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Paradiski Paradiski est un domaine skiable situé en Savoie, dans la vallée de la Tarentaise. Il a été créé en décembre 2003 en joignant les domaines de la Plagne et des Arcs /Peisey-Vallandry grâce au téléphérique Vanoise Express, plus grand téléphérique au monde lors de sa mise en service, permettant de passer en moins de 4 minutes d’une vallée à l’autre. Ce domaine relié de de pistes est composé des stations de la Plagne, Les Arcs, Peisey-Vallandry, Villaroger, Montchavin, Les Coches, Montalbert et Champagny-en-Vanoise. Paradiski est une marque déposée de la Compagnie des Alpes. Géographie. Localisation. Paradiski se trouve dans la haute vallée de la Tarentaise, entre les villes de Moûtiers et Bourg-Saint-Maurice. Les villages de La Plagne-Tarentaise, Les Arcs et de Peisey-Vallandry sont accessibles depuis la route N90. Accès au domaine. Le domaine skiable Paradiski est accessible par la route, le train et l'avion depuis la France (distances depuis Paris , de Lyon et de Genève et l'international. Il est possible d’accéder au domaine par la route, via une voie express, extension de l'A 430, en provenance de la combe de Savoie-Albertville. La voie rapide se termine au niveau de la commune d'Aime, après la ville de Moûtiers, en reprenant la RN 90. Les sorties pour les différentes stations se font au niveau de Moûtiers pour Champagny-en-Vanoise, d'Aime pour accéder aux stations-villages de La Plagne, de Landry pour Peisey-Vallandry et Bourg-Saint-Maurice pour Les Arcs et la station-village de Villaroger. La gare de Bourg-Saint-Maurice est desservie durant la saison par le TGV, l'Eurostar (pour le Royaume-Uni) ou encore le Thalys (pour la Belgique et les Pays-Bas). Le temps de transport vers les stations est d'environ 30 minutes, par bus, taxi ou encore shuttle. Le village d'Arc 1600 est accessible via le funiculaire Les Arcs' express. Il est possible aussi d'atterrir dans les aéroports internationaux de Lyon-Saint-Exupéry (env. - 2 h 15) et Genève (env. - 2 h 30), ainsi que celui de Chambéry - Savoie (env. - 1 h 30) et de Grenoble (env. 175 km - 2 h) Stations et hébergements. Les stations. Le domaine skiable de Paradiski se répartit sur six communes ou sites stations de sport d'hiver : Les domaines des Arcs/Peisey-Vallandry et de la Plagne sont reliés, depuis 2003, par le téléphérique Vanoise Express. Hébergements touristiques. L'ensemble des stations ou les communes du domaine offrent une capacité de en 2014. Domaine et gestion. Paradiski est un domaine skiable alpin de de pistes revendiqués. Ces de pistes ont toutefois été remises en cause en 2013 par un consultant allemand, qui donne après étude le chiffre de .
FC Tighina Le Fotbal Club Tighina (en ), plus couramment abrégé en FC Tighina, est un club moldave de football fondé en 1950 et basé dans la ville de Bender, en Transnistrie.
Petites Landes
Rampoux Rampoux est une commune française, située dans l'ouest du département du Lot en région Occitanie. Elle est également dans la Bouriane, une région naturelle sablonneuse et collinaire couverte de forêt avec comme essence principale des châtaigniers. Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le ruisseau de l'Ourajoux et par un autre cours d'eau. Elle est incluse dans le bassin de la Dordogne. Rampoux est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1806. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Gourdon. Ses habitants sont appelés les Rampoussiens ou Rampoussiennes. Géographie. Les hameaux des "Bouscaillou", "Colombier", "Repayre" et "Salapès" forment avec le petit bourg de "Rampoux" une commune de de superficie, située à de Salviac et de Gourdon. La commune est arrosée par le petit cours d'eau de l'Ourajoux. Le village est bâti sur une éminence, à d'altitude, de part et d'autre de la route départementale 25. Climat. Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique altéré », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat, Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique et les climats de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs. Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après. Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat complétée par des études régionales prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Cazals - Dde », sur la commune de Cazals, mise en service en 1959 et qui se trouve à à vol d'oiseau, où la température moyenne annuelle est de et la hauteur de précipitations de pour la période 1981-2010. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Gourdon », sur la commune de Gourdon, mise en service en 1961 et à , la température moyenne annuelle évolue de pour la période 1971-2000, à pour 1981-2010, puis à pour 1991-2020. Milieux naturels et biodiversité. Espaces protégés. La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée. La commune fait partie de la zone de transition du bassin de la Dordogne, un territoire d'une superficie de reconnu réserve de biosphère par l'UNESCO en juillet 2012. Urbanisme. Typologie. Rampoux est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gourdon, dont elle est une commune de la couronne. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de . Occupation des sols. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (52,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (48,3 %), zones agricoles hétérogènes (39,6 %), prairies (12,1 %). L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Risques majeurs. Le territoire de la commune de Rampoux est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle. Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Ourajoux. La cartographie des zones inondables en ex-Midi-Pyrénées réalisée dans le cadre du Contrat de plan État-région, visant à informer les citoyens et les décideurs sur le risque d’inondation, est accessible sur le site de la DREAL Occitanie. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1992, 1993 et 1999. Rampoux est exposée au risque de feu de forêt du fait de la présence sur son territoire du massif Ouest. Un plan départemental de protection des forêts contre les incendies a été approuvé par arrêté préfectoral le pour la période 2015-2025. Les propriétaires doivent ainsi couper les broussailles, les arbustes et les branches basses sur une profondeur de , aux abords des constructions, chantiers, travaux et installations de toute nature, situées à moins de de terrains en nature de bois, forêts, plantations, reboisements, landes ou friches. Le brûlage des déchets issus de l’entretien des parcs et jardins des ménages et des collectivités est interdit. L’écobuage est également interdit, ainsi que les feux de type méchouis et barbecues, à l’exception de ceux prévus dans des installations fixes (non situées sous couvert d'arbres) constituant une dépendance d'habitation. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines), des éboulements, chutes de pierres et de blocs, des glissements de terrain et des tassements différentiels. Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 96,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (67,7 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en en aléa moyen ou fort, soit 97 %, à comparer aux 72 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM. Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2005 et par des mouvements de terrain en 1999. Toponymie. Le toponyme "Rampoux", et autrefois "Rampous" serait basé sur le diminutif occitan "rampa" issu du germanique "kramp" avec le sens de crampe, raideur convulsive. Ernest Nègre propose le nom germanique "Rampodus". Histoire. La paroisse dépendait, au Moyen Âge, de l'abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé et la seigneurie des Gourdon de la famille de Rampoux et des La Grange, au . Commune décidée à entrer dans le rythme de la vie moderne, Rampoux manifeste aujourd'hui sa vitalité par l'aménagement de sa place Principale, par la construction de logements locatifs et par sa participation efficace au concours des villages fleuris. Liste des consuls. Les consuls de Rampoux sous l'Ancien Régime sont : Politique et administration. Conseiller général Organisation religieuse. L'église de Rampoux fut longtemps, sur le plan religieux, une annexe du doyenné de Lavercantière, lui même rattaché au prieuré bénédictin de Marcilhac-sur-Célé. Il s'y trouvait un recteur qui percevait les dîmes mais c'est le recteur de Lavercantière qui y administrait les sacrements, ce dont eu à se plaindre Bernard de Martinhac : "Vu le nombre des habitants de Rampoux et il serait plus convenable comme aussi plus commode pour eux, que le recteur de Rampoux s'occupa d'eux plutôt que celui de Lavercîantière". Cette supplique, après laquelle le pape chargea les archidiacres de Cahors et le chantre de la cathédrale de faire une enquête, et, si les faits étaient exacts d'arranger les choses comme le demandait le suppléant, n'eût pas d'effet immédiat. Ce prieuré qui n'avait initialement pas charge d'âmes, obtint une telle charge en 1556, exercée par un vicaire perpétuel de Lavercantière. En 1582, la rente attachée au prieuré était de 4 écus. En 1773 au moins, Rampoux possède ensuite le statut de paroisse autonome. Vie locale. Le mise en souterrain des réseaux électriques et téléphonique, la réfection de l'éclairage public contribuent à l'embellissement du bourg. La poursuite de la réhabilitation des bâtiments privés et communaux apportera, à l'avenir, une note de coquetterie supplémentaire. Pêche à la truite dans l'Ourajoux, sentier de randonnée équestre, autant de loisirs pour les amateurs de nature paisible et vivifiante. Économie. Emploi. En 2018, la population âgée de s'élève à , parmi lesquelles on compte 84,6 % d'actifs (76,9 % ayant un emploi et 7,7 % de chômeurs) et 15,4 % d'inactifs. Depuis 2008, le taux de chômage communal (au sens du recensement) des est inférieur à celui de la France et du département. La commune fait partie de la couronne de l'aire d'attraction de Gourdon, du fait qu'au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle. Elle compte en 2018, contre 11 en 2013 et 19 en 2008. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la commune est de 50, soit un indicateur de concentration d'emploi de 26 % et un taux d'activité parmi les 15 ans ou plus de 64 %. Sur ces 50 actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi, 12 travaillent dans la commune, soit 24 % des habitants. Pour se rendre au travail, 88 % des habitants utilisent un véhicule personnel ou de fonction à quatre roues, 2 % s'y rendent en deux-roues, à vélo ou à pied et 10 % n'ont pas besoin de transport (travail au domicile). Activités hors agriculture. Secteurs d'activités. 4 établissements sont implantés à Rampoux au . Le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques et des activités de services administratifs et de soutien est prépondérant sur la commune puisqu'il représente 50 % du nombre total d'établissements de la commune (2 sur les 4 entreprises implantées à Rampoux), contre 13,5 % au niveau départemental. Agriculture. La commune est dans la « Bourianne », une petite région agricole occupant une partiede l'ouest du territoire du département du Lot. En 2020, l'orientation technico-économique de l'agriculture sur la commune est la polyculture et/ou le polyélevage. Trois exploitations agricoles ayant leur siège dans la commune sont dénombrées lors du recensement agricole de 2020 (14 en 1988). La superficie agricole utilisée est de . Lieux et monuments. Église Saint-Pierre-ès-Liens. Dans l'église Saint-Pierre-ès-Liens de Rampoux on a découvert sous une affreuse couche de chaux des peintures anciennes et remarquables. L'édifice a été classé au titre des monuments historiques en 1914. Plusieurs objets sont référencés dans la base Palissy. Le style de l'église de Rampoux est partie style roman et partie ogival ; aussi peut-on faire remonter son origine au XIII ou au commencement du . À l'origine, prieuré bénédictin dépendant de l'abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé. Ces peintures se trouvent dans une chapelle, à droite de l'église, elles se composent de quatre panneaux, plus la voûte divisée en quatre par deux arceaux la soutenant. L'église Saint-Germain-et-Saint-Victor. L'église Saint-Germain-et-Saint-Victor est un édifice des et s, à la belle patine ocre, construit sur un plan en forme de croix. Elle présente une nef de deux travées, plus haute que le chœur terminé par une abside en cul de four, et un clocher carré à tourelle d'angle. La chapelle latérale sud est décorée de peintures murales évoquant la vie du Christ : à l'est, l'Annonciation, le Père Éternel et la Crucifixion ; à l'ouest, la Mise au tombeau ; au sud, la Flagellation, tandis que l'arc d'entrée figure les anges portant les instruments de la Passion. La voûte, d'un joli coloris gris bleu et rouge sur fond blanc représente les symboles des quatre Évangélistes. Cet ensemble est intéressant par son aisance, sa grandeur et l'exactitude de physionomies.
Îles éparses de l'océan Indien
FC Politehnica Chișinău Le FC Politehnica Chisinau est un club moldave de football basé à Chișinău.
Raoul Hausmann Raoul Hausmann, né le à Vienne (Autriche) et mort le à Limoges, est un écrivain, un photographe et un plasticien dadaïste, surnommé « Der Dadasophe ». Biographie et travaux. Raoul Hausmann, est né en 1886 à Vienne, où il se formera auprès de son père peintre académiste. Cependant, il entre en rupture avec son apprentissage très vite et nous le retenons aujourd’hui comme une des grandes figures du courant Dada. Après quatorze ans à Vienne, il arrive à Berlin en 1900 avec ses parents. En 1905, il se noue d'amitié avec son aîné Johannes Baader (1875-1955). Son travail relève alors plutôt de l’expressionnisme et du futurisme. Il travaille avec Hannah Höch - qui deviendra sa compagne - à partir de 1917. Cofondateur du groupe Dada-Berlin de Berlin en 1918, Raoul Hausmann se déclare être l'inventeur durant cette période du photomontage (tout comme Heartfield, lui aussi membre de Dada-Berlin) et du poème « optophonétique ». Il quitte le mouvement Dada en 1922. À partir de 1931, il collabore régulièrement au magazine "Der Gegner" ("L'Adversaire"), publié par Franz Jung et Harro Schulze-Boysen. En 1933, son art étant considéré comme "dégénéré", il doit quitter l'Allemagne, via Ibiza, Zurich, Prague, Paris. En 1944, il s'installe à Limoges, où il vit jusqu'à sa mort, de jaunisse, en 1971. Il est inhumé au cimetière de Louyat. Son travail est édité et diffusé par Roger Vulliez.
Football Club Tiraspol Le Football Club Tiraspol (en ), plus couramment abrégé en FC Tiraspol, est un ancien club moldave de football fondé en 1993 et disparu en 2015, et basé dans la ville de Tiraspol, en Transnistrie. Bilan sportif. Bilan européen. "Note : dans les résultats ci-dessous, le score du club est toujours donné en premier."
Liquidation de la Compagnie des Indes orientales La liquidation de la Compagnie des Indes orientales en France est la source d'un scandale politico-financier qui éclata en et impliqua plusieurs députés de la Convention (François Chabot, Joseph Delaunay dit d'Angers, Jean Julien dit de "Toulouse", Fabre d'Églantine, Basire) dont deux (Delaunay et Julien de "Toulouse") étaient anciennement membres du Comité de sûreté générale. Opération de spéculation simplement ou essentiellement crapuleuse a priori, elle fut présentée comme devant financer des menées contre-révolutionnaires et exploitée politiquement comme telle. Elle répandit parmi les révolutionnaires une certaine paranoïa des complots et convainquit en particulier Robespierre de l'existence de conspirations contre-révolutionnaires sérieuses. Ses protagonistes furent jugés en même temps que les Dantonistes, et exécutés le même jour qu'eux. La Compagnie française des Indes. Compagnie financière et commerciale créée en 1664 et fondue en 1719 à l'instigation du financier John Law dans la Compagnie perpétuelle des Indes, qui regroupait toutes les compagnies françaises, elle reçut en 1722, après une série de faillites et de réorganisations, le monopole du commerce maritime français, à l'exception des Amériques, contrôlé par la Compagnie du Mississippi. Malgré les réussites de Mahé de La Bourdonnais (colonisation de La Réunion et de l'île Maurice) et de Joseph François Dupleix (établissements français aux Indes), la Compagnie, ruinée par les guerres coloniales et maritimes (guerre de Succession d'Autriche, Guerre de Sept Ans), perdit son monopole en 1769. Reconstituée par Louis XVI sous le nom de « Nouvelle Compagnie des Indes » en 1785, elle perdit à nouveau son monopole en 1790, alors que la Constituante établissait un certain nombre de principes de liberté de commerce. Sa "liquidation", c'est-à-dire sa privatisation, sera menée par la Convention en 1793. Droits de mutation. Sous l'Assemblée législative, divers travaux votés du 22 au à la suite d'une campagne menée par Joseph Delaunay dit d'Angers et Jean-François Delacroix contre l'agiotage, assujettirent les actions au porteur à un droit d'enregistrement à chaque mutation. Les dividendes perçus par les actionnaires des sociétés financières seraient ainsi débités d'une taxe de près de 25 %. Pour la bonne forme, les administrateurs firent leurs mutations par écrit, sur un registre spécial, appelé « livre des transferts ». Mais dans la réalité, ils imaginèrent de verser les dividendes des actionnaires sous la fausse appellation de « réduction de capital ». En , des affiches révélèrent ces manœuvres et Joseph Delaunay dénonça bruyamment – les 9 et – la fraude fiscale des transferts. Ce fut acté à la Convention et les actionnaires et les administrateurs de la Compagnie, redoutant une liquidation désormais inéluctable, firent savoir à quelques députés choisis du Comité de sûreté générale, qu'ils désiraient pouvoir être nommés eux-mêmes, par la Convention, liquidateurs de la compagnie de Indes. Ainsi ils pensaient pouvoir évaluer à leur guise le montant des actifs, éviter les amendes fiscales prévues contre eux, et proposer à l'Assemblée un plan de remboursement qui fût favorable à leurs intérêts. Tout cela portait sur des sommes considérables. Les députés en embuscade. Au début de l'été 1793, les membres du Comité de sûreté générale convinrent qu'ils étaient en mesure de faire passer un décret portant que la Compagnie des Indes pourrait se liquider elle-même. Moyennant quelques compensations. Les intermédiaires de ces tractations furent le baron de Batz qui aurait reçu Chabot à l'Ermitage de Charonne, puis Benoist d'Angers, ancien factotum de Talon et de Maximilien Radix de Sainte-Foix, tous les deux versés dans les questions financières. Outre Chabot, leurs interlocuteurs furent principalement Delaunay d'Angers – ami personnel de Jacques-René Hébert et de Benoist d'Angers, son « pays » – qui s'en ouvrit à ses collègues Hébertistes Amar et Julien de Toulouse, appartenant eux aussi au premier Comité de sûreté générale. Mais c'est Fabre d'Églantine, en relation fraternelle avec Delaunay d'Angers, qui devait par la suite jouer un rôle prépondérant dans cette affaire. Pour faire pression sur les administrateurs des Indes, les députés véreux, qui désiraient faire monter les enchères, avaient obtenu dès juillet que les scellés fussent posés sur les biens de la Compagnie des Indes. Ses représentants, se sentant pris au piège, n'auraient d'autres choix, pensaient-ils, que se montrer accommodants. Comme prévu, le décret supprimant les compagnies financières et les sociétés par actions fut voté le . Restait la question des décrets d'application portant, notamment, sur les modalités de la liquidation. Dans cette attente, les actions se mirent à baisser, ce qui aurait permis aux députés de se porter acquéreur de titres, ce qui n'est pas prouvé. « L'affaire ». Joseph Delaunay, François Chabot et Julien de Toulouse se firent nommer à la commission des finances que la Convention chargea de rédiger le fameux décret réglant les modalités de la liquidation de la Compagnie des Indes. Pour prix de leur compréhension, ils avaient réclamé un premier pot-de-vin de livres. Dans le projet de décret présenté le par Joseph Delaunay à la Convention, des formulations ambiguës du texte semblaient laisser à la Compagnie des Indes la possibilité de procéder elle-même à sa liquidation. Fabre d'Églantine, soutenu par Maximilien de Robespierre, protesta avec énergie. La Convention s'empressa de modifier le texte : la liquidation serait effectuée par le gouvernement (amendement Fabre), la nation n'entendant pas se charger d'un éventuel déficit (amendement Pierre Joseph Cambon). Lorsque le décret, après le renvoi en commission pour une nouvelle rédaction et un délai anormalement long de dix-neuf jours, parut au "Bulletin révolutionnaire", les amendements avaient disparu. Le nouveau texte permettait à nouveau à la Compagnie des Indes d'échapper aux amendes dont elle était frappée, et de se liquider elle-même sous la surveillance symbolique de commissaires nationaux chargés de la liquidation. L'opération passa inaperçue. On sut plus tard que Joseph Delaunay avait confié à l'imprimeur le texte non modifié, signé par Fabre d'Églantine, qui allait dans le sens des actionnaires. Distraction ou complicité, on ne saura sans doute jamais quelle fut la raison de cet échange. Dénonciateurs et dénoncés. François Chabot, excédé d'être mis seul sur la sellette, dévoila les dessous l'affaire de la Compagnie des Indes. Il donna une version selon laquelle la « conspiration » avait été tramée par le baron Jean de Batz, pour ruiner la République. Or celui-ci avait quitté Paris en juillet et n'était pas là pour témoigner. Très vite, les Hébertistes se servirent de cette affaire pour tenter de salir la Convention tout entière. Une campagne de dénonciation fut orchestrée par Hébert contre les « pourris », ce qui indisposa grandement Robespierre. Pour sortir de l'ornière dans laquelle il s'était placé de lui-même, Chabot expliqua qu'il avait infiltré la conspiration pour mieux la dénoncer. Et il broda une version selon laquelle Batz, bénéficiant de la protection de Louis-Marie Lhuillier, procureur-général-syndic du département, et de plusieurs membres éminents de la Commune de Paris, avait décidé de corrompre un certain nombre de députés (Fabre d'Églantine, Joseph Delaunay et les membres du premier Comité de sûreté générale), pour, dans le même temps, engager Jacques-René Hébert à lancer une campagne de diffamation contre la Convention. On était très loin du « nœud » du problème, les raisons de la falsification du décret qui n'était pas l'œuvre de Batz. Les dénonciations de François Chabot qui contredirent la ligne de défense de Fabre d'Églantine et des divers protagonistes, la « main de l'étranger » et tous les fantasmes nés de la suspicion généralisée augmentèrent le trouble des conventionnels. Maximilien de Robespierre, pour sa part, acquit la certitude, désormais, qu'il existait une « grande conspiration » dont les fils invisibles étaient tirés par l'étranger et le cabinet de William Pitt. Le problème est que les contours de la « conspiration » décrite par Chabot étaient extrêmement flous. Et comme auraient pu le penser certains, plus perspicaces que Robespierre, une fausse conspiration peut en cacher une vraie. L'Incorruptible s'en aperçut un peu tard, après le 22 prairial an II. Dénoncés et dénonciateurs, tous les protagonistes de l'affaire des Indes à laquelle Danton fut étranger devaient être arrêtés pendant l'hiver 1793-1794. Enquête et arrestations. Le 12 nivôse an II (), on découvrit lors de l'examen des scellés posés chez Joseph Delaunay, l'original du décret – en réalité sa première mouture retouchée de la main de Fabre d'Églantine –, ce qui permit au Comité de sûreté générale de négliger, dans un premier temps, les révélations de François Chabot pour revenir à une simple affaire de faux et de fraude. Bien qu'il ait été laissé en liberté, Fabre d'Églantine était jusqu'alors l'objet de tous les soupçons depuis la découverte du faux signé par lui et confié par Delaunay à l'imprimeur. Le 6 nivôse an II (), il fut donc écarté de l'instruction, mais il restait un témoin gênant pour ceux qui, comme Amar, seul député conservé lors de la formation du second Comité de sûreté générale, avait été partie prenante et mouillé dans l'affaire. Jean-Pierre-André Amar contribua à donner à cette affaire d'escroquerie une dimension politique et contrerévolutionnaire démesurée dont les ennemis mortels des Modérés (qui étaient favorables à un retour à la paix et à la pacification de la Vendée) entendaient désormais se servir. Cette affaire de la Compagnie des Indes qui n'était que crapuleuse prit ainsi, grâce aux Hébertistes des grands comités de Salut Public (Barère et Collot) et de la sûreté générale (Amar et Vadier), une dimension symbolique et tentaculaire qui allait permettre de justifier les exécutions en série, les semaines et mois suivants, des prétendus complices de la . Amar, sous les ordres du président du Comité de sûreté générale Marc Vadier lui-même aux ordres de Bertrand Barère, rédigea ainsi un rapport dans lequel il confondit à dessein les deux textes signés par Fabre d'Églantine. Il ne se préoccupa pas de savoir si les corrections litigieuses étaient ou non de sa main. Il était prévu de se débarrasser de lui pour l'empêcher d'éclairer la Convention, mais aussi pour éviter ses bavardages sur les prévarications de Collot et Billaud en Belgique. Fabre d'Églantine fut arrêté le 24 nivôse, d'autres le suivirent. Fracture au sein des comités. Les Hébertistes redoutés par Robespierre, à savoir François Desfieux et Jacob Pereira furent arrêtés entre le 28 brumaire et le 2 frimaire an II ( et le ). Leur complice Berthold Proli, caché chez l'épouse d'un directeur de la Compagnie des Indes, ne fut arrêté qu'en . Ils composèrent la fournée des Hébertistes. Quant à Bertrand Barère de Vieuzac, Collot d'Herbois et Billaud-Varenne, ils ne laissèrent pas l'occasion qui se présentait à eux d'établir, grâce au rapport de Saint-Just sur cette affaire, le fil ténu de la complicité de Georges-Jacques Danton qu'ils désiraient abattre, lequel, disait-on, avait dîné chez une supposée contrerévolutionnaire, Jeanne-Louise-Françoise de Sainte-Amaranthe. Il fut amalgamé avec cinq de ses amis politiques à quelques Hébertistes et leurs bailleurs de fonds (Frey, d'Espagnac, Guzman). Cet imbroglio de dénonciations croisées, pour certaines infondées, fut fatal à plusieurs personnes étrangères à l'affaire de la falsification du décret de la compagnie des Indes (ainsi Desmoulins, Philippeaux, Dubuisson, parmi d'autres). Cela traduisait la fracture qui s'était produite au sein du Comité de salut public. Cette affaire fut un révélateur d'une crise qui couvait depuis un moment et qui trouvera son épilogue le 9 thermidor an II. Les directeurs de la Compagnie des Indes en 1793. Gourlade (Jacques Alexandre) ; Bérard (Thomas Simon, dit Bérard l'aîné) ; Perier (Augustin) ; Bernier (Pierre) ; Bézard (Jacques) ; Demars (Étienne François Marie) ; Dodun (Jacques) ; Sabatier (Guillaume) ; Desprez (Pierre) ; Montessuy (Denis) ; Bérard (Jean-Jacques dit Bérard cadet) ; Moracin (Jean-François) ; Gougenot (Louis Georges). Après le 9 Thermidor, le banquier Sabatier tente, avec deux actionnaires, nommés directeurs par intérim, Mallet aîné et Louis-Victor Moreau, d'obtenir la restitution des biens saisis. Ne récupérant que trois navires, les actionnaires décident la liquidation définitive de la Compagnie en .
Alfred Schnittke Alfred Garrievitch Schnittke (en ), né le à Engels (oblast de Saratov) et mort le à Hambourg, est un compositeur russe de l'après-guerre d'origine allemande. Très influencé par Gustav Mahler, Schnittke se veut spirituellement engagé. Il est l'auteur, entre autres, de douze concertos, dix symphonies, six concerti grossi, une soixantaine de musiques de film et une œuvre abondante de musique de chambre. Inclassable – il aime citer Anton Rubinstein : –, sachant créer le scandale comme l'enthousiasme, Schnittke suscite des avis partagés et souvent passionnés de la part des musicologues et critiques. Ses satires polystylistiques, qualifiées de par le critique américain Alex Ross, même s'ils présentent Alfred Schnittke sous l'image fausse d'un ironiste facile, sont une voie d'entrée efficace dans le courant dont, maître de l'ironie, il se présente comme le principal initiateur en musique : le polystylisme. Immanquablement politisée, la musique de Schnittke est donc vulnérable à une étude purement historico-politique. Reste que sa musique profondément expressionniste contribue, par sa force et une dramaturgie souvent violente, à faire de Schnittke une figure majeure de la musique de la fin du . Biographie. De la jeunesse à Engels au séjour à Vienne (1934-1948). Le père de Schnittke, Harry Viktorovich Schnittke (1914–1975) né à Francfort-sur-le-Main, appartient à une communauté juive germanophone de Lettonie. Comme ses parents, Harry Schnittke travaille dans l'édition, sa double connaissance du russe et de l'allemand lui étant utile (son fils Viktor, le frère cadet d'Alfred sera également éditeur). Sa mère, Maria Iossifovna Schnittke (née Vogel, 1910–1972) est issue d'une communauté russe allemande implantée aux bords de la Volga. Bien que cumulant les identités -il se sent à la fois Russe, Allemand et Juif– c'est la Russie que Schnittke considère comme sa véritable patrie culturelle. Sur le plan religieux, il considère sa foi comme simultanément catholique par sa mère, juive par son père et orthodoxe par la Russie. déclarera-t-il. Né en 1934 à Engels, capitale de la république autonome des Allemands de la Volga, Alfred Schnittke y passe les premières années de sa vie. Les années de guerre, qui donnent lieu, en 1941, à des déportations massives vers la Sibérie et le Kazakhstan, le bouleversent profondément. En 1946, son père y obtenant un poste de rédacteur, la famille Schnittke part s'installer à Vienne. Le jeune Alfred découvre un univers musical qui lui était complètement inconnu. Un soir, son père ramène à la maison un accordéon Hohner de petite tessiture, qui est son premier instrument de musique. Peu après, la famille se dote d'un piano et Schnittke devient l'élève de Frau Charlotta Ruber, professeur de musique qui habite l'étage au-dessus de chez lui. Il passe des heures sur le piano familial à répéter inlassablement les mêmes accords, qu'il altère progressivement par des nuances légères. Son frère Viktor rapporte qu'il était alors parfaitement , de même qu'il sortait de ces recherches « complètement épuisé ». Le jour où sa professeur de musique lui enseigne la notation musicale, il écrit sur-le-champ un air qu'il vient de composer sur place. C'est à Vienne, écrit le violoncelliste Alexander Ivachkine, auteur d'une biographie sur le compositeur, que Schnittke jette son dévolu sur la musique. Schnittke écrit , . Le séjour de Schnittke à Vienne , écrira Ivachkine. Formation et débuts au Conservatoire de Moscou (1948-1972). En 1948, la famille Schnittke part à Moscou. Le jeune Alfred entre au Département Voix et Direction de Chœur du Conservatoire de Musique de la Révolution d'Octobre. Se sentant moins expérimenté que ses camarades, il prend des cours privés avec le théoricien de la musique Iossif Rijkine, ce qui lui permet d'acquérir les notions d'analyse et d'harmonie qui lui manquent. Quelques années passent, Alfred est reçu au Conservatoire Tchaïkovski. De 1958 à 1963, il étudie la composition et le contrepoint dans la classe d'Evgueni Goloubev (1910–1988) et l'instrumentation avec Nikolaï Rakov. Pendant ses années d'étude, il composera sa Symphonie (numérotation postérieure), partition romantique où l'on retrouve encore l'influence des symphonies de Nikolaï Miaskovski. Schnittke obtient son diplôme en 1961 en présentant l'Oratorio "Nagasaki", sa première partition d'ampleur, composée en 1959. Exécutée à Moscou en 1959, sans public car jugée trop moderniste, l'enregistrement devait néanmoins accompagner des émissions de propagande pacifiste soviétique à destination du Japon, visant à dénoncer l'impérialisme américain. Toujours en 1961, il rejoint l'Union des compositeurs soviétiques. Le talent d'Alfred Schnittke est reconnu dès cette époque ; Philip Herschkowitz (1906–1989), un disciple de Webern qui habitait alors Moscou, apprécie sa musique et le prend quelque temps sous son aile. Au total, Schnittke reste vingt ans au Conservatoire de Moscou, après y avoir enseigné en tant que professeur d'instrumentation, un poste relativement modeste qu'il abandonnera en 1972. Il a eu notamment pour élève Vassili Lobanov. Schnittke consacre beaucoup de temps à l'étude des partitions et aux enregistrements. L’accès à ces derniers fut considérablement facilité par les visites de Stravinsky en 1962, et de Nono en 1963. Il effectue un important travail de recherche et d'inventaire musicologique, qui le conduit à écrire plusieurs essais, notamment sur Stravinsky, Chostakovitch, Prokofiev, Bartók, Ligeti, la Klangfarbenmelodie (littéralement en allemand : ) chez Webern et la Sinfonia de Berio. Seuls ceux traitant de Chostakovitch et Prokofiev seront autorisés à la publication, les autres ne l'étant que plus tardivement, par des éditions allemandes. De la première symphonie au quintette, la mort d'une mère (1972-1976). Dès 1972, ayant abandonné son poste d'enseignant au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, Schnittke se consacre entièrement à la composition. Mais malgré une relative ouverture du régime vers les musiciens étrangers, tels le très populaire Benjamin Britten au milieu des années soixante, le modernisme de Schnittke inspire la méfiance et l'on s'empresse de saturer le compositeur de musiques de film. Il ne lui reste que peu de temps pour se consacrer au répertoire de concert. Il mène ainsi une double vie : sept ou huit mois consacrés au cinéma, trois ou quatre pour sa musique. Néanmoins cette situation, même aliénante, procure un avantage matériel indéniable, celui de disposer du grand orchestre cinématographique de l'URSS, émancipé vis-à-vis de l'Union des compositeurs. Schnittke s'en servira comme d'un laboratoire expérimental destiné à préparer des œuvres plus ambitieuses. À titre d'exemple, la grande passacaille qui couronne le "Deuxième Concerto pour violoncelle" (1992) est tirée du thème principal de la musique composée en 1974 pour le film "Agonie" d'Elem Klimov. Du reste, le cinéma ne manquait pas de le passionner – Schnittke étant lui-même membre de l'Union des cinéastes –, sans mentionner que beaucoup de cinéastes, tels en particulier Elem Klimov, Alexandre Askoldov et Andreï Kharjanovski, menaient un combat parallèle au sien. La première œuvre polystyliste d'Alfred Schnittke sert d'ailleurs de bande son pour le dessin animé "L'Harmonica de Glace" (1968) d'Andreï Kharjanovski. Œuvre basée sur le motif B.A.C.H., il y puisera abondamment pour composer sa seconde sonate pour violon et piano, datant de la même année. C'est également vers cette époque que les compositions de Schnittke prennent une direction nouvelle, dont on trouve les prémisses dès son "Premier quatuor à cordes" de 1966. Dans les années soixante, Schnittke cherchait à s'approprier de nouvelles techniques de composition en explorant de nouvelles perspectives. Faisant contraste, les années soixante-dix sont une période d’analyse rétrospective de langages stylistiquement différents, et de tentatives pour trouver de nouvelles significations à d’anciennes racines. Cette voie, résolument postmoderne, culmine dans sa "Première Symphonie", œuvre majeure du compositeur, achevée en 1972, qui tient à la fois du bilan et du manifeste. Le chef d'orchestre Guennadi Rojdestvenski en fit la création avec l'orchestre de Gorki (maintenant Nijni-Novgorod) en 1974, après que son exécution a été refusée à Moscou et à Léningrad. On raconte que le train allant de Moscou à Gorki, ce jour-là était rempli d'étudiants et de musiciens, auxquels s'était même joint Mstislav Rostropovitch. Selon l'expression de ce dernier, la possibilité d'une telle création révélait des . On trouve dans le dernier mouvement de cette "Première Symphonie" le motif caractéristique de 4 notes dont Dimitri Chostakovitch (1906-1975) s'inspira pour ouvrir son "Premier Concerto pour violoncelle". C'est en 1972 que la mort fait irruption dans la vie de Schnittke, avec la mort de sa mère au cours de la nuit du 16 au . Son "Quintette pour piano" est une œuvre dédiée à sa mémoire. Il confia par la suite que sa mère n'ayant jamais beaucoup apprécié sa musique, l'enjeu était de lui donner une structure et un langage que sa mère aurait été capable d'appréhender. Ce "Quintette", œuvre du regret d'une grande portée métaphorique, est l'objet d'une très longue gestation et de nombreuses esquisses, dont la plupart seront délaissées ou réutilisées dans d'autres œuvres. Achevé en 1976, proche en son thème valsant et répétitif du Chostakovitch le plus sinistre, il est clos par une passacaille d'une très grande simplicité, faisant entendre un motif au piano joué jusqu'à extinction. Schnittke en composera une version pour orchestre, "In memoriam". Les premiers succès à l'étranger, le Faustus (1976-1985). Consciente elle-même des besoins de renouvellements, l'Union des compositeurs organise des événements tels que la manifestation internationale "Nous t'attendons, Musique", à laquelle la presse consacre de très larges échos. Toutes ces tentatives n'en restent pas moins détournées à des fins tout autres. Ainsi, la musique jouée lors du festival y sera bien plus traditionaliste que moderniste, sans compter que Brejnev se sert du festival comme d'un prétexte pour faire oublier ses excursions militaires en Afghanistan, récemment mises à l'index par la communauté internationale. Schnittke, qui se voit systématiquement refuser le visa pour l'étranger depuis qu'il s'est abstenu de voter à l'Union des compositeurs soviétiques, est absent aux créations étrangères – voire mondiales – de ses œuvres, dont le nombre de commandes se multiplie, pour peu qu'elles soient aux États-Unis ou en Europe occidentale. Mais les temps changent favorablement et des initiatives parallèles, de plus en plus nombreuses, voient le jour. Elles permettent à Schnittke, comme à d'autres musiciens auxquels les instances officielles refusaient de prêter attention, de faire entendre leur musique directement en URSS. En particulier, l'ensemble de chambre cofondé par violoncelliste Alexander Ivachkine va se spécialiser dans le répertoire contemporain et œuvrer à la diffusion de sa musique. C'est également le cas du Festival Automne de Moscou, dont la première édition a lieu en 1979. On y joue Labyrinthes (1971), une musique qu'il a composée pour un ballet, aux côtés d'œuvres d'Edison Denisov et de Sofia Goubaïdoulina. Le , un pas supplémentaire est franchi. Toujours en compagnie de Denisov et de Goubaïdoulina, Schnittke est joué dans la grande salle du Conservatoire de Moscou. Guennadi Rojdestvenski y interprète sa Suite Gogol, composée en 1978 pour un spectacle de Iouri Lioubimov. Schnittke a longtemps été hanté par la figure d'Adrian Leverkühn, présente dans le roman "Le Docteur Faustus" de Thomas Mann. En 1982, le Festival Automne de Moscou donne à entendre"Seid nüchtern und wachet..." (littéralement "Soyez sobres et veillez") cantate sur un texte de L'histoire du docteur Faust, publié à Francfort en 1587, le même texte que celui utilisé dans la composition finale d'Adrian Leverkühn, la lamentation du Faustus. Le compositeur souhaitait en faire une musique qui, en effets, surpasserait le rock. En réalité, le tango macabre qui vient culminer l’œuvre, rappelle volontiers l'expressionnisme d'un Kurt Weill. Ce tango, souvent le théâtre d'une prestation scénique travaillée, comme en témoignent les versions du Malmö Symphony Orchestra avec Inger Blom ou du Hradec Kralove Philharmonic avec Iva Bittova, révèle une contralto, dont la voix comme y devient une sorte , selon les mots du critique musical Alex Ross. Schnittke ira jusqu'à en faire un opéra entier, créé en 1995 à Hambourg, qui intègre la cantate dans son dernier acte. L'après-perestroïka et l'ultime période créatrice (1985-1998). Après la perestroïka et le regain de liberté qui en résulte, une série d'hémorragies cérébrales, dont la première date de 1985, plongent Schnittke dans des comas atteignant jusqu'à 3 mois. Déclaré cliniquement mort à plusieurs reprises, il se remettra à composer, sitôt rétabli. Son premier concerto pour violoncelle (1986) est une œuvre qui coïncide avec une de ces convalescences ; on en comprend aisément le ton inquiétant, presque funeste, qui y règne. En 1988, il se rend pour la première fois aux États-Unis afin d'assister à la création américaine de sa Première Symphonie et en 1990, il quitte définitivement l'URSS pour s'installer à Hambourg. C'est une période où le compositeur, se sentant en sursis, accepte toutes les commandes qui lui sont données. Faisant preuve d'une énergie tout à fait remarquable, il écrit successivement : trois opéras, trois symphonies et plusieurs concertos. Une troisième hémorragie va le priver de mobilité et de l'usage de la parole. Il continuera à écouter de la musique et à en écrire chaque jour quelques mesures, jusqu'au coup fatal, le . Son enterrement au cimetière de Novodiévitchi, fait l'objet de cérémonies officielles. Esthétique. Si à bien des égards la musique d’Alfred Schnittke dérive de la tradition russe (de compositeurs tels que Chostakovitch et Stravinsky), elle est également redevable de la tradition germanique (Mahler et Berg) et américaine (Ives). C'est en effet une musique qui échappe à tout dogmatisme, tour à tour tonale, atonale, microtonale, contrapuntique, voire mimant le geste de l'improvisation. Gouvernée par une dramaturgie mahlérienne, c'est une œuvre de synthèse, à une époque où l'auditeur est déchiré entre des tendances esthétiques contradictoires. Harmonie. D'après Schnittke, le dodécaphonisme , il en tire la conclusion suivante : « le train sériel dans lequel j'étais monté, m'a vite paru trop encombré et condamné par ses rails à faire toujours le même trajet. Je décidai alors de descendre à la prochaine station et de continuer mon propre chemin à pied. » D'ailleurs, il ne cèdera pas au scrupule d'autolimitation expressive qui obsède encore beaucoup de sérialistes. En réalité, Schnittke est persuadé que la plus intense expression est atteinte dans le conflit permanent de la dissonance et de la consonance, de même que dans la juxtaposition récurrente de l'élégiaque avec la satire, ce qui pourrait le rapprocher d'Erik Satie. À l'inverse de Webern qui, tout en cultivant les dissonances, a tendance à les neutraliser, jusqu'à atteindre avec l'Opus 28 l'impassibilité minérale d'un paysage harmonique sans tension, Schnittke les exacerbe et les utilise comme principal agent d'intensification. Mélange des styles ou « polystylisme ». Le « polystylisme » ou , consistant à adopter des références stylistiques multiples au sein d'une même œuvre, parsème la production de Schnittke, lui-même grand amateur de jazz fusion. Les grands principes en seront théorisés dans le texte "Les tendances polystylistiques dans la musique moderne", présenté au du conseil international de musique de l'Unesco de 1971, mais publié seulement 17 ans plus tard. La mise en œuvre du polystylisme passe par l'utilisation fréquente de ce que le compositeur appelle des pseudo-citations, certains motifs génériques dont le pouvoir expressif nous est déjà familier. Parce que les musiques du passé font partie intégrante de notre mémoire musicale, au même titre que les souvenirs de l'enfance déterminent notre personnalité adulte, le polystylisme, en ranimant un vécu musical propre à chaque auditeur, ouvre une nouvelle dimension, purement psychologique à la musique. déclare-t-il. Jamais arbitraires, ces vestiges musicaux du passé sont mis sous tension par les apports du présent, pour être corrompus, puis refondus dans la masse sonore. Par ces corruptions, qui sont souvent des mutilations de l'harmonie, ou, à la manière de Charles Ives, des interférences avec d'autres thèmes, Schnittke pousse l'ironie encore un stade plus loin que Chostakovitch venait de le faire avec les citations directes de Guillaume Tell, Rossini et Wagner, dans sa . Ainsi le climat régnant dans ces œuvres est-il plus proche de la détresse latente d'un Zimmermann que de l'effervescence du Berio de la sinfonia. Le musicologue Jean-Noël Von der Weid dira avec humour de ses expériences polystylistiques que Schnittke « mélange tout ce qui peut être reconnaissable ». Quant à Christian Leblé, il renchérit en déclarant que « la musique de Schnittke laisse toujours croire que l'on écoute Berg pendant que le voisin du dessus écoute Schubert ». Une des vocations du polystylisme est de rappeler qu'une culture musicale cosmopolite supplante désormais l'ancienne éducation monoculturelle de nos aïeux. Schnittke prône la complexité des frontières comme un idéal en soi. Par ses racines familiales composites, il est sans doute le mieux placé des compositeurs pour l'enseigner à ses auditeurs. Un musicien écrasé par le système. Schnittke appartient à une génération de compositeurs sacrifiés au bénéfice d'un système qui leur fait composer des musiques de film à la chaîne : entre 1962 et 1984, il en composera un total de soixante-six pour Mosfilm. La majorité de ses œuvres pâtissent du retard dans l'édition des partitions, qui est une édition d'État. À titre d 'exemple, le quatuor n'est édité que treize ans après sa création. En comparaison, Kabalevski, musicien apprécié par le régime, n'a jamais patienté plus de deux ans avant de voir une de ses partitions éditée. Cette œuvre, écrite à l'occasion la commémoration de la révolution de 1917, est directement écartée par le comité de sélection, sous prétexte que son auteur y aurait ignoré les traditions nationales. Néanmoins, dès les années 1960, la musique de Schnittke trouve un certain nombre d'adeptes parmi l'intelligentsia, et, assez singulièrement, dans les membres de la Faculté des Sciences de l'Université de Moscou. C'est l'époque des circuits "underground" : des meetings clandestins réguliers regroupent les amateurs de sa musique de chambre aux côtés de quelques musiciens. Ils permettent de diffuser des œuvres telles que sa première sonate pour violon et piano de 1963. Aussi, de nombreuses partitions sont transmises sur microfilms vers l'Ouest, une pratique notamment connue pour avoir permis d'exporter la Symphonie de Chostakovitch (1942). Entre 1977 et 1978, Schnittke est témoin de l'un des plus gros scandales dans les relations entre la France et l'URSS. Lui et le metteur en scène Iouri Lioubimov sont invités au Palais Garnier pour écrire une nouvelle version de "La Dame de pique" de Tchaïkovski. Le livret original, détourné à des fins romantiques par Modest Tchaïkovski (le frère du compositeur), souffrait de nombreuses maladresses, sans compter qu'il prenait de très grandes libertés vis-à-vis de la nouvelle de Pouchkine. Le chef d'orchestre Algis Juraitis, alors directeur du Bolchoï, chargé par l'Union des compositeurs soviétiques d'une enquête sur l'affaire, consulte en cachette les notes de Schnittke avant de revenir à Moscou crier au scandale. Un article est aussitôt publié dans la "Pravda", on y évoque la à travers la , abaissé au rang d'une . Schnittke, Lioubimov et Rojdestvenski sont aussitôt accusés d'immoralité. Mettant en cause leur , le rédacteur en chef de la "Pravda" refuse de publier la réponse des trois accusés, qui paraît finalement dans "Le Monde". Ils y énumèrent les erreurs dans l'article de Juraitis et citent des extraits de la correspondance de Tchaïkovski corroborant leur démarche. À court d'arguments, Moscou propose alors un ultimatum, faire venir des afin de terminer le travail dans le . Rolf Liebermann, administrateur de l'opéra de Paris à cette époque, refuse la proposition et le projet est abandonné. Reconnaissance et postérité : le soutien des grands solistes. Schnittke ne se confiait que très rarement à la presse. La renommée de sa musique est l’œuvre avant tout de ses amis concertistes, qui se mettent, dès les années 1970, en devoir de diffuser sa musique auprès du public étranger. Parmi ceux-ci, citons le chef Guennadi Rojdestvenski, le violoniste Gidon Kremer, l'altiste Yuri Bashmet et les violoncellistes Natalia Gutman et Mstislav Rostropovitch. Alors qu'on lui refusait systématiquement le visa pour assister aux créations étrangères de ses œuvres, ses accointances avec Gidon Kremer lui permettent néanmoins d'accompagner ce dernier, à plusieurs reprises, dans ses tournées à l'étranger. C'est ainsi au cours d'un tour en Autriche que Schnittke peut se rendre sur la tombe de Bruckner, à l'abbaye de Sankt Florian. Le souvenir lointain d'un chœur entendu lors de ce bref séjour va lui inspirer sa seconde symphonie. Encore une fois, c'est Rojdestvenski, profitant cette fois de son poste de chef à l'orchestre de la BBC, qui en assure la création à Londres en 1980. Devenu l'un des musiciens les plus représentatifs de la modernité auprès du grand public, aux côtés de John Adams (1947-) et de Philip Glass, Schnittke est régulièrement l'invité d'honneur des plus grands festivals à l'étranger, après l'effondrement du bloc soviétique, tels le Settembre Musica à Turin auquel il assiste en 1991 et en 1993. De même, il reçoit fréquemment des commandes provenant des plus grands orchestres, comme sa troisième symphonie, commandée par Kurt Masur pour l'inauguration du Gewandhaus de Leipzig en 1981 ou sa pour le centenaire du Concertgebouw d'Amsterdam en 1988. Cette situation a immanquablement créé des envieux, résolus à minimiser son importance. C'est le cas en France, pays dans lequel Schnittke, et plus généralement les compositeurs russes de la modernité, ont longtemps souffert de déconsidération. Citons l’association Les concerts du Domaine musical, qui depuis sa fondation en 1954 par Pierre Boulez, a présenté 120 œuvres de la génération de ce dernier sans mentionner une seule fois le nom de Schnittke. La Russie, malgré son rôle fondamental dans l'essor de cette modernité, n'y est représentée que par une seule partition, celle d'Edison Denisov. Cette hostilité des grandes institutions musicales parisiennes vis-à-vis de sa musique conduit Schnittke, comme plusieurs autres compositeurs ex-soviétiques, à trouver préférentiellement refuge en Allemagne.
Arme bactériologique
Balcon Un balcon (de l'italien "balcone", lui-même peut-être issu du persan بالكانه , signifiant « pièce en hauteur ») est un élément d'architecture consistant en une plate-forme se dégageant du mur d'un édifice. Il est dans la plupart des cas à l'extérieur de l'édifice. Il peut cependant être à l'intérieur, dans une grande pièce (une salle de spectacle ou une galerie), ou encore se situer dans une cour fermée et peut ne pas communiquer directement avec une pièce. Constitution. La plate-forme en construction ancienne se compose de dalles de pierres taillées posées sur les voussoirs d'une voûte, ou bien en entablement sur une corniche (avec des corbeaux), un cul-de-lampe, ou bien sur des poutres en bois ou des profils en fer (en ajout ultérieur à la construction initiale possible) sortant en porte-à-faux du mur en continuation de la structure reprise du plancher, elle se compose de dalles ou carreaux céramiques sur un appareillage de briques formant des voûtains. En construction moderne en béton armé, la plate-forme est faite en encorbellement, son armature se situe dans sa partie face supérieure et se prolonge en accroche par tirants sur la dalle intérieure qu'elle continue (dalle dont la propre armature se situe, elle, dans sa partie face inférieure, côté sous-face). La plate-forme peut reposer sur des colonnes, des piliers, des consoles, des atlantes ou bien être suspendue par des tirants à la charpente du toit. Elle est enclose de balustrades de pierres, d'une rambarde en serrurerie de métal, d'un garde-corps en verre acrylique ou d'une lisse basse en béton. Typologie. Balcon filant. Si le balcon unit les baies de plusieurs travées de deux façades, à étage intermédiaire, en corniche classique munie d'un garde-corps en serrurerie, ou en fonte moulée formant un bandeau de façade transparent, les architectes parlent d'un « balcon filant », qui se distingue du « balcon semi-filant » (unissant les baies de plusieurs travées d'une seule façade) et du « balcon isolé » ou « balcon individuel » (pour chaque baie d'une seule travée). Les appartements y sont séparés par des herses ou garde-cocus. En architecture moderne, le balcon filant peut être plus profond avec marques de séparation d'appartement par des cloisons de verre acrylique ; certaines plates-formes peuvent être soutenues par les refends porteurs ou des consoles en prolongation de ceux-ci. Loggia. Le balcon peut également ne pas saillir hors du bâtiment mais être un espace ouvert sur l'extérieur à l'étage : on ne compte dans ce cas qu'un seul garde-corps à l'avant, avec des murs sur les côtés et un couvert au-dessus : dans ce cas, on parle alors plutôt de loggia (loge). Oriel. Lorsqu'il s'agit d'un espace appartenant sans cloisonnement à une pièce et qui est clos de fenêtres en saillie de façade, on parle d'oriel (ou "bow-window"), ce qui n'est pas à proprement parler un balcon, même s'il est en encorbellement. Balcon "sur trompe". Typique de l'architecture rocaille du , le balcon peut reposer sur une voûte tronquée appelée "trompe". Balconnet. Balcon à très petite plateforme, ou garde-corps surmontant une allège basse. Mezzanine. Lorsqu'il s'agit d'un espace à mi-étage d'une pièce de grande hauteur, il s'agit d'une mezzanine. Balcon d'opéra. Le balcon d'opéra est une galerie surplombant le parterre, et qui s’étend sur les côtés, jusqu’à l’avant-scène. Le dernier balcon, situé le plus haut, est surnommé "poulailler" ou "paradis". Usages spécifiques. Les balcons sont parfois utilisés à des fins cérémonielles, comme celui de la cathédrale Saint-Pierre de Rome, d'où le pape nouvellement élu prononce la bénédiction "Urbi et orbi". Dans l'habitat moderne résidentiel, le balcon est souvent confondu avec la loggia et la terrasse. Ces éléments de l'architecture ont été très utilisés par Le Corbusier, avec un double but : celui de minimiser le rayonnement solaire estival et celui de profiter de l'extérieur (il utilisait les toits plats en terrasses solarium). De plus en plus, le balcon est utilisé pour le jardinage et permet d'avoir un jardin dans les zones urbaines. Risques et accidents. Il arrive que des balcons s'effondrent, blessant ou tuant les personnes supportées. Par ordre de fréquence en France, les accidents concernent des balcons en béton armé ; puis en pierre et enfin en bois. Les causes les plus fréquentes sont les infiltrations et défaut d'étanchéité, le défaut de solidité, une dégradation du revêtement de sol et/ou des bords… Dans ce pays où il n'existe pas encore de guide de règles professionnelles de construction ou de restauration de balcons, en 2018-2019, en lien avec la DHUP, le service Observatoire et évaluation des risques de l'Agence qualité construction (AQC) a été chargé de préparer un rapport sur les risques liés aux balcons. Sur la base de l'étude de sinistres, d'audition d'experts (judiciaires et professionnels), ce travail vise à proposer un état des lieux et des pistes d'amélioration pour le secteur de la construction. Un autre rapport, plus axé sur des recommandations, pourrait éventuellement suivre (exemple : contrôle périodique des balcons). Une pratique à risque récente consiste à sauter depuis un balcon dans une piscine ou de chuter en passant d'un balcon à autre. Références littéraires. Charles Baudelaire écrivit un poème ayant pour titre "Le Balcon" et connu grâce au chiasme :
Île maréale
Bruno Moynot Bruno Moynot, né le à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), est un homme de théâtre et acteur français. Il est surtout connu comme membre de la troupe du Splendid, principalement pour les rôles qu'il a tenus dans les films "Le père Noël est une ordure" et "Les Bronzés font du ski". Biographie. Entré au théâtre Le Splendid comme machiniste, Bruno Moynot tient progressivement des rôles dans les spectacles donnés par la troupe de comédiens qui y officie dans les années 1970. Il est identifié notamment à ses rôles de Zedko Preskovic dans "Le père Noël est une ordure" ainsi que celui de Gilbert Seldman (ou : Selzmann) dans "Les Bronzés font du ski". Il a fait de nombreuses apparitions dans d'autres films aux côtés de ses camarades du Splendid, Josiane Balasko, Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot ou encore Thierry Lhermitte. Au cinéma, ses rôles deviennent moins importants à partir de 1981 ; il passe des seconds rôles à des rôles dits de « troisième couteau » (petits rôles) ou à de la figuration. Après avoir été un temps, avec Christian Spillemaecker, à la direction du théâtre de la Renaissance, il gère toujours en 2022 le théâtre du Splendid. Il joue au théâtre du Splendid les 26 novembre, 6 et 13 décembre 2022 dans un one-man show appelé "Bruno Moynot imite mal les humains". Vie privée. Il a été le compagnon de Josiane Balasko de 1974 à 1981.
Carmin Le carmin est un pigment-laque rouge profond obtenu par mordançage d'un colorant extrait d’un insecte, la cochenille. Figurant sous la référence dans le Colour Index, il est également appelé "rouge cochenille", ', ' ou "laque carminée". Les "cramoisi", "vermeil" ou encore "sang de saint Jean" peuvent aussi être du carmin. Dans les manuels de teinturerie anciens, le carmin est appelé simplement "cochenille". Le terme "carmin" désigne, par métonymie, une couleur d'un rouge profond. Pigments. Le carmin véritable est un pigment-laque organique naturel (NR4) produit à partir des femelles de cochenilles kermès ("Kermes vermilio"), parasites du chêne kermès. Extraction. La cochenille "Kermes vermilio" était connue en Égypte ancienne, puis en Europe. La laque fabriquée à partir de la sécrétion de cet insecte était connue sous le nom de "laque cramoisie". Courante dans la région de Montpellier, elle a permis à la ville de développer une spécialité de la teinture de tissus écarlates ; cette teinte résultait de l'intervention d'étain dans la fabrication. Ce pigment servait aussi à colorer les manuscrits. Le composé chimique principal responsable de la couleur est l’"acide kermésique", rouge, auquel s'ajoute un colorant jaune-orangé, l’"acide laccaïque D" . La puce cochenille, minuscule insecte du Mexique, produisait aussi une couleur rouge translucide, appréciée des Aztèques. Cet insecte parasite les cactus du genre "Opuntia" (figuier de Barbarie), et produit de l'acide carminique pour se défendre. La nation aztèque Mixteco Zapotèque cultivait des opuntias pour la cochenille avant l'arrivée des Espagnols. Elle fut amenée en Europe à partir de 1526, après l'invasion espagnole du Mexique, et ne tarda pas à éliminer le kermès comme teinture rouge. À Venise, le Titien l'emploie en peinture, d'abord en mélange avec le kermès, puis seule, dans le courant des années 1540. Tant en teinture qu'en peinture, elle remplace complètement le kermès avant la fin du . La préparation était assez complexe, demandait de grandes précautions et donnait au moins douze qualités différentes de pigment. D'autres variétés d'insectes donnent un colorant carmin. Il y a des cochenilles sauvages qu'on récoltait en Amérique, la cochenille de Pologne, qui donne un mélange d'acide kermésique et d'acide carminique, et la cochenille d'Arménie, qui contient de l'acide carminique . Les trois colorants des carmins sont des anthraquinones naturelles . Laque de carmin. Avant l'invention du pigment laque, la bourre de soie teinte à la cochenille servait de base au pigment carmin des artistes peintres. Au début du Cornelis Drebbel mit au point le procédé de fixation du colorant par l'étain, obtenant une nuance plus orangée qu'avec le mordançage à l'alun, d'une couleur écarlate. On commence à trouver, dans ce siècle, des recettes pour préparer un pigment-laque directement à partir de la cochenille. On appelle "laque" un pigment obtenu, comme le carmin, par fixation d'un colorant soluble. Il existe des pigments laqués de plusieurs colorants. Les marchands de couleurs ont vendu le produit sous le nom de « laque de carmin » ou « laque de Florence », ou simplement "laque" celle produite avec la cochenille et l'alun. Les fabricants de laque de garance, bien meilleur marché, mais qui n'a pas le même éclat, avaient tout intérêt à cette synecdoque. En 1816, le marchand de couleurs Bourgeois commercialisa un "carmin de garance", c'est-à-dire une laque obtenue à partir de la garance des teinturiers. La laque carminée était réputée avoir été fabriquée d'abord à Florence et avec le kermès avant que l'on ne connaisse la cochenille. Plus tard, on en a fait de très belles à Paris et à Vienne mais qui ne se distinguaient pas essentiellement de celle de Florence. La transparence de la laque de carmin la destine classiquement en peinture au glacis, grâce auquel on peut obtenir des couleurs profondes, et ajuster des teintes. En 1847, le peintre Dyckmans avait entrepris des essais de vieillissements sur les couleurs pour artistes peintres les plus répandues à son époque. Il disposait du et du . Examinant les résultats en 1880, Blocks conclut que le carmin de cochenille et certaines laques de garance calcinées sont impropres à la peinture artistique. Certains carmins de garance peuvent s'employer. Les colorants et pigments carmins ne sont en effet pas solides à la lumière, ce qui n'a pas empêché de nombreux artistes peintres de l'utiliser. Cette fugacité à la lumière est relative. Les teinturiers considèrent au contraire la cochenille comme solide, bien plus que sa concurrente végétale, la garance. C'est que pour le textile, la durée d'exposition se compte au mieux en années, alors que pour la peinture à l'huile, on comptait en siècles. Le prestige du carmin pour les tissus a certainement influencé la pratique des peintres. En essayant de fabriquer de la laque carminée, un pigment très cher, Georg Ernst Stahl découvrit accidentellement le bleu de Prusse. Production. La cochenille qui produit le carmin se reproduit naturellement sur le figuier de Barbarie des régions andines désertiques. L'interdiction de certains colorants de synthèse et la demande du public pour des produits plus « naturels » a augmenté la vente de ce rouge utilisé en alimentation, en confiserie, en pharmacie et en cosmétique. Le Pérou, premier fournisseur de carmin de cochenille, assurait en 1989 80 % de la production mondiale, dont 60 % sous forme d'insectes et 40 % sous forme de carmin. La cochenille récoltée sur les figuiers de Barbarie est transportée dans les usines d’extraction du colorant à proximité des zones de production. Les insectes recueillis à la main sont séchés au soleil avant d'être vendus aux transformateurs de carmin à Lima. La poudre de carmin est produite en ébouillantant les femelles desséchées pour ensuite filtrer le résidu avant de passer à la précipitation, au lavage et au séchage. Les producteurs ne touchent actuellement que 10 % environ des revenus provenant de la transformation de la cochenille. Les intermédiaires et les producteurs de colorants ont la marge bénéficiaire la plus importante. En 2005, environ assuraient la récolte et la transformation au Pérou. L' ("ITINTEC") au Pérou, et l'Université Simon Fraser cherchent à doubler ou tripler le rendement de l’extraction. Colorant alimentaire. Le pigment carmin, complexe d'acide carminique et d'aluminium, s'utilise comme colorant alimentaire sous le numéro E120. Considéré généralement comme non toxique , le carmin est cependant connu pour déclencher sur une partie restreinte de la population des allergies diverses allant de l'urticaire et l'asthme jusque des chocs anaphylactiques très graves, les réactions au départ de cosmétiques sont plus fréquentes et sont attribuées aux restes d'insectes utilisés pour sa fabrication. Si l'additif est aujourd'hui synthétisable, ce n'est pas encore le cas pour l'alimentation industrielle. À l'instar de nombreux colorants, E120 peut être vendu sous forme de laques d'aluminium : un métal soupçonné, dans l'alimentation transformée, de neurotoxicité. Couleur carmin. Les nuances de pigment carmin d'origine naturelle varient de l'écarlate au rouge plus ou moins pourpré. Au , Michel-Eugène Chevreul a entrepris de situer les couleurs les unes par rapport aux autres et par rapport aux raies de Fraunhofer. , indique-t-il. L'écran peut présenter approximativement cette teinte 2 rouge 11 ton. La "laque carminée" du marchand de couleurs Gademann est rouge 11 ton, les autres carmin 1 rouge, 11 ton ou plus foncé. Mais Chevreul note aussi chez Gademan deux "carmins jaunes", 5 orangé-jaune 8 ton et jaune 9½ ton et un "carmin violet" 4 violet 15 ton. Le "carmin" désigne par métonymie un rouge profond similaire à celui obtenu à partir de la cochenille, notamment le carmin de garance ou l'équivalent synthétique de la teinture de garance, le carmin d'alizarine (PR83). Dans certains systèmes, cette couleur est considérée comme couleur tertiaire, comme mélange d'une couleur primaire, le "magenta", et d'une couleur secondaire, le "rouge orangé" (magenta + jaune). Cependant, ce mélange ne permet d'obtenir que des nuances plus rabattues que celle des pigments carmin. Le "carmin moderne", permanent, est fabriqué à partir de pigments de synthèse (rouges anthraquinoniques PR83 ou PR177, rouge de pérylène PR179), plus permanents. Nuanciers. Le nuancier RAL indique RAL 3002 Rouge carmin. Chez les marchands de couleurs on trouve 603 rouge carmin et 688 laque carminée ; 080 carmin, et 089 carmin foncé et 575 laque carminée ; Carmin Lefranc 902 et Carmin d'alizarine 328 et Laque carminée fixe 343. Étymologie. Le mot "carmin" provient du vieil espagnol "cremesin", qui signifiait « relatif au kermès », adapté lui-même du latin médiéval "cremesinus" pour "kermesinus" ou "carmesinus" (et sa forme contractée "carminus"), c’est-à-dire le pigment de la cochenille "Kermes vermilio", "qirmiz" en arabe (et en persan), dérivant lui-même du sanskrit "krmi-ja" (de "krmih" « ver » et "ja" « produit ») signifiant « pigment rouge produit par un ver ». Les mots "carmin" et "cramoisi" ont la même origine étymologique.
Fer forgé En serrurerie, le fer forgé est un fer qui a été travaillé sous le marteau. Originellement, le fer forgé est principalement associé aux travaux de ferronnerie et au travail du ferronnier ou du forgeron. À la révolution industrielle, un fer forgé formé par puddlage sera également employé dans la construction métallique et dans les chemins de fer. Ce dernier sera remplacé par l'acier à partir de 1880. Histoire. Avant la révolution industrielle le fer était fabriqué par chauffage du minerai au charbon de bois. La température du bas fourneau suffisait à la réduction de l'oxyde de fer, mais était maintenue sous la température de fusion du fer pour éviter la production de fonte brute. Les quantités traitées étaient modestes et ne permettaient que la confection d'objets de taille limitée, dans la construction, des éléments d'assemblage ou de renfort, ainsi que les serrureries qui ont donné le nom à la discipline qui s'occupe des objets manufacturés en fer, la serrurerie. L'étampage qui consiste à frapper le métal chauffé dans une forme en fer lui conférait éventuellement une résistance plus importante. À l'ère de la révolution industrielle, le puddlage, mis au point en 1784 par Henry Cort, un maître de forges anglais, permet de décarburer partiellement la fonte et de produire un fer "forgeable", c'est-à-dire façonnable à souhait. Ce n'est pas le cas de la fonte très riche en carbure de fer, et de ce fait fragile et cassante. La fonte réalisait alors quelques percées spectaculaires dans la construction des ponts métalliques. Ce nouveau fer partiellement décarburé, mais nettement moins que l'acier, est appelé "fer puddlé" ou "fer forgé" selon les sources. Avec cette évolution technique, le travail de forge se déplace de l'atelier artisanal du forgeron, vers les ateliers industriels des usines sidérurgiques. À partir de 1880, avec les progrès des convertisseurs sidérurgiques comme celui du procédé Bessemer, permettant une bien meilleure décarburation, le fer puddlé est remplacé par l'acier plus pauvre en carbone, plus résistant, et aux meilleures propriétés mécaniques. Le fer forgé a donc pu être un fer de diverses qualités façonné dans une forge. Qualités de fer forgé. Le terme fer forgé peut donc faire référence à : Le bas fourneaux produit la loupe qui est cinglée pour en extraire les scories. La qualité du fer dépendait donc du minerai d'origine et de l'habileté du forgeron pour en extraire les scories par battage. Même le fer puddlé, aux premières heures de la révolution industrielle, obtenu par décarburation de la fonte seront longtemps de qualité variable selon les régions notamment. Le fer forgé ancien se distingue par une apparence fibreuse, en lamelles, produite par le travail du métal par le forgeron pour en extraire les scories et aplatir les bulles internes. Ce fer est facile à façonner pour le forgeron, et résiste relativement bien à la corrosion grâce à ses impuretés même s'il présente une rouille superficielle. Il est cassant lorsqu'il est travaillé à froid. Il produit généralement des soudures à l'arc de piètre qualité, et présente des propriétés physiques moindres que les aciers contemporains. Ces aciers possèdent aussi l'avantage de la régularité de la qualité et d'une composition précise aux propriétés physiques prévisibles. Le fer forgé de bas fourneau n'est donc plus produit commercialement. Il s'agit d'un fer produit par un affinage de forge de fonte brute issue d'un haut fourneau. C'est un fer issu de la combustion des impuretés de la fonte brute dans un puddle (brassage de la fonte brute refondue). Le fer produit de nos jours est trop pur pour être utilisé en forgeries, les standards imposant une teneur en carbone inférieur à 0,008 %. C'est pourquoi le fer forgé actuel est en fait une forme d'acier à faible teneur en carbone. Il est dur, malléable et peut être aisément mélangé à d'autres métaux. Il est cependant trop peu résistant pour la confection de lames et d'épées. Réalisations en fer forgé. Avant la révolution industrielle et dans l'artisanat. Les réalisations associées aux techniques de la forge sont aussi appelées fer forgé. Après la révolution industrielle. Du fer forgé ou "puddlé".
Carmin (homonymie) Le carmin est un pigment naturel de couleur rouge que colore l'acide carminique, produit également par synthèse depuis 1991. Employés comme colorant alimentaire, l'un ou l'autre se codent E120 en Europe. Par extension, "carmin" désigne des couleurs rouge foncé.
