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ROT13 Le ROT13 () est un cas particulier du chiffre de César, un algorithme simpliste de chiffrement de texte. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un décalage de de chaque lettre du texte à chiffrer. Son principal aspect pratique est que le codage et le décodage se font exactement de la même manière. Limites d'un chiffre de César. Un défaut de ce chiffrement est qu’il s’occupe des lettres, il ne s’occupe pas des symboles et de la ponctuation. C’est pourquoi on doit supprimer toute accentuation du texte à chiffrer (ce défaut est moins gênant pour l'anglais que pour le français ou l'allemand). Il ne s'occupe pas non plus des chiffres, ce qui était sans importance puisque les romains écrivaient leurs chiffres avec des lettres ("I", "V", "X", "L", "M", etc.). Pour l'utiliser aujourd'hui, il suffit de convertir d'abord les chiffres en utilisant la notation romaine, ou en lettres ("UN" pour "1", "DEUX" pour "2"…). En pratique, lors du traitement d'un texte, les implémentations de ROT13 ne remplacent que les lettres non accentuées, et laissent inchangés les autres caractères, tels que les lettres accentuées, les chiffres et la ponctuation. Un caractère étant invariablement remplacé par un autre, cet algorithme est aussi qualifié de substitution monoalphabétique. L'algorithme. À l’aide de la définition de cet algorithme (décalage de 13 caractères de chaque lettre), on peut alors définir la correspondance entre les caractères en clair et chiffrés : L’avantage de ROT13, c’est le fait que le décalage soit de 13. L’alphabet comporte , et si on applique deux fois de suite le chiffrement, on obtient comme résultat le texte en clair. Pour cela on doit considérer l’alphabet comme circulaire, c’est-à-dire qu’après la lettre Z on a la lettre A, ce qui permet de grandement simplifier son usage et sa programmation puisque c’est la même procédure qui est utilisée pour le chiffrement et le déchiffrement. ROT13 va à l’encontre du principe de Kerckhoffs car si l’adversaire apprend ou devine que le message a été chiffré en ROT13, il sera capable de le déchiffrer sans problème. Utilité. Bien qu'il ne soit pas évident de lire un texte une fois qu’il est chiffré avec ROT13, ce chiffrement est inapproprié pour conserver des secrets en sécurité. Il est plutôt utilisé dans les pages web pour ne pas dévoiler à tous des solutions de jeux, des fins de films ou pour ne pas divulgâcher l’intrigue d’une série… Variante. ROT47 est une variante de ROT13 qui permet de chiffrer les lettres, les chiffres, et les autres caractères spéciaux. ROT47 se base sur le code ASCII, qui assigne à chaque symbole un nombre. Il utilise les nombres dans l’intervalle 33 à 126, correspondant respectivement au point d’exclamation (« ! ») et au symbole tilde (« ~ »). Ensuite, selon le même principe que le ROT13, il effectue une rotation de . Le fait d’utiliser un panel de symboles plus important que le ROT13 permet un brouillage plus efficace, même si le code reste trivial à déchiffrer. Outils. Outre quelques traducteurs en ligne, il existe aussi des extensions à des outils de messagerie ou à des navigateurs internet. On peut également citer : tr a-zA-Z n-za-mN-ZA-M L'éditeur de texte Vim supporte également nativement ce chiffrement: voir commande codice_1.
Liste de mets à base de fromage De très nombreux mets à base de fromage sont préparés dans diverses cultures.
Les Rêveries du promeneur solitaire Les Rêveries du promeneur solitaire est un ouvrage inachevé de Jean-Jacques Rousseau rédigé entre 1776 et 1778, en France, à Paris puis chez René-Louis de Girardin au château d'Ermenonville. Ce livre annonce, à la manière des "Nuits" d'Edward Young (1742-1745) ou des "Souffrances du jeune Werther" de Goethe (1774-1787), la naissance du romantisme européen. Historique. "Les Rêveries du promeneur solitaire" est une publication posthume de l'écrivain et philosophe genevois Jean-Jacques Rousseau. Il constitue le dernier de ses écrits, la partie finale ayant vraisemblablement été conçue quelques semaines avant sa mort, et l'œuvre étant inachevée. Sa rédaction s'est établie tout au long des deux dernières années de sa vie, jusqu'à son refuge au château d'Ermenonville : la nature solitaire et paranoïaque de l'auteur malgré une notoriété croissante l'a contraint à cet exil après l'accueil de ses "Dialogues", et peut-être également la mort de Louis François de Bourbon (dit "le Prince de Conti") durant l'été 1776. Présentation générale. "Les Rêveries du promeneur solitaire" tiennent à la fois de l'autobiographie et de la réflexion philosophique : elles constituent un ensemble d'une centaine de pages, l'auteur employant très généralement la première personne du singulier et apportant par digressions quelques détails sur sa vie. Le livre, qui se présente comme de Rousseau, est composé de dix sections inégales, appelées "promenades", qui sont des réflexions sur la nature de l'Homme et son Esprit. Rousseau, à travers cet ouvrage, présente une vision philosophique du bonheur, proche de la contemplation, de l'état ataraxique, à travers un isolement relatif, une vie paisible, et surtout, une relation fusionnelle avec la nature, développée par la marche, la contemplation, l'herborisation que Rousseau pratique. Ces "Rêveries" cherchent à produire chez le lecteur un sentiment d'empathie qui lui permettrait à travers l'auteur de mieux se saisir lui-même. Avec les "Confessions", Jean-Jacques voulait d'abord faire la lumière sur le citoyen Rousseau et sur sa vie ; cette œuvre postérieure est davantage une invitation au voyage et une réflexion générale sur son mode de pensée. Nouveauté du projet. L'exploration que Rousseau a fait de lui-même a créé une véritable révolution. Depuis le romantisme, écrire sur soi, l'introspection, l'intérêt qui s'attache à ce qu'un individu a de particulier, n'a rien de révolutionnaire. À l'époque de Rousseau, la sphère des lettres n'était pas propice à l'introspection. L'individu ne se définissait pas par son existence propre, mais à travers son groupe social. Rousseau participe à la genèse de l'individualisme. Cette œuvre est inclassable, à la croisée de plusieurs formes littéraires : mémoire, confession religieuse et essai - tout en les dépassant. Rousseau inscrit ces derniers écrits autobiographiques dans cette triple dimension. L'écriture du « moi » n'est plus spécifiquement chrétienne ni aristocratique. Les mémoires. Les mémorialistes écrivent pour illustrer leur fonction dans le monde. Cependant, Rousseau s'en distancie. Rousseau ne laisse aucune place à la généalogie. Il se limite à dire qui sont ses parents. Les confessions constituent une véritable coupure avec le style mémorialiste. Rousseau s'y introduit lui-même comme un être à la fois différent et ordinaire. Chose inconcevable pour la noblesse d'alors, Rousseau ne se définit plus par son nom. Avant Rousseau, les mémoires n'étaient pas le lieu de démarches introspectives mais se voulaient témoignant de l'histoire. Rousseau veut quant à lui présenter sa propre personnalité et son évolution au lecteur. Les confessions religieuses : examens de conscience faits à Dieu. Dans son caractère apologétique, l'œuvre ressemble à des confessions religieuses, comme celles de Saint Augustin. Cependant, Rousseau se distingue d'autres confessions religieuses. Rousseau se laisse aller au plaisir de l'écriture et au plaisir de la remémoration. L'écriture seule entretient les rêveries et souvenirs. Dans les "Rêveries", Rousseau a ouvert la porte à la lecture et à l'écriture moderne. Les essais. Rousseau cherche à se distancier, pourtant, de ce qui avait déjà été fait, car il écrit pour lui et non pour le monde. Il abandonne l'explication ou la volonté de s'expliquer au monde. Rousseau a déjà prouvé qu'il était innocent. Les "Confessions" sont un récit complet, à la différence d'autres essais. Première promenade. Résumé. Insulté et blessé par ses contemporains depuis plus de 15 ans, Jean-Jacques Rousseau s'est débattu pendant 10 ans avant de cesser toute résistance, pour parvenir enfin à la tranquillité. Cette nouvelle attitude est le fruit d'une réflexion : sentant qu'il a toujours le dessous face à ses ennemis, il préserve ainsi son énergie ; de plus, devenu incapable d'imaginer pire que ce qu'il endure, il ne craint plus rien. Il lui est également impossible d'envisager une meilleure situation, et il préfère maintenant sa solitude. Il a enfin perdu l'espoir d'une reconnaissance posthume, avec lequel il vient d'écrire ses "Dialogues" : ses ennemis comptant parmi eux des corps collectifs, notamment les médecins et les oratoriens, ils se renouvelleront à chaque génération et tourmenteront sa mémoire après sa mort. Dans cet état, Rousseau décide d'écrire, exclusivement sur lui et ses idées, et prend le parti d'écarter ce qui lui déplaît. Cet examen de sa personne, comme celui qu'il avait mené auparavant dans les "Confessions", lui permettra de mieux se connaître et peut-être de s'améliorer. Mais il ne s'agit plus de confessions car il ne fait plus rien, ni de bien ni de mal, et ne vit qu'intérieurement. De plus, cette fois il écrira ses pensées dans l'ordre où elles lui viennent et, seul point qui distingue son entreprise de celle de Michel de Montaigne lorsqu'il rédigeait ses "Essais", il ne le fera que pour lui-même, pour le plaisir de les écrire et plus tard de les relire. Alors qu'il se cachait pour écrire "Confessions" et "Dialogues", il ne craint plus qu'on lui vole ou falsifie son texte, et personne ne peut troubler son bonheur. Analyse. Ainsi débute le texte des "Rêveries". Jean-Jacques Rousseau interpelle directement le lecteur, lui faisant part de sa retraite et de sa condition, se posant lui-même comme un vieil homme sans illusion. Rousseau pose le texte des "Rêveries" comme celui d'un homme apaisé. Jugeant l'œuvre des "Rêveries" comme une thérapie personnelle, il les considère également implicitement comme ses dernières lignes, sans escompter ni désirer de lecteurs. Deuxième promenade. Dans cette seconde promenade, Rousseau explique son approche particulière de ses rêveries : il ne fait pas que les décrire, il les revit à chaque fois qu'il se les remémore. Pour appuyer son explication, il fait part d'un exemple concret : son accident survenu le sur le chemin de retour d'une promenade à travers les vignes et les prairies entre Ménilmontant et le bourg de Charonne dans le Nord-Est de Paris. Il raconte avec précision comment les gens ont cru à sa mort bien qu'il ne souffrît que de quelques blessures. Cet instant de sa vie représente un moment-clé pour lui, puisqu'à cause de cet accident il perd la conscience de son identité pendant quelques minutes et se retrouve comme "Le Voyageur sans bagage" de Jean Anouilh, au plus proche de sa nature originelle d'homme. Cette expérience le porte à croire toujours plus que l'homme serait davantage heureux dans un état de nature puisque ces quelques minutes d'errance sont le plus bel instant de sa vie d'homme. Pour lui le bonheur est dans l'ignorance. Par ailleurs, la violence du choc de l'accident est paradoxale avec le calme et l'extase ressentis par Rousseau. C'est aussi lors de cette promenade que Rousseau découvre l'incroyable comportement des gens. Au contraire d'hommages « posthumes », on porta outrages et indignités à sa mémoire ; la vénalité des hommes fit qu'ils avaient déjà souscrit une impression des ouvrages que l'on pourrait retrouver chez lui après sa mort. Rousseau condamne ces actes mais se sent impuissant à modifier les choses. On le retrouve blessé et son dégoût vis-à-vis des hommes n'est alors qu'amplifié. Il parle de « complot universel ». Cependant, la « vérification » que Rousseau donne de l'existence du complot est parfois expérimentale. Rousseau regarde son sort comme voulu par Dieu et s'aperçoit que la méchanceté des hommes est trop parfaite, trop absolue, pour être chose humaine : elle résulte donc d'une volonté divine : . Rousseau s'en remet au jugement divin, sans toutefois laisser de côté le fait de cultiver la vertu théologique de l'espérance puisque sa volonté est voulue par Dieu, c'est de la Volonté de Dieu qu'il espère une certaine réhabilitation. Cette dernière réflexion de la seconde promenade introduit la troisième. Troisième promenade. La citation qui inspire le chapitre vient d'un vers de Solon : Rousseau entre dans sa troisième réflexion en parlant de l'expérience : . Ici, la citation s'inspire d'un proverbe de Bias de Priène : . Il emmène une question d'ordre purement philosophique, à savoir si aux moments qui rapprochent l'homme de la mort, il est temps pour lui d'apprendre comment il aurait dû vivre ? Il répond peu après : Cette métaphore traditionnelle du cours de la vie donne espoir à Rousseau et le pousse à réfléchir sur la morale métaphysique. Dans cette troisième promenade, Rousseau examine les dispositions de son âme en ce qui touche ses sentiments religieux. Il remonte ainsi le chemin qui l'a conduit à écrire "Profession de foi du vicaire savoyard". Le thème de la morale est également évoqué comme étant dépendante de la métaphysique, car ce qu'on doit faire dépend de ce qu'on doit croire. Rousseau présente sa première réflexion sous forme de discours qui est une présentation vivante de ses opinions révélées dans toute la promenade : La dernière phrase est très éloquente : Quatrième promenade. Rousseau explique et justifie sa devise sur la vérité. Pour lui, il existe deux catégories de mensonges : Mentir dans la littérature : Il a souvent été tenté de mentir sur des épisodes de sa vie lorsqu'il écrivait ses "Confessions", afin de donner une image positive de lui, mais il a préféré exagérer un peu ces situations, afin d'être un peu dur avec lui-même, et d'une certaine manière, de porter un jugement sur sa personne. Il a donc un peu tendance à être masochiste, en se rudoyant lui-même. C'est grâce à cette méthode qu'il espèrera d'une certaine façon, se déculpabiliser, en inspirant au lecteur une certaine compassion. Mettant en évidence des mensonges superficiels, il pourrait y trouver moyen de cacher une vérité plus grave. Cinquième promenade. La Cinquième promenade fait l’éloge du "far niente", de l’oisiveté, ou plutôt d’une activité sans contrainte. Le texte est rédigé d’après les souvenirs qu’a gardés Rousseau de son séjour sur l’île Saint-Pierre au milieu du lac de Bienne en Suisse. Dans cette cinquième promenade, Rousseau parle du concept du bonheur "un état fugitif qui nous laisse encore le cœur inquiet et vide, qui nous fait regretter quelque chose avant, ou désirer encore quelque chose après." Il décrit aussi un retour possible à un état non agité ou au calme des sens après avoir concentré ceux-ci sur le rythme et le mouvement des vagues du lac et cessé tout mouvement de ses pensées, illustrant à la fois l’état de concentration et de méditation. Sixième promenade. La dette est un devoir à remplir, le don est un plaisir que l'on se donne. Rousseau explique la conception de sa liberté, qu'il considère primordiale, et qu'il démontre par le contrat tacite entre un bienfaiteur et un obligé. Dès lors que l'on sait à quoi s'en tenir une fois l'engagement pris sciemment, la liberté se réalise le mieux dans l'abstention. Rousseau se décrit à nouveau, comme il le fait au sujet de sa vivacité intellectuelle dans la "Cinquième Promenade" : au cours de la sixième, il démontre son altruisme, et le raisonnement qui doit en découler si l'on suit ce que la liberté impose et propose, et ce que l'humanité impose ou retient, contre ou selon son gré. Devant la condescendance du bienfaiteur, il faut savoir toujours prévoir les conséquences, sous peine d'un assujettissement. Septième promenade. Rappelons que la Septième rêverie est la dernière qui soit parvenue mise au net des mains de Rousseau. Dans ce cas, est-ce l'annonce que ce serait déjà la fin des rêveries : "le recueil de mes longs rêves est à peine commencé, et déjà je sens qu'il touche à sa fin." La stimulation de la rêverie tient de la botanique, qui lui inspire un certain détachement avec la réalité. Ce détachement lui permet de se sentir en vie, car chaque fois où il revient à lui, à ses méditations, il se sent revivre. Il raconte une herborisation sur le mont Chasseron. Pour Rousseau, les rêveries sont une échappatoire : "penser fut toujours pour moi une occupation pénible et sans charme." Ainsi la botanique ne remplace en aucun point la rêverie, elle la promeut et l'alimente : "Elle me fait oublier les persécutions (...) elle me transporte dans des habitations paisibles (...) elle me rappelle et mon jeune âge (...) et me rend heureux bien souvent encore au milieu du plus triste sort qu'ait subi jamais un mortel." Huitième promenade. L'indifférence pour élément du bonheur. À partir de la Huitième Promenade, l'édition posthume et définitive comprend les brouillons que Rousseau n'a pas mis au net ; les reports et autres insertions sont le fruit d'une recherche scrupuleuse exacte et approfondie par les éditeurs de la première édition (en 1782). Le manuscrit est une écriture beaucoup plus petite et fait beaucoup de références et de renvois nombreux. Rousseau parle de l'indifférence face au joug de l'opinion sur soi. Il ne s'agit pas de l'ignorer, mais plutôt de le maîtriser, dans l'indifférence. Neuvième promenade. Il y explique ses amitiés, comme élément de son altruisme. "Les petites privations s'endurent sans peine quand le cœur est mieux traité que le corps." Dixième promenade. Promenade finale, elle est aussi la plus courte de l’ouvrage car elle est inachevée, Rousseau étant mort avant d’avoir pu finir son œuvre. Rousseau revient en quelques lignes sur le souvenir des Charmettes (à proximité de la ville de Chambéry) et de son amour pour Madame de Warens, avant de s’éteindre quelques semaines plus tard d’une crise d’apoplexie.
Radioélectricité La radioélectricité désigne les phénomènes qui régissent la formation et la propagation des ondes électromagnétiques de faible énergie. Elle est le fondement de toutes les techniques de communication ayant pour support les ondes électromagnétiques. Historique de la découverte. Les transmissions radio sont une invention collective de la fin du . D'abord sur le plan scientifique : Les confirmations expérimentales de ces découvertes ne tardent pas à en mesurer les effets au moins pour la radioélectricité : Les premières applications technologiques suivent, d'abord à titre de démonstration puis pour leur utilisation par les autorités civiles ou militaires (et plus tard à destination de produits commercialisés auprès du grand public) : Il faudra encore attendre le soir de noël 1906 pour que Reginald Aubrey Fessenden réalise la première émission radiophonique, transportant non pas seulement des signaux télégraphiques mais la voix humaine, uniquement par les ondes radio et sur plusieurs centaines de kilomètres (comme on le faisait déjà par téléphone mais sur un support électrique).
RPR RPR est un sigle désignant plusieurs entités.
Rassemblement pour la République Le Rassemblement pour la République (RPR) est un parti politique français ayant existé entre 1976 et 2002. Classé à droite et se réclamant du gaullisme, c'est-à-dire des idées politiques de Charles de Gaulle, il évolue d’une orientation souverainiste et sociale dans les années 1970 vers une ligne plus libérale et europhile dans les années 1990-2000. Créé sous l'impulsion de Jacques Chirac , alors en conflit avec le président Valéry Giscard d'Estaing, le RPR est avec l'UDF la principale force d'opposition lors des deux septennats de François Mitterrand (1981-1995). Participant aux deux premières cohabitations (1986-1988, 1993-1995), il soutient avec succès Jacques Chirac aux élections présidentielles de 1995 et 2002. Avec pour objectif de créer un grand parti de droite unique suivant le modèle des Républicains américains ou de la CDU allemande, le RPR se dissout au sein de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002. Histoire. Partis gaullistes avant le RPR. Le RPR s'inscrit dans une histoire longue de différents partis gaullistes ou proches des majorités gaullistes. Ces partis ont servi de plateforme électoral pour de Gaulle et ont cherché à rassembler des groupes sociaux différents (gaullistes de droite, gaullistes de gauche, anciens résistants venant de différents milieux sociaux). Il est possible de distinguer plusieurs périodes dans l'histoire des mouvements gaullistes. La première inclut la , époque de succès, puis de déclin du gaullisme politique, avec les formations suivantes : Le Rassemblement du peuple français (RPF) est le mouvement gaulliste le plus important durant cette période avant d'être mis en sommeil en 1955. Refusant de se positionner dans le clivage droite-gauche bien que souvent classé à droite, il est la seule formation de l'histoire du gaullisme lancée par le général de Gaulle. Visant à défendre les propositions développées par son fondateur dans son discours de Bayeux de 1946, il est le principal parti politique d’alors, aux côtés du Parti communiste français. Résolument hostile à la , il défend le renforcement des prérogatives du pouvoir exécutif, ainsi qu’un programme souverainiste, anticommuniste et favorable à une troisième voie entre capitalisme et collectivisme. Avec le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958, de nouveaux partis gaullistes revoient le jour. Ils connaissent un succès électoral significatif, mais d'abord dans le cadre de cartel électoraux avec des partis de droite modérée, centristes et démocrate-chrétiens, puis avec les Républicains indépendants : L’UNR est le parti politique gaulliste du début de la présidence de De Gaulle, étant fondé sur les cendres du RPF. Pour autant, Charles de Gaulle n'accorde jamais son parrainage direct au parti et refuse qu'il puisse se réclamer de son nom. Après la démission du Général en 1969, l'UDR est le dernier parti gaulliste avant la fondation du RPR. Il est l'ancêtre direct du RPR. Jacques Chirac devient en effet secrétaire de l'UDR avant de le faire changer de nom et d'en faire un parti gaulliste critique envers Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République, et défendant une ligne politique différente du « libéralisme avancé » de Giscard. L’UNR, l'UDR et le RPR ont leur siège au 123 rue de Lille (de Paris). Le journal officiel du parti est "La Lettre de la nation Magazine", créé en 1962 et supprimé en 1997. Transformation de l'UDR en RPR. Jacques Chirac annonce sa volonté de rénover l'UDR le , sur la base d'un « véritable travaillisme à la française ». Lors des assises nationales du parti à la porte de Versailles à Paris le suivant, auxquelles participent , l'UDR se dissout pour donner naissance au Rassemblement pour la République (RPR). Jacques Chirac en est élu président à 96,52 % des voix, et désigne son ancien directeur de cabinet à Matignon, Jérôme Monod, comme secrétaire général. Chirac, désirant une force politique populaire, se déplace dans toute la France et une importante campagne de recrutement est lancée (le RPR compte ainsi à la veille des élections législatives de 1978) et ce nouveau mouvement devient bientôt une puissante machine électorale tant orientée contre l'opposition que contre les « giscardiens », en voulant incarner une voie médiane entre « le programme démagogique de la gauche socialo-communiste » et « les solutions de la droite conservatrice, orthodoxe, classique ». Le parti entend (statuts). Le RPR s'oppose ouvertement à la politique menée par Raymond Barre, au nom de l'héritage gaullien d'intervention de l'État, les ministres doivent souvent avoir recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution de 1958, qui dispose qu'un texte proposé est adopté si une motion de censure ne recueille pas de majorité. Le RPR livre ainsi d'abord une de la présidence de Valéry Giscard d'Estaing qui culmine dans le discours d'Égletons (1978) de Jacques Chirac, lorsque celui-ci fixe au RPR l'objectif d'un , avant de passer à une après la victoire de la gauche à l'élection présidentielle de 1981. En effet, lors d'un meeting de à la porte de Pantin le , l'ancien Premier ministre dénonce le « capitalisme sauvage » et affirme que les gaullistes ne doivent pas être confondus avec les « tenants du libéralisme classique » et la « droite » assimilée au giscardisme et au centrisme. Il définit à cette époque le projet gaulliste comme la version française de la social-démocratie. C'est à cette époque que Jacques Chirac lance l'appel de Cochin au ton anti-européen et souverainiste. Il s'agit d'un texte communiqué, le , par Jacques Chirac, alors maire de Paris, président du Rassemblement pour la République, et ancien Premier ministre. Cet appel est signé de Jacques Chirac, mais on en attribue habituellement la paternité réelle à ses deux plus proches conseillers de l'époque, Pierre Juillet et Marie-France Garaud. Ce texte dénonçait notamment la politique « antinationale » de l'Europe fédérale d'un « parti de l'étranger », soit, dans l'esprit du signataire, l'Union pour la démocratie française, parti de centre-droit créé le à l'initiative de Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République. Dans l'opposition à François Mitterrand. Malgré l'échec du RPR représenté par Jacques Chirac aux élections nationales de 1981, le RPR prend le dessus sur l'UDF dans les sondages. Le 7 octobre 1981, le « Club 89 » est créé au sein du RPR. Présidé par Michel Aurillac et animé par un fervent « chiraquien », Alain Juppé, il s'agit d'un « laboratoire d'idées » chargé de « préparer un projet politique applicable dans l'environnement de 1989 », mais en réalité véritable « contre-gouvernement » chargé d'élaborer les programmes du parti pour les principales échéances futures : les législatives de 1986 et la présidentielle de 1988. Chirac fait prendre un virage vers le libéralisme économique initié durant la campagne présidentielle, afin de se poser comme le véritable rempart face au « socialo-communisme » du gouvernement Mauroy et comme une alternative au « libéralisme avancé » de l'UDF qui, selon lui, a déçu en étant trop libéral sur le plan des mœurs et de la sécurité, et pas assez sur le plan économique ; le RPR condamne ainsi par la bouche de Chirac le « trop d'État » dans le domaine économique et social, s'oppose aux nationalisations et prône la fin de la planification et la déréglementation de l'économie, la dénationalisation et la lutte contre la bureaucratie de l'État et la libéralisation du système de protection sociale, selon le modèle de la politique menée à la même époque au Royaume-Uni par le Premier ministre britannique, Margaret Thatcher. Mais dans le même temps, il défend le renforcement de l'État dans les domaines régalien. Le RPR et Jacques Chirac s'alignent donc sur les mouvements du conservatisme libéral des autres pays d'Europe, et, pour ce faire, abandonne les aspects les plus « gaulliens » sur le plan de la politique étrangère et européenne, n'hésitant pas à défendre devant Ronald Reagan, lors d'une rencontre avec le président américain en janvier 1983, l'idée d'une « défense européenne commune » étroitement liée à l'OTAN. Ces prises de position tendent alors à s'approcher des aspirations des petits entrepreneurs, commerçants, professions libérales, agriculteurs, propriétaires et personnes âgées. Cette « révolution idéologique » s'accompagne d'un renouvellement et d'un rajeunissement des cadres du RPR, favorisé par le départ ou la mise à l'écart de la plupart des grands « barons du gaullisme » dans la suite de la candidature manquée de Michel Debré. Selon Alain Duhamel, sur les revendiqués par le RPR, 80 % d'entre eux n'ont jamais adhéré aux différents mouvements qui l'ont précédé dans cette famille politique (UNR puis UDR). À la suite des élections municipales de 1983, 48 % des nouveaux maires issus du parti élus à la tête d'une commune de plus de 30 000 habitants ont moins de 43 ans. Parmi ces trentenaires et quadragénaires, figurent Alain Juppé (proche collaborateur de Jacques Chirac à la mairie de Paris, secrétaire général du Club 89, maire du arrondissement depuis 1983 et secrétaire national du parti au redressement économique et social à partir de 1984), Jacques Toubon (maire du arrondissement de Paris en 1983 et secrétaire général du RPR à partir de 1984), Philippe Séguin (maire d'Épinal à partir de 1983 et secrétaire national du parti chargé de la Décentralisation en 1984) ou Nicolas Sarkozy (ex-protégé de Charles Pasqua, président du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac à la présidentielle de 1981 et maire de Neuilly-sur-Seine depuis 1983). Alors que le gaullisme, tout en s'étant imposé comme une force politique de premier ordre sur le plan national, n'avait jamais réussi à percer réellement dans les élections locales (cantonales ou municipales), l'une des premières conséquences du « recentrage » du RPR vers des positions traditionnelles de la droite lui permet de remporter un certain succès lors des élections cantonales de 1982 et aux municipales de 1983. Aux premières, le RPR obtient ainsi le score le plus important jamais obtenu par une formation gaulliste à ce type de scrutin, à savoir 17,9 % des suffrages exprimés au premier tour et 323 nouveaux sièges de conseillers généraux (portant le nombre d'élus départementaux du parti à 495, contre 343 avant l'élection, tandis que le mouvement préside désormais 13 assemblées départementales). Et, à la suite des secondes, le nombre de communes de plus de dirigées par le parti chiraquien passent de 15 à 35, dont de grandes villes. Une étude statistique montre que la majorité du pays est repassée à droite avec 53,54 % des voix. Les élections sénatoriales de 1983 consacrent en conséquence cette nouvelle assise locale, puisque le groupe RPR à la chambre haute du Parlement français passe de 41 à . Jacques Chirac, quant à lui, remporte une importante victoire aux municipales de Paris en 1983. Les listes de la majorité parisienne sortante (unissant cette fois-ci l'ensemble de la droite de gouvernement) obtiennent non seulement facilement leur maintien à la tête de la capitale, avec plus des deux tiers (67,3 %) des conseillers de Paris, mais remportent aussi le « grand chelem » en obtenant les vingt mairies d'arrondissement (treize RPR, cinq UDF, dont deux PR, deux CDS et un radical valoisien, et deux CNIP). La fonction de maire de la capitale donne à Chirac les moyens de s'opposer directement à la majorité socialiste et à certains « grands projets présidentiels ». Ainsi, obtient-il que François Mitterrand renonce, le , à son ambition de voir Paris organiser l'exposition universelle de 1989. Retour du pouvoir avec la première cohabitation. Les élections législatives de sanctionnent le pouvoir socialiste et voient une victoire de la coalition RPR-UDF qui recueille 43,9% des voix. Le RPR défend alors une ligne plus libérale pour contrer la politique socialiste de François Mitterrand, mais aussi pour occuper une position libérale dont l'UDF avait le monopole. Le scrutin proportionnel permet toutefois aux socialistes d'obtenir 31 % des suffrages. La victoire de la droite est par ailleurs incomplète puisqu'elle ne dispose que d'une courte majorité absolue, d'autant plus que les 35 députés du Front national demeurent dans l'opposition. François Mitterrand nomme ainsi Jacques Chirac, tête de file du RPR sorti vainqueur des législatives, Premier ministre. Il espère ainsi le fatiguer et rendre son parti impopulaire en vue de l'élection présidentielle de 1988. À partir du décembre 1986, les prix, qui pour certains étaient contrôlés depuis 1914 et pour d'autres par une ordonnance de 1945, sont libérés. Philippe Séguin, ministre des Affaires sociales, met en œuvre la suppression de l'autorisation administrative de licenciement, votée en octobre 1974 à l'initiative de Jacques Chirac. Le gouvernement lance aussi une vague de privatisations. Elle entraîne une baisse de l'emploi public (1,86 million à 1,36 million de salariés) et rembourse les nationalisations de 1981 : elles avaient coûté 35 milliards de francs, mais leur privatisation rapportent entre 65 et 75 milliards de francs. Une réforme des universités est aussi mise en chantier par Alain Devaquet, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le 11 juillet 1986, le Conseil des ministres adopte son projet. Mais les manifestations de protestation se multiplient ( le 27 novembre), et le projet est retiré le 8 décembre. Élection présidentielle de 1988 et suites. Le parti reste longtemps centré sur la seule personnalité de Jacques Chirac malgré une certaine hostilité des « barons » toujours attachés à un gaullisme des origines (dont les anciens Premiers ministres Michel Debré et Pierre Messmer, voire Jacques Chaban-Delmas ou encore des « barons » locaux comme le ligérien Olivier Guichard) ainsi que des ministres des . L'autorité du président du parti est de plus en plus remise en question, surtout après son échec à l'élection présidentielle de 1988, avec un éloignement progressif de ses anciens lieutenants (d'abord Pierre Juillet et Marie-France Garaud dès la fin des années 1970, puis Charles Pasqua et Édouard Balladur au début des années 1990), certaines dissensions idéologiques, notamment concernant la construction européenne ou la vision économique et sociale et l'arrivée d'une nouvelle génération. Certains représentants de celle-ci, menés par le député-maire d'Épinal et ancien ministre des Affaires sociales Philippe Séguin, comprenant notamment le député-maire de Lyon Michel Noir, celui de Grenoble Alain Carignon, le député-adjoint au maire de Versailles Étienne Pinte, le député-président du conseil général de la Savoie Michel Barnier et le député-maire de Sablé-sur-Sarthe François Fillon, font partie d'un groupe de jeunes élus issus du RPR et de l'UDF (dont François Bayrou ou Dominique Baudis), baptisé « les Rénovateurs », réunis par un ressentiment partagé envers les trois « anciens » dirigeants de la droite et du centre (Raymond Barre, Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing), devenus à leurs yeux synonymes de « machine à perdre ». Ils ambitionnent alors de présenter une liste unique d'opposition aux élections européennes de . La popularité de Dominique Baudis (ancien journaliste et présentateur de télévision devenu maire UDF-CDS de Toulouse en 1983 en succédant à son père, Pierre Baudis) et Michel Noir (récemment élu maire de Lyon) rapporte un certain succès, notamment médiatique, au mouvement. Toutefois, des dissensions apparaissent, en particulier sur l'Europe, où les positions souverainistes de Philippe Séguin s'avèrent incompatibles avec l'approche fédéraliste des centristes. Finalement, la tentative des « rénovateurs » échoue et la liste conduite par Simone Veil aux élections européennes recueille seulement 8,43 % des voix. À l'approche des assises du RPR du début 1990, où pour la première fois la formation gaulliste désigne ses instances dirigeantes à la proportionnelle, Philippe Séguin et les rénovateurs du RPR font alliance avec Charles Pasqua pour « régénérer le RPR » en s'inspirant « du message du général de Gaulle ». Ils sont notamment rejoints dans leur démarche par Franck Borotra, Élisabeth Hubert, Jean de Boishue ou Jacques Kosciusko-Morizet. Tous défendent une ligne souverainiste sur les questions européennes et se réclament d'une position authentiquement gaulliste. Sentant le danger, Jacques Chirac, qui avait initialement prévu de se tenir au-dessus de la mêlée, s'engage fermement en faisant sien le texte proposé par un des jeunes parlementaires qui lui est resté fidèle, Alain Juppé. Finalement, le courant Pasqua-Séguin obtient 31,68 % des voix lors des assises du RPR au Bourget, le , et Jacques Chirac est réélu président du parti. Opposition au traité de Maastricht. Une nouvelle division apparaît entre partisans d'une ligne pro-européenne et libérale et les défenseurs d'une politique de souveraineté nationale et plus sociale lors du référendum sur le traité de Maastricht du . En effet, Charles Pasqua et Philippe Séguin font tous deux campagne pour le « non » tandis que Jacques Chirac et Édouard Balladur s'engagent fermement pour le « oui ». En 1992, la carrière politique de Philippe Séguin connaît un tournant, lorsqu'il s'engage avec Charles Pasqua pour le « non » au référendum sur le traité de Maastricht, alors que les dirigeants de sa famille politique sont majoritairement en faveur de l'adoption. Fidèle à la tradition gaulliste et attaché à l'implication de l'État dans le domaine social, il estime que le traité européen est une menace pour l'indépendance de la France. Le , il prononce un discours remarqué à l'Assemblée nationale, dans lequel il pourfend la « logique » fédérale du traité et réclame un référendum. Le président François Mitterrand lui donne satisfaction le suivant. Le , ce dernier accepte un débat télévisé avec celui qui est considéré comme le leader du « non », au grand amphithéâtre de la Sorbonne. Malgré la courte victoire du « oui » (tout juste 51 % alors qu'il était pourtant crédité de 70 % au début de la campagne), la notoriété de Philippe Séguin en sort renforcée. Ce dernier poursuit alors, sur un mode plus discret, un lobbying dans les milieux économiques et financiers, pour trouver une solution aux excès de la politique dite du "franc fort", sur fond de dévaluations au sein du système monétaire européen, qui selon lui se traduit par des taux d'intérêt maintenus trop longtemps à un niveau trop élevé. Gouvernement d’Édouard Balladur. Faisant face à un ralentissement de l'activité économique et donc à un creusement des déficits, le Premier ministre tente de faire des économies. Il lance un vaste emprunt d'État qui connaît un grand succès auprès des épargnants et permet, en mobilisant 110 milliards de francs (contre les 40 milliards escomptés), de soutenir l'activité économie. Cela a cependant pour conséquence un alourdissement de la dette de 25 milliards de francs. Le Premier ministre utilise sa faible marge de manœuvre budgétaire pour aider, par des transferts fiscaux, les entreprises à surmonter la dépression économique. Durant l'été 1993, quatre réformes structurelles sont adoptées par le gouvernement. Tout d'abord, la durée de cotisation nécessaire pour obtenir sa pension à taux plein est augmentée de dix trimestres. Les retraites sont indexées sur l'indice des prix à la consommation. La création du Fonds de solidarité vieillesse est décidée, afin de simplifier administrative la gestion des retraites. En août, est votée la « loi Pasqua » du 24 août 1993, qui durcit les conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France par rapport à la précédente « loi Pasqua » de 1986. Élection présidentielle de 1995. Divisé entre « chiraquiens » et « balladuriens » lors de l'élection présidentielle de 1995, ce courant a vu les premiers remettre à l'honneur des thèses sociales ou étatistes et les seconds se placer sur une ligne libérale et conservatrice. L'élection présidentielle de 1995 est une nouvelle source de scission interne. Édouard Balladur, Premier ministre depuis 1993 et jouissant d'une importante popularité, annonce sa candidature le contre Jacques Chirac. Il reçoit le soutien d'une grande partie des trentenaires et quadragénaires du parti tels que Nicolas Sarkozy (son porte-parole de campagne), François Fillon, Patrick Devedjian ou Dominique Perben, mais aussi de Charles Pasqua. Pour sa part, outre les « chiraquiens » qui lui sont restés fidèles (Alain Juppé, Jacques Toubon, Bernard Pons, entre autres), Jacques Chirac est soutenu par Philippe Séguin qui inspire en grande partie son discours sur la fracture sociale. La victoire du président du RPR entraîne une relative mise à l'écart d'Édouard Balladur et de la plupart de ses partisans dont Nicolas Sarkozy au premier chef, tandis que certains, comme François Fillon ou Dominique Perben, sont tout de même présents dans le gouvernement Juppé. Après la défaite aux élections législatives de 1997, les « gaullistes sociaux » (ou séguinistes) et les « libéraux » (ou balladuriens) s'allient pour prendre la direction du parti : Philippe Séguin devient président et Nicolas Sarkozy secrétaire général. Après avoir promu durant sa campagne la fracture sociale (taxée par certains de décorum de campagne), le gouvernement mené par Alain Juppé veut faire respecter le traité de Maastricht et réduire les déficits, une sorte de tournant de la rigueur. Il l'annonce à la télévision le , dans un entretien avec Alain Duhamel. Le gouvernement met l'accent sur la lutte contre le déficit budgétaire et la dette de l'État afin de respecter le pacte de stabilité de l'Union européenne et d'assurer l'arrivée de l'euro. Pour ce faire, le mouvement des privatisations, engagés entre 1986 et 1988 et depuis 1993, se poursuit : il concerne les groupes industriels Pechiney et Usinor-Sacilor en 1995, de la compagnie d'assurances AGF, de l'armateur CGM et de la Banque française du commerce extérieur. De plus en plus impopulaire, le gouvernement d'Alain Juppé doit affronter des grèves massives durant l'hiver 1995-1996, les plus longues mobilisations depuis Mai 68, dues à la réforme des retraites du public (plan Juppé annoncé le prévoyant un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique afin de l'aligner sur celle du secteur privé déjà réformé en 1993, l'établissement d'une loi annuelle de la Sécurité sociale fixant les objectifs de progression des dépenses maladies et envisageant la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif, l'accroissement des frais d'hôpital. Le plan Juppé sur les retraites est finalement retiré dès le , mais le gouvernement refuse de céder sur la réforme de la Sécurité sociale, une loi votée le suivant lui permettant de légiférer par ordonnances en la matière. Échec aux européennes de 1999. En 1999, Philippe de Villiers qui avait été élu sur des listes communes RPR/UDF noue une alliance avec Charles Pasqua, qui entre en dissidence avec le RPR, pour créer le Rassemblement pour la France (RPF). Aux élections européennes du , la liste Pasqua-Villiers arrive, en France, en tête de la droite, devant celle du RPR et de Démocratie libérale emmenée par Nicolas Sarkozy. Avec 13,05 % des suffrages (), la liste Pasqua-Villiers obtient et Philippe de Villiers est réélu député européen. Philippe de Villiers ne siège toutefois que cinq mois au Parlement européen, préférant revenir à l'Assemblée nationale, tout comme d'autres têtes de listes françaises (Nicolas Sarkozy, François Hollande ou Robert Hue). Durant cette période, il est vice-président du groupe Union pour l'Europe des nations au Parlement européen. Dissolution dans l'UMP. Après la création récurrente de cartels électoraux avec ses alliés de l'UDF et d'autres partis de droite, comme l'Union du rassemblement et du centre (URC) en 1988 ou l'Union pour la France (UPF) en 1993, la direction RPR prône — après l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République — un rapprochement plus étroit des structures partisanes. C'est ainsi que, sous l'égide de Philippe Séguin et après l'échec d'une refondation du RPR appelée "Le Rassemblement", est créée en 1998 l'Alliance, qui regroupe le RPR, l'Union pour la démocratie française (UDF) et Démocratie libérale (DL). Cette structure tombe en déshérence dès 1999, à la suite du refus de l'UDF de constituer une liste commune aux élections européennes. En 2000, le RPR lance un chantier de création d'un parti unique de la droite parlementaire : l'Union en mouvement (UEM) se donne pour tâche de préparer l'élection présidentielle de 2002, en rassemblant les tendances gaullistes, libérales et démocrates chrétiennes. Le , le RPR approuve la création d'une Union pour la majorité présidentielle (UMP), destinée à soutenir Jacques Chirac pour le second tour de la présidentielle. Le de la même année, les assises extraordinaires de Villepinte adoptent à 86,5 % la dissolution du RPR au sein de l'UMP, nouveau parti dont les assises fondatrices ont lieu le . Cependant, la puissance de l'influence libérale sur l'ensemble des mouvements politiques de droite (mais aussi de gauche) à travers le monde, ainsi que la difficulté, à imaginer ce qu'aurait été la politique du général de Gaulle plusieurs décennies après sa mort, ont conduit le RPR à se "banaliser" au sein des droites européennes malgré les tentatives de renaissance doctrinale des gaullistes sociaux et souverainistes réunis autour de la revue "Une certaine idée", fondée sous l'égide de Philippe Séguin, en 1998. Après l'élection présidentielle de 2002, le mouvement « gaulliste » Rassemblement pour la République (RPR) est dissout dans un nouveau parti de droite fusionnant avec une partie de l'UDF : l'Union pour un mouvement populaire (UMP). La transformation du RPR en UMP, parti dominant dans la droite française avec un programme jugé libéral et pro-européen, malgré la défense par Jacques Chirac du "modèle social français", pose, dans les premières années du , la question de la pérennité du gaullisme dans la vie politique française. Reprise du nom et du logo. Un ami de Marine Le Pen a mis la main sur le nom et le logo de l’ancien parti, qui était en déshérence. De nouveaux statuts ont été déposés. Idéologie et factions internes. Selon Guillaume Bernard, la ligne idéologique du RPR est difficile à définir : "(...) le logiciel idéologique du RPR est très difficilement identifiable. Avec à sa tête une personnalité comme Jacques Chirac dont les convictions ne semblent pas avoir été très fixes, le RPR était, dans le fond, une auberge espagnole. Cela s’est explicitement révélé au cours de la décennie 1990 avec, notamment, la rupture d’un Charles Pasqua s’alliant à Philippe de Villiers pour défendre des positions souverainistes." Factions et courants au sein du RPR. Parmi les principales tendances qui divisent le RPR figurent les groupes suivants. Les « chiraquiens » ou « néo-gaullistes légitimistes ». Attachés avant tout au dirigeant du mouvement, Jacques Chirac, ils sont marqués par un certain pragmatisme idéologique qui oscille. D'une part, entre un libéralisme mesuré, méfiant à l'égard du capitalisme, et un progressisme social hérité du radicalisme et d'autre part, entre l'attachement au principe « d'indépendance nationale » du gaullisme traditionnel, qui le rapproche des « gaullistes sociaux », et le ralliement à une Europe politique et économique plus intégrée. Ces positions trouvent écho auprès de certains centristes (Philippe Douste-Blazy, Jean-Pierre Raffarin) et du Parti radical valoisien. Outre Jacques Chirac, y figurent Alain Juppé, Jacques Toubon, Bernard Pons, Jean-Louis Debré, Jean-François Mancel, Roger Romani, Pierre-André Périssol, Jean-Jacques de Peretti, Guy Drut, Françoise de Panafieu, Jean Tiberi, François Baroin, Hervé Gaymard, Jean-François Copé, Jean-Paul Delevoye (candidat à la présidence du RPR en 1999), Dominique de Villepin, Josselin de Rohan, Lucette Michaux-Chevry, Gaston Flosse, Jacques Lafleur (même s'il a appelé à voter pour Édouard Balladur en 1995), voire Michèle Alliot-Marie (même si elle a refusé de trancher entre Chirac et Balladur en 1995 et s'est présentée à la présidence du parti en 1999 contre le candidat de l'Élysée, Jean-Paul Delevoye). Au sein de l'UMP après 2002, ils forment le noyau soutenant Alain Juppé à la présidence du mouvement entre 2002 et 2004 puis constituent le courant dit des « chiraco-villepinistes » ou le mouvement Le Chêne de Michèle Alliot-Marie. Les « balladuriens » ou « conservateurs libéraux ». Ceux-ci se rapprochent plutôt des tendances légitimistes et surtout orléanistes de la classification traditionnelle de la droite française par René Rémond. Assez proches de l'UDF, et plus particulièrement de ses ailes libérales (Parti républicain puis Démocratie libérale) voire centristes (le CDS puis Force démocrate, Simone Veil), ils sont plus nettement pro-européens jusqu'à la défense du fédéralisme. Ils se démarquent également par leur attachement à un certain conservatisme fiscal, à la maîtrise des dépenses publiques pour répondre aux critères de convergence de Maastricht et à un certain niveau de dérégulation et déréglementation dans le domaine économique et social afin de mieux insérer la France dans le processus de mondialisation (tout en gardant une forme de patriotisme économique). Cette tendance soutient tout particulièrement la réduction du poids du secteur public et les privatisations initiées par Édouard Balladur en tant que ministre de l'Économie et des Finances de 1986 à 1988 puis que Premier ministre de 1993 à 1995. Outre Édouard Balladur et Nicolas Sarkozy (qui reprend l'initiative au sein de cette tendance après 1997), peuvent également être cités Patrick Devedjian (candidat à la présidence du RPR en 1999), Dominique Perben, Michel Barnier, Michel Giraud, Georges Tron, Patrick Balkany, Christian Estrosi, Bernard Accoyer, Philippe Goujon, Jacques Baumel, Jean-Claude Étienne ou Thierry Mariani. Beaucoup d'entre eux se retrouvent parmi les partisans de la première heure de Nicolas Sarkozy au sein de l'UMP, même si certains (dont Georges Tron) ont rallié le courant de Dominique de Villepin. Courant majoritaire au sein du RPR, puis de l'UMP jusqu'en 2004, avec Jacques Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. D'abord proche à ses débuts du gaullisme traditionnel, il se positionne à droite en adoptant le libéralisme économique au début des années 1980 puis en se ralliant à la construction européenne, dans le cadre d'une stratégie d'alliance avec l'UDF. Attaché à la souveraineté nationale, il défend l'idée d'une Europe politique, puissance indépendante et "différente" des États-Unis, une Europe de la coopération intergouvernementale. Les « séguinistes » ou « gaullistes sociaux ». Troisième principal groupe au sein du RPR, les héritiers du courant représenté dans les années 1970 par Jacques Chaban-Delmas, de tendance sociale-libérale défendent une forme de réformisme social-démocrate sans toutefois remettre en cause l'économie de marché, voire du gaullisme de gauche (à travers surtout le Mouvement solidarité participation, rejetant partiellement ou totalement le capitalisme). Ils sont généralement hostiles à une Europe supranationale et trop libérale. Ils s'approchent sur ce point du « souverainisme » des gaullistes orthodoxes, avec lesquels ils veulent revenir aux valeurs jugées fondamentales du gaullisme mais plus pour leur part sur un plan social. Ils sont également plutôt libéraux et progressistes sur les questions de société, Philippe Séguin ayant notamment voté pour l'abolition de la peine de mort tandis que certaines personnalités pouvant être rapprochés de ce courant, telle Roselyne Bachelot, défendent le droit à la contraception, à l'avortement et parfois du mariage homosexuel. En dehors de Philippe Séguin, la mouvance « gaulliste sociale » est portée par : François Fillon (candidat à la présidence du RPR en 1999 et à celle de l'UMP en 2012), Jean de Boishue, Franck Borotra, Étienne Pinte, Roger Karoutchi, Nicolas Dupont-Aignan, Roselyne Bachelot ou Serge Lepeltier. Parmi les quelques personnalités restantes se réclamant du gaullisme de gauche au RPR : Yves Guéna, Alain Terrenoire, Jean Peyrelevade ou Alain Marleix. Beaucoup se retrouvent au sein de l'UMP dans le club France.9 de François Fillon, le club Nouveau siècle (pour les gaullistes de gauche) ou en partie dans le Mouvement initiative et liberté, mais aussi dans des partis souverainistes tels que le Rassemblement pour la France (RPF) de Charles Pasqua ou plus encore Debout la République (DLR) de Nicolas Dupont-Aignan. Les « gaullistes orthodoxes ». Principalement représentés par Charles Pasqua (à travers son association Demain la France fondée en 1991) et d'autres membres du Mouvement initiative et liberté (MIL), ils forment l'aile droite du RPR. Très critiques à l'égard de la gauche socialiste et communiste mais aussi, dans une certaine mesure, du capitalisme, ils défendent le principe d'indépendance nationale. Ils sont ceux qui s'approchent le plus du bonapartisme de la classification traditionnelle de la droite française par René Rémond. Favorables à un État et à un exécutif forts, ils militent pour le maintien d'un ordre public par la lutte active contre la délinquance, le grand-banditisme et les groupes terroristes mais aussi contre l'immigration clandestine, symbolisée par la politique menée par Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995. Outre Charles Pasqua, les membres de Demain la France incluent : William Abitbol, Isabelle Caullery, Jean-Charles Marchiani, Paul-Marie Coûteaux, Lionnel Luca ou Jean-Jacques Guillet. Demain la France forme une liste intitulée « Rassemblement pour la France et l'Indépendance de l'Europe » dissidente de celle unissant le RPR à DL aux élections européennes du , en s'alliant avec le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers. Elle obtient 13,05 % et 13 élus soit le score derrière le PS mais devant le RPR-DL. Ils quittent le RPR le pour créer le Rassemblement pour la France (RPF, dont la plupart des membres disposent après 2002 d'une double appartenance avec l'UMP à travers surtout l'association Nation et progrès, d'autres ont rejoint Debout la République). Peuvent également être cités parmi les « gaullistes orthodoxes » : Bernard Debré, Jacques Myard, Xavier Deniau, Philippe de Gaulle, Jacques Godfrain ou Robert Pandraud. Programme. Économie. Sous l’impulsion de Jacques Chirac et d’Édouard Balladur, le programme du RPR se rapproche dès les années 1980 du libéralisme anglo-saxon de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, combinant libéralisme économique, politique de libre-échange, nationalisme modéré et conservatisme sociétal. Sur le plan économique, il comprend des privatisations, une baisse des impôts pour les entrepreneurs, la libéralisation des mouvements de capitaux ou encore la suppression de l'autorisation administrative de licenciement. A ce sujet, Mathias Bernard avance : "Cette conception du libéralisme, dirigée contre l’influence de l’État dans l’économie et, plus largement, dans la société, a été préparée sous le septennat giscardien par l’action de Raymond Barre, qui a commencé à rompre avec les pratiques interventionnistes en cours depuis les années 1930, notamment dans la politique des prix. Mais, jusqu’à la défaite de 1981, elle n’a pas fait consensus, ni parmi les giscardiens, ni au Rassemblement pour la République (RPR), où perdure encore l’influence d’un gaullisme assez interventionniste en matière économique et social. À partir de 1981, en revanche, ce discours libéral s’étend (...) en se nourrissant de la critique des mesures dirigistes du gouvernement de Pierre Mauroy, dont l’opposition se plaît à montrer à la fois l’inefficacité et même le caractère nocif et contre-productif." Le RPR s'éloigne ainsi des politiques plus étatistes menées sous De Gaulle au risque de générer de nouvelles tensions en internes notamment en raison de la ligne plus interventionniste de Philippe Seguin. Souveraineté et indépendance nationale. Le RPR hérite historiquement des positions souverainistes et favorables à l'indépendance nationale du gaullisme traditionnel. Le RPR est en faveur dans les années 1970 d'une politique de refus d'une Europe fédérale, de toute réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN et toute évolution vers une Europe fédérale ou supranationale (positions que les gaullistes orthodoxes partagent souvent avec les gaullistes sociaux ou de gauche). Cette ligne souverainiste est manifeste dans l'appel de Cochin dont publication entrait dans le cadre de la « précampagne » du RPR pour les élections européennes de juin 1979. Ce texte dénonçait notamment la politique « antinationale » de l'Europe fédérale d'un « parti de l'étranger », soit, dans l'esprit du signataire, l'Union pour la démocratie française, parti de centre-droit créé le à l'initiative de Valéry Giscard d'Estaing, alors président de la République. Une scission apparaît néanmoins dans les années 1990 au sein du parti entre les libéraux et les pro-européens qui soutiennent le Traité de Maastricht et les partisans du "non" à ce traité (Philippe Séguin et Charles Pasqua principalement). Social et État-providence. À ses origines, Jacques Chirac défendait une politique économique proche d'un « travaillisme à la française ». L’un de ses proches, Philippe Séguin, défend en particulier une meilleure gouvernance économique et sociale sécurisant notamment l'État-providence français avant de pousser à une intégration plus poussée. Dans les années 1980, le RPR s'éloigne de cette ligne au profit d'une politique libérale de droite plus traditionnelle. Immigration. Le RPR prévoit dès les années 1980 la suppression du droit du sol, l'expulsion des immigrés chômeurs depuis plus de deux ans, et la restriction de l'accès aux allocations familiales. En 1990, le RPR, lors de ses états généraux auxquels participent Alain Juppé, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Michèle Alliot-Marie, Roselyne Bachelot, François Bayrou ou encore Nicolas Sarkozy, propose notamment sur le sujet de l'immigration la , la , ou encore l'. Il s'agit de répondre à la montée du Front national la décennie précédente, en ripostant sur le sujet de l'immigration. Le programme du RPR pour les élections législatives de 1993 est toutefois plus consensuel, même si le retour de la droite au pouvoir, après sa victoire, se conjugue avec l'application de certaines mesures, comme la réforme du Code de la nationalité avec les lois Pasqua de 1994, qui limitent le regroupement familial et durcissent l'accès aux titres de séjour. Organisation interne. Siège. Tout comme ceux de ses prédécesseurs l'UNR et l'UDR, le siège du RPR se situe historiquement au 123 rue de Lille (de Paris) après un bref passage au sein de la tour Montparnasse (1976-1977). Entre 2001-2002, le parti déménage au 2 boulevard de La Tour-Maubourg (). Adhérents et groupes internes. Journal interne. Le journal officiel du parti était "La Lettre de la nation Magazine", créé en 1962 et supprimé en 1997. Il était tiré à quatre fois par semaine. Branche féminine. Héritière du Centre féminin d’étude et d’information (CFEI) créé par le général de Gaulle en 1964 au sein de l'UNR, l'association « Femme Avenir » est la branche féminine du RPR. De 1977 à 1988, elle est présidée par Christiane Papon. Branche jeunesse. L'Union des jeunes pour le progrès (UJP, fondée en 1965 et toujours active actuellement) et l'Union des étudiants pour le progrès (UEP) ont tout d'abord constitué les mouvements de jeunesse des mouvements gaullistes successifs, avant que ne soient créés Les Jeunes du RPR, dont l'un des premiers responsables nationaux fut Nicolas Sarkozy (voir Jeunes Populaires). Responsabilités gouvernementales assumées et résultats électoraux. Ministres. "Ne sont listés ici que les ministres, non les secrétaires d'État et ministres délégués." 5 ministres RPR sur 16 ministères (dont 1 ministre d'État sur 3) : 3 ministres RPR sur 13 puis 14 ministères : 7 puis 6 puis 5 ministres RPR sur 19 puis 18 puis 17 ministères : Outre le Premier ministre, 6 ministres RPR sur 14 ministères (dont l'unique ministre d'État) : Outre le Premier ministre, 11 puis 10 ministres RPR sur 23 puis 22 ministères (dont 1 des 4 ministres d'État) : Outre le Premier ministre, 13 ministres RPR sur 26 ministères : Outre le Premier ministre, 6 ministres RPR sur 16 ministères : 9 ministres RPR sur 15 ministères : Intégrité publique. Le RPR a été impliqué dans plusieurs affaires de financement illégal, touchant son administration ou des élus locaux, notamment : Voir aussi. Sources vidéo. Sources sur le RPR sur le site de l'INA : .
Robert Hue Robert Hue, né le à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise), est un homme politique français. Il est secrétaire national (1994-2001) puis président (2001-2003) du Parti communiste français (PCF). Il se présente comme candidat communiste aux élections présidentielles de 1995 et de 2002. Entre 1997 et 2017, il est parlementaire presque sans discontinuer (député de la du Val-d'Oise, député européen, sénateur du Val-d'Oise). Il fonde en 2009 le Mouvement unitaire progressiste (MUP), parti associé à la majorité présidentielle de François Hollande. Biographie. Jeunesse. Fils de parents ouvriers et communistes, il va souvent vendre "L'Humanité" avec son père René, ouvrier maçon. Sa mère, ouvrière textile, a pour nom de jeune fille Raymonde Grégorius. Il étudie au collège d'enseignement technique de Cormeilles-en-Parisis et fonde à l'âge de 16 ans un groupe de rock, « Les Rapaces », sous le nom de Willie Balton (du nom du père d'un ami qui était soldat américain). Il est aussi judoka, champion de France scolaire 1963, ceinture noire deuxième dan. Il participe, le à Paris, à la manifestation pour la paix en Algérie, qui est marquée par la mort de onze manifestants rue de Charonne ; il indique qu'il adhère aux Jeunesses communistes de Montigny-lès-Cormeilles dès , puis un an plus tard au Parti communiste, . Après des études d'infirmier à Paris, il exerce ce métier en psychiatrie au centre de santé municipal d'Argenteuil. Mandats locaux. Au Parti communiste français (PCF), fidèle de Georges Marchais, il acquiert des responsabilités au sein du parti et est élu en 1977 maire de Montigny-lès-Cormeilles. Populaire en son fief, il sera constamment réélu par la suite et obtiendra d'autres mandats tels que celui de conseiller régional d'Île-de-France et conseiller général du Val-d'Oise. En février 1981, il fera brièvement parler de lui à l'échelle nationale en menant un coup d'éclat contre une famille d'immigrés marocains qu'il dénonce à la vindicte populaire comme trafiquants de drogue, sans autre preuve que la lettre de dénonciation d'une voisine de la famille en question, comme le rappelle Philippe Subra (BAGF, Géographies, 2011-2). Cette affaire intervient quelques jours avant un meeting de Georges Marchais à Montigny-lès-Cormeilles. Un roman policier écrit par l'écrivain trotskyste Thierry Jonquet, "Du passé faisons table rase", paru d'abord en 1982 sous le pseudonyme de Ramon Mercader, fait intervenir Robert Hue dans cette controverse sous le nom de Robert Dia. Dirigeant du PCF. En 1987, il entre au comité central du Parti communiste, puis en 1990 au bureau politique. En 1994, alors qu'il est quasiment inconnu, Georges Marchais fait de lui son successeur : il devient alors secrétaire national du parti. Quelques heures plus tard, il commet à l'occasion un lapsus fameux en annonçant : . Poussé par la chute du mur de Berlin et l'érosion idéologique et politique du Parti communiste, Robert Hue entame une politique de mutation du parti dont il vient de prendre la tête : ouverture vers d'autres mouvements, abandon d'un certain nombre de doctrines, création d'un exécutif à deux têtes (il devient président du parti en 2001, alors que Marie-George Buffet en devient la secrétaire nationale). En 1995, il publie un livre afin d'expliquer les réformes internes, "Communisme : la mutation". En avril 1995, Robert Hue est le candidat du PCF à l'élection présidentielle. Il recueille 8,64 % (2,63 millions de voix). En 1997, il soutient l'idée de la gauche plurielle qui voit l'arrivée de la gauche au pouvoir lors de la troisième cohabitation. Il est élu député dans la du Val-d'Oise, et quelques élus communistes entrent au gouvernement. Pendant ce temps le PCF continue de perdre du terrain : le nombre d’adhérents passe de en 1998 à en 2001. En 2001, le parti perd une grande partie de ses bastions lors des élections municipales (par exemple, perte des villes d'Argenteuil, de Colombes, Dieppe, Drancy). Sur le plan judiciaire, un jugement est rendu pour l'affaire CGE, qui concerne le financement occulte du PCF ; Robert Hue fait partie des prévenus relaxés. En 2002, Robert Hue se présente de nouveau à l'élection présidentielle et obtient 3,37 % des suffrages exprimés (). Il s'agit alors du plus faible résultat obtenu par un candidat communiste à une élection présidentielle sous la République. Jean-Marie Le Pen, qui à la surprise générale est présent au second tour, clame que le . Son score étant inférieur à 5 %, sa campagne n'est pas remboursée totalement : le parti connaît une grave crise financière et une souscription est lancée. Il quitte la présidence du parti, la laissant aux mains de la secrétaire nationale, Marie-George Buffet ; la fonction de président du PCF, créée par lui, cesse d'exister avec son départ. Lors des élections législatives de 2002, il perd son mandat de député face au candidat UMP, Georges Mothron, et échoue à le récupérer lors d'une élection partielle en 2003. Sénateur du Val-d'Oise. En 2004, Robert Hue fait son retour sur la scène politique nationale en étant élu sénateur dans le Val-d'Oise. En , Robert Hue est réélu au Sénat pour un second mandat. Lors de ce mandat, il est membre du groupe du Rassemblement démocratique et social européen et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées. Robert Hue est président du groupe interparlementaire d’amitié France Afrique du Sud au Sénat. Il a auparavant rencontré Nelson Mandela à plusieurs occasions (1994, 1996). Robert Hue accompagne Jean-Marc Ayrault en Chine en et il accompagne François Hollande pour se rendre à Pretoria aux obsèques de Nelson Mandela en . En , il est nommé par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius . Président du Mouvement des progressistes. Le , il quitte le conseil national du PCF, déclarant qu'il ne quitte pas le parti mais effectue néanmoins une avec lui, ne le jugeant . Il annonce le la création d’une association politique, le Nouvel espace progressiste (NEP). Moins d'un an plus tard, il annonce la création d'une nouvelle formation politique : le Mouvement unitaire progressiste, distinct du PCF mais autorisant la double adhésion. L'objectif affiché est de ramener la politique au plus près de la vie des gens et de s'écarter de l'organisation traditionnelle des partis politiques. Des candidats du MUP figureront sur les listes du Parti socialiste lors des élections régionales de mars 2010. Robert Hue, s'estimant et lui-même candidat en Île-de-France, justifie sa démarche par un souci de rassembler l'ensemble de la gauche au-delà des clivages, alors que le PCF a choisi dans 17 régions de présenter des candidats sans alliance avec le PS, mais avec d'autres organisations situées à la gauche du PS. Le , Robert Hue apporte son soutien à François Hollande dès les primaires qui précèdent le premier tour de l'élection présidentielle. Après l'élection de celui-ci à la présidence de la République, Robert Hue est un temps pressenti pour entrer au gouvernement. En , il annonce son départ du groupe communiste au Sénat pour le RDSE. Le , Robert Hue indique continuer de soutenir le président de la République et la majorité gouvernementale en affirmant n'être ni social-démocrate, ni communiste mais progressiste. Fin , il publie "Les partis vont mourir… et ils ne le savent pas", qui, outre son analyse de la décomposition des partis traditionnels, se présente comme un . Lors des élections régionales de décembre 2015, le Mouvement des progressistes dispose de quelques candidats sur les listes du PS mais aucun n'est élu. Robert Hue se prononce contre le projet de déchéance de nationalité pour les bi-nationaux, prenant ses distances de François Hollande à cette occasion. En , Robert Hue publie un livre dans lequel il demande à la classe politique en place de . Le mouvement des Progressistes annonce dans le même temps le nom de son candidat à l'élection présidentielle de 2017, Sébastien Nadot. Nadot n'étant pas parvenu à réunir les signatures de soutien nécessaires, Robert Hue se range parmi les soutiens d'Emmanuel Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle. En , Robert Hue annonce qu'il ne briguera pas un nouveau mandat de sénateur et qu'il quittera la vie politique active après son départ du Sénat. Il co-dirige à partir de 2018 l'ONG "Drep.Afrique", dédiée à la lutte contre la drépanocytose. Vie privée. Robert Hue est marié à Marie-Édith, et a deux enfants (Charles et Cécilia) et a dirigé jusqu'à début 2012 la Fondation Gabriel-Péri.
Renaud Renaud Séchan, dit Renaud, né le à Paris , est un auteur-compositeur-interprète français. Avec vingt-six albums commercialisés, totalisant près de vingt millions d'exemplaires vendus, il est l'un des chanteurs les plus populaires de France. Ses œuvres, aux textes volontiers émaillés d'argot, abordent des thèmes aussi bien légers que graves, faisant alterner humour, émotion et critique sociale. S'il connait un succès important dans les années 70, 80 et 90, sa carrière évolue ensuite en dents de scie, le chanteur étant régulièrement victime de dépression et d’alcoolisme, maux qu'il raconte dans différents titres. Il a également joué dans plusieurs films, dont une adaptation de "Germinal" par Claude Berri en 1993. Alors que ses prises de position suscitent des polémiques, il s'est lui-même surnommé « le chanteur énervant » en raison de ses multiples engagements pour des causes comme les droits de l'homme, l'écologisme ou l'antimilitarisme qui transparaissent fréquemment dans ses chansons. Biographie. Origines et jeunesse. Naissance et origines familiales (1952). Renaud Pierre Manuel Séchan naît le à , dans le de Paris, dix minutes après son frère David. Sa mère a choisi le prénom Renaud, parce que sa grand-mère et sa mère lui chantaient "La complainte du Roi Renaud", et elle trouvait cela tellement triste qu'elle pleurait à chaque fois. Son père, Olivier (1911-2006), professeur d'allemand et de néerlandais, traducteur et auteur de romans policiers et de livres pour enfants, est originaire d'une famille protestante des Cévennes. Il a reçu le prix des Deux Magots en 1942 pour "Les corps ont soif" et a travaillé pendant la Seconde Guerre mondiale à Radio-Paris (radio collaboratrice) comme traducteur. Il a donné à Renaud le goût de l'écriture, l'amour de la vérité et une éducation protestante puritaine. Sa mère, Solange Mériaux (1922-2019), née dans une famille de mineurs du Nord, était ouvrière dans une usine de Saint-Étienne avant de devenir femme au foyer lorsqu'elle se marie à vingt ans. Au démarrage de la vie artistique de Renaud, elle travaille alors comme secrétaire chez Leica à Rueil-Malmaison. Elle lui a apporté chaleur, simplicité des rapports et l'amour de la rue. Renaud est le septième des huit enfants qu'a eus son père. Il a deux frères : David, un faux jumeau et l'écrivain Thierry Séchan (1949-2019), ainsi que deux sœurs : Nelly (1947-2021) et Sophie (née en 1956) ; il a aussi deux demi-sœurs, Christine, (née en 1941) et Catherine (décédée en 1939), ainsi qu'un demi-frère, Nicolas (né en 1935), enfants de son père Olivier et de sa première épouse, Renée Vincent, née en 1913 et décédée avec Nicolas dans un bombardement américain, lors du Débarquement de Normandie, le à Falaise. C'est à , en 1964, que Renaud découvre que sa sœur Christine est en fait sa demi-sœur et à , en 2016, lorsqu'il veut voir la tombe de son demi-frère Nicolas et de Renée Vincent, qu'il découvre qu'il avait une autre demi-sœur, Catherine, décédée le d'une maladie infantile. Son grand-père paternel, Louis Séchan, était un helléniste français renommé, professeur à la faculté des lettres de Paris, auteur de divers ouvrages et dont l'épouse, Isabelle Bost, était, par son père, la petite-fille d'Ami Bost et la nièce de John Bost et, par sa mère, la nièce de Louisa Siefert (arrière-grand-tante de Renaud), qui connut Arthur Rimbaud. Son grand-père maternel, Oscar Mériaux, mineur après avoir quitté l'école à l'âge de , fut d'abord membre du Parti communiste, puis le quitta en 1937, . Il rejoignit ensuite le Parti populaire français, parti fondé par Jacques Doriot, et fit un an de prison à la Libération pour faits de collaboration. À ce double héritage culturel s'ajoutent également deux tendances musicales : sa mère écoute de la chanson populaire allant de Fréhel à Maurice Chevalier ou Édith Piaf, alors que son père est amateur de musique classique et de chanson française à textes, notamment Georges Brassens. Enfance et adolescence (1952-1968). Renaud emménage dans le de Paris, rue Monticelli, chez ses grands-parents paternels, Louis et Isabelle, dans un immeuble de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), réservé aux enseignants. Ils sont alors sept à se partager les deux pièces. Puis, son père étant professeur et son grand-père, un illustre universitaire, la famille obtient assez rapidement un grand appartement dans le même carré d'immeuble de la RIVP, au cinquième étage du 6 avenue Paul-Appell. Son école maternelle se trouve rue Sarrette et son école élémentaire, rue Prisse-D'Avennes. Entre dix et douze ans, il écrit des romans sur la machine à écrire de son père, découvre la vague yéyé et les Beatles. Plus tard, il écoute le chant de révolte de Hugues Aufray, qui devient sa première idole, Bob Dylan puis Joan Baez, Leonard Cohen, Donovan ou encore Art Sullivan. En 1966, il découvre Antoine dont les thèmes le touchent et commence à jouer de la guitare. Mais il copie plutôt le style vestimentaire d'un autre chanteur : Ronnie Bird. Malgré certaines aptitudes, notamment en français, Renaud manifeste très peu d'intérêt pour les études, avec un dégoût particulier pour les cours de gymnastique dont le côté militaire l'énerve déjà. En 1963, Renaud et son frère entrent en sixième au lycée Gabriel-Fauré dans le où leur père enseigne l'allemand. À partir de là, les résultats de Renaud commencent à baisser, notamment en mathématiques ; il préfère s'intéresser aux boums, aux filles et aux mobylettes. Il commence à sécher les cours, préfère aller écrire des poèmes devant les statues du jardin du Luxembourg. En 1965, il échoue au BEPC et doit redoubler sa troisième mais le lycée Gabriel-Fauré refuse de le garder malgré l'influence de son père. Il intègre ainsi le lycée Montaigne à la rentrée 1967 sans amélioration de ses résultats. Plutôt que par les études, Renaud se sent bien plus attiré par la politique. Dès 1962, il s'intéresse aux réactions et manifestations pacifistes métropolitaines durant la guerre d'Algérie auxquelles ses parents ont participé et est profondément choqué par les évènements du métro Charonne, ainsi que par l'explosion de deux bombes de l'OAS près des appartements de la famille Séchan. En 1966, il fait ses premiers pas de militant en rejoignant le MCAA (Mouvement contre l'arme atomique), animé par Jean Rostand. Dans son nouveau lycée, à l'atmosphère plus politisée, il se lie à d'autres camarades du même bord politique et avec qui il part provoquer les étudiants de la faculté de droit d'Assas toute proche et ses militants d'extrême droite. Par l'intermédiaire de ses amis, il s'approche des milieux maoïstes et trotskistes. Cette rébellion lui vaut quelques heurts avec son père. Il crée un comité Viêt Nam dans son lycée pour protester contre la guerre du Viêt Nam, en 1967 et fréquente assidûment les « Amitiés franco-chinoises ». En mai 1968, avec son frère Thierry, Renaud vit pendant trois semaines dans la Sorbonne occupée, participant aux manifestations et barricades. Débuts. Débuts sur scène et premières chansons (1968-1970). Pendant , il participe à la création du groupe Gavroche révolutionnaire qui ne fait guère d'émules. Il récite aussi des sketchs de Guy Bedos, ce sont ses premiers pas sur scène. C'est par ailleurs dans l'un des amphithéâtres de la Sorbonne que Renaud croise Évariste, chanteur passé des studios à l'autoproduction, qui chante en s'accompagnant de sa guitare une chanson écrite par lui-même. Il découvre alors l'écriture de chansons et rédige sa première : "Crève salope" qui a un franc succès auprès des autres étudiants. Deux autres chansons, "C.A.L. en Bourse" et "Ravachol", suivent rapidement, encore inédites à ce jour. En , suivant le "Zeitgeist" qui souffle sur l'Europe et les États-Unis, il fonde avec quelques amis une communauté anarchiste sur le mont Lozère, dans les Cévennes, rapidement délogée par la gendarmerie. Ses parents l'inscrivent alors dans une classe de seconde artistique du lycée Claude Bernard, au milieu du quartier de la porte d'Auteuil, dont l'environnement, bourgeois comme celui de sa famille, mais auquel manque la distanciation de celle-ci, l'exaspère. Il retrouve ses amis de Montaigne au « Bréa », bistrot proche de son ancien lycée qu'il continua de fréquenter par la suite. En , il arrête ses études, s'installe dans une chambre de bonne et entre dans la vie active comme magasinier puis vendeur à la Librairie 73 au boulevard Saint-Michel durant deux ans. Il profite de ses temps libres pour lire autre chose que ce que lui a imposé l'école : Vian, Prévert, Maupassant, Zola, Bruant, Céline… À cette époque, il chante encore, mais uniquement pour amuser ses amis ou draguer, des compositions personnelles, mais aussi des reprises d'Hugues Aufray ou de Bob Dylan. Au bout de quelques mois il peut s'acheter une première moto avec laquelle il rencontre ses premiers amis « loubards » et fréquente les bandes d'Argenteuil, de République et de Bastille. Ils l'influencent davantage que par le port du cuir et Renaud reconnaît avoir alors failli mal tourner. Avec eux il connaît les bagarres, qu'il préfère tout de même éviter, et va jusqu'à se laisser entraîner dans quelques larcins mais, songeant à ce qu'en penserait sa mère, refuse d'aller plus loin. Expériences du métier de comédien (1971-1974). En 1971, en vacances à Belle-Île-en-Mer, il rencontre Patrick Dewaere dans une soirée qui le fait entrer comme comédien au Café de la Gare (à Paris) pour remplacer un acteur au physique similaire parti aux États-Unis. Pendant quelques mois, tout en restant libraire la journée, il joue avec Coluche, Miou-Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet, Sotha et, bien sûr, Patrick Dewaere, notamment dans "Robin des quoi ?" de Romain Bouteille. Il rend finalement sa place à l'acteur à son retour, plus tard remplacé par Gérard Depardieu. Renaud pense alors avoir trouvé sa vocation : comédien. Il est exempté du service militaire. En 1972, licencié de la Librairie 73 à cause de ses retards successifs, Renaud quitte Paris pour s'installer à Avignon. Il en revient au bout de cinq mois, face au peu d'avenir que lui offre la ville dans les carrières artistiques qu'il envisage et après avoir effectué de multiples petits boulots allant de plongeur à représentant en ouvrages pornos. En 1973-1974, dans sa période dandy où il fréquente les hauts lieux de Montparnasse, il continue les petits boulots, prend des cours d'art dramatique, et joue quelques petits rôles dans des séries télévisées ou des petits films. N'ayant pas été retenu lors d'une audition sur scène pour jouer de la musique au Don Camilo, il commence à chanter dans les rues et les cours d'immeubles du côté de la porte d'Orléans, rejoignant un copain accordéoniste, Michel Pons, fils du patron de son bistrot favori le « Bréa ». Il y chante le Paris populaire qu'il affectionne à travers les chansons de Bruant principalement ou de simples bals musette. Son répertoire s'élargit avec ce qu'il écrit et compose lui-même. L'idée est de faire revivre la tradition des accordéonistes qu'il avait vus faire la manche dans son enfance. La recette obtient un certain succès : « jusqu'au jour où, en 1973-1974, j'ai franchi le pas j'ai rencontré un copain qui jouait de l'accordéon. Je le considérais "a priori" comme un ringard, avec son instrument, et le voilà qui commence à jouer devant moi et qui entame quelques notes derrière mes mélodies, à chanter, à grattouiller sur ma guitare. J'ai eu envie de faire la manche avec lui. J'ai trouvé sa démarche originale, différente de celle des "gratteux" qui jouaient les « Dylan » aux terrasses des cafés. Je lui ai proposé de chanter dans les cours d'immeubles de la périphérie, du côté de la porte d'Orléans, où, enfant, j'avais vu des gitans, des montreurs d'ours, des violonistes, des accordéonistes qui venaient faire la manche. J'ai voulu faire revivre cette tradition. » Rencontres déterminantes et premier album (1974-1976). En 1974, alors que Coluche donne son premier spectacle au nouveau Café de la Gare rue du Temple, Renaud, Michel et leur guitariste Bénédicte Coutler décident de jouer dans la cour pour les de la file d'attente. Ils se font remarquer par Paul Lederman, le producteur de Coluche, qui leur propose de venir jouer au Caf'conc' de Paris, en première partie du spectacle de Coluche. Leur groupe est appelé les P'tits Loulous. Engagé pour trois mois, le groupe ne dure que trois semaines car Michel doit partir effectuer son service militaire. Encouragé par Paul Lederman, Renaud continue seul en chantant ses propres chansons ("Hexagone", "Camarade bourgeois"…) C'est là qu'un soir de 1975, deux producteurs, Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim l'entendent et lui proposent de faire un disque. Renaud, qui avait déjà refusé une proposition de Paul Lederman - il entend toujours faire acteur - est peu enthousiasmé par la proposition mais accepte tout de même. Son premier 33 tours, "Amoureux de Paname", sort le . Jean-Louis Foulquier est le premier à l'inviter à son émission "Studio de nuit". Lors de son premier passage télévisé, à "Midi Première" chez Danièle Gilbert, il joue "Camarade Bourgeois". Avec vendus, "Amoureux de Paname" lui vaut un succès d'estime qui lui permet de chanter dans des MJC et de faire quelques dates, faiblement rémunérées, en France et en Belgique. La chanson "Hexagone", qui brocarde la France d'alors (qu'il accuse de fascisme en le comparant à la « gangrène » qui sévit « à Santiago comme à Paris », allusion au régime de Pinochet), est interdite d'antenne sur France Inter pendant la visite du pape en France. Lucien Gibara, directeur d'un café-théâtre appelé la Pizza du Marais (futur théâtre des Blancs-Manteaux et où se sont déjà produits les chanteurs Bernard Lavilliers et Maxime Le Forestier), écoute l'album "Amoureux de Paname" et souhaite programmer Renaud dans son fief pour partager l'affiche avec un autre jeune chanteur qui aura une carrière plus discrète, Yvan Dautin. Renaud accepte la proposition, doublée d'un emploi de barman et de plongeur. Il trouve tout de même le temps de prendre l'inspiration auprès de petits loubards, tout en fréquentant « la zappi », comme les amis de la famille Séchan et ces derniers surnommaient ce lieu à l'époque. En juin 1975, il partage donc l'affiche avec Yvan Dautin à la Pizza du Marais devant un petit public comprenant les déjà célèbres Julien Clerc et Maxime Le Forestier. Il y rencontre la même année Dominique, sa future épouse, à l'époque mariée avec Gérard Lanvin. Renaud se moque de celui-ci dans une première chanson intitulée "Les Aventures de Gérard Lambert". Peu après, le chanteur réussit à séduire Dominique et le divorce avec Lanvin est alors prononcé. Il y fait aussi la connaissance de Bernard Lavilliers qui essaye de percer comme lui. Renaud, qui ne croit toujours pas à une quelconque carrière musicale, continue les petits rôles dans des feuilletons ou comme mécanicien dans un magasin de motos. Début 1977, il joue même plusieurs soirs dans "Le Secret de Zonga", pièce de Martin Lamotte au café-théâtre la Veuve Pichard. Cette époque marque le renoncement à son image de titi parisien et le début de Renaud le loubard : pour son deuxième album, il troque sa casquette de "marlou" et les chemisettes pour des santiags et un Perfecto en cuir. S'ensuivent quelques concerts en province, où le chanteur est très demandé à la suite d"Amoureux de Paname", et où il rode certaines des chansons qui composeront l'album suivant. Période loubard. Premiers succès (1977-1979). Avec les mêmes producteurs qu’"Amoureux de Paname "(Jacqueline Herrenschmidt et François Bernheim), Renaud sort son deuxième album "Laisse béton" en 1977 où il abandonne son image de titi parisien (qu'il trouve trop folklorique) pour celle du gentil loubard au blouson de cuir, image qu'il durcit jusqu’à l'album "Marche à l'ombre". Renaud a plus de liberté pour cet album. Il impose ses musiciens, la pochette et la chanson "Les Charognards" que ses producteurs refusaient pour « apologie du gangstérisme » (il n'avait pas réussi à leur imposer une chanson contre Franco sur l'album précédent, qui fut transformée en "Petite fille des sombres rues"). Nettement plus soigné, "Laisse béton" se vend modestement mais la chanson-titre devient vite un tube dans les premiers mois de 1978 et le grand public découvre le chanteur Renaud. Fin 1977, au cours de l'émission "Studio de Nuit" de Jean-Louis Foulquier, sur France Inter Jacques Erwan (journaliste) et Alain Meilland (cofondateur avec Daniel Colling du Printemps de Bourges) vont lui proposer un premier passage à ce nouveau festival consacré à la chanson française. Ce nouveau venu dans la chanson triomphe au Printemps de Bourges en avril 1978, accompagné par le groupe Oze. La chanson "Hexagone" fait partie du double album compilation et Renaud restera très attaché à ce festival qui le programmera souvent. Son image de loubard amène aux concerts un public de voyous auquel il n'avait jusqu'alors pas été habitué. Le 30 juin, Renaud remporte le premier prix au Festival de Spa, en Belgique, avec "Chanson pour Pierrot". La vente du single "Laisse béton" atteint les et l'album se vend à . Cette soudaine célébrité l'amène à se poser des questions sur l'influence qu'il peut avoir. Les médias commencent à lui coller l'étiquette de loubard alors qu'il refuse de se limiter à cet aspect. En effet, Renaud n'attribue pas à ses chansons de zonard un côté autobiographique mais une manière de faire connaître les problèmes de ces gens qu'il a connus. Pour se « démystifier » aux yeux du public, il termine tous ses spectacles par "Peau Aime" qui se retrouve sur son album suivant. La boîte de production ayant fait faillite, Polydor rachète le contrat de Renaud, qui dispose d'un contrat moins léonin. Troisième album de Renaud, "Ma gonzesse" sort en janvier 1979. Dans la lignée du précédent, Renaud se dévoile néanmoins plus sensible et adepte de l'autodérision. "C'est mon dernier bal" est interdite d'antenne. En mars, il affronte sa première grande salle parisienne : le Théâtre de la Ville, salle de huit cents places où il joue à guichets fermés cinq soirs de suite. Avec le succès croissant, arrivent les premières controverses. Maintenant que le chanteur a gagné beaucoup d'argent et qu'il se met à faire des chansons sentimentales, son image de loubard rebelle ne colle plus vraiment et certains, comme "Rock & Folk", le voient déjà récupéré par la société de consommation. De plus, la famille d'intellectuels du côté de son père lui vaut d'être traité de bourgeois. Ces critiques énervent Renaud qui promet un prochain album « d'une violence noire ». Gérard Lambert et transition (1980-1981). L'album suivant, "Marche à l'ombre", sorti en janvier 1980, est dédié, entre autres, à Paul Toul (pseudonyme de Jacques Mesrine), criminel français des années 1970, tué par la police. Plus violent et plus sombre ("Baston", "La Teigne", "Marche à l'ombre", "Mimi l'ennui"…) sans être dénué d'humour, l'album obtient un fort succès. Renaud a abandonné son groupe de scène pour une équipe de musiciens professionnels comme Jean-Philippe Goude. Gérard Lambert, personnage central de la chanson "Les Aventures de Gérard Lambert", créée pour railler le comédien Gérard Lanvin, devient un vrai phénomène. Plus préjudiciable, "Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ?" s'en prend violemment à toutes les critiques qu'il a pu recevoir et lui attire les foudres du Parti communiste français. La même année, Renaud est applaudi par le public et par la presse à Bobino. Polydor sort le double album "Renaud à Bobino" enregistré lors de ces soirées. La première partie du spectacle, qui était, elle aussi, assurée par Renaud, sort en album sous le titre "Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes". Renaud y chante de vieilles chansons du siècle précédent, accompagné par l'accordéoniste Joss Baselli. En 1980, Renaud publie chez l'éditeur à réputation révolutionnaire Champ libre, un recueil des paroles de ses chansons intitulé "Sans zikmu". La relation avec l'éditeur tournera court à la suite d'un échange de lettres où Gérard Lebovici reproche à Renaud sa complaisance avec des médias staliniens et le fait qu'il n'ait pas écrit de chanson sur Mesrine lorsqu'il était encore en vie. Avec "Le Retour de Gérard Lambert", enregistré fin 1981, Renaud commence à délaisser son blouson noir, transition entre "Marche à l'ombre" et "Morgane de toi". Devenu père d'une petite Lolita le 9 août 1980, après son mariage avec Dominique, Renaud préfère s'éloigner de la violence. Cependant, les ventes n'égalent pas celles de "Marche à l'ombre" malgré la présence de deux titres phares, "Manu" et "La Blanche", et d'une chanson signée Coluche, "Soleil immonde". En novembre 1981, sort "Les Aventures de Gérard Lambert", une BD scénarisée par Renaud et dessinée par Jacques Armand. Fin 1982, Renaud fait, sans le savoir, ses adieux au loubard sur la scène de l'Olympia. Un double album live intitulé "Un Olympia pour moi tout seul" est édité à l'occasion de ce concert. Paternité et succès. "Morgane de toi" (1982-1983). Inspiré par des amis et par la lecture des récits des voyages d'Antoine, aspirant à fuir un peu la surmédiatisation, Renaud découvre la mer et prend le large avec son bateau, le "Makhnovchtchina". L'épopée avec son épouse et son enfant dure de septembre 1982 à mars 1983. Il en tire son tube "Dès que le vent soufflera" avec son fameux « tatatin » mais l'expérience se révèle finalement décevante, Dominique et Lolita étant sujettes au mal de mer par mauvais temps, aussi offre-t-il son bateau quelques années plus tard à son beau-frère qui le revendra. Pour "Morgane de toi", sorti en 1983, Renaud part pour Los Angeles et s'entoure de musiciens américains renommés, comme le guitariste Albert Lee. Cet investissement n'est pas vain car "Morgane de toi" se vend à plus d'un million d'exemplaires en quelques mois. Deux chansons y sont dédiées à sa fille, inaugurant une longue tradition qui se poursuit sur tous les albums suivants. Serge Gainsbourg réalise le premier clip de Renaud sur "Morgane de toi". Renaud a définitivement cassé son image : moins agressif, plus écolo, un blouson en jean à la place du blouson de cuir. Il conserve cependant les santiags et le bandana rouge. En janvier 1983, d’après Frédéric Martel, Renaud se décommande, de même que Jean Marais, d’un gala organisé par Gai Pied Hebdo et l’« Association des médecins gais » pour la recherche contre le sida En 1981, Renaud représente 45 % du chiffre d'affaires de Polydor. Mais, ne se sentant pas soutenu par sa maison de disques, il ne renouvelle pas son contrat après "Morgane de toi". Il signe chez Virgin pour de francs, une somme record pour l'époque. Il fonde alors son label, Ceci-Cela, ainsi qu'une maison d'éditions "Mino Music" et "Encore merci" qui s'occupe du merchandising. Il joue au Zénith de Paris, qui vient juste d'être inauguré, du 17 janvier au , puis effectue une tournée qui se termine au Printemps de Bourges. Entre le 10 et le 20 juillet, il part à la rencontre de son public québécois et réunit au cours de ses six concerts en Amérique du Nord. Le 8 septembre, malgré ses relations en froid avec le PCF, il chante en vedette à la Fête de l'Humanité, revenant ainsi sur ses prises de position passées pas plus tard qu'au début de l'année, afin de bien montrer qu'il s'oppose à la droite. Popularité fatigante (1985). L'année 1985 est mouvementée pour Renaud. En février, la chanteuse Valérie Lagrange lui propose d'écrire une chanson pour l'Afrique. À l'époque, une sècheresse sans précédent sévit en Éthiopie depuis plusieurs années, faisant des milliers de victimes. Des musiciens africains et des artistes d'Amérique du Nord comme Michael Jackson ("We Are the World"), ou Bob Geldof (chanteur irlandais du groupe The Boomtown Rats et organisateur du "Live Aid 1985") avaient déjà réalisé des disques de solidarité mais en France, rien n'avait été fait. Valérie Lagrange voit en Renaud le catalyseur idéal pouvant faire bouger les artistes. Après quelques hésitations, il accepte, écrit une chanson ("S.O.S. Éthiopie") sur une musique de Franck Langolff et réunit une trentaine d'artistes (Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Jacques Higelin, Coluche, Julien Clerc, Alain Souchon et autres). Le disque dépasse rapidement le million d'exemplaires (, huitième single le plus vendu en France) et rapporte plusieurs millions de francs à Médecins sans frontières, l'association bénéficiaire de l'opération. En août, contacté par le Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, Renaud part donner une série de concerts à Moscou, en URSS. Séjour encadré mais globalement positif, Renaud se réjouissant d'affronter un public non francophone, jusqu’à l'incident du parc Gorki : devant dix mille personnes (triées sur le volet), Renaud entame sa chanson pacifiste "Déserteur". Des projecteurs éclairent soudainement les gradins, trois mille spectateurs se lèvent en même temps et quittent la salle. Incident prémédité, probablement par une faction dirigeante peu encline à cette ouverture vers l'Occident, dont Renaud, fils de communistes fervents, sort profondément blessé et même furieux (« j'ai failli sortir dix fois de scène »). Ce séjour soviétique modifie sa vision du pays et lui inspire la chanson "Fatigué" (paru ensuite dans le futur album "Mistral gagnant") qu'il avait ébauchée le jour même devant l'hôtel Ukraine. Épuisé moralement et physiquement, il quitte l'URSS pour l'enregistrement de son album suivant à Los Angeles. Arrivé en décembre et sorti au Québec le 20 janvier 1986, "Mistral gagnant" sent la désillusion ("Fatigué"), la désespérance ("Morts les enfants", "P'tite Conne" , la nostalgie de l'enfance ("Mistral gagnant"), traduisant ainsi les derniers mois difficiles durant lesquels Renaud écrivit les chansons de l'album. Le titre "Miss Maggie" se veut d'abord un hommage aux femmes, qu'il considère incapables d'être aussi violentes que les hommes, et se transforme en pamphlet contre Margaret Thatcher. L'offensive contre le Premier ministre du Royaume-Uni déclenche une polémique en Angleterre. L'accueil enthousiaste du public (plus d'un million d'exemplaires vendus) et de la critique favorable à ce disque « inquiet » redonne confiance à Renaud pour sa prochaine prestation pendant un mois au Zénith début 1986. y assistent. Le décor, un bateau, "le Karaboudjan", "Le Crabe aux pinces d'or". Sa tournée "le Retour de la Chetron Sauvage" est un franc succès. Par ailleurs, un recueil de ses chansons et dessins, préfacé par Frédéric Dard, lui vaut d'être invité par Bernard Pivot dans l'émission "Apostrophes", reconnaissance officielle de ses talents d'écrivain. "Putain de camion" (1986-1990). Si sa vie d'artiste est comblée, ce n'est pas le cas de sa vie personnelle. Renaud s'enfonce doucement dans la déprime : par la remise en question de ses engagements (qui a commencé depuis "Morgane de toi"), par le temps qui passe… et par les premiers deuils. Le , la mort brutale de son ami Coluche l'affecte gravement. En 1988, Renaud dédie son nouvel album "Putain de camion" à Marius et à Romain, les fils de Michel et Véronique Colucci. La chanson-titre de l'album est d'ailleurs un hommage à celui qui est le parrain de sa fille Lolita. L'album sort sans promotion, décision qui a un effet sensible sur les ventes : , soit deux fois moins que le précédent. L'album obtient malgré tout en 1989 plusieurs prix. En 1989, Renaud organise un grand concert gratuit place de la Bastille à Paris, "Ça suffat comme ci" avec Johnny Clegg et Mano Negra, conçu par l'écrivain Gilles Perrault et la LCR en réponse au sommet du G7 à Paris. La même année sort un double album live, "Visage pâle rencontrer public", "Renaud tour 89" témoignage d'une tournée avec, pour décor, un arbre géant. En 1990, le chanteur écrit six titres pour le deuxième album de Vanessa Paradis, sur des musiques de Franck Langolff. Mais, entre-temps, Vanessa Paradis rencontre Serge Gainsbourg qui tient absolument à écrire l'intégralité de "Variations sur le même t'aime". Il s'entretient avec Renaud pour le supplier de se retirer du projet. Le chanteur se voit contraint de « mettre à la poubelle » les six maquettes déjà enregistrées pour Vanessa Paradis. Activités dans les années 1990. "Marchand de cailloux" (1991-1993). En 1991 arrive l'album "Marchand de cailloux", enregistré au Studio Sarm West à Londres durant la guerre du Golfe contre laquelle Renaud a milité (on peut lire au dos du disque « enregistré pendant leur sale guerre »). Avec des chansons pacifistes, de pêche à la ligne ("Tant qu'il y aura des ombres") ainsi que sur les dirigeants socialistes qui l'ont tant déçu ("Tonton", "Le tango des élus"), l'album se vend un peu moins bien que "Putain de camion" () mais obtient un Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros. Le clip de "P’tit voleur" est tourné avec Emmanuelle Béart. En mai 1992, il chante cinq semaines durant au Casino de Paris, cette fois sans décor exorbitant. En juillet 1992, il fait partie de l'équipe qui relance "Charlie Hebdo", et devient actionnaire du titre. Il arrête sa chronique "Renaud bille en tête" en décembre 1993 pour se consacrer à l'enregistrement de "À la Belle de Mai". Il recommence entre janvier 1995 et juillet 1996 avec "Envoyé spécial chez moi". Dans le Nord (1993-1994). Il consacre le reste de l'année 1992 au tournage de "Germinal" où il joue le rôle d'Étienne Lantier aux côtés de Gérard Depardieu, Miou-Miou et Jean Carmet. En 1980, dans la loge de Bobino, le réalisateur Claude Berri lui avait en effet promis qu'un jour il lui trouverait un rôle au cinéma. Même s'il aurait préféré un petit rôle, Renaud accepte en tant que petit-fils de mineur (Oscar, inspiration de la chanson éponyme dédiée à celui qui lui a donné son foulard rouge et sa fameuse gâpette). Il apprécie beaucoup Claude Berri et l'expérience de tournage, assez difficile, tout en déplorant que certaines scènes représentant des semaines de travail aient été coupées au montage. Claude Berri lui déclara qu'il aurait pu incarner François Villon, un biopic fut même envisagé. Comme en prélude à la sortie du film, Renaud enregistre début 1993 "Renaud cante el' Nord", album de reprises de chansons ch'ti. Au cours des six mois de tournage de "Germinal", Renaud a pu découvrir le folklore des gens du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et, par amour de ces gens qu'il considère d'une grande générosité, a décidé de le chanter. L'album lui vaut sa première Victoire de la musique en 1994 dans la catégorie « Album de musique traditionnelle » et se vend à , alors que Renaud pensait qu'il n'intéresserait que les gens du Nord. Toujours en 1994, il sort un conte pour enfants "La Petite vague qui avait le mal de mer". "À la Belle de Mai" et hommage à Brassens (1994-1995). Suit en novembre 1994, "À la Belle de Mai", un album dont la première chanson éponyme raconte l'arrivée d'un étranger parisien dans ce quartier marseillais. Le titre vise sans le nommer Bernard Tapie, qui offre le titre européen à l'OM, puis ses déboires lorsqu'il a voulu entrer en politique, et termine sur son retour vers la capitale. L'album est enregistré à son domicile, entièrement acoustique. Renaud privilégie plus les coups de cœur que les coups de sang : il chante son admiration pour Che Guevara, Zapata ou Pancho Villa. Trois musiques sont signées par son ami Julien Clerc et les arrangements sont dirigés par l'accordéoniste Jean-Louis Roques dont l'influence musicale a pris de plus en plus d'importance depuis 1978. L'album atteint les , porté par les titres "C'est quand qu'on va où ?", "La médaille", "Mon amoureux", "Lolito Lolita" et "À la Belle de Mai". Le concert ainsi que la tournée qui suivit sont enregistrés sur le double album live "Paris-Provinces Aller/Retour" et sur VHS. À partir du , peu avant l’élection présidentielle en France, Renaud se produit à la Mutualité, symbole des grands meetings de la gauche. Durant l'hiver 1995, il avait effectué une tournée en Bosnie avec "Charlie Hebdo" et Philippe Val. Cette même année, Renaud enregistre un album reprenant vingt-trois chansons de Georges Brassens : "Renaud chante Brassens". Mais pour Renaud (et surtout pour ses maisons de disques), cette année 1995 est aussi l'année des compilations. Polydor et Virgin, ses deux maisons de disques, sortent coup sur coup "The meilleur of Renaud 1975-1985", "The meilleur of Renaud 1985-1995" et une double compilation "The Very Meilleur of Renaud (1975/1995)", l'ensemble se vend à . Puis en novembre sort "L'Intégrale Renaud ()" contenant trois albums inédits ("Renaud chante Brassens", "Les Introuvables" et "Le Retour de la Chetron Sauvage"). Passage du « Renard » (1995-2002). Renaud a toujours été nostalgique de son enfance et fataliste quant à l'avenir ("J'ai la vie qui me pique les yeux", "Mistral gagnant") et, dans les années 1980, la perte de plusieurs amis proches comme Coluche, Desproges et Gainsbourg l'affecte beaucoup. Au fil des années, et malgré un soutien constant de son épouse (qui, selon la famille Séchan, « portait Renaud à bout de bras »), Renaud cède à sa mélancolie pour se rapprocher de son côté sombre . Connaissant, depuis plusieurs années déjà, une tendance à la dépression en raison de la nostalgie du temps qui passe et de la perte de ses idéaux, il entame en 1995 une longue période de silence (qui ne se termine qu'en 2002) avec quelques apparitions sur scène et d'innombrables rechutes. Pris dans l'alcoolisme, la solitude et le cynisme, Renaud y perd son grand amour, Dominique, qui le quitte en 1999 (après près de vingt-cinq ans de relation) en même temps que l'inspiration. Il emménage alors avec son frère Thierry au-dessus de la brasserie "la Closerie des Lilas", qui devient son quartier général. Devenu l'ombre de lui-même, ses quelques apparitions le montrent bouffi par l'alcool, les yeux cernés. Conscients de l'urgence, ses musiciens Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo l'embarquent dans une tournée thérapeutique "Une guitare, un piano et Renaud", marathon de dans des petites salles de province entre octobre 1999 et mars 2001, qui lui fait réaliser l'amour que lui porte encore son public, malgré les performances vocales éraillées et parfois totalement catastrophiques du chanteur. La tournée présente trois nouvelles chansons, "Baltique", "Boucan d'enfer" et "Elle a vu le loup" mais Renaud n'arrive plus à écrire et ne sait même pas s'il arriverait à sortir un nouvel album. Un premier déclic arrive grâce à son ami journaliste Pascal Fioretto. Alors en cure, Renaud craque et veut se resservir un verre. Fioretto le lui accorde, à la condition qu'il lui écrive une chanson. Une heure plus tard, Renaud termine "Petit Pédé". En 2001, il reçoit une Victoire de la musique pour l'ensemble de son œuvre, qu'il dit avoir considérée à l'époque comme un hommage posthume. À cette occasion, il interprète "Mistral gagnant". En regardant sa prestation, il se rend compte de l'urgence de se ressaisir. Mais le véritable déclic provient de sa rencontre en 1999 à la Closerie des Lilas avec Romane Serda, une jeune chanteuse dont le groupe n'arrive pas à percer et dont il tombe très vite amoureux. Un soir où il rentre ivre, Romane le prévient qu'elle le quittera s'il n'arrête pas de boire. Renaud retourne en cure, recommence à écrire des chansons et sort son treizième album un an plus tard. Renaissance. Retour avec un "Boucan d'enfer" (2002-2005). En mai 2002 un nouvel album, "Boucan d'enfer", illustré par Titouan Lamazou, apparaît donc dans les bacs, huit ans après le dernier enregistrement original du chanteur énervant. Mis en musique par ses amis Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo, l'album est à l'image des dernières années passées : noir et sans concession, avec des chansons comme "Docteur Renaud, Mister Renard", "Cœur perdu" et "Mal barrés" qui reflètent le purgatoire passé. Le single "Manhattan-Kaboul" en duo avec Axelle Red connaît un énorme succès ( vendus) et l'album se vend à plus de deux millions d'exemplaires, un record pour le chanteur. Après tant d'années, Renaud commence à prendre le dessus sur Renard, le nom qu'il donne à son côté sombre rongé par l'alcool. Pendant la "Tournée d'enfer" qui s'ensuit, dans un décor de fête de village, il connaît quelques rechutes, fait un delirium tremens, et la voix n'est pas toujours au rendez-vous, mais il remporte malgré tout un grand succès. Plus de sont donnés, la tournée s'arrêtant notamment plusieurs fois au Zénith de Paris et au festival des Vieilles Charrues. Aux côtés de Johnny Hallyday, Renaud joue dans le film "Wanted" de Brad Mirman. L'année est couronnée par trois Victoires de la Musique et deux NRJ Music Awards. Les apparitions de Renaud à cette cérémonie et dans d'autres émissions de variétés furent par la suite critiquées compte tenu des reproches très durs qu'il avait pu faire à ces médias. Un article au vitriol du journal "Tant pis pour vous" lui est notamment consacré en mars 2004. Renaud attaque le journal en justice demandant de lourds dommages et intérêts pour un journal économiquement fragile, ce qui lui est reproché par la presse. Cela n’entache cependant pas son image. Il reste très populaire auprès de ses compatriotes et est régulièrement placé dans les dix personnes les plus appréciées par les Français. En 2003, il emménage avec la chanteuse Romane Serda dans le de Paris et ils se marient le , à la mairie de Châteauneuf-de-Bordette (Drôme). La liaison entre Renaud et Romane Serda a pourtant engendré des polémiques du côté des fans. Ayant retrouvé l'amour et s'étant remarié, il parvient enfin à sortir de l'alcoolisme et à sentir renaître son âme de militant. Depuis 2005, il lutte activement pour la libération d'Íngrid Betancourt et des autres otages des FARC en Colombie auxquels il consacre une chanson, "Dans la jungle", traduite ensuite en espagnol et interprétée par Melingo, un chanteur argentin. "Rouge Sang" : continuité de la renaissance (2006-2007). Il organise le , à l'occasion des quatre ans de détention d'Íngrid Betancourt, un grand concert au Zénith de Rouen réunissant de nombreuses personnalités. Cette même année, il relance son combat contre la corrida et pour la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Son deuxième enfant, Malone, naît le . Le est inaugurée l'école Renaud-Séchan à Mirabel-aux-Baronnies (proche du village natal de Romane Serda), pour la construction de laquelle le chanteur avait donné une importante somme d'argent. C'est le que sortent simultanément son douzième album intitulé "Rouge Sang" et une version collector de celui-ci. Les deux versions s'écoulent à plus de dès la première semaine (triple disque de platine, au total). "Rouge Sang" est vu par certains comme une sorte de renaissance, tant le Renaud de "Boucan d'enfer" était l'œuvre d'un autre personnage, cynique, désabusé, et plus consensuel. L'album est ainsi nettement plus engagé que le précédent opus ("Leonard's Song" dédié à Leonard Peltier, "J'ai retrouvé mon flingue", "Elle est facho", "Rouge Sang"). La critique sur l'album est mitigée : bien que l'ensemble de la presse célèbre le « retour à la forme » du chanteur après ses années noires, de nombreux journaux (dont "Le Monde" et "Télérama") considèrent que sa plume s'est émoussée et déplorent les arrangements « très électriques » et datés de Jean-Pierre Bucolo. Illustré par Killofer, jamais aucun album de Renaud n'avait encore contenu autant de chansons : vingt-quatre sur l'édition collector (y compris un titre écrit par un autre chanteur, Benoît Dorémus : "Rien à te mettre"). Durant la tournée médiatique, Renaud enregistre une publicité où, non sans humour, lui et Vincent Delerm (qu'il cite dans "Les Bobos", premier single de l'album, vendu à en seize semaines) vantent leurs albums respectifs. Renaud écrit et produit "Après la pluie", deuxième album de Romane Serda, qui sort le . En février 2007, il annonce qu'il s'installe en Angleterre avec sa famille, tout en précisant qu'il paiera toujours ses impôts en France. Il effectue au printemps et à l'été 2007 la tournée "Rouge Sang tour". La voix y est souvent meilleure que pendant la tournée "Boucan d'enfer", et le décor représente les toits de Paris, en référence à Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles. Celle-ci s'arrête notamment quatre fois à Bercy et au centre de détention de Bapaume lors de la Fête de la musique. Il offre également un concert à L'Isle-sur-la-Sorgue, ville où il possède une résidence secondaire. Une tournée des festivals (Festival des Terres Neuvas, Festival d'été de Québec, Francofolies, Paléo, Fête de l'Humanité, Musilac) a lieu durant l'été 2007. Il termine sa tournée par un concert gratuit offert à ses fans le à la Cigale. Sur scène durant près de six heures, il revisite l'ensemble de son répertoire. En novembre sort "Tournée Rouge Sang", témoignage sur CD et DVD des concerts de Bercy. En septembre sort "Jeunesse se passe", le premier album de Benoît Dorémus que produit Renaud (impressionné par son premier album, qui était auto-produit, il avait fait signer Dorémus sur son label Ceci-Cela en janvier 2006). "Molly Malone" : fatigue d'un artiste (2008-2010). À partir de 2008, Renaud se fait plus discret sur la scène médiatique. Son silence à la libération d'Íngrid Betancourt le , une cause pour laquelle il s'était pleinement investi, suscite des interrogations. Pour faire taire la rumeur, il explique avoir préféré la rencontrer hors caméras. Sa fille Lolita se marie avec le chanteur Renan Luce au cours de l'été 2009 et il quitte le pour Meudon, en banlieue parisienne. Le sort "Molly Malone – Balade irlandaise", un album de reprises de chansons traditionnelles irlandaises, projet qu'il dit envisager depuis plus de . Il comporte treize chansons qui sont toutes des adaptations du répertoire traditionnel de la musique celtique irlandaise, comme "The Water is Wide" devenue "La Ballade Nord-Irlandaise", une chanson qu'il reprend plus tard (elle figurait dans l'album "Marchand de cailloux"). L'album reçoit un accueil mitigé, beaucoup de critiques reprochant au chanteur d'avoir une voix de plus en plus fatiguée. Fin 2010, sort une intégrale vinyle et un nouveau florilège sur trois CD ("Le Plein de super"). La même année, il reprend "Encore un rhum" sur "", album hommage au groupe Soldat Louis. Il participe également au projet collectif " - La liberté en cavale", qui reprend des chansons de Franck Langolff, décédé quatre ans plus tôt. « Phénix » dans les années 2010. Rechute dans ses addictions (2010-2014). Renaud se lance ensuite dans la préparation d'un album. Mais plusieurs entretiens ont lieu où il s'avoue en panne d'inspiration et dévoré par la nostalgie : Il déclare être hanté par ses vieux démons depuis quatre ans et s'être remis à boire. Romane Serda et Renaud divorcent le . À sa sortie du tribunal, elle dira de Renaud : En octobre 2012 est publiée une nouvelle intégrale des albums studios, contenant une nouvelle édition de la compilation "Les Introuvables" avec des titres parus sur différents supports (compilations, albums hommage, etc.) En janvier 2013, il est nommé commandeur des Arts et Lettres. En juin 2014 sort "La Bande à Renaud", un album de reprises de chansons de Renaud par quinze artistes (Jean-Louis Aubert, Cœur de pirate, Bénabar, Disiz, Élodie Frégé, Raphael, Nicola Sirkis, Benjamin Biolay, Nolwenn Leroy, Hubert-Félix Thiéfaine, Carla Bruni-Sarkozy, Renan Luce, Alexis HK, Benoît Dorémus et Grand Corps Malade). À la suite du succès de "La Bande à Renaud" (), un second volume sort le 27 octobre. Le , une version française de "Do They Know It's Christmas" sort, sous le nom de "Noël est là", pour soutenir la lutte contre l'épidémie d'Ebola. Renaud y chante et apparaît dans le clip musical aux côtés d'autres artistes français. Relève temporaire (2015). Le , un documentaire inédit "Renaud, on t'a dans la peau" est diffusé en soirée sur France 3, le jour de l'anniversaire du chanteur. Didier Varrod, réalisateur du documentaire (il avait déjà signé un documentaire sur Renaud en 2002), a pu rencontrer Renaud pour lui faire voir le film quelques jours avant sa diffusion à la télévision. D'après le réalisateur, Renaud aurait été particulièrement ému par le reportage. Le lendemain, Benoît Dorémus annonce, via les réseaux sociaux, que Renaud, encore touché par le documentaire sur lui, est parvenu à écrire une nouvelle chanson, information reprise par plusieurs sources comme la page Facebook « Soutenons Renaud Séchan ». En , le frère de Renaud, Thierry Séchan, annonce que Renaud a écrit quatorze textes, et que le guitariste Michaël Ohayon et le chanteur Renan Luce ont composé les musiques du futur album. Renaud confirme l'information sur RTL, ajoutant que l'album pourrait sortir dès septembre et qu'il sera enregistré à Bruxelles. Toutefois, toujours d'après Thierry, il doit diminuer sa consommation d'alcool et de tabac pour pouvoir de nouveau chanter. L'album est finalement repoussé à Noël et devrait comporter une douzaine de titres dont deux consacrés à l'attentat contre "Charlie Hebdo" de janvier 2015, puisque , déclare son frère. L'album aurait pu se nommer "", du titre d'une chanson présente sur l'album, racontant son voyage à Los Angeles. En octobre, il écrit et chante le titre "Ta Batterie" sur l'album "Il nous restera ça" de Grand Corps Malade. C'est durant sa collaboration avec Grand Corps Malade qu'il retrouve le goût d’écrire pour de nouvelles chansons, l’inspiration lui revenant à cette période. Au début de janvier 2016, Renaud déclare sur Facebook : Il déclare également sur l'antenne d'Europe 1 que c'est son plus bel album depuis "Mistral gagnant". Deux chansons sont : "Hyper Cacher" (en référence à la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes) et "J'ai embrassé un flic" (en référence aux manifestations des 10 et 11 janvier 2015). Toujours sur Facebook, il déclare qu'il compte reprendre la scène courant 2016. Le , en mémoire des victimes des attentats contre "Charlie Hebdo" disparues l'année précédente, il est présent place de la République à Paris, et chante "Que Marianne était jolie" soutenu par Christophe Alévêque, de Michel Delpech, mort quelques jours plus tôt. Le à minuit, Renaud publie sur son site internet la première chanson "Toujours debout", issue de son futur album (dont il n’a pas composé les musiques). Le même jour, sur France Inter, il annonce la sortie son nouvel album : "Renaud". Le clip officiel de "Toujours debout" sort le . Début 2016, il fait plusieurs apparitions sur scène avec I Muvrini. Le 2 mars, il fait son retour comme chroniqueur dans l'hebdomadaire "Charlie Hebdo" avec un billet bimensuel. Il tient aussi, à partir d'avril 2016, une chronique mensuelle dans le magazine "Causette". "Toujours debout" (2016-2017). Son album "Renaud" sort le et connaît un succès fulgurant, vendant plus de en six semaines. En janvier 2017, le SNEP révèle que Renaud a dominé les ventes en France avec plus de vendus en 2016. En mai 2016 sort sa première autobiographie, "Comme un enfant perdu", dans laquelle il revient sur son parcours. En juillet 2016, le groupe Tryo dévoile le clip de "Souffler" (extrait de l'album "Vent debout"), dans lequel apparaît Renaud. Il entame le à Évry la tournée "Phénix Tour", avec plus de cent-trente dates à travers la France mais aussi au Royaume-Uni, en Suisse et en Belgique. Il reçoit, dans la nuit du 10 au , la Victoire de l'artiste masculin de l'année aux Victoires de la musique. Après cela, il connait une nouvelle rechute. "Les Mômes et les Enfants d'abord" (2018-2019). En , il est annoncé que Renaud est de retour en studio, pour un album destiné aux enfants. Certaines chansons sont composées par Renan Luce et Romane Serda, et c'est Michaël Ohayon qui réalise le disque. La SACEM lui décerne, le , un prix spécial pour l'ensemble de sa carrière. Il y apparaît affaibli et incapable de chanter (sortant d'une cure de désintoxication à la suite de plusieurs rechutes après sa tournée), mais toujours aussi engagé. En , le journal "La Provence" annonce que Renaud produira le prochain album de Dave, après avoir écouté sa nouvelle chanson "La Fille aux deux papas". Dave déclara : . Le , il est hospitalisé à la suite d'une lourde chute à son domicile. En , dans un entretien accordé au "Parisien", il déclare que son prochain disque s'intitulera "Les Mômes et les Enfants d'abord !" et sortira à l'automne 2019. Ce sera de douze titres, qui va en avec . Il a été enregistré chez Renaud (à l'Isle-sur-la-Sorgue), Bruxelles et Paris. L'album sort finalement le , après la parution du single "Les Animals". Une semaine après sa sortie, l'album s'écoule à , plaçant Renaud numéro un des ventes en France. Il est classé un mois plus tard par le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP), à la des albums les plus vendus en 2019 et obtient un double-disque de platine. Une timide poursuite discographique (depuis 2020). Le , il met en ligne le titre "Corona Song", qui se veut un hommage aux victimes de la pandémie de Covid-19 et aux soignants. Il s'y attaque à la Chine , à Donald Trump , aux gouvernants politiques et apporte son soutien au Raoult. L'accueil critique des médias et du public s'avère assez mitigé, notamment en raison de son interprétation, des paroles de la chanson et de l’apparence diminuée du chanteur. En , Renaud annonce la préparation d'un album de reprises de classiques de la chanson française, prévu dans un premier temps pour . Pour la même occasion, il annonce avoir tiré un trait sur les tournées, se déclarant à la « retraite ». Son album "Métèque" est finalement publié le , mois du anniversaire du chanteur. L'album est réédité au mois de décembre avec quatre titres supplémentaires : trois reprises ("Suzanne", "La vie s'écoule, la vie s'enfuit", "Ma fille") et un inédit écrit avec Marc Cuadrado ("J'veux une Harley"). Il annonce finalement son retour sur scène pour , dans le cadre d'une série de concerts intimistes. Le spectacle comprend un orchestre de cordes, avec huit musiciennes, un piano et un accordéon et il est orchestré par Alain Lanty. La tournée, qui prévoit 80 concerts, est programmée pour durer toute l'année 2023. Le répertoire est centré sur les titres des années 80 et 90 et le chanteur y rend hommage à sa nouvelle compagne, Cerise. Prises de position. Tout au long de sa carrière, Renaud n'a cessé de militer pour de nombreuses causes, dont certaines étaient (ou sont encore) taboues. La plupart de ses chansons, quand elles ne sont pas franchement engagées, évoquent au moins au détour d'un couplet un sujet qui est cher au cœur de l'artiste. Idées et relations politiques. Renaud est d’abord engagé à gauche. Il s'explique sur ce choix politique de deux manières : par les valeurs humanistes que défend ce bord et par l'héritage protestant et socialiste du côté paternel et l'héritage communiste du côté maternel. Les engagements de son grand-père paternel semblent néanmoins n'avoir apporté qu'un bagage culturel et non idéologique. Non affilié à un courant idéologique défini, il se considère avant tout comme membre d'une grande famille de gauche. Renaud n'hésitera pourtant pas à égratigner les partis de gauche dans ses chansons ("Socialiste") ou dans ses concerts lorsqu'il le juge nécessaire. Si plusieurs de ses chansons présentent clairement un message anarchiste, Renaud, ancien soixante-huitard, n'est pas pour autant un anarchiste convaincu. En effet même s'il trouve le principe magnifique, il ne pense pas les idées applicables dans la société actuelle. Le côté anarchiste de Renaud se ressent notamment lorsque celui-ci raille les représentants de l'ordre dans ses chansons ; c'est notamment l'armée qui en fait le plus les frais, Renaud étant un ardent pacifiste ("la Ballade Nord-Irlandaise", "Manhattan-Kaboul") et antimilitariste ("Déserteur", "Trois matelots", "La Médaille" contre la radiodiffusion de laquelle l’Association de soutien à l'armée française porte plainte). Il s'en prend de la même manière à la police ("Hexagone", "Où c'est qu'j'ai mis mon flingue"). Il privilégie la fraternité humaine et se dit opposé à l'idée de frontière. De là vient son engagement régionaliste, engagement qui se retrouve notamment dans les chansons "Le Blues de la Porte d'Orléans" ou "Corsic’armes". À droite, Renaud suscite des sentiments contrastés. Louis Pauwels l'associe à Coluche, dans son article dénonçant le « SIDA mental » dont serait atteinte la jeunesse manifestant contre la loi Devaquet. Alors Premier ministre, Édouard Balladur déclare que Renaud était son chanteur préféré. Dans les années 2000, Christine Albanel ou Jean-Marie Le Pen font des déclarations similaires. L'extrême droite est définie comme un ennemi par Renaud. Antifasciste déclaré, il lutte contre l'antisémitisme et s’en prend vivement à la politique d'Israël au sujet du conflit israélo-palestinien. Les paroles de la chanson "Miss Maggie" où la répression de l'Intifada est comparée au génocide arménien et à la Shoah, déclenchent une polémique et lui valent des accusations d'antisémitisme. Renaud avoue la tournure maladroite, même si le but était bien de provoquer, et remanie la phrase en « Palestiniens, Juifs, Arméniens ». Une constante dans les engagements de Renaud est sa tendance à toujours se placer du côté des minorités et des personnes en position de faiblesse. Il a longuement milité pour des associations humanitaires ou organisations non gouvernementales, tels que les Restos du cœur, Médecins sans frontières ou SOS Racisme, mais les problèmes de malversations auxquelles sont mêlées les associations humanitaires, et le sentiment de leur inefficacité, ont fini par le rendre plus méfiant et distant vis-à-vis de ces groupes ; une lassitude qu'il décrit dans "Tout arrêter". Renaud est un chanteur impliqué et militant, d'ailleurs régulièrement interrogé sur l'actualité politique et sociale (notamment ). Mais il a, maintes fois, émis le souhait de se retirer des turbulences des engagements politiques, comme il l'exprime dans les chansons "Fatigué" ou "Je vis caché". Il désire mener une vie simple, proche de la nature, à l'écart de la violence, des drogues ("La blanche", "P’tite conne", "Zénobe"), exprimant parfois un univers passéiste ("Rouge gorge") et nostalgique de l'enfance ("Mistral gagnant", "Le sirop de la rue"). Renaud a toujours assumé l'affection et sa fascination pour le socialiste François Mitterrand, auquel il envoyait chacun de ses disques à sa sortie. Pourtant, après l'élection présidentielle française de 1981 où il avait voté au second tour pour Mitterrand, bien que se réjouissant de l'abolition de la peine de mort et de l'autorisation des radios libres, Renaud s'opposa rapidement aux positions économiques et géopolitiques des socialistes notamment après le tournant de la rigueur opéré par le gouvernement Mauroy en 1983. La même année, il s'engage activement aux côtés de la Marche pour l'égalité et contre le racisme, comme il le fait plus tard pour la campagne "Touche pas à mon pote" de SOS Racisme. En 1985, il se rend à l'Élysée pour exiger des explications à la suite de la mort d'Éloi Machoro, secrétaire général du FLNKS. Le , Renaud signe une tribune, « Tonton laisse pas béton », sur toute la largeur d'une pleine page publiée dans le quotidien "le Matin de Paris", pour convaincre Mitterrand de ne plus hésiter à se représenter à l'occasion des élections de 1988. Cela n'empêche pas Renaud de voter Pierre Juquin au premier tour et de poursuivre ses critiques sur le Parti socialiste durant le second septennat de Mitterrand. En 1988, à l'occasion de la visite officielle en France du président portugais, il signe dans "Révolution" une tribune demandant la libération d'Otelo Saraiva de Carvalho. La même année, il organise un concert à l'Olympia afin de réunir des fonds pour financer un hôpital palestinien. Renaud se montre également actif à l'occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution française en 1989. Il critiquait le fait d'inviter les « maîtres du monde » pour le sommet du G7 à Paris alors que la période était censée rendre hommage à la Révolution et aux sans-culottes. Organisateur d’un concert protestataire sur le thème « Dette, colonies, apartheid, ça suffat comme ci », réunissant plus de Place de la Bastille, Renaud força le Parti socialiste à prendre position sur l'abolition de la dette. En 1991 Renaud désapprouva fortement le choix de François Mitterrand de s'impliquer dans la guerre du Golfe aux côtés des Américains, celle-ci se résumant pour lui à une histoire d'argent que les Irakiens allaient devoir payer au prix fort. Il écrit diverses chroniques dans "l'Idiot international" de Jean-Edern Hallier. Malgré ses divergences avec Mitterrand, Renaud nourrit toujours un grand respect pour celui qu'il identifiait sous certains aspects à un père. Une chanson lui est d'ailleurs consacrée sur l'album "Marchand de Cailloux" ("Tonton") et "Baltique", du nom de son chien, sera un ultime hommage sur l'album "Boucan d'enfer". Aux élections européennes de 1994 en France, Renaud est avant-dernier sur la liste "Régions et peuples solidaires", derrière Gilles Perrault, Jacques Higelin et Christian Laborde, marquant ainsi son engagement régionaliste (il soutient ainsi Jean-Philippe Casabonne et Peio Serbielle, donne des concerts de soutien, et un drapeau basque figure sur le décor de sa tournée "Boucan d'enfer"). Depuis le départ de Mitterrand, il s'avoue peu convaincu par Lionel Jospin et les autres dirigeants socialistes, mis à part Bertrand Delanoë et l'aile gauche du parti. Renaud s'est orienté vers un écologisme de gauche, représenté par José Bové ou les Verts, qu'il a soutenus lors des élections présidentielles de 1995, de 2002 et de 2007. En 1995, il vote pour Lionel Jospin au deuxième tour, afin d'éviter . En 1999, il signe un texte demandant l'arrêt des bombardements au Kosovo. Au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, il vote pour l’écologiste Noël Mamère. Renaud a aussi fait partie du Comité de soutien socialiste au Oui à la constitution européenne créé à l'initiative de Jack Lang lors du référendum de 2005. En 2007, après avoir soutenu Dominique Voynet, présente au premier concert de sa tournée, il apporte son soutien à Ségolène Royal en étant présent au meeting de Charléty pour s'opposer à Nicolas Sarkozy. Il déclare avoir voté socialiste au deuxième tour des présidentielles 2007, mais qu'il aurait préféré voter pour la gauche radicale. Il a aussi soutenu Yves Cochet lors des législatives de la même année dans le arrondissement de Paris où il réside. À l'automne 2007, il s'engage contre la loi Hortefeux et les tests ADN, participant au meeting au Zénith et annonçant l'écriture d'une chanson sur le sujet. En décembre 2007, il offre un de ses tableaux pour une vente aux enchères en faveur du journaliste Denis Robert. Il devient membre du comité de soutien à Denis Baupin lors des municipales de 2008 à Paris. Il prend également position en faveur de différents candidats de gauche (Razzy Hammadi à Orly, Dominique Voynet à Montreuil ou Martine Lignières-Cassou à Pau). Il prend en 2004 la défense de Peio Serbielle, condamné, selon ses termes, pour « délit d'hospitalité ». En effet, le chanteur basque est placé durant en détention provisoire pour avoir hébergé des indépendantistes, avant d'être condamné, en 2018, à cinq ans de prison dont avec sursis et d’amende. Début 2005, son engagement dans une campagne contre le téléchargement illégal lui vaut quelques réactions de la part de ses fans. Sa position sera contradictoire sur le sujet. À la fin de l'année, le chanteur revient sur sa décision, s'explique avoir été mal informé sur le "peer to peer" et « embobiné » par Virgin, et distribue gratuitement sa chanson militante "Dans la jungle" sur un forum Internet d'un site de fans sans la permission de sa maison de disques. Il met d'ailleurs par la suite à disposition des enregistrements rares ou inédits sur ce même site. Cependant, en juin 2008 il s'engage, aux côtés de artistes, pour la loi Hadopi réprimant le téléchargement illégal. À partir de 2005, il lutte activement pour la libération d'Íngrid Betancourt et des autres otages en Colombie détenus par les FARC pour lesquels il compose une chanson "Dans la jungle" (traduite dans plusieurs langues). Le , à l'occasion des quatre ans de détention de l'otage, il organise entre autres un grand concert au Zénith de Rouen réunissant de nombreuses personnalités. Dix jours plus tôt, un concert similaire, "Les Voix de l'Engagement", s'était tenu en Belgique, à Louvain-la-Neuve, en soutien également à Aung San Suu Kyi (Prix Nobel de la paix, qui fut assignée à résidence en Birmanie). Renaud y chante notamment en duo avec Hugues Aufray. Un autre meeting de soutien à Íngrid Betancourt est organisé au Zénith de Paris le dans l'espoir, déçu, d'une libération proche d'Íngrid Betancourt. Lorsque cette dernière est libérée le , le Président de la République Nicolas Sarkozy salue son engagement lors de son intervention en direct. Il n'apparaît pas cependant aux diverses célébrations suivant sa libération, ne souhaitant pas s'exprimer publiquement. En , il indique qu'il ne votera « plus jamais » socialiste. À la même période, Renaud s'exprime sur RTL pour démentir des rumeurs selon lesquelles il soutiendrait la candidature de François Fillon ou d'Alain Juppé pour les primaires à droite en préparation de l'élection présidentielle de 2017. Il avait initialement déclaré qu'il soutiendrait François Fillon s'il se trouvait au second tour de l'élection présidentielle face à Marine Le Pen, avant de se rétracter. À la suite de l'affaire Fillon, il déclare ne plus soutenir François Fillon. En , il déclare qu' Jean-Luc Mélenchon. Mais le mois suivant, il annonce qu'il va voter Emmanuel Macron car c'est . En avril 2022, il annonce voter pour Philippe Poutou au premier tour de l'élection présidentielle, puis voter pour faire barrage à Marine Le Pen au second. Écologisme et défense des animaux. L'écologisme est un autre grand combat de Renaud. Auparavant plus intéressé par les droits de l'Homme et la politique, le déclic écologique est venu avec la naissance de sa fille en 1980 qui lui a fait prendre conscience que les générations futures « devaient continuer à profiter de ce que la nature a donné à l'homme. » Et dès 1984, il s'engage à Greenpeace pour qui il organise un concert, et participe à quelques manifestations, notamment le en occupant les locaux de la Japan Airlines, pour protester contre la chasse à la baleine permise par le gouvernement japonais (cela lui vaut quatre heures de garde à vue). Mais, fatigué par les luttes de pouvoir à l'intérieur de l'organisation, et à la suite de l'affaire du Rainbow Warrior, il quitte Greenpeace avec d'autres amis partis fonder l'association Robin des Bois en 1985. Il a lutté contre la construction du tunnel du Somport dans la Vallée d'Aspe (finalement construit) et participe encore aujourd'hui à la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Pour les vingt ans de Tchernobyl, il offre une chanson ("26 avril") à Greenpeace. Il milite activement pour l'abolition du Rallye Dakar (" sur la ligne de départ"). Il est attaché à une vie et un environnement simple et sain. Il est d'ailleurs un fervent pêcheur à la mouche, à l'instar de René Fallet dont il a hérité des cannes à pêche. Attaché à la cause animale, Renaud est un militant anticorrida. Il a composé deux chansons contre la corrida ("Olé" et "Rouge Sang") et il est membre du Comité radicalement anti-corrida (CRAC) et de l'Alliance anticorrida. En juillet 2007, il assure la voix off d'un spot publicitaire de la Société protectrice des animaux (SPA) contre la corrida qui est censuré par le Bureau de vérification de la publicité (BVP). Renaud s'insurge contre cette décision et adresse une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy le 13 août, aux côtés d'autres personnalités. Le , il adresse une lettre ouverte au président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) demandant le soutien dans la demande d'interdiction de l'accès aux arènes pour les mineurs de moins de . En septembre 2009, il apporte son soutien au livre promotionnel de la SPA, "SOS SPA Tome 2 - Tauromachie, l'enfer du décor", bande dessinée de Geoffroy et Chardot dans laquelle il apparaît sur quelques planches. En 2006, il lui a été reproché d'avoir offert un 4x4 à son épouse. Il assume cette position en contradiction avec ses opinions écologistes. Soutien à Yvan Colonna. Renaud affiche depuis quelques années un soutien à Yvan Colonna, indépendantiste corse condamné pour activités terroristes, dont l'assassinat du préfet Claude Érignac. À plusieurs reprises en 2016, Renaud arbore un T-shirt sur lequel est inscrit , notamment lors de l'émission de télévision "le Grand Journal", le . Il rend aussi visite aux proches du détenu à perpétuité, à Cargèse. Il se fait tatouer une Corse accompagnée d'une tête-de-maure sur l'avant-bras droit. Quand on lui pose la question sur une supposée innocence d'Yvan Colonna, il affirme : . Dans "Charlie Hebdo" du , Renaud déclare qu'il . Rapports avec les médias. Renaud et la presse n'ont pas toujours été en bons termes, notamment la presse de gauche de l'aveu de Renaud lui-même. Le conflit le plus évident est celui qui oppose le chanteur avec "Libération", notamment les pages culturelles qui ont émis de nombreuses critiques défavorables à son sujet depuis le début de sa carrière et à qui Renaud n'a cessé de lancer de petites « piques » à travers les paroles de plusieurs de ses chansons ou sur scène. En 1989, un article en pleine page de "Libération", au sujet de la maison achetée par Renaud à Outremont (Montréal), titre « Renaud passe du HLM à la cabane au Canada » et critique le fait que sa maison se situe dans un quartier aisé. Renaud a également eu quelques démêlés avec "l'Événement du jeudi" notamment lorsque celui-ci révèle en 1993 que le chanteur a touché les Assedic pendant huit mois en 1980. Pour son album "Putain de camion", dédié à Coluche et sorti en 1988, Renaud décide de n'en faire absolument aucune publicité par le biais des médias traditionnels (presse, radio, télévision). "Mistral gagnant" l'album précédent avait en effet eu droit à une forte promotion et s'était vendu à plus d'un million d'exemplaires ; Renaud était désireux de couper les ponts avec les médias, fatigué des critiques sur ses origines ou son compte en banque. Mais la décision d'éviter toute promotion fait chuter les ventes de moitié par rapport à ses deux précédents albums (soit malgré tout). Finalement, Renaud se résigne et continue de passer par le système médiatique pour promouvoir ses albums, partagé entre le besoin de s'attirer un public plus large et le risque de s'exposer aux critiques en s'affichant dans ces médias qu'il décrie tant. Par exemple son apparition aux NRJ Music Awards lors de son retour en 2002 lui a attiré plusieurs critiques. En 2002, pour la sortie de "Boucan d'enfer", les critiques redeviennent élogieuses, célébrant le retour et la sortie de la période "noire et jaune" de Renaud. La réception est plus mitigée pour l'album "Rouge Sang". Renaud s'en prend vivement à la presse parisienne qui ne le soutiendrait pas contrairement à la presse de province et il juge les procès d'intentions qui lui sont faits pour les chansons "Les Bobos" et "Elle est facho" (qui finit par "… et elle vote Sarko") sans fondement. En 2007, dans un numéro spécial du mensuel d'extrême-droite "le Choc du Mois" consacré à la chanson française dont il figure d'ailleurs seul en couverture, Renaud accorde un entretien assez décomplexé dans lequel il s'affirme prêt à soutenir une demande de mise en liberté au profit des détenus politiques quelle que soit leur appartenance . Laïcité, religion et mort. Issu d'une famille protestante, portant la croix huguenote, il revendique son appartenance à cette communauté même s'il ne croit pas en Dieu. En effet, Renaud est agnostique et ne le cache pas. Au contraire, il sermonne vertement les fanatiques religieux, les curés et les papes dans ses chansons. La religion, notamment le catholicisme, est toujours considérée dans les textes de Renaud comme un frein au développement intellectuel et à la liberté. Partisan d'un socialisme laïque, il déplore par exemple que François Mitterrand n'ait pas émis le désir de se faire enterrer civilement pour aller jusqu'au bout de son agnosticisme. Renaud entretient un rapport particulier avec la mort, comme l'évoque sa chanson "Mon bistrot préféré". En effet nombre de ses amis sont disparus prématurément, notamment Patrick Dewaere, Coluche (qui était le parrain de sa fille), Pierre Desproges, Serge Gainsbourg, Michel Roy (compositeur de la chanson "Baston" et sujet de la chanson "La Blanche"), Franck Langolff, François Ovide (guitariste de Renaud et compositeur de la chanson "Mon amoureux"). La disparition de Georges Brassens, de François Mitterrand et de Frédéric Dard le marquent également beaucoup, tout comme le décès du jeune Lucas, à qui est dédiée la chanson "Elsa", prénom de sa jeune sœur. Durant l'été 2016, il se fait tatouer dans le dos le buste du Christ portant la couronne d'épines et cerclé du message : , . Alcool. Renaud sombre plusieurs fois dans l'alcoolisme, qu'il décrit dans "Boucan d'enfer". Il affirme en avoir gardé une image d'alcoolique dont se servent certains de ses détracteurs. En 1986, désireux de diversifier ses expériences professionnelles, il réalise une publicité pour Kanterbräu. Le spot, où il figure avec Jean-Louis Roques, est inspiré des paroles de la chanson "Germaine". Il regretta ensuite d'avoir ainsi incité à la consommation d'alcool et reversa les gagnés au Muséum national d'histoire naturelle, pour la rénovation de la grande galerie de l'Évolution. Au cours d'un entretien accordé au magazine "Serge" en 2010, Renaud se confie sur ses angoisses et ses rapports avec l'alcool : et ajoute . Style artistique. Univers musical et littéraire. Renaud, dans la tradition de la chanson française, accorde avant tout une importance au texte. Il a d'ailleurs écrit la quasi-totalité de ceux-là ("La chanson du loubard", "Soleil immonde" et "Rien à te mettre" figurent parmi les rares exceptions). Il subit les influences de Bruant, de François Béranger et d'autres chanteurs réalistes, du folk song d'Hugues Aufray (sa première idole et celui qui lui a donné l'envie de chanter) et d'Antoine, et du protest song de Bob Dylan. Une bonne partie de ses textes utilisent l'argot, un langage populaire que Renaud a appris enfant puis en fréquentant la rue alors qu'il vivait de petits boulots, et comprennent de nombreux calembours. Outre les chansons engagées, Renaud écrit également sur des sujets plus personnels, souvent biographiques, comme la famille, le divorce ou l'enfance. À partir de "Morgane de toi" par exemple, dans chacun de ses albums studio, au moins une chanson sera dédiée à sa fille. Renaud glisse fréquemment quelques touches humoristiques dans ses chansons en se servant du jeu de mots, de la parodie ou de la satire pour mieux faire passer ses messages ou simplement faire rire. Renaud est connu pour recourir fréquemment au portrait dans ses textes. Certains de ses personnages sont biographiques ("Miss Maggie", "L'Entarté", "Tonton"), d'autres sont des caricatures de groupes sociaux ("Deuxième génération", "Dans mon HLM", "Petit pédé"), d'autres enfin représentent une partie de sa propre personnalité ("Manu", "La teigne", "Cent ans"). Certains reviennent sur deux chansons (Gérard Lambert, La Pépette, Germaine). L'aspect musical passe plutôt au deuxième plan. Il a néanmoins composé de nombreuses mélodies, dont celles de "Mistral gagnant" et d’"Hexagone", mais n'en a fait que cinq sur "Rouge Sang" et qu'une sur "Boucan d'enfer". Son accompagnement musical a souvent varié au gré des arrangeurs : assez épuré au départ, java et accordéon dans la période titi parisien, parfois FM avec synthétiseur comme pour "Marchand de cailloux", acoustique avec "À la Belle de Mai" ou avec une utilisation importante de guitare électrique dans "Rouge Sang". Renaud n'ayant jamais pris de cours de chant, sa voix éraillée ne fait pas non plus l'unanimité, d'autant plus que l'alcool et la cigarette ont accentué son côté rauque ; elle est en tous cas un signe distinctif du chanteur. Il est à noter que le chanteur a beaucoup travaillé avec des musiciens et collaborateurs du groupe Magma : Muriel Huster (photographe), Klaus Blasquiz (chœurs), Gérald Bikialo, Randy Brecker, Bernard Paganotti (basse), Dominique Bertram (basse), Jean-Michel Kajdan (guitares), Teddy Lasry et Claude Salmiéri (batterie) ont tous à un moment ou un autre travaillé pour Magma et Renaud. Encore plus que Léo Ferré, Jacques Brel, Boby Lapointe ou Boris Vian, les deux artistes qu'il admire le plus sont Charles Trenet et surtout Georges Brassens qui lui a donné l'envie d'écrire des chansons et dont il revendique la filiation. Il ne l'a rencontré que deux fois : une fois enfant, une autre fois sur un plateau de télévision. Brassens lui avait alors indiqué qu'il trouvait ses chansons « merveilleusement bien construites ». Dix ans après sa mort, Renaud avoua qu'après un tel compliment venant d'une telle personne, tous les hommages lui paraîtraient bien fades. En 1996 sort l'album-hommage "Renaud chante Brassens" où Renaud reprend du répertoire de son idole, encouragé par deux proches de Brassens, Pierre Onténiente et André Tillieu, qui l'accompagnent dans sa promotion. Son chanteur vivant préféré est Bruce Springsteen auquel il a offert une guitare Telecaster 59 rouge et qu'il a rencontré lors d'un concert au Zénith de Paris. Il a également interprété sa chanson "No surrender" sur scène au Zénith en 1986 et a traduit les chansons "Factory", "My hometown" et "Working on the Highway" en 1984. Cette version restera dans les tiroirs. Il avoue également écouter Vivaldi, Mozart, Chopin, les Beatles et Bob Dylan. Son chanteur français préféré est Alain Souchon à qui il adresse un hommage appuyé dans une chanson de l'album "Ma gonzesse" (« J'ai la vie qui m'pique les yeux ») et dans l'album "Rouge sang" ("Sentimentale mon cul"). Il est également amateur de la "nouvelle scène française", écoutant Renan Luce, Benjamin Biolay, Vincent Delerm, Clarika, Aldebert ou Benoît Dorémus qu'il produit. Il se dit écœuré par les émissions de téléréalité musicales qu'il accuse de produire des chanteurs sans intérêt et inexpérimentés. Il admet néanmoins apprécier Élodie Frégé qu'il cite dans les artistes qu'il affectionne. Il apprécie également les chanteurs québécois comme Robert Charlebois ou les Cowboys fringants qui ont d'ailleurs déclaré être influencés par Renaud ("En berne" des Cowboys fringants est fortement inspiré d’"Hexagone") mais son chanteur québécois préféré reste Richard Desjardins, qu'il compare à Léo Ferré. Parmi les chanteurs suisses Sarclo, qui fera la première partie des concerts de sa tournée en 1996, qui est pour lui « la plus belle invention suisse romande depuis l'invention du trou de gruyère » ainsi que Le bel Hubert et Michel Bühler. Il apprécie aussi le chanteur catalan Lluís Llach. Dans le cadre de l'émission "Les Enfants du rock", il s'est rendu en Afrique du Sud pour interroger le chanteur Johnny Clegg pour qui il avait eu un coup de cœur. Ému par son combat contre l'Apartheid, il lui a dédié la chanson "Jonathan" et entretient toujours de très bons termes avec lui. En 2006, Renaud produit d'ailleurs son album "One Life". Parmi les auteurs littéraires il cite Maupassant, Boris Vian, Prévert, Jack Kerouac, René Fallet ; les polars (Le Masque), "Le Feu follet" de Pierre Drieu la Rochelle, "La Mort à Venise" de Thomas Mann et "Au bonheur des mots" de Claude Gagnière sont ses livres de chevet. Influence. Les trente années de carrière de Renaud ont eu une certaine influence sur la chanson française. De nombreux groupes et artistes disent avoir été inspirés par Renaud comme Soldat Louis, Mano Solo, Tryo, Zebda, Mickey 3D, Têtes raides (qui ont repris "Hexagone" lors de leur tournée 2004), Renan Luce ou Bénabar. Benoît Dorémus se dit également fortement influencé par Renaud qui l'a d'ailleurs produit. Cette influence s'étend même à l'ensemble du monde francophone avec des groupes comme les Québécois des Cowboys fringants. Plus récemment, un jeune Creusois devenu Parisien d'adoption, Gauvain Sers, est également très influencé par Renaud. Ce n'est pas pour rien que ce dernier l'a invité à faire ses premières parties lors de sa dernière tournée. Plus éloigné de son univers musical, les paroles contestataires du chanteur ont trouvé écho auprès de la scène rap (notamment les chansons sur la banlieue, un thème que Renaud s'était approprié et qui fut plus tard repris par les rappeurs). Un album hommage lui est même consacré auquel ont participé des rappeurs comme Doc Gynéco, MC Jean Gab'1 et Disiz. Certains voient d'ailleurs en MC Jean Gab'1 l'une des influences les plus visibles, le rappeur appartenant à l'une des premières générations de rappeurs qui ont fait le lien entre les banlieusards comme ceux décrits par Renaud et ceux de l'époque contemporaine. En 2010, le chanteur Raphael enregistre "Le Patriote" sur son album "Pacific 231" où il chante « "Mon pote Renaud tu nous manques tant, putain réveille-toi car la France c'est devenu salement déprimant depuis qu't'es parti en vacances" », une chanson inspirée d"Hexagone". Renaud consacre également un slam, dans son album "Renaud, le phénix", slam intitulé "pour Karim, pour Fabien". Renaud est aussi apprécié de Booba, qui a utilisé un sample de "Mistral gagnant" pour son morceau "Pitbull" dans son album "Ouest Side" sorti en 2006. Le rappeur déclare qu'il a été bercé par ses chansons et le considère comme . Discographie. Au total, Renaud a vendu plus de quinze millions de disques (dont trois millions de compilations diverses) et trois millions de 45 tours. Parallèlement, Renaud a participé à différents projets tels que Chanteurs sans frontières ou les Enfoirés tout au long de sa carrière. Il a également composé quelques musiques de films (par exemple "Marche à l'ombre") et produit les albums de quelques artistes, notamment Romane Serda et Benoît Dorémus. Il lui est aussi arrivé d'écrire des chansons pour d'autres artistes (Régine, Patricia Kaas…). En concert. En concert, Renaud a l'habitude de beaucoup parler avec son public entre deux chansons, voire de le provoquer avec des gags et des jeux de scène ; il en profite aussi parfois pour donner son avis sur des sujets d'actualité. Les concerts de Renaud sont aussi connus pour leurs décors. Le premier grand concert de Renaud se déroule devant au Zénith qu'il inaugure pendant plus de trois semaines en 1984 et recevra en tout . En 1986, il réoccupe le Zénith pendant un mois, la campagne publicitaire de cette tournée, "Le Retour de la Chetron Sauvage", le montre avec un bandana rouge en train de sucer son pouce après avoir été mordu par un hameçon. En pleine élections législatives, Renaud pose comme thème de campagne "Les méchants c’est pas nous !" Le décor de ce concert représente un port avec un immense cargo au nom de "Karaboudjan" en référence à Tintin. Renaud revient au Zénith en 1988, avec en première partie le groupe Soldat Louis, l'unique décor est un arbre gigantesque où sont perchés les trois choristes. Pour la "Tournée d'enfer", le décor représente une place de village un jour de 14 juillet. Pour la "Tournée Rouge Sang", ce sont les toits de Paris qui sont reconstitués en hommage à Robert Doisneau et au dernier concert des Beatles sur le toit d'Apple Corp à Londres. Plusieurs de ces concerts sont sortis en VHS et DVD, d'autres ont été enregistrés mais jamais commercialisés. Autres activités. Acteur. Renaud ne fut pas le premier de sa famille à travailler dans le cinéma. Edmond Séchan, frère d'Olivier et oncle de Renaud, officiait déjà comme chef-opérateur et aurait beaucoup aidé Albert Lamorisse pour ses films. Le nom de cet oncle est ainsi inscrit dans un certain nombre de films français comme "Les Aventures d'Arsène Lupin", "Mort en fraude", "les Dragueurs", "la Grande Frousse", "les Tribulations d'un Chinois en Chine", "la Boum"... Renaud commence sa carrière d'acteur très tôt. À trois ans, lui et son frère jumeau sont amenés par leur oncle sur le tournage du film "Le Ballon rouge" d'Albert Lamorisse pour servir de figurants. Le film obtiendra la Palme d'or du court-métrage au Festival de Cannes 1956 et l'Oscar du meilleur scénario original à Hollywood. Renaud définit cette expérience comme étant son premier souvenir. Avant la chanson, la première vocation de Renaud est de devenir acteur. Dans les années 1970, il joue quelque temps au café de la Gare, où il devient très ami avec Miou-Miou et surtout avec Coluche, puis à la Veuve Pichard dans la pièce "le Secret de Zonga" de Martin Lamotte. Il réussit également à décrocher quelques petits rôles dans des téléfilms ou des séries. Le succès aidant, il se détourne de cette voie pour se consacrer entièrement à la musique. Par la suite, il reçoit plusieurs propositions de tournage mais aucune ne l'intéressera jusqu'en 1993. En 1980, il compose la chanson du film "Viens chez moi, j'habite chez une copine" de Patrice Leconte et en 1984 celle de "Marche à l'ombre" de Michel Blanc (interprétée par Michel Blanc dans le film). En 1995, sur une musique de Khalil Chahine, il écrit les paroles de la bande originale de "Fallait pas !..." de Gérard Jugnot qui est une chanson critique sur les sectes et les religions. Mais sa principale expérience au cinéma a lieu en 1993, avec l'adaptation de "Germinal" de Claude Berri où il joue Étienne Lantier, l'un des rôles principaux, aux côtés de Gérard Depardieu et Miou-Miou. L'histoire démarre en 1980, dans une loge après un concert à Bobino, Claude Berri avait promis à Renaud qu'un jour il lui trouverait un rôle au cinéma. Après deux ans de réflexion Renaud, qui aurait pourtant préféré un petit rôle, accepte en tant que petit-fils de mineur. Au cours des six mois de tournage de mi-août 1992 à fin février 1993, Renaud a pu découvrir le folklore des gens du Nord qui lui donneront envie de composer un album de chants traditionnels du Nord ("Renaud cante el' Nord"). Il revient à l'écran en 2003 dans "Wanted" de Brad Mirman avec Johnny Hallyday, Gérard Depardieu et Richard Bohringer où il interprète un tueur à gages silencieux et taciturne qui parle de lui à la troisième personne. En pleine période noire, Renaud avait accepté de tourner dans le film de son ami à condition d'interpréter un petit rôle avec peu de texte. En 2006, il intervient dans le film "le Deal" de Jean-Pierre Mocky, chantant la "Chanson de Radius". Publicité. En 1986, Renaud a réalisé une publicité pour Kanterbräu, où il apparaît avec Jean-Louis Roques, publicité inspirée des paroles de la chanson "Germaine". Il regretta ensuite cette publicité vantant un alcool et donna les gagnés au Muséum national d'histoire naturelle pour rénover la Grande galerie de l'Évolution. Écrivain. À deux reprises, Renaud a écrit des chroniques dans "Charlie Hebdo" : en 1992-1993 et en 1995-1996. Il a également écrit quelques chroniques à "l'Idiot international", avant de couper les ponts à la suite d'un éditorial antisémite de Jean-Edern Hallier. Renaud a écrit divers ouvrages. La plupart ont trait à sa vie et à ses textes. Il a également entrepris l'écriture d'un récit de ses années d'alcoolique, intitulé "le Jaune et le noir". Il ne l'a jamais terminé, mais l'a plutôt remodelé pour devenir son autobiographie : "Comme un enfant perdu". Il signe également deux contes pour enfants : "La petite vague qui avait le mal de mer" (1993) et "Le Petit oiseau qui chantait faux" (2005). En mars 2016 Renaud reprend la plume pour écrire dans deux journaux papiers, "Charlie Hebdo" et "Causette" . En mai de la même année, il publie son autobiographie : "Comme un enfant perdu". Recueils de chansons. Renaud est l'auteur de plusieurs recueils de ses chansons : Collaboration. Renaud a préfacé ou postfacé plusieurs ouvrages, tels que "Fonds de tiroirs" de Pierre Desproges (1990), "Georges Brassens, histoire d'une vie" de Thierry Séchan et Marc Robine (1991), "Droit dans mes Santiags…" d'Hugues Aufray (2005) et "Cette chanson qui emmerde le Front national" de Baptiste Vignol (2007). Bande dessinée. Renaud a scénarisé, en 1981, une BD éponyme à sa chanson "Les Aventures de Gérard Lambert", d’autres de ses chansons ont été à plusieurs reprises illustrées, donnant naissance à plusieurs bandes dessinées dérivées. Dans les années 1980 sont également publiées les BD "La Bande à Renaud" (avec la participation de Frank Margerin) et "Le Retour de la Bande à Renaud". Cet aspect de l'artiste est peu connu ; il a été mis en avant lors d'expositions célébrant plusieurs de ses illustrations. Correspondance. Au début des années 1980, est publié l'échange de lettres entre Renaud et l'éditeur Gérard Lebovici qui venait de faire paraître aux éditions Champ Libre, maison réputée pour la radicalité des textes qu'elle édite (Guy Debord, Bakounine, Clausewitz, Hegel...), un recueil des paroles de ses quatre premiers albums assorti d'une présentation élogieuse. Estimant qu'il s'est éloigné de cet esprit initial, il le lui fait savoir rudement, la réponse aussi peu cordiale de Renaud actant alors leur rupture définitive. Autobiographie. En 2016, Renaud publie son autobiographie : "Comme un enfant perdu". Sculpteur. La plus connue de ses sculptures est la tête de Georges Brassens figurant sur la plaque commémorative de la maison qu'il occupa dans le arrondissement de Paris. Collectionneur. Renaud est un grand passionné de bandes dessinées dont il possède une collection de plus de trois mille pièces (dont plus de deux mille cinq cents ouvrages originaux), notamment de Franquin. En , il vend aux enchères plus de deux cents lots issus de sa collection, parmi lesquels une planche originale de Tintin, vendue un peu plus d'un million d'euros par François Tajan. Œuvres dérivées. Outre les nombreuses reprises de ses chansons, plusieurs œuvres ont été dérivées de l’univers de Renaud et notamment de ses chansons : un jeu vidéo et plusieurs bandes dessinées. Bandes dessinées. Killofer a réalisé le livret de "Rouge Sang" en en faisant une mini BD. Différentes BD traitent de l’univers de Renaud. La bande dessinée "La Bande à Renaud" de 1986 a été rééditée et complétée en 2002 puis en 2016. Annexes. Bibliographie. De nombreux ouvrages, thèses et travaux universitaires, sont consacrés à Renaud : Films documentaires. En 2002, Renaud a fait l'objet d'un documentaire de deux heures intitulé "Renaud, le Rouge et le Noir", écrit par Didier Varrod et réalisé par Éric Guéret. Diffusé sur France 3 le , le documentaire a réuni de téléspectateurs. Un second documentaire est réalisé par Serge Khalfon, et présenté par Laurent Delahousse sur France 2 le : "Un jour, un destin" - « Renaud, les raisons de la colère ». Un troisième documentaire, réalisé par Alain Teulère, est diffusé sur TMC le dans la série "Il était une fois..." - « Renaud ». Un quatrième documentaire, intitulé "Renaud, on t'a dans la peau", écrit par Didier Varrod et réalisé par Nicolas Maupied, est diffusé sur France 3, à l'occasion de ses , le . Le documentaire "Renaud, en plein cœur", écrit par Didier Varrod, est diffusé sur M6, le .
Renaud Séchan
René Dumont René Dumont, né le à Cambrai (Nord) et mort le à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), est un agronome et homme politique français. Il est connu pour son combat pour le développement rural des pays pauvres et son engagement écologiste. Il est le premier candidat à s'être présenté sous l'étiquette écologiste à une élection présidentielle française, en 1974. C'est également un auteur prolifique avec près de , dont "L'Afrique noire est mal partie" en 1962 et "L'Utopie ou la mort !" en 1973. Biographie. Origine et jeunesse. René Dumont naît à Cambrai, 19 allée Saint-Roch, dans une famille d'origine rurale. Il descend du côté paternel d'une lignée de paysans des Ardennes. Son père, Rémy Dumont, est initialement instituteur rural avant d'entrer à l'école nationale d'agriculture de Grandjouan pour devenir ingénieur agricole. Professeur spécial d'agriculture à Cambrai de 1899 à 1925, il écrit une quinzaine d'ouvrages agronomiques chez Larousse et participe à la rédaction du premier "Larousse agricole" en 1921. Également franc-maçon, militant du Parti radical, il fut quelque temps conseiller municipal de Sedan. Espérant que son fils suive sa voie, il lui inculque l'amour de la terre. Sa mère, née Françoise Busque, est en 1898 l'une des premières femmes agrégées de mathématiques en France. D'abord professeur de sciences, elle devient directrice de collège. Sa fonction l'amène à Arras, Amiens, Évreux et, enfin, Montargis, au collège du Chinchon. En 1920, René Dumont y côtoie de jeunes Chinois qui vont ensuite lancer la révolution dans leur pays. René Dumont est ainsi élevé dans une famille de républicains laïcs militants. Il est également très tôt sensibilisé à l'agriculture. Ses parents ne sont eux-mêmes pas agriculteurs mais ses deux oncles et son grand-père tiennent une ferme à Rubécourt-et-Lamécourt, près de Sedan, où il part chaque été et participe aux activités agricoles. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, sa famille réside encore dans le Nord et se trouve très proche du front. Le collège où enseigne sa mère est reconverti en hôpital militaire et René est marqué par l'horreur de la guerre. La famille part ensuite dans la Nièvre. En 1921, René Dumont entre en classe préparatoire mathématiques supérieures au lycée Henri-IV à Paris, afin de préparer le concours d’entrée de l’Institut national agronomique (l'INA, ancêtre de l'actuel AgroParisTech). Entré brillamment en 1922 à l'INA, il en sort avec un diplôme d'ingénieur agronome. Il part effectuer son service militaire mais, en raison de son tempérament pacifiste et de son comportement rebelle, des conditions particulièrement difficiles lui sont réservées et il fait par la suite une dépression. Il part se soigner à l’établissement psychiatrique de Charenton puis, en 1926, passe une année de convalescence comme ouvrier agricole dans la ferme de son frère, puis dans celle d’un de ses oncles. Rétabli en 1927, il entre à l’Institut national d'agronomie coloniale (INAC) à Nogent-sur-Marne pour suivre une formation d'un an d'ingénieur colonial. Intéressé par l'agronomie tropicale, il quitte la France pour le Viêt Nam en et commence sa carrière dans les rizières du Tonkin. Son épouse, Suzanne, est artiste-peintre. Début de carrière au Nord Vietnam, alors le Tonkin. René Dumont commence sa carrière en expérimentant le modèle agricole dual de l'époque : d'un côté, la recherche agronomique à ses débuts, avec l'utilisation des engrais chimiques et le machinisme agricole pour les cultures d'exportation ; de l'autre, la quasi négligence des cultures vivrières en général et de la riziculture en particulier. Il est affecté comme « ingénieur adjoint de troisième classe des Services techniques et scientifiques de l’Agriculture en Indochine ». Responsable de station agricole dans le delta du Fleuve Rouge, il est chargé de développer l'utilisation des engrais en rizières, notamment l'acide phosphorique qui est produit par la Société des phosphates du Tonkin, une compagnie française locale. Bien que cantonné à l'évaluation de l'efficacité des engrais prescrits, René Dumont étudie également en profondeur les techniques locales traditionnelles de la culture du riz. En 1930, il devient responsable de la nouvelle Section du Nord indochinois de l’Office du riz. La même année, il publie ses premières études dans le "Bulletin économique de l’Indochine". Ces premières missions recèlent déjà une approche originale de l'agronomie, dans laquelle il essaye d'analyser les situations dans leur globalité tout en s'intéressant aux modes de vie et aux techniques des populations locales. Ainsi, il remet assez vite en question les bienfaits du colonialisme. Son approche critique de l'agronomie entre en conflit avec l'idéologie des agronomes coloniaux de l'époque qui méprisent souvent l'agriculture traditionnelle des populations indigènes. Écœuré par l'administration française et épuisé par son rythme de travail, il démissionne de son poste et retourne en France en . Un an après son retour, en 1933, il commence la rédaction de son premier ouvrage, non sans avoir complété ses données indochinoises par des visites en Italie à la station rizicole expérimentale de Verceil et aux Pays-Bas à Wageningue chez les « maîtres en cultures tropicales » selon sa propre expression. Publié début 1935, "La Culture du riz dans le delta du Tonkin" s'illustre par son approche novatrice de l'agronomie, une approche pluridisciplinaire s'intéressant autant à la géographie qu'à l'humain et que l'agronome Igor Besson, responsable de sa réédition revue et augmentée en 1995, qualifie d'« ethno-agronomique » avant l'heure. Carrière académique. René Dumont a passé toute sa carrière, de 1933, un an après son retour du Tonkin, à sa retraite en 1974, à l'Institut national agronomique (INA) à Paris ou plus simplement « l'Agro ». Il y est entré en comme chef de travaux des chaires d’agriculture et d’agriculture comparée (à titre provisoire puis titularisé à ce poste en ). En 1936, il est devenu maître de conférences d'agriculture spéciale à vacation, puis maître de conférences d’agriculture spéciale en 1951 à l'occasion de la création de la chaire du même nom. En 1953, il a été nommé professeur de la chaire d’agriculture comparée qu'il a contribué à créer et où il a enseigné jusqu'à sa retraite. Il a été professeur honoraire de cette chaire jusqu'à sa mort, chaire qui est, de nos jours, d'agriculture comparée et de développement agricole. Parallèlement, il est aussi enseignant de 1941 à 1970 à l'École supérieure d’application d’agriculture tropicale (ESAAT, ex ENSAC, l'École nationale supérieure d'agriculture coloniale). Il a enseigné le thème de l'« Économie agricole en France et dans le monde » une année sur deux à l'Institut d'études politiques de Paris de 1946 à 1966. Il a développé ce même sujet au cours commun général de l'École nationale d'administration (ENA) de 1955 à 1958, date à laquelle l'agriculture fut rayée du cursus. Il a enseigné l'économie et la sociologie rurale à l'École pratique des hautes études (EPHE) et à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) ainsi qu'au Centre de formation des experts de la coopération technique internationale de la Fondation nationale des sciences politiques. Il a enfin donné régulièrement des conférences à l'intérieur de divers programmes de l'Institut d'étude du développement économique et social (IEDES) de l'université Paris 1 à partir de 1958 et à l’Institut international d’administration durant les années 1960 et années 1970. En dehors de la France, il a été invité à cinq reprises en Amérique du Nord : six semaines à la faculté d’agronomie de l’université Laval à Québec en 1966, ainsi qu'un mois aux départements de géographie de l'Université d'Ottawa en 1969 et de l'Université de Montréal en 1970 ; une semaine dans le cadre d'un programme spécial Nutrition et agriculture de l'Université Cornell (Ithaca, New York) en 1987 ; enfin, une semaine d’interventions et de conférences sur les problèmes de l'environnement et du développement de plusieurs facultés de l'Université de Moncton au Canada en 1988. Il a obtenu quatre doctorats "honoris causa". Après sa retraite professionnelle en 1974, il tient régulièrement des conférences, notamment à l'INA P-G, et publie de façon continue jusqu'au milieu des années 1990. Marc Dufumier, qui, après Marcel Mazoyer, succède à René Dumont à l'INA P-G, devient en 2009 président de la nouvelle association pour la Fondation René Dumont, dont Laurent Gervereau est vice-président. Cette dernière, basée à AgroParisTech (établissement issu de l'INA P-G avec le rapprochement de l'ENGREF et de l'ENSIA), accompagne le don de toutes les archives, la bibliothèque et les objets personnels de René Dumont au musée du Vivant, organisé par Charlotte Paquet Dumont et Laurent Gervereau du Québec à Paris. Responsabilités scientifiques pour le gouvernement français. Au long de sa carrière, René Dumont a été plusieurs fois sollicité par le gouvernement français. En 1937, il passe trois mois en intérim au cabinet du ministre de l'Agriculture Georges Monnet au sein du gouvernement de Front populaire. De à 1953, il est conseiller agricole au Commissariat général du Plan de modernisation et d’équipement où il assure la direction pratique des travaux de la section agricole du plan Monnet. Il publie alors "Le Problème agricole français. Esquisse d’un plan d’orientation et d’équipement" (1953), dans lequel il défend la révolution agricole productiviste qui n'en est qu'à ses tout débuts en France : motorisation (premiers tracteurs, moissonneuses), semences sélectionnées, rotations culturales avec légumineuses, retournement des prairies permanentes, utilisation d'engrais minéraux ou chimiques, épandage de produits phytosanitaires ; et allant de pair avec les techniques améliorant le rendement, des mesures permettant d'augmenter la productivité du travail (remembrement, agrandissement des surfaces par exploitant, modernisation des structures agricoles), des investissements publics (drainage et irrigation, recherche agronomique, vulgarisation agricole, formation des producteurs) et des politiques agricoles pour orienter et accompagner les progrès. Cet ouvrage est en fait l'aboutissement d'un travail qu'il mène depuis 1933 en parcourant le pays pour analyser les besoins de moderniser l'activité agricole française. L'auteur avait d'ailleurs fait un séjour d'étude aux États-Unis d'août à pour analyser les techniques agricoles existantes et identifier celles qui pourraient être utiles à connaître en France. René Dumont livre sa synthèse de la situation agricole française et y fait ses premières propositions. Pour améliorer le rendement, il propose notamment la formation des agriculteurs, le remembrement et la mécanisation. Il est favorable à une agriculture productive et ouverte aux échanges internationaux. Il prône ainsi, dans ce livre, de s'appuyer sur . À la suite de son action au sein du Commissariat général, il devient une des icônes de ce mouvement de modernisation. Après 1953, la production agricole française augmente et René Dumont s'intéresse alors au tiers monde, où il souhaite lutter contre la famine. Il reste toutefois épisodiquement sollicité par la France. En 1959, il est membre du Comité consultatif de la recherche scientifique et technique. Il doit cependant démissionner de ce comité en 1962, après avoir signé le "Manifeste des 121" contre la guerre d'Algérie. De 1959 à , il entre au Comité directeur du Fonds d’aide et de coopération (FAC) du ministère de la Coopération pour lequel il réalise des missions au Rwanda, au Mali, au Tchad, au Congo, au Bénin, à Madagascar et au Cameroun. Sa liberté d'analyse ne plaît pas et le Premier ministre Michel Debré demande des sanctions contre lui. Après cela, il est essentiellement sollicité par des gouvernements étrangers, des ONG et des organismes internationaux. Après en avoir été l'un de ses plus ardents partisans, il est l'un des premiers à dénoncer les dégâts issus de la Révolution verte dans les années 1960 et à lutter contre l'agriculture productiviste. Il fut un expert aux Nations unies et à la FAO. Marqué par la Première Guerre mondiale, René Dumont rejoint la Ligue internationale des combattants de la paix pendant l'entre-deux-guerres et, défenseur du « pacifisme intégral », se prononce en 1939 contre la guerre avec l'Allemagne. Il écrit, pendant la Seconde Guerre mondiale, des articles dans "La Terre française", l'« Hebdomadaire de l'agriculture et de l'artisanat » contrôlé comme toute la presse française par le gouvernement du maréchal Philippe Pétain et prônant entre autres choses le corporatisme agricole. De tels articles à usage de vulgarisation scientifique – au moins quatorze en 1942-43 – concernent uniquement des cas d'études en France avec parfois des comparaisons avec des exemples concernant l'agriculture allemande et celle de plusieurs autres pays. Candidat à l'élection présidentielle de 1974. Dès 1972, l'idée de présenter un candidat à l'élection présidentielle suivante circule dans les milieux écologistes. Le , quelques jours après la mort du président Georges Pompidou, divers groupes et personnalités de l'écologie (Amis de la Terre, Pollution Non, Jean Carlier et les Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie) affichent leur volonté de présenter une candidature écologiste pour l'élection présidentielle. Sont sollicités Philippe Saint-Marc, qui préfère entreprendre un rapprochement avec Valéry Giscard d'Estaing, Théodore Monod qui, à 72 ans, refuse, s'estimant trop âgé, et le commandant Jacques-Yves Cousteau qui refuse également. Charles Loriant, partisan de l'économie distributive, est « candidat à la candidature » écologiste mais ses thèses, peu connues de la mouvance écologiste, sont contestées, et sa candidature est écartée. Après le retrait du syndicaliste de Lip, Charles Piaget, René Dumont accepte à 70 ans de se présenter en tant que premier candidat écologiste. Le militant occitan Robert Lafont n'ayant pas réussi à recueillir le nombre de signatures nécessaires pour se présenter, René Dumont reçoit le soutien des Comités d'action bretons et des Comités bretons minorités nationales qui mènent campagne à ses côtés, et, lors de son meeting du à Lorient, il lit lui-même l'essentiel du texte élaboré pour cette occasion. Le résultat du scrutin sur la France est faible (1,32 % des votes), mais il s'agit alors surtout d'utiliser les médias et particulièrement la télévision pour faire connaître la pensée écologiste en politique. Brice Lalonde est alors son directeur de campagne électorale. La politique écologique française, dont René Dumont est l'un des premiers porte-paroles, est pacifiste, contre le capitalisme agressif (l'agronome n'a rien contre la propriété foncière si elle n'est pas à l'origine d'un partage trop inégal des fruits du travail et si les droits des agriculteurs sont respectés), pour la solidarité entre les peuples, et elle prend en compte le monde en voie de développement. En avance sur son temps, bien connu pour son éternel pull-over rouge, Dumont surprend les français en se montrant à la télévision avec une pomme et un verre d'eau, pour leur expliquer combien ces ressources sont précieuses et en péril. Il prédit l'inévitable hausse du prix des carburants. À la suite de sa campagne, en , lors des Assises de Montargis (Loiret), où se réunissent les militants qui s'étaient engagés dans celle-ci, est fondée la première organisation de l'écologie politique d'envergure nationale : le Mouvement écologique. En 1976, il se présente comme suppléant de Brice Lalonde lors d'une élection législative partielle dans la troisième circonscription de Paris. La liste obtient 6,5 %, un résultat qui encourage des écologistes à se présenter aux élections municipales de 1977. Sa candidature en fait "de facto" un pionnier de l'écologie politique. Les Verts, dont il soutient régulièrement les candidats à la présidentielle et qui après sa mort créent une association en vue d'une fondation portant son nom, l'ont toujours considéré comme l'un des leurs. Positions politiques. Environnement, économie et société. Grand voyageur, René Dumont a été spécialiste des problèmes du monde agricole dans les pays en développement. Il soutenait en particulier : René Dumont considérait que le développement n'était pas une question d'argent (problème économique), de système social, ni de techniques (engrais, semences), mais plutôt la résultante d'un équilibre entre les trois. Il donnait une place importante à l'intelligence des paysans et à leur capacité d'apprentissage et d'innovation. Il soutenait que les relations entre les hommes et leurs champs reposaient essentiellement sur les relations existantes entre les hommes eux-mêmes, les relations sociales constituant les bases sur lesquelles reposent une agriculture et un développement industriel de qualité. Enfin, il considérait que les piliers soutenant de bonnes relations sociales entre les hommes reposaient sur de bonnes relations entre les hommes et les femmes. Il affirmait ainsi sa croyance en l'importance de l'émancipation des femmes dans le cadre du contrôle démographique. Dumont a été un des premiers à dénoncer les effets de l'explosion démographique, productivisme, gaspillage, pollution, bidonvilles, inégalités entre pays du Sud et pays du Nord. Il est membre fondateur de l'association Attac en 1998. Pacifisme. René Dumont et trente autres pacifistes dont Jean Giono signent un tract intitulé « Paix immédiate », rédigé dès la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, en , par le militant anarchiste Louis Lecoin et distribué à . Une enquête pour infraction au décret-loi du interdisant les actes pouvant porter atteinte au moral de l'armée et de la population fut ouverte par le tribunal militaire de Paris. René Dumont s'est plus tard reproché son attentisme pendant la guerre. René Dumont signe la "Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d'Algérie", dite "Manifeste des 121". Il fait partie des soixante personnalités qui appellent à la création de la Ligue nationale contre la force de frappe. Il est membre du comité de patronage du Mouvement contre l'armement atomique (MCAA) lors de sa création en 1963. Ce mouvement deviendra en 1968 le Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté (MDPL). Avec Bernard Clavel, Théodore Monod, Jean Rostand, Lanza del Vasto et des dizaines de personnes, René Dumont signe en une lettre de soutien à ceux qui renvoient leurs livrets militaires pour protester contre la force de frappe nucléaire. Le Groupe d'action et de résistance à la militarisation naîtra de ce mouvement de solidarité. Au cours de sa campagne de candidat à l'élection présidentielle française de 1974, René Dumont réclame la fin des essais nucléaires, critique l’armée dirigée contre « l’ennemi intérieur » et accapareuse de terrain (Larzac…) et il soutient en particulier les objecteurs de conscience et les insoumis. Lors de son enterrement le , la dernière volonté de René Dumont consista à faire entendre Boris Vian chantant "Le Déserteur". Œuvres. René Dumont est le premier triple auteur dans la prestigieuse Collection Terre humaine fondée par Jean Malaurie chez Plon à Paris.
Rincevent Rincevent ("Rincewind" en anglais) est un des personnages centraux de l'univers de fiction de la série des "Annales du Disque-monde", de Terry Pratchett. Caractéristiques du personnage. Le personnage de Rincevent apparaît dès le premier livre des annales, "La Huitième Couleur", où il est chargé de veiller sur Deuxfleurs, le premier touriste du Disque. C'est un mage raté, ancien étudiant de l'Université de l'Invisible d'Ankh-Morpork. Il est décrit comme maigre, jeune et vêtu d'une robe rouge mitée et délavée. Contrairement aux autres mages, il ne fume pas, et ne fait pas de magie. Le mot « MAJE » (« WIZZARD » en anglais) est brodé sur son chapeau, auquel il tient beaucoup car indicateur de sa fonction. Josh Kirby, le premier illustrateur des couvertures des Annales du Disque-Monde, le dessina cependant comme un mage âgé aux cheveux blancs et longs. Il est incapable de pratiquer le moindre sortilège, car à la suite d'un pari entre étudiants, il est allé jeter un œil sur l'In-Octavo, le grimoire du Créateur du Disque-monde. L'un des huit sortilèges majeurs s'est alors échappé et caché dans sa tête. Personne n'a jamais réussi à l'en faire sortir, les hautes éminences de l'université de l'invisible en ont conclu que ce puissant sortilège faisait fuir tous les autres. Ayant conséquemment échoué aux examens de l'Université, il n'a toutefois pas pu être exclu en sa qualité de réceptacle du Huitième Sortilège. Il s'est plus ou moins autoproclamé mage. Il prononce finalement le sortilège dans "Le Huitième Sortilège", il s'en voit enfin débarrassé. C'est à la fin de ce tome que Deuxfleurs lui offre le Bagage, un coffre magique très protecteur qui le suit partout monté sur ses centaines de petites jambes. Rincevent possède un don pour les langues et parle de nombreux idiomes et dialectes du Disque qui lui permettent de se faire comprendre quand il supplie « ne me tuez pas ! ». Il se retrouve constamment dans des situations dangereuses, et sa solution personnelle à tous les problèmes est la fuite. Sa vitesse surprend toujours ses poursuivants, il en a tiré au fil de ses aventures une véritable philosophie de vie. Ainsi, Terry Pratchett écrit que Rincevent, fataliste, a fini par conclure qu'à chaque fois que les choses semblent s'améliorer pour lui, une pirouette du destin le précipite dans une nouvelle situation où il risque sa vie. C'est l'un des pions préférés de la divinité appelée « la Dame » qui incarne la chance, dans ses parties contre le Destin. Il est donc souvent contraint de participer à de grandes aventures et de se retrouver en position de héros malgré lui. Il sauve ainsi plusieurs fois le Disque-monde, la ville d'Ankh-Morpork, etc. Apparitions dans les romans. Rincevent est le personnage principal de nombreux romans du disque. Il apparaît dans les romans suivants : Création du personnage. Terry Pratchett se rend compte après la publication de plusieurs tomes qu'il a directement pris son nom au personnage Churm Rincewind de Beachcomber, dont il lisait tous les articles pendant son adolescence.
Rock'n'Roll
Régis Wargnier Régis Wargnier, né le à Metz, est un réalisateur et parolier français. Il est membre de l'Académie des beaux-arts depuis 2007. Biographie. Régis Marie Hubert Wargnier est né le à Metz. Fils de Gilbert Wargnier, officier d'infanterie, et de Claude Voizard, il fait ses études à Paris au lycée Saint-Jean-de-Passy et Saint-Louis de Gonzague. Après une licence de lettres classiques et une maîtrise de grec à la Faculté des lettres de l'Université Paris X-Nanterre, il ouvre en 1969 un atelier de photographie. Il effectue avec Claude Chabrol son premier stage sur le tournage de "La Décade prodigieuse" en 1971. Il devient alors tour à tour assistant metteur en scène, assistant à la caméra puis régisseur général. En 1972, il est le réalisateur de seconde équipe dans "La Femme en bleu" de Michel Deville. Deux ans plus tard, il travaille sur le film "Nada" de Claude Chabrol avec qui il tourne dans la foulée deux téléfilms de l'anthologie Nouvelles d'Henry James : Le banc de la désolation et De Grey. Pour le même projet, il est régisseur sur le film "Un jeune homme rebelle" de Paul Seban. Il enchaîne ensuite avec "Le Grand Frère" et "Le Bon Plaisir" de Francis Girod. En 1986, il réalise son premier film, "La Femme de ma vie" qui lui vaut le César de la meilleure première œuvre. Pour ce film, il coécrit la chanson "T'en va pas" pour Elsa Lunghini, qui fera partie de la bande originale du film. Il tourne ensuite "Je suis le seigneur du château", puis en 1991 la fresque historique et romanesque "Indochine", qui rencontre un large succès en France et à l'international et lui vaut de remporter l'Oscar du meilleur film en langue étrangère et cinq Césars, dont celui de la meilleure actrice attribué à Catherine Deneuve et du meilleur second rôle pour Dominique Blanc. En 1995, il réunit Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil et Jean-Claude Brialy dans "Une femme française". En 1999, Régis collabore à nouveau avec Catherine Deneuve pour "Est-Ouest", également interprété par Sandrine Bonnaire et Oleg Menchikov, qui revient sur les années sombres du stalinisme. Dans les années 2000, il se lance dans un tout autre sujet. Il se consacre aux grands sportifs, pour tourner "Cœurs d'Athlètes", diffusé sur France 2 en 2003. Il revient au cinéma en 2005, avec "Man to Man", qui réunit Joseph Fiennes et Kristin Scott Thomas. Il adapte ensuite le polar de Fred Vargas, "Pars vite et reviens tard", qui lui fait retrouver l'actrice vietnamienne, Linh Dan Pham, qu'il avait rencontrée sur "Indochine". Élu à l'Académie des beaux-arts le au fauteuil d’Henri Verneuil (1920-2002). En , il entame le tournage à Siem Reap (Cambodge) du film "Le Temps des aveux", adaptation du livre "Le Portail" de François Bizot. Le film est présenté au Festival international du film de Toronto 2014. En 2015, il est nommé au Conseil économique, social et environnemental. Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2017, il participe à un meeting de soutien au candidat En marche ! Emmanuel Macron, le à Bercy. Wargnier participe activement au débat public sur les moyens de sortir de la crise climatique. En 2018, il figurait parmi les 200 signataires d'un appel au journal Le Monde. L'appel met en garde contre des conséquences dramatiques, telles que l'extinction de l'espèce humaine, si une action politique "déterminée et immédiate" dans des domaines problématiques tels que le changement climatique, la biodiversité et d'autres limites planétaires devait être évitée.
Résidu vert Les résidus verts ou déchets verts sont des déchets biodégradables issus des restes de végétaux ligno-cellulosiques provenant de la taille et de l'entretien des espaces verts publics et privés, et des cimetières... ou encore de l'élagage des haies et arbres d'alignement. Les résidus verts sont une composante de la biomasse. Les résidus verts ne comprennent pas les rognures de gazon. Composition. Les "déchets verts" sont composés : Le volume de ces résidus est important : en France, on l'estime à environ , soit par habitant et par an. Les agents économiques confrontés au problème de la gestion des résidus verts sont : La législation actuelle impose la gestion des résidus issus de la production et de la consommation. Les options pour gérer ces résidus verts sont l'incinération, l'épandage agricole des produits recyclés et le compostage. Néanmoins, la surface disponible pour l'épandage n'est pas infinie. Il est donc nécessaire que des actions de concertation soient menées entre les producteurs de matière organique, en particulier dans les régions disposant de faibles surfaces d'épandage. En France, le ministère de l'Environnement fixe une limite maximum à l'incinération afin d'obliger les collectivités locales à augmenter la part du recyclage et du compostage. Depuis le , le brûlage à l'air libre des déchets verts est interdit, car source d'une pollution de l'air qui a été longtemps sous-estimée. Le compostage des résidus verts peut être réalisé en mélange avec du lisier ou des boues d'épuration des eaux par exemple. Pour l'obtention d'un compost de bonne qualité, il est indispensable que les résidus verts soient correctement triés, les corps non compostables ayant été éliminés. Dans cette optique, il est nécessaire d'initier la population au tri par des actions de sensibilisation réalisées dans les déchèteries lors des collectes. Le recyclage des résidus verts relève essentiellement du développement local. Feux de végétaux. Contribution des feux d'hiver à la pollution carbonée. En période hivernale, dans toute l'Europe, les feux de biomasse (combustion du bois et de végétaux dans les cheminées des particuliers, les jardins et les champs) sont responsables de 50 à 70 % de la pollution par les aérosols carbonés, particules reconnues les plus dangereuses pour la santé. Des études épidémiologiques ont souligné la similarité des effets sur la santé entre les fumées de combustion de biomasse (bois, végétaux) et les produits pétroliers (diesel), tant dans la nature que dans la fréquence des troubles engendrés (affection respiratoire, cancer du poumon). Brûlage à l'air libre de végétaux. De nombreux pays ont une législation interdisant ou réglementant le brûlage des déchets à l'air libre. Les déchets verts et les feux de jardin. Selon l'ADEME, cette pratique du brûlage « "s’avère être une source prépondérante dans les niveaux de pollution mesurés dans l’air" ». Risques pour la santé. Contrairement à une idée reçue, l'impact sanitaire des brûlages à l'air libre de végétaux, particulièrement dans les zones habitées, est loin d'être anodin. Outre la gêne pour le voisinage et les risques d'incendie qu'elle génère, la combustion des végétaux, qui s'effectue d'une manière très incomplète dans ce mode d'élimination, est fortement émettrice de polluants tels que les particules fines et des produits toxiques ou cancérogènes parmi lesquels figurent notamment des polluants organiques persistants comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les dioxines qui se concentrent dans les produits laitiers et les œufs. Impact sur l'environnement. La combustion incomplète du bois et des végétaux, comme celle du carburant Diesel par exemple, émet du noir de carbone, un aérosol carboné qui, en plus de ses effets néfastes sur la santé, absorbe fortement la lumière solaire et contribue au réchauffement climatique; son aggrave la fonte de la neige et de la glace. Les brûlis sont en outre souvent à l’origine des feux de forêt qui sont à leur tour une source d’émissions importante. En France. En France, depuis le Décret n° 2016-288 du 10 mars 2016 portant diverses dispositions d'adaptation et de simplification dans le domaine de la prévention et de la gestion des déchets, les déchets verts (éléments issus de la tonte de pelouse, taille de haies et d'arbustes, résidus d'élagage) ne sont plus assimilés à des déchets ménagers, mais à des 'Biodéchets'. Ils diffèrent quant à leur traitement des ordures ménagères dont le brûlage à l'air libre est interdit par l'article 84 du Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT), qui constitue la base des règlements sanitaires départementaux adoptés par les préfets et sert de référence à tous les règlements sanitaires départementaux (RSD). Cette interdiction s'applique aux particuliers et aux professionnels de l'entretien des espaces verts (paysagistes, collectivités…). Des dérogations peuvent, dans des cas exceptionnels, être édictées, mais uniquement par arrêtés préfectoraux (article 164 du RSDT). Toute « dérogation » municipale en la matière serait dépourvue de base légale. Dans le cas d’une plainte relative à un particulier brûlant à l'air libre des déchets verts, il convient d’appliquer l’article 84 du RSD. En cas de litige avec une municipalité autorisant ces feux pour les particuliers en dehors des dérogations préfectorales, l'affaire peut être portée devant le tribunal administratif. Circulaire du 18 novembre 2011. Dans le cadre du deuxième Plan national santé-environnement, une communication plus complète sera développée sur les risques liés à une mauvaise combustion de la biomasse et au brûlage à l'air libre, avec pour cible l’ensemble des citoyens ; les dispositions concernant l'interdiction de brûlage et les dérogations sous certaines conditions déterminées devront être strictement appliquées : « Il appartient aux maires de veiller à la stricte application de ces dispositions, de développer les modes d’élimination et d’informer ses [leurs] citoyens des moyens de traitement mis à leur disposition. Une circulaire aux préfets sera rédigée afin de clarifier les diverses dispositions, et les repositionner au regard de l’enjeu de la qualité de l’air ». La circulaire a été adressée aux préfets le . Concernant le brûlage à l'air libre des déchets verts des particuliers et des professionnels, elle précise les points suivants (3 et 4) : En novembre 2011 également, le ministère de l’Écologie a rappelé l’interdiction du brûlage des déchets verts dans le secteur domestique en ces termes : Cas particulier. Certains brûlages peuvent se révéler nécessaires pour des raisons sanitaires avérées. La préfecture de l’Isère, par exemple, applique la circulaire du "en interdisant les brûlages à l’air libre des déchets verts" (hors activités agricoles et forestières) "même pour les communes rurales", mais accorde une dérogation exceptionnelle pour la destruction de végétaux contaminés (chenille processionnaire, termite, champignon...) ; toute suspicion d’organismes nuisibles réglementés doit faire l’objet d’une déclaration préalable auprès du service régional chargé de la protection des végétaux de la DRAAF.
