigny, Feyzin, Vernaison, Givors, Chasse-sur-Rhône, Loire-sur-Rhône, Saint-Romain-en-Gal, Sainte-Colombe, Vienne, Condrieu, Saint-Michel-sur-Rhône, Chavanay, Saint-Pierre-de-Bœuf, Saint-Alban-du-Rhône, Serrières, Le Péage-de-Roussillon, Tournon-sur-Rhône, Valence, Le Pouzin, Cruas, Montélimar, Viviers, Pierrelatte, Pont-Saint-Esprit, Orange, Avignon, Villeneuve-lès-Avignon, Vallabrègues, Beaucaire, Tarascon, Arles où il se sépare en deux. Le Grand-Rhône se jette dans la mer à Port-Saint-Louis-du-Rhône et le Petit-Rhône au niveau des Saintes-Maries-de-la-Mer. Historique : un fleuve frontière. De 1720 à 1792 et de 1816 à 1860, le Rhône marquait la frontière entre la France et le Royaume de Sardaigne de Pougny (Ain) à Brégnier-Cordon (Ain). Cela explique la présence d'un couple de ville-frontière homonyme de part et d'autre du fleuve sur ce parcours, Seyssel, avec Seyssel côté français, actuellement dans l'Ain, et Seyssel côté savoyard, actuellement en Haute-Savoie. Aménagement économique. Les grands travaux d'aménagement économique du Rhône ont été principalement le fait de la Compagnie nationale du Rhône qui a également pour mission d'entretenir et moderniser ces aménagements. On lui doit l'édification d'ouvrages hydroélectriques qui ont permis de réguler les crues tout en produisant de l'énergie non polluante, de plus de quinze milliards de kWh en 2007. Le trafic fluvial reste important malgré l'absence d'un canal à fort gabarit entre le Rhône et le Rhin (la mise à grand gabarit du canal du Rhône au Rhin, commencée partiellement à l'est, a été abandonnée sous le gouvernement Jospin et l'impulsion de Dominique Voynet alors ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement). Il bénéficie du report amorcé des modes de transport, en partie, vers le fluvial. En 2007, ont passé les écluses de Bourg-lès-Valence. Des conventions sont signées avec les communes pour organiser l'aménagement de ports de plaisance ou d'espace de mise à l'eau. C'est ainsi que le port de Cruas a été inauguré le . La protection de l'environnement est devenue l'une des priorités de la CNR. Diverses actions sont en cours en faveur de la faune, la flore et l'amélioration de la qualité de l'eau. L'entretien des sites classés Natura 2000 est tout particulièrement suivi, par exemple le traitement de formations envahissantes d'ambroisies et de jussies à Viviers en Ardèche. D'autres actions écologiques ont été entreprises le long du fleuve. Ainsi, en Suisse, la forêt de Finges est devenue une réserve naturelle protégée; de ce fait, la construction de l'autoroute A9 nécessite une traversée entièrement souterraine du site. Les travaux ont commencé en 2004 et dureront entre quinze et vingt ans. Plusieurs installations nucléaires, situées sur les rives du Rhône, prélèvent de l'eau pour assurer leur refroidissement : En outre, jusqu'en 1997, le surgénérateur Superphénix (centrale nucléaire de Creys-Malville) était également en fonctionnement sur les rives du Rhône. Depuis cette date, elle est en phase de démantèlement nucléaire. Hydrologie. Régime. Rhône en amont du Léman. En amont du Léman, le Rhône, lui-même originaire d'un glacier et le réceptacle de cours d'eau glaciaires, possède un régime hydrologique influencé par une composante glaciaire important : son débit augmente fortement en période de fonte des glaces, ses eaux sont également chargées de matière en suspension ayant la même origine. Le débit moyen interannuel du fleuve relevé à Brigue est de . Son bassin versant est alors de , a une altitude moyenne de et l'extension glacier représente 24,2 % de la surface du bassin versant. Le débit maximum mesuré l'a été en 2000 avec une pointe à . Le débit moyen interannuel du fleuve relevé à la Porte-du-Scex est de . Son bassin versant est alors de , a une altitude moyenne de et l'extension glacier représente 14,3 % de la surface du bassin versant. Rhône en aval du Léman. Le régime hydraulique du Rhône est caractérisé par des maxima automnaux liés aux pluies méditerranéennes, et printaniers en raison de la fonte des neiges. L'hiver présente souvent des débits soutenus mais moins marqués et le régime hydraulique minimum est estival. Longtemps qualifié de « fleuve fantasque », en raison de ses crues puissantes (plus de à l’aval), il est d’usage de parler de « fleuve dompté » depuis l’aménagement, sur sa partie française, par la CNR. En amont, sur sa partie suisse, il a subi de nombreux aménagements. Les crues de 1993-1994 et de 2002-2003 ont montré que l’aménagement hydroélectrique ne gère que les débits ordinaires, mais n’empêche en aucun cas la formation de grandes crues similaires à celles du . Le Rhône se caractérise par la diversité de son bassin versant : Il en résulte un régime hydrologique très complexe, et une très grande diversité dans la formation des crues et leur déroulement. On distingue les types de crue suivants : Le débit moyen interannuel du fleuve relevé à Beaucaire est de (données 1920-2011). On considère que le Rhône est en crue dès que son débit dépasse les . Le record récent mesuré date de avec un débit annoncé initialement à à Beaucaire. Le débit a été depuis révisé à + ou - 5 %. Voir aussi CNR et mairie d'Arles. Les services de l'État, pour l'évaluation du risque d'inondation (élaboration des Plans de Prévention des Risques d'Inondation, PPRI), retiennent comme crue de référence la crue de 1856, estimée à à Beaucaire : elle serait ainsi un peu plus forte que la crue de 2003. La plus grosse crue historique est probablement celle survenue en novembre 1548, voire celle de 580. La crue millénaire, quant à elle, est estimée à plus de (entre , selon les auteurs, avec un consensus plus marqué pour ). Le Rhône est celui des cinq grands fleuves français dont le débit est le plus élevé. Principales crues historiques. Vers 175, une importante crue du fleuve recouvre une large partie d'Arles et provoque la destruction irrémédiable des quartiers sud. Ces quartiers périphériques méridionaux sont par la suite abandonnés pendant deux siècles. Vers 150, on a la trace d'une importante crue à Arles. Vers 280, des sources historiques indiquent une crue importante à Lyon, ravagée par une inondation. L'archéologie confirme à Arles la destruction par les eaux d'un habitat romain à la fin du . L’année 346 voit une crue généralisée du Rhône. En 563, un éboulement situé avant le Léman forme un barrage sur le Rhône avec montée des eaux en amont. La rupture du barrage provoque une vague d'eau qui créa des dégâts importants en aval y compris sur les berges du Léman. Cet événement appelé "catastrophe du fort de l’Écluse" ou "éboulement de Tauredunum" est signalé par Grégoire de Tours et Marius d'Avenches. En 579 ou 580 (plus probablement en 580), a lieu une crue d'automne avec inondation à Lyon et à Arles. À Lyon, Grégoire de Tours rapporte : À Arles, le cirque romain est abandonné après cette catastrophe. L'année 618 voit une crue probable avec des inondations. En 808, une crue de printemps fait écrire et est suivie, l'année suivante, d'une crue d'hiver généralisée : Lors de l'hiver 821-822, des crues généralisées affectent la France : 868 voit une crue historique généralisée des fleuves à la suite de « pluies incessantes ». En 1226, la crue d'automne (17 septembre) et des inondations à Avignon ont lieu peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII qui assiégeaient la cité depuis 10 juin. À quelques jours près, la cité eût été sauvée. En 1308, une lettre du comte de Provence Charles II évoque les cultures détruites, les ponts emportés et les bestiaux noyés à la suite d'une crue. 1345 voit des inondations catastrophiques. À Arles, à la suite des inondations de 1352, le Chapitre ne peut plus être ravitaillé correctement (d'après un texte du 5 octobre 1352) Les inondations catastrophiques se répètent en 1353, 1358, 1368 ou 1373 (cette dernière crue est mal datée, probablement de 1372). La crue du 14 novembre 1396 fait écrire au chroniqueur arlésien Bertrand Boysset : « […] il y eut un grand déluge d’eau du Rhône et des marais… et noya Montlong, La Cape, la Haute-Camargue et les marais salants de Peccais. […] (À Arles) L’eau monta du lundi soir au mardi à l’heure de tierce, de onze palmes de hauteur… (soit environ 2,20 m). J’ai eu tant d’eau dans ma maison que cela recouvrait les six premières marches de l’escalier. » Les crues d'octobre 1398, décembre 1401 et février 1404 sont aussi signalées par le chroniqueur arlésien Bertrand Boysset. À Tarascon, il est rapporté que . À la fin de cette même année 1424, le conseil et les syndics de Tarascon se préoccupent de faire réparer les brèches ouvertes dans les levées du Rhône. En Camargue, 80 % au moins des blés sont anéantis par cette inondation. Une crue de printemps avec des inondations frappe la Camargue en 1426 et 1432. En 1433, une crue d'automne se produit à Avignon : Au cours du , des ouvrages d'endiguement insubmersibles furent construits, principalement par les riverains. Entre 1705 et 1719, crues et inondations quasi annuelles. Au cours du , de nouveaux ouvrages d'endiguement insubmersibles furent construits, principalement par les riverains. À partir de 1878, ces aménagements connurent un développement rapide. En 1934, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) reçoit la concession des travaux d'aménagement du Rhône. Cette entreprise est depuis chargée de l'aménagement général du fleuve, en particulier pour la production hydroélectrique et la navigation. Depuis le début du XXIe siècle. Les deux dernières crues ayant eu des conséquences économiques et humaines si catastrophiques en particulier dans la plaine du Bas-Rhône, au sud de Tarascon à Arles, qu'elles ont entrainé la mise en chantier du Plan Rhône. Morphologie. Le Léman induit une coupure totale entre le Haut-Rhône et le Rhône aval en matière de charge sédimentaire. Rhône en amont du Léman. Le Rhône prend sa source dans le massif du Saint-Gothard, dans les Alpes. Il naît de la fonte du glacier du Rhône. Il emprunte une longue vallée étroite en Valais pour rejoindre le Léman à la hauteur de la commune du Bouveret. Entre sa source et le lac, le Rhône reçoit les eaux d'environ . Dans sa partie située en Suisse, le Rhône a subi de nombreux aménagements visant à maîtriser son cours et diminuer les effets néfastes de ses crues ; première correction de 1863 à 1894, seconde correction entre 1930 et 1960, troisième correction depuis 2008 devant durer de . Rhône à l'aval du Léman. Le tracé du Rhône prend forme durant le Miocène et connaît une évolution majeure durant la crise de salinité messinienne. La diversité du bassin se répercute sur les conditions de production et d’alimentation du Rhône en charge sédimentaire : diversité géologique du bassin, héritage des formations glaciaires, conditions morphoclimatiques contrastées de dégradation des bassins… L’aménagement du Rhône confié à la CNR pour les besoins de la navigation, de la production hydroélectrique, et de l'irrigation a été presque mené à son terme. Seuls demeurent à courant libre le court tronçon de part et d’autre du confluent de l’Ain (abandon du projet d’aménagement de Loyette) et le Rhône à l’aval de Beaucaire. La succession de vingt aménagements a totalement remodelé le Rhône sur le reste du linéaire. Caractères morphologiques généraux. La dynamique fluviale naturelle du Rhône et de ses affluents, et la structure des pentes qui en est l'image, est fortement marquée par l'héritage des dernières glaciations. En amont, jusqu'à Lyon pour le Rhône (et Valence pour l'Isère), les glaciers quaternaires (dernier maximum glaciaire il y a environ ) ont laissé des alternances de zones surcreusées (les ombilics) et de zones proéminentes (les verrous). Les ombilics sont occupés par des lacs glaciaires lorsqu'ils étaient situés à l'écart des cours d'eau principaux capables de les réalluvionner (lac d'Annecy, lac du Bourget). En revanche, s'ils étaient situés sur un axe