Commune (revue) Commune fut un mensuel culturel et plus spécifiquement littéraire qui, en France, commença à être publié à partir du 12 juillet 1933 jusqu'en août 1939. "La Revue Commune" a été créée dans le sillage de l'ancien mensuel "Commune" en 1996 aux éditions du Temps des cerises avec René Ballet comme rédacteur en chef. En 2022, "Commune" revoit le jour et se veut « un nouveau média totalement gratuit d’intelligence culturelle et politique. » Commune. Organe officiel de l'AEAR (Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires), la revue — proche également du Parti communiste français — tenta de définir ce que pouvaient être, en France, la culture et la littérature prolétariennes. Publiant essentiellement des extraits de romans ou des nouvelles, "Commune" s'attacha également à introduire en France la critique soviétique, laquelle élaborait, sous l'égide de l'UIER (Union internationale des écrivains révolutionnaires), les enjeux d'une littérature soviétique véritablement révolutionnaire, préfigurant les définitions ultérieures du réalisme socialiste. Le journal énonce ses objectifs et sa ligne éditoriale dans son premier numéro, s'affirmant comme une revue de combat : « Commune, en face des confusions à travers lesquelles la culture présente marche au fascisme, proclame que la seule révolution est la révolution prolétarienne. « Commune engage la lutte contre les premières démarches du fascisme français de droite ou de gauche ; contre les préparatifs idéologiques de la guerre impérialiste et de la lutte armée contre l’U.R.S.S. « Commune dénonce les éléments mortels de la culture et de toutes les propagandes bourgeoises. « Commune fait connaître les éléments vivants d’une culture révolutionnaire [...] Louis Aragon et Paul Nizan en sont les rédacteurs en chefs. En ces temps de séduction à l'égard des compagnons de route, la revue avait néanmoins intégré André Gide (presque d'autorité) dans son Comité de direction, lequel n'avait pourtant pas adhéré à l'A.E.A.R. À partir de 1934, "Commune" entreprit — le plus souvent sous la plume de critiques russes — une attaque systématique de la culture dite bourgeoise. Toutefois, la nécessité de faire front devant la montée du fascisme conduisit ses dirigeants à adopter, vers 1936, des positions de plus en plus souples à l'égard d'auteurs contemporains assez peu engagés tels que Montherlant ou Giraudoux et ce pour signifier très lisiblement leur bonne volonté dans la lutte contre le fascisme. La Revue Commune. "La Revue Commune" a été créée en 1996 aux éditions du Temps des cerises, dans le sillage de l'ancien mensuel "Commune". Elle a cessé de paraître en 2010 à la sortie de son numéro 60. Son rédacteur en chef était René Ballet. Revue Commune. La revue "Commune" est relancée en 2022. Elle s'inscrit dans la continuité de la première mouture de 1933. "Commune" se veut « un nouveau média totalement gratuit d’intelligence culturelle et politique ». Son comité de rédaction est composé de : Olivier Barbarant, Bruno Boniface, Maxime Cochard, Jean-Michel Galano, Victor Laby, Bernard Pegeon, Alain Rouy, Hannibal Volkoff. Le 19 septembre 2022, "Commune" publie la lettre ouverte de la résistante Madeleine Riffaud qui déclare aux urgences de l'Hôpital Lariboisière.
Majorité silencieuse La majorité silencieuse est un lieu commun de la rhétorique politique, produit en réponse à une revendication ou une opinion qui s'exprime publiquement. Signification de l'expression. L'expression a pour but de délégitimer la parole de groupes renvoyés à leur condition supposée de minorité : leaders contestataires, élites urbaines. Elle présuppose que ces élites ou ces groupes ne sont pas représentatifs du « pays réel ». C'est un procédé rhétorique appelé enthymème qui peut se développer ainsi : Les deux premiers points sont notoires et peuvent s'omettre ; le troisième est, au moment où on parle, seulement probable, possible, ou souhaité par l'orateur. L'expression oppose actuellement implicitement, et parfois explicitement, la « majorité silencieuse » aux « minorités agissantes ». Ainsi un groupe de pression ayant recueilli plusieurs milliers de signatures pour une pétition ou réuni autant de manifestants peut-il réussir à faire oublier qu'il ne représente que lui-même et que la majorité dans le groupe ou dans le pays est d'un avis tout à fait opposé. Elle peut introduire un appel à ceux qui ne se sont pas exprimés, qui ne savent pas, qui ne veulent pas ou ne peuvent pas se faire entendre et risquent de pâtir de leur silence. Elle peut jouer aussi, particulièrement quand la revendication qui s'exprime émane de jeunes, sur le double sens de « majorité », le plus grand nombre, mais aussi l'accession à l'état d'adulte responsable. En d'autres occasions, elle a pu servir à opposer la légitimité populaire silencieuse à un parlement dont la légitimité est donc mise en cause, car on conteste son mode de désignation ou bien on le suppose soumis à des pressions. Dans ce cas, le syllogisme se développe ainsi : Usage de l'expression dans l'histoire. L'expression est un lieu commun de la politique depuis que des élections consacrent l'idée que le pouvoir dépend de l'opinion de la majorité et qu'il existe des oppositions fortement exprimées, c'est-à-dire, à peu près depuis la Restauration, bien qu'il ait été appliqué rétrospectivement à la Révolution française. Majorité (parlementaire) silencieuse. Dans ce cas, l'opposition reproche à la majorité des parlementaires, dont la fonction est de s'exprimer, son silence et son approbation inconditionnelle des décisions gouvernementales. On en trouve encore de nombreux exemples pendant le Second Empire. Cependant, cette expression n'a pas un toujours un sens négatif : , écrit Benjamin Constant après les agitations oratoires de la Révolution française. Dans ce cas, la valorisation du silence opposé au bavardage aboutit à une notion du Parlement discipliné, comme la République de Platon, par la compétence philosophique, plus qu'à un lieu de représentation et de conciliation des opinions. Majorité (populaire) silencieuse. À partir de la Troisième République, l'expression « majorité silencieuse » n'a plus guère cours en France que pour exprimer l'opinion que la majorité du pays est favorable aux idées d'ordre, de sécurité, de propriété privée, contre les diverses remises en cause : , lit-on dans le "Gil Blas" début 1888. L'expression a été employée par les gaullistes et leurs alliés politiques après mai 68. Alors député du Puy-de-Dôme, Valéry Giscard d’Estaing en esquisse l'idée le : . Le , dans un discours à Murat, le premier ministre Georges Pompidou demande à la majorité silencieuse de s'exprimer : . Plusieurs politiciens ont notoirement fait usage de cette formule : Utilisation de l'expression. Utilisation positive. En cas de déficit avéré de l'expression générale, il est juste de réclamer un temps de recul pour : Voir en particulier les techniques d'expression de groupe, de dynamique de groupe, de démocratie participative. Le sondage d'opinion vise à étayer l'argument de la majorité silencieuse en faisant état de la réponse d'un échantillon de la population à une question inspirée par une des parties. Utilisation fautive ou discutable. Dans les débats d'opinion, la « majorité silencieuse » peut aussi être utilisée de façon logiquement fautive : En toute rigueur, l'argument de la « majorité silencieuse » ne peut s'employer que de façon négative : les manifestants disent que « le pays veut... », les responsables répondent : « vous n'êtes pas assez pour être "le pays ». Dans le cas contraire, la réponse se base exclusivement sur la conviction, partagée entre l'orateur et ses partisans, qu'il représente la majorité. Cette conviction peut aussi bien exister dans l'autre camp, et on s'oriente vers la solution par le rapport de force. L'argument de la « majorité silencieuse » peut jouer comme une forme d'appel à la terreur, l'orateur évoquant un « complot » ourdi dans l'ombre par quelques-uns pour mystifier la « majorité des gens honnêtes ».
Occidentalien L'occidentalien (parfois ouistrain, "" en anglais) est une langue de fiction apparaissant dans l'œuvre de l'écrivain britannique . Elle est la langue commune de l'Ouest de la Terre du Milieu durant le Troisième Âge, période à laquelle se déroule l'histoire du roman "Le Seigneur des anneaux" ; Tolkien présente d'ailleurs ce roman comme étant un texte rédigé en occidentalien par Bilbo et Frodo, qu'il aurait simplement traduit en anglais. Nom. Le nom « westron » est le nom anglais de la langue ("" signifiant « ouest »). Dans certaines tentatives de francisation de ses traducteurs, cette langue est nommée « ouistrain » (comme chez Francis Ledoux dans sa traduction du "Seigneur des anneaux"). Daniel Lauzon l'a traduit par « occidentalien ». Certaines sources françaises conservent le nom « westron ». Vocabulaire. Tolkien ne donne que peu d'éléments d'occidentalien. Le vocabulaire existant n'est que d'une centaine de mots, mais aucun élément de construction n'a été publié. Des notes existent néanmoins sur l'évolution de certains mots du rohirique à l'occidentalien. Tolkien donne par exemple les noms réels de Frodon Sacquet, Samsagace Gamagie, Peregrin Touque et Meriadoc Brandebouc, qui ne sont que des traductions en anglais des véritables noms de ces personnages. Des noms de lieux sont également donnés.
Empire espagnol L'Empire espagnol (espagnol : "Imperio Español" ; latin : "Imperium Hispanicum"), historiquement connu comme la Monarchie hispanique (espagnol : "Monarquía Hispánica") et comme la Monarchie catholique (espagnol : "Monarquía Católica"), fut l'un des plus grands empires de l'histoire. De la fin du , l'Espagne contrôlait un immense territoire d'outre-mer dans le Nouveau Monde, l'archipel asiatique des Philippines, ce qu'ils appelaient « Les Indes » (espagnol : "Las Indias") et des territoires d'Europe, d'Afrique et d'Océanie. Avec Philippe II d'Espagne et ses successeurs, aux , , l'Empire espagnol devint « "l'empire sur lequel le soleil ne se couche jamais" » et atteignit son extension maximale au . Il fut décrit comme le premier empire mondial de l'Histoire (une description également donnée à l'Empire portugais) et l'un des empires les plus puissants du début de la période moderne. La Castille devint le royaume dominant en Ibérie en raison de sa juridiction sur l'empire d'outre-mer des Amériques et des Philippines. La structure de l'empire fut établie sous les Habsbourg espagnols (1516 – 1700) et sous les monarques Bourbons espagnols, l'empire fut placé sous un plus grand contrôle de la couronne et augmenta ses revenus des Indes. L'autorité de la couronne aux Indes fut élargie par l'octroi papal des pouvoirs de patronage, lui conférant un pouvoir dans le domaine religieux. Un élément important dans la formation de l'empire espagnol fut l'union dynastique entre Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon, connus sous le nom de "Rois catholiques", qui initia la cohésion politique, religieuse et sociale, mais pas l'unification politique. Les royaumes ibériques conservèrent leur identité politique, avec des configurations administratives et juridiques particulières. Bien que le pouvoir du souverain espagnol en tant que monarque variait d'un territoire à l'autre, le monarque agissait en tant que tel de manière unitaire sur tous les territoires du souverain à travers un système de conseils : l'unité ne signifiait pas l'uniformité. En 1580, lorsque Philippe II d'Espagne succéda au trône du Portugal (en tant que Philippe ), il créa le Conseil du Portugal, qui supervisait le Portugal et son empire et « préservait [ses] lois, institutions et système monétaire, et unis uniquement dans le partage d'un souverain commun ». L'Union ibérique resta en place jusqu'en 1640, lorsque le Portugal rétablit son indépendance sous la maison de Bragance. Sous Philippe II (1556 – 1598), l'Espagne, plutôt que l'empire des Habsbourg, était identifiée comme la nation la plus puissante du monde, éclipsant facilement la France et l'Angleterre. En outre, malgré les attaques des États d'Europe du Nord, l'Espagne conservait sa position de domination avec une facilité apparente. Philippe II régnait sur les plus grandes puissances maritimes (Espagne, Portugal et Pays-Bas), la Sicile et Naples, la Franche-Comté (alors comté de Bourgogne), la Rhénanie en Allemagne, une partie ininterrompue des Amériques de la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne bordant l’actuel Canada jusqu'en Patagonie, des ports de commerce à travers l'Inde et l'Asie du Sud, les Antilles espagnoles et certaines exploitations en Guinée et en Afrique du Nord. Il avait également une revendication sur l'Angleterre par mariage. L'empire espagnol dans les Amériques fut formé après avoir conquis des empires indigènes et revendiqué de grandes étendues de terres, à commencer par Christophe Colomb dans les îles des Caraïbes. Au début du , il conquit et incorpora les empires aztèque et inca, conservant les élites indigènes fidèles à la couronne espagnole et se convertissant au christianisme en tant qu'intermédiaires entre leurs communautés et le gouvernement royal. Après une courte période de délégation de pouvoir par la couronne dans les Amériques, la couronne affirma le contrôle de ces territoires et établit le Conseil des Indes pour superviser le gouvernement là-bas. La couronne établit ensuite des vice-royautés dans les deux principales zones d'implantation, la Nouvelle-Espagne (Mexique) et le Pérou, deux régions de populations indigènes denses et de richesses minérales. La circumnavigation espagnole Magellan-Elcano — la première circumnavigation de la Terre — jeta les bases de l'empire océanique du Pacifique en Espagne et commença la colonisation espagnole des Philippines. La structure de gouvernance de son empire d'outre-mer fut considérablement réformée à la fin du par les monarques Bourbons. Le monopole commercial de la couronne fut brisé au début du , la couronne se concertant avec la guilde marchande pour des raisons fiscales en contournant le système soi-disant fermé. Au , le détournement des revenus de l'argent pour payer les biens de consommation européens et la hausse des coûts de défense de son empire signifiaient que « les avantages tangibles de l'Amérique en Espagne diminuaient à un moment où les coûts de l'empire augmentaient fortement ». La monarchie des Bourbons tenta d'élargir les possibilités de commerce au sein de l'empire, en autorisant le commerce entre tous les ports de l'empire, et prit d'autres mesures pour relancer l'activité économique au profit de l'Espagne. Les Bourbons avaient hérité « d'un empire envahi par des rivaux, d'une économie dépouillée de produits manufacturés, d'une couronne privée de revenus [et avaient tenté d'inverser la situation en] taxant les colons, en resserrant le contrôle et en repoussant les étrangers. Ce faisant, ils gagnèrent un revenu et perdirent un empire ». L'invasion napoléonienne de la péninsule ibérique précipita les guerres d'indépendance hispano-américaines (1808 – 1826), entraînant la perte de ses colonies les plus précieuses. Dans ses anciennes colonies des Amériques, l'espagnol est la langue dominante et le catholicisme la religion principale, héritant des héritages culturels de l'Empire espagnol. Rois catholiques et origine de l’Empire. Avec le mariage des héritiers apparent à leurs trônes respectifs, Ferdinand d'Aragon et Isabelle de Castille créèrent une union personnelle que la plupart des érudits considèrent comme le fondement de la monarchie espagnole. Leur alliance dynastique était importante pour un certain nombre de raisons, gouvernant conjointement une large agrégation de territoires, mais pas de façon unitaire. Ils poursuivirent avec succès l'expansion en Ibérie dans la reconquête chrétienne du royaume musulman de Grenade, achevée en 1492. Cette conquête est souvent appelée la « Reconquista » en raison des différentes religions de la classe dirigeante des deux royaumes. Le royaume de Grenade étant le dernier royaume maure de la péninsule, le pape Alexandre VI, né à Valence, leur donna le titre de Rois Catholiques. Cependant, il est important de réaliser que le royaume de Grenade et ses royaumes environnants faisaient partie des califats musulmans depuis plus de sept siècles. Le terme « Reconquista » perpétue une fausse idée que la péninsule appartenait en quelque sorte aux catholiques. En réalité, même si la religion joua peut-être un rôle dans la conquête, le fait est que l'expansion vers le sud était également partiellement motivée par des raisons traditionnelles, telles que la richesse et la terre. Cependant, en raison de la priorité accordée à l'aspect religieux, le terme « reconquête chrétienne » est toujours utilisé pour décrire l'événement. Ferdinand d'Aragon était particulièrement préoccupé par l'expansion en France et en Italie, ainsi que par les conquêtes en Afrique du Nord. Les Turcs ottomans contrôlant les points d'étranglement du commerce terrestre en provenance d'Asie et du Moyen-Orient, l'Espagne et le Portugal cherchaient des itinéraires alternatifs. Le royaume de Portugal avait un avantage sur le reste de la péninsule ibérique, ayant auparavant repris le territoire aux musulmans. Le Portugal acheva la reconquête chrétienne en 1238 et fixa les frontières du royaume. Le Portugal commença alors à chercher une nouvelle expansion à l'étranger, d'abord au port de Ceuta (1415) puis en colonisant les îles atlantiques de Madère (1418) et les Açores (1427-1452) ; il commença également des voyages sur la côte ouest de l'Afrique au . Sa rivale, la Castille revendiqua les îles Canaries (1402) et reprit le territoire des Maures en 1462. Les rivaux chrétiens, Castille et Portugal, parvinrent à des accords formels sur la division de nouveaux territoires dans le traité d'Alcaçovas (1479), ainsi comme l'obtention de la couronne de Castille pour Isabelle, dont l'adhésion était contestée militairement par le Portugal. Après le voyage de Christophe Colomb en 1492 et le premier établissement majeur dans le Nouveau Monde en 1493, le Portugal et la Castille se divisèrent le monde par le traité de Tordesillas (1494), qui donnait au Portugal l'Afrique et l'Asie et l'hémisphère ouest à l'Espagne. Le voyage de Christophe Colomb, un marin génois marié à une Portugaise à Lisbonne, obtint le soutien d'Isabelle de Castille, naviguant vers l'ouest en 1492, cherchant une route vers les Indes. Colomb rencontra de façon inattendue l'hémisphère ouest, peuplé de peuples qu'il appela les « Indiens ». Les voyages suivants et les établissements à grande échelle des Espagnols suivirent, l'or commençant à couler dans les coffres de Castille. La gestion de l'empire en expansion devint un problème administratif. Le règne de Ferdinand et d'Isabelle initia la professionnalisation de l'appareil gouvernemental en Espagne, ce qui conduisit à une demande d'hommes de lettres (letrados) diplômés universitaires ("licenciados"), de Salamanque, Valladolid, Complutense et Alcalá. Ces avocats-bureaucrates composaient les différents conseils d'État, y compris éventuellement le Conseil des Indes et la Casa de Contratación, les deux plus hautes instances de l'Espagne métropolitaine pour le gouvernement de l'empire dans le Nouveau Monde, ainsi que le gouvernement royal aux Indes. Conquête et colonisation ultérieure de l'Andalousie. Lorsque le roi Ferdinand et la reine Isabelle conquirent la péninsule ibérique, ils durent mettre en œuvre des politiques pour maintenir le contrôle du territoire nouvellement acquis. Pour ce faire, la monarchie mit en place un système d'encomienda. Cette itération du système encomienda était basée sur la terre, avec des affluents et des droits fonciers accordés à différentes familles nobles. Cela conduisit finalement à une grande aristocratie terrestre, une classe dirigeante distincte que la couronne tenta ensuite d'éliminer dans ses colonies d'outre-mer. En mettant en œuvre cette méthode d'organisation politique, la Couronne put mettre en œuvre de nouvelles formes de propriété privée sans remplacer complètement les systèmes déjà existants, tels que l'utilisation communautaire des ressources. Après la conquête militaire et politique, l'accent fut également mis sur la conquête religieuse, conduisant à la création de l'Inquisition espagnole. Bien que l'Inquisition fût techniquement une partie de l'Église catholique, Ferdinand et Isabelle formèrent une Inquisition espagnole distincte, qui conduisit à l'expulsion massive des musulmans et des juifs de la péninsule. Ce système judiciaire religieux fut ensuite adopté et transporté vers les Amériques, bien qu'il y ait joué un rôle moins efficace en raison de la compétence limitée et des vastes territoires. Campagnes en Afrique du Nord. Une fois achevée la reconquête chrétienne de la péninsule ibérique, l'Espagne tenta de prendre des territoires en Afrique du Nord musulmane. Elle avait conquis Melilla en 1497, et une nouvelle politique expansionniste en Afrique du Nord fut développée pendant la régence de Ferdinand le Catholique en Castille, stimulée par le cardinal Cisneros. Plusieurs villes et avant-postes de la côte nord-africaine furent conquis et occupés par la Castille : Mazalquivir (1505), Peñón de Vélez de la Gomera (1508), Oran (1509), Alger (1510), Bougie et Tripoli (1510). Sur la côte atlantique, l'Espagne prit possession de l'avant-poste de Santa Cruz de la Mar Pequeña (1476) avec le soutien des îles Canaries, et il fut conservé jusqu'en 1525 à la suite de la signature du traité de Cintra (1509). Navarre et luttes pour l'Italie. Les Rois Catholiques avaient développé une stratégie de mariages pour leurs enfants afin d'isoler leur ennemi de longue date : la France. Les princesses espagnoles épousèrent les héritiers du Portugal, de l'Angleterre et de la maison de Habsbourg. Suivant la même stratégie, les Rois Catholiques décidèrent de soutenir la maison aragonaise de Naples contre Charles VIII de France dans les guerres italiennes à partir de 1494. En tant que roi d'Aragon, Ferdinand avait été impliqué dans la lutte contre la France et Venise pour le contrôle de l'Italie ; ces conflits devinrent le centre de la politique étrangère sous le règne de Ferdinand. Dans ces affrontements, qui établirent la suprématie des Tercios espagnols sur les champs de bataille européens, les forces armées des rois d'Espagne acquirent une réputation d'invincibilité qui devait durer jusqu'au milieu du . Après la mort de la reine Isabelle en 1504 , Ferdinand épousa Germaine de Foix en 1505, cimentant ainsi une alliance avec la France. Si ce couple avait eu un héritier survivant, la couronne d'Aragon aurait probablement été séparée de la Castille, héritée par le petit-fils de Ferdinand et Isabelle, Charles. Ferdinand adopta une politique plus agressive envers l'Italie, tentant d'élargir la sphère d'influence de l'Espagne dans ce pays. Le premier déploiement des forces espagnoles par Ferdinand intervient lors de la guerre de la Ligue de Cambrai contre Venise, où les soldats espagnols se distinguèrent sur le terrain aux côtés de leurs alliés français lors de la bataille d'Agnadel (1509). Un an plus tard, Ferdinand devint membre de la Sainte-Ligue contre la France, voyant une chance de prendre à la fois Milan - auquel il avait une prétention dynastique - et la Navarre. Cette guerre fut moins un succès que la guerre contre Venise, et en 1516, la France accepta une trêve qui laissa Milan sous son contrôle et reconnut le contrôle espagnol de la Haute-Navarre, qui avait effectivement été un protectorat espagnol à la suite d'une série de traités en 1488, 1491, 1493 et 1495. Îles Canaries. Le Portugal obtint plusieurs bulles papales qui reconnaissaient le contrôle portugais sur les territoires découverts, mais la Castille obtint également du pape la sauvegarde de ses droits sur les îles Canaries avec les bulles "Romani Pontifex" du 6 novembre 1436 et "Dominatur Dominus" du 30 avril 1437. La conquête des îles Canaries, habitées par des Guanches, commença en 1402 sous le règne d'Henri III de Castille, par le noble normand Jean de Béthencourt en vertu d'un accord féodal avec la couronne. La conquête fut achevée avec les campagnes des armées de la Couronne de Castille entre 1478 et 1496, lorsque les îles de Gran Canaria (1478–1483), La Palma (1492–1493) et Tenerife (1494–1496) furent soumises. Rivalité avec le Portugal. Les Portugais tentèrent en vain de garder secrète leur découverte de la Côte-de-l’Or (1471) dans le golfe de Guinée, mais la nouvelle provoqua rapidement une énorme ruée vers l'or. Le chroniqueur Pulgar écrivit que la renommée des trésors de Guinée « se répandit dans les ports d'Andalousie de telle manière que tout le monde essayait d'y aller ». Des babioles sans valeur, des textiles maures et, surtout, des coquillages des îles Canaries et du Cap-Vert furent échangés contre de l'or, des esclaves, de l'ivoire et du poivre de Guinée. La guerre de Succession de Castille (1475–1479) fournit aux Rois Catholiques l'occasion non seulement d'attaquer la principale source de la puissance portugaise, mais aussi de prendre possession de ce commerce lucratif. La Couronne organisa officiellement ce commerce avec la Guinée : chaque caravelle devait obtenir une licence gouvernementale et payer un impôt d'un cinquième de ses bénéfices (un séquestre des douanes de la Guinée fut établi à Séville en 1475 - l'ancêtre de la future et célèbre Casa de Contratación). Des flottes castillanes combattirent dans l'océan Atlantique, occupant temporairement les îles du Cap-Vert (1476), conquérant la ville de Ceuta dans la péninsule de Tingitana en 1476 (mais reprise par les Portugais), et attaquèrent même les îles des Açores, pour finalement être battues à Praia. Le tournant de la guerre survint en 1478, cependant, lorsqu'une flotte castillane envoyée par le roi Ferdinand pour conquérir Gran Canaria perdit des hommes et des navires aux Portugais qui repoussèrent l'attaque, et une grande armada castillane - pleine d'or - fut entièrement capturée dans la bataille décisive de la Guinée. Le traité d'Alcáçovas (4 septembre 1479), bien qu'assurant le trône castillan aux Rois Catholiques, reflétait la défaite navale et coloniale castillane : « La guerre avec la Castille éclata violemment dans le golfe [de Guinée] jusqu'à ce que la flotte castillane de trente-cinq vaisseaux y fut défaite en 1478. À la suite de cette victoire navale, au traité d'Alcáçovas en 1479, la Castille, tout en conservant ses droits aux Canaries, reconnut le monopole portugais de la pêche et de la navigation sur toute la côte ouest-africaine et les droits du Portugal sur les îles de Madère, des Açores et du Cap-Vert [plus le droit de conquérir le royaume de Fès] ». Le traité délimita les sphères d'influence des deux pays, établissant le principe de la Mare clausum. Elle fut confirmée en 1481 par le pape Sixte IV, dans la bulle papale "Æterni regis" (datée du 21 juin 1481). Cependant, cette expérience allait s'avérer profitable pour la future expansion espagnole à l'étranger, car comme les Espagnols étaient exclus des terres découvertes ou à découvrir des Canaries vers le sud - et par conséquent de la route vers l'Inde autour de l'Afrique - ils parrainèrent le voyage de Colomb vers l'ouest (1492) à la recherche de l'Asie pour faire le commerce de ses épices, rencontrant plutôt les Amériques. Ainsi, les limitations imposées par le traité d'Alcáçovas furent surmontées et une nouvelle division plus équilibrée du monde fût atteinte dans le traité de Tordesillas entre les deux puissances maritimes émergentes. Voyages au Nouveau Monde et le traité de Tordesillas. Sept mois avant le traité d'Alcaçovas, le roi Jean II d'Aragon mourut et son fils Ferdinand II d'Aragon, marié à Isabelle Ire de Castille, hérita des trônes de la couronne d'Aragon. Ferdinand et Isabelle devinrent connus comme les Rois Catholiques, leur mariage étant une union personnelle qui instaura une relation entre la couronne d'Aragon et de Castille, chacun avec leurs propres administrations, mais gouvernés conjointement par les deux monarques. Ferdinand et Isabelle vainquirent le dernier roi musulman de Grenade en 1492 après une guerre de dix ans. Les monarques catholiques négocièrent ensuite avec Christophe Colomb, un marin génois tentant d'atteindre Cipango (Japon) en naviguant vers l'ouest. La Castille était déjà engagée dans une course d'exploration avec le Portugal pour atteindre l'Extrême-Orient par mer lorsque Colomb fit sa proposition audacieuse à Isabelle. Dans les capitulations de Santa Fe, datées du 17 avril 1492, Christophe Colomb obtint des monarques catholiques sa nomination de vice-roi et gouverneur dans les terres "déjà découvertes" et qu'il découvrirait désormais ; ce fut donc le premier document à établir une organisation administrative aux Indes. Les découvertes de Christophe Colomb inaugurèrent la colonisation espagnole des Amériques. La revendication de l'Espagne sur ces terres fut solidifiée par les bulles papales "Inter caetera" du 4 mai 1493 et "Dudum siquidem" du 26 septembre 1493, lesquelles entérinaient la souveraineté des territoires découverts et à découvrir. Les Portugais voulant maintenir la ligne de démarcation d'Alcaçovas dans la direction est-ouest le long d'une latitude au sud du cap Bojador, un compromis fut élaboré et incorporé dans le traité de Tordesillas, daté du 7 juin 1494, dans lequel le globe était partagé en deux hémisphères divisant les revendications espagnoles et portugaises. Ces actions donnèrent à l'Espagne le droit exclusif d'établir des colonies dans tout le Nouveau Monde du nord au sud (plus tard à l'exception du Brésil, que le commandant portugais Pedro Alvares Cabral rencontra en 1500), ainsi que dans les parties les plus orientales de l'Asie. Le traité de Tordesillas fut confirmé par le pape Jules II dans la bulle "Ea quae pro bono pacis" du 24 janvier 1506. L'expansion et la colonisation de l'Espagne furent motivées par des influences économiques, pour le prestige national, et par une volonté de répandre le catholicisme dans le Nouveau Monde. Le traité de Tordesillas et le traité de Cintra (18 septembre 1509) établirent les limites du royaume de Fès pour le Portugal, et l'expansion castillane fut autorisée en dehors de ces limites, à commencer par la conquête de Melilla en 1497. Pour d'autres puissances européennes, le traité entre l'Espagne et le Portugal ne s'imposait pas à elles-mêmes. François Ier de France observait que "Le soleil chauffe pour moi comme pour les autres et je désire fort voir le testament d’Adam pour savoir comment celui-ci avait partagé le monde". Bulles papales et Amériques. Contrairement à la couronne du Portugal, l'Espagne n'avait pas demandé l'autorisation papale pour ses explorations, mais avec le voyage de Christophe Colomb en 1492, la couronne demanda la confirmation papale de leur titre sur les nouvelles terres. La défense du catholicisme et la propagation de la foi étant la responsabilité première de la papauté, un certain nombre de bulles papales furent promulguées et affectèrent les pouvoirs des couronnes d'Espagne et du Portugal dans le domaine religieux. La conversion des habitants des terres nouvellement découvertes fut confiée par la papauté aux dirigeants du Portugal et de l'Espagne, à travers une série d'actions papales. Le "Patronato real", ou pouvoir de patronage royal pour les positions ecclésiastiques, avait des précédents en Ibérie pendant la Reconquista. En 1493, le pape Alexandre, du royaume ibérique de Valence, émit une série de bulles. La bulle papale d"Inter caetera" conférait le gouvernement et la juridiction des terres nouvellement trouvées aux rois de Castille-et-León et à leurs successeurs. "Eximiae devotionis sinceritas" accordait aux monarques catholiques et à leurs successeurs les mêmes droits que la papauté avait accordés au Portugal, en particulier le droit de présentation des candidats aux postes ecclésiastiques dans les territoires nouvellement découverts. Selon la Concorde de Ségovie de 1475, Ferdinand était mentionné dans les bulles comme roi de Castille, et à sa mort, le titre des Indes devait être incorporé à la Couronne de Castille. Les territoires furent incorporés par les monarques catholiques en tant qu'actifs détenus conjointement. Dans le traité de Villafáfila de 1506, Ferdinand renonça non seulement au gouvernement de Castille au profit de son gendre Philippe de Castille mais aussi à la seigneurie des Indes, retenant la moitié des revenus des "royaumes des Indes". Jeanne de Castille et Philippe ajoutèrent immédiatement à leurs titres les royaumes des Indes, des îles et du continent de la mer océanique. Mais le traité de Villafáfila à cause de la mort de Philippe. Ferdinand revint comme régent de Castille et comme « seigneur des Indes ». Selon le domaine accordé par les bulles papales et les testaments de la reine Isabelle de Castille en 1504 et du roi Ferdinand d'Aragon en 1516, ces biens devinrent la propriété de la couronne de Castille. Cet arrangement fut ratifié par les monarques successifs, à commencer par Charles en 1519 dans un décret qui énonçait le statut juridique des nouveaux territoires d'outre-mer. La seigneurie des territoires découverts, stipulée par les bulles papales, revenait exclusivement aux rois de Castille-et-León. La forme juridique des Indes devait passer de la « "seigneurie" » des Rois catholiques, à des « "royaumes" » pour les héritiers de Castille. Bien que les bulles alexandrines aient donné un pouvoir complet, libre et omnipotent aux monarques catholiques, ils ne les gouvernaient pas en tant que propriété privée mais en tant que propriété publique par le biais des organismes et autorités publics de Castille. Et lorsque ces territoires furent incorporés à la Couronne de Castille, le pouvoir royal était soumis aux lois de Castille. La couronne était la gardienne des prélèvements fiscaux pour le soutien de l'Église catholique, en particulier la dîme, qui était prélevée sur les produits de l'agriculture et de l'élevage. En général, les Indiens étaient exemptés de la dîme. Bien que la couronne reçoive ces revenus, ils devaient être utilisés pour le soutien direct de la hiérarchie ecclésiastique et des établissements pieux, de sorte que la couronne elle-même ne bénéficiait pas financièrement de ces revenus. L'obligation de la Couronne de soutenir l'Église entraînait parfois le transfert de fonds du Trésor royal à l'Église lorsque la dîme ne permettait pas de payer les dépenses ecclésiastiques. En Nouvelle-Espagne, l'évêque franciscain du Mexique Juan de Zumárraga et le premier vice-roi don Antonio de Mendoza créèrent une institution en 1536 pour former des indigènes à l'ordination sacerdotale, le Colegio de Santa Cruz de Tlatelolco. L'expérience fut considérée comme un échec, les indigènes étant considérés comme trop nouveaux dans la foi pour être ordonnés. Le pape Paul III publia une bulle, "Sublimis Deus" (1537), déclarant que les indigènes étaient capables de devenir chrétiens, mais les conseils provinciaux mexicains (1555) et péruviens (1567-1568) interdirent les indigènes de l'ordination. Premières implantations dans les Amériques. Avec les capitulations de Santa Fe, la Couronne de Castille accorda un pouvoir étendu à Christophe Colomb, y compris l'exploration, la colonisation, le pouvoir politique et les revenus, la souveraineté étant réservée à la Couronne. Le premier voyage établit la souveraineté de la couronne. Celle-ci supposait que l'évaluation grandiose faite par Colomb de ce qu'il avait trouvé était vraie. Alors l'Espagne renégocia le traité de Tordesillas avec le Portugal pour protéger leur territoire du côté espagnol de la ligne. La Couronne revu assez rapidement sa relation avec Colomb, et décida d'appliquer un contrôle plus direct sur le territoire ainsi que de mettre fin à ses privilèges. Ayant retenu la leçon, la Couronne était beaucoup plus prudente dans la spécification des conditions d'exploration, de conquête et de colonisation dans de nouvelles zones. Le modèle issu des Caraïbes qui s'appliqua plus largement à l'ensemble des Indes espagnoles était l'exploration d'une zone inconnue et la revendication de souveraineté pour la couronne ; la conquête des peuples autochtones ou prise de contrôle sans violence directe ; une domination par des Espagnols qui obtenaient le travail des indigènes via les encomienda; et les colonies existantes devenant le point de départ pour de nouvelles explorations, conquêtes et colonies, suivies par les institutions de l'établissement avec des fonctionnaires nommés par la couronne. Les modèles établis dans les Caraïbes furent reproduits dans toute la sphère espagnole en expansion, de sorte que même si l'importance des Caraïbes s'estompa rapidement après la conquête espagnole de l'Empire aztèque et la conquête espagnole du Pérou, beaucoup de ceux qui participèrent à ces conquêtes avaient commencé leurs exploits dans les Caraïbes. Les premières colonies européennes permanentes dans le Nouveau Monde furent établies dans les Caraïbes, initialement sur l'île d'Hispaniola, et plus tard Cuba et Porto Rico. Génois ayant des liens avec le Portugal, Colomb considérait qu'une colonie devait se baser sur le modèle de forts commerciaux et de manufactures, avec des employés salariés pour commercer avec les habitants et identifier les ressources exploitables. Cependant, la colonisation espagnole du Nouveau Monde était basée sur un modèle de grandes colonies permanentes, accompagnées de l'ensemble complexe des institutions et de la vie matérielle en vue de reproduire la vie castillane dans un lieu différent. Le deuxième voyage de Colomb en 1493 comportait un important contingent de colons et de marchandises pour accomplir cela. À Hispaniola, la ville de Saint-Domingue fut fondée en 1496 par le frère de Christophe Colomb, Bartolomeo Colomb, et devint une ville permanente en pierre dure. Affirmation du contrôle de la Couronne dans les Amériques. Bien que Colomb affirmât fermement et croyait que les terres qu'il rencontrait se trouvaient en Asie, la rareté des richesses matérielles et le manque relatif de complexité de la société indigène signifiaient que la Couronne de Castille n'était initialement pas préoccupée par les pouvoirs étendus accordés à Colomb. Alors que les Caraïbes devinrent un attrait pour les colonies espagnoles et que Christophe Colomb et sa famille génoise élargie n’étaient pas reconnus comme des fonctionnaires dignes de leurs titres, il y eut des troubles parmi les colons espagnols. La couronne commença à restreindre les pouvoirs étendus qu'elle avait accordés à Colomb, d'abord par nomination de gouverneurs royaux, puis par une haute cour ou audiencia en 1511. Colomb rencontra le continent en 1498, et les Rois catholiques apprirent sa découverte en mai 1499. Profitant d'une révolte contre Colomb à Hispaniola, ils nommèrent Francisco de Bobadilla gouverneur des Indes avec juridiction civile et pénale sur les terres découvertes par Colomb. Bobadilla, cependant, fut bientôt remplacé par Nicolás de Ovando en septembre 1501. Désormais, la Couronne n'autoriserait les particuliers à voyager pour découvrir les territoires des Indes qu'avec une licence royale antérieure et, après 1503, le monopole de la Couronne était assuré par la création de la "Casa de Contratación" à Séville. Les successeurs de Colomb, cependant, intentèrent un procès contre la Couronne jusqu'en 1536 afin de faire appliquer les Capitulations de Santa Fe dans les "pleitos colombinos". En Espagne métropolitaine, la direction des Amériques fut reprise par l'évêque Fonseca entre 1493 et 1516, puis à nouveau entre 1518 et 1524, après une brève période de règne de Jean le Sauvage. , donc entre 1504 et 1507 Gaspar de Gricio prit la tête, entre 1508 et 1518 Lope de Conchillos le suivit, et à partir de 1519, Francisco de los Cobos. En 1511, la junte des Indes fut constituée comme un comité permanent appartenant au Conseil de Castille pour traiter des questions des Indes, et cette "junta" constitua l'origine du Conseil des Indes, créé en 1524. Cette même année, la couronne établit une haute cour permanente, ou "audiencia", dans la ville la plus importante de l'époque, Saint-Domingue, sur l'île d'Hispaniola (aujourd'hui Haïti et la République dominicaine). Désormais, la surveillance des Indes était basée à la fois en Castille et auprès des responsables de la nouvelle cour royale de la colonie. De même, au fur et à mesure que de nouvelles zones étaient conquises et que d'importantes colonies espagnoles étaient établies d'autres audiences furent créées. Après la colonisation d'Hispaniola, les Européens cherchèrent d'autres endroits où établir de nouvelles colonies, car il y avait peu de richesse apparente et le nombre d'indigènes diminuait. Hispaniola, moins prospère, rendait les Espagnols impatients de chercher de nouveaux succès dans une nouvelle colonie. De là, Juan Ponce de León conquit Porto Rico (1508) et Diego Velázquez prit Cuba. En 1508, le Conseil des Navigateurs se réunit à Burgos et reconnut la nécessité d'établir des colonies sur le continent. Le projet fut confié à Alonso de Ojeda et Diego de Nicuesa en tant que gouverneurs. Ils étaient subordonnés au gouverneur d'Hispaniola, le nouveau Diego Colomb, avec la même autorité légale qu'Ovando. La première colonie sur le continent fut Santa María la Antigua del Darién en Castille d’Or (aujourd'hui Nicaragua, Costa Rica, Panama et Colombie), colonisée par Vasco Núñez de Balboa en 1510. En 1513, Balboa traversa l'isthme de Panama et dirigea la première expédition européenne à voir l'océan Pacifique depuis la côte ouest du Nouveau Monde. Dans une action qui devait longuement marquer l'histoire, Balboa revendiqua l'océan Pacifique et toutes les terres adjacentes pour la Couronne espagnole. Le jugement de Séville de mai 1511 reconnut le titre de vice-roi à Diego Colomb, mais le borna à Hispaniola et aux îles découvertes par son père, Christophe Colomb. Son pouvoir fut néanmoins limité par les officiers royaux et les magistrats, constituant un double régime de gouvernement. La couronne sépara les territoires situés sur le continent, désignés comme Castille d’Or, de la vice-royauté d'Hispaniola. Etablissant Pedrarias Dávila comme lieutenant général de la Castille d'Or en 1513 avec des fonctions similaires à celles d'un vice-roi, Balboa resta mais fut subordonné comme gouverneur du Panama et de Coiba sur la côte du Pacifique. Après la mort de ce dernier, retournèrent en Castille d'Or. Le territoire de la "Castilla de Oro" n'incluait pas Veragua (qui était compris approximativement entre le Rio Chagres et le cap Gracias a Dios), car il faisait l'objet d'un procès entre la Couronne et Diego Colomb, ou la région plus au nord, vers la péninsule du Yucatán, exploré par Yáñez Pinzón et Solís en 1508–1509, en raison de son éloignement. Les conflits du vice-roi Colomb avec les officiers royaux et avec l'audiencia, créés à Saint-Domingue en 1511, provoquèrent son retour dans la péninsule en 1515. Les Habsbourg d'Espagne (1516-1700). En raison de la politique matrimoniale des Rois catholiques, leur petit-fils, Charles de Habsbourg, reçoit en 1516 des couronnes de Castille et d'Aragon, de l'empire espagnol en Amérique et des possessions de la couronne d'Aragon en Méditerranée et en Italie (royaume de Naples et de Sicile). Mais de sa lignée paternelle (Philippe le Beau, mort en 1506, fils de Marie de Bourgogne et de Maximilien d'Autriche), il a reçu dès 1515 les Pays-Bas bourguignons et le comté de Bourgogne (héritage des ducs de Bourgogne) et en 1519, les possessions de la maison de Habsbourg. En 1520, il est élu empereur sous le nom de Charles Quint (Charles V). Quand il abdique en 1555-1556, il transmet à son fils Philippe ses possessions espagnoles et ses possessions bourguignonnes. Philippe centralise l'administration de l'empire espagnol à Madrid, initiant un âge d'or culturel et politique pour l'Espagne (connu en espagnol sous le nom de "Siglo de Oro") tout en devenant le « roi prudent », et hérita également de l'empire portugais en 1580. Les premiers Habsbourg poursuivent plusieurs objectifs : L'Espagne tomba sur une réalité impériale sans trouver de bénéfices au départ. Elle stimulait effectivement certains échanges et industries, mais les possibilités commerciales rencontrées étaient limitées. Par conséquent, l'Espagne commença à investir en Amérique avec la création de villes, car l'Espagne était en Amérique pour des raisons religieuses. Les choses commencèrent à changer dans les années 1520 avec l'extraction à grande échelle d'argent des riches gisements de la région de Guanajuato au Mexique, mais c'est l'ouverture des mines d'argent à Zacatecas et Potosí au Mexique et au Haut-Pérou (Bolivie moderne) en 1546 qui devint légendaire. Au , l'Espagne détenait l'équivalent de 1,5 billion de dollars américains (termes de 1990) en or et en argent reçus de la Nouvelle-Espagne. Ces importations contribuèrent à l'inflation en Espagne et en Europe au cours des dernières décennies du . Les vastes importations d'argent rendirent également les produits manufacturés locaux non compétitifs et rendirent finalement l'Espagne trop dépendante des sources étrangères de matières premières et de produits manufacturés. « J'ai appris un proverbe ici », raconte un voyageur français en 1603 : « Tout est cher en Espagne sauf l'argent ». Les problèmes causés par l'inflation furent discutés par des universitaires de l'école de Salamanque et des "arbitristes". L'abondance des ressources naturelles provoqua une baisse de l'entreprenariat car les bénéfices tirés de l'extraction des ressources étaient moins risqués. Les riches préféraient investir leur fortune dans la dette publique ("juros"). La dynastie des Habsbourg dépensait les richesses castillanes et américaines dans des guerres à travers l'Europe au nom des intérêts des Habsbourg et déclarait à plusieurs reprises des moratoires (faillites) sur leurs paiements de dette. Ces charges provoquèrent un certain nombre de révoltes dans les domaines des Habsbourg espagnols, y compris leurs royaumes espagnols, mais les rébellions furent réprimées. Charles Quint (Charles de Castille et d'Aragon) (1516-1556). Avec la mort de Ferdinand II d'Aragon et l'incompétence supposée à gouverner de sa fille, la reine Jeanne de Castille et d'Aragon, Charles de Gand devint Charles de Castille et d'Aragon. Il fut le premier monarque des Habsbourg d'Espagne et co-dirigeant de l'Espagne avec sa mère. Charles avait été élevé en Europe du Nord et ses intérêts restaient ceux de l'Europe chrétienne. La menace persistante des Turcs ottomans en Méditerranée et en Europe centrale occupa également le monarque. Bien qu'il ne soit pas directement un héritage, Charles fut élu empereur du Saint-Empire romain germanique après la mort de son grand-père l'empereur Maximilien grâce à des pots-de-vin prodigieux versés aux prince-électeurs. Charles devint le dirigeant chrétien le plus puissant d'Europe, mais son rival ottoman, Soliman le Magnifique, défia Charles pour la primauté en Europe. La France fit une alliance sans précédent mais pragmatique avec les Ottomans musulmans contre le pouvoir politique des Habsbourg et les Ottomans aidèrent les princes protestants allemands dans les conflits religieux déchirant l'unité chrétienne en Europe du Nord. Simultanément, les terres d'outre-mer revendiquées par l'Espagne dans le Nouveau Monde se révélèrent être une source de richesse et la couronne put exercer un contrôle plus important sur ses possessions d'outre-mer dans les domaines politique et religieux que ce qui était possible sur la péninsule ibérique ou en Europe. Les conquêtes de l'Empire aztèque et de l'Empire inca amenèrent de vastes civilisations indigènes dans l'empire espagnol et les richesses minières, en particulier l'argent, furent identifiées et exploitées, devenant le moteur économique de la couronne. Sous Charles, l'Espagne et son empire d'outre-mer dans les Amériques s’entrelacèrent profondément, la couronne imposant l'exclusivité catholique ; exercer la primauté de la couronne dans la domination politique, sans être gêné par les revendications d'une aristocratie existante ; et défendre ses prétentions contre d'autres puissances européennes. En 1558, il abdiqua son trône d'Espagne à son fils, Philippe, laissant les conflits en cours à son héritier. Les guerres contre la France, dites « guerres d'Italie ». Avec l'ascension de Charles en 1516 et son élection comme souverain du Saint-Empire romain germanique en 1519, François de France se retrouva entouré des territoires des Habsbourg. Il envahit les possessions impériales en Italie en 1521, inaugurant la seconde guerre de la rivalité franco-habsbourgeoise. La guerre fut un désastre pour la France, qui subit la défaite lors de la bataille de la Bicoque (1522), la bataille de Pavie (1525), dans laquelle François fut capturé et emprisonné à Madrid, et dans la bataille de Landriano (1529) avant François céda et abandonna Milan à l'Empire. Charles donna plus tard le fief impérial de Milan à son fils espagnol Philippe. La papauté et Charles avaient des relations compliquées. Les forces de Charles furent victorieuses à la bataille de Pavie en 1525. Le pape Clément VII changea de camp et unit ses forces avec la France et les principaux États italiens contre l'empereur Habsbourg, entraînant la guerre de la Ligue de Cognac. Charles devint épuisé par l'ingérence du pape dans ce qu'il considérait comme des affaires purement laïques. En 1527, l'armée de Charles dans le nord de l'Italie, sous-payée et désireuse de piller la ville de Rome, se mutina, s'avança vers le sud en direction de Rome et pilla la ville. Le sac de Rome, bien que involontaire de Charles, embarrassa suffisamment la papauté pour que Clément et les papes qui lui succédèrent soient beaucoup plus circonspects dans leurs relations avec les autorités laïques. En 1533, le refus de Clément d'annuler le premier mariage du roi Henri VIII d'Angleterre avec la tante de Charles, Catherine d'Aragon, put avoir été en partie ou entièrement motivé par sa réticence à offenser l'empereur et peut-être faire saccager sa ville pour la deuxième fois. La paix de Barcelone, signée entre Charles Quint et le pape en 1529, établit une relation plus cordiale entre les deux dirigeants. Charles fut effectivement nommé le protecteur de la cause catholique, et il fut couronné roi d'Italie (Lombardie) par le pape Médicis Clément VII en échange de son intervention dans le renversement de la République florentine rebelle. Les couronnes de Castille et d'Aragon dépendaient des banquiers génois pour ses finances et la flotte génoise aida les Espagnols à combattre les Ottomans en Méditerranée. Guerres contre les Turcs ottomans. Au , les Ottomans étaient devenus une menace pour les États d'Europe occidentale. Ils avaient vaincu l'empire byzantin chrétien oriental et saisi sa capitale, devenant la capitale ottomane et les Ottomans contrôlaient une région riche de la Méditerranée orientale, avec des liens avec l'Asie, l'Égypte et l'Inde et au milieu du , ils gouvernaient un tiers de l'Europe. Les Ottomans avaient créé un empire terrestre et maritime impressionnant, avec des villes portuaires et des connexions commerciales à courte et longue portée. Le grand rival de Charles était Soliman le Magnifique, dont le règne coïncidait presque exactement avec celui de Charles. Un écrivain espagnol contemporain, Francisco López de Gómara, compara défavorablement Charles à Soliman dans les années 1540, disant que bien que riches et poursuivant la guerre, « les Turcs réussirent mieux à réaliser leurs projets que les Espagnols ; ils se consacrèrent plus pleinement à l'ordre et la discipline de la guerre, ils étaient mieux informés, ils utilisaient leur argent plus efficacement ». En 1535, Charles rassembla une force d'invasion de et 398 navires des domaines des Habsbourg, de Gênes, du Portugal, des États pontificaux et des chevaliers de Saint-Jean, et il fit envahir cette force à Tunis en Afrique du Nord, d'où les Ottomans et leurs corsaires lançaient plusieurs raids contre les États chrétiens de la Méditerranée. Les Habsbourg détruisirent la flotte ottomane dans le port avant d'assiéger la forteresse de La Goulette. Après que les forces des Habsbourg aient conquis la ville de Tunis, elles massacrèrent civils musulmans. Le pape Paul III réunit une ligue composée de la République de Venise, du Duché de Mantoue, de l'Empire espagnol, du Portugal, des États pontificaux, de la République de Gênes et des Chevaliers de Saint-Jean, mais cette coalition fut défaite en 1538 à la bataille de Préveza, et elle fut peu après dissoute. En 1543, François de France annonça son alliance sans précédent avec le sultan islamique de l'Empire ottoman, Soliman le Magnifique, en occupant la ville de Nice sous contrôle espagnol de concert avec les forces turques ottomanes. Henri VIII d'Angleterre, qui avait plus de rancune envers la France qu'il n'en avait contre Charles pour s'être opposé à son divorce, le rejoignit dans son invasion de la France. Bien que les Espagnols aient été vaincus lors de la bataille de Cérisoles en Savoie, l'armée française n’était pas en mesure de menacer sérieusement Milan sous contrôle espagnol, tout en subissant une défaite dans le nord aux mains d'Henry, ce qui la contraignit à accepter des conditions défavorables. Les Autrichiens, dirigés par le frère cadet de Charles, Ferdinand, continuèrent à combattre les Ottomans à l'est. La présence de l'Espagne en Afrique du Nord diminua pendant le règne de Charles, bien que Tunis et son port, La Goulette, aient été pris en 1535. L'un après l'autre, la plupart des biens espagnols furent perdus : Peñón de Vélez de la Gomera (1522), Santa Cruz de Mar Pequeña (1524), Alger (1529), Tripoli (1551), Bujia (1554), La Goulette et Tunis (1569). Conflits avec les princes protestants du Saint-Empire. La Ligue de Smalkalde s'était alliée aux Français et les efforts en Allemagne pour saper la Ligue avaient été repoussés. La défaite de François en 1544 conduisit à l'annulation de l'alliance avec les protestants, et Charles en profita. Il tenta d'abord la voie de la négociation au concile de Trente en 1545, mais la direction protestante, se sentant trahie par la position prise par les catholiques au concile, entra en guerre, dirigée par l'électeur saxon Maurice. En réponse, Charles envahit l'Allemagne à la tête d'une armée mixte hollandaise-espagnole, dans l'espoir de restaurer l'autorité impériale. L'empereur infligea personnellement une défaite décisive aux protestants lors de la bataille historique de Mühlberg en 1547. En 1555, Charles signa la paix d'Augsbourg avec les États protestants et rétablit la stabilité en Allemagne sur son principe de "cuius regio, eius religio", une position impopulaire avec des ecclésiastiques espagnols et italiens. L'implication de Charles en Allemagne établirait un rôle pour l'Espagne en tant que protecteur de la cause catholique des Habsbourg dans le Saint Empire romain ; le précédent conduira, sept décennies plus tard, à une implication dans la guerre qui mettra définitivement fin à l'Espagne en tant que première puissance européenne. L'expansion en Amérique et dans le Pacifique (Philippines). Lorsque Charles accéda au trône d'Espagne, les possessions d'outre-mer espagnoles dans le Nouveau Monde étaient basées dans les Caraïbes et le continent espagnol et consistaient en une population indigène en déclin rapide, peu de ressources de valeur pour la couronne et une population de colons espagnole clairsemée. La situation changea radicalement avec l'expédition d'Hernán Cortés, qui, avec des alliances avec des cités-États hostiles aux Aztèques et des milliers de guerriers mexicains indigènes, conquit l'Empire aztèque (1519-1521). Suivant le modèle établi en Espagne lors de la reconquête chrétienne de l'Espagne islamique, et dans les Caraïbes, les premières colonies européennes dans les Amériques, les conquérants divisèrent la population indigène en "encomiendas" de propriétés privées et exploitèrent leur travail. Le centre du Mexique et plus tard l'Empire inca du Pérou donnèrent à l'Espagne de nouvelles populations indigènes pour se convertir au christianisme et régner en tant que vassaux de la couronne. Charles établit le Conseil des Indes en 1524 pour superviser toutes les possessions d'outre-mer de Castille. Charles nomma un vice-roi au Mexique en 1535, plafonnant la gouvernance royale de la Haute Cour, du "Real Audiencia" et des fonctionnaires du Trésor avec le plus haut fonctionnaire royal. Après la conquête du Pérou, en 1542, Charles nomma également un vice-roi. Les deux fonctionnaires étaient sous la juridiction du Conseil des Indes. Charles promulgua les nouvelles lois de 1542 pour limiter le pouvoir du groupe conquérant de former une aristocratie héréditaire qui pourrait contester le pouvoir de la couronne. Au milieu des années 1530, les corsaires français commencèrent à attaquer régulièrement les navires espagnols et à attaquer les ports des Caraïbes et les villes côtières. Les plus convoités étaient Saint-Domingue, La Havane, Santiago et San Germán. Les raids portuaires des corsaires à Cuba et ailleurs dans la région suivaient généralement le modèle de rançon, selon lequel les agresseurs saisissaient des villages et des villes, kidnappaient des résidents locaux et exigeaient le paiement de leur libération. S'il n'y avait pas d'otages, les corsaires exigeaient des rançons en échange de la préservation des villes. Que les rançons aient été payées ou non, les corsaires pillaient, commettaient une violence indicible contre leurs victimes, profanaient des églises et des images saintes, et laissaient des rappels fumants de leurs incursions. En 1536, la France et l'Espagne reprirent la guerre et les corsaires français lancèrent une série d'attaques contre les colonies et les navires espagnols des Caraïbes. L'année suivante, un navire corsaire apparut à La Havane et demanda une rançon de 700 ducats. Les hommes de guerre espagnols arrivèrent peu après et effrayèrent le navire intrus, qui revint peu après pour demander une nouvelle rançon. Santiago fut également victime d'une attaque cette année-là, et les deux villes subirent des raids une fois de plus en 1538. Les eaux au large du nord-ouest de Cuba devinrent particulièrement attrayantes pour les pirates, car les navires commerciaux revenant en Espagne devaient traverser le détroit de 90 miles entre Key West et La Havane. En 1537-1538, des corsaires capturèrent et pillèrent neuf navires espagnols. Alors que la France et l'Espagne étaient en paix jusqu'en 1542, l'activité corsaire au-delà de la ligne continuait. Lorsque la guerre éclata à nouveau, elle fit écho une fois de plus dans les Caraïbes. Une attaque corsaire française particulièrement vicieuse eut lieu à La Havane en 1543. Elle fit un bilan sanglant de 200 colons espagnols tués. Au total, entre 1535 et 1563, les corsaires français avaient mené une soixantaine d'attaques contre les colonies espagnoles et capturé plus de dix-sept navires espagnols dans la région (1536-1547). Philippe II (1556-1598). Le règne de Philippe II d'Espagne fut extrêmement important, avec des succès et des échecs majeurs. Philippe était le seul fils légitime de Charles Quint. Il ne devint pas empereur romain, mais partagea les possessions des Habsbourg avec son oncle Ferdinand. Philippe traita la Castille comme le fondement de son empire, mais la population de Castille ne fut jamais assez grande pour fournir les soldats nécessaires à la défense de l'Empire ou les colons pour le peupler. Lorsqu'il épousa Mary Tudor, l'Angleterre était alliée à l'Espagne. Il s'empara du trône du Portugal en 1580, créant l'Union ibérique et soumettant toute la péninsule ibérique à son règne personnel. Selon l'un de ses biographes, c'est entièrement grâce à Philippe que les Indes furent placées sous le contrôle de la couronne, demeurant espagnoles jusqu'aux guerres d'indépendance au début du et catholiques à l'époque actuelle. Son plus grand échec fut son incapacité à réprimer la révolte hollandaise, qui fut aidée par ses rivaux anglais et français. Son catholicisme militant joua également un rôle majeur dans ses actions, tout comme son incapacité à comprendre les finances impériales. Il hérita des dettes de son père et engagea sa propre guerre religieuse, entraînant des faillites d'État récurrentes et une dépendance à l'égard des banquiers étrangers. Bien qu'il y ait eu une énorme expansion de la production d'argent au Pérou et au Mexique, elle ne resta pas aux Indes ou même en Espagne elle-même, mais plutôt en grande partie dans des maisons de commerce européennes. Sous le règne de Philippe, des érudits, appelés "arbitristes", commencèrent à écrire des analyses de ce paradoxe de l'appauvrissement de l'Espagne. Guerres en Méditerranée contre les Ottomans. Les premières années de son règne, « de 1558 à 1566, Philippe II se préoccupait principalement des alliés musulmans des Turcs, basés à Tripoli et à Alger, les bases d'où les forces nord-africaines [musulmanes] sous le corsaire Dragut s'attaquaient à la navigation chrétienne ». En 1565, les Espagnols vainquirent un débarquement ottoman sur l'île stratégique de Malte, défendue par les Chevaliers de Saint-Jean. La mort de Soliman le Magnifique l'année suivante et sa succession par son fils moins capable Sélim l’Ivrogne enhardit Philippe, qui résolut de porter la guerre au sultan lui-même. En 1571, des navires de guerre espagnols et vénitiens, rejoints par des volontaires de toute l'Europe dirigés par le fils naturel de Charles, don Juan d'Autriche, anéantirent la flotte ottomane lors de la bataille de Lépante. La bataille mit fin à la menace de l'hégémonie navale ottomane en Méditerranée. Après la bataille, Philippe et les Ottomans conclurent des accords de trêve. La victoire fut facilitée par la participation de divers chefs militaires et contingents de certaines régions d'Italie sous le règne de Philippe. Des soldats allemands prirent part à la capture de Peñón del Vélez en Afrique du Nord en 1564. En 1575, les soldats allemands représentaient les trois quarts des troupes de Philippe. Les Ottomans se rétablirent vite. Ils reconquirent Tunis en 1574, et ils aidèrent à restaurer un allié, Abu Marwan Abd al-Malik I Saadi, sur le trône du Maroc, en 1576. La mort du shah perse, Tahmasp Ier, fut l'occasion pour le sultan ottoman d’intervenir dans ce pays, il accepta donc une trêve en Méditerranée avec Philippe II en 1580. Néanmoins, les Espagnols à Lépante avait éliminé les meilleurs marins de la flotte ottomane, et l'Empire ottoman ne récupérerait jamais en qualité ce qu'il pouvait en nombre. Lépante fut le tournant décisif du contrôle de la Méditerranée loin des siècles d'hégémonie turque. En Méditerranée occidentale, Philippe mena une politique défensive avec la construction d'une série de garnisons armées et d'accords de paix avec certains dirigeants musulmans d'Afrique du Nord. Dans la première moitié du , des navires espagnols attaquèrent la côte anatolienne, battant de plus grandes flottes ottomanes lors de la bataille du cap Celidonio et de la bataille du cap Corvo. Larache et La Mamora, sur la côte atlantique marocaine, et l'île d'Alhucemas, en Méditerranée, furent prises, mais au cours de la seconde moitié du , Larache et La Mamora furent également perdues. La révolte des Pays-Bas (1566) et la sécession des Provinces-Unies (1581). Lorsque Philippe succéda à son père, l'Espagne n'était pas en paix, car Henri II de France était monté sur le trône sur le trône en 1547 et avait immédiatement repris le conflit avec l'Espagne. Philippe poursuivit agressivement la guerre contre la France, écrasant une armée française à la bataille de Saint-Quentin en Picardie en 1558 et battant à nouveau Henri à la bataille de Gravelines. La paix de Cateau-Cambrésis, signée en 1559, reconnut de façon permanente les revendications espagnoles en Italie. Dans les célébrations qui suivirent le traité, Henri fut tué par un éclat de lance dans l’œil. La France fut frappée pendant les trente années suivantes par une guerre civile chronique et des troubles (voir Guerres de religion) et, pendant cette période, l’empêcha de concurrencer efficacement l'Espagne et la famille Habsbourg dans les jeux de pouvoir européens. Libérée de l'opposition française effective, l'Espagne atteignit l'apogée de sa puissance et de sa portée territoriale dans la période 1559-1643. Le temps des réjouissances à Madrid fut de courte durée. En 1566, des émeutes calvinistes aux Pays-Bas incitèrent le duc d'Albe à marcher dans le pays pour rétablir l'ordre. En 1568, Guillaume d'Orange, mieux connu sous le nom de Guillaume le Taciturne, mena une tentative infructueuse de chasser Albe des Pays-Bas. Ces batailles furent généralement considérées comme marquant le début de la guerre de Quatre-Vingts Ans qui se termina avec l'indépendance des Provinces-Unies en 1648. Les Espagnols, qui tiraient une grande richesse des Pays-Bas et en particulier du port vital d'Anvers, s’étaient engagé à rétablir l'ordre et à maintenir son emprise sur les provinces. Selon Luc-Normand Tellier, « on estime que le port d'Anvers gagnait à la couronne espagnole sept fois plus de revenus que les Amériques ». Pour l'Espagne, la guerre devint un bourbier sans fin, parfois littéralement. En 1574, l'armée espagnole sous Francisco de Valdez fut repoussée du siège de Leyde après que les Hollandais eurent brisé les digues, provoquant ainsi des inondations importantes. Le fils d'Albe, Fadrique Álvarez de Toledo, commit des massacres choquants à Malines, Zutphen, Naarden et Haarlem. En 1576, face aux factures de son armée d'occupation de aux Pays-Bas, le coût de sa flotte qui avait gagné à Lépante, ainsi que la menace croissante de piraterie en haute mer réduisant ses revenus de ses colonies américaines, Philippe fut forcé d'accepter la faillite. L'armée néerlandaise se mutina peu de temps après, s'emparant d'Anvers et pillant le sud des Pays-Bas. Cette « Furie espagnole » fut utilisée par Guillaume pour renforcer ses arguments pour allier toutes les provinces des Pays-Bas avec lui. L'Union de Bruxelles ne fut formée que pour être dissoute plus tard par intolérance envers la diversité religieuse de ses membres. Les calvinistes commencèrent leur vague d'atrocités incontrôlées visant les catholiques. Cette division donna à l'Espagne l'occasion d'envoyer Alexandre Farnèse avec bien entraînés aux Pays-Bas. Groninge, Breda, Campen, Anvers et Bruxelles, entre autres, furent assiégés. En janvier 1579, un groupe de nobles catholiques formèrent une Ligue pour la protection de leur religion et de leurs biens. Plus tard ce même mois, la Frise, la Gelderland, la Groningue, la Hollande, l'Overijssel, l'Utrecht et la Zélande formèrent les Provinces-Unies qui devinrent les Pays-Bas néerlandais d'aujourd'hui. Les provinces restantes devinrent les Pays-Bas espagnols et au , la Belgique. Farnèse regagna bientôt presque toutes les provinces du sud pour l'Espagne. Plus au nord, la ville de Maastricht fut assiégée le 12 mars 1579. Les assaillants de Farnèse creusèrent un vaste réseau de passages afin d'entrer dans la ville sous ses défenses murées. Les défenseurs creusèrent également des tunnels pour les rencontrer. Les batailles furent férocement menées dans des cavernes aux capacités de manœuvre limitées. Des centaines d'assiégeants furent brûlés ou étouffés à mort lorsque de l'eau bouillante fut versée dans les tunnels ou que des feux furent allumés pour les remplir de fumée. Dans le but de miner la ville, 500 des hommes de Farnèse furent tués lorsque les explosifs explosèrent prématurément. Cela prit plus de quatre mois, mais les assiégeants percèrent finalement le mur et entrèrent dans la ville la nuit. Attrapant les défenseurs épuisés endormis, ils massacrèrent , femmes et enfants. Sur les de la ville, seulement 400 survécurent. Maastricht fut un désastre majeur pour la cause protestante et les Hollandais commencèrent à s'en prendre à Guillaume d'Orange. Après plusieurs tentatives infructueuses, Guillaume fut assassiné en 1584. La reine d'Angleterre commença à secourir les provinces du Nord et y envoyant des troupes en 1585. Les forces anglaises sous le comte de Leicester puis Lord Willoughby affrontèrent les Espagnols aux Pays-Bas sous Farnèse dans une série d'actions largement indécises qui immobilisèrent un nombre important de troupes espagnoles et permirent aux Néerlandais de réorganiser leurs défenses. L'Armada espagnole subit une défaite aux mains des Anglais en 1588 et la situation aux Pays-Bas devint de plus en plus difficile à gérer. Maurice de Nassau, le fils de Guillaume, reprit Deventer, Groninge, Nimègue et Zutphen. L'Espagne s'était investie dans la guerre religieuse en France après la mort d'Henri II. En 1589, Henri III, le dernier de la lignée Valois, mourut assassiné devant les murs de Paris. Son successeur, Henri IV de Navarre, premier roi Bourbon de France, était un homme de grande capacité, remportant des victoires clés contre la Ligue catholique à Arques (1589) et Ivry (1590). Engagés à empêcher Henri de Navarre à devenir roi de France, les Espagnols divisèrent leur armée aux Pays-Bas et envahirent la France, soulageant Paris en 1590 et Rouen en 1592. Le 25 octobre 1590, les Espagnols débarquèrent à Nantes. Ils établirent comme base opérationnelle le port de Blavet. Le 21 mai 1592, ils vainquirent une armée anglo-française à la bataille de Craon et, après avoir chassé le contingent anglais, ils la firent complètement dérailler à Ambrières. Le 6 novembre de la même année, ils prirent Brest. En 1593, les Espagnols débarquèrent sur Camaret et construisirent le fort de la Pointe des Espagnols dans la presqu'île de Crozon, dominant l'entrée du port de Brest. Le , une armée anglo-française commença un siège du Fort Crozon, tandis qu'une flotte anglaise bombarda l'endroit depuis la mer. La garnison ne put tenir que jusqu'au 15 novembre, tandis que l'armée auxiliaire, dirigée par Juan del Águila, ne réussit pas à soulager le fort ayant été bloqué à Plomodiern. Le 19, un assaut des assiégeants passa la garnison à l'épée - il ne resta que 13 survivants. Les Espagnols décidèrent d'organiser une expédition punitive contre l'Angleterre pour avoir aidé les Français. Ainsi, le 26 juillet 1595, trois compagnies de mousquetaires sous le commandement du capitaine Carlos de Amésquita naviguèrent en quatre galères. Ils touchèrent d'abord terre à Penmarch