Roland Garros Roland Garros () est un aviateur français, lieutenant pilote lors de la Première Guerre mondiale, né le à Saint-Denis de La Réunion et mort dans un combat aérien le à Vouziers (Ardennes). Il a reçu son brevet de pilotage à l'aérodrome de Cholet en Maine-et-Loire. Sa célébrité est d'abord venue de ses exploits sportifs en avion, et surtout de la toute première traversée de la mer Méditerranée, qu'il effectue le à bord d'un monoplan. Aujourd'hui, son nom reste associé au tournoi des Internationaux de France de tennis (qui est aussi et tout simplement appelé Roland-Garros), car il se déroule dans le stade qui porte son nom depuis sa construction en 1928. Biographie. Une enfance au soleil. Roland Garros est né le rue de l’Arsenal (rebaptisée depuis « rue Roland-Garros ») à Saint-Denis de La Réunion. Sa famille est depuis longtemps établie dans l’île, avec des origines toulousaines du côté paternel et lorientaises ("via" Pondichéry) du côté de sa mère Clara née Faure. Il n’a que quatre ans quand son père Georges Garros décide de partir avec sa famille en Cochinchine. Georges Garros ouvre à Saïgon un cabinet d’avocat pour s’occuper notamment des affaires commerciales de ses amis commerçants vietnamiens. Sa mère assure son enseignement scolaire, mais lorsqu’il atteint en 1900 le cycle secondaire, ses parents sont contraints, en l’absence de lycée dans le pays, de l’envoyer seul en métropole pour y entreprendre ses « humanités ». À cette époque, la traversée maritime dure près de deux mois entre Saïgon et Marseille. Dès ce moment, et jusqu’à la fin de sa vie, Roland Garros mène une vie pratiquement autonome, seul face à ses responsabilités. À peine débarqué à Paris, au collège Stanislas où ses parents l’ont inscrit en R1, le garçonnet de douze ans est foudroyé par une grave pneumonie et, sans attendre l’avis des parents trop lointains, la direction du collège décide de l’envoyer à l'autre collège Stanislas à Cannes. Un sportif accompli. Il y retrouve le soleil et le sport, notamment le cyclisme, qui lui feront recouvrer la santé. Comme l’a écrit son ami l’écrivain et journaliste Jacques Mortane, « la petite Reine a réussi là où la Faculté a échoué ». Ils seront champions interscolaires de cyclisme en 1906, lui sous le pseudonyme de « Danlor », anagramme de son prénom, afin que son père n’en soit pas averti… C’est lui aussi qui mènera à la victoire l’équipe de football du lycée Masséna de Nice. Sa scolarité, sans être brillante, sera néanmoins soutenue : il rattrapera sans trop de peine l’année scolaire perdue pendant sa pneumonie. Au milieu de quelques prix obtenus par le collégien, on trouve un premier prix de piano, dénotant une attirance certaine pour la musique. Il gagne Paris pour l'année de terminale en Philo, qu’il prépare au lycée Janson-de-Sailly, où il se liera d’amitié avec Jean Bielovucic, un jeune Péruvien qui, comme lui, se fera un nom dans l’aviation. Puis il réussit son entrée à HEC Paris, dont il sortira dans la promotion 1908 qui porte désormais son nom. Émile Lesieur, son ami et condisciple d’HEC, international de rugby à XV, le parrainera lors de son adhésion au Stade français, où il est inscrit dans la section rugby. Et s’il pratique un peu le tennis, ce n’est réellement qu’en amateur. À peine son diplôme empoché, il se fait embaucher par la firme Automobiles Grégoire. En même temps qu’à la pratique du commerce, il s’initie rapidement à la mécanique et au sport automobile, qui ne sont pas enseignés à HEC. Il ne tarde pas à vouloir voler de ses propres ailes. Son père, qui voulait faire de lui un avocat, lui a coupé les vivres. Avec l’aide financière du père d’un autre condisciple d’HEC, Jacques Quellennec (ingénieur qui participe à la construction du canal de Suez), le voilà à vingt-et-un ans chef d’entreprise et agent de Grégoire dans la boutique qu’il a ouverte au pied de l’Arc de triomphe de l'Étoile à l’enseigne « Roland Garros automobiles – voiturettes de sport », sise au 6 avenue de la Grande-Armée. Il conçoit à cette époque une voiture tubulaire avec le « baquet » Grégoire, un châssis sur lequel on a fixé deux sièges. Il peut quitter sa chambre de bonne du 10, rue des Acacias pour un appartement au du 7 de la rue Lalo dans le de Paris. La naissance d’une passion. En vacances d'été en 1909 à Sapicourt près de Reims, chez l’oncle de son ami Quellennec, il va assister à la « Grande Semaine d’Aviation de la Champagne » du 22 au . C'est une révélation pour lui : il sera aviateur. Les bénéfices de son commerce automobile lui permettent de commander aussitôt au Salon de locomotion aérienne au palais de la Découverte la moins chère des machines volantes de l’époque, une Demoiselle Santos-Dumont (s contre à pour un Blériot XI). L'appareil est fragile et dangereux à cause de son train d'atterrissage fragile qui se brise, ce qui vaut à la Demoiselle d'être surnommée la « tueuse d'homme ». Il n’y a pas encore d’école de pilotage : il apprendra tout seul, avec la collaboration d’un autre « Demoiselliste », le Suisse Edmond Audemars qu’il a rencontré sur le terrain d’Issy-les-Moulineaux que d’aucuns considèrent déjà comme le « berceau de l’aviation ». Il n’a même pas obtenu son brevet de pilote aviateur qu’il est embauché pour les cérémonies du par le Comité Permanent des Fêtes de Cholet, où il obtient le 19 juillet son Brevet de l’Aéro-Club de France, le , sur l'aérodrome de Cholet, qui porte désormais son nom. Et il totalise à peine plus de trois heures de vol lorsqu’il est engagé par l’industriel américain Hart O. Berg pour le meeting du Belmont Park à New York. Sa frêle « Demoiselle » et celle de son ami Audemars vont côtoyer les puissants Blériot XI, les Antoinette et autres Wright et Curtiss, sans bien sûr tenter de rivaliser avec eux. À l'hôtel Astor où il est descendu, il a retrouvé son ami américain d’origine franco-canadienne John Moisant, rencontré sur le terrain d'Issy. Celui-ci organise avec son frère Alfred une tournée d’exhibitions aériennes à travers les États-Unis. Le jeune homme n’a aucune hésitation quand John lui propose de venir voler au sein du Moisant Circus, où le rejoindront Audemars, René Simon et René Barrier. Pour le garçon de 22 ans, c’est l’occasion inespérée de pouvoir voler tous les jours et ainsi d’affiner sa pratique de la boussole et du pilotage par tous les temps. Le train « Cirque Moisant » traversera une bonne partie des États-Unis, puis le Mexique et enfin Cuba et vaudra à R. Garros le surnom de « » (« l'embrasseur de nuages ») dans les nombreux meetings d’aviation de l’époque. Homme de record et précurseur en Amérique du Sud. De retour en France en mai 1911, R. Garros participe aux trois grandes épreuves de l’année, la course d'aviation Paris-Madrid, le Paris-Rome et le Circuit européen. Malgré ses indéniables qualités de pilote, il se fera chaque fois coiffer au poteau et des journalistes le surnommeront « l’Éternel Second ». Il ne tardera pas à prendre sa revanche. Il est ensuite engagé pour un meeting sur le terrain de Champirol situé sur les communes de Villars (Loire) et Saint-Priest-en-Jarez à proximité de Saint-Étienne, où il retrouve, entre autres vedettes de l’aviation, l’ami « Bielo » devenu son « frère d’armes ». Mais surtout, il y fait la connaissance de Charles Voisin et de son amie, la baronne de Laroche. La sympathie passe tout de suite entre eux et Voisin, qui s’occupe déjà des affaires de Bielovucic, accepte de prendre en mains la carrière aéronautique de son nouvel ami. C’est lui qui prépare leur participation au « meeting » du Mans et, tout de suite après, il va organiser le record d'altitude que Garros arrachera avec au capitaine Félix, le , en décollant de la plage de Cancale. Garros professe alors que les records d’altitude sont les plus utiles pour le développement de l’aviation car les appareils qu’on est obligé de construire pour eux sont les plus « sûrs », les « moins dangereux », les plus « capables de rendre des services ». Ce premier record le place désormais parmi les meilleurs, il est sollicité de toutes parts. À Marseille notamment, où il va renouer ses relations avec son père grâce à la médiation de leur ami commun Jean Ajalbert. Au parc Borély, plus de enthousiastes assisteront à ses évolutions aériennes, aux côtés de Jules Védrines, l’autre vedette du spectacle. Puis l’industriel américain Willis Mc Cormick, créateur de la Queen’s Aviation Company limited, l’engage, avec René Barrier, Edmond Audemars et Charles Voisin, pour une grande tournée en Amérique du Sud. Avec son Blériot XI, Garros sera le premier à effectuer la traversée aérienne de la baie de Rio de Janeiro, à survoler la forêt tropicale, à prendre des photos aériennes en relief à l’aide de son Vérascope Richard. Il est le premier à voler de São Paulo à Santos en emportant symboliquement un petit sac postal et c’est de concert avec son ami Eduardo Chaves, l’un des futurs créateurs de l’aviation civile brésilienne, qu’il fait triomphalement le vol de retour Santos-São Paulo. C’est aussi à Rio, à l’issue d’une démonstration publique, qu’il est abordé par le major Paiva Meira, chef de la Commission militaire du Brésil, et le lieutenant Ricardo Kirk : avec eux, il va organiser une semaine d’aviation destinée aux militaires, donnant le baptême de l’air à de nombreux jeunes officiers qui vont constituer le noyau de la future armée de l’air brésilienne. Le lieutenant Kirk, considéré au Brésil comme le père de l’aviation militaire, fait partie de ceux-ci et il commandera, dès le mois de septembre, la délégation des jeunes officiers brésiliens venus à Étampes passer leurs brevets de pilotes. Le sien portera le numéro 1089. À ce titre, Roland Garros peut être considéré comme l’initiateur de l’aviation militaire brésilienne. En Argentine, l’aviateur laissera dans la mémoire populaire un nom respecté que beaucoup n’hésiteront pas à associer plus tard à celui de cet autre grand aviateur français, « l’archange » Jean Mermoz. Circuit d’Anjou, records de Houlgate et Tunis, raid Tunis-Rome. Mais c’est à Angers que Garros va obtenir son premier très grand succès. Le Grand Prix de l’Aéroclub de France doit couronner le vainqueur du circuit d’Anjou : il s’agit d’accomplir sept fois et en deux jours, le dimanche 16 et le lundi , le triangle Angers-Cholet-Saumur, soit un peu plus de . R. Garros, qui se présente avec son Blériot personnel (il a depuis longtemps mis un point d’honneur à ne voler que sur ses propres machines), est opposé aux trente-trois meilleurs pilotes du monde, soutenus par tous les moyens possibles des firmes industrielles les plus puissantes du monde. Si quelques courageux ont pris leur envol malgré le vent et la tempête, Garros restera bientôt le seul en l’air avec le jeune Brindejonc des Moulinais qui, malheureusement pour lui, franchira la ligne d’arrivée en dehors du temps réglementaire. Roland Garros est donc le seul à terminer les épreuves du premier et du deuxième jour. Les journalistes ne l’appellent plus désormais que « le champion des champions ». Il le confirme au premier meeting de Vienne où, tous prix cumulés, il reçoit , la somme la plus importante attribuée à un Français, Audemars se contentant de . Il ne s’endort pas sur ses lauriers et, tout de suite après ces brillantes victoires, il va de nouveau obtenir avec son Blériot le record d’altitude, à Houlgate où son ami l’industriel Émile Dubonnet (brevet de pilote ) lui a offert l’hospitalité dans sa somptueuse villa. Avec un appareil du même type que celui utilisé l’année précédente à Cancale, c’est près d’un kilomètre qu’il gagne en hauteur : le voilà à . Mais après ces brillants succès, il connaît le malheur de perdre son ami Charles Voisin qui se tue dans un accident de voiture. Surmontant une dure période de désarroi, il a la chance, à ce moment-là, que Raymond Saulnier et Léon Morane prennent contact avec lui et il va devenir pilote d’essai de la toute jeune firme Morane-Saulnier. Son record de Houlgate n’ayant pas tenu plus de quinze jours, il décide de le reconquérir. Avec, cette fois-ci, le Morane-Saulnier Type H de Georges Legagneux, le nouveau recordman, à qui il l’achète sur ses propres deniers. Après quelques essais infructueux marqués de nombreux capotages sur le terrain des Milles, près d'Aix-en-Provence, il décide de se rendre à Tunis où le climat lui paraît plus favorable. C’est là qu’il obtient son troisième record, homologué par l’Aéroclub de France à . D’après le contrat qui le lie désormais à la maison Morane-Saulnier, il reste « un exploit » sur les deux qu’il devait. Il opte pour un raid Tunis-Rome (du au en trois étapes : Tunis-Trapani, ; Trapani-Santa-Eufemia, ; Santa-Eufemia-Rome, ), qui lui permet, par son vol Tunis-Trapani, d’être en le premier à relier par les airs deux continents, l’Afrique et l’Europe. Il se réjouit aussi d’être « le premier à survoler le Vésuve » et l’accueil chaleureux que lui réservent à Rome les autorités, ses amis de l’Aeroclub d’Italie et la foule enthousiaste compense la déception de sa deuxième place l’année précédente lors du Paris-Rome qui a vu la victoire d’André Beaumont. Première traversée aérienne de la mer Méditerranée. Parallèlement, Roland Garros est devenu en quelque sorte le conseiller technique de Raymond Saulnier, dont le traité "Équilibre, centrage et classification des aéroplanes" continue depuis trois ans à faire autorité chez les avionneurs. Celui-ci signe, dans "Le Figaro", conjointement avec Léon Morane, un article dans lequel tous deux exposent et défendent ardemment les théories de R. Garros sur « l’excédent de puissance » et la « qualité du vol ». Au printemps 1913, Garros part en vacances sur la Côte d’Azur retrouver, avec sa compagne Marcelle Gorge, les décors de son adolescence. Mais il ne peut s’empêcher de participer à la coupe que son ami Jacques Schneider (voir Coupe Schneider), le commissaire de son premier record d’altitude, vient de créer pour les hydravions. Il n’en tire que la satisfaction d’avoir pu tenir tête avec un modeste moteur de à des appareils beaucoup plus puissants. R. Garros a entretemps reçu son prix de l’Académie des sports pour l'année 1912 (prix Henri Deutsch de la Meurthe). Le 15 juin, il participe pour la deuxième fois avec succès au deuxième meeting de Vienne. Le , il va, avec Audemars, Léon Morane et Eugène Gilbert, accueillir à Compiègne Brindejonc des Moulinais rentrant de son « circuit des capitales » : les cinq Morane font route de concert vers la capitale, formant ainsi, selon l’historien Edmond Petit, « ce qui doit être le premier vol de groupe à cinq de l’histoire ». R. Garros a aussi fait, à Molsheim, la connaissance du prestigieux constructeur d’automobiles Ettore Bugatti. Les deux hommes se sont très vite entendus. R. Garros a tout de suite commandé une Bugatti type 18, la seule voiture pouvant moralement porter le nom de « Roland-Garros » puisque c’est Bugatti lui-même qui l’a ainsi baptisée (il n’en sera fabriqué que sept exemplaires, celle de Garros, numéro de châssis 474, a survécu au Royaume-Uni sous le nom de « Black Bess »). Elle lui est livrée le . Il a déjà projeté en secret de réaliser la traversée de la Méditerranée en juillet ou en août mais le vent est au sud et la mer est démontée. Au matin du dimanche , un coup de téléphone de son mécanicien Hue lui apprend qu'une embellie s'installe sur la Méditerranée et que le vent a tourné. Le , il arrive à Saint-Raphaël dans un train en provenance de Paris. Et le , Roland Garros passe à la postérité pour avoir réussi la première traversée aérienne de la Méditerranée, en et , évoluant à une vitesse moyenne de à l'heure. Son amie Marcelle est la seule femme et la seule civile présente sur le terrain du Centre d’aviation de la base d'aéronautique navale de Fréjus-Saint Raphaël d’où il prend l’air. Jean Cocteau, qui écrira plus tard sur Roland Garros le long poème intitulé "Le Cap de Bonne Espérance" y évoque la « jeune femme au manteau de skunks ». Le monoplan Morane-Saulnier, équipé d'un moteur Gnome de 80 chevaux et d'une hélice Chauvière décolle à , alourdi de d’essence et de d’huile de ricin. Garros part à la boussole, avec un moteur qui subit deux pannes et perd une pièce, au large de la Corse et au-dessus de la Sardaigne. Il lui reste cinq litres d'essence quand il se pose à Bizerte à après avoir parcouru quelque . À Marseille, puis à Paris, l’aviateur est accueilli en triomphe. Il faut dire qu’après cet exploit, le vainqueur de la Méditerranée devient la coqueluche de la France et du tout-Paris. Jean Cocteau qui, comme l’a dit Jean-Jacques Kihm, l’un des meilleurs connaisseurs du poète, , a réussi à se faire présenter au héros de la Méditerranée, qui l’emmènera plusieurs fois en avion faire de l'acrobatie aérienne. Il lui dédiera son poème "Le Cap de Bonne-Espérance". Tous ses pairs les plus prestigieux félicitent l’aviateur de son exploit et déjà la presse évoque les premières lignes aériennes, qui ne verront réellement le jour qu’après la guerre. Les de la traversée de la Manche ne datent que de quatre ans. Il faudra attendre six ans et une guerre pour la première traversée aérienne de l’Atlantique, le , par les Britanniques Alcock et Brown (bien avant celle de Lindbergh). R. Garros est à l’origine, avec Jacques Mortane qui en assure le secrétariat général, de l’association qu’ils appellent tout simplement « Le Groupe », réunissant une quinzaine de vedettes de l’aviation. Ce Groupe a, entre autres buts, celui de venir en aide aux veuves et orphelins de leurs camarades aviateurs ayant trouvé la mort et ils sont déjà nombreux à avoir payé leur tribut à leur passion. Pour récolter des fonds, il leur suffit d’organiser « meetings » et exhibitions. Ainsi, ils sont quatorze le , à présenter, en dehors des patronages officiels, leur première réalisation, la « Journée des Aviateurs » à Juvisy. Le dernier meeting de Vienne. C’est en octobre 1913, à Côme, au cours du Circuit des Lacs italiens, que R. Garros a rencontré l’Allemand Hellmuth Hirth, pilote émérite et alors directeur technique des Albatros Flugzeugwerke à Johannisthal. Ils vont se revoir peu après à Èze, dans la villa de la grande-duchesse Anastasie de Mecklembourg-Schwerin, la plus ardente admiratrice de Garros qui n’est autre que la belle-mère du Kronprinz Guillaume lui-même. Les deux hommes se retrouvent en juin 1914 à Aspern pour le troisième et dernier « meeting de Vienne », qui est marqué par deux événements tragiques. C'est d’abord la première des grandes catastrophes aériennes du monde : un dirigeable militaire autrichien de type M III en mission photographique est heurté en vol par un Farman. Les deux appareils sont précipités au sol face au champ d’Aspern, causant la mort des neuf officiers. Les aviateurs français organisent un cortège aérien pour saluer ces « frères d’armes » ; tous leurs appareils crêpés de noir, dont le Morane N que R. Garros présente pour la première fois en public, passent l’un derrière l’autre à la verticale du lieu de la catastrophe, faisant aux victimes de magnifiques funérailles aériennes. Puis survient l’autre drame, l’historique assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand, mais personne n’imagine encore la guerre si proche. R. Garros propose à H. Hirth de venir visiter les usines Morane-Saulnier, et en retour H. Hirth l’invite aussi, ainsi que Raymond Saulnier, pour une visite tournante des usines aéronautiques allemandes : c’est à Berlin que les bruits de guerre vont le surprendre. Au volant de sa Bugatti, en compagnie de son mécano Jules Hue, Garros parvient juste avant sa fermeture à franchir la frontière allemande. Première mise au point des tirs à travers l'hélice. Alors que né dans une colonie il ne doit aucun service militaire, il s’engage comme simple soldat dès le , pour la durée de la guerre. D’abord affecté à l’ (appelée MS 23, car équipée d'avions Morane-Saulnier Type H), il participe à de nombreuses missions d’observation, de reconnaissance, de lâchages d’obus empennés en guise de bombes, de combats avec des observateurs armés de carabines. Au début des hostilités, les pilotes ennemis se font des signes amicaux lorsqu'ils se rencontrent, puis passées quelques semaines ils se tirent dessus au fusil ou au revolver, sans réelle efficacité. La première victoire aérienne mondiale est enregistrée le , le mécanicien Louis Quenault abattant un Aviatik B.I grâce à une mitrailleuse fixée à l'avant de son Voisin III. Preuve est faite que c'est ce type d'arme qu'il faut adapter sur les avions, mais nombre d'appareils ont leur moteur placé sur l'avant, interdisant alors l'emploi d'armes à cause de la présence de l'hélice. Dès , Garros sera le premier spécialiste à définir dans un rapport au GQG l'avion de chasse monoplace tel qu'il sera utilisé dans tous les pays du monde au cours des décennies. Ayant connaissance du système de tir à travers l'hélice inventé en avril 1914 par Raymond Saulnier (et le bureau d'étude dirigé par Louis Peyret), il lui propose en décembre de mettre au point le dispositif. Il réalise le premier tir en vol et améliore le dispositif en réduisant la taille des déflecteurs en métal posés sur les pales. Il achève en janvier 1915 la mise au point du tout premier chasseur monoplace de l'histoire, armé d’une mitrailleuse tirant dans l’axe de l’avion à travers le champ de rotation de l'hélice. Il retourne ensuite au front, à la MS26, et son dispositif de tir adapté sur un Morane-Saulnier type L « Parasol » lui permet d'obtenir, début , trois victoires consécutives en quinze jours : pour l’ensemble des forces alliées, ce sont les , et victoires aériennes et, en outre, les premières remportées par un homme seul aux commandes d’un monoplace. Prisonnier de guerre. Le , le sous-lieutenant Garros est en mission au-dessus de la Belgique, lorsqu'il est touché par une balle de la DCA allemande. Son avion connaît alors des problèmes de carburant, l'obligeant à un atterrissage à Hulste, où il est fait prisonnier avant d'avoir pu mettre le feu à son appareil. Le système de tir à travers l'hélice est aussitôt étudié par Anthony Fokker, ses ingénieurs Heinrich Lübber, Curt Heber et Leimberger, qui créeront un système différent, rendant la mitrailleuse complètement synchrone avec l'hélice, les balles passant entre les pales sans les toucher, ce qui évite les dangereux ricochets. Le système Fokker équipera en premier le Fokker E.III avec lequel l’aviation allemande va dominer les airs jusqu’au milieu de l'année , jusqu'à ce que le système Fokker soit copié par les alliés. Comme toutes les fortes têtes, R. Garros sera soumis à une surveillance privilégiée et déplacé d’un camp à un autre (Küstrin, Trèves, Gnadenfrei, Magdebourg, Burg et de nouveau Magdebourg), car il faut l’empêcher d’avoir le temps de réunir les conditions d’une évasion. Après de nombreuses et infructueuses tentatives, il parvient à s'évader du camp de Magdebourg, au bout de trois ans, le , en compagnie du lieutenant Anselme Marchal, qui parle un très bon allemand. Les deux hommes se confectionnent deux grossiers uniformes d'officiers allemands, puis ainsi vêtus, avec l'aide de la pénombre et du ton irascible d'Anselme, ils passent les quatre sentinelles présentes. Enfin sortis du camp, ils volent des habits civils et commencent un périple qui les mène en Hollande, puis en Grande-Bretagne, et enfin en France. Les derniers moments d’une très courte vie. Ces trois ans de captivité ont sérieusement dégradé sa santé, particulièrement sa vue : sa myopie latente devenue très gênante l’oblige à aller clandestinement se faire faire des lunettes pour pouvoir continuer à piloter. Clemenceau a vainement tenté de le garder comme conseiller auprès de l’État-Major, mais « le Tigre » doit s’incliner devant la volonté obstinée de l’aviateur : celui-ci veut retourner au combat, un peu comme s’il considérait sa captivité comme une faute coupable. L’évadé a entre-temps été élevé au grade d’officier de la Légion d'honneur, sans difficulté cette fois-ci, car pour le ruban de chevalier, le président Poincaré lui-même avait dû intervenir contre de fortes oppositions pour qu’il soit attribué au vainqueur de la Méditerranée. Après une convalescence et un circuit complet de remise à niveau (les appareils et les méthodes de combat aérien ont complètement changé en trois ans), il est affecté à son ancienne MS 26 devenue la SPA 26, puisque désormais équipée de SPAD XIII. Elle fait partie, avec les trois autres escadrilles de Cigognes, du Groupe de Combat 12 (GC12). À force de ténacité, Roland Garros parvient à retrouver l’aisance de son pilotage. L’escadrille quitte Nancy pour le terrain de la Noblette, en Champagne. Bien que n’aimant pas l’atmosphère de « l’arrière », qu’il a côtoyée à contrecœur en 1914 alors qu’il travaillait à la mise au point du « tir à travers l’hélice », il vient régulièrement en permission de la Noblette à Paris. Marcelle n’y est pas, elle suit une longue convalescence à Billère, dans les Pyrénées. Hormis Audemars, qui, de nationalité suisse, ne peut participer aux combats et doit se contenter d’assurer la livraison des appareils neufs, et qui occupe toujours le du 7 rue Lalo, tous ses amis sont au front ou morts, si bien qu’il se retrouve souvent à Passy chez son amie pianiste Misia Edwards, avec qui il partage l’amour pour la musique de Chopin. L’ancienne élève de Gabriel Fauré jouera pour lui des soirées entières quand ce n’est pas Roland Garros, dont le talent musical s’est affirmé depuis Nice, qui est lui-même l’interprète de leur compositeur favori. Un soir de septembre, Isadora Duncan, qui fait partie des nombreux invités du salon de Misia, demande à Roland de se mettre au piano et de jouer du Chopin. Il s’exécute et Isadora se met à danser. Comme elle le racontera elle-même dans son autobiographie "My Life", alors qu’il la raccompagne à son hôtel du quai d'Orsay, elle dansera encore pour lui place de la Concorde au cours d’une alerte aérienne, tandis que « lui, assis sur la margelle d’une fontaine, m’applaudissait, ses yeux noirs mélancoliques brillant du feu des fusées qui tombaient et explosaient non loin de nous. (…) Peu après, l’Ange des Héros l’a saisie et l’a transportée ailleurs. » Le , Roland Garros remportait sa quatrième et dernière victoire. La veille de ses 30 ans, le , cinq semaines avant l'Armistice, à l’issue d’un combat contre des Fokker D.VII, son SPAD explosait en l’air avant de s’écraser sur le territoire de la commune de Saint-Morel, dans les Ardennes, non loin de Vouziers où il est enterré. Le souvenir de Roland Garros. Un nom lié au tennis. Le nom de Roland Garros est généralement associé au tennis. En effet, Roland Garros avait adhéré à la section rugby du Stade français en 1906, avec le parrainage de son condisciple d'HEC et athlète Émile Lesieur , et c’est ce dernier qui, en 1927, devenu président de la prestigieuse association, exigea fermement que l’on donnât le nom de son ami au stade de tennis parisien qu’il fallait construire pour accueillir les épreuves de la coupe Davis ramenée en France par les « Mousquetaires ». Dixit le compte-rendu : Une citation attribuée à Roland Garros est aujourd'hui inscrite sur la rambarde qui sépare la partie inférieure de la partie supérieure de la tribune centrale du Court Philippe-Chatrier, la version en français : « La victoire appartient au plus opiniâtre » faisant face sur l'autre tribune à la version en anglais : « Victory Belongs To The Most Tenacious ». Autres hommages. Toutefois, plusieurs associations et institutions s’efforcent de sauvegarder la mémoire du vainqueur de la Méditerranée et de l’inventeur de l’avion de chasse monoplace.
Réseau numérique à intégration de services Un réseau numérique à intégration de services (RNIS, en anglais "ISDN" pour ) est un réseau de télécommunications constitué de liaisons numériques permettant, par rapport au réseau téléphonique analogique, une meilleure qualité et des débits pouvant atteindre (accès E1) contre pour un modem classique analogique. Il s'agit d'une technologie en voie de disparition, en voie de remplacement par le « tout IP ». Orange France, par exemple, a cessé toute commercialisation depuis en France métropolitaine. Pour les cinq départements d’Outre-Mer, la fin de la commercialisation est prévue le . On peut voir l'architecture RNIS comme une évolution entièrement numérique des réseaux téléphoniques plus anciens, conçue pour associer la voix, les données, la vidéo et toute autre application ou service. RNIS s'opposait donc au réseau téléphonique commuté (RTC) traditionnel ; il a été normalisé à la fin des années 1980 par le CCITT. Présentation. Une connexion RNIS donne accès à plusieurs canaux numériques : les canaux de type B ( en Europe, en Amérique du Nord) et les canaux de type D (). Les canaux B servent au transport de données et peuvent être agglomérés pour augmenter la bande passante. Les canaux D servent à la signalisation des communications mais peuvent également servir pour le raccordement de terminaux de paiement comme Banksys. Ces derniers utilisent une bande passante de 4 kbit/s. Les réseaux RNIS bande de base fournissent des services à faible débit : de à . La technologie ATM développée dans les années 1990 et dédiée aux réseaux grandes distances (WAN) faisait à l'origine partie des définitions RNIS sous la dénomination RNIS large bande ("B-ISDN") pour les services à haut débit : de à . Cette technologie (ATM) n'a connu qu'un succès éphémère puis a été remplacée par les réseaux IP et le MPLS. Avec RNIS, les sites régionaux et internationaux de petite taille pouvaient se connecter aux réseaux d'entreprises à un coût mieux adapté à la consommation réelle qu'avec des lignes spécialisées. Les liaisons à la demande RNIS pouvaient être utilisées soit pour remplacer les lignes spécialisées, soit en complément pour augmenter la bande passante ou assurer une redondance. Avec ces mêmes liaisons, les sites ou les utilisateurs distants pouvaient accéder efficacement aux ressources critiques à travers l'Internet en toute sécurité. Le développement des RNIS. L'Union internationale des télécommunications (UIT) a défini la technologie RNIS comme un réseau fournissant une connectivité numérique de bout en bout avec une grande variété de services. Deux caractéristiques importantes des réseaux RNIS les distinguent des réseaux téléphoniques traditionnels : RNIS combine la large couverture géographique d'un réseau téléphonique avec la capacité de transport d'un réseau de données supportant simultanément la voix, les données et la vidéo. En France et en Belgique, le réseau national de télécommunications a été entièrement numérisé et les protocoles d'accès implantés sont conformes au standard Euro-ISDN publié par l'ETSI et l'UIT. Fonctionnement. Dans un réseau téléphonique analogique, une boucle locale sur une paire torsadée de fils de cuivre entre le commutateur central de la compagnie de télécommunications et l'abonné (boucle locale) supporte un canal de transmission unique. Ce canal ne traite qu'un seul service simultanément : la voix ou les données. Avec un réseau numérique à intégration de services, plusieurs canaux logiques sont multiplexés sur la même paire torsadée. Les canaux logiques RNIS. Le RNIS définit deux types de canaux logiques que l'on distingue par leur fonction et leur débit. Les canaux B transmettent avec un débit de , en commutation de circuit ou de paquet, les informations utilisateur : voix, données, fax. Tous les services réseau sont accessibles à partir des canaux B. Les canaux D transmettent à un débit de en accès de base et en accès primaire. Ils supportent les informations de signalisation : appels, établissement des connexions, demandes de services, routage des données sur les canaux B et enfin libération des connexions. Ces informations de signalisation ont été conçues pour cheminer sur un réseau totalement distinct des canaux B. C'est cette signalisation hors bande qui permet aux réseaux RNIS des temps d'établissement de connexion rapides (environ ) relativement aux réseaux analogiques (environ ). Il est aussi possible de transmettre des données utilisateur à travers les canaux D (protocole X.31b), mais comme le débit de ces canaux est limité ce type d'utilisation est rare. Les interfaces standard RNIS. Une interface d'accès à un réseau RNIS est une association de canaux B et D. Il existe deux interfaces standard. Elles correspondent à deux catégories d'utilisation distinctes : Dans les deux cas, le nombre de canaux utilisés peut varier suivant les besoins, le débit maximum étant fixé par le type d'interface. L'adaptation des débits. Les équipements non-RNIS n'ont pas nécessairement des débits compatibles avec la définition du canal B : . Dans ce cas, les adaptateurs de terminal (TA) réalisent une adaptation en réduisant le débit effectif du canal B jusqu'à une valeur compatible avec le dispositif non-RNIS. Il existe 2 protocoles de gestion d'adaptation : V.110 très utilisé en Europe et V.120 aux États-Unis. Ces 2 protocoles gèrent les transmissions synchrones et asynchrones. Le protocole V.110 peut fonctionner avec le sous-système RNIS Linux et un téléphone mobile GSM par exemple. C'est au prestataire de téléphonie cellulaire de fournir la passerelle RNIS/V.110… L'allocation dynamique de bande passante. La bande passante dynamique ou l'allocation de canaux est obtenue par l'agrégation des canaux B. On obtient ainsi une bande passante maximale de (2 × ) pour l'accès de base (BRI) et de (30 × ) pour l'accès primaire (PRI) en Europe. Cette fonctionnalité permet d'adapter le débit et donc le coût de communication aux besoins effectifs pour les flux entrants et sortants. Suivant les heures de la journée ou les jours de la semaine, les besoins de connectivité varient fortement. Il est possible que le coût forfaitaire d'utilisation d'une ligne spécialisée soit supérieur au coût en temps de communication d'une liaison RNIS, lorsque cette dernière utilise correctement la bande passante à la demande en ouvrant/fermant les connexions aux heures choisies. Il existe deux techniques pour agréger les canaux B appelées et . Le travaille au niveau 1 (couche physique) du modèle OSI. Il assure une synchronisation au niveau bit. Cette technique nécessite donc un matériel spécifique. Elle est surtout utilisée dans les équipements dédiés de visioconférence et très peu dans les équipements de réseaux de données. Le est une technique générique qui travaille au niveau 2 (couche de liaison) du modèle OSI. Dans le cas d'une connexion RNIS, elle permet d'ouvrir simultanément plusieurs canaux B entre deux systèmes. Le standard Multilink-PPP (ML-PPP) décrit comment séparer, recombiner et séquencer des datagrammes sur plusieurs canaux B pour créer une connexion logique unique. Ce standard est dédié au protocole PPP, le standard de niveau liaison du modèle TCP/IP pour les accès téléphoniques aux réseaux locaux (LAN) et à Internet. Les documents puis : décrivent le logiciel de niveau liaison associé à PPP. Il est implanté dans le sous-système RNIS de Linux et dans de nombreuses solutions matérielles (Cisco, Alcatel-Lucent, Huawei…)
Roman Polanski Roman Polanski ( ), de son vrai nom Raymond Thierry Liebling, né le à Paris, est un acteur, réalisateur, producteur et scénariste franco-polonais, également metteur en scène de théâtre et d'opéra. Il a réalisé une quarantaine de films, dont beaucoup ont été appréciés des critiques comme du grand public : "Répulsion", "Cul de sac", "Le Bal des vampires", "Rosemary's Baby", "Chinatown", "Le Locataire", "Tess", "Le Pianiste", "The Ghost Writer", "Carnage" ou "J'accuse". Considéré comme un des cinéastes les plus talentueux depuis les années 1960, Roman Polanski a un des palmarès les plus étoffés de sa profession : un Ours d'or en 1966, cinq Césars de la meilleure réalisation entre 1980 et 2020, une Palme d'or en 2002, l'Oscar de la meilleure réalisation en 2003, et le grand prix du jury de la Mostra de Venise en 2019. Survivant du ghetto de Cracovie, son enfance a été marquée par l'assassinat d'une partie de sa famille lors de la Shoah. Il subit une autre tragédie personnelle quand, en 1969, sa seconde épouse, Sharon Tate, est assassinée par des membres de la secte de Charles Manson, alors qu'elle était enceinte. Recherché depuis 1978 par la justice américaine pour une affaire d'abus sexuel sur mineur, Roman Polanski est considéré comme un fugitif : condamné en 1977 à quatre-vingt-dix jours de prison, il est libéré pour bonne conduite quarante-deux jours plus tard ; le juge se ravise alors et déclare vouloir le condamner à nouveau, cette fois à une peine indéterminée. Informé par son avocat, le réalisateur quitte le pays en janvier 1978 et s'installe en France, pays dont il a la nationalité. Depuis lors, la justice américaine refuse de clore le dossier, tant que le réalisateur ne sera pas revenu aux États-Unis pour se présenter devant ses juges et elle a tenté à plusieurs reprises d'obtenir son extradition, sans succès jusqu'à ce jour. Depuis les années 2010, plusieurs femmes l'accusent d'actes de violences sexuelles remontant aux années 1970 et 1980. Roman Polanski récuse ces accusations, ne reconnaissant comme fondée que celle de 1977. Biographie. De Paris à Cracovie (1933-1939). Raymond Thierry Liebling naît le au de la rue Saint-Hubert, dans le de Paris. Il est le fils unique de Mojżesz Liebling (1903-1983), Polonais issue d'une famille juive ashkénaze, peintre de son état, qui prendra le nom de « Ryszard Polański » en 1946. Il est né à Cracovie, ville qui avant la Première Guerre mondiale relevait de l'empire d'Autriche-Hongrie et est redevenue polonaise en 1918, avec l'établissement de la Deuxième République de Pologne. Il a émigré en France au cours des années 1920 pour tenter une carrière d'artiste-peintre, tout en travaillant dans une usine de phonographes. Sa mère, Bella (ou « Bula ») Katz-Przedborska (1900-1943), est née d'une mère catholique et d'un père juif russe ; elle a déjà une fille, Annette, issue d'un premier mariage, lorsqu'elle épouse Mojżesz Liebling à l'automne 1932, après avoir divorcé de son premier époux. Le jeune Raymond (en polonais : "Rajmund") est, par facilité de prononciation, plutôt appelé « Roman », voire « Romek ». Il vit en France jusqu'à l'âge de , puis, Mojżesz n'arrivant pas à se sentir chez lui en France, la famille repart pour la Pologne au début de 1937, et s'installe à Cracovie, rue Bolesław Komorowski (). Mojżesz travaille dans diverses entreprises, puis ouvre un atelier de menuiserie. Dès cette époque, sa demi-sœur Annette fait découvrir le cinéma à Roman, qui se rappelle avoir vu le film "Amants" (1938), où elle l'avait emmené avec elle. Période du ghetto (1939-1945). Après l'invasion de la Pologne par les troupes allemandes en septembre 1939, la famille Polanski subit les contraintes de la politique antisémite des Nazis. Les Polanski déménagent d'abord chez la mère de Mojżesz, Maria, dans le quartier de Kazimierz où Roman va à l'école jusqu'à ce que cela soit interdit aux enfants juifs. Puis ils sont obligés de venir dans le ghetto de Cracovie. Bella travaille comme femme de ménage au château du Wawel et Mojżesz dans une usine de munitions. Roman quitte fréquemment le ghetto par des voies détournées, aidé par son apparence parfaitement « aryenne ». Il consacre une partie de son temps au cinéma, qui est celui des forces d'occupation. Il raconte : . En février 1943, sa mère Bella (enceinte de 4 mois) et sa grand-mère Maria Liebling sont emmenées au camp d'Auschwitz, très proche de Cracovie, où elles seront assassinées. Le 14 mars 1943, a lieu la liquidation du ghetto de Cracovie. Mojszesz aide son fils à partir en lui donnant de quoi être hébergé par des familles catholiques. Il va passer dans deux familles de Cracovie, dont la famille Putek, puis partir (sous le nom de Roman Wilk) durant l'été 1943 dans une famille très pauvre du village de Wysoka (actuel powiat de Wadowice) à de Cracovie. Il y reste jusqu'à l'automne 1944, puis revient chez les Putek à Cracovie qui est libérée par l'Armée rouge le 19 janvier 1945. C'est alors une période d'errance pour Roman, puis il retrouve deux oncles, Stefan Liebling, puis David qui partage un appartement avec une famille Horowitz (parmi laquelle , né en 1939, devenu son ami, figurant sur la liste de Schindler et futur photographe). Il retrouve son père, lorsque celui-ci rentre du camp de concentration de Mauthausen. En décembre 1945, Mojszesz épouse Wanda Zajączkowska qui l'incite à changer de nom. Il devient officiellement Ryszard Polański (Richard Polanski), et Roman adopte aussi ce nom. Sa sœur Annette a aussi survécu à la guerre ; elle part ensuite pour Paris. Roman continue de mener une existence assez indépendante de son père et de sa belle-mère. Il commence cependant à être scolarisé de façon régulière. Après-guerre (1946-1953). Il est alors âgé de 13 ans. Il termine sa scolarité primaire, où il brille seulement en dessin, puis entre dans une formation technique d'électricien, qu'il abandonne par manque de motivation. Parallèlement, il entre dès 1945 dans le mouvement scout, où il découvre sa vocation d'artiste et de comédien notamment lors du camp d'été de 1946 en Poméranie. Polanski explique que son goût pour . En 1946, il intègre une troupe de Cracovie dirigée par Maria Biliżanka (1903-1988), « la Joyeuse Bande » ("Wesola Gromadka"), spécialisée dans les spectacles pour les enfants (éventuellement enregistrés et diffusés sous forme radiophonique) ; en 1948, cette compagnie devient le « Théâtre du jeune spectateur » ("Teatr Młodego Widza"). En 1948, Roman est choisi pour tenir le rôle principal dans la pièce "Le Fils du régiment" ("Syn pułku") : le jeune paysan Wania, adopté par une unité l'Armée rouge, prisonnier des Allemands pendant la guerre. La pièce devient, au fil des représentations, un triomphe national. Ce rôle lui vaut une distinction en 1950. En 1949, il échoue au certificat de maturité, apparenté au baccalauréat en France ou au diplôme d'études collégiales au Québec. Il est ensuite accepté au Lycée d'arts ("Państwowe Liceum Sztuk Plastycznych") de Cracovie, mais en est exclu en février 1952 à la suite d'un conflit avec le directeur, Wlodzimierz Hodys (1905-1987). Il fréquente alors une école d'art de Katowice. Débuts professionnels (1953-1961) : école de Łódź. En 1953, il rencontre Andrzej Wajda, jeune auteur encore méconnu, qui le dirige dans "Génération" et devient son ami. Il considère alors Wajda comme ayant réussi à réaliser des films qui s'éloignent de la du cinéma d'État de l'époque. En 1955, Polański est reçu au concours de l'École nationale de cinéma de Łódź, fondée en 1948, qui permet à ses élèves de connaître non seulement les films soviétiques, mais aussi les films occidentaux inaccessibles au grand public polonais. Durant son cursus, il va y réaliser huit courts métrages remarqués au niveau international, à commencer par "Rower" (1955), inspiré par un épisode de sa vie. À cette époque, naît son amitié avec le cinéaste Jerzy Skolimowski, originaire de Łódź et qui entrera à l'école de cinéma en 1959, ainsi qu'avec le jazzman Krzysztof Komeda qui composera la musique de la plupart de ses films jusqu'à sa mort en 1969. Le jazz est très important pour le groupe de jeunes dont il fait partie car il constitue une sorte de en Pologne. Il leur permet de se sentir plus modernes et . Polanski commence à faire l'acteur dans ses films d'école, parce que les budgets en sont faibles et qu'il pense pouvoir . En 1958, il obtient plusieurs récompenses pour "Deux hommes et une armoire", son film de sortie d'école (15 minutes), le premier à être proposé au grand public. En 1959, il épouse l'actrice principale de plusieurs de ses courts métrages, Barbara Kwiatkowska, mais ils divorcent en 1961. Révélation critique (1962-1967). En 1962, il réalise son premier long métrage, le seul tourné dans sa langue maternelle : "Le Couteau dans l'eau", coécrit avec Jerzy Skolimowski. Il y met en scène les rapports de forces entre un journaliste sportif brutal et un étudiant arrogant sur un voilier. Le film est mal accueilli en Pologne bien qu'il ne soit pas un réquisitoire explicite du mode de vie socialiste. Mais il fait planer un climat d'insécurité et laisse en suspens l'idée de tension sociale et de lutte de classes que les régimes communistes prétendent avoir abolie. On reproche au metteur en scène de ne pas faire un cinéma au service de l'État et de signer ainsi son passeport pour l'Occident. Le film lui ouvre en effet les portes de l'Ouest : après un succès international et un prix obtenu à la Mostra de Venise, "Le Couteau dans l'eau" est projeté officiellement au Festival du film de New York, fait la une du "Time magazine" et reçoit une nomination à l'oscar du meilleur film étranger, qui lui échappe au profit de "8 1/2" de Federico Fellini. Polanski s'installe à Paris où il rencontre son ami Gérard Brach. À ses côtés, il écrit plusieurs scénarios qu'il tente de vendre, sans succès. C'est une époque qu'il qualifie par la suite de . Il s'établit ensuite à Londres où il connait , réjoui de découvrir l'industrie du cinéma britannique qu'il intègre facilement, nonobstant sa méconnaissance d'alors de la langue anglaise. Il met finalement en scène son second long métrage, un thriller produit par Gene Gutowski et coécrit avec Brach, ayant pour thème la schizophrénie : "Répulsion", avec Catherine Deneuve. Les critiques le désignent alors comme le digne héritier d'Hitchcock mais certaines seront déçues car elles voyaient en lui un successeur de Luis Buñuel En 1964, il se rend dans le comté de Northumberland afin d'y tourner une comédie noire et misanthrope, proche du théâtre de l'absurde : "Cul-de-sac", interprétée par Donald Pleasence et Françoise Dorléac. Ces deux œuvres lui permettent de remporter respectivement un ours d’argent et un ours d’or au Festival de Berlin en 1965 et 1966. En 1967, le réalisateur retrouve Gutowski, Brach et Komeda pour écrire, produire et réaliser la comédie horrifique "Le Bal des vampires", son premier film en couleurs et en CinemaScope. Cette réalisation se veut une parodie burlesque des productions de la Hammer. Polanski y tient le haut de l'affiche avec la comédienne américaine Sharon Tate. Ils sont devenus amants sur le tournage et se marient à Londres le . La réception très médiatisée au dans le Mayfair reflète le bouillonnement culturel du Londres des Swinging Sixties avec des stars invitées en tenue pop et victorienne, dansant sur une musique psychédélique. Reconnaissance hollywoodienne (1968-1970). Roman Polanski est repéré par le jeune producteur américain Robert Evans qui lui confie la réalisation de son premier film hollywoodien, produit par Paramount : le thriller fantastique "Rosemary's Baby" adapté du best-seller éponyme d'Ira Levin. L'histoire est celle d'une jeune femme victime d'une secte de sorciers octogénaires adorateurs de Satan, qui fait d'elle la mère de l’Antéchrist. Le livre est, selon Polanski, un . Le réalisateur est cependant agnostique et décide, lors de l'écriture du scénario, de ne pas garder l'aspect surnaturel de l'histoire, . Le rôle principal est confié à Mia Farrow alors que celui de son mari est attribué à John Cassavetes. Produit pour un budget de deux millions de dollars, "Rosemary's Baby" se hisse au sommet du box-office de 1968, lance la mode des thrillers sataniques ("L'Exorciste", "La Malédiction"…) et est reconnu par la critique comme l'un des chefs-d'œuvre du cinéma fantastique dans sa manière de suggérer l'horreur et de jouer de l'angoisse surnaturelle dans la banalité quotidienne. Deux fois nommé aux Oscars en 1969, le film vaut à Ruth Gordon, la voisine maléfique, la statuette du meilleur second rôle féminin. Polanski se voit quant à lui remettre le David di Donatello de la meilleure réalisation étrangère. En 2014, "Rosemary's Baby" est sélectionné dans le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour être préservé comme étant . Au faîte de sa gloire, Polanski est néanmoins ébranlé par un nouveau drame en 1969 : alors qu'il est en pleine préparation d'un film au Royaume-Uni, une adaptation du roman d'anticipation de Robert Merle "Un animal doué de raison", sa femme Sharon Tate, enceinte de huit mois, trois de leurs amis proches, et un ami du jeune gardien de la propriété sont assassinés dans la demeure du couple, à Los Angeles sur Cielo Drive, par des proches de Charles Manson, gourou d'une secte appelée « la Famille » et tueur en série. Période européenne, puis retour à Hollywood (1971-1976). Malgré la dépression qu'il traverse, Roman Polanski se plonge dans le travail et développe une adaptation du roman d'Henri Charrière intitulé "Papillon". Le projet est néanmoins abandonné, malgré la présence de Warren Beatty au générique, faute de financement. Après la mort de Sharon Tate, Polanski se voit proposer de nombreux scénarios horrifiques qu'il refuse jusqu'au dernier, . Passionné depuis l'enfance par l’œuvre de William Shakespeare, il finit par choisir de tourner une adaptation de la tragédie "Macbeth". Le film est en partie produit par Hugh Hefner et la filiale de production du groupe "Playboy" après les refus successifs des studios hollywoodiens. Le tournage, avec Jon Finch et Francesca Annis dans les rôles principaux, a lieu au pays de Galles et est continuellement retardé à cause des pluies abondantes. Lors de sa sortie en 1971, "Macbeth" est considéré par la critique comme une réaction de Polanski après le meurtre de sa femme. Selon lui, . La violence du film lui est également reprochée mais, d'après Polanski, . Malgré l'échec commercial du film, Roman Polanski souhaite en réaliser un autre immédiatement afin de . Il tourne alors en Italie une comédie grinçante à l'humour absurde avec Marcello Mastroianni et Sydne Rome, "Quoi ?", sortie en 1972. Le film est pour le réalisateur . Polanski ajoute, . Alors qu'il souhaite s'installer définitivement à Rome, Roman Polanski se laisse convaincre par Jack Nicholson et le producteur Robert Evans de revenir aux États-Unis afin de travailler sur un projet de film noir intitulé "Chinatown". Selon le réalisateur, le scénario original écrit par Robert Towne . Malgré un tournage prévu à Los Angeles qui lui rappelle le drame de 1969, Roman Polanski est fasciné par le projet et réécrit pendant huit semaines le scénario avec Towne. L'objectif du réalisateur est de . Il souhaite également faire un film réaliste et . Le rôle du détective privé, J.J. Gittes, est confié à Nicholson et celui de la femme fatale à Faye Dunaway. Les relations du réalisateur avec cette dernière sont désastreuses pendant le tournage, Polanski reprochant à l'actrice l'attention obsessionnelle qu'elle accorde à son interprétation, à sa coiffure et à son maquillage, mais reconnaît néanmoins n'avoir jamais rencontré une actrice prenant son travail avec autant de sérieux. Lors de sa sortie en 1974, "Chinatown" connaît un grand succès public et critique. Produit pour un budget de six millions de dollars, le film en rapporte près de trente rien qu'aux États-Unis. Il est également récompensé par quatre Golden Globes, dont celui du meilleur film dramatique et de la meilleure réalisation pour Polanski, et reçoit onze nominations aux Oscars, Robert Towne remportant le trophée du meilleur scénario original. En 1991, "Chinatown" est sélectionné dans le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour être préservé comme étant . Le film est également considéré comme l'un des meilleurs films réalisés par Roman Polanski et, plus généralement, comme l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Après avoir mis en scène l'opéra d'Alban Berg, "Lulu", pour le festival de Spolète en Italie en 1974, Roman Polanski revient à Paris où il concrétise un projet d'adaptation du roman de Roland Topor, "Le Locataire chimérique". "Le Locataire", qu'il fait éclairer par Sven Nykvist, chef opérateur attitré d'Ingmar Bergman, puis qu'il réalise et joue aux côtés d'Isabelle Adjani et de Shelley Winters, voit le jour en 1976. Cependant, même si l'étrangeté paranoïaque et cauchemardesque du récit séduit aujourd'hui les critiques qui considèrent cette œuvre comme l'une de ses plus abouties, cette fable sur l'aliénation urbaine et l'anomie, d'une fantaisie noire proche du délire, est mal reçue lors de sa présentation en compétition au Festival de Cannes et ne rencontre pas le succès commercial escompté. Selon Polanski, le film . La même année, le réalisateur assure la direction scénique du "Rigoletto" de Giuseppe Verdi pour l'Opéra de Munich. Années parisiennes (1979-1999). Définitivement établi en France à partir de 1978 à la suite d'une affaire d'abus sexuel sur une mineure, Roman Polanski s'engage dans une entreprise de grande ampleur dont Claude Berri est le principal producteur : en mémoire de sa défunte épouse Sharon Tate, le cinéaste réalise un mélodrame rural et romantique, "Tess", qu'il considère comme et comme son seul film véritablement romantique. Il s'agit de l'adaptation du roman de Thomas Hardy, "Tess d'Urberville", qui évoque les malheurs d'une jeune paysanne à l'époque victorienne. . Le rôle-titre est confié à Nastassja Kinski. Le tournage s'étale sur une période de neuf mois sur quatre saisons et dans quarante lieux différents. Pour Polanski, . La post-production du film est cependant difficile pour le réalisateur qui va jusqu'à parler de l'une des pires expériences de sa carrière. Afin de respecter les délais de sortie, il doit utiliser simultanément cinq salles de montage afin de trier une quarantaine d'heures de pellicules. Le montage du film s'étale sur une période d'un an où se succèdent deux monteurs différents. Un conflit éclate alors entre Polanski et Berri, le producteur voulant amputer le film de trente minutes pour faciliter son exploitation, Polanski refusant les coupes et ayant beaucoup de mal à trouver un montage adéquat. Hervé de Luze est finalement engagé pour finaliser le montage et devient dès alors le monteur attitré de Polanski. "Tess" est un grand succès, à la fois critique et commercial, lors de sa sortie en 1979, et permet à Roman Polanski de remporter deux César, celui du meilleur film et de la meilleure réalisation. Le film ne sort que l'année suivante aux États-Unis, les distributeurs étant rebutés par sa longue durée. Mais l'œuvre est un succès outre-atlantique et reçoit le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère ainsi que trois Oscars sur six désignations. Malgré cette réussite, Polanski envisage de mettre un terme à sa carrière de réalisateur, désabusé par le calvaire qu'a été la post-production. Roman Polanski reçoit ensuite un accueil triomphal pour son retour au théâtre avec la pièce de Peter Shaffer, "Amadeus", qu'il met en scène et interprète au côté de François Périer en 1981. Trois ans plus tard, il publie son autobiographie, "Roman par Polanski", aux éditions Robert Laffont. Il fait son retour au cinéma avec le film d'aventure "Pirates", en hommage aux films d'aventures hollywoodiens des années 1930 qui ont bercé son enfance : ceux entre autres de Michael Curtiz avec Errol Flynn. Le tournage en Tunisie se révèle cauchemardesque. Selon le producteur exécutif Thom Mount, . En plus des différents problèmes météorologiques et financiers — le budget passa de treize millions et demi de dollars à trente-trois millions et demi, les acteurs Walter Matthau et Cris Campion ne sont pas à la hauteur des espérances de Polanski. Ce dernier considère "Pirates" comme son projet le plus difficile, . Présenté hors-compétition lors du Festival de Cannes en 1986, "Pirates" est un désastre critique et commercial, rapportant seulement un peu plus de six millions de dollars de recettes à l'échelle mondiale. Roman Polanski travaille ensuite sur une adaptation de la bande dessinée "Le Sceptre d'Ottokar" issue des "Aventures de Tintin" de Hergé. Le film doit être produit par Steven Spielberg mais ne voit pas le jour, le personnage de Tintin n'ayant pas un potentiel commercial suffisant pour les studios américains. Polanski accepte alors une commande de la Warner Bros. qui lui laisse toute liberté sur le sujet et le scénario. Il écrit avec Gérard Brach le thriller hitchcockien "Frantic" dans lequel disparaît l'épouse d'un cardiologue américain, joué par Harrison Ford. Le tournage a lieu à Paris, le réalisateur souhaitant tourner dans sa ville après deux années passées en Tunisie. . C'est à cette occasion qu'il rencontre sa future femme, de trente-trois ans sa cadette, Emmanuelle Seigner, qu'il épouse en 1988, l'année de la sortie du film. Le film est un succès critique et commercial modéré. En 1991, Roman Polanski préside le jury du Festival de Cannes. Sa méthode est assez controversée ; on lui reproche de ne pas être ouvert aux autres membres du jury et de les avoir enivrés pour forcer la décision de l'attribution de la Palme d'or. Il ne s'était pas caché de détester toute la sélection, à l'exception de "Barton Fink" des frères Coen, souvent considéré comme un hommage à son propre univers, notamment sa « trilogie des appartements ». C'est ce film qu'il récompensa ainsi au-delà du raisonnable, pour en faire l'œuvre la plus primée de l'histoire du festival : outre la Palme d'or, le jury, sous son impulsion, lui décerne le prix de la mise en scène et le prix d'interprétation masculine pour John Turturro dans le rôle-titre. La presse décria beaucoup le déséquilibre du palmarès, car beaucoup de films appréciés dans la sélection furent ignorés, surtout "Van Gogh". Le cas ne s'était jamais produit et le délégué général du festival Gilles Jacob prendra des mesures pour éviter qu'un film ne puisse obtenir à nouveau trop de récompenses : la Palme d'or ne peut désormais plus se cumuler avec d'autres prix de la sélection officielle. Polanski souhaite ensuite changer radicalement de sujet pour son film suivant afin de pouvoir explorer la traîtrise des relations humaines. Il signe alors "Lunes de fiel", libre adaptation du roman éponyme de Pascal Bruckner, sur une histoire d'amour tortueuse et perverse qui voit un couple se consumer tout en entraînant un couple d'Anglais rangés dans un maelström érotique autodestructeur. Les rôles principaux sont confiés à Emmanuelle Seigner, Hugh Grant, Kristin Scott Thomas et Peter Coyote. Bien que cela ait été suggéré dans la presse, le réalisateur nie que ce film soit représentatif de sa relation avec sa nouvelle épouse, alors âgée de vingt-cinq ans, ou présente un quelconque caractère autobiographique. Le film n'est pas un grand succès lors de sa sortie en 1992 mais, selon Polanski, Toujours en 1992, il dirige pour la scène de l'Opéra Bastille une nouvelle version des Contes d'Hoffmann d'Offenbach avec José van Dam et Natalie Dessay. Le dramaturge chilien Ariel Dorfman accepte parmi plusieurs propositions celle de Polanski d'adapter pour le cinéma sa pièce à succès, "La Jeune Fille et la Mort", racontant les traumatismes subis par les victimes des tortures dans les dictatures d'Amérique latine. Selon Dorfman, . Polanski avoue être fasciné par le fait de raconter une même histoire à travers différents personnages, . Le film, tourné dans l'ordre chronologique de façon à maintenir l'évolution émotionnelle des acteurs — Sigourney Weaver, Ben Kingsley et Stuart Wilson — est un succès critique, mais un échec commercial lors de sa sortie en 1994. La même année, Roman Polanski joue face à Gérard Depardieu l'un des rôles principaux du film de Giuseppe Tornatore, "Une pure formalité". Il commence en 1996 le tournage d'une production ambitieuse intitulée "The Double", librement inspirée d'une nouvelle de Fiodor Dostoïevski, avec John Travolta et Isabelle Adjani dans les rôles principaux. Mais, à la suite de différends avec Travolta concernant des modifications du script, le projet est abandonné alors que les contrats des techniciens sont signés et les décors construits aux studios de Boulogne. La même année, Polanski préside le jury de la Mostra de Venise où il déclenche une polémique après avoir attribué la coupe Volpi de la meilleure actrice à une fillette de : Victoire Thivisol pour "Ponette" de Jacques Doillon, prix pourtant attribué à l'unanimité. Polanski se tourne ensuite vers le théâtre et met en scène en 1997 Fanny Ardant dans la pièce de Terrence McNally, "Maria Callas, la leçon de chant", qui lui vaut d'être nommé aux Molières. La même année, il supervise la création d'une comédie musicale adaptée du "Bal des vampires," qui démarre à Vienne et entame une tournée triomphale de Stuttgart à Hambourg. En 1998, il est élu à l'Académie des beaux-arts dans la catégorie "Création artistique pour le cinéma et l'audiovisuel" (créée en 1985). Il revient au cinéma avec une adaptation du roman d'Arturo Pérez-Reverte, "Le Club Dumas", qu'il intitule "La Neuvième Porte", avec Johnny Depp et Emmanuelle Seigner dans les rôles principaux. Selon le réalisateur, le livre est . Le film comporte quelque deux cents effets spéciaux, certains plus convaincants que d'autres selon le propre aveu de Polanski qui le considère comme un échec artistique : . Lors de sa sortie, le film rencontre un succès critique et commercial modéré. Consécration internationale (années 2000). Au début des années 1990, connaissant le passé de Roman Polanski et son désir de réaliser un jour un film sur la Shoah, Steven Spielberg lui propose de mettre en scène "La Liste de Schindler". Polanski refuse, le sujet étant trop proche de son vécu, . Le but du réalisateur n'est pas de faire un film autobiographique mais d'utiliser son expérience dans un film de fiction sur le sujet. Lorsqu'il découvre quelques années plus tard les mémoires du pianiste polonais Wladyslaw Szpilman racontant sa survie pendant la Seconde Guerre mondiale, Polanski est convaincu que . Le réalisateur est particulièrement sensible à ce qu'il appelle et confie le rôle de Szpilman à Adrien Brody, . Polanski estime qu'il s'agit de son film le plus personnel et les recherches préalables sont pour lui plus douloureuses que le tournage, . Les ruines de Varsovie sont reconstituées aux studios de Babelsberg, le réalisateur refusant de recourir aux images de synthèse. "Le Pianiste" est présenté en compétition lors du Festival de Cannes en 2002 où le jury présidé par David Lynch lui décerne la Palme d'or. Le film est un triomphe aussi bien critique que commercial et reçoit sept Césars l'année suivante dont ceux du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur acteur pour Brody. "Le Pianiste" est également nommé pour sept oscars dont celui du meilleur film et remporte trois statuettes lors de la cérémonie : meilleur réalisateur pour Polanski, meilleur acteur pour Brody et meilleure adaptation pour Ronald Harwood. Malgré les demandes, le cinéaste ne se rend pas à Los Angeles où l'annonce de sa victoire provoque une ovation debout dans l'assistance. Remettant le prix, Harrison Ford, acteur de "Frantic", s'engage à lui transmettre personnellement le trophée, ce qu'il fait publiquement, cinq mois plus tard, au Festival du cinéma américain de Deauville. Roman Polanski considère "Le Pianiste" comme sa meilleure œuvre et déclare, . Après "Le Pianiste", Roman Polanski joue dans le film "Zemsta" (2002) réalisé par son compatriote Andrzej Wajda. L'année suivante, il met en scène "Hedda Gabler", le drame du Norvégien Henrik Ibsen, avec Emmanuelle Seigner dans le rôle-titre, au Théâtre Marigny. Puis il supervise à Stuttgart en 2004 et à Berlin en 2005 une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique "Le Bal des vampires". Alors qu'il souhaite tourner un film que ses enfants puissent voir, Roman Polanski, au cours d'une conversation avec sa femme, se remémore la comédie musicale de Carol Reed, "Oliver !" (1968), tirée du roman de Dickens, et choisit de proposer une nouvelle version d'Oliver Twist. . "Oliver Twist" est tourné principalement aux Studios Barrandov de Prague en République tchèque, avec les acteurs Barney Clark dans le rôle titre et Ben Kingsley, pour un budget de d'euros, le plus important dont Polanski ait jamais disposé. Le film est présenté pour la première fois lors du Festival international du film de Toronto en 2005 et reçoit des critiques positives mais n'obtient pas le succès commercial escompté. En 2006, Roman Polanski dirige Thierry Frémont au Théâtre Hébertot dans "Doute", écrit par John Patrick Shanley. L'année suivante, il entreprend de réaliser une adaptation du roman "Pompéi" de Robert Harris. Ce dernier est engagé pour l'écriture du scénario qui relate la destruction de Pompéi et ses villes environnantes par l'éruption du Vésuve en 79. Le tournage est prévu pour durer cinq mois en Italie, avec Orlando Bloom et Scarlett Johansson dans les rôles principaux, pour un budget de 130 millions de dollars. Polanski abandonne cependant le projet à la suite de problèmes d'emploi du temps, de financement et de retards de production dus à la grève des scénaristes à Hollywood, entamée à l'été 2007 et terminée en 2008. En 2007, il dirige Denis Podalydès, Sara Forestier et Michel Vuillermoz dans "Cinéma érotique", l'un des segments du film à sketches "Chacun son cinéma", œuvre collective en l'honneur des soixante ans du Festival de Cannes. Lors de la conférence de presse réunissant les différents réalisateurs, dont les frères Coen, les frères Dardenne, David Cronenberg, David Lynch, Pedro Almodóvar, Jane Campion ou encore Alejandro González Iñárritu, Polanski évoque « une occasion unique d'avoir une assemblée de metteurs en scène importants » et déplore la pauvreté des questions qui leur sont posées, avant de partir brutalement. En 2009, il réalise "Greed", une fausse publicité sur commande de l'artiste plasticien Francesco Vezzoli, avec Natalie Portman et Michelle Williams, dans laquelle il parodie la stratégie et l’esthétique publicitaires lors d'un lancement de parfum. Adaptations à succès (années 2010). Le projet "Pompéii" n'ayant pas abouti, Robert Harris envoie au réalisateur un exemplaire de son roman "L'Homme de l'ombre" avant même qu'il ne soit publié. Polanski décide immédiatement de signer l'adaptation de l'ouvrage sur grand écran. L'histoire, qui rappelle au cinéaste les romans de Raymond Chandler, est celle d'un écrivain fantôme engagé pour réécrire les mémoires de l'ancien chef du gouvernement britannique, lui-même inspiré par Tony Blair. Le tournage de "" a lieu en Allemagne avec un casting composé d'Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams, Kim Cattrall ainsi qu'Eli Wallach. La post-production du film est marquée par l'arrestation à Zurich de Polanski le , rattrapé par l'affaire de 1977 (voir "infra"). Il achève le film de sa cellule puis de son chalet de Gstaad où il est astreint à résidence durant plusieurs mois avant sa libération par les autorités suisses le . La première de "The Ghost Writer" a lieu lors du festival du film de Berlin où Polanski se voit décerner l'Ours d'argent de la meilleure mise en scène. Le film est acclamé aussi bien par la presse que le public et Polanski obtient l'année suivante les césars de la meilleure réalisation et de la meilleure adaptation. Durant son assignation à résidence, Roman Polanski développe une adaptation de la pièce "Le Dieu du carnage" de Yasmina Reza en collaboration avec son auteure. L'histoire est celle de deux couples réglant leurs comptent après une bagarre entre leurs enfants respectifs. La pièce est pour Polanski une et représente pour lui un défi artistique, à savoir celui de faire un film en temps réel et dans un lieu restreint. Le tournage, précédé de deux semaines de répétitions intensives, a lieu au studios de Bry-sur-Marne et met en scène les comédiens Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et John C. Reilly. Rebaptisé "Carnage", le film est présenté en compétition lors de la Mostra de Venise en 2011 où il reçoit un accueil favorable de la presse et du public et permet à Roman Polanski de remporter l'année suivante le César de la meilleure adaptation, pour la deuxième année consécutive. La même année, il fait l'objet d'un documentaire réalisé par Laurent Bouzereau, "Roman Polanski : A Film Memoir", tourné en partie pendant son assignation à résidence à Gstaad, et dans lequel il revient sur sa vie et sur sa carrière. En 2012, Roman Polanski se rend au Festival de Cannes afin de présenter une version restaurée de "Tess" dans la section Cannes Classics, ainsi qu'un spot publicitaire intitulé , réalisé pour Prada avec Ben Kingsley et Helena Bonham Carter, qu'il définit comme . Son agent américain, Jeff Berg, lui fait alors découvrir le texte de la pièce de théâtre "La Vénus à la fourrure" du dramaturge américain David Ives, inspirée du roman homonyme de Leopold von Sacher-Masoch. Le réalisateur est séduit par l'humour — « Le texte était tellement drôle que je riais tout seul – ce qui est quand même rare. L’ironie de la pièce, qui frôle parfois le sarcasme, était irrésistible », et par l'idée d'offrir un beau rôle à sa femme. Ce huis clos à deux personnages se déroule intégralement dans un théâtre et met en scène l'inversion du rapport de forces entre un metteur en scène hautain et une comédienne apparemment stupide. Le tournage, censé débuter au mois de novembre 2012 au théâtre Récamier avec Emmanuelle Seigner et Louis Garrel dans les rôles principaux, est finalement reporté en janvier 2013 à la suite du remplacement de Garrel par l'acteur Mathieu Amalric. Présenté la même année en compétition au Festival de Cannes, "La Vénus à la fourrure" est plébiscité par la presse et permet à Roman Polanski de remporter un quatrième césar de la meilleure réalisation. Lors de la promotion de "La Vénus à la fourrure", Roman Polanski dévoile travailler sur une nouvelle adaptation d'un roman de Robert Harris, "D.", à propos de l'affaire Dreyfus et dans laquelle il voit un parallèle entre l'acharnement médiatique et judiciaire envers le capitaine Dreyfus et ses propres déboires avec la presse. Le projet est repoussé à plusieurs reprises, à la suite de nombreuses difficultés de production et de casting. En 2014, Roman Polanski réalise le clip du single de sa femme, Emmanuelle Seigner, reprise d'une chanson de Divine du même titre. La même année, il met en scène une nouvelle version de la comédie musicale tirée de son classique "Le Bal des vampires", dont les représentations ont lieu entre octobre 2014 et juin 2015 au Théâtre Mogador à Paris. En 2016, son autobiographie "Roman par Polanski" est rééditée, enrichie d'un épilogue où le réalisateur revient sur les trois décennies qui ont passé depuis la première publication, notamment sur les récents rebondissements concernant l'affaire de 1977. La même année, il donne une leçon de cinéma sur la technique cinématographique à la Cinémathèque française où il parraine l'exposition . Alors que son projet sur l’affaire Dreyfus est à nouveau repoussé, Emmanuelle Seigner propose à Polanski la lecture du roman "D'après une histoire vraie" de Delphine de Vigan, lauréat du Prix Renaudot et du prix Goncourt des lycéens en 2015. Le réalisateur est immédiatement attiré par cette histoire d’une romancière en panne d’inspiration qui se retrouve confrontée à une admiratrice de plus en plus intrusive et toxique : . Polanski contacte alors le producteur Wassim Béji, détenteur des droits pour le cinéma, et décide avec lui de tourner rapidement le film afin de le présenter dès l’année suivante au Festival de Cannes. Le tournage, avec Emmanuelle Seigner dans le rôle de la romancière et Eva Green dans celui de l'admiratrice, est pour Polanski, le réalisateur ayant dû renoncer aux répétitions avant de commencer les prises de vues. "D'après une histoire vraie" est présenté hors-compétition lors du du Festival de Cannes où il reçoit des critiques plutôt négatives. Roman Polanski dévoile une nouvelle version du film quatre mois plus tard lors du Festival du film de Zurich où il explique dans un entretien qu'il n'avait pas pu et ajoute être du montage final. Lors de sa sortie en salle, le film divise de nouveau la critique et connaît un échec commercial. Toujours en 2017, son œuvre fait l'objet d'une rétrospective à la Cinémathèque française au cours de laquelle il donne également une leçon de cinéma. La même année, Roman Polanski tourne en Pologne "Polanski, Horowitz", un documentaire sur son enfance dans le ghetto de Cracovie et son amitié naissante avec le photographe . L'Académie polonaise du cinéma lui remet ensuite un Polskie Nagrody Filmowe spécial (« Aigle du cinéma polonais ») pour son film "Le Pianiste", considéré comme l'un des plus grands films polonais réalisés depuis les vingt dernières années. Après sept années de gestation et de latence, Roman Polanski commence le tournage de son projet sur l’affaire Dreyfus fin 2018. Intitulé "J'accuse" et coécrit avec Robert Harris d'après son roman "D.", le film se concentre sur la quête du lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart, chef du contre-espionnage, pour faire réhabiliter le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé de trahison. Le projet est développé avec Alain Sarde et Robert Benmussa, les producteurs du "Pianiste" mais, le réalisateur souhaitant reconstituer tous les décors en studio, le budget atteint la somme faramineuse de 60 millions d'euros, ce qui nécessite la présence d'une vedette américaine afin de pouvoir plus facilement distribuer le film dans le monde entier. Le projet est finalement repris par le producteur Alain Goldman qui réussit à convaincre Roman Polanski de tourner le film en français et en décors naturels, ce qui permet de réduire le budget à 22 millions d'euros. Jean Dujardin est choisi dans le rôle de Picquart et Louis Garrel dans celui de Dreyfus. Emmanuelle Seigner, Mathieu Amalric, Melvil Poupaud, Olivier Gourmet et Grégory Gadebois complètent la distribution. Le réalisateur estime que . Roman Polanski y dresse également une analogie avec ses démêlés face à la justice américaine : . Conçu comme un thriller sur fond d'espionnage, "J'accuse" est accueilli chaleureusement lors de sa présentation en compétition officielle à la Mostra de Venise 2019, bien que certains critiques expriment des réserves quant au sous-texte du film. Il remporte le Lion d'argent décerné par le jury présidé par la réalisatrice Lucrecia Martel ainsi que le Prix FIPRESCI. Roman Polanski se voit également décerner le césar de la meilleure adaptation et celui de la meilleure réalisation lors de l'édition 2020. Mais ces récompenses font polémiques (en particulier celle de meilleur réalisateur), ce qui conduit en partie à la démission du conseil d'administration de l'Académie des Césars. Vie privée. Mariages et paternité. Barbara Lass. Roman Polanski épouse en premières noces l'actrice polonaise Barbara Lass qu'il dirige dans plusieurs de ses courts métrages. Leur union dure trois ans, de 1959, année de leur mariage, à 1962, celle de leur divorce. Sharon Tate. Le , il épouse à Londres l'actrice américaine Sharon Tate, rencontrée deux ans plus tôt sur le tournage du film "Le Bal des vampires". Le couple s'installe ensuite à Los Angeles dans une villa construite sur les collines d'Hollywood et précédemment habitée par le producteur de musique Terry Melcher. Le , alors que Roman Polanski se trouve à Londres pour préparer un tournage, Sharon Tate, alors enceinte de huit mois et demi, est assassinée à leur domicile avec quatre de ses amis par des membres de la communauté appelée dirigée par le criminel Charles Manson. Elle est notamment poignardée seize fois, et son sang est utilisé pour écrire () sur la porte d'entrée. Les premières recherches pour identifier et retrouver les meurtriers sont infructueuses. Polanski est alors harcelé par les médias et les paparazzis, certains allant jusqu'à insinuer que les meurtres sont le résultat d'un style de vie dépravé. Le réalisateur tient une brève conférence de presse afin d'honorer la mémoire de sa femme et dénoncer les dérives des journaux, . Une fois les assassins arrêtés, il est révélé que Manson souhaitait se venger de Terry Melcher, ce dernier ayant refusé de produire un disque de ses compositions, sans savoir que celui-ci avait déménagé. La perte de Sharon Tate est pour Polanski . Dans son autobiographie, le réalisateur écrit que le meurtre de sa femme est et explique que sa personnalité optimiste laissa place à un , une et la . Le fils de Sharon Tate et Roman Polanski, mort in utéro, est prénommé Paul Richard Polanski et enterré avec Sharon. En 2005, il remporte un procès en diffamation contre "Vanity Fair". Le magazine est condamné à lui verser des indemnités de soixante-quinze mille euros pour avoir affirmé dans un article que le réalisateur avait fait des avances à une , avant même l'enterrement de Sharon Tate. Polanski déclare lors du procès qu'il s'agit d'un . Emmanuelle Seigner. En 1985, Roman Polanski rencontre l'actrice française Emmanuelle Seigner par l'intermédiaire de l'agent artistique Dominique Besnehard. Le couple se marie le dans le de Paris. Ils ont deux enfants, Morgane, actrice et réalisatrice née en 1993, et Elvis, musicien né en 1998. Dans un entretien accordé à "Paris Match" en 2012, Roman Polanski déclare . Le couple habite Paris et possède un chalet à Gstaad (Suisse), le "", acheté en 2006, ainsi qu'un appartement à Cracovie (Pologne). Autres. Dans une interview à "Paris Match", Roman Polanski indique qu'une femme l’a contacté « en disant que Sharon (Tate) ne portait pas un garçon mais une fille, et que c’était elle, sauvée par les assassins. Depuis, elle (lui) envoie des lettres, des cadeaux, des photos. Elle a changé son nom de Rosie Blanchard en “Rosie Tate Polanski” », alors qu'elle est née deux ans après la mort de Sharon. Un jour à Gstaad, un jeune couple a sonné à la porte de Polanski et le jeune homme lui a dit : « Rosie, ta fille. C’est ma mère, je suis ton petit-fils ! ». Foi. Né d'un père juif et d'une mère catholique, Roman Polanski se définit comme athée. Poursuites judiciaires et accusations de viol. Condamnation pour rapports sexuels illégaux et conséquences. Le 10 mars 1977, à la suite d'une séance de photographie, Roman Polanski, alors âgé de quarante-trois ans, a une relation sexuelle avec Samantha Gailey, une jeune fille de treize ans. Le lendemain, il est arrêté et inculpé, accusé par l'adolescente de l'avoir droguée et violée. Le réalisateur se défend et parle d'une relation consentie. En mars 1977, la justice retient six chefs d'accusation contre lui : viol sur mineur, sodomie, fourniture d'une substance prohibée à une mineure, actes licencieux et débauche, relations sexuelles illicites et perversion. En échange de l'abandon des autres charges par le juge , chargé de l'affaire, et pour éviter un procès public, Roman Polanski plaide coupable pour rapports sexuels illégaux avec une mineure. Ce délit est punissable d'une peine de prison de quatre ans maximum. En effet, l'avocat de l'adolescente, Me Laurent Silver, instruit par plusieurs experts, considère « qu'un procès public risquerait de lui causer d'importants dommages », et que l'objectif de ses clients « n'est pas de rechercher l'incarcération du prévenu » mais de « l'amener à reconnaître qu'il a fait du mal ». Polanski est condamné à une peine de quatre-vingt-dix jours de détention qu'il effectue à la prison de Chino (Californie), le temps de mener une enquête psychiatrique, puis est libéré pour conduite exemplaire après en avoir effectué quarante-deux. L'évaluation psychiatrique lui est favorable mais le juge Laurence Rittenband se ravise et annonce vouloir condamner à nouveau Polanski. Sensible aux critiques de la presse et du public, le juge informe les différentes parties que le réalisateur sera publiquement condamné à une peine indéterminée mais qu'officieusement, il sera libéré après quarante-huit jours s'il accepte de quitter définitivement les États-Unis. Informé par son avocat qu'un emprisonnement d'une durée indéterminée permet néanmoins au juge de prolonger sa peine jusqu'à cinquante ans, et se sentant trahi, Roman Polanski choisit de quitter les États-Unis le 31 janvier 1978 pour se rendre d'abord à Londres puis s'installer définitivement en France, pays refusant l'extradition de ses citoyens et dont il possède la nationalité puisqu'il y est né. La défense et l'accusation dénoncent un abus de pouvoir du juge Rittenband, finalement déchargé du dossier peu de temps après pour . Selon Roger Guson, le procureur chargé de l'affaire au moment des faits, le temps passé par Roman Polanski en prison correspond à la totalité de la peine qu'il devait effectuer. L'avocat de Polanski, Me Douglas Dalton, rappelle que « Parmi les 44 prévenus condamnés en 1976 pour « relations sexuelles illégales » dans ce comté, aucun n'a été envoyé en prison d'État ». La justice américaine a cependant toujours refusé de clore l'affaire si le réalisateur ne revenait pas sur le sol américain. En 1978, un documentaire intitulé ' attaque le juge Rittenband à la fois pour sa vie privée et pour sa gestion de l'affaire Polanski ; il est retiré de l'affaire la même année pour « inconduite judiciaire ». En 1979, interrogé par Jean-Pierre Elkabbach à la télévision française, Roman Polanski ne nie pas ses penchants pour les « jeunes filles » lorsque le journaliste lui rappelle les faits pour lesquels il est poursuivi par la justice américaine. Il critique ensuite la loi américaine et explique qu'il va prendre soin de rester dans des pays qui ne peuvent pas l'extrader vers les États-Unis et dans lesquels « la relation sexuelle avec une personne de 14 ans n'est pas un crime ». Il affirme par la même occasion qu'il reviendra assurément sous peu devant la justice américaine, ce qu'il ne fera jamais par la suite. En 1993, Roman Polanski s'engage à verser une indemnité de cinq cent mille dollars à Samantha Gailey, devenue épouse Geimer, à la suite d'un procès civil. Selon "The New Yorker", le réalisateur ne tient pas cet engagement dans le délai convenu et la somme qu'il a finalement versée demeure inconnue. Selon le quotidien "Le Monde", Polanski verse dollars, « ce qui met un terme au procès civil ». En 1997, Samantha Geimer dévoile publiquement lui avoir pardonné et a demandé à plusieurs reprises à la justice américaine l'arrêt des poursuites à son encontre pour que cessent également les perturbations et traumatismes dans sa vie. Elle retire officiellement sa plainte. Dans son autobiographie publiée en 2013, "La Fille : Ma vie dans l'ombre de Roman Polanski", elle revient sur la traque dont elle a fait l'objet, affirme que et ajoute . Elle confie correspondre ponctuellement par courriel avec le cinéaste depuis 2009 et s'exprime sur le pardon qu'on lui a : . Polanski lui a par ailleurs adressé une lettre dans laquelle il assume l'entière responsabilité de l'affaire et écrit : . En septembre 2009, l'affaire revient sur le devant de la scène lorsque Roman Polanski, qui devait y être honoré pour l'ensemble de son œuvre, est arrêté à Zurich dans le cadre d'un traité d’entraide judiciaire pénale que la Suisse a signé avec les États-Unis et par lequel les deux parties s’engagent à se livrer réciproquement les personnes poursuivies pour des faits d’une certaine gravité. Polanski passe deux mois en prison en Suisse avant que la justice suisse accepte sa libération contre une caution de 4,5 millions de francs suisses (trois millions d'euros) et d'être assigné huit mois à résidence dans son chalet de Gstaad, muni d'un bracelet électronique. Cette arrestation perturbe le montage du film "The Ghost Writer", que le réalisateur supervise durant sa période de réclusion. En décembre 2009, la Cour d'appel de Los Angeles rend sa décision (défavorable), à la suite de la demande de Polanski - appuyée par les demandes de Samantha Geimer - de contraindre le tribunal de première instance à rejeter les poursuites pénales contre lui qui sont pendantes depuis 1977 ou, au moins, à procéder à une audition de la preuve. En février 2010, le procureur chargé de l'affaire en 1977, Roger Gunson, déclare sous serment aux autorités américaines que le défunt juge Rittenband avait bien déclaré à toutes les parties que la peine de prison au pénitencier de Chino correspondait à la totalité de la peine que Roman Polanski devait et a exécuté. La justice américaine refuse cependant de faire parvenir son témoignage, placé sous scellés, aux autorités helvétiques, arguant du caractère confidentiel de la pièce, ce qui amène la Suisse à rejeter la demande d'extradition en juillet 2010. En avril de la même année, une « cour d'appel californienne rejette une demande d'abandon des poursuites présentée par Samantha Geimer ». Le procureur statue que celle-ci n'a « aucune légitimité pour dicter le cours d'une affaire criminelle, tout comme elle n'est pas habilitée à examiner les preuves détenues par l'accusation ou la défense ». En 2013, Samantha Geimer qui voit rejeter toutes ses demandes d'arrêt des poursuites judiciaires, écrit à la procureure chargée de l'affaire que "«" les cas impliquant des célébrités ne devraient pas être utilisés à mauvais escient par ceux comme vous qui cherchent la célébrité et des promotions pour leur carrière ». En 2014, alors que Polanski se rend en Pologne pour l’inauguration du musée Polin retraçant l’histoire des Juifs polonais, les autorités américaines tentent à nouveau de le faire extrader mais le tribunal de Cracovie rejette leur requête ; « le juge américain obéissait à un ordre illégal émis par ses supérieurs ». Polanski y est juste entendu par un juge et laissé en liberté. L'année suivante, la Cour suprême de Pologne refuse à son tour une demande d'extradition des autorités américaines. En 2016, à l'annonce d'une contestation de la Pologne devant la Cour suprême de Pologne d'« une décision du tribunal de Cracovie de ne pas remettre M. Polanski aux États-Unis », « la Cour suprême polonaise refuse de rouvrir la procédure d'extradition, mettant fin définitivement au processus entamé en 2014 à la demande des États-Unis ». En 2017, à nouveau, son avocat américain « réclame la levée des scellés sur le témoignage du procureur de l'époque (Roger Gunson), confirmant un accord entre toutes les parties », qui « prévoyait que « la peine qu'aurait à subir M. Polanski serait égale à la durée qu'il passerait à la prison de Chino en Californie » pour y subir des tests psychologiques ». Malgré les multiples demandes, la justice américaine refuse de transmettre ce témoignage de 2010 à la Suisse comme à la Pologne, qui prouverait que Polanski a déjà effectué sa peine et permettrait de faire lever son mandat d'arrêt afin qu'il puisse à nouveau voyager librement. En juin de cette même année, Samantha Geimer demande à nouveau l’arrêt des poursuites judiciaires et médiatiques dans cette affaire, sans déni des faits. Début 2020, Roman Polanski est toujours considéré par Interpol comme un fugitif ; il ne peut circuler librement que dans trois pays : la France, la Pologne et la Suisse. Depuis 2010, le réalisateur a fait l'objet de nouvelles accusations qu'il a toutes contestées. L'affaire de 1977 a suscité plusieurs polémiques, notamment en 2017 lorsque le réalisateur choisit de renoncer à la présidence des César, des associations féministes ayant vivement protesté contre sa désignation, en raison de sa situation judiciaire. L'année suivante, dans le sillage de l'affaire Harvey Weinstein, Roman Polanski est exclu de l'Académie des Oscars en accord avec les nouvelles de l’organisation. En 2019, il intente une action en justice pour réintégrer cette institution qui rejette sa demande aux motifs de sa « condamnation pénale mais aussi sur son statut de fugitif ». Autres accusations de viols et d'agressions sexuelles. Outre Samantha Geimer, onze femmes accusent Polanski d'agressions sexuelles qui auraient eu lieu dans les années 1970. L’artiste conteste fermement ces accusations. Cinq de ces victimes présumées restent anonymes. Leur témoignage a été recueilli contre la promesse d'une récompense de , sur un site géré par Matan Uziel, réalisateur et journaliste israélien se décrivant comme « militant féministe ». Le , l'actrice britannique Charlotte Lewis l'accuse d'avoir abusé d'elle en la forçant à avoir une relation sexuelle avec lui lorsqu'elle avait , en 1983. Trois ans après les faits allégués, Charlotte Lewis a tourné dans le film de Polanski "Pirates". Georges Kiejman, l'un des avocats de Polanski, menace alors de poursuivre Lewis en justice pour ses accusations. La presse interroge la crédibilité de l'actrice, cette dernière ayant reconnu dans un entretien publié en 1999 par le tabloïd britannique "News of the World" s'être adonnée à la prostitution dès l'âge de quatorze ans et déclaré avoir voulu être la maîtresse de Polanski. Lewis démentira ensuite avoir tenu ces propos en indiquant qu'elle en reste aux déclarations faites à la police de Los Angeles. Questionné par "Paris Match", le réalisateur répond que l'accusation de Lewis est un « mensonge odieux » et que l'actrice a donné plusieurs entretiens à la presse après le tournage de "Pirates !" dans lesquels elle lui rend hommage. Charlotte Lewis ayant porté plainte contre X pour diffamation à Paris, en juillet 2021, Polanski est mis en examen dans cette affaire - « mesure « automatique » après ce type de plainte, précise son avocat. Constance Benqué, propriétaire du magazine "Paris Match," est également mise en examen en avril 2021, pour avoir accordé une « interview de complaisance » ; l'affaire sera jugée devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris. Le , une femme identifiée sous le nom de l'accuse de l'avoir agressée sexuellement en 1973, alors qu'elle avait . L'avocat du cinéaste, Braun, déclare avoir rapporté les accusations à son client qui lui a répondu qu’il ne savait pas , et dénonce , chargé du dossier de 1977 que Roman Polanski tente une nouvelle fois de clore. Le , une ancienne actrice allemande, Renate Langer, dépose une plainte en Suisse et affirme avoir été violée par le réalisateur dans sa maison de Gstaad alors qu'elle avait ; un mois plus tard, il l'aurait appelée pour s'excuser, lui offrant également un rôle, qu'elle accepte, dans son film "Quoi ?". La police suisse annonce alors ouvrir une enquête avant de déclarer prescrites les accusations. Pour sa part, Polanski affirme n'avoir aucun souvenir de la présence de Langer sur son tournage et la justice a considéré que tout était prescrit. Le , Marianne Barnard, une artiste américaine, affirme dans un entretien avec le tabloïd britannique "The Sun" avoir été abusée par Roman Polanski en 1975 alors qu'elle avait dix ans, lors d'une séance photo. Les faits qu'elle mentionne se seraient produits sur une plage de Malibu où elle avait été amenée par sa mère, qu'elle soupçonne d'avoir arrangé la rencontre. Dans une série de messages postés sur son compte Twitter, Barnard décrit Polanski comme étant un . Polanski dénonce une accusation absurde et sans fondement. En novembre 2019, Valentine Monnier, une photographe française, accuse le cinéaste de l'avoir violée et frappée en 1975, alors qu'elle était âgée de . Les faits se seraient déroulés dans le chalet du cinéaste à Gstaad, en Suisse. Valentine Monnier, qui fut mannequin et actrice dans quelques films, n’a pas déposé plainte. Elle explique que c'est en raison de la sortie au cinéma du film "J'accuse" de Polanski, le , qu'elle a pris la décision de parler et que le témoignage de l’actrice Adèle Haenel, rendu public le 3 novembre, lui a donné . Polanski dénonce une « histoire aberrante » et dit n'avoir . Polémique. Le , journée internationale des droits de la femme, signent une tribune dans "Le Monde" dans laquelle elles rappellent que . La tribune suscite la polémique sur les réseaux sociaux et auprès de personnalités féministes, comme Caroline De Haas, ou auprès d'autres avocats, comme Me Arié Alimi. Style et thèmes. Parcours international. Par son cosmopolitisme, sa maîtrise des langues et son parcours, Polanski est un réalisateur atypique à l'univers pluriel et cohérent. La critique évoque chez lui une capacité à se renouveler tout en restant fidèle à certaines préoccupations esthétiques et thématiques. La diversité des genres qu'il aborde et qu'il s'amuse parfois à confondre (thriller, film historique, drame psychologique, film noir, comédie, film fantastique), la maîtrise technique de ses films et ses audaces formelles en font une figure majeure du . Ses courts métrages et "Le Couteau dans l'eau" sont contemporains du cinéma européen moderne dont il partage certains thèmes et motifs tout en revendiquant un style singulier, marqué par un sens aigu de la narration et une atmosphère malsaine. Polanski apparaît avec l'émergence des nouveaux cinéastes d'Europe centrale dans les années 1960 parmi lesquels Andrzej Wajda et Jerzy Skolimowski, ses collègues et amis de l'école de Łódź. Néanmoins, il outrepasse le cadre du cinéma polonais et prend part à d'autres courants de la cinématographie mondiale : avec "Répulsion", "Cul-de-sac" et "Le Bal des vampires", il participe au renouveau de l'industrie britannique. Il devient ensuite l'une des figures de proue du Nouvel Hollywood grâce à "Rosemary's Baby" et "Chinatown". Avec "Macbeth", "Quoi ?" et "Le Locataire", il montre son esprit d'indépendance et son attachement au cinéma d'auteur européen. Définitivement établi en France pour raisons judiciaires à partir de "Tess", il profite de son prestige international pour collaborer avec plusieurs "majors" américaines et européennes. Il met sur pied des projets anglophones ambitieux et très coûteux dans lesquels il dirige de grandes stars (Harrison Ford, Sigourney Weaver, Johnny Depp, Jodie Foster…). Polanski bénéficie alors, en toute liberté et à distance, du confort de production d'Hollywood ou de modèles équivalents. Gilles Jacob distingue , . Œuvre et esthétique. Pessimiste et reliée aux traumatismes de l'enfance, son œuvre révèle une profonde unité car elle se veut une exploration du mal sous toutes ses facettes : persécution de l'innocence, corruption de l'homme face au pouvoir, triomphe des personnages machiavéliques, occultisme, agression, régression mentale, ambiguïté sexuelle… Elle illustre les passions excessives et les tréfonds les plus noirs de l'âme humaine ainsi que les méandres de l'oppression psychologique. Le réalisateur crée un univers cérébral et tortueux dans lequel se côtoient un ton absurde, ironique et paranoïaque et plusieurs visions fantastiques. Dans ses fictions marquées par l'inquiétante étrangeté, l'individu, à la fois victime de ses actions, du monde extérieur et de son entourage, peut basculer à tout moment dans la folie, la mort ou l'autodestruction. Dès le début de sa carrière, il alterne adaptations littéraires ou théâtrales et scénarios originaux. Après la disparition de Gérard Brach, son ami et coscénariste attitré, il ne signe plus que des adaptations. Même si "Libération" déclare que Polanski ne fut qu'un adaptateur, les films « originaux » étant des relectures d'imaginaires et de formes préexistants (aucun film n'est cité dans l'article même si la définition correspond bien à "Chinatown", "Pirates", "Le Bal des Vampires"…). Sa vision du monde est rapprochée de Franz Kafka et son style de la "Mitteleuropa" pour son mélange de bizarrerie, de bouffonnerie et de noirceur. Toutefois, l'empreinte du cinéma classique hollywoodien et des comédies noires anglaises des années 1950 est également notable. Ses longs métrages se distinguent par un découpage minutieux, une économie des mouvements de caméra et une composition sophistiquée (distorsion des perspectives, cadrages étouffants, lumière stylisée, disproportion entre les objets du décor et la position des acteurs, etc.). La bande sonore se veut plate et s'attache à reconstituer des détails apparemment sans importance au détriment d'une mise en relief plus globale. Ses génériques, souvent confiés à de grands graphistes (Jan Lenica, Maurice Binder, André François, Jean-Michel Folon), réfléchissent la nature administrative, nominative, de ses récits. On retrouve, dans ses films, un goût de la difformité, du grotesque et de l'humour noir. En plus de Kafka, des analogies sont établies avec Samuel Beckett, Witold Gombrowicz, Bruno Schulz, Jérôme Bosch, Pierre Bruegel l'Ancien, Vincent van Gogh, Fritz Lang, Federico Fellini, Orson Welles et Billy Wilder qu'il considère comme des influences majeures. La critique cite également l'empreinte du "Limier" de Joseph L. Mankiewicz sur "La Vénus à la fourrure". Polanski évoque par ailleurs la découverte déterminante, dans sa jeunesse, de "Huit heures de sursis" de Carol Reed, "Hamlet" de Laurence Olivier et la peinture de Jan van Eyck. S'il parle d'Orson Welles comme d'un , il dit en revanche avoir été peu inspiré par Alfred Hitchcock sauf pour "Répulsion" car "Psychose" avait à l'époque lancé la mode des thrillers schizophréniques. À partir de "Chinatown", ses mises en scène passent à un classicisme apaisé mais gardent le climat sombre ou inquiétant, le pessimisme fondamental et le perfectionnisme plastique des débuts. Selon lui, "Le Pianiste" marque une rupture par sa volonté d'abandonner tous les antérieurs. Polanski a alors souhaité raconter une histoire difficile sur ton sobre et épuré, exigeant que . Pour les images du film, il a puisé dans ses souvenirs d'enfance et son expérience traumatique du ghetto afin d'être au plus près de la réalité. Aujourd'hui, il considère "Le Pianiste" comme son film le plus abouti. "Pirates" et "Oliver Twist" s'inscrivent, quant à eux, dans un cadre à part comme hommage nostalgique au cinéma hollywoodien d'antan, avec un message presque optimiste. Grand découvreur de talents (Nastassja Kinski, Emmanuelle Seigner, Adrien Brody…), Polanski est également connu pour montrer ses acteurs sous un jour nouveau : le jeu des vedettes qu'il dirige révèle souvent une facette inattendue ou plus opaque. Thématique. Parmi les thèmes privilégiés du réalisateur, on retrouve essentiellement : La cruauté du destin de ses personnages est mise en œuvre avec un plaisir pervers dans un contexte culturel se voulant relevé, élitaire ou sophistiqué, ce qui accentue précisément l'impression de malaise. Ses films se situent souvent dans un univers clos et théâtralisé dont la représentation est déréalisée par l'intervention de la violence ou de l'irrationnel (l'appartement dans "Répulsion", "Rosemary's Baby", "Le Locataire", "Lunes de fiel" et "Carnage", l'auberge d'Europe centrale et le château médiéval dans "Le Bal des vampires", le manoir entre ciel, terre et mer de "Cul-de-sac", le voilier du "Couteau dans l'eau", la villégiature en haut de falaise dans "La Jeune Fille et la mort", le ghetto de Varsovie dans "Le Pianiste", la maison insulaire de "The Ghost Writer", la salle de théâtre dans "La Vénus à la fourrure"…). La frontière entre réalité, hallucination, monde quotidien et cauchemar est abolie. Lorsqu'il est amené à filmer la nature, Polanski cherche à lui donner une dimension picturale et fait en sorte qu'elle rappelle la campagne polonaise de son enfance ("Tess", "Oliver Twist"). Par ses derniers films dans lesquels il réduit ostensiblement ses budgets colossaux ("Carnage", "La Vénus à la fourrure"), il appelle de ses vœux à une nouvelle fusion entre théâtre et cinéma afin de retrouver des histoires plus simples et émouvantes, sans les artifices, la complexité ou l'extrême violence des productions majoritaires. Les principales caractéristiques de son œuvre sont donc : Méthodes de travail. Polanski est connu pour être un cinéaste très énergique et minutieux, obsessionnellement attentif au moindre détail. Contrairement à plusieurs de ses confrères, il revendique une parfaite connaissance des caméras, de l'optique et du son : ses compétences dépassent souvent celles de ses techniciens dont il serait en mesure d'occuper la fonction. Ses savoirs ont été acquis lors de sa formation en école de cinéma où il dut tourner à tous les postes sur les courts métrages de ses camarades. Il eut également pour exercice d'analyser et de reproduire les plans de classiques du cinéma. Le cinéaste vante régulièrement l'enseignement de ses professeurs de Łódź qui l'encourageaient à approfondir ses compétences pratiques. Par ailleurs, ceux-ci l'incitaient à trouver instinctivement les compositions révélatrices de son style. Polanski explique que certains cours étaient obligatoires sous peine de renvoi et que les leçons de photographie étaient primordiales. L'idée fondamentale qu'il a retenue est que le cinéma, . Revendiquant, en ce sens, une approche extrêmement cadrée de la mise en scène, il a toujours refusé d'être rapproché de la Nouvelle Vague française dont il déplore le manque de professionnalisme et la méconnaissance technique. À l'exception du "Pianiste" et d"'Oliver Twist", qu'il a tout de même supervisés, Polanski a rédigé seul ou coécrit le scénario de tous ses longs métrages, estimant que la phase d'écriture constitue une partie de la mise en scène. S'il n'est pas crédité comme auteur au générique de "Chinatown" en raison des accords entre syndicats professionnels américains, il a toutefois décidé des axes dramatiques majeurs du film (la scène d'amour entre les protagonistes, le dénouement tragique), entrant en conflit avec le scénariste attitré Robert Towne. Comme ancien élève des Beaux-Arts, Polanski fonctionne par croquis ou dessins humoristiques pour visualiser scènes et personnages, à l'instar de Fellini. Adepte du cinéma de studio, notamment pour l'importance qu'il donne au décor, Polanski utilise plusieurs trucages de pointe et des incrustations numériques dans ses dernières réalisations. Il fait souvent appel aux progrès des industries techniques comme ce fut le cas pour l'utilisation de la Louma sur "Le Locataire" ou de la technologie Dolby System sur "Tess" qui n'était pas encore maîtrisée en France. Extrêmement exigeant et désireux de garder le contrôle absolu sur ses films, de l'écriture à la distribution, en passant par le montage et le mixage, Polanski demande à ses comédiens et ses collaborateurs un engagement total : il se démarque par une manière très physique d'occuper le lieu de tournage et par une direction d'acteurs autoritaire qui lui a valu des frictions notables avec John Cassavetes, Jack Nicholson, Faye Dunaway, Johnny Depp ou encore Ewan McGregor. Il évite autant que possible les storyboards. Généralement, il prépare ses interprètes en incarnant devant eux tous les rôles et établit, quand il le peut, son découpage de plans aux répétitions, lorsqu'il les voit évoluer sur le plateau. Emmanuelle Seigner explique qu'il met beaucoup de temps à composer ses plans et règle de manière millimétrique ses cadres, sur le modèle de Fritz Lang et Orson Welles. Elle ajoute qu'il inscrit le corps de l'acteur dans ses images avec . Distinctions. Roman Polanski a reçu plusieurs récompenses au cours de sa carrière, dont un oscar, trois Golden Globes, une palme d'or au Festival de Cannes, trois BAFTA, un ours d'or au Festival de Berlin et dix césars. Il est également commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres.
Rhétorique La rhétorique est l'art de l'action du discours sur les esprits. Le mot provient du latin "", emprunté au grec ancien , « technique, art oratoire ». Plus précisément, selon Ruth Amossy : . La rhétorique est d’abord l’art de l’éloquence. Elle a d’abord concerné la communication orale. La rhétorique traditionnelle comportait cinq parties : l’"inventio" (invention ; art de trouver des arguments et des procédés pour convaincre), la "dispositio" (disposition ; art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace), l’"elocutio" (élocution ; art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments → style), l’"actio" (diction, gestes de l’orateur, etc.) et la "memoria" (procédés pour mémoriser le discours). La rhétorique a ensuite concerné la communication écrite et a désigné un ensemble de règles (formes fixes) destinées au discours. Au , la linguistique et l’analyse des textes littéraires ont relancé l’intérêt pour la rhétorique. Au-delà de cette définition générale, la rhétorique a connu au cours de son histoire une tension entre deux conceptions antagonistes, la rhétorique comme art de la persuasion et la rhétorique comme art de l'éloquence. La rhétorique grecque, telle qu'elle fut pratiquée par les sophistes et codifiée par Aristote, se préoccupait principalement de persuader. Dans l'Antiquité romaine, se fait jour une nouvelle conception de la rhétorique comme art de bien dire "" selon les mots de l'orateur romain Quintilien. À l'époque classique, la rhétorique s'étend à l'étude des textes écrits, et notamment aux textes littéraires et dramatiques, la conception romaine de la rhétorique l'emporte progressivement sur la conception grecque. La rhétorique s'est ainsi progressivement restreinte à la stylistique c'est-à-dire à un inventaire de figures relevant des ornements du discours. Il en résulte une conception de la parole rhétorique qui se distingue de l'argumentation et de la dialectique par l'usage d'effets pathétiques et éthiques du discours sur le public. Contre cette évolution, l'école rhétorique contemporaine de Chaïm Perelman renoue avec la rhétorique grecque en proposant une « nouvelle rhétorique » qui est une théorie de l'argumentation. Problématiques de la rhétorique. Polémiques autour d'une définition. Marc Fumaroli comme Joëlle Gardes-Tamine ont étudié les conceptions de la rhétorique au cours des siècles et relèvent que celles-ci peuvent se rattacher à deux traditions philosophiques : Cette double tradition a conduit les auteurs, au cours des siècles, à multiplier les définitions de l'art rhétorique. pour Roland Barthes, la rhétorique est pour Arthur Schopenhauer ou John Stuart Mill la technique du discours public, alors que, pour Antelme Édouard Chaignet, dans "La Rhétorique et son histoire" (1888), elle consiste à , deux buts qui lui sont associés systématiquement dans la conscience populaire et même dans l'enseignement du français. Pour le philosophe anglais Francis Bacon, elle est , alors que, pour l'Américain Richard Weaver, elle est . En dépit de toutes ces définitions, parfois nettement divergentes, l'expression d'« art rhétorique » renvoie avant tout, et historiquement, au « système rhétorique », c'est-à-dire l'ensemble des techniques pour structurer son discours, en vue de convaincre ou persuader l'auditeur. Partant de là, selon Michel Meyer, il existe trois définitions historiques concurrentes de la rhétorique : Michel Meyer parle par ailleurs, dans son "Histoire de la rhétorique des Grecs à nos jours", de véritable quant à donner une définition acceptable de la rhétorique ; il ajoute : . Le spécialiste et universitaire Jean-Jacques Robrieux souhaite quant à lui mettre un terme au débat, dans "Éléments de rhétorique", en expliquant qu'on peut : . Enfin, Michel Meyer ajoute que , se focalisant alors sur la portée utile de la discipline oratoire, qui reste un assemblage de techniques prévalant dans une situation de communication socialement cadrée. Les recherches contemporaines ont disséqué la rhétorique et les interprétations se sont multipliées. En dépit de cela, remarque Michel Meyer, la rhétorique est demeurée cohérente avec ses fondements. En effet, selon cet auteur, autrement dit, il existe un irréductible au sein de la discipline, en dépit d'applications très différentes les unes des autres. Il existe ainsi une rhétorique judiciaire, une autre politique, une troisième scolaire, etc. Cette logique interne à la discipline concerne en effet à la fois le droit, la littérature, la vente, la publicité, le discours religieux comme politique et bien sûr le parler quotidien. Ainsi pour les Grecs, la rhétorique est . Une définition globale de l'art rhétorique doit donc prendre en considération l'acte de communication et la dimension proprement personnelle de celui-ci : Trois notions centrales : le logos, le pathos et l'êthos. La rhétorique utilise, dès ses fondements, trois notions centrales dans la pensée grecque et latine, que résume Cicéron lorsqu'il dit que la rhétorique consiste à . Michel Meyer les nomme les , dont les relations déterminent les genres rhétoriques ou « institutions oratoires » (juridique, politique, littéraire ou economico-publicitaire principalement). 1- Tout d'abord, la rhétorique est un discours rationnel, mot issu du grec . L'argument permet ainsi, par la logique, de convaincre l'auditoire. Mais le "logos" désigne à la fois la « raison » et le « verbe » (la parole). Selon Joëlle Gardes-Tamine en effet, dès les débuts grecs, les deux conceptions ont existé. La conception d'une rhétorique comme discours rationnel fut promue par le philosophe Socrate alors que celle d'un art () avant tout lié à la parole fut prônée par l'orateur Isocrate. 2- Cependant, il existe aussi une relation émotionnelle, que véhicule la notion de / . L'auditoire doit être séduit ou charmé ; la raison n'est ainsi pas le seul but de la rhétorique. Selon Michel Meyer, le "pathos" comporte trois éléments passionnels : la question choc, le plaisir ou le déplaisir qu'elle occasionne et la modalité sous forme de jugement qu'elle engendre comme l'amour et la haine par exemple. 3- L' / , enfin est la dimension de l'orateur, ses vertus et ses mœurs exemplaires, même si c'est avant tout une image que donne l'orateur de lui-même. Cette notion est davantage romaine, mise en avant par Cicéron notamment, alors que le "pathos" et le "logos" sont des acquis grecs. Pour Aristote en effet le "logos" est premier, "a contrario" de Platon pour qui , la raison étant l'apanage de la philosophie, discipline maîtresse pour Platon. La linguistique et la sémiotique modernes fonderont leur discours épistémologique sur la reprise de ces trois pôles de la rhétorique classique. Roland Barthes liait ainsi "l'êthos" à l'émetteur, le "pathos" au récepteur et le "logos" au message. Néanmoins, l'histoire de la rhétorique peut aussi se voir comme, à certaines périodes, une focalisation particulière sur l'une ou l'autre de ces notions. Évolution de la définition : linguistique et rhétorique. Cette triple conception de l'art rhétorique a ainsi parcouru toute l'histoire de la rhétorique, l'une ou l'autre des notions prenant le pas sur les autres, et, par extension, déterminant tout un art oratoire d'une zone géographique ou d'une période données. Ce phénomène fut largement le moteur de la dispersion de la rhétorique comme discipline, qui culmina en 1890, en France, avec sa disparition au programme des bacheliers. Les conceptions modernes, qui ont vu le jour au grâce aux travaux des linguistes comme Ferdinand de Saussure, John Searle, le Groupe µ ou Roman Jakobson parmi les plus importants, vont ainsi redécouvrir l'art oratoire. Les notions de , de et d' sont réinterprétés à la lumière de la sociolinguistique notamment, discipline qui examine l'usage du langage au sein des groupes humains. Des concepts comme ceux d'argumentation ou de négociation permettent ainsi de dépasser les imperfections des définitions classiques pour aboutir, selon les mots de Michel Meyer à une conception selon laquelle , définition qui influence profondément les modèles communicationnels actuels. Michel Meyer nomme ces théories modernes foisonnantes de propositions, . Cependant, tout au long du , , au mépris du discours en lui-même et de sa dimension relationnelle et sociale. Elle ne fut dès lors comprise et étudiée qu'à travers le prisme de la grammaire ou de la stylistique. Ce n'est que récemment qu'elle fut redécouverte comme discipline autonome ayant sa propre épistémologie. La redécouverte de la rhétorique, par les intellectuels comme Kenneth Burke mais aussi par les professionnels de la communication (publicité, médias, politique, etc.), permit de redécouvrir les textes classiques et toute la richesse et les techniques de cet art oratoire. Pour Jean-Jacques Robrieux, la « société du savoir » et de la communication y est pour beaucoup, le locuteur du a en effet . Les termes « rhétorique » ou « sophistique » (qui lui est souvent, par méconnaissance, associé) sont souvent utilisés de nos jours avec un sens péjoratif, quand le locuteur souhaite opposer les paroles creuses à l'action, ou séparer l'information de la désinformation, de la propagande, ou encore pour qualifier des formes douteuses de discours pseudo-argumentatif. Il est ainsi courant d'entendre que tel politicien . Michel Meyer résume ainsi la représentation de la discipline dans l'esprit commun : . Jean-Jacques Robrieux explique lui que l'usage du terme est souvent en usage pour . La rhétorique est ainsi vue traditionnellement comme l'apanage de la démagogie, du discours politique, de la publicité ou du marketing. Rhétorique et argumentation. La confusion entre la rhétorique comme art de l'éloquence, mise en œuvre de techniques de séduction au moyen du langage, et l'argumentation comme déroulement d'un raisonnement, existe depuis les débuts de la discipline. Souvent confondue avec la dialectique, l'argumentation met selon Philippe Breton. La dialectique (étymologiquement, l'), ancien terme pour désigner le champ argumentatif, était en effet subordonnée à la rhétorique. Le philosophe grec de l'Antiquité Zénon d'Élée comparait ainsi la dialectique, technique du dialogue, à un « poing fermé » alors que la rhétorique lui paraissait semblable à une « main ouverte ». L'orateur romain Cicéron explique ainsi que . Pourtant, les différences tant théoriques que d'usages sont nombreuses. Pour Michel Meyer, la différence principale tient au fait que . La publicité est à ce sujet éclairante : il s'agit, par la rhétorique, de plaire sans forcément démontrer le bien-fondé d'un produit, alors que le milieu juridique, au tribunal, lui, use d'argumentation pour « manifester la vérité ». Une autre différence notable tient aux buts des deux disciplines. Si l'argumentation recherche la vérité (dans la démonstration mathématique par exemple), la rhétorique cherche avant tout le vraisemblable. Aristote explique en effet le premier que . De là vient l'image quelque peu péjorative, synonyme de « discours fallacieux », que véhicule l'art rhétorique depuis ses débuts, notamment au sein de la sphère politique. Or, l'art oratoire ne s'occupe que de l'opinion () selon Joëlle Gardes-Tamine. Histoire de la rhétorique. Préambule à l'histoire de la rhétorique. Une double histoire de la rhétorique. La rhétorique, qualifiée par Roland Barthes de « métalangage » (discours sur le discours), a comporté plusieurs pratiques présentes successivement ou simultanément selon les époques. La rhétorique n’a jamais été abandonnée tout au long de l’histoire car les besoins de convaincre et persuader ont toujours existé au sein de groupes sociaux. Mais, selon les époques, elle a eu des statuts bien différents. En schématisant fortement son évolution, on peut dire qu’elle a constamment oscillé entre une conception sociale et pratique et une conception formaliste. La rhétorique comme système autonome a périclité au , avant de renaître, de manière spectaculaire, au . L'histoire de la rhétorique peut se lire suivant deux voies : Dès la basse Antiquité, en effet, à la suite de la disparition de la cité antique, la fonction politique de la rhétorique s'est perdue : l’éloquence perd son statut d'instrument politique pour devenir simple fin recherchée en elle-même. De pratique, la rhétorique devient un art pour l'art. La rhétorique se réduit alors à l'étude des ornements relevant de "lelocutio" et en premier lieu les figures de style. C'est pourquoi l'approche sociale de la rhétorique tend à maintenir intacte l'opposition entre rhétorique et poétique, alors que la seconde approche, l'approche formaliste, à l'abolir, voyant dans les deux disciplines une étude des structures des textes et discours. Pour Gérard Genette la rhétorique n'a eu de cesse d'être dépouillée de ses éléments constitutifs ; il parle en effet d'une concernant la discipline actuelle, une rhétorique se focalisant d'abord sur l'élocution puis aux tropes. On peut constater parallèlement que peu à peu chacune des parties du grand édifice conceptuel qu’elle constituait a pris son indépendance, tant dans le domaine des disciplines théoriques que dans celui des disciplines pratiques. Les moyens expressifs comme les figures de style sont ainsi l'objet d'une discipline autonome, la stylistique. D'un autre côté, l'étude des mécanismes de démonstration a débouché sur la logique formelle. L'art mnémotechnique est devenu autonome et s'est séparé de la rhétorique également. La linguistique ou la pragmatique se sont littéralement emparées du système rhétorique enfin. Une discipline d'origine essentiellement européenne. La rhétorique est un héritage gréco-romain qui ne peut être transposé que difficilement dans les autres cultures et civilisations. Cependant, des études ethnologiques et historiques ont montré que des arts oratoires, sans pour autant présenter une complexité de classification similaire à celle des Grecs et des Romains, se sont développés dans les différentes aires de civilisation. François Jullien a ainsi montré dans "Le détour et l'accès. Stratégies du sens en Chine, en Grèce" qu'il existait dans l'Empire du Milieu un art oratoire fondé également sur la persuasion. Les travaux des anthropologues Ellen E. Facey et de David B. Coplan, concernant les cultures orales d'Afrique et d'Australasie, vont également dans ce sens. La rhétorique concerne également les civilisations proches du monde gréco-romain, comme l'Égypte. David Hutto a en effet montré que la civilisation égyptienne a développé son propre art de persuasion alors qu'Yehoshua Gitay a analysé les modes d'argumentation propres au judaïsme. Dans le monde indien, le « Kavyalankara » ou la science des ornements poétiques qui traverse les poèmes sanskrits connus sous le nom de « kavya » peut s'apparenter à une "elocutio", sans que pour autant le système rhétorique soit aussi complexe que celui des Grecs puis des Romains toutefois. Cependant, la rhétorique au sens propre est une discipline de tradition européenne, que le droit et la politique ont notamment exportée de par le monde. Rhétorique dans l'Antiquité grecque. Polymnie, la muse de la rhétorique. Sur les rapports entre musique et rhétorique, voir Polymnie, , ou Polymnía, « celle qui dit de nombreux hymnes » étymologiquement, est la muse des chants nuptiaux, du deuil, et de la pantomime. Elle personnifie la rhétorique mais aussi la musique. Le rapport à la musique n'est cependant pas totalement incongru. Nombre d'auteurs voient dans l'architecture musicale une transposition savante des principes rhétoriques. Ainsi le professeur de musique canadien Michael Purves-Smith étudie les prologues composés, au , par Philippe Quinault et Jean-Baptiste Lully dans leurs tragédies lyriques comme autant d’ouvertures ou d’exordes rhétoriques. Purves-Smith note également les métaphores constantes des musiciens qui comparent ces prologues d'opéra à des vestibules ou à l’entrée d’un édifice. Polymnie est aussi connue sous le nom d' mais elle est peu représentée en littérature ou en iconographie. Elle apparaît cependant comme personnage du conte de Charles Perrault, "Fées" ainsi que dans certains tableaux d'inspiration antique. Elle est couronnée de fleurs, quelquefois de perles et de pierreries, avec des guirlandes autour d'elle, et est toujours habillée de blanc. Sa main droite est en action comme pour haranguer, et elle tient de la main gauche tantôt un sceptre, tantôt un rouleau sur lequel est écrit le mot latin « "suadere" », signifiant « persuader » ainsi que les noms des deux grands orateurs, Démosthène et Cicéron. De façon générale, la rhétorique est toujours personnifiée par des femmes. Un art politique. Dans l'Antiquité la rhétorique s'intéressait à la persuasion dans des contextes publics et politiques, comme les assemblées et les tribunaux. À ce titre, elle s'est développée dans les sociétés ouvertes et démocratiques avec des droits de libre expression, de libre réunion, et des droits politiques pour une partie de la population, c'est-à-dire dans les sociétés tenant de la démocratie athénienne. Les théoriciens de la rhétorique (Anaximène, Aristote, Démétrios, Cicéron, Quintilien, Hermagoras de Temnos, Hermogène, d'autres encore), grecs et latins, ont formalisé la discipline, tant sur le plan pratique que sur le plan théorique et principalement au sein de la sphère politique ou judiciaire. Dès les origines, la rhétorique a un versant pratique et un versant théorique et philosophique. D’un côté, elle s'est constituée en ensemble de « recettes » se mettant à la disposition de l'orateur ou de l'écrivain, au sein des débats judiciaires ou politiques, ludiques également. Mais, très tôt, elle a mobilisé des questions théoriques de première importance. En effet, elle situe son action dans le monde du « possible » et du « vraisemblable » : explique Philippe Roussin. En s'occupant du vaste domaine des sentiments, des opinions, la rhétorique pose des questions comme la crédibilité, le lieu commun ou l'évidence, que la sociologie ou les sciences du discours assumeront par la suite. La rhétorique en tant que discipline autonome naît vers en Grèce antique lorsque deux tyrans siciliens, Gelon et Hiéron, exproprient et déportent les populations de l'île de Syracuse, pour le peuple de mercenaires à leur solde. Les natifs de Syracuse se soulevèrent démocratiquement et voulurent revenir à l'état antérieur des choses, ce qui aboutit à d'innombrables procès de propriété. Ces procès mobilisèrent de grands jurys devant lesquels il fallait être éloquent. Cette éloquence devint rapidement l'objet d'un enseignement dispensé par Empédocle d'Agrigente, Corax et Tisias (à qui est attribué le premier manuel), enseignement qui se transmit ensuite en Attique par les commerçants qui plaidaient conjointement à Syracuse et à Athènes. Les sophistes. La rhétorique fut ensuite rendue populaire au par les sophistes, rhéteurs itinérants qui donnaient des cours de rhétorique. L'objet central de leur préoccupation était l'éthos et le pathos, ils laissaient de côté le logos car pour eux la fonction du langage est de persuader et non pas d'expliquer. La réputation de manipulateurs, qui date des actes des sophistes, a été propagée par Platon, à tel point que l'historien Jacob Burckhardt a qualifié de la rhétorique de l'Antiquité. Ils définissent les parties du discours, analysent la poésie, distinguent les synonymes, inventent des stratégies d'argumentation. Leur but est en effet avant tout pratique : permettre de comprendre les types de discours et les modes d'expression les plus à même de convaincre leur auditoire et d'accéder aux plus hautes places dans la cité. explique Henri-Irénée Marrou, dans "Histoire de l'éducation dans l'Antiquité". Les sophistes sont en effet des enseignants réputés qui ont été les premiers à répandre l'art rhétorique. Les sophistes les plus célèbres furent Protagoras, Gorgias (qui, auprès de Socrate disait pouvoir soutenir n'importe quelle thèse), Prodicos de Céos (l'un des premiers à étudier le langage et la grammaire) et Hippias d'Élis qui prétendait tout savoir. Protagoras est considéré comme le père de l'éristique, l'art de la controverse. Son enseignement repose sur l'idée que sur n'importe quelle question, l'orateur peut soutenir deux thèses contraires, le vrai et le faux étant inutiles pour convaincre. Gorgias était surtout connu pour le travail du style de ses textes épidictiques. Il développe une véritable prose d'art pour remplacer la métrique et la musicalité du vers. Il inaugure quant à lui le genre épidictique. L'enseignement des sophistes enfin est fondé sur quatre méthodes : les lectures publiques de discours, les séances d'improvisation sur n'importe quel thème, la critique des poètes (comme Homère ou Hésiode) et l'éristique (ou art de la discussion). Platon : la dialectique. C'est contre les sophistes que Platon (428 av. J.-C. - env. 347 av. J.-C.) s'élève en premier lieu. Posant que la vérité doit être l'objet et le but de la rhétorique, il en vient à rapprocher art oratoire et philosophie, à travers la méthode de la dialectique : la raison et la discussion mènent peu à peu à la découverte d'importantes vérités. Platon pensait en effet que les sophistes ne s'intéressaient pas à la vérité, mais seulement à la manière de faire adhérer autrui à leurs idées. Ainsi il rejetait l'écrit et recherchait la relation verbale directe et personnelle, l'« "ad hominatio" ». Le mode fondamental du discours est le dialogue entre le maître et l'élève. Platon oppose ainsi deux rhétoriques : Les deux dialogues de Platon concernant précisément la rhétorique sont le "Gorgias" et le "Phèdre". Dans ce dernier dialogue, Socrate explique que la rhétorique use de deux procédés antagonistes : la « division » et le rassemblement. Toute l'histoire de la rationalité en philosophie est traversée par le débat mis en forme par Platon entre la rhétorique, qui argumente sur des opinions probables et transitoires afin de convaincre, et la philosophie, qui argumente sur des vérités certaines. Toute l'histoire de la philosophie politique également en est le reflet : depuis Platon il y a une politique du vrai, de l'absolu, du dogme, et des politiques du possible, du relatif, du négociable (ce qui était précisément comment les sophistes définissaient la pratique rhétorique, fer de lance, pour eux, de la démocratie délibérative). Aristote et la logique des valeurs. Aristote (384 av. J.-C. - 322 av. J.-C.) est l'élève de Platon. Il compose trois ouvrages de rhétorique majeurs : la "Poétique", la "Rhétorique" et les "Topiques". En matière de rhétorique, il est l'auteur le plus central, tant par son esprit d'analyse que par son influence sur les penseurs successifs. Pour Aristote, la rhétorique est avant tout un art utile, plus précisément elle est un . Elle a pour fonction de communiquer les idées, en dépit des différences de langage des disciplines. Aristote fonde ainsi la rhétorique comme science oratoire autonome de la philosophie. Par ailleurs, Aristote va développer le système rhétorique, rassemblant l'ensemble des techniques oratoires. En distinguant trois types d'auditeurs, il distingue ainsi, dans la "Rhétorique", trois « genres rhétoriques », chacun trouvant à s'adapter à l'auditeur visé et visant un certain type d'effet social : À chaque discours s'accordent une série de techniques et un temps particulier : le passé pour le discours judiciaire (puisque c'est sur des faits accomplis que portent l'accusation ou la défense), le futur pour le délibératif (l'orateur envisage les enjeux et conséquences futures de la décision objet du débat), enfin le présent essentiellement mais aussi passé et futur pour le démonstratif (il est question des actes passés, présents et des souhaits futurs d'une personne). Le mode de raisonnement varie aussi. Le judiciaire a le syllogisme rhétorique (ou enthymème) comme instrument principal, le délibératif privilégie l'exemple et l'épidictique met en avant l'amplification. Chaque ouvrage d'Aristote permettra ainsi de rendre une méthodologie rationnelle de l'art oratoire. L'héritage platonicien, en dépit de divergences fondamentales entre les deux philosophes, est ainsi conservé à travers la dialectique. Aristote en définit les règles dans les « livres V » des "Topiques" et VI des "Réfutations sophistiques", de "lOrganon". Celles-ci se fondent sur la logique, également codifiée par Aristote. Les "Topiques" définissent le cadre des possibilités argumentatives entre les parties, c'est-à-dire les lieux rhétoriques. Pour Jean-Jacques Robrieux, . Par ailleurs, Aristote a surtout permis la selon l'expression de Michel Meyer. Rhétorique dans l'Antiquité romaine. Les Romains chez lesquels l'art oratoire était devenu une partie importante de la vie publique, tenaient les rhéteurs grecs en si grande estime qu'ils engagèrent certains d'entre eux dans leurs écoles. La rhétorique faisait partie intégrante des « humanités » (« "humanitas" » en latin) qui promouvaient la réflexion sur l'homme et l'expression écrite et orale. La rhétorique romaine repose donc largement sur des bases grecques bien qu'elle ait préféré une approche pratique à des réflexions théoriques et spéculatives. En réalité, les Romains n'ont rien apporté de nouveau à la pensée grecque. L'orateur Cicéron et le pédagogue Quintilien furent les deux autorités romaines les plus importantes dans l'histoire de la rhétorique. Leurs travaux s'inscrivent toutefois dans la lignée d'Isocrate, de Platon et d'Aristote. Ces trois auteurs, et un quatrième demeuré anonyme, ont marqué la rhétorique romaine. La Rhétorique à Herennius. Bien que peu connu à l'époque romaine, l'ouvrage "La Rhétorique à Herennius" (parfois attribué à Cicéron ; son auteur était probablement un rhéteur latin de l'île de Rhodes), qui date des années -86 ou -82, est un des premiers textes de la rhétorique latine présentant en détail et de manière formelle le système rhétorique. Les parties rhétoriques sont examinées, une à une. Les trois styles (« simple », « moyen » et « sublime ») sont également présentés. Il s'agit d'une synthèse des apports d'Aristote, dans un esprit davantage pratique, témoin de l'importance de l'éloquence à Rome, depuis le "La Rhétorique à Herennius" fournit un aperçu des débuts de la rhétorique latine et au Moyen Âge et à la Renaissance. En effet, l'ouvrage fut largement publié et utilisé comme un manuel de base de la rhétorique dans les écoles de grammaire. Cicéron. L'orateur et homme politique romain Cicéron (106-), est, aux côtés de Quintilien, l'expert en rhétorique romain le plus célèbre et le plus influent. Son œuvre inclut le "De inventione oratoria", le "De Oratore" (un traité complet des principes de la rhétorique sous forme dialoguée), les "Topiques" (un traité rhétorique des lieux communs dont l'influence fut très grande à la Renaissance), le "Brutus" (une histoire des orateurs grecs et romains les plus célèbres) et l"Orator ad Brutum" enfin qui concerne les qualités que doit avoir l'orateur idéal. Cicéron a laissé un grand nombre de discours et de plaidoiries qui posent les bases de l’éloquence latine pour les générations à venir. Il mit surtout en avant la notion d"êthos" ainsi que les valeurs civiques et citoyennes inévitablement à la base de tout discours. Ce fut la redécouverte des discours de Cicéron (comme la "Défense d'Archias") et de ses lettres ("Lettres à Atticus"), mais aussi des œuvres d'Aristote que Cicéron commente, par des érudits et écrivains italiens tels Pétrarque, qui fut à l’origine du mouvement culturel de la Renaissance. Le style et les principes mis en lumière par Cicéron ont constitué les fondements, avec Aristote et Quintilien surtout, de l'art rhétorique en Europe. Il s'agit selon Roland Barthes d'une véritable tradition qu'il nomme et qui influença notamment la démocratie américaine et le droit germano-romain. Quintilien. La renommée de Quintilien (entre 30 et 35 - v. 100 ap. J.-C.) est très grande depuis l'Antiquité. Il est ainsi connu comme ayant placé la rhétorique comme science fondamentale : Sa carrière commença comme plaideur dans un tribunal. Sa réputation grandissait tant que Vespasien créa une chaire de rhétorique pour lui à Rome. Son "Institutio oratoria" ("Les Institutions oratoires"), un long traité où il discute de l’entraînement pour être un rhéteur accompli et recense les doctrines et opinions de nombreux grands rhéteurs qui l’ont précédé, a marqué l'histoire de la discipline. Quintilien y montre en effet l’organisation nécessaire des études de rhétorique qu’un futur orateur doit suivre. La première phase de cet enseignement commence ainsi par l'apprentissage du langage qui doit être assuré par des nourrices s'exprimant dans un langage impeccable. La deuxième phase (à partir de 7 ans) repose sur l'apprentissage en classe du de la lecture, de la découverte de la poésie. L'élève doit aussi réaliser des rédactions, comme raconter des fables. La troisième phase débute vers 14 ans. Il s'agit de découvrir la rhétorique en rédigeant des narrations (panégyriques élémentaires, parallèles et imitations) et des "declamationes" (ou discours sur des cas hypothétiques). La rédaction de discours dans un cadre pédagogique ou pour s’entraîner se répandit et se popularisa sous le nom de « déclamation ». Les différentes phases de l’entraînement rhétorique en lui-même étaient au nombre de cinq et furent suivies pendant des siècles, en devenant les parties du système rhétorique : Quintilien tente de décrire non seulement l’art rhétorique mais aussi la formation de l’orateur parfait comme un citoyen politiquement actif et soucieux de la chose publique. Sa mise en avant de l’application de l’entraînement rhétorique dans la vie réelle témoigne d’une nostalgie pour l’époque où la rhétorique était un instrument politique important et en partie une réaction contre la tendance croissante dans les écoles romaines de rhétorique à séparer les exercices scolaires et la pratique juridique réelle. Rhétorique au Moyen Âge en Europe et dans le monde. Au Moyen Âge européen, la rhétorique est une discipline faisant partie des arts libéraux. Essentiellement orale, elle est dispensée par des professeurs s'opposant aux écoles ecclésiastiques (Abélard par exemple a marqué cette période). Elle est inscrite, avec la grammaire et la dialectique au programme d'enseignement de base du « "trivium" » dans les écoles cathédrales et monastiques tout au long de la période : Elle est ainsi surtout utilisée par les clercs pour l'élaboration des sermons et des prêches et nécessite une bonne connaissance du latin et des auteurs antiques, qu'il s'agit d'imiter. La rhétorique est néanmoins peu utilisée jusqu'à la Renaissance, où la poétique la fera ressusciter. Les érudits lui préfèrent en effet la grammaire, où s'illustrent Aelius Donatus au et Priscien, ou la logique qui de l'époque. Dans le monde arabo-musulman, le philosophe Farabi a écrit des traités de rhétorique de tradition aristotélicienne. La rhétorique ou "‘ilm al-balagha" (« science de l'éloquence », de tradition essentiellement arabe mais aussi perse) se fonde essentiellement sur l'œuvre d'Al-Jahiz et le commentaire coranique d'Al-Farra'. La "Balagha" est elle plus particulièrement la rhétorique restreinte aux figures. Elle se fonde sur la pureté du langage ("fasaha" ou « éloquence »), dans le choix des mots, dans la correction morphologique et enfin dans la clarté de la syntaxe. Rhétorique à la Renaissance et jusqu'au. Réhabilitation de l'art oratoire antique. À la Renaissance, c'est la dialectique, l'un des sept « arts majeurs », qui prend le pas sur la rhétorique. L'argumentation naît ainsi comme discipline autonome. de la rhétorique selon Aristote, l'argumentation va influencer la naissance également de la grammaire. Néanmoins, dès le , la rhétorique va prendre une place considérable dans le savoir religieux, . Les parties de l'« "elocutio" » et de l'« "inventio" » se détachent de la rhétorique ; la première se verra affiliée à la théologie alors que la seconde donnera naissance à la poétique. Une des figures centrales dans la renaissance de la rhétorique classique fut Érasme (1466 ap. J.-C. - 1536 ap. J.-C.). Son ouvrage, "De Duplici Copia Verborum et Rerum" (1512), connut plus de 150 tirages à travers toute l’Europe et devint l'un des manuels de base sur le sujet. Son traitement de la rhétorique est moins étendu que celui des ouvrages classiques de l’Antiquité mais il fournit une analyse classique de la « res verba » (« de la matière et de la forme du texte »). Son premier livre traite de l’« "elocutio" » montrant aux étudiants comment utiliser les tropes et lieux communs. Le deuxième recouvre l’« "inventio" ». Il insiste largement sur la notion de si bien que les deux livres donnent des recettes pour éviter les répétitions, la paraphrase, et sur la manière d’introduire la plus grande variété dans le texte. "L'Éloge de la Folie" eut également une influence considérable sur l’enseignement de la rhétorique à la fin du par l'utilisation qui en est faite de l'allégorie et de l'ironie. Pierre de La Ramée (dit « Ramus ») et ses disciples, Omer Talon et Antoine Fouquelin, fondent dès 1545 le groupe des grammairiens du Collège de Presles qui, jusqu'en 1562, publie des ouvrages d'étude rhétorique intitulés les "Ciceronianus" où ils proposent, entre autres, une typologie des tropes et des procédés d'éloquence. Ramus marque, selon Jean-Jacques Robrieux, la fin de la rhétorique comme discipline maîtresse, notamment sur la philosophie et les sciences. Gérard Genette affirma de son côté qu'à partir du et depuis Ramus, la rhétorique s'est réduite à l'élocution et au seul inventaire des figures. L'influence de Ramus sera décisive sur l'histoire de la rhétorique. C'est cependant surtout en Angleterre que les premiers signes d'apparition de la poétique se font jour, avec George Puttenham (1530 ap. J.-C. - 1600 ap. J.-C.) surtout. Puttenham classe les tropes selon une échelle des effets qu'ils réalisent sur l'auditeur ou le lecteur. Il dégage par ailleurs un certain nombre d'effets, qui vont de la mémorisation au plaisir que procure la figure de rhétorique. Cette conception déjà « stylistique » de la rhétorique comme "pathos", trouve sa concrétisation à travers le courant éphémère de l'euphuisme. Développement de l'héritage antique. Ce sont les écoles jésuites qui sont les principaux vecteurs de l'enseignement rhétorique, et ce durant toute la période classique en Europe comme en France. Les jésuites écrivent de nombreux ouvrages, en latin, reprenant le schéma d'Aristote, mais le perfectionnant. René Bary publie ainsi en 1653 "La Rhétorique française" et Bernard Lamy compose "La Rhétorique ou l'art de parler" en 1675. La pédagogie des jésuites en la matière est de qualité, notamment à travers l'exercice de composition littéraire nommé « chries », qui inspirera les classes de rhétorique jusqu'au . Le magistrat parisien Guillaume du Vair synthétise cet esprit. Dans son "Traité de l'éloquence française et des raisons pourquoi elle est demeurée si basse" (1594), Du Vair condamne la corruption de l'éloquence initiée depuis le début du siècle. Michel Meyer cite par ailleurs, en Hollande, le courant de pensée représenté par Gerardus Johannis Vossius (1577 ap. J.-C. - 1649 ap. J.-C.) qui défend, au nom du libre-arbitre religieux, une conception éthique de la rhétorique ; explique-t-il. Tournant du et Classicisme. D'une rhétorique universelle à une rhétorique nationale. Pour Michel Meyer, . Selon lui, il faut attendre Bernard Lamy et sa "Rhétorique" pour voir apparaître une synthèse de cette division entre sensibilité et rationalité. Avant Lamy cependant le mouvement artistique du baroque, associé à la Contre-Réforme, va opérer cette synthèse. Il s'agit en réalité bien plutôt d'une . La sensibilité baroque trouve sa représentation parfaite avec la monumentale encyclopédie (16 livres) de la rhétorique de Nicolas Caussin (1583 ap. J.-C. - 1651 ap. J.-C.) intitulée "Parallèles des éloquences sacrée et humaine" (1619). Dès lors, la langue et la rhétorique deviennent le moyen d'intégration sociale et l'outil d'existence du courtisan. Se développe selon Marc Fumaroli une « rhétorique de Cour en France » et, "a fortiori" en Europe. La clarté française étant le modèle linguistique de l'époque. La période classique commence, avec l'avènement de l'absolutisme royal de Louis XIII, dont les auteurs phares (François de Malherbe et Pierre Corneille) rejettent l'esthétique baroque. La dimension éthique du discours passe au second plan et le modèle social de l'« honnête homme » privilégie la forme. La conception classique, qui marquera durablement l'histoire de France, trouvera son aboutissement avec la fondation de l'Académie française, en 1635, grâce à la volonté de Richelieu. Celle-ci ne défend plus une rhétorique qui cherche à convaincre ou persuader mais qui ambitionne d'offrir une vitrine à la politesse française, de représenter la bienséance et l'autorité monarchiques. Avec elle, le conformisme devient la règle et le "logos" est de nouveau mis en avant. Prônée par Claude Favre de Vaugelas dans ses "Remarques sur la langue française utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire" (1647), Jean Chapelain et René Bary avec sa "Rhétorique française" (1653) mais aussi avec "Les secrets de notre langue" (1665), le poète Nicolas Boileau surtout, la rhétorique a pour but de fortifier et de promouvoir une langue résolument nationale. La conception classiciste d'une langue claire et d'une rhétorique à la faveur du pouvoir royal (celui de Louis XIV) s'institutionnalise. Le "logos" sert alors la foi chrétienne à la Cour de France. L'École française de Spiritualité créée par le cardinal de Bérulle est un courant christologique (qui considère que Jésus est le centre de l'histoire). Les modèles deviennent Saint Augustin, Longin et Nicolas Boileau qui traduit le "Traité du sublime" du pseudo-Longin en français en 1674. "L'Art poétique" de ce dernier est un véritable manifeste de la rhétorique classique dont le but est d'abord . La conception classique entend dépasser la simple imitation des Anciens. Il ne s'agit pas non plus, insiste Michel Meyer, d'annoncer les Modernes. En réalité, la rhétorique classique marque un retour au "pathos" antique, tout en affirmant la supériorité de son éloquence sur le passé. Bernard Lamy et la « nouvelle rhétorique ». Le père Bernard Lamy (1640 - 1715), oratorien de renom, publie en 1675 "L'Art de parler" qui expose une conception de la rhétorique à la charnière entre acquis classiques et lucidité moderne, ouvrage qui sera cité par de nombreux auteurs. Lamy fait en premier lieu le tour des conceptions de l'époque, qu'il synthétise dans son ouvrage. En réalité il est le premier à exprimer une réflexion non plus sur la forme mais sur le langage en lui-même, vision qui influencera après lui Condillac, Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau et Nicolas Beauzée. Pour Lamy, la rhétorique émane avant tout des passions, qui est [qui sont ?] la force du discours. Les figures permettent ainsi de transmettre les sentiments de l'orateur, ainsi que sa représentation du monde ; le langage devient donc, par le discours, l'instrument de relations interpersonnelles. Rhétorique en France et ailleurs aux. Théories de la rhétorique et traités. Selon Michel Meyer, dès le le "logos" devient l'objet de la rhétorique, qui passe ainsi dans le discours des philosophes comme, au siècle des Lumières, Emmanuel Kant ou Jean-Jacques Rousseau. Cependant, cette rhétorique n'est pas coupée des sentiments et du "pathos" ; d'une part l'avènement du sujet permet de constituer un système rhétorique où le locuteur est premier. Celui-ci peut dès lors libérer à la fois ses idées personnelles et ses émotions ; il parle aussi d'une . D'autre part, certains types de discours ne défendent plus des valeurs personnelles mais sont mis au service du pouvoir. En France la rhétorique est perçue, après la Révolution de 1789, comme un élément de l'Ancien Régime ; elle sera de fait exclue de l'enseignement jusqu'en 1814. Les harangueurs de la Révolution française, dans toute l'Europe, useront ainsi d'une rhétorique à dimension éthique et collective, fondée sur la raison. La conception française se fixe en effet, jusqu'à aujourd'hui, à travers le "Discours sur l'universalité de la langue française" d'Antoine Rivarol, en 1784, qui associe la « clarté » à la raison, et donc au français, langue claire et censée être « incorruptible ». Le grammairien et encyclopédiste César Chesneau Dumarsais dans son "Traité des Tropes" (1730), son œuvre principale, s'attache aux figures de rhétorique. Il consomme définitivement le divorce entre l'art oratoire d'une part et l'art poétique d'autre part. Il expose d’abord ce qui constitue le style figuré, et montre combien ce style est ordinaire à l'écrit comme à l'oral. Il appelle « trope » une espèce particulière de figure qui modifie la signification propre d'un mot. Il détaille ainsi l’usage des tropes dans le discours, en appuyant ses observations d’exemples. Il définit le trope (notion non encore différenciée de celle de « figure de style ») comme Grammairien avant tout, Dumarsais excelle néanmoins dans l'analyse du genre de l'éloge. Le philosophe écossais George Campbell dans sa "Philosophie de la rhétorique" (1776) considère que la rhétorique ne doit pas persuader mais doit chercher l'adhésion volontaire, par la démonstration de l'« évidence », des interlocuteurs. Campbell entend par là contrer le scepticisme et le relativisme alors en développement et battant en brèche le sentiment religieux. Il distingue deux types de discours : celui de l'historien (qui est « probable ») et celui du poète (qui est « plausible »). La vérité devient le maître-mot de la rhétorique anglaise, qui devient pragmatique en somme avant l'heure et au sein de laquelle le discours est Pierre Fontanier, un grammairien français, est l'auteur de deux manuels qui recensent et étudient de manière systématique les figures de style. Ces deux ouvrages formèrent la base de l'enseignement de la rhétorique en France au . Il s'agit du "Manuel classique pour l'étude des tropes" (1821) et de "Des figures autres que tropes" (1827) inséparables l'un de l'autre. "Les Figures du discours" (1821 - 1830) constituent l'. "Les Figures du discours" représentent une des tentatives les plus rigoureuses pour définir avec précision le concept de figure, pour établir un inventaire systématique et pertinent. Mais Fontanier veut également définir le plus rigoureusement possible le concept de « figure de style ». Développement d'une rhétorique du discours politique. Selon Michel Meyer, la rhétorique perd son statut d'art noble au profit de l'histoire et de la poésie au . Sa dimension éthique disparaît et elle devient un instrument oratoire au service du pouvoir principalement, dimension accentuée par l'usage qui en est fait par les révolutionnaires français. Il y a donc dans un premier temps une réduction du champ rhétorique au profit d'autres disciplines. Par ailleurs, au sein même du système rhétorique, seule une tradition éthique demeure au sein des cercles catholiques conservateurs qui accusent la "Décadence de l'éloquence", titre de l'ouvrage de l'évêque de Troyes, Étienne Antoine Boulogne (1747 - 1825), publié en 1818, se maintient. Parallèlement, partout en Europe, les manuels de rhétorique classique se multiplient, véhiculés par l'idéal de liberté amené par la Révolution française et propagés par les conquêtes napoléoniennes. Cependant, le mouvement esthétique du Romantisme déclare la guerre à la rhétorique, art royaliste par excellence, symbolisant l'Ancien Régime. Victor Hugo, chef de file des romantiques français proclame ainsi dans son recueil de poésie intitulé "Les Contemplations" en 1856 : L'attaque romantique aboutira, par le débat politique, à la suppression de la rhétorique des programmes d'enseignement, en 1885, par Jules Ferry. Aux États-Unis, selon Michel Meyer, la rhétorique est associée au débat politique et démocratique, à l'élévation sociale et à la défense du justiciable. Les philosophes américains prennent en compte l'histoire de la rhétorique et comparent les différentes traditions. Ainsi, Thomas Jefferson écrit un "Manuel de pratique parlementaire" et une partie de la Déclaration d'indépendance des États-Unis alors que Thomas Smith Grimké rédige lui une "Comparaison des éloquences grecques et américaines". Le professeur de rhétorique John Quincy Adams sera ainsi élu en 1825 à la présidence. Rhétoriques modernes au. Conditions d'un retour de la rhétorique. Pour J. Bender et D. E. Wellbery, dans "The Ends of Rhetoric: History, Theory, Practise" le a d'abord marqué la . La pensée positiviste, qui voit dans l’écriture scientifique le seul type de discours permettant d'accéder à la vérité absolue, rejette la rhétorique comme l'art du mensonge institué, notamment dans l'enseignement. En littérature, le romantisme considère que l'art oratoire constitue une entrave à la liberté d’écriture et à l'inspiration de l'écrivain ; cette conception marquera durablement la littérature du . La notion de style bat déjà en brèche l'institution du système rhétorique qui sera consommé au début du . La différence essentielle avec la rhétorique ancienne est que la contemporaine n'entend plus fournir des techniques, mais avoir un caractère scientifique, en ceci qu'elle veut dégager les règles générales de la production des messages. Il ne s'agit plus de former des rhéteurs mais de réfléchir sur les rhéteurs et le discours, sur les rôles du locuteur et de l'interlocuteur. Il s'agit d'une période riche en conceptions et théories, parfois très personnelles voire uniquement le fait d'un auteur. Par ailleurs, un ensemble de sciences éclairent le discours sur l'art oratoire, qui s'enrichit des apports de la linguistique, de la psychologie ou encore des mathématiques. Pour Michel Meyer, contrairement aux siècles précédents, le réalise la synthèse des trois rhétoriques originelles, celles fondées alternativement sur l"êthos", le "logos" et le "pathos". Par ailleurs, remarque-t-il, la confusion entre argumentation et rhétorique est constante au sein des conceptions modernes tendant à établir un système général du discours persuasif. C'est le cas des rhétoriques de Chaïm Perelman ou d'Oswald Ducrot par exemple. La rhétorique a surtout été étudiée par les spécialistes français, mais aussi anglo-saxons. Les études françaises ont cependant considérablement marquées la discipline. Sept de langue française naissent dans la seconde moitié du . La Nouvelle Rhétorique : renouveau de la tradition aristotélicienne. Le philosophe Chaïm Perelman a grandement contribué à la résurrection de la rhétorique au en proposant en 1958 une « nouvelle rhétorique » dans son "Traité de l'argumentation, la nouvelle rhétorique", co-écrit avec Lucie Olbrechts-Tyteca. Perelman s'inscrit dans la continuité de la tradition rhétorique d'Aristote et d'Isocrate qui conçoit la rhétorique comme la théorie du discours persuasif. Perelman reprend notamment la distinction aristotélicienne entre raisonnement analytique et raisonnement dialectique. À charge pour la logique d'étudier le premier et pour la rhétorique le second. Autrement dit, là où la logique s'occupe des arguments formels dont la vérité des conclusions suit nécessairement la vérité des prémisses par inférence déductive, la rhétorique s'occupe de l'argumentation non-formalisée qui est affaire de vraisemblance. Ainsi, Perelman affirme-t-il que « le but d’une argumentation n’est pas de déduire les conséquences de certaines prémisses, mais de provoquer et d’accroître l’adhésion d’un auditoire aux thèses qu’on présente à son assentiment ». Pour Perelman, la rhétorique se doit ainsi d'être une discipline distincte, quoique complémentaire, de la logique. En outre, le point de départ de la nouvelle rhétorique est la recherche par Perelman d'un fondement pour les jugements de valeur. La postérité de la Nouvelle Rhétorique est large dans les études francophones sur la rhétorique et l'argumentation. Citons notamment le philosophe Michel Meyer qui s'inscrit explicitement dans une filiation avec Chaïm Perelman. Il s'en éloigne quelque peu en ce qu'il reprend la définition de la rhétorique comme art de bien dire de Quintilien et critique les rhétoriques d'Aristote et Perelman pour leur trop grande focalisation sur le logos au détriment du pathos et de l’ethos. Dans une perspective voisine, Olivier Reboul propose une synthèse de l'approche argumentative de la nouvelle rhétorique et l'approche stylistique du groupe µ. Ces travaux visent notamment à pallier le défaut souvent reproché à la nouvelle rhétorique d'abandonner des aspects importants de la rhétorique classique telle que l'élocution. Marc Angenot étudie quant à lui les effets manipulateurs du discours, dans "La parole pamphlétaire" (1982). Des auteurs américains ont enfin complété la ligne théorique de Perelman, évoqués par Christian Plantin dans "Essais sur l'argumentation" (1990) ; en Allemagne, Heinrich Lausberg poursuit ses travaux. L'approche stylistique et sémiotique du groupe µ et de Roland Barthes. Dans les années 1960, la linguistique a en effet été en quête de structures linguistiques qui seraient spécifiques à la littérature, recherche que la stylistique ne permettait pas de mener. Dès 1958, Roman Jakobson donnait une nouvelle jeunesse au couple métaphore/métonymie, et dès 1964 Roland Barthes notait que la rhétorique méritait d'être repensée en termes structuraux. Cette approche met l'accent sur la rhétorique des tropes ou figures d'écart, la réduisant à l'élocution. dorénavant. Le Groupe µ (se prononce « mu ») de l'Université de Liège, est un collectif de linguistes dont les travaux portent essentiellement sur les mécanismes sémiotiques à l'œuvre dans la figure et reposant davantage sur la rhétorique classique. Visant une "rhétorique générale" (1982), les travaux du groupe µ ont permis d'adapter la notion de figure à d'autres sémiotiques que la langue, comme à la sémiotique visuelle. Sous l'impulsion de Marc Fumaroli, fondateur de la Société internationale pour l'histoire de la rhétorique, avec Nancy Struever et Brian Vickers, se développe, à partir des années 1970 et sur la base des études de la Renaissance et du classicisme, une « École française de rhétorique » qui incarne vraiment ce qu'on nomme le « "rhetorical turn" », suivi par la création d'une chaire de rhétorique au Collège de France et dont les préoccupations s'étendent de la mythologie indo-européenne (Georges Dumézil) aux travaux de Jacques Derrida sur la voix, en passant par le Moyen Âge latin avec Alain Michel, la Renaissance avec Pierre Laurens, le avec Roger Zuber, Marc Fumaroli enfin pour l'époque moderne et contemporaine. Partant des techniques de persuasion, dès les années 1950, à travers le discours publicitaire, l'approche communicationnelle est une démarche sémiologique héritée du structuralisme. D'abord psycho-sociologique, avec Vance Packard, dans "La persuasion clandestine" (1958), la sémiologie de Roland Barthes va marquer cette approche qui place le discours rhétorique au cœur de la société de consommation. Barthes, dans son article "Rhétorique de l'image" analyse les codes et les réseaux de signification d'une image publicitaire. Cette approche analyse également les messages non verbaux, conditionnés par la sociologie et le groupe. Pour Roland Barthes, rejoint sur ce point par le Groupe µ, , et pour laquelle la sémiologie donne les clés de compréhension. Les figures de style deviennent ainsi un instrument d'analyse du discours et de l'imaginaire existant en arrière-plan de celui-ci (c'est notamment les travaux de Jacques Durand, dans son article). Kenneth Burke, poète, rhétoricien et philosophe américain est l'auteur d'une analyse des motivations psychologiques en rhétorique, à travers ses ouvrages : "Counterstatement" (1931), "A Grammar of Motives" (1945), "A Rhetoric of Motives" (1950), et "Language as Symbolic Action" (1966). La rhétorique doit pour lui éduquer ; elle s'enracine dans la fonction symbolique du langage. La pragmatique. Initiée par Jean-Claude Anscombre et Oswald Ducrot, l'approche pragmatique dite de l'« école d'Oxford », s'efforce de restituer les actes de langage dans le contexte énonciatif. Le discours est ainsi un ensemble de présupposés et d'implicites. Néanmoins son objet reste la langue et non spécifiquement le discours, au sein desquels le locuteur comme personne sensible et intentionnelle a une place prépondérante. Pour Claude Hagège, la rhétorique est l'ancêtre de la pragmatique actuelle, héritée de Peirce et de Searle. Les tropes et les figures sont ainsi des moyens détournés, pour le locuteur, de convaincre son interlocuteur, par le recours à des spécifications du discours. Le travail de Ivor Armstrong Richards (1893 - 1979) est lié à ce courant. Richards est un critique littéraire, auteur de "The Philosophy of Rhetoric" (1936), texte important de la rhétorique moderne, dans lequel il définit l'art oratoire comme (). Orientations trans-disciplinaires. Le est marqué par la naissance d'études trans-disciplinaires sur, ou partant, de la rhétorique. L’analyse de discours est une première approche multidisciplinaire qui s'est développée en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis à partir des années 1960. Elle emprunte de nombreux concepts aux champs de la sociologie, de la philosophie, de la psychologie, de l’informatique, des sciences de la communication, de la linguistique et de l’histoire. Elle s'applique à des objets aussi variés que, par exemple le discours politique, religieux, scientifique, artistique. Néanmoins la multiplication des champs d'études sur les modalités et l'implication sociale de la rhétorique n'apparaît qu'avec le . La psychologie d'abord s'y intéresse, et notamment dans la mesure où le discours reflète l'état d'esprit de celui qui le professe, des auteurs, surtout américains, la rapprochent d'autres domaines dans une dimension sociale et historique. Dans "At the Intersection: Cultural Studies and Rhetorical Studies" (ouvrage collectif sous sa direction) Thomas Rosteck établit une étude des rapports de la rhétorique avec la culture. Glenn Stillar quant à lui, dans "Analyzing Everyday Texts: Discourse, Rhetoric and Social Perspectives" explore les conditions sociologiques présidant à la constitution des discours. Enfin, sur internet, la revue "Kairos" rassemble de multiples universitaires travaillant sur l'apport technologique à l'analyse du discours, à travers la notion de « technorhétorique » (l’écriture assistée par ordinateur). Enfin, la redécouverte du système rhétorique est pour certains auteurs comme Olivier Reboul et Chaïm Perelman un retour à une unité de la discipline, qui redevient une théorie générale de l'argumentation et de la communication. Le discours juridique, scientifique, pédagogique, philosophique, etc. sont autant de pratiques particulières de la rhétorique. Ainsi conçue, elle couvre , à tel point que selon le philosophe allemand Walter Jens . Système rhétorique. Le « système rhétorique » se présente sous la forme d'un classement : explique Olivier Reboul. Il s'agit en fait des grands chapitres des premiers traités de rhétorique. Le « système rhétorique » est traditionnellement, depuis Quintilien, divisé en cinq éléments dans la rhétorique. Cependant, ce classement a surtout valu pour l'enseignement de l'éloquence et de la rhétorique ; pour Aristote en effet, ces parties sont superflues alors que l'énoncé de la thèse et des arguments qui la prouvent sont fondamentaux. Ces phases sont surtout connues sous leur nom latin (en raison du fait que le traité de rhétorique de Quintilien a été longtemps pris comme base d’enseignement) : « "inventio" », « "dispositio" », « "elocutio" », « "actio" » et « "memoria" ». Chacune de ces étapes suppose ou appelle l'élaboration ou l'intervention de disciplines distinctes (la stylistique pour l'« "elocutio" », la logique pour la « "dispositio" », etc.). L'« Invention ». L'invention (ou « "inventio" » ou « "heurésis" » en grec) est la première des cinq grandes parties de la rhétorique. L'invention est la recherche la plus exhaustive possible de tous les moyens de persuasion relatifs au thème de son discours. La découverte du genre de discours le mieux adapté au propos doit cependant être centrale. Cette partie correspond à l'adage , qui se traduit par l'expression de Caton l'Ancien. Selon la "Rhétorique à Herennius" : L'invention pose par conséquent les fondamentaux du système rhétorique, à savoir : la cause (le sujet), le genre à utiliser, le cadre de l'argumentation et le raisonnement. Connaissance du sujet : l'enjeu de la rhétorique. L'orateur doit parfaitement maîtriser son sujet, appelé aussi la « cause » (ou le « fait » dans le genre judiciaire), sans quoi, selon Aristote ou Quintilien, il ne pourra pas persuader ou convaincre son auditoire. Il s'agit, selon Joëlle Gardes-Tamine, d'un véritable que les traités classiques nomment la (« "materia" »). Les auteurs recommandent d'user de questions permettant d'en cerner les contours (néanmoins ces questions correspondent au type de discours pris en charge) : Michel Meyer note que le rhétoricien du Vossius envisage une cinquième question, qu'il nomme le qui permet de quantifier le fait (le préjudice subi ou la violation du droit pour le discours judiciaire par exemple). Les trois genres de discours. La rhétorique classique distingue trois grands genres de discours : le « discours judiciaire », le « discours délibératif » et le « discours démonstratif ». Le terme de « genre » ne doit pas être ici confondu avec celui qui désigne les genres littéraires (roman, théâtre, poésie…) même s'ils entretiennent avec ces derniers des rapports étroits ; il s'agit en fait de la fonction qu'exerce le discours sur les . Chaque genre étant spécifique, tous se démarquent quant aux actes, aux temps, aux valeurs et enfin aux arguments types mis en avant : Pour Chaïm Perelman, la distinction entre ces genres discursifs n'est qu'artificielle. Perelman cite, en guise d'exemple majeur le fameux discours d'Antoine dans le "Jules César" de William Shakespeare qui mêle les trois genres. Il propose donc de relativiser cette classification. Les trois types d'arguments. Après avoir déterminé les discours, l'orateur doit trouver ses arguments. Il s'agit des , traduction du grec « "pisteis" » mais qu'Aristote nomme les au nombre de trois : Les preuves. L'orateur a à sa disposition deux types de preuves. Aristote appelle les premières « "atechnai" », soit extra-rhétoriques, et les secondes « "entechnai" », intra-rhétoriques. La rhétorique moderne les nomme preuves extrinsèques et intrinsèques (ou naturelles et artificielles selon la conception du parfois, chez Bernard Lamy notamment). Les « preuves extrinsèques » sont celles données avant toute invention. Selon Aristote elles sont au nombre de cinq et regroupent les textes de lois (jurisprudence et coutume également), les témoignages anciens (autorité morale des grands hommes) et nouveaux, les contrats et conventions entre particuliers, les aveux sous la torture (des esclaves) et enfin les serments. Les « preuves intrinsèques » sont créées par l'orateur comme l'amplification d'un détail biographique dans le cadre de l'éloge funèbre. Jean-Jacques Robrieux les classe néanmoins en deux catégories : l'exemple au sens large d'argument inductif, et l'enthymème) au sens de syllogisme. Les lieux et la topique. Les « lieux » ou « "topoï" » sont la façon de découvrir les arguments dans le cadre intra-technique. Il s'agit du concept le plus important de la rhétorique, selon Georges Molinié. Il s'agit d'un que la linguistique moderne a classé comme figure de style. Cependant les lieux rhétoriques dépassent les cadres de la phrase et concernent bien plutôt le texte. Molinié les nomme ainsi des figures « macrostructurales ». Dans la rhétorique ancienne, les lieux forment les preuves techniques de l'argumentation, ainsi que la matière de l"inventio". La "Logique" de Port-Royal les définit ainsi : . Aristote est le premier à en donner une méthodologie, dans son ouvrage "Topiques". Pour lui, le lieu rhétorique est ce sur quoi se rencontrent un grand nombre de raisonnements oratoires, se développant sur certains sujets, selon certains schémas que l'art oratoire a préétabli. Selon Cicéron, La stylistique les classe dans les lieux communs, ou « clichés » lorsqu'ils deviennent trop usités et éculés. Parmi ces lieux communs, il y a le célèbre (c'est-à-dire le ), les « lieux de la personne » (sa famille, sa patrie, sa façon de vivre, son métier, etc.) ou les « lieux littéraires » (le lieu paisible et pittoresque, le lieu de la rencontre amoureuse, etc.). La « Disposition ». La disposition (« "taxis" » en grec ; « "dispositio" » en latin) étudie la structure du texte, son agencement, en cohérence avec les lieux rhétoriques. Elle a pour Olivier Reboul une fonction d'économie : elle permet de ne rien omettre ou de ne pas se répéter au cours de l'argumentation. Elle a par ailleurs une fonction (elle permet de s'interroger de façon méthodique) et est en somme en elle-même un argument selon Olivier Reboul. La fonction de la disposition est de . Pour l'auteur anonyme de la "Rhétorique à Herennius", La disposition doit présenter les preuves et arguments, tout en ménageant des moments pour émouvoir. Les canons rhétoriques de la disposition (garder le meilleur argument pour la fin, aller aux faits le plus tôt possible, ménager des transitions, etc.) se retrouvent ainsi dans les méthodologies des dissertations ou des commentaires composés utilisés dans l'enseignement. Les plans analytiques, oppositionnels, par examen du problème, thématiques ou encore chronologiques en sont dérivés. La disposition est également un canevas très utilisée en littérature, dans la poésie comme dans les lettres ou au théâtre. La rhétorique classique propose trois rythmes canoniques : De nombreux auteurs ont proposé au cours de l'histoire des plans-types, allant de deux à sept parties parfois ; cependant, la tradition rhétorique n'en retient que quatre. L'exorde. L'exorde (ou « "prooimion" » en grec ; « "exordium" » en latin) est l'introduction du discours, sa fonction première est phatique : elle a pour but de capter l'attention de l'auditoire (c'est la « "captatio benenvolentiae" »). L'objectif est, selon Olivier Reboul, de le rendre docile (en état d'apprendre), attentif (le maintenir dans le raisonnement) et bienveillant (par l"èthos"). Le genre épidictique utilise ainsi un exorde qui cherche à impliquer l'auditoire. La rhétorique de l'exorde consiste parfois à le supprimer et à commencer le discours "ex abrupto" (dans le vif du sujet) comme dans cette phrase de Cicéron : . L'exorde doit néanmoins présenter le sujet ou les faits. La narration. La narration (« "diegésis" » en grec ; « "narratio" » en latin) est l'exposé des faits concernant la cause, sur un mode objectif, dans le sens du discours cependant. Selon Cicéron, la narration est la source (« "fons" » en latin) de toutes les autres parties car elle réclame le meilleur du talent de l'orateur. Pas indispensable dans le genre délibératif, elle est centrale dans le judiciaire car elle permet de matérialiser le raisonnement à suivre. La narration peut s'appuyer sur l'histoire, la légende ou la fiction. Le "logos" constitue la narration qui doit être : La narration deviendra au Moyen Âge une pratique à part, se détachant du genre judiciaire, à travers le sermon et les exempla, et jusqu'à la propagande moderne. La digression. La digression (ou « parekbasis » en grec) a pour fonction de distraire l'auditoire, de le ménager avant la conclusion. Elle recourt souvent à des figures comme l'hypotypose ou l'ekphrasis, sortes de descriptions comme vivantes et mises sous les yeux de l'auditoire. Selon la "Rhétorique à Herennius" la partie de la digression peut présenter . C'est aussi, selon Joëlle Gardes-Tamine, le moment de la plaisanterie, de la raillerie ou de l'ironie permettant la distraction (mais toujours dans un but de persuasion ou d'argumentation) du public. Pour Chaïm Perelman, l'ironie (comme celle de Socrate) est fortement manipulatrice en soi. Elle se fonde en effet sur l'accord explicite de l'interlocuteur, dont la recherche ponctue le discours, à des moments clés, de manière à le faire raisonner dans le cadre argumentatif voulu par l'orateur. La péroraison. La péroraison (ou « "epilogos" » en grec ; "peroratio" en latin) met fin au discours. Elle se fonde elle-même sur trois parties : La péroraison est le domaine propre du pathétique : il s'agit d'émouvoir et de convoquer les passions de l'auditoire. C'est le lieu de l' selon Joëlle Gardes-Tamine. L'« Élocution ». L'élocution (« "elocutio" », ou « "lexis" » en grec) est la rédaction (écrite) du discours, l'oral étant le ressort de l'action. Pour Cicéron elle est le propre de l'orateur et L'étude des figures de rhétorique constitue la partie générale de l'élocution, qui forme l'apport du talent de l'orateur au sein du discours, le style étant purement personnel, en dépit de règles prescrites. C'est aussi la partie la plus littéraire de la rhétorique. Pour Olivier Reboul elle est en effet le point de rencontre de l'art rhétorique avec la littérature, se focalisant sur la notion de style. Elle doit en effet être le lieu d'une bonne expression et de l'ornement (« "ornatus" »). Il s'agit selon Olivier Reboul d'une véritable prose qui a su se démarquer de la poésie et de ses codes. L'élocution concerne ainsi le choix des mots et la composition des phrases (les membres de phrases ou « "cola" » doivent être équilibrés), le rejet des archaïsmes et des néologismes, l'usage de métaphores et des figures adaptées aux propos (à condition toutefois qu'elles soient claires, autrement il s'agit de fautes d'expression), enfin, le rythme doit être souple et au service du sens. La "Rhétorique à Herennius" recommande ainsi . L'élocution repose sur deux éléments : le style d'une part et les figures de rhétorique d'autre part. Les styles. Cicéron distingue, dans les "Divisions de l'art oratoire" deux types d'élocution : , distinction qui correspond à celle entre le style inspiré et le style travaillé. Le style, en rhétorique, doit s'adapter au sujet ; il existe ainsi trois style différents, délivrés par le traité "Du Style" du pseudo-Démétrios et repris dans la "Rhétorique à Herennius" : La distinction de la notion de style en trois, voire en davantage de catégories a une histoire complexe. Elle remonte sans doute à Antisthène et à Théophraste ; Denys d'Halicarnasse et Pline l'Ancien en parlent déjà. Dès ces origines, les types de style ont pour parangon des auteurs de renommée certaine ; l’historien Thucydide représente le style élevé (« noble ») alors que l'orateur Lysias utilise lui le style simple et qu'Isocrate a un style agréable (moyen). Il existe deux règles de style à respecter : La rhétorique classique, et en particulier romaine (qui a le plus insisté sur la notion de style) reconnaît d'autres qualités. Théophraste prône quant à lui la clarté, la correction, la convenance et l'ornement alors que Cicéron dans ses "Divisions de l'art oratoire" distingue cinq (« "lumina" », c'est-à-dire des traits de style notables) : la brièveté, la convenance, l'éclat, l'agrément et la clarté. À la suite de George Campbell, Olivier Reboul y adjoint une troisième règle, tenant de l'orateur, qui doit se montrer vivant. Campbell la nomme « vivacity » (la vivacité) et explique qu'elle repose sur le choix des mots concrets, sur les maximes et sur la détermination à vouloir se faire comprendre par tous. La notion de « style » a traversé toute l'histoire littéraire, jusqu'à nourrir une discipline fille de la rhétorique, la stylistique, née notamment des réflexions des écrivains, à l'aune de l'art rhétorique. Ainsi Victor Hugo définit le style littéraire comme le respect de ces trois critères alors que, au demeurant, il combat la rhétorique comme une discipline archaïque : Les figures rhétoriques. Les figures de rhétorique (ou « "schèmata" » en grec) sont des procédés stylistiques qui proviennent de la qualité de l'orateur. Elles procurent en premier lieu un plaisir (ou « "delectatio" ») car selon Quintilien. Pour la rhétorique classique, la figure s'écarte de l'usage minimal de la langue. Cette conception de la figure comme écart est l'un des points théoriques sur lequel la linguistique moderne a achoppé. La rhétorique voit dans la figure un moyen de persuasion reposant sur l'imagination de l'orateur. La stylistique est née de la scission de la partie de l'élocution d'avec le reste du système rhétorique. La notion de « figure de rhétorique » est ainsi à examiner, notamment au sein de la catégorie plus vaste des figures de style. L'. L'action (« "actio" », ou « "hypocrisis" » en grec) est la phase de prononciation du discours, que l'on peut désigner par le terme actuel d'élocution, à ne pas confondre avec la partie rhétorique du même nom. Pour Démosthène il s'agit du but de la rhétorique alors qu'Aristote l'évoque au livre III de sa "Rhétorique", mais de manière elliptique. La racine grecque renvoie également à l'hypocrisie ; en effet l'orateur doit paraître ce qu'il veut paraître durant l'action. Cicéron parle ainsi de l' que constitue l'action. Les gestuelles et les attitudes codées (tels les plis de la toge) sont en effet importantes, ainsi que le travail de la voix (c'est l'éloquence proprement dite), du ton, du débit et du souffle. Le rythme est capital et Quintilien rapproche l'action de la musique (eurythmie). La voix est, en particulier, le noyau de l'action rhétorique. Elle doit, selon l'auteur de la "Rhétorique à Herennius", être puissante, résistante et douée de souplesse. L'archétype est ici le rhéteur Démosthène qui réussit à vaincre son handicap (il bégayait) par la pratique d'exercices de déclamation, face à la mer et en dépit du bruit du ressac. Les expressions du visage, les mouvements des mains ainsi que les postures sont tous des éléments importants pour l'action, codifiés. La « chironomie » ou est un élément important de l'action rhétorique (un mouvement lent exprime ainsi la promesse et l'assentiment par exemple), développé au par John Bulwer. L'art du spectacle, théâtral surtout, s'en est largement inspiré. L'orateur y est un « "actor" », un acteur. Antoine Fouquelin note quant à lui que c'est de l'action que l'échange tire toute sa force, car, contrairement aux mots, les gestes sont universels et compréhensibles par tous. La. La mémoire (« "memoria" », ou « "mnèmè" » en grec) est l'art de retenir son discours. Partie souvent oubliée de l'art rhétorique et des études modernes, Cicéron en fait néanmoins une qualité naturelle de l'orateur alors que Quintilien en fait une technique se fondant sur la structure du discours d'une part et sur les procédés mnémotechniques d'autre part. Il est important de remarquer à ce titre que la mémoire ne figure pas dans les traités de rhétorique d'Aristote. Le but de ces techniques est avant tout de retenir les arguments, lors des procès par exemple. La mémoire est une partie ajoutée tardivement, par certains traités latins, et notamment l'auteur anonyme de la "Rhétorique à Herennius" qui la définit par ailleurs comme un Cet auteur distingue par ailleurs deux mémoires : La mémoire artificielle prend ainsi appui principalement sur le sens visuel, sur des images et des techniques permettant de décrire un objet ou une personne comme s'ils étaient sous les yeux de l'auditoire. Il faut ainsi pour Cicéron ranger ces images et souvenirs dans des emplacements mentaux appropriés. Dans le système rhétorique, elle est ainsi mobilisée pour se souvenir des lieux communs, elle requiert ainsi de se remémorer convenablement et en détail (dans le cas des hypotyposes par exemple) des scènes constituant la culture greco-romaine, comme les scènes mythologiques ou épiques. La doctrine de l'imitation (l'orateur doit faire référence aux Anciens) se fonde donc sur l'art de mémoire. Parce qu'elle est le médium entre le passé et le présent, entre les origines cosmogoniques (les mythes) et l'actualité du débat, la mémoire est un don divin. Cicéron considère, dans "De L'Orateur", qu'elle fut prodiguée par les dieux au poète Simonide de Céos, lors d'un drame domestique. Depuis ce mythe, la mémoire est liée à l'ordre car c'est l'ordre des convives avant la chute du toit de la maison qui permit au poète de retrouver les cadavres et de les identifier. L'art de mémoire a ainsi perpétué cette technique à travers l'époque médiévale. Albert le Grand voit ainsi dans la métaphore l'expression de la mémoire, et qui permet d'émouvoir. Pour Frances Yates elle est à l'origine des créations d'allégories médiévales, qui enrichirent la statuaire. Fondements de la rhétorique. Si le système rhétorique est avant tout formel, il repose également sur deux notions centrales : l'« argumentation » d'une part et les « figures de rhétorique » d'autre part, même si cette dernière compose, au la discipline annexe de la stylistique. Les arguments types doivent avoir une place à part, étant donné qu'ils sont souvent à la frontière des deux premières notions. Mais, la notion d'auditoire donne tout son sens à l'art rhétorique. L'auditoire : « convaincre » et « persuader ». Le discours rhétorique s'adresse à un public, et ce même dans le cas d'un échange entre deux personnes car le discours est alors du domaine littéraire puisqu'il peut être porté à la connaissance du lecteur. Depuis Aristote, la problématique quant à la nature de l'auditoire est un point clé du système rhétorique. Le philosophe grec en distinguait trois différents, selon le discours rhétorique à mettre en pratique. Par ailleurs, les notions de « "pathos" », d'« "èthos" » et de « "logos" » ne se comprennent qu'en tenant compte de l'auditoire ; en d'autres mots, le discours oratoire s'articule autour de deux verbes qui l'ont souvent définis : convaincre et persuader. Pour Chaïm Perelman, dont l'analyse a su reposer le débat, comme pour Cicéron en son temps, l'auditoire doit rester le sens de la rhétorique : . La distinction de ces notions a une longue histoire ; Blaise Pascal pensait que la persuasion était du domaine de l'imagination alors que la conviction tenait de la raison et Emmanuel Kant y voyait l'opposition entre le subjectif et l'objectif. Cependant, pour Chaïm Perelman, ces débats omettent la nature de l'auditoire, donnée élémentaire. Ce débat autour de la nature de l'auditoire a pourtant été premier historiquement. Perelman étend donc cette définition au champ de la pratique en expliquant que l'auditoire est : . Perelman, qui est le spécialiste abouti de la rhétorique du milieu judiciaire, distingue ainsi deux types d'auditoire : Pour lui, le discours s'adressant à un auditoire particulier vise à persuader alors que celui à destination d'un public universel vise à convaincre. L'orateur. L'orateur est une . Néanmoins le terme de « rhéteur » lui fait concurrence, désignant plus spécifiquement . Ce statut existe dès la Grèce antique où l'orateur devient un homme politique et un enseignant. Isocrate résume ainsi ce double aspect : L'orateur, selon le type de discours qu'il met en œuvre, peut être un prédicateur, un avocat ou un sophiste. Néanmoins il y a autant d'orateurs qu'il y a de conversations et de genres discursifs note Olivier Reboul. Un homme d'église peut ainsi faire un sermon alors que l'homme de loi use d'apologie (défense d'une personne) ou de réquisitoire (attaque contre une personne). L'orateur dépend donc avant tout de son public. Jean Starobinski, dans "Les Lieux de mémoire" note que les lieux traditionnels de la rhétorique (la chaire, la tribune et le barreau) sont aujourd'hui éclatés et diversifiés en affiches, cortèges politiques ou syndicaux, télévision, publicité, conférence, . Par ailleurs, ce statut, et sa perception dans la sphère publique, a évolué. Le sexe de la personne qui assume le discours, au moyen des techniques oratoires a également évolué. Selon Philippe-Joseph Salazar en effet, il existe , l'un oratoire, qui est masculin (en diplomatie, dans les domaines judiciaire, religieux et parlementaire) et un second féminin, dévolue à l'art de la conversation pur et formant une véritable selon Marc Fumaroli. Salazar rappelle alors qu'il existe en Suède, depuis le une tradition oratoire féminine inexistante ailleurs en Europe (sauf peut être lors de la préciosité), et laissée de côté par les historiens de la littérature. Enfin, pour la rhétorique classique, l', traduction de l'adage latin attribué au rhétoricien romain Quintilien, c'est-à-dire qu'il doit porter des valeurs civiques de probité et de respect de l'interlocuteur. Dans les mondes grec puis romain surtout, l'orateur a une fonction de médiation : explique Philippe-Joseph Salazar. Le « bien » dont parle Quintilien est alors le « bien commun », la justice sociale, la « "res publica" » des romains. L'argumentation. Science du raisonnement. L'argumentation constitue une . Elle a souvent été confondue, sans distinction, avec la rhétorique en tant que telle, alors que, si la rhétorique peut s'appuyer sur le discours argumentatif, l'inverse n'est pas vrai. Le but de l'argumentation est de faire progresser la pensée en partant du connu pour faire admettre l'inconnu ; ce que la logique formelle nomme l'inférence. Le maître-mot est alors le raisonnement, qui se divise lui-même en deux notions (la déduction et l'induction). Pour Joëlle Gardes-Tamine l'argumentation a pour but de réduire la distance entre l'orateur et son public. Elle rappelle en effet que les latins appelaient également l'argumentation l"aptum", c'est-à-dire l'« adaptation au public ». Il existe néanmoins un type de raisonnement qui s'exclut du champ rhétorique remarque Jean-Jacques Robrieux. Il s'agit de la démonstration, qui est , qui est l'apanage du domaine scientifique. Contrairement à l'argumentation, dans laquelle l'orateur est libre de sa stratégie argumentative, dans la démonstration (la mathématique par exemple, parmi les plus rigoureuses) la logique interne prime, . Il existe ainsi deux types d'argumentations, déterminant toute une gamme d'arguments utilisés dans le discours : Déduction et syllogistique. La déduction est le principe de raisonnement qui va du général au particulier. La syllogistique étudie ce mode de raisonnement. Jean-Jacques Robrieux donne ainsi cet exemple : Les deux premières propositions (qui sont des « assertions » : elles énoncent un fait) sont appelées les prémisses du raisonnement. La première assertion est dite « majeure » car elle énonce une loi générale alors que la seconde est « mineure » car elle énonce un fait particulier. Par ailleurs, les termes sont appelés « "grand terme" » (ici ), « "moyen terme" » () et « "petit terme" » (). Selon leur place au sein des prémisses quatre figures sont possibles. Par ailleurs, la syllogistique distingue les « modes » ou agencement des termes selon deux couples de variables : qui donnent ainsi également quatre figures possibles (ou « syllogismes » de . Les modes combinés aux possibilités d'agencement des termes aboutissent à un ensemble de 256 combinaisons dont seulement 19 sont rationnelles et logiques. La scolastique les désigne au moyen de voyelles permettant de créer une matrice : Les combinaisons forment ainsi des mots, par exemple « Barbara » (a, a, a), dans le cas de trois propositions universelles et affirmatives. Néanmoins, il existe quatre syllogismes dits « complexes », parmi les plus utilisés en rhétorique, au-delà des syllogismes formels et logiques spécifiques : Induction et la généralisation. L'induction part de faits particuliers pour aboutir à une loi générale. Elle prime notamment dans la démarche scientifique. Les rhétoriciens en distinguent deux types : Jean-Jacques Robrieux s'arrête sur la remarque selon laquelle le raisonnement inductif ne fait pas que généraliser ; il peut aussi induire des faits particuliers, c'est le cas des enquêtes de police par exemple. Les figures de rhétorique. Il s'agissait à l'origine d'une partie de la rhétorique liée à l'« "elocutio" » mais également de l'agencement du discours (la « "dispositio" »), avant de devenir l'élément le plus analysé et le plus discuté de la rhétorique, dépassant même le cadre de la discipline oratoire pour devenir un aspect du style, surtout en littérature. La figure de rhétorique est perçue depuis les origines antiques de la discipline comme étant un « ornement du discours » (« "colores rhetorici" »). Le classement des figures est un problème transversal à toute l'histoire de la rhétorique. Au , avec les recherches structuralistes surtout, les figures de style quittent le terrain de la rhétorique pour devenir des éléments de la persuasion et de la communication. La linguistique moderne les classe majoritairement en quatre niveaux : Cependant, les classements proposés ne rendent que difficilement compte des effets stylistiques des figures, complexes et reposant surtout sur le contexte (c'est le cas notamment de l'ironie). Enfin, toutes les figures de style ne concernent pas la rhétorique : seules celles affectant le discours et le rapport de locution sont dites rhétoriques. Les figures de rhétorique permettent une vaste palette d'effets. La stylistique en étudie plus précisément les effets sur le lecteur, sans tenir compte d'une situation d'éloquence particulière. Nombre de ces figures peuvent devenir des arguments spécifiques. L'allégorie est ainsi très employée dans le discours oratoire car elle permet de donner à voir des concepts abstraits par définition. Le recours aux allégories mythologiques (comme Cupidon qui représente l'Amour) permet de rendre davantage didactique son discours. C'est le cas aussi de la métaphore comme dans d'André Breton ou du paradoxisme par exemple. Elles peuvent frapper l'esprit par le raccourci que constitue l'association des contraires dans l'oxymore : (Voltaire) ou produire un effet comique avec le zeugme : , (paroles de Zazie de Raymond Queneau). Si les figures permettent des effets sur le "pathos" et l"èthos", elles peuvent concerner également des tactiques de manipulation davantage complexes. Joëlle Gardes-Tamine, dans la "Rhétorique" distingue celles servant à polémiquer (comme l'ironie et l'analogie) à nommer (périphrase, antonomase), à frapper l'auditoire (par l'hyperbole et la description), à suggérer des idées (allusion, métonymie, euphémisme) ou encore à interpeller (apostrophe). Les arguments. Les arguments sont les éléments de discours servant à étayer un propos ou une thèse. Pour Quintilien : Les auteurs en distinguent deux catégories majeures : ceux provenant du domaine de la logique formelle et ceux émettant un jugement. Jean-Jacques Robrieux distingue lui quatre classes d'arguments : Il est important de rappeler que l'on appelle « thème » le sujet de la proposition (c'est-à-dire ce qu'on dit), et « prédicat » l'information sur ce sujet. Les arguments ont été l'objet de recherches importantes, tant dans leur dimension linguistique que logique. Aristote les analyse dans son "Organon" et dans les "Arguments sophistiques". Port-Royal a rédigé par ailleurs une "Port-Royal". Enfin, l'économiste John Stuart Mill a écrit lui aussi une "Logique", et principalement le livre V consacré aux arguments paralogiques. Les arguments quasi logiques. Chaïm Perelman est l'introducteur du concept d'argument quasi-logique. Il faut comprendre ici le « quasi-logique » comme similitude avec les règles d'inférences de la logique formelle). Perelman identifie cinq types d'arguments quasi-logiques : L'incompatibilité est l'analogue dans l'argumentation de la contradiction logique dans un système formel. Pour illustration, la critique d'une personne sur le fait que ses actes ne sont pas conformes à ses propos est une forme d'argument quasi-logique d'incompatibilité. Il n'y a dans cet exemple à proprement parler aucune contradiction logique, c'est-à-dire que ne sont pas mis en présence des énoncés se niant logiquement. La définition est un argument quasi-logique quand elle est choisie par l'orateur parmi différentes définitions possibles d'un même concept. Ce choix est argumentatif en ce qu'il influence la pensée de l'auditoire. Dans un système formel, la définition est une relation d'équivalence logique entre le défini et le définissant. Dans l'argumentation, il n'y a généralement pas d'équivalence logique en raison des différentes connotations portées par les termes du défini et du définissant. La relation logique de transitivité est la relation qui veut que si A implique B et B implique C alors A implique C. Dans l'argumentation, il est souvent mobilisé une forme affaiblie de transitivité. Perelman cite comme exemple le fameux dicton : « Les amis de mes amis sont mes amis ». Cet énoncé ne contient pas une authentique relation logique de transitivité en raison de ce qu'il admet des exceptions selon le contexte. La règle de justice est l'analogue dans l'argumentation de la règle de symétrie dans un système formel. Un exemple est la formule de Quintilien : « Ce qui est honorable d'apprendre, il est également honorable de l'enseigner ». Enfin, Perelman conçoit également la comparaison comme un argument quasi-logique quand elle est une recherche d'identité. Il faut alors la distinguer de la figure de style du même nom. Les arguments empiriques. Ces arguments se fondent sur l'expérience. Contrairement aux arguments logiques, ils ne peuvent exister sans une observation du champ de la réalité (appelée « empirie »). D'après Jean-Jacques Robrieux, ils se sous-divisent en trois groupes : les arguments fondés sur la causalité et la succession comme la description, ceux fondés sur la confrontation comme la disqualification ou l'argument d'autorité et enfin les arguments inductifs comme l'illustration ou l'analogie. Les arguments contraignants et de mauvaise foi. Ces types d'arguments sont hautement manipulateurs, mais à des degrés divers. Ainsi, les auteurs distinguent ceux fondés sur le bon sens, l'appel au conformisme, la ruse ou la violence. Ils sont également peu logiques. Peu étudiés au cours des siècles, Jean-Jacques Robrieux remarque qu'ils font . Certains de ces arguments ont recours aux valeurs (ce sont les repères moraux admis par une société donnée et partagées par tous), d'autres sont plus particulièrement des ruses sophistiquées destinées à gagner à tout prix le débat. Ils sont : le proverbe, les lieux communs et les questions. Les « questions éristiques » sont quant à elles polémiques ; elles cherchent à agresser l'interlocuteur. Le philosophe Arthur Schopenhauer en a proposé une étude précise dans "L'Art d'avoir toujours raison ou Dialectique éristique" (1830 - 1831). Dans le domaine de la mauvaise foi il existe un ensemble d'arguments particulièrement efficaces s'appuyant sur une déficience de logique formelle (appelés de manière générale les paralogismes) comme le sophisme, le paralogisme, la pétition de principe ou le paradoxe. Les arguments jouant sur le pathos. Certains arguments ont pour but unique d'émouvoir ou de susciter la pitié. Le discours judiciaire y est particulièrement sensible, notamment lorsque l'avocat de la défense tente d'émouvoir le jury par exemple. Ils sont l'argument démagogique, l'argument "ad misericordiam" ou "ad baculum". Domaines de la rhétorique. Étant avant tout une pratique, la rhétorique s'incarne au sein de divers domaines, principalement les discours philosophique, politique et publicitaire. Le domaine religieux et pédagogique sont également très influencés par l'art oratoire, dans leur dimension historique mais aussi pratique. Tous les spécialistes de la discipline s'accordent à dire que celle-ci vit un renouveau, à travers ces « rhétoriques » du fait de l'expansion des techniques et des enjeux de la communication actuelle. Néanmoins, la rhétorique n'est pas qu'une somme de techniques ; pour Olivier Reboul, Chaïm Perelman, selon les mots de Bertrand Buffon elle . Rhétorique et philosophie. Une histoire et des enjeux communs. Pour Michel Meyer, la philosophie et la rhétorique entretiennent des connexions certaines. D'une part, la philosophie est née de la rhétorique, avec Platon et Aristote surtout. C'est avec ce dernier que selon Chaïm Perelman. D'autre part, . Platon scella définitivement l’opposition entre la rhétorique « philosophique », et la rhétorique « littéraire ». Néanmoins, le discours demeure toujours une interrogation philosophique, alors que la philosophie se fonde de même toujours sur une méthodologie rhétorique. C'est surtout l'œuvre de Cicéron qui symbolise le rapport intime qui existe entre les deux disciplines. S'il n'est pas public, le raisonnement philosophique doit néanmoins convaincre, argumenter et persuader, autant d'objectifs rhétoriques. Chaïm Perelman a ainsi réalisé une étude de cette double influence, dans "Rhétorique et philosophie pour une théorie de l'argumentation en philosophie". Perelman note également l'importance de l'analogie et de la métaphore en philosophie, ce que le philosophe Paul Ricœur, dans "La Métaphore vive" pose comme un préalable au travail herméneutique. Par ailleurs, le philosophe Jacques Derrida s'intéresse à la construction du discours dans "Rhétorique et philosophie". Enfin, l'histoire des deux disciplines a souvent coévolué ; en effet, les préoccupations de la Renaissance, portant sur l'objet du langage les ont nourri. Il s'agissait alors de savoir si le langage devait être compris comme un instrument de compréhension (d'ouverture au divin) ou bien de communication (de manipulation politique). Les réponses de la philosophie ont considérablement, note Michel Meyer, fait progresser la rhétorique ; parallèlement, les conceptions des rhétoriciens jésuites notamment ont apporté à la philosophie la logique formelle et le logicisme. Philosophies de la rhétorique. La rhétorique comme objet de connaissance et objet d'analyse philosophique a donné lieu à de nombreuses réflexions sur la nature du langage et sur le statut de la vérité au sein du discours. Les fonctions de la rhétorique et les notions de « "pathos" » et de « "logos" » vont passionner les thèses philosophiques dès la Renaissance, en effet . Francis Bacon (1561 - 1626) est ainsi le premier à proposer d'étendre la partie de l'« "inventio" » au domaine scientifique. Tout dans la rhétorique peut aider le savant et le langage construit peut venir à bout de chaque paradoxe et l'art oratoire est selon lui lié à l'imagination. Thomas Hobbes (1588 - 1679) voit lui dans le "pathos" un danger pour l'entreprise empirique, qui se fonde sur les faits bruts. La rhétorique est ainsi le langage du pouvoir, du "Léviathan", et un mensonge qui permet de contrôler les hommes. Mais c'est surtout René Descartes qui propose un renouveau, en philosophie, de la rhétorique, à travers son "Discours de la méthode" (1637). Confondant l'argumentation avec la rhétorique, Descartes voit dans l'art oratoire et ses techniques le moyen d'étudier les des faits (leurs causes en somme). Il plaide également pour que la dialectique soit intégrée à la rhétorique ; selon lui une démonstration scientifique ne peut s'en passer. Enfin, Descartes doit à la partie de l'invention rhétorique ses quatre préceptes déterminants sa méthode cartésienne. Michel Meyer voit en effet dans ces préceptes, permettant d'étudier un fait, qui sont : l'évidence, la décomposition, la recomposition et le dénombrement soit les quatre phases de l'invention. Blaise Pascal propose quant à lui un "Art de persuader" (1662) et affirme l'irréductibilité du "pathos", qu'il formule par l'expression du « je ne sais quoi ». Pour lui, la rhétorique doit se cantonner à l'étude des logiques et ne pas chercher à expliquer la dimension pathétique de l'orateur. La philosophie moderne va beaucoup revenir sur les acquis de la rhétorique. Dans la "Dialectique éristique" (1830-1831), le philosophe Schopenhauer explore les voies de la controverse. Il considère que la dialectique éristique est l'art de la controverse. Il explore les causes de celle-ci puis aboutit à postuler que, dans le discours rhétorique, la vérité n'existe pas, au contraire du discours logique. Rhétorique et politique. Véhicule de l'idéologie. Analysé par Constantin Salavastru, dans "Rhétorique et politique. Le pouvoir du discours et le discours du pouvoir", l'art oratoire entretient une . Déjà, en 1815 - 1816 le rhétoricien français Edgar Quinet remarquait que la rhétorique s'est toujours accommodée de l'autorité politique : . Enfin, . En réalité, pour la linguistique, le discours est naturellement implicite. La communication et la langue sont en elles-mêmes des systèmes « flous » car soit fragiles (le « bruit » ou le « blanc » peuvent altérer l'échange) soit polysémiques (un mot a ainsi plusieurs sens réels, des dénotations mais aussi des connotations). Oswald Ducrot a ainsi proposé une théorie dite de la « présupposition » dans "Dire et ne pas dire". À chaque instant de l'échange les locuteurs et interlocuteurs émettent un ensemble de présuppositions permettant le décodage du message. C'est sur ces présupposés cognitifs que, selon Marc Angenot, l'idéologie et la politique se fondent. Ils les nomment des « idéologèmes » et constate qu'ils accompagnent certains mots spécifiques, à forte connotation, comme « juif » par exemple, au sein de ce qu'il appelle les , fortement idéologiques. Rhétorique et démocratie. La manipulation par le verbe et le discours est souvent perçue comme un attribut du pouvoir politique. La rhétorique est ainsi considérée comme le cœur de la propagande ou de la démagogie. Or, pour nombre d'auteurs, la rhétorique est surtout un instrument démocratique. Pour Jean-Jacques Robrieux, spécialiste de la rhétorique classique, . Autrement dit, l'équation selon laquelle la rhétorique est synonyme de manipulation reste un cliché que ni l'histoire, ni l'usage n'infèrent. En effet, pour certains auteurs, paradoxalement, la rhétorique ne peut se fonder que sur la liberté individuelle, ainsi que sur un climat de liberté sociale. Jacqueline de Romilly remarque, sur le plan de la méthode historique, que, à Athènes, au siècle de Périclès, la rhétorique progressait d'autant plus que progressait la liberté. Pour Philippe-Joseph Salazar, dans "Pratiques de la rhétorique dans la littérature de la fin du Moyen Âge et de la première modernité", la rhétorique a permis l'avènement de la démocratie, par le maintien de principes d'équité, tels l'égalité de temps de parole ou le débat contradictoire. Reprenant le néologisme de la spécialiste du monde grec en France, Barbara Cassin : [sic], Salazar explique que l'art oratoire se fonde sur trois valeurs démocratiques : ce qui est « juste » (rhétorique judiciaire), ce qui est « utile » (rhétorique délibérative) et ce qui est « valable » (rhétorique épidictique). Pour synthétiser, il voit dans l'enseignement rhétorique le noyau de la démocratie : Rhétorique et psychologie. Un substitut à la violence. Depuis les débuts de la discipline, les auteurs remarquent que la rhétorique recherche en priorité les solutions de l'ordre des représentations. Loin de son image actuelle de moyen verbal au service de l'idéologie, la rhétorique a avant tout à voir avec le processus de civilisation et la notion de catharsis décrite par Aristote. Olivier Reboul dit ainsi : C'est surtout l'approche « communicationnelle » (étudiant en quoi la rhétorique est avant tout une méthode de communication entre personnes) qui s'intéresse à la dimension psychologique de l'art oratoire. Selon Aron Kibédi Varga, dans "Rhétorique et littérature", . Pour nombre d'auteurs, les débuts quasi mythiques de la discipline, relatés par Aristote, selon qui la rhétorique est née après que les tyrans de Sicile aient été expulsés par le peuple, au , éclairent cette dimension. Il fallut en effet redistribuer aux paysans les terres confisquées, ce qui obligea de mettre en place un cadre procédurier ainsi qu'une technique de prise de parole. En d'autres termes, note Joëlle Garde-Tamine, la rhétorique devint un substitut à la violence. Des processus cognitifs à l'œuvre dans le système rhétorique. La psycholinguistique a permis au de relever l'importance des processus de cognition que l'orateur ou l'interlocuteur mettent en pratique au sein du discours. La mémoire est ainsi particulièrement sollicitée, ainsi que l'imagination, à travers le pourvoir de figuration. Les figures de style sollicitent en effet les compétences d'imagerie mentale que le cognitivisme a pu mettre en exergue. Rudolf Arnheim, dans "La Pensée visuelle" (1976) énumère les processus cognitifs liés au sens de la vue auxquels à recours la communication. Déjà, au , le cartésien Géraud de Cordemoy, dans son "Discours physique de la parole" (1668) voyait dans la rhétorique le résultat de l'interaction intime de l'âme et du corps, interaction consistant en qui explique, par exemple, la force du "pathos" et des affects. S'il manipule, le discours rhétorique agit en premier lieu au niveau sentimental. La publicité redécouvre la puissance suggestive de l'art oratoire, que les sémioticiens comme Jacques Durand ou Roland Barthes ont étudiée. Roland Barthes voit ainsi dans la rhétorique un langage général à l'esprit : . Le discours publicitaire se fonde enfin sur la dimension psychologique de la rhétorique. À partir de l’analyse d’affiches électorales, Olivier Reboul conclut ainsi que la nature rhétorique de l’image concerne principalement l’"èthos" et le "pathos" alors que, au contraire, l’argumentation n'est pas première. Jacques Durand a lui abordé la fonction de l’usage des figures dans le discours de vente. Il propose de considérer la rhétorique de l’image publicitaire comme une rhétorique de recherche du plaisir qui permet au consommateur un double bénéfice : . La manipulation verbale enfin utilise des effets psychologiques, plus ou moins conscients. Ainsi, par exemple, cite Chaïm Perelman, le fait de hiérarchiser les valeurs (les qualifications destinées à présenter les idées ou les faits) conduit subliminalement à imposer un point de vue à l'auditeur. En effet, dans la conscience de l'auditoire. Des figures de style permettent ainsi de jouer particulièrement sur ce genre d'effets (telles la métabole ou l'amplification par exemple). Rhétorique et psychanalyse. Avec le psychanalyste Jacques Lacan apparaît la notion d'une relation étroite entre la rhétorique et l'inconscient : . En résumé, il fait coïncider, quant aux procédés de constitution du rêve, la condensation de Freud avec la métaphore, et le déplacement avec la métonymie. , énonce-t-il par ailleurs. Rhétorique et religion. La rhétorique prend une forme particulièrement vivante au sein des grandes religions. Les discours prophétiques emploient en effet un ensemble de moyens de persuasion allant de l'image (ou « parabole ») à la logique dans les propos théologiques. Tout d'abord, la rhétorique et l'analyse du discours sont utilisées pour décrypter les logiques implicites des discours religieux. D. Marguerat et Y. Bourquin, dans "La Bible se raconte. Initiation à l’analyse narrative" posent ainsi les bases de cette dimension descriptive de la discipline rhétorique. La rhétorique sémitique est par ailleurs une forme de composition littéraire propre aux textes bibliques ou coraniques. Elle est étudiée en tant que telle depuis au moins le . Michel Cuypers indique qu'Al-Mutazz tentait déjà de définir, en 887, de quelle manière la structure des textes arabo-musulmans se différenciait de la rhétorique grecque. Cependant, il faut attendre le , avec les travaux de Robert Lowth, pour que la rhétorique sémitique soit développée par la linguistique. Pour Philippe-Joseph Salazar, citant Georges Dumézil, les religions font souvent le lien entre la rhétorique et la justice. Il prend ainsi comme exemple la déesse Vac dans l'hindouisme, dont le nom signifie « la Voix » et qui, dans le Rig-Veda préside aux arts de la parole ainsi qu'au lien social, par la justice rendue. Pour certains Michel Meyer, la rhétorique a une fonction sociale liée au sacré. Selon lui, le processus de « rhétorisation » est aussi celui d'un rationalisme de plus en plus réflexif destiné à lever les superstitions. Il explique en effet que Si la rhétorique est née en Grèce ce n'est pas un hasard, c'est aussi le lieu qui a produit le discours rationnel et scientifique ; dans cette optique la rhétorique, par la dialectique, a une fonction contre-religieuse. Rhétorique et stylistique. La rhétorique, née dans le milieu judiciaire, couvre potentiellement l’ensemble des messages sociaux, y compris les textes à visée esthétique. La pensée classique avait envisagé, à côté de la rhétorique, l’existence de la poétique, œuvrant dans le monde de l'imaginaire et ce dès les débuts de l'art oratoire. Aristote a ainsi écrit une "Poétique", même si c'est à la Renaissance surtout que se multiplient les traités de poétique. Mais les textes à visée esthétique, parce qu'ils appartiennent à l’espace du vraisemblable, relèvent aussi d'une rhétorique comprise dans un sens large. De sorte qu'entre poétique et rhétorique, les passages sont possibles : des concepts élaborés dans le cadre de la seconde ont été sans difficultés transposés à la première. La poétique est ainsi devenue avec le temps une discipline à part, la stylistique, utilisée actuellement, dans le milieu universitaire comme étant la science de la production littéraire, au sens de création d'un discours spécifique. Elle selon Charles Bally. Au , se nourrissant des apports de la sémiologie des années 1970 (avec Roland Barthes et le Groupe µ surtout), cette poétique se mue en stylistique qui se définit ainsi comme la . La stylistique aujourd'hui se focalise sur l'énonciation, sur les figures de style et sur la narratologie parmi les domaines les plus importants. Rhétorique et enseignement. Dès l'Antiquité, la rhétorique est enseignée. Isocrate y voit la condition d'une formation exemplaire de l'esprit citoyen, parallèlement à la formation physique, par le sport et la musique. En Grèce comme à Rome, l'enseignement se fondait sur la connaissance parfaite des textes classiques et sur la rédaction de commentaires, à l'écrit ou à l'oral. Ces commentaires consistaient en des éloges de personnages d'autorité. L'« invention », qui persiste encore aujourd'hui au Baccalauréat, devait permettre de se nourrir du style de ces auteurs. De 7 à 15 ans l'élève (garçon ou fille) est sous la tutelle d'un « grammairien » (« "magister" ») ; à 15 ans il est enseigné par un « rhéteur » (« "rhetor" ») qui lui apprend l'éloquence. Il s'agit dès lors d'étudier la rhétorique et non plus seulement de la pratiquer. Les exercices préparatoires (« "progymnasmata" » et « "declamationes" ») permettaient d'évaluer les élèves. Or, note Joëlle Gardes-Tamine, le but de ces enseignements était double : développer l'esprit critique d'une part (former le citoyen) mais aussi développer l'esprit créatif. Les jésuites reprendront l'enseignement traditionnel romain, en y incluant la pratique du théâtre. Ce n'est qu'au que les auteurs français comme Bossuet ou Racine deviennent objets d'étude rhétorique. À l'époque contemporaine, l'enseignement de la rhétorique connaît un net repli. En France, le républicanisme oscille, à partir du , entre un usage de la rhétorique dans la formation du citoyen par l'école et le rejet de la rhétorique, d'après Philippe-Joseph Salazar. C'est finalement l'attitude de rejet qui l'emporte, le déclin de l'art oratoire aux programmes étant consommé depuis Jules Ferry, en 1902. Cependant, il y a périodiquement des débats concernant sa réintroduction. Pourtant l'histoire littéraire portant sur la rhétorique témoigne d'un intérêt croissant depuis les années 1970, en France comme dans les pays anglo-saxons. Elle trouve un nouvel essor dans les associations étudiantes de débat (Fédération mondiale du débat francophone) et dans certaines Écoles comme Sciences Po à Paris. Un enseignement de l'art oratoire y a été systématisé depuis 2001 à partir des techniques de l'actio et de l'incarnation du discours. Le principe pédagogique est que chacune ou chacun peut devenir oratrice ou orateur à condition de s'approprier les techniques nécessaires, déjà évoquées, quoique partiellement, par Quintilien (Institution Oratoire, Livre XI), à l'encontre d'un propos qui laisse accroire à un talent oratoire de naissance. Cette approche volontariste est étayée par une méthode, "Tous orateurs", manuel sur les fondations de l'action oratoire, écrit par Cyril Delhay et Hervé Biju-Duval. Les étudiants mettent en pratique leur capacité à débattre et à argumenter dans des débats sur des sujets de controverses en socio-sciences dans le cadre de réunions publiques simulées. Au Québec, pour des raisons historiques et culturelles, la rhétorique fut largement enseignée via ce qu'on appelait le cours classique, une formation qu'offrait la plupart des collèges francophones du Canada jusque dans les années 1960. Ce programme découlait du modèle d'enseignement créé par les jésuites au début de la colonie, avant la conquête anglaise.
Rawls
Rhythm and blues Le rhythm and blues, ou rhythm 'n' blues, abrégé en R&B (ou R'n'B ou RnB, pour la même prononciation), est un genre de musique populaire afro-américaine ayant émergé dans les années 1940. Le terme est originellement utilisé par les compagnies de disque pour décrire des albums ciblant uniquement la communauté afro-américaine urbaine, à une époque durant laquelle commençait à se populariser. Le genre mêle des éléments sonores en provenance du gospel, du blues et du jazz. Au fil de son existence, plusieurs significations sont attribuées au terme. Au début des années 1950, il s'appliquait souvent aux chansons de blues. Au milieu des années 1950, après que ce style de musique a contribué au rock 'n' roll, le terme R&B commence à décrire des styles dérivés ou incorporant du blues électrique, du gospel et de la soul. Dans les années 1970, il est utilisé comme synonyme de funk. Dans les années 1980, un nouveau style de R&B plus développé, connu sous le nom de « RnB contemporain », émerge. Il mêle des éléments de rhythm and blues, de soul, de funk, de pop, de hip-hop et de dance. Les chanteurs de R&B les plus populaires à partir des années 1960 sont Aretha Franklin, James Brown, Stevie Wonder, Michael Jackson, Whitney Houston, R. Kelly ou encore Mariah Carey. Caractéristiques et étymologie. En 1949, Jerry Wexler du magazine ' utilise le terme de en guise de terme musical aux États-Unis. Il remplace le terme de (musique raciale), qui venait à l'origine de la communauté noire, et était considéré comme péjoratif pendant la période d'après-guerre. Le terme est utilisé par ' dans son classement ' de juin 1949 à août 1969, jusqu'à ce que le classement ' ne soit renommé "Best Selling Soul Singles". Avant que le nom de ne soit clarifié dans sa définition, de nombreuses compagnies de disque avaient déjà remplacé le terme de "race music" en "sepia series". Le producteur Robert Palmer définit le rhythm and blues comme un . Il utilise le terme de tel un synonyme du jump blues. Cependant, AllMusic le sépare du jump blues. Histoire. Origines. La migration des Noirs-Américains dans des villes telles que Chicago, Détroit, New York, et Los Angeles pendant les années 1920 et 1930 lance un nouveau marché dans les domaines du jazz, du blues, et autres genres musicaux liés, souvent joués par des musiciens à plein temps, seuls ou en groupe. Les origines du rhythm and blues sont retracées dans le jazz et le blues, populaires à cette période et joués par des musiciens comme Harlem Hamfats, Lonnie Johnson, Leroy Carr, Cab Calloway, Count Basie, et T-Bone Walker. La guitare électrique est également utilisée comme instrument principal, accompagné de morceaux de piano et de saxophone. Fin des années 1940. En 1948, RCA Victor distribue de la musique sous le nom de . La même année, Louis Jordan domine le top 5 des classements ' avec trois chansons, dont deux inspirées du rythme du boogie-woogie populaire dans les années 1940. Le groupe de Jordan, Tympany Five (formé en 1938), se compose de lui au saxophone et au chant, accompagné d'autres musiciens à la trompette, au saxophone, au piano, à la basse et à la batterie. Robert Palmer le décrit comme La musique de Jordan, avec celle de Big Joe Turner, Roy Brown, Billy Wright, et Wynonie Harris, est désormais considérée comme du jump blues. Paul Gayten, Roy Brown, entre autres, avait déjà composé des chansons du style rhythm and blues ayant atteint les classements. En 1948, la reprise de Wynonie Harris (' de Brown en 1947) atteint la deuxième place des classements, après "" de Sonny Thompson à la première place. En 1949, le terme de remplace la catégorie ' du magazine '. Également la même année, ', enregistré par le chef de groupe et saxophoniste Paul Williams, est classé à la première place du R&B, et y reste pendant toute l'année. Écrite par le musicien Andy Gibson, la chanson est qualifiée de parce qu'elle est osée et lascive. Les paroles de Roy Alfred (plus tard auteur du hit ' en 1955), sont à caractère sexuel. En 1949, une nouvelle version de la chanson blues des années 1920, ' est un quatrième succès de Jimmy Witherspoon, et Louis Jordan et la Tympany Five atteignent une nouvelle fois les classements avec la chanson '. La plupart de ces chansons sont publiées par de nouveaux labels indépendants comme Savoy (fondé en 1942), King (fondé en 1943), Imperial (fondé en 1945), Specialty (fondé en 1946), Chess (fondé en 1947), et Atlantic (fondé en 1948). Début et milieu des années 1950. Johnny Otis, signé avec le label Savoy Records, basé à Newark dans le New Jersey, est l'auteur de plusieurs hits de R&B en 1951, incluant : ', ' et ', tous classés à la première place. Otis totalise dix chansons au Top-10 cette année. D'autres hits incluent ', ' et '. The Clovers, un trio vocal qui chante un mélange de blues et de gospel, est classé à la cinquième place avec sa chanson ' publié par Atlantic Records. Aussi en juillet 1951, le DJ originaire de Cleveland Alan Freed se lance dans une émission de radio intitulée ' sur WJW. En 1951, Little Richard Penniman commence à enregistrer chez RCA Records dans le style jump blues de Roy Brown et Billy Wright à la fin des années 1940. Cependant, ce n'est pas avant la publication d'une démo en 1954, qui attirera l'attention de Specialty Records, que le public connaîtra sa musique rhythm and blues funky et uptempo qui l'aidera à catapulter sa popularité en 1955 et aidera à définir le son du rock 'n' roll. Une succession rapide de hits rhythm and blues, à commencer par "Tutti Frutti" et "", inspireront des musiciens comme James Brown, Elvis Presley et Otis Redding. Ruth Brown du label Atlantic, place plusieurs chansons dans le top 5 chaque année entre 1951 et 1954 : ', ', ' et '. ' de Faye Adams atteint la seconde place en 1952. En 1953, le public adepte de R&B fait de la chanson ' de Leiber and Stoller troisième des classements la même année. Ruth Brown est très populaire parmi les fans féminines de R&B. La même année The Orioles, un groupe doo-wop, atteint la quatrième place des classements avec la chanson "". Fats Domino atteint le Top-30 des classements pop en 1952 et 1953, puis le Top-10 avec '. Ray Charles se popularise à l'échelle nationale en 1955 avec '. En 1954, ' des Chords devient le premier hit à atteindre le classement R&B et le top 10 plus tôt dans l'année. À la fin de l'année, et en 1955, ' des Charms atteint le Top-20. Depuis les années 1960. ' de Sam Cooke est une chanson significative du R&B en 1960, idem pour la chanson ' de Chubby Checker. Au début des années 1960, la catégorie musicale auparavant connue sous le nom de rhythm and blues est renommée soul, et une musique similaire jouée par des musiciens blancs est appelée . Motown Records publie son premier single rentable en 1960 : ' des Miracles, et en 1961, Stax Records fait paraître son premier hit ' de Carla Thomas.