d'écoulement majeur, ils ont été alluvionnés en tout ou partie, mais sans que la continuité du transit des graviers ait pu toujours être rétablie : le Léman n'est que très partiellement alluvionné par le Haut-Rhône, la plaine de Brangue-Le Bouchage, en amont de Lyon, est alluvionnée, mais la pente y était encore faible (zone de marais). En aval, la remontée rapide du niveau marin à la fin de la dernière glaciation il y a quelque (remontée de : transgression flandrienne) a forcé le fleuve à déposer ses alluvions (formation de la Camargue) : les graviers n'arrivaient toujours pas jusqu'à la mer, et se déposaient à l'entrée du delta. La plupart des affluents ont eu du mal à suivre la remontée du niveau du fleuve : ils déposent leurs alluvions grossières à l'entrée de la plaine du Rhône et se terminent par un lit à méandres mobiles (Ouvèze, Aygues, Ardèche, Cèze, Gardon). Entre ces deux secteurs, le Rhône montre un profil plus ou moins lissé avec une faible épaisseur d'alluvions, un substratum proche et des pentes relativement fortes. Structure des pentes. Le Haut-Rhône présente une décroissance globale de la pente (à l’exception d’un secteur de gorges non pertinent pour l’analyse d’ensemble) associée à une tendance à l’alluvionnement du lit et à la réduction de la charge de fond, jusqu’à interruption de celle-ci entre le Guiers et Sault-Brenaz (pente descendant localement au-dessous de ). Les apports de l’Ain et une recharge sédimentaire dans les terrasses würmiennes favorisent une forte activité en amont de Lyon associée à une forte pente (). Une tendance à l’alluvionnement à l’entrée de Lyon et les apports liquides de la Saône conduisent à une pente plus faible sur le tiers amont du Bas-Rhône. Le tiers central est caractérisé par une pente forte (supérieure à localement) associée à de fréquents affleurements rocheux, mais qui ne font pas seuil : on est là à la limite de la pente structurale (imposée par le cadre structural et non par l’équilibre entre transits solide et liquide : « transport passif ») et d’une pente morphologique (lit librement divaguant formé d’alluvions, en échange permanent avec le transport par charriage : « transport actif »). La pente diminue ensuite régulièrement jusqu’au delta. Apports grossiers et apports fins. Dynamique sédimentaire du Rhône : généralités. Le transit sédimentaire couvre une large gamme de matériaux. On distingue classiquement deux modes de transport : le transport par charriage sur le fond des alluvions grossières et le transport en suspension des sédiments fins. Lorsqu’il s’agit de comprendre les évolutions morphologiques du Rhône, la distinction charriage / suspension est fondamentale. La transition entre les deux modes de transport se situe en général dans les sables plutôt grossiers (entre et ). Sur tout le cours du Rhône, c’étaient les graviers et galets qui, avant les grands aménagements, constituaient le transit sédimentaire « actif », c’est-à-dire qui façonnaient le lit du fleuve. Les sédiments fins (limons et sables) transportés en suspension jouaient un rôle secondaire dans les marges alluviales. Les graviers et galets n’atteignaient pas la mer : ils contribuaient à l’alluvionnement à l’entrée du delta. Les apports de graviers sont aujourd’hui insignifiants. Les limons et argiles sont emportés loin des côtes et contribuent à la sédimentation pélagique. En définitive, seuls les sables jouent un rôle actif dans la dynamique sédimentaire du littoral. Les sables qui participent à la dynamique du littoral sont transportés en suspension dans le Rhône, y compris dans la partie deltaïque. Dynamique sédimentaire du Rhône : l'exemple du Valentinois. Le trait dominant de la plaine de Valence est une surface déprimée, encadrée au nord, à l’est et au sud par des collines ou lambeaux de plateaux surtout molassiques, de formes et de hauteurs modérées (). Le fond molassique Miocène fut recouvert par les alluvions fluvio-glaciaires de l’Isère, dont les terrasses marquent aujourd’hui encore la forme de la plaine, et les dépôts périglaciaires des rivières descendant du massif du Vercors et formant des cônes de déjection entre les buttes molassiques. Plus au sud, les dépôts périglaciaires abondants de la Drôme formèrent, à la confluence, une vaste plaine alluviale en éventail qui rejeta progressivement le cours du Rhône au pied des versants ardéchois. Le Rhône apporta ses propres alluvions : par endroits, l’élargissement de son lit fluvial est propice aux accumulations sédimentaires. Le fleuve a naturellement tendance, sur sa basse plaine, à divaguer. Sa pente longitudinale assez forte engendre des vitesses d’écoulement importantes. L’Isère, à quelques kilomètres en amont de Valence, lui apporte près du quart de ce que roule déjà le fleuve. Ajouté aux eaux torrentielles de ces affluents en période de pluie ou de fonte des neiges, ce Rhône puissant peut devenir énorme et sauvage. Facteurs de perturbation de la dynamique fluviale. Aménagements pour la navigation. À partir du milieu du , des endiguements insubmersibles sont construits par les riverains. Ils restent cependant peu nombreux jusque vers 1840. À la suite des graves inondations de 1840 est créé le « Service spécial du Rhône ». À cette date débute la construction systématique de digues dans la plaine d’inondation. Après la crue de 1856, de nombreux aménagements sont entrepris (digues, barrages), ainsi que le reboisement des zones amont. En parallèle, un principe d’aménagement du chenal est adopté pour améliorer les conditions de navigation selon un tracé sinusoïdal à grand rayon de courbure. Des digues submersibles sont construites le long des rives concaves. Le barrage systématique des bras secondaires est engagé. Parfois, le double objectif de protection des terres et de fixation du chenal navigable conduit à des digues insubmersibles, comme à Pierre-Bénite. La loi de 1878 déclare d’utilité publique « les travaux d’amélioration du Rhône entre Lyon et la mer ». Les aménagements connaissent alors une expansion rapide. Girardon (1884) révolutionne les conceptions de l’aménagement à courant libre. Il modifie l’utilisation des épis plongeants et noyés, des seuils de fond, des tenons et des traverses selon une méthode qui sera appliquée sur le Rhône aval avec succès . Les « casiers » résultent de l’association systématique des tenons aux digues basses. L’objectif est de tendre vers un chenal de de large en général, avec une profondeur d’eau de sous l’étiage conventionnel. En 1938, l’aménagement du Rhône à courant libre est à peu près systématique entre Lyon et Arles. Le tressage a disparu au profit d’un lit unique sans latitude de divagation, muni d’annexes hydrauliques de plus en plus déconnectées. Durant les années 1980, la CNR réalisa le Canal de Savières afin de permettre la navigation entre le lac du Bourget (qui est le plus grand lac naturel de France) et le Rhône. Le niveau du canal du Haut-Rhône est monté de et une écluse a été construite pour permettre le passage des bateaux. Un barrage fut érigé pour régulariser le niveau de l'eau afin d'accueillir ce nouveau canal long de . Aménagement CNR. Dès 1899, l’aménagement de Miribel-Jonage (barrage de Jons et usine de Cusset) constitue la première exploitation du Rhône pour l’hydroélectricité. La CNR est créée en 1934. L’aménagement général du Rhône par la CNR a débuté en 1950 avec la mise en eau de Génissiat. Il s’agit du seul barrage de haute chute du Rhône. L’aménagement a porté ensuite dans les années 1950/1960 sur la partie centrale du Bas-Rhône (chute de Donzère-Mondragon). Il s’est poursuivi dans les années 1970 par l’aménagement des tiers aval et amont du Bas-Rhône, puis dans les années 1980 par l’aménagement du Haut-Rhône. À l’exception de Génissiat, il s’agit d’ouvrages de basse chute, entièrement effaçables, associés (sauf sur Seyssel et Vaugris) à des dérivations. Le débit dérivé varie de sur le Haut-Rhône à sur le Bas-Rhône aval. Il est en moyenne supérieur au module. L’aménagement du Rhône pour la production hydroélectrique et la navigation concerne ainsi la quasi-totalité du linéaire : seul le tronçon entre Sault-Brenaz et Lyon (avec l’abandon du projet de chute de Loyette) et l’aval de Vallabrègues jusqu’à la Camargue ne sont pas concernés. L’impact de ces aménagements sur le transit des sédiments est lié à deux grands facteurs : la perturbation du régime des pentes dans les retenues et la perturbation du régime des débits dans les tronçons court-circuités. Dans la retenue. Dans les retenues, la pente est nulle ou faible pour tous les débits ordinaires et les crues annuelles. Il n’y a que pour les crues exceptionnelles que la pente tend vers la pente naturelle. Or la capacité de transport solide diminue rapidement avec la pente. D’une manière générale, une réduction de 25 % de la pente conduit à un transit de sédiments cinq fois moindre. Une pente égale à la moitié de la pente naturelle correspond pratiquement à une pente de non transport : le débit de début d’entraînement est en effet plus que triplé : il correspond alors à un débit dépassé un jour tous les en général. Au droit du barrage. Lorsque le débit du Rhône dépasse le débit nominal de la dérivation, les vannes du barrage sont progressivement ouvertes. L’ouverture des vannes de fond permet la chasse des matériaux déposés à l’amont immédiat du barrage. Cependant, tant qu’il demeure une perte de charge au barrage, la pente amont est inférieure à la pente naturelle, et ne permet qu’un transit partiel des sédiments jusqu’au barrage. L’ouverture des vannes de fond permet l’évacuation des sédiments accumulés devant le barrage, mais pas le transit de toute la charge de fond amont. Ce n’est que lorsque la perte de charge au barrage devient négligeable que l’on peut véritablement parler de transparence totale. La crue assure alors non seulement le transit des apports d’amont, mais également la reprise d’une partie de la sédimentation de la retenue. Cette transparence totale n’est assurée qu’à partir de la crue centennale. Dans le Vieux Rhône court-circuité. À peu de chose près, on peut considérer que le débit dérivé est constant (en réalité, le débit dérivé est le plus souvent un peu diminué pendant les fortes crues), sauf incident dans le fonctionnement du barrage. La majeure partie du temps, il ne reste dans le Vieux Rhône que le « débit réservé », incapable de transporter des sédiments. La fréquence des débits morphologiquement actifs est donc fortement diminuée, ce qui réduit d’autant la capacité de transport dans les RCC (Rhône court-circuité). Les hautes eaux jusqu’à la crue annuelle assuraient avant aménagement près de 98 % du transport solide. Sur l'aménagement de Chautagne (Haut-Rhône), la gamme de débit correspondant à des fréquences de par an (entre /s avant aménagement) assurait le transit de 75 % du transit total. Avec la dérivation de /s, le Vieux Rhône est aujourd’hui au débit réservé (morphologiquement totalement inefficace) pour cette gamme de fréquence. Il n’y a que pour les débits rares (au-dessus de /s dans le Vieux Rhône, c’est-à-dire un jour tous les trois ans) que le transport solide est peu perturbé. Mais ces débits sont peu efficaces en termes de bilan annuel. Au total, seul 1 % de la capacité de transport naturelle est conservée dans le Vieux Rhône. Sur Donzère-Mondragon (Bas-Rhône), la dérivation (/s) est proportionnellement plus faible qu’à Chautagne. L’effet de réduction des débits est donc moindre, mais les incidences restent qualitativement similaires. La capacité de transport solide résiduelle couvre 6 % de la capacité naturelle. Extractions de granulats. Les mouvements de matériaux sur le Rhône résultent des différents modes de gestion des sédiments mis en œuvre sur le fleuve et ses affluents. D'une façon générale, ils se traduisent, soit par des extractions de matériaux grossiers lorsque leur valorisation économique le permet (il s'agit alors de graviers, du sable grossier