pour s'approvisionner. Le 31 juillet, ils partirent pour l'Angleterre et débarquèrent le 2 août à Mount's Bay, en Cornouailles. En deux jours, l'expédition saccagea et brûla Mousehole (où seul un pub survécut), Newlyn, Paul et Penzance. Ils dégagèrent également l'artillerie lourde des Anglais, puis réembarquèrent sur les galères. Le 5 août, un jour après avoir regagné la France, ils trouvèrent un escadron néerlandais de 46 navires dont ils réussirent à s'échapper, mais pas avant d'avoir coulé deux navires ennemis. Le 10 août, Amésquita et ses hommes débarquèrent victorieusement à Blavet. L'expédition fit 20 morts, tous dans l'escarmouche contre les Hollandais. Début juin 1595, le gouverneur espagnol de Milan, Juan Fernández de Velasco, traversa les Alpes avec une armée de venus d'Italie et de Sicile. Le noble catholique français Charles, duc de Mayenne, s'associa à lui à Besançon, et l'armée de la Ligue hispano-catholique combinée poursuivit son objectif avec la capture de Dijon. Le roi Henri réussit à rassembler français et il se dirigea jusqu'à Troyes pour empêcher les Espagnols de le faire. À la bataille de Fontaine-Francaise le 5 juin 1595, les Français surprirent les Espagnols et les forcèrent à se retirer temporairement, et Velasco décida de battre en retraite, pensant que les Français numériquement inférieurs attendraient des renforts. La victoire royale française marqua la fin de la Ligue catholique. Les Français firent également quelques progrès lors d'une invasion des Pays-Bas espagnols, menée par Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon et François d'Orléans-Longueville. Les Français prirent Ham et massacrèrent la petite garnison espagnole, provoquant la colère parmi les rangs espagnols. Les Espagnols lancèrent une offensive concertée cette année-là, en prenant Doullens, Cambrai et Le Catelet ; à Doullens, les Espagnols crièrent « En souvenir de Ham » et massacrèrent toute la population de la ville (militaires et civils) dans un acte de vengeance. Le général espagnol chargé de l'offensive, Carlos Coloma, procèda au lancement d'une invasion de la France en 1596. Du 8 au 24 avril 1596, l'armée espagnole de Coloma, forte de , assiégea Calais, détenue par français sous François d'Orléans. Les forces de secours d'Angleterre et des Provinces-Unies ne réussirent pas à lever le siège et Calais tomba à l’Espagne. L'Armée des Flandres remporta une victoire retentissante, et les Espagnols - désormais aux commandes de Calais et de Dunkerque - contrôlaient la Manche. En mars 1597, les Espagnols réussirent à prendre la ville d'Amiens grâce à une ruse. Le roi Henri IV constitua immédiatement et rapidement une armée de et (dont anglais) et assiégea Amiens le 13 mai, face à et ( à Amiens, en relève). La force de secours, commandée par l'archiduc Albert d'Autriche et Ernst von Mansfeld, ne réussit pas à plusieurs reprises à déloger les assiégeants français et fut forcée de battre en retraite. Le 25 septembre 1597, toute la force espagnole à Amiens fut forcée de se rendre et Henri était désormais en position de force pour négocier des conditions de paix. En 1595, Hugh O'Neill, comte de Tyrone et Hugh O'Donnell avaient eu le soutien espagnol lorsqu’ils menèrent une rébellion irlandaise. En 1601, l'Espagne débarqua des soldats sur la côte du comté de Cork à l'appui, mais les groupes ne réussirent pas à se rencontrer. Au lieu de cela, les Espagnols furent coincés par les Anglais lors du siège de Kinsale, et ils furent définitivement battus en 1602. Confronté à des guerres contre la France, l'Angleterre et les Provinces-Unies, chacune dirigée par des chefs compétents, l'empire espagnol en faillite se retrouva en concurrence avec de puissants adversaires. La piraterie continue contre ses expéditions dans l'Atlantique et les entreprises coloniales coûteuses forcèrent l'Espagne à renégocier ses dettes en 1596. Philippe avait été contraint de déclarer faillite en 1557, 1560, 1575 et 1598. La couronne tenta de réduire son exposition aux conflits, en signant pour la première fois le traité de Vervins avec la France en 1598, en reconnaissant Henri IV (depuis 1593 catholique) comme roi de France, et en restaurant bon nombre des stipulations de la précédente paix de Cateau-Cambrésis. L'empire espagnol d'Amérique. Sous Philippe II, le pouvoir royal sur les Indes augmenta, mais la couronne en savait peu sur ses possessions d'outre-mer aux Indes. Bien que le Conseil des Indes y ait été chargé de surveiller, il agissait sans l'avis de hauts fonctionnaires ayant une expérience coloniale directe. Un autre problème grave était que la Couronne ne savait pas quelles lois espagnoles y étaient en vigueur. Pour remédier à la situation, Philippe nomma Juan de Ovando, nommé président du conseil, pour donner son avis. Ovando nomma un « chroniqueur et cosmographe des Indes », Juan López de Velasco, pour recueillir des informations sur les avoirs de la couronne, qui aboutirent aux "Relaciones geográficas" dans les années 1580. La couronne cherchait un plus grand contrôle sur les encomenderos, qui avaient tenté de s'établir comme une aristocratie locale ; renforcer le pouvoir de la hiérarchie ecclésiastique ; étayer l'orthodoxie religieuse par la création de l'Inquisition à Lima et à Mexico (1571) ; et l'augmentation des revenus des mines d'argent au Pérou et au Mexique, découverte dans les années 1540. La nomination par la couronne de deux vice-rois capables, don Francisco de Toledo comme vice-roi du Pérou (1569-1581), et au Mexique, don Martín Enríquez (1568-1580), qui fut ensuite nommé vice-roi pour remplacer Toledo, fut particulièrement importante au Pérou. Là-bas, après des décennies de troubles politiques, avec des vice-rois et des encomenderos inefficaces exerçant un pouvoir indu, des institutions royales faibles, un État inca renégat existant à Vilcabamba et un déclin des revenus de la mine d'argent de Potosí, la nomination de Toledo avait été une étape importante pour le contrôle royal. Il s'appuya sur les réformes tentées sous les vice-rois précédents, mais il fut souvent crédité d'une transformation majeure de la domination de la couronne au Pérou. Toledo officialisa le projet de main-d'œuvre des roturiers andins, la mita, pour garantir un approvisionnement en main-d'œuvre à la fois pour la mine d'argent de Potosí et la mine de mercure de Huancavelica. Il établit des districts administratifs de "corregimiento" et réinstalla des indigènes des Andes dans des "reducciones" pour mieux les gouverner. Sous Toledo, le dernier bastion de l'État inca fut détruit et le dernier empereur inca, Tupac Amaru, fut exécuté. L'argent de Potosí coula dans les coffres en Espagne et paya les guerres d'Espagne en Europe. Au Mexique, le vice-roi Enríquez organisa la défense de la frontière nord contre les groupes indigènes nomades et belliqueux, qui attaquaient les lignes de transport d'argent des mines du nord. Dans le domaine religieux, la couronne chercha à contrôler le pouvoir des ordres religieux avec l'Ordenanza del Patronazgo, en ordonnant aux moines d'abandonner leurs paroisses indiennes et de les remettre au clergé diocésain, qui était plus étroitement contrôlé par la couronne. La Couronne étendit ses revendications mondiales et défendit celles qui existaient déjà aux Indes. Des explorations transpacifiques avaient conduit l'Espagne à revendiquer les Philippines et à établir des colonies espagnoles et des échanges avec le Mexique. La vice-royauté du Mexique avait compétence sur les Philippines, qui devinrent l'entrepôt du commerce asiatique. La succession de Philippe à la couronne du Portugal en 1580 compliqua la situation sur le terrain aux Indes entre les colons espagnols et portugais, bien que le Brésil et l'Amérique espagnole aient été administrés par des conseils distincts en Espagne. L'Espagne fit face à l'empiètement des Anglais sur le contrôle maritime de l'Espagne aux Indes, en particulier par sir Francis Drake et son cousin John Hawkins. Drake échappa à la mort de justesse lorsque les navires de Hawkins furent coincés entre des galions espagnols et des batteries côtières à San Juan de Ulúa (dans l'actuel Mexique). En janvier 1586, avec Martin Frobisher, Drake mena un raid pour piller Saint-Domingue sur Hispaniola, et il pilla Carthagène des Indes plusieurs semaines plus tard. Les Espagnols vainquirent la flotte de Drake et Hawkins en 1595 à San Juan (Porto Rico) et Carthagène des Indes (Colombie). L'Espagne reprit le contrôle de l'isthme de Panama en y déplaçant le port principal de Nombre de Dios à Portobelo. Les Philippines, le Sultanat de Brunei et l'Asie du Sud-Est. Avec la conquête et la colonisation des Philippines, l'Empire espagnol atteignit son apogée. En 1564, Miguel López de Legazpi fut chargé par le vice-roi de la Nouvelle-Espagne (Mexique), don Luis de Velasco, de diriger une expédition dans l'océan Pacifique pour trouver les Moluques, où les explorateurs précédents Fernand de Magellan et Ruy López de Villalobos avaient débarqué en 1521 et 1543, respectivement. La navigation vers l'ouest pour atteindre les sources d'épices continuait d'être une nécessité avec les Ottomans qui contrôlaient toujours les principaux points de passage en Asie centrale. On ignorait comment l'accord entre l'Espagne et le Portugal divisant le monde atlantique avait affecté les découvertes de l'autre côté du Pacifique. L'Espagne avait cédé ses droits des « îles aux épices » au Portugal dans le traité de Saragosse en 1529, mais l'appellation était vague, tout comme leur délimitation exacte. L'expédition Legazpi fut commandée par le roi Philippe II, dont les Philippines avaient été nommées plus tôt par Ruy López de Villalobos, lorsque Philippe était l'héritier du trône. Le roi déclara que « le but principal de cette expédition est d'établir la route de retour depuis les îles occidentales, car il est déjà connu que la route vers ces îles est assez courte ». Le vice-roi mourut en juillet 1564, mais l'Audiencia et López de Legazpi achevèrent les préparatifs de l'expédition. En se lançant dans l'expédition, l'Espagne manquait de cartes ou d'informations pour guider la décision du roi d'autoriser l'expédition. Cette prise de conscience conduisit ensuite à la création de rapports des différentes régions de l'empire, les "relaciones geográficas". Les Philippines tombèrent sous la juridiction de la vice-royauté du Mexique, et une fois que les traversées des galions de Manille entre Manille et Acapulco furent établies, le Mexique devint le lien des Philippines avec le plus grand Empire espagnol. La colonisation espagnole commença sérieusement lorsque López de Legazpi arriva du Mexique en 1565 et forma les premières colonies à Cebu. Commençant par seulement cinq navires et cinq cents hommes accompagnés de frères augustins, puis renforcé en 1567 par deux cents soldats, il put repousser les Portugais et jeter les bases de la colonisation de l'archipel. En 1571, les Espagnols, leurs recrues mexicaines et leurs alliés philippins (Visayan) attaquèrent et occupèrent Maynila, un état vassal du sultanat de Brunei, et négocièrent l'incorporation du royaume de Tondo qui avait été libéré du contrôle du sultanat de Brunei et de qui, leur princesse, Gandarapa, avait eu une romance tragique avec le conquistador né au Mexique et petit-fils de Miguel Lopez de Legazpi, Juan de Salcedo. Les forces combinées espagnoles-mexicaines-philippines construisirent également une ville fortifiée chrétienne sur les ruines incendiées de la Maynila musulmane et en firent la nouvelle capitale des Indes espagnoles et la rebaptisèrent Manille (Manila en espagnol). Les Espagnols étaient peu nombreux, la vie était difficile et ils étaient souvent en infériorité numérique par leurs recrues latino-américaines et leurs alliés philippins. Ils tentèrent de mobiliser des populations subordonnées à travers les encomiendas. Contrairement aux Caraïbes où les populations autochtones disparurent rapidement, les populations autochtones restèrent robustes aux Philippines. Un Espagnol décrivit le climat comme « cuarto meses de polvo, cuartro meses de lodo, y cuartro meses de todo » (quatre mois de poussière, quatre mois de boue et quatre mois de tout). Legazpi construisit un fort à Manille et fit des ouvertures d'amitié à Lakan Dula, Lakan de Tondo, qui accepta. L'ancien dirigeant de Maynila, le rajah musulman, Rajah Sulayman, qui était un vassal du sultan de Brunei, refusa de se soumettre à Legazpi mais n’obtint pas le soutien de Lakan Dula ou des colonies de Pampangan et Pangasinan au nord. Lorsque Tarik Sulayman et une force de guerriers musulmans Kapampangan et Tagalog attaquèrent les Espagnols dans la bataille de Bangkusay, il fut finalement vaincu et tué. Les Espagnols repoussèrent également une attaque du chef de guerre pirate chinois Limahong. Simultanément, l'établissement de Philippines christianisées attira des commerçants chinois qui échangeaient leur soie contre de l'argent mexicain, des commerçants indiens et malais également installés aux Philippines, pour échanger leurs épices et leurs gemmes contre le même argent mexicain. Les Philippines devinrent alors un centre d'activité missionnaire chrétien qui était également dirigé vers le Japon et les Philippines acceptèrent même des chrétiens convertis du Japon après que les shoguns les aient persécutés. La plupart des soldats et des colons envoyés par les Espagnols aux Philippines venaient du Mexique ou du Pérou et très peu de gens venaient directement d'Espagne. En 1578, la Guerre castillane éclata entre les Espagnols chrétiens et les Brunéiens musulmans pour le contrôle de l'archipel des Philippines. Les Espagnols furent rejoints par les Visayans non musulmans nouvellement christianisés du Kedatuan de Madja - qui étaient des animistes et le royaume de Cebu qui étaient hindous, plus le royaume de Butuan (qui étaient du nord de Mindanao et qui étaient hindous avec une monarchie bouddhiste), ainsi que les restes du Kedatuan de Dapitan qui étaient également animistes et avaient précédemment mené une guerre contre les nations islamiques du sultanat de Sulu et du royaume de Maynila. Ils se battirent contre le sultanat de Brunei et ses alliés, les États fantoches brunéiens de Maynila et Sulu, qui avaient des liens dynastiques avec Brunei. Les Espagnols, leurs recrues mexicaines et leurs alliés philippins attaquèrent Brunei et saisi sa capitale, Kota Batu. Cela fut réalisé en partie grâce à l'aide de deux nobles, Pengiran Seri Lela et Pengiran Seri Ratna. Le premier s'était rendu à Manille pour offrir au Brunei comme un vassal de l'Espagne pour l'aider à récupérer le trône usurpé par son frère, Saiful Rijal. Les Espagnols convinrent que s'ils réussissaient à conquérir Brunei, Pengiran Seri Lela deviendrait en effet le sultan, tandis que Pengiran Seri Ratna serait le nouveau Bendahara. En mars 1578, la flotte espagnole, dirigée par De Sande lui-même, agissant en tant que Capitán General, commença son voyage vers Brunei. L'expédition comprenait 400 Espagnols et Mexicains, Philippins et 300 Bornéens. La campagne fut l'une des nombreuses, qui comprenait également des actions à Mindanao et Sulu. Les Espagnols réussirent à envahir la capitale le 16 avril 1578, avec l'aide de Pengiran Seri Lela et Pengiran Seri Ratna. Le sultan Saiful Rijal et Paduka Seri Begawan le sultan Abdul Kahar furent contraints de fuir à Meragang puis à Jerudong. À Jerudong, ils prévirent de chasser l'armée conquérante loin de Brunei. Les Espagnols subirent de lourdes pertes en raison d'une épidémie de choléra ou de dysenterie. Ils furent tellement affaiblis par la maladie qu'ils décidèrent d'abandonner Brunei pour retourner à Manille le 26 juin 1578, après seulement 72 jours. Avant de le faire, ils brûlèrent la mosquée, une structure haute avec un toit à cinq niveaux. Pengiran Seri Lela mourut en août-septembre 1578, probablement de la même maladie qui avait frappé ses alliés espagnols, bien que l'on soupçonne qu'il aurait pu être empoisonné par le sultan au pouvoir. La fille de Seri Lela, princesse brunéienne, partit avec les Espagnols et épousa un chrétien Tagalog, nommé Agustín de Legazpi de Tondo, et eut des enfants aux Philippines. En 1587, Magat Salamat, l'un des enfants de Lakan Dula, ainsi que le neveu de Lakan Dula et les seigneurs des régions voisines de Tondo, Pandacan, Marikina, Candaba, Navotas et Bulacan, furent exécutés lorsque la conspiration Tondo de 1587-1588 échoua ; une grande alliance prévue avec le capitaine chrétien japonais, Gayo, et le sultan de Brunei, aurait restauré l'ancienne aristocratie. Son échec entraîna la pendaison d'Agustín de Legazpi et l'exécution de Magat Salamat (le prince héritier de Tondo). Par la suite, certains des conspirateurs furent exilés à Guam ou Guerrero, au Mexique. Les Espagnols menèrent ensuite le conflit hispano-moro pendant des siècles contre les sultanats de Maguindanao, Lanao et Sulu. La guerre fut également menée contre le sultanat de Ternate et Tidore (en réponse à l'esclavage ternatéen et à la piraterie contre les alliés de l'Espagne : Bohol et Butuan). Pendant le conflit hispano-moro, les Moros de Mindanao musulmans menèrent des actes de piraterie et des raids contre les colonies chrétiennes aux Philippines. Les Espagnols ripostèrent en établissant des cités chrétiennes telles que la ville de Zamboanga sur Mindanao musulmane. Les Espagnols considéraient leur guerre avec les musulmans d'Asie du Sud-Est comme une extension de la Reconquista, une campagne de plusieurs siècles visant à reprendre et à rechristianiser la patrie espagnole envahie par les musulmans du califat omeyyade. Les expéditions espagnoles aux Philippines faisaient également partie d'un plus grand conflit mondial ibéro-islamique qui comprenait une rivalité avec le califat ottoman, qui avait un centre d'opérations dans son vassal voisin, le sultanat d'Aceh. En 1593, le gouverneur général des Philippines, Luis Pérez Dasmariñas, partit à la conquête du Cambodge, déclenchant la guerre hispano-cambodgienne. Quelque 120 Espagnols, Japonais et Philippins, naviguant à bord de trois jonques, lancèrent une expédition au Cambodge. Après une altercation entre les membres de l'expédition espagnole et certains marchands chinois au port, faisant quelques morts chinois, les Espagnols furent contraints d'affronter le nouveau roi Anacaparan, brûlant une grande partie de sa capitale tout en le battant. En 1599, des marchands musulmans malais vainquirent et massacrèrent la quasi-totalité du contingent de troupes espagnoles au Cambodge, mettant fin aux plans espagnols de conquête. Une autre expédition, celle de conquérir Mindanao, manqua également de succès. En 1603, lors d'une rébellion chinoise, Pérez Dasmariñas fut décapité et sa tête fut montée à Manille avec celle de plusieurs autres soldats espagnols. L'Union ibérique 1580-1640. En 1580, le roi Philippe vit l'occasion de renforcer sa position en Ibérie lorsque le dernier membre de la famille royale portugaise, le cardinal Henri de Portugal, mourut. Philippe affirma sa revendication sur le trône portugais et en juin envoya le duc d'Albe avec une armée à Lisbonne pour assurer sa succession. Il établit le Conseil du Portugal, sur le modèle des conseils royaux, le Conseil de Castille, le Conseil d'Aragon et le Conseil des Indes, qui supervisaient des juridictions particulières, mais tous sous le même monarque. Au Portugal, le duc d'Albe et l'occupation espagnole étaient à peine plus populaires à Lisbonne qu'à Rotterdam. Les empires combinés espagnol et portugais placés entre les mains de Philippe comprenaient la quasi-totalité du Nouveau Monde exploré ainsi qu'un vaste empire commercial en Afrique et en Asie. En 1582, lorsque Philippe II ramena sa cour à Madrid du port atlantique de Lisbonne, où il s'était temporairement installé pour pacifier son nouveau royaume portugais, le modèle fut scellé, malgré ce que chaque observateur notait en privé. « La puissance maritime est plus importante pour le souverain espagnol que tout autre prince », écrivit un commentateur, « car ce n'est que par la puissance maritime qu'une seule communauté peut être créée à partir de tant de personnes si éloignées ». Un écrivain sur la tactique en 1638 observait : « La puissance la plus appropriée aux armes de l'Espagne est celle qui est placée sur les mers, mais cette question d'État est si bien connue que je ne devrais pas en discuter, même si je pensais qu'il était opportun de le faire ». Le Portugal et ses royaumes, dont le Brésil et ses colonies africaines, étaient sous la domination du monarque espagnol. Le Portugal avait besoin d'une force d'occupation étendue pour la garder sous contrôle, et l'Espagne était encore sous le choc de la faillite de 1576. En 1584, Guillaume le Taciturne avait été assassiné par un catholique à moitié dérangé, et la mort du chef populaire de la résistance hollandaise était censée mettre fin à la guerre mais ne le fit pas. En 1585, la reine Élisabeth d'Angleterre avait envoyé un soutien aux causes protestantes aux Pays-Bas et en France, et sir Francis Drake lançait des attaques contre les marchands espagnols dans les Caraïbes et le Pacifique, ainsi qu'une attaque particulièrement agressive contre le port de Cadix. Le Portugal était impliqué dans les conflits de l'Espagne avec ses rivaux. En 1588, espérant mettre un terme à l'intervention d'Élisabeth, Philippe avait envoyé l'Armada espagnole envahir l'Angleterre. Le temps défavorable, plus des navires anglais lourdement armés et manœuvrables, et le fait que les Anglais avaient été avertis par leurs espions aux Pays-Bas et étaient prêts pour l'attaque avaient entraîné une défaite pour l'Armada. Cependant, l'échec de l'expédition Drake – Norreys au Portugal et aux Açores en 1589 marqua un tournant dans la guerre anglo-espagnole de 1585–1604. Les flottes espagnoles devinrent plus efficaces pour transporter des quantités considérablement accrues d'argent et d'or depuis les Amériques, tandis que les attaques anglaises subissaient des échecs coûteux. Sous le règne de Philippe IV (Philippe III de Portugal) en 1640, les Portugais se révoltèrent et se battirent pour leur indépendance du reste de la péninsule ibérique. Le Conseil du Portugal fut ensuite dissous. Philippe III (1598-1621). Le successeur de Philippe II, Philippe III, fit du ministre en chef Francisco Goméz de Sandoval y Rojas, duc de Lerma, un favori, le premier des "validos" (« les plus dignes »). Philippe cherchait à réduire les conflits étrangers, car même les vastes revenus ne pouvaient pas soutenir le royaume presque en faillite. Le royaume d'Angleterre, souffrant d'une série de répulsions en mer et d'une guérilla par les catholiques d'Irlande, soutenus par l'Espagne, accepta le traité de Londres, de 1604, à la suite de l’accession au trône du roi Jacques Ier Stuart, plus docile. Le ministre en chef de Philippe, le duc de Lerma, dirigea également l'Espagne vers la paix avec les Pays-Bas en 1609, bien que le conflit devait réapparaître plus tard. La Castille fournissait à la couronne espagnole la plupart de ses revenus et ses meilleures troupes. La peste dévasta les terres castillanes entre 1596 et 1602, causant la mort de quelque . Un grand nombre de Castillans allèrent en Amérique ou moururent au combat. En 1609, la grande majorité de la population morisque d'Espagne (beaucoup plus nombreuse et non assimilée dans les royaumes de Valence et d'Aragon, que dans la couronne de Castille ou la Principauté de Catalogne) fut expulsée. On estime que la Castille perdit environ 25% de sa population entre 1600 et 1623. Une baisse aussi spectaculaire de la population signifiait que la base des revenus de la Couronne était dangereusement affaiblie à une époque où elle était engagée dans un conflit continu en Europe. La paix avec l'Angleterre et la France donna à l'Espagne l'occasion de concentrer ses énergies sur le rétablissement de sa domination dans les provinces néerlandaises. Les Hollandais, menés par Maurice de Nassau, fils de Guillaume le Taciturne et peut-être le plus grand stratège de son temps, avaient réussi à prendre un certain nombre de villes frontalières depuis 1590, dont la forteresse de Bréda. Cependant, le noble génois Ambrogio Spinola, commandant une armée de mercenaires italiens, combattit au nom de l'Espagne et battit à plusieurs reprises les Hollandais. Il ne fut empêché de conquérir les Pays-Bas que par la dernière faillite de l'Espagne en 1607. En 1609, la Trêve de douze ans fut signée entre l'Espagne et les Provinces-Unies. Enfin, l'Espagne était en paix - la "Pax Hispanica". L'Espagne se rétablit bien au cours de la trêve, remettant ses finances en ordre et faisant beaucoup pour restaurer son prestige et sa stabilité dans la perspective de la dernière grande guerre dans laquelle elle allait jouer un rôle de premier plan. Le duc de Lerma (et dans une large mesure Philippe II) n'était pas intéressé par les affaires de son allié, l'Autriche. En 1618, le roi le remplaça par don Baltasar de Zúñiga, un ancien ambassadeur à Vienne. Don Balthasar pensait que la clé pour restreindre la résurgence des Français et éliminer les Hollandais était une alliance plus étroite avec la monarchie des Habsbourg. En 1618, à commencer par la Défenestration de Prague, l'Autriche et l'empereur romain germanique, Ferdinand II, se lancèrent dans une campagne contre l'Union protestante et la Bohême. Don Balthasar encouragea Philippe à rejoindre les Habsbourg autrichiens dans la guerre, et Spinola, l'étoile montante de l'armée espagnole aux Pays-Bas, fut envoyée à la tête de l'armée des Flandres pour intervenir. Ainsi, l'Espagne entra dans la guerre de Trente Ans. Philippe IV (1621-1665). Lorsque Philippe IV succéda à son père en 1621, l'Espagne était clairement en déclin économique et politique, source de consternation. Les savants "arbitristes" envoyait au roi plus d'analyses des problèmes de l'Espagne et des solutions possibles. Pour illustrer la situation économique précaire de l'Espagne à l'époque, ce sont en fait des banquiers néerlandais qui finançaient les marchands des Indes orientales de Séville. Dans le même temps, partout dans le monde, l'entrepreneuriat et les colonies hollandaises sapaient l'hégémonie espagnole et portugaise. Les Hollandais étaient religieusement tolérants et non évangéliques, se concentrant sur le commerce, par opposition à la défense de longue date du catholicisme par l'Espagne. Un proverbe néerlandais disait : « Le Christ est bon, le commerce est meilleur ! ». L'Espagne avait cruellement besoin de temps et de paix pour rétablir ses finances et reconstruire son économie. En 1622, don Balthasar fut remplacé par Gaspar de Guzmán, comte-duc d'Olivares, un homme raisonnablement honnête et capable. Après certains revers initiaux, les Bohémiens furent défaits à la Montagne-Blanche en 1621, puis à Stadtlohn en 1623. La guerre avec les Pays-Bas reprit en 1621 avec Spinola prenant la forteresse de Bréda en 1625. L'intervention de Christian IV de Danemark dans la guerre menaçait la position espagnole, mais la victoire du général impérial Albert de Wallenstein sur les Danois au pont de Dessau et à nouveau à Lutter (tous deux en 1626), élimina cette menace. Il y avait l'espoir à Madrid que les Pays-Bas pourraient finalement être réintégrés dans l'Empire, et après la défaite du Danemark, les protestants en Allemagne semblaient écrasés. La France était de nouveau impliquée dans ses propres instabilités (le siège de La Rochelle commença en 1627), et l'éminence de l'Espagne semblait claire. Le comte-duc Olivares affirmait : « Dieu est espagnol et se bat pour notre nation de nos jours ». Olivares se rendit compte que l'Espagne devait se réformer, et pour la réformer, elle avait besoin de paix, avant tout avec les Provinces-Unies néerlandaises. Olivares visait cependant la « paix avec honneur », ce qui signifiait en pratique un règlement de paix qui aurait rétabli en Espagne quelque chose de sa position prédominante aux Pays-Bas. C'était inacceptable pour les Provinces-Unies, et la conséquence inévitable était l'espoir constant qu'une victoire de plus aboutirait enfin à une « paix avec honneur », perpétuant la guerre ruineuse qu'Olivares avait voulu éviter au départ. En 1625, Olivares proposa l'Union des armes, qui visait à augmenter les revenus des Indes et d'autres royaumes ibériques pour la défense impériale, qui rencontra une forte opposition. L'Union des armes fut le point de départ d'une révolte majeure en Catalogne en 1640. Cette agitation semblait également un moment propice pour que les Portugais se révoltent contre l’autorité des Habsbourg, le duc de Bragance étant proclamé Jean IV du Portugal. Alors que Spinola et l'armée espagnole se concentraient sur les Pays-Bas, la guerre semblait aller en faveur de l'Espagne. Mais en 1627, l'économie castillane s'effondra. Les Habsbourg avaient dévalué leur monnaie pour payer la guerre et les prix avaient explosé, comme ils l'avaient fait les années précédentes en Autriche. Jusqu'en 1631, certaines parties de la Castille fonctionnaient sur une économie de troc en raison de la crise monétaire, et le gouvernement n'était pas en mesure de percevoir des impôts significatifs auprès de la paysannerie et devait dépendre des revenus de ses colonies. Les armées espagnoles, comme d'autres dans les territoires allemands, recoururent à « se payer » sur le terrain. Olivares avait soutenu certaines réformes fiscales en Espagne en attendant la fin de la guerre, fut blâmé pour une autre guerre embarrassante et stérile en Italie. Les Hollandais, qui pendant la trêve de douze ans avaient fait de l'augmentation de leur marine une priorité (qui montrerait sa puissance de maturation à la bataille de Gibraltar 1607), réussirent à porter un grand coup au commerce maritime espagnol avec la prise par le capitaine Piet Hein de la flotte de galions espagnole dont l'Espagne était devenue dépendante après l'effondrement économique. Les ressources militaires espagnoles étaient étendues à travers l'Europe et également en mer alors qu'elles cherchaient à protéger le commerce maritime contre les flottes hollandaises et françaises considérablement améliorées, tout en étant occupées par la menace pirate ottomane et barbare associée en Méditerranée. Entre-temps, l'objectif d'étouffer le transport maritime néerlandais fut atteint par les Dunkerquois avec un succès considérable. En 1625, une flotte hispano-portugaise, dirigée par l'amiral Fadrique de Toledo, regagna la ville brésilienne stratégiquement vitale de Salvador da Bahia des Néerlandais. Ailleurs, les forts portugais isolés et sous-effectif en Afrique et en Asie se révélèrent vulnérables aux raids et aux prises de contrôle hollandais et anglais ou simplement contournés en tant que ports de commerce importants. En 1630, Gustave Adolphe de Suède, l'un des commandants les plus connus de l'histoire, débarqua en Allemagne et délivra le port de Stralsund, le dernier bastion continental des forces allemandes belligérantes envers l'empereur. Gustave marcha ensuite vers le sud et remporta des victoires notables à Breitenfeld et Lützen, attirant plus de soutien protestant à chaque pas qu'il faisait. Désormais, l'Espagne était profondément impliquée dans la sauvegarde de leurs alliés autrichiens des Suédois qui continuaient à remporter un franc succès malgré la mort de Gustave à Lützen en 1632. Début septembre 1634, une armée espagnole qui avait marché d'Italie liée avec les impériaux à la ville de Nördlingen, portant leur total à . Ayant gravement sous-estimé le nombre de soldats espagnols expérimentés dans les renforts, les commandants des armées protestantes de la Ligue de Heilbronn décidèrent de proposer la bataille. L'infanterie espagnole chevronnée - qui n'avait été présente à aucune des batailles qui s'étaient soldées par des victoires suédoises - fut principalement responsable de la déroute complète de l'armée ennemie, qui perdit sur (contre seulement pour les catholiques). Alarmé par le succès espagnol à Nördlingen et l'effondrement probable de l'effort militaire suédois, le cardinal Richelieu, ministre en chef de Louis XIII, réalisa qu'il serait nécessaire de transformer la guerre froide existante en une guerre chaude si l'Espagne, en collaboration avec l'Autriche des Habsbourg devait être empêché de dominer l'Europe. Les Français remportèrent la bataille des Avins en Belgique le 20 mai 1635, un succès précoce, mais les Espagnols vainquirent une invasion franco-hollandaise conjointe des Pays-Bas espagnols avant que les armées espagnoles et impériales ne traversent la Picardie, la Bourgogne et la Champagne. Cependant, l'offensive espagnole cala avant que Paris ne puisse être ciblée, et les Français lancèrent des contre-attaques qui repoussèrent les Espagnols en Flandre. Lors de la bataille des Dunes en 1639, une flotte espagnole transportant des troupes fut détruite au large des côtes anglaises, et les Espagnols se trouvèrent incapables de fournir et de renforcer leurs forces de manière adéquate aux Pays-Bas. L'Armée des Flandres, qui représentait les meilleurs soldats et dirigeants espagnols, fut confrontée à un assaut français dirigé par Louis II de Bourbon, prince de Condé dans le nord de la France à Rocroi en 1643. Les Espagnols, dirigés par Francisco de Melo, furent battus par les Français. Après une bataille acharnée, les Espagnols furent forcés de se rendre à des conditions honorables. En conséquence, alors que la défaite n'était pas une déroute, le statut élevé de l'armée des Flandres prit fin à Rocroi. La défaite de Rocroi entraîna également le renvoi d'Olivares assiégé, qui fut confiné dans ses domaines par ordre du roi et mourut deux ans plus tard. La paix de Westphalie mis fin à la guerre espagnole de Quatre-Vingts Ans en 1648, l'Espagne reconnaissant l'indépendance des sept Provinces-Unies des Pays-Bas. En 1640, l'Espagne avait déjà connu la perte du Portugal, à la suite de sa révolte contre la domination espagnole, qui mettait fin à l'Union ibérique et à la création de la maison de Bragance sous le roi Jean IV du Portugal. Il avait reçu un large soutien du peuple portugais, et l'Espagne ne put pas répondre, car elle était en guerre avec la France et la Catalogne s’était révoltée cette année-là. L'Espagne et le Portugal coexistaient dans un état de paix de facto de 1644 à 1656. À la mort de Jean en 1656, les Espagnols tentèrent d'arracher le Portugal à son fils Alphonse VI du Portugal, mais furent battus à Ameixial (1663) et à Montes Claros (1665), conduisant à la reconnaissance par l'Espagne de l'indépendance du Portugal en 1668, pendant la régence du jeune héritier de Philippe IV, Charles II, qui avait sept ans à l'époque. La guerre avec la France se poursuivit pendant onze ans de plus. Bien que la France ait souffert d'une guerre civile de 1648 à 1652 ("voir la Fronde"), l'Espagne avait été épuisée par la guerre de Trente Ans et les révoltes en cours. Avec la fin de la guerre contre les Provinces-Unies en 1648, les Espagnols chassèrent les Français de Naples et de la Catalogne en 1652, reprirent Dunkerque et occupèrent plusieurs forts du nord de la France qu'ils détenaient jusqu'à la paix. La guerre prit fin peu de temps après la bataille des Dunes (1658), où l'armée française sous le vicomte Turenne reprit Dunkerque. L'Espagne accepta la paix des Pyrénées en 1659 qui cédait à la France le territoire espagnol des Pays-Bas d'Artois et le nord du comté catalan de Roussillon. Quelque à Français furent tués ou blessés dans la lutte contre l'Espagne de 1635 à 1659. La France était désormais la puissance dominante sur l'Europe continentale, et les Provinces-Unies dominaient dans l'Atlantique. La grande peste de Séville (1647-1652) tua jusqu'à 25% de la population de Séville. La ville, et en fait l'économie de l'Andalousie, ne se remettraient jamais d'une telle dévastation. Au total, l'Espagne aurait perdu , sur une population légèrement inférieure à , soit près de 5% de sa population totale. Les historiens estiment que le coût total de la vie humaine en raison de ces fléaux dans toute l'Espagne, tout au long du , est d'environ 1,25 million au minimum. Aux Indes, les revendications espagnoles furent effectivement contestées dans les Caraïbes par les Anglais, les Français et les Néerlandais, qui tous établirent des colonies permanentes, après des raids et des échanges commerciaux à la fin du . Bien que la perte des îles ait à peine diminué ses territoires américains, les îles étaient stratégiquement situées et détenaient des avantages politiques, militaires et économiques à long terme. Les principaux bastions espagnols des Caraïbes, Cuba et Porto Rico, restèrent entre les mains de la couronne, mais les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent que l'Espagne revendiquées mais n'occupaient pas étaient vulnérables. Les Anglais s'établirent à Saint-Christophe (1623–25), à la Barbade (1627), Niévès (1628), Antigua (1632) et Montserrat (1632) et ils s'emparèrent de la Jamaïque en 1655. Les Français s'installèrent aux Antilles en Martinique et en Guadeloupe en 1635. Les Néerlandais acquirent des bases commerciales à Curaçao, Saint-Eustache et Saint-Martin. Charles II et la fin de l'ère des Habsbourg d’Espagne. "Article détaillé: Charles II d'Espagne" L'Espagne dont le jeune malade Charles II (1661-1700) hérita était clairement en déclin et il y eut immédiatement plus de pertes. Charles devint monarque en 1665 âgé de quatre ans, donc une régence de sa mère et une junte gouvernementale de cinq membres régnaient en son nom, dirigée par son demi-frère naturel Jean d'Autriche. Sous la régence, Louis XIV de France poursuivit la guerre de Dévolution contre les Pays-Bas espagnols en 1667-1668, perdant un prestige et un territoire considérables, y compris les villes de Lille et de Charleroi. Lors de la guerre franco-hollandaise de 1672-1678, l'Espagne perdit encore plus de territoire lorsqu’elle vient en aide de ses anciens ennemis néerlandais, notamment la Franche-Comté. Dans la guerre de Neuf Ans (1688-1697), Louis XIV envahit à nouveau les Pays-Bas espagnols. Les forces françaises dirigées par le duc de Luxembourg vainquirent les Espagnols à Fleurus (1690) et ont vainquirent les forces hollandaises sous Guillaume III d'Orange, qui combattait du côté de l'Espagne. La guerre prit fin avec la plupart des Pays-Bas espagnols sous occupation française, y compris les villes importantes de Gand et de Luxembourg. La guerre révéla à l'Europe la vulnérabilité des défenses et de la bureaucratie espagnoles. De plus, le gouvernement espagnol inefficace des Habsbourg ne prit aucune mesure pour les améliorer. L'Espagne subit une décadence et une stagnation extrêmes au cours des dernières décennies du . Alors que le reste de l'Europe occidentale connaissait d’importants changements de gouvernement et de société - la Glorieuse Révolution en Angleterre et le règne du Roi Soleil en France - l'Espagne restait à la dérive. La bureaucratie espagnole qui s'était construite autour des charismatiques, industrieux et intelligents Charles et Philippe II exigeait un monarque fort et travailleur mais la faiblesse et le manque d'intérêt de Philippe III et Philippe IV avaient contribué au déclin de l'Espagne. Charles II était un souverain sans enfants et faible, connu sous le nom de « l’Ensorcelé ». Dans ses dernières volontés et testament, il laissait son trône à un prince français, le Bourbon Philippe d'Anjou, plutôt qu'à un autre Habsbourg. Cela aboutit à la guerre de Succession d'Espagne, les Habsbourg autrichien et les Britanniques contestant le choix de Charles II d'un prince Bourbon pour lui succéder comme roi. Amérique espagnole. À la fin de son règne impérial, l'Espagne appela ses possessions d'outre-mer dans les Amériques et aux Philippines « les Indes », un vestige durable de la notion de Colomb qu'il avait atteint l'Asie en naviguant vers l'ouest. Lorsque ces territoires atteignirent un niveau élevé d'importance, la couronne établit le Conseil des Indes en 1524, à la suite de la conquête de l'Empire aztèque, en affirmant le contrôle royal permanent de ses possessions. Les régions avec des populations indigènes denses et des sources de richesse minérale attirant les colons espagnols devinrent des centres coloniaux, tandis que celles sans ces ressources étaient périphériques à l'intérêt de la couronne. Une fois que les régions furent intégrées à l'empire et que leur importance fut évaluée, les possessions d'outre-mer rentrèrent sous le contrôle de la couronne plus ou moins fort. La couronne apprit sa leçon avec le règne de Christophe Colomb et de ses héritiers dans les Caraïbes, et ils n'accordèrent jamais par la suite de grands pouvoirs aux explorateurs et aux conquérants. La conquête de Grenade par les Rois catholiques en 1492 et leur expulsion des Juifs « étaient des expressions militantes de l'État religieux au moment du début de la colonisation américaine ». Le pouvoir de la couronne dans le domaine religieux était absolu dans ses possessions d'outre-mer grâce à l'octroi par la papauté du Patronato real, et « le catholicisme était indissolublement lié à l'autorité royale ». Les relations entre l'Église et l'État furent établies à l'ère de la conquête et restèrent stables jusqu'à la fin de l'ère des Habsbourg en 1700, lorsque les monarques Bourbon mirent en œuvre des réformes majeures et changèrent la relation entre la couronne et l'autel. L'administration par la Couronne de son empire d'outre-mer fut mise en œuvre par des fonctionnaires royaux dans les sphères civile et religieuse, souvent avec des juridictions qui se chevauchaient. La couronne pourrait administrer l'empire aux Indes en utilisant des élites indigènes comme intermédiaires avec les grandes populations indigènes. Les coûts administratifs de l'empire restèrent bas, un petit nombre de fonctionnaires espagnols payaient généralement par de bas salaires. La politique de la Couronne visant à maintenir un système commercial fermé limité à un port en Espagne et seulement quelques-uns aux Indes n'était en pratique pas fermée, les maisons de commerce européennes fournissant aux marchands espagnols du port espagnol de Séville des textiles de haute qualité et d'autres produits manufacturés que l'Espagne elle-même ne pouvait pas fournir. Une grande partie de l'argent des Indes fut détournée dans ces maisons de marchands européens. Les fonctionnaires de la Couronne aux Indes permirent la création de tout un système commercial dans lequel ils pouvaient contraindre les populations autochtones à participer tout en récoltant eux-mêmes des bénéfices en coopération avec les marchands. Explorateurs, conquérants et expansion de l'empire. Après Colomb, la colonisation espagnole des Amériques fut menée par une série de soldats de fortune et d'explorateurs appelés "conquistadors". Les forces espagnoles, en plus d'importants avantages en matière d'armement et d'équitation, exploitèrent les rivalités entre les peuples autochtones, les tribus et les nations concurrentes, dont certaines étaient disposées à former des alliances avec les Espagnols afin de vaincre leurs ennemis les plus puissants, tels que les Aztèques ou Incas - une tactique qui sera largement utilisée par les puissances coloniales européennes ultérieures. La conquête espagnole fut également facilitée par la propagation de maladies (par exemple la variole), courantes en Europe mais jamais présentes dans le Nouveau Monde, qui réduisirent les populations indigènes des Amériques. Cela provoqua parfois une pénurie de main-d'œuvre pour les plantations et les travaux publics et les colons initièrent donc de manière informelle et progressive, dans un premier temps, la traite négrière atlantique. ("voir Histoire démographique des Amérindiens") L'un des conquistadors les plus accomplis fut Hernán Cortés, qui, à la tête d'une force espagnole relativement petite mais avec des traducteurs locaux et le soutien crucial de milliers d'alliés autochtones, réussit la conquête espagnole de l'Empire aztèque lors des campagnes de 1519-1521. Ce territoire devint plus tard la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne, aujourd'hui le Mexique. La conquête espagnole de l'Empire inca par Francisco Pizarro, qui deviendra la vice-royauté du Pérou, est tout aussi importante. Après la conquête du Mexique, les rumeurs des cités d’or (Quivira et Cíbola en Amérique du Nord et El Dorado en Amérique du Sud) motivèrent plusieurs autres expéditions. Beaucoup de ceux-ci rentrèrent sans avoir trouvé leur objectif, ou le trouvant beaucoup moins précieux que ce que l'on espérait. En effet, les colonies du Nouveau Monde ne commencèrent à générer une partie substantielle des revenus de la Couronne qu'avec la création de mines comme celle de Potosí (Bolivie) et de Zacatecas (Mexique), toutes deux commencées en 1546. À la fin du , l'argent des Amériques représentaient un cinquième du budget total de l'Espagne. Finalement, le stock mondial de métaux précieux fut doublé, voire triplé, par l'argent des Amériques. Les documents officiels indiquent qu'au moins 75% de l'argent fut transporté de l'Atlantique à l'Espagne et pas plus de 25% à travers le Pacifique en Chine. Certains chercheurs modernes affirment qu'en raison de la contrebande rampante, environ 50% allèrent en Chine. Au , « peut-être » entrèrent dans les ports américains. D'autres colonies espagnoles furent progressivement établies dans le Nouveau Monde : la Nouvelle Grenade dans les années 1530 (plus tard la vice-royauté de Nouvelle-Grenade en 1717 et aujourd'hui la Colombie), Lima en 1535 comme capitale de la vice-royauté du Pérou, Buenos Aires en 1536 (plus tard dans la vice-royauté du Río de la Plata en 1776), et Santiago en 1541. La Floride fut colonisée en 1565 par Pedro Menéndez de Avilés lorsqu'il fonda Saint Augustine, puis vainquit rapidement une tentative menée par le capitaine français Jean Ribault et 150 de ses compatriotes pour établir une présence française sur le territoire espagnol de la Floride. Saint Augustine devint rapidement une base défensive stratégique pour les navires espagnols remplis d'or et d'argent envoyés en Espagne par ses États du Nouveau Monde. Le marin portugais naviguant pour la Castille, Fernand de Magellan, mourut alors qu'il se trouvait aux Philippines commandant une expédition castillane en 1522, fut le premier à faire le tour du monde. Le commandant basque Juan Sebastián Elcano mena l'expédition vers le succès. L'Espagne chercha à faire valoir leurs droits dans les îles Moluques, ce qui conduisit à un conflit avec les Portugais, mais le problème fut résolu avec le traité de Saragosse (1525), établissant l'emplacement de l'antiméridien de Tordesillas, qui diviserait le monde en deux égaux hémisphères. Dès lors, les expéditions maritimes conduisirent à la découverte de plusieurs archipels du Pacifique Sud comme les îles Pitcairn, les Marquises, Tuvalu, Vanuatu, les îles Salomon ou la Nouvelle-Guinée, dont l'Espagne revendiquait. Le plus important dans l'exploration du Pacifique fut la revendication sur les Philippines, qui étaient peuplées et stratégiquement situées pour la colonie espagnole de Manille et l'entrepôt pour le commerce avec la Chine. Le 27 avril 1565, la première colonie espagnole permanente aux Philippines fut fondée par Miguel López de Legazpi et le service des galions de Manille fut inauguré. Les galions de Manille expédiaient des marchandises de toute l'Asie à travers le Pacifique à Acapulco sur la côte du Mexique. De là, les marchandises étaient transbordées à travers le Mexique vers les flottes de trésors espagnoles, pour être expédiées en Espagne. Le port de commerce espagnol de Manille facilita ce commerce en 1572. Bien que l'Espagne ait revendiqué des îles dans le Pacifique, elle ne rencontra ni ne revendiqua les îles hawaïennes. Le contrôle de Guam, des îles Mariannes, des îles Caroline et des Palaos intervint plus tard, à partir de la fin du , et resta sous contrôle espagnol jusqu'en 1898. Au , l'Espagne était préoccupée par l'expansion russe et britannique dans le nord-ouest du Pacifique de l'Amérique du Nord et envoya des expéditions pour explorer et renforcer davantage les revendications espagnoles sur la région. Ordre de la société coloniale - structure sociale et statut juridique. Les codes réglementaient le statut des individus et des groupes dans l'empire dans les sphères civiles et religieuses, les Espagnols (d'origine péninsulaire et américaine) monopolisant les positions de privilège économique et de pouvoir politique. La loi royale et le catholicisme codifiaient et maintenaient des hiérarchies de classe et de race, alors que tous étaient sujets de la couronne et mandatés à être catholiques. La couronne prit des mesures actives pour établir et maintenir le catholicisme en évangélisant les populations indigènes païennes, ainsi que les esclaves africains qui n'étaient pas auparavant chrétiens, et en les incorporant à la chrétienté. Le catholicisme resta la religion dominante en Amérique hispanique. La Couronne imposa également des restrictions à l'émigration vers les Amériques, à l'exclusion des juifs et des crypto-juifs, des protestants et des étrangers, en utilisant la "Casa de Contratación" pour examiner les émigrés potentiels et délivrer des licences de voyage. Le portrait à droite était probablement utilisé comme souvenir. Pour ceux qui voyageaient dans le Nouveau Monde et en revenaient, il était courant de rapporter des souvenirs car il y avait un grand intérêt pour ce que signifiait le Nouveau Monde. Le terrain serait sensiblement différent, mais l'accent était mis sur les races mixtes émergentes. Non seulement il y avait des blancs qui se mélangeaient avec des noirs, mais il y avait aussi des indigènes qui se mélangeaient à la fois avec des blancs et des noirs. D'un point de vue espagnol, les peintures de caste auraient très probablement fourni une sorte de sens à la folie des races mixtes. Il y avait aussi des implications politiques de ce portrait. L'enfant métis semble être alphabétisé avec un sourire satisfait face à son père faisant allusion à la chance que l'enfant a en raison de son père étant européen. Une question centrale dès le premier contact avec les populations autochtones était leur relation avec la couronne et le christianisme. Une fois ces problèmes résolus théologiquement, en pratique, la Couronne chercha à protéger ses nouveaux vassaux. Elle le fit en divisant les peuples des Amériques en la "República de Indios", les populations indigènes et la "República de Españoles". La República de Españoles était l'ensemble du secteur hispanique, composé d'Espagnols, mais aussi d'Africains (esclaves et libres), ainsi que de castas métissées. Au sein de la "República de Indios", les hommes étaient explicitement exclus de l'ordination au sacerdoce catholique et de l'obligation de service militaire ainsi que de la juridiction de l'Inquisition. Les Indiens sous domination coloniale qui vivaient dans les pueblos de indios bénéficiaient de la protection de la couronne en raison de leur statut de mineur légal. En raison du manque d'exposition préalable à la foi catholique, la reine Isabelle avait déclaré tous les peuples autochtones ses sujets. Cela différait des peuples du continent africain parce que ces populations avaient théoriquement été exposées au catholicisme et avaient choisi de ne pas le suivre. Cette différenciation religieuse fut importante car elle conférait aux communautés autochtones une protection juridique contre les membres de la Républica de Españoles. En fait, un aspect souvent négligé du système juridique colonial était que les membres des "pueblos de indios" pouvaient faire appel à la couronne et contourner le système juridique de la Républica de Españoles. Les statuts des populations indigènes en tant que mineurs légaux les empêchaient de devenir prêtres, mais la "républica de indios" fonctionnait avec une assez grande autonomie. Les missionnaires agissaient également en tant que gardiens contre l'exploitation "encomendero". Les communautés indiennes bénéficiaient de la protection des terres traditionnelles par la création de terres communautaires qui ne pouvaient pas être aliénées, le "fondo legal". Ils géraient leurs propres affaires en interne par l'intermédiaire du gouvernement de la ville indienne sous la supervision de fonctionnaires royaux, les "corregidores" et les "alcaldes mayores". Bien que les hommes autochtones n'aient pas le droit de devenir prêtres, les communautés autochtones créèrent des confréries religieuses sous la supervision des prêtres, qui fonctionnaient comme des sociétés funéraires pour leurs membres individuels, mais organisaient également des célébrations communautaires pour leur saint patron. Les Noirs avaient également des confréries distinctes, ce qui contribuait également à la formation et à la cohésion de la communauté, renforçant l'identité au sein d'une institution chrétienne. La conquête et l'évangélisation étaient inséparables en Amérique espagnole. Les premiers ordres à effectuer le voyage vers les Amériques furent les Franciscains, dirigés par Pedro de Gante. Les franciscains croyaient que vivre une vie spirituelle de pauvreté et de sainteté était le meilleur moyen d'être un exemple qui inspirerait les autres à se convertir. Les frères entraient pieds nus dans les villes pour montrer leur reddition à Dieu dans une sorte de théâtre de conversion. Avec cela commença la pratique de l'évangélisation des peuples du Nouveau Monde, soutenue par le gouvernement espagnol. Les ordres religieux en Amérique espagnole avaient leurs propres structures internes et étaient autonomes sur le plan organisationnel, mais étaient néanmoins très importants pour la structure de la société coloniale. Ils avaient leurs propres ressources et hiérarchies. Bien que certains ordres aient prononcé des vœux de pauvreté, au moment où la deuxième vague de frères arriva en Amérique et à mesure que leur nombre augmentait, les ordres commencèrent à accumuler des richesses et devinrent ainsi des acteurs économiques clés. L'église, en tant que puissance riche, possédait d'immenses propriétés et construisit de grandes constructions telles que des monastères et des cathédrales dorés. Les prêtres eux-mêmes devinrent également de riches propriétaires terriens. Des ordres comme les franciscains créèrent également des écoles pour les élites autochtones ainsi que des travailleurs indigènes embauchés, modifiant ainsi la dynamique des communautés autochtones et leurs relations avec les Espagnols. Après la chute des Empires aztèque et inca, les dirigeants des empires furent remplacés par la monarchie espagnole, tout en conservant une grande partie des structures indigènes hiérarchiques. La couronne reconnut le statut noble des élites indiennes, leur accordant une exemption de la taxe d'entrée et le droit d'utiliser les titres nobles "don" et "doña". Les nobles indigènes étaient un groupe clé pour l'administration de l'Empire espagnol, car ils servaient d'intermédiaires entre les fonctionnaires de la Couronne et les communautés autochtones. Les nobles indigènes pouvaient servir sur des "cabildos", monter à cheval et porter des armes à feu. La reconnaissance par la couronne des élites indigènes comme nobles signifiait que ces hommes étaient incorporés dans le système colonial avec des privilèges les séparant des roturiers indiens. Les nobles indiens étaient donc cruciaux pour la gouvernance de l'immense population indigène. Grâce à leur fidélité continue à la couronne, ils maintinrent leurs positions de pouvoir au sein de leurs communautés mais servirent également d'agents de la gouvernance coloniale. L'utilisation des élites locales par l'Empire espagnol pour gouverner de grandes populations ethniquement distinctes des dirigeants fut longtemps pratiquée par les empires antérieurs. Les caciques indiens furent cruciaux au début de la période espagnole, en particulier lorsque l'économie était encore basée sur l'extraction d'hommages et de travail des Indiens ordinaires qui avaient rendu des biens et des services à leurs suzerains au cours de la période préhispanique. Les caciques mobilisèrent leurs populations pour des encomenderos et, plus tard, des destinataires "repartimiento" choisis par la couronne. Les nobles devinrent les officiers du cabildo dans les communautés autochtones, réglant les affaires intérieures et défendant les droits des communautés devant les tribunaux. Au Mexique, cela fut facilité par la création, en 1599, de la Cour générale des Indiens ("Juzgado General de Indios"), qui entendait des différends juridiques dans lesquels des communautés et des individus autochtones étaient impliqués. Avec les mécanismes juridiques de règlement des différends, il y eut relativement peu de flambées de violence et de rébellion contre l’autorité de la Couronne. Les rébellions du dans les régions longtemps pacifiques du Mexique, la rébellion de Tzeltal de 1712 et le plus spectaculaire au Pérou avec la révolte de Tupac Amaru (1780-1781) virent des nobles indigènes mener des soulèvements contre l'État espagnol. Dans la "República de Españoles", les hiérarchies de classes et de races furent codifiées dans les structures institutionnelles. Les Espagnols émigrant vers les Indes devaient être de vieux chrétiens de pur héritage chrétien, la couronne excluant les nouveaux chrétiens, convertis du judaïsme et de leurs descendants, en raison de leur statut religieux suspect. La couronne établit l'Inquisition au Mexique et au Pérou en 1571, puis à Carthagène des Indes (Colombie), pour protéger les catholiques de l'influence des crypto-juifs, des protestants et des étrangers. Les pratiques de l'Église établirent et maintinrent des hiérarchies raciales en enregistrant baptême, mariage et enterrement furent tenus des registres séparés pour les différents groupes raciaux. Les églises étaient également physiquement divisées par race. Le mélange racial ("mestizaje") était un fait de la société coloniale, avec les trois groupes raciaux, les Blancs européens ("españoles"), les Africains ("negros") et les Indiens ("indios") produisant une progéniture métisse, ou castas. Il y avait une pyramide de statut racial avec le sommet étant le petit nombre de blancs européens ("españoles"), un nombre légèrement plus grand de castas métissées, qui, comme les blancs étaient principalement dans les habitations urbaines, et les plus grandes populations étaient des Indiens vivant en communauté à la campagne. Bien que les Indiens fassent partie de la "Repúbica de Indios", leur progéniture d'unions avec les "Españoles" et les Africains était des "castas". Les mélanges blancs-indiens étaient plus socialement acceptables dans la sphère hispanique, avec la possibilité sur plusieurs générations de descendants métissés d'être classés comme Español. Une descendance d'ascendance africaine ne pourrait jamais enlever la « tache » de leur héritage racial, car les Africains étaient considérés comme des « esclaves naturels ». Les peintures du représentaient les idées des élites sur le "sistema de castas" dans un ordre hiérarchique, mais il y avait une certaine fluidité dans le système plutôt qu'une rigidité absolue. Le système de justice pénale dans les villes espagnoles rendait justice selon la gravité du crime et la classe, la race, l'âge, la santé et le sexe de l'accusé. Les non-blancs (noirs et castas métissés) étaient beaucoup plus souvent et plus sévèrement punis, tandis que les Indiens, considérés comme des mineurs légaux, ne devaient pas se comporter mieux et étaient punis avec plus de clémence. La législation royale et municipale tentait de contrôler le comportement des esclaves noirs, qui étaient soumis à un couvre-feu, ne pouvaient pas porter d'armes et étaient interdits de fuir leurs maîtres. À mesure que la population urbaine, blanche et de classe inférieure (plébéienne) augmentait, elle aussi faisait de plus en plus l'objet d'arrestations et de sanctions pénales. La peine capitale était rarement employée, à l'exception de la sodomie et des prisonniers récalcitrants de l'Inquisition, dont l'écart avec l'orthodoxie chrétienne était considéré comme extrême. Cependant, seule la sphère civile pouvait appliquer la peine capitale et les prisonniers étaient « relaxés », c'est-à-dire remis aux autorités civiles. Souvent, les criminels purgeaient des peines de travaux forcés dans des ateliers textiles ("obrajes"), des services de présidio à la frontière et en tant que marins sur des navires royaux. Les grâces royales accordées aux criminels ordinaires étaient souvent accordées lors de la célébration d'un mariage royal, d'un couronnement ou d'une naissance. Les hommes espagnols d'élite avaient accès à des protections d'entreprise spéciales ("fueros") et bénéficiaient d'exemptions en raison de leur appartenance à un groupe particulier. Un privilège important était leur jugement par le tribunal de leur société. Les membres du clergé qui tenaient le "fuero eclesiástico" étaient jugés par des tribunaux ecclésiastiques, que l'infraction soit civile ou pénale. Au , la couronne établit une armée permanente et, avec elle, des privilèges spéciaux ("fuero militar"). Le privilège accordé aux militaires fut le premier "fuero" étendu aux non-blancs qui servait la couronne. Les Indiens jouissaient d’une forme de privilège d’entreprise par leur appartenance à des communautés autochtones. Dans le centre du Mexique, la Couronne créa un tribunal indien spécial ("Juzgado General de Indios") et les frais de justice, y compris l'accès aux avocats, étaient financés par une taxe spéciale. La couronne étendit l'institution péninsulaire de la guilde marchande ("consulado") d'abord établie en Espagne, y compris Séville (1543), puis l’établit à Mexico et au Pérou. L'adhésion au Consulado était dominée par des Espagnols nés dans la péninsule, généralement membres de maisons commerciales transatlantiques. Les tribunaux des consulats entendaient des différends concernant les contrats, la faillite, le transport maritime, les assurances, etc. Le commerce transatlantique resta entre les mains de familles marchandes basées en Espagne et aux Indes. Les hommes des Indes étaient souvent des parents plus jeunes des marchands espagnols, qui épousaient souvent de riches femmes d'origine américaine. Les hommes espagnols nés en Amérique ("criollos") en général ne faisaient pas de commerce mais possédaient des propriétés foncières, entraient dans la prêtrise ou devenaient professionnels. Au sein des familles d'élite, les Espagnols et les "criollos" nés dans la péninsule étaient souvent des parents. La régulation du système social perpétua le statut privilégié des riches hommes blancs d'élite contre les vastes populations autochtones et le nombre plus restreint mais toujours significatif de castas métissées. À l'époque des Bourbons, pour la première fois, une distinction fut établie entre les Espagnols d'origine ibérique et d'origine américaine. À l'époque des Habsbourg, en droit et en langage courant, ils étaient regroupés sans distinction. De plus en plus d'Espagnols nés en Amérique développèrent une orientation résolument locale, les Espagnols nés dans la péninsule ("Peninsulares") étant de plus en plus considérés comme des étrangers et éprouvant du ressentiment, mais ce fut un développement à la fin de la période coloniale. Le ressentiment contre les "Peninsulares" était dû à un changement délibéré dans la politique de la couronne, qui les favorisait systématiquement par rapport aux "criollos" d'origine américaine pour des postes élevés dans les hiérarchies civiles et religieuses. Cela ne laissait aux criollos que l'appartenance à un cabildo d'une ville. Lorsque la monarchie Bourbon laïciste poursuivit des politiques renforçant le pouvoir royal laïc sur le pouvoir religieux, elle attaqua le "fuero eclesiástico", qui pour de nombreux membres du bas clergé était un privilège important. Les prêtres de paroisse qui avaient fonctionné en tant que fonctionnaires royaux aussi bien que les clercs dans les villes indiennes perdirent leur position privilégiée. Dans le même temps, la couronne créa une armée permanente et promut des milices pour la défense de l'empire, créant une nouvelle avenue de privilège pour les hommes créoles et pour les castas, mais en excluant les hommes autochtones de la conscription ou du service volontaire. Politique économique. L'Empire espagnol bénéficiait de dotations en facteurs favorables dans ses possessions d'outre-mer avec leurs grandes populations indigènes exploitables et leurs riches zones minières. Compte tenu de cela, la couronne tenta de créer et de maintenir un système commercial fermé classique, éloignant les concurrents et conservant la richesse au sein de l'empire. Alors que les Habsbourg étaient déterminés à maintenir un monopole d'État en théorie, en réalité, l'Empire était un royaume économique poreux et la contrebande était répandue. Aux sous les Habsbourg, l'Espagne connut un déclin progressif des conditions économiques, notamment par rapport au développement industriel de ses rivaux français, néerlandais et anglais. Beaucoup de marchandises exportées vers l'Empire provenaient de fabricants du nord-ouest de l'Europe, plutôt que de l’Espagne. Mais les activités commerciales illicites devinrent une partie de la structure administrative de l'Empire. Soutenu par d'importants flux d'argent en provenance d'Amérique, le commerce interdit par les restrictions commerciales mercantilistes espagnoles prospéra, car il fournissait une source de revenus aux fonctionnaires de la Couronne et aux marchands privés. La structure administrative locale de Buenos Aires, par exemple, fut créée grâce à sa surveillance du commerce légal et illégal. Au , la couronne tenta de faire marche arrière sous les monarques Bourbon. La poursuite par la Couronne de guerres pour maintenir et étendre le territoire, défendre la foi catholique et éradiquer le protestantisme, et battre en arrière la force turque ottomane dépassait sa capacité à payer tout cela, malgré l'énorme production d'argent au Pérou et au Mexique. La plupart de ces flux payaient des mercenaires dans les guerres de religion européennes aux et entre les mains de marchands étrangers pour payer les biens de consommation fabriqués en Europe du Nord. Paradoxalement, la richesse des Indes appauvrit l'Espagne et enrichit l'Europe du Nord. Cela fut bien reconnu en Espagne, avec des écrivains sur l'économie politique, les "arbitristes" envoyant la couronne de longues analyses sous forme de « mémoriaux, des problèmes perçus et avec des solutions proposées ». Selon ces penseurs, « les dépenses royales doivent être réglementées, la vente du poste arrêté, la croissance de l'église freinée. Le régime fiscal doit être révisé, des concessions spéciales doivent être accordées aux travailleurs agricoles, les rivières doivent être rendues navigables et les terres arides irriguées. De cette seule manière, la productivité de la Castille pourrait augmenter, son commerce rétabli et sa dépendance humiliante à l'égard des étrangers, des Hollandais et des Génois, cessé ». Dès les premiers jours des Caraïbes et de l'ère de la conquête, la couronne tenta de contrôler le commerce entre l'Espagne et les Indes avec des politiques restrictives appliquées par la Chambre du commerce (est. 1503) à Séville. La navigation se faisait par des ports particuliers en Espagne (Séville, puis Cadix), en Amérique espagnole (Veracruz, Acapulco, La Havane, Carthagène des Indes et Callao / Lima) et aux Philippines (Manille). Les colons espagnols aux Indes au tout début étaient peu nombreux et l'Espagne pouvait leur fournir suffisamment de marchandises. Mais alors que les Empires aztèque et inca furent conquis au début du , puis d'importants gisements d'argent trouvés au Mexique et au Pérou, les régions de ces grands empires, l'immigration espagnole augmenta et la demande de biens dépassa de loin la capacité de l'Espagne à l'approvisionner. L'Espagne n'ayant que peu de capitaux à investir dans le commerce en expansion et aucun groupe commercial important, les banquiers et les maisons commerciales de Gênes, d'Allemagne, des Pays-Bas, de France et d'Angleterre fournirent à la fois des capitaux d'investissement et des biens dans un système supposément fermé. Même au , l'Espagne reconnut que le système fermé idéalisé ne fonctionnait pas dans la réalité. Malgré le fait que la couronne ne modifia pas sa structure restrictive ou son plaidoyer en faveur de la prudence budgétaire, malgré les appels des "arbitristes", le commerce des Indes resta nominalement entre les mains de l'Espagne, mais enrichissait en fait les autres pays européens. La couronne établit le système de flottes de trésors ("flota") pour protéger le transport d'argent à Séville (plus tard Cadix). Les marchands de Séville transportaient des biens de consommation produits dans d'autres pays européens, enregistrés et taxés par la Chambre de commerce étaient envoyés aux Indes. D'autres intérêts commerciaux européens finirent par dominer l'offre, les maisons de commerce espagnoles et leurs guildes ("consulados") en Espagne et aux Indes agissant comme de simples intermédiaires, récoltant des bénéfices une tranche des bénéfices. Cependant, ces bénéfices ne favorisèrent pas le développement économique espagnol d'un secteur manufacturier, son économie restant basée sur l'agriculture. La richesse des Indes conduisit à la prospérité en Europe du Nord, en particulier aux Pays-Bas et en Angleterre, tous deux protestants. Alors que le pouvoir de l'Espagne s'affaiblissait au , l'Angleterre, les Pays-Bas et les Français en profitaient en outre-mer en s'emparant d'îles des Caraïbes, qui devinrent les bases d'un commerce de contrebande en plein essor en Amérique espagnole. Les fonctionnaires de la Couronne qui étaient censés supprimer le commerce de contrebande étaient assez souvent de mèche avec les étrangers, car c'était une source d'enrichissement personnel. En Espagne, la Couronne elle-même participait à une collusion avec des maisons de commerce étrangères, puisqu'elles payaient des amendes, « destinées à établir une compensation à l'État pour les pertes dues à la fraude ». Il devint pour les maisons de commerce un risque calculé pour faire des affaires ; pour la couronne, elle gagnait un revenu qu'elle aurait perdu autrement. Les marchands étrangers faisaient partie du supposé système de monopole du commerce. Le transfert de la Chambre de commerce de Séville à Cadix permit un accès encore plus facile des maisons de commerce étrangères au commerce