Renaissance (homonymie) Renaissance peut désigner : Périodes historiques. On distingue aussi :
Religion de la Rome antique La religion de la Rome antique ou les religions des Romains est l'ensemble des pratiques et croyances religieuses que les Romains considéraient comme proprement romaines (on peut alors parler de Religion romaine, ou de religion publique de Rome), ainsi que les nombreux cultes importés à Rome ou pratiquées par les populations faisant partie de l'Empire romain. En latin, le mot "religio" ne signifie pas Religion mais plutôt obligation rituelle et s'emploie souvent au pluriel. Il faut garder cette nuance à l'esprit pour éviter les confusions terminologiques. Chaque communauté humaine a ses propres partenaires divins. Les Romains se considéraient eux-mêmes comme profondément religieux, et ils attribuaient le succès de leur empire à leur piété collective ("") qui permettait de conserver de bonnes relations avec les dieux. D'après l'histoire légendaire des premiers siècles de Rome, la plupart des institutions et des rites religieux de Rome remontent aux premiers fondateurs de Rome, particulièrement Numa Pompilius, le second roi de Rome. Peu à peu, le droit romain se sépare de la religion. Étude de la religion romaine. En dehors de quelques témoignages archéologiques et épigraphiques, notre connaissance directe de la religion romaine ne remonte pas au-delà du avant J.-C. Il est donc difficile de reconstituer formellement les strates les plus archaïques de la religion romaine, certaines théories sont abandonnées comme celle des dieux "di indigetes" et "di novensides". Outre les influences indo-européennes, la religion romaine nous apparaît, aussi loin que les documents écrits nous permettent de remonter, influencée aussi à la fois par les Étrusques et par les Grecs (les premiers étant eux-mêmes déjà largement influencés par les seconds sur le plan religieux). Les méthodes d'étude sont donc différentes suivant les différentes périodes étudiées : la période archaïque se fonde principalement sur la mythologie comparée. L'étude de la religion romaine à la fin de la République et sous l'Empire est quant à elle basée principalement sur l'ensemble des témoignages littéraires, archéologiques et épigraphiques. Traits principaux. La caractéristique principale essentielle des pratiques religieuses romaines est l'orthopraxie soit un culte fondé sur la bonne exécution des rites et non sur une foi ou une croyance en un dogme. Ainsi selon John Scheid, la religion romaine est une . Les Romains ont néanmoins des croyances, à commencer par l'efficacité de leurs rites adressés à de nombreuses puissances divines, c'est-à-dire surhumaines, les divinités. Ces divinités ont des champs d'actions qui peuvent être liés à un lieu ou à une fonction. Elles peuvent avoir une « puissance topique » (liée à un lieu) comme Jupiter Capitolin (de la colline du Capitole à Rome) ou Zeus Olympien (Olympie en Grèce). Mais ils peuvent avoir également une spécialité dite « fonctionnelle », comme Mars qui est le « dieu de la Guerre » (combat aussi bien militaire que pour les récoltes contre les insectes). Origines de la religion romaine. La religion romaine se distingue des autres religions indo-européennes par l'absence quasi totale de mythes religieux mettant en scène leurs dieux : « chez les Romains, les mythes indo-européens ont été ramenés du ciel sur la terre, et les héros ne sont plus des dieux mais de grands hommes de Rome » (on les retrouve en grande partie réutilisés dans l'écriture des origines de Rome). La comparaison de la religion romaine avec les mythes des autres religions indo-européennes permet pourtant de mieux comprendre les rites religieux des Romains. De ce fait, les dieux romains présentent un visage à bien des égards étrange : d'un côté l'attention se focalise sur leur puissance d'action ("numen") et leur intervention dans l'histoire, car ils ne possèdent pas de « sur-histoire » métaphysique ; de l'autre, comme conséquence, ils ne sont que de pâles figures mal personnalisées. Ils sont d'abord des puissances. Et les Romains, faute de mythes propres, adopteront ensuite les mythes grecs. Le mythe fondateur de Rome est celui de Romulus et Remus, deux frères abandonnés sur les bords du Tibre et miraculeusement allaités par une louve. Romulus, fort du présage extraordinaire des dieux constitué par douze vautours, traça les contours de la ville de Rome sur le Palatin et tua son frère après que celui-ci eut franchi le sillon d'un air moqueur. Aussi Rome devint pour les Romains non seulement un espace d'habitation mais aussi un sol consacré. D'après Tite-Live, c'est après le règne de Romulus que Numa Pompilius, second roi de Rome, institua les pratiques religieuses officielles. Après la mort de Romulus, il transféra une partie du pouvoir religieux du roi, alors à la fois guerrier, législateur et prêtre, vers des collèges sacerdotaux, sélectionnés parmi les Pères, personnages constituant la noblesse choisie par Romulus. Il fonda le temple de Janus, étendit les collèges des flamines, à Mars et à Quirinus, et créa l'ordre des Saliens. Il nomma un grand pontife, chef religieux responsable de la bonne exécution des rites. Selon Georges Dumézil, l'histoire légendaire des origines romaines trahit un archétype indo-européen : le premier roi, Romulus, se concentre sur l'art militaire et fait de Rome une véritable puissance. Le second roi, Numa, fonde les cultes et offre aux Romains une nouvelle force : celle de lutter pour une bonne cause, les déités. La triade divine, Jupiter, Mars, Quirinus, se répartit sur trois fonctions, comme dans la religion indienne antique la trilogie des dieux Varuna, Indra et Nasatya. Jupiter représente la fonction de souveraineté sacrée, Mars, la fonction guerrière et Quirinus, à cette période dieu de la masse, la fonction de production et de fécondité. Cette triade précapitoline a été ensuite remplacée par la triade capitoline classique : Jupiter, Junon, Minerve. Les espaces sacrés. Dans la Rome antique, le "pomerium" est la limite sacrée de la ville, formant une frontière à la fois juridique et religieuse. Le "templum", différent de temple, est un espace terrestre ou céleste dédié aux dieux. On distingue le "templum" terrestre, qui peut être un temple ou un autre lieu choisi (comme "la Curie") du "templum" céleste, qui sert lorsqu'un augure (magistrat destiné aux rites et cultes) demande à un dieu son avis pour une action immédiate (différent de la divination, qui vise à lire l'avenir). La divination peut se faire par la prise d'auspice, par l’observation du vol des oiseaux. L'augure dessine un "templum" (une fenêtre) dans le ciel pour l'observation. Si des oiseaux y passent, c'est bon signe. Si l'oiseau venait de gauche ("sinistra"), c'était mauvais signe ; s'il venait de droite ("dextra"), c'était bon signe. L'espèce des oiseaux observés est aussi considérée comme un message des dieux. La présence d'un ou plusieurs aigles est très favorable. Avec la lecture des entrailles (haruspicine), le "templum" ainsi observé est souvent le foie de l'animal sacrifié. L'augure juge du bon état du foie et peut ainsi comprendre l'avis du dieu sollicité. Cette pratique entre le rite religieux et la divination était réalisée par augures spécialisés appelés des « haruspices » (du latin "haruspex"). L'avis des « poulets sacrés » : l'armée romaine en déplacement avait besoin d'avoir l'avis des dieux avant de livrer une bataille. Le « poulet sacré » est le moyen pratique d'avoir un "templum" en dehors de Rome ou d'une cité romaine. Si le poulet mange le grain donné, c'est un bon signe. Les pratiques religieuses. Sacrifices. Le sacrifice (du latin "sacer" et "facere" : « rendre sacré ») est le rite le plus important car il permet de maintenir la "pax deorum" (paix des dieux) en reconnaissant leur supériorité (leur "maiestas") en échange d'un vœu. Le sacrifice se distingue en deux catégories, privé et public, selon le groupe devant bénéficier du sacrifice. Sacrifices publics et privés. Sacrifices publics. Le sacrifice public est réalisé "pro populo romano", « pour le peuple romain » et ne peut être célébré que par un magistrat à "imperium", illustrant les liens indissociables entre religion et politique. Les sacrifices publics sont l'occasion de sacrifier et de consommer les bêtes les plus prestigieuses comme lors du suovetaurile, le sacrifice d'un porc, d'un mouton et d'un taureau. Celui-ci est réalisé par exemple lors du "lustrum", la cérémonie accompagnant le "census", le recensement des citoyens tous les cinq ans. Sacrifices privés. Le sacrifice privé désigne tous les sacrifices n'étant pas réalisés "pro populo romano", pouvant être fait au nom d'une famille, d'une sodalité, d'un quartier ou de tout autre groupe constitué. Le sacrifice privé ne signifie pas nécessairement l'absence de fastes ou l'exclusion des magistrats publics. Ainsi sous la République, le rite de la "confarreatio" dans un mariage patricien impliquait la présence du "pontifex maximus" et du "flamen Dialis" mais demeurait un rite privé. Sacrifices sanglants et non-sanglants. Sacrifices sanglants. Le sacrifice est sanglant s'il implique le sacrifice d'animaux domestiques. Un partage de la victime est alors réalisé. Les "exta", les abats de la victime, sont offerts à la divinité en les brûlant tandis que les hommes bénéficient du reste de la viande de la victime. Diane chasseresse est la seule déesse qui peut recevoir du gibier en sacrifice. Les sacrifices réalisés pour les divinités chtoniennes comme Proserpine ont lieu non pas sur un autel mais dans un trou réalisé dans le sol. L'ensemble de l'animal est brûlé formant ce que l'on appelle l'holocauste. Sacrifices non-sanglants. Le sacrifice n'impliquant pas d'animaux est dit végétal ou non-sanglant. Il s'agit d'une offrande puisqu'aucun partage n'est fait entre les hommes et la divinité. John Scheid souligne les interrogations que soulèvent le terme de "fruges" soit les « fruits de la terre ». Ce terme inclut généralement les aliments tels que le miel, le fromage, le pain ou les galettes. Tout est brûlé sur un autel ou au sol. Il est utilisé principalement lors du rite de la "supplicatio" et des sacrifices destinés aux divinités chtoniennes. Les Romains offrent aux dieux des animaux domestiques – bovins, ovins, suidés, poulets, etc. D'autres animaux comme des chiens lors des "Robigalia" et des chevaux lors de l"'october equus" étaient possibles. Une offrande ne peut avoir lieu si l'animal ne tient pas en place, s'il est effrayé, malade ou s'enfuit. Dans ce cas, pour maintenir l'offrande, les Romains doivent choisir une autre bête docile en bonne santé. Les étapes du sacrifice. Le sacrifice se déroule en plusieurs étapes qui doivent être impérativement respectées dans le bon ordre pour des offrandes réussies. La "præfatio" est l'offrande inaugurale avec l'utilisation du vin qui symbolise la reconnaissance des dieux, mais également des encens. L"'immolatio" consiste à verser sur le dos de l'animal de la "mola salsa", une farine salée préparée par les vestales. On considère cet acte comme une consécration de l'animal : passer du monde humain au monde divin, l'appartenance au dieu. Le prêtre répand quelques gouttes de vin sur le front de l'animal puis passe le couteau sur le dos d'un geste rapide pour montrer que la bête est consacrée aux sacrifices pour les divinités. Les Romains ne décrivent pas l'étape suivante qui est la mise à mort de l'animal. L'esclave chargé de tuer l'animal doit demander la permission à celui-ci avant de l'égorger. On attache les cornes de manière que la bête n'ait d'autre choix que d'incliner la tête en signe d'acquiescement, avant qu'elle ne soit assommée avec un maillet. La "precatio" est la prière prononcée à haute voix par les prêtres. La récitation des prières est sujette à une attention extrême au point que quatre personnes sont nécessaires à sa juste réalisation. La "litatio" représente la versification et l'acceptation du sacrifice par les divinités. Le partage sacrificiel ou banquet sacrificiel consiste à manger l'animal ainsi sacrifié. La divinité ayant reçu sa part, le reste est partagé entre les sacrifiants. Du fait de la hiérarchisation entre les divinités, ces dernières ne reçoivent pas toutes les mêmes sacrifices. Par exemple, les empereurs divinisés reçoivent un sacrifice propre à leur dignité. Rites funéraire et rites du culte public. Dans la Rome antique, l'appartenance à la classe sociale influence le faste des rites. Les riches se font en principe incinérer, les plus pauvres comme les esclaves sont jetés dans des fosses communes sans cérémonie. Les rites du culte public ont également changé progressivement. Il y a par exemple l'abandon de certains rites de la religion romaine traditionnelle au profit des cultes orientaux à savoir les cultes égyptiens ou encore le christianisme par exemple. Le christianisme occupera d'ailleurs une place de plus en plus importante sous l'Empire romain. Il est courant que certains hommes, en particulier les empereurs à travers le culte Impérial mis en place par Auguste, fassent l'objet d'un culte après leur mort. Leur culte est alors adapté à leur dignité dans la hiérarchie divine. En effet, les empereurs romains divinisés n'ont pas la même dignité que les dieux immortels. Manifestations divines. L'avis des dieux est demandé par l'augure avec le moyen du "templum". Les dieux donnent d'eux-mêmes leur avis par un présage. Lorsqu'un événement étrange survient, le sénat décide s'il y a présage ou non, en faisant appel aux prêtres qui peuvent apporter une réponse de spécialistes après la consultation d'archives et de rites appropriés. Si les rites ne suffisent pas et qu'il y a un nouveau présage, les prêtres font appel aux "livres sibyllins" (recueils d'oracles et de poèmes grecs) dont on tire au hasard un « poème » : on en prend la première lettre de chaque vers ; ces lettres serviront à faire un poème romain indiquant la nature du sacrifice à opérer. S'il y a toujours problème, on consulte l'oracle de Delphes. Le prodige, "prodigium" en latin, ou "portentum" s'il est particulièrement effrayant ou impressionnant, peut se définir dans la religion romaine comme la manifestation spontanée de la volonté divine par le déclenchement de phénomènes naturels et climatiques particuliers. Ces prodiges étaient donc interprétés comme le signe de la colère ou de la désapprobation divine. Il s'agissait pour les Romains de rechercher dans les actes récemment accomplis celui ou ceux qui n'avaient pas plu aux dieux. En effet, pour les Romains, « prodige » signifiait forcément « manquement ». Ces prodiges pouvaient se traduire par des pluies de pierres qui, depuis les origines de Rome, étaient perçues comme des signes redoutables annonciateurs de malheurs pour la cité. Il y avait aussi les "fulguræ", c'est-à-dire la foudre qui s'abattait en des points précis. La naissance d'hermaphrodites ("monstræ"), rapportée trois fois chez Tite-Live et douze fois par Julius Obsequens, était considérée comme contre nature car il se révélait être le pire de tous les prodiges selon les croyances romaines. L'enfant en question, étant considéré comme une menace pour l'harmonie du monde, un signe de défaite militaire et de mort. En effet, dans la conception romaine largement influencée par les Étrusques, notamment à la fin du , la présence même d'un androgyne était vue comme une souillure du territoire romain. En outre, le fait de ne pas savoir si l'enfant en question est un garçon ou une fille constituait une atteinte à l'identité romaine en elle-même et suscitait chez les Romains l'horreur la plus profonde. Les prodiges étaient donc nombreux, très variés et tous pris en compte par le sénat. Chaque année, avant de partir à la guerre, le consul énonce devant le sénat la liste des prodiges qui lui ont été rapportés, puis les sénateurs délibèrent, écartent les prodiges dus à l'imagination, indiquent les prodiges qui concernent la cité et que l'État romain prend en charge, et les prodiges qui ne concernent que des particuliers. Comme les prodiges expriment le désaccord et le mécontentement des dieux, les Romains doivent multiplier les cérémonies d'expiation afin de conjurer ces prodiges et de retrouver la faveur divine. Ainsi, c'est par l'organisation de cérémonies religieuses dites « expiatoire », et notamment à travers les offrandes et les sacrifices faits aux dieux, que Rome espère regagner le soutien de ses divinités. En cela, le sénat dispose de plusieurs moyens d'actions, à savoir trois prêtres compétents ayant chacun des spécificités différentes mais qui sont tous trois en mesure de pratiquer des cérémonies d'expiations. Tout d'abord sont sollicités les pontifes qui, situés dans la ville même de Rome, peuvent donc être sollicités immédiatement par le pouvoir romain. Ils procédaient tout d'abord à une enquête, dont ils exposaient les conclusions devant le sénat. Sur mandat de ce dernier, ils devaient déterminer quel dieu se manifestait à travers tous ces prodiges. C'est là que les "Annales maximi" avaient tout leur intérêt car, grâce à l'observation de certains phénomènes, les réponses apportées par les pontifes antérieurs avaient été consignées dans ces archives. Ainsi, pour chaque type de prodige, il convenait de reprendre une réponse particulière annotée dans ces archives afin de conjurer le phénomène. Les prêtres. Les prêtres (en latin "") sont les spécialistes chargés de l'organisation des cultes religieux. Accédant au sacerdoce par cooptation ou élection par les comices, aucune qualification, formation, culture spécifique ou vocation n'est nécessaire pour exercer une prêtrise dû à l'orthopraxie du culte romain. La bonne exécution des rites par la répétition des mêmes gestes et formules est la fonction première d'un prêtre romain. Ils sont soit chargés chacun du culte d'un dieu (les flamines), soit organisés en collèges permanents, ou encore en confrérie (les sodalités). Ils font partie de l'élite patricio- (chevaliers étant souvent sénateurs, donc magistrats), et sont considérés comme remplissant une mission d'utilité publique. Le "rex sacrorum" a hérité des fonctions religieuses du roi. Les flamines, au nombre de quinze (trois flamines majeurs et douze flamines mineurs), sont des prêtres au service d'un dieu particulier. Il existe quatre grands collèges sacerdotaux appelés . Le collège des pontifes formé de pontifes qui ont un rôle de conseil et participent à de nombreuses cérémonies du cycle agraire. Le collège pontifical est dirigé par le pontifex maximus qui possède en outre la responsabilité de définir le calendrier de l'année. Les augures, au nombre de seize sous Jules César, attestent de l'attitude des dieux à l'égard de la cité (en interprétant les signes) dans les grandes décisions politiques (notamment la conduite de la guerre) et conseillent le Sénat et les magistrats. Les "quindecemviri sacris faciundis" (quinze, puis seize à l'époque de César) s'occupent des recueils des livres Sibyllins et de surveiller les cultes étrangers à Rome. Les "septemviri epulonum" (au nombre de sept puis dix à l'époque de César) sont chargés des banquets sacrés et du contrôle des jeux. Les confréries religieuses sont nombreuses. Il y a les saliens, chargés des chants et danses lors des rituels guerriers de mars et d'octobre. On trouve également les frères Arvales, douze desservants du culte de la déesse agraire "Dea Dia". Les Fétiaux sont quant à eux chargés de garantir le respect du droit dans les relations avec les autres peuples (notamment au moment de déclarations de guerres). Leur activité a donné lieu à la naissance du "ius fetiale". Les luperques célèbrent la fête des lupercales qui avait lieu le quinze février avec une cérémonie en souvenir de l'allaitement de Romulus et Rémus par la louve. Les Vestales constituent également un collège sacré, mais composé de femmes. Le calendrier religieux. Le calendrier romain est divisé en diverses sortes de jours, selon l'activité que l'on pouvait entreprendre : Pendant longtemps, la qualité des jours était annoncée par le "pontifex maximus" seulement un mois avant, car le calendrier était compliqué (calendrier lunaire de 355 jours/an donc, tous les deux ans était rajouté un mois intercalaire de 20-22 jours). Jules César simplifie ce système en 45 av. J.-C. en adoptant un calendrier solaire proposé par l'astronome égyptien Sosigène d'Alexandrie : c'est le calendrier julien, encore en vigueur de nos jours, après la réforme grégorienne de 1582. Les dieux. Dans ses traités philosophiques, Cicéron range les dieux officiellement admis en trois catégories : "Superstitio" et "pietas". "Superstitio". La "superstitio" est la posture qu'adoptent les personnes qui s'écrasent sous le pouvoir divin et qui, en quelque sorte, ne font pas preuve de "pietas", ou même de "fides", c'est-à-dire, de la considération d'un rapport de mutualité avec les dieux : ceux-ci se sont soumis aux mêmes lois que les Humains car toute loi votée au Sénat ou par les assemblées du peuple sont validées par les dieux. Scheid rappelle l'épisode magico-religieux dans lequel Numa s'est opposé frontalement à Jupiter pour rappeler les lois et obligations auxquelles celui-ci s'est engagé à se soumettre. Selon Cicéron, . L'« Affaire des Bacchanales » (186 av. J.-C.) est une grave affaire religieuse : un culte secret est rendu à Bacchus par plusieurs personnes. C'est un crime « contre-Cité » de « Cité à l'intérieur de la Cité » par une vénération privée à un dieu, car la Cité est un « corpus » de dieux et ces dieux sont la Cité (le culte privé est impossible). Les « criminels » ont été durement réprimés. "Pietas". La "pietas" est le respect scrupuleux des rites. Les Romains s'estiment les plus pieux des humains et c'est pourquoi ils sont aidés par les dieux. Ils invitent également les dieux des adversaires vaincus à venir à Rome pour être bien honorés. C'est l"'evocatio". Ainsi, les dieux des vaincus quittent ces derniers qui sont encore moins bien protégés et aidés. La "pietas" signifie aussi le respect dû aux parents ("pietas erga parentes"), le respect de la patrie ("pietas erga patriam"). Dans ces deux cas, elle a également un sens religieux : le Romain voue un culte aux dieux Mânes (de ses ancêtres), au "lar familiaris" ; il participe au culte civique. Les cultes des autres religions. Quoiqu'on connaisse mal la religion de la Rome archaïque, sous la République, le culte se confond avec celui de la ville, puis de l'empereur à partir d'Auguste. Il est vrai également que le polythéisme des Romains était tolérant... jusqu'à un certain point. Sylla donna pour mission aux 15 membres du collège des interprètes des "Livres Sibyllins" de surveiller les cultes étrangers. Les Romains ne s'imaginent pas leurs dieux supérieurs, mais ils s'enorgueillissaient d'être les meilleurs pour les rites. La "pietas" c'est réussir le rite (ou sacrifice) parfait : pour cela il faut souvent recommencer le rite pour qu'il soit « administré » de manière parfaite pour ne pas froisser le dieu (il existe des exemples de rites recommencés une trentaine de fois de suite par des magistrats de grande "pietas"). Vis-à-vis des cultes étrangers, les Romains se montrent assez tolérants, et de façon générale toutes les religions étaient tolérées (voir "religio licita"). Le panthéon romain s'est enrichi de nouveaux dieux et s'est nourri de différentes influences religieuses : au par exemple a été introduit le culte grec d'Esculape. À l'origine se mélangent les religions italiques et grecques. À la fin du , le culte phrygien de Cybèle se diffuse peu à peu. Il est officiellement importé à Rome lors de la seconde guerre punique, où la déesse est en quelque sorte installée dans le côté romain (cf. Tite-Live). Ultérieurement, le judaïsme est toléré quoique étrange et peu apprécié de l'esprit romain. Avec la conquête de l'Égypte, l'empereur porte le titre de pharaon, mais uniquement en Égypte. Les influences orientales ont mis à l'honneur des pratiques individuelles et les cultes à mystères, dans un souci de rapport direct avec la divinité. Au , l'empereur Caligula s'intéresse au culte d'Isis. À la fin du , Commode est initié au mithraïsme. Toutes les religions n'ont cependant pas connu cette tolérance et cette assimilation romaine, et les rites clandestins sont suspects aux yeux des romains : Les divinités orientales. On ne peut parler de la religion romaine sans évoquer les divinités de tout le bassin méditerranéen qui ont été « assimilées » au fil de l'expansion de l'Empire ou des mouvements des populations, et « importées » jusque dans la cité mère, Rome. La première divinité qui est arrivée à Rome est la déesse anatolienne Cybèle, en 204 av. J.-C., dont les prêtres, comme pour le culte de la déesse Atargatis, se mutilaient et répandaient leur sang en sacrifice. Ces rites étant secrets, nous les connaissons par les récits probablement exagérés d'auteurs qui n'approuvaient pas ces cultes venus de l'Orient, et qui évoquent des prêtres eunuques et des « bains de sang ». Ensuite, les dieux grecs arrivèrent, ce qui provoqua une assimilation entre divinités helléniques et romaines. Ainsi le petit dieu latin Neptune devint l'équivalent du grand maître de la mer Poséidon. Une déesse mineure des forêts, Diane, fut assimilée à la souveraine des domaines boisés, Artémis, vierge chasseresse. Mais le dieu grec qui garda à peu près tous ses attributs et même jusqu'à son nom fut Dionysos-Bacchus. Un scandale éclata à son sujet au deuxième siècle avant l'ère chrétienne, l'« affaire des Bacchanales ». Les cultes alexandrins arrivèrent à Rome par des commerçants grecs ou égyptiens, et commencèrent à être ouvertement pratiqués sous Caligula qui se proclamait descendant des pharaons. On vénérait sur le champ de Mars la déesse égyptienne Isis, son époux Sarapis et leur enfant Harpocrate (l'Enfant Horus hellénisé). Un peu partout dans l'Empire, d'autres divinités d'Égypte, tels Hermanubis (Hermès-Anubis) ou encore Apis eurent leurs cultes, dont on a des traces jusqu'en Gaule. Isis prit une importance considérable et était pour ses fidèles, comme en Égypte, la Déesse-Mère universelle ayant engendré l'univers et les astres. Ce culte était très hiérarchisé, sur un modèle plus ou moins emprunté des traditions égyptiennes. On peut encore admirer aujourd'hui le temple de la déesse à Pompéi. Le culte qui eut le plus de succès en territoire romain fut celui du dieu indo-iranien Mithra, arrivé le plus tardivement parmi les divinités orientales. On le vénérait dans les "mithraea". Son culte à degrés initiatiques était réservé aux hommes et eut beaucoup de succès dans l'armée. Le dieu était une chance de salut, et on le représentait souvent dans la scène de la tauroctonie. Certains se tournèrent vers ces dieux, ainsi que vers divers cultes à mystères parce qu'ils semblaient plus proches ou promettaient une immortalité bienheureuse, mais fondamentalement la religion romaine était syncrétique et dans un cadre fondamentalement polythéiste ces nouveaux cultes n'entraient guère en conflit avec les anciens.
Renoutet
Région française Une région est, en France, une collectivité territoriale issue de la décentralisation, dotée de la personnalité juridique et d'une liberté d'administration, ainsi qu'une division administrative du territoire et des services déconcentrés de l'État. Les régions sont régies par le titre XII de la Constitution de 1958 et la quatrième partie du code général des collectivités territoriales. Pour partie héritières d'anciennes provinces et régions historiques, les régions sont créées sous leur forme actuelle à partir de 1956 et acquièrent un statut de collectivité locale en 1982, inscrit dans la Constitution depuis 2003. Au nombre de vingt-sept en 2015, elles sont au nombre de dix-huit depuis le : treize régions ou collectivités assimilées à des régions en France métropolitaine (dont la Corse, qui est une collectivité territoriale unique exerçant les compétences d'une région), et cinq régions d'outre-mer (dont trois, Mayotte, la Guyane et la Martinique, sont également devenues des collectivités territoriales uniques). Ces cinq régions ultramarines bénéficient du statut de région ultrapériphérique de l'Union européenne. Les régions, en tant que collectivités, sont dotées de deux assemblées, contrairement aux autres collectivités qui n'en possèdent qu'une : une assemblée délibérante, le conseil régional, et une assemblée consultative, le conseil économique, social et environnemental régional, représentatif des « forces vives » de la région. Le président du conseil régional constitue quant à lui l'exécutif de la collectivité. Le champ d'intervention des régions est très large. Il concerne notamment la gestion des lycées et celle des transports interurbains (cars interurbains et trains régionaux), en passant par le développement économique du territoire. La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe) de 2015 a apporté des changements importants pour les régions : suppression de la clause générale de compétence, clarification des compétences exercées, acquisition d'un statut de « chef de file » pour certaines de celles qu'elle partage avec les autres niveaux de collectivité. Les régions ont vu leur poids politique, économique et symbolique s'accroître dans le paysage institutionnel français depuis les années 1990. Ce mouvement s'est fait de manière concomitante avec les transferts de compétence dont elles ont bénéficié de l'État, l'envergure nationale des élus régionaux qu'elles portent à leur tête et leur reconnaissance par l'Union européenne. Conduisant désormais un grand nombre de politiques publiques avec des ressources importantes (une partie de la TVA leur est notamment versée), elles développent des modèles de développement propre et la culture locale existante. Certaines d'entre elles peuvent même constituer le cadre d'expression d'un renouveau régionaliste, autonomiste voire indépendantiste. Division administrative. Depuis le , la France compte dix-huit régions administratives, treize en métropole, dont la Corse, et cinq outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte). Liste et codification ISO 3166-2 des régions actuelles. Les douze régions métropolitaines et la collectivité territoriale unique de Corse ont les codes suivants : Les cinq régions ultramarines sont dotées à la fois de codes ISO 3166-1 et : Collectivité territoriale. La région est une collectivité territoriale à savoir une personne morale de droit public distincte de l'État et bénéficiant à ce titre d'une autonomie juridique et patrimoniale. Elle dispose d'un organe délibérant, le conseil régional élu, d'un organe exécutif, le président, élu par l'assemblée et d'un organe consultatif, le conseil économique, social et environnemental régional (CESER), dont les membres sont désignés. L'action régionale s'exécute sous le contrôle "a posteriori" du préfet de région. La France étant un État unitaire et décentralisé, les régions, tout en ayant le statut de collectivités territoriales, n'ont pas d'autonomie législative, mais disposent d'un pouvoir réglementaire. Organisation. En 2016, sur les dix-huit régions administratives françaises, quatorze ont le statut de collectivité régionale et quatre autres sont des collectivités à statut particulier. Ainsi, quatorze conseils régionaux sont formellement en activité. La Corse, la Guyane, la Martinique et Mayotte disposent d'une organisation spécifique. Organe délibérant : le conseil régional. Le conseil régional est l'assemblée délibérante de la région, élue au suffrage universel direct par les électeurs de la région (art. L4131-1 du CGCT). La loi du a ajouté à cet article un second alinéa disposant que le conseil régional est composé de conseillers territoriaux qui siègent dans les conseils généraux des départements faisant partie de la région. Ces dispositions ont néanmoins été supprimées par la loi du qui a rétabli les conseillers régionaux et départementaux. La loi du institue le troisième mode de scrutin aux élections régionales, après ceux de 1985 et de 1999, aujourd'hui toujours en vigueur. Celui-ci permet de concilier plusieurs exigences essentielles : d'une part, donner une majorité politique cohérente aux conseils régionaux tout en veillant au respect du pluralisme et, d'autre part, assurer une représentation juste et équitable des territoires et des citoyens. Les conseillers régionaux sont élus, pour un mandat de six ans, au scrutin de liste à deux tours, sans possibilité de panachage ni de vote préférentiel. Chaque liste est constituée d'autant de sections qu'il y a de départements dans la région. Le dépôt des listes s'effectue au niveau régional, les candidats étant répartis entre des sections départementales. Chaque liste doit comporter autant d'hommes que de femmes afin de respecter la parité au sein des assemblées délibérantes régionales. Cette règle s'applique pour chaque tour de scrutin. Au , régionaux étaient élus dans les régions de métropole et d'outre-mer. Les conseils régionaux sont les assemblées élues les plus féminisées de France, essentiellement grâce à l'application aux élections régionales de la loi du puis de celle du , qui a institué l'obligation de parité stricte des listes. Les disparités régionales existent certes mais demeurent limitées, compte tenu de la quasi-parité atteinte dans l'ensemble de la France lors de ces élections. À l'issue des élections de 2004, la Martinique, avec 51,2 % de conseillères régionales, avait l'assemblée régionale qui comportait le plus de femmes, suivie de la Bretagne (50,6 %) et du Nord-Pas-de-Calais (46,5 %). Le conseil régional le moins féminisé était celui de Poitou-Charentes, avec 43,6 % de femmes, soit 4 points de moins que la moyenne nationale. L'effectif de chaque conseil régional est fixé par un tableau annexé à l'article L.337 du Code électoral. Défini par la loi du , ce tableau n'a été modifié qu'à une seule occasion depuis 2003, par l'article 7 de la loi du afin de retirer du tableau les régions de Guyane et de Martinique qui étaient transformées en collectivités à statut particulier avec un mode de scrutin propre. Le plus petit conseil régional, au regard de sa composition, est celui de la Franche-Comté avec régionaux, le plus important est celui de l'Île-de-France avec . Organe exécutif : le président. L'organe exécutif a pour rôle de préparer et d'exécuter les délibérations. Il occupe en réalité une place centrale car il est le chef de l'administration locale. Cette fonction est attribuée au président du conseil régional. Le président du conseil régional est élu lors de la première réunion du conseil régional qui suit le renouvellement de l'assemblée. L'élection a lieu à la majorité absolue des membres du conseil pour une durée de six ans. Si cette condition de majorité n'est pas satisfaite à l'issue des deux premiers tours, la majorité relative suffit lors du troisième tour. En cas d'égalité des voix, l'élection est acquise au bénéfice de l'âge. Pour l'élection, l'assemblée ne peut valablement délibérer si les deux tiers des conseillers au minimum ne sont pas présents. Dans l'hypothèse où le quorum ne serait pas atteint, une nouvelle réunion devra être organisée trois jours plus tard, sans condition de quorum cette fois-ci (art. L4133-1 du CGCT). Il existe en outre une règle propre à l'exécutif régional : tout candidat à la présidence doit remettre, avant chaque tour de scrutin, une déclaration écrite aux membres du conseil régional. Dans ce document, il doit présenter les grandes orientations politiques, économiques et sociales qu'il souhaite donner à son mandat). Les candidats doivent donc s'engager politiquement sur un programme. Organe consultatif : conseil économique, social et environnemental régional. Chaque collectivité régionale française est dotée d'un troisième organe à vocation uniquement consultative : le conseil économique, social et environnemental régional. Cette instance est composée de membres (entre 65 et 128) nommés pour six ans par arrêté du préfet de région. Il comprend quatre collèges : Le CESER est obligatoirement consulté pour avis par le Conseil régional sur les rapports concernant la préparation et l'exécution du contrat de projet État région, sur les différents actes budgétaires régionaux (orientations budgétaires, budget primitif, compte administratif et décisions budgétaires modificatives) ainsi que sur les schémas à moyen et long terme relatifs aux compétences de la région (schémas de formation professionnelle, d'aménagement du territoire, etc.). Le CESER a seulement un rôle consultatif auprès des pouvoirs publics, ses avis ne sont en aucune manière contraignants pour les conseils régionaux. Institutions propres aux régions d'outre-mer. Les deux régions d'outre-mer (Guadeloupe et la Réunion), ne sont pas une catégorie de collectivité territoriale mais une sous-catégorie de la catégorie « région » constitutionnalisée en 2003. À ce titre elles sont organisées comme les régions métropolitaines avec en sus deux spécificités : Collectivités à statut particulier. Collectivité territoriale de Corse. Depuis 1991, la Collectivité territoriale de Corse a un statut particulier, conférant à la collectivité des droits plus étendus que ceux d'une région au sens strict, ainsi qu'une organisation particulière, composée de trois instances : Au-delà des compétences traditionnelles des régions, la collectivité territoriale de Corse a des compétences élargies dans certains domaines, notamment dans celui de la protection du patrimoine culturel. Collectivités uniques de Mayotte, Guyane et Martinique. En , Mayotte a acquis le statut de collectivité territoriale unique après l'approbation par les électeurs de la transformation du territoire en collectivité territoriale le . En tant que « collectivité unique », la même assemblée exerce les attributions du conseil général et du conseil régional. La collectivité de Mayotte a été dénommée « Département de Mayotte », compte tenu du fort attachement des Mahorais au concept départemental. La Guyane et la Martinique sont également des collectivités uniques depuis le , soit cinq ans après le vote des habitants en faveur de la collectivité unique intervenu le et près de quatre ans après la promulgation de la loi du relative aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique. Domaines de compétences. Le principe de libre administration des collectivités territoriales, énoncé à l'article 72 de la Constitution, suppose que celles-ci s'administrent par des conseils élus dotés d'attributions effectives et disposant d'un pouvoir de décision dans le cadre de compétences qui leur sont confiées. Clause générale de compétence. La loi du 2 mars 1982 a doté la région d'une clause de compétence générale : . En vertu de cette clause, les régions peuvent intervenir dans tous les domaines présentant un intérêt public à l'échelon du territoire régional même si cette intervention n'est pas expressément prévue par un texte, sous réserve, néanmoins, de ne pas empiéter sur les compétences réservées exclusivement à d'autres personnes publiques. Les compétences exercées dans ce cadre sont dites facultatives. Cette clause de compétence générale avait été supprimée par l'article 73 de la loi de réforme des collectivités territoriales du , avec effet au , puis réintroduite par l'article 1 de la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles du 27 janvier 2014. Elle sera de nouveau supprimée dans le cadre de la loi NOTRe du 7 août 2015. Compétences d'attribution. Dès la première loi de décentralisation, le développement économique, l'aménagement du territoire et la formation professionnelle sont les domaines d'intervention principaux des régions. Les compétences en formation professionnelle sont confirmées par la loi du relative aux libertés et responsabilités locales qui fait de la région le chef de file, rôle qui se justifie au regard des compétences dont elle dispose dans le cadre du développement économique. Après une phase d'expérimentation lancée en 1997, l'État confie aux régions, avec la loi du relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), à partir du , l'organisation des services ferroviaires régionaux de transport de voyageurs et leur financement. Les transports régionaux de voyageurs, désignés par le terme « TER » (Transport express régional) sont constitués par les services ferroviaires régionaux mais aussi par les services routiers effectués en substitution des services ferroviaires. Ils connaissent une importante progression au cours des dix dernières années qui suivent leur régionalisation. En 2007, ils représentaient plus de 14 % de l'ensemble du transport ferroviaire en France. Les principales compétences d'attribution sont : Compétences partagées. Dans son rapport sur le projet de loi qui devait aboutir à la révision constitutionnelle du , M. René Garrec dressait un constat largement partagé : « La logique initiale, fondée sur une répartition des compétences par blocs associée à l'absence de tutelle d'une collectivité sur l'autre, a été perdue de vue. À la clarification des compétences s'est substituée une autre logique, celle de la cogestion, avec pour conséquence la multiplication des partenariats. ». Ce même constat est fait en 2011 par : . Ainsi, il ressort que malgré les attributions par la loi, de nombreuses compétences sont partagées entre plusieurs collectivités, particulièrement dans les domaines de l'aménagement du territoire, du tourisme, de la culture et du sport. Pour résoudre cet enchevêtrement la réforme de 2010 pose des principes de clarification des compétences : exclusivité en principe de l'exercice des compétences, possibilité de délégation de compétences à une collectivité d'une autre catégorie, élaboration d'un schéma d'organisation des compétences et de mutualisation des services entre une région et les départements qui y sont inclus, limitation des financements croisés. Dans cette continuité, la loi du de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles tente également de rationaliser l'exercice des compétences enchevêtrées en faisant davantage appel à la notion de chef de file. Les régions sont dès lors reconnues chefs de file dans les domaines suivants : Compétences renforcées pour l'Île-de-France. La région Île-de-France présente des caractéristiques particulières tenant à sa taille et au nombre de ses habitants ce qui, aux yeux du législateur, a justifié l'octroi de compétences spécifiques. Si l'organisation institutionnelle de cette région est identique à celle des autres régions françaises, elle a des compétences renforcées en matière d'équipements collectifs, d'espaces verts mais aussi en matière de transports des voyageurs. Compétences propres aux régions d'outre-mer. Les régions d'outre-mer disposent de compétences spécifiques : Moyens pour l'action régionale. En vertu du principe de libre administration des collectivités territoriales, les régions disposent de leur propre autonomie financière et donc de leur propre budget, qu'elles ont pour mission de répartir dans différents domaines. Leurs recettes sont constituées de dotations de l'État, d'une part, dont une partie est issue de la compensation des domaines de compétences transférés, et d'une fiscalité propre, d'autre part. En 2012, le budget des régions atteint d'euros (Md€), soit 12 % du budget total des collectivités territoriales et de leurs groupements à fiscalité propre. Celui des départements est de et celui du bloc communal de . Histoire des régions françaises. Anciennes provinces du Royaume de France. Avant la Révolution française de 1789, le royaume de France était divisé en provinces historiques issues de l'histoire féodale et dont, pour certaines, la taille correspondait approximativement aux régions actuelles. Certains territoires ont été incorporés à la France pendant la Révolution ou au : 35. Comtat Venaissin (cité papale d'Avignon) 36. Ville libre impériale de Mulhouse 37. Savoie (Chambéry) "fief de Sardaigne" 38. Comté de Nice (Nice), "fief de Sardaigne" 39. Montbéliard, "fief de Wurtemberg" En 1789, ces provinces furent supprimées et le territoire français divisé en 83 départements. La particularité française est que le fait régional est lié au fait national. Comme le souligne le professeur Autin, « depuis le début du , il existait en France un mouvement qui revendiquait la création d'entités administratives et politiques permettant une décentralisation accrue des pouvoirs et la reconnaissance des identités régionales ». En effet, après la Révolution française, la Nation s'est substituée au Roi et l'État français a conservé sa structure centralisatrice ce qu'a démontré Alexis de Tocqueville dans "L'Ancien Régime et la Révolution" en 1851 : « à travers le gouffre de la Révolution, le préfet et l'intendant se tiennent par la main ». De plus, le département (histoire des départements français) est devenu l'échelon rationnel de la mise en œuvre des politiques publiques, institution mise en place par les lois des 15 janvier et 16 février 1790 dont le découpage a été fait sous l'influence de Mirabeau, prenant en compte des particularismes locaux mais non l'identité régionale de peur de faire renaître les pays d'État et d'Élections de l'Ancien Régime. Les revendications régionalistes sont, en effet, réapparues vers la fin du à travers Frédéric Mistral et le Félibrige prônant une identité de langue et de culture occitane dans la littérature. Influençant des courants politiques très divers, des monarchistes aux "Félibres Rouges" en passant par des socialistes modérés tel Jean Jaurès et les soutiens très divers à la Révolte des vignerons de 1907, ce courant reste néanmoins dominé par des courants contre-révolutionnaires. Selon le professeur Daniel Seiler « dès que le transfert de souveraineté passe au Parlement et surtout à la Nation, la périphérie ressent sa différence et s'accroche à l'ordre antérieur ». Ces références constituèrent le terreau idéologique de la défense des identités régionales dans le cadre d'un renouveau national et royaliste portée par l'Action française de Charles Maurras au début du . Premiers assemblages des géographes. Durant la deuxième moitié du , les géographes, Pierre Foncin ou Paul Vidal de La Blache se penchent sur la question « d'assemblages géographiques » afin de regrouper certains départements sur critères géographiques. Foncin établit ainsi une division en en reprenant les limites départementales (les territoires d'Alsace-Lorraine, alors allemands, forment un ensemble classé à part) : Naissance des régions modernes. Des revendications régionalistes émanent des légitimistes quand ceux-ci comprirent, dans les années 1890, que la République avait définitivement vaincu par les urnes et que seul le pouvoir local était encore à leur portée. Régions Clémentel (1919). Les premières mesures allant dans le sens de la création de régions n'ont lieu qu'à l'occasion du premier conflit mondial. À la suite d'une circulaire du ministère du Commerce du (), un premier arrêté ministériel institua des "groupements économiques régionaux" dits « régions Clémentel » le . Ces « régions économiques » regroupaient des chambres de commerce, à leur volonté, sur le territoire de la métropole. Les chambres de commerce étant libres d'adhérer à la région de leur choix et d'en changer librement, les prévues initialement furent bientôt portées à 21, et administrées par un Comité régional composé de deux délégués par chambres, auxquels étaient adjoints les préfets et sous-préfets qui avaient voix consultative. Elles étaient à géométrie variable : par exemple, la (devenue ) région économique (Rennes) devait regrouper en 1917 les chambres de commerce des Côtes-du-Nord, du Finistère, d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan, mais en 1920 la chambre de commerce de Lorient (Morbihan) préféra rejoindre la (Nantes). Sur ce modèle, en septembre 1919, les fédérations de syndicats d'initiative formèrent dont les limites librement décidées selon une logique géographique, ethnographique, historique et touristique, traversaient certains départements, comme le Loiret, le Var ou la Lozère. Des propositions de loi accompagnent ce mouvement dès 1915, puis en 1920 (proposition de loi Hennessy) et 1921 (proposition de loi Charles Rebel, projet de loi Millerand-Marraud-Doumer) pour une décentralisation administrative avec constitution de régions et élection d'assemblées régionales. Ces projets n'aboutissent pas. À partir de la Première Guerre mondiale donc, le développement des transports et la facilité à se déplacer loin conduisit certaines personnes à s'interroger sur l'opportunité de créer des divisions administratives plus grandes que les départements. Régions du régime de Vichy (1941-1945). Dans le champ des idées, de nouvelles revendications régionalistes s'identifièrent au pays réel prôné par Charles Maurras, disciple de Frédéric Mistral, intellectuel de l'Action française et de la Révolution nationale du gouvernement de Vichy. C'est, notamment sur ce fondement idéologique monarchique, dont lui-même était issu, que le maréchal Pétain entérina une recomposition territoriale régionale dessinée par son secrétaire d'État aux Finances, Yves Bouthillier. Le décret publié le attribuait à certains préfets les pouvoirs des préfets régionaux et portait division du territoire pour l'exercice de ces pouvoirs en application de la loi du , par un découpage regroupant des départements. Ce découpage, qui servira de modèle par la suite, préfigurait le découpage des « régions programmes » en respectant des critères économiques et surtout le lien au chef-lieu par les transports terrestres. Cette organisation ne survécut pas à la chute du régime de Vichy et fut abrogée dès 1945. Après-guerre. Mais dans le possible chaos de la Libération qui s'annonçait, le général de Gaulle voulait garder la maîtrise de l'administration locale. Or, il manquait de personnel préfectoral ; il savait qu'il allait avoir besoin de nommer des préfets s'occupant de plusieurs départements à la fois. Aussi décida-t-il, par ordonnance du , de l'organisation administrative accompagnant la future libération du territoire et instaura des régions administratives. Elles étaient placées sous l'autorité d'un commissaire de la République. Celles-ci sont dissoutes à son départ du pouvoir, en janvier 1946. La loi du met en place des Inspecteurs généraux de l'administration en mission extraordinaire (IGAME) chargés de coordonner au sein de 13 circonscriptions (les igamies) la politique de défense des régions (contexte de la guerre froide) ainsi que l'action des préfets de départements. Parallèlement, des voix s'élevaient s'inquiétant de l'hypertrophie parisienne (le livre à succès de Jean-François Gravier, "Paris et le désert français", date de 1947). À la tête de l'État, on se préoccupa donc d'aménagement du territoire. Cette préoccupation fut aiguillonnée par l'exode rural accéléré de l'après-guerre. Cela consista alors à établir une liste de villes destinées à faire contrepoids à la capitale, et à leur allouer des regroupements de départements. On espérait ainsi retenir dans ces régions, puissamment charpentées par des villes majeures et à équipement complet, le plus possible de migrants potentiels vers la région parisienne. Programmes d'action régionale (1955). Dans cette optique, le décret Pflimlin du décida du lancement de « programmes d'action régionale » en vue de « promouvoir l'expansion économique et sociale des différentes régions ». Il renvoyait à un arrêté ministériel, qui sera signé le , pour définir les circonscriptions de ces programmes d'action régionale, 24 à l'origine (dont 22 en métropole . D'usage officiellement administratif, ces régions furent aussi utilisées comme cadre aux grandes opérations d'aménagement du territoire. Pour la première fois depuis la Révolution, des régions, ne correspondant pas aux anciennes limites provinciales mais rationnellement construites, étaient utilisées en France. C'est cette préoccupation qui fit d'Amiens une capitale régionale, dans l'espoir que celle-ci, pourvue de l'Aisne et de l'Oise, contrebalance le fort attrait de Paris immédiatement au nord. C'est ainsi encore que la région Midi-Pyrénées, ne correspondant à aucune réalité historique (comme pour le cas des Pays de la Loire ou de Poitou-Charentes), fut constituée ; la présence centrale et puissamment attrayante de Toulouse la justifiait. En 1960, le décret 60-516 du 2 juin se rapporte (pour la métropole) aux limites des régions sur lesquelles ont été instaurés les programmes d'action régionale pour en faire des circonscriptions d'action régionale (avec quelques modifications : les régions Alpes et Rhône sont fusionnées, les Basses-Pyrénées passent de Midi-Pyrénées à l'Aquitaine, et les Pyrénées-Orientales de Midi-Pyrénées au Languedoc). Désormais, ces territoires ne sont pas seulement les terrains de programmes économiques, mais c'est l'ensemble des administrations qui doivent calquer leurs subdivisions sur ces circonscriptions . Ces d'action régionale sont dotées d'un préfet de région par un décret du . Une nouvelle étape de la déconcentration régionale est alors franchie par ce décret qui institue une "commission de développement économique régionale (CODER)", assemblée consultative, composée pour moitié de socioprofessionnels et pour l'autre moitié de personnalités désignées par les conseils généraux et le Premier ministre. Elle assiste le préfet de région chargé de coordonner les actions de l'État dans la région. Régions, établissements publics. Le , l'échec du référendum visant entre autres à élargir le rôle des régions conduit à la démission de Charles de Gaulle de la présidence de la République. Le décret du porte à 22 (vingt-deux) le nombre des régions métropolitaines en séparant la Corse de la Provence-Alpes-Côte d'Azur. La loi du "portant création et organisation des régions" crée, dans chaque circonscription d'action régionale, un établissement public : la région ou établissement public régional. Chaque région est administrée par un conseil régional assisté d'un comité économique et social. La région est investie de peu de pouvoirs. D'autre part, le préfet de région est chargé de l'instruction des affaires et de l'exécution des délibérations du conseil régional. Le décret n°73-1055 du instaure des conseils régionaux, avec une entrée en vigueur effective dès le . Régions, collectivités territoriales (depuis 1982). La loi de décentralisation de 1982, impulsée par Gaston Defferre, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, consacre le terme de région et en fait des collectivités territoriales à part entière. Elle a institué l'élection des conseillers régionaux au suffrage universel direct, dans le cadre des départements, pour un mandat de six ans renouvelable, et a doté les régions de compétences bien définies. La première élection a eu lieu le , soit le même jour que les élections législatives. Les régions sont ainsi devenues des collectivités territoriales au même titre que les départements et les communes. Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre du président Chirac de 2002 à 2005, a transféré aux régions la gestion de certaines catégories de personnel non-éducatifs de l'Éducation nationale. Les critiques de ce plan assurent que les régions n'ont pas eu les ressources financières nécessaires pour supporter cette charge et qu'une telle mesure aggraverait les inégalités entre régions. Liste des régions de 1970 à 2015. Cette liste comprend la liste des régions (22 en France Métropolitaine et cinq régions monodépartementales de l'Outre-mer français) existant avant l'entrée en vigueur du nouveau découpage régional le . Les quatre premiers départements d'outre-mer créés en 1946, auxquels s'ajoutaient jusqu'en 1962 les départements français d'Algérie, constituent depuis 1982 des régions monodépartementales. Il s'agit de la Guyane, de la Martinique (devenues collectivités uniques rassemblant les compétences du département et de la région), de la Guadeloupe et de La Réunion. Mayotte est passée du statut de collectivité départementale à celui de département et région d'outre-mer en 2011. Réforme territoriale des années 2010. Le découpage des régions suscite régulièrement des débats, entre partisans de régions physiques et culturelles, et objecteurs de divisions administratives. En 2009, le Comité pour la réforme des collectivités locales, dirigé par l'ancien premier ministre Édouard Balladur, propose de ramener le nombre de régions françaises de 22 à 15. Les compétences des départements et des régions devaient être redéfinies. De nombreuses voix se sont fait entendre depuis longtemps pour dénoncer le « mille-feuille » administratif français. Il a déjà été évoqué dans le passé, par le rapport de la commission Attali, comme piste d'étude, la suppression des départements au profit des régions, ce qui permettrait d'éviter de remanier les régions et de toucher ainsi aux identités régionales. Les nouvelles immatriculations de véhicules terrestres, du type SIV, en vigueur depuis avril 2009 en France, reflètent le sentiment d'appartenance à un département et à une région : la proposition de faire disparaître la référence au département (et donc à la région) sur la plaque d'immatriculation, fut sujet à controverse ; à la suite de cela, il fut décidé d'inclure dans la partie droite de ces plaques le numéro du département de son choix ainsi que le logotype de la région correspondante. Le découpage régional avant 2016, né de l'aménagement administratif du territoire français dans les années 1950 et des projets précédents, est toujours discuté ; son concepteur lui-même (Serge Antoine) pensait qu'il était provisoire, que l'on assisterait à des regroupements naturels visant à diminuer le nombre de régions et de départements : Proposition du comité Balladur. Le « Rapport au président de la République du Comité pour la réforme des collectivités locales », intitulé « Il est temps de décider » a été remis le 5 mars 2009. En annexe, Édouard Balladur, président du comité, a rédigé une proposition de loi qui vise à clarifier la procédure pour tendre à la fusion de régions, départements, mais aussi pour redéfinir leurs limites ou appartenances. Fin février 2009, avant la publication du rapport, de nombreux médias ("Agence Bretagne Presse", "Mediapart", "Le Figaro"…) diffusent des cartes de propositions de quinze régions qui auraient été discutées par le comité « Balladur ». Mais si le rapport publié le 5 mars 2009 suggère bien la réduction à une quinzaine de régions, première des vingt propositions du rapport, il ne s'avance pas à proposer des changements précis : La réduction souhaitée à une quinzaine de régions administratives pour la France métropolitaine, a immédiatement déclenché des prises de positions et un débat politique vif. Le Sénat a poursuivi ces investigations sur le thème de l'organisation et de l'évolution des collectivités territoriales en lançant une mission temporaire. Projet de 2014. Discours de politique générale du Premier ministre. Le , dans son discours de politique générale, le Premier ministre Manuel Valls annonce, dans le cadre de l'Acte III de la décentralisation, vouloir diviser par deux le nombre de régions avec une entrée en vigueur au . À la suite de ces propositions, plusieurs présidents de conseils régionaux s'expriment pour proposer la fusion de leurs régions respectives : Projet de François Hollande et réactions. Le , dans le cadre de l'Acte III de la décentralisation, le président François Hollande annonce le passage de 22 à 14 régions métropolitaines. Alors qu'à l'origine, il était question que certains départements puissent "a posteriori" changer de région, le Premier ministre Manuel Valls annonce le 3 juin 2014 « qu'il n'y aura pas de droit d'option pour les départements. On ne touche pas aux blocs. Si on commence à bouger les départements, on n'en sort pas ». Il se dit cependant , précisant que cette nouvelle carte des régions n'est pas gravée dans le marbre et qu'. Les réactions à cette nouvelle carte territoriale ne se font pas attendre, suscitant parfois de violentes critiques de la part des élus et des membres de la société civile. Le maintien de Nantes en dehors de la région Bretagne, est ainsi critiqué par l'ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault, favorable à une fusion des régions Pays de la Loire et Bretagne et par le président du groupe écologiste à l'assemblée nationale François de Rugy, qui juge ce redécoupage « absurde » et le voit comme un « cauchemar », estimant que . La création d'une grande région rassemblant Centre-Val de Loire, Poitou-Charentes et Limousin, vaste ensemble comprenant des territoires allant de la grande banlieue parisienne à l'estuaire de la Gironde et des rives de la Loire aux plateaux du Limousin, est dénoncée par de nombreux élus locaux. De même la fusion entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon est diversement appréciée. Pour Martin Malvy, président socialiste du conseil général de Midi-Pyrénées, . Enfin, la création d'une région Picardie-Champagne-Ardenne ne convainc pas non plus de nombreux élus, considérant le peu de synergies entre des territoires aussi différents. Examen du projet de loi au Parlement. Examiné en première lecture par le Sénat, le texte y fait l'objet d'un parcours heurté. Rejeté lors de l'examen en commission, il est ensuite retiré de l'ordre du jour au motif que son étude d'impact ne serait pas conforme à l'article 39 de la Constitution, position invalidée par le Conseil constitutionnel. Le Sénat adopte le 4 juillet un nouveau texte du projet de loi vidé de sa substance puisque l'article premier qui définit le nouveau découpage des régions est supprimé. Le la Commission des lois de l'Assemblée nationale vote un nouveau texte, rétablissant dans l'article premier une carte de . Après débat, l'Assemblée nationale adopte en première lecture le une nouvelle carte à . Par rapport au projet énoncé par le président, les différences se situent au niveau du Limousin et du Poitou-Charentes qui rejoignent finalement l'Aquitaine, de la Picardie qui fusionne avec le Nord-Pas-de-Calais, tandis que la Champagne-Ardenne rejoint l'Alsace et la Lorraine. Le texte a également amendé le plafond qui visait à limiter à régionaux siégeant dans les nouveaux conseils régionaux (objectif initial de -15 % de conseillers), ce nombre restera donc identique. Le , l'Assemblée nationale adopte la nouvelle carte des régions en dernière lecture. Ces nouvelles régions sont entrées en vigueur le . L'article 2 de la loi prévoit que le nom provisoire de chaque région est constitué de la juxtaposition, dans l'ordre alphabétique, des noms des régions regroupées, à l'exception de la région constituée du regroupement de la Basse-Normandie et de la Haute-Normandie, qui est dénommée Normandie. Ce même article prévoit que le chef-lieu provisoire de chaque région est fixé par décret pris avant le , à l'exception de Strasbourg, désigné comme chef-lieu de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Le nom et le chef-lieu définitifs de chaque région seront fixés par décret pris avant le . Choix du nom des nouvelles régions en 2016. À la suite de la fusion des régions au , des noms provisoires ont été attribués aux nouvelles régions, en accolant dans l'ordre alphabétique les noms des anciennes régions, sauf pour le regroupement de la Basse-Normandie et de la Haute-Normandie, qui a été nommé plus simplement Normandie. Pour la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le nom Nouvelle-Aquitaine, annoncé le , est validé par le Conseil régional lors de sa séance du 27 juin, et validé par le Conseil d'État le . La région Bourgogne-Franche-Comté conserve son nom. Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, le nom ne change pas ; après consultation de la population, il est officialisé le par un décret paru au "Journal officiel". Pour la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le nom Grand Est (avec le sous-titre « Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine ») a été choisi et confirmé par le Conseil d'État. Pour la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le nom Hauts-de-France (avec le sous-titre provisoire « Nord Pas de Calais-Picardie »), a été choisi, conformément au vote des conseillers régionaux le , après consultation des lycéens et apprentis. Ce nouveau nom est confirmé par le Gouvernement et le Conseil d'État. Pour la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le nom Occitanie (avec le sous-titre « Pyrénées-Méditerranée ») a été choisi le par les conseillers régionaux, et confirmé par le Conseil d'État. Il a été validé par décret le . Le , toutes les régions ont choisi leur nouveau nom. Les noms devaient devenir officiels par décret du Conseil d'État, avant le : ces décrets sont publiés le et entrent en application le 30. Unités territoriales. À la Conférence sur les économies régionales, organisée à Bruxelles en pour la commission de la communauté économique européenne, un groupe de travail d'experts nationaux des politiques régionales établit une délimitation régionale de la Communauté économique européenne, bien que le traité de Rome ne définissait pas la notion de région et qu'il n'existait pas de critères statistiques ou matériels permettant d'identifier sur une carte les contours de chaque grande région. En France neuf « Grandes Régions socio-économiques » sont définies et constituent pendant des années le cadre territorial retenu pour les enquêtes par sondage de l'Insee et pour la présentation de nombreuses données statistiques. Il s'agit des régions suivantes : le Nord, l'Est, le Bassin Parisien, Paris, le Sud-Est, la Méditerranée, le Massif Central, le Sud-Ouest et l'Ouest. En France, le Commissariat général au Plan utilise dans le cadre du un découpage en trois grandes régions (France Est, France Ouest et région parisienne). Pour la préparation du , il a semblé nécessaire de disposer d'un niveau géographique intermédiaire entre celui des de programme (précurseurs des futures collectivités territoriales) et celui des trois grandes régions utilisées lors du , celui du découpage européen en neuf régions utilisé par l'Insee ne paraissant pas adapté. Ainsi l'Insee définit en 1967, en accord avec le Commissariat général du Plan et la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR), un nouveau projet de découpage en grandes régions qui comprend huit zones d'études et d'aménagement du territoire (Z.E.A.T.), encore utilisé aujourd'hui tant par l'Insee qu'au niveau européen. La Commission européenne a en effet subdivisé les pays de l'Espace économique européen (l'Union européenne et les pays de l'Association européenne de libre-échange qui participent aussi à des programmes communs de développement) en régions appelées aussi « NUTS » (Nomenclature des unités territoriales statistiques). Ces unités territoriales sont définies uniquement pour les besoins statistiques et ne constituent pas forcément des unités administratives officielles, mais souvent des groupements de ces unités administratives, en fonction de leur population résidente moyenne dans le pays correspondant. Les ZEAT françaises sont des NUTS de niveau 1 tandis que les régions françaises sont des NUTS de niveau 2. Codification. Le territoire métropolitain et les régions/départements d'outre-mer sont subdivisés successivement en 9 zones économiques d'aménagement du territoire (ZEAT), , et . Ces subdivisions régionales sont codifiées par l'Insee (code officiel en France), Eurostat aux niveaux NUTS 1 à 3 (code officiel pour l'Union européenne), et par l'ISO 3166-2 (norme internationale, sauf pour les ZEAT non codés dans ISO 3166-2). Niveau international. Au niveau international, les noms de pays et de leurs subdivisions sont codifiés dans la norme ISO 3166. Ces codes, formés de lettres et de chiffres, sont internationalement reconnus et permettent de gagner du temps et d'éviter les erreurs. Les noms des pays ne sont quant à eux pas établis par l'ISO, mais proviennent des listes des Nations unies (Bulletin terminologique « Noms de pays » et Codage statistique normalisé des pays, zones et régions, tenu à jour par la Division de statistique des Nations unies). Les régions métropolitaines sont codifiées avec une lettre (de « A » pour Alsace à « V » pour Rhône-Alpes) précédée du préfixe « FR- », identifiant le pays. Les cinq régions d'outre-mer sont quant à elles codifiées avec deux lettres précédées du même préfixe. Niveau européen. Les régions françaises sont au niveau européen des NUTS de niveau 2 au même titre que les "Regierungsbezirke" en Allemagne, les "counties" au Royaume-Uni, les "Regioni" en Italie, les "Comunidades" et les "ciudades Autónomas" en Espagne ou les "provinces" en Belgique. Le code européen des régions françaises est constitué d'un préfixe identifiant le pays (« FR ») suivi d'un nombre à deux chiffres dont le premier qualifie la ZEAT dans laquelle se trouve la région. En 2013, Mayotte a été incorporée dans la nomenclature européenne en tant que nouvelle région, avec le code « FRA5 ». Parallèlement, les régions d'outre-mer ont été recodifiées, le chiffre suivant le préfixe « FR », « 9 » antérieurement, étant remplacé par la lettre « A ». Niveau national. En France, le Code officiel géographique, attribué par l'Insee, est depuis soixante ans « le » code géographique de référence, sur le plan administratif comme sur le plan statistique. Il n'a toutefois un caractère officiel que depuis l'arrêté ministériel du , publié à la suite du règlement du de l'Union européenne relatif à l'établissement d'une nomenclature commune des unités territoriales statistiques. En 1961, les circonscriptions d'action régionale reçoivent un numéro de code à deux chiffres, formé du numéro de la « grande région OSCE » d'appartenance suivi d'un numéro d'ordre séquentiel (1, 2, 3…). Abstraction faite du cas de la « Provence-Côte d'Azur-Corse », qui avait reçu le numéro 92, la codification ainsi opérée préfigurait le code des régions métropolitaines actuellement en vigueur, à cinq exceptions près : les CAR Basse-Normandie, Limousin, Auvergne, Poitou-Charentes et Bourgogne, respectivement numérotées 51, 61, 62, 71 et 81. En 1967 la codification est modifiée pour tenir compte du nouveau zonage en huit ZEAT. L'ancien deuxième chiffre est maintenu en cas de non-modification du premier, en retenant le principe de non-réattribution d'un numéro précédemment attribué. La réforme aboutit ainsi au code actuel des régions métropolitaines, toujours au cas près de PACA et de la Corse. Le code des régions est publié pour la première fois dans l'édition de 1982, dans une version réduite au cas de la métropole. Les régions d'outre-mer sont bien mentionnées en tant que telles dans l'édition de 1985, mais il faut attendre la suivante (1990) pour découvrir les numéros de code qui leur ont été attribués : 01 à 04 (il n'y avait guère d'autre solution, sauf à envisager une recodification générale), dans le même ordre, non alphabétique, que celui retenu pour la numérotation des départements d'outre-mer. Liste des différentes entités régionales. Le tableau suivant compare les zones d'études et d'aménagement du territoire (ZEAT), les régions avec nomenclature des unités territoriales statistiques (NUTS) et les régions françaises. Circonscription électorale. Une circonscription électorale est une division du territoire servant de cadre à l'élection des membres d'une assemblée. Depuis la loi du , les régions sont des circonscriptions électorales pour les élections régionales. Antérieurement, les conseillers régionaux étaient élus dans des circonscriptions départementales. Circonscription administrative. Une circonscription administrative est un cadre territorial dans lequel se trouvent des services extérieurs de l'État. La région est une circonscription administrative de droit commun depuis le décret du portant charte de la déconcentration qui précise que : (article 4). Elle est dirigée par le préfet de région qui a sous son autorité les préfets de département. La préfecture de région est généralement située au chef-lieu de la région. Organisation. La circonscription régionale est l'échelon territorial : Elle constitue un échelon de programmation et de répartition des crédits d'investissement de l'État ainsi que de contractualisation des programmes pluriannuels entre l'État et les collectivités locales. L'organisation type des services déconcentrés de l'État comprend les huit structures régionales suivantes : En outre, quatre directions interrégionales de la mer ont été créées en 2010 à partir de la fusion des directions régionales des affaires maritimes de leur ressort et de l'intégration des parties de services chargés, dans les directions départementales des territoires et de la mer de leur ressort, d'exercer les attributions en matière de signalisation maritime et de gestion des centres de stockage interdépartementaux POLMAR. Il existe aussi une Association internationale des régions francophones (AIRF).
Écorégion Une écorégion ou région écologique est une zone géographique assez large se distinguant par le caractère unique de sa géomorphologie, de sa géologie, de son climat, de ses sols, de ses ressources en eau, de sa faune et de sa flore. Plusieurs organismes internationaux ont établi des listes d'écorégions, le World Wildlife Fund, la Commission de coopération environnementale d'Amérique du Nord, la DMEER européenne, la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine. Les zones désignées par chacun de ces organismes ne doivent pas être confondues car ils n'utilisent pas le même critère de désignation. Écorégions selon le WWF. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) définit l'écorégion comme . En se basant sur de nombreux travaux biogéographiques et en collaboration avec plusieurs organismes œuvrant dans le domaine de la conservation de la nature, les chercheurs de l'organisation ont élaboré une cartographie globale des écosystèmes planétaires. Au terme de la démarche, terrestres, d'eau douce et marines ont été définies. Parallèlement, le projet « Global 200 » a sélectionné (à partir d'une ou plusieurs écorégions) parmi les trois systèmes pour établir une liste des régions les plus représentatives au niveau biologique et donc prioritaires en matière de conservation. Écorégions terrestres. Les écorégions terrestres sont classées en huit écozones et quatorze biomes. Écorégions d'eau douce. Les écorégions d'eau douce ont été formellement établies en 2008 en collaboration avec l'organisation américaine "The Nature Conservancy". Elles résultent de la division de la surface de la planète en fonction des différents écosystèmes d'eau douce qui la recouvrent et sont classées en 8 zones géographiques (Amérique du Nord, Amérique centrale, Amérique du Sud, Europe & Moyen-Orient, Afrique & Madagascar, Asie du Nord, Asie du Sud et Australie & Pacifique) et en 12 « types majeurs d'habitat » qui sont l'équivalent des biomes terrestres : Une notion proche récemment développée, notamment en Europe dans le contexte de la directive-cadre sur l'eau est celle d'hydro-écorégion. Écorégions marines. Les écorégions marines ont été formellement établies en 2007 à l'issue d'une collaboration entre le WWF,"The Nature Conservancy" (TNC), la Convention de Ramsar, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le programme des Nations unies pour l'environnement (UNEP). Ce système de biorégionalisation est avant tout centré sur les eaux côtières et regroupe les écosystèmes des zones néritiques et benthiques peu profondes. Ces régions abritent effectivement une part importante de la biodiversité marine et sont l'objet de menaces et d'exploitation par l'humain largement supérieures à celles qui planent sur la zone pélagique. Contrairement aux écorégions terrestres et d'eau douce, les écorégions marines n'ont pas de limites spatiales nettes : elles s'étendent, par convention, sur les eaux côtières de profondeur inférieure à et jusqu'à () au large. De même, leurs frontières s'étendent loin à l'intérieur des terres, afin de s'assurer l'inclusion de tout le littoral et de la totalité des systèmes d'estuaires ou de lagunes qui peuvent dériver de sources cartographiques différentes. Finalement, la classification proposée reconnait 12 « royaumes » divisés en 62 « provinces », lesquelles regroupent un total de 232 écorégions couvrant la globalité des systèmes côtiers de la planète. Écorégions selon la CCE. Le Canada, le Mexique et les États-Unis d'Amérique, au sein de la Commission de coopération environnementale (CCE) de 1997, fournissent un cadre, nommé « régions écologiques d'Amérique du Nord », qui peut être utilisé par les organismes gouvernementaux, des ONG, les universitaires et chercheurs comme une base pour l'analyse des risques, la gestion des ressources et l'étude environnementale de l'écosystème du sous-continent. Les écorégions sont identifiées par similitudes géologique, physiographique, de végétation, de climat des sols, de l'utilisation des sols, de la distribution de la faune, et de l'hydrologie. Le système de classification comporte quatre niveaux qui se subdivisent entre eux. Ainsi le niveau I d'analyse divise l'Amérique du Nord en 15 grandes écorégions, le deuxième en 52 sous-écorégions, le troisième en 182 écozones, le quatrième en plus petites zones encore. L'Agence de protection de l'environnement des États-Unis (APA) utilise pour les États-Unis ces écorégions. À titre de comparaison, même si les objectifs de la CCE sont différents de ceux du WWF, pour les États-Unis, la liste d'écorégions de niveau III de l'APA compte 120 entrées alors que celle du WWF n'en compte que 50. Le système des large marine ecosystems (LMEs) a été développé par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). À une large échelle, les écosystèmes marins sont l'équivalent des écorégions pour les mers et les océans.
Régression et dégradation des sols Dans le domaine de la pédologie et de l'écologie, la régression et la dégradation sont des processus d'évolution correspondant à la rupture d'équilibre d'un sol antérieurement caractérisé par une structure stable. La régression d'un sol est essentiellement due à l'érosion. Elle correspond à un phénomène de rajeunissement d'un sol (retour vers l'état opposé au stade climacique). La dégradation d'un sol résulte souvent d'une combinaison de facteurs, incluant éventuellement la régression, qui conduisent le sol vers une évolution différente de l'évolution naturelle liée au climat et à la végétation locale. Elle est généralement directement liée à l'action de l'homme. Éléments historiques. L'érosion des sols commence généralement avec la destruction du couvert végétal, phénomène déjà cité par Platon (400 ans ) dans le "Critias" : Quelques siècles plus tard, les chroniqueurs décrivaient la disparition de près de 600 localités antérieurement prospères le long de la côte africaine entre l’Égypte et le Maroc, à la suite de la déforestation imposée par l’Empire romain qui venait là se servir en bois pour ses bateaux et chars de guerre. Les sédiments issus des labours et de la déforestation ont comblé la mer Égée sur cinq kilomètres en aval du port d'Éphèse, autrefois célèbre pour abriter le temple d'Artémis à Éphèse. Au début du , 20 % des zones arides du monde et 25 % des sols cultivées, pâturages, forêts et régions boisées se dégradaient sur terre. L’Objectif 15 des Objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU est de "restaurer, préserver et gérer durablement les écosystèmes terrestres" et notamment les sols (qui sont aussi des puits de carbone). L'ONU a également porté la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNUCLD), convention cadre signée et ratifiée par la plupart des pays et en vigueur depuis 1996. Description. Types de dégradation. On distingue souvent la régression et la dégradation des sols, qui peuvent se combiner. Elles se manifestent par : Mesure. Le tassement peut être évalué par des mesures physiques (dont densité et résistivité électrique du sol) parfois à partir de carottages, mais il faudrait idéalement pouvoir comparer chaque paramètre à un sol identique non tassé ou non dégradé, ce qui n'est pas toujours possible. L'examen "in situ" du profil de sol reste le meilleur moyen de constater son état sur les divers horizons. Il oblige généralement à creuser des fosses. Symptômes. Les sols tassés - selon leur nature - se reconnaissent extérieurement à divers symptômes : Constats. Les constats et plus encore les comparaisons entre pays sont difficiles à faire car le sujet est encore considéré comme secondaire par de nombreux États et les définitions de « zones touchées par la désertification » et de « populations concernées » diffèrent selon les pays. Dans le monde. Selon Ulf Helldén (Université de Lund en Suède), Tous les quatre ans des pédologues du monde entier se rassemblent en un Congrès mondial des sciences du sol (WCSS) pour faire le point sur les bilans et avancées en recherche fondamentale et appliquée sur les sols. En 2007, 150 experts venus de 45 pays en Islande pour le centenaire du Soil Conservation Service (ONG créée en 1907) ont insisté sur le fait que ' alors que la dégradation et la désertification des sols progressent presque partout sur la planète et que ce problème reste (Andres Arnalds, directeur adjoint du Soil Conservation Service évoque une '. Selon les bilans régulièrement dressés par le WCSS la dégradation des sols se généralise et s'aggrave dans le monde, avec plusieurs causes qui combinent synergiquement leurs effets : pollutions accidentelles et chroniques, imperméabilisation et périurbanisation, généralisation des pesticides et autres pratiques agricoles non durables, déforestation, et dérèglement climatique. Elle altère les puits de carbone, la qualité de l'air et de l'eau, en diminuant les services écosystémiques (dont dépend la production alimentaire mondiale). Les sols - là où ils n'ont pas simplement disparu - perdent des nutriments et leur productivité. Ceci est source d'inondations, de sécheresses, d'une perte de résilience écologique, de coûts et de pertes dévastatrices de moyens de subsistance, et donc de migrations économiques (95 % de notre nourriture vient directement ou indirectement du sol rappelle la FAO). La dégradation et désertification des sols affectent aussi le climat (les sols dégradés sont sources de poussière, d'incendies, de modification de l'albédo, contribuant . En 2018, plus de 75 % des sols sont substantiellement dégradés par l'Homme, et à ce rythme 90 % seront atteints d’ici 2050, avec des conséquences pour toute l’humanité. L'ONU et la FAO alertent depuis plusieurs décennies sur la dégradation croissante de nombreux sols, tropicaux notamment, avec de graves phénomènes de désertification et de salinisation. Elle alerte également sur l'érosion des terres arables alors que la demande alimentaire induite par la croissance démographique et des élevages, augmente à un moment où la productivité alimentaire par habitant commence à diminuer. D'après une étude du professeur d'écologie américain David Pimentel, les 40 dernières années du , près d'un tiers des terres arables de la planète a été emporté par l'érosion et continue de disparaître à un rythme important. Le taux estimé d’érosion des sols dans le monde représente dix millions d'hectares de terres cultivables chaque année. La suppression des jachères obligatoires en Europe semble aussi avoir contribué à l'effondrement des populations d'oiseaux des champs. Selon une estimation, une surface végétalisée équivalente à ta taille de l'Islande disparaît chaque année dans les années 2000-2010 alors que les démographes annoncent trois milliards d'hommes supplémentaires à nourrir entre 2015 et 2065. Et l'Islande elle-même ici prise comme référence est en situation de désertification et d'érosion grave sur une grande partie du territoire car il n'y reste, à cause des moutons en liberté notamment que 2 % environ de forêt alors qu'on pense que lors de l'arrivée des Vikings, il y avait 25 % à 40 % du pays couverts d'arbres (l'Islande a le projet de reboiser, via des pépinières d'essences et de souches locales d'ici 2100, en lien avec l"'European forest genetic resources programme" (EUFORGEN). Un rapport de l'ONU, co-écrit sous la direction de Hans van Ginkel par 200 experts internationaux estimait que deux milliards d'êtres humains (une personne sur 3) souffraient déjà d'au moins une des conséquences de la dégradation des sols. Zafar Adeel, l'un des auteurs insistait sur le fait que « les pouvoirs politiques et les décideurs publics ne mesurent pas la gravité de la situation ». le Secrétariat la Convention s'est inspiré de ce qui se fait sur le climat en proposant un « Zero Net Land Degradation » (Cf. "No Net Loss" de la Convention Biodiversité) puis une « neutralité en matière de dégradation des terres ». Cette dernière démarche éthiquement et techniquement plus discutable est exposée aux mêmes risques de critique que le principe de neutralité carbone tel qu'il a été utilisé entre 2000 et 2017. Identification de solutions. Plusieurs rapports ont suggéré d'urgemment mettre en place : Il existe une semaine mondiale du sol qui vise à sensibiliser à ces questions. Dans l'Union européenne. La Commission européenne estime que la dégradation des sols est devenue un problème grave en Europe, qui se pose avec une intensité variable selon les pays et régions, mais qui empire pour chacun des 27 États membres de l’Union européenne (UE), en particulier en zone méditerranéenne. 33 millions d’hectares seraient concernés en Europe d’après l' (ISRIC). Outre l'Islande (en raison du recul historique des forêts) des pays méditerranéens sont concernés par des phénomènes locaux de désertification ou forte dégradation (Espagne, Portugal, Grèce, Italie). Causes. Les principales causes de la dégradation des sols dites par la commission sont des pratiques agricoles et sylvicoles « inadéquates » (compaction du sol dû au passage des engins agricoles, labours qui diminuent la teneur en matières organiques des sols dont la vitesse d'érosion est 100 fois supérieure à celle de sols soutenables), mais aussi les impacts de l'expansion urbaine, de la périurbanisation, de la croissance industrielle, du tourisme et des « grands travaux » qui empêchent les sols de rendre les services écologiques et agricoles attendus. En France, les sols ne sont toujours pas protégés par la loi en tant que tels, alors qu'il s'agit d'un des premiers pays agricoles et qu'un quart des sols en est affecté par l'érosion, ce qui est « une des menaces les plus importantes » pour la qualité des sols car entraînant une « perte irréversible » à échelle de temps humaine, le rythme d'érosion étant supérieur à la pédogenèse (un sol français moyen nécessite environ un an pour qu'y apparaisse environ 100 kilos de terre par hectare en moyenne, il atteint un centimètre d'épaisseur au bout de 50 à selon sa localisation). Les grandes plaines limoneuses du nord sont les plus suivies par les agronomes et chambres d'agriculture, pour leur érosion, mais « on n'a pas de suivi de la quantité de sol perdue chaque année au niveau du territoire français ». De plus, environ « hectares disparaissent sous le béton chaque année en France » et les taux de métaux lourds (cadmium, mercure, zinc, etc.) dans les régions industrielles (par exemple le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais) ou très urbanisées (par exemple, la région parisienne) sont également préoccupants, des teneurs inquiétantes en toxiques (arsenic, cadmium, mercure, chrome, cobalt, cuivre, molybdène, nickel, thallium, zinc) ou en insecticides (type lindane) sont présentes un peu partout sur le territoire. Incidences. La Commission estime que ces dégradations ont une incidence directe sur les ressources en eau, air, biodiversité, ainsi que sur le changement climatique. Elle identifie aussi des impacts possibles sur la santé de l’homme et des animaux, et sur la sécurité sanitaire des denrées agricoles. La Commission, sur la base des données disponibles, estimait en 2006 que : Un Groupement d'intérêt scientifique sol (GIS Sol) est né en 2001 pour notamment développer, avec les ministères concernés (Agriculture, Écologie), un système d'information géographique (SIG) et des banques de données plus complètes (par exemple, en matière de biodiversité, on sait que plusieurs milliards d'organismes vivants vivent dans les sols français, mais seulement 5 % des espèces concernées seraient nommées ou connues). La base de données géo-référencée européenne, « Corine Land Cover », montre de profonds et rapides changements dans l’usage des sols de l’UE. Alors que l’agriculture s’intensifie, de 1990 à 2000, plus de 2,8 % des terres ont changé d'affectation au profit de la périurbanisation, avec une augmentation sensible du phénomène. Ce changement concerne de 0,3 % à 10 % du sol, selon les pays de l’UE. La tendance, influencée aussi par le changement climatique dépendant lui-même du puits de carbone des sols, est à une aggravation de la dégradation des sols. La Commission estime « que la dégradation des sols en Europe va se poursuivre, peut-être à un rythme plus rapide ». En France, hectares de terres agricoles disparaissent tous les ans. À titre d'exemple, en France, avec l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et dans le cadre du "Gis Sol" chargé du système d'information sur les sols de France, l'Institut français de l'environnement (IFEN) a, en novembre 2007, alerté une nouvelle fois sur la diminution (« "de 6 Mt/an sur une dizaine d'années" ») de la capacité des sols agricoles à stocker le carbone alors que les pratiques agricoles qui tassent les sols diminuent l'activité biologique de la terre et la circulation des eaux. En 2007, un sol moyen français est - selon l'IFEN - composé de 58 % de carbone organique. La matière organique contribue à une meilleure fertilité, une meilleure résilience écologique et résistance à l’érosion et aux sécheresses. Elle contribue aussi, rappelle l'IFEN, à une moindre circulation de certains contaminants, et à une fonction importante de puits de carbone. Cas des sols forestiers. Outre qu'ils sont de plus en plus exposés aux incendies dans les régions plus sèches, ils ne sont pas épargnés par les phénomènes d'érosion (facilitée par les grandes coupes rases sur les pentes) et de tassement. Par exemple, une étude, faite en France sur 48 chantiers de coupes forestières, a conclu que (en moyenne) : Formation des sols (pédogenèse). Le sol est une couche superficielle et vivante, interface entre la croûte terrestre, les eaux superficielles et l'atmosphère. Il résulte de la transformation par le vivant de la roche-mère et des apports organiques. Au début de la formation d'un sol, la roche-mère est peu à peu colonisée par les micro-organismes (bactéries, champignons microscopiques) puis par la végétation (algues, lichens et mousses, puis herbacées, suivies d’une strate d’arbustes et finalement forestière). Parallèlement, se forme un premier horizon humifère (dit "horizon A"), puis des horizons minéraux sous-jacents ("horizons B"). Chaque étape successive est caractérisée par une certaine association sol/végétation et milieu : l'Écosystème « sol » est considéré comme un des grands compartiments de la biosphère, une des étapes du cycle biogéochimique des éléments (carbone en particulier). Après un certain temps d'évolution du système sol-végétation, un état d'équilibre dynamique (climax) est atteint. On parle de « progression » avant ce stade. Les cycles d'évolution des sols ont des durées très variables, entre un millénaire pour les sols à développement rapide (sol à horizon A uniquement) à plus d'un million d'années pour les sols à développement lent. L'observation de la colonisation végétale des îlots rocheux volcaniques émergeant en mer montre que le processus est entamé très rapidement, mais qu'il est freiné ou interdit par les climats trop chauds ou trop froids. Facteurs écologiques influant sur la formation des sols. On reconnaît deux grands types de processus conjointement à l'œuvre : l'altération et l'humification, qui expliquent notamment l'évolution des sols à court terme : Pédogenèse et destruction des sols sur le long terme. Henri Erhart a mis en évidence le rôle déterminant du climat et du couvert végétal dans l'altération des roches, et donc dans la formation des sols, avec sa théorie de la bio-rhexistasie. Ainsi Erhart a-t-il fait le lien entre pédogenèse et sédimentologie marine. Ce modèle s'applique aux différents biomes : forêt boréale, tempérée, et équatoriale, steppes, et savanes. Mais il n'explique pas les raisons des déséquilibres qui peuvent affecter la couverture végétale à l'échelle continentale (incendies majeurs, changements climatiques...). La stratification de certains dépôts lacustres ou marins semble corroborer sa théorie : matériel fin puis charbon (résidus de la couverture végétale), enfin matériel plus grossier. Effets des méthodes agricoles. Le microbiologiste et agronome Claude Bourguignon soutient, lui, que la nature a permis que des sols soient pérennes durant des millions d'années, et que les principales causes de l'érosion des sols et de la désertification sont leur destruction par les méthodes agricoles. Ses thèses(et peut-être surtout sa façon de les présenter) ont néanmoins suscité des critiques ; voir Claude Bourguignon#Critiques. Selon lui : La notion de « "sols pérennes" » n'implique pas qu'ils ne changent pas ou très peu ; au contraire ils évoluent naturellement au gré des saisons, des aléas climatiques, de certaines catastrophes (incendies, séismes, glissements de terrain), et - avec certaines limites - du changement climatique, selon des processus que la recherche agricole veut mieux comprendre pour les utiliser. Perturbations de l'équilibre d'un sol. Lorsque l'état théorique d'équilibre (climax) est atteint, le sol est théoriquement stable dans le temps ; il tendra à accumuler de la matière organique, la rhizosphère et la microfaune du sol produisant l'humus et assurant la circulation verticale des matières. L'humus et la couverture végétale protègent le sol de l'érosion contre l'eau, la déshydratation et le vent. Les bactéries et les micro-organismes du sol réduisent aussi l'érosion en favorisant la liaison des particules du sol entre elles grâce à divers mucus ou mucilages sécrétés par les organismes vivants dont les racines de plantes (formation du complexe argilo-humique). La glomaline sécrétée par des champignons endomycorhiziens en est un exemple. Ainsi, toute modification légère est corrigée et l'équilibre rétabli. Dans la rProfil glebowy.jpgéalité, les sols sont remodelés ou perturbés par de nombreux "« facteurs de perturbation »" se produisant occasionnellement, ne serait-ce par exemple les terriers ou galeries creusés par de nombreux animaux et les évènements climatiques. En cas de destruction importante du sol ou de la végétation (avalanche, glissement de terrain, incendie, déforestation, labour, inondation de longue durée, salinisation, glaciation, désertification, surpâturage…), etc., la perturbation subie par l'écosystème peut empêcher la résilience rapide du système (à échelle d'une vie humaine par exemple). Le sol peut "« mourir »" ou l'érosion peut alors être plus rapide que le processus de formation des horizons supérieurs du sol ; il y a "« rajeunissement » ("« involution »" ou "« régression »" du sol" ; i.e. retour en arrière, vers un état initial théorique). La régression peut être partielle ou totale (seule la roche-mère mise à nu subsiste alors). Un défrichement de sol en pente suivi de fortes pluies peut conduire à la destruction complète du sol. À Madagascar, des épaisseurs de 3 à 4 m de sol peuvent être ainsi emportés après déforestation en une saison des pluies, là où le sol forestier avait mis des millions d’années à se constituer. Perturbations anthropiques. La dégradation du sol est directement liée aux activités humaines, notamment agricoles. Le remplacement de la végétation primitive climacique par une végétation secondaire, modifiant les processus de pédogenèse, est l'une des principales perturbations anthropiques (exemple : le remplacement de forêts de feuillus par des landes ou des plantations de pins est source d’acidification, de podzolisation et de dégradation des sols et de l’eau). À cela s'ajoute la hausse considérable de l'érosion, qui est maintenant le principal facteur de la dégradation des sols. Les aménagements routiers et urbains, en augmentant les surfaces imperméables, exacerbent les inondations, favorisent le ruissellement et donc l'entraînement du sol. La disparition des ripisylves, des méandres et d'espèces telles que le castor, qui freinaient le cours de l'eau, a également exacerbé les cycles inondations-sécheresses qui sont également facteurs d'érosion et de dégradation des sols. Mais ce sont les transformations récentes de l'agriculture qui ont accéléré l'érosion des sols sur une grande partie de la planète. L'agriculture augmente les risques d'érosion en perturbant la végétation locale. Parmi les pratiques accélérant l'érosion du sol : En Europe, le bocage a durant plusieurs siècles produit un compromis très efficace et productif, mais il a été détruit par la mécanisation agricole, l’élevage hors sol et les remembrements. Le remembrement des années 1960 en France a abouti à l'augmentation de la taille des parcelles et, corrélativement, à la suppression des haies, des talus et des fossés. Les surfaces en cultures de printemps, encouragées par les subventions, augmentent (tournesol, maïs, betterave) et laissent la terre à nu en hiver. Les terrains pentus sont progressivement colonisés par la vigne. La destruction des plantes adventices par les herbicides laisse le sol à nu entre les plants cultivés. Les primes européennes favorisent le labour au détriment des prairies qui, partout dans le monde, sont surexploitées ou tendent à régresser au profit des terres labourées et de l'élevage hors sol. La mécanisation qui s'est développée après la Première Guerre mondiale (1914-1918) est à l'origine d'une dégradation des sols liée au tassement ou compactage opéré par les engins agricoles et forestiers, de plus en plus lourds. Le tassement s'oppose à la circulation de l'eau, de l'air et des organismes du sol, les racines des végétaux en souffrent et l'on assiste à des pertes de rendement et de qualité des plantes cultivées, qui dépérissent. Le ruissellement provoqué favorise également l'érosion. La semelle de labour ajoute ses effets à ceux du compactage des sols. La surexploitation des forêts est aussi un facteur de dégradation ou disparition des humus forestiers. La fertilisation par engrais minéraux aux dépens de fumure organique augmente le rendement immédiat mais déstructure peu à peu le sol. Des agronomes tels que Claude Bourguignon alertent depuis les années 1970 sur le fait qu'on observe dans le monde une diminution globale progressive de la teneur du sol en matière organique, ainsi qu'une forte diminution de l'activité biologique du sol relative à l'augmentation de l'utilisation de produits phytosanitaires. La dégradation des sols contribue à la pollution des cours d'eau et à l'eutrophisation des rivages. Mesures de lutte, bonnes pratiques. La lutte contre la dégradation des sols fait l'objet d'une cible de l' de l'ONU. Depuis 2017, il existe une norme (Iso 14055-1) contenant des lignes directrices visant à établir de meilleures pratiques pour lutter contre la dégradation et la désertification des sols, dans les zones arides ou non. Elle est destinée à aider "". Elle recommande de préserver ou restaurer la qualité des sols et leurs rendements ; de préserver la biodiversité et les espèces menacées, de maintenir ou restaurer la forêt, de préservation de l’intégrité des cours d'eau, des bassins hydrologiques, de veiller à la qualité de l’eau ; de mieux gérer les impacts des activités anthropiques (ex : mines, urbanisation et autres changements dans l’utilisation des terres. Un rapport donnera des exemples réels, régionaux de retours d'expérience. Plus précisément l'érosion et la dégradation des sols peuvent être combattues par : Outils et moyens juridiques. Peu de pays ont une législation traitant spécifiquement de la protection des sols et l'Europe elle-même a abandonné son projet de directive cadre sur les sols. En 2017 . Pourtant l'ONU a produit une Convention explicitement consacrée 1) à la lutte contre la désertification dans les politiques nationales de développement ; 2) au lien entre lutte contre la désertification et lutte contre la pauvreté ; 3) à la mobilisation de la société civile par la participation des populations ; 4) à une mobilisation de la communauté internationale et des pays développés non directement touchés par le phénomène ; 5) à l’accès à l’information et aux résultats de la recherche sur le sujet. Concernant la désertification, sous l'égide de l'Onu les pays touchés s'engagent à écrire des stratégies nationales, régionales et sous-régionales associées à des Plans d’Action Régionaux (PAR) et des plans d’action sous-régionaux (PASR). En 2017, presque tous ces pays ont adopté leur PAN et leur PASR mais peu les ont totalement ou même partiellement mis en œuvre. La Convention insiste sur le besoin de collecter et partager l'information sur la désertification (processus, Moyens de lutte, retours d'expérience), ainsi que sur le besoin de définitions et d'indicateurs partagés. De même elle encourage à identifier et promouvoir des technologies nouvelles ou traditionnelles pour réhabiliter les sols. Un effort d'harmonisation des données et indicateurs est en cours en lien avec l’Observatoire du Sahara et du Sahel et avec le "Comité de la science et de la technologie" (CST) de la Convention. Au niveau Européen. Sur l’eau et l’air, et après de longues négociation avec les états-membres, le sol européen commence peu à peu à être pris en compte à cette échelle de subsidiarité depuis les années 2000, avec : Mesures techniques. Une couche de terre de 20 à 30 centimètres imprégnée d’hydrogels permet de réduire la quantité d'eau nécessaire à la culture en piégeant l’humidité et la relâchant très lentement, ce qui peut transformer un paysage désertique en terre fertile.
Rubis c</math> Le rubis est la variété rouge de la famille minérale du corindon. Sa couleur est causée principalement par la présence d'atomes de chrome (les corindons sans la présence de chrome sont les saphirs), à hauteur d'environ 2 % au maximum. Le rubis est classé comme pierre gemme en joaillerie, où il est utilisé. Il a une dureté de 9 sur l'échelle de Mohs. Parmi les minéraux, ceux qui ont une dureté supérieure sont le diamant (10 sur l'échelle de Mohs), la lonsdaléite (controversé) et la moissanite (9,5 sur l'échelle de Mohs). La valeur marchande d'un rubis dépend de plusieurs facteurs : ses dimensions, sa couleur, sa pureté et sa taille (sa « découpe »). Tous les rubis naturels possèdent des inclusions, seuls les rubis synthétiques peuvent donner l'impression d'être parfaits. Plus ces inclusions sont rares et infimes, plus la pierre a de valeur. C'est, avec les diamants de couleur, la pierre précieuse qui peut atteindre les valeurs les plus élevées. Extraction. Les rubis sont extraits dans des mines principalement en Asie et quelquefois en Afrique, en Australie et dans certains États américains tels que le Montana et la Caroline du Sud. Les principaux gisements se trouvent en Birmanie : 90 % de la production mondiale. Il y a aussi des gisements en Thaïlande, au Cambodge, au Vietnam, au Sri Lanka ainsi qu'au Mozambique et à Madagascar... Le plus grand gisement se trouvait à Mong Hsu, au nord-est de la Birmanie. Les cristaux issus de Mong Hsu sont bicolores à l’état naturel : un centre noirâtre et des parois externes d’un rouge vif. Leur utilisation en joaillerie resta limitée jusqu'à la découverte d'un traitement thermique permettant l'effacement de la couleur noire du centre, laissant uniquement le rouge de la périphérie. À Mogok, situé aussi en Birmanie, on trouve notamment les très rares et très prisés rubis . Le rubis tient une place particulière en Inde. Le terme de « corindon » vient du mot sanscrit « kuruvinda ». En langue sanscrite, le rubis est appelé « ratnaraj » dont la traduction serait « Roi des Pierres Précieuses ». Le rubis se distingue du spinelle, qui est parfois présent dans les mêmes formations géologiques. Synthèse. En 1902, le Français Auguste Verneuil produisit un rubis synthétique par fusion de poudre d'oxyde d'aluminium avec un colorant rouge. Auparavant, de 1876 à 1891, Edmond Frémy, dont Auguste Verneuil était le fils adoptif et assistant, avait effectué avec lui la synthèse du rubis par la méthode dite des sels fondus. Utilisations. Bijouterie / joaillerie. Comme toutes les pierres précieuses, le rubis est utilisé dans la joaillerie et dans les bijoux. Horlogerie. Il est parfois utilisé dans l'horlogerie électronique, mais très largement dans l'horlogerie mécanique, pour la fabrication des paliers qui supportent les pivots des axes du rouage, à cause des frottements extrêmement réduits du métal sur la pierre. D'autre part, vu les pressions relatives très élevées (si l'on compare le couple transmis par les engrenages en rapport avec la surface extrêmement réduite des pivots : 15/100e de mm de diamètre pour les plus fins), la platine de montre étant elle-même en métal, le frottement métal sur métal induirait inévitablement, à court terme, un grippage du palier après que les huiles auront perdu de leur efficacité (état inéluctable pour une montre fonctionnant plusieurs années consécutives). Les rubis utilisés sont tous synthétiques et peuvent être des agrégats de poudre de rubis aussi bien que des monoblocs (tel que dans les mécanismes les plus luxueux). Ils sont dans ce cas légèrement rosâtres et totalement transparents. Voir aussi : "Pierre d'horlogerie". Multimètres. Des petits rubis étaient également utilisés dans les voltmètres, ampèremètres et multimètres analogiques afin de minimiser au maximum les frottements dans la suspension de l'équipage mobile du galvanomètre, frottements qui seraient sources d'erreur lors des mesures. Laser. Le premier laser à rubis fut construit en 1960 et cette technique fut employée dans l'industrie dès 1965. Symbolique. Les noces de rubis symbolisent les 35 ans de mariage dans le folklore français. Cette pierre précieuse symbolise le mois de juillet. Le rubis fut la pierre la plus précieuse dans l'ancien temps. On lui confère le mythe dans lequel le rubis représenterait le sang du Christ dans les sociétés chrétiennes. Elle était la pierre précieuse qui ornait les anneaux cardinalices jusqu'au Concile œcuménique Vatican II. Il symbolise aussi charité, amour, courage, loyauté ou encore passion. Les rois et chevaliers en portaient sur leurs heaumes et couronnes dans le but de les garder en bonne santé, ainsi que de les protéger des blessures.
Religion animiste
Ras l'front Ras l'front (en abrégé : RLF) est un réseau associatif français d'extrême gauche, créé en 1990 à la suite de « l'appel des 250 » (personnalités) dans le but de lutter contre le Front national et ses idées. Parmi les personnalités ayant cofondé RLF se trouve le critique de cinéma Sylvain Garel. Objet du réseau. Cette organisation avait pour vocation de créer et de stimuler un « mouvement de résistance et de vigilance » contre le fascisme. Elle s'adresse aux citoyens, aux associations, aux syndicats et aux partis politiques pour combattre le Front national, ses alliés et les partis considérés comme défendant les mêmes idées. Ce réseau se veut indépendant, politiquement . Il est composé de collectifs autonomes, et agit ainsi de façon locale. Ras l'Front utilise plusieurs moyens d'action : L'association publie également des ouvrages pour dénoncer les idées et les actions du Front national, ainsi que pour participer à la réflexion sur les idéologies qu'il considère comme fascisantes. Histoire. Depuis la fin des années 1990, l'association semble avoir perdu la plupart de ses militants. Certains collectifs seraient cependant encore actifs . En 1997, un stand du Salon du Livre tenu par "National-Hebdo", journal apparenté au Front national, est mis à sac par des personnes se réclamant de l'association. Le journaliste d’extrême droite Emmanuel Ratier estime que le mouvement est d'inspiration trotskiste et qu'il instrumentalise le combat antifasciste afin de manipuler les jeunes. En 2006, « Ras l'Front » rencontre toutefois un écho particulier dans l'extrême gauche, et particulièrement à la Ligue communiste révolutionnaire, d'où viendraient un certain nombre de ses militants. Le réseau est parfois classé à l'extrême gauche. En 2008, le réseau Ras l'front est en partie dissous. En 2012, . Signataires de l'« appel des 250 ». Parmi les signataires de l'« appel des 250 » figurent : Actions en justice. En , Jean-Marie Le Pen est condamné à verser un franc symbolique à l'association pour l'avoir qualifiée de « mouvement de tueurs de flics ». En mai 2007, Ras l'front est condamné pour diffamation publique après avoir appelé en 2005 à manifester contre une conférence donnée par la Fondation Jérôme-Lejeune.
Requiem for a Dream , ou Retour à Brooklyn au Québec, est un film américain de Darren Aronofsky, sorti en 2000. Il s'agit d'une adaptation du roman "Retour à Brooklyn" de 1978 d'Hubert Selby, qui a coécrit le scénario avec le réalisateur. Il raconte l'histoire de quatre personnages touchés par la toxicomanie et comment cela modifie leurs états physiques et émotionnels. Leurs dépendances les emprisonnent dans un monde d'illusions et de désespoir. Au fur et à mesure que le film progresse, chaque personnage se détériore et leur réalité est dépassée par l'illusion, entraînant une catastrophe. Les droits du roman de Selby est acheté par Aronofsky et le producteur Eric Watson pour $. Selby avait toujours eu l'intention d'adapter le roman en film et avait écrit un scénario des années avant qu'Aronofsky ne l'approche. Aronofsky était enthousiasmé par l'histoire et a développé le scénario avec Selby, malgré les difficultés initiales pour obtenir un financement pour la production du film. Il considère que le film parle des dépendances en général, et pas seulement de celle de la drogue, avec en thème de fond la solitude et l'évitement de la réalité de différentes manières. Le film est présenté en avant-première au Festival de Cannes 2000, sélectionné dans la catégorie Hors compétition, suivi de sa sortie en salles aux États-Unis le , distribué par Artisan Entertainment. Il reçoit des critiques positives malgré un succès modeste au box-office. Le style visuel, la réalisation, le scénario, le montage, la musique, la distribution et les thèmes du film sont tous salués, tandis qu'Ellen Burstyn est nommée à l'Oscar de la meilleure actrice. La bande originale est composée par Clint Mansell. Synopsis. Harold Goldfarb, alias Harry, son meilleur ami Tyrone et sa petite amie Marianne (Marion dans la version originale) sont trois consommateurs d'héroïne. Ils passent leurs journées à se droguer et s'inventent un paradis artificiel, où ils se sentent invulnérables et heureux. Harry connaît avec Marianne l'harmonie et le plaisir des sens. La mère de Harry, Sara Goldfarb, une femme âgée dépendante de télévision, passe sa vie à récupérer chez le prêteur sur gage le téléviseur qu'Harry y dépose régulièrement afin de se fournir ses doses. Malgré tout, elle aime profondément son fils unique et celui-ci aime également sa mère. Harry et Tyrone se lancent dans le trafic de drogue afin de pouvoir acheter un magasin pour Marianne qui veut être styliste de mode. Leur revente de drogue est une réussite et les trois amis consomment de plus en plus. Sara pense être bientôt invitée à son émission favorite. Afin de rentrer dans son ancienne robe rouge quand le grand jour sera venu, elle décide de commencer un . Elle consulte un médecin qui lui prescrit des pilules amaigrissantes qui sont en fait des amphétamines qui lui apporteront dans un premier temps euphorie, désinhibition et bien-être. Sara devient dépendante des amphétamines. Harry s'en aperçoit et tente brièvement de raisonner sa mère. Une guerre des gangs asséchant brutalement le marché local de la drogue, il doit rapidement faire face à son propre manque et à celui de Marianne. On assiste alors à la descente aux enfers de ces quatre personnages : Harry incite Marianne, en manque comme lui, à demander de l'argent à son psychiatre Arnold, quitte à se prostituer à lui pour cela. Ne parvenant malgré tout pas à obtenir de quoi satisfaire leur addiction, et réagissant par une sorte de défi aux récriminations de Marianne, il lui laisse le téléphone d'un dealer nommé Big Tim uniquement intéressé par les relations sexuelles, puis part avec Tyrone chercher de l'héroïne en Floride. Ils sont contraints de s'arrêter dans un hôpital car Harry souffre de s'être piqué une fois de trop dans son bras complètement gangrené par le trop-plein d'injections. Lorsque le médecin voit le bras infecté de Harry, il les livre à la police. Enfermés tous les deux dans une cellule, Harry hurle de la douleur insoutenable de son bras devenue complètement violacé, Tyrone appelle à l'aide en plein bad-trip, en vain. Sara, victime d'hallucinations et de crises de paranoïa, développe une psychose toxique amphétaminique et finit aux urgences psychiatriques où elle reçoit des électrochocs. Marianne tombe ensuite dans la prostitution afin de se procurer ses doses. Harry fait un rêve, déjà fait auparavant, où il court vers Marianne près de la plage, mais cette fois-ci, elle disparaît métaphoriquement. Il se réveille dans une chambre d'hôpital amputé d’un bras, il éclate en sanglots car il sait que Marianne ne viendra pas le voir. Tyrone a la chance de ne finir qu'aux travaux forcés, en prison, avec ses souvenirs d'enfant de quand il vivait avec sa mère. Le film se conclut dans un rêve que fait Sara, où elle est dans son émission préférée lorsque le présentateur lui dit qu'elle a remporté le grand prix. Harry la rejoint à ce moment et la prend dans ses bras.
Reggae Le reggae est un genre musical issu du ska et du rocksteady qui a émergé à la fin des années 1960 en Jamaïque où il est l'une des expressions musicales les plus populaires. Le nom de cette musique est issu du titre d'une chanson de Toots and the Maytals intitulée "Do the Reggay" (1967). Le reggae devient mondialement connu dans les années 1970, dans le sillage du succès de Bob Marley, et s'impose comme un style musical porteur d'une culture qui lui est propre. Abordant des thèmes souvent liés à des questions politiques et sociales, le reggae s'est forgé une réputation de musique des opprimés. Intimement lié au mouvement rastafari, lui-même né en Jamaïque, le reggae n'en est pas indissociable et est même rejeté par certains adeptes de cette foi. Ayant pris une dimension mondiale, le reggae est désormais joué par des groupes d'origines diverses, est chanté dans une large variété de langues et est composé de différents sous-genres. En 2018, l'UNESCO classe cette musique au patrimoine immatériel de l'Humanité. Étymologie. L'édition de 1967 du "Dictionary of Jamaican English" répertorie le reggae comme , comme dans "rege-rege", un mot qui signifie ou . Le reggae en tant que terme musical est apparu pour la première fois dans la chanson "Do the Reggae" de Toots and The Maytals qui a défini le genre en développement en lui donnant son nom. L'historien du reggae Steve Barrow attribue à Clancy Eccles la modification du mot de patois jamaïcain "streggae" (fille de joie) en "reggae". Cependant, Toots Hibbert a déclaré : Bob Marley aurait affirmé que le mot "reggae" vient d'un terme espagnol désignant . Les notes de couverture de "To the King", une compilation de reggae chrétien sur l'évangile, suggèrent que le mot « reggae » dérive du latin "regi" qui signifie . Histoire. Origines. - Linton Kwesi Johnson, entretien avec Bruno Blum paru dans le numéro hors-série du magazine "Best" intitulé "Best of Reggae" (1994). Le reggae est lancé en Jamaïque à la fin des années 1960 dans un contexte de forte émulation entre petits producteurs de musique. Il est le fruit de nombreuses rencontres et de métissages : évolution du ska puis du rocksteady, il trouve ses racines dans les rythmes et musiques blanches coloniales qu'on faisait jouer aux esclaves (polka, mazurka, scottish, quadrille mais aussi musiques de types militaires avec fifres et tambours), les formes culturelles et musicales du comme le Kumina, le ou le "Revival Zion" qui se traduisent dans les musiques traditionnelles caribéennes (mento puis calypso), mais est aussi très influencé par le rhythm and blues, le jazz et la soul music (la musique américaine est alors très en vogue en Jamaïque). À ces influences s'ajoute celles de musiques africaines, du mouvement rasta et des chants nyabinghi, qui utilisent les tambours dérivés des cérémonies Buru afro-jamaïcaines. Ce métissage ne s'arrêtera pas là : de nos jours, nombre de styles s'inspirent, intègrent ou reprennent le style reggae de par le monde. Le reggae est maintenant une musique universelle, comme le souhaita son principal ambassadeur, Bob Marley. Le terme apparaît en 1968 en Jamaïque, mais son origine est controversée. Il pourrait venir du mot d'anglais jamaïcain, , qui désigne une personne mal ou trop peu habillée, et de là, les prostituées ; ce mot aurait été modifié par une radio jamaïcaine de l'époque. Cette étymologie est également fournie par le grand producteur de reggae Bunny Lee qui l'explique au musicien et musicologue spécialiste de la Jamaïque Bruno Blum dans le film ", l'histoire du reggae", précisant que les radios n'avaient pas aimé le mot péjoratif . D'autres explications existent, comme celle qui en fait la contraction des expressions , , en somme une musique faite pour selon Bob Marley. Pour le chanteur, le terme aurait des racines espagnoles et désignerait la « reine des musiques » (« "la musica del rey" »). Selon d'autres sources, il serait la contraction et l'altération du terme anglais « "raggamuffin" » (littéralement ) ou peut-être de "rege-rege" « querelle ». Autre hypothèse, « reggae » désignerait une tribu de langue bantou originaire du lac Tanganyika. Derrière toutes ces étymologies possibles, se dessinent les particularités d'un genre musical fait d'héritages, de brassages, d'appropriations et de confrontation à la dure et rugueuse réalité. Enfin, dernière explication, le terme « reggae » découlerait de la spécificité de son rythme - « "a ragged rhythm" » un «rythme déguenillé» ou « irrégulier » - comme le soutient le guitariste de studio Hux Brown. On ne peut pourtant s'empêcher de rapporter cette origine rythmique du mot râga en Inde qui désigne des cadres mélodiques fondés sur les théories védiques concernant le son et la musique. C'est certes probable du fait de la main d'œuvre indienne arrivée sur l'île (qui a également influencé de nombreux rites rasta : nourriture ital/végétarienne, chillum/chalice...). Tout aussi problématique est la question de la paternité du reggae en tant que genre musical proprement dit ; paternité qui, contrairement au rocksteady, est très controversée : certains attribuent le premier disque de reggae aux Maytals avec "Do the Reggay" en . Extrait de "L'Expansion du Reggae et l'influence de Toots and the Maytals" de Matthew Sherman: Cependant, si Toots est certes le premier à utiliser le mot dans une chanson, d'autres morceaux au tempo un peu plus rapide que le rocksteady ont déjà préfiguré le style au cours de l'année 1968. D'autres compositions se disputent le titre de premier reggae, dont le ' de Stranger Cole et Lester Sterling (pour Bunny Lee), le ' de Larry Marshall et Alvin (sous la direction de Jackie Mittoo, pour Studio One), la première version méconnue du ' de Bob Marley parue chez JAD, et le ' des Beltones. "" de Lynford Anderson annonçait aussi en 1969 un nouveau style de rythme. Cette première phase d'évolution du reggae, qualifiée de période du early reggae, est caractérisée par un tempo plus rapide, et l'accentuation du contretemps déjà présent dans le mento, le ska et le rocksteady. Puis le tempo ralentira, la basse se fera plus lourde encore, mais le reggae gardera cette base rythmique basse et batterie prédominante et ce mouvement chaloupé qui lui est propre. Lee « Scratch » Perry est également à l'origine d'un des premiers succès reggae de 1968, ' (interprété par les Pioneers, avec les jeunes frères Aston « Family Man » Barett et Carlton Barrett à la basse/batterie), où il utilise une rythmique reggae. Scratch travaille alors pour Joe Gibbs et le quittera pour ne pas avoir été crédité pour son travail sur ce morceau . Il reprendra cet arrangement de basse/batterie à son compte et en fera son ', un succès jamaïquain. en se lançant dans la production, avec son propre label Upsetter. Scratch utilisera par la suite des pratiques innovantes qui transformeront le reggae, comme l'introduction de bruitages (l'origine du sample). Il fondera également le légendaire studio Black Ark où seront enregistrés, entre autres, Bob et The Wailers, The Congos, Max Romeo, Junior Murvin. Évolution. Dès sa naissance, en Jamaïque, le reggae évolue : La mode du rocksteady, ancêtre du reggae, se termine en 1968 : C'est à partir de 1973, avec le succès de Bob Marley & The Wailers puis d'autres groupes comme les Gladiators et Black Uhuru que le reggae prend une dimension internationale. Dès lors, il pourra non seulement continuer à évoluer en Jamaïque, mais aussi reprendre son métissage à travers le monde. Sound system. On voit apparaître les premiers sound system en 1940 : une sono embarquée dans un camion, faisant le tour de la Jamaïque. Un sound system est constitué d'un "selecter": programmateur qui choisit les musiques pour faire bouger, et du "toaster" (terme qui disparaîtra dans les milieux electro, techno ou hip-hop pour devenir MC) qui commente et anime la session du selecter au micro. Les premiers "sound systems" sont très rudimentaires : une platine vinyle, un amplificateur et deux enceintes. Tom Wong, alias Tom the Great Sebastian, jamaïcain d'origine chinoise sera le premier à faire bouger les rues de Kingston au début des années 1950. Un autre sound system très connu est celui de Clement Seymor Dodd, alias Sir Coxsone Downbeat, qu'il monte en plein ghetto de Kingston. Il engage Count Matchuki (précurseur du rap et du "beatboxing")comme "deejay". Le milieu des sound systeme est très rude, et la concurrence féroce envoie souvent des hommes de mains saccager les sound : on arrache les étiquettes des disques, détruit le matériel (c'est pour cela par exemple que Coxsone va engager Prince Buster, boxeur amateur, qui sauvera d'ailleurs Lee Scratch Perry). Vers la fin des années 1950, le courant recule aux États-Unis et les "selecter" ont beaucoup de mal a s'approvisionner en disques. Ils se tournent alors vers l'industrie du disque locale. C'est à ce moment-là que Coxsone créé son propre label : le Studio One. Le sound system en France a commencé ses balbutiements au début des années 1980 dans les squats, les premiers gros sounds avec plus de cent personnes ont été organisés vers 1982 à l'église des Panoyaux à Ménilmontant dans le de Paris avec Ras Gugus et Papa Ange. La scène sound system française est, dans les années 2000, en pleine expansion, avec en chef de file des sound systems tels que Blackboard Jungle, Jah Wisdom, Legal Shot, Zion Gate, Soul Stereo, Jah Militant, Salomon Heritage, Lion Roots ou Chalice Sound. Des acteurs plus locaux, présents dans de nombreuses villes de France, sont également à l'origine de l'engouement du grand public pour ce type de soirée. Du Reggae instrumental au dub. Le dub est un dérivé du reggae, et signifie depuis 1968. Elle prend ses racines dans l'ajout de solistes de jazz sur des rythmiques préenregistrées, comme "The Return of Django" de Val Bennett & the Upsetters, un succès britannique de 1968 produit par Lee Perry. Au début des années 1970, les ingénieurs du son King Tubby et Errol Thompson approfondissent significativement ce genre pionnier, le sophistiquant et le perfectionnant avec talent. King Tubby est un créateur important et très influent, qui enseigne ses pratiques à nombre de disciples, parmi lesquels King Jammy, Scientist et Lee « Scratch » Perry. À la fin des années 1980 le dub commencera à influer de façon conséquente sur toute la musique populaire de danse mondiale, qui adoptera le principe du remixage, né en Jamaïque. Le travail des ingénieurs du son pratiquant le dub consiste à effectuer un remixage des morceaux présents sur la face A des de vinyle, et à les publier en face B. La face A étant le morceau original et la face B la version dub. Le style se caractérise alors par son accentuation rythmique, lourde et dépouillée, une basse et une batterie très présente. La voix disparaît le plus souvent. On y ajoute des effets comme des échos, de la réverbération et autres apparitions et disparitions de pistes. Ces variations instrumentales permettent aux "toasters" (disc-jockey du reggae) de développer leurs improvisations dans les soirées dansantes des "sound-systems". Cette nouvelle pratique est elle aussi pionnière. Elle s'exporte à New York et est à l'origine du rap américain. Le dub deviendra un style à part entière, et se développera dans le monde entier de façon indépendante du reggae dont il est issu, au point que le public du dub actuel ignore souvent son origine. Dub poetry. La dub poetry est un dérivé du rap jamaïcain. La poésie dub jamaïcaine s'intéresse de près à l'acte artistique, à l'engagement politique. Le poète « dub » prononce ses paroles sur des musiques composées spécifiquement pour elles, alors que le DJ improvise sur des musiques préexistantes. Les "dub poets" de référence sont Michael Smith, Sister Breeze, Oku Onuora, Mutabaruka et l'anglo-jamaïcain Linton Kwesi Johnson, mieux connu. Linton Kwesi Johnson n'est pas rasta. Il est engagé dans un mouvement très marqué par la gauche britannique et les écrits de C.L.R. James notamment. Ce style s'est implanté dans les milieux culturels et intellectuels. Des artistes américains comme Benjamin Zephaniah ou The Last Poets participent à l'évolution du genre en l'orientant vers le hip-hop et l'electro. Lovers rock. L'appellation, lancée à Londres au milieu des années 1970, définit un reggae doux, au rythme moins marqué, qui parle d'amour et de situations sentimentales et s'oppose en cela au reggae roots. Il est devenu synonyme du reggae dont les figures jamaïcaines les plus représentatives sont Gregory Isaacs, John Holt, Dennis Brown et Freddie McGregor. Ce style perdure en Jamaïque dans les années 1980 avec Sugar Minott, Cocoa Tea ou Frankie Paul, puis dans les années 1990 avec Beres Hammond, Sanchez, Jack Radics, Glen Washington, George Nooks, Richie Stephens, Wayne Wonder et, durant les premières années de sa carrière, Luciano. Il est également resté assez populaire en Angleterre, où même des groupes reggae roots comme Aswad ou Matumbi s'y sont adonnés. Les artistes lovers rock britanniques actuels sont Don Campbell, Peter Huningal, Nereus Joseph ou Peter Spence. Il a en particulier suscité de nombreuses carrières d'artistes féminines telles Carol Thompson, Louisa Marks et Janet Kay. Skinhead reggae. L'early reggae se démarque du rocksteady par un tempo plus rapide, un skank à l'orgue souvent doublé et une influence funk dans le jeu de basse alors que la batterie marquait le troisième temps d'une mesure de quatre temps, à la façon du rocksteady (dans le ska, il s'agissait des deuxième et quatrième temps). Ce style est également influencé par le mento traditionnel, influence retrouvé dans le skank dédoublé et dans certaines lignes de basse rapproché du jeu d'une rumba box. Ce reggae, très nerveux et mené par le jeu de l'organiste, connut beaucoup de succès en Angleterre auprès des skinheads anglais, au point qu'il prit parfois le nom de skinhead reggae. Le skinhead reggae proprement dit naît dans les années 1969 et 1970 en Angleterre, à la suite du mélange des mods et des rudies jamaïcains fans de reggae, donnant naissance à des skinheads auxquels ils ont transmis le goût de cette musique : des groupes se sont mis alors à jouer ce style spécifique pour répondre à leurs attentes. Les principaux artistes issus de l'émigration caraïbes (Jamaïque, la Barbade, Guyane britannique…) qui faisaient allusion aux skinheads étaient Laurel Aitken, Dandy, Derrick Morgan, Symarip, The Rudies, Hot Rod Allstars (The Cimarons), The Pioneers et les producteurs Joe Mansano, Lambert Briscoe, Webster, Shrowder et Desmond Bryan. New roots. L'année 1995 marque le début de la vague amorcée l'année précédente par la mort du chanteur Garnett Silk. Sur le plan des textes, le new roots, aussi appelé dancehall roots, désigne le retour de la mode des textes conscients et (moins présents depuis la seconde moitié des années 1980 où les textes les plus mis en avant traitaient souvent de manière ambiguë d'armes à feu ou de sexe) dans le reggae jamaïcain, sous le renouveau de l'influence rasta. Sur le plan de la texture musicale, le new-roots se traduit par le retour du reggae à un son moins digital voire de plus en plus . La plupart du temps, le son reste néanmoins semi-digital puisque l'ossature des (basse-batterie-skank) reste généralement exécutée à l'aide de synthétiseurs/boîtes à rythmes tandis que viennent se greffer autour des instruments non-digitaux plus traditionnels (cuivres, guitare, piano, orgue Hammond). Les labels phares de la vague new roots de 1995 sont X-terminator (Phillip Burrell), Digital B (Bobby Dixon), Penthouse (Donovan Germain), Startrail (Richard Bell), puis par la suite à un niveau moindre, X-rated (Barry O'Hare), Kariang (Jah Mike), Black Scorpio (Jack Scorpio), Kings of Kings (Colin Levy) et Fateyes (Fatta Marshall & Bulby York). Mais cette vague très influente en Jamaïque jusqu'en 1998 cède ensuite la place à un retour du dancehall hardcore, le dancehall bogle (appelé de plus en plus dancehall tout court) jusqu'en 2004, époque à laquelle on recommence à parler de new roots pour désigner un nouveau retour à un reggae plus classique dans la rythmique. Ce nouveau cycle de la musique jamaïcaine prend également le nom de one drop, terme qui désignait à l'origine le rythme roots reggae le plus (les autres étant le flying cymbal, le rockers et le rub-a-dub) mais qui devient de plus en plus synonyme d'une rythmique roots reggae, quelle qu'elle soit. Depuis peu, le reggae one drop à l'ancienne reprend ses droits en Jamaïque. aux dépens d'un dancehall qui régnait en maître ces dix dernières années. De plus en plus influencé par le hip-hop américain, ce genre musical peinait à se renouveler. Il n'en fallait pas plus pour que quelques jeunes pétris de talent, appelés , s'engouffrent dans la brèche. Une brèche ouverte en 2002 par Warrior King et son tube ', son premier véritable succès. Cette chanson a séduit le public jamaïcain non seulement pour sa qualité et son côté novateur, mais aussi pour la belle histoire autobiographique qu'elle racontait. En effet, cette chanson était destinée à son ex-petite amie qui, en l'entendant à la radio, a décidé de retourner avec lui, charmée par cette preuve d'amour. Les "yardies", friands de contes de fées, ont littéralement accroché. S'ensuivit l'album nommé ', un succès d'estime autant que commercial. Puis, en 2003-2004, c'est tout une génération qui émergea de l'iceberg reggae, rebaptisé une nouvelle fois new roots pour l'occasion. Ce fut d'abord Richie Spice, le cadet de la famille Banner, à qui l'on doit déjà les chanteurs Pliers et Spanner Banner, qui scora trois numéros un hit singles consécutifs. Dans l'ordre : ', ' et '. Il est, depuis, devenu l'icône du renouveau du reggae et son album ' figure déjà au panthéon de la musique jamaïcaine moderne. À ses côtés, le label Fifth Element, équipe de production/management également responsable d'autres artistes à la mode comme Chuck Fender et Anthony Cruz. Puis il y eut Chezidek et son ', Natty King avec ses ' et " Greedy", Fantan Mojah avec ' et ', Mr. Perfect avec "Handcart Boy". D'ailleurs, ce dernier possède une histoire similaire à celle de Warrior King. Sa chanson narre la belle histoire tirée de sa propre vie, à savoir celle d'un pauvre rasta pousseur de charrette amoureux d'une belle fille de bonne famille, et qui parvient malgré tout à la séduire. Enfin, Gyptian a connu un très grand succès avec sa chanson ' sur un rythme nyabinghi-FM. Mais le leader de ce nouveau mouvement reggae, Jah Cure, vit une moins belle histoire : il effectue un séjour en prison, pour une affaire contestée de viol, de 1999 à 2007. Il est libéré sur parole le , continue de clamer son innocence et n'a jamais reconnu les faits. Trois jours après sa libération, il sort son quatrième album intitulé ' ("Des pensées profondes... Un nouveau début"), qu'il a pu enregistrer dans sa cellule. Depuis, cela a donné des idées à certains et même les artistes "dancehall" se mettent au one drop, notamment Elephant Man qui se met soudainement à chanter rastafari. À des lieues du dancehall et de sa glorification fréquente des "guns" et des grosses voitures, le reggae one drop évolue constamment dans un climat positif et constructif. Les chansons ont bien souvent comme thème l'appel à l'amour, la condamnation de la violence, l'éloge de l'herbe ou encore la dénonciation de la corruption presque traditionnelle. Même si elles découlent de causes identiques, il existe des différences entre la vague nu roots de 2004 et celle de 1995 : Styles et caractéristiques. Le reggae est une musique ayant une structure rythmique très marquée. Cette structure peu remplie mais très tranchante est donnée par la guitare rythmique qui accentue le second et le quatrième temps par une croche ou deux doubles croches et la batterie qui accentue le troisième par un coup de caisse claire et de grosse caisse synchronisés. À cette structure découpée s'ajoute le pilier central, moins anguleux : la basse, qui assure le fondement mélodique du rythme. Les , structure rythmique au fondement des musiques jamaïcaines à partir de 1967, sont généralement déterminés par leur ligne de basse). Le reggae peut-être caractérisé par : L'orgue : celui-ci est très souvent utilisé dans ce qui est nommé le "shuffle" de l'orgue. C'est une technique qui serait empruntée au vieux R'n'B, qui se place là où se trouvait le "beat" guitare (ou skank) du ska et accentue fortement la dynamique rythmique, donnant l'impression d'accélérer le tempo. Le riddim classique du ' de Lee Perry est un exemple typique. L'orgue accompagne également le skank (sur le et ) et ouvre parfois le riddim par une introduction mélodique. Un exemple d'ouverture célèbre est celle du ' aka "" d'Al Campbell chez Studio One. La guitare rythmique : elle est toujours électrique (très rares exceptions) et l'effet utilisé est absolument crucial. Le skank est parfois doublé par un mouvement d'aller-retour rapide (le "pickin") ou par l'utilisation d'une boîte analogique à écho ("delay", en anglais). Les accords en contretemps sont parfois dotés d'un effet Wah. La guitare lead : dit principal, le jeu de la lead guitar est un court motif, souvent joué cordes étouffées, basé sur la répétition très rapide d'une même note. Une lead guitar peut reprendre la ligne de base, ou avoir sa propre ligne. La basse : à l'origine les contrebasses marquaient le temps sur les rythmes ska. Les basses reggae sont électriques et ont plus de liberté mélodique. Elles utilisent les fréquences les plus basses et apportent un effet alourdissant volontairement le riddim. La guitare basse forme le noyau central du riddim avec la batterie, musique fondamentalement rythmique, des mots même de Lee Perry. Les lignes de basses les plus marquantes (Rockfort Rock, The Heathen...) sont simples mais jouées avec une précision absolue afin de maintenir une rythmique marquée au travers des accords. L'importance de la basse s'accroît avec la naissance du roots, et plus encore dans le dub. Les cuivres : dominants durant le ska, presque absents du rocksteady, ils reprennent place avec le reggae. S'ils interviennent presque toujours de manière synchronisée et harmonisée, ils marquent parfois le skank (ex : "" des Wailing Souls) et remplacent plutôt l'espace occupé par l'orgue au début des années soixante-dix : intro et refrain. Ils interviennent rarement en solo. Certains artistes, tels que Burning Spear font perpétuellement appel à une section cuivre. De 1975 à 1980, le reggae évolue sous une nouvelle forme : le rockers développé par Sly Dunbar. Il est caractérisé par des coups de charleston vifs et saccadés et surtout, par une accentuation de chaque temps à la grosse caisse, emprunté au disco. Ce style très militant présentant moins de cuivres met un terme à la domination de Studio One, et ouvre la grande phase de domination du studio Channel One et de son groupe phare les Revolutionaries. Il survient après le flying cymbal, style caractéristique du producteur Bunny Lee (écouter le "hit" "" par Johnny Clarke) style caractérisé par deux coups de charleston ouvert sur les et (contretemps rythmique) tssss-tssss. À partir de 1981, un nouveau style de batterie qui a perduré jusqu'à aujourd'hui règne en maître : le early dancehall parfois appelé Rubadub. Il s'agit d'un balancier binaire grosse caisse () caisse claire (). Le nouveau "backing band" de Channel One, les Roots Radics, sont considérés comme les maîtres absolus du Dancehall instrumental. Les producteurs les plus en vue changent et Junjo Lawes et Linval Thompson occupent le devant de la scène. C'est à cette même période qu'explose le dub, sur les instrumentaux dancehall, et une nouvelle vague de mixeurs à l'image de Scientist. C'est aussi la période du déclin des chanteurs et en particulier des trio harmoniques et la domination progressive des deejays au phrasé parlé. À l'approche du milieu des années 1980, le Rubadub intègre des paroles de plus en plus sexuellement explicites et les deejays utilisent des boucles redondantes de mélodie vocale caractéristiques de cette époque (écouter Peter Ranking ou Yellowman). En 1985, le riddim digital "" produit par Prince Jammy porte le coup létal à un Channel One déjà agonisant. Diffusion. L'histoire du reggae est indissociable de celle des sound systems. À l'industrie phonographique locale et comparable à une sono mobile, le "sound system" désigne à la fois le matériel utilisé, l'équipe qui l'anime et la soirée elle-même. Toute musique produite en Jamaïque est diffusée en sound-system et les disc jockeys (DJ) animent les danses depuis les années 1950. Pour des raisons économiques ces soirées, qui diffusent de la musique préenregistrée, remplacent les orchestres. Les DJ y pratiquent le "toasting" (le terme « "" » signifie « bonimenteur ») pour introduire les morceaux. On trouve ici les racines du rap. Les sound-systems sont donc de grands rassemblements festifs, en plein air qui attirent une large frange de la population jamaïcaine, en particulier celle des quartiers pauvres de Kingston, la capitale. On peut citer notamment parmi les plus célèbres sound-systems ceux de Sir Coxsone Dodd (Studio One) et Duke Reid qui se sont longtemps affrontés avant de monter chacun leur propre studio, respectivement Studio One et Treasure Isle. Depuis les années 2000, le reggae se diffuse particulièrement sous la forme dub en Europe, grâce aux sound systems, d'abord anglais puis français, suisses... Les possesseurs de sound systems sont souvent également producteurs (Aba Shanti I, Jah Shaka, Salomon Heritage...). Le terme dub est parfois un abus de langage, bien que très utilisé, pour désigner la musique diffusée lors de ces soirées - alors qu'il serait plus correct de parler de reggae, du roots, jusqu'au digital. Mais ce terme permet également de différencier des courants très différents, entre l'école dite anglaise (jouée dans ces sound systems), et l'école plus française du reggae/dub, représentée à différents niveaux par High Tone, Danakil, Naâman et d'autres. Il s'agit de deux milieux bien distincts. Le reggae autour du monde connaît donc un nouveau regain de public, porté notamment par ces sound systems, mais également par des groupes au sens traditionnel, se produisant sur scène En 2017, Toots and the Maytals sont devenus le deuxième groupe de reggae à jouer au festival Coachella, après Chronixx en 2016. Le reggae de Jamaïque est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'UNESCO le .
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Patinage à roulettes Le patinage à roulettes ou roller (abréviation de l'anglais "" qui signifie « patinage à roulettes »), est un mode de déplacement qui consiste à se déplacer sur des chaussures montées sur roues, appelées patins à roulettes ou rollers. Ce mode de déplacement peut s'utiliser comme moyen de transport, comme loisir ou encore comme sport ; il donne lieu à différentes disciplines artistiques ou sportives comme le patinage artistique sur roulettes ou le roller hockey, ainsi qu'à l'exécution de figures (tricks) de roller acrobatique ou roller agressif. Les rollers servent aussi à faire des randonnées en famille ou entre amis. En ville, on se déplace en moyenne à . Historique. À l'origine du patin à roulettes au , les roues étaient alignées (à la manière des rollers en ligne d'aujourd'hui) en imitation de la lame des patins à glace. Les matériaux des roues (souvent en bois) et les revêtements rendaient la configuration en ligne inefficace voire inconfortable, elle a donc été abandonnée au milieu du au profit d'une configuration en essieux qui a dominé pendant plus de 100 ans. Entre la fin du et le début du on voit apparaître des variantes des patins à roulettes comme les "cycles-patins". Les patins. Un patin est composé en général : L'architecture et les composants du patin sont adaptés en fonction de la discipline pratiquée. Cependant, il existe trois grandes familles de rollers : À la fin des années 1950 la marque Midonn proposait un modèle à trois roues, deux latérales et une au talon. Disciplines sportives. Les disciplines se différencient par le matériel et la technique utilisés, ainsi que par la performance recherchée. Les plus connues sont les courses de patin à roulettes et les épreuves de roller artistique. Vitesse. Aller le plus vite possible sur différentes distances (de à plus de ). Les courses de vitesse se pratiquent sur piste, circuit ou route ; les types de courses sont inspirés de l'athlétisme et du cyclisme. Les courses sont individuelles (contre la montre) ou collectives, elles engagent de quatre à plusieurs milliers de patineurs. Les compétitions majeures sont la World Inline Cup (coupe du monde des marathons en roller) depuis 2000 et les championnats du monde de vitesse. Randonnée. La randonnée en roller, on parle aussi de roller loisir ou "roller fitness", est la discipline en roller la plus pratiquée. Il s'agit de se promener, seul ou en petit groupe sur les trottoirs ou les routes. Ces randonnées peuvent être spontanées ou institutionnelles. Dans les rues de nombreuses villes, de grandes réunions populaires, généralement encadrées et sécurisées réunissent un très grand nombre de patineurs. À Paris, ces longues promenades se déroulent essentiellement le vendredi soir (sous l'organisation et l'encadrement de l'association Pari-roller) et le dimanche après-midi (sous l'organisation et l'encadrement de l'association Rollers & coquillages). Les grandes randonnées parisiennes sont les plus importantes au monde, réunissant chaque semaine et tout au long de l'année, des milliers, voire des dizaines de milliers de patineurs. À l'exemple de la "Friday Night Fever" de Paris, le phénomène s'est répandu dans le monde entier et l'on peut désormais participer à des "Friday Night Rolls" (randonnées du vendredi soir) à Berlin, Londres, New York, Bruxelles, San Francisco… Roller derby. Le roller derby est une course agressive utilisant des patins sur essieux et se jouant sur une piste ovale. Ce sport de contact est d'origine américaine et majoritairement pratiqué par les femmes. Le but du jeu étant de désigner une joueuse et de réussir à dépasser en un laps de temps donné les joueuses adverses sans se faire projeter au sol. Le roller derby est désormais un sport international en croissance rapide avec des ligues partout dans le monde. Roller acrobatique. Le roller acrobatique regroupe toutes les disciplines du roller basées principalement sur la technique. La puissance physique est indispensable mais est en général secondaire. Ces disciplines se pratiquent généralement en plusieurs passages ou "run" (en entraînement comme en compétition). Le roller se pratique aussi bien dans les skatepark que dans la rue ("street"). Le slalom. Slalom figure (ou « "slalom freestyle" »), slalom vitesse (ou « "speed slalom" ») : Le saut en roller. Le "high jump" et le « saut figure » utilisent une rampe droite (tremplin droit), la « hauteur pure » se pratique en détente sèche sans aucun tremplin. On citera comme figures de saut avec tremplin les plus connues : le saut papillon, qui consiste à sauter l'extérieur du pied gauche vers la gauche et l'extérieur du pied droit vers la droite ; le saut groupé, jambes repliées vers la gauche ou la droite ; le saut "freestyle", pour lequel seule la bonne réception importe. Cette pratique peut provoquer un tassement de la colonne vertébrale si on se reçoit mal ou que le patin n'est pas équipé d'éléments amortissant les chocs. Elle requiert de l'habileté technique. L'agressif. Le "roller street" (agressif, "freestyle rolling" ou "stunt") se pratique en rampe (les U), en skatepark ou dans la rue. Les "tricks" (« figures ») nécessitent une certaine patience et un entraînement certain pour être réussis. Les patins sont équipés de coque robuste, à platine basse pour la stabilité, composés de roues à petit diamètre ayant un profil rond presque carré (contrairement aux roues des autres disciplines qui sont elliptiques et plus grandes). Les patins sont généralement à 4 roues pour la rampe et à 2 roues afin de faciliter les "grinds" en "park" et en "street". Il existe différentes hauteurs de spoiler (partie haute de la coque) parfois coupé en V pour gagner en souplesse. Les roues font parfois l'objet de modifications selon les pratiques : montées en « banane » (forme en V) pour les orientations slalom/freestyle, ou en flat pour le street ou le skatepark. Le "shuffle". Également appelé "cess-slide", consiste à effectuer des figures au sol en faisant déraper ses roues ou ses platines à grande vitesse. Ce n'est pas une discipline mais une des figures communes dans les autres disciplines (slalom, "freeride", acrobatique). Le "freeride". Émergé dans les années 2000, un mélange de toutes les disciplines (randonnée, acrobatique, slalom), c'est une pratique multidisciplinaire assez libre ("free") où l'on peut choisir de pratiquer les figures selon l'environnement urbain. Le patin se caractérise par une platine haute comme en "fitness" mais d'une botte donnant la possibilité d'effectuer quelques figures de "street" et possédant des maintiens latéraux, des aérations sur la coque. Les platines des patins freeride sont généralement assez courtes pour plus de maniabilité. Les patins de la discipline "street" et "rampe" se caractérisent aussi par une modification accrue : ajout d'accessoires esthétiques ou techniques. Avec la récente technique UFS l'interchangeabilité des platines font qu'elles sont utilisables par les autres disciplines. Artistique et danse. Ces deux disciplines s'apparentent au patinage artistique et à la danse sur glace : Hockey. À la différence du hockey sur glace, la pratique interdit tout contact physique violent. Les caractéristiques techniques. Les roues. Les roues ont un diamètre qui dépend de la discipline pratiquée : (loisir ou hockey) à pour les courses de vitesse. On trouve également des roues de , non acceptées en compétition fédérale. Plus les roues sont grandes, plus elles permettent de rouler vite et plus elles conservent de l'inertie. Par contre elles demandent plus d'efforts pour lancer le patin et altèrent la maniabilité. À l'inverse, les petits diamètres sont plus maniables, mais moins véloces. On les retrouve dans les pratiques acrobatiques (street, slalom, etc.) et au hockey. La dureté des roues est mesurée sur une échelle de 0 à 100 (100 étant la dureté la plus forte). En roller les duretés sont généralement notées sur l'échelle A de 74 à 100 (74A, 78A, 82A, 88A et 100A). Une roue tendre (en deçà de 82A) présente plus d'accroche et s'usera plus vite. Une roue dure (82A et plus) sera plus rapide et s'usera moins vite, tout en étant plus glissante, notamment dans les virages à grande vitesse ou sur sol humide. La platine. Plus elle est courte et basse, plus elle est maniable et nerveuse. Sa longueur détermine généralement la taille des roues qu'il est possible d'y monter. Les platines peuvent être en matière plastique (roller fitness ou street), en aluminium, ou en carbone. Les platines en aluminium étant les plus répandues. Le nombre de roues prévues pour une platine dépend de la discipline. On peut ainsi trouver des modèles : Les roulements. Les roulements de roller sont généralement classifiés par la norme ABEC. Même si celle-ci n'est pas adaptée, elle reste une référence utilisée par la quasi-totalité des fabricants de roulements. Il est communément admis que plus l'indice ABEC est élevé, meilleur est le roulement, mais c'est une erreur : la norme ABEC définit la côte de tolérance des roulements à bille (taille et perfection de la sphère), et non la qualité globale du roulement ; l'absence de référence au matériau utilisé ne permet de lier un indice ABEC seul à la qualité du roulement (longévité, roulage, résistance).
Rê Rê (ou Râ) est un dieu solaire dans la mythologie égyptienne, créateur de l'univers. Il peut apparaître sous plusieurs autres formes, celle de Khépri, le scarabée bousier : symbolisant la naissance ou la renaissance ou encore Atoum, l'être achevé (le clergé égyptien expliquait que l'astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant). Au fil du temps, Atoum (le soleil couchant) est assimilé progressivement par les théologiens égyptiens à la forme de Rê (le soleil à son zénith), de sorte que l'on parle de Rê-Atoum, le dieu créateur, qui préside la Grande Ennéade constituée des neuf dieux principaux. Par la suite, Rê a également été associé à plusieurs autres dieux comme Amon pour devenir Amon-Rê. Il existe plusieurs versions de sa naissance. Dans l'une d'elles, elle serait attribuée à la déesse Neit, qui aurait mis Rê au monde sous la forme d'un œuf. Rê sortit de l'œuf et fut aveuglé par la lumière. Cette lumière fit couler des larmes de ses yeux, d'où naquirent les premiers hommes. Cependant, il existe une version plus classique relatée notamment par Neil Philip dans son œuvre "Mythes et Légendes" : il semblerait que Rê se soit créé lui-même en se nommant, comme il créera les éléments de la vie en les faisant sortir du Noun, l'océan primordial. Il devient la divinité principale sous l'Ancien Empire. Il est souvent représenté avec une tête de faucon sur laquelle est posé le disque solaire protégé par le cobra dressé. Le dieu Rê était également fortement associé au jour de l'an. Le , jour de l'an égyptien, était l’occasion d’une « fête de Rê » selon un papyrus et un ostracon d’époque ramesside, et selon deux autres papyrus, il s’agissait du jour de sa naissance. Mais déjà, dans les textes des pyramides, Rê était considéré comme « le maître de l’année ». Mythe. D'après la mythologie, à la suite d'un long règne exercé directement sur sa création et les hommes, il devient vieux et fait face à leur rébellion. Sa fille Tefnout la réprime, mais désormais vulnérable il décide de gagner le ciel. Il la rappelle à lui et elle se transforme alors pour devenir la vache céleste Nout formant la voûte céleste destinée à porter en son sein la barque solaire et son cortège divin désormais symbolisé par les étoiles. Rê voyage chaque jour à travers le ciel à bord de sa barque sacrée (parcours du Soleil), et chaque nuit au travers des mondes souterrains (la Douât). Chaque lever de soleil est une victoire remportée par Rê sur les « forces des ténèbres ». Peut-être est-ce là l'explication apportée par les Égyptiens aux phénomènes d'éclipses du Soleil, qui seraient autant de défaites momentanées du dieu sur les ténèbres. Les « forces des ténèbres » sont représentées par le serpent Apophis, qui cherche chaque nuit à déstabiliser la barque solaire et à avaler le monde pour le plonger dans les ténèbres. Rê est épaulé dans son combat par Seth, divinité guerrière particulièrement crainte. C'est l'un des rares mythes où Seth a un rôle positif, et les pharaons qui le prendront comme dieu protecteur n'auront de cesse de le rappeler. Pharaon, après sa mort, prend place sur la barque de Rê pour rejoindre le royaume des morts. Le roi Khéphren est le premier à inclure le nom de Sa-Rê (« Le fils de Rê ») dans sa titulature, qui précède le nom de naissance du pharaon inscrit dans un cartouche. Il a pour but de rattacher charnellement le pharaon à la puissance cosmique de l'univers, Rê. C'est à Héliopolis qu'était vénérée la sainte ennéade, ou assemblée des neuf dieux issus de Rê qui symbolisaient la création du monde :
Ressource naturelle De manière générale, une ressource naturelle est une substance, un organisme, un milieu ou un objet présent dans la nature, sans action humaine, et qui fait, dans la plupart des cas, l'objet d'une utilisation pour satisfaire les besoins (énergies, alimentation, agrément) des humains, animaux ou végétaux. Il peut s'agir : Depuis les années 1970, cette notion s'est peu à peu élargie aux ressources nécessaires à tout organisme ou écosystème, ainsi qu'à tous les secteurs socio-économiques. Ainsi, les surfaces de sols bioproductifs disponibles (une composante du foncier agricole), la qualité de l'eau ou de l'air, l'aspect des paysages, la biodiversité… constituent d'autres aspects des ressources naturelles ; ils sont pris en compte en France par un projet de "Plan Ressources" associé à la stratégie promouvant l'économie circulaire. La vulnérabilité, la faible disponibilité ou le faible renouvellement de certaines ressources caractérisent les ressources non renouvelables (exemple : le pétrole), par opposition aux ressources renouvelables ( la biomasse) qui ne sont pas pour autant inépuisables. Alors que la population mondiale et l'empreinte écologique de l'humanité s'accroissent inexorablement, la gestion durable des ressources est devenue un enjeu important. Dans le cadre de sa "Stratégie nationale de transition vers l'économie circulaire", la France a décidé en 2015 de mettre en place un Plan de programmation des ressources (mis en consultation mi-2017 et qui sera mis à jour tous les cinq ans). D'après les estimations actuelles, l’utilisation des ressources naturelles devrait augmenter de 110 % d’ici les années 2050, ce qui entraînerait une réduction de plus de 10 % des forêts et d’autres habitats tels que les prairies d’environ 20 %. Les conséquences sur les changements climatiques sont significatives, les émissions de gaz à effet de serre augmenteraient de 43 %. Histoire du concept. La notion de "ressource naturelle" (exprimée sous cette forme précise) semble relativement récente. Elle a de plus beaucoup évolué depuis les années 1970 accompagnant les avancées de la connaissance scientifique et des progrès techniques (la diversité est ainsi devenue une nouvelle ressource, pour le génie génétique, ressource valorisée par le brevetage du vivant, par ailleurs très discuté pour des raisons éthiques et de risque écotechnologique). On a d’abord considéré comme ressources naturelles la biomasse utile et les « matières premières », puis les formes d’énergie utiles aux hommes et en particulier à l’agriculture, à la sylviculture et à la pêche, puis à l’industrie (bois de feu, traction animale, moulins à vent et à eau, puis carburants fossiles et enfin nucléaire). Par exemple, de l'Antiquité à l’ère industrielle, le sel avait une grande valeur, non parce qu’il était rare sur la planète, mais parce qu’il était vital pour la santé (il servait à la conservation d'aliments par le salage), et peu accessible loin de la mer, et qu’il faisait l’objet de taxes importantes. Le pétrole (encore inconnu) avait alors bien moins de valeur. Ces valeurs ont été renversées au et s où les ressources fossiles sont devenues vitales pour l’industrie, la pêche et l’agriculture, mais aussi pour le bâtiment, les transports et de nombreux services. Et si le coltan a une valeur tant pour les Européens, Américains et autres pays technologiquement avancés, mais aussi pour certaines régions africaines sous-développées, c'est parce que les rapports marchands les ont mis en contact. Peu à peu la valeur d'aménité de certaines ressources est apparue ; plus difficile à quantifier, mais bien réelle, traduite par exemple par l'engagement de nombreuses personnalités et courants pour la protection de la naturalité ("Wilderness") aux États-Unis et par les romantiques européens, dont les peintres de l’école de Barbizon qui ont obtenu le classement de la Forêt de Fontainebleau près de Paris. L’augmentation actuelle des prix des terrains aux abords des milieux naturels et paysages remarquables en est une autre manifestation. Les aménités sont aussi et par exemple en France prise en compte par la LOADDT (Loi Voynet). À la fin du , avec l’apparition et la rapide diffusion du concept de développement durable, en réaction notamment à la dégradation et raréfaction ou disparition de nombre des ressources naturelles, la notion de fonctionnalité écologique et de service écologique a élargi celle de ressource naturelle aux ressources utiles ou indispensables non seulement à l’Homme, mais aussi à l’ensemble des écosystèmes. Un nouveau paradigme apparaît alors clairement : les ressources planétaires sont limitées, elles rendent des services indispensables voire irremplaçables, mais surtout, elles apparaissent comme le produit des écosystèmes et plus généralement de la biodiversité, qui en tant que tels deviennent eux-mêmes des ressources vitales à protéger pour pouvoir les exploiter durablement ou pour qu’ils continuent à produire leurs services « gratuits », en particulier produire l’oxygène, l’eau, les sols, qui nous sont vitaux. Cette approche a notamment été précisée par l'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire, première évaluation mondiale de l’état de santé des écosystèmes et de leurs fonctionnalité). On qualifie maintenant un élément écopaysager de ressource naturelle quand il peut satisfaire un des besoins de l'être humain, mais aussi des communautés écologiques qui constituent les écosystèmes. Les habitats naturels, résultant pour partie de l’activité des espèces qui y vivent, sont ainsi eux-mêmes considérés comme des ressources naturelles. La loi constitutionnelle sur la charte de l'environnement, rappelle que (). Classement ou hiérarchisation des ressources. Les ressources peuvent être classées comme étant « pas, peu, difficilement, coûteusement ou lentement renouvelables ou vitales » et/ou selon un critère de type « remplaçables / irremplaçables ». Valeur économique. Les tenants de l’approche économique classique considèrent qu’une matière première d’origine naturelle, voire un service écosystémique peuvent être considérés comme étant une "ressource naturelle" de valeur à partir du moment où celle-ci aura acquis une valeur économique et marchande. Hormis pour les matériaux ( fibres végétales, argile…) et les carburants (fossiles ou non), il reste néanmoins difficile de quantifier la valeur de telles ressources, souvent immatérielles (pour les services qu'elles rendent) en unités monétaires. Ressources vitales. Les ressources dites vitales peuvent aussi être classées selon certaines de leurs caractéristiques "ressources plus ou moins vitales" ( l'air et en particulier l'oxygène issu de la photosynthèse sont particulièrement vitaux ; tout en étant une ressource encore très commune). La biodiversité est parfois qualifiée de « ressource des ressources » en tant qu'elle est la source première de nombreuses ressources vitales telles que l'air, l'eau potable et tout ce que nous mangeons, ainsi qu'une grande partie des sources d'énergie (fossiles et biomasse), des médicaments, des fibres textiles ou papetières Renouvelabilité. Les exigences de développement durable ont conduit à classer les ressources naturelles selon leur caractère renouvelable ou non. On s'attache ainsi à une utilisation durable des ressources, afin de respecter les critères environnementaux, sociaux et économiques du développement durable. Les ressources naturelles sont fréquemment classées en deux catégories : Avantages. On parle ainsi d’avantage physique ou écologique offerts par certaines ressources naturelles, via les écosystèmes ; tel qu'un microclimat (bocage, zone boisée, prairies…) ou la proximité d'un cours d’eau ou d’un lac (pour l'irrigation, la lutte contre les incendies), d'une nappe ou de la mer (pour la pêche et le tourisme) Services rendus. Un écosystème peut avoir une valeur importante, voire vitale de "service" (et donc de ressource), même s'il n'est pas exploité. Ces services écologiques sont encore mal évalués (quantitativement et sur le plan de l'équivalence en valeur économique), mais ils prennent une grande importance, en particulier pour la fonction de "puits de carbone" que jouent les mers, sols et forêts dans les cycles qui stabilisent rétroactivement le climat. Exploitation plus ou moins efficace ou efficiente des ressources naturelles. L'exploitation des ressources naturelles est une activité constante et vitale pour tout être vivant. Quand une ressource est limitée naturellement, à la suite d'une catastrophe naturelle (incendie, inondation…), ou d'une action humaine, il peut y avoir surexploitation, puis éventuelle disparition de la ressource. Les phénomènes de surexploitation semblent très rares dans la nature où ils sont régulés par des boucles de rétroactions écologiques (une espèce qui surexploite son environnement est affaiblie faute de ressource, ses populations régressent, ce qui laisse à ses ressources le temps de se reconstituer, ou les individus se heurtent à des réactions des espèces exploitées ( production de tanins amers par les végétaux consommés par des herbivores). L'homme semble être devenu un cas particulier, qui de par sa multitude et ses capacités, a considérablement développé l'exploitation des ressources naturelles en activités industrielles (organisées pour) du type extraction du pétrole ou de minerais, la pêche ou l'exploitation du bois. La plupart des activités primaires sont directement associées à l'exploitation primaire ou secondaire (transformation, recyclage) des ressources naturelles : Mais les experts ont montré que les activités tertiaires (services) contribuent également à exploiter indirectement des ressources naturelles, à travers les transports et l'énergie consommée dans les bâtiments. Des économistes évoquent une « malédiction des matières premières », les nations les plus riches en ressources naturelles souffrant souvent d’une grande pauvreté, d’une mauvaise gouvernance et de conflits. D'après le journaliste Tom Burgis, il s'agit d'« un système de pillage organisé » par des intérêts privés comme les multinationales Shell ou KBR, qui soudoient des responsables locaux pour des contrats pétroliers et miniers. Raréfaction et gaspillage des ressources naturelles. Un enjeu majeur pour le est de diminuer la consommation de nombreux types de ressources naturelles pas ou peu renouvelables, qui sont en train de s'épuiser ; c'est une condition du développement durable. Les ressources en eau sont déjà insuffisantes dans certaines régions du monde. La ressource en poissons marins est mise à mal, et plus généralement les services dépendant de la biodiversité. Bien avant la fin de ce siècle, plusieurs ressources non renouvelables devraient être épuisées ou quasi épuisées au rythme d'extraction du début du siècle : il en est ainsi du pétrole, pour lequel les experts discutent de la date de survenue du pic pétrolier, mais aussi du gaz naturel (pic gazier), de l'uranium, et de nombreux minerais. Plus généralement on parle de pic de Hubbert lorsque la moitié du stock d'une ressource naturelle est épuisé et que la production commence à décroître. Moins médiatisée au que celle du pétrole, la gestion de la raréfaction des métaux est aussi un enjeu du , étant donné la forte consommation de métaux par de nombreux secteurs d'activité : informatique, aéronautique, stockage de l'énergie et certaines technologies vertes. Les réserves mondiales de nombreux métaux stratégiques se situent entre 30 et 60 ans de production annuelle. Selon Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, auteurs de l'ouvrage francophone de référence sur ce sujet, le recours au recyclage ne suffira pas ; il faut économiser cette ressource à court et moyen termes. Des statistiques sur l'évolution quantitative et qualitative du stock de ressources naturelles existent dont un indicateur simple est aussi l'empreinte écologique. Les études du World Wide Fund for Nature montrent que l'empreinte écologique globale de l'humanité dépasse depuis les années 1970 la capacité de la Terre à renouveler les ressources naturelles (voir aussi la section « Évolution quantitative du capital naturel » dans l'article capital naturel). En 2011, selon l'Agence européenne de l'environnement (AEE) qui a évalué les stratégies de 31 États-membres en matière d'efficience pour l'usage des ressources, d'importants progrès restent à faire, ainsi qu'en matière d'information environnementale et d'affichage environnemental. L'AEE invite à préciser et mettre en œuvre les notions de découplage, d’usage durable, minimal ou soutenable des ressources (souvent considérés comme des synonymes). En 2011, seuls l'Allemagne, l'Autriche et la région Flandres (Belgique) ont des stratégies spécifiquement destinées à l'usage efficace des ressources et seuls cinq pays (Autriche, Chypre, Espagne, Hongrie et Pologne) avaient formellement et officiellement défini ce qu'ils entendaient par « ressources » dans leurs politiques. Nombreux sont les pays qui ont dit avoir des difficultés à interpréter la notion d'« utilisation efficace des ressources » et à l'articuler à l'« économie verte ». Les autres ont mis en place des stratégies sectorielles généralement sur l'eau, les matières premières, l'énergie et les déchets, avec des approches plus souvent techniques et sur l'offre que basées sur une gestion de la demande note le rapport de l'AEE. La biodiversité ou diversité génétique en tant que ressources semblent plus difficiles à appréhender. Certaines régions ont des stratégies d'efficacité concernant des ressources en voie d'épuisement (matériaux, ressources halieutiques…). L'AEE juge les objectifs trop flous ou peu détaillés ( recyclage des déchets, part d'énergie renouvelable dans la consommation énergétique totale (23 % d'énergie renouvelable dans la consommation totale d'énergie en 2020 pour la France), arrêt de la perte de biodiversité). La Suède cherche à réduire son empreinte écologique en réduisant l'impact environnemental de sa consommation globale et les Pays-Bas font de même pour le secteur des importations (important en matière d'énergie grise et autres impacts cachés délocalisés dans l'espace et le temps). L'AEE cite quelques labels comme l'Ange bleu allemand) qui prend en compte la conservation des ressources, le "Cygne" nordique qui évalue l'efficacité de l'usage des ressources ou les objectifs d'affichage environnemental en France. Les métaux du groupe du platine (catalyseurs) coûtent de plus en plus chers ; et selon le Forum Mondial des Matériaux (WMF) réuni mi-2018 à Nancy l'approvisionnement en cobalt, tungstène ou même étain pourraient devenir problématique pour la production de véhicules électriques et le stockage de l'énergie. Le BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières) et les cabinets Mc Kinsey et CRU Consulting estiment en 2018 la situation critique pour le cobalt (très demandé pour les batteries et qui pourrait manquer dès 2025-2030, alors que la moitié de la ressource vient de la RD Congo, région politiquement instable. Le vanadium pourrait poser problème si les batteries « redox à flux » sont développées à grande échelle. Le tungstène et l'étain pourraient manquer, mais en raison de sous-investissement du secteur minier, de même pour trois terres rares (dysprosium, néodyme et praséodyme). Vision économique. La terre, qui était considérée par les physiocrates comme un facteur essentiel de création de valeur, n'est plus considérée comme un facteur de production par les économistes classiques et néoclassiques, qui ne retiennent comme facteurs de production que le capital et le travail. Jean-Baptiste Say (1767-1832), économiste classique, affirmait ainsi : « Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques ». Les matières premières vendues (mais non les ressources exploitées) sont comptabilisées comme consommations intermédiaires dans la comptabilité nationale : ainsi, les ressources naturelles n'ont de valeur, dans le modèle économique occidental, que par la quantité de capital et de travail nécessaire à leur extraction. Les ressources en elles-mêmes n'ont pas de valeur économique. Pour les théories économiques dominantes, tout se passe comme si les ressources naturelles étaient inépuisables. Or nous savons maintenant que le progrès technique, qui dans les modèles économiques génère une augmentation de la production et de la richesse économique, peut contribuer à détruire le capital naturel. Pour tenter de tenir compte des contraintes environnementales, certains économistes commencent à parler de capital naturel pour les ressources naturelles. Comme la croissance économique a des effets négatifs sur le stock de ressources naturelles, certains économistes proposent de corriger le produit intérieur brut pour tenir compte de la destruction de richesse naturelle induite par la production, en définissant un PIB vert. Informations sur les ressources naturelles. Des informations de marché sur les produits de base (produits agricoles, énergies fossiles, minerais, boissons), sont disponibles sur le site de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Ces informations ont été publiées à la demande des pays du sud. On y trouve la description des produits, des informations sur la qualité, les secteurs d'utilisation, le marché (production), les filières, les sociétés, les techniques, les prix, et les politiques économiques. On n'y trouve pas d'informations sur les réserves des ressources non renouvelables. Concernant l'énergie, des informations sont disponibles dans l'article ressources et consommation énergétiques mondiales, section ressources énergétiques mondiales. Un dossier approfondi sur les méthodes de calcul des réserves de pétrole (réserves prouvées, réserves possibles, réserves ultimes) est disponible sur le site de Jean-Marc Jancovici, expert en environnement. Concernant les réserves pétrolières, les informations officielles de l'OPEP, des compagnies pétrolières, et des gouvernements, sont contestées par les experts de l"'Association for the Study of Peak Oil and Gas" (ASPO, association pour l'étude du pic pétrolier et gazier), et des sociétés indépendantes, elles-mêmes confirmées par l'Agence internationale de l'énergie, qui prévoient le pic pétrolier pour la décennie 2010, voire quelques années plus tôt. Ressources naturelles et énergétiques dans le monde. Matériaux. Selon l’ONU, le développement rapide de l’extraction de matériaux est le principal responsable des changements climatiques et de la pression sur la biodiversité. L’extraction mondiale annuelle de matériaux est passée de 27 milliards de tonnes dans les années 1970 à 92 milliards de tonnes en 2017, ce chiffre pourrait plus que doubler avant 2060. L'activité minière a d'abord concerné l'Europe et l'Amérique du Nord. Depuis la fin du elle s'étend très rapidement en Asie (plus de 60 % des matières premières minérales primaires en proviennent en 2017). L'extraction devrait aussi beaucoup se développer en Afrique en 2020-2030. Elle contribue au développement des pays émergents mais non sans conséquences environnementales (destruction de ressources lentement ou non renouvelables, pertes d'habitats et de biodiversité, perte de foncier, effets négatifs sur le climat, dégradation des puits de carbone et des flux et cycles biogéochimiques). Selon un article paru dans la revue Science mi-2018 . Le recyclage et l'économie des matériaux sont des enjeux importants de soutenabilité du développement. En 2017, 8 % de la consommation énergétique mondiale totale a été consacrée à la production primaire de métaux. Comme pour le gaz et le pétrole, cette consommation d'énergie devrait augmenter au fur et à mesure de l'épuisement des ressources car les gisements les plus faciles à exploiter l'ont déjà été. À cette date, Un nord-américain moyen consommait 30 tonnes de matériau par habitant, contre 21 t pour un européen, et moins de 10 t ailleurs. Ainsi, bien avant d'être utilisés, les matériaux minéraux et métalliques et carburants ont déjà généré des impacts via leur raffinage, leur fabrication et leur transport (surtout à cause de l'énergie qu'ils ont nécessité). Des matériaux comme le ciment libèrent aussi du lors de leur fabrication (calcination du calcaire : 50 % des émissions liées à la production de ciment, le reste étant dû à la consommation d'électricité et/ou de carburants. D'autres émissions toxiques ou écotoxiques libérées dans l'air, l'eau ou les sols dégradent notre santé et celle des écosystèmes. Hormis l'or et quelques autres cas, les métaux se corrodent ensuite en polluant l'environnement, dont par lixiviation ou lors de l'incinération. Les polymères (plastiques, caoutchoucs, silicones…) sont plus légers que les métaux, mais sont en forte croissance et sont devenus une part majeure des flux de déchets, et souvent très persistance dans l'environnement, générant des microparticules s'accumulant dans les milieux et l'alimentation. Enrichis en colorants et divers additifs, ils sont souvent difficiles à recycler. Selon l'ONU « l’extraction et le traitement des matériaux, des combustibles et des aliments représentent de 90 % du stress hydrique et des impacts sur la biodiversité ». En 2010, les changements dans l’utilisation des sols ont entraîné une perte d’espèces globales d’environ 11 %. Ressources naturelles et énergétiques En France. L'économie du pays absorbe, selon l'INSEE (bilan 2014), environ 1 460 millions de tonnes de matériaux et matières énergétiques en 2010 (dont 44 % sont des produits extraits du territoire (biomasse agricole et matériaux de construction notamment), 22 % sont des importations (combustibles fossiles, matières premières minérales et produits finis et semi-finis) et à 34 % des gaz consommés lors de la combustion des matières énergétiques et par la respiration humaine et animale. Extraction intérieure : Le tonnage de matières provenant du territoire français a grandi de 20 % lors des années 1970 puis s'est stabilisé de 1990 à 2008 (environ 11t/habitant) pour se contracter avec la crise de 2007 (-8,5 % de 2008 à 2009) avant de remonter en 2010. Les minéraux destinés au BTP sont 60 % de l’extraction intérieure en 2014. En 2014, l'extraction de biomasse compterait pour 35 à 40 % de l’extraction intérieure après avoir également chuté (-6 %) un peu après le début de la crise (vers 2009-2010). Les « flux de matières cachés » sont en tonnage équivalente à environ 70 % de l’extraction intérieure utilisée (estimation Insee 2014). En 2008, l'extraction intérieure totale était d'environ (). Elle couvrait 2/3 des besoins apparents dans le pays (1/3 est importé, 50 % de ces importations étant des combustibles fossiles. Selon l'INSEE, (de 1990 à 2014). Cette biomasse a principalement plusieurs vocations : aliments pour l'homme et le bétail, filière bois-cellulose, production énergétique. Les coproduits et déchets sont de plus en plus considérés comme des ressources : en 2010, chaque français produisait environ de déchet (un peu moins que la moyenne européenne) et seuls 60 % de ces déchets étaient recyclés (taux variant considérablement selon les déchets et le contexte). Le volume d'eau pompé diminue depuis 2000, grâce au recul des besoins industriels dans le pays (dès les années 1990 avec la désindustrialisation), mais d'autres usages augmentent. Énergies renouvelables : dans la consommation finale brute d’énergie en France, leur part a augmenté (de 9,3 % en 2005 à 13,7 % en 2012).
Ressource renouvelable Une ressource renouvelable est une ressource naturelle dont le stock peut se reconstituer sur une période courte à l'échelle humaine de temps, en se renouvelant au moins aussi vite qu'elle est consommée. C'est le cas par exemple de diverses ressources animales d'élevage ou végétales cultivées (biomasse), l'eau d'une nappe d'eau souterraine dont le niveau reste stable, de l'énergie éolienne et de l'énergie solaire. En ce qui concerne les ressources vivantes naturelles (gibiers, poissons, mais aussi humus, forêts primaires…), elles ne sont considérées comme renouvelables que si le taux de régénération est supérieur ou égal au taux d'exploitation, par la chasse ou la pêche. Une ressource renouvelable s'oppose à une ressource non renouvelable. Lorsque l'on parle de ressource renouvelable, on pense souvent d'abord aux énergies renouvelables, mais c'est une dimension prise en compte dans les études d'impacts, les éco-bilans (analyse du cycle de vie), le bilan-carbone, la notion d'empreinte écologique, ou parfois dans l'affichage environnemental. Vision économique. Les ressources renouvelables utilisées dans un processus de production, comme les autres ressources naturelles, sont considérées comme des consommations intermédiaires. Leur "valeur" ne prend en compte que le travail et le capital qui sont investis dans leur exploitation et pas la diminution du capital naturel associé. C'est de cette façon que l'on comptabilise les ressources renouvelables dans la comptabilité nationale. En France. En 2017, en France, un «Plan de programmation des ressources» (aussi dit « Plan Ressources»), quinquennal, prévu par la loi TECV (Loi de transition énergétique pour la croissance verte ; article 69) a été publié et mis en consultation. Il sera l'un des piliers de la Stratégie nationale de transition vers l'économie circulaire. Il vise à faire appréhender les enjeux de la dépendance de l'économie française aux ressources naturelles et produire des recommandations pour la réduire. Il doit notamment à "" face à un risque de pénurie de certaines ressources nécessaires ou vitales pour la vie (eau, air, sol, aliments...) et l'économie (matières premières). Il vise à « découpler » la croissance économique de la consommation de ressources, pour prévenir les conflits pour les matières (premières, primaires et secondaires), par un usage plus efficace et « circulaire » et par le report vers des ressources alternatives, notamment pour les matières stratégiques (en volume ou en valeur).
Ressource génétique Une ressource génétique est, selon la Convention sur la diversité biologique (CDB), un matériel génétique ayant une valeur effective ou potentielle. Elle est liée à la diversité génétique et fonctionnelle des patrimoines génétiques des sous-populations, populations et métapopulations de chaque taxon. Bien que non nommée, elle a joué depuis des milliers d'années un rôle important dans l'agriculture, l'élevage, la pisciculture et la sylviculture, et de plus en plus pour les biotechnologies et les domaines utilisant la transgénèse ou la sélection dirigée sur la base de méthodes scientifiques depuis quelques décennies. Dans le domaine agricole, le terme agrobiodiversité recouvre bien la notion de ressource génétique . La valorisation marchande et biotechnologique de ces ressources pose des questions nouvelles de gouvernance et de modes de partage des bénéfices apportés par ces ressources et leur conservation, avec des questions ethnologiques et d'éthique environnementale spécifiques, concernant par exemple la gestion et valorisation des semences les capacités croissantes de pollution génétique et de modifications profondes et parfois irréversibles de ce patrimoine par l'Homme. Éléments de définition. Le génome a acquis une valeur de ressource naturelle et commerciale lorsque son rôle dans l'amélioration végétale ou animale a été compris. Ce phénomène s'est accompagné du développement du génie génétique ainsi que de la possibilité de breveter le vivant ; Lors du Sommet de la Terre de juin 1992, l'ONU a reconnu l'importance de ces ressources comme bien commun et comme fondamentales pour le développement durable. L'ONU leur reconnaît aussi une valeur utilitaire en distinguant les ressources génétiques végétales et animales, en insistant sur la , (point 14H) et la (point 14H). L'ONU pointe aussi à plusieurs reprises l'importance des ressources génétiques forestières (RGF). En France. Dans ce pays, le Bureau des ressources génétiques (BRG), puis la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) et l'Agence nationale de la recherche (ANR), accompagnent la recherche sur ces questions via notamment des appels à projets encourageant à développer les connaissances sur les liens entre diversité génétique et agriculture durable, sylviculture durable ou encore résilience écologique (par exemple, le projet DIVALOR porte sur la – et réponse au changement climatique, etc.) lancés par le Bureau des Ressources Génétiques en 2007, puis par la FRB, en plus de la recherche privée qui cherche à valoriser ces ressources, avec des questions controversées quant à la brevetabilité du vivant. Un colloque FRB intitulé "" a fait à Montpellier le point sur la recherche en 2011. En 2014, selon l'exposé des motifs du projet de loi cadre sur la biodiversité : "" En 2016, a été créée une nouvelle section du CTPS d'intérêt commun à plusieurs espèces ou groupe d'espèces relative à la conservation des ressources phytogénétiques. Le guide détaillé de l'APA (accès et partage des avantages des ressources génétiques selon le protocole de Nagoya) est présenté sur le site de la FRB. En 2017, Le ministère de l'Agriculture et de l’Alimentation conduit deux nouvelles actions pour la conservation la diversité du patrimoine génétique des plantes cultivées (ressources phytogénétiques) dans le cadre du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture (TIRPAA): Conservation de la biodiversité. Le patrimoine national des ressources zoogénétiques est préservé par cryoconservation avec la Cryobanque Nationale, qui a été mise en place en 1999. D'autres dispositifs de gestion conservatoire de la diversité génétique existent, comme avec le Muséum national d'histoire naturelle et la conservation in situ animale et végétale. De même, avec l'association Conservatoire des collections végétales spécialisées et les autres Conservatoires botaniques, ainsi que la conservation ex situ avec les banques de graines (ou banques de semences).
Réseau téléphonique commuté Le réseau téléphonique commuté (RTC) ou réseau téléphonique commuté public (RTCP) (en anglais, "public switched telephone network" ou "PSTN") est le réseau historique des téléphones fixes, dans lequel un poste d'abonné est relié à un commutateur téléphonique du réseau public par une paire de fils alimentée en batterie centrale intégrale (la boucle locale). Les commutateurs téléphoniques sont eux-mêmes reliés entre eux par des liens offrant un débit de , ce sont les blocs primaires numériques (BPN) ou par des liaisons optiques PDH ou SDH plus performantes. Il ne faut pas confondre un commutateur téléphonique avec un centre ou central téléphonique qui est le bâtiment abritant un ou plusieurs commutateurs téléphoniques. Histoire. De 1872 à 1876, Elisha Gray et son rival Alexander Graham Bell jettent les bases du téléphone analogique. Au terme d'une querelle de priorité, Bell obtient finalement le brevet exclusif du téléphone. De 1878 à 1913 en France, les communications sont établies par des opérateurs et des opératrices, grâce à un système de cordons souples munis de fiches et de tableaux d'arrivée et de départ d'abonnés. Puis viennent les systèmes de commutations automatiques, qui ne cessent d'être améliorés : d'abord électromécaniques, puis électroniques, ils sont désormais numériques et totalement pilotés par informatique. Almon Strowger invente, puis brevette, en 1891, le premier commutateur automatique et le cadran de numérotation à dix chiffres permettant d'établir, sans l'aide d'opérateurs humains, une liaison entre deux abonnés d'un central téléphonique. Les premiers commutateurs sont installés aux États-Unis à la fin du et au début du . De l'origine (années 1880) jusqu'à la fin des années 1980, il existe une continuité électrique entre les deux abonnés : un circuit électrique physique, temporaire, est établi entre les deux téléphones (sauf pour les communications à très longue distance) en traversant d'autant plus de standards qu'il y a de distance à parcourir. Évolutions au début des années 2000 : transmissions numériques. Beaucoup de lignes terminales entre l'abonné et le central (la boucle locale) sont suffisamment courtes, pour pouvoir accueillir des transmissions numériques de débit plus important (jusqu'à en 2018 en France), dites « xDSL ». Les modems ADSL ou VDSL connectés au central par des liaisons totalement numériques sont gérés par des commutateurs et routeurs numériques. Cependant, les services xDSL comme l'ADSL ou le SDSL ne sont pas pris en charge directement par le commutateur téléphonique de rattachement de l'abonné, mais par des équipements intercalés sur la ligne téléphonique entre le poste téléphonique de l'abonné et son commutateur téléphonique de rattachement : les baies DSLAM. Cet équipement est en général localisé dans les murs du central téléphonique, à proximité du commutateur téléphonique, mais peut aussi être placé dans un petit bâtiment séparé, à mi-chemin entre le centre téléphonique et l'abonné (les NRA), afin d'augmenter la portée de la distribution des services xDSL. Les liaisons entre terminaux mobiles et commutateurs, bien que numériques, sont parfois moins fiables (réseaux mobiles 2G, 3G et 4G) car elles peuvent subir des perturbations à cause des technologies radioélectriques utilisées pour transmettre le signal radio dans l'atmosphère. Évolutions récentes en France depuis 2017. La France a annoncé en 2017 qu'elle prévoyait de fermer son réseau de téléphonie de type RTC pour le remplacer par un réseau IP ADSL et fibre, et par la téléphonie sur IP (Voix sur IP). Orange (ex France Télécom) a mis en place un plan de fermeture du RTC. Il n'est plus possible de commander de nouvelles lignes analogiques depuis et de lignes Numéris depuis fin 2019. L’ensemble des services Numéris et analogiques seront progressivement dé-commissionnés à partir de 2021. Ce plan reste à préciser, notamment pour certains services spécifiques comme les lignes d’alarme, d’ascenseur. Cet abandon de la transmission analogique sur le réseau téléphonique est motivé par la réduction de l'offre de pièces de rechange en cas de panne. En 2018, en France, ce changement de technologie concerne 9,4 millions d'abonnés selon les chiffres d’Orange. La première vague de fermetures de grande ampleur du RTC interviendra le et concernera réparties par plaques sur sept départements ; la deuxième vague interviendra le et concernera réparties par plaques sur huit départements. Cette fermeture technique sera expérimentée en avance de phase dans sept communes situées dans deux départements distincts (Osny dans le Val-d'Oise et Concarneau, Elliant, Melgven, Saint-Yvi, Rosporden, Tourch dans le Finistère) qui ont vu le RTC s’arrêter dès le . D'après Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, . Le service sera remplacé, en France, par la technologie de la voix sur IP sur des supports variés (fibre, ADSL, radio). En 2018, 70 % des sociétés françaises continuaient d’utiliser le réseau RTC, notamment pour des applications d'ascenseurs, de terminaux de paiement, de systèmes d’alarme ou de fax. La ville de Toulouse est l'une des premières dont le pourtour sera affecté, touchant des communes comme Le Muretain Agglo, le Sicoval, Auterive, Nailloux. Avec ces nouvelles technologies, le téléphone n'est plus autoalimenté en énergie, et son fonctionnement dépend donc de la disponibilité du service électrique local. En juin 2022, Orange annonce avoir arrêté son dernier commutateur de transit international de type RTC. En juillet 2022, les concurrents d'Orange et l'ARCEP demandent plus de transparence sur l'arrêt du cuivre.
Radioastronomie La radioastronomie est une branche de l'astronomie traitant de l'observation du ciel dans le domaine des ondes radio. C'est une science relativement jeune qui est née dans les années 1930 mais qui n'a pris son essor que dans les années 1950/1960 avec la réalisation de grands instruments (Parkes, Greenbank, Arecibo, Jodrell Bank, Westerbork et Nançay). Tout le spectre radio présente un intérêt pour l'astronomie et la cosmologie mais pour des raisons techniques les fréquences observées sont limitées à l'intervalle compris entre 1 MHz et environ GHz. Les observations de ces signaux de puissance généralement faible sont très sensibles aux interférences d'origine humaine ou terrestre et sont noyés dans le bruit cosmique. Pour isoler les signaux et fournir des mesures précises, elles nécessitent la mise en œuvre d'instruments de très grande taille, les radiotélescopes, qui mobilisent de ressources à l'échelle nationale voire internationale (ALMA, LOFAR, SKA). Les signaux des radiotélescopes individuels sont souvent combinés (interférométrie). Des observatoires spatiaux sont également utilisés pour des mesures nécessitant un environnement non reproductible sur Terre (Planck,…) ou pratiquer une interférométrie à très longue base (RadioAstron). La radioastronomie a apporté des contributions majeures dans des domaines comme la structure de notre galaxie (via la mesure de la répartition de l'hydrogène atomique), les processus physiques au sein de notre Soleil, la composition et l'évolution des nuages de gaz interstellaires et des pouponnières d'étoiles, la structure et l'évolution des galaxies, la détermination des paramètres cosmologiques de l'univers (analyse du fond diffus cosmologique) et enfin les processus physiques à l'origine des émissions radioélectriques des plasmas, des planètes et du milieu interplanétaire de notre système solaire. Histoire. L'histoire de la radioastronomie est liée celles des radiocommunications. Les ondes radio sont découvertes par Heinrich Hertz en 1889 et moins de 10 ans plus tard Guglielmo Marconi met au point la télégraphie sans fil, première application pratique. Dès le début du , plusieurs chercheurs (Oliver Lodge, Charles Nordmann,…) tentent de détecter des ondes radio naturelles en provenance du Soleil mais leurs expériences échouent du fait de la faible sensibilité de ceux-ci et par le fait que celles-ci se déroulent alors que le l'activité solaire est à son minimum. Les débuts de la radioastronomie découlent de la découverte accidentelle en 1933 par Karl Jansky des signaux d'origine cosmique. Cet ingénieur travaillant dans le laboratoire de recherche et de développement de la compagnie de téléphonie américaine Bell. Il observe des signaux radio qui reviennent tous 23 heures 56 minutes, soit un jour sidéral (durée de la rotation de la Terre). Il comprend que cette périodicité implique que la source de ces signaux radio sont les étoiles. Il arrive à déterminer qu'une émission radio provient du centre de la galaxie sur la longueur d'onde de 15 mètres. Il publie en 1935 ce résultat mais ces conclusions ne donnent lieu à aucune recherche ou observation dans le monde de la recherche ou de l'astronomie. En 1936, année du maximum solaire, de nombreux postes radio reçoivent des bruits parasites liés à l'activité solaire mais le rapprochement n'est pas effectué. J.S. Hey, qui travaille sur la mise au point des radars, détecte en 1942 des émissions radio dans la longueur d'onde 1 mètre et remonte à leur source qui coïncide avec les taches solaires. Ces résultats ne sont publiés qu'en 1946, une fois la Seconde Guerre mondiale achevée. Le premier radiotélescope est construit en 1936 par l'astronome amateur Grote Reber qui durant 10 ans reste le seul à observer cette nouvelle source de données sur le cosmos. Les travaux sur les radars durant la Seconde Guerre mondiale accélèrent la mise au point des technologies qui vont être mises en œuvre par les radiotélescopes. C'est à cette époque que sont détectées les émissions du Soleil dans les longueurs d'onde 150 MHz, 3 et 10 GHz. Après la Seconde Guerre mondiale, les recherches commencent sur une plus grande échelle avec du matériel militaire recyclé (radars). En France, à partir de 1947, Yves Rocard avec deux antennes d´origine allemande de 7,5 m de diamètre crée un service d´observation dirigé par Jean-François Denisse. En 1952, il obtient les moyens pour construire un plus grand observatoire la station de radioastronomie de Nançay (Cher) avec 32 radiotélescopes alignés, inaugurée en 1956. Le , Harold Ewen et Edward Purcell détectent la raie 21 cm de l'hydrogène neutre dans la Voie lactée avec une antenne cornet. En 1963, Arno Allan Penzias et Robert Woodrow Wilson découvrent le rayonnement fossile du Big Bang prévu par George Gamow en essayant d'éliminer un bruit de fond dans leur équipement de transmission. En 1965, le fond diffus cosmologique est découvert ; Georges Lemaître l'avait prédit dans sa théorie de l'explosion primitive, dans son article (en français) adressé à Sir Eddington, le définit comme l'« éclat disparu de la formation des mondes », le reliant à la théorie de l'explosion primordiale; ce que Fred Hoyle, partisan de la théorie "stationnaire", avait caricaturé en désignant par ce vocable du big bang qui est devenu ainsi le symbole de la théorie de l'expansion de l'univers. La discipline de la radioastronomie prend un essor inégalé dans l'histoire de l'astronomie. En 1967, Jocelyn Bell Burnell détecte le premier pulsar, mais c'est son directeur de thèse, Antony Hewish, qui reçoit en 1974 le prix Nobel de physique pour son apport à la radioastronomie — ce qui déclenche . Sources cosmiques d'émissions radio. Il existe plusieurs mécanismes à l'origine des émissions radio d'origine cosmique : Selon leurs origines les émissions radio présentent un spectre continu, c'est-à-dire s'étalant sur une bande de fréquences large, ou un spectre étroit (émissions de photons correspondant à des raies spectrales). Ondes radio utilisées par la radioastronomie. Les fréquences observées en radioastronomie dépendent des types de source cosmique mais sont contraintes par les perturbations radio naturelles terrestres (ionosphère, troposphère,…) cosmiques (bruit cosmique,…) et humaines (téléphones cellulaires, émetteurs radio/télévision, radars,…). Les observations depuis le sol du fait des perturbations de l'ionosphère ne sont techniquement réalisables sous certaines conditions qu'à partir de 1,5 MHz mais en pratique ne sont réalisées qu'à partir des fréquences inférieures à 30 MHz. A l'autre extrémité du spectre radio, dans le domaine des ondes millimétriques et submillimétriques, les ondes sont en partie interceptées par la vapeur d'eau atmosphérique ce qui conduit à installer (comme pour les télescopes optiques) les radiotélescopes dans des sites situés à très haute altitude (ALMA, NOEMA, JCMT). Les bandes spectrales utilisées en radioastronomie sont en partie protégées des perturbations d'origine humaine par des normes imposées aux constructeurs d'appareils émetteurs d'ondes radio. Ces normes sont établies par l'Union internationale des télécommunications Mesures effectuées. Les mesures suivantes du signal radio sont effectuées : Les émissions radio d'origine cosmique captées sur Terre ont généralement une puissance très faible (elles se présentent généralement sous forme d'un bruit aléatoire) à l'exception des radiosources suivantes : Instrumentation. Afin d'obtenir suffisamment de signal, certaines antennes sont gigantesques, par exemple le radiotélescope d'Arecibo a un diamètre de 305 mètres. Pour obtenir une résolution fine, on utilise des réseaux d'antennes et même des Very Large Array. Comme pour l'astronomie optique, il existe des radioastronomes amateurs. Fréquences radio allouées à la radioastronomie. Les bandes dédiées à la radioastronomie ont des assignations spécifiques pour être utilisées par ce service de radioastronomie. Ces fenêtres radio donnent accès à divers corps célestes car les répartitions des bandes protègent des brouillages d’autres services.