jusqu'au galet), soit par des déplacements sans extraction, d'un lieu à un autre du lit, de matériaux fins (des sables fins jusqu’aux argiles en passant par les limons). Les matériaux extraits correspondent au matériau participant au transport par charriage, alors que les matériaux fins remobilisés correspondent au type de matériaux participant au transport par suspension. En dehors des raisons d'entretien du lit, les extractions de matériaux ont été historiquement motivées par des besoins économiques liés à la réalisation des aménagements du Rhône, des infrastructures routières, et plus récemment des plateformes des centrales EDF ou des remblais TGV. Aujourd'hui, les mouvements de matériaux, extractions ou remobilisation répondent à un besoin de gestion du lit du Rhône pour les besoins propres : Volume moyen annuel de graviers extraits sur tout le Rhône en aval du Léman dans le lit mineur : /an. Volume moyen annuel de matériaux fins remobilisés dans le lit mineur : /an. Fonctionnement actuel du Rhône. Transit sédimentaire en suspension. Transit en suspension naturel. Le transit en suspension est rapide. Il faut compter moins de de transit en moyenne pour . Les effets de dépôt / reprise sont relativement marginaux (sauf naturellement dans les grands réservoirs naturels ou artificiels). En fonctionnement naturel, les dépôts dans les marges boisées (qui peuvent atteindre plusieurs décimètres au cours d’une crue) sont régulièrement repris par le fleuve par érosion de ces marges lors des divagations du bras vif. La faible mobilité actuelle du Rhône favorise un exhaussement irréversible de ces marges, ainsi qu’une réduction de la largeur du lit principal dans les retenues. Mais l’endiguement du fleuve limite la largeur sur laquelle s’appliquent ces évolutions, et donc les volumes concernés. Dans ces conditions, les apports du Rhône à la Camargue sont directement issus de la production du bassin versant. Il en résulte que les évolutions du bassin versant influent rapidement et directement sur les apports en suspension. Le transit naturel a pu être estimé à de tonnes par an dans les années 1950. Il est possible que le transit ait atteint de tonnes par an au début du , au moment du maximum démographique dans les Alpes, qui avait favorisé un fort déboisement des versants. Transit actuel. Les apports du bassin versant n'ont pas changé de façon significative depuis le milieu du : l'état des versants, le développement des zones de ravinement et le fonctionnement des torrents ont peu évolué. En revanche, les grands barrages piègent des volumes significatifs de sédiments fins : Vouglans sur l'Ain, Génissiat sur le Rhône, Serre-Ponçon sur la Durance, Tignes sur l'Isère, le Sautet et Monteynard sur le Drac, Sainte-Croix sur le Verdon, etc. La fixation du lit du Rhône et de certains de ses affluents a favorisé également la sédimentation dans les marges alluviales. On peut estimer les apports actuels à dix millions de tonnes par an. Transit sédimentaire par charriage. Transit naturel avant aménagements. Au contraire, le transit par charriage est beaucoup plus lent. Pour fixer les idées, le temps de transit est de plusieurs décennies pour . La continuité du transit par charriage avant les grandes perturbations dues aux aménagements hydroélectriques et aux extractions est une hypothèse de travail satisfaisante sur beaucoup de tronçons de longueur modérée, où les variations en altitude du lit sont négligeables à l’échelle humaine. En revanche, même avant les grands travaux pour la navigation et la production hydroélectrique, il n’y avait pas continuité du transit des graviers à l’échelle d’un bassin comme celui du Rhône. Les délais depuis la dernière glaciation (de l’ordre de ) ont en effet été insuffisants pour que les profils en long sur une telle échelle aient atteint un équilibre assurant la continuité du transit. Avant aménagement, la continuité du transit était ainsi interrompue sur le Rhône en amont de Sault-Brenaz, et réduite de manière très importante à l’amont de Lyon, ainsi qu’en Chautagne. Il en était de même dans la partie aval de plusieurs affluents (Isère, Eygues, Ouvèze, etc.). D’amont en aval, on avait avant aménagement les ordres de grandeur suivants : Transit actuel. Le transit des graviers a été totalement bouleversé au cours du : Au total, on arrive paradoxalement à un nouvel « équilibre » : presque pas d'apports, presque pas de transport. Le transit de graviers ne dépasse guère quelques milliers de mètres cubes par an sur la plupart des tronçons, avec un maximum de quelques dizaines de milliers de mètres cubes par an entre la Drôme et l'Ardèche. Histoire. Le Rhône est le seul fleuve reliant directement la Méditerranée à l’Europe du Nord. Il constitue depuis les Rhodiens et les Phéniciens un axe majeur de circulation des populations et des marchandises. Élément structurant dans l'organisation des territoires, le Rhône conduit aussi les hommes à se surpasser pour le dompter et surtout le traverser. On trouve ainsi des traces d’occupation dès la Préhistoire. Dès l’Antiquité, l’étain, le cuivre ou les peaux du Nord sont échangées contre des productions de l’Orient et de la Méditerranée (ivoire, épices, étoffes, etc.). En août 218 , Hannibal traverse le Rhône avec son armée de et dans le but d'attaquer Rome par voie de terre. L’armée romaine sous les ordres de Scipion étant toute proche sur la rive gauche du fleuve, il préfère remonter le long du fleuve à vive allure pendant quatre jours pour l’éviter et ainsi affronter l’ennemi en Italie, sur son territoire. À l’époque romaine, il devient une voie de développement commercial. Plus tard, le vin, la vaisselle et le sel d'une part, les armes et les étoffes d’autre part empruntent en sens inverse le sillon rhodanien. La présence du fleuve permet le développement des villes comme Arles, Avignon, Lyon ou Vienne qui profitent de leur atout géographique à la croisée du Rhône et des axes de communication terrestres et maritimes. Les franchissements du fleuve participent également de manière déterminante à l’histoire des villes et des territoires. Ponts. Tout au long de son cours, le Rhône compte de nombreux ponts routiers, autoroutiers, ferroviaires, piétonniers, ou mixtes. Le pont de Chancy est le seul pont qui franchit la frontière entre la Suisse et la France sur le Rhône, sans compter le barrage de Chancy-Pougny qui peut aussi faire office de pont pour les collaborateurs de l'exploitation. Organismes gestionnaires. En France, depuis 1987, "Territoire Rhône" est un organisme public créé pour assurer la liaison entre les collectivités territoriales et favoriser la cohérence des actions menées au fil du Rhône. En Suisse, l'administration fédérale, en particulier l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) et l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), se coordonne avec les cantons concernés: Valais, Vaud et Genève, ainsi qu'avec les instances françaises. Dès le 28.10.2020, la Suisse s'apprête à renégocier avec la France un accord-cadre sur le Rhône. Des évaluations montrent que la collaboration actuelle est fonctionnelle, elle respecte la Convention d'Helsinki sur les eaux transfrontières. Cependant le gouvernement suisse souhaite améliorer la perspective globale face au défi climatique. État écologique et sanitaire. Le fleuve est officiellement reconnu comme pollué par l'État français au moins au regard des polychloro-biphényles (PCB). En 1986 à Genève, face à des projets destructeurs, des pollutions de l'eau des affluents et d'autres menaces, une initiative cantonale est lancée. Elle propose une loi sur la protection du site naturel du Rhône. La Loi sur la protection générale des rives du Rhône (L 4 13) est adoptée le 27.01.1989 et entrée en vigueur le 01.04.1989. De plus sa température moyenne tend à augmenter (+1 à + sur pour les moyennes annuelles), de même que celle de ses affluents (température mesurée précisément sur 30 ans, chaque heure, sur une quinzaine de stations). Ces augmentations sont plus marquées sur le Rhône aval et ses affluents chauds, et le réchauffement est le plus important au printemps et en été (hormis sur les stations soumises à un régime hydrologique nivo-glaciaire). Or, une eau qui se réchauffe perd une partie de sa capacité à conserver son oxygène dissous. Les données disponibles ne permettent pas de faire la part des causes climatiques et de celles liées à l'artificialisation du cours (lacs de barrages…) ou au réchauffement par les centrales nucléaires. Dans le cadre du dérèglement climatique, ce réchauffement pourrait se poursuivre. Sites RAMSAR. Entre la source et l'embouchure du Rhône, sept zones humides sont inscrites comme sites RAMSAR. Site "Rhonegletschervorfeld". Le site "Rhonegletschervorfeld" est centré sur la source qui s'écoule du glacier, la partie inférieure de celui-ci et la surface de terrain découverte par le retrait des glaces. Il est remarquable comme plaine alluviale alpine, par le cours du Rhône non réglementé et une grande biodiversité. Il inclut des associations pionnières et des étapes successives jusqu'à la forêt de mélèzes. Il accueille de nombreuses espèces en danger inscrites sur la liste rouge. Ce site est aussi protégé aux niveaux du canton du Valais, et de la Confédération, par l'Office fédéral de l'environnement OFEV, Division Espèces, écosystèmes, paysages. Il est particulièrement menacé par les changements climatiques qui accentuent le recul des glaces et diminuent l'enneigement, ce qui impacte la végétation et le régime des eaux en aval. Les Grangettes. Le site des Grangettes englobe une zone marécageuse du delta du Rhône et l’extrémité est du Léman entre Saint-Saphorin et Saint-Gingolph. La réserve naturelle a reconstitué des zones humides que les travaux de maîtrise du cours du Rhône avaient supprimées au XXe siècle. Impluvium d'Évian. l’Impluvium d'Évian est une zone humide située sur le plateau de Gavot, entre les préalpes et la pente qui rejoint la berge du Léman, au-dessus de la ville d’Évian-les-Bains. Ses références administratives sont le canton d’Évian, l’arrondissement de Thonon-les-Bains, le département de la Haute-Savoie, la région Auvergne-Rhône-Alpes et la France. Il est remarquable par la diversité et la qualité de ses zones humides, d’une surface de 200 hectares sur les 3275 ha de tout le site. Il fait partie d’un système hydrologique qui recueille et infiltre les eaux pluviales et de ruissellement qui produisent les eaux minérales d’Évian. Ses habitats comprennent des prairies humides, des tourbières, des sources, des bas-marais, un petit lac et des bois tourbeux. On y trouve trente-trois espèces végétales rares. Le site est protégé selon les catégories UICN au niveau national par des arrêtés de biotopes et au niveau européen selon Natura 2000. Rives du Lac Léman. Le site Rives du Lac Léman est situé en Haute-Savoie sur la rive gauche du lac, ses coordonnées sont Latitude : 46° 21’ 15’’ N, Longitude : 06° 22’ 53’’ E. Il rassemble diverses zones d’intérêt écologiques, dont la Réserve naturelle du Delta de la Dranse, le domaine de Ripaille, la réserve de chasse au gibier d’eau d’Excenevex et les dunes lacustres de Sciez, sur une surface de 1915 ha. Il protège la principale concentration d’avifaune hivernante du Léman (20000 oiseaux) et offre des frayères aux truites du lac. Rhône genevois - vallons de l'Allondon et de la Laire. Ce site, qui englobe la totalité du fleuve dans le canton de Genève ainsi que deux de ses affluents, s'étend de la Rade de Genève (peu avant la sortie du Léman) à la frontière française ; il comprend aussi leurs berges, ainsi que des zones humides et des espaces boisés ou riches en biodiversité. La portion située au niveau du barrage de Verbois est inscrite comme "Important Bird Areas IBA". Il jouxte en amont la zone ornithlogique IBA 07 « Lac Léman : Versoix – Hermance – Genève » et à l'aval la zone protégée sur France « Haute chaîne du Jura : Défilé de l’Écluse, Etournel et Mont Vuache » IBA FR 172. Lac du Bourget - Marais de Chautagne. Ce site comprend le lac du Bourget et les zones marécageuses de Chautagne. Il est relié au Rhône par le canal de Savière qui lui sert d'émissaire, sauf lors de crue lorsque le courant s'inverse pour fournir au Rhône un déversoir. Avant les travaux de régulation du niveau du lac, les fluctuations étaient plus fréquentes. Le lac, les roselières et les zones humides des alentours accueillent de nombreuses espèces d'oiseaux pour la nidifcation, un repos sur la route des migrations ou un lieu d'hivernage. Camargue. Situé au delta du Rhône qui aboutit dans la mer Méditerranée, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ce site de 85000 ha comprend plusieurs étangs (14758 ha) et des marais, avec un gradiant de salinité, à une altitude de 4 à 0 m. Divers milieux naturels occupent environ la moitié de la surface, dont des sansouïres (mot provençal pour pré-salés), dunes, pelouses et bois. L'agriculture occupe 26% de la surface, avec de la riziculture et de l'élevage, les salins 17%. Le site, la flore et la faune sont menacés par la pollution de l'eau du Rhône, les pesticides agricoles, la démoustication, des projets de constructions de ponts et d'équipements touristiques, les perturbations de la dynamique des plans d'eau temporaires pour la chasse, ainsi que la tuerie illimitée de 100000 à 150000 canards chaque hiver. Au niveau international il est inscrit comme "Réserve de biosphère de l'UNESCO" et "UE Natura 2000" ; au niveau national il y a une réserve, le parc naturel régional et des réserves de chasse.