espagnol. Le moteur de l'économie impériale espagnole qui eut un impact mondial fut l'extraction de l'argent. Les mines du Pérou et du Mexique étaient entre les mains de quelques entrepreneurs miniers d'élite, avec un accès au capital et un estomac pour le risque lié à l'exploitation minière. Ils fonctionnaient selon un système de licences royales, car la Couronne détenait les droits sur la richesse du sous-sol. Les entrepreneurs miniers assumaient tous les risques de l'entreprise, tandis que la couronne gagnait une tranche de 20% des bénéfices, le cinquième royal (« "Quinto" »). Le secteur minier ajoutait aux revenus de la Couronne que cette dernière détenait un monopole sur l'approvisionnement en mercure, utilisé pour séparer l'argent pur du minerai d'argent dans le processus de patio. La couronne maintint le prix élevé, déprimant ainsi le volume de production d'argent. La protection de ses flux en provenance du Mexique et du Pérou lors de son transit vers les ports pour être expédiés en Espagne aboutit très tôt à un système de convois (la flota) naviguant deux fois par an. Son succès peut être jugé par le fait que la flotte d'argent ne fut capturée qu'une seule fois, en 1628 par le corsaire néerlandais Piet Hein. Cette perte avait entraîné la faillite de la couronne espagnole et une longue période de dépression économique en Espagne. Une pratique utilisée par les Espagnols pour rassembler les travailleurs des mines s'appelait "repartimiento". Il s'agissait d'un système de travail forcé par rotation où les pueblos indigènes étaient obligés d'envoyer des ouvriers travailler dans les mines et plantations espagnoles pendant un certain nombre de jours de l'année. Le Repartimiento ne fut pas mis en œuvre pour remplacer le travail des esclaves, mais il existait à côté du travail salarié gratuit, de l'esclavage et du travail sous contrat. C'était cependant un moyen pour les Espagnols de se procurer une main-d'œuvre bon marché, stimulant ainsi l'économie tirée par les mines. Il est important de noter que les hommes qui travaillaient comme ouvriers de repartimiento n'étaient pas toujours résistants à la pratique. Certains étaient attirés par le travail comme moyen de compléter le salaire qu'ils gagnaient en cultivant des champs pour subvenir aux besoins de leur famille et, bien sûr, rendre hommage. Dans un premier temps, un Espagnol ne pouvait faire travailler des ouvriers repartimiento pour eux qu'avec la permission d'un fonctionnaire de la Couronne, comme un vice-roi, uniquement sur la base que ce travail était absolument nécessaire pour fournir au pays des ressources importantes. Cette condition devint plus laxiste au fil des ans et diverses entreprises avaient des ouvriers repartimiento où ils travailleraient dans des conditions dangereuses pendant de longues heures et de bas salaires. Pendant l'ère Bourbon, les réformes économiques cherchèrent à inverser le modèle qui laissait l'Espagne appauvrie sans secteur manufacturier et le besoin de ses colonies de produits manufacturés fournis par d'autres nations. Elle tenta de se restructurer pour devenir un système commercial fermé, mais elle fut entravée par les termes du traité d'Utrecht de 1713. Le traité mettant fin à la guerre de Succession d'Espagne par une victoire du candidat français Bourbon au trône prévoyait que les Britanniques pouvaient légalement commercer par une licence ("asiento") d'esclaves africains vers l'Amérique espagnole. Cette disposition compromettait la possibilité d'un système de monopole espagnol remanié. Les commerçants profitèrent également de l'occasion pour se livrer au commerce de contrebande de leurs produits manufacturés. La politique de la Couronne visait à rendre le commerce légal plus attrayant que la contrebande en instituant le libre-échange ("comercio libre") en 1778, permettant aux ports hispano-américains de commercer entre eux et de commercer avec n'importe quel port d'Espagne. Il visait à réorganiser un système espagnol fermé et à déborder l'empire britannique de plus en plus puissant. La production d'argent reprit au , la production dépassant de loin la production précédente. La couronne réduisant les taxes sur le mercure, ce qui signifiait qu'un plus grand volume d'argent pur pourrait être affiné. L'extraction d'argent absorba la plupart des capitaux disponibles au Mexique et au Pérou, et la couronne souligna la production de métaux précieux qui était envoyée en Espagne. Il y eut un certain développement économique aux Indes pour l'approvisionnement alimentaire, mais une économie diversifiée n'apparut pas. Les réformes économiques de l'ère Bourbon façonnèrent furent affectées par les développements géopolitiques en Europe. Les réformes bourboniennes naquirent de la guerre de Succession d'Espagne. À son tour, la tentative de la Couronne de resserrer son contrôle sur ses marchés coloniaux dans les Amériques conduisit à un nouveau conflit avec d'autres puissances européennes qui se disputaient l'accès à ces marchés. Après avoir déclenché une série d'escarmouches au cours des années 1700 à cause de ses politiques plus strictes, le système commercial réformé de l'Espagne conduisit à la guerre avec la Grande-Bretagne en 1796. Dans les Amériques, pendant ce temps, les politiques économiques adoptées sous les Bourbons eurent des impacts différents selon les régions. D'une part, la production d'argent en Nouvelle-Espagne augmenta fortement et entraîna une croissance économique. Mais une grande partie des bénéfices du secteur minier revitalisé alla aux élites minières et aux représentants de l'État, tandis que dans les zones rurales de la Nouvelle-Espagne, les conditions des travailleurs ruraux se détériorèrent, contribuant à des troubles sociaux qui auraient un impact sur les révoltes ultérieures. Les Bourbon d’Espagne : l'ère de la réforme (1700-1808). Avec la mort en 1700 de Charles II d'Espagne sans enfant, la couronne d'Espagne fut contestée dans la guerre de Succession d'Espagne. En vertu des traités d'Utrecht (11 avril 1713) mettant fin à la guerre, le prince français de la maison de Bourbon, Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV de France, devint le roi Philippe V. Il conserva l'empire espagnol d'outre-mer dans les Amériques et les Philippines. L’acte céda des compensations à ceux qui avaient soutenu un Habsbourg pour la monarchie espagnole, donnant le territoire européen des Pays-Bas espagnols, Naples, Milan et la Sardaigne à l'Autriche, la Sicile et des parties du Milanais au duché de Savoie, et Gibraltar et Minorque au royaume de Grande-Bretagne. Le traité accordait également aux Britanniques le droit exclusif de commerce d'esclaves en Amérique espagnole pendant trente ans, l"'asiento", ainsi que des voyages autorisés vers des ports dans les possessions coloniales espagnoles, des ouvertures, pour le commerce licite et illicite. La reprise économique et démographique de l'Espagne avait commencé lentement au cours des dernières décennies du règne des Habsbourg, comme en témoignent la croissance de ses convois commerciaux et la croissance beaucoup plus rapide du commerce illicite au cours de la période. (Cette croissance fut plus lente que la croissance du commerce illicite des rivaux du Nord sur les marchés de l'empire.) Cependant, cette reprise ne se traduisit pas par une amélioration institutionnelle, mais plutôt par des « solutions immédiates à des problèmes permanents ». Cet héritage de négligence se refléta dans les premières années du règne de Bourbon, au cours desquelles l'armée fut déployée à mauvais escient dans la guerre de la Quadruple Alliance (1718-1720). Après la guerre, la nouvelle monarchie bourbonienne adopta une approche beaucoup plus prudente des relations internationales, s'appuyant sur une alliance familiale avec les Bourbon de France, et continuant de suivre un programme de renouvellement institutionnel. Le programme de la Couronne visant à promulguer des réformes qui promouvaient le contrôle administratif et l'efficacité dans la métropole au détriment des intérêts des colonies sapa la loyauté des élites créoles envers la Couronne. Lorsque les forces françaises de Napoléon Bonaparte envahirent la péninsule ibérique en 1808, Napoléon évinça la monarchie bourbonienne espagnole, plaçant son frère Joseph Bonaparte sur le trône espagnol. Il y eut une crise de légitimité de la domination de la couronne en Amérique espagnole, conduisant aux guerres d'indépendance hispano-américaines (1808-1826). Réformes bourboniennes. Les plus larges intentions des Bourbons espagnols étaient de réorganiser les institutions de l'empire pour mieux l'administrer au profit de l'Espagne et de la couronne. Ils cherchaient à augmenter les revenus et à affirmer un plus grand contrôle de la couronne, y compris sur l'Église catholique. La centralisation du pouvoir devait être au profit de la couronne et de la métropole et pour la défense de son empire contre les incursions étrangères. Du point de vue de l'Espagne, les structures de la domination coloniale sous les Habsbourg ne fonctionnaient plus au profit de l'Espagne, une grande partie de la richesse étant conservée en Amérique espagnole et allant à d'autres puissances européennes. La présence d'autres puissances européennes dans les Caraïbes, avec les Anglais à la Barbade (1627), Saint-Kitts (1623-5) et la Jamaïque (1655), les Néerlandais à Curaçao et les Français à Saint Domingue (Haïti) (1697), la Martinique et la Guadeloupe avaient brisé l'intégrité du système mercantile espagnol fermé et établi des colonies sucrière prospères. Au début de son règne, le premier Bourbon espagnol, le roi Philippe V, réorganisa le gouvernement pour renforcer le pouvoir exécutif du monarque comme cela se faisait en France, à la place du système délibératif et polysynodial des Conseils. Le gouvernement de Philippe créa un ministère de la Marine et des Indes (1714) et créa des sociétés commerciales, la Compagnie du Honduras (1714), une société de Caracas, la Compagnie Guipuscoane (1728) et la plus prospère, la Compagnie de la Havane (1740). En 1717-1718, les structures de gouvernance des Indes, le "Consejo de Indias" et la "Casa de Contratación", qui régissaient les investissements dans les flottes de trésors espagnoles encombrantes, furent transférées de Séville à Cadix, où les maisons de commerce étrangères avaient plus facilement accès au commerce des Indes. Cadix devint le seul port pour tous les échanges commerciaux indiens (voir système de flota). Les traversées individuelles à intervalles réguliers étaient lentes à déplacer les convois armés traditionnels, mais dans les années 1760, il y avait des navires réguliers sillonnant l'Atlantique de Cadix à La Havane et à Porto Rico, et à des intervalles plus longs vers le Rio de la Plata, où une vice-royauté supplémentaire fut créée en 1776. Le commerce de contrebande qui était le moteur de l'empire des Habsbourg diminua proportionnellement à l'expédition enregistrée (un registre maritime ayant été établi en 1735). Deux bouleversements enregistrèrent un malaise en Amérique espagnole et démontrèrent en même temps la résilience renouvelée du système réformé : le soulèvement de Tupac Amaru au Pérou en 1780 et la rébellion des "comuneros" de la Nouvelle-Grenade, toutes deux en partie en réaction à un contrôle plus strict et plus efficace. En 1783, pour maintenir l'exploitation des colonies américaines tout en prévenant de possibles mouvements indépendantistes, le comte d'Aranda, premier ministre du roi d'Espagne Charles III, proposa un plan de transformation politique de l'Amérique espagnole. Le roi d'Espagne n'aurait conservé directement que des appuis en Amérique du Sud, Cuba et Porto Rico, et il serait devenu empereur et suzerain de trois rois choisis parmi les infants d'Espagne et lui payant tribu : celui de la Nouvelle-Espagne, qui lui enverrait des barres d'argent, celui de Terre-Ferme (Colombie et Venezuela), qui s'acquitterait en épices et en tabac, et celui du Pérou, qui expédierait des lingots d'or. Charles III était trop prudent pour accepter ce projet, mais on a parfois considéré qu'il était prémonitoire et aurait peut-être évité aux pays de l'Amérique Espagnole les sanglants chapitres de la conquête de leur indépendance La prospérité du. Le fut un siècle de prospérité pour l'Empire espagnol d'outre-mer, le commerce intérieur ayant augmenté régulièrement, en particulier dans la seconde moitié du siècle, sous les réformes bourboniennes. La victoire cruciale de l'Espagne à la bataille de Carthagène des Indes (1741) contre une flotte et une armée britanniques massives dans le port caribéen de Carthagène des Indes, l'une des nombreuses batailles réussies contre les Britanniques, aida l'Espagne à assurer sa domination de l'Amérique jusqu'au . Mais les différentes régions se comportaient différemment sous la domination Bourbon, et même si la Nouvelle-Espagne était particulièrement prospère, elle était également marquée par une forte inégalité de richesse. La production d'argent explosa en Nouvelle-Espagne au , avec une production plus que triplée entre le début du siècle et les années 1750. L'économie et la population augmentèrent toutes deux, toutes deux centrées autour de Mexico. Mais alors que les propriétaires de mines et la couronne profitaient de l'économie florissante de l'argent, la plupart de la population des régions rurales de Bajío devaient faire face à la hausse des prix des terres et à la baisse des salaires. Il en résulta l'expulsion d'un grand nombre de leurs terres. L'Armada britannique de 1741 était la plus grande jamais rassemblée avant le débarquement en Normandie, qui dépassait même en plus de 60 navires la Grande Armada de Philippe II. La flotte britannique formée de 195 navires, et d'artillerie commandée par l'amiral Edward Vernon fut vaincue par l'amiral Blas de Lezo. La bataille de Carthagène des Indes fut l'une des victoires espagnoles les plus décisives contre les tentatives britanniques infructueuses de prendre le contrôle du continent espagnol. Il y eut de nombreuses batailles réussies qui aidèrent l'Espagne à assurer sa domination de l'Amérique jusqu'au . L'historien Reed Browning décrivit l'expédition britannique de Carthagène comme « stupidement désastreuse » et cite Horace Walpole, dont le père était l'amer ennemi de Vernon, écrivant en 1744 : « Nous avons déjà perdu sept millions d'argent et dans la guerre d'Espagne et tout le fruit de tout ce sang et ce trésor est la gloire d'avoir la tête de l'amiral Vernon sur les panneaux de la cabane ! ». Avec une monarchie bourbonienne vint un répertoire d'idées mercantilistes bourboniennes basées sur un État centralisé, mis en œuvre lentement en Amérique au début, mais avec un élan croissant au cours du siècle. Le transport maritime augmenta rapidement du milieu des années 1740 jusqu'à la guerre de Sept Ans (1756-1763), reflétant en partie le succès des Bourbons à maîtriser le commerce illicite. Avec l'assouplissement des contrôles commerciaux après la guerre de Sept Ans, le commerce maritime au sein de l'empire recommença à se développer, atteignant un taux de croissance extraordinaire dans les années 1780. La fin du monopole de Cadix sur le commerce avec l'Amérique provoqua une renaissance des produits manufacturés espagnols. L'industrie textile de la Catalogne, qui connaissait une croissance rapide, fut la plus remarquable et, au milieu des années 1780, elle voyait les premiers signes d'industrialisation. Cela vit l'émergence d'une petite classe commerciale politiquement active à Barcelone. Cette poche isolée de développement économique avancé contrastait fortement avec le retard relatif de la majeure partie du pays. La plupart des améliorations se produisaient dans et autour de certaines grandes villes côtières et des grandes îles comme Cuba, avec ses plantations de tabac, et une reprise de la croissance des mines de métaux précieux en Amérique. D'un autre côté, la majeure partie de l'Espagne rurale et de son empire, où vivait la grande majorité de la population, vivait dans des conditions relativement arriérées par rapport aux normes d'Europe occidentale du , renforçant les anciennes coutumes et l'isolement. La productivité agricole restait faible malgré les efforts visant à introduire de nouvelles techniques dans ce qui était pour la plupart un groupe de paysans et de travailleurs non intéressés et exploités. Les gouvernements n'étaient pas cohérents dans leurs politiques. Bien qu'il y ait eu des améliorations substantielles à la fin du , l'Espagne était encore un marigot économique. Dans le cadre des accords commerciaux mercantiles, elle avait du mal à fournir les marchandises demandées par les marchés en forte croissance de son empire et à fournir des débouchés adéquats pour le commerce de retour. D'un point de vue opposé selon le « retard » mentionné ci-dessus, le naturaliste et explorateur Alexander von Humboldt voyagea beaucoup à travers les Amériques espagnoles, l'explorant et le décrivant pour la première fois d'un point de vue scientifique moderne entre 1799 et 1804. Dans son travail Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne contenant des recherches relatives à la géographie du Mexique, il dit que les Indiens de la Nouvelle-Espagne vivaient dans de meilleures conditions que tout paysan russe ou allemand en Europe. Selon Humboldt, malgré le fait que les agriculteurs indiens étaient pauvres, sous la domination espagnole, ils étaient libres et l'esclavage inexistant, leurs conditions étaient bien meilleures que celles de tout autre paysan ou agriculteur de l'Europe du Nord avancée. Humboldt publia également une analyse comparative de la consommation de pain et de viande en Nouvelle-Espagne (Mexique) par rapport à d'autres villes d'Europe telles que Paris. Mexico consommait 189 livres de viande par personne et par an, contre 163 livres consommées par les habitants de Paris, les Mexicains consommaient également presque la même quantité de pain que n'importe quelle ville européenne, avec 363 kilogrammes de pain par personne et par an en comparaison aux 377 kilos consommés à Paris. Caracas consommait sept fois plus de viande par personne qu'à Paris. Von Humboldt déclarait également que le revenu moyen pendant cette période était quatre fois supérieur au revenu européen et que les villes de la Nouvelle-Espagne étaient plus riches que de nombreuses villes européennes. Contestation avec d'autres empires. L'empire espagnol n'était pas encore revenu à un statut de puissance de premier ordre, mais il avait récupéré et même étendu considérablement ses territoires depuis les jours sombres du début du où il était, en particulier en matière continentale, à la merci d’accords politiques d'autres puissances. Le siècle relativement plus pacifique sous la nouvelle monarchie lui avait permis de se reconstruire et d'entamer le long processus de modernisation de ses institutions et de son économie, et le déclin démographique du s'était inversé. C'était une puissance de rang moyen avec de grandes prétentions de pouvoir qui ne pouvaient être ignorées. Mais le temps était contre elle. Reprise militaire en Europe. Les réformes institutionnelles des Bourbons portèrent leurs fruits militairement lorsque les forces espagnoles reprirent facilement Naples et la Sicile des Autrichiens en 1734 pendant la guerre de Succession de Pologne et pendant la guerre de l'oreille de Jenkins (1739-1742) contrecarrant les efforts britanniques pour s'emparer des villes stratégiques de Carthagène des Indes et Santiago de Cuba en battant une armée et une marine britanniques massives dirigées par Edward Vernon, ce qui mit fin aux ambitions de la Grande-Bretagne sur le continent espagnol. En 1742, la guerre de l'oreille de Jenkins fusionna avec la plus grande guerre de Succession d'Autriche et la troisième guerre intercoloniale américaine en Amérique du Nord. Les Britanniques, également occupés par la France, ne purent pas capturer les convois espagnols, et les corsaires espagnols attaquèrent la marine marchande britannique le long des routes du commerce triangulaire. En Europe, l'Espagne tenta de chasser Marie-Thérèse de Lombardie dans le nord de l'Italie depuis 1741, mais fit face à l'opposition de Charles Emmanuel III de Sardaigne, et la guerre dans le nord de l'Italie resta indécise tout au long de la période allant jusqu'à 1746. Par le traité d'Aix-la-Chapelle de 1748, l'Espagne gagna Parme, Plaisance et Guastalla dans le nord de l'Italie. De plus, bien que l'Espagne ait été vaincue lors de l'invasion du Portugal et ait perdu certains territoires au profit des forces britanniques vers la fin de la guerre de Sept Ans (1756-1763), l'Espagne récupéra rapidement ces pertes et saisit la base navale britannique aux Bahamas pendant guerre d'indépendance américaine (1775-1783). Rôle dans la guerre d'indépendance américaine. L'Espagne contribua à l'indépendance des treize colonies britanniques (qui formèrent les États-Unis) avec la France. Le gouverneur espagnol de la Louisiane (Nouvelle-Espagne) Bernardo de Gálvez mena la politique espagnole contre la Grande-Bretagne, qui cherchait à prendre le trésor et le territoire des Espagnols. L'Espagne et la France étaient alliées à cause du Pacte de Famille mené par les deux pays contre la Grande-Bretagne. Gálvez prit des mesures contre la contrebande britannique dans la mer des Caraïbes et favorisa le commerce avec la France. Sous ordre royal de Charles III d'Espagne, Gálvez poursuivit les opérations d'aide pour approvisionner les rebelles américains. Les Britanniques bloquaient les ports coloniaux des Treize Colonies, et la route de la Nouvelle-Orléans sous contrôle espagnol jusqu'au fleuve Mississippi fut une alternative efficace pour approvisionner les rebelles américains. L'Espagne soutint activement les treize colonies tout au long de la guerre d'indépendance américaine, à partir de 1776 en finançant conjointement Roderigue Hortalez et Co, une société commerciale qui fournissait des fournitures militaires essentielles, tout au long du financement du siège final de Yorktown en 1781 avec une collection d'or et d'argent de La Havane. L'aide espagnole fut fournie aux colonies via quatre routes principales: (1) à partir des ports français avec le financement de "Roderigue Hortalez et Co", (2) par le port de la Nouvelle-Orléans et en remontant le fleuve Mississippi, (3) dans les entrepôts de La Havane, et (4) du port nord-ouest espagnol de Bilbao, par le biais de la société de commerce familiale Gardoqui qui fournissait du matériel de guerre important. La Grande-Bretagne bloqua économiquement les treize colonies, de sorte que la dette publique américaine augmenta considérablement. L'Espagne, par le biais de la famille Gardoqui, envoya en argent de pièces de huit, connues sous le nom de pièce de huit ou dollar espagnol, la pièce sur laquelle fut basé le dollar américain d'origine, et elle resta en cours de validité aux États-Unis jusqu'à la loi sur la monnaie de 1857 (en fait, le dollar espagnol ou Carolus devint la première monnaie mondiale au ). L'armée continentale américaine qui remporta les batailles de Saratoga était partiellement équipée et armée par l'Espagne. L'Espagne eut la chance de récupérer les territoires perdus par la Grande-Bretagne pendant la guerre de Sept Ans, en particulier la Floride. Galvez rassembla une armée de tous les coins de l'Amérique espagnole, environ . Le gouverneur de la Louisiane espagnole prépara une offensive contre les Britanniques lors de la campagne de la côte du Golfe pour contrôler le bas Mississippi et la Floride. Gálvez accomplit la conquête de la Floride occidentale en 1781 avec le siège réussi de Pensacola. Peu de temps après, Gálvez conquit l'île de New Providence aux Bahamas, abandonnant le dernier plan de résistance britannique, qui maintenait la domination espagnole sur les Caraïbes et accéléra le triomphe de l'armée américaine. La Jamaïque était le dernier bastion britannique d'importance dans les Caraïbes. Gálvez organisa un débarquement sur l'île ; cependant, la paix de Paris (1783) fut conclue et l'invasion annulée. Contestation au Brésil. La majorité du territoire du Brésil actuel avait été revendiquée comme espagnole lorsque l'exploration avait commencé avec la navigation de la longueur de l'Amazone en 1541-1542 par Francisco de Orellana. De nombreuses expéditions espagnoles avaient exploré de grandes parties de cette vaste région, en particulier celles proches des colonies espagnoles. Au cours des , des soldats, des missionnaires et des aventuriers espagnols établirent également des communautés pionnières, principalement à Paraná, Santa Catarina et São Paulo, et des forts sur la côte nord-est menacés par les Français et les Néerlandais. Au fur et à mesure de l'expansion de la colonie luso-brésilienne, à la suite des exploits des Bandeirantes, ces groupes espagnols isolés furent finalement intégrés dans la société brésilienne. Seuls quelques Castillans qui avaient été déplacés des zones contestées de la Pampa de Rio Grande do Sul laissèrent une influence significative sur la formation du gaucho, lorsqu'ils se mélangèrent avec des groupes indiens, portugais et noirs arrivés dans la région au cours du . Les Espagnols étaient empêchés par leurs lois d'asservir les peuples autochtones, les laissant sans intérêt commercial au plus profond de l'intérieur du bassin amazonien. Les lois de Burgos (1512) et les nouvelles lois (1542) avaient pour but de protéger les intérêts des peuples autochtones. Les esclavagistes portugais-brésiliens, les Bandeirantes, avaient l'avantage d'accéder depuis l'embouchure du fleuve Amazone, qui se trouvait du côté portugais de la ligne de Tordesillas. Une attaque célèbre contre une mission espagnole en 1628 entraîna l'asservissement d'environ . Avec le temps, il y avait en fait une force d'occupation autofinancée. Au , une grande partie du territoire espagnol était de facto sous contrôle portugais-brésilien. Cette réalité fut reconnue avec le transfert légal de souveraineté en 1750 de la plupart du bassin amazonien et des régions avoisinantes au Portugal dans le traité de Madrid. Cette colonie sema les graines de la guerre des Guaraní en 1756. Empires rivaux dans le Pacifique Nord-Ouest. L'Espagne revendiquait toute l'Amérique du Nord à l'ère de la découverte, mais les revendications ne furent pas traduites en occupation jusqu'à ce qu'une ressource majeure soit découverte et que la colonisation espagnole et la domination de la Couronne soient mises en place. Les Français avaient établi un empire dans le nord de l'Amérique du Nord et prit quelques îles dans les Caraïbes. Les Anglais établissaient des colonies sur la côte est de l'Amérique du Nord ainsi que dans le nord de l'Amérique du Nord et dans certaines îles des Caraïbes. Au , la couronne espagnole réalisa que ses revendications territoriales devaient être défendues, en particulier dans le sillage de sa faiblesse visible pendant la guerre de Sept Ans lorsque la Grande-Bretagne prit les importants ports espagnols de La Havane et de Manille. Un autre facteur important était que l'empire russe s'était étendu en Amérique du Nord à partir du milieu du , avec des colonies de commerce de fourrure dans ce qui est maintenant l'Alaska et des forts aussi au sud que Fort Ross, en Californie. La Grande-Bretagne s'étendait également dans des zones que l'Espagne revendiquait comme son territoire sur la côte du Pacifique. Prenant des mesures pour consolider ses revendications fragiles sur la Californie, l'Espagne commença à planifier des missions californiennes en 1769. L'Espagne commença également une série de voyages vers le nord-ouest du Pacifique, où la Russie et la Grande-Bretagne empiétaient sur le territoire revendiqué. Les expéditions espagnoles vers le nord-ouest du Pacifique, avec Alessandro Malaspina et d'autres en partance pour l'Espagne, arrivèrent trop tard pour que l'Espagne affirme sa souveraineté dans le nord-ouest du Pacifique. La crise de Nootka (1789-1791) amena presque l'Espagne et la Grande-Bretagne à la guerre. Il s'agissait d'un différend concernant des réclamations dans le Pacifique Nord-Ouest, où aucune nation n'avait établi d'établissements permanents. La crise aurait pu conduire à la guerre, mais elle fut résolue dans la convention de Nootka, dans laquelle l'Espagne et la Grande-Bretagne convenaient de ne pas établir de colonies et autorisaient le libre accès à la baie de Nootka sur la côte ouest de ce qui est maintenant l'île de Vancouver. En 1806, le baron Nikolai Rezanov tenta de négocier un traité entre la compagnie russe-américaine et la vice-royauté de Nouvelle-Espagne, mais sa mort inattendue en 1807 mit fin à tout espoir de traité. L'Espagne renonça à ses revendications dans l'ouest de l'Amérique du Nord dans le traité Adams-Onis de 1819, y cédant ses droits aux États-Unis, autorisant les États-Unis à acheter la Floride et établissant une frontière entre la Nouvelle-Espagne et les États-Unis lorsque les négociations entre les deux nations eurent lieu, les ressources de l'Espagne étaient épuisées en raison des guerres d'indépendance hispano-américaines. Fin de l'empire mondial (1808–1899). En 1808, les forces napoléoniennes envahirent la péninsule Ibérique, entraînant la fuite de la famille royale portugaise au Brésil et l'abdication du roi d'Espagne. Napoléon plaça son frère, Joseph Bonaparte, sur le trône espagnol, (L'Espagne était déjà dirigée par une dynastie française, mais la dynastie napoléonienne n'avait pas de légitimité aux yeux des colons, elle était le prétexte idéal pour prendre leur indépendance dont ils rêvaient déjà depuis l'arrivée des Français à la tète de l'Espagne avec la dynastie Bourbon). Pour couronner le tout Napoléon abolit les avantages du clergé dans l'Empire ; en conséquence il sera excommunié provoquant le soulèvement du peuple espagnol, la guerre d’indépendance espagnole, une guerre de guérilla que Napoléon surnomma son « ulcère ». Au cours de la guerre, environ impériaux (Essentiellement des Français, des Espagnols "laïques" et des Égyptiens) furent tués par des guérilleros espagnols et réguliers "Espagnols Catholiques" par les impériaux, en incluant les milices, les massacres de civils, les famines et les épidémies (elle a perdu environ 1/12 de sa population). L'Espagne prendra un peu moins de 20 ans à retrouver sa population d'avant guerre. La guerre fut immortalisée par le peintre Goya. L'invasion française déclencha également dans de nombreux endroits en Amérique espagnole une crise de légitimité de la domination de la couronne et des mouvements qui aboutirent à l'indépendance politique. En Espagne, l'incertitude politique dura plus d'une décennie et l'agitation pendant plusieurs décennies, les guerres civiles sur les conflits de succession, une république et enfin une démocratie libérale. La résistance fusionna autour des juntes, des gouvernements d'urgence spéciaux. Une junte centrale suprême et gouvernante du Royaume, régnant au nom de Ferdinand VII, fut créée le 25 septembre 1808 pour coordonner les efforts entre les différentes juntes. Conflits hispano-américains et indépendance 1810-1833. L'idée d'une identité distincte pour l'Amérique espagnole fut développée dans la littérature historique moderne, mais l'idée d'une complète indépendance hispano-américaine de l'Empire espagnol n'était pas générale à l'époque et l'indépendance politique n'était pas inévitable. L'historien Brian Hamnett soutient que si la monarchie espagnole et les libéraux espagnols avaient été plus flexibles quant à la place des possessions d'outre-mer, l'empire ne se serait pas effondré. Les juntes apparurent en Amérique espagnole alors que l'Espagne faisait face à une crise politique en raison de l'invasion de Napoléon Bonaparte et de l'abdication de Ferdinand VII. Les Hispano-Américains réagirent à peu près de la même manière que les Espagnols de la péninsule, légitimant leurs actions par le biais du droit traditionnel, selon lequel la souveraineté revenait au peuple en l'absence d'un roi légitime. La majorité des Hispano-Américains continuaient à soutenir l'idée de maintenir une monarchie, mais ne soutenaient pas le maintien de la monarchie absolue sous Ferdinand VII. Les Hispano-Américains voulaient l'autonomie gouvernementale. Les juntes des Amériques n'acceptaient pas les gouvernements des Européens - ni le gouvernement mis en place pour l'Espagne par les Français ni les divers gouvernements espagnols mis en place en réponse à l'invasion française. Les juntes n'acceptaient pas la régence espagnole, isolée en état de siège dans la ville de Cadix (1810-1812). Ils rejetèrent également la Constitution espagnole de 1812, même si la Constitution accordait la citoyenneté espagnole à ceux des territoires qui avaient appartenu à la monarchie espagnole dans les deux hémisphères. La Constitution libérale espagnole de 1812 reconnut les peuples autochtones des Amériques comme citoyens espagnols. Mais l'acquisition de la citoyenneté pour toute casta des peuples afro-américains des Amériques se faisait par naturalisation - à l'exclusion des esclaves. Une longue période de guerres suivit en Amérique de 1811 à 1829. En Amérique du Sud, cette période de guerres conduisit à l'indépendance de l'Argentine (1810), du Venezuela (1810), du Chili (1810), du Paraguay (1811) et de l'Uruguay (1815, mais gouverné par la suite par le Brésil jusqu'en 1828). José de San Martín fit campagne pour l'indépendance au Chili (1818) et au Pérou (1821). Plus au nord, Simón Bolívar dirigea des forces qui obtinrent l'indépendance entre 1811 et 1826 pour la région qui devint le Venezuela, la Colombie, l'Équateur, le Pérou et la Bolivie (alors Alto Perú). Le Panama déclara son indépendance en 1821 et fusionna avec la république de Grande Colombie (de 1821 à 1903). Dans la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne, le prêtre laïc libre d'esprit, Miguel Hidalgo y Costilla, déclara la liberté du Mexique en 1810 dans le Grito de Dolores. L'indépendance fut en fait remportée en 1821 par un officier de l'armée royaliste devenu insurgé, Agustín de Iturbide, en alliance avec l'insurgé Vicente Guerrero et sous le plan d'Iguala. La hiérarchie catholique conservatrice de la Nouvelle-Espagne soutint l'indépendance du Mexique en grande partie parce qu'elle trouvait la Constitution libérale espagnole de 1812 abominable. Les provinces d'Amérique centrale devinrent indépendantes via l'indépendance du Mexique en 1821 et rejoignirent le Mexique pendant une brève période (1822-1823), mais elles choisirent leur propre voie lorsque le Mexique devint une république en 1824. Les fortifications côtières espagnoles de Veracruz, Callao et Chiloé furent les bases qui résistèrent jusqu'en 1825 et 1826 respectivement. En Amérique espagnole, les guérilleros royalistes poursuivirent la guerre dans plusieurs pays, et l'Espagne lança des tentatives pour reprendre le Venezuela en 1827 et le Mexique en 1829. L'Espagne abandonna tous les plans de reconquête militaire à la mort du roi Ferdinand VII en 1833. Enfin, le gouvernement espagnol alla jusqu'à renoncer à sa souveraineté sur toute l'Amérique continentale en 1836. Cuba La question de la main d’œuvre était également importante à Cuba. Des esclaves y furent importés encore longtemps en dépit de l'interdiction officielle. Environ un demi-million de personnes arrivèrent de cette façon après 1820. En outre, quelque originaires d'Asie y immigrèrent. Une importante immigration d'Européens se produisit également ; au cours de la seconde moitié du , des centaines de milliers d'entre eux, principalement originaires d'Espagne, arrivèrent à Cuba. L'ile ne prit pas part à la rébellion des colonies contre la couronne espagnole dans les années 1820 S'il se trouvait des Cubains qui n'appréciaient pas l'arbitraire du régime colonial espagnol, il n'y avait toutefois pas vraiment de mouvement national. Le conflit d’intérêts entre, d'une part, l'oligarchie sucrière et, d'autre part, les Cubains ordinaires était trop important. Dans les années 1870 (une brève république fut proclamée en Espagne) le gouvernement espagnol se montre compréhensif à l'égard du mouvement réformateur cubain qui aspirait à une plus grande autonomie de Cuba. Pourtant, lorsque cette espérance fut anéantie par les gouvernements conservateurs espagnols qui cessèrent de soutenir les réformes, une insurrection éclata, qui déboucha sur la guerre des 10 ans. Les insurgés proclamèrent la république mais ne purent contrôler que la partie orientale de Cuba, moins peuplée que l'autre partie et sans véritable valeur économique. Les grands propriétaires sucriers de la partie occidentale craignirent que cette rébellion conduisit à une révolution sociale et à l'abolition de l'esclavage. La paix revient après la conclusion d'un accord en 1878. Les années 1890 furent marquées par de nouvelles tensions qui conduisirent à une nouvelle guerre et à la fin de la domination espagnole. Perte du reste des Indes (1865-1899). Saint-Domingue déclara également son indépendance en 1821 et commença à négocier son inclusion dans la République bolivarienne de Gran Colombia, mais fut rapidement occupée par Haïti, qui la gouverna jusqu'à une révolution en 1844. Après 17 ans d'indépendance, en 1861, Saint-Domingue redevint une colonie en raison de l'agression haïtienne, ce qui en fit la seule ancienne colonie que l'Espagne reprit. Cependant, le capitaine général José de la Gándara y Navarro rencontra une opposition à son occupation de l'île après que ses troupes furent confrontées à des soulèvements de guérilla et à la fièvre jaune. Au total, 10 888 des forces de Gándara tombèrent au combat contre la guérilla dominicaine. La maladie fut plus dévastatrice, faisant . Après 1865, seuls Cuba et Porto Rico et les Indes orientales espagnoles (Philippines, Guam et îles voisines du Pacifique) restaient sous contrôle espagnol aux Indes. La guerre d'indépendance de Cuba fut interrompue par l'intervention américaine dans ce qui devint la guerre hispano-américaine en 1898. L'Espagne perdit également Porto Rico et les Philippines dans ce conflit. L'année suivante, l'Espagne vendit ensuite ses possessions restantes de l'océan Pacifique à l'Allemagne dans le cadre du traité germano-espagnol, ne conservant que ses territoires africains. L'Espagne dans l'ère post-napoléonienne était en crise politique, l'invasion française et la restauration de la monarchie espagnole sous l'autocratique Ferdinand VII ayant brisé tout consensus traditionnel sur la souveraineté, fragmenté le pays politiquement et régionalement et déclenché des guerres et des conflits entre progressistes, libéraux et conservateurs. L'instabilité entrava le développement de l'Espagne, qui avait commencé à s'accélérer au . Une brève période d'amélioration se produisit dans les années 1870 lorsque le capable Alphonse XII d'Espagne et ses ministres réfléchis réussirent à redonner une certaine vigueur à la politique et au prestige espagnols, interrompus par la mort prématurée d'Alphonse. Un niveau croissant de soulèvements nationalistes et anticoloniaux dans diverses colonies culmina avec la guerre hispano-américaine de 1898, qui fut principalement combattu à Cuba. La défaite militaire fut suivie de l'indépendance de Cuba et de la cession de Porto Rico, de Guam et des Philippines aux États-Unis, qui reçurent 20 millions de dollars en compensation pour les Philippines. Le 2 juin 1899, le deuxième bataillon expéditionnaire "Cazadores" des Philippines, la dernière garnison espagnole des Philippines, qui avait été assiégée à Baler, Aurora à la fin de la guerre, fut retiré, mettant ainsi fin à environ 300 ans d'hégémonie espagnole dans l'archipel. Territoires en Afrique (1885-1975). À la fin du , seuls Melilla, Alhucemas, Peñón de Vélez de la Gomera (qui avait été repris en 1564), Ceuta (qui faisait partie de l'empire portugais depuis 1415, avait choisi de conserver ses liens avec l'Espagne une fois l'Union ibérique terminée ; l'allégeance formelle de Ceuta à l'Espagne fut reconnue par le traité de Lisbonne en 1668), Oran et Mazalquivir restaient comme territoire espagnol en Afrique. Ces dernières villes furent perdues en 1708, reconquises en 1732 et revendues par Charles IV en 1792. En 1778, l'île Fernando Poo (aujourd'hui Bioko), les îlots adjacents et les droits commerciaux sur le continent entre le Niger et l'Ogooué furent cédés à l'Espagne par les Portugais en échange d'un territoire en Amérique du Sud (Traité d'El Pardo). Au , certains explorateurs et missionnaires espagnols traverseront cette zone, parmi lesquels Manuel Iradier. En 1848, les troupes espagnoles conquirent les Islas Chafarinas. En 1860, après la guerre de Tétouan, le Maroc céda Sidi Ifni à l'Espagne dans le cadre du traité de Tanger, sur la base de l'ancien avant-poste de Santa Cruz de la Mar Pequeña, considéré comme Sidi Ifni. Les décennies suivantes de collaboration franco-espagnole aboutirent à la création et à l'extension de protectorats espagnols au sud de la ville, et l'influence espagnole obtint une reconnaissance internationale lors de la Conférence de Berlin de 1884 : l'Espagne administrait Sidi Ifni et le Sahara occidental conjointement. L'Espagne revendiquait également un protectorat sur les côtes de la Guinée, du Cap Boujdour au Cap Blanc, et tenta même de faire valoir une revendication sur les régions de l'Adrar et du Tiris en Mauritanie. Río Muni devint un protectorat en 1885 et une colonie en 1900. Les revendications conflictuelles sur les terres guinéennes furent réglées en 1900 par le traité de Paris, à cause de laquelle l'Espagne ne disposait que de sur les s'étendant vers l'est jusqu'à la rivière Oubangui qu'ils réclamaient initialement. Après une brève guerre en 1893, l'Espagne étendit son influence au sud de Melilla. En 1911, le Maroc fut divisé entre les Français et les Espagnols. Les Berbères du Rif se rebellèrent, dirigés par Abdelkrim, un ancien officier de l'administration espagnole. La bataille d'Anoual (1921) pendant la guerre du Rif fut une défaite militaire soudaine, grave et presque fatale subie par l'armée espagnole contre les insurgés marocains. Un homme politique espagnol de premier plan déclara avec force: « Nous sommes à la période la plus aiguë de la décadence espagnole ». Après la catastrophe d'Annual, le débarquement d'Al Hoceïma eut lieu en septembre 1925 dans la baie d'Al Hoceïma. L'armée et la marine espagnole, avec une petite collaboration d'un contingent français allié, mirent fin à la guerre du Rif. Il est considéré comme le premier débarquement amphibie réussi de l'histoire soutenu par la puissance aérienne et les chars maritimes. En 1923, Tanger fut déclarée ville internationale sous une administration conjointe française, espagnole, britannique, puis italienne. En 1926, Bioko et Rio Muni furent unis en tant que colonie de la Guinée espagnole, un statut qui durera jusqu'en 1959. En 1931, après la chute de la monarchie, les colonies africaines faisaient partie de la Seconde République espagnole. En 1934, sous le gouvernement du Premier ministre Alejandro Lerroux, les troupes espagnoles dirigées par le général Osvaldo Capaz débarquèrent à Sidi Ifni et effectuèrent l'occupation du territoire, cédé "de jure" par le Maroc en 1860. Cinq ans plus tard, Francisco Franco, un général de l'armée d'Afrique, se révolta contre le gouvernement républicain et déclencha la guerre civile espagnole (1936-1939). Pendant la Seconde Guerre mondiale, la présence française de Vichy à Tanger fut vaincue par celle de l'Espagne franquiste. L'Espagne manquait de richesse et d'intérêt pour développer une infrastructure économique étendue dans ses colonies africaines au cours de la première moitié du . Cependant, grâce à un système paternaliste, en particulier sur l'île de Bioko, l'Espagne développa de grandes plantations de cacao pour lesquelles des milliers de travailleurs nigérians furent importés comme ouvriers. En 1956, lorsque le Maroc français devint indépendant, l'Espagne rendit le Maroc espagnol à la nouvelle nation, mais conserva le contrôle de Sidi Ifni, de la région de Tarfaya et du Sahara espagnol. Le sultan marocain (futur roi) Mohammed V s'intéressait à ces territoires et envahit le Sahara espagnol en 1957, dans la guerre d'Ifni, ou en Espagne, la guerre oubliée (la "Guerra Olvidada"). En 1958, l'Espagne céda Tarfaya à Mohammed V et rejoignit les districts auparavant séparés de Seguia el-Hamra (au nord) et de Río de Oro (au sud) pour former la province du Sahara espagnol. En 1959, le territoire espagnol du golfe de Guinée fut créé avec un statut similaire aux provinces de l'Espagne métropolitaine. En tant que région équatoriale espagnole, elle était dirigée par un gouverneur général exerçant des pouvoirs militaires et civils. Les premières élections locales eurent lieu en 1959 et les premiers représentants équato-guinéens siégèrent au Parlement espagnol. En vertu de la loi fondamentale de décembre 1963, une autonomie limitée fut autorisée par un organe législatif commun aux deux provinces du territoire. Le nom du pays fut changé en Guinée équatoriale. En mars 1968, sous la pression des nationalistes équato-guinéens et des Nations unies, l'Espagne annonça qu'elle accorderait l'indépendance au pays. En 1969, sous la pression internationale, l'Espagne restitua Sidi Ifni au Maroc. Le contrôle espagnol du Sahara espagnol perdura jusqu'à ce que la Marche verte de 1975 provoque un retrait, sous la pression militaire marocaine. L'avenir de cette ancienne colonie espagnole reste incertain. Les îles Canaries et les villes espagnoles du continent africain sont considérées comme une partie égale de l'Espagne et de l'Union européenne mais ont un système fiscal différent. Le Maroc revendique toujours Ceuta, Melilla et "plazas de soberanía" même si elles sont internationalement reconnues comme divisions administratives de l'Espagne. L'Îlot Persil a été occupée le 11 juillet 2002 par la gendarmerie et les troupes marocaines, qui ont été expulsées par les forces navales espagnoles lors d'une opération sans effusion de sang. Héritage. Bien que l'Empire espagnol ait décliné de son apogée au milieu du , il restait une merveille pour d'autres Européens pour son étendue géographique. Écrivant en 1738, le poète anglais Samuel Johnson se demandait : «Le ciel a-t-il réservé, par pitié pour les pauvres, / Pas de déchets sans chemin ni de rivage inconnu, / Pas d'île secrète dans le principal sans limites, / Pas de désert paisible encore non réclamé par l'Espagne ? ». L'Empire espagnol laissa un énorme héritage architectural linguistique, religieux, politique, culturel et urbain dans l'hémisphère occidental. Avec plus de 470 millions de locuteurs natifs aujourd'hui, l'espagnol est la deuxième langue maternelle la plus parlée au monde, à la suite de l'introduction de la langue de Castille, le castillan, (« "Castellano" ») de la péninsule ibérique à l'Amérique espagnole, plus tard élargie par les gouvernements successeurs des républiques indépendantes. Aux Philippines, la guerre hispano-américaine (1898) plaça les îles sous juridiction américaine, l'anglais étant imposé dans les écoles et l'espagnol devenant une langue officielle secondaire. Un héritage culturel important de l'empire espagnol à l'étranger fut le catholicisme romain, qui resta la principale foi religieuse en Amérique espagnole et aux Philippines. L'évangélisation chrétienne des peuples autochtones était une responsabilité clé de la couronne et une justification de son expansion impériale. Bien que les indigènes soient considérés comme des néophytes et insuffisamment mûrs dans leur foi pour que les hommes indigènes soient ordonnés prêtres, les indigènes faisaient partie de la communauté de foi catholique. Orthodoxie catholique imposée par l'Inquisition, ciblant particulièrement les crypto-juifs et les protestants, ce ne fut qu'après leur indépendance au que les républiques hispano-américaines permirent la tolérance religieuse d'autres confessions. Le respect des fêtes catholiques a souvent de fortes expressions régionales et reste important dans de nombreuses régions de l'Amérique hispanique. Les célébrations incluent le jour des morts, le carnaval, la semaine sainte, le Corpus Christi, l'épiphanie et les jours de saints nationaux, tels que la Vierge de Guadalupe au Mexique. Politiquement, l'ère coloniale influença fortement l'Amérique espagnole moderne. Les divisions territoriales de l'empire en Amérique espagnole devinrent la base des frontières entre les nouvelles républiques après l'indépendance et des divisions étatiques au sein des pays. On fit souvent valoir que la montée du caudillisme pendant et après les mouvements d'indépendance de l'Amérique latine créa un héritage d'autoritarisme dans la région. Il n'y eut pas de développement significatif des institutions représentatives pendant l'ère coloniale et le pouvoir exécutif fut souvent renforcé par rapport au pouvoir législatif pendant la période nationale. Malheureusement, cela conduisit à une idée fausse populaire selon laquelle l'héritage colonial conduisit la région à avoir un prolétariat extrêmement opprimé. Les révoltes et les émeutes furent souvent considérées comme la preuve de cette prétendue oppression extrême. Cependant, la culture de la révolte contre un gouvernement impopulaire n'est pas simplement une confirmation d'un autoritarisme généralisé. L'héritage colonial laissa une culture politique de révolte, mais pas toujours comme un dernier acte désespéré. Les troubles civils dans la région sont considérés par certains comme une forme d'implication politique. Alors que le contexte politique des révolutions politiques en Amérique espagnole est compris comme celui dans lequel les élites libérales s’affrontèrent pour former de nouvelles structures politiques nationales, il en était de même pour ces élites qui réagissaient à la mobilisation et à la participation politiques de masse des classes inférieures. Des centaines de villes des Amériques furent fondées sous la domination espagnole, les centres coloniaux et les bâtiments de bon nombre d'entre eux étant désormais classés au patrimoine mondial de l'UNESCO attirent les touristes. Le patrimoine matériel comprend les universités, les forts, les villes, les cathédrales, les écoles, les hôpitaux, les missions, les bâtiments gouvernementaux et les résidences coloniales, dont beaucoup existent encore aujourd'hui. Un certain nombre de routes, canaux, ports ou ponts actuels se trouvent là où les ingénieurs espagnols les construisirent il y a des siècles. Les plus anciennes universités des Amériques furent fondées par des savants espagnols et des missionnaires catholiques. L'Empire espagnol laissa également un vaste héritage culturel et linguistique. L'héritage culturel est également présent dans la musique, la cuisine et la mode, dont certaines ont obtenu le statut de patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. La longue période coloniale en Amérique espagnole entraîna un mélange de peuples autochtones, européens et africains qui furent classés par race et classés hiérarchiquement, donc il y avait une société de race mixte dans les Amériques espagnoles et portugaises par rapport aux colonies de colons nettement séparées des Britanniques et des Français en Amérique du Nord. De concert avec l'Empire portugais, l'Empire espagnol jeta les bases d'un commerce véritablement mondial en ouvrant les grandes routes commerciales transocéaniques et l'exploration de territoires et d'océans inconnus pour le savoir occidental. La pièce de huit espagnol devint la première monnaie mondiale au monde. L'une des caractéristiques de ce commerce fut l'échange d'une grande variété de plantes et d'animaux domestiques entre le Vieux Monde et le Nouveau dans l’échange colombien. Certaines cultures qui furent introduits en Amérique étaient les raisins, le blé, l'orge, les pommes et les agrumes. Les animaux qui furent introduits dans le Nouveau Monde étaient des chevaux, des ânes, des bovins, des moutons, des chèvres, des porcs et des poulets. Le Vieux Monde reçut de l’Amérique des choses telles que le maïs, les pommes de terre, les piments, les tomates, le tabac, les haricots, la courge, le cacao (chocolat), la vanille, les avocats, les ananas, le caoutchouc, les arachides, les noix de cajou, les noix du Brésil, les pacanes, les bleuets, fraises, quinoa, amarante, chia, agave et autres. Le résultat de ces échanges fut d'améliorer considérablement le potentiel agricole non seulement en Amérique, mais aussi en Europe et en Asie. Les maladies provoquées par les Européens et les Africains, telles que la variole, la rougeole, le typhus et d'autres, dévastèrent presque toutes les populations indigènes qui n'avaient aucune immunité, et la syphilis fut échangée du Nouveau Monde au Vieux. Il y eut aussi des influences culturelles, qui peuvent être vues dans tout, de l'architecture à la nourriture, à la musique, à l'art et au droit, du sud de l'Argentine et du Chili aux États-Unis d'Amérique ainsi que les Philippines. Les origines complexes et les contacts de différents peuples aboutirent à des influences culturelles se réunissant sous les formes variées si évidentes aujourd'hui dans les anciennes zones coloniales.
Vega Strike Vega Strike est un jeu vidéo de combat spatial au code source libre à la première personne, développé tant pour Windows que le système d'exploitation Mac OS ou Linux. Il est écrit en C, et C++, utilise Open GL pour les graphismes en 3D. Système de jeu. Le jeu rappelle "Elite". Le joueur incarne un mercenaire pilotant un vaisseau, au sein d'un très vaste univers peuplé de systèmes solaires, reliés par des anneaux, ou "jumps". Dans un système solaire, le joueur trouvera des planètes, éventuellement habitées, des raffineries, des relais, des casernes spatiales sur lesquelles on peut se poser. Il pourra y accepter des missions, y vendre et acheter — il est ainsi possible de spéculer sans accepter de mission —, y trouver de nouveaux vaisseaux, équipements, et même de traîner dans un bar, rencontrant au hasard divers quidams. Téléportation. "Vega Strike" s'appuie sur la loi de la gravitation : il est possible d'utiliser un multiplicateur de vitesse, mais seulement une fois éloigné d'une planète ou d'un anneau permettant de se téléporter. Ainsi, si le vaisseau peut traverser un système solaire très rapidement, en pratique il faudra compter avec plus de lenteur à proximité de planètes, ce qui rend possible le combat avec des pirates. Pour se téléporter, le joueur recherche un "jump" le menant au système solaire qu'il souhaite. Il est nécessaire de posséder un équipement spécial, le "jump drive", afin de pouvoir utiliser l'anneau de téléportation. Missions. Acceptant des missions rémunérées, qui permettront de se procurer de nouvelles armes, des améliorations au niveau du moteur, de l'armure du vaisseau, de nouveaux vaisseaux, le joueur se fait chercheur de crédits. Les missions disponibles vont du commerce, à la destruction, en passant par l'accompagnement. Le jeu déploie de nombreux systèmes solaires reliés entre eux ; la plupart étant plus occupés par une faction. Le joueur sera plus ou moins apprécié par ces différentes factions, jusqu'à ce que sa présence sur certains systèmes devienne très périlleuse. Améliorations. Le prix des améliorations, comme de toute marchandise, varie selon le lieu. Les améliorations seront plus communes et moins chères sur des casernes, des laboratoires de recherche.. De nombreuses munitions, améliorations de boucliers énergétiques, d'armure, de nouvelles armes, tourelles sont disponibles. Certaines améliorations sortent du lot : Campagne. La campagne commence si le joueur se rend dans le bar de la planète Cephid 17 et y rencontre Jenerk. Il pourra alors accepter une mission non rémunérée, mais qui fera démarrer la campagne. Celle-ci implique un système de points, notant une progression dans ce jeu fait de voyages sans fin. Vaisseaux. Après avoir gagné suffisamment d'argent il est possible d'acquérir de nouveaux vaisseaux. Plusieurs classes existent, notamment marchands (au cargo énorme), ou guerriers (des différentes factions : Confédération, ISO, Hunter...) Le joueur peut se constituer une flotte multiple ainsi que revendre les appareils devenus obsolètes, le seul ne pouvant être revendu étant le premier. Il est possible d'échanger des vaisseaux, ce qui ne coûte rien à condition que l'engin voulu se trouve dans le même système (coût de transport). Parmi les engins, les plus significatifs sont : Univers. L'univers de VegaStrike est peuplé de différentes factions ; les systèmes solaires sont regroupés par secteurs habités par l'une de ces factions - et bien que l'on puisse croiser un vaisseau d'une faction hors de son secteur "natif". Factions. Les factions sont des groupes organisés (plus ou moins organisés) que le joueur croise le long de ses péripéties. À chaque faction correspond un score notant la relation avec : 0 pour neutre, -100 pour pire ennemi, ou 100 pour allié solide. L'entente avec les différentes factions est l'un des moteurs du jeu. Il faudra par exemple entretenir des messages de politesse et surtout répondre aux (rares) appels spontanés. Certaines factions étant liées, attaquer les unes améliore la relation avec d'autres. Tuer des pirates améliore les relations avec presque toutes les factions. Le joueur doit donc prendre en compte le lien entre les factions, ainsi qu'évidemment leur puissance respective. Voici une liste, non exhaustive, des factions qui peuvent être trouvées dans l'univers de Vegastrike, et qui sont organisées hiérarchiquement. Systèmes. Les systèmes solaires sont regroupés par secteurs, selon une cohérence géographique et politique. Le système de départ, Cephid-17, appartient à la confédération (factions homeland, klkk, puristes, ..) Les systèmes voisins sont donc du même secteur et appartiennent également la confédération. Plus de cent systèmes solaires forment l'univers de Vegastrike. La carte se constituera au fur et à mesure des découvertes du joueur, par exemple si une mission l'entraîne quelques systèmes plus loin. Les systèmes comportent différentes planètes et bâtiments : Un système est tout autant peuplé de vaisseaux, selon la faction qui l'habite. Mais les pirates sont partout..
Paul Arpin Paul Arpin est un athlète français, né le à Bourg-Saint-Maurice, spécialiste de courses de fond, de 1,70 m pour 55 kg, licencié à l'Athlétique Sport Aixois jusqu'en 1990, puis à Neuilly-Plaisance S de 1991 à 1992, puis de nouveau à l'AS Aix-les-Bains de 1993 à 1995, et enfin à la SA Montbrison à compter de 1996. Palmarès. Équipe de France : Divers : Ses records personnels sont : 3'40"8 au 1500 mètres, 7'43"58 au 3000 mètres, 13'22"03 au 5000 mètres, 27'39"6 au 10 000 mètres, 1h02'44 au semi-marathon et 2h11'53 au marathon
Hockenheimring Le circuit d'Hockenheim (officiellement HockenheimRing Baden-Württemberg ) est un circuit automobile situé près de la ville d'Hockenheim, en Allemagne, sur la Bertha Benz Memorial Route. Il est surtout connu pour accueillir le Grand Prix d'Allemagne de Formule 1 depuis 1970, désormais en alternance avec le Nürburgring. Histoire. Le Hockenheimring est construit en 1932 en utilisant des routes forestières, devenant une alternative à d'autres circuits de la région notamment celui de Karlsruhe. Il est long de presque et ne comporte que deux longues lignes droites reliées par deux virages, un long virage à droite dans la forêt et un court de l'autre côté au sein de la ville d'Hockenheim. D'abord utilisé pour quelques courses de moto, il est agrandi pour être utilisé comme piste d'essai par Mercedes-Benz et Auto Union. En 1938, il est renommé "Kurpfalzring", nom qu'il gardera jusqu'en 1947. Après la guerre, le pilote de moto Wilhelm Herz réussit à promouvoir efficacement le circuit, ce qui lui permet d'accueillir régulièrement le Grand Prix moto d'Allemagne à partir de 1957, en alternance avec d'autres circuits comme le Solitude ou le Nürburgring. En 1965, une nouvelle autoroute sépare la ville d'Hockenheim du reste de la piste et une nouvelle version du circuit est dessinée, avec l'apparition du fameux stade tel qu'il existe aujourd'hui. En 1968, la mort accidentelle de Jim Clark dans une course de Formule 2 incite les propriétaires à installer deux chicanes et des barrières de sécurité sur les bords de la piste. Un petit mémorial est créé sur les lieux de l'accident, près de la première chicane, qui portera le nom de Clark. En 1970, Hockenheim accueille pour la première fois le Grand Prix automobile d'Allemagne qui se déroulait habituellement au Nürburgring. Ce circuit est même abandonné à la suite de l'accident de Niki Lauda en 1976 et Hockenheim accueillera ainsi le Grand Prix pratiquement sans interruption pendant trente ans. En 1982, une troisième chicane est ajoutée au circuit dans la "Ostkurve" à l'extrémité est du circuit à la suite de la mort de Patrick Depailler lors d'essais privés. Le circuit est alors relativement long (), disposant de très longues et rapides sections de ligne droite dans la forêt, séparées par les trois chicanes. Seule la partie finale du circuit est plus sinueuse et étroite, lors de l'entrée dans le « stade » appelé « "Motodrom" ». Cette configuration du circuit rend la mise au point des voitures difficile puisqu'il faut choisir entre une vitesse de pointe rapide pour les longues lignes droites ou bien plus d'appui aérodynamique pour les virages à l'intérieur du stade. Du fait de la longueur du circuit, le nombre de tours du Grand Prix de Formule 1 est fixé à 45 ce qui limite l'expérience des spectateurs, réduits à ne voir les voitures passer que dans le stade. Plusieurs problèmes apparaissent lors du Grand Prix en 2000, lorsque Rubens Barrichello, parti en sur la grille, gagne une course marquée par des conditions climatiques changeantes. En effet, la plupart des dépassements eurent lieu aux chicanes situées dans la forêt et les spectateurs ne purent par conséquent pas les voir. Par ailleurs, Jean Alesi est victime d'un sérieux accident à la troisième chicane à la suite d'une collision avec Pedro Diniz. Enfin, un spectateur réussit à s'introduire sur la piste en passant les barrières de sécurité de la première ligne droite, montrant la vulnérabilité des installations dans la forêt. Ces problèmes provoquèrent la colère de la FIA qui, souhaitant améliorer l'expérience des spectateurs et la sécurité, demanda que le circuit soit redessiné. En 2002, Hermann Tilke est donc chargé de reconstruire le circuit. La nouvelle version du circuit prête pour le Grand Prix d'Allemagne 2002 est bien plus courte (), ultra-moderne et ne conserve que la partie « stade » de l'ancien circuit en évitant la forêt. L'ancienne partie du circuit qui traversait la forêt a été détruite et des arbres ont été replantés, rendant toute possibilité de réorganiser une course sur ce tracé nulle. Les avis quant au nouveau tracé sont partagés : les dépassements y sont certes plus nombreux et la capacité d'accueil est plus importante ( spectateurs) mais plusieurs personnalités du monde de la Formule 1 comme Ron Dennis, Jarno Trulli ou Juan Pablo Montoya ont déploré la perte de ce qui faisait l'« esprit » du circuit et exprimé leur préférence pour l'ancien tracé. Le circuit comprend également une piste de dragster d'1/4 de mile (). Depuis 2015, le circuit accueille une épreuve du Championnat du monde de rallycross lors du weekend de DTM. Situé dans la zone du "stade", le tracé emprunte une partie de la piste asphalte ainsi qu'une partie en terre spécialement créée pour l'occasion.
Pierre Lévisse Pierre Levisse est un athlète français, né le à Arques, spécialiste de courses de fond, licencié au Racing club de France. Il fut notamment champion du monde de cross par équipes en 1978 avec Lucien Rault, Radouane Bouster, Jean-Paul Gomez, Alexandre Gonzalez et Thierry Watrice. Pierre Levisse avait terminé dixième de l'épreuve individuelle. Il est le père de Emmanuel Roudolff-Levisse, athlète français, des championnats d'Europe espoir 2017 sur 10 000 m.
Luis Soares Luis Soares (né le à Nazaré, au Portugal) est un athlète français spécialiste des courses de fond. Il débute la course à pied à 17 ans. Un an après seulement, il est sélectionné avec l’équipe du Portugal pour les championnats du monde junior de cross, à Gateshead où il se classe . Il vit aujourd’hui en Gironde. Débuts. De 1979 à 1982, Luis Soares pratique à un excellent niveau le Rink hockey, considéré à l’époque comme le national portugais (après le football et l’athlétisme). En , à l’issue d’une partie de football en salle, son cousin Abilio Figueira, spécialiste sur 400 m et entraîneur d’athlétisme au Benfica de Lisbonne l’invite à faire un footing. Luis l’accompagne 5 km, 10 km, jusqu’à 15 km finit au sprint. Abilio lui conseille ce jour-là de quitter le Rink hockey. Abilio Figueira fut son entraîneur pendant 2 ans. Pendant cette période, grâce à de nombreux échanges entre les deux hommes, il a appris les bases physiologiques et les méthodes d’entraînement, et a ainsi pu devenir son propre entraîneur dès 1985. Premiers succès. En 1983, il remporte en catégorie junior, à titre individuel, le semi-marathon de Nazaré en 1 h 06 min. En 1985, repéré par un entraîneur français, Loïc Rapinel, il part effectuer un stage de trois mois à Rennes et réalise de nombreux cross de niveau international. En 1986, Luis Soares choisit de s’installer définitivement en France. Tout d'abord à Clermont-Ferrand où il remportera 3 victoires sur le circuit des 20 km Adidas : il est surnommé « monsieur 20 km ». Michel Jazy, responsable running Adidas France, ex-athlète ayant détenu plusieurs records du monde sur différentes distances, va jouer un rôle majeur dans la carrière d’athlète de Luis Soares en France. Après sa victoire aux 20 km Adidas de Tours en 1986, il devient licencié au club A3Tours et y résidera 2 ans. Consécration. En 1987, il gagne le marathon de Lille en 2 h 14 min 41 s. Cette même année il se marie à Tours avec Samia, sprinteuse licenciée à l’A3Tours. En 1988, il part s'installer dans les Bouches du Rhône, licencié au CMSA, Club Marignanais Sport Athlétique, il participe au Marathon de Lille et finit en 2 h 14 min 38 s en 1988. De 1989 à 1992, il remporte beaucoup de titres par équipe. En 1990, il obtient la nationalité française et devient le père de Coline, née le de cette même année. En 1991, il déménage à Saint-Ambroix, dans le département du Gard. En 1992, c’est la victoire au Marathon de Paris en 2 h 10 min 03 s, recordman de France durant 8 ans, et recordman du marathon de Paris pendant 6 ans. Cette victoire lui a valu d'être sélectionné pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992. Fin 1992, il change de club, et est désormais licencié à Ales Cévennes Athlétisme jusqu’en 1995. Il est sélectionné en équipe de France pour le semi-marathon. De 1996 à 2001, il fait partie de l’équipe de cross de la légion étrangère. Les titres par équipe militaire sont nombreux, et les courses s’enchaînent : en 1997, Marathon de New York. En 1998, à Brive, il gagne le titre de vice-champion de France sur 10 km en 29 min 07 s. En 1999, troisième au marathon de Bordeaux en 2 h 12 min 53 s, et dernière sélection pour la coupe du monde de marathon de Séville. De 1991 à 1999, il sera sélectionné 6 fois en équipe de France sur plusieurs distances : cross, semi-marathon, 25 km et marathon. En 2000, deuxième au marathon de Nouméa. En 2001, il quitte la légion étrangère et devient licencié en tant qu’athlète au Stade bordelais. Il participe à de nombreuses courses inter-régionales. Puis en 2002, c’est sa dernière victoire sur marathon à Bordeaux, en 2 h 22 min. Il devient manager de grands athlètes d’Europe de l’Est et continue de courir à travers le monde. En 2005, Luis Soares met fin à sa carrière en tant qu’athlète, après avoir réalisé sa dernière course à Saint-Médard-en-Jalles, 10 km en 32 min. Autres activités. En 2007, Luis Soares devient entraîneur à l’association « La flèche de Bordeaux » après avoir obtenu un diplôme d’entraîneur hors stade en 2004. En 2009, il obtient le BPJEPS spécialité activité physique pour tous. Il travaille alors en saison estivale pour la Communauté de Communes de Bourg en Gironde en tant qu’animateur sportif pour Cap 33. Il s’occupe de la remise en forme et organise des randonnées pédestres et à vélo. De à , il entraîne les benjamins-minimes du Club Léognan Athlétisme. Depuis 2010, il est animateur à la MFR de Saint-Yzans de Médoc. Il cumule les fonctions d'entraîneur personnel de quelques athlètes de niveau régional. En , sous son impulsion, est née l'association Air Bordeaux qui réunit des coureuses et coureurs de tous niveaux. Il en est un des membres fondateurs et membre d'honneur, assurant tout logiquement l'encadrement technique jusqu'en 2017.
Organisation Internationale du Travail
Kröppen Kröppen est une commune de la commune fusionnée de Pirmasens-Land, dans l'arrondissement du Palatinat-Sud-Ouest ("Südwestpfalz") et le Land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Histoire. Le village est mentionné pour la première fois en 1267. Kröppen est une ancienne commune de la Moselle. Avant les accords de Schengen, un poste de douane se trouvait à la frontière franco-allemande entre Kröppen et Walschbronn, sur la route de Pirmasens à Bitche.
Bleu marine Marine, bleu marine, bleu marin, gros bleu sont des noms de couleur désignant une ou plusieurs nuances de bleu foncé, en référence à celle que portent les marins de la Royal Navy depuis 1748, plus tard adopté par d'autres corps de marine (militaire ou non) ailleurs dans le monde. En France, la marine porte l'uniforme depuis un décret du Premier Empire en 1804. Le « gros bleu » est aussi le textile tissu teint dans la couleur d'uniforme, dans lequel étaient taillées les tenues. Historique. En France, "gros" modifiant un nom de couleur désigne une teinte foncée. Le "gros bleu" était autrefois un vin de qualité médiocre, comme le "gros rouge". Dans cet emploi, le "gros bleu" peut être de toute espèce de bleu foncé. Ainsi le "Mercure de France" écrit-il en 1733 . "Bleu marin" est attesté en 1838 : , écrit ironiquement "Le Figaro". "Bleu marine" est attesté en 1841. Nuanciers. Dans les applications du web et de dessin vectoriel SVG le nom de couleur codice_1 renvoie un bleu-violet primaire pur à mi-luminosité. Dans les nuanciers commerciaux, on trouve, en fil à broder 820 bleu marine ; en teinture pour textiles bleu marine ; en peinture pour la décoration bleu marine, bleu marin.