Ryakugo Le ryakugo (略語) est le mot désignant l'abréviation en japonais. Ce mot vient de "ryaku" (略), « abréviation », et "go" (語), « langage ou mot ». Il peut s'agir soit de sigles (par exemple, ASEAN), soit d'un mot créé à partir de plusieurs mots (souvent de langue étrangère, mais pas toujours). Les "ryakugo" s'écrivent la plupart du temps en katakana. Le "ryakugo" est assez répandu dans la langue japonaise, et il est très à la mode chez les jeunes et dans les techniques de pointe. "Quelques exemples :"
République démocratique du Congo La république démocratique du Congo (en kikongo ya leta : , en swahili : , en lingala : , en tshiluba : ), aussi appelée plus simplement RDC, Congo, RD Congo ou de manière informelle Congo-Kinshasa (pour le distinguer du Congo-Brazzaville), est un pays d'Afrique centrale. C'est le troisième pays le plus peuplé d'Afrique (derrière le Nigeria et l'Éthiopie), ainsi que le pays francophone le plus peuplé. La RDC est le deuxième plus vaste pays d'Afrique après l'Algérie. Il s'étend de l'océan Atlantique au plateau de l'Est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo. Le Nord du pays est un des plus grands domaines de forêt équatoriale au monde, l’Est du pays borde le grand rift est-africain, domaine des montagnes, des collines, des Grands Lacs mais aussi des volcans. Le Sud et le centre, domaine des savanes arborées, forment un haut plateau riche en minerais. À l’extrême ouest, une trentaine de kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve Congo s’étale une côte sur l’océan Atlantique. Le pays partage ses frontières avec l’enclave de Cabinda (Angola) à l'ouest-sud-ouest, la république du Congo à l’ouest, la République centrafricaine au nord, le Soudan du Sud au nord-est, l’Ouganda à l'est-nord-est, le Rwanda et le Burundi à l'est, la Tanzanie à l’est-sud-est, la Zambie au sud-sud-est et l’Angola au sud-ouest. La RDC est membre de l’Organisation internationale de la francophonie depuis 1977. Le territoire devient la propriété privée du roi des Belges Léopold II en 1885. Au cours des suivants, le territoire est le lieu des atrocités généralisées commises par les forces coloniales de Léopold qui forcent la population indigène à produire le caoutchouc sauvage. Le territoire devient par la suite une colonie belge en 1908. Le pays obtient son indépendance en 1960 et est confronté immédiatement à une série de mouvements de sécession qui aboutit à la prise de pouvoir de Mobutu dans un coup d'État en 1965. Mobutu rebaptise le pays le Zaïre en 1971 et préside sur une dictature féroce jusqu'à son renversement en 1997 par la première guerre du Congo. Par la suite, l'ancien nom du pays est restauré et le pays est confronté à la deuxième guerre du Congo en 1998, la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle se termine en 2003 sous la présidence de Joseph Kabila qui gouverne le pays jusqu'à 2019. Le président actuel du pays est Félix Tshisekedi, qui succède à Kabila à l'issue de l'élection présidentielle de 2018, la première transition pacifique du pouvoir depuis l'indépendance. Cependant, le pays demeure instable et voit, depuis 2016, resurgir plusieurs milices. Plusieurs centaines d’ethnies forment la population du pays ; le français est la langue officielle et quatre langues bantoues (le lingala, le kikongo ya leta (aussi appelé « kikongo » en dehors du Kongo-Central), le swahili et le tshiluba) ont le statut de langue nationale. L'économie repose principalement sur le secteur primaire (agriculture et exploitation minière). Géographie. La république démocratique du Congo s'étend de l'océan Atlantique, au plateau de l'Est, et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo, véritable colonne vertébrale du pays. Grand comme quatre fois la France, quatre-vingt fois la Belgique, une fois et demie plus grand que le Québec (Canada), ou encore grand comme la partie des États-Unis située à l'est du Mississippi, c'est le État du monde par sa taille avec ses . Le fleuve Congo donne au pays son seul accès à l'océan Atlantique dans la ville portuaire de Banana. C'est un étroit corridor sur la rive droite du fleuve traversant le territoire de l'Angola, qui dispose de la rive gauche, et dont il crée une petite exclave sur la côte atlantique entre le nord du fleuve et la frontière de l'enclave angolaise du Cabinda. En raison de sa grande superficie, de sa localisation au centre de l'Afrique, de ses énormes richesses naturelles et de son importante population, la république démocratique du Congo est l'un des « géants » de l'Afrique. Elle est traversée par l'équateur et comprend trois climats : le climat équatorial, le climat tropical et le climat de montagne. Hydrographie. Par sa longueur de , le fleuve Congo est le huitième plus long fleuve du monde et deuxième après l'Amazone par son débit moyen de par seconde et l'étendue de son bassin de . Il prend sa source à Lwalaba, sur le haut plateau du Katanga, et se jette dans l'océan Atlantique. Il reçoit ses deux principaux affluents, l'Oubangui, réunion de l'Uele et du Mbomou, et le Kasaï, grossi par le Kwango, avant d'atteindre le Malebo Pool sur les rives duquel Kinshasa et Brazzaville se font face. De nombreux autres cours d'eau irriguent l'intégralité du territoire : la Lubundi, la Lufira, la Lomami, la Mongala, la Lulonga, l'Ikelemba, ainsi que le Sankuru, la Lukénie, le Kwango, la Maï-Ndombe, la N'djili. Les principaux lacs de la république démocratique du Congo sont généralement répartis en trois groupes : Reliefs. Le centre de la république démocratique du Congo est constitué d'une vaste cuvette alluviale couvrant environ un tiers du territoire et dont l'altitude s'étage entre 300 et . Sa végétation se compose de forêts équatoriales et de marais. Le bassin du fleuve Congo comporte un réseau hydrographique dense et de larges plaines inondables. Une pente régulière mène, au nord et à l'est, aux plateaux parsemés des vallées profondes de l'Oubangui, de l'Uele, de la Lukénié et du Lasaï () et à l'ouest, aux plateaux Batéké et de Lunda (). À la frontière orientale, les grands rifts occupés par les lacs Tanganyika, Kivu, Édouard et Albert sont dominés par des môles granitiques (Rwenzori, ) et des formations volcaniques (chaine des Virunga) parmi lesquelles le volcan actif Nyiragongo (). Au sud-est s'étendent de hauts plateaux parsemés d'inselbergs (plateau du Katanga), des massifs aux sommets aplanis (monts Mitumba) et des fossés d'effondrement (lac Upemba). À l'ouest, une étroite bande sablonneuse et parfois marécageuse offre un accès à l'Atlantique. Environnement. Les combats et expulsions de la seconde guerre du Congo ont eu de lourdes conséquences sur la nature et la forêt tropicale qui constituait autrefois l'essentiel du paysage du pays. Les zones de conservation ne couvrent que 11 % du pays (2014) alors que l'extraction de cuivre, du cobalt et de diamants, ainsi que l'exploitation du bois détruisent et menacent encore la forêt. La forêt humide est aussi menacée par des projets d'hydroélectricité. La république démocratique du Congo possède une importante diversité floristique et faunique. On y trouve de nombreuses espèces de mammifères dont des espèces au territoire restreint telles que le gorille des montagnes, le gorille de plaine, le bonobo ou chimpanzé nain, l'okapi, le rhinocéros blanc du Nord, le paon du Congo. Le pays compte également de nombreuses espèces d'oiseaux, de batraciens et de reptiles. La faune ichtyologique est représentée par une quarantaine de familles de poissons regroupant environ , dont environ 80 % vivent dans le système fluvial et le reste dans les lacs de l'Est. Déforestation incontrôlée. La déforestation est intense en république démocratique du Congo. Selon des projections de Greenpeace (2017), le pays pourrait avoir perdu 40 % de ses forêts avant 2050, alors qu'il a reçu des bailleurs internationaux des centaines de millions d'euros de fonds publics pour protéger ce patrimoine écologique majeur dans le contexte post-guerre du début du , en échange d'un moratoire sur l'octroi de nouveaux titres d’exploitation forestière. Ce moratoire, mis en place en 2002, a durant près de freiné la déforestation, mais sans la bloquer. Greenpeace a dénoncé plusieurs viols du moratoire : dès les semaines suivant sa signature, de nombreux titres illégaux ont été distribués, puis un décret présidentiel de 2005 a renforcé l’arrêté de 2002 mais 15 titres annulés en 2009 à la suite de cet arrêté ont été rétablis en 2011, puis trois concessions forestières ont encore été illégalement allouées en 2015 à deux sociétés : FODECO et SOMIFOR créées par des investisseurs très majoritairement chinois et ayant leur siège enregistrés à Kinshasa à la même adresse (à Limete), et ont été créées par des investisseurs chinois), en 2020, 1,4 million d’hectares de concessions dites « de conservation » ont été offertes à des intérêts miniers. Selon Rainforest, Claude Nyamugabo (prédécesseur de Bazaiba) a attribué plus de quatre millions d’hectares de concessions illégales. Puis, en 2021, le gouvernement envisage de lever ce moratoire, pour satisfaire l'industrie du bois et des bois exotiques. Ceci inquiète la communauté internationale et des ONG comme Greenpeace et Rainforest, car ce type de situation déclenche toujours une « déforestation en cascade » ensuite quasiment impossible à arrêter. Selon le réseau Sauvons la forêt (2021), . Selon les ONG, cela pourrait tripler la surface de coupes là où vivent « des milliers de communautés locales et de peuples autochtones » et « des espèces menacées » ; plus d'un million d'hectares concernent des forêts de tourbières dont l'exploitation pourrait libérer plus de de tonnes de dioxyde de carbone. Histoire. Préhistoire. Les plus anciennes traces de peuplement au Congo sont associées à un préacheuléen, découvert sur les sites archéologiques de la Mulundwa au Katanga, de Katanda 2 et de Sanga 5 au Kivu. Les galets taillés ou "choppers" ont un âge estimé à plus de , sans qu'il soit possible d'être plus précis aujourd'hui. Le territoire de la république démocratique du Congo était anciennement peuplé uniquement par des chasseurs-collecteurs, peut-être en partie les ancêtres des peuples pygmées actuels. Entre les traces d'un préacheuléen et l'arrivée des premiers villageois, le Congo sera toujours occupé par des groupes nomades, chasseurs-collecteurs, tailleurs de pierre, de cultures différentes. L'Acheuléen est attesté par de nombreuses découvertes isolées de bifaces et de hachereaux ainsi que par le site de La Kamoa au Katanga. Durant le millénaire , le nord de l'Afrique équatoriale vit une vague de migrations de populations productrices de nourriture, néolithiques, parlant pour certaines des langues bantoues. Entre –3500 et –2000, une première occupation villageoise dont le foyer se trouvait au sud-Cameroun, aboutit à l'installation d'un mode de production néolithique dans le nord et l'ouest de l'Afrique centrale. Au Congo, les premières traces de ces populations se matérialisent vers –2600 par la dite « tradition Imbonga » près de Mbandaka et du lac Tumba, et par la « tradition Ngovo » au bas-Congo à partir de –2300. De l'autre côté du pays, au Kivu, on voit apparaître des villages de la « tradition Urewe ». Ces villages ne sont que l'extension occidentale de communautés productrices de nourriture, métallurgistes, installées surtout en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, dans l'ouest du Kenya et de la Tanzanie ; les plus anciennes traces y sont datées de –2600. La métallurgie du fer se développe de manière indépendante à ces installations, les plus anciennes traces se découvrent en Afrique centrale au nord-ouest (sud-Cameroun et zone de Bouar en Centrafrique), et au nord-est (région interlacustre). Au Congo-Kinshasa, le fer n'est pas connu dans la région occupée par la tradition Imbonga ; ce n'est que plus tard, entre les que l'on travaillera ce métal (sites de Pikunda et de Munda). Vers la même époque, le bas-Congo connaît ses premières activités de production du fer dans le cadre de la tradition Kay Ladio qui suit dans le temps la tradition Ngovo. Au Kivu, dès l'installation des premières communautés villageoises, il est probable que le fer est présent, comme l'attestent les nombreux fours de réduction du fer bien connus au Rwanda et au Burundi. Plus tard, comme l'indiquent des recherches allemandes sur les affluents du fleuve Congo, ces premières populations vont lentement coloniser le cœur de la forêt équatoriale en suivant les axes des cours d'eau de l'aval vers l'amont ; des travaux espagnols dans l'Ituri suggèrent qu'il faut attendre –800 pour rencontrer les premiers villages dans certains secteurs de la forêt. Il semblerait que les phases d'expansion bantoue aient été séparées par un effondrement généralisé de la population entre 400 et 600 de notre ère. Coïncidant avec des conditions climatiques plus humides, l'effondrement a peut-être été favorisé par une épidémie prolongée. Cet écroulement démographique est suivi par une réinstallation majeure des siècles plus tard. Les recherches archéologiques et paléogénétiques montrent que la vague initiale de communautés parlant supposément des langues bantoues à l'âge du fer ancien a largement disparu de toute la région de la forêt tropicale du Congo vers environ 600 de notre ère, avec la persistance de seulement quelques populations dispersées. Le déclin de la population a été rapide entre ~ 400 et 600 de notre ère, puis s'est poursuivi à un rythme plus lent pour finalement aboutir à environ d'activité sédentaire très limitée (~ 600 à 1000 de notre ère) avant qu'une deuxième vague d'immigration et de nouveaux établissements se développent à l'âge du fer tardif. Royaumes et empires. Vers la fin du Moyen Âge, différentes populations, alors organisées en chefferies, s'édifient en royaumes (luba, kuba, lunda, kongo) qui, pour certains, voient leurs apogées correspondre aux premiers contacts avec les Européens du . Certains royaumes s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres et possèdent des réseaux commerciaux par delà leurs frontières. Le commerce se fait par portage ou voie fluviale. Ces populations ne connaissaient pas la propriété privée, la terre cultivée en groupe ne se vend pas, les différents royaumes n’ont pas de frontières exactes (le territoire d'une petite ethnie comprend à peu près ).Les membres d'une même chefferie s'entraident gratuitement. La science non écrite se transmet d'une génération à l'autre, les enfants devant assumer le même métier que leurs parents. Les rois ou empereurs n’ont pas de véritable pouvoir. Ce sont plutôt les chefs de villages qui ont de l’autorité. Les royaumes sont plutôt le résultat d’unions temporaires de différents regroupements de villages de même langue pour se défendre contre une ethnie voisine. La traite des noirs sur la côte occidentale, du , s’étend jusqu’à l’intérieur du continent et correspond, avec le commerce de l’ivoire, à l’essor économique ou au déclin des différents royaumes. Sur la côte occidentale, elle prend fin au milieu du . Par contre, à cette époque, à l’est du pays, aujourd’hui Ituri et Kivu, les Arabo-Swahili, venus de Zanzibar, ne se contentent pas d'acheter les esclaves aux indigènes, ils fondent des sultanats. À partir de 1870 ces sultans étendent leur emprise jusqu'au bassin du Congo, et y fondent des villes telles Nyangwe ou Kasongo. En 1890, la zone sous influence arabe couvrait plus d'un tiers du territoire du Congo. Colonisation. Période précoloniale. Les Européens se limitèrent aux régions côtières du pays jusqu’à la moitié du . État indépendant du Congo (1885-1908). Les frontières de l'actuelle république démocratique du Congo ont été reconnues à l'issue de la conférence de Berlin qui s'est tenue de novembre 1884 à février 1885. Le , de Belgique accepta la souveraineté sur l'État indépendant du Congo. Le terme « indépendant » signifie que toutes les puissances coloniales reçoivent la garantie de pouvoir y accéder librement. La spécificité de ce régime colonial résida dans le fait que dans un premier temps le Congo fut considéré comme une possession personnelle et privée du roi. Géré sous une forme commerciale, le Congo est divisé en deux parties : l'une constituant le domaine de la couronne et l'autre attribuée à des entreprises privées sous forme de concessions. Les richesses abondantes (caoutchouc, ivoire, mines) du Congo incitent la couronne et les compagnies concessionnaires à entreprendre l'exploitation brutale de sa population. Celle-ci diminue de moitié entre 1880 et 1926, au point que certains historiens désignent cette période comme un « holocauste oublié ». En 1894 prend fin la campagne menée par les Belges contre les Sultans arabes trafiquants d'esclaves. En 1904, un rapport du consul britannique à Boma dénonce les corvées excessives imposées aux indigènes pour la production du caoutchouc. Congo belge (1908-1960). En 1908, le parlement belge, qui avait soutenu par des crédits et par l'envoi de troupes l'entreprise de colonisation du roi des Belges, accepte le transfert du Congo à la Belgique à la suite notamment de certaines critiques de la presse anglo-saxonne concernant la gestion des représentants du roi au Congo. , roi des Belges, cède l’EIC à la Belgique, qui administre la colonie sous le nom de Congo belge jusqu'à son indépendance. Une charte coloniale est publiée pour la gestion du Congo mais des scandales ne tardent pas à éclater dans la presse belge. Le travail forcé a été utilisé. Durant la Première Guerre mondiale, la force publique contribue victorieusement à la guerre au Cameroun et dans l'Est africain allemand par la victoire de Tabora. En 1928, l'épiscopat proteste contre les abus dans le recrutement de la main-d’œuvre autochtone. En 1940, le Congo entre en guerre du côté des Alliés. La force publique remporte les victoires de Saïo et d'Asosa contre les forces italiennes d'Abyssinie. Certains de ses éléments s'en iront combattre en Égypte et Palestine. En 1948 est créée l'université Lovanium. Dès les années 1940, dans ce qui était alors le Congo belge, deux tendances indépendantistes importantes se manifestaient dans la capitale Léopoldville : celle des « gens d'en bas » (Bas-Congo et Bandundu) parlant le kikongo et kikongo ya leta puis celle des « gens d'en haut » parlant le lingala, venant de l'Équateur d'abord et finalement de tout l'intérieur du pays. En 1957 se tiennent les premières élections communales dans trois villes du Congo. La Belgique, qui croyait à la progressivité de la transition vers l'indépendance organisa les premières élections à l'échelon communal, limitées aux grandes villes en 1957. L'ABAKO triompha inévitablement à Léopoldville et cela impressionna certains unitaristes, tel Patrice Lumumba, un Tetela du Kasaï, intelligent et idéaliste, qui ne tarda pas à fonder son propre « mouvement national congolais » MNC-Lumumba, plus revendicatif que celui du MNC-Kalonji, Albert Kalonji étant aussi un Kasaïen unitariste. Ces jeunes rivalités politiques confrontées aux structures tribales compliquées du Congo allaient former un mélange détonant qui détruirait au bout de cinq années la première démocratie parlementaire congolaise. On ne peut que rappeler ici quelques épisodes saillants : La suite de l'année 1959 voit d'abord l'autorisation des partis congolais, suivie d'élections générales sur l'ensemble du territoire congolais marquées par toutes sortes de manœuvres de ces partis dont se dégagent trois pôles : un Cartel des nationalistes fédéralistes formés de 6 partis séparatistes ou autonomistes dont l'ABAKO et le MNC-Kalonji, le pôle du MNC-Lumumba et finalement celui de l'homme fort du Katanga, Moïse Tshombé, conscient de la force économique de sa région et de l'intérêt de s'entendre avec l'Union minière du Haut Katanga (tout comme Kalonji vis-à-vis des exploitations de diamant au Kasaï). Parmi les partis qui émergent on retrouve le PSA (Parti Solidaire Africain d'Antoine Gizenga), le PNP (Parti national du peuple conduit par Albert Delvaux et Laurent Mbariko) Le LUKA (L'Union kwangolaise) par André Petipeti Tamata et Pierre Masikita. Du 20 janvier au , ce fut la Table ronde de Bruxelles qui fixe au 30 juin suivant l'indépendance du Congo, et où représentants congolais et belges fixèrent les étapes suivantes : Au moment de l'indépendance du pays, le roi des Belges se rendit en personne à Léopoldville (future Kinshasa) pour assister aux cérémonies consacrant la fin de l'union coloniale entre la Belgique et le Congo, et marquant la naissance sur la scène internationale de ce nouvel État francophone (langue officielle) d'Afrique. République du Congo (1960-1964). Le l'indépendance du Congo belge est proclamée en tant que « république du Congo », Joseph Kasa-Vubu, président ; Lumumba, Premier ministre. En même temps, l'ancienne colonie française voisine du Moyen-Congo adoptait également le titre de « république du Congo » à son indépendance, le 15 août 1960. Les deux pays se différenciaient en accolant le nom de leur capitale au nom du pays (Congo-Léopoldville, Congo-Brazzaville). Dans l'armée du nouvel État indépendant, les Blancs gardent le pouvoir. La radio accuse alors les anciens colons de complot contre le nouvel État, ce qui provoque la colère des soldats bangalas et balubas qui se mettent à persécuter la communauté blanche. La Belgique menace alors d'intervenir militairement. Le , les dignitaires du Katanga, sous la direction de Kapenda Tshombé Moïse et à l'instigation de quelques colons belges, proclament l'indépendance de l'État du Katanga, en état de sécession depuis juin. Les autorités du Katanga créent alors leur propre monnaie et leur propre police. L'ONU propose sa médiation et Lumumba sollicite la venue des casques bleus, la résolution onusienne est votée le 14 juillet 1960. Le , fait sécession le Sud-Kasaï, qui avait également proclamé son indépendance avant l'indépendance du reste du Congo, le 14 juin 1960. Ainsi, le gouvernement central perd ses deux provinces minières. L'ONU ordonne à la Belgique de retirer ses troupes, mais, après plusieurs résolutions contradictoires, rejette l'option militaire et qualifie le conflit au Katanga de « conflit intérieur ». Le 12 aout, la Belgique signe un accord avec Tshombé, reconnaissant de facto l'indépendance du Katanga. Alors que Lumumba décide de réagir en envoyant des troupes reprendre la région, l'ONU revient sur sa position initiale et impose militairement un cessez-le-feu, empêchant l'entrée des troupes congolaises au Katanga. Le 23 août, Lumumba a envoyé des troupes congolaises pour reprendre le Sud-Kasaï, mais les troupes ont perpétré plusieurs grands massacres de Baluba, provoquant une condamnation internationale. Dans un télégramme en date du 26 aout, le directeur de la CIA Allen Dulles indique à ses agents à Léopoldville au sujet de Lumumba : « Nous avons décidé que son éloignement est notre objectif le plus important et que, dans les circonstances actuelles, il mérite grande priorité dans notre action secrète ». Le , le Premier ministre Lumumba appelle alors l'Union soviétique à l'aide. Les 5-14 septembre, lutte entre Joseph Kasa-Vubu et Lumumba. Les soldats balubas et bangalas n'étant pas représentés dans le gouvernement, ils commettent alors un coup d'État, et renversent le Premier ministre. Au sein de l'armée, devenue complètement africaine, le général Mobutu Sese Seko prend les rênes et installe un gouvernement "de commissaires". Mobutu est bientôt soutenu par les États-Unis, qui voient d'un mauvais œil le socialisme de Lumumba. Les médias occidentaux montrent en effet Lumumba du doigt et saluent la sécession katangaise comme seul rempart de "la liberté individuelle contre l'étatisme". Le 17 janvier 1961, Lumumba est assassiné, il avait été déporté au Katanga par Mobutu. En 1962, le gouvernement central s'attèle à reconquérir les provinces sécessionnistes. Une fois Lumumba éliminé, la reprise du Katanga (renommé en 1971 Province du Shaba) et du Sud-Kasaï marqueront le début de l'ascension du général Mobutu Sese Seko. Les troupes de l'ONU, au départ immobiles, passeront soudainement à l'offensive avec les troupes de Mobutu pour reconquérir les deux provinces rebelles. En janvier 1963 prend fin la sécession katangaise. République démocratique du Congo sous Mobutu (1965-1997). République du Zaïre sous Mobutu (1971-1997). Dans les années qui suivent la prise du pouvoir par le général Mobutu Sese Seko, ce dernier entame à partir de 1972 une campagne d’« authenticité » afin de maintenir sa popularité. Le pays est renommé république du Zaïre le 27 octobre 1971 d’après un mot local pour "rivière", et portera ce nom jusqu’en 1997. Dès lors il n’y aura plus de confusion avec la « République congolaise » voisine dont le nom va aussi être modifié en « république du Congo », mais les deux républiques du Congo étaient généralement distinguées par leur capitale : on parlait de Congo-Léopoldville et de Congo-Brazzaville. De même, le fleuve Congo est rebaptisé Zaïre et une nouvelle monnaie, le zaïre, divisé en (singulier likuta), remplace le franc. Les noms des personnes sont africanisés. Le général Mobutu prend le nom de Mobutu Sese Seko et oblige tous ses concitoyens à supprimer les prénoms à connotation occidentale et à rajouter un « postnom ». L’abacost est promulgué, interdisant le port de costumes occidentaux, et de nombreuses villes sont rebaptisées. À partir de 1974, de nombreux biens des étrangers sont confisqués (zaïrianisation), nombre d’étrangers commencent à quitter le pays. Le 25 janvier 1978, au moins sont exécutées par le régime près de la ville d'Idiofa, à la suite de la rébellion d'un mouvement religieux. Les supposés chefs de ce mouvement sont pendus en public. En 1979, des centaines de chercheurs de diamants qui avaient organisé un trafic sont massacrés par les troupes d'élite à Mbujimayi. L’économie se met à péricliter avec la hausse du prix du pétrole (double choc pétrolier) et la baisse de celui du cuivre. La corruption et la mauvaise gestion entrainent une inflation vertigineuse. La banque centrale de Kinshasa faisant l’objet de ponctions des dirigeants, le FMI impose en 1978 Erwin Blumenthal à la tête de la banque centrale pour endiguer les détournements d’argent mais celui-ci ne peut se maintenir longtemps. Les hauts fonctionnaires zaïrois investissent l’argent détourné sous forme d’avoirs dans des pays occidentaux. Le FMI accorde en 1981 au Zaïre un crédit de 1,2 milliard de dollars pour faciliter la phase de de l'économie. Le gouvernement licencie alors . Plus d'une trentaine d'entreprises publiques sont privatisées. En septembre 1983, la monnaie est dévaluée de 99,5 %. Au début des années 1980, un enfant sur deux meurt avant l'âge de cinq ans. Le salaire moyen mensuel d'un ouvrier représente un peu plus de , alors qu'un sac de manioc de coûte . L'agriculture d'auto-subsistance s'est de ce fait largement développée pour représenter 20 % du PIB en 1979, contre 12 % en 1976. En juillet 1983, Mobutu envoie au Tchad une force de pour soutenir le régime d'Hissène Habré menacé par des rebelles, qui sont de leur côté soutenus par la Libye. Ayant ainsi donné des gages d', Mobutu se rend à Washington, où il obtint la prise en charge des frais de l'expédition zaïroise par le budget américain, mais aussi un rééchelonnement de la dette du Zaïre à l'égard des États-Unis et la garantie de nouveaux investissements américains dans le pays. Les tensions sont fortes avec la Ligue arabe du fait de ses bonnes relations avec Israël (qui prend notamment en main l'encadrement de sa garde personnelle, dont il doutait de la loyauté). Les tensions montent également avec l'Angola, où il soutient les rebelles de l'UNITA contre le régime procommuniste. Première guerre du Congo (1996-1997) et effondrement du régime. En 1996, les tensions provenant de la guerre civile et du génocide des Tutsi au Rwanda se propagent au Zaïre. La milice Hutu rwandaise Interahamwe, ayant fui le Rwanda à la suite de l'installation d'un gouvernement Tutsi, s'est mise à utiliser les camps de réfugiés Hutus dans l'Est du Zaïre comme bases pour des raids contre le Rwanda. Une manifestation anti-Banyamulenge (Tutsis congolais du Sud-Kivu) marque le début de la rébellion contre Mobutu, avec l'appui des pays voisins. Le Rwanda disperse par la force les camps des réfugiés Hutus à la frontière et appelle à rentrer au pays. La majorité s'exécute, mais une partie, surtout les hommes en armes prennent la direction de l'ouest et la plupart d'entre eux disparaîtront dans la forêt, et une partie, tuée par l'armée rwandaise qui la poursuivait. Mobutu Sese Seko se fait soigner en Suisse, pendant que l'armée zaïroise brille par son absence dans la guerre contre la coalition anti-Mobutu pour la conquête du Zaïre. Ces milices Hutu se sont vite associées avec les forces armées du Zaïre (FAZ) pour lancer une campagne contre les Tutsis congolais vivant dans l'Est du Zaïre. Par la suite, une coalition des armées rwandaise et ougandaise, sous le couvert d'une petite milice Tutsi, a envahi le Zaïre afin de combattre la milice Hutu, de renverser le gouvernement de Mobutu et finalement, de prendre le contrôle des ressources minières du Zaïre. Ils ont été très vite rejoints par différents hommes politiques du Zaïre, qui s'étaient opposés pendant nombre d'années sans succès à la dictature de Mobutu et qui voyaient une opportunité pour eux dans l'invasion de leur pays par deux des plus fortes armées de la région. Cette coalition de quatre rébellions agrandie de deux armées étrangères et des figures d'opposition de longue date, menée par Laurent-Désiré Kabila, prend le 25 octobre le nom d'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). Leur objectif, de manière plus large, était de chasser Mobutu et de prendre le contrôle des richesses du pays. À la fin des années 1990, les « juniors » canadiennes, investies dans plus de minières, dans plus de , pour la plupart encore à l'État de projet multiplient les contrats signés dans les zones de conflit de la république démocratique du Congo, même s'il reste compliqué d'extraire les métaux, cuivre et cobalt en raison des conflits. Le 2 janvier 1997, Kinshasa annonce une réplique « foudroyante » contre les rebelles. Chute de Kisangani, troisième ville du pays le 15 mars. Le lendemain, Bruxelles estime que « l'époque Mobutu est révolue. » Le 4 avril 1997, chute de Mbujimayi, capitale du diamant, et dans les jours qui suivent, chutes de Kananga, Kolwezi, Kikwit, Lisala. Le 4 mai 1997, se tient un face-à-face entre Mobutu Sese Seko et Laurent-Désiré Kabila sur un bateau sud-africain, l'Outeniqa, au large de Pointe-Noire en république du Congo. Seconde république démocratique du Congo (depuis 1997). Présidence de Laurent-Désiré Kabila (1997-2001). Le , les troupes de Laurent-Désiré Kabila entrent dans Kinshasa sans rencontrer de résistance. Kabila, depuis Lubumbashi, se déclare président du pays, qu'il rebaptise république démocratique du Congo. Mobutu, malade, trouve refuge à Gbadolite pour s'exiler ensuite au Maroc, où il décède en septembre à Rabat. Quelques mois plus tard, le président Laurent-Désiré Kabila remercie toutes les forces armées étrangères qui l'ont aidé à renverser Mobutu, et leur demande de retourner dans leurs pays. Il avait peur que les officiers militaires rwandais qui commandaient son armée ne complotent un coup d'État contre lui dans le but de placer au pouvoir un Tutsi qui répondrait directement au président du Rwanda, Paul Kagame. Cette annonce n'a pas été bien accueillie par les gouvernements rwandais et ougandais, En février 1998, Tshisekedi est relégué au Kassaï, il sera libéré en juillet. Kabila nomme un chef d'état-major katangais à la place du Rwandais qui occupait ce poste, avant de remercier les soldats étrangers (juillet). Kinshasa rompt avec ses alliés rwandais et ougandais, et commence une rébellion contre Kabila, soutenue par Kigali, Kampala et Bujumbura. Le Zimbabwe, l'Angola, le Tchad et la Namibie interviennent militairement aux côtés de Kinshasa. Deuxième guerre du Congo (1998-2002). Deux mouvements rebelles apparaissent : Ces deux mouvements, soutenus par les troupes rwandaises et ougandaises, déclenchent la deuxième guerre du Congo en attaquant, le , l'armée encore fragile de la RDC. Le conflit durera jusqu'en 2002. Le , le président Laurent-Désiré Kabila et quasiment l'ensemble de son gouvernement se retirent à Lubumbashi, où s'organise la résistance militaire. Resté à Kinshasa en ministre de la guerre, Didier Mumengi, ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement, lance le mot d'ordre de résistance populaire. Il invente le slogan « la Paix se gagne » et organise des Forces d'auto-défense populaire (FAP). Les mouvements rebelles et leurs alliés rwandais et ougandais échouent à Kinshasa. L'Angola, le Zimbabwe et la Namibie s'impliquent militairement du côté du gouvernement de Laurent-Désiré Kabila, pour défendre l'intégrité territoriale de la RDC, pays membre comme eux du SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). La guerre s'enlise à l'Est du pays. Pour tenter de rétablir la paix et l'intégrité du pays, l'ONU décide en 1999 l'envoi d'une mission internationale intérimaire de surveillance et de maintien de la paix, la MONUC, en attendant la présence d'appuis militaires de différents pays. En intervient la première scission de la rébellion, qui sera suivi de plusieurs autres. En juillet-août, un accord de paix est signé à Lusaka, qui prévoit un Dialogue intercongolais pour jeter les bases d'un nouveau départ. Un premier combat rwando-ougandais a lieu sur le territoire congolais, à Kisangani. Kabila crée en novembre des unités d'auto-défense. En mai- de nouveaux combats rwando-ougandais ont lieu à Kisangani. Le , Laurent-Désiré Kabila est assassiné par un de ses gardes du corps. Son fils Joseph Kabila est désigné par le gouvernement pour assurer l'intérim (en attendant « le rétablissement du blessé », que tous savent pourtant déjà décédé). Kinshasa reconnaît enfin le décès de Laurent-Désiré Kabila le . Gouvernement intériméraire de Joseph Kabila (2001-2003). Joseph Kabila, proclamé chef de l'État, prête serment le et appelle à des négociations pour la paix. À Gaborone, s'ouvre une réunion préparatoire au Dialogue intercongolais : celui-ci ne s'ouvrira officiellement à Addis-Abeba que le , et les négociations continuent sans mettre réellement fin au désordre. En , un accord de paix est signé entre Kabila, le Rwanda et l'Ouganda, suivi de l'apparent retrait des troupes étrangères. Les troupes de maintien de la paix de l'ONU, la MONUC, arrivent en avril, afin de soutenir les difficiles efforts de paix ou au moins soutenir le cessez-le-feu, protéger les populations et les organisations humanitaires prêtant assistance aux nombreux réfugiés et déplacés. Cependant, le conflit éclate à nouveau en à la suite d'affrontements entre des groupes ethniques dans le Nord-est ; l'Ouganda et le Rwanda mettent alors fin au retrait de leurs troupes et en envoient de nouvelles. Des négociations entre Kabila et les chefs rebelles aboutissent à la signature d'un accord de paix par lequel Kabila devra désormais partager le pouvoir avec les anciens rebelles. Le s'ouvre réellement en Afrique du Sud le Dialogue intercongolais : l'accord de paix est signé à Prétoria en décembre; le Dialogue sera clôturé en . Gouvernement de transition (2003-2006). Le , la Cour d'ordre militaire (COM), condamne, sans convaincre, à mort pour l'assassinat de Laurent Kabila. La même année se met en place le gouvernement de transition « 4+1 » (quatre vice-présidents et un président) : Abdoulaye Yerodia Ndombasi (PPRD), Jean-Pierre Bemba (MLC), Azarias Ruberwa (RCD), Arthur Z'ahidi Ngoma (société civile), ainsi que Joseph Kabila (PPRD). En , l'armée rwandaise est la seule de toutes les armées étrangères à ne pas s'être retirée du Congo. L'essentiel du conflit était centré sur la prise de contrôle des importantes ressources naturelles du pays, qui incluent les diamants, le cuivre, le zinc, et le coltan. En échoue une tentative de coup d'état attribuée à d'anciens mobutistes. En , des militaires banyamulenge déclenchent une mutinerie à Bukavu, sous les ordres du général tutsi congolais Laurent Nkunda, et prennent Bukavu le . Ces mutins abandonnent la ville le sous la pression internationale. Les 3 et , dans les grandes villes congolaises, sont organisées des manifestations anti-rwandaises par des étudiants, qui tournent à l'émeute anti-ONU au Kivu. Le , des membres de la garde présidentielle tentent un coup d'état. Le RCD-Goma suspend sa participation au gouvernement; il reviendra sur sa décision le . En des émeutes se déclenchent à Kinshasa lorsque la Commission électorale envisage publiquement un report de la date des élections, comme le lui permettent les textes. La MONUC déclenche une offensive militaire, médiatique et diplomatique contre les milices lendues et hemas, après la mort de neuf casques bleus banglashis, tués en Ituri par ces dernières. La Cour pénale internationale annonce ses premiers mandats d'arrêts pour 2005 dont un accusé en Ituri. En mai, l'avant-projet de constitution est approuvé par le parlement. Fin juin, celui-ci décide de prolonger la transition de six mois. Un gouvernement de transition est établi jusqu'aux résultats de l'élection. Une constitution est approuvée par les électeurs, et le , les premières élections multipartites du Congo depuis son indépendance (en 1960) se tiennent : Les résultats de l'élection sont contestés et cela se transforme en une lutte frontale, entre les partisans des deux partis, dans les rues de la capitale, Kinshasa, du 20 au . Seize personnes sont tuées avant que la police et les troupes MONUC de l'ONU ne reprennent le contrôle de la ville. Une nouvelle élection a lieu le , et Kabila remporte 58 % des voix. Bien que tous les observateurs neutres se félicitent de ces élections, Bemba fait plusieurs déclarations publiques dénonçant des irrégularités dans les élections. Présidence de Joseph Kabila (2006-2019). Le , Joseph Kabila prête serment comme président de la République et le gouvernement de transition prend fin. La fragilité du nouveau gouvernement a permis l'installation d'affrontements répétés et de violations des droits de l'homme. Dans l'affrontement se déroulant dans la région du Kivu, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) continuent de menacer la frontière rwandaise et les Banyarwandas ; le Rwanda soutient les rebelles du RCD-Goma (Rassemblement congolais pour la démocratie) contre Kinshasa; et une offensive rebelle ayant eu lieu fin octobre 2008 a causé une crise de réfugiés à Ituri, où les forces de MONUC se sont révélées incapables de maîtriser les nombreuses milices et groupes à l'origine du conflit d'Ituri. Dans le Nord-Est, la LRA de Joseph Kony (LRA pour Lord's Resistance Army, l'Armée de résistance du Seigneur), s'est déplacée depuis sa base originelle en Ouganda (où elle a mené une rébellion pendant vingt ans) ou au Sud-Soudan, jusqu'en république démocratique du Congo, en 2005, et a établi des campements dans le parc national de Garamba. Dans le Nord du Katanga, les Maï-Maï (anciennes milices créées par Laurent-Désiré Kabila pour lutter contre les milices rwandaises et ougandaises dans le Kivu, mais oubliées dans l'accord de Lusaka en 1999) ont échappé au contrôle de Kinshasa. Depuis novembre 2010, l'ancienne mission de maintien de la paix de l'ONU, la MONUC qui n'était pas parvenue à désarmer les milices rwandaises, est renforcée militairement pour intervenir dans l'est du pays et devient la MONUSCO, mais plusieurs dissidences et révoltes persistent et de nombreuses violences continuent. Dans la nuit du 4 au , l'armée congolaise appuyée par une brigade d'intervention de l'ONU chasse les rebelles du M23 des dernières positions qu'ils occupaient dans les montagnes du Nord-Kivu, à la frontière du Rwanda et de l'Ouganda, les rebelles déposent les armes et dissolvent leur mouvement en décembre 2013 dans un traité de paix signé à Nairobi. En 2015, des tensions apparaissent dans la perspective de l'élection présidentielle de 2016 et d'un éventuel prolongement de mandat de Joseph Kabila. L'article 70 de la Constitution du pays, datée de 2006, dispose que le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Prétextant un délai supplémentaire de seize mois et un jour pour finaliser l’enregistrement des d’électeurs, la commission électorale a annoncé le 20 août 2016, que l'élection présidentielle ne pouvait pas se dérouler avant juillet 2017. Le 19 septembre 2016, lors d’un rassemblement à Kinshasa contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, au moins dix-sept personnes sont mortes (3 policiers et 14 civils) durant la manifestation. Après la crise de confiance dans les institutions résultant de cette décision, des mouvements insurrectionnels sont signalés dans différentes provinces : milice Kamwina Napsu dans le Kasaï-Central, Bundu dia Kongo dans le Kongo-Central, Pygmées contre Bantous dans le Tanganyika, réactivation du M23. L'économie pâtit de la situation, et le phénomène des enfants soldats est en recrudescence. Le , le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Corneille Nangaa, annonce que le scrutin pour remplacer Joseph Kabila ne pourra pas avoir lieu avant , en raison du recensement encore en cours dans les régions du Kasaï, jusqu'en , puis de l’audit du fichier électoral par les experts, de l’élaboration de la loi portant répartition des sièges au parlement et de plusieurs autres opérations techniques et logistiques nécessaires avant la tenue des élections, prévue au premier semestre 2019. Ce nouveau report des élections suscite l'indignation de l'opposition, ainsi que nombre d'ONG. Présidence de Félix Tshisekedi (2019-). Le , les élections ont lieu et le , le président de la CENI, Corneille Nangaa proclame Félix Tshisekedi comme président de la république démocratique du Congo. Le président Tshisekedi prête serment le au Palais de la Nation, résidence officielle des présidents congolais. Félix Tshisekedi a noué une alliance de circonstance pendant la campagne électorale avec le parti de Joseph Kabila, devenu sénateur à vie et qui conserve ainsi une influence sur le pouvoir. Leur principal opposant, Martin Fayulu, donné un moment vainqueur de l'élection présidentielle, sur la base d'une fuite de données de la CENI et par la mission d’observation de l’Église catholique congolaise, est contraint de s'incliner devant le résultat annoncé, probablement truqué. La Cour constitutionnelle a rejeté son recours. Par cette alliance, Félix Tshisekedi joue aussi la stabilité et prépare la suite de son mandat en composant avec l'assemblée législative où le parti de Kabila possède sur 500. Le , le président met fin à la coalition avec Kabila. Les proches de ce dernier sont alors écartés et les autres politiciens rejoignent Félix Tshisekedi. Le nouvel exécutif compte dont . Leur objectif sera de « lutter contre la corruption et la misère qui touche les deux tiers de la population et ramener la paix dans l’est du pays, ensanglanté par les violences des groupes armés ». En juin 2022, le FMI déclare que la situation fiscale de la RDC est satisfaisante, évoquant "des résultats meilleurs que prévus" et supérieurs aux attentes, ce qui va permettre de décaisser de dollars « pour répondre aux besoins de financement de la balance de paiement », soit de dollars transférés à Kinshasa depuis un an. En 2021, le pays a notamment été porté par la hausse du prix des métaux. Politique et administration. Divisions administratives avant juin 2015. Le Congo est divisé en vingt-six provinces. Auparavant on en comptait onze (voir la carte ci-contre). Ces nouvelles subdivisions ont notamment pour objectif d'éloigner les risques de sécession de certaines grandes régions congolaises, comme le Katanga. Les différents niveaux de subdivision sont les suivants : Divisions administratives depuis juin 2015. Note : Bandundu est la seule ville qui n'est pas restée chef-lieu de province après le redécoupage effectif. En dehors des 26 chefs-lieux des provinces, la république démocratique du Congo a socio-économiques : Baraka, Bandundu, Beni, Boma, Butembo, Likasi, Mwene-Ditu, Uvira et Zongo. Gouvernement. L'actuel gouvernement est celui mené par le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, investi le . Économie. L'économie est essentiellement agricole (70 % des actifs) ou tournée vers l'exportation. Les minerais sont de grandes ressources. L'économie a été gravement frappée par la corruption et la mauvaise gestion depuis 1977. Ce qui explique le fort taux de contrebande, d'exportation illicite et d'activité minière clandestine. Les recettes gouvernementales et les exportations ont fortement diminué depuis . L'économie a été ravagée par la guerre (1997-2005 : de morts). Le plus gros partenaire commercial est depuis 2010 la Chine (importation, exportation, crédit). Depuis la colonisation belge, l’économie est fortement tournée vers l’exportation, notamment grâce aux produits miniers. Aucune industrie de pointe n’a été développée par les colonisateurs ni par les gouvernements du Congo indépendant. Par exemple, le cuivre est extrait en grandes quantités, mais il doit être exporté pour être traité, avant de revenir importé sous des formes finies (câbles, fils électriques…). La majeure partie de la population reste alors active dans l’agriculture bien que les terres cultivées ne représentent que 3 % du territoire. L'élite politique de Mobutu Sese Seko a détourné énormément d’argent des caisses de l'État. En effet, tous les hauts fonctionnaires mobutistes possédaient des avoirs dans presque tous les pays industrialisés et ont fait du Congo/Zaïre un des pays les plus endettés d’Afrique. Dans le détail, la république démocratique du Congo possède un important potentiel de ressources naturelles et minérales. Son économie s’est cependant drastiquement ralentie depuis le milieu des années 1980 à cause de détournements de fonds. L’agriculture reste le principal secteur de l’économie. Les principales ressources agricoles sont le café, le bois (afrormosia, ébène, wengé, iroko, sapelli, sipro, tiama, tola, kambala, lifaki…) et le caoutchouc. La RDC se lance dans la mise en place de zones économiques spéciales pour encourager la renaissance de son industrie. La première ZES devrait voir le jour en 2012 dans la commune kinoise de N'Sélé et sera consacrée aux agro-industries. Les autorités congolaises prévoient déjà d'en ouvrir une autre consacrée aux industries minières (dans le Katanga) et une troisième consacrée aux cimenteries (dans le Bas-Congo). Les principales exploitations de cuivre et de cobalt sont dominées par la Gécamines et ses partenaires. Le diamant industriel est extrait par la MIBA. Mais dans un pays ravagé par la guerre civile, une grande partie de l'exploitation et l'exportation de produits miniers se fait clandestinement. La république démocratique du Congo détiendrait 10 % des réserves mondiales connues d'or. Exploité dans des mines à ciel ouvert comme près de Mongbwalu, le minerai est l'objet de tous les trafics. Randgold Resources, une société sud-africaine, vient de lancer la construction d'une des plus grandes mines d'or d'Afrique dans la même région. Voici une liste des ressources minières par province : Le pays ne compte pas seulement une industrie minière, les grandes villes comptent aussi des industries alimentaire, textile, chimique, de montage (chanimetal) et des chantiers navals. Mais elle ne compte aucune industries de pointe. L’industrie des télécommunications sans fil était d’abord sous le monopole de la compagnie Télécel. Depuis la libéralisation, elle se partage entre des sociétés comme Starcel Congo, Vodacom, Bharti Airtel, Orange, Sogetel, Supercell. Standard Telecom, Africell Le tourisme a été ruiné par les guerres civiles. Pauvreté et inégalités. La république démocratique du Congo est l’un des pays les plus pauvres du monde, une grande partie de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté et fait face à des inégalités très marquées malgré ses multiples et diverses richesses. Cette situation s'explique surtout par les différents conflits aux effets dévastateurs qu'a connus le pays, qui reste dépendant de l'aide internationale. L'indice de développement humain de la république démocratique du Congo est extrêmement bas, et il a été classé en 2021 au mondial (sur 191) par le Programme des Nations unies pour le développement entre le Liberia et l'Afghanistan. Il était de en 1990 et a atteint en 2021. Les violations des droits de l'homme, – résultat des conflits armés – en particulier des enfants et des femmes, ont eu des répercussions très profondes au sein des populations. Ainsi, en 2002, 80 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté fixé à par jour et, en 2013, c'est 87,7 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté fixé à par jour. Près de 44 % des femmes et environ 22 % des hommes n’ont aucun revenu. Les disparités régionales sont très fortes : les populations de l’Est du pays vivaient en moyenne avec par an et par habitant alors que celles du Sud disposaient de et celles de la province de Kinshasa de - dix fois plus qu’à l’est. La pauvreté se manifeste aussi par la malnutrition qui touche entre 30 et 50 % des femmes et des enfants. Au total, de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. Cette situation a engendré la formation de nombreux groupes vulnérables (réfugiés, orphelins, enfants déscolarisés ou enfants soldats) qui manquent de soins et de nourriture. En 2018, à la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila, le Congo est classé pays sur 189 sur l'indice de développement humain. La misère y est très grande, alors que les riches matières premières (cobalt, diamants, or) sont accaparées par des personnalités corrompues et des entreprises étrangères. Accaparement des terres. La RDC compte parmi les pays africains les plus confrontés au problème d'accaparement des terres. Selon , l'African Agriculture Fund (AAF), basé à Maurice - une filiale de l'agro-géant Feronia - a accaparé des terres en RDC. De même pour l'eau, ressource particulièrement visée par cette problématique. Éducation et recherche. Le taux de scolarisation a fortement progressé depuis la fin de la guerre civile en 2002. Le nombre d'enfants inscrits dans les écoles primaires est passé de en 2002 à en 2018, et celui des enfants et adolescents inscrits dans les écoles secondaires est passé de en 2007 à en 2015 d'après l'UNESCO. En 2014, d'après une enquête EDS menée sur tout le territoire national, 82,4 % des enfants âgés de fréquentaient effectivement l'école (83,4 % pour les garçons, 80,6 % pour les filles). Le programme national prévoyait l’école universelle à l’horizon 2015. D'après la même enquête EDS de 2014, le taux d’analphabétisme de la population âgée de était de 24,1 % (11,9 % pour les hommes ; 36,2 % pour les femmes), en forte chute ces dernières années : si le taux d'analphabétisme des est de 28,5 %, il tombe à 17,6 % pour les . La recherche scientifique et technologique est menée tantôt sous la direction du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et tantôt sous la direction du ministère de la Recherche scientifique et technologique. Démographie. La république démocratique du Congo compte environ 112 millions d'habitants en 2023. La densité de population est comparable à la moyenne africaine. La population se concentre sur les plateaux, dans la savane près des fleuves et des lacs ; le nord et le centre du pays, domaine de la jungle, sont quasiment vides. L'exode rural a gonflé les villes. Les plus grandes agglomérations sont Kinshasa, Lubumbashi, Mbujimayi, Kananga, Kisangani, Bukavu. La population est caractérisée par sa grande jeunesse, 60 % des habitants ont moins de , l'âge médian est de . Durant la guerre interafricaine (1997-2005), de Congolais sont décédés, majoritairement de maladies infectieuses dues à la malnutrition et à l'exode. C'est le conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale. Environ travaillent sans protection et dans des conditions extrêmes de pénibilité dans le secteur informel des mines de cuivre et cobalt qui s'est chaotiquement développé depuis les années 1990, au profit de revendeurs et de compagnies privées (ex. : Chemaf, Somika, Rubamin, Volcano et notamment le Groupe Bazano via un comptoir appartenant à un Libanais pour faire traiter ses produits dans les usines Bazano de Likasi), sans respect du code minier ou du droit international du travail. Après les nombreuses guerres en son sein et chez ses voisins, la république démocratique du Congo abritait environ et demandeurs d'asile à la fin de 2007. Ceux-ci provenaient de l'Angola, du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda et du Soudan. Santé. De manière générale, les indicateurs sociaux ont des niveaux préoccupants : le taux de mortalité infantile est passé de 12,4 % en 1990 à 11,2 % en 2011, le taux de mortalité maternelle de pour vivantes en 1990 à pour actuellement, l’espérance de vie est passée de en 2000 à 2013 à en 2020 contre une moyenne africaine de , l’accès aux services de santé de base est inférieur à 26 pour cent, près des 3/4 de la population vit en dessous du seuil de pauvreté multidimensionnel. Le paludisme fait des ravages en RDC. De plus, des maladies autrefois éradiquées comme la trypanosomiase, la lèpre et la peste ont resurgi, et la pandémie du VIH/sida touche 3 % de la population entre . Le chiffre pourrait s’élever à 20-22 pour cent dans les provinces orientales où il y a encore quelques troubles. Selon les dernières estimations, environ ont perdu au moins un de leurs parents en raison de la maladie. Cette situation perdure depuis déjà des décennies. Criminalité. Viols. Les guerres répétitives et incessantes, usant du viol comme arme de découragement des camps adverses, ont causé d'énormes dégâts sur la population civile. Pratiqué par tous les groupes armés, hutus, maï-maïs, congolais et M23, depuis des dizaines d'années et sur toutes les tranches d'âge (des bébés de ont été décomptés parmi les victimes), ce phénomène cause d'importants problèmes sanitaires, et a touché au moins depuis 1996. En avril 2010, Margot Wallström, l'envoyée spéciale de l’ONU pour les violences faites aux femmes et aux enfants dans les conflits, qualifie le pays de « capitale mondiale du viol ». En 2011, selon une étude réalisée par trois chercheuses, environ femmes seraient violées par an, soit quatre toutes les cinq minutes. Toujours selon cette étude, entre 1,69 et 1,8 million de femmes auraient été violées durant leur vie. Ethnies. Le peuple congolais est composé de plusieurs centaines d'ethnies — certains donnent le nombre de 200, 250, plus de 365, 400 ou 450 — formant différents groupes. Néanmoins, de nombreuses langues et cultures de petites ethnies ont tendance à disparaître au profit de celles des grandes ethnies. Groupe bantou (80 % de la population) : Groupe soudanique central et ancienne population de Nubie : Groupe nilotique : Groupe pygmée : Religion. En raison de l'absence de recensement en RDC depuis 1970, il est impossible de se baser sur des pourcentages fiables concernant la répartition des religions dans le pays. Néanmoins, le christianisme est la religion prédominante de la république démocratique du Congo. Selon l'enquête de 2013-2014, menée par le programme Enquêtes démographiques et de santé en 2013-2014, les chrétiens constituaient 93,7 % de la population, les catholiques représentant 29,7 %, les protestants 26,8 % et les autres chrétiens 37,2 %. Un nouveau mouvement religieux chrétien, le kimbanguisme, comptait 2,8 % d'adhérents, tandis que les musulmans représentaient 1 %. D'autres recherches récentes ont trouvé que le christianisme était la religion majoritaire, de 80 % de la population selon le Pew Research Center, tandis que le CIA World Factbook rapporte un chiffre à 95,9 %. L'islam est présent en République démocratique du Congo depuis le XVIIIème siècle, lorsque des commerçants arabes d'Afrique de l'Est ont avancé vers l'intérieur à des fins de commerce d'ivoire et d'esclaves. La proportion d'adeptes de l'Islam est diversement estimée : de 1% à 12 %. Il y a environ 35 millions de catholiques dans le pays avec six archidiocèses et 41 diocèses. L'impact de l'Église catholique est difficile à estimer. Schatzberg l'a qualifiée de "seule véritable institution nationale en dehors de l'État". Ses écoles ont formé plus de 60 % des élèves du primaire du pays et plus de 40 % de ses élèves du secondaire. L'église possède et gère un vaste réseau d'hôpitaux, d'écoles et de cliniques, ainsi que de nombreuses entreprises économiques diocésaines, notamment des fermes, des ranchs, des magasins et des boutiques d'artisans. Soixante-deux dénominations protestantes sont fédérées sous l'égide de l'Église du Christ au Congo. On l'appelle souvent l'Église protestante, car elle couvre la plupart des protestants de la RDC. Avec plus de 25 millions de membres, il représente l'un des plus grands corps protestants au monde. Le kimbanguisme était considéré comme une menace pour le régime colonial et a été interdit par les Belges. Le kimbanguisme, officiellement "l'église du Christ sur Terre par le prophète Simon Kimbangu", compte environ trois millions de membres, prééminents parmi les Bakongo du Congo Central et de Kinshasa. Les premiers membres du bahaïsme à vivre dans le pays sont venus d'Ouganda en 1953. Quatre ans plus tard, le premier conseil administratif local était responsable. En 1970, l'Assemblée spirituelle nationale (conseil administratif national) était la première responsable. Bien que la religion ait été interdite dans les années 1970 et 1980, en raison de fausses déclarations de gouvernements étrangers, l'interdiction a été levée à la fin des années 1980. En 2012, des plans ont été annoncés pour construire une Maison d'adoration baha'ie. Les religions traditionnelles incarnent des concepts tels que monothéisme, animisme, vitalisme, animisme et culte des ancêtres, ou la sorcellerie et différents largement d'un groupe ethnique à l'autre. Les sectes syncrétiques fusionnent souvent des éléments du christianisme avec des croyances et des rituels traditionnels et ne sont pas reconnues par les églises traditionnelles comme faisant partie du christianisme. De nouvelles variantes d'anciennes croyances se sont répandues, menées par les églises pentecôtistes d'inspiration américaine. Il existe des organisations caritatives, telles que le Congo Children Trust, aidant les enfants des rues. Le projet phare du Congo Children Trust est "Kimbilio" qui travaille à réunir les enfants des rues à Lubumbashi. Le terme usuel pour ces enfants est "enfants sorciers" ou "enfants dits sorciers" (enfants accusés de sorcellerie). Des organisations religieuses non confessionnelles ont été formées pour capitaliser sur cette croyance en facturant des frais exorbitants pour les exorcismes. Bien que récemment interdits, les enfants ont été soumis à ces exorcismes à des abus souvent violents de la part de prophètes et de prêtres autoproclamés. Femmes. La RDC est un des pays les plus dangereux pour la femme. Ce pays a ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes en 1986. Cependant, la tradition privilégie encore la place de l'homme. Les femmes ont moins de droits que les hommes et la femme reste soumise à l'autorité de son mari. Les allocations familiales sont reversées directement à l'époux. En général, c'est l'homme qui contrôle l’argent de la famille. Traditionnellement, les femmes congolaises n'ont pas le droit d'hériter de terres. Souvent, les femmes ne sont même pas autorisées à enregistrer des terres à leur nom. Le mari a le droit de gérer la propriété de son épouse. Le taux de scolarisation est en hausse, pourtant beaucoup de filles ne sont encore pas inscrites à l'école. Parmi celles qui sont scolarisées, nombreuses sont celles qui interrompent leur formation. Même si la situation s'améliore pour les femmes, celles-ci occupent rarement des postes de décision. Cependant, les femmes occupent une place croissante dans la politique en république démocratique du Congo. Le gouvernement qui siège depuis septembre 2019 comporte douze femmes, soit 17% des postes. Élysée Munembwe est Vice-Premier ministre et ministre du Plan, Marie Tumba Nzeza ministre des Affaires Étrangères, Néné Nkulu Ilunga est ministre de l’Emploi et du Travail, et Béatrice Lomeya Atilite ministre d’État chargée du genre, amille et enfant. La législation qui protège les femmes est peu appliquée. Selon le Code de la Famille, les femmes mariées doivent avoir l'autorisation de leur mari pour lancer une action en justice. Les mutilations génitales féminines sont interdites. Les femmes sont surreprésentées dans les zones de conflit. La prostitution reste courante. L'accès à l'eau potable ou à l'électricité est un problème qui touche la vie quotidienne des femmes. 75 % des personnes déplacées sont féminines. Culture. La culture congolaise est très diverse car le Congo-Kinshasa est composé d'une centaine de groupes ethniques, en majorité bantous, et s'étend de l'embouchure du fleuve Congo, puis dans la forêt du bassin du Congo jusqu’à la région des Grands Lacs et la savane. Depuis la fin du , les modes de vie traditionnels de la région ont changé à cause du colonialisme, la lutte pour l'indépendance, le long règne de Mobutu, et récemment, les première et seconde guerres du Congo. Malgré cela, les traditions et la culture congolaises ont su garder leurs particularités. La Bibliothèque rétrospective de la Rd-Congo : 1960-2004, éditée par les Presses de la Médiathèque francophone de la Funa, recense plus de bibliographiques, plaçant la république démocratique du Congo parmi les premiers pays d’Afrique francophone dans la publication d'œuvres. Langues. La langue officielle (le français) évolue constamment partout au Congo ; la capitale du Congo, Kinshasa, avait en 2008 87 % de francophones, ce nombre est passé à 92 % en 2010. Le pays fait partie de l'Organisation internationale de la francophonie, ainsi que de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. La population du Congo parle entre 200 et plus de 400 langues selon le classement. Sur le plan linguistique, il est l'un des pays les plus multilingues de toute l'Afrique. En effet, l'Atlas linguistique du Congo Kinshasa dénombre 221 langues pour une population totale (estimée en 1996) à d'habitants, c'est-à-dire une langue par tranche de . Cependant, 186 langues appartiennent à la seule famille bantoue et elles sont parlées par plus de 80 % de la population congolaise. Les autres langues sont représentées par la famille nilo-saharienne. Tous les Congolais parlent l'une des quelque 200 langues « ethniques », voire plus de 400 dialectes. En plus du français, langue officielle, la loi reconnaît quatre langues nationales : lingala, swahili, kikongo ya leta (aussi appelé « kikongo » en dehors du Kongo-Central) et tshiluba. La plupart des Congolais parlent plusieurs langues. La république démocratique du Congo est le deuxième pays francophone du monde, derrière la France. Une minorité grandissante parle couramment le français ( de Congolais savent le lire et l'écrire, selon une estimation de l'OIF en 2014, soit 47 % de la population du pays). En effet, langue officielle, le français est la langue principale de l'éducation, et la langue de l'administration, des médias et des affaires. Le français de la république démocratique du Congo, ancienne colonie belge, a beaucoup emprunté au français de Belgique et au wallon. Il a également développé des caractères propres et de nombreux néologismes. de Congolais utilisent le lingala comme première ou seconde langue, il est également parlé au Congo-Brazzaville, en Centrafrique et en Angola, ce qui peut faciliter les communications vers ces pays. Le lingala est ainsi une des grandes langues africaines, bien qu'il soit largement méconnu en dehors du continent. Le lingala, parlé initialement par les Ngala, s'est répandu car il était la langue la plus parlée par les militaires et les missionnaires pendant la colonisation belge. Il a connu son apogée sous Mobutu, car il était la langue du pouvoir et de la très populaire musique de Kinshasa. Le swahili, qui compte de locuteurs au Congo mais qui est aussi parlé dans de nombreux pays d'Afrique de l'Est, a été introduit au Congo avant la colonisation par le biais du commerce, en particulier celui des marchands d'esclaves. Les Kabila ont favorisé cette langue parlée dans leur région d'origine et elle est la seule avec le français à figurer sur les billets de banque. Le kikongo ya leta (aussi appelé « Kikongo » en dehors du Kongo-Central) est une langue des deux Congo qui a émergé durant les colonisations Belge et Française. Vers les zones frontalières du Cabinda et de l'Angola, le pays compte quelques milliers de lusophones, mais leur nombre exact est inconnu. Vestige de la colonisation belge, le néerlandais qui fut la deuxième langue administrative du Congo belge de 1908 à 1960 n'est plus parlé que par quelque (plus de en 1980) le plus souvent âgées de plus de , mais aussi par des plus jeunes, éparpillées sur tout le territoire, qui sont le plus souvent des métis, ou retraités de l'ex-administration coloniale, souvent métis. Le néerlandais, dont les statistiques sont difficiles à établir, devient différent du néerlandais parlé en Belgique, ou aux Pays-Bas, car il n'est pas enseigné dans le pays. Isolé du néerlandais parlé en Belgique, ou aux Pays-Bas, le néerlandais parlé en RDC du Congo a tendance à avoir de nouveaux mots lingala, français, ou anglais, dans son vocabulaire, et surtout depuis 1980. Le Néerlandais en RDC, au vu de son isolement, d'une région à une autre, avec des groupes isolés de locuteurs, évolue avec les langues africaines. Le néerlandais reste cependant une langue de culture en RDC. Les archives, entre 1908 et 1960, sont bilingues français-néerlandais avec d'importantes variantes, avec même certains documents uniques en néerlandais. Les 15 plus grandes bibliothèques du pays ont un fonds de milliers de livres en néerlandais dont certains rares ou uniques. Les locuteurs du néerlandais sont le plus souvent bilingues néerlandais-français ou même néerlandais-anglais. Le néerlandais n'est plus une langue universitaire depuis 1971, et il a cessé d'être une langue administrative en 1961, quand fut choisie la langue française comme seule langue officielle par l'État congolais devenu indépendant. Cependant, en février 2014, l'ambassade des Pays-Bas à Kinshasa indiquait que le néerlandais était resté une langue bien vivante en RDC, et qu'après des recherches et statistiques, entre de tous âges parlaient Néerlandais en RDC, dispersés dans tout le pays. Cependant, l'avenir du néerlandais dans le pays reste incertain : il n'a plus aucun rôle officiel, et n'est pas enseigné. De plus, il n'offre aucune perspective, car l'anglais est parlé dans de nombreux pays voisins, et semble plus courant de nos jours. L'anglais est très présent depuis l'arrivée de rebelles venus d'Ouganda, de Tanzanie, et du Rwanda pendant le conflit congolais. Le président Joseph Kabila a passé son enfance en Tanzanie, et parle plus couramment l'anglais que le français. Vu le chaos post-conflit, le recensement des anglophones n'était pas une priorité, et il ne l'est pas encore de nos jours. Le nombre de locuteurs devrait cependant s'élever à plusieurs milliers de locuteurs. Il est au moins plus parlé que le portugais. L'anglais est une langue commerciale, enseignée dans les universités du pays, et devient de plus en plus important, car il est la langue souvent utilisée par les soldats de l'ONU et par les réfugiés (et maintenant certains jeunes) de retour au pays qui étaient partis dans les pays anglophones voisins depuis les années 1960 (il y a plus de citoyens de la république démocratique du Congo qui vivent dans les pays anglophones voisins des grands lacs et qui souhaitent rentrer, ou qui sont revenus en RDC). En 2018, l'anglais est parlé par plus de Congolais, surtout par des réfugiés d'origine congolaise, qui reviennent au pays, et qui vivaient en Ouganda, en Tanzanie, au Kénya, et en Zambie. Certaines provinces, frontalières de pays anglophones, voient les retours de réfugiés congolais, avec leurs enfants éduqués en anglais, comme, au Kivu. Musique. Le Congo a une culture musicale très riche, sa musique connue sous le nom de rumba ou encore ndombolo fait danser toute l'Afrique. La musique congolaise a du succès par delà les frontières depuis les années 1960 aux côtés de la musique de la Côte d'Ivoire, de Guinée, du Mali ou du Nigeria. Actuellement appelée soukous, elle a donné naissance à d'autres styles de musique comme le quassa-quassa et d'autres. Voici les célèbres musiciens congolais : Koffi Olomidé, Werra Son, Ferré Gola, Fally Ipupa, Heritier Watanabe, Tshala Mwana, Fabregas... Première génération. On situe cette génération entre les années 1930 et 1950, où la fusion de la musique tradition de la région de Léopoldville avec d'autres styles de musique, notamment afro-cubaine et haïtienne, mais aussi d'autres sont venus de l'Amérique latine, ce qui a donné naissance à des styles très variés. Mais le style cubain surpasse tout autre style et la musique congolaise obtient son premier nom : la rumba congolaise, et le chanteur le plus connu de cette époque est Wendo Kolosoy. Deuxième génération : 1950-1970. L'année 1953 marque le début de cette génération ; c'est celle qui a donné naissance à la musique congolaise moderne. Les artistes les plus connus sont les pionniers de la musique moderne : Grand Kallé avec son "African Jazz", Luambo Makiadi Franco avec son « OK Jazz » devenus « TP OK Jazz », Tabu Ley Rochereau qui a formé « African fiesta » avec Docteur Nico. Avec l'« African fiesta », Jeanot Bombenga et le Vox Africa, Conga de Jhonny Bokelo, Co - Bantous de Champro King, la musique du Congo est connue sous le nom de "soukous" qui prend ses racines dans la rumba des années 1950, et dont le nom est une déformation du mot « secousse ». Troisième génération : 1970-1990. Elle est marquée par la naissance de groupe Zaïko Langa Langa qui produit des musiciens dont Papa Wemba qui à son tour a créé Viva La Musica, Koffi Olomidé, King Kester Emeneya issu de Viva La Musica, Pepe Kalle avec L'Empire Bakuba, Kanda Bongo Man, Tshala Muana avec le Mutuashi, Defao, Big star, Ntesa Nzitani Dalienst, Sam Mangwana, Mayaula Mayoni, Négro Succès, Thu Zahina, Géo Malebo, Bella Bella, Festivals des Maquisards, Les Grands Maquisards, Kintueni National, Kintueni Yombe, Zembe Zembe, Tabou National, Afrizam, Makinaloka, Kossa Kossa, Isifi Lokole, Yoka Lokole Quatrième génération : 1990-2010. Marqué par l'ascension du groupe musical Wenge Musica, c'est l'époque de la gloire de la musique congolaise. La musique du Congo prend le nom de « ndombolo ». les figures marquantes de cette époque sont les chanteurs Werrason, JB Mpiana, Koffi Olomidé, et leur groupe Wenge Musica Maison Mère et Quartier Latin International qui feront découvrir les deux stars congolaises Ferré Gola et Fally Ipupa. Cinquième génération : 2010-. La cinquième génération marque la naissance des deux plus grandes figures actuelles de cette génération s'agissant de Fally Ipupa (ex-musicien du groupe Quartier Latin de Koffi Olomidé durant , de 1999 à 2006, en étant aussi à partir de 2002 jusqu'à son départ, chef d'orchestre) et de Ferré Gola (ex-musicien du groupe Wenge Musica de 1995 à 1997, puis cofondateur du groupe Wenge Musica Maison Mère avec Werrason, Didier Masela et Adolphe Dominguez, de 1997 à 2004. De mai 2005 au mois de juin 2006, il se retrouvera aux côtés de son rival actuel, Fally, en intégrant le groupe Quartier Latin de Koffi Olomidé) La cinquième génération débute en réalité en 2006 avec la sortie des premiers albums solos de Fally Ipupa et Ferré Gola étant respectivement "Droit Chemin" et "Sens Interdit". Sans oublier des rappeurs comme Eikiro, Zickry Casiodoro, Alesh ainsi que les nouvelles figures de la musique urbaine comme Innos'b, Gaz Mawete etc. Gastronomie. Les ingrédients principaux de la cuisine congolaise sont : poisson, viande, patate douce, haricot, tomate, riz, fufu, maïs, sorgho, bananes plantain et manioc presque toujours accompagnés de sauces typiques de chaque région. À part les fruits épluchés, on ne mange pas cru, le climat étant propice aux parasites. Les feuilles de manioc (pondu) sont consommées seules, en accompagnement ou servent pour la cuisson. Le plat le plus courant est la muambe, poulet aux feuilles de manioc pilées (parfois à l'arachide), et à l'huile de palme, accompagné de riz ou de bananes plantains (makemba). Sports. Le football est très populaire en république démocratique du Congo. L'équipe nationale de football a remporté deux fois la Coupe d'Afrique des nations (1968 et 1974). Elle a remporté deux fois le Championnat d'Afrique des nations (2009 et 2016). Elle a terminé à la troisième place de la Coupe d'Afrique des nations 1998 et de la Coupe d'Afrique des nations 2015. Deux clubs congolais ont gagné la Ligue des champions africaine : le TP Mazembe en 1967, 1968, 2009, 2010 et 2015 et l'AS Vita Club en 1973. Deux clubs ont gagné la Coupe d'Afrique des vainqueurs de coupe : le TP Mazembe en 1980 et le DC Motema Pembe de Kinshasa en 1994. En 2010, le TP Mazembe est devenu le premier club non européen ou sud-américain a atteindre la finale de la Coupe du monde des clubs. Le très célèbre combat de boxe du 30 octobre 1974 opposant Mohamed Ali à George Foreman, comptant pour le titre de champion du monde poids lourds de boxe anglaise s'est déroulé dans la ville de Kinshasa au stade Tata Raphaël. Rugby. Le rugby à XV est introduit par les Européens dans les années 1950, principalement au Sud-Est du pays par les mineurs, et à Kinshasa par les militaires français. Le rugby à XIII se développe également dans la République : il y est introduit à partir des années 2010, la plupart des équipes étant principalement situées dans la province du Sud-Kivu. Jours fériés. Plusieurs de ces jours fériés ont remplacé des jours fériés des régimes précédents. Codes. La république démocratique du Congo a pour codes :
Représentation des molécules La représentation des molécules est utilisée en chimie pour décrire la nature et éventuellement la structure des molécules et, par extension, d'autres espèces chimiques. Ces formules et représentations graphiques permettent d'indiquer plus ou moins complètement le nombre et le type d'atomes qui composent une espèce chimique, ses liaisons interatomiques et sa forme dans l'espace. Des représentations spécifiques sont utilisées en chimie organique et en biochimie. Formule, représentation et projection. Différents termes sont utilisés pour désigner les représentations graphiques de molécules : on parle ainsi de formule brute, de représentation de Cram ou de projection de Fischer. Notion de liaison chimique. "Ce paragraphe n'a pas pour but d'expliquer en détail ce qu'est une liaison chimique, ni de lister toutes les liaisons chimiques existantes. Plus d'informations à ce sujet dans l’article liaison chimique" Dans cet article nous parlerons surtout des liaisons covalentes et des liaisons ioniques. Dans la réalité, une liaison chimique est très rarement purement covalente (c'est le cas d'une liaison entre deux atomes identiques comme dans la molécule de dihydrogène) ou purement ionique. La liaison réelle est un mélange de ces deux caractères. Liaison covalente. Lorsque deux atomes sont liés par covalence il y a mise en commun d'un ou plusieurs doublets d'électrons, c'est-à-dire que deux (ou plus) électrons vont appartenir en même temps aux deux atomes. Il existe deux types de liaisons de covalence : Liaison ionique. Les liaisons ioniques sont dues aux différences d'électronégativité (capacité à attirer les électrons) des atomes présents dans la molécule. Pour comprendre ce qu'est une liaison ionique il faut considérer deux atomes liés entre eux. Si l'un est plus électronégatif alors il attirera les électrons de l'autre. L'atome plus électronégatif sera alors un peu chargé négativement, l'autre un peu positivement. Cette différence de charge créera une force électrostatique qui attirera les deux atomes (une charge positive et une charge négative s'attirent). Si cette différence d'électronégativité est très importante alors on parle de liaison ionique. La plupart des liaisons mettant en jeu deux éléments différents sont en partie ioniques, le caractère ionique étant généralement d'autant plus important que la différence d'électronégativité est importante. Représentations non spécifiques à la chimie organique. "Ces représentations sont applicables à toutes les molécules et tous les ions existants. Elles sont assez simples d'utilisation." Formule brute. La formule brute renseigne uniquement sur la composition chimique des molécules (ou des ions), c'est-à-dire sur le nombre et le type d'atomes qui les composent, et sur la charge électrique des composés si ce sont des ions. Elle ne renseigne pas sur l'agencement spatial des atomes, ni sur le type des liaisons chimiques. Pour écrire une formule brute on indique l'élément chimique à l'aide de son symbole (cf. tableau périodique des éléments), et la quantité de cet élément par un nombre en indice à la droite de l'élément concerné. La charge électrique du composé, s'il en a une, est indiquée en Exposant à la fin de la formule. Le nombre de charges élémentaires est indiqué par un nombre suivi d'un + si le composé est chargé positivement (s'il lui manque un ou plusieurs électrons), ou d'un - si le composé est chargé négativement (s'il a un excès d'électrons). Exemples. "Ces exemples ne seront pas tous repris dans chaque section." Formule de Lewis. La formule de Lewis a été créée par Gilbert Lewis au début du . Elle permet de représenter les liaisons assemblant les atomes entre eux (liaisons covalentes et ioniques), mais aussi les électrons de valence ne participant pas aux liaisons. Le modèle de Lewis permet de représenter la structure d'une molécule, mais ne permet pas de montrer la forme de la molécule dans l'espace. La représentation de Lewis est basée sur des règles simples. De ce fait elle ne permet pas de décrire toutes les molécules, notamment les complexes de métaux (comme la rouille). Formule de Lewis de l'atome. "La méthode décrite ci-dessous fonctionne globalement pour les éléments des trois premières périodes (ligne du tableau) du tableau périodique des éléments" Pour établir la formule de Lewis d'un atome il faut établir sa configuration électronique. Pour cela il existe une méthode simple : Une fois la configuration électronique de l'atome établie, on représente sa formule de Lewis. L'élément est représenté par son symbole. Autour de ce symbole on place les électrons célibataires, représentés par un point, et les doublets non-liants, représentés par un trait. Formule de Lewis de la molécule. Pour les molécules, la formule de Lewis est basée sur des règles empiriques simples (qu'il n'est pas toujours possible de respecter), notamment la règle de l'octet ou du duet. La règle de l'octet implique que chaque atome, de la deuxième et troisième période, doit s'approcher de la configuration électronique des gaz rares (de grande stabilité) en ayant huit électrons dans sa couche de valence. La règle du duet ne s'applique qu'à l'atome d'hydrogène, celui-ci doit avoir deux électrons dans sa couche de valence. Pour établir le modèle de Lewis d'une molécule il faut d'abord établir la formule de Lewis de chacun de ses atomes. Ensuite on relie ces atomes de manière que chacun d'eux respecte la règle de l'octet ou du duet. Pour cela on met d'abord en commun les électrons célibataires de chaque atome. Puis si cela ne suffit pas, on utilise des liaisons de covalence dative ou on divise certains doublets non liants pour obtenir deux électrons célibataires. (Voir les exemples) Exemples. Molécule d'éthanol: Modèle de l'acide sulfurique: Formule développée plane. La formule développée plane permet de représenter de manière très simple et rapide la structure d'une molécule, ainsi que les liaisons chimiques. Mais elle ne permet pas de représenter la forme de la molécule dans l'espace. La formule développée plane est en quelque sorte une formule de Lewis simplifiée. En effet, la représentation est quasiment identique, mais on ne montre pas les doublets non-liants pour simplifier et alléger l'écriture. Généralement les liaisons sont représentées à 90°, mais sont parfois représentées sous des angles différents pour s'approcher de la structure réelle de la molécule dans l'espace (par exemple 120° autour d'une double liaison carbone-carbone). Représentation de Cram. La représentation de Cram permet de montrer la forme dans l'espace d'une molécule, et sa structure. En revanche elle ne représente pas les liaisons chimiques (pas de différence en liaison multiple et liaison simple). Pour illustrer la forme de la molécule les différentes directions que peuvent prendre ses liaisons chimiques sont codifiées de cette manière : On représente de manière plus précise l'orientation des liaisons chimique en faisant varier les angles entre les liaisons pour coller au plus près à la réalité. Cette représentation permet notamment de visualiser les atomes de carbone asymétriques et de déterminer si une molécule est chirale. Exemple. Représentation de Cram de la molécule d'éthanol. Représentations spécifiques à la chimie organique. "Ces représentations sont spécifiques à la chimie organique car elles utilisent des règles spécifiques aux liaisons carbone-carbone ou carbone-hydrogène". Formule semi-développée (plane). La formule semi-développée, comme son nom l'indique, est une forme condensée de la formule développée. On ne représente plus les liaisons Carbone-Hydrogène qui sont condensées sous forme de : (avec n le nombre d'atomes d'hydrogène liés à l'atome de carbone). On représente les liaisons carbone-carbone et on distingue liaison simple et liaisons multiples. Formule topologique. La formule topologique est une manière simplifiée et rapide de représenter la structure d'une molécule organique. On ne représente plus les atomes de carbone ni les atomes d'hydrogène portés par ces derniers. Les atomes d'hydrogène portés par des hétéroatomes (éléments autres que le carbone et l'hydrogène) sont représentés. Les liaisons carbone-carbone sont représentées par un trait oblique. Dans une formule topologique les atomes de carbone sont ainsi situés à l'intersection de deux segments. On fait la distinction entre liaisons multiples et liaisons simples : une liaison simple sera représentée par un trait, une liaison double par deux segments parallèles. On représente la liaison entre les hétéroatomes, ou les groupes fonctionnels, et les carbones auxquels ils sont liés par un segment; on place le groupe fonctionnel, ou l'hétéroatome, à l'extrémité de ce segment. Les atomes d'hydrogène portés par les atomes de carbone n'étant pas représentés, un segment dont une extrémité n'est liée à aucun groupe fonctionnel correspond en fait à . Projection de Newman. La projection de Newman est très utile pour étudier les différentes conformations (on passe d'un conformère à un autre par rotation autour d'une liaison simple carbone-carbone) d'un composé organique. Cette projection est généralement utilisée uniquement avec des carbones tétravalents (liés à quatre autres atomes). Pour représenter une molécule dans une projection de Newman il faut regarder la molécule dans l'axe d'une liaison simple carbone-carbone, on ne représente pas ces deux carbones dans une projection de Newman, mais les liaisons. Les liaisons du carbone au premier plan sont représentées par trois segments partant du même point, les angles entre chacun de ces segments sont de 120° comme dans la réalité. Le carbone en arrière-plan est représenté par un cercle sur lequel on place les trois liaisons restantes. (voir l'exemple) Cette représentation permet de visualiser aisément les effets d'interactions stériques entre des groupements portés par deux carbones adjacents. Elle permet également de déterminer facilement la conformation Z ou E de l'alcène résultant d'une réaction d'élimination. Projection de Fischer. La projection de Fischer est surtout utilisée pour représenter les sucres et les acides aminés. Elle fut inventée par Hermann Emil Fischer. On ne représente pas les atomes de carbone, ils sont situés à l'intersection des segments horizontaux et du trait vertical. La chaîne carbonée est représentée par la ligne verticale de manière que les liaisons représentées sur la verticale s'éloignent du lecteur. Les liaisons représentées sur l'horizontale sortent du plan de la feuille vers le lecteur(voir l'exemple). Le carbone le plus oxydé se trouve en début de chaîne (en haut ici C=O). Cette représentation permet de différencier facilement les énantiomères chiraux L ou D. Projection de Haworth. La projection de Haworth permet de représenter la structure cyclique des oses (ou monosaccharides) avec une simple perspective tridimensionnelle. Dans cette projection, on ne représente ni les atomes de carbone ni ceux d'hydrogène mais par contre, les liaisons carbone - carbone sont représentées par un trait. De plus, les liaisons les plus proches du lecteur sont en gras. Exemple. Projection de Haworth du α--glucopyranose
Ruby Ruby est un langage de programmation libre. Il est interprété, orienté objet et multi-paradigme. Le langage a été standardisé au Japon en 2011 (JIS X 3017:2011), et en 2012 par l'Organisation internationale de normalisation (ISO 30170:2012). Historique. Yukihiro « Matz » Matsumoto est le créateur de Ruby. Frustré par son expérience en développement Smalltalk et Lisp, il commence la conception d'un nouveau langage en 1993 sous Emacs, puis publie une première version en 1995 sous licence libre. Il enchaîne depuis les nouvelles versions. Depuis l'arrivée d'une documentation anglophone, et du en 2004, Ruby a connu un certain engouement qui n'a cessé de croître jusqu'en 2008 dans le monde de la programmation, puis une érosion lente si on en juge par son index Tiobe. Philosophie. est fortement orienté objet et se rapproche ainsi du paradigme objet de Smalltalk : Malgré cet aspect exclusivement objet, la programmation procédurale est possible et fréquente. utilise une syntaxe simple, inspirée par Eiffel et Ada. Fonctionnalités. Les fonctionnalités principales sont : Implémentations. L'interpréteur officiel, Ruby MRI, fonctionne sur de nombreux systèmes d'exploitation : UNIX, Linux, Microsoft Windows, MS-DOS, OS X, OS/2, ReactOS, AmigaOS, etc. Il est publié sous la double licence libre GNU GPL et la licence Ruby. Ruby est fourni avec irb, un interpréteur de commandes interactif pour tester en profondeur le fonctionnement du langage. Il existe une version web d'irb pour tester Ruby dans un navigateur. Depuis le , le développement de Ruby (1.9) est basé sur l'interpréteur YARV écrit par Koichi Sasada. Ce nouvel interpréteur apporte un gain notable en performances. Outre YARV, il existe plusieurs autres interpréteurs Ruby : La version 2.0 permet de créer des applications graphiques pour macOS et iOS. Interprètes embarqués. Ruby possède une interface de programmation en langage C qui lui permet d'être intégré au sein d'autres logiciels. Ruby est notamment utilisable dans : Le logiciel de création de jeu vidéo intègre dans ses versions XP et VX une bibliothèque nommée RGSS, permettant l'usage de scripts en Ruby. Bibliothèques. Il existe de nombreuses bibliothèques de fonctionnalités adjoignables au langage. Le dépôt historique de ces bibliothèques est le (RAA). Il contient des fonctionnalités supplémentaires pour Ruby comme des bibliothèques de classes et de modules, mais aussi des extensions permettant d'utiliser des bibliothèques tierces. Le "RAA" contient également des logiciels écrits en Ruby. Parmi ces logiciels on trouve notamment "Rubygems" qui est un outil d'empaquetage et d'installation pour les extensions Ruby. Il permet de déployer rapidement des bibliothèques et des programmes Ruby. La base de données de gems "Rubygems" est devenue avec le temps la référence en stockage de bibliothèques pour Ruby (plus de 49 milliards de téléchargements)- au travers de l'outil "Bundle"r (également développé en Ruby), les dépendances d'un projet sont téléchargées par défaut depuis "Rubygems". Exemples. Le classique : puts 'Hello World!' Utilisation des objets : -199.abs # 199 'ruby is cool'.length # 12 'Rick'.index 'c' # 2 "Nice Day Isn't It?".downcase.split(//).sort.uniq.join # " '?acdeinsty" Utilisation de mixin et de l'héritage : module AnimalSkills def eat puts "I'm eating !" end def move puts "I'm moving !" end def express; puts "I'm expressing !" end end class Animal include AnimalSkills # mixin @@name = 'an animal' # variable de classe def initialize(size, weight, color) # initialisation des variables d'instance @size = size.to_i @weight, @color = weight.to_i, color.to_s end def describe puts "I'm #{@@name} !" puts "I'm #{@size} meter tall, I weigh #{@weight} kilograms and I'm " + @color end end class Zebra < Animal # héritage @@name = 'a zebra' # rédéfinition de la variable de classe: maintenant tous les animaux sont des zèbres ! def initialize(size, weight, color = 'black and white') # surcharge super # appel de la méthode de la classe mère (Animal) end end z = Zebra.new(1, 50) z.describe # => I'm a zebra ! / I'm 1 meter tall, I weigh 50 kilograms and I'm black and white z.eat # => I'm eating !
René Barjavel René Barjavel, né le à Nyons (Drôme) et mort le à , est un écrivain et journaliste français, également scénariste et dialoguiste de cinéma. Il est principalement connu pour ses romans d'anticipation, de science-fiction ou fantastiques dans lesquels s'exprime l'angoisse ressentie devant une technologie que l'être humain ne maîtrise plus. Certains thèmes reviennent fréquemment dans son œuvre littéraire : chute de la civilisation causée par les excès de la science et la folie de la guerre, caractère éternel et indestructible de l'amour ("Ravage", "La Nuit des temps", "Le Grand Secret", "Une rose au paradis"). Son écriture se veut poétique, onirique et, parfois, philosophique. Il a aussi abordé, dans ses essais, l'interrogation empirique et poétique de l'existence de Dieu (notamment, "La Faim du tigre"), et le sens de l'action de l'être humain sur la nature. Biographie. Jeunesse et débuts. Fils de boulanger, petit-fils de paysans, René Henri Gustave Barjavel fera toute sa vie lui-même son pain. Il fait ses études au collège de Nyons puis à celui de Cusset (près de Vichy) dans l'Allier. Après le baccalauréat, il fait de nombreux métiers pour gagner sa vie : pion, employé de banque, conférencier… Il débute à dix-huit ans dans le journalisme au "Progrès de l'Allier", à Moulins. Le à Vichy, puis le à Moulins il donne une conférence sur Colette, qui sera publiée par la "Nouvelle Province littéraire" cette même année sous le titre "Colette à la recherche de l'amour". René Barjavel devient, en 1935, secrétaire de rédaction de la revue "Le Document", puis chef de la fabrication aux Éditions Denoël après avoir rencontré Robert Denoël à Vichy en 1936. Il collabore à divers journaux, en particulier au "Merle blanc", comme critique cinématographique. La guerre. Pendant la guerre de 1939-1940, qu’il fait dans un régiment de zouaves, il développe un penchant antimilitariste. Affecté aux cuisines avec le grade de caporal-chef, il a pour tâche principale de chercher et distribuer le ravitaillement. Il est révolté par la condition du soldat et les mœurs militaires. Démobilisé en 1940, il fonde à Montpellier le journal "l'Écho des étudiants" et y fait débuter, entre autres, Jacques Laurent, François Chalais, André Hodeir ou encore Yvan Christ. De retour à Paris, où il habite dans le , au 20 rue Lacretelle, il retrouve sa place de chef de fabrication chez Denoël. C'est pendant l'Occupation qu'il commence à publier ses romans d'anticipation qui font de lui le précurseur de la vogue de la science-fiction française de l'après-guerre. En 1943, il publie "Ravage", son premier roman dans cette veine. Ce livre, ainsi que trois nouvelles, seront publiés en feuilleton dans l'hebdomadaire collaborationniste et antisémite "Je suis partout". Son deuxième roman de science-fiction, "Le Voyageur imprudent", est publié la même année sous forme de feuilleton, toujours dans "Je suis partout". Le journal publie également une interview de l'auteur par Henri Poulain, parue le . C'est pendant cette période de l'Occupation qu'il rencontre le philosophe mystique G.I. Gurdjieff, dont il suivait déjà l'enseignement auprès de groupes et de son élève Jeanne de Salzmann. Cet apprentissage aura un profond impact dans sa vie (). Dans ce groupe il côtoie Louis Pauwels, René Daumal. il fréquente aussi Lanza del Vasto. En 1944, il écrit un « Essai sur les formes futures du cinéma », "Cinéma Total". Après la libération de Paris, il n'échappe pas à la vague de suspicion de l'époque. Dénoncé publiquement comme collaborateur par le Comité national des écrivains (CNE) en 1944-1945, il est blanchi de ces accusations grâce notamment à une lettre de Georges Duhamel. Lorsque, pour les mêmes raisons, le même comité démet Robert Denoël de ses fonctions, Barjavel dirigera de fait la maison d'édition jusqu’à l'assassinat de l'éditeur le . Après-guerre. Après la guerre, Barjavel mène parallèlement des activités de journaliste, critique, romancier et scénariste. En 1946, il publie un roman d'amour, "Tarendol", dont Julien Duvivier achète les droits pour le cinéma (et qui donnera également lieu en 1980 à une adaptation pour la télévision avec Jacques Penot et Florence Pernel dans les rôles principaux). En 1947, il fait, pour Georges Régnier, sa première adaptation et écrit son premier dialogue de cinéma dans "Paysans noirs". Le manque d’argent et l’échec de "Le Diable l’emporte" marquent un début de rupture avec sa carrière de romancier et il s’aventure alors dans le cinéma. Mais la tuberculose et les difficultés financières l’empêchent de réaliser "Barabbas". Adaptateur, dialoguiste, il ne laisse cependant pas un souvenir marquant, malgré son empreinte profonde dans de nombreux films, dont la saga des "Don Camillo", "Les Misérables" (de Jean-Paul Le Chanois), "Les Chiffonniers d'Emmaüs", "Le Mouton à cinq pattes", etc. Il réalise aussi plusieurs courts métrages. Après ce long intermède au cinéma pendant lequel il n'a presque rien publié, René Barjavel commence, avec "La Nuit des temps", paru en 1968, et "Le Grand Secret", publié en 1973, une seconde carrière de romancier qui fera de lui un grand écrivain populaire. Il recommence aussi une nouvelle activité de journaliste avec une chronique hebdomadaire au "Journal du dimanche". C'est là qu'il fera paraître le , au sujet de l'affaire Ranucci, un article réclamant l’exécution sans faiblesses de « ces larves malfaisantes » que sont les assassins (l'intéressé avait été guillotiné trois jours plus tôt), alors que, dans "Le Figaro" du , Max Clos, à l'époque directeur de la rédaction, n'avait pas hésité à poser cette question dérangeante : « Comment peut-on être humainement sûr – absolument sûr – que tel homme est bien le coupable ? » Il écrit également des chansons. Enfin, quand il en a le temps, il se livre à l'une de ses passions, la photographie en couleurs ; son album de 74 pages, "Les Fleurs, l'amour, la vie", est publié par les Presses de la Cité en 1978. Avec "La Peau de César" et "Demain le Paradis", il termine sa carrière d'écrivain. René Barjavel meurt des suites d'une crise cardiaque en , à dans le de Paris. Barjavel, précurseur de la science-fiction « à la française ». Lorsqu'il publie ses deux premiers romans fantastiques en 1942, Barjavel fait figure de précurseur dans le désert qu'est alors la science-fiction française. La science-fiction américaine ne débarquera en effet massivement qu'après 1945, et encore faudra-t-il de longues années avant que des auteurs comme Isaac Asimov, A. E. van Vogt, Clifford D. Simak ou même H. P. Lovecraft sortent des petits cercles d'initiés. Et c'est un peu "a posteriori" que l'on rattache les premiers romans de Barjavel ("Le Voyageur imprudent" et "Ravage") au genre de la science-fiction, terme encore non utilisé en France où on parle plutôt de « roman scientifique » chez Jules Verne, de « roman d'anticipation » pour J.-H. Rosny aîné ou Albert Robida ou encore de « roman extraordinaire » chez Barjavel, mais pas encore de science-fiction : cet anglicisme ne s'imposera que plus tard. Par surcroît, dans ses deux romans écrits et publiés dans une France alors coupée du monde anglophone, Barjavel développe déjà des idées typiques du déferlement des années 1950 : apocalypse, fin du monde, voyage dans le temps, retour à la barbarie et autres catastrophes imputables à une technologie aliénante ou employée avec malveillance. Barjavel, bien que se démarquant de la littérature de l'époque par ses thèmes fantastiques, est aussi un écrivain de son temps. On a parfois voulu discerner dans "Ravage" (1943) un écho de l'idée pétainiste du retour à la terre et de la méfiance envers l'urbanisation d'une France encore majoritairement rurale. Barjavel se verra à cet égard reprocher sa signature dans différents journaux de la collaboration tels "Je suis partout" et "Gringoire". Il abandonne néanmoins rapidement cette veine collaborationniste à la suite du succès de "Ravage". <br>Il y décrit, avec un sens aigu de la satire, une civilisation technologique du — l'action se situe en 2052 — ramenée au Néolithique par la disparition soudaine de l'électricité, qui brutalement met fin au machinisme. Une effroyable décomposition sociale s'ensuit, où la brutalité et la loi du plus fort resurgissent dans les mégapoles en proie aux flammes et à la famine. Si Barjavel semble nettement se méfier du progrès (notamment dans la scène finale, où le nouveau roi d'un monde revenu techniquement au Moyen Âge agricole fulmine contre le réinventeur d'une machine à vapeur pourtant très primitive), ces inquiétudes étaient très présentes à l'époque (cf. "La France contre les robots", de Georges Bernanos), ou encore René Guénon, dont Barjavel faisait grand cas : l'influence de "La Crise du monde moderne" sur "Ravage" est évidente (la catastrophe qui y est décrite est une « version plausible » de celle qui, selon Guénon, est censée sanctionner la folie du monde matérialiste moderne). La suite de son œuvre a pourtant montré qu'il n'était pas opposé au progrès, à tel point que cette scène peut également passer pour une satire de l'obscurantisme. On peut aussi y voir les regrets d'un homme de la terre devant l'exode rural qui allait s'intensifier jusque dans les années 1970 et transformer la société française de manière profonde et durable : "Ravage" n'est-il pas dédié par l'auteur « à [ses] grands-pères paysans » ? "Le Voyageur imprudent" est bien moins « engagé », c'est un chef-d'œuvre de fantaisie pure et de cruauté humoristique qui précède en outre les années 1950 dans l'exposition de ce que l'on appelle le « paradoxe temporel ». On oublie souvent, en outre, que les deux œuvres sont liées; le monde futur très lointain que visite le voyageur du temps étant la suite de la catastrophe de 2052. Barjavel y expose une vision « biologique » de l'avenir de l'humanité, amusante et délirante illustration des thèses évolutionnistes, son voyage en l'an n'étant pas, à cet égard, sans rappeler l'an du H. G. Wells de "La Machine à explorer le temps". Avec "Le Diable l'emporte" (1948), Barjavel aborde la question alors très actuelle de la Troisième Guerre mondiale (on est en pleine guerre froide). Ce thème sera l'un des favoris de la SF américaine de l'après-guerre (" Bloodmoney", de Philip K. Dick, "Le Lendemain de la Machine", de Rayer, "Je suis une légende", de Richard Matheson, etc.). Mais là encore l'humour noir le plus cruel épice le genre de l'anticipation, et les moyens que l'humanité emploie pour s'autodétruire sont loin de se limiter aux armes nucléaires. Barjavel ne manque pas, à travers l'absurde robotisation du « civilisé inconnu » ou les dérapages de l'agriculture industrielle (la poule géante dévorant un stade de football), de se moquer avec cruauté des dérives de la manipulation du vivant. Barjavel ira jusqu’à envisager que l'humanité se soit dotée de la bombe atomique par instinct malthusien de limitation de l'explosion démographique, thèse exposée dans "La Faim du tigre" sur un ton philosophique voltairien à l'humour dévastateur. Les années 1960 verront Barjavel très en phase, plus ou moins consciemment, avec les idées de Mai 68 ("Les Chemins de Katmandou") qu'il évoque même avant qu'elles ne s'expriment, dans le poignant "La Nuit des temps" (où le thème de la guerre totale est de nouveau exploité), ainsi que dans "Le Grand Secret", où l'on découvre un Barjavel nettement favorable à la libération sexuelle et plutôt libertaire. Il est aussi l'un des rares auteurs de science-fiction (avec Arthur C. Clarke dans "La Cité et les Astres") à avoir traité de manière approfondie et spéculative le thème de l'immortalité. Dans "Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester", Barjavel prend clairement position contre le nucléaire civil. Néanmoins, il ne peut être classé politiquement, on peut même dire — les rapports entre la Russe Leonova et l'Américain Hoover dans "La Nuit des temps" l'illustrent — qu'il est apolitique. Postérité. Dans le cadre des Intergalactiques, festival de science-fiction organisé à Lyon, un prix René Barjavel est organisé chaque année par l’association AOA Prod. La meilleure nouvelle sur un thème choisi est récompensée :
Roland C. Wagner , né le à Bab El Oued et mort le à Laruscade, est un écrivain français de science-fiction. En l'espace d'une trentaine d'années (1981-2012), il publia une centaine de nouvelles et une cinquantaine de romans, à tendance souvent humoristique, qui explorent tous les genres de science-fiction. Ces écrits lui valent, entre autres, le prix Tour Eiffel, le prix Ozone et sept fois le prix Rosny aîné ; le grand prix de l'Imaginaire récompense ses deux œuvres majeures : le cycle "Les Futurs Mystères de Paris" en 1999 et le roman uchronique "Rêves de gloire" en 2012. Il est aussi très connu dans le milieu de la science-fiction pour son rôle de chroniqueur et de critique. Biographie. Jeunesse. Roland Wagner est né le à Bab El Oued en Algérie française, d'où sa mère était originaire. Son père était un ancien soldat allemand de la Luftwaffe, enrôlé en 1945 dans la Légion, qui après plusieurs campagnes s'était fixé et marié en Algérie. La famille fut rapatriée en métropole en 1962 après le siège de Bab el Oued, à la fin de la guerre d'Algérie, et s'établit à Clamart en région parisienne. Il se passionna très tôt pour la science-fiction : à 10 ans, après la découverte des romans d'Alphonse Brutsche et Louis Thirion, il avait dévoré la collection Fleuve Noir Anticipation. En 1974, il était présent avec Éric Vial, guère plus âgé que lui, à la convention européenne de la science-fiction qui se déroulait cette année-là en France, à Grenoble. Cette convention fut par la suite considérée comme un véritable passage de relais entre les auteurs français de SF des années 1970 et la nouvelle génération. Il y réalisa des interviews d'auteurs et resta en contact avec certains d'entre eux, encouragé par Michel Jeury et Christine Renard. L'année suivante sa première nouvelle fut publiée dans un fanzine. Après un bac littéraire, il entama des études d'histoire, tout en traînant dans les bandes de la banlieue où il avait grandi. Débuts de novelliste et de chroniqueur. Dès la fin des années 1970, il publia articles, nouvelles et chroniques dans divers fanzines, dont "Vopaliec SF" avec Patrice Verry qu'il avait connu à la convention de Rambouillet. Ses textes paraissaient sous différents pseudonymes comme Richard Wolfram, Henriette de la Sarthe, Paul Geeron ou Raoul Vernes. C'est en 1981 que fut publiée sa première nouvelle dans une revue professionnelle, "Au bord du gouffre", écrite en collaboration avec Pierre Marlson. En 1982, il participa également à la réalisation d'une anthologie des auteurs francophones de science-fiction, "Bientôt la marée", éditée par Francis Valéry, où fut publiée une de ses propres nouvelles, "Faire-part"; celle-ci reçut en 1983 le prix Rosny aîné, et fut ensuite republiée en 1984 dans "Fiction". Il rejoignit en 1983 le groupe de rock Brain Damage dont il devint le parolier, donnant une connotation SF aux textes interprétés par le trio. À partir de 1985, sans négliger les fanzines, il devint également chroniqueur dans plusieurs revues reconnues. Il publia des critiques dans le magazine "Fiction" en 1985 et 1986 et tint une rubrique consacrée à la science-fiction dans la revue de rôlistes "Casus Belli" jusqu'en 1999. Écrivain professionnel. En dépit de la première reconnaissance du prix Rosny aîné pour la nouvelle "Faire Part", ses romans continuèrent à être refusés par les collections de science-fiction jusqu'en 1987, et paraissaient plutôt sous forme de feuilleton dans des revues comme "Nemo". Son premier roman publié en livre ne fut pas de la science-fiction, mais un roman d'espionnage, œuvre de commande écrite avec Alain Paris dans la collection Espionnage du Fleuve noir. Cet éditeur, conformément à sa politique de fidélisation d'« auteurs maison » accepta alors de publier "Le serpent d'angoisse", moyennant une réécriture partielle. Ce roman, qui abordait pour la première fois le concept de psychosphère valut à Roland Wagner le prix Rosny aîné en 1988, cette fois dans la catégorie roman. Cette première publication est suivie d'une dizaine d'autres romans en Fleuve Noir Anticipation, dont "Poupée aux yeux morts" qui obtint à nouveau le prix Rosny aîné en 1989, et trois romans s'inscrivant dans le cycle de l"'Histoire du futur proche" entamé avec "Le serpent d'angoisse". Peu d'auteurs de science-fiction vivent de leur plume en France, Roland Wagner devint cependant écrivain professionnel ; il reconnaissait que comme pour la plupart des auteurs français ce n'était possible à cette époque que grâce au soutien de sa compagne, qui jouait en quelque sorte un rôle de mécène. En 1992, après le changement du directeur de collection du Fleuve noir, il passa par une période de vaches maigres, vivotant comme traducteur des Perry Rhodan, et écrivant sous pseudo des romans de la collection "Blade & Baker" pour Jimmy Guieu, entre autres textes alimentaires. C'est à cette époque que naquit sa fille. L'époque de la maturité. En 1996, il reprit l'écriture de textes plus personnels, terminant des romans restés en gestation pendant les années précédentes. Sa biographie uchronique de H. P. Lovecraft, parue sous le titre "H.P.L. (1890-1991)" dans la revue CyberDreams, obtint en 1997 le prix Rosny aîné. Selon Serge Lehman, on décèle déjà dans cette "novella" un « rapport plus serein à l'écriture », mutation qui « illumine la série des Futurs Mystères de Paris ». Ce cycle, dont le héros est un mutant, se déroule dans un futur situé après la « Grande Terreur primitive » qui fit s'effondrer le monde que nous connaissons. Mais "a contrario" des récits post-apocalyptiques qui prévalaient à l'époque, il est résolument optimiste, et décrit un univers d'où la violence a quasiment disparu. Roland Wagner entreprit bientôt d'inscrire ce cycle dans un ensemble plus vaste intitulé "Histoire d'un futur", auquel appartiennent notamment la courte série de "L'histoire du futur proche", "Cette Crédille qui nous ronge" et "Le Chant du cosmos" (1999), space opera décrivant un jeu mental fortement inspiré du go. Sa nouvelle "Fragment du livre de la mer" obtint en 1998 le Prix Tour Eiffel et fut diffusée en supplément au magazine de la ville de Paris. En 2002, il quitta la région parisienne pour rejoindre à Cognac la romancière Sylvie Denis; il collabora dès lors fréquemment avec elle pour leurs travaux de traduction. Après avoir décrit avec férocité dans "La Saison de la sorcière" (2003) une France ultra-sécuritaire du proche futur envahie par les États-Unis qui lui a valu les prix Bob-Morane et Rosny aîné 2004, il traita de manière réaliste et humoristique dans "Pax Americana" (2005) des conséquences à l'échelle mondiale de la déplétion pétrolière. Il revint au space opera avec "Le Temps du voyage" (2005), un roman d'aventures influencé par l’œuvre de Jack Vance et picaresque qui mêle aventures et réflexion sur le colonialisme. Utopie algérienne. Roland C. Wagner évoquait depuis fort longtemps son projet d'un roman sur l'Algérie ; en 1999 il en traçait déjà les grandes lignes dans une interview, précisant . C'est en 2011 qu'il publia "Rêves de gloire", une uchronie sur la Guerre d'Algérie placée sous l'influence d'Albert Camus et du mouvement psychédélique des années 1960. Selon lui « il est temps de crever l'abcès et de remettre les choses à leur vraie place ». Ce roman, s'inscrivant dans sa quête d'un monde plus juste et plus paisible, est considéré comme son « grand œuvre ». Il a obtenu dans les mois suivants sa parution le prix européen Utopiales des pays de la Loire, le grand prix de l'Imaginaire, le prix ActuSF de l'uchronie, le prix du Lundi et le prix Rosny aîné. Décès. Le , il meurt dans un accident de voiture sur la nationale 10, dans lequel sa compagne Sylvie Denis est blessée. Son décès brutal émut vivement le milieu de la science fiction francophone, et les hommages se succédèrent pendant plus d'un an tant sur Internet que dans les conventions littéraires de Semoy, Nantes, Bagneux, Épinal<ref name="spip/Imaginales-2013"></ref> ainsi qu'à Clamart où il avait grandi. Une figure de la science-fiction francophone. Du "fandom" aux conventions universitaires. Venu à la science fiction via le "fandom", Roland Wagner fut une figure du monde de la science fiction francophone, bien avant d'avoir publié son premier livre. Dans son « cycle du fandom », paru dans "Vopaliec", il décrivait avec humour ce petit univers, via les aventures de « superJouanne » et « Miss Wintrebert ». Son activité de chroniqueur participait largement à sa notoriété. Ses chroniques dans "Casus Belli" de 1985 à 1999, firent découvrir la science-fiction à nombre de rôlistes, sous couvert d'idées de scénarios ; elles encouragèrent de jeunes auteurs comme Fabrice Colin ou Laurent Kloetzer. Dès le début des années 1980, Roland C Wagner était considéré comme un fin connaisseur de la science-fiction. Son érudition et son impertinence en firent un animateur majeur des débats intellectuels de la science-fiction francophone, aussi bien sur Internet que dans de nombreux festivals et rencontres, ou encore dans des contextes universitaires comme les Journées sciences & fictions de Peyresq. Il en resta jusqu'à la fin un fervent animateur, présent à toutes les conventions. La défense d'une science-fiction populaire. Roland C. Wagner avait lu ses premiers romans de science-fiction dans la collection « Anticipation » du Fleuve noir et était resté attaché à cette collection pour son côté populaire. Il en était collectionneur et une bonne partie de ses propres romans y furent publiés; il clôtura d'ailleurs la collection en décrochant le numéro 2001, grâce au double jeu de mots dans le titre de "L'odyssée de l'espèce". Partisan du "copyleft" et du libre accès à la culture, il est à l'origine de la pétition des auteurs de science-fiction contre Hadopi, intitulée "Qui contrôlera le futur ?". C'est à ce sujet qu'il a écrit avec les Psychronauts le morceau "Clique sur le mulot". Après avoir mis gratuitement en ligne certains de ses textes épuisés en édition papier, il autorisa les rééditions en livres électroniques à la condition qu'ils soient sans DRM. Hommages et postérité. De nombreux hommages ont été rendus à Roland C. Wagner dans les mois qui ont suivi son décès . Un astéroïde de la ceinture principale a été baptisé de son nom : (428102) Rolandwagner. En 2012, Ayerdhal lui dédia la nouvelle "RCW", variation sur les "Futurs Mystères". L'ouvrage "Ayas, humour & esprit de la Commune", actes des sixièmes Journées interdisciplinaires Sciences & Fictions de Peyresq lui est également dédié. Ses œuvres ont été rééditées dès 2015 dans une « intégrale raisonnée » aux éditions des Moutons électriques. Œuvre. L’œuvre de Roland C. Wagner compte une cinquantaine de romans et plus d'une centaine de nouvelles. Le grand prix de l'Imaginaire a récompensé ses deux œuvres majeures : le cycle "Les Futurs Mystères de Paris" en 1999 et le roman uchronique "Rêves de gloire" en 2012. Pseudonymes. Né Roland Wagner, l'auteur adopta le « C. » de sa signature en raison de l'existence d'un homonyme et tenait finalement à cette précision. Cette initiale est probablement celle de son deuxième prénom, à la façon des auteurs américains, mais n'est jamais explicitée, sauf de façon humoristique. À ses débuts dans les fanzines, il écrivait sous de multiples pseudonymes dont Richard Wolfram, Henriette de la Sarthe ou Paul Geeron, qui parfois se répondaient et polémiquaient entre eux. Sous le pseudonyme de Richard Wolfram sont parus la vingtaine de romans de la série "Blade & Baker" écrits pour Jimmy Guieu. Le pseudonyme de Red Deff était partagé avec Jean-Marc Ligny ; sous ce nom d'auteur parurent "Les Psychopompes de Klash" en 1990 et "La Sinsé gravite au 21" en 1991. "Histoire d'un futur". "Histoire d'un futur" est un cycle organisé autour d'une hypothèse science-fictive — la psychosphère — qui rassemble une grande partie de l’œuvre de Roland C. Wagner. "Histoire du futur proche" en est le prologue, il se situe au et se termine dans "les derniers jours de mai" 2013. La seconde partie du cycle, "Les Futurs Mystères de Paris", est structurée sous la forme semi-utopique d'un monde où la guerre a disparu et la violence considérablement diminué. "Histoire du futur proche". Le cycle de l"Histoire du futur proche" débute avec "Le serpent d'angoisse", qui aborde pour la première fois le concept de psychosphère. D'abord écrits comme des œuvres indépendantes, ces romans constituèrent progressivement un univers qui est le prologue des "Futurs Mystères de Paris". "Les Futurs Mystères de Paris". "Les Futurs Mystères de Paris" débutent en 2063, un demi-siècle après la Grande Terreur primitive, un cataclysme mystérieux qui a vu se mêler la réalité que nous connaissons et la psychosphère, matérialisation de l'inconscient collectif de l'espèce humaine dans un continuum orthogonal au nôtre. La violence y a quasiment disparu. Ce cycle met en scène un détective privé « transparent » répondant au nom de Temple Sacré de l'Aube Radieuse, ou Tem ; ce détective n'est pas à proprement parler invisible, mais nul ne fait attention à lui, même les systèmes informatiques l'oublient. Quand il souhaite se faire remarquer, il doit s'affubler de vêtements très voyants , tels le borsalino vert fluo devenu emblème de la série. Chaque roman du cycle est indépendant et relate une des enquêtes de Tem, mais s'inscrit également dans un récit plus global de quête de ses origines. Dans "L'odyssée de l'espèce", troisième volet du cycle, le concept de psychosphère est véritablement formulé de manière théorique : la compréhension de sa nature devient un enjeu essentiel quand tous les spécialistes de la question sont assassinés l'un après l'autre. Autres romans du cycle. "Cette crédille qui nous ronge" puis "Le Chant du cosmos" reprennent la thématique des "Futurs Mystères" : dans un avenir plus lointain on retrouve ce monde d'où la violence a quasi disparu. "Rêves de Gloire". Avec "Rêves de Gloire", Wagner relève le défi de réaliser une uchronie sur la Guerre d'Algérie, thématique considérée comme bien risquée par les spécialistes du genre. Partant de l'assassinat du général de Gaulle comme point de divergence, il bâtit une alternative crédible où les communautés du rock psychédélique naissent en Algérie. Le roman reçut de nombreux prix, sa suite "Le Train de la réalité et les morts du général" fut également récompensée du Prix Bob-Morane. Thèmes de prédilection. La science-fiction dans tous ses genres. Lecteur de récits d'anticipation dès le plus jeune âge, puis critique, a également acquis une grande pratique des multiples formes de la science-fiction en tant que traducteur d'auteurs comme Norman Spinrad, Arthur C. Clarke, Jack Vance, Stephen Baxter ou Catherine Asaro, ou comme « collaborateur » de Jimmy Guieu, exercice de style, qui de son propre point de vue, lui a permis de progresser. Il prend un plaisir visible à décliner toute la gamme des genres d'un texte à l'autre passant du « polar fututiste déjanté » des Futurs Mystères de Paris au space opera pacifiste ou au steampunk. Maîtrisant suffisamment les codes du genre pour en jouer, les renouveler voire les détourner, il est aussi l'auteur de nombreux pastiches d'auteurs de science-fiction reconnus, notamment "Les Trois Lois de la sexualité robotique", pastiche bien sûr des célèbres "trois lois de la robotique" de Isaac Asimov, ou "La dernière charge de la morve d'or" où se croisent les principaux héros de Moorcock. Dans "les Futurs Mystères de Paris", il retourne ainsi les poncifs du cyberpunk dans un univers futuriste résolument optimiste. Le rock psychédélique. Chanteur et parolier du groupe Brain Damage dès 1983, Roland C. Wagner était passionné de rock, et connaisseur de son histoire jusque dans les aspects les plus confidentiels de certains groupes psychédéliques. La musique est un thème omniprésent dans son œuvre littéraire, depuis "Poupée aux yeux morts" où la danse des Transylvaniens permet d'effectuer de courts sauts dans le temps, "Les Futurs Mystères" où des tribus se constituent autour des goûts musicaux jusqu'à "Rêves de gloire", où la quête d'un disque inédit par un collectionneur de vinyles sert de fil conducteur. Un lecteur attentif, ou fan de rock, peut trouver de multiples allusions musicales dans les noms de ses personnages, comme les ayas des Futurs Mystères : Gloria et Peggy Sue. Convaincu du pouvoir révolutionnaire de la musique, il inclut dans le recueil "Musique de l'énergie" une brève histoire du rock « telle qu’on ne l’a jamais racontée » pour reprendre les termes de Norman Spinrad, qui en souligne l'importance dans l'histoire des États-Unis. Il s'en affranchit dans "Rêves de gloire", où l'invention du rock'n roll est aussi une histoire uchronique. Psychosphère et psychotropes. Le second thème récurrent est l'exploration des états de conscience alternatifs, qu'ils soient dus aux drogues ou à d'autres vecteurs altérant la réalité. Capable d'en décrire avec réalisme les pratiques et les effets, il n'en occultait pas les effets néfastes sur l'individu, comme sur la contre-culture qu'ils peuvent générer. La psychosphère est évoquée pour la première fois dans "Le Serpent d'angoisse", comme le lieu où de riches pervers viennent réaliser leurs fantasmes. Une des clefs d'entrée dans la psychosphère est la drogue. Sa nature est explicitée plus en détail dans "L'Odyssée de l'espèce" comme une manifestation de l'inconscient collectif jungien qui possèderait une réalité matérielle. Mémoire collective, source et réceptacle des mythes, reflet de l'infinie variété des mentalités humaines, la psychosphère interagit avec notre réalité dans une mesure pouvant varier avec le temps. Présent dans tout le cycle de l'histoire d'un Futur, sous différents aspects selon l'époque décrite, le thème de la psychosphère est ce qui donne, selon Serge Lehman, une « forte unité sous-jacente » à cette œuvre aux multiples facettes.
Redmond (Washington) Redmond est une ville américaine du comté de King, dans l'État de Washington (États-Unis). La ville est située dans la banlieue de Seattle. Cette ville abrite le siège social de l'éditeur de logiciels Microsoft et de la branche américaine de Nintendo. Bill Gates et Steve Ballmer habitent près de Redmond, et Paul Allen, mort en 2018 y résidait aussi. La ville est également connue pour ses nombreux parcs, son vélodrome (le seul de l'État), et ses courses de vélo. Histoire. Les Amérindiens ont habité la région de Redmond il y a ans. Le premier colon blanc arriva dans les années 1870. Luke McRedmond acquit des terres à côté de la Sammamish River le et l'année suivante Warren Perrigo prit un terrain adjacent au sien. Il y avait tellement de saumons dans les rivières des environs que la colonie fut initialement appelée Salmonberg. D'autres habitants arrivèrent, et avec la création du premier bureau de poste en 1881, le nom de la communauté devint Melrose. Ce nom provenait de celui de la taverne à succès de Perrigo, Melrose House, ce qui ne plut pas à McRedmond: après son accession au poste de chef du bureau de poste, il changea avec succès le nom de la ville en Redmond en 1883. L'abondance de poissons et de forêts de Redmond créa des emplois pour les bûcherons et les pêcheurs, et avec ceux-ci arriva une demande en biens et services, ce qui fit arriver des commerçants. L'industrie du bois s'étendit de manière significative lorsqu'une voie de chemin de fer fut construite à travers la ville. Après avoir dépassé la population de 300 habitants, Redmond fut incorporée le . Redmond fit cependant face à un retournement économique dans les années 1920. La Prohibition obligea les saloons à fermer, ce qui eut un impact sur les finances de la ville. Les forêts étaient très diminuées à cause d'une déforestation lourde, et les usines à bois fermèrent à leur tour. Heureusement, les terres issues de la déforestation permirent l'installation de cultures. L'agriculture devint donc la première activité de Redmond, et permit de nourrir ses habitants durant la Grande Dépression. Lorsque les États-Unis entrèrent dans la Seconde Guerre mondiale, le travail de guerre devint temporairement l'économie principale. Après la guerre, la croissance de Redmond commença sérieusement, avec de nombreuses annexions entre 1951 et 1967 qui lui permirent de devenir trente fois plus grande qu'auparavant. L'achèvement de l'Evergreen Point Floating Bridge sur le lac Washington en 1963 permit à la ville de devenir une banlieue de Seattle. En 1978 le bureau de recensement proclama que Redmond était la ville à la croissance la plus rapide de l'État. Beaucoup de sociétés de technologie s'installèrent en ville, et la population croissante demanda plus de magasins au détail. Un boom commercial arriva durant les années 1990, son point culminant étant l'ouverture du Redmond Town Center, un centre commercial régional, sur le site d'un terrain de golf depuis longtemps abandonné. Ces dernières années la ville a subi des problèmes à cause de son expansion trop rapide, au niveau de l'étalement urbain et du trafic routier. Pour les résoudre plusieurs projets sont actuellement en cours : l'expansion de la SR520 et du Evergreen Point Floating Bridge, ainsi qu'un réseau de tram-train entre Seattle et la ville durant la seconde phase de Sound Transit. Économie. De nombreuses compagnies des industries de haute technologie ont leur siège social à Redmond. Le plus grand employeur de la ville est de loin Microsoft avec plus de travailleurs à plein temps (à Puget Sound) et plus de de bureaux. Microsoft est d'ailleurs communément surnommé « la firme de Redmond ». Les autres entreprises sont Nintendo (section Amérique), Data I/O Corporation, Genie Industries (Terex) et Medtronic. Safeco, l'un des principaux employeurs de la ville, a annoncé en qu'il consoliderait ses bureaux dans le quartier de l'université de Seattle. Parcs. Redmond possède 23 parcs publics ( au total). La plupart d'entre eux sont des parcs de quartiers avec des tables de pique-nique et des espaces pour le sport. Le plus grand est le Marymoor Park (), l'un des plus populaires du comté de King. Il comprend le vélodrome, un rocher d'escalade, un grand parc pour chiens et un théâtre en plein air. La ville offre aussi de sentiers pour la randonnée, le vélo et l'équitation. Le chemin de la Sammamish River rejoint le chemin de Burke-Gilman à Bothell et peut être suivi sur toute sa longueur vers le quartier Ballard de Seattle. Culture. Le "Redmond Derby Days" est un festival qui se tient chaque juillet. Il a commencé par une course autour du lac Sammamish, la "Redmond Bicycle Derby", en 1939. Depuis lors, c'est devenu un événement durant plusieurs jours avec de multiples activités : une parade, un carnaval, du divertissement... L"'Eastside Symphony" (musique), la "SecondStory Repertory theater company" (théâtre), et la "Washington Academy of Performing Arts" réalisent leurs prestations à Redmond. La ville a aussi une grande collection de sculptures de haute qualité à l'air libre, dans ses rues et ses parcs. La Overlake Christian Church est la plus grande église de l'État. L'église, appelée « megachurch », arriva en ville en 1997 après avoir dépassé les limites de son emplacement à Kirkland. Elle cause d'importants embouteillages chaque dimanche sur la Willows Rd.
RAM Ram, ram ou RAM peut désigner : Sigle. RAM est un sigle qui peut désigner : en informatique : autres : Substantif. Sport. Ces noms peuvent faire référence à l'anglais « "ram" », signifiant « bélier ».
ROM
Rime en français La rime, en français, a remplacé l'assonance médiévale en imposant la reprise des sons consonantiques qui suivent éventuellement la dernière voyelle tonique : les poètes du et leurs successeurs comme Malherbe ont par ailleurs défini peu à peu des règles contraignantes qui se sont imposées jusqu'à la fin du et que l'analyse littéraire retient dans l'étude des rimes. Il s'agit pour l'essentiel de leur disposition (rimes suivies, croisées, embrassées, mêlées), de leur richesse (on dit aussi de manière plus ambiguë leur "qualité") déterminée par le nombre de sons communs (rime pauvre, suffisante, riche) et de leur genre associé au principe de l'alternance entre rimes masculines (= qui ne comportent pas de « e » final (ou -es, -ent)) et rimes féminines (= qui comportent ce -e final qui ne compte pas dans les syllabes). Les transcriptions phonétiques données entre crochets droits suivent les usages de l'alphabet phonétique international. Les transcriptions phonologiques, entre barres obliques, ne s'intéressant qu'aux oppositions fondamentales de la langue, les suivent aussi, mais de manière plus lâche. Historique. Comme dans la plupart des langues occidentales, la rime a remplacé l'assonance médiévale en imposant cette reprise des sons consonantiques qui suivent éventuellement la dernière voyelle tonique : les poètes du et leurs successeurs comme Malherbe ont par ailleurs défini peu à peu des règles contraignantes qui se sont imposées jusqu'à la fin du . Règles générales. La rime poétique est constituée par la répétition d'un ou plusieurs phonèmes identiques (parmi lesquels il faut nécessairement au moins une voyelle tonique) à la fin de deux ou plusieurs vers proches. Les phonèmes ne riment que s'ils sont dans le même ordre. Par exemple, les deux vers suivants riment : En effet, la fin de chacun d'entre eux reprend en écho les phonèmes communs /sœr/ (« douceur » et « sœur »). On dit que ces deux vers « riment en s/œr/ » ou qu'on a « une rime s/œr/ » : il n'y a donc qu'une seule rime (on ne nomme pas "rime" chaque fin de vers mais seulement les phonèmes répétés sur plusieurs vers). Stylistiquement, il est important de repérer que la rime introduit des liens supplémentaires (ou des oppositions) entre les mots d'un texte poétique rimant ensemble, ce qui renforce le caractère condensé de l'écriture poétique (dans laquelle, de manière générale, on tend à utiliser le moins de mots possibles pour susciter le plus de sens, par le jeu des images, des connotations, des procédés sonores). Ainsi, les mots à la rime sont rapprochés par leur signifiant et, par extension, leur signifié doit être confronté : ils deviennent des mots-clefs du poème. Rappelons que si la rime est très fréquente en poésie, elle ne se limite pas à elle (bien que la langue courante l'évite pour son caractère artificiel) et, surtout, n'est pas obligatoire dans ce genre littéraire. La poésie non rimée, à partir du , est devenue très courante. Genre des rimes. Distinction entre rimes féminines et masculines. Une rime est dite : Les deux extraits sont tirés du « Desdichado » de Gérard de Nerval. Ces noms proviennent d'une conception ancienne de la langue, dans laquelle le "e" caduc (que l'on a prononcé en fin de vers jusqu'au , et même dans certains théâtres au ; c'est encore souvent le cas dans la chanson) était réputé faible et mou, donc associé, selon les idées de l'époque, à la féminité, ce que renforce le fait qu'un "e" caduc de fin de vers n'ait pas compté dans le nombre de syllabes du mètre. Rimes masculines et féminines ne peuvent rimer ensemble, du moins jusqu'au . Ainsi, on a longtemps considéré, soit pour des raisons sonores (tant que le "e" caduc a été prononcé en fin de vers), soit pour des raisons graphiques, que "mer" et "amère" ne pouvaient pas rimer plus que "aimé" et "désirée". Actuellement, cette séparation entre rimes masculines et féminines est plus rarement respectée. Alternance des rimes. Dans la poésie classique (), on faisait alterner rimes masculines et féminines : une rime féminine ne pouvait pas être suivie d'une nouvelle rime féminine et inversement. La coutume a commencé à se répandre à partir du , sous l'influence des poètes de la Pléiade. En effet, le "e" caduc étant alors prononcé en fin de vers (jusqu'au , surtout dans la chanson), l'alternance était audible. Dans cet exemple, le "e" caduc des rimes féminines est souligné : À partir du moment où le "e" a cessé d'être prononcé en cette position, l'alternance, devenue artificielle, a cessé d'être prescriptive à partir du . On a parfois préféré, de manière plus souple, une alternance entre rimes vocaliques (dont le dernier phonème est une voyelle prononcée) et consonantiques (consonne finale prononcée), exemple alternance entre rimes vocaliques « vont/profond » (strophe 1) et « touchée/jonchée » (strophe 2) et rimes consonantiques « piédestal/fatal » (strophe 1) et « frivole/vole » (strophe 2) dans ces vers de Verlaine : On retrouve la même alternance dans ces vers d'Apollinaire, mais la rime « vitrine/victimes » est impure et constitue en fait une assonance (reprise de la seule voyelle tonique sans la consonne qui suit – renforcée par l'homophonie du début des mots [v/i/t]) et ne respecte pas la rime pour l'œil (mélange de l'apparence singulier et pluriel) : Les poètes ont également joué sur l'alternance strophique, par exemple dans le début du poème de Verlaine avec strophe 1 masculine et strophe 2 féminine : Aragon a souvent remplacé l'alternance des rimes féminines et masculines par une alternance entre rimes terminées par une consonne (pour remplacer les premières) et par une voyelle (pour remplacer les secondes) : Richesse des rimes. La richesse ou qualité d'une rime est déterminée par le nombre de phonèmes répétés dans le même ordre en partant de la fin du vers ("e" caduc final exclu). On dit aussi, mais de manière plus ambiguë, la qualité des rimes. Rime pauvre. On dit qu'une rime est "pauvre" lorsque le seul phonème rimant est la voyelle tonique finale : Rime suffisante. On dit qu'une rime est "suffisante" lorsque deux phonèmes seulement sont répétés (dont la dernière voyelle tonique) : Rime riche. On dit qu'une rime est "riche" lorsque la répétition porte sur trois phonèmes ou plus (incluant la dernière voyelle tonique) : Rime léonine. On dit qu'une rime est "léonine" ou "double" quand elle comprend deux voyelles ou deux syllabes prononcées : Rime trisyllabique. On dit qu'une rime est "trisyllabique" lorsqu'elle englobe au moins une voyelle de plus que la rime disyllabique : Holorime. On dit qu'une rime constitue un "holorime" lorsqu'elle englobe tout le vers : Alphonse Allais a réussi à composer deux vers dont les vingt-deux dernières lettres sont identiques et qui pourtant ne riment pas : ainsi que cet holorime approximatif (on parle de "rime induite"): qu'il fait suivre de ce commentaire : . Rime équivoquée. Il existe aussi des jeux de reprise plus subtils comme la "rime équivoquée" qui joue sur plusieurs mots (ex. : la rose / l'arrose) ou le parallélisme entre deux vers rimant intégralement (holorimes). Remarques : Disposition des rimes. Puisque le procédé d'homophonie que constitue la rime n'existe que par la répétition, cela implique qu'il faut au moins deux constituants (phonème ou groupe de phonèmes) homophones minimums. L'endroit où sont disposés ces constituants dans le poème et dans le vers peut être décrit avec précision. Note : par convention, on peut représenter une même rime par une même lettre dans un poème. Ainsi, les fins de vers "[...] porte" et "[...] forte", constituent la rime "A", "[...] douce" et "[...] pouce" "B", etc. Rimes de fin de vers. Au sens propre, la rime est d'abord un écho sonore en fin de vers. Leur enchaînement dans ce cadre porte un nom particulier ; par commodité, on a pris l'habitude de nommer leurs dispositions les plus courantes les unes par rapport aux autres. Les rimes de fin de vers sont ainsi qualifiées de : Rimes plates. Les rimes sont dites "plates" (ou suivies) lorsqu'elles se suivent simplement par groupe de deux (« AABB »). Rimes croisées. Les rimes sont dites "croisées" (ou alternées) en cas d'alternance deux par deux (« ABAB »). Rimes redoublées. La rime est dite "redoublée" lorsque plusieurs rimes se répètent (« AAA »). Rimes embrassées. La rime est dite "embrassée" quand elle est encadrée par une autre (« ABBA »). Rimes tripartites. Elle est dite "tripartite" quand elle est commence par une rime plate, puis, une autre rime se fait encadrer par une autre (« AABCCB ») Autres jeux rimiques. Si la rime ne se manifeste qu'en fin de vers, de nombreux jeux de reprises homophoniques existent qui répètent la rime finale ailleurs au sein du vers ou bien même se servent d'une autre position fixe du vers (comme l'hémistiche) pour placer une rime supplémentaire. Parmi les nombreux procédés que nous lègue la littérature française, on peut retenir les rimes complexes suivantes : Rime senée, ou tautogramme. La rime senée précède un vers dont tous les mots commencent par la même lettre. Vers léonin. Les deux hémistiches riment ensemble. Rime spéciale. Dite aussi rime fraternisée : reprise au commencement du vers suivant. Rime batelée. La rime finale se retrouve à l’hémistiche. Cette rime n'est pas tolérée pour l’alexandrin, car elle casse l'harmonie du poème. Les puristes de l'alexandrin évitent souvent une voyelle muette à l'hémistiche, mais comme on le voit ici, savent enfreindre cette règle pour d'autres vers quand il en résulte un effet recherché : Rime brisée. La rime brisée fait rimer non seulement la fin des vers, mais aussi les mots se trouvant à la césure. Ce type de rime est rarement utilisé en raison de sa complexité. Dans le sens de « vers brisés » ou « vers rapportés » : le vers est divisé en deux, les deux hémistiches ne riment pas forcément entre eux mais avec les hémistiches des vers suivants ; les différentes parties pouvant présenter un sens différent de celui de l'ensemble : Rime couronnée. La dernière syllabe du vers, ou même les deux ou trois dernières, sont répétées deux fois. Rime emperière. La rime emperière (ou impératrice) reprend l'idée de la rime couronnée, mais la syllabe servant de rimes apparaît trois fois au lieu de deux. Rimes orphelines. Il existe de nombreux mots français qui ne riment avec aucun autre mot français existant. On peut citer (liste non exhaustive) : belge, bulbe, clephte, dogme, goinfre, humble, meurtre, monstre, muscle, pauvre, quatorze, quinze, sanve, sarcle, sépulcre, tertre, triomphe, verste. Il est à noter que cela n'exclut pas la possibilité d'obtenir une rime brisée avec ces mots, comme l'illustre « quat » associé à « al », « deh » suivi d'un autre mot commençant par une voyelle pour faire la liaison. Employer à la rime un mot à rime orpheline forcera le poète à étendre son vocabulaire au-delà des limites du français ordinaire. Ainsi, Georges Fourest, pour trouver une rime à « monstre », dans la dernière strophe de son poème parodique sur Phèdre, emploie une forme ancienne et disparue du verbe montrer : "monstrer". On peut rattacher aux rimes orphelines le subjonctif « perde » car le seul mot capable de rimer avec lui est normalement banni dans la bonne société. Sacha Guitry s'est servi de cette particularité pour écrire une pièce en vers, "Le Mot de Cambronne". Il va de soi que l'oreille du spectateur attend l'arrivée du fameux « perde », qui annoncera l'arrivée de son collègue malséant. Dans d'autres cas de rimes orphelines (ou rares), le poète invente parfois des mots en les justifiant, comme dans le célèbre vers de "Booz endormi" : ou dans le « sonnet en -yx » de Mallarmé : Les rimes faciles. La pureté de la rime est à la base de la théorie classique qui veut que la rime soit parfaite non seulement pour l'oreille mais aussi pour l'œil. Ainsi, la règle de la liaison supposée établit un certain nombre d'interdictions pour la pureté de la rime. Elle interdit, par exemple, de faire rimer deux mots dont l'un se termine par une consonne et l'autre par une voyelle même si celle-ci est muette. En revanche, la rime n'est pas interdite si le deuxième mot se termine par une consonne muette qui fait sa liaison avec le même son. Dans "Moi, mes souliers", le chansonnier québécois Félix Leclerc raconte qu'un ami français décriait la mauvaise qualité de ses rimes : « Je ne comprends pas, dit-il en soupirant. Vous faites rimer guerre et misère, fées avec prés, c'est imbécile. » La théorie classique établit des règles non seulement pour l'aspect phonique ou graphique des rimes, mais aussi pour la nature des mots à faire rimer. Ainsi, les théoriciens conseillent fortement d'éviter la facilité ou la banalité de la rime qui se traduit par : Plus la rime est faite entre des mots dissemblables, plus elle est riche et réussie.
Rassemblement pour la France Le Rassemblement pour la France (RPF) est un parti politique français créé en 1999 et disparu en 2011. Lancé par Charles Pasqua et Philippe de Villiers à la suite du bon résultat obtenu par leur liste aux élections européennes de 1999, le RPF accueille notamment des dissidents du Rassemblement pour la République (RPR). Sa ligne est principalement souverainiste et gaulliste. À la suite de désaccords avec Pasqua, Villiers quitte le RPF en 2000 pour relancer le Mouvement pour la France (MPF). Le parti décline dès lors sur le plan électoral. Historique. Aux élections européennes de 1999, Charles Pasqua et Philippe de Villiers conduisent la liste souverainiste intitulée « Rassemblement pour la France et l'Indépendance de l'Europe » (RPFIE). Elle obtient 13,1 % des voix et 13 élus, parmi lesquels Marie-France Garaud, William Abitbol et Jean-Charles Marchiani. Le congrès fondateur du Rassemblement pour la France (RPF) a lieu le . Son nom officiel est le Rassemblement pour la France et l'indépendance de l'Europe (RPFIE). Le RPF éclate en : Philippe de Villiers dénonce la gestion du parti par Charles Pasqua et quitte le RPF pour relancer le MPF. William Abitbol et ses partisans lancent le mouvement Combats souverainistes, qui se ralliera à la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle de 2002. D'autres militants créent l'Entente souverainiste. Charles Pasqua et Jean-Charles Marchiani restent au sein du RPF. Jean-Jacques Guillet quitte le secrétariat général et est remplacé par Isabelle Caullery jusqu'en 2002. Aux élections législatives de 2002, le RPF obtient 0,37 % des voix au premier tour, et gagne deux sièges à l'Assemblée nationale à l'issue du second tour. En 2003, le RPF devient le Rassemblement pour la France et l'indépendance de l'Europe (RPFIE). Le parti cesse en 2004 d'avoir des députés au Parlement européen. Charles Pasqua a siégé au Sénat, en tant qu’apparenté groupe UMP, jusqu'en 2011. Le bureau politique du RPF a appelé lors de l'élection présidentielle de 2007 à voter Nicolas Sarkozy. Lors de cette élection, Charles Pasqua a appelé Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et Christine Boutin (Forum des républicains sociaux) à retirer leur candidature au profit de Nicolas Sarkozy. Le parti est dissous en 2011, quatre ans avant la mort de Pasqua. Relations avec d'autres mouvements. Lors de la fondation de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002, des élus et des adhérents du RPF se sont intégrés individuellement, mais aussi collectivement à partir du via Debout la République, devenu le courant souverainiste au sein de l'UMP, et à partir du via l'association Nation et progrès créée par une vingtaine d'élus locaux du RPF sous la houlette de l'eurodéputée Isabelle Caullery. Cette association regroupe quelque 200 élus locaux et militants lors du congrès fondateur de l'UMP le et soutient la candidature de Nicolas Dupont-Aignan à la présidence du parti. Le , le RPF autorise formellement la double appartenance avec l'UMP . Il bénéficie d'aides financières de l'UMP : celles-ci s'élèvent pour l'année 2008 à euros. Il a été membre du parti européen Alliance pour l'Europe des nations. Affaire judiciaire. Dans le cadre des élections européennes de 1999, le RPF est soupçonné d'avoir utilisé 7,5 millions de francs venant de la vente du casino d'Annemasse, dont Charles Pasqua avait autorisé l’exploitation en 1994, lorsqu'il était ministre. L'instruction est menée de 2001 à 2006 par le juge Philippe Courroye. Sept personnes sont mises en examen, dont Charles Pasqua. En , Charles Pasqua est condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour « faux », « financement illégal de campagne électorale » et « abus de confiance », une peine qui est confirmée en appel en . La Cour de cassation rejette l'année suivante le recours de Charles Pasqua contre cette peine.
Rassemblement des contribuables français
Rock ’n’ roll
Chiffrement RSA Le chiffrement RSA (nommé par les initiales de ses trois inventeurs) est un algorithme de cryptographie asymétrique, très utilisé dans le commerce électronique, et plus généralement pour échanger des données confidentielles sur Internet. Cet algorithme a été décrit en 1977 par Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman. RSA a été breveté par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1983 aux États-Unis. Le brevet a expiré le 21 septembre 2000. Fonctionnement général. Le chiffrement RSA est "asymétrique" : il utilise une paire de clés (des nombres entiers) composée d'une "clé publique" pour chiffrer et d'une "clé privée" pour déchiffrer des données confidentielles. Les deux clés sont créées par une personne, souvent nommée par convention "Alice", qui souhaite que lui soient envoyées des données confidentielles. Alice rend la clé publique accessible. Cette clé est utilisée par ses correspondants ("Bob", etc.) pour chiffrer les données qui lui sont envoyées. La clé privée est quant à elle réservée à Alice, et lui permet de déchiffrer ces données. La clé privée peut aussi être utilisée par Alice pour signer une donnée qu'elle envoie, la clé publique permettant à n'importe lequel de ses correspondants de vérifier la signature. Une condition indispensable est qu'il soit « calculatoirement impossible » de déchiffrer à l'aide de la seule clé publique, en particulier de reconstituer la clé privée à partir de la clé publique, c'est-à-dire que les moyens de calcul disponibles et les méthodes connues au moment de l'échange (et le temps que le secret doit être conservé) ne le permettent pas. Le chiffrement RSA est souvent utilisé pour communiquer une clé de chiffrement symétrique, qui permet alors de poursuivre l'échange de façon confidentielle : Bob envoie à Alice une clé de chiffrement symétrique qui peut ensuite être utilisée par Alice et Bob pour échanger des données. Fonctionnement détaillé. Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman ont publié leur chiffrement en 1978 dans "A Method for Obtaining Digital Signatures and Public-key Cryptosystems". Ils utilisent les congruences sur les entiers et le petit théorème de Fermat, pour obtenir des fonctions à trappe. Tous les calculs se font modulo un nombre entier "n" qui est le produit de deux nombres premiers. Le petit théorème de Fermat joue un rôle important dans la conception du chiffrement. Les messages clairs et chiffrés sont des entiers inférieurs à l'entier "n". Les opérations de chiffrement et de déchiffrement consistent à élever le message à une certaine puissance modulo "n" (c'est l'opération d'exponentiation modulaire). La seule description des principes mathématiques sur lesquels repose l'algorithme RSA n'est pas suffisante. Sa mise en œuvre concrète demande de tenir compte d'autres questions qui sont essentielles pour la sécurité. Par exemple le couple (clé privée, clé publique) doit être engendré par un procédé vraiment aléatoire qui, même s'il est connu, ne permet pas de reconstituer la clé privée. Les données chiffrées ne doivent pas être trop courtes, pour que le déchiffrement demande vraiment un calcul modulaire, et complétées de façon convenable (par exemple par l'). Création des clés. L'étape de création des clés est à la charge d'Alice. Elle n'intervient pas à chaque chiffrement car les clés peuvent être réutilisées. La difficulté première, que ne règle pas le chiffrement, est que Bob soit bien certain que la clé publique qu'il détient est celle d'Alice. Le renouvellement des clés n'intervient que si la clé privée est compromise, ou par précaution au bout d'un certain temps (qui peut se compter en années). Comme "e" est premier avec φ("n"), d'après le théorème de Bachet-Bézout il existe deux entiers "d" et "k" tels que "ed" = 1 + "k"φ("n"), c'est-à-dire que "ed" ≡ 1 (mod φ("n")) : "e" est bien inversible modulo φ("n"). Dans tout le paragraphe précédent, on peut utiliser l’indicatrice de Carmichael, formula_1, qui divise φ("n"). Le couple ("n", "e") — ou ("e", "n") — est la "clé publique" du chiffrement, alors que sa "clé privée" est le nombre "d", sachant que l'opération de déchiffrement ne demande que la clef privée "d" et l'entier "n", connu par la clé publique (la clé privée est parfois aussi définie comme le couple ("d", "n") ou le triplet ("p, q", "d")). Chiffrement du message. Si est un entier naturel strictement inférieur à "n" représentant un message, alors le message chiffré sera représenté par l'entier naturel "C" étant strictement inférieur à "n". Déchiffrement du message. Pour déchiffrer "C", on utilise "d", l'inverse de "e" modulo ("p" – 1)("q" – 1), et l'on retrouve le message clair "M" par Exemple. Un exemple avec de petits nombres premiers (en pratique il faut de très grands nombres premiers) : La clé publique d'Alice est ("n", "e") = (33, 3), et sa clé privée est ("n", "d") = (33, 7). Bob transmet un message à Alice. Le mécanisme de signature par Alice, à l'aide de sa clé privée, est analogue, en échangeant les clés. Justification. La démonstration repose sur le petit théorème de Fermat, à savoir que comme "p" et "q" sont deux nombres premiers, si "M" n'est pas un multiple de "p" on a la première égalité, et la seconde s'il n'est pas un multiple de "q" : En effet Or ce qui signifie qu'il existe un entier "k tel que" donc, si "M" n'est pas multiple de "p" d'après le petit théorème de Fermat et de même, si "M" n'est pas multiple de "q" Les deux égalités sont en fait réalisées pour n'importe quel entier "M", car si "M" est un multiple de "p", "M" et toutes ses puissances non nulles sont congrues à 0 modulo "p". De même pour "q". L'entier formula_10 est donc un multiple de "p" et de "q", qui sont premiers distincts, donc de leur produit "pq" = "n" (on peut le voir comme une conséquence de l'unicité de la décomposition en facteurs premiers, ou plus directement du lemme de Gauss, sachant que "p" et "q" sont premiers entre eux, étant premiers et distincts). Asymétrie. On constate que pour chiffrer un message, il suffit de connaître "e" et "n". En revanche pour déchiffrer, il faut "d" et "n". Pour calculer "d" à l'aide de "e" et "n", il faut trouver l'inverse modulaire de "e" modulo ("p" – 1)("q" – 1), ce que l'on ne sait pas faire sans connaître les entiers "p" et "q", c'est-à-dire la décomposition de "n" en facteurs premiers. Le chiffrement demande donc de pouvoir vérifier que de « très grands » nombres sont des nombres premiers, pour pouvoir trouver "p" et "q", mais aussi que le produit de ces deux très grands nombres, ne soit pas factorisable pratiquement. En effet les algorithmes efficaces connus qui permettent de vérifier qu'un nombre n'est pas premier ne fournissent pas de factorisation. Théorème d'Euler. La valeur φ("n") de l'indicatrice d'Euler en "n" est l'ordre du groupe des éléments inversibles de l’anneau ℤ/nℤ. Ceci permet de voir immédiatement, par le théorème d'Euler (conséquence du théorème de Lagrange), que si "M" est premier avec "n", donc inversible (ce qui est le cas de « la plupart » des entiers naturels "M" strictement inférieurs à "n") soit de justifier le chiffrement RSA (pour de tels "M"). Il s'avère que quand "n" est un produit de nombres premiers distincts, l'égalité est vérifiée pour tout "M" (la démonstration est essentiellement celle faite ci-dessus pour RSA, dans le cas particulier où "n" est un produit de deux nombres premiers). Implémentation. Engendrer les clefs. Le couple de clefs demande de choisir deux nombres premiers de grande taille, de façon qu'il soit calculatoirement impossible de factoriser leur produit. Pour déterminer un nombre premier de grande taille, on utilise un procédé qui fournit à la demande un entier impair aléatoire d'une taille suffisante, un test de primalité permet de déterminer s'il est ou non premier, et on s'arrête dès qu'un nombre premier est obtenu. Le théorème des nombres premiers assure que l'on trouve un nombre premier au bout d'un nombre raisonnable d'essais. La méthode demande cependant un test de primalité très rapide. En pratique on utilise un test probabiliste, le test de primalité de Miller-Rabin ou une variante. Un tel test ne garantit pas exactement que le nombre soit premier, mais seulement une (très) forte probabilité qu'il le soit. Propriétés requises. Pour éviter les failles de sécurité, les deux nombres premiers formula_12 et formula_13 choisis pour construire le couple de clefs doivent satisfaire les propriétés suivantes: L'exposant formula_25 choisi doit quant à lui vérifier les propriétés suivantes: Chiffrer et déchiffrer. Le calcul de formula_33 ne peut se faire en calculant d'abord , puis le reste modulo "n", car cela demanderait de manipuler des entiers beaucoup trop grands. Il existe des méthodes efficaces pour le calcul de l'exponentiation modulaire. On peut conserver une forme différente de la clé privée pour permettre un déchiffrement plus rapide à l'aide du théorème des restes chinois. Applications. Lorsque deux personnes souhaitent s'échanger des informations numériques de façon confidentielle, sur Internet par exemple avec le commerce électronique, celles-ci doivent recourir à un mécanisme de chiffrement de ces données numériques. RSA étant un algorithme de chiffrement asymétrique, celui-ci hérite du domaine d'application de ces mécanismes de chiffrement. On citera : Ce dernier est en fait intégré dans un mécanisme RSA. En effet, le problème des algorithmes symétriques est qu'il faut être sûr que la clé de chiffrement ne soit divulguée qu'aux personnes qui veulent partager un secret. RSA permet de communiquer cette clé symétrique de manière sûre. Pour ce faire, Alice va tout d'abord choisir une clé symétrique. Voulant échanger un secret avec Bob elle va lui transmettre cette clé symétrique en utilisant RSA. Elle va, pour cela, chiffrer la clé symétrique avec la clé publique (RSA) de Bob, ainsi elle sera sûre que seul Bob pourra déchiffrer cette clé symétrique. Une fois que Bob reçoit le message, il le déchiffre et peut alors utiliser la clé symétrique définie par Alice pour lui envoyer des messages chiffrés que seuls lui et Alice pourront alors déchiffrer. Sécurité. Robustesse et failles possibles. Il faut distinguer les attaques par la force brute, qui consistent à retrouver "p" et "q" sur la base de la connaissance de "n" uniquement, et les attaques sur la base de la connaissance de "n" mais aussi de la manière dont "p" et "q" ont été générés, du logiciel de cryptographie utilisé, d'un ou plusieurs messages éventuellement interceptés etc. La sécurité de l'algorithme RSA contre les attaques par la force brute repose sur deux conjectures: Il est possible que l'une des deux conjectures soit fausse, voire les deux. Jusqu'à présent, ce qui fait le succès du RSA est qu'il n'existe pas d'algorithme connu de la communauté scientifique pour réaliser une attaque force brute avec des ordinateurs classiques. Le , le plus grand nombre factorisé par ce moyen, en utilisant une méthode de calculs distribués, était long de . Les clés RSA sont habituellement de longueur comprise entre et . Quelques experts croient possible que des clés de seront cassées dans un proche avenir (bien que ce soit controversé), mais peu voient un moyen de casser de cette manière des clés de dans un avenir prévisible. On peut néanmoins présumer que RSA reste sûr si la taille de la clé est suffisamment grande. On peut trouver la factorisation d'une clé de taille inférieure à en quelques minutes sur un ordinateur individuel, en utilisant des logiciels librement disponibles. Pour une taille allant jusqu'à , et depuis 1999, il faut faire travailler conjointement plusieurs centaines d'ordinateurs. Par sûreté, il est couramment recommandé que la taille des clés RSA soit au moins de . Si une personne possède un moyen « rapide » de factoriser le nombre "n", tous les algorithmes de chiffrement fondés sur ce principe seraient remis en cause ainsi que toutes les données chiffrées dans le passé à l'aide de ces algorithmes. En 1994, un algorithme permettant de factoriser les nombres en un temps non exponentiel a été écrit pour les ordinateurs quantiques. Il s'agit de l'algorithme de Shor. Les applications des ordinateurs quantiques permettent théoriquement de casser le RSA par la force brute, ce qui a activé la recherche sur ce sujet ; mais actuellement ces ordinateurs génèrent des erreurs aléatoires qui les rendent inefficaces. Les autres types d'attaques (voir ci-dessous), beaucoup plus efficaces, visent la manière dont les nombres premiers "p" et "q" ont été générés, comment "e" a été choisi, si l'on dispose de messages codés ou de toute autre information qui peut être utilisée. Une partie de la recherche sur ce sujet est publiée mais les techniques les plus récentes développées par les entreprises de cryptanalyse et les organismes de renseignement comme la NSA restent secrètes. Il faut enfin noter que casser une clé par factorisation du nombre "n" ne nécessite pas d'attendre d'avoir un message chiffré à disposition. Cette opération peut débuter sur la base de la connaissance de la clé publique seulement, qui est généralement libre d'accès. Dans ces conditions, si "n" est factorisé, la clé privée s'en déduit immédiatement. Les conséquences de cette observation sont également qu'un code peut être cassé avant même son utilisation. Attaques. Plusieurs attaques ont été proposées pour casser le chiffrement RSA. Attaque de Wiener. L'attaque de Wiener (1989) est exploitable si l'exposant secret est inférieur à formula_32. On peut retrouver dans ce cas l'exposant secret à l'aide du développement en fractions continues de formula_35. Attaque de Håstad. L'attaque de Håstad, l'une des premières attaques découvertes (en 1985), repose sur la possibilité que l'exposant public soit suffisamment petit. En interceptant le même message envoyé à au moins formula_25 destinataires différents, il est possible de retrouver le message originel à l'aide du théorème des restes chinois. Attaque par chronométrage ("timing attacks"). Paul Kocher a décrit en 1995 une nouvelle attaque contre RSA : en supposant que l’attaquante Ève en connaisse suffisamment sur les documents d'Alice et soit capable de mesurer les temps de déchiffrement de plusieurs documents chiffrés, elle serait en mesure d’en déduire rapidement la clef de déchiffrement. Il en irait de même pour la signature. En 2003, Boneh et Brumley ont montré une attaque plus pratique permettant de retrouver la factorisation RSA sur une connexion réseau (SSL) en s’appuyant sur les informations que laissent filtrer certaines optimisations appliquées au théorème des restes chinois. Une façon de contrecarrer ces attaques est d'assurer que l'opération de déchiffrement prend un temps constant. Cependant, cette approche peut en réduire significativement la performance. C'est pourquoi la plupart des implémentations (mises en œuvre) RSA utilisent plutôt une technique différente connue sous le nom d'« aveuglement cryptographique » ("blinding"). L'aveuglement se sert des propriétés multiplicatives de RSA en insérant dans le calcul une valeur secrète aléatoire dont l'effet peut être annulé. Cette valeur étant différente à chaque chiffrement, le temps de déchiffrement n'est plus directement corrélé aux données à chiffrer, ce qui met en échec l'attaque par chronométrage : au lieu de calculer formula_37, Alice choisit d'abord une valeur aléatoire secrète "r" et calcule formula_38. Le résultat de ce calcul est formula_39 et donc l'effet de "r" peut être annulé en multipliant par son inverse. Attaque à chiffrés choisis ("Adaptive chosen ciphertext attacks"). Tel que décrit dans cet article, RSA est un chiffrement déterministe, et ne peut donc pas être sémantiquement sûr. Une contremesure est l’utilisation d’un schéma de remplissage probabiliste de manière telle qu'aucune valeur de message, une fois chiffré, ne donne un résultat peu sûr, par exemple si "C = Me ≤ N", une attaque simple est le calcul direct de la racine e-ième de C, qui n’aura pas été réduite modulo N. En 1998, Daniel Bleichenbacher décrit la première attaque pratique de type « chiffré choisi adaptable » contre des messages RSA. En raison de défauts dans le schéma de remplissage PKCS #1 v1, il fut capable de récupérer des clefs de session SSL. , telles que OAEP, et les laboratoires RSA ont publié de nouvelles versions de PKCS #1 résistantes à ces attaques.
Ressource non renouvelable Une ressource naturelle est qualifiée de non renouvelable ou épuisable lorsque sa vitesse de destruction dépasse, largement ou non, sa vitesse de création. Le sol se forme en quelques siècles à plusieurs millénaires suivant les conditions chimiques, physiques et biologiques et est actuellement détruit dans certaines régions en quelques dizaines d'années, voire quelques années. On peut aussi rapprocher l'actuelle destruction accélérée des espèces d'une ressource . On parle au contraire de ressource renouvelable lorsque leur production est possible sur un temps court (production animale, végétale…) et ne consomme pas elle-même une ressource non renouvelable, ou lorsque la ressource n'est pas détruite par l'usage (énergie hydroélectrique, énergie marémotrice, énergie éolienne, énergie solaire). Les projections actuelles montrent que le pétrole, qui a mis plusieurs dizaines de millions d'années à se former, sera épuisé au cours du . Cependant, le pétrole n'est pas la seule ressource non renouvelable. D'autres ressources risquent d'arriver à épuisement avant le pétrole, au rythme actuel de consommation : le terbium, le hafnium, l'argent, l'antimoine, le palladium, l'or, le zinc, l'indium, l'étain, le plomb, le lithium, le tantale, le cuivre, l'uranium, le nickel, etc. Modèles économiques. La prise de conscience du caractère non renouvelable de certaines ressources est relativement récente. Par exemple, Jean-Baptiste Say affirmait : « Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques ». La rente d'Hotelling est un modèle de gestion des ressources non renouvelables élaboré en 1931 par Harold Hotelling. Elle montre que l'exploitation efficace d'une ressource non renouvelable et non augmentable conduirait, dans des conditions économiques stables par ailleurs, à l'épuisement de la ressource. La règle établit que cela conduirait à un prix net de la ressource qui croîtrait annuellement à un taux égal au taux d'intérêt, reflétant la rareté croissante de la ressource. La fournit un résultat important sur la durabilité du bien-être dans une économie qui utilise des ressources renouvelables. Histoire. Il semble que le problème de renouvellement des ressources, ou plus exactement l'incapacité des classes dirigeantes à prendre la mesure du problème, ait été un élément important de la plupart des disparitions de civilisations dans le passé. La civilisation occidentale s'est déjà trouvée face à ce problème dans le passé. (Norman Cantor) Avant ce sauvetage inespéré, le problème avait été identifié et des efforts menés pour le résoudre. À partir du , les nombreuses mises « en deffens » des espaces forestiers et les premières réglementations seigneuriales, comme l'ordonnance de Brunoy, permettent de mieux protéger les espaces forestiers de la déforestation irréversible. De plus, les malheurs du temps vont favoriser une certaine « reconquête forestière » aux dépens des espaces cultivés (multiplication des villages abandonnés). En 1515 établit la première réglementation royale pour protéger la ressource forestière. Elle est reprise par l"'ordonnance de Louis XIV sur le fait des eaux et forêts du ", qui constitue la base de la législation actuelle, mais n'a commencé à porter ses fruits qu'au cours du , faisant actuellement de la France un des pays les plus boisés d'Europe et un des rares pays au monde dont la surface forestière est croissante. D'autres sociétés ont su mettre en place des réponses au problème du renouvellement des ressources. Ainsi en 1666, alors que le Japon commence lui aussi à manquer de bois, le shogunat met en place un plan national pour interdire les coupes et replanter les forêts ; mais en s'appuyant désormais sur les importations de bois il exporte la déforestation. Vers 1600 également les habitants de l'île micronésienne de Tikopia viennent en concurrence avec les porcs, qui constituent la part carnée de leur alimentation, pour l'accès aux aliments végétaux, et décident de les exterminer, repoussant ainsi les limites à leur croissance. Dès le début du des inquiétudes existent sur la pérennité des ressources. En 1908 le président Théodore Roosevelt déclare dans un discours Après la Seconde Guerre mondiale et avec la reconstruction, la protection des ressources n'est pas à l'ordre du jour, mais dès 1964, dans "Avant que nature meure", Jean Dorst tire de nouveau la sonnette d'alarme : Le début des années 1970 voit une prise de conscience généralisée du problème. Une des études les plus médiatisées est celle commandée par le club de Rome au Massachusetts Institute of Technology dont les conclusions ont été publiées en France en 1972 sous le titre "Halte à la croissance ?". Deux mises à jour en ont été faites (en 1993 et 2004) qui valident dans le principe les conclusions de 1972. Situation actuelle. L'utilisation des ressources non renouvelables préoccupe de plus en plus. Leur durée d'utilisation ne peut être allongée qu'en réduisant leur consommation. Cette réduction passant notamment par une utilisation plus efficace de la ressource (améliorations techniques et économiques) et par la réutilisation, le recyclage. Des économistes affirment que le jeu du marché peut aussi réguler la demande, la raréfaction d'une ressource entraînant mécaniquement une hausse des prix qui elle-même se traduit par une baisse de la demande et dans le même temps rend compétitive d'autres solutions techniques. On peut toutefois se demander si l'ordre de grandeur relatif des cycles de production, de consommation et d'innovation ne doit pas dans certains cas tempérer cet optimisme. Les autres solutions techniques utilisent notamment des substituts. Le pétrole peut ainsi être remplacé par du biogazole, carburant produit à partir de l'huile de colza (nonobstant le fait que la surface agricole nécessaire au remplacement total de la consommation actuelle de pétrole n'existe pas sur Terre). Lorsque l'amélioration technique est une véritable mutation, le besoin d'un substitut peut même disparaître. Par exemple en téléphonie, les fils de cuivre (matière coûteuse) sont remplacés par de la fibre de verre, puis par rien (en fait de l'énergie électrique et les matériaux des batteries nécessaires pour la stocker) pour la téléphonie mobile, qui fonctionne par ondes radio. On évoque souvent le pétrole, le gaz naturel et les minerais comme des ressources non renouvelables. Dans certains cas, on puise aussi de l'eau de nappes constituées à des époques géologiques antérieures et qui ne sont plus, ou peu, entretenues soit en raison d'un climat aride, soit en raison d'une couverture imperméable. Il s'agit d'eau fossile, qui est une ressource épuisable. On admet aujourd'hui, selon la théorie de Marion King Hubbert, que la production de ressources non renouvelables passe par un pic (pic de Hubbert), à partir duquel la production baisse de façon irréversible.
Règle de Golomb En mathématiques, une règle de Golomb, appelée ainsi en l'honneur du mathématicien Solomon W. Golomb, est une règle munie de marques à des positions entières, telle que deux paires de marques ne soient jamais à la même distance ; en d'autres termes, chaque couple de marques mesure une longueur différente des autres. Puisque n'importe quelle « translation entière » d'une règle de Golomb donne une règle de Golomb, la première marque est généralement portée sur 0. Par définition, l"'ordre" d'une règle de Golomb est le nombre de marques qu'elle porte ; la "longueur" d'une règle de Golomb est la plus grande distance entre deux de ses marques. Il n'est pas nécessaire qu'une règle de Golomb permette de mesurer toutes les distances entre 0 et la longueur de la règle mais si c'est le cas, on dit qu'il s'agit d'une "règle de Golomb parfaite". La plus courte règle de Golomb pour un ordre donné s'appelle une "règle de Golomb optimale". Construire une règle de Golomb n'est pas difficile mais trouver toutes les règles de Golomb d'un ordre donné est un défi informatique (voir distributed.net, un projet de calcul distribué actuellement en cours pour trouver des règles de Golomb optimales). Une des applications pratiques des règles de Golomb est la conception d'« antenne réseau à commande de phase » comme dans les radiotélescopes. L'application la plus courante de la règle de Golomb aux antennes est la répartition des antennes des réseaux cellulaires. Règles de Golomb optimales. Pour chaque règle de Golomb ci-dessous, à partir de l'ordre 3, il existe une règle symétrique, qui est elle aussi optimale, mais qui n'est pas indiquée dans le tableau, pour gagner de la place : par exemple, (0 1 4 9 11) et (0 2 7 10 11). Le , le projet de calcul partagé distributed.net a annoncé avoir découvert la règle de Golomb optimale pour l'ordre 26, et le la règle optimale pour l'ordre 27. Le , le projet distributed.net annonce la règle optimale pour l'ordre 28.
Réseau européen de réserves biogénétiques Le Réseau européen de réserves biogénétiques ("European Network of Biogenetic Reserves") a pour objectif la conservation des écosystèmes uniques en Europe. Créé par le Conseil des ministres du Conseil de l'Europe en 1976, il rassemble des écorégions présentant un grand intérêt pour la conservation des équilibres biologiques et de la diversité génétique. En 1991, 35 sites étaient concernés en France, tous réserve naturelle. En , 344 réserves biogénétiques ont été listées dans 22 pays en Europe.
Réseau Natura 2000 Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. La constitution du réseau Natura 2000 a pour objectif de maintenir la diversité biologique des milieux, tout en tenant compte des exigences économiques, sociales, culturelles et régionales dans une logique de développement durable, et sachant que la conservation d'aires protégées et de la biodiversité présente également un intérêt économique à long terme. La volonté de mettre en place un réseau européen de sites naturels répondait à un constat : conserver la biodiversité n'est possible qu'en prenant en compte les besoins des populations animales et végétales, qui ne connaissent en effet pas les frontières administratives entre États. Ces derniers sont chargés de mettre en place le réseau Natura 2000 subsidiairement aux échelles locales. La cartographie du réseau est consultable en ligne. Le réseau de sites terrestres a été complété en 2008, puis en 2010, par un ensemble de sites maritimes, grâce à la démarche de l'Europe « Natura 2000 en mer ». Mi-2010, sur les en cours de désignation « Natura 2000 », seulement cinquante étaient marins. Début 2011, le réseau était finalement étendu de près de (principalement grâce à la République tchèque, au Danemark, à la France, l'Espagne et la Pologne), enrichi de zones marines (plus de ), ce qui lui fait atteindre près de 18 % du territoire terrestre de l'Union européenne et plus de de ses mers et océans . Historique. En 1976, la commission européenne a émis une proposition de directive, qui a finalement été adoptée en 1979, visant à protéger les oiseaux sauvages. Elle enjoignait les neuf états-membres à établir des zones de protection spéciale considérant que la protection des oiseaux était une responsabilité transfrontalière nécessitant des actions conjointes. En 1987, l'acte unique européen donne la compétence à l'Union européenne pour agir dans le domaine de l'environnement. La directive habitats adoptée par les États membres de l'Union Européenne le 21 mai 1992 est à l'origine de la création de "Natura 2000" à la même date, elle exige des États membres la désignation de zones spéciales de conservations (ZSC). À terme, le "réseau Natura 2000" doit être mis en place en application de la directive oiseaux datant de 1979 (à l'origine de la création de zones de protection spéciale (ZPS) des oiseaux) et de la Directive Habitats datant de 1992 (à l'origine de la création de zones spéciales de conservation (ZSC)). Encore en cours de constitution, il doit permettre de réaliser les objectifs fixés par la Convention sur la diversité biologique, adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. La formation du réseau est initialement prévue pour l'an 2000 (d'où le chiffre 2000 accolé à Natura), et les listes des sites de conservation complétées en juin 2004. Les États membres de l'Union devaient sélectionner sur leur territoire les sites naturels qui devaient former le réseau, et fournir au plus tard en juin 1995 une liste nationale des sites soumis à la formation du réseau Natura 2000. En juin 1998 devait être achevée la seconde phase de constitution de Natura 2000, par la sélection définitive des sites d'importance communautaire (SIC), qui seraient ensuite intégrés au réseau Natura 2000 sous la désignation finale de zones spéciales de conservation (ZSC). Toutefois, la désignation des sites a pris du retard dans de nombreux pays. Par exemple, le réseau de sites français n'a été validé qu'en 2007, après de nombreux échanges avec la Commission européenne et un contentieux pour « désignation insuffisante de sites au titre de la directive Habitats faune flore ». La Pologne a également été mise en garde en 2006 par la Commission européenne. Fonctionnement du réseau. Deux types de zones protégées. La politique européenne pour mettre en place ce réseau s'appuie sur l'application des directives Oiseaux et Habitats, adoptées respectivement en 1979 et 1992 pour donner aux États membres de l’Union européenne un cadre commun d'intervention en faveur de la préservation des espèces et des milieux naturels. C'est donc la réunion des deux directives qui doit permettre la création du réseau. Deux types de sites interviennent dans le réseau Natura 2000 : les ZPS et les ZSC. Zone de protection spéciale (ZPS). La directive Oiseaux de 1979 enjoint les États membres de l’Union européenne à mettre en place des zones de protection spéciale (ZPS) sur les territoires les plus appropriés en nombre et en superficie afin d'assurer un bon état de conservation des espèces d'oiseaux menacées, vulnérables ou rares. Les États sont libres dans leur méthodologie pour désigner des ZPS. Ces ZPS sont cependant validées par l'UE, sur la base de publications scientifiques, entre autres les inventaires de « Zones importantes pour la conservation des oiseaux » produite par "BirdLife International". En France en particulier, le ministère de l'Écologie, a chargé en 1979, le museum national d'histoire naturelle et la ligue pour la protection des oiseaux d'identifier les sites qui pourraient devenir des ZPS. Zone spéciale de conservation (ZSC). Les zones spéciales de conservation, instaurées par la directive Habitats en 1992, ont pour objectif la conservation de sites écologiques présentant soit : La désignation des ZSC est plus longue que les ZPS. Chaque État commence à inventorier les sites potentiels sur son territoire. Il fait ensuite des propositions à la Commission européenne, sous la forme de pSIC (proposition de site d'intérêt communautaire, accompagné d'un FSD - formulaire standard de données). Après approbation par la Commission, le pSIC est inscrit comme site d'intérêt communautaire pour l'Union européenne et est intégré au réseau Natura 2000. Un arrêté ministériel désigne ensuite le site comme ZSC, lorsque son document d'objectif est terminé et approuvé (voir ci-dessous). Natura 2000 en mer. Chaque État membre ayant une façade littorale doit désigner un réseau cohérent et suffisant d'habitats naturels et d'espèces d’intérêt communautaire présents dans l’espace maritime, avant mi-2008. Pour les aider, la Commission européenne a publié un "guide d’application de Natura 2000 en mer" précisant : les aspects juridique et politique (directive cadre sur l’eau, politique maritime européenne, conventions régionales et internationales…) ; les définitions et recensement (par pays) des habitats et des espèces d’importance communautaire ; les éléments permettant de localiser, évaluer et de sélectionner des sites ; les mesures de gestion à y proposer et les liens avec la politique communautaire de la pêche. En France, les préfets ont en novembre 2007 lancé, sur des bases scientifiques, les procédures de désignation avec les DIREN et collectivités et acteurs de la mer, sur 96 secteurs considérés comme pertinents par le Muséum national d'histoire naturelle de Paris avec un triple objectif : La gestion devant ensuite prendre en compte les exigences économiques, sociales, culturelles en jeu. La Commission engage aussi les États membres à combler leurs lacunes scientifiques et encore améliorer la représentativité du réseau marin. Gestion des sites. La directive habitats n'imposait pas de méthode particulière à employer pour la désignation des sites ou le type de gestion à employer ; chaque État membre pouvant employer les méthodes qu'il souhaitait. La réglementation varie ainsi selon les États : La plupart des pays essaient d’utiliser les mesures agro-environnementales pour les activités agricoles dans le périmètre des sites Natura 2000, complété dans quelques pays par une approche contractuelle supplémentaire. Seuls la France et le Royaume-Uni ont développé exclusivement des approches contractuelles pour l’ensemble des activités présentes dans les périmètres, avec un certain retard et des faiblesses dans l'application de la directive. La gestion peut être centralisée, comme dans certains pays du Nord de l'Europe, ou décentralisée, par exemple, en Allemagne la désignation et la gestion des sites sont confiées aux Länder, en Belgique aux régions. Dans le cas de la Suède, la gestion des sites est confiée aux communes. La Grèce quant à elle compte créer des entités privées, mais contrôlées par l’État pour gérer ses sites. Financement de Natura 2000. Le texte de la directive Habitats prévoit que la prise en charge et l'application des mesures de protection et de gestion des sites peut imposer une charge financière trop importante pour certains États (du simple fait de la répartition inégale des sites d'intérêt communautaire au sein de l’Union). Le cas échéant, un cofinancement peut être prévu entre les États membres et la Communauté. D'une façon générale, le financement des sites Natura 2000 et des contrats passés avec les utilisateurs peut être assuré par une ou plusieurs sources. Dans le cas français, il peut s'agir des fonds nationaux de gestion des espaces naturels, des fonds propres à Natura 2000 inscrits dans le cadre des contrats de projets État-région, du fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), des fonds Life-Nature. Ce dernier est d'ailleurs majoritairement consacré aux projets intéressant les sites Natura 2000 et a ainsi permis de mettre en place la reproduction en captivité du lézard géant de La Gomera ("Gallotia simonyii gomerana") que l'on croyait disparu, la protection en Hongrie des habitats de la vipère d'Orsini hongroise, la protection et la restauration de prairies et zones humides dans les Alpes autrichiennes, la rédaction des plans de gestion Natura 2000 de très nombreux sites, etc. L'UE encourage les partenariats entre le public et les entreprises et attribue des prix dénommés « Partenaire de Natura 2000 » (Natura 2000 Partner Reward Scheme) pour la gestion en partenariat du réseau Natura 2000 et la communication sur ce réseau. La Commission a proposé de créer une plate-forme européenne d'appui technique sur le thème entreprises et biodiversité. Évaluation quantitative et qualitative du réseau. Sur le plan quantitatif. En 2006 (), dix nouveaux États membres avaient soumis leurs propositions de sites pour le réseau Natura 2000, certains pour une grande superficie (près de 30 % de la superficie de la Slovénie sont proposés en ZSC). En juin 2007, l'Union européenne comptait , pour une superficie de , et d'une superficie totale de . Mais de nombreux sites ont été désignés, dans leur totalité ou en partie, selon les deux directives. On ne peut donc pas additionner ces surfaces pour obtenir un chiffre global pour l'ensemble du réseau Natura 2000. En décembre 2018, l'Union européenne comptait 5 646 zones de protection spéciale (ZPS) pour les oiseaux sur une superficie de , et 24 191 zones spéciales de conservation (ZSC) (dont les pSIC, SIC) pour les habitats et les espèces sur une superficie totale de , ce qui représente 18 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Union européenne. Sur le plan qualitatif. Chaque État membre doit maintenir ou restaurer un état de conservation favorable pour certaines espèces et habitats (dits d'intérêt européen) afin de contribuer au maintien de la biodiversité, lequel est nécessaire au bon état écologique par exemple demandé par la directive cadre sur l'eau. Une évaluation est requise par la directive tous les six ans, incluant : Les paramètres utilisés pour le calcul de cet « état de conservation » sont : Ce premier état des lieux s’est fait dans un cadre méthodologique commun pour tous les États membres. En 2009, le « bon état de conservation » (tout comme le bon état écologique visé par la Directive cadre sur l'eau) n'est pas atteint pour de nombreux milieux, dont en France. En 2020, la fin du plan stratégique 2011-2020 de la Convention sur la diversité biologique est l’occasion pour l’Union européenne de redéfinir un cadre stratégique global. L’efficacité de la gestion des aires protégées en Europe a besoin d’être améliorée. La nouvelle stratégie pour 2030 s’engage à gérer toutes les aires protégées, définir des objectifs et mesures de conservation claires, afin de surveiller l’évolution. L’application des Directives Oiseaux et Habitats est essentielle. : un réseau riche mais fragmenté. Le réseau de sites Natura 2000 en Allemagne est très riche, mais est aussi plus fragmenté que le réseau français. En décembre 2018, l'Allemagne comptait 5 200 sites dont : La superficie totale est de , ce qui représente 15,5 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Allemagne. Bien que très nombreux, les sites allemands de Natura 2000 sont relativement petits, fragmentés et dépourvus de zones tampons. En décembre 2018, l'Autriche comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 15,4 % de la surface terrestre du territoire de l'Autriche. En décembre 2018, la Belgique comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 12,7 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Belgique. En décembre 2018, la Bulgarie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 34,5 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Bulgarie. En décembre 2018, la Croatie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 36,6 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Croatie. En décembre 2018, Chypre comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 28,8 % de la surface terrestre et marine du territoire de Chypre. En décembre 2018, le Danemark comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 8,4 % de la surface terrestre et marine du territoire du Danemark. En décembre 2018, l'Espagne comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 27,3 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Espagne. En décembre 2018, l'Estonie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 17,9 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Estonie. En décembre 2018, la Finlande comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 12,6 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Finlande. En décembre 2018, le réseau Natura 2000 compte en France dont marins, comprenant : La superficie totale est de , ce qui représente 12,9 % de la surface terrestre et marine du territoire de la France. En décembre 2018, la Grèce comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 27,3 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Grèce. En décembre 2018, la Hongrie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 21,4 % de la surface terrestre du territoire de la Hongrie. En décembre 2018, l'Irlande comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 13,1 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Irlande. En décembre 2018, l'Italie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 19 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Italie. En décembre 2018, la Lettonie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 11,5 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Lettonie. En décembre 2018, la Lituanie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 12,4 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Lituanie. En décembre 2018, le Luxembourg comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 27 % de la surface terrestre du territoire du Luxembourg. En décembre 2018, Malte comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 13,3 % de la surface terrestre () et marine du territoire de Malte. En décembre 2018, les Pays-Bas comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 13,3 % de la surface terrestre et marine du territoire des Pays-Bas. En décembre 2018, la Pologne comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 19,6 % de la surface terrestre et marine du territoire de la Pologne. En décembre 2018, le Portugal comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 20,7 % de la surface terrestre et marine du territoire du Portugal. En décembre 2018, la République tchèque comptait dont : En décembre 2018, la Roumanie comptait dont : En décembre 2018, le Royaume-Uni comptait dont : En décembre 2018, la Slovaquie comptait dont : En décembre 2018, la Slovénie comptait dont : En décembre 2018, la Suède comptait dont : Natura 2000 et les nouveaux États membres. L'entrée dans l'Union européenne des nouveaux États membres (dix nouveaux États en 2004, plus la Bulgarie et la Roumanie en 2007 et la Croatie en 2013), a provoqué la nécessaire mise à jour des habitats naturels et des espèces animales et végétales qui pouvaient bénéficier de l'inscription à Natura 2000. En effet, les nouveaux membres d'Europe centrale et orientale recèlent des espèces et des habitats naturels qui, en Europe de l’Ouest, n'existent naturellement pas, sont réduits à de faibles surfaces ou ont parfois disparu. Cette mise à jour a surtout consisté à actualiser les annexes des directives. Dans la directive habitats, de nouveaux habitats naturels sont inscrits à l'annexe I (habitats considérés « d'intérêt communautaire »), comme les forêts calcicoles de pins sylvestres des Carpates occidentales, forêts de "Cedrus brevifolia", etc.. De nouvelles espèces animales et végétales ont été inscrites à la directive ou ont vu leur statut modifié, comme le bison d'Europe, la tortue verte "Chelonia mydas", la chauve-souris "Rousettus aegyptiacus", le protée anguillard, plusieurs espèces de coléoptères et de papillons tel le cuivré de la bistorte ("Lycaena helle"), mais également de nombreuses espèces de plantes. De nouvelles espèces d'oiseaux ont également été ajoutées aux annexes de la directive oiseaux, ou ont vu leur statut évoluer comme le faucon sacre ("Falco cherrug"), le gravelot à collier interrompu ("Charadrius alexandrinus"), la mouette pygmée ("Larus minutus"), etc. En ce qui concerne les grands carnivores par exemple, des dérogations ont été demandées par les nouveaux États membres, du fait des fortes populations que certains pays possèdent encore. La Roumanie par exemple, comptait en 2005 près de sur son territoire, dans la chaîne montagneuse des Carpates. En Lituanie, les loups sont encore chassés comme gibier, dans le respect de certains quotas et durant une période précise de l'année, du fait des fortes populations dans le pays. Le pays a donc obtenu une dérogation géographique pour les annexes II et IV de la directive Habitats, ce qui lui permet de ne pas désigner de nouvelles zones spéciales de conservation pour le loup (tant que l'état de conservation des populations lituaniennes reste bon néanmoins). Polémique autour de Natura 2000. La directive Habitats, puis le réseau Natura 2000 ont été accueillis par de vives critiques de la part de nombreuses personnes ou lobbies dans plusieurs des États membres de l'Union européenne, dont la France. La méfiance, voire le rejet des politiques européennes, de la part de certaines catégories d'acteurs refait périodiquement surface, notamment sur des sujets « sensibles » de conservation de la nature, comme le retour ou la réintroduction de grandes espèces de carnivores : ours brun, loup, lynx. En France, un long et vigoureux débat a été nécessaire avant que les préfets et le ministère de l'Environnement et de l'Agriculture puissent constituer le réseau Natura 2000 sur le terrain, en montrant notamment que Natura 2000 n'était pas une ou une confiscation des terres, mais une possibilité de travailler positivement et en commun au développement durable des espaces naturels d'importance communautaire. Des maires français disent s'être sentis obligés par les préfets de classer le territoire de leur commune pour entrer en conformité avec la directive Habitats, parfois pour de grandes surfaces du territoire communal. Une étude basée sur scientifiques couvrant la période 1998-2014 publiée en 2016 a porté sur les liens entre les aspects sociaux du réseau Natura 2000 et ses effets en matière de conservation de la nature. Elle a conclu que la gouvernance (complexe) de la biodiversité est étroitement liée aux processus sociaux et économiques et au comportement humain, et donc à l'appréciation que nous avons de ce qui pourrait améliorer la protection effective de la Nature. Les chercheurs ont cherché à identifier les lacunes en matière de connaissance, et à produire des recommandations pour améliorer la mise en œuvre du réseau. Ils estiment que Natura 2000 a montré être une initiative globalement réussie, mais encore améliorable : la participation des parties prenantes est encore trop limitée, la perception du réseau est trop négative et il existe un manque de considération du contexte local, notamment en raison de règles d'application manquant de souplesse. Ces trois éléments entravent l'efficacité du réseau, plus ou moins selon les États-Membres. Les auteurs recommandent donc d'augmenter la sensibilisation du public quant à l'importance de ce réseau, d'améliorer les capacités des autorités locales et les compensations pour les propriétaires privés et d'explorer les effets de la participation sur la conservation de la nature. Ils constatent aussi un manque d'analyse de type coût-avantages. Natura 2000 et l’"objectif 2010". Depuis 2001 et le sixième programme d'action communautaire pour l'environnement, les États membres de l'Union européenne se sont engagés à mettre un terme à la disparition de la biodiversité d'ici à 2010, grâce au réseau Natura 2000, à l'intégration de la biodiversité dans les domaines de la pêche, l'agriculture, la sylviculture, la mise en place d'un plan de communication, et de nouveaux outils réglementaires, répondant ainsi aux engagements pris par les parties présentes à la convention de Johannesbourg sur le développement durable de 2002. Pour répondre à cet objectif, la commission, sous la présidence irlandaise, s'est réunie en mai 2004 à Malahide. Le résultat de cette convention, communément appelé le « message de Malahide », a été de fixer pour objectif d'achever le réseau Natura 2000 terrestre en 2005 (objectif non atteint à l'échéance malgré d'importants progrès réalisés), de désigner les sites marins d'ici 2008 et de préciser de mettre en place les objectifs de gestion pour tous les sites Natura 2000 d'ici 2010. Si tous les objectifs sont remplis, le réseau devrait couvrir 18 % de la surface du territoire de l'Europe des 25. Afin de renforcer la protection des sites Natura 2000, la directive sur la responsabilité environnementale, basée sur le principe pollueur-payeur en droit européen de l'environnement, devait être mise en place avant 2007, obligeant l'auteur de dégradations à compenser les dégâts ainsi qu'à restaurer les habitats et espèces affectés. Un des objectifs pour 2010 est aussi de développer le réseau écologique paneuropéen et Natura 2000 dans leurs aspects marins. La Commission européenne a pour cela rédigé les lignes directrices d’un réseau Natura 2000 en milieu marin. À ce titre, à la suite du Conseil des ministres du 5 novembre 2008, marins nouveaux couvrant une surface de sur les trois façades maritimes, ont été ajoutés au réseau Natura 2000. Les arrêtés du de désignation de treize sites ont été publiés au J.O. du . Début 2011, le réseau comprenait plus de . D'autres sites ont été ajoutés en 2010. Une nouvelle extension concernant quinze États membres a eu lieu en 2010, ajoutant en 2010 « d’importance communautaire », dans six régions biogéographiques (régions alpine, atlantique, boréale, continentale, méditerranéenne et pannonienne). La Pologne a désigné sites ( de grands lacs et systèmes fluviaux, plaines alluviales et forêts). La République tchèque a apporté (dont hêtraies et prairies d'intérêt pour la biodiversité). Des ajustements de délimitation de sites existants ont aussi été faits.
Résidu d'un produit phytopharmaceutique Un résidu d'un produit phytopharmaceutique est défini par la directive communautaire 91/414/CEE du , comme suit : « "une ou plusieurs substances présentes dans ou sur des végétaux ou produits d'origine végétale, des produits comestibles d'origine animale, ou ailleurs dans l'environnement, et constituant le reliquat de l'emploi d'un produit phytopharmaceutique, y compris leurs métabolites et produits issus de la dégradation ou de la réaction" ». Éléments de définition. Les substances sont définies comme les éléments chimiques et leurs composés tels qu'ils se présentent à l'état naturel ou tels que produits par l'industrie, incluant toute impureté résultant inévitablement du procédé de fabrication. Les végétaux sont les plantes vivantes et les parties vivantes de plantes, y compris les fruits frais et les semences. Méthodes, protocoles. Pour certains produits, des contrôles aléatoires ou périodiques sont obligatoires, faits en France sous l'égide de la DGCCRF par exemple pour les céréales. La méthode analytique fait en général appel à la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, sur la base de protocoles standardisés à échelle européenne. Des méthodes dites "multirésidues" . En 2013, l'AFNOR a publié une norme expérimentale (norme XP T 90-223) relative au dosage de résidus (de médicaments et de pesticides notamment) dans l’eau de consommation par chromatographie. Les molécules utilisées par les producteurs et utilisateurs de pesticides étant très changeantes, en perpétuelle mutation elle doit être testée par les acteurs socio-économiques et usagers soumis à la Directive-cadre sur l'eau (DCE) durant 3 ans au plus, avant que la commission de normalisation de l'AFNOR décide d'éventuellement la réviser, d’en prolonger une fois la période de tets ou de l’homologuer en la transformant en une norme NF ou éventuellement de la supprimer. Cette norme a notamment associé la . État des lieux. Le pain, les céréales, les viandes, poissons, boissons, fruits et légumes peuvent contenir diverses traces, métabolites ou résidus de pesticides. En Europe, l'EFSA produit désormais un rapport annuel sur la présence de pesticides dans les aliments vendus et consommés (pour les aliments Bio et non-bio). Ce rapport est réalisé en compilant les analyses fournies par les États membres de l'Union européenne, pour des produits et conditions comparables entre pays. Selon le annuel, publié en 2011 (mais basé sur des analyses faites sur des échantillons prélevés en 2009) : François Veillerette faisait en 2011 remarquer une prolongation de la tendance de certains États (dont la France) à diminuer le nombre d'analyse ""), ainsi que le retard d'application du Règlement 396/2005 CE, lequel impose aux régulateurs de prendre en compte les cocktails de résidus.
Richard Stallman Richard Matthew Stallman, né le à Manhattan, connu aussi sous les initiales rms (en minuscules), est un programmeur et militant du logiciel libre. Initiateur du mouvement du logiciel libre, il lance, en 1983, le projet GNU et la licence publique générale GNU connue aussi sous le sigle GPL. Il a popularisé le terme anglais « "" ». Programmeur renommé de la communauté informatique américaine et internationale, il a développé de nombreux logiciels dont les plus connus des développeurs sont l’éditeur de texte , le ("GCC"), le ("gdb") mais aussi, en collaboration avec Roland McGrath, le moteur de production . Depuis le milieu des années 1990, il consacre la majeure partie de son temps à la promotion des logiciels libres auprès de divers publics un peu partout dans le monde. Depuis quelques années, il fait campagne contre les brevets logiciels et la gestion des droits numériques (DRM). Le temps qu’il alloue encore à la programmation est consacré à GNU Emacs, bien qu’il ne soit plus le mainteneur principal depuis . Il gagne sa vie en partie avec les cachets de conférencier qu’on lui donne à l’occasion ou des prix qu’on lui remet. En 2010, un récit biographique qui relate la vie de Richard Stallman paraît en français sous le titre "Richard Stallman et la révolution du logiciel libre". Biographie. Richard Matthew Stallman est né à Manhattan dans une famille juive le . Doté de fortes capacités en science, il participe régulièrement à des rencontres de jeunes passionnés par les sciences. Il utilisa un ordinateur pour la première fois durant ses années de lycée en 1969. L’été suivant, à la fin de ses études secondaires, il fut engagé par le centre scientifique d’IBM de New York et il s’attaqua à l’écriture de son premier programme : le préprocesseur du langage de programmation PL/I destiné aux ordinateurs . En 1971, alors étudiant en physique et en mathématiques à l’université Harvard où il obtint d’excellents résultats, il devient "hacker" au département de recherche en intelligence artificielle du "Massachusetts Institute of Technology" (MIT) pendant des années. Ce milieu plaît davantage à Stallman, qui y apprécie notamment la souplesse de la politique d’accès aux ordinateurs. En 1975, il met fin à ses études à Harvard pour se consacrer uniquement à la programmation. Il découvrit au MIT l’éthique des "hackers" : le partage des connaissances, le refus de l’autorité et le perfectionnisme. Cependant, peu à peu, l’ambiance des débuts change et il est de plus en plus rejeté par ses pairs qui acceptent des postes dans des entreprises créant du logiciel propriétaire. Il décide de maintenir à jour les fonctionnalités de la machine Lisp qui était passée sous l’égide de deux entreprises : Symbolics et LMI. Durant des mois, seul contre des dizaines de développeurs, à partir de la documentation il parvint à s’acquitter de ce projet, exploit qui sera reconnu par ses collègues. Tout bascula au début des années 1980. Lorsque l’imprimante Xerox de son laboratoire se mit à avoir des soucis de bourrage, il décida d’améliorer le pilote existant afin de régler le problème. Il fut alors surpris de voir que celui-ci est uniquement disponible sous la forme d’un binaire ; le code source en est inaccessible et personne ne veut le lui fournir. Il comprend que l’éthique du "hacker" est en train de disparaître et qu’il faut agir. C’est ce qui explique en partie la conception du projet GNU quelques mois plus tard après un message publié sur Usenet. Le journaliste américain lui a consacré , ", que Stallman n’a jamais agréée. La communauté Framasoft lui ayant demandé son concours pour une édition en français de cette biographie, il a accepté d’en écrire la préface à condition de pouvoir annoter largement l’œuvre originale. Il parle couramment anglais et français, assez couramment espagnol et un peu indonésien. Emacs. L" du MIT possédait TECO dans les années 1970, un éditeur de texte fonctionnant en arrière-plan. La modification du texte nécessitait de longues chaînes de commandes, c’est-à-dire une capacité d’abstraction assez importante de la part de l’utilisateur. En 1976, Stallman découvrit «E» au laboratoire d’intelligence artificielle de l’université Stanford, considéré comme le premier logiciel de traitement de texte "WYSIWYG" permettant de voir à l’écran en temps réel les modifications apportées. Il décide alors d’améliorer TECO pour lui apporter les mêmes fonctionnalités. Il implémenta des combinaisons de touche <CTRL>+<Lettre> qui exécutent des chaînes de commandes TECO. Cette amélioration permit ainsi aux "hackers" de sauvegarder des chaînes de commande longues et complexes et d’y faire appel avec un simple raccourci clavier. Cette version augmentée de TECO conduisit les "hackers" du "AI Lab" à programmer une quantité énorme de macros. Cette profusion et diversité de macros personnelles commencèrent à rendre l’utilisation de TECO différente sur chaque terminal, avec des incompatibilités et un temps d’apprentissage de plus en plus long quand on changeait de terminal. Avec Guy Steele, Richard Stallman entreprit de réorganiser toutes les commandes en un système unifié et plus universel. Le résultat fut baptisé « Emacs », acronyme pour "Editing Macros". Il est toujours possible d’ajouter de nouvelles commandes, mais elles n’affectent plus le logiciel original, qui reste identique pour tous les utilisateurs. Stallman écrivit une règle dans le code source : les utilisateurs étaient libres de modifier et de redistribuer le code, à la condition de redonner en retour à la communauté les extensions qu’ils écrivaient. Il passe ainsi un contrat social avec tous les "hackers" qui apporteront une macro à l’édifice. En ce sens, le projet Emacs peut être considéré comme emblématique de l’esprit communautaire qui règne alors dans le "AI Lab". Projet GNU. Au mois de , Richard Stallman annonça le développement d’un système d’exploitation libre qu’il nomme « GNU » et qui a pour but d’être un équivalent libre d’Unix. L’acronyme récursif GNU signifie "GNU’s Not Unix" (« GNU n’est pas UNIX ») et se veut un clin d’œil humoristique à une tradition des informaticiens du MIT de nommer des projets au moyen d’acronymes récursifs (par exemple, EINE). En , il quitta son emploi au MIT pour se consacrer à plein temps au . En 1985, il crée la "Free Software Foundation" (FSF), un organisme à but non lucratif qui permettra l’embauche de programmeurs et la mise sur pied d’une infrastructure légale pour la communauté du logiciel libre. La même année, Stallman publia le dans lequel il fit connaître les motivations et les objectifs du projet et demande l’appui de la communauté informatique mondiale. Dans les années 1980, Richard Stallman faisait partie du comité de l’IEEE chargé d’écrire les spécifications d’une nouvelle norme pour l’interfaçage des systèmes de type UNIX. Voyant que le nom proposé au début était imprononçable, il prit peur que le public se mette à nommer la norme « Unix », ce qui irait à l’encontre des intérêts du projet GNU. Il proposa de l’appeler plutôt « POSIX » et c’est ce nom que l’IEEE choisit de retenir. Afin de s’assurer que tous les logiciels libres développés pour le système d’exploitation GNU restent libres, Richard Stallman popularisa le concept de "copyleft" (inventé par Don Hopkins), une astucieuse utilisation du droit d’auteur permettant d’assurer la protection légale des quatre libertés fondamentales des utilisateurs d’ordinateurs telles que définies par la FSF. En 1989, il publia la première version de la licence publique générale GNU à laquelle Eben Moglen contribuera. Cette licence sera utilisée pour protéger la majeure partie du système GNU qui est alors très avancé, mais encore incomplet. En effet, en 1990, la plupart des éléments du système GNU sont prêts à l’exception du noyau du système. C’est à ce moment-là que la FSF commença le développement de "Hurd", mais son développement se révélera beaucoup plus long que prévu (et il n’est toujours pas terminé). La naissance du noyau Linux en 1991 (après que celui-ci eut été publié sous licence GPL) permet, en le combinant aux outils GNU, de former le système d’exploitation GNU/Linux. Il y a une controverse et une certaine confusion de nommage du système d’exploitation entre Linux, qui est en réalité le noyau du système d’exploitation, et GNU/Linux qui est le système d’exploitation. L’appellation GNU/Linux est importante pour Richard Stallman, car elle permet entre autres que ne soit pas occulté le "but" du projet GNU : permettre l’utilisation d’un système entièrement libre et garantir les libertés fondamentales de manière générale. Depuis le début des années 1990, Richard est régulièrement victime de douleurs aux poignets l’empêchant de contribuer au code comme il le faisait auparavant. , il participe surtout à propager les libertés du logiciel libre à travers le monde en tenant des conférences ou des actions contre des lois locales. Ses relations avec les protagonistes du mouvement sont devenues de plus en plus difficiles. L’incarnation de Linus Torvalds en sauveur de l’informatique libre moderne agace Stallman. Non seulement car Linus lui-même refuse ce rôle, mais aussi parce que, pour des raisons historiques logiques et sa lutte sans faille depuis le début du mouvement, selon Stallman, ce titre devrait lui revenir. D’autres comme Eric Raymond l’accusent de discréditer le projet aux yeux des entreprises. Ce dernier a lancé l’expression « "open source" » en opposition à Richard pour mettre en avant l’aspect technique plutôt que l’aspect éthique. Ayant toujours été intransigeant sur le respect de l’idéologie initiale, Stallman s’oppose à ce terme car il prête à confusion et relègue les libertés aux derniers rangs des priorités. Cependant, si le code source d’un logiciel libre est nécessairement ouvert, le code source d’un logiciel peut parfaitement être ouvert sans être libre. C’était par exemple le cas du BIOS des PC dès 1981, ou des premières versions d'Unix (voir ). Philosophie et promotion du logiciel libre. Richard Stallman décrit en ces termes sa philosophie : En 1999, Richard Stallman lança dans « "" » les idées à la base de Wikipédia. Il utilise de nombreux moyens afin de défendre sa philosophie du logiciel libre. Ainsi, sur le plan politique, il est allé à Paris le vendredi afin de présenter une pétition de contre la loi DADVSI à l’hôtel Matignon. Mais il y est refoulé, une décision « mûrement réfléchie » selon le chef de la sécurité de la résidence du Premier ministre. Il a défendu la cause du logiciel libre auprès du président équatorien Rafael Correa le . Il a inauguré à Berga la première "rue du Logiciel-Libre" au monde le . En , il a apporté son soutien au candidat Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle française de 2017. Sur le plan artistique, il a écrit la nouvelle "Le Droit de lire", une mise en garde qui se passe dans un avenir où des technologies de contrôle de la copie sont employées pour restreindre la lecture des livres. Il a aussi créé la "", un hymne des logiciels libres. Aussi, il a incarné Saint IGNUcius de l’Église d’Emacs lors d’un événement politique dans les locaux de Bull à Tunis en pour dénoncer la société de la surveillance. Critique des licences libres non commerciales. Richard Stallman suggère d’éviter les licences "Creative Commons" non commerciales BY-NC-SA et BY-NC. Cela n’est pas une opposition au caractère non commercial, qui doit rester possible et fait partie de la liberté de choix des auteurs. La critique repose sur un vide juridique entravant la liberté inhérente à l’esprit des licences libres dans le cas de ces deux licences en particulier. En effet, la mention NC interdit tout usage commercial. Une personne souhaitant en faire un tel usage devrait avoir la liberté d’en demander la permission à l’auteur, mais la possibilité de modification par un grand nombre de personnes rendant l’ensemble des auteurs immense et difficilement identifiable et encore moins joignable : c’est donc une perte de liberté définitive. Il suggère de ne pas permettre de modification dans ce cas, et de remplacer lesdites licences problématiques par les licences BY-ND et BY-NC-ND. Critique des logiciels libres dont l'usage nécessite celui d'un logiciel non libre. En , Richard Stallman publie un article dans lequel il alerte les lecteurs sur les effets d'un phénomène dont il relate la « récente observation » consistant à imposer l'usage d'un logiciel non libre afin de pouvoir utiliser un logiciel libre. Dans cet article, Richard Stallman développe les raisons pour lesquelles il déconseille l'usage de tels logiciels, en particulier ceux comme celui du projet Odoo, qu'il vise nommément. Richard Stallman déconseille l'usage de ces logiciels entravés selon lui par ce qu'il appelle un « piège diachronique ». Critique des logiciels non libres et intrusifs. En , il prend position contre Facebook en proposant « d’éliminer le réseau social pour protéger la vie privée des internautes » lors d’une conférence au Québec. Controverse et démission du MIT et de la FSF. Durant l’affaire Epstein, l’une des victimes de son réseau de prostitution de mineurs, Virginia Giuffre, déclare dans un témoignage qu’Epstein l’a forcée à avoir des relations sexuelles avec Marvin Minsky, professeur au MIT. En 2019, en défense de Minsky, défunt depuis, Stallman écrit dans une liste de discussion interne du MIT à propos de Virginia Giuffre « Il est possible d’imaginer de nombreux scénarios, mais le plus plausible est qu’elle s’est présentée comme entièrement consentante. Si Epstein la forçait à avoir des relations sexuelles, il avait toutes les raisons de lui dire de cacher [qu’elle agissait sous la contrainte]. » Il ajoute qu’il est « moralement absurde de définir le viol d’une façon qui dépend de détails mineurs comme le pays où cela s’est produit ou le fait que la victime ait 18 ou . », sans toutefois prendre la défense d'Epstein. Il le dénoncera d'ailleurs plus tard, le traitant de « violeur en série », « méritant d'être enfermé » . La presse relaie ces prises de positions, avec d'autres en faveur de l’assouplissement des lois sur la pédopornographie et concernant les relations sexuelles entre adultes et enfants ou adolescents. Cela conduit à sa démission du MIT et du poste de président de la Free Software Foundation, bien qu’il déplore que les médias ont déformé ses propos. Il annonce ensuite sur son site personnel avoir changé d'avis au sujet de la sexualité entre enfants et adultes, qu'il dénonce dorénavant . Il reste cependant à la tête du projet GNU. Réintégration de la FSF. En , Richard Stallman annonce son retour à la Free Software Foundation. Rapidement, une lettre ouverte est publiée demandant sa démission ainsi que celle de l’ensemble du conseil d’administration de la FSF. Elle est signée par plus de et une soixantaine d’organisations comme Creative Commons, la fondation GNOME et Mozilla, avant que le recueil de signatures soit clôturé au . En réaction, une autre lettre ouverte, celle-ci en soutien à Stallman, est publiée. Elle demande son maintien à la FSF, tout en affirmant que ses propos et comportements ont été déformés. Début avril 2021, elle est signée par plus de . À la suite de ces événements, le Conseil du projet Fedora décide d’arrêter tout financement vers toute organisation à la tête de laquelle Richard Stallman se trouverait. Red Hat prend une décision similaire en arrêtant de financer la FSF. Du côté de la FSF, plusieurs membres de la direction de l’organisation annoncent leur démission. Le , le conseil d'administration de la FSF a réaffirmé dans une déclaration sa décision de réintégrer Richard Stallman. À la suite de cette déclaration, Stallman a lui-même publié un article sur le site de la FSF, afin de s'adresser à la communauté du logiciel libre, excusant son comportement en invoquant des compétences sociales limitées. Distinctions. Richard Stallman a reçu de nombreux prix et distinctions au cours de sa vie parmi lesquels : L’astéroïde (9882) Stallman fut nommé en hommage à Richard Stallman, l’astéroïde numéroté 9965 porte le nom du projet GNU.