Religion au Japon Il existe de nombreuses religions au Japon mais les deux principales sont le shintoïsme et le bouddhisme. Ces deux religions peuvent s'exprimer simultanément sous la forme d'un syncrétisme ancien appelé . Histoire des religions au Japon. Le shintoïsme, natif du Japon. Le shintoïsme est né au Japon d’un mélange entre animisme, chamanisme, et culte des ancêtres. Peu à peu, tous ces cultes de la fertilité, ces vénérations de la nature, parfois capricieuse (tremblements de terre, typhons, tsunamis, etc), se sont amalgamés et codifiés pour former le shinto. Les origines du shintoïsme remontent très loin dans le passé. On se pose encore la question de savoir si la culture Jōmon (environ 11 000 à 300 av. J.-C.) possédait une religion centrée sur la vénération de dieux ressemblant peu ou prou à ce qu’on connaît aujourd'hui. Avec la culture Yayoi (d'environ 300 av. J.-C. à 300 ), plus complexe, commence à apparaître une iconographie de style shintoïste nettement plus marquée. L'introduction de la culture du riz semble avoir apporté avec elle des rites liés aux semailles et à la moisson, probablement très proches des rituels shintoïstes encore pratiqués aujourd’hui dans les campagnes japonaises. Le bouddhisme, importé de Chine et de Corée. Le bouddhisme fut quant à lui importé de Chine et de Corée à partir des et s, il est donc fortement influencé par les bouddhismes chinois et coréen, mais aussi par le shintoïsme. En 592, après des luttes d'influence avec le shinto, le bouddhisme fut déclaré religion d'État. Le bouddhisme s'est introduit par le « haut », dans les classes sociales dominantes, avant d'atteindre le peuple, car ses enseignements relativement difficiles ne pouvaient pas encore être compris par l'ensemble de la population, non lettrée, du Japon. Son histoire peut être divisée en trois périodes, ayant chacune vu l'introduction de nouvelles doctrines ou l'évolution d'écoles existantes, des trois grands courants du bouddhisme : Le christianisme, venu d'Europe. Les activités missionnaires catholiques au Japon débutent en 1549, lancées par les Jésuites soutenus par le Portugal, avant que les Ordres mendiants soutenus par les Espagnols n'accèdent à leur tour au Japon. Les Jésuites s'adressent dans un premier temps aux hommes de pouvoir, pour ensuite diffuser la religion au reste de la population. Les chrétiens du Japon de cette époque sont appelés "kirishitan". La grande majorité d'entre eux abandonnent leur foi après les persécutions, par suite de l'interdiction du christianisme par le shogunat Tokugawa en 1614. Survivent des chrétiens cachés ("Kakure kirishitan", principalement aux Îles Gotō et à Urakami (Nagasaki)), par peur de la torture, dont la technique de tsurushi, ou d'exécution : vingt-six martyrs du Japon (1597), grand martyre de Nagasaki (1622), seize martyrs de Nagasaki (1633-1637), (1598-1632). La rébellion de Shimabara (1637-1638) est menée entre autres par le jeune Amakusa Shirō (1621-1638) Le , à la fin de la période de sakoku ("isolement volontaire du Japon"), au début de la Restauration de Meiji, l'interdiction est levée. En 1901, Uchimura Kanzō (1861-1930) crée un mouvement chrétien méthodiste japonais, le Mukyōkai, fortement engagé contre les injustices sociales. Le District de Nasu (Préfecture de Tochigi, au centre de Honshū) abrite l', colonie japonaise anabaptiste huttériste (1972), branche , proche de la branche Schmiedeleut. L'Église orthodoxe du Japon est une juridiction autonome de l'Église orthodoxe rattachée canoniquement au Patriarcat de Moscou et de toute la Russie, accueillant environ . Le shinto d'État, militariste. Avec la refonte de la constitution en 1868 sous l'ère Meiji, le shinto devint une religion d'État : le . Dès 1872, tous les prêtres devinrent des employés de l'État, et chaque citoyen devait s'enregistrer comme membre de son sanctuaire local, devenant par le fait même membre du sanctuaire d'Ise. L'empereur du Japon, descendant de la déesse Amaterasu et désormais chef de l'État et commandant suprême de la Marine et de l'Armée, fut l'objet d'un véritable culte. Ce culte prit une importance primordiale lors de l'expansionnisme du Japon durant l'ère Showa. L'empereur Shōwa fut ainsi instrumentalisé pour justifier l'expansionnisme et la militarisation auprès de la population japonaise. La manifestation tangible qui faisait de l'empereur le représentant des dieux était les insignes impériaux. Le "Kokka shinto" perdura jusqu'en 1945 lorsque MacArthur, le Commandant suprême des forces alliées, exigea la réforme de la Constitution et priva l'empereur de ses pouvoirs exécutifs. Le shinto d'État fut alors démembré, mettant un terme au principe de la religion officielle au Japon. Judaïsme. Il existe une présence juive relativement récente au Japon et deux synagogues se trouvent dans la capitale à Tokyo, une orthodoxe et une reformée : la synagogue Beth David. La synagogue de Nagasaki date de 1889. À Kobé existe une communauté juive très active originaire de juifs arrivés de Syrie, du Yémen et d’Iran entre 1845 et 1865. Une seconde vague arriva au Japon : il s’agissait de juifs fuyant la guerre civile en Russie de 1917 à 1920 en provenance de Mandchourie (région japonaise à l’époque). L'islam, venu de Turquie et d'Asie centrale. L’histoire de l’islam au Japon est récente. En 1877, l’islam est introduit sur l’archipel en tant que philosophie occidentale. C’est durant cette période que la vie du prophète Mahomet sera traduite. En 1889, l'Ertuğrul (frégate), navire ottoman, quitte le port d'Istanbul pour le Japon afin d’y nouer des relations diplomatiques. Mitsutaro Takaoka et Torajiro Yamada seraient ainsi les premiers japonais à s’être convertis à l’islam. La progression de l’islam a avant tout commencé après la Première Guerre mondiale avec l’arrivée de musulmans d’Asie centrale. La mosquée de Kobe sera construite en 1935 et la mosquée de Tokyo en 1938. Les chocs pétroliers des années 1970 ont fait prendre conscience aux Japonais la nécessité de créer des liens avec le monde musulman. Les statistiques actuelles incertaines indiquent que à vivraient au Japon, concentrés principalement dans de grandes villes urbaines telles que Hiroshima, Kyoto, Nagoya, Osaka et Tokyo. En 1970, le centre islamique de Tokyo est créé dans le but de promouvoir la religion musulmane notamment en éditant des ouvrages traduits en japonais. Aujourd'hui. Syncrétisme shinto-bouddhiste. La plupart des Japonais ont une vision neutre de la religion et en pratiquent plusieurs dans leur vie. Ils s'identifient au bouddhisme et au shintoïsme, sous la forme d'un syncrétisme ancien appelé . Ainsi, en 2015 (sur une population totale de 127 millions), l'Agence pour les Affaires culturelles du ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie japonais comptabilisait : En 2010, le centre islamique du Japon estimait à le nombre de musulmans dans le pays. Seuls 10 % d'entre eux seraient japonais. Une même personne peut aller prier au sanctuaire shinto au nouvel an pour une bonne année et avant les examens d'entrée à l'école pour implorer son succès, puis plus tard avoir un mariage à l'occidentale dans une église plutôt qu'un mariage shinto, et enfin des funérailles dans un temple bouddhiste. Les rites funéraires, d'origine bouddhiste et shintoïste, consistent en une crémation du corps puis une mise en terre des cendres dans la tombe familiale. Les chrétiens au Japon suivent généralement ces rites, contrairement aux musulmans qui souhaitent être enterrés sans crémation. Selon l'association des musulmans japonais et le centre islamique du Japon, seuls trois cimetières au Japon leur offrent cette possibilité : à Kōshū, Kobe (réservé aux résidents de la ville) et Yoichi (sous-préfecture de Shiribeshi, Hokkaidō). Le cimetière à Kōshū, le plus accessible, se situe dans le temple de l'école Sōtō : sont réservés aux musulmans, sont pour le moment occupées. Il devrait cependant être plein d'ici quelques années, et la pratique de non-crémation effrayant une partie de la population, une nouvelle parcelle semble difficile à construire. L'Agence pour les Affaires culturelles dénombrait en 2005 plus de religieuses pour près de religieux (chaque édifice religieux d'une même organisation pouvant avoir sa propre personnalité juridique). Dans le détail, on trouvait : En 2013, le Japon compte environ , la plus grande étant la mosquée de Tokyo. Nouvelles religions. Un certain nombre de nouvelles religions ("Shinshūkyō") se sont établies au Japon au , et ont aujourd'hui une place relativement importante au Japon. Beaucoup de ces sectes sont des syncrétismes entre la pensée traditionnelle japonaise et la pensée occidentale, et certaines incorporent des éléments de l'hindouisme et du fondamentalisme. Appelées "shinshūkyō", les principales sont Sōka Gakkai, Sūkyō Mahikari, Konkokyo et Omoto Kyo. L'une d'elles, Aum Shinrikyo, est responsable de l'attaque d'une station de métro de Tokyo au gaz sarin le . Le bilan de cet attentat s'établit à tuées et plus de . Cependant, cet acte isolé n'est pas représentatif du climat de paix qui règne entre les différentes communautés religieuses au Japon. Un mouvement religieux fondé par Ikurō Teshima en 1948, la secte forte de plus de qui croient que les Japonais sont originaires de la tribu de Zébulon l’une des dix tribus perdues d’Israël arrivée au Japon il y a , est connu au Japon. Une branche protestante chrétienne proche du judaïsme est connue à Kyoto sous le nom de Beit Shalom Yapan. Religieux célèbres. À partir de 1547 ou 1549 plusieurs saints viendront contribuer au risque de leurs vies à la propagation la foi au Japon. Ainsi on verra 26 saints martyrs dans la liste des premiers martyrs du Japon : Paul Miki – François Fahelente – Pierre Sukégiro – Come Tachégia – Michel Cozaki – Jacques Kisaï – Paul Ibarki – Jean de Goto – Louis – Antoine – Pierre-Baptiste – Martin de l'Ascension – Philippe de Jésus – François Blanco – François de Saint-Michel – Mathias – Léon Carasumaro – Bonaventure – Thomas Cosaki – Joachim Saccakibara – François de Méaco – Jean Kimoia – Gabriel de Dcisco – Paul Suzuki – Thomas Danki – Gonzalve Garcia. Leur sang et leurs vêtements furent recueillis par les fidèles. On dit que les toucher opère des miracles. Ils furent canonisés le 8 juin 1862 par Pie IX.