Temple de la Concorde Le temple de la Concorde (en latin : "Aedes Concordiae" sous la République, puis "Aedes Concordiae Augustae" sous l'Empire) est un temple romain dédié à la déesse "Concordia" est situé sur le Forum Romain, à Rome. Localisation. il est situé à l'extrémité occidentale du Forum Romain, au pied des pentes du Capitole, en avant du "Tabularium" dont il dissimule une partie de la façade, entre le "Tullianum" au nord-est et le temple de Vespasien au sud-ouest (voir le plan). Après sa construction, l'espace autour du temple prend le nom d"Area Concordiae", mentionnée par Tite-Live et Julius Obsequens pour les années 183 et 181 concernant des prodiges qui s'y seraient produits. Fonction. Dédié à la Concorde, le temple symbolise l'unité du peuple romain. Il sert occasionnellement de lieu de réunion pour le Sénat romain après 121, surtout en temps de crise sociale, où il traite les affaires des tribunaux. C'est dans ce temple qu'en 63, Cicéron prononce devant le Sénat le quatrième discours des Catilinaires. Le podium du temple d'époque républicaine, donnant sur l'esplanade du Forum, est utilisé comme tribune aux harangues par des orateurs tels que Cicéron ou Jules César. Au début de l'Empire, en 31, le Sénat y condamne Séjan, ensuite exécuté dans le proche "Tullianum". Les Frères Arvales s'y réunissent également. Lors de sa reconstruction au début du , Tibère transforme l'intérieur du temple en un véritable musée. Il y fait placer de nombreuses œuvres d'art, pour la plupart grecques, dont Pline l'Ancien fait la liste dans son "Histoire naturelle". On y trouve, entre autres, une statue de Vesta de Rhodes, les statues d'Apollon et de Junon par Baton, de Latone avec Apollon et Diane enfants par Euphranor, d'Esculape et d'Hygie par Niceratus, de Mars et de Mercure par Piston, de Cérès Jupiter et Minerve par Sthennis, des tableaux de Marsyas par Zeuxis, de Liber par Nicias et de Cassandre par Theodorus, ainsi que quatre éléphants en obsidienne dédiés par Auguste et une sardonyx (pierre précieuse de couleur brune) qui aurait appartenu à Polycrate de Samos. Histoire. Antiquité. Vœu de Camille. Selon la tradition, le temple est voué par Marcus Furius Camillus en 367 pour célébrer la promulgation des "Leges Liciniae Sextiae" qui marquent une étape importante dans la lutte de la plèbe pour obtenir une reconnaissance de ses droits. Ces lois mettent sur un même pied, du moins d'un point de vue politique, les plébéiens et les patriciens. Le peuple aurait libéré Camille de son vœu en décidant le jour suivant de construire le temple en son nom. De récentes fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour sur le site des vestiges datés du mais il paraît peu probable que le temple ait été construit à cette époque, la pratique consistant à déifier des vertus abstraites n'apparaissant qu'à la fin de ce même siècle. Il serait de plus surprenant que l'hypothétique temple de Camille ne soit pas mentionné par des auteurs antiques comme Tite-Live ou qu'il n'y soit pas fait mention lorsqu'est évoquée la dédicace plus tardive de Lucius Opimius. Édicule de la Concorde et temple sur l'Arx. En 304, l'édile curule Cnaeus Flavius fait élever un autel en bronze dédié à la Concorde près du "Comitium", non loin de l'endroit où est construit plus tard le temple qui le remplace. La construction de ce dernier ne date peut-être que de 218, sous la direction du préteur Lucius Manlius. Tite-Live rapporte que le temple a été frappé par la foudre en 211. Toutefois, il semble y avoir une confusion avec un autre temple dédié à la Concorde et construit non loin sur ("in arce"). Temple de Lucius Opimius. Le temple est définitivement établi ou restauré sur ordre du Sénat en 121 par le consul Lucius Opimius qui lui adjoint la basilique Opimia. Il est dédié un 22 juillet. Il est probable que le temple de Lucius Opimius soit le premier érigé sur ce site puisqu'il n'est fait aucune mention d'un temple préexistant par les auteurs antiques ou sur les inscriptions, ce qui est le cas en général lorsque le "dies natalis" d'un temple est modifié. La présence de matériel plus ancien dans le béton du podium, comme des débris de tuf de "Grotta oscura" ou de Fidènes du , peut s'expliquer par la réutilisation de matériaux de construction d'un bâtiment proche détruit à cette occasion, et n'est pas nécessairement une preuve de l'existence d'un temple plus ancien. Ces travaux, qui interviennent peu après la répression sanglante du soulèvement populaire mené par Caius Gracchus, la mort de ce dernier et la condamnation à la peine capitale de centaines de ses partisans, sont perçus comme une provocation arrogante de l'aristocratie par les plébéiens. Il s'agit pour le Sénat de réaffirmer son autorité et sa position vis-à-vis des tentatives de réformes sociales profondes en évoquant la paix et la stabilité qu'apporte le système traditionnel aristocratique qui ne peut fonctionner qu'avec la coopération des plébéiens, alors que, de son point de vue, les actes des réformateurs n'ont engendré que du désordre et de la violence. Reconstruction de Tibère. Le temple est endommagé dans un incendie en 9 et reconstruit entre 7 et 10 par Tibère pour commémorer son triomphe, les travaux sont financés avec une partie du butin rapporté de Germanie, et pour se réapproprier le symbole des victoires du Sénat sur les réformateurs. Le temple est agrandi et dédié à "Concordia Augusta" le 16 janvier 10 ou 12, au nom de Tibère, alors héritier d'Auguste, et de son défunt frère Drusus, mort durant une campagne militaire sur le Rhin. Tibère a obtenu du Sénat le droit de faire figurer les deux noms en contrepartie du financement des travaux. La restauration du temple permet à Auguste de concilier aux yeux des Romains la concorde au sein de la famille impériale et la concorde de l'Etat, faisant intervenir de nombreux membres de sa famille, directement comme Tibère ou indirectement comme Drusus, Octavie et Livie. En effet, Tibère voue le nouveau temple le janvier 7 dans le portique d'Octavie récemment restauré au nom de la sœur d'Auguste. L'impératrice Livie, épouse d'Auguste et mère de Tibère, semble aussi avoir joué un rôle important dans cette nouvelle dédicace, et plus spécifiquement dans l'élaboration du "constitutum" du nouveau temple dès 7, en faisant élever sur le site du temple un autel afin de procéder à un sacrifice inauguratoire. Enfin, le nouveau "dies natalis" du temple est fixé au jour anniversaire de l'obtention par l'empereur du titre "Augustus". En 16, on dépose dans le temple des offrandes sur ordre du Sénat pour célébrer la condamnation de Libo après l'échec de sa conspiration. Dernière restauration. Il est peut-être restauré une dernière fois après l'incendie de 284 comme l'indiquait une inscription sur l'architrave, aujourd'hui disparue, relevée par un pèlerin lors de sa visite à Rome et consignée dans un document appelé "Itinéraire dEinsiedeln". Moyen Âge. Le temple est toujours au moins partiellement debout au mais il donne des signes de fragilité et menace de s'effondrer sous le pontificat d'Adrien Ier, entre 772 et 795. Vestiges. Le temple a aujourd'hui presque complètement disparu. Toute la partie nord-est de l'édifice est aujourd'hui recouverte par l'escalier moderne permettant l'accès au Capitole. Seules les fondations du podium et le seuil de la "cella" sont encore visibles, ainsi qu'un morceau de corniche exposé dans une galerie du "Tabularium" et un chapiteau corinthien orné de béliers à la place des volutes, exposé au "Forum Antiquarium". Les vestiges visibles sont d'époque augustéenne et datent de la reconstruction de Tibère. Description. Le temple républicain. À l'origine, le temple devait être d'ordre ionique et avoir une forme rectangulaire traditionnelle de dimensions modestes avec des colonnes sur trois côtés selon une forme périptère "sine postico". Suivi par le temple des Dioscures quelques années plus tard, restauré en 117, il s'agit du premier temple d'influence hellénistique construit sur le Forum. Le temple impérial. Dimensions. Lors de sa reconstruction par Tibère, le temple de Lucius Opimius est agrandi et adopte une forme originale où la largeur de la "cella" excède sa profondeur (une "cella" dite « barlongue, de de large pour de profondeur), permettant de s'adapter au peu d'espace disponible. La basilique Opimia, construite par Lucius Opimius le long du côté nord du temple qu'il a fait restaurer à la même époque, disparaît lors de la reconstruction impériale. Le temple est entièrement couvert de marbre de Luni. Le "pronaos", plus étroit que la "cella" avec de large et de profondeur, est hexastyle corinthien, six colonnes en façade, avec trois colonnes sur les côtés. Ces colonnes ont un diamètre de et sont séparées par un espace de selon un rythme pycnostyle. On accède au temple depuis l'esplanade du Forum par une volée de marches très large permettant d'accéder à l"Area Concordiae," puis par un deuxième escalier débouchant dans le "pronaos", derrière l'alignement des colonnes en façade en raison de l'espace restreint disponible en avant du temple. Programme décoratif extérieur. La représentation du temple sur un sesterce en bronze daté de la fin du règne de Tibère permet de décrire précisément la statuaire ornant l'édifice après sa reconstruction augustéenne. On aperçoit au milieu des colonnes du "pronaos" la figure assise de la Concorde, flanquée des statues de Mercure portant le caducée de la paix et Hercule, « héros civilisateur », gardiens du sanctuaire. Le sommet du fronton est décoré d'un groupe de trois statues qui pourrait être identifié à la triade capitoline de Jupiter, de Junon, et de Minerve. Il pourrait également s'agir d'un groupe de trois déesses à la posture rappelant celle des trois Grâces : "Concordia" entourée de "Salus" (Hygie en Grèce) et de "Fortuna". Ce groupe est encadré par deux statues identifiées soit à Cérès et Diane, soit à "Honos" et "Virtus", soit encore à Tibère et Drusus. Des victoires occupent les acrotères latéraux inférieurs, rappelant que le temple a été reconstruit "ex manubiis", avec le butin pris aux Germains après les victoires de Tibère et Drusus. En dessous, le tympan est représenté vide de tout bas-relief. En faisant figurer le temple sur une monnaie, Tibère a peut-être souhaité célébrer le vingt-cinquième anniversaire de sa dédicace, ou les "vicennalia", vœux prononcés par l'empereur à l'occasion de sa vingtième année de règne. Mais, pour cette dernière hypothèse, la représentation de la seule figure de la Concorde aurait suffi. Le fait que la monnaie renvoie spécifiquement au temple en insistant sur la statuaire décorative et le fait qu'elle ait été frappée en fin de règne, soit après les troubles politiques dus à la chute de Séjan et la réconciliation des deux branches julio-claudiennes avec le choix de Caligula comme héritier, montreraient plutôt la volonté de Tibère de souligner le retour et à la concorde civile et à la concorde familiale, « dans le respect de l’héritage d’Auguste ». Un morceau de la corniche en marbre du temple a été préservé, aujourd'hui exposé dans une galerie du "Tabularium". Il révèle une décoration riche en motifs végétaux (feuilles d'acanthe), en denticules et modillons. Chaque portion de l'entablement est ornée de moulures. La décoration semble s'inspirer de celle du temple de Mars Vengeur, bien que plus élaborée. La forme des modillons rappelle les motifs de la corniche de l'Érechthéion d'Athènes. Décoration intérieure. Le seuil de la "cella" se compose de deux grands blocs de marbre de "Porta Santa" gravés d'un caducée, emblème des ambassadeurs et symbole de réconciliation. Les murs de la "cella" sont couverts de marbres exotiques polychromes. Le mur du fond est divisé en onze baies par une rangée de colonnes corinthiennes de marbre blanc doublées de pilastres corinthiens engagés. Les chapiteaux corinthiens des colonnes présentent un motif inhabituel : les quatre volutes traditionnelles des coins sont remplacées par des paires de béliers. Chaque baie contient une niche occupée par des statues allégoriques. La niche au centre du mur opposé à l'entrée, plus large que les autres, devait abriter une grande statue représentant la Concorde assise sur un trône et tenant une corne d'abondance ("cornucopia") et une patère. De part et d'autre devaient se trouver des statues de "Salus" et "Fortuna", répétant l'association du faîte du fronton.
Tidal island
Île tidale
Île intertidale
Île à marée haute
Jean Nicolet Jean Nicolet (né à Hainneville ou à Cherbourg en 1598 et mort le près de Québec) était un coureur des bois français connu pour avoir exploré le lac Michigan, l'île Mackinac, Green Bay et avoir été le premier Européen à mettre les pieds dans ce qui est aujourd'hui l'État américain du Wisconsin. Il était le fils de Thomas Nicollet, « messager ordinaire du roy entre Cherbourg et Paris », et de Marguerite de la Mer. Il fut aussi appelé sieur de Belleborne, nom qu'il donna à son fief de Sillery qui était délimité par deux ruisseaux descendant de la colline de Québec. une partie du domaine était partagé avec Olivier Letardif et forme aujourd'hui le parc du Bois-de-Coulonge. Commis et truchement. En 1618, à , il fait partie des qui rejoignent la Nouvelle-France. Il y sera tôt commis et « truchement » (interprète en langues indigènes et ambassadeur de bonne entente) de la "Compagnie des marchands de Rouen et de Saint-Malo", puis de la "Compagnie des Cent-Associés". L’année de son arrivée, Jean Nicolet est chargé par Samuel de Champlain de se rendre à l’L'Isle-aux-Allumettes, sur la rivière des Outaouais, qui est alors le point de ralliement de la grande famille algonquine et un lieu stratégique connu pour être sur « la route des fourrures ». Il commence à vivre avec les Amérindiens de la région, les Algonquins et les Wendat-Hurons, se fait apprécier d’eux et apprend leurs langues pour devenir, à partir de 1624, un interprète reconnu, un intermédiaire privilégié entre les colons venus d'Europe et les Amérindiens, ce qui lui confère déjà un réel prestige. Expatriation, mariage, paternité et retour à Québec. En 1629, des forbans bretons au service de l'Angleterre, les frères Kirke de Dieppe, prennent le poste de Québec, « au nom du roi anglais ». Jean Nicolet fait partie des rares Français qui restent au Canada, tous célibataires, réfugiés à l'intérieur des terres chez leurs amis amérindiens pendant les trois années que durera cette occupation. On peut avancer que Nicolet croit alors la colonie perdue à jamais, acceptant d'épouser une Amérindienne. Il avait déjà 32 ans et vivait depuis 1620 chez les Nipissing (de la famille algonquine). Ceux-ci, l'ayant en très haute estime et l'ayant adopté comme l'un des leurs, lui donnèrent (vers 1630) une jeune épouse, suivant les seuls rites des « Pays-d'en-Haut », en l'absence de prêtre missionnaire catholique. De cette union, lui naît, vers 1631, une fille « naturelle », "Euphrosine", aussi dite Madeleine Nicolet, qui, par deux mariages successifs, assurera jusqu'à nos jours une grande partie de la nombreuse descendance de Jean Nicolet. Il épousa plus tard Marguerite, une fille de Guillaume Couillard et Marie-Guillemette Hébert, et eut deux autres enfants. En 1632, la Nouvelle-France est redonnée à la France (par le Traité de Saint-Germain-en-Laye). Samuel de Champlain revient en 1633. Nicolet revient à Québec avec sa bambine, dont la mère est décédée. La petite est confiée aux Ursulines. Il a deux frères en Amérique, Gilles Nicolet, prêtre séculier œuvrant en Nouvelle-France de 1635 à 1647 et Pierre, matelot et tuteur de la petite fille de Jean après son décès en 1642. Mission diplomatique et de grande exploration. Jean Nicolet est surtout connu pour son expédition de 1634 dans le lac Supérieur pour faire la paix entre les Hurons et les Ouinipigous. Pensant atteindre la route de Cathay (autrement dit celle de la Chine), Jean Nicolet apporta et revêtit une tunique de damas de Chine, toute parsemée de fleurs et d’oiseaux multicolores, qui fit grande impression sur ses hôtes des divers peuples rencontrés. Mais en 1852, un historien américain situa cette expédition dans le lac Michigan et le Wisconsin et cette légende continue à circuler malgré les dénégations d'un historien aussi réputé que Marcel Trudel. Remariage. Le , à Québec, Jean Nicolet (réputé célibataire par les catholiques !) épouse la toute jeune Marguerite Couillard (âgée de 11 ans, petite-fille de Louis Hébert et Marie Rollet, elle est née en à Québec), qui lui a donné deux enfants : un garçon en 1639 (décédé peu après sa naissance) et une fille en 1642, Marie-Marguerite Nicolet, qui épousera à 14 ans Jean-Baptiste Legardeur de Repentigny, de qui elle aura vingt enfants (entre 1657 et 1684; le premier à 15 ans, le dernier à 42 ans), dont cinq eurent de la descendance. Parmi ses enfants, Augustin Le Gardeur de Courtemanche futur officier et ambassadeur du roi pour la Nouvelle-France. Réputation. Au cours de ces années, Jean Nicolet se comporte en véritable homme d'affaires, tout en rendant de grands services à la colonie, cela en raison de sa maîtrise des langues amérindiennes et de la confiance que les diverses tribus lui témoignent. Mort tragique. Ayant passé sa vie sur l'eau sans savoir nager, Jean Nicolet meurt tragiquement en se noyant dans l’anse de Sillery le , dans le Saint-Laurent, sa chaloupe s’étant retournée dans une tempête, alors qu'il se rendait sur demande expresse à Trois-Rivières épargner du supplice un prisonnier allié des Iroquois. Son corps ne fut pas retrouvé mais les funérailles de Nicolet ont lieu à Québec le 29 octobre. Honneurs posthumes. Aujourd'hui, Jean Nicolet est souvent considéré aux États-Unis comme « le père du Wisconsin et du Michigan occidental ». Son nom fut attribué à la "Nicolet National Forest" (forêt nationale de Chequamegon-Nicolet), aux villes de "Nicolet" dans le Wisconsin et Nicolet au Québec, à la rivière Nicolet au Québec, à des écoles ainsi qu'à de nombreuses rues, partout jusqu'à Hainneville, où il a des ancêtres, dans le département de la Manche et en l'Hérault. Une plaque rappelle sa mémoire à Trois-Rivières, où il résidait souvent depuis la fondation du poste, en 1634. Une statue rappelle son souvenir à Green Bay. Une plaque inaugurée en 1934, rappelle sa mémoire, sur "Nicolet Drive", au nord-est de Green Bay. La poste des États-Unis a honoré sa mémoire par l'émission, dans cette même ville, le , d'un timbre à l'occasion des 300 ans du Wisconsin. En 1943, pendant la seconde guerre mondiale, un Liberty ship fut lancé et baptisé en l'honneur de Jean Nicolet. Voir aussi. Bibliographie. S'il a écrit des mémoires, comme les historiens le pensent, ils furent malheureusement perdus. Toutefois, peu à peu, son parcours a pu être reconstitué avec une certaine précision grâce aux recherches dont témoigne une bibliographie relativement abondante, sur laquelle ce bref exposé s'est appuyé :
Insularité chronique
Marie Tudor (Hugo) Marie Tudor est un drame romantique en prose, en trois actes (ou journées) de Victor Hugo, dont la première représentation eut lieu au théâtre de la Porte-Saint-Martin le . Hormis la reine et Simon Renard, l'ambassadeur de Charles Quint, les autres personnages principaux de la pièce sont inventés. Contexte. En , Harel, directeur du Théâtre de la Porte-Saint-Martin, interrompt les représentations de "Lucrèce Beorgia", malgré le succès de la pièce. Du coup Hugo se montre réticent à donner sa prochaine pièce à ce théâtre. Mais il lui a promis par contrat et se doit d'écrire vite une nouvelle pièce pour la livrer le septembre. Il commence l'écriture de "Marie Tudor" le . La pièce est finalement jouée le avec un succès mitigé tant à cause du jeu des acteurs que de l'incompréhension du public. De à , il y eut 42 représentations. La reprise de la pièce en 1873 eut plus de succès. Mais il faudra attendre 1955 et le triomphe de Vilar (Maria Casarès jouant Marie) pour que justice soit rendue à la pièce. Il y eut alors 107 représentations, et ce fut l'aurore d'un retour au théâtre de Hugo. Résumé. À Londres, en 1553, Marie Tudor, reine catholique d'Angleterre, fille d'Henry VIII d'Angleterre et de Catherine d'Aragon, sa première épouse, développe une relation amoureuse avec Fabiano Fabiani, un séduisant aventurier, en dépit des admonestations des nobles de la cour. Dès lors inévitable, la chute de Fabiano, ce favori honni de tous, est souhaitée par Simon Renard, le légat de Philippe, prince des Espagnes, son futur époux. Fabiano séduit la belle Jane, une jeune orpheline recueillie par un brave ouvrier-ciseleur nommé Gilbert qui, l'ayant adoptée, s'apprête à l'épouser. Or, Fabiano Fabiani apprend en secret que Jane serait la fille héritière de lord Talbot, assassiné, qui céda tous ses biens à la souveraine. Pour empêcher le mariage, et garder les terres qui lui ont été offertes par la reine (qui elle ne sait pas qu'une héritière existe), le favori révèle à l'ouvrier qu'il est l'amant de Jane. Blessé, Gilbert ne pense plus qu'à se venger et devient l'instrument de Simon Renard. Ce dernier obtient à l'ouvrier-ciseleur une audience auprès de la reine Marie. Gilbert révèle alors à la souveraine l'origine de Jane et demande que la jeune fille soit rétablie dans ses droits afin de pouvoir épouser Fabiano Fabiani. Il donne sa vie en échange. Ulcérée par la trahison de son favori, aveuglée par la douleur, la reine Marie fait incarcérer sur-le-champ son amant, mais ordonne également l'arrestation de l'ouvrier Gilbert, les accusant tous deux d'avoir fomenté un complot de lèse-majesté. Encore amoureuse, elle ne cesse ensuite de différer la date d'exécution du favori. La reine rencontre alors Jane, sa candide rivale, et la charge de faire évader Fabiani, mais la jeune fille s'est maintenant rendu compte de son véritable amour pour l'ouvrier Gilbert, et c'est lui qu'elle libère au lieu de l'aventurier dont le peuple, excité par Simon Renard, réclame à grands cris la mort. Au désespoir, la reine tente une dernière action : substituer le favori à l'ouvrier pendant la nuit, mais Simon Renard ayant pressenti ce geste, parvient à le contrer. Au matin, Marie Tudor découvre avec horreur que les pouvoirs d'une reine ne sont rien devant les nécessités et les violences de l'État.
Bleu de cobalt Le bleu de cobalt est un groupe de pigments minéraux synthétiques bleus constitués d'aluminate de cobalt. Le premier bleu de cobalt a été fabriqué en 1802 par le chimiste français Louis Jacques Thénard. Les bleus de cobalt correspondent dans le "Colour Index" aux références de pigments bleus PB 28, PB 36 et accessoirement aux PB 72, 346, 347, 361. Plusieurs autres pigments bleus, connus sous leurs noms particuliers, contiennent du cobalt, notamment le très ancien "smalt" dit aussi "bleu d'azur" (verre de silicate de cobalt et de potassium, PB 32) et le "cæruleum" (stannate de cobalt PB 35). La teinte du pigment dépend des conditions de sa préparation. Il est normalement d'un bleu tirant sur le violet, mais l'ajout d'oxyde de zinc au moment de la cristallisation permet d'obtenir des tonalités plus vertes. L'expression bleu cobalt s'emploie comme nom de couleur, sans lien nécessaire avec le pigment bleu de cobalt. L'aluminate de cobalt a un usage en métallurgie des superalliages. Histoire. Des pigments contenant du cobalt ont été utilisés dès l'Antiquité comme émail sur la porcelaine en Chine et le verre en Égypte, en Perse, en Grèce et à Rome. En Europe, ces pigments ont d'abord été utilisés pour la fabrication de verre coloré et d'émaux, d'où le nom tiré de l'italien « "smalto" », smalt. La première synthèse d'un bleu de cobalt est attribuée à , qui proposa à la Manufacture de porcelaine de Vienne un aluminosulfate de cobalt. Mais aucune production industrielle ne s'ensuivit. Peu avant 1777, Gahn, à Falun, observa sans connaître les travaux de Leithner que les sels d'aluminium mêlés à une solution de cobalt devenaient bleus quand ils étaient fortement calcinés. À la même époque et indépendamment, Wenzel découvrit la même réaction à Freiberg, à la fabrique de porcelaine de Saxe, où selon certains on utilisait un procédé similaire considéré comme un secret de fabrication. À la fin du , il n'existait pour la peinture aucun bleu qui soit comparable à l'outremer naturel obtenu à partir du lapis-lazuli, extrêmement coûteux. Au début du Premier Empire, le ministre de l'Intérieur Chaptal, lui-même chimiste, confia à son confrère Louis Jacques Thénard la mission de lui trouver un remplacement synthétique. Thénard, spécialiste de l'analyse chimique, savait que les pigments bleus de la manufacture de céramique de Sèvres contenaient du cobalt, comme le smalt, un verre bleu utilisé réduit en poudre comme pigment, où le chimiste suédois George Brandt l'avait identifié. En 1802, Thénard chauffa des sels de cobalt mélangés à de l'alumine et obtint un pigment bleu plus vif qui fut presque immédiatement produit commercialement. Trente ans plus tard, Jean-Baptiste Guimet synthétisa l'outremer ; le bleu Guimet étant notablement moins cher que le bleu de cobalt, celui-ci ne servit plus que pour des applications particulières, comme les couleurs pour artiste où il fut concurrencé, à partir du milieu du , par un autre bleu contenant aussi du cobalt, le cæruleum, qui a l'avantage d'être un "bleu lumière", c'est-à-dire qu'il reste bleu et ne perd pas trop son éclat à la lumière artificielle, qu'elle soit électrique, à gaz ou à la bougie, alors que la peinture de bleu de cobalt . Des procédés développés plus tard permettent d'obtenir le bleu de cobalt à partir du minerai. Caractéristiques. Les bleus de cobalt sont produits dans des teintes allant du bleu-violet vif au bleu-vert vif. Ils ont l'inconvénient de perdre leur éclat de la lumière du jour quand on les éclaire à la lumière incandescente. Leur opacité et leur pouvoir colorant sont faibles, ils ne sont pas toxiques, ils sont chers et s'emploient aussi bien en peinture à l'huile et à l'eau. Ils résistent très bien à la chaleur et à la lumière, aux acides et aux alcalis. Ils sont insolubles dans tous les solvants et ne migrent pas. Dans certaines documentations, ils sont dits "indestructibles" ; toutefois, ils n'absorbent pas suffisamment les ultraviolets pour protéger leur liant contre ce rayonnement. Nuances. Au , Michel-Eugène Chevreul a entrepris de situer les couleurs les unes par rapport aux autres et par rapport aux raies de Fraunhofer. Parmi les , le bleu de cobalt du marchand de couleurs Bourgeois est coté 3 bleu 11 tonou 10 ton, comme l'outremer de lapis-lazuli (10 ton), à peine moins violacé et plus clair que l'outremer synthétique (4 bleu 10 ton). Plus loin, Chevreul donne 4 bleu 9 ton. Les marchands de couleurs proposent bleu de cobalt PB28 , mélangé avec du blanc de titane sous le nom de bleu rex PB28-PW4 , bleu de cobalt turquoise PB36 , bleu de cobalt clair ; bleu de cobalt véritable PB72 ; bleu de cobalt PB28. Composition. Le bleu de cobalt PB 28 est un aluminate de cobalt. Cette structure spinelle a pour formule limite CoO·Al2O3, simplifiée en CoAl2O4. L'oxyde de cobalt CoO est toujours en déficit pour assurer le rôle de groupe chromogène. D'autres versions du bleu de cobalt sont : Usage. En raison de leur prix, les bleus de cobalt s'utilisent principalement dans les emplois où leurs qualités spécifiques sont nécessaires. Ils servent dans les peintures fines pour artistes, tant à l'huile que pour l'aquarelle, et des applications industrielles où leur solidité les rend nécessaires, ainsi que dans des peintures militaires de camouflage, pour des raisons liées au métamérisme . Blockx classe en 1881 le bleu de cobalt ou bleu Thénard, mis à l'essai par Dyckmans en 1847, parmi les , précisant . Vincent van Gogh a écrit à son frère Theo : Substitution par d'autres pigments. Le bleu de cobalt étant comme tous les pigments de cobalt un pigment cher, on le trouve parfois imité avec un mélange de bleu phtalo (PB15:0, PB15:1, PB15:3, PB15:4) et de bleu outremer (PB29) avec du blanc de titane. Les marchands de couleurs proposent Bleu de cobalt (imitation) , Ton bleu de cobalt. Couleur bleu cobalt. Le "bleu cobalt" est un nom de couleur, sans lien nécessaire avec les pigments de cobalt. Les commentaires sur les couleurs de cette dénomination évoquent fréquemment les rapports entre le métal cobalt et les êtres surnaturels appelés Kobolds. Le nuancier RAL indique RAL 5013 bleu cobalt. On trouve ainsi du fil à broder bleu cobalt, de la peinture pour la décoration cobalt 2, cobalt 3, cobalt 5, cobalt. La désignation officielle du béret de l'aviation légère de l'Armée de terre est "bleu roi", mais il est désigné informellement comme "bleu cobalt". Métallurgie. L'aluminate de cobalt, en raison de ses propriétés germinatives (il facilite la nucléation), peut notamment rentrer dans la composition des céramiques utilisées dans les procédés de fonderie à cire perdue des "superalliages".
Kyûshû
Torquemada (Hugo) Torquemada, est un drame en cinq actes et en vers de Victor Hugo, avec un prologue, écrit en 1869 et publié en 1882 mais jamais donné du vivant de l'auteur. L'histoire est inspirée de la figure historique du moine dominicain Tomás de Torquemada (1420-1498) dont le nom est associé à l'Inquisition espagnole. Hugo dénonce ici le fanatisme religieux, et la sujétion du pouvoir politique vis-à-vis du religieux, voire son instrumentalisation. Torquemada fait partie de "Théâtre en liberté". L'histoire. Acte I. La pièce commence dans le jardin d'un couvent. Le prieur, seul, déplore la soumission de l'Église au politique. Le roi entre, et s'adressant au marquis de Fuentel, déplore d'être soumis à une reine si pieuse. Il remarque ensuite la présence d'un moine étrange (Torquemada), d'un jeune homme (Sanche) et d'une jeune femme (Rosa). Le roi est conscient qu' "Ils ont par héritage Elle, Orthez, lui, Burgos", et que l'évêque d'Orthez veut en les mariant mettre main basse sur Burgos. Le roi veut déjouer ce plan, et trouve par ailleurs que "L'infante est belle". Le marquis, quant à lui, a reconnu son petit-fils illégitime. Sa vie en est bouleversée : "Je vivais pour le mal, je vivrai pour le bien. " Dans la scène 5, Sanche et Rosa jouent dans le jardin et courent après les papillons : 'Dona Rose' Ah! tu n'as pas su, bête! Prendre le papillon ! 'Don Sanche' Mais j'ai pris le baiser." Dans la scène 6, Torquemada monologue : <poem> "Monde spectre. Il torture et souffre; il a pour voûte Le dessous monstrueux des cimetières noirs, Piqué de points de feu comme le ciel des soirs, Plafond hideux percé de fosses pêle-mêle, D'où tombe dans l'abîme une pluie éternelle D'âmes, roulant au fond des braises, au milieu Du supplice, plus loin que le pardon de Dieu." </poem> et plus loin : <poem> "Car l'aigle, c'est la joie altière de son vol, Voit tout, et s'éblouit de tout ce qu'il découvre. Pour que l'enfer se ferme et que le ciel se rouvre, Que faut-il? Le bûcher. Cautériser l'enfer. Vaincre l'éternité par l'instant. Un éclair De souffrance abolit les tortures sans nombre. La terre incendiée éteindra l'enfer sombre. L'enfer d'une heure annule un bûcher éternel. Le péché brûle avec le vil haillon charnel, Et l'âme sort, splendide et pure, de la flamme, Car l'eau lave le corps, mais le feu lave l'âme. Le corps est fange, et l'âme est lumière; et le feu Qui suit le char céleste et se tord sur l'essieu, Seul blanchit l'âme, étant de même espèce qu'elle. Je te sacrifierai le corps, âme immortelle! Quel père hésiterait? Quelle mère, voyant Entre le bûcher saint et l'enfer effrayant Pendre son pauvre enfant, refuserait l'échange Qui supprime un démon et qui refait un ange? Oui, c'est là le vrai sens du mot Rédemption. Éternelle Gomorrhe, éternelle Sion, Nul ne fera jamais descendre un peu de joie De celle qui rayonne à celle qui flamboie, Mais Dieu permet du moins qu'on sauve l'avenir !" </poem> Pendant ce temps entrent sur scène des moines, suivis du prieur et de l'évêque de la Seu d'Urgel. Dans la scène 7, l'évêque accuse Torquemada de croire que <poem> "L'enfer dans le bûcher s'éteint et se dissipe; De sorte que la flamme envoie au ciel les morts, Et que, pour sauver l'âme, il faut brûler le corps." </poem> Le moine le reconnaît et refuse de se rétracter : il est alors enfermé vivant dans un "'in pace"' Dans la scène 8 réapparaissent les jeunes amoureux qui, entendant des appels, délivrent Torquemada. Le premier acte se termine par un engagement du moine : "Vous me sauvez. Je jure, enfants, de vous le rendre." Acte II. François de Paule vit retiré dans une grotte d'ermite en Italie, il y est rejoint par Torquemada qui se rend à Rome. Tout oppose les deux hommes. François de Paule : <poem> "L'homme est sur terre Pour tout aimer. Il est le frère, il est l'ami. Il doit savoir pourquoi, s'il tue une fourmi." </poem> Ils sont rejoints par un chasseur qui s'avère être le pape Alexandre VI, que tout oppose aux deux autres : c'est un viveur. Acte III. "Au palais-cloître de la Llana, à Burgos". Don Sanche, reconnu maintenant comme infant, s'apprête à épouser l'infante Dona Rosa. Le roi, attiré par Rosa, s'y oppose et fait jeter les deux amoureux dans un couvent. Acte IV. À Séville. Le marquis de Fuentel s'efforce de sauver les juifs de Séville promis aux bûchers de l'Inquisition, de monter le roi contre Torquemada et de faire sortir les amoureux de leurs couvents respectifs. Le roi lui ordonne de faire sortir Rosa et de la lui amener, secrètement. Le roi reçoit les Juifs venus le supplier. Ferdinand et la reine Isabelle s'apprêtent à mettre fin à la persécution (persuadés que l'argent présent et futur des Juifs permettra de lutter contre les Maures) quand arrive Torquemada, qui rétablit la supériorité de l'Église sur le politique : <poem> "Ainsi ce misérable, Le sceptre, ose toucher à la croix !" </poem> et soumet le couple royal : <poem> "Des crânes des rois morts les lieux noirs sont pavés. Ah ! vous vous croyez forts parce que vous avez Vos camps pleins de soldats et vos ports pleins de voiles. Dieu médite, l'oeil fixe, au milieu des étoiles. Tremblez." </poem> Acte V. L'action se passe dans un parc réservé au roi, à Séville. Le bouffon du roi, Gucho, a révélé à Torquemada que le roi y a fait venir Rosa. Arrivent le marquis et les amoureux qui doivent passer là le reste de la nuit avant de fuir l'Espagne. Le marquis parti chercher du secours, Torquemada paraît, il est reconnu et propose son aide aux deux jeunes gens. Toutefois, apprenant qu'ils ont utilisé une croix pour soulever la pierre qui fermait l"'in pace, il considère qu'ils ont commis un "sacrilège majeur" et décide de les sauver "autrement" : sur le bûcher." La symbolique. Hugo a crayonné, dans le personnage de Torquemada, une figure étrange et puissante de fanatisme qui veut imposer sa religion par la terreur ; il lui oppose, dans une scène épisodique, la figure de Saint François de Paule, l'apôtre de la religion par l'amour.
Google Base Google Base était un service de Google, mis officiellement en ligne le , qui permettait de mettre en ligne et de référencer tout type de contenu en termes d'information. Ceux-ci étaient indexés par le moteur Google et disponibles via la base de données Google Base. Les données sont décrites sous forme de libellés et de valeurs. Ce service est fermé depuis 2010. Face au flot de rumeurs qui avait précédé sa sortie, Google avait officiellement répondu sur son blog : Vous avez peut être entendu des choses aujourd'hui à propos d'un nouveau produit que nous testons, spéculant sur nos projets. Voici ce qu'il en est réellement. Nous testons une nouvelle manière d'envoyer du contenu vers Google, ce qui nous l'espérons viendra compléter les méthodes existantes de notre web crawl et de Google Sitemaps. Nous pensons que ce sera un bon produit, et nous vous tiendrons informé lorsque nous aurons plus d'information.
Stadium Racing Colmar Le Stadium Racing Colmar, couramment abrégé en "SR Colmar" ou "SRC", est un club de football français évoluant actuellement en National 2, quatrième échelon du football français. Fondé en 1920 sous l'appellation "Sports réunis Colmar", sur la base de l'AS Colmar, fondée en 1919, il dispute ses premiers matchs au sein de la Ligue d'Alsace de football, atteint la DH en 1924 et obtient le statut professionnel dès 1937. Le club de l'industriel Joseph Lehmann, locataire du Stade des Francs depuis 1928, adopte cette année-là sa couleur verte. Inscrit en Gauliga Elsass pendant la Seconde Guerre mondiale, le club retrouve la Division 2 en 1945 et participe à la Division 1 1948-1949. Toutefois, le décès du président Lehmann à la fin de cette saison entraîne la rétrogradation du club en CFA par manque d'argent. À cet abandon du professionnalisme succède une baisse de niveau significative, l'équipe première participant deux fois à la Promotion d'Honneur (D2 régionale) dans les années 1950. À partir de 1962, on retrouve les SRC épisodiquement en CFA, Division 3 ou Division 4, mais ils ne parviennent pas à s'y démarquer. En 1997, le club retrouve pour la cinquième fois les championnats nationaux et accède au CFA 2. Deuxième en 2008, le club monte en CFA, dont il est champion en 2010. Le club, résident du Colmar Stadium depuis 2001, se stabilise en National dont il devient un solide outsider. Un dépôt de bilan prononcé en 2016 génère une forte incertitude sur l'avenir du club, qui repart en Régional 2 (deuxième niveau régional et septième niveau national) sous le nom "Stadium Racing Colmar". Historique. Genèse et ascension (1920-1937). En 1919 est fondée l'Association sportive de Colmar, club omnisports possédant une section football. L'AS Colmar Football termine avant-dernière du groupe Haut-Rhin de l'édition 1919-1920 de la Division d'Honneur. Il est alors clair que l'ASC favorise nettement l'athlétisme au détriment des autres sections de ce club omnisports. Cette position entraîne rapidement des divergences et les nageurs se retirent rapidement pour former une société de natation. Conscients de leurs erreurs, les cadres de l'AS Colmar se retrouvent en janvier 1920 au restaurant Pfeffel à Colmar. C'est là qu'est décidée la fondation des Sports réunis Colmar, dont l'inscription au registre des sociétés date du . Le club débute en Promotion de la Ligue d'Alsace de football en 1921, dont il finit cinquième en 1922 et troisième en 1923. En 1924, vainqueur de groupe et champion d'Alsace, le club remonte en DH. Les deux saisons qu'il y passe sont moyennes : en 1925, les SRC ne se qualifient pas pour la phase finale. Il en est de même en 1926 où, bien que quatrième, les SRC sont reversés en Promotion pour la saison suivante. Les saisons en championnat local s'enchaînent alors. En 1927, les SRC sont cinquièmes. Cette saison est notamment marquée par un match de gala contre l'AS Valentigney, finaliste de la coupe de France 1926 (3-3). Huitième en 1929, le club est relégué en Division 2, dont il finit septième en 1930. Un titre de vainqueur de groupe obtenu en 1931 ramène l'équipe en Division 1, dont il finit champion en 1936, retrouvant ainsi la Division d'Honneur. En 1937, alors que l'équipe première termine quatrième de Division d'Honneur, le président Joseph Lehmann dépose une candidature auprès de la Fédération française de football pour . Période professionnelle et affres de la guerre (1937-1949). La création d'une section professionnelle aux maillots verts crée un réel engouement autour du club. Joseph Lehmann crée alors une équipe de toutes pièces : lors du premier match professionnel en août 1937, seuls deux des joueurs alignés provenaient des SRC amateur. L'édition 1937-1938 de la Division 2 se joue en deux phases. D'abord, un championnat divisé en quatre poules régionales dont Colmar finit deuxième après avoir longtemps occupé la tête. Pour la deuxième phase, Colmar participe à la poule « promotion » et termine quatrième. La saison suivante, les SRC réalisent également des performances très encourageantes en terminant à la cinquième place d'une D2 unique. Les SRC se renforcent et commencent la saison 1939-1940 par une victoire 6-0 sur le Football Club de Mulhouse en amical. Cet élan est toutefois stoppé par la Seconde Guerre mondiale. En 1940, les SRC sont renommés ' et intégrés à la nouvelle Gauliga Elsass. En 1940-1941, l'équipe finit deuxième du groupe 2, à trois points du champion, le ' et troisième en 1941-1942, mais ce seront les seules performances intéressantes du club colmarien, quatrième en 1942-1943 et en 1943-1944. Cette période est marquée par une participation du ' ainsi que de son rival, le ', à la résistance et à la libération de la ville. En août 1945, Joseph Lehmann, rentré d'exil, décide de réinscrire le club en championnat professionnel malgré l'absence de nombreux joueurs, morts pendant le conflit. Les débuts en Division 2 1945-1946 sont difficiles et marqués par une défaite 5-8 contre le FC Nancy, en dépit de laquelle l'équipe termine à la sixième place. Cette même saison, le club atteint les huitièmes de finale de la coupe de France. La saison 1947-1948 est exceptionnelle pour le club, tant en championnat où le club termine deuxième derrière l'OGC Nice et est promu en Division 1 pour la première fois de son histoire, qu'en Coupe de France où le club, bien qu'en seconde division, se hisse jusqu'en demi-finale pour y affronter le Racing Club de Lens. C'est dans ce contexte, parfois considéré comme le que les "Verts" préparent la saison 1948-1949. Pour l'exercice 1948-1949, le club obtient un maintien confortable, à la onzième place. Néanmoins, le , Joseph Lehmann, le mécène et président du club, meurt brutalement des suites d'une maladie. Son fils décide de cesser de soutenir financièrement le club et la ville de Colmar n'accorde pas de fonds pour compenser cette perte importante pour le club. Les SRC décident d'abandonner le professionnalisme et les SR Colmar font donc partie, avec le SC Douai, des deux clubs de football qui quittent le championnat professionnel en 1949. Entre rumeurs de retour et Promotion d'Honneur (1949-1978). Après l'abandon du professionnalisme qui fait suite au décès de Lehmann, les SRC repartent en CFA, la division nationale regroupant les meilleures équipes amateur. Malgré un début de saison satisfaisant, puisque l'équipe se classe en troisième position à la trêve hivernale, le manque d'effectif fait que la seconde moitié de saison est catastrophique et le match décisif contre Blanzy est perdu 5-0. Ainsi, les SRC, avant-derniers avec 7 victoires, 5 nuls et 12 défaites, sont relégués en Division d'Honneur, championnat qu'ils n'avaient plus disputé depuis 1937. Les résultats en Division d'Honneur sont mitigés et une dixième place en 1952-1953 relègue les SRC en Promotion d'Honneur. Un titre de champion d'Alsace 1954 permet néanmoins une remontée immédiate. Les saisons suivantes ne sont guère extraordinaires, le meilleur classement étant une septième place en 1957. La onzième place de la saison 1957-1958 entraîne toutefois une nouvelle relégation en PH, pour une seule saison, le club réussissant encore une fois à remonter immédiatement. Cette remontée crée une dynamique positive : l'équipe termine troisième de DH en 1960 et deuxième en 1962. Cette même année, les SR Colmar absorbent le FC Wittisheim, alors en CFA et déchiré par des qui poussent Lucien Baumlin, son mécène, à partir dans les Vosges. La nouvelle entité, qui participe au CFA, réalise un exercice correct en 1962-1963 et termine à la huitième place. À l'intersaison, le club est renommé "AS Colmar" à la stupeur générale. Ce changement impromptu d'identité ne dure toutefois qu'une seule saison et se solde par un retour en DH en 1964. En juin 1964 les Sports réunis Colmar Wittisheim absorbe totalement l'ÉS Logelbach, le club se nomme à nouveau Sports réunis Colmar et n'a plus changé de nom depuis. L'année 1967 est marquée par l', dite . Celle-ci et son mari Henri Bauer prétendent avoir hérité de plusieurs millions de dollars d'un oncle américain et elle souhaite en faire profiter sa ville en y créant un héliport, une usine d'hélicoptères et en ressuscitant les SRC professionnels, grâce à de sérieuses garanties financières. Toutefois, le , on découvre que Bauer ne disposait non pas de comme elle l'avait annoncé, mais de seulement . Cet épisode est définitivement clos en 1969, quand Bauer est condamnée à trois ans de prison ferme pour escroquerie. Les saisons en DH s'enchaînent et les SRC accrochent les places d'honneur sans briller, notamment en 1972, où l'équipe termine troisième derrière le FC Strasbourg Kronenbourg et Mars Bischheim. En 1973, après une saison réussie et un titre de champion d'Alsace, les joueurs haut-rhinois retrouvent la Division 3 mais pour une seule saison seulement. Quinzièmes sur seize, dans un groupe dominé par l'AS Mutzig, les SRC retournent en DH. Les saisons suivantes et notamment la saison 1974-1975 sont . À cette période, faute de pouvoir jouer le haut de tableau, les SR Colmar redonnent de la vitalité à la rivalité entretenue avec le Football Club de Colmar, remportant par ailleurs la majorité des derbys. En 1976, les SRC réalisent une bonne saison, finissant troisièmes, avec toutefois six points de retard sur les deux premiers, à égalité. Un club qui ne parvient pas à se distinguer (1978-1993). En 1978, les SRC participent à la Division 4 nouvellement créée, après avoir fini troisième de DH Alsace. Malgré une timide dixième place, le est relancé avec l'arrivée d'Alain Léopold comme président du comité de soutien du club, un an seulement après son titre de champion de France comme président du Racing Club de Strasbourg. Cette annonce restera toutefois à l'état de . La saison 1979-1980 est marquée par le derby du , dernier à opposer SRC et Stade Colmar 77. La victoire 2-1 des "Verts", , condamne l'autre club de Colmar à un retour en DH qui lui sera fatal. Bien qu'ambitieux, les SRC ne parviennent pas à monter en Division 3, ne finissant que cinquièmes en raison de nombreux départs à l'intersaison. Les SR Colmar vivent alors une période difficile. Le président Gaston Faller démissionne, faute de pouvoir . Les entraîneurs se succèdent et malgré l'arrivée de Jean Chouvet à la tête de l'équipe pour l'exercice 1983-1984, celle-ci n'obtient son maintien que lors de la dernière journée, après une victoire sur Neufchâteau. L'instabilité du club se ressent sur ses résultats sportifs, guère encourageants. Le seul point positif de cette période est une finale de coupe d'Alsace, disputée en 1985. Le club, toujours ambitieux, engage Yves Ehrlacher en 1986. Néanmoins, son passage décevant se clôt par une relégation en Division d'Honneur l'année suivante. Toujours marqué par une instabilité chronique des cadres dirigeants, le club s'enlise en DH, réalisant des saisons moyennes : huitième en 1989, septième en 1991, seule la troisième place obtenue en 1990 sert de consolation au club. À l'inverse, le club vit en 1992 une épopée mémorable en Coupe de France, atteignant les trente-deuxièmes de finale, où les SRC affrontent une nouvelle fois le Racing Club de Lens. La saison suivante est très réussie et les SRC remontent enfin en championnat national, goûtant au nouveau championnat de National 3. Stabilisation au cinquième niveau national (1993-2008). En 1993, pour leur première saison en National 3, les SR Colmar sont affectés au groupe C, dont ils finissent premiers non-relégables. L'instabilité des années 1980 se ressent encore sur les résultats sportifs : changeant de comité en cours de saison, le club réalise une saison catastrophique l'année suivante et termine dernier, avec seulement deux victoires décrochées en 26 matchs. De retour en Division d'Honneur, les SRC sont réellement au creux de la vague : neuvièmes, ils évitent une relégation en D2 régionale de justesse, en gagnant leur dernier match de la saison à Eckbolsheim. L'arrivée de Daniel Sissler à la présidence redonne de l'impulsion à un , soudé par les difficultés et qui remporte le titre de champion d'Alsace en 1997 et remonte ainsi en National 3, renommé CFA 2 pendant l'été. De retour au cinquième échelon national, les SRC réalisent un premier exercice honorable en finissant neuvièmes sur quinze. Quatrièmes en 2000, cinquièmes en 2001, les "Verts" s'enracinent à ce niveau. L'année 2000 est surtout marquée par une victoire en Coupe d'Alsace, après deux finales perdues en 1997 et 1999. Malgré ce semblant d'amélioration, les problèmes internes sont toujours présents et l'ambiance se dégrade. En décembre 2000, une fronde de huit joueurs entraîne le limogeage de l'entraîneur, malgré la seconde place alors occupée au classement. Après cet épisode, le club décide de changer sa stratégie générale, pour ne viser non plus le maintien en CFA 2, mais une montée rapide en championnat de France amateur de football. Roland Hunsinger, devenu président en 1999, est ambitieux pour son club, qui bénéficie de nouveaux soutiens et de nouvelles infrastructures. Le est à nouveau relancé. Le nouvel entraîneur, Dominique Lihrmann, fixe deux priorités : d'une part, recréer un engouement populaire autour du club et d'autre part, faire remonter l'équipe B en Division d'Honneur. C'est chose faite en 2006, où l'équipe réserve termine championne de son groupe d'Excellence et où l'équipe première réalise un parcours remarquable en Coupe de France, atteignant les huitièmes de finale, après avoir éliminé l'AS Monaco. En progression constante en championnat de 2004 à 2008, une deuxième place obtenue en CFA 2 2007-2008 grâce à une victoire contre le CSO Amnéville propulse les "Verts" enfin en CFA. Au premier plan amateur (2008-2016). Pour leur première saison en CFA nouvelle mouture, les SR Colmar se montrent directement ambitieux. Finalement, les "Verts" finissent cinquièmes du groupe A, notamment grâce à leur buteur Mini Tagba Balogou. En 2009-2010, les SR Colmar réalisent une saison des plus réussies et terminent premiers de leur groupe de CFA avec 19 victoires en 36 matchs. Le , le club gagne le titre de champion de CFA tous groupes confondus. De plus, cette saison-là, les "Verts" réalisent un excellent parcours en Coupe de France, écartant notamment le Football Club de Metz et le Lille OSC, avant d'être éliminés en seizièmes de finale par l'US Boulogne CO. Le club monte ainsi en National, trente-six ans après avoir fréquenté pour la dernière fois un championnat de troisième niveau. La première saison en National est difficile et le club ne se maintient que grâce à une victoire face à l'US Luzenac lors de la dernière journée. En septembre 2010, alors que le club est en grande difficulté en championnat, Ott déclare . Lors de la saison 2011-2012, Colmar vise un maintien confortable mais a du mal à s'imposer à l'extérieur. En mars 2012, on annonce que le club va changer de président, Roland Hunsinger laissant sa place à Christophe Gryczka. Ce dernier se montre ambitieux et affirme viser . À l'issue du National 2013-2014, les SRC terminent quatrièmes, après une saison très réussie. Durant l'été 2014, l'entraîneur Damien Ott remanie fortement l'équipe, qui réalise un début de saison tonitruant, occupant rapidement la tête. Toutefois, à partir de novembre 2014, l'équipe ne parvient plus à gagner et se retrouve contrainte de jouer le maintien. En mars 2015 Ott est remplacé par Didier Ollé-Nicolle<ref name="lequipe 23/03/2015"></ref>. L'équipe finit neuvième, loin de ses ambitions ; mais le club conserve son objectif de montée pour la saison 2015-2016. Les SR Colmar vivent toutefois une saison cauchemardesque, marquée à la fois par des résultats sportifs décevants et par une grave crise interne couplée de problèmes de trésorerie. Les SRC sont relégués sportivement en CFA et déposent le bilan en juin 2016. Le Stadium Racing Colmar (depuis 2016). Le dépôt de bilan est suivi par une aggravation de la crise au sein du club, dont le comité directeur démissionne en bloc en juillet 2016. Le club, menacé de disparition et sous la pression de Gilbert Meyer, le maire de Colmar, annonce dans le même temps qu'il ne repartira pas en Division d'Honneur comme le prévoient les règlements de la FFF, mais en Excellence Haut-Rhin (deuxième niveau régional). Le , l'association "Sports réunis Colmar" dépose également le bilan. Une nouvelle association, dont les statuts sont déposés le lendemain, récupère les infrastructures du club, désormais dénommé "Stadium Racing Colmar". En 2019, le club termine premier de Régional 2 et monte en Régional 1. L'objectif du club, pour la saison 2019-2020, est d'obtenir la promotion en National 3 et à moyen-long terme de retrouver le National. Le club est finalement promu en National 3 à la suite de l'arrêt prématuré des championnats en raison de la pandémie de Covid-19 en France. Au bout de 8 journées durant la saison 2020-2021, le club se place troisième avec 11 points, mais le championnat est contraint de s'arrêter à cause de la pandémie. À l'issue de la saison 2021-2022, le club finit premier et est promu en National 2. Palmarès et résultats sportifs. Titres et trophées. Le tableau suivant récapitule les performances des Sports réunis de Colmar dans les principales compétitions officielles françaises. Parcours en Coupe de France. Premières participations (1920-1937). La première apparition remarquée des SR Colmar en Coupe de France se fait lors de l'édition 1928-1929, où le club, alors en promotion, est éliminé par le CA Messin sur le score de 3-0 en tours préliminaires. Le CA Messin se fera par la suite éliminer en seizièmes de finale par le club de Belfort. En Coupe de France de football 1930-1931, les SR Colmar sont éliminés dès le deuxième tour par l'AS Audincourt, sur le score de 3-1. Durant cette première période de l'histoire du club, l'équipe n'atteint à aucune reprise les trente-deuxièmes de finale. Des performances remarquables (1937-1949) suivies d'une période calme (1949-1991). Pour sa première participation en tant que club professionnel, les SRC ne parviennent pas à se qualifier pour les trente-deuxièmes de la compétition. Le , les SRC sont éliminés en trente-deuxièmes de finale par le Racing Club de Lens, onzième de D1, sur le score de 3-1. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les SR Colmar, affiliés à la Fédération allemande de football, ne participent pas à la Coupe de France et ne se qualifient pas pour la coupe d'Allemagne de football. Il faut attendre l'édition 1945-1946 pour voir un retour des SRC dans la compétition. Les "Verts" réalisent un excellent parcours : après avoir éliminé le Football Club de Metz et le Racing Club de Strasbourg, ils sont finalement éliminés en huitièmes par le Racing Club de Paris. En 1947-1948, le club, bien qu'en Division 2, réalise le meilleur parcours de son histoire, atteignant les demi-finales, après avoir notamment éliminé le Football Club de Gueugnon et les Girondins de Bordeaux ; c'est le Racing Club de Lens qui, comme en 1938, sort les "Verts" de la compétition. L'année suivante, alors en Division 1, les SRC quittent la compétition dès les seizièmes de finale, après une défaite contre l'Union sportive quevillaise. Après le Toulouse FC, c'est le second club professionnel que les amateurs du Petit-Quevilly sortent de la compétition. Après l'abandon du statut professionnel, les SR Colmar ne réalisent plus fréquemment des parcours notables. En 1978-1979, les "Verts" atteignent le septième tour de la compétition et sont sortis par le FC Chaumont (D2) sur le score de 4-0. Des parcours ponctuellement intéressants (depuis 1991). C'est à partir de l'édition 1991-1992 que les SRC renouent avec les résultats intéressants en Coupe de France de football. Après avoir éliminé l'ASIM, Rixheim, Hirtzfelden, Strasbourg Vauban, le RC Lédonien et l'US Forbach, tous à l'extérieur et quatre fois aux tirs au but, les SRC affrontent le Racing Club de Lens en de finale. Dans un Stade des Francs rempli par près de spectateurs, l'équipe du capitaine Steeve Schmeier s'inclinent 3-0, après avoir toutefois opposé une forte résistance. En 2005-2006, les "Verts", alors en CFA 2, réalisent l'exploit d'éliminer l'AS Monaco en seizièmes de finale. Les SRC quittent la compétition au tour suivant, après une défaite 4-1 face au Stade rennais. Lors de l'édition 2009-2010, les SRC, qui évoluent en CFA, réalisent un bon parcours en atteignant les seizièmes de finale de la compétition. Dès le huitième tour, le club colmarien élimine le Football Club de Metz, alors en Ligue 2, aux tirs au but. En de finale, contre le Lille OSC (L1), les SR Colmar s'imposent encore une fois aux tirs au but après avoir tenu en échec le quatrième de Ligue 1 devant spectateurs, en finissant la partie à dix. L'aventure s'arrête en seizièmes de finale, où l'US Boulogne (L1) bat le club sur le score de 2-1. En 2011-2012, les SR Colmar quittent la compétition dès le sixième tour, éliminés par le Sporting Club Schiltigheim, un club de CFA 2 sur le score de 2-1. La saison suivante, les SRC atteignent le huitième tour de la compétition, où ils sont éliminés aux tirs au but par le CA Pontarlier, également en CFA 2. Lors de la saison 2013-2014, Colmar est éliminé lors de son entrée en Coupe de France, au , par Geispolsheim. Championnat disputé. Le tableau suivant indique le championnat disputé par le club au cours des saisons. Bilan sportif. Les SR Colmar comptent une seule saison en Division 1 et cinq saisons en Division 2, toutes disputées avec le statut professionnel. Il se place en 2014 à la place du classement de première division toutes saisons confondues établi par la Ligue de football professionnel et au rang pour ce qui concerne la deuxième division. De plus, les SR Colmar totalise huit saisons au troisième niveau national, dont quatre en National, une en Division 3 et trois dans l'ancien Championnat de France amateur. À cela il faut ajouter douze saisons au quatrième niveau, dont dix en Division 4 et deux en Championnat de France amateur ; et treize saisons au cinquième échelon national, en CFA 2. De 1940 à 1944, le club colmarien évolue en championnat allemand. Il dispute seulement la , ne se qualifiant ni pour la Coupe d'Allemagne de football, ni pour la phase finale du Championnat d'Allemagne de football. Les SR Colmar dispute également trente-six saisons en Division d'Honneur entre 1919 et 1997. Records et distinctions. Joueurs et entraîneurs. En 2010, l'attaquant Abdel Moukhil termine quatrième meilleur buteur du groupe A de CFA. L'ancien joueur Pierre Pleimelding est, dans les années 1990, entraîneur de l'équipe de Côte d'Ivoire de football. Très peu de joueurs colmariens ou d'anciens joueurs colmariens ont été appelés en sélection nationale française. Louis Gabrillargues est sélectionné avant son passage dans le Haut-Rhin. Il en est de même pour Luc Sonor, qui termine sa carrière aux SR Colmar. Les internationaux Charles Heiné, Marc Keller et Pierre Pleimelding ont par contre été formés à Colmar et ont connu leurs premières sélections après leur départ du club. Championnat professionnel. La plus large victoire connue en Division 1, à laquelle le club ne participe qu'en 1948-1949, est obtenue contre le Club olympique Roubaix-Tourcoing, battu 5-0, notamment grâce à un doublé de Kaj Hansen. La plus lourde défaite des SR Colmar en Division 1 date du , quand les SRC s'inclinent 8-0 face au Lille Olympique Sporting Club. On note également une défaite 7-0 face au Toulouse FC. Le match de Division 1 le plus prolifique en buts est une défaite 7-2 contre l'Olympique de Marseille. Structures du club. Stade. À sa création, l'AS Colmar, puis les SR Colmar évoluent au Ladhof, sur le terrain où sera plus tard construit le stade du Ladhof; mais le terrain le plus utilisé est le "", ou « terrain des Bonnes Gens » qui s'avère rapidement trop exigu en raison du nombre croissant des sections des SRC, avant tout club omnisports. En 1926, le club loue le Stade des Francs à la ville de Colmar par bail emphytéotique. C'est alors un terrain en friche, que les adhérents de l'association décident d'aménager par leurs propres moyens, à la pelle et à la pioche. Le nouveau stade est inauguré le avec un derby contre le Football Club de Colmar. Il est alors considéré comme . En 1937 et 1938, les modifications et améliorations réalisées sous l'impulsions du président Joseph Lehmann en font un parc des sports complet. Cette même année est construite une tribune couverte pour . Dès les années 1930, le club accueille des matchs contre des équipes étrangères, comme le FK Viktoria Žižkov en 1939. En 1958, le club met fin au bail emphytéotique du stade des Francs. Il occupe alors d'autres stades, dont le Stade du Ladhof dans les années 1960. Des matchs sont encore joués au stade des Francs, comme le trente-deuxième de finale de coupe de France en février 1992, contre le Racing Club de Lens. Depuis son inauguration en 2001, l'équipe première évolue au Colmar Stadium, d'une capacité de dont seulement en tribune. Situé rue Ampère à Colmar, il est doté de quatre terrains, dont trois en pelouse naturelle et un en pelouse synthétique. En 2012, la construction d'une nouvelle tribune de 670 places est commencée. Cette deuxième tribune s'insère dans un grand plan de rénovation du stade, incluant un nouvel espace VIP, la rénovation des vestiaires, de nouveaux parkings, etc.. Équipes réserves. En 1937, quand les SR Colmar passent au professionnalisme, l'équipe première en Division d'Honneur devient équipe réserve du club. Avant la guerre, elle remporte la Coupe de Colmar contre le FC Horbourg et la Coupe Herlory, sorte de championnat du grand-est des réserves professionnelles. Dans les années 2000, la remontée de la réserve en Division d'Honneur constitue un objectif principal de Dominique Lihrmann. C'est chose faite en 2006. C'est à cette même période que la seconde réserve commence à progresser dans les championnats régionaux. La réserve des SR Colmar, championne d'Alsace en 2012, évolue en championnat de France amateur 2 jusqu'en 2015 où elle retrouve les championnats régionaux. Équipe féminine. De 1983 à 1991, les SR Colmar alignent une équipe féminine renommée. Elle remporte notamment le championnat d'Alsace en 1984 et 1986 et sont championnes interrégionales en 1988 et 1990. À noter également, deux Coupes d'Alsace remportées par l'équipe féminine. En 1991, en raison de , l'équipe féminine décide son retrait des championnats et sa . Parmi les joueuses des SR Colmar féminines, on retrouve Myriam Bernauer, internationale dans les années 1980. La section féminine renaît au milieur des années 2010, et évolue actuellement en Régional 2, soit le des compétitions. Association omnisports. Dès leur fondation, les Sports réunis Colmar sont pensés comme un club omnisport. Les SRC omnisports constituent aujourd'hui un important vivier sportif, avec près de licenciés en 2012. Le club est présidé par José Esposito. En plus de la section football, l'association compte un club d'athlétisme, , une section natation, water-polo et natation synchronisée, une section tennis et squash, une section escrime Aspects juridiques et économiques. Statut juridique et légal. À ses débuts, les SR Colmar forment une association à but non lucratif inscrite au registre des associations du tribunal. En 1937, Joseph Lehmann crée une société au capital de avec émission d'actions de 10 et 50 F. Cette société, restée indépendante de l'association, s'engage dans un processus de fusion avec le RC Strasbourg en 1949, après la mort de Lehmann, processus invalidé par le Groupement des Clubs Professionnels, ce qui entraîne ainsi sa faillite. À partir de 1949, l'association gère à nouveau l'intégralité des activités des Sports réunis Colmar. Le club est alors une association loi de 1901 fondée en 1920. Elle a son siège au Colmar Stadium, 36 rue Ampère, à Colmar. En 2016, à la suite d'un dépôt de bilan, les actifs de l'association "Sports réunis Colmar" sont récupérés par l'association "Stadium Racing Colmar", dont les statuts sont déposés le . Le club est affilié sous le numéro 500419 à la Ligue d'Alsace de football association, section Haut-Rhin. Pour rappel, il n'existe pas de district départemental en Alsace. La nouvelle association conserve le numéro d'affiliation de l'ancienne. Éléments comptables. En 2010-2011, pour la première saison en National, le club a un budget de d'euros. C'est le quatorzième budget du championnat. Pour la saison 2011-2012, le budget du club est stable, à d'euros. Il augmente légèrement, à d'euros en 2012-2013. En 2013-2014, alors que le président souhaitait augmenter le budget à hauteur de d'euros, il n'est que de deux millions d'euros. La saison suivante, le budget continue à augmenter avec un passage à 2,5 millions d'euros. En 2015-2016, le budget, légèrement en baisse, est de 2,3 millions d'euros, ce qui en constitue le septième plus important du championnat. Équipementiers et sponsors. L'équipementier actuel du club est SPORT 2000 et Hummel . Dans les années 1980, la société Est-Bois est un sponsor-maillot important. Au début des années 1990, la radio RTL est partenaire du club et apparaît également sur les maillots. En 2000, c'est le logo des supermarchés E.Leclerc qui orne les maillots. Entre 2007 et 2011, les SR Colmar ont quadruplé le nombre de leurs sponsors. En 2013, Clairefontaine, sponsor historique, se désengage. Cette perte importante est compensée par l'arrivée de Booa, entreprise spécialisée dans la construction de maisons en bois. Cette même année, les SR Colmar comptent sur un fort soutien des collectivités locales, comme la région Alsace, le Département du Haut-Rhin et la ville de Colmar. Les sponsors des SRC ont un fort pouvoir d'influence. Par exemple, en 2011, certains sponsors ont menacé de si Damien Ott n'était pas reconduit à son poste d'entraîneur. Personnalités du club. Présidents. Le président emblématique des SR Colmar est l'industriel Joseph Lehmann, à l'origine de la création de la section professionnelle. C'est son décès qui entraîne le retrait de cette dernière en 1949. Dans les années 1980, le club est marqué par une certaine instabilité, matérialisée par les mandats courts (deux ans) de José Esposito et Jean-Paul Jurado. L'arrivée de Daniel Sissler en 1994 redonne du souffle au club, alors en grande difficulté sportive tandis que celle de Roland Hunsinger en 1999 amène à une réorientation de la stratégie du club et à la résurrection du ; Le tableau suivant présente la liste des présidents des SR Colmar. Sauf indication contraire, les périodes indiquées dans le tableau commencent et se terminent en début et fin de saison, c'est-à-dire généralement en juin. Entraîneurs et encadrement technique. À l'époque de la création des SR Colmar en 1920 c'est, dans les clubs français, généralement le capitaine de l'équipe qui dirige celle-ci. L'amélioration des performances d'une équipe passent néanmoins par le développement de programmes d'entraînement encadrés par un spécialiste. Dans les années 1920, les entraîneurs qui exercent dans les clubs sont encore peu nombreux, l'offre étant inférieure à la demande. De plus, disposer d'un entraîneur est encore un luxe que seuls les clubs les plus puissants peuvent se payer. Les SR Colmar se dotent d'un entraîneur de façon récurrente à partir de leur adoption du professionnalisme en 1937. Lors de la saison 1937-1938 en Division 2, c'est le Tchécoslovaque Trojanek qui s'occupe de l'équipe colmarienne. Celui-ci entraîne précédemment notamment le Stade rennais université-club en 1930-1931, mettant alors particulièrement l'accent sur la préparation physique des joueurs. Après l'accession en championnat de France amateur (CFA) en 2008, quatrième niveau dans la hiérarchie du football en France, l'équipe est prise en charge par Damien Ott. Celui-ci arrive en provenance du Football Club de Mulhouse, qu'il vient de diriger plusieurs saisons dans ce championnat de CFA. Damien Ott est alors entraîneur à temps partiel, puisqu'il exerce en outre le métier de professeur d'éducation physique et sportive (EPS) à Saint-Louis. En 2014 et après quatre saisons en championnat de France National, soit au troisième niveau dans la hiérarchie, le club décide de professionnaliser ses structures. Quatre membres de l'encadrement technique travaillent désormais à temps plein pour le club : l'entraîneur Damien Ott, son nouvel adjoint et ancien préparateur physique de l'équipe Robert Pavlinic, le préparateur physique André Hermann et l'assistant technique Pape Dieye. Ott est remplacé en par Didier Ollé-Nicolle. Le tableau suivant présente la liste des techniciens ayant exercé comme entraîneur principal aux SR Colmar. Sauf indication contraire, les périodes indiquées dans le tableau commencent et se terminent en début et fin de saison, c'est-à-dire généralement en juin. Joueurs. Joueurs emblématiques. Entre 1935 et 1939, le gardien emblématique des SR Colmar est Gérard Wozniok. Quand Lehmann compose l'équipe qui disputera la Division 2 1937-1938, il choisit des joueurs d'expérience, comme Collet, du Football Club de Mulhouse, Kreutzer du Favorit Wien, Árpád Belko, du FC Antibes, etc. De nombreux joueurs de la première équipe professionnelle auront une carrière intéressante par la suite, comme l'Argentin Oscar Tellechea, ou le Français Gaston Gardet. En 1945, les SR Colmar comptent dans leur effectif le futur international français Charles Heiné, sélectionné à deux reprises en 1947, alors qu'il venait de quitter Colmar pour le RC Strasbourg. L'équipe de 1948 compte deux internationaux étrangers : le Danois Kaj Hansen, sélectionné 27 fois entre 1936 et 1946 en équipe du Danemark de football et l'Autrichien Camillo Jerusalem, sélectionné quatre fois en équipe d'Autriche de football entre 1936 et 1946. Aucun des deux n'est appelé pendant son passage à Colmar. En 1963, le gardien expérimenté Claude Mallet arrive au club pour finir sa carrière. Il laisse un souvenir désastreux auprès du public colmarien en raison des nombreuses défaites lourdes en buts de l'équipe, dont il est considéré comme largement responsable. Le capitaine emblématique des années 1990 est Steeve Schmeier, connu notamment pour ses performances lors de la Coupe de France 1991-1992. En 1999, l'international français Luc Sonor finit sa carrière à Colmar. En CFA 2009-2010, les SRC peuvent compter sur la présence du quart-de-finaliste de la Coupe d'Afrique des nations 2006 avec l'équipe du Cameroun Guy Feutchine. En 2015, l'ancien du Racing Club de Strasbourg et international marocain Yacine Abdessadki, âgé de 34 ans, retrouve la compétition chez les "Verts" après quatre saisons sans club. Joueurs formés au club. De 1971 à 1974, le futur international français Pierre Pleimelding évolue à Colmar, avant de passer professionnel à l'AS Monaco. L'international espoir Frédéric Johansen, décédé dans un accident de voiture en 1992, a commencé sa carrière aux SR Colmar. Il reste une figure emblématique du club. À cette époque, François Keller et Marc Keller commencent également leurs carrières à Colmar. De 1998 à 2002, le milieu offensif Ryad Boudebouz joue au football au SR Colmar avant de rejoindre le centre de formation du FC Sochaux à l'âge de 12 ans après avoir été repéré par Eugène Battmann, membre de la cellule de détection du centre de formation FC Sochaux en Alsace. Il deviendra par la suite international algérien et aussi un des meilleurs tireurs de penaltys de Ligue 1 en activité avec 100 % de réussite sur ses 16 premières tentatives. Image et identité. Supporteurs. Le premier « Club des Supporters » des SR Colmar est créé le . Dès ses débuts, il propose des produits dérivés comme « l'insigne des supporters » disponible pour . À partir de la saison 1948-1949, le Club des Supporters organise la « Nuit du football », avec l'élection de « Miss Foot », une nouveauté pour l'époque. En 1949, le Club des Supporters compte 700 membres. Son président est Vieuchange. Deux membres du Club, Fulgraff et Koppreiter, se relayent à la fonction de . Ils sont alors installés dans une cabine en bois surmontant la tribune du stade des Francs. Lors de la saison 2009-2010, un kop du nom de "Green Panthers" est fondé et accompagne le club y compris en déplacement avec des chants, une grosse caisse, etc.. Toutefois, le groupe est dissout en fin de saison à la suite d'incidents lors du dernier match. Depuis 2011, les SRC bénéficient du soutien de deux groupes de supporteurs : les "Col'verts" et les "Green Boys". Les Col'Verts accompagnent l'équipe lors des déplacements et occupent en habituellement la tribune Est du Colmar Stadium. Jean-Paul Besacier, président des Col'Verts, affirme . En 2013, un bandeau de avec ses insignes est réalisé par l'association pour saluer l'ouverture de la saison. Les "Green Boys", fondés la même année que les Col'Verts, sont le dernier groupe de supporters actif du club, après la dissolution des col'vert , en raison d'un conflit avec le président Christophe Gryska faisant suite au derby SRC-Racing Club de Strasbourg Alsace de 2013. Affluences. Les affluences moyennes des SR Colmar augmentent fortement lors du passage au professionnalisme, en 1937. Ainsi, en Division 2 1937-1938, la moyenne d'affluence s'élève à spectateurs par matchs. Après la guerre, en Division 2 1947-1948 dont les SRC finissent deuxième, l'affluence moyenne s'élève à spectateurs par match. Le record d'affluence moyenne de l'histoire du club date de la saison 1948-1949 avec spectateurs par match en moyenne. Après le dépôt de bilan du club en 1949, les affluences baissent drastiquement et peu de chiffres sont connus. Dans les années 1960, quand le club évolue en Championnat de France amateur, les affluences moyennes sont proches des 800 spectateurs. En 1974, en D3, l'affluence moyenne s'élève à 849 spectateurs par match. Il faut attendre 2009 pour avoir à nouveau des statistiques précises des affluences, qui sont en hausse constante, passant de 782 en CFA 2008-2009 à en National 2013-2014. La saison 2014-2015 enregistre toutefois une baisse des affluences moyennes, à par match. Moyenne de spectateurs à domicile des SR Colmar depuis 2009 Rivalités. Avec le FC Colmar. La plus ancienne rivalité est celle opposant les Sports réunis Colmar au Football Club de Colmar, l'autre club de la ville de Colmar. Lors de la refondation du FCC, en 1924, la rivalité apparaît au travers du fait que de nombreux membres du comité provisoire sont démissionnaires des SRC, comme Paul Allenbach et Henri Martin, qui . Avant même la première rencontre entre les deux clubs, une rivalité existe. Ainsi, dans les années 1920 et 1930, c'est la course au premier titre de champion d'Alsace qui anime les débats, le FC Colmar remportant ce premier duel à distance entre les deux entités. Le FCC rencontre les SRC pour la première fois en championnat en Division d'Honneur 1936-1937. Toutefois, la professionnalisation des SRC entraîne la fin des derbys. Les deux clubs se retrouvent ensuite en championnat allemand, en Gauliga Elsass 1940-1941, sous les noms respectifs de ' et ' et ceci jusqu'en 1944. Les résultats de ces premières rencontres ne sont pas connus. Entre 1950 et 1981, les deux équipes se rencontrent régulièrement et les derbys, souvent plutôt équilibrés, constituent des points d'orgue du championnat. Toutefois, la rivalité, devenue avec le temps contre-productive pour le football colmarien, s'adoucit un peu après le titre de champion des SR Colmar, obtenu en 1973 et la montée en Division 3. La fin des années 1970 voit un retour de la rivalité, qui cesse avec la chute du FCC, renommé Stade Colmar 77 en 1977 et dissout en 1986, après plusieurs relégations quasi-consécutives. Avec le FC Mulhouse. La rivalité entre SR Colmar et Football Club de Mulhouse apparaît dans les années 1930, quand les deux clubs participent à la Division 2. En outre, en 1937-1938, les "Verts" jouent le haut de tableau, de même que les "Bleus et Blancs" et le , les SRC sont premiers et le FCM deuxièmes. Le derby amical du (victoire 6-0 de Colmar) est particulièrement mémorable. C'est par ailleurs lors d'un derby SRC-FCM que les Colmariens établissent leur record d'affluence d'avant-guerre. À partir de 1946, les derbys se font plus rares. À la fin des années 2000, les SRC développent une nouvelle rivalité avec le FC Mulhouse. En effet, le match, qui s'est joué six fois depuis 2004, est décrit par les supporters comme un véritable derby du Haut-Rhin qui attire du monde dans les stades, près de lors des confrontations de 2009-2010, ce qui constitue une affluence exceptionnelle à ce niveau, l'affluence moyenne étant plus proche des 400 à 500 spectateurs par match. En 2011, Alain Dreyfus, le président du FC Mulhouse, n'a pas hésité à critiquer les SR Colmar lors d'un entretien accordé au "Monde du Foot". Avec le RC Strasbourg. Après s'être croisés en Gauliga Elsass, en championnat professionnel et en Coupe de France dans les années 1940, les deux formations se retrouvent fréquemment en National dans les années 2010. Les derbys de la saison 1948-1949 ont constitué des points d'orgue du championnat, avec des affluences exceptionnelles. En National 2010-2011, le derby retour est un match à enjeux multiples. En effet, alors que le Racing est toujours en course pour la troisième place et la lutte pour la Ligue 2, Colmar est enfoncé dans la zone de relégation. En cas de victoire colmarienne, le club pourrait sortir de la zone de relégation. Le match attire plus de spectateurs au stade. Malgré une deuxième mi-temps plate, ce match, retransmis en direct sur France 3 Alsace, est gagné par les Strasbourgeois, relancés dans la course au podium. En 2014, la situation est inversée : le derby retour est un match à enjeu entre un RCS risquant la relégation et des SRC proches du podium. Ce sont les SRC qui s'imposent. Dénomination du club. Le club est fondé en 1919 sous l'appellation "Association sportive de Colmar". Celle-ci est néanmoins rapidement dissoute et remplacée, un an plus tard, par les "Sports réunis Colmar", qui constituent une entité juridique différente. Jusqu'en 1940, le club ne change pas de nom. Avec la Seconde Guerre mondiale et l'intégration de l'Alsace au Troisième Reich, le nom du club est germanisé en . Lors de l'Assemblée Statutaire du , le club récupère son nom français, redevenant "Sports réunis Colmar". À l'issue de la saison 1961-1962, les SRC fusionnent avec le FC Wittisheim et deviennent les "Sports réunis Colmar Wittisheim", dont l'acronyme, SRCW, tombe rapidement en désuétude dans la presse. En 1963, les SRCW fusionnent avec l'Étoile sportive de Logelbach et reprennent le nom d"'Association sportive de Colmar", pour une seule saison. En juin 1964, à la suite de l’absorption totale de l'ÉS Logelbach, le club retrouve l'appellation "Sports réunis Colmar". En 2016, le club, tiraillé à la fois par une grave crise au sein de son exécutif et par des problèmes financiers importants, est contraint de déposer le bilan et de changer de nom. Le , le club devient "Stadium Racing Colmar", cette appellation présentant la particularité de conserver l'acronyme historique SRC. Couleurs et blason. La première couleur du club est l'orange. En 1937, les maillots choisis pour l'équipe professionnelle sont verts et blancs bien que les amateurs continuent de jouer en orange. En 1949, l'équipe amateur, autorisée à jouer en CFA, récupère les couleurs des professionnels et l'orange est définitivement abandonné. Pour l'unique saison 1963-1964, le club, renommé "AS Colmar", adopte la couleur jaune pour ses maillots. La majorité des blasons connus reprennent les couleurs de la ville de Colmar, c'est-à-dire un écusson . Dans les années 1960, les SR Colmar adoptent un blason très proche du blason de la ville, au-dessus duquel est inscrit le nom usuel du club en majuscules. Un autre logo du club est connu, mais non daté : il est rond, bleu, avec le nom complet du club inscrit sur la bordure et les lettres SRC ligaturées dans une police jaune en son centre Le blason utilisé à partir de 2000 représente un ballon au-dessus duquel sont présentes les armoiries de Colmar et devant lequel sont inscrites les lettres SRC. En dessous, sur un bandeau noir, on peut lire « Sports réunis Colmar ». Le club change de blason en 2008. En 2016, le changement d'identité du club, qui devient "Stadium Racing Colmar" à la suite d'un dépôt de bilan, entraîne la conception d'un nouveau logo, conservant la couleur verte historique du club et représentant une Statue de la Liberté brandissant un ballon de football au lieu de sa flamme. Annexes. Bibliographie. Cette bibliographie présente quelques ouvrages de référence. Ceux utilisés pour la rédaction de cet article sont suivis du symbole .