République dominicaine La République dominicaine () est un pays situé sur l'île d'Hispaniola, dans l'archipel des Grandes Antilles, dans la région des Caraïbes. Elle occupe la partie orientale de l'île, partageant la frontière avec Haïti, faisant d'Hispaniola, avec Saint-Martin, une deuxième île des Antilles partagée par deux États souverains. La République dominicaine est le deuxième plus grand pays des Antilles par sa superficie (après Cuba) avec , et la troisième par sa population, avec environ d'habitants, dont environ vivent dans la zone métropolitaine de la capitale, Saint-Domingue. La langue officielle du pays est l'espagnol. Avant l'arrivée des Européens, le peuple autochtone Taíno occupe Hispaniola, divisant l'île en cinq chefferies. Les Taínos construisent une société avancée d'agriculture et de chasse, et deviennent une civilisation organisée. Lors de son premier voyage en 1492, Christophe Colomb explore et conquiert l'île pour l'Espagne. La colonie de Saint-Domingue est le siège du premier peuplement européen permanent dans les Amériques et le premier siège de la domination coloniale espagnole dans le Nouveau Monde. Pendant ce temps, la France occupe le tiers occidental d'Hispaniola et nomme sa colonie Saint-Domingue, qui devient l'État indépendant d'Haïti en 1804, après la révolution haïtienne. Au cours du , les Dominicains sont souvent en guerre, contre les Français, les Haïtiens, les Espagnols ou entre eux, ce qui donne une société fortement influencée par les hommes militaires, qui dirigent le pays comme s'il s'agissait de leur royaume personnel. Après plus de trois cents ans de domination espagnole, le peuple dominicain déclare son indépendance en . Le dirigeant du mouvement indépendantiste, José Núñez de Cáceres, souhaite que la nation dominicaine s'unisse au pays de la Grande Colombie, mais les Dominicains sont annexés par Haïti en , qui abolit alors l'esclavage sur l'ensemble de l'île. La véritable indépendance n'arrivera que plus tard, en 1844, après l'abolition du gouvernement de Jean-Pierre Boyer, lorsque les indépendantistes fondent officiellement la République dominicaine. Au cours des suivantes, le pays connaît essentiellement des conflits internes, plusieurs invasions ratées de son voisin, Haïti, et un bref retour au statut de colonie espagnole, avant d'évincer définitivement les Espagnols pendant la guerre de restauration dominicaine de 1863-1865. Les États-Unis occupent le pays entre 1916 et 1924 ; une période de six ans calme et prospère sous la direction d'Horacio Vásquez. De 1930 à 1961, la dictature de Rafael Trujillo règne sur le pays. Une guerre civile en 1965, la dernière du pays, prend fin avec l'occupation militaire américaine et est suivie par le régime autoritaire de Joaquín Balaguer Ricardo (1966-1978 et 1986-1996). Depuis 1978, la République dominicaine évolue vers une démocratie représentative et est dirigée par Leonel Fernández depuis 1996. Danilo Medina lui succède en 2012, remportant 51 % des voix aux élections contre son adversaire, l'ex-président Hipólito Mejía Domínguez. Il est ensuite remplacé par Luis Abinader lors de l'élection présidentielle de 2020. La République dominicaine possède la plus grande économie de la région des Caraïbes et de l'Amérique centrale et est la huitième plus grande économie d'Amérique latine. Au cours de ces 25 dernières années, la République dominicaine présente la croissance économique la plus rapide de l'hémisphère occidental — avec un taux de croissance moyen du PIB réel de 5,3 % entre 1992 et 2018. Entre 2014 et 2015, la croissance du PIB atteint 7,3 % soit le taux le plus élevé de l'hémisphère occidental. Au premier semestre 2016, l'économie dominicaine a connu une croissance de 7,4 %, poursuivant sa tendance à une croissance économique rapide. La croissance récente est portée par la construction, la fabrication, le tourisme et l'exploitation minière. Le pays est le site de la deuxième plus grande mine d'or au monde, la mine Pueblo Viejo. La consommation privée est plus forte, en raison d'une faible inflation (moins de 1 % en moyenne en 2015), de la création d'emplois et d'un niveau élevé de transferts de fonds. En 2022, la République dominicaine est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Étymologie. Le mot vient du latin "Dominicus", qui signifie . Cependant, le nom provient véritablement de saint Dominique, fondateur de l'ordre des Prêcheurs. L'ordre dominicain avait créé une maison des hautes études sur la colonie de Saint-Domingue, connue sous le nom de l'université autonome de Saint-Domingue, et se consacrait à la protection du peuple autochtone Taíno, soumis à l'esclavage, ainsi qu'à l'éducation des habitants de l'île. Pendant la majeure partie de son histoire, jusqu'à l'indépendance, la colonie est connue sous le nom de "Santo Domingo" — le nom de sa capitale Saint-Domingue — et est communément appelée ainsi en anglais jusqu'au début du . Dans l'hymne national de la République dominicaine, le terme n'apparaît pas. L'auteur de ses paroles, Emilio Prud'Homme, utilise systématiquement le terme poétique ("Quisqueyanos"). Le mot "Quisqueya" dérive de la langue Taíno et signifie . Il est souvent utilisé dans les chansons comme un autre nom pour le pays. En anglais, le nom du pays est souvent abrégé "the D.R". (la R.D.) ; une telle désignation est cependant plus rare en espagnol. Géographie. Considérée comme la deuxième plus grande île des Grandes Antilles, la République dominicaine est bordée par l'Océan Atlantique au nord, par la Mer des Caraïbes au sud et partage avec Haïti une frontière de . Au nord et au nord-ouest se trouvent les Bahamas et les Îles Turks-et-Caïcos, et à l'est se trouve Porto Rico. La superficie du pays est estimée à (par l'ambassade des États-Unis) et à . Saint-Domingue, la capitale et la plus grande ville de la République dominicaine, est située sur la côte sud. La République dominicaine compte quatre chaînes de montagnes importantes. La plus au nord est la Cordillera Septentrional, qui s'étend de la ville côtière de Monte Cristi au nord-ouest, près de la frontière haïtienne, à la péninsule de Samaná à l'est, parallèlement à la côte atlantique. La chaîne la plus élevée de l'île - et même de l'ensemble des Antilles - est la Cordillère Centrale. Elle s'incline progressivement vers le sud et se termine près de la ville d'Azua, sur la côte caraïbe. Les quatre plus haut sommets se dressent dans cette cordillère ; le Pico Duarte (), La Pelona (), La Rucilla ( d'altitude) et le Pico Yaque (). Dans le coin sud-ouest du pays, se situent deux autres chaînes : la sierra de Neiba et la sierra de Bahoruco qui est un prolongement de la chaîne de la Selle à Haïti. Il existe d'autres chaînes de montagnes mineures, comme la Cordillère orientale, la "Sierra Martín García", la "Sierra de Yamasá" et la "Sierra de Samaná". Le pays abrite cinq écorégions terrestres : les forêts humides d'Hispaniola, les forêts sèches d'Hispaniola, les forêts de pins d'Hispaniola, les zones humides d'Enriquillo et les mangroves des Grandes Antilles. En 2018, le pays obtient un score moyen de à l'Indice d'intégrité du paysage forestier, ce qui le classe au rang mondial sur . Climat. Le climat est tropical humide dans les zones côtières et de plaine. Certaines zones, comme la majeure partie de la région du Cibao, ont un Climat tropical de savane. En raison de la diversité de sa topographie, le climat de la République dominicaine est le plus varié de toutes les Antilles et présente des variations considérables sur de courtes distances. La température moyenne annuelle est de . En altitude, la température moyenne est de , tandis que près du niveau de la mer, la température moyenne est de . Des températures basses de sont possibles dans les montagnes tandis que des températures élevées de sont possibles dans les vallées protégées. Janvier et février sont les mois les plus frais de l'année, tandis que le mois d'août est le plus chaud. Des chutes de neige peuvent être observées en de rares occasions au sommet du Pico Duarte. La saison des pluies, le long de la côte nord, dure de novembre à janvier. Ailleurs, elle s'étend de mai à novembre, le mois de mai étant le plus humide. Les précipitations annuelles moyennes sont de dans tout le pays, avec des moyennes de dans la vallée de Neiba, tandis que la Cordillère orientale enregistre une moyenne de . La partie la plus sèche du pays est à l'ouest. Les cyclones tropicaux frappent le pays tous les deux ans, avec 65 % des impacts le long de la côte sud. Les ouragans sont plus fréquents entre juin et octobre. Le dernier ouragan majeur ayant frappé le pays est l'ouragan Georges en 1998. Divisions administratives. La République dominicaine est divisée en 31 provinces. Saint-Domingue, la capitale, est appelée "Distrito Nacional". Les provinces sont divisées en municipalités. Elles constituent les subdivisions territoriales du pays. Le président nomme les gouverneurs des 31 provinces. Les maires et les conseils municipaux administrent les 124 districts municipaux et le district national. Ils sont élus en même temps que les représentants du Congrès. Le "Distrito Nacional" est créé en 1936. Auparavant, c'était l'ancienne province de Saint-Domingue, qui existe depuis l'indépendance du pays en 1844. Il ne faut pas le confondre avec la nouvelle province de Saint-Domingue qui en est séparée en 2001. S'il ressemble à une province à bien des égards, le "Distrito Nacional" s'en distingue par l'absence de gouverneur administratif et par le fait qu'il ne comprend qu'une seule municipalité, Saint-Domingue, le conseil municipal ("ayuntamiento") et le maire ("síndico"), sont chargés de son administration. Histoire. Pré-colonisation. Vers , les Taïnos, de langue arawak, en provenance de la région nord-est connue actuellement comme étant l'Amérique du Sud, s'installent à Hispaniola et remplacent les premiers habitants. Ils pratiquent l'agriculture, la pêche, la chasse et la cueillette. Pendant une grande partie du , ils sont repoussés par les Kalinago vers le nord-est des Caraïbes. Les estimations de la population d'Hispaniola avant 1492 varient considérablement : quelques dizaines de milliers, cent mille, trois cent mille, quatre cent mille à deux millions. Il est pratiquement impossible de déterminer avec précision combien de personnes vivaient sur l'île à l'époque précolombienne, car il n'existe aucun document précis. En 1492, l'île est divisée en cinq chefferies taíno. Le nom taíno de l'île entière est "Ayiti "ou "Quisqueya". Colonisation européenne. Christophe Colomb arrive sur l'île le , lors du premier de ses quatre voyages vers les Amériques. Il revendique la terre pour l'Espagne et la nomme "La Española", en raison de la diversité de son climat et de son relief, qui lui rappelle le paysage espagnol. En voyageant plus à l'est, Colomb découvre la rivière Yaque del Norte, dans la région du Cibao, qu'il nomme Rio de Oro après avoir constaté la présence de gisements d'or à proximité. Au retour de son deuxième voyage, Colomb établit la colonie de "La Isabela" devenue Puerto Plata en . En 1496, Bartolomeo Colomb, le frère de Christophe, construit la ville de Saint-Domingue, première colonie permanente d'Europe occidentale dans le Nouveau Monde. Elle est ainsi devenue le tremplin de la conquête espagnole des Amériques et, pendant des décennies, le siège de la puissance coloniale espagnole dans l'hémisphère. Rapidement, la plus grande découverte d'or de l'île est effectuée dans la région de la cordillère centrale, entrainant un essor minier. En 1501, le cousin de Christophe Colomb, Giovanni Colomb, découvre également de l'or près de Buenaventura ; les gisements sont ensuite connus sous le nom de "Minas Nuevas". Deux grandes zones minières en résultent, l'une le long de San Cristóbal-Buenaventura et l'autre à Cibao dans le triangle La Vega-Cotuí-Bonao, tandis que Santiago de los Caballeros, Concepcion et Bonao deviennent des villes minières. La ruée vers l'or continue entre 1500 et 1508, et Ferdinand le Catholique ordonne que . Ainsi, Nicolás de Ovando exproprie les mines d'or de Miguel Diaz et Francisco de Garay en 1504, car les mines à ciel ouvert deviennent des mines royales, bien qu'elles soient ouvertes aux prospecteurs privés. De plus, Ferdinand veut que les travaillent dans ses mines royales, et en garda dans la zone minière de San Cristóbal, supervisés par des mineurs salariés. Sous le gouvernorat de Nicolás de Ovando, les Indiens sont contraints de travailler dans les mines d'or, . En 1503, la Couronne espagnole est autorisée à distribuer des Indiens pour travailler dans les mines, dans le cadre du système appelé encomienda. . En 1508, la population indienne d'environ personnes est réduite à , et en 1514, elle est estimée à . La moitié se trouve dans les villes minières de Concepción, Santiago, Saint-Domingue et Buenaventura. En, 1514 l'émigration des colons espagnols s'accélère et est couplée à l'épuisement des mines. En 1516, une épidémie de variole tue sur les restants, en un mois. En 1519, . En 1501, les monarques catholiques autorisent pour la première fois les colons des Caraïbes à importer des esclaves africains, qui arrivent sur l'île en 1503. La canne à sucre est introduite en provenance des îles Canaries, et le premier moulin à sucre du Nouveau Monde est établi en 1516 sur Hispaniola. Le besoin de main-d'œuvre pour répondre aux exigences croissantes de la culture de la canne à sucre entraîne une augmentation exponentielle de l'importation d'esclaves au cours des deux décennies suivantes. Les propriétaires de sucreries forment rapidement une nouvelle élite coloniale et convainquent le roi d'Espagne de leur permettre de choisir dans leurs rangs les membres de la Real Audiencia. Les colons plus pauvres subsistent en chassant les troupeaux de bétail sauvage qui parcourent l'île et en vendant leur cuir. Avec la conquête du continent américain, l'économie des plantations de sucre d'Hispaniola décline rapidement. La plupart des colons espagnols partent vers les mines d'argent du Mexique et du Pérou, tandis que les nouveaux immigrants espagnols évitent l'île. L'agriculture régresse, les nouvelles importations d'esclaves cessent tandis les colons blancs, les noirs libres et les esclaves vivent dans la pauvreté, ce qui affaiblit la hiérarchie raciale et favorise le métissage, avec pour résultat une population d'origine espagnole, taïno et africaine. À l'exception de la ville de Saint-Domingue, qui réussit à maintenir certaines exportations légales, les ports dominicains comptent sur la contrebande, qui, avec le bétail, devient l'une des principales sources de revenus des habitants de l'île. Au milieu du , la France envoie des colons et des corsaires pour coloniser la côte nord-ouest d'Hispaniola en raison de sa position stratégique dans la région. Afin d'attirer les pirates, les Français leur fournissent des femmes extraites des prisons, accusées de prostitution et de vol. Après des décennies de luttes armées avec les colons français, l'Espagne cède la côte ouest de l'île à la France par le biais du traité de Ryswick de 1697, tandis que le plateau central reste sous domination espagnole. Le côté français prospère, tandis que la colonie espagnole subit un déclin économique. Le , les forces anglaises débarquent sur Hispaniola et assiègent Saint-Domingue, la principale forteresse espagnole de l'île. Les lanciers espagnols attaquent les forces anglaises, les renvoyant vers la plage. Les défenseurs espagnols obtiennent la victoire et sont récompensés par des titres de la Couronne espagnole. Les forces françaises attaquent Santiago en 1667, suivi d'un ouragan dévastateur l'année suivante et d'une épidémie de variole qui tue environ en 1669. En 1687, les Espagnols encerclent le fort de Petit-Goâve, mais les Français se défendent et pendent leurs chefs. Deux ans plus tard, lors de la guerre de Neuf Ans, les Français saccagent Santiago. En 1691, les Espagnols attaquent le nord et saccagent le Cap-François. Les tensions insulaires s'apaisent une fois la paix rétablie et le dernier monarque Habsbourg - Charles II, invalide et difforme - meurt le et est remplacé par le prince Bourbon Philippe d'Anjou, âgé de seize ans. Au , l'économie connaît un modeste développement et la population sur l'île atteint les , soit un quart de la colonie française. Période française. De 1795 à 1822, la ville de Saint-Domingue est cédée plusieurs fois, tout comme la colonie qu'elle dirige. Elle est confiée à la France en 1795 après des années de conflits armés. Cependant, les Français ne parviennent pas à consolider cette cession, principalement en raison de la présence continue des troupes britanniques. Lorsque la nouvelle de la cession de Saint-Domingue est connue sur l'île, de nombreux Dominicains se rangent du côté de la Grande-Bretagne contre la France, accueillant des navires britanniques dans leurs ports, prêtant allégeance aux Britanniques et s'enrôlant dans les forces militaires de l'adversaire de longue date de la France. En 1801, Toussaint Louverture, qui représente à l'époque la France impériale, envahit Saint-Domingue pour faire respecter les termes du traité de Bâle. Le contrôle français de l'ancienne colonie espagnole passe de Toussaint Louverture au général français Charles Leclerc lorsque celui-ci s'empare de la ville au début de l'année 1802. Après la défaite des Français en face aux Haïtiens, leur nouveau chef, Dessalines, tente de chasser les Français de Saint-Domingue. L'arrivée de petites unités françaises au large des côtes haïtiennes, à Les Gonaïves et à Saint-Domingue, oblige les Haïtiens à se retirer. En 1807, le soldat et propriétaire foncier dominicain Juan Sánchez Ramírez forme une troupe de deux mille hommes venus de Cuba, de Porto Rico et de Grande-Bretagne et se rend dans la partie orientale de Saint-Domingue. Là, il encourage les habitants à prendre les armes contre les Français, à le soutenir dans la Reconquête de Saint-Domingue. De nombreux propriétaires et bûcherons se joignent à ses troupes tandis que Sanchez s'engage également dans l'exploitation de coupes de bois sur ses possessions des rives orientales, entre Higüey et Jovero (aujourd'hui Miches), où les communications avec Porto Rico sont plus faciles. Ramírez entretient également une correspondance avec le capitaine général de Porto Rico, qui lui apporte un soutien officiel pour affronter les Français à Saint-Domingue et lui promet une aide militaire et financière. Début , , envoyés par Toribio Montes, débarquent à Boca de Yuma et rejoignent les forces de Sánchez Ramírez. Il quitte El Seibo pour se rendre dans la ville de Saint-Domingue. Le , il revient dans la ville avec ses troupes. Entre ce moment et le , il dirige également les armées britanniques et locales contre la domination française lors de la bataille de Palo Hincado, battant Marie-Louis Ferrand et chassant les Français qui se cachent dans les remparts de la capitale. Après la défaite française, Saint-Domingue est récupérée par l'Espagne, et Ramírez est nommé gouverneur de la colonie, tandis que le territoire est reconstitué sous le nom de capitainerie générale. Colonie espagnole. Après une douzaine d'années de mécontentement et de tentatives d'indépendance ratées par divers groupes d'opposition, l'ancien lieutenant-gouverneur de Saint-Domingue, José Núñez de Cáceres, déclare l'indépendance de la colonie vis-à-vis de la couronne espagnole sous le nom d'Haïti espagnol, le . Cette période est également connue sous le nom d'indépendance éphémère. Unification d'Hispaniola. La nouvelle république indépendante cesse d'exister deux mois plus tard sous le gouvernement haïtien dirigé par Jean-Pierre Boyer. Comme Toussaint Louverture l'a fait deux décennies plus tôt, les Haïtiens abolissent l'esclavage. Afin de lever des fonds pour l'énorme indemnité de de francs qu'Haïti accepte de payer aux anciens colons français, et qui est ensuite abaissée à de francs, le gouvernement haïtien impose de lourdes taxes aux Dominicains. Comme Haïti est incapable d'approvisionner son armée de manière adéquate, les forces d'occupation survivent en réquisitionnant ou en confisquant de la nourriture et des fournitures sous la menace des armes. Les tentatives de redistribution des terres entrent en conflit avec le système de propriété foncière communale, qui apparaît avec l'économie d'élevage, et certaines personnes n'apprécient pas d'être forcées de cultiver des cultures commerciales sous le Code rural de Boyer et Joseph Balthazar Inginac. Dans les zones rurales et montagneuses accidentées, l'administration haïtienne est généralement inefficace pour faire respecter ses propres lois. C'est dans la ville de Saint-Domingue que les effets de l'occupation se font le plus sentir, et c'est là que le mouvement pour l'indépendance prend sa source. Les Haïtiens associent l'Église catholique aux maîtres esclavagistes français qui les exploitent avant l'indépendance et confisquent tous les biens de l'Église, déportent tout le clergé étranger et rompent les liens du clergé restant avec le Vatican. Tous les niveaux d'enseignement sont effondrés ; l'université est fermée, car elle est privée à la fois de ressources et d'étudiants, et les jeunes Dominicains de sont enrôlés dans l'armée haïtienne. Les troupes d'occupation de Boyer, en grande partie dominicaines, ne sont pas payées et doivent les civils dominicains. Haïti impose au peuple dominicain un La constitution haïtienne interdisait aux élites blanches de posséder des terres, et les grandes familles dominicaines propriétaires de terres sont privées de leurs biens. À cette époque, de nombreuses élites blanches de Saint-Domingue ne pensent pas à avoir des esclaves en raison de la crise économique à laquelle la ville est confrontée pendant la période de l'España Boba. Les quelques personnes qui souhaitent que l'esclavage soit établi à Saint-Domingue doivent émigrer vers d'autres colonies comme Cuba, Porto Rico ou la Grande Colombie. De nombreuses familles sont restées sur l'île, s'installant dans la région du Cibao. Après l'indépendance et le retour sous la domination espagnole en 1861, de nombreuses familles reviennent à Saint-Domingue, y compris de nouvelles vagues d'immigration en provenance d'Espagne. Guerre d'indépendance dominicaine. En 1838, Juan Pablo Duarte fonde une société secrète appelée "La Trinitaria", qui vise l'indépendance totale de Saint-Domingue sans aucune intervention étrangère. Par ailleurs, Francisco del Rosario Sánchez et Ramón Matías Mella, qui ne font pas partie des membres fondateurs de La Trinitaria, jouent un rôle décisif dans les efforts d'indépendance. Duarte, Mella et Sánchez sont considérés comme les Pères fondateurs de la République dominicaine. Les "Trinitarios" profitent d'une rébellion haïtienne contre le dictateur Jean-Pierre Boyer. Ils se révoltent le , apparemment pour soutenir Charles Rivière Hérard qui défie Boyer pour prendre le pouvoir à Haïti. Cependant, le mouvement se défait rapidement du prétexte de soutien et demande l'indépendance dominicaine. Après avoir renversé Boyer, Hérard exécute certains Dominicains et en emprisonne beaucoup d'autres ; Duarte s'échappe. Après avoir soumis les Dominicains, Hérard doit faire face à une rébellion d'esclave à Port-au-Prince. Haïti forme deux régiments composés de Dominicains ; ils sont utilisés par Hérard pour réprimer la révolte. Le trio est soutenu par Pedro Santana, un riche éleveur de bétail d'El Seibo, qui devient général de l'armée de la république naissante. La première Constitution de la République dominicaine est adoptée le , sur le modèle de la Constitution des États-Unis. De nouvelles invasions haïtiennes menacent l'indépendance de la nation. Le , l'armée haïtienne, sous le commandement personnel du président Hérard, envahit la province orientale par le nord et progresse jusqu'à Santiago, mais est rapidement contrainte de se retirer après avoir subi des pertes disproportionnées. Selon le rapport de José María Imbert (le général qui défend Santiago) du à Saint-Domingue, . Les Dominicains repoussent les forces haïtiennes, tant sur terre que sur mer, en . Les Haïtiens envahissent à nouveau en 1849 lorsque la France reconnait la République dominicaine comme une nation indépendante. Santana, appelé à prendre le commandement des troupes, rencontre l'ennemi à Ocoa, le , avec seulement , et vainc complètement l'armée haïtienne. En , Buenaventura Báez lance une offensive navale contre Haïti pour prévenir la menace d'une autre invasion. Ses marins, sous la direction d'un aventurier français, font des raids sur les côtes haïtiennes, pillent les villages de bord de mer, jusqu'à Dame Marie, et massacrent les équipages des navires ennemis capturés. En 1855, Haïti envahit à nouveau le pays, mais ses forces sont repoussées lors de la bataille de Santomé en et de la bataille de Sabana Larga en . Première République. La première constitution de la République dominicaine est adoptée le . L'État est connu sous le nom de Santo Domingo dans la langue anglaise jusqu'au début du . Elle se caractérise par un gouvernement présidentiel avec de nombreuses tendances libérales, mais elle est entachée par l'article 210, imposée par Pedro Santana à l'assemblée constitutionnelle par la force, lui donnant des aspects d'une dictature jusqu'à la fin de la guerre d'indépendance. Ces privilèges lui servent non seulement à gagner la guerre mais lui permettent aussi de persécuter, d'exécuter et de pousser à l'exil ses opposants politiques, parmi lesquels Duarte est le plus important. En Haïti, après la chute de Boyer, les dirigeants noirs accèdent au pouvoir dont jouissait autrefois exclusivement l'élite mulâtre. Pendant près de vingt-cinq années, Santana et Báez se partagent le pays, dont les armées se battent continuellement pour le contrôle politique. Dans une tentative de maintenir un certain ordre et une certaine stabilité dans le pays, les deux chefs militaires et leurs armées recourent à l'aide extérieure. En 1861, le général Santana invite l'Espagne à revenir et à reprendre son ancienne colonie. Après une courte période de mauvaise gestion de la part de l'Espagne, les Dominicains réalisent leur erreur et forcent les Espagnols à partir afin de pouvoir restaurer la République. Une autre tentative de stabilité est réalisée lorsque les Dominicains demandent aux États-Unis de prendre le relais une décennie plus tard. Bien que le président américain Grant soutienne cette demande, elle est rejetée par le Congrès américain. En raison du relief accidenté et montagneux de l'île, les régions de la République dominicaine se sont développées de manière isolée les unes des autres. Dans le sud, l'économie est dominée par l'élevage du bétail et la coupe de l'acajou et d'autres bois durs pour l'exportation. Cette région conserve un caractère semi-féodal, avec peu d'agriculture commerciale, la hacienda étant l'unité sociale dominante, et la majorité de la population vivant à un niveau de subsistance. Dans le nord, la région agricole la plus riche du pays, les agriculteurs complètent leurs cultures de subsistance en cultivant du tabac pour l'exportation, principalement vers l'Allemagne. Le tabac nécessite moins de terres que l'élevage de bétail et est principalement cultivé par de petits exploitants, qui dépendent de commerçants itinérants pour transporter leurs récoltes vers Puerto Plata et Monte Cristi. Santana se met à dos les agriculteurs du nord, s'enrichissant lui-même et ses partisans à leurs dépens en recourant à de multiples impressions de pesos qui leur permettent d'acheter les récoltes pour une fraction de leur valeur. En 1848, il est contraint de démissionner et est remplacé par son vice-président, Manuel Jimenes. Après avoir vaincu une nouvelle invasion haïtienne en 1849, Santana se dirige vers Saint-Domingue et destitue Jimenes par un coup d'État. Sur son ordre, le Congrès élit Buenaventura Báez comme président, mais ce dernier ne veut pas servir de marionnette à Santana, contestant son rôle de chef militaire reconnu du pays. En 1853, Santana est élu président pour un second mandat, forçant Báez à l'exil. Trois ans plus tard, après avoir repoussé une autre invasion haïtienne, il négocie un traité louant une partie de la péninsule de Samaná à une société américaine ; l'opposition populaire le contraint à abdiquer, permettant à Báez de revenir et de prendre le pouvoir. Le trésor public étant épuisé, Báez fait imprimer de pesos non assurés, achetant la récolte de tabac de 1857 avec cette monnaie et l'exportant en espèces avec un immense profit pour lui-même et ses partisans. Les planteurs de tabac du nord, ruinés par l'hyperinflation qui s'ensuit, se révoltent et forment un nouveau gouvernement dirigé par José Desiderio Valverde et dont le siège est à Santiago de los Caballeros. En , le général Juan Luis Franco Bidó assiège Santo Domingo. Le gouvernement basé à Cibao déclare une amnistie aux exilés et Santana revient et parvient à remplacer Franco Bidó en . Après une année de guerre civile, Santana capture Santo Domingo en , renverse Báez et Valverde pour s'installer à la présidence. Guerre de Restauration. En 1861, après avoir emprisonné, réduit au silence, exilé et exécuté nombre de ses opposants, et pour des raisons politiques et économiques, Santana signe un pacte avec la Couronne espagnole et ramène la nation dominicaine au statut colonial. Cette action est soutenue par les éleveurs du sud, tandis que les nobles du nord s'y opposent. La domination espagnole prend finalement fin avec la guerre de restauration en 1865, après quatre années de conflit entre les nationalistes dominicains et les sympathisants espagnols. La guerre provoque la mort de plus de personnes. Les années suivantes sont marquées par de nouveaux troubles politiques ; des chefs de guerre règnent, les révoltes militaires sont extrêmement fréquentes et la nation accumule les dettes. En 1869, le président Ulysses S. Grant ordonne à la Marine américaine de se rendre sur l'île pour la première fois. Les pirates opérant depuis Haïti attaquent les navires commerciaux américains dans les Caraïbes, et Grant ordonne aux Marines de les arrêter. Après la prise de contrôle virtuelle de l'île, Báez propose de vendre le pays aux États-Unis. Grant souhaite une base navale à Samaná ainsi qu'un endroit pour réinstaller les Noirs récemment libérés. Le traité, qui prévoyait le versement par les États-Unis de de dollars pour le remboursement de la dette dominicaine, est rejetée par le Sénat américain en 1870 par un vote de , les deux tiers étant requis. Báez est renversé en 1874, revient, et est définitivement déchu en 1878. Une nouvelle génération est alors aux commandes, avec le départ de Santana (mort en 1864) et de Báez. Le pays connaît une paix relative dans les années 1880, avec l'arrivée au pouvoir du général Ulises Heureaux. , tel que le nouveau président est surnommé, connaît une période de popularité. Il est cependant , qui endette profondément la nation tout en utilisant une grande partie des recettes pour son usage personnel et pour maintenir son État policier. Il devient despotique et impopulaire. En 1899, il est assassiné. Cependant, le calme relatif qu'il connaît permet une amélioration de l'économie dominicaine. L'industrie sucrière se modernise et le pays attire des travailleurs étrangers et des immigrés. Occupation par les États-Unis. À partir de 1902, les gouvernements éphémères se succèdent, leur pouvoir est usurpé par les caudillos dans certaines régions du pays. En outre, le gouvernement national est en faillite et, incapable de payer les dettes de Heureaux, il est menacé d'une intervention militaire de la France et d'autres puissances créancières européennes. Le président des États-Unis, Theodore Roosevelt, empêche l'intervention des Européens, en grande partie pour protéger l'accès au futur canal de Panama, en cours de construction. Il effectue une intervention militaire pour écarter les puissances européennes, afin de proclamer le Corollaire Roosevelt de la Doctrine Monroe, et aussi pour placer les douanes dominicaines sous la tutelle de Washington, lesquelles constituaient la principale source de revenus du gouvernement dominicain. Le gouvernement dominicain ne peut ni accroitre sa dette publique ni modifier sa politique douanière. En outre, les États-Unis interviennent directement dans la politique intérieure, obligeant certains présidents à démissionner s'ils se refusent à devenir des instruments de la politique du département d’État. Après six ans au pouvoir, le président Ramón Cáceres (assassin de Heureaux) est tué en 1911. Il s'ensuit plusieurs années de grande instabilité politique et de guerre civile. La médiation des États-Unis par les administrations de William Howard Taft et de Woodrow Wilson n'a permis qu'un court répit à chaque fois. Une impasse politique en 1914 est brisée après un ultimatum de Wilson demandant aux Dominicains de choisir un président ou de s’en voir imposer un par les États-Unis. Un président provisoire est choisi et des élections relativement libres permettent de remettre au pouvoir l'ancien président Juan Isidro Jimenes Pereyra. Pour obtenir un gouvernement bénéficiant d'un soutien plus large, Jimenes nomme des membres de l'opposition à son cabinet. Mais cela n'apporte pas la paix et, alors que son ancien secrétaire à la guerre Desiderio Arias essaie de le destituer et malgré une offre d'aide militaire des États-Unis contre Arias, Jimenes démissionne le . En novembre 1915, les États-Unis exigent de la République dominicaine de leur céder le contrôle de la collecte des recettes et des dépenses de l’État, ainsi que la dissolution de son armée et son remplacement par une gendarmerie formée et dirigée par des officiers américains. En mai 1916, les troupes américaines envahissent la République dominicaine et imposent une autorité militaire d'occupation qui devient le gouvernement du pays. La loi martiale est déclarée, les finances et l’administration sont entièrement sous le contrôle des États-Unis. Une guérilla s'organise contre l'occupant mais ne parvient pas à unifier son commandement. Les différents groupes restent peu coordonnés les uns aux autres, ce qui les empêche de mener des actions d’ampleur. Ils bénéficient cependant du soutien passif de la population qui refuse pour l'essentiel de collaborer avec l'occupant et de lui livrer des renseignements. L'augmentation du nombre des maquisards et l'extension de leurs activités conduisent les États-Unis à dépêcher des renforts. La répression et les campagnes de ratissages ont surtout pour effet d'accentuer la colère de la population. Les atrocités perpétrées par les marines dans ces opérations soulèvent une immense émotion conduisant à un sentiment généralisé « d'hostilité et d'amertume parmi les habitants », doit reconnaître le diplomate américain Summer Welles. Le président Warren G. Harding, successeur de Wilson, s'efforce de mettre fin à l'occupation, comme il promet de le faire pendant sa campagne. Le règne du gouvernement américain prend fin en , et des élections sont organisées en . Le vainqueur est l'ancien président Horacio Vásquez, qui coopère avec les États-Unis. Il est élu le et les dernières forces américaines quittent le pays en septembre. En six ans, les Marines participent à au moins , avec tués ou blessés au combat. Vásquez apporte au pays six années de gouvernance stable, au cours desquelles les droits politiques et civils sont respectés et l'économie connaît une forte croissance, dans un climat relativement pacifique. Ère Trujillo. Rafael Trujillo, issu de la "Garde nationale" fondée par les États-Unis pour combattre les nationalistes, devient le candidat présidentiel de la nouvelle Coalition patriotique des citoyens, avec Ureña comme coéquipier. Pendant la campagne électorale, Trujillo utilise l'armée pour déchaîner sa répression, obligeant ses adversaires à se retirer de la course. Trujillo se présente pour s'élire lui-même et, en mai, il est élu président pratiquement sans opposition après une campagne violente contre ses adversaires. Il accède au pouvoir le . Après avoir imposé le Parti dominicain comme parti unique dans le pays, son anticommunisme et son conservatisme lui permettent de disposer du soutien des États-Unis, de l’Église, de l'armée et des classes aisées. Il instaure autour de sa personne un culte de la personnalité, se fait officiellement appeler « Son Excellence le généralissime docteur Rafael Leonidas Trujillo Molina, Honorable Président de la République, Bienfaiteur de la Patrie et Reconstructeur de l'Indépendance Financière », fait construire des milliers de statues à son effigie et rebaptise la capitale du pays Ciudad Trujillo. Il prend possession de plus du tiers des terres du pays et de 80 % des industries. À sa mort, sa fortune est estimée à de dollars, ce qui fait de lui l'un des hommes les plus riches de son époque. En 1930, l'ouragan San Zenon détruit la capitale et fait environ . Au cours du processus de reconstruction, Trujillo rebaptise Saint-Domingue et la montagne la plus élevée du pays - et des Caraïbes - La Pelona Grande en . Trujillo encourage le nationalisme dominicain et la xénophobie envers les Haïtiens<ref name="2006_www.moreorless.au.com/">.</ref>. En 1937, il ordonne ce qui est connu sous le nom de massacre du Persil ou , ordonnant à l'armée de tuer les Haïtiens vivant du côté dominicain de la frontière. L'armée massacre entre et en six jours, du au . Pour éviter de laisser des traces de l'implication de l'armée, les soldats emploient des armes blanches plutôt que des fusils. Les soldats interrogent toute personne à la peau foncée et utilisent, si nécessaire, le shibboleth "" pour distinguer les Haïtiens des Afro-Dominicains ; la lettre de "perejil" est difficile à prononcer pour les Haïtiens. Après le massacre, la République dominicaine accepte de payer à Haïti, montant qui est ensuite ramené à . Fidèle soutien de la politique des États-Unis dans les Caraïbes, il est cependant impliqué dans la tentative d'assassinat du président vénézuélien Rómulo Betancourt. Ses liens avec les États-Unis se tendent alors et, en 1960, l'Organisation des États américains approuve à l'unanimité des sanctions et diverses démarches diplomatiques à l'égard de son régime. Selon Chester Bowles, le sous-secrétaire d'État américain, les discussions internes du département d'État en 1961 sur le sujet sont vigoureuses. Richard N. Goodwin, conseiller et rédacteur du président, qui a des contacts directs avec l'alliance rebelle, plaide pour une intervention contre Trujillo : Post-Trujillo (1962-1996). Trujillo est assassiné le avec des armes fournies par la CIA. En décembre 1962, lors du massacre de Palma Sola, six cents paysans sont assassinés par l'armée et la police. La première élection libre depuis près de cinquante ans porte au pouvoir Juan Bosch, chef du Parti révolutionnaire dominicain (PRD), l'un des plus actifs opposants à la dictature de Trujillo. Dès sa prise de fonction, il lance de profondes réformes du pays. Le 29 avril 1963, il proclame une nouvelle constitution qui garantit au peuple des libertés inédites dans le pays, notamment en matière de droit du travail, comme la reconnaissance des syndicats, mais aussi d'égalité entre homme et femme ou de protection des fermiers. En outre, il pose le principe d'une réforme agraire, légalise le divorce, proclame l'égalité des enfants naturels et légitimes, commence à contrôler les finances et la corruption et annule des contrats avec des compagnies nord-américaines afin de privilégier les intérêts de la République dominicaine. Ces réformes irritent profondément les secteurs les plus conservateurs de la société dominicaine : les latifundistes, qui voient contester leur prérogatives sur les paysans, l'Église catholique, qui s'oppose à la sécularisation de la société encouragée par le président Bosch, et les industriels qui s'opposent aux nouveaux droits pour les ouvriers. En outre, les États-Unis craignent que Juan Bosch ne se déclare à son tour communiste, à l'instar de Fidel Castro. Bosch est renversé à son tour par un coup d'État militaire. Après trente ans de dictature, la démocratie n'aura tenu que sept mois. Un nouveau gouvernement civil est instauré mais est étroitement contrôlé par les militaires, dont beaucoup ont des liens avec l'industrie sucrière. Contre ce qui est parfois qualifié de « trujillisme sans Trujillo » (les structures de répression de la dictature ayant été rétablies), deux partis d'inspiration marxiste mais très minoritaires, le Mouvement du 14-Juin et le Mouvement populaire dominicain, s'engagent dans des actions de guérilla. Devant la crise économique et la corruption des dirigeants politiques et militaires, le ressentiment populaire continue de s'accroître et des troubles éclatent. Le 24 avril 1965, deux casernes se soulèvent et réclament le retour du président destitué Juan Bosch. La révolte est composée de jeunes sous-officiers et de quelques officiers exaspérés par la corruption outrancière de leurs supérieurs, et prend contact avec des civils. Le Parti révolutionnaire dominicain appelle à son tour la population à l'insurrection. Dès le lendemain, en réaction à des manifestations massives dans la capitale, le président Reid Cabral démissionne. Aussitôt, des chasseurs décollent de sa base de San Isidro et mitraillent le centre-ville, une nouvelle junte dirigée par le chef de l'aviation Pedro Benoit est instaurée, et de violents combats s'engagent entre les insurgés et les forces du régime militaire. Le 28 avril, sur requête de la Junte, les États-Unis envahissent à nouveau la République dominicaine. Au moins cinq mille cinq cents personnes sont tuées, en majorité des civils. Des milliers de rebelles et manifestants sont détenus dans le stade de baseball, au champ de courses et à la direction de la police. Régime de Joaquín Balaguer et. Balaguer remporte les élections de et est, aux termes d’élections fortement influencées par la violence politique d’État, réélu en 1970 et en 1974. En 1978, Antonio Guzmán Fernández (candidat du PRD — Parti révolutionnaire dominicain) est élu. Il laisse la place en 1982 à Salvador Jorge Blanco, également membre du PRD. En 1986, après la signature d’un accord entre le gouvernement et le FMI et la politique d’austérité qui s’est ensuivie, les classes populaires (devant l’aggravation de la situation sociale) se rebellent avant d’être réprimées dans le sang. Plus d’une centaine de personnes sont tuées. Balaguer retrouve un pouvoir de moins en moins dictatorial à la suite de l’élection présidentielle de 1986 et est réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés est, aux dires des observateurs internationaux, suffisamment entachée d’irrégularités pour que la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées seulement deux ans plus tard. Celles-ci conduisent à l’élection du candidat du Parti de la libération dominicaine (PLD — centre droit) Leonel Fernández, âgé de . En 2000, c'est le candidat du PRD (membre de l'Internationale socialiste) Hipólito Mejía Domínguez qui accède au pouvoir. Il est opposé, d'une part, à Danilo Medina, candidat du PLD — la constitution interdisant à Leonel Fernández de se présenter à un second mandat consécutif — et, d'autre part, à Balaguer, candidat du Parti réformiste social chrétien (PRSC ; conservateur). Balaguer, âgé de , obtient plus de 24 % des voix et manque de peu la possibilité de provoquer un deuxième tour. Il meurt le d'une crise cardiaque. Hipólito Mejía Domínguez, candidat après une modification de la constitution lui permettant de se présenter à un second mandat, perd l’élection présidentielle de 2004 au profit de Leonel Fernández. Aux élections législatives du , le PLD, parti de Leonel Fernández, obtient des électeurs dominicains une majorité au Sénat et à la Chambre des députés. Leonel Fernández est réélu président de la République lors des élections du . Danilo Medina lui succède en 2012. Mais le pays continue de souffrir de la corruption. Politique. Le pays est une république de type présidentiel. Toutes les personnes de plus de peuvent voter, de même que les personnes mariées, quel que soit leur âge. En revanche, les policiers et les militaires ne peuvent pas voter. Le pouvoir exécutif est représenté par un président et un vice-président élus pour un mandat de . L’élection présidentielle se déroule chaque année multiple de quatre (2012, 2016, 2020, etc.), à la date du . Le pouvoir législatif est exercé par le Congrès national, composé de deux chambres : le Sénat et la Chambre des députés. Le Sénat compte et la Chambre des députés, 178. Les élections législatives sont organisées toutes les années paires non divisibles par quatre, au suffrage direct. Économie. L'économie est principalement dépendante du tourisme et de l’industrie. L'agriculture représente 7,1 % du PIB (2010), les industries représentent 28,3 % du PIB (2010) et les services, en grande partie le tourisme, représentent 64,6 % du PIB (2010). Le tourisme prend une importance croissante depuis les années 1990. Il représente plus d'un milliard de dollars et les envois des expatriés, principalement des États-Unis, représentent de dollars (2000). Le tourisme et les envois de l'étranger constituent tous deux d'importantes sources de devises. En 2009, le PIB réel était de de dollars US, le PIB par habitant était de et le taux d'inflation était de 1,4 %. Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, le gouvernement engage un programme de privatisation de l'essentiel des entreprises publiques. Face aux coupures récurrentes d'électricité, de nombreuses manifestations sont organisées. En 2002, quelque avaient été tuées dans de telles protestations. En 2003 et 2004, le pays a connu, sur fond de divers scandales dont celui de la banque Banco Intercontinental, une grave crise financière conduisant à une forte dévaluation du peso dominicain (dont la parité est passée d'environ dominicains pour un dollar américain à dominicains pour un dollar américain), une inflation importante (plus de 40 %, la plus élevée en Amérique latine) et une crise de l'endettement à la suite des injections massives d'argent public dans les banques en faillites. Cette crise financière s'est accompagnée d'une baisse considérable du niveau de vie des habitants. Tourisme. La République dominicaine est la destination la plus visitée des Caraïbes. Le golf, ouvert toute l'année, est l'attraction principale. C'est un pays géographiquement diversifié, avec Pico Duarte, le plus haut sommet des Caraïbes, et le lac Enriquillo, le point le plus grand et le plus bas des Caraïbes. La température moyenne de l'île est de et possède une grande diversité climatique et biologique. Le tourisme est l'un des facteurs qui alimentent la croissance économique de la République dominicaine. Avec la construction de projets comme Cap Cana, le port de San Souci à Saint-Domingue, Casa De Campo et le "" à Punta Cana, le pays compte sur une activité touristique accrue dans les années à venir. Devise. Le peso dominicain (abrégé $ ou RD$ ; le code ISO 4217 est ) est la monnaie nationale. Le dollar américain, l'euro, le dollar canadien et le franc suisse sont également acceptés dans la plupart des sites touristiques. Le taux de change par rapport à l'Euro, s'établit à . Société. Démographie. La population s'élève à (estimation 2017). En 2017, environ 75 % de la population vivait dans des zones urbaines. Plus de de personnes vivent dans le Grand Saint-Domingue. Les Haïtiens constituent le groupe d'étrangers le plus important. En 2017, le taux de croissance était de 1,2 %, le taux de natalité de pour , le taux de mortalité de 4,7 pour , et le taux de fécondité de par femme. Beaucoup ont émigré aux États-Unis depuis les années 1960, notamment à Washington Heights à New York, quartier surnommé « les hauteurs Quisqueya ». Il est estimé qu’environ de Dominicains vivent aujourd’hui aux États-Unis. Environ 70% de la population dominicaine est mixte, la plupart d'origine européenne et africaine, et dans une moindre mesure indigène; 15% de la population sont des descendants d'Africains noirs sans aucun mélange. Les autres sont d'origine européenne, principalement des Canariens, des Espagnols et des Portugais. En 2008, des chercheurs dominicains et portoricains identifient dans la population dominicaine actuelle la présence de gènes appartenant aux indigènes des îles Canaries, communément appelées guanches. Ces types de gènes ont également été détectés à Porto Rico. Immigration haïtienne. Le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) recense en 2017 près de habitant en République dominicaine. En outre, le pays abrite d’Haïtiens, nés en République dominicaine, mais dont une bonne partie ne possède pas de papiers et sont considérés comme des apatrides. Historiquement, « le début de l’immigration haïtienne en République dominicaine remonte aux années 1920. Des hommes étaient embauchés pour travailler dans les champs de canne à sucre. Ces braceros restaient confinés au sein même des plantations dans des baraques appelées bateyes. » Ils vivent pour beaucoup d'entre eux dans des bateys, près des champs de culture de la canne à sucre. Les autres dans les grandes villes comme Saint-Domingue ou Santiago de los Caballeros. Les Haïtiens constituent la communauté la plus pauvre de ce pays. Beaucoup d'entre eux ne parlent que le créole haïtien. Les migrants haïtiens sont confrontés au racisme, aux discriminations, à l'exploitation, et à des violences. Certains groupes nationalistes agitent l'idée d'une « invasion pacifique » ; cette rhétorique a progressivement gagné beaucoup de terrain au sein du débat public et politique. En , la cour constitutionnelle a décidé de priver de la nationalité dominicaine plus de , descendants de migrants haïtiens nés dans le pays depuis 1929, car elles ne pouvaient prouver que leurs ascendants étaient en situation régulière au moment de leur naissance. Sous la pression internationale (le droit international interdit à un État de rendre une personne apatride), le Parlement a adopté l'année suivante une loi rectificative. Cependant, celle-ci a aussi confirmé la position de la cour constitutionnelle selon laquelle des enfants nés en République dominicaine de parents étrangers devaient être considérés comme des étrangers. Selon le Centre de développement durable (Cedeso), une ONG qui accompagne les apatrides, « l’absence de papiers d’identité entrave la mobilité et expose à des arrestations arbitraires, des tentatives de rackets ou des expulsions du pays. Sans papiers, pas d’accès non plus à la santé – hormis aux services d’urgences – ni à la justice. Il est impossible de se marier légalement et de déclarer la naissance des enfants. Ils deviennent donc eux aussi des apatrides, ce qui les empêche d’étudier au-delà de la . » Langues. La langue officielle est l'espagnol. La République dominicaine est membre observateur de l'Organisation internationale de la francophonie depuis . Religions. De plus les Mormons recensent 0,1% de dominicains nés en Chine, 0,02% en pays musulmans et 0,01% en Israël, comptabilisés selon les religions majoritaires de ces pays (Syncrétisme, Islam et Judaïsme) auxquels ils ajoutent 0,1% de dominicains missionnaires du Bahaïsme indo-iranien semble-t-il par erreur pour caractériser ceux nés en Inde (à majorité hindouiste) Santé. En 2019, le taux de natalité était d'environ 2,32 bébés par femme, et l'espérance de vie d'environ . En , l'avortement est dépénalisé en cas de viol, d'inceste, de malformation fœtale ou de danger pour la vie de la femme. Culture. Le merengue et la bachata sont des styles musicaux originaires de la République dominicaine. Le carnaval en République dominicaine a encore des caractères d'originalité. Le baseball est un sport populaire. La République dominicaine fournit, devant le Venezuela, le plus grand nombre de joueurs étrangers au championnat professionnel de baseball de la Ligue majeure de baseball aux États-Unis. Dans ce pays le football est un sport principalement féminin. La canne à sucre, avec la distillation du rhum, et le tabac font aussi partie de la culture dominicaine. Plus de 50 % du tabac en République dominicaine est produit à Villa González, petite commune d'environ située dans la Cibao, qui représente de ce fait la capitale du tabac dominicain. De nombreux Dominicains et Dominicaines sont descendants d’anciens esclaves. Les différences de richesse sont très fortes et les blancs descendants de colons espagnols sont de loin les plus riches tandis que les Noirs et les Métis, mélange d’Amérindiens taïnos, d'africains et d’espagnols, occupent généralement le bas de l'échelle sociale. Néanmoins, le métissage y est très important. Codes. La République dominicaine a pour codes :
Reptiles Les Reptiles () sont une classe de vertébrés tétrapodes à température variable (ectothermes) et recouverts d'écailles. Ce taxon de la classification classique inclut des animaux comme les dinosaures non aviens, les Ptérosaures, les Ichthyosaures, les Plésiosaures et les Pliosaures, mais s'est révélé être non pertinent avec l'essor de la cladistique. Son utilisation est de ce fait controversée : depuis l'apparition de la classification phylogénétique, un nombre croissant de chercheurs considèrent que le concept de « Reptiles » ne devrait plus être utilisé dans la classification scientifique des espèces. Il désigne en effet un groupe paraphylétique d'espèces semblables par les caractères de l'ectothermie et des écailles, mais dont les ancêtres communs ont produit une descendance qui ne possède pas ces caractères : les Oiseaux et les Mammifères. Dans sa définition classique, les Reptiles sont circonscrits à quatre ordres actuels : Ces lignées sont pourtant plus éloignées entre elles qu'avec d'autres lignées jugées non « reptiliennes ». Par exemple, les crocodiliens sont plus proches des oiseaux qu'ils ne le sont des lézards ou des tortues. De plus, certains groupes fossiles autrefois considérés comme des « reptiles » possèdent des caractéristiques que n'ont pas les reptiles actuels : les ichtyosaures se sont révélés avoir été vivipares ; d'autres tels les ptérosaures étaient velus et enfin les dinosaures ont révélé des formes à température constante (homéothermes) et, parmi eux, les théropodes ont donné naissance aux oiseaux. C'est pourquoi, depuis les années 1980 et l'essor d'une systématique essayant de retracer les relations de parenté entre les organismes, le regroupement des reptiles en tant que taxon a été abandonné, d'abord dans le monde universitaire, puis dans le système scolaire dont l'enseignement primaire et secondaire français. En revanche, il est toujours largement utilisé dans le langage courant et comme une classe pratique dans la systématique évolutionniste, une école de taxinomie aujourd'hui minoritaire, mais toujours active. L'étude de ces animaux forme une des deux branches de l'herpétologie, l'autre étant l'étude des amphibiens, anciennement rapprochés des reptiles. Les premiers animaux à pouvoir être placés dans cette classe sont apparus sur Terre dès le Carbonifère, en même temps que les amniotes. Premiers vertébrés à pouvoir coloniser le milieu terrestre, ils se diversifient rapidement. Les reptiles sont aujourd'hui bien représentés, avec plus de répertoriées en 2011, localisées surtout à proximité des tropiques. La vision traditionnelle selon laquelle le Mésozoïque aurait été un « âge des reptiles » suivi par un « âge des mammifères » a été abandonnée, et l'on considère aujourd'hui qu'un « âge des dinosaures et des mammifères » a commencé au Trias et se poursuit de nos jours (puisque les oiseaux sont des dinosaures), tandis que le véritable « âge des reptiles » se place avant cela, au Permien, pour s'estomper au Trias. Les reptiles ont, depuis toujours, intrigué ou fasciné les humains. Parce que certains sont capables de dévorer des humains (crocodiliens, grands varans) ou bien disposent de venins potentiellement mortels, parfois les reptiles inquiètent et font peur, parfois ils suscitent des phobies, mais d'autres fois ils sont sacralisés et sont l'objet d'une symbolique complexe. Omniprésents dans les mythologies du monde entier, ils ont inspiré l'imaginaire humain, servant par exemple de modèles aux dragons. D'autres suscitent de la sympathie, par exemple les tortues qui, dans certains mythes, portent le monde sur leur dos. Depuis les dernières décennies, l'élevage de reptiles se développe dans le monde, pour fournir le marché de la viande dans certains pays consommateurs, mais surtout les marchés de la maroquinerie de luxe, qui utilise leurs peaux, et celui des nouveaux animaux de compagnie. Toutefois, le braconnage est également très répandu et met en danger de nombreuses espèces, malgré les tentatives de régulation du commerce d'animaux sauvages menées au niveau international. La pollution et la disparition des habitats des reptiles sont les autres principaux dangers auxquels ils sont exposés. Dénomination. Le terme « reptile », qui fait référence au serpent de la Genèse, est issu du latin "", qui signifie « ramper ». Il a fini par désigner un groupe d'animaux respirant à l'air, à écailles et ectothermes, bien que la reptation ne soit pas une caractéristique universelle pour ceux-ci. L'adjectif « reptilien » désigne ce qui est relatif aux reptiles, tandis que « reptilité » désigne une attitude reptilienne. Ces deux termes ont une connotation négative, désignant ce qui est primitif et brutal. Toutefois, l'expression « animal reptilien » peut faire référence à tout animal qui rampe, y compris un insecte. Dans la théorie obsolète du cerveau triunique, popularisée dans les années 1970 par Paul D. MacLean, l'archipallium, ou « cerveau reptilien », était considéré comme le siège des instincts, des besoins primaires et des réflexes. Systématique. Histoire de la classification. Premières classifications. Bien avant que l'on parle de classification, Aristote décrit près de qualifiées de reptiles (). Il définit plusieurs sous-groupes de reptiles : les lézards, les crocodiliens, les serpents et les batraciens. Il les distinguait des poissons, des oiseaux et des autres quadrupèdes. Selon sa méthode de classification, ces animaux vertébrés et à sang froid se distinguaient par leurs organes internes (poumon, épiploon, mésentère…) et par l'organisation de ceux-ci, leurs écailles, leur langue et la ponte d'œufs. La notion antique du reptile n'est plus la même, sans parler des batraciens, puisque certaines des espèces qualifiées de reptile aujourd'hui sont vivipares, ont des langues larges comme les geckos etc. Pline l'Ancien, l'autre grand auteur naturaliste de l'antiquité, reprend les conceptions d'Aristote et y ajoute bon nombre de faits fantaisistes. La confusion entre les espèces aujourd'hui appelées reptiles et les amphibiens perdure avec la première publication de "" de Carl von Linné qui classe tous ces animaux dans le groupe des « "Amphibia" ». Cette erreur peut se comprendre car la faune suédoise, sur laquelle le scientifique s'est appuyé, était peu pourvue en reptiles et parmi les rares animaux appartenant à cette classe qu'on pouvait y observer la vipère et la couleuvre étaient souvent aperçues chassant dans l'eau. En revanche, "Reptilia" était souvent préféré par les Français. L'habitude de traiter ces deux types d'animaux ensemble demeure aujourd'hui à travers le terme d'herpétologie, la science qui étudie l'ensemble de ces animaux. Josephus Nicolaus Laurenti est le premier à utiliser officiellement le terme « Reptilia », pour désigner une classe d'animaux composée de reptiles et d'amphibiens similaire à celle de Linnaeus. Il ne comprend toutefois pas dans ce groupe les tortues. À la même époque, Cuvier définit les reptiles comme . Cette définition comprend donc bien les amphibiens. Dans son ouvrage paru en 1799, Alexandre Brongniart s'appuie sur une étude des organes les plus essentiels des reptiles : ceux de la circulation, de la respiration ou de la reproduction, puis à des organes d'importance plus secondaire comme ceux de la digestion, de la locomotion ou du toucher. Sa classification identifie quatre ordres de reptiles : les chéloniens (tortues), les sauriens comprenant les lézards et les crocodiliens, les ophidiens (serpents) et les batraciens. Il commence donc à isoler ces derniers en les différenciant des autres reptiles, mais ce ne sera pas avant le début du qu'une différence marquée entre ces animaux devient effective dans les classifications, et cela n'empêchera pas le qualificatif d'« herpétologiste » de s'appliquer jusqu'à nos jours aux connaisseurs tant des amphibiens que des reptiles. Pierre André Latreille crée la classe des Batracia en 1825, répartissant les tétrapodes en 4 classes : reptiles, amphibiens, oiseaux et mammifères. Sauropsides et thérapsides. L'anatomiste britannique Thomas Henry Huxley a popularisé la définition de Latreille et, en parallèle avec Richard Owen, a élargi le terme "Reptilia" aux fossiles de monstres disparus comme les dinosaures et le "Dicynodon" (synapside, reptile mammalien). S'intéressant de près aux similarités entre reptiles et oiseaux, il voit même dans certains de ces animaux préhistoriques disparus les ancêtres directs des oiseaux modernes. Ainsi, Huxley commence petit à petit à remettre en cause la séparation des tétrapodes entre reptiles, amphibiens, oiseaux et mammifères, qui n'est dès lors pas l'unique classification à être diffusée. Ainsi, dans les cours qu'il délivre au Royal College of Surgeons en 1863, il répartit les vertébrés en trois catégories : les mammifères, les sauropsidés (comprenant les oiseaux et les reptiles) et les ichthyopsidés (composés des poissons et des amphibiens). Les termes « Sauropsida » (littéralement « tête de lézard ») et « Therapsida » (« tête de bête ») ont été également utilisés en 1916 par Edwin Stephen Goodrich pour distinguer d'une part les lézards, les oiseaux et leurs ancêtres et d'autre part les mammifères et leurs ancêtres éteints. Goodrich justifiait cette division par la nature du cœur et des vaisseaux sanguins, et d'autres caractéristiques comme la structure du prosencéphale. Selon Goodrich, les deux lignées ont évolué à partir d'un groupe d'animaux aujourd'hui disparu qui comprenait des amphibiens du Paléozoïque et des reptiles primitifs et qu'il désignait sous le nom de « Protosauria ». En 1956 David Meredith Seares Watson observe que les « Sauropsida » et les « Therapsida » ont divergé très rapidement au cours de l'évolution des reptiles. Il réinterprète ces deux groupes pour en exclure respectivement les oiseaux et les mammifères. Ainsi dans sa classification les sauropsidés comprennent les Procolophonia, les Eosuchia, les Millerosauria, les Chelonia (tortues), les Squamata (lézards et serpents), les Rhynchocephalia, les Crocodilia, les Thecodontia (groupe paraphylétique d'archosaures), les dinosaures non aviaires, les ptérosaures, les ichtyosaures, et les sauroptérygiens. En 1866, Ernst Haeckel démontre que les vertébrés peuvent être classés suivant leur méthode de reproduction, et que les oiseaux, les reptiles et les mammifères partagent l'œuf amniotique. À la fin du , la classe des Reptilia inclut donc tous les amniotes à l'exception des oiseaux et des mammifères. Ainsi, ils comprennent les crocodiles, alligators, sphénodons, lézards, serpents, amphibiens, et tortues, ainsi que certains animaux disparus comme les dinosaures, synapsides et les Pareiasauridae primitifs. C'est encore la définition utilisée communément aujourd'hui. Classification fondée sur le crâne. Au , les reptiles sont divisés en quatre sous-classes en fonction du nombre et de l'emplacement des fosses temporales (ouvertures appelées aussi fenêtres temporales) dans le crâne qu'elles allègent et qui permettent le passage, l'allongement et l'insertion de muscles qui actionnent la mandibule, en lien avec le développement de la fonction masticatoire. Cette classification a été initiée en 1903 par Henry Fairfield Osborn (en se basant sur le radical grec "ἀψίς / apsis", orbite ou arche, qui fait référence à ces fosses ou aux arcades osseuses qui les délimitent) et popularisée par les travaux d'Alfred Sherwood Romer divulgués dans son célèbre "". Ces quatre classes sont : La composition du groupe des euryapsides est un peu controversée. Les ichthyosaures sont parfois considérés comme ayant évolué indépendamment des autres euryapsides, ce qui lui a valu la dénomination de Parapsida. Mais on rejeta plus tard la légitimité de ce taxon (les ichthyosaures sont classés comme "" ou avec les Euryapsida). Les euryapsides semblent en fait dérivés des diapsides, chez lesquels une fosse temporale se serait bouchée, évolution vraisemblablement apparue à plusieurs reprises au cours de l'évolution des reptiles. Toutefois, la classification en quatre sous-classes (ou trois si les Euryapsida sont placés parmi les Diapsida) demeure universellement reconnue par la plupart des scientifiques tout au long du et a seulement été remise en cause par l'avènement de la phylogénétique. Les tortues sont traditionnellement considérées comme des survivantes du groupe des anapsides, leur crâne ne présentant pas d'ouvertures particulières. Cette classification est critiquée, certains scientifiques pensant que les tortues sont des diapsides qui sont revenus à la forme du crâne originelle pour améliorer leur protection, comme le suggère l'acception moderne du clade des Parareptilia. Les études phylogénétiques plus récentes fondées sur la morphologie ont placé les tortues dans le taxon des Diapsida. Toutes les études moléculaires confirment cette hypothèse et place fermement les tortues au sein du groupe des diapsides, les rapprochant généralement des archosaures. Phylogénie. Au , la majorité des paléontologues et des biologistes ont adopté la taxonomie cladiste, suivant laquelle chaque groupe doit former un clade, comprenant l'ensemble des descendants d'un ancêtre particulier. Les reptiles ne correspondent pas à cette définition, et sont clairement un groupe paraphylétique, puisqu'ils excluent les oiseaux et les mammifères, malgré le fait que ceux-ci soient également les descendants des premiers reptiles. Colin Tudge écrit à ce propos : Malgré les propositions pour remplacer le groupe paraphylétique Reptilia par le groupe holophylétique Sauropsida, ce dernier terme ne s'est pas réellement répandu, ou quand il l'est, est généralement mal employé. Généralement on utilise le terme Sauropsida comme un synonyme de Reptilia. En 1988, Jacques Gauthier propose une définition du terme reptile respectant la cladistique, en en faisant un groupe holophylétique incluant les tortues, les lézards et les serpents, les crocodiliens et les oiseaux, ainsi que leurs ancêtres communs et leurs descendants. Cette proposition est mise à mal par l'actuel débat sur l'emplacement réel des tortues dans la classification. D'autres définitions ont été formulées par divers scientifiques à la suite de la publication de Gauthier. La première qui put postuler aux standards de PhyloCode a été publiée par Modesto et Anderson en 2004. Ils ont étudié les diverses définitions publiées précédemment et proposé leur propre définition qu'ils ont voulue la plus proche possible de la définition traditionnelle tout en étant stable et holophylétique. Ils ont ainsi défini le groupe des reptiles comme l'ensemble des amniotes plus proches de "Lacerta agilis" et "Crocodylus niloticus" que de "Homo sapiens". Cette définition revient en fait à la définition de Sauropsida, que Modesto et Anderson ont tenté de rapprocher de Reptilia, cette dernière étant plus connue et plus fréquemment utilisée, bien que la définition inclut les oiseaux. Taxinomie. Classification. Ce taxon est considéré comme paraphylétique ; si les reptiles mammaliens fossiles forment un même clade avec les mammifères, les autres reptiles en forment un autre avec les oiseaux et les dinosaures, celui des Sauropsides, groupe frère du précédent au sein des vertébrés amniotes. Voici la classification évolutionniste proposée par Benton en 2005. Le cladogramme ci-dessous représente en quelque sorte « l'arbre généalogique » des reptiles, dans la version simplifiée proposée par Laurin et Gauthier en 1996 dans le cadre du projet Tree of Life Web Project, avec les informations sur les reptiles les plus primitifs selon Muller et Reisz (2006). Les ordres de reptiles modernes. Testudines. Les tortues sont un groupe très ancien de reptiles, qui comprend aujourd'hui environ espèces réparties dans familles. Elles se caractérisent notamment par la carapace qui les protège des prédateurs. Celle-ci est composée d'un plastron sur la face ventrale et d'une dossière sur le dessus du corps, reliés sur les côtés par deux ponts osseux. Elle est constituée de plaques osseuses et d'écailles reliées au squelette de l'animal. Les tortues sont dépourvues de dents mais possèdent un bec corné leur permettant de trancher les aliments, carnés comme végétaux. Les tortues ont colonisé différents milieux, puisque l'on trouve parmi elles des tortues terrestres mais également des tortues aquatiques affectionnant l'eau douce et des tortues marines qui vivent la plupart du temps en pleine mer, et ne reviennent sur la terre ferme que pour pondre leurs œufs. Leur ordre est constitué de deux groupes principaux : les pleurodires, tortues de l'hémisphère sud qui ont notamment la particularité de rentrer leur tête en formant un S avec leur cou, et les cryptodires, qui rentrent leur tête sans changer son orientation, et qui regroupent la plupart des tortues terrestres et quelques amphibies, et toutes les espèces marines. Ces dernières ont connu un plus grand succès, plus nombreuses et remplaçant souvent les pleurodires. Rhynchocéphales. Ils ne sont plus représentés aujourd'hui que par deux espèces appartenant au genre "Sphenodon". Cet ordre était florissant il y a 200 millions d'années. Ces animaux possèdent un troisième œil et représentent un témoignage de la séparation des lignées ayant abouti aux lépidosauriens (dont les lézards, serpents et sphénodons font partie) d'une part et aux archosauriens (oiseaux et crocodiliens, entre autres) d'autre part. Les deux espèces subsistant aujourd'hui sont endémiques de Nouvelle-Zélande. Elles constituent la branche divergeant le plus précocement dans l'arbre phylogénétique actuel des lépidosauriens. Le cerveau et le mode de locomotion présentent des états de caractères ancestraux d'amphibiens et l'organisation du cœur est plus simple que chez les autres reptiles. Squamates. Le groupe des squamates est le groupe qui compte la plus grande diversité d'espèces avec environ . Ils regroupent des animaux qui ont la particularité de changer régulièrement de peau en muant par lambeau, voire en laissant l'intégralité de leur vieille peau derrière eux. On les répartit en cinq sous-ordres : Crocodiliens. Les crocodiliens forment un groupe de espèces réparties en trois groupes, les Crocodylidae (crocodiles et faux-gavials), les Alligatoridae (alligators et caïmans) et les Gavialidae (gavials). Ces animaux sont bien adaptés à la vie aquatique. Ils ont un corps oblong fortement aplati, des pattes semi-palmées placées latéralement qui leur permettent de se déplacer en faisant traîner leur corps sur le sol, une longue queue garnie d'écailles et une large tête avec un long museau plat qui leur permet de rester immergés à l'exception de leur nez et leurs yeux. Ces animaux sont les reptiles les plus proches des oiseaux. Ils ont une anatomie plus complexe que la plupart des autres espèces, notamment au niveau de la circulation sanguine avec leur cœur à quatre cavités. Ils font partie des seuls reptiles à développer des relations sociales évoluées avec la mise en place d'une hiérarchie dans le groupe, et à avoir un véritable comportement maternel. Un groupe hétérogène aux limites floues. Les reptiles sont des animaux très divers chez lesquels on trouve peu de caractéristiques communes tant sur le point morphologique que physiologique. Ils partagent seulement les caractères de base comme la peau écailleuse, observés par les premiers scientifiques qui se sont intéressés à la classification des animaux sur quelques spécimens, et qui ont servi à définir le groupe autrefois. Par ailleurs, certains comme les crocodiliens sont plus proches des oiseaux, groupe de non-reptiles, que des autres ordres de reptiles. Les fossiles jadis considérés comme reptiles compliquent encore l'appréciation du groupe, puisque ceux-ci présentent une diversité encore bien plus importante que celle des reptiles actuels. Ils avaient colonisé tous les milieux, avec les dinosaures sur terre, les ichthyosaures et les mosasaures dans les mers et les ptérosaures dans les airs, et comprenaient pas moins de 16 ou 17 ordres, contre 4 actuellement. De plus, certains fossiles de dinosaures à plumes proches de l'origine des oiseaux ("Archaeopteryx"...), ou les reptiles mammaliens, à l'origine des mammifères, sont à la marge du regroupement, et compliquent sa définition. Il est encore plus difficile de classer les fossiles entre amniotes et amphibiens. Il est habituel de considérer comme amphibiens tous les tétrapodes non-amniotes ce qui, strictement, est inexact. La distinction entre ces groupes est d'autant plus difficile que la séparation est plus ancienne. L'arbre phylogénique témoignant de cette séparation est le suivant : Anatomie et morphologie. Le taxon des reptiles étant paraphylétique, il ne regroupe pas tous les animaux qui descendent d'un même ancêtre commun. Autrement dit, d'un point de vue strictement temporel, les oiseaux sont plus proches des crocodiliens que ces derniers ne le sont des lézards. On retrouve donc des caractéristiques communes aux oiseaux et aux crocodiliens qui sont absentes chez les tortues, les lézards et les serpents. En outre le dernier ancêtre commun à toutes ces espèces est très éloigné, par conséquent le terme reptile regroupe des animaux aux morphologies et caractéristiques anatomiques diverses, et qui n'ont que peu de caractéristiques en commun (d'où le rang taxonomique relativement élevé de classe). On observe par exemple de fortes variations de taille entre les représentants du groupe, dans lequel on retrouve les plus petits amniotes, des geckos du genre "Sphaerodactylus", et des animaux comme le Crocodile marin qui peut atteindre une tonne. Les plus grands animaux que la Terre ait portés étaient également des reptiles, les dinosaures. Aspect général. Les reptiles sont des animaux vertébrés tétrapodes, bien que les membres aient régressé ou sont même complètement absents chez certains d'entre eux comme les serpents, les orvets et les amphisbènes. Leur corps est couvert d'écailles. Certains sont protégés par des plaques osseuses, formant même une carapace chez les tortues. Ils peuvent avoir divers attributs supplémentaires comme des crêtes, des fanons gulaires, des épines dorsales, des cornes… Leur corps se termine par une queue plus ou moins fusiforme. Les reptiles respirent tous à l'aide de poumons, plus ou moins complexes suivant les espèces. Ils ne disposent en revanche pas des caractéristiques propres aux mammifères comme les poils ou un diaphragme, remplacé chez les sauropsides par une couche de mésentère à la fonction identique. Ils ne disposent pas non plus de plumes, ce qui les distingue des oiseaux, mais comme eux leur respiration est assurée par les contractions de l'ensemble des muscles abdominaux et intercostaux. Les reptiles ne disposent pas d'un cœur à quatre cavités identiques aux mammifères et aux oiseaux, mais d'un cœur à deux oreillettes et un ventricule, ce dernier étant partiellement cloisonné en deux chez les crocodiliens. Différences anatomiques entre reptiles et amphibiens actuels. Si les différences entre les amphibiens avancés et les premiers reptiles au Carbonifère étaient très peu marquées, ils se distinguent aujourd'hui facilement par leurs caractéristiques morphologiques. Les reptiles et les amphibiens modernes diffèrent tout d'abord par leur peau. Celle-ci est souple et toujours humide chez les amphibiens, et facilite les échanges gazeux avec son environnement. Chez les reptiles elle est sèche et écailleuse, et les échanges avec le milieu sont beaucoup plus rares. Au niveau de l'anatomie interne, le crâne des reptiles est relié au reste de la colonne vertébrale par un seul condyle occipital, contre deux chez les amphibiens, et le sacrum est composé d'au moins deux vertèbres, contre une seule chez les amphibiens. Ces derniers ont un cœur composé d'un seul ventricule, quand il est au moins partiellement divisé chez les reptiles. Enfin les amphibiens ont des canaux communs pour desservir leurs reins et leurs gonades, tandis qu'ils sont distincts chez les reptiles. Ces derniers sont par ailleurs capables de concentrer leur urine en réabsorbant de l'eau alors que les amphibiens ont une urine très diluée et leur système excréteur nécessite une grande quantité d'eau pour fonctionner. Écologie et comportement. La majorité des reptiles est carnivore. Ils se nourrissent de diverses proies, des plus petites comme les insectes, les petits crustacés, les mollusques ou les araignées, à de plus grosses comme des mammifères tels que les gnous ou les gazelles. Certains d'entre eux sont également herbivores, et ont développé des adaptations en lien avec ce régime, notamment au niveau du tractus digestif et de sa flore. Du fait de leur métabolisme lent (mais accéléré par la chaleur), et de leur assimilation lente des proies de grandes tailles, la plupart des reptiles sont capables de jeûner sur de longues périodes. Les reptiles sont des animaux dits à sang froid, ou poïkilothermes, c'est-à-dire que leur température interne n'est pas stable mais dépendante de celle du milieu extérieur, mais là encore certains font exception, une étude de 2010 ayant montré que certains reptiles marins aujourd'hui disparus tels que le mosasaure, l'ichtyosaure et le plésiosaure parvenaient à maintenir une température plus élevée que celle de leur milieu grâce à la chaleur produite par leur métabolisme. Lorsque les températures sont trop froides ou trop élevées, les reptiles entrent en léthargie et hibernent ou estivent suivant la situation. On considère généralement que les reptiles sont moins intelligents que les mammifères ou les oiseaux. La proportion de la taille de leur cerveau par rapport à leur corps est nettement moins élevée que celle des mammifères et la moelle épinière représente une forte proportion de l'ensemble du système nerveux. Leur quotient d'encéphalisation représente ainsi seulement un dixième de celui des mammifères. Toutefois certains reptiles de grande taille présentent un système nerveux plus complexe. De grands lézards comme les varans sont connus pour présenter des comportements évolués et donc une certaine intelligence. Les crocodiliens, au cerveau plus développé, sont en mesure de présenter un système hiérarchique de fonctionnement en groupe assez complexe. Locomotion. Les reptiles ont conservé la disposition ancestrale des Tétrapodes, celle du membre transversal (membre qui se plie en Z chez les Amphibiens du Primaire, les Urodèles et Reptiles actuels) alors que les Mammifères et les Tétrapodes non mammaliens, secondairement bipèdes (certains Dinosauriens, Oiseaux), ont adopté le membre parasagittal qui assure une meilleure sustentation et locomotion. Reproduction. Les reptiles sont des amniotes. Ils sont majoritairement ovipares mais certains sont vivipares. Chez les espèces ovipares, le sexe est souvent déterminé par des conditions environnementales, et notamment par la température. Le « taux de survie » des juvéniles est un des paramètres critiques de démographie et survie d'une espèce. Les jeunes reptiles, très discrets sont rarement observés et ne sont pas trouvés lors des programmes de suivi par marquage-recapture. On en a déduit que les taux de survie des juvéniles sont très faibles. Cette hypothèse est contredite par des travaux récents de modélisation. Ceux-ci ont indirectement estimé les taux de survie des juvéniles nécessaires au maintien d'une population stable, d'après les données publiées sur la démographie des reptiles et les taux de survie des adultes dans 109 populations de reptiles (englobant ). Les taux estimés de survie des juvéniles seraient en fait bien plus élevés que ce que l'on pensait (en moyenne, seulement environ 13 % moindres que ceux des adultes de la même espèce) et fortement corrélée au taux de survie des adultes. Selon ces mêmes travaux, les taux de survie au cours de la vie (des juvénile et des adultes) devraient être plus élevés chez les tortues que chez les serpents, et plus chez les serpents que les lézards. Conformément aux théories de l'évolution, les taux de survie des juvéniles seraient plus élevés au sein des squamates vivipares que chez les ovipares (mais le nombre total de jeunes est moindre). La croyance répandue que les reptiles juvéniles ont un faible taux de survie annuel résulterait donc de difficultés d'échantillonnage. Il reste à expliquer comment les jeunes reptiles échappent autant aux observateurs naturalistes. Distribution et habitat. Les reptiles sont présents sur quasiment l'intégralité de la surface du globe, à l'exception des zones trop froides à proximité des pôles. Comme ce sont des animaux à sang froid, ils préfèrent tout de même les températures assez élevées, et leur présence et leur diversité deviennent plus importante à proximité des tropiques. Ainsi, les continents les plus riches en reptiles sont l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud. Les reptiles peuvent s'adapter à des habitats très différents. On les trouve très présents dans les forêts tropicales, avec une très forte diversité d'espèces, mais ils peuplent également les déserts, où l'on retrouve des lézards et des serpents qui s'abritent durant la journée et sortent la nuit. Dans les zones montagneuses les lézards aiment se cacher dans des amas de pierres, et certains serpents se sont spécialisés dans les zones d'altitude comme la Vipère d'Orsini ("Vipera ursinii") que l'on trouve dans les hautes montagnes d'Europe à des altitudes avoisinant . Certains reptiles sont dits fouisseurs et passent une partie de leur vie sous la terre comme les amphisbènes. Les reptiles ont également colonisé les milieux aquatiques : les crocodiliens, certaines tortues comme la Cistude d'Europe et certains serpents comme l'anaconda, le Mocassin d'eau et les couleuvres sont à leur aise dans les rivières et lacs d'eau douce, quand les tortues marines sont présentes dans tous les océans du monde, et ne rejoignent la terre ferme que pour se reproduire. Les serpents marins représentent un niveau d'adaptation supérieur, puisqu'ils ne retournent plus du tout à terre pour la plupart d'entre eux, et ont adopté un cycle de vie exclusivement marin. De nombreuses espèces ont des mœurs arboricoles, comme les serpents ou les lézards. Certains peuvent se déplacer d'arbres en arbres en « planant » comme les dragons volants et dans une moindre mesure certains serpents comme les couleuvres volantes. Histoire évolutive. Origine des reptiles. Les reptiles sont apparus il y a environ 320 ou dans les marais de la fin du Carbonifère, et sont issus de l'évolution d'animaux reptiliomorphes avancés. Ceux des reptiliomorphes qui sont devenus amniotes se distinguent des amphibiens par leur œuf, dont la coquille solide leur permet d'être pondu à même le sol. Ceci permet aux reptiles de coloniser le milieu terrestre en y passant l'intégralité de leur temps, tandis que les amphibiens restent plus ou moins inféodés au milieu aquatique. Ce type d'œuf, appelé œuf amniotique, est l'apanage des amniotes, un taxon d'animaux dont les premiers représentants peuvent être qualifiés de reptiles. Le plus ancien amniote connu est "Casineria", considéré comme un reptile primitif plutôt que comme un amphibien avancé. Une série d'empreintes fossiles retrouvées en Nouvelle-Écosse, datant d'il y a , présente les orteils et les empreintes d'écailles caractéristiques des reptiles. Ces empreintes sont attribuées à "Hylonomus", le premier amniote incontestable connu. Il s'agissait d'un petit animal à l'allure de lézard, d'environ 20 à de long, avec de nombreuses dents pointues attestant de son régime insectivore. Parmi les plus anciens reptiles connus on répertorie également "Westlothiana", qui est toutefois pour le moment plutôt considéré comme un amphibien reptiliomorphe que comme un véritable amniote et "Paleothyris", qui ont une allure et des comportements similaires à "Hylonomus". Radiation des reptiles. Les premiers reptiles étaient anapsides, présentant un crâne plein avec seulement des ouvertures pour les yeux, le nez, la colonne vertébrale. Très rapidement après l'apparition des premiers reptiles, ceux-ci se scindent en deux branches. Une de ces branches, les Synapsida (incluant les reptiles mammaliens ainsi que les mammifères actuels et éteints), a une ouverture dans le crâne, juste derrière l'œil ; l'autre branche, celle des Diapsida, présente, en plus du trou situé derrière chaque œil, un second trou plus haut dans le crâne. Ces trous laissent dans le crâne de la place pour les muscles de la mâchoire, permettant une morsure plus puissante. Les premiers reptiles restent d'abord de taille modeste, car certains amphibiens comme "Cochleosaurus" les surpassent en taille, et ces reptiles ne représentent qu'une très faible part de la faune avant le changement climatique qui marque la seconde partie du Carbonifère. Au Carbonifère supérieur, le climat devient plus aride à partir de la fin du Moscovien, il y a environ d'années. Ce changement assez brusque de climat affecte plusieurs grands groupes d'animaux, notamment les amphibiens, alors que les reptiles survivent un peu mieux, certainement mieux adaptés aux conditions sèches qui s'ensuivent. Les amphibiens doivent retourner pondre leurs œufs dans l'eau, à la différence des reptiles aux œufs munis d'une coquille qui peuvent vivre loin des points d'eau. Les reptiles colonisent dès lors de nouvelles niches écologiques à une vitesse supérieure que précédemment, et surtout plus vite que les amphibiens. Ils développent de nouvelles stratégies alimentaires, certains d'entre eux devenant herbivores, d'autres devenant carnivores, alors qu'ils étaient tous au départ uniquement insectivores et piscivores. À partir de cette période, les reptiles dominent la vie terrestre et présentent une diversité bien supérieure à celle des amphibiens, préparant le Mésozoïque que l'on considérait jadis comme l'« ère des reptiles ». Les reptiles du Permien. À la fin du Carbonifère, les reptiles sont la faune tétrapode dominante. Tandis que les amphibiens reptiliomorphes existent toujours, les synapsides forment la première mégafaune terrestre à travers pélycosaures comme "Edaphosaurus" et le carnivore "Dimetrodon". Au milieu du Permien, le climat devient plus sec, ce qui provoque un changement de la faune : les pélycosaures sont remplacés par les thérapsides, mieux adaptés. Au Permien, ces animaux dominent largement la faune terrestre et on considère que 6 reptiles sur 7 sont des thérapsides. Les anapsides, dont le crâne massif ne présente aucune ouverture postorbitale, sont toujours très présents tout au long du Permien. Les paréïasaures atteignent notamment de très grandes proportions dans la seconde partie du Permien, avant de disparaître à la fin de cette période (les tortues pourraient en être des survivants). Très tôt au cours de cette période, les diapsides se séparent en deux grandes lignées, les archosaures (groupe des crocodiliens, des dinosaures et donc des oiseaux) et les lépidosauriens (qui donneront plus tard les serpents, lézards et sphénodons que l'on connaît aujourd'hui). Ces deux groupes gardent une petite taille et une allure de lézard durant le Permien. Le Mésozoïque, anciennement appelé « ère des reptiles ». Le terme d'« ère des reptiles » a été abandonné car le groupe des mammifères, qui a connu une explosion radiative après l'extinction des grands archosaures, est apparu en même temps que ceux-ci et, si les mammifères du Mésozoïque étaient de taille inférieure à celle des archosaures, ils étaient en revanche très nombreux. Par ailleurs, si les dinosaures ont produit des espèces de grande taille, la plupart d'entre eux étaient de taille moyenne (comme "Ornithomimus" ou "Variraptor") ou petite (comme "Compsognathus"), à l'image des mammifères ou des oiseaux actuels. Ainsi, notre image du Mésozoïque s'est trouvée profondément modifiée par les découvertes récentes. La fin du Permien marque une des plus grandes périodes d'extinction, un phénomène qui se prolonge à cause de deux fortes extinctions d'espèces. La plupart des grands anapsides et synapsides disparaissent, remplacés par les archosauromorphes. Les archosaures prennent alors diverses formes, et plusieurs se caractérisent par des pattes postérieures allongées et une posture plus ou moins dressée qui faisait ressembler les plus anciennes espèces à des crocodiliens à longues pattes. Les archosauriens deviennent le groupe de reptiles dominant du Trias, mais il faut tout de même pour que leur diversité soit aussi importante que durant le Permien. Petit à petit la bipédie devient courante chez ces animaux, même les plus petits, ce qui leur confère une plus grande vitesse. Toutefois d'autres groupes d'archosaures adoptent une démarche à quatre pattes avec des pattes assez courtes, comme les phytosaures puis les crocodiliens. Les dinosaures sont des archosaures. À la suite de l'extinction de diverses espèces d'archosaures vers la fin du Trias, ils investissent rapidement les niches écologiques laissées vacantes et prennent de l'importance. Ils se divisent rapidement en deux grands ordres, les Ornithischia et les Saurischia. On retrouve chez eux la bipédie de leurs ancêtres, même si certains retourneront par la suite à une posture quadrupède. Au cours du Mésozoïque, le groupe des dinosaures va connaître une importante radiation et former divers ordres et sous-ordres très différents les uns des autres, tant pas leur aspect que par leurs mœurs. Certains sont ainsi devenus les plus grands animaux terrestres ayant existé. Le Mésozoïque est donc parfois appelé l'« ère des dinosaures », animaux dont certains ont développé l'endothermie, comme le prouve la vascularisation de leurs os et divers autres indices, de la même manière qu'elle est apparue chez les reptiles mammaliens, mais la question de savoir si tous les dinosaures étaient endothermes reste fortement débattue dans le milieu scientifique. Les dinosaures ont également pris de nombreuses formes plus petites, comme celle des petits théropodes à plumes qui, au milieu du Jurassique, vont donner naissance aux premiers oiseaux, et c'est surtout parmi ces formes que l'endothermie est probable. Les diapsides lepidosauromorphes pourrait être à l'origine des reptiles marins. Ces reptiles forment le groupe des sauroptérygiens au début du Trias et celui des ichtyosaures au milieu du Trias. Les mosasaures apparaissent également durant le Mésozoïque, au milieu du Crétacé il y a environ 100 Ma. La disparition des dinosaures. L'extinction Crétacé-Tertiaire à la fin du Crétacé voit la disparition de tous les groupes de dinosaures du Mésozoïque à l'exception des oiseaux. Parmi les grands reptiles marins, seules les tortues marines survivent, et parmi les dinosaures, seule une famille de petits théropodes, celle des oiseaux. C'est là que l'ancienne imagerie descriptive de la paléontologie plaçait la fin de l'« ère des reptiles » et le début de l'« ère des mammifères ». En fait, il n'en est rien, si l'on considère que les oiseaux, qui sont des dinosaures, colonisent les premiers, avant les mammifères, les niches écologiques laissées vides par les dinosaures non-aviens, et que les mammifères, apparus en même temps que les dinosaures, étaient également bien représentés au Mésozoïque (eux aussi ont payé un lourd tribut à l'extinction) ; tout au plus peut-on parler d'une « ère des gros dinosaures » suivie par une « ère des gros mammifères » (avec une période des « gros oiseaux » entre les deux, au Paléocène et à l'Éocène). La diversification des reptiles continue tout au long du Cénozoïque, les squamates prenant une plus grande importance que lors du Mésozoïque. Aujourd'hui ceux-ci constituent la majorité des reptiles existants (plus de 90 %). On compte actuellement de reptiles, contre de mammifères et près d'une dizaine de milliers d'oiseaux. Les reptiles et l'homme. Les reptiles dans la culture. La symbolique des reptiles est particulièrement complexe, ces animaux ayant parfois mauvaise réputation, représentant le mal en personne comme le serpent, mais inspirant le respect, et pouvant même être sacralisés comme certains crocodiliens en Afrique. Symbolique des reptiles dans les mythes, croyances et religions. On retrouve les reptiles dans de nombreux cultes très anciens. Ainsi, les aborigènes d'Australie vénéraient le serpent arc-en-ciel comme l'un de leurs plus puissants êtres ancestraux, protecteur de son peuple. Dans les civilisations d'Amérique du Sud, les Aztèques et les Toltèques vénéraient Quetzalcoatl, littéralement le « serpent à plumes », un dieu bienfaisant très respecté. Chez les Romains et les Grecs, le dieu de la médecine, qu'ils appelaient respectivement Esculape et Asclépios, avait un serpent autour de son bâton, un symbole repris par la suite dans les professions médicales sous la forme du caducée. Les Égyptiens vouaient eux un culte aux crocodiles sacrés du Nil, dont certains étaient même momifiés après leur mort. Ce culte demeure en Afrique encore aujourd'hui, certains villages du Burkina Faso ont leur mare aux crocodiles sacrés. Le dieu de l'eau dans la mythologie égyptienne était d'ailleurs Sobek, un dieu à tête de crocodile. Cette mythologie comprend également un grand nombre de dieux pouvant prendre la forme d'un serpent, souvent d'un cobra. De nombreuses cultures reprennent l'image de l'ouroboros, un serpent se mordant la queue et représentant l'infini, le cycle éternel de la nature. Il fut d'ailleurs repris par les mathématiciens à travers la lemniscate, un huit couché symbolisant l'infini. La mauvaise réputation des reptiles est plus récente. Dans la Bible par exemple, le serpent est l'animal du péché originel, qui trompa Ève et provoqua l'exclusion d'Adam et Ève du jardin d'Eden. La punition du serpent fut de devoir ramper. Sa forme phallique lui a aussi valu la symbolique de la luxure et du péché. Reptiles imaginaires. Même si l'on ne peut pas réellement parler de reptiles, de nombreux animaux issus de l'imagination humaine partagent un grand nombre de traits communs avec ces animaux. L'exemple le plus connu est le dragon, gigantesque reptile écailleux généralement pourvu d'ailes et que l'on retrouve dans les mythologies du monde entier. Le dragon n'a pas la même signification suivant la civilisation. Il est un symbole de vie et de puissance en Chine, un protecteur en Indonésie, un gardien de trésors en Grèce antique ou encore un être maléfique et ravisseur de princesses en Europe médiévale. Les gigantesques reptiles marins contemporains des dinosaures comme les plésiosaures ont également inspiré les hommes. On retrouve de telles créatures dans la mythologie maritime à travers les serpents de mer, mais aussi dans d'autres légendes comme celle du monstre du Loch Ness, une sorte de plésiosaure qui vivrait dans le lac du même nom en Écosse. Reptiles dans l'art. En peinture, les reptiles sont surtout représentés à travers la mythologie ou la religion dans laquelle ils prennent une place importante. Ainsi, des scènes comme le serpent incitant Ève à manger le fruit défendu ou Saint Georges tuant le dragon ont été représentées par de très nombreux artistes. Les dragons, reptiles imaginaires, ont également inspiré de très nombreux sculpteurs. On retrouve aussi des reptiles au cinéma, notamment dans des films d'horreur comme "La Femme reptile" (1966), "L'Incroyable Alligator" (1980), "Anaconda, le prédateur" (1987), "Black Water" (2007), "Reptiles" et "Reptile". Ils ont également inspiré le titre du western "Le Reptile" (1970), même si ces animaux n'ont pas grand-chose à voir avec l'intrigue du film. Ce sont aussi les héros des différents films, dessins animés et bandes dessinées de la série des tortues ninja. Les reptiles qui ont le plus grand succès dans ce domaine sont sans conteste les dinosaures, qui occupent une place majeure dans divers œuvres comme le roman de Conan Doyle de 1912 "Le Monde Perdu", dont de nombreux films ont repris la trame, et celui de Michael Crichton de 1990, "Jurassic Park", qui a inspiré la célèbre série de films de Steven Spielberg, ou encore les films majeurs "King Kong" (1933) et "Godzilla" (1954) et ceux qui en ont découlé. Pour les plus jeunes, les dinosaures sont les personnages principaux de diverses séries animées comme "Denver, le dernier dinosaure" ou "Le petit dinosaure". Les reptiles humanoïdes sont également des personnages récurrents de la science-fiction, et apparaissent à la télévision comme dans la série "V" et son remake "V (2009)", au cinéma ou dans divers jeux vidéo. Les reptiles dans l'économie. Élevage des reptiles. L'élevage des reptiles, qui reste marginal par rapport aux autres types d'élevage, se développe dans différents points du globe. Ainsi, l'élevage de l'alligator, principalement pour sa peau mais aussi pour sa viande, est en expansion en Floride, au Texas et en Louisiane. La production de ces trois états s'élève à par an. Une peau d'alligator, utilisée par la maroquinerie de luxe se négocie à environ pièce en 2010. En Asie, ce sont les crocodiliens qui sont de plus en plus présents dans les fermes. Certains devenaient tellement rares à l'état sauvage qu'ils ne pouvaient plus faire l'objet d'une exploitation commerciale. L'apparition des élevages dans les années 1960, quand on a réussi à faire reproduire cet animal en captivité, a permis de redonner espoir quant à la sauvegarde de certaines espèces dans la nature. L'élevage peut produire des crocodiliens destinés à être abattus pour leur viande, qui sont consommés dans divers pays d'Asie comme la Chine, mais le débouché le plus recherché est la maroquinerie. Comme les peaux doivent être en parfait état pour s'introduire sur ce marché, les animaux sont souvent placés dans des cages individuelles pour ne pas qu'ils se battent entre eux et se blessent. En Afrique aussi l'élevage de reptiles est en pleine expansion, exportant des animaux en Europe et aux États-Unis pour devenir animaux de compagnie ou alimenter l'industrie de la peau de reptiles. De petits élevages visent également à approvisionner le marché local de la viande de reptile, certains consommateurs des villes étant par exemple demandeurs de viande de python. En France, l'article 8 de l'arrêté du 8 octobre 2018 du ministère de la Transition écologique et solidaire contraint tout détenteur d'animaux d'espèces non domestiques à tenir un registre d'entrée et de sortie de ces animaux. Reptiles dans l'alimentation humaine. Dans de nombreux pays la consommation de reptiles est une pratique courante pour assurer la subsistance des populations locales. C'est notamment le cas dans divers pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique où la pratique est ancrée. Toutefois, la consommation de viande de reptiles prend de plus en plus d'importance. C'est le cas notamment en Asie où elle est bien implantée et représente même une activité économique non négligeable, comme en Chine par exemple. La consommation de serpent y daterait de plus de et environ à tonnes de serpents sont commercialisées chaque année dans ce pays. La consommation de reptiles est en augmentation, et les Chinois sont importateurs de divers animaux comme les serpents et les crocodiliens venus d'Asie du Sud-Est. Une étude menée entre 1993 et 1996 a évalué qu'entre 2 et d'animaux sauvages transitaient quotidiennement de manière illégale à travers la frontière sino-vietnamienne, à destination des marchés et restaurants des villes frontalières de la région autonome du Guangxi. La chair de tortue est considérée comme un mets délicat dans de nombreuses cultures. La soupe de tortue a longtemps été un plat noble dans la gastronomie anglo-américaine et l'est toujours dans certaines régions d'Extrême-Orient. Les plats à base de gophère étaient également populaires dans certaines populations de Floride. La tortue est également un aliment traditionnel de l'île de Grand Cayman où des élevages de tortues marines pour la consommation se sont développés. La consommation de viande de crocodile et d'alligator se développe beaucoup en marge de l'élevage de ses animaux pour leur peau. La viande de crocodilien est une viande claire proche de la viande de volaille, qui est peu grasse et assez bien pourvue en protéines. Son marché se développe aux États-Unis mais aussi en Europe, et est également très important en Chine et en Asie du Sud-Est. La maroquinerie de luxe. La peau de reptiles est particulièrement recherchée par la maroquinerie de luxe. Une fois la peau retirée de l'animal, elle est tannée, puis elle est utilisée pour fabriquer des sacs à main, des bracelets de montre, des porte-monnaie, des chaussures ou des ceintures. L'origine de ces peaux n'est pas toujours claire, une partie provenant d'élevage légal mais une autre provenant du braconnage. Ce marché est particulièrement lucratif, et génère de très fortes valeurs ajoutées qui encouragent le trafic illégal. Il n'est pas très facile d'évaluer l'ampleur du commerce international de peau de reptiles, qui représente certainement des millions d'euros, à cause du très vaste marché illégal. Rien que pour sa partie légale, on estime que 10 à de peaux de reptiles sont commercialisées dans le monde chaque année. Certaines espèces sont particulièrement concernées. Ainsi, en 2004, on estime que , tégus et ont alimenté le commerce international de peaux de reptile. Les crocodiliens et les petits varans comme le varan malais paient aussi un lourd tribut. Toutes ces peaux sont généralement importées par les pays développés d'Amérique du Nord et d'Europe. Entre les années 2000 et 2005, près de de peaux de lézard, de peaux de crocodilien et de peaux de serpent sont entrées légalement ou illégalement aux États-Unis. En Europe, c'est également près de deux millions de peaux de reptile qui sont vendues chaque année au début des années 2000. Utilisation dans la médecine traditionnelle et la cosmétique. Les venins des serpents contiennent de très nombreuses molécules dont certaines peuvent être utilisées en médecine. Ils font l'objet de diverses recherches afin de découvrir de nouveaux principes actifs, et ont permis d'isoler des médicaments utilisés contre les angines de poitrine, des régulateurs de pression artérielle et des analgésiques. La toxine botulique du venin de cobra entre dans la composition du botox. Le venin de serpent est largement utilisé en médecine traditionnelle, notamment dans les pays asiatiques et africains. La tortue est également utilisée en médecine traditionnelle. C'est notamment le cas de l'émyde mutique au Cambodge, aujourd'hui quasiment disparue, qui était utilisée pour les soins post-nataux. La carapace de la tortue d'Hermann est utilisée dans la médecine traditionnelle en Serbie. La médecine chinoise traditionnelle utilise beaucoup les plastrons de tortues dans différentes préparations. L'une des plus connues est la gelée de tortue, la guilinggao. La seule île de Taïwan importe des centaines de tonnes de plastrons tous les ans. Reptiles animaux de compagnie. Les reptiles peuplent de plus en plus les terrariums de particuliers en tant qu'animaux de compagnie. Parmi les reptiles les plus fréquemment rencontrés en terrariophilie, on trouve les serpents non venimeux comme les pythons et les boas, les geckos, les iguanes, les tortues terrestres ou d'eau douce ou des caméléons, qui attirent les amateurs notamment par leurs changements de couleur. On compte pas moins de de reptiles dans de foyers aux États-Unis en 2011 et ils sont particulièrement populaires au Royaume-Uni avec neuf millions d'animaux, soit plus que le nombre de chiens du pays. En France on compte environ un million de reptiles parmi les animaux de compagnie en 2004. Le marché des reptiles comme nouveaux animaux de compagnie (NAC) est en pleine expansion et se révèle très lucratif, tant pour le marché légal que pour le marché illégal qui s'approvisionne directement dans la nature sans autorisation. L'élevage de reptiles comme animaux de compagnie pose également parfois des problèmes de marronnage, s'ils sont relâchés dans la nature. C'est le cas avec la tortue de Floride qui a été importée massivement en Europe par les animaleries à la fin du et relâchée en grand nombre dans la nature, par des propriétaires incapables de s'occuper de leur tortue devenue grande. Elle a réussi à s'acclimater et est devenue invasive en France où elle prend peu à peu la place de la tortue indigène, la Cistude. Divertissements. Les reptiles sont bien représentés dans les zoos à travers le monde entier, souvent dans des vivariums plus ou moins importants. Certains parcs sont même spécialisés dans les reptiles, comme en France l'île aux Serpents dans la Vienne ou La Ferme aux crocodiles dans la Drôme qui disposent d'enclos. C'est aussi le cas de l'Alice Springs Reptile Centre qui accueille des reptiles endémiques d'Australie, du St. Augustine Alligator Farm Zoological Park en Floride qui est le seul parc où toutes les espèces de crocodiliens sont représentées, ou de Reptile Gardens, à côté de Rapid City dans le Dakota du Sud qui héberge la plus vaste collection de reptiles au monde. Des démonstrations sont parfois organisées autour de ces animaux, mettant par exemple en scène des dresseurs de crocodiliens qui manipulent ces animaux réputés féroces. En Australie, des croisières sont organisées pour observer les Crocodiles marins avec pour principale attraction les sauts de ces animaux pour attraper des morceaux de viande tendus au bout de cannes. En Afrique du Nord et en Asie du Sud (Inde, Bangladesh, Sri Lanka, etc.), des charmeurs de serpents impressionnent les passants en paraissant envoûter des serpents ondulant au rythme de la musique qu'ils jouent. En Martinique, des combats entre un serpent et une mangouste sont organisés à l'image des combats de coqs, mais ne font pas l'objet de paris. Menaces que représentent les reptiles pour l'homme. Danger des reptiles pour l'homme. Les reptiles qui font le plus de victimes parmi les populations humaines sont sans conteste les serpents. En effet, le venin de certains est mortel si la blessure n'est pas soignée à temps. Il est très difficile de recenser le nombre d'attaques par des serpents et le nombre de morts. Elles demeurent relativement peu élevées dans les pays de l'hémisphère nord, mais sont très fréquentes en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. On estime le nombre de morsures annuelles à plus de cinq millions dont la moitié par des serpents venimeux, et le nombre de morts à environ par an, dont pas moins de en Asie. Parmi les serpents venimeux dangereux, on note notamment les cobras et d'autres élapidés comme les mambas et les taipans, les crotales, les vipéridés. Les crocodiliens ont une réputation de mangeurs d'homme et peuvent en effet présenter un véritable danger. Ils deviennent particulièrement dangereux pendant la période de reproduction, durant laquelle ils protègent leur territoire contre tout intrus. Ils attaquent parfois des pirogues traversant leur territoire sans forcément s'en prendre aux passagers. Des cas plus sérieux de personnes se baignant ou lavant du linge dans les rivières et emportés par un crocodile se produisent aussi régulièrement Aux États-Unis environ 200 attaques d'alligators ont été relevées depuis 1948, dont 14 mortelles. En Australie, on comptabilise en moyenne une attaque mortelle de crocodile marin par an, généralement dans le nord du pays. Mais, c'est clairement en Afrique que les crocodiles font le plus de victimes. Il est toutefois difficile d'avoir des données claires car les décès ne sont pas forcément tous recensés, et on ne peut pas toujours savoir si une disparition a été causée ou non par une attaque de crocodile. On estime cependant le nombre de morts consécutives à des attaques de Crocodile du Nil à plusieurs centaines par an en Afrique sub-saharienne. Peur des reptiles. Depuis toujours les reptiles inquiètent les hommes. La peur des reptiles est une des peurs les plus courantes, et peut provoquer une panique presque incontrôlable chez certaines personnes. On l'appelle herpétophobie, et la peur des serpents, qui est particulièrement répandue, est appelée ophiophobie. Ces réactions peuvent tout d'abord s'expliquer par le danger que ceux-ci représentent ; une morsure de serpent, si elle n'est pas systématiquement mortelle, nécessite souvent des soins importants. Par ailleurs, il pourrait y avoir une part d'instinctif dans la peur des reptiles, et notamment celle des serpents, puisque chez de nombreux mammifères cette réaction semble innée, ou du moins les animaux possèdent de très fortes prédispositions pour développer cette peur. Protection des reptiles. Menaces autour des reptiles. Dans certains pays, les reptiles sont victimes du braconnage. Les animaux ainsi chassés sont utilisés pour l'alimentation, la médecine traditionnelle et pour leur peau, qui une fois tannée peut être utilisée dans l'industrie du luxe pour confectionner des bracelets de montre, des sacs à main ou des portefeuilles, vendus en Europe et en Amérique du Nord. Le marché des NAC s'approvisionne lui aussi largement auprès de braconniers qui prélèvent des animaux à l'état sauvage, le marché des NAC est une menace importante pour les espèces rares de reptiles qui voient leurs effectifs chuter dans leur milieu d'origine pour approvisionner les terrariums, avec souvent des pertes importantes durant le voyage. Malgré l'émergence d'élevages, ceux-ci ne parviennent pas pour le moment à enrayer le commerce illégal, et sont eux-mêmes demandeurs d'animaux capturés dans la nature, afin de constituer leurs animaux reproducteurs. Les reptiles sont parfois tués simplement du fait de leur mauvaise réputation. Ainsi les serpents sont régulièrement détruits, même les espèces inoffensives, car on redoute qu'ils soient dangereux pour l'homme. Les attaques de crocodiles sont généralement suivies d'expéditions punitives qui font de nombreuses victimes parmi eux. Parmi les menaces qui planent sur les reptiles on compte notamment la disparition de leur habitat. En effet, l'urbanisation croissante, la pollution des eaux, la déforestation qui touche certaines grandes forêts du globe, comme en Asie tropicale, réduisent fortement les aires où les reptiles vivent. Les routes constituent également un danger important pour des animaux comme les tortues qui sont fréquemment écrasées par des voitures. Les tortues marines, qui sont particulièrement menacées, sont parfois victimes de prises accidentelles dans les filets de pêche. Certaines espèces invasives peuvent mettre en danger l'herpétofaune locale. Ainsi, l'arrivée des rats amenés par les pionniers en Nouvelle-Zélande a été suivie par la disparition des sphénodons sur les îles principales, ces rongeurs s'attaquant aux pontes des reptiles. L'espèce invasive peut parfois être un autre reptile comme dans le cas des couleuvres originaires d'Europe continentale qui ont été introduites sur les îles Baléares, pour certaines depuis l'époque romaine et pour d'autres plus récemment, qui font disparaitre des lézards endémiques de l'archipel qui ne sont pas adaptés à ces prédateurs. Entre 1970 et 2012, les populations de reptiles vivant dans les lacs et les rivières ont chuté de 72 % Mesures de sauvegarde. En 2009 l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a dénombré de reptiles menacées et placées sur sa liste rouge, soit environ 28 % des espèces de reptiles que l'on compte dans le monde. Cette liste augmente très rapidement puisque pas moins de ont été rajoutées l'année suivante. sont considérées comme menacées d'extinction. Afin de limiter l'exploitation des espèces en danger d'extinction, le commerce de reptiles sauvages est strictement réglementé, à travers la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), également parfois nommée convention de Washington. Ce document signé en 1973 comprend trois annexes qui regroupent les animaux sauvages suivant leur degré de protection. Les espèces les moins menacées peuvent ainsi toujours être commercialisées, mais seulement si le pays obtient un permis d'exportation. La vente d'espèces menacées d'extinction est en revanche interdite. Malheureusement de nombreuses espèces de reptiles qui viennent d'être découvertes mais qui ne sont pas encore entièrement répertoriées par la CITES comme vulnérables ou menacées sont mises en vente sur internet sans aucune réglementation et risquent de disparaître très vite. De plus, il est très difficile de contrôler le braconnage dans certains pays et beaucoup passent outre la convention. Certains pays adoptent des législations plus strictes, pouvant réglementer plus strictement ou interdire le commerce, mais aussi le transport de reptiles sauvages vivants ou morts.
Règne Le mot règne (du latin "regnum") possède plusieurs significations. Il peut désigner :
Représentation de la musique
Reblochon Reblochon ou reblochon de Savoie est une appellation d'origine désignant un fromage français produit principalement en Haute-Savoie et dans quelques communes de Savoie. Cette appellation est originaire du massif des Bornes et des Aravis, principalement la vallée de Thônes, et s'est étendue au val d'Arly et au massif des Bauges. Cette appellation est préservée par une AOC depuis le premier décret du , complétée en 1976, 1986, 1990, 1999, 2012 et 2015. Sa meilleure période de consommation s'étend de mai à septembre. Histoire. L'appellation « reblochon » vient du terme savoyard "re-blocher" signifiant au « pincer de nouveau » ou « traire une deuxième fois », ou "reblasse", d'un nom donné à une fraude locale, mais la pratique serait plus ancienne. La tradition veut que les fermiers du massif fassent une première traite pour le propriétaire (en général les abbayes), et une deuxième traite une fois la nuit tombée pour leur propre compte. Il semble en effet que dès la Renaissance, les fermages, dus en nature, aient été calculés en fonction du volume de lait trait. Le propriétaire ou son contrôleur vérifiait la traite pour en déduire le nombre de fromages dus par le fermier. Pour réduire sa redevance, celui-ci avait donc intérêt à faire une traite incomplète, qu'il achevait une fois le contrôleur parti. Ce lait de deuxième traite, peu abondant mais riche en crème, possède un taux de matières grasses supérieur et est donc de meilleure qualité. Au , on l'appelait aussi « fromage de dévotion » lorsqu'il était offert aux Chartreux de la vallée de Thônes en remerciement de leur bénédiction sur les chalets des paysans. Description. C'est un fromage au lait cru et entier de vache à pâte pressée non cuite et croûte lavée, fabriqué à partir du lait cru de races bovines montagnardes Abondance, Tarine et Montbéliarde. En forme de cylindre plat, il mesure environ 14 centimètres de diamètre et 3,6 centimètres de haut, et pèse entre 450 et en moyenne. Sa croûte est jaune-orangé, recouverte d'une fine « mousse blanche » témoignant d'un bon affinage en cave fraîche. La croûte peut être colorée artificiellement avec du carotène ou du rocou. Le cahier des charges de l'AOC reblochon permet aussi maintenant la fabrication de fromages d'un format plus petit (diamètre de 9 centimètres environ, hauteur de 3 centimètres environ, poids compris entre 240 et ) pouvant être appelés petit reblochon ou petit reblochon de Savoie. La période de consommation idéale du reblochon s'étale de mai à septembre après un affinage de six à huit semaines, mais aussi de mars à décembre. Le reblochon a un goût de noisette persistant. Il est également utilisé pour la tartiflette. Il peut être idéalement entreposé dans une pièce tempérée deux heures avant sa consommation. Il se sert en général un peu plus frais que la température ambiante, autour de . Production et transformation du lait. Transformation du lait. Il faut en moyenne quatre litres de lait cru et entier pour fabriquer un reblochon de . Deux types de reblochon existent. Ils sont identifiés par une pastille rouge pour le « laitier », une pastille verte pour le « fermier ». Ces pastilles de caséine tracent et identifient les reblochons. Elle comporte le numéro de l’atelier, le lot et la date de transformation du lait en fromage. Selon la croyance populaire, elle porte chance à qui la mange Reblochon laitier En fruitière (appellation locale d'une laiterie), après la collecte et le mélange des laits réfrigérés contenus dans les tanks des agriculteurs ou paysans, ceux-ci sont pompés vers les cuves de la laiterie, puis réchauffés à une température d'environ . On y ajoute ensuite la présure afin d’obtenir le caillé, qui est délicatement découpé en petits grains à l’aide d’un tranche-caillé. Les grains de caillé ainsi obtenus sont répartis dans des moules. L'opérateur fromager pose alors la pastille de caséine rouge qui trace et identifie le « reblochon laitier ». Le fromage est ensuite soumis à un poids destiné à le presser pour terminer l’égouttage et éliminer l’excédent de petit-lait. Après plus d’une heure de pressage, pendant laquelle le fromage est retourné, il est alors démoulé puis salé. Il est ensuite posé dans un séchoir à une température de à pendant quatre jours, avant d’être placé pendant au moins quinze jours en cave d’affinage où il sera lavé et retourné régulièrement. Après ce séjour en cave, le reblochon laitier de Savoie est emballé dans un papier adapté, dont il est isolé par une fine plaque d’épicéa pour réguler son humidité et lui permettre de poursuivre son affinage. Reblochon fermier Les productions de reblochon élaborées dans les fermes et destinées à la commercialisation peuvent seules employer les appellations « reblochon fermier », « fromage fermier» et « produit fermier ». Ce fromage est produit à partir du lait cru d’un seul cheptel, par les familles vivant d'agriculture, à la ferme pendant l'hiver et à l'alpage pendant l'estive. Le lait est emprésuré aussitôt après la traite donc deux fois par jour, matin et soir. À chaque traite, le lait, à la température corporelle de la vache, est rapidement amené dans la laiterie de la ferme et emprésuré sans délai pour obtenir le caillé. Il n'y a donc aucune réfrigération ni réchauffage. Ceci garantit une totale préservation des qualités organoleptiques et du pouvoir nutritionnel du lait cru pour l'emprésurage. Ce caillé est ensuite découpé, puis réparti et pressé à la main dans des moules ou formes recouverts d’une fine étamine de lin. Les fromages sont ensuite retournés plusieurs fois, avant qu’une pastille verte numérotée pour l’identification "reblochon fermier" soit placée sur chacun d’entre eux, afin de garantir leur origine fermière et l’identification de la famille de l'éleveur fromager fermier. Les reblochons fermiers sont commercialisés directement par les paysans producteurs fermiers au marché, à la ferme ou dans un point de vente collectif ou achetés par les commerçants-affineurs, qui finissent le processus des retournements, remouillage, etc. Cependant, pour qu'un fromage garde son appellation de « reblochon fermier », il doit passer au moins les huit premiers jours dans la ferme où il a été produit. Lorsque l’affineur juge le reblochon à point, il le « plie » (l’emballe) et l’expédie. Le reblochon est en général au moins âgé d’une vingtaine de jours. Ferments lactiques. À la suite de la directive européenne 92/46 imposant aux laits crus de s'adapter aux nouvelles normes sanitaires du marché, les précieux ferments lactiques originels, dits « sauvages », car présents dans l'environnement naturel, ont disparu en quelques années et furent remplacés par des ferments industriels contrôlés qui font perdre au reblochon une grande partie de ses qualités gustatives. Des travaux de recherches ont été entrepris par le syndicat professionnel aboutissant à une sélection et à partir de 2008 à une réintroduction de 8 souches, ambassadrices de différents biotypes sur 124 conservées et 477 identifiées. Ces nouveaux ferments lactiques vont permettre désormais au reblochon de retrouver des caractéristiques proches des anciennes productions. Chiffres de fabrication commercialisée. Tonnages Profession En 2009, la fabrication était assurée par 670 agriculteurs producteurs de lait, 143 agriculteurs fromagers fermiers, 22 fromagers industriels et artisanaux et 12 affineurs exclusifs. Le syndicat interprofessionnel du reblochon défend la politique de production et de transformation. Gastronomie. Le reblochon est un élément de la cuisine savoyarde. C'est un des ingrédients principaux de la tartiflette. Le reblochon peut être aussi utilisé dans la Raclette.
Romani Le romani, rromani ou rromanès, est une macrolangue indo-aryenne originaire du nord de l’Inde : elle fait partie du groupe des langues indo-aryennes du Nord-Ouest qui comprend également le pendjabi, le sindhi et d’autres, issues d’une seule langue populaire ou prâkrit parlée dans la vallée de l’Indus et dont l’origine s'enracine dans le sanskrit. On la dit parlée par une partie des "Roms, Rroms" (dits aussi « Bohémiens », « Gitans », « Manouches », « Romanichels », « Tziganes » et autres), dont les ancêtres auraient entrepris une migration lente et diffuse vers l’Ouest depuis le début du à travers les territoires des Turcs Ghaznévides et Seldjoukides (route du Sud) et des khanats de la Horde d'or, de Hadjitarkhan et de Crimée (route du Nord). L'unité de la langue, voire son existence même en tant que langue « purifiée » et « originaire », est cependant discutée, certains chercheurs parlant d'une « fiction historique », liée à une ethnogenèse récente (comparable à l'invention d'une langue unifiée dans beaucoup d'États-nations européens). De fait, de nombreux Roms parlent d'autres langues (catalan ou caló, français, roumain, bulgare, etc.). Histoire de la langue. Le romani s'est distingué des autres langues indo-aryennes du Nord-Ouest au cours du long séjour de ses locuteurs (1071-1381) dans le Sultanat de Roum, sous domination seldjoukide en Anatolie, où la langue officielle était le persan et les langues vernaculaires le grec et l'arménien. Le romani s'est enrichi en chemin de nombreux mots d'origine dite néo-persane ("pārsi-ye darbāri", post-pahlavi), arménienne, grecque, byzantine, pontique, mais aussi tatare lors de sa diffusion au au nord du Caucase et dans la steppe pontique. Les emprunts aux diverses langues européennes avec lesquelles le romani s'est ensuite trouvé en contact, sont postérieurs au . Le romani se divise en trois grands groupes ou strates. De la première strate se sont détachées la « branche atlantique », aujourd'hui réduite à quelques dizaines de mots utilisés par les Kalé ou Kaló (Gitans ibériques) et les Romanichels, puis les parlers "sinto-manouches", plus proches du « romani commun », avec des emprunts importants aux langues germaniques et baltes. La strate III, dont la forme la plus connue est le "kelderàri" (nom provenant du roumain "caldarari" : « chaudronniers »), s'est formée par mutation phonétique à partir des parlers de la strate II et d'emprunts aux diverses langues des Balkans. Il existe également des dialectes mixtes, regroupés sous l'appellation de , qui ne sont pas d'origine romani, mais comportent un nombre important d'apports romanis : c'est le cas de l' (Royaume-Uni), du (Suède et Norvège), du caló (Espagne, Portugal, Amérique latine), etc. Au , le romani des Balkans a tendance à ne plus être pratiqué comme langue principale par les plus jeunes, qui utilisent principalement les langues des pays où ils vivent, avec quelques particularités argotiques. Statut. Les langues romanies sont partout des langues minoritaires. Un certain nombre d'États du Conseil de l'Europe ont signé la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires en s'engageant à protéger le romani. En effet, en signant ce traité, chaque État doit choisir la langue qu'il protège et définir des moyens. Ceux qui incluent la protection du romani sont l'Allemagne, l'Autriche, la Slovaquie, la Slovénie, la Finlande, le Monténégro, les Pays-Bas, la Roumanie, la Serbie et la Suède. Actuellement, le seul endroit où le romani a le statut de langue officielle est la municipalité de Chouto Orizari, une des dix municipalités constituant la capitale de la Macédoine du Nord, Skopje. Les premiers efforts pour publier en romani ont été entrepris entre les deux guerres mondiales en Union soviétique puis en Yougoslavie communiste. Différentes variantes de la langue sont en cours de codification dans les pays ayant une population rom particulièrement nombreuse, comme en Slovaquie depuis 2008. Il y a aussi des tentatives de créer une . Une forme standardisée du romani est utilisée en Serbie et est reconnue comme langue minoritaire dans la province autonome de Voïvodine. La radio télévision publique de Voïvodine diffuse ainsi tous les jours des programmes en romani par exemple. L'enseignement du romani langue maternelle en tant que matière facultative, est introduit en septembre 2013 dans 40 municipalités de Serbie centrale et 30 de Voïvodine. En Roumanie, pays ayant une importante minorité rom (2,5 % de la population), il existe un système d'enseignement unifié du romani pour tous les dialectes parlés dans le pays. Écriture. Il existe depuis les années 1930 une littérature romani. Les orthographes ou alphabets utilisés dans les différentes variétés du romani correspondent en général à ceux des pays où vivent les communautés rom correspondantes. Les alphabets utilisés sont dans l'ordre décroissant d'utilisation l'alphabet latin, l'alphabet cyrillique, puis l'alphabet arabe (ce dernier est employé en Iran, et a été utilisé par le premier périodique produit par des Roms pour des Roms, nommé « Laćo » — qui veut dire « bon » —, publié à Edirne en Turquie dans les années 1920) et l'alphabet grec. Toutefois une orthographe unifiée utilisant l’alphabet latin a été proposée dans les années 1980-1990 par Marcel Courthiade. Cette orthographe dite « méta-phonologique » est censée « permettre aux variations dialectales d’être traitées au niveau phonologique et morpho-phonologique ». Cet alphabet romani standard a été présentée à l’Union romani internationale en 1990, laquelle l’a adoptée comme orthographe officielle à son niveau. Cependant cette orthographe est loin encore d’être universellement adoptée par les écrivains en romani. Pour être complet, il faut signaler également l'existence d'autres écritures proposées pour le romani, quoiqu'à un niveau très marginal : selon Ian Hancock, . Cela dit, certaines personnes ont montré récemment un intérêt pour l'emploi de la Devanagari pour le romani, et ont proposé un système de transcription présent dans le Wikipédia en Romani. Cependant ces efforts réalisés au niveau individuel n'ont eu jusqu'à présent aucun écho au niveau institutionnel, et pour l'instant aucune publication et aucun périodique dans une des variétés du romani n'a adopté un tel système. Dans la transcription normalisée, "r" et "rr" ne notent pas le même phonème, "r" transcrivant un "r" roulé (r), et le "rr" un "r" fort (comme en espagnol ) ou grasseyé (ʁ), c'est-à-dire le "r" habituel de la langue française. "Rromani" est donc une graphie scientifique, préférable, au moins dans les ouvrages didactiques, à "romani". Alphabet. Dans certains parlers (cerhàri, ćuràri, colàri, lovàri, maćhàri, kelderàri notamment), ʒ est prononcé comme un [j] très doux et ćh comme un [ch] très doux ; malgré tout l’écriture reste la même. kh = [kʰ], comme k suivi d’une aspiration : khoro « cruche » = kHoro (dans ce mot ne pas oublier l'aspiration car sinon c’est un autre mot : koro « bracelet »), th = [tʰ], comme t suivi d’une aspiration : thav « fil » = tHav (dans ce mot ne pas oublier l'aspiration car sinon c'est un autre mot : tav ! « fais la cuisine ! ») Ne pas tenir compte des trémas sur ä, ë, et ï car ils sont négligés dans la prononciation standard (ce sont des marques du dialecte baltique). Accent tonique : Lexique. Glossaire étymologique. Langue originaire de la moyenne vallée du Gange, le rromani a, comme son peuple, traversé l’Asie aux , d’où ses racines indiennes et iraniennes, mais aussi grecques, arméniennes, et même géorgiennes, pour venir se fixer à partir de 1300 en Europe orientale. Issus de ce long déplacement historique de population, les Rroms sont cependant de nos jours sédentaires à 98 %. Le rromani présente également des emprunts slaves et roumains, mais aussi germaniques, turcs ou hongrois. Dans le tableau ci-dessous les mots romanis qui ne sont pas communs à l'ensemble des dialectes sont suivis d'un exposant entre parenthèses qui précise l'origine dialectale du mot. La plupart des mots de ce glossaire étymologique se trouvent sur le site ROMLEX Lexical Database qui rassemble les lexiques de 27 dialectes romanis dont le kaalo finnois, le sinto germanique, le parler dit « slovaque de l'Est » et le ćuxnìtko de Lettonie. Ce lexique se retrouve également dans le "Morri angluni rromane ćhibǎqi evroputni lavustik (Mon premier dictionnaire européen de langue rromani)" de Marcel Courthiade. En ce qui concerne le kålo du pays de Galles, un des dialectes les plus purs de la langue rromani (qui fut parlé jusqu'au milieu du ), il fut recueilli et transcrit par John Sampson. Ce dernier, après avoir longuement côtoyé les membres de la famille Wood, qui comprenait encore des locuteurs natifs de cette variante, publia en 1926 "The Dialect of the Gypsies of Wales: Being the Older Form of British Romani Preserved in the Speech of the Clan of Abram Wood". Pour les parlers para-rromanis ou « paggerdilectes », les principales références sont : "A Chipicallí" (la langue gitane), les récents ouvrages de Fuentes Cañizares et Krinková et "Os ciganos de Portugal" pour l'ibéro-romani, "" pour le scandoromani. Pour l'anglo-romani "Romani in Britain" de Matras ainsi qu'un dictionnaire disponible et consultable en ligne. Pour les étymologies la plupart sont données dans l'ouvrage de Sampson, d'autres références ont permis d'établir les étymologies manquantes, notamment pour les racines iraniennes, arméniennes et géorgiennes. Le dictionnaire comparatif des langues indo-aryennes (où est inclus le romani) "" de Turner a également été consulté pour les racines indiennes. Pour l'étude des racines romanis d'origine grecque a été utilisé le "Dictionnaire étymologique de la langue grecque" de Chantraine. Mots français d'origine romani. Le français a emprunté divers mots au romani, surtout dans le domaine argotique, comme "berge" (√ "berś" = année) ; ć"urik" (couteau ; "√ ćhuri") ; "dikave" ("√ dikh-" : regarder, voir), "marave" ("√ mar-" : battre, frapper), "chourer" et "chourave" ("√ ćor-" : voler), "choucard(e)" ("√ śukar" : beau), "gadjo" ("gaӡo" : homme non-rom), "Romanichel" ("rromani ćel" : peuple rom), "Manouche" ("manuś" : être humain), "poucave" (délateur "√ phukav-" : dénoncer), "bicrave" (vendre "√ bikr-" : vendre), "crayave" (bouffer"√ xa-" : manger) "bouillave" (forniquer)... Grammaire. Il existe en romani : Variétés et langues mixtes associées. Les variétés du romani peuvent être organisés selon les groupes suivants (avec leurs codes de langue ISO 639) : Hors classification ISO 639 :
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Rocksteady Le rocksteady est un genre musical ayant émergé en 1966 en Jamaïque, issu du ska et classifié actuellement comme un sous-genre du reggae, malgré son antériorité. Il est le résultat de la transformation du ska, rythme à quatre temps, en un tempo binaire, plus lent, avec généralement moins de cuivres mais davantage de place accordée aux claviers et au chant. Successeur du ska, précurseur du reggae, le rocksteady est joué par des groupes vocaux jamaïcains tels que The Gaylads, The Maytals ou The Paragons, qui se sont souvent illustrés d'abord dans le ska. En tant que style de musique populaire, le rocksteady a connu une existence courte ; son heure de gloire a duré environ deux années, de 1966 au printemps 1968. Caractéristiques. Le rocksteady, malgré son nom qui peut signifier "rock modéré", est une musique empruntant au ska jamaïcain autant qu'à la soul nord-américaine ou au rhythm and blues, diffusés par les radios du sud des États-Unis (Floride, Louisiane) et que captent les radios de l'île. De cette influence sont issues diverses caractéristiques. La contrebasse, très présente dans le ska, est souvent remplacée par la basse électrique et le temps fort est marqué sur le troisième temps. Souvent perçu comme une période de transition du ska vers le reggae, le rocksteady supplante peu à peu le ska à partir de 1966 et évolue dans un style propre, pour finalement être considéré comme la soul locale. Prince Buster multiplie les classiques, notamment un duo avec "Lee "Scratch" Perry", "Judge Dread", qui deviendra le nom de scène du musicien britannique Alex Hughes (lequel reprendra le fameux « "Je t'aime moi non plus" », de Gainsbourg qui, à son tour, enregistrera en Jamaïque ses deux célèbres albums reggae, bouclant ainsi la boucle) et participera à la diffusion en Grande-Bretagne et en Europe de la musique jamaïcaine auprès du public blanc, à l'instar de Chris Blackwell, fondateur de la maison de disques Trojan, spécialisée en musique jamaïcaine. Origines. Il y a plusieurs écoles en ce qui concerne l'apparition du rocksteady : si on est certain de sa date de naissance en 1966, certains avancent qu'il est dû à une vague de chaleur qui amène les musiciens à ralentir le tempo, tandis que d'autres affirment que ce sont les personnes âgées qui réclamaient l'introduction d'un laps de temps dans la rythmique afin de parvenir à un ska pour pouvoir danser lors des soirées dans les sound-systems (aux alentours de minuit, une période était réservée à la musique plus lente). Quoi qu'il en soit, le rocksteady représente surtout une transition entre le ska et le reggae, auquel il ouvre la voie en 1968. L'enregistrement de ' par Hopeton Lewis en 1966 est traditionnellement considéré comme l'acte de naissance du rocksteady (Lewis demandant à l'orchestre de ralentir le rythme car il avait des difficultés à poser ses paroles sur la musique, et lorsque la prise fut terminée, le pianiste Gladstone Anderson faisant une remarque quant à la nature « rocksteady » de ce rythme). Mais d'autres artistes revendiquent cette paternité, tels Roy Shirley avec "Hold Them", Derrick Morgan avec "Tougher Than Tough", Alton Ellis avec ' et ". En raison de l'influence prononcée de la soul américaine, de nombreux titres rocksteady sont des chansons d’amour, comme ' de Prince Buster ou ' de The Techniques. Il existe des titres rocksteady sur le thème de la religion et du mouvement rastafari. Aux débuts du rocksteady, la classe défavorisée jamaïcaine luttait pour se nourrir, se loger et travailler. Cette souffrance déboucha sur l’émergence d’une « subculture » rebelle connue sous le terme '. À cette époque, de jeunes Jamaïcains des environs ruraux de la capitale affluèrent dans les ghettos de Kingston - dans des banlieues telles que Riverton City, Greenwich Town et Trenchtown. Bien que la plupart du pays fût optimiste, à l'image du climat post-indépendance, cette jeunesse ne partageait pas ce sentiment. Beaucoup d’entre eux devinrent des délinquants qui prônaient une certaine attitude décontractée. Ces jeunes sans règles restèrent célèbres sous le nom de '. Certaines paroles du rocksteady tantôt célèbrent ou, à l’inverse, critiquent le style de vie instable et violent des ", et pointent l’injustice politique. Terminologie. Le nom « rocksteady » n'a pas d'origine certaine et avérée. En effet, un certain nombre d'artistes et de chansons peuvent prétendre au titre d'inventeur du mot. Alton Ellis enregistra ainsi en 1967 un single portant ce titre, qui apparait comme la première évocation de ce terme. Une autre histoire fait mention d'un caïd de Kingston du nom de Busby, qui, grand danseur de "", aurait lancé une danse qu'il appelait de ce nom. Ce terme aurait ensuite été entendu par un présentateur radio qui l'aurait ensuite utilisé pour présenter ces dernières nouveautés. Quelle que soit son origine, il est clair que le terme a tout d'abord désigné une danse popularisée dans les "sound systems" vers la fin des années 1960, avant de désigner la production musicale qui lui fut associée. Artistes représentatifs. Les artistes et groupes représentatifs du genre incluent notamment : Lynn Taitt, Val Bennett, Ken Boothe, Ken Parker, Stranger Cole, The Clarendonians, Phyllis Dillon, Alton Ellis, John Holt, Hopeton Lewis, Dandy Livingstone, The Paragons, Roy Shirley, The Soul Vendors, The Wailers, Desmond Dekker, Errol Dunkley, The Jamaicans, The Heptones, The Soulettes, The Techniques, The Uniques, Pat Kelly, The Melodians, Lester Sterling, Prince Buster, Derrick Harriott, The Gaylads, The Ethiopians, Delroy Wilson, Justin Hinds, Laurel Aitken, Slim Smith, B.B. Seaton, et Derrick Morgan.
Ragga Le ragga, abréviation de raggamuffin (« va-nu-pieds », « galopin »), désigne une attitude liée à un milieu social (débrouillard) et un sous-genre musical issu du reggae, la branche consciente du genre dancehall. Né d'une association entre état d'esprit et genre musical, cet amalgame ne se retrouve principalement qu'en France et en Espagne ; aux Pays-Bas on dit "bubbling". Le terme ragga est donc proche du terme dancehall, quelle que soit l'époque à laquelle on fait référence. Ragga en français sert à préciser une séparation avec le reggae. Le mot ragga est l'équivalent du mot dancehall. Étymologie. En argot jamaïcain, le raggamuffin est un petit « glandeur » et, par extension, un style de vie marginal, une façon d'être et de se comporter : un débrouillard qui galère mais qui restera honnête jusqu'au bout et fera tout pour s'en sortir sans jamais trahir personne. L'équivalent en argot anglais américain est hustler. Ce terme désigne donc à l'origine une catégorie d'individu mais pas un genre musical. Les « raggamuffin » jamaïcains autoproduisent leurs disques où ils commentent l'actualité, et les vendent de ville en ville. La foule se rassemble autour du sound system, la sono où le DJ s'exprime sur la musique du disque proposé à la vente, dans une diction qui peut parfois être ultra-rapide. Le mot dancehall, vient lui, du lieu dans lequel les gens venaient danser : de grandes salles ("hall") propices à la danse ("dance"). Le dancehall comprend deux sous-catégories complémentaires : le slackness, aux textes paillards, voire sexistes, et le lover, plus romantique et pacifique. Historique. Beaucoup de gens pensent que ce style est apparu à Londres à la fin des années 1980, qu'il est issu de l'héritage du style vocal laissé par les vieux DJs "roots", plus parlé que chanté (U Roy, King Stitt), mais surtout par les DJs rub-a-dub comme Yellowman, Lone Ranger ou d’autres qui juste avant l’apparition de la musique numérique font déjà preuve d’une manière de chanter typique, proche des consonances hip-hop et se démarquant du style « singer » (chanteur) plus mélodieux. Alors que l'évidence est que U Roy et Stitch font du rub-a-dub selon leur propres termes, qui est déjà du dancehall. (cf : reggae sunsplash 1988 - dancehall night par ex) Dès 1985, La révolution numérique s’amorce via le producteur Loyd « King Jammy » James qui crée son riddim Sleng Teng (instrumental) à partir uniquement d'une boite à rythme, synthétiseur et autres outils laissant peu de place aux musiciens. C'est le début du numérique. De nombreuses expérimentations voient le jour et principalement à travers la création de rythmiques plus rapides (riddim « bogle ») qui se détachent des rythmiques numériques mais plus « roots ». C’est à partir de cette période que toute une génération de chanteurs représentatifs du style dancehall digital va tenir la tête de l’affiche en Jamaïque. Ils sont généralement issus de la fin de l’époque rub-a-dub comme Papa San, Stitchie, Nardo Ranks et s’illustrent à la fois en studio et en sound systems sur des grosses sessions numériques. Ce style n'existe donc pas en tant que tel en Jamaïque, personne n'a jamais parlé de « raggamuffin » comme étant un style musical. On dit le dancehall, style musical dansant mais reflétant la réalité jamaïquaine dans son intégralité. On y trouve des thématiques sociales ("conscious"), sexuelles ("slack") ou encore bien d’autres. En France, le chanteur Tonton David est l'un des pionniers du dancehall français. Avec son titre "Peuples du monde" présent sur la compilation "Rappattitude" produit par Virgin en 1990, le dancehall émerge de l'univers underground pour investir les petits écrans et les radios. Le style ouvrira donc la voie au style dancehall hardcore représenté par des artistes comme Beenie Man, Bounty Killer, Sizzla ou Capleton, entre autres. Le style dancehall (overdub) est apparu à la fin des années 1960. Il s'agissait du reggae joué dans des aires de danse (les dancehall). Ainsi, appelé un temps rub-a-dub, puis dancehall hardcore ou encore reggae hardcore dans les années 1980-1990. Ensuite, il est devenu normalement dancehall ces jours. Riddims. Riddims dancehall club. Sont répertoriés ici uniquement les riddims « dansants » susceptibles d'être utilisés par des DJ dans des clubs grand public, autrement dit les riddims commerciaux : Autres riddims dancehall. Sont répertoriés ici les autres riddims plus destinés à des connaisseurs:
Rub-a-dub Le rub-a-dub ou "early dancehall" (qui est son expression originelle jamaïcaine) est un genre musical jamaïcain dérivé du reggae, apparu vers la fin des années 1970, il suit le "roots rockers" et précède le "early digital". Création et particularités. Le rub-a-dub (littéralement « rantanplan » d'un tambour) est un genre musical jamaïcain né en 1979. Le rub-a-dub ou "early dancehall" est une variante du reggae roots très épuré, voire « squelettique », dont l'ossature est constituée par la section rythmique basse et batterie principalement. À cette section rythmique peut s'ajouter parfois un piano, parfois un orgue et le "skank" de guitare. Les riddims (versions instrumentales) sont caractérisés par des batteries très dominantes qui jouent majoritairement des beats massifs (balancier binaire), grosse caisse premier temps et snare troisième temps, souvent simples parfois plus complexes, toujours accompagnés d'une ligne de basse hypnotisante. On retrouve quelquefois, rarement certaines rythmiques roots, tel que le stepper et le one drop, ou encore parfois le beat est breaké avec des contre temps de toms. Enfin l'une des caractéristiques principales de ce style est le mixage. En effet il n'est pas rare que les versions vocales soient très « dubbées » ; ainsi les parties mélodiques sont souvent « mutées » au profit du couple basse batterie et de nombreux effets viennent ponctuer l'évolution du morceau, comme de la réverbération et des échos ; en somme les mixages sont travaillés live and direct à la manière du dub. Ce style est aussi l'avènement des deejays, ou toasters qui s’exprimaient déjà largement depuis longtemps en Jamaïque dans les sound systems. Il se différencie du reggae roots traditionnel par le fait que l'on pourrait qualifier ce dernier comme complément idéal (ou musique « sacrée ») envers la foi rastafarienne : une musique véhiculant le message spirituel de la lutte contre l'oppression, le système et les injustices, du retour vers la terre promise (l'Afrique), de l'Ancien Testament (de nombreuses paraboles bibliques). Le rub-a-dub, quant à lui aborde des thématiques beaucoup plus légères même s'il conserve ce côté commentaire social (sur les problèmes de la vie quotidienne) inhérent au reggae, le slackness mêlée à une certaine forme d'egotrip sur un ton humoristique de certains deejays (General Echo, Yellowman) contrebalancent le ton sentencieux du reggae roots. La rythmique dépouillée du rub-a-dub semble suivre l'évolution de la funk américaine du début des années 1980 et, de l'assimiler au stepper jamaïcain (style transitionnel du rockers style de la toute fin des années 1970), le son dubbé, paradoxalement épuré mais très propre de cette période contraste avec le son brut et rugueux du reggae roots des années 1970. La dimension rastafarienne perd de son âme avec le rub-a-dub, le style se prête à la romance (phénomène qui s'amplifie avec le numérique, avec l'avènement des "egotrips songs" et autres "gun tunes"). Les années 1970 ont été gangrénées en Jamaïque, par les violences politiques, le phénomène des « Garrisons », ces circonscriptions contrôlées par le JLP et le PNP, les deux seuls partis politiques jamaïcains se menant une lutte sans merci pour contrôler les différents quartiers de Kingston, par le biais des "gunmen", n'épargnant personne. Le roots reggae reflétait cette époque tourmentée : on chantait des chants spirituels afin de se libérer de ces tensions fratricides mais en les combattant avec des métaphores bibliques liant les souffrances des rastafariens aux tribulations des premiers israélites. Tandis que le reggae se veut espoir ; le rub-a-dub, quant à lui ne se fait aucune illusion : paradoxalement le son et les paroles sont moins profonds, moins contestataires ; le message n'est plus la priorité, l'heure est au divertissement, les DJ supplantent les chanteurs. Mais en Jamaïque, la vie se durcit avec l'arrivée de la droite au pouvoir en 1980, les violences seront pires… Ce genre est né de la volonté du producteur Junjo Lawes aidé de son ami chanteur et producteur Linval Thompson de faire revenir le reggae dans les sound system, en le faisant évoluer et en cherchant à s'adresser à la jeunesse de Kingston. Le groupe d'accompagnement qui a fait naitre le style rub-a-dub sont les Roots Radics, travaillant au Channel One Studios, qui réaffirme sa prédominance plus que jamais avec ce nouveau style et dont la domination ne déclinera qu'après 1985; l'essentiel des riddims y étant enregistré pendant plus de six ans (Sly & Robbie ayant largement suivit la tendance; quand au high times autour de chinna smith qui lui ont conféré un son plus rond, plus groove, plus proche du roots... ces deux autres formations enregistraient également à Channel one). Scientist étant l'ingénieur du son qui lui a donné ses caractéristiques particulièrement entre 1979 et 1982, Jah Thomas a contribué à sa formation entre 1980 et 1982 et Prince Jammy plus tardivement, à partir de 1983. On peut également noter l'importance de l'ingénieur du son Soljie Hamilton qui à partir de 1982 prend de l'importance à Channel one et épure de plus en plus le son (insistant notamment sur des pianos profonds et des snares puissants) et qui dubbait les vocals de faon à leur donner un maximum de résonance. Enfin toujours à Channel one on peut citer Peter chemist à partir de 1984 qui lui donnera un son plus typé 80s notamment sur les batteries et avec des effets dubs assez originaux. Il est le style dominant en Jamaïque jusqu'en 1985, date à laquelle il est remplacé progressivement par le early digital, ou raggamuffin, avec la révolution digitale Sleng Teng qui annonce l'avènement d'un autre producteur et dubmaster de grand talent, Lloyd "King Jammy" James, formé par King Tubby, un des "mixing engineers" fétiches de Bunny Lee et de la plupart des producteurs de la Jamaïque dès le milieu et la fin des années 1970. Avec "Prince" Phillip Smart (ingénieur qui émigra par la suite aux États Unis, et qui produira des artistes tels que Scion Success dans les années 1980), Prince Jammy est en quelque sorte le chainon manquant entre les deux visionnaire du dub, King Tubby et Scientist. Producteurs et labels représentatifs. Producteurs : Labels :
Rude boys Rude Boy, "rudeboy", "rudie", "rudi" ou "rudy" (et son pendant féminin "Rude Girl") sont des termes argotiques nés au début des années 1960 dans les rues de Kingston en Jamaïque pour décrire de jeunes « gars de la rue » aux mode de vie et mœurs rudes de sous-prolétaires coincés entre débrouille et violence, et qui sont encore utilisés aujourd'hui. À la fin des années 1970, au Royaume-Uni, le "2 Tone ska" utilise les termes rude boy et rude girl (et leurs variantes) pour décrire les fans du genre, souvent issus de la culture "mod" et surtout "skinhead". Plus largement, ce terme, initialement à relier aux style musicaux issus de la Jamaïque (ska, rocksteady, reggae, dance hall, est aussi utilisé, après importation en Grande-Bretagne par les anglo-jamaïcains et adoption notamment par les mods, hard mods et skinheads, par les diverses mouvances et sous-genres ska punk. De nos jours au Royaume-Uni, le terme "rude boy" est couramment utilisé de manière similaire à "gangsta" ou "badboy" (voyou, mauvais garçon). En Jamaïque. Les rude boys et rude girls étaient de jeunes voyous jamaïcains des ghettos urbains, généralement tombés dans la délinquance et semant volontiers la terreur, certains étant de vrais gangsters et devenant parfois les hommes de main armés ("gunmen") des diverses factions politiques. Ainsi, à Kingston, s'affrontent longuement durant les années 60 et 70 ceux de Tivoly Garden, pour le JLP de droite (Jamaican Labour Party, pro-américain malgré son nom) et ceux qui tiennent le grand ghetto Trenchtown, pour le PNP de gauche (People's National Party, pro-cubain), affrontement virant à la guerre civile qui ne dit pas son nom à la fin de la décennie 70 et au début des années 80. Face aux excès et à une violence devenue incontrôlable, les musiciens appellent alors souvent, dans les textes de leurs chansons, les rude boys à se calmer et à s'assagir. Souvent peine perdue. En rage contre les institutions, la fatalité économique et les trahisons politiques, ils crachent leur hargne du chômage, des injustices et de l'immobilisme de la société capitaliste, tout le contraire des teddy boys des années 50, engoncés dans leur fatalisme et les idées réactionnaires qui n'apportent aucune perspective de rupture avec l'existant. Indissociable des Rude Boys, les fameux sound systems jamaïcains qu'ils fréquentent assidûment, et où ils jouent parfois leurs propres productions aux platines ou travaillent pour gagner leur vie. Souvent employés pour veiller au bon ordre des soirées, ils sont aussi régulièrement payés pour aller semer la zizanie dans les sound-systems concurrents. A cet égard, la lutte entre les principaux acteurs de l'île est rentrée dans la légende, notamment celle entre le "Treasure Isle" de Duke Reid et le fameux "Studio One" de Clement « Coxsone » Dodd. Royaume-Uni. En Grande-Bretagne à la fin des années 70, les "rude boys" écoutent principalement de la musique ska, qui est caractérisée par des groupes comme Madness ou The Specials, qui reprennent certains morceaux célèbres de Prince Buster et autres artistes jamaïcains de la décennie précédente (les années 60). Enregistrés et diffusés par le laber Two-Tone Records (littéralement "deux tons", à comprendre comme "deux couleurs" et un message : le noir et le blanc unis, symbolisés par le célèbre drapeau à damier qui affirme l'unité des prolétaires par-delà les origines et la couleur de peau). Assurant ainsi le premier « revival » du ska jamaïcain, après la vague du mouvement punk qui voit également resurgir d'anciens artistes jamaïcains, comme Laurel Aitken, surnommé "the godfather of ska", ces groupes drainent un large public de "rudies". Leur aspect innovant les caractérise : costumes noirs et chapeaux "pork pie", cheveux rasés… leur style est inspiré des zoot suit des années 1930 et 1940, mélangé au style des mods anglais du milieu des années 1960 qui avaient donné naissance aux skinheads. Lesquels skinheads, dans leurs origines et leurs traditions musicales, sont donc un mouvement multiculturel et même métissé : de fait, il n'est pas rare de voir des skinheads noirs en Angleterre dans les années 1968 - 1969, bien avant qu'un certain nombre de skinheads blancs, déboussolés par la crise sociale et économique de la fin des années 70 et les braillements démagogiques du National Front et, dans une moindre mesure du British Movement, ne se laissent entraîner par les théories racistes censées rendre très simple l'économie ultra-complexe d'un état moderne. Musique. Que ce soit en Jamaïque ou au Royaume-Uni, les rude boys adorent les sous-cultures de genre, notamment les westerns et les films de gangsters, thèmes récurrents dans les chansons de l'époque et particulièrement appréciés dans les soirées. Mais les Rudies sont également eux-mêmes un des thèmes principaux de leur culture. Ils sont ainsi régulièrement évoqués dans les chansons de ska, rocksteady et reggae mais aussi du genre punk rock au sens large (ska-punk, ska-core, oi ! / streetpunk), que ce soit pour en faire l'éloge ou condamner la violence et autres aspects du mode de vie jugés néfastes ou stériles, et de façon simplement descriptive pour alimenter la chronique sociale ou en termes impliqués de positionnement sociopolitique.
Rasta Rasta peut désigner :
Résistance (politique) Le terme de « résistance » a connu, dans le contexte historique et politique, des usages divers. Depuis le , il tend à désigner spécifiquement un « mouvement qui s'oppose à l'occupation d'un pays par des forces étrangères, à partir de la Seconde Guerre mondiale ». Toute utilisation du terme « résistance » à une époque antérieure est donc porteuse de confusion, bien que le terme de "parti de la résistance" ait été utilisé un temps en France, au , pour désigner les conservateurs. Présentation historique. Révolution française. La résistance à l’oppression figure à l’article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui proclame quatre « droits naturels et imprescriptibles de l'homme », à savoir la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. Cette Déclaration des droits, reprise en préambule à la Constitution de 1793, fait de la résistance à un pouvoir arbitraire un devoir de chaque citoyen. Il occupe d'ailleurs quatre articles (27, 33, 34 et 35) qui précisent sa forme et son étendue. Ce texte reconnaît en outre l'insurrection populaire contre un pouvoir oppressif, tyrannique et despotique comme un devoir. Seconde guerre mondiale. Si au fil du temps, ce droit n'a jamais vraiment appliqué officiellement, le terme de « résistant » s'est imposé en Europe à désigner les différents mouvements ayant lutté contre l'occupant nazi, dans les divers pays du continent sous domination allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre. Après 1945, le terme de résistance, porteur d'une connotation positive depuis ce conflit, est devenu un terme générique largement utilisé à travers le monde dans son sens politique par tous les groupes armées affirmant lutter contre un régime illégitime, par exemple dictatorial ou découlant d'une occupation étrangère. Leurs partisans ont ainsi parlé de résistance afghane, tchétchène, etc. Les gouvernements confrontés à des oppositions se qualifiant de « résistance » préfèrent utiliser pour les désigner des termes à connotation négative comme « terroriste ». La résistance à l'oppression ne figure pas expressément dans la liste des droits et libertés mentionnés dans les trente articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies, le . Des mouvements régionalistes et séparatistes peuvent revendiquer être des mouvements de « résistance ». Le terme de résistance est également utilisé de manière plus large pour désigner tout mouvement politique qui s'oppose à un phénomène précis. On parle ainsi de mouvements de résistance à la mondialisation, au libéralisme, etc. Résistants et résistantes notables. Deuxième Guerre mondiale (anti-nazis et anti-fascistes). Durant la Seconde Guerre mondiale, l'histoire a conservé le nom de nombreuses personnalités célèbres comme membre de la Résistance, notamment en raison du noms de voies et d'établissements publics de combattants souvent décédés à la suite de leurs actes de résistance. En France, on peut, notamment évoquer les noms de Pierre Brossolette, de Jean Moulin, d'Honoré d'Estienne d'Orves, de Jean Zay, Joséphine Baker, ainsi que tous les noms inscrit sur le Mémorial du Mont-Valérien, situé près de Paris. La plupart des résistants français s'étaient ralliés ou avaient rejoint la France Libre, dirigé par le général de Gaulle à la suite de son appel du . Il existe dans d'autres pays européens de nombreux autres mouvement de résistance à l'ennemi nazi ou fasciste dont notamment, en Pologne, le commandant Mordechaj Anielewicz, Witold Pilecki, Henryk Iwański et Jan Karski, en Yougoslavie, le chef du comité militaire Josip Broz (Tito), en Norvège, Gunnar Sønsteby et Max Manus, l'empereur d'Éthiopie Haile Selassie, le néerlandais Riet van Grunsven, le Grec Aris Velouchiotis, les Chinois Mao Zedong et Chiang Kai-shek, mais aussi les allemands Mildred Harnack et Sophie Scholl ainsi que les italiens Sandro Pertini, Luigi Longo et Ferruccio Parri. Autres conflits. À l'occasion d'autres conflits, de guerres civiles ou d'autres formes de luttes armées, de nombreuses personnalités historiques sont connues pour avoir lancés, organisés, voire commandés et administrés des mouvements de résistance, de lutte ou du moins de rébellion contre leurs oppresseurs. Les plus célèbres, notamment en raison de leurs présences sur le sol du territoire des États-Unis (quelquefois magnifiés par la littérature ou le cinéma) sont les chefs indiens, reconnus comme des résistants (ou des martyrs) à l'invasion des colons européens à l'origine des guerres indiennes, dont notamment Geronimo, Osceola, Red Cloud, Cochise, Crazy Horse, Tecumseh, Sitting Bull, Michikinikwa (Little Turtle) et Mangas Coloradas. D'autres personnalités historiques, telles qu'Abdelkader ibn Muhieddine (chef de guerre contre la conquête de l'Algérie par la France au ), Buenaventura Durruti (dirigeant de la révolution sociale espagnole de 1936), Ho Chi Minh (Leader anticolonial durant la guerre d'Indochine), Lembitu (chef de guerre estonien), Nestor Makhno (fondateur de l'Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne), Jan Palach (révolte de Prague), Mohamed Bouazizi (initiateur du printemps tunisien), Juba (héros de la guérilla irakienne), Mustafa Kemal Atatürk (héros national turc), Osman Batur (leader de la cause kazhake et ouïghour, opposant à l'occupation chnoise), Pancho Villa, Emiliano Zapata, (révolutionnaires mexicains), Ernesto Guevara, plus connu sous le nom du « Che », Ahmed Chah Massoud, plus connu sous le nom de « Commandant Massoud » (chef de guerre des guerres d'Afghanistan), William Quantrill (guérillero confédéré), Lawrence d’Arabie (organisateur de la grande révolte arabe de 1916-1918), Spartacus (esclave rebelle contre l'autorité romaine), Nat Turner (esclave rebelle contre l'autorité américaine), Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines (principaux leaders de la Révolution haïtienne), Charlemagne Péralte (révolutionnaire haïtien et opposant à l'occupation américaine), Nelson Mandela (opposant au régime d'Apartheid en Afrique du saud), Kenneth Kaunda (opposant à la discrimination raciale en Rhodésie du Nord, Robert the Bruce et William Wallace (opposant de l'occupation de l'Écosse par les troupes anglaises) pour les hommes, les reines Boudica et Dihya (plus connue sous le nom de « La Kahina »), Jeanne d'Arc, Olympe de Gouges (militante féministe française arrêtée puis guillotinée), Lalla Fatma N'Soumer (surnommée la Jeanne d'Arc du Djurdjura pour sa lutte lors de la conquête de l'Algérie par la France) Sarraounia (reine africaine opposée à l'expédition française de conquête coloniale du Tchad en 1899), María Fermina Rivera (insurgée de la guerre d'indépendance du Mexique) ou Dolores Ibárruri (plus connue sous le nom de « La Pasionaria ») pour les femmes, peuvent être qualifiés de « résistants » et de « résistantes » car rebelles à l'autorité en place et luttant contre elle.
Rugby Sport. Le terme rugby fait référence à une famille de sports collectifs qui est née au. Aujourd'hui, le terme peut désigner l'une de ses variantes :
Rite Un rite est une pratique sociale codifiée, de caractère sacré ou symbolique, destinée à susciter l'engagement émotionnel des participants au service d'une même attente ou dans le cadre d'un culte. Étymologie. Rituel est d'abord un adjectif et, quand il s'agit d'un nom, il s'applique à la codification par écrit d'un rite. Les deux mots « rite » et « rituel » sont issus du latin "ritus" pour le premier et de "rituales libri" (livres traitant des rites) pour le second. Les mots rite et rituel sont souvent employés à tort l'un pour l'autre. Nature. Le rite est un cérémonial. Désignant un ensemble d'usages réglés par la coutume ou par la loi, le mot cérémonial s'applique aussi bien au domaine religieux qu'aux manifestations civiles ou politiques. Une cérémonie rituelle est toujours religieuse. En d'autres termes, on peut dire que le rite transforme alors que la cérémonie confirme. La liturgie est la désignation de l'ensemble des rites qui ont été approuvés par les autorités ecclésiastiques catholiques concernant la messe et les divers offices. Un rite sert de ciment à une communauté, conformément au double sens étymologique de « relier » et « se recueillir ». La participation répétée au culte selon un certain rite marque l'appartenance à la communauté religieuse concernée. Un schisme peut se produire sur des aspects dogmatiques mais aussi rituels. . Le changement d'un rite ancien et parfois millénaire est toujours une opération complexe et troublante pour une religion. De nombreuses religions se sont divisées sur des questions de rites. Dans la religion musulmane on distingue le rite d'Omar ou le rite d'Ali. Les Églises chrétiennes d'Orient ont une diversité de rites depuis les origines presque, chaque église ayant son mode d'expression selon le milieu dans laquelle elle se trouve. En Orient, aujourd'hui, les rites des Églises chrétiennes orientales coexistent : byzantin, antiochien, chaldéen, copte, arménien, le rite romain... Dans l'Église catholique, on trouve des fidèles de plusieurs rites, mais si certains rites sont exclusivement pratiqués dans l'Église catholique (rite maronite), d'autres sont pratiqués surtout hors d'elle (rite copte, rite éthiopien) L'œcuménisme pose la question de rites communs à plusieurs Églises qui ont divergé au fur et à mesure du temps, ou entre religions différentes. La concélébration (participation de célébrants de différentes confessions à une même cérémonie) est toujours impossible . Les rites réellement fusionnés soulèvent de très difficiles questions théologiques. Beaucoup de rites religieux antiques comportaient des sacrifices d'humains et d'animaux. De nombreux rites ont imposé et imposent toujours aujourd'hui des mutilations : scarification, déformation des lèvres ou des oreilles, circoncision, excision, chasse d'une bête dangereuse, exercice périlleux, ingestion de produits hallucinogènes ou d'alcool, dont font partie les bizutages à l'entrée dans les Grandes Écoles. Ces rites culturels entrent de plus en plus en conflit avec la législation civile. Le chant et la danse participent aux rites de nombreuses religions. D'une façon générale, tout ce qui concourt à une émotion collective est prisé lors des rites. Le choix des lieux et des moments où s'exécutent les rites est extrêmement important et concourt à leur succès. La création des objets et des lieux nécessaires à l'exécution d'un rite, tels qu'église, temple, synagogue, mosquée, est généralement considérée comme une source de l'art. La monnaie a même pris dès son invention une part active à de nombreux rites. En Grèce, par exemple, il y avait un rite de la mise d'une obole sur la langue d'un mort, pour que celui-ci puisse payer Charon, le passeur du fleuve Styx. Peuvent être distingués : les rites intercesseurs (pluie, moisson, maladie, guerre, fertilité, etc.), les rites de passage (naissance, entrée consciente dans la religion, entrée dans la communauté des adultes, décès, intronisation, mariage, etc.) et les rites de confirmation d'appartenance (processions, célébrations, cérémonies au monument aux morts, inaugurations, fêtes diverses). L'ancienneté des rites, que l'on retrouve aux premiers âges de l'humanité et dans toutes les sociétés, leur variété, leurs motivations, leurs conséquences sanitaires et sociales, expliquent le grand nombre des approches possibles : théologie, histoire générale et histoire des religions, sociologie, psychologie sociale, anthropologie, économie, droit. Bien que se situant dans le domaine non religieux, les loges maçonniques se sont attachées à développer des rites à l'instar des religions. Alors que dans les religions, les rites ont toujours un sens réel ou symbolique, les rites maçonniques sont essentiellement symboliques. Cette symbolique relève soit de l'alchimie, de la chevalerie ou des métiers de la construction, soit encore de légendes ou de mythes, le plus souvent trouvés dans un récit gnostique parfois très vieux. Ils sont généralement couverts par un secret très relatif. Les rites maçonniques, écossais, français, égyptiens, etc., sont nombreux et l'occasion de nombreuses divergences entre maçons. Le langage courant a étendu le terme de rite à la qualification de comportements politiques et sociaux sans dimension religieuse : le rite du week-end, de la poule-au-pot sous le bon Roi Henri IV en France, de la « "garden party" du à l'Élysée », des enterrements de vies de jeune homme ou de jeune fille avant les mariages, etc. Formes. L'anthropologie s'est longtemps intéressée au rite et plusieurs ethnologues ont tenté de proposer une vision formelle et ontologique de la pratique rituelle de façon générale. D'abord, le rite se présente comme une activité très formalisée : possédant ses propres codes et dont les actions s'articulent autour de symboles fortement marqués. On n'a qu'à penser à une messe traditionnelle ou à un rituel plus éclectique comme on en retrouve de plus en plus pour s'en rendre compte, il s'agit de pratiques fortement codifiées. Ce dernier est habituellement constitué de séquences, d'étapes, s'articulant dans une mise en scène soigneusement préparée et correspondant à une série de règles implicites au rite en question : on peut ainsi parler du caractère morcelé du rite (conformément à ce qu'affirmait Claude Lévi-Strauss, voir les ouvrages en bibliographie). Ce dernier présente aussi un aspect répétitif où, soigneusement mises en place, les actions rituelles sont standardisées et reprises à travers un ordre bien établi. Le déroulement d'un rite est donc prévisible puisqu'il se base sur une série d'étapes bien ancrées, lesquelles devront être minutieusement respectées afin que l'activité prenne forme, qu'elle aboutisse à son but et puisse apporter sens aux pratiquants qui s'y soumettent. Les activités se déroulent autour d'objets auxquels on a attaché une valeur symbolique : le cercueil du défunt, le calice de la messe, etc. Quant à la question ontologique, les anthropologues et autres chercheurs en sciences humaines ont toujours tenté de comprendre ce pourquoi on s'adonne à des pratiques rituelles. Faisant l'aller-retour entre empirisme de terrain et philosophie, certains ont fourni des éléments de réponses intéressants, même s'ils ne font pas nécessairement consensus. Victor Turner, l'un des grands théoriciens du rite (ouvrages en bibliographie), propose une approche teintée d'un certain fonctionnalisme, où le corps social, dont les différentes parties afficheraient un certain déséquilibre, serait en mesure de créer une stabilité à travers les pratiques rituelles. Au niveau social, le rite serait donc en mesure d'unifier les individus d'une société, alors séparés par les contingences sociales. Quant au point de vue de l'individu, Turner s'inspire des propositions freudiennes où en proie à des besoins affectifs qu'il ne peut combler, ce dernier tente de faire un pont entre le monde sensible et intelligible, alors qu'il se trouve démuni face à ce dernier. Pour Lévi-Strauss, dans le dernier chapitre du quatrième tome des "Mythologiques", soit "L'Homme nu" (1971), le rite est une réponse à un découpage entre le monde discontinu (celui de tous les jours) et continu (celui d'origine, d'autrefois), alors que les catégories qui ont cours dans une société donnée sont abolies lors de la pratique rituelle. Ce découpage serait, selon l'anthropologue, la réponse à une anxiété logique innée à la rationalité humaine. Chez les deux auteurs, la pratique implique donc un retour aux origines communes et où sont par le fait même abolies les frontières habituelles, celles du quotidien. C'est à cette origine que fait allusion Lévi-Strauss lorsqu'il parle du monde continu, celui où tous étaient égaux et où l'homme était unifié à la nature, avant que s'opère une stratification de l'ordre social. À la suite du rite, l'individu se trouve transformé alors que fut effectué un passage (d'où les rites de passage) entre le stade de l'« avant » et celui de l'« après ». Différents types. Chaque religion ou confession a codifié, au fil des siècles, les gestes qui lui sont propres pour la célébration de son culte. Exemple : rite de « l'asperges me » ou celui effectué par le thuriféraire. Par la pratique de ces rites, les fidèles reconnaissent leur adhésion intérieure à ce culte. Les occasions rituelles concernent soit la vie collective globale de la communauté, soit des circonstances familiales, ou la vie spirituelle personnelle. Beaucoup de rites d'intercession dans la Grèce antique s'appuyaient sur des oracles (Delphes, Delos). Les antiques Romains attendaient la réponse des dieux à certaines questions importantes, au travers de l'examen des restes d'animaux suppliciés (cf. divination), ou en regardant la direction du vol des oiseaux. La ritualité familiale est la plus tenace et la plus résistante aux changements. Le culte des ancêtres en Chine a ainsi traversé plusieurs décennies de régime communiste anti religieux. Origine. Les rites ne sont pas forcément religieux puisqu'ils rythment très souvent les actes quotidiens de la vie des humains. En cela, les rites séparent les humains du monde animal. Les tout premiers rites : inhumation des corps, feux, élévation de pierres (menhirs ou dolmens) montrent bien qu'à l'aube de l'humanité, le rite est intrinsèquement lié à l'humanité et systématiquement à la religion qui est uniquement le fait des humains. Les travaux d'Émile Durkheim traite les rituels comme des éléments du sacré. Mais l'interprétation du rite par les sciences humaines a tenté de dépasser le cadre de l'explication purement religieuse par des interprétations sociales ou comportementales. Par exemple : - K. Lorenz et Goffman donnent au terme « rite » un signifiant élargi : rituel inconscient. Leur thèse serait que ces « rites » inhibent l'agressivité intraspécifique afin d'autoriser la socialisation de l'espèce. Ces rites réutilisent cette agressivité affaiblie et remaniée pour structurer le groupe (hiérarchisation). - Le rite doit être distingué du rituel, qui est une « mise en scène » consciente. Goffman, Lorenz et Bourdieu utilisent « rite » dans le sens d'acte inconscient ou peu conscient… en général des gestes ou attitudes brèves (haussement de sourcils, d'épaule, ouverture des mains, baisser les yeux avant un croisement d'individus…) permettant, en passant en « conduite automatique » d'inhiber l'agressivité que devrait occasionner une situation... L'agressivité intraspécifique étant un instinct (génétique), il ne peut être supprimé mais va être inhibé et réutilisé en « rite » culturel hiérarchisant. Ces « rites » peuvent être considérés comme la « mémoire vive » du passé de l'espèce, dans le sens où ils induisent un comportemental optimisé transhistorique garantissant la durabilité de l'espèce (comportemental adapté a l'ère glaciaire par ex). Les « rites » peuvent aussi être considéré comme synonyme de « culturel », dans le sens où ils ont autorisé la socialisation d'une espèce… pour l’espèce humaine, ils s'opposent et pondèrent la « raison » par trop opportuniste qui tend a privilégier les intérêts immédiats de l'individu au détriment des autres « bénéficiaires » de chacun de nos actes (groupe, civilisation, espèce). Rites initiatiques. Les "rites de passage" également nommés "rites initiatiques" accompagnent dans beaucoup de sociétés humaines les changements « biologiques » et « sociaux » d'un individu. Une forme dérivée est le rite d'entrée dans une secte ou une société de pensée profane. De façon très extensive on peut parler de rite pour les actes exigés d'un nouveau membre d'un gang ou d'une mafia. Il est également possible de considérer comme étant un rite initiatique la reconnaissance de la psychologie gouvernant subconsciemment les rapports sociaux entre les hommes comme facteur d'union sociale : en effet, cette reconnaissance démarque une acceptation, d'une initiation à la compréhension sociale, et s'acquiert naturellement et systématiquement par l'homme au cours de sa vie. Le rôle des célébrants. La conservation, l'enseignement et l'application des rituels est un des rôles majeurs des religions et de leurs célébrants. La crise des vocations et la diminution du nombre des célébrants dans plusieurs religions d'Europe, posent la question du maintien du nombre des lieux de culte et de la fréquence des célébrations. Beaucoup de lieux de culte en Europe ont vu la fréquence de leurs offices diminuer. À l'inverse, sur d'autres continents, la fréquence des célébrations est en nette augmentation et nécessite la construction de très nombreux nouveaux lieux de cultes. Au Royaume-Uni, de nombreuses églises anglicanes ont été purement et simplement désaffectées et transformées. Les transferts de populations provoqués par la mondialisation posent également la question de la « nationalisation » de certains cultes et de la langue de certains rites. En France, les conflits entre imams de différentes origines (Arabie saoudite, Turquie, Algérie, Maroc) a conduit à une réflexion sur la formation d'imams officiant en français et non plus en arabe ou en turc. La question de la licéité des rites posée par Cicéron est toujours d'actualité. La concurrence entre fêtes profanes et fêtes rituelles religieuses. Toutes les religions ont souvent essayé de faire coïncider des fêtes anciennes associées à des cultes antécédents enracinés dans les traditions locales. Un certain nombre de rites, comme la fête chrétienne d'Holywins (de l'anglais : la sainteté gagne) qui a été créée pour supplanter le rite païen d'Halloween. Aujourd'hui des fêtes profanes, à dimensions commerciales, comme Noël, viennent parfois en conflit avec des occasions rituelles traditionnelles. La dimension profane de certaines fêtes religieuses s'effacent en partie devant une démarche purement touristique. Le rite religieux à l'origine est parfois remplacé par un spectacle (cas de Pampelune par exemple), qui lui-même devient un rite purement profane. Les nouveaux rites. L'anthropologie s'est principalement intéressée aux rites dans les sociétés non occidentales, mais de plus en plus, les sciences sociales s'intéressent à ce qu'on pourrait appeler les nouveaux rites. Ces rites qui ont été étudiés chez « l'autre », qu'il soit autochtone d'Amérique ou d'Afrique, ont en partie influencé les nouvelles pratiques rituelles dont beaucoup ont emprunté à ces nostalgies d'outre culture. Toutefois, les nouveaux rites se voient transformés par rapport au rite traditionnel : ils prennent place dans un contexte social différent qu'on qualifie de modernité, expression fourre-tout qui vise à décrire une nouvelle réalité qu'on a peine à cerner en sciences humaines. Les concepts présentés plus haut s'avèrent toujours pertinents, mais les valeurs de même que les différentes modalités en rapport au rite chez l'individu sont susceptibles d'avoir changé (susceptibles, puisqu'il s'agit d'une question de recherche actuelle dont la complexité nécessite certaines remises en question). Sous le voile de la modernité, ce contexte qu'on dit nouveau et qui transforme autant nos rapports sociaux que ceux face à notre individualité propre, se dégage une nouvelle conception du monde qui n'est plus attribuable aux dogmes ou récits qui nous entourent. Devenu cliché, ce concept conserve toutefois un certain potentiel pour ce qui est de considérer les pratiques sociales dont les fondements tendent à nous échapper. Michèle Fellous, dans "À la recherche des nouveaux rites" (2001) par exemple, s'intéresse à ces nouveaux rites quant au sens qu'ils revêtent alors qu'ils se différencient de plus en plus de la définition classique. Celle-ci constate que dans un contexte où le temps nous glisse entre les mains, les individus recherchent une assise à travers le rite qui permet de créer un marquage dans leurs vies. Ce marquage permet de rendre moins abrupte les passages que nous subissons à plusieurs reprises au cours de notre existence par un certain enracinement, alors que ce contexte moderne rend poreuses les différentes séquences vécues (enfance/adolescence, étude/travail, vie personnelle/travail, divertissement/ productivité, etc.). Le nouveau rite pourrait être perçu comme une réponse à ces questions issues de quêtes individuelles, puisque c'est désormais l'individualité qu'on tente de définir dans le contexte de modernité. Cette nouvelle vision du rite se détache de plus en plus du religieux, on cherche le sacré, sans le sacrement. Le mariage en est un bon exemple, alors que plusieurs cherchent à conserver les fondements du rite de passage tout en prenant une distance des instances religieuses, comme c'est le cas dans le mariage civil par exemple.