Roller in line hockey Le roller in line hockey, souvent désigné par le terme plus générique roller hockey, qui englobe également la discipline du rink hockey, ou par son nom anglais inline hockey, parfois abrégé RILH, est une des disciplines de en patins à roulettes. Il se pratique avec des patins aux roues alignées ("rollers" en ligne), généralement en intérieur. Dans certains pays comme la France, le roller in line hockey est parfois appelé « "street hockey" » lorsqu'il n'est pas pratiqué en salle, bien qu'en toute rigueur ce terme désigne une variante spécifique, jouée avec une balle. Chaque match oppose deux équipes, composées d'un gardien de but et de 4 joueurs de champ présents sur le terrains (deux défenseurs et deux attaquants). L'objectif est de marquer plus de buts que l'autre équipe, en envoyant à l'aide d'une crosse (ou bâton de hockey) un disque en plastique, appelé rondelle ou palet, dans le but des adversaires, situé à l'extrémité du terrain à l'opposée de son propre but. Le roller in line hockey s'est développé à partir des années 1990 avec la popularisation des "rollers" en ligne. Largement inspiré du hockey sur glace, il s'en démarque notamment par l'interdiction des mises en échec (également interdites au hockey sur glace féminin), ce qui rend sa pratique nettement moins dangereuse, et un joueur en moins par équipe. Les contacts entre joueurs sont toutefois autorisés, contrairement au rink hockey. Au niveau international, deux fédérations gèrent le roller hockey, la Fédération internationale de roller sports (FIRS) et la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF pour "International Ice Hockey Federation", son nom anglais). Chacune organise ses propres compétitions indépendamment et avec des équipes qui diffèrent (notamment les championnats du monde masculin, le championnat du monde féminin n'étant quant à lui organisé que par la FIRS). Le RILH fait partie des sports officiels des jeux mondiaux depuis l'édition 2005. Origines. Les premières images connues de hockey avec des "rollers" en ligne, au lieu des « quads » habituellement utilisés au rink hockey, datent de 1938. Elles sont filmées à Vienne (Autriche) et diffusées dans le film d'actualité "" B1401 du . La vidéo montre un match, joué en extérieur sur une surface rectangulaire, visiblement en asphalte. Les joueurs portent des patins avec cinq roulettes plates en métal alignées et un frein à l'avant, et utilisent des crosses de hockey sur glace et une balle. Chaque équipe est composée de quatre joueurs et d'un gardien de but. Bien que plus rapides que les « quads », les rollers en ligne, considérés comme moins maniables, restent peu répandus jusqu'en 1993, quand les Hosers de San Diego deviennent la première équipe à remporter le championnat national américain en étant équipés uniquement de ce type de patins. La , sous l'égide de la fédération internationale de roller sports (FIRS), organise à Chicago le premier championnat du monde en 1995, puis le premier championnat du monde junior l'année suivante, toujours à Chicago. Le premier championnat du monde féminin a lui eu lieu en 2002 à Rochester, dans l'État de New York. La fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) organise un championnat du monde masculin, distinct de celui de la FIRS, à partir de 1996. Depuis 2005, le roller in line hockey fait partie des disciplines des Jeux mondiaux et depuis 2017 des World Roller Games. Matériel. La crosse est constituée d'un manche mesurant au maximum , présentant un coude à sa base, entre le manche à proprement parler et la palette, large, plate et incurvée vers l'intérieur. Le bâton de hockey peut être fait de différents matériaux : traditionnellement en bois, on en trouve en fibre de carbone, voire en aluminium, ou en plastique type PVC pour ceux bon marché.Le palet est un cylindre en plastique dur, d'environ d'épaisseur et de de diamètre, légèrement rebondi en son centre ou muni de pastilles de roulement. Les rondelles de bonne qualité sont fabriquées de manière à rester toujours couchées sur le sol et à ne pas rouler sur leur tranche. Les rollers utilisés sont dépourvus de frein. La platine en métal est courte et accueille quatre roues. Contrairement aux rollers utilisés pour le fitness, de structure droite et à semelle parallèle au sol, les roues sont généralement de tailles différentes (les deux roues arrière ont un plus grand diamètre que les deux roues avant, avec deux ou trois diamètres de roues par patins), ou alors le patin est légèrement incliné (talon plus haut que la pointe) afin de faciliter les changements brusques de direction et certaines prises d'appui. La chaussure montante est dure afin de protéger des coups de crosse et des tirs, et présente un évasement laissant à la cheville une mobilité accrue. Les rollers de gardien peuvent avoir cinq roues, plus petites et plus dures, pour une meilleure stabilité debout et une mise au sol rapide pour les arrêts, particulièrement pour les gardiens de style papillon. Le roller hockey est un sport avec rythme rapide et collectif, les contacts physiques entre les joueurs sont assez courants au cours d'un match ou d'un entraînement. C'est contacts peuvent entraîner des blessures et pour parer à cela, les joueurs utilisent différents équipements de protection. L'équipement utilisé par les joueurs est différents selon le sexe du joueur et différent de l'équipement du gardien de but. Pour les joueurs. Les joueurs sont équipés d'un casque qui doit être une protection faciale intégrale. Il porte également une gaine, des jambières, des coudières, des gants et des rollers. Il est obligatoire d'avoir une tenue qui recouvre l'équipement excepté les gants, le casques et les rollers. Les tenues des joueurs de champ sont constituées de maillots identiques à manches longues et de pantalons longs. Détail de l'équipement de joueur : Pour les gardiens. L'équipement du gardien est plus spécifique : un gants appelé bouclier, un casque comprenant un protège cou obligatoire depuis la blessure de Clint Malarchuck, une crosse plus large, des jambières aussi appelé "bottes", un plastron épais, une gaine et une mitaine. L'équipement du gardien comprend : Les tenues sont composées d'un pantalon long et d'un maillot à manches longues. Le numéro du joueur doit y être inscrit et être compris entre 00 et 99. Toutes les protections doivent être placées sous la tenue, à l'exception du casque, des gants et des bottes du gardien. Terrain. La largeur du terrain est comprise entre 20 et et sa longueur entre 40 et avec un ratio de un sur deux. La FIRS préconise l'usage de cages en acier, dont les dimensions internes sont de 105 par . Historiquement, le RILH se jouait avec des cages de hockey sur glace, mais lorsque la FIRS en a pris en charge la gestion, elle a choisi d'aligner la taille des buts sur celle du rink hockey, sa discipline historique. L'IIHF ne reconnait pas ce changement, et continue d'utiliser des cages de 122 par , comme pour le hockey sur glace. Même parmi les compétitions estampillées FIRS, nombreuses sont celles qui persistent à utiliser des cages de hockey sur glace, particulièrement en Amérique du Nord, où le rink hockey est une pratique très marginale. Le terrain est entouré par des balustrades hautes de et comporte des marquages. Le marquage au sol réglementaire est similaire au hockey sur glace. Ce marquage doit comporter les éléments suivants : Le sol peut être fait dans un revêtement spécialement étudié pour le roller in line hockey, qui optimise l'adhérence des roues en polyuréthane. Il doit être rigide et le plus lisse possible pour obtenir une bonne glisse du palet. En France, les terrains sont en moyenne de l'ordre de 40 × et sont souvent partagés au sein de salles omnisports. De fait on trouve peu de surfaces « parfaites », mais des terrains recouverts de résine ou encore du béton peint très lisse. Ces surfaces sont tout de même très adhérentes et la rondelle peut glisser rapidement. Règles. À chaque match, deux arbitres doivent être présents sur le terrain. Ils doivent assurer la protection des joueurs en faisant respecter les règles. En France, contrairement au hockey sur glace, il n'y a pas de hors-jeu. En revanche le hors-jeu existe dans certains pays comme la Belgique. Les charges corporelles sont interdites, contrairement au hockey sur glace. Un joueur ou la crosse d'un joueur adverse ne peut pas être présent dans la zone du gardien. Il s'agit d'un sport collectif de glisse, très rapide, se jouant avec un palet, opposant deux équipes de 5 joueurs présents en même temps sur le terrain (1 gardien de but et 4 joueurs de champs). Une équipe peut comprendre au total 16 joueurs (14 joueurs et 2 gardiens) pouvant se remplacer à tout moment. Le match comprend, en Senior (divisions nationales) 2 périodes de 25 minutes effectives, avec une mi-temps de 10 minutes. Le gardien de but possède un statut particulier. En effet, s'il commet une faute il ne peut être directement sanctionné par une exclusion. Un joueur de l'équipe sera exclu à sa place. Suivant la gravité de la faute, l'exclusion sera plus ou moins longue. Le joueur exclu devra alors se mettre à côté du terrain et pourra rentrer, une fois le temps écoulé, lors du prochain arrêt de jeu. Les exclusions se classent en différentes catégories : Deux pénalités de méconduite d'un même joueur lors d'un même tournoi entraînent une pénalité de match. Fédérations. Au niveau international, deux instances gèrent ce sport : l'IIHF, fédération internationale de hockey sur glace et la FIRS, fédération internationale de roller sports. Chacune de ces fédérations possède son propre règlement, organise ses propres championnats du monde et est reconnue par certains pays mais pas d'autres. En règle générale, les pays où le hockey sur glace est particulièrement développé (comme la Suède ou la Russie) reconnaissent l'IIHF comme instance internationale (et ne participent donc pas aux championnats organisés par la FIRS). En France, la Fédération française de roller sports est, elle, affiliée à la FIRS. Dans d'autres pays, par exemple en Belgique, les deux fédérations sont présentes, les clubs reconnaissants l'une ou l'autre fédération.