SR Colmar
Samantabhadra Samantabhadra désigne soit dans le bouddhisme indien et est-asiatique le bodhisattva contemporain de Gautama Shakyamuni, d'une importance particulière dans les écoles Tiantai et Huayan, soit dans le bouddhisme tantrique tibétain l'Adibouddha ou Bouddha primordial. Ce grand bodhisattva est connu sous le nom de Puxian pusa (Pǔxián púsà 普賢菩薩) en chinois, Fugen bosatsu en japonais et "Phổ Hiền Bồ Tát" en vietnamien ; l'Ādi Bouddha se nomme "Kuntu Zangpo" en tibétain () et "Qamugha Sain" en mongol. Son nom sanskrit d'origine peut signifier , ou , ou encore « Excellence universelle ». Samantabhadra est aussi, avec Nādaprada, un nom moins connu de Nāropa, le yogi bengali dont Marpa transmit les enseignements au Tibet. Le grand bodhisattva. Le grand bodhisattva Samantabhadra, comme le prince du dharma Mañjuśrī, joue un rôle de premier plan dans le monde du bouddha primordial (dharmakāya) Vairocana, symbole de la plénitude de la vérité ultime et de la perfection de la sagesse immense, décrit dans l"'Avatamsaka Sutra", texte canonique de l'école Huayan. Samantabhadra et Mañjuśrī y ont la préséance sur les autres bodhisattvas en tant que « fils du Bouddha»; Samantabhadra, placé à sa droite, représente le principe (lǐ 理) ou la pratique (xíng 行), tandis que Mañjuśrī à sa gauche représente la sagesse ou l’intelligence (zhì 智). Cette triade est connue et vénérée sous le nom des « Trois saints de Huayan » (Huáyán sānshèng 華嚴三聖). Samantabhadra est également important pour les courants basés sur le "Sūtra du lotus", comme Tiantai en Chine, Tendai et Nichiren au Japon. Dans le tantrisme japonais des écoles Shingon et Tendai, il apparait sur le maṇḍala de la matrice au sud-est du quartier central du lotus à huit pétales où il est associé au bouddha Ratnaketu (jp. Hōdō-nyorai 宝幢如来). Là où Ratnaketu symbolise l'éveil du cœur ainsi que la sagesse semblable au miroir (sk. ādarśajñāna ; jp. daienkyōchi 大円鏡智), Samantabhadra symbolise le pur cœur de "bodhi" et il est la "cause" de la sagesse semblable au miroir. Il est par ailleurs connu en Chine comme l’un des quatre grands bodhisattvas qui représentent les quatre conditions nécessaires pour devenir bodhisattva : la pratique (Samantabhadra), la sagesse (Mañjuśrī), la compassion (Avalokiteśvara) et le vœu (Kshitigarbha). Le mont Emei(Éméishān 峨嵋山)situé dans la province du Sichuan lui est consacré. Son premier temple y fut construit après l’installation en 399 du moine Huìchí (慧持) venu du mont Lu. L’empereur Taizong des Song y fit dresser une statue de bronze de Puxian. Il a également un rôle protecteur basé sur la promesse faite dans le "Shurangama Sutra" de venir instantanément au secours de ceux qui l’appellent, quelle que soit la distance. Une croyance populaire chinoise fait se réincarner Mañjuśrī et Samantabhadra dans deux orphelins élevés dans un monastère, qui seraient devenus les célèbres moines et amis Hanshan (Hánshān 寒山, Montagne froide) et Shide (Shídé 拾得, Obtention ramassée). Une autre croyance, japonaise cette fois, dit que Samantabhadra entretiendrait une relation homosexuelle avec le jeune bodhisattva Mañjuśrī où Samantabhadra serait le partenaire dominant. Cette relation servait de patronage divin à la pédérastie au Japon où certains moines ne cachaient pas leurs penchants homosexuels. Dans l’iconographie, il est le plus souvent représenté montant sur un éléphant blanc à six défenses, symbole de fermeté, dont chaque pied repose sur un lotus; il peut être opposé à Mañjuśrī chevauchant un tigre bleu, symbole d’intelligence. On lui donne parfois une apparence féminine. Les dix grands vœux. Selon l"'Avatamsaka Sūtra", le grand bodhisattva Samantabhadra a prononcé dix grands vœux royaux (Shídàyuànwáng 十大願王), proposés aux fidèles comme voie de développement spirituel : (1) Rendre hommage à tous les bouddhas (Lǐjìng zhūfó 禮敬諸佛) (2) Adresser des louanges aux tathāgatas (Chēngzàn rúlái 稱贊如來) (3) Pratiquer abondamment des offrandes (Guǎngxiū gòngyǎng 廣修供養) (4) Se repentir des péchés karmiques (Chànhuǐ yèzhàng 懺悔業障) (5) Se réjouir des mérites d’autrui (Suíxǐ gōngdé 隨喜功德) (6) Prier (le bouddha) de prêcher le dharma (Qǐngzhuàn fǎlún 請轉法輪) (7) Prier le bouddha de rester dans ce monde (Qǐngfó zhùshì 請佛住世) (8) Suivre constamment les enseignements du Bouddha (Chángsuífóxué 常隨佛學) (9) Vivre en bonne harmonie avec toutes les créatures (Héngshùn zhòngshēng 恒順眾生) (10) Étendre universellement le bénéfice des mérites (Pǔjiē huíxiàng 普皆迴向). La tradition chinoise y a ajouté dix exercices de patience. Le Bouddha primordial. Dans le bouddhisme du Vajrayāna tibétain Nyingmapa, Samantabhadra occupe la place centrale: il est lui-même Vairocana, le Bouddha primordial, c'est-à-dire qu'à l'origine il reconnut immédiatement sa propre nature dans les manifestations de rigpa, la créativité de l'essence primordiale. Il est alors représenté nu, de couleur bleue, sans parures, pour signifier la vacuité essentielle, exécutant la mudrā de méditation. On le voit souvent en yab-yum, c'est-à-dire enlaçant sa parèdre Samantabhadrī, blanche. Les écoles tibétaines de la "nouvelle traduction" (Sarmapa), principalement Sakyapa, Kagyupa et Gelugpa, ont comme bouddha primordial un autre bouddha nommé Vajradhara, "Détenteur du diamant-foudre", qui est aussi bleu ou bleu-nuit, mais paré de plusieurs ornements, tenant le Vajra et la cloche symbolisant l'union des moyens habiles (upāya) et de la sagesse de la vacuité (prajñā). Il représente alors le bouddha primordial sous sa forme de Sambhogakāya. Certaines écoles Yogācāra le considèrent comme l'inventeur du yoga en lieu et place de Vairocana. Il occupe un rôle central pour les pratiquants de la méditation extatique japonaise hokkesammai. Il est a noter que contrairement au Vajrayāna tibétain, le bouddhisme tantrique japonais (jp. "mikkyō" 密教) des écoles Shingon et Tendai ne considèrent pas Samantabhadra comme un bouddha primordial, mais bien comme un bodhisattva.
Bug-Jargal Bug-Jargal est le premier roman de Victor Hugo. Écrit par l’auteur, en quinze jours à la suite d’un pari, à l’âge de seize ans, le conte « "Bug-Jargal" » paraît dans la revue "le Conservateur littéraire" en 1820 mais le roman, version remaniée du conte, ne sera édité pour la première fois qu’en 1826. Résumé. Pierrot, qui bientôt sera Bug-Jargal, un Noir, esclave d'un riche colon de Saint-Domingue, ose porter ses regards sur Marie, la fille de son maître, qui révèle le fait à son fiancé, Léopold d'Auverney. Pierrot se cache, mais veille sur Marie et la sauve alors qu'elle allait devenir la proie d'un crocodile. D'Auverney se fait par suite le protecteur de Pierrot. Sur ces entrefaites, éclate la grande révolte des Noirs de Saint-Domingue (car ceci se passait en 1791). La vie et les plantations du père de Marie ne sont point épargnées, et Marie elle-même est enlevée au milieu du désordre et emportée au loin dans les bras d'un esclave. D'Auverney se met à la poursuite du ravisseur, mais il est pris par les rebelles, et il allait mourir lorsqu'il est sauvé par l'intervention de Pierrot, qui s'appelle maintenant Bug-Jargal, devenu chef de la conspiration des Noirs, et devant qui tous s'inclinent. L'ancien esclave, qui se souvient, ne borne point-là sa reconnaissance ; il veut la pousser jusqu'à l'abnégation la plus sublime et, après avoir délivré d'Auverney, il le conduit vers Marie, car c'est lui qui, pendant l'incendie, au milieu de la révolte, l'avait emportée dans ses bras et déposée en lieu sûr pour la conserver à son amant. Mais, pour délivrer son ami, Pierrot avait dû obtenir la permission de quitter le fort Galifet, où il était détenu prisonnier, et laisser à titre d'otages dix de ses compagnons. D'un autre côté, le farouche et ridicule Biassou, sang-mêlé, qui commandait une partie des Noirs révoltés, avait informé les colons que d'Auverney serait mis à mort au coucher du soleil : au moment de l'exécution, un drapeau noir flotterait sur le plus élevé des pics de la montagne ; en représailles, les Blancs devaient mettre à mort les dix Noirs de Bug-Jargal, si celui-ci ne délivrait pas d'Auverney ou ne revenait se remettre entre leurs mains. D'Auverney échappe, à l'insu de Biassou qui le croit mort et fait arborer le fatal drapeau. Bug-Jargal, à la vue du funeste signal, interrompt une douce causerie avec son ami, et va se faire fusiller par les Blancs. Genèse de l'œuvre. Pour écrire cette œuvre Victor Hugo s'est inspiré notamment d"'Adonis, ou le bon nègre, anecdote coloniale", roman de Jean-Baptiste Picquenard paru en 1798. Éditions. Choix d'éditions du vivant : Choix d'éditions posthumes :
Homininae Les Homininés (Homininae) sont une sous-famille de primates simiiformes, de la famille des Hominidés. Cette sous-famille rassemble les hominoïdes euro-africains, à savoir les tribus des Gorillini (les gorilles) et des Hominini (les hommes et les chimpanzés). Classification phylogénétique. Selon la synthèse des études réalisées par différents chercheurs sur le sujet, les Homininae auraient divergé des Ponginae il y a environ 16 millions d'années. Espèces actuelles. Liste des espèces actuelles selon ITIS : Taxons fossiles. Les taxons fossiles européens du Miocène rattachés à la tribu des Dryopithecini sont classés par la plupart des spécialistes nord-américains, et par un nombre croissant de chercheurs européens, parmi les Homininae, mais en dehors du groupe-couronne de ces derniers. Ils représentent donc en l'état actuel des connaissances des taxons basaux de la sous-famille des Homininae (voir schéma ci-contre). La tribu des Dryopithecini rassemble les taxons fossiles européens suivants : Il convient d'ajouter à cette liste les deux genres fossiles africains suivants :
Har Dil Jo Pyar Karega... Har Dil Jo Pyar Karega est un film indien réalisé par Raj Kanwar sorti en 4 août 2000. Le titre peut se traduire par "Tout cœur qui tombera amoureux…". Synopsis. Raj (Salman Khan), chanteur, exerce ses talents sur les plages de Goa. Orphelin, il croit aux signes. Un jour, il trouve dans le sable une plaque d'immatriculation de Mumbai. Il en déduit que le destin l'appelle dans cette ville pour réaliser son rêve et devenir une pop star. Les premières auditions sont prometteuses, mais le directeur de la maison de production décède le jour où Raj doit lui remettre ses enregistrements. Estimant s'être trompé de route, Raj s'apprête à quitter Mumbai. Mais à l'instant où il allait renoncer, il est témoin d'un accident de voiture. Le chanteur s'élance et réussit à sauver la vie d'une jeune femme prisonnière de la carcasse de sa voiture juste avant qu'un train ne la percute. Raj accompagne la victime à l'hôpital, signe les papiers d'admission. On le prend pour le mari de la blessée, Pooja (Rani Mukerji). Celle-ci sombre dans le coma. À sa grande surprise, Raj découvre que celle dont il a sauvé la vie est la fille d'un producteur célèbre. L'imposture devient intéressante pour le chanteur en quête de succès. Mais arrive Jahnvi (Preity Zinta), la meilleure amie de Pooja, et c'est le coup de foudre entre elle et Raj. Musique. Le film comporte 8 chansons :
Ancyre Ancyre est une cité de l'Antiquité qui correspond de nos jours à l'actuelle Ankara. Histoire. Le site d'Ancyre a peut-être été occupé dès le par les Hittites, mais cela n'est pas confirmé par l'archéologie qui n'a mis au jour aucun vestige de cette époque. Cette hypothèse est avant tout étymologique, bien qu'il ne faille cependant pas confondre ce site avec celui d"'Ankuva", nom mentionné dans plusieurs inscriptions hittites et que l'on a rapproché à tort d'Ancyre, alors qu'il s'agit de l'actuel Alişar. Plusieurs noms hittites construit sur le thème "ank-" sont attestés dans des documents du deuxième millénaire a.C., comme Ankala ou Ankuwash ; l'un de ces noms pourrait désigner Ankara, mais cela reste encore à prouver. Vers le elle est peuplée par les Phrygiens et s'appelle alors "Aγκυρα" (« Anküra »). Cette occupation, elle, est bien attesté archéologiquement ; la vingtaine de "tumuli" érigée à l'ouest de la ville moderne et les nombreux vestiges archéologiques ont montré qu'il s'agissait d'un établissement majeur aux 9e et 8e s. a.C.. Selon la légende, la cité aurait été construite par le roi Midas qui y aurait déposé ou trouvé une ancre, symbole figurant sur des monnaies antiques. Cette légende doit tenir à la confusion entre le mot grec qui désigne effectivement une ancre, et la racine ancienne du toponyme. La première attestation du nom n'apparait qu'au 4e s. a.C. dans les sources littéraires. Ancyre devint une cité de l'empire perse qui fut prise par Alexandre le Grand en l'an 333 avant notre ère. À la suite de la « Grande expédition », des Celtes, les Tectosages (un des trois peuples des Galates) occupent la région autour d'Ankara. En 25 avant notre ère, la Galatie devient une province romaine dont Ancyre est faite capitale de povince. En alphabet latin la ville prend l'orthographe « "Ancyra" ». Ancyre fut promue au rang de « métropole » par Néron qui fit reconstruire ses murailles. Le temple d'Auguste et de Rome à Ancyre, appelé le "monument d'Ancyre", a livré l'exemplaire le plus complet du testament politique d'Auguste, les "Res gestæ". Durant le « millénaire byzantin », Ancyre connut une certaine prospérité mais les invasions des Sassanides, des Arabes, des croisés et des Turcs au furent dévastatrices. Au on y trouve une communauté chrétienne hétérodoxe, les Ascodrobes, cités par Jérôme de Stridon. À partir du , l'expansion en Anatolie des Ottomans, transforme le nom de la ville en "Engürü" ou "Engüriye" en turc, et en "Angora" dans les langues occidentales. Ancyre laisse place à Ankara à mesure que s'y installent des Turcs et que s'islamise et se turquifie sa population chrétienne et juive ("ma'mīnīm, dönme"). Au l'orthographe Ankara (انقره) commence à s'imposer dans les documents officiels ottomans. Sources anciennes. Dans son "Histoire naturelle", Pline l'Ancien la nomme « Ancyre des Tectosages ». La ville est également mentionnée par Strabon, habitée par les Tectosages. Pline l'Ancien, cite également « Ancyre en Phrygie », également attestée par Strabon. Iconographie. Au , les capitouls de Toulouse honorèrent le passé mythique des fondateurs de cette cité et commandèrent à plusieurs artistes des œuvres sur le thème de "La Fondation d'Ancyre par les Tectosages".
Petites Antilles Les Petites Antilles, ou Petites Caraïbes sont un archipel situé dans l'Est et le de la mer des Caraïbes et composé des îles de la partie orientale de l'arc antillais depuis la fosse d'Anegada et l'île de Sombrero au jusqu'au sous-continent sud-américain. On définit généralement les "Petites Antilles" par opposition aux "Grandes Antilles". Elles constituent une longue chaîne d'îles située dans la mer des Caraïbes. Seules les îles les plus extérieures, soit Anguilla, Barbuda, La Désirade, Barbade et Tobago sont proches de la limite commune à l'océan Atlantique et à la mer des Caraïbes, étant entendu que toutes les eaux de proximité baignant ces îles sont comprises dans la mer des Caraïbes. L'île de la Trinité est la seule île des Petites Antilles à baigner directement l'Atlantique (littoral est). D'un point de vue géographique, les Petites Antilles sont divisées en îles du Vent et en îles Sous-le-Vent. D'un point de vue politique, elles comprennent 8 états indépendants : Antigua-et-Barbuda, Barbade, Dominique, Grenade, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago ainsi que des dépendances d'autres États : les îles Vierges des États-Unis, les îles Vierges britanniques, Montserrat, Anguilla, les Antilles au sein du royaume des Pays-Bas (Curaçao, Aruba, Saint-Martin, Bonaire, Saint-Eustache, Saba), la collectivité territoriale française de la Martinique, le département français d'outre-mer de la Guadeloupe, (avec les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy) et les Antilles vénézuéliennes (État de Nueva Esparta et Dépendances fédérales). Histoire. Les Espagnols ont été les premiers Européens à arriver sur les îles avec l'arrivée de Christophe Colomb. En 1493, lors de son deuxième voyage, Christophe Colomb atteint la côte de la mer des Caraïbes, où il navigue pour découvrir plusieurs îles de l'archipel des Petites Antilles. La première île qu'il a découverte lors de ce voyage, il l'a appelée "la Deseada". Les Espagnols revendiquent l'île de la Dominique et prennent solennellement possession de la terre de l'île qu'ils appellent Marigalante. Ils ont ensuite jeté l'ancre à côté de l'île qu'ils ont appelée Guadeloupe. Ils se sont ensuite rendus à Montserrat, Antigua et Saint-Christophe. Plus tard, ils ont traversé l'archipel des Onze Mille Vierges. Au cours des siècles suivants, les Espagnols, les Français, les Néerlandais, les Danois et les Anglais se sont battus pour plusieurs de ces îles. Pierre Belain d'Esnambuc était un marchand et aventurier français dans les Caraïbes, qui a établi la première colonie française permanente, Saint-Pierre, sur l'île de la Martinique en 1635. Belain s'est embarqué pour les Caraïbes en 1625, espérant établir une colonie française sur l'île de Saint-Christophe. En 1626, les Français de Pierre Belain d'Esnambuc commencent à s'intéresser à la Guadeloupe, chassant les colons espagnols. La Martinique a été cartographiée par Christophe Colomb en 1493, mais l'Espagne ne s'intéressait guère à ce territoire. Christophe Colomb a débarqué le , après 21 jours de traversée avec les vents alizés, son voyage océanique le plus rapide. Le , Pierre Belain d'Esnambuc, le gouverneur français de l'île de San Cristobal, débarque dans le port de San Pedro avec 80 à 150 colons français après avoir été expulsé de San Cristobal par les Anglais. D'Esnambuc a revendiqué la Martinique pour le roi de France Louis XIII et la "Compagnie des Îles de l'Amérique". L'île de Margarita, dans l'actuel Venezuela, a été découverte le lors du troisième voyage de Christophe Colomb. Au cours de ce voyage, l'amiral découvrira également le continent, le Venezuela. Ce jour d'août, Christophe Colomb a aperçu trois îles, dont deux petites, basses et arides (aujourd'hui Coche et Cubagua), La province de Trinidad a été créée au par les Espagnols, sa capitale étant . Mais pendant les guerres napoléoniennes, en , une force britannique a commencé à occuper le territoire. Et en 1802, l'Espagne a reconnu la souveraineté britannique. En 1917, les États-Unis ont acheté les îles Vierges danoises. La plupart des colonies britanniques sont devenues des États indépendants, et les îles des Petites Antilles appartenant au Venezuela ont été divisées en deux entités différentes, l'État de Nueva Esparta et les Dépendances fédérales (1938). En 1986, Aruba est devenue un pays autonome des Pays-Bas et en 2010, le reste des Antilles néerlandaises a été dissous pour former des entités plus petites. Le , le volcan des collines de la Soufrière, auparavant en sommeil, dans la partie sud de l'île de Montserrat, est devenu actif. Les éruptions ont détruit Plymouth, la capitale de l'époque géorgienne, Montserrat. Entre 1995 et 2000, les deux tiers de la population de l'île ont été contraints de fuir, principalement vers le Royaume-Uni, laissant moins de 1200 personnes sur l'île en 1997 (chiffre qui passera à près de 5000 en 2016. Les deux départements français d'outre-mer officiels sont la Guadeloupe et la Martinique. Saint-Martin et Saint-Barthélemy, qui faisaient autrefois partie du département de la Guadeloupe, ont un statut distinct de collectivités d'outre-mer depuis 2007. Définition géographique et différences linguistiques. Les sous-divisions de l'archipel des Antilles varient selon la discipline par laquelle on les aborde (géologie, biogéographie, histoire), néanmoins un consensus existe sur la limite nord des Petites Antilles au niveau de la fosse d'Anegada. Cette fosse constitue un passage de près de de largeur à l'ouest duquel se trouvent les îles Vierges et les grandes Antilles. À ce titre la première et plus septentrionale île des Petites Antilles est Sombrero, un îlet dépendant d'Anguilla. Les Petites Antilles sont à leur tour définies en deux sous-ensembles : les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent. Néanmoins, il existe une différence linguistique notable entre la langue anglaise et les autres langues occidentales (française, néerlandaise, espagnole, etc.) quant à la dénomination et le regroupement des Petites Antilles. Géographie. Géologie. En 1995 le volcan de l'île Montserrat s'est fortement réveillé détruisant totalement la ville principale et son aéroport. La moitié de la population a dû être évacuée et à ce jour l'éruption n'est pas terminée. Au nord de la Grenade, le volcan sous-marin Kick-'em-Jenny grandit peu à peu. Depuis sa dernière éruption, en 2001, son sommet ne se trouve plus qu'à de la surface de l'océan. Climat. Le chaud climat tropical est agréablement adouci par les vents alizés assez constants tout au long de l'année. Ces vents sont uniquement interrompus par quelques tempêtes sur l'océan Atlantique. À l'intérieur des terres, le climat est un peu plus chaud mais se rafraîchit avec l'altitude, tout comme l'humidité qui augmente aussi. Cependant on y remarque deux types de saisons : Faune. Voir la liste des oiseaux des Antilles. Exportations. Depuis 1980, la banane connaît en Europe un regain de faveur qui a relancé sa production dans les Petites Antilles. Avec le sucre, le rhum et l'ananas, elle reste un des fleurons de l'économie des îles, ces produits représentant 90 % des exportations. Recherches scientifiques. Depuis 2008, un programme de recherche financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR) a pour finalité de compiler un corpus de sources rares et inédites sur les Petites Antilles (1493-1660) et ce, notamment pour faciliter l'étude des populations amérindiennes de cette région. Ce programme est porté par l'ANR, le Centre d'études et de recherche en histoire culturelle (université de Reims Champagne-Ardenne), le Musée du quai Branly et l'Université de Leyde (Pays-Bas).
Tuc Un tuc est une hauteur, en général une butte, une colline ou une simple dune. Étymologie. Le mot "tuc" est gascon : c'est une appellation des Landes de Gascogne et du Béarn. Ce microtoponyme, fort répandu dans les pays occitans, connaît aussi les variantes de suc, truc ou turc. Le terme est parent de la racine oronymique prélatine "kuk". Présentation. Le tuc est une anomalie caractéristique de la lande, se présentant sous la forme d’un tertre, hauteur, monticule ou petite dune. Dans les Landes de Gascogne d'autrefois, avant la plantation du massif forestier, une faible éminence de quelques mètres dans une contrée plate suffisait à accrocher le regard et recevait le nom de "tuc", "tucòt", "tucon" ou "tuquet". Tuc peut également être l'appellation générique d'une motte féodale, aristocratique et militaire ou du tumulus, appellation scientifique. Pour les monticules de sable pur, on parle de dune ou "pile" (Pilat). Motte féodale. Le château à motte est une fortification médiévale formée par une butte de terre (la motte, ou tuc) accompagnée par un système défensif plus ou moins complexe (fossé, levée de terre, palissade). Ce type d'habitat se développe principalement au cours des et s en relation avec l'émergence du système féodal. Pour l'aristocratie, il représente en effet le symbole du pouvoir. Le Pays de Born n'échappe pas à ce changement social, les vestiges de sept châteaux existent sur ce territoire. L'édification de ces fortifications repose toujours sur l'utilisation de matériaux locaux et d'une main-d'œuvre nombreuse mais sans qualification particulière à la différence des forteresses en pierre. Toponymie. Quelques exemples : "truc de la Truque" à La Teste-de-Buch ; Légende. Selon la légende, le "Carcolh", escargot géant et monstrueux, vit dans une cave située sous le tuc de Hastingues.
Jean-Henri Azéma Jean-Henri Azéma, dit Jean Azéma, est un poète français né à Saint-Denis (île de la Réunion) le et mort à Buenos Aires (Argentine) le . Il fut collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale. Biographie. Jeunesse et famille. Fils d'Henri Azéma, Jean Azéma étudie d'abord au lycée Leconte-de-Lisle de sa ville natale et y fait la rencontre d'un surveillant qui l'amène à s'intéresser au maurrassisme. Il quitte ensuite La Réunion en 1933 pour Paris : il est élève au lycée Louis-le-Grand, puis entreprend des études de droit. Dans la capitale, il fréquente notamment Robert Brasillach et Pierre Drieu La Rochelle et milite à l'Action française. Il a alors trois fils d'un premier mariage : Jean-Pierre, qui deviendra un éminent historien de la Seconde Guerre mondiale, Jean-Jacques et Jean-Loup. La Collaboration. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, Jean Azéma se bat d'abord dans les troupes coloniales et est décoré de la Croix de guerre pour actes d'héroïsme. Revenu à Paris et rattrapé par ses premières sympathies, il choisit de ne pas partir pour Londres comme ses camarades. Il devient bientôt la voix du gouvernement de Vichy sur Radio-Paris. À ce poste, il n'ignore pas les rafles. Il publie des nouvelles dans Je suis partout. Adhérent du Parti populaire français (PPF, fasciste) de Jacques Doriot, il est interné trois mois pour un article hostile à Pierre Laval paru dans le journal collaborationniste "Au Pilori". En 1944, à l'approche des Alliés, il quitte la capitale avec les Allemands et s'engage dans la Waffen-SS. Plus précisément, comme il admire Léon Degrelle, le fondateur du rexisme, il intègre la SS-Freiwilligen-Grenadier-Division "Wallonie" () et fréquente, en compagnie d'aspirants officiers wallons, l'académie militaire de Kienschlag-Neweklau avant d'en être expulsé pour désaccord avec le professeur de philosophie. En Allemagne, il participe avec André Algarron à la création de Radio-Patrie, radio siégeant à Bad Mergentheim et contrôlée par le PPF. Il en est néanmoins exclu par Jacques Doriot pour avoir attaqué Pierre Laval. Il assiste sous l'uniforme nazi au bombardement de la Ruhr et à l'écrasement du Troisième Reich. Péripéties en Amérique latine. Après la chute de Berlin, Jean-Henri Azéma passe en Suisse et parvient en Argentine, où commence une longue période d'exil. La France libérée le condamne par contumace à la prison à perpétuité. Ses biens ayant été confisqués en Europe, il survit de petits métiers en devenant docker ou garçon de café. Il finit par devenir journaliste. Il se prend au jeu d'une nouvelle guerre, la révolution que veut mener Víctor Paz Estenssoro. Mais le mouvement avorte et Jean-Henri Azéma doit à nouveau s'exiler, en Bolivie cette fois. Revenu à Buenos Aires plus tard, il renonce à la politique et fonde une agence de publicité. Sursaut poétique. Amnistié en 1970 sous Georges Pompidou, il revient à La Réunion en 1978 après que son quatrième fils Paul-Jean, né en Argentine d'un second mariage, lui a fait remarquer qu'il y est inconnu, étranger. Piqué au vif, il crée en quinze jours depuis Madrid un hommage à la culture créole à partir d'un vieux texte commencé en 1955, "Le testament de l'exilé". Augmenté d'images, "Olographe" le transforme en auteur majeur de la littérature réunionnaise. Toujours publicitaire en Argentine en 1990, il revient à la Réunion en voyage cette année-là. Il y présente au festival du livre de l'océan Indien un ouvrage intitulé "Au soleil des Dodos", dédié à Cotia Rico Peña, sa femme décédée. Il reconnaît alors s'être trompé et avoir déraillé pendant la guerre. Il nie avoir eu connaissance des camps d'extermination. Lorsqu'il meurt, dix ans plus tard, une partie de ses cendres et celles de son épouse sont jetées au vent au Champ Borne et à Boucan Canot. Le reste est lancé à la mer depuis la baie du Tombeau, à l'île Maurice. Publications. Un autre livre existe, encore non publié, "Au Flanc du Fanjant Flottant".
Université Sorbonne Paris Nord L'université Sorbonne Paris Nord est l'une des treize universités autonomes qui ont succédé à l'université de Paris après son éclatement en 1968. Avant l'adoption de sa dénomination actuelle fin 2019, elle fut successivement appelée « université Paris-XIII », « université Paris-Nord », « université Paris-XIII-Paris-Nord », puis « université Paris 13 » (nom adopté en 2014). L'université Sorbonne Paris Nord constitue un pôle majeur d’enseignement et de recherche situé au nord de Paris. Elle compte cinq campus, répartis sur les deux départements de la Seine-Saint-Denis et du Val d’Oise : Villetaneuse, Bobigny, Saint-Denis, la Plaine Saint-Denis et Argenteuil. L'université Sorbonne Paris Nord accueille plus de en formation initiale ou continue, dans tous les domaines : santé, médecine et biologie humaine, lettres, langues, sciences humaines et des société, droit, sciences politiques et sociales, sciences de la communication, sciences économiques et de gestion. Elle propose ainsi une offre de formation pluridisciplinaire, résolument tournée vers le monde professionnel. Elle est membre fondateur du Campus Condorcet, l’un des tout premiers pôles de recherche en sciences humaines et sociales à l’échelle mondiale, ainsi que de l'alliance d'universités Sorbonne-Paris-Cité avec l'université Paris-Cité. Histoire. Création. En septembre 1969 une faculté de l'université de Paris est créée à Saint-Denis sous le nom de « centre universitaire Saint-Denis - Villetaneuse ». En 1970, elle devient l' « Université de Paris-XIII » à la suite de la réforme Edgar Faure. De nouveaux bâtiments lui sont construits à Villetaneuse. En décembre 1970 elle accueille en droit, économie et lettres. Dénomination. Au moment de sa création, l'université est nommée « Paris-XIII ». Son nom varie ensuite: « université Paris-13-Nord », « université Paris-Nord », « université Paris 13 » en 2014 puis « université Sorbonne Paris Nord » en 2019. Coopérations universitaires. En 2008, l'EHESS, l'École pratique des hautes études et l'université Panthéon-Sorbonne s'unissent afin de créer un campus commun afin de former le Campus Condorcet. S'y joignent ensuite l'INED, le CNRS, l'École nationale des chartes et Paris VIII. En 2010, elle devient membre fondateur du PRES Sorbonne Paris Cité de la COMUE Université Sorbonne Paris Cité (USPC). Le , l'université Paris-13 intègre la nouvelle région académique d'Île-de-France. En 2021, le journal "Marianne" estime que l'université tolère des atteintes à la laïcité ». Campus. L'université dispose de 5 campus en région parisienne. En dépit de son nom, en revanche, aucun de ses locaux ne sont situés au sein du bâtiment de la Sorbonne. Le campus principal est celui de Villetaneuse. Il accueille l'essentiel des formations en sciences sociales, communication, l'IUT ainsi que l'Institut Galilée. Il a été rénové en 2010 avant l'installation d'une nouvelle bibliothèque en 2016. Le campus de Bobigny accueille les formations en médecine. L'université est liée à l'hôpital Avicenne pour former le CHU Avicenne. Son concours PACES n'avait qu'un taux d'admission 16% en 2017. Le campus accueille l'IUT de Saint-Denis. Y est dispensé l'essentiel de la formation scientifique. Le campus d'Argenteuil accueille une partie des formations en alternance ainsi que les étudiants des DAEU. L'université compte par ailleurs deux bibliothèques principales. La bibliothèque Jean Dausset, spécialisée en médecine, sur le campus de Bobigny. Et la bibliothèque Edgar Morin sur le campus de Villetaneuse. Une bibliothèque associée est également présente à l'IUT de Saint-Denis. Classements. Elle était classée dans les 100 premières universités du monde en mathématiques entre 2017 et 2019 par le classement de Shanghai. En 2016 elle était classée parmi les 200 premières du classement du "Times Higher Education" des jeunes universités mais n'y figure plus depuis 2012. En 2019, le "QS Top Universities" la claissait dans les 450 premières en mathématiques et les 500 premières en médecine. Filières d'enseignement et formations. Filières d'enseignement. L'université Sorbonne Paris Nord propose des formations du cycle LMD. Il y a 28 formations de licence en droit, sciences humaines et sociales, économie ou informatique ainsi que des master d'approfondissement. L'université propose, hors du cycle LMD des diplômes universitaires (DU) en santé, droit et ingénieurie. L’université délivre également le diplôme universitaire de technologie (DUT) dans les IUT. Le doctorat est organisé autour de deux écoles doctorales de site et une école doctorale partagée avec l'université Paris-Descartes et l'université Paris-Diderot dans le cadre de la COMUE Sorbonne Paris Cité. L'université forme environ par an et accueille chaque année . Recherche. Le portail HAL Sorbonne Paris Nord. Le portail HAL de l'université est une archive ouverte destinée au dépôt et à la consultation des publications scientifiques de l’université Sorbonne Paris Nord (articles, revues, chapitres d’ouvrages, actes de colloques, thèses, etc.). Vie étudiante. Associations étudiantes. Pour l'année universitaire 2012-2013, l'université Paris Nord compte étudiantes actives. Sociologie des étudiants. En 2012, la principale zone de résidence des étudiants est la région parisienne, en particulier la Seine Saint-Denis (37 %), le Val d'Oise (15 %) et Ville de Paris (12 %). L'université avait plus d'étudiants étrangers que la moyenne nationale (23,5 % contre 14,8 % en moyenne). Ils étaient originaires du Maghreb (31,7 %), d'Asie (12 %), d'autres régions africaines (33,5 %) et d'Europe (13 %). 57,6 % des doctorants étaient étrangers, contre 41,4 % en moyenne. Évolution démographique. Évolution démographique de la population universitaire Dans la culture populaire. Le film français "La Crème de la crème" (2014) est tourné dans l'université.
Croissance végétale La croissance végétale, d’une plante est l’ensemble des changements quantitatifs irréversibles de la plante qui se produisent au cours du temps. Elle comprend : Multiplication des cellules au niveau des apex. Au niveau des apex se trouvent des amas de cellules indifférenciées, les méristèmes. Celles-ci se multiplient par mitose, puis s’allongent grâce à la pression de turgescence et enfin se différencient, selon la fonction qu’elles vont remplir au sein de la plante. Mécanisme de la croissance au niveau de la cellule. Par le phénomène de l’osmose, de l’eau pénètre à l’intérieur de la cellule, créant ainsi une pression dite de turgescence qui s’exerce sur la paroi. Grâce à la plasticité pariétale, induite par une augmentation de l’acidité de la paroi par l’action de l’auxine, cassant les liaisons faibles des molécules la composant, la cellule s’allonge. Les hormones de croissance. Les phytohormones impliquées dans la croissance sont : Mesure. La croissance est une donnée qui peut s’exprimer en unité de longueur par unité de temps ou en unité de masse par unité de temps. . Influence de l'environnement sur la croissance. Les plantes sont capables d'une très grande plasticité phénotypique ce qui serait en partie due à leur incapacité à se mouvoir. En effet, contrairement aux animaux, elles ne peuvent pas se déplacer pour bénéficier de conditions environnementales plus favorables. Elles doivent donc être capables de s'acclimater à leur environnement et à ses variations au cours de leur croissance. Un tel mécanisme nécessite que la plante puisse percevoir un signal environnemental qui modifie la croissance normale de la plante. Parmi les nombreuses mécanisme d'adaptation, citons :
Conte de cinéma Conte de cinéma (, "") est un film sud-coréen réalisé par Hong Sang-soo, sorti le . Synopsis. Un jeune garçon, désenchanté par la vie et tous ces petits tracas pourtant insignifiants aux yeux des plus grands, désire d'en finir. Son ancienne petite amie, qu'il croise un jour par hasard, décide de lui emboîter le pas. Un homme au regard perdu, visiblement déçu par son quotidien et ses amis qui n'en sont pas vraiment, sort d'une salle de cinéma. Il aperçoit alors l'actrice du film. Maladroit mais subjugué, il choisit de l'aborder. Après quelques résistances, elle accepte de le suivre. Ils boivent. Finissent par faire l'amour dans un hôtel. La jeune femme part. Ils se recroisent devant l'hôpital où le cinéaste du court-métrage, qui est un ami commun, est en train d'agoniser. Après lui avoir parlé, il erre dans la rue et se décide à changer de vie.
A Tale of Cinema
Joaquin Garcia Monge Joaquín García Monge ( - ) est un écrivain et homme politique costaricien. Il fut également directeur de la Bibliothèque nationale du Costa Rica pendant 16 ans. Biographie. Il est né dans le canton de Desamparados dans la province de San José au Costa Rica. Son roman "El Moto", paru en 1900, est considéré comme le texte fondateur de la littérature costaricaine. En 1919, il est nommé ministre de l'éducation. De 1919 à sa mort, il dirige "Repertorio Americano" ("Répertoire américain"), une revue littéraire qu'il a créée. Il a reçu plusieurs distinctions prestigieuses dans son pays, notamment le , et à l'étranger, dont l'ordre de l'Aigle aztèque du gouvernement du Mexique et l'ordre du Soleil du gouvernement du Pérou.
A tale of cinema
Joël Champetier Joël Champetier, né le à La Corne (Abitibi, Québec, Canada) et mort le à St-Tite (Mauricie, Québec, Canada), est un auteur québécois de fantastique, de fantasy et de science-fiction. Biographie. Dans son jeune âge, Joël Champetier doit fréquemment faire des visites à l'hôpital pour sa condition asthmatique et suit son père, un chimiste minier, dans ses déménagements de l'Abitibi vers le nord de l'Ontario. Ces changements fréquents le font glisser dans la solitude mais afin de s'évader, il glisse son nez dans les livres. Ses premières influences incluent des bandes dessinées telles qu"'Astérix" et "Bob Morane". Il devient écrivain à temps plein après avoir travaillé en électrochimie. Il fait ses premiers pas en science-fiction et en fantastique avec la nouvelle "Le chemin des fleurs" publiée dans le magazine Solaris en 1981. Après la publication d'une quinzaine de nouvelles dans divers magazine et recueils, dont certaines sont traduites en anglais, il publie un premier roman pour la jeunesse intitulé "La mer au fond du monde" en 1990. "La taupe et le dragon", son premier roman de science-fiction pour adultes, est publié en 1991. Il est traduit en anglais et publié aux États-Unis en 1999 chez Tor Books. Il est aussi publié en France : un recueil de nouvelles chez Orion et son roman de fantasy "Les sources de la magie" paraissent aux éditions Bragelonne en 2005. Joël Champetier s'implique aussi grandement dans la communauté de la science-fiction et du fantastique québécois. En 1983, il est l'un des coorganisateurs du congrès Boréal, le congrès annuel de la littérature de science-fiction québécoise. Il est membre du conseil d'administration en 1984 et de 1989 à 1999, assumant entre autres la vice-présidence de 1994 à 1999. En 1987, il devient critique de fiction dans l'opus annuel de "L'année de la science-fiction et du fantastique québécois". Il est membre du comité de rédaction de la revue Solaris dont il est le directeur littéraire de 1990 à 1994, et coordonnateur de 1992 à 1996 (période durant laquelle le magazine a remporté trois prix Aurora). Il est d'ailleurs en 1995 coanthologiste avec Yves Meynard de "Escales sur Solaris", une anthologie pour l'anniversaire du magazine. En 1996, il est président d'honneur du Salon du livre de l'Abitibi-Témiscamingue; dont il avait été précédemment le responsable de la programmation en 1991. Son œuvre fantastique (principalement représentée par les romans "La mémoire du lac", "La peau blanche" et "L'aile du papillon") a été maintes fois comparée pour son style à celui de Stephen King, tant par la critique que par ses éditeurs. En 1997, il reçoit le mandat de scénariser "La peau blanche" pour le cinéma. Le film de Daniel Roby basé sur son œuvre paraît en 2004. Après avoir quitté l'Abitibi, il demeure à Saint-Séverin (Mékinac), toujours au Québec. Il a malheureusement perdu son combat contre la leucémie le à l'âge de 57 ans. En son hommage, un prix littéraire a vu le jour en 2016, le prix Joël-Champetier, récompensant les auteurs de nouvelles, non canadiens, francophones. Prix littéraires. Il a de plus été finaliste en 1984 et 1985 au concours de scénarios de Radio-Québec (maintenant Télé-Québec), en 1992 au prix Québec/Wallonie-Bruxelles en 1992 ainsi qu'au 12/17 du prix Brive/Montréal en 1993 (pour "Le jour-de-trop"). Prix Joël-Champetier. Historique. Le prix Joël-Champetier est un prix littéraire, décerné annuellement par la revue "Solaris" depuis 2016. Il vise à récompenser un auteur de nouvelles non canadien, écrivant en français, dans les domaines de la science-fiction, du fantastique et de la fantasy. Le premier prix a été décerné aux Utopiales de Nantes en 2016. Le lauréat perçoit un prix de . L'œuvre gagnante est publiée dans la revue "Solaris".
Cerveau global Le cerveau global est le nom donné au réseau émergent intelligent formé par toutes les personnes sur la Terre, les ordinateurs et liens de communication qui les connectent ensemble. Comme un vrai cerveau, ce réseau est un système immensément complexe, auto-organisé, qui traite l'information, prend les décisions, résout les problèmes, apprend les nouvelles connexions et découvre de nouvelles idées. Il joue le rôle d'un système nerveux collectif pour l'ensemble de l'humanité. Aucune personne, aucune organisation, aucun ordinateur ne peut contrôler ce système : ses processus de "pensées" sont distribués sur tous ses composants. Le superorganisme global. La métaphore du réseau d'information en tant que cerveau global peut s'étendre à l'ensemble de la société vue comme un organisme global. Si les processus d'information dans le réseau constituent l'« "esprit" » de ce système, la totalité des êtres humains composant la société ainsi que ses artéfacts (outils, immeubles, automobiles, etc.) forment son « "corps" ». L'ensemble des individus en tant qu'organismes peut alors être considéré comme un superorganisme. Ce dernier possède non seulement un « système nerveux » pour traiter l'information, mais aussi un « métabolisme » pour traiter la gestion de l'énergie et des ressources. Le minerai, l'eau, le pétrole sont convertis via différents processus industriels en différentes marchandises et services, transportés vers l'endroit où ils sont demandés, utilisés, et finalement recyclés ou éliminés en tant que déchets. La théorie des systèmes vivants de Miller fournit une correspondance précise entre les différents sous-systèmes d'une société et ceux d'un organisme. Autres noms pour ce concept. Différentes personnes ont proposé différents noms pour ce concept d'un système cognitif au niveau planétaire : Pour le super-organisme global, il existe quelques termes moins évidemment similaires, tels que : Histoire de l'idée. Comme la diversité de noms le montre, beaucoup de gens ont développé indépendamment l'idée d'une société en tant qu'organisme avec son propre système nerveux, chacun ajoutant ses propres aperçus à notre compréhension du cerveau global. Des analogies simplistes entre un système social et le corps, tel que "le roi est la tête", "les fermiers sont les pieds", datent au moins de la Grèce Antique et du Moyen Âge. L'analogie a aussi été utilisée dans un contexte mythologique pour décrire le système de caste hindou ("Puruṣa", ou "homme cosmique", dont les brahmanes forment la tête). Ces analogies ont inspiré les fondateurs de la sociologie au , en étant développées peut-être plus en profondeur par Herbert Spencer. Le théologien évolutionniste Teilhard de Chardin fut probablement le premier à se concentrer sur l'organisation mentale de cet organisme social, qu'il a appelé la noosphère. À peu près à la même époque, l'écrivain de science-fiction H. G. Wells a proposé le concept d'un "World Brain" comme un système unifié de connaissance, accessible à tous, très similaire à celle proposé quelques années plus tôt par le spécialiste en sciences de l'information Paul Otlet. Le terme "global brain" semble avoir été utilisé la première fois en 1983 par Peter Russell. Les premières personnes qui ont fait les connexions avec ce concept de l'Internet émergent peuvent être bien G. Mayer-Kress et Joël de Rosnay. Francis Heylighen, Johan Bollen et Ben Goertzel semblent avoir été parmi les premiers chercheurs à avoir proposé des méthodes concrètes qui pourraient transformer Internet en un réseau intelligent, comme le cerveau. Internet est parfois aussi comparé, selon l'image de Paul Valéry, à la permanence d'une ville avec ses quartiers spécialisés au cours des âges : ne possédant pas d'intelligence en soi, mais utilisé comme résonateur amplifiant l'efficacité de l'intelligence des hommes. Le cerveau global en tant que niveau le plus élevé de l'évolution. Même si l'analogie entre l'organisme et la société peut s'appliquer aux sociétés primitives, cela devient clairement plus applicable au fur et à mesure que la technologie se développe. Au fur et à mesure que le transport et la communication deviennent de plus en plus efficaces, différentes sections de la société globale deviennent plus indépendantes. En même temps, la diversité des idées, les spécialisations, et les sous-cultures s'accroissent. Cette intégration simultanée et la différenciation créent un système de plus en plus cohérent, fonctionnant à un niveau bien plus élevé de complexité. L'émergence d'un tel système encore plus ordonné peut être appelé une "transition de métasystème" (concept présenté par Valentin Turchin) ou une "transition évolutionnaire majeure" (voir Szathmary et John Maynard Smith, Nature, 16 mars 1995) . Des exemples de transition de métasystèmes comprennent l'origine de la vie et le développement d'organismes multi-cellulaires en dehors de ceux mono-cellulaires. L'apparition d'un cerveau global, fonctionnant à un bien plus haut degré d'intelligence que ses composants humains, semble être un premier exemple d'une telle transition de métasystème. Technologies de Cerveau Global. Pour faire que le réseau d'information global fonctionne véritablement à un plus haut niveau d'intelligence, au lieu de simplement stocker et transmettre les données, de nouvelles technologies sont requises. Ces technologies sont inspirées par la compréhension que nous avons sur le fonctionnement du cerveau humain : comment il apprend les associations, les pensées, les prises de décision, etc. En même temps, ces technologies doivent prendre en compte que l'information sur le net n'est pas contrôlée par un pouvoir central, mais distribuée par des millions de documents auprès de millions d'individus, avec des milliards de connexions-croisées. Par conséquent, les processus cognitifs au niveau du cerveau global permettent à toute cette information chaotique, hétérogène d'interagir de telle manière que les modèles collectifs puissent émerger. Quelques-unes des technologies plus traditionnelles comprennent les différentes méthodes fondées sur la recherche d'information par mots-clés. D'autres peuvent utiliser des techniques dérivées de l'intelligence artificielle, telles que les agents logiciels, les réseaux neuronaux ou le data mining. D'autres encore, tels que le filtrage collaboratif ou le groupware, permettent la résolution de problèmes collectifs. Plus d'information. Plusieurs livres, articles et sites web discutent de l'idée de cerveau global et ses maintes ramifications. La plupart d'entre eux peuvent être rejoints via les références sur la page Global Brain. Pour entrer rapidement au cœur du problème, lisez GB FAQ. Pour une introduction plus calme, non technique avec plus de recul vous pouvez lire des livres qui s'adressent à une audience plus large :
Pierre Billon (réalisateur) Pierre Billon, né le à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) et mort le à Paris , est un scénariste et un réalisateur français. Biographie. Dans les années d'avant guerre, Pierre Billon, Pierre Abel Billon de son nom complet a réalisé des films d'espionnage ("Deuxième Bureau", "Au service du tsar", "La Bataille silencieuse"). Il a été membre du jury du Festival de Cannes en 1952.
Règle de Hebb La règle de Hebb, théorie de Hebb, postulat de Hebb ou théorie des assemblées de neurones a été établie par Donald Hebb en 1949. Elle est à la fois utilisée comme hypothèse en neurosciences et comme concept dans les réseaux neuronaux en mathématiques. En 1950, un manuscrit de Sigmund Freud datant de 1895 fut publié qui attestait que cette théorie avait déjà été formulée avant Hebb. Cette théorie est souvent résumée par la formule : () C'est une règle d'apprentissage des réseaux de neurones artificiels dans le contexte de l'étude d'assemblées de neurones. Elle est basée sur une hypothèse scientifique en neurosciences. Elle décrit les changements d'adaptation neuronale dans le cerveau ou dans un réseau de neurones pendant un processus d'apprentissage. Elle décrit un mécanisme basique de plasticité synaptique dans laquelle l'efficacité synaptique augmente lors d'une stimulation présynaptique répétée et persistante de la cellule postsynaptique. Cette règle suggère que lorsque deux neurones sont excités conjointement, il se crée ou renforce un lien les unissant. Cette théorie tente d'expliquer l'apprentissage associatif, dans lequel une association est faite par la répétition de deux . La répétition d'un stimulus seul entraîne le rappel de l'autre stimulus ensuite (voir apprentissage pavlovien). Engrammes d'Hebb et théorie des assemblées de neurones. La théorie d'Hebb s'intéresse à la manière dont les neurones se connectent entre eux pour former des engrammes. Gordon Allport propose des hypothèses complémentaires : Le travail du prix Nobel Eric Kandel a fourni une preuve de l'implication des mécanismes d'apprentissages de Hebb dans les synapses du gastropode marin Aplysia californica. Cependant, il est beaucoup plus difficile de vérifier ces théories sur les systèmes nerveux centraux des vertébrés. Le phénomène de potentialisation à long terme, un équivalent biologique de la synapse de Hebb qui joue un grand rôle dans les théories neurobiologiques de la mémoire. La théorie freudienne des frayages : précurseur du renforcement hebbien. La règle de Hebb apparaît au moins en deux endroits de l’œuvre de Freud : dans "Projet pour une explication physiologique des phénomènes psychiques" (1895-1896) et dans "Au-delà du principe de plaisir" (1920). Le neurologue viennois, dès 1895, peut ainsi écrire :. Il est à noter qu'à cette époque, le mot de synapse n'a pas encore été choisi (Charles Scott Sherrington ne le proposera qu'en 1897). Freud parle donc encore de barrière de contact. Selon Plon et Roudinesco, cette première mention du frayage qui anticipait d'un demi-siècle la théorie de Hebb ne fut d'abord connue explicitement que par Wilhelm Fliess à qui Freud avait adressé son manuscrit. Il fallut attendre la publication de cette correspondance ; le texte ne fut traduit en anglais qu'en 1954. Selon le neurophysiologiste Karl H. Pribram et le psychanalyste Merton Gill, Donald Hebb ignorait qu'il proposait une théorie que Freud avait déjà élaborée. Selon Pascal Mettens, ; il fait ainsi de Freud le père du connexionnisme. Cependant, Freud publia en 1920, "Au-delà du principe de plaisir" où est énoncée la "règle de Hebb" avant l'heure :. À l'époque où Donald Hebb formalise sa théorie, l'ouvrage de Freud s'est largement diffusé dans la société, tant parmi les médecins que dans le grand public. Le choix du terme de frayage ("Bahnung") par Freud aurait été, selon Jones et Sulloway, inspiré par le travail du neurophysiologiste Sigmund Exner qui parlait (en 1894) d'« extension de voies » ("Ausfahren von Bahnen"). Dans son livre sur l'intelligence artificielle, Paul Jorion souligne que "Le fait que la définition du frayage soit aujourd’hui attribuée à Hebb et non à Exner est cependant significatif de l’ignorance qui prévaut beaucoup trop souvent en IA quant à l’origine des concepts qu’elle utilise."
Demi-Haunted est un film hongkongais réalisé par Patrick Leung, sorti le . Synopsis. Buster est un jeune comédien acrobate dans une troupe de théâtre professionnelle. Pendant une représentation, il est censé rentrer sur scène et apporter une lance au comédien principal, le célèbre maître Hung, mais celle-ci disparaît dans les loges presque sous ses yeux. Désespéré, il cherche l'arme partout et tombe nez à nez avec un mystérieux fantôme accompagné d'une lanterne rouge. Sans savoir comment, Buster se retrouve dans la rue, loin du théâtre où il travaille. Il arrive in extremis sur scène avec ladite lance pour la donner à maître Hung. Mais celui-ci change brutalement d'attitude et se met à chanter une chanson d'une voix de femme. Le public s'enfuit, la pièce est arrêtée et Buster finit par être renvoyé. La nuit suivante, le fantôme vient à nouveau hanter le jeune garçon. C'est de l'aide dont il a besoin, mais Buster, dans un premier temps, ne semble pas coopératif…
Marija Gimbutas Marija Birutė Gimbutienė, née Alseikaitė, généralement connue sous le nom de Marija Gimbutas, après son mariage avec l'architecte Jurgis Gimbutas, née le à Vilnius en Lituanie et morte le à Los Angeles, en Californie, aux États-Unis, est une archéologue et préhistorienne américaine d'origine lituanienne. Biographie. Marija Birutė Alseikaitė, fille de Veronika Janulaitytė-Alseikienė et de Danielius Alseika, naît à Vilnius, la capitale lituanienne. Ses parents faisaient partie de l’"intelligentsia" : sa mère, après un doctorat en ophtalmologie à l’université de Berlin en 1908, devient la première femme médecin en Lituanie. Son père, après son doctorat en médecine de l’université de Tartu en 1910, travaille en tant que médecin, folkloriste et patron de presse du journal "Vilniaus Žodis" et de la revue culturelle "Vilniaus Šviesa". Ses parents fondent le premier hôpital lituanien à Vilnius en 1918, par la suite devenu un pôle de résistance face à l’occupation polonaise durant la guerre polono-lituanienne. En 1931, les Gimbutas déménagent à Kaunas, sauf son père, toujours dans la résistance, mais qui meurt subitement en 1936. Études supérieures. Marija commence ses études universitaires en 1938 à l’université Vytautas-Magnus de Kaunas où elle prépare une licence de sciences du langage à la faculté de philologie. Elle se fait transférer en 1939 à l’université de Vilnius afin de préparer sa maîtrise en archéologie sous Jonas Puzinas, avec trois spécialisations dans les domaines de la linguistique, de l’ethnologie et du folklore. Cette période était très mouvementée, surtout au cours de l’occupation soviétique (1940-41), période où Marija intègre la résistance et est obligée de se cacher dans le bois près de Pazaislis. L’invasion de la Lituanie en 1941 par les Allemands et leur offensive contre les Russes en juin permet à Marija de reprendre ses études. Après son mariage avec l’architecte Jurgis Gimbutas (1941) et l’obtentation de sa maîtrise (), le couple et ses deux filles se réfugient à Vienne puis à Innsbruck en Autriche lors de la Seconde Guerre mondiale à la suite de la ré-occupation soviétique de la Lituanie. Elle étudie la linguistique puis l’archéologie et les cultures indo-européennes à Innsbruck puis à Tübingen, en Allemagne, où elle obtient un doctorat en archéologie en 1946. Elle poursuit ses travaux de recherche postdoctorale aux instituts d’archéologie de Tübingen, de Heidelberg et de Munich entre 1946 et 1949. Archéologue et professeur. Émigrée aux États-Unis, elle est recrutée par l’université Harvard en 1950, où elle est d’abord associée de recherche spécialisée en archéologie européenne orientale, puis elle devient, à la naissance de sa troisième fille, chargée de recherche ("research fellow") attachée au Musée Peabody en 1955 et finalement chargée de cours ("lecturer") à la faculté d’anthropologie en 1962. En 1964, elle est titularisée à l’UCLA en qualité de professeure d’archéologie européenne, poste qu’elle occupe jusqu’à sa retraite en 1989. Gimbutas lance en 1971 le périodique "Journal of Indo-European Studies" (JIES). À partir de 1974-75, elle appartient au comité de patronage de "Nouvelle École". Afin de promouvoir l’interdisciplinarité dans les études indo-européennes, elle organise deux congrès qui auront lieu en 1979 à Dubrovnik et en 1989 à Dublin, conduisant finalement à la fondation en 1998 de l’Institut de l’archéomythologie. L’université Vytautas Magnus décerne un doctorat honoris causa à Marija Gimbutas en 1993. Elle meurt quelques mois plus tard, le , à Los Angeles et est inhumée au cimetière Petrašiūnai de Kaunas. Elle laisse une œuvre d’une vingtaine de livres et plus de 300 articles, peu connue en dehors des spécialistes et partiellement traduite en français. Les manuscrits de Gimbutas sur l’archéologie, la mythologie, le folklore, l’art et la linguistique, ainsi que ceux de son collègue, le mythologiste Joseph Campbell, sont aujourd'hui conservés au campus du de Carpinteria, au sud de Santa Barbara (Californie). Les "Gimbutas Archives" contiennent une collection de photos de figurines sacrées prises par Gimbutas elle-même, ainsi que des fiches sur les cultures néolithiques de l'Europe préhistorique. Travaux. En 1939, entre licence et maîtrise, Marija Gimbutas participe au recueil du folklore biélorusse auprès de quelques milliers de réfugiés, dont le résultat est au moins 5 000 chansons traditionnelles. Pendant ces années de chercheuse à Harvard, elle se concentre sur la traduction de textes de l'Europe orientale. Tout au long des années 1950 et au début des années 1960, Gimbutas s'impose comme une spécialiste de renommée mondiale de l’âge du bronze en Europe, l’art premier lituanien et la Préhistoire des Baltes et des Slaves, dont son livre, "Bronze Age Cultures of Central and Eastern Europe" (1965), donne un résumé. Gimbutas réinterprète la préhistoire européenne à la lumière de ses connaissances en linguistique, ethnologie et histoire des religions, remettant en question plusieurs idées reçues relatives aux prémisses de la civilisation européenne. Professeure à UCLA, Marija Gimbutas organise ou dirige de 1967 à 1980 des fouilles archéologiques de grande importance sur les sites néolithiques dans le sud–est de l’Europe méditerranéenne, notamment à Obre (Bosnie) en 1967-68, à Photolivos (Sitagroï, en Grèce) en 1968-69, à Anza (Macédoine) en 1969-71, à Achilleion (Thessalie) en 1973-75 et à Scaloria (Italie) en 1977-80. Elle ordonne de poursuivre les excavations bien au-delà de ce que les estimations d’alors jugeaient compatibles avec l’antiquité d’un habitat néolithique ; elle mit au jour un grand nombre d’artefacts profanes et cultuels, dont elle s’attacha toute sa carrière à comprendre l’histoire. En conséquence, elle révèle au monde l’existence d’une civilisation pré-indo-européenne dénommée « culture préhistorique de la déesse », ayant existé à partir du Paléolithique et perduré plus de ans. "" (titre original : "The language of the Goddess", 1989), "The Civilization of the Goddess" (1991), "The Gods and Goddesses of Old Europe, 7000 to 3500 BC" (1974) comptent parmi ses œuvres majeures, qui lui valent une renommée posthume mondiale. "Le langage de la déesse" est également le titre d’une exposition qui lui fut consacrée en Allemagne au musée Frauen à Wiesbaden en . L’hypothèse kourgane. En 1956, M. Gimbutas publie son "hypothèse kourgane", fondée sur le rapprochement de la linguistique comparative et des données archéologiques recueillies lors des fouilles des tumulus de la culture "kourgane" d'Asie centrale, et destinée à lever un certain nombre d'énigmes relatives aux peuples locuteurs du proto-indo-européen (PIE), qu'elle propose d'appeler « kourganes » (c'est-à-dire le peuple des tumulus des steppes) ; il s'agit de proposer une origine et une route de migration des proto-indo-européens vers l’Europe. Cette hypothèse, par le rapprochement entre plusieurs disciplines, exerça un impact considérable sur la science préhistorique. Marija Gimbutas identifie la culture des kourganes à l’habitat originel des Indo-Européens. Cette culture du Mésolithique, située entre la Volga et les fleuves de l'Oural, se distingue par la domestication précoce du cheval. La mobilité ainsi gagnée aurait créé des groupes de cavaliers combattants et aurait conduit à des formes de société dites patriarcales. Entre -4500 et -3000, les Indo-européens, ce « peuple de cavaliers », auraient pénétré en plusieurs vagues successives dans la région du Dniepr, l’Ouest de l’Ukraine et la Moldavie. Ils auraient transformé la culture de type agricole existante et se seraient établis en tant qu’aristocratie dirigeante, imposant leur langue. Cette conquête de l’Europe par la culture des kourganes serait caractérisée en archéologie par la culture de la céramique cordée et par la Culture des vases à entonnoir. Féminisme et archéologie. De façon inattendue, Gimbutas connut la faveur du grand public grâce à ses trois derniers livres : "Dieux et déesses de l'Europe préhistorique" ("The Goddesses and Gods of Old Europe", 1974); "Le langage de la déesse" (1989, thème d'une exposition au musée de Wiesbaden), et "La Civilisation de la déesse" ("The Civilisation of the Goddess", 1991), qui passe en revue ses recherches sur les cultures néolithiques d’Europe : l'habitat, les structures sociales, l’art, la religion et la nature des savoirs. Dans "La Civilisation de la déesse", Gimbutas formalise son analyse des différences entre la société européenne primitive, selon elle de type matriarcal et articulée autour du culte d'une déesse mère (théorie de la religion matriarcale), et la culture patriarcale (ou « androcratique », pour reprendre l’hellénisme de l’auteur) de l’âge du bronze qui finit par la supplanter. Selon son interprétation, les sociétés matriarcales (« gynocentrique », « gylanique » pour reprendre les mots de Gimbutas) étaient pacifiques, révéraient les homosexuels et favorisaient la mise en commun des biens. Les tribus patriarcales des kourganes auraient, en migrant vers l’Europe, imposé aux populations matriarcales indigènes un système hiérarchique guerrier. Marija Gimbutas préfère appeler ce type de culture matriarcale « matrilocale » parce que les fouilles révèlent des données ne correspondant pas avec ce qu’on appelle généralement « matriarcat », le tout se référant à une hypothétique gynocratie. Elle emploie également le terme de "matristique". Critiques. David Anthony, professeur d’anthropologie au Hartwick College (New York), conteste l'hypothèse d'une généralisation du système matriarcal avant les premières incursions kourganes ; il indique qu'il y avait déjà en Europe des mottes et des armes (voire sans doute un armement), longtemps avant l'arrivée du peuple kourgane. Andrew Fleming, dans un article paru en 1969 et intitulé « The Myth of the Mother Goddess », s'en prend à l'interprétation du symbolisme ornemental proposé par Gimbutas : les spirales, cercles et points marqués sur la pierre polie ne seraient pas des symboles d’yeux ; pas plus que les yeux, les visages et les figurines asexuées ne sont des symboles féminins ; il rejette l'identification de certaines figurines féminines à des effigies de déesse. Les critiques reprochent aussi à Gimbutas d'avoir mis de côté la signification des viatiques trouvés dans les tombes, qui caractérisent un sexisme néolithique assez familier, et mettent en cause l'analyse exclusive qu'elle fait des figurines féminines car les fouilles ont aussi révélé quantité de figurines masculines ou asexuées sur les mêmes sites. (1968) va même jusqu'à considérer les prétendues idoles de fertilité de Gimbutas comme de simples poupées et jouets du néolithique. Enfin, les tentatives de déchiffrement de Gimbutas effectuées sur les idéogrammes néolithiques de Vinča, publiées dans "Le Langage de la Déesse", ont suscité un profond scepticisme dans le monde universitaire. Mais Joseph Campbell et Ashley Montagu n'hésitent pas à comparer les recherches de Marija Gimbutas à la découverte de la pierre de Rosette et au déchiffrement des hiéroglyphes égyptiens. Campbell, qui a préfacé la réédition du "Langage de la Déesse" peu avant sa mort, a exprimé à de nombreuses reprises combien il regrettait de n'avoir pas connu plus tôt ses études sur les cultures du Néolithique en Europe lorsqu'il écrivit "Les masques de Dieu".