Rome antique La Rome antique est à la fois la ville de Rome et l'État qu'elle fonde dans l'Antiquité. L'idée de Rome antique est inséparable de celle de la culture latine. Ce regroupement de villages au parvint à dominer l'ensemble du monde méditerranéen et de l'Europe de l'Ouest du au par la conquête militaire et par l'assimilation des élites locales. Sa domination a laissé d'importantes traces archéologiques et de nombreux témoignages littéraires. Elle façonne encore aujourd'hui l'image de la civilisation occidentale. Durant ces siècles, la civilisation romaine passe d'une royauté à une république oligarchique puis à un empire autocratique. Le tableau d'une ville progressant de manière continue ne correspond pas intégralement à la complexité des faits. Son histoire n'a pas été celle d'une croissance continue : aux progrès (de rythmes très variés) ont succédé des stagnations et parfois même des replis. Mais les Romains sont parvenus à résoudre les difficultés internes nées de la conquête sous la République en transformant leurs institutions républicaines. La fondation de l'Empire par Auguste marque le début d'une période où la conquête romaine atteint les limites du monde connu à l'époque. La civilisation romaine, en partie influencée par les Grecs, influence durablement les régions conquises. À partir du , le monde romain subit les grandes invasions des Barbares venus de l'Europe du Nord et de l'Asie. Pour leur résister, l'Empire a eu besoin de créer une nouvelle structure bureaucratique et militaire. C'est dans ce cadre que s'opère le brillant renouveau du ainsi que l'établissement du christianisme comme religion d'État. Après la séparation entre l'Orient et l'Occident en 395, de nouvelles invasions mettent fin à l'Empire d'Occident en 476. En proie à l'instabilité interne et aux attaques de peuples issus de Germanie pour la plupart, la partie occidentale de l'Empire (comprenant l'Hispanie, la Gaule, la Bretagne, l'Afrique du Nord et l'Italie) se scinde en royaumes indépendants à la fin du . La partie orientale de l'Empire, gouvernée à partir de Constantinople (incluant la Grèce, l'Anatolie, la Syrie et l'Égypte) survit à cette crise. Malgré la perte de la Syrie et de l'Égypte, au profit de l'empire arabo-islamique naissant, l'empire d'Orient poursuit son développement, jusqu'à ce qu'il soit finalement détruit par l'Empire ottoman. Cet empire médiéval et chrétien, appelé « Empire romain » par ses habitants, mais que les historiens modernes dénomment généralement « Empire byzantin », est la dernière étape évolutive, sans interruption dans le pouvoir impérial et l'administration de l'Empire romain. La civilisation romaine est souvent comptabilisée dans l'Antiquité classique avec la Grèce antique, une civilisation qui a inspiré une grande partie de la culture de la Rome antique. Outre son modèle d'exercice du pouvoir, dont on ne compte plus les princes qui ont voulu l'imiter ou s'en sont inspirés, la Rome antique a contribué grandement à l'élaboration du droit, des institutions et des lois, de la guerre, de l'art et la littérature, de l'architecture et la technologie ainsi que des langues dans le monde occidental. La Rome royale. Premiers Romains. Les premiers Romains sont organisés en groupes héréditaires appelés "gentes" ou « clans ». Pendant longtemps, ce genre de divisions est familier de la majorité des Indo-Européens. Chaque clan se compose d’un agrégat de familles vivant sous la tutelle d’un patriarche, appelé "pater" (mot latin pour « père »). Chaque "gens" constitue une unité qui s’autogouverne et chaque membre d’une "gens" particulière partage les mêmes droits et les mêmes responsabilités que les autres membres. Chacun des clans se gouverne lui-même de façon démocratique (chaque membre peut voter) ou aristocratique (un groupe d’anciens gère les problèmes). Bien avant la date traditionnelle de la fondation de Rome, une communauté s’est fusionnée en confédération, la ville d’Albe la Longue ("Alba Longa") constituant son point de rassemblement. Néanmoins, après un certain temps, le siège de cette confédération se déplace à Rome. Fondation de l'Urbs (la Ville) (753 av. J.-C.). La ville de Rome est située au centre de la péninsule italienne, au sud de l'Europe et dans une position centrale du bassin méditerranéen. Le site même de la ville, avec ses sept collines et un espace marécageux au bord du Tibre, dans la plaine du Latium, est propice aux échanges commerciaux. Les premiers Romains se sont probablement installés sur la rive gauche du Tibre, à environ de l’embouchure du fleuve. Le premier village indépendant se trouve sûrement sur le Palatin. D’autres se sont formés sur le Quirinal, l’Esquilin, le Capitole et sur les collines du Cælius. Au sommet de chaque colline se tient une citadelle protégeant les habitants. Très tôt, ces villages ont procédé à un synœcisme (réunion de maisons) pour former la ville de Rome. Autour de cette période, il existe probablement des extensions vers le sud ainsi que le long de la rive gauche jusqu’à l’embouchure du Tibre. Légendes. La naissance de Rome est évoquée dans des récits légendaires racontés par Virgile, Tite-Live et Denys d'Halicarnasse, entre autres. Dans l’"Énéide", long poème à la gloire de l'empereur Auguste, Virgile raconte les aventures du troyen Énée, fils de Vénus. Quand Troie est saccagée par les Achéens, il parvient à s'enfuir de la ville avec son fils Ascagne (ou Iule), un groupe de Troyens et en portant son père Anchise sur ses épaules. Après de nombreuses aventures et des amours contrariées avec Didon, la reine de Carthage, il débarque dans le Latium où il fonde la ville de Lavinium. Son fils Ascagne fonde Albe-la-Longue. Cette légende permet de donner à Jules César et son héritier Auguste une origine divine puisqu'ils se présentent comme les descendants d'Ascagne. Après Ascagne, douze rois se succèdent à Albe. Le treizième, Numitor, est détrôné par son frère Amulius. Pour écarter tout futur rival, celui-ci fait de sa nièce, Rhéa Silvia, une vestale, c'est-à-dire une prêtresse de Vesta ayant l'obligation de rester vierge. Mais le dieu Mars tombe amoureux d'elle et de leur union naissent des jumeaux, Romulus et Rémus. La jeune vestale est emmurée vivante et ses fils sont exposés sur le Tibre (selon Denys d'Halicarnasse de nombreuses versions existent, tout aussi bien sur le viol que sur la peine infligée). Ils sont d'abord recueillis par une louve qui les allaite puis par un couple de bergers qui les élève. Devenus adultes, ils restaurent le trône de leur grand-père Numitor et décident de fonder une nouvelle ville. Ils s'en remettent aux auspices pour savoir lequel d'entre eux régnera sur la ville, mais une dispute éclate entre les deux frères. Au cours de la querelle, Romulus tue Rémus. Cette légende prend sa forme définitive à la fin du Selon la tradition, la fondation de Rome remonte à 753 av. J.-C. Les Romains comptent les années à partir de la date supposée de la naissance de leur cité (). Archéologie. Les recherches archéologiques ont permis de trouver sur le mont Palatin des cabanes de bergers datant du milieu de , ce qui correspond à la date légendaire de la naissance de Rome. Les vestiges trouvés montrent qu'à partir de ce moment, la cité connaît un développement continu. Débuts de la Monarchie (). La Monarchie peut être divisée en deux périodes. La première voit le règne des quatre premiers rois légendaires (Romulus/Titus Tatius, Numa Pompilius, Tullus Hostilius et Ancus Marcius), à qui les annalistes attribuent la fondation des institutions politiques et religieuses de la ville. Celle-ci est organisée en curies, le Sénat et les comices curiates deviennent officiels. Rome s’engage dans plusieurs guerres de conquête. C’est à cette époque que serait fondé le port d’Ostie et qu’est construit le premier pont sur le Tibre. Familles patriciennes et leur division en curies. Selon ce que rapporte la tradition, les anciens Romains sont divisés en trois groupes ou Tribus romuléennes, les "Tities", les "Ramnes" et les "Luceres". L'origine et la composition de ces tribus restent un sujet de débat pour les historiens. Les familles appartenant à l’un de ces trois groupes constituent les premières familles patriciennes. Afin d’organiser la ville, ces familles patriciennes l’ont divisée en unités appelées curies, bien que, selon la légende, cette organisation soit imputée au premier roi, Romulus. Chacune des trois tribus est divisée en dix curies. Création du Sénat, des comices et Roi de Rome. Quelques-uns des clans se gèrent de façon démocratique avec chaque membre possédant le droit de vote. D’autres se gouvernent de façon aristocratique, organisés autour d’un conseil d’anciens. Quand ces clans ont fusionné pour donner naissance à une plus large communauté, les deux méthodes ont été conservées pour gouverner. Les premiers Romains s’expriment démocratiquement au travers d’une "comitia" (« assemblée » ou « comice »). Les deux principales assemblées formées sont connues sous les noms de comices curiates et de comices calates. Les comices sont l’incarnation des tendances démocratiques des premiers clans. Pour mieux respecter la forme de démocratie directe utilisée par les clans confédérés, les deux comices sont organisées de façon à refléter au mieux les divisions tribales de la ville. Les comices sont donc organisées par curies. Les membres de chacune des trois tribus ("Ramnes", "Tities" et "Luceres") sont assignés à une curie précise, chaque groupe étant divisé en dix curies. L’équivalent aristocratique des assemblées prend la forme d’un conseil municipal des anciens. Alors que les conseils de chaque clan se composent des anciens des familles dirigeantes du clan, le conseil municipal se compose des anciens appartenant aux clans dirigeants de la ville, conseil qui deviendra le Sénat. Celui-ci (selon la légende) se compose de 300 anciens (des "patres") venant de chacune des trois tribus et constituant les premiers sénateurs romains. Le peuple et les anciens reconnaissent la nécessité d’avoir un dirigeant politique unique, appelé le "rex". Le peuple élit le roi tandis que les anciens le conseillent. Monarchie tardive (). La deuxième période, plus riche en événements que la première, voit le règne des trois derniers rois légendaires, l’importante expansion du territoire romain et le développement de la classe plébéienne avec son intégration partielle à la structure politique de la ville. Enfin, cette seconde période voit les seuls rois étrangers ayant régné sur Rome avec leurs successions basées sur l’hérédité. Les trois rois étrusques semi-légendaires entament une politique de conquête. Sans se pencher en détail sur le degré de véracité de ces légendes, il est très probable que de telles conquêtes aient bien eu lieu à la fin de la Monarchie. Il devient alors nécessaire de déterminer ce qui doit être fait des peuples conquis. Le premier roi étrusque de Rome, Tarquin l'Ancien, succède à Ancus Marcius. Il a été suggéré que Rome a été envahie par les Étrusques, bien que cela reste improbable. La ville est située sur une position facilement défendable et son expansion rapide attire les populations de toute la région. La politique libérale de la ville constitue une occasion pour un dirigeant compétent de gagner le trône. Apparition de la classe plébéienne. Le plus souvent, les habitants dont les villes ont été conquises y demeurent. Leur vie quotidienne et leur système de gouvernement restent les mêmes, mais leurs villes perdent leur indépendance vis-à-vis de Rome. Néanmoins, un certain nombre vient à Rome. Pour acquérir un statut économique viable et légal, les nouveaux arrivants doivent accepter une dépendance envers une famille patricienne ou envers le roi (qui est lui-même un patricien) ; ils deviennent alors clients d’une famille patricienne. En fin de compte, ceux qui s’étaient attachés au roi sont libérés de leur dépendance. Ces derniers constituent alors les premiers plébéiens. Comme Rome s’agrandit, de plus en plus de soldats sont nécessaires aux conquêtes. Les non-patriciens appartiennent à la même curie que leurs patrons. En ce temps, l’armée est organisée sur la base des curies, de sorte que les individus dépendants de familles doivent se battre. Néanmoins, quand ils sont délivrés de leur dépendance, ils quittent la curie à laquelle appartient leur patron. Ils ne sont alors plus obligés de se battre, mais ils perdent tout statut politique ou économique. Pour faire revenir ces plébéiens dans l’armée, les patriciens ont dû faire des concessions, dont on ne connaît pas exactement la nature. Une des conséquences est que les plébéiens ont désormais le droit de posséder leurs propres terres. Ils ont maintenant tout intérêt à défendre la ville : si elle venait à être conquise, ils perdraient toutes leurs terres. Néanmoins, il ne leur est donné aucun pouvoir politique. Tous ces éléments qui se mettent en place conduiront à la guerre des ordres sous la République. Réorganisation servienne de l’armée. Pour faire revenir les plébéiens dans l’armée, le roi Servius Tullius abolit l’ancien système qui organise les armées sur la base des curies et le remplace par un système basé sur la propriété terrienne. Suivant la réorganisation de Servius Tullius, deux nouvelles unités sont créées. L’armée est divisée en centuries ("centuriæ"). De futures réorganisations seront plus efficaces en se basant sur les tribus. Les centuries se rassemblent dans une nouvelle assemblée appelée "comitia centuriata" (comices centuriates). À sa création, cette assemblée ne dispose d’aucun pouvoir politique ou législatif. Elle est simplement utilisée comme point de réunion de l’armée. Des rois mythologiques. Le philologue et comparatiste Georges Dumézil voit dans la succession des premiers rois un exemple des fonctions tripartites indo-européennes : Romulus le fondateur et le pieux Numa Pompilius exercent la fonction souveraine, à la fois organisatrice et sacerdotale, Tullus Hostilius la fonction guerrière, Ancus Marcius la fonction productrice. À chaque souverain légendaire, on attribue donc une contribution particulière dans la naissance et la création des institutions romaines et dans le développement socio-politique de la cité. Des rois étrusques, Tarquin l'Ancien urbanise Rome, Servius Tullius organise la population citadine et militaire et Tarquin le Superbe, par son comportement, précipite l'instauration de la République. La République romaine. Le mot « république » vient du latin "res publica", ce qui signifie « la chose publique ». Gouverner la cité est donc une affaire publique et collective. La devise de la République est "Senatus populusque romanus", « le Sénat et le peuple romain ». Elle symbolise l'union du Sénat romain, où siègent à l'origine les familles patriciennes, et de l'ensemble des citoyens romains. En effet, les Romains sont divisés en deux groupes, les patriciens et les plébéiens. Ces derniers forment la masse des artisans et paysans. Ils vivent en dehors de l'organisation patricienne et n'honorent aucun ancêtre particulier. Les patriciens sont souvent propriétaires de vastes domaines cultivés. Ils appartiennent à de célèbres familles, les "gentes". Chaque "gens" a ses propres cultes dont celui des ancêtres et ses traditions. Elle comprend un nombre plus ou moins grand de clients qui doivent obéissance à leur « patron » et reçoivent en échange aide et assistance en cas de besoin. Avènement de la République (). Fin des rois étrusques et instauration de la République. L'histoire des débuts de la République est très obscure : en dehors des découvertes archéologiques, qui ne permettent qu'exceptionnellement une narration des événements, on ne possède pas de sources contemporaines de cette période. On ne peut donc en écrire l'histoire qu'à partir des récits historiques qu'en donnent les Romains eux-mêmes, récits souvent imprécis, parfois contradictoires, où la légende et la réécriture à des fins politiques se mêlent au souvenir des événements les plus anciens. Néanmoins, bien qu'il soit évident que la tradition enjolive les faits pour ne pas donner à Rome le mauvais rôle, il est aujourd'hui admis que la tradition romaine se fonde sur des faits historiques, même s'il est très difficile et souvent impossible de démêler le vrai du faux. Selon les traditions, Junius Brutus, le neveu du dernier roi Tarquin le Superbe, est le fondateur légendaire de la République romaine, en 509 av. J.-C. Tarquin est renversé, car il use de ses pouvoirs pour instituer une tyrannie. Ses abus sont si extrêmes que le Sénat et le peuple de Rome voient même le concept de la monarchie comme odieux. Le Sénat perd le contrôle de l'élection des nouveaux rois sous la dynastie étrusque des Tarquins, et c’est cette atteinte à la souveraineté du Sénat, plutôt qu’une tyrannie intolérable, qui pousse les patriciens, plutôt que le peuple entier, à chasser le dernier roi. Tarquin le Superbe soulève des villes étrusques contre la république naissante qui les vainc. Porsenna, roi étrusque de Clusium, assiège alors Rome pour rétablir Tarquin, mais renonce devant l’obstination des Romains. Les auteurs modernes remettent en cause tous les divers événements obscurs narrés par les historiographes romains, notamment l'épisode de Porsenna. Cependant, nombre de villes latines se défont du joug étrusque à la fin du Le tyran se réfugie ensuite à Tusculum où il pousse son gendre Octavius Mamilius à la guerre. Allié des Latins, il mène l'ultime combat contre Rome au lac Régille où il est vaincu, puis meurt quelques années plus tard à Cumes où il fait de son hôte, le tyran Aristodème, son héritier. Quelques légendes suggèrent que la monarchie diffère radicalement de la république naissante. Il est plus probable qu'il y ait eu une transition plus graduelle. Il se peut qu'il y ait eu un renversement rapide de la monarchie, mais le seul changement immédiat à ce moment-là est le remplacement du roi par une magistrature à deux têtes limitée en temps. Les autres changements se sont probablement produits plus progressivement que la tradition ne le suggère. Guerres extérieures. La bataille du lac Régille, ainsi que l'échec de Porsenna, marque définitivement la fin du règne des Tarquins à Rome. En 493 av. J.-C., une alliance est signée avec la Ligue latine : le "fœdus Cassianum". Elle met fin à la guerre entre Romains et Latins et place Rome à égalité de pouvoir avec tous les membres de la Ligue latine réunis. Cela crée autour de Rome un rempart contre les Volsques et les Èques puisque Rome s'allie aussi aux Herniques en 486 av. J.-C.. L'histoire romaine du est secouée de guerres contre les Volsques et les Èques ainsi que parfois les Sabins, mais Rome résiste et repousse les montagnards, leur infligeant de lourdes défaites et des trêves plus ou moins longues, malgré quelques revers. Rome et Véies s'opposent pour des motifs économiques. Grâce à Fidènes, située en amont de Rome sur un gué du Tibre, Véies contrôle la "Via Salaria" et le trafic du sel dans la région. Une première guerre, privée, est menée par les Fabiens, massacrés à la bataille du Crémère. Ensuite, vers 435 av. J.-C., Rome s'empare de Fidènes une première fois, qui devient une colonie romaine, puis définitivement en 425 av. J.-C., année où une trêve de 20 ans est conclue. En 406 av. J.-C., Rome assiège Véies. La guerre et le siège durent dix ans, jusqu'en 396 av. J.-C., la ville étrusque tombe aux mains des Romains dirigés par le dictateur Camille en l'an 396 av. J.-C.. Cette guerre et cette prise sont un événement majeur dans l'histoire romaine : pour la première fois, les soldats-paysans restent dans l'armée plus d'une année entière, sans rentrer chez eux pour l'hiver, et pour la première fois, en compensation, ils reçoivent une paie tirée d'un nouvel impôt payé par les propriétaires terriens, le "tributum". Le territoire romain double presque de taille et Rome prend l'ascendant dans l'alliance éternelle entre égaux conclue avec la Ligue latine, dominant les autres cités. Ainsi, Rome n'a jamais été si forte et aucune cité latine ou étrusque ne semble pouvoir lui faire de l'ombre. Mais en 390 av. J.-C., une horde gauloise, menée par Brennus, écrase l'armée romaine. Les instances religieuses et les objets sacrés sont mis en sécurité à Cære, une alliée, avant que les Gaulois ne s'emparent de Rome et assiègent le Capitole, où les derniers défenseurs résistent. Si l'on en croit les traditions, Rome est totalement mise à sac, détruite et brûlée, seul le Capitole est épargné, défendu héroïquement (épisode des oies du Capitole notamment). En réalité, il se peut qu'il ne s'agisse que d'un pillage général, les Gaulois dépouillant tout, surtout les temples, plutôt que d'une mise à sac radicale. Ce sac reste à jamais un traumatisme pour la République romaine, et il se peut donc que les traditions soient très exagérées. Le sac de Rome n'est qu'un événement mineur dans une guerre opposant les tyrans de Syracuse, Denys l'Ancien au début du , alliés des Gaulois qu'ils utilisent peut-être comme mercenaires (hypothèse de l'historienne Marta Sordi), aux Étrusques de Cære (Cære et Syracuse luttant pour détenir la puissance thalassocratique), qui sont visés par l'attaque gauloise, et qui subissent de graves pertes à l'instar de Rome. Institutions primitives et lutte patriciat/plèbe. Au lendemain de la chute de la monarchie, le Sénat et surtout les deux seuls magistrats récupèrent le pouvoir suprême, et on passe d'un système monarchique à un système oligarchique. Ce changement de gouvernement ne profite qu'à une minorité, la nouvelle élite : le patriciat. De nombreux plébéiens sont très endettés, et subissent donc la loi du patriciat. La première sécession de la plèbe a lieu en 495 av. J.-C. et la plèbe obtient la création de la magistrature du tribunat de la plèbe interdite aux patriciens, chargée de défendre son intérêt. Les tribuns de la plèbe sont inviolables. Ils peuvent s'opposer à n'importe quelle loi proposée par les autres magistrats : c'est l’"intercessio". Les tribuns de la plèbe gagnent du pouvoir petit à petit. Par la "Lex Publilia Voleronis", les plébéiens s’organisent par tribu, se rendant politiquement indépendants des patriciens. Ensuite, ils réclament la mise par écrit des lois, par l'intermédiaire du projet de la "Lex Terentilia", autour duquel Rome se déchire pendant une décennie, jusqu'à ce qu'une commission extraordinaire, les décemvirs, soit établie pour rédiger des lois écrites. La loi des Douze Tables est rédigée en deux fois. La seconde commission de décemvirs tente de maintenir son pouvoir absolu, mais devant la sécession de la plèbe, retirée sur le mont Sacré, ils doivent démissionner, et la loi est approuvée par le peuple romain. Selon les études modernes, le second décemvirat ne serait jamais survenu. La loi des Douze Tables constitue le premier corpus de lois romaines écrites. Leur rédaction est l'acte fondateur du droit romain, des institutions de la République romaine et du "mos maiorum". Une série de lois est ensuite votée, par lesquelles les plébiscites promulgués par les comices tributes ont force de loi sous réserve que le Sénat les ratifie, le droit d'appel au peuple est rétabli, la sacrosainteté et l'inviolabilité des tribuns de la plèbe sont proclamées : ce sont les "leges Valeriæ Horatiæ", ainsi que la suppression de l'interdiction de mariage entre plébéiens et patriciens : la "lex Canuleia". Le Sénat, pour faire face à la demande que le consulat s'ouvre aux plébéiens, propose la création du tribunat militaire à pouvoir consulaire, ouvert à tous, et ayant presque tous les pouvoirs du consulat, exceptés ceux donnés à une nouvelle magistrature patricienne, la censure. Au début, les patriciens accaparent la nouvelle magistrature, mais petit à petit, les plébéiens sont de plus en plus nombreux à accéder au tribunat militaire à pouvoir consulaire, qui devient presque systématique, remplaçant le consulat. En 376 av. J.-C., une série de lois est proposée pour améliorer la situation de la plèbe à Rome. Il s'agit de lois politiques, économiques et sociales, visant à partager le pouvoir suprême entre plébéiens et patriciens, à lutter contre l'accaparement par les patriciens des terres récemment annexées autour de Rome ("ager publicus"), et à soulager la plèbe qui est écrasée de dettes : les mesures proposées sont le rétablissement du consulat, avec obligatoirement un élu plébéien parmi les deux consuls, l'interdiction d’occuper plus de 500 jugères sur l’"ager publicus" et la déduction du capital des intérêts déjà payés et l'étalement du remboursement des dettes sur trois ans, ainsi que la suppression du "nexum". Les trois lois, unies en une seule pour le vote, sont approuvées. Le consulat plébéien ouvre implicitement l'accès à la dictature et à la censure. Durant toute cette période, la République romaine fait face à une multitude d'ennemis, et est sans cesse en guerre contre des peuples italiques, en ayant souvent recours à l'élection d'un dictateur pour faire face aux menaces extérieures, et est plusieurs fois proche de la catastrophe, comme lors du sac de Rome en 390 Conquête de l'Italie (). Le représente un tournant majeur dans l'histoire de Rome, car il pose les bases de l'expansion qui est suivie par l'extension du territoire romain jusqu’à la Campanie, malgré la résistance forte des montagnards samnites. Les historiens contemporains identifient plusieurs facteurs qui expliquent ces changements : le traumatisme des invasions gauloises et les difficultés qui suivirent avec ses voisins, semblent avoir persuadé les Romains de ne plus accepter de menaces et d'entamer une expansion que l'on peut parfois qualifier d'« impérialisme défensif ». Guerre des ordres. La période qui suit le vote des lois licinio-sextiennes voit l’émergence de tendances alarmantes, tel que le rapprochement continu des tribuns et des sénateurs. Vers le milieu du , le concile plébéien ratifie la "Lex Ovinia" qui permet aux censeurs de décider de l'entrée de n’importe quel magistrat nouvellement élu au Sénat. Les plébéiens détenant déjà de nombreuses magistratures, leur nombre au Sénat augmente probablement rapidement. Le rapprochement entre les tribuns et le Sénat facilite la création d’une nouvelle aristocratie plébéienne : la plupart des plébéiens élus aux magistratures proviennent d’une de ces familles plébéiennes. Cette nouvelle aristocratie plébéienne se fond bientôt dans l’ancienne aristocratie patricienne, créant une aristocratie combinée « patricio-plébéienne ». En 287 av. J.-C., les plébéiens font sécession. Pour mettre un terme à cette nouvelle sédition, les lois hortensiennes sont adoptées, qui donnent force de loi aux résolutions de l’assemblée de la plèbe (plébiscites) sans ratification du Sénat. La signification fondamentale de cette loi dans les faits est qu’elle retire aux patriciens toute possibilité de s’opposer aux plébéiens, ce qui entraîne que les sénateurs plébéiens ont dorénavant les mêmes droits que les sénateurs patriciens. Par conséquent, le contrôle de l’État ne retombe pas sur les épaules de la démocratie, mais sur les épaules de cette nouvelle aristocratie « patricio-plébéienne ». Une armée de citoyens. Seuls les citoyens propriétaires ont le devoir de se battre pour la République. Les plus riches combattent dans la cavalerie ("equites"), les autres sont fantassins ("pedites"). Après les réformes de Camille, ils forment des légions d'environ hommes, composées notamment des "hastati", les jeunes citoyens ("iuniores") bien entraînés en première ligne, des "principes", eux aussi "iuniores", mais plus expérimentés, en deuxième ligne, et des "triarii", les "seniores", qui forment la dernière ligne et la réserve. Les plus pauvres combattent en tant que vélites. Il existe aussi des troupes auxiliaires composées de soldats ne jouissant pas de la citoyenneté romaine qui assistent les légions. Il règne dans la légion une discipline rigoureuse. Histoire de la conquête. En 390 av. J.-C., Rome est prise par les Gaulois et subit son premier sac. Pour les Romains, cet épisode est vécu comme une catastrophe nationale. La cité ne met pas longtemps à se relever de ce désastre. Après quelques accrochages avec ses voisins, notamment les Étrusques de Tarquinii vaincus et quelques villes latines rebelles, et après avoir fait face à de nouveaux raids gaulois, Rome commence la conquête de l'Italie. Rome a su mettre fin à ses divisions sociales et peut donc proposer un modèle politique séduisant aux aristocraties des autres cités méditerranéennes, atout diplomatique non négligeable. La diplomatie joue en effet dans la conquête romaine un rôle souvent négligé au profit des aspects purement militaires. La "deditio" de Capoue en 343 av. J.-C. en constitue le meilleur exemple : pour bénéficier de la protection romaine, la cité campanienne de Capoue se livre complètement à Rome qui voit sa zone d'action traditionnelle brutalement étendue à la riche région qu'est la Campanie. L'interpénétration des élites est si importante que l'on parle parfois d'« État romano-campanien », toujours est-il qu'un mécanisme essentiel des conquêtes à venir s'est mis en place : Rome s'appuie sur les aristocraties locales, ou sur une partie de ces aristocrates, pour étendre son territoire, en échange elle offre à ces aristocraties la stabilité politique et l'insertion valorisante dans un ensemble plus vaste, l'accès à une échelle supérieure. Ainsi, lors de la première guerre samnite, les Romains interviennent, en 343 av. J.-C., pour protéger Capoue des Samnites. Les Samnites sont vaincus en 341 av. J.-C., mais Rome ne peut exploiter son succès et doit se replier à cause du soulèvement des Latins, qui menacent directement Rome. S'ensuivent les guerres latines, qui opposent Rome à la Ligue latine, entourant en partie le territoire romain. Une tentative de la part des peuples latins d'acquérir leur indépendance de Rome est la principale cause de la guerre. La défaite des Latins voit la dissolution de la Ligue latine prononcée, ainsi que l'incorporation de ses territoires dans la sphère d'influence romaine. À cette occasion les Latins obtiennent des droits partiels et différents niveaux de citoyenneté et leurs villes sont transformées, soit en municipes, soit en colonies romaines. Entre 336 et 327 av. J.-C., Rome s'impose plus au sud de l'Italie et en Campanie, et stabilise les territoires nouvellement conquis. La fondation romaine de Frégelles à la frontière samnite et de graves tensions à Naples provoquent une réaction hostile immédiate des Samnites. Le conflit durera près de 40 ans. Les Romains remportent les premières batailles, mais après plusieurs années de guerres de frontières, les consuls romains décident, en 321 av. J.-C., de porter la guerre en territoire samnite, initiative qui se termine par la capture humiliante de deux légions par le samnite Caius Pontius à la bataille des Fourches Caudines. Les hostilités prennent fin en 316 av. J.-C. et la trêve est en faveur des Samnites, qui obtiennent des Romains la cession de la colonie romaine de Frégelles. Les hostilités reprennent en 314 av. J.-C., et Rome bat une vaste coalition rassemblant les Samnites, les Étrusques, les Ombriens, les Marses, les Herniques, les Péligniens et les Salentins. En 304 av. J.-C., les Marses, les Péligniens, les Marrucins et les Volsques sont à leur tour écrasés et soumis. Les Èques, vaincus par une campagne éclair, sont annexés. En 295 av. J.-C., les Samnites réussissent à faire pénétrer une armée en Italie du Nord, secondés par leurs alliés étrusques et ombriens, qui sont en guerre contre Rome depuis 302 av. J.-C. De plus, ils profitent de la présence des Gaulois qui depuis 299 av. J.-C. font des incursions régulières en Italie du Nord. Les Romains écrasent cette coalition et le territoire samnite est envahi : ces derniers capitulent en 290 av. J.-C., Rome asservit leurs villes et annexe leur territoire. Rome sort des guerres samnites maître de l’Italie centrale et est en contact direct avec les cités grecques qui bordent les côtes sud de la péninsule et qui contrôlent une partie du commerce méditerranéen. Tarente fait appel au jeune roi d'Épire, Pyrrhus, pour ralentir la progression romaine. En 280 av. J.-C. Pyrrhus débarque en Italie et vainc les Romains. Les populations encore indépendantes du Bruttium et de Lucanie font alliance avec Pyrrhus, suivies des Samnites, et le jeune roi remporte à nouveau une « victoire à la Pyrrhus ». Au milieu des campagnes d'Italie, Pyrrhus apporte son secours aux Siciliens contre Carthage ce qui pousse Rome à s’allier à Carthage, pour protéger la Sicile des visées de Pyrrhus. L'avancée de Pyrrhus est foudroyante. Cependant, Pyrrhus se voit contraint de partir de Sicile pour s'occuper d'autres affaires en Italie méridionale. En 275 av. J.-C., les Romains battent enfin Pyrrhus, qui quitte l'Italie et retourne en Épire, laissant une garnison à Tarente. Les Sallentins et les Picéniens sont à leur tour soumis. En 265 et 264 av. J.-C., Rome prend et détruit la cité étrusque de Volsinii et les dernières villes étrusques indépendantes au sud de l'Arno sont rattachées à la République romaine. Économie, société et organisation de l'Italie. À cette époque, la République romaine domine dorénavant une grande partie de l'Italie et permet à la péninsule de se stabiliser et de prospérer pour la première fois de son histoire, l'économie romaine et italienne est florissante. À Rome même, les institutions se consolident et se diversifient, la guerre des ordres prend fin, et l'État se trouve un seul et unique maître du pouvoir : le Sénat. À la suite de la chute de Tarente en 272 av. J.-C., toutes les terres de la péninsule italienne situées au sud du fleuve Arno sont sous domination plus ou moins directe de Rome. De tous ces peuples et villes, aucun n'a réussi à s'opposer longtemps à l'avancée romaine, aucune coalition assez forte n'a réussi à se former pour résister aux forces romaines, car tous ces peuples et ces villes étaient désunis en temps de paix. Rome apporte à l'Italie une stabilité au début du , à la même époque où les institutions de la République se stabilisent aussi. Toutes les populations et toutes les cités italiennes étaient divisées avant que Rome ne s'impose, et cette dernière réussit à entretenir des différences entre chaque, traitant avec chaque ville et chaque peuple, sous des conditions différentes et pour des statuts différents. De toute l'Italie centrale et méridionale, il ne reste plus que « les Romains, les Latins et les alliés italiens », les seuls à être des hommes libres au sein de la communauté romaine. Il s'agit donc de Rome et des peuples ou cités qui ont été totalement intégrés, des territoires semi-intégrés, et des alliés de Rome, au début par des alliances entre égaux qui deviennent très vite des pactes dominés par Rome. Il existe deux types de citoyenneté romaine : les citoyens de plein droit qui jouissent donc de tous les droits et de tous les devoirs, c'est-à-dire notamment le droit de voter et d'être élu, de propriété, de recevoir une solde dans l'armée ainsi que le devoir de servir sous les armes et de payer des impôts ; et ceux qui ont les mêmes droits et devoirs hormis celui de voter et de pouvoir être élu magistrat. Une partie des anciens Latins qui formaient la Ligue latine est incorporée à Rome avec la citoyenneté. Rome, de concert avec les Latins, va fonder de nombreuses colonies latines à des endroits stratégiques du territoire romain. Ce système de colonie latine, où les colons ne sont pas citoyens romains, mais possèdent un certain nombre de droits au sein de la colonie quasi indépendante de Rome, va perdurer longtemps, étant à l'avantage de Rome et des colons. Enfin, les alliés sont en bas de la structure administrative romaine. Ils sont le plus souvent liés à Rome par une alliance inégale, et dans tous les cas, ces alliés doivent fournir à Rome un certain nombre de troupes et de fournitures militaires, sans que Rome doive les payer, ce qui soulage les citoyens romains. Ainsi, Rome a su créer autour d'elles, parmi une mosaïque de statuts, un certain équilibre et surtout une prospérité que l'Italie n'a pas connue avant, effaçant en partie les inégalités au sein de l'organisation romaine. Institutions politiques. Alors qu'aux débuts de la République ce sont les consuls qui détiennent le pouvoir, petit à petit le Sénat émerge et s'impose au sein des institutions romaines. L'assemblée devient permanente et assoit son autorité sur les magistrats romains à la fin du , passant d'un conseil des anciens à l'organe principal du pouvoir dont les magistrats sont les subordonnés. Le Sénat romain est tourné essentiellement vers la politique étrangère. Alors que son rôle dans les conflits armés se limite théoriquement à celui de conseiller, le Sénat finit par superviser ces conflits. Le Sénat gère également l’administration civile au sein de la ville. Alors que le Sénat peut influencer la promulgation de lois, il ne fait pas officiellement ces lois. Les assemblées législatives, qui sont considérées comme l'incarnation du peuple de Rome, font les lois domestiques qui gouvernent le peuple. Le Sénat promulgue des décrets appelés "senatus consultum". Officiellement, il s’agit de « conseils » donnés aux magistrats, bien qu’en pratique, ces décrets sont souvent suivis à la lettre par ceux-ci. Pendant toute la République, les citoyens sont répartis en centuries à des fins militaires, et en tribus à des fins civiles. Chacun des deux groupes se rassemble pour des buts législatifs, électoraux et judiciaires. Les comices centuriates sont organisées d’une manière très aristocratique. Selon cette organisation, les classes les plus élevées contrôlent suffisamment de centuries pour obtenir la majorité à chaque vote. Seules, les comices centuriates peuvent élire les consuls, préteurs et censeurs, déclarer une guerre offensive, ou encore valider le cens. Les comices tributes élisent les questeurs, les édiles curules et les tribuns militaires. Elles ont également le pouvoir d’instruire des cas judiciaires. Le concile plébéien ne représente pas tout le peuple, car les patriciens en sont exclus. Le concile plébéien élit ses propres représentants (tribuns de la plèbe et édiles plébéiens, considérés comme des magistrats). En effet, le concile plébéien est l’assemblée des tribus plébéiennes alors que les comices tributes sont l’assemblée des tribus « patricio-plébéiennes ». Les magistratures sont électives et annuelles, hormis la censure et la dictature. Tous les magistrats ont un certain rang de pouvoir. Les dictateurs possèdent plus de pouvoirs que n’importe quel autre magistrat, suivi des consuls et des préteurs, magistrats ordinaires. Chaque magistrat peut seulement bloquer par son "veto" une action prise par un magistrat de rang égal ou inférieur au sien. Par conséquent, aucun magistrat ne peut s’opposer par son "veto" aux décisions du Sénat ou des assemblées. Comme les tribuns de la plèbe et les édiles plébéiens ne sont pas à proprement parler des magistrats, ils ne sont pas concernés par la répartition des « pouvoirs majeurs ». En général, cela fait d’eux des magistrats indépendants des autres. Ils ne peuvent voir leurs actes bloqués par le "veto" des consuls. Si un magistrat, une assemblée ou le Sénat ne se conforment pas aux ordres d’un tribun, celui-ci, en usant de l’"intercessio", pourra bloquer cette action particulière. Chaque magistrat républicain détient certains pouvoirs ("potestas"), qui comprennent l’"imperium", la "coercitio" et l’"auspicia" (pouvoirs religieux). Ces pouvoirs sont équilibrés par plusieurs contraintes constitutionnelles, incluant la collégialité ("collega"), le droit des citoyens d’en appeler au peuple ("provocatio") et une division constitutionnelle des pouvoirs ("provincia"). Seul le peuple de Rome (plébéiens et patriciens) a le droit de conférer ces pouvoirs à un magistrat. Conquête de la Méditerranée (). Conquête de l'Occident méditerranéen. À partir de 264 av. J.-C. commence le grand affrontement contre Carthage qui marque un tournant dans l'histoire de Rome. Carthage, ancienne colonie phénicienne a développé d'abord des comptoirs commerciaux, puis des points d'appui et des colonies dans toute la Méditerranée occidentale et notamment à l'ouest de la Sicile grâce à son esprit d'entreprise. Rome se méfie des ambitions carthaginoises en Sicile. C'est la cause de la première guerre punique qui dure près de vingt-cinq ans. Les Carthaginois prennent d'abord la ville de Messine, reprise par surprise par les Romains, déclenchant le début de la guerre. Il s'ensuit vingt ans de guerres avec des fortunes diverses, les premières victoires sont romaines, puis les Carthaginois se reprennent et arrêtent l'avancée romaine. Finalement, Rome prend le contrôle des mers et la victoire navale devant les îles Égades contraint Carthage à signer une paix humiliante. Elle abandonne la Sicile, puis la Sardaigne et la Corse après coup, et paie un fort tribut. Après la première guerre punique, Rome s'étend en Illyrie, après avoir vaincu les Ligures, les Insubres et réduit la Gaule cisalpine en province romaine. De son côté, Carthage se lance à la conquête de l'Hispanie. Cette expansion inquiète Rome qui fait renaître les hostilités en 219 av. J.-C.. Mais la République trouve en face d'elle, en la personne d'Hannibal, un adversaire redoutable, un homme politique et militaire de génie. Hannibal remporte alors dans le Nord de l'Italie une série de victoires et avance vers le sud en traversant les Apennins. Là, il écrase par deux fois, à Trasimène et à Cannes, les armées romaines. Les villes alliées à Rome dans le Sud de l'Italie (mais dans le Sud uniquement) se rallient à Hannibal. Celui-ci s'installe à Capoue. Rome refuse de s'incliner, remporte plusieurs succès, à Nole, Syracuse avec Claudius Marcellus, puis en Hispanie et enfin en Afrique sous la direction de Scipion l'Africain. Celui-ci a finalement raison d'Hannibal en 202 av. J.-C. dans la plaine de Zama, ce qui met fin à la deuxième guerre punique. Les vaincus, qui perdent leurs possessions extérieures doivent payer un énorme tribut à Rome qui devient la première puissance de la Méditerranée occidentale en 202 av. J.-C.. Parmi les raisons du succès romain, on peut citer le refus de la classe politique romaine de s'admettre jamais vaincue, même si elle se divise sur la stratégie à adopter, offensive ou défensive ; la capacité de recrutement romaine, comblant constamment ses pertes, au prix d'une pression épuisante sur ses alliés ; la maîtrise maritime, et la fidélité des peuples alliés entourant Rome d'un glacis protecteur et de la plupart des ports d'Italie du Sud. Carthage est finalement détruite en 146 av. J.-C., à l'issue de la troisième guerre punique (149-146). Malgré de nombreuses révoltes, l'Hispanie reste romaine. L'Ouest méditerranéen est donc sous domination romaine au , seule la future Gaule transalpine n'est pas encore romaine, mais elle devient une province de la République romaine en 121 av. J.-C., parachevant la conquête de toutes les terres côtières de ce côté de la Méditerranée. Domination sur l'Orient méditerranéen. Pendant la deuxième guerre punique, Philippe V de Macédoine s’allie à Hannibal Barca. La guerre finit indécisivement en 205 av. J.-C. et se solde par le partage entre Rome et la Macédoine d'un territoire mineur le long du littoral de l’Adriatique pour « combattre la piraterie », l’Illyrie. En 201 av. J.-C., la deuxième guerre macédonienne est déclenchée par Rome, avec l’aide de quasiment tout le monde grec. C’est un conflit indécis jusqu’à la victoire romaine à la bataille de Cynocéphales en 197 av. J.-C. En 194 av. J.-C., Rome déclare la Grèce « libre » et se retire complètement des Balkans. La Ligue étolienne est peu satisfaite des territoires que Rome leur a cédé et « invitent » Antiochos III de l’Empire séleucide à les aider pour libérer la Grèce de l’« oppression romaine ». Rome répond en chassant les Séleucides de Grèce et en leur infligeant des défaites en Asie Mineure, obligeant Antiochos à signer le traité d’Apamée en 188 av. J.-C.. Après la mort de Philippe V de Macédoine en 179 av. J.-C., son fils, Persée déclenche la troisième guerre macédonienne. Initialement, les forces romaines ont des difficultés contre les forces macédoniennes, mais en 168 av. J.-C., les Romains écrasent leurs adversaires à Pydna. La Macédoine est divisée en quatre républiques dirigées par des marionnettes que Rome commande. Rome écrase complètement une rébellion macédonienne et ne se retire pas de la région, formant la province romaine de Macédoine, établissant un pouvoir romain permanent sur la péninsule grecque. Entre 149 et 146 av. J.-C., la ligue achéenne se révolte aussi : victoire romaine, pillage et destruction de Corinthe. En 133 av. J.-C., le royaume de Pergame échoit en héritage à Rome. Il donne naissance à la province d'Asie. Rome et l'Italie au. En 287 av. J.-C., la guerre des ordres a pris fin par les lois hortensiennes, résolvant ainsi un des grands problèmes des débuts de la République. Néanmoins, il n’y a pas de changement politique important entre 287 et 133 av. J.-C. Les lois critiques de cette période sont toujours ratifiées par le Sénat. La fin du voit une aggravation des problèmes financiers pour de nombreux plébéiens. En effet, les longues campagnes militaires tiennent de nombreux citoyens loin de chez eux pour se battre, sans qu’ils ne puissent plus s’occuper de leurs terres, laissées à l’abandon. Les petits fermiers font faillite et convergent alors vers Rome, grossissant les rangs des assemblées populaires, où leur statut économique leur permet, pour la plupart, de voter pour le candidat qui leur promet le meilleur avenir. Une nouvelle culture de dépendance apparaît qui favorisera la montée en puissance des meneurs les plus populaires. Durant toute la deuxième guerre punique, hormis quelques défections dans le Sud, les territoires latins et alliés de Rome sont restés fidèles à la République, et ont très largement contribué à l'effort de guerre, tant humainement que matériellement. Cependant, la citoyenneté romaine n'est que très peu étendue et les rancœurs et motifs de révolte s'accumulent contre le pouvoir central à Rome, aveugle. L'organisation générale de l'Italie n'a pas évolué depuis près de deux siècles, alors que le territoire romain s'étend maintenant sur une grande partie du bassin méditerranéen. Ce blocage entraînera une guerre civile terrible au début du , connue sous le nom de « guerre sociale », entre les Romains et leurs alliés. La République se retrouve seule maître de toute une partie du bassin méditerranéen où les territoires sont florissants. La prise de la Grèce et d'une partie de l'Asie augmente l'afflux de richesses dans toute la République. Le nombre d'esclaves est démultiplié et leurs biens acquis par Rome. L'apport financier consécutif à toutes ces guerres et ces territoires absorbés est extrêmement important. L'esclavage devient le moteur de la société romaine après la deuxième guerre punique, lorsque les riches Romains commencent à créer des grandes propriétés ("Latifundium") dans les provinces conquises. Rome en devenant maître de l'Italie et surtout des cités de la Grande-Grèce définitivement après la deuxième guerre punique, renforce son hellénisme. Le grec est devenu une seconde langue, largement utilisée dans le commerce, une langue de culture aussi. Les Romains les plus riches envoient leurs enfants dans les écoles grecques. La prise de la Grèce en 146 av. J.-C. ne fait que renforcer le phénomène. L'art grec connaît une véritable renaissance au milieu du , et son influence sur l'art italique est considérable. La profonde hellénisation de l'art romain est voulue par le pays dominateur. Crises de la République (fin ). La fin de la République est marquée par les nombreuses guerres civiles et extérieures qui ont des incidences considérables sur l'économie et la société romaine. Les institutions politiques républicaines sont peu à peu vidées de leur contenu au profit des généraux à la tête d'armées de vétérans qui leur sont dévouées. Guerres civiles et fin de la République. La guerre profite surtout aux riches. Les rangs des citoyens petits propriétaires se sont éclaircis, surtout pendant la deuxième guerre punique. Il y a donc moins d'agriculteurs. Les campagnes se couvrent de vastes pâturages. Le blé importé de Sicile concurrence celui des petits producteurs latins qui, ruinés, vendent leurs terres à bas prix aux grands propriétaires et s'en vont à Rome rejoindre la plèbe urbaine. Les grandes familles se constituent ainsi d'immenses domaines, les "latifundia", où sont installés des paysans non propriétaires, les colons, et de nombreux esclaves. Elles forment la "nobilitas", la noblesse qui accapare les magistratures et remplit le Sénat. À côté de cette noblesse foncière, apparaît une nouvelle classe d'hommes d'affaires qui s'enrichissent dans le commerce, la banque et le crédit. Leur richesse leur permet de tenir une place importante dans l'ordre des chevaliers. La noblesse et les chevaliers s'entendent pour exploiter l'empire naissant qui est divisé en provinces. Hommes d'affaires et magistrats issus de la noblesse s'enrichissent en les pillant souvent de manière systématique. En ville par contre, le chômage s'accroît, la main-d’œuvre salariée est concurrencée par la masse des esclaves apportées par les conquêtes. Rome devient une ville bigarrée rassemblant, à côté des citoyens romains, des Italiques, des Grecs, des affranchis de tous horizons. Cette foule entretient une agitation constante dans la cité. À partir de 133 av. J.-C., les tensions se multiplient entre les riches et les pauvres, d'autant plus que le luxe le plus tapageur a fait son apparition à Rome. Pourtant une tentative de réforme se dessine avec les Gracques, issus d'une grande famille noble. Ils pensent qu'une réforme agraire est nécessaire pour résoudre le problème de la plèbe, mais les deux frères sont massacrés tour à tour, et leurs réformes abandonnées. Des Germains envahissent la Gaule et écrasent à plusieurs reprises les armées romaines. Une réforme militaire profonde est entamée, en admettant, dans les rangs de l'armée, les prolétaires, c'est-à-dire les citoyens non propriétaires, qui n'avaient pas, jusque-là, accès aux légions. Une armée de pauvres et de non-citoyens succède ainsi aux armées de citoyens propriétaires terriens, mais c'est une armée de métier, prête à se dévouer à son chef et à lui ouvrir la route du pouvoir, d'autant plus si celui-ci est généreux. La nouvelle armée permet à Rome et à Marius de triompher face à deux menaces. Après les Gracques, vient le temps des ambitieux qui luttent pour le pouvoir. Grâce à la réforme militaire et à ses victoires en Afrique et en Gaule, Marius domine la vie politique, associant les chefs du parti populaire à son pouvoir. En 91 av. J.-C., commence la guerre sociale, qui oppose le Sénat et les Italiens, qui tentent d'obtenir la citoyenneté romaine. En effet, ceux-ci, bien que faisant partie depuis longtemps de la République et bien que fournissant d'importants contingents militaires à l'armée romaine, n'ont pour la plupart pas acquis le statut de citoyens et sont toujours considérés comme des sujets. Rome réussit à endiguer la rébellion en concédant le droit de cité aux alliés qui ne s'étaient pas révoltés et ensuite à tous ceux qui déposeraient les armes. Par la suite Sylla parvient à vaincre les dernières cités irréductibles. À l'issue de la guerre sociale, les Italiens obtiennent donc le droit à la citoyenneté romaine et l'Italie est unifiée sous un seul statut juridique. Mais les problèmes subsistent. Les institutions républicaines ont du mal à fonctionner normalement. Les chevaliers et la "nobilitas" s'affrontent pour l'exploitation des provinces. S'ensuivent les guerres civiles entre Sylla et Marius, tour à tour massacrant leurs opposants dans les rues de Rome, et finissant par la dictature de Sylla, qui opère ensuite d'importantes réformes politiques, renforçant le pouvoir des aristocrates et diminuant celui des tribuns de la plèbe. Il se retire ensuite de la vie politique. Mais rapidement de nouvelles révoltes entraînent de nouvelles expéditions militaires favorisant ainsi l'émergence de nouveaux généraux vainqueurs qui se disputent le pouvoir. Pompée et Crassus font face aux rébellions et aux ennemis de Rome, avec succès. Pompée s'allie alors à Crassus et à Jules César en pleine ascension politique. Les trois hommes se partagent le pouvoir et forment le Premier Triumvirat. De 58 à 51 av. J.-C., Jules César fait la conquête de la Gaule indépendante, s'attirant ainsi prestige et richesse. Il peut alors se consacrer à son ambition suprême, la conquête du pouvoir à Rome. Il sait qu'il peut compter sur la loyauté de ses légions et de soutiens politiques à Rome. Pendant ce temps, Crassus trouve la mort contre les Parthes à Carrhes en 53 av. J.-C. Pompée profite alors de l'absence de Jules César pour être nommé consul unique par le Sénat en 52 av. J.-C. et mettre fin à l'incessante agitation politique qui secoue la ville. Fin 50, début 49 av. J.-C. la noblesse romaine confie à Pompée la mission de protéger l'Italie. César fort de troupes aguerries par 9 ans de combat en Gaule fait la conquête de l'Italie puis bat les armées de Pompée en Hispanie puis à Pharsale en 48 av. J.-C. Les derniers partisans de Pompée sont battus en Afrique en 46 av. J.-C. César reste le seul maître de Rome après 4 ans de guerre. Il organise une monarchie qui ne dit pas son nom. Il est nommé par le Sénat dictateur pour 10 ans puis dictateur à vie en 44 av. J.-C. Il est « élu » consul tous les ans et est aussi censeur et porte le titre "imperator", chef suprême des armées. Il détient aussi l'inviolabilité tribunicienne. Il réorganise le Sénat en l'ouvrant à des familles non romaines originaires des provinces. Il pratique une politique favorable aux pauvres : remise des dettes, lotissement des vétérans, grands travaux pour embellir Rome. Il meurt assassiné aux ides de mars 44 av. J.-C. par un complot dirigé par Brutus et Cassius. À la mort de Jules César, Octave, son petit-neveu et fils adoptif, Marc Antoine, son lieutenant et le consul en exercice, et Lépide, maître de cavalerie du défunt dictateur, s'entendent pour se partager le pouvoir. Ils forment le Second Triumvirat. Leur premier objectif est de venger la mort de César. Cassius et Brutus sont tués en 42 av. J.-C. lors de la bataille de Philippes. . Après la destitution du triumvir Lépide par Octave, ce dernier et Marc Antoine se retrouvent face à face. Le conflit est inévitable. Marc Antoine allié à Cléopâtre est battu à Actium en 31 av. J.-C. Octave poursuit alors méthodiquement la conquête de l'Orient, jusqu'en août 30 av. J.-C. Lorsque Marc Antoine et Cléopâtre se suicident, Octave reste le seul maître de Rome. De plus, l'opinion publique est lasse des désordres et des guerres civiles, elle réclame un régime stable, fût-il autoritaire. De retour dans la cité, Octave inaugure une ère nouvelle qui ne se terminera qu'avec la chute de Rome au . L'Empire romain. Haut-Empire (). Le Sénat confère alors à Octave le titre d'Auguste. Tout en laissant le déroulement des anciennes magistratures et du Sénat, Auguste concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au , la superficie de l'Empire romain est à son maximum, et compte entre 50 et 80 millions d'habitants. Rome est avec sa superficie de hectares et son million d'habitants la plus grande ville du monde méditerranéen. Pendant le règne de Constantin Ier une liste a été produite sur les monuments dans Rome (40 arcs de triomphe ; 12 forums; 28 bibliothèques ; 12 basiliques ; 11 grands thermes et près de 1 000 bains publics ; 100 temples ; 3500 statues en bronze de personnages illustres et 160 en or ou en ivoire de dieux et de déesses auxquelles s'ajoutent 25 statues équestres ; 15 obélisques égyptiens ; 46 lupanars ; 11 aqueducs et 1352 fontaines publiques ; 2 cirques pour les courses de chars (le plus grand le Circus Maximus, pouvant accueillir près de 400 000 spectateurs) ; 2 amphithéâtre pour les gladiateurs ( le plus imposant, l'amphithéâtre Flavien, disposant de 50 000 à 70 000 places) ; 4 théâtre (le plus vaste, le Théâtre de Pompée, comptant 25 000 places) ; 2 immenses naumachies (lacs artificiels destinés aux spectacles aquatiques et aux reconstitutions de batailles navales ; 1 stade de 30 000 places, le stade de Domitien, pour les compétions d'athlétisme)). Et la liste ne s'arrête pas là . D’Auguste à la fin des Sévères. Auguste (Octave), le premier empereur de Rome, se voit attribuer le pouvoir proconsulaire pour dix ans. Il divise l'Empire en provinces sénatoriales (pacifiées) et impériales (où se trouvent les forces armées). Il prend le contrôle absolu de l’armée, dont il assure le financement et est protégé en permanence par la garde prétorienne, stationnée dans l’Urbs (jusqu’alors aucune troupe n’avait résidé à Rome). Le Sénat conserve ou reçoit d’importantes prérogatives dans les domaines de l’administration civile (Rome, Italie, provinces), des finances, de la justice et de la monnaie. Auguste entend qu’il soit, en face de l’armée (réformée, qui devient définitivement une armée de métier), le seul élément civil qui compte dans l’État. Sous le principat d'Auguste, Rome est divisée en quatorze « régions ». Des travaux sont entrepris pour stabiliser les rives du Tibre. Afin de lutter contre les incendies, assez fréquents dans la capitale, un corps de vigiles est instauré, et de nouveaux aqueducs sont construits. De très nombreux autres monuments seront construits sous son règne. À sa mort, c'est son dernier fils adoptif, Tibère, fils d'un premier mariage de Livie, qui devient empereur. L'Empire prospère et accumule des fonds qui contribuent alors à assainir les finances, mais son règne est aussi marqué par les meurtres de personnalités politiques, et il meurt haï. Caligula, son petit-neveu et petit-fils par adoption, troisième fils de Germanicus, prend par la suite le pouvoir. Pendant six mois, les Romains peuvent se féliciter d'un empereur juste, utile et libéral, qui leur font oublier la sinistre fin du règne de Tibère ; mais une grave maladie fait changer dramatiquement Caligula, qui devient un tyran. Une énième conspiration a raison de lui et c'est Claude, son oncle, qui lui succède. Malgré son manque d'expérience politique, Claude se montre un administrateur capable et un grand bâtisseur public. Son règne voit l'Empire s'agrandir : cinq provinces s'ajoutent à l'Empire dont la Bretagne, en 43, la Lycie, la Mauritanie, la Norique et la Thrace. Il étend la citoyenneté romaine à beaucoup de provinces, dont la Gaule où il est né. Mais c'est un empereur faible, et il meurt empoisonné à l'instigation d'Agrippine en 54, après avoir, sur les conseils de celle-ci, adopté son fils Néron. Les premières années du règne de Néron sont connues comme des exemples de bonne administration, puis de nombreux scandales éclatent, ainsi le grand incendie de Rome. Mal entouré, il prend de mauvaises décisions et exige un suicide (celui de trop) de l'excellent général Corbulo, provoquant la rébellion de plusieurs de ses pairs. L'empereur est démis par le Sénat et se suicide. C'est la fin des Julio-Claudiens. À la mort de Néron, l'Empire connaît une première crise. Des généraux, Galba, Othon et Vitellius sont tour à tour nommés empereurs par leurs troupes puis assassinés en 69. C'est finalement le chef de l'armée d'Orient, Vespasien, un Italien, qui devient empereur donnant ainsi naissance à la dynastie des Flaviens. Il rétablit l'ordre et la paix à Rome, ainsi que dans les provinces révoltées. Pour asseoir son pouvoir, l'empereur va s'inspirer du modèle augustéen en reprenant les grands thèmes de son règne ainsi qu'en monopolisant les magistratures supérieures. À l'échelle de l'Empire, il mène une politique entre continuité et innovation. Tout comme ses prédécesseurs, il multiplie les constructions publiques, notamment le Colisée qu'il entreprend. D'autre part, il recourt à de véritables innovations dans le domaine financier. Les frontières de l'Empire se stabilisent et se fortifient avec la construction d'un système défensif surveillant les peuplades barbares outre rhéno-danubiennes (Germains, Daces, Sarmates, Chattes). Son fils Titus, qui a joué un grand rôle sous son règne, lui succède, mais n'est empereur que deux ans. Le deuxième fils de Vespasien devient alors à son tour empereur. La conquête de la Bretagne par Agricola se poursuit avec brio et Domitien lance une offensive surprise contre le peuple germain du Rhin le plus puissant à l'époque, les Chattes, qu'il vainc. La présence romaine en Bretagne et en Germanie est sérieusement renforcée. Mais très vite la situation se dégrade sur le Danube. Les Daces viennent de s'unir et Domitien intervient en personne avec la garde prétorienne pour les chasser. Finalement, après des revers de généraux romains, Domitien préfère traiter et fait la paix avec le roi dace, Décébale, qui devient un roi client et perçoit des subsides. Au début du règne, Domitien se montre libéral et juste. Il est loué pour son sens de la justice, de la religion. Cependant son naturel inquiet, sa tendance à voir des complots partout, sa violence et son autoritarisme assombrissent la fin de son règne. Il est assassiné en 96 par une conspiration de palais. Le Sénat a déjà prévu un remplaçant en la personne de Nerva qui donne naissance à la dynastie des Antonins. Il adopte son successeur Trajan, un Romain d'Hispanie. Cinq empereurs remarquables sur six choisissent, de leur vivant leur successeur, car ils n'ont pas de fils, toutefois le choix se porte toujours sur de proches parents. Les règnes de Trajan et de son successeur Hadrien correspondent à l'apogée de l'Empire romain. Trajan, tout en s'attachant à favoriser l'agriculture et à développer l'administration, fait la conquête de la Dacie, de l'Empire parthe et annexe l'Arabie. L'empereur développe aussi la romanisation de l'Empire. La conquête de la Parthie ne lui survit pas. L'empereur Hadrien s'attache à mener une politique plus défensive. Sous son règne, dans plusieurs régions frontières, en Afrique et en Bretagne notamment, des fortifications importantes se développent, souvent appelées "limes". Par ailleurs, Hadrien s’attelle à améliorer le fonctionnement de l'Empire. Dans la continuité d'un effort commencé par d'autres empereurs, il s'attache à favoriser l'intégration des provinciaux, notamment par la création de colonies honoraires : alors que le terme colonie désignait le plus souvent l'installation de colons romains, il est désormais un titre honorifique concédé à une cité et qui donne la citoyenneté romaine à tous ses habitants. Le règne d'Antonin le Pieux n'est pas marqué de conquêtes, mais plutôt par une volonté de consolidation de l'état actuel. C'est traditionnellement durant son règne qu'on considère que l'Empire romain est à son apogée, du fait de l'absence de guerre et de révolte majeure en province. C'est pourtant cette politique défensive et attentiste qui annonce les difficultés financières et militaires de l'Empire romain. Marc Aurèle et Lucius Verus succèdent à Antonin. Le second meurt au bout 8 ans de règne, sans grand acte. Le premier est connu pour être un empereur-philosophe stoïcien. Sur le plan intérieur, il accomplit une œuvre législative importante. Il passe 15 ans sur le front du Danube à lutter contre les Barbares. L'Empire entre en effet dans une période bien moins propice : ses voisins aux frontières semblent plus puissants, l'Empire doit faire face à des difficultés agraires, des famines, à l'épidémie de la peste antonine. Marc Aurèle choisit son fils, Commode comme successeur. L'assassinat de celui-ci, qui s'est comporté en tyran durant une grande partie de son règne, met fin à la dynastie des Antonins. Son assassinat en décembre 192 ouvre une crise politique comme à la fin de la dynastie des Julio-Claudiens. La garde prétorienne assassine le nouvel empereur Pertinax et porte au pouvoir Didius Julianus. C’est finalement le général de l'armée du Danube, l’Africain Septime Sévère qui prend le pouvoir. Il comble de bienfaits l'armée dont il augmente les effectifs et renforce le pouvoir impérial. Les prétoriens qui ont fait et défait tant d'empereurs sont recrutés parmi les légions du Danube fidèles à Septime Sévère. Il sauve un temps l'Empire de l'anarchie et entame d'importantes réformes politiques, militaires, économiques et sociales. Le brassage culturel qu'apporte l'Empire s'accroît, les religions venues d'Orient deviennent plus populaires dans l'Empire, en particulier le culte de Mithra parmi les militaires. Cet aspect a parfois été exagéré par les historiens qui ont décrit les Sévères comme une dynastie orientale, jugement considérablement relativisé aujourd'hui. Il nomme ses deux fils Auguste, mais à sa mort, Caracalla s'empresse de tuer son jeune frère Geta. Il est connu pour avoir publié en 212, le célèbre édit qui porte son nom donnant à tous les hommes libres de l'Empire la citoyenneté romaine. Il meurt assassiné sur le front parthe sur ordre du préfet du prétoire Macrin qui ne réussit à prendre sa place que peu de temps. Il nomme son propre fils Diaduménien "César" puis "Auguste" en 218, mais sont tous deux assassinés. Le cousin de Caracalla, Élagabal devient ensuite empereur, mais tout occupé au culte du dieu du même nom il laisse le gouvernement à sa grand-mère, Julia Mæsa. Il est tué par les prétoriens et son cousin Sévère Alexandre lui succède pour un règne de 13 ans. Après son assassinat, l'Empire sombre dans une période bien plus troublée, traditionnellement qualifiée d'« anarchie militaire », terme cependant impropre, car si le pouvoir impérial est parfois divisé, il n'est jamais absent. Pouvoir et culte impériaux. Les empereurs portent le titre d"'imperator", chef suprême des armées. Pendant toute la durée de l'Empire romain, la victoire est un puissant facteur d'affermissement du pouvoir. L'empereur vaincu se voit facilement contester le pouvoir par un autre général ambitieux. Tous les empereurs prennent l'habitude de se faire élire consul pour montrer la continuité entre les institutions républicaines et le principat. Cela leur confère aussi l’"imperium", le pouvoir de contraindre et d'être obéi de tous. Ils ont aussi l’"imperium" proconsulaire ce qui leur donne le pouvoir de gouverner toutes les provinces. En tant que détenteurs de la puissance tribunitienne, ils possèdent l’"intercessio", c'est-à-dire le droit de s'opposer à n'importe quelle décision des magistrats de l'Empire. Comme Jules César, ils portent le titre de grand pontife qui fait d'eux les chefs de la religion romaine. Ils reçoivent un serment de fidélité personnelle de tous les habitants de l'Empire. Jusqu’à la fin de l’Empire byzantin, la succession d'un membre de la famille au feu empereur n'est pas automatique. Le pouvoir n'appartient ni à un individu, ni à une dynastie. Ainsi, il y a des risques importants de guerres civiles à chaque fin de règne. La période des Antonins, où l'empereur choisit son successeur hors de sa famille, et où il n'y a pas de troubles lors de la prise de pouvoir du nouvel empereur, est une exception. Le Sénat et le peuple sont pénétrés par la crainte d’une guerre civile à chaque succession. Ils acceptent donc avec empressement l'idée qu’un descendant du prince régnant prît la suite de son père. Un des devoirs de tout empereur est de préparer la transmission pacifique de son trône. Le choix le plus logique est, même aux yeux des Romains, de désigner son fils ou d’en adopter un. En cas de crise, un général porté en triomphe par ses soldats peut par les armes accéder au pouvoir suprême. La garde prétorienne chargé de veiller à la sécurité des empereurs joue un rôle grandissant dans les complots et les assassinats qui jalonnent la période impériale. La fonction de grand pontife procure aux empereurs un caractère sacré. De plus dans les croyances populaires, Scipion l'Africain, Marius et Sylla ont un caractère divin. César développe autour de lui une légende de divinité prétendant descendre de Vénus et d'Énée. L'empereur Auguste met en place le culte impérial. Il fait diviniser César et ainsi, en tant que son héritier, il s'élève au-dessus de l'humanité. Il se dit fils d'Apollon. Il associe aussi toute la communauté au culte du génie familial devenant ainsi le père de tous, d'où son titre de père de la patrie. Auguste refuse d'être divinisé de son vivant. Il laisse cependant se construire des temples qui lui sont consacrés surtout dans l'Orient habitué à considérer ses souverains comme des dieux vivants, à condition que son nom soit associé à celui de Rome divinisée. Le mouvement se poursuit après sa mort. Tous les empereurs se placent sous l'auspice d'un dieu. Peu à peu, ils sont assimilés à des dieux vivants dans tout l'Empire. Après la mort ils reçoivent l'apothéose. Les Antonins prennent Jupiter capitolin comme dieu suprême. Pendant le règne d'Hadrien, la divinisation de l'empereur vivant progresse encore en Orient. L'idéologie impériale revêt des aspects plus philosophiques. L'empereur doit sa réussite à son mérite (Virtus) et à la protection divine. Le culte impérial est aussi une manière d'habituer les habitants de l'Empire, si dissemblables par la culture et les croyances à respecter le pouvoir de Rome à travers un empereur divinisé. Dans tout l'Empire, on restaure ou on construit des temples consacrés au culte impérial. Des cérémonies sont organisées en l'honneur de l'empereur. C'est l'occasion pour la communauté de se retrouver dans des processions devant des sacrifices, des banquets et toutes sortes de spectacles. Administration impériale. Dans les provinces sénatoriales, le gouverneur, un proconsul ou un propréteur, est nommé par le Sénat. Ces provinces sont en paix et il n'y réside aucune légion en permanence. Dans les provinces impériales le gouverneur, un légat propréteur ou procurateur, est nommé par l'empereur. L'Égypte est dirigée par un préfet pris dans l'ordre équestre nommé par l'empereur. Cependant l'empereur dispose de pouvoirs de contrôle dans toutes les provinces. Il peut nommer des légats extraordinaires dans les provinces sénatoriales. Partout dans l'Empire, les domaines impériaux, les impôts indirects et les mines sont administrés par un procurateur nommé par l'empereur. L'Italie jouit d'un statut privilégié. Elle échappe à l'impôt foncier et est administrée directement par le Sénat. Les gouverneurs sont nommés pour une durée de 4 à 6 ans. Ils gardent des liens étroits avec le pouvoir central grâce à une correspondance très suivie. Ils doivent veiller aux impôts, à l'ordre public, au recensement, au respect des propriétés. Ils disposent d'une administration très réduite. De fait, ils interviennent dans la vie des provinces surtout pour juger un citoyen romain, juguler les troubles importants à l'ordre public, résoudre les difficultés financières des cités. La plupart des questions administratives sont réglées à l'échelon local dans le cadre de la cité. Celle-ci constitue pour les Romains, le cadre de vie idéal. Là où il n'en existait pas, essentiellement en Occident, les Romains en ont créé. Dans la capitale, on trouve autour du souverain des organismes et des hommes qui l'aident à gouverner. Le conseil du prince dont il s'entoure pour prendre les décisions capitales est composé d'hommes choisis pour leurs compétences militaires, juridiques ou diplomatiques. Le conseil devient peu à peu permanent et prend une place prépondérante dans le gouvernement de l'Empire. Le préfet du prétoire est le personnage le plus important de l'entourage impérial. Il dirige la garde prétorienne et est le commandant en second lors des expéditions militaires. Il finit même par menacer le pouvoir impérial. Organisation militaire. Jusqu'au milieu du , l'armée reste une armée de conquête. Auguste annexe l'Illyrie et tente vainement de conquérir la Germanie. Il fixe les frontières de l'Empire au Rhin et au Danube. Claude fait la conquête de la Bretagne, Trajan, celle de la Dacie, de l'Arabie. Il fait l'éphémère conquête de la Parthie. À partir d'Hadrien, le plus important est de maintenir l'Empire et non plus de conquérir de nouveaux territoires. Une des priorités d'Hadrien est d'enclore l'espace romain derrière une muraille destinée à protéger l'Empire des barbares. On lui doit le fameux mur d'Hadrien au nord de la Bretagne. Ses successeurs continuent son œuvre. Aux frontières de la Germanie, de l'Orient et de l'Afrique, des murs sont érigés. On a fini par leur donner le nom de "limes" bien qu'en latin, limes signifie simplement chemin de patrouille à la frontière. Des voies stratégiques permettent de circuler facilement jusqu'aux frontières pour les défendre en cas d'attaque. En tout, les Romains ont km de frontière à défendre. L'armée reste cantonnée aux frontières. Les gouverneurs des provinces frontalières qui accueillent des légions sont choisis avec soin par l'empereur, car ils en assurent le commandement. En tout, hommes repartis en 30 légions (25 à l'époque d'Auguste) défendent les frontières. L'armée romaine comprend à peu près légionnaires de citoyenneté romaine et engagés pour 20 ans. Ils sont doublés par des troupes auxiliaires recrutées parmi les non-citoyens et qui reçoivent la citoyenneté romaine au bout de 25 ans de service militaire. À partir d'Hadrien, une partie des auxiliaires se distinguent de l'armée romaine, car ils gardent leur armement traditionnel. Les Italiens, qui au étaient encore majoritaires dans les légions, répugnent de plus en plus à faire leur service militaire. Il faut donc aller chercher les recrues dans les provinces qui, quand elles sont très romanisées, rechignent elles aussi à partir à l'armée. Les soldats se recrutent donc de plus en plus dans les provinces les moins romanisées même si, au , la garde prétorienne et les officiers (centurions) sont toujours recrutés parmi les Italiens. L'Italie demeure aussi le principal lieu de recrutement pour la formation de nouvelles légions comme ce fut le cas sous Marc Aurèle (Legio III Italica). L'armée romaine est devenue néanmoins une armée de métier qui a amalgamé les divers peuples de l'Empire. Son unité provient d'un esprit de corps donné par un entraînement rigoureux, une discipline de fer élevée au rang de divinité, une religion spécifique des camps autour des dieux romains traditionnels et du culte impérial, un encadrement de qualité. On doit au corps des ingénieurs militaires la construction de canaux, de routes, d'aqueducs, et de fortification de cités. La présence de l'armée aux frontières est un grand facteur de développement économique pour ces zones et un puissant instrument de romanisation. Société de Haut-Empire. Les 80 millions d’habitants de l'Empire appartiennent par naissance ou par fortune à des groupes sociaux différents. On naît esclave, homme libre ou citoyen romain. Les esclaves n'ont aucun droit. Ils mènent une vie très dure dans les grands domaines ou dans les mines. En ville leur sort est plus clément. Ils travaillent comme domestiques, artisans et même professeurs ou artistes pour les plus lettrés. Certains tiennent boutique et versent une somme à leur maître pour pouvoir travailler. Ils peuvent ainsi payer leur affranchissement. Les sujets de l'Empire sont des hommes libres qui ne sont pas citoyens romains. Ils peuvent témoigner en justice. Ils doivent toutefois s'acquitter d'un impôt supplémentaire : le" tributum." On est citoyen romain par naissance, par décret ou après 25 ans de service militaire. La plupart des citoyens exercent de petits métiers. À Rome, il existe citoyens pauvres pour qui les distributions gratuites de l'annone sont vitales. Les plus riches sont regroupés dans l'ordre équestre ou l'ordre sénatorial sur décision de l'empereur. Dans cette société d'ordres : ordre sénatorial, ordre équestre ou ordre décurional, la "nobilitas" se distingue une reconnaissance de l'origine et non pas par un statut. Cependant, la "nobilitas" perd certains de ses marqueurs sociaux. Au la procession des portraits disparaît. Elle est en effet désormais réservée aux seules funérailles impériales. Au début de l'Empire, la société n'est pas figée. Les esclaves, surtout urbains, peuvent être facilement affranchis par leur maître. Peu à peu tous les hommes libres accèdent à la citoyenneté. L'édit de Caracalla, en 212, fait de tous les hommes libres des citoyens romains, ce qui « renforce l'unité morale de l'Empire ». Cependant, les Barbares soumis par la force ainsi que les basses couches de la population égyptienne ne reçoivent pas la citoyenneté. Ainsi, à Volubilis, les paysans isolés et les tribus semi-nomades voisines de la cité restent des sujets de l'Empire, sauf quelques chefs récompensés ainsi de leur soutien. Mais peu à peu, les distinctions se font entre les "honestiores", les puissants, et les "humiliores", les humbles. Ils sont traités de manière inégale devant la justice : à la distinction juridique entre citoyen et non-citoyen s'est substituée une distinction sociale entre riches et pauvres. Ville, lieu de la civilisation romaine. Dans presque toutes les cités de l'Empire, on vit à l'heure romaine. Selon certaines estimations, Rome, la capitale compte plus d'un million d'habitants sous le Haut-Empire (fourchette de à 1,2 million). Les Romains l'appellent tout simplement l'urbs, la ville. Elle est avec Alexandrie, la plus grande ville du monde romain. Depuis le , la ville a été beaucoup embellie par les empereurs. Ces nombreux monuments symbolisent la grandeur de Rome et l'art de vivre des Romains. Les forums, lieux de vie politique sous la République, sont devenus des ensembles monumentaux comprenant des basiliques, de nombreux temples, des arcs de triomphe et des bibliothèques. La colline du Palatin est occupée par les palais impériaux, la maison des Augustes. Mais Rome est avant tout dans l'imagination populaire, la ville des jeux. Plusieurs monuments exceptionnels leur sont consacrés : le "circus Maximus" entre le mont Palatin et l'Aventin, Le Colisée, le plus grand amphithéâtre du monde romain, consacré aux jeux du cirque, essentiellement des combats de gladiateurs. Les thermes apparaissent à la fin de la République. Les empereurs en construisent de nombreux pour les loisirs de la plèbe romaine. Pour acheminer l'eau dont les thermes et une population nombreuse ont besoin, de nombreux aqueducs sont construits. Au , ils peuvent acheminer vers la ville près d’un million de mètres cubes d'eau en un jour. La ville a grandi au cours des siècles de manière désordonnée. Les rues sont étroites et sinueuses. En 64, après l'incendie de Rome, Néron fait reconstruire la ville avec des axes larges et aérés. Les plus riches vivent dans de vastes villas, alors que les plus modestes vivent dans des immeubles collectifs, les "insulæ". L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, l'architecture impériale innove dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier ("opus cæmenticium") puis de la brique ("opus latericium"), réalisant des monuments de plus en plus audacieux à Rome (Panthéon, Colisée, forums impériaux, thermes, etc.) et dans les provinces (pont du Gard, arènes de Nîmes, etc.). Les grandes métropoles comme Carthage, Antioche refleurissent. Les Romains construisent partout dans l'Empire des villes au plan régulier appelé plan hippodamien. La ville s’organise autour de deux axes, le "cardo" et le "decumanus". On y trouve tous les monuments typiques de la romanité. Les villes ont à leur tête un sénat local appelé curie recruté parmi les riches habitants de l'Empire. Ils forment l'ordre décurional. C'est en son sein que sont élus les magistrats : édiles , duumvirs , duumvirs quinquennaux — élu tous les cinq ans et assurant des fonctions censoriales. L"'ordo" des décurions doit gérer les finances ("pecunia publica") et le territoire de la cité, assurer l'ordre public et les relations avec le pouvoir central. Les décurions et surtout les magistrats financent en grande partie sur leurs fonds propres, la construction de monuments et des temples. À des sommes légalement définies et exigées, ils peuvent ajouter volontairement un don de leur part. Cette pratique appelée évergétisme occupe une place importante dans la construction et la vie des cités. L'évergétisme permet aux aristocrates des cités de manifester leur libéralité et leur faste, il peut être un outil d'autocélébration, appuyer une stratégie familiale, le monument donné rappelant la gloire de la famille sur des générations, en même temps qu'il fonde une cohésion politique et sociale : le don de l'évergète peut être conçu comme un contre-don qui répond au respect dont lui témoigne la cité et au pouvoir politique qu'elle lui a conféré. Fêtes, spectacles et distributions variées, souvent issues de l'évergétisme, contribuent, dans les cités, à l'élaboration puis au maintien d'une culture municipale, d'une cohésion civique. Si l'historiographie a vu autrefois dans l'évergétisme un facteur expliquant l'abandon des fonctions politiques par les aristocraties locales, cette hypothèse n'est plus actuellement reçue, et l'on n'imagine plus une désertion généralisée des curies. Dans les villes de l'ouest de l'Empire, le latin se répand tandis que l'est reste fidèle à la langue grecque. Prospérité économique. En règle générale, la plupart des richesses produites viennent des campagnes et de l'agriculture. Sous le Haut-Empire, la tendance à la concentration foncière se confirme. La "nobilitas" ou les temples d'Orient possèdent de vastes domaines. Mais le plus grand propriétaire de l'Empire, c'est l'empereur lui-même qui agrandit ses biens en confisquant ceux de ses opposants. Le centre du grand domaine ou "latifundium" est la villa, la demeure du maître avec ses dépendances. Si l'idéal affiché est celui de l'autarcie, car c'est le patrimoine foncier et l'autosuffisance qui fonde la dignité sociale, il existe d'importantes régions de cultures commerciales. La principale culture est celle des céréales qui permet de nourrir tous les habitants du domaine. Les agronomes romains conseillent de réserver une partie de la superficie à des cultures commerciales comme la vigne et l'olivier. La petite propriété n'a pas disparu pour autant. Elle demeure l'idéal de la société romaine, mais son importance s'est réduite. Si sous l'Empire, l'agriculture a peu évolué, techniquement elle a diffusé certaines pratiques. L'existence de gains de productivité n'est pas exclue par certains auteurs. Les principales activités artisanales sont effectuées dans les campagnes, mais aussi dans les villes : production textile, fabrication et entretien des outils, production de poterie. Pendant très longtemps les historiens conçurent les villes antiques comme uniquement consommatrices ; après des discussions importantes cet avis est considérablement relativisé. D'importantes régions minières existaient en Espagne et dans les régions danubiennes. Mais là aussi, les progrès techniques sont minimes. Le travail manuel et l'activité mercantile sont, pour les classes instruites, une source de mépris, une chose réservée aux classes inférieures et aux esclaves. L'existence d'esclaves a peut-être aussi constitué un obstacle au développement du progrès technologique. Toutefois, les recherches archéologiques récentes relativisent aussi fortement les anciens jugements portés sur certains domaines : les archéologues et historiens s'accordent par exemple aujourd'hui sur la diffusion importante et précoce du moulin à eau dans l'Empire romain. La paix et la prospérité du Haut-Empire entraînent un accroissement des activités commerciales. La Méditerranée au cœur de l'Empire romain connaît un trafic intense. La piraterie est très réduite grâce aux flottes de guerre des empereurs qui patrouillent en permanence. Les navires se hasardent de plus en plus en haute mer pour raccourcir la durée des traversées. Mais pour les trajets courts ou moyens, les marins préfèrent le cabotage le long des côtes. La Méditerranée est ouverte de mars à octobre, c'est-à-dire que la navigation y est autorisée. En hiver, il n'y a pas de navigation. Les grands ports méditerranéens sont Ostie, le port de Rome, Alexandrie en Égypte et Carthage en Afrique. Les liens commerciaux atteignent aussi la Baltique, l'Afrique noire via les caravanes transsahariennes, l'Inde et la Chine. On voit donc que l'Empire n'est pas un espace clos. Le goût pour les produits de luxe des Romains alimente le grand commerce international. En ce sens l'Empire prolonge les deux derniers siècles de la République, mais la domination économique italienne dans certains domaines cède la place, avec le temps, aux productions provinciales. Crise de l’Empire romain (). Origines de la crise. Les historiens s'interrogent encore sur les raisons de la crise profonde que traverse l'Empire romain au . Certaines causes extérieures à l'Empire peuvent l'expliquer. En Orient, l'Empire parthe déliquescent laisse la place à l'Empire sassanide dans le second quart du . Cet empire puissant, bien structuré et agressif fait peser une pression constante sur les provinces d'Asie. Dans le Nord-Est de l'Europe, les Germains orientaux qui vivent dans les régions de la mer Baltique entament une lente migration vers le Sud et le Sud-Est européen. Ce faisant, ils chassent les autres tribus qui se trouvent sur les territoires qu'ils traversent. Celles-ci cherchent à trouver refuge dans l'Empire romain en espérant y trouver de nouvelles terres et un riche butin. Leurs incursions mettent en évidence la faiblesse de la stratégie défensive romaine. En effet, les légions sont massées aux frontières. Une fois franchie la région frontière, les barbares peuvent ravager sans presque aucune entrave les provinces. Le dispositif militaire romain, et l'organisation du pouvoir impérial sont aussi très peu adaptés à une guerre simultanée sur deux fronts, en Orient et sur l'ensemble Rhin-Danube. Les difficultés internes sont dues à l'éloignement de plus en plus grand des militaires prêts à imposer de lourds sacrifices aux civils pour protéger l'Empire des menaces d'invasions et de la classe possédante qui accepte difficilement l'accroissement de ses charges fiscales. Sur le plan politique, cela se traduit par la montée de l'ordre équestre, titulaire des grandes préfectures et de plus en plus présente dans les provinces comme gouverneur à la place de la classe sénatoriale. De plus à partir de 250, l'Empire romain est touché par des épidémies qui entraînent, au moins régionalement, une dépopulation et une crise économique dont souffrent principalement l'Occident déjà ravagé par les incursions germaniques. L'état le plus récent de la recherche relativise cependant le caractère général et continu de la crise. Le est désormais plutôt décrit comme marqué par quelques grandes crises mieux définies du point de vue chronologique : crise politique en 238, deux graves crises dans les années 250 et 260, la période la plus dure pour le pouvoir impérial. Mais l'accent est désormais aussi mis sur la diversité des situations régionales, le maintien d'une prospérité en Afrique, sur l'existence de périodes de redressement ou sur les capacités de relèvement et de résistance, induisant plus une période de mutation qu'une crise et un déclin continus. Instabilité impériale. La période comprise entre 235 et 268 est assez mal connue. Seize empereurs se sont succédé, faits et défaits par le sort des armes. Les empereurs sont créés par un nouveau groupe, l’État-major de l’armée. Il choisit le nouvel empereur, qui est ensuite avalisé par le Sénat. Le rang impérial est devenu, aux yeux des militaires, le grade le plus élevé dans la hiérarchie des officiers. Ainsi, Maximin le Thrace est le premier militaire de carrière à devenir empereur par la volonté seule de ses soldats. Il déploie une grande énergie pour sécuriser la frontière face aux Daces et aux Sarmates. Il exige de la classe sénatoriale et des provinces de lourds impôts pour faire face aux dépenses militaires qui atteignent la moitié du budget de l'État. Cette pression fiscale provoque la fraude fiscale de sénateurs dont la fortune dépasse les millions de sesterces et la révolte des grands propriétaires d'Afrique qui portent au pouvoir Gordien en association avec son fils Gordien II en 238. Ils sont rapidement battus. Maximin est tué devant Aquilée de même que Pupien et Balbin, choisis par le Sénat comme nouveaux Augustes. À la fin de 238, Gordien III, le petit-fils de Gordien, devient empereur. Il périt assassiné à l'instigation du préfet du prétoire, Philippe l'Arabe qui doit éliminer plusieurs concurrents avant d'être tué en affrontant Dèce. Dèce est le premier empereur tué par des barbares, lors de la lourde défaite d'Abrittus face aux Goths en 251. Trébonien Galle et Émilien se succèdent à un rythme rapproché. Ce dernier ne règne que quatre-vingt-huit jours. La légitimité impériale qui reposait sur la victoire est soumise à rude épreuve : la crise militaire encourage les usurpations : les armées cherchant un général efficace et les régions menacées désirant un empereur proche pour les protéger. Valérien règne associé à son fils Gallien. Celui-ci est le dernier aristocrate à parvenir à l'Empire. Ils doivent faire face aux incursions des Alamans et des Francs en Gaule et à l'offensive du souverain sassanide Sapor en Syrie. En 260, Valérien est même fait prisonnier par les Perses et finit ses jours comme esclave en Iran. Gallien resté seul empereur parvient à arrêter une invasion des Alamans en les battant en Italie du Nord. Il abandonne la Dacie conquise par Trajan qui est devenue trop difficile à défendre et fixe la frontière de l'Empire sur le Danube. Mais il doit faire face à de nombreuses usurpations, celle de Macrien et de Quiétus en Orient, de Régalien en Pannonie et de Postume en Gaule qui proclame l'empire des Gaules. Les successeurs de Gallien sont tous des militaires à qui l'armée a donné une grande rigueur et la foi en l'éternité de l'Empire romain. L'Empire est devenu militaire. À partir de réformes entamées sous Gallien les empereurs illyriens font face à la crise et réorganisent la défense de l'Empire. Aurélien réunifie l'Empire en mettant un terme aux sécessions palmyrénienne et gauloise et fortifie Rome. Transformations après 260. Gallien entame une mutation profonde de la stratégie militaire. Il répartit en profondeur les moyens de défense en plaçant dans les principaux nœuds routiers de l'Illyrie des détachements des légions frontalières. Il constitue une importante cavalerie avec un commandement autonome. Il exclut les sénateurs des emplois militaires et les remplace par des chevaliers. Il fait entrer dans l'armée des barbares vaincus amorçant par là même la « barbarisation » de l'armée. L'armée absorbe une part toujours plus grande des ressources de l'État. Un impôt spécial, l'annone militaire, est prélevé pour son entretien. Les fonctions de général en chef et de chef de guerre victorieux que tient traditionnellement l'empereur sont renforcées dans ces périodes de guerres incessantes. À côté des qualificatifs habituels comme "felix", on associe de plus en plus le terme "invictus". En effet, un empereur vainqueur peut espérer la fidélité de ses sujets et de ses troupes. En cas de défaite militaire, des concurrents apparaissent parmi les autres généraux. Les empereurs essaient cependant de trouver une légitimité en transformant le culte impérial. Aurélien est divinisé de son vivant. Sur ses monnaies, on peut trouver l'inscription "deus et dominus natus" (dieu et seigneur de naissance). Les difficultés du donnent à penser aux Romains qu'ils ont été abandonnés par les dieux et il s'ensuit une période où les citoyens refusant de participer aux cultes publics, comme les chrétiens et les Juifs, sont persécutés. Dèce, à partir de 250 puis Valérien renouvelle l'obligation de sacrifices, ce qui entraîne des persécutions envers les réfractaires. En 260, son fils Gallien publie un édit de tolérance qui constitue la première légitimation officielle du christianisme par les autorités romaines et est maintenu par ses successeurs pendant 40 ans. L'opposition entre la "nobilitas" et l'homme nouveau est plus vivace que jamais. L’Empire passe entre les mains de familles n'ayant jamais exercé la fonction impériale. Les empereurs "novi" laissent à leur famille la noblesse en héritage. Les "honestiores" des provinces d'Occident et les dirigeants des peuples barbares voisins, acquièrent eux aussi la "nobilitas" qui les incorpore aux couches les plus élevées. En ce qui concerne la noblesse romaine, elle garde un immense prestige social, mais perd presque toute son autorité politique. Antiquité tardive (fin ). Empereurs du Bas-Empire. Quelques mois après son arrivée au pouvoir, Dioclétien comprend qu'il ne peut diriger seul l'Empire et confie à Maximien le soin de s'occuper de l'Occident en tant que César puis d'Auguste. En 293, il donne à Maximien un adjoint qui porte le titre de César, Constance Chlore, et s'en choisit lui-même un, Galère. C'est ainsi que les besoins de l'Empire donnent par hasard naissance à la tétrarchie, c'est-à-dire le pouvoir à quatre. Il n'y a pas de partage territorial de l'Empire romain, mais, les quatre hommes se répartissent le commandement des troupes et les secteurs dans lesquels ils interviennent. Dioclétien reste cependant au sommet. Cette nouvelle organisation permet d'éliminer les usurpateurs qui semaient le trouble en Gaule, de repousser les barbares. La victoire sur les Sassanides permet de renforcer la présence romaine en Mésopotamie avec la constitution de cinq nouvelles provinces. La politique intérieure de Dioclétien est dans lignée des empereurs du . Il renforce la divinisation de la fonction impériale. Il déclenche la dernière et la plus violente des persécutions contre les chrétiens. En 305, les deux Augustes abdiquent le même jour pour laisser la place à leurs Césars, Galère et Constance Chlore, qui deviennent à leur tour Augustes. Dioclétien choisit deux nouveaux Césars, Maximin II Daïa et Sévère, écartant délibérément de la succession les fils de Maximien et de Constance Chlore. Dioclétien se retire ensuite à Spalato. La seconde tétrarchie se heurte aux ambitions de Maxence et Constantin, fils respectifs de Maximien et de Constance Chlore. Une période d'instabilité s'ensuit avec jusqu'à sept augustes au même moment. En 313, deux empereurs restent en lice, Constantin , installé à Nicomédie, et Licinius. Ce dernier est vaincu une première fois en 316 puis définitivement éliminé en 324. Constantin, premier empereur à s'être converti au christianisme, reste alors le seul souverain. Cette même année, il choisit l'ancienne colonie grecque de Byzance, installée sur la rive européenne du détroit du Bosphore pour fonder une nouvelle capitale qui portera son nom, Constantinople. Construite sur le modèle de Rome, elle est inaugurée en 330. Quand Constantin meurt en 337, il n'a pas réglé sa succession. Ses trois fils se partagent l'Empire, mais finissent par se disputer. Finalement l'Empire est réuni sous l'autorité du second fils de Constantin , Constance II qui nomme deux Césars aux pouvoirs très réduits. Le nouvel empereur poursuit la politique de son père. Un des Césars, Julien, responsable de la Gaule, remporte une grande victoire sur les Alamans en 357. Ses soldats le proclament empereur à son corps défendant à Lutèce. Constance II meurt l'année suivante. Julien, cousin du défunt empereur renonce au christianisme par amour de la pensée grecque, d'où son surnom d"'apostat". Il tente de restaurer les anciennes religions en rouvrant les temples et en obtenant de nombreuses apostasies. Il meurt après 18 mois de règne, en 363, dans une escarmouche au retour d'une campagne contre les Perses. Ses successeurs, Jovien, Valentinien en Occident et Valens en Orient reviennent à une absolue neutralité religieuse. L’empereur d’Orient Valens, frère de Valentinien , doit gérer les difficultés engendrées par la présence au-delà du Danube des Goths. Valentinien laisse son pouvoir à ses deux jeunes enfants Gratien et Valentinien II. Après la mort de Valens lors de la bataille d'Andrinople en 378, Gratien se choisit un nouveau collègue pour l’Orient, Théodose le Jeune. Gratien est assassiné en 383. Valentinien II, le jeune frère de Gratien, reste alors seul auguste de l'Occident avec à ses côtés le général franc, Arbogast qui l'assassine en 392. En 394, Théodose bat l'usurpateur à la bataille de la rivière froide où les deux armées perdent l'essentiel de leurs forces. Alors que le danger barbare est de plus en plus pressant, les défenses de l'Empire sont affaiblies par d'interminables guerres civiles. En 395, Théodose le Grand meurt, après avoir partagé l'Empire entre ses deux fils. Arcadius l'aîné reçoit l'Orient et Honorius l'Occident. Ce partage est dans la continuité des règnes précédents. Le partage se veut purement administratif. L'unité de l'Empire doit donc être préservée. Mais l'Occident d'Honorius est affaibli par des années de guerres civiles et contre les barbares. Il a perdu une grande partie de ses troupes. L'économie de l'Occident demeure fragile alors que celle d'Orient est florissante. Les deux parties de l'Empire se séparent définitivement. Instruments du pouvoir. La crise du a transformé le pouvoir impérial qui est devenu absolu. Le Sénat n'a plus aucune influence. On est passé de principat au dominat. Les empereurs de l'Antiquité tardive bénéficient aussi d'une construction idéologique qui a peu à peu assimilé les empereurs à des divinités vivantes et justifient ainsi leur pouvoir absolu. Pour Constantin comme pour Dioclétien, l'autorité impériale est de nature divine. Dioclétien et Galère, son fils adoptif, se prétendent descendants de Jupiter. Ils prennent le surnom de "Jovien", son collègue Maximien ainsi que son co-césar celui d’"Herculien". Cette sacralisation du pouvoir impérial a aussi pour but d'enlever toute légitimité aux usurpateurs éventuels puisque seul l'empereur est élu des dieux, et que seul son successeur est légitime. En 312, Constantin choisit le christianisme parce qu'il lui donne une légitimité nouvelle et au-dessus de toutes les autres. Constantin ne cherche pas à affirmer une filiation divine. Il prétend plutôt avoir été investi par le Dieu des chrétiens pour gouverner l'Empire. La monnaie de l'époque montre une main sortant du ciel et lui tend une couronne. L'empereur agit comme un clerc dans sa manière d'exercer le pouvoir. À Constantinople, il construit son palais comme si c’était une église ; il affirme avoir reçu une vision du Christ comme s’il était un apôtre ; il agit comme un évêque lors du concile de Nicée convoqué par lui-même, mais il ne l’est pas. Constantin affirme qu'il est le représentant de Dieu sur la terre. En son intelligence se reflète l’intelligence suprême. Il s'entoure d'un faste incroyable pour exalter la grandeur de la fonction impériale. Désormais la romanité et la religion chrétienne sont liées. Eusèbe de Césarée, reprenant les thèses de Méliton de Sardes, élabore, à cette époque, la théologie de l'empire chrétien. Pour lui, l'unification politique a permis l'unification religieuse. L'empereur est dans ce cadre, le serviteur de Dieu et comme l'image de fils de Dieu, maître de l'univers. L'empereur reçoit aussi la mission de guide vers le salut et la foi chrétienne. Son intervention grandissante dans les questions religieuses se trouve ainsi légitimée ainsi que le césaropapisme. Organisation militaire. Le nombre de soldats par légion n'a fait que diminuer depuis la réforme de Marius à la fin du Il est passé de à sous le Haut-Empire et est certainement autour de au début du règne de Dioclétien. Dioclétien augmente le nombre de militaires. Il confie à des soldats souvent d'origine barbare, les "limitanei", le soin de défendre le "limes". Les légions de manœuvres sont de taille plus réduite mais sont plus nombreuses que sous la période précédente. Elles passent de 39 à 60. Elles sont chargées d'intercepter les Barbares qui ont réussi à franchir une frontière de plus en plus fortifiée. La nécessité de la défense de l'Empire justifie l'abandon de Rome comme résidence impériale au profit de villes plus proches des frontières : Trèves, Milan, Sirmium, Nicomédie. Constantin achève la transformation de l'armée et met en place le "comitatus", l'armée de campagne. Son commandement est confié à un "magister peditum" pour l'infanterie et un "magister equitum" pour la cavalerie. En cas de besoin, des maîtres des milices peuvent être créés pour une région particulière comme en Illyrie. Dans les provinces et les diocèses exposés, les troupes peuvent être dirigées par un "comes" ou un "dux". Cette armée est particulièrement soignée par les empereurs. On suppose que l'armée romaine du compte entre et hommes. Pour pallier les difficultés de recrutement, Dioclétien impose de nouvelles règles. Les propriétaires doivent désormais fournir des recrues à l'armée romaine. Au cours du , ils obtiennent le droit de remplacer les recrues par une somme en or, l"'aurum tironicum". Ce système est supprimé en 375, mais uniquement pour l'Orient. Un nombre significatif de citoyens cherche à fuir l'enrôlement dans l'armée en partant dans le désert, en se coupant le pouce ou en devenant clerc. Les lourdes condamnations envers les déserteurs, l'hérédité du métier de soldat n'évitent pas les difficultés de recrutement, ce qui pousse les empereurs à faire appel aux barbares. Dioclétien et Constantin recrutent des auxiliaires d'origine barbare pour veiller sur le "limes". Ces derniers ont peu à voir avec l'esprit romain. La distinction entre "comitatus" et "limitanei" donne naissance à l'armée romaine du Bas-Empire. Sous Théodose, l'armée se barbarise davantage. L'Empire romain d'Orient garde les mêmes dispositions du . La principale nouveauté est le remplacement du système de conscription, si injuste, par celui du volontariat. Pour attirer les recrues, elles reçoivent des exemptions fiscales sur leurs terres. L'armée ne manque alors plus de soldats. Au début du , l'armée d'Occident comprend théoriquement hommes aux frontières, des "limitanei" presque tous d'origine barbare, et hommes dans l'armée de manœuvre, le "comitatus". Le paradoxe de cette armée est que les frontières sont défendues par des soldats issus de peuples qui cherchent à envahir l'Empire. Administration et fiscalité. Sous Dioclétien, les distinctions entre provinces sénatoriales et provinces impériales sont supprimées. En 297, il les divise en entités plus petites, les faisant passer de 47 à plus de 100. Ces nouvelles provinces sont regroupées en 12 diocèses dirigés par des vicaires équestres qui obéissent directement aux empereurs. Cette multiplication des circonscriptions administratives et des échelons administratifs est perçue comme étant plus efficace pour lutter contre les maux de l'Empire. En 312, on compte 108 provinces, 116 en 425. Constantin divise l'Empire en grandes circonscriptions dont les limites sont fluctuantes, les préfectures régionales avec à leur tête un préfet du prétoire. Les préfets y ont de grandes prérogatives civiles et judiciaires. Chaque niveau administratif a sa capitale, ses bureaux, ses fonctionnaires. Le pouvoir impérial est ainsi plus présent à chaque échelon, mais la masse salariale des fonctionnaires est multipliée par quatre et les grands pouvoirs qu'ils possèdent sont des facteurs d'autonomie et de corruption. L'organisation du pouvoir central est elle aussi transformée. Le préfet du prétoire est remplacé par le questeur du Palais sacré qui rédige les édits. Ce dernier dirige le consistoire sacré, qui remplace le conseil de l'empereur. Le maître des offices dirige le personnel administratif, les fabriques d'armes et les "scholæ" de la garde ; le maître des milices, l'infanterie et la cavalerie ; le comte des largesses sacrées, le fisc ; le comte de la fortune privée, la "res privata", c'est-à-dire la caisse privée de l'empereur, les revenus personnels de ce dernier étant issus essentiellement du revenu de ses immenses domaines. La grande nouveauté est cependant la grande augmentation des fonctionnaires travaillant dans les bureaux centraux. Une foule de notaires, de chargés de mission et agents secrets (les "agentes in rebus" aussi nommés "curiosi"), près de fonctionnaires au , et d'employés divers font de l'Empire romain une véritable bureaucratie. Cette administration centrale pléthorique contribue à l'isolement de l'empereur par rapport au reste de la société. Les finances sont avant tout destinées à soutenir l'armée. L'annone militaire a été progressivement mise en place à partir de la dynastie des Sévères. Elle est, sous Dioclétien, payée en nature ou en espèces. Pour faire face aux dépenses accrues, l'empereur ordonne que soit recensées, toutes les ressources de l'Empire, hommes, bétails et autres richesses. Ce recensement, qui a lieu tous les quinze ans, sert de base pour établir, un nouvel impôt, la capitation. La fiscalité pèse essentiellement sur les habitants des campagnes. Outre la capitation, ils doivent payer la "jugatio" sur les biens fonciers. Les sénateurs doivent s'acquitter de la "collatio glebalis" tous les quatre ans. Sous le règne de Théodose, la fiscalité se durcit encore provoquant des révoltes (Antioche en 387). En théorie, les revenus de la "res privata" doivent subvenir à la cour et à la famille impériale, mais une part grandissante de cette caisse est dévolue aux immenses besoins de l’État. Économie et société. L’économie romaine est une économie essentiellement agricole. La trilogie méditerranéenne domine la production : blé, vigne (vin), olivier (huile). La Sicile, l’Afrique, l’Égypte, les Gaules et l’Espagne produisent les céréales qui ravitaillent les grandes villes de l’Empire. L’élevage de chevaux, indispensable pour les jeux et pour l’armée est concentré en Hispanie, en Afrique, en Syrie, en Thrace et en Asie. À cette époque, deux secteurs de l’économie peuvent être qualifiés d’industriels. Il s’agit de l’exploitation minière et de la production de céramique sigillée. Celle-ci est liée à l’exportation de produits agricoles. C’est donc dans les grandes régions de production qu’on trouve les principaux ateliers de céramique. Une quarantaine de fabriques d’armes sont disséminées dans l’Empire. Elles font partie des industries de l’État, tout comme les fabriques d’armures, de vêtements pour les soldats et les teintureries. Au les préfectures de la ville et du prétoire s’ajoutent au consulat comme charges permettant d’entrer dans la "nobilitas". Constantin prend la décision de supprimer l’ordre équestre dont les membres entrent presque tous dans l’ordre sénatorial. Le nombre de sénateurs passe de 600 à membres. Le Sénat créé à Constantinople compte lui aussi membres. L’ordre sénatorial oriental est recruté parmi les notables des cités provinciales grecques. La "nobilitas" romaine se caractérise aussi par sa résistance à l’adoption du christianisme. Attachée au culte des ancêtres, à la culture gréco-romaine, à la philosophie, elle répand une nombreuse littérature antichrétienne. Cependant, au milieu du , les grandes familles romaines se convertissent peu à peu au christianisme. Les invasions barbares n’empêchent pas l’aristocratie sénatoriale de garder sa richesse foncière et son influence jusqu’au . Elle monopolise les charges de comte et d’évêque. Depuis le , l’Empire romain se nourrit des apports barbares. Le rôle fondamental des peuples fédérés dans l’armée romaine a déjà été évoqué. Ils ont aussi peuplé les régions septentrionales de l’Empire menacées de dépopulation. Les décrets de Valentinien interdisant les mariages romano-barbares montrent qu’il existe déjà un métissage non négligeable à cette époque. Les cas d'officiers barbares vivant dans l’Empire et romanisés sont fréquents au . La cité reste le cœur de la romanité. Les lieux traditionnels de la vie romaine, les thermes, les cirques et les amphithéâtres sont fréquentés jusqu’à la fin du et même au-delà pour Constantinople. Mais bon nombre de monuments anciens se dégradent, car les finances publiques sont insuffisantes pour pourvoir à leur entretien, d’autant plus que la période de l’Antiquité tardive est riche en tremblements de terre. Les villes de l’Empire connaissent des transformations. Elles construisent des remparts aux pour se protéger. La grande nouveauté architecturale est la construction d’édifices chrétiens, une basilique, un baptistère et la demeure de l’évêque, dont une partie du matériau utilisé provient d’anciens monuments abandonnés. Les nouvelles résidences impériales : Trèves, Milan, Sirmium, Nicomédie bénéficient de la présence des troupes et des empereurs. Littérature et arts. À partir des , les portraits impériaux tournent à l’imposant colossal (telles la statue de Constantin), tandis que la généralisation de l’inhumation donne une nouvelle impulsion à l’art du bas-relief sur les sarcophages, aux thèmes décoratifs dionysiaques ou paléochrétiens. Les Romains révolutionnent le support écrit des livres, en lui donnant la forme moderne que nous connaissons : ils généralisèrent le "codex", volume de feuilles reliées plus maniable et plus aisé à lire que le traditionnel rouleau. Le livre est devenu un objet maniable, facile à transporter, à ranger, lisible par un seul individu. Mais il reste un objet cher, même si le nombre de volumes en circulation augmente considérablement. L'usage du parchemin, plus solide, mais plus coûteux s'étend aux dépens du papyrus. Le passage de "volumen" au "codex", parfois de taille très réduite, a comme conséquence la perte d'une partie des textes antiques qui ne sont plus consultés. La place de l'écrit dans la société devient de plus en plus importante. À partir du , la source de la littérature est essentiellement chrétienne. La correspondance de quelques grands esprits du temps, très bien conservée, permet d'avoir une connaissance fine des mentalités de l'Antiquité tardive. La rhétorique grecque est utilisée par les Pères de l'Église, que ce soit pour rédiger des sermons, expliquer les textes saints ou tenter de convaincre les non-chrétiens. L'hagiographie se multiplie. Tout en racontant la vie des saints à la manière de Suétone ou Plutarque, elle se concentre sur les vertus chrétiennes de saints pour en faire des exemples pour le lecteur. Aux , le genre hagiographique multiplie les récits de miracles, qui l'emportent sur l'exemple moral. Il n'est donc pas étonnant que l'œuvre majeure de l'Antiquité tardive soit une œuvre religieuse. Il s'agit de l'œuvre "La Cité de Dieu" d'Augustin d'Hippone, achevée en 423. Il réplique de manière magistrale aux détracteurs du christianisme qui rendaient la religion responsable du sac de Rome de 410. Dans sa théorie des deux cités, il développe l'idée que Rome est une cité terrestre donc mortelle. La cité des chrétiens est le royaume de Dieu qui les attend après la mort. Ils ne doivent donc pas lier leur foi chrétienne à l'existence de Rome même s’ils doivent servir l'Empire loyalement. Essor du christianisme. Pendant longtemps a prévalu l'idée qu'au début du , les provinces d'Orient sont majoritairement acquises au christianisme. En Occident, les provinces méditerranéennes sont plus touchées par la nouvelle religion que les autres. Mais partout dans cette partie de l'Empire romain, les campagnes restent profondément polythéistes. Aujourd’hui, l’ampleur de la christianisation de l’Empire est remise en question. Il semble qu'en 312, les chrétiens ne représentent que 4 à 5 % de la population totale de l’Empire. Constantin se convertit au christianisme lors de sa campagne contre Maxence en 312. En 313, l'édit de Milan proclame la liberté de culte et prévoit de rendre aux chrétiens les biens qui leur avaient été confisqués pendant la grande persécution de Dioclétien. Cette conversion pose le problème des relations entre l'Église et le pouvoir. Entouré d'évêques, Constantin intervient dans les disputes doctrinales de l'Église. Un de ses objectifs est de rétablir la paix civile dans l'Empire. Il lutte contre le donatisme en Afrique et l’arianisme en Orient. Il préside même le concile de Nicée en 325 qui reconnaît le Christ comme Dieu et homme à l’unanimité, même Arius acquiesçant à cette doctrine. Mais il continue sa prédication et est excommunié. Les ariens adoptent des positions très favorables au pouvoir impérial, lui reconnaissant le droit de trancher les questions religieuses d’autorité. Constantin finit par se convertir à cette forme de christianisme et se fait baptiser sur son lit de mort par un prêtre arien. Cette conversion à l'arianisme est contestée par l'Église catholique et par certains historiens. Son fils, Constance II est un arien convaincu. Il n'hésite pas à persécuter les chrétiens nicéens plus que les païens. Malgré ses interventions dans de nombreux conciles, il échoue à faire adopter un credo qui satisfait les ariens et les chrétiens nicéens. Ses successeurs, soucieux de paix civile observent une stricte neutralité religieuse entre les ariens et les nicéens. La défaite d'Andrinople face aux Wisigoths ariens permet aux catholiques orthodoxes de passer à l'offensive. Ambroise de Milan, voulant défendre le credo de Nicée contre les ariens, qualifie l'hérésie de double trahison, envers l'Église et envers l'Empire. Gratien finit par s’orienter vers une condamnation de l'arianisme sous l’influence conjuguée de son collègue Théodose et d’Ambroise. L’empereur d’Orient promulgue des lois qui interdisent les doctrines s’opposant à la foi de Nicée. L'empereur de la "pars orientalis" a, en 380, dans l'édit de Thessalonique, fait du christianisme une religion d'État. Comme son collègue, il promulgue des lois anti-hérétiques. Il convoque un concile à Aquilée, en 381, dirigé par Ambroise. Deux évêques ariens sont excommuniés. L'Église catholique est devenue assez forte pour résister à la cour impériale. Après la mort de Gratien, le parti arien est de nouveau très influent à la cour. À leur instigation, est promulguée une loi, le 23 janvier 386, qui prévoit la peine de mort pour toute personne qui s’opposerait à la liberté des consciences et des cultes. Ambroise refuse de concéder une basilique "extra-muros" aux ariens fort du soutien du peuple et des hautes sphères de Milan. La cour impériale est obligée de céder. Grâce à des hommes comme Ambroise, l'Église peut ainsi s'émanciper de la tutelle impériale, surtout en Occident et même revendiquer la primauté du pouvoir spirituel sur le temporel en rappelant à l'empereur ses devoirs de chrétien. Les chrétiens ont aussi besoin de la force publique pour faire prévaloir leur point de vue. Ainsi Porphyre de Gaza obtient de l'impératrice Eudoxie, qu'elle fasse fermer par son époux Honorius les temples polythéistes de Gaza. Les empereurs donnent aux membres du clergé de nombreux privilèges. Ils sont dispensés des prestations fiscales imposées aux citoyens. Les évêques se voient reconnus des pouvoirs de juridiction civile. Les personnes poursuivies par le pouvoir bénéficient du droit d'asile, ce qui permet de les soustraire à la justice impériale. Enfin les clercs ne dépendent pas des juridictions ordinaires et se trouvent ainsi placés au-dessus du droit commun. Constantin donne à l'Église une personnalité juridique qui lui permet de recevoir des dons et des legs. Ceci lui permet d'accroître sa puissance matérielle. Au , elle possède d'immenses domaines dont certains dépendent des institutions charitables de l’Église. Le développement de ses institutions lui permet d'occuper un vide laissé par les systèmes de redistributions païens, en s’intéressant aux pauvres en tant que tels et non en tant que citoyens ou que clients. Permanence du paganisme. Pendant tout le , les cultes polythéistes traditionnels continuent à être pratiqués, de même que les cultes à mystère d'origine orientale comme ceux de Mithra, de Cybèle, d'Isis et de Sérapis malgré des restrictions progressives. Les textes chrétiens qui les dénoncent violemment, les dédicaces, les ex-voto, ou d'attestations de travaux dans les temples en sont autant de témoignages. En Égypte, Chenouté, abbé du monastère Blanc en Haute-Égypte et mort vers 466, rapporte dans ses œuvres sa lutte contre les païens, qu’il appelle « les Grecs ». L'historien païen Zosime nous apprend à ce sujet que la nouvelle religion n'était pas encore répandue dans tout l'Empire romain, le paganisme s'étant maintenu assez longtemps dans les villages après son extinction dans les villes. Constantin n’intervient guère que pour interdire les sacrifices nocturnes, les pratiques de sorcellerie et de magie, les rites d’haruspice privée, ce qui relève de la "superstitio". Il a toujours cherché, même après 324, à ménager les païens. Il garde toute sa vie le titre de grand pontife, ce qui en fait le chef de la religion traditionnelle il manifeste en général la plus grande tolérance vis-à-vis de toutes les formes de paganisme. En effet, l'écrasante majorité des sujets de l'empereur est encore païenne. Il se doit donc de les ménager. En 356, Constance II interdit tous les sacrifices, de nuit comme de jour, fait fermer des temples isolés et menace de la peine de mort tous ceux qui pratiquent la magie et la divination. L'empereur Julien, acquis au paganisme, promulgue en 361 un édit de Tolérance permettant de pratiquer le culte de son choix. Il exige que les chrétiens qui s’étaient emparés des trésors des cultes païens les restituent. Ses successeurs sont tous chrétiens. En 379, Gratien abandonne la charge de Grand Pontife. À partir de 382, à l’instigation d'Ambroise, évêque de Milan, l’autel de la Victoire, son symbole au Sénat, est arraché de la Curie, tandis que les Vestales et tous les sacerdoces perdent leurs immunités. Le 24 février 391, une loi de Théodose interdit à toute personne d’entrer dans un temple, d’adorer les statues des dieux et de célébrer des sacrifices, « sous peine de mort ». En 392, Théodose interdit les Jeux olympiques liés à Zeus et à Héra, mais aussi à cause de la nudité du corps des compétiteurs, le culte du corps et la nudité, étant dénigré par le christianisme. Peu à peu, les temples abandonnés tombent en ruines. D’autres sont détruits comme le Sérapéum d'Alexandrie dès 391, le temple de Caelestis, la grande déesse carthaginoise héritière de Tanit en 399. Par ailleurs, le christianisme lui-même se trouve imprégné des anciens rites païens. Certaines fêtes traditionnelles romaines sont toujours fêtées à la fin du , comme la fête de Lupercales consacrée à la fécondité et aux amoureux. Pour l'éradiquer, le pape Gélase décide en 495 de célébrer la fête de saint Valentin, le 14 février, un jour avant la fête des Lupercales pour célébrer les amoureux. Il s'agit donc bien d'une tentative de christianisation d'un rite païen. Les Africains continuent de célébrer des banquets aux jours anniversaires des morts directement sur les tombes. Au , Césaire d'Arles dénonce dans ses sermons à ses fidèles les pratiques païennes qui subsistent dans le peuple. Le port d'amulettes, les cultes aux arbres et aux sources n'ont pas disparu de la Gaule méridionale. Les plaintes des clercs sont nombreuses jusqu'à la fin de l'Antiquité tardive. De l’Empire romain au monde médiéval. Invasions ou migrations germaniques en Occident ? En 376, menacés par les Huns, les Wisigoths demandent asile à l’Empire. Deux cent mille d’entre eux sont établis au sud du Danube, en Mésie en échange de levée de recrues. Mais ils sont exploités par les fonctionnaires romains et ne tardent pas à se révolter. Des esclaves, des colons et des travailleurs des mines se joignent à eux pour ravager la Thrace. Sans attendre l'arrivée de son neveu Gratien, retenu par les Alamans en Gaule, l'empereur Valens engage le combat avec sa seule armée et est tué lors de la bataille d’Andrinople en 378 où la cavalerie wisigothe met à mal la légion romaine. Le nouvel empereur de la partie orientale de l'Empire, Théodose, pacifie rapidement les Balkans et réussit à conclure un nouveau "fœdus" avec les Goths en 382. Les Goths ont le droit de s'installer en Thrace. Ils conservent leurs propres lois et ne sont pas soumis aux impôts romains. Ils sont donc quasi indépendants même s'ils s'engagent à servir dans l'armée romaine comme fédérés, c'est-à-dire sous le commandement de leurs propres chefs. Théodose profite de cette période de répit avec les Goths pour conclure une paix avec les Sassanides qui durera jusqu'en 502. Après la mort de Théodose (395), les Wisigoths dirigés par Alaric pillent la Macédoine, la Thessalie, la Grèce. Arcadius négocie à prix d'or leur retrait vers l'ouest. Stilicon, général d'origine vandale et tuteur des deux jeunes empereurs, est empêché de les combattre par le souverain d'Orient. En 402, alors que les Ostrogoths envahissent les provinces danubiennes, les Wisigoths pénètrent en Italie. En 410, ils saccagent Rome. Cet épisode est ressenti comme une catastrophe par les Romains. Les païens y voient la conséquence de l'abandon des dieux traditionnels. Saint Jérôme y voit le châtiment des pêchés des hommes. Saint Augustin affirme lui qu'il n'y a aucun lien entre le christianisme et l'Empire. L’établissement définitif des Wisigoths dans le sud de la Gaule et en Hispanie met fin à leurs raids. Mais entre-temps, le 31 décembre 406, les Vandales, les Suèves, les Alains et les Alamans franchissent le Rhin bientôt suivis par les Burgondes. Ils ravagent la Gaule tandis que l'île de Bretagne est définitivement abandonnée par les légions romaines. Le puissant parti anti-barbare présent à la cour impériale obtient une épuration de l'armée et de l'administration en Italie, la privant des défenseurs efficaces et fidèles. L'empereur, installé à Ravenne, est contraint d'accepter l'installation de nouveaux royaumes barbares en Gaule. En 429, les Vandales envahissent l'Afrique dont ils font la conquête en 10 ans. Ils privent l'Italie d'un de ses greniers à blé, leur flotte contrôlant la Méditerranée occidentale. Ils sont en outre des ariens fanatiques et persécutent les Romains orthodoxes. La cour impériale est obligée de conclure des "fœdus" avec les envahisseurs. En 435, les Vandales obtiennent à leur tour le statut de fédérés en Afrique orientale. Dans le Nord-Ouest de l'Hispanie, le roi suève Herméric crée un véritable royaume autour de sa capitale Braga en obtenant un "fœdus" en 437-438. Les provinces danubiennes restent fidèles à l'Empire, mais passent sous l'autorité de Constantinople. L'Empire romain d'Occident se réduit à l'Italie et une partie de la Gaule. Ætius, général de Valentinien III, continue à lutter contre les Barbares. Il repousse les Francs vers le nord, les Wisigoths vers le sud de la Gaule et l'Hispanie. Il bat les Burgondes grâce à son armée composée de Huns et les transfère en "Sapaudia" où en 434, Valentinien III les autorise à s'installer en tant que peuple fédéré. En 451, grâce à une armée plus barbare que romaine , il parvient à repousser Attila à la bataille des champs Catalauniques. Mais il est égorgé en 454 par Valentinien III lui-même, jaloux de ses succès. L'empereur est à son tour assassiné par les partisans d'Ætius. L'Empire romain d'Occident connaît alors une instabilité politique avec des empereurs impuissants, contestés par des usurpateurs. En 455, Rome est pillée pendant quinze jours par les Vandales de Genséric. Les Barbares s'étendent alors irrésistiblement en Gaule malgré l'action de défenseurs de la romanité comme Ægidius et son fils Syagrius. L'un d'eux, Odoacre, dépose le tout jeune empereur Romulus Augustule et envoie les insignes impériaux à Constantinople en 476. Cet événement passe inaperçu en Occident comme en Orient, tant l'empereur d'Occident avait perdu son importance. Pourtant pendant longtemps, les historiens occidentaux l'ont retenu comme date de la fin de l'Empire romain, tant Rome était vue comme une entité occidentale. En 488, Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, envahit l'Italie, alors aux mains d'Odoacre, à la demande de l'empereur d'Orient Zénon qui se considère comme le seul maître de l'Empire. Après la prise de Ravenne en 493, la puissance des Ostrogoths s'étend en Italie, Sicile, Dalmatie et au nord de l'Italie. En sa qualité de représentant du pouvoir impérial, Théodoric tente d'étendre son pouvoir sur les autres royaumes barbares, ariens comme lui. Pour Théodoric, les Goths sont les protecteurs des Romains. L'administration romaine subsiste donc. La politique et la culture romaines ont une grande influence sur les Goths. L'empereur romain lui confère même le titre de roi. Le royaume ostrogoth d'Italie est un excellent exemple de la collaboration entre Constantinople et les rois barbares. La romanité en Orient. Au , l'Orient connaît une longue période de prospérité économique. Les caisses de l'État regorgent de numéraires en or. Sous le règne de Théodose II, la ville de Constantinople continue à s'agrandir et reçoit une nouvelle enceinte, le mur de Théodose. Un code juridique est publié, le Code de Théodose. Cependant l'Empire est déstabilisé par des conflits religieux violents, entre nicéens et ariens et à partir de 430 entre nestoriens et monophysites. À partir de 440, les Huns menacent l'empire d'Orient. Un tribut et l'octroi d'une dignité romaine à Attila permettent d'éloigner le danger. Marcien, époux de Pulchérie, la sœur de Théodose II, règne de 450 à 457. Léon est le premier empereur d'Orient à recevoir la couronne des mains du patriarche de Constantinople. Son petit-fils Léon II ne règne que quelques mois. C'est donc son gendre Zénon qui revêt la pourpre impériale pendant quinze ans de 476 à 491. C'est sous son règne que le dernier empereur romain d'Occident Romulus Augustule est destitué par Odoacre. Il est donc le seul empereur du monde romain, mais son autorité sur l'Occident n'est que théorique. Sous le règne d'Anastase (491-518), la guerre contre les Perses reprend. Le Sénat choisit ensuite un officier macédonien, Justin (518-527) dont le neveu, Justinien gravit tous les échelons de la carrière administrative. Justinien (527-565) est le dernier empereur romain. Estimant que tout territoire qui a été romain le reste inaliénablement, il consacre une grande partie de son règne à reprendre aux Barbares les terres de la romanité et fait de l'Occident son premier objectif. Il conquiert l'Afrique sur les Vandales en quelques mois. Il profite de l'affaiblissement de l'Italie après la mort de Théodoric pour intervenir dans la péninsule en 535. La conquête est plus difficile que prévu et n'est définitive qu'au terme d'une guerre dévastatrice entre 552 et 554. En 554, les Byzantins font la conquête d'une partie de l'Espagne wisigothique jusqu'à Cordoue. De plus, les conquêtes de Justinien sont fort coûteuses. Il néglige la menace perse qu'il écarte momentanément par le paiement d'un tribut et celle des Slaves et des Avars qui apparaissent au nord de l'empire d'Orient. Il sacrifie ainsi l'avenir de régions vitales pour l'empire d'Orient ou byzantin pour poursuivre le rêve d'un empire universel. Il n'arrive pas non plus à réconcilier les tenants de l'orthodoxie romaine et les monophysites. Cette reconquête épuise Rome et l'Italie et n'est guère durable. En 568, seules les régions de Ravenne et de Rome sont encore aux mains de Byzantins. Le reste de l'Italie est devenu lombard. Sous le règne d'Héraclius (610-641) l'empire d'Orient prend un caractère grec inéluctable. Le titre de "Basileus" remplace celui d'Auguste, les provinces deviennent des "thèmes". C'est aussi l'époque des premières conquêtes arabes. La Syrie, Jérusalem, l'Égypte, la Mésopotamie sont définitivement perdues après six siècles de romanité. Le monde byzantin remplace définitivement le monde romain oriental. Art dans la Rome antique. L’art romain est l'art produit dans les territoires de la Rome antique, depuis la fondation de Rome (), selon la chronologie traditionnelle, partiellement confirmée par l'archéologie, jusqu'à la chute de l'Empire d'occident (476 ap. J.-C.). Rome antique dans l'art et la culture. La Rome antique constitue une source inépuisable d'inspiration dans les arts, comme le montrent les catégories ci-dessous : Annexes. Bibliographie. Sources antiques. Un nombre assez important de textes historiques de l'Antiquité, rédigés en latin ou en grec, nous sont parvenus par l'intermédiaire de copies. Bien que leur contenu soit souvent sujet à caution, ils sont une source majeure d'information sur l'histoire politique de la Rome antique. On peut citer, parmi ceux dont le sujet est le plus général : D'autres textes donnent des informations précieuses sur des événements précis. En outre, la littérature latine, dont on a conservé de nombreux textes, fournit de nombreux renseignements sur la mentalité et l'histoire culturelle de Rome.
Radio FM en France La radio FM en France, utilisée depuis 1954, est originellement réservée à des structures dépendantes de Radio France. Des radios dites « pirates », émettant sans autorisation de l'État, ouvrent la voie à la libéralisation de ces médias. Les caractéristiques techniques du réseau français créent un décalage dans l'évolution du procédé d'émission par rapport aux pays comparables. Historique. Les débuts de l'utilisation de la bande FM en France remontent à 1954 avec un émetteur expérimental installé rue de Grenelle à Paris. La bande FM se trouve alors sous monopole d'État comme l'ensemble du média radio depuis l'ordonnance de . La RTF lance le des programmes expérimentaux en modulation de fréquence, mais la couverture complète du territoire national est seulement achevée au milieu des années 1960. FM sont ainsi recensés en 1961, 109 en 1965 et 196 en 1971. Le , le programme France IV disposant depuis 1954 d'une version spéciale pour être diffusée en FM est baptisée : « France IV - Haute Fidélité ». Le , les stations de la RTF sont rebaptisées après un référendum auprès des auditeurs : « France Inter », « France Culture » et « France Musique ». Le , Radio France lance à Paris une station musicale nommée France Inter Paris qui devient FIP et sera reprise dans quelques grandes villes de province (Lille, Lyon, Marseille, Strasbourg, Bordeaux, Toulouse, Nantes St-Nazaire, Nancy, Metz…). Le , Radio France lance Radio 7 à destination du jeune public francilien, puis teste la même année trois formats de stations locales publiques : urbaine avec Melun FM, départementale avec Radio Mayenne dirigée par l'animateur Daniel Hamelin de France Inter, et régionale avec Fréquence Nord dans le Nord-Pas de Calais. Parallèlement, à destination du public du troisième âge, Radio France lance au niveau national Radio Bleue sur les puissants émetteurs ondes moyennes relayant auparavant France Culture. Depuis, ce réseau reprend France Info pour les régions hors de portée des relais FM, à l'exception de l'émetteur de Paris () qui, équipé en stéréo expérimentale C-QUAM, relaie la station parisienne de France Bleu. À partir des années 1970, quelques groupes de jeunes passionnés de radio commencent à émettre localement sur la FM, principalement au profit des opposants aux projets de centrales nucléaires (Radio Verte Fessenheim en Alsace, Radio Libre 44 à Nantes) ou des syndicats de secteurs industriels en déclin (Lorraine cœur d'acier à Longwy, Radio-Quinquin dans le Nord), d'où leurs surnoms à l'époque de « radio pirate ». Le , Radio Verte émet sur Paris et annonce le lancement de dizaines de radios FM un peu partout en France. Le défi fait grand bruit, les stations se multiplient et l’état multiplie saisies et brouillage. Considéré par le Premier ministre Raymond Barre comme « un germe puissant d’anarchie » les radios libres de la FM peinent à exister. L’élection de François Mitterrand en 1981 marque un changement véritable puisqu’il soutient les initiatives des radios libres, ayant lui-même soutenu et s'étant exprimé sur la radio Canal 75, proche du Parti socialiste, pendant la campagne présidentielle. Après avoir hésité face à l’opposition de la presse écrite, les socialistes entament une timide libéralisation de la FM, avec une limitation de la puissance, et l'interdiction de revenus publicitaires. Bientôt ces contraintes cèdent au profit des stations les plus puissantes et les mieux organisées, NRJ, Skyrock, RFM… Très vite, NRJ s'impose comme radio leader sur Paris et sa région grâce à un émetteur placé au plus haut-point de la capitale à Télégraphe. Les animateurs de cette station ayant vécu ses débuts, sont Jacky Gallois, Philippe Buradino, Jean-Marc Laurent, Mitsou, Gilles Matta. Les radios concurrentes entre 1982 et 1984 sont RFM, 95.2, Radio Carbone 14. Les radios libres deviennent des radios locales privées. Par la suite, la loi Léotard de 1986 réforme le statut des radios privées en abandonnant la notion de zone géographique au profit de celle de seuil de population maximale desservie par une station. C'est l'ouverture aux réseaux privés nationaux qui se multiplient aux dépens des radios locales de province, progressivement rachetées pour constituer des relais des stations parisiennes. À partir du début des années 1990, un réseau de radios autoroutières est déployé sur 107,7 MHz. Sur cette fréquence unique sont présentes des stations différentes proposées par les sociétés d'autoroute. Ce réseau bénéficie des expériences réussies d'isofréquence (émetteurs synchronisés sur une fréquence unique). Années 2000. Dans les années 2000 le spectre de la bande FM est proche de la saturation en de nombreux endroits, dont Paris. Des inégalités se ressentent dans le nombre de fréquences accordées aux catégories de radio et aux groupes : ces inégalités proviennent des conditions historiques de développement (premiers arrivés premiers servis, rachats de radios locales par des groupes, etc.). En 2006, le CSA, en concertation avec les opérateurs (éditeurs de programmes et leurs diffuseurs) étudie plusieurs scénarios d'optimisation visant à améliorer la couverture des programmes actuels et permettre l'introduction de nouvelles fréquences. Les principes d'optimisation s'appuient principalement sur un rapprochement (géographique et en fréquence) des stations FM diffusant un même programme. L'optimisation est réalisée région par région. Elle est effectuée par le CSA en concertation avec les opérateurs et permet l'introduction de 15 à 20 % de nouvelles fréquences, tout en réglant une série d'incohérences techniques héritées du passé. La mise en place des nouveaux plans de fréquences est réalisée à l'occasion de « NEVA » (nuit bleue radiophonique), dont le calendrier est fixé par le CSA. Années 2010. En 2017 il y a précisément 945 radios FM en France. Technique. Un même programme radio peut exister sur différentes fréquences ou canaux. Le système RDS permet à chaque station de diffuser sous forme numérique les fréquences alternatives des émetteurs situés en bordure de la zone de service et/ou présentant une grande probabilité d'être reçues. Depuis 2006 le système Fmnet permet la supervision et le contrôle technique du réseau FM français. Le dispositif offre, outre des services professionnels, l'accès libre à la base de données des stations de radio FM en France ainsi que la vision, sur Google Earth de l'implantation des émetteurs. Législation. La diffusion de programme radiophonique sur la bande FM (87.5 - 107.9 MHz) en France est régulée par l'Arcom (ex CSA), qui délivre une autorisation à une entité juridique (telle une association loi 1901 ou une société privée) d'exploiter une fréquence dans des conditions précises comprenant le lieu de diffusion, la puissance apparente rayonnée maximale, l'altitude du site, la hauteur des antennes, le diagramme de rayonnement, etc. L'autorisation de diffusion n'excède pas 5 ans. Elle est typiquement renouvelée automatiquement deux fois. Le contenu du programme diffusé comporte lui-aussi des contraintes, telles qu'une proportion de 40% de chansons d'expression française (langue française ou langue régionale), ou l'identification du programme par un jingle.
Request for comments Les (RFC), littéralement « demande de commentaires », sont une série numérotée de documents décrivant les aspects et spécifications techniques d'Internet, ou de différents matériels informatiques (routeurs, serveur DHCP). Peu de RFC sont des standards, mais tous les documents publiés par l'IETF sont des RFC. Le sigle « RFC » est de genre féminin : « la RFC ». Histoire. La première RFC (), intitulée « Logiciel hôte », a été publiée le par Steve Crocker. Les premières RFC concernaient le réseau ARPANET, utilisant le protocole de communication Network Control Protocol (NCP), et les financements publics de la DARPA. Dans les années 1970, le développement du réseau Internet (ensemble des réseaux utilisant la suite des protocoles TCP/IP) s’est accompagné de la création de documents et de normes séparés, les "" (IEN). Le succès d'Internet fit que les IEN furent intégrées à la base, alors déjà riche, des RFC. En 1999 a été publiée la , intitulée « », qui retrace l'histoire de de RFC. En 2009 a été publiée la , intitulée « », qui retrace l'histoire de de RFC. En 2019 a été publiée la , intitulée « », qui retrace l'histoire de de RFC. Mode d'élaboration. Les RFC sont rédigées sur l'initiative d'experts techniques, puis sont revues par la communauté Internet dans son ensemble. Cela diffère d'une publication d'institution telle que l'ANSI. La majorité des RFC utilisent les termes ', ', ', ', etc. tels que définis dans la pour définir leurs exigences (obligation, interdiction, recommandation, etc.). Pour plus d'informations à propos des RFC et les procédures associées, voyez la « Procédures Standards d'Internet. Révision 3 ». Les RFC font d'abord l'objet d'un (brouillon). Tout le monde peut écrire un . Ils n'ont donc aucune valeur. Après avoir écrit un , on peut le soumettre à l'IETF en le transmettant à rfc.editor@rfc.editor.org. Tous les n'étant pas dignes d'intérêt, ils ont une date de péremption. Si le attire l'intérêt de la communauté, un groupe de travail peut être créé pour la rédaction d'une RFC. La donne les instructions pour les futurs auteurs. Quelques RFC finissent par devenir des standards d'Internet. La procédure complète pour la transcription d'une RFC en standard est la suivante : Malgré leur nom, les RFC sont le plus souvent stables. Toute modification apportée à une RFC entraîne l'écriture d'une nouvelle RFC, qui rend la précédente obsolète. Classification. Les RFC sont classées en cinq catégories : « obligatoire », « recommandé », « facultatif », « limité » et « non recommandé » ; et en trois niveaux de maturité : « standard proposé », « standard brouillon », « standard internet ». Lorsqu'un document est publié, un numéro de RFC lui est attribué, et, en cas d'évolution ultérieure, un nouveau document est publié sous une autre référence. Poissons d'avril. Chaque avril, une ou plusieurs RFC fantaisistes sont publiées. Cette tradition a été inaugurée en 1978, par la , qui fournit des spécifications pour les défaillances aléatoires sur Telnet, considérées comme une fonctionnalité à part entière. Ces poissons d'avril sont souvent des canulars, tels qu'Internet par pigeons voyageurs ou les messages subliminaux par Telnet, voire des parodies de normes réseau comme la réservation dans l'en-tête de chaque paquet d'un bit destiné à préciser si le paquet est hostile ou non.
Alfred Radcliffe-Brown Alfred Reginald Radcliffe-Brown (Birmingham, - Londres, ) est un anthropologue et ethnographe britannique. Il participe à la fondation de la tradition britannique de l'anthropologie sociale en opposition à l'ancienne ethnologie évolutionniste. Se positionnant dans l'héritage d'Émile Durkheim, il développe une théorie structuro-fonctionnaliste du social qui s'opposera au fonctionnalisme de Bronislaw Malinowski dans les premiers temps de l'anthropologie sociale britannique. Biographie. Né en Angleterre, à Birmingham en 1881, Radcliffe-Brown suit des études de philosophie, de psychologie, d'économie et de sciences naturelles au Trinity College de Cambridge d'où il sort avec un diplôme de "sciences morales et de l'esprit". Pendant cette période il fut influencé par la pensée de Kropotkine, notamment par son ouvrage d'exil "L'Entraide", suggérant une sélection naturelle de la capacité à la coopération, se distinguant du darwinisme social théorisant la survie d'une espèce comme résultant de la compétition. Il se tourne alors vers la sociologie comparative et l'ethnologie. Dès 1906 et jusqu'à 1908, il effectue une enquête ethnographique aux îles Andaman. Il pratique ainsi l'étude de terrain une dizaine d'années avant la théorisation de l'observation participante par Bronislaw Malinowski. Avec le matériel accumulé lors de cette première expérience, il publiera une monographie en 1922 intitulée "The Andaman Islanders". Il repart de 1910 à 1913, cette fois-ci en Australie occidentale où il étudie les systèmes et typologie de parentés et l'organisation sociale des Aborigènes de la région. De cette nouvelle expérience ethnographique, il tirera sa seconde monographie : "The Social Organization of Australian Tribes" en 1932. Ces travaux, en particulier sur la tribu des Kariera, furent cependant gravement remis en cause dans les années 1950 quand il s'avéra que Radcliffe-Brown n'avait jamais effectué d'enquête de terrain permettant de valider ses conclusions. En 1916, il devient directeur de l'éducation dans le royaume de Tonga (Polynésie), puis il occupe de 1921 à 1925 la chaire d'anthropologie du Cap (Union sud-africaine). Il enseigne ensuite à Sydney de 1926 à 1931 et à Chicago de 1931 à 1937 avant d'occuper la chaire d'anthropologie sociale à l'université d'Oxford. Radcliffe-Brown aura alors un fort impact sur de nombreux anthropologues dont Meyer Fortes et Evans-Pritchard. Ce dernier lui succédera à la chaire d'Oxford en 1946. Il se place dès le début dans le "courant anti-évolutionniste et anti-historiciste". Sa préoccupation première est d'instaurer l'anthropologie sociale comme une "science naturelle et théorique de la société", s'inspirant en cela grandement des analogies entre organismes biologiques et "corps social" que l'on retrouve chez des sociologues comme Émile Durkheim ou Herbert Spencer. La méthode se veut alors analytique, elle justifie les enquêtes de terrain, celles-ci doivent constituer le souci majeur de l'anthropologue. Il suit en cela l'évolution, incarnée notamment par Evans-Pritchard, de la tradition théorique qu'il a insufflée en anthropologie sociale. Radcliffe-Brown définit la "structure sociale" comme étant un arrangement de personnes ayant entre elles des relations institutionnellement contrôlées ou définies. Il aborde aussi la "notion de « fonction »" à partir des travaux de Durkheim, en tant que relation qui existe entre la structure sociale et le processus de vie sociale.
René Goscinny René Goscinny, né le à Paris où il est mort le , est un scénariste de bande dessinée, journaliste, écrivain et humoriste français, également producteur, réalisateur et scénariste de films. Il est l'un des fondateurs et rédacteurs en chef de "Pilote", un fameux journal français de bande dessinée. Créateur d"Astérix" avec Albert Uderzo, d"Iznogoud" avec Jean Tabary, auteur du "Petit Nicolas", personnage créé et dessiné par Jean-Jacques Sempé, scénariste de nombreux albums de "Lucky Luke" créé par Morris, il est l’un des auteurs français les plus lus au monde : l’ensemble de son œuvre représente environ d’ouvrages vendus. Avec Jean-Michel Charlier, il joue un rôle décisif pour la reconnaissance du métier de scénariste de bande dessinée qui n’existait pas avant lui. Biographie. Origines et famille. René Goscinny est né le au 42 rue du Fer-à-Moulin dans le de Paris. Cette naissance la veille d'un jour férié lui fera dire qu'il est un . Il est issu d'une famille juive ashkénaze, originaire de Pologne et d'Ukraine ("gościnny" signifie « hospitalier » en polonais). Son père Stanislas, dont le prénom hébraïque est Simha, est un ingénieur chimiste né le à Varsovie (Pologne alors russe), troisième fils du rabbin Abraham Gościnny et Helena Silberblick. Stanislas s'installe à Paris en 1906, au moment de l'inflation des persécutions contre les Juifs en Europe centrale. Sa mère, Anna Bereśniak, née le à Chodorów alors en Galicie austro-hongroise (aujourd'hui Khodoriv en Ukraine, oblast de Lviv), est issue d'une famille juive non pratiquante bien que cultivant la langue hébraïque et l'éducation ashkénaze par l'étude des lettres et de la musique, investie dans l'édition. Victime de pogroms, Lazare Abraham Beresniak (-1942), le grand-père maternel de René Goscinny s'établit avec son épouse, Freiga Garbel, à Paris en 1905 ou 1912, au 12 de la rue Lagrange, où il tient une imprimerie à son nom. À l'époque, l'imprimerie Beresniak s'occupe notamment de l'édition de plusieurs des principaux journaux yiddishophones et russophones en cyrillique de Paris. L'entreprise est plus tard reprise par les fils Beresniak qui emploieront une centaine de personnes dans les années 1930. Abraham rédige le premier et seul dictionnaire existant hébreu-yiddish, publié en France en 1939. Certains des membres de la famille Beresniak choisissent de partir à l'étranger à temps (en Argentine et aux États-Unis) alors que l'imprimerie parisienne fait imprimer de faux papiers pour le reste de la famille et son entourage, ce qui permet de gagner la province pour s'y cacher. Sous l'Occupation, l'imprimerie Beresniak n'échappe pas à la spoliation des biens juifs par les Nazis. À la Libération, le seul oncle rescapé de René Goscinny, Serge Beresniak, récupère l'entreprise qui s'installe en 1959, au 18-20 de la rue du Faubourg du Temple, et imprimera en 1973, la version première russe de "L'Archipel du goulag" de Soljenitsyne. Stanislas Goscinny et Anna Beresniak se rencontrent à Paris et se marient en 1919. René Goscinny a un frère aîné, Claude, né en 1920 ; il est le cousin germain du philosophe Daniel Béresniak et apparenté au médecin suisse Ariel Beresniak. Enfance en Argentine. Après la naissance de son fils aîné Claude, dès 1923, le père de René Goscinny tente une expérience dans la production agricole au Nicaragua. Il revient en France, où il est, avec son épouse naturalisé français en août 1926, quelques jours avant la naissance de René. L'année suivante en 1927, Stanislas Goscinny est employé par la Jewish Colonization Association (JCA), destinée à aider et favoriser l'émigration des Juifs d'Europe ou d'Asie, notamment sur le continent américain, afin d'échapper notamment aux statuts iniques de l'Empire russe. C'est à ce titre que les Goscinny (avec René âgé d'un an) partent pour Buenos Aires, en Argentine, où Stanislas est employé comme ingénieur chimiste. Une partie de la famille l'y rejoint en 1928. Ces terres accueillent un monde d'immigrés juifs, marquées par , terreau fertile pour attiser la curiosité, la culture, l'esprit pionnier et la créativité du futur père d'Astérix, qui baigne alors dans le cosmopolitisme et le multilinguisme où l'on parle yiddish, français et espagnol. René Goscinny étudie au lycée français de Buenos Aires où sa culture se nourrit du pur classicisme de la tradition française. Il passe ses grandes vacances en Uruguay où il monte à cheval dans la pampa avec les gauchos. Il a l’habitude de faire rire ses camarades de classe, probablement pour compenser une timidité naturelle. Il commence à dessiner très tôt, inspiré par les histoires illustrées des aventures de Patoruzù, un Indien patagon, héros populaire des historietas argentines créé par le dessinateur Dante Quinterno, et également celles comme "Zig et Puce", "Superman", "Tarzan" et surtout "Les Pieds Nickelés" dont il recopie scrupuleusement l'album qu'il ramène de Paris. À cette époque, la famille Goscinny s'embarque fréquemment sur des transatlantiques, pour visiter les grands-parents et cousins de France ; pour René Goscinny, la France . Il se passionne très tôt pour le cinéma, son acteur préféré étant Stan Laurel. Durant la Seconde guerre mondiale. René a 13 ans quand, en Europe, la Seconde Guerre mondiale commence. Si sa famille directe est à l’abri en Argentine, une partie de celle restée en Europe est victime de la Shoah. Des lettres de sa famille restée en France sous l’Occupation racontent les brimades quotidiennes, le port de l’étoile jaune…. Trois de ses oncles maternels, arrêtés après une dénonciation pour avoir imprimé des tracts antiallemands, meurent en déportation dans les camps de Pithiviers et d’Auschwitz. La famille Goscinny rescapée ne le découvre qu’à la Libération, ce qui traumatisera durablement le futur scénariste. De l’autre côté de l’Atlantique, Stanislas rejoint le « Comité de Gaulle » dès août 1940. Mais le , peu après l’obtention de son bac à dix-sept ans, le jeune René Goscinny perd son père, des suites d’une hémorragie cérébrale, ce qui fait basculer la famille dans la précarité. René se voit obligé de rechercher un travail, et est notamment dessinateur dans une agence de publicité. Parallèlement, il publie ses premiers textes et dessins dans "Quartier latin" et "Notre Voix", bulletin interne du collège français de Buenos Aires. Dans l'armée française. René Goscinny, accompagné de sa mère, quitte l'Argentine pour New York en 1945. Alors qu'il aurait pu rejoindre l'armée américaine et obtenir la nationalité américaine, Goscinny rejoint l’armée française en 1946. Il sert à Aubagne, dans le d’infanterie alpine. Promu caporal, puis très rapidement caporal-chef, Goscinny devient l’illustrateur officiel du régiment et réalise des menus et des affiches. Le général de Lattre de Tassigny, amusé par ses dessins, le nomme sergent . Dès la fin de son service militaire, Goscinny décide de repartir à New York. Premiers travaux. Rentré à New York où il espérait rencontrer Walt Disney, Goscinny veut trouver un métier en rapport avec ce qu'il aime le plus : faire rire les autres. Il frappe aux portes des éditeurs, agences de presse et studios de création avec ses quelques travaux publicitaires réalisés en Argentine et des dessins humoristiques personnels et des caricatures réussies de personnes connues (Hitler, Gable, Cagney, Tracy, Karloff…), mais il n'essuie que des refus. Goscinny traverse alors la période la plus difficile de sa vie. Il reste un an et demi sans emploi, déprimé et vivant aux crochets de sa mère. Fin 1948, il trouve, par l'intermédiaire d'un ami français, un travail dans une agence de publicité. Il y rencontre Harvey Kurtzman, futur fondateur du magazine "Mad". Ce dernier travaille alors surtout pour Timely Comics, mais possède aussi un studio de dessinateurs, nommé Charles William Harvey qu'il gère avec Bill Elder et Charles Stern. Pour gagner un peu d'argent, Kurtzman sous-loue le studio à d'autres auteurs de comics comme John Severin. En 1949, Goscinny collabore avec Kurtzman et publie son premier livre intitulé "Playtime Stories" aux éditions "Kunen Publishers". Il s'agit d'un livre animé pour enfants de douze pages où il signe trois histoires : "Robin Hood", "Pinocchio" et "Aladin". Par la suite, il signe deux autres livres du même genre qui racontent l'amitié d'un Amérindien et d'un Blanc dans le premier et avec un cow-boy dans le second. Avec l'argent gagné, il part en vacances à Paris. Sur le bateau du retour, il rencontre un Français, exportateur de fromages, nommé Jean Monmarson, qui lui apprend qu'un auteur belge de bande dessinée, Jijé, s'est installé dans le Connecticut. C'est par l'intermédiaire de Jijé qu'il rencontre Morris, élève de ce dernier et auteur de la série "Lucky Luke". Morris et Goscinny deviennent très vite amis et partent à New York. À l'été 1949, Goscinny travaille pour une société d'édition de cartes postales peintes à la main, mais il se rend souvent dans le Connecticut pour y voir Jijé, qu'il juge aussi bon en bande dessinée que les Américains. Il y apprend sa méthode pour dessiner, d'abord l'œil, puis la main. Goscinny n'a pas le même talent au dessin que les précédents élèves de Jijé, Morris ou André Franquin, mais Jijé s'intéresse à son sens du gag et des mots, qualité qui manque beaucoup aux auteurs de bande dessinée européens. Goscinny sort quatre nouveaux livres pour les enfants intitulés : "The Little Red Car", "Jolly Jungle", "Hello Jimmy", "Round the World", qui lui donnent l'occasion de dessiner des objets compliqués. Retour à Paris. Par l'intermédiaire de Jijé, Goscinny rencontre Georges Troisfontaines, directeur de , qui travaille en étroite collaboration avec les éditions Dupuis. À son contact ainsi qu'à celui de Jijé et Morris, Goscinny pense de plus en plus à rentrer définitivement en Europe. En attendant, il essaye de créer seul une bande dessinée qui a pour titre "Dick Dicks", qui met en scène un détective de police new-yorkais. Si le dessin est médiocre, mettant en scène notamment des rues de New York vides de passants et de voitures, le scénario compte déjà plusieurs clés de lecture. Après le refus de la BD par tous les journaux et agences de New York, il décide d'envoyer ses planches à Jijé, rentré en Europe, pour qu'il les présente à Charles Dupuis. Mais une erreur d'envoi (les planches arrivent à Juan-les-Pins alors que Jijé est en Belgique, et, qui plus est, elles arrivent dans un mauvais état) fait qu'elles ne seront jamais présentées. Goscinny reste fâché pendant une année contre Jijé après cet épisode. World Press. Lors d'une visite à New York, Georges Troisfontaines lui dit de passer le voir à Bruxelles. Goscinny le prend au mot et après le renvoi de ses planches par Jijé, il prend le bateau pour l'Europe. Il est reçu dans l'agence par Jean-Michel Charlier, alors directeur artistique, qui bien qu'il n'ait pas de travail pour lui, consulte quand même les planches de "Dick Dicks". Enthousiasmé par le scénario (moins par le dessin), il convainc Georges Troisfontaines de l'engager. Celui-ci l'envoie chez son associé et beau-frère, Yvan Chéron, qui fait publier "Dick Dicks" dans le supplément du magazine "La Wallonie" et divers quotidiens belges. Durant l'hiver 1951, la World Press ouvre un bureau sur les Champs-Élysées à Paris. Goscinny y est envoyé pour travailler sur sa série. Il y rencontre Albert Uderzo, employé lui aussi par la World Press et qui dessine la série "Belloy" sur un scénario de Jean-Michel Charlier. Les deux hommes se lient d'une profonde amitié. Très vite, ils décident de travailler ensemble, d'abord pour l'hebdomadaire belge "Bonnes Soirées", où ils publient une chronique humoristique illustrée intitulée "Sa Majesté mon mari". Goscinny y signe , qui connaîtra deux cents épisodes. Puis ils s'occupent de la rubrique savoir-vivre du même hebdomadaire, sous le pseudonyme de Liliane d'Orsay (réutilisé une dizaine d'années plus tard par Pierre Desproges, dans le même magazine, pour la rubrique « courrier du cœur »). Recevant régulièrement du courrier de femmes chics qui le félicitent pour ses bonnes manières, il répond un jour grossièrement (plus ou moins, selon les versions) à l'une d'elles et se voit renvoyé de l'hebdomadaire. Avec Uderzo, il met en chantier plusieurs bandes dessinées, telles que "Benjamin et Benjamine", "Jehan Pistolet" (qui est renommé "Jehan Soupolet" en 1953 lorsqu'il passera de "La Libre Junior" à "Pistolin")", Luc Junior", "Bill Blanchart". Avec le dessinateur Martial, il fait les premiers scénarios de "Sylvie" ainsi qu"Alain et Christine". En 1952, Troisfontaines l'envoie à New York, avec pour mission de lancer "TV Family", un magazine télévisé que Dupuis souhaite implanter outre-Atlantique. Quatorze numéros sont publiés. Au bout d'un an et de perte, Dupuis arrête les frais. René Goscinny y gagne le statut de directeur artistique, qui le conduit à devenir scénariste. Quelques mois plus tard, il retourne à nouveau aux États-Unis comme correspondant étranger de Dupuis. De retour à Paris, il écrit des textes, nouvelles policières et des articles qui sont publiées notamment dans "Le Moustique". Goscinny est également scénariste et dessinateur du "Capitaine Bibobu", série parue en 1955 dans l’éphémère hebdomadaire en couleurs au format journal "Risque-Tout". Après cette dernière tentative, il abandonne le dessin pour se consacrer exclusivement à l'écriture. Il travaille avec d'autres dessinateurs. Cependant ses scénarios, fournis par l'intermédiaire de Georges Troisfontaines, sont rarement acceptés par les éditions Dupuis. À l'exception notable de "Lucky Luke", ils se limitent à trois "Belles Histoires de l'Oncle Paul" (avec Eddy Paape), et à des collaborations avec Raymond Macherot ("Pantoufle") et Jijé (un épisode de "Jerry Spring"). "Lucky Luke". Le dessinateur Morris, qu'il a rencontré en 1948 aux États-Unis par l'intermédiaire de Jijé, le sollicite pour écrire le scénario de Lucky Luke. "Des rails sur la prairie", la première aventure scénarisée par Goscinny, paraît dans Spirou en 1955. Après un dernier épisode réalisé par Morris sur un scénario de son frère, Louis De Bevere ("Alerte aux Pieds-Bleus"), René Goscinny reprend définitivement le scénario à partir de "Lucky Luke contre Joss Jamon". Morris a créé son personnage en 1947. Il s'agit, au départ, d'un véritable cow-boy, qui se transforme rapidement en défenseur de la veuve et de l'orphelin. Il tire juste et vite, au point de devenir . Après quelques années, Morris considère qu'un sang neuf ferait du bien à Lucky Luke. De plus, il apprécie de pouvoir se concentrer exclusivement sur le dessin. L'intervention de Goscinny va amener une évolution dans les aventures de "Lucky Luke". Les deux auteurs connaissent bien le folklore de l'Ouest américain. Ils mettent en scène avec dérision des personnages historiques : Calamity Jane, Jesse James, Billy the Kid, le juge Roy Bean. Ils parodient des westerns ("Des rails sur la prairie", parodie de "Pacific Express, La Diligence", clin d'œil à "La Chevauchée fantastique", "Le Pied-Tendre", qui rappelle "L'extravagant Mr Ruggles, Chasseur de primes", référence aux films de Sergio Leone). Des personnages récurrents apparaissent (les frères Dalton, Rantanplan) et Jolly Jumper se met à parler. De 1957 à 1977, Goscinny écrit les scénarios de 36 aventures de "Lucky Luke", qui rencontrent un succès croissant auprès des lecteurs. Son nom n'apparaît sur les albums qu'à partir de la dix-neuvième aventure : "Les Rivaux de Painful Gulch". Les albums précédents étaient signés . Ce n'est qu'en 1996 que les éditions Dupuis rétablissent la vérité. Goscinny apprécie particulièrement la collaboration avec Morris, avec qui il partage le goût de l'histoire du Far West et ses héros truculents. Les deux hommes créeront également, pour "Le Hérisson", un personnage contemporain nommé "Fred le savant", dont les aventures ne dureront qu'une quinzaine de planches. "Lucky Luke" passera de "Spirou" à "Pilote" et des éditions Dupuis à Dargaud en 1968. En 1974, un magazine mensuel portant son nom verra le jour pour quelques mois. Il fait l'objet de plusieurs dessins animés et de films au cours des décennies suivantes. "Le Petit Nicolas". En 1953, Goscinny rencontre Jean-Jacques Sempé dans les bureaux parisiens de la World Press. Sempé réalise des dessins humoristiques qui sont publiés dans "Le Moustique". À la demande du journal, il a créé un personnage d'enfant nommé Nicolas. Quelques mois plus tard, les responsables du "Moustique" lui demandent d'en faire une bande dessinée, ce qui ne l'enchante pas. Il sollicite son Goscinny pour lui écrire des scénarios. Plusieurs planches du "Petit Nicolas" paraissent, signées Sempé et Agostini. Après l'éviction de Goscinny, Charlier et Uderzo de la World Press, Sempé rompt son contrat avec "Le Moustique". En 1958, Henri Amouroux, directeur de la rédaction du quotidien "Sud Ouest", contacte Sempé et lui propose de dessiner . Sempé pense immédiatement au "Petit Nicolas" et à Goscinny. Celui-ci écrit "Le Noël du Petit Nicolas", qu'illustre Sempé. Le succès est au rendez-vous et le tandem fait paraître "Nicolas" toutes les semaines pendant des années. "Le Petit Nicolas" est une œuvre à part dans la carrière de Goscinny. Il met en scène un jeune garçon commentant les multiples péripéties de son existence. Sempé explique : . En 1959, Goscinny rapatrie "Le Petit Nicolas" dans "Pilote". Les recueils, publiés chez Denoël à partir de 1960, connaissent un succès grandissant et sont régulièrement réédités. À partir de 2004, Anne Goscinny et Sempé feront paraître trois recueils supplémentaires d'histoires inédites. Ces ouvrages rencontreront un immense succès. Sur la fin de "Nicolas" en 1965, les auteurs ont chacun leur version. Sempé explique qu'il veut se consacrer à ses albums de dessins humoristiques et que Goscinny a été très déçu, car il tenait énormément à ce personnage. Goscinny dit qu'il était lui-même . En 1977, Sempé lui propose de reprendre leur collaboration en prenant pour cadre une école mixte. Ce projet ne pourra voir le jour. ÉdiFrance et "Pistolin". En 1956, Goscinny, Jean-Michel Charlier et Uderzo tentent de monter . Selon Jean-Michel Charlier, l'objectif est d'. Une réunion de dessinateurs se tient, le 10 janvier 1956, dans un café bruxellois, à l'issue de laquelle les participants signent tous . L'objectif est de remettre en cause le principe du copyright appliqué à la World Press, selon lequel l'ensemble des œuvres et des séries produites sous son égide lui appartient. Les auteurs sont ainsi dépossédés du fruit de leur travail. Le soir même, deux dessinateurs dénoncent les trois hommes à leurs éditeurs comme de dangereux meneurs. Goscinny, suspecté d’avoir fomenté ce mouvement, est licencié par Georges Troisfontaines. Charlier et Uderzo démissionnent par solidarité et se trouvent placés comme lui sur la liste noire des éditeurs. Jean Hébrard, ex-chef de publicité à la World Press, leur propose de créer une double agence dédiée à la publicité et à la fourniture de rédactionnel pour les journaux : ÉdiPresse/ÉdiFrance. Bientôt rejoints par les dessinateurs Sempé et Jean-René Le Moing, les quatre associés se lancent dans de nombreuses activités : publicité, graphisme, relations publiques. , expliquera plus tard Uderzo. Ainsi Charlier obtient pour ÉdiPresse le budget relations publiques du Syndicat de la margarinerie française et organise les séjours en France de dignitaires africains. Goscinny, Sempé et Uderzo sont sollicités pour accueillir les invités à leur descente d'avion et poser avec eux sur des photos. L'équipe d'ÉdiFrance a le projet d'un magazine de bandes dessinées destiné à être encarté comme supplément hebdomadaire dans de grands quotidiens. Ce magazine est intitulé "Le Supplément illustré". Un numéro zéro est préparé, auquel travaillent notamment Franquin, Jijé, Peyo, Morris et Will. Ce projet ne verra jamais le jour. Cependant, lors de leur départ de la World Press, Goscinny, Charlier, Hébrard et Uderzo ont négocié avec Troisfontaines la reprise du budget publicitaire du chocolat Pupier, qui publie le fascicule publicitaire bimensuel "Pistolin". Goscinny en assure la rédaction en chef avec Jean-Michel Charlier. Plusieurs dessinateurs collaborent au journal, dont certains passeront à "Pilote", dont Martial et Victor Hubinon. Au rythme de deux publications mensuelles, "Pistolin" voit son premier numéro sortir en février 1955. Goscinny crée à cette occasion le personnage de Pistolin, dessiné par Victor Hubinon (ce dernier signe la série du pseudonyme Victor Hugues). En janvier 1958, le annonce un passage au format de poche et devient mensuel. En avril 1958, paraît en double numérotation le volume 73/74. Après six numéros de cette nouvelle formule, le « journal » disparaît définitivement avec le . René Goscinny considérait que le journal "Pistolin" était le précurseur du journal "Pilote". "Le Journal de Tintin" et "Oumpah Pah". Le , Goscinny est contacté par André Fernez, le rédacteur en chef du "Journal de Tintin". Ce dernier a, en effet, entendu parler de la de Goscinny et souhaite travailler avec lui pour redonner au journal la pointe d’humour qui lui manque pour rivaliser avec le "Journal de Spirou". L’auteur démarre alors une fructueuse collaboration avec le "Journal de Tintin". Il débute par des récits humoristiques en deux ou trois planches avec Jo Angenot ("Mottie la marmotte"), Noël Bissot ("Coccinelle le trappeur") et Albert Weinberg ("Le professeur est distrait"). Il scénarise un épisode des "Aventures de Chick Bill" pour Tibet ("La Bonne mine de Dog Bull") ainsi que des histoires de "Globul le martien" et "Alphonse". Pour Bob de Moor, il écrit les "Mésaventures du Professeur Tric" et il rédige quelques gags de "Modeste et Pompon" pour Franquin. La présence de Goscinny au sein de "Tintin" s'accentue au cours des années suivantes. Il fournit un grand nombre de scénarios de récits courts à plusieurs dessinateurs : Rol, Coutant, Jo-El Azara, Raymond Macherot. Il s'implique davantage dans "Prudence Petitpas" de Maurice Maréchal. Mais c'est avec Dino Attanasio et Berck (Arthur Berckmans) qu'il développe les collaborations les plus fructueuses sur le "Signor Spaghetti" (16 épisodes d'histoires à suivre) et "Strapontin" (9 épisodes). En 1957, Goscinny présente Uderzo à André Fernez. Uderzo commence par illustrer une série publicitaire, "La Famille Cokalane", et une série de gags en une planche, "Poussin et Poussif". Très vite, Fernez leur propose une série à suivre. Goscinny et Uderzo décident de ressortir un personnage de peau-rouge qu'ils avaient créé pour la World en 1951 : "Oumpah-Pah". Il s'agit d'un Indien quittant sa réserve et ses traditions pour se mêler à la vie normale et moderne des Américains. Ils réalisent six planches, dont Harvey Kurtzman traduit les dialogues en anglais et que Goscinny tente sans succès de placer aux États-Unis lors de son séjour pour "TV Family". Les deux auteurs le présentent également à "Spirou", par l'intermédiaire d'Yvan Chéron, et essuient un refus. Sept ans plus tard, pour "Tintin", Uderzo et Goscinny modifient leur personnage. Ses aventures ne se passent plus à l'époque moderne, mais pendant la période historique de la colonisation de l'Amérique. Ils introduisent auprès de l'athlétique peau-rouge Oumpah Pah, de la tribu des Shavashava, le personnage d'Hubert de la Pâte Feuilletée, jeune gentilhomme français perruqué et poudré. Cinq épisodes paraissent de 1958 à 1962, au cours desquels Goscinny prend parfois des libertés avec l'Histoire, notamment en introduisant des Prussiens venus coloniser le territoire américain et combattre les Français. "Oumpah Pah" est une étape importante dans la collaboration entre Uderzo et Goscinny. Les deux amis ont une grande liberté dans la réalisation de la série. Le dessin d'Uderzo évolue, devient moins réaliste et plus humoristique. Les gags se multiplient. Cette série les amuse bien, mais n'est pas très bien placée au référendum. En 1962, Uderzo et Goscinny prennent prétexte de ce mauvais résultat et abandonnent "Oumpah Pah". En fait, Uderzo est déjà absorbé par les deux séries qu'il dessine dans "Pilote", pour lesquelles il réalise trois ou quatre planches par semaine. En parallèle, Goscinny participe au magazine "Paris-Flirt". Parallèlement, il rédige pour "Jours de France" le scénario et les gags des "Aventures du docteur Gaudéamus", dessinées par Coq. Cette série destinée à des adultes lui permet de brocarder avec humour le snobisme parisien. Ce personnage créé par Coq est un savant qui ingurgite un élixir de sa fabrication lui permettant de redevenir un bébé. Goscinny rédige pour "Gaudéamus" 450 pages de scénario entre 1960 et 1967. Les deux hommes créent ensuite "La Fée Aveline", héroïne sexy inspirée des Contes de Perrault, qui évolue alternativement dans le Paris des années soixante et dans le pays des légendes. Quatre épisodes sont publiés entre 1967 et 1969. Goscinny scénarise et donne des textes à "L'Os à moelle", "La Vie française" et "Pariscope". , déclare plus tard Goscinny. Absorbé par les séries qu'il écrit dans "Pilote", il abandonne progressivement sa coopération avec "Tintin". "Pilote", "Iznogoud" et "Astérix". Débuts. En 1959, Raymond Joly, chef du service de presse de Radio Luxembourg, contacte ÉdiFrance. La station souhaite lancer un magazine pour les jeunes. Des éditeurs d'un quotidien de Montluçon souhaitent investir dans cette opération. C'est ainsi que se crée "Pilote", dont Charlier, Uderzo, Goscinny, Joly et le publicitaire François Cleauteaux forment l'équipe de base. Goscinny en est le secrétaire de rédaction. Il devient un des écrivains les plus productifs pour le magazine. Dans la première édition, il lance, avec Albert Uderzo, son compagnon de , sa plus fameuse création, Astérix. Noms d'Astérix et Obélix. Les patronymes d'Astérix et Obélix pourraient trouver leur origine dans l'atelier typographique de son grand-père maternel : les signes astérisque et obèle, peut-être via le couple des noms anglais de ces signes ("asterisk" et "obelisk" ou de leurs noms allemands ("Asterisk" et "Obelisk"). Cependant l’origine du nom d'Obélix provient peut-être de l’obélisque, colonne de pierre célébrant le soleil chez les Égyptiens. Dans une histoire courte parue en 1963 dans "Pilote", Goscinny et Uderzo mettent en scène un descendant d'Obélix qui leur explique : . Autres activités. Goscinny reprend également l’écriture du "Petit Nicolas" et de "Jehan Pistolet", maintenant appelé "Jehan Soupolet". "Pilote", en difficulté financière, est racheté par Georges Dargaud en 1960. Après une dérive vers le style yéyé liée aux idées d'un éphémère rédacteur en chef, les ventes chutent. Dargaud fait appel à Charlier et Goscinny pour redresser le magazine. Charlier et Goscinny sont nommés co-rédacteurs en chef de "Pilote" en septembre 1963 et font de "Pilote" un magazine pour adolescents, publiant des bandes dessinées plus inventives et libérées que celles de la presse pour enfants. Ils revalorisent les salaires des dessinateurs. Jean Tabary raconte : . Goscinny commence de nouvelles séries : "Record" et "Iznogoud". Dargaud avait déjà « testé » le duo Charlier-Goscinny en leur confiant la responsabilité éditoriale du mensuel "Record" l'année précédente. Ce périodique, publié en association avec les éditeurs catholiques de La Maison de la Bonne Presse, a pris en 1962 la succession de l'hebdomadaire pour la jeunesse "Bayard". Goscinny y a créé avec Jean Tabary la série "Iznogoud", sous le titre "Les Aventures du calife Haroun-el-Poussah". Cette série trouve son origine dans "Les Vacances du Petit Nicolas" : le moniteur de la colonie de vacances où se trouve Nicolas raconte aux enfants l'histoire d'un méchant vizir qui veut devenir calife à la place du calife. . L'auteur en profite pour s'abandonner à son goût du calembour. Tabary précise : . La série paraîtra dans "Record" et simultanément dans "Pilote" à partir de 1968. "Iznogoud" est, avec "Lucky Luke" et "Astérix", l'un des trois personnages sur lesquels Goscinny se concentrera jusqu'à sa mort. De son vivant, ses albums n'obtiendront pas le même succès que ses deux autres héros, atteignant malgré tout des tirages de . Une série de dessins animés diffusés à partir de 1995, puis le film de Patrick Braoudé en 2005 lui apporteront un surcroît de visibilité. "Astérix" : la consécration. Au départ, Goscinny et Uderzo pensent faire pour Pilote une série fondée sur "Le Roman de Renart". Comme un dessinateur vient de travailler sur ce sujet, ils doivent renoncer et cherchent une autre idée. Ils passent en revue l'Histoire de France et s'arrêtent rapidement à la . Goscinny pousse ses recherches, trouve des patronymes en « ix » : . Les deux auteurs arrêtent leur choix sur un personnage unique. Uderzo dessine tout d'abord un personnage grand et fort, comme "Oumpah Pah". Il explique : . Le succès éditorial d"Astérix" va devenir un phénomène d'édition à partir de 1965. Alors que le premier album "Astérix le Gaulois", publié en octobre 1961, avait été tiré initialement à , les deux albums suivants ("La Serpe d'or" et "Astérix chez les Goths") sont édités à , puis pour "Astérix gladiateur" et "Le Tour de Gaule d'Astérix". Le cap des est franchi en 1965 pour "Astérix et Cléopâtre". Ce tirage est doublé pour "Le Combat des chefs" puis quadruplé pour "Astérix chez les Bretons". Ce premier tirage est épuisé en quelques jours. En 1967, "Astérix et les Normands" est tiré à . Ces nombres sont exceptionnels à une époque où la bande dessinée est cantonnée exclusivement à la clientèle enfantine. Seul "Tintin" a atteint des niveaux de vente comparables : au milieu des années soixante, Casterman vend 1,5 million d'albums par an mais trois albums seulement ont franchi la barre du million de ventes. Le 26 novembre 1965, une fusée Diamant-A lancée depuis le Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux d'Hammaguir, en Algérie, met sur orbite le premier satellite français. Le Centre national d'études spatiales (CNES) l'a baptisé Astérix en l'honneur du petit Gaulois. Le 19 septembre 1966, le magazine "L'Express" consacre sa couverture et plusieurs pages au , la . On y apprend que le "New York Times" vient de lui consacrer une étude très sérieuse et que le feuilleton radiophonique "Astérix le Gaulois", diffusé sur France Inter depuis le 18 juillet, rencontre un grand succès d'audience. L'expression devient un signe de reconnaissance. Pour Goscinny et Uderzo, c'est la consécration. Ils sont invités à la radio et à la télévision. Au cours d'un dîner, le ministre de la Jeunesse et des Sports François Missoffe leur apprend que le général de Gaulle a, lors d'un récent Conseil des ministres, affublé chaque participant du nom d'un des personnages d'Astérix. Parallèlement à ce succès éditorial et médiatique, "Astérix" devient un support publicitaire particulièrement demandé. Skip, Amora, Tonimalt, Bel, L'Alsacienne, Staedtler et de nombreuses autres marques l'utilisent dans leur communication. À la mi-68, le Gaulois est utilisé pour la promotion de quatre-vingt-trois produits pour un investissement publicitaire global de cinquante millions de francs. En 2019, l'album "La Fille de Vercingétorix" est tiré à d'exemplaires - dont en français et 1,6 million en allemand. Depuis la sortie du premier opus "Astérix le gaulois" en 1961, les BD du héros de René Goscinny et Albert Uderzo se sont écoulées à plus de d'exemplaires dans le monde. Comparativement, les aventures de "Tintin" ont été vendues à d'exemplaires. Avec le succès d"Astérix", René Goscinny a réussi à faire reconnaître le métier de scénariste de bande dessinée et il en était fier : Mai 68 et ses conséquences. En 1966, après la seconde interdiction d"Hara-Kiri", Goscinny accueille à "Pilote" les dessinateurs Gébé et Reiser, qui faisaient partie de la rédaction. En mai 1968, un événement le marque profondément. Alors que la parution de Pilote est suspendue en raison des grèves, il est convoqué à une réunion par des syndicalistes et des dessinateurs, parmi lesquels Mandryka, Giraud et Mézières. Il se retrouve seul face à . Lors de ce , certains participants le traitent de . Mandryka, qui regrette ces événements, écrira plus tard qu'il y a vu . Goscinny est par le comportement de ces jeunes dessinateurs qu'il avait pourtant contribué à lancer dans le métier, au point qu'il songe à abandonner la bande dessinée. Cet épisode lui aurait inspiré l'album d'Astérix "La Zizanie". Peu après cet incident, Goscinny change la formule de "Pilote" en introduisant les « pages d'actualité », rédigées et dessinées par des collaborateurs dont les idées ont été retenues lors des réunions de rédaction hebdomadaires. "Pilote" souhaite s'adresser à un lectorat plus âgé tout en continuant de publier des bandes dessinées traditionnelles. À cette occasion, Serge de Beketch, journaliste à "Minute", fait son entrée dans le magazine. Polémiques et départs. En septembre 1971, l'hebdomadaire est pris à partie par un journaliste nommé Noël-Jean Bergeroux dans "Le Monde". Dans un article intitulé « M. Pompidou épaule Astérix », il reproche à "Pilote" plusieurs portraits du président Georges Pompidou réalisés à l'occasion de la Saint-Georges et l'accuse de récupération commerciale. Il s'en prend en particulier à Michel Tanguy . Bergeroux oppose "Pilote" à "Hara-Kiri hebdo", devenu "Charlie-Hebdo" . Goscinny prend l'article comme une attaque personnelle. Il dira de Bergeroux qu'il est . François Cavanna renchérit sur l'article du "Monde" dans "Charlie Hebdo" en appuyant Bergeroux et conclut ainsi sa violente diatribe : . Il somme Gébé, Cabu et Reiser de cesser leur collaboration à l'hebdomadaire et de se consacrer en exclusivité à "Charlie-Hebdo". Les trois hommes obtempèrent et quittent "Pilote". Un autre épisode vient perturber le journal en 1972 : Mandryka, Gotlib et Claire Brétécher fondent leur propre journal : "L'Écho des savanes". Goscinny vit très mal ce qu'il considère comme des désertions. En 1974, René Goscinny supervise "Lucky Luke", le nouveau magazine mensuel lancé par Dargaud, qui connaîtra 12 numéros. Cependant, un mauvais climat s'est installé à la rédaction de l'hebdomadaire, en raison notamment d'une violente dispute entre Giraud et Goscinny. , explique-t-il. En 1974, il quitte la rédaction en chef du magazine auquel il continuera de collaborer de temps à autre. Bilan de "Pilote" et d"Astérix". Quand il prend, avec Jean-Michel Charlier, les rênes de "Pilote", en 1963, René Goscinny développe une politique d'expérimentation. Il intègre de jeunes auteurs et des séries qui tranchent avec la bande dessinée des années cinquante. L'éditeur Georges Dargaud lui laisse les mains libres tant qu"Astérix" continue à vendre deux millions d'exemplaires par an. , estime le documentariste Guillaume Podrovnik. Comme l'explique Patrick Gaumer, . Pierre Christin témoigne : Nikita Mandryka, auteur du "Concombre masqué", garde un souvenir ému de la liberté qui régnait à l'époque : Durant toutes ces années passées à "Pilote", René Goscinny a permis de révéler au grand public un grand nombre d'auteurs et de dessinateurs, parmi lesquels on peut nommer Cabu, Fred, Mandryka, Pierre Christin, Jean-Claude Mézières, Philippe Druillet, Claire Bretécher, Julio Ribera, Jean Giraud, Alexis, Enki Bilal, Mulatier, Ricord ou Gotlib. Le journaliste Pierre Lebedel relève : . En 1981, André Franquin, dessinateur de "Spirou" et créateur de "Gaston Lagaffe", résume le rôle essentiel de Goscinny dans l'évolution de la BD française, à travers le journal "Pilote" et le personnage d'Astérix : Statut de scénariste. Tout au long de sa carrière, Goscinny s'attache à découvrir de nouveaux talents et à faire évoluer son statut et celui de ses pairs. Il fait inscrire le nom du scénariste de bande dessinée aux côtés de celui du dessinateur en tête des planches, ce qui figure le premier pas d’une reconnaissance du métier, puis sur la couverture des albums et parvient aussi à le faire figurer dans les contrats, ce qui octroie au moins au scénariste des droits d’auteur. Sur le socle de l'obélisque érigé devant la gare d'Angoulême, une citation est notamment gravée pour rappeler le rôle décisif que René Goscinny a joué pour la reconnaissance du métier de scénariste : En 2021, la ville d'Angoulême dédie une grande fresque murale à René Goscinny, sise dans la rue qui porte son nom. Parmi les 24 fresques qu'affichent les murs de la ville, c'est la première qui met à l'honneur toute une profession – scénariste de BD – à travers la figure de Goscinny. "Le Feu de camp du dimanche matin". Fin 1969, Goscinny est sollicité par la radio Europe 1 pour animer la tranche horaire du dimanche de à 13 heures, précédemment occupée par Francis Blanche. L'équipe qu'il constitue avec Fred, Gébé et Gotlib s'amuse beaucoup à préparer des sujets et enregistrer des sketches pour cette émission qu'ils intitulent "Le Feu de camp du dimanche matin". Mais l'écoute n'est pas au rendez-vous et Lucien Morisse, directeur des programmes, interrompt brutalement l'émission après treize semaines. Relations avec Georges Dargaud. Trois éditeurs dominent la réalisation et la diffusion des dans l'Europe d'après-guerre. Charles Dupuis assure la direction artistique de "Spirou" depuis sa création en 1938. Raymond Leblanc a lancé avec Hergé le journal "Tintin" en 1946. Georges Dargaud assure l'édition française de "Tintin" depuis 1948. Goscinny n'a pas eu de relation directe avec Dupuis. Selon Uderzo, toutes les propositions faites par les deux auteurs furent refusées par l'éditeur. Les rares collaborations avec "Spirou" se sont faites par l'intermédiaire de Georges Troisfontaines et de Morris. Selon Morris, . L'affaire de la « charte » des dessinateurs a affolé Dupuis, qui en voulait à Goscinny depuis l'échec de "TV Family". Uderzo et Goscinny n'ont jamais eu de sympathie particulière pour Raymond Leblanc. Leurs rapports avec Georges Dargaud, qui a repris "Pilote" en 1960, ont souvent été difficiles. Uderzo considère que celui-ci, dès le début, les et qu'il ne croyait pas au succès d"Astérix". Il avait fallu le pour qu'il accepte d'augmenter les tirages. Selon Françoise Verny, il y a eu un vrai problème entre Goscinny et Dargaud : . En 1974, Dargaud accepte de participer au capital des Studios Idéfix . Cependant peu avant sa mort, Goscinny entre en conflit avec Dargaud à propos d'un nouveau contrat pour "Lucky Luke". Claude Goscinny travaille chez Dargaud et a déjà alerté son frère René sur des procédés anormaux lésant les intérêts des auteurs. Goscinny et Uderzo ont cependant accepté de renouveler leur contrat sur "Astérix" en 1975. Selon Uderzo, Goscinny souhaite que le contrat portant sur Lucky Luke soit transposé aux mêmes dates. Il refuse le contrat proposé par Dargaud, mais il rédige le scénario du "Fil qui chante" et le fait parvenir à Morris. Quelques semaines plus tard, il apprend que Dargaud a convaincu Morris de signer seul le contrat et que l'album a été imprimé. Goscinny est meurtri par la trahison de son ami et fou de rage contre Dargaud. . Il engage un référé, fait placer des scellés sur les albums et dénonce son contrat avec Dargaud le , tout en demandant à Uderzo d'arrêter de réaliser les planches de l'épisode en cours "Astérix chez les Belges". Après la mort de Goscinny, Dargaud contraint Uderzo par voie de justice à lui remettre devant huissier les sept planches manquantes, sous peine de dix millions de francs de dommages et intérêts. Gilberte Goscinny, qui s'oppose à la diffusion du "Fil qui chante", est assignée en justice par Morris et perdra le procès. Ce conflit débouche, en 1990, sur un procès intenté contre les éditions Dargaud par Gilberte Goscinny et Albert Uderzo. Une expertise est demandée sur les conditions d'exploitation des albums d’"Astérix" en langue étrangère. Le rapport est déposé en juillet 1992. La cour d'appel de Paris tranche le litige en 1998 en faveur des plaignants et Dargaud se voit retirer l'exploitation de tous les albums parus avant 1977. Entre-temps, Uderzo a fondé les Éditions Albert René vouées aux nouvelles aventures d"Astérix". Les rééditions des premiers albums sont attribuées à Hachette. Goscinny et le cinéma. Influences. Dans sa jeunesse, Goscinny va régulièrement au cinéma avec son père. Ils vont voir les films burlesques de Charlie Chaplin, Buster Keaton, les Marx Brothers, Laurel et Hardy. Le duo comique fascinera longtemps Goscinny. Il s'imprègne également de la culture du western, qu'il parodiera plus tard dans "Lucky Luke". Son cinéaste préféré est John Ford, dont les films lui inspireront plusieurs albums. Mais le fondement principal de l'inspiration de Goscinny est Walt Disney dont les dessins animés se diffusent dans le monde entier à partir des années 1920. Pour Jean-Pierre Mercier, commissaire de l'exposition « Goscinny et le cinéma » à la Cinémathèque, le dessin animé est un pour tous les acteurs de la bande dessinée européennes des années 1950-60. Comme l'explique Albert Uderzo : . Débuts. En 1961, la réputation de scénariste de René Goscinny le fait connaître dans les milieux du cinéma. Il est embauché comme gagman sur un film d'Alex Joffé avec Bourvil : "Le Tracassin". Il jugera cette expérience décevante. En 1963, il signe avec André Fernez le scénario d'un téléfilm pour la RTB : "Feu Lord Glendale". À la même époque, la société de production Paris-Télévision l'associe à l'adaptation de trois de ses nouvelles policières parues dans "Le Moustique" et qui seront diffusées par l'ORTF : "Le Magicien, La Maison du crime et L'Homme de paix". Il participe également aux adaptations des deux films tirés des aventures de Tintin : "Tintin et le Mystère de La Toison d'or" (1961, non crédité) et "Tintin et les Oranges bleues" (1964). Nicolas d'Estienne d'Orves lui attribue également une participation au film "Tintin et le Lac aux requins". Téléfilms avec Pierre Tchernia. En 1963, Goscinny fait la connaissance de Pierre Tchernia et commence à travailler avec lui. Ils écrivent ensemble le scénario d'un téléfilm qui est réalisé par Tchernia et interprété notamment par Pierre Dac, Micheline Dax, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault : "L'Arroseur arrosé". Il s'agit d'une série de variations parodiques sur la base du film des frères Lumière. L'année suivante, Goscinny imagine avec Uderzo le scénario du téléfilm "Deux Romains en Gaule", réalisé par Pierre Tchernia. Les héros sont deux légionnaires romains incarnés par Roger Pierre et Jean-Marc Thibault. Au travers d'une suite de sketches comiques, ils se laissent prendre peu à peu par la douceur de vivre en pays occupé. Le téléfilm reconstitue le petit monde d'Astérix, son atmosphère, ses gags, ses bons mots, ses anachronismes. Astérix et Obélix apparaissent brièvement comme personnages dessinés. Goscinny et Uderzo ainsi que de nombreux comédiens et journalistes connus y font des apparitions : Jean Yanne, Maurice Biraud, Pierre Dac, Roger Couderc, Lino Ventura, Max Favalleli. Productions Belvision. La même année, le dessin animé "Astérix le Gaulois", adapté de l'album du même nom, sort sur les écrans. Il s'agit d'une production des studios belges Belvision qui s'est montée à l'initiative de l'éditeur Dargaud, à l'insu de Goscinny et Uderzo. Ceux-ci sont peu enthousiastes sur la qualité du film, qui obtient néanmoins un grand succès public avec d'entrées en France. Les deux auteurs s'opposent cependant à la diffusion d'une autre adaptation par Belvision des aventures d'Astérix : "La Serpe d'or", dont ils font détruire le négatif. Ils obtiennent de Belvision que le dessin animé en cours de réalisation "Astérix et Cléopâtre", qui leur semble de meilleure qualité, sorte dès l'année suivante. Ils ont fait appel à Tchernia pour la supervision de plusieurs scènes complémentaires non présentes dans l'album. C'est également un succès avec près de d'entrées. Goscinny obtient de plus gros moyens pour "Daisy Town", dessin animé mettant en scène le personnage de Lucky Luke, pour lequel il a écrit un scénario original et dont il assure la réalisation. Le film sort en 1971 et obtient un énorme succès, en France ( au box-office avec d'entrées) et en Europe. "Le Viager" et "Les Gaspards". La même année, Goscinny propose à Pierre Tchernia l'idée du film "Le Viager". Ils réalisent le film ensemble, Goscinny ayant écrit le scénario et participant au tournage. Il s'agit d'une comédie mettant en scène Louis Martinet, un retraité à la santé fragile (Michel Serrault), qui se voit proposer par Léon Galipeau, son médecin malintentionné (Michel Galabru), de mettre sa maison de Saint-Tropez en viager au profit du frère et de la belle-sœur de ce dernier (Jean-Pierre Darras et Rosy Varte). Les années passent, la santé du retraité s'améliore et il déjoue sans le savoir les tentatives désespérées des Galipeau de le faire passer de vie à trépas. Le film obtient un grand succès, se classant du box-office avec près de d'entrées. En revanche, le succès n'est pas au rendez-vous pour "Les Gaspards", le second film de Pierre Tchernia qui sort en 1974. Goscinny s'est moins investi sur ce film, bâti sur une idée du seul Tchernia. Cette fable surréaliste met en scène une communauté qui lutte souterrainement contre les innombrables chantiers qui envahissent Paris. En dépit d'une distribution prestigieuse (Philippe Noiret, Michel Serrault, Michel Galabru, Gérard Depardieu…), le film rencontre l'incompréhension de la critique et du public. Studios Idéfix. Goscinny produit lui-même "Les 12 travaux d'Astérix", ayant créé avec Uderzo et l'éditeur Georges Dargaud les Studios Idéfix qui réunissent à Paris des spécialistes de l'animation. Les deux auteurs, peu satisfaits des précédents dessins animés mettant en scène leurs héros, préfèrent superviser la totalité de la réalisation du film. Après deux ans de travail, le film sort sur les écrans et se place à la place du box-office de 1976 avec d'entrées. Le projet suivant est un Lucky Luke : "La Ballade des Dalton", qui sortira sur les écrans après le décès de René Goscinny. Les Studios Idéfix ne survivront pas à la mort de leur créateur et cesseront leur activité en 1978. Le , la veille de sa mort, Goscinny participe à une séance de travail aux studios Idéfix sur le projet de film "La Ballade des Dalton". Examinant des suites d'épreuves et de dessins, il donne son avis sur tel ou tel point à revoir, comme le menton d'Averell Dalton ou la selle de Jolly Jumper. Cette dernière séance, faisant l'objet d'un enregistrement audio pour les besoins des retouches à prévoir, est le dernier témoignage enregistré de la vie de Goscinny. Pour la première fois, le public a pu écouter l'intégralité de cet enregistrement lors de l'exposition "Goscinny et le cinéma" à la Cinémathèque française en 2017-2018. "Trafalgar" et "Minichroniques". Après son départ de "Pilote", Goscinny écrit le livret d'un opéra bouffe farfelu, "Trafalgar", mis en scène et en musique par son ami Gérard Calvi. Le spectacle, qui conte la rivalité amoureuse de deux yachtmen millionnaires naviguant sous pavillon de complaisance, est créé au théâtre Romain-Rolland de Villejuif courant 1976. Il fait l'objet d'une adaptation télévisée en décors naturels et est diffusé sur TF1 pendant les fêtes de fin d'année 1976. Goscinny élabore ensuite le scénario et les dialogues d'une série intitulée : les "Minichroniques". Il s'agit d'épisodes de 13 minutes au cours desquels l'auteur jette un regard satirique sur la vie quotidienne du Français moyen (appelé Bouchard) et épingle . Pierre Desproges fait partie de la distribution. Une première saison est diffusée fin 1976 ; la deuxième est diffusée l'année suivante, après le décès de Goscinny. Projets non aboutis. Après "Les Gaspards", Goscinny et Pierre Tchernia écrivent un scénario très élaboré, sur la base des albums d"Iznogoud". Ils pensent que le projet intéressera Louis de Funès qui est proche du personnage, et lui envoient le scénario ainsi que plusieurs albums. Son agent refuse et le projet est abandonné. Goscinny avait également rédigé le synopsis d'un film sur les croisières intitulé "L'Escale", sur lequel Pierre Tchernia travailla un peu, mais qui n'intéressa pas les producteurs. En 1975, Goscinny envoie le scénario du "Maître du Monde" à Blake Edwards, qui travaille régulièrement avec Peter Sellers, en lui demandant si ce dernier serait intéressé par le rôle principal. Goscinny ne reçoit aucune réponse mais il constate, l’année suivante, que "Quand la panthère rose s'emmêle", film de Blake Edwards avec Peter Sellers, s’inspire directement de son histoire. Une plainte pour plagiat est déposée, mais la mort du scénariste éteindra la procédure. Selon Claude Goscinny, frère de René, un arrangement avait cependant été trouvé avec les producteurs. Attaques contre René Goscinny. Au plus fort du succès d"Astérix", Goscinny doit subir diverses critiques et accusations le visant au travers de son héros. Numa Sadoul les évoque au cours de l'entretien qu'il a avec lui en 1973 pour le magazine "Schtroumpf". Goscinny est accusé d'être le chantre du Français moyen, d'exalter un nationalisme forcené et xénophobe et de faire preuve de misogynie. "Astérix" est également vu par certains critiques comme une référence au gaullisme. Enfin, la réussite financière de Goscinny et Uderzo en fait la cible de certains milieux de la bande dessinée et des fanzines. En mai 68, plusieurs dessinateurs l'accusent avec violence d'être, avec Jean-Michel Charlier, les . Goscinny réagit le plus souvent avec humour, parfois avec indignation ou amertume. Chauvinisme et xénophobie. Goscinny riposte en mettant en avant ses origines juives et les origines italiennes d'Uderzo. Il explique en particulier : . Il récuse l'accusation de chauvinisme en soulignant la moquerie permanente dont fait précisément l'objet le chauvinisme dans ses albums. Selon le chercheur Nicolas Rouvière, l’une des figures de ce recentrage sur soi est Obélix, pour qui toutes les personnes différentes de lui sont des fous : . Mais les deux héros sortent régulièrement du village, partent à la découverte des voisins européens et intègrent quelque chose de cette différence, de cette altérité. Le succès d"Astérix" à l'étranger réfute également cette critique. Dans "Le Cadeau de César", le personnage Agecanonix avoue : . Si les aventures d'Astérix peuvent se lire comme une raillerie permanente des peuples, des nationalités et de leurs travers (Goths, Grands-Bretons, Romains), les Gaulois ne sont jamais épargnés. , écrit Goscinny. Ce thème de l'étranger se retrouve au cœur de l'humour de "Lucky Luke" que des villes de l'Ouest accueillent ainsi : . Cette perception de la fait dire à Jul que . Racisme. Issu d'une famille juive persécutée, Goscinny réagit violemment aux accusations de racisme : Après la mort de Goscinny, Uderzo évoque également les lettres antisémites qui arrivaient parfois à la rédaction de "Pilote". Anne Goscinny trouve ; elle considère qu'à travers les personnages d'Astérix, Lucky Luke, Oumpah-Pah, Iznogoud…, l'œuvre de son père est , alors que Paul Salmona, le directeur du Mahj, évoque . Misogynie. L'accusation de misogynie a pour origine la place relativement limitée accordée aux femmes dans "Astérix", ainsi que leur représentation quasi exclusive en matrones ridicules ou revêches. Goscinny répond que ses héros sont des guerriers gaulois opposés à des légionnaires romains ; la place des femmes y est logiquement secondaire. Quant aux personnages de mégères ou de femmes terrifiant leurs maris, il invoque les précédents de Shakespeare et Molière et souligne que les personnages masculins de ses albums ne sont pas très beaux ni toujours exemplaires, eux non plus. Astérix gaulliste. Le magazine "L'Express" fait, en 1966, une lecture gaullienne du phénomène Astérix. Ce dernier est apparu dans les pages de "Pilote" en 1959, un an après le retour au pouvoir du général De Gaulle. La France réactive alors sa fibre résistancialiste. La création d'un peuple d'irréductibles Gaulois qui luttent contre l'envahisseur romain ne peut pas, dans cette perspective, relever du hasard. Les deux héros viennent en aide aux peuples opprimés par Rome l'impérialiste au moment où la France se retire de l'OTAN, engage une diplomatie hostile à la , noue le dialogue avec l'URSS et la Chine et porte une attention appuyée au non-alignement. Cette coïncidence achèvera de donner aux chroniqueurs de l'époque le sentiment d'une bande dessinée gaullienne, voire gaulliste. Goscinny ironise sur cette interprétation en persiflant que le général de Gaulle n'a pas besoin d'Astérix. Il se moque de ceux qui voient dans la potion magique la représentation de l'homme providentiel : . Astérix milliardaire. En mai 1968, la revue "L'Entreprise" publie un article consacré au phénomène économique d’"Astérix". Titré « Astérix presque milliardaire », il révèle qu'à cette date, le héros gaulois a rapporté plus de six millions de francs en droits d'auteur à Goscinny et Uderzo. Cette réussite va susciter bien des jalousies. Selon Claire Bretécher, . Goscinny devient la cible préférée des fanzines, fascicules confidentiels consacrés à la bande dessinée, nés au début des années soixante-dix. "Vitriol", "Falatoff", "BD 70", "Mormoil" l'attaquent régulièrement, au travers de critiques virulentes de "Pilote" et d’"Astérix". Par ailleurs, un certain snobisme, qui au début des années 1960 a contribué au succès d’"Astérix", s'est ensuite retourné contre lui. Il est devenu de bon ton de dénigrer les aventures du guerrier gaulois. Gotlib explique : . Il cite "Les chefs-d'œuvre de la bande dessinée", gros ouvrage paru en 1967 et dont Goscinny a pourtant rédigé la préface. On y trouve un sous le titre « Astérix - le diplodocus de l'idée fixe » : . Dans le numéro de "Schtroumpf" qui est consacré à Goscinny figure une critique lapidaire d'Yves Frémion qui s'inscrit dans l'air du temps : . Goscinny supporte mal ces attaques. Dans l'introduction qu'il rédige pour son interview à "Schtroumpf", il l'explique clairement : Portrait. Portrait physique. Goscinny était assez complexé par son physique : , disait-il à sa femme Gilberte. Il avait les cheveux crépus et, enfant, rêvait de les gominer… en vain. Comme Greg le dessinait petit dans "Achille Talon" alors qu'il était en réalité de taille moyenne, tout le monde le trouvait grand. Asthmatique quand il était enfant, il n'a jamais aimé le sport : . En toutes circonstances, il était habillé d'un costume trois pièces, même en pleine période hippie et même à la maison, devant sa machine à écrire, toujours vêtu , rappelle sa fille. Il fumait beaucoup, tirant ses cigarettes de marque Pall Mall d'un étui en argent. Portrait moral. Judéité. Goscinny reçoit des courriers antisémites et entend longtemps des réflexions antisémites notamment dans l’univers de la BD belge. Un jour, l’un de ses amis lui lance : ; et Goscinny de répliquer : . Pudique, s'il ne fait pas état de sa judéité ni des persécutions qu'ont connues les membres de sa famille — il n'y a pas une seule allusion à ses origines dans les milliers de pages qu'il a écrites —, Goscinny garde . Quand il rencontre Gilberte, sa future épouse, l’une de ses premières phrases qu'il prononce mal à l'aise : . Non-pratiquant, Goscinny ne fréquente pas la synagogue, ni respecte le Shabbat, mais les repas familiaux se tiennent le vendredi soir, où il apprécie autant le "gefilte fish" que la cuisine du terroir français. Il ne se rend qu'une seule fois en Israël, en août 1977, où il va se recueillir devant le mur des Lamentations à Jérusalem, en portant une kippa. Goscinny est proche du dessinateur Gotlib dont le père était mort dans un camp d'extermination. Partant, Gotlib a un rapport presque filial à Goscinny ; il conserve toujours sur lui une lettre de son père et une autre de Goscinny. Après la mort de Goscinny, son ami Uderzo fait le voyage à Jérusalem avec sa veuve, puis conçoit seul le scénario et les dessins de "L'Odyssée d'Astérix" (1981), dans lequel le petit Gaulois ose enfin fouler la Terre sainte. Goscinny y est caricaturé en commis juif nommé Saül Péhyé (jeu de mots sur un sketch de Fernand Raynaud : « Ça eut payé »). En 2016, les dessinateurs Jul et Achdé se font les auteurs d'un album de Lucky Luke intitulé "La Terre promise", truffé de caricatures bienveillantes, jeux de mots et clins d'œil de multiples niveaux de lecture, dans lequel le cow-boy croise pour la première fois des Juifs venus d’un "shtetl" d’Europe de l’Est. Quand en 2017, il s'agit de commémorer le quarantième anniversaire de sa mort, sa fille Anne Goscinny préfère que l'exposition soit accueillie dans les locaux du Musée d'art et d'histoire du judaïsme plutôt que d'une autre institution, afin de rendre hommage à son père et à son histoire : Comme ce n'est qu'après sa mort que l'on rend hommage aux racines juives du scénariste, Jul considère que Goscinny est un . Caractère. Les personnes ayant travaillé à ses côtés à "Pilote" racontent que certains jours, Goscinny arrivait à la rédaction la mine réjouie, , car il venait d'observer une scène totalement anodine qui allait lui permettre d'inventer un gag. Il y avait aussi les où, tournant le dos à ses collègues, il frémissait de colère et de rancœur car il venait de lire dans la presse une critique négative, parfois minime, le visant, lui ou son œuvre. Il reconnaissait : Il pratique un humour . Ayant vécu vingt-quatre ans de sa vie à l'étranger, il s'est nourri de tout l'humour américain. D'autres observateurs considèrent que dans la mesure où chez les Goscinny-Beresniak, on parle cinq langues en maniant trois alphabets, . Goscinny adore faire rire son entourage : , explique-t-il à "Schtroumpf" en 1973, en invoquant . Le dessinateur Tibet témoigne : . Selon Uderzo, . Dans le travail, il conserve malgré tout une certaine distance avec ses collègues de la rédaction et ne pratique pas le tutoiement, sauf avec Charlier, Martial et Tabary. Ainsi, l'appelle-t-on « Monsieur », on le vouvoie, et lui-même vouvoie-t-il les gens. Les seuls signes de familiarité qu'il manifeste sont à l'égard de son complice Albert Uderzo. Parallèlement, iI est décrit comme extrêmement bienveillant, gentil, courtois et généreux. Contrairement à Uderzo, il déteste la campagne et préfère la vie citadine. Quand son ami dessinateur fait l'acquisition de sa maison du Tartre-Gaudran, il lui achète un passage clouté qui est installé au travers d'une allée. Aux dires d'Uderzo, . Autre passion que les deux hommes ne partagent pas : les voitures de course. Quand Uderzo fait des tours de circuit en Ferrari à , Goscinny l'attend à l'arrivée et lui dit : . Goscinny était fier d'avoir fait fortune avec le métier de scénariste de bande dessinée, qui n'existait pas avant lui. Claire Bretécher confirme : . Méthode de travail. Connaissances. Issu d'une famille d'imprimeurs, familier de la mise en page esthétique d'un ouvrage, de la recherche du plus joli lettrage, du découpage efficace d'une phrase, Goscinny n'a pu faire l'économie de cette connaissance : Méthode. , René Goscinny est souvent décrit comme un « stakhanoviste », alors que lui se définissait comme un . Pendant plusieurs années, il a travaillé dans la même pièce que Charlier, le désordre du bureau de ce dernier contrastant avec le bureau de Goscinny qui, lui, était propre et entièrement vide, à l'exception de sa machine à écrire. Les dessinateurs ayant travaillé avec lui mettent l'accent sur son côté organisé, ordonné et méticuleux. Dans un texte humoristique repris dans l'ouvrage "René Goscinny raconte les secrets d'Astérix" Goscinny explique lui-même sa méthode de travail : Cette méthode est mise en œuvre avec l'ensemble des dessinateurs travaillant avec Goscinny. Morris explique par exemple : . Greg renchérit : Vie privée. René Goscinny explique avoir connu une période de et de aux États-Unis entre 1946 et 1948. Il habite alors à New York avec sa mère, qui le nourrit et l'encourage. Quand il rentre en France, il habite une petite chambre avenue de Versailles à Paris. L'époque est matériellement difficile, mais les collaborateurs de la World Press passent cependant de bons moments ensemble. Georges Troisfontaines aime vivre la nuit et fréquenter les restaurants et les boîtes de nuit. Il entraîne son équipe qui découvre ainsi la vie nocturne de la capitale et les établissements à la mode. Goscinny évoquera plus tard ces soirées dans l'un de ses "Interludes". Progressivement, à force de travail, la situation financière de Goscinny s'améliore. Il fera venir sa mère quelques années plus tard et ils s'installeront dans un appartement de la rue Alfred-Bruneau dans le arrondissement. En 1967, Goscinny emménage non loin de là dans un appartement avec terrasse au 56, rue de Boulainvilliers. Passionné de croisières, Goscinny rencontre, lors de l'une d'elles, en 1965, Gilberte Pollaro-Millo (1942-1994), une jeune Niçoise de 24 ans. Ils se marient le dans le arrondissement de Paris. Le naît sa fille Anne, devenue par la suite écrivain. Mort. En octobre 1977, il s'effondre en portant les valises de son frère à Roissy. Il s’était vu diagnostiquer un infarctus du myocarde et prescrire un traitement médical et un régime sévère avec arrêt du tabac. Après ce premier malaise cardiaque, quelques semaines plus tard le 5 novembre, il se rend chez son cardiologue pour se livrer à une épreuve d'effort sur un vélo d'appartement. C'est en cours d'effort physique que René Goscinny est victime d'une nouvelle crise cardiaque qui lui est fatale, bien que transporté à la clinique de la rue de Chazelles à où il meurt, à l'âge de . Selon Albert Uderzo, le cardiologue a adressé Goscinny à une clinique de la rue de Choiseul pour effectuer l'épreuve un samedi matin, en présence d'un seul manipulateur. Il ne s'y trouvait ni médecin ni service de réanimation. Le décès de Goscinny a servi d'exemple : lors d'un congrès de cardiologie ultérieur, il fut décidé que, dorénavant, les épreuves d'effort se feraient en présence d'un cardiologue et d'un service de réanimation. Inhumé dans un premier temps au cimetière du Montparnasse à Paris, il est enterré dans un second temps au carré juif du cimetière du Château, à Nice, selon la volonté de sa fille, Anne. Postérité. Après la mort de Goscinny, Uderzo continue seul "Astérix" tout en signant, par respect pour sa mémoire, les albums de leurs deux noms. Les aventures d’"Astérix" réalisées par Uderzo seul ne font pas l'unanimité, divers critiques jugeant que la série a beaucoup souffert, sur le plan qualitatif, de la disparition de Goscinny. Le succès populaire et commercial de la série, ainsi que le marketing qui l'accompagne, ne faiblissent cependant pas, au contraire : . Traduit en cent sept langues et dialectes, les textes et dialogues d'Astérix font de Goscinny l'un des écrivains les plus lus et traduits au monde . En , sa fille Anne Goscinny annonce avoir découvert l'ébauche du scénario d'un album que son père écrivait avant sa mort. Le titre de cette ébauche est "Astérix au cirque". Institut René Goscinny. Fondé en 2015, l'Institut René Goscinny a pour vocation de faire vivre la mémoire de l’auteur, en partenariat avec les institutions et collectivités publiques. Il conserve les Archives Goscinny mises à la disposition des étudiants et chercheurs. Sa bibliothèque regroupe ses œuvres dans toutes les éditions originales et courantes en langue française ainsi que toutes les traductions en langues étrangères, de 1944 à nos jours. Il délivre chaque année le Prix René-Goscinny, en présence d'Anne Goscinny. Hommages. Œuvres. Filmographie. "Nota : les films suivants s’inspirent de l’œuvre de René Goscinny mais n’ont pas été écrits par lui, ou ont été réalisés sans la permission de l'auteur".
Renenout
Liste de pâtisseries Cet article contient une liste de pâtisseries. R. Royal
Recette de cuisine Recette de cuisine est un procédé qui indique l'ensemble des ingrédients et des opérations nécessaire pour effectuer une préparation alimentaire en cuisine à l’aide d’ustensiles. Elle précise notamment, pour un nombre donné de personnes, les quantités de chaque ingrédient, les temps de préparation et de cuisson et, le cas échéant, le mode de cuisson. Les différentes opérations à effectuer sont souvent décrites en utilisant des termes spécialisés propres aux techniques culinaires. Les recettes sont souvent une variante de l'alimentation de base d'une culture en particulier. Historique. Les premières recettes « publiées » datent de l'époque babylonienne : trois tablettes, conservées à l'université Yale et datant d'environ ; elles comportent de manière plus ou moins précise une série de recettes. Un autre ouvrage ancien connu est le "De re coquinaria", d’Apicius, du début de notre ère. Types de recettes. Dans certaines familles, les recettes se transmettent comme tradition familiale. Comme il s'agit majoritairement d'une transmission de mère en fille, on les nomme les « recettes de grand-mère ». Supports médiatiques. Les recettes sont visibles partout, les émissions mêlant téléréalité et apprentissage des recettes de cuisine se multiplient. Cet engouement se voit également sur la toile : on assiste à une explosion des blogs culinaires. Il existe même des salons de blogs culinaires. Ces blogs présentent l'avantage de donner du dynamisme aux recettes de cuisine : Certains blogs permettent même de proposer des recettes de cuisine en fonction des ingrédients choisis.
Super Monkey Ball (jeu vidéo) Super Monkey Ball est un "party game" développé par Amusement Vision et édité par Sega, sorti en 2001 sur borne d'arcade, puis adapté en 2002 sur GameCube. Le jeu devait initialement sortir sur Dreamcast. Système de jeu. Dans "Super Monkey Ball", le joueur doit bouger une plate-forme pour faire rouler une balle (contenant un singe) jusqu'à un but précis en évitant les obstacles. Le joueur peut débloquer des mini-jeux : le bowling, le billard ou le golf, jouables en multijoueur.
Simputer Simputer désigne un assistant numérique conçu en Inde afin de proposer un ordinateur simple, peu onéreux et multilingue aux populations rurales pauvres et souvent peu alphabétisées. Présenté en 2001, il est lancé en 2004 sous l'appellation Amida Simputer. Genèse et buts du projet. Le Simputer (mot-valise formé à partir de "simple computer") est mis au point par un groupe d'ingénieurs indiens de l'Indian Institute of Science et de Encore Software Ltd, réunis au sein du Simputer Trust, un organisme sans but lucratif fondé en 1999. Conçu comme un ordinateur simple, peu onéreux et multilingue, il est destiné avant tout à des communautés, comme les coopératives villageoises. Il a été conçu afin de favoriser l'accès à l'information pour les populations rurales pauvres et souvent peu alphabétisées. Le pays compte alors deux millions d'ordinateurs pour un milliard d'habitants. Description. Matériel. D'allure comparable à un assistant personnel Palm Pilot, il dispose d'un écran tactile et est utilisable avec un stylet. Les données personnelles (courriers, comptes, etc) de chacun des utilisateurs sont stockées sur une carte mémoire amovible. L'appareil est peu gourmand en énergie et peut fonctionner avec trois piles AAA. Logiciel. L'ordinateur fonctionne sous Linux et est équipé d'un logiciel lecteur d'écran. Il est capable de traduire le texte des sites web visités dans quatre langues indiennes (hindi, ourdou, kannada et tamoul) et de le retranscrire par synthèse vocale. Commercialisation. Le Simputer est présenté en . En 2002, plusieurs modèles doivent être commercialisés par deux sociétés titulaires d'une licence, PicoPeta Simputers et Encore Technologies. Le prix de la version de base est estimé à roupies (230 euross) si elle est fabriquée en série. Le recours à une technologie matérielle et logicielle libre évite de devoir payer des droits de propriété intellectuelle. La commercialisation de l'appareil prend du retard et il est finalement lancé en 2004 sous l'appellation Amida Simputer. Il est fabriqué par la société d'État . Les objectifs de vente pour la première année sont de unités, mais seulement ont été vendus en 2005, principalement à des utilisateurs urbains ayant déjà accès à la technologie. L'appareil n'a pas réussi à trouver son marché et la production a été stoppée en 2006. Projets comparables. Au cours des années 2000, des projets similaires sont étudiés notamment au Brésil, où le gouvernement soutient le développement du Computador Popular, surnommé Volkscomputer.
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Sushi Le est un plat traditionnel japonais, composé d'un riz vinaigré appelé combiné avec un autre ingrédient appelé qui est habituellement du poisson cru ou des fruits de mer. Cette forme d'art culinaire est un des emblèmes de la cuisine japonaise dans le monde, alors que sa consommation n'est qu'occasionnelle au Japon. Les types de sushis les plus répandus sont les "nigirizushi", constitués d'une boule de "shari" formée à la main recouverte d'une tranche de "neta", les "makizushi" qui sont des rouleaux de nori renfermant du "shari" et d'autres ingrédients ou le "chirashizushi" composé de "shari" recouvert de divers accompagnements. Il ne faut pas confondre les sushis avec les sashimis, un plat japonais constitué de tranches de poisson cru. Étymologie, prononciation et orthographe. S'il se prononce toujours de la même manière, le nom japonais "sushi" peut s'écrire de différentes façons. (en kanji) est la plus courante, mais on trouve aussi ainsi que ou encore (en hiragana). En "rōmaji", dans les mots composés comme "makizushi" ou "chirashizushi", sushi est orthographié avec un "z" afin de rendre compte de la déformation de la prononciation des mots composés japonais appelée "rendaku" ; les orthographes erronées sont cependant répandues, probablement pour que le consommateur fasse le lien avec le terme « sushi ». Types de sushis. Le terme de « sushi » se comprend souvent en Occident comme les , aussi appelé "nigirizushi", et qui peut être vu comme la combinaison d'un sashimi et d'une boule de riz vinaigré ("shari"). Néanmoins, le terme « sushi japonais » regroupe un ensemble de types de sushis différents, connaissant beaucoup de déclinaisons locales autour de l'association entre riz vinaigré et source de protéine, à la fois dans la forme utilisée et dans les ingrédients utilisés ; il existe des centaines de variétés différentes de sushis au Japon. Certaines formes de sushis sont plus ou moins tombées en désuétude. Le primitif "narezushi" était constitué d'un poisson éviscéré enrobé dans du riz fermenté préservant le poisson de la pourriture et pouvait être stocké pendant des mois. Au moment de le manger, le riz fermenté était jeté et seul le poisson était consommé. On peut encore en déguster dans la région de Nara. Le "funazushi" est une variante encore consommable dans la préfecture de Shiga où le poisson est gardé entier, saumuré puis conservé dans le riz. Le "namanare" ou le était, pendant la période Muromachi le type le plus populaire de sushis. Le "namanare" était du poisson cru enveloppé dans du riz, consommé frais avec le riz avant que son goût ne s'altère. Les principales formes de sushi consommés mondialement, les , , , ont pris leurs formes définitives lors ou après la période Edo et sont donc relativement modernes. Comme beaucoup de pratiques culinaires japonaises, elles se sont répandues après le séisme de 1923 de Kantō, les chefs préparant les "nigirizushi" ayant quitté Edo s'étaient dispersés partout au Japon. "Nigirizushi". Le , appelé simplement sushi en France) consiste en une boule de riz vinaigré ("shari") sur laquelle est posé un "neta" : une tranche de poisson cru ou cuit, des crevettes, des oursins, du crabe, de l'omelette, des légumes ou bien d'autres choses encore. Un peu de wasabi est aussi ajouté. Parmi les poissons et fruits de mer les plus répandus, on peut citer le thon, le saumon, la crevette, la dorade. Les "nigirizushi" ont été inventés par Hanaya Yohei (1799-1858) à la fin de cette période à Edo. C'est une forme de fast food, vendue à l'origine dans des stands de cuisine de rue appelés "yatai", puisque le poisson n'était pas fermenté et qu'il était facile de manger des sushis avec une seule main. Le est un type particulier de "nigirizushi" proche du . Il consiste en une simple boule de riz enveloppée dans une bande d'algue nori d'environ , sur laquelle seront déposés des aliments au choix, le plus connu en Occident étant celui orné d'œufs de poissons : "tobiko" (poisson volant) ; "masago" (capelan) ou "ikura" (saumon). Le "gunkanmaki" a été inventé au restaurant "Ginza Kyubey" en 1941. Le "temarizushi" (, littéralement « sushi "temari" ») est un sushi de forme sphérique. , au même sens que handball) étant une balle japonaise traditionnellement destinée aux enfants. Bien que peu connu en Occident, sa préparation est plus aisée, il est donc largement plus courant dans les repas de famille japonais « faits à la maison ». "Makizushi". Le est obtenu en prenant une feuille d'algue séchée (nori) en étalant dessus une couche de riz et sur le tout du poisson et des légumes. Il suffit alors de rouler l'ensemble (à l'aide d'un , un tapis de tiges de bambou reliées par une ficelle de coton) et de coller la feuille d'algue en l'humidifiant. Le rouleau est ensuite découpé en tranches. Suivant la taille, il existe plusieurs diamètres pour désigner ces rouleaux : Le "ura-maki zushi" est un modèle californien avec une couche de riz par-dessus la feuille de nori. Parmi les variétés les plus communes, on peut citer les ou au concombre, les au "daikon" (radis saumuré) ou encore les "california rolls", variante occidentale. Autres variétés. Certaines variétés de sushis moins connues sont assez facilement trouvables dans les restaurants et commerces. Parmi celles-ci, on peut citer : Le "oshizushi" (littéralement « sushi » pressé dans un moule puis coupé en carrés) est généralement constitué de deux couches de riz entre lesquelles on dispose les ingrédients (poissons, légumes, nori, etc.) et est surmonté d'un autre ingrédient. Le tout est pressé dans un moule rectangulaire dont le dessus et le dessous sont démontables. On mange des "oshizushi" à la main. C'est la plus ancienne forme de sushis encore dégustable dans de nombreuses régions au Japon. Facile à assembler, il connait de nombreuses déclinaisons locales, mais se trouve difficilement hors du Japon. Le ou au maquereau, est sa déclinaison la plus populaire. Les sushis sont déclinés de nombreuses manières au Japon ; la plupart de ces sortes de sushis sont des spécialités des localités dont ils sont originaires et il est donc difficile de s'en procurer ailleurs. On peut citer par exemple le "tekone-zushi" de la préfecture de Mie à base de poisson mariné, l"Osaka zushi" (sushi de forme carrée, appelé "hako zushi", « sushi boîte ») d'Osaka, le "funa zushi", un style de sushi ancien de la préfecture de Shiga, le "sake-zushi" un type de sushi dont le riz est aromatisé au saké plutôt qu'au riz vinaigré, servi garni de crevettes, dorade, pieuvre, "shiitake", de pousses de bambou et d'omelette du Kyūshū ou encore le "masuzushi", truite cuite à la vapeur enroulée dans des feuilles de bambou, disposée sur un lit de riz (préfecture de Toyama). Le sushi a aussi su s'adapter à certaines habitudes alimentaires des pays où il s’est implanté. Ainsi les très populaires "california rolls" (« rouleaux californiens ») sont nés aux États-Unis pour faire passer l'idée du poisson cru : le riz est à l'extérieur, ce qui « cache » l'algue et fait qu'il est moins humide au toucher, et la chair animale est constituée de crabe ou de goberge (surimi). C'est un sushi idéal pour les personnes voulant essayer le sushi pour la première fois. Des rouleaux sans algue sont également apparus dans des restaurants occidentaux pour cette même raison : les "fresh rolls", dans lesquels on retrouve le riz et le poisson à l'intérieur et des feuilles de menthe ou de salade à l'extérieur, maintenues par une fine feuille de riz transparente, ou encore les "salmon rolls" où le saumon même enrobe le riz. Une version de l"inarizushi" qui inclut des haricots verts, des carottes et du "gobo" mélangé avec le riz, le tout enrobé dans une poche d"aburage" de forme triangulaire est une spécialité d'Hawaii, ou il est appelé "cone sushi" ; il est souvent vendu dans des "okazu-ya" ou comme élément des bentōs. Consommation. Dégustation. Les sushis se mangent avec des baguettes ou avec les doigts. Au Japon, il est mal vu de mélanger le wasabi à la sauce soja. Lors de sa consommation, il faut tremper le "neta" seul afin d'éviter d'humidifier le riz, celui-ci se délitant au contact du liquide. En Occident, cette pratique est rarement respectée, et le wasabi est mélangé avec la sauce soja, puis le sushi est trempé dans ce mélange, côté riz. Entre deux sushis différents, on peut manger une tranche de gingembre mariné, appelé pour retirer le goût du précédent. Le "gari" étant un "tsukemono" (un ingrédient mariné mangé avec les repas traditionnels japonais), cette pratique est à rapprocher de la dégustation normale d'un repas au Japon. Les boissons servies en accompagnement peuvent être le thé vert (notamment le Bancha Hojicha), du saké frais ou tiède, ou encore la bière. Commercialisation. Au Japon, on peut manger des sushis dans un restaurant spécialisé, un "sushiya" luxueux mais aussi dans un bar à sushis au comptoir ou bien dans un "kaitenzushi" (littéralement « sushi tournant ») où les plats bon marché de couleurs différentes suivant leur prix tournent tout autour de la table. Même dans ce pays pourtant réputé cher, on peut trouver dans les grandes villes des sushis tournants où les plus gros appétits seront satisfaits pour seulement une douzaine d'euros. On en trouve également dans les supérettes japonaises, les "konbini", de 400 à la barquette. Dans les restaurants japonais, les plats sont parfois présentés en vitrine, sous forme d'une copie en plastique appelée "sampuru". Cela permet au client de se rendre compte de l'aspect du plat qui lui sera servi. Certains amateurs collectionnent ces reproductions de tous les types de sushis. En Europe, diverses filières permettent d'acheter des sushis. Plus particulièrement en France, les restaurants japonais dans leur très grande majorité proposent des menus sushis et "yakitori" parfois ensemble dans un même menu, ce qui est fort peu traditionnel de la consommation habituelle japonaise. On peut trouver aussi des "kaitenzushi" ou encore des chaînes de restauration orientées vers la livraison à domicile. Les autres types de commercialisation des sushis incluent la fabrication de sushis en temps réel en grande surface et les sushis industriels disponibles au rayon frais comme au rayon surgelé. Nutrition et santé. Le poisson est un aliment généralement considéré comme bon pour la santé, y compris les poissons gras riches en oméga-3, mais le poisson cru peut être à l'origine d'infections et de parasitoses (ex .: anisakiase (Anisakidés, nématodes parasites, bothriocéphales), staphylocoque doré, "Bacillus cereus"), qui semblent, selon l'U.S. Food Drug Administration en augmentation aux États-Unis, à la suite de la consommation de poisson cru et certains poissons situés au sommet de la chaîne alimentaire (thon rouge par exemple) peuvent avoir bioconcentré certains polluants (PCB, dioxines, méthylmercure notamment). Le risque de parasitose est diminué par des moyens simples : éviscération précoce des poissons et lavage rapide (dans les trois heures suivant la mort, afin d'empêcher la migration du parasite dans les muscles). Une détection des parasites déjà présents dans la chair est facilitée par « mirage » (observation par transparence à la lumière) des filets. Et si on ne veut pas cuire le poisson à cœur, une congélation (à au moins durant au moins 72 heures, 24 heures suffisant pour certains) permet de tuer les parasites, mais en restant sans effet sur les polluants métalliques (plomb, mercure, cadmium). En France, les professionnels de l'alimentation désirant vendre ce genre de produit ont pour obligation de faire un contrôle visuel pour s’assurer de l’absence d’infestation visible par des parasites et un traitement par la congélation à pendant au moins 24 h pour les produits à risque. Selon la diététicienne anglaise Rachel Beller, auteur de "Eat to Lose, Eat to Win", « un rouleau de sushi typique contient entre 290 et 350 calories. C'est aussi l'équivalent glucidique de deux à quatre tranches de pain ». Les sushis contiennent une très faible quantité de poisson, et le riz qui les accompagne est trop sucré et trop salé. Les sashimis par contre contiennent des graisses oméga-3, des vitamines et des minéraux, et peu d'hydrates de carbone. Les Japonais digèrent plus facilement les sushis : leur microflore intestinale est équipée de porphyranase, enzyme dégradant le porphyrane (polysaccharide des parois de "Porphyra" utilisée dans les sushis). Cette porphyranase étant présente chez des bactéries marines, les chercheurs pensent que les Japonais, grands consommateurs de sushis depuis des siècles, ont probablement hérité de cette capacité à dégrader les fibres des algues par transfert latéral des gènes bactériens marins vers le génome des bactéries de la microflore intestinale. Production. Histoire et évolution du sushi. Il est difficile de dater avec certitude l'apparition des premiers sushis. Elle aurait eu lieu aux alentours du , date à laquelle la riziculture s'installa au Japon. Historiquement, le riz servait à la conservation du poisson. Les Chinois, inventeurs de la méthode (par fermentation du riz et production d'acide lactique) jetaient le riz après fermentation. Cette méthode disparut de Chine par la suite. On trouve les preuves du développement de cette consommation durant l'époque de Nara, par exemple le temple Kin-jinja de la préfecture de Shiga, dédié au champignon utilisé pour la production de "narezushi". Dans ce type le plus primitif de sushi, le poisson était salé et enrobé dans du riz fermenté. Le "nare-zushi" était constitué d'un poisson éviscéré et pouvait être stocké pendant des mois, le riz fermenté préservant le poisson de la pourriture. Au moment de le manger, le riz fermenté était jeté et seul le poisson était consommé. Ce type de sushi était une source de protéines importante pour les Japonais. À l'ancêtre "narezushi", les Japonais ont préféré le . Pendant la période Muromachi, "namanare" était le type le plus populaire de sushi. Le "namanare" était du poisson cru enveloppé dans du riz, consommé frais, avant que son goût ne s'altère. Contrairement au primitif "narezushi", le "namanare" est un plat, et plus seulement une méthode de conservation du poisson. Après le "narezushi" du et le "namanare" moyenâgeux, un troisième type de sushi est introduit, le . Le "haya-zushi" était assemblé de manière que le riz et le poisson puissent être consommés en même temps. Le riz n'était plus utilisé pour sa fermentation mais mélangé à du vinaigre, du poisson, des légumes et divers ingrédients séchés. Ce type de sushi est toujours populaire de nos jours, chaque région possédant une déclinaison locale de ce type de sushis. On parle également de , car le riz vinaigré était mis dans une boîte rectangulaire, avant l'ajout de la garniture, puis on y apposait le couvercle. Cette technique est toujours utilisée à Osaka et à Kyoto. Au début du , les "yatai", de petites échoppes de rues vendant de la nourriture, deviennent populaires à Edo. C'est à ce moment que le "nigiri-zushi" fut créé : consistant en un amas de riz oblong surmonté de poisson cru, il est le sushi connu mondialement. Après le séisme de 1923 de Kantō, les chefs préparant les "nigiri-sushi" ont quitté Edo et se sont dispersés dans le Japon, popularisant le plat à travers le pays. Il a été inventé par Hanaya Yohei à Edo à la fin de l'époque Edo. Fabrication artisanale. Traditionnellement, la sous-espèce de riz "japonica" "Oryza sativa" est utilisée pour la préparation du riz à sushi, l'important étant d'avoir un riz rond. Le riz est lavé plusieurs fois ou éventuellement trempé avant la cuisson afin d'enlever un excès d'amidon. Cette étape dépend souvent des habitudes des recettes de différents chefs. Le riz est ensuite cuit avec un morceau de "konbu", au Japon souvent dans un cuiseur à riz. Le riz cuit est ensuite placé dans un récipient en bois de cyprès ("hangiri") ou il est assaisonné avec du vinaigre de riz, du sel et soit du sucre, soit du "mirin". À l'aide d'une spatule spéciale, la "shamoji", on dessine rapidement des sillons dans le riz pour le mélanger uniformément avec l'assaisonnement. Afin d'obtenir la brillance caractéristique des grains de riz, il est nécessaire de refroidir le riz aussi rapidement que possible. Pour cela, on utilise, pendant qu'on mélange le riz, un grand éventail rond appelé" uchiwa". Le riz est ensuite couvert avec un chiffon humide pour l'empêcher de se dessécher. La suite de la recette dépend du type de sushi à préparer : les "makizushi" sont formés en disposant une feuille de nori sur un "makisu". Les "nigirizushi" sont formés dans la paume de la main, tout comme les "temarizushi". Le "chirashi" est préparé en disposant sur le riz obtenu les garnitures en tranches. Production professionnelle. Dans les restaurants les plus respectueux de la tradition, on peut trouver des spécialisés dans les sushis (le vocable "itamae" désigne un chef, qui peut être spécialisé dans les sushis ou dans un autre type de cuisine). Les chefs sont traditionnellement formés au Japon après des années d'apprentissage et d'entraînement. On distingue les grades de commis, de "wakiita" qui possède des devoirs étendus et enfin de chef. Dans les restaurants moins huppés, des machines automatiques permettent la production en grand nombre de sushis et de "maki". Le riz peut aussi être industriellement précuit et soit transporté en vrac dans de grands récipients soit en rectangles pré-formés pour les supermarchés, les hôtels, les traiteurs et les restaurants de sushi. Il existe enfin une production industrielle de sushis à destination des supermarchés, frais à consommer rapidement ou surgelés. Les sushis industriels et la grande distribution. Les sushis sont devenus un important phénomène de mode dans de nombreux pays occidentaux, et notamment en France. En conséquence, de nombreux restaurateurs asiatiques se sont tournés vers ce type de produits (essentiellement des non-Japonais : Chinois ou Vietnamiens), qui permet d'exercer des marges de bénéfice spectaculaires avec un investissement minimal. La plupart des supermarchés français proposent ainsi de nos jours des sushis industriels prêts à consommer (par exemple de la marque Sushi Gourmet), et plusieurs chaînes de restauration rapide ou de livraison à domicile ont également investi cette niche (comme Planet Sushi). Ces sushis industriels sont préparés longtemps à l'avance et en très grandes quantités à partir de poisson surgelé, ce qui nécessite d'ajouter un certain nombre d'additifs pour que le produit conserve ses propriétés visuelles, à défaut de ses qualités gustatives et nutritionnelles. Ainsi, le riz y est souvent au sirop de glucose-fructose et à la mélasse (qui le rendent plus sucré et donnent faim), additionné d'exhausteurs de goût (notamment le glutamate monosodique E621), et des colorants comme le Rouge allura AC (E129), un dérivé pétrochimique soupçonné d'être neurotoxique. Ingrédients et ustensiles. Les ingrédients essentiels pour la réalisation de sushi sont le riz, le "konbu", le vinaigre de riz, le sel, le sucre ou le "mirin" pour la réalisation du "shari". Si le poisson frais est le plus souvent représenté parmi les "neta", il varie suivant le sushi préparé. Les feuilles de nori sont nécessaires pour la réalisation de "maki". Wasabi, sauce de soja et "gari" sont les accompagnements classiques des sushis. Les divers ustensiles communs pour préparer tous les types de sushi sont le cuiseur à riz, le "hangiri", un récipient en bois de cyprès utilisé pour faire refroidir et mélanger le riz avec l'assaisonnement, la spatule appelée "shamoji" utilisée pour réaliser ce mélange, le grand éventail rond appelé "uchiwa" utilisé pour faire refroidir le mélange et le chiffon ("fukin") utilisé pour couvrir le mélange. Il existe aussi des accessoires spécifiques à certains types de sushis, comme le "makisu" ou encore la presse à "oshizushi" appelée "oshizushihako". Économie. Le sushi est devenu un plat international, consommé au Japon, mais aussi dans les pays asiatiques (Chine, Asie, Corée du Sud, Hong Kong, Taiwan) en Amérique, en Europe. La cuisine japonaise considérée comme saine et équilibrée s'est répandue dans les années 1990 à travers le monde. En 2012, on comptait environ dits japonais dans le monde : en Amérique du Nord, en Asie et à travers l'Europe. On estime à 66 % la proportion de sushis parmi les restaurants japonais en Amérique du Nord. Marché. La nation consommant le plus de sushis en Europe est la France. En 2010, on compterait en France de sushis contre de hamburgers. Cependant le chiffre d'affaires annuel du premier serait de d'euros contre d'euros pour le second. En 2011, on compterait de sushis, soit 1 % de la restauration commerciale, pour un chiffre d'affaires annuel de d'euros. Quelques 70 % des commandes sont à emporter, 66 % des restaurants sont à Paris. Les restaurants japonais leaders en France ont régulièrement fait appel à des chefs français tels que Thierry Marx ou Cyril Lignac pour adapter leurs produits aux attentes des consommateurs français. Sushi Shop, fondé en 1998, est en 2011 la plus grosse chaine de sushis en France avec , suivent Planet Sushi (), Eat Sushi (33), et O'Sushi (25). Le leader français du marché du sushi à destination des supermarchés en frais ou en surgelé est Yedo Sushi. Le leader sur le marché des sushis préparés directement en supermarché est la société KellyDeli, qui opère, en autre, les stands des supermarchés Carrefour. Le marché japonais du sushi est énorme, la taille du marché étant de de yens (environ onze milliards d'euros), la part de marché des "kaitenzushi" étant de (soit près de quatre milliards d'euros). La production étant très inférieure à la demande, le Japon importe beaucoup de produits de la mer. Les produits les plus importés pour la préparation des sushis sont les crevettes, le thon, le saumon et la truite. On estime à le nombre de restaurants de sushis au Japon. La cuisine japonaise aux États-Unis est principalement le fait de chefs américains : environ 10 % des établissements dits japonais sont effectivement tenus par des Japonais. Elle est en vogue, puisque les ouvertures de restaurants japonais ont augmenté de 250 % entre 2002 et 2012. Grand marché en Californie, l'industrie du sushi aux États-Unis se rapproche donc d'une cuisine fusion. Impact environnemental. Alors que de nombreux stocks de poissons sont en régression, la demande en thon rouge n’est pas sans conséquence sur les stocks halieutiques, notamment en Méditerranée où la surpêche de cette espèce préoccupe les ONG et la Commission européenne. Variations internationales du sushi. La place du sushi dans l'alimentation japonaise est rarement respectée. Il existe en France une habitude très peu japonaise consistant à déguster des menus associant sushis et "yakitori". Faciles à préparer même sans produits nippons, ils sont une invention franco-chinoise apparue dans les années 1970, pour répondre aux besoins des touristes japonais alors peu habitués à la cuisine française trop lourde pour eux. Outre le "california roll" américain, il existe de nombreuses variations des sushis en France. On trouve des sushis sous forme de "maki" où le nori est remplacé par une galette de riz, du concombre, ou encore recouverts d'oignons grillés, avec des fruits comme "neta" ; tous ces types de sushis ont très peu de rapport avec les sushis japonais. Le "gimbap" est un plat coréen proche du "makizushi" qui trouve ses racines dans les sushis japonais. L'internationalisation de la consommation de sushis a aussi donné lieu à la substitution de divers ingrédients que l'on peut difficilement se procurer hors du Japon. L'anguille du Japon ("unagi") est par exemple souvent remplacée par une autre sorte d'anguille. Pour respecter les goûts américains, le riz utilisé pour le sushi aux États-Unis est une variété hybride du "Japonica" typiquement californienne. Le raifort est souvent utilisé partout dans le monde à la place du véritable wasabi, ou dans un mélange de raifort et de wasabi imitant la pâte de wasabi. D'autres aliments sont substitués : le tilapia est utilisé en lieu et place de poisson de la famille des "Sparidae" utilisé classiquement pour les "nigirizushi". Culture. Il est traditionnel de servir du "chirashizushi" lors de une fête qui a lieu au Japon le 3 mars, jour consacré aux petites filles. Il existe aussi les , de longs "maki" qui doivent être mangés en un seul morceau lors de "Setsubun", une fête de début d'année. Les restaurants de sushis occupent une bonne place dans la liste des restaurants étoilés par le "Guide Michelin" ; cinq restaurants japonais de sushis ont trois étoiles. Les « mangas culinaires » sont des mangas ayant pour cadre le milieu gastronomique ; certains, comme "J'aime les sushis" par exemple, ont lieu dans l'univers du sushi. Le film "" est un documentaire sur Jirō Ono, un des meilleurs maîtres sushi au monde, tenant un petit restaurant de sushis dans une station de métro de Tokyo ayant reçu trois étoiles au "Guide Michelin". Le film français "Sushi sushi" a pour cadre le milieu du sushi en France. L'épisode "City Sushi" de "South Park" a pour histoire la lutte entre le tenancier du "City Wok" et du "City Sushi". Le groupe de hard rock Mr. Big a appelé un de ces albums "Raw Like Sushi". Il existe une reprise d'une chanson de Serge Gainsbourg ayant pour titre "L'Homme à tête de sushi".