Randonnée en France La randonnée pédestre est un moyen de découvrir la France : le pays compte plus de kilomètres de sentiers balisés. Catégories des chemins. La FFRandonnée (Fédération française de la randonnée pédestre) a créé plusieurs catégories de chemins : D'autres associations, collectivités, organismes ont balisé des chemins avec leur propre code.
Radiographie La radiographie est une technique d'imagerie de transmission, par rayons X dans le cadre de la radiographie X, ou par rayons gamma en gammagraphie. Les rayons X sont des ondes électromagnétiques de hautes fréquences de l'ordre de 1016 Hz à 1020 Hz et qui pénètrent la matière "condensée" (solides et liquides). Elle permet d'obtenir un cliché dont le contraste dépend à la fois de l'épaisseur et du coefficient d'atténuation des structures traversées. Par extension, l'image obtenue et son support portent aussi le nom de « radiographie ». L'abréviation du terme radiographie est fréquemment employée, on parle alors de « radio » par apocope. La radiographie est utilisée en radiologie médicale, en radiologie industrielle et en radiothérapie. La radiographie standard correspond à la radiographie d'une région d'intérêt dont la réalisation obéit à un protocole reconnu de manière internationale. La radiographie s'oppose à l'autoradiographie qui est une technique d'imagerie d'émission. Les radiographies argentiques se lisent idéalement sur un négatoscope. Histoire. Les progrès scientifiques du amenèrent tout d'abord à la découverte de sources lumineuses très intenses, comme la lumière oxhydrique ou celle émise par la combustion du magnésium. Il devint alors possible pour la première fois de "voir à travers le corps", grâce à la transmission de telles lumières. Le docteur Richarson s'en servit pour étudier les mouvements du cœur, ce qui était désormais réalisable sans dissection, simplement en observant son ombre. Mais du fait des propriétés trop peu pénétrantes des rayonnements de la lumière visible, cette technique ne pouvait être effectuée que sur des sujets très jeunes, avec une poitrine de faible épaisseur. C'est surtout la découverte des rayons X, réalisée en 1895 par Wilhelm Röntgen, qui marqua réellement le commencement de l'imagerie de transmission. Ce scientifique allemand, éminent professeur de physique, étudiait à l'époque les rayons cathodiques à l'aide d'un tube de Crookes. En même temps qu'il utilisait cet instrument, il s'aperçut que cela provoquait la fluorescence d'un écran de platino-cyanure de baryum, placé pourtant à deux mètres du tube. Il en conclut qu'un autre type de rayonnement, encore inconnu, provoquait ce phénomène. Il le baptisa de la lettre symbolisant l'inconnue en mathématique, le . Afin d'étudier les propriétés de ce nouveau rayonnement, Röntgen plaça divers objets entre le tube et l'écran : du papier, du verre, du plomb, du platine. Il constata que les rayons X étaient extrêmement pénétrants, mais avaient la propriété d'interagir avec la matière, d'autant plus s'il s'agissait d'une matière très dense comme le plomb. Il remarqua également que les rayons X étaient capables d'impressionner des plaques photographiques, tout comme la lumière visible. Ainsi, il eut l'idée de réaliser la toute première radiographie de l'histoire, celle de la main de son épouse, Anna Bertha Röntgen. À la publication de sa découverte, ce fut une révolution presque instantanée puisque les premiers services de radiologie ouvrirent au début de l'année 1896 ; en 1897 en France grâce à Antoine Béclère. Pour sa découverte, Röntgen reçut le tout premier prix Nobel de physique en 1901. Dans l'intérêt de la médecine, il ne déposa pas de brevet sur sa découverte. Au début du et jusque dans les , la radiographie se développa considérablement et pas uniquement en médecine. Elle devint une attraction que l'on proposait dans les foires, ou une façon de connaître sa pointure dans les magasins de chaussures. Quand on s'aperçut de la dangerosité des rayonnements ionisants à forte dose, elles furent fortement diminuées et l'exposition à ces radiations fut réservée aux patients pouvant en tirer un avantage diagnostique ou thérapeutique. Depuis cette prise de conscience, les techniques et les appareils de radiographie n'ont cessé de se perfectionner, que ce soit au niveau du générateur de rayons X, des systèmes de détection, ou des instruments additionnels utilisés. Cette optimisation a pour but de diminuer au maximum la dose délivrée tout en gardant une qualité d'image radiographique permettant un diagnostic efficace. Production des rayonnements. Pour la production des rayons X, un transformateur haute tension est nécessaire pour transformer la tension du fournisseur d'électricité de l'ordre de , en une tension électrique de l'ordre de . De plus, la haute tension alternative est transformée en une haute tension continue à l'aide d'un pont de diodes. Les rayons X sont produits par un tube à rayons X. C'est un tube sous vide composé d'un filament chauffé alimenté par le courant continu de haute tension. L'intensité de ce courant (en mA) multipliée par le temps de pose (durée d'application du courant en s), sera directement lié au nombre de photons produits. En radiologie, ce paramètre correspond à la charge du tube en mAs. La haute tension est appliquée entre ce filament (cathode) et une cible (anode). Les électrons sont accélérés par cette tension et viennent bombarder l'anode. Celle-ci est composée d'un élément de fort numéro atomique afin de privilégier les interactions par rayonnement de freinage. Ces interactions électroniques produisent un spectre continu de rayons X dont l'énergie maximum correspond à l'énergie cinétique des électrons, donc à la tension appliquée. En médecine, on parle ainsi de kilovoltage (kV) pour qualifier le spectre en énergie des rayons X utilisés. Mais la plus grande part de l'énergie cinétique des électrons est convertie en chaleur au niveau du foyer thermique ce qui peut contribuer à le détériorer malgré le système de refroidissement. Pour cela, l'anode est souvent constituée d'un grand et d'un petit foyer. Le grand foyer a l'avantage de mieux dissiper la chaleur lors de clichés nécessitant beaucoup de mAs mais est à l'origine d'un plus grand flou géométrique au niveau de l'image. Tous ces paramètres sont réglables au niveau du pupitre de commande : kilovoltage, milliampères, temps de pose, taille du foyer. Un posemètre peut être placé en amont du détecteur de façon à asservir le temps de pose voire les milliampères. Il est réglé de façon que le détecteur reçoive la quantité optimale de photons, en prenant en compte les contraintes de radioprotection du patient. Les rayons X sont produits au niveau du foyer de l'anode dans toutes les directions. Mais du fait de l'angle de l'anode, davantage de photons sont transmis selon une direction perpendiculaire au foyer thermique que selon les autres directions. Cela est dû au fait que les photons produits dans la cible ont une plus grande distance à traverser pour en sortir s'ils sont émis dans des directions quasi parallèles au foyer thermique, ils sont alors plus atténués. Ce phénomène, appelé effet talon, conduit à une légère hétérogénéité du faisceau de . Le tube est blindé de façon à ne laisser sortir les rayons X qu'au niveau de la fenêtre de sortie, seule partie non blindée du tube. Néanmoins, les rayons X doivent traverser les parois du tube sous vide et le circuit de refroidissement de l'anode. Cette filtration inhérente modifie le spectre de rayons X car les photons de basse énergie sont davantage atténués. Un filtre additionnel, souvent en aluminium, est utilisé en radiologie pour davantage encore filtrer les rayons X de basse énergie qui exposeront inutilement le patient sans contribuer à l'image. Un diaphragme est utilisé pour donner une forme rectangulaire de taille réglable au faisceau de . Il est également possible de se servir d'un cône localisateur pour lui donner une forme circulaire. Un cas particulier est celui de l'Imagerie volumétrique par faisceau conique (ou Cône beam) qui grâce à une projection conique du rayonnement produit une image précise des tissus minéralisés (dents, cartilages, os) de la tête ou de petites parties du corps (poignets, chevilles) ou de la dispersion d'un produit de contraste avec possibilité de constituer un modèle 3D de la partie du corps observée. En radiothérapie, des radiographies appelées images portales sont effectuées à l'aide des accélérateurs linéaires d'électrons produisant des rayons X jusqu'à . Certaines radiographies industrielles de pièces métalliques d'épaisseur importante ne peuvent être réalisées qu'avec des photons de haute énergie, parfois de l'ordre du MeV. Les installations nécessaires à la production de rayons X de telles énergies sont encombrantes, les rayons gamma sont alors préférés. Les intervenants peuvent ainsi se déplacer en entreprise apportant avec eux un projecteur de source gamma pour réaliser des gammagraphies. Formation de l'image radiographique. Les informations provenant des différentes structures traversées par le faisceau de rayonnements sont projetées sur un même plan pour former l'image. Par conséquent, il est souvent nécessaire de réaliser deux projections, à différentes incidences, pour pouvoir localiser une structure dans les trois dimensions de l'espace. Par exemple, en médecine, il s'agit fréquemment d'incidences de face et de profil. La loi d'atténuation des photons explique l'atténuation différentielle du faisceau à travers différentes structures, ce qui est à l'origine du contraste radiographique. L'objet à radiographier, placé entre les positions formula_2 et formula_3, à distance de la source pour que l'on puisse considérer qu'il est soumis à faisceau homogène formula_4 de photons X ou gamma. Au fur et à mesure que le faisceau de photons traverse l'objet, il est atténué en fonction de l'épaisseur formula_5 traversée et du coefficient d'atténuation formula_6. Ce coefficient d'atténuation dépend de l'énergie formula_7 du photon et du numéro atomique Z de la structure rencontrée à la profondeur formula_8. L'organisme humain possède des tissus comme les os, très opaques aux photons, possédant donc un coefficient d'atténuation très élevé. Cela vient du fait que le tissu osseux est composé d'éléments de numéro atomique élevé comme le calcium. Le corps est aussi composé de tissus mous, peu opaques aux . Parmi eux, on différencie les organes de densité hydrique car composés essentiellement d'eau (muscles, foie) des densités graisseuses dont le coefficient d'atténuation est légèrement plus faible. Enfin, le poumon étant essentiellement composé d'air, il est qualifié d'organe de densité aérique. En effet le tissu pulmonaire, comme l'air, laisse passer la quasi-totalité des rayonnements. À la sortie du patient, le faisceau de photons n'est plus homogène mais est caractéristique des tissus traversés, on parle d'image radiante formula_9. Ces photons interagissent avec le détecteur, y déposant une énergie représentative des tissus traversés. Selon le mode de fonctionnement du détecteur, cette énergie sera utilisée pour produire l'image. La forte différence de coefficient d'atténuation entre les os et les autres tissus, crée un fort contraste de l'image, ce qui fait des rayons X un excellent outil d'imagerie osseuse. Pour obtenir une image d'organes n'ayant pas une densité spécifique, il est possible d'apporter in situ un produit de contraste de forte densité. C'est le cas pour l'imagerie des vaisseaux (injection intraveineuse d'iode), pour l'imagerie du système digestif (ingestion ou injection de baryte, à base de baryum), pour l'imagerie des articulations, ou arthroscopie (injection intra-articulaire d'iode) ou encore par exemple pour l'imagerie du système de reproduction de la femme, ou hystéroscopie (injection d'iode). L'atténuation des photons en radiologie médicale provient essentiellement de deux types d'interactions : l'effet photoélectrique et la diffusion Compton. Lors d'une radiographie, en l'absence de diffusion Compton, les photons sont soit transmis à travers le patient soit absorbés par effet photoélectrique, en fonction des tissus traversés. Sur un grand nombre de photons incidents, le contraste de l'image est alors idéal. En pratique, certains photons sont diffusés par effet Compton, ils changent donc de trajectoire et peuvent