Laure Conan Marie-Louise Félicité Angers, dite Laure Conan, née à La Malbaie (Canada-Est, aujourd'hui le Québec) le et décédée le à l'Hôtel-Dieu de Québec, est une écrivaine québécoise. Biographie. Enfance et formation. Née le à La Malbaie, Marie-Louise Félicité Angers est la fille d'Élie Angers, un forgeron, et de Marie Perron, qui tient un magasin général. Elle est la quatrième d'une famille de six enfants. Sa fratrie a accès à l'éducation grâce aux revenus du magasin général. Ses frères Charles et Élie se démarquent sur le plan professionnel. Le premier, avocat renommé, est député fédéral de Charlevoix entre 1896 et 1904. Le second est notaire à La Malbaie entre 1884 et 1919. Elle fait de brillantes études au Couvent des Ursulines de Québec. Dès son plus jeune âge, elle lit avec dévotion de grands écrivains français (Bossuet, Chateaubriand, Sainte-Beuve), québécois (François-Xavier Garneau, Marie de l'Incarnation) ou étrangers (Silvio Pellico) dans une perspective résolument chrétienne. En 1862, elle fait la connaissance de l'arpenteur-géomètre Pierre-Alexis Tremblay qui lui fait une cour assidue. Leur rupture, en 1868, met un terme à sa vie publique. Elle s'isole dans sa vaste demeure et remet en cause les conventions sociales, puis décide de se consacrer à l'écriture. En 1878, elle utilise le pseudonyme de Laure Conan pour faire paraître une nouvelle intitulée "Larmes d'amour", dans "La Revue de Montréal". Ce court texte, dans une version remaniée, sera imprimé en 1897 sous le titre "Un amour vrai". Elle publie son texte le plus célèbre, "Angéline de Montbrun", en 1882, le premier roman psychologique de la littérature québécoise. Suivront d'autres récits, souvent à caractère historique, qui en font la première romancière québécoise. Elle rédige également des monographies de grandes figures du passé. À partir de 1891, sa notoriété pousse les institutions religieuses à lui demander de mettre sa plume au service de la lutte contre le fléau de l'alcool. Laure Conan consacrera plusieurs opuscules à la défense de la tempérance. De 1893 à 1898, elle devient directrice de la revue catholique "La Voix du Précieux-Sang". De cette époque datent des articles patriotiques et chrétiens où percent néanmoins des préoccupations sociales, notamment sur le statut politique des femmes. Mort. Elle meurt en 1924. Sa dépouille, inhumée à La Malbaie, se trouve dans un lot contigu à celui qu'occupe la tombe de Pierre-Alexis Tremblay. -
Atar
Joseph de Riquet de Caraman-Chimay (1836-1892) Marie-"Joseph"-Guy-Henry-Philippe de Riquet de Caraman, de Chimay, est un diplomate et homme politique belge, né le à Menars (Loir-et-Cher) et mort le à Bruxelles. Il est gouverneur de la province de Hainaut de 1870 à 1878 puis ministre des Affaires étrangères de Belgique de 1884 à 1892. Biographie. Fils de Joseph de Riquet de Caraman, de Chimay, et d'Émilie Pellapra, il naît au château de Menars dont son père est alors propriétaire et où il a fondé un « prytanée » (école professionnelle). Il épouse en premières noces le dans le ancien de Paris, Marie-Joséphine-Anatole de Montesquiou-Fézensac (1834-1884) avec laquelle il a six enfants : Ayant reçu une éducation musicale, il lui arrive de donner des concerts privés, lui au violon et sa femme au piano. Franz Liszt, qui assiste à l'un d'eux, leur dédicace une messe en souvenir d'une de ces soirées. Joseph de Riquet de Caraman-Chimay épouse en secondes noces à Bruxelles le , Marie Mathilde Lucie Christine Françoise de Paule de Barandiaran (1862-1919). Fonctions. Joseph de Riquet de Caraman-Chimay occupe principalement les fonctions suivantes : Sources :
Développement végétal Le développement végétal est l'ensemble des changements qualitatifs dans la formation d'une plante. Il consiste en la mise en place des différents organes du végétal, appelée « organogenèse ». Le développement d'une plante vasculaire commence à partir d'un zygote l'embryogenèse, issu de la fécondation d'un ovule par un gamète mâle. Aussitôt, il commence à se diviser pour former l'embryon d'une plante grâce au processus de l'embryogenèse. Dès lors, les cellules résultantes s'organisent pour qu'une extrémité devienne la première racine (radicule), tandis que l'autre extrémité forme la pointe de la pousse. Dans la graine, l'embryon développe une ou plusieurs « feuilles séminales » (cotylédons). À la fin de l'embryogenèse, la jeune plante dispose de toutes les parties nécessaires pour commencer sa vie. Puis, grâce à la division par mitose des cellules des méristèmes, les organes s'allongent lors de la période d'élongation (croissance), et enfin continuent à se différencier, acquérant les organites nécessaires à leur fonction (chloroplastes pour les cellules effectuant la photosynthèse, durcissement de la paroi squelettique pour les vaisseaux conduisant la sève brute, etc.). Les stades phénologiques sont les repères qui jalonnent le développement de la plante.
Période réfractaire (physiologie) En électrophysiologie, la période réfractaire est la durée qui succède immédiatement à l'activité d'un nerf ou d'un muscle. Elle est constituée de deux phases. La première phase, pendant laquelle toute stimulation est ignorée, quelle que soit son intensité, par inactivation des canaux sodiques (protéines membranaires) à l'origine de la dépolarisation (phase réfractaire absolue). La deuxième, pendant laquelle le nerf ou le muscle devient hypoexcitable (phase réfractaire relative). Soit PRT la Période Réfractaire Totale, PRA la Période Réfractaire Absolue et PRR la Période Réfractaire Relative, on obtient : PRT = PRA + PRR.
Ogawa
Organisation de la ville de Rome antique Lorganisation de la ville de Rome antique a varié au cours de l'histoire de la Rome antique en suivant les évolutions institutionnelles qui ont amené la transformation de la République romaine en un Empire. La ville de Rome a toujours bénéficié d'un statut particulier et unique dans le monde antique. La création de magistratures et fonctions spécifiques est devenue nécessaire, d'abord par l'importance symbolique et politique que revêt la cité républicaine, puis par l'importance démographique que la ville acquiert dès la fin de la République et qui s'accroît tout au long de l'Empire. Évolution de l'organisation de Rome. Sous la République. Sous la République, la ville de Rome n'a pas d'institution propre ni d'organisation municipale spécifique. Les territoires sous contrôle romain ne sont pas gérés par une véritable administration mais par d'anciens magistrats pour une durée souvent limitée à un an, avec un personnel qui ne possède pas de compétences spécifiques précises. Les grandes réformes d'Auguste. Au moment où Auguste fonde le principat, Rome ne dispose donc d'aucune administration. Le changement de régime l'oblige à procéder à de grandes réformes et à créer une administration capable de gérer un empire dont la taille ira croissant. Durant la mise en place de ces réformes, Auguste tente de conserver les institutions républicaines encore existantes tout en les adaptant aux nouvelles nécessités. Peu à peu au cours de son règne, Auguste va prendre sous son contrôle les fonctions municipales mais sans supprimer les magistratures républicaines. Il ne semble pas avoir agi suivant un plan déterminé à l'avance mais plutôt selon les évènements qui dictent de nouvelles nécessités, en suivant toutefois une idée générale, celle de contrôler au mieux une des villes les plus peuplées et les plus agitées de l'Empire. Sous l'Empire. L'administration ainsi mise en place par Auguste continue de se développer tout au long de l'Empire. Durant le Haut Empire, les empereurs successifs procèdent à l'institutionnalisation progressive des solutions apportées par Auguste qui répondent au départ de façon pragmatique à des problèmes immédiats. Cette institutionnalisation passe par une modification du "cursus" des chevaliers et aboutit à une hiérarchisation des différentes préfectures. Peu à peu, les magistratures républicaines perdent tout pouvoir et sont remplacées par des curatèles qui permettent à l'empereur de déléguer la gestion des services importants à des hommes de confiance. Les magistratures traditionnelles sont supplantées par un personnel administratif placé sous le contrôle direct de l'empereur. L'administration des régions. Sous la République. La ville est divisée en quatre régions administratives ("regiones quattuor") depuis Servius Tullius selon la tradition : la "regio Suburana", la "regio Esquillina", la "regio Collina" et la "regio Palatina". À la fin de la République, l'aire urbaine baptisée "Urbs", délimitée par le "pomerium" et d'une superficie de quelque 320 hectares, est entourée par le mur de Servius Tullius qui enferme une superficie de 426 hectares. L'aire urbaine s'étend au-delà de l'enceinte et donne à Rome l'apparence d'une ville ouverte. Sous l'Empire. Les quatorze régions augustéennes. En 7 av. J.-C., Auguste redécoupe le territoire de Rome en quatorze régions numérotées (les "regiones urbi"). Elles dépassent le "pomerium" et intègrent les "pagi" périphériques afin d'étendre la compétence des différents magistrats municipaux à tout le tissu urbain romain ("continentia aedificia"). La superficie totale atteint hectares. L'administration des régions. À la tête de chaque "regio" est placé un magistrat au mandat d'un an, tiré au sort parmi les préteurs, tribuns de la plèbe et édiles élus pour l'année. Il administre la région en plus de sa tâche normale. Cette mesure devait permettre de sauvegarder les apparences républicaines dans l'administration de la ville. Les chefs de région ont une autorité administrative et religieuse : ils surveillent leur région, autorisent la construction des chapelles, contrôlent les nouvelles constructions et effectuent les sacrifices dus aux dieux. Lors des cérémonies, ils sont accompagnés par des "lictores populares denuntiatores". Toutefois cette réforme semble avoir été un échec. En effet, les magistrats ayant en charge une région ne s'investissent pas suffisamment dans les affaires de celle-ci, considérant leur charge municipale comme purement honorifique, d'autant plus que dans les faits le chef de région n'a guère de pouvoirs. Au début du , les chefs de régions sont remplacés par des curateurs ("curatores") recrutés parmi les affranchis. Une partie de leurs missions passe au préfet des vigiles. L'administration des quartiers. Chaque "regio" est elle-même divisée en plusieurs quartiers ou groupes de rues, appelés "vici". À la tête de chaque "vicus" est placé un collège de quatre hommes, les "magistri vicorum" ou "vicomagistri", recrutés par le préfet de la Ville au nom de l'empereur parmi les hommes libres de basse condition ou les affranchis. Ils entrent en fonction le premier jour du mois d'août. Plus tard, le nombre de "vicomagistri" passe à quarante-huit par région, indépendamment du nombre de "vici" que compte la région en question. Tout comme les magistrats chargés d'une région, qui sont leurs supérieurs et exercent un contrôle sur eux, les "vicomagistri" ont à la fois une fonction administrative et religieuse. Ils sont assistés par des "ministri" dans leurs tâches. Toutefois il semble que bien souvent le côté religieux ait pris le pas sur l'administration et toutes les inscriptions qui nous sont parvenus concernent des "vicomagistri" traitant des affaires religieuses. Ils doivent ainsi veiller à l'entretien des chapelles, à la célébration de certaines fêtes religieuses dédiées aux dieux Lares ou au Génie de l'empereur. Ils peuvent être chargés de la présidence de cérémonies ou de fêtes religieuses comme les jeux des "Compitalia". Ils possèdent par ailleurs quelques attributions relatives à la paix publique : collaboration avec le préfet des vigiles, maintien de l'ordre. Ils contrôlent par ailleurs le commerce local et représentent leur quartier auprès des autorités. Les services liés à la construction et l'entretien. Sous la République. Les censeurs ont la responsabilité des travaux de construction ainsi que de l'entretien des bâtiments, du pavage et de l'entretien des voies, qu'ils mènent avec un budget voté par le Sénat, financé par l"aerarium". Comme ils ont la charge de l'administration des finances de l'État, ce sont eux qui attribuent aux entrepreneurs ("mancipes", "conductores") les marchés de réparation des édifices publics. Exceptionnellement, en l'absence des consuls et après la fin de l'exercice de la censure, le Sénat peut confier la direction des travaux à un autre magistrat. C'est le cas par exemple pour la construction de l'aqueduc de l"aqua Marcia", confiée au préteur Quintus Marcius Rex. La gestion des travaux d'entretien de la voirie est confiée aux édiles qui disposent d'auxiliaires, souvent jeunes et inexpérimentés, les "quattuorviri viis in urbe purgandis". Sous l'Empire. Entretien des rues et des routes. Au début de l'Empire, l'entretien de la voirie de Rome dépend encore en partie des édiles. Mais le service passe progressivement entre les mains de fonctionnaires impériaux, les "procuratores ad silices". En effet, si le service est financé en partie par l"aerarium", il l'est aussi par le fisc impérial ce qui permet à l'empereur de disposer d'un contrôle de plus en plus important. L'entretien des rues et des places de Rome comprend le balayage, le nettoyage avec l'enlèvement des ordures et débris, le pavage et toutes les réparations nécessaires. Le service qui prend en charge l'entretien des routes autour de Rome ("cura viae") est divisé en deux parties. La première, dirigée par des curateurs sénatoriaux, gère les routes principales, tandis que la deuxième, dirigée par des curateurs équestres, gère les routes secondaires. L'entretien des routes est donné à l'adjudication. Les curateurs peuvent autoriser les travaux et doivent en assurer la surveillance. Construction et entretien des monuments. La gestion des nouvelles constructions relève de la "cura operum", dirigée par des commissaires impériaux. Ces derniers, issus de l'ordre équestre, sont des fonctionnaires extraordinaires nommés par l'empereur pour superviser les chantiers. Il n'existe pas de corps fixe et spécialisé. Par contre, l'entretien des édifices est géré par un service continu, la "cura operum tuendorum", dirigé par deux curateurs sénatoriaux et installé dans la "statio operum publicorum" ou "statio urbana". Service des marbres. Le service des marbres, dirigé par un procurateur nommé parmi les affranchis impériaux, prend en charge la gestion des matériaux de construction qui sont entreposés dans la "statio marmorum". Les services liés à l'hygiène. Sous la République. La gestion de l'eau, c'est-à-dire le contrôle de l'arrivée de l'eau publique acheminée par les aqueducs et l'entretien de ces derniers, incombe aux censeurs qui doivent surveiller et sanctionner les éventuels détournements illégaux destinés à un usage privé. C'est un censeur, Appius Claudius Caecus, qui est à l'origine de la construction du premier aqueduc desservant Rome, l'aqueduc de l"Aqua Appia". Tous les cinq ans, les censeurs concluent des contrats pour assurer l'entretien des équipements. Entretemps, ce sont les édiles qui gèrent les affaires courantes. En ce qui concerne l'évacuation des ordures et des eaux usées, Rome dispose depuis l'époque monarchique d'un grand égout collecteur, la "Cloaca Maxima", qui a été couvert pour des raisons d'hygiène. L'entretien des égouts fait également partie des missions des censeurs. Sous l'Empire. Service de l'eau. L'administration du service des eaux est profondément modifiée sous le règne d'Auguste par Agrippa qui se sert de ses propres esclaves pour en assurer le fonctionnement. À sa mort, les esclaves sont légués à l'État ("familia publica") par Auguste qui crée, en 11 av. J.-C., un service public, la "cura aquarum". La gestion du service de l'eau est dorénavant confiée à trois curateurs des eaux ("curatores aquarum"), un chef de service qui est un sénateur de rang consulaire, et deux adjoints. Le service est réformé sous Claude qui crée le poste de procurateur des eaux ("procurator aquarum") afin de surveiller le travail du curateur. Service des égouts, du lit et des rives du Tibre. Sous l'Empire, le service des égouts est adjoint au service chargé de l'entretien du lit et rives du Tibre ("cura alvei Tiberis et ripae et cloacarum"). Il est dirigé par des curateurs de rangs sénatoriaux. Leur mission consiste à maintenir en état le lit et les rives du Tibre sur une longueur de onze kilomètres à partir du pont Milvius. Ils s'occupent de la réparation des quais et du bornage des rives en posant des cippes le long des quais. Le service des égouts est toujours pris en charge par les édiles. Les services liés à l'approvisionnement. Sous la République. Le ravitaillement en blé de Rome ("cura annonae") devient une responsabilité de l'État sous la République. Au , les édiles sont chargés d'acheter le blé avec des fonds publics ou privés et organisent ensuite les distributions, adaptant les prix en fonction de la conjoncture. Vers le milieu du , des distributions gratuites sont prévues pour une partie de la population. Une questure est installée à Ostie afin d'organiser le transport du blé jusqu'à Rome. En l'absence d'administration spécialisée, ce sont les magistrats romains qui prennent en charge l'approvisionnement en grain. Mais l'annualité de leur mandat les empêche d'organiser le ravitaillement sur le long terme, ce qui pose des problèmes à chaque évènement venant bouleverser l'arrivée du blé, comme les actes de pirateries ou les périodes de guerres. Pour pallier ce défaut, en 57 av. J.-C., la "cura annonae" est confiée à Pompée pour une durée exceptionnelle de cinq ans. Plus tard, Jules César crée deux édiles spécialement formés pour gérer l'annone ("aediles plebis Ceriales"). Sous l'Empire. Les "praefecti frumenti dandi". Les mesures prises à la fin de la République pour améliorer l'efficacité de la "cura annonae" ne sont pas suffisantes. En 22 av. J.-C., une famine contraint Auguste à prendre en charge le service d'approvisionnement. Il ne supprime pas les édiles créés par César mais allège leurs charges en confiant une partie de celles-ci aux "praefecti frumenti dandi", d'ordre sénatorial. La préfecture de l'annone. Une nouvelle famine impose de nouvelles modifications et Auguste en vient à créer une préfecture de l'annone qu'il confie non plus à un sénateur mais à un chevalier. La gestion de l'approvisionnement en grain de Rome est désormais partagée entre le préfet de l'Annone qui s'occupe des distributions mensuelles gratuites de blé et le "praefectus frumenti dandi" qui est chargé d'assurer les distributions gratuites exceptionnelles de blé. Les anciens édiles ne disparaissent pas mais leur mission ne se limite plus qu'à la surveillance des marchés. Les services liés à la sécurité. Sous la République. Durant la République, ce sont les magistrats "cum imperio" qui gèrent la sécurité de Rome. Lorsque les consuls s'absentent, notamment lors des campagnes militaires, ils nomment un "praefectus Urbi" pour prendre en charge temporairement les affaires de la ville. Ce préfet de Rome n'a pas grand chose à voir avec le préfet de la Ville sous l'Empire. La police en milieu urbain est probablement gérée dans un premier temps par les tribuns de la plèbe qui se répartissent les régions. À partir du , le service de police relève des "quinqueviri uls cis Tiberim", auxiliaires des édiles qui se répartissent la surveillance des cinq régions administratives que compte Rome à cette époque, les quatre régions de Servius Tullius auxquelles s'ajoute une cinquième sur la rive droite du Tibre. Ils travaillent probablement en collaboration étroite avec les "tresviri capitales" ou "nocturni" qui, comme leur nom semble l'indiquer, prennent en charge les crimes passible de la peine capitale et la police nocturne. Les "tresviri capitales" gèrent également les prisons de Rome, notamment le principal lieu de détention sous la République, la prison mamertine, sur le Forum. La lutte contre les incendies est prise en charge par un corps de « pompiers » recrutés parmi des esclaves et dirigés par les "tresviri nocturni". Ils sont épaulés par les tribuns de la plèbe et les édiles. Les effectifs sont insuffisants pour couvrir toute l'aire urbaine et de riches particuliers finissent par organiser leurs propres compagnies de pompiers en mettant à contribution leurs propres esclaves. Sous l'Empire. Survivance des anciens pouvoirs républicains. Les édiles disposent encore de quelques pouvoirs mais ils sont de plus en plus limités et passent progressivement entre les mains du préfet de la Ville. Leur contribution à la sécurité de Rome est limitée du fait d'un manque de personnel. Ils continuent néanmoins de gérer le maintien de l'ordre dans les maisons closes où ils s'occupent de l'enregistrement des prostituées. Ils disposent d'un droit d'amende. Les vigiles urbains. En 22 av. J.-C., Auguste met en place un corps spécialisé dans la lutte contre les incendies et assurant la police nocturne, comprenant 600 esclaves placés sous le commandement des édiles curules. Mais ces « pompiers » ne sont pas suffisamment efficaces et le service est remanié sur le modèle des "cohortes milliariae". Le corps des vigiles urbains est ainsi institué, organisé en sept cohortes comprenant hommes chacune. Le service est placée sous les ordres d'un préfet issu de l'ordre équestre. Les cohortes urbaines. Les cohortes urbaines constituent la milice urbaine de Rome ("cura urbis"). Leur nombre varie entre trois et sept sous le Haut Empire avant de se stabiliser à trois après Antonin le Pieux. Elles stationnent dans le camp prétorien qu'elles partagent avec la garde prétorienne et sont placées sous le commandement du préfet de la Ville qui hérite peu à peu des attributions des édiles républicains. Cette préfecture, instituée par Auguste en 26 av. J.-C., représente le couronnement de la carrière sénatoriale. La garde prétorienne. La garde prétorienne occupe le premier rang des troupes militaires et est spécialement attachée à la protection de l'empereur. Une des neuf cohortes prétorienne est d'ailleurs détachée au palais impérial et placée directement sous les ordres de l'empereur. Les autres cohortes sont commandées par le préfet du prétoire ("praefectus praetorio") qui est issu de l'ordre équestre et commande toute la garnison de Rome, contribue à la police diurne et gère en partie le service de prison. Les détachements de marins. Rome dispose de deux flottes dont la mission est de protéger l'Italie, la flotte de Misène et la flotte de Ravenne. Un détachement de chacune des deux flottes stationne à Rome, dans les "castra Misentatium" et les "castra Ravennatium". Ces marins sont chargés de la surveillance des navires circulant sur le Tibre et des deux ports militaires. Le système pénitentiaire. Les principaux lieux de détention, les "castra praetoria" et les "castra peregrina", sont gérées par le préfet du prétoire. Seule la prison du Forum reste gérée par les "tresviri capitales", auxiliaires des édiles républicains.
Économies de la grandeur Le courant des économies de la grandeur analyse le fonctionnement de la société en termes de conventions et d'accords. Il est issu des travaux communs d'un sociologue et économiste des conventions, Laurent Thévenot et d'un sociologue représentant de ce que l'on appelle la sociologie pragmatique, Luc Boltanski. Le concept apparaît dans leur ouvrage intitulé "De la justification. Les économies de la grandeur", dans lequel est introduit aussi celui de « cité de justification ». Principes. L'économie des conventions. Luc Boltanski et Laurent Thévenot rejettent donc naturellement le clivage qui existe entre deux types d'explication, les explications exclusivement économiques et les explications exclusivement sociologiques. Ils rejettent donc deux types de modèles : À ces approches, ils substituent un modèle fondé sur l'économie des conventions. Celui-ci part de l'idée que pour qu'il y ait échange, coordination, coopération entre des agents, il faut qu'il y ait des conventions entre les personnes concernées ; c’est-à-dire un système d'attentes réciproques entre les personnes sur leurs comportements. Ces conventions peuvent être écrites ou non. Les systèmes d'équivalence. Pour expliquer comment les acteurs parviennent à mettre en place les conditions de production des accords, Boltanski et Thévenot insistent sur certains traits essentiels de toutes situations sociales : C'est grâce à des systèmes d'équivalences partagés, des grandeurs communes, permettant à chacun de retrouver les repères qui vont guider ses relations dans la situation, la caractériser, que des relations entre personnes peuvent se nouer. Selon Boltanski et Thévenot, « ces grandeurs, ces systèmes se déploient dans des mondes régis par la cohérence des principes qui y sont activés ». Cités de justification. Boltanski et Thévenot (1991) distinguent alors six différentes cités, auxquelles Boltanski et Chiapello (1999) ajouteront plus tard la « Cité par projets ». Ces cités impliquent des "formes d'accords", des objets sociaux différents, qui permettront de reconnaître la nature de la situation, et de savoir sur quel mode de résolution des conflits et des controverses il faut se positionner. Controverses. Partant de là, les acteurs peuvent entrer dans plusieurs types de relations. Histoire des "économies de la grandeur" et inscription dans les sociologies de Boltanski et Thévenot. Avec d'autres textes, la publication de "De la justification" marque un tournant dans la sociologie et dans la carrière de Luc Boltanski. Alors que jusqu'au milieu des années 1980, il avait travaillé très étroitement avec Pierre Bourdieu, il se démarque de la sociologie de ce dernier en entreprenant et plus largement en invitant à passer d'une « sociologie critique » (expression par laquelle lui et d'autres qualifient la sociologie de Bourdieu) à une « sociologie de la critique ». Parmi ces textes : l'article intitulé « La dénonciation », dans lequel l'évolution en question n'apparaît pas encore d'une manière qui soit explicitée mais qui traite déjà des thèmes et des questionnements qui deviendront centraux dans les « économies de la grandeur » : les opérations de critique, de justification, la question de la légitimité des positions ou les accords ou les non-accords autour de cette légitimité, outre les catégories ou tensions entre « public » et « privé » (qui d'ailleurs deviendront chères à Thévenot). Les économies de la grandeur évolueront quelque peu par la suite, puis Boltanski s'en détachera. Dans "Le nouvel esprit du capitalisme" (1999), publié avec Eve Chiapello, Boltanski réaffirmera une position plus explicitement critique vis-à-vis du capitalisme tout en s'appuyant toujours sur le modèle des économies de la grandeur. Mais surtout, au cours des années 2000, il travaillera à conjuguer ses travaux de sociologie pragmatique et la sociologie de Pierre Bourdieu, ou plutôt la position que celui-ci avait tenue, appelant à tenir ensemble sociologie critique et sociologie de la critique ou, pour le dire autrement, à réintégrer la question de la domination sociale dans la sociologie qu’il avait développée depuis la fin des années 1980. Ceci apparaîtra particulièrement - et d'une manière que Boltanski décrira précisément - dans l'ouvrage qu'il publiera en 2009, "De la critique". Dans "L'action au pluriel" (2006), Laurent Thévenot élargira ses analyses par rapport au modèle des économies de la grandeur en s'intéressant à une pluralité de « régimes d'engagement », en deçà du régime public visé par les économies de la grandeur.
Seichō Matsumoto Seichō Matsumoto (en japonais : 松本清張, soit "Matsumoto Seicho") est un auteur japonais de romans policiers né le à Kitakyūshū et mort le . Biographie. Auteur prolifique, Matsumoto a écrit plus de 450 œuvres, en quatre décennies, jusqu'à sa mort en 1992. Bien qu'il ait publié de nombreux romans, ce sont ses récits policiers qui l'ont rendu célèbre. Les œuvres de Matsumoto ont créé une nouvelle tradition dans le roman policier japonais. Matsumoto incorpore dans leurs intrigues des éléments de la psychologie humaine et de la vie quotidienne. C'est pourquoi il est souvent comparé à Georges Simenon. En outre, une des caractéristiques majeures de son œuvre est que le crime lui-même et son contexte sont décrits avec une grande minutie, les descriptions offrant un luxe de détails. Ses récits sont souvent liés au thème des trains, d'ailleurs, son roman le plus célèbre demeure son premier roman policier, intitulé "Tōkyō express" ("Ten to sen"), paru en 1958. Il a reçu le prix Akutagawa en 1952 et le prix Kan Kikuchi en 1970, ainsi que le prix des auteurs japonais de romans policiers en 1957. Il a été le président du Mystery Writers of Japan de 1963 à 1971. Un musée-memorial qui lui est dédié est inauguré en 1998 à Kitakyūshū.
Appollo Appollo, de son vrai nom Olivier Appollodorus, est un nouvelliste et scénariste de bande dessinée français né le à Carthage, en Tunisie. Biographie. Il passe sa petite enfance en Afrique du Nord (en particulier au Maroc), puis sa famille s'installe définitivement à La Réunion à la fin des années 70. Il fait toute sa scolarité à Saint-Denis, notamment au collège de Bourbon et au lycée Leconte de Lisle, où il fonde avec des amis, en 1986, la revue Le "Cri du Margouillat" (dont il est le rédacteur en chef depuis 2016) et les éditions Centre du Monde. Il a par ailleurs collaboré à "Capsule Cosmique" et il participe depuis 2013 à la revue Kanyar. Il vit toujours à La Réunion où il exerce comme professeur de français, après avoir passé quelques années en Afrique centrale, d'abord à Luanda (de 2007 à 2009) puis surtout à Kinshasa (de 2009 à 2014). En 2003, il lance la série "La grippe coloniale" puis la série "Fantômes blancs" en 2005. L'année 2007 voit la publication de l'album "Île Bourbon 1730", coscénarisé par Lewis Trondheim qui traite de la fin de la piraterie et du début de l'esclavage dans l'actuelle île de la Réunion. En 2018, il scénarise "Chroniques du Léopard" avec le dessinateur Téhem (Éditions Dargaud). L'album relate amitié de deux adolescents élèves au lycée Leconte de Lisle pendant la Seconde Guerre mondiale, le "Léopard" faisant référence au bateau ayant libéré La Réunion en . Appollo reçoit le prix Jacques-Lob pour l'ensemble de son œuvre en . Ouvrages. "Les aventures de Louis Ferdinand Quincampoix". Dessin : Mad (Renaud Mader, dit). Éditions Vents d'Ouest. "La Grippe coloniale". Dessin : Serge Huo-Chao-Si. Couleurs : Téhem (Thierry Maunier, dit). Éditions Vents d'Ouest. "La grippe coloniale" raconte comment les conscrits réunionnais de la guerre de 14-18 sont rentrés au pays atteints de la grippe espagnole. L'ouvrage a reçu le Prix de la critique (ACBD) en 2004 et a été nominé au prix du scénario au festival d'Angoulême la même année. "Fantômes blancs". Dessin : Li-An (Jean-Michel Meyer, dit). Couleurs : Laurence Croix. Éditions Vents d'Ouest, collection « Équinoxe » "Biotope". Dessin : Brüno. Couleurs : Laurence Croix. Éditions Dargaud, collection « Poisson Pilote » "Île Bourbon 1730". Dessin : Lewis Trondheim. Éditions Delcourt, collection « Shampooing », 2007, L'ouvrage, en noir et blanc, compte près de 300 pages et était en sélection officielle au festival d'Angoulême en 2008. "Commando colonial". Dessin : Brüno. Couleurs : Laurence Croix. Éditions Dargaud, collection « Poisson Pilote » "Commando colonial" est une série se passant durant la Seconde Guerre mondiale, mettant en scène deux personnages issus des Mascareignes, membres des services secrets de la France libre. "Les voleurs de Carthage". Dessin : Hervé Tanquerelle. Couleurs : Isabelle Merlet. Éditions Dargaud. "Chroniques du Léopard". Dessin : Téhem. Éditions Dargaud, 2018 Ce roman graphique historique figure dans la sélection officielle 2019 du festival international de la bande dessinée d’Angoulême.
Pierre Billon Pierre Billon peut désigner :
De la docte ignorance De la docte ignorance ("De docta ignorantia") est un ouvrage de Nicolas de Cues, écrit en 1440, consacré à Dieu (livre I), à l'univers (livre II) et à Jésus-Christ (livre III). Le concept de « docte ignorance » relève de la théologie naturelle. Présentation générale. Le point de départ de Nicolas de Cues est de déterminer la nature de la connaissance.Il prend pour modèle la connaissance mathématique. La possibilité de la connaissance réside dans la proportion entre l'inconnu et le connu. On ne peut juger de ce que l’on ignore qu'en relation avec ce que l'on sait ; mais cela n’est possible que si ce que l'on ne connaît pas encore possède une certaine proportionnalité (c’est-à-dire homogénéité) avec ce que l'on sait. La connaissance est d'autant plus facile que sont près des choses connues celles que l'on recherche. De là découle le fait que lorsque ce que l'on ignore n'a aucune proportion avec les connaissances en notre possession, il n’y a qu'à proclamer son ignorance. Cette reconnaissance de l'ignorance, ce « je sais que je ne sais pas », que Nicolas de Cues lie à la sagesse antique de Pythagore, de Socrate, d'Aristote et à celle biblique de Salomon (Ecclésiaste, I, VIII), se nomme "docte ignorance", selon un oxymore emprunté à saint Augustin ("Lettre CXXX"). La docte ignorance est du reste la seule attitude possible face à l’être, c’est-à-dire face à Dieu. En effet, Dieu est le plus haut degré de l’être et, de façon générale, de toute perfection : Dieu est ce que rien ne peut dépasser. Comme l’avait déjà affirmé John Duns Scot (in Opus oxoniense, II, d.1, q.4, n. 26), Dieu est l’infini. Or, entre l’infinité de Dieu et la finitude de l’homme, il ne saurait y avoir de proportion. L’homme peut bien s’avancer indéfiniment par étapes successives de connaissances vers la vérité, ces étapes seront en elles-mêmes toujours finies et la vérité est l’être à son niveau infini. De sorte que la vérité échappera toujours nécessairement à l’effort humain de la comprendre. Entre la connaissance humaine et la vérité, on trouve le même rapport qui existe entre les polygones inscrits et circonscrits avec la circonférence : même si l’on multipliait à l’infini les côtés du polygone, certes ils s’approcheraient indéfiniment de la circonférence, mais jamais ne s’identifieraient avec elle. Nicolas de Cues soutient donc que la Vérité, dans son caractère absolu et nécessaire, sera toujours au-delà de la connaissance, laquelle est la pure possibilité d’établir des proportions définies ("De la docte ignorance", I, 3). Le traité de la "Docte ignorance" suppose ainsi l’incommensurabilité (la non-proportionnalité) entre l’être comme tel et la connaissance humaine ou, si l’on préfère, la transcendance absolue de l’être qui demeure une valeur ou une norme idéale qui ne peut ni être atteinte, ni possédée par l’homme. L’incommensurabilité de l’être avec la connaissance humaine préfigure, à en croire certains comme Cassirer, la philosophie de Kant qui assurera, bien des siècles plus tard, dans la Critique de la raison pure, que le noumène est inconnaissable. Mais ce qui est hors de portée de l'homme est encore au pouvoir de Dieu. Stupéfait devant l'infinité divine et l'inadéquation perpétuelle de ses approches conjecturales, l'esprit peut cependant s'appuyer sur le rapport réel de la création et de l'incarnation, qui sont les thèmes des deuxième et troisième livres de la "Docte ignorance". La théologie, au commencement purement spéculative, devient pour le coup "positive", puisqu'elle pense Dieu à partir de Dieu, en se fondant non pas sur les tentatives de l'homme d'aller à Dieu, mais sur la manière divine de sortir de soi. Traductions françaises. "De la docte Ignorance", trad. Moulinier, Paris, La Maisnie, 1930 . "La docte ignorance", Introduction, traduction et notes par Hervé Pasqua, Paris, Bibliothèque Rivages, 2008 . "De la docte ignorance", Traduction, introduction et notes par Jean-Claude Lagarrigue, Paris, Cerf, 2010 . "La Docte Ignorance", Traduction et présentation par Pierre Caye, David Larre, Pierre Magnard et Frédéric Vengeon, Paris, GF Flammarion, 2013 . Postérité en France. Montaigne : "C'est par l'entremise de nostre ignorance plus que de nostre science que nous sommes sçavants de ce divin sçavoir". Descartes : "... c'est une marque de savoir que de confesser librement qu'on ignore les choses qu'on ignore : et la docte ignorance consiste proprement en ceci, car elle appartient proprement à ceux qui sont vraiment doctes." "Il démontrera que la chose cherchée dépasse tout à fait la portée de l'esprit humain et par suite il ne se croira pas plus ignorant pour ce motif, parce qu'il n'y a pas moins de science dans cette connaissance que dans n'importe quelle autre". Pascal : "... L'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d'où ils étaient partis ; mais c'est une ignorance savante qui se connaît". Lacan : "La position de l'analyste doit être celle d'une "ignorantia docta", ce qui ne veut pas dire savante, mais formelle, et qui peut être, pour le sujet formante".
Sociologie de la traduction
Charles Xavier Thomas de Colmar Charles Xavier Thomas de Colmar, né le à Colmar et mort le à Paris, chevalier d'Empire, fit progresser l’industrie des assurances par ses initiatives et fut également l'inventeur de la première machine à calculer industrielle : l’arithmomètre Thomas. Il fut chevalier de la Légion d'honneur et deviendra connu sous le nom de Thomas de Colmar. Biographie. Né le à Colmar, fils de Joseph Antoine Thomas, docteur en médecine, et de Francoise Xavière Enslen, il descend d'une famille de tonneliers de Guebwiller. Armée. Officier d'administration dans l'armée, il fut chargé lors de la campagne d'Espagne d'assurer la subsistance de tout un corps d'armée. Rentré en France il s'attela à la confection d'un arithmomètre. Arithmomètre. L'arithmomètre est le premier calculateur mécanique à avoir connu un réel succès commercial, il avait une grande réputation de fiabilité et de robustesse et peut être considéré comme le premier calculateur de bureau, préfiguration des futures calculatrices manuelles puis électriques et enfin électroniques du siècle suivant. Assurances. Parallèlement à l'aventure de l'Arithmomètre, Thomas de Colmar fit carrière (et fortune) dans les assurances. Il devient en directeur général de la compagnie d'assurance du Phénix, qu'il quittera l'année suivante. En , il fonde la compagnie du Soleil, puis en 1843 la compagnie de l'Aigle. Vie privée. En 1812 il épouse Francisca (Frasquita) Garcia de Ampudia Alvarez d'une ancienne famille andalouse dont il aura dix enfants, dont Joseph Thomas d'Alvarez, Charlotte ( de Granges de Rancy), Louis Thomas de Bojano (qui épousera Livia Carafa, duchesse de Bojano), Frasquita ( Charles Soultzner d’Enschwyl) et Henriette (comtesse de Dalmas). En 1850 il acheta le château de Maisons-Laffitte à la fille du banquier Lafitte, l'épouse de Napoléon Joseph Ney (1803-1857), prince de la Moskowa. Thomas de Colmar y crée un jardin paysager en 1854, il tente de préserver le parc après le morcèlement opéré par Lafitte. À sa mort, en , il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise (). Il laissa une fortune de plus de 24 millions de francs et, outre le château de Maisons-Laffitte, le château de Champfleury à Carrières-sous-Poissy, le château et domaine de Mairé dans la Vienne, d'une superficie de hectares, et l'hôtel particulier qu'il fit construire au 156 boulevard Haussmann. L'inventaire de l'hôtel à sa mort fait état de 11 domestiques attachés au service de la famille et les écuries abritaient six chevaux et six voitures.
Sociologie des logiques d'action La sociologie des logiques d'action est une théorie de sociologie des organisations développée par quatre auteurs dans un ouvrage intitulé "Les nouvelles approches sociologiques des organisations" (Henri Amblard, Philippe Bernoux, G. Herreros, Y.F Livian), dont la première édition est parue en 1996. Elle s'oriente dans trois directions : Principe des logiques d'action. La notion de logique d'action invite à une multipolarité théorique et réintroduit les dimensions culturelles, historiques et psychologiques dans l'analyse stratégique. Comment la définir ? Rendre compte des logiques d'action, c'est rechercher ce qui fonde les choix des acteurs, c'est comprendre quelles rationalités sont à l'œuvre derrière chaque action (approche compréhensive). Mais la logique d'action n'est pas une structure causale immuable, car l'acteur n'existe pas en soi mais il est construit et défini comme tel par son action, et par conséquent les logiques évoluent en fonction des actions envisagées et non des acteurs pris en eux-mêmes (ainsi peuvent coexister des logiques stratégiques et coopératives). La logique d'action réunit deux entités élémentaires, l'acteur et la situation d'action. De la rencontre de ces deux dimensions naissent des interactions à travers lesquelles les logiques d'action vont se matérialiser. Dans le cadre d'une sociologie des logiques d'action, il existe une pluralité d'instances qui accueillent ces logiques en construction. Ceci induit la possibilité et la nécessité d'un pluralisme théorique. Mais comment justifier épistémologiquement ce pluralisme théorique ? En s'opposant à l'ascétisme dominant des épistémologies bachelardiennes et popériennes, on recourt à trois positions épistémologiques complémentaires : Pour les tenants de la sociologie de l'action, il importe donc peu que la combinaison de théories aussi diverses que celles de Michel Crozier, Luc Boltanski, Renaud Sainsaulieu et Michel Callon soit une hérésie, à partir du moment où le problème d’organisation peut gagner en limpidité à la suite de la confrontation de théories différentes, voire contradictoires entre elles. Méthodologie. Méthode d'observation. L'acteur pluriel. La sociologie des logiques d'action étant pluraliste, elle explore six dimensions de l'acteur : L'analyse de la situation. Quant à l'analyse de la situation de l'action, elle doit intégrer : La conduite du changement en organisation. Pour finir, la méthodologie empirique qui sert de base à une sociologie des logiques d'action, s'appuie sur la mise en place d'interventions multimodales. Concrètement, la sociologie des logiques d'action se construit empiriquement sur une grille d'analyse qui suit différentes étapes : La phase de contextualisation. Durant cette phase est reconstitué le système d'action concret au sens crozérien du terme, tout en tenant compte de raisonnements qui ne s'appuient pas exclusivement sur ce courant. Quatre moments sont à distinguer : La phase des possibilités d'accords. Elle consiste en un double repérage : celui des actants occupant une place importante dans l'ensemble étudié et susceptibles d'intervenir, et celui des espaces et objets capables de pouvoir constituer le support de conventions ou d'accords nouveaux. Il y a donc trois moments : La conduite du changement. Le changement doit ici être introduit en considérant que la réussite de celui-ci dépend de la structuration de l'entreprise en réseau. On repère encore trois moments principaux : Avec cette approche pluridisciplinaire qui mélange habilement des influences très diverses, la sociologie devient autant un outil de diagnostic qu'un outil utile pour le changement en entreprise. Ainsi trouve-t-elle sa place à côté d'autres sciences de l'action ou de gestion, en s'appuyant sur un aller-retour permanent entre théorie et pratique. Dans de récents développements (G. Herreros), la théorie des logiques d'action a été explicitement connectée au champ de la sociologie d'intervention dont elle apparaît comme l'une des modalités d'exercice.
L'Enfer (film, 2005) L'Enfer est un film réalisé par Danis Tanović, sorti en 2005. Synopsis. À Paris, dans les années 1980, un homme libéré de prison est rejeté par sa femme. À bout de nerfs, il la frappe sauvagement, puis se jette par la fenêtre sous les yeux de ses trois filles. Aujourd'hui, Sophie, Céline et Anne, les trois sœurs maintenant adultes, vivent chacune leur vie. Le lien familial est rompu. Sophie, l'aînée, est mariée à Pierre, un photographe avec qui elle a eu deux enfants. Leur couple vacille. Céline, célibataire, est la seule à s'occuper de la mère impotente placée dans une maison de retraite. Anne, étudiante en architecture, a une relation passionnelle avec Frédéric, l'un de ses professeurs. Un jeune homme va entrer en contact avec Céline. Sébastien, plein de charme, semble vouloir la séduire. La révélation qu'il va lui faire va rapprocher les trois sœurs, leur permettre d'accepter leur passé et peut-être d'oser vivre pleinement. Production. Le scénario est inspiré du deuxième volet d'un projet de trilogie de Krzysztof Kieslowski : "le Paradis", "l'Enfer" et "le Purgatoire". Le premier volet a été adapté sous le titre "Heaven" par le réalisateur allemand Tom Tykwer en 2002. Le film ayant eu une réception mitigée, la société Miramax ne produisit pas les scénarios restant qui furent achetés par une société française.
The Informer
M Le Maudit
Princeton Engineering Anomalies Research Le laboratoire (PEAR) a été établi en 1979 par Pr. Robert G. Jahn, alors doyen de la faculté d'ingénierie et de sciences appliquées de l'université de Princeton afin d'étudier les interactions entre la psyché et les systèmes physiques, et plus particulièrement les systèmes aléatoires. Le PEAR dépend du département MEAS (Mechanics and Aerospace) de la SEAS (School of Engineering and Applied Science) de l'université de Princeton. Le PEAR est composé d'une équipe pluridisciplinaire (ingénieurs, physiciens, psychologues) mettant en place des expériences et tentant de fournir des modèles théoriques afin de mieux comprendre le rôle de la conscience dans la réalité physique. Le Program Director est Robert G. Jahn, et la Laboratory Manager Brenda J. Dunne. PEAR a fermé ses portes en et a été intégrée aux "International Consciousness Research Laboratories" (ICRL). PEAR étudiait des sujets tels que la psychokinésie (PK) et la visualisation à distance . En raison de la nature controversée du sujet, le programme entretenait des relations tendues avec Princeton et était considéré comme embarrassante pour l'université. Les activités de PEAR ont été critiquées pour leur manque de rigueur scientifique, leur mauvaise méthodologie et leur mauvaise utilisation des statistiques et ont été qualifiées de pseudoscience. Activités. Une grande partie de la recherche au sein de PEAR consiste à voir s'il existe des corrélations entre la sortie de systèmes aléatoires et l'intention d'une personne appelée "opérateur", tentant d'influencer mentalement le système dans un sens. La recherche expérimentale du PEAR est principalement orientée approche universaliste. D'après les publications, il existerait une influence très faible, mais suffisamment consistante pour devenir statistiquement significative lorsque les expériences sont répétées suffisamment de fois. La plupart des expériences sont menées sur des REG (Random Event Generators, voir Générateur de nombres aléatoires), basés sur un bruit électronique. D'autres systèmes ont été utilisés, notamment une machine de Galton, ou un pendule linéaire... Les expériences utilisant un générateur aléatoire se trouvent directement dans la lignée de celles menées par Helmut Schmidt (le parapsychologue). Si la vocation de PEAR est de se focaliser sur les systèmes physiques, des expériences dites de Remote Perception ont aussi été menées, dans la lignée des expériences de vision à distance de Targ et Puthoff ou May. Un article récent résume et explique les résultats des expériences de Remote Perception au sein de PEAR. La troisième partie des activités de PEAR consiste à essayer d'expliquer les résultats expérimentaux, qui semblent ne pas cadrer avec les modèles et théories actuels. Les modèles imaginées par PEAR sont plus des outils permettant de conceptualiser les phénomènes que des théories prédictives. Parmi ces théories, on peut mentionner "la mécanique quantique de la conscience", qui élargit et empreinte des concepts issus de la mécanique quantique, les modèles appelés M5 ou M* (voir les publications pour plus de détails). Mécènes. La recherche au sein de PEAR n'a été possible que grâce à de généreux organismes et individus, tels que : M. Richard Adams, the Geraldine R. Dodge Foundation, the Fetzer Institute, the Institut für Grenzgebiete der Psychologie und Psychohygiene, the Lifebridge Foundation, the James S. McDonnell Foundation, the Ohrstrom Foundation, M. Laurance S. Rockefeller, et M. Donald Webster.
Cul-de-sac (film) Cul-de-sac est un film britannique de Roman Polanski, sorti en 1966. Synopsis. Deux gangsters patauds tombent en panne de voiture sur une presqu'île. La marée montant, ils s'immiscent dans la vie de deux châtelains, seuls propriétaires de l'île. Production. Casting. Quelques jours avant le début du film, Polanski n'avait pas d'actrice pour le rôle de Teresa, bien qu'il ait auditionné beaucoup de comédiennes et de mannequins. Un des producteurs lui souffle alors le nom de la sœur de Catherine Deneuve - que Polanski a dirigée dans "Répulsion" - Françoise Dorléac. Ce sera son premier rôle en anglais. Tournage. Le film a été tourné en 1965 sur l'île de Lindisfarne dans le comté de Northumberland en Angleterre. "Cul-de-sac" fut un tournage particulièrement difficile : conditions météorologiques catastrophiques, coupes budgétaires, manque de temps, manque de soutien de l'équipe à l'égard de Roman Polanski, caractères difficiles des deux comédiens principaux, etc... Lionel Stander était particulièrement ingérable sur le tournage. Il refusait de se rendre aux répétitions, arrivait sur le plateau à l'heure qu'il souhaitait, et était même désagréable avec les membres de l'équipe. La scène où il doit fouetter Teresa sur les cuisses avec la boucle de sa ceinture n'est pas simulée. Françoise Dorléac subit réellement les coups de Stander, qui se plaignit par la suite d'avoir mal aux genoux (en effet, Teresa est allongée sur le ventre contre les pavés, et Richard est littéralement assis sur elle, les genoux contre le sol). Lors de la scène de la plage où Teresa va se baigner nue, Françoise Dorléac s'est évanouie : le froid et l'eau gelée avaient apparemment causé cet évanouissement. Roman Polanski considère que cet incident fut pour l'équipe la goutte d'eau qui fit déborder le vase.
Mourir
Place de Tokyo La place de Tokyo est située dans le de Paris, en France. Origine du nom. Elle porte le nom de la capitale du Japon, Tokyo. Historique. En 1945 à l’issue de la défaite du Japon, puissance ennemie de la France et ses alliés, l’avenue de Tokio — graphie en vigueur au début du quand ce nom a été attribué en 1920 — située en quai de Seine perd son nom pour devenir l’avenue de New-York. Or, la tradition veut que la capitale d’un pays ami de la France ait sa rue à Paris, elle-même capitale d’État. Ainsi, quarante ans plus tard, un arrêté municipal du attribue le nom de « place de Tokyo » à une aire de stationnement située devant l’entrée du palais de Tokyo, avenue du Président-Wilson, face au palais Galliera, musée de la Mode de la ville de Paris et entre la rue Maria-Brignole et la rue de Galliera qui enserrent le palais Galliera. Même si cette place est dépourvue de numéros, son adresse postale est « 75116 Paris ». Il n'y a eu aucune nécessité pratique à cette mesure et il semble que le palais de Tokyo a gardé son adresse : 13, avenue du Président-Wilson.
Structure de contrôle En programmation informatique, une structure de contrôle est une instruction particulière d'un langage de programmation impératif pouvant dévier le flot de contrôle du programme la contenant lorsqu'elle est exécutée. Si, au plus bas niveau, l'éventail se limite généralement aux branchements et aux appels de sous-programme, les langages structurés offrent des constructions plus élaborées comme les alternatives ("if", "if–else", "switch"…), les boucles ("while", "do–while", "for"…) ou encore les appels de fonction. Outre ces structures usuelles, la large palette des structures de contrôle s'étend des constructions de gestion d'exceptions ("try–catch"…) fréquemment trouvés dans les langages de haut niveau aux particularismes de certains langages comme les instructions différées ("defer") de Go. Structures de contrôle séquentielles. Un programme informatique impératif est une suite d'instructions. Un registre interne du processeur, le compteur ordinal (PC), est chargé de mémoriser l'adresse de la prochaine instruction à exécuter. Séquence. La plupart des instructions d'un programme sont exécutées séquentiellement : après le traitement de l'instruction courante le compteur ordinal est incrémenté, et la prochaine instruction est chargée. La séquence est donc la structure de contrôle implicite. Elle donne l'ordre d'exécution des instructions, souvent séparées par un point-virgule ou par des retours chariots. Arrêt du programme. Un programme s’arrête généralement après l’exécution de la dernière instruction. La plupart des langages de programmation proposent également une ou plusieurs instructions pour stopper l’exécution du programme à une position arbitraire. Selon l’environnement d'exécution sous-jacent (système d'exploitation ou microprocesseur), cet arrêt peut être définitif ou correspondre à une suspension de l’exécution du programme en attendant un événement externe : c'est par exemple le fonctionnement habituel de la plupart des instructions d’entrée sorties qui bloquent le flot d’exécution (mécanisme d'interruption avec stockage en mémoire tampon) jusqu’à ce que le périphérique concerné ait terminé de traiter les données. Structures de contrôle itératives. Ces instructions permettent de réaliser une machine à états finis, cela signifie que leur seul effet de bord est de modifier un registre qui correspond à l'état courant du programme. Dans un processeur, cet état correspond à la valeur du compteur ordinal. Commandes à étiquettes. Une étiquette est un nombre ou un identificateur associé à une instruction du code source. Il est destiné à servir de cible à une structure de contrôle située ailleurs dans le programme. Hormis ce rôle de localisation, une étiquette n'a aucun effet sur le programme : elle ne modifie pas le comportement de l'instruction à laquelle elle est associée. Les numéros de lignes sont un type d'étiquettes utilisées par des langages comme le Fortran ou le BASIC. Présentes devant les lignes du code source, elles doivent dans la plupart de ces langages augmenter au fur et à mesure du programme mais sans être forcément contigües. Par exemple en BASIC : 10 X = 3 20 PRINT X Dans d'autres langages, les étiquettes sont des identificateurs alphanumériques, qui se placent généralement en début de ligne et qui sont suivis par un double point. Par exemple en langage C : success: printf ("The operation was successful.\n"); Il existe deux familles d'instructions qui permettent d'adresser ces étiquettes : les sauts inconditionnels et les sauts conditionnels. Sauts inconditionnels. Un saut inconditionnel, souvent appelé goto, permet de renvoyer l'exécution vers une étiquette. Ce saut est systématique, il entraine une rupture du flot d'exécution, on dit aussi « rupture de séquence » ou branchement. L'instruction qui suit le saut dans le programme ne pourra donc elle-même être atteinte que par un autre saut. Exemples de mise en œuvre : Sauts conditionnels. Les sauts conditionnels permettent de réaliser un branchement si une condition est vérifiée. Si la condition n'est pas vérifiée, l'exécution se poursuit séquentiellement. La condition est parfois appelée « condition de rupture » puisqu'elle implique en général une rupture dans le flot d'exécution lorsque la condition est vérifiée. Dans un langage de haut niveau, cette condition est le résultat de l'évaluation d'une expression. En langage assembleur, c'est un indicateur : le bit d'un registre spécifique qui peut être modifié par d'autres instructions du langage. Exemples de mise en œuvre : Autres commandes à étiquettes. D'autres structures de contrôle qui seront présentées plus loin utilisent également la notion d'étiquette. C'est par exemple le cas des appels de sous-programmes ou des commandes de sortie de boucle. Commandes de blocs. Formellement, le saut conditionnel est la seule instruction nécessaire pour réaliser une machine à états finis. Si la plupart des processeurs supportent également, pour des raisons de performances, le saut inconditionnel, ce sont souvent les seules utilisées à ce niveau. Les créateurs de langages de programmation ont cependant rapidement estimé que les étiquettes étaient peu adaptées aux mécanismes cognitifs de l'être humain. Souvent qualifiés de programmation spaghetti, les programmes utilisant de nombreuses instructions de saut sont difficiles à comprendre et donc à maintenir par les programmeurs. Ceux-ci peinent en effet à en percevoir la sémantique et sont obligés de dérouler mentalement les différents états de ce programme en le parcourant d'étiquette en étiquette. Sont donc apparus de nouveaux jeux d'instructions de contrôle qui ne travaillent plus avec des étiquettes, mais sur des blocs d'instructions. D'un langage à l'autre, un grand nombre de commandes de blocs ont été inventées, mais on peut globalement les classer en deux grandes familles : Une telle démarche relève de la programmation structurée. Blocs d'instructions. Un bloc d'instruction regroupe plusieurs instructions contigües. Si l'on considère la façon de déclarer ces blocs, il existe deux grandes classes de langages : Dans la première famille, les instructions de contrôle sont composées de deux mots-clef : un mot initial qui marque le début et un mot final qui indique la fin du bloc d'instructions ; la forme du mot final varie d'un langage à l'autre : Dans la seconde famille de langages, les instructions de contrôle opèrent par défaut sur une instruction atomique. Le langage définit un autre mécanisme pour déclarer des blocs qui peuvent être utilisés avec ces instructions : Alternatives. Les alternatives sont des structures de programmation effectuant un test logique sur une condition et permettant un choix entre divers blocs d'instructions suivant le résultat de ce test. La condition est en général appelée « condition de continuation » car le flot d'exécution continue avec le bloc d'instruction qui suit immédiatement la condition lorsque celle-ci est vraie. Test si. Le test "si" est la forme d'alternative la plus simple : si "Test" est vérifié, on exécute "Instruction 1" puis "Instruction 2" ; si "Test" n'est pas vérifié, on exécute directement "Instruction 2" Pseudo code : Exemples de mise en œuvre : Le mot-clef "if" correspond à "si" en anglais ; le mot-clef "then" correspond à "alors". Test si sinon. Si "Test" est vérifié, on exécute "Instruction 1" puis "Instruction 3" ; sinon on exécute "Instruction 2" puis "Instruction 3". Exemples de mise en œuvre : Le mot-clef "else" correspond à "sinon" en anglais. Historiquement, on rencontre un premier "if then else" dans Algol 60. Test sinon si. Si "Test 1" est vérifié, on exécute "Instruction 1" puis "Instruction 3" ; sinon, si "Test 2" est vérifié on exécute "Instruction 2" puis "Instruction 3" ; sinon on exécute directement "Instruction 3". On peut enchaîner autant d'instructions "sinon si" que désiré : seule la première dont la condition sera vérifiée sera exécutée. On peut généralement associer une clause "sinon" qui ne sera exécutée que si aucune clause "sinon si" n'a été vérifiée. Dans les langages où la définition des blocs d'instruction est indépendante des structures de contrôle, cette instruction est redondante puisqu'elle revient à enchaîner un "si" après un "sinon". Par exemple en langage C on écrira : if ( test1 ) Instruction1 else if ( test2 ) Instruction2 Instruction3 Certains de ces langages définissent tout de même une instruction "sinon si" (par exemple "elseif" en PHP), pour des raisons de performance par exemple. Test selon. Le test "selon" est une spécialisation de l'instruction "sinon si", qui permet de sélectionner le bloc à exécuter en fonction de la valeur d'une variable. Il est utilisé lorsqu'un aiguillage offre plusieurs sorties, et que l'on doit tester une condition plusieurs fois, en utilisant toujours la même variable. Structurellement, c'est équivalent à une succession de "sinon si", mais le fait de savoir que la valeur de la variable testée ne changera pas lors de l'évaluation des conditions permet au compilateur de faire quelques optimisations. Suivant les langages, l'expression qui suit le mot-clef "cas" peut être une simple valeur pour un test d'égalité, une collection, un intervalle, ou une expression rationnelle par exemple. Le "switch case" du langage C s'écarte sensiblement du modèle ci-dessus. Son comportement "fall through" (passage à travers) des case non terminé par le mot-clef "break", le rapproche plus d'une structure à étiquette. Le switch case apparaît dans Algol 68. Boucles. Une boucle est une structure de contrôle destinée à exécuter une portion de code plusieurs fois de suite, la structure de contrôle branchant le pointeur ordinal au début du code tant qu'une condition de continuation est remplie ou, selon les boucles, qu'une condition de sortie n'est pas remplie. Normalement, une boucle s'exécute selon le cas, soit un nombre de fois connu à l'avance, soit jusqu'à ce qu'une condition permette de sortir de la boucle. Il arrive toutefois qu'une erreur de programmation fasse que la condition ne devienne jamais vraie. Le programme s'exécute alors indéfiniment à l'intérieur de cette boucle infinie. Fortran II a introduit les boucles en 1958. Les langages proposent en général plusieurs types de boucles : Les langages peuvent proposer plusieurs types de boucles à pré et post-condition : Boucle « tant que » à précondition. Si "Test" est vérifié, on exécute "Instruction 1", puis arrivé à la fin du bloc on évalue à nouveau "Test" et on recommence. Quand "Test" renvoie un résultat faux, on quitte la boucle en sautant à "instruction 2". Le "Test" est en général appelé « condition de continuation » puisque le flot d'exécution continue avec "Instruction 1" lorsque le "Test" est vrai. Exemples de mise en œuvre : Le mot-clef "while" en anglais correspond à "tant que" en français. Boucle « jusqu’à ce que » à postcondition. Cette boucle permet de réitérer une instruction ou un ensemble d'instructions jusqu'à ce qu'une condition de sortie soit vérifiée. La série d'instructions est exécutée au moins une fois, quelle que soit la condition. Exemples de mise en œuvre : Le mot-clef "until" correspond au français "jusqu'à ce que", "repeat" à "répète", "do" à "fait". Commandes de sortie de boucle. Ces commandes s'utilisent au milieu d'une boucle pour réaliser une sortie anticipée de la boucle, généralement quand une certaine condition est vérifiée. Ce sont des instructions comme le codice_1 du langage C. En Ada la commande codice_2, qui est équivalente au codice_1, accepte un identificateur, ce qui permet de l'utiliser dans des boucles imbriquées. Ce langage définit aussi une instruction exit when qui permet d'associer une condition. Le langage C définit aussi une instruction codice_4 qui force le pointeur de commande à sauter à la fin de la boucle. Si la condition d'arrêt de la boucle n'est pas encore vérifiée, la boucle entreprend une nouvelle itération, sinon le programme sort de la boucle et passe à la ligne qui la suit. Les implémentations actuelles du langage Pascal comportent les procédures codice_5 et codice_6. Toutes ces commandes sont une forme de saut inconditionnel : si elles n'utilisent pas d'étiquettes formelles, elles permettent en effet de modifier la valeur du pointeur ordinal pour adresser un endroit spécifique du programme. Le langage Python ou Ruby permet d'associer une clause codice_7 à une boucle, pour effectuer un traitement personnalisé en cas de sortie normale d'une boucle. Certains langages permettent de casser plusieurs boucles en une seule instruction, ou de nommer les boucles pour pouvoir choisir jusqu'à quelle boucle le programmeur veulent sortir des boucles imbriqués. L'absence d'une telle possibilité est souvent contournée par l'utilisation d'une procédure et d'un "return" au milieu des boucles imbriquées (Ruby et Python ne savent pas sortir de plusieurs boucles en une seule instruction, sauf au moyen de "return"). Extensions de la notion de boucles. Il existe d'autres variantes de boucle, leur comportement est identique à celle d'une boucle "tant que", mais elles nécessitent des variables additionnelles au registre PC pour mémoriser leur état. Compteurs. Un compteur permet de réaliser une boucle associée à une variable entière ou un pointeur qui sera incrémentée à chaque itération. Il est souvent utilisé pour exploiter les données d'une collection indexée. Itérateurs. Un itérateur (ou curseur ou énumérateur) est un objet qui permet de réaliser une boucle parcourant tous les éléments contenus dans une structure de données. Des langages comme le C++ ou l'Objective C (dans la version initiale du langage) n'ont pas de mots-clefs spécifiques pour les itérateurs, ils utilisent des méthodes de bibliothèque associées à des structures de contrôles plus générales. exemple en Objective C : NSEnumerator* enumerator = [collection objectEnumerator]; NSObject* obj; while(obj = [enumerator nextObject]){ NSLog(@"%@", obj); Dans d'autres langages, ce concept bénéficie de structures de contrôle dédiées. Exemples de mise en œuvre : Sous-programmes. Dans les années 1950, la mémoire des ordinateurs était onéreuse et les sous-programmes étaient principalement utilisés pour réduire la taille des programmes : un ensemble d'instructions était écrit une fois et pouvait être appelé depuis plusieurs endroits du programme. Le support des sous-programmes a également permis aux ordinateurs l'usage des algorithmes récursifs. Exemple de sous-programme en basic 10 X = 2 19 FARG = X 20 GOSUB 50 22 Y = FRET 30 PRINT Y 40 END 48 '------------------------------------ 49 ' Double la valeur passée en argument 50 FRET = FARG*2 60 RETURN Dans cet exemple, à la ligne 20 la valeur courante du compteur ordinal est archivée puis le programme effectue un saut à la ligne 50. Arrivé à la ligne 60, l'instruction RETURN permet de réaffecter la valeur archivée dans le compteur ordinal et donc de revenir à la position d'appel du sous-programme. Fonctionnement. Ces structures de contrôle nécessitent donc un automate à pile pour enregistrer l'adresse de retour du sous-programme. Repose sur la notion de pile, avec deux instructions : Procédures. Aujourd'hui les sous-programmes sont utilisés pour améliorer la structuration d'un programme. Repérés par une étiquette de branchement, ils peuvent donc être considérés comme une extension du saut inconditionnel et, du point de vue de la programmation structurée, en partagent la plupart des défauts. Beaucoup de langages modernes ne supportent donc pas directement la notion de sous-programme au profit de constructions de haut niveau qui peuvent être appelées, d'un langage à l'autre "procédure", "fonction", "méthode", ou "routine" par exemple. Ces constructions ajoutent la notion de passage de paramètres et surtout le cloisonnement des espaces de nom pour éviter que le sous-programme ait un effet de bord sur la routine appelante. Extensions. Il existe diverses extensions à la notion de procédure comme les coroutines, signaux et slots, fonctions de rappel (callback), méthodes virtuelles... Elles permettent de modifier dynamiquement, c’est-à-dire à l'exécution, la structure du flot d'exécution du programme. Exceptions. Tout programme en exécution peut être sujet à des erreurs pour lesquelles des stratégies de détection et de réparation sont possibles. Ces erreurs ne sont pas des bugs mais des conditions particulières (ou conditions exceptionnelles, ou exceptions) dans le déroulement normal d'une partie d'un programme. Par exemple, l'absence d'un fichier utile n'est pas un bug du programme ; par contre, ne pas gérer son absence en serait un. Quand on n'a pas d'outil pour séparer l'exécution normale et l'exécution exceptionnelle du programme, un algorithme, dont l'exécution normale s'exprime de façon simple et élégante, peut devenir difficile à maintenir une fois « enrobé » par une logique de traitement de ces situations exceptionnelles ; disposer au niveau du langage de programmation de structures pour différencier l'exécution normale de l'exécution dans un contexte exceptionnel peut être utile. Ces structures de contrôles forment un système de gestion d'exceptions. Exemples de mise en œuvre : Programmation multitâche. Dans un système multitâche, plusieurs flots d'exécutions, appelés processus légers, s'exécutent simultanément. Il est alors nécessaire d'assurer la synchronisation de ces flots d'exécution. Dans la plupart des langages, c'est fait par des bibliothèques externes ; certains d'entre eux intègrent néanmoins des structures de contrôle permettent d'agir sur des taches concourantes. Exemples de mise en œuvre : Programmation événementielle. La programmation événementielle est une autre façon de contrôler le flot d'exécutions d'un programme. Il s'agit de créer des gestionnaires qui viendront s'abonner à une boucle mère, chargée d'aiguiller les évènements qui affectent le logiciel. Cette méthodologie a été popularisée par les bibliothèques de programmation des interfaces utilisateurs. Elle est en effet particulièrement adaptée pour gérer les mouvements de souris par exemple. On retrouve le même principe dans des outils non graphiques comme awk ou XSLT par exemple. À un niveau plus proche du matériel, on retrouve une philosophie similaire avec les interruptions.
Temps de pose En photographie, le temps de pose ou durée d'exposition est l'intervalle de temps pendant lequel l'obturateur de l'appareil photographique laisse passer la lumière lors d’une prise de vue, et donc la durée de l'exposition de la pellicule photographique ou du capteur. Le terme vitesse d'obturation est également utilisé comme synonyme, bien que certains auteurs lui associent l'inverse du temps de pose. Le temps de pose fait partie, avec l'ouverture et la sensibilité ISO du film (ou capteur), des trois paramètres qui permettent de contrôler l'exposition de l'image. Historique. Au début du développement de la photographie, les différents temps de pose d'un obturateur n'étaient pas standardisés. À la suite de l'adoption d'un standard pour les valeurs d'ouverture, selon lequel chaque cran double ou divise par deux la quantité de lumière imprimant la surface sensible, une échelle standardisée fit également son apparition pour le temps de pose, qui varie du simple au double à chaque échelon, de manière qu'augmenter l'ouverture et diminuer le temps de pose d'un cran, et vice-versa, aboutisse à la même exposition. Les valeurs retenues, exprimées en nombre fractionnaire, sont : Le temps de pose le plus court en usage sur les reflex numériques d'aujourd'hui est d'1/8000 de seconde. On note toutefois que le Minolta Dynax 9Xi de 1992 permettait un temps de pose de 1/12000 s. En argentique, les temps de pose longs (de quelques secondes à plusieurs minutes, voire plusieurs heures) amènent des dérives chromatiques et des allongements nécessaires du temps d'exposition : c'est l'effet Schwarzschild. En numérique le rallongement des temps de pose peut causer une dégradation de l'image par l'apparition de bruit thermique. Technique. Lorsque l’appareil est en mode automatique, l’utilisateur n’a pas à s’occuper du temps de pose. Certains appareils, en particulier les compacts d'entrée de gamme, ne disposent que de ce mode automatique. La plupart des boîtiers reflex ainsi que les bridges et compacts haut de gamme permettent de régler le temps de pose à l'aide d'une molette. Le photographe peut laisser le réglage de l'ouverture à l'automatisme du boîtier (mode "priorité vitesse", abrégé "S" ou "Tv") ou régler lui-même l'ouverture (mode manuel). Pour réaliser certains effets artistiques ou lorsque la luminosité est faible, l’utilisateur peut régler le temps d’exposition en choisissant le mode « priorité à la vitesse » ou le mode manuel, ce dernier permettant de régler aussi l'ouverture du diaphragme. Le plus long temps de pose prédéfini d'un boîtier est rarement supérieur à quelques secondes. Lorsqu'une exposition plus longue est nécessaire, la pose B (respectivement T) permet d'ouvrir l'obturateur aussi longtemps que le déclencheur est enfoncé (respectivement jusqu'à ce qu'il soit pressé une deuxième fois). À main levée, il est communément admis que, dans certaines limites, le temps de pose maximal permettant d'obtenir une image acceptable d'un objet immobile correspond grossièrement à l'inverse de la distance focale, en équivalent . Pour les autres formats, il faut multiplier la focale par le coefficient de conversion (1,5 dans le cas d'un capteur APS-C). Ainsi, pour une surface sensible de et une focale de , le temps de pose maximal à respecter sera d'1/250 seconde, et plutôt 1/375 s sur un format APS-C. Ceci étant, l'augmentation du nombre de pixels sur les capteurs numériques rend le photographe de plus en plus exigeant sur la netteté, et ce ratio devrait être décalé d'un cran au moins (1/250 s devenant 1/500 s), pour tirer convenablement parti de la définition d'un capteur 24×36 de 21 Mpixels par exemple. Si les conditions lumineuses requièrent un temps de pose plus long, il est nécessaire de recourir à un moyen de stabilisation (trépied ou stabilisation d'image). Si un flash est utilisé, le temps de pose doit être égal ou supérieur à sa vitesse de synchronisation. Exploitation artistique. Les répercussions du temps de pose sur le rendu d'une photographie ne s'arrêtent pas à l'exposition. Un objet mobile capturé en pose longue fera apparaître des traînées sur l'image, suggérant le mouvement. Au contraire, capturé avec un temps de pose très court, son mouvement apparaîtra figé. La technique du "fond filé" consiste à suivre le mouvement de l'objet principal le temps que dure l'exposition, de manière à rendre le flou non pas sur ce dernier, mais sur l'arrière-plan. Le light painting consiste, quant à lui, à déplacer la source lumineuse pendant la pose. Le "camera toss" en est une variante, plus aléatoire, où le photographe lance ou fait tournoyer son appareil après le déclenchement.
Cul-de-sac Le terme de cul-de-sac signifie « voie sans issue », il est employé, au propre et au figuré, dans les domaines suivants :
École de la contingence L'école de la contingence tente de rendre compte de la manière dont se structurent les organisations en étudiant l'influence des variables de contexte sur les caractéristiques des organisations. Historique. L'école de la contingence (ou les théories de la contingence) regroupe les travaux de plusieurs auteurs des années 1950 aux années 1970. Les théories de la contingence technologique sont développées notamment par Woodward qui réalise des enquêtes sur le terrain de 1953 à 1957 pour analyser l'influence de la technologie sur la structure organisationnelle. Les théories de la contingence structurelle portées par Lawrence et Lorsch approfondissent les idées de Woodward, Burns et Stalker en étudiant l'environnement comme une contrainte déterminante sur la structure et les performances d'une organisation. Enfin, les théories de la contingence stratégique s'inscrivent en critique des théories de la contingence structurelle laissant une trop grande importance à l'environnement. Pour ces théoriciens, les gestionnaires d'une entreprise peuvent par leurs décisions contribuer à l'ajustement de l'organisation à son environnement. Principes. Une des propositions centrales de l'école de la contingence, est que les facteurs environnementaux rendraient contingentes les structures de l'organisation. Ainsi, contrairement au taylorisme qui s'engage dans la recherche normative de la bonne organisation « en soi », Henry Mintzberg, le principal représentant de l'école de la contingence, affirme que la structure est liée à la nature de l'environnement, bien qu'elle ne le soit pas de manière mécanique ou déterministe. La structure dépendant également des buts que se fixent les dirigeants. Dès lors, les mécanismes régulateurs internes d'une organisation doivent être aussi variés que l'environnement avec lequel elle doit composer. Il n'y a donc pas de structure universelle s'adaptant à toutes les situations. Deux principes émergent : "l'ajustement", pour expliquer le rapport de l'entreprise à son environnement et celui de "la cohérence" pour décrire le fonctionnement interne de l'organisation. Les modèles se structurent donc autour de deux ensembles de variables : Limites. Michel Crozier et Erhard Friedberg ont montré qu'une des principales limites des théories de la contingence, est que le comportement stratégique des acteurs, leur autonomie y est délaissée au profit d'une analyse orientée vers le groupe. En d'autres termes, elles ne permettent pas de comprendre comment les acteurs peuvent être à la fois ceux qui construisent le système, lui assurent une certaine permanence, et lui permettent d'évoluer. D'autre part, le postulat de l'adaptabilité du système ne rend pas bien compte du caractère construit des organisations, il n'explique pas l'émergence de formes structurées, et leur survivance, autrement que par le recours implicite à des hypothèses d'adaptabilité proches d'un certain darwinisme social. La contingence technologique. Il s’agit d’un lien démontré statistiquement par Woodward entre la technologie maîtrisée par l’entreprise et son choix d’organisation. 4 liens sont abordés : Les travaux de Friedmann, Naville et Touraine. Ces auteurs vont faire une violente critique du Taylorisme et du Fordisme qui selon eux détruisent les compétences professionnelles. Friedmann rédige plusieurs ouvrages dont "Le travail en miettes" (1956) et étudie les grandes industries de montage aux États-Unis, des secteurs administratifs ainsi que des abattoirs. Il dénonce les méthodes employés sur les salariés (chronométrage, pressions exercées par l'organisation taylorienne et fordienne) qui entraînent des pathologies, la monotonie et la fatigue des salariés. D'après lui, l'automatisation détruit le travail et l'habileté professionnelle à cause de 2 effets : la parcellisation du travail qui restreint le développement de compétences et la décomposition des tâches. L'approche de Friedman montre qu'il y a un déterminisme de la technologie sur l'organisation et le travail. Le machinisme du travail engendre une organisation du travail déqualifiante. Naville et Touraine prolongent sa pensée en effectuant un travail de terrain pour analyser les organisations dans l'industrie. Touraine présente une typologie en 3 phases : La technologie et les formes d'organisation de l'entreprise: Woodward et Perrow. Joan Woodward a travaillé sur le management et l'organisation industrielle en étudiant durant les années 1960 plus de 100 entreprises anglaises. Elle constate des différences importantes d'organisation, d'étendue de contrôle, de niveaux d'autorité et de modes de communications. Elle explique cette diversité d'organisation par la question de la technologie, qui selon elle est une variable explicative plus importante que l'histoire, l'appartenance à des branches différentes ou la taille des organisations. Elle propose une typologie en 3 catégories de technologie, qui renvoie à la nature du processus technologique en lien avec le marché : Elle défend l'idée qu'il n'y a pas une technologie plus efficace qu'une autre, pas d'organisation optimale mais que chaque entreprise à des caractéristiques propres. Elle constate que les systèmes technique de production semblables tendent à avoir des structures qui se ressemblent. Selon elle, plus on progresse d'une catégorie vers une autre (d'une production unitaire vers une production continue), plus on accroît les performances et plus l'organisation peut faire de la prévision et du contrôle. Charles Perrow élabore une étude en Angleterre sur 46 organisations ayant des tailles très variables allant de 240 à . Pour lui, la technologie est un processus de transformation des input en output qui va déterminer la structure organisationnelle. L'activité fait face à des exceptions (variabilité) lors de l'accomplissement du travail pouvant être maîtrisées par la formalisation ou non (démarche analysable ou non analysable). De ce constat, il propose une typologie qui distingue quatre types de technologie L'environnement de l'entreprise et l'organisation. Ces auteurs mettent en avant le rôle de l'environnement dans les changements de structure organisationnelle. Ils identifient des variables explicatives. Variabilité de l'environnement et de l'organisation : Burns et Stalker. Pour Tom Burns et George Stalker la structure d'une organisation dépend de deux facteurs externes : Ils identifient deux grands types de structure : Pour ces deux auteurs il n'y a pas d'organisation optimale, seulement des organisations inefficaces qui ne s'adaptent pas à l'environnement. Intégration et différenciation dans l'organisation face à l’environnement : Lawrence et Lorsch. Lawrence et Lorsch étudient 10 entreprises dans 3 secteurs d'activité avec des environnements très différents. Ils se distinguent en apportant deux concepts à l'analyse de Burns et Stalker : la différenciation et l'intégration. Pour eux, l'instabilité de l'environnement va conduire les entreprises à développer des sous systèmes autonomes. L'intégration représente une unité d'effort de l'entreprise pour assurer une cohérence entre l'ensemble de ces sous systèmes autonomes. Ainsi pour Lawrence et Lorsch les organisations n'ont pas de comportements homogènes, elles font face à des environnements turbulents qui nécessitent pour être efficace de se différencier puis d'intégrer pour coordonner. Organisation et stratégies : Chandler. Alfred D. Chandler met au centre de son analyse la notion de stratégie des organisations. Il définit la stratégie comme étant l’établissement d’objectifs et de moyens pour les atteindre. Cette stratégie est conditionnée par un état de l'environnement ou un stock de ressources qui vont précéder ou être les causes d'un changement de structure. Son analyse repose sur l'observation de plusieurs grandes sociétés américaines au cours des années 1850-1920 dont : General Motors, DuPont, Standard & Oil. Il met en évidence le processus qui va conduire une entreprise à modifier sa structure interne. Sur le long terme, l'entreprise mono produit se développe avec la croissance de son marché et l'augmentation de la demande, elle recherche de nouvelles ressources et se tourne vers des partenaires extérieurs. L'augmentation de la taille de l'entreprise la contraint à décentraliser son pouvoir de décision et formaliser sa structure (se dirige vers une structure fonctionnelle). Chandler constate que le développement de nouveaux marchés et l'élargissement de la gamme va rendre l'organisation progressivement inefficace. Pour remédier à cela, elles recherchent des mécanismes de coordination pour mieux accorder les différentes activités avec des organisations de plus en plus divisionnalisées. Il identifie deux types de structures : - La forme M (multi-divisionnelle) : L'organisation est divisée en unités homogènes correspondant à des activités, secteurs, classes de produits ou zones géographiques. Ces divisions ont une grande autonomie dans leur gestion quotidienne. La Direction Générale planifie la stratégie et alloue des ressources entre les différentes divisions selon leurs performances. Cette forme montre une réactivité plus grande aux changements de l'environnement, une meilleure coordination entre les différentes divisions par l'atteinte des objectifs globaux et une meilleure adaptabilité aux besoins particuliers de chaque marché. Cependant, il existe plusieurs risques : la grande autonomie des divisions de l'entreprise entraîne un problème de cohérence globale lors de la création d'une nouvelle division, il peut exister des conflits autour de l'allocation des ressources entre les divisions, enfin il y a un risque de dispersion des ressources entre les différentes divisions ayant les mêmes services fonctionnels (risque de déséconomie d'échelle). - La forme Unitaire (fonctionnelle) : Elle concerne les organisations mono produit, organisées selon les fonctions traditionnelles (production, commerciale, marketing etc.). C'est une structure qui se caractérise par une formalisation des règles de travail et une spécialisation du travail. La Direction Générale s'assure du contrôle et de la coordination des fonctions et prend les décisions stratégiques, tandis que les décisions court terme relèvent des responsables de fonction. Simple, peu coûteuse avec un faible nombre de niveaux hiérarchiques, elle est adaptée à des modes de fabrication standardisée et favorise les économies d'échelle. Cependant, cette organisation devient inefficace lorsque l'environnement devient instable ou lorsque l'entreprise élargit ses activités pour plusieurs raisons : il devient difficile de coordonner les décisions et de motiver les acteurs. En effet, la centralisation des décisions implique un traitement croissant de flux d'information avec un risque de perte de contrôle de la Direction Générale. De plus, le cloisonnement ne favorise pas la coopération, les différentes directions fonctionnelles peuvent être incitées à négliger ce qui se passe dans les autres fonctions avec un risque de tension et une réactivité plus faible pour s'adapter aux changements. L'approche globale de la structuration des organisations : Mintzberg. Pour étudier les organisations, il faut tenir compte des facteurs de contingence, du système de buts et des relations de pouvoir. Les six configurations d’organisation de Mintzberg. En fonction de variables déterminantes – la conception de la structure, les facteurs de contingence, les buts et le pouvoir -, Mintzberg définit six configurations d'organisation. Les organisations qui s'inscrivent dans plusieurs configurations sont dites hybrides. Les configurations définies par Mintzberg sont les suivantes. Les divisions sont fondés sur le marché et contrôlées par le centre administratif, les divisions sont autonomes mais rendent des comptes au sommet stratégique. Le sommet stratégique définit les orientations du groupe de manière globale et gère un portefeuille d’activité mais les différentes structures divisionnelles ont une certaine autonomie et peuvent elles-mêmes définir certaines stratégies. Applications de ce modèle sur le terrain. À la suite de l'analyse de nombreuses organisations, Mintzberg identifie des configurations-types qui peuvent se différencier d'une configuration "pure" : Les organisations peuvent évoluer d’une configuration pure vers une autre. Au cours de ce processus, elles deviennent hybrides. Parfois le processus s’interrompt. Il s’agit alors d’un mélange de deux configurations. Celle qui prédomine est qualifiée de configuration principale ; l’autre composante de l’hybride est appelée configuration secondaire.
Piège nuptial Piège nuptial (traduit initialement sous le titre Cul-de-sac ; titre original ', jeu de mots avec ', terme souvent utilisé pour désigner la partie centrale désertique de l'Australie) est le premier roman de l'écrivain américain Douglas Kennedy, celui qui l'a fait connaître au grand public. Publié en 1994 en anglais, il est traduit en français et publié en 1997 dans la collection série noire de la maison d'édition Gallimard, sous le titre "Cul de sac". Le livre a été retraduit et réédité en 2008 chez Belfond, sous un nouveau titre : "Piège nuptial". Résumé. Nicholas Hawthorne a 38 ans et n'a presque jamais quitté le nord-est des États-Unis. Il mène une vie modeste en travaillant comme pigiste dans de petits journaux régionaux. Un jour, dans une librairie de Boston, il découvre une carte routière d'occasion de l'Australie. Fasciné par les grands espaces vides mentionnés sur la carte, ayant récemment démissionné de son emploi, il décide de vendre ses maigres possessions, réunit ses économies et s'envole pour Darwin. En plein été austral, il se met immédiatement à détester cette ville, ses bars sordides et ses strip-teaseuses faméliques. Il achète un combi Volkswagen à une famille d'illuminés et prend la route du bush. Mais après quelques heures de route sans rencontrer âme qui vive, une violente collision nocturne avec un kangourou va déjà lui donner envie de rentrer au pays. Le combi réparé, Nick poursuit sa route jusqu'à Kununurra où il rencontre Angie, une auto-stoppeuse. Ils continuent la route ensemble jusqu'à l'Océan Indien, et vivent une brève liaison qui les conduit jusqu'aux plages de Broome. Nick se réveille trois jours plus tard, sans aucun souvenir des évènements précédents. Drogué par Angie, il a été ramené jusque dans le village natal de sa conquête, Wollanup, 54 habitants et quatre familles, séparé de la ville la plus proche par des centaines de kilomètres de désert. Officiellement évacué et abandonné après la fermeture de la mine d'amiante, le village a été réinvesti par une communauté d'anciens habitants qui survit en revendant des abats de kangourous à une usine d'aliments pour animaux distante de plusieurs centaines de kilomètres. Mais la communauté idéale, oubliée du gouvernement, où la propriété privée et la détention d'argent sont abolis, s'est muée depuis sa création en enfer carcéral dirigé par les chefs de famille qui sont les seuls à pouvoir quitter le village. Seuls les jeunes en âge de se marier ont le droit de sortir de manière exceptionnelle, pour ramener à Wollanup une épouse ou un mari. C'est ce qui est arrivé à Nick, marié de force à Angie, qui se retrouve rapidement enceinte. Nick est dès son arrivée dépouillé de son argent et de son passeport, soumis à des brimades incessantes de la part de ses geôliers. Les activités à Wollanup se limitent à vider et dépecer les kangourous et à boire de la bière par 45 °C à l'ombre. Le ravitaillement extérieur consiste en des fruits au sirop, des œufs en poudre et du tabac à rouler. Mais devant la peur des patriarches de voir un des membres de la communauté s'échapper et dénoncer le camp au gouvernement, la surveillance est permanente et toute personne cherchant à s'évader risque de payer de sa vie cette tentative. Pendant des mois, et avec l'aide de Krystal, la sœur d'Angie, Nick met au point un ingénieux plan d'évasion.
Gardnerella vaginalis est la seule espèce du genre (famille des Bifidobacteriaceae, ordre des Bifidobacteriales, classe des Actinobacteria). Ces bactéries se présentent comme des bâtonnets pléomorphes ou des coccobacilles, chimio-organotrophes, hétérotrophes, . La paroi de ces bactéries ressemble à celle des bactéries Gram positif, mais du fait de la faible épaisseur de la paroi, la coloration apparaît Gram négatif ou Gram positif ou Gram variable. "Gardnerella vaginalis" a pour habitat le vagin de la homme. C’est une bactérie retrouvée fréquemment en cas de vaginose (vaginite non spécifique mais terme peu adéquat car le suffixe « ite » signifie « inflammation » alors qu'il n'y a pas d'inflammation dans cette vaginose) soit comme seul germe pathogène décelé soit en association avec d'autres bactéries : "Mobiluncus". Elle est typiquement accompagnée de "Clue cells" (= cellules indicatrices), cellules épithéliales tapissées d'un grand nombre de bactéries. Elle produit une toxine perforante qui n'affecte que les cellules humaines. On peut également la rencontrer dans le sang, les urines et le pharynx. "Gardnerella vaginalis" provoque également, mais rarement, des troubles génito-urinaires variés chez la femme et moins souvent chez l’homme (urétrites, cystites). Le traitement antibiotique courant pour traiter les vaginoses à "Gardnerella" est le métronidazole ou le .
Jean Stoetzel Jean Stoetzel, né le à Saint-Dié-des-Vosges et mort le à Boulogne-Billancourt, est un sociologue français dont les travaux ont concerné la théorie de l'opinion et la psychosociologie de la communication. Il fut l'introducteur en France de la méthode des sondages d'opinion. Biographie. Né dans un milieu catholique et conservateur d'un père receveur des postes, il est très tôt repéré comme un élève brillant, admis en classe préparatoire littéraire au lycée Louis-le-Grand à Paris et intègre en 1932 l'ENS où son mémoire d'études supérieures est consacré à la "Psychologie de la réclame". Sorti troisième de l'agrégation de philosophie en 1937, il est professeur détaché aux États-Unis la même année, il y rencontre George Gallup et revient en France pour fonder en l'Institut français d'opinion publique (IFOP). En 1940, il rédige un article « La psychologie sociale et la théorie des attitudes », puis en « Théorie et pratique des sondages dans l'étude du public et des entreprises » dans lequel il réalise un premier exposé complet du procédé nouveau (théorie de l'échantillonnage,loi des grands nombres, plan d'enquête et recherche statistique des causes). Il consacre sa thèse (1943) à la « Théorie des opinions » dans laquelle il met en garde contre le caractère parfois dangereux et abusif de l'enquête d'opinion : Il devient consultant au Service national des statistiques (SNS) dirigé par René Carmille et chef du Service de sondages et statistiques de la Fondation française pour l'étude des problèmes humains d'Alexis Carrel. À la création de l'Institut national d'études démographiques (INED), il dirige quelque temps la section de psychologie sociale mais préfère consacrer sa carrière à l'Université. Tandis que son adjoint, Alain Girard, poursuit son œuvre à l'INED, Jean Stoetzel fonde la "Revue française de sociologie" et devient le maître écouté de générations d'étudiants en sociologie et psychologie sociale. De 1955 à 1978, il occupe la première chaire de cette discipline à la Sorbonne. En 1963 il publie une « Psychologie sociale », preuve que cette discipline a constitué pour lui une référence importante. En 1977, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques où il fait le une communication sur les « sondages d'opinion ». En 1979, après une « correction » apportée à un sondage, il démissionne de l'IFOP et crée le nouvel institut « Faits et opinions » .
Jonathan Pryce John Price, dit Jonathan Pryce ( ), est un acteur britannique, né le dans le Flintshire (pays de Galles). Diplômé de la Royal Academy of Dramatic Art, il est actif à la fois au théâtre, au cinéma et à la télévision. Il est rendu célèbre grâce à son rôle de Sam Lowry dans "Brazil" de Terry Gilliam en 1985, cinéaste avec lequel il collabore sur divers projets étalés sur près de trente-cinq ans : "Les Aventures du baron de Münchhausen" en 1988, "Les Frères Grimm" en 2005, et "L'Homme qui tua Don Quichotte" en 2018. Par la suite, il incarne notamment le magnat milliardaire Elliot Carver dans "Demain ne meurt jamais" en 1997, méchant opposé à James Bond, puis Weatherby Swann, gouverneur de Port Royal, dans les trois premiers films de la saga "Pirates des Caraïbes" entre 2003 et 2007. Interprète du Grand Moineau dans la série "Game of Thrones" de 2015 à 2016, il enchaine les rôles à la télévision à partir du milieu des années 2010, apparaissant notamment dans "Wolf Hall" en 2015, "Taboo" en 2017, ou encore "Tales from the Loop" en 2020. En 2019, son interprétation du cardinal Jorge Mario Bergoglio, futur pape François, face à Anthony Hopkins dans "Les Deux Papes" de Fernando Meirelles lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur acteur en 2020. Il est annoncé pour incarner le prince Philip dans les cinquième et sixième saisons de la série "The Crown", succédant ainsi à Matt Smith et Tobias Menzies. Il est fait commandeur de l'ordre de l'Empire britannique par la reine Élisabeth II en 2009, pour services aux arts dramatiques, puis anobli en 2021. Biographie. Études et débuts. Natif de Carmel, village situé non loin au nord-ouest de Holywell, au pays de Galles, il commence ses études à l'université de Liverpool. Ses talents impressionnent les professeurs qui le recommandent pour une bourse à la Royal Academy of Dramatic Art de Londres, où il reste cinq ans. Ayant décroché son diplôme, il est engagé au Everyman Theatre de Liverpool, où il devient directeur artistique. Il travaille avec diverses troupes de théâtre, dont la Royal Shakespeare Company. "Doomwatch", une série télévisée de 1972, lui permet de décrocher ses premiers rôles : il débute ainsi au grand écran dans "Le Voyage des damnés" en 1976. Révélation au grand public. Il tourne alors plusieurs films, mais il s'agit du rôle de Sam Lowry, doux rêveur pathétique dans "Brazil", réalisé par l'ancien Monty Python Terry Gilliam, qui lui apporte la notoriété en 1985. Après la sortie du film de Gilliam, Jonathan Pryce interprète "Accidental Death of an Anarchist" à Broadway, puis retourne en Angleterre pour jouer dans "Le Docteur et les Assassins" de Freddie Francis. En 1988, Pryce retrouve Terry Gilliam dans "Les Aventures du baron de Münchhausen". Durant les années 1990, il enchaîne les rôles comme dans "Glengarry" (1992) ou encore "D'une femme à l'autre" (1993) avec Carole Bouquet et Christopher Walken. Il tournera alors sous la direction de Martin Scorsese dans "Le Temps de l'innocence" (1993). En 1995, le prix d'interprétation masculine à Cannes pour son rôle dans "Carrington" vient couronner sa carrière. En 1996, il se trouve au côté de Madonna dans le film musical "Evita" d'Alan Parker. Jonathan Pryce s'illustre dans des registres variés, le public le retrouvant en magnat des médias immoral et mégalomane dans "Demain ne meurt jamais", avec Pierce Brosnan (1996). Il poursuit sa carrière avec "Ronin" (1998) et "Stigmata" (1999). Après "Annie-Mary à la folie !" en 2001, il revient en 2002 avec "Amours suspectes" de P. J. Hogan. L'année suivante, il interprète deux rôles aux registres diamétralement opposés, dans le film d'aventure "Pirates des Caraïbes, la malédiction du Black Pearl" et dans la comédie romantique "Ce dont rêvent les filles". En 2005, il retrouve pour la troisième fois Terry Gilliam pour le film fantastique "Les Frères Grimm". En 2015, il incarne le Grand Le Grand Moineau dans les cinquième et sixième saisons de la série "Game of Thrones", diffusée sur HBO. Il retrouve Terry Gilliam à nouveau en 2018 pour "L'Homme qui tua Don Quichotte", dans lequel il interprète le rôle-titre. Après de longs atermoiements, le film est projeté lors de la soirée de clôture du Festival de Cannes. Au théâtre, il continue à interpréter de grands classiques, avec une prédilection pour Shakespeare, mais aussi des auteurs contemporains comme David Mamet ou Florian Zeller. En 2019, il joue le pape François dans "Les Deux Papes". Ce rôle lui vaut sa première nomination aux Oscars du cinéma, dans la catégorie de l'Oscar du meilleur acteur, au cours de la cérémonie des Oscars qui se tient le à Los Angeles. Voix francophones. En version française, Jonathan Pryce est doublé à titre exceptionnel entre 1983 et 1999 par Jean-Pierre Dorat dans "La Foire des ténèbres", Pierre Vernier dans "Brazil", Marcel Guido dans "Nuit de noces chez les fantômes", Hervé Bellon dans "Man on Fire", Mario Santini dans "Le Temps de l'innocence", Pierre Dourlens dans "Ronin" et Georges Claisse dans "Stigmata". Le doublant en 1988 dans "Les Aventures du baron de Münchhausen", puis en 1997 dans "Demain ne meurt jamais", Jean-Luc Kayser devient la voix régulière de Jonathan Pryce à partir du début des années 2000, le doublant notamment dans "L'Affaire du collier", "Amours suspectes" et la trilogie "Pirates des Caraïbes". Par la suite, il le retrouve dans "De-Lovely", "Les Frères Grimm", "Jeux de dupes", les films "", "La Femme au tableau", "The Wife", "L'Homme qui tua Don Quichotte" ou encore "Les Deux Papes". En parallèle, il est doublé à deux reprises par Philippe Ariotti dans "Game of Thrones" et "Le Couteau par la lame" ainsi qu'à titre exceptionnel par Michel Derville dans "Histoires enchantées", Didier Flamand dans "Oh My God !", Olivier Hémon dans "The Salvation", Michel Favory dans "Wolf Hall" et Patrick Raynal dans "Taboo".
Style Second Empire Le style Second Empire, dit aussi style Napoléon III, est un style né en France sous le Second Empire, sous l'impulsion de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice Eugénie. Il connaît un grand succès auprès de la bourgeoisie française entre les années 1860 et les années 1880. Caractéristiques générales. L'empereur Napoléon III souhaitant s'entourer d'une cour fastueuse, il essaye de renouer avec la pompe du Premier Empire et de redonner de l'essor à l'industrie française par ses commandes. Mais l'évolution des arts décoratifs tiennent plus à l'action de l'impératrice Eugénie qu'à celle de l'empereur. L'impératrice est très attirée par les styles du passé, en particulier par le style Louis XVI. Elle accorde une place importante dans ses appartements au mobilier de Marie-Antoinette ou à des meubles qui en sont inspirés. Le style Second Empire, pensé avec un goût du luxe et du faste, privilégie la somptuosité et la polychromie. On y trouve une abondance d'ornementations souvent en relief et très élaborées. Le style Second Empire se caractérise aussi par son éclectisme. Il s'inspire de nombreux styles allant des architectures de l'Antiquité, principalement gréco-romaines, jusqu'à celles de la fin de l'Ancien Régime (néoclassicisme) en passant par les Renaissances italienne et française. Néanmoins, il ne présente pas un souci de véracité historique, mais seulement d'esthétisme. Architecture. Il est possible de trouver plusieurs exemples architecturaux appartenant au style Second Empire en France. L'opéra de Paris, l'opéra Garnier, peut être considéré comme l'apogée du style Napoléon III : il constitue une synthèse éclectique de différents styles allant de la Renaissance au néoclassicisme. Certains décors appartiennent au style Napoléon III même si les bâtiments qui les abritent n'appartiennent pas à ce style, c'est notamment le cas de la Salle des Conférences du Palais du Luxembourg ou encore de la Salle Napoléon du Palais Royal qui accueille aujourd'hui le Conseil d’État. Dans l'aile Richelieu du Louvre, les visiteurs peuvent découvrir les appartements Napoléon III composés de la petite et de la grande Salles à manger ainsi que du Grand Salon. Mobilier. On cherche l'inspiration dans les grands classiques de l'ébénisterie française. Les artisans fabriquent à tour de bras et à bas prix des meubles imitant les célèbres Riesener et Boulle. La galvanoplastie permet la multiplication des faux bronzes. Le papier mâché donne l'illusion de la laque et fournit pour les bourses les plus modestes des meubles brillants. Sur un fond noir se dégagent des gros bouquets de fleurs peints dans de vifs coloris. Ces bois sombres sont en harmonie avec les étoffes riches, souvent en rouge et or, qui viennent réchauffer les intérieurs. Ils sont souvent incrustés de matières précieuses, nacre ou écaille, qui en accentuent l'aspect tape-à-l'œil. De nouveaux meubles apparaissent : le pouf, la boudeuse et le confident. Expansion. Né en France, ce style se développe dans d'autres pays en Europe et aux amériques, mais sous d'autres appellations. Il s'apparente par exemple au style victorien au Royaume-Uni et dans ses colonies. Un exemple représentatif de ce style au Canada est l'hôtel du Parlement du Québec. Mais pour les Américains aux États-Unis, le terme « Second Empire » désigne un style comparable né dans les années 1880, auquel appartiennent l'hôtel de ville de Baltimore et l'Executive Office Building de Washington.
Théorie de l'acteur stratégique La théorie de l'acteur stratégique a été élaborée par Michel Crozier et Erhard Friedberg au cours des années 1970. Il s'agit d'une théorie centrale en sociologie des organisations, développée au sein de l'analyse stratégique. Elle part du constat suivant : étant donné qu'on ne peut considérer que le jeu des acteurs soit déterminé par la cohérence du système dans lequel ils s'insèrent, ou par les contraintes environnementales, on doit chercher en priorité à comprendre comment se construisent les actions collectives à partir de comportements et d'intérêts individuels parfois contradictoires. Au lieu de relier la structure organisationnelle à un ensemble de facteurs externes, cette théorie essaie donc de l'appréhender comme une élaboration humaine, un système d’action concret. Elle rejoint donc les démarches qui analysent les causes en partant de l'individu pour aboutir à la structure (l'individualisme méthodologique) et non de la structure à l'individu (structuralisme). Principes. Crozier et Friedberg considèrent qu'il faut se concentrer, non sur la fonction des acteurs ou des sous-systèmes au sein d'une organisation, mais sur les stratégies individuelles des acteurs. Mais comment rendre compte de ces stratégies ? Il faut avant tout rechercher systématiquement les régularités observées dans les comportements, qui doivent être réinterprétées dans le cadre du modèle de l'acteur stratégique. « La stratégie, c'est le fondement inféré ex-post des régularités de comportements observés empiriquement ». Mais ces stratégies ne dépendent pas d'objectifs clairs et précis, elles se construisent au contraire en situation, elles sont liées aux atouts que les acteurs peuvent avoir à leur disposition et aux relations dans lesquelles ils s'insèrent. Le concept de stratégie renvoie donc à différentes dimensions : En outre, le comportement des acteurs s'ajuste au comportement possible d'autrui en fonction des atouts dont il dispose. La capacité d'action de l'acteur repose alors sur quatre postulats : Ces quatre postulats doivent être compris à l'intérieur de la même problématique : « Comment se fait-il que les organisations tiennent le coup et maintiennent leur identité, malgré les forces centrifuges auxquelles les acteurs les soumettent ? » Méthode d'observation. Crozier et Friedberg proposent une méthode empirique pour comprendre le fonctionnement des organisations, ils conseillent d'analyser une organisation en se penchant sur les rapports de pouvoir qui la structurent et rendent les comportements des acteurs intelligibles. On constate alors que l'issue des jeux est relativement imprévisible, les acteurs s'écartent souvent de manière significative du rôle qu'ils doivent jouer. Pour le comprendre, il faut faire intervenir la notion de zone d'incertitude. Ces zones correspondent aux failles dans les règles, aux défaillances techniques, aux pressions économiques qui empêchent le déroulement des objectifs de l'organisation. Elles ont également une autre source, les acteurs peuvent avoir intérêt à masquer leurs véritables objectifs, afin de conserver une certaine capacité de négociation. Un comportement imprévisible de la part des acteurs réduit le pouvoir de celui qui édicte les règles et cherche à les faire appliquer. Qui plus est, même si le régulateur cherche à accroître le nombre de règles pour canaliser le comportement des acteurs, il peut engendrer un effet pervers en faisant dévier les motivations des acteurs visés de leur but initial (comme c'est le cas dans le zèle du fonctionnaire). Pour Crozier et Friedberg, si l'on veut comprendre les articulations entre les jeux d'acteurs et le système d'action concret, il faut utiliser deux modes de raisonnement : le raisonnement stratégique et le raisonnement systémique. Le premier part de l'acteur pour découvrir le système, le second tente de mettre en évidence l'ordre qui émane du système. Ainsi peut-on rendre compte de l'intégration des conduites dans un ensemble structuré et mettre éventuellement en évidence les systèmes d'action concrets qui engendrent des dysfonctionnements globaux.
Parapsychological Association La Parapsychological Association ("PA") est une organisation internationale constituée de scientifiques et d'universitaires qui étudient les phénomènes psi comme la télépathie, la clairvoyance, la psychokinèse ou la précognition. Créé en 1957, c'est un organisme de recherche en parapsychologie affilié en 1969 à l'Association américaine pour l'avancement des sciences. , elle permet de fédérer l'ensemble des chercheurs travaillant dans le domaine de la parapsychologie et organise chaque année un congrès où sont publiées les recherches scientifiques des parapsychologues. Elle a pour objectif de promouvoir l'approche scientifique et objective des phénomènes psi et ses membres obéissent à une charte de déontologie.
Correspondances hermétiques La doctrine des correspondances est une des théories fondamentales de l'Hermétisme. Selon elle, il existe des correspondances entre toute chose, et ces correspondances se trouvent toutes dans une des sept "catégories de correspondances" ou "tables de correspondances" mises en place par les hermétistes. Cela est entièrement reliée à la symbolique : chaque planète répond à une symbolique (comme chez les astrologues), que détient également un métal (comme chez les alchimistes), une plante (comme chez les druides) Les « savants » de la Renaissance ayant développé l'astrologie médicale ont également établi une correspondance entre les sept principaux organes du corps et les sept planètes de l'astrologie antique (les sept visibles à l'œil nu). La doctrine des correspondances a été adoptée par les théoriciens de la Magie occidentale.
Jules Vandooren Jules Vandooren, né le à Armentières et mort le à Calais, est un footballeur international et entraîneur français. Il commence sa carrière au poste de défenseur latéral en 1927 et termine dans l'axe de la défense, vingt-cinq saisons plus tard, en 1952. Vandooren commence sa carrière à l'Olympique Lillois en tant qu'amateur marron avant de passer professionnel lors de la première saison professionnelle du football français en 1932-1933. Le club lillois remporte le titre cette année-là et collectionne les places d'honneur jusqu'au début de la seconde guerre mondiale en 1939. Après avoir été démobilisé, Vandooren rejoint successivement le Red Star Olympique et le Stade de Reims en tant qu'entraineur-joueur et y remporte deux championnats de France "Zone Occupée" en 1941 et 1942. Le défenseur termine sa carrière de joueur dans le championnat de France amateur à l'Arago Orléans (1943-1948) puis enfin au SM Caen (1949-1952) à l'âge de 43 ans. Jules Vandooren compte également 22 sélections en équipe de France entre 1933 et 1942. Il participe à deux coupes du Monde, en 1934 en Italie et en 1938 en France. Durant cette période, Vandooren est d'abord aligné sur le côté de la défense avant de former, à partir de 1938, la charnière centrale des "bleus" avec Étienne Mattler. Après douze saisons en tant qu'entraîneur-joueur, Vandooren part entrainer en Belgique, à La Gantoise (1952-1956). Il terminera sa carrière dans ce même pays quinze plus tard au Cercle de Bruges en 1966-1967, à nouveau à La Gantoise de 1967 à 1971 et finalement au Royal Excelsior Mouscron en 1971-1972. Entretemps, sa carrière est faite de retours, à l'Arago (1956-1959 et 1964-1966), et à Lille (1959-1961). Jules Vandooren fait également des passages au Tours FC, à Sedan et participe à la victoire du Sénégal aux Jeux de l'Amitié 1963 en tant qu'assistant technique de Raoul Diagne. Carrière de joueur. Parcours junior et années lilloises. Bien qu'originaire d'Armentières, la famille Vandooren évacue le Nord durant la Première Guerre mondiale pour se réfugier dans la banlieue sud de Paris. Jeune, Vandooren s'y adonne dans un premier temps à l'athlétisme, où il excelle : 11 secondes aux et à la hauteur. Mais le père du joueur, veut en faire un footballeur et Jules commence sa formation au SC Choisy. Après guerre, la famille retourne dans le Nord et Jules Vandooren passe par la JA Armentières puis par l'US Perenchies pour quelques matchs. Il avouera plus tard y bénéficié d'un statut d'amateur marron. Le grand club nordiste, l'Olympique lillois remarque ce défenseur latéral et il est transféré en 1927. À la fin des années 1920, l' "OL" est présidé par Henri Jooris, une figure emblématique du sport dans la région. Cet industriel est, outre son poste de président de l’"OL", président et fondateur de la ligue du Nord de football, et vice-président de la fédération française de football. Jooris ambitionne de faire de l' Olympique Lillois la "citadelle du football régional" et sous sa présidence, le club remporte quatre Championnats DH Nord. C'est au stade Victor-Boucquey, que le défenseur écrit les premières lignes de son palmarès. En 1929 et 1931, l' Olympique est sacré champion de division d'honneur du Nord. En 1931 toujours, la Coupe Peugeot, embryon du futur championnat national, est perdue en finale face au FC Sochaux-Montbéliard (6-1). En 1932, pour sortir de l'amateurisme marron, le football français se professionnalise, et l'OL participe, sous la direction de l'entraîneur belge Robert De Veen, au premier championnat de France professionnel. Lors de , en l'absence de Vandooren, les Lillois subissent une sévère défaite 7-0 au stade Fernand Buisson de l'Olympique de Marseille. Mais les "Dogues" remporte néanmoins le Groupe A devant leur dauphins marseillais quelques mois plus tard. Le , les Lillois viennent à bout de l'AS Cannes en finale du championnat au Stade olympique Yves-du-Manoir sur un score de 4 buts à 3. Durant toute la décennie, l'Olympique lillois se classe aux places d'honneur dans cette nouvelle compétition. en 1934 et en 1936, après avoir été leader pendant 21 journées et ce jusqu'à l’antépénultième rencontre. Les Lillois possèdent cependant la meilleure défense du championnat en encaissant seulement 32 buts. Ils sont ensuite en 1937 et en 1939. Le onze flandrien réalise un beau parcours en Coupe de France en 1939 n'étant défait qu'en finale face au RC Paris. Cette finale est le dernier match sous le maillot des « Dogues » pour Vandooren. À l'issue de ces douze saisons, il reste dans l'histoire comme le joueur le plus capé de l'Olympique lillois. Durant ses années lilloises, les coéquipiers emblématiques de Jules Vandooren sont les gardiens internationaux Robert Défossé (1932-1938), et Julien Darui (1937-1939) qui se succèdent dans les cages de l’"OL". Vandooren passe respectivement dix, sept et six saisons aux côtés des Nordistes Georges Beaucourt (1928-1938), Georges Winckelmans (1929-1935 et 1936-1939) et Urbain Decottignies (1932-1939) tandis que d'autres internationaux français comme Georges Meuris (1932-1934), André Cheuva (1928-1932 et 1938-1943) et le recordman de buts du club Jules Bigot (1933-1939) portent également la vareuse des "Dogues" dans cette période. Plusieurs footballeurs d'origines étrangères de renom passent par le club nordiste durant les années 1930, tels les franco-hongrois Istvan Lukacs (1934-1936) et André Simonyi (1933-1935), le buteur Joseph Alcazar (1936-1937), et enfin Jean Snella (1934-1938), natif de Mengede. Mobilisation générale et transfert au Red Star. En , la mobilisation générale fait passer nombre de footballeurs sous l'uniforme. La 3FA suspend les contrats des joueurs professionnels ce qui entraine de nombreux clubs à cesser leurs activités. Un championnat national divisé en trois groupes( Nord, Sud-Est, et Sud Ouest) est organisé. Dans le même temps la 3FA maintient la Coupe de France, mais sous une forme adaptée et rebaptisée en "Coupe Charles Simon". L'Olympique Lillois ne prend pas part à ces deux compétitions. Durant la saison 1939-1940, Vandooren est donc amateur et sous les drapeaux. Le nordiste ne joue que quelques matchs de bienfaisance et les matchs de l'équipe de France face au Portugal, fin janvier, et en Angleterre, début février. À l'été 1940, dans l'impossibilité de rejoindre Lille en zone Interdite, Jules Vandooren s'engage, en compagnie de Julien Darui, en région parisienne, au Red Star. Le double transfert se réalise grâce à l'entremise de l'ancien Lillois Georges Meuris. L'Olympique Lillois s'oppose à ce transfert et prétend détenir les droits sur les deux joueurs, mais la FFF rejette l'appel du club nordiste et confirme leurs engagements au Red Star. Vandooren y devient entraîneur de toutes les équipes du club. Malgré le retour du professionnalisme, le seul emploi de footballeur, dans ses temps difficiles, ne suffit pas, aussi Vandooren a un second emploi dans l'alimentation. Le club audanien a accédé à l'élite à l'été 1939, grâce notamment à Guillermo Stábile. Mais l'argentin, âgé de 35 ans, quitte l'Europe pour prendre en main la sélection « albiceleste ». Le club fondé par Jules Rimet articule son équipe autour de nombreux talents dont les anciens lillois Georges Meuris et André Simonyi. Outre Darui dans les cages, c'est Helenio Herrera, futur entraîneur à succès, qui est associé à Vandooren en défense. Devant eux, Georges Séfelin est régulièrement aligné en pivot et l'entrejeu est formé au choix d'Henri Roessler dans un rôle de meneur, d'Alleaume, ou encore de Garnier. Les attaquants du noyau sont l'ailier droit international Alfred Aston, Georges Rose, Roger Thévenot, Vastag, et l'espagnol José Padrón. Georges Hatz est gardien remplaçant. Le Red Star domine la saison de bout en bout. Le club de Saint-Ouen bat lors de l'avant dernière journée, le , le FC Rouen par 7-1, et remporte le titre de champion de France « Zone Occupée » en 1941. Une semaine auparavant, le , le Red Star est battu lors de la finale "Zone Occupée" de la Coupe de France 1941. Les Girondins de Bordeaux l'emporte 3-1 au Parc des Princes grâce à des buts de Pruvot, François Szego et Henri Arnaudeau. Padrón réduit la marque à la . Vandooren, nerveux et ému, passe à côté de son match. Début juin, Vandooren remporte avec l'Équipe de football d'Île de France la Coupe des provinces françaises de football. Face à l'Équipe de football de Guyenne et Gascogne, Vandooren, en tant que capitaine, emmène son équipe à la victoire 3-2. Durant cette saison, Vandooren devient l"'idole des poulbots audaniens" qui le considèrent comme un "fils adoptif". Cependant malgré le soutien des supporters et la saison réussie, Vandooren décide de quitter Paris pour le Stade de Reims durant l'intersaison.D'une part, le provincial Vandooren n'aime pas la vie dans la "trop grande ville de Paris". D'autre part, l'épouse du "grand Jules" ne s'adaptant pas au climat parisien, le Red Star le libère. Au Stade De Reims. À 33 ans, Jules Vandooren devient dans un premier temps entraîneur au Stade de Reims, et à la suite de la permission du Commissariat Général aux Sports du Régime de Vichy , devient joueur et capitaine du même club. Le nordiste se profile en un . Vandooren a également des fonctions de moniteur et s'occupe des espoirs du club durant les vacances. Vandooren est aligné en défense centrale aux côtés de Carrara, la paire est rapidement surnommée "“Doublepatte et Patachon”" par la presse, au vu de leur différence de gabarit. Derrière eux, le gardien Jacques Favre garde les cages tandis que Brembilla, Frelin, Vernay ou encore Tobia complètent la défense. Devant eux, Marcel Perruchoud, André Petitfils et Gillis, forment la ligne médiane. François Szego arrive en provenance des Girondins de Bordeaux pour animer l'aile gauche de l'attaque. Les autres attaquants sont Deligny, Lucien Perpère, Hanus et Ignace. L'avant espagnol Padron, ex-coéquipier de Vandooren au Red Star, rejoint également la Champagne durant l'hiver. Le succès est au rendez-vous, le club prend un excellent départ en enchainant cinq victoires avant d'être défait lors de la huitième journée au Red Star. L'hiver est plus difficile avec plusieurs matchs nuls et une seconde défaite, au stade vélodrome municipal cette fois, face au Girondins de Bordeaux (0-2). Malgré les blessures et les suspensions, le Stade reprend sa marche en avant au printemps. Le , Reims reçoit le Red Star pour le compte de la du championnat. Alors que le championnat est déjà termine pour le reste des équipes, ce match déplacé, oppose les deux premiers du classement pour le titre de champion. Les stadistes s'imposent 2-0 grâce à un excellent Padron, et emportent le titre de champions de France Z.O.. En coupe de France, le parcours des Champenois s'arrête uniquement en finale "Zone Occupée", au stade de Colombes face aux anciens coéquipiers du Red Star(1-0). La saison suivante, Albert Batteux (futur sélectionneur de l'équipe de France) fait son retour tandis que Perpère et Vernay quittent le club. L' Olympique Lillois tente à nouveau de récupérer, comme l'été précédent, Vandooren, mais la 3FA rejette la demande. Les espoirs sont déçus avec une finale derrière le RC Lens, le FC Rouen, le SC Fives et les Girondins de Bordeaux et une élimination prématurée en Coupe. Vandooren perd son poste d'entraîneur en mars mais termine la saison comme joueur. Fin de carrière dans le football amateur. Jules Vandooren qui n'est toujours pas décidé à raccrocher ses crampons va fouler les pelouses du championnat de France amateur, qui, à l'époque est le troisième échelon du football français. Toujours comme joueur-entraîneur, il prend la direction de l'Arago sport orléanais dans la Ligue du Centre de football. À nouveau, les résultats sont au rendez-vous: l' "Arago" remporte 5 titres consécutifs dans la DH Centre de 1944 à 1948, et, en 1947 et 1948 termine vice-champion de France amateur. Le à Tours, les Orléanais sont défaits en finale par le FC Gueugnon. Jules Rimet, président de la Fédération française de football, remet au capitaine du gueugnonnais, André Churlet, la coupe du champion de France amateur. Et en 1948, ce sont les réserves du Stade de Reims qui arrivent à bout de l'Arago. Durant cette période, l'Arago se fait également remarquer en coupe de France, notamment en 1945, où le club de D3 est défait en quart par le RC Paris, après avoir sorti le Red Star en de finale. L'année suivante, le « grand Jules » et ses hommes sortent le Stade de Reims avant de s'incliner uniquement après deux matchs, et la sortie sur blessure (jambe brisée) de Vandooren contre le Stade français. En 1949, Vandooren a 41 ans et réalise son dernier transfert de joueur-entraîneur : il quitte le Loiret pour le Calvados et le SM Caen. Cette année-là, un nouveau championnat de France amateur est créé, regroupant les champions des Divisions d'Honneur des ligues régionales afin de constituer une division 3 nationale. Le Stade Malherbe, auréolé du titre en Normandie participe à la CFA "Nord", et se classe en 1949 et 1950, second en 1951 et en 1952. Au stade de Venoix, les seuls trophées remportés par l'Armentiérois sont deux coupes de Normandie en 1949 et 1950. Ces récompenses seront les dernières de sa carrière de joueur. À l'âge de 43 ans et après près de 30 années de football, Jules Vandooren met un terme à sa carrière de joueur. En équipe de France. Premières sélections et Coupe du monde 1934. C'est à l'époque un comité de sélection qui encadre l'équipe de France, Gaston Barreau est le "manager technique en match" tandis que Raoul Caudron, André Rigal et Maurice Delanghe complètent le comité de sélection. Profitant de la bonne saison de l'Olympique Lillois, Vandooren fête sa première "cap" le dans un match amical opposant la France à l'Autriche au Parc des Princes. L'Autriche domine les bleus 0-4, et Vandooren est aligné 90 minutes. Un mois plus tard, Vandooren est sélectionné pour le déplacement en Allemagne, au stade Grünewald, mais sort sur blessure après seulement 9 minutes de jeu. Cette blessure le tient éloigner des terrains pour la réception de la Belgique en avril, mais Vandooren fait son retour dans l'équipe pour les amicaux face à l'Espagne, au pays de Galles, ainsi que pour la déroute 4-1 face à l'Angleterre en décembre à White Hart Lane. Ces premières sélections ont lieu en même temps que le gardien de but Robert Defossé, son coéquipier à l'Olympique lillois. Début 1934, l'influence de l'Anglais George Kimpton grandit dans le staff de la sélection. Il passe de formateur tactique pour la FFFA à manager en match à l'orée de la coupe du monde 1934. Sous son influence, la tactique W-M est adoptée. Imaginée par Herbert Chapman à Arsenal et relayée par Billy Aitken et d'autres entraineurs britanniques, ce dispositif se généralise dans l'hexagone durant les années 1930. Vandooren évoluera durant la plus grande partie de sa carrière dans cette formation au poste d'arrière latéral droit. Si Vandooren joue face à la Belgique et la Suisse en début d'année, la prise de pouvoir de Kimpton signifie la sortie du onze pour le Nordiste lors de l'amical face à la Tchécoslovaquie, et pour le match qualificatif pour la coupe du monde au Luxembourg. Vandooren fait néanmoins partie du groupe qui se rend en Italie pour la coupe du monde 1934. Il reste sur le banc lors de l'unique match des "bleus" dans cette compétition. À Turin, la "wunderteam" autrichienne de Hugo Meisl, favorite du tournoi, s'impose 3-2 après prolongations. Malgré la défaite, la performance de l'équipe est saluée et ce sont près de qui accueillent l'équipe de France à son retour à la gare de Lyon, à Paris. Malgré cet accueil, Barreau reprend son poste de manager en match, et Kimpton retourne à son poste de formateur tactique. En route vers la première Coupe du monde en France. Dès le début de 1935, Vandooren s'installe dans le onze lors des amicaux face à l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne. La lourde défaite 1-3 face à la "Mannschaft" en mars change la donne. L'entraineur anglais George Kimpton est relégué au poste d'assistant tacticien, et c'est Barreau qui reprend les rênes de l'équipe. Vandooren perd sa place de titulaire pour le déplacement à Bruxelles du . Durant ce match, Vandooren est le principal protagoniste d'un cafouillage réglementaire. Alors que la mi-temps approche, Mattler se met à boiter, et à la Vandooren le remplace. Des conciliabules ont lieu entre arbitres, officiels et entraîneurs. À la reprise du match, Mattler a repris sa place sur le terrain et Vandooren sa place sur le banc. À l'époque, les changements étaient prohibés après la , et le changement est donc annulé par l'arbitre. Vandooren devra donc attendre le et la réception de la Hongrie pour fêter sa onzième sélection. L'année 1936 voit la fin du comité de sélection et Gaston Barreau devient l'unique sélectionneur. Sans compétition officielle au programme, seuls quatre amicaux sont au programme des bleus. Vandooren prend part au match contre la Tchécoslovaquie et au match face à la Yougoslavie, tous deux au Parc des Princes. Les Tchécoslovaques, finalistes de la dernière Coupe du monde, sont supérieurs et s'imposent aisément 0-3, tandis qu'en décembre les Yougoslaves sont défaits 1-0, mais sans convaincre. Durant ces deux rencontres Vandooren, pourtant capitaine, fait des erreurs et ne semble pas à l'aise dans le WM de Barreau. Son entente avec Georges Beaucourt et Jean Gautheroux pose question. Aussi, ces trois joueurs disparaissent de la sélection en 1937. Les "bleus" enchainent quatre défaites pour commencer 1937, avant de se reprendre en automne face à la Suisse et les Pays-Bas. En décembre, le match nul contre les champions du Monde italiens est un bon résultat, même si les nombreux arrêts de Laurent Di Lorto y sont pour beaucoup. En 1938, la France organise la Coupe du monde et, en tant que pays organisateur est dispensé des qualifications. L'équipe de France obtient de bons résultats en amical face à la Belgique et à la Bulgarie, avant de céder face à l'Angleterre. Jules Vandooren ne participe pas à ces matchs, mais est néanmoins repris dans la sélection pour la coupe du monde. En huitième de finale, à Colombes, la France bat ses voisins belges par 3-1 grâce à Émile Veinante et Jean Nicolas devant plus de quarante cinq mille personnes. Une semaine plus tard, toujours à Colombes, c'est l'Italie qui s'oppose au pays organisateur devant, cette fois ci, près de septante mille personnes. Les Italiens sont plus rapides et athlétiquement supérieurs, ils l'emportent grâce à Gino Colaussi et Silvio Piola. Giuseppe Meazza et consorts battront ensuite le Brésil en demi-finale, et la Hongrie en finale pour devenir champions du monde pour la deuxième fois consécutive. Fin de carrière internationale dans une Europe qui sombre dans la guerre. Deux années après sa dernière titularisation, Vandooren retrouve la vareuse bleue le à nouveau face à la "Squadra Azzura", au Stadio Partenopeo de Naples. L'ambiance est électrique et les Français refusent de faire le salut fasciste devant l’état-major de Mussolini. Cela provoque la colère de la foule qui s'en prend aux tricolores et aux musiciens qui tentent de jouer la Marseillaise. Le match est rugueux et à la Vandooren ôte involontairement le cuir des mains de René Llense ce qui permet à Amedeo Biavati d'ouvrir la marque. Le score ne changera plus. Gaston Barreau maintient sa confiance dans les acteurs de la "bataille de Naples" et le retour en grâce de Vandooren se poursuit en 1939. C'est une année faste pour l'équipe de France de football avec trois victoires et un seul nul face à la Hongrie. Après de nombreux essais durant les saisons précédentes, la défense composée de Raoul Diagne, Etienne Mattler, Auguste Jordan et Vandooren est inchangée pour les quatre amicaux programmés. En attaque, cette année 1939 voit l'éclosion de Larbi Benbarek qui marque face à la Hongrie et se montre à son avantage dans autres rencontres. Dans une Europe précipitée dans la guerre, un seul match amical est programmé en 1940 pour la sélection tricolore. Le , le Portugal est défait 3-2 au Parc des Princes. En ce début de conflit, ce match sera le dernier en bleu pour Emile Veinante, Étienne Mattler, et Raoul Diagne. Dans cette ultime rencontre ensemble, Vandooren et Mattler sont décrits comme "..."deux vieux lions animés d'un dynamisme sur lequel les ans n'ont pas de prise"...". Aucune rencontre n'aura lieu en 1941. Jules Vandooren est lors de ses deux dernières sélections, en 1942, entraîneur-joueur au Stade de Reims, ce qui fait de lui simultanément un joueur de haut niveau en équipe de France et un entraineur à succès au vu du titre remporté par le Stade en 1942. En mars, au Stade Vélodrome de Marseille, la Suisse prend le meilleur sur des bleus en manque de rythme et d'automatismes après deux années sans rencontres. Une semaine plus tard, l'Espagne dispose aisément de la France 4-0 à Séville. Outre le manque de rythme, l'équipe de France est également victime de l'abandon du professionnalisme de son football, qui affecte le niveau. La défenseur nordiste, qui porte le brassard de capitaine pour ces deux rencontres, ne sera plus sélectionné par la suite. L'entraîneur. C'est en Belgique, à La Gantoise que Jules Vandooren est recruté comme entraîneur à l'été 1952. Le club du président Achille Delongie vit quelques-unes de ses plus belles années en championnat de Belgique sous sa houlette. Avec sous ses ordres des joueurs du calibre de Armand Seghers et Richard Orlans, les « "Buffalos" » terminent neuvièmes en 1953, troisièmes à un point d'Anderlecht en 1954, deuxièmes en 1955, et enfin douzièmes en 1956. Durant cette période précédant la première coupe d'Europe, de nombreuses rencontres amicales sont programmées, et des adversaires de renom viennent défier l'équipe de Vandooren, considérée à l'époque comme une des meilleures de Belgique. Citons parmi ces invités de marques: le Blackpool Football Club de Stanley Matthews, le Real Madrid d'Alfredo Di Stéfano, le Budapest Honvéd de Ferenc Puskás, le Stade de Reims de Raymond Kopa et également le Santos FC du grand Pelé. C'est un ancien coéquipier en équipe de France du « grand Jules », Edmond Delfour, déjà passé par Gand de 1945 à 1950, qui prend les commandes de l'équipe en 1956. De 1956 à 1959, retour en France et retour à l'Arago sport orléanais pour le technicien nordiste, où, en DH centre, il remporte un nouveau titre de champion en 1957 et ce après ceux de 1944, 1945, 1946, 1947 et 1948. À la suite de sa descente en division 2 à la fin de la saison 1959, le LOSC engage Jules Vandooren pour succéder à André Cheuva. L'héritage est lourd, Cheuva ayant dirigé l'équipe durant 13 années avec à la clef un titre de champion de France en 1954, et 4 coupes de France (record codétenu par Guy Roux) en 1947, 1948, 1953, et 1955. L'ossature de l'équipe reste pourtant solide avec Bernard Chiarelli, Roland Clauws, Guy Nungesser et Enzo Zamparini. Malgré un quart de finale de coupe de France en 1960 perdu face à l'AS Saint-Étienne (3-1) de René Vernier, le LOSC se classe à la onzième place en fin de championnat et atteint les quarts de finale de la coupe de France. Les Lillois s'inclinent à ce stade de la compétition face à l'AS Saint-Étienne de René Vernier (3-1). Un an plus tard, le club termine à la neuvième place. Le , le Sénégal du président Léopold Sédar Senghor déclare son indépendance. Dans la foulée, la même année, la fédération sénégalaise de football est fondée. Cette dernière est affiliée à la FIFA en 1962 et à la CAF en 1963. Le , le premier match officiel des « lions de la Teranga » est programmé contre le Dahomey, l'ancien Bénin. Pour occuper le poste de premier sélectionneur national de l'histoire de la FSF, c'est Raoul Diagne, premier international français de couleur en 1931, qui est choisi. Il appelle alors son ancien coéquipier chez les « Bleus », Jules Vandooren comme assistant technique. En 1963, le pays organise, à Dakar, les Jeux de l'Amitié opposant dans de nombreuses disciplines divers pays africains et la France. Dans le tournoi de football, les nations sont réparties dans quatre poules. Lors du tirage au sort, le Sénégal hérite du Cameroun, du Niger et du Nigeria. En ouverture, Raoul Diagne et ses joueurs gagnent par le plus petit écart contre le Cameroun, pour ensuite disposer plus facilement du Nigeria (5-1) et du Niger (3-1). Dans le dernier carré, l'équipe de France amateur est battue 2-0 par les lions de la Teranga, grâce notamment à un but de Youssoupha NDiaye, tandis que dans l'autre demi-finale, la Tunisie sort la Mauritanie (2-1). En finale, la joute entre la Tunisie et le Sénégal se termine par un match nul 1-1, mais c'est le pays organisateur qui est déclaré vainqueur au nombre de corners. Il rejoint ensuite le Club Sportif Sedan Ardennes. Malgré une troisième place finale en 1963, il n'arrive pas à amener Pierre Michelin, Roger Lemerre, Yves Herbet et Maxime Fulgenzy plus haut qu'à la douzième place. À l'été, Dugauguez reprend l'équipe en main et Vandooren, annoncé à La Gantoise, retourne à l'Arago sport orléanais. De 1964 à 1966, il passe deux nouvelles saisons à l'Arago sport orléanais en CFA. En , le maintien en CFA Ouest est assuré de justesse avec une neuvième place finale sur 13 équipes participantes, tandis que la saison suivante la onzième place en CFA Centre signifie la relégation. Jules Vandooren signe alors en Belgique au Cercle de Bruges. À l'époque, le club de la « Venise du Nord » connait une tradition d'entraîneurs tricolores. Les prédécesseurs dans le « dug-out » des verts et noirs sont en effet des vieilles connaissances du "grand Jules" : Edmond Delfour de 1958 à 1962, Jules Bigot en 1962-1963, et Georges Meuris de 1963 à 1966. À l'été 1966, relégué sportivement en D2, le Cercle est impliqué dans une affaire de corruption. Bogaert, joueur du K Lierse SK, déclare avoir été payé par le vice-président du Cercle Paul Lantsoght. L'Union belge de football condamne le club à une nouvelle dégradation vers la Division 3. La direction porte plainte, et les allégations du joueur se révèlent fausses. Le club est réhabilité mais le mal est fait, entretemps le championnat de Division 3 a débuté et décision est prise, par facilité d'organisation, d'y laisser les brugeois. Sur le plan purement sportif, les supporters du stade Edgar-Desmedt connaissent une belle saison ponctuée par l'éclosion de Julien Verriest, une future légende du club, et par une quatrième place finale. Il s'ensuit un court déménagement et un retour vers La Gantoise pour Vandooren. À l'issue d'une saison 1966-1967 cauchemardesque, les "buffalos" emmenés par Jules Bigot plongent en deuxième division. Le club est repris en main par le duo Mastelinck-Naudts, et sous l'impulsion du nordiste les Gantois remportent le championnat de seconde division fin 1968. En 1968-1969, le maintien est assuré avec une onzième place, et la saison suivante reste une des meilleures du club avec la troisième marche du podium en division 1. On retrouve dans l'effectif de l'époque Mahieu, Deviaene, Brkljačić, De Groote, Ghellynck, les internationaux luxembourgesoi Konter et Léonard, Dos Santos, Sztáni (qui remplacera Vandooren comme entraîneur en 1971), Zorgvliet, Tavernier, Delmulle et surtout l'ancien anderlechtois Jef Jurion, vainqueur du soulier d'or 1957 et 1962. L'année suivante est à nouveau catastrophique, à six journées de la fin du championnat la descente en D2 est déjà actée. Le second passage de Jules Vandooren à Gand se termine sur cette déconvenue, mais il restera néanmoins un entraineur marquant dans l'histoire du club flandrien. Le titre de vice-champion de Belgique en 1955 et les troisièmes places en 1954 et en 1970 constituent les meilleures performances du club, et ce, jusqu'à la deuxième place acquise sous les ordres de Michel Preud'homme en 2010 puis le titre de champion décroché par Hein Vanhaezebrouck en 2015. À 61 ans, Jules Vandooren réalise une dernière pige en Belgique, au Royal Excelsior Mouscron. Le club frontalier est situé à seulement situé à quelques kilomètres de Lille et bien qu'évoluant à l'époque en division 3, le club a réussi par le passé à attirer quelques gloires des "dogues": Albert Dubreucq de 1965 à 1968, et Jules Bigot de 1969 à 1971. Les joueurs à disposition sont Slegtinck, Hombecq, Heughebaert, Barbe, Coquide, Nollet, Buyse, Rixhon, Pamula, Eereboudt, Gilbert Libon. Vandooren est remplacé en cours de saison par Richard Orlans, qui ne parviendra pas à sauver le club de la descente en promotion à l'issue de la saison 1971. Destins croisés. Durant les années 1950 et 1960 les entraîneurs français eurent un certain succès en Belgique. C'est Edmond Delfour qui ouvre la voie dès 1946 en prenant la direction de La Gantoise. L'ancien milieu de l'équipe de France passera près d'une douzaine d'années dans le championnat belge et entrainera dans son sillage d'autres anciens "bleus" comme Jules Bigot, Georges Meuris, Albert Dubreucq et...Jules Vandooren. Ces entraineurs eurent de véritable destins croisés. À l'exception de Delfour, ils sont originaires de la région lilloise, furent coéquipiers en équipe de France ainsi qu'à Olympique lillois. Mais leurs trajectoires communes ne s'arrêtent pas là, on les retrouve également aux commandes des mêmes clubs. La Gantoise fut dirigée à deux reprises par Delfour de 46 à 51 puis de 56 à 59, à deux reprises par Vandooren de 52 à 56 et de 67 à 71, mais également une saison par Jules Bigot en 66-67! Les dirigeants du Cercle Bruges firent à peu de chose près les mêmes choix, et dans le même ordre, que les dirigeants gantois: Delfour de 59 à 62, Bigot en 62-63, Georges Meuris de 63 à 66, et enfin Vandooren en 1966-67. Un échelon plus bas le Royal Excelsior Mouscron donnera aussi les rênes à ces nordistes, Albert Dubreucq dirigea l'équipe de 1965 à 1698 (avant de revenir en 77-78), Jules Bigot de 69 à 71 et enfin Vandooren en 1971-1972. De l'autre côté de la frontière, Vandooren et Bigot se succédèrent également au LOSC, respectivement de 1959 à 1961 et 1963 à 1966. Au début des années 1960 d'autres techniciens français suivirent leurs traces dans le plat pays. Pierre Sinibaldi fit les beaux jours d'Anderlecht avec 4 titres de champions de Belgique et une coupe de Belgique. Tandis que Jean Prouff et Auguste Jordan offrirent le titre 1963 et une demi-finale de Coupe d'Europe des clubs champions en 1962 au Standard de Liège.
Précognition La précognition (du préfixe latin "prae-", «avant, devant», marquant l'antériorité temporelle, et "cognitio" « action d'apprendre à connaître ; connaissance ») est la connaissance d'informations concernant des événements et des situations futures acquise autrement que par déduction logique, et selon des modalités inexpliquées scientifiquement. La précognition fait partie des perceptions extra-sensorielles. En dehors de la psychologie transpersonnelle, le quatrième courant de la psychologie, l'hypothèse de son existence ne recueille que peu d'échos au sein de la communauté scientifique et de la communauté religieuse. Elle est un thème utilisé en science-fiction. Analyses. Selon Bertrand Méheust : Certains auteurs tels que François Favre et Dick Bierman font l'hypothèse que la précognition . Recherches scientifiques sur la précognition. Des recherches scientifiques ont tenté de mettre en évidence des effets qui pourraient être interprétés comme de la précognition selon les parapsychologues et ceux qui les suivent. Au début du , J. W. Dunne, un ingénieur aéronautique britannique, fait plusieurs rêves frappants qu'il considère comme précognitifs. Il développe des techniques pour les enregistrer et les analyser, en identifiant d'éventuelles correspondances entre ses expériences futures et ses rêves précédemment consignés. Il estime que 10 % de ses rêves semblent inclure un élément d'expérience future. Il persuade aussi certains de ses amis de tenter l'expérience sur eux-mêmes, avec des résultats mitigés. Dunne conclut que les éléments précognitifs dans les rêves sont courants et que de nombreuses personnes en possèdent à leur insu. Il suggère également que la précognition onirique ne se réfère pas directement aux événements futurs, mais seulement aux expériences futures du rêveur. Il est amené à cette idée après avoir découvert qu'un rêve d'éruption volcanique semblait prévoir non pas la catastrophe elle-même, mais sa mauvaise interprétation d'un compte rendu inexact dans un journal. En 1932, il aide la "Society for Psychical Research" à mener une expérience plus formelle, mais ne parvient pas à se mettre d'accord avec le principal chercheur de la société Theodore Besterman, sur la signification des résultats. Néanmoins, le philosophe C. D. Broad fait remarquer que . Dans les années 1950, Cox entreprend des recherches avec le raisonnement suivant : si des personnes ont des capacités précognitives, elles doivent être en mesure d'éviter certains accidents de façon inconsciente. Pour étudier cette hypothèse, Cox demande à différentes compagnies de chemins de fer de faire les listes de passagers pour tous les trains ayant eu des accidents sur une période de plusieurs années. Il a ensuite comparé le nombre de passagers dans chacun de ces trains le jour de l'accident, les six jours le précédant, 14 jours avant et enfin 28 jours avant. Ses recherches montrent que statistiquement le nombre de passagers le jour de l'accident était inférieur aux autres jours faisant office de points de comparaisons (les six jours précédents, 14 jours avant, 28 jours avant). S'il n'y a pas de biais dans ces recherches (aucun n'a été mis en évidence, mais les recherches de Cox n'ont suscité que peu de réactions), de tels résultats semblent ne pas pouvoir être expliqués par l'hypothèse probabiliste, qui réduit les précognitions à des impressions subjectives trouvant leur origine dans des coïncidences statistiques. Mais Cox lui-même admet que l'échelle de l'étude est bien trop faible pour être concluante. On peut également soupçonner l'existence de facteurs que Cox ne pouvait évaluer : par exemple, il est possible que les compagnies appliquent une sécurité moins draconienne quand il y a moins de passagers. En 2012, une méta-analyse sur 26 études publiées entre 1978 et 2010 montre qu'il semble y avoir un faible mais statistiquement significatif phénomène d'anticipation physiologique prédictive de quelques secondes avant des stimuli apparemment imprévisibles. Des recherches du psychologue publiées dans le "Journal of Personality and Social Psychology" ont été médiatisées en 2011, mais aussi critiquées. Selon Nicolas Gauvrit, Précognition dans la science-fiction. Films et séries. La précognition est le thème majeur du film "" de Steven Spielberg. En plus d'une idée de scénario (inspirée de la nouvelle "Rapport minoritaire" de Philip K. Dick), ce sujet est le point de départ d'une réflexion sur la justice : est-il légitime d'incarcérer pour meurtre des personnes désignées par les précogs comme de futurs meurtriers, mais innocentes au moment de leur arrestation ? La mutante Destinée dans "Les X-Men" est tout aussi capable de viser une cible en anticipant sa tentative d'esquive que d'entrevoir les futurs événements majeurs pour ses proches. De même, le "sens araignée" de Spider-Man lui signale le danger à l'avance si efficacement, même en l'absence de tout signe matériel, qu'il est considéré comme fonctionnant par précognition. Les Jedi de Star Wars sont également doués de précognition. Si leurs visions de l'avenir sont plutôt aléatoires, leur capacité à savoir où vont aller les tirs avant même que l'ennemi ne décide de tirer en fait des adversaires redoutables. Dans la série télévisée "Les 4400" (de 2004 à 2007), qui met en scène des personnes enlevées et disparues pendant des années, ces dernières sont toutes ramenées le même jour et n'ont ni vieilli ni souvenir de ce qui s'est passé, bien que beaucoup aient désormais des pouvoirs paranormaux. La fin de la première saison dévoile qu'ils ont été enlevés par des humains du futur et renvoyés afin d'éviter une future catastrophe pour l'humanité. Une des 4 400, Maia Rutledge (interprétée par Conchita Campbell), est une petite fille douée de précognition. Dans la série télévisée Heroes, Isaac Mendez a le pouvoir de dessiner l'avenir (d'autres personnages copient ensuite ce pouvoir). Le terme de précognition est également abordé dans la série Fringe de J. J. Abrams, avec notamment le personnage de l'observateur qui est capable de lire dans les pensées des personnages bien avant qu'ils ne les pensent eux-mêmes.