Saône-et-Loire Le département de Saône-et-Loire () est un département français de la région Bourgogne-Franche-Comté dont la préfecture est Mâcon. L'Insee et la Poste lui attribuent le . Il s'agit du département le plus peuplé de la région. Histoire. Préhistoire. Déjà pendant la préhistoire, les vallées de la Saône et de la Loire coupant le département actuel servaient de voies de passage et d'échanges. La présence humaine y est ancienne, comme l'atteste la présence de restes d'hommes de Néandertal à Vergisson, les importants gisements de Solutré (à l'origine de la dénomination de la période éponyme, le Solutréen) ou, au Néolithique, de Chassey-le-Camp (qui a donné son nom au Chasséen). Période gallo-romaine. Les Éduens, un des grands peuples gaulois allié des Romains, avaient leur capitale au nord-est du département actuel, à Bibracte (Mont-Beuvray) avant que ce site fortifié ne soit abandonné au profit d'Autun (Augustodunum). Les Éduens se sont installés vers 500 av. J.C. Leur présence dépasse le département de Saône-et-Loire et comprend une partie de la Côte d'Or, de la Nièvre, de l'Yonne et de l'Ain, soit environ . Bibracte devient la capitale vers 150-120 av. J.C. En 52 av. J.C., les Éduens se joignent à la révolte gauloise. La création d'Autun (Augustodunumt : la colline d'Auguste) date d'environ 16 av. J.C. Cette création a été voulue par l'empereur Auguste car Bibracte symbolisait la révolte gauloise. Dès l'origine, Autun fut entourée d'un rempart, long de , renforcé par 54 tours circulaires. À la fin du , Dioclétien a entrepris une réforme administrative. La Gaule est divisée en deux diocèses. Autun appartient, avec Lyon comme capitale, à la Lyonnaise I. C'est dans ce contexte qu'est créée la flotte de la Saône, commandée par un préfet, basé à Chalon. C'est au que les chrétiens sont présents en pays éduen. Les premiers martyrs sont Symphorien à Autun, Marcel à Chalon, Valérien à Tournus. Le plus ancien évêque d'Autun connu est Reticius, présent au concile de Rome en 313. Moyen Âge. Au Moyen Âge, le territoire jouait un rôle important en tant que carrefour entre le nord et le sud du Royaume de France et en frontière de l'Empire. De nombreux seigneurs religieux et laïcs se partageaient les terres et les droits comme l'abbaye de Cluny, siège de l'ordre religieux qui s'étendit dans l'Europe entière, l'évêque d'Autun et son chapitre, le comte de Chalon, le comte de Brancion jusqu'en 1259, le duc de Bourgogne dans le Charolais… Période révolutionnaire. Convoqués aux États généraux par Louis XVI le , les députés représentant la future Saône-et-Loire sont au nombre de vingt. Chacun des bailliages d'Autun, de Charolles et de Mâcon est représenté par quatre députés dont un pour la noblesse, un pour le clergé, deux pour le tiers état, le bailliage de Chalon, plus peuplé élit huit représentants (deux pour la noblesse, deux pour le clergé, quatre pour le tiers état). Les députés sont : Le département a été créé officiellement le à partir d'une partie de la province de Bourgogne, à peu près dans les limites des anciens bailliages d'Autun, Chalon, Charolles et Mâcon. L'assemblée des électeurs réunie le à Charolles a choisi d'installer le chef-lieu du département à Chalon plutôt qu'à Mâcon, mais les protestations de cette ville ont conduit l'Assemblée constituante à y installer le siège de l'administration, en . Lors de sa création le département est partagé en sept districts, dont les chefs-lieux sont : Autun, Bourbon-Lancy, Chalon, Charolles, Louhans ; Mâcon et Marcigny. Chacun de ces districts est divisé en cantons, et chaque canton en municipalités. Le district d'Autun comprend quatorze cantons et quatre-vingt-sept municipalités, celui de Bourbon-Lancy six cantons et vingt-huit municipalités, celui de Chalon dix-neuf cantons et cent-soixante-trois municipalités, celui de Charolles, quatorze cantons et quatre-vingt-sept municipalités, celui de Louhans douze cantons et soixante quinze municipalités, celui de Mâcon neuf cantons et centre six municipalités, celui de Marcigny neuf cantons et quarante-huit municipalités. Chaque district a son tribunal et chaque canton ses juges de paix. Dans la première division du département, arrêtée par les députés de Saône-et-Loire à l'Assemblée nationale, le 6 février 1790, on comptait 86 cantons. Le nombre en fut cependant réduit à 48 par un arrête du 17 frimaire an X (8 décembre 1801), puis successivement reporté à 49 et à 50 (lois des 25 mars 1868 et 27 mars 1874). 1805 : publication d'une première "Statistique départementale de Saône-et-Loire". Le département est occupé à deux reprises par les troupes autrichiennes : de janvier à mars 1814 puis de à . Au milieu du , Alphonse de Lamartine est le plus célèbre des habitants de Saône-et-Loire : poète, chef du gouvernement provisoire en , ce républicain a également occupé à neuf reprises le fauteuil de président du Conseil général avant d'abandonner la politique au moment de l'avènement du Second Empire, dont l'instauration par le coup d'état du donnera lieu à un certain nombre d'incidents. Au cours de ce siècle le département connait un fort développement industriel avec l'exploitation de plusieurs gisements charbonniers (le bassin houiller de Blanzy – Montceau-les-Mines – Le Creusot étant le plus important, il existe également le bassin houiller d'Épinac, moins important et le bassin houiller de La Chapelle-sous-Dun qui est le plus modeste). Cumulé avec l'exploitation de minerai de fer, également présent dans le département, ils permettent le développement de l'industrie sidérurgique et mécanique au Creusot. L'exploitation du gisement de schiste bitumineux d'Autun démarre également pour produire un équivalent du pétrole. Entre 1940 et la partie nord-est du département fit partie de la zone occupée par les Allemands ; ceux-ci franchissent alors la ligne de démarcation et envahissent la zone sud (opération Anton). Terre de résistance vigoureuse (maquis du Clunisois, du Charollais, maquis bressans...), la Saône-et-Loire est libérée à l'été 1944. Au la région Bourgogne, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Franche-Comté pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté. Géographie. Le département de Saône-et-Loire est limitrophe des départements de la Côte-d'Or, du Jura, de l'Ain, du Rhône, de la Loire, de l'Allier et de la Nièvre. La limite avec le département de l'Allier est le plus souvent formée par la Loire. Toutefois, six communes du canton de Marcigny sont situées sur la rive gauche de la Loire. Les régions naturelles de la Saône-et-Loire sont : L'atlas des paysages de Saône-et-Loire, élaboré en 2019 par la direction départementale des territoires de Saône-et-Loire, distingue 13 unités paysagères. Cet atlas indique que le département est au carrefour de 3 influences, à la fois climatiques et culturelles : La Saône-et-Loire est traversée du nord au sud, sur un total de vingt-neuf communes, par la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Loire et du Rhône. C'est dans le département que cette ligne présente les plus basses altitudes en France, ce qui lui vaut d'être un carrefour important. Hydrographie. La Saône et ses affluents. La Saône arrose 46 communes lors de sa traversée en Saône-et-Loire. Elle entre au nord du département, à Verdun-sur-le-Doubs et en sort au sud de La Chapelle-de-Guinchay (plus précisément à Saint-Romain-des-Îles), en passant entre autres par Chalon-sur-Saône, Tournus, Mâcon et Crèches-sur-Saône. Dans le département de Saône-et-Loire, elle reçoit plusieurs affluents. Sur la rive droite, elle reçoit tout d'abord la Dheune, qui se jette dans la Saône non loin du confluent avec le Doubs ; elle alimente par ailleurs le canal du Centre. Elle reçoit également la Grosne, qui passe par Cluny. Sur la rive gauche, son affluent principal est le Doubs, qui traverse le département sur , et se jette dans la Saône à Verdun-sur-le-Doubs. Plus au sud, elle reçoit la Seille qui arrose Louhans et se jette dans la Saône en formant deux bras quelques kilomètres en aval de Tournus. La Loire et ses affluents. La Loire entre au sud-ouest du département, le traverse sur puis le limite sur 80. Elle reçoit, en provenance du département, des affluents sur sa rive droite. Tout d'abord, le Sornin, qui arrose La Clayette ainsi que Châteauneuf. Ensuite, l'Arconce qui arrose Charolles et Anzy-le-Duc. Enfin, l'Arroux, qui arrose Toulon-sur-Arroux, Autun, ainsi que Gueugnon, et se jette dans la Loire vers Digoin. L'Arroux reçoit lui-même comme affluent la Bourbince, qui arrose Paray-le-Monial. Étangs. En Saône-et-Loire, les étangs se répartissent en trois groupes : les étangs de la Bresse, les étangs de l'Autunois et les étangs du Charolais. Par ailleurs, quatre étangs privés aux confins du Bassin minier et du Charolais sont classés en site Natura 2000, afin de protéger la Cistude d'Europe, tortue rare surnommée « éboueur des étangs ». Climat. La Saône-et-Loire a un climat tempéré à légère tendance continentale. Ci-après, les valeurs climatiques pour la ville de Mâcon () : La station Météo-France pour Mâcon se situe sur l'aérodrome de Mâcon - Charnay ouverte le . Transports. La Saône-et-Loire est située sur la grande voie de circulation qui, venant de l'Europe du Sud par la vallée du Rhône puis de la Saône, se sépare en plusieurs branches au nord du département pour se diriger respectivement vers le Bassin parisien, vers le sillon mosellan et vers la trouée de Belfort et le sud de l'Allemagne. Les principales infrastructures actuelles de cette voie de circulation sont l'autoroute A6 pour le transport routier, la LGV Sud-Est (avec deux gares TGV : Le Creusot-Montceau-TGV et Mâcon-Loché-TGV) et la ligne historique « PLM » pour le transport ferroviaire, et la Saône canalisée à grand gabarit pour le transport fluvial. Ce grand axe de circulation croise dans le département un axe secondaire d'orientation est-ouest, qui relie la façade atlantique française aux Alpes et à l'Europe Centrale : ses principaux composants sont la Route Centre Europe Atlantique (RCEA), la ligne de Nevers à Chagny et le canal du Centre qui relie à gabarit réduit les bassins de la Loire et du Rhône. Économie. Histoire économique. Avant même d’exister comme département la Saône-et-Loire a bénéficié d’une intense activité économique par sa situation dans le royaume de France, elle est un point de passage entre le nord et le sud et profite de la présence de ressources naturelles. Vignes et élevage ont une importance ancienne. Mais c’est au que le département a bénéficié d’un développement industriel. Au Creusot une fabrique de cristaux existe en 1786 et la forge anglaise du même Creusot a été construite en 1827. Les houillères de Saône et Loire forment deux vastes bassins, celui d'Autun et celui de Blanzy. Des carrières de pierres à bâtir existent à Tournus, Givry, Chagny, Charrecey, Palinges, Saint-Berain-sur-Dheune et Saint-Vallier. Un grand nombre de tuileries de briqueteries, de faïenceries et de poteries existent en de nombreuses communes du département. Des verreries sont implantées à Épinac, à de Saint-Berain-sur-Dheune. Ces multiples activités sont facilitées par l’existence d’un réseau de voies navigables (fleuves et canaux) et par le développement du chemin de fer. Les qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les Trente Glorieuses, ont été marquées par des évolutions que l’on retrouve dans d’autres régions tels que le développement des villes, l’exode rural, et par des changements plus spécifiques. Un nombre important de nouvelles entreprises ont permis une diversification de l’activité : engins de manutention (grues) à La Clayette, fabrication de tracteurs (Bourbon-Lancy), et dans le même temps une diminution de l’importance de certaines activités antérieures, ainsi la SFAC (Creusot-Loire) au Creusot passe de en 1946 à en 1962 puis à 5 000 en 1975. Le département se caractérise aussi par une évolution géographiquement contrastée : la Bresse, le Morvan ne bénéficie pas de croissance contrairement à Chalon-sur-Saône, Mâcon… La période est également marquée par le développement du réseau routier et par une bonne desserte ferroviaire. L'économie en 2014. Le nombre total d’établissements actifs en Saône-et-Loire est, au , de , employant au total . Secteur primaire. L'agriculture du département est riche et variée et conserve une ancienne tradition d'élevage, avec les volailles de Bresse, particulièrement autour de Louhans et sa variété de poule de Bresse dite "La Noire", ou "de Louhans", qui se retrouve sur les étals du grand marché de la ville. Dans le Charolais, l'élevage dominant est celui de la race bovine de la Charolaise. L'axe de la Saône présente une forte présence viticole. Deux grands terroirs se trouvent sur le département : Le secteur de l’agriculture comprend, au , dont n’emploient aucun salarié. Les autres en emploient au total . Secteur secondaire. Le département a connu un développement industriel exceptionnel au avec, notamment, la société Schneider et Cie au Creusot et l'extraction minière dans la région de Montceau-les-Mines. Le nombre de salariés employé dans l'industrie a diminué de entre 1989 et 2007, dont dans le secteur de la fabrication de produits industriels. Les principales réductions ont concerné les entreprises DIM (textile), Kodak, Arcelor (métallurgie), Michelin (pneumatique) les mines… L'industrie est encore concentrée dans le Chalonnais et le bassin minier de Blanzy, avec la présence de grandes entreprises qui subsistent telles Alstom au Creusot, Areva à Montchanin, Arcelor Mittal et Michelin à Montceau-les-Mines ou encore Massilly France, l'un des leaders mondiaux de l'emballage métallique dont le siège est installé à Massilly. Tournus compte quelques entreprises comme le Groupe SEB, l'usine de fabrication des poêles Tefal, l'usine Tournus équipement... cohérentes dans le secteur de la cuisine. Le secteur de l’industrie comprend, au , dont n’emploient aucun salarié ; les autres en emploient, au total, , dont ont de 1 à 9 salariés, 242 de 10 à 19 salariés, 166 de 20 à 49 salariés et 118 ont 50 salariés ou plus. Le secteur de la construction comprend lui, au , , dont n’ont aucun salarié. Les autres en emploient 10 987 (1 477 entre 1 et 9 salariés, 151 entre 10 et 19 salariés, 88 entre 20 et 49 salariés et 20 ont 50 salariés ou plus). Tertiaire. De 1990 à 2008, le secteur tertiaire s'est fortement développé. Il gagne (+ 25 %) dont plus de dans le secteur marchand. Les augmentations les plus fortes l'ont été dans les services aux entreprises et dans les services aux ménages, ainsi que dans le commerce et dans les secteurs non marchands du social et médico-social et de l'administration publique. Le secteur du commerce, des transports et des services divers comprend, au , dont 20 057 n’emploient pas de salariés. Les autres en emploient : ont entre 1 et 9 salariés, 702 entre 10 et 19 salariés, 363 entre 20 et 49 salariés et 167 ont 50 salariés ou plus. Le secteur de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale comprend, au , dont n’emploient pas de salariés. Les autres en emploient : ont entre 1 et 9 salariés, 361 entre 10 et 19 salariés, 311 entre 20 et 49 salariés et 257 ont 50 salariés ou plus. Emploi. Le taux de chômage du département se situe d'après l'Insee à 9,9 % de la population active au 2013 (10,5 % en France métropolitaine). Ce taux était de 9,4 % au 2012 puis était passé à 9,8 % au 2013. Diversités départementales. L’axe dynamique est celui de Mâcon-Chalon. Il polarise les flux d’actifs sur la vallée de la Saône qui forme un couloir nord-sud avec deux zones, celle de Mâcon et celle de Chalon-sur-Saône. La part des jeunes y est plus importante que dans le reste du département. En 40 ans, le nombre d’emplois a progressé dans les parties mâconnaises et chalonnaises, et a diminué en Saône-et-Loire. Démographie. Les habitants de Saône-et-Loire sont les "Saône-et-Loiriens". Lors de sa création la population du département s'élève, en 1790, à . La population est en progression avec en 1821. En 1851 elle est de et elle atteint son maximum en 1886 avec . La répartition de la population tend à se déséquilibrer entre est et ouest. En effet, si l'ouest du département tend à se dépeupler – notamment dans le bassin du Creusot-Montceau –, l'est, parfaitement desservi par les voies de communication modernes, tend à gagner des habitants : Bresse bourguignonne, Mâconnais et Chalonnais. C'est actuellement la Bresse bourguignonne, sans grande ville notable, qui, par sa prospérité, gagne le plus d'habitants (ouverture de classes…). De même, Chalon-sur-Saône conserve son statut de ville la plus peuplée avec (Insee 2009) contre en 2008 et en 1999. Mâcon, préfecture du département, tend à gagner des habitants, notamment dans son agglomération (aire urbaine de répartie dans l'Ain, le Rhône et en Saône-et-Loire). La proximité de Lyon a favorisé l'emploi et l'installation de nombreux Lyonnais ainsi que les investissements. Logement. Le nombre de logements existants dans le département est, en 2014, de ; sont des résidences principales (82,5 %) ; des résidences secondaires ou des logements occasionnels (7,5 %) ; sont des logements vacants. Le nombre de maisons est de  et celui des appartements de . Près du quart des résidences principales ( soit 24,5%) datent d’avant 1919 ; 10 % ont été construites entre 1919 et 1945 ; 19,4 % entre 1946 et 1970 ; 27,3 % entre 1971 et 1990, 18,8 % sont construites postérieurement à 1990. Les occupants des résidences principales y habitent depuis moins de deux ans pour 10,8 % ; entre 2 et 5 ans : 17,5 % ; de 5 à 9 ans pour 16,7 % et 55 % depuis 10 ans et plus. En 2017, étaient vacants selon l'INSEE soit 10.25% de l'ensemble des logements. Environnement. La Saône-et-Loire compte 25 sites classés Natura 2000 : Elle compte également deux sites labellisés Grands sites de France : Indicateurs de développement durable. L'INSEE calcule des indices de développement durable, pour le département de Saône-et-Loire : Taux de pauvreté : 12,9 % (2012) Taux d'emploi (rapport du nombre de personnes ayant un emploi au nombre total de personnes âgées de 15 à 64 ans) : 64,3 % (2012) Déplacements (2012) : Poids de l'économie sociale dans les emplois salariés du tertiaire: 10,1 % (2013) Part de l'agriculture biologique dans la surface agricole totale : 1,5 % (2013) Tourisme. Le département fonde son activité touristique sur ses paysages variés, (plaine de la Bresse, collines du Mâconnais et du Charolais, monts du Morvan, arboretum Domanial de Pézanin et roche de Solutré, célèbre pour avoir été un « lieu de pèlerinage » du président François Mitterrand, sa gastronomie réputée (vins de Bourgogne, bœuf charolais, poulet de Bresse, etc.) et son riche patrimoine (Bibracte, Autun, Cluny, Paray-le-Monial, Brionnais, etc.). Le tourisme en Saône-et-Loire a longtemps été porté par un organisme dédié, ayant pour nom "Saône-et-Loire Tourisme", installé à Mâcon et fondé par René Chasles, structure devenue au début des années 1990 "Saône-et-Loire Promotion" (par fusion de Saône-et-Loire Tourisme, du comité départemental d'expansion, de Promagri et du comité de fleurissement) chargée de coordonner toutes les actions destinées à promouvoir le département, tant en France qu'à l'étranger. Une marque « Saône-et-Loire » créée en 2013 visait à rassembler tous les acteurs économiques et culturels saône-et-loiriens afin de renforcer l'attractivité de ce territoire. Elle a été abandonnée en 2015. En mars 2021, la dénomination « Route71-Bourgogne du Sud » est créée afin d'apporter une nouvelle identité visuelle au département. Une campagne de promotion touristique est lancée pour l'occasion sur les chaînes TV nationales. En avril 2021, des panneaux publicitaires grand format sont exposés dans les travées du métro parisien, mettant en scène des sites emblématiques du département (la roche de Solutré, le château de La Clayette, les vignes de la Côte Chalonnaise, les rives de la Seille, etc.). Loisirs et sports. Culture. Chalon dans la rue, festival transnational des artistes de rue a lieu tous les ans dans la deuxième quinzaine de juillet à Chalon-sur-Saône depuis 1987. Il s'agit d'un des plus importants festivals de théâtre de rue en France. Le Festival Musique en Brionnais propose chaque année durant la première semaine d'août des concerts et des conférences destinées à promouvoir la musique de chambre et le patrimoine culturel et naturel du Charolais-Brionnais. Au Creusot se déroule chaque année le festival des Beaux Bagages. Il existait également un festival du blues au Creusot, le festival Jazz Campus en Clunisois dans la région clunisoise, le festival Saint Rock à La Clayette. Le plus important des conservatoires de Bourgogne-Franche-Comté se trouve à Chalon-sur-Saône, il compte qui suivent un enseignement en danse, musique et théâtre avec des spécialités peu répandues comme, entre autres, le hip hop ou une classe d'ingénieurs du son. Il organise également une saison artistique de 50 spectacles annuels, la Saison de l'Auditorium. Administration. Jumelage. Le département est jumelé avec la préfecture japonaise de Yamanashi. « Bourgogne-du-sud ». En 2003, le président du Conseil général a proposé de renommer le département « Bourgogne-du-sud ». Les arguments avancés étaient le manque de notoriété du nom Saône-et-Loire, la confusion induite avec les Châteaux de la Loire, opposés à la notoriété internationale de la Bourgogne et le caractère accrocheur de "sud", évoquant l'influence méditerranéenne qui remonte jusqu'au département. La procédure n'a pas abouti. L'expression « Bourgogne-du-sud » reste cependant utilisée dans le domaine touristique. Ce terme suit donc la même voie que celui de « Septimanie » proposé pour renommer la région Languedoc-Roussillon. Spiritualité. La Saône-et-Loire se caractérise par un ensemble de contextes ayant favorisé, au gré des siècles, l'installation de petits groupes religieux qui ont ensuite essaimé et développé leur influence. Parmi eux figure l'abbaye de Cluny, qui avait été précédée par l'abbaye Saint-Philibert de Tournus (fondée en 875). Quantité de monastères et abbayes prirent par la suite le relai, parmi lesquelles l'abbaye de La Ferté, « première fille de Citeaux » (1113). Le territoire de l'actuelle Saône-et-Loire est attaché à la figure de Marguerite-Marie Alacoque, à laquelle on doit Paray-le-Monial, le lieu le plus visité du département. Il y eut également des fondations, parmi lesquelles celle des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, congrégation fondée par Anne-Marie Javouhey, ou la communauté œcuménique de Taizé, fondée par frère Roger, qui met chaque année en marche une jeunesse venue de toutes parts. En Saône-et-Loire sont également implantés la religion orthodoxe (Uchon) et le bouddhisme (temple des Mille Bouddhas de La Boulaye).
Sarthe (département) La Sarthe () est un département français de la région Pays de la Loire. Ses habitants sont appelés les "Sarthois". L'Insee et la Poste lui attribuent le . Son chef-lieu est Le Mans. Le département a été créé par le décret de l'Assemblée nationale du . Comme une soixantaine de départements en France, il prend le nom d'un cours d'eau, en l'occurrence la Sarthe. Il correspond essentiellement au Haut-Maine, qui formait la moitié orientale de la province du Maine. La partie Sud-Ouest du département correspondant à la vallée du Loir relève historiquement du Haut-Anjou, et est dénommée Maine angevin. Le département se situe à l'entrée du Val de Loire entre le Massif armoricain, à l'ouest, et le Bassin parisien à l'est. Marquée par une importante couverture boisée, avec quatre forêts domaniales, la Sarthe est à dominante rurale. Le département compte et en . Avec une croissance démographique modérée, la Sarthe est le second département le moins peuplé des Pays de la Loire. Elle possède quatre villes de plus de : le chef-lieu, Le Mans, ainsi que La Flèche, Sablé-sur-Sarthe et Allonnes. Le Mans et son aire urbaine concentre plus de la moitié de la population. Le reste du département est peuplé de manière peu dense. De tradition industrielle, le département et notamment Le Mans ont subi de plein fouet la régression de ce secteur à partir des années 1970, compensée par la dynamique des entreprises de services, notamment dans l'assurance. En Sarthe, le patrimoine architectural et culturel comptait au , 408 protections au titre des monuments historiques, parmi lesquels 115 classements, même partiels, et 293 inscriptions. Son chef-lieu doit sa renommée mondiale à la course des 24 Heures du Mans, dont la première édition a eu lieu en 1923 et à laquelle la devise du département fait écho : "En Sarthe, comptent plus qu'ailleurs." Géographie. Situation. La Sarthe est située dans le Grand Ouest français. Elle fait partie depuis 1955 de la région Pays de la Loire, dans laquelle elle est située au nord-est. Son territoire s'étend sur une superficie totale de , soit et 19,3 % de la région, ce qui en fait le français par sa superficie. La Sarthe compte six départements limitrophes. Ces départements sont le Maine-et-Loire et la Mayenne pour la région des Pays de la Loire, l'Indre-et-Loire, l'Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher pour la région Centre-Val de Loire, et l'Orne pour la Normandie. Paysages, géologie et relief. La Sarthe est une zone de transition entre le Massif armoricain, le Val de Loire et le Bassin parisien présentant ainsi une certaine diversité de paysages. L'atlas des paysages de la Sarthe recense douze unités paysagères au sein du département. Celles-ci sont définies selon leurs critères identitaires. Le département est marqué par une couverture boisée de , soit 17,22 % de son territoire. Quatre forêts domaniales sont recensées : la forêt de Bercé, la forêt de Sillé, la forêt de Perseigne et la forêt de Charnie. L’ouest du département, qui marque la limite orientale du Massif Armoricain, est constitué essentiellement de grès cambrien ainsi que de schistes précambriens dans la région de Sillé-le-Guillaume. Le reste du territoire est inclus dans le vaste ensemble sédimentaire du Bassin parisien. Le bassin houiller de Laval daté du Culm, du Viséen supérieur et du Namurien (daté entre - et - millions d'années). Les formations jurassiques, essentiellement des marnes et des calcaires, sont présentes dans le Nord-Est du département. La majeure partie du territoire est constituée des formations crétacées datant du Cénomanien : des argiles à minerai entre Ballon et Bonnétable ainsi qu'entre Connerré et La Ferté-Bernard, sables agglomérés en grès dans le sud-est du département, argiles à silex sur le plateau de Bonnétable, marnes micassées au sud du plateau de Saint-Calais et tuffeau en vallée du Loir. Les formations éocènes sont présentes au sud-ouest, sur le plateau de La Fontaine-Saint-Martin, alors que les principales rivières sarthoises, le Loir, la Sarthe et l'Huisne ont creusé de larges plaines alluviales. Les points les plus hauts se situent dans la partie nord du département : le belvédère de Perseigne, à Villaines-la-Carelle, point culminant du département (), le Mont du Haut-Fourché à Saint-Léonard-des-Bois, plus haut sommet des Alpes mancelles (). Le point le plus bas est situé sur la Sarthe, lorsque celle-ci quitte le département à Précigné (). Hydrographie. La Sarthe se trouve en totalité incluse dans le bassin hydrographique de la Loire, bien que celle-ci ne traverse pas le département. Avec près de de cours d'eau, la Sarthe présente un réseau hydrographique très dense, qui s'organise autour de trois cours d'eau principaux. Au sud, le Loir traverse le département d'est en ouest sur près de . Il entre dans le département à Poncé-sur-le-Loir et le quitte à Bazouges-sur-le-Loir. La Sarthe, qui a donné son nom au département, le traverse du nord, depuis Saint-Léonard-des-Bois, au sud-ouest, à Précigné. Elle reçoit les eaux de l'Huisne au Mans. Climat. La Sarthe, grâce à la proximité de la Manche et de l'océan Atlantique, possède un climat océanique. Toutefois, de par son retrait par rapport à l'océan, le département connaît une certaine influence continentale, qui se caractérise par des précipitations moins importantes que sur la côte et des étés plus chauds. Voici les données pour la station météorologique du Mans : Voies de communication et transport. Voies routières. Au , la Sarthe possédait de routes, dont d'autoroutes, de routes départementales et de voies communales. Le département occupait ainsi le rang au niveau national sur les 96 départements métropolitains pour la longueur du réseau routier, et le rang pour la densité avec de route par km de territoire. L'absence de routes nationales résulte du transfert de certains tronçons de RN au profit des départements par une réforme de 2005. La RN 12 traverse le département mais sur environ. Avant cette date, le département comptait alors de routes nationales. La Sarthe est traversée par trois autoroutes. L'A81 relie Le Mans à Rennes, vers l'ouest, et se trouve sur l'itinéraire entre Paris et la Bretagne. L'A11, appelée "L'Océane", relie Paris à Nantes et traverse le département du nord-est vers le sud-ouest. Enfin, l'A28, qui relie Abbeville à Tours, dessert le département sur un axe nord-sud. Le Mans est le principal nœud routier sarthois. De nombreuses routes départementales partent en étoile depuis la ville. L'axe majeur est l'ancienne route nationale 23, devenue « route départementale 323 », qui pénètre en Sarthe par le nord-est à Avezé et dessert La Ferté-Bernard, Le Mans et La Flèche avant de quitter le département au sud-ouest en direction du Maine-et-Loire à Bazouges-sur-le-Loir. L'ancienne route nationale 138, devenue « route départementale 338 », arrive au nord en provenance d'Alençon et dessert notamment Le Mans, Écommoy et Château-du-Loir avant de prendre la direction de Tours. Transport ferroviaire. La Sarthe bénéficie d'un réseau de transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises relativement important, dont la gare du Mans est le centre. La LGV Atlantique, mise en service en 1989, permet de relier Paris et l'Ouest de la France. Elle rejoint la ligne Paris - Brest à hauteur de Connerré. Au-delà du Mans, elle permet la desserte de Rennes et de la Bretagne en poursuivant la ligne Paris - Brest, ainsi que Nantes et les Pays de la Loire par la ligne Le Mans - Angers. Ces lignes sont empruntées par des TGV Atlantique mais aussi par des TER Pays de la Loire qui desservent les gares sarthoises comme celle de Sablé, de La Suze, de Sillé-le-Guillaume ou de La Ferté-Bernard. Les lignes Le Mans - Tours et Le Mans - Mézidon sont des maillons de la ligne Caen - Tours, et desservent notamment les gares de Vivoin - Beaumont, d'Écommoy et de Château-du-Loir. Réseau ferré de France a supervisé la construction de la LGV Bretagne-Pays de la Loire, prolongement de la branche ouest de la LGV Atlantique, qui s'étend du Mans jusqu'à Rennes et qui est entrée en service en 2017. Les travaux concernaient de ligne nouvelle dont en Sarthe. Lié à la construction de la LGV, le projet « Virgule de Sablé-sur-Sarthe » porte sur la réalisation d'une liaison ferroviaire de sur la commune d'Auvers-le-Hamon pour permettre des liaisons directes sur l’axe Nantes - Angers - Sablé-sur-Sarthe - Laval - Rennes. Autres moyens de transport. Le réseau d'autocars régional Aléop dessert de nombreuses communes sarthoises ainsi que Alençon située dans le département de l'Orne. Par ailleurs, le réseau Aléop propose également des lignes qui relient la commune de La Flèche à plusieurs communes du Maine-et-Loire et la commune de Sablé-sur-Sarthe à plusieurs communes de la Mayenne. Le réseau TER Pays de la Loire assure plusieurs liaisons quotidiennes en autocar entre Le Mans, La Flèche et Saumur. Enfin, l'agglomération du Mans possède un réseau de bus, ainsi qu'un tramway, tous deux gérés par la SETRAM. Sablé-sur-Sarthe est desservie par un réseau urbain dénommé Réso. La Sarthe possède un petit aéroport, celui du Mans-Arnage, géré par la Chambre de commerce et d'industrie du Mans et de la Sarthe. Il comprend deux pistes, dont une bitumée, mais ne propose pas de liaison journalière. Il est utilisé pour les voyages privés, les déplacements sportifs et l'accueil des pilotes ou d'invités lors des 24 Heures du Mans. L'aérodrome de La Flèche - Thorée-les-Pins, situé dans le sud du département, est réservé aux vols de loisirs ainsi qu'à la pratique du modélisme aérien. Le transport fluvial, autrefois très important pour l'économie locale, a été abandonné au profit du transport routier, et la Sarthe, l'unique cours d'eau navigable, n'est plus utilisée que par les plaisanciers. Le réseau de pistes cyclables sarthois est assez peu développé, puisque le département ne compte que quatre voies vertes. La plus longue d'entre elles, la voie verte « Le Lude - La Flèche - Baugé », emprunte le tracé des anciennes voies ferrées qui reliaient La Flèche à Aubigné-Racan et Baugé sur un parcours de . La voie verte entre Le Mans et Arnage, sur , ainsi que celle entre Le Mans et Changé, sur , empruntent les chemins de halage qui suivent le cours de la Sarthe et de l'Huisne. Un autre tracé, la voie verte de « l'Antonnière », relie les communes de Saint-Saturnin, La Milesse et Aigné, au nord du Mans, sur près de . Toponymie. Le nom du département provient de la rivière du même nom. La Constituante le 17 février 1790, décide de la division de la France en départements et le nom de Sarte, en référence à la rivière qui traverse les terres, adopte un H. L'origine latine "Sarta" de la rivière est probable. On peut hésiter au sujet de la signification. "Sar" d'après le dictionnaire français-latin Gaffiot, ouvrage de base et de référence latiniste, est une sorte de poisson, et "sarta" évoque un état de bon entretien, bien comme il faut. Avant la période révolutionnaire, la rivière est reprise sans h, dans maints ouvrages, ainsi dans l'œuvre de Pascal Robin sieur du Faux (1539-1593, poète angevin "docte en grec, latin et françois", qui la cite, parmi les rivières enfantées par la Loire, "Liger", à savoir "Sarta, Vigenna, Sebris, Latanos, Meduana, Liromus, Versutia, Leura, Albantia…" (Sarthe, Vienne, Sèvre, Latan, Mayenne, Irosme, Versée, Erve, Aubance…) Histoire. Préhistoire et Antiquité. Les traces de l'occupation humaine de la Sarthe sont assez anciennes. Au Néolithique, plusieurs mégalithes sont édifiés, comme le dolmen de la Pierre couverte de Vaas, celui de Lhomme ou de Duneau. La Sarthe recense 28 dolmens et 46 menhirs, dont quatorze bénéficient aujourd'hui d'une protection au titre des monuments historiques. Plusieurs habitats néolithiques ont été découverts dans le département, comme à Gréez-sur-Roc, Vivoin ou Auvers-le-Hamon, ainsi que des haches de pierre polie au Mans. À partir du , une peuplade celte occupe le territoire actuel de la Sarthe : les Aulerques Cénomans. Ils y établissent leur cité, "Vindunum", devenue Le Mans, ainsi que le sanctuaire de Mars Mullo à Allonnes. Tacite les comptait parmi ceux qui envahirent avant cela l'Italie sous la conduite de Bellovèse et qui s'installèrent dans le nord de la péninsule italienne. Pendant la guerre des Gaules, un lieutenant de Jules César, Publius Crassus, soumet la tribu, qui se joint quelques années plus tard à l'insurrection menée par Vercingétorix. les Aulerques Cénomans envoient ainsi à l'armée chargée de délivrer Alésia. Après la conquête de la Gaule, le territoire des Cénomans est rattaché à la province de la Gaule lyonnaise, puis sous Dioclétien, le "civitas Cenomanorum" intègre la Lyonnaise seconde. "Vindunum", qui est ensuite mentionné sous la forme "Subdunum" sur la table de Peutinger, était située au centre d'un important réseau de voies romaines vers les cités importantes des peuplades voisines. Ces voies romaines se dirigeaient notamment vers Chartres ("Autricum"), Châteaudun ("Castellodunum"), Évreux ("Mediolanum"), Jublains ("Noviodunum"), Rennes ("Condate"), Angers ("Juliomagus"), Tours ("Caesarodunum"), Orléans ("Cenabum") et Vendôme. Ces routes étaient jalonnées de relais de poste et gîtes d'étapes, comme à Cré-sur-Loir, Vaas ou encore Oisseau-le-Petit. Plusieurs vestiges de la période gallo-romaine ont été mis au jour en Sarthe. L'enceinte romaine du Mans a été édifiée à la fin du pour résister aux invasions barbares. Elle forme un quadrilatère irrégulier de de long sur de large. Sur la commune d'Aubigné-Racan, dans le sud du département, le site archéologique de Cherré regroupe un théâtre, un forum, un temple, des thermes ainsi qu'un aqueduc. Au Mans, un trésor de 152 pièces d'or gauloises a été découvert sur les bords de l'Huisne au début des années 1990. À partir du , les invasions barbares troublent la "Pax Romana". Le passage des peuples germaniques en Sarthe est attesté par la destruction d'une villa à Mont-Saint-Jean et le massacre d'une cinquantaine de ses habitants. Vers la fin du , le "civitas cenomanorum" appartient à la lyonnaise. Christianisation et haut Moyen Âge. Le christianisme pénètre en Sarthe dès le par le sud, le long des voies romaines, grâce aux expéditions menées par Martin de Tours et se développe peu à peu autour du Mans, suivant le prêche de saint Julien, premier évêque du Mans. Victeur est le premier évêque du Mans participant à un concile, à Angers en 453 puis à Tours en 461. À la fin du , un chef franc parent de Clovis, Rignomer, s'installe au Mans avec une colonie de Francs avec le titre de roi. Il est détrôné et assassiné par Clovis en 510. Pour asseoir leur domination, les Francs s'appuient sur les évêques, présence réelle et concrète de l'autorité dans la cité. Le pouvoir des évêques s'étend et ceux-ci font ouvrir de nombreux monastères au Mans, comme l'abbaye Saint-Vincent, fondée par Domnole, ou l'abbaye de la Couture fondée par Saint Bertrand, mais aussi dans le reste de l'évêché, comme à Saint-Ulphace, Saint-Rigomer ou Saint-Calais, qui prennent le nom des moines qui s'y sont installés. Après la mort de Louis le Pieux en 840, ses trois fils se disputent l'Empire carolingien et le Maine n'est pas épargné par les combats. L'évêque Aldric quitte Le Mans pour suivre Charles le Chauve alors que les troupes de Lothaire ravagent les faubourgs de la ville. Il rentre au Mans en 841. La ville tombe ensuite aux mains de Lambert II, comte de Nantes, en 850, avant d'être reprise deux ans plus tard par le comte du Maine Gauzbert. Les troubles ne cessent d'agiter la province du Maine. La première incursion des Vikings au Mans en 865 se traduit par le pillage de la cité et l'incendie de la cathédrale. L'année suivante, les Vikings pillent à nouveau la ville, mais sont interceptés sur le chemin du retour par Robert le Fort à Brissarthe. La muraille gallo-romaine est restaurée à partir de 869. Les Vikings tentent de s'emparer une nouvelle fois de la ville en 875, mais ils échouent dans leur tentative. D'autres expéditions sont menées sur le territoire cénoman par les Vikings, comme au Lude, où l'église est détruite. Du au. Entre les , le comté du Maine est marqué par les luttes de pouvoir entre comtes et évêques, issus de la famille de Bellême. Ainsi en 1034, le comte Herbert Éveille-Chien assiège et détruit le château de La Ferté appartenant à l'évêque Avesgaud de Bellême, l'obligeant à quitter l'évêché. Dans la seconde moitié du , le Maine suscite des rivalités entre Angevins et Normands. À partir de 1040, Geoffroy Martel, comte d'Anjou, occupe le Maine et s'empare du Mans dont il enferme l'évêque Gervais de Château-du-Loir. Le comte Herbert II du Maine cherche le soutien de Guillaume, duc de Normandie : Robert Courteheuse, fils de Guillaume, épouse la sœur d'Herbert, et ce dernier promet d'épouser une des filles du Guillaume. Mort sans héritier, Herbert désigne Guillaume comme son successeur, mais les seigneurs du Maine se révoltent et appellent à la tête du comté un oncle d'Herbert, Gautier de Vexin. Guillaume se lance alors dans la conquête du Maine, prend Le Mans en 1063 et installe son fils Robert Courteheuse à la tête du comté. Guillaume, devenu entre-temps le Conquérant après son succès en Angleterre, revient au Mans recevoir les clés de la ville en mars 1073. Les seigneurs locaux se révoltent à nouveau et renouent avec le lignage des anciens comtes du Maine en plaçant à leur tête Hugues d'Este, petit-fils d'Herbert Éveille-Chien. En 1092, Hugues d'Este vend le comté du Maine à son cousin Hélie de la Flèche pour . Hélie marie sa fille Eremburge à Foulque V le Bel, rattachant ainsi définitivement le Maine à l'Anjou. De l'union entre Eremburge et Foulque naît Geoffroy le Bel, fondateur de la dynastie des Plantagenêt. Son fils Henri II, né au Mans le 5 mars 1133, deviendra roi d'Angleterre en 1154. Au début du , Philippe Auguste confisque le comté du Maine et le remet en douaire à la Bérangère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion. La reine Bérangère demeure au Mans jusqu'à sa mort, elle y fonde notamment l'abbaye de l'Épau. En 1246, Louis IX constitue le Maine en apanage à l'intention de son frère Charles. La guerre de Cent Ans. Le Maine est rattaché à la couronne en 1328, lorsque Philippe de Valois, comte du Maine et d'Anjou, devient roi de France. Il logeait avec sa femme Jeanne de Bourgogne au château du Gué de Maulny, près du Mans, où est né leur fils Jean, qui devient le roi Jean II le Bon à la mort de Philippe. Jean détache à nouveau le comté du Maine de la couronne pour le joindre à l'apanage de son fils Louis d'Anjou. De par sa situation géographique, le comté du Maine est particulièrement touché par les combats de la guerre de Cent Ans. Après la défaite française lors de la bataille de Poitiers en 1356, Jean le Bon est capturé par les Anglais, qui chevauchent jusque dans le Maine en s'emparant des forteresses et ravageant les faubourgs du Mans. En 1370, le connétable Bertrand Du Guesclin remporte une victoire décisive face aux Anglais à la bataille de Pontvallain. Le lendemain, il s'empare de Vaas, et repousse les Anglais jusqu'au sud de la Loire. En 1392, Pierre de Craon tente d'assassiner Olivier de Clisson, devenu connétable de France après la mort de Du Guesclin. Sa tentative échouée, Pierre de Craon se réfugie chez son cousin Jean IV, duc de Bretagne. Le roi Charles VI décide de marcher sur la Bretagne afin de châtier les coupables. Arrivé au Mans, il quitte la ville le . Alors que le cortège chemine en forêt sous une chaleur accablante, le roi est atteint d'une crise de démence soudaine : il s'empare de son épée et se précipite sur les gens de sa suite, faisant quatre victimes. Le roi, saisi de force, est ramené au Mans ligoté sur un chariot. En 1417, Henri V d'Angleterre débarque en Normandie, puis s'empare de Fresnay-le-Vicomte et des châteaux de Bourg-le-Roi, Saint-Paul-le-Vicomte et Mamers dans le nord du comté. Après la bataille de Verneuil en 1424, les Anglais achèvent la conquête du Maine. Le comte de Salisbury s'empare des forteresses de Beaumont et de Sillé avant d'assiéger Le Mans, défendue par Baudouin de Tucé, qui se rend le . Les Anglais s'emparent des autres places fortes du comté du Maine avant la fin de l'année 1425. La libération du Mans et des autres places du Maine intervient en 1448. En 1481, après la mort du dernier comte, Charles V, le comté du Maine retourne à la couronne. La même année, Le Mans obtient de Louis XI son érection en municipalité. Époque moderne. Le Maine voit naître plusieurs personnalités de la Renaissance dont les poètes Jacques Peletier du Mans et Nicolas Denisot, membres de la Pléiade, Jacques Tahureau et Robert Garnier, ainsi que le naturaliste Pierre Belon, né à la Souletière près de Cérans. La province est marquée par les guerres de religion : les protestants menés par le lieutenant de police Jean de Vignolles s'emparent du Mans en avril 1562, et tiennent la ville pendant trois mois. À la fin du siècle, la Ligue catholique est très présente dans le Maine. En remontant de la vallée du Loir, Henri IV prend Le Mans le , tandis que La Ferté-Bernard est prise après un mois de siège en mai 1590. Au , la province du Maine est intégrée avec celles de Touraine et d'Anjou à la généralité de Tours. L'élection du Mans rassemblait 344 paroisses. La Révolution et les origines du département. La Sarthe, comme 82 autres départements, est créée par le décret du . La province du Maine est séparée en deux départements : le Haut-Maine, centré sur Le Mans, devient la Sarthe, tandis que le Bas-Maine, centré sur Laval, devient la Mayenne. La Sarthe reçoit une portion du territoire de l'ancienne province d'Anjou, située le long du Loir entre La Flèche et Le Lude, appelée le Maine angevin. Quelques paroisses du Perche, autour de Montmirail, sont elles aussi intégrées au nouveau département. Pendant l'été 1789, les troubles de la Grande Peur frappent la Sarthe. Le 18 juillet, la voiture de deux députés de la noblesse est précipitée dans la rivière à Savigné-l'Évêque. Le lendemain, les patriotes manceaux imposent la création d'un comité municipal permanent dirigé par des bourgeois et placé sous la protection d'une milice citoyenne. Un massacre a lieu le 23 juillet à Ballon : Charles-Pierre Cureau, lieutenant du maire du Mans, et le comte de Montesson sont décapités dans la cour du château. À la fin de l'année 1793, la Sarthe est touchée par l'expédition de l'armée vendéenne menée pendant la virée de Galerne. Défaits à Granville le 14 novembre, les Vendéens opèrent une retraite sur la Loire et font le siège d'Angers les 3 et 4 décembre. Repoussés, ils lèvent le siège et se replient vers le nord-est en direction du Mans, poursuivis par les hommes du général Westermann. Ils arrivent à La Flèche le 8 décembre. La défense de la ville est assurée par les hommes du général Chabot qui avaient détruit une des arches du pont sur le Loir. Les Vendéens, commandés par La Rochejaquelein, contournent la ville en franchissant le Loir au niveau d'un gué, avant d'attaquer les troupes républicaines de Chabot. Pris à revers, les républicains s'enfuient. Les Vendéens rétablirent le pont et séjournèrent quelques jours à La Flèche, le temps de se refaire avant de repartir en direction du Mans le 10 décembre et de détruire le pont derrière eux. Néanmoins le même jour, le général Westermann reprend la ville et écrase l'arrière-garde des royalistes. Les blessés et les malades vendéens laissés à La Flèche sont massacrés par les soldats. Selon les généraux républicains environ meurent à La Flèche ou ses environs. L'armée vendéenne arrive au Mans, qu'elle occupe après un court combat dans les environs de Pontlieue. Le 12 décembre, l'avant-garde de l'armée républicaine commandée par Westermann arrive au Mans et passe aussitôt à l'attaque, mais est repoussée à l'extérieur de la ville par les hommes de La Rochejaquelein. Westermann reçoit en renfort les troupes de Tilly, puis celles de Marceau et enfin celles de Kléber. Les combats se portent alors à l'intérieur de la ville et se poursuivent toute la nuit. La Rochejaquelein et le gros des troupes se replient sur Laval. L'affrontement tourne au bain de sang, les soldats républicains pénètrent dans les maisons et y massacrent les femmes et les enfants vendéens qui s'y étaient réfugiés. à Vendéens sont tués au cours de cette bataille, beaucoup d'autres sont faits prisonniers; les républicains en revanche n'ont que 30 morts et 100 blessés. En 1799, les levées d'hommes pour faire face aux défaites militaires de la République et le vote de la loi des otages conduisent les chefs chouans à lancer une nouvelle insurrection. Ils désignent le comte de Bourmont, alors en exil en Angleterre, pour commander en chef de l'Armée royale du Maine. Les insurgés, venus de la Sarthe et de la Mayenne au nombre de étaient répartis en divisions organisées par des chefs vétérans des insurrections précédentes. Le 15 octobre, l'armée royale du Maine prend Le Mans, avant de l'abandonner quelques jours plus tard pour se porter vers le bourg de Ballée, en Mayenne. L'Empire met fin pour un temps aux insurrections. Les activités de la chouannerie reprennent épisodiquement, comme en 1813, où les troupes impériales arrivent en Sarthe pour mettre fin à une bande organisée sous la direction du capitaine « Sans-Façon » aux alentours de Sillé-le-Guillaume. En 1808, Napoléon décide de transférer le Prytanée militaire de Saint-Cyr dans les locaux de l'ancien collège des Jésuites de La Flèche, fondé par Henri IV. Après la chute de Napoléon à la bataille de Waterloo en 1815, le département est occupé par les troupes prussiennes. Une première brigade arrive au Mans le 3 août, suivie de deux autres brigades destinées à camper dans la région de La Flèche et celle de Mamers. L'occupation dure près de deux mois, jusqu'au départ des Prussiens le 28 septembre. Du à nos jours. À la suite du coup d'État du 2 décembre 1851 mené par Louis-Napoléon Bonaparte, l'ancien ministre des finances Trouvé-Chauvel qui réside à La Suze-sur-Sarthe décide les ouvriers tanneurs de la localité à prendre les armes pour protester contre les décrets présidentiels. La révolte prend fin au bout de quelques jours et plusieurs dizaines d'habitants de La Suze sont déportés en Algérie. Le Second Empire prend fin avec la guerre franco-prussienne de 1870. Après la bataille de Sedan où les Français sont défaits le , l'armée de la Loire est formée par Léon Gambetta pour poursuivre la guerre contre les Allemands. Le 22 octobre, le général de Kératry est nommé à la tête de l'armée de Bretagne et chargé d'établir le camp de Conlie dans le Nord-Ouest de la Sarthe afin d'y accueillir les mobilisés. Le ravitaillement en matériel et en armes du camp connaît des difficultés et les soldats mobilisés ne reçoivent ni l'armement, ni l'instruction nécessaire pour se rendre au combat. Les premiers combats en Sarthe interviennent au cours du mois de novembre autour de La Ferté-Bernard. Après les défaites françaises à Orléans et Loigny au début du mois de décembre, l'armée de la Loire est réorganisée et le commandement en est confié à Alfred Chanzy, qui décide de se replier sur Le Mans. Le 25 décembre, les Prussiens attaquent et pillent la ville de Saint-Calais, dans l'Est du département. La bataille du Mans s'engage à partir du , mais après quelques jours de résistance, l'armée commandée par Chanzy est battue et doit se replier vers Laval puis sur la rive droite de la Mayenne, alors que l'armistice mettant fin aux combats est signé le 28 janvier. L'occupation de la Sarthe commence et l'armée prussienne atteint La Flèche le 19 janvier. Entre la fin du et le début du , Le Mans devient un haut lieu dans le domaine des transports, avec les inventions dans le domaine de l'automobile des frères Léon et Amédée Bollée, ainsi que les premiers vols en avion des frères Orville et Wilbur Wright au-dessus de la ligne droite des Hunaudières. L'exploitation des houillères locales favorise le développement de l'activité chauffournière dans la région au . Lors de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands arrivent au Mans le , et prennent possession des villes situées au sud du département, La Flèche et Le Lude, le lendemain. La libération du Mans intervient le , celle du département le 10 août. Politique et administration. Politique. Tendance politique. Le département de la Sarthe est un département traditionnellement situé à droite de l’échiquier politique. Sous la Cinquième République (ayant débuté en 1958), le département a ainsi la plupart du temps élu des personnalités politiques de droite. Pour autant la nouvelle tendance observée depuis les récentes élections locales s'oriente vers un certain retour de la gauche, notamment par le biais du Parti socialiste. Ainsi, lors des élections législatives de 2012, les candidats de la gauche ont été élus dans quatre des cinq circonscriptions législatives, alors qu'ils n'en avaient remporté qu'une en 2007 et aucune en 2002. De même, lors de l'élection présidentielle de 2012, le socialiste François Hollande est arrivé en tête à chaque tour, atteignant 28,13 % des suffrages lors du tour et 52,67 % lors du second tour. Pour autant, la droite a conservé la majorité au conseil général avec 22 sièges sur 40, et placé à sa tête le représentant de l'UMP Jean-Marie Geveaux. De même, la Sarthe compte trois sénateurs de droite : Roland du Luart, Marcel-Pierre Cléach et Jean-Pierre Chauveau. Le département de la Sarthe enregistre le plus souvent des taux d'abstention plus faibles que ceux de la moyenne nationale lors des élections présidentielles. Ainsi lors des élections présidentielles de 2012, l'abstention n'atteignait que 17,83 % au tour et 18,36 % au second, contre lorsque 20,52 % et 19,65 % au niveau national. Personnalités politiques. La Sarthe a notamment donné plusieurs ministres à la France depuis la Troisième République, dont François Fillon : Paul d'Estournelles de Constant (1852-1924), né à La Flèche, député puis sénateur de la Sarthe, est élu prix Nobel de la paix en 1909. Conseil départemental. Le Conseil départemental est l'assemblée délibérante du département de la Sarthe, collectivité territoriale décentralisée. Son siège se trouve au Mans, à l'hôtel du département. Le Conseil départemental comprend 42 conseillers généraux issus des 21 cantons de la Sarthe. Ces conseillers sont renouvelés tous les 6 ans. En 2018, le budget primitif du Conseil départemental s'élève à . Administration. Administration territoriale. Le département de la Sarthe est composé de 354 communes, 21 cantons et 3 arrondissements. L'arrondissement du Mans, le moins vaste avec , regroupe près de la moitié de la population sarthoise (46,3 %) avec , répartis sur 45 communes. L'arrondissement de la Flèche, qui comprend la vallée du Loir et la vallée de la Sarthe, regroupe 118 communes, pour . L'arrondissement de Mamers, qui comprend la Haute-Sarthe, les Alpes mancelles et le Perche sarthois, regroupe quant à lui 191 communes, pour une population à peu près équivalente à celui de La Flèche avec . La Sarthe possède 16 intercommunalités, dont une seule communauté urbaine, Le Mans Métropole. Par ailleurs, quatre communes sarthoises (Arçonnay, Champfleur, Le Chevain et Saint-Paterne) sont membres de la communauté urbaine d'Alençon, pourtant située sur le département voisin de l'Orne. Instances judiciaires et administratives. Le département de la Sarthe dépend du ressort de la cour d'appel d'Angers, dont le siège se situe au palais de justice d'Angers. Le ressort couvre un territoire de qui comprend 18 juridictions, dont cinq sont situées en Sarthe : le tribunal de grande instance du Mans, les tribunaux d'instance du Mans et de la Flèche ainsi que le conseil des prud'hommes et le tribunal de commerce du Mans. Le département est par ailleurs couvert par le tribunal administratif de Nantes, dont le ressort s'étend sur toute la région des Pays de la Loire. En matière de police, la Sarthe dépend de la Direction interrégionale de la Police judiciaire (DIPJ) de Rennes (Ille-et-Vilaine), qui couvre l'ensemble des régions Bretagne, Pays de la Loire, Haute et Basse-Normandie. À cela s'ajoute la présence de la police municipale dans certaines communes et de la Direction départementale de la sécurité publique de la Sarthe (DDSP72), qui est la principale direction opérationnelle intégrée à la Direction Générale de la Police nationale, incluant notamment Police secours. La Sarthe possède aussi un groupement départemental de gendarmerie. La préfecture de la Sarthe est établie dans l'ancienne abbaye de la Couture du Mans. Le préfet de la Sarthe, c'est-à-dire le représentant de l'État en Sarthe, est Pascal Dallennes depuis février 2020. Population et société. Démographie. Évolution démographique. La Sarthe est un département moyennement peuplé, sa densité était de en , légèrement inférieure aux en France métropolitaine. Elle est également inférieure à celle des Pays de la Loire, qui s'élève à . La population sarthoise est en constante augmentation depuis 1968. Elle a augmenté de 6,3 % entre 1999 et 2010. La Sarthe possède une croissance démographique régulière, avec 0,6 % d'augmentation par an. Cet accroissement est dû au solde naturel, avec 0,3 % de hausse par an, ainsi qu'au solde migratoire, avec 0,2 %. La Sarthe présente un taux de natalité de , légèrement en retrait de la moyenne nationale (). C'est dans les communes périurbaines composant la deuxième couronne mancelle, ainsi que le long des axes Angers-Le Mans et Laval-Le Mans que le dynamisme démographique est le plus fort. La hausse de la population s'accompagne d'un vieillissement de la population, qui à terme, ferait diminuer le taux de croissance. L'Insee prévoit une hausse de entre 2007 et 2040, avec un taux de croissance moyen de 0,4 %, en dessous de celui des Pays de la Loire (0,7 %). Pyramide des âges. Les pyramides des âges du département de la Sarthe, comparées sur les années 1999 et 2009, expriment le vieillissement de la population. La part des plus de 60 ans est ainsi passée de 23,1 % à 23,9 % de la population totale en dix ans. Plus particulièrement, la tranche des plus de 75 ans a augmenté de 8,6 % à 9,9 % sur la même période, tandis que la tranche des moins de 30 ans a reculé de 37,6 à 36,2 %. Les ménages. Le nombre total de ménages sarthois est de en 2009. Le département compte une majorité de ménages composés d'une seule personne, parmi lesquelles 18,7 % de femmes et 13,9 % d'hommes vivant seuls. Ce niveau est légèrement plus faible en Sarthe qu'en moyenne en France. Voici ci-dessous les données en pourcentages de la répartition de ces ménages par rapport au nombre total de ménages : Les ménages Enseignement et recherche. En matière d'éducation et d'enseignement, le département de la Sarthe appartient à la circonscription administrative de l'académie de Nantes qui regroupe également tous les autres départements de la région Pays de la Loire. Il s'agit de la académie de France par sa population scolaire. En 2012, la Sarthe compte 490 écoles maternelles et primaires, dont 423 sont publiques et 67 sont privées. Les écoles privées ne représente ainsi que 13,7 % des écoles sarthoises, un taux bien inférieur à celui de l'académie (31,6 %). La Sarthe possède aussi 78 collèges, dont 58 sont publics et 50 sont privés, 21 lycées généraux et technologiques, dont 12 publics et 9 privés, ainsi que 14 lycées professionnels dont seulement 5 sont publics. En 2012, ces établissements totalisaient , dont dans le public (81,6 %) et dans le privé (18,4 %). La Sarthe présente une forte proportion de personnes peu ou pas diplômée, et en 2009, seulement 18 % des Sarthois avaient un diplôme de l'enseignement supérieur, contre 24,5 % en France métropolitaine. 28,7 % avaient alors un CAP ou un BEP, et 39,7 % n'avaient aucun diplôme ou bien seulement le BEPC ou le certificat d'études primaires. Les 13,7 % restant avaient obtenu le baccalauréat ou un brevet professionnel. L'enseignement supérieur est principalement représenté en Sarthe par l'Université du Maine, membre du pôle de recherche et d'enseignement supérieur Université Nantes Angers Le Mans (UNAM) et qui compte en 2011. Située sur le campus du Ribay, au Mans, l'Université du Maine compte trois unités de formation et de recherche : la faculté des Sciences et Techniques, la faculté des Lettres, Langues et Sciences Humaines et la faculté de Droit, Sciences Économiques et Gestion. Elle intègre également deux IUT, dont l'un est implanté à Laval, dans le département voisin de la Mayenne, ainsi que l'École nationale supérieure d'ingénieurs du Mans (ENSIM), spécialisée en vibrations, acoustiques et capteurs, ainsi qu'en informatique. L'Université du Maine compte 15 laboratoires de recherche regroupant 308 enseignants-chercheurs, dont 24 chercheurs CNRS. Outre l'université, le campus du Ribay regroupe l'école supérieure des géomètres et topographes (ESGT), qui dépend directement du CNAM, ainsi que l'ISMANS, une école d'ingénieurs, et l'ITEMM, chargé de former des techniciens dans la fabrication d'instruments de musique. Le Mans possède également une antenne de l'école supérieure des beaux-arts d'Angers, une école de commerce, l'ISIALM, et l'Auto Sport Academy, école spécialisée dans l'apprentissage des métiers du sport automobile. Santé. En 2012, la Sarthe comptait professionnels de santé, dont infirmiers et infirmières diplômés d'État, 682 médecins généralistes, 603 médecins spécialistes, 471 pharmaciens, 390 masseurs et kinésithérapeutes et 231 chirurgiens-dentistes. La densité de professionnels libéraux de santé pour le département s'élevait alors à 82 généralistes, 62 spécialistes et 66 infirmiers diplômés d'État pour , chiffre en dessous des moyennes régionales et nationales. La Sarthe présente un niveau de mortalité générale comparable à la moyenne régionale, alors que la mortalité prématurée est supérieure de 6 % à celle des Pays de la Loire. Le département de la Sarthe possède plus d'une dizaine d'hôpitaux et de cliniques répartis sur l’ensemble du territoire. Le principal établissement est le centre hospitalier du Mans, plus important centre hospitalier non-universitaire de France avec une capacité de . Il compte 21 salles de bloc opératoire et comptabilise pour l'année 2011, dont séjours supérieurs à 24 heures. Situé à proximité de la rocade sud-est du Mans, le Pôle Santé Sud regroupe depuis 2008 le Centre médico-chirurgical du Mans (CMCM) et la clinique du Tertre Rouge. La ville du Mans compte deux autres établissements hospitaliers : le centre Jean-Bernard, spécialisé dans la prise en charge du cancer, ainsi que la clinique du Pré. Situé sur la commune du Bailleul, le Pôle Santé Sarthe et Loir est né en 2007 de la fusion des centres hospitaliers de Sablé-sur-Sarthe et La Flèche. Il compte 276 lits et regroupe également deux EHPAD. Le département compte également les centres hospitaliers de Château-du-Loir, La Ferté-Bernard et Saint-Calais, ainsi que les hôpitaux locaux de Sillé-le-Guillaume et Bonnétable. Sports. La course automobile des 24 Heures du Mans est la principale épreuve sportive du département de la Sarthe. La compétition, organisée par l'Automobile Club de l'Ouest (ACO) et dont la première édition a eu lieu en 1923, se déroule chaque année au mois de juin. Elle attire près de . Plusieurs autres compétitions se déroulent sur le circuit Bugatti et font du Mans l'une des capitales des sports mécaniques. Le Grand Prix de France moto, épreuve du championnat du monde de vitesse moto, a lieu tous les ans au mois de mai depuis l'an 2000. Elle a attiré plus de en 2013. Les 24 Heures Moto, le GT Tour ou encore le Championnat de France Superbike font également partie des principales épreuves organisées sur le circuit Bugatti. Dans les autres sports, le Circuit de la Sarthe est une épreuve cycliste professionnelle qui se déroule traditionnellement en avril, sur le format d'une course à étapes. La ville du Mans a reçu à sept reprises une arrivée d'étape du Tour de France depuis 1952. Elle a également accueilli le départ de la étape du Tour de France 2011 en direction de Châteauroux. Le cross Ouest-France est un cross-country organisé sur le site de l'Arche de la nature ouvert à la fois aux professionnels et aux amateurs. En ce qui concerne les sports collectifs, la Sarthe rayonne par le biais de ses deux clubs professionnels : Le Mans compte aussi, avec Les Caïmans, un des plus vieux clubs provinciaux, de football américain, club créé en 1985. La Sarthe a par ailleurs vu naître un certain nombre de grands sportifs, parmi lesquels le tennisman Jo-Wilfried Tsonga, le cycliste Laurent Brochard, champion du monde en 1997, le jockey Jean-Michel Bazire, ainsi que les pilotes automobiles Sébastien Bourdais, Henri Pescarolo et Jean Rondeau. Le MMArena, situé à proximité du circuit, est la principale infrastructure sportive du département. Inauguré en janvier 2011, ce stade d'une capacité de est le premier possédant un contrat de "naming" en France. Il accueille les matchs du Mans FC. La salle Antarès, à la fois salle de sports et de spectacles, est une enceinte d'une capacité de au sein de laquelle se déroule les matchs de l'équipe de basket du MSB, mais aussi parfois des matchs de l'équipe de France de handball. En matière de randonnée, le département de la Sarthe accueille sur son territoire des portions de cinq sentiers de grande randonnée sur près de : Il y a quatre golfs en Sarthe : le golf de Sablé-Solesmes, le golf d'Arçonnay, le golf de Sargé-lès-le-Mans et le golf des 24 Heures à Mulsanne. Religion. La Sarthe et sa population restent traditionnellement attachées au catholicisme, bien que celui-ci soit moins présent que dans les autres départements du Grand Ouest. Une enquête réalisée par l'IFOP en 2006 fait apparaître qu'entre 64 % et 70 % des Sarthois se déclarent de confession catholique. Les autres religions sont beaucoup moins développées. Ainsi, le protestantisme n'est déclaré que par moins d'1 % de la population sarthoise, tout comme l'islam, tandis que le judaïsme ne représente qu'entre 0,5 % et 1 %. À l'inverse, entre 27 % et 34 % des personnes se déclarent sans religion. Le diocèse du Mans, qui correspond aux limites géographiques du département de la Sarthe, fait partie de la province ecclésiastique de Rennes. Il regroupe 16 doyennés, eux-mêmes divisés en 79 paroisses. Le diocèse du Mans est aujourd'hui vacant depuis la nomination d'Yves Le Saux à Annecy. La Sarthe compte par ailleurs de nombreuses congrégations religieuses, dont celle de l'abbaye de Solesmes. Le département compte 11 mosquées (dont deux mosquées turques) : 5 dans l'aire urbaine du Mans, 2 à Sablé-sur-Sarthe, une à La Ferté-Bernard, à Mamers et à Champagné, ainsi qu'une synagogue et un temple protestant, situés au Mans, et un monastère orthodoxe situé à Saint-Mars-de-Locquenay. En ce qui concerne la pratique du bouddhisme, la Sarthe accueille le « centre de méditation Kadampa », un centre d'étude et de pratique de la Nouvelle Tradition Kadampa. Médias. Deux chaînes de télévision locales sont présentes en Sarthe : France 3 Pays de la Loire et son édition « Maine », ainsi que Le Mans Télévision (ou LMTV), implantée au Mans. Outre les principales stations de radio nationales, la Sarthe est couverte par les programmes de plusieurs stations locales : France Bleu Maine, établie depuis 2010, Sweet FM, RCF Le Mans, Fréquence Sillé, Radio Prévert, Cartables FM et Radio Alpa. Les programmes de la TNT et de la radio sont transmis en Sarthe par l'émetteur de Mayet, une des plus hautes constructions de France avec ses . En ce qui concerne la presse écrite, la Sarthe est couverte par les éditions locales du quotidien "Ouest-France", ainsi que par le journal régional "Le Maine libre", qui occupe la place de quotidien sarthois avec lecteurs chaque jour en 2011. Le groupe Publihebdos propose quatre hebdomadaires en Sarthe : "Les Alpes Mancelles, Les Nouvelles de Sablé, L'Écho Sarthois et le Petit Courrier". Économie. Revenus de la population et fiscalité. En 2009, l'INSEE recensait en Sarthe foyers fiscaux, dont 52,9 % étaient imposables. Le revenu net total déclaré par tous les foyers fiscaux s'élevait pour cette année à (partagé à hauteur de 77,7 % par les foyers imposables et 22,3 % par les non-imposables). En outre le revenu net déclaré moyen s'élevait pour sa part à par foyer fiscal ( pour les foyers fiscaux imposables et pour les non-imposables) et l'impôt moyen à . La même année en France, la part de foyers imposables était de 53,6 % et le revenu moyen de €, soit des chiffres sensiblement supérieurs à ceux constatés en Sarthe. En 2010, les revenus déclarés de la population sarthoise se sont répartis en 61,6 % de salaires, de 28 % de retraites, pensions et rentes, de 5,3 % de revenus non-salariés et de 5,1 % d'autres revenus. Du côté de l’imposition sur le patrimoine, la Sarthe comptait en 2010 une seule commune de plus de possédant plus de 50 redevables de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) : Le Mans, avec 456 redevables et un impôt moyen qui s'élevait alors à . Emploi. En 2009, la population sarthoise âgée de 15 à 64 ans s'élevait à , parmi lesquelles on comptait 73 % d'actifs dont 65,3 points ayant un emploi et 7,7 points de chômeurs. On comptait dans la zone d'emploi, contre en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de , l'indicateur de concentration d'emploi est de 97,2 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre un peu moins d'un emploi pour un habitant actif. Toujours en 2009, 39,8 % des emplois concernaient les services, les transports et le commerce. Suivaient l'administration publique, l'enseignement et l'action sociale, avec 29,9 % des emplois, l'industrie, 19,4 %, la construction, 7 % et l'agriculture avec 3,9 %. L'emploi salarié représentait 86,9 %, avec 74,7 % d'emplois à durée indéterminée. Les contrats à durée déterminée (CDD) ne représentaient que 6 % du total, les emplois en intérim, 2,9 %, tout comme les stages et les contrats d'apprentissage, alors que les emplois aidés représentaient 0,5 %. La même année, 62,1 % des Sarthois travaillaient dans une autre commune que leur commune de résidence, un nombre encore plus important qu'en 1999 lorsque celui-ci s'élevait à 55 %. Ils étaient 53,2 % à travailler dans une autre commune du département, 2 % dans un autre département de la région de résidence, 6,9 % dans une autre région française et seulement 0,1 % à l'étranger. Entreprises du département. Au 31 décembre 2010, la Sarthe comptait : dans l’agriculture-sylviculture-pêche (17,2 %), dans l'industrie (6,3 %), dans la construction (8,6 %), dans le commerce-transports-services divers (53,8 %) et étaient relatifs au secteur administratif (14,1 %). En 2011, ont été créées en Sarthe, dont par des autoentrepreneurs. Entreprises d'envergure nationale ou internationale. Ci-après sont listées les principales grandes entreprises dont le siège et/ou au moins un établissement sont situés en Sarthe. En gras sont indiquées les entreprises qui y ont leur siège. Agriculture. L'agriculture est un secteur important pour l'économie sarthoise. Le département se situe au rang français pour la viande de volailles, au rang pour la viande de porc et la production d'œufs, ainsi qu'au rang pour les livraisons laitières. La Sarthe possède une surface agricole utile de , soit 67 % de la superficie totale du département. Les prairies occupent la plus grande part de cette surface avec . La Sarthe compte environ exploitations, soit 15 % de l'ensemble des exploitations de la région Pays de la Loire, et contribue à 14 % de la production régionale. L'activité bovins en général domine le secteur avec , soit 27 % des actifs. Les autres activités importantes sont l'élevage hors sol avec actifs, (23 %) et la polyculture avec actifs (18 %). Les grandes cultures concernent actifs, les ovins, caprins et autres herbivores actifs. Le maraîchage, l'horticulture, les fruits et la viticulture sont des activités moins développées, et concentrent dans leur ensemble 900 personnes. La Sarthe représente 25 % de la production nationale de volailles Label rouge. exploitations sarthoises ont au moins une de leurs productions sous signe de qualité, alors que 170 d'entre elles sont certifiées agriculture biologique. Les races bovines les plus fréquentes en Sarthe sont la Charolaise et la Limousine pour la viande, et la Prim'Holstein et la Normande pour le lait. La pomme est la principale culture fruitière en Sarthe, avec récoltées chaque année, soit 3,5 % de la production nationale. Enfin, le département compte de vigne, dont 134 pour les AOC de la Vallée du Loir Jasnières et Coteaux-du-loir. Industrie. Le secteur de l'industrie était en 2009 le employeur en Sarthe avec , derrière le secteur des services et du commerce, soit 19,4 % des emplois du département. Le secteur industriel sarthois compte 743 entreprises de plus de 10 salariés et s'appuie sur l'importance des filières agroalimentaires, automobile et mécanique, et plasturgie. De grands groupes agroalimentaires sont implantés en Sarthe, comme le volailler LDC ou le fromager Groupe Bel, ainsi que des usines de construction et de sous-traitance automobile comme l'usine Renault ACI. La Sarthe fait en outre partie du territoire d'action de huit pôles de compétitivité : "Atlanpole Biotherapies" (biomédicament), "Elsastopôle" (caoutchouc et polymères), "EMC2" (matériaux métalliques et composites), "IDforCar" (sous-traitance automobile), "Images et réseaux" (technologie numérique), "Valorial" (agroalimentaire), "Végépolys" (production végétale) et "S2E2" (énergie électrique). Tourisme. La Sarthe n'a pas autant d'arguments touristiques que les départements du littoral ou de montagne. Elle possède toutefois des atouts importants, comme un grand nombre de sites historiques, musées ou châteaux, des paysages naturels, ainsi qu'un grand réseau de chemins de randonnée. Le département comptait 83 hôtels de tourisme en 2012, offrant une capacité totale de chambres. Seuls 3 d'entre eux avaient quatre étoiles, et 18 en comptaient trois. Les hôtels sarthois ont enregistré nuitées en 2012. La clientèle des hôtels sarthois est en grande majorité française et les étrangers ne représentaient que 11,4 % des nuitées. En ce qui concerne l'hôtellerie de plein air, la Sarthe compte 54 campings, totalisant nuitées en 2012. Le site le plus fréquenté du département est le zoo de La Flèche, qui a enregistré en 2011. Il constituait cette même année le pôle touristique de la région Pays de la Loire derrière le parc du Puy du Fou, les Machines de l'île et le parc Terra Botanica, et le pôle régional en 2010. Le second site sarthois en termes de fréquentation est le parc à thème Papéa Parc, avec , devant le Domaine zoologique de Pescheray, le Musée des 24 heures, qui ont accueilli près de , et le Carré Plantagenêt, avec un peu plus de . Les manifestations autour des 24 Heures du Mans constituent l'événement ayant enregistré le plus grand nombre d'entrées payantes au niveau régional en 2011, avec . Parmi les principaux monuments historiques de la Sarthe, on peut citer la cathédrale Saint-Julien du Mans, monument le plus visité des Pays de la Loire, et le château du Lude. Par ailleurs, le département compte neuf petites cités de caractère. Culture. Langage. D'après Abel Hugo, vers 1835, les habitants de la Sarthe n'avaient pas de véritable patois ; à cette époque leur langage était assez pur, tout du moins dans les villes. Dans les campagnes, c'était un français plus corrompu, mêlé de mots du pays, mais très intelligible. Dans le Maine, les paysans prononçaient la diphtongue [au] d'une manière lourde, en serrant les dents ; ils faisaient sonner durement les finales muettes, qu'ils articulaient comme [ent], et prononçaient les [e] ouverts en ouvrant extraordinairement la bouche. La prononciation était moins dure du côté de l'Anjou, mais elle y était allongée et traînante. Arts. Architecture, sculpture et peinture. L'architecture est assez diversifiée sur le département. Le bâti ancien présente comme caractéristique l'utilisation de la pierre locale, mais l'emploi de matériaux de construction différents selon les terroirs apporte des couleurs et des textures de bâti variées. Le pays manceau se caractérise par l'utilisation du grès roussard et de la tuile, qui ont valu le surnom de « Maine roux ». En s'éloignant vers l'est du département, le grès est remplacé par le tuffeau. Le Perche Sarthois se caractérise par l'utilisation du bois et de la brique. Vers l'ouest du département, l'utilisation du granite et du schiste donne aux constructions une couleur sombre qui a donné l'appellation « Maine noir ». En vallée du Loir, c'est le blanc qui domine, avec l'utilisation du tuffeau, ainsi que le bois et l'ardoise. L'usage de la brique s'est fortement répandu au cours du en raison de la forte présence de l'argile sur le territoire et du développement industriel de son exploitation. La vallée du Loir se démarque par la présence d'un bâti caractéristique. Les maisons de vignes, apparues dans la seconde moitié du , sont de petites maisons de taille modeste, initialement destinées au repos des ouvriers travaillant dans les champs, avant d'être peu à peu transformées en habitations. Par ailleurs, l'habitat troglodytique est relativement développé tout au long du Loir, principalement entre Luché-Pringé et Vouvray-sur-Loir. La sculpture est présente en Sarthe par le biais de l'art religieux et des nombreuses statues en terre cuite qui garnissent les églises depuis le . Les peintures murales se trouvent dans de nombreux endroits du département. Les plus anciennes sont recensées dans l'église Saint-Hilaire, mais on en trouve également dans la cathédrale Saint-Julien du Mans, l'église Notre-Dame de Pringé, ou l'église Notre-Dame-des-Marais de La Ferté-Bernard. Le musée de Tessé présente une collection de tableaux peints entre le . On y trouve notamment une belle collection de primitifs siennois ou florentins. Les pièces principales sont "Le sommeil d'Élie" et "Vanité" de Philippe de Champaigne. Le musée présente également une galerie égyptienne dans son sous-sol, qui reproduit à l'identique les tombes de Sennefer et Nofrétari. La Sarthe a aussi vu naître un grand nombre de peintres renommés, comme Albert Maignan, Albert Matignon, Roger de La Fresnaye, Lionel Royer ou Lucien Le Guern. Musique, littérature, danse et théâtre. La pratique de la musique au Mans se fait, entre autres, au "Conservatoire", structure municipale qui accueille encadrés par une soixantaine de professeurs. Le conservatoire propose également des formations en danse et en art dramatique. Par ailleurs, la Fédération Musicale de la Sarthe regroupe 98 associations, écoles de musique, orchestres d'harmonie ou de batterie-fanfare, parmi lesquelles l"'Orchestre Départemental d'Harmonie" (ODH). La salle Antarès, qui accueille des rencontres de basket-ball, est le plus grand équipement du département avec assises et debout en configuration spectacle. Toujours au Mans, le Palais des congrès peut accueillir jusqu'à , Les Saulnières ont une capacité de , tandis que le théâtre de l'Espal peut accueillir 512 personnes. D'autres scènes de taille plus modeste existent dans le département : Coppélia et le théâtre de la Halle-au-Blé à La Flèche, l'Espace Ronsard au Lude, Épidaure à Bouloire, la salle Léon-Besnardeau à Sillé-le-Guillaume, la Castélorienne à Château-du-Loir, ou encore le centre culturel Joël-Le Theule à Sablé-sur-Sarthe. La Sarthe a vu naître sur son territoire quelques compositeurs, comme le Fléchois Léo Delibes ("Lakmé", "Coppélia") ou le manceau Jean Françaix, qui s'est illustré dans la composition de musique de film. Parmi les artistes contemporains, plusieurs chanteurs ou groupes musicaux ont atteint une renommée dépassant le cadre régional, comme Emmanuel Moire, Leslie ou le groupe Outrage. La littérature est souvent présente dans l'histoire en Sarthe. Le poète et dramaturge Robert Garnier, natif de La Ferté-Bernard, y a écrit ses plus célèbres œuvres. À la Renaissance, Joachim Du Bellay rencontre au Mans d'autres poètes de la Pléiade Jacques Peletier et Nicolas Denisot, natifs du Mans, ou encore Pierre de Ronsard, natif de Couture-sur-Loir situé dans département de Loir-et-Cher. Du Bellay consacre d'ailleurs à la ville l'un de ses poèmes en 1547. Un siècle plus tard, Paul Scarron commence son "Roman comique" par l'arrivée d'une troupe de comédiens au Mans. Honoré de Balzac y situe une scène des Chouans. Plus récemment, François Vallejo, écrivain manceau, a obtenu le Prix du Livre Inter pour son roman "Ouest", tout comme la romancière Alice Zeniter en 2013. Le scénariste et dessinateur de bande dessinée Jean Graton a créé la série "Michel Vaillant" qui se déroule dans l'univers des 24 Heures du Mans. Cinéma. Le septième art est présent en Sarthe avec dix cinémas implantés sur le département. Par ailleurs, deux circuits de cinéma itinérant apportent le cinéma dans une trentaine de communes du département sous l'impulsion des associations "Ciné Ambul" et "Ballad'Images". En 2010, ont été enregistrées dans les 90 salles de cinéma sarthoises, pour un indice de fréquentation de 2,36 entrées par habitant, nettement inférieur à la moyenne nationale qui s'élevait à 3,34 entrées par habitant. Le principal complexe cinématographique sarthois est le Méga CGR, situé sur la commune de Saint-Saturnin, qui compte 12 salles et fauteuils. La ville du Mans a souvent servi de cadre de tournage pour de nombreux films, à travers la Cité Plantagenêt ou le Circuit des 24 Heures. La Cité Plantagenêt accueille par ailleurs le tournage de la série Nicolas Le Floch, diffusée sur France 2. Parmi ceux ayant réalisé un nombre important d'entrées ou ayant obtenu des récompenses, on retrouve : D'autres sites du département sont parfois utilisés comme lieu de tournage, à l'image du centre-ville de La Flèche, qui sert de cadre de plusieurs scènes du film "La Chambre bleue", réalisé par Mathieu Amalric en 2013. Patrimoine. Monuments historiques. En 2010, le département compte 408 monuments historiques protections dans sa base Mérimée, dont 115 bénéficient d'un classement et 293 bénéficient d'une inscription. Il occupe le rang régional en nombre de monuments historiques derrière le Maine-et-Loire. La commune détenant le plus de monuments historiques classés et inscrits est Le Mans avec 82 protections. Suivent ensuite La Ferté-Bernard avec 10 protections, La Flèche et Luché-Pringé avec 7 protections. Près de la moitié des communes du département ne comptent aucune protection. Le monument le plus ancien du département date de la Protohistoire, et plus précisément du Néolithique. Il s'agit du camp retranché d'Auvers-le-Hamon, où plusieurs objets et outils ont été retrouvés. Par ailleurs, un grand nombre de mégalithes sont recensés en Sarthe, principalement en vallée du Loir, comme le dolmen d'Amenon. Plusieurs vestiges de l'Antiquité bénéficient d'une protection. L'enceinte romaine du Mans, édifiée au , est l'un des rares exemples de construction de ce genre à travers le monde. Conservée sur près de , elle présente de riches ornementations dues à la polychromie des matériaux utilisés pour sa construction. Le site archéologique de Cherré, sur la commune d'Aubigné-Racan est un complexe gallo-romain sur lequel ont été retrouvés un théâtre antique, deux temples, des thermes romains, un forum et un aqueduc. Parmi les autres monuments de l'époque romaine, on peut citer le fanum d'Oisseau-le-Petit, ou le sanctuaire de Mars Mullo, à Allonnes, un sanctuaire religieux. Le patrimoine médiéval est très riche notamment au Mans. L'architecture civile y est très bien représentée au cœur de la cité Plantagenêt, avec un grand nombre de maisons à encorbellement, comme la « maison du Pilier-Rouge », ou la « maison d'Adam et Ève ». L'architecture militaire est elle aussi présente avec plusieurs forteresses médiévales, tel le château de Montmirail ou ceux de Sillé-le-Guillaume et Ballon. Pour l'architecture religieuse, la Sarthe possède de nombreux édifices protégés remarquables, au premier rang desquels on trouve la cathédrale Saint-Julien du Mans, bel exemple du style architectural gothique angevin. Ce style est assez répandu dans le sud du département et se retrouve notamment dans l'église Notre-Dame de Vaas ou l'église Saint-Martin de Luché. Le gothique est représenté par l'église Notre-Dame-des-Marais de La Ferté-Bernard, ou encore l'église Notre-Dame-de-la-Couture au Mans, alors que le style roman, le plus répandu dans le département, compte lui aussi quelques belles représentations, comme l'église Saint-Hilaire d'Asnières, l'église Saint-Aubin de Bazouges ou la chapelle Notre-Dame-des-Vertus de La Flèche. En ce qui concerne le petit patrimoine, on peut citer plusieurs ponts romans subsistant principalement dans le Nord du département, ainsi que le moulin de Mervé, rare exemple de moulin fortifié dans le Nord de la France. De la Renaissance au , le Sud de la Sarthe se pare de nombreux châteaux, dont le plus bel exemple est le château du Lude, le plus septentrional des châteaux de la Loire. On peut encore citer le château de Poncé ou le château de Courtanvaux. Dans le reste du département, on voit apparaître des ponts, des croix, ou des halles comme celles de René ou La Ferté-Bernard. Le est marqué par de nombreux châteaux ou manoirs et le ouvre la protection à des architectures plus modernes et parfois industrielles comme la tuilerie des Saules à Avezé ou la rotonde ferroviaire de Montabon. Enfin, le possède lui aussi des monuments protégés, comme l’autogare de la STAO au Mans ou le restaurant scolaire de Marçon, œuvre du cabinet Le Corbusier. La ville du Mans, le pays Vallée du Loir et le pays du Perche Sarthois détiennent le label Villes et pays d'art et d'histoire. Il est à noter que les Alpes mancelles sont un site naturel classé, et que la Sarthe compte neuf petites cités de caractère. Musées. La Sarthe compte six musées portant le label « Musée de France ». Le musée de la Reine-Bérengère est un musée d'art et d'histoire régionale de la ville du Mans et du Maine. Il présente des collections ethnologiques mais aussi des peintures et des photographies. Ancien palais épiscopal, le musée de Tessé est le musée des beaux-arts de la cité mancelle. Le musée vert est le muséum d'histoire naturelle de la ville. Il présente des collections de géologie, de zoologie et de botanique, pour un total de spécimens. L'Espace Faïence de Malicorne réunit des collections d'objets issus des fabriques de faïence de Malicorne. À Saint-Calais, la bibliothèque-musée, créée en 1889, présente des collections archéologiques, mais également des peintures et des œuvres naturalistes. Le département compte d'autres musées non classés, comme le musée des 24 heures du Mans , voisin des circuits, le musée Claude-Chappe à Brûlon, le musée de la Providence à La Flèche, le musée du Vélo à La Fresnaye-sur-Chédouet, le musée de la musique Mécanique à Dollon, Carnuta (musée de la forêt) à Jupilles, le Musée de la seconde guerre mondiale Roger Bellon à Conlie, et le musée de la coiffe à Fresnay sur Sarthe. Langue. Le parler sarthois est un dialecte français particulier qui a évolué à partir du latin puis du roman. Il partage de nombreux traits communs à d'autres dialectes de l'Ouest de la France. Son utilisation a peu à peu diminué au cours du , bien que le parler sarthois demeure présent dans les campagnes. En 2003, un partenariat entre le conseil général de la Sarthe et la radio locale Fréquence Sillé a donné naissance au programme « Sauvegarde de la parole sarthoise » dans le but de collecter et numériser des documents sonores en parler sarthois. Un autre dialecte, l'angevin, est utilisé dans le sud du département, et plus particulièrement le long de la vallée du Loir. Gastronomie. Il n'existe pas à proprement parler de gastronomie traditionnelle sarthoise, mais le département possède un certain nombre de spécialités culinaires, principalement à base de viandes et de charcuterie. La Sarthe est célèbre pour ses rillettes, préparation de viande de porc hachée et cuite dans la graisse, dont le berceau se situe dans la commune de Connerré. Le département est également réputé pour ses productions de volailles, comme les poulets fermiers de Loué, ou encore ses races de poules traditionnelles comme la poule de La Flèche. Le vin blanc accompagne souvent les plats. Le département compte deux vins AOC, le Jasnières et le Coteaux-du-loir, tous deux produits dans le sud du département, le long de la vallée du Loir. Originaire de Sablé-sur-Sarthe, le sablé est un biscuit sec à pâte friable réalisé à partir de farine, de beurre et de sucre. Des artisans chocolatiers proposent également quelques spécialités, comme les « prytanéens », chocolats au goût de praliné avec de la nougatine concassée, ou les « fiches », à base de truffe et nougatine poudrées de cacao. La cuisine sarthoise regroupe aussi des plats traditionnels, comme la bouine, spécialité à base de fromage, d'ail et de crème fraîche, la potée sarthoise et la marmite sarthoise, préparation de viandes et légumes marinés dans le Jasnières. Manifestations culturelles et festivités. Plusieurs festivals ont lieu chaque année en Sarthe, la plupart étant consacrés à la musique. "Le Mans Cité Chanson" est un concours musical qui se déroule de janvier à mars et qui permet à des artistes amateurs de se produire dans différents lieux de la ville. Ce festival a notamment permis de révéler de nombreux talents, comme Jeanne Cherhal, Sanseverino ou Gérald Genty. L"'Europajazz Festival" a lieu chaque année au printemps depuis 1980 au Mans et ses alentours. Il réunit plus de venus écouter de artistes de jazz contemporain. Le "Festival de l'Épau", créé par le conseil général en 1982, est un festival de musique classique au cours duquel une trentaine de concerts sont organisés dans le cadre de l'abbaye de l'Épau. À l'automne, le festival Bebop est consacré aux musiques actuelles et rassemble des artistes confirmés ainsi que des jeunes artistes locaux dans des salles de l'agglomération mancelle. Le "festival de Sablé", créé en 1978, se tient chaque année au mois d'août et présente de nombreux concerts consacrés à la musique baroque. Toujours à Sablé, "Rock Ici Mômes", festival destiné aux enfants de 3 à 12 ans, et les "Nuits d'été", festival de musiques actuelles, se déroulent tous deux dans le parc du château. Le festival "Soirs au Village", consacré à la world music, se tient à Saint-Calais où il a été créé par Manu Dibango en 1998. Plusieurs autres festivals de musique sont organisés en Sarthe : le "festival des Garennes" à Souligné-sous-Ballon, "Les Troubles ville" à Connerré, "Révolud'son" au Lude, "Au bord de l'Aune", créé en 2008 à Pontvallain, et "Arzikstanie", éco-festival organisé pour la première fois en septembre 2012 à Malicorne-sur-Sarthe. Le festival "Le Son des Cuivres" tient sa première édition en juillet 2013 à Mamers. Par ailleurs, le festival de musique classique La Folle Journée de Nantes organise des concerts dans plusieurs villes de la région, comme à Sablé-sur-Sarthe et La Flèche. En littérature, la ville du Mans organise chaque année en octobre depuis 1978 la " heure du livre" qui rassemble . Une bourse aux livres et des rencontres littéraires ponctuent la manifestation, au cours de laquelle un prix des lecteurs est décerné. À l'occasion de la "Fête des Jardiniers" le premier week-end de juin au château du Lude, le « prix P.J. Redouté » récompense les meilleurs livres de jardin et de botanique parus en langue française. Par ailleurs, les "Carrefours de la pensée" se tiennent en mars. Organisés conjointement par la ville du Mans, l'Université du Maine et Le Monde diplomatique au Palais des congrès, ils rassemblent depuis 1990 des débats, conférences et expositions sur des questions socio-économiques et géopolitiques. Dans le même esprit, le "Forum Le Monde-Le Mans", en novembre, propose trois jours de débat citoyen. Le spectacle vivant est présent en Sarthe avec le festival "Les Affranchis", le deuxième week-end de juillet à La Flèche. Fondé en 1993, il réunit des compagnies de théâtre de rue qui proposent un grand nombre de spectacles dans différents lieux de la ville, ainsi que des spectacles itinérants. "Le Mans fait son cirque" propose le temps d'un week-end en juin des spectacles ainsi qu'une parade dans les rues du Mans. Le cinéma est à l'honneur lors de Mamers en Mars, un festival de films européens créé en 1993. Un festival d'art contemporain, "Puls'Art", réunit les œuvres de nombreux artistes dans quinze lieux d'exposition de la ville du Mans depuis 1993. La "Nuit des Chimères" est une manifestation nocturne qui se tient tout l'été et au cours de laquelle des spectacles holographiques sont projetés sur la cathédrale Saint-Julien, la muraille gallo-romaine et des bâtiments de la cité Plantagenêt. Aussi, quelques manifestations folkloriques ont lieu un peu partout dans le département, comme la "Fête du chausson aux pommes" à Saint-Calais célébrée depuis 1630, la "Fête aux œufs durs" de Coulaines datant de 1540, la "Fête des lances" à Champagné (), ou encore la "Fête de la pomme" à Vaas.
Savoie (département) Le département de la Savoie (, en arpitan savoyard : "") est un département français de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont le chef-lieu est la ville de Chambéry. Ses habitants sont connus sous le nom de "Savoyards". L'Insee et La Poste lui attribuent le . Le département de la Savoie est le second plus montagneux de France, après le département des Hautes-Alpes, avec près de 90 % de son territoire situé en zone de montagne. Il s'agit principalement du massif Alpes, mais aussi dans une moindre mesure du massif du Jura à l'ouest. Les vestiges des premières civilisations humaines en Savoie remontent à la période du Néolithique, soit entre 9000 et 3300 avant notre ère. Elle est ensuite tour à tour peuplée par des tribus celtes, les Romains, les Burgondes, avant de faire partie intégrante du comté de Savoie durant le Moyen Âge, du duché de Savoie à partir de 1416 et du royaume de Sardaigne à partir de 1718. Après diverses périodes d'entente et de rivalité avec le royaume de France voisin, la Savoie est une première fois rattachée à la France post-révolutionnaire de 1792 à la fin du en 1815. Elle revient alors à la maison de Savoie et le reste jusqu'au , jour de la signature du traité de Turin entérinant l'annexion définitive de la Savoie à la France. À la suite d'un référendum d'avril apportant une large majorité en faveur du rattachement, elle est officiellement intégrée à la France le ; les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie sont créés le lendemain, le . En 2020, le département comptait , en augmentation constante du fait de ses soldes naturel et migratoire positifs. Lors de la période hivernale, sa population peut doubler ; ceci s'explique par le développement des sports d'hiver, la Savoie étant avec ses soixante stations de sports d'hiver le département le plus équipé de France. La plupart de ces stations étant de renommée internationale, elles attirent des touristes et vacanciers venus du monde entier, et le chiffre d'affaires généré par le tourisme est estimé à environ 50 % du produit intérieur brut départemental annuel. Celui-ci ne représente en valeur qu'une infime part du PIB rhônalpin, mais, rapporté à son nombre d'habitants, celui-ci s'élève à par habitant, hissant alors la Savoie à la régionale, et à la au niveau national hors agglomération parisienne et ville de Lyon. En dehors du tourisme, le secteur des services est également celui contribuant le plus au savoyard. L'agriculture et l'industrie ont donc une importance moindre, mais possèdent malgré tout certaines activités contribuant à la notoriété de la Savoie et de sa production : notamment par la viticulture, les fromages et la charcuterie pour l'agriculture (prenant part à l'ensemble de la gastronomie savoyarde), et la métallurgie, l'hydroélectricité ou la fabrication de denrées alimentaires, tels les crozets, pour l'industrie. Enfin le département de la Savoie possède un patrimoine architectural et culturel important, de par la diversité des civilisations qui l'occupent au cours du temps. Au , la Savoie compte au titre des monuments historiques, parmi lesquels et . Ces monuments couvrent toutes les époques : le cercle de pierres de Séez datant du Néolithique, l'arc de Campanus d'Aix-les-Bains de conception romaine, la colonne féodale d'Aigueblanche (Moyen Âge), ou encore l'ancienne entrée du tunnel ferroviaire du Fréjus (). Avec ses , la ville de Chambéry, capitale historique de la Savoie, en accueille à elle seule 12 %. Géographie. Situation. La Savoie fait partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Son territoire s'étend sur une superficie totale de , soit et 14 % de la région. Elle est limitrophe des départements de la Haute-Savoie au nord, de l'Ain à l'ouest, de l'Isère au sud-ouest, et des Hautes-Alpes au sud. L'est de la Savoie est pour sa part limitrophe avec les vallées de Suse et d'Aoste en Italie. Le département comprend situés en zone de montagne, soit 88.4 % de sa superficie, ce qui en fait le deuxième département le plus montagneux de France après les Hautes-Alpes dont le territoire est entièrement situé en zone de montagne. Son point le plus bas est à Saint-Genix-sur-Guiers () et son point culminant à pour la Grande Casse en Vanoise, soit un dénivelé de plus de et une altitude moyenne de . La grande majorité des massifs de la Savoie sont des massifs alpins, parmi lesquels les massifs des Bauges, de la Chartreuse, du Beaufortain, du Mont-Blanc (sud-ouest), de la Lauzière, de la Vanoise, des Cerces, du Mont-Cenis, des Arves, et une partie de la chaîne de Belledonne. À ces massifs s'ajoute également la partie la plus méridionale du Jura, situé à l'ouest du département dans l'Avant-pays savoyard et formé principalement par le mont du Chat, la chaîne de l'Épine et le massif de la Chambotte. Son découpage géographique suit par ailleurs le plus souvent les massifs montagneux. C'est le cas à l'est avec l'Italie, séparée de la France par les aiguilles et les grands cols tels le Mont-Cenis et le Petit Saint-Bernard, mais également avec les Hautes-Alpes au sud, joignable par le col du Galibier, et la partie nord-est de la Haute-Savoie où la limite longe la chaîne des Aravis (limite au col des Aravis) et certains sommets des Bauges. C'est enfin aussi le cas avec l'Isère, séparée par la chaîne de Belledonne. Du côté de l'Ain, le Rhône marque la limite sur près de , de la confluence avec le Fier près de Seyssel aux environs de Saint-Genix-sur-Guiers. Pour les limites en plaine, celles-ci peuvent s'inspirer des limites historiques de la Savoie (par exemple celle avec la province du Dauphiné, au niveau du mont Granier) ou le plus souvent d'autres cours d'eau (comme le Guiers de l'Avant-Pays savoyard à la Chartreuse). En ce qui concerne l'hydrographie, le département est traversé d'est en ouest par l'Isère ( jusqu'au Rhône) et l'Arc (), qui prennent leur source près du col de l'Iseran. L'Isère descend la vallée de la Tarentaise et l'Arc celle de la Maurienne après laquelle il rejoint l'Isère au niveau de la combe de Savoie. Ce sont les deux seuls cours d'eau de plus de en Savoie mais la longueur totale des cours d'eau dans le département s'établit à . Ses deux principales étendues d'eau sont le lac du Bourget (de , le plus grand et le plus profond lac naturel d'origine glaciaire français situé exclusivement en France) et le lac d'Aiguebelette (), l'un des moins pollués de France en raison d'un arrêté préfectoral de 1976 interdisant l'usage de bateaux à moteur thermique (à l'exception des services de secours) sur le lac. L'eau représente un total de , dont de lacs. La forêt et les surfaces agricoles représentent respectivement , soit un tiers du département pour chaque, suivies par les glaciers et les roches avec 22,75 %. Le chef-lieu de commune le plus bas est celui de Saint-Genix-sur-Guiers () et le plus haut celui de Tignes (). Géologie. La Savoie est comprise dans le domaine géologique alpin, à l'est du rift ouest-européen. Ses grandes unités géologiques sont globalement accolées et parallèles les unes aux autres selon un axe nord-sud ou nord-est — sud-ouest. D'ouest en est, ces unités sont celles de la couverture plissée du massif du Jura, des zones déprimées, de la couverture des massifs cristallins externes, au sein desquels se trouvent ces derniers, des massifs cristallins de la Vanoise et des nappes de schistes lustrés. Dans ces deux dernières unités se trouvent également quelques zones de massifs cristallins internes. La couverture plissée du Jura s'étend en Chautagne et sur l'Avant-Pays savoyard à l'exception de la zone de confluence du Guiers et du Rhône qui constitue une courte zone déprimée. Une plus grosse zone déprimée est celle longeant le Jura et le massif des Bauges dans la cluse de Chambéry en remontant par Aix-les-Bains jusqu'à l'Albanais. Cette zone est issue d'un remblaiement datant du Miocène, souvent recouverts par des dépôts morainiques datant de la glaciation de Würm. La couverture des massifs cristallins externes couvre pour sa part les massifs des Bauges, de la Chartreuse, la combe de Savoie, le val d'Arly et une partie de la Maurienne et de la Tarentaise (jusqu'à Saint-Jean-de-Maurienne et Moûtiers). Au sein de cette couverture s'étendent les massifs cristallins que sont les massifs de Belledonne, de la Lauzière et d'une grande partie du Beaufortain. Puis un premier front de chevauchement sépare ces unités de l'ouest du département avec celle des massifs cristallins de la Vanoise. Après un second chevauchement, l'extrême est du département est constitué pour sa part du socle cristallin d'Ambin dans la zone ouest du massif du mont Cenis et de nappes de schistes lustrés et d'ophiolites (Haute-Maurienne et Haute-Tarentaise). Sur ces deux dernières unités existent de courtes unités de massifs cristallins internes. Le département de la Savoie a en outre la particularité d'être situé sur cinq provinces géologiques européennes (découpage établi par l'USGS), dont quatre possédant un point commun à l'ouest du département. Ces provinces géologiques sont, en termes anglais, celles de "Bresse Depression" (4054) présente au sud de l'Avant-pays, de "Jura" (4052) au nord et en Chautagne, de "Molasse Basin" (4049) au niveau de l'Albanais, de "Lion-Camargue" (4056) sur la partie alpine occidentale du département, et enfin celle de "Alps" (4051) sur les massifs alpins de l'est du département. Pour ce qui concerne les risques sismiques, selon le zonage sismique entré en vigueur le , le département de la Savoie possède une grande moitié ouest de son territoire (incluant Chambéry, Aix-les-Bains et Albertville notamment) en risque « moyen » (accélération > ), et l'autre grande partie est (incluant notamment Moûtiers) en risque « modéré » (accélération > ). La limite entre ces deux zones se situe sur un axe s'étendant du Beaufortain à Saint-Jean-de-Maurienne. Une troisième zone en risque moyen se situe en Haute Maurienne dans le massif du Mont-Cenis. De manière générale, le massif alpin français est situé en zonage modéré ou moyen ( ). Climat. La Savoie a une altitude moyenne qui avoisine les et est donc soumise à un climat montagnard. La description du climat de la Savoie reste malgré tout complexe : ce département est soumis à la fois à des influences océaniques (apportant des perturbations), continentales (froid l'hiver, chaud l'été) et méditerranéennes (vagues de chaleur et sécheresses en été), auxquelles s'ajoute la présence du relief qui introduit alors une différenciation spatiale à l'origine de nombreux climats locaux et de microclimats (en fonction de l'altitude et des formes de relief : cuvettes, versants exposés…). La Savoie connaît également la présence de « retours d'est » provoquant de grosses chutes de neige en hiver sur l'est du département et des effets de foehn comme la "Lombarde" (vent d'est, appelée aussi parfois "lombarde foehnée") au Mont-Cenis. Les précipitations sont satisfaisantes et la Savoie ne fait pas partie des départements qui souffrent le plus du manque d'eau lors de canicules. Les records de précipitations survenus entre 1958 et 2011 sont au nombre de 21 pour les cas de précipitations de plus de par jour de pluie, avec un record de tombés en une journée à Verrens-Arvey en 1983. Pour autant, à l'inverse des Bauges et de la Chartreuse souvent soumises aux perturbations d'ouest et aux orages, certaines zones du département ont un climat plus chaud, plus ensoleillé et moins soumis aux précipitations, comme la vallée de la Maurienne. À cet égard, la commune d'Avrieux en Haute-Maurienne est réputée pour être un pôle de sécheresse en son chef-lieu (environ ) avec des précipitations moyennes annuelles inférieures à . Les hauteurs de la commune sont malgré tout beaucoup mieux arrosées (altitude maximale de ) notamment du fait des retours d'est, mais les niveaux de précipitations globaux restent en deçà de ceux de communes d'autres vallées moins affectées par le manque de précipitations. Plus globalement, la Savoie possède un climat bien plus chaud et un relief bien plus sec que la Haute-Savoie, davantage soumise au climat océanique lui apportant neige et végétation. La Savoie détenant plusieurs sommets de plus de (36 au-delà de ), elle possède ainsi un étage nival et donc des neiges persistantes, parmi lesquelles des glaciers. Les grands cols routiers, parmi lesquels le Galibier, l'Iseran ou le Petit Saint-Bernard, sont fermés plusieurs mois durant l'hiver en raison de l'impraticabilité due à la neige abondante. Avec le changement climatique, on assiste depuis les années 1950 (début des mesures météorologiques) à une augmentation des températures moyennes hivernales, printanières et estivales, et à une baisse des cumuls de neige. En ce qui concerne les quantités de précipitations, la Savoie demeure globalement un château d'eau. Toutefois, les sécheresses des années 2003 à 2006 ont provoqué un tarissement des sources et une tension sur le partage de l'eau en montagne entre EDF, l'enneigement artificiel (canons à neige), le tourisme hivernal, l'alimentation en eau potable et l'agriculture. En Haute-Maurienne, vallée déjà particulièrement sèche, l'agriculture a souffert du manque d'eau, ce qui a réduit la production du Beaufort. Les catastrophes naturelles les plus fréquentes sont les avalanches, qui concernent , les glissements de terrain et les éboulements ( concernées). Les risques naturels concernant les du département sont les retraits/gonflements des sols argileux et les séismes. La Savoie a longtemps été soumise à des crues torrentielles dues à des précipitations exceptionnelles conduisant au débordement des cours d'eau, comme l'Arc en dont les eaux se sont élevées de plus de et dont le débit, habituellement de /s, a été quintuplé. En , c'est une grande partie du bassin versant du lac du Bourget qui a conduit à l'inondation d'Aix-les-Bains. Depuis lors, les pouvoirs publics ont instauré cinq Plans de prévention des risques inondation (PPRI) et des Atlas de zones inondables (AZI) pour prévenir au mieux ces risques. Voies de communication et transport. Voies routières. Au , la Savoie comprend un réseau routier d'une longueur totale de . Plus de la moitié sont des routes communales totalisant , suivies par les routes départementales avec . Arrivent ensuite les d'autoroutes puis les de routes nationales. La faible proportion de ces dernières résulte du transfert des principaux tronçons de RN au profit des départements par une réforme de 2005. Avant cette date, le département comptait alors de routes nationales et de routes départementales. De par la longueur de son réseau, la Savoie est classée au rang national sur métropolitains, quant à sa densité, de de route par km de territoire. Ceci s'explique là encore par la présence de zones de montagne et notamment de haute-montagne sur lesquelles construire des routes est difficile mais aussi peu utile dans la mesure où plusieurs hectares de ces zones ne regroupent aucune habitation. Plus de de routes sont situées au-dessus de , dont de routes départementales. La Savoie recense quelques axes majeurs que sont la desserte des deux principales vallées alpines de la Tarentaise et de la Maurienne. La plus longue route est l'ancienne route nationale 6, devenue « route départementale 1006 ». Pénétrant en Savoie par l'ouest au Pont-de-Beauvoisin, elle traverse l'Avant-pays par les Échelles, contourne le centre de Chambéry, longe la combe de Savoie et dessert toute la Maurienne ainsi qu'une partie de la Haute-Maurienne jusqu'au col du Mont-Cenis () et la frontière avec l'Italie en redescendant dans le val de Suse. Un autre axe majeur est la route nationale 90, conservée par l'État entre Albertville et Bourg-Saint-Maurice, desservant ainsi toute la vallée de la Tarentaise. Toujours au départ d'Albertville, la "RD 1212", anciennement route nationale 212, relie pour sa part Ugine et le val d'Arly jusque vers Megève en Haute-Savoie. Enfin la "RD 1201", anciennement route nationale 201, relie directement Chambéry à Aix-les-Bains avant de continuer vers Annecy, préfecture de Haute-Savoie. Une portion de cette route est demeurée néanmoins route nationale 201, sur une dizaine de kilomètres au niveau du bassin chambérien. Il s'agit d'une 2 × 3 voies également appelée « voie rapide urbaine » (VRU), gratuite et reliée aux deux principales autoroutes du département : l'A43 et l'A41. Le réseau autoroutier en Savoie y est par ailleurs moyennement développé. Toutes les autoroutes et routes à chaussées séparées de type autoroutier suivent les vallées. Ainsi, l'A43 qui relie Lyon à Chambéry, remonte la vallée la vallée de la Maurienne jusqu'au tunnel du Fréjus à la frontière italienne et permet de traverser le département d'ouest en est. Une autre autoroute, l'A41, permet de descendre vers le sud de la France par Grenoble, ou de monter au nord vers Annecy par Aix-les-Bains. Enfin l'A430 prolonge l'A43 avant la Maurienne pour relier Albertville. Le réseau routier savoyard comporte plus de d'art, en particulier des tunnels, des ponts, des murs ou des paravalanches. Il comporte en outre plus d'une cinquantaine de cols dont sept situés au-dessus de . Pour autant, le taux d'accidentalité y est parmi les plus faibles de France ( rang sur 96 en 2009). Transport ferroviaire. Le département de la Savoie bénéficie d'un transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises relativement important. Ce dernier comporte en effet pas moins de cinq lignes différentes : Au total, la Savoie compte de voies ferrées, desservant un total de . Les lignes d'Aix-les-Bains-Le Revard à Annemasse, de Culoz à Modane entre Aix-les-Bains et Montmélian et de Grenoble à Montmélian forment une partie de la ligne du Sillon Alpin, reliant Genève (Suisse) à Grenoble puis Valence, et actuellement desservie par des TER Rhône-Alpes. En 2005, le trafic s'est élevé à , ce qui sur deux ans représentait une hausse d'environ 9,4 %. Mais ce nombre prend aussi en compte le trafic hors gares de Savoie. Le trafic annuel entre gares savoyardes pour 2007 ne s'est élevé pour sa part qu'à , soit 0,5 % d'augmentation par rapport à 2006. Cet important écart s'explique par le nombre très important de touristes et de vacanciers venant l'hiver en Savoie par train au départ de grandes métropoles européennes comme Paris, Lille, Londres, Lyon ou Bruxelles. Le transport de voyageurs en Savoie s'organise autour du TER Rhône-Alpes, du TGV et de quelques Intercités de nuit. Les liaisons TER internes à la Savoie sont celles de Chambéry à Modane ou à Bourg-Saint-Maurice. Toutes les autres liaisons concernent des villes d'autres départements, notamment Lyon, Grenoble, Annecy, Genève ou Valence. Du côté des TGV, Chambéry, Aix-les-Bains et Modane sont desservies directement depuis et vers Paris toute l'année, et la vallée de la Tarentaise est desservie durant la période hivernale. Pour ce qui concerne les marchandises, de tonnes de fret ont transité en 2007 par le tunnel ferroviaire du Fréjus. Un projet de ferroutage, appelé « autoroute ferroviaire alpine », existe sur la ligne de la Maurienne entre Aiton (Savoie) et Orbassano (Italie), et utilise des wagons de type Modalohr. Malgré quelques baisses d'activité, cette liaison de entre la France et l'Italie a vu franchi le seuil de transportés en , avec un taux de remplissage restant relativement élevé. Quelques anciennes lignes de desserte locale sont déclassées. Il s'agit par exemple de la ligne d'Annecy à Albertville, partiellement fermée et déposée d'Ugine jusqu'à la Haute-Savoie, le tronçon d'Ugine à Albertville ne restant ouvert qu'au service marchandises. Une autre ligne, le Chemin de fer du Mont-Cenis, long de , a également existé au-delà de Modane, jusqu'à Suse en Italie, par le col du Mont-Cenis. Transports aériens. Le transport aérien au niveau départemental est en constante augmentation. L'aéroport de Chambéry-Savoie, géré par le conseil départemental, est implanté entre Chambéry et Aix-les-Bains, à Voglans, à quelques mètres de la rive sud du lac du Bourget. Il dessert le Royaume-Uni et les Pays-Bas. À cela s'ajoutent de nombreuses lignes hivernales en raison de la proximité des stations de sport d'hiver. Trois compagnies à bas prix proposent des vols réguliers. L'aéroport Chambéry - Savoie totalise à lui seul, pour l'année 2005, "vols d'affaires", commerciaux dont "vols réguliers". En 2008, ce furent qui ont transité par l'aéroport, soit 16,7 % de plus par rapport à 2007. Autre évolution notable : le nombre de passagers des vols charters s'est stabilisé tandis que celui des vols réguliers a augmenté de 53,7 %. En outre, l'activité "charters neige" a représenté pour la saison hivernale 2010-2011. Il est aujourd'hui estimé que de mi-décembre à mi-avril, l'aéroport voit transiter jusqu'à le samedi, et le dimanche. Parmi eux, 80 % de Britanniques. Deux autres aérodromes sont également implantés en Savoie : Il existe également deux altisurfaces dans les stations de ski : les altiports de Courchevel et de Méribel. Transports départementaux. Depuis le , le réseau interurbain du département, "Belle Savoie Express", est géré par la région Auvergne-Rhône-Alpes. 7 lignes régulières sont en service toute l’année, auxquelles s’ajoutent 21 lignes touristiques ne circulant qu’en hiver ou en été pour relier les gares ferroviaires ou routières du département aux stations de sports d’hiver de Maurienne et de Tarentaise. Les grandes intercommunalités savoyardes disposent de transports urbains : Chambéry avec les Synchro Bus, Aix-les-Bains avec "Ondéa", Albertville et les "Transports Région Arlysère", Saint-Jean-de-Maurienne avec les Cœur de Maurienne Arvan Bus... En hiver, le nombre de bus urbains dans le département est augmenté, avec la mise en place de nombreux skibus. Enfin, la Savoie et la Haute-Savoie ont lancé le projet du site « Mobi Savoie », conçu pour préparer tout voyage dans l'un ou les deux départements quel que soit le mode de transport choisi. Autres moyens de transports. La Savoie ne connaît pas de transport maritime ni de véritable transport fluvial : aucune des deux principales rivières du département ne peut servir de moyen de transport du fait de leur aspect torrentiel. En revanche, le canal de Savières reliant le lac du Bourget au Rhône peut être remonté par des bateaux touristiques ou de plaisance. En ce qui concerne le cyclisme et le cyclotourisme, le département comporte de voies vertes (moyens de transports motorisés interdits) et de bandes cyclables le long des routes départementales. L'agglomération de Chambéry métropole à elle seule compte pour sa part de pistes cyclables. Aucune ville du département ne possède de tramway. En revanche le funiculaire Les Arcs' Express relie sur près de la gare de Bourg-Saint-Maurice à la station des Arcs à . À noter également la présence de la télécabine d'Orelle près de Modane, longue de et permettant de rejoindre la station de Val Thorens située dans la vallée voisine de Belleville. Toponymie. Le nom "Savoie" provient de l'ancien territoire Sapaudie (en latin ', vers 354 : ' chez Ammien Marcellin, , ), qui signifierait le « (pays des) sapins » ou le « (pays couvert de) sapins » (du gaulois ' : "sapin"). Le nom aurait ensuite dérivé en "Sabaudia", Sabogla, Saboia, Savogia et enfin Savoie. Il est fait mention à la fin du de la Sapaudia dans les ' d'Ammien Marcellin en 369, puis au dans la Notitia Dignitatum (deux mentions) et la Chronica Gallica de 511. Il faut néanmoins attendre le pour que ' ou ' désigne le domaine de la famille princière de Savoie. Contrairement à la majorité des autres départements français, le département de la Savoie a conservé sa dénomination historique et n'a pas été nommé selon la géographie des lieux. Cela s'explique par la création tardive du département, en 1860. À cette époque, la volonté post-révolutionnaire d'oublier l'ancien découpage par province de l'Ancien Régime n'était plus aussi forte que peu après la Révolution française en 1789. Histoire. Héraldique. Le département de la Savoie n'a pas de blason officiel. Le blason ci-contre est celui de l'ancien duché, et est utilisé par tradition tant en Savoie qu'en Haute-Savoie. "De gueules à la croix d'argent." Ce blason traditionnel est également plus ou moins mis en évidence dans les blasons de certaines communes de l'ancien duché, dont en voici quelques exemples pour la Savoie : Faits historiques. Préhistoire et Protohistoire. La Savoie commence à prendre sa géographie définitive lors de la fonte des glaces issues de la dernière glaciation du Quaternaire, la glaciation de Würm il y a . Elle laisse derrière elle un large bassin tertiaire partant de la combe de Savoie au tout récent lac du Bourget en passant par la cluse de Chambéry et un Avant-pays savoyard dans lequel s'est établi le lac d'Aiguebelette. Ce nouveau visage va conduire durant le Néolithique entre et des communautés sédentaires d'agriculteurs à se déplacer dans ces vallées et zones de plaine ou mi-plaine et à s'installer dans de nouveaux villages lacustres, ou sur des plateaux, comme au mont Peney dans les Bauges au-dessus de Chambéry. En outre, de l'autre côté du département, la libération des Alpes des glaciers va également permettre à la "civilisation de Cortaillod" de franchir le col du Grand Saint-Bernard et de s'installer progressivement en vallée d'Aoste et dans le val de Suse en Italie, puis dans les vallées de Tarentaise et Maurienne. En attestent de nombreux vestiges comme la nécropole d'Aime, datée du Néolithique moyen. La découverte d'une hache plate à Saint-Pierre-d'Albigny atteste de l'âge du cuivre en Savoie à partir de 2500 . L'âge du bronze prend place plus tard avec l'apparition de haches et épingles utilisées dans les gisements de cuivre de Haute-Tarentaise. À partir de 1400 une production locale de métal se met en place. Dans le même temps apparaissent ensuite les bronzes italiques (bijoux et armes) dans le cadre de commerces entre la plaine du Pô en Italie et la Savoie. Puis à partir du , la baisse progressive du niveau des lacs due à un réchauffement du climat amène les peuplades locales à installer leurs ateliers de métallurgie et de poterie sur les nouvelles rives. Ces métallurgistes exploitent alors par la suite les mines de cuivre de Maurienne. Leurs vestiges seront retrouvés plusieurs siècles plus tard dans des sites palafittiques immergés, par exemple le littoral de Tresserve. À l'âge du fer, au , de nouveaux peuples indépendants s'installent en Savoie : les Ceutrons (peuple celte) en Tarentaise et les Médulles en Maurienne dont ils prennent le contrôle du commerce du Pô au Rhône. En Maurienne, ces derniers cohabitent par la suite avec d'autres peuples gaulois tels les Adanates et les Graiocèles. Enfin les Allobroges arrivent en Savoie, et contrôlent à partir du les plaines, notamment la cluse de Chambéry et la combe de Savoie. Entretemps dans les vallées, certains peuples indépendants finissent également par être celtisés. Enfin, en pleine deuxième guerre punique, le général carthaginois Hannibal Barca, désireux de se rendre en Italie, traverse les Alpes en 218 et deux itinéraires savoyards sont envisagés : par la Tarentaise ou la Maurienne. Époque romaine. Au premier siècle avant notre ère, alors que les tribus celtes contrôlent toujours les plaines et les vallées alpines, Jules César décide d'en prendre possession. Les Allobroges sont mis en déroute par une première bataille près d'Avignon en - 121, mais les peuples celtes des vallées ne l'entendent pas de cette manière et menacent l'armée romaine : c'est notamment le cas des Teutons, alliés aux Cimbres et aux Helvètes lors de la guerre des Cimbres vers 120 Mais en 62 , les Allobroges sont de nouveau vaincus et sont finalement présentés par César comme en 58 Pour autant, les peuples des vallées continuent eux encore de résister et Jules César écrit à leur propos : Finalement la soumission s'opère et les vallées sont intégrées dans les provinces romaines des Alpes cottiennes et des Alpes grées. La Savoie voit se créer dès lors des vicus et les villes portent des noms latins : ' pour Chambéry, ' pour Aix-les-Bains, ' pour Aime ou ' pour Yenne. Les Romains trouvent hautement stratégique le territoire de la Savoie. Ils mettent alors progressivement en place un vaste réseau de voies romaines (voies prétoriennes, consulaires et militaires) passant par de nombreux cols pour rallier au plus vite les plaines du Pô à celles du Rhône. Les travaux de l'abbé Ducis lui font notamment distinguer pour la Savoie la voie de ' (Milan) à ' (Vienne), par le col du Petit-Saint-Bernard, la vallée de l'Isère (passant par ', (Bourg-Saint-Maurice), ' (Aime), ' (Moûtiers) et ' (Conflans) où les Romains dressent un oppidum). Parmi les traces, on peut observer au niveau du col, un cromlech, les fondations d'une "" permettant une halte dans ce milieu hostile. Après plusieurs décennies, les dénominations ' et celles des provinces romaines commencent à disparaitre au profit de "Sapaudia", employé pour la première fois par Ammien Marcellin en l'an 354, bien que ce territoire soit alors situé plus au nord et à l'ouest que la Savoie actuelle. Ce territoire est donné par le consul romain "Aetius" de la province de Maxima Sequanorum à un nouveau peuple, les Burgondes, alors alliés des Romains lors de la bataille contre les Huns de 436 et 437. Ce don est noté par l'auteur anonyme de la chronique historique dite Chronica Gallica de 452 pour l'année 443 : ' ce qui est traduit par : . À partir de ce moment, "Sabaudia" remplace définitivement le terme d"Allobrogie". Quant au royaume burgonde, il s'étend par la suite de l'actuelle Bourgogne et du Haut-Jura à Avignon. Enfin, la pré-christianisation, débutée à Lyon et Vienne à de la Savoie à partir du , s'avance jusqu'à Grenoble et Genève où des évêchés sont créés au . Mais celle-ci peine à parvenir jusqu'à la Savoie, où le premier évêché construit, l'évêché de Moûtiers, ne le sera qu'au début du Moyen Âge (aux environs des années 500). Ce n'est par ailleurs qu'à partir du qu'apparaissent dans les écrits des croix parsemant les textes ainsi que des expressions, notamment dans les formulaires funéraires, montrant les premiers signes de christianisation. Moyen Âge. Des premiers rois au Saint-Empire romain germanique. En Savoie, le Moyen Âge marque tout d'abord la francisation de "Sapaudia" en "Sapaudie". En 534, les Francs, par l'intermédiaire des fils de Clovis, Childebert et Clotaire, annexent le territoire burgonde. Les nouveaux rois mérovingiens prennent donc possession des territoires de Savoie. Ils laissent néanmoins dans un premier temps la gestion du territoire aux comtes burgondes ou gallo-romains. Le royaume conserve même une certaine autonomie lors du règne du roi Gontran (fils de Clotaire), de 561 à 593. Toutefois, sa mort est marquée et suivie par une période d'anarchie et un morcellement territorial du royaume. C'est pourquoi, avec l'arrivée du règne des Carolingiens, les contours d'une nouvelle "Sabaudia" prennent forme par acte de l'an 806 sous Charlemagne, qui comprend bien l'intérêt stratégique de ce territoire pour traverser les Alpes, passage des pèlerins (route de pèlerinage "" entre Canterbury et Rome), de commerçants et de militaires. Déjà, son père, le roi Pépin le Bref, avait franchi le col du Mont-Cenis pour soumettre les Lombards. Le puissant évêché de Moûtiers devient archevêché, et Charlemagne prend la décision de diviser la Savoie en comtés, dont les noms correspondent aujourd'hui encore aux provinces que sont, dans le département de la Savoie actuel, la Savoie Propre, la Maurienne, la Tarentaise, l'Albanais et une partie du Bugey (dit « Bugey savoyard, ou encore Avant-pays savoyard). La "Sabaudia" est ensuite transmise à (petit-fils de Charlemagne) en 811. Mais ce dernier la cède de nouveau à , son frère, à la suite du traité de Verdun de 843 en tant que part de la Francie médiane. Un siècle plus tard, à partir de 993, rapproche son royaume du Saint-Empire romain germanique, et prévoit sa succession par , qui est couronné empereur en 1027 à Rome. La Savoie devient alors terre d'empire. Mais, à la mort du dernier roi de Bourgogne, la Savoie voit s'installer la féodalité, et les grandes familles vont profiter de la rivalité latente entre l'Empire et les comtes de Champagne. L'avènement de la maison de Savoie. L'intégration du territoire de la Savoie à l'Empire a un effet bénéfique pour les seigneurs qui peuvent plus aisément réclamer une certaine autonomie politique. À cette époque, la Savoie compte environ nobles mais finalement seules deux vont contrôler le territoire : les comtes de Genève au nord (concerne le Genevois et l'actuelle Haute-Savoie à l'exception du Chablais) et les "Humbertiens", comtes de Maurienne et futurs comtes de Savoie au sud. Diverses hypothèses existent pour savoir d'où et comment les "Humbertiens" sont parvenus à devenir comtes de Maurienne. Parmi les autres personnages importants, plus spécifiques du département, on peut désigner les évêques de Tarentaise, devenus archevêques-comte au , et dans une moindre mesure les évêques de Maurienne. Pour les laïcs, viennent tout d'abord les différents vicomtes du comté de Maurienne, avec les seigneurs de La Chambre (dès le ) ; ceux du comté de Savoie, avec les de Chambéry ; et ceux de Tarentaise, où l'on a successivement les Briançon (au ), les Aigueblanche-Briançon (), puis les Beaufort (). Quelques autres grandes familles nobles marquent leur temps, comme les seigneurs de Miolans, les seigneurs de Villette ou les seigneurs de Seyssel. Toutefois, tous ces feudataires ou ecclésiastiques vont s'effacer et se soumettre à la puissance montante, la Maison de Savoie. Le premier de la lignée est , dit « Humbert aux blanches mains », comte de Savoie d'environ 1027 à 1047. En 1103, fonde en 1125 l'Abbaye de Hautecombe (future nécropole des comtes de Savoie du au ) sur les rives du lac du Bourget et décide de modifier le blason dynastique, abandonnant l'aigle des rois de Bourgogne pour celui actuel blasonné "de gueules à la croix d'argent". Le 15 mars 1232, achète la ville de Chambéry au vicomte Berlion. Après l'acquisition du château en 1295 par , Chambéry devient alors la nouvelle capitale des comtes de Savoie. Elle le restera jusqu'en 1536 où elle sera transférée à Turin. Entretemps, en 1248, la Savoie est touchée par l'éboulement du mont Granier qui tue plusieurs milliers d'habitants. L'unification de la "Sabaudia" s'achève avec l'achat par du Genevois. Ce dernier obtient en 1416 le titre de duc de l'empereur Sigismond. Certains auteurs, comme Robert Avezou, considèrent que cette époque de la première moitié du sous marque l'apogée de l'État savoyard. La cour du duc au château de Chambéry comprend et sa position stratégique conduit à des alliances avec les monarchies française, germanique, espagnole et autrichienne. Renaissance et époque moderne. En raison du soutien de la Savoie envers l'Autriche, fait entrer les troupes françaises en Savoie, l'occupe et la rattache en 1538 à la province française du Dauphiné. Malgré quelques tensions tenant par exemple à la langue dans laquelle doivent être rédigés les actes juridiques (français en lieu et place du latin), l'occupation ne rencontre guère de résistance. Mais la Savoie n'est pas annexée puisqu'en 1559, Emmanuel-Philibert de Savoie obtient par le traité de Cateau-Cambrésis de recouvrer les territoires perdus. Débute alors la restauration des États de Savoie. De retour dans ses terres, le duc de Savoie décide en 1562 de transférer sa capitale Chambéry à Turin et instaure le Sénat de Savoie à Chambéry dans la continuité du "Parlement" mis en place par lors de l'occupation. Le juriste Antoine Favre en est l'un des premiers sénateurs en 1587, puis président en 1608. Plus tard, en raison du parti pris pour les Espagnols, la Savoie se retrouve de nouveau envahie sur plusieurs fronts, dont le Grésivaudan en 1600 lors du siège de Montmélian. En 1629, une nouvelle défaite conduit la Savoie à subir une nouvelle occupation de la France, une occupation de laquelle la Savoie ressort très affaiblie. Les récentes épidémies de peste atteignent par ailleurs leur point culminant et François de Sales note l'état de délabrement des lieux de culte. François de Sales qui joue par ailleurs un rôle actif en Savoie durant l'opposition entre réforme protestante et contre-réforme catholique. Finalement seule Genève sera acquise à la Réforme, tandis que le restant du Duché se verra plus que jamais attaché au catholicisme. Durant les soixante années suivantes, la Savoie vit plus apaisée, même si la France de la mène comme un État vassal. Malgré tout, la pauvreté demeure et l'émigration ne faiblit pas, y compris dans les vallées. Pour permettre l'avancée du désenclavement de la Savoie à l'ouest, fait percer la route des Échelles (devenue par la suite « voie Sarde ») pour faciliter le passage des marchandises. À la fin du siècle, le niveau culturel des habitants finit par s'améliorer (la plupart des Tarins savent lire et écrire) et les premières écoles sont fondées. Mais la fin du siècle marque aussi le renouveau des guerres européennes. En 1686, rallie la ligue d'Augsbourg contre , qui occupe la Savoie de 1690 à 1696 à l'issue du traité de Turin. La guerre de Succession d'Espagne vaut une énième occupation française de 1703 à 1713. Mais une fois encore, aucune annexion n'est proclamée et les traités d'Utrecht restituent la Savoie à la maison de Savoie. reçoit alors la couronne de Sicile, qu'il échange avec la Sardaigne en 1718. La Savoie est dès lors qualifiée de « sarde ». Le milieu du marque pour la Savoie sa dernière occupation, l'occupation espagnole de 1742 à 1749. Bien que n'ayant rien pu faire pour empêcher l'occupation, transforme jusqu'à sa mort en 1773 son État de manière à laisser place à plus d'administratif en se détachant de la noblesse (il se crée une armée de ) et du clergé (professeurs devenant fonctionnaires d'État). Jean-Jacques Rousseau, qui vit à Chambéry plusieurs années à partir de 1729, travaille lui-même au service du projet de cadastre, dit « Mappe sarde », mis en place par le souverain. À cette époque, la population savoyarde est formée à 90 % de paysans pour qui la vie reste rude et peut devenir dramatique, comme au cœur de l'occupation française de 1703-1713 lors du terrible « grand hiver » de 1709. Une certaine démocratie villageoise existe malgré tout : le dimanche après la messe, les hommes se réunissent pour une assemblée générale annoncée en chaire par le curé. Un notaire est présent ainsi que le châtelain qui représente le seigneur ou le duc, mais l'assemblée est présidée par des syndics élus. Les sujets débattus portent sur l'entretien des biens communaux, moulins, fontaines, fours, pressoirs, de l'embauche de gardes-champêtres ou du montant des impôts communaux. Dans des régions montagneuses comme les Bauges, les biens communaux représentent 43 % de la superficie, et plus encore en Tarentaise ou en Maurienne. Les villages y sont souvent plus riches qu'autour de Chambéry où le fermage au profit de la noblesse et de la bourgeoisie domine. Enfin, un évènement précurseur en Savoie a lieu en 1770 : la vente des droits seigneuriaux par (terminée en 1778 par , droits rachetés par les paysans et les bourgeois. Annexion de 1792. En 1789, la Savoie, par l'intermédiaire d'émigrants établis à Paris, s'intéresse aux évènements prenant part à la Révolution française. À Chambéry, les Savoyards assistent, curieux, à l'arrivée ou au transit des émigrés fuyant la Révolution. Mais l'émigration importante finit par causer de l'énervement et de la défiance envers la France, d'autant que la Savoie se sent de plus en plus mise à part des dirigeants du royaume de Sardaigne, auxquels elle reproche de privilégier le Piémont où ils sont installés. Les bourgeois dénoncent ainsi l'indifférence croissante de la dynastie envers ses . Trois ans plus tard, dans la nuit du 21 au , l'Armée du Midi française, conduite par le général Montesquiou, pénètre par surprise en Savoie au niveau des Marches et Apremont au sud de Chambéry. L'armée sarde ne riposte pas et se contente de se replier sur les hauteurs. Les révolutionnaires français demeurant en guerre contre l'empereur d'Autriche dont est l'allié, il s'agissait pour les troupes françaises de se prémunir de l'arrivée de combattants autrichiens par le territoire de la Savoie. Sous l'impulsion de la Convention nationale, l"Assemblée nationale des Allobroges" est élue et se réunit en la cathédrale de Chambéry afin d'abroger les droits souverains de la maison de Savoie, la noblesse, la féodalité et la dîme les 26 et . Elle formule le vœu d'une annexion à la France avant de se dissoudre, et la demande est envoyée à la Convention de Paris qui, selon le rapport de l'abbé Grégoire, proclame l'annexion de la Savoie le . Le département du Mont-Blanc est créé par le décret de la Convention nationale du . Ce nouveau département regroupe le département actuel ainsi qu'une partie de la Haute-Savoie et de la Suisse. Il est composé de 7 districts, dont 3 dans le département actuel : Chambéry, Saint-Jean-de-Maurienne et Moûtiers. tente dès 1793 de reconquérir les terres perdues, sans succès, et l'état de guerre latent ne cesse qu'après la signature du traité de 1796. La période de la Terreur est menée en Savoie par Antoine Louis Albitte, qui fait monter une guillotine à Chambéry, mais elle ne sera finalement jamais utilisée. Mais la dictature d'Albitte conduit de nombreux prêtres à être fusillés, déportés ou à s'exiler, et toutes les cloches doivent être récupérées pour refondre le bronze, après le raccourcissement des clochers (ce qui lui vaut le surnom d'«infâme niveleur»). Il envoie beaucoup d'opposants en prison, mais prend la décision, en constatant l'état agricole de la Maurienne, de libérer les laboureurs suspects, afin que ces derniers y travaillent la terre. Il est finalement remplacé en . La période du Directoire de 1795 à 1799 marque un renouveau de l'anticléricalisme, s'intensifiant à partir de 1797 et conduisant à la déportation de 174 prêtres. Outre cette « traque » religieuse généralisée par les patrouilles de gardes nationaux, c'est l'ensemble de la population qui proteste, et le département passe non loin de l'insubordination généralisée à la fin du Directoire. Sous le Premier Empire de , la Savoie conserve son apaisement et le système de préfets mis en place satisfont à la situation. Malgré tout, la population ne se résout pas à adhérer à la conscription imposée par les guerres napoléoniennes. C'est par ailleurs à cet effet qu'est construite la caserne du Carré Curial à Chambéry en 1802. Le 30 mai 1814, le traité de Paris prévoit une partition de la Savoie : la France en conserve la majeure partie, dont Chambéry et Annecy, tandis que les vallées de Tarentaise et Maurienne sont rendues aux États sardes. Une partition qui reçoit l'hostilité à la fois des partisans savoyards et des élites républicaines comme Berthollet, ou des royalistes comme Joseph de Maistre. En 1815, l'« Armée des Alpes » commandée par Louis-Gabriel Suchet fait face à l'invasion autrichienne dans les Alpes. L'armée de Bubna passe par le col du Mont-Cenis et celle de Frimont par le col du Petit-Saint-Bernard. En Savoie, la division d'infanterie de Chambéry marche jusqu'à la nouvelle limite entre France et Piémont c'est-à-dire peu avant l"Hôpital" (actuelle Albertville) et Conflans, qu'ils reprennent à l'armée piémontaise. À la suite de leur refus d'armistice, proposé par Suchet, les Autrichiens se heurtent donc aux Français à Albertville le 28 juin, qui avec arrivent à mettre en déroute une armée austro-piémontaise de , en leur causant de lourdes pertes. Mais cette manœuvre est vaine, puisque Suchet signe une suspension d'armes et ses troupes sont donc tenues de se rapatrier sur Chambéry. Il se retire ensuite de Savoie, la laissant sous occupation autrichienne. Pour parvenir rapidement à la paix, le traité de Paris de 1815 signé entre la France, l'Autriche et le royaume de Sardaigne, restitue la totalité de l'ancien duché de Savoie aux rois sardes. Restauration sarde. En 1815 débute la « restauration sarde » pour ce qui est redevenu le duché de Savoie, récupéré par le roi . Ce dernier exerce un régime autoritaire où le pouvoir policier est accaparé par les militaires qui n'hésitent pas à rendre une justice expéditive, si bien que Joseph de Maistre dénonce au roi la . Durant cette période, la religion catholique est la religion officielle mais les autres cultes sont tolérés. Le Sénat de Savoie, de nouveau opérationnel, voit siéger des dignitaires sénateurs qui instruisent les procès des hauts dignitaires et font exécuter les volontés princières. À côté, chaque chef-lieu de province du Duché possède un tribunal de « judicature mage ». Cette période en Savoie est aussi marquée par le retour des élites et intellectuels. Ces élites locales y développent alors les sociétés savantes comme l'Académie de Savoie en 1819 ou la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie (SSHA) un peu plus tard en 1855 à Chambéry, ou encore en Maurienne la Société d'histoire et d'archéologie de Maurienne en 1856. En 1821, le comte Benoît de Boigne commence à offrir ses libéralités à sa ville natale Chambéry (quatre millions de francs en dix ans). En 1824, Charles-Félix vient en Savoie pour inaugurer l'aménagement de la plaine de l'Isère et le théâtre de Chambéry, ainsi que pour racheter l'abbaye d'Hautecombe. Il revient par trois fois en Savoie, deux en 1826 et une en 1830. Sous Charles-Albert, les idées libérales progressent en Savoie, notamment dans le milieu bourgeois. En outre, les idées d'une délégation apostolique envoyée par visant à limiter la faveur des idées libérales au sein du clergé savoyard sont refusées le par le Sénat de Savoie. Des soulèvements contre le roi sont menés en Savoie par Giuseppe Mazzini mais échouent car les Savoyards n'y consentent pas encore. La décision du roi Charles-Albert de rattacher Conflans à l'Hôpital lui vaudra de voir son nom donné à la nouvelle commune : Albertville. À partir de 1847, deux grandes tendances politiques se dégagent : l'une républicaine et favorable à un coup de force révolutionnaire ; l'autre monarchique, favorable à des libertés politiques et à des progrès économiques, appelée « "" » (Résurrection) et présidée notamment par Camillo Cavour. L'avènement de Louis-Napoléon Bonaparte le renforce l'idée d'une union de la Savoie à la France, plus respectueuse de la religion catholique, et plus stable économiquement que le royaume sarde. Cette idée se répand notamment auprès d'une partie de la bourgeoisie locale, mais la majorité des Savoyards vit cette situation dans l'indifférence. L'année suivante, en 1849, arrive au pouvoir le dernier souverain du duché de Savoie, le prince . Il est notamment à l'origine du projet du percement du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis qui débute en 1857. Mais progressivement la Savoie et ses habitants s'orientent vers un rapprochement avec la France. Celle-ci est le fruit d'une radicalisation religieuse (les Savoyards reprochent les lois Siccardi de 1850 et la loi « Rattazzi » visant à réduire les pouvoirs du clergé), d'une désapprobation de la participation à la guerre de Crimée, ainsi qu'une augmentation des impôts, très mal perçue. Cette idée d'une annexion complète et définitive de la Savoie à la France se radicalise d'autant plus qu'en 1857, 20 députés élus sur 22 en Savoie se trouvent être des conservateurs catholiques. Par ailleurs, la campagne d'Italie de 1859 conduit les troupes françaises, alliées au royaume, à traverser Chambéry, la Maurienne et le Mont-Cenis, sous les acclamations. À leurs côtés, les cravates rouges de la brigade de Savoie et les hommes de la du général savoisien Philibert Mollard remportent baïonnette à la main la bataille de San Martino, le . Face à ces sacrifices militaires et financiers, les Savoyards, en particulier les populations du sud, sont favorables à cette union. , par la signature du traité de Turin du , cède la Savoie et le comté de Nice à la France, conformément aux engagements pris. Ce traité est malgré tout conforté par un vote organisé les 21 et où les Savoyards ont le choix entre les bulletins « Oui » et « Non ». Les résultats sont officialisés par la Cour d'appel de Chambéry le . Le «Oui» l'emporte avec en faveur du rattachement sur (99,8̤̥ pour cent) et , soit une participation très forte et une approbation encore plus forte de l'annexion du Duché à la France. Le c'est au tour de la chambre haute de ratifier le traité du , suivie du Sénat de Savoie, ainsi que le Sénat français le . Le nouveau département de la Savoie. La date officielle d'intégration du duché de Savoie dans le Second Empire français est le , date de l'échange de signatures entre le sénateur Armand Laity (commissaire de ) et le chevalier Carlo Bianchi de Castagné (commissaire du roi de Sardaigne). Sont également présents l'archevêque de Chambéry Alexis Billiet, les deux anciens gouverneurs et les deux préfets des futurs départements de Savoie et de Haute-Savoie (Hippolyte Dieu et Gustave Levainville) créés dès le lendemain par décret impérial leur laissant conserver leur nom historique. Quasiment calqué sur l'ancienne province de Chambéry découpée un an plus tôt en 1859, le nouveau département de la Savoie intègre donc Chambéry, qui devient le siège de sa préfecture et de son conseil départemental (remplaçant lui aussi l'ancien conseil provincial). Ses limites sont majoritairement les mêmes qu'aujourd'hui. Les frontières de l'est sont toutefois quelque peu remaniées en 1861 après la création du nouveau royaume d'Italie. Le tracé définitif, daté du , est alors conçu . L'Empereur et l'Impératrice effectuent leur premier voyage en Savoie à partir du où ils débutent par Chambéry. Ils sont le 29 à Aix-les-Bains puis continuent vers Annecy et le lac Léman. En très peu de temps, durant l'été 1860, les nouveaux départements se mettent en conformité avec le cadre administratif et judiciaire français. Un lycée impérial, l'actuel lycée Vaugelas, est inauguré à Chambéry afin de limiter l'influence du Clergé, de même que l'académie de Chambéry ou encore une chambre de commerce et d'industrie, toutes sises à Chambéry. La loi du dispose que . Pour autant la cour d'appel de Chambéry, qui remplace le Sénat de Savoie en 1848, est maintenue par l'État français qui en comporte alors deux : celle de Chambéry et le conseil d'État. Puis, les dix années précédant la fin de l'Empire laissent place à l'incompréhension et au mécontentement. Les Savoyards ressentent l'annexion comme une mise sous tutelle de l'administration parisienne alors que la volonté était de conserver la gestion de leur territoire. Ce phénomène provient notamment de la vision qu'ont les Français de la Savoie, illustrée par les hebdomadaires la présentant comme une région à civiliser et à désenclaver. L'annexion diminue aussi le nombre d'écoles dans les villages de montagne mais permet le passage d'écoles permanentes en lieu et place d'écoles temporaires (ne fonctionnant sous la période sarde que l'hiver). La scolarisation progresse néanmoins, même si selon Victor Advielle, membre de l'Académie impériale de Savoie, le territoire montrait un illettrisme modéré, le département de la Savoie ayant même été classé après l'annexion au rang selon le degré d'instruction. Finalement, la guerre franco-allemande de 1870 constitue le marqueur de l'ancrage symbolique de la Savoie à la République, les Savoyards combattant alors pour la première fois pour leur nouvelle patrie. La proclamation de la Troisième République constitue un changement pour la Savoie où l'on ne s'estime plus considéré comme un territoire nouvellement acquis mais comme un département à part entière (où était dénoncée la sous-représentation politique sous l'Empire). Les tendances politiques jusqu'au demeurent majoritairement républicaines ou modérées en Savoie : sur les neuf circonscriptions, seul l'arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne envoie un député conservateur, Charles-Albert Costa de Beauregard en 1871. Enfin, par suite de dégradations des relations entre la France et l'Italie et la montée d'une italophobie, une armée des Alpes est constituée en 1882 (notamment les chasseurs alpins) et de nouvelles fortifications sont construites pour défendre les vallées, comme le fort du Replaton à Modane (1885-86), fort d'interdiction chargé de surveiller l'entrée du tunnel ferroviaire du Fréjus, inauguré en 1871 et marquant le raccordement ferroviaire avec l'Italie. Entretemps, l'ancienne Compagnie du chemin de fer Victor-Emmanuel est intégrée à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) en 1867. Ailleurs en Savoie sont mises en service : la ligne vers Grenoble en 1864, la ligne d'Aix-les-Bains à Annecy en 1866 (l'empereur chargeant M. le Ministre des travaux publics de venir l'inaugurer en personne) et enfin la ligne de la Tarentaise, d'abord jusqu'à Albertville en 1879, puis Moûtiers en 1893. La fin du marque enfin pour la Savoie le début de l'industrialisation et l'utilisation de la « houille blanche », turbine utilisant la force de l'eau découverte par Aristide Bergès. Les vallées de Maurienne et Tarentaise voient s'implanter les premières usines : production d'aluminium par électrolyse à "la Praz", de ferro-silicium à La Léchère ou encore d'aciers spéciaux à Ugine. La Savoie au. Le début du voit pour la Savoie les débuts de l'avènement du tourisme et plus particulièrement le « tourisme blanc » c'est-à-dire lié aux sports d'hiver. Ceci est notamment rendu possible par les nouvelles lignes de chemin de fer (desserte jusqu'à Bourg-Saint-Maurice à partir de 1913, mise en service du chemin de fer du Mont-Revard en 1892), ainsi que part les investissements en infrastructures et services facilités par la renaissance de la banque de Savoie en 1913. Ainsi à la veille de la Première Guerre mondiale en , la ville thermale d'Aix-les-Bains accueille les touristes les plus fortunés d'Europe avec pas moins de de luxe et pensions. En montagne, le véritable tourisme d'hiver prend son essor avec le ski et l'ouverture des stations dites de « première génération », comme le Revard, Val d'Isère ou Pralognan-la-Vanoise. Ce commerce deviendra florissant au point de se voir qualifié d'« or blanc ». La Première Guerre mondiale marque un nouvel engagement des Savoyards sous le drapeau français, même s'il n'existe aucun bataillon exclusivement composé de Savoyards. Le territoire participe également à l'effort de guerre, moins sur le plan agricole où les récoltes sont mauvaises que sur le plan industriel où les aciéries d'Ugine fabriquent des obus et des blindages pour les tanks. La production d'alliages spéciaux atteint même 55 % de la production française, si bien que le ministre de l'armement de l'époque, , déclare : . Une légère complication survient cependant lorsqu'arrive la décision de rapatrier des soldats français et allemands blessés à Aix-les-Bains, ville alors située dans la zone neutralisée de Savoie mise en place lors du congrès de Vienne de 1815. Finalement les autorités françaises décident, après réexamen du traité, qu'Aix-les-Bains n'est pas concernée et se verra disposer de dès le mois de . Cette zone est ensuite supprimée en 1919. L'Entre-deux-guerres est une période mitigée pour la Savoie. D'un côté le secteur du tourisme est ralenti du fait de la Grande guerre et de ses impacts sur l'aristocratie européenne, de l'autre les accords de 1936 du Front populaire instaurant les congés payés ont tendance à relancer l'activité. Du côté de l'industrie, la houille blanche crée un tissu industriel en Tarentaise et en Maurienne, alimenté par les premières conduites forcées (parfois longues de ). L'industrie électrochimique et électro-métallurgique est très forte grâce à la croissance rapide d'Ugine aciers, qui a produit la moitié de l'acier inox français. Ce développement industriel accélère l'exode rural. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Savoie joue un rôle important lors de la bataille des Alpes de . Les armées françaises tiennent tête à l'invasion italienne commanditée par Benito Mussolini, notamment grâce aux fortifications du département. L'ennemi est stoppé à la fois en Tarentaise dans sa descente du col du Petit-Saint-Bernard et en Maurienne lors des combats dans le vallon du Seuil où la puissance de feu de la barrière de l'Esseillon ne permet même pas aux Italiens de parvenir à Modane. Mais le succès de cette bataille est relativisé par la signature de l'armistice du 22 juin 1940. Les hautes vallées de la Savoie sont alors annexées par le royaume d'Italie, puis en la totalité du departement est occupé. Pour autant, Mussolini rappelle au comte Galeazzo Ciano qu'il ne revendique pas l'ancien duché de Savoie. Puis l'occupation italienne cède la place à l'occupation allemande à partir du . Une résistance intérieure forte est également menée. Celle-ci est facilitée par un relief délicat favorisant les Savoyards, connaisseurs leurs vallées. Elle s'accentue avec la loi instaurant le service de travail obligatoire (STO) incitant beaucoup de jeunes à rejoindre les maquis de résistance du département, estimés de 500 à en 1943. Les actions sont nombreuses et particulièrement pénalisantes pour les occupants : des sabotages de lignes électriques ont lieu presque tous les jours et les usines sont également prises pour cibles, comme en 1943 où la résistance d'Aime s'affaire à détruire le barrage de Centron alimentant l'usine de Pomblières. Les résistants volent également énormément de matériel et d'armes. Un évènement majeur de la résistance en Savoie est le parachutage des Saisies du , où sont parachutés 899 containers d'armes et de munitions par de l'aviation américaine. La Savoie est un territoire stratégique pour les parties en conflit. Ses usines et sa position près de la frontière font que les Alliés veulent empêcher l'ennemi de se replier en Italie. Pour cela, l'armée américaine bombarde Modane et sa gare en : la ville est rasée et sont sans-abri. Puis le , le bombardement allié vise la gare de Chambéry : larguées en dix secondes détruisent la gare de triage, 45 locomotives, ainsi qu'une partie du centre-ville, et font , autant de blessés et . Après la guerre, la Savoie, comme beaucoup d'autres départements français, est à reconstruire. Après rétablissement des lignes de chemin de fer, de l'électricité, des bâtiments et de la reprise des usines, la Savoie connaît de nouveau une économie et une démographie en croissance, à laquelle la reprise du tourisme blanc, par la construction de stations de ski « deuxième génération » (plus hautes, comme Courchevel), y est pour beaucoup. Les infrastructures, sous l'impulsion de l'État mais aussi du conseil départemental de la Savoie, s'améliorent également (en 1945, six communes de Savoie restaient inaccessibles par la route, et encore de plus de vingt habitants en 1954). Juste après la fin de la guerre, en 1946, la Savoie voit s'installer sur son territoire, à Avrieux en Haute-Maurienne, l'un des sites de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales. La seconde moitié du siècle marque aussi la création de grands barrages et l'exploitation de centrales hydroélectriques par EDF. La Savoie dispose en effet d'un relief et de ressources considérables dans cette énergie. Deux grands lacs artificiels sont mis en eau, le lac du Chevril en 1947 et le lac de Roselend en 1952. Puis petit à petit les industries traditionnelles déclinent au profil des nouvelles technologies, notamment liée au tertiaire et au solaire (création de l'Institut national de l'énergie solaire (INES) en 2005). En 1981, la première ligne à grande vitesse est mise en service entre Paris et Lyon et le TGV inaugural arrive en Savoie la même année. La relation avec Paris débute en . Enfin la Savoie a bénéficié d'un éclairage sportif et médiatique mondial lors des Jeux olympiques d'hiver de 1992 accueillis à Albertville aux portes de la Tarentaise et du Beaufortain. Au la région Rhône-Alpes, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Auvergne pour devenir la nouvelle région administrative Auvergne-Rhône-Alpes. Urbanisme. Espaces urbanisés. Dans le département de la Savoie, le taux d'urbanisation, c'est-à-dire la proportion d'habitants vivant en zone urbaine, est de 69,6%. En 2007, l'Insee l'établissait à 77,5 % à l'échelle de la France, soit un peu plus que pour le département. La Savoie reste malgré tout parmi les les moins ruraux dominés par la Petite couronne de Paris. La plus forte urbanisation se situe à l'ouest du département, principalement dans la cluse de Chambéry qui, remontant jusqu'au lac du Bourget, englobe les communes de Chambéry et Aix-les-Bains c'est-à-dire les deux premières villes du département quant au nombre d'habitants. L'espace Métropole Savoie (syndicat mixte) correspond approximativement à ce territoire ; en 2007, il accueille sur une population totale la même année de soit plus de la moitié de la population. Ce syndicat mixte a d'ailleurs été mis en place en 1996 afin selon les mots de son président Thierry Repentin, et qui témoigne de la vivacité économique et urbaine de ce bassin de (soit tout juste 20 % du département). L'unité urbaine de Chambéry, avec ses en 2015, représente pour sa part la unité urbaine de Rhône-Alpes et la unité urbaine de France. À côté de ce grand pôle urbain — regroupant notamment les deux pôles urbains de Chambéry métropole ( en 2013) et de la communauté d'agglomération du Lac du Bourget ( en 2013) — le département connaît des zones urbanisées dans chacune de ses principales vallées. Ainsi la Tarentaise débute à Albertville, troisième commune du département avec près de et une unité urbaine de en 2012. Les unités urbaines de Moûtiers, Aime et Bourg-Saint-Maurice en regroupent pour leur part plus de la même année. En Maurienne, cette urbanisation est moins marquée mais existante puisque, pour Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Michel-de-Maurienne et Modane, l'unité urbaine atteint . Aux vallées s'ajoute également le cas particulier de la commune d'Ugine, au pied du val d'Arly et à l'unité urbaine de . Les espaces les moins urbanisés du département sont de manière générale les massifs : pour la communauté de communes Cœur des Bauges (Bauges), dans la communauté de communes de la Vallée des Entremonts (Chartreuse) et moins encore en Vanoise. Enfin l'Avant-Pays savoyard reste également peu urbanisé puisque la population la plus élevée, celle de la communauté de communes Val Guiers (regroupant treize communes autour de Belmont-Tramonet), est de , toujours en 2011. En matière de foncier, entre 1999 et 2009, de terres agricoles ont été perdus chaque année au profit de d'espaces naturels et d'artificialisation des sols. L'artificialisation s'est donc élevée sur la période à pour chaque nouvel habitant installé ( rang sur les huit départements de l'ancienne région Rhône-Alpes). Mais ce niveau traduit des disparités géographiques : quand les vallées perdaient plus de par an, le territoire de Chambéry métropole, qui bien qu'ayant accueilli 17 % de la population nouvelle, n'a consommé que 11 % du foncier artificialisé. Logement. En 2009, le département de la Savoie comptait . On dénombre parmi eux 56,6 % de résidences principales (en légère diminution par rapport à 1999 avec 57,1 %), 38,3 % de résidences secondaires et 5,1 % de logements vacants. Ce pourcentage de résidences principales est beaucoup plus faible que la moyenne en France métropolitaine, établie à 83,5 %. Ceci s'explique en très grande partie par l'importance du secteur touristique dans le département, et la présence de nombreux appartements à visée de location saisonnière dans les stations de ski notamment. Un constat similaire pour le département voisin de la Haute-Savoie, lui aussi très touristique, avec un taux de 69,8 % de résidences principales, inférieur au niveau national. Pour cette même raison, les appartements représentent 60,6% des logements en 2010 et les maisons individuelles 38,1 %, contre 56,3 % en France métropolitaine en 2009. On trouve enfin, parmi les occupants des résidences principales, 59,5 % de propriétaires, 37,1 % de locataires et 3,5 % de personnes logées gratuitement, des taux ici plus proches de la moyenne métropolitaine : respectivement 57,7 % et 39,7 %. Ces résidences principales se répartissent en 5,5 % de studios une pièce, 12,2 % de logements deux pièces, 21,1 % de logements trois pièces, 26,4 % de logements quatre pièces et 34,8 % de logements cinq pièces ou plus. Des taux ici là encore relativement proches de ceux observés en métropole. Enfin le prix moyen de l'immobilier à la vente au niveau départemental était en de . Au même instant et sur la même période, le prix moyen en France était de , en évolution de -0,25 %. Cette situation exprime d'une part des prix de l'immobilier plus élevés en Savoie (et plus globalement dans les départements alpins) et moins soumis au ralentissement immobilier alors constaté dans le pays. Ces prix élevés sont pour la plupart dus à l'immobilier de montagne. À Chambéry par exemple, le prix moyen par mètre carré s'établissait à l'été 2012 à tandis que celui-ci s'élevait à à Val Thorens ou encore à à Val d'Isère. En 2009, le conseil général du département allouait dans son budget un crédit de d'euros en faveur de sa politique Logement. En 2010, l'assemblée départementale a recensé le versement de financières (+ 12,9 % par rapport à 2009, vraisemblablement du fait de la crise économique de 2009), dont au titre des aides au logement (+ 11 %). Selon le ministère de l'Intérieur, il manquait sociaux en Savoie en 2010. En 2006, le rapport de l'Union départementale des associations familiales de Savoie (UNAF) sur la pauvreté en Savoie observait que . En revanche, le rapport recense 58 % des répondants assurant avoir un logement trop difficile ou trop coûteux à chauffer. L'Insee pour sa part, dans un rapport de 2003, estimait que . Au sein du département, on dénombre 29,2 % de bénéficiaires d'une aide au logement de moins de au , et on y compte 42,6 % d'étudiants dans les aides au logement pour cette même période. Selon le recensement général de la population du , 38 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. En 2007, le département comptait par ailleurs 29 % de l'ensemble des résidences secondaires de l'ancienne région Rhône-Alpes, à égalité avec la Haute-Savoie. Parmi celles détenues par des étrangers, les Britanniques en détiennent près de la moitié (44 %), devant les Belges (17 %). Projets d'aménagement. Différents projets sont en débat, validés ou en cours, concernant le département de la Savoie. Un projet à très long terme est la liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin, visant d'une part à rapprocher en temps de parcours Paris et Lyon de Turin et Milan par Chambéry, et d'autre part à transférer de la route vers le rail le fret important transitant par le département. Le tracé de la nouvelle ligne a d'ores et déjà été arrêté, après que différents travaux préliminaires au percement du tunnel de base du Mont d'Ambin ont déjà été amorcés, en 2002 en France et en 2011 en Italie. Les de ligne sont attendus à l'horizon 2025. En Savoie, les lignes voyageurs et marchandises arriveraient par Saint-Genix-sur-Guiers avant de se séparer à Avressieux dans l'Avant-pays. La ligne voyageurs entrerait alors dans le tunnel "Dullin-Épine" et sortirait au niveau de la Motte-Servolex où elle se grefferait à l'actuelle ligne de la Maurienne jusqu'à Chambéry. La ligne marchandises pour sa part continuerait vers la Maurienne par un tunnel sous les massifs de la Chartreuse et Belledonne. De là, le tunnel de base du Mont d'Ambin la conduirait jusqu'en Italie. Ce projet de Lyon-Turin s'inscrit en tant que maillon central du corridor ferroviaire européen de Lisbonne (Portugal) à Kiev (Ukraine). Il est étudié depuis plusieurs années par une multitude d'acteurs publics et privés. Il se heurte malgré tout à différents conflits inhérents à sa réalisation, par exemple l'opposition italienne dite « NO TAV » "(pas de train à grande vitesse)" ou encore le surcoût estimé du projet pour une rentabilité jugée trop faible (5 %). Le conseil général entreprend depuis 1999 le projet dit « Grand Lac » visant à requalifier et à naturaliser les berges sud-est du lac du Bourget, longées par la RD 1201 entre Chambéry et Aix-les-Bains, dont le projet vise aussi à la sécurisation. Après le hameau de "Terre-Nue" (Viviers-du-Lac) entre 2006 et 2008, puis "le Lido" (Tresserve) en 2008-2009 et enfin la Rosière et "les Séselets" jusqu'à 2011, un dernier chantier débute jusqu'à Aix-les-Bains. Sa réalisation complète est prévue pour 2015 et son coût total est estimé à d'euros pour de rives et de route complètement réaménagés, pour les piétons, les cyclistes (création d'une promenade et de bandes cyclables) et les automobilistes. Un projet de couverture numérique est également en cours, initié par le conseil départemental dans le cadre du "Plan numérique départemental". Actuellement en Savoie, 99,6 % des lignes téléphoniques de la Savoie sont éligibles à l'ADSL. Le plan départemental vise donc à effectuer la transition vers le très haut débit dans le département, par le déploiement de la fibre optique. Enfin d'autres projets sont également en cours à des niveaux locaux, engagés au sein des agglomérations. C'est le cas par exemple avec la requalification de l'« axe de la Leysse » avec un réaménagement important de la gare en vue du Lyon-Turin et plus localement des schémas de déplacement dans le territoire de Métropole Savoie. Politique et administration. Politique. Tendances politiques. Le département de la Savoie est traditionnellement ancré à droite de l'échiquier politique. Depuis l'instauration de la Cinquième République en 1958, une large majorité des élus locaux et des députés sont de droite. Le Parti socialiste est malgré tout parvenu à faire élire plusieurs de ses candidats, parfois même dans la durée comme Louis Besson à la mairie de Chambéry. L'ancrage à droite du département est, en effet, moins prononcé qu'en Haute-Savoie. Le président Mitterrand y avait même obtenu la majorité, de justesse, lors de ses deux mandats en 1981 (50,45 %) et 1988 (50,18 %). Dans les années 1970 et 80, la gauche a pu obtenir des sièges de députés, notamment sous l'impulsion de Louis Besson et Jean-Pierre Cot, mais sans pour autant réussir à s’implanter durablement. En effet, lors des quatre élections législatives de 1993 à 2007, la Savoie n'envoie siéger à l'Assemblée nationale que des élus de droite (UDF et RPR puis UMP). L'électorat savoyard accorde par ailleurs souvent un avantage à des candidats fortement implantés dans le département. De 2008 à 2012 le rapport de force s'était équilibré en faveur de la gauche, notamment dans le cadre des élections locales (élections municipales de 2008 et élections cantonales de 2008 et 2011), la poussée socialiste ayant par ailleurs surpris par son ampleur. Ainsi en 2011, Hervé Gaymard (député UMP) n'a pu conserver la présidence du Conseil général de la Savoie face à Thierry Repentin (Sénateur PS) qu'au bénéfice de l'âge. En outre, après avoir pourtant placé le candidat de la droite Nicolas Sarkozy en tête des premier et second tours de l'élection présidentielle de 2012, le PS enlève deux circonscriptions savoyardes lors des élections législatives suivantes : Bernadette Laclais, alors maire de Chambéry est élue dans la nouvelle , et Béatrice Santais, maire de Montmélian, est élue dans la . Ce sont les deux premières femmes à accéder au mandat de député dans le département. Toutefois, la lente poussée du département à gauche depuis 2008 ne dure pas, comme à chaque fois en Savoie le rééquilibrage à gauche reste éphémère. En effet, à compter des élections municipales de 2014, les de plus de sont presque toutes à droite. La première d'entre elles, Chambéry, ayant compté une municipalité de gauche pendant passe à droite avec la victoire de Michel Dantin contre Bernadette Laclais. Lors des élections sénatoriales de septembre 2014, les grands électeurs de Savoie envoient UMP : Jean-Pierre Vial et Michel Bouvard. Le PS, représenté par Thierry Repentin, perd ainsi son siège de sénateur en Savoie. Depuis les élections départementales de 2015, la majorité départementale Union pour la Savoie, à nouveau emmenée par Hervé Gaymard, s'établit à 30 conseillers sur les 38 que compte l'assemblée départementale (opposition départementale constituée par PS et DVG). Les résultats des dernières élections présidentielles ont, pour leur part, mis en évidence un électorat savoyard majoritairement orienté à droite : Nicolas Sarkozy a rassemblé 52,93 % des suffrages exprimés au second tour en 2012 et 57,32 % en 2007, Jacques Chirac ayant lui aussi été majoritaire lors des deux scrutins précédents. En 2017, à l’image du résultat national, la Savoie place en tête Emmanuel Macron du mouvement En marche ! avec 23,13 % des suffrages exprimés. Toutefois l'est du département reste plus marqué à droite en plaçant en tête François Fillon (LR). La Savoie accorde également souvent de bons résultats au Front national. Au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, Jean-Marie Le Pen arrive en tête avec 19,79% des suffrages exprimés, en 2012, sa fille, Marine Le Pen obtient 18,92 % des suffrages exprimés. Lors des élections départementales de 2015, sur les que compte le département, le FN arrive en tête dans le canton de Montmélian et se maintient au second tour dans huit d'entre eux, mais n’en remporte aucun à l’issue du second tour. La Savoie est un département plutôt participationniste : l'abstention y est plus faible que dans le reste de la France. Par exemple, lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, l'abstention en Savoie s'élevait à 20,23 % contre 22,23 % au niveau national. De la même manière, au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, lorsque 20,52 % et 19,65 % des Français s'abstenaient aux et , les électeurs savoyards n'étaient respectivement que 16,91 % et 17,59 % à ne pas se rendre aux urnes. De même en 2007, si les électeurs français se sont abstenus à 16,23 % et 16,03 %, les électeurs de la Savoie n'ont été que 13,78 % et 14,89 % à faire de même. Personnalités politiques. La Savoie donne notamment plusieurs ministres à la France et ce dès la première annexion de 1792 : Parmi les autres personnalités du département, se trouvent : Conseil départemental. Le conseil départemental de la Savoie est l'assemblée délibérante du département de la Savoie, collectivité territoriale décentralisée. Son siège se trouve à Chambéry au sein du château des ducs de Savoie. Le conseil départemental de la Savoie comprend 38 conseillers départementaux issus des 19 cantons de la Savoie. Les principales compétences du conseil départemental sont l'action sociale, la voirie et les transports (entretien des routes départementales, des routes nationales d'intérêt local, et des transports départementaux), l'éducation, en assurant la gestion et la maintenance des 38 collèges publics et 9 collèges privés sous contrat d'association, la culture, en organisant et en finançant les archives départementales ainsi que d'autres organismes, ou en soutenant différents projets culturels et 16 festivals, et le développement local. En 2013, le budget primitif du conseil départemental voté le a été arrêté à d'euros. La plus grosse part est consacrée à l'action sociale avec soit 34 % du budget. sont en outre attribués à la voirie et aux transports, à l'éducation et à l'enseignement et à la culture. Le conseil départemental de la Savoie consacre en plus de ces compétences obligatoires, une partie de son budget à des politiques volontaristes. C'est le cas par exemple de la politique Montagne, de la politique agricole, de l'économie du territoire, des sports et loisirs ou de l'aménagement numérique. En 2013, pour la première fois depuis 1998, le montant de la dette () est inférieur au montant du capital remboursé (). L'Assemblée départementale, composée des 38 élus du département, se réunit en séance plénière cinq à six fois par an. À chaque nouvelle assemblée, celle-ci élit parmi ses conseillers généraux son Président et 11 vice-présidents. Pour le traitement des affaires courantes, l'Assemblée élit ensuite la Commission permanente, composée du Président, des vice-présidents et de 15 autres élus de l'Assemblée, qui se réunit toutes les 3 semaines pour traiter des dossiers les plus urgents et prendre les décisions nécessaires sans devoir convoquer l'assemblée plénière. Le conseil départemental emploie dans le département, dont 70 % travaillent au sein de services décentralisés sur tout le territoire, répartis à travers 7 Territoires de développement local (TDL) s'appuyant sur polyvalents d'action sociale (CPAS) et territoriales à la vie sociale (DTVS). Enfin, le conseil départemental de la Savoie adhère à l'assemblée des pays de Savoie (APS), créée le afin de gérer conjointement avec le conseil départemental de la Haute-Savoie des projets communs. Financée à parts égales par les deux départements, l'assemblée des pays de Savoie est compétente dans la gestion de dossiers relatifs à l'agriculture, au tourisme, à la culture, à l'enseignement supérieur, au développement économique et à l'innovation, au développement durable ou à la filière bois concernant mutuellement les deux départements. Politique et administration. Administration territoriale. Au , le département de la Savoie est composé de , et . Les communes situées à l'est du département sont en moyenne beaucoup plus grandes en superficie qu'au centre et à l'ouest. Tel est le cas de l'une des plus grandes d'entre elles, Bourg-Saint-Maurice (), située au nord-est du département. Cette situation s'explique par le fait que cette partie du territoire correspond à de la moyenne et de la haute montagne, soit un environnement peu propice à l'établissement de nombreuses communes. Par ailleurs, même si le territoire de ces communes couvre les zones non habitées de montagne, le chef-lieu de la commune concernée est souvent lui situé dans la vallée (cas de Bourg-Saint-Maurice ou Modane). On retrouve par ailleurs cette caractéristique dans le restant du découpage administratif. Ainsi l'arrondissement de Chambéry, de et quelque , regroupe et quand l'arrondissement d'Albertville, pourtant plus vaste avec ses , ne regroupe que et en raison du plus faible nombre d'habitants (~ ). L'arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne, de , comprend et pour un total d'un peu plus de . L'arrondissement de Chambéry comprend la région de Chambéry et Aix-les-Bains, l'Avant-pays savoyard, le massif des Bauges, la Chautagne et une partie de la combe de Savoie ; celui d'Albertville comprend Albertville, la Tarentaise et Haute-Tarentaise, le Beaufortain et la Vanoise, et celui de Saint-Jean-de-Maurienne la vallée de la Maurienne et Haute-Maurienne. Du côté des intercommunalités, la Savoie possède que sont Chambéry Métropole ( de l'agglomération de Chambéry) et la communauté d'agglomération du Lac du Bourget ( de l'agglomération d'Aix-les-Bains) et . En 2009, les d'agglomération regroupent donc sur 305 et sur (soit 42,6 %). Si en 2013, n'étaient rattachées à aucune intercommunalité (12,5 %), cela n'est plus le cas depuis 2014. En outre, en matière d'intercommunalités de gestion, le département comprend à vocation unique (SIVU), intercommunaux à vocation multiple (SIVOM) et , dont Métropole Savoie. Enfin, le département de la Savoie dispose sur l'ensemble de son territoire d'environ de l'État et départementaux. Instances judiciaires et administratives. Les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie dépendent du ressort de la cour d'appel de Chambéry, dont le siège se situe au palais de justice de Chambéry. Le ressort couvre un territoire de de plus d'un million d'habitants, et compte dont 9 sont situées en Savoie : la cour d'appel de Chambéry, les et de grande instance de Chambéry et Albertville, les de prud'hommes de Chambéry, Albertville et Aix-les-Bains ainsi que le tribunal de commerce de Chambéry. Savoie et Haute-Savoie confondues, le ressort totalise , , de justice, élus au tribunal de commerce, prud'hommaux et des assesseurs notamment des tribunaux pour enfants, et des conciliateurs de justice. À ces effectifs s'ajoutent divers auxiliaires de justice parmi lesquels plus de , , et judiciaires. En 2012, dossiers ont été ouverts au civil auprès de la cour d'appel de Chambéry. Le département compte en outre trois établissements pénitentiaires, à Chambéry (siège du Service pénitentiaire d'insertion et de probation), et les deux antennes d'Albertville et d'Aiton. En matière de police, la Direction interrégionale de la Police judiciaire (DIPJ) de Rhône-Alpes (Lyon) possède une antenne à Chambéry. À cela s'ajoute la présence de la Direction départementale de la sécurité publique de la Savoie (DDSP) et de la Direction départementale de la police aux frontières (DDPAF) de la Savoie. La première est la principale direction opérationnelle intégrée à la Direction Générale de la Police nationale, incluant notamment Police secours, ayant effectué en Savoie en 2011. La seconde est l'une des 6 divisions actives de la police nationale, comptant 125 personnels chargés d'assurer la sécurité transfrontalière près de la frontière franco-italienne. Par ailleurs, en 2010 "Le Dauphiné libéré" recensait 51 communes possédant une police municipale pour un effectif total de 157 agents. La Savoie possède aussi le groupement de gendarmerie départementale de la Savoie, réparties en 3 compagnies de gendarmerie départementale, dans l'escadron départemental de sécurité routière, le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) et la brigade nautique intérieure (BNI) d'Aix-les-Bains. Le groupement dispose en outre de la brigade de gendarmerie des transports aériens sur l'aéroport de Chambéry - Savoie. Chambéry est également le siège de la Direction régionale des douanes et des droits indirects de Chambéry, sise à l'hôtel des douanes, à proximité du palais de justice. La direction de Chambéry s'étend sur les trois départements nord-alpins de la Savoie, la Haute-Savoie et l'Isère, auxquels s'ajoutent de frontière franco-italienne et de frontière franco-suisse. Enfin la préfecture du département de la Savoie est établie au château des ducs de Savoie de Chambéry. Le préfet de la Savoie est M. Denis Labbé depuis 2015. Le rapport d'activité des services de l'État en Savoie pour l'année 2011 indiquait le passage de à la préfecture, et la délivrance de d'immatriculation (+5,04 % par rapport à 2010), de conduire (+11,92 %), d'identité (-3 %), biométriques (+4,94 %) et de séjour (-21 %). S'ajoutent à cela (-15 %) et de permis de conduire (+60 %). Chasseurs alpins. L'administration française est également présente en Savoie au travers de l'armée de terre et plus précisément de l'unité des chasseurs alpins. Aussi surnommés les "Diables bleus", les chasseurs alpins apparaissent en 1888 et se divisent alors en bataillons de chasseurs alpins (BCA) et en régiments d'infanterie alpine (RIA). Aujourd'hui, le département de la Savoie ne compte plus sur son territoire que le de chasseurs alpins. Basé depuis sa création en 1888 à Chambéry, la garnison actuelle s'établit depuis 1980 sur la commune de Barby dans l'agglomération chambérienne. Appartenant à la d'infanterie de montagne depuis 1999 et commandé par le lieutenant-colonel Cyrille Becker depuis 2012, le comprend un effectif de et civils préparés à l'accomplissement de missions militaires et humanitaires, notamment dans les zones de montagne. À cet égard, l'entrainement au sein du bataillon est entre autres marqué par l'obtention du Brevet d'alpinisme militaire puis du Brevet de skieur militaire (BSM). Ces années, les hommes du ont couvert des missions au Liban, en ex-Yougoslavie dans le cadre de la Force de protection des Nations unies (FORPRONU), en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo avec l'OTAN et dans certains pays d'Afrique. En 2012, le opère notamment en Afghanistan dans le cadre de l'ONU. Sa devise est . Jusqu'à 2012, la Savoie comptait également le de chasseurs alpins (unité motorisée), alors basé à Bourg-Saint-Maurice, mais transféré à Varces en Isère avec le d'artillerie de montagne. Par le passé, le département comptait aussi le de chasseurs alpins d'Albertville (dissous en 1997), ainsi que les d'infanterie de ligne de Chambéry et d'infanterie de ligne affecté à la défense des Alpes en Tarentaise et Maurienne, qui participèrent notamment aux deux grandes guerres du début du . Population et société. Démographie. Le département de la Savoie est un département modérément peuplé, notamment en comparaison avec sa superficie. En 1990, celui-ci se trouvait ainsi au national avec , puis au national avec une population de en 1999. En 2006, le département franchit le seuil des et sa population municipale (résidents habituels) s'élève finalement en 2009 à , tout en conservant son . Sa densité est alors de par km lorsque la même année celle-ci s'élève à en France métropolitaine, et même à pour la Haute-Savoie voisine (département à la fois moins vaste et plus peuplé). Pour autant, et bien que le solde naturel soit positif en Savoie avec environ 0,4 % d'augmentation par an (correspondant au solde moyen de la Métropole), c'est surtout le solde migratoire qui porte la croissance démographique : avec en moyenne 0,7 % par an, il place la Savoie au national. C'est notamment à l'ouest du département et dans les zones périurbaines que la croissance de la population est la plus vive. Si ces tendances se poursuivent, la hausse de la population devrait se prolonger. Les territoires les plus dynamiques restent la cluse de Chambéry et les abords du lac du Bourget, même si la progression annuelle la plus forte mesurée entre 1999 et 2006 a concerné la commune Bourg-Saint-Maurice avec 1,8 % de croissance de la population, suivie par Saint-Alban-Leysse et la Motte-Servolex (1 %). En revanche, d'autres communes ont vu leur population légèrement se réduire, comme Saint-Jean-de-Maurienne avec une baisse de 0,4 %. Le département de la Savoie est par ailleurs un département qui du fait de la forte activité touristique saisonnière peut voir sa population de réguliers, doubler durant les périodes touristiques et notamment l'hiver. Ainsi en 2005, alors que le département comptait une population résidente de , la population présente moyenne (EHP) s'est pour sa part élevée à , avec un maximum de , soit près du double. Aujourd'hui, cette population présente peut atteindre le million d'habitants durant la période hivernale. Sans être aussi forte, une autre augmentation substantielle de la population résidente en Savoie s'observe également durant l'été. À cet égard, la population réelle du département de la Savoie tout au long de l'année est estimée en moyenne de 29,4 % supérieure à la population résidente recensée par l'Insee. Les dernières publications de l'Insee sur les populations légales entrées en vigueur en 2022, établissent pour la Savoie en 2020, une population municipale de , et une population totale de . Pyramide des âges. D'après les pyramides des âges du département de la Savoie, comparées sur les années 1999 et 2009, on s'aperçoit que le département possède à peu près en mêmes proportions des individus des classes d'âge et (environ par tranche d'âge et par sexe), et que la proportion de plus de a augmenté en dans le département de sorte que ces derniers représentent désormais 22 % de la population contre 18 % en 1999. Pour autant, les de moins sont donc représentées à hauteur d'environ 36 %, et même les seuls moins de sont plus nombreux que leurs aînés, à 25 % de la population totale. En 2009, les femmes sont plus nombreuses dans le département : contre . Toutefois, leur part est beaucoup plus élevée dans les tranches d'âge supérieur à environ , surtout après . La densité démographique de la Savoie est en 2011 de . De fortes disparités demeurent toutefois entre les fonds de vallées très peuplés, et de grandes étendues de montagne quasiment inhabitées. En 2013, les cinq communes savoyardes les plus peuplées accueillent près de 30 % de la population du département. Ce sont Chambéry avec une population totale de plus de , suivie par Aix-les-Bains qui représente environ , puis Albertville avec . On trouve ensuite la commune de La Motte-Servolex avec près de et enfin la commune de La Ravoire avec plus de . On peut noter que quatre de ces cinq communes sont exclusivement situées dans l'aire urbaine de Chambéry, à l'ouest du département. Les deux principales unités urbaines dans le département sont l'unité urbaine Chambéry qui représente, à elle seule, plus de depuis sa fusion en 2010 avec l'unité urbaine d'Aix-les-Bains, et l'unité urbaine d'Albertville qui englobe une population totale de . Les plus forts taux de croissance démographique depuis 1999 ont d'ailleurs été enregistrés sur ces territoires et sur la combe de Savoie les séparant. Les quatre quartiers prioritaires présents en Savoie sont situés sur les communes de Chambéry, Aix-les-Bains et Albertville, et regroupent pour leur part environ en 2018, dont la moitié pour les seuls Hauts-de-Chambéry. Éducation et enseignement. En matière d'éducation et d'enseignement, le département de la Savoie appartient à la circonscription administrative de l'académie de Grenoble qui regroupe également les départements de la Haute-Savoie, de l'Isère, de la Drôme et de l'Ardèche. L'académie de Grenoble a ainsi pour rôle de déterminer les politiques éducatives définies par le Gouvernement et les directives des ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la recherche. Éducation nationale. Le ministère de l'Éducation nationale est compétent en matière d'enseignement scolaire. Cela comprend l'enseignement pré-élémentaire avec les écoles maternelles et l'enseignement élémentaire (le tout constituant l'enseignement primaire), l'enseignement secondaire avec les collèges, les lycées et les centres de formation d'apprentis, ainsi qu'une partie de l'enseignement supérieur dispensé dans les lycées (STS/BTS et CPGE notamment). En Savoie, l'académie de Grenoble a recensé pour l'année scolaire 2011-2012 : L'académie compte également pour cette même année scolaire pré-élémentaires, élémentaires et spéciales, public et privé confondus. Elle indique en outre que 95,8 % des élèves scolarisés en écoles élémentaires (du CP au CM2, soit en moyenne de 6 à ) bénéficient de l'enseignement d'une langue vivante étrangère dans les établissements publics, et 98,2 % dans les établissements privés. Dans les écoles publiques, il s'agit notamment de l'anglais, enseigné à 84,4 % des élèves savoyards, suivi de l'italien à hauteur de 14 % (du fait de la proximité du département avec l'Italie) et enfin l'allemand pour le 1 % d'élèves restants. Dans les écoles privées, seul l'anglais est enseigné en tant que langue unique, mais 23 élèves d'une école privée spécifique bénéficient de l'apprentissage simultané de deux langues étrangères : l'anglais et l'italien.<br> Au total ce sont en Savoie scolarisés dans les établissements publics et dans les établissements privés, soit 9,2 % des du total. Toujours en 2011-2012, le département compte dans le second degré public (+ en SEGPA), en cursus général et technologique et en cursus professionnel. En incluant les EREA () et les sections d'enseignement professionnel (SEP) des lycées professionnels (), l'effectif dans l'enseignement secondaire en Savoie s'élève à . Le second degré privé sous contrat compte pour sa part , de la filière générale et technologique et de la filière professionnelle, pour un total tout compris de , soit un peu moins de 15 % des effectifs du département scolarisés dans le privé. En 2011 en Savoie, 91,7 % des candidats au baccalauréat ont obtenu leur diplôme. Ils ont été 94,1 % à obtenir le baccalauréat général, 88,1 % pour le baccalauréat technologique et 90 % pour le baccalauréat professionnel. La Savoie possède par ailleurs plus de sections européennes (permettant d'obtenir une mention spéciale) en italien (26) qu'en anglais (19). Enfin les effectifs du personnel enseignant au 2012 s'élevaient à dans le premier degré (dont 191 en privé sous contrat) et à dans le second degré (dont 484 en privé sous contrat). Les personnels non-enseignants du public étaient pour leur part au nombre de . Enseignement supérieur. Université Savoie Mont Blanc. En matière d'enseignement supérieur, on trouve au niveau départemental la présence de l'université Savoie-Mont-Blanc, anciennement nommée Université de Savoie et fondée le . Cette dernière est présente en Savoie sur les sites de Jacob-Bellecombette sur les hauteurs de Chambéry et de Savoie Technolac au Bourget-du-Lac (auxquels s'ajoute le site d'Annecy-le-Vieux en Haute-Savoie). Pour l'année universitaire 2011-2012, l'université de Savoie comptait environ sur l'ensemble des , dont à Jacob-Bellecombette et au Bourget-du-Lac, soit près de en Savoie. Cet ensemble universitaire propose sur ses deux sites des formations en licence, master et doctorat. En 2011-2012, près de la moitié des étudiants en Savoie étaient inscrits en licence, et un peu moins de 25 % en master. Une importante majorité des étudiants (54 %) sont originaires de la Savoie et de la Haute-Savoie, alors que 18 % sont originaires d'autres régions françaises, 17 % de l'ancienne région Rhône-Alpes et 11 % de l'étranger. Le campus de Jacob-Bellecombette, de , accueille publiants en sciences humaines et sociales, et celui de Savoie Technolac, de , en accueille pour sa part 108 en sciences exactes et 11 en sciences de la vie. L'université de Savoie comprend cinq unités de formation et de recherche, une école d'ingénieur, un IUT et quatre IUP. En plus de l'école doctorale de l'université qui accueillait en 2012 quelque sur les deux départements, on y trouve également une école de gestion et de commerce, l'école supérieure de commerce de Chambéry, ainsi que l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Chambéry depuis 2005. Les domaines de formation de l'université en Savoie sont les sciences technologiques (principalement au Bourget-du-Lac), les sciences humaines et sociales (principalement à Jacob-Bellecombette), le Droit, l'économie et la gestion (principalement à Jacob-Bellecombette) et les arts, les lettres et les langues (exclusivement à Jacob-Bellecombette). Pour l'année universitaire 2010-2011, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche recensait inscrits dans le premier cycle universitaire, dans le deuxième cycle et 6 dans le troisième cycle, dont 60,4 % d'étudiantes. La majorité d'entre eux (plus de 40 %) étaient inscrits dans les domaines des lettres, langues et sciences humaines, suivis par le droit et sciences économiques et les sciences de l'ingénieur (un peu plus de 25 % chacun). Au total, l'effectif universitaire en Savoie était en 2010-2011 de , soit 14 % des effectifs de l'académie de Grenoble et 5 % de ceux de l'ancienne région Rhône-Alpes. En 2011-2012, le Ministère recensait dans l'enseignement supérieur. Enfin, l'université de Savoie est classée depuis plusieurs années au français des universités quant à la mobilité internationale Erasmus. Ce classement est basé sur le ratio entre le nombre d'étudiants Erasmus et le nombre d'étudiants total de chaque établissement. Pour l'université de Savoie, ce ratio s'est élevé à 2,70 % en 2011-2012. Autres formations supérieures. Toujours selon le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, la Savoie comptait en 2010-2011 quelque hors universitaires et ingénieurs répartis comme suit : Enfin, Chambéry possède depuis 1994 un site de l"École nationale supérieure d'arts et métiers (ENSAM)" devenu aujourd'hui l'Institut Arts et métiers ParisTech de Chambéry. D'après les dernières données de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) disponibles, en matière de formation continue et d'apprentissage, le département de la Savoie disposait, en 2009, de 469 organismes de formation continue (324 en 2004), soit 5,7 % des organismes de la région Rhône-Alpes. Plus spécifiquement, en matière d'apprentissage, la Savoie enregistrait, pour , d'apprentissage ( en 2005), soit 6,6 % des contrats au sein de la région. Les contrats de professionnalisation ont de leur côté augmenté de plus de 60 % en puisque l'on dénombrait au niveau départemental contre 699 en 2005. Au niveau régional, ceux-ci représentaient alors pour cette année près de 7 % des contrats. Enfin d'après les sources des CFA, de la Direction régionale de l'Apprentissage et de l'Enquête régionale sur les effectifs apprentis au repris par la Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie, quatre CFA avaient leur site principal en Savoie et 25 d'entre eux accueillaient dans le département (et à la fin de l'année 2011). Santé. Données générales. L'Insee recensait en 2008 en Savoie près de de santé, répartis en et infirmières diplômées d'État, , , et kinésithérapeutes, et professionnels. La densité de professionnels libéraux de santé pour le département s'élevait alors à , et pour . Pour les médecins généralistes, cette densité est alors la plus forte au sein de l'ancienne région Rhône-Alpes (106 pour en moyenne). De manière générale, l'Ordre des médecins établissait au cette densité, tous professionnels de santé confondus, à pour , faisant de la Savoie le de la région le mieux couvert après le Rhône et l'Isère, et mieux couvert par rapport à la moyenne en France métropolitaine ( pour ). Au , l'Ordre comptait et de de moyenne d'âge, dont 42,3 % de femmes, et indiquait une densité de généralistes et spécialistes pour , soit toujours plus que pour la moyenne en métropole (respectivement de 147 et ). Toujours en 2011, l'Ordre a estimé que la densité médicale pour s'avérait « forte » sur la majeure partie du territoire savoyard, l'Ordre ne recensant que de vie en densité médicale faible en Savoie. Le département de la Savoie est également en 2013 le premier département de France quant au nombre de dons de moelle osseuse par habitant. Concernant la consommation de médicaments, le rapport thématique de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de indiquait que le département de la Savoie figurait en 2010 en quant à la consommation d'antibiotiques avec définies journalières (DDJ) pour et par jour, juste derrière le département de la Haute-Savoie avec . Les deux départements savoyards étaient par ailleurs les seuls sous la barre des et les plus proches de la moyenne européenne. Pour ce qui concerne la consommation de médicaments génériques, d'après les données de l'Assurance maladie, le taux de substitution mesuré en Savoie en 2012 était compris entre 83 et 84,9 % tandis que le taux national moyen frôlait les 84 %, soit un niveau relativement proche. Enfin l'Insee recensait en 2008 la présence de (y compris mutualistes) et de d'analyses médicales. Établissements de santé. En ce qui concerne la santé, le département de la Savoie possède plus d'une dizaine d'hôpitaux et de cliniques répartis sur l'ensemble du territoire, incluant les vallées de Tarentaise et de Maurienne. Pour autant la région du département offrant la plus importante couverture hospitalière est aussi la plus peuplée de Savoie, à savoir le territoire de Métropole Savoie. Le plus important est le centre hospitalier de Chambéry. Réparti sur plusieurs bâtiments, il offre actuellement une capacité d'accueil de 835 lits, auxquels s'ajoutent plus de 400 lits en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et unités de soins longue durée (USLD). Il comptabilise chaque année quelque d'hospitalisation, , aux Urgences et au sein de la maternité. Quatrième centre hospitalier de l'ancienne région Rhône-Alpes, il possède en outre de bloc central et de bloc ambulatoire (dont dans le centre hospitalier d'Aix-les-Bains).Employant environ de la santé, le centre hospitalier possède les services suivants : La ville d'Aix-les-Bains possède également un centre hospitalier. L'hôpital comporte , mais le centre hospitalier possède un total de plus de (dont les de l'EHPAD). En 2009, s'est par ailleurs créé à Challes-les-Eaux, au sud-est de Chambéry, le centre privé Médipôle de Savoie. Il présente une capacité d'accueil de et exécute chirurgicales par an, dont en chirurgie ambulatoire tandis que son service d'urgences enregistre . Il emploie enfin dont . Ailleurs dans le département sont recensés les centres hospitaliers de Saint-Jean-de-Maurienne, d'Albertville-Moûtiers et de Bourg-Saint-Maurice, auxquels s'ajoutent divers hôpitaux locaux, comme celui de Modane, de Montmélian ou de Saint-Pierre-d'Albigny. La dernière clinique du département (hors cliniques vétérinaires) est la clinique Herbert installée à Aix-les-Bains. Enfin la Savoie possède un centre hospitalier spécialisé, situé sur la commune de Bassens près de Chambéry, prodiguant des soins en santé mentale à la population du département. Le thermalisme est également important en Savoie, offert par six établissements. Deux sont situés sur les communes d'Aix-les-Bains et de La Léchère, les deux autres étant situés à Challes-les-Eaux et Brides-les-Bains. Les thermes nationaux d'Aix-les-Bains sont partenaires du Centre de Recherche Rhumatologique et Thermal créé en 1948 et à ce titre un haut lieu de recherche thermale, les thermes de Challes-les-Eaux possèdent les eaux les plus sulfurées d'Europe et le spa de la Léchère est alimenté en eau thermale, riche en strontium et lithium et surgissant à une température . En 2010, les cinq stations thermales (hors spa de la Léchère) ont accueilli assurés sociaux. La Savoie est à cet égard le premier département thermal de France avec 10 % des cures. Sports. Le département de la Savoie, tout comme son voisin de la Haute-Savoie, est un département où sont pratiquées une multitude d'activités sportives, parmi lesquelles de nombreux sports d'hiver, notamment depuis l'avènement du ski puis du « tourisme blanc » lié à la neige au cours de la seconde moitié du . À cet égard, la Savoie est le premier département de France sur les sports d'hiver avec un total de , suivi par la Haute-Savoie et ses (soit un total de en Pays de Savoie). Ces de ski du département se partagent par ailleurs un domaine skiable de , soit 35 % du domaine skiable français, et possèdent également 27 % des remontées mécaniques totales du pays. En outre, le site de Savoie Grand Revard, présent dans le massif des Bauges, est le premier site de ski nordique de France. Par ailleurs, il s'agit du département français pour le nombre d’athlètes de haut-niveau qu'il possède. Principales disciplines. Sports d'hiver : le Comité de ski de Savoie comptait en 2011 dans le département et dans les disciplines de ski alpin, ski nordique, ski freestyle, snowboard et télémark. Toutes disciplines de ski et tous niveaux confondus, le département de la Savoie forme chaque année quelque , et de l'équipe de France A (dont 15 en ski alpin) y ont été formés. Sports de montagne : le département possède et agréée de canoë-kayak, pratiqué sur de tous types de taille et de débit et l'escalade-alpinisme recensent pour leur part 22 clubs. Le parapente est une activité également beaucoup pratiquée en Savoie, qui possède au total 38 sites et autant de clubs et écoles. Le canyonisme est également pratiqué en Savoie, notamment au canyon Grenan dans l'Avant-pays savoyard. Enfin, le rafting est une activité également prisée sur le territoire savoyard, surtout en descendant l'Isère dans la vallée de la Tarentaise et le Doron de Bozel en Vanoise. Sports d'eau : la pratique de l'aviron est permise par en Savoie qui recensent près de , notamment sur les lacs du Bourget et d'Aiguebelette, où peut être également pratiqué le ski nautique. La pratique sportive de la natation est quant à elle dispensée par regroupant . S'ajoutent enfin 2 clubs de voile () et de water-polo, le Cercle des nageurs d'Aix-les-Bains. Aix-les-Bains détenant par ailleurs le label « France station nautique » en raison de l'importante de son offre nautique sur le lac du Bourget. Autres sports : le département de la Savoie connaît un engouement pour certaines activités sportives telles que : l'athlétisme (), l'équitation (), et le karaté (), chacun ; la pétanque () et le cyclisme-cyclotourisme (), chacun ; le golf () et la gymnastique (), chacun, le judo-kendo, , , et le tennis, , . Pour ce qui est des sports collectifs, le basket-ball (, et deux clubs « phares » : en basket masculin l'Aix Maurienne Savoie Basket qui joue en Pro B, descendant du Maurienne Savoie Basket qui remporte ce championnat en 1997, et en basket féminin, Challes-les-Eaux Basket, notamment triple-champion de France consécutivement de 1991 à 1993, et troisième de l'Euroligue en 1993), le handball (, dont le Chambéry Savoie Handball, champion de France en 2001, dix fois deuxième, et le SHBC La Motte-Servolex en handball féminin, en D2 et 30 en D3), le rugby ( et et deux clubs « phares » : le Stade olympique chambérien rugby, qui joue sept saisons en première division dont il atteint les demi-finales en 1961, et l'Union sportive Montmélian rugby qui joue deux saisons en première division fédérale). Les sports à la pratique la plus importante sont la gymnastique volontaire ( et plus de ) et le football (le district de Savoie, qui fait partie de la ligue Rhône-Alpes compte et plus de en 2011). Deux clubs de football du département ont par ailleurs atteint un championnat d'envergure national important : le Stade olympique de Chambéry football, quatre fois champion de division d'honneur (plus haut niveau régional) qui passe six saisons dans le champion de France amateur, qu'il remporte en 1962, et le Club Athlétique Saint-Jean-de-Maurienne, qui, champion de DH en 1971, participe pendant une saison au Championnat de France de Division 3 en 1971-1972. Infrastructures et compétitions sportives. Les de sport d'hiver que compte le département se répartissent de vastes domaines skiables et possèdent des équipements sportifs variés. Ainsi, le domaine Paradiski propose des infrastructures de bobsleigh et d'escalade de glace. De très nombreux snowparks sont présents dans un très grand nombre de stations, et Courchevel possède un tremplin de saut à ski, le tremplin du Praz, issu des jeux olympiques de 1992. Il s'organise chaque année diverses compétitions, comme la Pierra Menta à Arêches-Beaufort en mars, ou d'autres événements internationaux ponctuels, tel la coupe du monde de à Bourg-Saint-Maurice, plus récemment les championnats du monde de ski alpin 2009 à Val d'Isère ou encore les Winter X Games 2010 de Tignes. En outre, la Plagne organisera les championnats du monde de télémark en 2017. La montagne est également un lieu de prédilection pour d'autres activités telles que le cyclisme. Chaque année depuis 1971 (à l'exception de 2014), le Tour de France propose une ou deux étapes dans le département, le plus souvent l'occasion de franchir ses nombreux cols. En 2015, le Tour a notamment franchi les cols du Glandon, de la Croix-de-Fer et les lacets de Montvernier, en 2013 de nouveau le Glandon ainsi que le col de la Madeleine, en 2012 la Madeleine et la Croix-de-Fer, en 2011 le Galibier et en 2010 Chambéry a été ville de départ. D'envergure plus régionale, la Savoie voit aussi passer chaque année les coureurs cyclistes du critérium du Dauphiné. Mais la montagne est aussi le terrain d'action du "tour de la Grande Casse", un trail organisé chaque été à Pralognan-la-Vanoise et où des dizaines de participants parcourent et franchissent un dénivelé cumulé de plus de durant une moyenne de 5 jours. En outre, la Grande Odyssée Savoie Mont-Blanc, course internationale de chiens de traîneaux se déroulant en janvier et considérée comme l'un des plus difficiles en raison de ses dénivelés, débute en Haute-Savoie et prend fin à Val Cenis en Savoie après de course. Sur l'eau diverses compétitions ont également lieu en Savoie. Chaque année au mois de mai se déroule pendant une semaine à Aix-les-Bains le championnat européen de voile sur le lac du Bourget, et les championnats du monde d'aviron 2015 ont eu lieu sur le lac d'Aiguebelette, qui est par ailleurs le lieu de différents triathlons. Certaines rivières du département sont balisées de manière à permettre la pratique d'activités sportives, comme l'est notamment l'Isère au niveau de la base internationale d'eau vive de Bourg-Saint-Maurice en Tarentaise. C'est dans ce bassin de slalom que se déroulent très souvent les championnats de France de canoë-kayak, (comme en 2007), et il servit de repère lors des championnats du monde de 1969, 1987 et 2002. La commune possède également un bassin international de compétition, long de , large de 20- et dont le débit peut être régulé jusqu'à /s. Enfin, l'hippodrome d'Aix-les-Bains est l'unique turf des Alpes, et le golf d'Aix-les-Bains est le plus ancien de la région. Randonnées. En matière de randonnée pédestre, le département de la Savoie accueille sur son territoire des portions de de grande randonnée que sont : À ceux-ci s'ajoutent également les sentiers et circuits de Promenades et Randonnées (PR). Au total, le Comité Départemental de la Randonnée Pédestre de Savoie est chargé d'entretenir chaque année le balisage de près de de sentiers balisés, sur les quelque de sentiers que compte le département. Médias. Le département de la Savoie est couvert par de multiples médias audio-visuels, nationaux et locaux. Du côté de la télévision, la Savoie est passée au « tout numérique » avec le développement de la télévision numérique terrestre (TNT) entre juin et et l'arrêt définitif des émetteurs analogiques. Malgré tout, et bien que le conseil départemental assure depuis 2011 la maîtrise d'ouvrage de leur résorption (NRA-ZO), le département connaît toujours des zones d'ombre, en particulier dus au relief difficile en certains endroits. Mais finalement, 97,6 % des foyers savoyards sont couverts par la TNT au selon le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Les deux principales chaînes de télévision locales en Savoie sont France 3 Alpes et 8 Mont-Blanc. En outre, du temps de la télévision analogique, il était possible dans certaines parties de la Savoie de capter la télévision suisse romande du fait de la proximité avec la Suisse et notamment de la Suisse romande (moins d'une centaine de kilomètres depuis Chambéry). Du côté de la radiocommunication, une trentaine de stations de radio couvrent le département tant nationales (une vingtaine) que locales. Au total, ce sont près de utilisées dans diverses zones du département. Les radios locales en Savoie sont France Bleu Pays de Savoie, Montagne FM, ODS Radio, Hot Radio et Radio Ellebore. Pour ce qui est de l'audience, en 2010, France Inter arrivait en tête des écoutes avec 13,2 % de parts d'audience, suivi de France bleu avec 11 % (seule radio locale à dépasser les 10 % de parts d'audience) et RTL (9,5 %). Enfin, en ce qui concerne la presse écrite, la Savoie est couverte notamment par les éditions régionales du "Dauphiné libéré", qui dispose par ailleurs d'une agence à Chambéry. À ses côtés figurent deux hebdomadaires, "L'Essor savoyard" et "La Vie Nouvelle" ainsi qu'un bimestriel, "La Voix des Allobroges". Mais au et jusqu'au milieu du , de très nombreux titres existaient : "Le Courrier des Alpes", "Le Travailleur Alpin", "La Croix de Savoie" ou "Le Patriote Savoisien"… Religion. Comme dans l'ensemble des départements français, la Savoie et sa population sont traditionnellement de confession catholique. Bien qu'ayant tardé à s'instaurer jusqu'au début du Moyen Âge, le christianisme s'est beaucoup développé en Savoie jusqu'au . Au , le catholicisme s'impose tandis que le Parlement français de Chambéry et le Sénat de Savoie prennent des mesures pour contrer la Réforme Protestante initiée aux alentours de Genève. La Savoie sera un lieu de Réforme catholique où s'appliqueront les mesures du concile de Trente de 1545 pour lutter contre le protestantisme d'une part, et pour raffermir la foi catholique d'autre part (notamment avec la construction de nombreux édifices religieux d'art baroque). À la fin du , durant la Terreur et le Directoire, la Savoie connaît une période d'anticléricalisme. Pour autant, le catholicisme reste malgré tout relativement bien ancré parmi la population puisque la fin du Directoire est marqué par un rejet de la population du département du Mont-Blanc de cet anticléricalisme ainsi que par la dénonciation de la manière dont les prêtres sont traités et déportés, si bien que le département passe par ailleurs non loin d'une insubordination généralisée. Aujourd'hui, l'archidiocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise de l'Église catholique se calque quasiment sur les frontières du département. Il regroupe depuis un décret du Saint-Siège du les trois anciens diocèses que comptait autrefois la Savoie : l'Évêché de Chambéry et les diocèses de Moûtiers-Tarentaise et de Saint-Jean-de-Maurienne, en un unique archidiocèse. L'archevêque porte ainsi le titre d'« archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et de Tarentaise », et siège à Chambéry. Il s'agit aujourd'hui du père Philippe Ballot, nommé par le pape le . Le département est en outre divisé en , eux-mêmes divisés en un total de . La Savoie comptait en 2009 et en 2011. Elle compte un monastère de "Bénédictines" à Belmont-Tramonet, un de "Carmélites" à Chambéry et un de "Moniales de Bethléem de l'assomption de la Vierge et de Saint Bruno" à Pugny-Chatenod), seize congrégations religieuses et six unions religieuses et instituts séculiers. La Savoie compte aussi deux importantes et anciennes abbayes que sont l'abbaye Notre-Dame de Tamié (abbaye trappiste) dans les Bauges et l'abbaye d'Hautecombe sur les rives du lac du Bourget, fondées au . La Sainte-Chapelle du château des ducs de Savoie à Chambéry abrita par ailleurs le Saint-Suaire de 1502 à 1578, et le reliquaire représentant les trois doigts de Jean le Baptiste est conservé dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Maurienne depuis le , ramené d'Égypte par Sainte-Thècle de Valloire. Répartition des religions. Catholicisme, islam, protestantisme, judaïsme. Selon un sondage de l'Ifop réalisé pour "La Vie" sur l'implantation des religions en France en 2006, le département de la Savoie recensait la plus forte proportion de la population se déclarant de confession catholique, c'est-à-dire de 55 % à 63 %. Les personnes se déclarant sans religion ont répondu à ce sondage à hauteur de 27 % à 34 %. Suivaient, loin derrière, l'islam avec de 1 % à 3 % de répondants, le protestantisme pour moins de 1 % de la population, et enfin le judaïsme de 0,2 % à 0,4 %. L'irréligion peut donc être considérée comme la deuxième conviction du département, un phénomène par ailleurs observable dans de nombreux autres départements de France. En poursuivant la comparaison avec le niveau national, le sondage montre que la Savoie a pour toutes les religions indiquées un niveau d'appartenance fourni par les répondants de moindre ampleur. La moyenne nationale est en effet de 64 % pour le catholicisme (fourchette haute de 63 % en Savoie), de 3 % pour l'islam (fourchette haute de 3 % en Savoie), de 2,1 % pour le protestantisme (fourchette haute de 1 % en Savoie) et de 0,6 % pour le judaïsme (fourchette haute de 0,4 % en Savoie). À l'inverse, le nombre de personnes déclarées sans religion en France s'établit selon le sondage à 27,6 %. 