ainsi interagir sur une zone du détecteur pour laquelle ils ne sont pas représentatifs des tissus traversés. Les photons diffusés diminuent donc la qualité de l'image. Pour pallier cette détérioration de l'image radiante, on utilise dans certaines conditions une grille antidiffusante ou la technique (voir plus bas : Qualité de l'image). Systèmes de détection. Dans certains systèmes dits indirects, l'information relative à l'exposition du détecteur aux photons est contenue sous forme d'une image latente (virtuelle). Celui-ci doit subir une opération spécifique afin de transformer cette image latente en une image réelle. Des systèmes directs, plus modernes, permettent de transformer instantanément l'information reçue par le détecteur en image. Chaque détecteur est caractérisé par sa courbe sensitométrique, qui définit l'exposition du détecteur nécessaire à l'obtention d'un certain niveau de gris sur l'image. Couple écran-film. La radiographie analogique utilise comme détecteur le couple écran-film. Le film photographique fut le premier détecteur à être utilisé en radiographie, dès la découverte des . Il est sensible à la lumière et aux rayons X dans une moindre mesure. Il contient une émulsion contenant des cristaux d'halogénure d'argent (souvent de bromure d'argent). Ces cristaux, soumis aux photons, se dissocient en ions par effet photolytique créant ainsi une image latente. C'est donc un système d'imagerie indirect. L'image latente est transformée en image réelle après plusieurs étapes se déroulant dans l'obscurité ou sous une lumière inactinique. La révélation est réalisée en plongeant le film dans une solution basique qui réduit les ions argent positifs en argent métallique. La fixation de l'image est obtenue en plongeant le film dans une solution acide permettant de stopper ces réactions de réduction. Après lavage et rinçage du film pour éliminer les différents réactifs, les zones du film les plus irradiées contiennent l'argent métallique et sont les plus opaques à la lumière. Les zones non-irradiées du film sont transparentes et apparaissent blanches si on le place sur un négatoscope. Avec l'arrivée des nouveaux détecteurs, cette habitude a été conservée. Ainsi, en radiographie, les images sont présentées de façon que les zones les plus exposées soient noires et les zones les moins exposées soient blanches. Pour améliorer la sensibilité du film aux rayonnements très pénétrants que sont les rayons X ou gamma, il est couplé à des écrans renforçateurs, disposés de part et d'autre du film. Ils sont constitués de sels fluorescents qui convertissent les rayons X en photons lumineux. Le couple écran film est disposé à l'abri de la lumière, dans une cassette qui est placée derrière l'objet à radiographier. Le couple écran-film possède une courbe sensitométrique d'allure sigmoïde ce qui oblige à exposer ce détecteur à une quantité précise de photons (latitude d'exposition) pour obtenir un contraste satisfaisant. Le couple-écran film, seul détecteur analogique, est resté longtemps une référence en radiographie du fait de son excellente résolution spatiale et de sa bonne sensibilité. Néanmoins, il est de moins en moins utilisé, au profit des systèmes de détection numériques qui permettent de délivrer des doses moins importantes au patient tout en conservant une qualité d'image suffisante à un diagnostic. Écran radioluminescent à mémoire. La radiographie informatisée ou " (CR) utilise comme système de détection l'écran radioluminescent à mémoire (ERLM). Le film est alors remplacé dans la cassette par un ERLM, c'est-à-dire un écran au phosphore. L'image latente obtenue est alors activée par un balayage laser et numérisée à l'aide d'un scanner spécial. Capteur plan. La radiographie numérique directe ou " (DR) utilise comme détecteur le capteur plan (diodes assurant la conversion directe lisible par circuit électronique), dernier cri de l'imagerie médicale directe. Dans ce dernier cas, l'image générée par les rayons X au niveau de la couche d'iodure de césium est transformée en signaux électriques par une matrice de photo-transistors ( pour une surface de détection de ) qui a l'avantage de ne présenter aucune distorsion géométrique (effet coussin) contrairement aux amplificateurs de luminance qui utilisent des lentilles / miroirs pour focaliser l'image sur le capteur. De plus, le faible poids et l'encombrement réduit de ces équipements de dernière génération permettent leur intégration dans le matériel de radiothérapie, autorisant entre autres le positionnement précis du patient sur la table de traitement grâce à un logiciel spécifique comparant les images obtenues en temps réel (pas de développement de film) avec des images de références prises lors de la planification du traitement. Amplificateur de brillance. L'amplificateur de brillance est, en radiologie, utilisé dans divers domaines, tant en radiographie dite conventionnelle qu'en radiologie interventionnelle. Souvent abrégé « ampli de brillance » et parfois nommé « tube intensificateur d'image », cet appareil permet en plus de réaliser des radiographies, de suivre en temps réel l'image radiologique et donc de visualiser un mouvement ; ce que ne peuvent pas faire les systèmes à couple écran-film ou à écran radioluminescent à mémoire. Dans une salle de radiologie, l'ampli de brillance est généralement placé sous la table d'examen et en face du tube à rayons X. Système EOS. Fondé sur des détecteurs à haute sensibilité, les chambres à fils, le système de radiographie biplane basse dose EOS utilise une faible dose de rayons X pour obtenir simultanément deux images orthogonales. Ces images peuvent ensuite servir à la reconstruction surfacique 3D de groupes osseux (colonne vertébrale, bassin et/ou membres inférieurs) à l'aide de logiciels spécialisés. Imagerie en champ sombre. Elle bénéficie de progrès récents fondés sur les interférences de rayons X observée grâce à des filtres en silicium et analysés par des modèles d'interférences pour déduire des données sur le contraste de phase qui révèle la qualité interne des matériaux (os, organes, tissus mous…) traversés par les rayons X, en fournissant des détails et nuances auparavant inaccessibles. Cette imagerie pourrait notamment améliorer la détection de l'ostéoporose et de certains cancers ou problèmes de calcification, et la mesure de leur gravité. La même méthode améliorera la détection des explosifs ou armes dans des bagages à main, comme des défauts ou corrosions de structures fonctionnelles (métallurgie, plasturgie…). Les chercheurs espèrent pouvoir rapidement adapter les équipements de radiographie existants dans les aéroports. Qualité de l'image. Les principaux critères de qualité d'une image radiographique sont le contraste, le grain et la netteté. Le contraste de l'image radiante dépend du coefficient d'atténuation, l'épaisseur des structures rencontrées et de l'énergie des photons incidents. Les photons sont d'autant plus pénétrants qu'ils sont de forte énergie. Une augmentation du kilovoltage rend donc les photons plus pénétrants vis-à-vis de toutes les structures traversées, ce qui a pour effet de réduire le contraste. Une augmentation du kilovoltage à mAs fixes augmente la dose reçue au patient et la quantité de photons reçue par le détecteur. Mais accompagnée d'une diminution des mAs, une augmentation du kilovoltage permet de réduire la dose au patient tout en conservant la même quantité de signal au niveau du détecteur. Seul le contraste est affecté par cette optimisation de radioprotection. Le contraste est aussi détérioré par la présence de rayonnement diffusé. Minimiser la proportion de rayonnement diffusé est possible en réduisant le volume diffusant (en limitant le champ irradié avec les diaphragmes ou en limitant l'épaisseur traversée par compression), en utilisant une grille antidiffusante ou avec la technique. Le contraste final de l'image dépend également de la courbe sensitométrique du détecteur. Le grain ou moutonnement ou bruit de l'image correspond à la non-uniformité de l'image lorsque le détecteur est directement irradié par un faisceau homogène de photons, il est alors possible d'observer des grains. Cela est lié à la fois au bruit quantique des photons arrivant au détecteur, à la distribution des éléments sensibles au sein du détecteur (cristaux de bromure d'argent pour les films) et à toute autre source de bruit de la chaîne de détection. Le bruit est souvent comparé à l'intensité du signal mesuré. Le rapport signal sur bruit est ainsi un indicateur de la qualité d'une image. La netteté de l'image s'oppose au flou. On distingue plusieurs origines de flou : le flou du foyer (géométrique), le flou du détecteur et le flou cinétique. Le fait que le foyer optique ne soit pas ponctuel crée dans l'image un flou géométrique, dépendant des distances entre le foyer, l'objet visualisé et le détecteur. Le flou du détecteur est lié à la résolution spatiale du détecteur. Enfin, le flou cinétique est dépendant des mouvements entre la source, l'objet et le détecteur pendant la réalisation de la radiographie. En médecine, ce flou est lié aux mouvements fortuits ou physiologiques du patient. Afin de réduire au minimum ce flou, il est possible de diminuer le temps de pose. Un certain flou dû au rayonnement diffusé peut aussi être observé sur l'image sur les zones de transition entre différentes structures. L'image radiographique, pour être interprétée, doit contenir des informations sur l'objet visualisé et les conditions dans lesquelles elle a été réalisé. Cela permet par exemple de pouvoir différencier la droite de la gauche sur l'image radiographique d'un objet symétrique. Avec l'arrivée de la radiologie numérique, l'image est devenue un fichier informatique, dans lequel toutes ces informations sont stockables. En médecine, la présence d'informations comme le nom du patient est une obligation médico-légale. Des normes ont donc été établies pour les systèmes d'information de radiologie (SIR) et les systèmes d'information hospitaliers (SIH). La plus utilisée est la norme DICOM qui est un modèle orienté objet pour le stockage et l'échange de données d'imagerie médicale. Applications. En imagerie médicale ou vétérinaire, la radiographie est utilisée pour le diagnostic de diverses pathologies. Ce type d'examen peut également permettre de contrôler la bonne délivrance d'un traitement lors d'interventions invasives ou dans le cadre des traitements par radiothérapie. L'industrie fait également appel à cette technique pour contrôler la qualité des pièces produites, lors de contrôles non destructifs, en particulier des pièces de fonderie. La radiographie possède un grand nombre d'autres applications, notamment l'imagerie radioscopique de sûreté dans le domaine de la sûreté aéroportuaire, dans les contrôles douaniers ou encore la radioscopie de sûreté dans l'analyse du contrôle de la correspondance. L'archéologie ou l'histoire de l'art utilise la radioscopie pour contrôler des œuvres d'art (différentes couches de peintures sur les toiles), ou l'intérieur d'un contenant sans avoir à l'ouvrir. Exposition médicale. Ces résultats sont à comparer avec l'exposition moyenne de la population française qui est de par an, dont proviennent de l'exposition naturelle, provient des examens médicaux et environ est lié aux rejets des centrales et aux essais nucléaires. Recyclage des radiographies. Les radiographies devenues inutiles ou de personnes décédées faites par des procédés argentiques contiennent des sels d'argent toxiques (environ d'argent par tonne d'images). Les radiographies numériques n'en contiennent pas ou en contiennent peu, mais peuvent également être recyclées. En France, les centres de radiologie, les pharmacies et les déchetteries doivent accepter de les récupérer pour les envoyer vers une filière spécialisée de retraitement ("Rhône-Alpes argent", "Recycl-M" et certaines ONG, tel l'ordre souverain de Malte, en extraient l'argent). Une fois l'argent extrait, la matière plastique en est recyclée ou fait éventuellement l'objet d'une valorisation thermique. À partir des années 1950 en URSS, la censure contre les vinyles occidentaux conduit les "stiliaguis" (« zazous » soviétiques) à utiliser des radiographies pour enregistrer la musique occidentale (jazz, rock) à l'aide de phonographes. Ces supports sont nommés « ' » (côtes) ou « ' » (os).
Rōmaji Le terme désigne les caractères de l'alphabet latin utilisés dans le cadre de l'écriture japonaise. Ils se surajoutent aux deux syllabaires initiaux du japonais : les hiraganas et les katakanas. Usages contemporains. Ils sont peu utilisés dans la langue japonaise et servent surtout à : Dans l'éducation. En raison des usages énoncés ci-dessus, les caractères latins sont enseignés dès l'école primaire. Histoire. Plusieurs transcriptions du japonais ont été proposées. Les premières transcriptions sont conçues par les premiers missionnaires et commerçants portugais au . Ainsi, paraît vers 1591, le premier livre japonais écrit en rōmaji , livre religieux écrit par le jésuite portugais Alessandro Valignano. D'autres transcriptions sont proposées par des Français, des Italiens et des Allemands, mais seule la transcription hollandaise est présente au Japon durant les années d'isolement imposées par le shogunat d'Edo. Lors de la période Meiji apparaissent les premières transcriptions modernes. Dès 1867, le missionnaire américain James Curtis Hepburn propose sa méthode de transcription, basée sur la phonétique du japonais et qui rencontre donc un grand succès auprès des étrangers. Même en France, elle rend caduque la transcription francophone proposée par Léon Pagès. crée en 1885 une nouvelle transcription, plus proche de la logique du système d'écriture des kana. Cette transcription est reprise et complétée par le gouvernement japonais qui normalise la transcription kunrei-shiki en 1939 et 1954. En 1989, la norme ISO 3602 institue le kunrei-shiki comme la transcription internationale officielle. Cependant, dans les faits, la transcription Hepburn est la plus utilisée hors du Japon. Comparaison des principales transcriptions. Il existe des divergences sur : Noms japonais des lettres de l'alphabet latin. La prononciation servant à épeler un mot écrit en alphabet latin est dérivée des noms des lettres de l'alphabet en anglais britannique, adapté à la phonologie du japonais. Les éléments indiqués en gras dans le tableau ci-dessous sont recommandés pour les émissions de la télévision publique japonaise NHK (2017). Les éléments indiqués entre parenthèses sont des alternatives d'usage plus rare, reconnues par seulement une partie des dictionnaires. En outre, l'usage de エッチ ("etchi") pour la lettre H est généralement évité de nos jours en raison de la connotation grivoise qu'a pris le terme en japonais ; il est donc préférable d'employer エイチ (eichi).
Liste de revues informatiques sur papier Cette page présente une liste de revues ou magazines informatiques paraissant ou ayant paru sur papier. Elle ne concerne pas les revues ou magazines paraissant exclusivement sur internet. Revues françaises. "Remarque:" ces revues sont aussi disponibles en Belgique, mais elles coûtent plus cher (quelques % en plus) et apparaissent dans les kiosques avec un retard aléatoire. Voir aussi Presse informatique Titres disparus. Une liste plus complète de titres disparus est disponible en ligne
Régents Fujiwara Les régents Fujiwara (藤原) furent les principaux dirigeants du Japon de l'époque de Heian. Ils dirigèrent auprès des empereurs mineurs (ils portaient alors le titre de "sesshō") ou adultes (on les appelait dans ce cas "kanpaku"). Ils appartenaient tous à la puissante famille Fujiwara. Prise de pouvoir des Fujiwara. Fujiwara no Yoshifusa (藤原良房, 804-872) fut le premier des régents Fujiwara. Yoshifusa était un politicien habile ; il devint le premier régent de l'histoire japonaise qui n'était pas lui-même issu de la famille impériale. Par la suite, il réussit à installer l'empereur Seiwa, qui n'était autre que le fils de sa fille Meishi ou Akirakeiko et de l'empereur Montoku. Yoshifusa instaura donc durablement le pouvoir des régents Fujiwara. Fin des régents Fujiwara. Le clan Fujiwara a dirigé le Japon jusqu'au règne de l'empereur Go-Sanjo, qui fut le premier empereur depuis l’empereur Uda (au ) dont la mère n’était pas une Fujiwara. L'empereur Go-Sanjo rétablit la puissance impériale grâce à sa forte personnalité et à des réformes pour diminuer l'influence des Fujiwara. Il établit également des institutions centralisées pour contrôler la propriété des terres, ce bureau a notamment permis de remettre en cause les parcelles de nombreux grands propriétaires comme les Fujiwara qui n’avaient pas acquis correctement certaines de leurs terres. L'empereur Go-Sanjo a également établi l'Incho, ou bureau de l'empereur retiré, destiné à remplir l’espace auprès de l’empereur resté inoccupé par le déclin des Fujiwara. Plutôt que d’être bannis, les Fujiwara furent la plupart du temps maintenus dans leurs anciennes positions, mais en étant mis à l’écart des décisions impériales. Progressivement, beaucoup de Fujiwara furent remplacés, la plupart du temps par des membres du clan Minamoto. Tandis que les Fujiwara tombaient dans des conflits internes et se divisaient en factions nordiques et méridionales. La période de 1086 à 1156 fut l'âge de la suprématie de l'Incho et de l'élévation de la classe militaire des samouraïs dans tout le pays. Les militaires prirent le dessus sur les autorités civiles partout dans le pays. En 1156, la rébellion de Hōgen permet aux Fujiwara de regagner leur ancienne puissance, Mais en 1160, à la suite de la rébellion de Heiji, Taira no Kiyomori, chef du clan Taira, avec l'appui de Fujiwara no Nobuyori soutient un nouvel empereur, le fils de Go-Shirakawa, l'empereur Nijo, alors que Minamoto no Yoshitomo et les alliés Fujiwara no Tadamichi et Fujiwara no Michinori restent fidèle à l'empereur Go-Shirakawa. Ces derniers sont mal préparés, et le clan Taira prend rapidement le pouvoir à Kyōto, Fujiwara no Michinari et Fujiwara no Tadamichi sont exécutés alors que le palais de Go-Shirakawa est brûlé. Avec la mort de ses principaux concurrents, Fujiwara no Nobuyori force le jeune empereur à le nommer Chancelier impérial, marquant ainsi une étape décisive de sa prise de pouvoir. Les Fujiwara conserveront une part du pouvoir face au puissant clan Taira jusqu’à la guerre de Gempei qui verra l’avènement du clan Minamoto et du premier bakufu. Au , le clan Fujiwara du Nord (Hokke) se scinda en cinq familles : Konoe, Takatsukasa, Kujō, Nijō et Ichijō. Ces familles continuèrent à se partager à tour de rôle les titres de régents (sesshō et kampaku), devenus largement honorifiques dans le nouveau système du bakufu dans lequel la noblesse de cour avait perdu tout rôle politique. Les membres du clan Fujiwara continuèrent à occuper des rôles de régents, conseillers et ministres auprès de l'empereur jusqu'au .
Shikken est le titre donné aux régents des shoguns de Kamakura. Après la mort de Minamoto no Yoritomo, le premier shogun de Kamakura, Tokimasa Hōjō intrigue avec sa fille pour enlever le pouvoir à son petit-fils Minamoto no Yoriie, le nouveau shogun, et diriger le gouvernement. Par la suite, les "shikken", tous membres du clan Hōjō, gouvernaient effectivement en lieu et place du shogun (et en son nom), et étaient également chefs du "mandokoro" (sorte de ministère des Finances du "bakufu") et Yoshitoshi, le second shogun, en fit aussi les chefs du "samurai-dokoro" (sorte de ministère des Affaires militaires), après avoir éliminé le clan Wada, ce qui fait du poste de "shikken" le plus important dans le gouvernement du Japon, ayant bien plus de pouvoir que le shogun ou de l'empereur. À partir de 1224, les "shikken" furent parfois secondés par un "rensho" (cosignataire). Si le début de la liste se confond avec celle des "tokusō" (chefs du clan Hōjō), Hōjō Tokiyori sépare les deux postes en installant Hōjō Nagatoki en tant que "shikken" et son fils Hōjō Tokimune à sa succession en tant que "tokuso". Le pouvoir effectif passe alors des "shikken" aux "tokuso".
Recommandations de la conférence générale de l'UNESCO en faveur de l'espéranto Les recommandations de la conférence générale de l'UNESCO en faveur de l'espéranto sont deux résolutions, adoptées en 1954 puis en 1985, par la conférence générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) visant à favoriser l'usage de l'espéranto. Recommandations adoptées. Deux recommandations en faveur de l'espéranto ont été adoptées par la conférence générale de l'UNESCO : Propositions non retenues. Depuis, il y a eu d'autres propositions de résolution qui n'ont pas été retenues, par exemple, à Paris, le où cette résolution aurait permis à la conférence générale de notamment : Autres reconnaissances. Par contre, il y a eu des messages du Directeur général de l'UNESCO, comme celui adressé à l'occasion du en Lituanie, au , dans lequel, notamment le Directeur déclare :