27 % étant la fourchette basse en Savoie, et tous les autres niveaux de religion étant globalement plus ou moins inférieurs au sein du département, il est alors probable que les personnes sans religion en Savoie se situent plutôt aux alentours de la fourchette haute (34 %). En ce qui concerne les lieux de culte, le département compte une vingtaine de mosquées dont 8 du côté de Chambéry. Une communauté juive et une synagogue se situent sur la commune d'Aix-les-Bains. Le protestantisme en Savoie est représenté par la paroisse de « Savoie-Chambéry » du consistoire « Léman-Savoie » pour ce qui est de l'Église protestante unie de France (rassemblement des luthériens et des réformés, ces derniers étant majoritaires en Savoie). Cette paroisse compte protestants à Aix-les-bains, Chambéry et Albertville. Les églises évangéliques sont également présentes dans le département, avec notamment le temple de Bourgneuf, faisant partie du réseau « France-Mission », présent également à Albertville et Bourg-Saint-Maurice, et en projet d'implantation à Aix-les-bains. Les pentecôtistes, les baptistes et les évangéliques tziganes sont également, entre autres, représentés en Savoie (le département compte une quinzaine d'églises évangéliques au total). Autres religions. En ce qui concerne la pratique du bouddhisme, la Savoie accueille l'Institut Karma Ling, un centre d'étude et de pratique du Dharma de l'école Kagyupa du bouddhisme tibétain, situé à Arvillard dans l'ancienne chartreuse de Saint-Hugon. Son développement débute à partir de 1980 avec la création des premiers chalets en 1981, l'inauguration des centres de retraite en 1984, du Grand Stupa en 1987 et du grand temple en 1990 notamment. Le dalaï-lama vient en personne à l'institut Karma Ling à deux reprises : en 1993 et 1997. Situé à d'altitude au sein d'une forêt de à une demi-douzaine de kilomètres du chef-lieu d'Arvillard, l'Institut peut aujourd'hui accueillir ponctuellement une centaine de personnes désireuses d'y effectuer une retraite spirituelle. À cet égard, l'Institut Karma Ling sert chaque année quelque et accueille pour des visites guidées environ . Enfin, les chrétiens restaurationnistes de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (ce qui désigne à la fois les mormons et témoins de Jéhovah) sont également représentés en Savoie (à Aix-les-Bains, Chambéry, Moûtiers, Saint-Jean-de-Maurienne, Bourg-Saint-Maurice, Saint-Genix-sur-Guiers). Environnement. Qualité de l'environnement. En ce qui concerne la qualité des sols, en 2012, la Savoie recense 82 sites et sols pollués faisant l'objet d'une action publique. Parmi eux, 38 sont en attente de diagnostic, 37 ont été traités et soumis à restriction d'usage ou surveillés et 7 ont été traités et libres de toute restriction. La qualité de l'air, mesurée par 5 stations de référence donne en 2009 une évolution à la baisse de la teneur en dioxyde de soufre et une évolution à la hausse des particules de poussières en suspension, bien qu'inférieures aux objectifs de qualité. Le dioxyde d'azote, résultant notamment de la circulation automobile, a des moyennes annuelles stables et là encore dans le respect des seuils règlementaires. Le cas de l'ozone est moins favorable, notamment en altitude où de fortes concentrations sont relevées. Enfin, l'indice ATMO pour 2009 donne la qualité de l'air comme « bonne » ou « très bonne » entre 60 et 70 % du temps, le niveau « très mauvais » n'ayant jamais été atteint. Pour la qualité de l'eau, était recensée en 2003 une « population desservie par une eau non conforme pour le paramètre micro-biologie » de sur un total de , soit un peu moins de 10 % de la population. L'Agence régionale de santé relevait quant à elle sur la qualité bactériologiques des eaux consommées entre 2007 et 2009, de distribution (UDI) de bonne qualité (51 %) et 231 de qualité satisfaisante (31 %), contre de qualité insuffisante et 19 de mauvaise qualité. Néanmoins, répartis à la population, les UDI de bonne qualité concernent 70 % de la population et les 132 UDI de mauvaise qualité ou de qualité insuffisante ne concernent pour leur part que 7 % de la population. En 2013, le registre français des émissions polluantes enregistre une trentaine de sources de rejets de déchets et polluants dans le milieu aquatique, mais aucune jugée dangereuse. L'assainissement en Savoie est effectué fin 2009 par représentant , en amélioration depuis 2005. Amélioration devant se poursuivre jusqu'à atteindre en 2015 par la création de stations dont 6 équipées de filtres à macrophyte. Du côté des cours d'eau, la Savoie possédant une agriculture orientée vers l'élevage laitier, elle se retrouve confrontée à certaines pollutions organiques et bactériologiques notamment en montagne, et la diversité des productions (exemple avec la viticulture) peut également être à l'origine de pollutions par produits phytosanitaires. Néanmoins la pollution par les nitrates n'est pas significative dans le département. Une étude sur les eaux du bassin versant de l'Arc en Maurienne conclut que . Faune et flore. L'Observatoire de la biodiversité de Savoie est chargé de recenser et répertorier les différentes espèces, animales et végétales, concourant à la biodiversité du département. Dans l'état de ses connaissances pour 2013, l'Observatoire recense . Parmi les plus représentées se trouvent à fleurs et (papillons). S'ajoutent entre-autres d'oiseaux, de mammifères et de poissons. Les plus grands nombres d'espèces recensées se situent principalement dans un gros tiers « est » de la Savoie, en Vanoise et dans les hautes vallées de Tarentaise et de Maurienne. Mais l'ouest connaît aussi quelques territoires riches en espèces, notamment autour du lac du Bourget. Le département de la Savoie possède un nombre important d'espèces dites « de montagne », aussi bien pour la faune que pour la flore. La faune de montagne est caractérisée par les chamois, les bouquetins, les marmottes ou les aigles royaux. Si la plupart des espèces vivant en Europe se retrouvent en Savoie, certains poissons d'eau douce tels les corégones blancs (nommés "lavarets") sont présents dans la plupart des lacs alpins et quasiment limités à la région Rhône-Alpes et aux Alpes suisses. La Savoie possède aussi une flore de montagne riche, avec de nombreuses espèces comme l'edelweiss, la gentiane jaune, la gentiane des neiges, le cyclamen, le génépi blanc ou l'absinthe. Un peu moins de font l'objet d'une protection, réglementant notamment leur cueillette. La Savoie comporte en outre de forêts, soit un tiers du territoire. D'une altitude moyenne de , ces forêts sont composées à 55 % de résineux (sapins, épicéas et mélèzes pour plus les courants) et à 45 % de feuillus (parmi lesquels hêtres, chênes, châtaigniers et peupliers notamment). Partagées entre les forêts domaniales de l'État, le département, , 5 établissements publics et privés, ces forêts bénéficient d'une forte pluviométrie et se régénèrent facilement. 90 % des forêts territoriales et 100 % des forêts domaniales sont éco-certifiées. Les plus vieux arbres du département se trouvent dans la forêt de l'Orgère sur la commune de Villarodin-Bourget en haute-Maurienne. Cette forêt de recense en effet plusieurs mélèzes vieux d'environ . Une autre particularité : avec ses de superficie, la peupleraie de la Chautagne, située entre le Rhône et le lac du Bourget, est la plus grande peupleraie d'Europe. Les forêts savoyardes permettent chaque année l'exploitation d'environ de bois. Enfin, la Savoie compte une cinquantaine de communes labellisées ville ou village fleuri. Depuis octobre 2013, elle possède même le label Département Fleuri. Sites et espèces protégés. Parcs naturels. Le département de la Savoie compte 3 parcs naturels : un parc national deux parcs naturels régionaux (PNR) : À l'été 2012, a débuté une étude de faisabilité sur la création d'un parc naturel régional « Belledonne » qui concernerait la chaîne de Belledonne sur les départements de l'Isère et de la Savoie. Autres espaces protégés et gérés. Au total, la Savoie possède préfectoraux de protection de biotope (APPB), biologiques domaniales, naturelles nationales, acquis par le Conservatoire de l'espace littoral et humide relative à la Convention de Ramsar sur les zones humides. Pour ce qui concerne plus spécifiquement les sites Natura 2000, la Savoie dispose à cet égard de d'intérêt communautaire (Habitat) et de de protection spéciale (Oiseaux). S'ajoutent enfin la présence en Savoie de , de classés (le dernier étant le "vallon du Clou", classé le ) et de inscrits. ZNIEFF. Le département de la Savoie possède également un total de naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de . Les plus nombreuses sont notamment les marais, les vallons, les alpages, les tourbières, les forêts ou encore les massifs. Mais le département recense également des baies aux abords des lacs, des bois, des cols, des coteaux, des étangs, des falaises, des lacs, des monts, des plateaux ou des ruisseaux. En outre, plus de , animales et végétales, font l'objet d'une protection dans le département. Écologie et développement durable. En 2011, le Palmarès de l'Écologie établi par l'hebdomadaire "la Vie" classait la Savoie au rang des départements selon leur « volonté écologique ». Les cinq critères retenus intègrent le traitement des déchets, la conversion à l'agriculture biologique, le développement des énergies renouvelables, l'amélioration de la qualité de l'air et la préservation de la qualité de l'eau. Le conseil départemental met en place les premières politiques en faveur de l'environnement en 1986 et est le premier à conclure avec l'État un protocole pour la valorisation du paysage et de l'environnement. Par la suite naissent le Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie ou encore l'Association savoyarde pour le développement des énergies renouvelables (ASDER), et sont aussi mis en place divers plans départementaux, comme le plan bois-énergie ou le plan solaire. Le premier prévoit des aides financières lors de rénovations énergétiques effectuées sur les bâtiments (isolation, géothermie…), le second a notamment conduit à l'installation de l'Institut national de l'énergie solaire (INES) sur le site de Savoie Technolac au Bourget-du-Lac. En matière d'énergie solaire, le conseil départemental décrit en 2007 la Savoie comme le « français pour le solaire thermique » à raison d'une surface cumulée de de capteurs en 2005 et une puissance de pour en 2007, contre en France. La ville de Chambéry arrive aussi de sa catégorie pour le solaire thermique et photovoltaïque avec la création en 2005 d'une centrale solaire de de capteurs sur les Monts. Le classement de la "ligue ENR" (championnat des énergies renouvelables) pour 2011 lui fait conserver sa première place tandis qu'Aix-les-Bains est . La Motte-Servolex est elle aussi dans sa catégorie de moins de , de même qu'Albiez-le-Jeune, dans la catégorie de moins de . La commune de Montmélian a quant à elle été pionnière puisque ayant installé ses premiers capteurs solaires en 1982. En 2012, le département de la Savoie compte environ de panneaux solaires photovoltaïques, en comptant les installations des particuliers et des entreprises, et 11,8 mégawatt-crêtes de puissance solaire photovoltaïque couplée au réseau, et le solaire thermique représente plus de , et en photovoltaïque. , le ratio moyen est en Savoie de de capteurs solaires pour , tandis que celui-ci s'élevait fin 2011 à de capteurs pour en France et de pour en Europe. Du côté de l'énergie éolienne, le département ne possède en 2010 aucun parc éolien en raison des faibles vents présents dans les Alpes. Pour l'énergie hydro-électrique, le département possède notamment 8 « grands barrages », parmi lesquels le barrage du Chevril en Tarentaise et le barrage de Roselend dans le Beaufortain, les deux premiers barrages de France considérées leur hauteur et la quantité d'eau retenue. À côté des barrages, l'exploitant EDF possède également en Savoie une trentaine de centrales hydroélectriques. Pour le traitement des déchets, le département recense et le tri sélectif est bien implanté. Le conseil départemental établit à les ordures ménagères par habitant et par an (visiteurs inclus), dont 50 % sont collectés puis valorisés. Pour les déchets non ménagers, ce taux est de 41 %. En outre, toutes les unités d'incinération de la Savoie respectent les normes européennes en vigueur. Enfin, le taux de valorisation de matière organique provenant des déchets ménagers et assimilés était situé entre 35 et 45 % en Savoie en 2007, pour une moyenne de 33,5 % au niveau national. Le département a également mis en place architecturales et paysagères pour promouvoir une architecture de qualité et la préservation des paysages. En parallèle, ont été définis des espaces naturels sensibles où les actions de protection et de revalorisation ont permis l'ouverture au public de sites départementaux ». Dans le prolongement du Grenelle de l'environnement, les acteurs locaux mettent place des corridors biologiques afin de préserver les espaces de déplacement et de reproduction de nombreuses espèces sur le territoire. Économie. Selon le rapport de la Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie (CCI) pour 2011-2012, le département de la Savoie comptait sur cette période près de , dont 55,5 % inscrits au Registre du commerce et des sociétés (RCS). Le département s'appuie en particulier sur le secteur tertiaire, l'industrie du sport, des loisirs et de la montagne, et sur l'activité touristique. La CCI mentionne également que la Savoie possède un taux de couverture exportations/importations élevé depuis plusieurs années. Aujourd'hui de 189 % avec plus de d'euros d'exportations contre 1 million d'importations, ce dernier était même de 214 % en 2005. À l'époque, la majorité des exportations provenaient de l'acier, de l'aluminium et des composants électroniques et électriques. En 2011-2012 demeurent en tête des exportations les équipements mécaniques et les matériels électriques, électroniques et informatiques, suivis par les produits métallurgiques et métalliques, puis par les produits chimiques, parfums et cosmétiques, les matériels de transport et les produits de caoutchouc, de plastique et de minéraux divers. Enfin, les deux principaux pays commerçant le plus avec la Savoie, à la fois comme fournisseurs et clients, sont l'Allemagne et l'Italie. Les derniers chiffres disponibles fournis par l'Insee pour ce qui est du produit intérieur brut (PIB) pour la Savoie remontent à 2005. D'après ces chiffres, on apprend que le PIB de la Savoie s'est élevé à d'euros, soit 7,16 % de l'ancienne région Rhône-Alpes, la plaçant au des qui la composent. Son PIB par emploi la place également à ce avec par emploi, juste derrière la Haute-Savoie (), mais son PIB par habitant la hisse néanmoins à la , avec par habitant pour l'année. Revenus de la population et fiscalité. Les revenus. En 2009, l'Insee recensait en Savoie , dont 58,3 % ont été imposables. Le revenu net total déclaré par tous les foyers fiscaux s'élevait pour cette année à (partagé à hauteur de 81,7 % ( d'euros) par les foyers imposables et 18,3 % par les non imposables). En outre le revenu net déclaré moyen s'élevait pour sa part à par foyer fiscal ( pour les foyers fiscaux imposables et pour les non imposables) et l'impôt moyen à . La même année en France, la part de foyers imposables était de 53,6 %, soit un taux sensiblement inférieur au taux constaté en Savoie, et le revenu moyen de , soit globalement semblable à celui du département. Fiscalité. La fiscalité du département de la Savoie est souvent comptée parmi les plus faibles en France : en 2010, le Conseil général de la Savoie avait ainsi défini le taux de la taxe d'habitation à 4,92 %, faisant prendre à la Savoie la après Paris (2,58 %), et le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties à 7,46 %, soit la . Malgré tout, la taxe foncière sur les propriétés non bâties avait un taux de 29,37 %, classant la Savoie au des départements, et du côté de la taxe professionnelle (aujourd'hui disparue et remplacée par la contribution économique territoriale), le taux retenu en 2009 était de 9,09 %, situant alors la Savoie au . Au niveau du département, la fiscalité directe a été estimée par le conseil général pour le budget primitif 2013 à d'euros et la fiscalité indirecte à d'euros, dont issus des droits de mutation du fait de l'importance des transactions immobilières. Sur un budget total de d'euros, la fiscalité en représente donc 59,26 %. Emploi. En matière d'emploi, l'Insee comptait en 2009 en Savoie la présence de occupés, dont , soit 85,5 % du total. La Chambre de commerce et d'industrie de la Savoie relevait pour sa part pour cette année , alors en augmentation de 3 % par rapport à 2005, soit une hausse deux fois plus rapide que celle alors observée au niveau régional. Cela se constatait aussi pour l'évolution de la population active annuelle, estimée à 1,53 % en moyenne entre 1999 et 2007 selon la Chambre, contre 1,49 % en Rhône-Alpes. Dans tous les cas le temps partiel représentait alors selon l'Insee 19,6 % de ces actifs, et 46,5 % des actifs étaient des femmes. Toujours en 2009, les effectifs salariés en Savoie concernent en premier lieu les services aux particuliers à près de 41 % du total. Ils sont suivis par le secteur du commerce à 19,3 %, de l'industrie et des services aux entreprises à environ 15 % chacun, et enfin du bâtiment et travaux publics (BTP) à 9,8 %. Du côté des non-salariés, ceux-ci en étaient en majorité des employeurs à 50,8 %, et des indépendants à 48 %. La CCI de la Savoie recensait à cet égard 68 % d'établissements sans salariés en Savoie en 2009, contre 63 % en Rhône-Alpes, expliquant cet écart par l'importance des professions indépendantes liées à l'activité touristique, comme les moniteurs de ski par exemple. Cette explication semble d'autant plus plausible que près des deux tiers de ces établissements se situaient en 2010 dans le secteur des services aux particuliers, dont le secteur touristique fait partie. En ce qui concerne le chômage, son taux établi par l'Insee en 2009 était de 5,7 % de la population active, contre 6,6 % en 1999. Ce taux, alors moins important que le taux de chômage de 8,1 % observé au niveau national, a néanmoins été marqué par la crise économique de 2009, puisque le taux de chômage pour le trimestre de 2012 a été évalué par l'Insee à 8 %. Un taux qui demeure malgré tout moins important qu'en France métropolitaine où celui-ci était alors estimé à 10,2 % pour ce même trimestre. Entreprises du département. Au , l'Insee recensait en Savoie , majoritairement anciennes avec 40 % d'entreprises de ou plus et 16 % de 6 à . À l'inverse, les entreprises de moins d'un an ne concernaient que 12 % d'entre elles à cette période. Les entreprises en Savoie étaient alors les plus nombreuses dans le secteur du commerce, des transports et des services divers : soit 56,7 % du total. Toujours en 2011, avec entreprises, le taux de création moyen s'élevait donc à 13 %, en baisse par rapport à 2010, le plus fort étant de 15,4 % dans le secteur de la construction. En 2009, la Savoie comptait par ailleurs actifs, 68 % d'entre eux n'employant aucun salarié, 26 % employant de 1 à , 3 % de 10 à , 2 % de 20 à et 1,2 % employant ou plus (). Considérés les seuls établissements industriels, hors BTP et secteur public (EPIC comme EDF ou SNCF inclus), le département compte de plus de et 3 de plus de . La Savoie compte par ailleurs plusieurs grands parcs d'activités que sont "Savoie Technolac" (unique technopôle du département) et les sites d'accueil de "Val Guiers" dans l'Avant-pays savoyard, "Alpespace" entre Montmélian et Pontcharra (Isère), "Arc-Isère" au commencement de la vallée de la Maurienne, et "Albertville-Ugine-Tarentaise" entre Albertville et Ugine. La vallée de la Maurienne comporte d'activités économiques (ZAE) et d'activités complémentaires (ZAC), et la vallée de la Tarentaise compte un total de 10 parcs d'activités. Agriculture. L'agriculture en Savoie ne représente en moyenne selon la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricole (FDSEA) de la Savoie que 1 % du PIB annuel. Proches de ce pourcentage, les comptes de l'agriculture en Rhône-Alpes établis par la Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DRAAF) de Rhône-Alpes pour 2009 donnaient en effet une production agricole en Savoie de d'euros, quand l'Insee établissait en 2005 un PIB de près de d'euros. Selon ces mêmes comptes de la DRAAF Rhône-Alpes pour 2009, cette production concernait pour moitié la production végétale (), pour 41 % la production animale — dont lait et produits laitiers — () et pour 8 % la production de services (). À noter également que cette production agricole de d'euros est la plus faible de la région selon ces comptes. Cette « faiblesse » de l'agriculture s'explique notamment par le peu d'espaces agricoles : soit 31 % du territoire savoyard utilisé pour l'agriculture, c'est-à-dire de moins par rapport à la moyenne nationale (51 %) selon l'Observatoire des territoires de la Savoie. Pour autant, cette surface est demeurée sensiblement la même depuis 1988, bien que le nombre d'établissements ait diminué (près de 3 exploitations sur 10 disparues entre 2000 et 2010, pour un taux annuel estimé à 4 %). Les nouveaux agriculteurs possèdent donc aujourd'hui des exploitations plus grandes (en moyenne de plus de 55 % depuis 2000, passant à par exploitation) et plus spécialisées que celles de leurs aînés ( en 2010). L'Observatoire mettant également en avant le fait que la Savoie soit avant tout un territoire de montagne, les surfaces en herbe représentent ainsi 86 % des surfaces agricoles. Enfin, l'Observatoire constate que « l'agriculture savoyarde est très largement tournée vers la qualité ». Il appuie cette affirmation par la production sous signe officiel de qualité de près d'une exploitation sur deux (principalement Appellation d'origine contrôlée, puis Indication géographique protégée), et savoyardes sont tournées vers l'agriculture biologique. Productions végétales. La production végétale en Savoie a représenté la moitié de la production totale en valeur en 2009, c'est-à-dire 99 sur d'euros, en augmentation de 9 % par rapport à 2010, en raison de l'augmentation de 37 % de la valeur des céréales, parmi lesquels le maïs qui en a représenté en valeur les trois quarts. La production de fruits représentait pour sa part en 2009 et 2010 respectivement 9 % et 8 % de la production végétale. Pour la production viticole, cette part était de 26 % en 2010 (29 % en 2009 pour les vins d'appellation). En matière de production de céréales, c'est le maïs qui représente la plus grande part de la production, puisque selon la Chambre d'agriculture de Rhône-Alpes, 74 % des surfaces céréalières sont utilisées pour la production de maïs, un chiffre similaire à celui de l'Insee, qui établissait cette part à 75,6 % en 2012. Toujours selon l'Insee, le maïs était alors suivi par le blé tendre à hauteur de 11,5 %, puis à de beaucoup plus faibles parts par l'orge et l'escourgeon (4,6 %). Du côté des oléagineux (), le colza en représentait 6 %, les protéagineux étaient représentés en totalité par les pois protéagineux (), et les pommes de terre disposaient de de production. Enfin, toujours en 2010, les fourrages annuels représentaient pour leur part , et les surfaces toujours en herbe disponibles couvraient (soit la grande superficie de la région Rhône-Alpes). Au total, les de céréales ont produit de céréales en 2010, soit un rendement moyen de par hectare. Pour la production fruitière, les surfaces utilisées représentaient en 2008, sans compter les de vignes. La Savoie produit également alcools et eaux-de-vie à base de divers fruits et plantes tels que le génépi, la gentiane bleue ou jaune ou l'absinthe. Production viticole. Outre la production de raisin, les vignes sont également et principalement utilisées en Savoie pour la production viticole, c'est-à-dire du vin. Le vignoble de Savoie, région viticole française, s'étend sur quelque en Savoie, Haute-Savoie, Ain et Isère, dont la majorité () est située en Savoie. Il produit aujourd'hui principalement l'appellation d'origine contrôlée (AOC) intitulée « vin de Savoie », déclinée en 16 dénominations géographiques, dont 11 en Savoie. La culture de la vigne et du vin en Savoie remonte à l'Antiquité où des auteurs comme Pline l'Ancien ou Columelle la mentionnent dès le . Elle se poursuit au fil des siècles, à des cadences plus ou moins importantes mais quasiment sans interruption jusqu'à nos jours. Aujourd'hui la vigne possède une place prépondérante dans l'économie agricole savoyarde, avec une part estimée en valeur pour 2010 à près de 30 % de la production végétale et 15 % de la production agricole totale, soit d'euros, et ce rien que pour les vins d'appellation. La Savoie produit des vins rouges, blancs ou rosés, couverts par deux principales AOC : « Vin de Savoie » et « Roussette de Savoie ». La première se décline en 11 dénominations géographiques, parmi lesquelles "Abymes" (blancs), Apremont (blancs), Chignin (blancs et rouges), Chignin-bergeron (blancs). La seconde n'en possède pour sa part que 3, "Marestel", Monterminod et "Monthoux", produite uniquement sur 24 ha et ne concernant que des vins blancs. Les vignobles sont notamment présents dans la combe de Savoie, la cluse de Chambéry (Chambéry dont les vignobles de Saint-Alban-Leysse et de Saint-Baldoph sont les plus proches, à ) et sur les rives nord (Chautagne) et ouest (Jongieux) du lac du Bourget. Le département de la Savoie produit surtout du vin blanc, où il est présent dans la majorité des déclinaisons géographiques AOC ( blancs, et et rouges). La production en 2006 s'est élevée pour les AOC Roussette de Savoie et Vin de Savoie à hectolitres, soit 6,4 % de la production AOC régionale (un peu plus de ). Hormis le vin, les produits de la vigne servent à la production d'autres alcools, parmi lesquels le marc de Savoie ou encore le Vermouth rouge de Chambéry. Enfin, le département de la Savoie est le deuxième pépiniériste viticole français, avec de pieds de vignes commercialisés chaque année. Cette production se fait essentiellement dans la combe de Savoie (Fréterive, Aiton, Saint-Pierre-d'Albigny) et les matériels viticoles sont fournis pour moitié en Champagne, puis dans le Bordelais (15 %). Productions animales. En 2009, la production animale hors subventions était évaluée à d'euros, représentée en priorité par le lait et les produits laitiers ( d'euros, soit 61 %). Le bétail représentait alors un peu moins de 24 % de cette production, et les produits avicoles (tels que les œufs) 5 %. L'année suivante, les comptes provisoires de l'agriculture faisaient état d'une production animale de d'euros, soit une légère augmentation. Parmi cette production, le lait de vache en représentait là encore la majorité, avec (69 %). Cette prépondérance du lait et des produits laitiers est due à l'importance des surfaces en herbes, principalement des alpages, représentant 86 % des terres agricoles de la Savoie. À cet égard, l'agriculture savoyarde est connue pour son élevage bovin et la production locale de nombreux fromages parmi lesquels le beaufort, la tome des Bauges, la tomme de Savoie, le bleu de Termignon, la raclette, l'emmental de Savoie, le gruyère, le colombier ou encore le fromage de marque Abbaye de Tamié. À ces fromages peut également s'ajouter le reblochon, majoritairement produit en Haute-Savoie mais dont une partie de la production est aussi effectuée en Savoie, dans le val d'Arly. Au total, la Savoie compte 4 AOC pour la production de ses fromages, réalisée par quelque . Le cheptel bovin de la Savoie en 2011 était constitué selon l'Insee de , soit 0,4 % de l'ensemble du territoire national, contre , et . Les principales races bovines présentes dans le département sont la Tarine, l'Abondance et la Montbéliarde. Le panorama de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Rhône-Alpes de 2011 indiquait pour la Savoie une production de de litres de lait de vache ( pour le panorama de 2008). La filière laitière caprine est en comparaison moins présente en Savoie puisque la moitié de la production de lait de chèvre en Rhône-Alpes de litres) est issue des seuls départements de l'Ardèche et de la Drôme. Le département de la Savoie compte actuellement 4 abattoirs et un nouvel établissement est en cours de réalisation à Chambéry (fin des travaux prévus fin 2013). La viande produite en Savoie est ensuite beaucoup utilisée en charcuterie, par confection de saucissons (avec des spécialisations locales tels Beaufort ou génépi) ou de diots (saucisses savoyardes) par exemple. Enfin, le département de la Savoie est un producteur assez important de miel. Toujours selon un rapport de l'Agreste sur l'apiculture en Rhône-Alpes de , le département de la Savoie a produit en 2010 quelque de miel, le situant donc au rang régional, pour une part régionale de plus de 13 % et une part au niveau national de 1,4 %. Le nombre de ruches est demeuré stable sur la décennie 2000-2010, passant de , tandis que le nombre d'exploitations détenant des ruches a lui été divisé de moitié, de (dont spécialisées et territoriales agricoles (UTA) en 2010). Industrie. Le secteur de l'industrie était en 2009 en Savoie le avec , en légère baisse (-6,2 %) par rapport à 2005 où ses la plaçaient à la devant les services aux entreprises. Il s'agit aussi de l'unique secteur où les effectifs ont diminué sur cette période. D'après les analyses du produit intérieur brut régional effectuées par l'Insee, la part de l'industrie dans le PIB savoyard était de l'ordre de 13 %, concluait que « la Savoie et le Rhône, de par leur structure, (sont) les moins industriels ». Pour autant l'année 2011 a été marquée par la création de industriels, lesquels ne représentant toutefois que 4,5 % des établissements créés. L'industrie électrochimique est historiquement très forte grâce à la . Au , l'Insee et le Répertoire des Entreprises et des Établissements recensaient en Savoie un total de industriels, répartis en salariés (49,9 %), 904 de 1 à (35,2 %), 298 de 10 à (11,6 %) et 85 de et plus (3,3 %). Les établissements de et plus étaient pour leur part au nombre de 18. D'après les données provisoires d"Unistatis" au , les premiers secteurs d'activité industriels quant au nombre d'établissements étaient en Savoie la fabrication alimentaire et de boissons (), les autres industries manufacturières telles que la réparation et installation de machines et équipements (214 établissements) et la métallurgie et fabrication de produits métalliques hors machines et équipements (). Cette dernière activité arrive néanmoins en tête considéré le nombre d'emplois salariés, hors intérimaires, qu'elle propose (), suivie par la fabrication alimentaire et de boissons () et la fabrication d'équipements électriques (). Cette activité représente néanmoins la plus forte proportion d'emplois dans le département par rapport au total de l'ancienne région Rhône-Alpes, à savoir 10 % (8,6 % pour la métallurgie). Les autres secteurs employant plus de sont ceux du travail du bois et de l'industrie du papier, de la fabrication de produits en caoutchouc, plastique et autres produits minéraux non métalliques, mais aussi des machines et équipements, et de production d'électricité, de gaz et d'eau et de retraitement des déchets. La Savoie connaît aussi des activités d'extraction (carrières), rendue possible par la présence de nombreuses roches telles que l'ardoise, le quartzite, le schiste, le fer, le cuivre ou le marbre. L'industrie chimique est également présente au sein du département, comme dans l'usine de Saint-Jean-de-Maurienne qui utilise l'électrolyse dans le cadre de sa production d'aluminium, ou celle de MSSA ("Métaux Spéciaux"), qui produit du sodium à Saint-Marcel. Des sociétés comme Ugitech à Ugine maîtrisent pour leur part les alliages, en particulier faits d'acier inoxydable. En outre, la Savoie possède également un pied dans le secteur de l'industrie aérospatiale, avec l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) basé à Avrieux. Tourisme. Le tourisme représente aujourd'hui en Savoie un secteur très important, développé régulièrement à partir de la fin du et plus fortement dans la deuxième moitié du . Le développement du ski en Tarentaise a conduit la Savoie à devenir le premier département de France de par son nombre de stations de sports d'hiver et par la richesse touristique produite. À cet égard, le chiffre d'affaires du secteur du tourisme est estimé à environ 50 % du produit intérieur brut annuel du département. Pour autant, la totalité du tourisme en Savoie ne porte pas que sur la seule activité des sports d'hiver, le tourisme étant également développé autour d'autres activités telles que la randonnée, le cyclotourisme, le thermalisme ou les sports nautiques et aériens, auxquels s'ajoute par ailleurs le tourisme gastronomique ou lié au patrimoine culturel. Selon les données de Savoie Mont-Blanc Tourisme, la capacité d'accueil touristique en Savoie se monte pour l'hébergement à en été et en hiver, dont 95 % sont situés dans les stations de montagne. Le nombre de nuitées effectuées durant l'hiver 2010-2011 s'est élevé à , dont 71 % pour le seul territoire de la Tarentaise, 21 % pour la Maurienne et 8 % pour le Beaufortain-Val d'Arly. La saison estivale enregistre aussi des statistiques de fréquentation touristique non négligeables, avec de nuitées pour l'été 2010. Le parc hôtelier de la Savoie en 2010 était selon la Préfecture de , dont , , , , et . Pour l'été 2009, sur de nuitées, les hôtels en ont enregistré , contre près de pour les campings, et 79 % d'entre elles concernaient la haute-montagne. La commune qui comptait le plus grand nombre de lits en 2009 était la commune de Saint-Martin-de-Belleville, sur le domaine skiable des Trois Vallées. En Savoie, outre les de sport d'hiver, le département compte également de remontées mécaniques et des pistes. Ces opérateurs se répartissent par taille de domaine skiable en : , , et grands. Les remontées mécaniques de la Savoie réalisent les plus importantes recettes de France, avoisinant chaque hiver les , globalement en augmentation depuis 2006 (+ 10 % sur ). Les revenus globaux s'estiment pour leur part, selon le Conseil général, à d'euros. Le domaine skiable savoyard s'étend sur , comprend de remontées mécaniques (37,5 % du parc national) et de pistes de ski de fond. Les grands domaines du département sont les Trois Vallées, Paradiski, les Sybelles, l'Espace Killy, l'Espace Diamant, Galibier-Thabor, le Grand Domaine, l'Espace San Bernardo et Val Cenis Vanoise. Le département de la Savoie a également enregistré de musées en 2009, le plus visité étant le Musée Opinel à Saint-Jean-de-Maurienne avec annuels (environ payantes sur touristiques en 2007). Le département compte en outre de tourisme et syndicats d'initiative, et de congrès. Pour les activités de pleine nature, la Savoie comporte d'itinéraires pédestres balisés, d'itinéraires cyclotouristes, de véloroutes, et gîtes d'étape, ou encore surveillées et couvertes. La ville d'Aix-les-Bains est par ailleurs labellisée Station nautique. Pour finir, le thermalisme est également développé en Savoie, avec les quatre stations thermales encore en activité que sont Aix-les-Bains, Challes-les-Eaux, Brides-les-Bains et La Léchère (six en comptant les thermes Chevalley à Aix-les-Bains et le spa de la Léchère). Aix-les-Bains demeure à cet égard la de France après celle de Dax dans les Landes. Chaque année, la Savoie accueille environ , soit 10 % du total en France, ce qui en fait la première destination thermale au niveau national. Autres services et commerces. Avec , soit 45,7 % des entreprises en 2011, le secteur tertiaire est relativement important en Savoie, avec une progression de 68 % en des activités de services. Cela est dû en particulier au tourisme, mais pas exclusivement. En effet, si étaient spécialisés dans l'hébergement et la restauration, concernaient les services administratifs et de soutien, et 995 les activités spécialisées aux entreprises, notamment au niveau de l'informatique, du conseil et de l'ingénierie. L'enseignement, la santé humaine et l'action sociale suivent avec . Les services aux particuliers progressent et la situation géographique de la Savoie contribue aussi au maintien d'une forte activité de transports. Toujours en 2011, sont recensés , dont ne comptant aucun salarié et 4 en comptant plus de 200, répartis en et pour le commerce de gros. En outre, la Savoie comptait de plus de , soit environ de surface de vente (hors garages automobiles, centres commerciaux ou galeries marchandes). À échelle moindre, on comptabilisait également de vente de plus de , soit d'espaces de vente. Le commerce international, enfin, est assez développé dans le département, avec pour 2010 plus de d'euros d'exportations et plus de d’euros d'importations selon la Direction générale des douanes et des droits indirects. Les premiers produits exportés concernent l'industrie, notamment les équipements mécaniques, les matériels électriques et informatiques (39,1 %), puis les produits de la métallurgie et métalliques (31,9 %) et enfin les produits chimiques, parfums et cosmétiques (11,1 %). Les cinq premiers pays clients du département de la Savoie à cette période sont l'Allemagne (19,1 %), l'Italie (16,6 %), l'Espagne (7,2 %), le Royaume-Uni et les États-Unis, tandis que les cinq premiers pays fournisseurs étaient l'Italie (18,7 %), l'Allemagne (14,8 %), la Chine (8,8 %), la Suisse et l'Afrique du Sud. Enfin, 26 entreprises savoyardes sont implantées à l'étranger, au travers de filiales, de magasins, d'agences ou de bureaux de représentation. Culture. La culture en Savoie se rencontre dans de très vastes et nombreux domaines. Le département connaît une certaine culture « savoisienne », ou « savoyarde » au sens large, couvrant de la même manière le département de la Haute-Savoie, mais possède des spécificités allant des arts au patrimoine et regroupant diverses manifestations et festivités culturelles qui lui sont propres. Arts. Architecture, sculpture, peinture. Le département savoyard propose une architecture très diversifiée. Bien que l'utilisation du bois et de la pierre tirée directement des montagnes soit visible sur l'ensemble du département, les différents territoires savoyards présentent chacun des caractéristiques propres, du fait des différences climatiques, culturelles et économiques, qui existent entre ces derniers. Pour ce qui est, plus particulièrement, de la toiture, l'ardoise, la tuile et parfois la taule sont traditionnellement utilisées. Les maisons étaient conçues pour accueillir des bêtes (écuries, étables, granges) et permettre le stockage (greniers, caves…), même si la cohabitation entre bétail et individus n'a jamais été généralisé en Savoie (ou du moins limitée à la période hivernale). Cependant, la connaissance de l'architecture savoyarde ancienne est assez limitée, étant donné que certaines règles architecturales furent imposées à la population à partir du . À compter de ce siècle d'expansion de la Savoie, l'art de la sculpture s'est particulièrement développé, avec l'érection, sur tout le territoire du département, de nombre de statues (commémoratives ou en hommage à des natifs devenus illustres), particulièrement à Chambéry (qui en possède à elle seule plusieurs dizaines). Parmi les plus célèbres, la fontaine des Éléphants (1838 en l'honneur de Benoît de Boigne), Jean-Jacques Rousseau, Antoine Favre, les frères Joseph et Xavier de Maistre, Saint-Bernard de Menthon au col du Petit-Saint-Bernard, François-Emmanuel Fodéré à Saint-Jean-de-Maurienne, le buste de Germain Sommeiller en gare de Modane, ou encore, outre les différents monuments aux morts, La Sasson (1892, en l'honneur du rattachement de la Savoie à la France de 1792) et de la Route Royale aux Échelles. La peinture en Savoie, d'inspiration italienne et piémontaise, s'est articulée autour de la description des paysages, mais également des portraits. Le musée des beaux-arts de Chambéry présente à cet égard une grande partie des tableaux peints en Savoie entre les . De même, jusqu'au début du , une « École savoyarde » a existé au travers de l'École de peinture de Chambéry. Le département est par ailleurs doté de nombreuses galeries d'art contemporain (« Espace Malraux » de Chambéry, « Dôme » d'Albertville ou « La Conciergerie » de La Motte-Servolex, notamment), ou encore d'une Maison de l'Architecture de Savoie et d'un Conseil d'architecture, d'urbanisme et d'environnement de Savoie. Musique, littérature, théâtre. Pour ce qui est du développement de la musique en Savoie, à titre d'exemple, le département comptait, en 2011-2012, 26 écoles de musique formant près de , auxquelles s'ajoute le Conservatoire à rayonnement régional des Pays de Savoie, créé en 2004 et comptant en 2013, . À noter également l'existence d'un Orchestre des Pays de Savoie, créé en 1984. Pour la musique savoyarde traditionnelle, populaire et folklorique, l'instrument emblématique reste le cor des Alpes, bien que les fêtes familiales ou villageoises en Savoie eurent toujours été rythmées de chants accompagnés au violon, aux percussions traditionnelles, puis plus tard à l'harmonica et à l'accordéon, et enfin par les orchestres de batterie-fanfare (les « musiques ») qui ont connu un essor en pays de Savoie durant tout le . Historiquement, la Savoie à l'origine de plusieurs mélodies ou chants, parmi lesquels "Les Allobroges" de Joseph Dessaix de 1856, aussi appelé "La Liberté" et considéré comme l'hymne savoyard. La chanson "Étoile des neiges", basée sur une mélodie autrichienne de 1944, est écrite en 1948 par Jacques Plante avec pour thème la Savoie. Le cinquième art, c'est-à-dire la littérature (incluant la poésie), a là aussi été souvent présent en Savoie. Même si la Savoie n'est pas réputée pour ses écrivains et poètes célèbres, nombreux sont en revanche ceux à avoir mentionné la Savoie dans leurs écrits, à l'instar de Goethe, Chateaubriand, Alexandre Dumas, Honoré de Balzac, André Gide, Stendhal ou Victor Hugo. Le passage obligé par le col du Mont-Cenis et la position de « carrefour alpin » de Chambéry faisait que la Savoie a longtemps été un territoire très fréquenté des voyageurs, qui en profitaient alors pour le décrire. Par exemple, en 1581, Montaigne décrit le mont du Chat, le lac du Bourget et le château de Bourdeau : Le lac du Bourget est d'ailleurs de ceux le plus souvent décrits par les visiteurs, le plus célèbre d'entre eux étant sans doute Alphonse de Lamartine, qui en 1860 à travers son poème intitulé "Le Lac" issu de ses "Méditations poétiques", s'adresse directement au lac en s'exclamant notamment « Ô lac ! » dès le deuxième quatrain. L'écrivain et philosophe Jean-Jacques Rousseau, qui séjourna de 1731 à 1742 à Chambéry (dont à la maison des Charmettes à partir de 1736) auprès de Madame de Warens, écrivit lui aussi beaucoup sur les personnes et les lieux qui l'entourèrent : Pour finir avec le sixième art qu'est le théâtre et plus globalement les « arts de la scène » (danse, cirque…), la Savoie se dote d'un premier grand théâtre à l'italienne en 1824 à Chambéry. Aujourd'hui connu sous le nom de théâtre Charles Dullin, ce nouvel édifice, remplaçant deux anciens théâtres du devenus insuffisants, disposait alors d'une capacité d'accueil de et son inauguration s'est faite en présence du roi Charles-Félix de Savoie. Il abritait notamment des spectacles lyriques, mais parfois aussi des fêtes ou des banquets. Après l'incendie de 1864, seul le « rideau d'Orphée » a pu être épargné, un rideau de scène peint représentant le mythe de la descente d'Orphée aux enfers. En 2008, la Savoie recensait amateurs et professionnelles de théâtre. En outre, au sein du département agit l'association « Théâtre en Savoie » dont le premier rôle est de « soutenir et promouvoir l'action théâtrale en Savoie et Haute-Savoie sous toutes ses formes (formation, création, diffusion, éducation, animation…) ». Cinéma. Le septième art, c'est-à-dire le cinéma, est relativement présent en Savoie. Le département comptait ainsi en 2008, pour un total de et d'entrées. Pour 2010, le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) et le Département des études de la prospective et des statistiques (DEPS) précisaient la présence de , et avançaient également le chiffre de d'entrées, soit une augmentation de 6 % en , pour des recettes totales de d'euros et un indice de fréquentation assez élevé, de par habitant, plaçant la Savoie au des départements français sur ce critère. Déjà en 1999, un dossier du Ministère de la Culture évoquait que les départements les mieux équipés en salles de cinéma ne concernaient pas seulement les seuls grands pôles d'activité de la population française (Paris, Rhône, Nord…), mais également, entre autres, ceux des massifs alpins, citant à ce titre la Savoie et la Haute-Savoie. Le cinéma s'installe pour la première fois en Savoie au début du . Le cinéma "Le Modern-Palace" ouvre ses portes à Chambéry en 1911, disposant alors d'une structure métallique et d'une galerie. Il sera détruit et remplacé en 1957 par "Le Régent", lui-même remplacé plus tard par l'actuelle salle "Jean Renoir". Tous deux ne comptaient alors qu'une seule salle de projection. Le plus vieux cinéma de Savoie encore en service est "L'Astrée" à Chambéry. Ouvert en 1940, il ne comporte alors lui aussi qu'une seule salle de projection, passant ensuite à trois en 1975 et à quatre salles en 1984. Enfin, depuis , Chambéry détient le multiplexe cinématographique le plus moderne de France. Exploité par Pathé, il est situé sur le site des Halles en plein centre-ville, possède et . Le département de la Savoie a souvent servi de cadre de tournage pour de nombreux films, notamment sur les communes de Val d'Isère, Tignes, Aix-les-Bains et Chambéry. Parmi ceux ayant réalisé un nombre important d'entrées ou ayant obtenu des récompenses, on retrouve : Pour terminer sur la sauvegarde de la culture cinématographique du département, a été créée en 1999 l'association "Cinémathèque des Pays de Savoie et de l'Ain", qui se charge de récupérer puis de restaurer une large variété de « films inédits » c'est-à-dire de particuliers, d'entreprises et institutionnels. Elle en assure également la documentation en vue de la conservation. Patrimoine. Le département de la Savoie possède aujourd'hui un patrimoine riche et diversifié. Du côté du patrimoine architectural, au , le Ministère de la Culture répertoriait 214 protections dans sa base Mérimée, répartis en et . La commune détenant le plus de monuments historiques classés et inscrits est Chambéry avec , soit 12 % du total. Suivent ensuite Aix-les-Bains avec , Bonneval-sur-Arc avec et Albertville avec mais peu nombreuses sont les communes à en posséder puisqu'environ du département sur environ 300 (70 %) ne possèdent aucun monument historique en 2018. Les premières protections à avoir été arrêtées en Savoie ont eu lieu en 1875 et ont concerné la basilique Saint-Martin d'Aime, le temple de Diane à Aix-les-Bains et l'abbaye d'Hautecombe à Saint-Pierre-de-Curtille. Les monuments historique protégés les plus anciens du département de la Savoie datent de la Protohistoire et notamment du Néolithique comme le cercle de pierres de Séez. Le nombre de monuments augmente ensuite à partir du Moyen Âge avec les nombreuses fortifications que constituent les tours et châteaux de la Savoie notamment à Conflans au-dessus d'Albertville et déjà avec certains monuments religieux comme l'église de Sainte-Marie-de-Cuines (). Ces derniers sont encore très nombreux durant la Renaissance, puis commencent à s'ajouter des monuments comme des ponts, des fontaines ou des croix (fontaine de granit de Modane du , pont Morens sur l'Isère du , croix en fer forgé et son socle de granit de Saint-Martin-de-Belleville du ). Le continue d'être marqué par bon nombre d'édifices religieux auxquels s'ajoutent quelques monuments spécifiques comme les thermes d'Aix-les-Bains, et le ouvre la protection à des architectures plus modernes et parfois industrielles comme le tunnel hydraulique du Gelon et pont Royal à Chamousset ou les tunnels ferroviaires de Fréjus et de Brison. Enfin le possède également des monuments protégés, comme les chalets "Jolliot-Curie" et "le Petit Navire" à Courchevel, les anciens hôtels "Royal" et "Excelsior" d'Aix-les-Bains ou la rotonde ferroviaire de Chambéry. Depuis 2011, la Savoie possède cinq sites au patrimoine mondial de l'Unesco au titre des sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes. Il s'agit de "Brison-Saint-Innocent–Baie de Grésine", la "baie de Châtillon", "Saint-Pierre-de-Curtille–Hautecombe" et le "littoral de Tresserve" pour les sites palafittiques du lac du Bourget, et de "Lac d'Aiguebelette (zone sud)" pour le lac d'Aiguebelette. Enfin, le département compte 24 sites naturels classés. Il s'agit d'un label officiel français témoignant d'un intérêt paysager, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque exceptionnel de sites naturels ou artificiels justifiant la nécessité d'autorisations en vue d'effectuer d'y effectuer des travaux susceptibles de modifier l'état ou l'apparence du territoire protégé. En outre, la commune de Bonneval-sur-Arc adhère aux plus beaux villages de France et Chambéry, Albertville et Aix-les-Bains détiennent le label « Villes d'art et d'histoire ». Archives départementales. Les archives départementales de la Savoie, installées à Chambéry et directement rattachées au Conseil général de la Savoie, ont pour rôles de collecter auprès des particuliers, des entreprises et des institutions des documents anciens afin de les restaurer, les documenter, les classer et les rendre accessibles gratuitement au public. Actuellement les archives de la Savoie possèdent plus de d'archives, la plus ancienne étant la "charte de Rodolphe" par laquelle le roi fait comte l'archevêque de Tarentaise en l'an 966. Les archives départementales possèdent donc des milliers d'archives administratives issues du conseil général, de la Préfecture ou des tribunaux et des services du cadastre, incluant notamment les mappes sardes réalisées entre 1728 et 1738 et auxquelles Jean-Jacques Rousseau lui-même a participé durant son séjour à Chambéry. Les archives regroupent également une partie des archives de l'ancien duché de Savoie (l'autre partie étant conservée par les archives départementales de la Haute-Savoie), ainsi que tous les registres paroissiaux et d'état civil dont les plus anciens remontent au (registres de la Bâthie). Au total et mises bout à bout, les archives de la Savoie représentent environ en linéaire. À noter que les archives possèdent en outre un certain nombre de photographies et de microfilms anciens. Traditions. Langue. Le savoyard fait partie du francoprovençal (ou arpitan) dont il s'est éloigné à la fois au niveau de la phonétique notamment du fait de la palatalisation, mais aussi au niveau des mots eux-mêmes, avec la création de nombreux mots ayant trait à l'environnement et la météorologie principalement. Pour autant, bien que bâtie sur des bases communes, le savoyard se divisait en plusieurs petits sous-dialectes différents, non seulement d'un département à l'autre, mais également d'une vallée à l'autre. En Savoie, ces sous-dialectes sont notamment le "Chambérien", le "Mauriennais", le "Tarin et l'Arly", mais auxquels s'ajoutent également des dialectes plus limités géographiquement que sont le "Valloirin", le "Langrin" et le "Bessanais" en Maurienne, et le "Tignard" en Haute-Tarentaise. Aujourd'hui les locuteurs réguliers sont beaucoup moins nombreux qu'au début du , mais il demeure néanmoins un parler savoyard, fait de mots et d'expressions savoyardes plus ou moins francisés qu'une forte proportion des populations de Savoie et de Haute-Savoie continuent d'utiliser spontanément, comme « ce tantôt » pour « cet après-midi », « panosse » pour « serpillière » ou « penses-tu » pour signifier « bien sûr que non ». On peut également rencontrer dans le parler courant une présence plus importante de la voyelle « y » en Pays de Savoie que dans les autres régions géographiques françaises, celle-ci remplaçant à l'origine les pronoms d'objet « le », « la » ou « les ». Cette voyelle est par exemple utilisée dans la phrase « je n'aime pas y faire » à la place de « je n'aime pas le faire ». Costumes et bijoux. Traditionnellement, les Savoyardes portent une robe en drap de laine, une chemise, un châle, un bonnet et un tablier, tandis que les Savoyards se contentent d'un pantalon, d'une blouse, d'une veste en drap de laine et d'un chapeau en feutre noir. Pour autant, chaque village de Savoie cherchait aussi à se distinguer selon sa coiffe ou ses broderies, ce pourquoi tous les costumes ne sauraient être entièrement similaires, non seulement d'une vallée à l'autre, mais aussi d'un village à l'autre. En outre, chaque territoire possède également plus ou moins un ensemble commun de tenues. Le costume servait donc à la fois de révélateur de l'origine géographique ainsi que du statut social de son ou sa propriétaire, de par la qualité des tissus (soieries, broderies…) notamment. De plus ces tenues étaient plus ou moins modifiées selon la saison (notamment les températures) ainsi que le type d'activité effectuée dans la journée (coupe de bois, travail dans les champs, etc.). En plus des costumes, il pouvait également être d'usage de porter divers accessoires. On compte parmi eux des bijoux, notamment avec l'avènement de la croix de Savoie dès la fin du puis plus rapidement à compter de 1860 : ainsi se retrouvaient la "croix à pendeloques" dans le Beaufortain, la "croix de Mégère" dans le val d'Arly, la "croix rayonnante" de Valloire, la "croix à l'Os" en Haute-Maurienne, plus différentes autres croix comme la "croix à chaînes" ou la "croix trèfle" de Saint Maurice, semble-t-il la plus ancienne et la plus authentiquement savoyarde, les comtes de Savoie ayant en effet pris Saint Maurice comme patron (premier modèle repéré à Peisey-Nancroix). Les cœurs, les broches et les sautoirs en or étaient également portés. Puis arrivèrent les boucles d'oreilles « créoles », importées du Second Empire après l'annexion à la France et devenues rapidement appréciés des femmes tarines notamment. À défaut d'or, l'argent était utilisé, offert aux femmes par les futurs époux, chacune aspirant détenir « sa croix et son cœur ». Puis ces bijoux étaient souvent légués par héritage direct. Aujourd'hui, peu des costumes subsistent dans la vie courante, mais très souvent ceux-ci sont de nouveau portés dans le cadre de manifestations culturelles à vocation folkloriques en Savoie. Gastronomie. La gastronomie savoyarde se situe à la croisée entre tradition et patrimoine culturel, à l'image de la gastronomie française inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité sous l'intitulé « Repas gastronomique des Français », incluant par la même la gastronomie et la cuisine traditionnelle savoyarde. Traditionnellement, la cuisine savoyarde est constituée par une très grande variété de plats et de recettes différents d'une vallée à l'autre du département. Cette cuisine se retrouve à la fois à tous les services du repas (entrée, plat, fromage et dessert), mais aussi dans les apéritifs, les digestifs et au niveau de la boisson. Historiquement, elle est surtout faite à base de céréales (telles le blé et le maïs), de viande et de produits laitiers parmi lesquels de nombreux fromages. La pomme de terre est également souvent utilisée dans les recettes savoyardes, et la viande, de gibier ou non, est souvent travaillée en charcuterie, sous forme de saucisses, tels que le sont les diots, et de saucissons notamment. Les torrents et surtout les grands lacs du département sont relativement poissonneux, aussi les poissons présentés sur les marchés sont des poissons sauvages locaux. Il s'agit le plus souvent de lavarets, de truites, d'ombles ou de poissons-chats. En ce qui concerne le gibier, se retrouvaient traditionnellement dans les plats savoyards la plupart des animaux de montagne tels que le chamois ou la marmotte, auxquels s'ajoutent les sangliers et les cervidés (cerfs, chevreuils, biches…), souvent cuits et marinés au vin. Le vin blanc qui est par ailleurs fréquemment utilisées dans les recettes d'origine savoyarde, parmi lesquelles les diots au vin blanc, la fondue savoyarde, la croûte au fromage, la poêlée montagnarde ou encore les rissoles (« r'jeûle » en savoyard). D'autres recettes comme la polente, la tartiflette ou la croziflette (crozets cuits avec du reblochon) peuvent aussi, selon les habitudes, en être accompagnées. Les fromages produits aujourd'hui en Savoie sont notamment la raclette, le beaufort, la tome des Bauges, la tomme de Savoie, le bleu de Termignon, le bleu du Mont-Cenis l'emmental de Savoie, le reblochon, le persillé de Tignes, le persillé du Mont-Cenis, le chevrotin, l'abbaye de Tamié et le moelleux du Revard. Du côté des pâtisseries, la Savoie est notamment à l'origine du gâteau de Saint-Genix et du biscuit de Savoie (ou gâteau de Savoie). Enfin le département figure parmi les 10 départements possédant le plus d'étoiles décernées par le Guide Michelin en 2012, avec également celui de la Haute-Savoie. La commune de Courchevel compte à elle seule 8 restaurants étoilés sur un total de 19. Si aucun ne possède , 8 en détiennent 2 et 11 en détiennent 1. De plus, deux restaurants sont honorés du « Big Gourmand » (menu complet avec un bon rapport qualité prix). Manifestations culturelles et festivités. Les principales manifestations se déroulant sur le territoire de la Savoie sont, de par leur fréquentation, le festival de musique "Musilac" à Aix-les-Bains et les "Estivales en Savoie", dont certaines se déroulent au château des ducs de Savoie de Chambéry. "Musilac" est un festival de musique organisé chaque année depuis 2002 durant le mois de juillet sur l'esplanade d'Aix-les-Bains à proximité du lac du Bourget. Parmi les artistes qui s'y sont récemment produits, on peut citer Bénabar, Jean-Louis Aubert ou Franz Ferdinand en 2012, ou Carlos Santana, Bernard Lavilliers et Ben Harper en 2011. Peu de temps après, ce sont les "Estivales en Savoie" qui succèdent à "Musilac" en tant que festival de musique durant une plus grande partie de juillet : celui-ci se déroule sur différents sites du département. Le pic de fréquentation a été enregistré en 2010 avec , Savoyards pour 80 % d'entre eux. Ces spectacles et concerts sont par ailleurs gratuits au public. Dans la littérature, la ville de Chambéry organise chaque année depuis 1987 le "festival du Premier roman" durant lequel des lectures sont organisées et à l'issue duquel sont récompensés des auteurs, parmi lesquels Amélie Nothomb. Il est à cet égard . En outre, Chambéry accueille également chaque année depuis 1975 le "Festival international de la bande dessinée de Chambéry" durant lequel auteurs, éditeurs et lecteurs viennent échanger autour de la bande dessinée. Chaque année, le festival met à l'honneur certains invités. Aussi, quelques manifestations d'arts et traditions populaires ont lieu un peu partout dans le département, comme le "Festival mondial de Chambéry Cultures du monde" au mois de juillet depuis près de . Mais d'autres communes possèdent également leurs manifestations d'arts et traditions populaires locales, de même que leurs groupes d'arts et traditions populaires locaux, parmi lesquels "les Berres" à Arêches-Beaufort, le "groupe folklorique de Conflans" à Albertville, les "Traina Patin" à Orelle, "le Biau Zizé" à Flumet ou "la Pasturelle du Val d'Arly" à Ugine. Personnalités liées au département. Les personnalités politiques ne figurent pas dans cette section car elles ont déjà été citées dans une précédente section : « Personnalités politiques ». Différentes personnalités sont demeurées liées avec la Savoie, qu'elles y soient nées ou qu'elles y aient accompli des moments importants de leur vie : Voir aussi. Bibliographie. Histoire. Pour la partie historique du département, en lien avec le duché de Savoie, consultez la bibliographie générale sur l'article « Histoire de la Savoie » et les articles détaillés.
Seine-et-Marne La Seine-et-Marne () est un département français de la région Île-de-France. Il tire son nom du fleuve Seine et de la rivière Marne. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 77. Le département comptait selon le dernier recensement de . Ses habitants sont les Seine-et-Marnais. Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie des provinces d'Île-de-France et de Champagne et d'une micro-partie de l'Orléanais. Géographie. Le département de Seine-et-Marne fait partie de la région Île-de-France, dont il constitue la moitié orientale. Sa superficie représente à elle seule 50 % de celle de la région. Il s'agit du département français comptant le plus de « voisins » (départements limitrophes), depuis la partition de la Seine-et-Oise : 10 (devant le Maine-et-Loire qui en compte 8). Les dix départements ayant des limites communes avec la Seine-et-Marne sont : le Val-d'Oise, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Essonne à l'ouest, le Loiret et l'Yonne au sud, l'Aube et la Marne à l'est, l'Aisne et l'Oise au nord. Le département s'étend sur plusieurs régions naturelles, notamment la Brie et le Gâtinais. Le point culminant du département est la butte Saint-Georges à d'altitude. Le point le plus bas du département est à Seine-Port à d'altitude. Transports. Transports en commun. Desserte du département par. → (BRANCHE A4) Champs-sur-Marne (Gare de Noisy - Champs) Noisiel (Gare de Noisiel) Lognes (Gare de Lognes) Torcy (Gare de Torcy) Bussy-Saint-Georges (Gare de Bussy-Saint-Georges) Serris et Montévrain (Gare du Val d'Europe) Chessy (Gare de Marne-la-Vallée - Chessy - Gare TGV) → (BRANCHE B3 et B5) Le Mesnil-Amelot (Gare de l'aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV - Gare TGV) Mitry-Mory (Correspondance avec - Gare de Mitry - Claye et Gare de Villeparisis - Mitry-le-Neuf) Claye-Souilly (Gare de Mitry - Claye) Villeparisis (Gare de Villeparisis - Mitry-le-Neuf) → (BRANCHE D2) Melun (Correspondance avec - Melun Gare de Melun) Dammarie-les-Lys (Gare de Vosves) Boissise-le-Roi (Gare de Boissise-le-Roi) Saint-Fargeau-Ponthierry (Gare de Ponthierry - Pringy et Gare de Saint-Fargeau) Le Mée-sur-Seine (Gare du Mée) Cesson (Gare de Cesson) Savigny-le-Temple et Nandy (Gare de Savigny-le-Temple - Nandy) Lieusaint et Moissy-Cramayel (Gare de Lieusaint - Moissy) et Combs-la-Ville (Gare de Combs-la-Ville - Quincy) → (BRANCHE E2 et E4) Chelles (Correspondance avec - Gare de Chelles - Gournay) Émerainville et Pontault-Combault (Gare d'Émerainville - Pontault-Combault) Roissy-en-Brie (Gare de Roissy-en-Brie) Ozoir-la-Ferrière (Gare d'Ozoir-la-Ferrière) Gretz-Armainvilliers (Gare de Gretz-Armainvilliers) Tournan-en-Brie (Correspondance avec - Gare de Tournan) → (-) Mitry-Mory (Correspondance avec - Gare de Mitry - Claye) Compans (Gare de Compans) Thieux et Nantouillet (Gare de Thieux - Nantouillet) Dammartin-en-Goële, Juilly et Saint-Mard (Gare de Dammartin - Juilly - Saint-Mard) → (TOUTES BRANCHES) Chelles (Correspondance avec - Gare de Chelles - Gournay) Torcy ( Gare) et Vaires-sur-Marne (Gare de Vaires - Torcy) Thorigny-sur-Marne, Pomponne et Lagny-sur-Marne (Gare de Lagny - Thorigny) Esbly (Gare d'Esbly) Montry et Condé-Sainte-Libiaire (Gare de Montry - Condé) Couilly-Pont-aux-Dames, Saint-Germain-sur-Morin et Quincy-Voisins (Gare de Couilly - Saint-Germain - Quincy) Villiers-sur-Morin (Gare de Villiers - Montbarbin) Crécy-la-Chapelle (Gare de Villiers - Montbarbin et Gare de Crécy-la-Chapelle) Meaux (Gare de Meaux) Trilport (Gare de Trilport) Changis-sur-Marne et Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux (Gare de Changis - Saint-Jean) La Ferté-sous-Jouarre (Gare de La Ferté-sous-Jouarre) Saâcy-sur-Marne et Nanteuil-sur-Marne (Gare de Nanteuil - Saâcy) Isles-les-Meldeuses, Armentières-en-Brie et Congis-sur-Thérouanne (Gare d'Isles - Armentières - Congis) Lizy-sur-Ourcq (Gare de Lizy-sur-Ourcq) Crouy-sur-Ourcq (Gare de Crouy-sur-Ourcq) Tournan-en-Brie (Correspondance avec - Gare de Tournan) La Houssaye-en-Brie et Marles-en-Brie (Gare de Marles-en-Brie) Mortcerf (Gare de Mortcerf) Guérard et La Celle-sur-Morin (Gare de Guérard - La Celle-sur-Morin) Faremoutiers et Pommeuse (Gare de Faremoutiers - Pommeuse) Mouroux (Gare de Mouroux) Coulommiers (Gare de Coulommiers) Verneuil-l'Étang (Gare de Verneuil-l'Étang) Mormant (Gare de Mormant) Nangis (Gare de Nangis) Longueville (Gare de Longueville) Sainte-Colombe (Gare de Sainte-Colombe-Septveilles) Poigny (Gare de Champbenoist - Poigny) Provins (Gare de Provins) → (TOUTES BRANCHES) Melun (Correspondance avec - Gare de Melun) Livry-sur-Seine (Gare de Livry-sur-Seine) Chartrettes (Gare de Chartrettes) Fontaine-le-Port (Gare de Fontaine-le-Port) Héricy (Gare d'Héricy) Vulaines-sur-Seine et Samoreau (Gare de Vulaines-sur-Seine - Samoreau) Champagne-sur-Seine (Gare de Champagne-sur-Seine) Vernou-la-Celle-sur-Seine (Gare de Vernou-sur-Seine) La Grande-Paroisse (Gare de La Grande-Paroisse) Bois-le-Roi (Gare de Bois-le-Roi) Fontainebleau (Gare de Fontainebleau-Forêt et Gare de Fontainebleau - Avon) Avon (Gare de Fontainebleau - Avon) Montereau-Fault-Yonne (Gare de Montereau) Thomery (Gare de Thomery) Moret-Loing-et-Orvanne (Gare de Moret-Veneux-les-Sablons) Saint-Mammès (Gare de Saint-Mammès) Montigny-sur-Loing (Gare de Montigny-sur-Loing) Bourron-Marlotte et Grez-sur-Loing (Gare de Bourron-Marlotte - Grez) Saint-Pierre-lès-Nemours et Nemours (Gare de Nemours - Saint-Pierre) Bagneaux-sur-Loing (Gare de Bagneaux-sur-Loing) Souppes-sur-Loing et Château-Landon (Gare de Souppes - Château-Landon) Et de nombreuses lignes de Bus et de TER des régions voisines et des intercités. Environnement. En 2014, de déchets ménagers et assimilés ont été collectées en Seine-et-Marne, soit /hab. Climat. La Seine-et-Marne connaît un régime climatique tempéré de type atlantique. La pluviosité est légèrement plus marquée aux environs de Fontainebleau et dans l'est de la Brie française, la Brie humide ( de pluie/an) contre une moyenne départementale à , légèrement supérieure au reste de la région Île-de-France (). Température moyenne de 3,2° en janvier et 18,6° en juillet à Melun sur la période 1953-2002. La tempête Lothar du a fait cinq morts en Seine-et-Marne et a couché de très nombreux arbres. La canicule de l'été 2015 a battu des records de chaleur à Melun avec et Samois-sur-Seine bat le record d'Île-de-France avec . Du au , le Sud du département a été touché par de fortes pluies. Ces intempéries ont amené la crue de plusieurs cours d'eau dont le Loing et la Marne. Les crues de ces affluents de la Seine ont eu de lourdes conséquences : pendant plusieurs jours, les rues de nombreux villes et villages comme Nemours ont été totalement inondées (on a mesuré d'eau par endroits), les habitants ont été privés d'électricité, d'eau courante et de gaz pendant près d'une semaine. Les dégâts matériels ont été nombreux et coûteux, le bilan humain a été en revanche peu important. Politique. Longtemps marquée par les rapports sociaux découlant de la propriété foncière, la Seine-et-Marne est, de manière générale, un département de tradition plutôt conservatrice, même si elle a été rapidement, sous la République, gagnée aux idées républicaines. Cette tradition conservatrice se manifeste notamment dans les arrondissements de Provins et de Fontainebleau, comme dans le secteur de Coulommiers - La Ferté-Gaucher qui, de longue date, élisent régulièrement des candidats issus des partis de droite. Dans les années de l'entre-deux-guerres, le département, par le développement des activités industrielles et de transport, a vu progressivement émerger l'influence des forces de gauche, notamment autour des cités cheminotes de Mitry-Mory et de Vaires-sur-Marne. Après la Libération, le département a souvent élu des députés de gauche, en accordant d'ailleurs une certaine primauté au PCF, celui-ci dépassant encore les 30 % des suffrages exprimés aux élections de et obtenant 2 des cinq élus du département, un troisième siège étant attribué à la SFIO. À contrario, le mode d'élection spécifique du Sénat, alors appelé Conseil de la République a favorisé, dès 1948, une hégémonie de la droite sur la représentation du département. L'instauration de la République a modifié la donne en donnant à la droite, et notamment au courant gaulliste, la primauté dans la représentation parlementaire du département à l'Assemblée Nationale. Ainsi, en 1958, première législature du nouveau régime, le parti gaulliste obtient les cinq sièges de député du département. Cette situation perdure jusqu'en 1973 où la circonscription de Chelles et celle de Melun élisent respectivement un député PCF et un député PS. Le rapport de forces n'évolue pas ensuite jusqu'en 1981 où, pour la première fois dans l'histoire du département, la gauche obtient 3 des 5 élus (un quatrième élu, invalidé, étant finalement battu dans une élection partielle ensuite). Puis l'adoption du scrutin proportionnel modifie la répartition des élus, et entraîne notamment l'élection d'un député FN en 1986. Les 8 autres sièges du département sont alors ainsi répartis : 1 PCF, 3 PS, 3 RPR, 1 UDF. Depuis, la droite a retrouvé son leadership aux législatives, position qui ne fut temporairement remise en question qu'en 1988 et 1997, le PS obtenant à chacune de ces consultations 4 élus sur les 9 du département. En 1993, 2002 et 2007, la droite a réalisé le grand chelem sur les 9 sièges du département, obtenant même lors du dernier renouvellement dès le premier tour la réélection de Jean-François Copé à Meaux et celle de Christian Jacob à Provins. Pour autant, cela ne peut faire oublier que, comme en bien d'autres endroits en France, les partis de gauche ne sont pas dénués de positions électives. En 2004, pour la seconde fois dans l'histoire du département, le conseil départemental a été gagné par la gauche, plus de vingt ans après le premier succès en la matière. Cette victoire de la gauche doit beaucoup à l'évolution démographique du département puisque ce sont les arrondissements de Melun et de Torcy qui fournissent l'essentiel des élus de la nouvelle majorité départementale, avec 8 des 10 cantons de chaque arrondissement pour ses diverses composantes. De même, la mise en œuvre du scrutin proportionnel au Sénat la même année a permis, dans le cadre d'une liste d'union des forces de gauche, de faire élire deux sénateurs PS et un sénateur PCF, situation que n'avait plus connu le département depuis la Libération. Enfin, si le département a choisi la candidature de Nicolas Sarkozy lors de la dernière élection présidentielle de 2012 (en une légère avance avec 51 % des votes), il a, en 1981 comme en 1988, manifesté sa préférence pour le candidat de la gauche, en l'espèce François Mitterrand. En 2015, lors des élections départementales des 22 et , et dans des cantons redéfinis selon la réforme territoriale (de 43 à 23 cantons), c'est à nouveau le parti de la droite (Les Républicains) qui s'est imposé. Jean-Jacques Barbaux a été élu président du conseil départemental le lors de la séance d'installation de la nouvelle assemblée départementale, qui compte départementaux. À l'occasion des élections régionales de 2015 en Île-de-France, c'est le candidat d'extrême-droite Wallerand de Saint-Just qui arrive largement en tête, avec des voix, devançant Valérie Pécresse (), un signe de la droitisation de la Seine-et-Marne. Alors qu'Emmanuel Macron avait remporté le premier et le deuxième tour de 2017, les élections intermédiaires sont plutôt favorables à la droite et à l'extrême-droite. Dans un contexte de forte abstention, le Rassemblement national arrive en tête aux élections européennes de 2019 malgré un score en baisse par rapport au scrutin européen de 2014 (24,40% contre 27,88%).. Les Républicains confirment leur implantation dans le département lors des élections régionales et départementales de 2021 lors de scrutins marqués par des niveaux inédités d'abstention. Valérie Pecresse arrive nettement en tête aux deux tours des régionales dans le département alors que la majorité départementale de droite est confirmée malgré un progrès de l'opposition de gauche. Jean-Luc Mélenchon arrive en tête au premier tour des élections présidentielles de 2022 avec 25.9% des voix, devançant légèrement Emmanuel Macron et Marine le Pen. Il l'emporte dans douze des quinze plus grandes villes du département, notamment Meaux, Chelles, Melun et Pontault-Combault. Arrivé deuxième, Emmanuel Macron remporte trois de ces villes (Bussy-Saint-Georges, Lagny-sur-Marne et Ozoir-la-Ferrière). Marine Le Pen, en troisième position et qui ne remporte aucune des quinze plus grandes grandes villes arrive cependant en tête dans la plupart des petites communes rurales de l'est du département. Au deuxième tour, Emmanuel Macron l'emporte nettement avec un score légèrement inférieur à la moyenne nationale (56,97% contre 58,55%). Il remporte les quinze plus grandes communes du département, y compris celles qui avaient privilégié Jean-Luc Mélenchon au premier tour mais reste distancié par la candidate du Rassemblement national dans de nombreuses communes rurales de l'est. . Lors de la XVIe législature de la Cinquième République française, le département de la Seine-et-Marne est représenté par cinq députés de la majorité présidentielle, trois représentants de la coalition de gauche NUPES, deux députés des Républicains et une députée du Rassemblement national. Les Élections législatives de 2022 en Seine-et-Marne ont vu, dans un contexte d'abstention forte et supérieure à la moyenne nationale, une fragmentation de la représentation politique du département. La domination de la droite LR et de la majorité présidentielle est contestée avec la perte nette d'un siège pour chacune de ces alliances. La gauche progresse avec le gain par LFI des septièmes et dixièmes circonscriptions alors que le Rassemblement national remporte l'un de ses deux seuls sièges d'île-de-France avec le gain de la sixième circonscription Récapitulatif de résultats électoraux récents. Sur le plan des personnalités politiques ayant marqué l'histoire du département, et pour s'en tenir à la période la plus récente, notons les anciens ministres des différents gouvernements de la République comme Alain Peyrefitte, longtemps député de Provins ; plus près de nous, Jean-François Copé et Christian Jacob ou encore Guy Drut, ancien champion olympique et député-maire de Coulommiers, et enfin dernièrement Yves Jégo, secrétaire d'État à l'Outre-Mer de 2007 à 2009. À gauche, le rôle est joué de longue date dans le département par Gérard Bordu pour le PCF, Vincent Éblé, sénateur de Seine-et-Marne et président de la commission de Finances, ou encore Alain Vivien, longtemps député PS de Brie-Comte-Robert, ancien responsable de la MILS, mission interministérielle de lutte contre les sectes. Économie. Avec (soit 56 %) de son territoire affecté à l'agriculture, la Seine-et-Marne se singularise en Île-de-France par le poids de ce secteur logiquement quasi inexistant dans les départements nettement plus urbanisés. Il emploie environ au sein de près de (à 63 % familiales) ayant une surface moyenne de 120 ha. Les céréales (à 65 %), mais aussi les oléagineux (12 %) et la betterave sucrière (7 %) sont les principales productions. L'industrie emploie plus de dans le département, notamment dans l'industrie du verre (au sud), mais aussi dans l'agro-alimentaire, les industries chimiques (fabrication d'engrais entre autres), l'imprimerie et l'édition de journaux, tandis qu'existe sur Melun le centre de recherche de Safran Aircraft Engines qui occupe près de et constitue la plus importante unité industrielle du département. Cependant, le département, de par sa position géographique (placé sur le réseau TGV avec une connexion à Marne-la-Vallée, traversé par plusieurs autoroutes, proximité de l'aéroport de Roissy - Charles de Gaulle) dispose également d'une importante activité logistique et de transport. Ce secteur emploie plus de et plus de 7 % des effectifs salariés du secteur privé. Enfin, le développement des deux villes nouvelles a favorisé l'émergence de pôles tertiaires en devenir tandis que le tourisme dispose de solides arguments avec de nombreux sites remarquables et un bon parc hôtelier, notamment sur le site Disneyland Paris. Avec près de , le parc d'attractions à vocation internationale est en effet le principal vecteur d'emplois du département. Tourisme. Second département le plus touristique d'Île-de-France après Paris, la Seine-et-Marne attire annuellement environ de 30 à de personnes. Le département possède de nombreux sites touristiques, culturels et de loisirs. Démographie. Département rural à l'origine, la population de Seine-et-Marne a triplé en un demi-siècle en raison du développement de l'agglomération parisienne et de l'implantation des villes nouvelles de Marne-la-Vallée et Sénart. Le sud et l'est du département restent encore relativement ruraux, mais toute la frange ouest très urbanisée, avec la ville de Chelles et la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, fait désormais partie de l'agglomération parisienne. La Seine-et-Marne figure toujours parmi les départements français les plus dynamiques en matière de démographie, bien que la croissance ait ralenti en raison de la diminution du solde migratoire. En 1999, 80 % de la population du département résidait en zone urbaine contre 20 % en zone rurale. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 2,6 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les communes de Seine-et-Marne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 20 % des logements totaux. Sources : Culture. Cinéma et télévision. De très nombreux films de cape et d'épée français ont été tournés en forêt de Fontainebleau. D'autres films et téléfilms dans les châteaux de Ferrières-en-Brie, de Guermantes, de Champs-sur-Marne, de Vaux-le-Vicomte, de Blandy-les-Tours, de Fontainebleau, de Brou-sur-Chantereine, dans les cités médiévales de Provins, de Brie-Comte-Robert, dans la cité épiscopale de Meaux, à Coulommiers et à Nemours. Partenariat avec l'Unicef. Le département est « ami des enfants » : son conseil départemental a signé une convention avec l'Unicef, pour agir pour la protection de l'enfance et faire connaître la Convention relative aux droits de l'enfant.
Somme
Seine-Saint-Denis La Seine-Saint-Denis ( ) est un département français situé au nord-est de l'agglomération parisienne, appartenant à la petite couronne de la région Île-de-France. L'INSEE et La Poste lui attribuent le . Les habitants de la Seine-Saint-Denis se nomment les "Séquano-Dionysiens". Géographie. La Seine-Saint-Denis est située au nord-est de Paris. Sa superficie est de , ce qui en fait l'un des plus petits départements français. La Seine-Saint-Denis forme avec les deux autres petits départements limitrophes de Paris (les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne) la petite couronne de la région parisienne. Elle est située dans le Bassin parisien et comprend une part importante du Pays de France. Le département est essentiellement constitué par un bas plateau, la Plaine de France, structuré par les larges vallées de la Seine et de la Marne et surmonté par un relief de buttes-témoins, avec le plateau de Romainville, culminant à aux Lilas, prolongement oriental de la colline de Belleville - Ménilmontant, le plateau de Vaujours, culminant à de hauteur, et le plateau d'Avron (), qui matérialisent l'extrémité du massif de l'Aulnoye ou celle du plateau de la Brie. Ces derniers sont séparés par les dépressions de Gagny et de Rosny-sous-Bois, qui correspondent à un ancien lit de la Marne. Au nord du département se trouve la Butte-Pinson, qui annonce les premiers contreforts du plateau de Montmorency. Géologie. La géologie du département est celle, sédimentaire, du Bassin parisien. Une succession d'horizons argilo-marneux s'intercalent dans des formations marno-calcaires, ou calcaires (comme les calcaires de Saint-Ouen-sur-Seine ou ceux de Brie), souvent gypseuses, qui ont longtemps été exploitées dans des carrières de pierre à plâtre à ciel ouvert ou en galerie (à Romainville, Rosny-sous-Bois ou Gagny, par exemple). Aujourd'hui, seuls les gypses du massif de l'Aulnoye, sur le plateau dominant Vaujours et Coubron, font encore l'objet d'une exploitation destinée aux usines Placoplatre de Vaujours. Hydrographie. Le département est limité au nord-ouest par la Seine, à la hauteur de la boucle de Gennevilliers. Il est traversé par la Marne dans son extrémité sud-est. Deux canaux construits au début du par la Ville de Paris, le canal de l'Ourcq et le canal Saint-Denis, et le canal de Chelles inauguré en 1865 pour faciliter la navigation de Vaires-sur-Marne à Neuilly-sur-Marne, l'irriguent également. Le département compte de nombreux ouvrages de canalisation ou de bassin de rétention des eaux de pluie. Un des derniers secteurs non aménagés à Gagny autour du ru Saint-Baudile est mis en chantier en 2022 pour une livraison en 2024. Climat. Le climat de la Seine-Saint-Denis est semblable au climat de Paris. Le département, comme toute l'Île-de-France, est soumis à climat de type océanique dégradé, l'influence océanique l'emportant sur celle continentale. De manière générale, les étés sont plutôt frais. ( en moyenne), et les hivers sont plutôt doux ( en moyenne) avec des pluies de même importance en toute saison (en hauteur de précipitations) et des pluies plus faibles () que sur les côtes. La localisation du département au sein de l'espace très densément urbanisé de l'agglomération parisienne explique une très légère élévation de la température d'un ou deux degrés en fonction des conditions climatiques par rapport aux zones rurales d'Île-de-France, en particulier par temps calme et anticyclonique. Cet écart est particulièrement notable au lever du jour, et a tendance à s'accentuer au fil des années. La température moyenne annuelle est de , le mois le plus le froid est janvier avec + ; les mois les plus chauds sont juillet et août avec + (moyenne journalière). Le nombre moyen de jours où la température dépasse est de 43, dont 9 au-delà de .   Relevés des températures, des précipitations et de l'ensoleillement au Bourget (Seine-Saint-Denis) 1971-2000 Histoire. Le département de la Seine-Saint-Denis a été créé le , en application de la loi du , par le décret d'application du , à partir de la partie nord-est de l'ancien département de la Seine (24 communes formant jusqu'au 31 décembre 2016 les arrondissements de Bobigny et de Saint-Denis) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (16 communes formant la majeure partie de l'actuel arrondissement du Raincy). Il hérite du code postal « 93 », autrefois dévolu au département de Constantine. Sa préfecture est Bobigny. La Seine-Saint-Denis possède un riche patrimoine archéologique. Archéologie. Le territoire de la Seine-Saint-Denis compte plus de archéologiques, les plus remarquables se trouvent à Saint-Denis ainsi qu'à Tremblay-en-France, qui compte 20 % des sites sur son seul territoire. Une agglomération antique a été découverte à Gournay-sur-Marne et des vestiges de faune du paléolithique dans les sablières de Montreuil en 1860. Des sépultures néolithiques sont mises au jour à Neuilly-sur-Marne. Les plus anciennes traces de la présence humaine sont deux bifaces réalisés par homo erectus il y a , exhumés respectivement à Neuilly-sur-Marne et Noisy-le-Sec. Des outils attribuables aux chasseurs du paléolithique moyen montrent une présence à Clichy-sous-Bois, Saint-Ouen, Tremblay-en-France et Villepinte vers de à avant notre ère. Des vestiges d’habitat de l'âge du bronze et l'âge du fer, la période de Hallstatt ; Gournay-sur-Marne et Saint-Denis. Des traces des Gaulois sont repérées à Bobigny et de Saint-Ouen. Des fouilles importantes de Saint-Ouen, Bobigny et Gournay-sur-Marne, témoignent d’une densification notable de l’habitat à partir du IVe . Création du département. La création du département (familièrement appelé "le 93", ou "le 9-3"), qui répondait à l'origine à la disparition des anciens départements de la Seine et de Seine-et-Oise, et à la dissolution du District de Paris, a été motivée par le souhait plus ou moins implicite du pouvoir politique de l'époque de cantonner dans un espace déterminé ce qui pouvait constituer un obstacle majeur à la mise en œuvre de la politique gaulliste, c'est-à-dire la présence du Parti communiste français. En effet, celui-ci, grâce à son influence dans les communes de la ceinture rouge de la petite couronne de Paris où il s'était implanté dès les élections municipales de 1935, avait réussi à plusieurs reprises à exercer la présidence du conseil général de la Seine. La Seine-Saint-Denis était vue comme la concession tacite d'un territoire donné à la principale force politique d'opposition de l'époque. Par voie de conséquence, elle permettait d'envisager que les deux autres départements constitués dans la proche banlieue (Hauts-de-Seine et Val-de-Marne) échapperaient à l'influence de cette même force d'opposition, tout en bénéficiant des programmes les plus déterminants d'aménagement urbain (La Défense pour les Hauts-de-Seine notamment, ou encore le secteur de la « nouvelle ville » de Créteil). Cependant, comme pour les deux autres départements de la petite couronne, le subtil découpage territorial était organisé de telle sorte que ce qui avait constitué pour l'essentiel la "ceinture rouge" depuis l'époque du Front populaire (les anciennes communes du département de la Seine) soit « tempéré » par adjonction de communes issues de la Seine-et-Oise, réputées "a priori" moins portées à choisir des élus de gauche, et surtout communistes, pour les représenter. Transports. La voirie. Le département fait partie de l'agglomération parisienne et bénéficie de son important réseau national d'infrastructures de transport routier, avec notamment les autoroutes A1 et A4, ainsi que le boulevard périphérique de Paris. S'y rajoutent les autoroutes urbaines maillant le territoire que sont les A3, A86, A103 et A104. Le département est également desservi par les routes nationales RN 1, RN 2, RN 3. Transport ferroviaire. Le département de la Seine-Saint-Denis est traversé par d'importants faisceaux ferroviaires, avec notamment les lignes Paris - Lille, La Plaine - Hirson, Paris - Strasbourg et Paris - Mulhouse, ainsi que par la Ligne de Grande Ceinture. Sauf cette dernière, dévolue au trafic de marchandises, les autres lignes accueillent des services TGV, grandes lignes, Transilien et RER. Le département accueille la première ligne de tramway moderne en Île-de-France, le , ouvert en 1992, et plusieurs projets sont actuellement en cours d'étude. Certaines extrémités du métro de Paris desservent également des communes de la Seine-Saint-Denis. Métro. 8 lignes et 20 stations de métro : RER. 5 lignes du RER : Transilien. 2 lignes du Transilien : Plusieurs lignes concernent la Seine-Saint-Denis dans le cadre du projet du « Grand Paris Express », alors que les travaux préparatoires au prolongement de la ligne 11 du métro ont débuté le juin 2015. En outre, le T11 express (ex-« Tangentielle Nord »), nouvelle ligne de tram-train dont l'exploitation a été confiée à Transkeo, filiale de la SNCF-Transilien et de Keolis, a été mise en service le juillet 2017 sur le tronçon allant d'Épinay-sur-Seine au Bourget (soit ), desservant 7 gares. À terme, la ligne devrait être prolongée, en Seine-Saint-Denis, jusqu'à Noisy-le-Sec et, à l'ouest, jusqu'à Sartrouville. Tramway. 6 lignes de tramway : Projets de nouvelles dessertes. Des prolongements sont en cours ou envisagés sur le département. Transport fluvial. Le département est traversé par cinq voies d'eau : le canal de l'Ourcq, le canal Saint-Denis, le canal de Chelles, la Seine et la Marne. Il n'existe toutefois pas de port important en Seine-Saint-Denis, le port de Gennevilliers étant situé dans les Hauts-de-Seine, sur la rive opposée d'Épinay-sur-Seine. Transport aérien. Le département dispose du système aéroportuaire parisien géré par le Groupe ADP, et accueille l'aéroport du Bourget, réservé à l'aviation d'affaire, ainsi qu'une partie de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Ces deux aéroports internationaux génèrent environ directs, bien que la grande majorité () proviennent du second aéroport, situé également dans le Val-d'Oise. Économie. Ancienne terre agricole. Du milieu du jusqu'au début des années 1960 et avant de céder la place à l'urbanisation, la Plaine des Vertus (de Saint-Denis à Bobigny) est la plus vaste plaine légumière de France, qui alimente notamment les commerces des Halles de Paris. La technique de culture sur les « marais », intensive, permet de récolter une trentaine de variétés de légumes (pommes de terre, choux, oignons, salades...). Selon l'exploitant René Kersanté, . Avant l'accélération de l'urbanisation des années 1960, d'importantes zones maraîchères existaient aussi dans le sud-est de la Seine-Saint-Denis, notamment à Rosny-sous-Bois (une partie du musée municipal de la ville est consacrée à la vie des maraîchers), Neuilly-sur-Marne et Noisy-le-Grand, cependant que les plus vastes terres agricoles du département, zones de grande culture (céréales, pomme de terre, betterave à sucre), recouvraient sa partie nord-est, dans la Plaine de France (parties septentrionales du Blanc-Mesnil, d'Aulnay-sous-Bois, de Sevran, de Villepinte et de Tremblay-en-France), où des corps de ferme subsistent encore au cœur des « vieux-pays » de ces communes. Les dynamiques. Malgré son taux de chômage (11 % en moyenne en 2021 ), la Seine-Saint-Denis est un département dynamique, bien que ses domaines d'excellence soient parfois méconnus. C'était, en 2013, le département français dans lequel on avait créé le plus d'entreprises () par rapport au nombre d'entreprises existantes, avec un taux de création de 18,7 %, devant la Gironde et le Val-de-Marne. De ce fait, le département, qui reste sensiblement plus marqué par le chômage ( d'emploi recensés par Pôle emploi dans la catégorie A en octobre 2021) que les autres départements franciliens, voit celui-ci baisser Le PIB de la Seine-Saint-Denis s'élève en 2005 à d'euros, ce qui fait du département le français pour la richesse produite ; le PIB par habitant (38 900 par tête) situe le département à la 7ème place de ce point de vue . En revanche, en rapportant ce PIB à chaque emploi, on constate que le département se situe au national, avec une productivité moyenne supérieure à la moyenne nationale. Le département de la Seine-Saint-Denis a également été choisi pour accueillir le village olympique et des épreuves des Jeux olympiques d'été de 2024 comme la boxe et les épreuves de tir. Les pôles économiques. Le département dispose de six grands pôles économiques : Les implantations. La Seine-Saint-Denis a longtemps gardé l'image d'un département voué à l'activité industrielle, ce qu'elle fut effectivement. La Plaine Saint-Denis, par exemple, située sur les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine et Aubervilliers, demeura jusqu'au début des années 1970 la plus grande zone industrielle de France, voire d'Europe. La présence de terrains plans disponibles à bon marché à proximité de Paris et d'infrastructures de transport permettant l'acheminement de produits pondéreux (voies navigables comme la Seine et les canaux de l'Ourcq et Saint-Denis, voies ferrées en partance des gares de l'Est et du Nord, lignes de desserte plus locale comme celles de la Grande Ceinture ou des Grésillons) ont favorisé l'implantation d'industries lourdes (usines à gaz, centrales thermiques produisant de l'électricité, métallurgie lourde, chimie…) ou plus diversifiées (parachimie, constructions mécaniques et électriques, fabrication de matériels de transports, équipementiers de l'automobile, industries du tabac, industries agro-alimentaires, imprimeries, etc.), ainsi que des activités de stockage (docks de Saint-Ouen, Magasins Généraux de la Plaine-Saint-Denis). Durant les années 1960 et au début des années 1970, l'implantation de nouvelles zones industrielles en relation avec le développement aéroportuaire (Le Bourget, puis Paris-Charles-de-Gaulle) donne une impulsion au secteur de la logistique (Garonor), tandis que la croissance urbaine au centre et à l'est du département est accompagnée par l'essor de nouvelles activités qui ne sont plus seulement industrielles (comme le transfert à Aulnay-sous-Bois des usines Citroën du quai de Javel), mais aussi tertiaires : centres commerciaux d'envergure à Bobigny, Rosny-sous-Bois, Aulnay-sous-Bois et Sevran notamment, services aux entreprises, services administratifs (Bobigny). Cependant, la construction des premières tours de bureaux à Saint-Denis (Tour Pleyel), Bagnolet (Tours Mercuriales) ou à Montreuil et le développement des services administratifs à Bobigny ne suffisent pas à enrayer la crise de l'emploi qui affecte le département du milieu des années 1970 au milieu des années 1990 en raison de sa profonde désindustrialisation. La succession des fermetures d'usines entraîne alors le développement des friches industrielles. Toutefois, la Seine-Saint-Denis connaît depuis lors une profonde mutation économique, favorisée par la conjonction des efforts publics locaux (municipalités, conseil général, entrepreneurs locaux), régionaux (SDRIF) et nationaux (État), ainsi que par un contexte de moindre cherté relative du foncier et de l'immobilier par rapport à Paris ou à certains espaces de la proche banlieue ouest. L'essor économique est manifeste dans les communes limitrophes de Paris, ainsi qu'à Rosny-sous-Bois, à Noisy-le-Grand (secteur de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée) et dans le nord-est du département, dans l'orbite de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Des friches industrielles retrouvent une nouvelle vie dans les années 2010 comme les Grands Moulins de Pantin avec BNP Paribas, Babcock à La Courneuve avec un important centre fiduciaire de la Banque de France ou Magasins généraux de Pantin qui accueillent en 2016 l'agence de publicité BETC. Le comité départemental du tourisme développe une politique de mise en valeur de son patrimoine historique et industriel. Ainsi, si le principal établissement productif du département en matière d'emplois était l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois avec un effectif de en 2009, l'usine a définitivement fermé en 2014. Aussi, désormais, le premier établissement appartient au secteur tertiaire avec le campus SFR à Saint-Denis, avec environ en 2015. Toutefois, le groupe annonce en 2017 son redéploiement vers Paris avec les autres activités d'Altice. Parmi les autres entreprises de la Plaine, on trouve la compagnie d'assurances Generali, installée depuis 2003 sur le site du Landy à Saint-Denis (), les trois établissement du groupe Generali employant au total à Saint-Denis en 2011 –, le troisième établissement étant BNP-Paribas Securities Services, installé depuis octobre 2009 dans les anciens Grands Moulins de Pantin (), et signe de l'évolution du territoire. D'ailleurs, la BNP est désormais le premier employeur privé du département ( au total, y compris les agences de proximité). La Seine-Saint-Denis est aussi en position de force dans le domaine du commerce textile, des services à l'industrie aéronautique et aéroportuaire, des biotechnologies, des matériels de transport, des éco-industries. Pour autant, les évolutions les plus récentes affectent d'autres champs d'activité que les activités industrielles historiques du département. Ainsi en est-il de l'implantation du groupe d'assurances Generali, comptant plus de sur son nouveau site de la Plaine Saint-Denis, de celle des services d'EDF dans le quartier Pleyel. Malgré la crise financière de 2008, plusieurs programmes immobiliers ont continué de trouver preneur vers Saint-Denis, Villepinte et à proximité du Bourget, le territoire proposant des immeubles neufs et de qualité à un coût moindre que l'ouest parisien. Dans un autre ordre d'idées, le Ministère de l'Économie et des Finances entend implanter des services plus importants sur le site de Noisy-le-Grand, tandis que le groupe Air France a choisi de s'implanter à Tremblay-en-France. Dès la fin du , le territoire est une terre de cinéma avec Georges Méliès en 1897, Charles Pathé en 1904, puis le Montreuillois Émile Reynaud, inventeur du praxinoscope et précurseur du dessin animé. De nombreuses entreprises du cinéma, de la télévision et du son s'y installent : Cité du cinéma de Luc Besson, AB Groupe, Dubbing Brothers, les studios de cinéma aux Entrepôts et Magasins généraux de Paris à La Plaine Saint-Denis, Studios SETS à Stains, le label Vogue et les Laboratoires Éclair à Épinay-sur-Seine . Le Pôle Média Grand Paris, autre cluster au chiffre d’affaires cumulé de d’euros en 2016 (pour 85 entreprises, : dont et 869 intermittents. Il est le leader français pour l’activité de tournage plateau : 75 % de l’offre régionale et 55 % de l’offre nationale. Le territoire abrite beaucoup d'entreprises du secteur du multimédia, de l'animation et du jeu vidéo Ubisoft, HEOPS atelier, Moviken, Neko Entertainment… Lfilière est accompagné depuis juillet 2005 par la mise en place du pôle de compétitivité Cap digital qui comprend les domaines de l’Image, du Multimédia et Vie Numérique. Il associe les pouvoirs publics, les laboratoires de recherche et les entreprises afin de développer des zones d’excellence. , 30 entreprises internationales (EADS, Thales, Siemens, Thomson, Alcatel, INA, Fujitsu…), 200 PME, 30 universités et écoles d’ingénieurs, 50 laboratoires de recherche sont impliqués dans ce projet. Le département, déjà au des départements par le PIB en 2008, a l'avantage d'une population jeune et propose un immobilier d'entreprise abordable et moderne. Il reste toutefois à améliorer les qualifications et à mettre en adéquation les formations supérieures et professionnelles des populations séquano-dionysiennes avec l'offre nouvelle d'emplois, car cette dernière ne bénéficie que partiellement aux habitants du département, d'où un accroissement des migrations pendulaires de travail et le maintien sur place d'un taux de chômage plus élevé que les moyennes régionale et nationale. En 2016, le Conseil régional d'Île-de-France annonce l'implantation de son siège à Saint-Ouen-sur-Seine en 2018 suivant un mouvement d'arrivée d'administrations initié par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), dépendant du Premier ministre et chargé, entre autres, de la politique de la ville, qui a regroupé ses à Saint-Denis-Pleyel en 2014. Des agences d'État s'étaient déjà précédemment installées à Saint-Denis : Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, 1993), l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes, depuis 2005), la Haute Autorité de santé (HAS, 2005), ou l'Établissement français du sang (EFS, 2006) et l'Association française de normalisation (AFNOR, depuis 2001). Par ailleurs, l'agence régionale de santé d'île-de-France (ARS), la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'île-de-France (Direccte, 2011) et du ministère de la Justice sont, eux, installés à la porte d'Aubervilliers, alors que les Archives nationales se trouvent à Pierrefitte depuis 2013 et celles du Quai d'Orsay à La Courneuve depuis 2009. Démographie, population et logement. Évolution démographique. Selon les dernières estimations de l'INSEE, la population s'élève à 1 670 149 habitants au . La mortalité infantile y est l'une des plus élevées de France métropolitaine ( en 2011-2013, alors qu'elle est en moyenne de en France métropolitaine et de en Île-de-France). Cette mortalité infantile continue néanmoins de baisser (elle était de en 2008). Par ailleurs, la Seine-Saint-Denis possède le taux de fécondité le plus élevé de France métropolitaine avec par femme. Ceci est notamment dû à la forte proportion d'immigrés (28,4 % en 2012), notamment en provenance de pays en développement dont la fécondité est relativement plus élevée. Communes les plus peuplées. La Seine-Saint-Denis a la particularité d'être l'un des quatre départements métropolitains, avec la Seine-Maritime, le Rhône et les Bouches-du-Rhône (auxquels il faut ajouter la Réunion en outre-mer) à posséder deux communes de plus de , en l'occurrence, Saint-Denis et Montreuil. Étrangers et immigrés. La part importante de population immigrée est par ailleurs particulièrement ancienne, constituant un des aspects de l'identité départementale. En effet, dès le développement industriel de la seconde moitié du , les communes de l'actuelle Seine-Saint-Denis accueillent des populations de travailleurs immigrés. L'ensemble des grandes vagues d'immigration, notamment après chacune des guerres mondiales, s'est manifesté en Seine-Saint-Denis : Espagnols et Italiens entre 1920 et 1940 ; Nord-Africains après la Seconde Guerre mondiale, Portugais et encore plus récemment Chinois, Turcs ou Africains des pays situés au Sud du Sahara. Ce mouvement a accompagné l'arrivée massive d'immigrés intérieurs au pays (Bretons, Basques, Limousins, Auvergnats, Flamands, Lorrains, Hainuyers ou Alsaciens) venus travailler dans les industries parisiennes jusqu'au début des années 1970. Cette diversité d'origine est aujourd'hui entrée dans une nouvelle phase, faisant notamment de la population séquano-dionysienne l'une des plus métissées du pays. Les données du recensement général de la population 1999 étaient les suivantes : le département comptait un peu moins de  habitants, dont près de (18,8 %) étaient de nationalité étrangère (dont plus de  nés en France) et plus de des Français par acquisition, c'est-à-dire ayant été naturalisés. Par ailleurs, le département comptait en 2008, entre autres spécificités, près de nées dans les départements d'outre-mer, soit 257,2 pour , chiffre sans équivalent en France métropolitaine. Le Val-de-Marne venait en deuxième position, avec 221,8 « Domiens » pour , soit , alors que Paris ne comptait par exemple qu'un peu plus de et les Hauts-de-Seine, département de population comparable, un peu plus de . Les données du recensement de 2015 indiquent un accroissement du nombre et de la proportion d'étrangers (, soit 23,23 % de la population du département) et du nombre de Français par acquisition (). Les immigrés sont au nombre de et représentent 29,70 % de la population de la Seine-Saint-Denis en 2015, proportion la plus élevée de tous les départements de France métropolitaine. Les populations en provenance du Maghreb forment le principal groupe d'immigrés ( en 2015), dont originaires d'Algérie, du Maroc et de Tunisie, devant les immigrés venus du reste de l'Afrique (), dont le nombre est en forte augmentation – la principale communauté vient du Mali () –, et ceux venus du reste de l'Europe (). Les personnes originaires du Portugal forment le principal groupe d'immigrés européens en Seine-Saint-Denis ( en 2015), devant celles en provenance de Roumanie (). Les immigrés en provenance d'Asie étaient au nombre de en 2015, dont du Sri Lanka, en provenance de Turquie et de Chine. sont originaires d'Haïti. En 2011, les services de la Préfecture évaluent que ce département compterait quelque en situation régulière (un chiffre à comparer avec ceux issus des recensements) et . Mais cette évaluation ne peut, en raison même du caractère clandestin des personnes concernées, être vérifiée. Il existe de fortes disparités dans la répartition géographique des immigrés dans le département. Globalement, c'est au nord-ouest de la Seine-Saint-Denis que les plus grandes concentrations sont observées, alors que les proportions d'immigrés sont plus faibles dans l'est. Les communes où, selon les chiffres du recensement de 2015, la part des immigrés dans la population est la plus élevée (égale ou supérieure à 30 %) sont La Courneuve (44,14 %), Aubervilliers (42,83 %), Le Bourget (38,70 %), Bobigny (38,55 %), Saint-Denis (38,40 %), Clichy-sous-Bois (38,33 %), Pierrefitte-sur-Seine (38,31 %), Villetaneuse (36,00 %), Le Blanc-Mesnil (33,29 %), Épinay-sur-Seine (32,60 %), Saint-Ouen-sur-Seine (32,34 %), Drancy (32,32 %), Sevran (31,98 %), Pantin (31,92 %), L'Île-Saint-Denis (31,40 %), Stains (31,22 %) et Bondy (30,90 %). Les communes où la proportion d'immigrés est la plus faible sont Coubron (7,75 %), Gournay-sur-Marne (10,74 %), Le Raincy (14,61 %), Vaujours (17,17 %), Gagny (18,62 %) et Neuilly-Plaisance (18,67 %), la moyenne étant de 9,30 % en France métropolitaine et de 19,00 % dans la région Île-de-France en 2015. D'après une étude de Michèle Tribalat à partir du fichier SAPHIR (base historique de données harmonisées de l'Insee, issue des exploitations complémentaires des recensements de population) et retraçant l'évolution des concentrations ethniques en France entre 1968 et 2011, 60,5 % des jeunes de moins de en Seine-Saint-Denis en 2011 sont d'origine étrangère (au moins un parent immigré dont 53,6 % au moins un parent né hors d'Europe) contre 19,7 % en France métropolitaine et 42 % à Paris. Parmi les vingt communes françaises où la concentration dépasserait 60 % en 2005, toutes sauf une, Vaulx-en-Velin, sont situées en Île-de-France avec, en tête, Clichy-sous-Bois, Aubervilliers et La Courneuve, toutes les trois en Seine-Saint-Denis, où environ trois quarts de la jeunesse seraient d’origine étrangère. Dans son audition devant la commission des Affaires sociales du Sénat en février 2011, Michèle Tribalat affirmait par ailleurs que dans, de nombreuses villes du département, moins de 5 % des jeunes de moins de étaient d'origine européenne. Selon l'Insee, 67,4 % des enfants nés en 2015 en Seine-Saint-Denis, soit sur , ont au moins un parent né à l'étranger (quelle que soit sa nationalité), et 42,2 % ont leurs deux parents nés à l'étranger. Les parents nés en France comprennent les parents nés dans les collectivités d'outre-mer (COM). Niveau de vie. Le revenu annuel moyen des ménages s'élève selon l'Insee en 2004 à , alors que la moyenne nationale s'élève à . Cependant, il existe des disparités criantes de niveaux de vie en Seine-Saint-Denis selon les villes habitées. Ainsi, l'arrondissement de Saint-Denis est le plus défavorisé, la quasi-totalité des villes s'y trouvant cumulant des obstacles en matière sociale (chômage, taux de logements sociaux très élevés, revenus des ménages faibles…). Ainsi, en 2006, alors que le taux de chômage était de 11,1 % en moyenne pour les communes françaises, l'arrondissement de Saint-Denis affichait 20,3 %, l'arrondissement de Bobigny 16,7 % et celui du Raincy 13,7 %. Le revenu moyen annuel des ménages variait alors entre les arrondissements de Saint-Denis et du Raincy, en 2004, respectivement de à . Les inégalités sont également visibles entre les villes. De fait, la ville de Clichy-sous-Bois, où le revenu moyen net imposable des ménages était de en 2007, est limitrophe de la ville du Raincy alors que ces communes sont particulièrement opposées ; les ménages du Raincy avaient, avec en moyenne en 2007, des revenus compris entre ceux de Levallois-Perret et de Saint-Maur-des-Fossés. La Seine-Saint-Denis est le département métropolitain le plus pauvre, bien qu'elle ait entre 2006 et 2011. Le taux de chômage y est de 18 % pour les 15-24 ans contre 12 % en moyenne en Île-de-France et en France. Ce taux atteint 40 % à Stains, 38 % à Aubervilliers, La Courneuve, Saint-Denis ou Villetaneuse. Fin 2015, le département recense vivant en dessous du seuil de par mois et par unité de consommation. Avec par mois, en moyenne, les ménages de Seine-Saint-Denis sont les plus modestes d’Île-de-France avec plus 30 % des ménages vivent sous le seuil de pauvreté (soit par mois). Logement et urbanisme. Selon le recensement de 2006, le département compte , soit 11,4 % du parc francilien sur 2 % du territoire régional. Le logement social, dont les premières HBM datent de la fin du est fortement représenté dans le département, avec presque HLM (31,2% des résidences principales), soit 18 % du parc régional. Ce parc est principalement regroupé dans les communes limitrophes de Paris. Le patrimoine de logement social appartient à une centaine d'organismes, dont une soixantaine d'entreprises sociales pour l'habitat (ESH, ex SA HLM) et 18 offices publics de l'habitat (OPH, ex OP HLM). Les principaux sont l'OPH départemental Seine-Saint-Denis Habitat (environ ) et l'OPH Plaine commune habitat Malgré ce parc important, et compte tenu de l'insuffisance de l'offre dans d'autres départements franciliens, de logement social sont enregistrées dans le département, ce qui implique de grandes difficultés d'attribution. D'autre part, le logement privé ancien est parfois fort dégradé: 140 arrêtés d'insalubrité ont pris en 2007; pour les seules six villes de Romainville, Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen-sur-Seine, Pantin et Montreuil, sont considérés comme à démolir et à réhabiliter. En 2005, le nombre d'immeubles insalubres était estimé à et le nombre de logements concernés entre et . En 1999, la seule Plaine commune recensait indécents dont insalubres. Malgré les efforts entrepris, en particulier par les six villes citées qui ont passé un contrat en ce sens avec l'État, leur éradication est relativement lente en raison de la complexité juridique des opérations et du nombre important () de demandeurs de logement social qui complique parfois le relogement des occupants. Le parc HLM, pourtant relativement récent, est . La Seine-Saint-Denis est le département français où l'ANRU finance le plus d'opération de « renouvellement urbain ». Une part importante du département est concerné par la géographie prioritaire de la politique de la ville. Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux bidonvilles parsemaient le département. À la suite de l'appel de l'Abbé Pierre en 1954 et de la relance du logement, ceux-ci ont été globalement éradiqués vers 1974. 64 opérations ANRU sont programmées dans le département, ce qui se traduit par d’importantes opérations. 74 % des logements reconstruits le sont en zone urbaine sensible (la part est de 55 % au niveau national), un faible brassage de population. Le département connaît une persistance de bidonvilles où habitent environ Roms près de Montreuil et à l'ouest du département. Le SDRIF. Le SDRIF, révisé pour la dernière fois en 2013 par la région en association avec l'État, est le schéma directeur de la Région d'Île-de-France. Ce document planifie l'évolution de l'organisation urbaine dans les vingt prochaines années, et prévoit les équipements publics nécessaires pendant cette durée. C'est dans le cadre du SDRIF que le nord et l'est de la région ont été développés : l'édification du Stade de France, le renouveau de la Plaine Saint-Denis, le développement de la zone de Roissy et de Marne-la-Vallée. L'environnement. La gestion des déchets. En 2008, de déchets ménagers et assimilés ont été collectées en Seine-Saint-Denis, soit /hab. Les espaces verts. Les espaces verts en Seine-Saint-Denis sont passés d’ par habitant à entre 1980 et 2020 en raison d'une politique mise en œuvre par les municipalités communistes. La Seine-Saint-Denis constitue le seul site Natura 2000 français en milieu urbain. Enseignement. La Seine-Saint-Denis fait partie, avec le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne de l'Académie de Créteil. Établissements. Le département dispose de : L'offre d'enseignement supérieur et de recherche publique s'est considérablement étoffée au cours des dernières années. Ce mouvement trouve par ailleurs une illustration nouvelle dans le cadre du développement de Plaine Commune avec l'installation du CNAM et de la Maison des Sciences de l'Homme, et celle à venir de l'École pratique des hautes études, de l'École des hautes études en sciences sociales et de l'Institut national d'études démographiques dans le Campus Condorcet à Aubervilliers. On trouve également des centres de formation innovants comme L'Industreet, campus des métiers de l'industrie, basé à Stains ou Casa93, formation de mode libre et engagée, basée à Montreuil. Par ailleurs, par restructuration de l'établissement public qui les gère, les Archives nationales se sont installées en février 2013 dans de nouveaux locaux situés à Pierrefitte-sur-Seine, à proximité de l'Université Paris VIII. Le développement des formations supérieures touche également les établissements secondaires où croissent le nombre des classes préparatoires aux grandes écoles et le nombre des étudiants les fréquentant. On notera aussi que l'Institut d'études politiques de Paris a signé une convention de formation avec plusieurs lycées du département en vue de permettre l'inscription dans cet établissement des élèves issus de ces lycées. Compte tenu de la situation sociale de nombre de familles, une part importante de ses écoles, collèges et lycées sont classés en zone d'éducation prioritaire. Niveau d'études. La population de la Seine-Saint-Denis est de plus en plus formée, prolongeant de plus en plus ses études, ce qui constitue l'un des potentiels de développement futur du département, et du pays en général, même si la proportion de diplômés demeure inférieure à la moyenne nationale et, plus encore, régionale. En effet, 22,8 % de la population âgée de et plus avait un diplôme de l'enseignement supérieur (12,2 % pour l'enseignement supérieur long), contre 19,7 % en 2007 (10,1 % pour l'enseignement supérieur long). La proportion de diplômés de l'enseignement supérieur parmi la population âgée de et plus en France métropolitaine était de 26,4 % en 2012 (13,8 % pour l'enseignement supérieur long) et de 23,1 % en 2007 (12 % pour l'enseignement supérieur long). Sur les âgés de 15 à résidant en 2012 dans le département, étaient encore scolarisés, et avaient achevé leur scolarité muni d'un baccalauréat ou d'un diplôme de l'enseignement supérieur ( pour ces derniers). "A contrario", le département comptait également, en 2012, de 6 à non scolarisés et 29 % de personnes âgées de ou plus dépourvues de tout diplôme. de 15 à non scolarisés n'ont aucun diplôme et ont au plus un brevet des collèges : au total, cela équivaut à 12,8 % de cette classe d'âge à n'être pas scolarisée et à ne pas disposer d'une qualification. Ces jeunes sans qualification sont particulièrement soumis aux aléas de la vie professionnelle et rencontrent des difficultés grandissantes d'insertion sociale et professionnelle. Principaux équipements. Santé. D'un point de vue sanitaire, neuf centres hospitaliers publics sont implantés en Seine-Saint-Denis : À ces établissements de soins publics, il faut rajouter les cliniques et hôpitaux privés, telles que le Centre cardiologique du Nord, à Saint-Denis, l'Hôpital privé du Vert-Galant à Tremblay-en-France, l'Hôpital privé de la Seine-Saint-Denis au Blanc-Mesnil et à Drancy, la Clinique des Presles à Épinay-sur-Seine, la Clinique Hoffmann à Rosny-sous-Bois, ou la Clinique de l'Estrée, à Stains, l'Hôpital privé d'Aulnay-sous-Bois, l'Hôpital européen de Paris et la Polyclinique à Aubervilliers, et la Maternité des Lilas. De même, le pôle de santé publique de la Plaine Saint-Denis regroupe des agences majeures du ministère de la Santé. Il faut remarquer un sous-équipement global du département en matière d'offre de soins, notamment libérale : un nombre de médecins spécialistes ou généralistes, de professionnels paramédicaux sensiblement inférieur à la moyenne régionale, sans doute lié à la forte précarité d'une part importante de la population séquano-dionysienne, et à son faible pouvoir d'achat. Néanmoins, il doit accueillir en 2025 à Saint-Ouen-sur-Seine le futur Hôpital Grand Paris Nord. De ce fait, un nombre significatif de communes ont fait le choix ancien de proposer une offre publique de soins de proximité, avec des dispensaires et des centres de santé fortement fréquentés par les habitants. La Croix-Rouge française a décidé en 2006 de fermer trois de ses équipements, les dispensaires de Drancy, du Blanc-Mesnil et du centre Blumenthal d'Épinay-sur-Seine (Cité-jardin Blumenthal). Dans le cas du Blanc-Mesnil, cette annonce a été fortement critiquée, car le dispensaire se situait au nord de la ville, au cœur du grand ensemble des Tilleuls, qui fait partie des 100 zones franches du pays. De plus, selon une étude de la DRESS, le Nord du Blanc-Mesnil, qui comporte un bassin de près de , essentiellement locataires de HLM, est la zone la moins médicalisée, et la moins bien lotie en spécialistes de la région. La Seine-Saint-Denis est le département français le plus fortement atteint par la hausse de la tuberculose (en augmentation de 10 % en Ile- de-France entre 2015 et 2017. Les populations précaires, vivant en hébergement collectif ou sans domicile fixe, sont les plus exposées à la maladie. Sports. Le département accueille depuis 1997 le Stade de France à Saint-Denis. Il est en revanche sous-doté en équipements sportifs par rapport à sa population, notamment pour les sports aquatiques, ce qui conduit le Département à lancer un plan d'investissements pour construire et rénover des piscines. La Seine-Saint-Denis compte plusieurs clubs sportifs de haut-niveau comme Tremblay en France Handball qui évolue en première division de handball mais également le Hockey Club Neuilly-sur-Marne, qui a évolué en Ligue Magnus, l'élite française en 2008-2009 et 2009-2010, avant d'être rétrogradé en Division 1 pour la saison 2010-2011. Elle abrite également plusieurs clubs de football au niveau amateur (CFA et national), la Jeanne d'Arc de Drancy, L' Olympique Noisy-le-Sec Banlieue 93 et le Villemomble Sports ou de division II comme le Red Star. Le premier club séquano-dionysien vainqueur de la Coupe de France est l'Olympique de Pantin (devenu Red Star) en 1918. La Seine-Saint-Denis a également des équipes échiquéennes dans le haut-niveau national comme le Cavalier Bleu de Drancy ou Noisy-le-Grand qui évoluent respectivement dans le Top 16 et la Nationale I. Le club de Villepinte évolue en deuxième division jeunes. Kylian Mbappé, Muriel Hurtis, Maryse Éwanjé-Épée, Sylvain Wiltord, Jean-Marc Mormeck, Sarah Ourahmoune, Jean-Michel Lucenay et Gaël Monfils sont ou furent des sportifs de Seine-Saint-Denis. Médias. Le quotidien "Le Parisien-Aujourd'hui en France", dont le siège est d'ailleurs situé à Saint-Ouen-sur-Seine, a parmi ses éditions départementales une édition de 8 pages consacrée à la Seine-Saint-Denis qui est le principal média consacré à la vie du département. En l'absence d'un média comparable à la presse de province, les 8 pages de l'édition départementale du "Parisien" ne permettent pas de donner écho à l'information de proximité. Aussi certaines villes comme Saint-Denis ont promu des médias locaux comme "Le Journal de Saint-Denis" qui se veut un média pluraliste et non une presse municipale. L'actualité départementale a également droit de cité dans les journaux « Île-de-France » de France 3, dont l'édition régionale du 19/20 à 19h05 du lundi ou vendredi, qui a inauguré en décembre 2010 une bureau permanent d'information à Bobigny. Les journaux locaux de France Bleu 107.1, la station de radio francilienne du groupe Radio France sont également alimentés par une équipe locale. En 2005, le Bondy Blog a été lancé par le magazine suisse "L'Hebdo" pour suivre les émeutes dans les banlieues françaises. Depuis mars 2006, la direction a été confiée à une équipe locale et le blog constitue désormais un média très lu, représentant la diversité ethnique et sociologique de la Seine-Saint-Denis, couvrant l'actualité du département. Le quotidien national "L'Humanité" a son siège à Saint-Denis. Le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis édite un magazine bimestriel, "Seine-Saint-Denis Le Magazine", et les collectivités locales disposent toutes d'un journal de plus en plus souvent couplé à un site web. Culture. Opéras, théâtres, cirque et cinémas. La Seine-Saint-Denis dispose d'un important réseau de salles de spectacles accueillant notamment des représentations théâtrales. Elle est aussi, plus particulièrement, un département où existent plusieurs lieux de création reconnus. On retiendra : L'École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois est un centre de formation dépendant du Centre national des arts du cirque. Par ailleurs, en dehors de ces lieux de création, le département dispose de différents espaces culturels municipaux à rayonnement local, voire régional. Depuis septembre 2007, la Maîtrise de Radio France a ouvert un second site à l'École Olympe de Gouges de Bondy. Le très haut niveau musical de cette chorale permet aux jeunes enfants de pouvoir acquérir une formation musicale complète. Le département comporte également un réseau de municipales ou associatives indépendantes de cinéma d'art et essai qui, à leur création, ont pallié la quasi-disparition des salles commerciales banales. Plusieurs multiplexes se sont installés en Seine-Saint-Denis, notamment à Aulnay-sous-Bois, Épinay-sur-Seine, Noisy-le-Grand, Rosny-sous-Bois, Saint-Denis et Tremblay-en-France. La moitié des studios de cinéma français est implantée dans le département, souvent de longue date. Il s'agit des "Studios d'Aubervilliers", de "Transpaset" à Saint-Ouen-sur-Seine, de "BUF Compagnie" et d"Avalanche production" à Pantin, des "Studios Sets" à Stains, des "studios et laboratoires Éclair" à Épinay-sur-Seine, des studios Pathé-Albatros à Montreuil et de la Cité du cinéma à Saint-Denis, inaugurée en septembre 2012, laquelle est, en outre un lieu de formation, d'exposition et de diffusion. S'y ajoutent des activités de doublage et d'animation, avec "Média Dub" et "Attitude Studio" à Aubervilliers, "Titra film" et "Auditorium Jackson" à Saint-Ouen-sur-Seine, "Dubbing Brothers" à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Réseaux de bibliothèques et de médiathèques. Toutes les communes du département disposent d'au moins une bibliothèque ou médiathèque municipale. Les compétences de gestion et de création de ces bibliothèques et médiathèques avaient été transférées dans le cadre de certaines des intercommunalités qui existaient jusqu'au 31 décembre 2015. Festivals, manifestations et vie associative. Plusieurs festivals artistiques et manifestations sportives importants sont organisés chaque année dans le département et le spectacle vivant est aussi présent par les arts du cirque notamment. Les plus reconnus sont : D'autres festivals et manifestations sont organisés dans le département, qui est riche d'une vie festive, culturelle, sociale et associative importante : associations artistiques, culturelles, cultuelles, sportives, humanitaires, collectifs citoyens, mais aussi réseaux de solidarités du secteur de l'économie sociale, systèmes d'échanges locaux (SEL), associations de consommateurs, associations et maisons de quartier, fêtes et manifestations municipales, et aussi dans le cadre des différentes fêtes et manifestations culturelles annuelles nationales. Cultures urbaines. Carrefour de nombreuses influences, la Seine-Saint-Denis est reconnu comme le berceau des cultures urbaines en France. C'est au Fort d'Aubervilliers qu'a lieu en juillet 1984 le premier festival hip-hop (seconde édition en 1986), qui voit notamment s'affronter 16 équipes de breakdance venues des villes environnantes et favorise l'éclosion d'artistes comme Dee Nasty. Tourisme et patrimoine. Archives départementales. La consultation des documents d'état-civil est autorisée sur place mais n'est pas disponible en ligne. Musées et monuments. Le patrimoine muséal et monumental du département est loin d'être négligeable et est particulièrement varié. Architecture. Châteaux. Liste des châteaux de la Seine-Saint-Denis : Édifices religieux. Liste des principaux édifices religieux : La Seine-Saint-Denis abrite plusieurs lieux des différents cultes protestants dans presque chaque commune, des synagogues (à Aulnay-sous-Bois, La Courneuve, Les Lilas, Le Raincy, Noisy-le-Grand, etc.), plusieurs mosquées à Bondy, Drancy, Noisy-le-Grand et Gagny, ..., ainsi qu'un mandir à La Courneuve, et un Gurdwārā à Bobigny, et des centres bouddhiques à Aulnay-sous-Bois, Bobigny, Le Bourget, Montreuil et Noisy-le-Grand. Architecture moderne et formes urbaines. L'architecture dans le département est très diversifiée : Architecture contemporaine. L'architecture contemporaine est bien représentée par certains quartiers de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée à Noisy-le-Grand (« Les espaces d'Abraxas » construit de 1978 à 1983 par Ricardo Bofill, « Les Arènes de Picasso » construit en 1985 par Manolo Nuñez-Yanowsky), l'ancien siège de l'Humanité, construit par l'architecte Oscar Niemeyer de 1987 à 1989, acquis par l'État en janvier 2010 pour en faire, entre autres destinations, la sous-préfecture de l'arrondissement de Saint-Denis, ou la Bourse du travail de Saint-Denis, également conçue et réalisée par Oscar Niemeyer. Architecture industrielle. De l'architecture industrielle, il reste de nombreux vestiges, souvent transformés après que l'activité industrielle est partie, comme les anciens Grands Moulins de Pantin, restructurés par le cabinet d'architectes Reichen et Robert pour accueillir BNP-Paribas Securities Services, les anciennes usines Ideal Standard à Aulnay-sous-Bois, qui accueillent la zone d'activités Chanteloup, ou les anciens ateliers Bouilhet-Christofle à Saint-Denis, qui ont accueilli un musée de l'orfèvrerie jusqu'en 2008, la Cité du cinéma, sur le site d'une ancienne centrale d'EDF à Saint-Denis, ou encore l'IUT de Bobigny, dans les bâtiments de l'ancienne imprimerie du journal "L'Illustration", qui datent des années 1930. Politique et administration. Évolution politique. La Seine-Saint-Denis est l'un des départements qui constituaient la « ceinture rouge » historique de Paris. C'était un fief historique de la gauche, et en particulier du parti communiste, qui contrôle encore, avec ses alliés du Front de gauche, plusieurs grandes mairies du département (Montreuil, Tremblay-en-France, La Courneuve…). Mais, alors qu'il avait atteint son zénith après les élections municipales de 1977 (28 communes sur 40) et législatives de 1978 (9 députés sur 9), il a subi, depuis lors, une érosion continue de son audience électorale (7 communes contrôlées par le Front de gauche en 2014, dont 6 pour le seul PCF, 2 députés du Front de gauche sur 12 en 2012, dont 1 pour le seul PCF). Après y avoir disposé de la majorité absolue de 1967 à 2001, le PCF a détenu la présidence du conseil général de la Seine-Saint-Denis jusqu'en mars 2008, avec des personnalités comme Georges Valbon. Aux élections municipales de 2001, le centre a conquis Épinay-sur-Seine et Drancy, respectivement sur le Parti socialiste et le PCF, alors que le PS gagnait Pantin sur le PCF et Les Lilas sur l'UDF, les Verts L'Île-Saint-Denis sur le PCF. La situation au sein de la gauche a également évolué, avec un renforcement de l'influence du Parti socialiste, prenant notamment appui sur les divisions et divergences d'approche des élus et organisations communistes dans le département, comme sur son évolution sociologique et l'aggravation de la situation sociale de nombreuses cités. Ce processus s'est concrétisé avec le gain de la présidence du conseil général par le socialiste Claude Bartolone en mars 2008, et par la domination du PS en matière de représentation parlementaire aux élections sénatoriales de 2011 et législatives de 2012. Les élections municipales et cantonales de 2008 ont confirmé cet ancrage à gauche, principalement au profit du PS et des Verts, les premiers faisant basculer Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Noisy-le-Sec et Pierrefitte-sur-Seine et les seconds Montreuil. À l'issue des élections municipales de 2014, la droite et le centre détiennent pour la première fois la majorité des communes (21 sur 40) depuis la création du département, ce qui apparaît comme un bouleversement politique majeur. Si le PCF reprend Aubervilliers au PS et Montreuil aux écologistes, il perd ses fiefs du Blanc-Mesnil, de Bobigny et de Saint-Ouen au profit de la droite et du centre, de Bagnolet au profit du PS. Les socialistes et divers gauche perdent, quant à eux, Aulnay-sous-Bois, Livry-Gargan et Villepinte au profit de l'UMP. La droite élargit son implantation en emportant, de peu, la municipalité de Noisy-le-Grand aux dépens du PS lors d'élections municipales partielles en septembre 2015. Lors des élections départementales de 2015, la gauche garde la majorité au conseil départemental de la Seine-Saint-Denis en remportant 12 cantons (7 pour l'alliance PS-EELV-PRG-MGC et 5 pour le Front de gauche) contre 9 pour la droite et le centre, le FN étant battu dans le seul canton où il avait pu se qualifier au second tour. Lors des élections législatives et sénatoriales de 2017, le PS est en net recul (il perd l'ensemble de ses députés et ne conserve qu'un sénateur), au profit des formations politiques situées plus à gauche et plus à droite. Ainsi, sur le plan de la représentation parlementaire, le département compte, depuis 2017, 2 députés communistes, 5 députés de La France insoumise, 3 députés de La République en marche, 1 député de l'UDI et 1 député Les Républicains, ainsi que 2 sénateurs communistes, 1 sénateur socialiste, 1 sénateur UDI et 2 sénateurs LR. Le séquence politique 2022 est marquée par le retour d'un ancrage à gauche particulièrement fort du département dans un contexte d'abstention élevée. Aux présidentielles de 2022, Jean-Luc Mélenchon arrive très largement en tête avec 49,09% des suffrages exprimés, distançant largement Emmanuel Macron et Marine Le Pen, tous deux en recul.. Aux élections législatives, l'alliance de gauche NUPES remporte tous les circonscriptions du département : sept reviennent à la La France insoumise (qui en gagne trois), deux sont conservées par le Parti communiste français alors que le Parti socialiste et le Parti ouvrier indépendant en gagnent chacuns une. Cette hégemonie de la gauche pour la représentation du département à l'assemblée nationale est inédite depuis le "grand chelem" communiste de 1978.. Le scrutin est cependant marqué par une abstention supérieure à 61% aux deux tours, largement supérieure à la moyenne nationale. Politique locale. Voir également : Un grand nombre d'hommes politiques d'envergure nationale sont ou furent des élus de Seine-Saint-Denis. Parmi ceux-ci, on peut ainsi citer, dans la liste des élus séquano-dionysiens ayant exercé des responsabilités ministérielles : Découpage administratif. La préfecture de la Seine-Saint-Denis se situe à Bobigny, chef-lieu du département. Le département comprend deux sous-préfectures, l'une à Saint-Denis, l'autre au Raincy. Le département est composé de 3 arrondissements (Bobigny, Saint-Denis et Le Raincy), 21 cantons et 40 communes. La composition communale des arrondissements de Bobigny et du Raincy a été modifiée en 2017 pour tenir compte de celle des établissements publics territoriaux de la métropole du Grand Paris. Arrondissement de Saint-Denis Arrondissement de Bobigny Arrondissement du Raincy Sur le plan électoral, le département est divisé en 12 circonscriptions législatives. Communes et intercommunalités. Intercommunalités. Dans le cadre de la métropole du Grand Paris, toutes les communes de la Seine-Saint-Denis sont insérées dans l'un des quatre établissements publics territoriaux (EPT) suivants : Anciennes intercommunalités. Le département de la Seine-Saint-Denis comprenait, au début de l'année 2014, 5 communautés d'agglomération regroupant 26 communes sur les 40 du département. Ces communautés d'agglomération ont été dissoutes le 31 décembre 2015, en raison de la mise en place de la métropole du Grand Paris, le janvier 2016. Sécurité et police. Tout comme pour Paris, mais aussi pour les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, la sécurité et la police ne dépendent pas en Seine-Saint-Denis des maires ou du préfet, mais de la préfecture de police de Paris. Sécurité et délinquance. Le département de la Seine-Saint-Denis a un taux de criminalité élevé, 91,1 crimes et délits pour en 2012. La moyenne nationale est de 62,17 pour , taux toutefois à nuancer puisque la criminalité est généralement plus élevée dans les grandes villes et leur banlieue. Cependant, les taux pour les départements voisins tels que les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et le Val-d'Oise sont respectivement de , de et de . Dans les statistiques du palmarès de la violence en France, les sept premières villes sont issues de Seine-Saint-Denis (Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Montfermeil, Stains, La Courneuve, Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, et on trouve Bobigny au national ; soit huit villes séquano-dyonisiennes présentes dans les dix circonscriptions de police ayant le taux de violence le plus élevé. Saint-Denis tient d'ailleurs le record du plus haut taux de violence en France et en Europe (31,27 crimes et délits pour 1000 habitants alors que la moyenne nationale est de 6 pour 1000) avec notamment violents et par an de 1993 à aujourd'hui. - (ce qui équivaut à 5 larcins et à un peu moins de 3 agressions par jour). Au sein même du département il y a de nombreuses disparités, alors que le taux de criminalité de la circonscription de Saint-Ouen-sur-Seine est de 153,39 pour , celui de la circonscription de Gagny est de 62,53 pour . En passant par celle de Bobigny et celle d'Aulnay-sous-Bois ayant un taux d'environ 105 pour , puis celle de Livry-Gargan avec un taux moyen de . À Paris, les cas de violences sexuelles sont au nombre de en 2008 soit , la ville se place en position du plus fort taux. En Seine-Saint-Denis, les cas sont de 730 soit et se place en . Quant aux violences physiques crapuleuses ou non, on dénote en Seine-Saint-Denis contre à Paris. Et pour les menaces de violences en 2008, sont constatés en Seine-Saint-Denis, contre à Paris. De la même manière, en 2008, pour les atteintes aux biens (vols sans violence, dégradations et destructions) la Seine-Saint-Denis est le troisième département le plus touché, après les Bouches-du-Rhône et Paris. Cependant, Paris étant l'une si ce n'est la ville la plus touristique du monde, ses taux sont à nuancer. On peut en dire de même de Saint-Ouen-sur-Seine qui voit sa population multiplier par quatre lors du marché aux puces. Entre 2007 et 2008, on distingue en Seine-Saint-Denis une diminution des cas de violences physiques et des menaces, alors qu'à Paris sur la même période on aperçoit une hausse des cas. Les atteintes aux biens sont aussi en baisse. L'insécurité s'est aggravée sur certaines lignes de bus, nécessitant leur escorte ou leur déviation de certains quartiers (lignes 148 et 620 au quartier des Tilleuls au Blanc-Mesnil, incendie d'un bus à Tremblay-en-France en 2010). Pour faire face à l'insécurité, à la délinquance, au terrorisme et à l'incivilité, plusieurs municipalités ont créé ou renforcé des polices municipales armées ou non, ou (et) soutenu des réseaux officiels de vigilance citoyenne. Parfois et même souvent, en liaison avec les forces de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationale. Il est également fait appel à des sociétés privées de contrôle, de surveillance et de protection. Sécurité routière. Malgré une légère augmentation du nombre des accidents corporels et des blessés, on constate une diminution significative des tués.
Systèmes d'exploitation
Saké En français, le mot saké désigne une boisson alcoolisée japonaise à base de riz. Il s'agit d'un alcool de riz produit par fermentation titrant de 11 à 20°. En japonais, bien que ce même terme ou désigne cette boisson, son sens peut s'étendre selon le contexte à toute boisson alcoolisée, aussi les Japonais utilisent-ils plutôt le terme , pour être plus spécifique. Par extension, ce terme peut être employé pour désigner le « vin de riz » () ou « vin de céréale » () chinois qui, comme lui, est fabriqué à partir de céréales cuites à la vapeur, inoculées par un activateur amylo-fermentaire nommé « "qu" » en chinois et "kōji" en japonais. Historique. La fabrication du saké de riz aurait été introduite de Chine au Japon peu après la riziculture, à la période Yayoi (), se propageant d'ouest en est à partir de Kyūshū et Kinki. L'inoculation du ferment était des plus primitives, dite , les céréales cuites étant saccharifiées par la salive, et la fabrication du saké se disait "kamosu", dérivé du verbe "kamu" (mâcher, mordre). Au (période Nara), le saké reçoit ses lettres de noblesse par un édit de la cour impériale, en même temps que les deux religions nipponnes codifient son caractère sacré, en l'intégrant à certains rites. Au (période Heian), l"'Enkishiki" décrit un procédé de fabrication d'une dizaine de sortes de saké faits de « riz additionné de "kōji" et d'eau » et fournit des indications sur le chauffage. De la fin de la période Heian à la période Muromachi, la demande en saké croissant vertigineusement, son prix dépasse celui du riz. Prenant le relais de la cour impériale, les temples fabriquant du saké se multiplient. Le "Osake no nikki", « Journal du saké », rapporte la découverte du double ensemencement. Le précurseur du saké actuel était né. Au , à Nara, la fabrication de grandes cuves donne un coup de fouet à la production de masse et de nombreux voient le jour. Le saké « Morohaku » de cette époque était presque identique au saké moderne. C'est au cours de l'époque d'Edo qu'un brasseur de Nada découvre l’importance de la minéralité de l’eau sur la qualité du saké. Plusieurs méthodes de fabrication existent alors, dont le style Kohama. À la période Meiji, l'Institut national des fermentations est fondé et la chimie s'impose ainsi que la plupart des matériaux modernes. La première machine à polir électrique est fabriquée en 1896 et offre un rendement vingt fois plus efficace que le système à pédale d'alors. Qu'est-ce que le saké ? Bien que parfois abusivement baptisé "vin japonais" (Japanese wine) par les Japonais eux-mêmes, le saké, au sens strict de "nihonshu", est une « bière de riz », c’est-à-dire une eau de source dans laquelle on a fait étuver et fermenter du riz, après saccharification à l'aide d'une moisissure appelée . Ce champignon ascomycète, dont le nom scientifique est "Aspergillus flavus" var. "oryzae", permet de se dispenser du maltage utilisé pour d'autres alcools. À la différence de la bière, le saké ne présente toutefois aucune effervescence. La qualité d'un saké dépend de trois facteurs essentiels définis par la formule "waza-mizu-kome" : Les proportions requises sont 80 % d'eau et 20 % de riz. Les riz sont soigneusement sélectionnés parmi une centaine de variétés à saké appelées ou simplement . Les plus populaires sont les variétés , , et . Le riz à saké se caractérise par la grosseur de ses grains, la présence d'un cœur blanc et opaque dit au centre du grain, et sa faible teneur en protéines. Sauf exception, le saké ne se conserve pas plus d'un an après sa mise en bouteille. Chaque région du Japon a son cru : les ou des préfectures de Niigata et d'Aomori sont très renommées, mais de modestes "jizake" (sakés de pays) réservent de bonnes surprises. Fabrication. Le riz est d'abord poli pour le débarrasser du son (qui est à l'origine d'arômes désagréables après la fermentation), des graisses et de l'albumine, jusqu'à ne laisser que le cœur du grain, appelé , riche en amidon. Ce pourcentage, exprimant le résidu, varie d'un type de saké à l'autre. Plus le grain est poli (fraisé), plus le taux résiduel ou sera bas, et plus le saké sera fin. Le riz est ensuite lavé pour le débarrasser des résidus collés au grain après le polissage. La poudre blanche récupérée, appelée "nuka", est envoyée dans le domaine agro-alimentaire ou dans le domaine cosmétique. Le riz est ensuite immergé le temps qu'il atteigne une certaine teneur en eau, puis il est cuit à la vapeur. Le "kōji-kin" est appliqué à une partie du riz cuit à la vapeur, qu'il ensemence pendant une durée de 40 à 45 heures. Le produit obtenu, le , entre pour environ 15 % dans la composition du saké final. On prépare également le "shubo", un mélange de "kōji", de riz blanc cuit à la vapeur, d'eau et d'un mélange de levures pures. Le but est de développer la population des levures qui aura la charge de transformer le sucre en alcool. Cette préparation s'étale sur une durée de deux semaines. Il existe trois méthodes pour réaliser le "shubo". Les méthodes "kimoto" ou "yamahai" durent une trentaine de jours et sont donc peu utilisées. La méthode "sokujo-moto," avec ajout de ferments lactiques pour la protection contre les bactéries, n'a besoin que de quatorze jours et représente 90% de la production. La fermentation alcoolique a ensuite lieu grâce à l'action des différentes levures sur le mélange eau-riz-"kōji"-"shubo" appelé , et dure de quinze jours à un mois, selon la température de fermentation, le type de levures employées et la qualité finale du saké. Le riz est ensuite pressé pour en extraire le jus qui deviendra le saké, puis filtré pour obtenir, d'un côté, le saké clair, et, de l'autre, les lies blanches ou , qui peuvent être utilisées dans d'autres recettes alimentaires ou comme engrais, et les solides qui n’ont pas été fermentés. On laisse ensuite le saké clair reposer afin de laisser le temps aux derniers solides de se déposer dans le fond de la cuve. Le saké peut ensuite être clarifié au charbon, ce qui va ajuster la saveur et la couleur. La plupart des sakés sont ensuite pasteurisés, généralement une seule fois. On chauffe le saké très rapidement tout en le faisant passer dans un tuyau plongé dans l'eau chaude. Le but est, comme toute pasteurisation, d'éliminer les dernières bactéries et les enzymes. Le saké est ensuite généralement laissé à reposer pendant quelques mois. Avant embouteillage, de l'alcool distillé est parfois ajouté, puis le saké est mélangé avec de l'eau pure pour réduire le pourcentage d'alcool. Une seconde pasteurisation peut intervenir ensuite. Catégories de saké. "Seishu" est l'appellation officielle pour distinguer le "nihonshu" des autres alcools. Il est divisé en deux catégories de saké en fonction de leur nature : "futsūshu" ou "tokutei-meishōshu". est le saké le plus consommé (deux-tiers de la production), sans qu'aucune contrainte de taux de polissage du riz ni d'additifs ne lui soit appliquée. Il peut même être dilué et mélangé à l'affinage. Il est le plus souvent consommé chaud ("kan", "hitohada", "atsukan"). ou représente environ 20 % du marché. Pour ce type de saké, le taux de "kōji" est obligatoirement supérieur à 15 %. Le "tokutei-meishōshu" réunit plusieurs appellations contrôlées, en fonction du "seimai-buai" (pourcentage de riz restant après polissage), de l'addition ou non d'alcool et de la technique de brassage. Avec addition d'alcool distillé avant la filtration, les appellations sont : Sans addition d'alcool, les appellations sont : D'autres appellations existent et viennent s'ajouter aux précédentes. est un saké à base de proche de la méthode chinoise. ou est un saké non filtré, à l'ancienne. Il est moins alcoolisé et de saveur douceâtre, sa consommation reste marginale. Son équivalent coréen est le "makkolli". désigne tout saké non pasteurisé (chauffé une seule fois avant l'expédition), quelle que soit sa catégorie. Ceci est rendu possible grâce aux progrès de la filtration. De saveur piquante et rafraîchissante, il se consomme froid. est un saké pur, sans addition d'eau au moment de l'expression du "moromi". Il titre de 18 à 20°. Enfin, , « vieille réserve », est un saké spécial de couleur jaunâtre et saveur mielleuse, se conservant dix à vingt ans. Qualités organoleptiques. Voici un exemple d'étiquette pour un saké de qualité supérieure, avec sa traduction : est une échelle hydrométrique allant de +10 (sec) à -20 (doux, moelleux). Elle est parfois réduite à la mention ou , et deux valeurs intermédiaires, "yaya-amakuchi", "yaya-karakuchi". est une échelle indiquant le degré d’acidité du saké. Elle exprime en millilitres la quantité d’hydroxyde de sodium qu'il faudrait rajouter à dix millilitres de saké pour obtenir un pH neutre (7). est le pourcentage de riz perlé restant après le polissage, en général entre 30 et 70 %. Dégustation. Le saké peut être apprécié à différentes températures : froid, chambré ou chauffé. . se dit d'un saké servi froid (8 à ), surtout pour les grands crus ou les "jizake" servis à l'apéritif. se dit d'un saké chauffé (dans un pichet ou dans un grand verre), traditionnellement au bain-marie, mais de plus en plus au four à micro-ondes (qui dispose au Japon d'un programme spécifique, "kanzaké"). Dans la restauration, il est possible de préciser à la commande la température d'un saké chaud : "hitohada" ou "atsukan". Un saké est chauffé à température du corps, soit 36. Un saké est chauffé à : cette préparation s'approche d'un grog en hiver, et le saké contient alors moins d'alcool, en partie perdu par évaporation. Cette préparation est généralement réservée aux sakés de table. Récipients. On conserve le saké dans des tonneaux en bois appelés "komodaru". On peut aussi le conserver dans des bouteilles traditionnelles appelées "heishi". Le saké est servi à l'aide d'un "shuki", un service composé de pièces variées. On y trouve des coupes ou des verres et une bouteille ou un pichet de type "tokkuri" (en porcelaine, rarement en verre ou en bambou) ou "chirori" (généralement en métal). Le "chōshi" est un pichet en céramique ou plus souvent en métal, avec une anse et un bec verseur, réservé aux occasions auspicieuses ou cérémoniales. Plusieurs sortes de coupes ou verres à saké existent : "guinomi", coupe d'environ 6 à de diamètre ; "choko", coupe d'environ de diamètre ; ou encore "masu", gobelet cubique en bois. Enfin, les "sakazuki" sont des coupes très évasées en porcelaine, ou plus rarement en bois, utilisées essentiellement pour les situations formelles et notamment dans un "masu" comme lors du mariage shintoïste, avec le "chōshi". Économie et consommation. En 1975, la consommation annuelle de saké au Japon était de . En 2010, elle était de , une baisse due notamment au manque d’intérêt des jeunes. Les exportations représentaient en 2000, mais en 2010. En 2013, on comptait environ au Japon. Des appellations parfois abusives. Le saké diffère fondamentalement des autres alcools servis dans les restaurants chinois et vietnamiens d'Europe, appelés abusivement "saké" par les consommateurs ou même les serveurs. Il s'agit alors le plus souvent d'alcool de sorgho parfumé à la rose "Mei Kwei Lu" ou beaucoup plus rarement d'alcool de riz "Baijiu" chinois ou de « "Lúa mới" » (nouvelle récolte) vietnamien. L'agent qui est à la base de leur transformation en alcool est un autre champignon, "Choum-choum" ("Rhizopus oryzae"), et ce sont en général des alcools distillés.
Sapporo est la cinquième ville japonaise en nombre d'habitants et la troisième en superficie. Située dans l'île de Hokkaidō, elle est la capitale de la préfecture de Hokkaidō, de la sous-préfecture d'Ishikari, ainsi qu'une ville désignée par ordonnance gouvernementale. Elle est traversée par la rivière Toyohira, un affluent du fleuve Ishikari. Sapporo est considérée comme le centre culturel, économique et politique de Hokkaidō. Le toponyme vient du mot aïnou "Sari poro petsu", qui signifie « plaine de roseaux avec une grande rivière » ou "Satsu poro petsu", « plaine sèche avec une grande rivière ». Géographie. Situation. La ville de Sapporo est située dans l'ouest de l'île de Hokkaidō. Elle se trouve à environ à vol d'oiseau, au nord de Tokyo, la capitale du Japon. Capitale de la préfecture de Hokkaidō, elle s'étend sur , d'est en ouest et du nord au sud. Établie à proximité de la mer du Japon, la ville en est toutefois séparée par des portions territoriales relevant des municipalités d'Ishikari et d'Otaru. Démographie. Au , la population de Sapporo s'élevait à répartis sur une superficie de . Arrondissements. Sapporo est divisée en dix arrondissements : Climat. En hiver, le climat est relativement froid par rapport au reste du pays, ce qui permet d'organiser chaque année en février le festival de la neige de Sapporo, lors duquel se déroule un concours de sculptures monumentales en neige ou en glace. En revanche, les étés y sont souvent plus doux que sur les îles plus au sud de l'archipel. Histoire. Avant la fondation de Sapporo, la région était occupée par plusieurs campements du peuple indigène, les Aïnous. Ce n'est qu'à la fin de la période Edo en 1866 que les premiers colons vont arriver et établir les bases de ce qui sera Sapporo. Le nom du village provient de l'aïnou et peut se traduire par « grande rivière coulant à travers la plaine ». En 1868, le gouvernement Meiji décide de faire de Sapporo la nouvelle capitale régionale d'Hokkaidō. Celle-ci offre en effet une meilleure position géographique que celle de la précédente capitale, Hakodate. Pendant les années 1870-1871, Kiyotaka Kuroda, vice-président de la commission pour le développement d'Hokkaidō (Kaitakushi), entre en contact avec le gouvernement américain. Avec l'aide de Horace Capron ("oyatoi gaikokujin"), secrétaire chargé de l'agriculture du président des États-Unis Ulysses S. Grant, il va considérablement développer Sapporo autour du parc Ōdōri selon le modèle du plan hippodamien, ce qui est très inhabituel au Japon, même de nos jours. Encouragés par le Kaitakushi, de nombreux colons arrivèrent de Honshū pour développer l'agriculture (blé, pommes de terre, maïs, asperges) l'élevage (moutons et porcs) mais aussi la production de matières premières (bois, charbon) ainsi que des brasseries. Pendant le , la ville continua de se développer fortement sous l'influence d'hommes d'affaires et d'hommes à la recherche de meilleurs salaires, tant et si bien qu'en 1970, Sapporo dépassa le million d'habitants. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville de Sapporo fut souvent présentée comme la potentielle troisième cible d'un bombardement atomique, si le Japon n'avait pas capitulé. Toponymie. Le nom de la ville de Sapporo serait dérivé d'un mot d'origine aïnou, peuple autochtone de l'île d'Hokkaidō. Ce mot, , désigne un cours d'eau bordé par de larges roselières. Transports. Aérien. Sapporo est desservie par l'aéroport de Shin-Chitose. La ligne qui relie cet aéroport à Tokyo-Haneda est la plus chargée du Japon, avec un trafic annuel ayant atteint en 2017 et se plaçait ainsi troisième au palmarès des lignes les plus importantes du monde. Ferroviaire. Sapporo dispose de trois lignes de train, de trois lignes de métro, d'une ligne de tramway et de plusieurs lignes de bus. La gare de Sapporo est la gare principale de la ville. Une de train (ligne à grande vitesse Shinkansen) est en chantier, elle sera ouverte en ou 2031 avec le prolongement du trajet du Shinkansen ayant actuellement son terminus à la gare de Shin-Hakodate-Hokuto près de la ville de Hakodate située au sud de Sapporo. Train. Les trois lignes sont : Métro. Les trois lignes sont : Tramway. Initialement composé de trois lignes, le réseau de tramway de Sapporo n'est plus désormais constitué que d'une seule ligne qui relie dans Chūō-ku sur une distance de . Il est alimenté en CC. Maritime. Sapporo est régulièrement reliée à Honshū par des lignes maritimes que gère la compagnie Shin Nihonkai Ferry, vers Niigata et Maizuru. Le terminal se trouve dans la ville voisine d'Otaru, située à à l'est de Sapporo. Centres d'intérêt. Musées. Il possède également une collection d’objets d’art en verre de l'École de Paris. Personnalités. Chūhei Nanbu (1904-1997), champion olympique du triple saut en 1932, recordman du monde du saut en longueur et du triple saut dans les années 1930, est né à Sapporo. Municipalités jumelées. La ville de Sapporo est jumelée avec les municipalités suivantes : Symboles municipaux. L'arbre symbole de la ville est le lilas, sa fleur symbole le muguet de mai et son oiseau symbole le coucou.
Sport Le sport, mot d'usage récent () dans la langue française, est un ensemble d'exercices physiques se pratiquant sous forme de jeux individuels ou collectifs pouvant donner lieu à des compétitions. Le sport, qui ne peut être dénommé ainsi avant le (gymnastique, exercice physique, voir Pociello, C. "Sociologie du sport", 1983), est un phénomène presque universel dans le temps et dans l'espace humain. La Grèce antique, la Rome antique, Byzance, l'Occident médiéval puis moderne, mais aussi l'Amérique précolombienne ou l'Asie, sont tous marqués par l'importance de pratiques physiques. Certaines périodes sont surtout marquées par des interdits. Définitions. Le terme de « sport » a pour racine le mot de vieux français "desport" qui signifie « divertissement, plaisir physique ou de l'esprit ». Antérieurement il peut être rattaché au latin "portus", comme dans transport, export, import, déporter, déport, etc., qui désignait simplement un port, un lieu de passage marin. En traversant la Manche, "desport" se mue en « sport » et évacue de son champ la notion générale de loisirs pour se concentrer sur les seules activités physiques et mentales. La langue allemande admet aussi le terme « sport » et sa définition anglaise en 1831 ; la France en fait usage pour la première fois dès 1828, mais à ce moment-là il est essentiellement associé aux courses de chevaux et aux paris sur ces courses de chevaux (Cf. le journal Le Sport). La frontière entre jeux et sports n'est pourtant pas très claire. La Fédération française des échecs fondée en 1921 reçoit ainsi un agrément sportif du Ministère de la Jeunesse et des Sports en 2000, mais uniquement parce qu'elle était une fédération « associée » au CNOSF. Certaines pratiques traditionnelles posent également problème : sport ou jeu ? La question reste encore ouverte. Le sport moderne se définit par quatre éléments indispensables : Ces piliers qui mettent surtout en avant l'organisation des différentes disciplines sportives n'excluent nullement les pratiques comme le sport-loisir, le sport-aventure, le sport-santé, le sport scolaire ou l'éducation physique et sportive. Si la compétition est prédominante, il existe toutefois d'autres formes de pratique mettant plutôt en avant le plaisir, la santé, l'éducation ou l'épanouissement. Le Conseil de l'Europe propose ainsi la définition suivante dans sa « Charte européenne du sport » (article 2.1) (2001) : « On entend par « sport » toutes formes d'activités physiques qui, à travers une participation organisée ou non, ont pour objectif l'expression ou l'amélioration de la condition physique et psychique, le développement des relations sociales ou l'obtention de résultats en compétition de tous niveaux ». Histoire. Débat historiographique. La question de l'histoire du sport bute sur un débat qui oppose deux thèses. Pour un courant de pensée, le sport est un phénomène universel, qui a toujours existé et partout sous des formes très diverses. Ce serait un « invariant culturel » (selon les termes de Frédéric Baillette, enseignant et directeur de la revue "Quasimodo"). Cette thèse est notamment soutenue en 1991 par le médecin français Jean-Paul Escande ("Les avatars du sport moderne", in Ardoino, Brohm, "Anthropologie du sport", Perspectives critiques, 1991). Cette thèse est implicitement soutenue par ceux qui parlent de « sport antique », de « sport médiéval », etc. Le médiéviste américain Charles Homer Haskins est le premier historien à utiliser le terme de « sport » dans le cadre d'une étude portant sur le Moyen Âge dans son livre "The Latin Litterature of Sport" (1927). Au début du , Wolfgang Decker (Institut d'Histoire du Sport de l'École Supérieure du Sport de Cologne) et Jean-Paul Thuillier (directeur du Département des Sciences de l'Antiquité à l'École normale supérieure) estiment que : « contrairement à ce que l'on estime souvent, le sport n'est pas né à Olympie, pas plus qu'il ne s'est éteint dans l'Attique ou le Péloponnèse. L'Égypte nous offre de nombreuses scènes sportives, entre autres de lutte, dès le millénaire avant notre ère, et les Romains, héritiers des Étrusques sur bien des points et en particulier dans ce domaine, ont peut-être créé le sport moderne, avec ses spectacles de masse, ses clubs puissants et ses enjeux financiers colossaux ». Pour un autre courant de pensée, le sport est un phénomène apparu à un moment précis de l'histoire et dans un contexte particulier : au sein de l'élite sociale de l'Angleterre industrielle du . Cette thèse est notamment développée en 1921 par l'écrivain allemand Heinz Risse ("Soziologie des Sports", Berlin, 1921 et "Sociologie du sport", Presses universitaires de Rennes, 1991) qui estime qu'« il est erroné de regarder le passé avec nos modes de pensée actuels et d'imaginer que les pratiques qui ressemblent à celles que nous connaissons peuvent se rapporter à cette appellation "sport" ». Cette thèse est notamment soutenue par l'historien français Roger Chartier et par les sociologues Norbert Elias et Pierre Bourdieu. En 2000, l'historien du sport Philippe Lyotard (université de Montpellier) juge qu'« il y a une coupure très nette entre le sport moderne et le sport antique : c’est la notion de record (et donc de performance). Le record et la performance expriment une vision du monde qui est profondément différente entre les Grecs et les modernes. La culture du corps est différente. Pour les Grecs, cette culture est rituelle, culturelle, d’inspiration religieuse, pour les modernes, le corps est une machine de rendement ». À travers l'exemple des joutes au en France et en Espagne, Sébastien Nadot avance dans sa thèse intitulée "Joutes emprises et pas d'armes en Castille, Bourgogne et France, 1428-1470" (soutenue à l'EHESS en 2009) que l'on peut effectivement parler de sport au Moyen Âge et que la plupart des historiens confondent la notion de naissance avec celle de démocratisation du sport quand ils évoquent son apparition seulement à partir du . Mais une autre façon de résoudre la question est de forger la notion de « sport moderne » pour distinguer ce phénomène d'autres pratiques historiquement attestées. Dans une étude, une équipe de l'UFR-"STAPS" de l'université de Bourgogne estime ainsi en 2004 que « Le sport moderne […] renvoie à l’idéologie de Coubertin, caractérisée par la compétition, la performance, l’entraînement dans des structures institutionnelles (fédérales et scolaires) afin de lutter contre l’oisiveté et les risques de dégénérescence psychologique et physiologique de l’homme ». Cette notion de « sport moderne » est exposée par l'historien américain Allen Guttmann dans "From Ritual To Record, The Nature of Modern Sports" (1978). Auteur notamment de "Sports: The First Five Millennia", Guttmann ne renonce pas à l'emploi du mot « sport » de l'Antiquité à nos jours. Histoire. Selon l'interprétation large de la notion, le sport est un phénomène universel dans le temps et dans l'espace humain, et, pour reprendre une maxime byzantine, « les peuples sans sport sont des peuples tristes ». Nombre de phénomènes qui paraissent récents, accompagnent en fait l'histoire du sport depuis l'origine : du professionnalisme au dopage, des supporters aux problèmes d'arbitrage. La Grèce, Rome, Byzance, l'Occident médiéval puis moderne, mais aussi l'Amérique précolombienne ou l'Asie, donnent tous une importance au sport. Certaines périodes sont surtout marquées par des interdits concernant le sport, comme c'est le cas en Grande-Bretagne du Moyen Âge à l'époque Moderne. Interrogée sur la question, la Justice anglaise tranche ainsi en 1748 que le cricket n’est pas un jeu illégal. Ce sport, comme tous les autres, figurait en effet sur des édits royaux d'interdiction régulièrement publiés par les monarques britanniques du . En 1477, la pratique d'un « jeu interdit » est ainsi passible de trois ans de prison. Malgré l'interdit, la pratique perdure, nécessitant un rappel quasi permanent à la règle. Le sport est l'une des pierres d'angle de l'éducation humaniste du . Les Anciens mettaient déjà sur le même plan éducation physique et intellectuelle. Pythagore était un brillant philosophe qui fut également champion de lutte puis entraîneur du grand champion Milon de Crotone. La Renaissance redécouvre les vertus éducatives du sport et, de Montaigne à Rabelais en passant par Girolamo Mercuriale, tous les auteurs à la base du mouvement humaniste intègrent le sport dans l'éducation (relire par exemple Gargantua). Chaque époque a eu son « sport-roi ». L'Antiquité fut ainsi l'âge d'or de la course de chars. Pendant plus d'un millénaire, les auriges, cochers des chars de course, étaient des « stars » adulées par les foules dans tout l'Empire romain. Le tournoi, qui consiste à livrer une véritable bataille de chevaliers, mais « sans haine », fut l'activité à la mode en Occident entre le et le (il ne faut pas confondre le tournoi et la joute équestre, version très allégée du tournoi). La violence du tournoi cause sa perte, d'autant que le jeu de paume s'impose dès le et jusqu'au comme le sport roi en Occident. Ce jeu de raquettes embrase Paris, la France puis le reste du monde occidental. Le voit le déclin du jeu de paume et l'arrivée, ou plutôt le retour, des courses hippiques qui s'imposent comme le sport roi des . La succession des courses hippiques fut âprement disputée car le nombre des sports structurés augmente spectaculairement dès la fin du . Le football devient ensuite et reste encore aujourd'hui (2018) l'incontestable sport « numéro un » sur la planète. Au-delà de ce tableau général coexistent des nuances régionales parfois très marquées. Ainsi, le football tient une place secondaire dans les pays de l'ancien empire britannique. En revanche, il cultive les autres sports que soutenait jadis la bonne société anglaise, du tennis au hockey sur gazon en passant par le rugby et le cricket. Le cricket a ainsi le statut national dans des pays comme l'Inde ou le Pakistan. De même, l'Amérique du Nord a donné naissance à plusieurs sports, le hockey sur glace et le basket-ball au Canada, le baseball et le football américain aux États-Unis, parvenant ainsi à échapper à la vague du football (appelé "soccer" en Amérique du Nord). En France, le sport roi de la fin du est le cyclisme qui garde la palme jusqu'au triomphe du football, entre les deux guerres mondiales. Le rugby n'est pas parvenu à mettre fin à la domination de ces deux sports, freiné par une implantation trop régionale.La puissance du mouvement sportif est aujourd'hui considérable, il est une des composantes de la mondialisation. Une fédération internationale comme la FIFA a la capacité de modifier les règlements et d'exiger sa mise en application à la planète entière. Certains ont donc pu estimer que le sport proposerait ainsi un premier modèle de mondialisation réelle. À l'inverse de cette structure centralisée, notons l'existence d'un mouvement sportif plus indépendant, notamment aux États-Unis. La NBA a des règles particulières distinctes de celles de la Fédération internationale de basket-ball, sauf pour les Jeux olympiques pour lesquels c'est la FIBA qui est chargée des épreuves. Le baseball américain illustre encore plus fortement cette décentralisation : les deux ligues qui s'affrontent pour le trophée des World Series - Ligue américaine et Ligue nationale - ne suivent pas les mêmes règles du jeu. Typologie : les disciplines sportives. Classification ordinaire. La liste suivante regroupe les sports les plus connus, classés par catégories usuelles. D'autres sports pourraient compléter cette liste. Certains sports peuvent appartenir à plusieurs catégories. La présence des catégories « sports mécaniques » et, plus récemment, « sports cérébraux » dans cette liste, longtemps contestée, se justifie par les qualités communes aux sports physiques qu'ils demandent, pratiqués à haut niveau de compétition, comme en particulier la concentration ou l'endurance. La plupart de ces sports ont leur équivalent pour les personnes handicapées : les handisports. Classification en référence aux Jeux olympiques. Les Jeux olympiques sont une compétition internationale qui regroupe une sélection de disciplines sportives. Ainsi, il est possible de classer les sports entre ceux qui sont inscrits aux Jeux olympiques, dits « Sports olympiques » et ceux qui le sont pas. Un sport ne peut être olympique que s'il fait partie d'une fédération internationale reconnue par le Comité international olympique (c'est-à-dire qui répond à de multiples critères de sélection très stricts). Celles-ci sont alors divisées en trois groupes : Les sports olympiques actuels furent tous inclus au programme des jeux à un moment spécifique de l’histoire, au cours d'une décision commune prise entre le CIO et les fédérations internationales. Une fois qu'un sport a été désigné comme sport olympique, il ne peut plus être retiré des programmes des jeux (mais le nombre d'épreuves qui composent ce sport peut être revu à chaque édition des jeux), sauf si la fédération internationale qui dirige ce sport est radiée de la liste ASOIF ou AIOWF auquel cas tous les sports qui dépendent d'elle sont radiés du programme (comme ce fut le cas après les jeux de Pékin en 2008 pour la fédération de baseball-softball, la WBSC). D'autres sports peuvent devenir olympiques à l'avenir sous trois conditions : Si la candidature d'un nouveau sport d'une fédération ARISF est acceptée, la fédération internationale en question prend aussitôt le statut de ASOIF ou AIOWF, même si cette dernière n'a pas pu imposer aux jeux tous les sports dont elle a la gouvernance (dans le cas des fédérations contrôlant plusieurs sports différents). Une fédération déjà ASOIF ou AIOWF qui disposerait de sports non olympiques sous sa gouvernance peut également poser leur candidature pour de futurs jeux. Le tableau ci-dessous présente par ordre alphabétique les sports olympiques et les sports non olympiques par fédérations reconnues par le CIO. Nombre de fédérations ne sollicitent pas la reconnaissance du CIO (sport automobile, notamment) tandis que d'autres sont en phase de reconnaissance par le CIO. Physiologie et santé. La pratique équilibrée d'un sport aide à se maintenir en bonne santé physique et mentale. En revanche, le surmenage sportif et l'absence totale d'exercice physique sont nocifs pour la santé. La pratique du sport régulier maintient notre organisme en bonne santé, réduit le stress et augmente la capacité de réflexion. Entraînement, compétition, récupération. La pratique d'un sport se décompose en trois types d'activités : l'entraînement sportif, la compétition et la récupération. L'entraînement a pour objectif de former et d'entraîner le pratiquant pour que ses performances augmentent. Pour être bénéfique, l'entraînement doit être réparti sur une succession de séances régulières, progressives et complémentaires les unes aux autres. La compétition a pour objectif de mesurer les sportifs entre eux et de récompenser les meilleurs. Pour de nombreux sportifs, la compétition est le moment le plus fort et le plus agréable de la pratique du sport. Enfin, la pratique d'un sport comprend des phases de récupération et de détente. L'objectif de ces séances est de laisser au corps de l'athlète le temps et le repos nécessaire pour qu'il se remette en état de produire les meilleurs efforts. Compétences des sportifs. Chaque discipline fait appel à des compétences sportives particulières. L'équilibre, la force, la motricité, la vitesse, l'endurance, la concentration, le réflexe, la dextérité sont les compétences les plus connues. Certaines disciplines font plutôt appel à une seule compétence alors que d'autres font appel à un éventail de plusieurs compétences. Hormis les compétences sportives, il existe des facteurs physiques déterminants de la performance sportive, ces facteurs sont la force, la vitesse, l'endurance, la souplesse et la coordination des unités motrices (intra et intermusculaire+proprioception). Le succès dans une discipline dépend de la capacité du sportif à exécuter un geste précis. Certaines disciplines consistent à exécuter le geste le plus précis possible en disposant de tout le temps nécessaire à la préparation du geste. Le tir à l'arc est un exemple de ce type de disciplines. D'autres disciplines laissent peu de temps de préparation et le sportif doit ici exécuter son geste de manière spontanée. Le karaté est exemple de ce type de disciplines. Bienfaits physiologiques et psychologiques. La pratique d'un sport fait travailler le système cardio-respiratoire et différents muscles. Elle permet de brûler des calories et donc de prévenir de l'obésité (prévention de l'obésité). Elle incite à avoir une alimentation correcte (alimentation du sportif). Elle facilite l'évacuation de la tension nerveuse accumulée dans la journée (ex : stress chez l'humain). Elle permet la et de ses limites. Elle facilite l'acquisition du sens de l'équilibre, soit dans des situations prévues (exercices de gymnastique), soit dans des situations imprévues (jeux de ballon, sports de combat). Il permet aussi au pratiquant de construire une méthodologie du travail, réutilisable pour d'autres disciplines. Il est recommandé de pratiquer un sport d’intensité moyenne ou, plus simplement, d’exercer une activité physique pendant un temps allant de à si l'on veut avoir un effet sur le maintien ou l'abaissement de son poids, au moins trois fois/semaine. Une étude de l'ANSES en 2020 révèle que . Toujours selon cette enquête, 5% des adultes en France ont une activité physique suffisante pour protéger leur santé : les femmes sont plus exposées que les hommes à un manque d’activité physique. Plus d’un tiers des adultes français cumule un haut niveau de sédentarité et une activité physique insuffisante : en conséquence, ils sont plus exposés au risque d’hypertension ou d’obésité et ont un taux de mortalité et de morbidité plus élevés causés par des maladies cardiovasculaires et certains cancers. La marche est l'activité physique la plus pratiquée par un très grand nombre d'adultes et de personnes âgées. Une grande étude taïwanaise publiée en 2011 dans le journal médical "The Lancet", a montré qu'une activité physique modérée de quinze minutes par jour ou quatre-vingt-dix minutes par semaine pouvait diminuer la mortalité globale de 14 % contribuant ainsi à une augmentation de l'espérance de vie de trois ans. Le sport donne lieu à la manifestation d'émotions intenses, souvent surmédiatisées. Elles effacent un corps contraint, policé par les heures d'entraînement. Ces émotions se déclenchent lors des confrontations ou des résultats de l'action. Il est exigé du sportif qu'il évacue les émotions dites négatives, tandis qu'il doit vivre à l'excès, en communion avec le public, les émotions dites positives. Cependant cette vision binaire rend difficile la compréhension des émotions humaines. L'univers sportif dilate les enjeux et l'émotion devient si forte qu'elle sort du corps, par effraction en quelque sorte. Au sortir de l'exercice solitaire et fort, elle restaure le lien social, par elle le héros ou l'héroïne retrouve une place dans la société. La pratique intensive du sport induit une difficulté permanente à exprimer ses émotions, une alexithymie, et ces moments sont les seuls prévus pour se libérer et, les mots manquants, le corps surjoue les expressions. Mais bien vite, le star-système impose sa loi, et exige de revenir à des manifestations codifiées, alors qu'il serait plus bénéfique pour tout le monde d'aider la personne à déchiffrer ses émotions. Risques physiques et prévention. La pratique du sport présente des risques. Le sportif peut se blesser en faisant un faux mouvement, en chutant (entorse, élongation musculaire, claquage, fracture osseuse, traumatisme crânien) ou en recevant un coup. Il peut être victime d'un accident cardiovasculaire (du type infarctus du myocarde). Certains sports présentent des risques réels d'accidents corporels graves, tels que le traumatisme crânien ou la noyade, et leur pratique n'est autorisée qu'avec un équipement adapté, tels que : gilet de sauvetage pour le canoë, casque pour la descente en VTT, harnachement complet pour le gardien de hockey sur glace. Certains sports dits « extrêmes » présentent même de tels risques d'accidents mortels que leur pratique en est interdite. L'activité sportive intensive est source de blessures graves qui peuvent contraindre le sportif à s'arrêter et qui peuvent laisser des séquelles. La pratique d'un sport doit être adaptée à l'âge du pratiquant et à son état de fatigue. Une personne peut être marquée à vie par une activité sportive trop intense dans son enfance. Un sportif peut être obligé d'arrêter la pratique de son sport à la suite de séances d'entraînement ou de compétitions trop dures et trop fréquentes. La gymnastique artistique est l'exemple d'une discipline où de jeunes sportifs sont soumis à des exercices dangereux pour leur santé. La meilleure prévention contre les accidents consiste à pratiquer un sport dans les règles de l'art qui lui sont applicables : apprentissage des gestes techniques, apprentissage des règles de bonne pratique et de sécurité, entraînement régulier, échauffement préalable aux exercices violents, port des protections recommandées, alimentation adaptée avant, pendant et après l'effort, récupération entre les séances d'entraînement et entre les compétitions, respect des interdictions liées aux conditions météorologiques, pratique en groupe, etc. Des pratiques sportives de compensation sont largement recommandées dans le concept d'ergomotricité initié sur les lieux de travail pour lutter contre les accidents du travail. La visite médicale annuelle en début de saison permet d'obtenir l'avis d'un spécialiste sur la capacité d'un individu à pratiquer un sport. Le refus de poursuivre un effort qui semble trop difficile à supporter est un geste de sauvegarde de sa santé. Tels sont les principaux moyens de prévention des accidents. Le dopage. Le dopage est un des risques pour la santé du sportif. Ce problème n'est toutefois pas spécifique au sportif. Le dopage consiste à utiliser des produits qui augmentent la performance par différents moyens tels que l'augmentation de la masse musculaire ou la résistance à la douleur. L'EPO est un exemple de produits dopants. Le dopage est une pratique de certains sportifs professionnels de haut niveau mais également de certains sportifs amateurs. Le dopage est efficace : il permet en général à ceux qui se dopent d'obtenir des performances supérieures à ce qu'elles seraient sans dopage. Le dopage est illicite : le sportif convaincu de dopage est sanctionné. Le dopage est dangereux pour la santé du sportif : certains décès de sportifs pourraient être la conséquence d'un dopage. La lutte et la prévention antidopage existent. Elles concernent tout le monde et, au tout premier plan, les sportifs, leur entourage professionnel et les organisateurs de compétitions. Les contrôles antidopage permettent de déterminer si le sportif a ou n'a pas été dopé pour obtenir son résultat dans la compétition. La déchéance d'un titre et l'exclusion à vie de toute compétition sont des exemples de sanctions. Les sports où les cas de dopages sont les plus connus du grand public sont le cyclisme, l'athlétisme, la natation et l'haltérophilie. Un numéro de la revue International "Journal Of Sport Science and Physical Education" fait le point sur le problème du dopage dans le sport. On y voit notamment le fait que les médecins du sport sont largement impliqués dans ce problème notamment dans les pays anglo-saxons. On voit également que la loi existante n'est pas adaptée au problème puisqu'en général les seuls punis sont les athlètes ou coureurs, alors que la plupart du temps c'est un système complexe et que tout l'entourage est impliqué voire dans certains cas (Tour de France cycliste), il s'agit pratiquement d'une tradition liée à l'activité qui donne lieu à un véritable rituel initiatique (lié aux pratiques dopantes) pour les participants. Des articles sont également parus sur le sujet dans la "Éthique publique" (Canada) et dans la "Revista brasileira de ciencas do esporto" (Brésil). Le dopage y est analysé notamment par Eric Perera comme associé à la pollution du corps, aux notions de pur et d'impur. Les travaux de l'anthropologue Mary Douglas ("Purity and Danger. An analysis of the concept of pollution and taboo", 1965) servent de références pour mieux comprendre ce problème. Rôle de l'environnement naturel et adaptation. Température. Selon que la température est trop ou pas assez élevée, l'organisme peut être soumis respectivement à l'hyperthermie ou à l'hypothermie. En cas de température élevée, on portera des vêtements légers en textile adapté, mais continuant à protéger du soleil, surtout en altitude ou en cas de canicule. Le rendement sportif pourra être maintenu grâce à l'utilisation d'un gilet réfrigérant. En cas de basse température, on utilisera au contraire des vêtements chauds, en particulier pour les extrémités (doigts, orteils…) qui pourraient facilement subir de graves gelures: c'est le cas typique de l'alpinisme d'altitude ou hivernal. Les nageurs en eau froide se trouvent eux aussi soumis à l'hypothermie d'autant plus rapidement que la température de l'eau est basse; préventivement, ils utilisent une combinaison de plongée ou enduisent leur corps de graisse. Quelle que soit la température, le vent ou la vitesse du sportif augmentent considérablement les échanges thermiques par convection: aussi, les sportifs qui sont dans ce cas augmenteront particulièrement les précautions. De même, l'humidité accélère considérablement les échanges thermiques, rendant beaucoup plus difficiles à supporter les froids et chaleurs humides que secs. Pression. Une pression trop basse ne permet pas de respirer convenablement, alors que tout sportif a besoin d'échanges respiratoires élevés pour être performant, ou simplement survivre. Ces limites s'observent pour l'alpinisme d'altitude, où la pression atmosphérique en haut de l'Everest n'est qu'environ 1/3 de la pression au niveau de la mer considérée comme pression normale pour vivre par la plupart de l'humanité (le rendement est fortement dégradé pour tous, et beaucoup d'alpinistes se voient obligés d'utiliser des bouteilles d'oxygène sur les sommets de plus de , et un caisson isobare en cas de malaise aigu ou d'accident). Il est bien connu que l'altitude a un impact sur les compétitions sportives en altitude, comme ce fut par exemple le cas aux Jeux olympiques de Mexico. Pour des raisons inverses, le plongeur ne peut descendre à trop grande profondeur sans équipement (scaphandre autonome avec pression régulée). Institutions. Amateurs et professionnels. Le sport se pratique durant le parcours scolaire, au travers de multiples APS, au sein d'un club soit hors de tout club. Les clubs sont affiliés à des fédérations. Les clubs organisent les entraînements et mettent leurs moyens à la disposition des compétitions. Les fédérations organisent les compétitions et édictent les règlements. La grande majorité des sportifs est composée de sportifs amateurs, c'est-à-dire d'hommes et de femmes qui pratiquent leur activité sans recevoir aucun salaire en retour. L'amateurisme possède son revers avec un accès limité aux classes populaires. pour certaines activités et l'amateurisme marron, c'est-à-dire la rémunération occulte ou la fourniture d'emplois de complaisance à des sportifs officiellement amateurs. Certains sportifs perçoivent un salaire en retour de leur activité. Ces sportifs sont dits « professionnels ». La plupart d'entre eux sont sous contrat avec un club. Le football en Europe et le basket-ball aux États-Unis sont deux exemples connus de sports pratiqués par des professionnels. Depuis le début des années 1990 et la professionnalisation des Jeux olympiques, longtemps bastion du sport amateur, le phénomène du professionnalisme sportif touche presque l'ensemble des disciplines. Organisations et fédérations. La puissance du mouvement sportif est aujourd'hui considérable. Une fédération internationale comme la FIFA a la capacité de modifier les règlements et d'exiger la mise en application à la planète entière à compter d'une date précise. Le sport propose ainsi un modèle de mondialisation. À l'inverse de cette structure centralisée, notons l'existence d'un mouvement sportif plus indépendant, notamment aux États-Unis. La NBA a des règles particulières et il n'est pas question pour elle de se plier à la Fédération internationale de basket-ball. Aux Jeux olympiques, la FIBA est néanmoins chargée du règlement des épreuves, et les joueurs NBA doivent alors y jouer selon les règles communes au reste du monde. Le baseball américain est encore plus caricatural sur ce point, avec deux ligues qui s'affrontent pour le trophée des World Series : l"'American" et le "National" n'ont pas les mêmes règles du jeu. Grands événements sportifs. Voici une liste des principaux grands évènements sportifs. Cette liste n'est pas exhaustive. Médiatisation. Les compétitions sportives sont des formes de spectacles, mais leur scénario n'est pas écrit d'avance. Pendant l'Antiquité, la sculpture ou la poésie furent de bons vecteurs de médiatisation du sport. Avec l'arrivée des médias modernes avec dans l'ordre chronologique la presse écrite, la radio, la télévision puis internet, le sport dispose de puissants supports médiatiques. Ainsi, il existe depuis 1977 des chaînes de télévisions sportives dont l'objet sont la diffusion d'épreuves et d'informations sportives. Certaines sont généralistes et se consacrent à divers sports tandis que d'autres se spécialisent dans une discipline. Parmi les titres de la presse écrite sportive on citera "L'Équipe" en France, "Sports Illustrated" aux États-Unis ou "La Gazzetta dello Sport" en Italie, notamment. Dans certains sports, la médiatisation d'acte antisportif majeur et violent sont souvent interrompus pour ne pas inciter les téléspectateurs à la violence. Clubs sportifs. Un club sportif (CS) est une infrastructure encadrant les sportifs. Sport et éducation. La recherche suggère que le sport a la capacité de connecter la jeunesse à des modèles de rôle adultes positifs et de fournir des possibilités de développement positif, tout en favorisant l’acquisition et l’application des compétences utiles dans la vie courante. Ces dernières années, le recours au sport pour lutter contre la délinquance, et prévenir l’extrémisme violent et la radicalisation, est devenu plus fréquent, notamment en tant qu’outil pour améliorer l’estime de soi, resserrer les liens sociaux et donner aux participants le sentiment d’être utile. Récemment, le sport a longuement été étudié comme étant un facteur de réussite dans le milieu scolaire des jeunes. Que ce soit la concentration la persévérance ou bien l’autonomie, le sport amène à différent niveau une facilité et une appartenance au monde scolaire. Le jeune faisant ainsi une activité sportive aura beaucoup plus de chance de réussir son parcours scolaire. La promotion de ce mode de vie se faisant tout d’abord dans l’établissement en lieu même sera transcrit dans le milieu personnelle du jeune. Ainsi, un étudiant-athlète développera plusieurs compétences socialement reconnues qui lui seront primordial lors de son cheminement telle que l’entraide, l’amitié ou même une plus grande confiance personnelle. C’est ainsi, que la persévérance, une notion clé pour tous athlètes, crée une forte différence académique avec tout autre étudiant. Le sport apporte plusieurs effets physiques et physiologique telle que la baisse du niveau de cortisol . Ceci diminue ainsi le stress lors d’un examen. La réussite scolaire est ainsi en hausse dans ces catégories d’étudiant. Selon plusieurs données dont celle du Réseau du Sport Étudiant au Québec (RSEQ), entre 4 et 9% des étudiants du réseau scolaire québécois font le minimum d’activité physique recommandé . Ceci explique en quoi les échecs scolaires ainsi que la motivation sont des problèmes croissants. Économie du sport. Chiffres clés. Le sport possède une activité importante au niveau économique. Il a créé et fait vivre une forme de secteur hétérogène assemblant pèle-mêle des médias, des équipementiers, des franchises, des clubs sportifs, des médecins, des avocats, des entraîneurs et conseillers en tous genres, des jardiniers et même des cabinets d'architecture spécialisés dans la conception de stades et autres arénas. Quelques sportifs professionnels tirent également leurs revenus du sport. Pour mémoire, on rappellera que le nombre des accréditations pour les médias est toujours largement supérieur à celui des accréditations d'athlètes lors des Jeux olympiques d'été : contre . Les industries et les commerces du bâtiment, du textile, de l'automobile, du spectacle, des médias et du tourisme travaillent pour le sport. Les contrats des sportifs professionnels, des parrainages publicitaires et des subventions publiques concernent des masses importantes d'argent. Les paris sportifs génèrent également d'importants revenus. Certains clubs sportifs sont des entreprises cotées en bourse. Équipements sportifs, droits de diffusion télévisuel et autres produits dérivés font tourner la machine économique. Ceci est valable dans de très nombreux pays, sur les cinq continents. La part du PIB consacré au sport est évidemment plus importante dans les pays les plus développés en raison des investissements lourds, notamment en matière de stades, mais aussi par la part importante accordée à ce type de dépenses par les ménages. Hors bénévolat, le poids économique du sport dans l'économie française est évalué à 1,73 % du PIB, soit d'euros en 2003. En 2019, le sport pèse 1,5 % du PIB français. Les dépenses des ménages représentent plus de 50 % de ces montants ( d'euros en 2003 et douze milliards d'euros en 2019), contre d'euros pour les collectivités locales, 3,2 pour l'État, et 2,2 pour les entreprises. Parmi les dépenses sportives des ménages en 2003, sont consacrés aux vêtements de sport et chaussures, deux aux biens durables, 2,7 aux autres biens et 5,8 aux services. Le Ministère de la Jeunesse et des Sports estime à (58 % d'hommes pour 42 % de femmes) le nombre de salariés travaillant pour le secteur sportif en France pour quelque . Cette économie est tirée par les engagements des sportifs professionnels, tels que les grandes compétitions internationales, mais aussi par le bénévolat de masse des sportifs amateurs comme la pratique du football en Europe. Elle bénéficie du développement du sport et elle l'accélère. Elle permet aux sportifs professionnels de travailler dans des conditions toujours meilleures, aux sportifs amateurs d'accéder à leur loisir à des coûts de plus en plus attractifs et aux spectateurs d'assister à des compétitions toujours plus spectaculaires et plus festives. D'un autre côté, comme tout domaine économique, l'économie du sport n'échappe pas à certaines dérives telles que la corruption ou le dopage. Sport et société. Sport et développement durable. Des liens de proximité existent entre sport, santé, économie et environnement, depuis longtemps. Les liens avec l'environnement et la santé sont plus évidents avec les « sports de pleine nature », et indirects (via les impacts différés ou indirects) avec les sports en salle ou les sports dits « automobiles » ou « mécaniques ». En tant que tels, les enjeux de soutenabilité du développement des activités sportives ont vraiment émergé dans les années 1990, dans le contexte du Sommet de la Terre de Rio (juin 1992) et de ses suites. Le considère La pollution a son importance pour les grands évènements sportifs, car elle peut nuire aux performances des sportifs eux-mêmes. , explique le Pierre Souvet, Président de l’Association Santé Environnement France. La pollution de l'air s'invite d'ailleurs souvent aux Jeux Olympiques. En 1984, aux Jeux olympiques de Los Angeles, le coureur de Steve Ovett s'était effondré pendant la finale en raison de problèmes respiratoires liés en partie selon lui à la pollution. En 2008, aux Jeux de Pékin, les autorités avaient réduit la circulation des voitures et fermé des centaines d'usines. À Londres, on craint d'être confronté au même problème. L'impact environnemental du « sport spectacle » n'est pas le seul à poser problème. Aujourd'hui, compléments alimentaires, barres énergétiques, anti-transpirants, boissons énergisantes : tous ces produits que l’on vend aux sportifs (voir alimentation du sportif) sont suspectés d'être toxiques pour la santé du sportif et pour l'environnement. Ces produits « miracles » peuvent contenir trop de sel, trop de sucres, mais aussi des molécules chimiques (taurine, riboflavine, pyridoxine), des métaux lourds (plomb, aluminium) ou encore des nanoparticules. Celles-ci peuvent avoir des effets délétères sur la santé et sur l'environnement. À l'occasion des Jeux olympiques d'été de 2012, l'Association Santé Environnement France, qui réunit environ , a publié un petit guide de conseils pratiques tous basés sur des études scientifiques sérieuses. Ambitions pour le. À partir des années 2000 des infrastructures sportives respectant mieux l'environnement et les paysages ; la protection des ressources naturelles et de la biodiversité ; la réduction des déchets et polluants produits par le sport ; la promotion des jeunes, des populations autochtones, de la coopération internationale, de la démocratisation du sport et du rôle de la femme ; la lutte contre les discriminations ainsi que le développement du sport féminin comptent parmi les défis et engagements du CIO en faveur de la soutenabilité du sport. Au niveau mondial, le comité olympique a produit son propre Agenda ("l'Agenda 21 du CIO", en 1999), suivi d'une résolution du Conseil de l'Europe en 2000, et d'une déclinaison et adaptation française en 2005 (en un « Agenda 21 du sport français »). Cet Agenda 21 français invite notamment toutes les fédérations sportive à se doter d'une Commission Environnement et développement durable, qui pourra proposer et évaluer les moyens, pour chaque type d'activité sportive, de construction d'infrastructures sportives ou de déplacements sportifs, de minimisant les impacts directs et indirects, immédiats et différés sur les ressources naturelles (y compris foncières) pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables (ex : eau, air, sol, faune, flore, écosystèmes, puits de carbone, services écosystémiques, etc.). Ainsi un nombre croissant de manifestations et d'activités sportives cherchent à minimiser leur empreinte écologique et leur empreinte carbone et parfois à rembourser leur « dette carbone » (dette écologique). En France, la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (mai 2011), est accompagnée de premiers « engagements de l’État » qui vont dans le sens de l'Agenda 21 du comité olympique. Ces engagements de l’État précisent que les sports devront mieux tenir compte de la biodiversité via notamment une écoconditionnalité des aides publiques () ; l'état s'engage aussi à . Place du sport dans les pays les moins développés. En raison de leurs faiblesses économiques et structurelles, les pays en développement ne disposent souvent pas d'infrastructures adaptées à la pratique du sport. Ainsi, la pratique sportive dans le cadre scolaire est souvent réduite : 30 % en Érythrée, 28 % en Éthiopie, 25 % au Niger contre une moyenne de 95% dans les pays développés. En Afrique, le football est le sport le plus largement pratiqué, du fait de sa simplicité. Les pays moins développés ont tendance à perdre leur sportifs talentueux qui préfèrent se rendre dans des pays influents dans le sport mondial, étant conscients d'avoir peu de chances de l'emporter dans des compétitions les opposant à des adversaires qui proviennent des pays développés. Pour l'ONU, le sport est un outil économique et souple pour promouvoir les objectifs de paix et de développement. En 2000, le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki Moon, a rappelé la volonté du système des Nations unies de promouvoir le sport comme outil de développement – y compris dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les Nations unies. Comportements haineux. Le sport en général est un refuge pour les comportements haineux ; ainsi une étude menée par la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports d'Aquitaine montre que l'homophobie est bien plus élevée chez les sportifs que dans la population générale. Ceci est notamment vrai pour le football, où la xénophobie et l'homophobie ne sont pas rares. Les sportifs à avoir révélé leur homosexualité ne sont pas nombreux, et la communauté LGBT organise des évènements, comme les Gay Games, pour que l'orientation sexuelle ne soit plus un vecteur de discrimination. Le sport peut aussi être perçu comme un refuge du sexisme, en effet dans la quasi-totalité des sports ce sont les catégories homme qui sont les plus médiatisées. Surmédiatisation. La part importante accordée aux sports dans les médias de masse pousse certaines personnes à critiquer ce fait comme étant une stratégie visant à divertir les gens, afin de les empêcher de se concentrer sur les problèmes premiers, à l'image de la société du spectacle décrite par Guy Debord. Cette critique dont l'historien Sébastien Nadot s'est fait le chantre rejoint celle formulée par Juvénal et son célèbre "Panem et circenses". Toutefois parce qu'il est de plus en plus diffusé (accroissement des heures comme des disciplines), il reste un des principaux fédérateurs de foules, phénomène accentué depuis 2012 ; année de l'ouverture de chaînes télé consacrées aux sports en particulier la chaîne l’Équipe, des chaînes payantes thématiques beIN SPORTS, la même année, les chaînes Eurosport en 2015 ou encore le lancement des chaînes SFR Sport en 2016, même si des groupes traditionnels de l'audiovision ont pu proposer dès 1998 des chaînes dédiées au sport comme CANAL+ Sport. Sociologie du sport. La sociologie du sport traite du rôle du sport dans la société : Sport et Internet. De nombreux sites internet sont développés dans l'objectif de coacher et d'aider les personnes qui veulent se mettre au sport. On note plusieurs catégories de sites : Sport & numérique. L'univers du sport, tant réel que virtuel est désormais numérique et marketé. Voir aussi. Bibliographie. Critiques du sport. Film documentaire: