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Bdale Garbee Bdale Garbee (de son vrai nom Barksdale Garbee) est une personnalité de la communauté du logiciel libre. Il était directeur des systèmes d'information GNU/Linux chez Hewlett-Packard (maintenant retraité de cette position ), président de l'association Software in the Public Interest et membre du conseil d'administration de la fondation Linux. Debian GNU/Linux. Il contribue au logiciel libre dès 1979 et s'implique dans les développements de la distribution Debian durant des années, puis en devient chef de projet d'avril 2002 à avril 2003. Il remporta les élections en devançant les autres candidats, Raphael Hertzog et Branden Robinson. Il se représente aux élections de 2003 face à trois autres candidats, Branden Robinson, Moshe Zadka et Martin Michlmayr, mais ce dernier remporte l'élection. En mars 2011, il accepte de rejoindre le conseil de la Fondation d'administration et préside son comité consultatif technique du projet FreedomBox. Distinction. En , Bdale Garbee reçoit un Lutèce d'Or en tant que personnalité du Libre de l'année 2008. |
Génitif En linguistique, le génitif est un cas grammatical utilisé pour marquer un complément du nom. Il exprime notamment la possession dans de nombreuses langues (voir possessif (cas)). Il peut être indiqué au moyen de déclinaisons du nom du possesseur (comme en latin), en ajoutant un affixe à ce nom (comme en anglais et en néerlandais), en modifiant l'article défini (comme en allemand) ou en utilisant une adposition qui marque la possession (comme en français). Il faut entendre cette notion de « possession » au sens large, puisqu'elle inclut généralement la relation de partie au tout : "Mary's house" et "Mary's leg" (la maison de Marie / la jambe de Marie) ne réfèrent pas au même type de relation ; ainsi que les relations parentales ("Mary's mother" = la mère de Marie). Il peut aussi, comme dans les langues slaves, par exemple, prendre un sens de partitif (p.ex. : выпить стакaн воды, boire un verre d'eau). Cela provient du fait que les nombres fonctionnent (ou ont fonctionné à un moment) comme des noms (cf. Une douzaine d'œufs). En allemand. Le génitif allemand peut être postposé ou antéposé (placé après ou avant le nom auquel il se rapporte). Dans ce dernier cas, il se substitue alors à l'article défini, et on parle de "génitif saxon". Génitif « ordinaire ». La marque forte du génitif est -(e)s au masculin et au neutre singulier et -(e)r au féminin singulier et au pluriel. L'article défini au génitif est : L'article indéfini au génitif est : Le génitif se marque également sur le substantif au masculin et au neutre singulier : Dans un groupe nominal au génitif, comme aux autres cas, l'adjectif prend la marque faible en présence de l'article, qui, au génitif, est toujours marqué. En revanche, contrairement aux autres cas, il ne prend la marque forte en l'absence d'article que lorsque le substantif ne porte pas la marque : ainsi, on dira "guter Gesellschaft" (de bonne société) mais "guten Geschmacks " (de bon goût). Ces règles connaissent certaines exceptions : mais l'histoire de la France moderne se dira "Die Geschichte des modernen Frankreich" (sans -s) ; de même la vie de Mozart se dira indifféremment "das Leben Mozarts" ou "das Leben des Mozart" (sans le "s") Génitif saxon. Il se forme de manière analogue au génitif ordinaire pour les noms communs ou les noms propres employés avec l'article. Pour les noms propres employés sans article, il se forme, à tous les genres, même au féminin, par l'adjonction d'un -(e)s. Il est antéposé et se substitue à l'article (défini) du nom qu'il détermine. Très utilisé en langue poétique, il ne s'emploie plus en langue courante que pour les noms propres sans article. Par ailleurs, pour ces noms, le génitif formé par l'adjonction de la marque -(e)s peut également, contrairement à l'anglais par exemple, être postposé. Ainsi l'expression : "le chien d'Anne" peut se dire : En anglais. Le génitif anglais est souvent appelé le possessif. Il se forme avec un " 's" pour les noms singuliers et pluriels qui ne se terminent pas en -"s" : "man's", "men's" (d'un homme, des hommes). Il se forme avec" ' "seul pour les noms pluriels qui se terminent en "-s" : "buses' "(des autobus). Il se forme avec l'une des deux manières pour les noms singuliers qui se terminent en "-s" : "bus's" ou "bus' "(de l'autobus). Quand il s'agit d'un nom propre terminé en -s, on ajoute "'s" : "Charles's book" ('le livre de Charles'), mais on lit souvent "Charles' book". En basque. La possession en basque est marquée par le cas "noren", avec les suffixes ("-(r)en", -"aren") ajoutés au radical du nom ou de l'adjectif. Il existe cependant un génitif spatio-temporel (cas "nongo"), avec les suffixes -"(e)ko", -"go", -"(e)tako", qui est un complément de lieu et de temps. Par exemple, pour le génitif possessif : Par contre, on utilise le cas "nongo" pour le génitif locatif : Ce même cas est utilisé pour indiquer aussi la location temporelle : En breton. Dans ce qui suit, la confusion est faite entre le génitif ("Ki ar verc'h" / "Ki ur verc'h", c'est-à-dire, 'Le chien de la fille' / 'Le chien d'une fille') et l'adjonction ("An tamm bara", 'Le morceau de pain'). Dès lors que le mot breton est complété par un complément défini, le mot principal est alors considéré comme étant suffisamment défini et perd son propre article. Nom 1 : "ar c'hi" ('le chien', avec mutation après l'article) plus nom 2 : "ar verc'h" ('la fille') Nom 1 + nom 2 = "Ki ar verc'h" ('Le chien de la fille' : le mot complété "ki" perd son article et donc sa mutation initiale de "k"- à "c'h-") Ce complément de nom est un problème relativement délicat : il faut apprécier en effet chaque fois la nature du complément (défini ou indéfini). Quand on dit que le complément du nom est défini et que le nom complété perd son article, il faut préciser que le complément du nom est considéré comme suffisamment défini s'il est précédé d'un article indéfini : Nom 1 : "ar c'hi" ('le chien') + nom 2 : "ur verc'h" ('une fille', c'est en principe un nom indéfini, mais il est considéré comme suffisamment défini pour la présente règle). Nom 1 + nom 2 = "Ki ur verc'h" ('Le chien d'une fille'). Par contre, dans l'exemple suivant, le complément du nom est un véritable indéfini, et le nom complété garde donc son article : Nom 1 : "An tamm" ('Le morceau') + nom 2 : "bara" ('pain'). Nom 1+ nom 2 : "An tamm bara" ('Le morceau de pain', partitif). En grec ancien. L'emploi du génitif est nettement plus étendu en grec ancien qu'en latin: en effet, la déclinaison nominale grecque a perdu l'ablatif, conservé en latin, et les valeurs de ce cas ont été essentiellement transférées au génitif. Ainsi, le génitif grec, en plus des emplois signalés pour le latin, exprime l'origine spatiale ou temporelle, notamment après les prépositions qui ont ce sens (έξ "éx" suivi du génitif = "ex" suivi de l'ablatif en latin = sortant de; άπό "hápó" suivi du génitif = "ab" suivi de l'ablatif en latin = venant de, ou depuis, etc.). De même, à l'ablatif absolu du latin correspond le génitif absolu en grec. Par exemple: "ὁ ἥλιος (ho hḗlios;" le soleil), "δύνω (dúnō;" se coucher)→ "τοῦ ἡλίου δύνοντος" "(toû hēlíou dúnontos"; le soleil se couchant, au coucher du soleil). Les compléments d'adjectif à l'ablatif en latin sont au génitif en grec: "digne de " se dit "dignus" avec l'ablatif en latin, άξιος "áxios" avec le génitif en grec. En outre, l'emploi du génitif comme complément de verbe est beaucoup plus étendu en grec qu'en latin (après des verbes signifiant "atteindre" ou "désirer" ou des verbes signifiant "entendre", "sentir", "toucher" etc. ou avec une valeur partitive après les verbes signifiant "manger" ou "boire"). En latin. En latin, le génitif marque, en général, le complément du nom. Par rapport au nom qu'il complète, le génitif peut marquer plusieurs types de rapports, comme celui de possession (caput "Petri", la tête de Pierre; liber "Petri", le livre de Pierre) ou de parenté (filius "Petri", le fils de Pierre). Le génitif partitif exprime le tout dont est mentionnée une partie (fortissimi "Romanorum", les plus courageux des Romains; extremum "provinciae", l'extrémité de la province). Le génitif peut également servir de complément d'adjectif, (vestri "similes", semblables à vous), ou de verbe ("meminisse", se souvenir de ; "oblivisci", oublier). Le verbe "être" construit avec le génitif signifie "est le propre de..." (Ridere "hominis" est, "rire est le propre de l'homme"). En letton. En letton, on décline les noms, les adjectifs, les adjectifs numéraux et les pronoms. Les substantifs (ou les noms) peuvent être soumis ou non soumis à la flexion ("locījums"). Les noms soumis à la flexion se partagent en six groupes, appelés déclinaisons ("deklinācijas"), par le genre et la terminaison du nominatif : Pour former le génitif, en fonction du groupe et du nombre grammatical (pluriel ou singulier), la terminaison des lemmes change. En néerlandais. En néerlandais, le génitif se marque par l'ajout d'un "s", "'s" ou d'une apostrophe ( ' ) : Des formes archaïques n'obéissant pas à ces règles, et des génitifs avec article, se conservent dans certaines expressions figées: 's-Gravenbrakel (Braine-le-Comte, avec en français aussi un cas régime archaïque), 's-Gravenhage (La Haye, m-à-m. Haye-le-Comte), 's-Hertogenbosch (Bois-le-Duc), de Opperbouwmeester des Heelals (le Grand Architecte de l'Univers), 's avonds (pour "des avonds", avec article: « le soir »), des daags (« de jour », avec allongement du a, notamment dans la version néerlandaise du Règlement international pour prévenir les abordages en mer), etc. En picard. La langue picarde a conservé un reste du génitif de l’ancien français (qui venait lui-même du génitif latin). En ancien français la possession pouvait être exprimée de deux façons : en utilisant une préposition (généralement "a", « à », ou "de", « de »), ou alors en recourant à ce reste de génitif latin qui consistait à mettre le nom possédant au cas régime et ne pas mettre de préposition. Par exemple, Jean de Joinville écrit en 1275 : "Je, Jehan [...], faiz escrire la vie_nostre saint roy Looÿs" (« Moi, Jean, je fais écrire la vie de notre saint Roi Louis »). Cette pratique a disparu progressivement, on n’en retrouve plus de traces réelles dans l’usage après le sauf dans des expressions figées dont certaines nous sont parvenues comme « Hôtel-Dieu » ("ostel Dieu" ou "ostel a Dieu" en ancien français), « Fête-Dieu » ("la feste Dieu" ou "feste a Dieu"), etc. En picard, cet usage du génitif s’est cependant maintenu jusqu’à nos jours mais uniquement dans les cas où le possesseur est un nom propre. Ainsi, « le chapeau de Baptiste » se dira en picard : "ech capieu_Batisse". L’utilisation de la préposition "à" est également possible, comme en français courant : "ech capieu à Bâtisse". Si le nom propre est précédé de qualificatifs (par exemple « notre bon Paul »), on utilise systématiquement la préposition "à". Ainsi, « le chapeau de notre bon Paul » se traduira "ech capieu à no boin Paul".<br> Le génitif ne s’utilise qu’avec un nom propre et uniquement s’il n’y a rien entre le possédé et le nom propre du possesseur (comme dans "ech capieu_Batisse"). Ainsi, dans la phrase « le chapeau de mon voisin », puisque "mon voisin" n’est pas un nom propre, le picard ne traduira pas avec un génitif mais avec la préposition "à", ce qui donne : "ech capieu à min voésin". Une exception à cette règle : le mot "Diu" (« Dieu ») peut utiliser le génitif, il se comporte comme un nom propre : "Sainte Marie, os ètes el mère (à) Diu" (« Sainte Marie, vous êtes la mère de Dieu »). En russe. Outre ses emplois habituels, le génitif en russe, comme dans d'autres langues slaves, s'utilise lors d'une négation : En polonais. Outre la marque de la possession, le génitif s'utilise aussi après les négations à la place de l'accusatif. Il s'utilise aussi toujours après certains verbes comme "bać się" (avoir peur), "słuchać" (écouter), "wymagać" (exiger), "potrzebować" (avoir besoin), "szukać" (chercher), etc. et après certaines prépositions (dont certaines sont mixtes) : "od" (de, à partir de), "dla" (pour), "z" (de), "do" (vers), "bez" (sans), "u" (chez), "koło" (à côté de), "oprócz" (à part), En slovène. La possession est marquée en slovène non par le génitif, mais par une suffixation du nominatif. |
Global Positioning System Le (GPS) (en français : « Système mondial de positionnement » [littéralement] ou « Géo-positionnement par satellite »), originellement connu sous le nom de Navstar GPS, est un système de positionnement par satellites appartenant au gouvernement fédéral des États-Unis. Mis en place par le département de la Défense des États-Unis à des fins militaires à partir de 1973, le système avec vingt-quatre satellites est totalement opérationnel en 1995. Les signaux transmis par les satellites peuvent être librement reçus et exploités par quiconque. L'utilisateur, qu'il soit sur terre, sur mer ou dans les airs, peut connaître sa position à toute heure et en tout lieu sur la surface ou au voisinage de la surface de la Terre avec une précision sans précédent, dès lors qu'il est équipé d'un récepteur GPS et du logiciel nécessaire au traitement des informations reçues. Le principe de fonctionnement repose sur la trilatération de signaux électromagnétiques synchronisés émis par les satellites. Pour assurer la précision du positionnement, le système GPS utilise des technologies sophistiquées : horloges atomiques embarquées, compensation d'effets relativistes, mise en place de stations d'observation et de synchronisation. Les coordonnées terrestres calculées se réfèrent au système géodésique . Commercialement, le GPS connaît un grand succès et engendre de nombreux développements dans une multitude de domaines : navigations maritime, terrestre et aérienne, localisation de flottilles commerciales (bateaux, avions, camions), suivi et traçage de parcours, évaluation de la pertinence d'itinéraire. L'intégration de « puces GPS » dans les smartphones multiplie les usages domestiques ou individuels. Dans le milieu scientifique, la précision de la localisation et de la synchronisation permettent de développer et d'exploiter de nouvelles applications : géodésie, synchronisation entre horloges atomiques, étude de l'atmosphère L'Europe, la Chine, la Russie et l'Inde, conscients de l'intérêt stratégique d'un tel système de positionnement par satellites, développent depuis quelques années des systèmes concurrents. Présentation. Le GPS comprend au moins vingt-quatre satellites circulant à d'altitude. Ils se répartissent sur six orbites distinctes à raison de quatre satellites par orbite. Ces satellites émettent en permanence sur deux () et L2 () modulées en phase (BPSK) par un ou plusieurs codes pseudo-aléatoires, datés précisément grâce à leur horloge atomique, et par un message de navigation. Ce message, transmis à , inclut en particulier les éphémérides permettant le calcul de la position des satellites, ainsi que des informations sur leur horloge interne. Les codes sont un (acronyme de « "" », en français : « acquisition brute ») de débit et de période , et un (pour « précis ») de débit et de période . Le premier est librement accessible, le second est réservé aux utilisateurs autorisés car il est le plus souvent chiffré : on parle alors de . Les récepteurs commercialisés dans le domaine civil utilisent le . Quelques récepteurs pour des applications de haute précision, comme la géodésie, mettent en œuvre des techniques permettant d'utiliser le malgré son chiffrage en . Ainsi, un récepteur GPS qui capte les signaux d'au moins quatre satellites équipés de plusieurs horloges atomiques peut, en calculant les temps de propagation de ces signaux entre les satellites et lui, connaître sa distance par rapport à ceux-ci et, par trilatération, situer précisément en trois dimensions n'importe quel point placé en visibilité des satellites GPS, avec une précision de pour le système standard. Le GPS est ainsi utilisé pour localiser des véhicules roulants, des navires, des avions, des missiles et même des satellites évoluant en orbite basse. Concernant la précision, il est courant d'avoir une position horizontale à près. Le GPS étant un système développé pour les militaires américains, une disponibilité sélective a été prévue : certaines informations, en particulier celles concernant l'horloge des satellites, peuvent être volontairement dégradées et priver les récepteurs qui ne disposent pas des codes correspondants de la précision maximale. Ainsi, pendant quelques années, les civils n'ont eu accès qu'à une faible précision (environ ). Le , le président Bill Clinton a annoncé qu'il mettait fin à cette dégradation volontaire du service. Certains systèmes GPS conçus pour des usages très particuliers peuvent fournir une localisation à quelques millimètres près. Le GPS différentiel (DGPS) corrige ainsi la position obtenue par GPS conventionnel par les données envoyées par une station terrestre de référence localisée très précisément. D'autres systèmes autonomes, affinant leur localisation au cours de huit heures d'exposition parviennent à des résultats équivalents. Dans certains cas, seuls trois satellites peuvent suffire. La localisation en altitude (axe des Z) n'est pas d'emblée correcte alors que la longitude et la latitude (axe des X et des Y) sont encore bonnes. On peut donc se contenter de trois satellites lorsque l'on évolue au-dessus d'une surface « plane » (océan, mer). Ce type d'exception est surtout utile au positionnement d'engins volants (tels les avions) qui ne peuvent pas se reposer sur le seul GPS, trop imprécis pour leur donner leur altitude. Mais il existe néanmoins un modèle de géoïde mondial nommé « "Earth Gravity Model 1996" » ou EGM96 associé au qui permet, à partir des coordonnées , de déterminer des altitudes rapportées au niveau moyen des mers avec une précision d'environ . Des récepteurs GPS évolués incluent ce modèle pour fournir des altitudes plus conformes à la réalité. Histoire. À l'origine, le GPS était un projet de recherche des Forces armées des États-Unis. Il a été lancé à la fin des années 1960 à la demande du président Richard Nixon. La réalisation a été confiée à qui a conçu le principe d'un groupe de satellites gravitant en orbite et émettant des ondes radio UHF captées par des récepteurs GPS. Il est basé sur des programmes précédents dont SECOR, une série de satellites utilisés pour effectuer des mesures géodésiques. Le premier satellite est lancé en 1978. En 1995, le déploiement des opérationnels (plus 4 en réserve) est achevé. Le système devient alors fonctionnel. En 1983, le président Ronald Reagan, à la suite de la mort des du vol Korean Air Lines 007, propose que la technologie GPS soit disponible gratuitement aux civils, une fois opérationnelle. Une seconde série de satellites est lancée à partir de 1989 en vue de constituer une flotte suffisante. En 1995, le nombre de satellites disponibles permet de rendre le GPS opérationnel en permanence sur l'ensemble de la planète, avec une précision limitée à une centaine de mètres pour un usage civil. En 2000, le président Bill Clinton confirme l'intérêt de la technologie à des fins civiles et autorise une diffusion non restreinte des signaux GPS, permettant une précision d'une dizaine de mètres et une démocratisation de la technologie au grand public à partir du milieu des . Les États-Unis continuent de développer leur système par le remplacement et l'ajout de satellites ainsi que par la mise à disposition de signaux GPS complémentaires, plus précis et demandant moins de puissance aux appareils de réception. Un accord d'interopérabilité a également été confirmé entre les systèmes GPS et Galileo afin que les deux systèmes puissent utiliser les mêmes fréquences et assurer une compatibilité entre eux. Deux autres systèmes ont été mis au point par la Russie, le GLONASS à partir de 1980, et par la Chine, le Beidou initié en 2000. Composition. Le GPS se compose de trois groupes d'éléments (appelés segments) : des satellites en orbite autour de la Terre (segment spatial) ; des stations de contrôle au sol (segment contrôle) ; et les récepteurs GPS des utilisateurs (segment utilisateur). Segment spatial. Le segment spatial est constitué d'une constellation de en fonctionnement, mais le nombre de satellites en service à une date précise peut varier (cf. tableau) selon les opérations décidées par le segment de contrôle. La constellation est organisée autour de principaux qui assurent la disponibilité mondiale du GPS, ce qui suppose d'avoir au moins quatre satellites visibles du sol partout dans le monde. Il y a toujours plus de satellites en orbite afin de maintenir ces complets même en cas de panne. Depuis 2011, la configuration de la constellation principale est augmentée à afin de fournir une meilleure couverture mondiale. Les satellites évoluent sur six plans orbitaux ayant une inclinaison d'environ 55° sur l'équateur. Ils suivent une orbite quasi circulaire de rayon environ (soit une altitude de ) qu'ils parcourent en , soit un demi-jour sidéral. Ainsi, les satellites, vus du sol, reprennent la même position dans le ciel au bout d'un jour sidéral. Les générations successives de satellites sont désignées sous le nom de « Blocs » : Segment de contrôle. C'est la partie qui permet de piloter et de surveiller le système. Il est composé de cinq stations au sol du ' de l'Air Force Space Command, basé à la ' dans le Colorado (la station maîtresse est basée à Colorado Springs) dans la base de Cheyenne Mountain. Leur rôle est de mettre à jour les informations transmises par les satellites (éphémérides, paramètres d'horloge) et contrôler leur bon fonctionnement. Segment utilisateur. Le segment utilisateur regroupe l'ensemble des récepteurs GPS militaires et civils qui reçoivent et exploitent les signaux des satellites GPS pour calculer des données de position, de vitesse ou de temps. Comme les utilisateurs ne font que recevoir (ils n'émettent pas vers les satellites), le système ne peut être saturé et le nombre maximum d'utilisateurs GPS est illimité. En 2014, le nombre total de récepteur GPS est estimé à . Les smartphones avec GPS intégré sont les plus nombreux avec , suivi par les d'assistants de navigation pour des applications routières. Le nombre restant d'appareils est réparti entre des applications variées : autres transports (aviation, ferroviaire, maritime), topographie, agriculture, infrastructure critique. Principe de fonctionnement. Le GPS fonctionne grâce au calcul de la distance qui sépare un récepteur GPS de plusieurs satellites. Les informations nécessaires au calcul de la position des satellites étant transmises régulièrement au récepteur, celui-ci peut, grâce à la connaissance de la distance qui le sépare des satellites, connaître ses coordonnées. Signaux émis. Les satellites GPS émettent plusieurs signaux codés, à destination civile ou militaire. Le signal civil pour l'utilisation libre correspond au code C/A, émis sur la porteuse de . Sur cette porteuse, le signal de modulation est une séquence résultant de l'addition modulo 2 du code pseudo-aléatoire C/A à et des données à contenant les éphémérides des satellites et d'autres informations de navigation. C'est le code C/A qui sert dans les récepteurs par corrélation avec le signal reçu à déterminer l'instant exact d'émission de celui-ci. Cet instant d'émission de référence du code C/A peut être modulé, à nouveau par un code pseudo-aléatoire, pour dégrader la détermination de position au sol. Ce chiffrement est appelé « "" » (SA), faisant passer la précision du système de environ à . Il a été abandonné en 2000 sous la pression des utilisateurs civils, et en raison du développement du DGPS qui le compensait en grande partie. Cette possibilité est cependant toujours présente à bord des satellites. La SA comporte aussi la possibilité de dégrader les informations permettant de calculer la position des satellites sur leur orbite ; elle n'a jamais été utilisée. Mesure de la distance du récepteur par rapport à un satellite. Les satellites envoient des ondes électromagnétiques (micro-ondes) qui se propagent à la vitesse de la lumière. Connaissant celle-ci, on peut alors calculer la distance qui sépare le satellite du récepteur en connaissant le temps que l'onde a mis pour parcourir ce trajet. Pour mesurer le temps mis par l'onde pour lui parvenir, le récepteur GPS compare l'heure d'émission à l'heure de réception de l'onde par le récepteur. Cette mesure, après multiplication par la vitesse du signal, fournit une pseudo-distance, assimilable à une distance, mais entachée d'une erreur de synchronisation des horloges du satellite et du récepteur, et de dégradations comme celles dues à la traversée de l'atmosphère. L'erreur d'horloge peut être modélisée sur une période assez courte à partir des mesures sur plusieurs satellites. Calcul de la position. Connaissant les positions des satellites à l'heure d'émission des signaux, et les pseudo-distances mesurées (éventuellement corrigées de divers facteurs liés notamment à la propagation des ondes), le calculateur du récepteur est en mesure de résoudre un système d'équations dont les quatre inconnues sont la position du récepteur (trois inconnues) et le décalage de son horloge par rapport au temps GPS. Ce calcul est possible dès que l'on dispose des mesures relatives à quatre satellites ; un calcul en mode dégradé est possible avec trois satellites seulement si l'on connaît l'altitude ; lorsque plus de quatre satellites sont visibles (ce qui est très souvent le cas), le système d'équations à résoudre est surabondant : la précision du calcul est améliorée, et on peut estimer les erreurs sur la position et le temps. La précision de la position obtenue dépend, toutes choses égales par ailleurs, de la géométrie du système : si les satellites visibles se trouvent tous dans un cône d'observation de faible ouverture angulaire, la précision sera moins bonne que s'ils sont répartis régulièrement dans un large cône. Les effets de la géométrie du système de mesure sur la précision sont décrits par un paramètre : le DOP (pour « "Dilution of Precision" », en français « atténuation » ou « diminution de la précision ») : le HDOP se réfère à la précision horizontale, le TDOP à la précision sur le temps, le VDOP à la précision sur l'altitude. La précision espérée est d'autant meilleure que le DOP est petit. Résolution de l'équation de navigation. La résolution de l'équation de navigation peut se faire par la méthode des moindres carrés et la méthode de Bancroft. Elle nécessite au moins quatre équations (quatre satellites). Chaque signal satellite donne au récepteur l'équation suivante : formula_1 avec : En passant au carré, on obtient : formula_13 Puis en développant : formula_14 On peut alors introduire formula_15, formula_16 et le pseudo-produit scalaire de Lorentz défini pour tout quadrivecteur formula_17 et formula_18 par formula_19. L'équation précédente se réécrit en : formula_20 En mettant sous forme matricielle tous les signaux dont on dispose, on obtient : formula_21 avec : Remarque : le nombre de lignes de formula_26, formula_27 et formula_28 doit être le même et supérieur ou égal à 4. En considérant formula_29 comme une constante, on peut résoudre l'équation précédente par la méthode des moindres carrés qui donne pour solution : formula_30 avec formula_31. On peut ensuite utiliser formula_32 et résoudre l'équation sur formula_33 ainsi définie dont les solutions sont les racines d'un polynôme du second degré : formula_34 On obtient finalement le résultat cherché, contenu dans formula_35, en réinjectant formula_33 dans l'équation formula_30. Notez que le résultat n'est pas unique (car formula_33 n'est pas unique). Le choix de résultat final se fait sur des critères de validité de l'intervalle dans lequel se trouve le résultat. Décalage de l'horloge du récepteur. La difficulté est de synchroniser les horloges des satellites et celle du récepteur. Une erreur d'un millionième de seconde provoque une erreur de sur la position. Le récepteur ne peut bien entendu pas bénéficier d'une horloge atomique comme les satellites ; il doit néanmoins disposer d'une horloge assez stable, mais dont l'heure n'est "a priori" pas synchronisée avec celle des satellites. Les signaux de quatre satellites au moins sont nécessaires pour déterminer ce décalage, puisqu'il faut résoudre un système d'au moins quatre équations mathématiques à quatre inconnues qui sont la position dans les trois dimensions plus le décalage de l'horloge du récepteur avec l'heure GPS (voir ci-dessus). Erreurs possibles. La plupart des récepteurs sont capables d'affiner leurs calculs en utilisant plus de quatre satellites (ce qui rend les résultats des calculs plus précis) tout en ôtant les sources qui semblent peu fiables, ou trop proches l'une de l'autre pour fournir une mesure correcte, comme précisé ci-dessus. Cependant, le GPS n'est pas utilisable dans toutes les situations. En particulier la géolocalisation par GPS est quasiment impossible à l'intérieur des bâtiments. Les smartphones, par exemple, capables de se géolocaliser en intérieur n’utilisent pas le positionnement GPS dans ces conditions particulières mais les différents réseaux WIFI disponibles pour ce faire. Le signal émis par les satellites NAVSTAR étant assez faible et différents facteurs peuvent affecter la précision de la localisation : la traversée des couches de l'atmosphère avec entre autres la présence de gouttes d'eau, les simples feuilles des arbres peuvent absorber tout ou partie du signal, et l'« effet canyon » particulièrement sensible dans les gorges, en montagne (d'où son nom) ou en milieu urbain (phénomène de ). Il consiste en l'occultation d'un satellite par le relief (un bâtiment par exemple) ; ou pire encore, en un écho du signal contre une surface qui n'empêchera pas la localisation mais fournira une localisation fausse : c'est le problème des multi-trajets des signaux GPS. D'autres erreurs, n'ayant pas de corrélation avec le milieu de prise de mesure ni la nature atmosphérique, peuvent être présentes. Ce sont des erreurs systématiques, telles les décalages orbitaux ou encore un retard dans l'horloge atomique qui calcule le temps auquel la mesure est prise. Un mauvais étalonnage du récepteur (ou autres appareils électroniques du système) peut aussi produire une erreur de mesure. Corrections troposphérique et ionosphérique. En l'absence d'obstacles, il reste cependant des facteurs de perturbation importants nécessitant une correction des résultats de calcul. Le premier est la traversée des couches basses de l'atmosphère, la troposphère. La présence d'humidité et les modifications de pression de la troposphère modifient l'indice de réfraction "n" et donc la vitesse et la direction de propagation du signal radio. Si le terme hydrostatique est actuellement bien connu, les perturbations dues à l'humidité nécessitent, pour être corrigées, la mesure du profil exact de vapeur d'eau en fonction de l'altitude, une information difficilement collectable, sauf par des moyens extrêmement onéreux comme les lidars, qui ne donnent que des résultats parcellaires. Les récepteurs courants intègrent un modèle de correction. Le deuxième facteur de perturbation est l'ionosphère. Cette couche ionisée par le rayonnement solaire modifie la vitesse de propagation du signal. La plupart des récepteurs intègrent un algorithme de correction, mais en période de forte activité solaire, cette correction n'est plus assez précise. Pour corriger plus finement cet effet, certains récepteurs bi-fréquences utilisent le fait que les deux et L2 du signal GPS ne sont pas affectées de la même façon et recalculent ainsi la perturbation réelle. En 2017, seize années de données de perturbation du systèmes GPS par le rayonnement solaire, enregistrées par une constellation de vingt-trois satellites, ont été ouvertes aux scientifiques de la météorologie par le Laboratoire national de Los Alamos (Nouveau-Mexique). Amélioration locale du calcul. DGPS. Le GPS différentiel ("Differential global positioning system" : DGPS) permet d'améliorer la précision du GPS en réduisant la marge d'erreur du système. SBAS. Des systèmes complémentaires d'amélioration de la précision et de l'intégrité ont été déployés (SBAS, "Satellite based augmentation system") comme WAAS en Amérique du Nord, MSAS au Japon, EGNOS en Europe ou GAGAN en Inde. Ils reposent tous sur le même principe : un réseau régional ou continental de stations au sol, une ou plusieurs stations maîtres qui centralisent les données des stations et transmettent aux satellites géostationnaires qui rediffusent vers le sol les informations permettant d'améliorer la fiabilité et la précision des données du GPS et d'alerter l'utilisateur en cas de défaillance d'un des satellites. D'autres pays préparent le déploiement d'un système SBAS : le SDCM pour la fédération de Russie, le BDSBAS pour la Chine et le K-SBAS pour la Corée du Sud. Conversion des informations obtenues. Positionnement. Les coordonnées terrestre du récepteur sont calculées dans un repère cartésien géocentrique à trois axes (X,Y,Z) qui a pour origine le centre de gravité des masses terrestres (système dit système géodésique). Pour que ces coordonnées soient facilement exploitables, il faut les convertir en coordonnées géographiques (latitude, longitude, altitude), système très largement utilisé en représentation cartographique. C'est le post-traitement du récepteur GPS qui effectue cette conversion en utilisant par défaut le système géodésique ("World Geodetic System 84"). Ce système, le plus utilisé dans le monde, constitue une référence répondant aux objectifs du système mondial de navigation. L'altitude n'est pas toujours directement exploitable, du fait de l'écart entre la hauteur ellipsoïdale calculé dans le système géodésique et l'altitude géodésique. Cette variation peut atteindre localement plusieurs dizaines de mètres. Les récepteurs les plus élaborés disposent de modèles de correction géodésique, et indiquent une altitude similaire à celle des cartes. Les coordonnées obtenues peuvent être exprimées dans d'autres systèmes géodésiques, propres par exemple à une région ou un pays, ou dans un autre système de projection cartographique. En France, le système de référence est encore souvent la NTF, bien que le système géodésique officiel soit désormais le RGF93, qui diffère très peu du . Temps et synchronisation. Le calcul des coordonnées géographiques nécessite le calcul du décalage de l'horloge interne du récepteur avec le « temps GPS » et donc le décalage avec le temps UTC. L'horloge du récepteur est synchronisée à celles des satellites à cent milliardièmes de seconde près. Cet accès très précis au temps UTC permet d'asservir très précisément en fréquence une horloge extérieure ou de synchroniser des horloges distantes. Cette possibilité est largement exploitée dans le monde scientifique. Par exemple, l'intégration du temps GPS aux réseaux de surveillance sismique permet aux chercheurs de localiser rapidement l'épicentre des tremblements de terre et d'autres phénomènes telluriques. Dans le monde des transmissions, les grands réseaux de télécommunications nécessitent les équipements parfaitement synchronisés pour fonctionner correctement. Les réseaux de téléphonie mobile et de données se servent du temps GPS pour assurer la parfaite synchronisation de toutes leurs stations de base. Visualisation cartographique. Les récepteurs GPS terrestre ou les smartphones disposant d'une puce GPS incorporent généralement un module de post-traitement disposant des fonctions de visualisation cartographique. Ces fonctions reposent sur des bases de données géographiques intégrées. Elles s'appuient sur l'utilisation de la théorie mathématique des graphes (nœuds) et sur l'utilisation d'algorithmes tel que Gps-less location, Floyd-Warshall, Dijkstra et permettent, par exemple, de déterminer l'itinéraire le plus court entre deux points. La firme Broadcom annonce pour 2018 la sortie d'une puce GPS affichant la position avec une précision de . Des cartographies peuvent être embarquées dans des Récepteur GPS. GPS et théorie de la relativité. Le GPS est l'application concrète la plus courante dont le fonctionnement met en jeu la théorie de la relativité. Si ses effets n'étaient pas pris en compte, la navigation par GPS serait entachée d'erreurs trop importantes. Le temps est en particulier influencé par deux conditions : le déplacement à grande vitesse et l'altitude dans le champ gravitationnel. Ces deux effets expliquent que la même horloge atomique n'a pas la même fréquence au sol ou en orbite. Pour l'horloge d'un satellite GPS, les deux effets sont contraires : se déplaçant à une grande vitesse circulaire, son temps est ralenti de () par jour, alors que située plus haut dans le champ gravitationnel terrestre, son temps est accéléré de par jour (voir calcul en Tests expérimentaux de la relativité générale). La somme des deux fait que le temps de l'horloge d'un satellite GPS vue du sol avance de par jour. Cela correspond donc à une erreur spatiale de où "c" est la vitesse de la lumière et donc une dérive de . Ces deux effets principaux sont modélisés dans la théorie de la relativité : Historiquement, en 1977, lors de la première mise en orbite d'une horloge atomique au césium dans le satellite NTS-2, les effets de la relativité avaient été calculés, mais certains doutaient de la véracité des effets relativistes. Les premières émissions du satellite n'incorporaient pas les corrections relativistes, mais l'on avait prévu un synthétiseur de fréquence activable à distance qui pourrait le faire. Après vingt jours en orbite, l'horloge atomique en orbite a été mesurée dérivant de par rapport au sol, ce qui était proche du calcul théorique de l'époque donnant . Par la suite, le synthétiseur a été activé de manière permanente. La valeur de la dérive peut paraître faible, mais elle est bien plus importante que la précision d'une horloge atomique au césium qui est de l'ordre de . Ce décalage est depuis pris en compte dans toutes les horloges atomiques des satellites GPS sous différentes formes. Pour les horloges au césium, la correction est réalisée au sol avant la mise en orbite. Le cas des horloges atomiques au rubidium est plus complexe, car elles peuvent subir des sauts de fréquence imprédictibles pendant le lancement. La fréquence est mesurée une fois en orbite, mais elle n'est plus corrigée directement : les corrections nécessaires sont incluses dans le message de navigation. D'autres effets relativistes existent dans le GPS. Certains sont négligeables au vu de la précision recherchée pour les applications de positionnement, d'autres doivent être pris en compte : par exemple, les récepteurs GPS corrigent l'effet Sagnac dû à la rotation de la Terre. Inconvénients du GPS. Dépendance stratégique. Le GPS est un système conçu par et pour l'armée des États-Unis et sous son contrôle. Le signal pourrait être dégradé, occasionnant ainsi une perte importante de sa précision, si le gouvernement des États-Unis le désirait. C'est un des arguments en faveur de la mise en place du système européen Galileo qui est, lui, civil et dont la précision théorique est supérieure. La qualité du signal du GPS a été dégradée volontairement par les États-Unis jusqu'au mois de mai 2000, la précision d'un GPS en mode autonome était alors d'environ . Depuis l'arrêt de ce brouillage volontaire, supprimé par le président Bill Clinton, la précision est de l'ordre de 5 à . Le système GPS est fréquemment utilisé pour la synchronisation de l'heure entre les différents composants des réseaux de téléphonie mobile GSM, UMTS et LTE ; les conséquences d'une dégradation du signal se répercuterait sur une infrastructure critique. Limitations des récepteurs civils. Les récepteurs GPS civils sont limités afin qu'ils ne puissent pas être utilisés dans des systèmes d'armement rapides tels que les missiles balistiques. En pratique, un récepteur ne doit plus fournir de données de navigation au-delà d'un maximum de vitesse ou d'altitude. Historiquement, ces limites étaient fixées à une vitesse maximale de () et une altitude maximale de (). Elles étaient appelées "limites CoCom" du nom du "Coordinating Committee for Multilateral Export Controls" (CoCom), qui a été dissous après la chute du bloc soviétique en 1994. Par la suite, les réglementations sur les récepteurs GPS sont restées en vigueur aux États-Unis selon l"'International Traffic in Arms Regulations" (ITAR) qui régule les exportations de technologies sensibles américaines et internationalement selon le Régime de contrôle de la technologie des missiles (MTCR) créé en 1987. Depuis 2013, le MTCR ne limite plus le domaine d'utilisation des GPS civils en altitude et a augmenté la limite de vitesse à . Depuis 2014, les restrictions ITAR aux États-Unis appliquent la même limite. Risque de surveillance abusive. Dans l'esprit du grand public, un lien direct est effectué entre GPS et surveillance abusive, le terme familier péjoratif de « flicage » est généralement employé par les détracteurs de tels systèmes. Toutefois, les outils de surveillance n'incorporent le GPS que comme l'un des éléments technologiques nécessaires à la surveillance abusive. Le dispositif de localisation GPS en lui-même est un système passif qui se contente de recevoir les signaux des satellites et d'en déduire une position. Le réseau des satellites GPS ne reçoit donc aucune information d'éventuels systèmes de surveillance au sol (ou embarqués dans un aéronef ou un navire) et demeure techniquement incapable d'effectuer la surveillance d'un territoire d'une quelconque façon. En revanche, notamment dans le domaine des transports, des systèmes déployés dans les véhicules adjoignent un dispositif de transmission de l'information obtenue avec le GPS. Ce dispositif peut fonctionner en temps réel, il s'agit alors bien souvent d'une liaison de transmission de données par téléphonie mobile ; ou fonctionner en temps différé, les données sont alors déchargées "a posteriori" par un système physique ou de radio à courte portée. Leur application est généralement réservée aux professionnels pour suivre une flotte de camions, véhicules de transports de passagers (y compris les taxis), de véhicules de commerciaux, de dépannage ou d'intervention. Les objectifs de ces outils de suivi de flotte sont pour un employeur de s'assurer que son salarié effectue effectivement le travail demandé ou que le véhicule n'a pas été détourné. Il permet aussi d'améliorer la gestion d'une flotte de véhicules. Les individus peuvent également faire l'objet d'une géolocalisation en continu (par exemple pour les données de trafic). Il existe deux méthodes de collecte d'informations : La première va identifier et remonter l'information à une période constante, par exemple toutes les deux ou cinq minutes. Tandis que la localisation sous demande consiste à n'envoyer l'information qu'en cas de demande du porteur du terminal ou de l'aidant. Dans tous les cas, le porteur du terminal doit être informé et d'accord sur la fonctionnalité de géolocalisation. Les systèmes de localisation automatique de sécurité, comme l'AIS en navigation maritime et aérienne, combinent un récepteur GPS et un émetteur, améliorant la sécurité anti-collision et la recherche des naufragés. L'APRS utilise le même principe, il est géré par des radioamateurs bénévoles. Réinitialisation de la Numérotation du calendrier GPS. WNRO ou GPS Week Number Roll Over (en français Réinitialisation de la Numérotation du calendrier GPS) provoque l'obsolescence des logiciels usant du système américain, à cause de la remise à zéro de la référence temps toutes les (dû à la limitation du comptage interne de satellites) ; le dernier a eu lieu le et invalide par conséquent les matériels devenus absents des mises à jour des constructeurs. Autres systèmes de positionnement par satellites. Il existe d'autres systèmes de positionnement par satellite, sans atteindre cependant la couverture ou la précision du GPS : |
Graphics Interchange Format Le Graphics Interchange Format (littéralement « format d'échange d'images »), plus connu sous l'acronyme GIF ( , ou ), est un format d'image numérique couramment utilisé sur Internet. Origine. Le format GIF a été mis au point en 1987 par le groupe CompuServe, dirigé par l'informaticien Steve Wilhite , pour permettre le téléchargement d'images en couleur. Ce format utilise l'algorithme de compression sans perte LZW, nettement plus efficace que l'algorithme RLE utilisé par la plupart des formats alors disponibles (PCX, ILBM puis BMP). Caractéristiques. Couleurs. Une caractéristique particulière du GIF est le nombre de couleurs supportées : il permet une palette qui peut aller de 2 jusqu'à un maximum de 256 couleurs choisies dans une palette RVB 24-bits (). Chaque pixel est donc représenté sur 8 bits au plus. Le nombre maximal de couleurs présentes dans chaque calque d'une même image est donc restreint à 256 (le format GIF89a supportant plusieurs calques). L'usage d'une palette de 256 couleurs permettait l'affichage sans étape préalable de réduction du nombre de couleurs (par diffusion d'erreur) sur certaines cartes graphiques de l'époque, notamment la VGA qui, ayant elle-même jusqu'à un octet par pixel, est sortie la même année. Transparence. Le format GIF89a permet de spécifier une entrée transparente dans la palette. Cette fonctionnalité est utile lorsqu'une image non rectangulaire est intégrée à un document comme une page web : on peut voir le document à travers les pixels transparents. La transparence est toutefois binaire; il ne s'agit pas d'un canal alpha permettant plusieurs degrés d'opacité, comme le propose le format PNG. Chargement rapide. GIF propose un mode entrelacé permettant de commencer par transmettre quelques lignes d'une image, puis les lignes placées entre elles. Ce mode permet de donner plus rapidement un aperçu de l'image lorsque la transmission est lente. Animation. Le format GIF permet de stocker plusieurs images dans un seul fichier et de les afficher en succession. Il est donc possible de stocker des diaporamas et des animations dans un fichier GIF. Chaque image d'une animation peut avoir sa propre palette. La deuxième version du format GIF, le GIF89a, permet d'assigner une durée distincte à chaque image faisant partie du fichier. Avec la transparence du GIF89a, il est possible de laisser l'image précédente visible à travers les pixels transparents de la nouvelle image affichée. En jouant sur cette fonction, sur les durées et sur l'utilisation de palettes différentes pour chaque image, on peut contourner la limite de , mais en créant des fichiers de grande taille. Il existe une multitude de logiciels d'animation, dont plusieurs sont gratuits, permettant de sauvegarder en format GIF. Les logiciels d'animation permettent surtout de modifier la vitesse de défilement des images. De nombreux logiciels de messagerie instantanée ou moteurs de sites, proposent de convertir automatiquement le format GIF animé en fichier mp4, cela permet de compresser davantage le fichier, mais fait perdre la transparence. C'est le cas du site Giphy par exemple. Compression. Le principe de compression consiste à simplifier le code des parties à rangées de pixels de même couleur. C'est pour cela que ce format est utilisé sur les images comportant un nombre plutôt limité de couleurs et sans dégradés, avec de préférence de grandes zones de couleur unie. La limitation à 256 couleurs n'est pas gênante pour les logos, les graphiques et la plupart des images synthétiques, ainsi que les photographies en noir et blanc. En revanche une photographie couleur de qualité nécessite plus de nuances. Prononciation. GIF est un acronyme, cette extension se prononce donc comme un mot complet. La version 8.33 de la FAQ donne la prononciation officielle [], ce qui donne donc par analogie la prononciation francophone [] (« gif »). En français, cette prononciation est assez naturelle, puisque la lettre G est la plupart du temps prononcé comme un J devant les lettres E et I (sauf pour certains mots empruntés à l'étranger, tel l'anglicisme "gimmick"). En anglais, cependant le G devant les lettres E et I peut être prononcé de deux façons (par exemple "gift" et "gin"). Cela lança un débat au début des années 2010 sur la prononciation ([] ou [] ("djif") pour les anglophones, [] ou [] pour les francophones) sur Internet. L'ex-président des États-Unis Barack Obama a indiqué son choix de [] dans un échange télévisé, ce qui entérine une prononciation la plus répandue en anglais. De son côté, le dirigeant de Compuserve à l'époque de leur création de ce format de fichier, Steve Wilhite est intervenu pour réaffirmer la prononciation [dʒif] (« jif ») . Les dictionnaires anglais quant à eux indiquent que les deux prononciations sont possibles. En 2012, le mot "gif" a été élu « Mot de l’année » pour l’édition américaine du dictionnaire d’Oxford University Press. Utilisation sur le Web. En 1993, le navigateur web NCSA Mosaic a été le premier à permettre l'intégration d'images aux pages web : les formats GIF et XBM étaient supportés. Le support du format JPEG a été introduit en 1994 par Netscape Navigator. Comme expliqué plus haut, le manque de couleurs de GIF le rend peu adapté pour les dégradés très colorés, tandis que la compression avec pertes du JPEG provoque des flous sur les images dessinées directement sur ordinateur. Pour les images fixes, la répartition des rôles est donc : JPEG pour les photographies, GIF pour les images synthétiques. Cependant, en réaction aux limitations de GIF, et aux exigences de royalties d'Unisys, un nouveau format a été proposé, PNG (Portable Network Graphics, mais si explicitement conçu en concurrent de GIF qu'une plaisanterie réinterprète l'abréviation en « PNG's Not Gif »). PNG gère de couleurs, une variation des degrés de transparence, et a un algorithme de compression plus élaboré, ce qui rend en général les images plus légères qu'en GIF, sans pertes. PNG a toutefois mis longtemps à s'imposer, car non seulement les navigateurs anciens ne le supportaient pas (son support commence avec Internet Explorer 4), mais les navigateurs censés le supporter avaient de nombreux bugs dans ce domaine, surtout avec la transparence. Les GIF animés sur internet. Dans les années 1990, le format GIF était populaire pour produire des effets d'animation. Toutefois de tels effets « flashy » (tout comme l'élément HTML ) ont ensuite été vus comme lourds et démodés (exemple parodique avec une page utilisant un GIF animé en fond). Dans les années 2000, Adobe Flash est largement utilisé comme nouveau format d'animation. Il propose des fonctions très supérieures au GIF, surtout d'interactivité (des éléments de l'animation peuvent déclencher des actions en passant la souris ou en cliquant dessus). Les développeurs de PNG n'ont pas repris cette fonction du GIF. Il existe des variantes animées (MNG et APNG), mais plus rarement supportées par les navigateurs. Finalement, le GIF revient. Son support universel est apprécié, alors que celui de Flash est incertain, surtout sur les smartphones. Des logiciels permettent la création automatique de GIF d'assez bonne qualité à partir de films, pour les exporter sur les plateformes n'acceptant pas les vidéos. Les créateurs de mèmes internet l'utilisent pour des animations humoristiques simples. Le retour du GIF se confirme en 2014 quand Twitter dote son site et ses applications mobiles d'un lecteur de GIF à l'intérieur des tweets. Les GIF sont un moyen d'expression pour les artistes du net.art. La recherche sur les GIF tend désormais à se distancier de celle concernant les mèmes, notamment par rapport à l'usage des GIF, prompts à permettre l'expression d'état mentaux et émotionnels complexes dans les interactions numériques - une nouveauté qui permet à certains chercheurs de les considérer comme un nouveau langage humain. Les plateformes de GIF animés. Depuis la fin de validité du dernier brevet d'IBM concernant le format GIF en 2006, quelques plateformes se sont lancées pour fournir des GIF aux réseaux sociaux, messageries, sites web et applications. Il s'agit maintenant d'un secteur dominé par le duopole américain Facebook / Google car la plateforme la plus populaire dans le domaine « Giphy » fut acquise par Facebook en 2020 et la deuxième plateforme du marché « Tenor GIF» fut acquise par Google en 2018. Une autre entreprise américaine essaye d’émerger sur le marché du GIF, il s’agit de . Apple propose également une fonctionnalité GIF dans sa messagerie iMessage depuis iOS 10 mais ne dispose pas de sa propre plateforme, les GIF proviennent en réalité du moteur de recherche Bing. Au niveau européen, la plateforme Heypster-gif se démarque par la qualité de son contenu et le respect de la vie privée. Droits. En décembre 1994, Unisys, détenteur de deux brevets sur la compression LZW, a soudainement annoncé que les auteurs de logiciels produisant des images GIF devaient payer des royalties. Le dernier brevet d'Unisys est arrivé à expiration le aux États-Unis, le dans la plupart des pays d'Europe, le au Japon et le au Canada. Cependant, IBM détenait encore un brevet valide jusqu'au aux États-Unis (et peut-être après dans d'autres pays). Le format GIF est dorénavant (depuis au moins 2006) dans le domaine public, il est ainsi possible de l'utiliser librement. |
Goshindo est un terme japonais qui pourrait se traduire par « Voie de la protection du corps ». Même si certains aiment à définir le Goshindo comme un cocktail explosif de techniques de défense, il s’agit avant tout d’un art martial en constante évolution, fruit du travail d’Alain Sailly, qui s’appuie sur les enseignements de plusieurs écoles traditionnelles telles que la ' et la '. Ces écoles sont à l’origine des formes modernes de judo, de ju-jitsu, ou encore d’aikido. Historique. Jusqu’en 1978, Alain Sailly étudia les arts martiaux traditionnels d’origine japonaise. Il constata que l’utilisation du corps dans l’art du combat n’était pas optimale. Il remarqua en outre que les formes de projections telles qu’elles étaient pratiquées en Judo, en Sambo, ou dans d’autres formes de Ju-Jitsu étaient complémentaires. Son constat fut le même en ce qui concernait les formes frappées, les clés, les contrôles... Il entreprit alors de rechercher d’autres formes de techniques, d’autres approches d'autodéfense. Pendant 10 ans, Alain Sailly apprit de ses rencontres avec différents professeurs de plusieurs styles. S'appuyant sur les écoles traditionnelles qui donnèrent naissance aux formes modernes de Judo, de Ju-Jitsu, ou encore d'Aïkido, le fondateur du Goshindo commença à construire un programme de techniques qui, sans perdre de leur efficacité martiale, contribuent au développement du corps et de l'esprit. Il sélectionna un large éventail de techniques et fit un travail de synthèse autour de ces éléments, tout en refusant de se laisser enfermer dans un courant particulier. Cette origine fait du Goshindo un art martial en constante évolution et qui reflète, d’une certaine manière, la mondialisation des arts martiaux. C’est depuis 1989 qu’Alain Sailly travaille plus particulièrement à l’optimisation de chaque technique. Il en développe ainsi les aspects pédagogiques autour de trois points essentiels : La F.F.G.D. (Formation Fédérale de Goshindo en 2001, appelée "Fédération Française de Goshindo" en 2000) était affiliée à la World Kobudo Federation, organisation vouée à la promotion des arts martiaux dans le monde. En 2002, le Goshindo comptait environ de pratiquants en France. Descriptif. Du fait de ses origines, le Goshindo se construit comme un ensemble de techniques comprenant à la fois des projections, des clés, des étranglements, des formes de contrôle, mais aussi des frappes et des mouvements en rotation tels qu’ils peuvent exister dans d’autres arts martiaux. Il comprend également le travail des armes comme le bâton court, le couteau ou le bô. La manipulation de ces armes est enseignée dans une optique de maîtrise tant sur le plan de la défense « avec » ou « contre » que sur le plan de la qualité d'apport gestuel et technique du corps en mouvement. Sans perdre de leur efficacité et de leur sens martial, ces techniques contribuent tout autant au développement du corps que de l'esprit. Conception générale. Comme pour beaucoup d’arts martiaux, la principale caractéristique du Goshindo est de prétexter une certaine confrontation physique pour permettre à chacun d’affirmer sa personnalité. Au-delà de cette affirmation, il permet d’accéder à une meilleure maîtrise de soi, tout en pratiquant des techniques susceptibles d’assurer sa protection. Il propose ainsi un principe d’éducation marqué par la découverte et l’affirmation de soi, tout en respectant autrui. Le Goshindo est donc un moyen d’épanouissement de l’individu, aussi bien physiquement que mentalement, et socialement. Le Goshindo en pratique. Le Goshindo est destiné à la fois à un public d’enfants et à un public d’adolescents et d’adultes. Pour un public d’adolescents et d’adultes, l’apprentissage du Goshindo passe par la mise en place d’une méthodologie précise qui s’appuie sur quatre ensembles d’outils pédagogiques : l’étude de techniques fondamentales, les exercices à thème, les Randori dits " souples " et le travail des armes. Les techniques fondamentales : La pratique des techniques fondamentales est orchestrée autour de situations d’agression spécifiques. Les pratiquants répondent à ces agressions avec l’enchaînement technique présenté par l’enseignant. Il s’agit essentiellement d’exercices conçus à partir de l’analyse des bases techniques (postures, déplacements, formes de contrôles, déséquilibres, etc.). Ces éléments de base sont ensuite assemblés pour construire une défense variant suivant l’agression. Les mouvements ne sont pas figés pour autant, puisque les éléments techniques d’un enchaînement peuvent être réutilisés dans un autre. Cette modularité favorise ainsi la perception et la répétition des déplacements et des formes de contrôles, et donc l’apprentissage de gestes justes. Cet outil pédagogique repose essentiellement sur le développement de la motricité et de qualités physiques telles que l’équilibre, l’agilité, la précision et la coordination. Ces exercices constituent un parcours progressif et précis avec pour objectif de développer un Goshindo équilibré et personnel. Exercices à thème : Il s’agit d’exercices variés se pratiquant à deux, dans lesquels au moins une directive est imposée aux pratiquants. L’objectif principal de ce travail est d’obliger les pratiquants à construire eux-mêmes leurs enchaînements à partir des techniques qu’ils connaissent. Ces exercices permettent aux pratiquants de mieux ressentir les déplacements et les déséquilibres qui pourront les amener à utiliser une technique particulière. C’est également une manière de mieux leur faire ressentir le rythme et la sensation de leur enchaînement. Ainsi, malgré le cadre précis de ce type d’exercice, les pratiquants sont libres d’enchaîner et de s’approprier les techniques. Ce travail requiert non seulement un certain niveau technique (postures, frappes, déplacements élémentaires, chutes...) mais demande aussi à chacun des pratiquants de se mettre sans réticence au service de son partenaire. Il est alors important de lui faire confiance, de savoir se relâcher et de se contrôler physiquement et mentalement. Le randori "souple" : Le randori souple est un jeu d’opposition durant lequel les deux partenaires s’attaquent l’un après l’autre. Cet exercice n’exclut en aucun cas l’intensité et l’engagement mais doit toujours s’inscrire dans une relation de confiance, où le pratiquant subissant l’action doit se mettre au service de l’autre. Il s’agit donc de composer un enchaînement technique afin de vaincre son "adversaire" par la maîtrise des déplacements, des contrôles, des rythmes… Ces exercices peuvent être adaptés selon le niveau de pratique pour laisser plus ou moins de champ à la spontanéité de chaque pratiquant, pour aller jusqu’à les laisser combattre librement. Cette forme de travail incite donc les pratiquants à "prendre le risque" d’exécuter tel ou tel enchaînement en laissant au partenaire la possibilité de riposter. Il s’agit alors de "défier" (amicalement) en adresse et en technique les autres pratiquants. Cette approche a plusieurs avantages, dont la mise en pratique et la possibilité de tester ainsi l’efficacité de ses connaissances techniques. Les déplacements sont plus nombreux, plus divers et plus spontanés. Les attaques sont moins codifiées, plus variées et subtiles. Par conséquent, le travail de défense doit être plus instinctif, ce qui permet de développer considérablement le potentiel technique, l’adresse, la vitesse, et l’efficacité des mouvements. Ce type d’exercice apparaît comme une permanente recherche de frappes, de saisies et de déséquilibres par confusions, enchaînements, changements de rythme, le tout dans un travail en déplacement. Le travail des armes : La pratique des armes est utilisée comme un moyen de ressentir ses propres déséquilibres et les mouvements de son propre corps. Il s’agit d’une pratique indispensable à la progression de tous les pratiquants. Le Goshindo engage les pratiquants dans une recherche d’efficacité technique où le travail des armes est la garantie de la mise au défi de son propre équilibre. Ce travail passe notamment par des exercices de Bô, un bâton d’environ 1,80 m, avec lequel des enchaînements de frappes et de blocages peuvent être pratiqués. Le développement de l’adresse dans la manipulation de cette arme passe nécessairement par un travail sur l’équilibre, les placements et les mouvements du corps. Dans son exigence, elle est aussi la seule façon d’aborder certains aspects fondamentaux des déplacements et de la puissance des frappes, qu’ils soient physiques ou mentaux, techniques ou tactiques. Il s’agit d’un des vecteurs essentiels de la maturation globale du pratiquant. |
Great Internet Mersenne Prime Search Le Great Internet Mersenne Prime Search, ou GIMPS, est un projet de calcul partagé où les volontaires utilisent un logiciel client pour chercher les nombres premiers de Mersenne. Le projet a été fondé par George Woltman, qui est aussi le créateur du logiciel de calcul distribué employé. L'algorithme utilisé est le test de primalité de Lucas-Lehmer pour les nombres de Mersenne. Ce projet a permis de trouver les quinze plus grands nombres premiers de Mersenne connus qui sont aussi les quinze plus grands nombres premiers connus. Le plus grand connu depuis est 2 − 1, un nombre de 24 862 048 chiffres. Ainsi, le GIMPS a pu remporter le , la première récompense de offerte par l'Electronic Frontier Foundation pour la découverte du premier nombre premier de plus d'un million de chiffres (avec M6 972 593 de chiffres). Des règles de répartition de la récompense sont prévues par le GIMPS entre l'internaute qui trouve le nombre, le GIMPS, des œuvres caritatives et les autres internautes qui participent au GIMPS et trouvent des nombres premiers. L'Electronic Frontier Foundation offre d'autres récompenses de 100 000, et de pour, respectivement, la découverte de nombres premiers de plus de 10, 10 et 10 chiffres. Le GIMPS ayant trouvé le , M43 112 609, un nombre premier de chiffres, a remporté le second prix de . Nombres premiers découverts. Un nombre premier de Mersenne, noté M"p", est un nombre premier s'écrivant sous la forme formula_1, "p" étant un nombre premier. Avec la notation Mn, n est le rang du nombre de Mersenne. Au , M44 (2-1) est le plus grand nombre premier de Mersenne pour lequel on sait qu'il n'y a pas d'autre nombre premier de Mersenne plus petit encore inconnu. La vérification est en cours pour les nombres plus grands. Notons que les nombres ne sont pas forcément découverts dans l'ordre croissant, puisque la découverte se fait par un travail collaboratif de milliers d'ordinateurs. Au tous les exposants inférieurs à 47 730 973 ont été testés et contrôlées ce qui garantit que M46 est bien le 46 M et tous les exposants inférieurs à 84 589 913 ont été testés au moins une fois ce qui pré-garantit que tous les nombres de Mersenne inférieur à M51 ont été trouvés. |
Global 200 Global 200 fait référence aux 238 régions écologiques définies par le World Wildlife Fund (WWF) comme étant les plus représentatives des principaux types d'habitats terrestres, marins, et d'eau douce. Le choix de ces régions s'est fondé sur différents critères tels que Le WWF considère les régions dites « Global 200 » comme exceptionnelles au niveau biologique et prioritaires en matière de conservation. Contexte. Le WWF a identifié 867 écorégions terrestres sur la surface de la Terre, ainsi que des écorégions d'eau douce et marines. Le but de ce système de classification est d’assurer que l'ensemble des écosystèmes soit représenté dans les stratégies régionales de conservation et de développement. Parmi ces écorégions, le WWF a sélectionné les Global 200 comme les écorégions les plus essentielles à la conservation de la biodiversité mondiale. La liste des Global 200 contient 238 écorégions, composée de 142 écorégions terrestres, 53 écorégions d'eau douce et 43 écorégions marines. Les protecteurs de la nature intéressés dans la préservation de la biodiversité sont généralement focalisés dans la préservation des forêts tropicales humides car il a été estimé qu'elles sont le refuge de la moitié des espèces de la planète. Par ailleurs, le WWF a déterminé qu'une stratégie plus globale pour la conservation de la biodiversité mondiale devait aussi considérer l'autre moitié des espèces, ainsi que les écosystèmes qui les soutiennent. Plusieurs habitats, tel que le biome forêts, bois et broussailles méditerranéens, sont connus pour être plus menacés que les forêts tropicales humides, et donc nécessitent une action de conservation concertée. WWF soutient que , c'est pourquoi les stratégies de conservation en fonction de l'écorégion sont considérées comme essentielles. Classification. Historiquement, les zoologues et les botanistes ont développé divers systèmes de classification qui prennent en compte les communautés de plantes et d'animaux. Deux des systèmes de classifications mondiales les plus utilisés aujourd'hui ont été résumés par Myklos Udvardy en 1975. La surface terrestre de la Terre peut être divisée en huit régions biogéographiques (appelées écozones par le WWF) qui représentent les plus grandes communautés d'animaux et de plantes, et sont une synthèse des systèmes antérieurs des provinces floristiques et des régions faunistiques. Le système de biome classifie le monde en types d'écosystèmes (forêts, prairies, etc.) en fonction du climat et de la végétation. Chaque région biogéographique contient plusieurs biomes, et les biomes se trouvent sur plusieurs régions biogéographiques. Un système de provinces biogéographiques a été développé pour identifier les zones géographiques spécifiques dans chaque région biogéographique qui étaient d'un type de biome cohérent, et qui partageaient différentes communautés de plantes et d'animaux. Le système WWF représente un affinement plus avancé dans le système des biomes (que le WWF appelle , région biogéographiques, et provinces biogéographiques (le plan du WWF divise la plupart des provinces biogéographiques en plusieurs écorégions plus petites). Processus de sélection. Fondé sur une liste complète des écorégions, le Global 200 comprend tous les types d'habitats principaux (biomes), tous les types d'écosystèmes, et les espèces provenant de tous les types d'habitats principaux. Il se focalise sur chaque type d'habitat principal de chaque continent (tel que la forêt tropicale ou le récif corallien). Il utilise des écorégions comme unité de mesure de comparaison. Le WWF indique que les écorégions pourraient être considérées comme des unités à l'échelle régionale car elles présentent des communautés biologiques similaires. Certaines écorégions ont été choisies par rapport à d'autres écorégions du même type d'habitat principal (biome) ou écozone. La sélection des Global 200 s'est faite à partir d'études approfondies de 19 types d'habitats principaux terrestres, marins ou d'eau douce. La sélection des écorégions est fondées sur l'analyse de la richesse spécifique, l'endémisme spécifique, les "unique higher taxa", les phénomènes évolutifs ou écologiques inhabituels, et la rareté globale du principal type d'habitat. La liste des écorégions Global 200 est la plus utile aux efforts de conservation à l'échelle régionale : la déforestation locale, la destruction des zones humides, la dégradation des sols, etc. Pourtant, certains phénomènes, tel que la migration des baleines ou des oiseaux, dépend de paramètres plus complexes inutilisés pour définir la base de données actuelle, tels que les courants atmosphériques et les écosystèmes pélagiques dynamiques. Ils nécessitent de rassembler davantage d'information, et de coordination d'effort entre les différentes écorégions. Toutefois, la liste peut soutenir ces efforts en identifiant les sites habitat et les sites de repos pour les animaux migrants. Cela pourrait aussi aider à identifier la provenance d'espèces invasives, et permettre de comprendre comment ralentir ou stopper leur intrusion. |
Dernier théorème de Fermat En mathématiques, et plus précisément en théorie des nombres, le dernier théorème de Fermat, ou grand théorème de Fermat, ou depuis sa démonstration théorème de Fermat-Wiles, s'énonce comme suit : Énoncé par Pierre de Fermat d'une manière similaire dans une note marginale de son exemplaire d'un livre de Diophante, il a cependant attendu plus de trois siècles une preuve publiée et validée, établie par le mathématicien britannique Andrew Wiles en 1994. C'est surtout par les idées qu'il a fallu mettre en œuvre pour le démontrer, par les outils qui ont été mis en place pour ce faire, qu'il a pris une valeur considérable. Contexte. Dans le cas où , l'équation correspond à l'addition usuelle et a donc une infinité de solutions. Dans le cas où cette équation a encore une infinité de solutions en nombres entiers positifs non nuls, les triplets pythagoriciens, dont le plus petit est (3, 4, 5) : 3 + 4 = 5. Le théorème de Fermat-Wiles établit que pour , cette équation n'a pas de solution en entiers positifs non nuls (les autres solutions, de la forme , sont souvent appelées "solutions triviales"). Si l'équation n'a pas de solution (en entiers positifs non nuls) pour un exposant donné, elle n'en a pour aucun des multiples de (puisque ) et donc il suffit, pour démontrer le théorème général, de le démontrer pour premier impair et pour . Historique. Énoncé de Fermat. Le théorème doit son nom à Pierre de Fermat, qui l'énonce en marge d'une traduction (du grec au latin) des "Arithmétiques" de Diophante, en regard d'un problème ayant trait aux triplets pythagoriciens : . On ignore la destination de ces notes marginales, qui paraissent cependant avoir été réservées au seul usage du mathématicien, même si on peut trouver qu'elles sont écrites « dans un style qui suppose la présence d’un lecteur ». Elles nous sont parvenues par une transcription réalisée par son fils Samuel, qui a publié une réédition du Diophante de Bachet augmentée des annotations de son père 5 ans après la mort de celui-ci. On n'a pas d'autre description de l'exemplaire portant les annotations de Fermat, qui a été perdu très tôt, peut-être détruit par son fils pour cette édition. Cette note est le seul témoignage dont on dispose de la part de Fermat sur cet énoncé dans le cas général. "A fortiori" aucune démonstration ou tentative de démonstration n'a été retrouvée. En revanche, Fermat évoque à plusieurs reprises le cas des cubes et des puissances quatrièmes, et on possède des preuves de lui et de contemporains sur le cas des puissances quatrièmes. Le nom du théorème. Les résultats de Fermat (presque toujours annoncés sous forme de problèmes, et sans démonstration) n'ont en général pas reçu de nom, à l'exception de son petit théorème, appelé simplement « théorème de Fermat » par Gauss ; le résultat énoncé dans la note marginale, découvert après la mort de son auteur, fut logiquement appelé alors « dernier théorème de Fermat », nom qui devint également le sien dans la plupart des langues étrangères : en anglais, en danois, et dans les langues romanes, mais aussi en japonais et en coréen, en arabe, en hébreu et en turc. Au début du , la dénomination de « petit théorème de Fermat » devint fréquente, et le « dernier théorème de Fermat » (entre-temps souvent énoncé sous le nom de « conjecture de Fermat ») prit alternativement, par contraste, le nom de « grand théorème de Fermat », par exemple en allemand ou en chinois. Enfin, depuis sa démonstration par Wiles, on rencontre de plus en plus fréquemment la dénomination de « théorème de Fermat-Wiles », ou parfois même simplement « théorème de Fermat ». Premières approches. Ainsi, apparaît le réel intérêt de ce théorème négatif : c'est un moteur puissant qui va obliger pour le résoudre à étudier les structures algébriques d'objets dont on aurait eu peine à imaginer l'existence au temps de Fermat. L'idée s'affirme alors que ce dernier théorème, loin d'être une fin en soi, n'est qu'un début pour l'étude de questions bien plus profondes et qui sont au cœur de l'invention mathématique contemporaine. On peut également interpréter ce théorème géométriquement en considérant les courbes d'équation : . Si , le théorème affirme que ces courbes ne passent par aucun point à coordonnées rationnelles non nulles. Bien que cette approche ait échoué à démontrer la conjecture, le théorème de Faltings prouve du moins que ces courbes n'admettent qu'un nombre fini de points rationnels. Fermat l'avait-il démontré ? L'énoncé de Fermat n'a été connu que cinq ans après sa mort, grâce à la publication par son fils des notes en marge de son exemplaire des "Arithmétiques" de Diophante, et on ne trouve pas d'autre mention du cas général dans ses travaux. Par ailleurs, les démonstrations partielles données au cours des siècles qui ont suivi ont nécessité des outils mathématiques qui n'existaient pas au temps de Fermat. La quasi-totalité des mathématiciens estiment donc aujourd'hui que Fermat avait seulement cru démontrer le résultat général, mais qu'il s'était trompé. Avant les travaux de Wiles, peu de professionnels tentaient encore de s'attaquer directement à ce théorème. Malgré cela, de nombreux amateurs optimistes étaient et sont encore persuadés d'avoir découvert une preuve très simple (pas nécessairement celle de Fermat) ; leurs erreurs sont le plus souvent d'un niveau très élémentaire. Dans toute l'œuvre mathématique laissée par Fermat, on ne trouve qu'une démonstration : celle du fait qu'« il n’y a aucun triangle rectangle dont l’aire soit carrée », fait dont le cas du « grand théorème » se déduit immédiatement. Le cas plus délicat n'a été démontré qu'un siècle plus tard par Euler, encore sa preuve publiée en 1770 est-elle incomplète, l'un des arguments étant erroné. Cependant, Fermat y fait référence dans cinq de ses lettres, de juin 1638 à août 1659 : deux à Mersenne, deux à Digby et une à Huygens par l’intermédiaire de Carcavi : . Il « savait comment le prouver » et défiait ses contemporains d'y parvenir. Par ailleurs, il est possible de démontrer le cas par la méthode de descente infinie, même si elle est plus difficile à mettre en œuvre que pour le cas . Aussi les historiens estiment-ils possible, voire probable, que Fermat ait disposé également d'une démonstration du théorème dans le cas , ou au moins des grandes lignes de celle-ci. Mais les historiens des mathématiques ne sont pas certains que Fermat lui-même ait été longtemps convaincu d'avoir une preuve dans le cas général. En effet, les annotations marginales de Fermat sont des notes de lectures destinées à son usage personnel qui ne sont pas datées. Pour la chronologie de ses découvertes les historiens s'appuient sur sa correspondance. Or, si Fermat mentionne bien dans celle-ci les cas particuliers du théorème pour et , il n'aborde jamais explicitement le cas général, ce qui est la seule exception parmi ses énoncés de théorie des nombres. La mention de ces deux cas particuliers laisse cependant penser que la note en marge date du début de son intérêt pour le domaine, et que Fermat s'était lui-même rapidement rendu compte qu'il n'avait pas de démonstration de son Grand Théorème dans le cas général, ni même simplement dans le cas ; il n'avait pas à se rétracter puisque la conjecture était restée privée. Un autre argument est évoqué par l'historien Michael Sean Mahoney, qui fait la comparaison avec la conjecture de Fermat, fausse celle-ci, sur la primalité des nombres dits depuis « nombres de. En effet après avoir écrit plusieurs fois à ses correspondants qu'il n'avait pas de démonstration de ce résultat, il assure en posséder une par descente infinie dans une lettre de 1659 à Carcavi. Or la conjecture de Fermat est en défaut pour (225+1 n'est pas premier car divisible par 641), ce qui conduit Mahoney à supposer que Fermat n'aurait vérifié précisément cette conjecture que jusqu'à , par une méthode dont il se serait persuadé à tort qu'elle fonctionnait au-delà, et procédé de même pour son « dernier théorème ». On ignore à ce jour s'il est possible de prouver le théorème de Fermat par des raisonnements n'utilisant que les propriétés arithmétiques et algébriques des entiers déjà connues de son temps, mais l'on sait que certaines pistes, telles que la méthode de descente infinie, échouent sous la forme qui réussit pour les petites valeurs de . La plupart des spécialistes estiment pour cette raison qu'une approche « élémentaire » est vouée à l'échec. Démonstration par Andrew Wiles. Après avoir été l'objet de fiévreuses recherches pendant près de 350 ans, n'aboutissant qu'à des résultats partiels, le théorème est finalement démontré par le mathématicien Andrew Wiles, au bout de huit ans de recherches intenses, dont sept dans le secret le plus total. La démonstration, publiée en 1995, recourt à des outils très puissants de la théorie des nombres : Wiles a prouvé un cas particulier de la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil, dont on savait depuis quelque temps déjà, via les travaux de Yves Hellegouarch en 1971 (note au CRAS), puis de Gerhard Frey, Jean-Pierre Serre et Ken Ribet, qu'elle impliquait le théorème. La démonstration fait appel aux formes modulaires, aux représentations galoisiennes, à la cohomologie galoisienne, aux représentations automorphes, à une … La présentation de la démonstration par Andrew Wiles s'est faite en deux temps : Alors que, prises séparément, Flach-Kolyvagin et Iwasawa étaient inadéquates, ensemble, elles se complètent. Le 25 octobre 1994, deux manuscrits sont diffusés : "Les courbes modulaires elliptiques et le dernier théorème de Fermat" (par Andrew Wiles), et "Les propriétés annulaires théoriques de certaines fonctions de Hecke" (par Richard Taylor et Andrew Wiles). Le premier, très long, annonce entre autres la preuve, en se fondant sur le second pour un point crucial. Le document final est publié en 1995. Méthode de la démonstration. Principe. La démonstration d'Andrew Wiles s'appuie sur de nombreux travaux antérieurs et peut se résumer comme suit : La contradiction qui en résulte montre que l'équation de Fermat ne peut avoir de solutions en entiers non nuls. Notions utilisées. Courbes elliptiques. Une courbe elliptique est une courbe algébrique non singulière dont l'équation (dans un repère convenable) peut se mettre sous la forme : (les coefficients , , , et sont des éléments d'un corps sur lequel on dit que la courbe est définie). Une telle équation correspond à une courbe non singulière (c'est-à-dire sans point de rebroussement, ni point double) si et seulement si un certain polynôme sur les coefficients, le discriminant, ne s'annule pas. L'équation d'une cubique de ce type définie sur le corps des nombres réels ou plus généralement sur un corps de caractéristique 0, peut être mise sous une forme encore plus simple (dite équation de Weierstrass) : Le discriminant de cette courbe est . S'il est non nul, la courbe est non singulière, et donc est une courbe elliptique. Courbe de Frey-Hellegouarch. En 1984, Gerhard Frey crut pouvoir démontrer que, si est un contre-exemple au théorème de Fermat, la courbe elliptique introduite par Yves Hellegouarch, d'équation , fournissait un contre-exemple à la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil selon laquelle toute courbe elliptique est paramétrable par des fonctions modulaires. L'argument de Frey n'était pas entièrement correct, mais Jean-Pierre Serre a vu ce qu'il fallait rajouter pour qu'il marche, ce qui l'a conduit à formuler sa de telle sorte que Shimura-Taniyama-Weil + ε implique Fermat. Comme dans d'autres situations en mathématiques, le fait d'intégrer le problème de Fermat dans un cadre plus général et apparemment beaucoup plus difficile a permis de grandes avancées, parce que l'on dispose alors de tout un outillage développé pour ce cadre. Démonstration de Kenneth Ribet. En 1986, après pratiquement deux ans d'effort, l'Américain Ken Ribet réussit à démontrer la conjecture ε de Serre, dont une des conséquences est que la courbe de Frey-Hellegouarch n'est pas paramétrable par des fonctions modulaires. Il ne restait plus qu'à démontrer la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil : « Toute courbe elliptique est paramétrable par des fonctions modulaires. » Conjecture de Shimura-Taniyama-Weil. La conjecture de Shimura-Taniyama-Weil précise que les courbes elliptiques sur ℚ peuvent toujours être associées à (ou paramétrées par) des fonctions spéciales dites modulaires (généralisation des fonctions trigonométriques). Pour démontrer cette conjecture, Andrew Wiles utilisa entre autres les notions mathématiques suivantes : La démonstration complète pour les courbes elliptiques semi-stables a été publiée en 1995 dans "Annals of Mathematics". Les conséquences de la découverte. Dès 1987, Serre avait montré que les résultats de Ribet permettraient, si la conjecture de Shimura-Taniyama-Weil était vraie, de résoudre des équations de Fermat généralisées telles que (pour ) ; sous la même hypothèse, Henri Darmon et Andrew Granville ont pu adapter ces techniques à la résolution des équations et par exemple. Mais pour faire aboutir sa démonstration, Wiles a dû combiner un impressionnant arsenal de résultats obtenus avant lui, et surtout inventer des techniques complètement nouvelles qui ont révolutionné la théorie des nombres. Ces techniques, améliorées ensuite par d'autres mathématiciens, ont permis des avancées spectaculaires dans le programme mis au point par Robert Langlands. Une des retombées de ces avancées a été la démonstration (à l'été 2009) de la conjecture de Satō-Tate. En 2016, Wiles reçoit le prix Abel Dans la culture. Surtout avant la démonstration de Wiles, le théorème et la recherche de la démonstration de Fermat sont souvent apparus dans la littérature « populaire » (par exemple, Lisbeth Salander en trouve une démonstration élémentaire à la fin de "La Fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" ; Arthur Porges en fait le prix d'un pacte avec le Diable dans "The Devil and Simon Flagg", etc.). De même, à la télévision, plusieurs mentions du théorème apparaissent dans la série "Star Trek" : dans ', dans l'épisode "The Royale" (saison 2, épisode 12, diffusé en 1989, 5 ans avant que le théorème eut été démontré), le théorème de Fermat est décrit comme irrésolu au , soit 700 ans après les écrits de Fermat ; dans l'épisode "Facets" (saison 3, épisode 25, diffusé le 12 juin 1995) de ', une nouvelle démonstration du dernier théorème de Fermat est découverte au 23 siècle, Jadzia Dax déclarant que . Les romans suivants sont plus centrés sur le théorème lui-même : |
Geocoris Le genre "" comprend des insectes hémiptères hétéroptères (punaises) de la famille des Lygaeidae, et de la sous-famille des Geocorinae. Ce sont des prédateurs. Les larves et les adultes ont pour proies principalement les acariens, les psylles, les pucerons et les thrips sur les arbres fruitiers, la vigne et les cultures légumières. Historique et dénomination. Le genre "Geocoris" a été décrit par l'entomologiste suédois Carl Frederick Fallén en 1814. |
Gujarati Le gujarati ou goudjarati (, "", prononcé en gujarati et en français) est une langue indienne appartenant au groupe indo-iranien de la famille des langues indo-européennes. Il est parlé principalement dans l'État de Gujarat (Goudjerat), dans l'ouest de l'Inde. C'est une langue officielle reconnue par la Constitution fédérale, dérivée de prâkrits, et très proche du rajasthani dont il dérive ; les locuteurs musulmans et parsis ont, de fait, apporté un grand nombre de termes arabo-persans à son lexique. Le gujarati est noté au moyen d'un alphasyllabaire très similaire à la devanagari mais sans la ligne continue caractéristique qui relie le sommet des caractères. Il compte environ de locuteurs. Répartition géographique. Le gujarati est parlé par environ de personnes dans le monde. Selon le recensement indien de 2011, de l'Inde ont le gujarati comme langue maternelle, dont au Gujarat, au Maharashtra et dans les autres états. Les locuteurs étrangers sont environ en Tanzanie, en Ouganda, au Pakistan, au Kenya et au Zimbabwe. La langue compte également des locuteurs en Afrique du Sud qui, selon l'article 6 de sa constitution, en fait la promotion. En Inde, le gujarati est la langue principale de l'État du Gujarat et des territoires Daman et Diu et Dadra et Nagar Haveli. Un nombre important de locuteurs vivent aux États-Unis (dans les États du New Jersey, de New York, du Texas et de Californie) et au Royaume-Uni (Leicester et Wembley), mais aussi dans les îles de l'Océan indien, Maurice, Madagascar, Réunion et l'archipel des Comores. Statut officiel. Le gujarati est langue officielle de l'État du Gujarat, en Inde. Histoire. Après la fondation de l'État du Gujarat en 1960 sur la base de la langue gujarati, il y a un besoin de littérature disponible pour le public gujarati. Après des années d'efforts de la part de l'écrivain gujarati , le est créé en et est constitué de nombreux universitaires et personnalités de diverses disciplines. Le travail de création d'une encyclopédie en 25 volumes en langue gujarati commence cette même année sous la direction de Dhirubhai Thaker : la "Gujarati Vishwakosh". Classification. Le gujarati est une langue appartenant au groupe indo-iranien des langues indo-européennes. C'est une des langues les plus proches du sanskrit. Écriture. Le gujarati est noté au moyen d'un alphasyllabaire, l’alphasyllabaire gujarati, très similaire à la devanagari mais sans la ligne continue caractéristique qui relie le sommet des caractères. Grammaire. Le gujarati possède trois genres grammaticaux (masculin, féminin et neutre), deux nombres (singulier et pluriel) ainsi que trois cas (nominatif, oblique/vocatif et locatif). Les noms peuvent être divisés en deux catégories selon leurs déclinaisons : les noms marqués dont la terminaison change et les non-marqués dont la terminaison ne change pas. Voici le paradigme des déclinaisons : En gujarati, il existe aussi une marque du pluriel -"ઓ" ("o"). Cependant, ce suffixe n'est pas obligatoire : il n'est généralement pas présent quand la pluralité est indiquée par un autre élément (ex: un accord ou une quantité explicitement exprimée). Toutefois, dans le système de déclinaison, il est souvent marqué. Cette redondance est appelée "double pluriel". Voici toutes les terminaisons possibles pour les noms gujaratis : |
Généalogie La généalogie (du grec ', « génération » et ', « connaissance ») est la ou la pratique qui a pour objet la recherche de la parenté et de la filiation des personnes. La généalogie est considérée comme une science auxiliaire de l'histoire. Historiquement, elle était utilisée par les gens aisés pour établir la noblesse de sang d'un individu. Partant de motivations variées, la généalogie d'un individu peut être réalisée par un généalogiste professionnel ou à titre personnel pour identifier des ancêtres sur plusieurs générations. Ce travail de recherche permet d'établir l'histoire d'une famille en se basant sur divers types d'archives mais aussi des entretiens oraux ou encore la génétique. On distingue généralement la généalogie ascendante, les ancêtres d'une personne, et la généalogie descendante, les descendants d'une personne ou d'un couple donné. Un professionnel facture une prestation de recherche généalogique parfois nécessaire pour établir une succession par un notaire après un décès (généalogie successorale) ou à la demande d'un particulier qui souhaite connaître son histoire familiale (généalogie familiale). La représentation graphique des individus et de leurs liens de parenté se présente communément sous la forme d'un schéma arborescent à partir d'un individu racine ancré en bas de page et les individus parents dans les « branches » et « feuilles », c'est pourquoi un tel schéma est communément appelé arbre généalogique. Cette mise en page est surtout adaptée pour visualiser une généalogie ascendante, on peut également l'inverser avec un individu racine en haut de page et les ascendants en dessous. D'autres types de présentation existent comme la représentation circulaire, semi-circulaire ou encore la liste d'ascendance. Le développement des technologies de l'information et de la communication en facilitant sensiblement l'accès par Internet aux différentes bases de données et la représentation des différentes filiations grâce aux logiciels spécialisés, a facilité la recherche généalogique. De plus, les archives peuvent être de plus en plus disponibles à distance via Internet à l'instar des archives départementales en France qui mettent progressivement à disposition du public leurs archives numérisées. Des associations généalogiques se sont créées à un niveau local pour s'entraider entre chercheurs, de même que des revues généalogiques sont publiées et spécialisées sur le sujet permettant d'approfondir ses recherches ou connaître de nouvelles techniques. Définitions. Considérée comme une science auxiliaire de l'histoire, la généalogie est la recherche de la parenté et de la filiation des personnes. Le dictionnaire encyclopédique Quillet indique que la généalogie est l’étude et la connaissance des filiations. Par métonymie, le terme généalogie désigne également le fruit de la recherche, par exemple un livre ou un tableau. On parle également de généalogie pour la filiation des animaux notamment les chevaux, le bétail ou les chiens de race pour lesquels sont tenus des registres généalogiques consignant la pureté de la filiation ; le terme pedigree peut aussi être utilisé pour le cas de la filiation et de la race des animaux. En philosophie, le terme est utilisé pour expliquer le contexte de genèse d'une idée, d'un concept ou d'un système de pensée à partir de tout ce qui a précédé la naissance. Dans La "Généalogie de la morale", Nietzsche recherche les liens de parenté des concepts moraux de la réalité socio-économique de son époque et notamment par rapport aux valeurs religieuses. Edgar Morin, dans le tome 4 de "La méthode, Les idées, leur habitat, leur vie, leurs mœurs, leur organisation" (p. 124) indique comment à l'intérieur de la noosphère, une entité se construit sur la base de l'ordre / du désordre / de l'organisation / et des inter-relations entre les idées de base. Contexte d'exercices. Classiquement la généalogie est une activité pratiquée comme un loisir par une personne pour connaître ses ancêtres, savoir d'où ils venaient mais aussi connaître leur contexte de vie tel que leur métier, qui a pu changer plusieurs fois au cours de la vie, ou leur carrière militaire. Cela suppose de se baser sur des témoignages oraux des personnes âgées de la famille mais surtout sur des documents concrets qu'on qualifie de documents généalogiques. Par extension le généalogiste s'intéresse à l'histoire, l'héraldique, la géographie, la sociologie, le droit ou la topographie, qui a pu évoluer dans le temps, ou encore la religion. On parle parfois d'histoire familiale pour la biographie d'une même famille sur plusieurs générations enrichie de l'histoire complète de sa place dans la société, des drames, des réalisations ou des échecs et de l'acquisition ou la perte de biens et de titres. Un généalogiste professionnel peut quant à lui effectuer des recherches rémunérées pour d'autres personnes, publier des articles ou des livres, créer des logiciels spécifiques ou entretenir des bases de données d'informations généalogiques. Se référer pour organisation/formation/prestations/généalogistes connus : Généalogiste On trouve généralement deux catégories : Dans le cas d'une succession, le généalogiste est rémunéré sur la base d'un pourcentage sur la succession révélée aux ayants droit retrouvés à la suite de ses recherches (). En matière de généalogie on peut distinguer plusieurs types de recherche. Principalement on parle de généalogie ascendante et descendante mais également de généalogie génétique ou encore de psychogénéalogie. Généalogie ascendante. La généalogie ascendante part d'un individu et vise à rechercher ses ancêtres. L'individu de base est appelé le '. C'est l'individu qui sera à la base d'un arbre généalogique, représentation typiquement utilisée pour schématiser les relations entre les personnes. En remontant l'ascendance, on a les parents de l'individu ', puis ses grands-parents Le nombre d'individus double à chaque génération donc ajouter une génération à une généalogie revient à ajouter autant d'individus que déjà rencontrés jusque-là. Si on remonte jusqu'à l'époque des débuts des registres disponibles à la Renaissance en faisant l'hypothèse d'une génération de trente ans en moyenne, nous trouvons : On remarque que le nombre d'individus d'une génération N correspond à 2N - 1 (ou 2N si on considère le degré). Par exemple pour la génération d'ancêtres d'un individu, soit le degré, on obtient 256 individus de cette génération. Ce qui fait donc 29 - 1 individus en tout dans son arbre, soit 511. En remontant jusqu'au siècle, ce sont 4 milliards d'ancêtres théoriques que possède chaque être humain, alors que la population mondiale ne dépassait pas quelques centaines de millions de personnes. Des travaux combinant généalogie et modélisation montrent que le plus récent ancêtre commun à l'humanité tout entière aurait entre 2000 et 4000 ans. Avec le grand nombre d'individus potentiels qui peuvent apparaître dans un arbre généalogique, il est important de bien numéroter et ranger les informations propres à chaque individu. Pour repérer les ancêtres de manière unique, plusieurs façons de numéroter existent comme la numérotation de Sosa-Stradonitz qui peut être utilisé en généalogie ascendante. Il est conseillé d'utiliser ce numéro pour référencer tous les documents liés à un individu (copies des actes, photographies) ou du moins d'utiliser une méthode de classement rigoureuse. Les nombres d'ascendants ci-dessus sont théoriques et il n'est pas forcément possible de retrouver tous les individus d'une génération, cela dépendant fortement des archives disponibles pour sa recherche. De plus ce doublement théorique du nombre d'individus à chaque génération fait qu'on arriverait à des millions d'individus en ligne directe en remontant de dans le temps. Si on prend le cas de la France, on s'approcherait alors de la population totale de l'époque pour l'ascendance d'une seule personne née aujourd'hui. Il faut donc comprendre que des mariages s'opéraient entre personnes proches géographiquement, socialement, mais aussi parfois de même sang avec des degrés de consanguinité plus ou moins élevés, c'est un phénomène appelé endogamie. C'est pourquoi des personnes identiques peuvent se retrouver plusieurs fois dans un même arbre généalogique, on parle d'implexe. Ainsi Charlemagne est cité cinq cents fois dans l'ascendance de Saint Louis. Par convention dans la numérotation et pour éviter qu'ils soient désignés par plusieurs numéros, on attribue préférentiellement le numéro le plus petit aux personnes identiques. C'est aussi ce phénomène d'endogamie qui a poussé l’Église catholique à tenir des registres pour maîtriser la consanguinité de la population et empêcher le mariage entre cousins trop proches (degré canonique). La généalogie ascendante peut être pratiquée uniquement pour rechercher l'ascendance mâle d'une personne, celle qui transmet le patronyme à ses enfants, on parle de lignée agnatique. Elle peut également être utilisée pour déterminer la lignée cognatique d'une personne, c'est-à-dire les individus qui ne portent pas le même nom, en particulier la parenté par les femmes. En référence à la numérotation de Sosa-Stradonitz, les généalogistes parlent parfois de « lignée SOSA » ou d'« individus SOSA » pour désigner les individus en ligne directe avec l'individu racine à différencier des individus « non SOSA » ne portant pas de numérotation que sont les collatéraux, frères et sœurs des ascendants directs par exemple, et les alliés (conjoints, non ascendants). Généalogie descendante. La généalogie descendante s'intéresse aux descendants d'une personne ou d'un couple donné et vise à chercher tous les descendants. Cela peut être utilisé pour déterminer des liens de cousinage entre personnes. Mathématiquement plus l'ancêtre est éloigné dans le temps et plus il peut avoir de descendants potentiels. Cela prendra donc d'autant plus de temps de les recenser, la progression du nombre de descendants n'étant pas géométrique comme celle des ascendants (un individu a toujours deux parents mais peut avoir un nombre indéfini d'enfants). Il est possible de réaliser une généalogie descendante agnatique (patrilinéarité) ou patronymique c'est-à-dire uniquement les descendants garçons, qui portent le nom de famille de l'ancêtre considéré, en notant simplement le nom des descendants filles ; mais il est également possible de réaliser une descendance complète y compris avec les descendants des filles. Giocangga est le grand-père de Nurhachi, le fondateur de la Dynastie Qing. Une étude controversée indique que 1,5 million de Chinois et Mongols du début du pourrait descendre de ce même ancêtre commun. Pour identifier les individus avec un numéro unique dans une généalogie descendante, il est possible d'utiliser la numérotation d'Aboville ou encore le système Henry. On peut également souhaiter rassembler tous les membres d'une même famille, on parle de « cousinade », ce terme existe depuis les années 1990. En France, en 2012, vendéens sont entrés dans le Livre des records pour avoir formé la plus grande cousinade jamais rassemblée. Généalogie médicale. La généalogie médicale constitue l'étude de la transmission des maladies héréditaires et génétiques par la généalogie. Principalement orientée vers les familles porteuses de maladies transmissibles, la généalogie médicale d'un individu doit permettre d'identifier des ancêtres porteurs sur plusieurs générations. Le généalogiste prend ainsi en compte l’ensemble des antécédents médicaux et familiaux. Dès lors qu'une maladie héréditaire ou génétique se présente dans la vie d'un individu, la généalogie médicale permet de renseigner le cheminement généalogique qu'à entrepris la pathologie. Elle intervient dans le cadre de maladies héréditaires et génétiques, de suspicions de maladies consanguines, fournis les informations indispensables lors d’une nécessité de greffe. Généalogie génétique. La généalogie génétique est une façon de rechercher ses ancêtres fondée non plus sur l'étude des registres d'état civil, mais sur l'analyse de l'ADN. Des laboratoires, aux États-Unis et au Royaume-Uni, proposent des tests permettant d'identifier ses ancêtres lointains, sa région d'origine ou son groupe ethnique. Psychogénéalogie. La psychogénéalogie est une théorie qui vise à relier la psychologie d'un individu avec celle de ses ancêtres et notamment les traumatismes ou des faits marquants survenus dans l'histoire de sa famille, tels que la perte d'un enfant, pouvant expliquer les maux du présent. Généalogie foncière. La généalogie foncière ou généalogie immobilière a pour but de retrouver l'origine d'un vieil immeuble, d'une ancienne habitation ou d'un terrain. Cette discipline un peu complexe utilise les documents provenant des hypothèques, du cadastre ou du sommier foncier, des minutes notariales et d'autres sources éventuellement disponibles selon le type de bâtiment. Les archives de l'Oise donnent une bonne explication de cette activité. Les généalogistes fonciers sont peu nombreux en France. Ils proposent souvent un service de recherche sur l'histoire d'un bien ainsi qu'une brochure complète détaillant les éléments mis au jour. Conventions typographiques. Certaines conventions sont utilisées en généalogie, les principaux symboles ou abréviations sont exprimés dans le tableau suivant. Arbre généalogique et représentation graphique. Dans la civilisation gréco-latine existe un culte organisé de la généalogie : dans les grandes maisons, les ancêtres sont représentés en portraits hiérarchisés sur les murs (peintures, bas-reliefs) ou dans les cortèges funéraires et dans des arbres généalogiques conservés dans des écrits, les stemmata. Dans le christianisme, la représentation graphique des relations familiales au Moyen Âge se fait sur le modèle biblique de l'Arbre de Jessé représentant Jessé assis ou allongé « portant » un arbre lui sortant du dos avec ses descendants dont le roi David et Jésus de Nazareth. La féodalité valorisant le lignage et les bourgeois recherchant leur « ancêtre enracineur »), la première représentation non biblique se trouve dans la "Genealogia deorum gentilium" (« Généalogie des dieux des païens ») de Boccace au milieu du . Les ancêtres sont modélisés dans les racines qui sont dessinées soit dans le ciel, soit dans le sol, le modèle n'ayant toujours pas été tranché. Il est plus courant aujourd'hui de trouver une représentation où le sujet, "de cujus" sur lequel on réalise une recherche généalogique ascendante, est représenté à la racine de l'arbre, c'est-à-dire au pied, ses ancêtres étant ensuite représentés en tant que branches et l'arbre s'étoffe à mesure que les ascendants sont découverts. Cette représentation est paradoxale car la racine d'un arbre en milieu naturel est ce qu'il y a de plus vieux et les branches ou feuilles sont plus jeunes. La racine de son arbre généalogique devrait être l'individu le plus vieux mais il est difficile de le déterminer au début de ses recherches. En revanche, en généalogie descendante, la recherche s'effectue sur un individu donné et vise à trouver tous ces descendants, une représentation par arbre avec l'individu, par définition plus vieux que ses descendants, au pied de l'arbre est tout à fait possible. D'autres types de présentation sont possibles, par exemple sous forme de tableau d'ascendance où l'individu "de cujus" est représenté à gauche et ses ascendants de gauche à droite. Il est possible de représenter une ascendance sous forme de diagramme circulaire ou semi-circulaire, le "de cujus" étant au centre et chaque génération ajoute un cercle autour de la génération précédente. L'avantage des représentations circulaires est qu'elles occupent moins de place, on peut positionner plus de générations que sous la forme d'un arbre, à espace équivalent. Un format A4 permet de placer 255 ancêtres. De nos jours, la création d'arbres généalogiques est facilitée par l'outil informatique qui permet de gérer les différents modes de présentation d'un arbre généalogique en prenant en compte le problème de l'espace disponible et des sauts entre les pages pour une impression adaptée notamment au format A4. Moins graphique, la liste d'ascendance offre une présentation plus compacte. Par la mise en commun des recherches généalogiques individuelles, plusieurs sites Internet visent à développer un arbre généalogique universel en compilant dans un unique arbre tous les actes des généalogistes participants et visant à démontrer les origines communes de l'humanité. Historique et motivations. Historiquement la généalogie est une des sciences les plus anciennes et présente dans plusieurs cultures. Ainsi la Bible indique dans le "Livre de la Genèse" une généalogie dont l'objectif est de démontrer la parenté entre les élus de Dieu avec le premier homme créé par Dieu, Adam en passant par Noé. Ainsi la Table des peuples est une liste des descendants de Noé dans le chapitre 10 de la Genèse. De même la parenté entre Jésus et le roi David était importante aux yeux des premiers Chrétiens pour asseoir l'homme en tant que messie et héritier légitime. Illustrant ce lien de filiation, l'arbre de Jessé est une des premières représentations d'« arbre généalogique » avec tronc et branches stylisées. Les Égyptiens la pratiquaient également comme en atteste la liste d'Abydos. Cette gravure murale contient ainsi les soixante-seize rois ayant précédé Séthi. Ramsès avait donc la connaissance de ses prédécesseurs et pouvait vénérer ses ancêtres. Dans la mythologie grecque, les récits que sont l'Iliade et l'Odyssée rapportent des familles de dieux qui d'ailleurs se mêlent aux humains mortels établissant un début d'importance et de puissance à la notion de famille. Les Romains avaient également une connaissance avancée de leurs ascendants sur plusieurs générations, de même que les Arabes pour qui une parenté avec le prophète Mahomet est un honneur. Les Vikings y attachaient également une grande importance. Un chef tel que Sven Barbe-Fourchue devait savoir de qui il descendait à commencer par son père Harald à la dent bleue. Certaines généalogies ont été tracées sur des centaines d'années. On peut citer la généalogie descendante de Confucius né il y a plus de qui est reconnu comme le plus important arbre généalogique au monde avec quatre-vingts générations et plus de deux millions d'individus. Pendant longtemps la généalogie a été l'apanage des « grands de ce monde », de la noblesse. On parlait alors des quartiers de noblesse ; pour être noble de sang et bénéficier des privilèges associés, il fallait démontrer que ses ancêtres étaient eux-mêmes nobles sur plusieurs générations. Des vérifications des titres ont été réalisés plusieurs fois en France lors des réformations de la noblesse, avec des amendes importantes pour les usurpateurs. Certaines familles et certains généalogistes d'autrefois n'étaient pour le moins pas très regardants quant à la véracité des filiations qu'ils rédigeaient pour justifier d'une ascendance noble, prestigieuse, voire mythologique, ou bien de l'appartenance à un clan. L'établissement de généalogies s'est surtout développée au Moyen Âge. Au-delà du fait de vouloir se réclamer d'un lointain ancêtre prestigieux, le droit canon chrétien interdisait le mariage entre personnes du même sang. Il était donc nécessaire de prouver cette absence de parenté ce qui a conduit les curés catholiques à tenir des registres des naissances et mariages. Des dispenses de consanguinité, autorisant malgré tout le mariage moyennant finances, pouvaient être délivrées par l’Église, et par le pape lui-même. En France, en 1215, l'interdiction est ramenée du septième au quatrième degré de parenté. On demande également aux curés de publier les mariages à venir pour qu'une éventuelle parenté soit mentionnée à temps. La tenue de registres sera ensuite rendue officielle partout en avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts. Les autres religions ont pu également constituer des registres. Ainsi dès 1559, lors du premier synode national, les pasteurs de l’église réformée étaient enjoints d’inscrire et de conserver le nom des baptisés et de leurs parents. En France plusieurs édits de tolérance ont été conclus pour essayer d'harmoniser l'enregistrement des habitants non catholiques, tels l'édit de pacification d'Amboise en 1563 jusqu'à l'édit de Versailles en 1787. Pour les juifs, des recensements ont été effectués à différentes époques par les seigneurs et les rois. À Metz, le roi de France a imposé la tenue de registres de 1717 à 1792. Pour les nobles, la transmission des titres était héréditaire, et en France avec la loi salique cette transmission a été réduite aux descendants mâles. La transmission des privilèges fiscaux étant également héréditaire, on comprend l'intérêt de pouvoir justifier sa généalogie ce qui a pu conduire à des travaux de complaisance et une décrédibilisation de l'activité de généalogiste. Ultérieurement, les encyclopédistes du siècle des Lumières reflètent dans leur définition la piètre opinion dont jouit la discipline : Pierre d'Hozier nommé généalogiste de France en 1648 et ensuite son fils Charles d'Hozier tentèrent de rationaliser la discipline. À la Renaissance, des généalogistes européens ont publié des travaux généalogiques sérieux à l'instar de Du Cange et Jean Mabillon en France, Salazar y Castro en Espagne, Dugdale en Angleterre et Imhof en Allemagne. À la suite de la Révolution française, des « marchands de merlettes » ont discrédité la discipline en donnant une noble ascendance à n'importe quelle famille pouvant se l'offrir. De nos jours, l’intérêt pour la généalogie varie selon les personnes. Dans les sociétés communautaires, la généalogie ne trouve pas de réelle justification au regard de la société où l'identité se définit autant par un réseau familial que par la réalisation personnelle. La réponse à la question « Qui êtes-vous ? » sera une description du père, de la mère et du groupe ou de la tribu. Par exemple en Nouvelle-Zélande, les Maoris apprennent le whakapapa qui signifie généalogie, afin de découvrir leurs origines. Pour beaucoup de personnes, « faire sa généalogie » est encore réservée à une certaine aristocratie. Tout comme une particule ne prouve pas la noblesse, de même pour les armoiries, n'importe quelle personne aujourd'hui non noble peut généralement retrouver des éléments de sa généalogie ascendante à partir de quelques documents communs (par exemple, actes de naissance personnel et ceux des parents, grands-parents ; actes de mariages). De plus les archives françaises n'ont pas été détruites à la Révolution contrairement à ce qu'on peut croire. Jusqu'à la fin du , la généalogie présentait un intérêt avant tout pour ceux qui avaient obtenu leurs biens ou leur titre par héritage et les gens lettrés. D'autres personnes, déshéritées, pouvaient dans des cas extrêmes, effacer l'histoire de leur famille, sujet de honte pour eux. Au , dans des pays comme les États-Unis ou l’Australie, a grandi la fierté d'être un héritier des pionniers et des bâtisseurs de la nation. La recherche de descendance a été un sujet de préoccupation parmi certains groupes tels que les Filles de la Révolution américaine qui se basent sur la généalogie pour accepter ses membres et tendent à différencier les descendants des pionniers de ceux descendants de migrations ultérieures. Dans l'Allemagne nazie, les antécédents familiaux ont été compilés afin de confirmer la filiation des individus dits de « race supérieure » et de se conformer aux exigences légales du mariage. De plus le fait de ne pas avoir d'ascendants juifs était requis pour certains postes de fonctionnaire par la loi allemande sur la restauration de la fonction publique du 7 avril 1933. La généalogie d'Adolf Hitler lui-même a d'ailleurs été l'objet de controverses. La généalogie se tourne aussi vers de nouvelles sources telles que la célébration de la résistance des familles ayant survécu à des générations de pauvreté ou d'esclavage, ou bien l'intégration réussie de familles malgré les barrières raciales ou nationales. Certaines histoires familiales mettent l’accent sur les liens avec des criminels célèbres tels que le hors-la-loi Ned Kelly en Australie. La généalogie joue un rôle dans la pratique de certaines croyances religieuses. Par exemple, le baptême pour les morts est une doctrine de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Mormons) dont les membres effectuent des recherches d’antécédents familiaux. Cette même église a fondé en 1894 la Société généalogique d'Utah devenue aujourd'hui FamilySearch destinée à faciliter les recherches généalogiques et la constitution de son histoire familiale en compilant toutes les archives mondiales. Cette organisation généalogique prétend aujourd'hui être la plus grande au monde avec d’histoire familiale répartis dans , de documents sont présents dans sa base en 2014. Aux États-Unis, la plus ancienne société généalogique fondée en 1845 est dénommée "New England Historic Genealogical Society" (NEHGS) qu'on peut traduire en français par société généalogique et historique de Nouvelle-Angleterre, sa base de données contient 200 millions de noms. Le culte des ancêtres est une pratique religieuse de certains peuples, notamment en Chine où chaque ancêtre est représenté par une tablette funéraire ("shenzhupai") et reçoit des offrandes. En France, la recherche généalogique par les particuliers se démocratise à partir de la deuxième moitié du ce qui coïncide avec la diffusion de publications et la création de la Fédération française de généalogie, puis la création des associations généalogiques locales. Certains établissements scolaires proposent aux étudiants des projets de recherche comme un moyen d’enseignement sur l’immigration et l'histoire des nations. L'intérêt croissant pour l'histoire familiale dans les médias (articles de presse, documentaires télévisés) couplé à un accès plus facile aux documents en ligne sur Internet permet aux personnes intéressées de commencer à rechercher leurs origines, par exemple les lieux où ont vécu leurs ancêtres ou bien l'origine de leur patronyme. Cette curiosité peut être particulièrement forte en raison de la rupture des antécédents familiaux, par exemple, à la suite de l’adoption ou du deuil. Les possibilités de recherches, de même que leur durée, varieront beaucoup suivant les archives disponibles sachant qu'elles iront difficilement avant le , peu de registres écrits étant tenus auparavant. Il faut donc bien connaître les types de documents pouvant être disponibles pour savoir où rechercher une information. Types de document. Le généalogiste sera confronté à de nombreux types de documents pouvant l'aider à reconstituer une généalogie, cela dépendant principalement d'une part de l'époque considérée car plus on remonte dans le temps et moins les archives seront abondantes et en bon état de conservation, d'autre part de la zone géographique. En effet selon les pays, et même les régions au sein d'un pays, des politiques, des législations ou encore l'activité religieuse influencent la quantité de documents qui peuvent être disponibles. Des recensements de population ont été effectués depuis l'Antiquité romaine par la pratique du cens de manière quinquennale. Les Juifs procédaient également à des recensements comme l'indique la Bible. Chez les Grecs, les nouveaux citoyens étaient inscrits sur le livre du dème. Dans la Chrétienté, dès le on sait que l’évêque demandait au prêtre de mettre par écrit le nom de celui qui demandait le baptême, puis plus tard l'enregistrement des mariages. Des registres pour suivre la population ont été mis en place au Moyen Âge, notamment en France, au Royaume-Uni ou en Allemagne. En Chine et en Inde des livres de généalogie sont mis en place pour enregistrer les noms et professions des habitants depuis plusieurs siècles. Ainsi en Inde il y a une tradition écrite par les "panjikars" (généalogistes) utilisant des feuilles de palmier et le système généalogique "panji prabhandha" depuis le . Souvent utilisés pour effectuer une généalogie, on trouve les documents relatifs aux souvenirs et papiers familiaux : Au-delà du cercle familial qui va permettre de couvrir la période récente, le généalogiste peut s'appuyer sur des archives externes à la famille pour compléter qu'elles soient d'origine religieuse ou laïque : Si une famille est noble ou supposée noble, il est possible de consulter des répertoires de généalogies comportant des références à des travaux, par exemple en France les répertoires d’Étienne Arnaud ou Gaston Soffroy - on estime à le nombre de familles nobles subsistantes en France. Ainsi les sources sont nombreuses, les registres d'état civil comprenant les actes de naissance, mariage et décès sont à privilégier pour commencer. Le généalogiste peut également chercher de l'information auprès des associations généalogiques locales et de plus en plus, avec le développement d'Internet, dans les bases de données disponibles en ligne. Outils pour la recherche. Association généalogique. Les personnes effectuant des recherches généalogiques en progressant dans leurs recherches individuelles ont constaté des recoupements avec les recherches d'autres généalogistes et progressivement la mise en commun de leurs travaux s'est effectuée. Cela a conduit à la création de bases de données et d'associations généalogiques encore appelées cercles généalogiques ou cercles de généalogie regroupant ses membres autour d'une zone géographique d'intérêt délimitée. Les informations qu'on peut trouver dans les documents généalogiques ne sont généralement pas indexées et leur lecture est souvent ardue, il faut parfois utiliser des techniques de paléographie pour en déchiffrer l'écriture ancienne, la graphie particulière ou la langue utilisée. C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire une simple recherche sur internet ou une base de données en tapant un nom et obtenir les résultats, il faut parcourir les documents page par page. Les membres des associations, qui sont souvent des bénévoles, pratiquent un travail de transcription et d'indexation, de dépouillement et de relevé systématique. La mise à disposition des travaux se fait gratuitement ou à usage limité des membres qui adhèrent en payant une cotisation annuelle. La recherche d'acte pour une personne éloignée géographiquement de la zone de recherche ou bien un accès aux dépouillements peut également être un service offert par une association généalogique. De nos jours, les travaux et bases de données de ces associations sont de plus en plus accessibles par Internet. De même, le partage des informations et des arbres en ligne se développe, ce qui facilite les recherches des autres personnes. Utilisation des technologies de l'information et de la communication. Avec ce qu'on appelle communément les technologies de l'information et de la communication, l'informatique a facilité certaines tâches du généalogiste que ce soit pour effectuer les recherches via Internet ou pour enregistrer le fruit de ses recherches dans un logiciel dédié. Logiciels de généalogie. Un large éventail de logiciels dédiés à la généalogie qu'ils soient commerciaux, gratuits ou libres sont disponibles pour saisir les informations sur les individus, ces logiciels permettent : Ces deux types de fonctions étant souvent couplés dans un même logiciel. Les logiciels peuvent être associés à une base en ligne sur Internet permettant de trouver des individus de sa base dans les arbres d'autres personnes et ainsi faciliter les recherches d'ascendants. Certains logiciels peuvent aussi servir à raconter d'une manière romancée la vie de ses ancêtres, ajouter des photographies, des documents. Les logiciels s'adaptent aussi aux nouveaux moyens que sont la tablette tactile et le smartphone, des applications dédiées sont développées et peuvent être utilisées pour faciliter la consultation et la saisie d'information de manière mobile. Sur le marché francophone, les logiciels commerciaux les plus connus et représentant l'essentiel du marché sont Généatique, Heredis et Agelong Tree. Au niveau des logiciels libres, on peut citer GeneWeb, issu de l'INRIA, qui présente une base de données gérable et consultable par une interface web, et @rbre, issu du Laboratoire Culturel A+H en vue de proposer un système d'échange pair-à-pair (P2P) de données généalogiques représentées en 3D. Ancestris est un logiciel libre et gratuit qui respecte la norme GEDCOM. GEDCOM. Une spécification d'échanges de données généalogiques entre les logiciels s'est peu à peu imposée : la spécification GEDCOM, acronyme de Genealogical Data Communication. Elle fut initialement développée par les chercheurs de la Société généalogique d'Utah. La plupart des logiciels dédiés à la généalogie permettent l'import et l'export d'une généalogie dans ce format de même que les sites Internet spécialisés permettant de publier sa généalogie. Ressources Web. Différentes ressources sur Internet peuvent être utilisées telles que les bases de données spécialisées contenant des relevés d'actes ou des arbres en ligne d'autres contributeurs généalogistes, les forums de discussion ou encore les échanges entre généalogistes avec la construction de listes de diffusion par recherche. La fiabilité des informations varie beaucoup et doit toujours faire l'objet de recoupements et de vérifications. Recherche généalogique par pays. Canada (Québec). Le « Fichier Origine » est le répertoire informatisé constitué et mis à jour à partir des actes trouvés dans le cadre du « Projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865 ». États-Unis. Base Ellis Island. Sachant qu'une grande partie de la population américaine est issue de l'immigration, il est possible de rechercher gratuitement un individu dans les registres de migration aux États-Unis par Ellis Island. La base de données Ellis Island est géré par "Statue of Liberty-Ellis Island Foundation" (SOLEIF), fondation d'Ellis Island et de la statue de la Liberté. Cette base permet également de chercher si un individu de sa famille en ligne directe ou non a émigré aux États-Unis. La consultation des informations nécessite d'être enregistré (gratuit). Les informations sont protégées par le copyright américain et utilisables à des fins personnelles et non commerciales. Combattants français de 1778-1783. Il est possible qu'un de ses ancêtres français ait été soldat dans la guerre d'indépendance des États-Unis, un document publié en 1903 liste les combattants français pour la période de 1778-1783 d'après les documents authentiques déposés aux Archives nationales et aux Archives du Ministère de la Guerre. Tel que le rapporte en introduction M. Henri Mérou, consul de France à Chicago, cette démarche a été menée en partie à l’initiative de la société nationale des Fils de la Révolution américaine à travers le juge Paul Wentworth Linebarger proposant l'idée que les descendants des combattants français de cette révolution de 1776 puissent également faire partie de cette société, il fallait pour cela en établir la liste. La période considérée court entre le traité d'amitié du et les accords de paix préliminaires de fin 1782 puis confirmés par le traité de Versailles du . Le document indique qu'à peu près tous les marins ont pu être listés, par contre et ne comprennent pas les engagements volontaires. Ces listes ne sont pas alphabétiques mais classées par vaisseau. Elles donnent les états des officiers de marine des escadres du comte d'Estaing, du comte de Guichen, du comte de Ternay (armée de Rochambeau) et du comte de Grasse-Tilly, ainsi que des officiers de l'armée métropolitaine : Armée de Rochambeau, Régiment d'Agenais, Régiment de Gâtinais, Régiment de Tours, Régiment de Foix (un bataillon), Régiment de Hainaut, Régiment de Dillon (Officiers seulement), Régiment de Walsh (officiers seulement), Régiment d'Aixonne (un bataillon), Régiment de Metz ( bataillon). Les Régiments coloniaux de la Guadeloupe et de la Martinique, du Cap et de Port-au-Prince, les Grenadiers-Volontaires du vicomte de Framais, les Chasseurs-Volontaires de Saint-Domingue du marquis de Rouvray ne sont pas compris dans cet inventaire de la gloire. France. La recherche généalogique en France s'appuie sur une connaissance des différents types d'archives et de documents généalogiques disponibles en France. Les recherches sont facilitées par les dépôts d'Archives Départementales qui émaillent le territoire et favorisent l'accès aux registres d'état civil et registres paroissiaux, qui sont pour une grande partie numérisés et disponibles gratuitement en ligne. Ceci est complété par le travail de dépouillement des associations et par les diverses bases de données en ligne. L'article détaillé traite également des sources Internet, de l'organisation des associations généalogiques et des revues généalogiques pouvant aider le généalogiste. Enfin certaines particularités sont à prendre en compte dans sa recherche liées à l'histoire de France tels que les découpages géographiques passés, les colonies ou bien les bagnes. En 2004, le magazine "Notre Temps" estimait le nombre de généalogistes en France à près de 4,5 millions. Selon une enquête réalisée en pour le site Généalogie.com, faisant suite à une enquête réalisée en , l'institut Ipsos indique que plusieurs millions de français s'intéressent à la généalogie ; ainsi 61 % d'entre eux ont déjà fait une recherche sur leur famille ou leur nom. L'enquête indique également que la recherche est facilitée par Internet, les archives étant de plus en plus numérisées et accessibles en ligne, seulement une personne sur cinq se déplaçant en salle de lecture des archives, les autres utilisant la consultation à distance. Le terme de "généanaute" est parfois utilisé pour désigner le généalogiste internaute. D'après cette même étude réalisée auprès de de 16 à 64 ans, l'activité n'est pas réservée aux retraités car 65 % des moins de 35 ans seraient intéressés par la généalogie. "Le Figaro" relaie en une étude OpinionWay pour Genealogie.com auprès de âgées de 18 ans et plus et publiée au mois de . Celle-ci indique que neuf Français sur dix s'intéressent à la généalogie. De plus la moitié des Français a déjà fait des recherches généalogiques à titre personnel, dont un tiers via Internet. Malgré cet intérêt, 42 % des personnes interrogées ne sont pas capables de citer les noms et prénoms d'un seul de leurs arrière grands-parents et 30 % peuvent en citer seulement un ou deux. Les motivations tiennent à la réalisation d'un et à la transmission de l'histoire familiale aux plus jeunes générations, le sociologue Serge Guérin évoque quant à lui un besoin d'ancrage dans ses racines : . Avec la démocratisation d'Internet, cette enquête semble indiquer que le spectre de la population généalogiste française est assez large mais entre chercher son nom de famille dans un moteur de recherche et entamer une démarche généalogique il y a un pas qu'il faut franchir et que beaucoup de personnes ne font pas, le manque d'intérêt et de temps pour cette activité étant évoqué. Ainsi une étude fut réalisée en 2007 par la Direction des Archives de France sélectionnant un panel de potentiellement généalogistes, parmi une liste de sites internet préétablie. Sur ce panel, seulement un tiers a répondu positivement à une première question posée portant sur le fait de savoir s'ils s'étaient déjà déplacés en salle de lecture ou rendu sur un site internet pour effectuer une recherche généalogique. L'étude indique que 95 personnes ont été considérés comme « vrais généalogistes » ayant pu répondre à des questions très spécifiques. Pour autant sur le tiers du panel ayant répondu positivement à la première question, seuls 6 % se considèrent comme un « vrai généalogiste ». Genealogie.com est l'un des principaux sites web commerciaux relatif à la généalogie, avec trois millions de visites annoncés en par le portail Notrefamille.com dont fait partie le site, GeneaNet est également un des plus visités. Genealogie.com aurait quant à lui un million de visiteurs uniques chaque mois. Le fondateur du site souhaiterait numériser et indexer tout l'état civil français pour permettre des recherches plus aisées. Ce travail serait déjà fait pour quatre départements : le Rhône, la Vendée, la Savoie et les Yvelines. Luxembourg. Les principales sources d'information pour le Luxembourg ainsi que des conseils concernant la recherche généalogique sont présentés sur le site des Archives nationales de Luxembourg de même que les sources nécessaires à la recherche. Un outil de recherche performant est fourni par la banque de données de Luxroots. Portugal. GeneAll.net est un site de généalogie commercial, créé et maintenu par Luis Amaral. Le site a des plates-formes en six langues différentes: anglais, espagnol, portugais, français, allemand et italien. Le site provient de la base de données créée lorsque l'auteur a commencé une collaboration dans le journal The Independent, à la demande du directeur Paulo Portas. Initialement, il a été appelé Genea Portugal et a été hébergé sur le portail SAPO. Selon le créateur du site en , il avait des informations sur plus de 2 millions de personnes et . |
Georges Auric Georges Auric est un compositeur français, né le à Lodève (Hérault) et mort le à Paris (8). Il fut compagnon de route du Parti communiste français. Biographie. Il fait ses premières études de piano au conservatoire de Montpellier puis entre en 1913 au Conservatoire de Paris où il est l'élève jusqu'en 1914 de Georges Caussade (1873-1936) en contrepoint et fugue. À partir de 1914, il étudie la composition avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris. À partir de 1915, il fréquente Igor Stravinsky et Erik Satie avant de se joindre au groupe des Six avec Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Louis Durey et Germaine Tailleferre. Ami de Jean Cocteau, du peintre Jean Hugo, de Valentine Hugo et de Raymond Radiguet, il passe avec eux plusieurs vacances au Piquey (bassin d'Arcachon) et dactylographie le texte du "Bal du comte d'Orgel". Ses premières mélodies s'inspirent d'Erik Satie, d'Igor Stravinsky, d'Emmanuel Chabrier. Il a écrit des critiques musicales dès 1913 (il avait quatorze ans) dans la "Revue française de musique". Le , celle-ci publie son article intitulé « Erik Satie, musicien humoriste » qui ravira le compositeur. Satie lui demandera à le rencontrer et sera tout surpris de l'âge du rédacteur. Il est notamment l'auteur avec Diaghilev des ballets "Les Fâcheux" et "Les Matelots" ainsi que de la tragédie chorégraphique "Phèdre". Parallèlement, il signe des musiques de films aussi célèbres que "Le Sang d'un poète" (1930), "La Belle et la Bête" (1946) et "Orphée" (1950) de Jean Cocteau, "Moulin Rouge" (1952), réalisé par John Huston, "Lola Montès" (1955) de Max Ophüls, "Du rififi chez les hommes", réalisé par Jules Dassin (1955), "Le Mystère Picasso" réalisé par Henri-Georges Clouzot (1955),"Notre-Dame de Paris" de Jean Delannoy et "La Grande Vadrouille" de Gérard Oury. Il reçut le prix Ondas en 1959 à Barcelone pour l'ensemble de son œuvre musicale à l'Ortf. Il fut président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de 1954 à 1978, administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux du au et membre du conseil culturel du Cercle Culturel de Royaumont. Il était marié depuis le à Eleonore Vilter (1902, Autriche - 1982, Paris), plus connue sous son nom d'artiste peintre et décoratrice Nora Auric. Georges Auric est inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse (division 2). Compositions. Cette liste est constituée principalement à l'aide du "Répertoire des œuvres musicales de Georges Auric" établi par Josiane Mas. Postérité. Il existe depuis 1990 une rue Georges-Auric, dans le de Paris. Il existe également une avenue Georges-Auric au Mans. |
Grande-Bretagne La Grande-Bretagne ( ou plus rarement "", , , , , en breton : Breizh-Veur) est une île au large du littoral nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la majorité du territoire du Royaume-Uni. En son acception politique, ce toponyme désigne l'Angleterre, le pays de Galles et l'Écosse ainsi que la plupart des territoires insulaires contigus à l'exclusion de l'Île de Man et des Îles Anglo-Normandes. Située à la jonction de l'Atlantique et de la mer du Nord, elle est séparée de l'Irlande par la mer d'Irlande et du continent par la Manche. C'est la plus grande île et la plus peuplée du continent européen. Terminologie. Toponymie. La première occurrence de l'association des mots « Grande » et « Bretagne » pour désigner les îles britanniques se trouve en grec ancien, notamment utilisée par Ptolémée pour faire la distinction entre la Grande-Bretagne () et l'Irlande (). Grande-Bretagne est l'équivalent français de l'anglais "Great Britain" directement issu du moyen anglais "Great Brittaigne", et de l'anglo-normand "la Grande Brettayne," ce terme venant de l'ancien français "Bretaigne." Il est dérivé du latin médiéval , déclinaison de "Britannia" ou "Brittānia", « la terre des Brittons ». Britannia est une latinisation des dénominations grecques (employées par Pythéas, qui a fait un voyage d'exploration autour des Îles Britanniques entre 330 et 320 avant JC.), transcrites du celte britonnique "*Pretani", ethnonyme qui pourrait faire référence aux corps peints ou tatoués des tribus peuplant les îles. Cependant, "(Grande)-Bretagne" ne supplantera qu'aux l'appellation Albion (dérivée du celtique "Alba", « blanc », qui désigna par la suite uniquement l'Écosse). Historiquement, les noms Bretagne insulaire, parfois également appelée l'île de Bretagne, ont été utilisés. Définition politique. Historiquement, la Grande-Bretagne comprend les territoires de l'Angleterre, de l'Écosse et du pays de Galles plus des groupes périphériques appartenant à ces pays traditionnels, à l'exemple des Sorlingues, des Hébrides, des Orcades ou des Shetland, mais n'incorpore ni l'île de Man ni les îles Anglo-Normandes, conventionnellement comprises dans l'ensemble des Îles Britanniques, au même titre que l'Irlande. Cette division est fixée depuis environ un millénaire ; auparavant, il y avait en Grande-Bretagne davantage de pays traditionnels comme le royaume Picte dans les Highlands, le Dalriada des Scots, le Strathclyde des Bretons, le Gwynedd et le Dyfed des Gallois, la Domnonée cornouaillaise, et les royaumes anglo-saxons de Bernicie, Nordumbrie, Mercie, Anglie, Essex, Wessex, Sussex et Kent, dont les dénominations se sont conservées dans la mémoire de l'île ou comme noms de comtés ou de régions. Le terme "Grande-Bretagne" est parfois utilisé par erreur comme synonyme de Royaume-Uni, d'autant que tous les habitants du royaume sont citoyens britanniques ("British"). Le Royaume-Uni inclut cependant l'Irlande du Nord, qui ne fait pas partie de la Grande-Bretagne. Géographie. Géologie. La Grande-Bretagne est le pays d'origine de la géologie moderne, dont les principaux maîtres sont Charles Lyell et Richard Owen. L'île est séparée de celle d'Irlande par une mer présente à cause d'une dépression bathymétrique due à un sur-creusement par les calottes de la dernière période glaciaire; ce sont ces mêmes glaciers qui sont responsables du creusement des vallées glaciaires que sont les lochs ou fjords d'Écosse, vallées dont les axes, c'est-à-dire l'axe d'écoulement des glaces, sont justement dirigés vers cette mer entre Grande-Bretagne et Irlande où la calotte principale se trouvait. Histoire. Avant de s'appeler « Grande-Bretagne », ce territoire (ou sa partie la plus au sud) s'appelait simplement « Bretagne » ("Britannia" en latin) et était peuplé, au sud, de Bretons, peuple de langue celtique résultant de différents courants migratoires issus du continent. Au nord vivaient les Pictes, peuple depuis longtemps celtisé mais d'origine plus ancienne (et discutée), contre les incursions duquel les Romains avaient élevé des limes, dont le mur d'Hadrien. À partir de la fin du et plus fortement à partir du , une partie de la population celte de Bretagne migre sur le continent, en Armorique, Asturies et Galice : elle s'y romanise au contact des autochtones, soit en partie (« pays gallo » en Bretagne), soit intégralement (Asturies et Galice). On parle, depuis lors, de Bretagne insulaire ("grande" Bretagne ou "Britannia maior") et de Bretagne continentale ("petite" Bretagne ou "Britannia minor" : actuelle Bretagne). En français, le terme « Bretagne » finit par s'attacher à la péninsule armoricaine, alors que le terme « Grande-Bretagne » désigne l'ancienne Bretagne insulaire. En anglais, le terme "Britain" est couramment employé pour parler de la « grande Bretagne », alors que "Brittany" désigne la Bretagne continentale. La Grande-Bretagne subit des invasions successives de peuplement. Au sud s'installent notamment des Angles et des Saxons. Plus au nord s'installent des Vikings, venus des actuels Danemark et Norvège. En 1066, l'Angleterre est conquise par les Normands de Guillaume le Conquérant. L'unification de la Grande-Bretagne en un État politique et souverain a été progressive. La conquête anglaise du pays de Galles s'acheva en 1282 sur un champ de bataille, avec la victoire d'Édouard sur Llywelyn, le dernier prince gallois indépendant. Le pays est devenu une partie constituante du Royaume d'Angleterre en 1536. Les couronnes d’Angleterre et d'Écosse sont portées par le même souverain depuis Jacques (James) d’Angleterre et d’Écosse, qui monta sur le trône écossais en 1567 et sur le trône anglais en 1603, à la suite du décès de sa cousine Élisabeth d'Angleterre. Le , il s'autoproclama « "King of Great Brittain, France and Ireland" » (« Roi de Grande-Bretagne, de France et d'Irlande »), titre qu'ont repris certains de ses successeurs. Sous le règne d'Anne de Grande-Bretagne, depuis l'Acte d’Union de 1707, les parlements d'Angleterre et d'Écosse ont été fusionnés et les deux nations constituent un même royaume, la Grande-Bretagne. Le pays connaît la révolution industrielle plus tôt qu'ailleurs, de pair avec la libéralisation des échanges, le développement rapide du réseau de canaux et les innovations dans le charbon, la fonte au coke ou le coton. En 1801, la couronne d'Irlande, que les Anglais tenaient depuis le , fusionna à son tour avec la Couronne britannique, créant ainsi le « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande », ou simplement le Royaume-Uni : cette fusion ne fut jamais acceptée par le clergé catholique d'Irlande, car cela revenait à soumettre l'île au chef de l'église anglicane et au pouvoir des protestants. Après plus d'un siècle de luttes, l’État libre d'Irlande quitta le royaume en 1922, le laissant avec le nom de . C'est le premier pays à connaitre un essor fulgurant du chemin de fer puis un recours massif à la monnaie de papier, alors que les métaux précieux restent dominants ailleurs. L'Époque victorienne, ou les années de règne de Victoria du Royaume-Uni, de 1837 à 1901 voient la Grande-Bretagne accentuer son leadership mondial. La Première Guerre mondiale remet en cause cette domination, au profit des États-Unis. Dès 1925, l'Angleterre annonce son retour à l'étalon-or, la livre étant passée à l'automne 1923 de 76 à en dix semaines. Cette décision de Winston Churchill, prise sous l'influence d'une "City" qui veut rester première place financière mondiale, est fustigée par l'économiste John Maynard Keynes, car reposant sur la parité d'une livre pour , qui pénalise l'industrie britannique. L'indice de la production manufacturière n'atteint que 106 en 1928 en Grande-Bretagne, sur une base 100 en 1913, contre 118 en Allemagne et 139 en France. Les Anglais sont ainsi les perdants de la forte expansion des années 1920. De 1952 à 2022, Élisabeth II règne sur la Grande-Bretagne et depuis 2022 c'est Charles III. |
Guillaume Apollinaire Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est un poète et écrivain français, critique et théoricien d'art qui serait né sujet polonais de l'Empire russe, le à Rome. Il meurt à Paris le de la grippe espagnole, mais est déclaré mort pour la France en raison de son engagement durant la guerre. Considéré comme l'un des poètes français les plus importants du , il est l'auteur de poèmes tels "Zone", "La Chanson du mal-aimé", "Le Pont Mirabeau", ayant fait l'objet de plusieurs adaptations en chanson au cours du siècle. La part érotique de son œuvre – dont principalement trois romans (dont un perdu), de nombreux poèmes et des introductions à des auteurs licencieux – est également passée à la postérité. Il expérimenta un temps la pratique du calligramme (terme de son invention, quoiqu'il ne soit pas l'inventeur du genre lui-même, désignant des poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il fut le chantre de nombreuses avant-gardes artistiques de son temps, notamment du cubisme et de l'orphisme, à la gestation desquelles il participa en tant que poète et théoricien de "l'Esprit nouveau". Précurseur du surréalisme, il en forgea le nom dans son drame "Les Mamelles de Tirésias" (1917). Biographie. Jeunesse. Guillaume Apollinaire est né à Rome sous le nom de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandro Apollinare de Kostrowitzky, en polonais Wilhelm Albert Włodzimierz Aleksander Apolinary Kostrowicki, "herb. Wąż". Apollinaire est en réalité — jusqu'à sa naturalisation en 1916 — le cinquième prénom de Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky. Sa mère, Angelika Kostrowicka (clan Wąż, ou Angelica de Wąż-Kostrowicky), est née à Nowogródek dans l'Empire russe (aujourd'hui Navahrudak en Biélorussie), dans une famille de la petite noblesse polonaise. Après la mort de son père, camérier honorifique de cape et d'épée du pape, elle demeure à Rome, où elle devient la maîtresse d'un noble et a une grossesse non désirée. Son fils naît le et il est déclaré à la mairie comme étant né le d'un père inconnu et d'une mère voulant rester anonyme, de sorte que l'administration l'affubla d'un nom de famille d'emprunt : Dulcigny. Angelika le reconnaît quelques mois plus tard devant notaire comme son fils, sous le nom de Guglielmo Alberto Wladimiro Alessandroi Apollinare de Kostrowitzky. Selon l'hypothèse la plus probable, son père serait un officier italien, Francesco Flugi d'Aspermont. En 1882, elle lui donne un demi-frère, Alberto Eugenio Giovanni. En 1887, elle s'installe à Monaco avec ses fils sous le nom d'Olga de Kostrowitzky. Très vite, elle y est arrêtée et fichée par la police comme femme galante, gagnant probablement sa vie comme entraîneuse dans le nouveau casino. Guillaume, placé en pension au collège Saint-Charles, dirigé par les frères Maristes, y fait ses études de 1887 à 1895, et se révèle l'un des meilleurs élèves. Puis, il est inscrit au lycée Stanislas de Cannes et ensuite au lycée Masséna de Nice où il échoue à son premier baccalauréat et ne se représente pas. Durant les trois mois de l'été 1899, sa mère l'a installé, avec son frère, à la pension Constant de la petite bourgade wallonne de Stavelot, pension qu'ils quittent, le , à « la cloche de bois » : leur mère ne leur ayant envoyé que l'argent du train, ils ne peuvent payer la note de l'hôtel, et doivent fuir en secret, une fois tout le monde endormi. L'épisode wallon féconde durablement son imagination et sa création. Ainsi, de cette époque date le souvenir des danses festives de cette contrée (« C'est la maclotte qui sautille... »), dans "Marie", celui des Hautes Fagnes, ainsi que l'emprunt au dialecte wallon. La mère d'Apollinaire. Journal de Paul Léautaud au : « Je vois entrer une dame [la mère d'Apollinaire, dans le bureau de Léautaud au "Mercure de France"] assez grande, élégante, d’une allure un peu à part. Grande ressemblance de visage avec Apollinaire, ou plutôt d’Apollinaire avec elle, le nez, un peu les yeux, surtout la bouche et les expressions de la bouche dans le rire et dans le sourire. / Elle me paraît fort originale. Exubérante. Une de ces femmes dont on dit qu’elles sont un peu « hors cadre ». En une demi-heure, elle me raconte sa vie : russe, jamais mariée, nombreux voyages, toute l’Europe ou presque. (Apollinaire m’apparaît soudain ayant hérité en imagination de ce vagabondage.) Apollinaire né à Rome. Elle ne me dit rien du père. / Elle me parle de l’homme avec lequel elle vit depuis vingt-cinq ans, son ami, un Alsacien, grand joueur, tantôt plein d’argent, tantôt sans un sou. Elle ne manque de rien. Dîners chez Paillard, Prunier, Café de la Paix, etc. / Elle me dit qu’elle a plusieurs fois « installé » Apollinaire, l’avoir comblé d’argent. En parlant de lui, elle dit toujours : Wilhelm. / Sentiments féroces à l’égard de la femme d’Apollinaire. / [...] Elle me dépeint Apollinaire comme un fils peu tendre, intéressé, souvent emporté, toujours à demander de l’argent, et peu disposé à en donner quand il en avait. / Elle ne m’a pas caché son âge : 52 ans. Fort bien conservée pour cet âge, surtout élancée et démarche légère, aisée. » À Paris. En 1900, il s'installe à Paris, centre des arts et de la littérature européenne à l'époque. Il y vit dans la précarité. Sa mère lui suggère, pour gagner sa vie, de passer un diplôme de sténographie et il devient employé de banque comme son demi-frère Alberto Eugenio Giovanni. L'avocat Esnard l'engage un mois comme nègre pour écrire le roman-feuilleton "Que faire ?" dans "Le Matin", mais refuse de le payer. Pour se venger, il séduit sa jeune maîtresse. En , il écrit son premier article pour "Tabarin", hebdomadaire satirique dirigé par Ernest Gaillet, puis en ses premiers poèmes paraissent dans la revue "La Grande France" sous son nom Wilhelm Kostrowitzky. De au , il est le précepteur de la fille d'Élinor Hölterhoff, vicomtesse de Milhau, d'origine allemande et veuve d'un comte français. Il tombe amoureux de la gouvernante anglaise de la petite fille, Annie Playden, qui refuse ses avances. C'est alors la période « rhénane » dont ses recueils portent la trace ("La Lorelei", "Schinderhannes"). De retour à Paris en , il garde le contact avec Annie et se rend auprès d'elle à deux reprises à Londres. Mais en 1905, elle part pour l'Amérique. Le poète célèbre la douleur de l'éconduit dans "Annie", "La Chanson du mal-aimé", "L'Émigrant de Landor Road", "Rhénanes". Entre 1902 et 1907, il travaille pour divers organismes boursiers et parallèlement publie contes et poèmes dans des revues. Il prend à cette époque pour pseudonyme Apollinaire d'après le prénom de son grand-père maternel, Apollinaris, qui rappelle Apollon, dieu de la poésie. En , il crée un mensuel dont il est rédacteur en chef, "Le festin d'Ésope, revue des belles lettres" dans lequel il publie quelques poèmes ; on y trouve également des textes de ses amis André Salmon, Alfred Jarry, Mécislas Golberg, entre autres. En 1907, il rencontre l'artiste peintre Marie Laurencin. Ils entretiendront une relation chaotique et orageuse durant sept ans. À cette même époque, il commence à vivre de sa plume et se lie d'amitié avec Pablo Picasso, Antonio de La Gandara, Jean Metzinger, Paul Gordeaux, André Derain, Edmond-Marie Poullain, Maurice de Vlaminck et le Douanier Rousseau, se fait un nom de poète et de journaliste, de conférencier et de critique d'art à "L'Intransigeant". En 1909, "L'Enchanteur pourrissant", son œuvre ornée de reproductions de bois gravés d'André Derain est publiée par le marchand d'art Daniel-Henry Kahnweiler. Le , accusé de complicité de vol de La Joconde parce qu'une de ses relations avait dérobé des statuettes au Louvre, il est emprisonné durant une semaine à la prison de la Santé ; cette expérience le marque. Cette année-là, il publie son premier recueil de poèmes, "Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée," orné des gravures de Raoul Dufy. En 1913, les éditions du Mercure de France éditent "Alcools", somme de son travail poétique depuis 1898. Le , Guillaume Apollinaire enregistre "Le Pont Mirabeau" et "Le Voyageur" aux Archives de la Parole, documents sonores conservés à la Bibliothèque nationale de France et écoutables dans Gallica. La guerre. En , il tente de s'engager dans l'armée française, mais le conseil de révision ajourne sa demande car il n'a pas la nationalité française. Lou et Madeleine. Il part pour Nice où sa seconde demande, en , sera acceptée, ce qui lancera sa procédure de naturalisation. Peu après son arrivée, un ami lui présente Louise de Coligny-Châtillon, lors d'un déjeuner dans un restaurant niçois. Divorcée, elle demeure chez son ex-belle-sœur à la Villa Baratier, dans les environs de Nice, et mène une vie très libre. Guillaume Apollinaire s'éprend aussitôt d'elle, la surnomme "Lou" et la courtise d'abord en vain. Puis elle lui accorde ses faveurs, les lui retire et quand il est envoyé faire ses classes à Nîmes après l'acceptation de sa demande d'engagement, elle l'y rejoint pendant une semaine, mais ne lui dissimule pas son attachement pour un homme qu'elle surnommait "Toutou". Une correspondance naît de leur relation ; au dos des lettres qu'Apollinaire envoyait au début au rythme d'une par jour ou tous les deux jours, puis de plus en plus espacées, se trouvent des poèmes qui furent rassemblés plus tard sous le titre de "Ombre de mon amour" puis de "Poèmes à Lou". Sa déclaration d'amour, dans une lettre datée du , commençait en ces termes : Mais la jeune femme ne l'aimera jamais comme il l'aurait voulu ; elle refuse de quitter Toutou et à la veille du départ d'Apollinaire pour le front, en , ils rompent en se promettant de rester amis. Il part avec le régiment d'artillerie de campagne pour le front de Champagne le . Malgré les vicissitudes de l'existence en temps de guerre, il écrit dès qu'il le peut pour garder le moral et rester poète ("Case d'Armons"), et une abondante correspondance avec Lou, ses nombreux amis, et une jeune fille, Madeleine Pagès, qu'il avait rencontrée dans le train, le , au retour d'un rendez-vous avec Lou. Une fois sur le front, il lui envoie une carte, elle lui répond et ainsi, débute une correspondance vite enflammée qui débouche en août et toujours par correspondance, à une demande en mariage. En , dans le but de devenir officier, Wilhelm de Kostrowitzky est transféré à sa demande dans l'infanterie dont les rangs sont décimés. Il entre au régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant puis à Noël, il part pour Oran retrouver sa fiancée pour sa première permission. Il commence aussi, en , une correspondance avec la poétesse Jeanne Burgues-Brun, qui devient sa marraine de guerre. Ces lettres seront publiées en 1948 par les éditions Pour les fils de roi, puis à partir de 1951 par les éditions Gallimard. Le , il obtient sa naturalisation française mais quelques jours plus tard, le , il est blessé à la tempe par un éclat d'obus. Il lisait alors le "Mercure de France" dans sa tranchée. Évacué à Château-Thierry, il est transféré vers le Val de Grâce, à Paris. Il y est trépané le puis entame une longue convalescence au cours de laquelle il cesse d'écrire à Madeleine. Fin octobre, son recueil de contes, "Le Poète Assassiné" est publié et la parution est couronnée, le , par un mémorable banquet organisé par ses amis dans l'ancien palais d'Orléans. Les Surréalistes s'intéressent alors à un tableau de Giorgio de Chirico datant de 1914, qui, après s'être probablement intitulé "L'homme-cible", trouve son titre définitif : "Portrait (prémonitoire) de Guillaume Apollinaire". Il doit cette appellation au profil présent dans la composition et comportant un cercle blanc sur la tempe gauche. Une cible à l’endroit même où deux ans plus tard, Apollinaire est blessé. Ce dernier y voit lui-même un signe du destin, et les "Surréalistes " suivent, prédisposés qu'ils sont à reconnaître chez De Chirico certains dons prémonitoires. Dernières années. En mars 1917, il crée le terme de surréalisme qui apparaît dans une de ses lettres à Paul Dermée et dans le programme du ballet "Parade" qu'il rédigea pour la représentation du . Le , il est déclaré définitivement inapte à faire campagne aux armées par la commission médicale et reclassé dans un service auxiliaire. Le , il est rattaché au ministère de la Guerre qui l'affecte à la Censure. Le , il fait jouer sa pièce "Les Mamelles de Tirésias" (sous-titrée "Drame surréaliste en deux actes et un prologue") dans la salle du conservatoire Renée Maubel, aujourd'hui théâtre Galabru. Le , il se dit souffrant et fait prononcer par le comédien Pierre Bertin, sa fameuse conférence "L'Esprit Nouveau" au théâtre du Vieux Colombier. En 1918, les Éditions Sic publient sa pièce "Les Mamelles de Tirésias". Son poème, "La jolie rousse", dédié à sa nouvelle compagne, paraît en mars dans la revue "L'Éventail". En avril, le "Mercure de France" publie son nouveau recueil de poésies, "Calligrammes". Le , il épouse Jacqueline (la « jolie rousse » du poème), à qui l'on doit de nombreuses publications posthumes des œuvres d'Apollinaire. Il a pour témoins Picasso, Gabrièle Buffet et le célèbre marchand d'art Ambroise Vollard. Affecté le au bureau de presse du ministère des Colonies, il est promu lieutenant le . Après une permission de trois semaines auprès de Jacqueline, à Kervoyal (à Damgan, dans le Morbihan), il retourne à son bureau du ministère et continue parallèlement à travailler à des articles, à un scénario pour le cinéma, et aux répétitions de sa nouvelle pièce, "Couleur du temps". Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le chez lui, 202 boulevard Saint-Germain, angle de la rue Saint-Guillaume. C'est la grippe espagnole qui l'a emporté en une ultime asphyxie, « grippe intestinale compliquée de congestion pulmonaire » ainsi que l'écrit Paul Léautaud dans son journal du . Alors que ses amis viennent saluer sa dépouille, les Parisiens défilent sous ses fenêtres en criant « À mort Guillaume ! », faisant référence non au poète mais à l'empereur Guillaume II d'Allemagne qui a abdiqué le même jour . Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise. Histoire de son monument funéraire. En , ses compagnons et intimes constituent un comité afin de collecter des fonds pour l'exécution, par Picasso, du monument funéraire de sa tombe. Soixante-cinq artistes offrent des œuvres dont la vente aux enchères à la Galerie Paul Guillaume, les 16 et , rapporte . En 1927 et 1928, Picasso propose deux projets mais aucun n'est retenu. Le premier est jugé obscène par le comité. Pour le second - une construction de tiges en métal - Picasso s'est inspiré du « monument en vide » créé par l'oiseau du Bénin pour Croniamantal dans "Le Poète assassiné". À l'automne 1928, il réalise quatre constructions avec l'aide de son ami Julio Gonzalez, peintre, orfèvre et ferronnier d'art, que le comité refuse ; trois sont conservés au Musée Picasso à Paris, la quatrième appartient à une collection privée. Finalement c'est l'ami d'Apollinaire, le peintre Serge Férat qui dessine le monument-menhir en granit surmontant la tombe au cimetière du Père-Lachaise, division 86. La tombe porte également une double épitaphe extraite du recueil "Calligrammes", trois strophes discontinues de "Colline", qui évoquent son projet poétique et sa mort, et un calligramme de tessons verts et blancs en forme de cœur qui se lit . Regards sur l'œuvre. Influencé par la poésie symboliste dans sa jeunesse, admiré de son vivant par les jeunes poètes qui formèrent plus tard le noyau du groupe surréaliste (Breton, Aragon, Soupault - Apollinaire est l'inventeur du terme « surréalisme »), il révéla très tôt une originalité qui l'affranchit de toute influence d'école et qui fit de lui un des précurseurs de la révolution littéraire de la première moitié du . Son art n’est fondé sur aucune théorie, mais sur un principe simple : l’acte de créer doit venir de l’imagination, de l’intuition, car il doit se rapprocher le plus de la vie, de la nature. Cette dernière est pour lui « une source pure à laquelle on peut boire sans crainte de s’empoisonner » ("Œuvres en prose complètes", Gallimard, 1977, 49). Mais l’artiste ne doit pas l’imiter, il doit la faire apparaître selon son propre point de vue. « Je suis partisan acharné d’exclure l’intervention de l’intelligence, c’est-à-dire de la philosophie et de la logique dans les manifestations de l’art. L’art doit avoir pour fondement la sincérité de l’émotion et la spontanéité de l’expression : l’une et l’autre sont en relation directe avec la vie qu’elles s’efforcent de magnifier esthétiquement » dit Apollinaire (entretien avec Perez-Jorba dans "La Publicidad"). L’œuvre artistique est fausse en ceci qu'elle n'imite pas la nature, mais elle est douée d'une réalité propre, qui fait sa vérité. Apollinaire se caractérise par un jeu subtil entre modernité et tradition. Il ne s’agit pas pour lui de se tourner vers le passé ou vers le futur, mais de suivre le mouvement du temps. Il utilise pour cela beaucoup le présent, le temps du discours dans ses poèmes notamment dans le recueil "Alcools". Il situe ses poèmes soit dans le passé, soit dans le présent mais s'adresse toujours à des hommes d'un autre temps, souvent de l'avenir. D'ailleurs, « On ne peut transporter partout avec soi le cadavre de son père, on l’abandonne en compagnie des autres morts. Et l’on se souvient, on le regrette, on en parle avec admiration. Et si on devient père, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un de nos enfants veuille se doubler pour la vie de notre cadavre. Mais nos pieds ne se détachent qu’en vain du sol qui contient les morts » ("Méditations esthétiques", Partie I : "Sur la peinture"). C’est ainsi que le calligramme substitue la linéarité à la simultanéité et constitue une création poétique visuelle qui unit la singularité du geste d'écriture à la reproductibilité de la page imprimée. Apollinaire prône un renouvellement formel constant (vers libre, monostiche, création lexicale, syncrétisme mythologique). Enfin, la poésie et l’art en général sont un moyen pour l’artiste de communiquer son expérience aux autres. C’est ainsi qu’en cherchant à exprimer ce qui lui est particulier, il réussit à accéder à l’universel. Enfin, Apollinaire rêve de former un mouvement poétique global, sans écoles, celui du début de , période de renouveau pour les arts et l'écriture, avec l'émergence du cubisme dans les années 1900, du futurisme italien en 1909 et du dadaïsme en 1916. Il donnera par ailleurs à la peinture de Robert Delaunay et Sonia Delaunay le terme d'orphisme, toujours référence dans l'histoire de l'art. Apollinaire entretient des liens d'amitié avec nombre d'artistes et les soutient dans leur parcours artistique (voir la conférence « La phalange nouvelle »), tels les peintres Pablo Picasso, Georges Braque, Henri Matisse et Henri Rousseau. Son poème "Zone" a influencé le poète italien contemporain Carlo Bordini et le courant dit de "Poésie narrative". Derrière l’œuvre du poète, on oublie souvent l’œuvre de conteur, en prose, avec des récits tels que "Le Poète assassiné" ou "La Femme assise", qui montrent son éclectisme et sa volonté de donner un genre nouveau à la prose, en opposition au réalisme et au naturalisme en vogue à son époque. À sa mort, on a retrouvé de nombreuses esquisses de romans ou de contes, qu'il n'a jamais eu le temps de traiter jusqu'au bout. Œuvres. Ouvrages critiques et chroniques. Références : Postérité. En 1941, un prix Guillaume-Apollinaire fut créé par Henri de Lescoët et était à l’origine destiné à permettre à des poètes de partir en vacances. En 1951, la partie occidentale de la rue de l’Abbaye dans le arrondissement de Paris est rebaptisée en hommage rue Guillaume-Apollinaire. Un timbre postal, d'une valeur de 0,50 + a été émis le à l’effigie de Guillaume Apollinaire. L'oblitération « Premier jour » eut lieu à Paris le . En 1999, Rahmi Akdas publie une traduction en turc des "Onze mille verges", sous le titre "On Bir Bin Kirbaç". Il a été condamné à une forte amende « pour publication obscène ou immorale, de nature à exciter et à exploiter le désir sexuel de la population » et l'ouvrage a été saisi et détruit. Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts sous les drapeaux pendant la Première Guerre mondiale. La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède la bibliothèque personnelle de Guillaume Apollinaire, acquise par la ville en 1990, qui regroupe environ ouvrages d'une très grande variété. Le don de Pierre-Marcel Adéma, premier biographe véritable d'Apollinaire ainsi que celui de Michel Décaudin, spécialiste de l'écrivain, qui offrit sa bibliothèque de travail, ont permis d'agrandir le fonds Guillaume Apollinaire. Ce n'est que le que l’œuvre de Guillaume Apollinaire est entrée dans le domaine public en France, soit après 94 ans et . En 2016, le musée de l'Orangerie, à Paris, consacre une exposition à son rapport au monde de l'art sous le titre "Apollinaire, le regard du poète". La vente d'une centaine de souvenirs dont plusieurs sculptures africaines, provenant de son ancien appartement du 202, boulevard Saint-Germain à Paris, a eu lieu à Corbeil le . Le , pour célébrer le centenaire de la mort d'Apollinaire, la revue "Adieu" publie, dans un silence médiatique total (y compris des thuriféraires du poète), un poème totalement inédit d'Apollinaire titré pour l'occasion "Une sentinelle passe". Un musée situé à l'Abbaye de Stavelot est consacré au poète et, plus particulièrement, à son épisode wallon, ayant sensiblement influencé son œuvre durant les trois mois de l'été 1899. Il s'agit du seul musée au monde dédié à Apollinaire. En mars 2022, "Espaces, Tourisme & Culture", l'A.S.B.L. gestionnaire de l'Abbaye de Stavelot et de son site faisait l'acquisition d'un carnet de poésie ayant appartenu à Marguerite Constant. Il contient notamment deux poèmes acrostiches rédigés par Apollinaire lors de son séjour à Stavelot en 1899, ayant pour thème les promesses d'amour. Apollinaire laissa ces poèmes comme cadeau d'épousailles aux jeunes fiancés Antoine Choque et Marguerite Constant, fille de la pension où le poète et son frère, désargentés, séjournèrent avant de la quitter sans régler leur note en octobre 1899. Le manque à gagner dû au non-paiement de l'hébergement des frères Kostrowitzky força les jeunes fiancés à repousser leur mariage de quelques mois. Il aura lieu le 29 août 1900. Plusieurs rues (à Paris et à Lille), collèges, lycées et établissements culturels ont été nommés en hommage à Guillaume Apollinaire. En mars 2023, les élèves de l'Institut national du service public lui rendent hommage en adoptant "Guillaume Apollinaire" comme nom de promotion 2022-2023. Adaptations de ses œuvres. En musique. Ses poèmes ont été mis en musique par de nombreux compositeurs classiques, dont Francis Poulenc ("Banalités" 1940, "Montparnasse" 1945...), Claude Balif ( "Le cortège d'Orphée" 1b, pour soprano lyrique (ou baryton) & piano,1945-1948) ou Dimitri Chostakovitch (symphonie no 14 op. 135, 1969) Antoine Tomé a mis cinq de ses poèmes en musique dans son album "Antoine Tomé chante Ronsard & Apollinaire". "Guillaume", a été mis en musique par Desireless et Operation of the sun avec la sortie de l'album en 2015 et la création du spectacle en 2016. Le compositeur belge Raymond Micha (1910-2006) a mis en musique les poèmes "Fagnes de Wallonie", "Marèye" et "l'Adieu". |
Gao Xingjian Gao Xingjian (), né le à Ganzhou en Chine, est un écrivain, dramaturge, metteur en scène et peintre français et chinois. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 2000. Biographie. Gao Xingjian grandit durant les répercussions de l'invasion japonaise en Chine orientale. Son père est banquier et sa mère actrice amatrice. C'est elle qui éveille très tôt l'intérêt de son fils pour les arts de la scène et l'écriture. Il reçoit une formation de base dans les écoles de la République populaire et obtient un diplôme de français en 1962 à l'Institut des langues étrangères de Pékin. Il lit Nathalie Sarraute et traduit en mandarin des auteurs comme Eugène Ionesco, Jacques Prévert et Henri Michaux qui font découvrir les thèmes et l'esthétique de la littérature occidentale contemporaine à ses compatriotes : des flux de conscience à l'absurde. Lors de la révolution culturelle, il est envoyé durant six ans en camp de rééducation à la campagne et se voit forcé de brûler une valise dans laquelle il avait dissimulé plusieurs manuscrits. Il n'est autorisé à partir à l'étranger qu'après la mort de Mao, en 1979. Il se rend alors en France et en Italie. Entre 1980 et 1987, il publie des nouvelles, des essais et des pièces de théâtre mais son avant-gardisme et sa liberté de pensée lui attirent les foudres du Parti communiste chinois. Ses théories littéraires, exposées dans "Premier essai sur l'art du roman" (1981) vont délibérément à l'encontre des dogmes d'État et du réalisme révolutionnaire prôné par le régime. Plusieurs de ses spectacles, expérimentaux et influencés par Bertolt Brecht, Antonin Artaud et Samuel Beckett sont montés au Théâtre populaire de Pékin et trouvent un large écho auprès du public (comme "Signal d'alarme" en 1982). La pièce absurde à grand succès "Arrêt de bus" (1983), virulente satire de la société pékinoise, est condamnée lors de la campagne contre « la pollution spirituelle ». Le caractère subversif de ses œuvres le confronte inéluctablement à la censure. En 1985, "L'Homme sauvage" fait l'objet d'une grande polémique et suscite l'intérêt de l'opinion internationale. En 1986, "L'Autre Rive" est interdit de représentation. Pour éviter les représailles, il entreprend un périple de près d'un an dans la province du Sichuan et descend le cours du Yang Tsé Kiang jusqu'à la mer. En 1987, il est contraint à l'exil et est depuis déclaré "persona non grata" sur le territoire chinois. Il vit en France depuis 1988, où il a obtenu l'asile politique. En 1989, il quitte définitivement le Parti communiste chinois après la répression du mouvement étudiant par les chars sur la Place Tian'anmen. En 1998, il obtient la nationalité française. Œuvre. Œuvre littéraire. Il obtient le prix Nobel de littérature en 2000 pour Lors de l'annonce du prix, l'information n'est pas relayée dans les médias chinois. Durant la réception du Nobel, Gao fait l'éloge de la liberté fondamentale de l'écrivain face au pouvoir, faisant en cela écho à la place de l'individu dans ses travaux, mise au-dessus de toutes les doctrines sur le groupe social. Son discours déplaît aux instances officielles de la République populaire qui continuent à censurer l'information de sa victoire et invoquent une décision politique de la part de l'Académie suédoise. Plus tard, les autorités de Pékin associent l'auteur à la littérature française. Son roman le plus célèbre est "La Montagne de l'âme", odyssée dans la campagne du sud-ouest chinois mettant en scène un tissu d'histoires avec plusieurs personnages qui sont en fait les miroirs l'un de l'autre et les différentes facettes d'un même moi. Cette grande fresque romanesque prend pour point de départ le voyage, dans la Chine reculée, d'un narrateur-écrivain ("Toi"), rééduqué sous Mao. Sur des sentiers périlleux, situés entre le Tibet et les gorges du Yang Tsé Kiang, il fuit la ville, abandonne une civilisation corrompue et tente d'accéder à un pays inaccessible : la montagne de l'âme du titre où tout est resté à l'état originel. Sur les chemins de poussière, il circonscrit, par écrit ou par dessin, tous les détails de son errance, entre rencontres insolites, légendes, rêveries, questionnements métaphysiques et témoignages. Cette quête humaine sur les racines, la paix intérieure et la liberté, s'élargit sur des perspectives plus vastes et déstabilise constamment le lecteur par le biais d'un jeu vertigineux sur les pronoms personnels nominalisés ("Toi", "Moi"…). Cette technique crypte les diverses strates énonciatives, brouille l'identité du ou des locuteurs et produit une désidentification aux personnages et au récit telle que la pratique le Nouveau Roman. Unissant territoires psychique, géographique et sacré, ce récit d'un temps pour soi, d'une introspection, concilie l'art narratif des contes chinois et les recherches formelles du roman occidental moderne. Il va délibérément à rebours des exigences politiques et artistiques du Parti communiste chinois. Son autre grand récit, "Le Livre d'un homme seul", est d'inspiration autobiographique. L'auteur y règle ses comptes avec la folie terrifiante d'une nation aveuglée par l'entreprise d'un despote dont il fut la victime lors de la révolution Culturelle. Son premier roman, "Étoiles dans la nuit glacée", paru en 1979 et rattaché au mouvement de la littérature des cicatrices, dénonçait déjà les persécutions subies pendant cette époque. Gao est également l'auteur de nouvelles, de poèmes et d'un opéra, "La Neige en août". Quelques-unes de ses pièces de théâtre ont été écrites directement en français (publiées aux Éditions Lansman). Antinaturaliste, son théâtre s'axe sur le principe de distanciation brechtienne et trouve autant son mode d'expression dans l'avant-garde occidentale que dans la représentation chinoise ancestrale à l'instar du jeu de masques, ombres, danse-chant et tambours. Ses spectacles déconstruisent la perception d'un espace-temps logique et développent un langage verbal et chorégraphique burlesque et grotesque. Ses pièces expriment, dans une ambiance fiévreuse, les fantasmes et les obsessions contemporaines. Commentaire. Clara Arnaud, dans son récit "Sur les chemins de Chine", cite Gao Xingjiang : Portée de l’œuvre littéraire aujourd'hui. Dans l'introduction à l'édition (anglaise) de la pièce "Ballade Nocturne", Gao a déclaré en 2008 à sa traductrice : Dès sa pièce de 1992, "La Fuite", qui dénonçait la brutalité de la répression chinoise lors des événements de la place Tiananmen, l'auteur esquivait la question de l'engagement politique pour souligner les difficultés relationnelles entre une jeune actrice d'un côté, et deux hommes rivaux entre eux de l'autre: un jeune révolutionnaire, personnage sartrien, et un écrivain quelque peu cynique. À la fin de la pièce, la jeune femme s'exprimait ainsi : Dans sa pièce suivante, "Au bord de la vie", Gao ne gardait plus que le personnage de la jeune femme afin de développer un discours féminin fait de ressentiments et de revendications. Dans son roman autobiographique "Le Livre d'un homme seul", on retrouve un même dialogue de sourd entre un homme et une femme: le narrateur-personnage chinois "Tu" et une jeune femme allemande d'origine juive. Ils sont amants mais, malgré cela, la femme est sans illusion : Même si Gao s'attache à faire parler et à faire entendre des personnages féminins souffrant des hommes, on ne peut pas pour autant en faire un porte-parole de la cause féminine tant il semble souligner parfois la fragilité psychologique de ces personnages. Quoi qu'il en soit, écrites en chinois ou en français tout à la fin du siècle dernier, nombre de ses œuvres entrent en résonance avec les sociétés occidentales du début de ce siècle. Les mouvements féministes n'ont, pas plus que la critique littéraire française, perçu cet aspect central de l’œuvre écrite du dramaturge. Œuvre graphique. En plus de son activité littéraire, Gao Xingjian est peintre. Ses premiers tableaux expriment obstinément une pénétrante menace rendue par les masses sombres, mais ils affirment la victoire ultime de la clarté, comme une thérapie pour en finir avec la Chine traumatique de l'enfance. Il abandonne l'huile après 1978 pour se consacrer à l'encre : Gao utilise des matériaux chinois traditionnels (papier de riz, pinceau en poil de chèvre) et module son encre noire en centaine de nuances. Cependant, il utilise aussi des techniques occidentales pour ses drapés, glacis translucides et effets de profondeur. Réalisés à l’encre de Chine, ses tableaux, de toutes dimensions, conjuguent abstraction, figuration et panthéisme. Ses mystérieux et insolites paysages entraînent celui qui les regarde dans un voyage vers les abysses de l'âme. Ses toiles portent des noms évocateurs ("Recueillement", "Oubli", "Surprise" etc.) et ouvrent différentes propositions esthétiques : contours d’une nature saisie comme dans un clair-obscur, silhouette d’une femme drapée comme une « Vierge préhistorique » cheminant dans un paysage de rocaille, homme au corps lourd dont la tête fine se tend vers un soleil couchant (évoquant le thème de la contemplation romantique, présent chez Caspar David Friedrich). Quelques-unes de ses œuvres sont reproduites en couverture de certains de ses livres. En 2009, il signe "Entre le ciel et l'eau", une création pour la revue d'art "N° XIX". |
Sentier de grande randonnée 10 Le sentier de grande randonnée 10 ou GR 10 est un sentier de grande randonnée français qui suit la chaîne des Pyrénées, reliant la mer Méditerranée à l'océan Atlantique. Présentation. D'ouest en est, il commence par grimper les flancs des collines du Pays basque depuis Hendaye au bord de l'océan Atlantique, sur la Côte basque, puis rejoint la mer Méditerranée à Banyuls-sur-Mer sur la Côte Vermeille, soit un parcours de 916 km. Le GR 10 est entièrement balisé en 1975. Alternant la piste forestière, la route et le sentier de montagne, il permet au randonneur la découverte complète de ce massif. Pour le parcours complet, un randonneur doit, en moyenne, compter une cinquantaine de jours, quelques petites variantes pouvant rallonger ou raccourcir la distance totale. Le plus haut col emprunté par cet itinéraire est celui de la Hourquette d'Ossoue dans le massif du Vignemale (Hautes-Pyrénées) à d'altitude. Le GR 10 a un jumeau, le GR 11, qui est son équivalent sur le versant sud (Espagne) ; le GR 10 est entièrement situé en France. Entre le GR10 français et le GR11 espagnol se situe la Haute randonnée pyrénéenne. Des itinéraires transpyrénéens reliant les deux grands sentiers ont été établis à la fin des années 2010. Le record de la traversée de Banyuls-sur-Mer à Hendaye est de 9 jours 9 heures et 12 minutes (record battu entre le 6 et ). Ce record a été réalisé par le traileur Français Erik Clavery pulvérisant l’ancien record de plus de 3 jours. Parcours. La première traversée des Pyrénées effectuée en 1807 de la mer méditerranée à l'océan est attribuée au botaniste genèvois Augustin-Pyramus de Candolle qui avait pour mission de répertorier la flore de l'empire. Une première étude du tronçon Hendaye – Saint-Jean-Pied-de-Port a été réalisée dès 1965 par le bureau de Biarritz du Touring club de France par Claude Breguet, avec l'aide de Jean Gayon et Charles Etchepare. Le balisage débute avec la participation des Scouts de France et des Éclaireuses Éclaireurs de France de Bayonne. Cette portion occidentale du GR 10 ne donne alors lieu à aucune publication et tombe dans l'oubli. En 1968, Charles Etchepare guide de la Pierre Saint-Martin à l'océan l'équipe de Georges Véron (fondateur de "la Haute randonnée pyrénéenne") qui effectue sa première traversée intégrale de la chaîne. Au printemps 1972, ces deux hommes proposent de réétudier le tronçon Hendaye – Saint-Jean-Pied-de-Port et de le compléter jusqu'à Larrau. À la fin de 1972, ils balisent en 11 journées consécutives les du parcours. Une première édition du guide du GR 10 en Pays basque est publiée en 1973, et donne lieu par la suite à de nombreuses rééditions, à la suite des modifications de tracés et améliorations apportées pour s'éloigner des secteurs goudronnés, pouvant devenir envahissants. Hautes-Pyrénées. Dans les Hautes-Pyrénées et l'ouest de la Haute-Garonne, le GR 10 a été créé en 1963 ; la cheville ouvrière en a été Jean Adisson. L'itinéraire est toujours entretenu par des bénévoles avec l'aide du Conseil départemental des Hautes-Pyrénées, sauf dans le parc national et la réserve naturelle nationale du Néouvielle où les interventions sont menées par le parc national des Pyrénées et les bénévoles de la Fédération française de randonnée pédestre qui assurent l'entretien léger et le balisage. Le GR 10 entre dans les Hautes-Pyrénées sur le territoire de la commune d'Arbéost, à 1700 m à vol d'oiseau à l'ouest du col de Soulor qu'il dépasse par le sud après avoir franchi le col de Saucède (). Passée la chapelle Notre-Dame de Pouey-Laün et le gave d'Arrens, il monte au sud vers le lac d'Estaing et le refuge d'Ilhéou à au bord du lac Bleu d'Ilhéou, puis redescend à la station de Cauterets avant de remonter plein sud la vallée de Gaube qui traverse le parc national des Pyrénées pour atteindre le refuge des Oulettes de Gaube puis le refuge Baysselance dans le massif du Vignemale. Son tracé est alors relativement parallèle à la crête frontalière avec l'Aragon jusqu'au chalet de montagne de la Grange de Holle dans le secteur de Gavarnie avant de se diriger plein nord vers Luz-Saint-Sauveur, puis à l'est vers Barèges qu'il traverse ou contourne par une variante. En longeant le Bastan jusqu'au hameau de Tournaboup, il remonte alors le ruisseau dets Coubous vers le sud par des installations de la station de Barèges puis le ruisseau d'Aygues Cluses pour atteindre les lacs de Madamette, pénétrer dans la réserve naturelle du Néouvielle en serpentant entre ses lacs près desquels se trouvent plusieurs refuges gardés. Dans un environnement aménagé et desservi, il contourne par le nord Saint-Lary-Soulan, par Vielle-Aure, puis Azet, Loudenvielle et Germ pour s'élever vers la limite des Hautes-Pyrénées par le val d'Aube près du couret d'Esquiéry (). Haute-Garonne. Le GR 10 entre dans la Haute-Garonne sur le territoire de la commune d'Oô par le couret d'Esquierry et rejoint les granges d'Astau (auberge, gîte d'étape). Dominé par la barrière des sommets de plus de 3000 m, il monte alors au lac d'Oô, puis jusqu'à proximité du refuge d'Espingo, à partir duquel, par un parcours en balcon (hourquette des Hounts Secs, col de la Coume de Bourg) il rejoint la station de Superbagnères. Il descend alors près de 1200 m de dénivelé pour rejoindre le centre-ville de Bagnères-de-Luchon. Après une courte section en vallée, il remonte par Juzet-de-Luchon, Sode et Artigue jusqu'à la crête frontière avec le Val d'Aran (pic de Bacanère, 2192 m) avant de redescendre dans la haute vallée de la Garonne à Fos. La montée suivante, par Melles, le conduit à l'altisurface hivernale d'Uls, puis au col d'Auéran () où il entre en Ariège. Ariège. Le GR 10 entre à l'Ouest du département de l'Ariège par le col d'Auéran au nord du pic de Crabère () sur la commune de Sentein. Il rejoint alors le refuge gardé Jacques Husson () au bord de l'étang d'Araing. Il redescend par le site des anciennes mines de Bentaillou jusqu'au village d'Eylie (commune de Sentein). Il aborde ensuite une longue section dépourvue de tout village, franchissant successivement quatre chaînons serrés : col de l'Arech (1802 m), clot du Lac (1826 m), col de Laziès (1845 m), col d'Auédole (1727 m), puis rejoint en balcon le col routier de la Core (1395 m). Il descend le vallon d'Esbints jusqu'au hameau de Couflens de Betmajou, dans la vallée du Salat (540 m), puis attaque une longue montée jusqu'à un col non dénommé (1998 m) face au Mont Valier, avant de redescendre au village de Couflens par l'étang d'Areau et le col de Pause (). Le GR 10 continue de franchir des chaînons perpendiculaires, passant par Saint-Lizier d'Ustou, le domaine skiable de Guzet, la cascade d'Ars puis à proximité d'Aulus-les-Bains, les étangs et le refuge de Bassiès. Puis, par un long parcours en balcon passant par le barrage d'Izourt, il rejoint le village de Siguer. Abordant un secteur quasiment dépourvu d'habitants, il franchit plusieurs chaînons annexes (col du Sasc, col de Sirmont), passe en contrebas du barrage de Riète (accès RD520a) vers le plateau de Beille et, par un parcours de crête, accède au refuge du Rulhe, d'où il descend sur Mérens-les-Vals et franchit l'Ariège. Par Mérens-d'en-Haut et son ancienne église romane de style andorran, il remonte la vallée du Nabre, atteint le refuge des Bésines après avoir passé la porteille des Bésines (), et rejoint le col de la Coume d'Agnel () par lequel il quitte l'Ariège. Pyrénées-Orientales. Dans le massif du Carlit, le GR 10 entre dans les Pyrénées-Orientales via l'estany de Lanós (étang de Lanoux) en Haute-Cerdagne où il croise le GR 7, puis atteint le lac des Bouillouses au sud duquel se trouve le refuge gardé des Bouillouses (fermé pour travaux jusqu'à l'été 2022 et cherche son gardien), puis la station de Bolquère - Pyrénées 2000, Planès. Il traverse le Conflent par le massif du Canigou par la Carança, Mantet, le refuge de Mariailles, le refuge des Cortalets, Estanyol, pour se rendre en Vallespir par Batère et Arles-sur-Tech. Il devient frontalier à partir de Montalba-d'Amélie, en suivant par les hauteurs de Reynès, Céret, et Las Illas pour finir par s'engager dans le massif des Albères via Le Perthus en passant par la tour Madeloc jusqu'à la côte Vermeille à Banyuls-sur-Mer, où il se termine. Étapes d'ouest vers l'est. Légende des étapes : Association des Amis GR'distes. Cette association gère le site internet gr10.fr et œuvre à la promotion de ce trek. Les informations présentes sur ce site sont mises à jour régulièrement grâce à la collaboration des professionnels et des utilisateurs. L'association "Les amis gr'distes" fait partie d'un mouvement dit des « communaux collaboratifs ». Une nouvelle forme d'organisation sociale fondée sur l'intérêt de la communauté plutôt que sur la seule satisfaction des désirs individuels. Depuis 2015, l'Association des Amis Gr'distes met à disposition des randonneurs souhaitant conserver un souvenir de leur traversée, un pass'port gr'diste qui régulièrement tamponné valide la traversée et donne droit à l'obtention d'un certificat de traversée des Pyrénées par le GR10. Ce document permet ainsi de conserver une trace de ce voyage. Patrimoine et sites remarquables. On peut notamment citer : |
Gambie La Gambie, en forme longue la république de Gambie (en anglais : ou , et ), est un pays d'Afrique de l'Ouest. Enclavée dans le Sénégal au nord, au sud et à l'est, la Gambie est bordée à l'ouest par l’océan Atlantique. Ces limites correspondent au cours et à la vallée du fleuve Gambie, qui coule à travers le pays et se jette dans l’océan Atlantique. Sa superficie est de (c'est le pays d'Afrique continentale ayant la plus petite superficie), pour une population d'un peu plus de deux millions d'habitants (estimation 2018). Banjul est la capitale et les plus grandes villes sont Serrekunda et Brikama. La Gambie partage des racines historiques avec les autres pays d’Afrique de l'Ouest qui ont connu la pratique de la traite des esclaves. Le commerce des esclaves est à l'origine de la mise en place et de la tenue d'une colonie sur le fleuve Gambie ; d'abord par les Portugais, époque au cours de laquelle le pays s'appelle « A Gâmbia », et plus tard par les Britanniques. En 1965, la Gambie obtient son indépendance du Royaume-Uni. Depuis la proclamation de la république, en 1970, la Gambie a eu trois dirigeants : le président Dawda Jawara, qui a gouverné le pays de 1970 à 1994 avant que Yahya Jammeh prenne le pouvoir lors d'un coup d’État en tant que jeune officier de l'armée. Le , Adama Barrow gagne l'élection présidentielle mais le président sortant, Yahya Jammeh, ne reconnaît pas sa défaite. Une délégation de la CÉDÉAO (dont la Gambie est un État membre) a tenté de régler la situation pacifiquement, mais à l'issue de l'échec des négociations, le , l'armée sénégalaise est intervenue en Gambie, à la suite du vote d'une résolution de l'Organisation des Nations unies (ONU). Le soir du , Yahya Jammeh décide, sous la pression de l'ONU et des pays voisins, de quitter la Gambie, et de s'exiler en Guinée équatoriale. Cette décision permet désormais à Adama Barrow d'exercer le pouvoir. Le , Adama Barrow est réélu Président de la République de Gambie. L'économie de la Gambie est dominée par l'agriculture, la pêche et le tourisme. Environ un tiers de la population vit sous le seuil international de pauvreté de par jour. Géographie. La Gambie est un pays quasiment enclavé dans le Sénégal avec lequel elle partage de frontière terrestre. Son territoire s’étend le long des du cours du fleuve Gambie jusqu'à son embouchure, et de de part et d’autre des rives du cours d'eau. Son littoral donnant sur l'océan Atlantique s'étend sur , avec sa capitale Banjul qui se trouve à l'embouchure du fleuve Gambie. Le relief du pays est plat et ne s’élève jamais au-delà de au-dessus du niveau de la mer. La situation d'enclave pose dès les origines la question du contrôle des frontières des deux empires français et britannique. La Gambie et son port, Banjul, sont un lieu de trafics commerciaux et de contrebandes, notamment des ressources naturelles de Casamance, mal reliée au reste du Sénégal. Des conflits récurrents pour le contrôle des flux commerciaux alternent avec des tentatives de coopération avec, par exemple, une Confédération de Sénégambie, de 1982 à 1989. En 2016, la frontière avec le Sénégal est bloquée durant trois mois par le Sénégal, perturbant le lien vers la Casamance. Climat. La Gambie a un climat tropical, avec une saison chaude et pluvieuse (avec des précipitations de , croissantes d’est en ouest), de juin à novembre, et une saison plus fraîche de décembre à mai avec moins de précipitations. Ce climat est semblable à celui du Sénégal, du Mali et du Nord du Bénin. Transports. En 2005 la Gambie possède de routes dont goudronnées, et de voies navigables. Elle est dépourvue de réseau ferré. L'aéroport de Banjul est le seul aéroport international du pays. Histoire. Période pré-coloniale. Les commerçants arabes donnent les premiers témoignages écrits de la région aux environs des . Au cours du , les marchands et savants musulmans établissent des communautés dans plusieurs centres commerciaux de l'Afrique de l'Ouest ; s'établissent alors des routes commerciales à travers le Sahara, entraînant un grand commerce d’exportation d'esclaves, d'or et d'ivoire et d'importation de produits manufacturés. Vers le , les dirigeants des royaumes tels que le Tekrour (une monarchie centrée sur le fleuve Sénégal, juste au nord), ancienne Ghana et Gao, sont convertis à l'islam. Au début du , la Gambie fait partie de l'empire du Mali. Les Portugais atteignent la zone par la mer dans le milieu du , et commencent le commerce extérieur. À son apogée, au , l'empire du Mali s'étend jusqu'en Gambie. Colonisation européenne. En 1455, les Portugais installent des comptoirs le long du fleuve Gambie à partir desquels ils organisent la traite des Noirs. Le Portugal vend ses droits sur ces territoires au Royaume-Uni en 1588. En 1723, la Compagnie britannique d'Afrique achète de la terre en Gambie. De 1651 à 1661, une partie de la Gambie, l'île de Saint Andrews, actuelle île James, constitue une colonie de la république des Deux Nations, polonaise et lituanienne, par le biais de son duché de Courlande. Pendant presque un siècle, l'embouchure du fleuve Gambie est disputée entre le duché de Courlande, fondateur du Fort James, et la Hollande. La Courlande était un duché vassal de la Pologne-Lituanie à l'époque, situé sur le territoire de l'actuelle Lettonie et qui disposait d'une importante flotte commerciale. Malgré cela, les Britanniques prennent finalement le dessus. Le Fort James sert de base commerciale et d'escale de traite pendant les siècles de l'esclavage et du commerce triangulaire en Atlantique, comme d'autres escales de la côte (Gorée, îles de Loos…). C'est la première et plus ancienne implantation pérenne des Européens en Gambie. En 1723, la Compagnie britannique d'Afrique acquiert une série de terres autour du fleuve Gambie et les Britanniques s'établissent en Gambie lors de la « capture » du Sénégal en 1758. Les Français et les Anglais se disputent longuement le territoire. Le traité de Versailles de 1783 attribue la Gambie au Royaume-Uni, à l'exception de l'enclave d'Albreda (actuel North Bank). À partir du , les Britanniques occupent ce petit territoire enclavé dans le Sénégal. Ils y abolissent la traite négrière en 1807, puis l'esclavage en 1833. En 1807, le Royaume-Uni supprime le commerce des esclaves partout dans son empire et donc en Gambie. Les bateaux négriers interceptés par l'escadre de l'Afrique occidentale de la Marine royale en Atlantique se rendent en Gambie, avec des esclaves libérés dans l'île MacCarthy loin en haut du fleuve Gambie où on s'est attendu à ce qu'ils aient établi de nouvelles bases de vie. Les Britanniques établissent en 1816 sur le continent, à l'embouchure du fleuve Gambie, le poste militaire de Bathurst, maintenant Banjul, actuelle capitale de la Gambie. Pendant la Révolution Française, entre 1793 et 1816, la Grande-Bretagne occupera les comptoirs français au Sénégal, dont Saint-Louis. En 1815, le traité de Vienne restituera les comptoirs français au Sénégal, et le retour effectif des Français interviendra entre 1816 et 1817. En 1816, la colonie britannique de Gambie s'agrandira, en intégrant tout le fleuve Gambie, alors qu'avant, la colonie se constituait surtout autour de Bathurst et vers la côte. Les Français occupent un petit poste pris aux Portugais et qui végétait sur la rive nord de la Gambie, Albreda. Celui-ci est finalement cédé au Royaume-Uni en 1856. À la suite d'un accord franco-britannique sur ses frontières en 1889, la Gambie devient officiellement un protectorat britannique en 1894. Les frontières actuelles sont tracées en 1889 après plusieurs tentatives sans suite d'échange de la Gambie contre d'autres territoires français dans le golfe de Guinée. L'accord franco-britannique de 1889 permet de définir les frontières avec le futur Sénégal, y compris la Casamance prise par les Français aux Portugais. Le Royaume-Uni fait officiellement du pays un protectorat britannique en 1894. Plus petite colonie de l'Empire britannique, la Gambie ne connaît aucun événement notable et reste un territoire marginal. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Gambie constitue une escale pour les vols de l'armée de l'air américaine et un port d'escale pour les convois des forces alliées. Fait anecdotique, le président américain Franklin Delano Roosevelt fait escale, en 1943, à Bathurst, capitale de la Gambie, avant de se rendre à la conférence de Casablanca, ce qui constitue la première visite d'un président américain en exercice sur le continent africain. La Gambie indépendante. La Gambie acquiert son indépendance le en qualité de royaume du Commonwealth. Un référendum sur le passage à une république est organisé dès le mois de , sans succès, et la Gambie reste une monarchie dans les premières années de son indépendance. Le , à la suite d'un second référendum, la Gambie devient une république au sein du Commonwealth. Le Premier ministre Dawda Jawara assure les postes de président ainsi que de ministre des Affaires étrangères. Le président Dawda Jawara est réélu cinq fois de suite. Le 29 juillet 1981, pendant que le président Jawara est en visite à Londres, a lieu une tentative de coup d'État. La Gambie connaît un affaiblissement de son économie et également des allégations de corruption des responsables politiques. Ce coup d'État est perpétré par le Conseil de la gauche révolutionnaire nationale, composé de socialistes et de révolutionnaires du Parti travailliste de Samba Sanyang Kukoi (PDS) et des éléments de la « Force de Campagne » (une force paramilitaire qui a constitué l'essentiel des forces armées du pays). Le président Jawara demanda immédiatement l'aide militaire du Sénégal qui déploie de troupe en Gambie le . Le , quelque sénégalais sont déployés et vainquent les forces rebelles. Entre 500 et sont tuées lors de ce coup d'État. De 1982 à 1989, la Gambie est unie au Sénégal dans une éphémère confédération de Sénégambie. En 1994, les (AFPRC) font tomber le gouvernement Jawara et interdisent toutes activités politiques d'opposition. Le lieutenant Yahya Jammeh, président de l'AFPRC, devient le chef d'État de la Gambie et sera président durant . L'AFPRC annonce un plan de transition pour le retour à un gouvernement civil démocratique. La commission électorale indépendante provisoire (PIEC) est créée en 1996 pour organiser des élections nationales. Le PIEC est transformé par la commission électorale indépendante (CEI) en 1997 et devient responsable de l'enregistrement des électeurs et la conduite des élections et des référendums. Vers la fin de l'an 2001 et au début 2002, la Gambie termine un cycle complet d'élections présidentielles, législatives et locales, que les observateurs étrangers jugent libres, justes et transparentes, malgré quelques lacunes. Réélu, le président Yahya Jammeh, installé le , conserve un pouvoir obtenu à l'origine par un coup d'État. Son parti, l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), conserve une large majorité à l'Assemblée nationale, en particulier après que la principale force d'opposition Parti démocratique unifié (UDP) a boycotté les élections législatives. Alors qu'elle en est membre depuis 1965, la Gambie, par la voix de son ministre de l'Intérieur, annonce le son retrait du . Le pays refuse les injonctions du Royaume-Uni au sujet des droits de l'homme alors que le régime du président Yahya Jammeh se fait plus autoritaire et accuse l'organisation d'être néo-coloniale. L'élection présidentielle de décembre 2016 voit Adama Barrow, candidat de l'opposition, remporter la victoire sur le président sortant dont le mandat court jusqu'au . Le , Adama Barrow prête serment dans l'ambassade gambienne à Dakar au Sénégal, après le refus du président sortant de céder le pouvoir. Le même jour, l'armée sénégalaise entre en Gambie, forte d'une résolution de l'ONU. Le , Jammeh accepte de quitter le pouvoir, et part en exil le lendemain soir pour Conakry (Guinée), avant de rejoindre la Guinée équatoriale. Le , la Gambie adhère à nouveau au Commonwealth. Politique. Organisation des pouvoirs. La Gambie est une république multipartite à régime présidentiel, où le président exerce à la fois les charges de chef de l'État et de chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et l'Assemblée nationale. La constitution en vigueur a été approuvée en 1996. L'Assemblé nationale est constitué de . Le , le président Yahya Jammeh déclare que son pays est désormais un « État islamique », ce que conteste un responsable de l'opposition qui qualifie cette décision d'« inconstitutionnelle », la séparation de l'Église et de l'État étant inscrite dans la Constitution. La minorité chrétienne du pays est estimée à 8 %. L'administration impose aux femmes fonctionnaires de se voiler : Le , le nouveau président, Adama Barrow, annule le changement de forme longue. Tendances politiques et élections. Le premier président de la République de Gambie est Dawda Jawara, à partir de 1970 lorsque le pays devient une République, succédant ainsi à la reine du Royaume-Uni Élisabeth II. Yahya Jammeh est au pouvoir à partir du coup d'État du . Il est ensuite élu au suffrage universel le puis réélu le , le et le . Son parti, l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction, domine la vie politique locale sans être pour autant parti unique de manière officielle. En 2016, Adama Barrow est élu président de la République. En raison du refus de Yahya Jammeh de céder le pouvoir, la CÉDÉAO intervient en Gambie et Adama Barrow devient président le . Adama Barrow est réélu président de la République le . Administration territoriale. La Gambie est subdivisée en six régions qui sont d'ouest en est : Politique étrangère. En 2013, la Gambie avait annoncé son retrait du Commonwealth, en dénonçant une « institution néo-coloniale ». « Le gouvernement a décidé que la Gambie ne sera jamais membre d'une institution néo-coloniale et ne fera jamais partie d'une institution représentant une extension du colonialisme », avait déclaré le gouvernement de Banjul. Économie. Selon l'Index of Economic Freedom, l'économie de la Gambie est parmi les moins libérales du monde. Elle est classée 123 en 2020 et donc très en dessous de la moyenne mondiale. Le droit de propriété est en pratique peu respecté, malgré une légère amélioration. La corruption reste très importante. Population. Démographie. La population de la Gambie est estimée à d'habitants en 2015. La croissance démographique annuelle est de 2,2 % et le taux d’urbanisation est de 57 %. En 2013, elle est composée à 39,2 % de personnes de 0 à , à 57,6 % de personnes de et de 3,2 % de personnes de ou plus. Sa densité humaine est de . En 2013, son taux de croissance de la population est 2,3 %. En 2015, le taux de natalité estimé est de , le taux de mortalité de , le taux de mortalité infantile de , le taux de fécondité de et le taux de migration de . L'espérance de vie des hommes est de et celle des femmes de . Environ 90 % de la population est musulmane et 8 % chrétienne. Entre 1 et 2 % est animiste (extrême Est du pays). Langues. L'anglais est la langue officielle de la Gambie, son usage est donc répandu. Les autres langues pratiquées sont le mandingue, le wolof, le peul, le soninké, le sérère, le krio et d'autres langues vernaculaires. En raison de la situation géographique du pays, la connaissance du français (la langue officielle du Sénégal qui entoure le pays) est relativement répandue. Le pays est membre observateur de l'Organisation internationale de la francophonie depuis 2018. Ethnies. Plusieurs groupes ethniques vivent en Gambie, chacun conservant sa propre langue et ses traditions. L'ethnie des mandingues est la plus influente, suivie par les Fulas, Wolofs, Diolas, Serahules, Sérères, Manjaques et les Bianunkas. Les gens de Krio, connus localement sous le nom d'Akus, constituent l'une des plus petites minorités ethniques en Gambie. Ils sont les descendants du peuple créole de la Sierra Leone et sont traditionnellement concentrés dans la capitale. Il y a environ non-africains, dont des Européens et des familles d'origine libanaise, syrienne et arménienne (environ 0,23 % de la population totale). Une grande partie de la minorité européenne était britannique et a quitté le pays après l'indépendance. Le pays compte environ , issus d'unions entre des noirs Africains et Européens , qui sont souvent considérés comme des Créoles, et qui sont majoritairement Chrétiens. Depuis une période récente, des Chinois sont présents dans le pays, et travaillent surtout dans les secteurs du commerce, et du BTP (bâtiments et travaux publics). Éducation. L'éducation primaire est gratuite et obligatoire en Gambie. Le manque de ressources et d'infrastructures éducative rend sa mise en œuvre difficile. En 1995, le taux brut de scolarisation primaire était de 77,1 % et le taux net de scolarisation primaire était de 64,7 %. Les frais de scolarité ont longtemps empêché de nombreux enfants de fréquenter l'école, mais en février 1998, le président Jammeh a rendu l'école primaire gratuite. Les filles représentent environ 52 % des élèves des écoles primaires. Le chiffre peut être inférieur pour les filles dans les zones rurales, où la pauvreté et les facteurs culturels empêchent les parents d'envoyer les filles à l'école. Environ 20 % des enfants d'âge scolaire fréquentent des écoles coraniques. Religion. La Gambie fut proclamé État islamique le par le président Yahya Jammeh. Cette décision est annulée le par le nouveau président Adama Barrow. Selon le Pew Research Center, en 2010, 95,1 % des habitants de la Gambie sont musulmans et 4,5 % sont chrétiens (3% de catholiques et 1,5 % de protestants). Culture. Bien que la Gambie soit le plus petit pays de l’Afrique continentale, sa culture est diverse. Ses frontières nationales décrivent une bande étroite de chaque côte du fleuve Gambie, un cours d'eau qui joue un rôle vital dans le destin de la nation et est connu localement et simplement comme « la rivière ». Sans barrières naturelles, la Gambie est la maison de la plupart des groupes ethniques qui sont présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, en particulier ceux du Sénégal. Les Européens figurent également en bonne place dans l'histoire de la Gambie car le fleuve Gambie est navigable profondément dans le continent, une particularité géographique qui fait de ce secteur l'un des sites les plus favorables pour la traite des esclaves du au siècles. La traite est interdite au . Une partie de cette histoire a été popularisée par le roman "Racines" d'Alex Haley et par la série télévisée qui a suivi, récit dont le début se déroule en Gambie. Cuisine. La cuisine de la Gambie est principalement composée de pâte d'arachide, de riz, de mil, de poisson, d'oignons, de tomates, de manioc, de mangues, d'huîtres du fleuve Gambie récoltées par les femmes. Musique. La musique de la Gambie est étroitement liée avec la musique du Sénégal, qui entoure ses frontières intérieures. Elle fusionne la musique occidentale populaire et la danse, avec "« sabar »", les tambours et la danse traditionnelle des Wolofs et des Sérères. On y compte un nombre important de dynasties de griots mandingues, les hommes ("jalikeolu") jouant de la musique avec la kora, tandis que le chant est de préférence assuré par les femmes ("jalimusoolu"), dont l'instrument privilégié est le "neo", une tige en fer à percussion. La famille Susso est un des exemples de ces dynasties, avec un oncle paternel, Bamba Susso très célèbre, un neveu, Papa Susso qui a fait carrière aux États-Unis, sa sœur, Gai Sakiliba qui après avoir appris auprès de sa mère et de son père, a continué après leur mort son apprentissage auprès de sa tante, Silami Sakiliba, elle aussi très estimée. Codes. La Gambie a pour codes : |
Géorgie (pays) La Géorgie (en , "" ), est un pays sur la côte est de la mer Noire dans le Caucase, situé à la fois en Europe de l'Est et en Asie de l'Ouest. Elle est considérée comme faisant culturellement, historiquement et politiquement parlant partie de l'Europe. Le pays est membre du Conseil de l'Europe, de l'OSCE, de Eurocontrol, de la Coopération économique de la mer Noire et de l'Alliance GUAM. Elle espère devenir un jour membre de l'OTAN et de l'Union européenne, avec laquelle un accord d'association a été conclu en 2014. À la suite de la guerre en Ukraine, la Géorgie a déposé officiellement sa candidature à l'Union européenne le 3 mars 2022. L'histoire de la Géorgie remonte aux royaumes antiques de Colchide et d'Ibérie, qui furent ensuite unifiés. La Géorgie est l'une des premières nations à avoir adopté le christianisme comme religion officielle, au début du : elle a rejoint l'orthodoxie après le schisme de 1054. Elle connaît son âge d'or au , sous le règne de . Confrontée tour à tour aux Romains, aux Perses, aux Mongols, aux Byzantins, et aux Ottomans, la Géorgie est annexée au début du par la Russie impériale sous Paul, mais retrouve son indépendance de 1918 à 1921. Elle est ensuite intégrée en tant que république au sein de l'Union soviétique. L'indépendance de la Géorgie est une nouvelle fois restaurée en 1991. Le pays accumule difficultés économiques et guerres de sécession ; l'Adjarie redevient totalement géorgienne en 2004, par contre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud proclament unilatéralement leur indépendance avec le soutien direct de la Russie après les combats des années 1990 et la deuxième guerre d'Ossétie du Sud en 2008. La révolution des Roses, en 2004, pacifique, et l'alternance démocratique, en 2012, non moins pacifique, ont conduit le pays sur le chemin de la démocratie. Le pays couvre un territoire de dont , soit environ 18 %, échappent à l'administration géorgienne. La Géorgie possède des frontières avec la Russie au nord et nord-est, l'Arménie et la Turquie au sud, et l'Azerbaïdjan au sud-est. La population est de d'habitants selon le recensement de novembre 2014. Étymologie. Les Géorgiens nomment leur terre, la Géorgie, "Sakartvelo", se nomment eux-mêmes "Kartvelebi" () et appellent leur langue, le géorgien, "kartuli" (). Plusieurs théories existent quant à l'origine de cette appellation : La dénomination française du pays, Géorgie est probablement dérivée du grec ("geōrgía"), signifiant « agriculture » et non de saint Georges — saint protecteur du pays — comme parfois avancé. Gorj, la dénomination persane des Géorgiens, est également la racine des mots turc ' et russe "Gruzin." La Géorgie est nommée ("Gordjestân") en persan, "Gürcistan" en turc, ' ("Grouziia") en russe et "" ("Grouzia") en hébreu. Le nom persan vient probablement de "gorg" (loup), qui est aussi l'origine du surnom du roi d'Ibérie Vakhtang Gorgassali (Tête de loup), car les Anciens considéraient le Gourdjistan comme la Terre des loups. Dans l'Antiquité, les habitants de l'actuelle Géorgie étaient dénommés les Ibères, du nom du royaume dans lequel ils vivaient, l'Ibérie, sans lien apparent avec la péninsule Ibérique. Malgré le questionnement des géographes de l'Antiquité et l'hypothèse de certains savants géorgiens estimant que les Ibériens du Caucase étaient les ancêtres des Ibériens de la péninsule, le nom caucasien d'Ibérie viendrait de celui de la ville géorgienne Sper, aujourd'hui İspir en Turquie. Les dénominations arméniennes pour Géorgien et Géorgie, respectivement "Vir" et "Virq", viennent d'Ibérie avec la perte du « i » initial et son remplacement par le « w » ou le « v » du « b » d'Ibérie. Histoire. De la Préhistoire à l'Antiquité. Lors de recherches paléontologiques effectuées à Dmanissi, dans le sud du pays, entre 1999 et 2001, des restes d'hominidés de l'espèce "Homo georgicus" datant d'environ d'années ont été retrouvés. De nombreuses cultures se disséminent à travers le Caucase, de Trialétie au Koura-Araxe. Le territoire géorgien, comme celui de tout le Caucase, se trouve dans une position de carrefour entre les puissances qui l'entourent. Les Scythes ravagent la région au , invasion suivie d'une annexion iranienne (dynastie achéménide, le premier Empire perse). La rivière Koura, entre la mer Caspienne et la mer Noire, est un tracé secondaire de la route de la soie. Durant la seconde moitié du , le conquérant Alexandre le Grand atteint à son tour les frontières de la Géorgie actuelle. Son règne est une étape marquante vers une société géorgienne unifiée, unification qui ne se produira que plusieurs siècles plus tard. Au , la Géorgie est divisée en deux : une partie occidentale, de culture grecque (la Colchide) et une partie orientale et indépendante (l'Ibérie). Alors que la Colchide tombe aux mains de ses puissants voisins (Royaume du Pont, puis Empire romain), l'Ibérie se développe au point de rivaliser avec l'Arménie pour le contrôle du Caucase. La République romaine la vassalise jusqu'à l'invasion des Arsacides au : l'Ibérie constitue dès lors une source de conflit, au même titre que l'Arménie, entre l'Empire romain et l'Empire iranien (les Parthes). Entrée de la Géorgie au Moyen Âge. La Géorgie orientale change considérablement au . L'Ibérie passe non seulement d'une vassalité parthe à une autre vassalité perse (sassanide), mais entre dans le monde romain. Durant la décennie 330, la Géorgie se convertit au christianisme apporté par sainte Nino de Cappadoce, une nonne de Jérusalem de la famille de Georges de Lydda qui convertit le roi Mirian III et son épouse. La culture géorgienne se développe à travers la chrétienté et atteint son apogée avec le règne de Vakhtang Gorgassali, monarque vainqueur des Perses et des Byzantins, de ses proches vassaux et des lointains Indiens. À la fin du , l'Ibérie et la Colchide s'allient, et tentent une première unification. L'avènement de la puissance ibère est anéanti par la mort du roi Vakhtang , dans les années 580 : la Perse annexe la Géorgie orientale qui devient une province. Une période trouble s'ensuit, la Géorgie est divisée à maintes reprises entre les Perses, les Byzantins, les Arabes et quelques princes locaux assez puissants pour reprendre provisoirement le titre de roi. À la fin du , après la décadence engendrée par les invasions arabes du , le prince de Tao, , unifie la Géorgie orientale et prend le titre de « roi des Géorgiens », probablement aidé par son voisin arménien. Royaume de Géorgie. Au début du , le prince Bagration (descendant du premier roi des Géorgiens, ), , unifie pour la première fois de son histoire la nation géorgienne, du royaume d'Abkhazie à celui de Kakhétie, rassemblant dans un unique État tous les pays partageant la même religion et la même culture que l'Ibérie. En quelques années, Bagrat III réussit par ailleurs à soumettre bon nombre de ses voisins, dont l'émirat de Gandja. Dans un but politique, il se sépare de la tradition pro-byzantine de ses ancêtres et s'allie avec le Califat fatimide, musulman, contre Constantinople. Pour cette raison, la première moitié du est principalement illustrée par les nombreux conflits militaires entre le Royaume de Géorgie et l'Empire byzantin. À la fin des années 1040, le conflit cesse et laisse place à une autre inimitié, cette fois entre Géorgiens et Seldjoukides, eux aussi musulmans. La guerre éclate en 1048 : les forces alliées de la Géorgie et de Byzance triomphent d'abord de l'Empire seldjoukide à la bataille de Kapetrou, engagent une croisade géorgienne en raison du caractère religieux du conflit, mais battent en retraite : de terribles dévastations sont perpétrées sur le territoire géorgien par les Seldjoukides jusqu'à la fin du . À peine monté sur le trône, le jeune roi repousse les troupes de l'envahisseur et conquiert plusieurs régions jusqu'à former un empire géorgien : il unifie les terres situées entre la mer Noire et la mer Caspienne, et réalise la conquête de l'Arménie et de l'Alanie. Ses successeurs achèvent au début du la prise de contrôle du sud transcaucasien : le règne de la reine constitue l'apogée du Royaume de Géorgie. Plusieurs révoltes nobiliaires éclatent, et en 1223, les Mongols apparaissent aux frontières du pays : ils vainquent la monarchie géorgienne. Durant la décennie 1270, un royaume indépendant s'instaure en Géorgie occidentale. Le territoire géorgien sombre dans le déclin, les Timourides, puis les Turcomans succèdent aux Mongols. Devenue unique territoire chrétien de cette région après la chute de Trébizonde en 1461, la Géorgie se divise en trois entités. Division. En 1478, accède au trône géorgien après une période de guerre civile et de chaos intérieur. Une dizaine d'années plus tard, en 1490, un conseil national proclame la division officielle du Royaume de Géorgie, qui laisse place à trois entités : l'Iméréthie (ouest), dirigée par , la Karthli (centre) qui reste aux mains de Constantin II, et la Kakhétie (est), qui revient au prince Alexandre. À partir de cette période, les trois royaumes deviennent des vassaux des puissances musulmanes qui les entourent : les Empires perse et ottoman : Le est une période d'éphémère renaissance pour la Géorgie. À l'ouest, les monarques d'Iméréthie ont réussi à regagner leur pouvoir héréditaire, tandis que la culture géorgienne se développe à l'est du pays, culture composée de tradition locale et d'influence persane. L'imprimerie est importée au début du siècle. Les premières relations avec le nouvel Empire russe (également chrétien orthodoxe) se développent: elles se renforcent et irritent la Perse séfévide, qui n'hésite pas à détrôner la dynastie de Moukhran pour placer des princes de Kakhétie sur le trône de Kartlie. Cela contribue notamment à la formation d'un nouveau royaume géorgien unifié dans les années 1760 dans l'est du pays. Entre annexion et indépendance. En 1762, la Géorgie orientale est unifiée sous le sceptre du roi Héraclius II, qui fonde le Royaume de Kartl-Kakhétie, dans l'espoir de reconquête de l'indépendance perdue vis-à-vis de la Perse impériale. En 1783, il signe à Gueorguievsk un traité de protection et de coopération militaire bilatérale avec l'Empire russe de Catherine II, qui se pose désormais en suzeraine de la Géorgie. Toutefois, ce traité n'empêche pas l'empire perse qadjar d'Agha Mohammad Chah de ravager le pays et de prendre la capitale, Tiflis, qui est complètement brûlée en 1795. Trois années plus tard, le roi Georges XII succède à son père et son court règne reconfirme le traité de Gueorguievsk ; à sa mort, en 1800, la Russie annexe le Royaume de Kartl-Kakhétie, qui devient une simple province de l'empire d'Alexandre. La signature du Traité de Golestan (1828) fait perdre définitivement à l'Empire perse toutes les villes du territoire géorgien, y compris celles situées sur la côte de la mer Noire. Antérieurement au traité, l'Empire russe a déjà annexé l'émirat de Gandja en 1813 et le khanat d'Erevan en 1828, et sa conquête du Caucase se poursuit avec l'Iméréthie : après une courte guerre, le roi Salomon II est arrêté et extradé vers l'Empire ottoman. Toutes les principautés géorgiennes indépendantes (Abkhazie, Svanétie, Moukhran…), sont peu à peu annexées. Le pouvoir tsariste de Saint-Pétersbourg crée alors la vice-royauté du Caucase, subdivisée en gouvernat (dont celui de Géorgie-Iméréthie) avec pour capitale administrative Tiflis. La période d'annexion russe est d'abord une période de combat et de rébellion, mais aussi de développement de la société et de la culture géorgienne. Les églises sont restaurées, des écoles sont créées et la littérature géorgienne accède à son apogée, notamment grâce aux écrivains Ilia Tchavtchavadzé et Akaki Tsereteli dont les œuvres sont aujourd'hui des références. Durant le , si la culture transcaucasienne se réoriente vers le christianisme orthodoxe (se séparant de la tradition persane qui a dominé le pays durant près de cinq siècles), le réveil des nationalités gagne la Géorgie comme les autres pays de l'Europe, les idées progressistes trouvent écho auprès des jeunes aristocrates géorgiens. Malgré l'émancipation des serfs appliquée en Géorgie en 1865, les révoltes paysannes se multiplient devant la difficulté de la vie. La mort controversée du prince Dimitri Kipiani en 1887 fait également éclater des manifestations antirusses. Au début du , deux mouvements de pensée se partagent l'opposition au régime tsariste, le mouvement social-fédéraliste géorgien tenant d'une autonomie géorgienne au sein de l'entité russe (il donnera naissance en 1918 au parti national-démocrate résolument indépendantiste) et le mouvement social-démocrate géorgien, marxiste, pour qui la démocratisation géorgienne ne pourra s'effectuer qu'en concert avec la démocratisation russe (il donne naissance en 1904 à la tendance bolchévique, minoritaire dans le Caucase et partisane de la dictature du prolétariat et à la tendance menchevique, majoritaire dans le Caucase, et partisane d'un régime parlementaire). Fédération de Transcaucasie et république démocratique de Géorgie. En novembre 1917, après la révolution russe d'octobre, les pays transcaucasiens refusent de reconnaître l'autorité du pouvoir bolchévique de Petrograd : la présidence du Haut commissariat à la Transcaucasie est confiée à Evguéni Guéguétchkori(ancien député menchevique représentant la Géorgie à la Douma russe). Le 10 février 1918, une Assemblée parlementaire transcaucasienne, dite Sejm, présidée par Nicolas Tcheidze(ancien président menchevique du Comité exécutif du Soviet de Petrograd, de février à octobre 1917) confirme Evguéni Guéguétchkori dans ses fonctions. Le 9 avril, la Sejm proclame l'indépendance de la république démocratique fédérative de Transcaucasie et confie la responsabilité de son exécutif à Akaki Tchenkéli (Akaki Tchkhenkéli), ancien député menchevique représentant la Géorgie à la Douma russe. La cohabitation des trois peuples sud-caucasiens - arménien, azerbaïdjanais et géorgien - se heurte aux sentiments nationalistes : à peine un mois plus tard, (le ), l'indépendance de la république démocratique de Géorgie est proclamée au nom de tous les partis par Noé Jordania porte-parole du Conseil national géorgien (ancien président menchevique du Soviet de Tiflis et l'un des leaders du Parti ouvrier social-démocrate géorgien). Deux jours plus tard, l'Arménie et l'Azerbaïdjan proclament leur indépendance à leur tour. Nicolas Tcheidze devient président de l'Assemblée parlementaire provisoire de la république démocratique de Géorgie, Noé Ramichvili premier président de gouvernement et Noé Jordania deviendra et le présidents de gouvernement. L'État géorgien peut renaître. En à peine trois années, une constitution moderne est créée, la reconstruction nationale est entreprise et de multiples réformes sont mises en œuvre afin d'acheminer la Géorgie vers la démocratie. La situation géopolitique de la Géorgie de l'époque, conflit potentiel avec la Turquie, lui font solliciter la protection des forces de la Triplice : les troupes allemandes débarquent à Batoumi, une des villes qui sera plus tard promise par le pouvoir bolchévique à l'empire ottoman. La fin de la Première Guerre mondiale change la situation : l'armée britannique prend le relais provisoirement de l'armée allemande. Entre 1918 et 1921, la Turquie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan entrent en conflit pour des questions frontalières, la Russie pour des questions plus existentielles. En , le gouvernement bolchévique russe de Moscou signe un traité de paix avec le gouvernement social-démocrate géorgien de Tbilissi. En , les alliés de la Triple-Entente reconnaissent "de jure" la république démocratique de Géorgie. Malgré une coopération déclarée et une reconnaissance mutuelle de la part de la Russie soviétique, malgré la reconnaissance internationale, l'Armée rouge envahit le territoire géorgien en et met fin à la République démocratique de Géorgie en mars 1921. La classe politique et la classe militaire émigrent, pensant pouvoir reconquérir le pays de l'extérieur à travers leur gouvernement en exil. République socialiste de Géorgie et république socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie. Après l'invasion soviétique, la république socialiste soviétique de Géorgie fut proclamée. Il y eut alors un bras de fer entre les différentes factions de Moscou dirigées par Lénine et Staline, durant l'Affaire géorgienne des années 1920, qui mènera également à la perte de près d'un tiers des territoires géorgiens au profit de ses différents voisins. En , l'URSS est proclamée et la RSG devint une des trois républiques de la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie, dissoute à son tour en 1936. En 1927, Staline arriva à la tête de l'Union soviétique après avoir procédé à des éliminations politiques. À partir de cette époque, la destinée de la Géorgie changea. En effet, le dictateur soviétique était né sous le nom de Joseph Djougachvili à Gori, en Géorgie et c'est notamment pour cette raison que le statut de la région changea considérablement. Dans les années 1930, après avoir supprimé toute opposition anticommuniste, le gouvernement de Moscou fit de la Géorgie un lieu de détente pour l'intelligentsia soviétique. Puis peu à peu, la contrée se développa et après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs dirigeants du monde (dont Georges Pompidou, Fidel Castro…) visitèrent le pays. À la mort de Staline en 1953, son successeur Nikita Khrouchtchev entama une politique qui consistait à supprimer le culte de la personne de l'ancien chef d'État. Pour cette raison, plusieurs manifestations et révoltes éclatèrent à Tbilissi, et chacune d'entre elles fut brutalement arrêtée. Bientôt, une opposition se développa et à partir des années 1970, un sentiment nationaliste fort se développa en Géorgie. Lors de la tragédie du 9 avril 1989, une manifestation anti-soviétique fut violemment dispersée par l'armée, menant à la démission du gouvernement. En 1990, la RSS de Géorgie fut dissoute et remplacée par le Conseil suprême. Période post-soviétique. La Géorgie proclama son indépendance le et nomma comme chef d'État Zviad Gamsakhourdia. Or, quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir, une opposition se développa contre son régime, jugé trop autoritaire. Entretemps, le gouvernement avait profité de cette situation pour supprimer l'autonomie de l'oblast d'Ossétie du Sud qui fut intégrée à la région de Mtskheta-Mtianétie. Cette action poussa les autochtones ossètes à se rebeller contre le gouvernement et des affrontements militaires firent des dizaines de morts jusqu'à la fin de l'année. Finalement, les troupes nationales perdirent le contrôle du conflit quand les séparatistes, soutenus par la Russie, proclamèrent leur indépendance le . Plus tard dans l'année, les membres de l'opposition s'armèrent quand le commandant limogé de la Garde nationale Tenguiz Kitovani rejoignit le camp anti-Gamsakhourdia. À la fin du mois de , ils avaient commencé le siège du Parlement qui sera pris le , date du coup d'État qui amena l'exil du président Gamsakhourdia chez ses voisins caucasiens. À ce moment, un Conseil d'État fut formé et l'ancien chef du parti communiste géorgien Edouard Chevardnadze fut choisi pour chef du Conseil intérimaire. Celui-ci poursuivit la guerre en Ossétie du Sud et, au lieu d'atténuer les conflits séparatistes, envoya des troupes géorgiennes en Abkhazie pour réprimer les nationalistes qui viraient vers le sécessionnisme à leur tour. Mais Tbilissi se heurta à une opposition armée et soutenue logistiquement par la Russie. En un peu plus d'une année, la guerre fut gagnée par les séparatistes qui déclarèrent à leur tour leur indépendance et se livrèrent à un nettoyage ethnique des Géorgiens présents sur ce territoire. À la suite de cette défaite, Tbilissi tenta de se rapprocher politiquement de la Russie qui lui accorda une aide militaire pour combattre les nouveaux opposants menés par Gamsakhourdia qui avait établi un gouvernement en exil à Zougdidi. Cette ville fut par la suite prise par les autorités géorgiennes en et un mois plus tard Zviad Gamsakhourdia fut retrouvé mort dans le village de Khiboula. La défaite du nouveau gouvernement géorgien face aux séparatistes fit monter leur impopularité chez le peuple dont une partie continua à se battre en l'honneur de Gamsakhourdia. En 1995, de nouvelles élections furent organisées et, à la suite de celles-ci, le Conseil d'État fut dissous et Édouard Chevardnadzé devint président de la République. Sa présidence fut notamment caractérisée par une longue crise économique qui attisa l'ire de plusieurs membres du gouvernement soutenus par les capitalistes occidentaux. En 2000, il fut réélu à la présidence de la République mais ne put empêcher plusieurs partis d'opposition de se former. Par une dernière tentative, il essaya d'orienter sa politique en direction de l'Occident, notamment en concluant une alliance militaire avec les États-Unis, mais en le peuple se révolta et mena la révolution des Roses qui aboutit à la destitution de Chevardnadzé. Un gouvernement intérimaire fut alors constitué et en , Mikheil Saakachvili fut élu à la présidence. 2004. Mikheil Saakachvili est président de la Géorgie de janvier 2004 à octobre 2013, mais il doit céder la Primature en octobre 2012 à son opposant Bidzina Ivanichvili. Saakachvili entame une ouverture économique et conclut des alliances afin de redresser la situation financière. Il met en œuvre une politique pro-occidentale, considérant que la menace russe est forte, et demande adhésion à l'OTAN. Il parvient à reprendre le contrôle de la région d'Adjarie, en poussant son président Aslan Abachidze à l'exil en Russie. Il parvient à faire évacuer les bases militaires russes d'Akhalkalaki, de Batoumi et de Tbilissi. La situation des régions sécessionnistes, Abkhazie et Ossétie du Sud, reste inchangée, les déclarations unilatérales d'indépendance ne sont pas reconnues sur le plan international. Les échecs des tentatives de réunification du pays entraînent de nombreuses manifestations en : Mikheil Saakachvili démissionne un mois plus tard pour participer à l'élection présidentielle anticipée du , qu'il remporte avec un score inférieur à celui de . À partir de cette date, les affrontements militaires entre les séparatistes abkhazes et sud-ossètes et les forces géorgiennes se multiplient. Dans la perspective de rétablir le contrôle sur les deux régions, Mikheil Saakachvili décide le d'un assaut sur Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, visant les points stratégiques défendus par un bataillon russe. Six régiments, deux bataillons et des forces spéciales de la fédération de Russie, massés au Nord Caucase pour des exercices, franchissent le tunnel de Roki et répliquent le 9 août avec l'appui de forces aériennes : l'armée géorgienne est neutralisée et se replie sur Tbilissi, une partie du territoire géorgien est occupée à partir de l'Abkhazie (où d'autres forces russes ont débarqué) et de l'Ossétie du Sud. Cette deuxième guerre d'Ossétie du Sud s'achève deux semaines plus tard, mais reste un sujet de forte tension : Moscou reconnaît fin l'indépendance des deux régions sécessionnistes qui procèdent à des agrandissements de territoire. Elles sont également reconnues par le Nicaragua un mois plus tard, le Venezuela et Nauru un an plus tard, Tuvalu trois ans plus tard. Le , le Parlement géorgien déclare l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud « territoires sous occupation russe ». Le , la Géorgie rompt toute relation diplomatique avec la fédération de Russie ; le gouvernement suisse accepte de représenter les intérêts de la Géorgie à Moscou via une section particulière. La frontière russo-géorgienne est fermée, un seul point sera rouvert en , celui de "Kazbegui-Zemo Larsi", sur la Route militaire géorgienne. Le nombre de réfugiés intérieurs, évalué lors des conflits des années 1990 entre 200 et , est cette fois estimé entre 20 et . Depuis 2012. L'échec de cette tentative de reconquête, la dégradation de l'économie (due à la crise mondiale mais aussi à la situation nationale) et les entraves à la liberté d'expression (réelles ou supposées) conduisent l'opinion publique à se tourner vers l'opposition. Le , durant la campagne des élections législatives, une vidéo rend publics les mauvais traitements infligés dans les prisons. Le le scrutin donne la majorité aux opposants coalisés dans un mouvement intitulé le Rêve géorgien et conduit par le milliardaire Bidzina Ivanichvili ; ce dernier devient Premier ministre avec des pouvoirs accrus comme le prévoient les amendements à la constitution votés antérieurement : il assure une alternance pacifique (bien que beaucoup d'anciens ministres soient poursuivis, et parfois emprisonnés par une justice loin d'être indépendante) et prépare une nouvelle gouvernance du pays par la mise en place de nouvelles équipes : comme annoncé, il quittera ses fonctions officielles après une année d'exercice. Le le Parlement de Géorgie avait déménagé de Tbilissi à Koutaïssi, la deuxième ville du pays, et la nouvelle majorité s'y installe. Le Guiorgui Margvelachvili, candidat du Rêve géorgien, remporte l'élection présidentielle, battant le candidat du Mouvement national uni, Davit Bakradze, soutenu par Mikheil Saakachvili. Irakli Garibachvili devient Premier ministre et engage une politique étrangère en continuité avec celle des gouvernements précédents (intégration euro-atlantique notamment) mais évitant toute agressivité vis-à-vis de la fédération de Russie, et une politique économique moins libérale mais qui ne permet pas d'enrayer le chômage et l'émigration : la Turquie et l'Azerbaïdjan consolident leurs positions de premiers partenaires du pays. Le , la Géorgie signe un accord d'association avec l'Union européenne : cet accord prévoit la mise en place d'une zone de libre-échange, mais retarde la libéralisation des visas. En novembre 2015, face aux attentats terroristes de Paris, la Géorgie exprime sa solidarité avec la France, plus particulièrement son Premier ministre, francophone et ayant étudié à la Sorbonne. Démissionnaire en décembre suivant, Garibachvili est remplacé par Giorgi Kvirikachvili puis par Mamouka Bakhtadze en 2018. La Géorgie est devenue pays observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie en au sommet de Ouagadougou. Elle est observatrice associée de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) en lors du sommet de Dili. Le , Salomé Zourabichvili est élue présidente de la République, sans étiquette mais avec le soutien du parti Rêve géorgien, avec 59,2 % des voix. Le 2 mars 2022, la Géorgie a annoncé, via sa présidente Salomé Zourabichvili, vouloir rejoindre immédiatement l'Union européenne en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et compte tenu des tensions qui existent entre ces deux pays. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ne s'est pas prononcée à ce sujet, contrairement à la demande faite par Volodymyr Zelensky concernant l’Ukraine. Une première estimation parle de critiques envers Poutine, qui auraient rejoint la Géorgie, aucun visa n'étant exigé. Cette forte immigration n'est pas toujours la bienvenue. Interrogée le 12 novembre 2022 sur "France Inter", Salomé Zourabichvili, présidente de la République, réaffirme le soutien total de son pays à l’Ukraine. Elle fait état de qui ont émigré en Géorgie après la mobilisation de septembre 2022. La plupart ont seulement transité vers d’autres pays mais , généralement d’un bon niveau d’étude, sont restés dans la république. Géographie. La Géorgie est située sur la ligne de division entre l'Europe et l'Asie, dans la région du Caucase. Bien que son territoire soit majoritairement au sud du Grand Caucase, elle est généralement considérée comme faisant partie culturellement et historiquement de l'Europe. Géographie physique. La Géorgie est un pays montagneux et subtropical d'une superficie de (avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud). Le pays a des frontières communes terrestres avec quatre pays : la Russie au nord (), l'Azerbaïdjan à l'est (), l'Arménie au sud () et la Turquie au sud-ouest (). À l'ouest, le pays est bordé par la mer Noire. Aujourd'hui, la Géorgie est en conflit au nord avec les indépendantistes dans les provinces d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, tandis qu'au sud-est, le gouvernement azerbaïdjanais réclame l'intégration à son territoire du complexe monastique de David Gardja depuis la chute de l'Union soviétique en 1991. La Géorgie est, avec l'Arménie et l'Azerbaïdjan, un des trois pays de la Transcaucasie, subdivision régionale du Caucase. Le pays est principalement montagneux, mais certaines contrées du pays sont dominées par d'autres paysages, tels que le Plateau de Djavakhétie, à la frontière arménienne. Au nord, le Grand Caucase est une importante chaîne de montagnes, véritable limite naturelle servant largement de frontière avec la fédération de Russie, entaillée par la seule passe de Darial. Les troisième, cinquième et sixième plus hauts sommets du Caucase avec le mont Chkhara (), le Djangha, () et le Kazbek () se trouvent en Géorgie ou à la frontière avec la Russie. De façon bien moins marquée, le pays a pour limite, au sud, le Petit Caucase. Les villes, les villages et les communautés rurales sont généralement construites en hauteur, sauf quand elles sont situées au bord de la mer Noire, comme Soukhoumi, Poti et Batoumi. Ainsi, la capitale Tbilissi est située à une altitude moyenne de , tandis que certains villages sont situés dans les montagnes les plus hautes du Caucase, rendant difficile leur accès et conduisant à une autarcie et une culture différente de celle du reste du pays, héritière des temps anciens et des croyances païennes de l'Antiquité. D'un certain côté, cette situation était très profitable aux habitants du pays : en effet, la Géorgie ayant été une terre de pillages, de ravages et d'invasions durant toute son histoire, ceux qui habitaient dans ces montagnes étaient épargnés, d'où la conservation de certains édifices religieux datant du Haut-Moyen Âge. La Géorgie est traversée par de nombreux fleuves et cours d'eau. Le principal est le Mtkvari (ou Koura) qui a un cours de et qui prend sa source au nord-est de la Turquie, avant de traverser la capitale géorgienne Tbilissi et se jeter dans la mer Caspienne, en Azerbaïdjan. Il y a également d'autres rivières importantes telles l'Alazani et le Rioni. Toutefois, aucune d'elles n'est navigable. Depuis les années 1990 elles sont équipées d'usines hydroélectriques. Le gouffre de Krubera-Voronja, situé en Abkhazie, est le gouffre naturel le plus profond connu du monde. Il dépasse les de profondeur. Le climat de la Géorgie est subtropical à l'ouest et méditerranéen à l'est. La chaîne du Grand Caucase modère ses variations en servant de barrière contre l'air froid venant du nord. L'air chaud et humide de la mer Noire se déplace facilement dans les plaines côtières de l'ouest. Le climat varie en fonction de la distance à la mer Noire et de l'altitude. Le long de la côte de la mer Noire, de l'Abkhazie à la frontière turque, et dans la région dite Kolkhida (basses terres intérieures de la côte), les caractéristiques dominantes du climat subtropical sont une humidité élevée et de fortes précipitations ( à par an) ; Batoumi, port de la mer Noire, reçoit par an). Plusieurs variétés de palmiers poussent dans ces régions, où la température moyenne passe de en hiver à en été. Les plaines de l'est de la Géorgie sont abritées des influences de la mer Noire par les montagnes qui offrent un climat plus continental. La température en été est en moyenne de 20 à , les températures hivernales de 2 à . L'humidité est plus faible, et la pluviométrie moyenne 500 à par an. Un climat alpin est présent dans les montagnes de l'est et de l'ouest, entre et , ainsi qu'une région semi-aride sur le plateau Iori dans le sud-est. À haute altitude, les précipitations sont parfois deux fois plus importantes que dans les plaines orientales et de la neige et de la glace sont présentes toute l'année. Les tremblements de terre et des glissements de terrain dans les zones montagneuses sont une menace importante pour la vie et les biens. L'une des plus anciennes traces historique d'activité sismique en Géorgie date de 1088, quand un tremblement de terre détruisit villes et forteresses sous le règne de ; cela servira, entre autres choses, de prétexte à sa destitution l'année suivante. Plus récemment, on peut citer le tremblement de terre de Gori de 1920 ou bien les glissements de terrain en Adjarie en 1989 qui ont déplacé des milliers de personnes dans le sud-ouest de la Géorgie. En 1991, deux tremblements de terre ont détruit plusieurs villages dans le centre-nord de la Géorgie et en Ossétie du Sud-Alanie. Environnement, faune et flore. La Géorgie abritait autrefois une population de loups, d'ours bruns et de lynx particulièrement importante. Aujourd'hui, celle-ci a fortement diminué mais certaines espèces restent encore bien présentes sur le territoire. Écureuils, cerfs et renards cohabitent dans les forêts mixtes de feuillus. Chamois, bouquetins et mouflons peuplent le haut des alpages, tandis qu'un peu partout, vit une faune ornithologique particulièrement riche. On peut également, entre autres espèces, observer le faucon pèlerin, le vautour fauve, le busard mais aussi le vautour noir d'Eurasie ou l'aigle royal. Le littoral accueille quant à lui des colonies de pélicans et de cigognes. Par ailleurs, le célèbre faisan de Colchide a été nommé en raison de sa découverte dans l'ouest du pays. Diverses espèces d'animaux découverts ou décrits en Géorgie ont reçu l'épithète spécifique "". La Géorgie compte de nombreux parcs et réserves naturels abritant des espèces végétales d'une grande diversité. Parmi eux, Bordjomi (la réserve de l'Est), le parc national Kharagaouli, ou le site protégé d'Eroutchétie. Le climat et le relief étant différents d'une région à l'autre, la flore s'est adaptée et varie en fonction du milieu. C'est pourquoi on peut apercevoir, aussi bien des forêts de feuillus composées de châtaigniers, de chênes, de hêtres et d'érables, que des forêts mixtes et de conifères, en altitude. Sur le littoral de la mer Noire, on a l'occasion de voir essentiellement des plantes exotiques. La Géorgie est également la terre de plus de de champignons. Officiellement, la flore géorgienne comprend entre vasculaires, 675 types de mousses, 738 lichens et . Malgré cette richesse sauvage, le domaine environnemental au sein de la société géorgienne n'est toutefois pas bien développé. À partir des années 1980, la pollution de la mer Noire a grandement nui à l'industrie touristique en Géorgie. Cette pollution est due en majorité au traitement insuffisant des eaux usées. À Batoumi, par exemple, 18 % des eaux usées sont traitées avant d'être rejetées dans la mer. On estime que 70 % de la surface de l'eau contient des bactéries nocives pour la santé auxquels le taux élevé des maladies intestinales est attribué. La guerre en Abkhazie du début des années 1990 a fait d'importants dégâts à l'habitat écologique propre à cette région. À d'autres égards, les experts ont considéré les problèmes d'environnement de la Géorgie moins graves que ceux des anciennes républiques soviétiques plus industrialisées. Résoudre les problèmes de la Géorgie en matière d'environnement n'était pas une priorité du gouvernement national de l'époque post-soviétique. Cependant, en 1993 le ministre de la Protection de l'environnement a démissionné pour protester contre cette inactivité. En janvier 1994, le Conseil des Ministres a annoncé un nouveau système de surveillance de l'environnement. Ce système inter-ministériel permet de centraliser des programmes distincts sous la direction du ministère de la Protection de l'environnement. Le système comprendrait un centre de l'environnement et de l'information et une agence de la recherche. Le petit contingent du "Parti vert" a poussé le Parlement à aborder ces questions. Géographie administrative et division territoriale. La Géorgie est subdivisée en neuf régions, nommées "mkhare" (მხარე), deux (ავტონომიური რესპუბლიკა) et une Ville ("k'alak'i") : Le statut administratif actuel de la république de Géorgie est issu de la série des décrets gouvernementaux des années 1994-1996, faits dans un cadre temporaire, en attendant la résolution définitive des conflits avec les indépendantistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Jusque-là, la Géorgie avait hérité de la division organisée au temps du Conseil suprême de la Géorgie de Zviad Gamsakhourdia (1990-1991) qui avait fait débuter le conflit osséto-géorgien en annulant le statut de l'oblast autonome d'Ossétie du Sud le . Par ailleurs, depuis que Mikheil Saakachvili est arrivé au pouvoir en 2004, de nouvelles tentatives de négociations ont été enclenchées. L'une des propositions de Tbilissi est actuellement de fournir un statut de république autonome à l'Ossétie du Sud, au sein d'une « fédération de Géorgie ». Un processus pour la création d'une telle entité est mis en route le et une entité provisoire d'Ossétie du Sud prônant pour un tel statut entretient un « gouvernement alternatif » de la région depuis . Les relations avec les autres régions autonomes ont également été très tendues. Avec la guerre civile géorgienne du début des années 1990, l'Adjarie décida de fermer ses frontières "de facto" avec la Géorgie et devint dans les faits une région indépendante, dirigée par un musulman, Aslan Abachidze. La situation perdure jusqu'à la révolution des Roses et le bras de fer politique atteint son paroxysme en , quand les derniers ponts reliant l'Adjarie à la Géorgie furent détruits. À la suite de manifestations de masse à Batoumi, Abachidzé dut quitter la Géorgie et se réfugier à Moscou, d'où il fut condamné à de prison "in absentia". L'Abkhazie, quant à elle, est dirigée par des indépendantistes depuis la prise de Sokhoumi le , qui fut suivie par un nettoyage ethnique des Géorgiens de la région, qui représentaient pourtant la majorité de la population abkhaze depuis le . Jusqu'à la Deuxième guerre d'Ossétie du Sud, le gouvernement de Tbilissi contrôlait toujours la vallée de Kodori, renommée la Haute-Abkhazie. Toutefois, à la suite de la bataille de la Vallée de Kodori ( - ), les séparatistes abkhazes aidés par les Russes finirent par reprendre possession de la région. Plus récemment, des problèmes réapparaissent en Samtskhé-Djavakhétie, dont la majorité ethnique des Arméniens demande une autonomie vis-à-vis de Tbilissi, accusant le gouvernement géorgien de vouloir « géorgianiser » la région. Cela entraîna notamment un refroidissement des relations avec l'Arménie où il y eut plusieurs manifestations pour une autonomie des Arméniens de Géorgie depuis le début de l'année 2009. Population, démographie et culture. Démographie dans l'histoire. La population de la Géorgie varia sans cesse avec le cours de l'histoire du pays, en fonction des frontières instables et généralement non-naturelles de la nation. Au Moyen Âge, le peuple géorgien dut probablement acquérir un pic relatif durant la période appelée Âge d'Or (), mais les nombreuses invasions des Mongols, des Turcs, des Perses et les ravages causés par les raids des tribus caucasiennes des Ossètes et des Daghestanais causèrent une baisse de la population nationale durant toute la période comprise entre le . Le roi Héraclius II (1762-1798) dut même encourager la fondation de colonies grecques et arméniennes dans son royaume pour tenter de redresser la situation économique désastreuse causée par la double guerre contre les Ottomans et les Perses Afcharides. Quand la Géorgie fut annexée par la Russie impériale au début du avec le reste du Caucase, de nombreux colons russes et étrangers vinrent s'installer dans la région et la fin des raids des Caucasiens au milieu du siècle garantit une stabilisation de la population qui commença petit à petit à augmenter. En 1919, lors de l'indépendance de la République démocratique de Géorgie, la population s'élevait à , dont les Abkhazes et les Ossètes qui demandaient déjà leur autonomie, aidés par les Bolcheviks. Durant la période soviétique, le nombre d'habitants au sein de la République socialiste soviétique de Géorgie n’a cessé de monter et une forte « géorgianisation » (ou plutôt « soviétisation ») chez certaines minorités ethniques du pays fut opérée par les autorités communistes de Tbilissi. Ainsi, durant toute la période socialiste (et peut-être avant), les Abkhazes étaient largement minoritaires dans leur propre Abkhazie, ne représentant que 30 % de la région en 1926, 15 % en 1959 et 17,8 % en 1989. Dans un cadre plus large, la population ethniquement géorgienne augmenta considérablement au niveau national, composant plus de 73 % de la population à la chute de l'Union soviétique (chiffre qui ne cesse d'augmenter depuis). Toutefois, la guerre civile, les nettoyages ethniques faits par les Abkhazes, et les nombreux conflits internes des années 1990 firent baisser considérablement la population du pays . C'est ainsi que du pic national de d'habitants en 1992, le pays passe à en 2002, les départs provenant à 90 % des minorités. Mais la révolution des Roses apporta une certaine amélioration au niveau de la démographie de la Géorgie. En 2008, la population était de , avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. En 2015, selon le recensement géorgien de 2014, la population était encore en baisse, s'établissant à , hors républiques séparatistes. Réfugiés politiques, émigrants économiques et diaspora. La diaspora géorgienne est l'ensemble des communautés de Géorgiens vivant à l'étranger. Pour la plupart de ces communautés, une longue histoire est liée à leur fondation. D'après les récents recensements, la population géorgienne à l'étranger s'élevait à . Avec pas moins de , la Turquie est aujourd'hui le pays qui possède la plus grande communauté géorgienne du monde. Presque la moitié de ces Géorgiens viennent d'Adjarie et durent se réfugier en Turquie en trois grandes vagues : 1829 (annexion de plusieurs territoires géorgiens par l'empire ottoman), 1878 (fin de la guerre russo-turque) et 1921 (fin des prétentions de la Turquie sur l'Adjarie et arrivée de la plupart des musulmans du sud-ouest géorgien dans le pays). Pour cette raison, la Turquie et la Géorgie ont toujours essayé d'entretenir des relations amicales depuis la fin de l'Union soviétique. Il existe aussi d'importantes communautés en Russie et en Iran, où se trouvent dans chacun des deux pays. Mais alors que les Géorgiens d'Iran furent déportés de force par milliers au lors des invasions du shah Abbas de Perse, ceux de Russie ont plutôt des origines politiques. Les premiers Géorgiens à arriver en Russie datent probablement de l'exil du roi Artchil d'Iméréthie. Le fils de ce dernier, Alexandre d'Iméréthie (1674-1711) fonda par ailleurs une communauté géorgienne à Vsesviatskoï, avant de créer le premier centre d'imprimerie géorgienne de l'histoire, à Moscou. Une seconde vague arriva à Moscou avec le roi Vakhtang VI, quand celui-ci fut détrôné par les Perses en 1724. Il apporta avec lui plusieurs grands nobles qui fondèrent de nouvelles familles géorgiennes russifiées (Eristoff, Davidov, Yachvili…). Les Géorgiens d'Israël ont eux aussi une ancienne histoire. Ils seraient probablement arrivés en Terre sainte lors du célèbre Âge d'Or de la Géorgie (1156-1242), quand les souverains chrétiens du Caucase parrainaient la fondation de monastères dans les terres des Croisades. D'un autre côté, les nombreux Juifs de Géorgie ont également leur histoire et d'après certaines légendes, les premiers Israélites qui arrivèrent dans le Caucase datent de la prise de Jérusalem par le roi babylonien Nabuchodonosor II en -586. Les émigrations vers l'Europe sont contemporaines, singulièrement vers la France même si les royaumes de Géorgie envoyèrent à François et à Louis XIV des émissaires afin d'obtenir le soutien d'une nation chrétienne face à la pression musulmane. Après une première vague de fils de famille, d'artistes et d'hommes politiques qui fuient l'Empire russe tsariste au début du , une deuxième vague rejoint l'Europe (France, Pologne, Allemagne, Suisse...) à la suite de l'invasion du territoire géorgien par les armées de la Russie soviétique ; les présidents et vice-présidents du Parlement (Nicolas Tcheidze, Ekvtimé Takhaïchvili et Samson Pirtskhalava), le président du gouvernement Noé Jordania et ses ministres, ainsi que l'essentiel de la classe politique s'installent en exil à Leuville-sur-Orge en Seine-et-Oise; les militaires s'installent plutôt en Pologne afin d'intégrer l'armée du général Pilsudski en lutte contre les bolcheviks. L'insurrection nationale de 1924, et son échec, déclenchent une troisième vague d'exil, composée de jeunes insurgés civils et de jeunes militaires ; au total 1200 réfugiés géorgiens sont recensés par la Préfecture de Police de Paris à la fin des années 1920. La Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris est fondée en 1929 et rattachée au Patriarcat œcuménique de Constantinople. Une quatrième vague d'émigrés arrive en Europe occidentale avec la Seconde Guerre mondiale : enrôlés dans l'Armée rouge, faits prisonniers par la Wehrmacht, placés dans les camps allemands, contraints au travail forcé civil ou à l'engagement militaire pour survivre, certains Géorgiens parviennent à émigrer malgré les accords entre Staline et Roosevelt qui les destinaient à un retour en URSS. S'ensuivent, durant les années 1980 l'émigration de "dissidents" géorgiens opposés au régime soviétique et autorisés à quitter l'URSS sous la pression internationale, durant les années 1990 celle d'opposants politiques à Edouard Chevardnadze, et durant les années 2000 celle de migrants économiques. À la fin 2013, l'ensemble des communautés géorgiennes en France est évalué à près de en situation régulière (diplomates, professionnels, étudiants, réfugiés sous protection de l'OFPRA) par le consulat de Géorgie à Paris. Ces différentes émigrations apportèrent à la France des diplomates, comme Claude de Kémoularia ou Salomé Zourabichvili, des militaires comme Dimitri Amilakvari, des artistes comme Véra Pagava, Maria Meriko ou Ethéry Pagava, des écrivains comme Hélène Carrère d'Encausse, des professeurs d'université comme Georges Charachidzé, des journalistes comme Guy Kédia, des championnes de France comme Nino Maisuradze pour les échecs ou Victoria Ravva pour le volley-ball, de nombreux joueurs de rugby dont le plus célèbre est Dimitri Yachvili. Un bilan comparatif pourrait être établi pour l'Amérique du Nord : il serait numériquement bien plus important. Certains Géorgiens seraient déjà arrivés en Amérique du Nord dans les années 1880 (une troupe de cavaliers caucasiens accompagnaient Buffalo Bill avant de gagner leur propre nom en organisant des spectacles devant la reine Victoria du Royaume-Uni et le président Theodore Roosevelt). Durant les années 1980, 1990 et 2000, les États-Unis et le Canada ont accueilli eux aussi "dissidents" géorgiens, membres de la communauté juive de Géorgie, réfugiés à la suite de la guerre civile géorgienne, opposants politiques et immigrés économiques. Il existe également d'autres communautés en Asie et en Amérique. Ainsi, le Brésil, l'Azerbaïdjan, le Japon, Singapour, le Canada, l'Argentine et le Mexique ont tous des populations s'élevant à plus de , tandis que certaines minces communautés se trouvent au Royaume-Uni et aux Philippines, communautés issus de marchands du . Entre nationalisme et séparatisme. L'identité nationale géorgienne a été la principale philosophie du peuple géorgien depuis que la nation existe. Toutefois, malgré une culture nationale unique, la Géorgie est une mosaïque de groupes ethniques, dont les Géorgiens ne sont qu'une partie. Depuis longtemps, les Grecs, les Arméniens, les Perses, les Turcs ou bien les Abkhazes et les Ossètes ont cohabité avec la principale ethnie de la Géorgie pour contribuer à la fondation de la nation géorgienne. Chaque région du pays reflète cet environnement social complexe. Ainsi, Jean Chardin, un voyageur français de la fin du qui visita le Caucase durant ses voyages en Perse, parla ainsi de Tiflis : Les Géorgiens ont de la civilité et de l'humanité, et de plus ils sont graves et modérés… Chacun peut en Géorgie, vivre dans sa religion et dans ses coutumes, en discourir et la défendre. On y voit des Arméniens, des Grecs, des Juifs, des Turcs, des Persans, des Indiens, des Tatars, des Moscovites et des Européens. Toutefois, un véritable nationalisme géorgien naquit alors que la Russie (et le reste de l'Europe) découvrait le socialisme. Dès les années 1840, quand la Géorgie était englobée dans l'orbe impériale russe, de nombreuses révoltes du peuple géorgien contre la Russie impériale, qui empêchaient les rêves des peuples caucasiens (dont la fondation d'universités) de se réaliser, se produisirent et quand la révolution russe arriva en 1917, la Transcaucasie en profita pour déclarer son indépendance. Toutefois, le chauvinisme des militants nationalistes géorgiens ne permit pas l'existence de la jeune fédération transcaucasienne et la Géorgie devint à son tour indépendante. Ce nationalisme fut à nouveau supprimé par les autorités soviétiques quand l'Armée rouge envahit le pays en 1921, avant de l'intégrer dans la république socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie. Quand cette union fut dissoute en 1936, la Géorgie recouvrait son unité au sein d'une plus grande fédération (l'URSS) et les pouvoirs centraux de Tbilissi décidèrent d'organiser une politique de « géorgianisation » vis-à-vis des minorités ethniques nationales, notamment les Abkhazes sous Lavrenti Beria. Cela contribua également au développement d'une mentalité patriotique en Géorgie et avec la "perestroïka" de Gorbatchev, les choses ne firent qu'empirer. En 1990, un ancien dissident soviétique, Zviad Gamsakhourdia, accéda à la présidence de la RSS géorgienne, le premier à être élu à un tel poste dans toute l'URSS sans avoir été nommé par le Politburo du Parti communiste de l'Union soviétique. Celui-ci déclara l'indépendance du pays et vira bientôt à un ultra-nationalisme extrémiste et fasciste qui donna aux minorités un sentiment de détresse. Pour cette raison, les ethnies abkhazes et ossètes entrèrent en sécession et les musulmans et les Arméniens commencèrent à se sentir en danger, suivis par les Grecs. De nos jours, le président Saakachvili tenta en vain d'organiser une politique de « réconciliation nationale », mais seuls les Adjares musulmans revinrent dans le giron de Tbilissi, alors que les Grecs et les Arméniens commencèrent petit à petit à rentrer dans leur patrie d'origine. Voici le tableau des principales minorités ethniques de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud non-comprises : Langues. La langue officielle de la Géorgie est le géorgien. Le russe se trouve présent en raison de l'appartenance de la Géorgie à l'URSS jusqu'en 1991. Il fut obligatoire de l'école primaire au lycée durant la période soviétique ; 50 % de la population du pays sait parler le russe, souvent les générations les plus anciennes. Les rivalités entre les deux pays empêchent cependant d'obtenir des estimations fiables. Globalement, tous les Georgiens scolarisés avant 1991 savent parler le russe car il était obligatoire. Après 1991, le russe devint facultatif. Le pays s'étant tourné vers l'Europe, les jeunes générations ont opté pour l'anglais : son enseignement a fait l'objet d'un plan national et il est devenu la première langue étrangère, ouvrant des emplois auprès des institutions et des entreprises étrangères présentes sur le territoire géorgien, et facilitant l'émigration. Les communautés arméniennes et azéries, moins de 5 % de la population, pratiquent leurs langues. Les communautés grecques et juives se sont très considérablement réduites : le grec et l'hébreu ont disparu. La langue allemande est pratiquée par un très petit nombre de Géorgiens, dont des Allemands de la Volga, dont les ancêtres furent déportés entre 1944 et 1947. L'allemand est la seconde langue étrangère choisie dans les études, derrière l'anglais, mais avant le russe. La langue française compterait sur le territoire géorgien selon l'Organisation internationale de la francophonie, institution que la Géorgie a rejointe en 2004 avec le statut de pays observateur. Religion. Du fait de son histoire avec l'URSS, en Géorgie des agnostiques, et des athées, mais on ignore le pourcentage qu'ils représentent. Globalement, les athées et les agnostiques sont discrets en Géorgie où le nationalisme est assez présent et où les religions chrétienne et musulmane sont identitaires. Il y a aussi un fort ressentiment entre orthodoxes géorgiens et russes, du fait de et de tensions. Anciennes croyances et mythologie. Les croyances païennes occupaient la vie spirituelle des Géorgiens durant la majeure partie de l'Antiquité. La première entité religieuse géorgienne (Ibérie) date du , quand le roi imposa un unique Panthéon à son peuple. De grands bouleversements se produisirent au de notre ère. À l'époque, le roi se convertit au christianisme et abandonna les divinités païennes. Le peuple fut plus réservé : des éléments polythéistes de coutume furent introduits dans la religion chrétienne pour encourager à la conversion. Ainsi, Armazi disparut mais laissa place à Saint Georges de Lydda, saint protecteur de la Géorgie depuis le Moyen Âge (célébration encore accompagnée de sacrifices d'animaux dans certaines régions montagneuses du pays). Christianisme. Le christianisme est la principale religion de la Géorgie depuis plus d'un millénaire : aujourd'hui, 88,6 % de la population géorgienne est chrétienne. La nation géorgienne est considérée comme la troisième à avoir adopté cette religion comme religion d'État, les deux premières étant l'Arménie et l'Éthiopie. Les chrétiens furent souvent persécutés par les différentes autorités dominatrices du Caucase. Durant les premiers siècles les Sassanides imposaient déjà les règles du zoroastrisme en Ibérie, persécutant ceux qui refusaient de se soumettre. Durant le Haut Moyen Âge, les Arabes firent de nombreux martyrs parmi la population et la noblesse du pays. Du au , les Turcs et les Perses firent de même. Plus récemment, les Soviétiques ordonnèrent la fermeture de pour les seules années 1920. Orthodoxie. 83,9 % de la population relèvent de l'Église de Géorgie, qui se revendique comme fondée par l'apôtre André ; elle est autocéphale et orthodoxe. De son vrai nom de Catholicosat-Patriarcat de toute la Géorgie, elle est dirigée depuis le par le "catholicos-patriarche" Élie II, archevêque de Mtskheta et de Tbilissi. La Constitution géorgienne, adoptée en , lui définit ce rôle particulier et garantit son indépendance. Un concordat signé en 2002, entre le président Edouard Chevardnadze et le patriarche Ilia II, officialise les relations entre l'État et l'Église. Depuis la révolution des Roses, son influence sur les gouvernements successifs n'a pas diminué. Au-delà du pouvoir spirituel, elle exerce un pouvoir temporel dont le financement est souvent considéré comme peu transparent. Orthodoxie sur les territoires séparatistes. Dans les provinces séparatistes de Géorgie, les populations sont également à majorité chrétienne. Toutefois, des entités religieuses « dissidentes » occupent les sièges spirituels des républiques autoproclamées. Ainsi, existent une Éparchie d'Abkhazie, non reconnue par Constantinople, de même qu'une Éparchie d'Alanie, dépendante de l'Église orthodoxe de Grèce - Saint-Synode en résistance, en Ossétie du Sud. Église orthodoxe arménienne. Ses fidèles représentent 3,9 % de la population du territoire géorgien. Catholicisme romain. L'Église catholique romaine du Caucase, regroupant les paroisses d'Arménie et de Géorgie, compte . Depuis 2007, les Sœurs françaises de Sainte-Nino, appartenant à la congrégation de Sainte-Chrétienne, se sont installées à Akhaltsikhé. Les catholiques romains représentent 0,8 % de la population, principalement situés dans le sud du pays. Protestantisme. Il existe également de petites communautés protestantes, ainsi que des témoins de Jéhovah, interdits en Abkhazie. Islam. Les musulmans représentent aujourd'hui 9,9 % de la population géorgienne, composant ainsi la seconde religion après les chrétiens orthodoxes. La répartition de l'islam en Géorgie est tout à fait inégale, la majorité de ses fidèles se situant dans la république autonome d'Adjarie, où ils représentent 30 % de la population, contre 64 % de chrétiens. L'Adjarie embrassa l'islam dès la mi-, quand elle fut intégrée dans l'Empire ottoman ; une mosquée délimite sur la côte de la mer Noire la frontière entre la république autonome d'Adjarie et la Turquie. Il existe également des minorités de musulmans sunnites en Abkhazie séparatiste, dans la communauté meskhète ( aujourd'hui), et dans les Gorges de Pankissi où les Kistes - groupe ethniquement proche des Tchétchènes et des Ingouches - vivent. Les autres musulmans de Géorgie se trouvent en Géorgie orientale, en Basse Kartlie où les Azéris, chiites pour la plupart, se sont islamisés depuis les invasions séfévides du . Judaïsme. La communauté juive est aujourd'hui, avec (dont ), la plus faible des trois religions monothéistes présentes sur le sol de Géorgie (0,1 % de la population). Il est probable que la plus ancienne communauté judaïque géorgienne se soit établie dans le Caucase à la suite de la prise de Jérusalem par le roi babylonien Nabuchodonosor II (586 av. J.-C.). Tout au long des siècles, la culture géorgienne observa une grande tolérance vis-à-vis du judaïsme, tolérance qui ne se démentit jamais et empêcha tout pogrom dans le pays. L'époque soviétique ne fut pas exempte de discrimination religieuses. Les Juifs géorgiens luttèrent, lorsqu'ils en eurent la possibilité, pour la liberté de leurs croyances et de leur culture. En 1969, un groupe d'entre eux écrivit aux Nations unies pour obtenir le droit de retour sur la terre de leurs ancêtres. En 1971, un autre groupe manifesta devant le bureau gouvernemental de Moscou. Cette détermination, aidée de la pression internationale, entraîna une certaine libéralisation et une émigration ponctuelle vers Israël, les États-Unis et l'Europe occidentale : entre 1979 et 1989, la population juive de la Géorgie baissa de . Après l'ouverture des frontières, la guerre civile et les difficultés économiques, partirent à l'étranger (dont en Israël). Les derniers pratiquants du pays sont désormais regroupés en communautés dans des villes comme Tbilissi, Koutaïssi, Akhaltsikhé et Oni. Chacune de ces villes possède des synagogues, toutes sous la juridiction du Rabbinat de Géorgie, dirigé par le Rabbin Ariel Levin depuis 1991. Celui-ci signa en 1994 un accord avec le président Edouard Chevardnadze pour la conservation de la culture, de l'histoire et de la langue judéo-géorgienne. Pluralisme religieux. En 1991, lors du retour à l'indépendance, la politique nationaliste du chef d'État géorgien Zviad Gamsakhourdia défavorise les minorités religieuses, malgré leur présence ancienne sur le territoire géorgien et malgré la tradition de tolérance observée tout au long de l'histoire : la citoyenneté géorgienne n'est pas garantie aux non-fidèles de l'Église orthodoxe géorgienne (principe de la « Géorgie aux Géorgiens »). Des vagues d'émigration se déclenchent, musulmane vers la Russie faisant baisser cette partie de la population de 12 % à moins de 10 % et juive vers Israël. Sous la présidence d'Edouard Chevardnadze (1992-2003), l'Église orthodoxe de Géorgie engage une politique de conversion encouragée par le gouvernement. À partir de 2004, le président Mikheil Saakachvili change les symboles nationaux comme le nouveau drapeau, « drapeau aux cinq croix » qui tire ses origines des Croisades et du règne du roi Vakhtang Gorgassali (). Le pluralisme religieux a ainsi peu progressé dans la société géorgienne ces vingt-dernières années, même si l'amendement voté par le Parlement le a permis à certaines minorités religieuses un enregistrement administratif. Considérant que son statut privilégié vis-à-vis de l'État ne peut être remis en cause, l'Église orthodoxe de Géorgie s'oppose à toute évolution vers le pluralisme religieux, elle suit ainsi de près la position de l'Église orthodoxe russe à laquelle elle est liée par des liens de proximité datant du . Devant les pressions internationales (Cour européenne des droits de l'homme en particulier), une agence gouvernementale des Affaires religieuses a été créée en février 2014, avec pour objectif la coordination de la politique gouvernementale en termes religieux (éducation, propriété des biens, financement...). Le rapport annuel de 2014 du Département d'État des États-Unis demeure néanmoins très critique. Société. Fêtes et jours fériés. Les jours fériés et fêtes de la république de Géorgie sont définis par l'article 20 du Code de travail national. Éducation en Géorgie. L'éducation est gratuite et obligatoire pour tous les élèves. La scolarité commence dès et se termine vers . En 1996, 88,2 % des enfants étaient scolarisés, dont 48,8 % de filles et 51,8 % de garçons. Aujourd'hui tous les enfants sont scolarisés. Politique. Indépendante depuis avril 1991 et membre du Conseil de l'Europe depuis le , la Géorgie est une république présidentielle. Il s'agit d'un régime très particulier où le parlement détient des attributions spécifiques. Cependant, à l'automne 2007, le patriarche orthodoxe propose de restaurer la monarchie constitutionnelle, une idée qui rencontre un certain succès dans les rangs de l'opposition, agacée par les pouvoirs renforcés du président Saakachvili. Ce dernier a indiqué qu'il est membre de la grande dynastie caucasienne, les Bagration, et a organisé sa prise de fonction sur la tombe du roi . Les événements d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie ont depuis relégué cette idée au second plan. Le pouvoir exécutif est représenté par la présidente Salomé Zourabichvili depuis le , élue pour . Le Premier ministre, actuellement Irakli Garibachvili, est le chef du gouvernement. Le pouvoir législatif est détenu par le Parlement de Géorgie ("Sakartvelos Parlamenti"), composé de élus pour un mandat de . La Cour suprême constitue le sommet du pouvoir judiciaire. Elle est composée de juges élus sur recommandation. Il existe également une Cour constitutionnelle. Économie. La Géorgie a des ressources en cuivre, en manganèse et, plus limitées, en charbon. La production d'hydroélectricité est importante. La viticulture en Géorgie joue un rôle clé dans l'économie de ce pays. Son PIB par habitant est de USD en 2011. La Géorgie a exporté pour USD en 2011. Ses principaux produits exportés sont : des véhicules, des engrais, des noix, de la ferraille, de l'or et des minerais de cuivre. Elle a importé pour USD en 2011. Les principaux produits importés sont : des combustibles, des véhicules, de la machinerie, des grains et autres produits agricoles, ainsi que des produits pharmaceutiques. En 2022, la Georgie est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. En 2020, quelque 20 % des Géorgiens vivent encore sous le seuil de pauvreté (selon la Banque mondiale), les ouvriers et employés gagnent généralement moins de 800 laris () et le taux de chômage approche les 20 %. Le très faible niveau de protection sociale expose les salariés à la perte de leur emploi du jour au lendemain sans compensation. Culture. La langue officielle de la Géorgie est le géorgien. Le russe se trouve également très présent en raison de l'appartenance de la Géorgie à l'URSS jusqu'en 1991. Il fut obligatoire de l'école primaire au lycée durant la période soviétique ; au moins 50 % de la population du pays sait parler russe. Les rivalités entre les deux pays empêchent cependant d'obtenir des estimations fiables. De plus, la Géorgie souhaite se tourner vers l'Europe ; désormais les plus jeunes optent en grand nombre pour l'anglais, qui prend une importance grandissante. La Géorgie est aussi membre de l'Organisation internationale de la francophonie, et le français figure en relativement bonne place, tout comme l'allemand. La Géorgie compte aussi d'importantes communautés arménienne et grecque qui n'ont cessé de pratiquer leurs langues d'origine. Musique. La musique géorgienne se caractérise par des polyphonies anciennes aux échelles particulières. Un riche instrumentarium ponctue par ailleurs les autres formes folkloriques. Sports. Le circuit automobile Roustavi se trouve à de Tbilissi. En 2011-2012 la piste est entièrement reconstruite conformément aux standards de catégorie 2 FIA et il devient le premier circuit professionnel construit dans la région de Transcaucasie. La Géorgie a traditionnellement une grande culture sportive de la lutte. Le judo se développe également beaucoup et le rugby à XV donne lieu à de nombreux « exodes » de joueurs de haut niveau, en particulier vers la France. L'équipe nationale géorgienne participe régulièrement à la Coupe du monde de rugby à XV. Voir aussi. Statistiques. L'Office national des statistiques de Géorgie publie régulièrement des documents concernant la population et la démographie ; ils contiennent parfois des chiffres légèrement différents pour les mêmes rubriques : |
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Guinée La Guinée , en forme longue la république de Guinée, parfois appelée Guinée Conakry du nom de sa capitale et principale ville, est un pays d'Afrique de l'Ouest de près de 14 millions d'habitants (2021). Riche en ressources naturelles, elle est surnommée le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest et possède le tiers des réserves mondiales de bauxite, ce qui lui vaut d’être régulièrement associée à des . Elle prend son indépendance de la France le , ce qui en fait le premier pays de l'Afrique française subsaharienne à le faire. La Guinée est une république. Son président, directement élu par le peuple, est chef de l'État et nomme un Premier ministre qui est chef du gouvernement. L'Assemblée nationale monocamérale est le du pays et ses membres sont également directement élus par le peuple. Le pouvoir judiciaire est dominé par la Cour suprême de Guinée, plus haute cour d'appel du pays. La Guinée est un pays à prédominance musulmane, avec 85 % de la population. La population guinéenne se répartit en plusieurs groupes ethniques. Le français, langue officielle de la Guinée, est la principale langue de communication dans les écoles, l'administration publique et les médias. Mais plus de nationales, dont le poular, le malinké, le soussou, le guerzè, le toma et le kissi sont largement parlées comme langues d'échanges plus communs entre les populations. L'économie guinéenne est largement tributaire de l'agriculture et de la production minière. En 2014, elle est le sixième plus grand producteur mondial de bauxite et possède des réserves de diamants et d'or. En 2011, le gouvernement des États-Unis affirme que les actes de torture perpétrés par les forces de sécurité et la maltraitance des femmes et des enfants (par exemple, la mutilation génitale féminine) constituent des atteintes aux droits de l'homme en Guinée. En 2014, le pays est frappé par l'épidémie Ebola. Étymologie. Le nom "Guinée" vient du nom de la région guinéenne en Afrique de l'Ouest, qui s'étend le long du golfe de Guinée et jusqu'au Sahel au nord. Le mot "Guinée" est aussi présent dans le nom de trois autres pays : la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. C'est pour se distinguer de ces autres pays que la Guinée est aussi parfois appelée "Guinée-Conakry" (du nom de sa capitale, Conakry). Selon Rachid Agrour, "Guinée" est à rapprocher de l'expression berbère "akal n ignawen" qui signifie "pays des muets" qui aurait donné naissance aux mots "Guinée" et "Ghana" et par la suite au mot "Gnaoua" par ressemblance phonétique. Le mot berbère "Agnaw", ayant donné "Gnaoua", signifie muet. Ce mot fut utilisé par les populations nord-africaines pour désigner les esclaves subsahariens qui ne parlaient généralement pas la langue berbère. Gnaoua, signifierait donc, par extension, « homme noir » ou « venant du pays des noirs », c'est-à-dire l'Afrique subsaharienne. Marmol, dans sa "Description de l'Afrique" (1662), cite plusieurs peuples de la région qui ne parlaient pas mais utilisaient plutôt des sifflements pour communiquer. Géographie. La Guinée se trouve sur la côte atlantique de l’Afrique de l'Ouest. Elle est entourée de la Guinée-Bissau ( de frontières) à l'ouest-nord-ouest, du Sénégal () au nord-ouest, du Mali () à l'est-nord-est, de la Côte d'Ivoire () au sud-est, du Liberia () au sud-sud-est et de la Sierra Leone () à l'ouest-sud-ouest et de l'océan Atlantique à l'ouest. On distingue quatre zones géographiques : Ces quatre zones, parfois appelées « régions naturelles », ne correspondent pas aux régions administratives. Hydrographie. Le pays compte plus de d'eau. De nombreux fleuves, tels le Niger, le Sénégal (Bafing), la Gambie, ainsi que leurs principaux affluents trouvent leur source en Guinée, faisant de ce pays le « château d'eau » de l'Afrique de l'ouest. Ces cours d'eau partent des massifs guinéens (les deux vieux massifs du Fouta Djalon et la dorsale guinéenne en région forestière). La Gambie et le Bafing vont vers le Sénégal au nord. La source du Niger est à proximité de Kobikoro, il traverse Faranah, Kouroussa et va vers le Mali au nord-est. Les fleuves Tinkisso, Milo, Niandan sont ses affluents en Guinée. De nombreux fleuves côtiers descendent des massifs guinéens vers l'ouest, comme le Konkouré, ou vers le sud, comme le fleuve Mano. De la Guinée-Bissau à Conakry, ces fleuves forment de profonds estuaires qui ont conservé les noms donnés par les explorateurs portugais au . Ces estuaires constituent des voies de communications à travers la mangrove de Basse-Guinée, région qui s’appelait « Rivières du Sud » au début de la colonisation par les Français, au . Le massif du Fouta Djalon offre un potentiel de production électrique. Le fleuve Konkouré, proche des villes de Mamou, Kindia et Conakry, fait l'objet d’un programme d’aménagement et un premier barrage a été inauguré en 1999 ; un autre vient d'entrer en activité, le barrage de Kaleta, et un dernier plus imposant en taille et en productivité est en cours de réalisation, le barrage de Souapiti. Relief et géologie. La plaine côtière de Guinée maritime est dominée à l'Est par le massif de Benna (), le mont Kakoulima () et le mont Gangan (). La Moyenne-Guinée entoure le massif du Fouta-Djalon qui occupe environ et culmine au mont Loura (). Il est constitué principalement de plateaux étagés souvent à plus de , entaillés par des vallées, dominant des plaines et dépressions jusqu'à environ . Près de Dalaba, le mont Kavendou est à . Le massif du Fouta Djalon est principalement constitué de grès siliceux et de schistes mais d'importantes surfaces sont recouvertes par des cuirasses ferrugineuses ou bauxitiques. À l'est du Fouta Djalon, la Haute-Guinée est un bassin schisteux avec quelques sommets isolés. La Guinée forestière juxtapose des massifs élevés aux versants abrupts, mont Simandou et mont Nimba, des bas plateaux et des plaines, des bas-fonds et des vallées inondables. Le point culminant est le mont Nimba (), proche du Liberia. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. La Guinée possède de nombreuses ressources. Cette abondance des ressources, notamment minières, lui vaut l'appellation de « scandale géologique ». La Guinée est le premier pays mondial pour ses réserves prouvées de bauxite, le deuxième derrière l'Australie pour la production. Le très riche gisement de Sangarédi, à proximité de Boké, est exploité par la Compagnie des bauxites de Guinée. Le pays dispose également d'or (en Haute Guinée), de fer, de diamants, de pétrole et d'uranium. La réserve inexploitée de fer de Simandou, à l'est de Kissidougou, devrait être exploitée par le grand groupe minier anglo-américain Rio Tinto. Les accords ont été signés avec le gouvernement guinéen en 2014. Climat. Le climat est tropical à deux saisons : la saison des pluies, de mai à octobre (varie plus ou moins selon les régions), et la saison sèche. Pendant la saison des pluies, la moyenne mensuelle des précipitations peut atteindre . La Guinée comprend quatre régions climatiques : Températures moyennes à Conakry : minimales : , maximales : ; à Labé : minimales : (janvier), maximales : (mars) ; à Kankan : minimales : (janvier), maximales : (mars). Les saisons ne correspondent pas à des variations des heures de lever et de coucher du soleil. La journée et la nuit durent environ chacune, le soleil se lève vers et se couche vers avec peu de variation tout au long de l'année. L'heure locale est celle du fuseau horaire . Environnement. La Guinée compte trois types de biomes : L'environnement en Guinée semble préservé grâce à la faible densité de population et à l'industrialisation limitée. Les principales menaces sont la déforestation, la pollution issue de l'exploitation minière, l’absence de traitement des eaux usées, auxquelles on peut ajouter le braconnage de la faune sauvage. Nature. La Guinée, en raison de ses climats et biomes diversifiés, est peuplée d'espèces animales, végétales et fongiques variées, dont certaines sont rares ou endémiques telle que "Dictyna guineensis". Ainsi, en Guinée forestière, dans la zone couverte par la forêt tropicale humide, on trouve "Nimbaphrynoides occidentalis", qui est un crapaud vivipare endémique de la zone du mont Nimba. Une population de chimpanzés existe aux alentours de Bossou. Une espèce d'hippopotame nain existerait également en forêt. Le parc national du Haut-Niger se trouve en Guinée. Taxonomie. La deuxième partie (ou espèce) du nom binominal de nombreuses espèces en botanique ou en zoologie est fréquemment "guineensis" signifiant en latin "guinéen" ou "qui vit en Guinée". Ceci s'explique par la découverte de nombreuses espèces nouvelles pour la science sur le territoire de la Guinée. La plupart de ses espèces animales ou végétales rencontrées actuellement en Guinée se trouvent aussi dans de nombreux autres pays. C'est pourquoi certaines, ayant été nommées "guineensis" lors de leur découverte et de leur description, ont été renommées depuis, à la suite des révisions taxonomiques. Population. Ethnies. Les trois principaux groupes ethniques sont les Peuls, les Malinkés et les Soussous. Ces derniers se répartissent dans les quatre grandes régions géographiques de la Guinée. La Guinée maritime abrite des Soussous, mais on y trouve aussi presque toutes les grandes ethnies du pays, en raison de la présence de la capitale, Conakry, qui attire les Guinéens. Dans la région de la Moyenne Guinée, des Peuls; en Haute Guinée, des malinkes. Quant à la Guinée forestière, elle abrite surtout des forestiers composes des kissiens, les Tomas, les Guerzés, les koniakas . Démographie. Les populations guinéennes ont été affectées d'une part par la traite arabo-musulmane en direction du Maghreb et de l'Égypte, et par celle commencée au et menée au-delà de 1850, via les conquêtes coloniales françaises et les travaux forcés qu'elles ont apportés. La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) a fragilisé la France colonisatrice et poussé celle-ci à abolir finalement l'indigénat, et les travaux forcés en 1945. . À la suite de l’indépendance du et du départ des crédits et des cadres français qui faisaient fonctionner l'administration et l'économie guinéenne, la Guinée fut déstabilisée. La période de dictature de Sékou Touré a ensuite poussé de nombreux Guinéens, notamment des élites, à émigrer vers les pays développés. En , la Guinée compterait . Selon le "World Refugee Survey 2008" publié par le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants, la Guinée abritait près de et demandeurs d'asile à la fin de 2007, provenant surtout du Libéria, de la Sierra Leone, et de la Côte d’Ivoire. En , vivaient dans un des trois camps, Lainé, et , et au moins vivaient dans des zones urbaines. En 2011, les estimations de populations réfugiées du Libéria et de Côte d'Ivoire sont respectivement de et , soit pratiquement . La population guinéenne est relativement jeune puisque 61,6 % des Guinéens auraient moins de , tandis que la tranche constituerait 30,4 % de la population. L'âge médian est de en 2022. Les 8 % restant étant constitués de Guinéens âgés de plus de , dont seulement 3,6 % âgés de plus de l’espérance de vie est de Histoire. Antiquité. Il y a la Guinée était habitée par une communauté de pêcheurs et d'agriculteurs. Les vallées verdoyantes du Fouta Djallon, les bassins fertiles du Haut Niger propices à la cueillette, à la chasse et à la pêche ont attiré les hommes. L’arrivée des populations est due au dessèchement du Sahara, suivi de l’assèchement des fleuves, rivières et lacs. Les populations se déplacent vers les zones méridionales plus humides. Les territoires situés entre les fleuves Sénégal et Niger comme la Guinée deviennent des zones privilégiées de regroupement des communautés d’éleveurs et d’agriculteurs. Tandis que certains groupes se dirigèrent vers les vallées du Bafing et de la Falémé, d’autres se fixèrent dans le delta intérieur du Niger. Les premiers royaumes voient le jour dans cette région au premier millénaire avant J.C. La majeure partie du territoire guinéen a été partie intégrante des empires du Ghana et du Mali qui se sont succédé entre le et le . Le déclin de l’empire du Mali coïncide avec l’apparition en 1445, en Sénégambie, des premières caravelles portugaises. Les malinkés perdirent le contrôle des pistes sahariennes au profit des songhay et refluèrent vers les régions occidentales de Guinée, de Gambie et de la Casamance. Après quelques accrochages, les navigateurs portugais et les populations côtières firent la paix. Les portugais, intéressés par l’or, les peaux et autres produits exotiques du Soudan, les épices, les esclaves, vendaient des tissus, des ustensiles en fer, même des chevaux. Les mansas du Mali établirent des relations diplomatiques avec leurs homologues du Portugal. À la faveur de ce commerce naissant, des mouvements de populations drainent des familles maraboutiques et marchandes du moyen Niger vers le Gabou et la côte atlantique pour donner la configuration socio-politique connue à la conquête coloniale. Entre 1456 et 1460, Pedro de Sintra accosta au cap Verga et plus au sud, il atteignit la pointe de l’île de Tombo où se trouve Conakry. Les Portugais donnèrent les noms de Rio Nunez, Rio Pongo (déformation de Araponka), Rio Kapatchez aux rivières de la zone côtière. Au large de Conakry furent découvertes les îles baptisées « Ilhas dos Idolos » (îles des idoles) parce que les habitants de ces îles, lorsqu’ils viennent semer le riz apportent leurs idoles qu’ils adorent. Ces navigateurs ont noté que les Portugais sont entrés en contact avec les Landouma et les Nalou dans le Rio Compagny et le Rio Nunez. Ils ont également signalé la présence des Dialonkés à l’intérieur des terres. Les rapports tissés avec les Bagas furent difficiles entre le Rio Nunez et la presqu’île du Kaloum. Ils attestent l’existence de trois Suzerains dans la région côtière : Farin Souzos (roi des sosso), Farin Cocoli (roi des Lanlouma) et Farin Futa (roi djallonka). Ainsi naissent les royaumes Sosso de Bramaya, de Thia, de Lakhata et de Dubréka. Au , le royaume Dubréka s’affirme avec la dynastie créée par le chef de guerre Soumba Toumani. Dans la région du haut Niger, les groupes de marabouts Sarakollés du Djafouna s’installent vers la fin du , s’établirent au Mandé entre le Niger et le Milo. Ils fondent le royaume du Batè (entre deux fleuves) dont Kankan est la métropole. Les villages qu’ils fondent sont Diankana, Foussén, Karifamoriah, Bankonko, Forécariah, Tassilima, Nafadji. Ils s’adonnent au négoce et à l’enseignement coranique. L’Islam fut, par leur action, réintroduit au Manding après une longue parenthèse consécutive à la chute de l’empire du Mali. Au , Kankan, la métropole du Batè devint la capitale d’un royaume puissant grâce aux activités commerciales et la réputation de ses marabouts dont le patriarche Alpha Kabiné fut un des plus illustres. Au milieu du , un groupe maninka parti du Batè et vint s’établir à l’embouchure de la Mellacoré où il fonda la province du Moréah. Ce groupe était composé des clans Touré, Youla, Sylla Il était sous la conduite du patriarche Fodé Katibi Touré, fondateur de Forécariah, comme en Fouta-Djalon, les chefs du Moréah prennent ce titre de Almamy. La région forestière semble moins perturbée par ces mouvements de populations. Toutefois, on note que les Kissi, en provenance du nord, auraient transité par Faranah (Kobikoro) avant de s’installer dans leur habitat habituel où ils auraient basculé les Loma, qui semblent être les premiers occupants. Les Kpelle, les Manon et Konon seraient partis de Mousadou (préfecture de Beyla) sous la poussée des Maninka, pour s’établir en plein cœur de la forêt dans le sud du pays. Époque précoloniale. Les Nalou et les Baga peuplent la région au . Du au , le royaume mandingue, vassal de l'Empire du Ghana, s'établit du haut Sénégal au haut Niger. Ils seront rejoints par les Dialonkés d'origine mandée. Au , le légendaire Soundiata Keïta forme un immense empire ayant pour capitale Niani (aujourd'hui petit village guinéen). L'Empire du Mali décline au . Entre-temps et jusqu'au , les Peuls apportent l'Islam dans la région et créaient le royaumes théocratique du Fouta-Djalon repoussant les Soussous vers le littoral. C'est sur les côtes que les Soussous et d'autres ethnies nouent des liens avec les commerçants européens voulant se procurer esclaves, ivoire et maniguette (ou malaguette, plante voisine du gingembre et réputée aphrodisiaque). C'est le commerce triangulaire. L'Empire du Mali. L’empire du Mali, ou Empire mandingue, est un État africain médiéval. Fondé au siècle par Soundiata Keita, il connut son apogée au siècle. Il serait à l'origine de la charte du Manden. Il s’étendait et englobait de grandes parties des actuels Mali, Guinée, Sénégal, Gambie, Burkina Faso, et Mauritanie. Il était un carrefour important entre les peuples nomades du Sahara et les peuples de l'Afrique noire équatoriale. Son économie reposait sur l'agriculture, l'artisanat, l'exploitation des mines d'or et le commerce de l'ivoire vers le bassin méditerranéen. L'empire du Mali était une confédération constituée des états tributaires et des provinces. Les provinces étaient dirigées par des gouverneurs appelés Farins ou Farba, et il y avait un vizir, qui assumait les fonctions de premier ministre. L'empereur était secondé par un conseil des anciens (chefs militaires, civils et marabouts). Toutes les décisions politiques et administratives étaient prises en conseil. Le Fouta-Djalon. Les riches pâturages avaient en outre attirés les pasteurs peuls, arrivés à partir du siècle avec leur important cheptel, faisant du pays une région très prospère. L'intégration au commerce atlantique provoqua une profonde transformation économique, politique et sociale qui est à l'origine de la révolution musulmane du début du siècle. Au siècle, les Peuls étaient sans doute devenus le groupe social le plus riche et le plus puissant du pays grâce à l'accroissement considérable de la population peule dû aux migrations en provenance de diverses régions (Boundou, Fouta-Toro, Macina, Sahel), à l'expansion du commerce atlantique (exportation de bétail et de cuir à destination de l'Europe et de l'Amérique) et à l'apparition de l'islam militant] en tant que nouvelle idéologie politique. La révolution musulmane au Fouta-Djalon, comme au Boundou, fut avant tout une réaction populaire contre la traite esclavagiste. En 1725, le savant musulman Karamoko Alpha Barry, à la tête d'une coalition multiethnique à majorité peule, gagne la bataille de Talansan. Les chefs jalonkés (Soussous) sont repoussés vers la côte de la future Guinée. Karamoko Alpha Barry prend le titre d'almamy (étymologiquement : imam, guide des croyants) et fonde la confédération du Fouta-Djalon, un État théocratique féodal qui s'appuie à la fois sur les traditions peules, les pratiques esclavagistes et sur les principes de l'islam. À la fin du siècle, la capitale religieuse de l’État théocratique du Fouta-Djalon est Fougoumba, où est intronisé l’Almamy (du mot arabe "imam"), qui gouverne dans la capitale politique, Timbo, assisté du « Conseil des Anciens ». L’élément peul domine, dans un État multiethnique. La société est fortement hiérarchisée et inégalitaire, le clivage fondamental se situant entre musulmans et non-musulmans et la discrimination des uns sur les autres. Au sommet, se trouve l’aristocratie militaire et la classe maraboutique ("lasli"), puis viennent les hommes libres musulmans ("rimbé"). En bas de l'échelle des hommes libres se trouvaient les « Peuls de brousse », convertis tardivement à l'islam après le djihad. Samory Touré. Le village de Kiniéran est entouré de remparts de fortification, vestiges d’avant la colonisation, partiellement détruits par Samory Touré, grand guerrier mandingue de l'Afrique de l'Ouest. Né dans une famille de commerçants malinkés, Samory Touré s’appuya d’abord sur des populations encore largement animistes pour combattre l’influence des chefs musulmans. Puis, changeant de stratégie, voulant islamiser de force les populations animistes dans les années 1880, il provoqua leur révolte et les combattit durement. Il assit son autorité sur le Tôron, s’installa à Bissandougou et prit le titre de (roi). Après avoir imposé sa loi et sa religion, Samory s’empara de Kankan, captura les chefs Séré Béréma et Saghadjigi, enrôla les vaincus dans son armée et se présenta en défenseur de l’islam. Il prit le titre d’Almany en 1884 et s’opposa pendant dix-sept longues années à la pénétration des troupes françaises avant d’être arrêté et exilé au Gabon. Époque coloniale européenne. La zone côtière fut occupée au préalable par les Portugais, qui furent évincés par l'armée française, parce qu'affaiblis par l'occupation de la Guinée-Bissau. De nos jours, de nombreux Guinéens originaires de la côte Atlantique du pays portent des noms d'origine portugaise. La Guinée est proclamée colonie française en 1891, indépendamment du Sénégal, auquel elle était précédemment rattachée. Cette nouvelle appellation remplace celle qu'elle portait jusque-là: les Rivières du Sud. Samory Touré, relayé ensuite par les peuples de la forêt, mène une guerre organisée contre l'occupation française sur la côte et dans les massifs montagneux du sud-est avant d'être vaincu en 1898. La guerre qui oppose les Français au Fouta-Djallon, à Porédaka, s'achève par la victoire des premiers. L'Almamy Bocar Biro Barry est assassiné près des bords du Bafing, à Kollen. Il a choisi cette option pour ne pas être soumis ou réduit en vassal de la puissance colonisatrice. Ses guerriers s'éparpillent ou préfèrent se donner la mort à ses côtés. Les régions du Haut-Niger sont annexées l'année suivante. En 1901, la Guinée devient une partie intégrante de l'Afrique-Occidentale française (AOF), administrée par un gouvernorat général. En 1904, dans le cadre de l'Entente cordiale entre la France et l'Angleterre, les îles de Los deviennent françaises en échange de l'abandon de droits sur le séchage de la morue à Terre-Neuve. La France est consciente des réserves de bauxite mais ne met pas en place de véritable politique d'industrialisation (création de barrages hydroélectriques, usine de transformation de la bauxite). Époque de la Guinée indépendante. Lors du référendum de septembre 1958, la Guinée est le seul pays d'Afrique francophone à rejeter la proposition du général de Gaulle concernant l'intégration des colonies de l'AOF au sein d'une Communauté française, ce qui entraîne une rupture immédiate des relations politiques et économiques avec la France. L’indépendance fut proclamée le . La France retira dans le mois qui suivit son armée, ses fonctionnaires et ses crédits. Les colons français emportent avec eux tout leur matériel de valeur, et rapatrient les archives souveraines françaises. Le "Washington Post" observe l'intransigeance avec laquelle les colons français ont démoli tout ce qu'ils pensaient être leur contribution en Guinée : « En réaction [au vote pour l'indépendance], et comme avertissement aux autres territoires francophones, les Français se sont retirés de la Guinée en deux mois, emportant tout ce qu'ils pouvaient avec eux. Ils ont dévissé les ampoules, emporté les plans des canalisations d'égouts à Conakry, et même brûlé les médicaments plutôt que de les laisser aux Guinéens. » Présidence de Sékou Touré (1958-1984). Le pays accède à l'indépendance le et Ahmed Sékou Touré en devient le président à . La France mène alors une guerre économique contre son ancienne colonie notamment à travers l'Opération Persil les services secrets français vont notamment répandre de faux francs CFA pour déstabiliser la Guinée monétairement. Des maquis d'opposition sont constitués avec l'aide des services secrets français. Maurice Robert, chef du secteur Afrique au service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) de 1958 à 1968, souligne que « nous avons armé et entraîné ces opposants guinéens pour qu’ils développent un climat d’insécurité en Guinée et, si possible, qu’ils renversent Sékou Touré. » La Guinée inscrit à l'article 34 de sa Constitution qu'elle « peut conclure avec tout État africain les accords d'association ou de communauté, comprenant l'abandon partiel ou total de souveraineté en vue de réaliser l'unité africaine ». Après des discussions avec Kwame Nkrumah, apôtre du panafricanisme, la Guinée et le Ghana forment une union le , puis sont rejoints le par le Mali. Officiellement non-aligné, le régime s'appuie sur l'Union soviétique sans rejeter l'aide des États-Unis. Le Portugal, enlisé dans des guerres coloniales, organise en 1970 un débarquement militaire et une tentative de coup d’État contre le régime de Sékou Touré afin de priver les indépendantistes du PAIGC de leur plus proche allié, mais l'opération aboutit à un fiasco. Présidence de Lansana Conté (1984-2008). Après la mort de Touré en 1984, le gouvernement intérimaire est rapidement renversé par Lansana Conté. Sous la pression des bailleurs de fond, il introduit le multipartisme en 1993 et organise des élections, qui l'ont confirmé par deux fois à la présidence, en 1993 et en 1998. Bien que globalement épargnée par les conflits des pays voisins, la Guinée est confrontée à l'afflux de plusieurs centaines de milliers de réfugiés venus du Libéria et de Sierra Leone. Après avoir révisé la Constitution pour pouvoir se présenter une troisième fois en , le chef de l'État, pourtant gravement malade, est réélu avec 95,63 % des suffrages face à un candidat issu d'un parti allié, les autres opposants ayant préféré ne pas participer à un scrutin joué d'avance. Fin , le premier ministre François Louceny Fall profite d'un voyage à l'étranger pour démissionner, arguant que « le président bloque tout ». Le poste reste vacant plusieurs mois avant d'être confié à Cellou Dalein Diallo, qui sera démis de ses fonctions en . Le pouvoir du président, sous influence d'hommes d'affaires comme Mamadou Sylla, est de plus en plus contesté. Début 2007 éclate une grève générale réprimée dans le sang. Le , Lansana Conté décède des suites d'une longue maladie (leucémie et diabète aigu) à l'âge de . Au cours de la nuit suivante, les proches du régime s'affairent pour organiser l'intérim suivant les procédures prévues par la Constitution mais le au matin, à la suite de l'annonce du décès de Lansana Conté, des dignitaires de l'armée annoncent unilatéralement la dissolution du gouvernement ainsi que la suspension de la Constitution, dans un discours à teneur résolument sociale. Ces événements laissent planer le doute sur l'effectivité d'un nouveau coup d'État. Le même jour, le capitaine Moussa Dadis Camara est porté à la tête du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) et devient le lendemain, le troisième président de la république de Guinée. Présidence de Moussa Dadis Camara (2008-2009). Arrivé au pouvoir, le capitaine précise que le nouveau régime est provisoire et qu'aucun membre de la junte ne se présentera aux élections présidentielles prévues en 2010. Au fil de ses interventions médiatiques, Moussa Dadis Camara envisage de plus en plus explicitement de se présenter, décevant les espoirs de véritable transition démocratique et déclenchant des mouvements de protestation. Le , des mouvements civils organisent une manifestation pacifique pour demander à Dadis Camara de respecter sa parole et de ne pas se présenter aux présidentielles. Une foule de plusieurs milliers de personnes s'était rendu au stade à la demande de l'opposition pour protester contre le désir du président Dadis de se porter candidat à l'élection présidentielle. Le , au stade de Conakry, à la surprise générale les militaires ouvrent le feu sur les manifestants ainsi bloqués dans le stade sans possibilité de fuite. Ce massacre délibéré et manifestement planifié fait plusieurs centaines de morts. De plus, les militaires violent et enlèvent plusieurs dizaines de jeunes femmes, dont certaines seront libérées quelques jours plus tard après avoir subi des viols à répétition, tandis que d'autres disparaissent sans laisser de trace. À la suite du tollé international soulevé par cet évènement, des dissensions apparaissent au sein du CNDD et le , alors que Sékouba Konaté est en voyage au Liban, le président est grièvement blessé par son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité - ce dernier avait été mis en cause explicitement par des diplomates étrangers pour son rôle dans le massacre du , et craignait d'être « lâché » par son président et livré à la justice. Dadis Camara est hospitalisé au Maroc le 4, et Sékouba Konaté rentre au pays pour assurer l'intérim. Transition de Sékouba Konaté (2010). Le , Moussa Dadis Camara est renvoyé vers le Burkina Faso par le Maroc pour y continuer sa convalescence. C'est ainsi que le , un accord sera trouvé entre Dadis et Sékouba pour que ce dernier soit reconnu Président de la transition. Cet accord stipule qu'un premier ministre issu des Forces Vives (Partis d'opposition, syndicats, société civile) soit nommé dans le but de former un gouvernement d'Union nationale et de conduire le pays vers des élections libres et transparentes dans les six mois. Aussi, aucun membre du gouvernement d'union nationale, de la junte, du Conseil national de la transition et des Forces de Défense et de Sécurité n'aura le droit de se porter candidat aux prochaines échéances électorales. Le , Dadis, dans une allocution à partir du palais présidentiel burkinabé, dit que la question de sa candidature est définitivement réglée, ainsi que celle des autres membres de la junte. Jean-Marie Doré, doyen de l'opposition, est nommé Premier ministre, chef du gouvernement d'union nationale chargé d'organiser les futures élections présidentielles. Le , la justice guinéenne ouvre une instruction judiciaire pour les crimes commis le à Conakry, trois magistrats instructeurs sont nommés et le , la FIDH, l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme et du citoyen (OGDH), trois autres organisations guinéennes de victimes (AVIPA, AFADIS, AGORA) et se constituent parties civiles. Le , Sékouba Konaté fixe par décret la date du premier tour de l'élection présidentielle au . Il tient parole et pour la première fois une élection présidentielle en Guinée se déroule sans qu'aucun militaire ne soit candidat. Le second tour des élections présidentielles devait se tenir le mais a été reporté à une date ultérieure. Le , un an après le massacre, les victimes et les ONG de défense des droits de l'homme demandent le jugement des auteurs présumés des faits Présidence d'Alpha Condé (2010-2021). Le , Alpha Condé (candidat du RPG et de l'Alliance Arc-En-Ciel) obtient 52,5 % des suffrages face à son adversaire Cellou Dalein Diallo (candidat de l'UFDG et de l'Alliance des bâtisseurs), qui a fini par accepter les résultats de la cour suprême qu'il avait initialement contestés en raison de soupçons d'irrégularités.<br>Le président Alpha Condé est élu pour un mandat de . En 2014 et 2015, le pays est touché par l'épidémie Ebola mais se mobilise pour en contenir les impacts. Le , le président Alpha Condé obtient 58 % des suffrages et est réélu au premier tour de l'élection présidentielle pour un nouveau mandat de . En , la Guinée est le premier pays à majorité musulmane d'Afrique à renouer ses liens diplomatiques avec Israël. En mars 2020, en dépit des manifestations et du désaccord de la grande partie de la population et de l'opposition et ce malgré une loi stipulant qu'aucun président ne peut se présenter pour plus 2 mandats consécutifs, Alpha Condé modifie la Constitution pour pouvoir légalement se représenter. Il est alors officiellement candidat pour un troisième mandat pour les élections s'étant tenues en octobre 2020. Il remporte les élections du ; son investiture a lieu le 15 décembre. D'après la Banque mondiale, en 2018, le chômage frappe 80 % des jeunes et près de 80 % de la population active travaille dans le secteur informel. Surtout, 55 % des Guinéens vivent sous le seuil de pauvreté. Le , un coup d'État des forces spéciales, dirigées par Mamadi Doumbouya, mène à la capture d'Alpha Condé. Une junte prend le pouvoir. Transition de Mamadi Doumbouya (depuis 2021). Mamadi Doumbouya devient alors président du Comité national du rassemblement pour le développement et président de la Transition. Politique et administration. La Guinée est une république, avec comme chef d'État un président élu par le peuple pour un mandat de six ans. Cette période initialement fixée à cinq ans a été modifiée à sept ans par la Constitution de 2003, puis re-modifiée par le Conseil National de Transition (CNT) en 2010 pour une durée de cinq ans renouvelable une fois. La fonction de président a été occupée par Lansana Conté du au . Le Premier ministre est désigné par le chef de l'État. Depuis le , après la première élection présidentielle libre depuis l'indépendance en 1958, Alpha Condé est élu à la tête du pays dans la contestation. Depuis l'instauration du multipartisme en avril 1992, une quarantaine de nouveaux partis ont été reconnus. Le pouvoir législatif est assuré par un parlement composé d'une seule chambre, l'Assemblée nationale, où siègent élus par le peuple pour un mandat de cinq ans. La Constitution et l'Assemblée nationale ont été suspendues en décembre 2008 après le putsch du CNDD ("Conseil national pour la démocratie et le développement") avec à sa tête le capitaine Moussa Dadis Camara. La nouvelle constitution a été adoptée par le CNT le et promulguée par le Général Sékouba Konaté par décret le . L'ONG Transparency International classe régulièrement la Guinée parmi les pays où la perception de la corruption est la plus forte. Le thème de la corruption est récurrent dans les revendications des opposants et des organisations syndicales en Guinée. Cour suprême. La plus haute autorité judiciaire est la Cour suprême, qui dispose de trois chambres : Le premier président de la Cour suprême est en même temps président de la chambre constitutionnelle et administrative. Administration nationale. La Guinée est subdivisée en huit régions administratives (dont une est constituée par Conakry sa capitale), et leurs urbaines, et rurales de développement. Conakry est divisée en cinq communes (Kaloum, Dixin, Matam, Ratoma et Matoto). Religions. Selon le Pew Research Center, en 2010, 84,4 % des habitants de la Guinée sont musulmans, alors que 10,9 % sont chrétiens, principalement catholiques (7,5 %) et protestants (3,4 %) et que 2,4 % pratiquent une religion populaire. L' (ARDA) compte 84,8% de musulmans, 3,7% de chrétiens et 11,3% d'animistes. Femmes. Le taux de natalité s'élevait à en 2014 et la fécondité est estimée à par femme pour 2016. Le gouvernement adhère à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes depuis 1982 . Toutefois 97 % des femmes et des filles âgées de ont subi des mutilations génitales féminines et/ou une excision. Et les mutilations génitales augmentent, bien qu'elles soient interdites. L'analphabétisme parmi les femmes est élevé. Il y a une sous-représentation des femmes dans l'enseignement secondaire et supérieur, mais elles sont de plus en plus présentes. La polygamie est la règle, bien qu'elle soit officiellement interdite. Dans le code civil il est dit dans l'article 394 que le mari est le chef de famille. Les mariages précoces sont fréquents, mais illégaux. Bien qu'illégal, le mariage forcé affecte la majorité des femmes. Toutefois, beaucoup de mariages au pays sont des mariages religieux, dans lesquels les autorités civiles n'interviennent pas. Enfin, la majorité des femmes a été affectée par la violence conjugale. Situation des Droits de l’Homme. Le 25 septembre 2020, un rapport publié par Human Rights Watch a révélé que lors des élections législatives et du référendum constitutionnel de mars 2020, les forces de sécurité guinéennes n'ont pas protégé la population des violences électorales et intercommunautaires dans lesquelles au moins ont été tuées et plus de alors qu'ils commettaient eux-mêmes des violations des droits de l'homme à Nzérékoré. De plus, les forces de sécurité n'ont pas pris de mesures suffisantes pour empêcher ces meurtres, ni la destruction massive de biens. Ils ont également tué deux personnes eux-mêmes, battu et arrêté arbitrairement des dizaines d'hommes. Entre le mois de mars et septembre, Human Rights Watch a interrogé et témoins des violences à Nzérékoré, ainsi que 31 proches des victimes, du personnel médical, des journalistes, des avocats, des membres des partis d'opposition, des représentants de la société civile et d'autres informateurs. Ils ont également consulté des rapports publiés par des organisations guinéennes de défense des droits de l'homme et des médias nationaux et internationaux, et examiné des photos, des vidéos et des dossiers médicaux. Économie. En 2022, la Guinée est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Monnaie. Sur le territoire de la république de Guinée, la devise ayant cours depuis 1960 est le franc guinéen, sauf entre 1972 et 1986, période pendant laquelle la devise était le syli. Le franc guinéen n'a cours dans aucun autre pays, mais est échangeable auprès de changeurs exerçant à proximité des frontières avec les devises ayant cours dans les pays riverains (le franc CFA, le dollar libérien, le leone de Sierra Leone et également l'euro et le dollar). La banque centrale de Guinée permet également le change, mais à des taux peu intéressants et uniquement à Conakry. Agriculture. La majorité des Guinéens travaillent dans le secteur agricole qui emploie plus de 75 % de la population apte au travail du pays (24 % du PIB). Le mil et le fonio sont les principales cultures de la Haute-Guinée, tandis que l'on produit de l'arachide dans la région de Koundara. Le riz est cultivé dans les zones inondées en bordure de rivière et de fleuve mais la production locale est insuffisante et le pays importe du riz asiatique. Les cultures vivrières traditionnelles comme celle du manioc restent largement pratiquées autour des habitations. On cultive le café, l'ananas, les pêches, les nectarines, les mangues, les agrumes, les tapiocas, les oranges, les bananes, les pommes de terre, les tomates, les concombres, les poivrons et d'autres légumes. La Guinée est un des producteurs régionaux émergents de pommes et de poires. Il y a de nombreuses plantations de raisins, de grenades et de plaquemines. ont été marquées par le développement de plantations de fraise basées sur le système hydroponique vertical. Il y a des élevages de bovins, de moutons et de chèvres. Secteur industriel et minier. La Guinée dispose d'importantes ressources minières dont les principales sont la bauxite (1/3 des réserves mondiales), l'or, le diamant (exploité depuis 1936), le fer, le pétrole et l'uranium, les phosphates et le manganèse. À la fin des années 1990, les « compagnies juniors » canadiennes, investies dans plus de 8000 propriétés minières, dans plus de , pour la plupart encore à l'état de projet multiplient les contrats avec des pays africains. Les investissements du Canada en Guinée représentent à peu près de dollars investis dans le secteur minier et le , Perry Calderwood, ancien ambassadeur du Canada en Guinée, a accompagné une forte délégation d’investisseurs canadiens au palais Sékhoutouréya pour voir comment ces hommes d’affaires canadiens comptent intervenir dans le développement du secteur minier. Le projet minier de Simandou (mont Nimba), sur l’axe Beyla-Nzérékoré, en Guinée forestière (sud-est, frontière du Liberia), qui est l’un des plus grands projets mines-infrastructures en Afrique lancé en 2012, mené par Rio Tinto, Chinalco et IFC, et supposé capable d'amorcer le développement régional et national, semble gelé au premier semestre 2016. La relance du projet minier géant d’exploitation du fer du mont Simandou a été officialisée à Pékin le . Rio Tinto et le chinois Chinalco ont signé un accord de principe sur les conditions du transfert de la totalité des parts du premier au second dans le développement de la partie sud du Simandou qui nécessitera environ de dollars d’investissements. Un protocole fixant le cadre de coopération a été conclu le . Énergie. La Guinée est dépendante sur le plan énergétique, elle importe la totalité de sa consommation d'hydrocarbures. L'exploitation de gisements au large des côtes est à l'étude. Le potentiel en production hydro-électrique est considérable en raison du relief et de la pluviométrie, il est estimé à plus de . Ce potentiel reste encore à exploiter ; les premiers barrages, construits sur le fleuve Konkouré ne suffisent pas à alimenter Conakry en totalité. Le barrage de Kaleta, construit et financé par la Chine, inauguré en , avec une puissance de , permet de résorber une bonne partie du déficit énergétique du pays, estimé à . Le barrage de Souapiti, de puissance , ainsi que le barrage d'Amaria, avec une capacité de (construit pour satisfaire les besoins d’énergie pour un projet d’aluminium) sont actuellement en construction, également avec l'aide de la Chine. Tourisme. Le pays accueille très peu de touristes étrangers, et ce malgré la grande diversité et la beauté des paysages, l'attitude amicale des Guinéens par rapport aux étrangers et les centres d'intérêt potentiels très variés, qu'il s'agisse d'art sculpté, de musique, de danse ou de culture traditionnelle. Ordres et décorations. En Guinée, les principales décorations sont les suivantes : L' ordre national du Mérite est un ordre honorifique guinéen qui récompense des mérites exceptionnels et une fidélité continue dans l’accomplissement de services au profit de la Nation. Culture. Langues. La langue officielle de la république de Guinée est le français. Il s'agit de la langue de l'État et des institutions officielles. Après le régime d'Ahmed Sékou Touré, le français est redevenu la langue unique d'enseignement à l'école. Nadine Bari est parfois considérée comme l'une des premières femmes écrivaines en français du pays. La langue française est en forte expansion en Guinée d'après les derniers rapports. En 2002, le nombre de locuteurs de langue maternelle française était estimé à 2 % de la population totale. D'après les autorités guinéennes, une nouvelle estimation de 2007 revoit ce chiffre fortement à la hausse par rapport à celle de 2002 : le nombre de francophones atteindrait 21,1 % et le nombre de francophones partiels 42,1 %. L'ensemble cumulé représente de personnes, soit 63,2 % de la population totale ayant une maîtrise partielle ou complète de cette langue. L'anglais est présent dans les régions frontalières avec le Liberia et la Sierra Leone, c'est une langue universitaire et commerciale. Les trois principales langues d'origine africaine sont : Mais on rencontre également des locuteurs dans d'autres langues qui sont : La Guinée est membre de l'Organisation internationale de la francophonie. De plus, les villes de Guéckédou, Kindia, Mamou, Conakry, Kankan, Labé et Télimélé sont membres de l'Association internationale des maires francophones. Médias guinéens. liste non exhaustive : Codes. La Guinée a pour codes : |
Guinée-Bissau La Guinée-Bissau ou Guinée-Bissao, en forme longue la république de Guinée-Bissau ( et ), est un pays lusophone d'Afrique de l'Ouest. Sa capitale est Bissau. Le pays fait partie de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest et de l'Organisation de la coopération islamique. Géographie. La Guinée-Bissau, qui doit son nom à sa capitale, Bissau, est un pays lusophone d'Afrique de l'Ouest, baigné par l'océan Atlantique, limité au nord par le Sénégal, à l'est et au sud-est par la république de Guinée, ces deux derniers États étant francophones. La Guinée-Bissau s'étend sur , de terre et de mer (ce qui est à peine plus étendu que la Belgique), et comprend environ 80 îles et îlots de l'archipel des Bijagos (ou « archipel des Bissagos »). Histoire. Histoire pré-coloniale. À partir du , les Mansayas (baronnies de l'empire du Mali), fondées entre 1235 et 1265 par le général mandingue Tiramighan Traoré qui a vaincu et fait prisonnier Kirikor, dernier roi du Bainouk, puis réunies à partir du sous la forme du royaume indépendant du Gabou (Kaabunké) s'étendent progressivement et exercent, à l'Ouest, une forte influence sur la région et les autres nations de ce territoire (Royaume de Qinala, Confédération Balante, Seigneuries Brâmes/Papel, Seigneuries Felups/Diola, Royaume Nalu), jusqu'au . Les premiers contacts européens sont établis en 1447 par le navigateur portugais Álvaro Fernandes, un an après la mort de Nuno Tristão lors d'une bataille navale à l'embouchure de la Gambie. Le Portugal loue plusieurs terrains en bordure de fleuves sur lesquels il établit des comptoirs, notamment à Cacheu, Bissau, Farim, Geba. En 1867, le royaume de Gabu est vaincu par l'armée de la confédération peule et musulmane du Fouta Djalon. Histoire coloniale. La région devient une colonie portugaise en 1879 puis une province ultramarine en 1951. En 1959, une grève ouvrière au port de Bissau aboutit à un massacre. Cinquante ouvriers sont tués par les forces de l'ordre portugaises et plus de . Ce massacre constitue un « tournant de la réflexion des nationalistes révolutionnaires », les incitant à reconsidérer les luttes pacifiques menées jusqu'alors pour envisager la lutte armée. En 1963, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) déclenche la guerre d'indépendance. L'insurrection rencontre progressivement l’adhésion des populations rurales et les « zones libérées » s'étendent sur 50 % du territoire dès 1966, puis 70 % à partir de 1968. Sous la direction d'Amílcar Cabral, les rebelles tentent d'y reconstruire un modèle politique où le pouvoir serait exercé par les paysans eux-mêmes et entreprennent de développer le système sanitaire et l'alphabétisation. L'objectif se situe au-delà de la simple indépendance nationale. Selon Cabral : « Nous ne luttons pas simplement pour mettre un drapeau dans notre pays et pour avoir un hymne mais pour que plus jamais nos peuples ne soient exploités, pas seulement par les impérialistes, pas seulement par les Européens, pas seulement par les gens de peau blanche, parce que nous ne confondons pas l’exploitation ou les facteurs d’exploitation avec la couleur de peau des hommes ; nous ne voulons plus d’exploitation chez nous, même pas par des Noirs ». Après la révolution des Œillets en 1974, les Portugais quittent le pays qui devient indépendant. Le PAIGC qui avait mené la lutte politique puis l'insurrection pour l'indépendance pendant remporte les élections. Histoire depuis l'indépendance. Depuis la décolonisation, le pays est en proie à une instabilité chronique avec six tentatives de renversement du pouvoir par la violence. Aucun président n'a d'ailleurs pu parvenir à la fin de son mandat. L'armée, au sein de laquelle l’ethnie balante est prédominante, joue un rôle essentiel dans la vie politique du pays. Cependant, l'indépendance avait commencé sous les meilleurs auspices. La diaspora bissaoguinéenne était revenue en masse dans le pays. Un système d'accès à l'école pour tous a été créé. Les livres étaient gratuits et les écoles semblaient disposer d'un nombre suffisant d'enseignants. L'éducation des filles, jusqu'alors négligée, a été encouragée et un nouveau calendrier scolaire, plus adapté au monde rural, a été adopté. Le , João Bernardo Vieira dit « Nino Vieira » renverse le président Luís Cabral, demi-frère du leader indépendantiste Amílcar Cabral et au pouvoir depuis l'indépendance, par un coup d'État militaire sans effusion de sang. La Constitution est suspendue et un conseil militaire de neuf membres de la révolution présidé par Vieira est mis en place. Depuis lors, le pays a évolué vers une économie libérale. Des coupes budgétaires ont été effectuées au détriment du secteur social et de l'éducation. En 1984, une nouvelle constitution est approuvée et ramène le pays à la règle civile. La Guinée-Bissau, comme une grande partie de l'Afrique subsaharienne, se tourne vers la démocratie multipartite au début des années 1990 avec la fin de la Guerre froide. L'interdiction des partis politiques est levée en 1991 et des élections ont lieu en 1994. Au premier tour de l’élection présidentielle le , Vieira reçoit 46,20 % des voix face à sept autres candidats. Il sort vainqueur du deuxième tour le avec 52,02 % des voix contre 47,98 % pour Kumba Ialá, un ancien conférencier de philosophie, dissident du PAIGC dont il a été exclu en 1989 et président du Parti social de renouvellement (PRS). Les observateurs internationaux des élections ont en général considéré le scrutin comme honnête. Vieira est proclamé premier président de la République démocratiquement élu le . Après une tentative échouée de coup d'État contre le gouvernement en , le pays tombe dans une brève mais violente guerre civile entre les forces restées fidèles à Vieira et celles du chef d'état-major de l'armée Ansoumane Mané, ancien compagnon d'arme du chef de l’État pendant la guerre d'indépendance. Les rebelles renversent finalement le gouvernement de João Vieira le qui trouve refuge à l'ambassade du Portugal avant de s'exiler au Portugal. Kumba Ialá est élu président en 2000 mais est renversé par un coup d'État sans effusion de sang en . D'ethnie balante, celui-ci était accusé de favoriser sa communauté et s'était discrédité en dissolvant en 2002 l'Assemblée nationale tout en repoussant sans cesse de nouvelles élections législatives. Le coup d'État ne suscita que peu de protestations tant de la part de la population que de la communauté internationale. Le pays entreprend alors à nouveau avec difficulté une phase de normalisation démocratique, culminant avec l'organisation d'élections législatives en 2004 et d'une élection présidentielle le qui voit le retour à la tête du pays de João Bernardo Vieira dit « Nino Vieira », l'ancien président déposé en 1999 par un coup d’État militaire qui s'était présenté en indépendant. Pour gouverner, Nino Vieira, fortement contesté au sein du PAIGC, conclut une alliance tactique avec son ennemi historique, le général Batista Tagme Na Waie, en le nommant chef d'état-major. Cependant, le , le chef d'état-major des forces armées, le général Batista Tagme Na Waie, est tué dans un attentat à la bombe. Le président João Bernardo Vieira, que certains militaires tiennent pour responsable de cet attentat dans la mesure où il entretenait des relations historiquement exécrables avec ce dernier, est assassiné à son tour, le , par des hommes armés. Pour lui succéder, Malam Bacai Sanhá, candidat du PAIGC, est élu président le . Parallèlement, la Guinée-Bissau est gangrenée par le trafic de drogue et qualifiée à ce titre de « narco-État » par l'Office des Nations unies contre les drogues et le crime. Ainsi, les attentats contre le chef d'état-major Tagme Na Waie et le président Vieira ont probablement été fomentés par les trafiquants colombiens, peut-être en représailles de la destitution en du contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto, chef de la marine nationale, qui couvrait le trafic avec Antonio Indjai. Ce dernier, après bien des péripéties, tombera d'ailleurs en mars 2013 dans un piège tendu par la DEA et envoyé aux États-Unis pour y être jugé pour trafic de drogue tandis qu'Antonio Indjai est depuis lors inculpé par la justice américaine et sous mandat d'arrêt international. Le mandat de Malam Bacaï Sanha est émaillé de graves incidents en lien avec le narcotrafic. Le , une tentative de coup d'État menée par Antonio Indjai et l'ancien contre-amiral José Américo Bubo Na Tchuto aboutit à l'arrestation du Premier ministre Carlos Gomes Júnior et d'une quarantaine d'officiers dont le chef d'état-major de l'armée, José Zamora Induta, dans un coup de force présenté comme « un problème purement militaire ». À la suite de manifestations de soutien au Premier ministre, Antonio Indjai menace de tuer ce dernier avant d'expliquer dans une allocution que l'armée « réitérait son attachement et sa soumission au pouvoir politique ». Le Premier ministre est relâché le lendemain tandis qu'Indjai se présente comme le nouvel homme fort de l'armée. Ce dernier est relâché le lendemain, mais demeure en résidence surveillée, tandis qu'Antonio Indjai devient le nouvel homme fort de l'armée. Le , un coup d'État mené par l'armée dépose le Premier ministre Carlos Gomes Júnior dans le contexte d'une élection présidentielle contestée. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) prennent des positions fortes contre ce coup d'État et examinent les possibilités d'intervention politique et militaire. L'Union africaine suspend la Guinée-Bissau le . Mamadu Ture Kuruma devient "de facto" le dirigeant du pays. Manuel Serifo Nhamadjo, président de l'Assemblée nationale populaire, devient président de la République par intérim. En 2014, José Mário Vaz remporte l'élection présidentielle du , marquant le retour progressif à la légalité constitutionnelle. Pour autant, l'instabilité persiste, et les Premiers ministres se succèdent. Au mois de , le président guinéen Alpha Condé, médiateur de la crise bissaoguinéenne, et son homologue de la Sierra Leone Ernest Bai Koroma obtiennent un compromis politique signé le par toutes les parties : ce sont les accords de Conakry. Successivement, Umaro Sissoco Embaló en , puis Artur Silva en , puis Aristides Gomes mi- sont nommés Premier ministres.. Lors d'une réunion du du Conseil de sécurité de l'ONU, les signes d'une amélioration de la situation politique sont soulignés, mais il est rappelé que des points des accords de Conakry restent à réaliser : réforme constitutionnelle et réforme électorale. Finalement, l'élection présidentielle de fin 2019 voit la défaite du candidat de l'ex-parti unique, au pouvoir depuis 1974, le PAIGC, et la victoire d'Umaro Sissoco Embaló, ancien général et ancien Premier ministre devenu opposant. La confirmation de ce résultat est compliquée, donnant lieu à des allers et retours entre la Commission électorale et la Cour suprême (saisie par le PAIGC), mais c'est la première transition politique qui s'effectue pacifiquement. L'investiture d'Umaro Sissoco Embaló a lieu le 27 février . La passation de pouvoir s'effectue ensuite au palais présidentiel. Nuno Gomes Nabiam est nommé Premier ministre le lendemain, le 28 février 2020. Mais une incertitude subsiste : une partie des députés investissent comme président, le 28 février au soir, le président de l’Assemblée nationale, Cipriano Cassama, par intérim. Pour eux, l'investiture de Umaro Sissoco Embalo n'est pas légale. Subdivisions. La Guinée-Bissau est divisée en 8 régions, elles-mêmes partagées en 37 secteurs. Les 8 régions sont : Bissau, la capitale, constitue un secteur autonome. Économie. La Guinée-Bissau est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine. La principale source de devises est l'exportation de noix de cajou, qui représente 60 % des revenus du pays. La Guinée-Bissau est le producteur de noix de cajou d'Afrique, et le mondial, avec sa production de par an lui rapportant de dollars. Le pays possède de nombreuses autres ressources naturelles : bauxite, bois, pétrole, roches phosphatées, etc. Son littoral, très riche en poissons, attire les pêcheurs de l'Union européenne qui viennent pêcher chaque année de poisson, versant en échange à la Guinée-Bissau environ . Le potentiel agricole du pays est énorme, mais sa forêt, par exemple, n'est exploitée que de manière informelle. Le tourisme y est d'un poids très faible ; la fréquentation a toutefois doublé entre 2010 et 2016, dépassant alors les et procurant un revenu de 20 millions de dollars en 2017. Malgré ses nombreux atouts, la Guinée-Bissau est le dixième pays le plus pauvre du monde, parmi les pays les moins avancés (PMA). L'indice de développement humain (IDH) est de en 2021 ( sur ) contre en 2010. En 2005, le budget de l'État dépend à 75 % de l'aide internationale. Il n'y a pas partout de l'électricité et 80 % des habitants vivent avec moins de par jour. En effet, l'instabilité politique, les séquelles de la guerre civile de 1999, l'obsolescence des infrastructures découragent les investisseurs et donc les possibilités de développement. Du fait de sa pauvreté et de sa désorganisation économique, la Guinée-Bissau est une proie facile pour les trafiquants de drogue d'Amérique du Sud qui l'utilisent comme passerelle pour atteindre l'Union européenne, leur principal client depuis que les États-Unis ont durci leur politique de contrôles aux frontières. La Guinée-Bissau a une position géographique privilégiée, au sud du Sénégal, qui l'exclut du dispositif de contrôle de l'immigration clandestine, qui s'étend du Maroc au Sénégal et rend les trafics difficiles. La drogue sud-américaine est donc stockée en Guinée-Bissau, où elle est ensuite introduite par petites quantités dans les produits de marché (fruits, poissons, noix de cajou) acheminés vers l'Europe, ou ingérée par des mules qui risquent leur vie et leur liberté pour (leur salaire pour acheminer cinq cents grammes à un kilogramme de cocaïne en capsules). La Guinée-Bissau, loin d'être consommatrice de ces drogues de « luxe » que ses habitants n'ont pas les moyens de s'offrir, est devenue en quelques années la plaque tournante du trafic de cocaïne. L'économie de la drogue représenterait un montant supérieur au PIB du pays. Démographie. En 2010, la population de la Guinée-Bissau est de . Elle est composée à 40,8 % de personnes de moins de , à 56,1 % de et à 3,1 % de ou plus. Sa densité de population est de . En 2010, l'espérance de vie des hommes est de et celle des femmes de . La même année, le taux de croissance de la population est de 2,019 %, avec un taux de natalité de , un taux de mortalité de , un taux de mortalité infantile de et un taux de fécondité de 4,58 enfants/femme. En 2020, la population est de . Langues. La langue officielle du pays est le portugais. La langue de communication (et langue maternelle d'environ un tiers de la population) est le créole de Guinée-Bissau qui s'est développé à partir du portugais. Le français est assez répandu, et est enseigné en tant que première langue étrangère, nécessaire pour les affaires et les communications internationales, car le pays est entouré de pays francophones. L'anglais y est également assez répandu, surtout parmi la jeune génération issue de l'élite du pays. C'est aussi la langue d'un nombre significatif de Nigérians et d'autres anglophones issus de pays anglophones du golfe de Guinée (comme le Ghana, le Libéria ou la Sierra Leone) qui sont surtout des commerçants, ou des entrepreneurs. La Guinée-Bissau est membre de l'Organisation internationale de la francophonie depuis 1979. Cette dernière estimait en 2015 le nombre de francophones en Guinée-Bissau à 275 000. D'après le recensement de 2009, le plus récent réalisé dans le pays à ce jour, 27,1% de la population guinéenne peut parler portugais. Le dernier recensement général révèle également que le portugais et le français sont parlés respectivement par 46,3% et 10,6% de la population en milieu urbain et par 14,7% et 1,6% en milieu rural. Religions. La répartition des religions dans le pays n'est pas connue avec précision, seules des estimations sont disponibles. La Guinée-Bissau est un pays membre de l'Organisation de la coopération islamique. La religion musulmane est la principale du pays : les musulmans représentent une proportion entre 40 % et 50 % de la population, proportion variable suivant les sources. 40 % sont musulmans sunnites, 6 % sont musulmans chiites et 36 % se considèrent simplement comme musulmans. L'animisme est la deuxième religion la plus répandue, avec entre 14,9 % et 40 % de la population la pratiquant. Le christianisme est la troisième religion du pays, et représente entre 10 % et 22,1 % de la population. La majorité des chrétiens de la Guinée-Bissau sont catholiques. La Cathédrale de Bissau, de style néo-roman, est considéré comme le lieu le plus représentatif du catholicisme en Guinée-Bissau. Culture. Médias. Les principaux médias sont la télévision et la radio nationales. Codes. La Guinée-Bissau a pour codes : |
Guinée équatoriale La Guinée équatoriale ou Guinée-Équatoriale, en forme longue la république de Guinée équatoriale ou république de Guinée-Équatoriale (en espagnol et , en portugais et ) est un pays d'Afrique centrale. Elle est constituée de deux parties, l'une continentale, bordée par le Cameroun et le Gabon, l'autre insulaire avec l'île de Bioko (où se trouve la capitale Malabo) et l'île d'Annobón. Ancienne colonie espagnole pendant la colonisation européenne de l'Afrique, la Guinée équatoriale obtient son indépendance en 1968 sous la dictature sanglante du Président à vie, Francisco Macías Nguema. Depuis son renversement par un coup d'État en 1979, le président du pays est son neveu Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Sous sa propre dictature, la Guinée équatoriale continue à connaître de graves violations des droits de l'homme. Depuis les années 1990, la Guinée équatoriale est devenue un important pays producteurs de pétrole en Afrique subsaharienne. Mais sa production décline depuis 2016 et n'atteint plus que 93 000 barils par jour en 2021, selon l'Opep . Elle est le quatrième pays en terme de PIB/habitant en Afrique sub-saharienne , mais peu de gens ont profité des richesses issues du pétrole, et les inégalités restent très importantes. Les langues officielles sont l'espagnol, le français et le portugais. Cependant, l'espagnol est de loin la langue officielle la plus parlée. Les Fang sont le groupe ethnique dominant, et représentent plus de 85 % de la population. Les Bubi, indigènes de Bioko sont le deuxième plus grand groupe ethnique, et représentent environ 6,5 % de la population. Toponymie. L'usage majoritaire est d'écrire « Guinée équatoriale » comme le font notamment la Liste annexée à l'arrêté du 4 novembre 1993, "Le Petit Larousse 2007" (et "2003"), ou encore le "Dictionnaire Hachette 2007". "Le Petit Robert des noms propres 2006" écrit cependant « Guinée-Équatoriale » et « république de Guinée-Équatoriale », avec un trait d'union et une majuscule à chaque terme. Du temps de la colonisation, le pays constituait la Guinée espagnole. Histoire. Préhistoire. L'étude de la Préhistoire de la Guinée suit une subdivision géographique, l'île de Bioko d'une part, la province du Littoral entre Cameroun et Gabon d'autre part. L'île de Bioko était reliée au continent jusqu'en 8 000 av. J.-C. par un « pont » qui fut lentement immergé par la montée des eaux de l'Atlantique, qui avait débuté vers 11 000 av. J.-C. à la fin du dernier Âge glaciaire. De ce fait, il est probable que ce territoire devait être habité par des populations nomades de chasseurs-cueilleurs, à l'instar de ce qui est connu sur le continent actuel. Les vestiges d'une présence humaine ont été découverts en fouille au site de Mossumu (province du Littoral) et datés de 30 000 av. J.-C. Il s'agit d'une industrie dite « Sangoenne », bien connue à cette époque à travers l'Afrique centrale. Quelques autres sites, de surface ou en affleurement stratigraphique, indiquent que l'Âge Moyen de la Pierre est bien représenté dans cette partie du pays. Par la suite, des vestiges, encore mal datés, illustrent autour de Bata et du Rio Muni la permanence de la présence de l'homme, nomade, tailleur de pierre et chasseur-cueilleur, jusqu'en 3 000 av. J.-C.. Sur l'île de Bioko, il s'agit d'une autre lecture ; celle-ci sera très certainement modifiée dans les années à venir avec l'installation de projets de recherches archéologiques. Trois gisements « prénéolithiques » ont été recensés. Seul celui du séminaire de Banapa au sud de Malabo a été fouillé dans les années 1960 par un anthropologue espagnol. Tout ce qui peut être dit est qu'il est antérieur à la « Tradition Timbabé » de Bioko, encore non datée, elle-même antérieure à la « Tradition Carboneras » datée par le radiocarbone entre le et le de notre ère. Il faut signaler que sur l'île d'Elobey Grande, des pierres taillées similaires à un Âge Récent de la Pierre ont été découvertes en surface. Ces trouvailles étayent l'idée d'une grande ancienneté de la présence humaine sur l'ensemble des îles équatoguinéennes avant qu'elles ne soient définitivement séparées du continent. Enfin, l'expansion du mode de vie villageois en Afrique centrale implique dans sa modélisation, et avec le rapprochement des données de la linguistique, l'installation sur l'île de Bioko de villages dès 3 500 av. J.-C. Pour l'instant rien n'a été découvert pour vérifier cette hypothèse. La séquence archéologique de l'île, outre le pré-néolithique déjà mentionné, démarre avec la « Tradition Timbabé » connue sur treize points du littoral. Une continuité d'occupation de cette île est désormais bien attestée jusqu'à l'époque historique. À la suite du « Timbabé », on connait les traditions « Carboneras », « Bolaopi », « Buela », et enfin « Balombe ». Cette dernière tradition est historique. Sur le continent, entre Cameroun et Gabon, les données de fouilles restent lacunaires mais sont suffisantes pour affirmer que la séquence complète qui reste à découvrir sera dans les grandes lignes similaire à ce qui est connu au sud-Cameroun et dans la région de Libreville au Gabon. Premiers contacts avec des Européens. Entre 1469 et 1474, les navigateurs portugais découvrent dans le golfe de Guinée les îles de São Tomé, Principe, Annobón et Fernando Poo : le janvier 1471, João de Santarém et Pedro Escobar aperçoivent une île qu’ils appelèrent « Ilha do Ano Bom » (île de la bonne année) d'où le nom actuel d’Annobón qui correspond à la phonétique du nom portugais. En 1474 un autre Portugais, Fernão do Pó, découvre dans le golfe du Biafra une île qu’il nomme « Formosa » (la belle), mais qui portera finalement son nom (aujourd'hui Bioko). Les îles d’Annobón et Fernando Poo deviendront, avec les îles de Corisco, Elobeye et Mbanié la partie insulaire de la Guinée espagnole en 1778, puis de la Guinée équatoriale en 1968. Colonisation portugaise. La première tentative de peuplement des îles désertes du golfe se fait sur l’île de São Tomé en 1485, mais elle échoue. Ce n’est qu’en 1493 que les efforts consentis par les Lusitaniens porteront leurs fruits dans cette île. L’île de Principe ne sera peuplée qu’au début du , et Annobón au milieu de ce même siècle. Quant à Fernando Poo, elle est déjà peuplée par les Bubis, et les Portugais après avoir construit un fort, sont contraints de l’abandonner. Ces deux îles furent longtemps utilisées comme escales de rafraîchissements. Tout au long du , ces territoires vont connaître les assauts répétés des Français mais surtout des Hollandais. Ceux-ci occupent non seulement les îles du golfe à différentes périodes : São Tomé en 1641, Annobón en 1661, Corisco, mais mènent de nombreuses actions et razzias sur la côte continentale de Rio Muni (Mbini). Les navires de nombreuses nations qui tentent d’installer des comptoirs le long de cette côte sont saisis ou détruits. L’épopée de Jean Dansaint, négrier français travaillant pour le roi du Portugal dans la première moitié du , en est l’illustration. Première tentative de colonisation espagnole. Avec le traité de San Ildefonso (1777) et le traité du Pardo (1778), le Portugal livra à l’Espagne les îles de Fernando Póo, Annobón et de Corisco, en échange de la colonie de Sacramento, en Amérique du Sud et d’autres territoires permettant de conforter les frontières du Brésil. Dans le même temps, l’Espagne se voyait accorder la liberté de commercer sur les côtes guinéennes depuis le delta du Niger jusqu’au cap Lopez, situé au Gabon actuel. En cette année 1778, une expédition partit de Montevideo pour prendre possession de ces territoires. Une expédition menée par le comte d'Argelejos. Mais le peuple de l’île d’Annobón se souleva ne reconnaissant ni la domination portugaise ni celle de l’Espagne ; puis après le débarquement à Fernando Poo (actuelle Bioko), les membres de l’expédition furent touchés par de graves maladies et attaqués par les Bubi, les insulaires de cette île ne reconnaissant eux non plus aucune domination étrangère. Ces derniers événements provoquèrent une mutinerie et l’échec de l’expédition. Pendant de nombreuses années, la colonisation espagnole ne sera pas effective. Ces territoires continuèrent à n’être que des escales à rafraîchissements. Et si quelques navires de Buenos Aires ou de Montevideo s’y arrêtaient, ce furent surtout les navires anglais, portugais, hollandais et français qui les fréquentèrent. Occupation britannique partielle (1827-1845). En 1827, l’Espagne autorise la colonisation de l’île de Bioko par les Britanniques. Santa Isabel (aujourd'hui Malabo), port et cité principale de l’île de Bioko, prend alors le nom de Port Clarence. C’est là qu’est constitué un tribunal destiné à réprimer le trafic d’esclaves. Le climat et les maladies décimèrent de nombreux Espagnols, membres des expéditions successives envoyées sur place à partir de 1830. À partir de 1832 de nombreux Espagnols, voyageurs, scientifiques ou officiels visitent l’île, qui est finalement revendiquée à nouveau par l’Espagne en 1845, année au cours de laquelle Nicolás de Manterola y débarque le premier missionnaire. Retour de l’Espagne (1856-1968). En 1856, l’Espagne fonde officiellement la Guinée espagnole, initialement réduite au domaine maritime des côtes guinéennes, et de son île principale. En 1858 est envoyé le premier gouverneur général de l’île, cette dernière bénéficiant un an plus tard du statut de colonie espagnole. Cependant, le domaine de plus de laissé en Guinée par le Portugal à l’Espagne par les traités de San Ildefonso (1777) et du Pardo (1778) est plus ou moins abandonné, et l’Espagne rencontre bien des difficultés pour faire admettre ses droits de propriété auprès des autres puissances européennes qui viennent s'y installer : la France au Gabon, l'Allemagne au Cameroun et la Grande-Bretagne au Nigeria. L’Espagne envoie un géographe, Manuel Iradier y Bulfy, qui s’emploie à partir de 1884 à ré-annexer les territoires du Rio Muni, en passant des traités avec les chefs locaux. La conférence de Berlin de 1884-1885 sur le « partage de l'Afrique » tourne au désavantage de l’Espagne, qui ne se voit octroyer que , sans compter les dépossessions dont elle fait l’objet sur le terrain de la part de la France. Face à ses récriminations, une commission franco-espagnole est créée, qui aboutit au traité de Paris du qui ne laisse à l’Espagne qu’un territoire de correspondant au Rio Muni, partie continentale de l'actuelle République de Guinée Équatoriale. Les traites négrières sont abolies en 1871, mais le trafic illégal d’esclaves menés par certaines riches familles se poursuivit au-delà, avant d’être remplacé d’abord par le commerce de brandy, d’huile de palme, de bois précieux et de textiles entre Barcelone et la colonie. Pendant la guerre hispano-américaine de 1898, l'occupation militaire américaine de la colonie espagnole est relative, l'intérêt des Américains se portant sur les colonies de l'Espagne, vaincue, hors de l'Afrique : Philippines, Guam, Cuba et Porto Rico. En 1899, les Américains renoncent définitivement à annexer la colonie espagnole du golfe de Guinée, qui avait à leurs yeux des mauvaises infrastructures, des pistes mal entretenues et trop de maladies tropicales endémiques. La colonie était alors peuplée majoritairement de Bubis dans l'île de Fernando Poo et d'Ekangs dans le territoire continental du Rio Muni. Indépendance. Pendant la période franquiste, de 1936 à 1968, la colonie espagnole est assez isolée. La métropole est loin et les échanges sont rares avec les colonies françaises ou anglaises voisines, qui aspirent toutes à l'indépendance. Entre 1939 et 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne franquiste est neutre dans ce conflit mais favorable à l'Axe, tandis que la France libre contrôle l'Afrique-Équatoriale française. La métropole espagnole joue sur les deux tableaux : les ports de la colonie servent de relais ou d'escale aux navires britanniques ou français libres, mais accueillent aussi les sous-marins allemands, à condition que les uns comme les autres n'opèrent pas dans les eaux espagnoles. En cas de rixes entre marins allemands d'une part et britanniques ou français de l'autre, la police coloniale espagnole expulsait les fautifs dans un délai de . Entre 1940 et 1945, les marins allemands envoyaient du courrier en Allemagne, via Malabo ou Santa Isabel. Les déserteurs étaient expulsés et livrés à leurs armées respectives. En 1958 est créé un gouvernement autonome. Dix ans plus tard, en 1968, l’ancienne dépendance autonome de Guinée espagnole accède à une indépendance pleine et entière et prend le nom de Guinée équatoriale. Arrivé au pouvoir le à la suite d’un coup d'État, Teodoro Obiang Nguema se reconduit régulièrement à la tête du pouvoir : C'est un record de longévité politique, hors régime monarchique. Manuel Ruben N’Dongo, un opposant équatoguinéen en exil à Paris, qui dirige le collectif des partis démocratiques d’opposition, résume ainsi l'exercice du pouvoir : « Le pouvoir est aujourd’hui entre les mains d’une dizaine de personnes, toutes proches de la famille du président. Vous avez d’un côté le président Teodoro Obiang, sous l’influence de sa femme dont la volonté manifeste est de propulser à tout prix son fils Teodorin Obiang au sommet de l’État. De l’autre côté, Armengol et le général Mba Nguema, les frères du président, qui considèrent Teodorin comme incapable, voire dangereux ». Le pays, jusqu'alors sans grandes ressources, a bénéficié de la découverte de pétrole dans les eaux territoriales au début des années 1990. Le pays a connu une tentative de coup d'État en 2004. Le père et le fils Obiang sont poursuivis par la justice française sur des biens mal acquis, provenant notamment de détournements de fonds publics. Le fils Teodorin est finalement renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris. Ce procès dit « des biens mal acquis », révélateur du pillage des richesses nationales, aboutit à une condamnation en octobre 2017, en première instance. Pour autant, la population de Guinée équatoriale vit dans des conditions précaires. Bata, seconde ville du pays et capitale économique, a été ainsi privée d'eau courante pendant trois semaines en 2019, sans que les autorités ne s'expliquent sur les difficultés rencontrées. Politique. La Guinée équatoriale est une république présidentielle. La prédominance démographique des Ekangs dans la colonie, ainsi que la dictature de Francisco Macías Nguema (1968-1979) se traduisent par le massacre d'un grand nombre de Bubis dans l'île de Fernando Poo, où ils sont, depuis, très minoritaires. Les mulâtres, les Espagnols et les étrangers en ont aussi été chassés, et les opposants à la dictature qui ont survécu à la répression se sont exilés. Le président actuel est Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, neveu de Macías Nguema. Le pouvoir législatif est exercé par le parlement bicaméral (Chambre des députés et Sénat). Le fonctionnement des institutions est très familial, puisque tous les postes à responsabilité sont détenus par des membres de la famille du président. Le fils ainé du président, Teodoro Nguema Obiang Mangue, déjà vice-président, est vu comme son successeur. Ce pays est souvent qualifié de « démocrature » (dictature sous des oripeaux démocratiques) puisqu'il existe une « opposition légale » contrôlée par la présidence et que l'opposition réelle est réfugiée en Espagne. Son chef, Severino Moto Nsa, a déjà été condamné à plus de de prison par contumace, accusé par le président d'avoir participé à la tentative de coup d’État lancée en 1997 contre lui. Le Parti démocratique de Guinée équatoriale du président Obiang détient 99 des de la Chambre des députés et la totalité de ceux du Sénat. L'opposition est quasi inexistante dans le pays et s'organise depuis l'Espagne principalement au sein de la Convergence pour la démocratie sociale, d'orientation social-démocrate. La plupart des médias sont sous le contrôle de l’État ; les chaines de télévision privées, celles du groupe Asonga, appartiennent à la famille du président. Forces armées. Officiellement "Fuerzas Armadas de Guinea Ecuatorial", elles comprennent un total de actifs et la part du PNB allouée à la défense en 2006 était de 0,1 %. Il faut noter que, dans les années 2000, sept des neuf généraux de l'armée sont de la même famille qu'Obiang, et les deux restants sont de sa tribu. Toutefois, même là, Obiang a peu confiance en son armée pour sa protection individuelle ; ainsi, la garde présidentielle est composée de plusieurs centaines de soldats marocains. Subdivisions. La Guinée équatoriale est divisée en deux régions : la région insulaire et la région continentale. Ces deux régions sont elles-mêmes divisées en provinces, actuellement il y en a sept. Et finalement, ces provinces sont divisées en districts, au nombre de dix-huit. Géographie. Bioko. Cette province comprend les anciennes îles de Fernando Póo et d'Annobón ou Pagalú. Elle a une superficie totale de , dont correspondent à l'île de Bioko elle-même et au territoire d'Annobón. Île de Bioko. Nommée « Isla de Fernando Pó » durant la colonisation espagnole, en l'honneur du marin portugais qui la découvrit, elle se trouve au fond du golfe de Guinée, dans la baie du Biafra, à de la côte africaine, en face du Cameroun. L'aventurier Stanley l'avait surnommée la « perle de l'Atlantique ». Elle a la forme d'un rectangle irrégulier, mesurant du Nord au Sud, avec une largeur moyenne de . À ses angles se trouvent Punta Hermosa (Nord-Est), Punta Europa (Nord-Ouest), Punta Santiago (Sud-Est) et Punta Sagre (Sud-Ouest). Île d'Annobón. Elle est de forme ovale, de et se trouve à de Sao Tomé-et-Principe et à du Gabon. Elle est d'origine volcanique et ne compte que . Elle fut découverte en 1471 par les Portugais, le jour de l'an, d'où son nom ("Anno Bom"), et fut cédée en 1778 à l'Espagne. Économie. Selon le rapport de 2016 de l'Organisation des Nations unies sur le développement humain, la Guinée équatoriale avait un produit intérieur brut par habitant de , l'un des plus hauts niveaux de richesse en Afrique. Cependant, c'est l'un des pays les plus inégaux du monde selon l'indice de Gini et 70 % des habitants vivent avec un dollar par jour. Le pays se situe, en 2021, au rang sur 191 sur l’échelle du développement humain des Nations unies. Les hydrocarbures représentent 97 % des exportations de l’État, qui est membre de l’Organisation des producteurs de pétrole africains. Il affronte, en 2021, sa huitième année de récession, notamment due à la corruption endémique. Démographie. Le recensement de 2015 dénombre . La population en 2020 est estimée par le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies à . Religion. En 2015, 93 % des habitants étaient chrétiens (80 % catholiques). Culture. Langues. Langues officielles. La loi constitutionnelle du 21 janvier 1998, modifiant l'article 4 de la Loi fondamentale, établit que « les langues officielles de la République de Guinée équatoriale sont l'espagnol et le français » et que « les langues autochtones sont reconnues comme faisant partie intégrante de la culture nationale ». De fait, la langue majoritaire de la Guinée équatoriale est l'espagnol, maîtrisé par 87,7 % de la population, souvent comme deuxième langue. L'enseignement de l'espagnol est favorisé par la politique de l'Université nationale de la Guinée équatoriale, qui propose des cours d'espagnol comme langue étrangère pour des ressortissants étrangers installés en Guinée équatoriale, tandis que la possible constitution d'une Académie équatoguinéenne de la langue espagnole est en cours de discussion. En juillet 2007, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a annoncé la décision du gouvernement d'adopter le portugais comme troisième langue du pays, ceci pour devenir membre à part entière de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) où elle est membre observateur depuis 2006. La Guinée équatoriale dépose sa demande formelle d'adhésion à la CPLP en juillet 2010. En 2011, le portugais devient la troisième langue officielle du pays. L'anglais est très présent, surtout sur l’île de Bioko qui n'est pas loin du Nigeria. Le pichi est un créole à base d'anglais, parlé par plusieurs milliers de locuteurs à Bioko. Le fernandino est un créole à base d'anglais et d'espagnol, surtout parlé à Bioko. Il y a environ anglophones, qui vivent surtout sur l’île de Bioko. Le krio est parlé par des immigrants de Sierra Leone. Cas du français. Après son indépendance, l'espagnol était devenu la seule langue officielle de la Guinée équatoriale, bien que la majorité de la population parle le fang. La Guinée équatoriale est enclavée entre deux pays francophones, le Cameroun et le Gabon, faisant eux-mêmes partie d'un grand espace dont le français est la langue officielle. De plus, la Guinée équatoriale est le seul pays hispanophone d'Afrique. Le français a donc été adopté en 1997 comme seconde langue officielle du pays et la présidence utilise aussi bien le français que l'espagnol. Par conséquent, le français est devenu une langue d'apprentissage obligatoire dans le secondaire – . Aujourd'hui le développement de la langue française en Guinée équatoriale est notamment défendu à travers le groupe d'amitié parlementaire France-Guinée équatoriale de l'Assemblée nationale présidé par le député Jacques Valax. La Guinée équatoriale fait partie de l'Organisation internationale de la francophonie ainsi que de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Fête nationale (12 octobre). La fête nationale est l'événement majeur de l'année en Guinée équatoriale. Il s'agit d'une manifestation tournante organisée chaque année dans une ville différente. Tout le pays est mis à contribution pour organiser l'événement. La ville sélectionnée est ainsi rénovée pour accueillir le président, sa cour et les nombreux équatoguinéens venus prêter allégeance au président. Cinéma. Le premier cinématographe est arrivé en Guinée équatoriale en 1904. Au début des années 2000, l'industrie cinématographique était encore presque inexistante en Guinée équatoriale. Cependant, les premiers courts et moyens-métrages équatoguinéens commencent à être réalisés, notamment par Juan Pablo Ebang Esono, avec le court-métrage "No está desnuda" puis le moyen-métrage "Teresa". Par ailleurs, plusieurs documentaires étrangers, principalement espagnols, ont été consacrés au pays, comme "Subvaloradas, sin ser vistas. Voces literarias de Guinea Ecuatorial" (Mischa G. Hendel, 2009) ou "Malabo Barrio X" (Marc Tardiu et Oriol Rivero, 2009). Le film "Marfil" de Rubén Monsuy Ndong Andeme présente l'histoire de l'arrivée du cinématographe en Guinée équatoriale en 1904. Codes. La Guinée équatoriale a pour codes : |
Guyana Le Guyana ( ; ), en forme longue la république coopérative du Guyana (), anciennement Guyane britannique, est le seul État du Commonwealth situé en Amérique du Sud. De plus, il s'agit également du seul État d'Amérique du Sud où la langue officielle est l'anglais. Localisé au nord de l'équateur, mais dans les tropiques, il dispose de côtes sur l'océan Atlantique. Le Guyana est entouré au sud-est par le Suriname, au sud et au sud-ouest par le Brésil et au nord-ouest par le Venezuela. C'est, en superficie, l'antépénultième pays d'Amérique du Sud et il fait partie des plus pauvres. Le Guyana est l'un des deux derniers pays sur le continent américain où la conduite se fait du côté gauche, l'autre étant son voisin, le Suriname. Guyana signifie « terre d'eaux abondantes », dans la langue arawak. Le pays est caractérisé par ses vastes forêts tropicales disséquées par les nombreux fleuves, criques et chutes d'eau, notamment les chutes de Kaieteur sur le fleuve Potaro. Les tepuys du Guyana sont célèbres pour avoir inspiré le roman d'Arthur Conan Doyle "Le Monde perdu", en 1912. La capitale du Guyana, Georgetown, est située sur la côte atlantique et compte environ . Étymologie. Le nom est dérivé de « Guyane », qui signifie « terre de nombreuses eaux » en arawak — une langue autochtone —, en référence aux nombreux cours d'eau de la région. Histoire. Lorsque les premiers Européens sont arrivés dans la région autour de 1500, le Guyana était habité par les Arawaks et les Kalinago. Bien que le Guyana ait été aperçu pour la première fois par Christophe Colomb pendant son troisième voyage en 1498, il n'a pas été colonisé par les Européens avant que les Néerlandais n'y établissent en 1616 trois colonies séparées ; Essequibo en 1616, Berbice en 1627 et Démérara en 1752. Le commandement fut assumé par les Britanniques vers la fin du et les Néerlandais ont formellement cédé le territoire en 1814. En 1831, les trois territoires sont devenus une seule et même colonie britannique connue sous le nom de Guyane britannique. Pendant plus de deux siècles, les traites négrières fournissent en main-d’œuvre les plantations européennes du Guyana. À la suite de l’abolition de l’esclavage, en 1838, les affranchis quittent en masse les plantations de canne à sucre, en dépit des restrictions visant à enrayer ces départs. Les planteurs substituent alors aux anciens esclaves des travailleurs soumis à des contrats asservissants, en provenance pour la plupart d'Inde. L’arrivée de ces dizaines de milliers de travailleurs indiens restreint les capacités de négociation salariale des anciens esclaves noirs et pose les bases d’un antagonisme entre les deux principales composantes ethniques de la population du Guyana. Au début des années 1950, le mouvement pour l'indépendance a réussi à unir la classe ouvrière guyanienne autour du rejet du colonialisme britannique. En 1953, une nouvelle constitution établit le suffrage universel. Les élections d' donnent une majorité au Parti populaire progressiste, jugé trop à gauche par le Bureau des Colonies. Parmi les premières lois du nouveau gouvernement figure l'obligation pour les entreprises de reconnaître le droit syndical. Des troupes sont envoyées et la Constitution est suspendue. Le Bureau des Colonies justifie cette décision en déclarant que . En 1963, le gouvernement progressiste du « ministre en chef » Cheddi Jagan résiste à une tentative de coup d’État qui laisse . La Guyane britannique accède finalement à l'indépendance en 1966 sous le nom de Guyana. En 1974 est créée la communauté Jonestown, à une dizaine de kilomètres de Port-Kaituma, par le révérend Jim Jones. Cette communauté de la secte du Temple du Peuple entre dans l'histoire le par le suicide collectif de dont . Politique. Le pays est membre du Commonwealth, ce qui signifie qu'il s’intègre à un ensemble composé d'États qui sont rattachés à l'Empire britannique par leur histoire, par leur culture. Le Commonwealth établit des règles et une solidarité entre membres. En somme, les pays membres comme le Guyana jouissent d'un réseau politique composé de intergouvernementales, culturelles, professionnelles et de sociétés civiles. Le « chef » (au sens premier, la « Tête » (« "Head" »), sans aucun pouvoir factuel) du Commonwealth est de droit le monarque britannique, actuellement Charles. L'Assemblée nationale de la République coopérative du Guyana pour sa part est le Parlement du pays depuis 1980. Elle est composée de . La Constitution du Guyana dispose que le président de la République du Guyana fait partie de l’Assemblée. Dans les années 1980, une commission internationale relève que les élections sont grossièrement truquées en faveur du Congrès national du peuple. Dans un contexte de guerre froide, ce dernier dispose du soutien des États-Unis. Les élections de 1992, qui portent au pouvoir le Parti populaire progressiste, sont les premières élections libres du pays depuis son indépendance. Subdivisions. Le Guyana est divisé en dix régions : La région comptant le plus d'habitants est le Berbice oriental-Courantyne () et la plus grande est le Haut-Takutu-Haut-Essequibo (). Géographie. Le paysage du Guyana peut être approximativement divisé en trois régions : Les fleuves principaux sont l'Essequibo, le Demerara, le Corentyne et le Berbice. Le climat est tropical, presque équatorial, c'est-à-dire chaud et humide, cependant modéré par les alizés du nord-est le long de la côte. Il y a deux saisons des pluies, la première de mai à la mi-août, la seconde de mi-novembre à mi-janvier. Revendications territoriales. Le Guyana est confronté à deux revendications territoriales par ses voisins : Environnement. Politique environnementale : déforestation. Pendant des années, pour avoir un accès facilité aux mines d’or, on pratiquait la déforestation dans la forêt amazonienne. Maintenant, une des principales causes de déforestation de la zone est la production de papier. Plusieurs acteurs veulent réduire le taux de déforestation, qui demeure cependant relativement bas et plus faible que le taux moyen des autres pays frontaliers (). Économie. En 2017, 41 % des habitants du Guyana vivent sous le seuil de pauvreté, soit avec moins de par jour. Les cultures principales sont le riz, la canne à sucre, le café et les agrumes, alors que les ressources minérales sont principalement la bauxite, le manganèse, l'or et les diamants. Le pays exporte surtout de la bauxite, du manganèse, des pierres précieuses et du rhum, et importe des denrées alimentaires et du pétrole. Le pays détient d’énormes réserves de pétrole, longtemps restées inconnues et inexploitées, au large de ses côtes maritimes. Les experts estiment le gisement découvert à de barils. Les États-Unis se rapprochent du Guyana à la suite de ces découvertes, ce qui conduit en 2020 à la signature d'un accord-cadre visant à renforcer la coopération entre les deux États notamment sur les hydrocarbures et d’autres secteurs de l’économie guyanienne. Démographie. La population du Guyana est de lors du dernier recensement de 2012 et estimée à en 2017. Les habitants du Guyana sont appelés les Guyaniens et Guyaniennes. Ne pas confondre avec les Guyanais et les Guyanaises qui sont les habitants de la Guyane française. Religion. Les évêques du Guyana sont membres de la Conférence des évêques catholiques des Antilles qui se charge en conséquence de représenter les catholiques du Guyana. De plus le diocèse catholique de Georgetown, la capitale du Guyana, regroupe et représente les catholiques de cette région. Enfin les anglicans (qui sont des protestants conservateurs) sont pour leurs part représentés par le diocèse anglican du Guyana. La cathédrale anglicane St.-Georges située à Georgetown est un des plus gros édifice en bois de la planète. Culture. Il s'agit du seul État d'Amérique, avec le Suriname, où on conduit à gauche comme au Royaume-Uni. Principales fêtes. Les principales fêtes du Guyana se décrivent comme suit : Codes. Le Guyana a pour codes : |
Première guerre sino-japonaise La première guerre sino-japonaise ou sino-nippone ( - ) oppose la Chine à l’empire du Japon, à l’origine pour le contrôle de la Corée. Après plus de six mois de succès continus des forces navales et terrestres japonaises, ajoutés à la perte du port de Weihai, les Qing demandent la paix en . La guerre trahit l’échec du mouvement d'auto-renforcement visant à moderniser l’armée impériale chinoise et à repousser les menaces pesant sur sa souveraineté, surtout comparé au succès du Japon après la restauration de Meiji. Pour la première fois, la domination régionale de l’Asie orientale passe de la Chine au Japon. Le prestige de la dynastie Qing, tout comme la tradition classique en Chine, subissent un revers considérable. La perte humiliante de la Corée comme État vassal suscite une importante vague de protestation. En Chine, la défaite précipite une série de changements politiques (réforme des Cent Jours de juin à ) de Kang Youwei, finalement arrêté par l'impératrice douairière Cixi, et révolutions, avec notamment le soulèvement de Wuchang (1911), par Sun Yat-sen. Le conflit est appelé en Chine guerre de Jiawu (), en référence à l’année 1894 nommée d’après le calendrier traditionnel. Au Japon, elle est appelée . En Corée, où une grande partie du conflit a eu lieu, elle est appelée guerre Qing-Japon (, hanja : ). Contexte. Situation du Japon en 1894. Bien que beaucoup plus petit que la Chine, le Japon a connu, durant les années qui ont précédé la guerre, un fort développement économique. Une ère nouvelle, instaurée dès 1868, a transformé le Japon, jusque-là régi par un régime féodal, l’a ouvert aux étrangers et introduit de grands changements : le Japon s’est organisé comme un État moderne, au pouvoir central fort, doté d’un régime parlementaire, d’une presse importante et de structures favorisant le développement de la grande industrie et du commerce extérieur. La modernisation du pays s’est étendue à l’armée, constituée selon le modèle européen, et la marine, en faisant appel à Louis-Émile Bertin, un ingénieur naval français de renommée internationale, s’est dotée d’une flotte puissante qui montrera son incontestable supériorité face à la Chine. Situation de la Chine en 1894. La Chine n’a encore entamé ni sa révolution industrielle, ni ses réformes politiques. L’économie du pays est surtout agricole ; et malgré ses grandes richesses (les céréales, le riz, le mûrier, le thé et le coton), les rendements sont médiocres, la sylviculture très peu exploitée et les méthodes peu perfectionnées. La Chine est encore peu ouverte à l’étranger, malgré la présence de quelques concessions occidentales en zone côtière. À cette époque, la Chine s’oppose également à l’établissement de chemins de fer (une ligne a été construite en 1873, de Shanghai à , mais est rapidement abandonnée à la suite de l’opposition de la population chinoise). De plus, la Chine exerce un protectorat de fait sur la Corée. Situation de la Corée en 1894. Au , la période Joseon est marquée par les invasions mandchoues. Ayant chassé l’occupant, les rois coréens empêchèrent alors tout contact avec les pays étrangers, autre que la Chine mandchoue à laquelle le pays verse alors un tribut. Le terme « "royaume-ermite" » désigne cette période. Cette situation entraîne un certain déclin de la dynastie régnante qui, durant le , ne peut résister aux visées des puissances étrangères, provoquant des tensions sociales importantes. L’intervention des puissances étrangères commence avec l’expédition française en Corée en 1866 et continue avec l’expédition américaine en Corée de 1871. La guerre de 1894-1895 n’est donc pas une surprise, mais l’acte final d’un lent déclin. Guerre de 1894-1895. À partir de 1870 les tensions à propos de la Corée, située entre ces deux pays, s'accroissent. Les Nippons reprochent aux Chinois de diriger et d’influencer la péninsule de manière trop insistante. Plusieurs conflits (1882, 1884) s'achèvent par la convention de Tien-Tsin en 1885 prônant la non-ingérence des deux pays dans la péninsule coréenne. En 1894, à la suite de l’appel du roi de Corée à la Chine pour mater une révolte de paysans, les Nippons utilisent ce prétexte pour intervenir également. Le traité de Tien-Tsin rend obligatoire une consultation diplomatique réciproque en cas d'ingérence de l'un ou de l'autre pays dans la péninsule. Bien qu’avisé de l’intervention chinoise, le Japon dépêche , sous prétexte de vouloir aider la Corée. La guerre, longue de deux années, commence officiellement le août de la même année. Des combats violents entre les deux pays, particulièrement des combats maritimes, se déroulent, principalement sur mer. Ainsi, le , la flotte chinoise fut détruite à l’embouchure du fleuve Yalu. Après mars 1895 et plusieurs défaites militaires, la Chine impériale de la dynastie Qing doit signer le traité de Shimonoseki. Le Japon se retire de la Corée contre le versement d’indemnités, mais colonise l’île de Taïwan, placé sous sa domination jusqu’en 1945. La Chine, très affaiblie, en est réduite à accorder des concessions au Japon, mais aussi aux pays occidentaux. Chronologie des principaux événements. À partir de 1870 : les relations entre la Chine et le Japon se tendent. La pomme de discorde est la Corée, que les Japonais veulent soustraire à l’influence et au contrôle de la Chine. 1874 : le premier conflit a lieu à Formose (Taïwan) : les Japonais attaquent l'île avant de se retirer. : signature de la convention sino-japonaise de Tientsin (, aussi appelée ) par les deux pays. Cette convention oblige ces pays à demander l’accord de l’autre avant d’envoyer des troupes en Corée. : une armée de rebelles, les Donghaks, se dirige vers Séoul. Le gouvernement coréen demande l’aide du gouvernement chinois pour mater la rébellion. : conformément aux obligations de la convention de Tientsin, le gouvernement chinois informe le gouvernement japonais de son opération militaire. : environ japonais et 500 soldats de marine débarquent à Chemulpo (Incheon) en dépit des protestations coréennes et chinoises. : le gouvernement japonais télégraphie au commandant des forces japonaises en Corée, Otori Keisuke, l’ordre de rester en Corée. : le ministre des Affaires étrangères du Japon, Mutsu Munemitsu, rencontre Wang Fengzao (), l’ambassadeur chinois au Japon, pour discuter du futur statut de la Corée. Wang déclare que le gouvernement chinois prévoit de se retirer de la Corée et s’attend à ce que le Japon en fasse autant. Cependant, la Chine nomme également un gouverneur pour s’occuper des intérêts chinois en Corée et pour réaffirmer le statut traditionnel de la Corée en Chine. : la médiation organisée par l’ambassadeur britannique en Chine, entre la Chine et le Japon, échoue. : création d’une flotte japonaise, se composant de presque tous les navires de la Marine impériale japonaise, en vue d’une guerre prochaine. : les troupes japonaises entrent dans Séoul, déposent l’empereur coréen et établissent un nouveau gouvernement pro-japonais, qui annule tous les traités sino-coréens et accorde à l’armée japonaise le droit d’expulser les Chinois de Corée. : les forces chinoises et japonaises s’affrontent à Asan. Les Chinois s’enfuient vers Pyongyang. : la flotte nippone gagne contre la marine impériale chinoise lors de leur affrontement dans la baie d’Asan. : déclaration de guerre entre la Chine et le Japon. : l’armée impériale japonaise se dirige vers Pyongyang, et investit la ville le lendemain. : une bataille entre les flottes nippone et chinoise se déroule sur le fleuve Yalou. Tous les navires chinois sont détruits, sauf les deux cuirassés construits en Allemagne. La victoire des Japonais permet à leur pays de gagner Port-Arthur (Lüshunkou) et la péninsule du Liaodong. : l’armée terrestre japonaise franchit le fleuve Yalou et entre en Mandchourie. : les Japonais prennent la ville de Lüshunkou où ils perpètrent un massacre. : les Chinois réclament l’ouverture de négociations de paix et les premiers pourparlers commencent à Hiroshima. : après la bataille de Weihaiwei (aujourd'hui Weihai, dans la province et péninsule du Shandong), les troupes japonaises avancent vers le Nord de la Chine et le Sud de la Mandchourie. : la bataille de Yingkou est gagnée par les troupes japonaises. : les troupes japonaises envahissent les îles Pescadores (Penghu) et l’île de Taïwan (Formose). : fin de la guerre. Le traité de Shimonoseki est signé. La Chine reconnaît l’indépendance de la Corée, et cède à perpétuité au Japon la péninsule de Liaodong, l’île de Taïwan et les îles Pescadores. La Chine se voit aussi obligée de payer d’importants dommages de guerre au Japon. Traité de Shimonoseki (17 avril 1895). Par ce traité, appelé aussi traité de Maguan (馬關/马关), la Chine, vaincue, s’engage à céder au Japon l’île de Formose (actuellement Taïwan), l’archipel des Pescadores (actuellement Penghu), la presqu’île du Liaodong (avec Port-Arthur (Lüshunkou) en Mandchourie), et à payer une considérable indemnité de guerre. La Chine abandonne également sa suzeraineté sur la Corée, avec laquelle le Japon avait déjà signé un traité d’alliance militaire (1894), avant qu’elle ne devienne un protectorat (1905), puis une province japonaise en 1910. L’ensemble de ces territoires reste sous domination nippone jusqu’à sa défaite en 1945 à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Conséquences et impact international. C’est à la suite du choc de sa défaite dans la guerre contre le Japon de 1894-1895 que la Chine a commencé à se développer. De nombreuses voies ferrées ont été construites (plus de ) et les échanges avec l’extérieur ont été encouragés. Malgré la victoire du Japon, celui-ci n’obtient pas tous les territoires qu’il convoitait et son impérialisme se voit contenu par les pays occidentaux, particulièrement la Russie, qui obtient une partie de la Mandchourie du nord et installera une base navale à Port-Arthur en 1898. La Russie confirme ainsi sa volonté d’occuper des territoires à l’est de la Sibérie et donnant accès à la mer du Japon. Les deux impérialismes, russe et japonais, s’affronteront à nouveau par une guerre en 1904. Aujourd’hui encore la Russie, à l’issue de la défaite japonaise de 1945 occupe des territoires revendiqués par le Japon, dans l'archipel des Iles Kouriles, au nord de la grande ile d'Hokkaido. Le Japon montre ainsi avec cette première guerre (1894–1895) sa puissance économique, sa capacité à s’approprier les découvertes techniques modernes et sa volonté de conquérir des territoires sur le continent chinois. L’impérialisme japonais se manifestera ainsi pendant les cinquante années suivantes jusqu’à la capitulation en 1945 face aux troupes américaines. Ce passé impérialiste japonais a toujours des conséquences aujourd'hui dans les Relations entre la Corée du Sud et le Japon et les Relations entre la Chine et le Japon. L’île de Taïwan est restée sous l’occupation japonaise jusqu’en 1945 et ce contrôle politique et économique est une conséquence directe du traité de Shimonoseki. Voir aussi. Filmographie. Pour une liste plus étoffée voir . |
Gouvernement de Vichy |
Genre musical D'après l'encyclopédie Larousse, le genre musical est un . Le genre musical est un concept sans limites précises, il est compliqué d'établir une liste exhaustive des genres. La dénomination d’un genre peut venir d’une expression qui a marqué une scène musicale (Krautrock), de techniques ou sources sonores utilisées par le genre musical populaire (techno, synthpop), de son origine géographique (Miami bass, UK garage), ou de l’intention que porte le style (rock psychédélique). Un genre musical peut être vocal ou instrumental. Critères pour définir un genre musical. Selon le genre envisagé, diverses caractéristiques matérielles ou humaines peuvent être prises en considération. Source sonore. La source sonore est souvent déterminante pour appréhender un genre : celle-ci définit les instruments, les voix, les formations ou les effectifs de telle ou telle musique. La voix étant un instrument tout à fait particulier (elle réside dans le corps de l'exécutant et permet d'ajouter du texte à la musique, mais aussi des sons vocaux tels que des cris, des râles, des souffles...), la musique vocale et la musique instrumentale généreront des genres musicaux différents. Du point de vue du nombre des interprètes, on peut, par exemple, distinguer : le genre quatuor à cordes (pour quatre solistes), le genre sérénade pour orchestre de chambre (petite formation orchestrale), le genre concerto symphonique (pour orchestre symphonique et soliste). Lieu de destination. Le lieu de destination peut parfois déterminer un genre ou un autre. Il peut s'agir de musique destinée à être jouée en extérieur ou en intérieur et dans des types de lieux variés (type de lieux, dimension, volume, acoustique…). Par exemple, le genre marche militaire est normalement destiné à être joué en plein air, tandis qu'un trio de musique de chambre est plutôt destiné à une salle, de dimension réduite de préférence. Durée des morceaux de musique. La durée moyenne d'une œuvre musicale varie notablement d'un genre à l'autre et peut servir de caractéristique. Par exemple, les morceaux du genre opéra sont généralement plus longs que ceux du genre chanson. Rôle social. Lorsqu'on veut déterminer un genre musical, le critère sociologique est probablement le plus pertinent. Il permet de répondre aux questions suivantes : « à "quoi" sert cette musique ? » (sa fonction), « à "qui" s'adresse-t-elle ? » (quel groupe social) et « "dans quelles circonstances" est-il joué ? ». Ainsi la "musique religieuse" (ou musique sacrée) regroupera certains genres musicaux, tandis que son contraire (la musique profane) en regroupera d'autres. Quelques exemples : musique pour la scène, musique de film, musique de danse, musique militaire, musique funéraire, musique d'ascenseur, jingle, etc. Quelques distinctions. Genre et système musical. Le genre doit ensuite être distingué du "système musical", c'est-à-dire, de l'ensemble des usages propres à telle ou telle pratique musicale : échelles, modes rythmiques, règles d'écriture et aspects techniques divers. En effet, un système de composition peut créer différents genres musicaux. Le système tonal, depuis la fin de la Renaissance jusqu'à nos jours, a imprégné divers genres appartenant aussi bien à la musique instrumentale, à la musique vocale, à la musique sacrée ou à la musique profane. Réciproquement chaque genre peut appartenir à différents systèmes musicaux. Par exemple la musique vocale sacrée est susceptible d'exister dans un très grand nombre de systèmes : homophonie, hétérophonie, musique modale, musique tonale, musique atonale, musique sérielle, musique acousmatique, etc. Genre et forme musicale. Le genre musical doit également être distingué de la forme musicale. En effet, des œuvres musicales appartenant à un même genre peuvent revêtir différentes formes. Par exemple, une mélodie peut suivre la forme binaire (ABABA...), la forme "rondo" (ABACAD...), ou encore, une forme plus complexe et inhabituelle, la forme libre (ABCDE...). À l'inverse, des œuvres musicales appartenant à des genres différents peuvent revêtir la même forme. Par exemple, la forme fugue peut se retrouver dans une messe, dans une pièce pour orgue, dans une ouverture, dans un opéra, etc. Pour désigner le concept qui fait l'objet du présent article, le mot « forme » est souvent employé en lieu et place du mot « genre », ce qui ne manque pas de susciter de regrettables équivoques. Cette confusion provient du fait que dans un contexte donné — une époque, une esthétique, etc. — un genre revêt souvent une forme privilégiée, à tel point que le premier donne son nom au second — ou inversement. Quoi qu'il en soit, les deux concepts ne doivent pas être confondus. De même, le genre sonate est à distinguer de la forme sonate. Si l'emploi du mot « genre » a été retenu ici, c'est, d'une part parce que dans le domaine de la musique, ce mot revêt un sens analogue à celui qu'il reçoit dans d'autres arts — cinéma, littérature, peinture, etc. — d'autre part et surtout, parce que dans ce même domaine, le mot « forme » a déjà d'autres significations, ainsi qu'on vient de le voir. Genre et style musicaux. Allan Moore a répertorié quatre façons d'appréhender la relation entre le genre et le style musical : Les limites du concept. En dépit des distinctions ci-dessus, il n'est pas toujours facile de s'entendre sur la définition exacte de tel ou tel genre : certains ont des frontières floues, d'autres sont inventés par les critiques, tel le post-rock, ou plus récemment encore, le nu metal. Parfois, un nom de genre est susceptible d'évoluer en fonction de l'époque ou du lieu. Par exemple, dans la musique classique, le genre sonate, au , désigne "approximativement" toute pièce musicale exclusivement instrumentale (par opposition à la cantate, pièce essentiellement vocale) ; tandis qu'au , le même mot renvoie plus précisément à un « genre instrumental propre à la musique de chambre, généralement constitué de plusieurs mouvements ». D'autres fois au contraire, plusieurs mots désignent "plus ou moins" un même genre. Par exemple, dans la musique baroque, les termes suite, ordre, cassation et partita renvoient au même genre (avec éventuellement quelques nuances variant selon le compositeur). Les genres musicaux à l’ère d’Internet. Le progrès de la distribution musicale électronique a créé la possibilité d’avoir accès à de très vastes catalogues musicaux, et, en dépit des limites évoquées ci-dessus, a augmenté la nécessité d’une classification cohérente des genres musicaux. En raison de l'incohérence des taxonomies musicales existantes, un projet de global de titres musicaux a été proposé par François Pachet et Daniel Cazaly. Cette proposition a comme objectif celui de décrire et classifier (dans le cadre de la musique occidentale) les titres musicaux (et non pas des albums ou artistes), en suivant les principes d’objectivité, indépendance, similarité et cohérence, en s’appuyant sur une série de descripteurs musicaux. Les créateurs de la plate-forme musicale Gracenote, dont le chercheur Oscar Celma, ont quant à eux répertorié plus de musicaux, qui ont été créés par les labels musicaux pour des raisons de marketing ou bien par les fans (Celma et d'autres parlent alors de "folksonomy", soit de taxonomie musicale créée par de simples auditeurs et non par des musiciens ou des professionnels de l'industrie musicale). Classement des différents genres. Entre les différents genres, le nombre de caractéristiques communes est susceptible de varier. Certains genres sont très éloignés de nature (par exemple, la comédie musicale a peu de points communs avec le psaume) ; d'autres au contraire, peuvent être considérés comme très proches, sinon apparentés (par exemple, la sonate correspond à une évolution de la suite). Classification des genres. Une classification arborescente peut être opérée par exemple en adoptant la classification suivante : Autres classements possibles. Le format ID3 propose aussi une liste de genre musicaux. Musique de la Grèce antique. Le mot genre revêt un sens tout à fait spécifique dans le domaine de la musique de la Grèce antique. Dans ce contexte, le terme désigne alors une division particulière de chaque tétracorde constitutif d'une échelle musicale. Un tétracorde est la succession de quatre degrés conjoints — par exemple : mi, ré, do, si. Parmi ces degrés — qui correspondent aux quatre cordes de la lyre — les degrés extrêmes — mi et si dans notre exemple — sont fixes, tandis que les degrés intermédiaires — ré et do dans notre exemple — sont mobiles. Une gamme est donc composée de deux tétracordes consécutifs — « mi, ré, do, si » et « la, sol, fa, mi », par exemple — séparés par un ton, appelé « disjonction » — « si, la » dans notre exemple. Le genre diatonique divise chaque tétracorde de la manière suivante, de l'aigu au grave : deux tons (9/8) et un demi-ton diatonique ou "limma" (256/243). Il y a par exemple : « mi, ré, do, si ». C'est le seul genre dont la musique occidentale ait hérité, et qui est à la base de l'échelle diatonique pythagoricienne. Le genre chromatique divise chaque tétracorde de la manière suivante, de l'aigu au grave : tierce mineure (32/27), demi-ton chromatique ou "apotome" (2187/2048) et demi-ton diatonique ou "limma" (256/243). Il y a par exemple : « mi, doformula_1, doformula_2, si ». Le genre divise chaque tétracorde de la manière suivante, de l'aigu au grave : tierce majeure (5/4 ou 81/64, selon les théoriciens) et deux "diésis", équivalent approximativement au quart de ton (selon les théoriciens : 36/35, 28/27, 39/38, 40/39, 31/30, 32/31...). Il y a par exemple : « mi, do, xx, si » — la note xx est à mi-chemin entre do et si. |
George Orwell George Orwell , nom de plume d’Eric Arthur Blair, né le à Motihari (Inde) pendant la période du Raj britannique et mort le à Londres, est un écrivain, essayiste et journaliste britannique. Son œuvre porte la marque de ses engagements, qui trouvent eux-mêmes pour une large part leur source dans l'expérience personnelle de l'auteur : contre l'impérialisme britannique, après son engagement de jeunesse comme représentant des forces de l'ordre colonial en Birmanie ; pour la justice sociale et le socialisme, après avoir observé et partagé les conditions d'existence des classes laborieuses à Londres et à Paris ; contre les totalitarismes nazi et stalinien, après sa participation à la guerre d'Espagne. Il est membre du Syndicat national des journalistes et du Parti travailliste indépendant. Témoin de son époque, Orwell est dans les années 1930 et 1940 chroniqueur, critique littéraire et romancier. De cette production variée, les deux œuvres au succès le plus durable sont deux textes publiés après la Seconde Guerre mondiale : "La Ferme des animaux" et surtout "1984", roman dans lequel il crée le concept de , depuis passé dans le langage courant de la critique des techniques modernes de surveillance et de contrôle des individus. L'adjectif « orwellien » est également fréquemment utilisé en référence à l'univers totalitaire imaginé par cet écrivain britannique. Biographie. Une éducation anglaise. George Orwell naît le à Motihari, dans l'actuel État de Bihar, en Inde sous l'ancienne présidence du Bengale, dans une famille appartenant à la moyenne bourgeoisie britannique. Il est le fils de Richard Wellesley Blair, un fonctionnaire de l'administration des Indes chargé de la Régie de l'opium (le commerce de l'opium, essentiellement en direction de la Chine, est à l'époque un monopole d'État) et d'Ida Mabel Blair, née Limouzin (1875-1943). Née en Angleterre, Ida Mabel Limouzin a vécu en Birmanie, où son père, Francis Limouzin, un Français natif de la région de Bordeaux, a prospéré dans le négoce de bois. George Orwell a deux sœurs, Marjorie (l'aînée) et Avril (la cadette). Il arrive en Grande-Bretagne en 1904 en compagnie de sa mère et de sa sœur. Eric ne revoit son père qu'en 1907, lors d'une permission de trois mois accordée à ce dernier, qui ne rejoint définitivement sa famille qu'en 1911, après sa mise à la retraite. À cette époque, le jeune Eric Blair est déjà pensionnaire de la ' St Cyprian (Eastbourne, East Sussex), qui lui inspire bien plus tard, dans les années 1946-1947, un récit, qu'il présente comme autobiographique, publié seulement après sa mort, ' ("Tels, tels étaient nos plaisirs"). Il y décrit quel ont été pour lui ces années d'internat. Eric Blair est néanmoins un élève brillant et travailleur (il passe auprès de ses camarades pour un ), que ses maîtres motivent en lui rappelant que c'est à une bourse qu'il doit son admission à St Cyprian. Signe de son excellence scolaire, Blair obtient une bourse au collège d'Eton, la plus réputée des ', où il étudie de 1917 à 1921 avec notamment Aldous Huxley comme professeur de français. Orwell garde un assez bon souvenir de ces années, durant lesquelles il travaille peu, passant graduellement du statut d'élève brillant à celui d'élève médiocre, et faisant montre d'un tempérament volontiers rebelle (rébellion qui semble-t-il n'est aucunement liée à des revendications d'ordre politique ou idéologique). À cette époque, il a deux ambitions : devenir un écrivain célèbre (il écrit des nouvelles et des poèmes dans une revue du ') et retourner en Orient, qu'il connaît surtout par l'intermédiaire des souvenirs de sa mère. Au service de l'Empire. La (relative) prospérité de la famille Blair est étroitement liée à l'impérialisme britannique : outre son père, on peut citer Charles Blair, l'arrière-grand-père paternel du futur George Orwell (propriétaire d'esclaves en Jamaïque) ou encore son grand-père maternel (marchand de teck en Birmanie). Aussi, même s'il s'agit d'une peu glorieuse conclusion à une scolarité effectuée dans d'aussi prestigieux établissements, est-ce donc tout naturellement que le jeune Eric Blair endosse l'uniforme et retourne aux Indes en 1922 pour devenir sergent dans la police impériale en Birmanie. La situation sur place est à ce moment, sinon toujours explosive, du moins souvent tendue entre les Birmans et leurs colonisateurs : le nationalisme birman prend alors son essor, marqué par plusieurs mouvements de grève, en général violemment réprimés. La mission des Britanniques est, selon le mot d'un ancien gouverneur adjoint de Birmanie, de . Orwell qualifie plus tard son temps de service comme ayant consisté en . Après avoir effectué ses neuf mois réglementaires à l'école d'entraînement de la police, il connaît six lieux d'affectation différents, en général peu reluisants (notamment Moulmein). Il laisse l'image d'un grand jeune homme taciturne et solitaire, occupant la majeure partie de son temps libre à la lecture. Parmi les anecdotes concernant cette période, il aurait un jour assisté à une exécution capitale, ce qui lui inspire l'essai "Une pendaison", . On ne connaît pas non plus avec certitude le détail de l'évolution intérieure qui le fait passer de l'ennui au dégoût de sa fonction comme rouage de l'administration coloniale. Mais il est permis de penser que ces propos de Flory, l'antihéros de "Une histoire birmane", ne doivent pas être très éloignés de ce que pense le fonctionnaire de police Eric Blair vers 1927 : . Quoi qu'il en soit, à la fin de l'année 1927, il jette l'éponge : arguant de raisons de santé (sur lesquelles nous ne savons rien), il rentre en Angleterre et donne sa démission. Il annonce alors à sa famille qu'il a décidé de se consacrer à l'écriture. Tout au long des 22 ans qu'il lui reste à vivre, il reste un ennemi déclaré de l'impérialisme britannique. Des débuts d'écrivain difficiles. Eric Blair semble n'avoir guère eu de dons particuliers pour l'écriture, si l'on en croit le témoignage de ceux qu'il fréquente à l'époque : il travaille donc d'arrache-pied, écrit des poèmes, quelques nouvelles, et multiplie les ébauches de romans. En parallèle, à l'automne 1927, il explore les bas-fonds londoniens, enquêtant sur les conditions de vie des plus démunis, les suit sur les routes et dans les sinistres asiles de nuit : il espère en tirer la matière d'un ouvrage sur les conditions de vie des pauvres. Il tente par là d'exorciser la culpabilité qui le ronge d'avoir en Birmanie. Au printemps 1928, il décide d'aller s'installer à Paris (où vit l'une de ses tantes) pour écrire. Il y reste 18 mois, au cours desquels nous ne savons pas grand-chose de sa vie, si ce n'est qu'à l'automne 1929, à court d'argent et après avoir donné quelques leçons d'anglais, il fait la plonge durant quelques semaines dans un hôtel de luxe de la rue de Rivoli. Durant cette période, il publie épisodiquement des articles dans des journaux communistes (tel que "Monde", revue fondée et dirigée par Henri Barbusse). Il s'agit de ses premiers textes publiés, parus directement en français et signés Eric Blair (le pseudonyme George Orwell n'apparaîtra qu'en 1933) dont le tout premier s'intitule « La censure en Angleterre ». Il retourne en Angleterre en , juste à temps pour passer les fêtes de Noël avec sa famille. Fauché, n'ayant rien publié de prometteur, sa santé mise à mal par une pneumonie contractée l'hiver précédent, l'équipée parisienne apparaît comme un "fiasco" intégral. Il reprend son exploration des bas-fonds de la société britannique au printemps suivant, partageant la vie des vagabonds et des clochards, tantôt quelques jours, tantôt une semaine ou deux. Mais il est contraint de mettre un terme à ses expéditions quelques mois plus tard : il n'a plus les moyens financiers de poursuivre ses vagabondages. Il se décide à accepter un poste d'enseignant dans une école privée, dans une petite ville où il s'ennuie (Hayes, dans le Middlesex). Il en profite pour achever "Dans la dèche à Paris et à Londres", qui paraît au début de l'année 1933. C'est à cette occasion qu'il prend le pseudonyme de George Orwell. Même si les critiques sont bonnes, les ventes sont médiocres. Qui plus est, l'éditeur d'Orwell, Victor Gollancz, craint le procès en diffamation pour "Une histoire birmane" dont la rédaction est achevée à l'automne 1934 et qui, pour cette raison, est tout d'abord publié aux États-Unis puis, avec quelques changements de noms, en Angleterre en 1935. À cette période, Orwell s'enthousiasme pour l"Ulysse" de James Joyce et contracte une nouvelle pneumonie, qui l'oblige à abandonner sa charge d'enseignant (ou plutôt, qui l'en libère). À la rencontre du prolétariat. À la fin de l'automne 1934, Orwell termine dans la douleur la rédaction de son deuxième roman, "Une fille de pasteur", dont il se montre peu satisfait : . Là encore, la précision des références à des lieux et des personnages réels fait craindre à Victor Gollancz que l'ouvrage ne soit poursuivi en diffamation. Il se décide toutefois à le publier, assorti de corrections mineures, au début de l'année 1935. Entre-temps, Orwell s'est installé à Londres, où il trouve un emploi à la librairie , dans le quartier d'Hampstead, . Il rencontre Eileen O'Shaughnessy, qu'il épouse en . Orwell a auparavant publié un autre roman, , selon Bernard Crick, "Et vive l'Aspidistra !" Il se rend aussi dans le Nord de l'Angleterre où, pour honorer une commande que lui a passée l'éditeur Victor Gollancz, il étudie les conditions de vie des mineurs des régions industrielles. Il tire de ce reportage un livre, "Le Quai de Wigan", qui sera publié alors qu'Orwell est en Espagne. Très polémique dans sa seconde partie, dans laquelle l'auteur analyse les raisons de l'échec de la gauche à gagner les classes laborieuses à la cause socialiste, il paraît avec une mise au point hostile de Victor Gollancz qui, initiateur du projet, se désolidarise de son aboutissement. Cette rencontre avec le prolétariat des régions minières marque surtout la d'Orwell à la cause socialiste. Celle-ci survient brutalement, comme une évidence, face au spectacle de l'injustice sociale et de la misère du prolétariat anglais. Orwell en Espagne. Courant 1936, alors que la guerre d'Espagne, qui met aux prises les républicains avec la tentative de coup d'État militaire menée par Francisco Franco, fait rage, Orwell est décidé à se rendre en Espagne afin d'écrire quelques articles pour les journaux, mais aussi de se battre. Orwell et son épouse quittent Londres le et s'arrêtent une journée à Paris, où Orwell rend visite à Henry Miller, qui tente en vain de le dissuader de son projet. Ils prennent ensuite le train pour Portbou, à la frontière espagnole. Le , ils arrivent à Barcelone et rejoignent, par l’intermédiaire du Parti travailliste indépendant (, ILP), qui leur a remis des lettres de recommandation, les milices du Parti ouvrier d'unification marxiste (, POUM). À son arrivée à Barcelone, il est fasciné par l'atmosphère qu'il y trouve, lui qui l'année précédente se désolait de ne pouvoir rompre la barrière de classe qui sépare le bourgeois qu'il est de ces prolétaires qu'il était allé rencontrer, empêchant toute rencontre véritable entre les uns et les autres. Il découvre une société dans laquelle cette barrière, à ce qu'il lui semble, est en train de s'effondrer. Les milices du POUM, notamment, dans lesquelles il est nommé instructeur (grâce à l'expérience acquise dans ce domaine lors de ses années birmanes), lui apparaissent comme étant . Son épouse Eileen travaille également au POUM avec les militants américains Charles et Lois Orr. Après avoir passé quelque temps sur le front d'Aragon, Orwell retourne à Barcelone, où il participe aux « troubles de mai » qui opposent les forces révolutionnaires au gouvernement catalan et au Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC) et qui verront la victoire de ces derniers. Il retourne au front, où il est blessé par balle à la gorge. Démobilisé, contraint de quitter clandestinement l'Espagne pour ne pas être arrêté (le Parti ouvrier d'unification marxiste, dénoncé comme un « parti fasciste » par la propagande du PSUC, est déclaré illégal le ), Orwell et son épouse gagnent la France en , via Perpignan. Orwell y retrouve Fenner Brockway, le secrétaire général du Parti travailliste indépendant, avec qui il discute toute la nuit. Alors que Brockway se rend à Barcelone le lendemain, Orwell part se reposer trois jours à Banyuls-sur-Mer. Il y entame la rédaction pour un journal anglais d'un article intitulé « Les pieds dans le plat espagnol ». À son retour à Londres début juillet, Orwell est atterré par la manière dont les intellectuels de gauche (en particulier ceux qui appartiennent au parti communiste ou en sont proches) rendent compte de ce qui se passe en Espagne, notamment par les calomnies répandues sur le compte du POUM, systématiquement accusé d'être soit une organisation fasciste, soit une organisation manipulée par les fascistes : c'est dans l'optique de rétablir la vérité quant aux événements dont il a été témoin qu'il écrit un article dans le mensuel du Parti travailliste indépendant (traduit en en français dans la revue "La Révolution prolétarienne"), puis qu'il entreprend de rédiger son "Hommage à la Catalogne" qu'il fait paraître, avec quelques difficultés, en . À partir de ce moment, écrira-t-il en 1946, . Dans cette perspective, il se décide à adhérer au Parti travailliste indépendant (ILP) au mois de , estimant que . Le patriotisme révolutionnaire. Alors que la menace d'un nouveau conflit européen se fait de plus en plus précise, Orwell défend une position antiguerre et critique l'insuffisance de l'antifascisme des : cette guerre ne servirait, selon lui, qu'à renforcer les impérialismes européens, qui ont beau jeu de se présenter, face à la menace fasciste, comme des démocraties, alors qu'ils exploitent sans vergogne . Quelques mois plus tard, pourtant, il change radicalement de position sur le sujet : alors que le parti communiste (qui appelait auparavant à la lutte contre les dictatures fascistes) se découvre pacifiste à la suite du Pacte germano-soviétique, Orwell découvre que, dans le fond, il a toujours été un patriote. Il distingue cependant le patriotisme du nationalisme et l'oppose au conservatisme. De ce fait, il s'éloigne de l'ILP, qui persiste dans le pacifisme et s'oppose à l'engagement dans le conflit. Contrariant le désir qu'il avait de s'engager dans l'armée, sa faible santé le fait réformer. Malgré celle-ci, il s'engage en 1940 dans la (milice de volontaires organisée par l'État et créée dans le but de résister à l'invasion nazie dans le cas où les Allemands parviendraient à débarquer en Grande-Bretagne). Par ailleurs, en 1941, il est engagé comme producteur à la , diffusant émissions culturelles et commentaires de guerre à destination des Indes. Parallèlement à ces activités, Orwell envoie entre 1941 et 1946 seize articles (« Les Lettres de Londres ») à la revue américaine d'inspiration trotskiste "". En effet, le patriotisme dont il fait preuve depuis le début de la guerre ne lui a pas pour autant fait abandonner ses aspirations révolutionnaires. Bien au contraire, il estime que la victoire du Royaume-Uni sur les dictatures fascistes passera nécessairement par la révolution sociale en Grande-Bretagne, révolution dont il voit les signes avant-coureurs dans le mécontentement croissant des classes populaires face aux privations dues à l'état de guerre (qui ne frappent pas les couches supérieures de la société) et aux revers militaires de l'armée britannique, revers causés selon lui par l'incurie des dirigeants militaires et politiques. De ce point de vue, la lui apparaît comme étant ce peuple en armes qui renversera, au besoin par la force, le pouvoir en place avant de défaire les armées hitlériennes (il développe ces points de vue dans son essai intitulé "Le Lion et la Licorne", qui paraît en 1941 dans la collection « », dont il est le cofondateur). En 1941, il imagine un programme en six points dans un petit essai intitulé "Le Lion et la licorne". S'il défend la liberté religieuse, il se prononce aussi pour la séparation de l’Église et de l’État. Il se montre par ailleurs extrêmement critique à l'égard de l'impérialisme et du racisme : En 1940, il rapporte avoir entendu là-bas des « théories raciales » aussi « imbéciles » que celles des nazis. En novembre 1943, Orwell démissionne de son poste à la . Il devient alors directeur des pages littéraires de "Tribune", l'hebdomadaire de l’aile gauche du parti travailliste, et entame la rédaction de "La Ferme des animaux". Il espère que le combat du peuple britannique contre l'Allemagne nazie débouche sur une révolution. D'après l'éditeur Thierry Discepolo, Orwell défendait la notion de "" (« honnêteté commune ») : Les dernières années. Orwell achève l'écriture de "La Ferme des animaux" en . L'ouvrage ne paraît qu'un an plus tard, en . Entre-temps, le livre est refusé par quatre éditeurs : la mise en cause radicale de l’URSS semble prématurée, à un moment où la guerre contre l'Allemagne hitlérienne n'est pas terminée. En 1945 toujours, Orwell, qui a démissionné de son poste au "Tribune", devient envoyé spécial de "" en France et en Allemagne, où il est chargé de commenter la vie politique. Il est à Cologne, en mars, lorsqu'il apprend que sa femme, atteinte d'un cancer, vient de mourir. Il rentre à Londres et entame la rédaction de ce qui va devenir son œuvre la plus célèbre : "1984". En parallèle, à partir d', il devient vice-président du (présidé par le poète anarchiste Herbert Read), qui s'est fixé pour tâche de . Orwell soutient le comité jusqu'à sa dissolution en 1949. En cette même année 1949, il publie "1984", qu'il a achevé à la fin de l'année précédente sur l'île de Jura (Écosse). Il s'y improvise aussi fermier, s'entourant d'une vache et de quelques oies, tout en faisant état de ses inquiétudes quant à l'avenir de la planète . Il épouse en secondes noces Sonia Brownell le , alors que, gravement malade de la tuberculose, il a été admis le mois précédent à l' de Londres, où il prend des notes en vue d'un futur roman. Il y meurt le . Orwell est enterré dans le petit cimetière de l'église de Sutton Courtenay, près d'Abingdon dans l'Oxfordshire, bien que n'ayant aucun lien avec ce village. Il a pourtant laissé comme instructions : Mais son décès ayant eu lieu au centre de Londres et aucun des cimetières londoniens n'ayant assez de place pour l'enterrer, sa veuve, Sonia Brownell, craignant que son corps ne soit incinéré, a demandé à tous ses amis de contacter le prêtre (anglican) de leur village d'origine pour voir si leur église disposerait dans son cimetière d'une place pour l'y enterrer. C'est ainsi qu'il a été, par pur hasard, inhumé à . Sur sa tombe, ces simples mots : Sans aucune mention ni de ses œuvres, ni de son nom de plume « George Orwell ». Après sa mort, sa veuve fait publier une collection de ses articles, essais, correspondances ainsi que quelques nouvelles sous le titre de "" (1968). Vie privée. Eric Blair rencontre au printemps 1935, ils se marient en juin 1936 et adoptent un enfant en juin 1944, prénommé Richard. Eileen meurt en mars 1945. George Orwell se remarie alors avec en octobre 1949, trois mois avant sa mort. Postérité. Dans les années 1950, la presse française fait peu référence à George Orwell. Son décès ne passe cependant pas complètement inaperçu : outre le journal "Le Monde", qui publie un (très bref) article, le journal "Combat" fait paraître le un texte favorable, puis "Le Libertaire" publie deux articles en février qui saluent à la fois l'écrivain et le militant socialiste. Par la suite, des années 1980 aux années 2000, Orwell est l'objet d'une quarantaine d’essais et est abondamment cité par la presse. À l'approche de l'année 1984, "Le Monde" écrit autant sur Orwell en 1982-1983 qu'au cours des trente années précédentes. Le rythme baisse par la suite mais, à partir de 1995, il est de nouveau fréquemment cité, et plus que jamais dans les années 2010. En janvier 2008, le "" le classe deuxième dans sa liste des . Polémique posthume. Orwell contre les « cryptocommunistes ». Le , un article publié dans le quotidien anglais "" révèle que George Orwell a livré en 1949 une liste de noms de journalistes et d'intellectuels « cryptocommunistes », « compagnons de route » ou « sympathisants » de l'Union soviétique à une fonctionnaire de l' (une section du ministère des Affaires étrangères britannique liée aux services de renseignements), Celia Kirwan. La réalité de cette collaboration est prouvée par un document déclassifié la veille par le . L'information est relayée en France principalement par les quotidiens "Le Monde" (12 et ) et "Libération" (). Le public français apprend ainsi que l'auteur de "1984" ("Le Monde", ). Dans son numéro d', le magazine "L'Histoire" va plus loin encore, expliquant qu'Orwell aurait organisée contre les intellectuels communistes par le . Ces articles français oublient de mentionner plusieurs informations essentielles. D'abord, Kirwan, belle-sœur de l'écrivain Arthur Koestler, était une amie intime d'Orwell, dont elle avait repoussé la demande en mariage en 1945, alors que l'écrivain était veuf depuis quelques mois. Ensuite, la remise des informations a eu lieu à l'occasion d'une visite de Kirwan à Orwell, peu avant la mort de ce dernier, qui était déjà dans un sanatorium. Kirwan lui confie alors qu'elle travaille pour un service gouvernemental chargé de recruter des écrivains et des intellectuels susceptibles de produire de la propagande antisoviétique. Orwell, après lui avoir donné les noms de quelques personnes de sa connaissance lui paraissant aptes à être recrutées, propose de lui indiquer, à titre privé, les noms d'autres personnes qu'il est inutile d'approcher, en raison de leurs convictions politiques (lesquelles sont souvent de notoriété publique). La fameuse liste, rendue publique en 2003 confirme ce qui précède. Bernard Crick signale que Simon Leys répond à cela que la liste établie pour Kirwan ne l'est pas uniquement en fonction de critères politiques, mais signale également des individus dont il est inapproprié de solliciter la collaboration en raison de leur ou de leur . Dans sa biographie politique d'Orwell, John Newsinger mentionne que l'auteur a manifesté à plusieurs reprises, à la fin des années 1940, son hostilité à toute tentative d'instaurer un . Il indique aussi que, . Année 1949. L'année 1949 est aussi l'une des plus terribles de la guerre froide. Staline est vieillissant et sa paranoïa ne cesse de s'aggraver ; l'URSS a mis au point l'arme atomique et termine son processus de satellisation des pays d'Europe de l'Est ; la guerre de Corée est sur le point de débuter ; et le Royaume-Uni grouille d'espions du NKVD (notamment les fameux Cinq de Cambridge). Orwell, lui, très loin des sympathies soviétiques d'une partie de l'intelligentsia occidentale, a pu voir pendant la guerre civile espagnole le stalinisme au pouvoir à Barcelone, lors de la répression du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM, proche du trotskisme) dont il était proche. Le détail de cette affaire se retrouve dans le pamphlet "Orwell devant ses calomniateurs", publié en 1997 par L'Encyclopédie des nuisances et les éditions Ivrea. De manière plus succincte, Simon Leys aborde la question dans la réédition de son essai "Orwell ou l'horreur de la politique" (2006) en concluant : À la marge. Orwell à Eton. Aldous Huxley, le futur auteur du "Meilleur des mondes", enseigna brièvement le français à Eton (en remplacement d'un professeur titulaire parti à la guerre), où parmi ses élèves figurait le futur auteur de '1984'. Apparemment, Orwell appréciait Huxley, qui leur apprenait , se souvient Steven Runciman (ami et condisciple d'Orwell à cette époque), qui ajoute qu'il était Cela énervait passablement Orwell, . Runciman conclut cependant que les cours dispensés par Aldous Huxley ne furent pas inutiles aux jeunes gens : Huxley discutera la différence entre les perceptions d'un futur totalitaire illustrées dans "Le Meilleur des mondes" et "1984" dans l'essai "Retour au meilleur des mondes" (1958). Manifeste contre la langue de bois. Dans un manifeste intitulé ' (1946), Orwell a critiqué la presse britannique pour son style ampoulé (') et sa dilection pour les mots détournés de leur sens premier, tout cela concourant à brouiller le sens des idées. Selon Orwell, les gens de lettres devraient s'en tenir à une langue dépouillée (""), éviter les euphémismes, les allusions et les tournures interro-négatives. Orwell y vise essentiellement le discours politique qui, selon les propres mots de l'auteur, Pour illustrer son propos, Orwell cite cinq auteurs fautifs ; puis il propose une ré-écriture d'un verset de l'Ecclésiaste en « cet anglais moderne de la pire espèce ». Il formule en conclusion de son article six règles qui, quoiqu'elles n'empêchent pas absolument les discours fumeux, serviront de guide aux auteurs sincères : Orwell et l'espéranto. Selon une publication par un membre du centre d'espéranto de Londres en 1984, qui serait en partie vraie et en partie mythique, Orwell n'aurait pas apprécié l'espéranto et l'aurait utilisé comme modèle pour la novlangue de son roman "1984". Une affaire ayant eu lieu pendant la jeunesse d'Orwell pourrait avoir eu une certaine importance. En 1927, quand Orwell visita sa tante Nellie Limouzin, celle-ci logeait avec le fameux espérantiste Eugène Lanti. Limouzin et Lanti utilisaient l'espéranto à la maison. L'espéranto comme source de la novlangue demeure douteux. Le but de la novlangue fut clairement défini par Orwell comme appauvrissement de la langue pour empêcher toute critique contre le système (selon l'idée que l'on ne peut concevoir quelque chose que si on peut l'exprimer). Cela diffère totalement de l'espéranto, dont la possibilité d'associer racines et affixes multiplie, au contraire, le nombre de mots, et en conséquence nuance presque sans limite les manières de s'exprimer. L'origine de la novlangue tient surtout à la connaissance par l'auteur du terrorisme politique, médiatique et linguistique des empires hitlérien et stalinien. Il en avait recueilli des témoignages directs par l'intermédiaire de ses amis de la gauche travailliste et du POUM en Espagne. Hitler par exemple préconisait un enseignement de l'allemand pour les peuples slaves et juifs limité uniquement à la compréhension des ordres donnés dans cette langue. Œuvre. "" (vingt volumes), première édition des œuvres complètes d'Orwell sous la direction de Peter Davison, a été achevée de publication en Angleterre en 1998. En 2020, en langue française, il entre dans la Bibliothèque de la Pléiade dans un tome qui regroupe certains de ses ouvrages sous le titre "Œuvres". Romans et récits. Les éditeurs français ne sont mentionnés que si les textes n'ont pas fait l'objet de plusieurs traductions différentes. Adaptations. Plusieurs des romans et nouvelles de George Orwell ont été adaptés pour le cinéma, la télévision et la musique après sa mort : Voir aussi. Bibliographie. Ouvrages en français |
Gérard Manset Gérard Manset, né le à Saint-Cloud, est un chanteur , auteur-compositeur-interprète. Il est par ailleurs peintre, photographe et écrivain. Enfance, formation et vie privée. Né d'un père ingénieur dans l'aviation et d'une mère violoniste, Gérard Manset passe son enfance dans la banlieue parisienne, à Saint-Cloud, puis dans le arrondissement de Paris. Il échoue au baccalauréat à cause d'une mauvaise note en français. En 1964, il est lauréat du concours général (en dessin), et entre à l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Le Salon d'automne l'accueille dans sa section « gravure » en 1966, année pendant laquelle il expose également au Salon des artistes français. Parallèlement, il démarche des agences de publicité avec ses dessins, sans résultat. Il commence à jouer de la guitare, s'intéresse aussi à la batterie. Puis il emprunte à sa sœur sa méthode de piano, et commence seul l'apprentissage de cet instrument. Il est père de deux filles. Parcours artistique. Les premiers disques. À cette époque, il a déjà écrit quelques chansons pour d'autres artistes français et québécois mais, n'aimant pas sa voix, se pense plus auteur et compositeur qu'interprète. Éconduit par plusieurs maisons de disques, il décide en 1968 de produire lui-même son premier 45 tours, "Animal on est mal" : Pathé Marconi sort le titre en mai 68, au moment du mouvement protestataire. Dans ces circonstances peu favorables, le nombre d'exemplaires vendus est minime. Pourtant, son passage en boucle à la radio, pour cause de grève radiophonique, permet de repérer ce nouveau talent. Quelques mois plus tard, toujours en 1968, sort son premier album. Certains ont pu y déceler une sorte de recherche mystique (de "Je suis Dieu" à "On ne tue pas son prochain"). Le disque obtient un succès d'estime, et il sera réédité en 1971. L’année 1969 est marquée par plusieurs collaborations de Gérard Manset avec d’autres artistes : - Il écrit l'intégralité des textes de l'album "Chimène" de René Joly (qui signe les musiques) et s'occupe aussi des arrangements de l'album. Le titre "Chimène" est un succès durant l'été, et sera repris en 2003 par Jeanne Mas sur son album "Les Amants de Castille". - Dick Rivers décide de s'associer à lui pour "L'Interrogation", un concept-album en forme de comédie musicale avec formant un orchestre symphonique, dirigé par Paul Piot. Dans cet album, devenu culte avec le temps, Gérard Manset écrit et déclame les textes, une partie des chansons est écrite par Bernard Ilous et Alain Le Govic. Cependant, ce disque désarçonne les fans de Dick Rivers par la variété des styles musicaux abordés : bossa nova et flamenco dans "La Couleur de l’amour" et "La Ville nue" ; blues dans "Le Condamné (au matin)" ; folk dans "J’aime une fille.". En 2016, lors de la réédition de l'album, Dick Rivers dit que c'est celui dont il est "« le plus fier »". L’année suivante, en 1970, "La Mort d'Orion", un oratorio rock-symphonique aux arrangements élaborés, révèle l'originalité de Gérard Manset. Les parties de cordes très développées confèrent à l'enregistrement un certain lyrisme. Vendu (à l'époque) à , nombre remarquable pour un album de ce genre, c'est l'un des premiers concepts-albums français, à l'instar des Anglo-Saxons Pink Floyd ou Beatles. Il compose la même année le générique de la série "Rendez-vous à Badenberg" pour l'ORTF. En 1972, sa nouvelle production, qui porte le titre "Manset" (avec, au verso de la pochette, la mention « Gérard »), va être à l'origine du « mythe Manset ». Surnommé parfois "Long long chemin" ou "l'album blanc" (en référence aux Beatles), on y trouve de longues plages aériennes, toutes reliées entre elles : "L'Oiseau de Paradis", "Donne-moi" et "Jeanne", par exemple, qui forment la face 2 de ce 33 tours, jamais réédité en CD à ce jour. À cette époque, Manset est un des rares auteurs-compositeurs-producteurs à posséder son propre studio d'enregistrement. Il y produira de nombreux artistes, dont William Sheller ("Couleurs") ou Ange ("Tout feu, tout flamme"). Premier tournant. Le titre "Il voyage en solitaire", en 1975, marque un tournant dans cette œuvre naissante et pourtant déjà riche et variée. En effet, le 45 tours se vend à presque et figure en bonne place parmi les plus grands succès de l'époque. Ce succès dérange l'artiste, qui ne voit pas sa médiatisation d'un bon œil. En réaction, il enregistre en 1976 l'album "Rien à raconter". Le titre "Il voyage en solitaire", qui fut le seul à connaître un grand succès médiatique, a fait oublier de quoi était constitué l'album : des titres rock comme : "On sait que tu vas vite" ou des titres émouvants comme "Attends que le temps te vide" qui, à lui seul, peut résumer l'esprit Manset. Ce virage prend l'allure d'une rupture en 1978, avec l'album très électrique intitulé "2870". La pochette est réalisée par Hipgnosis, l'agence de design qui a signé de nombreuses pochettes, dont certaines des Pink Floyd ou de Alan Parsons Project. Il faut ouvrir un écrin de trois pochettes imbriquées pour découvrir le disque. Cet album occupe une place très à part dans l'univers de Manset. En effet, son titre éponyme "2870," de plus de 14 minutes, ne ressemble, dans la forme, à aucun autre morceau de sa carrière. Ce titre est incontestablement un des plus rock de sa discographie, à la fois par ses aspects rock progressif ou carrément avant-gardistes. Au-delà de ce titre emblématique, l'album révèle des morceaux d'anthologie comme "Le pont, un homme une femme, Jésus, Amis...". L'aventure. Dès lors, inspiré par ses voyages en Asie et en Amérique latine, l'artiste diversifie ses expressions artistiques : le dessin, la peinture, la photographie et la littérature sous forme de carnets de voyages et de romans. Lors de ses escales à Paris, il enregistre ses albums : "Royaume de Siam" (considéré par beaucoup comme son meilleur album) sort en 1979 et qui contient le titre "Seul et chauve" très représentatif de sa période ; "L'Atelier du crabe" (1981), qui contient le mini-tube "Marin'bar" (titre que Manset considérera comme trop commercial par la suite et dont il ne permettra la réédition en CD qu'en 1999) ; "Le Train du soir", en 1981 ; et "Comme un guerrier", en 1982. Cette même année, il expose de nouvelles toiles, pour la première fois depuis seize ans, à la Maison de la Culture de Bourges, puis, trois ans plus tard, à la galerie Étienne de Causans, à Paris. 1984 marque une nouvelle évolution musicale, ayant décidé de se passer de violons dans les arrangements. La place du violon dans sa musique, plutôt rock, est pourtant comme sa marque de fabrique. Tantôt plaintifs et lancinants, tantôt nappes sonores planantes, les violons confèrent à ses titres une dimension caractéristique. Il en va de même pour sa voix, qu'il transforme avec des effets de réverbération, de re-recording et autres effets sonores. "Lumières" (1984) et "Prisonnier de l'inutile" (1985) sont issus de ces séances d'enregistrement. À l'origine, les deux albums ne devaient en faire qu'un (double) et s'appeler "Ténèbres et Lumières". La nostalgie de l'enfance, la solitude, la mélancolie forment la trame de ces deux opus qui forment un moment charnière dans la carrière de Manset. Le titre "Prisonnier de l'inutile," qui donne son nom à l'album, est presque à lui seul un concentré du style de Manset depuis le début des années 1980. L'album "Lumières" qui le montre sur la pochette en enfant communiant, regorge quant à lui de morceaux devenus cultes pour nombre de ses fidèles, comme le titre éponyme "Lumières", de 12 minutes, qui évoque la nostalgie d'une foi perdue, l'étoile de l'enfance. "Un jour être pauvre, Finir pêcheur", ou encore "Que deviens-tu ?," au-delà de leurs évocations, sont de celles qui accompagnent et illustrent bien le personnage à cette époque. Exposant ses peintures en 1985, puis ses photos au printemps 1986, il prend ses distances avec la production musicale, affirmant même vouloir « être classé au rang des cadavres ». Il publie en 1987 son premier roman, "Royaume de Siam", puis, dans la foulée, un livre-carnet de voyages, "Chambres d'Asie". Ces deux recueils révèlent une esthétique du voyage, un regard singulier – et parfois troublant dans "Royaume de Siam –" sur l'exotisme et l'enfance, qui évoquent Paul Gauguin. En 1988, à l'occasion de l'arrivée du CD, il fait savoir que l'absence de réédition de certains de ses 33 tours relève d'une démarche personnelle et volontaire. C'est l'occasion pour lui de retourner en studio. Il se lance dans le remixage numérique de son œuvre, écarte plusieurs anciens titres, en particulier ses trois premiers albums dans leur intégralité. Il ne conserve que cinq CD compilations, qui reprennent plus ou moins fidèlement le contenu des sept albums parus entre 1975 et 1982. Parmi les albums sacrifiés se trouve "La Mort d'Orion", qui ressortira cependant en 1996. Gérard Manset sort en 1989 un nouvel album, "Matrice", œuvre résolument rock, réaliste et plus noire que jamais : « D'une époque à vomir, l'histoire dira ce qu'il faut retenir… ». Les critiques sont élogieuses et le public suit. "Matrice" est ainsi considéré comme l'un des meilleurs albums français de la décennie. Plus de cent mille exemplaires sont vendus. Dix-huit mois plus tard, Manset publie "Revivre". La pochette, sobre, tranche avec les thèmes abordés : les tropiques, les Indiens, l'Amazonie, etc. Le titre d'ouverture "Tristes tropiques," en est un des titres remarquables, avec notamment la chanson éponyme "Revivre." En 1994, il publie un nouveau récit, intitulé "Wisut Kasat", puis "La Vallée de la Paix", son quinzième album. La pochette, quasi psychédélique, est très colorée. Manset développe ses thèmes favoris et continue à ciseler des textes comme "Paradis", le single extrait de l'album. Manset décrit son album comme positif, cherchant à se défaire de l'image triste qui lui colle à la peau. Reconnaissance. En 1996, sort l'hommage de ses pairs, "Route Manset". Le projet, mené à terme grâce à l'acharnement de Bayon et d'Yves Bigot, est illustré par un dessin d'Enki Bilal, et comprend les interprétations de Dick Annegarn, Salif Keita, Cheb Mami, Brigitte Fontaine, Alain Bashung, Pierre Schott, Jean-Louis Murat, Francis Cabrel, Françoise Hardy, Nilda Fernandez... En 1998, paraît son nouvel album, "Jadis et naguère". "Comme le buvard boit l'encre" est le single extrait de l'album. Pour la promotion, Manset se contente d'accorder des entretiens à la presse écrite. Il ne fait plus de télé depuis longtemps, et encore moins de scène. Il déclare à ce sujet : . L'année suivante, il supervise la sortie de quatre doubles CD de rééditions. L'un contient "Bergère", qui devait initialement figurer sur l'album "Matrice", "Pavillon sous la neige", sur "Comme un guerrier", et "Artificiers du décadent", sur "Jadis et Naguère". Il sort aussi un "Best of" qui permet notamment de retrouver le rare titre "Marin'bar". Du 15 février au , la galerie >"Auteurs" a accueilli l'exposition photo "La vallée de la paix". Le livre "72 heures à Angkor" paraît en mai 2000 aux éditions Les Belles Lettres, suivi d'une nouvelle exposition de photographies : "Gérard Manset, De Siem Reap à Khajuraho". Les années suivantes voient resurgir l'auteur-compositeur et le producteur. Après sa contribution à l'album "À la légère" de Jane Birkin, où il signe deux titres, "Voyage au bout de la nuit" et "Et si tout était faux", il compose une chanson pour l'album d'Indochine "Paradize", "La nuit des fées." Il participe également au premier disque de Raphael ("Hôtel de l'univers"), puis au second ("La Réalité") pour lequel il a écrit les textes de "La mémoire des jours" et "Être Rimbaud". À la même époque, il a donné "Je jouais sous un banc" à Juliette Gréco et le titre de son album "Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez". En mars 2004, sort un nouvel album intitulé "Le Langage oublié", son premier album enregistré entièrement en numérique, qui devait faire partie d'un projet plus vaste, comprenant un livre homonyme et un second CD. Lors de la promotion – toujours minimale – pour son disque, Manset laisse échapper deux pistes : la scène comme une possibilité future et l'envie de réaliser plus souvent des albums. Dans une interview sur la radio Ici & Maintenant, Gérard Manset dit se considérer comme un . Il participe au troisième album de Raphael, "Caravane", sorti en mars 2005, en écrivant le texte "Peut-être a-t-il rêvé". En avril 2006, il sort un nouvel album, "Obok", composé de neuf chansons « écrites pour la scène ». Il cosigne avec Raphael la chanson "Comme l'eau se souvient" pour Florent Pagny ("Abracadabra"). Pour la première fois depuis des années, il accepte qu'on publie une photo de lui en pleine page dans "Paris Match" et annonce qu'il entre en répétition pour un possible tour de chant en 2007. En 2006, il est mentionné dans la chanson de Renaud, "Les Bobos". En 2008, Manset participe à l'écriture de trois titres pour l'album "Bleu pétrole" d'Alain Bashung : "Vénus", "Comme un Lego" et "Je tuerai la pianiste". Cet album comprend en outre une reprise de son tube "Il voyage en solitaire" écrit et composé en 1975. Parmi les nouveaux titres, la chanson "Comme un Lego" est chantée par Manset quelques mois plus tard sur son album "Manitoba ne répond plus", sorti en septembre. Toujours en 2008, l'album "Où s'en vont les avions ?" de Julien Clerc comporte deux titres écrits par Gérard Manset : "Une petite fée" et "Frère, elle n'en avait pas". En 2009, Dominique A sort un titre intitulé "Manset" sur le disque "Kick Peplum E.P.." En 2010, Manset participe au cinquième album de Raphael, "Pacific 231", avec les paroles de la chanson "Manteau Jaune". En 2011, il signe deux textes sur l'album "La claque" d'Axelle Red : "La liberté c'est quoi" et "Une maison dans le secret". La même année, sortent trois nouveaux titres chantés et composés par Julien Clerc et écrits par Gérard Manset sur l'album "Fou, peut-être" : "Le père dit à son fils", "Sur la plage, une enfant" et "Je suis un grand cygne blanc". En 2012, il écrit le titre "On dit le temps" pour l'album "Kan An Tevenn" de Gwennyn et de son complice guitariste Patrice Marzin, qui remporte le grand prix du disque du "Télégramme". Toujours en 2012, l'acteur Yvan Garouel lui dédie un concert à Paris au Théâtre Essaïon où il interprète ses chansons en y ajoutant quelques titres de Richard Desjardins, tandis que le titre "Revivre" (1991) est inclus dans la bande originale du nouveau film de Leos Carax, intitulé "Holy Motors", présenté en compétition au Festival de Cannes 2012. En parallèle, Manset continue ses expositions, avec en 2012 une exposition de photographies à la Galerie VU à Paris, intitulée "Journées ensoleillées", qui traduit un retour vers son univers et ses voyages. Un ouvrage du même nom est édité par les Éditions Favre. Manset signe également les textes et photographies d'un carnet de visite pour l'Abbaye de Fontevraud, près de Saumur (Maine-et-Loire). En 2013, il participe à l'album "Peaux de serpent" d'Axel Bauer. Depuis 2014. Après une collaboration de près de quarante ans avec le label EMI et dix-neuf albums publiés (ce qui en fait l'artiste français ayant eu le plus long contrat avec ce label), Gérard Manset sort le , cette fois chez Warner, un double album intitulé "Un oiseau s'est posé" qui reprend ses succès depuis 1968 et où il invite à chanter en duo divers artistes sur cinq des dix-huit titres : dEUS, Axel Bauer, Mark Lanegan, Paul Breslin et Raphael. Enregistré au Palais des congrès à Paris, ce double album devait initialement proposer le concert "live" que Manset voulait effectuer pour l'occasion, quand il avait encore en projet de faire de la scène. Mais lors des séances de répétition et d'enregistrement réalisées sur place, il change d'avis et renonce définitivement à jouer en public, alors que ses fans l'attendent depuis longtemps sur scène. Il en restera ce double album, témoignage de la volonté de Manset d'aborder la scène. Même si le projet est avorté, le contenu enregistré au Palais des congrès donne une idée de ce à quoi aurait pu ressembler un concert de Gérard Manset. Ce double album, très proche de l'esprit d'un disque "live", est donc à part. Le 11 juillet 2015, aux Francofolies de la Rochelle, à la demande de Gérard Pont, patron du festival, Raphaël joue l'album "Matrice" de Manset dans son intégralité, ainsi que quelques autres chansons marquantes de son répertoire, en présence discrète de l'auteur. Le spectacle est enregistré et une partie en sera publiée par Raphaël en novembre 2015 (album "Solitude des Latitudes"). En , Gérard Manset sort l'album "Opération Aphrodite" qui mêle des textes du poète et romancier Pierre Louÿs, lus par Manset et Chloé Stefani, et ses propres compositions. Dès la sortie de cet album attendu, son public est partagé, notamment pour sa forme lu/chanté. Il comporte néanmoins le titre entêtant et unanimement apprécié : "Que t'ont-ils fait". En , il publie le monumental "Mansetlandia", un coffret de dix-neuf CD qui réunit la quasi-intégralité de son œuvre musicale. En 2017, l'Académie française lui décerne la Grande médaille de la chanson française. Le sort "À bord du Blossom", son vingt-deuxième album, où il intercale à nouveau des parties parlées entre les chansons. Le spectacle théâtral et musical "On Voudrait Revivre," écrit et interprété par Léopoldine Hummel et Maxime Kerzanet et mis en scène par Chloé Brugnon, parcourt l'univers de Manset à travers chansons et extraits d'interviews. Créé à La Comédie de Reims en novembre 2018, le spectacle tourne en France les années suivantes. Le mystère Manset. Le mystère qui s'est créé autour de Gérard Manset est né de la rareté de ses apparitions médiatiques, du refus de la scène (il n'a jamais donné de concert) et, peut-être surtout, du caractère sans compromission de son œuvre. Ainsi en est-il de "La Mort d'Orion" ou encore de "CAESAR", courte œuvre en latin (extraits de la "Guerre des Gaules" de Jules César) tirée à cent exemplaires, hors commerce, sur un 45 tours monoface destiné aux radios. La dernière apparition de Gérard Manset à la télévision remonte à 1983, dans l'émission "Les Enfants du rock" où il est alors interviewé par Jacques Pradel. |
Georges Brassens Georges Brassens (), né le à Sète (Hérault) et mort le à Saint-Gély-du-Fesc (Hérault), est un auteur-compositeur-interprète français. Auteur de plus de deux cents chansons il met également en musique des poèmes de François Villon, Victor Hugo, Paul Verlaine, Francis Jammes, Paul Fort, Antoine Pol, Théodore de Banville, ou encore Louis Aragon. Il reçoit le Grand prix de poésie de l'Académie française en 1967. Biographie. Georges Brassens est né le dans un quartier populaire du port de Cette (le nom de la ville n'est orthographié Sète qu’en 1928, un changement de graphie qu'il évoque comme étant à l'origine de sa « première tristesse d'Olympio » dans la chanson "Jeanne Martin"). Dans la maison familiale, il est entouré de sa mère, Elvira (née Dagrosa, 1887-1962), de son père, Jean-Louis (1881-1965, maçon, comme ses parents l'étaient avant lui), de sa demi-sœur Simone Comte (1912-1994), née du premier mariage de sa mère, et de ses grands-parents paternels, Jules et Marguerite (née Josserand), natifs de Castelnaudary. Sa mère, dont les parents sont originaires de Marsico Nuovo dans la région de la Basilicate en Italie du Sud, est une catholique d'une grande dévotion. Veuve de guerre d'Alphonse Comte, tonnelier tué au front (-), père de Simone, la demi-sœur de Georges, Elvira épouse en 1919 Jean-Louis Brassens, un entrepreneur de maçonnerie. Le père de Georges est un homme paisible, généreux, libre-penseur, anticlérical (il refusera d'assister à la communion de son fils) et doté d'une grande indépendance d'esprit. Deux caractères très différents qu'une chose réunit : le goût de la chanson. D’ailleurs, tout le monde chante à la maison. Sur le gramophone, les disques de Mireille, Jean Nohain, Tino Rossi ou Ray Ventura et ses Collégiens. Les années 1930 : Sète. Selon le souhait de sa mère, à l'âge de quatre ans Georges commence sa scolarité dans l’institution catholique des sœurs de Saint-Vincent. Il en sort deux ans après pour entrer à l’école communale, selon le désir de son père. À douze ans, il entre au collège. Georges est loin d’être un élève studieux. Ses amis le décrivent comme plutôt rêveur en classe. Mais, après l'école, il préfère les jeux, les bagarres, les bains de mer et les vacances. Afin que son carnet de notes soit meilleur, sa mère lui refuse des cours de musique. Il ignorera donc tout du solfège, mais cela ne l’empêche pas de griffonner des chansonnettes sur ses premiers poèmes. Alphonse Bonnafé. En 1936, il s'ouvre à la poésie grâce à son professeur de français, Alphonse Bonnafé, alias « le Boxeur ». L’adolescent s’enhardit jusqu'à lui soumettre quelques-uns de ses bouts-rimés. Loin de le décourager, l'enseignant lui conseille plus de rigueur et l'intéresse à la technique de versification et à l'approche de la rime. À la poésie et à la chanson populaire s’ajoute sa passion pour les rythmes nouveaux, venus d’Amérique, qu’il écoute à la TSF : le jazz. En France, Charles Trenet conjugue tout ce qu'il aime. Il sera un modèle. Mauvaise réputation. Son intérêt croissant pour la poésie ne lui ôte pas le goût pour les « quatre cents coups ». À 16 ans, au printemps 1938, il se trouve mêlé à une fâcheuse aventure. Dans le dessein de se faire de l'argent de poche, la bande de copains dont il fait partie commet quelques larcins dont les proches sont les principales victimes. Georges, de son côté, subtilise une bague et un bracelet de sa sœur. Ces vols répétés mettent la ville en émoi. Lorsque la police arrête enfin les coupables, l’affaire fait scandale. Indulgent, Jean-Louis Brassens ne lui adresse aucun reproche quand il va le chercher au poste de police. Pour saluer l’attitude de son père, il en fera une chanson : "Les Quatre Bacheliers". . Par égard pour son père, il ne la chantera qu’après sa mort. Pour sa part, cette mésaventure se solde, en 1939, par une condamnation à une peine d'emprisonnement avec sursis. Il ne retourne pas au collège. Il passe l’été reclus dans la maison et se laisse pousser la moustache. Le , la guerre contre l'Allemagne est déclarée. Il pourrait devenir maçon auprès de son père, mais peine perdue, il ne se satisfait pas de cette perspective. Il persuade ses parents de le laisser quitter Sète, où sa réputation est ternie, et aller tenter sa chance à Paris. Les années 1940 : Paris-Basdorf-Paris. Paris. En février 1940, Georges est hébergé, comme convenu avec ses parents, chez sa tante maternelle Antoinette Dagrosa, dans le . Chez elle il y a un piano. Il en profite pour apprendre l’instrument à l’aide d’une méthode, malgré sa méconnaissance du solfège. Pour ne pas vivre à ses dépens, comme promis il recherche un emploi. Il obtient celui de manœuvre dans un atelier des usines Renault. Cela ne dure pas ; le 3 juin, Paris et sa région sont bombardés et l’usine de Billancourt est touchée. Le 14, l’armée allemande entre dans la capitale. C’est l’exode. Georges retourne dans sa ville natale. Une fois l’été passé, certain que son avenir n'est pas là, il revient chez sa tante dans un Paris occupé par la Wehrmacht. Tout travail profitant maintenant à l'occupant, il n'est plus question pour lui d'en rechercher. Georges passe ses journées à la bibliothèque municipale du quartier. Conscient de ses lacunes en matière de poésie, il apprend la versification et lit Villon, Baudelaire, Verlaine, Hugo et tant d’autres. Il acquiert ainsi une certaine culture littéraire qui le pousse à écrire ses premiers recueils de poésie : "Les Couleurs vagues", "Des coups d'épée dans l'eau", annonçant le style des chansons à venir et "À la venvole", dans laquelle son anarchisme se fait jour. Ce dernier opuscule est publié en 1942, grâce à l'argent de ses proches : ses amis, sa tante et même une amie de celle-ci, une couturière nommée Jeanne Planche née Le Bonniec, qui apprécie beaucoup ses chansons. Basdorf. En , l'Allemagne nazie impose au gouvernement de Vichy la mise en place d’un service du travail obligatoire (STO). Georges, 21 ans, est convoqué à la mairie du où il se présente et où il reçoit sa feuille de route. De sévères mesures de représailles étaient prévues pour les réfractaires. Nombre d'entre eux rejoignirent les maquis et devinrent résistants, d'autres se cachèrent sous de faux noms. Le 8 mars, Georges Brassens se trouve à la gare de l’Est pour se rendre en Allemagne, vers le camp de travailleurs de Basdorf, près de Berlin. Là-bas, il travaille dans la manufacture de moteurs d’avion BMW. On le voit souvent plongé dans des bouquins ou écrivant des chansons, qui divertissent ses compagnons, et la suite d’un roman commencé à Paris, "Lalie Kakamou". Il lie des amitiés, auxquelles il restera fidèle tout au long de sa vie – notamment avec André Larue, René Iskin et, plus particulièrement, Pierre Onténiente, le bibliothécaire du camp, à qui il emprunte régulièrement des livres. En , Georges Brassens bénéficie d’une permission de quinze jours pour maladie grave. C’est une aubaine à saisir : il ne retournera pas en Allemagne. Jeanne. À Paris, il lui faut trouver une cachette car il est impossible de passer à travers les filets de la Gestapo en restant chez la tante Antoinette. Jeanne Planche, de trente ans son aînée, accepte d'héberger ce neveu encombrant. Avec son mari Marcel, elle habite une maison extrêmement modeste au 9, impasse Florimont. Georges s’y réfugie le , en attendant la fin de la guerre. On se lave à l’eau froide, il n’y a ni gaz ni électricité (donc pas de radio), ni le tout-à-l'égout. Dans la petite cour, une vraie ménagerie : chiens, chats, canaris, tortues, buse… et la fameuse cane qu'il célébrera dans une chanson. Il est loin de se douter qu’il y restera vingt-deux ans. Dans ce cocon, à cause de l'absence d'électricité il se lève et se couche avec le soleil (rythme qu'il gardera la majeure partie de sa vie), poursuit l'écriture de son roman et compose des chansons en s’accompagnant d’un vieux banjo. Cinq mois plus tard, le 25 août, c’est la libération de Paris. La liberté soudainement retrouvée modifie peu ses habitudes. Avec leur consentement, il se fixe à demeure chez les Planche. Sa carte de bibliothèque récupérée, Brassens reprend son apprentissage de la poésie et s’adonne à nouveau à la littérature. La fin de la guerre, signée le , marque le retour à Paris des copains de Basdorf. Avec ses amis retrouvés, Brassens projette la création d'un journal à tendance anarchiste, "Le Cri des gueux". Après la sortie du premier numéro le projet tourne court faute de financement suffisant. Parallèlement il monte avec Émile Miramont (un copain sétois) et André Larue (rencontré à Basdorf) le « Parti préhistorique » qui vise surtout à tourner en dérision les autres partis politiques et préconise un retour à un mode de vie plus simple. Ce parti ne verra jamais le jour, en raison de l’abandon de Miramont. Avec l’aide financière de Jeanne, il achète la guitare d’un ami. Elle lui sera volée. En 1946, il hérite du piano de sa tante Antoinette, morte en juillet. Cette année-là il ressent ses premiers maux de reins accompagnés de crises de coliques néphrétiques. Le libertaire. Antimilitariste et anticlérical, il se lie en 1946 avec des militants libertaires (notamment avec le peintre Marcel Renot et le poète Armand Robin) et lit Mikhaïl Bakounine, Pierre-Joseph Proudhon et Pierre Kropotkine. Ces lectures et ces rencontres le conduisent à s'impliquer dans le mouvement et écrire quelques chroniques dans le journal de la Fédération anarchiste, "Le Libertaire" (depuis les années 1950 "Le Monde libertaire"), sous les pseudonymes de "Géo Cédille", "Charles Brenns", "Georges", "Charles Malpayé", "Pépin Cadavre" ou encore "Gilles Colin". Il y exerce également un double emploi non rémunéré de secrétaire de rédaction et de correcteur. Ses articles sont virulents, teintés d'humour noir, envers tout ce qui porte atteinte aux libertés individuelles. La violence de sa prose ne fait pas l’unanimité auprès de ses collègues. Il collabore également, périodiquement, au bulletin de la CNT, la Confédération nationale du travail. En juin 1947, il quitte la Fédération en gardant intacte sa sympathie pour les anarchistes (plus tard, Brassens ira régulièrement se produire bénévolement dans les galas organisés par "Le Monde libertaire"). Son roman achevé en automne est publié à compte d’auteur. "Lalie Kakamou" est devenu "La Lune écoute aux portes". Il est publié par la NRF, mais sa couverture plagie, par provocation, celles de la maison Gallimard. Brassens adresse une lettre à l’éditeur concerné pour signaler cette facétie. Contre toute attente, il n’y aura aucune réaction. Püppchen. Pour ne pas attiser la jalousie de Jeanne, Georges a vécu des amourettes clandestines. Il y eut en particulier Jo (Josette), âgée de dix-sept ans (-). Une relation tumultueuse qui lui inspira peut-être quelques chansons : "Une jolie fleur", "P… de toi" et, en partie, "Le Mauvais Sujet repenti" (modification de "Souvenir de parvenue" déjà écrite à Basdorf). Un document vidéo, "Le Bout du cœur", nous montre une version primitive d"'Une jolie fleur". En 1947, il rencontre Joha Heiman (1911-1999). La Blonde Chenille comme il la surnomme habite à quelques mètres de chez Jeanne, rue Pauly. Née à Tallinn, en Estonie, elle est son aînée de neuf ans . Ils ne se marieront jamais ni ne cohabiteront. Il lui écrira "J’ai rendez-vous avec vous", "Je me suis fait tout petit (devant une poupée)", "Saturne", "Rien à jeter" et "La Non-Demande en mariage". Morte le , dix-huit ans après lui, elle est enterrée à ses côtés. Ses talents de poète et de musicien sont arrivés à maturité. De nombreuses chansons sont déjà écrites. Pratiquement toutes celles de cette époque qu'il choisira d'enregistrer deviendront célèbres, comme "Le Parapluie", "La Chasse aux papillons", "J'ai rendez-vous avec vous", "Brave Margot", "Le Gorille", "Il n'y a pas d'amour heureux" (poème d'Aragon, mis en musique par Brassens sur une mélodie qui sera réutilisée pour "La Prière", poème de Francis Jammes). La personnalité de Brassens a déjà ses traits définitifs : la dégaine d'ours mal léché, la pipe et la moustache, le verbe imagé et frondeur et pourtant étroitement soumis au carcan d'une métrique et d'un classicisme scrupuleux, le goût des tournures anciennes, le culte des copains et le besoin de solitude, une culture littéraire et chansonnière pointue (il s'amuse à combiner l'usage de l'argot et celui d'un langage châtié faisant appel à l'imparfait du subjonctif, par exemple dans "Le Gorille"), un vieux fonds libertaire, hors de toute doctrine établie, mais étayé par un individualisme aigu, un antimilitarisme viscéral, un anticléricalisme profond aussi bien qu'un sens du sacré, et un mépris total du confort, de l'argent et de la considération. Il ne changera plus. Les années 1950 : de Patachou à Bobino. En 1951, Brassens rencontre Jacques Grello, chansonnier et pilier du Caveau de la République qui, après l'avoir écouté, lui offre sa propre guitare et lui conseille, plutôt que du piano, de s’accompagner sur scène avec cet instrument. Ainsi « armé », il l'introduit dans divers cabarets pour qu'il soit auditionné. Alors, il compose d'abord sur piano ses chansons qu'il transcrit pour guitare. Sur scène, Brassens ne s’impose pas. Intimidé, paralysé par le trac, suant, il est profondément mal à l'aise. Il ne veut pas être chanteur, il préférerait proposer ses chansons à des chanteurs accomplis, voire à des vedettes de la chanson. Il se produit alors dans quelques cinémas parisiens, tel le Batignolles, rue La Condamine, où, entre les actualités et le film, il interprète trois de ses premiers succès, "Le Parapluie", "Chanson pour l'Auvergnat" et "Le Gorille". Patachou. Après plusieurs auditions infructueuses, Brassens est découragé. Roger Thérond et Victor Laville, deux copains sétois, journalistes du magazine "Paris Match", viennent le soutenir et tentent de l'aider, dans la mesure de leurs moyens. Ils lui obtiennent une audition chez Patachou, le jeudi , dans le cabaret montmartrois de la chanteuse. Le jour dit, et au bout de quelques chansons, Patachou est conquise. Enhardi, Brassens lui propose ses chansons. Elle ne dit pas non et l'invite même à se produire dans son cabaret dès que possible. Les jours suivants, malgré son trac, Georges Brassens chante effectivement sur la scène du restaurant-cabaret de Patachou. Pour le soutenir, Pierre Nicolas, bassiste dans l'orchestre de la chanteuse, l’accompagne spontanément. Jacques Canetti. Quand Patachou parle de sa découverte, elle ne manque pas de piquer la curiosité du directeur du théâtre des Trois Baudets, Jacques Canetti, également directeur artistique pour la firme phonographique Philips. Le , il se rend au cabaret Chez Patachou pour écouter le protégé de la chanteuse. Emballé, il convainc le président de Philips de lui signer un contrat. Le quotidien "France-Soir", des 16-, proclame en gros titre : « Patachou a découvert un poète ! » Le 19 mars, l’enregistrement du "Gorille" et du "Mauvais sujet repenti" s’effectue au studio de la Salle Pleyel. Certains collaborateurs, offusqués par "Le Gorille", s’opposent à ce que ces chansons sortent sous le label de Philips. Une porte de sortie est trouvée par le biais d’une nouvelle marque qui vient d’être acquise : Polydor. D'avril à novembre, neuf chansons sortiront sur disques 78 tours. L'une d'elles, "Le Parapluie", est remarquée par le réalisateur Jacques Becker qui l'utilise pour son film "Rue de l'Estrapade". Éditée sur disque en même temps que la sortie du film en salle, elle est distinguée par l’Académie Charles-Cros l’année suivante en obtenant le Grand Prix du disque 1954. Le 6 avril, Brassens fait sa première émission télévisée à la RTF. Il chante "La Mauvaise Réputation" devant le public de l’Alhambra. Du au , il fait sa première tournée en France, en Suisse et en Belgique, avec Patachou et Les Frères Jacques. Il est engagé à partir du mois de septembre aux Trois Baudets ; le théâtre ne désemplit pas. Dans le public, les chansons comme "Hécatombe" et "Le Gorille" scandalisent les uns, ravissent les autres. Ces controverses contribuent à faire fonctionner le bouche à oreille. Dès lors, Georges Brassens gravit les échelons du succès et de la notoriété. En 1953, tous les cabarets le demandent et ses disques commencent à bien se vendre. Son premier passage à Bobino, sa salle de prédilection, « l'usine » comme il se plaisait à le dire, « à quatre pas de sa maison » se fera en , avec l'accord du directeur des Trois Baudets (Jacques Canetti) ; son deuxième passage a lieu en , mais pas encore en vedette. Lui qui longtemps a hésité entre une carrière de poète et celle d’auteur-compositeur est maintenant lancé dans la chanson. Loin de juger la chanson comme une expression poétique mineure, il considère que cet art demande un équilibre parfait entre le texte et la musique et que c’est un don qu’il possède, que de placer un mot sur une note . Extrêmement exigeant, il s’attache à écrire les meilleurs textes possibles. Jamais satisfait, il les remanie maintes fois : il change un mot, peaufine une image, jusqu'à ce qu'il estime avoir atteint son but. Patachou, qui a mis avec succès plusieurs chansons de son poulain à son répertoire, enregistre neuf titres le , au studio Chopin-Pleyel, pour l’album "Patachou… chante Brassens". Pour ce disque, il lui a donné une chanson en exclusivité : "Le Bricoleur (Boîte à outils)" et interprète en duo avec elle la chanson "Maman, Papa". René Fallet. Séduit par les chansons qui passent à la radio, l’écrivain René Fallet va l’écouter un soir aux Trois Baudets. Il en sort ravi et son enthousiasme le pousse à publier un article dithyrambique dans "Le Canard enchaîné" du : « Allez, Georges Brassens ! » Touché, Brassens lui écrit pour le remercier et lui demander de venir le voir aux « Trois Baudets ». Leur rencontre sera le début d’une amitié qui durera le restant de leur vie. Pierre Nicolas. Son second roman, "La Tour des miracles", est publié en , aux éditions des Jeunes Auteurs réunis, dirigées par Jean-Pierre Rosnay, qui est aussi l'auteur de la préface. Son premier album, "Georges Brassens chante les chansons poétiques (… et souvent gaillardes) de… Georges Brassens", sort chez Polydor en octobre. Devenu vedette, il triomphe en tête d’affiche de Bobino (du 16 au ). En 1954, c'est au tour de l’Olympia (du au et du au ). Pour cette grande scène, il fait appel à Pierre Nicolas pour l’accompagner à la contrebasse, marquant ainsi le début d’une collaboration qui durera presque trente ans. Le bassiste sera désormais de toutes les scènes et de tous les enregistrements. Bobino (du au ) achève cette année qui a vu la publication, en octobre, de "La Mauvaise Réputation", recueil où sont réunis des textes en prose et en vers, dont une pièce de théâtre : "Les Amoureux qui écrivent sur l’eau". Gibraltar. Avec le succès, l’argent commence à entrer et il faut faire face à la gestion du métier. En 1954, Pierre Onténiente, le copain de Basdorf, a accepté de l’aider sans contrepartie pour s’occuper de ses affaires. Avant de franchir le pas et de s'engager plus avant, il fait son apprentissage auprès de Ray Ventura, l'éditeur de Georges. En 1955, Brassens fait l’acquisition de la maison des Planche et de celle qui lui est mitoyenne pour l’agrandir. L’eau et l’électricité installées, il la leur offre. La vie continue comme avant. Cette même année, il rencontre Paul Fort, poète qu’il admire et qu’il a chanté à ses débuts ("Le Petit Cheval", sur son deuxième 78 tours). Avant sa tournée en Afrique du Nord et son passage à l’Ancienne Belgique, à Bruxelles, il compose des musiques sur deux autres de ses poèmes : "Comme hier" et "La Marine" en vue de son nouveau passage à l’Olympia (du 6 au ). La nouvelle station de radio, Europe 1, qui vient d’apparaître sur les ondes, est un événement important dans sa carrière. C’est la seule qui diffuse ses chansons interdites sur les radios d’État. En 1956, Brassens sera animateur sur Europe 1. Prêt à se consacrer à son ami, Pierre Onténiente quitte son emploi en janvier 1956. Son baptême du feu : le prochain passage à Bobino de l’artiste ( – ). Entre-temps, à la demande de René Fallet, Brassens a accepté, par amitié, de faire l’acteur aux côtés de Pierre Brasseur et Dany Carrel. Le roman "La Grande Ceinture", de son ami Fallet, est adapté à l’écran par René Clair. Le film s’intitulera "Porte des Lilas". Dans cette affaire, Onténiente y gagnera son sobriquet de « Gibraltar ». Le trouvant aussi résistant qu’un roc quand il défend les intérêts de son « protégé », le réalisateur le compare au Rocher de Gibraltar. Friand de surnoms, Brassens l’adopte pour dénommer son ami et, désormais, secrétaire-imprésario. Trois chansons arrivent à point pour illustrer le film : "Au bois de mon cœur", "L'Amandier" et "Le Vin". En 1957, Brassens et Gibraltar créent les éditions 57. Moulin de la Bonde. La maison de Jeanne, impasse Florimont, est toute petite. Pour vivre comme il l'entend, il jette son dévolu, en 1958, sur le moulin de la Bonde, au bord du ru de Gally, à l'extérieur du village de Crespières, en Seine-et-Oise (Yvelines actuelles). Il s'y rend souvent pour, entre autres, y honorer grandement l’amitié des copains d’enfance : Victor Laville, Émile Miramont, Henri Colpi, Roger Thérond ; de ceux de Basdorf : René Iskin, André Larue ; des anars du "Libertaire" ; des amis du monde de la chanson et du spectacle : Marcel Amont, Guy Béart, Georges Moustaki, Jacques Brel, Pierre Louki, Jean Bertola, Boby Lapointe, Lino Ventura, Raymond Devos, Jean-Pierre Chabrol, Bourvil (en voisin), Fred Mella (soliste des Compagnons de la chanson) et bien d’autres. Fidèles, jusqu’à la fin. Seule Jeanne refusera de venir au moulin. Dorénavant, il cesse de se produire dans les cabarets pour alterner les tours de chant entre Bobino et l’Olympia. Il poursuit ses tournées à l’étranger (1958 : Suisse, Rome, 1959 : Belgique, Afrique du Nord, 1961 : Québec). Les années 1960 : honneurs et douleurs. Jacques Charpentreau écrit le premier ouvrage sur le chanteur : "Georges Brassens et la poésie quotidienne de la chanson". En 1961, il sort un disque en hommage à Paul Fort, mort l’année précédente, disque où sont réunis sept poèmes qu’il a mis en musique ou qu'il déclame simplement. En , il fête à Bobino ses dix ans de carrière. Le 15 mai, il monte un spectacle en hommage à Paul Fort, au théâtre Hébertot. Le 5 décembre, jour de la première à l’Olympia avec Nana Mouskouri, il souffre d’une crise de coliques néphrétiques. Sur l’insistance de Bruno Coquatrix, il honore les dates prévues à partir du lendemain jusqu’au 24 décembre. Chaque soir, une ambulance l’attend. À la suite de cette douloureuse expérience, il ne retournera plus à l’Olympia. Le 31 décembre, il apprend la mort de sa mère. Le jour même, il se rend à Sète puis regagne Marseille pour se produire à l’Alcazar. « Pour la première fois, ce soir, elle me voit chanter », dit-il. En , il est cosignataire d'une lettre du Comité de secours aux objecteurs de conscience réclamant au président de la République et au Premier ministre un statut pour que les objecteurs puissent effectuer un service civil et non militaire. Le prix Vincent Scotto, décerné par la SACEM, gratifie "Les Trompettes de la renommée" de meilleure chanson de l'année 1963. En octobre, le numéro 99 de la très sélective collection "Poètes d’aujourd’hui", qui paraît chez les libraires, est consacré à Georges Brassens. Quand l’éditeur Pierre Seghers lui avait fait part de ce projet, Brassens avait accepté à condition que son ancien professeur de français, Alphonse Bonnafé, fût l’auteur du texte. Brassens est ainsi le deuxième auteur de chansons (après Léo Ferré), à figurer dans cette collection. Dans son journal, René Fallet écrit : Dix ans se sont écoulés depuis la parution de son premier album — neuf ont paru, quatre-vingts chansons ont été enregistrées. Pour marquer cet anniversaire, un coffret de six 33 tours , "Dix ans de Brassens", est mis en vente. Le 6 novembre, Georges Brassens se voit honoré, pour cet ouvrage, par l’Académie Charles-Cros, en recevant le Grand Prix international du disque 1963 des mains de l’écrivain Marcel Aymé. Souffrant de calculs rénaux depuis plusieurs mois déjà, les crises de coliques néphrétiques deviennent plus aiguës. Il subit une opération des reins à la mi-janvier. Après une longue convalescence, il est à nouveau sur les planches de Bobino en . "Les Copains d’abord". Le film d’Yves Robert, "Les Copains", sort en 1965. Pour le générique, Brassens a composé une chanson : "Les Copains d’abord". Le succès qu’elle rencontre est tel qu’il rejaillit sur les ventes de son premier album 33 tours et sur son triomphe à Bobino (du au ) avec, en alternance, Barbara, Serge Lama, Michèle Arnaud, Brigitte Fontaine ou Boby Lapointe. L'une de ses nouvelles chansons, "Les Deux Oncles", où il renvoie dos à dos les belligérants des deux camps de la Seconde Guerre mondiale pour exprimer l’horreur que lui inspire la guerre, jette le trouble et lui vaut des inimitiés chez certains de ses admirateurs. Jean-Louis Brassens, lui non plus, n’aura jamais vu son fils sur scène ; il meurt le et Marcel Planche, quant à lui, le 7 mai suivant. Lors de l'émission radiophonique "Musicorama", diffusée en direct du théâtre de l'ABC le 12 octobre, Georges Brassens réalise un rêve : chanter avec Charles Trenet. Ils renouvelleront cette expérience pour l'émission télévisée "La La La" en mars 1966. L’estime qu’ils se portent est réciproque, mais Trenet garde ses distances. « C’est le grand regret de Georges. S’il y en avait un qu’il aurait vraiment aimé fréquenter, c’est bien Trenet. Or, il s’est trouvé que Trenet […] n’a rien fait pour aller vers Georges ». Pour rompre sa solitude, Jeanne se remarie à 75 ans, le , avec un jeune homme de 37 ans. Contrarié par ce mariage, Brassens quitte l'impasse Florimont pour emménager dans un duplex près de la place Denfert-Rochereau. Jacques Brel, qu’il a connu aux « Trois Baudets » en 1953, est son voisin ; il s’apprête à faire ses adieux sur la scène de l’Olympia. Par amitié, Brassens écrit le texte du programme de cet événement. Du au , Georges Brassens se produit sur les planches du Théâtre national populaire (TNP) avec Juliette Gréco qui en assure la première partie. Chaque soir, il présente sa "Supplique pour être enterré à la plage de Sète" et fait part de son "Bulletin de santé" — en réponse aux rumeurs distillées par une certaine presse — et pour faire bonne mesure, il (ré)affirme sa singularité et exprime le peu de bien qu'il pense du militantisme et des groupuscules de toutes sortes avec la chanson "Le Pluriel", dans laquelle, quelles que soient les circonstances, il proclame : Habitué à souffrir de ses calculs rénaux, il a laissé passer le temps. Au mois de mai 1967, une nouvelle crise l’oblige à interrompre une tournée pour subir une deuxième opération des reins. Le , parrainé par Marcel Pagnol et Joseph Kessel, l'Académie française lui décerne le Grand Prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre. Brassens en est honoré, mais pense ne pas le mériter. René Fallet sort à son tour un livre sur son ami, aux éditions Denoël. Après Mai 68, quand on lui demande ce qu’il faisait pendant les événements, il répond malicieusement : « Des calculs ! » Le 24 octobre, avec son ami Fallet, il est au chevet de Jeanne, qui meurt faute d’avoir pu surmonter le choc de son opération de la vésicule biliaire. Elle avait 77 ans. Le , à l'initiative du magazine "Rock & Folk" et de RTL, Georges Brassens, Léo Ferré et Jacques Brel sont invités à débattre autour d'une table. Ce moment est immortalisé par le photographe Jean-Pierre Leloir et par une vidéo. Cette année-là, il franchit les limites du pour emménager dans une maison du quartier Saint-Lambert, dans le . Bobino l'attend à nouveau à partir du 14 octobre. En décembre, pour satisfaire à la demande de son ami sétois, le cinéaste Henri Colpi, il enregistre la chanson écrite par ce dernier avec une musique composée par Georges Delerue pour illustrer le film dans lequel joue Fernandel : "Heureux qui comme Ulysse". Les années 1970 : Bretagne et Grande-Bretagne. Au début des années 1970, Georges Brassens engage son ami Jean Bertola comme secrétaire artistique et organisateur de ses tournées. Le pianiste lyonnais apportera à Georges une aide dans toutes les formes, amicales, musicales, artistiques, ou de présentations des tours de chant. En 1971, il compose la musique du film de Michel Audiard "Le drapeau noir flotte sur la marmite", adaptation du roman de René Fallet "Il était un petit navire". Lézardrieux. Conséquence de vacances passées à Paimpol chez le neveu de Jeanne depuis les années 1950, Georges Brassens apprécie la Bretagne. Michel Le Bonniec lui a trouvé une maison sur les rives du Trieux, à Lézardrieux : « Ker Flandry ». Le moulin de Crespières est mis en vente au début de 1970. À la demande de Brassens, « Gibraltar » et son épouse viennent habiter la maison de l’impasse Florimont. Brassens a cinquante ans et vingt ans de carrière. Un autre tour de chant l’attend à Bobino avec Philippe Chatel, Maxime Le Forestier, Pierre Louki, en alternance ( au ). Avec la chanson "Mourir pour des idées", il répond aux réactions mitigées envers sa chanson "Les Deux Oncles". Le , il participe à une soirée spéciale contre la peine de mort au Palais des sports de Paris. À partir du , il entame ses dernières tournées françaises. Il passe au théâtre municipal de Sète, le . Cette année-là, il fait son entrée dans "Le Petit Larousse". Répondant à l’invitation de Colin Evans, professeur de français à l’"University College" de Cardiff, en Pays de Galles, Brassens donne deux récitals au "Shermann Theatre" le . En 1973, Brassens joue dans un film de Jean-Marie Périer : "Pourquoi t'as les cheveux blancs…", sur un scénario de René Fallet. Ce film a été diffusé sur la troisième chaîne de l'ORTF le . Le , il s’installe à Bobino pour cinq mois. Il présente les nouvelles chansons de son dernier album, dont celle qui lui donne son nom : "Trompe-la-mort". Il y est accompagné par le guitariste Joël Favreau. Le , jour de la dernière, personne ne se doute qu’il ne foulera plus jamais les planches de son music-hall de prédilection. Saint-Gély-du-Fesc. D'inquiétantes douleurs abdominales, de plus en plus vives, l’amènent à se faire examiner. Un cancer de l’intestin est diagnostiqué et se généralise. Il est opéré à Montpellier, dans la clinique du docteur Bousquet, en novembre 1980. L'année suivante, une nouvelle opération à l’hôpital américain de Paris lui accorde une rémission qui lui permet de passer l'été dans la propriété des Bousquet, à Saint-Gély-du-Fesc, au nord de Montpellier, avant de revenir à Paris puis de séjourner à Lézardrieux. Hormis les disques de ses chansons arrangées en jazz — dans lesquels il est à la guitare auprès de prestigieux musiciens de jazz — en 1979 et celui en faveur de Perce-neige, l’association de son ami Lino Ventura, sur lequel il chante les chansons de sa jeunesse en 1980 et sans oublier son interprétation de "la Chanson du hérisson" dans le conte musical "Émilie Jolie" de Philippe Chatel en 1979, il n’a pas enregistré d’album depuis cinq ans. Il passe une dernière fois au Palais d'Hiver de Lyon. Pourtant, près de quinze chansons sont prêtes, quinze autres en gestation. Il envisage de les graver, mais ne pourra mener à bien ce projet. Après sa mort, Jean Bertola acceptera de les chanter. L'album "Dernières chansons" sera un succès commercial récompensé par l’Académie Charles-Cros (voir également l'album "Le Patrimoine de Brassens"). Ultime satisfaction, la peine de mort — contre laquelle il a participé à des manifestations, signé des pétitions et au sujet de laquelle il a écrit des chansons ("Le Gorille", 1952 ; "La Messe au pendu", 1976) — est abolie en France le . Revenu dans la famille de son chirurgien à Saint-Gély-du-Fesc, il fête son soixantième anniversaire le 22 octobre. Il meurt en toute fin de soirée du , à . Georges Brassens est inhumé à Sète le matin du 31 dans le caveau familial dont la pierre tombale porte une croix, (cette croix déjà dans sa chanson faisant une ombre sur la baigneuse à la plage de Sète) au cimetière Le Py. Le choc de sa mort, dont les médias se font largement l'écho, est immense dans toute la France et la francophonie. Joha Heiman meurt le et est enterrée auprès de lui. Lui qui avait comme modèle de réussite Paul Misraki, parce qu'il était chanté partout sans être connu du grand public, ne se doutait pas qu'un jour il accéderait à la renommée internationale. Chaque année, de visitent sa tombe. Discographie. Textes ou musiques d'autres auteurs et compositeurs. Tout au long de sa carrière, Brassens aura repris, mis en musique et interprété ou simplement déclamé les textes de plusieurs poètes, non sans les avoir le plus souvent abrégés. Parmi eux : Postérité et hommages. De nombreux auteurs-compositeurs-interprètes se sont dits influencés par Georges Brassens : Renaud et Maxime Le Forestier, qui reprendront aussi certaines de ses chansons, Pierre Perret, Francis Cabrel, Yves Duteil, le Suisse Mani Matter et l'Italien Fabrizio De André, qui traduit plusieurs de ses chansons. Paco Ibáñez publie en 1979 un album de dix chansons de Brassens traduites par Pierre Pascal "(le Testament, La Cane de Jeanne…)". Brassens en interprètera certaines en espagnol. Graeme Allwright sort en 1985 un album de douze chansons traduites en anglais ("Une jolie fleur, Les Copains d'abord, Saturne…"). Georges Moustaki, membre de la « bande à Georges », a composé en 1974 "Les Amis de Georges" en son honneur. Prénommé Giuseppe à sa naissance, Moustaki aurait opté pour le prénom de Georges par admiration pour Brassens. Plus de cinquante thèses lui sont consacrées. Traduit dans une vingtaine de langues, il est chanté au Japon, en Serbie, en Russie, en Italie, en Espagne, en Amérique du Nord, en République tchèque. En 1991 ouvre à Sète l'Espace Georges-Brassens. Vingt-deux documents autographes originaux de Georges Brassens que détenait son ami Fred Mella (le soliste des Compagnons de la chanson, mort en 2019), parmi lesquels les paroles manuscrites des chansons "Supplique pour être enterré à la plage de Sète", "Le Vieux Léon", "Le Grand Chêne" et "Le 22 septembre", mis en vente aux enchères à Paris le 22 septembre 2020, sont adjugés pour . Neuf de ces documents ont fait l'objet de préemptions de la part de la ville de Sète et de la Bibliothèque nationale de France. En 2011 est organisée à la Villette l'exposition « Brassens ou la liberté ». En 2021, pour célébrer les anniversaires de sa naissance et de sa mort, La Poste édite un timbre spécial. D’une valeur de 1,08 euro (lettre verte), il a été mis en image par Valérie Besser à partir d’une photo de Jean-Pierre Leloir. La 30 promotion des élèves administratrices et administrateurs territoriaux de l'Institut national des études territoriales (INET) choisit en 2022 le nom de Promotion Georges Brassens, revendiquant son indépendance d'esprit, ses engagements sociaux, et son ancrage populaire. En octobre 2022, une vente d'objets ayant appartenu à Georges Brassens est interdite par la justice, dans le contexte d'un différend successoral. Lieux portant son nom. Endroits qu'il a lui-même fréquentés : Outre ceux-ci, un grand nombre de voies et espaces publics, salles de spectacle, parcs et jardins, portent le nom de Georges Brassens. Quelques exemples : En France, en 2015, cent quarante-neuf établissements scolaires portent son nom, parmi lesquels : Par ailleurs, l'astéroïde 6587, est nommé « Brassens » en son honneur. Festivals. Chaque année, des artistes se réunissent pour rendre hommage à Georges Brassens. Journées Georges-Brassens. Créées en 1987, les "Journées Georges-Brassens" sont le plus ancien événement consacré à Brassens. Elles ont lieu chaque année le second week-end d'octobre dans le parc Georges-Brassens (Paris) et sont organisées par l'« Association culturelle et événementielle du de Paris » (ACE15). Elles proposent sur deux jours : dictée Georges-Brassens, chorales, tremplin de la chanson, prix littéraire Georges-Brassens, concerts, prix Mémoire Georges-Brassens. Charavines. Depuis 1995, les premiers week-ends d'août, organisé par les bénévoles de l'association "Vivre à Chirens", le "Festival Brassens" de Charavines est l'un des plus anciens de France. Il propose quatre soirées musicales dont trois grands spectacles cabaret 100 % Georges Brassens. Dans une grande salle décorée en cabaret, une trentaine d'artistes réalisent des interprétations très variées. Les festivaliers ont librement accès aux expositions et aux après-midi musicaux en plein air. Vaison-la-Romaine. Depuis 1997, pendant la dernière semaine d'avril, le "Festival Georges Brassens" "de Vaison-la-Romaine" est organisé par l'association "Les Amis de Georges Brassens". Son initiateur, Georges Boulard, passionné de Brassens, a réuni les proches du chanteur pour créer un festival-témoignage avec conférences, expositions, concerts d'artistes multiples, connus ou non. Le festival s'est développé avec le temps et les répertoires se sont diversifiés, mais on est certain d'y entendre chaque année plusieurs concerts consacrés à Brassens. Basdorf (Allemagne). Depuis 2004, à la mi-septembre, organisé par "Les Amis des Amis de Georges", quatre jours d'un festival essentiellement consacré à Brassens. Initié par la visite anniversaire de 2004, au cours de laquelle Georges Boulard a emmené René Iskin et les copains survivants du STO chanter Brassens sur les lieux où ont été écrits certains des premiers succès. Rennes et Saint-Brieuc. Depuis 2004, le festival "Ballade avec Brassens" a lieu en septembre, en alternance entre Rennes et Saint-Brieuc. En 2018, le à Rennes, sur la promenade Georges-Brassens, soixante-dix groupes (deux cents personnes environ) ont repris à nouveau plus ou moins fidèlement les chansons du Sétois. Chaque édition voit se rassembler environ 7 000 personnes (entrée gratuite). Soucieu-en-Jarrest. Depuis 2005, le "Festival des fils de Georges" a lieu à Soucieu-en-Jarrest le dernier week-end de mai. Sur trois jours se produisent des artistes chantant Brassens et ceux qui se réclament « fils de Georges ». Des guinguettes sont mises en place dans lesquelles les chansons du Sétois sont interprétées de différentes façons ; ce festival de chansons se réclame du développement durable et se trouve ainsi en harmonie avec le respect de la nature dans une grande fraternité. L'Intégrale Brassens Paris,. Cet événement s'est tenu de 2006 à 2014, la dernière semaine complète du mois d'octobre, à la salle Rossini, dans la mairie du de Paris, 6, rue Drouot. Toutes les chansons (y compris posthumes et inédites) de Brassens sont interprétées par différents artistes, dans un ordre proche de l'ordre chronologique, en neuf soirs de spectacle — avec toujours un hommage à un autre auteur. L'événement fut orchestré en 2006 et 2007 par Dimitris Bogdis et Marie Volta, puis par cette dernière de 2008 à mi 2013, avec le soutien de l'association Le Grand Pan - Intégrale Brassens, née autour du festival. Celui-ci a vu le jour à l'initiative de Dimitris Bogdis (traducteur et interprète de Brassens en grec) et Marie Volta (autrice, compositrice, et interprète de Brassens). Pirey. Depuis 2008, à Pirey, dans le Doubs, sont organisées les "Brassensiades", à l'initiative de l'association "L'Amandier", dont l'objectif est de maintenir vivante l'œuvre de Georges Brassens et de lui donner une place importante dans le patrimoine culturel collectif. Ce festival, qui se déroule à la fin mars, accueille durant trois soirées des artistes qui interprètent, adaptent, les chansons de Brassens. Sont aussi organisées des conférences, des expositions et des animations. |
Genre (sciences sociales) Le genre désigne les processus et rapports sociaux qui divisent, polarisent et organisent l'humanité en différentes catégories de « sexe », « genre » et de « sexualité » (tel que masculin / féminin, homme / femme, mâle / femelle, cisgenre / transgenre, intersexe / dyadique, homo / hétéro) Initialement introduit par les sciences psycho-médicales dans les années 1950, puis développé sous l'impulsion des sciences sociales à partir des années 1970, le genre servait alors à distinguer ce qui dans la division entre les sexes relevait du psychologique ou du social et non du biologique. Bien qu'étant encore employé dans ce sens, notamment dans le langage courant, cette dichotomie biologique/social, comme si le social venait se surajouter au biologique, a été remise en cause par les études sur le genre et la définition du genre s'est déplacée vers le principe de division et de catégorisation d'une part, et de classification et de hiérarchisation d'autre part. Le genre est de nos jours une notion rattachée à un champ de savoirs pluridisciplinaires : les études sur le genre. En effet, plusieurs disciplines (philosophie, anthropologie, sociologie, histoire, économie, psychologie, etc.) et plusieurs courants (ex : constructionnisme, matérialisme, interactionnisme, poststructuralisme, etc.), ont contribué à forger différentes théorisations du genre. Une opposition à la notion de genre est formulée au sein du clergé catholique qui parle de et de . Cette dernière expression gagnera en popularité dans les années 2000, notamment à travers l'offensive menée par le Vatican contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, à l'homoparentalité et la procréation médicalement assistée. Introduction. Liminaires. Le genre est un concept rattaché à un champ de savoirs pluridisciplinaires : les études sur le genre. Il désigne les processus sociaux par lesquels les identités sexuées et sexuelles sont produites. C'est-à-dire une production du social et non de la nature. En ce sens on peut parler de construction sociale. C'est un outil de dénaturalisation (le fait de révéler comme social ce qui est pensé comme le produit de différences biologiques) permettant de nommer des réalités sociales liées au travail, à l'économie, à la démographie, aux normes, aux représentations sociales, aux inégalités, mais aussi au corps, à la sexualité, etc.. Autrement dit, le genre permet de décrire la réalité empirique d’une forme d'organisation sociale. Le genre permet une explication du social par le social(selon l'aphorisme durkheimien). Le genre désigne donc les processus et rapports sociaux qui divisent l'humanité en différentes catégories de « sexe » et de sexualité. À noter que dans beaucoup de publications en sciences sociales le terme « genre » est interchangeable avec l’expression « rapports sociaux de sexe ». Ces processus sociaux (donc par définition des processus non naturels), attribuent (via la socialisation par exemple) notamment des rôles différenciés (qui peuvent varier dans le temps et l'espace) à chaque catégorie. Le concept de genre met l'accent sur le principe de division et de catégorisation d'une part, et de classification et de hiérarchisation d'autre part. Ainsi, le genre permet un déplacement de l'analyse des parties divisées vers le principe de division lui-même. Autrement dit, le genre n’exprime pas tant la part sociale de la division mais il est cette division. C'est pourquoi « genre » au singulier n'est pas « genres » au pluriel, dans le sens où il ne renvoie pas seulement à l'appartenance à un groupe de sexe. Si le terme « genre » a émergé en 1955, ce ne sont pas les sciences sociales qui ont été les premières à utiliser le terme mais les sciences médicales (sexologues, psychologues et psychiatres en particulier John Money, , et Robert Stoller) dans une perspective normative. C'est à partir des années 1970 que la sociologie, et plus largement les sciences sociales, s'emparent de la notion dans une perspective critique et dénaturalisante, c'est-à-dire que les hommes et les femmes ne sont pas tant des entités naturelles mais naturalisées opérant ainsi une rupture épistémologique. Ainsi le genre est un concept polysémique qui renvoie à des théorisations et définitions distinctes en fonction : des époques, des scientifiques, des influences théoriques, et des objets de recherche (Simone de Beauvoir, Ann Oakley, Elena Gianini Belotti, Joan Wallach Scott, Christine Delphy, Nicole-Claude Mathieu, Colette Guillaumin, Michel Foucault, Gayle Rubin, Judith Butler, Danièle Kergoat, Bell Hooks, Donna Haraway, etc.). Étymologie et usages. Étymologie. Le mot « genre » vient du , passé par l'ancien français « "gendre" ». Le mot a d'abord le sens de « catégorie, type, espèce » puis le sens de « sexe ». Le mot a longtemps été majoritairement associé au genre grammatical Le terme de « genre » (') a été employé pour la première fois avec un sens non grammatical dans une publication scientifique américaine de 1955 par le psychologue et sexologue John Money, dans un article où il introduit le concept de « rôle de genre » ('). Usages aux États-Unis. En 2012, la sociologue Isabelle Clair propose de distinguer quatre acceptions du mot "gender" : En anglais, le mot « "gender" » est utilisé de manière courante, généralement pour exprimer les différences entre femmes et hommes en insistant sur les différences culturelles plutôt que biologiques. Usages en France. En France, le terme « ' » a d'abord circulé dans le champ des études féministes sans être traduit. Entre les années 1970 et le début des années 1990, la sociologie française utilisait principalement des termes comme « rapports sociaux de sexe » ou « patriarcat » et l'usage du terme « genre » était encore assez rare. Le terme s’est progressivement introduit pour s’imposer dans les années 2000. La sociologue française Christine Delphy qui utilise le terme « genre » depuis 1977 a contribué à définir le concept à partir du terme '. Les bornes sémantiques des termes "" et "genre" ne sont pas les mêmes. Dans un entretien de 2016 Christine Détrez indique que l'acception française dominante dans le langage courant s'inspire de la démarcation sexe/genre proposée par la sociologue Ann Oakley en 1972 et de la définition proposée par l'historienne Joan Scott en 1988. Ainsi, le sens commun du genre que l'on connaît aujourd'hui est celui . Christine Détrez souligne que cette définition a été une première étape dans la dénaturalisation des différences femmes-hommes. Elle précise également que la bicatégorisation et la démarcation sexe/genre ont été remises en question notamment par la sociologue Christine Delphy et la biologiste Anne Fausto-Sterling. Dans l’émission radiophonique "La Grande Table idées" le démographe Emmanuel Todd, qui rejette l'usage du terme « genre », soutient que celui-ci ce qui produirait selon lui . Usage du genre dans les institutions nationales et internationales. Plusieurs institutions internationales proposent leur propre définition du genre : Plusieurs institutions nationales proposent leur propre définition du genre : Bien que le recours au terme « genre » se soit largement généralisé dans les universités des pays francophones, et malgré l'emploi de « genre masculin/féminin » pour désigner hommes et femmes remontant au , la Commission d'enrichissement de la langue française, un dispositif interministériel français hors du monde académique, déconseillait en 2005 d'employer « genre » malgré son utilisation croissante dans certains champs des sciences sociales. Par ailleurs, il existe différentes distinctions et articulations entre genre, sexe et sexualité qui constituent un selon une expression emprunté à la sociologue Rebecca Jordan-Young. C'est pourquoi les notions d'orientation sexuelle (hétérosexualité, bisexualité, homosexualité, pansexualité, asexualité), de préférence sexuelle, de la transidentité, ou encore d'intersexuation sont liées au concept de genre. Définitions et multidimensionnalité du genre. Le genre est un outil conceptuel aux multiples définitions (sociologique, anthropologique, philosophique, psychologique, etc.). Point de vue en sociologie. Le genre en sociologie désigne un rapport social et un processus de catégorisation qui peut se définir de la manière suivante : un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin). Définir le genre comme un « système » indique que c'est ce dernier qui produit la division des catégories de sexe et des représentations qui leur sont associées, les « sexes » désignent ces catégories produites par ce système, « bicatégorisation » indique une division en deux classes mutuellement exclusives et « hiérarchisée » signifie que ces classes sont organisées selon un ordre de priorité, elles sont dissymétriques. Défini ainsi, le genre produit la division en deux classes exclusives (homme/femme) dont l'une est prioritaire sur l'autre. Les études sur le genre montrent que le rapport entre femmes et hommes est hiérarchisé dans la majorité des sociétés connues et étudiées. Ainsi la distribution des ressources économiques, la distribution du pouvoir politique, et la distribution de ce qui est valorisé symboliquement, tend à être inégale, avec des modalités et une intensité variables. Les théoriciennes féministes matérialistes, comme les sociologues Christine Delphy et Colette Guillaumin ou l'anthropologue Nicole-Claude Mathieu, qualifient le système de subordination des femmes par les hommes de « patriarcat ». Pierre Bourdieu utilise le terme de domination masculine pour désigner . Point de vue en anthropologie. Les rapports de genre forment l'une des principales structures des sociétés connues, et parmi elles la plupart de ces rapports sont organisés selon une polarisation naturalisée. Autrement dit, le genre peut être décrit dans la plupart des sociétés comme une bicatégorisation hiérarchisée où les hommes dominent les femmes. Cependant, d'une part certaines sociétés reconnaissent l’existence d’une troisième catégorie de personne, et d'autre part certaines sociétés peuvent être bicatégorielles sans qu'il n'y ait de hiérarchie de genre comparable aux sociétés patriarcales (ni de renversement matriarcal, ni prédominance patriarcale). L'anthropologue Bernard Saladin d’Anglure, dans les années 1980 utilise l'expression de « troisième sexe » pour rendre compte du fait que certaines sociétés échappent à la classification binaire de identités sexuées et sexuelles. L'anthropologue , en 1994, introduit quant à lui la notion de « third sex or third gender ». D'ailleurs, les Hijras du sous-continent indien sont une catégorie de personnes qui n'étant pas considérées comme étant homme ou femme, peuvent être catégorisées de différente façon : comme appartenir à une troisième catégorie de sexe ou de genre (« troisième sexe » ou « troisième genre »), et/ou référer à des personnes intersexes, et/ou transgenres. L'anthropologue Niko Besnier évoque certaines personnes dans les sociétés d'Océanie qui se trouvent à la frontière entre deux genres, comme les fa'afafine de Samoa. L'anthropologue Françoise Héritier, partant des travaux de Claude Lévi-Strauss, observe qu'un présupposé fondamental manque à sa théorie de l'alliance. Elle appelle « valence différentielle des sexes » le fait que les valeurs associées au féminin sont systématiquement déconsidérées par rapport à celles qui sont associées au masculin, même si les valeurs liées à l’un ou l’autre sexe peuvent varier selon les sociétés. Elle affirme à contre courant que « partout, de tout temps et en tout lieu, le masculin est considéré comme supérieur au féminin ». L'anthropologue Nicole-Claude Mathieu estimait en 1985 que 80% des sociétés connues étaient des sociétés à forte domination masculine. Elle précise en 2007 que dans les sociétés matrilinéaires (la mère qui transmet seule la filiation) ou matrilocales (c’est l’homme qui au mariage va vivre chez son épouse), qui ne sont pas des sociétés matriarcales, et ce malgré la présence assez générale d'un pouvoir masculin en matière d'autorité politique et territoriale pour la défense du groupe, la dominance (terme à ne pas confondre avec "domination") masculine peut être moins forte. Par ailleurs, Nicole-Claude Mathieu, qualifie d'androcentrisme le parti pris concernant la non-prise en considération des rapports sociaux dans lesquels les femmes sont impliquées. Multidimensionnalité du genre. Dans leur ouvrage "Introduction aux études sur le genre", les sociologues Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard, proposent de « mettre en évidence quatre dimensions analytiques centrales » du concept de genre : Construction sociale. Par construction sociale il faut comprendre que les identités « sexuées » (homme/femme) et « sexuelles » (hétéro/homo) sont le produit non pas de processus biologiques (déterminisme biologique) mais de processus sociaux. Ainsi, les rôles féminins et masculins, leurs caractéristiques associés, et les stéréotypes différenciés, attribués à chaque sexe, ne sont pas le résultat de processus de la nature, mais de processus sociaux, et varient à travers l'histoire et en fonction des sociétés. C'est une approche dénaturalisante et anti-essentialiste. Ainsi, le genre construit socialement les identités des individus : la masculinité ou la féminité ne sont pas des données naturelles mais le résultat de mécanismes sociaux et psychologiques. Consciemment ou inconsciemment, la société s’organise selon le paradigme des « choses des hommes » et des « choses des femmes », au point que l’on se convainc qu’il existe des domaines ou des niveaux de domaines socialement réservés à tel ou tel des deux sexes. Processus relationnel. Une approche relationnelle signifie qu'on ne peut pas étudier ce qui relève des femmes et du féminin sans articuler l’analyse avec les hommes et le masculin (et inversement) du fait que les caractéristiques associées à chaque sexe sont socialement construites dans une relation d’opposition, c'est-à-dire produit dans un rapport social. Les courants théoriques de l’interactionnisme et de l’ethnométhodologie (dont Erving Goffman et Harold Garfinkel sont des figures importantes) s’attachent à expliquer la constitution et la permanence de l’ordre social, auquel tout le monde participe. Les travaux qui s’inspirent de ces perspectives, mettent ainsi l’accent sur le rôle des interactions sociales, des institutions et des organisations dans la construction, la reproduction et la négociation des rapports de genre et d’un ordre social genré. Ce principe d'articulation (la relation d’opposition) est généralisable pour la sociologue australienne Raewyn Connell. En effet, elle montre notamment que les masculinités s'élaborent à l’intersection de différents rapports de pouvoir qui défavorisent les femmes et certaines formes de masculinités. Connell définit ses différentes relations en termes d’"hégémonie", de "complicité", de "subordination" et de "marginalisation". Autant de « configurations de la pratique de genre », qui vont lui permettre de rendre compte de la pluralité des masculinités comme de leurs hiérarchies. Selon le contexte, il existe des masculinités qui sont valorisées et d’autres dévalorisées. Par exemple, le concept de "masculinités subordonnées" sert à désigner un rapport social spécifique : celui de domination et de subordination entre des groupes d'hommes. Elle pense en particulier à la domination des hommes hétérosexuels et à la subordination des hommes homosexuels. Autrement dit, les masculinités des hommes hétérosexuels sont construites en lien non seulement avec les femmes mais aussi avec les hommes homosexuels. Rapport de pouvoir. L'idée générale est qu'il n’existe pas de dominations naturelles, mais des dominations matériellement motivées qui expliquent la constitution de groupes dominants et dominés. Le sociologue Émile Durkheim, dans un article de 1902 écrit avec Marcel Mauss, considère que . En 1884, le théoricien Friedrich Engels, collaborateur de Karl Marx, dans "L’Origine de la famille, de la propriété et de l’État", a soutenu que la relation exploitant-exploité qui existe entre la classe dominante (bourgeoisie) et la classe ouvrière (prolétariat) pouvait s'étendre au ménage (« famille conjugale » ou « famille monogamique »), dans lequel le mari serait en position dominante et sa femme en position subordonnée, et serait le résultat d'un processus socio-historique. Cette perspective du rapport entre les hommes et les femmes analysée comme un rapport social d’oppression et d’exploitation inspirera notamment le féminisme matérialiste. Ainsi pour celui-ci, « le genre » ou « les rapports sociaux de sexe » désigne un système qui constitue des individus « sexués » en « classes » antagonistes historiquement constituées, classes qui ne préexistent donc pas à leur rapport d’opposition. Selon un article d'Alain Degenne, sociologue des dynamiques relationnelles hors du champ des études sur le genre, les déséquilibres (tel que le partage inégal du travail domestique) peuvent s’interpréter autrement qu’en termes de domination. À ce titre, il rapporte l'approche de l'économiste Gary Becker qui dans "A Treatiseon the Family" (1981) défendrait l'idée que l’inégalité dans la relation du mariage hétérosexuel serait le résultat d'un calcul économique et non le fait d'une domination. Imbrication aux autres rapports de pouvoir. Les catégories de sexe ne sont pas homogènes, elles sont traversées par de multiples tensions et clivages, par exemple selon la classe sociale, la sexualité, la « race », l’âge, etc. Intersectionnalité. Les sciences sociales ont régulièrement articulé différents rapports de pouvoir ensemble (classe sociale, sexe, race, sexualité, âge, etc.). Mais c'est en 1989 que l'universitaire afroféministe américaine Kimberlé Williams Crenshaw propose le terme d'intersectionnalité pour parler spécifiquement de l'intersection entre le sexisme et le racisme subi par les femmes afro-américaines, et mettre en exergue que ces femmes noires n'étaient pas prises en compte dans les discours féministes de l'époque. Elle montre que les femmes noires en tant que sujets politiques se trouvent dans une situation complexe et se pose la question de savoir comment lutter collectivement contre l’articulation du sexisme et du racisme sans s’annihiler. Pour illustrer ce point elle aborde la question des violences conjugales des femmes noires aux États-Unis : sans outils théorique permettant de comprendre la position des femmes noires à l’intersection de plusieurs rapports de pouvoir, de ressource politique et d’outil pratique, impossible pour les militantes anti-sexistes d’insister sur le phénomène massif de la violence conjugale sans quelque part entretenir dans le même temps le stéréotype raciste de la propension à la violence des hommes noirs, et impossible pour les tenants de la lutte contre le racisme de dénoncer le mythe raciste de la propension des hommes noirs à la violence sans à minima euphémiser la violence faite aux femmes . Le sens du terme a depuis été élargi incluant les autres rapports de dominations. Critique de l'approche cumulative des dominations. Elsa Dorlin qualifie de « géométrique » l'approche intersectionnelle, par opposition à une approche qui serait « arithmétique ». Elle explique que les individus se trouvent dans des rapports de pouvoir dynamiques et complexes, et non pas dans une identité définie une fois pour toutes. À ce titre, l’intersectionnalité peut être vue comme une métathéorie de la domination, un concept méthodologique permettant de rendre compte de ces dynamiques complexes afin de ne pas verser dans une conceptualisation « cumulative » de la domination. Cette conceptualisation « cumulative » supposerait que chaque rapport de domination s’ajoute à l’autre (par exemple, si toutes les femmes subissent du sexisme certaines d’entre elles subissent du sexisme et une oppression de classe, certaines du sexisme et du racisme, certaines du sexisme et de la lesbophobie, ou encore certaines l’ensemble de ces dominations). Comme l’a montré la philosophe , cette analyse additive isole chaque rapport de domination ce qui ne permet pas de comprendre leurs modalités historiques. En effet, les femmes racisées ne subissent pas une oppression raciste qu’elles partageraient à l'identique avec les hommes racisés et une oppression sexiste qu’elles partageraient à l'identique avec les femmes blanches : elles subissent une oppression raciste et sexiste spécifique que ne subissent ni les hommes racisés et ni les femmes blanches. Si toutes les femmes font bien l’expérience du sexisme, il n’y a pas pour autant d'expérience « identique » du sexisme, tant les autres rapports de pouvoir modifient les modalités concrètes d’effectuation. Cette approche permet aussi d'éviter l’écueil d'une tendance du féminisme qui prend la situation de certaines femmes pour la situation de toutes les femmes. Histoire des théorisations du genre. Avant le genre. Années 1890 : division sociale de la société. Avant de parler de genre, le traitement différencié des hommes et des femmes et leur dimension prétendument naturelle sont contestés par une pluralité de philosophes, de sociologues ou d’anthropologues. Par exemple, en 1897, le sociologue Émile Durkheim souligne déjà que la division entre hommes et femmes n'est pas réductible à une différence biologique. Il va jusqu'à remettre en cause le dualisme même en lui trouvant des causes historiques : ce sont pour lui qui ont , avec toutes les différences que cela implique en matière d'habillement, de fonctions sociales et professionnelles, de comportements, etc. Il ajoute que . Années 1930 : dénaturalisation des rôles. L'anthropologue Margaret Mead mobilise dès 1935 le concept de , distinguant le rôle social et le sexe. Elle a montré que les traits de personnalité (qu'elle désigne par le terme de "tempéraments") usuellement associés aux hommes et aux femmes diffèrent d’une société à l’autre. Dans "Sex and Temperament in Three Primitive Societies", elle souligne la grande variation, voire l’inversion, entre les caractéristiques masculines et féminines de ces sociétés par rapport à la société américaine de l’époque. Ces observations l’engagent à souligner que ce qui caractérise le comportement des hommes et des femmes d’une société donnée est issu des spécificités de leur culture et non de critères biologiques : « Les différentes personnalités standardisées entre les sexes sont de cet ordre, ce sont des créations culturelles auxquelles chaque génération d’hommes et de femmes apprend à se conformer ». Années 1950 : « on ne naît pas femme ». En 1949, Simone de Beauvoir écrit, en clin d'œil à « On ne naît pas homme : on le devient » d'Érasme : . Dans "Le Deuxième Sexe", elle explique comment la civilisation et l'éducation agissent sur les enfants pour les orienter dans un rôle masculin ou féminin qui sert l'ordre social alors même que filles et garçons ne sont pas initialement distinguables. Ces approches ont en commun d’avoir questionné la dimension biologique et naturalisée de la différence entre les sexes et d’avoir mis l’accent sur la dimension sociale de sa production. Naissance du concept par les sciences psychomédicales (sexologie, psychiatrie). Années 1950-70 : approche psychomédicale. En 1955, le sexologue John Money introduit le terme et la notion de dans une série d'articles co-écrit avec Joan G. Hampson et John L. Hampson dans le cadre notamment du traitement de l’anatomie génitale ambiguë d'enfants (c'est-à-dire des personnes intersexes, désignées à l'époque d') pour distinguer le sexe anatomique et psychologique qui serait déterminé, de la construction psychologique de soi comme homme ou femme. En 1964 et 1968, les psychanalystes et psychiatres Robert Stoller et Ralph Greenson introduisent la distinction terminologique entre "sex" biologique et "gender identity" : . Ainsi, ils introduisent le concept d' « identité de genre » ("gender identity") pour désigner « le sentiment d'appartenir à un sexe particulier ». Par ailleurs, Robert Stoller propose d'articuler les deux notions de rôle de genre et d'identité de genre : « l'identité de genre ["gender identity"] commence avec le savoir et la réalisation, consciente ou inconsciente, que l'on appartient à un sexe et non à un autre […] le rôle de genre ["gender role"] est la conduite déclarée que l'on montre en société, le rôle qu'on joue, notamment vis-à-vis des autres ». En 1972, les sexologues John Money et Anke Ehrhardt proposent des définitions qui seront adoptées par les sciences du psychisme . Ces approches s'inscrivent dans une logique où il y a, à l'époque, en finalité intervention médicale à visée corrective (en particulier via la chirurgie de réassignation « sexuelle »). Par ailleurs, le genre n'est appréhendé qu'en tant qu'identité psychologique. Il s’agissait pour Money d'opérer les corps des enfants intersexes pour les mettre en adéquation avec la norme sociale (qui ne connaît que deux identités sexuées possibles) et pour Stoller, d'opérer les corps des personnes « transexuelles » en faisant correspondre leur identité psychique et leur anatomie pour les mettre en adéquation avec la norme sociale (qui ne connaît que deux identités sexuelles possibles). Ainsi, dans cette première perspective, l’usage du terme « gender » n’engage donc pas du tout une critique de la norme. La distinction sexe/genre ici ne recouvre donc pas la distinction entre le biologique et le social puisque dans cette approche le genre est un concept proprement psychologique et médical. Ruptures épistémologique : le genre dans les sciences sociales. Les sciences sociales empruntent aux sciences psychomédicales la notion de genre mais dans une perspective critique et dénaturalisante (le genre ne désigne plus une identité psychologique mais un processus de classification sociale). Années 1970 : première rupture épistémologique. En 1972, la sociologue britannique Ann Oakley reprend le terme « gender » tout en s'écartant des définitions de Money et Stoller : elle élargit le concept en insistant sur le processus de classification sociale entre hommes et femmes : . C'est une première démarcation entre sexe et genre où le concept de genre est censé prendre en charge la part sociale de la division entre les sexes. Cette première démarcation va être largement contestée dans un second temps où il sera question de s’intéresser à la construction sociale (genrée) du sexe lui-même. Les parties divisées ne forment plus l’explication mais ce qui est à expliquer. Dès les années 1970, en France, le terme de genre est utilisé par des sociologues comme Christine Delphy et des anthropologues comme Nicole-Claude Mathieu même si ce sont des expressions tel que « rapports de sexe » ou « rapports sociaux de sexe » qui s'impose. Christine Delphy ajoute la hiérarchie comme composante fondamentale du genre. De plus, elle considère dès 1981 que le genre précède et construit le sexe : « nous pensons que le genre – les positions sociales respectives des femmes et des hommes – n’est pas construit sur la catégorie (apparemment) naturelle du sexe ; mais qu’au contraire le sexe est devenu un fait pertinent, et donc une catégorie de la perception à partir de la création de la catégorie de genre, c’est-à-dire de la division de l’humanité en deux groupes antagonistes dont l’un opprime l’autre, les hommes et les femmes. ». En 1991, elle considère que penser le sexe en termes de donnée biologique est une impasse. Pour elle, le sexe est avant tout la représentation du « biologique » par la société : . Dans cette période, la notion de genre est également utilisée par le mouvement féministe, qui souhaite démontrer que les inégalités entre femmes et hommes sont issues de facteurs sociaux, culturels et économiques plutôt que biologiques. Années 1980 : deuxième rupture épistémologique. Dans les années 1980, les études de genre commencent à s’institutionnaliser, elles gagnent de l'ampleur dans les universités et le concept de genre est approprié par de nouvelles disciplines, comme l'histoire. En 1988, l'historienne Joan W. Scott propose une définition du genre qui explicite un rapport du pouvoir : . En 1987, les sociologues Candace West et Don Zimmerman publient un article (« "Doing gender" » qu'on peut traduire par « Faire le genre »), qui va contribuer à développer une façon de penser le genre comme un processus interactionnel. Avec la notion de "doing gender", ils mettent l’accent sur le "processus" visant à créer et fixer les différences sexuées, à les présenter comme naturelles et à les utiliser ensuite « pour renforcer l’« essentialisme » des sexes » car « au principe de la catégorisation de sexe, il y a donc la présomption selon laquelle des critères fondamentaux existent et seraient là, ou devraient être là, si nous les cherchions ». Années 1990 : genre et sexualité. Sous l'influence de la pensée de Michel Foucault, le genre est étudié dans son rapport à la sexualité notamment telle qu'il l'a conceptualisé : comme produite socialement par des relations de pouvoir, des normes sociales à leurs « mises en discours ». Notamment, le genre et la sexualité et leurs « injonctions normatives » sont la base des réflexions Judith Butler à partir des années 1990 dans ses études sur les minorités sexuelles. Judith Butler, en 1990, dans ses études sur les minorités sexuelles, ajoute que le genre est « performatif » : les actes et les discours des individus non seulement décrivent ce qu'est le genre mais ont en outre la capacité de produire ce qu'ils décrivent. Ainsi, le genre . Elle décrit le genre comme . Des travaux dès 1990, voir en particulier Thomas W.Laqueur montrent que cette bicatégorisation ne va pas de soi, n'est pas figée dans le temps et dans l'espace. Dans cette approche, les sciences naturelles ont construit « scientifiquement » le sexe ; elles seraient à l'origine de la bicatégorisation des sexes et même de l'infériorité supposée d'un sexe (en l’occurrence le sexe féminin) en regard de l'autre. Années 2000 : sexuation et intersexuation. En 2000, la biologiste Anne Fausto-Sterling qui, à travers notamment la question de l'intersexuation, montre que nos structures reproductives sont presque dimorphes mais pas complètement. Il existe un ensemble de critères d’ordre biologique que la sociologie ne nie pas, mais explique que le travail par lequel ces critères sont liés ensemble et unifiés est en revanche un fait social : l’existence de variables continues pour chacun des critères montre une volonté sociale d'une classification dichotomique. En 2001, la sociologue Christine Delphy dira « On ne trouve pas [le sexe] à l’état pur, prêt à l’emploi… pour se servir du sexe, qui est composé, selon les biologistes, de plusieurs indicateurs, plus ou moins corrélés entre eux, et dont la plupart sont des variables continues – susceptibles de degrés – il faut réduire ces indicateurs à un seul, pour obtenir une classification dichotomique. […] cette réduction est un acte social ». En 2008, la philosophe Elsa Dorlin explique que la détermination d'un sexe ne consiste pas uniquement à assigner un sexe mais le « bon sexe ». Elle précise que ce n'est pas que le corps n'a pas de trait sexué, il en a, et que le processus physio-anatomique de sexuation n'a pas eu lieu, il a eu lieu, l'enjeu est que cela n'a pas donné lieu à une identité sexuelle identifiable, « mâle » ou « femelle » (soit l'idée de considérer les individus comme "étant" des sexes "faits pour" se reproduire), ainsi l'intervention sur ces corps ne consiste pas à leur assigner un sexe, ils en ont déjà un, mais l'un des deux sexes (c'est notamment pourquoi Dorlin considère que « le concept de genre est lui-même déterminé […] par la polarisation sexuelle socialement organisée des corps »). Années 2010 : articulation genre, sexe, et sexualité. En 2013, la sociologue Isabelle Clair, souligne que le fait d’introduire la sexualité dans la réflexion sur le genre a obligé à revoir et à préciser les concepts, et ainsi on évite d'employer aujourd'hui « sexuel » quand ce qu'on souhaite désigner ne renvoie pas aux activités sexuelles. Comme, par exemple, l'expression « division "sexuelle" du travail » qui sert en fait à désigner la division du travail entre homme et femme. Elle dira : « tant que la sexualité était hors sujet, la polysémie était invisible ; à partir du moment où le rapprochement entre genre et sexualité est posé quelque part, il a des effets lexicaux partout. Simplement parce qu’il révèle un impensé ». Thématiques du genre. Genre et biologie. En 1994, Nelly Oudshoorn montre que qualifier certaines substances d'hormones « sexuelles » a fait obstacle à la reconnaissance de la grande variété des fonctions accomplies par les hormones stéroïdiennes qui sont sans lien avec le développement et le fonctionnement des capacités de reproduction. Par exemple, les scientifiques ont durablement eu du mal à assimiler le fait que les hommes comme les femmes produisent et utilisent à la fois des androgènes (littéralement « qui créent l'homme »), qualifiés d'hormones « sexuelles masculines », et des œstrogènes (littéralement « qui induisent l’œstrus », qui désigne la période de chaleurs qu'ont certains mammifères, alors que chez l'humain, il n'y a pas de contrôle œstral), qualifiés d'hormones « sexuelles féminines ». En 2000, la biologiste Anne Fausto-Sterling, fait une distinction entre sexuation (au sens de phénomène naturel) et « corps sexué » (au sens au où ils sont normalisés pour être contenu dans un cadre social préconçu : si on opère chirurgicalement des corps « intersexe » c'est pour leur attribuer un sexe, l'un des deux sexe qui ne se situe pas « entre les sexes »). Chacun des critères biologiques tel que le sexe humoral, le sexe gonadique, le sexe hormonal, le sexe chromosomique, pris de manière isolée ne suffit pas lui seul à déterminer un sexe de façon sûre. Les opérations chirurgicales de réattribution génitale lors d'ambiguïté génitale (on parlera alors de personne intersexe) montrent qu'il y a une décision sociale de la distinction homme/femme (distinction fondé notamment sur la capacité de pénétrer ou d’être pénétrée). Entre 2008 et 2016, la socio-anthropologue Priscille Touraille, considérant que « les corps ne sont ni sexués ni genrés », propose plutôt le fait de considérer que les corps ont des « traits genrés » (non héritables génétiquement) et des « traits sexués » (produits par l’information génétique), afin de mieux rendre compte en quoi l'ordre du genre manipule sans pour autant fabriquer les caractères sexués (au sens où des conditions environnementales socialement produites peuvent avoir un impact sur la fréquence d'apparition de certains traits génétiques dans une population, sans pour autant avoir la capacité de choisir les traits génétiques qui apparaissent dans une population) . En 2010, Rebecca Jordan-Young, sociologue des sciences médicales, montre à travers une analyse de littérature de plus de trois cents études publiées entre 1960 et 2008, qu'il n'est pas établi chez l'humain que l'exposition précoce aux hormones stéroïdiennes conditionnerait les comportements psycho-comportementaux (des aptitudes cognitives aux comportements sexuels). Autrement dit, l'existence d'une sexuation du psychisme censée expliquer à la fois les différences entre les hommes et les femmes, et les différences entre les hétéros et les homos, soutenue par la théorie hormonale de l'organisation cérébrale chez l'humain n'est pas avérée. En 2014, Odile Fillod, présente des facteurs sociaux et structurels qui peuvent expliquer pourquoi l'idée selon laquelle la science aurait permis d’établir l’existence d’une sexuation naturelle du psychisme est régulièrement exprimée bien que scientifiquement non établie. En 2019, Rebecca Jordan-Young et Katrina Karkazis proposent une synthèse sur ce qu'est la testostérone (centrale dans la théorie de l'organisation du cerveau), ses effets sur les corps et ses mythes. Les autrices soutiennent qu'un ensemble d'allégation (y compris dans la littérature scientifique) sur la testostérone tend à naturaliser le genre (mais aussi la classe et la race). Par exemple, la définir comme une « hormone sexuelle masculine » a tendance à faire obstacle à la recherche à son sujet et à reconduire des préjugés genrés qui lui sont associés. En 2015, un collectif de chercheurs et chercheuses en sciences naturelles et en sciences humaines et sociales publie "Mon corps a-t-il un sexe ?" (ouvrage dirigé par la bioanthropologue Évelyne Peyre et la biologiste Joëlle Wiels) proposent notamment d'évaluer l'impact du genre sur le développement du corps et dans quelle mesure les croyances liées au genre ont pu influencer les recherches menées sur le sexe. En 2016, Thierry Hoquet, philosophe spécialiste de l’histoire de la biologie, montre dans son ouvrage "Des sexes innombrables. Le genre à l'épreuve de la biologie", qu'il n'y a ni un sexe, ni deux sexes, mais différentes conception du sexe y compris et particulièrement en biologie, tel que : sexe comme types de génitoire (anatomique : gonadique, gonophorique, gamétique), sexe chromosomique/génétique, sexe endocrinien/« hormonal », sexe désignant un type d'individu (mâle/femelle), sexe comme marqueur civil et légal, sexe comme ce qui produit la génération (reproduction sexuée ou non), sexe comme sexualité reproductive (reproduction sexuée), sexe hédonique (sexualité non reproductive), etc. qui se déploient potentiellement selon des périodes particulières tout au long de la vie. D'autre part, la question des personnes intersexes remet en cause la dichotomie jugée naturelle. Genre et filiation. Le mariage : exemple d'une institution politique et sociale. Le mariage est une institution sociale, au sens où cela désigne une structure d’organisations sociales dotée d'une certaine stabilité et durabilité dans le temps, d'un mode de régulation d'interactions sociales (normes, pratiques, croyances, etc.) vouées à se reproduire, dont les modalités ont évolué au cours du temps. Dans le registre législatif français, rappelons par exemple, qu'entre 1804 et 1980 les relations sexuelles étaient un « devoir conjugal » qui pouvait être exigé par la contrainte et la violence physique, la jurisprudence avait décidé qu’il ne pouvait pas y avoir de viol entre époux, tant que le mari avait imposé à son épouse une pénétration vaginale d'après l’historienne du droit Marcela Iacub. Françoise Héritier dira au sujet du mariage qu'il ne s'agit pas tant une affaire d'ordre privé et individuel entre des personnes qui peuvent s’aimer, s’unir et donner naissance sans contrat de mariage, qu’une affaire publique et sociale, puisque la fonction du mariage serait de rendre légitime la descendance et la filiation (en l’occurrence patrilinéaire). Vu ainsi, l’institution du mariage consacre une alliance durable non pas entre des personnes mais entre des groupes sociaux. Le chercheur en sciences sociales Alain Giami indique que pour l’Église catholique française, comme l'explicite le Dictionnaire de théologie catholique publié en 1924, . Réceptions du concept de genre hors du champ de la recherche. Politique publique et genre. Le concept de genre et les recherches universitaires liées servent parfois de base aux politiques publiques visant à réduire les inégalités entre les femmes et les hommes. Verena Keller professeure et chercheuse dans le champ de la politique sociale et du travail social, rappelle la nécessité d’analyser et de prendre en compte les inégalités de genre pour améliorer l’efficacité du travail social. De nombreuses sociétés humaines disposent de différents moyens, juridiques, d'éducation, de sensibilisation, contribuant à lutter contre la hiérarchie entre masculin et féminin. Politique mondiale. De manière notable, le terme de « genre » est ainsi intégré dans le rapport final de la conférence mondiale sur les femmes de Pékin, organisée par l'ONU en 1995. Il s'agit alors d'appréhender les inégalités de manière holiste, dans une réflexion qui englobe les hommes et les dynamiques sociales. La notion de genre est également utilisée par l'Organisation mondiale de la santé, pour qui . L'UNESCO place l'égalité de genre parmi ses priorités globales, la considérant comme . Politique en France. En France, l'Inspection générale des affaires sociales note que « Toutes les politiques de promotion de l'égalité butent sur un obstacle majeur, la question des systèmes de représentation, qui assignent hommes et femmes à des comportements sexués, dits masculins et féminins, en quelque sorte prédéterminés ». Le Comité France de l'ONU fait réaliser par un cabinet de consultants et diffuse l'étude « Bienvenue sur la planète Femmes ». L'organisme national français de statistiques, l'INSEE, mesure des inégalités persistantes entre les sexes . La journée annuelle des droits des femmes présente l'occasion de rappeler les inégalités entre les sexes se traduisant notamment entre terme de violence. En France, une convention nationale interministérielle engageant tous les ministères ayant la responsabilité de politiques éducatives (à savoir le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; le ministère des Armées ; le ministère de la culture ; le ministère de l'agriculture et de l'alimentation) définit le cadre de référence en matière d'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, dans le système éducatif. L'article L. 121-1 du code de l'éducation indique que le système éducatif doit . Il s'agit donc d'une obligation légale. L'action du ministère chargé de l'Éducation nationale en matière de lutte contre l'homophobie et la transphobie s'inscrit dans un cadre interministériel coordonné par la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT. Réception critique, polémique et controverse. Usage de l’expression « théorie du gender » hors du champ académique. L'expression « théorie du genre » est présentée comme une traduction de l'expression anglaise « ' ». Mais selon les chercheurs en sciences sociales il s'agit d'un mésusage . En effet, si l'expression ' est parfois utilisée par plusieurs sociologues américains pour désigner leur champ d'études, c'est dans une toute autre perspective que celle des personnes extérieures au champ académique des études sur le genre. Ainsi, selon la sociologue française Laure Bereni l'expression « théorie du genre » serait une tentative de faire croire qu'il existe une stratégie politique unifiée derrière les études de genre. "Mobilisation « anti-genre »" Selon une étude de 2012 de l'historien d'Anthony Favier, un article de 2014 de la chercheuse Odile Fillod, et l'ouvrage de 2017 du docteur en sciences politiques Massimo Prearo et de la sociologue Sara Garbagnoli, l'expression « théorie du genre » est employé et popularisé dans des années 2000 par le prêtre catholique Tony Anatrella à des fins rhétoriques dans le cadre de l'offensive menée par le Vatican alors hostile à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, à l'homoparentalité et la procréation médicalement assistée dans l'objectif de promouvoir « la différence et […] la complémentarité entre les sexes comme fondement de l’humain ». L'historienne Joan W. Scott voit également dans cette expression une des catholiques dans la rhétorique du Vatican. Pour elle, cette expression est utilisée par qui entendent faire valoir que les différences entre femmes et hommes établissent . Le politologue Bruno Perreau estime lui aussi que . Le sociologue Éric Fassin insiste sur le fait que le genre est un concept qui aide à penser et non une idéologie. À la suite de la déclaration de Vincent Peillon, alors ministre français de l'Éducation nationale, en 2013 selon laquelle il disait être , il y eut de nombreuses réactions dans le monde des sciences sociales : notamment la publication d'une tribune, signée par 400 universitaires qui indique qu'. Par ailleurs, l'universitaire Anne-Emmanuelle Berger affirme que , et la philosophe Judith Butler que . De même, les sociologues Éléonore Lépinard et Marylène Lieber considèrent que l'emploi de au singulier masquerait la pluralité de thèses aussi différentes que la théorisation du genre par Judith Butler ou la théorisation du genre par Christine Delphy : . En résumé, la pertinence de l'expression est contestée par de nombreux chercheurs du fait qu'il existe une diversité de théorisation attestée. Réception catholique. Selon une étude de l'historien Anthony Favier sur "La réception catholique des études de genre", à partir des années 1980 se développe une vision très négative de la notion de genre (alors désigné par « théorie du genre » ou « idéologie du genre ») au sein de la communauté catholique, notamment via des penseurs catholique, des auteurs théologiens et autorités ecclésiastique, qui y voient un discours idéologique unifié qui aurait pour but de déstabiliser les rapports traditionnels entre les sexes ainsi que les repères régissant différentes questions comme la contraception, l’avortement et le comportement sexuel. Le genre agirait comme l'instrument de remise en cause de la sexualité humaine et de contestation des . Selon le prêtre et psychanalyste Tony Anatrella, qui par ailleurs ne cache pas son désaccord avec le déclassement de l’homosexualité des troubles psychiques au sein des sociétés de psychiatrie et de l’OMS, le genre serait une idéologie emmenée par le « lobby homosexuel » et qui exigerait « la destruction de la famille », alors que cette dernière serait « la conséquence naturelle du comportement hétérosexuel de l’homme et de la femme ». Par ailleurs, à la suite de témoignages d'hommes qui disent avoir été entraînés dans des actes à caractère sexuel lors de séances dans le cadre de « thérapies » visant à les guérir de leur homosexualité et à la suite d'une réprimande canonique prise par l'archevêque de Paris, Tony Anatrella se voit interdire de ministère sacerdotal. Il ne peut plus entendre les confessions, il doit renoncer à l'accompagnement spirituel des personnes et il est interdit d'intervention publique sans l'accord de l'archevêque. Il est stipulé qu'il n'aura plus de ministère et il lui est demandé de ne plus exercer. Pour le psychanalyste chrétien Jacques Arènes, la « gender theory […] constitue le corpus idéologique utilisé par les lobbys gay pour défendre leurs idées soumises au législatif, notamment le mariage dit homosexuel ». Selon la philosophe catholique Chantal Delsol, avec la , nous sommes et la consécration du , considérant qu'« apprendre le gender à l'école […] dans le cours de SVT (sciences de la vie et de la terre) » est « de la propagande ». Le pape Benoît XVI, met en garde de ne pas « vivre contre l’Esprit créateur […] dégagé de tout lien et de toute constitution naturelle » et a appelé les chrétiens à rejeter « des philosophies comme celles du genre » car elle légitimerait le mariage homosexuel, l'homoparentalité et la procréation médicalement assistée. Opposition à l’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe. En France, en 2012, des opposants à l'ouverture des droits pour des personnes de même sexe de se marier, notamment La Manif pour tous, à l’instar de la réception catholique, ont établi un lien entre la et l'ouverture du mariage aux couples de même sexe ou des programmes de lutte contre les stéréotypes filles-garçons à l'école. Cette réception repose sur un détournement et une distorsion du concept de genre entretenu par des personnalités de la communauté catholique mais aussi par certaines personnalités politiques comme des députés à droite de l’échiquier politique français, qui demandent par exemple la création d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale, regrettant que les études de genre aient intégré la qu'ils présentent comme un système de pensée et d’organisation globale de la société refusant en général ce qui est donné par la nature et en particulier le corps sexué lui donnant un . À partir de 2013, divers groupes politiques, liés pour certains à La Manif pour Tous, ont lancé en France des campagnes prêtant à l'Éducation nationale l'intention d'enseigner la à l'école ; les groupes les plus radicaux ont affirmé que cet enseignement s'accompagnerait de cours d'éducation sexuelle dès l'école maternelle. Bien que rapidement démenties, ces rumeurs ont occasionné des mouvements d'inquiétude. Références et bibliographie. Bibliographie. Principaux ouvrages utilisés comme source pour la rédaction de cet article Autres ouvrages synthétique sur les théorisations du genre Littératures notables mentionnés dans l'article sur les théorisations du genre |
GDF GDF est un sigle qui peut désigner : |
Günter Grass Günter Wilhelm Grass, né le à Danzig-Langfuhr et mort le à Lübeck, est un écrivain et artiste allemand. Lauréat du prix Nobel de littérature en 1999, Grass est principalement connu pour son roman "Le Tambour". Marquée par l'expérience traumatique du nazisme, son œuvre, baroque et ironique, puise son inspiration dans son origine germano-polonaise et condense réalisme et mythe afin d'explorer les méandres de l'Histoire, la mémoire et la culpabilité. Considéré comme l'un des plus grands écrivains allemands contemporains et le plus célèbre auteur germanophone de la seconde moitié du , il est aussi remarqué pour ses prises de positions politiques à l'origine de nombreuses controverses en Allemagne et à l'international. Biographie. Günter Grass naît dans la ville libre de Dantzig, de parents commerçants, propriétaires d'une épicerie en produits coloniaux. Son père est allemand protestant et sa mère cachoube catholique. Grass et sa jeune sœur sont élevés dans la religion catholique. Il dit alors vivre . L'invasion par la Wehrmacht de la Pologne et de Dantzig est approuvée par sa famille même si l'un des oncles polonais du jeune Günter est fusillé après avoir participé, comme postier résistant, au siège de la poste polonaise. Il est dès lors interdit au garçon de jouer avec ses cousins et aucun mot n'est prononcé sur les proches tombés en disgrâce ni sur le sort qui leur a été réservé. Enrôlé dans la Jungvolk, subdivision des Jeunesses hitlériennes , il demande à 15 ans à s'engager dans les sous-marins mais rejoint à l'âge de 17 ans la Panzerdivision SS Frundsberg des "Waffen-SS" en . Jusqu'en 2006, date à laquelle il révèle cet engagement, il avait toujours indiqué avoir été dans la défense anti-aérienne ("Fliegerabwehrkanone"). Il a expliqué cet engagement par son souhait de fuir une ambiance familiale rendue pesante par l'exiguïté de l'appartement et d'une rivalité avec son père. Il dit s'être engagé dans l'espoir de rejoindre les sous-mariniers et sans vraiment savoir ce que représentaient les "Waffen-SS". À la fin de la guerre, il fuit l'avancée russe et est fait prisonnier par les Américains avant d'être libéré en 1946. Durant sa captivité, il aurait peut-être rencontré Josef Ratzinger, le futur pape Benoît XVI. Il dit n'avoir pris pleinement conscience des horreurs perpétrées par le nazisme qu'après sa libération en entendant les aveux de Baldur von Schirach au procès de Nuremberg. Effondré par ces découvertes, Grass reste en Allemagne de l'Ouest où il mène une vie de bohème, étant successivement mineur de fond dans les carrières de potasse près de Hanovre et tailleur de marbres funéraires. Il tente par ailleurs de se reconstruire après la découverte de drames familiaux : sa mère et sa sœur ont vraisemblablement été violées par des soldats de l'Armée rouge. Après une traversée de l'Europe et des études de sculpture et d'arts plastiques à Düsseldorf et à Berlin-Ouest auprès de Karl Hartung, il tente de gagner sa vie grâce à ses sculptures et ses gravures. Graphiste, illustrateur et peintre, il s'essaie également à l'écriture et compose quelques poèmes. Il commence par ailleurs la rédaction d'un roman qui s'inspire lointainement de sa jeunesse. En 1955, il devient un proche du Groupe 47, mouvement de reconstruction et de réflexion littéraire dans l'Allemagne d'après-guerre. En 1956, "Le Journal des coquecigrues" ("Die Vorzüge der Windhühner"), son premier recueil de poèmes, est publié. Il est suivi de deux pièces de théâtre, en 1957 : "Tonton" ("Onkel, Onkel") et "La Crue" ("Hochwasser"). La même année, Grass obtient le prix du Groupe 47 après la lecture du premier chapitre de son œuvre romanesque en chantier : "Le Tambour". L'argent de la récompense lui permet de séjourner, entre 1956 et 1960, à Paris où il parachève la rédaction de l'ouvrage près du canal Saint-Martin puis dans une petite chambre de la place d'Italie sur une machine à écrire Olivetti. Il fréquente les milieux intellectuels de Saint-Germain-des-Prés, découvre le Nouveau Roman, se lie d'amitié avec Paul Celan qui l'incite à lire François Rabelais et prend position pour Albert Camus dans la querelle l'opposant à Jean-Paul Sartre. Il devient célèbre en 1959 avec la publication du "Tambour" ("Die Blechtrommel"), son chef-d'œuvre, qui obtient un succès planétaire et lui vaut d'être considéré comme un grand nom de la scène littéraire internationale. Le livre fait l'objet d'une adaptation cinématographique, vingt ans plus tard, par Volker Schlöndorff. Le film est aussi un triomphe mondial et se voit attribuer la Palme d'or à Cannes et l'Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. Dans les années 1960, Grass s'engage en politique et participe aux campagnes électorales des sociaux-démocrates allemands. Il organise plusieurs meetings en faveur du futur chancelier Willy Brandt avec lequel il se lie d'amitié et qu'il renseigne sur les affaires est-européennes. Il est présent lorsque Brandt, dans un geste historique, se met à genou sur le site de l'ancien ghetto de Varsovie. L'auteur lui prodigue par ailleurs des conseils sur le rapprochement des deux républiques allemandes. L'auteur adhère au SPD en 1982 mais donne sa démission en 1992 pour protester contre les restrictions du droit d'asile. De 1983 à 1986, il préside l'Académie des arts de Berlin. À la fin des années 1980, il part en Inde à Calcutta, où il constate la misère du peuple indien. Il relate cette expérience dans "Tirer la langue" ("Zunge zeugen", 1989). En 1995, la publication de "Toute une histoire" ("Ein weites Feld") provoque un tollé en Allemagne après que l'auteur y affirme que l'Allemagne de l'Ouest a pris en otage et victimisé, par le biais d'un libéralisme effréné, les habitants de l'ancienne RDA après la réunification. Le critique Marcel Reich-Ranicki accepte que le "Spiegel" publie un photomontage où on le voit en train de déchirer le livre de Grass avec le titre « L'échec d'un grand écrivain ». La presse populaire s'insurge aussi contre le romancier : le "Bild-Zeitung" titre « Grass n'aime pas son pays » et dénonce un roman au qu'elle considère comme . L'auteur reçoit le , à près de 72 ans, le prix Nobel de littérature, . Le jury de Stockholm célèbre également en lui . Fréquemment cité sur les listes de l'Académie suédoise, où il faisait figure depuis plusieurs années de favori au même titre que Gabriel García Márquez, Claude Simon et Nadine Gordimer, récompensés avant lui, Grass, comme le surnommait la presse, avait anticipé sa victoire, même tardive. Dès les années 1970, il avait proposé au Comité Nobel de primer conjointement un écrivain allemand de l'est et l'ouest comme symbole d'une réunification culturelle. Il faisait ainsi référence, de manière sous-jacente, à l'idée de le mettre à l'honneur avec son amie Christa Wolf. Mais cette proposition ne fut jamais prise en compte par les jurés du prix. En 2001, Grass propose de construire un musée germano-polonais qui abriterait les œuvres d'art volées par les nazis. Parfois accusé de s'être reposé sur ses lauriers après ses premiers succès littéraires, notamment pour son goût répété de la provocation, de l'obscénité et du blasphème, la surabondance de son style ou encore son penchant pour la virtuosité tapageuse, Grass revient au premier plan de la littérature mondiale en 2002 grâce à la publication dEn crabe" ("Im Krebsgang"). La même année, la mairie de Gdańsk, sa ville natale, annonce son projet de fonder un musée-institut dédié à l'auteur qui ouvre finalement ses portes en 2009. En 2005, l'écrivain fonde un cercle d'auteurs et les rencontres littéraires de Lübeck. En , il révèle son enrôlement en octobre 1944 dans les "Waffen-SS" après avoir prétendu auparavant avoir servi dans la "Flak". La divulgation tardive de ce secret, qui et qui est faite quelques jours avant le lancement de son dernier livre autobiographique, "Pelures d'oignon" ("Beim Häuten der Zwiebel"), suscite malaise et incompréhension en Europe. Elle est à l'origine d'une controverse entre intellectuels européens, certains d'entre eux considérant que cet aveu lui ôte son statut de caution morale, d'autres au contraire pensant que cette sincérité, même tardive, ne fait que renforcer sa légitimité artistique et intellectuelle. Lech Wałęsa, après avoir demandé qu'on lui retire son titre de citoyen d'honneur de la ville de Gdansk, lui pardonne ses errements de jeunesse. Entre-temps, Grass reçoit le soutien d'une partie de la communauté littéraire parmi laquelle Salman Rushdie, John Irving ou encore José Saramago qui juge néanmoins « infâme » et « indigne » l'utilisation de cette révélation à des fins promotionnelles. La droite allemande dénonce, quant à elle, son hypocrisie et ses sermons galvaudés sur le passé nazi de la nation. Elle le prie d'ailleurs un temps de rendre son prix Nobel et l'argent qu'il lui a rapporté. Mais le président de la fondation Nobel soutient publiquement l'écrivain en , déclarant à ce sujet que . Après cet épisode, son biographe explique que deviennent soudain . En France, le critique littéraire Pierre Assouline suppose que la rédaction de "Pelures d'oignon" fut une manière d'anticiper la révélation de ce secret par une enquête journalistique. En , à 86 ans, Grass annonce qu'il n'écrira plus de romans car son âge avancé et des problèmes de santé ne lui permettent plus de s'engager sur des projets nécessitant cinq ou six années d'enquête et de travail. Il met ainsi un terme à sa carrière littéraire mais continue son activité de dessinateur, illustrateur et graphiste. À l'annonce de sa mort, survenue dans une clinique de Lübeck à la suite d'une infection le , de nombreux hommages lui sont rendus en Allemagne et à l'étranger de la part de personnalités politiques et littéraires parmi lesquelles l'ancien président polonais Lech Wałęsa, la chancelière Angela Merkel, le président de la République fédérale Joachim Gauck, Sigmar Gabriel, Peter Tauber, Salman Rushdie, Imre Kertész, John Irving, Elfriede Jelinek, Orhan Pamuk, Mario Vargas Llosa ou encore la ministre de la Culture française d'alors Fleur Pellerin. Parmi les œuvres les plus célèbres de Grass, on compte "Le Chat et la Souris" ("Katz und Maus", 1961) et "Les Années de chien" ("Hundejahre", 1963) qui achèvent une trilogie sur Dantzig ("Trilogie de Dantzig") ouverte par "Le Tambour". Ses autres ouvrages connus sont "Le Journal d'un escargot" ("Aus dem Tagebuch einer Schnecke", 1972), "Le Turbot" ("Der Butt", 1977), "Une rencontre en Westphalie" ("Das Treffen in Telgte", 1979), "La Ratte" ("Die Rättin", 1985), "L'Appel du crapaud" ("Unkenrufe", 1992) et "Mon siècle" ("Mein Jahrhundert", 1999). Vie privée. En 1954, Grass épouse la Suissesse Anna Schwarz, apprentie danseuse de ballet ; ils ont quatre enfants. Ils divorcent en 1978. En 1974 naît la fille qu'il a avec l'architecte Veronika Schröter, Helene Grass, qui devint comédienne et à qui "Le Turbot" est dédié. En 1979, il se remarie avec l'organiste Ute Grunert et vit avec elle près de Lübeck jusqu'à sa mort en 2015. La Maison Günter-Grass. La Maison Günter-Grass à Lübeck, ouverte partiellement au public dans le cadre de conférences, rencontres et expositions temporaires, contient la majeure partie des manuscrits et des œuvres artistiques de l'auteur. Grass y concevait lui-même la couverture et l'illustration de ses ouvrages. Il continuait en parallèle à exercer ses activités artistiques. Il était l'un des rares écrivains à inviter, lors de la parution en allemand de chaque nouvel ouvrage, l'ensemble de ses traducteurs pour mettre en commun les travaux de traduction et permettre un échange de langues. Opinions politiques. Les prises de position de Grass, dans ses ouvrages ou dans les médias, ont souvent déclenché de vives controverses outre-Rhin, lui valant la réputation de polémiste. Se positionnant politiquement à gauche, Grass a longtemps milité au Parti social-démocrate (SPD). La presse le classe parmi les intellectuels européens appartenant à la gauche radicale : altermondialiste, pacifiste et antimilitariste. Il s'est longtemps battu pour les droits des femmes et la légalisation, en Allemagne, de l'interruption volontaire de grossesse. L'auteur a régulièrement critiqué le passé nazi de l'Allemagne et est devenu un ténor de l'antiaméricanisme, fustigeant par exemple Helmut Kohl et Ronald Reagan, venus ensemble visiter le cimetière de Bitburg, au motif que des SS y étaient enterrés avec des soldats alliés et allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Après l'installation en des premiers Pershing II en République fédérale, il estime que ces missiles sont des armes agressives au déploiement desquelles la Constitution interdirait à la Bundeswehr de participer. Avec une trentaine d'écrivains, il lance un appel aux jeunes Allemands de l'Ouest pour qu'ils refusent de faire leur service militaire. Lors d'un voyage en Israël, il déclare : Après la chute du mur de Berlin, il s'oppose à la Réunification allemande pour « préserver l'héritage socialiste » de la République démocratique allemande. En 1992, il quitte le SPD dont il était devenu une figure éminente en raison de la signature, par le parti, de la nouvelle Constitution qui comprend une clause de restriction du droit d'asile. Il milite un temps pour les Verts allemands avant de soutenir Gerhard Schröder. En 1993, il apporte son soutien à Christa Wolf, dont les liens passés et occasionnels avec la Stasi sont rendus publics. En 1997, il s'oppose une nouvelle fois à Helmut Kohl pour dénoncer la politique des marchands d'armes entre l'Allemagne et la Turquie. L'auteur a souvent critiqué les « dérives libérales et petites bourgeoises » du SPD. Il a néanmoins toujours affiché un indéfectible soutien à l'ex-chancelier Gerhard Schröder qu'il n'apprécie guère personnellement. Dans un échange télévisé avec Pierre Bourdieu pour la chaîne Arte en novembre 1999, l'auteur déplore les méfaits du néolibéralisme et affirme que . Il exprime également son souhait d'ouvrir à nouveau et d'avoir recours à un humour sardonique comme outil critique du monde moderne. Il considère par ailleurs comme devoir pour tout intellectuel d', regrette et rapproche besoin de transition écologique et résolution du chômage de masse. Grass a toujours voulu défendre la « voix des opprimés » : il a notamment soutenu Salman Rushdie, victime d'une fatwa islamique en 1989, les écrivains arabophones contestataires et expatriés puis le peuple palestinien. Il a souvent dénoncé la politique du gouvernement israélien qu'il juge « agressive » et « belliqueuse ». Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, il déclare que la « réaction » américaine orchestre beaucoup de tapage . La même année, il s'oppose à l'intervention américaine en Afghanistan puis à la guerre en Irak deux ans plus tard. En compagnie de Gabriel García Márquez, José Saramago, Umberto Eco, John Updike, Mario Vargas Llosa, Carlos Fuentes et Juan Goytisolo, il condamne l'attitude des autorités turques et réclame, en décembre 2005, l'abandon des charges judiciaires contre l'écrivain Orhan Pamuk, accusé d'« atteinte à l'identité turque » à la suite de la publication d'un article dans lequel ce dernier reconnaît la responsabilité de son pays dans les massacres kurdes et le génocide arménien. En 2006, lors de l'affaire des caricatures de Mahomet, Grass fustige « l'arrogance de l'Occident » et son « mépris de la culture musulmane ». En 2008, il publie avec cinq autres lauréats du prix Nobel (Mikhaïl Gorbatchev, Desmond Tutu, Dario Fo, Orhan Pamuk et Rita Levi Montalcini) une tribune pour dénoncer le sort de Roberto Saviano, dont la tête est mise à prix par la mafia et en appeler à la responsabilité de l'État italien dans sa lutte contre le crime organisé. En 2010, il s'engage, au côté d'Orhan Pamuk, pour la libération de l'auteur Doğan Akhanlı, emprisonné en Turquie. En 2013, il fait partie des signataires, en compagnie de plusieurs écrivains dont quatre autres prix Nobel (Orhan Pamuk, Elfriede Jelinek, J.M. Coetzee et Tomas Tranströmer), d'un manifeste contre la société de surveillance et l'espionnage des citoyens orchestré par les États. Polémique sur "Ce qui doit être dit". Le , il publie dans le journal munichois le "Süddeutsche Zeitung" un poème en prose intitulé « Ce qui doit être dit » dans lequel il accuse Israël de menacer la paix mondiale tout en réclamant le contrôle strict du nucléaire iranien, ce qui déclenche un énorme scandale et vaut à l'auteur d'être accusé d'antisémitisme. Il s'en défend pourtant à l'intérieur même du poème, expliquant qu'il s'est longtemps tu à cause du verdict courant d'antisémitisme lorsqu'on critique Israël. Dans le poème, l'écrivain dénonce également le soutien de la République fédérale allemande à l’État hébreu à qui elle livre des sous-marins pouvant être dotés de missiles nucléaires. En Allemagne, lors des « marches pascales pour la paix », Grass obtient plusieurs soutiens. Entre-temps, le romancier regrette d'avoir parlé d'Israël de manière globale et affirme n'avoir voulu critiquer que le gouvernement israélien. En France, l'auteur est taxé par Bernard-Henri Lévy de « régression intellectuelle » et qualifié de « chantre d'un néo-antisémitisme inavoué ». Si cette affaire divise la presse internationale, certaines personnalités comme Daniel Salvatore Schiffer, qui regrettent néanmoins les propos énoncés, déplorent qu'une confusion systématique et néfaste soit opérée entre « antisionisme » et « antisémitisme ». Une nouvelle fois, une partie de la presse somme la fondation Nobel de retirer à l'auteur son prix Nobel et l'argent qu'il lui a rapporté mais Peter Englund, secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise, exclut toute sanction vis-à-vis de Grass, rappelant que le prix lui a été attribué pour son mérite littéraire uniquement. L'Association israélienne des écrivains de langue hébraïque réclame néanmoins que le comité exprime clairement sa position sur l'affaire qu'elle juge plus morale que politique car, selon elle, . Le , alors qu'il est déclaré "persona non grata" en Israël, Grass publie un recueil de 87 poèmes, "Éphémères", où il fait notamment l'éloge de Mordechai Vanunu, dénonciateur du programme nucléaire israélien. Ce plaidoyer, considéré comme une nouvelle provocation par une partie des médias, est moqué par les autorités israéliennes. En juin 2013, en pleine période de campagne électorale, Grass provoque un nouveau scandale médiatique avec une virulente critique d'Angela Merkel dont il évoque la formation de fonctionnaire aux Jeunesses communistes d'ex-RDA et le parcours politique auprès de Helmut Kohl pour expliquer sa culture du pouvoir et sa capacité à . Son œuvre littéraire. Une œuvre en rupture. Avec la publication du "Tambour" qui devient presque immédiatement un classique, Grass s'impose comme l'un des écrivains allemands majeurs de l'après-guerre et préfigure les thèmes et l'esthétique du réalisme magique sud-américain des années 1960 et du réalisme hallucinatoire. Son empreinte sur la littérature mondiale est considérable : de nombreux auteurs de premier ordre dont Gabriel García Márquez, Mario Vargas Llosa, Nadine Gordimer, Kenzaburō Ōe, José Saramago, J. M. Coetzee, Elfriede Jelinek, Orhan Pamuk, Mo Yan, John Irving, Salman Rushdie, António Lobo Antunes ou encore Michel Tournier reconnaissent son influence sur leur création littéraire. D'emblée, l'auteur explore ce qui fonde les principales caractéristiques de ses récits et son style : des personnages, pris dans un tourbillon romanesque, écrasés par le poids de l'Histoire. S'il reste lié à une interrogation morale sur la culpabilité et la responsabilité, Grass prend en partie ses distances avec certains noms de la "Trümmerliteratur", la « littérature des ruines » représentée par son ami Heinrich Böll, qui, sur fond de pathos et de réalisme, pleure les malheurs de l'Allemagne dans l'immédiat d'après-guerre. Il préfère se situer du côté d'une littérature expérimentale, représentée par Arno Schmidt. Le secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise explique qu'avec son apparition sur la scène littéraire, . Son œuvre, volontiers provocante, grivoise et blasphématoire, est vantée par plusieurs critiques pour sa puissance créatrice, sa grande nouveauté et sa capacité à briser les tabous. Elle prend racine dans la littérature universelle et condense fable, merveilleux et notations réalistes dans un portrait satirique de l'Allemagne contemporaine et de ses mutations depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Selon le poète Hans Magnus Enzensberger, il est, dès ses débuts, . D'abord influencés par l'absurde et l'écriture épique de Bertolt Brecht, ses ouvrages, qui oscillent entre récit des origines et parodie, invoquent Dantzig, sa ville natale disparue et puisent leur inspiration dans le folklore germano-polonais. Ses écrits s'inspirent par ailleurs largement de ses expériences politiques. Ils cherchent à rendre compte de la part irrationnelle de l'Histoire, tout en donnant, à travers l'allégorie, une étude critique, sceptique et corrosive du monde moderne. Ils ont pour caractéristique première de lier indistinctement, fantasme, réalité quotidienne, légende, rêve et délire. Le choix du cadre germanique sert une visée plus large : les références à la géographie, l'Histoire et la politique forment une peinture caustique de mœurs et de caractères universels. Développant l'anamorphose, l'auteur tend un miroir peu reluisant à ses lecteurs. Lorsqu'il lui décerne le prix Nobel, le comité de Stockholm salue , ajoutant qu'il est un artiste singulier car il est . En réalité, Grass remet au centre de l'Histoire les personnes qui en sont évincées car elle ne se vouerait, selon lui, qu'au culte de l'homme providentiel. L'ironie et le grotesque. Moraliste, Grass trahit l'influence de François Rabelais dans des récits d'une fantaisie débridée marqués par un style ironique, un langage novateur et un goût du grotesque, du burlesque et du carnavalesque. Grass utilise le registre de la bizarrerie, l'humour dissonant et la cacophonie. Il privilégie la métaphore animale, développe une imagerie subversive et a recours au motif de la parade monstrueuse. En effet, ses romans mettent souvent en scène des personnages difformes (le nain Oskar et son chien hideux dans "Le Tambour", Mahlke, le garçon à la pomme d'Adam proéminente dans "Le Chat et la Souris", Ava, la divinité maternelle à trois seins dans "Le Turbot"...). L'empreinte du Nouveau Roman se décèle dans les recherches stylistiques et celle de William Faulkner dans l'emprise du terroir sur la fiction, le jeu sur les voix narratives et le recours à l'irrationnel. Grass affirme également devoir beaucoup aux "Essais" de Montaigne pour . Le symbolisme, la truculence et le style épique sont utilisés en trompe-l’œil afin de mettre à distance l'histoire et d'étudier, derrière le grandiose, la banalité quotidienne et la normalité sociale dans lesquelles s'immisce la perversité du mal. Sans aucun jugement tranché, aucune amertume ni aucun manichéisme, Grass évoque la soumission intéressée et le caractère corrompu de l'homme, ce qui crée un sentiment de malaise chez le lecteur. Ses textes pastichent les classiques de la littérature allemande comme "Les Souffrances du jeune Werther", "Wilhelm Meister" et "Simplicius Simplicissimus". Ils se caractérisent également par un collage de plusieurs genres littéraires (roman, poésie, théâtre, nouvelle...). Grass tire cette approche esthétique de son expérience de sculpteur mais également des influences conjointes de Laurence Sterne, Denis Diderot et surtout Alfred Döblin, qu'il considère comme son maître. Par ailleurs, l'humour de ses œuvres est proche de celui de Jean Paul. L'ironie déployée dans la forme du conte se rapproche, quant à elle, de Voltaire et de Jonathan Swift. La responsabilité et la mémoire. Dans la veine du roman picaresque allemand (le "Schelmenroman" représenté par Grimmelshausen) et du picaresque espagnol dont Grass rappelle les racines maure et arabe, "Le Tambour" s'inscrit déjà dans cette conception. Le roman, marqué par une profusion narrative et une inventivité langagière, relate le parcours de son avatar littéraire, Oskar Matzerath, né à Gdańsk dans les années 1920 d'une mère cachoube et de deux pères différents : l'un allemand et officiel et l'autre polonais et officieux. Le jeune garçon, dont la voix a le pouvoir de briser le verre, décide de ne plus grandir à l'âge de 3 ans et scrute avec impertinence, au son d'un tambour en fer blanc qu'il ne quitte jamais, les turpitudes et les compromissions des adultes dans lesquelles il se conforte. Prenant la position du bas physique et social, le romancier opte pour la féerie proche du répertoire médiéval à l'instar des Nibelungen et ridiculise la figure du surhomme. Pour le lecteur, Oskar n'est pas un narrateur fiable : il raconte son histoire d'un hôpital psychiatrique et la véracité de son témoignage est mise en cause. Utilisant le monde de l'enfance comme procédé critique, Grass sonde, de plus, la conscience d'une nation coupable et retranscrit le basculement naturel et terrifiant d'une société germanophone mais non-allemande, les habitants de Dantzig, dans le nazisme, plus par conformisme petit bourgeois que par aveuglement. Le romancier traite également du sort des "Flüchtlinge" (les réfugiés), les populations de langue allemande de l'est déplacées de force vers l'ouest par l'Armée rouge et évoque la misère allemande dans l'immédiat d'après-guerre. Au cours de ses aventures, Oskar décide de grandir à nouveau et ce au moment du miracle économique ("Wirtschaftswunder") mais sa croissance ne se déroule plus normalement : il devient bossu à l'image de la République fédérale allemande, pressée d'enterrer son passé nazi pour s'adonner aux joies du libéralisme économique. "Le Chat et la Souris" raconte l'histoire de Mahlke, jeune garçon à moitié orphelin, enrôlé dans les Jeunesses hitlériennes et gourou d'une bande de Dantzig. Celui qui rêve de devenir clown et de porter la Croix de guerre du Reich (la « souris » du titre) est suivi à la trace par Pilensz, le narrateur et « chat » qui l'admire autant qu'il le déteste. "Les Années de chien" narre la destinée d'une lignée canine, venue de Lituanie à la Vistule et dont Prinz, l'un des descendants, est offert en cadeau à Adolf Hitler. Ces deux récits clôturent la Trilogie de Dantzig après "Le Tambour" et sont de nouvelles paraboles sur la monstruosité de l'Histoire, la responsabilité collective, la culpabilité et la banalité du mal. Ils sont, par ailleurs, toujours portés par des êtres hors-normes, des antihéros et des marginaux dans un espace sans aucun repère clair où voix intérieures, rêves et réalité se confondent. Un auteur politique et critique. La pièce "Les Plébéiens répètent l'insurrection" ("Die Plebejer proben den Aufstand", 1966) revient sur le soulèvement populaire du , à Berlin-Est et brosse un portrait peu flatteur du dramaturge Bertolt Brecht. L'auteur y est présenté comme un artiste devenu privilégié avec le temps qui se coupe de sa conscience politique et sociale au profit de ses préoccupations littéraire et intellectuelle, ne soutenant jamais la lutte de ses concitoyens pour leur liberté dans un régime répressif. En filigrane, Grass dénonce l'embourgeoisement de certains intellectuels qui ratent les grands rendez-vous de l'Histoire. "Anesthésie locale" ("Örtlich Betaübt", 1969) articule un dialogue sur plusieurs étages entre un célèbre dentiste et son patient nommé Starusch puis oppose l'objectivité de l'expérience vécue à la reconstitution d’événements fantasmés. Ce roman critique ouvertement la position politique modérée et consensuelle répandue dans l'Allemagne fédérale qui, bien qu'opposée à la guerre du Viêt Nam, paraît trop sage pour combattre les injustices du temps. "Le Journal d'un escargot" qui se veut évoque, pour la première fois, les engagements politiques de Grass auprès de Willy Brandt lors de la campagne social-démocrate de 1969. La figure de l'escargot sert à caractériser une nation enroulée sur elle-même, prudente et lente dans sa démarche. Une œuvre à but moral. "Le Turbot" s'inspire d'un conte populaire médiéval, "Der Fyscher und syne Frau" ("Le Pêcheur et sa femme"), repris au par le peintre romantique Philipp Otto Runge puis par Alexandre Pouchkine et les frères Grimm. Il s'agit d'une fresque truculente et grandiloquente qui rend hommage à l'histoire cachée des cuisinières ; fonction adoptée par la femme à travers les âges pour arracher à l'homme son pouvoir patriarcal. "Une rencontre en Westphalie", qui reconstitue l'époque baroque et la guerre de Trente Ans, invente une rencontre entre les poètes Martin Opitz et Andreas Gryphius en 1647, entre Münster et Osnabrück. Ce contexte fictif fait référence à la période contemporaine et sert de prétexte au romancier pour refléter la situation des membres du groupe 47 qu'il interpelle sur les défis intellectuel et politique à venir. "La Ratte", conçu comme une suite lointaine au "Tambour", raconte le retour d'Oskar, devenu quinquagénaire, à Dantzig après une catastrophe nucléaire pour célébrer le anniversaire de sa grand-mère. L'auteur traite, par ce biais, du devenir de l'humanité et des dangers qui la guettent, investissant pour la première fois le champ de l'anticipation et de la fable dystopique. "L'Appel du crapaud" utilise son propre titre comme métaphore d'un cri d’alarme que devrait théoriquement lancer tout intellectuel face à une planète en péril. "Toute une histoire" est une peinture complète de l'Allemagne d'après la Réunification que traversent deux personnages bigarrés, inspirés de "Don Quichotte" et dont l'un, Theo Wuttke, est la réincarnation de l'écrivain Theodor Fontane. Ce couple est également une relecture de "Bouvard et Pécuchet" de Gustave Flaubert. "Mon siècle" est une série de commentaires, de notes, de portraits et d'anecdotes qui ressuscitent le siècle de l'écrivain à la veille du nouveau millénaire. Un inventaire du année par année y est alors brossé. Les derniers livres. "En crabe" est une œuvre de vieillesse et de maturité de facture conventionnelle, éloignée des provocations langagières, de l'outrance baroque et de la verve rabelaisienne d'autrefois. L'ouvrage traite du problème de la mémoire collective et des responsabilités transgénérationnelles à travers le torpillage, le , par un sous-marin soviétique du paquebot "Wilhelm Gustloff", chargé de milliers de réfugiés et de blessés civils ou militaires. Ce roman ouvre un nouveau volet dans la production littéraire de son auteur : bien que toujours liée au questionnement de l'Histoire, au problème de la mémoire et du rapport entre générations, elle s'appuie désormais sur un style polyphonique épuré et solennel qui permet autant au Grass écrivain qu'au Grass citoyen d'évoquer sa culpabilité dans des récits confessionnels où s'exprime une conscience amère du temps présent. La littérature y devient un « antipoison contre l'oubli » ("Pelures d'oignon", "Agfa Box", "D'une Allemagne à l'autre"...). Dans l'autobiographie "Pelures d'oignon", où l'oignon sert de métaphore aux diverses couches de la mémoire, l'auteur revient notamment sur sa trajectoire personnelle mais explique aussi la généalogie de certains de ses personnages et l'origine des histoires que l'on retrouve dans ses romans. Avec "Agfa Box", nouvel opus autobiographique, l'écrivain accompagne son récit de plusieurs photographies familiales. Comparaison avec Céline. Les livres de Günter Grass ressemblent, sur plusieurs points, à ceux de Louis-Ferdinand Céline ce qui lui a valu le surnom de « Céline allemand » dans la presse. Cette référence est problématique puisqu'il a toujours refusé ce rapprochement. Cependant, il dit apprécier la volonté de Céline de renouer avec l'héritage de Rabelais qu'il revendique lui-même. Michel Tournier place d'ailleurs Rabelais, Cervantès, Céline et Grass dans la même tradition littéraire d'« authenticité par le grotesque ». Style littéraire. Ses livres sont réputés profus et difficiles et procèdent par perspectives, strates et couches multiples. L'écrivain affirme volontiers exiger un effort de son lecteur, notamment pour le fait de . Opposé au roman conçu comme une « illusion-vérité », Grass se veut du côté de l'artificialité littéraire. La structure de ses romans déconstruit la chronologie et met en place des temporalités gigognes. Différentes voix narratives s'entrelacent simultanément et les récits secondaires ou enchâssés font dériver l'histoire centrale de son cadre initial. Proche du flux de conscience de James Joyce et Faulkner et d'une technique de collage héritée de John Dos Passos et Döblin, l'auteur juxtapose indistinctement diverses formes d'art et d'écriture (poème, article, compte-rendu, dessin etc.). Grass revendique plusieurs influences sur son style, notamment celle de Fontane, Franz Kafka, Camus, du dada, de l'expressionnisme et de la littérature baroque allemande. L'intertextualité est constante et un jeu de citations, de références et de réécritures littéraires se développe. On note plusieurs clins d'œil à Friedrich Nietzsche, Ivan Gontcharov, Georg Trakl, Rainer Maria Rilke, Jorge Luis Borges, Vladimir Nabokov, George Orwell ou encore Boccace qu'il cite explicitement, parmi d'autres, dans "Le Turbot". Son œuvre entière dénote une connaissance encyclopédique de la littérature, de la philosophie, des arts et des sciences humaines, mêlant commentaire, fantaisie, onirisme, provocation et irrévérence. Selon le secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise, Grass est . Sur l'exemple d'Arno Schmidt, Grass fait subir à la langue allemande un traitement de choc, privilégiant les recherches de style novatrices : néologismes, ruptures de ton, ellipses, alternance de registres, dislocation de la syntaxe... Sa prose volubile fait souvent appel à l'analogie, l'hyperbole et la métaphore. Elle est généralement emplie de longues phrases brutalement interrompues par des subordonnées sans verbe, des incidentes et des injonctives. La ponctuation est également malmenée. Grass balade le lecteur au gré d'anachronismes, jeux de mots, calembours et digressions. Il a par ailleurs recours à un jeu sur les voix narratives qui mine l'autorité des pronoms personnels : ses personnages disent tantôt "je", sont tantôt dits par un "il" ou sont par moments interpellés par un "tu" d'une phrase à l'autre, voire dans la même phrase. De fait, le lecteur ne sait plus qui parle et s'interroge sans cesse sur l'identité du ou des narrateurs ainsi que sur la véracité de leurs dires. L'écrivain déploie un style vertigineux, polyphonique, hybride et discontinu dans lequel se télescopent divers discours, anecdotes, situations et dialogues. Grass efface les repères définis de l'espace et du temps dans ses récits. En effet, il abolit à la manière des auteurs postmodernes la frontière entre les différents lieux et époques qui nourrissent ses fictions et les découpe, avec l'approche d'un peintre et d'un sculpteur, en fragments autonomes, postérieurement assemblés en "patchwork". S'il refuse de bâtir une narration accessible et condense des séquences hétérogènes proches de l'hermétisme, il est néanmoins réputé pour la force de ses images hallucinatoires (anguilles s'enroulant dans une tête de cheval décomposée, prise de Berlin par l'Armée rouge, accouplement avec une divinité féminine à trois mamelles etc.). Les scènes de fuite et de désolation durant la guerre dans certains de ses ouvrages ("Le Tambour", "Pelures d'oignon", "En crabe") sont également louées pour leur puissance. Elles traduisent, entre autres, l'empreinte d'Erich Maria Remarque qu'il vénère et qu'il a pu lire dans sa jeunesse car sa famille ignorait qu"'À l'Ouest, rien de nouveau" avait été mis à l'index par les nazis. Pierre Bourdieu se dit impressionné par sa manière de reconstituer la grande histoire par des détails infimes, notamment lorsque dans "Mon siècle", un petit garçon urine dans le dos de son père, militant socialiste, venu assister à un discours de Karl Liebknecht. L'auteur se situe dans la veine de l'antiroman. L'objet de ses ouvrages est en réalité moins les divers semblants d'intrigue que la langue littéraire, nourrie par une écriture transdisciplinaire (conte, fiction, politique, sciences humaines, arts, philosophie, autobiographie ou autofiction etc.). Entre analyse, reportage, merveilleux et hallucination, ses œuvres mettent en scène l'absurdité du monde tel qu'il évolue depuis la seconde moitié du et le chaos de l'Histoire. Son style reste cependant d'une précision maniaque et fait preuve d'une grande méticulosité. Son œuvre graphique. De son activité de peintre, graveur, illustrateur et sculpteur, Grass a tiré des productions composites dans lesquelles se manifeste un imaginaire foisonnant, marqué par le thème de l'hybridité, la bizarrerie, la difformité, l'animalité et le grotesque. L'harmonie et l'équilibre sont rejetés au profit de la disproportion. L'artiste revendique l'influence d'Emil Nolde et surtout de George Grosz, se situant entre l'expressionnisme, le dada et la Nouvelle Objectivité. Les références au folklore, la féerie et l'art populaire sont explicites et les notations humoristiques, grivoises et sexuelles sont fréquentes. Ses illustrations se démarquent par une utilisation particulière de la couleur grise. Ses sculptures utilisent plusieurs matériaux qu'elles n'hésitent pas à mêler. Sa propriété à Lübeck, dans le nord de l'Allemagne, est surnommée la "Günter Grass Haus" (maison Günter Grass). De son vivant, elle était en partie ouverte au public et accueillait plusieurs expositions temporaires et forums artistiques ou littéraires. En 2010, le centre Friedrich Dürrenmatt de Neuchâtel met l'œuvre littéraire et plastique de Grass à l'honneur à travers l'exposition "Bestiarum". De fin 2010 à 2011, Grass se consacre par ailleurs, dans sa maison, une grande exposition, "Von Danzig nach Lübeck, Günter Grass und Polen" ("De Dantzig à Lübeck, Günter Grass et la Pologne"), qui revient sur son histoire personnelle et concentre tous ses manuscrits postérieurs à 1995 et plus de mille cent dessins, gravures, lithographies, aquarelles et sculptures dont celle, monumentale, représentant une grande main tenant un turbot. L'exposition met par ailleurs en valeur les motifs visuels privilégiés par l'artiste (poissons, souris, rats, religieuses...) et montre plusieurs archives et photographies représentatives de son attachement à ses racines polonaises et cachoubes. |
Greenpeace Greenpeace ( « paix verte ») est une organisation non gouvernementale internationale (ONGI) de protection de l'environnement présente dans plus de à travers le monde. Fondée en 1971 par les militants du mouvement "" visant à s'opposer aux essais nucléaires aux États-Unis, l'organisation Greenpeace est un groupe de plaidoyer luttant contre ce qu'elle estime être les plus grandes menaces pour l'environnement et la biodiversité sur la planète. Historique. Origines. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, le militantisme pacifique est bien connu du grand public mais le principe de protection de l'environnement n'en est qu'à ses balbutiements. C'est justement la combinaison de ces deux concepts qui va conduire à la création de Greenpeace : vert (« "green" ») et paix (« "peace" »). En effet, à cette époque, au Canada, trois groupes se forment afin de promouvoir la paix et l'action environnementale : la Scientific Pollution and Environmental Control Society (SPEC), les Green Panthers et un dernier groupe lié à l'association américaine écologiste Sierra Club. Ce sont les essais nucléaires menés depuis 1965 par les États-Unis sur l'île d'Amchitka en Alaska qui marquent le début de l'aventure. En 1969 notamment, les américains annoncent qu'un test d'une grande envergure, utilisant une bombe d'une mégatonne, aura lieu à Amchitka. Un journaliste de Vancouver, Bob Hunter, écrit alors dans le journal "Vancouver Sun" que les explosions près d'une ligne de faille pourraient déclencher un tremblement de terre et un tsunami destructeur : « Les États-Unis vont commencer à jouer à la roulette russe avec un pistolet nucléaire pressé contre la tête du monde qui pourrait balayer d'un bout à l'autre du Pacifique ». Cette annonce engendre la naissance d'une campagne intitulée Don't Make a Wave (« Ne faites pas de vague ») dont l'objectif est de protester contre les essais nucléaires. Malgré tout, en octobre 1969, la bombe explose, à 4 000 pieds de profondeur, et les États-Unis annoncent un mois plus tard qu'un second test est prévu pour 1971, avec une bombe cinq fois plus puissante. Même si aucun tsunami n'a finalement lieu, les membres des groupes souhaitent s'engager plus activement contre ces essais. Grâce aux fonds récoltés lors d'un concert-bénéfice organisé le 16 octobre 1970 au Pacific Coliseum de Vancouver, le comité Don't Make a Wave affrète un bateau de pêche, le "Phyliss Cormack", et le rebaptise « "Greenpeace" » pour le voyage. Le 15 septembre 1971 marque donc le début du mouvement international de Greenpeace. Ce jour-là, un groupe hétéroclite de 12 militants embarque sur le chalutier de pêche : le propriétaire du bateau John Cormack, les écologistes Jim Bohlen, Bill Darnell et Patrick Moore, le médecin Lyle Thurston, l'ingénieur Dave Birmingham, le géographe Terry A. Simmons, le politologue Richard Fineberg, les journalistes Bob Hunter, Ben Metcalfe et Bob Cummings, et enfin le photographe Bob Keziere. Le chalutier n'atteint pas la zone d'explosion car il est intercepté par un navire de la Garde côtière américaine. Ce dernier force les militants à rebrousser chemin mais plusieurs membres d'équipage signeront ensuite une lettre de soutien au comité. Dès 1972, notamment grâce à l'attention des médias sur les actions des militants pour une paix verte, les États-Unis cessent leurs essais nucléaires atmosphériques. Le comité décide donc de changer officiellement son nom : c'est ainsi que le bureau provincial des sociétés à Victoria enregistre le le nom de "". Années 1970. Greenpeace décide de continuer son combat et se concentre ensuite sur les essais nucléaires atmosphériques français sur l'atoll de Moruroa en Polynésie française. La jeune organisation a besoin d'aide pour ses protestations qu'elle trouve auprès de David McTaggart, un ancien homme d'affaires canadien qui navigue désormais dans le Pacifique à bord de "Vega", son voilier de 12,6 mètres. En 1972, le voilier est rebaptisé "Greenpeace III" et se rend dans la zone d'exclusion de Moruroa pour tenter de perturber les essais nucléaires français. Le navire est finalement écarté par les autorités françaises mais David McTaggart décide d'y retourner l'année suivante. Malheureusement, en tentant violemment d'arrêter la manifestation, la marine française blesse ce dernier à l'œil. Cependant, l'incident est photographié et rendu public. En 1974, la France décide de cesser ses essais nucléaires atmosphériques. Alors que les actions de Greenpeace sont d'abord centrées sur un objectif de paix anti-nucléaire, l'organisation commence à se concentrer davantage sur les questions environnementales à partir de 1975. En effet, le "Phyllis Cormack" part affronter les baleiniers soviétiques sur la côte de Californie. Leur objectif : perturber la chasse en se plaçant entre les harpons et les baleines. A bord du navire, 13 militants de Greenpeace sont présents, dont leur premier officier Paul Watson qui sera si choqué par l'aventure qu'il fondera en 1977 l'ONG Sea Shepherd Conservation Society afin de se consacrer à la défense des océans. En 1979, Greenpeace devient une organisation internationale quand les bureaux présents dans différentes régions du monde fusionnent afin de constituer Greenpeace International. C'est David McTaggart qui, grâce à son intervention pour mettre fin aux essais nucléaires de la France, en deviendra le Président. Années 1980. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, Greenpeace a aussi pour objectif de perturber la chasse aux phoques. Dans le golfe du Saint-Laurent au Canada en 1982 par exemple, les activistes aspergent près de 150 bébés phoques du Groenland avec un colorant vert inoffensif dans le but de rendre les peaux commercialement inutilisables. La même année, l'Europe décide d'arrêter définitivement l'importation de peaux de bébés phoques. En outre, la Commission Baleinière Internationale (CBI) met en place un moratoire international sur la chasse commerciale à la baleine, ratifié par un grand nombre de pays et entré en vigueur en 1986. Il interdit officiellement la pêche de ces animaux. Autre combat de Greenpeace, la lutte contre les déchets toxiques rejetés en mer, récompensée par la mise en place en 1983 d'un moratoire sur l'immersion des déchets radioactifs par la Convention de Londres, confirmé en 1993. 1985 marque l'histoire de l'ONG qui perd l'un de ses activistes à la suite d'un attentat commis par les autorités françaises contre leur bateau, le "Rainbow Warrior I". En 1978, Greenpeace lance en effet le premier "Rainbow Warrior" (littéralement « Guerrier de l'arc-en-ciel »), un ancien chalutier de pêche nommé ainsi d'après le livre "Warriors of the Rainbow", qui a inspiré Bob Hunter, l'un des premiers activistes, lors du premier voyage à Amchitka. Décoré d'un arc-en-ciel, le navire est utilisé par Greenpeace dans ses campagnes entre 1978 et 1985, contre la chasse aux baleines, aux phoques ou encore le déversement en mer de déchets radioactifs. En 1985, alors que le Rainbow Warrior est parti protester contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, il est coulé dans le port d'Auckland en Nouvelle-Zélande par les services secrets français à la demande du ministre de la Défense de l'époque, Charles Hernu. Le Rainbow Warrior fait naufrage, engendrant le décès du photographe d'origine portugaise Fernando Pereira. En 1989, l'organisation installe son siège à Amsterdam (Pays-Bas), d'où sont définies et coordonnées les campagnes de l'ONG. Années 1990. 1995 est une date importante pour Greenpeace qui réussit à annuler la décision d’un géant pétrolier. En effet, cette année-là, des militants occupent la plate-forme pétrolière Brent Spar dans l'Atlantique Nord-Est car l’entreprise Shell souhaite immerger la structure qui contient des restes de pétrole et autres produits chimiques. Les médias couvrent la manifestation. Des appels au boycott des stations-service appartenant à Shell sont lancés dans de nombreux pays européens. La pression de l'opinion publique conduit Shell à revenir sur sa décision initiale et la société accepte de démanteler l’installation pétrolière sur terre. La campagne de Greenpeace influencera l'adoption en 1998 d'un règlement administré par la Convention Oslo-Paris (OSPAR) qui interdit définitivement l'immersion en mer des plates-formes pétrolières. 1997 est également une date clé pour les militants car après la campagne menée depuis 1988 par Greenpeace et d'autres organisations en faveur d'une action urgente pour protéger le climat, les ministres des pays industrialisés adoptent le protocole de Kyoto, acceptant de fixer des objectifs juridiquement contraignants de réduction des gaz à effet de serre. Greenpeace continue également ses combats pour la sortie du nucléaire, civil ou militaire, ainsi que sa lutte contre la pollution chimique. L’organisation lance tout au long des années 1990 diverses actions en ce sens. Par exemple, en 1991, alors que la centrale nucléaire de Cattenom en Moselle met en service son dernier réacteur, Greenpeace survole le site avec un dirigeable pour exprimer son désaccord. En 1993, des activistes bloquent plusieurs jours l’accès à l'usine de chlore Elf-Atochem (aujourd'hui Arkema) située à Fos-sur-Mer afin de lutter contre la production de chlore. En 1998, une montgolfière envoyée par Greenpeace proteste contre les essais nucléaires de l'Inde et du Pakistan en survolant le Taj Mahal avec le slogan : « Le désarmement nucléaire, maintenant ! ». L’organisation intensifie aussi de plus en plus son combat contre la déforestation. Par exemple, en 1998, Greenpeace se rend en Équateur afin d'étudier l'impact social, économique et environnemental de l'abattage des forêts de mangroves pour l'élevage de crevettes. Années 2000. Les années 2000 sont symbolisées par les images de la statue du Christ Rédempteur habillée à deux reprises d’une banderole Greenpeace en faveur de la protection de l’environnement. En 2002, les militants se rendent en effet à Rio de Janeiro au Brésil pour protester contre les résultats du Sommet mondial sur le développement durable qui vient de se terminer à Johannesburg. Ils suspendent sur le monument emblématique de la ville une immense banderole avec le message suivant : « Rio plus 10, une seconde chance ? » en référence au Sommet de la Terre qui a eu lieu dans la ville en 1992. Les militants souhaitent ainsi signifier aux dirigeants mondiaux qui ont assisté au Sommet mondial sur le développement durable qu’ils ont manqué l'occasion de mettre fin à la pollution et à la pauvreté mondiales. Les activistes réitèrent en 2006 avec la légende « L'avenir de la planète est entre vos mains », afin d’inciter les gouvernements à agir pour la protection de la biodiversité. Au cours de ces années, l’organisation réalise également de nombreuses actions contre la déforestation. Par exemple, en 2002, au large de Sète dans le sud de la France, des militants interceptent un bateau avec à son bord une cargaison de bois en provenance du Liberia. Leur but : dénoncer les importations de bois exotiques dans un objectif industriel. Après une action militante puis de nombreux échanges avec le groupe Lapeyre, Greenpeace obtient également de l’entreprise l’adoption de la norme FSC pour l'ensemble de ses importations de bois tropicaux. En 2002 toujours, à la suite de dix années de campagne en Amazonie, l'exploitation de l'acajou est inscrit à la Cites (convention internationale sur la protection de la faune et de la flore), ce qui permettra d'assurer la survie de cet arbre, son commerce étant limité et mieux contrôlé. Enfin, l’organisation continue ses actions pour protéger les forêts primaires dans la province canadienne de Colombie-Britannique. Greenpeace mène aussi d’autres actions pour protéger l’environnement. Par exemple, à la fin de la décennie, elle obtient de l'entreprise Apple le retrait de la plupart des substances toxiques contenues dans certains de ses ordinateurs. En 2007, elle livre plusieurs tonnes de maïs transgénique devant le siège de Nicolas Sarkozy alors candidat à l’élection présidentielle afin de l’inciter à se positionner contre la culture des OGM. En 2008, des militants bloquent la mine à ciel ouvert de Jänschwalde en Allemagne afin de protester contre les importantes émissions de dioxyde de carbone liées à l’utilisation du charbon. En 2009, Greenpeace s'introduit dans l'enceinte de l'Assemblée nationale pour peser sur les débats des députés français à quelques jours du lancement du sommet de Copenhague relatif au dérèglement climatique. Années 2010. Durant cette décennie, Greenpeace remporte de nombreuses batailles, menées pour certaines depuis de longues années. Par exemple, en 2010, le groupe suisse Nestlé rompt son partenariat avec l'entreprise Smart, auprès de laquelle il s'approvisionnait en huile de palme. L'entreprise cède aux exigences d'une campagne mondiale contre sa marque Kit Kat menée par les militants de Greenpeace et dénonçant la destruction des forêts tropicales indonésiennes. En 2010 encore, des militants s'enchaînent à une voie ferrée afin de dénoncer l’exportation de déchets nucléaires français vers la Russie. Après 25 ans de combat, Greenpeace se félicite de la décision d’Areva (aujourd'hui Orano) qui met finalement un terme à cette pratique. En 2015, Shell renonce à ses projets de forage en Arctique après un combat marqué notamment, en 2013, par le Grand Prix de Formule 1 situé en Belgique. En effet, des militants y déploient plusieurs banderoles, avant le départ de la course, puis lors de la remise des prix, pour dénoncer les activités de Shell, partenaire de l'écurie Ferrari et sponsor de ce Grand Prix belge. En 2016 encore, 85 % de la forêt du Grand Ours au Canada sont enfin sanctuarisés, après une bataille d’une vingtaine d’années. En revanche, d’autres combats sont perdus, comme la construction du barrage de Belo Monte en Amazonie. Malgré de nombreuses actions pour dénoncer les conséquences écologiques et sociales du projet, comme le déversement en 2010 de trois tonnes de fumier devant l'Agence nationale d'énergie électrique (ANEEL) à Brasilia, le barrage est inauguré en 2019. D’autres événements marquants jalonnent les années 2010, comme la conférence de 2013 sur le changement climatique à Varsovie que Greenpeace, mais aussi d’autres organisations telles que WWF, décide de boycotter, au motif que celle-ci ne « débouche sur rien ». En 2014, Greenpeace profite d’un vide juridique pour fonder un nouveau pays, la République glaciaire, composé de 23 000 km² de glaciers près de Santiago au Chili. L’organisation explique que l'appropriation des glaciers est possible car la constitution chilienne ne les mentionne pas comme bien public devant être protégé. Le but des militants est d’alerter sur la nécessité d’une loi qui garantit la protection des glaciers, qui permette de prendre soin de ces réserves d'eau stratégiques pour le pays et évite toute menace qui les affecte. L’organisation continue aussi ses actions pour la préservation des océans comme en 2014 contre l'entreprise Petit Navire. Des militants de Greenpeace se rassemblent devant le siège avec une imitation d’une boîte de thon portant l'inscription « Requin, Raie, Tortue, Bébé Thon : Petit Navire, le bon goût du carnage » ainsi que des banderoles expliquant que l’entreprise capture inutilement chaque année 2000 tonnes d’espèces. Greenpeace reproche ainsi à Petit navire de s’approvisionner auprès de fournisseurs dont les pratiques de pêche ne sont pas durables. Enfin, Greenpeace est aussi présente sur d’autres fronts, comme la crise migratoire et la politique. Par exemple, en 2016, des militants se réunissent sur l’île de Lesbos en Grèce en formant un signe de paix à l’aide de 3000 gilets de sauvetages pour dénoncer le sort des migrants. Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle française de 2017 qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, Greenpeace appelle implicitement dans une tribune avec soixante autres associations à faire barrage à la candidate du Rassemblement National. Années 2020. Le combat contre l’inaction climatique s’intensifie. Par exemple, en 2020, des militants escaladent la grue de rénovation de Notre-Dame de Paris afin d’appeler le président de la République à agir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ils y installent en effet une banderole sur laquelle il est noté : « Climat : aux actes ! ». En 2021, avant le match France-Allemagne de l’Euro 2020, un activiste s’introduit dans le stade à l’aide d’un paramoteur portant le message « "Kick out oil" » (« Dehors le pétrole »). La même année, des militants s’introduisent dans l'aéroport Charles de Gaulle en escaladant une clôture au bord du tarmac. Leur objectif : peindre en vert un Boeing 777 d'Air France afin d’inciter le gouvernement français à limiter le trafic aérien et lutter ainsi contre le réchauffement climatique. En 2021, Greenpeace critique également la pratique de la compensation carbone, l'une des stratégies mises en place par les entreprises pour compenser leurs impacts sur l'environnement et atténuer le changement climatique. Son directeur exécutif, dans un éditorial publié par "illuminem.com " avant la 26e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qualifie la pratique de « mensonge dangereux sur le climat », d'« hypocrisie » et de « fumée dont profitent les pires pollueurs ». L'organisation propose des sanctions directes et des limites d'émission strictes pour les entreprises polluantes, plutôt que des incitations financières pour compenser les émissions de carbone. Organisation. Instances dirigeantes. Greenpeace est composée de Greenpeace International basé à Amsterdam et de 28 bureaux régionaux opérant dans 55 pays différents. Le conseil d'administration de Greenpeace International se compose généralement de sept membres, élus pour une période de trois ans par le conseil lors de l’assemblée générale annuelle. Il est le garant de l'intégrité de l'organisation et veille au respect des normes de bonne gouvernance et de gestion financière internationalement reconnues. Il approuve le budget et les comptes audités de Greenpeace International. Il nomme et supervise les directeurs exécutifs de Greenpeace International. Il est responsable des décisions stratégiques relatives aux campagnes de grande envergure, à la politique organisationnelle et à la planification du programme mondial. L'actuelle présidente du conseil d'administration est Ayesha Imam. Le directeur exécutif de Greenpeace International est responsable de la gestion de Greenpeace International. Il dirige une équipe de stratégie et de gestion et a différents rôles comme : faciliter la mise en place du programme de campagne mondiale à long terme ; coordonner les campagnes menées par les bureaux régionaux afin de s'assurer qu'elles sont cohérentes et contribuent au programme de campagne mondiale ; exploiter la flotte de Greenpeace ; suivre les performances stratégiques et financières des bureaux régionaux ; développer les présences de Greenpeace dans de nouvelles régions prioritaires ; assurer la collecte de fonds, les ressources humaines, la formation, le soutien scientifique et juridique à l'attention des bureaux régionaux. Au début des années 2020, Greenpeace International emploie environ 260 personnes, plus les équipages des navires. L'actuelle directrice par intérim de Greenpeace International est Norma Torres. Les bureaux régionaux présents dans le monde entier sont responsables de la mise en œuvre et de l'exécution des campagnes qui relèvent du programme de campagne mondiale à long terme. Chaque bureau se compose d'une ou plusieurs entités juridiques distinctes et a son propre conseil d'administration dans un rôle de surveillance. Ces conseils sont généralement élus par des membres votants composés de bénévoles et d'activistes fermement ancrés dans les communautés environnementales locales. En 2000, Greenpeace International emploie 1 400 employés. 20 ans plus tard, l’organisation compte 2 500 salariés dans le monde entier. Adhérents et bénévoles. Au début des années 2020, l’organisation compte 3 millions d’adhérents, dont 230 000 en France. Greenpeace n’accepte aucun don d’entreprise ni aucune subvention publique. Les adhérents garantissent donc l’indépendance financière de l’organisation grâce à leur(s) don(s). Parmi ces adhérents, Greenpeace International compte, dans les années 2000, 10 000 volontaires. 20 ans plus tard, l’organisation en dénombre 36 000. Ces volontaires sont des bénévoles qui participent à la vie de l’association, au siège, dans les groupes locaux, sur internet ou sur le terrain. Ils peuvent également prendre part aux campagnes, qu’elles soient informatives ou dissuasives. Les militants peuvent ainsi s’ils le souhaitent devenir activistes, c’est-à-dire participer aux actions non violentes. Financement. Au début des années 2000, le financement de Greenpeace International (150 millions d'euros) est assuré par de membres donateurs. Ses recettes proviennent exclusivement des dons de ses adhérents (notamment à travers des campagnes dites de ""). À la même époque, le WWF, autre organisation non gouvernementale internationale dédiée à la protection de l'environnement, compte près de cinq millions de membres, mais son budget est quatre fois moindre. À la fin des années 2010, le budget de Greenpeace est d’environ 340 millions d’euros. En 2020, le budget de l’organisation repose toujours uniquement sur la générosité des adhérents, pour un montant de 410 millions d'euros. Par exemple, la branche allemande, l'une des plus actives et des plus importantes, compte, en 2014, 120 membres salariés à plein temps et dispose d’une part conséquente du budget de l'organisation (55 millions d’euros). La branche française est elle aussi active, avec, en 2020, 150 salariés au siège parisien et 27,3 millions d’euros de ressources. 18 % de ce montant revient à Greenpeace International dans l’objectif d’aider les bureaux les plus instables sur le plan financier. La section suisse de Greenpeace, fondée en 1984, revendique de son côté . Elle compte 70 collaborateurs et possède un budget de près de d'euros en 2018. La Grande-Bretagne et les États-Unis font aussi partie des bureaux régionaux les plus importants en matière de budget. En 2014, Greenpeace perd 3,8 millions d'euros sur le marché des taux de change. Présence internationale. Greenpeace International. Le siège international de Greenpeace est situé aux Pays-Bas. Cependant, l'organisation est présente dans plus de 55 pays. Ainsi, Greenpeace possède 28 bureaux dans le monde entier : en Europe, en Amérique du Sud et du Nord, en Asie et dans le Pacifique. Au début des années 2020, elle emploie 2500 salariés aux quatre coins de la planète. Elle compte également 3 millions d’adhérents et 36 000 bénévoles. Greenpeace Europe. Greenpeace International dispose d'un réseau d'organisations nationales (une seule par pays) dont certaines fondées avant la création du regroupement international. L'unité européenne, Greenpeace European Unit, est fondée en 1989, la même année que la création du bureau européen des politiques publiques de WWF. Cette unité est étroitement reliée à Greenpeace international (unité politique et scientifique), qui au lancement a délocalisé une partie de son équipe de lobbyistes à Bruxelles. Depuis 1991, le bureau européen de Greenpeace est membre d'une coalition avec neuf autres ONG, nommée le Green 10 ou G 10, pour représenter les intérêts environnementaux et peser sur le processus européen de décision. La dotation financière du bureau relève de Greenpeace international. Cette dotation a une influence directe sur les effectifs des salariés du bureau à Bruxelles : ils étaient 10 au départ, pour descendre à deux fin 2002 et remonter à 10 l'année suivante. Au-delà de l'Union européenne au sens strict, son champ d'action recouvre l'ensemble des pays scandinaves ainsi que la Turquie. Greenpeace France. Historique. Greenpeace France est une association loi de 1901. Elle est issue de la fondation en 1977 d'un bureau français de Greenpeace. En 1987, après la polémique consécutive à la destruction du "Rainbow Warrior" par les services secrets français en 1985, elle doit fermer ses portes, qu’elle rouvre finalement deux ans plus tard en 1989. Financement. Greenpeace France indique que le nombre de ses donateurs privés est passé de 23 000 en 1998 à 140 000 en 2011, 180 000 en 2016 et 220 000 en 2018. En 2020, elle compte près de 230 000 adhérents, pour un budget annuel de presque 28 millions d'euros. Ses ressources proviennent intégralement et exclusivement des donateurs privés. Elle ne perçoit donc aucune subvention ni de l'État, ni d'entreprise. La branche française a une taille conséquente, avec 150 salariés en 2020, établis dans le siège parisien du dixième arrondissement, rue d’Enghien. Dans les années 2010, le nombre d’employés est deux fois moins important, les besoins liés au numérique étant encore limités. Greenpeace France travaille en totale autonomie. Elle collabore toutefois avec le siège international de Greenpeace, dans un but notamment d’harmonisation des campagnes mondiales. En outre, près de 18% de son budget annuel est prélevé par Greenpeace International qui le reverse ensuite aux bureaux qui ont des besoins financiers. Un rapport de la Cour des comptes de 2012 consacré à l'emploi des fonds collectés par l'association Greenpeace France précise les informations suivantes : « "Le mouvement Greenpeace revendique le fait de n’être financé que par des personnes physiques et refuse toute subvention provenant de personnes publiques ou d’entreprises : la Cour a, en effet, constaté, lors de son enquête, que cette règle de principe est respectée par Greenpeace France." » Les dépenses sont donc jugées conformes par la Cour des comptes qui relève néanmoins deux axes d'évolution. Elle rapporte que si presque 35 % des fonds collectés sont consacrés à la recherche de fonds, 50 % seulement sont consacrés aux actions sociales, ce qui pourrait être plus conséquent selon la Cour des comptes. Le rapport indique également que 20 % des fonds collectés sont reversés à Greenpeace international, sans imputation des fonds versés, ce qui ne permet pas un contrôle par la Cour des comptes. Pour le deuxième semestre de l'année 2017, Greenpeace France déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des actions de représentation d'intérêts pour un montant compris entre et avoir employé dix personnes dans ce cadre. Pour l'année 2021, Greenpeace France déclare exercer des actions de représentation d'intérêts pour un montant compris entre 25 000 et 50 000 euros et avoir employé seulement une personne dans ce cadre . Présidence et direction. Jean Chesneaux, militant politique communiste puis maoïste, fut président de Greenpeace France de 1997 à 2004 ; Katia Kanas prend ensuite la présidence. En , Robert Lion a succédé à Katia Kanas à la présidence de l'association. Il quitte ses fonctions un an plus tard pour rejoindre Europe Écologie. Greenpeace France est présidée par Céline Rodriguez, puis par Sylvain Breuzard depuis début 2012. Le poste de directeur général est occupé par Pascal Husting de 2005 à 2011, puis par Jean-François Julliard depuis le . Groupes locaux. Greenpeace est présent dans les grandes villes françaises à travers près de trente groupes locaux. Leur objectif est d'informer et sensibiliser les citoyens au niveau local en relayant les campagnes nationales et internationales de l'ONG. Actions. Actions organisées en France Greenpeace réalise de nombreuses actions sur le territoire français depuis sa création, contre la pollution chimique et le réchauffement climatique, ou encore pour la préservation des mers, l'abandon de la culture des OGM et la protection des forêts (voir Historique). Actions relatives aux centrales nucléaires françaises Greenpeace lutte activement pour la sortie du nucléaire civil. Elle organise régulièrement des intrusions médiatisées dans des centrales nucléaires françaises, en particulier à partir des années 2000, comme par exemple : Ces intrusions font l'objet de condamnation par la justice française de plus en plus sévères, notamment à la suite de la création des zones nucléaires à accès réglementé (ZNAR), pour lesquelles des sanctions sont applicables en cas de franchissement non autorisé. Greenpeace milite aux côtés de l'association Stop EPR ni à Penly ni ailleurs : elles lancent conjointement à plusieurs reprises une procédure judiciaire contre la mise en service de l'EPR de Flamanville en France. Partenariat avec des entreprises. Greenpeace affirme n'avoir aucun lien commercial avec des entreprises. Cependant, elle peut être amenée à soutenir certaines initiatives issues d'entreprises. Ainsi, afin de soutenir le développement des énergies renouvelables, Greenpeace France est membre fondateur et partenaire associé du fournisseur d'énergie Enercoop. Revendications. Après avoir consacré ses premières années à la lutte contre les essais nucléaires et à la défense des espèces (en particulier contre l'extinction des baleines), Greenpeace milite pour de nombreuses causes comme : Greenpeace réalise de nombreuses actions non violentes aux quatre coins de la planète pour défendre ces causes (voir Historique). Méthodes. La méthode de Greenpeace repose en partie sur des actions directes, parfois très médiatisées, qui ont fait sa renommée. S'appuyant sur les retombées de ces actions pour informer les médias et le public, l'organisation agit aussi en tant que lobby auprès des autorités politiques et des dirigeants d'entreprises afin de promouvoir les changements appropriés. L'organisation s'est également spécialisée dans l'expertise écologique. Greenpeace utilise plusieurs méthodes, afin de mener à bien ses campagnes. Il est possible de déconstruire la façon dont elle les conçoit en quatre étapes. Première étape. Premièrement, elle procède à une « cueillette d'infos » pour se procurer des informations sur une cause, étudier le marché qu'elle veut attaquer, faire de la recherche et écouter ce que les communautés ont à lui dire. Parfois, les témoignages des différentes communautés peuvent être à l'origine d'une campagne. Par exemple, lors de la campagne sur la forêt du Grand Ours au Canada, les communautés amérindiennes de la région sont elles-mêmes venues contacter Greenpeace, en 1994, pour lui demander de les soutenir dans la lutte contre les compagnies forestières qui pratiquent de la déforestation massive sur leur territoire traditionnel. En plus, pour mener à bien ses campagnes, Greenpeace possède de nombreux spécialistes dans plusieurs domaines tels que des environnementalistes, des chimistes, des biologistes, etc. Elle peut donc effectuer ses propres recherches et se fonder sur les informations que ses chercheurs recueillent. Par exemple, à la suite des témoignages des communautés amérindiennes, elle investit canadiens dans une étude qui durera plus de deux ans. Deuxième étape. Deuxièmement, l'ONG effectue de « l'éducation et de la sensibilisation auprès des citoyens », afin de communiquer avec ceux-ci sur les problèmes et sur les revendications de Greenpeace. Afin de sensibiliser la population, elle utilise des images choquantes montrant des coupes rases des forêts et des images de la fonte de glaciers, etc. Par exemple, dans le cadre de sa campagne dans les années 1990 pour la protection de la forêt du Grand Ours et contre l'exploitation arboricole de celle-ci, Greenpeace Canada utilise des images de différentes espèces d'ours, de loups et de caribous qui seraient menacées si la forêt devait être rasée, afin de montrer que la déforestation affecte l'écosystème tout entier. Greenpeace a donc recours aux médias afin de faire prendre conscience à la population des enjeux environnementaux en montrant des images qui vont l'émouvoir. Ainsi, Greenpeace se doit de bien manier les médias, dont la télévision, afin de diffuser ses idées. L'une des manières dont elle les diffuse est en créant des « "stunts" », qui peuvent être définis comme étant une action qui est préparée à l'avance et créée de toutes pièces. Par exemple, des blocages de rues vont être préparés à l'avance avec un message qui est fait pour respecter les contraintes que la télévision impose, telles que la durée d'une présentation. De plus, dans un objectif sensationnaliste plébiscité par certains médias, elle peut décider de mettre en scène un événement, comme l'organisation, en lien avec la police, d'arrestations de manifestants de l'ONG, filmées avec une durée adéquate permettant de rentrer dans le cadre télévisuel. Elle travaille aussi avec des chaines télévisées en filmant elle-même, grâce à ses propres caméras et à ses studios, toutes les actions qui se déroulent lors des manifestations. Elle les apporte ensuite à des chaines télévisées qui ne pouvaient pas être présentes à l'évènement, afin qu'elles diffusent leurs vidéos. De plus, elle utilise la télévision comme un moyen, à travers la diffusion d'images, de susciter des émotions et ainsi rallier plus de gens à sa cause. Par exemple, pour récolter des fonds pour ses campagnes, elle préfère publier des images de bébés phoques tués plutôt que de diffuser de l'information sur les dermaptères, une espèce de perce-oreilles depuis disparue de l'île de Sainte-Hélène. Ainsi, en diffusant des scénarios et ce genre d'images, Greenpeace peut augmenter le financement qu'elle reçoit de la population, notamment celle qui ne désire pas prendre part à des manifestations mais qui souhaite malgré tout participer en faisant des donations depuis son téléviseur. Cependant, la télévision n'est pas la seule méthode que Greenpeace utilise pour ses campagnes. En effet, elle dispose d'un autobus et d'un bateau qui lui permettent d'effectuer des actions marines, telles que mesurer la radioactivité dans les eaux, en plus de servir de point d'information et de propagande. D'ailleurs, dans les pays non maritimes, c'est l'autobus de Greenpeace qui sert d'abord de moyen de propagande. Puis, en 1996, en Autriche, est créé un modèle nommé : « direct dialogue », implanté en 1998. Celui-ci se traduit par l'embauche de professionnels du marketing qui sont rémunérés sur une base fixe et avec une commission s'ils atteignent le quota d'adhérents fixé. Ces professionnels sont recrutés par Greenpeace pour leurs compétences en marketing et communication. La nouveauté de ce modèle repose sur le fait que les recruteurs se rendent dans la rue et demandent aux passants de soutenir Greenpeace au moyen de contributions monétaires qui seront prélevées du compte du donneur suivant un montant fixe. A l'époque, ce nouveau programme est synonyme d'un succès financier pour l'ONG, si bien, qu'elle décide d'abandonner tous ses autres moyens de collecte. Ainsi si Greenpeace France compte en 1998 sept salariés, un million d'euros de ressources et , à la fin de l'année 2004, elle possède un budget de d'euros, et permanents. Ce programme est créé dans le but de recruter plus d'adhérents, mais surtout de toucher davantage la jeune génération. En effet, il avait été observé que la population ciblée par les ONG en général était de 60 ans et plus, or, Greenpeace souhaitait obtenir le soutien financier d'une autre tranche d'âge qui n'avait pas encore été sollicitée. Dans les années 2010, l’arrivée d’Internet offre un nouveau mode de militantisme : le cybermilitantisme. Les pétitions, les vidéos et les campagnes sur les réseaux sociaux à l’aide d’hashtags, loin d’être anecdotiques, ont un impact important sur les actions de Greenpeace. Elles permettent d’informer, de mobiliser mais représentent également un moyen de pression. Par exemple, en 2014, Greenpeace publie une vidéo montrant un monde Lego se noyant dans le pétrole, sur une interprétation mélancolique du thème principal du film Lego, afin de dénoncer le partenariat de longue date de Lego avec la société pétrolière Shell. La vidéo obtient près de six millions de vues et prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Une pétition circule également et atteint plus d’un million de signatures. Au bout de quelques semaines, l’entreprise Lego est contrainte de mettre fin à son partenariat datant d’une soixantaine d’années. De plus, ces nouvelles technologies de l’information modifient et amplifient les besoins en main d’œuvre et expliquent aussi la hausse du nombre d’employés au sein de l’organisation. Troisième étape. La troisième étape du modèle est celle où Greenpeace effectue « des revendications par la pression envers les cibles ». A l'image de la campagne contre le partenariat de Lego avec Shell, Greenpeace utilise des moyens de pression comme le boycott des produits par les clients, le lobbying ou l'attaque de l'image des cibles avec des actions directes et avec l'aide d'alliés puissants tels que des actionnaires. En effet, si les groupes ne veulent pas changer leurs pratiques, Greenpeace s'attaquera à leur image de marque en montrant leur manque de collaboration, afin de gagner des alliés auprès des clients ou des actionnaires, qui vont eux-aussi faire pression en causant des pertes financières. Quatrième étape. La dernière étape représente les « négociations ». Cette étape n'a lieu que lorsque les pressions de l'ONG ont fait effet. A l'image de la campagne de Greenpeace contre le groupe Lapeyre engendrant de nombreux échanges puis l’adoption de la norme FSC pour l'ensemble de ses importations de bois tropicaux, le but de cette étape est de trouver des solutions qui vont faire consensus entre les communautés, les entreprises et les pouvoirs publics afin de protéger les écosystèmes. Navires arc-en-ciel. Greenpeace est très connue pour l'utilisation de bateaux lors de ses campagnes de protestation et d'intervention directe. Dès sa création, l'organisation utilise des navires pour réaliser des actions à travers toutes les mers du globe. S'il lui arrive d'affréter des bateaux, elle en achète également et les transforme pour mener à bien ses missions. L'un d'entre eux, le "Rainbow Warrior I", devient célèbre en 1985 dans ce qui est appelé en France « l'affaire du Rainbow Warrior » ou « l'affaire Greenpeace » : les services secrets français le font couler avec deux mines magnétiques placées sous sa coque par des plongeurs de l'armée française dans le port d'Auckland alors que le bateau se prépare à une croisière de protestation contre les essais nucléaires français de Moruroa. Au cours de cet attentat organisé par le gouvernement français, le photographe Fernando Pereira est tué. La flotte de Greenpeace comprend en 2020 trois navires : Certains bureaux régionaux ont aussi leur propre bateau, comme Greenpeace Allemagne qui possède le "Beluga II", long de 34 mètres, large de 5,6 mètres, déplaçant 115 tonnes et entré en service en 2004 pour remplacer l'ancien navire le "Beluga". Les anciens navires de la flotte de Greenpeace sont les suivants : Action directe non violente. L’action directe non violente est au cœur du fonctionnement de Greenpeace car elle utilise la protestation pacifique pour exiger un changement social et politique. L'organisation a d'ailleurs été fondée sur ces principes pacifiques lorsque le 15 septembre 1971 un groupe de militants embarque sur un chalutier de pêche pour protester contre les essais nucléaires américains. Ces militants sont appelés des activistes. L'action directe non violente est centrée sur deux principes : un engagement de la part de l'activiste à manifester pacifiquement et une prise de responsabilité personnelle. Greenpeace propose une formation à tout bénévole souhaitant devenir activiste et chaque personne qui y participe doit suivre une session sur les principes fondamentaux de la manifestation pacifique. En effet, l’activiste doit être attaché aux principes de non-violence et avoir une compréhension de base de Greenpeace et de son travail. De plus, l’engagement doit être pris au sérieux par le militant car chaque action directe comporte un risque d'arrestation et donc des conséquences personnelles potentiellement importantes. Les informations juridiques et le support sont toujours disponibles afin de permettre au militant de prendre une décision. Faire partie d'une telle équipe s'accompagne également de responsabilités. Les actions directes se déroulent souvent dans des endroits difficiles ou inhabituels et la sécurité est primordiale, de sorte que ceux qui y participent doivent être lucides et fiables. Pour chaque action, de nombreux rôles doivent être remplis et, en fonction des compétences et de l’expérience de chacun, les tâches demandées sont diverses. Elles ont chacune leur importance car rien n’est laissé au hasard. Chaque action est minutieusement préparée et expliquée, dans la plus grande discrétion. Chaque militant connaît le rôle qu’il devra jouer et peut ainsi s’y préparer, même si l’improvisation est aussi souvent de rigueur. En 2012, il y aurait environ 1000 à 1500 activistes dans le monde, dont moins d’une centaine en France. Critiques. Polémiques sur ses dirigeants. Bennett Metcalfe. Bennett Metcalfe, l'un des premiers dirigeants de Greenpeace décédé en 2003, aurait vivement critiqué l'organisation : « Quand je repense à toutes ces années, à tout ce qui s’est passé depuis que nous avons fondé cette organisation, j’ai vraiment l’impression d’avoir créé un monstre ». Patrick Moore. Dans les années 2000, l'écologiste canadien Patrick Moore, l'un des membres fondateurs de Greenpeace, se prononce en faveur de l'emploi de l'énergie nucléaire après s'y être farouchement opposé. Selon lui, elle est indispensable pour réduire l’utilisation des combustibles fossiles et l'émission des gaz à effet de serre. Patrick Moore est depuis devenu critique de Greenpeace et climatosceptique. Il affirme en effet en 2014 : « La certitude de nombreux scientifiques que l'homme est la principale cause du changement climatique, y compris du réchauffement de la planète, n'est pas fondée sur la reproduction d'événements observables. Elle repose sur deux choses seulement, l'effet théorique des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine, principalement le dioxyde de carbone, et les prédictions des modèles informatiques utilisant ces calculs théoriques. Il n'y a pas de preuve scientifique du tout ». Pascal Husting. Dans son livre "Qui a tué l'écologie ?" paru en 2011, le journaliste Fabrice Nicolino dénonce l'évolution de Greenpeace vers une organisation capitaliste dirigée essentiellement par des professionnels et non plus par des militants. Il donne l'exemple de Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France de 2005 à 2011, qui a longtemps travaillé dans le monde de la finance. En juin 2014, le journal "" révèle que l'ancien directeur général de Greenpeace France, Pascal Husting, prend l'avion pour faire le trajet entre son domicile au Luxembourg et son lieu de travail à Amsterdam deux fois par mois. Pourtant, l'ONG estime que la réduction des émissions de, indispensable à la lutte contre le dérèglement climatique, passe par une baisse drastique des voyages en avion, notamment pour les courtes distances. L'intéressé reconnaît qu'il a fait « une erreur ». Jon Burgwald. En 2016, le directeur de Greenpeace Arctique Jon Burgwald s'exhibe en fourrure de phoque et s'exprime sur ses comptes Twitter et Facebook depuis un défilé de mode organisé par l'entreprise danoise comme suit : « La fourrure de phoque, c'est cool ! ». Face à la polémique, Greenpeace explique que l'objet de la visite est de soutenir les communautés locales, qui se nourrissent de la chasse aux phoques traditionnelle, et réitère son opposition farouche à toute forme de commercialisation et d'industrialisation de la chasse aux phoques. Informations erronées. Catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Greenpeace estime que le nombre total de morts liés à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl est de . L'OMS de son côté annonce en 2005 un total de , soit 50 fois moins. En 2008, l'UNSCEAR, le Comité scientifique des Nations unies pour l'étude des effets des rayonnements ionisants, ne dénombre de son côté que vingt-huit décès, dus aux irradiations aigües dans les semaines qui ont suivi la catastrophe. Le comité refuse en effet de se prononcer sur le nombre de décès à venir. L'IRSN, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire français, écrit donc en 2016 que « trente ans après l'accident, il est impossible de dresser un bilan sanitaire exhaustif. Et pour cause : les résultats disponibles sont limités par la qualité des études épidémiologiques réalisées, la difficulté d'identifier précisément les populations exposées et les incertitudes associées aux estimations dosimétriques. Surtout, la réalisation de bilans sanitaires est rendue extrêmement compliquée par les changements socio-économiques majeurs survenus dans ces régions suite à la chute de l'Union soviétique ». Moutons de Patagonie. Au début des années 1990, Greenpeace prétend que des bergers de Patagonie et leurs moutons perdent la vue en raison du trou de la couche d'ozone. Un reporter américain mène alors son enquête en 1992 et ne trouve qu'un seul et unique ranch avec des moutons aveugles, à cause d'une maladie parasitaire. Brent Spar. Une autre affaire est celle de Brent Spar. Sur la base d'un prélèvement, Greenpeace affirme que près de de pétrole demeurent encore dans les réservoirs de cette plate-forme pétrolière que le groupe Shell envisage de couler dans l'Océan Atlantique. De son côté, Shell déclare qu'il n'y a que 100 tonnes de boue huileuse à l'intérieur, dont la majeure partie est constituée de vase inerte. Greenpeace explique que les conteneurs d'échantillonnage ont pu prendre du pétrole piégé dans les tuyaux et qu'ils n'ont pas tenu compte de la longueur des tuyaux de ventilation. Elle présente donc publiquement ses excuses auprès de Shell dans un communiqué le . Prises de position controversées. Nucléaire civil. Greenpeace est régulièrement critiquée par certains scientifiques et journalistes pour son opposition systématique au nucléaire civil. Sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl par exemple, le spécialiste Jean-Marc Jancovici ne comprend pas l’opposition de certaines ONG environnementales aux conclusions de l’agence onusienne UNSCEAR, alors que ces mêmes associations défendent aussi les rapports du GIEC, un organisme également rattaché à l'ONU. D’autre part, il est reproché à Greenpeace de surestimer les bénéfices environnementaux des énergies bas carbone, et notamment des éoliennes, qui, bien que produisant de l'énergie renouvelable, ont aussi des conséquences néfastes sur l’environnement et la biodiversité. En 2022, Greenpeace est accusée par des journalistes et économistes de vouloir redémarrer les centrales à charbon en Allemagne, au détriment des conséquences environnementales, dans le but de fermer la totalité des centrales nucléaires. L’organisation rétorque qu’elle ne soutient en aucun cas les énergies fossiles mais que face aux conséquences énergétiques de l’invasion russe en Ukraine, de la dépendance au gaz russe et de la défaillance du parc nucléaire allemand, la réouverture est nécessaire tout en demeurant temporaire. Ampoules fluo-compactes. En 2007, en marge de la réunion berlinoise des ministres de l’énergie de l’Union européenne, Greenpeace écrase à l'aide d'un rouleau compresseur des milliers d'ampoules à incandescence afin de protester contre leur impact sur le réchauffement climatique. Depuis, l'utilisation de ces ampoules est interdite. Dans un documentaire, nommé "Bulb fiction" et sorti en 2012, Christoph Mayr s'interroge sur le combat de Greenpeace à Bruxelles contre ces ampoules, au profit des ampoules fluo-compactes. L'association est pourtant en possession d'un rapport mettant en lumière les risques liés à l'utilisation des lampes fluorescentes. En effet, elles présentent du mercure, dangereux pour la santé et l'environnement. Commerce international de l'ours polaire. En 2013, les États-Unis et la Russie proposent, sans succès, de faire passer l'ours polaire comme espèce menacée en Annexe I de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), afin d'interdire son commerce international. Greenpeace, comme WWF, refuse de soutenir la proposition, craignant que l'interdiction totale de la chasse favorise le braconnage et désavantage la population inuite déjà appauvrie. La branche française de l'ONG Sea Shepherd fait savoir sur les réseaux sociaux qu'elle est consternée par cette prise de position. Riz doré. Alors que Greenpeace s'oppose aux aliments génétiquement modifiés, plus de 100 lauréats du prix Nobel prennent position du côté des OGM. En effet, en 2016, ils signent une lettre exhortant Greenpeace à mettre fin à son opposition systématique aux OGM, et plus précisément, à cesser ses efforts pour bloquer l'introduction d'une souche de riz génétiquement modifiée : le riz doré. Selon ses partisans, cette souche pourrait réduire les carences en vitamine A à l'origine de la cécité et de la mort d'enfants dans les pays en développement. Greenpeace, cependant, juge que le projet du riz doré n’est en rien une solution. Elle considère qu’il est plus utile de donner aux agriculteurs les moyens d'accéder à une alimentation équilibrée et nutritive et d’investir dans une agriculture écologique résiliente au climat. Elle considère également qu’aucune preuve ne permet d’assurer l’innocuité sanitaire et environnementale du riz doré. Vaccin contre la Covid-19. Les partisans des techniques de génie génétique reprochent à Greenpeace sa position sur ce sujet, qui alimente selon eux le mouvement anti-vaccination (notamment contre les vaccins obtenus par génie génétique) lors de la pandémie de Covid-19. Greenpeace met en effet en garde dans une note datée de 2021 contre « l’utilisation de ce que l’on appelle les techniques d’édition génomique (ou du génome) telles que CRISPR-Cas, qui pourraient non seulement exacerber les conséquences négatives de l’agriculture intensive sur l’environnement, les animaux et les êtres humains, mais aussi transformer la nature et les populations (par le biais de notre alimentation) en laboratoire géant d’expérimentation du génie génétique, entraînant des résultats incertains et potentiellement irréversibles ». Conflits d'intérêt. Marketing communicationnel. Puisque Greenpeace se veut être une ONG neutre, elle refuse les subventions gouvernementales, ainsi que les dons des entreprises, ce qui l'oblige à trouver des financements dans d'autres domaines. Eric Dacheux, professeur en sciences de l'information et de la communication, s'interroge sur son indépendance financière dans l'ouvrage "Greenpeace : entre médias, espace public et marché, quelle logique communicationnelle ?" paru en 1997. Il y écrit en effet que Greenpeace dépense 22% de son budget en communication : elle use de ses compétences dans ce domaine pour trouver des sources de financement en créant notamment des liens avec des partenaires et des alliés, comme Ikea. Elle s'associe en outre avec un constructeur allemand afin de vendre un réfrigérateur qui serait écologique, nommé "Greenfreeze". Elle possède aussi des fermes sans engrais chimiques. Elle présente enfin en 1995, dans un palace de Berlin, une voiture écologique nommée "la Gringo". À cette époque, son implication dans le marché mène d'ailleurs à de la controverse à l'intérieur même de l'organisation entre ceux qui prônent les valeurs de base anti-productivistes de Greenpeace et ceux qui veulent lui rapporter plus de profits grâce au marketing communicationnel. Hewlett-Packard. Selon le magazine "Le Point", depuis 2007, la Fondation David-et-Lucile-Packard, créée par le cofondateur de la multinationale Hewlett-Packard (HP) avec son épouse, verse des sommes très importantes à Greenpeace chaque année. La totalité des dons s'élève à une quinzaine de millions d'euros. Or, les versements auraient commencé quelques mois après la mise en place d’une campagne virulente contre le principal concurrent d’HP, Apple, au sujet des substances dangereuses retrouvées dans ses produits. Face à cette accusation, Greenpeace rétorque que les activités de la David and Lucile Packard Foundation ne sont pas en lien avec celles de la société HP et ne servent qu’un objectif philanthropique. Promotion de l'éolien. L’opposition farouche de Greenpeace envers l’industrie du nucléaire fait également débat. En effet, ses prises de position en faveur de l'éolien sont souvent controversées, car l’organisation élude la question des conséquences environnementales de cette énergie renouvelable. Certains journalistes et scientifiques y voient même là un conflit d’intérêt. En effet, Greenpeace est membre fondateur et partenaire associé du fournisseur d'énergie renouvelable Enercoop, qu’elle qualifie de meilleur producteur d’électricité verte. En outre, Greenpeace est actionnaire de la coopérative Greenpeace Energy, co-fondée par Greenpeace Allemagne tout en étant indépendante. Or, Greenpeace Energy, appelée aujourd'hui Green Planet Energy, propose des offres d'énergie renouvelable à ses clients. Les scientifiques se posent donc la question de l’intérêt financier de Greenpeace dans sa lutte contre l’énergie nucléaire et sa promotion de l'éolien. Dégradations. Site archéologique péruvien. En décembre 2014, alors que se tient la conférence de Lima sur les changements climatiques, des activistes de Greenpeace s'introduisent illégalement sur le site archéologique de Nazca pour y déployer une banderole visant à sensibiliser à l'impact du réchauffement climatique. Selon les autorités locales, les activistes de Greenpeace ont commis des dégradations sur le site en y entrant en simples chaussures de sport alors que des chaussures spéciales doivent être normalement utilisées pour ne pas endommager le site, très fragile. Ils ont notamment abîmé un animal gravé dans le sol il y a . Le ministère de la culture péruvien évoque un « attentat » contre le patrimoine culturel. Face au tollé, Greenpeace présente finalement ses excuses quelques jours plus tard. Le gouvernement péruvien engage alors des poursuites judiciaires contre l'ONG. En février 2015, le Pérou fait auprès de l'Argentine une première demande d'extradition d'un des activistes impliqués pour qu'il y soit jugé. Un activiste autrichien, Wolfgang Sadik, est condamné en décembre 2017 à une peine de 3 ans et 4 mois de prison avec sursis, ainsi que (environ 200 000 dollars US) d'amende. |
Héraldique L’héraldique vient du nom masculin « héraut », c'est-à-dire celui qui annonçait et décrivait les chevaliers entrant en lice (tournoi), celui qui annonçait les événements, qui portait les déclarations de guerre en tant qu'officier public au Moyen Âge. En plus d'être un adjectif, héraldique est un nom, un substantif féminin singulier désignant la science du blason. C'est donc l'étude des armoiries (ou « armes »). C'est aussi un champ d'expression artistique, un élément du droit médiéval et du droit d’Ancien Régime. Actuellement, elle constitue une science auxiliaire de l'histoire au même titre que la sigillographie, la vexillologie, la phaléristique, la diplomatique… L'héraldique s'est développée au Moyen Âge dans toute l'Europe comme un système cohérent d'identification non seulement des personnes, mais aussi en partie des lignées (le blason pouvant être transmis par héritage en traduisant le degré de parenté) et des collectivités humaines, ce qui en fait un système emblématique unique en un temps où la reconnaissance et l'identification passaient rarement par l'écrit. Apparue au au sein de la chevalerie, elle s'est rapidement diffusée dans l'ensemble de la société occidentale : clercs, nobles, bourgeois, paysans, femmes, communautés… Ensuite, on s'en est également servi pour représenter des corporations de métiers, des villes et plus rarement des régions, des pays. Définitions. Si les termes de « blasonner » et de « blasonnement » font l'unanimité quant à leur définition, les termes « blason », « armes », « écu » « armoiries » sont souvent employés les uns pour les autres, et pas toujours avec les mêmes limitations, aussi bien dans des ouvrages de vulgarisation, que dans les travaux d'auteurs faisant autorité. Racines historiques de l'héraldique. Héraut. Pour les grands seigneurs, le rôle de l’écuyer prend progressivement une dimension diplomatique et se spécialise dans la fonction de héraut. Désarmés, sans valeur de rançon, ils bénéficient d'une immunité diplomatique avant la lettre, et peuvent se déplacer librement pour assurer leur mission, y compris dans les camps et pays ennemis. Ils sont par conséquent tenus à une impartialité et une discrétion strictes. L’activité des hérauts est régie par tout un code de droits et d'obligations. Comme corps, les hérauts sont aisément identifiables à leur vêtement d'office, la cotte d'armes, souvent appelée tabard de nos jours. Il s'agit d'une ample tunique portée par-dessus les vêtements, reprise du surcot porté par les chevaliers par-dessus leur armure. Sa forme et sa richesse évoluent avec les siècles, simple drap de laine peint à l'origine, elle devient à l'époque moderne un objet très précieux, fait de velours, de draps d'or et de soie brodés. La cotte du héraut est frappée des armes du haut personnage qui l'emploie, ou du gouvernement qu'il représente (pays, région, ville...). C'est un vêtement qui rend visible son porteur de loin, associant l'officier d'armes à son maître. Revêtu de sa cotte d'armes, le héraut devient un double symbolique de son seigneur, authentifiant ses dires à la manière d'un sceau et transformant toute injure faite à sa personne en une injure directe faite à son seigneur. Elle en vient donc à être le symbole de l'immunité de l'office d'armes. Au Moyen Âge, le héraut devient un officier domestique au service d'un prince ou d'un seigneur. Dans le déroulement de la guerre, il est chargé de porter les déclarations de guerre, les sommations. Pour les chevaliers qui participent à une mêlée (que ce soit bataille ou tournoi), il peut recevoir des testaments ou des dépôts sacrés, et il assure de dignes funérailles en cas de besoin. Son rôle s’étend à tout ce qui a trait à l'honneur, il reconnaît les armes nobles et surveille les blasons, il règle les cérémonies et les jeux et témoigne des actes de valeur. Création de l’héraldique. Si le blason, comme savoir, voire comme science peut se tracer depuis le Moyen Âge, c'est sa codification par les hérauts qui a amené les érudits du à nommer cette discipline « science héraldique », c'est-à-dire « science du héraut ». Il ne faut néanmoins pas se leurrer, tous les hérauts n'étaient pas de parfaits érudits du blason et la maîtrise de ce savoir était loin d'être leur monopole. Dans les tournois et joutes, les hérauts annonçaient le chevalier en énonçant son blason, c’est-à-dire la description des figures couvrant son bouclier, avant de nommer son titulaire. Cette pratique est à l'origine de la langue héraldique, à l'origine naturelle et comprise de tout le public. C'est cette pratique qui fonde et stabilise l'héraldique. À partir du , les hérauts sont devenus les spécialistes de l'héraldique, ou science des armoiries et blasons. Ils en codifient la composition et la description, en formulant notamment les règles du blason, voyagent et établissent des armoriaux pour peindre et retenir celles qu'ils rencontrent. Le juge d'armes est celui qui est établi pour juger des armoiries et des titres de noblesse. L'héraldique dans la société. Représenter une identité. Les figures peintes sur l'écu, stabilisées et énoncées par des hérauts, donnent naissance à l'héraldique. L'héraldique est essentiellement la science des hérauts, et son origine ne peut se comprendre qu'à travers leur rôle. Le premier élément à avoir été armorié, dans un but militaire, a donc été l'écu du chevalier. Puis ces éléments ont été repris sur tout son équipement, pour permettre de reconnaître le titulaire (sur la cotte d'armes) mais aussi le représenter (bannière) ou marquer sa propriété (caparaçons, housse ou flanchières des chevaux…). Ce lien entre des armes et leur titulaire a ensuite été repris dans la composition des sceaux. Les armoiries sont ainsi devenues l'image de la personnalité juridique. La pratique des sceaux armoriés a étendu l'usage des armoiries à toutes les entités capables d'avoir un sceau. Cette pratique est encore vivante dans l'usage de chevalières armoriées, qui sont en principe destinées à servir de sceaux (c'est pourquoi elles sont gravées en creux). Développement historique. D'abord utilisées par les chefs de guerre qui les figurent sur leur bouclier au , l'usage des armoiries s'étend progressivement aux chevaliers, puis à la noblesse adoubée ou non (fin - début ). À travers l'identification de la personne par les armoiries, notamment dans le sceau, l'usage s'étend aux femmes (début ) et prélats nobles (), et des prélats aux bourgeois, aux artisans et échevins, chapitres et corporations (), communautés urbaines (), communautés ecclésiastiques et ordres religieux, seigneuries, fiefs, provinces, universités et administrations civiles. Les armoiries ne sont en rien un privilège de la noblesse ; dans certaines régions, comme la Normandie, les paysans en font parfois usage. Par ailleurs, dès le , des armoiries sont attribuées à des personnages ayant existé avant la création de l'héraldique, voire à des personnages mythiques ou mythologiques. Ces armoiries imaginaires relèvent de l'héraldique imaginaire. Devenues un signe d'identité sociale, les armes deviennent héréditaires, et désignent des maisons, c’est-à-dire des familles et des liens de parenté (), puis plus généralement des liens sociaux, ce qui amène progressivement à les composer de plus en plus. Jusqu'au , les figures employées sont principalement des figures animales, en nombre assez restreint (une quinzaine d'usage courant), ainsi que quelques meubles inanimés, souvent abstraits, et, surtout, des figures géométriques. Par la suite, le répertoire s'élargit aux objets, armes, parties du corps, bâtiments... Étude des objets armoriés. Armorier un objet y ajoute un élément décoratif, et affirme un lien avec le titulaire, lisible y compris par ceux qui ne savaient pas lire. Les armoiries se rencontrent ainsi sur tous les témoignages du passé : documents, livres (sur la couverture ou à l'intérieur : l"'ex-libris"), tapisseries, monuments, plaques de cheminées, meubles, bijoux, véhicules.. L'identification des armoiries, quand elles ne sont pas fantaisistes, permet de replacer leur support dans le temps et dans l'espace social, et d'en retracer en partie l'histoire ou la provenance géographique. L'identification du titulaire est facilitée par les ornements extérieurs, notamment les ordres de chevalerie représentés. Elle peut conduire à une très grande précision, de l'ordre de l'année, lorsque celui-ci a fréquemment modifié la composition de ses armes, et la conjonction d'armes sur un même support peut conduire à des conclusions encore plus précises. Noblesse et armes. La composition d'un blason représente graphiquement la situation d'un titulaire par rapport à un certain ordre social, entre le et le . L'étude du blason suppose donc une certaine connaissance de la société et de son organisation en noblesse, rangs, ordres, coutumes… Cependant, avoir des armoiries n'a jamais historiquement été l'apanage d'une classe noble. Les armes ne sont pas nobles par nature, elles ne sont au départ que l'enseigne de leur titulaire. C'est à ce titulaire qu'il appartient de s'« ennoblir », c’est-à-dire de manifester sa noblesse par ses actes, en attirant gloire et honneur sur ses armes. La reconnaissance sociale officielle de ce caractère noble, ou « anoblissement », ne vient que reconnaître une noblesse qui a été acquise préalablement. Le noble est essentiellement le « chef » de quelque chose, ce dont il tire gloire et honneur. Le moyen d'y accéder peut être par les armes, par violence ou usurpation, par héritage de possessions, en étant titulaire d'une charge… Dans cette logique, l'exercice efficace et durable du pouvoir est sa propre légitimation, et seul le résultat à long terme compte. Une personne est reconnue comme noble quand elle occupe durablement une situation de commandement ou de responsabilité, au point d'y identifier sa personne sociale. Les armes représentent à la fois la personne, son pouvoir actuel et la gloire accumulée depuis parfois des générations. Le succès attire le succès, y compris sur les membres de sa famille, et une maison « noble » tend ainsi à le rester. La direction d'une terre ou d'un territoire est généralement héréditaire, et il n'est pas toujours possible de distinguer les armes d'une terre de celles de la maison qui l'a dirigée. En revanche, une charge est généralement personnelle, si bien qu'elle est plus volontiers figurée dans les ornements extérieurs que dans les armes proprement dites. Les armes les plus fameuses sont le signe d'une appartenance collective à laquelle on doit ou souhaite se rattacher. Le rattachement se traduit en reprenant les armes intégralement (cas du chef de lignée), avec une brisure, ou dans une composition. Ce rattachement est obtenu de droit, titre, héritage et lignée, par acquisition (fief possédé), ou par privilège acquis ou concédé. C'est un honneur de porter des armes fameuses, et cet honneur oblige en principe son titulaire à contribuer à la gloire de ces armes. C'est ce que traduit l'expression « noblesse oblige » : le port d'armes nobles signifie simplement que l'on est de noble lignée, mais ne dit rien de plus sur son caractère propre. Titulaire. Le titulaire d'un blason est la « personne » que désigne ce blason. Les armes appartiennent à un certain titulaire, dont les attributs sont représentés par les ornements extérieurs. C'est l'ensemble de cette relation que représentent les armoiries. Le titulaire peut être de toute nature (individu, famille, collectivité, institution…). La composition d'armes nouvelles traduit ce que le titulaire met en avant par rapport à un tissu de liens et de droits sociaux, symbolique primitive, mais aussi appartenance à une lignée (par les armes de sa famille), affirmation de sa généalogie (par composition des armes de ses parents, grands-parents), mariage (par composition des armes du conjoint), fiefs sur lesquels on a des droits réels ou supposés, actuels ou passés… Les armes de villes ou d'institutions composent de même celles de leur fondateur ou seigneur. Les armes proprement dites sont généralement invariables, mais les ornements extérieurs dépendent généralement du titulaire, de ses titres, dignités et qualités, sa fonction ou sa condition sociale. Ordre religieux et de chevalerie. Les ordres religieux hospitaliers et militaires naissent avec les croisades, ordre des Hospitaliers, ordre du Temple… À la fin du Moyen Âge, des ordres de cour sans vocation religieuse sont créés, le plus prestigieux étant l'ordre de la Toison d'or. Les ordres peuvent être souverains (par exemple, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem). Le plus souvent, ils sont rattachés au pays ou à la maison dynastique qui les ont créés. Les insignes d'ordre de chevalerie font généralement partie des ornements extérieurs des armoiries. Certains ordres s'inscrivent cependant en chef, dans l'écu du titulaire. Le plus souvent, il s'agit d'un collier d'ordre entourant l'écu. Quand le titulaire est membre de plusieurs ordres, l'ordre le plus prestigieux est placé à l'extérieur. L'admission dans un ordre fait l'objet d'un acte officiel et enregistré. De ce fait, la représentation d'un collier d'ordre dans des armoiries permet d'identifier le titulaire bien plus précisément que la simple donnée des armes familiales. En France, les ordres de chevalerie nationaux, Saint-Michel, Saint-Esprit… ont été supprimés par l'assemblée constituante, en même temps que les attributs de la noblesse. Napoléon créa l'ordre national de la Légion d'honneur, et l'ordre national du Mérite fut créé au . Noblesse et armoiries. En France, à la Révolution, l'assemblée constituante décréta, le 19 juin 1790, la suppression de la noblesse en tant que statut de la personne et de ses attributs réels ou supposés, titres et fiefs, privilèges, ordres de chevalerie, armoiries et livrées… Interdites un temps, les armoiries furent restaurées au début du par Napoléon par décret du mars 1808, qui en limita pendant l'empire l'usage aux nobles, limitation abolie par Louis XVIII à la restauration. Les armoiries ne sont plus à présent l'enjeu social qu'elles étaient devenues à la fin de l'Ancien Régime. Le Conseil français d'héraldique (CFH, association régie par la loi de 1901), créé le 7 octobre 1984, présidé par le docteur Jean-Marie Thiébaud (1984-1998) puis par Jean-Jacques Lartigue (1998-2009), par Pierre Jaillard (2009-2013) puis de nouveau par Jean-Jacques Lartigue depuis décembre 2013, aide les communes, les associations et les particuliers à créer des armoiries et publie ces armoiries nouvelles dans l'Armorial du auquel a succédé l'Armorial du millénaire. Droit des armes. Juridiquement, les armes sont l'équivalent dessiné d'un nom propre, nom de famille ou nom de lieu, et sont accessoires à ce nom. Les armes sont une propriété régulière, transmissible héréditairement, et susceptible d'être acquise ou conférée. Le droit associé aux armoiries s'apparente à celui des marques, et c'est probablement le premier sujet sur lequel un droit international coutumier ait été élaboré. Le droit des armes varie selon les pays et selon les époques. Un élément est cependant constant, nul ne peut se doter d'armes déjà portées par autrui. Le principal problème du droit des armes est donc, pour un titulaire, de prouver l'antériorité dans l'usage d'un blason qu'il revendique. Cette preuve est généralement apportée au moyen d'actes officiels, qui enregistrent un blason donné, ou accordent une modification dans des armes préexistantes. Certains pays qui ont conservé une noblesse (Royaume-Uni notamment) lui imposent cependant une réglementation spécifique, voire un tribunal dédié (Écosse). En Écosse, les armoiries sont strictement personnelles, avec un système de brisures strictement appliqué pour les cadets. Cependant, le « droit » au port de telles ou telles armes est très largement une affaire de coutume. Création et évolution des blasons. La création des blasons, bien que laissée à l'initiative de leurs futurs possesseurs, s'est dotée dès le début de règles plus ou moins strictes, visant à rendre l'identification efficace : lecture facile par l'emploi de couleurs franches tranchant les unes sur les autres, motifs de grande taille aux contours simplifiés facilement lisibles, et surtout unicité des armoiries (souvent non-respectée — plus par ignorance que par volonté de plagiat). Cette volonté identitaire se traduit aussi par l'utilisation de symboles, rappels de faits marquants ou traductions de traits caractéristiques liés au possesseur (armes par allusion), ou même figuration du patronyme, n'hésitant pas devant l'à-peu-près, voire le jeu de mots (armes parlantes). Cf. ci-contre le rébus que constituent dans les armes de Gonesse, commune du Val-d'Oise, le gond enlacé d'une lettre S. Mais le blason n'est pas figé et il peut évoluer en fonction : Il peut même disparaître et être remplacé par un blason de substitution, quand le blason original a été « déshonoré » pour une action peu reluisante de son possesseur ou d'un ancêtre du possesseur ! (voir à lion, lion « couard », « vilené », etc.). Règles du blason. Les règles du blason proprement dit, c’est-à-dire celles qui portent sur la composition des armes, sont implicites et coutumières. Le caractère bien ou mal constitué d'un blason s'évalue en fonction d'un « esprit héraldique ». L'évaluation s'appuie sur l'avis d'autorités éminentes, qui énoncent leurs leçons dans des traités d'héraldique faisant référence. Ces règles sont donc nuancées et mouvantes comme celles du bon ton ; quand les avis autorisés sont unanimes, le jugement peut être tranché, il doit être nuancé sinon, pour les cas plus marginaux. De fait, on ne connaît qu'une seule règle qui puisse s'énoncer en termes indiscutables, c’est-à-dire pour laquelle on peut déterminer avec certitude si elle est respectée ou non : « pas de métal sur métal, ni émail sur émail », dite règle de contrariété des couleurs. On énonce parfois trois autres règles : Bibliographie. Une bibliographie raisonnée de l'héraldique mériterait un chapitre à elle seule, tant les références sont nombreuses. |
Hautes-Alpes Les Hautes-Alpes ( ou ) sont un département français de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 05. Son chef-lieu est Gap. Les habitants des Hautes-Alpes sont les Haut-Alpins (ou Hauts-Alpins). Les Hautes-Alpes sont un département dont le territoire est entièrement situé en zone de montagne, comprenant notamment la plus haute préfecture de France (Gap) et une des communes les plus élevée d'Europe (Saint-Véran). Il est frontalier avec l'Italie (région du Piémont). Histoire. Les Hautes-Alpes sont l'un des 83 départements créés le , en application de la loi du . Le département est constitué de la partie sud-est de la province du Dauphiné à laquelle sont rattachées quelques communes de la Provence en 1811. À la création du département, les communes de La Grave et de Villar-d'Arêne (val de Romanche) réclamèrent leur rattachement aux Hautes-Alpes parce qu'elles espéraient bénéficier ainsi du statut avantageux des Escartons du Briançonnais. Département et arrondissements : Limites départementales : Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (), le département est occupé par les troupes autrichiennes et piémontaises de à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire). Le département des Hautes-Alpes est occupé par l’Italie fasciste de à . Politique et administration. Les personnalités exerçant une fonction élective dont le mandat est en cours et en lien direct avec le territoire du département des Hautes-Alpes sont les suivantes : Parlementaires des Hautes-Alpes. Pour la législature de la République (2022-2027), les députés suivants ont été élus dans les Hautes-Alpes : Le département des Hautes-Alpes est représenté par un sénateur, en la personne de Jean-Michel Arnaud (DVD), élu pour la mandature 2020-2026. Conseillers régionaux des Hautes-Alpes. Le département des Hautes-Alpes envoie 4 conseillers régionaux sur les 123 que compte le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Pour la mandature 2010-2015, les conseillers régionaux issus des Hautes-Alpes sont Claire Bouchet (PS), Bernard Jaussaud (PS), Chantal Eymeoud (UDI) et Christine Nivou (PS). Pour la mandature 2015-2021, les conseillers régionaux issus des Hautes-Alpes sont Chantal Eymeoud (UDI), Roger Didier (DVD), Anne-Marie Forgeoux (LR), et Amaury Navarranne (FN puis RN). Pour la mandature 2021-2027, les conseillers régionaux issus des Hautes-Alpes sont Chantal Eyméoud (UDI puis Horizons), Roger Didier (DVD), Agnès Rossi (LREM) et Louis Étienne Albrand (RN). Conseil Départemental des Hautes-Alpes. Le département est administré depuis Gap par le conseil départemental des Hautes-Alpes, comprenant trente conseillers départementaux, répartis sur quinze cantons. Le président du Conseil départemental des Hautes-Alpes, élu le puis réélu le , est Jean-Marie Bernard, élu LR du canton de Veynes. Pour la mandature 2021-2027, la composition du Conseil Départemental est la suivante : Subdivisions administratives. Les Hautes-Alpes sont réparties en deux arrondissements, la préfecture Gap et l'unique sous-préfecture Briançon. Elles sont réparties en quinze cantons, issus du redécoupage territorial de 2014 : Gap-1, Gap-2, Gap-3, Gap-4, Briançon-1, Briançon-2, Chorges, Embrun, Guillestre-Queyras, L'Argentière-la-Bessée, Laragne-Montéglin, Saint-Bonnet-en-Champsaur, Serres, Tallard, Veynes-Dévoluy. Elles comprennent une communauté d'agglomération et de communes. Le nombre total de communes sur le département des Hautes-Alpes est de 162 au . Géographie. Les Hautes-Alpes sont un département situé dans les Alpes du Nord (haute vallée de la Romanche, Vercors) et dans les Alpes du Sud (la majeure partie du département), encadré par les départements des Alpes-de-Haute-Provence, de la Drôme, de l'Isère et de la Savoie ainsi que par l'Italie. Il ne comprend que cinq agglomérations pouvant être véritablement qualifiées de villes : Gap (préfecture), Briançon (sous-préfecture), Embrun (autrefois sous-préfecture, jusqu'en 1926), Laragne et Veynes. C'est un département très montagneux, le plus haut en moyenne en France (altitude moyenne la plus élevée, plus du tiers de la surface dépasse ). L'altitude varie de sur la commune de Ribiers dans le Buëch à au sommet de la barre des Écrins. C'est aussi le département avec le réseau routier le plus élevé, avec une altitude moyenne de l'ordre de . On y trouve également la mairie la plus haute de France, Saint-Véran, village situé à d'altitude. Gap est la préfecture la plus élevée de France (), devant Mende en Lozère ; et Briançon ( et autrefois sous-préfecture du département) est l'une des villes les plus élevées de l’Union européenne. Le département comprend de nombreux cours d'eau parmi lesquels la Durance, le Drac, le Buëch, la Clarée, le Guil, la Guisane, la Séveraisse, la Haute-Romanche. En outre, il possède un vaste lac de , le lac de Serre-Ponçon, avec une commune centrale : Savines-le-Lac. Les Hautes-Alpes regroupent plusieurs régions naturelles : le Briançonnais, le Pays des Écrins, le Bochaine (ou le pays du Buëch), le Champsaur, le Dévoluy, l'Embrunais, le Gapençais, le Guillestrois, le Queyras, le Valgaudemar avec une partie des Baronnies dont le Laragnais et le Serrois - Rosanais. Climat. La totalité du département des Hautes-Alpes est situé en zone de montagne. Le climat y est donc principalement montagnard avec des influences méditerranéennes dans les trois quarts sud du département : froid et bien enneigé l'hiver, chaud et ensoleillé l'été avec des amplitudes thermiques importantes entre les saisons. L'extrême nord des Hautes-Alpes, situé à l'ouest du col du Lautaret est géographiquement et climatiquement rattaché aux Alpes du Nord (la Meije, barre des Écrins). Les influences méditerranéennes sont très limitées et l'ensoleillement annuel moyen repasse sous les . En dépit de cette exception au nord, le reste du département est concerné par un ensoleillement annuel moyen supérieur à , voire à la frontière avec les Alpes-de-Haute-Provence. Les hivers sont froids dans tout le département et deviennent vraiment longs et rigoureux à partir de . La température moyenne de l'ensemble du département sur un an est de . Économie. Selon le rapport de la Chambre de commerce et d'industrie des Hautes-Alpes, le département compte en 2012 un peu moins de , dont la moitié dans le secteur tertiaire non marchand. Les Hautes-Alpes comprennent également en 2014 hors agriculture, dont sont inscrites au Registre du commerce et des sociétés (RCS). Le département s'appuie en particulier sur le secteur tertiaire, l'industrie des loisirs et de la montagne, et sur l'activité touristique estivale et hivernale. Une part non négligeable de l'activité économique repose sur l'agriculture, et notamment l'élevage ovin et bovin. Enfin, le département tente depuis plusieurs années de développer une filière air, avec la mise en place d'un moteur de développement économique, notamment au sein de l'Aérodrome de Gap - Tallard. Tourisme. Le tourisme est la principale activité du département. Selon les derniers chiffres communiqués par l’Observatoire du Tourisme (saison 2002-2003), la dépense touristique totale dans les Hautes-Alpes s’élèverait à d’euros. Rapportée au chiffre d’affaires réalisé par les entreprises sur la même période ( sur la saison 2002-2003), cette dépense représenterait donc 38,4 %. La part de l’emploi salarié touristique est très importante puisqu'elle représente plus de 15 % de l’emploi salarié total. La fréquentation se répartit l’hiver entre les stations de ski de moyenne et grande taille, telles que Serre Chevalier avec un domaine alpin de , Montgenèvre qui est intégrée au domaine skiable international de la Via Lattea (400 km), ou Vars, Risoul, Puy-Saint-Vincent, Orcières-Merlette, SuperDévoluy, les Orres et La Joue du Loup, et beaucoup d'autres de taille plus modeste réduite à un ou plusieurs villages (Saint-Léger-les-Mélèzes, Céüze, Réallon, Ancelle, Saint-Michel-de-Chaillol et Laye), ainsi qu'un domaine skiable hors-piste de renommée internationale à La Grave-La Meije, et l’été entre la fréquentation des cimes (randonnée pédestre ou équestre, alpinisme), les sports d'eaux vives sur certains cours d'eau, les activités sur les rives du lac de Serre-Ponçon (toutes activités nautiques et aquatiques) Le massif des Écrins, avec notamment la vallée de Vallouise, ou le Queyras, protégés respectivement au sein du parc national des Écrins et du parc naturel régional du Queyras, sont des sites privilégiés pour l'alpinisme et la randonnée de haute et moyenne montagne. De nombreux autres espaces naturels du département sont classés en zones Natura 2000, réserves naturelles (exemple : la réserve naturelle nationale des pics du Combeynot), etc. Le parc naturel régional des Baronnies provençales, que les Hautes-Alpes partagent avec la Drôme, offre également des possibilités de tourisme en moyenne montagne (escalades à Orpierre, vol libre, randonnées pédestres) dans la partie occidentale du département. La Durance, ses principaux affluents et d'autres torrents offrent de nombreuses possibilités pour les amateurs de rafting ou de kayak. Les communes de Tallard et Saint-Crépin avec leurs aérodromes attirent les pilotes de vol à voile ainsi que les parachutistes. On notera aussi que le site de Chabre, reconnu pour son aérologie exceptionnelle, a accueilli le du monde de deltaplane du au . Patrimoine bâti. On trouve dans le département plusieurs sites historiques comme les forteresses de Mont-Dauphin et Briançon, Fort Queyras, les châteaux de Montmaur, de Picomtal et de Tallard, des sites archéologiques comme les mines d'argent du Vallon du Fournel à l'Argentière-la-Bessée, de nombreux monuments historiques du patrimoine religieux, comme l'abbaye Notre-Dame de Boscodon du ou bien encore le prieuré de Saint-André-de-Rosans, plusieurs cathédrales dont la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Arnoux de Gap et l'ancienne cathédrale Notre-Dame d'Embrun, des villages de montagne typiques comme Saint-Véran, Névache ou Dormillouse, hameau accessible seulement à pied dans la zone centrale du parc national des Écrins. Historiquement les vallées ont été longtemps isolées, ce qui leur confère à chacune un patrimoine particulier. Les Hautes-Alpes comportent également de nombreux cadrans solaires et fresques, dont certains vieux de plusieurs siècles. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population, 46,1 % des logements disponibles dans le département sont des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes des Hautes-Alpes dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Démographie. Le département est ainsi l'un des plus faiblement peuplés de France. En 2018, il est le troisième département le moins peuplé de la France métropolitaine, se situant juste après la Lozère et la Creuse et il est tout juste devancé par le Territoire-de-Belfort et le Cantal qui occupent respectivement les quatrième et cinquième places des départements français les moins peuplés. Après avoir atteint un minimum dans les années 1950, la population s'accroît depuis lors régulièrement. Cette croissance profite surtout à la commune de Gap, qui regroupe près de 30 % des habitants du département. Elle est également significative dans la plupart des communes de la vallée de la Durance et des deux Buëch. Liste des unités et aires urbaines. Selon le découpage effectué en 2010 par l'INSEE, les Hautes-Alpes comptaient sept unités urbaines, triées ici selon leur population en 2012 : Selon le découpage effectué en 2010 par l'INSEE, quatre aires urbaines étaient centrées sur des unités urbaines des Hautes-Alpes, triées ici selon leur population en 2012 : Transports. Transport ferroviaire. Le département est desservi par les Transports Express Régionaux de la SNCF, notamment par trois lignes principales : Transport régional et interrégional par car. Il existe des lignes de cars régionaux correspondant au LER. 05 Voyageurs puis Zou ! Depuis le , l'offre de transport départemental a été modifiée. Afin d'améliorer son fonctionnement, un appel d'offres fut lancé par le conseil départemental des Hautes-Alpes, auquel les transporteurs locaux ont répondu sous la SAS Alpes Mobilité Transport. L'idée était de proposer une offre locale par des professionnels du transport. Chaque transporteur possède une part égale d'actions dans la SAS, dont la présidence est assurée par Vincent Jacob. Une centrale de réservation téléphonique, appelée « 05 Voyageurs », a été mise en place afin de renseigner les usagers sur le fonctionnement de ces lignes et assurer les relations avec les transporteurs. Le directeur est Cédric Bourne-Chastel. La centrale est accessible 7 jours sur 7, de 7 h à 19 h. L’idée est de proposer une offre globale de transport en commun pour les Hauts-Alpins. À savoir, une offre domicile/travail, une offre accès aux services, une offre loisirs et une offre gare/lieux d’hébergements. 1) Auprès des usagers : Il s’agit avant tout de constituer une interface unique par son site et son centre d’appels. Cinq opératrices répondent tous les jours de 7 h à 19 h. Elles renseignent sur les horaires, les lignes, les coûts, le réseau de points de vente dans le département. Elles effectuent des réservations sur certains services (SRD), gèrent les réclamations… 2) Auprès des transporteurs : la gestion des titres de transport, c'est-à-dire de l’impression des titres, leur distribution jusqu’à la remontée des recettes de par les factures. Du matériel embarqué est en place dans les cars. Cette billetique entraîne des remontées vers l’exploitant et 05 Voyageurs. Cela permet d’obtenir des statistiques de fréquentation et à terme d’adapter les horaires à la demande. Il y a une interaction constante entre 05 Voyageurs et les transporteurs pour la mise en place des SRD et rendre un service de qualité aux usagers. 3) Auprès du conseil départemental : 05 Voyageurs participe à la définition de l’offre de transport de par sa relation directe avec les usagers, la production de données statistiques et les rencontres avec les acteurs du territoire. Chaque mois, il remonte les recettes au conseil départemental. Depuis , le réseau est devenu Zou !. Les lignes Zou ! Hautes-Alpes sont référées dans l'article ci-dessous : Culture. Fresques murales et cadrans solaires. Le département des Hautes-Alpes s'illustre par la qualité et le nombre des peintures murales comprenant notamment des fresques et des cadrans solaires, dont certains vieux de nombreux siècles. Si la plupart des fresques sont rencontrées dans les édifices religieux du nord du département, au sud dans la vallée du Buëch le château de Montmaur présente un ensemble de fresques datant de la fin du XVIe siècle mais également du XVIIe et XVIIIe siècles et qui ornent sous forme de frises entre autres, de plusieurs dizaines de mètres de long, les grandes salles d'apparat. Spécialités culinaires. Ce département comporte de multiples spécialités culinaires, telles les tourtons et les ravioles du Champsaur, les oreilles d'âne, les crouzets de la vallée de l'Ubaye, le pain bouilli de Villar-d'Arêne, ou la tarte des Alpes. La chasse et la pêche procurent gibier et poissons d'eau douce. Plusieurs fromages sont typiques de certaines vallées du département, comme le bleu du Queyras ou la tome du Champsaur. Le génépi, une liqueur de ménage employant une herbe du même nom. Les agriculteurs de ce département produisent des vins, dont le Hautes-Alpes. Tournage de films. Le département a accueilli plusieurs tournages de films. Festivals. Outdoormix Festival. L'Outdoormix Festival est un rassemblement de 4 jours de compétitions sportives dites Outdoor et extrêmes (BMX, escalade, handisport, kayak, kitesurf et kitefoil, longboard, MTB Dirt et Downhill, slackline,et Stand Up Paddle) et de 3 soirées de concerts. Le festival a lieu tous les ans pendant le week-end de la Pentecôte. Né en 2013, l’Outdoormix Festival organisé par l'association WeAreHautesAlpes a su séduire le monde entier de l’Outdoor et de la musique grâce à un concept d’événement qui rassemble tous les profils de passionnés, de l’amateur au sportif professionnel, du simple curieux au plus aguerri des festivaliers. Situé au bord du plan d’eau d’Embrun (Hautes-Alpes), l’événement réunit plus de 100 000 personnes, 50 marques sur le village événement et près de 25 nations de sportifs Outdoor sur 4 jours de festivités. Tourisme. Tourisme patrimonial et culturel. Le département possède un patrimoine culturel qui varie selon les lieux géographiques. Son patrimoine bâti est notamment reconnu à travers les sites fortifiés de Briançon, Château-Queyras ou Mont-Dauphin, que Vauban a développés. Ce patrimoine est également enrichi par les châteaux de Montmaur, de Tallard et de Picomtal classés Monuments Historiques. Des visites y sont proposées ainsi que des spectacles, des concerts et autres animations. Les différentes vallées ont un attrait qui peut leur être spécifique, comme le Queyras, ou la vallée de la Clarée. Différents festivals se déroulent dans le département, tel le festival de musique contemporaine Messiaen au Pays de La Meije. Certains sites naturels sont accompagnés de lieux ou parcours à vocation culturelle, telles les Maisons du Parc national des Écrins. Les espaces naturels sont des lieux dont le visiteur peut observer la géomorphologie, la géologie, la faune, la flore... C'est ainsi le cas dans le Parc national des Écrins, par exemple. Certains sites offrent au regard des formations géologiques naturelles particulières, comme site de la « Salle de bal des demoiselles coiffées » à Théus, dues à l'érosion, ou le Mont Chenaillet qui comprend des roches issues d'un plancher océanique ancien dont un morceau a été remonté sur les sommets alpins lors de la formation de ce massif. D'autres lieux offrent aux visiteurs des éléments culturels et scientifiques, comme le Jardin botanique du col du Lautaret ou le château de Charance près de Gap et son domaine labellisé « Jardin remarquable », où des roseraies ornent les alentours et les terrasses qui surplombent le Gapençais. Tourisme sportif. Le département offre des possibilités de pratique sportive variées, dont de nombreuses en pleine nature, selon les saisons de l'année : randonnée pédestre, sports d'eaux vives, cyclisme sur route, VTT, vol libre, sports d'hiver |
Haute-Garonne La Haute-Garonne ( ; ) est un département situé dans le Sud-Ouest de la France, dans la région Occitanie. Sa préfecture est la ville de Toulouse, qui est aussi le chef-lieu de la région Occitanie. Ses habitants sont appelés les "Haut-Garonnais." L'Insee et la Poste lui attribuent le code 31. Un premier département de Haute-Garonne a existé de 1790 à 1808, et englobait également l'ancien arrondissement de Castelsarrasin, avant la création du département de Tarn-et-Garonne. Le département compte selon le dernier recensement de . Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de la province de Languedoc. Il était plus vaste que maintenant car il englobait l'arrondissement de Castelsarrasin qui fut transféré au département de Tarn-et-Garonne, lors de sa création en 1808. C'étaient les cours du Tarn et du Tescou qui en dessinaient la limite. La partie gasconne se limite à la dépendance sous-préfectorale de Saint-Gaudens. La partie languedocienne englobe les dépendances sous-préfectorales de Muret et celles de la préfecture Toulouse. Au la région Midi-Pyrénées, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Languedoc-Roussillon pour devenir la nouvelle région administrative Occitanie. En 2018, l'idée de diviser le département au profit de Toulouse Métropole a suscité la polémique. Emblèmes. Blason. Ces armoiries ont été proposées par Robert Louis, mais jamais adoptées. Politique et administration. Tendances politiques et résultats. Le département de la Haute-Garonne, par tradition établie de longue date, est un département largement orienté à gauche, dès lors qu'il s'agit d'élire des députés, des sénateurs ou des conseillers départementaux. Au sein de la gauche, la prédominance du Parti socialiste est établie depuis de longues années. Cependant, en 2017, avec les élections présidentielles et législatives, le département voit le parti La République en marche emporter 9 des 10 circonscriptions législatives du département, ainsi que les élections présidentielles. Le parti La France insoumise a également fait de très bons résultats en Haute-Garonne, l'un des meilleurs scores nationaux, notamment sur Toulouse. À titre d'exemple, lors de l'élection présidentielle de 2017, au niveau départemental, au premier tour, c'est Emmanuel Macron (LREM) qui est arrivé en tête avec 26,43 % des voix, suivi par Jean-Luc Mélenchon (LFI) avec 23,69 %, puis suivi de loin par Marine Le Pen (FN) avec 16,71 % des voix, et enfin par François Fillon (LR) avec 16,49 % des voix. Cependant, entre 1971 et 2008, les élections municipales ont été remportées par la droite à Toulouse, ainsi qu'à Muret, sous-préfecture, et dans quelques autres villes de l'agglomération toulousaine. Les élections municipales de 2008 ont mis fin à cette situation paradoxale avec l'élection notamment de Pierre Cohen (PS) à la mairie de Toulouse. Cependant, l'élection d'un nouveau maire de droite, Jean-Luc Moudenc, à la tête de la préfecture départementale lors des élections municipales de 2014, relance cette situation. Géographie. Situation. La Haute-Garonne fait partie de la région Occitanie. Etant très "étirée", elle est limitrophe de nombreux départements : l'Ariège au sud-est, l'Aude à l'est, le Tarn au nord-est, le Tarn-et-Garonne au nord, le Gers à l'ouest, les Hautes-Pyrénées au sud-ouest et enfin l'Espagne au sud, à la limite de la Catalogne (côté est) et de l'Aragon (côté ouest). Le département ne constitue pas une région historique de la France. C'est une division administrative formée de divers morceaux du Languedoc et de la Gascogne essentiellement. La Haute-Garonne mesure, du nord au sud, 144,5 km, ce qui en fait l'un des départements français les plus longs. Une région montagneuse au sud du département fait partie du massif pyrénéen. Une première plaine, plus au nord, s'étend de Montréjeau jusqu'à Saint-Martory, où la Garonne s'écoule bordée au sud-est par les coteaux du Comminges. La grande plaine toulousaine, après Saint-Martory, s'étend sur tout le nord du département. À Toulouse, la plaine est bordée à l'ouest par les collines de la Lomagne, à l'est par les coteaux du Lauragais. Le nord du département est très urbanisé et dense, avec notamment Toulouse et son aire urbaine, alors que le sud est beaucoup plus rural et très peu densément peuplé, notamment à cause du relief important des Pyrénées. Répartition de la population. La répartition de la population en Haute-Garonne est extrêmement inégale : le nord est très dense, alors que le sud l'est beaucoup moins. À titre d'exemple, l'arrondissement de Toulouse, au nord, avec 410 habitants au km est près de 12 fois plus dense que l'arrondissement de Saint-Gaudens, au sud, avec 36 habitants au km. Cette inégalité se retrouve également au niveau du nombre d'habitants. Certaines communes haut-garonnaises sont dans les plus peuplées de France, quand d'autres sont dans les moins peuplées du pays : Les 5 communes les plus peuplées sont toutes situées dans l'agglomération toulousaine. Il s'agit de : A contrario, les communes les moins peuplés sont toutes au sud du département. Il s'agit de : Superficie. La superficie de la Haute-Garonne est de . Mais là encore, on remarque d'immenses disparités au sein du département. La commune la plus vaste est Toulouse avec ses . Mais la préfecture départementale ne se place qu'à la position du classement national. Les communes les moins vastes sont : Administratif. Le département est constitué de trois arrondissements : Muret, Saint-Gaudens et Toulouse. Ces trois arrondissements regroupent 27 cantons. L'arrondissement de Toulouse est celui qui dispose du plus de cantons avec 21 cantons eux-mêmes divisés en 225 communes. L'arrondissement de Muret est composé de 6 cantons eux-mêmes divisés en 126 communes. Enfin, l'arrondissement de Saint-Gaudens contient 3 cantons et 235 communes. La Haute-Garonne est divisée en 586 communes très hétérogènes. Le sud possède de nombreuses communes rurales tandis que le nord proche de Toulouse est constitué essentiellement de communes urbanisées voire très urbanisées, mais aussi de communes moins denses, surtout au nord-ouest du département. Paysages. À l'ouest, se trouvent les pays de la Gascogne et de Lomagne (en Gascogne également) tandis qu'à l'est se trouvent les pays du Volvestre et du Lauragais. Le paysage est constitué de collines douces et de coteaux issus d'anciens plateaux. Les Pyrénées restent toujours visibles vers le sud du département comme une barrière naturelle. Cette chaîne de montagne, longue de dans le département, est le point culminant du département. De nombreux pics s'élèvent à plus de . Le pic Perdiguère à est le point culminant du département. Cette région de montagne est appelée le Luchonnais et contient plusieurs vallées comme celle d'Oô. La forêt essentiellement de feuillus occupe . La zone montagnarde est constituée en majorité de hêtres tandis que la plaine et le piémont sont dominés par le chêne et le peuplier. Les grands ensembles forestiers sont localisés en montagne tandis que les bois, bosquets et forêts occupent la plaine. La forêt de Bouconne est la forêt de plaine la plus vaste s'étendant sur à l'ouest de Toulouse. Au nord-est de Toulouse se trouve une autre forêt importante, celle de Buzet, s'étendant sur . Des espaces boisés de peupliers et de saules longent la Garonne et assurent un écosystème fluvial hébergeant de nombreuses espèces animales et végétales. Ce peuplement assure aussi la fixation des berges du fleuve. Hydrographie. Le département est traversé par le cours supérieur du fleuve Garonne qui lui donne son nom. Les contours du département suivent l'orientation du fleuve. Le fleuve entre en France à Fos, puis passe à Montréjeau, à Saint-Gaudens, à Cazères, à Muret, au centre de Toulouse, et à Grenade avant de quitter le département. La Garonne traverse le département sur une longueur proche de . D'est en ouest, le canal du Midi et le canal latéral à la Garonne traversent le département de la Haute-Garonne. La Garonne parcourt le département en traversant trois zones géographiques distinctes. Climat. Le climat de la Haute-Garonne est un climat tempéré aux influences océaniques et méditerranéennes avec des hivers modérés dans la plaine et plus froids dans le sud, ainsi que de fortes chaleurs l'été dans la plaine suivies d'automnes très ensoleillés. Les printemps sont en revanche pluvieux. Le climat est aussi marqué par le vent d'autan dans la plaine toulousaine, et de nombreux orages en été. Transports. Toulouse est un important carrefour autoroutier et ferroviaire. La Ville Rose possède un périphérique à 2x3 voies fréquemment embouteillé, la gare la plus fréquentée d'Occitanie et le sixième aéroport français. Économie. L'économie de la Haute-Garonne repose sur l'industrie aéronautique et spatiale, après avoir connu un important essor agricole grâce au blé et au pastel. Cependant, dans le département, l'agriculture garde une part importante, notamment dans l'extrême nord et le sud du département. Industrie. L'industrie en Haute-Garonne est principalement centrée autour du pôle Toulousain, avec comme fer de lance l'aéronautique et l'espace. On y trouve notamment certaines chaînes d'assemblage d'Airbus, d'importants sites d'EADS dans le domaine spatial, le CNES, d'autres constructeurs comme ATR. L'agglomération toulousaine abrite également depuis fin 2010 le campus de l'Oncopôle de Toulouse, qui réunit industriels de la pharmacie et chercheurs publics dans un ensemble unique. Le département n'est cependant pas épargné par les fermetures d'usines, comme la fermeture de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn, dans le nord du département, en 2009. Agriculture. Le secteur agricole en Haute-Garonne est majoritairement représenté par les grandes cultures avec notamment la production de maïs irrigué, ainsi que de tournesol ou de céréales à paille comme le blé. Les principales exploitations agricoles se situent dans les zones peu denses du département, comme le nord-ouest ou le sud de la Haute-Garonne. Secteur tertiaire. Fret. Au nord de l'agglomération toulousaine (Castelnau-d'Estrétefonds) se trouve Eurocentre, un pôle multimodal de situé à , soit 15 minutes par autoroute, de la plate-forme aéroportuaire de Toulouse-Blagnac. En combinant rail-route-autoroute, cette plate-forme est un des tout premiers pôles logistiques d’Europe du Sud par sa taille et la qualité de ses aménagements. Eurocentre regroupe avec plus de cent entreprises d'un centre routier poids lourds, d'un faisceau ferroviaire de réception entièrement automatisé, d'une entrée directe de trains complets, d'un parc immobilier locatif GEMFI de 4 × de bâtiments, d'un centre de vie (hôtels, restaurant, poste, etc.) et du Terminal Maritime de Toulouse : nouveau port sec de l’autorité portuaire de Barcelone sur . En effet, le Terminal Maritime de Toulouse (TMT) est un nouveau concept de port intérieur visant à faciliter le commerce maritime international. C'est également une initiative stratégique du port de Barcelone dont l'objectif est de faire en sorte que le port soit présent en permanence sur ce marché. Cette initiative offre aux entrepreneurs du sud de la France plus de 300 lignes maritimes régulières passant à Barcelone et qui relient presque toutes les régions économiques du monde. Il sera composé de d’entrepôts logistiques, de bureaux, de parking et dédiés au TMT. Démographie. Les habitants de la Haute-Garonne sont les "Haut-Garonnais".. La part des jeunes est assez importante avec 55 % de moins de 40 ans et parmi eux 16 % entre 20 et 29 ans. Cela s'explique par le fait que Toulouse est une grande métropole régionale et un pôle universitaire. La préfecture et principale ville du département est Toulouse, située au centre de la partie la plus peuplée du département. Le Sud du département est moins peuplé et est également connu sous le nom de Comminges. La répartition de la population de la Haute-Garonne est très contrastée. Le nord du département qui contient l'aire urbaine de Toulouse regroupe plus de 80 % de la population. Elle attire de plus en plus de monde et les communes périurbaines se repeuplent. La banlieue toulousaine croit de plus en plus, provoquant un habitat dispersé important. L'ensemble de l'aire urbaine, constituée de la banlieue et de la couronne périurbaine, regroupe 255 communes atteignant les limites du département dans le nord, l'est et l'ouest. Ce mouvement de périurbanisation s'observe aussi à Saint-Gaudens, le deuxième pôle urbain du département. Selon l'INSEE, la Haute-Garonne compterait en 2040, selon le scénario central. En effet, ce département est celui qui connaît la plus forte croissance démographique de France, avec l'Hérault, ou légèrement devant. La Haute-Garonne est un département jeune, avec un indice de vieillissement de 59 contre 91 pour la moyenne de l'ancienne région Midi-Pyrénées et contre 67 au niveau national. Archéologie. La Haute-Garonne est riche de nombreuses grottes pariétales de l'art rupestre pyrénéen, comme la grotte d'Aurignac, qui a donné son nom à la période aurignacienne. De même, la grotte des Rideaux dans les grottes de la Save à Lespugue est le lieu de la découverte en 1922 de la "vénus de Lespugue", une statue datant de av. J.-C. À quelque deux km des grottes de Lespugue sont les grottes de Montmaurin ou la cavité de la Niche a livré la mandibule de Montmaurin, vieille de à ans AP. La grotte de Montespan est aussi très riche avec des scènes rupestres et des statues d'animaux en argile. On trouve également des peintures paléolithiques dans la grotte de Marsoulas. Tourisme. Le département de la Haute-Garonne est montagneux dans sa partie méridionale, et recèle quelques beaux paysages. Randonnée. Le département offre une multitude de chemins de randonnée, notamment en montagne avec le célèbre GR 10 qui traverse la chaîne des Pyrénées. Un autre chemin est la HRP ou le sentier de Haute Randonnée Pyrénéenne qui pénètre en Haute-Garonne par le col des Gourgs-Blancs. Ouvert depuis le 1er juillet 2017, Via Garona, sentier de grande randonnée 861 qui relie Toulouse à Saint-Bertrand-de-Comminges sur le chemin du piémont pyrénéen vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Spéléologie. Le réseau souterrain de la Haute-Garonne est très étendu et complexe. Il est constitué de nombreuses grottes et gouffres dont les découvertes ont été faites par Édouard-Alfred Martel et Norbert Casteret. Le gouffre le plus important est celui de la Henne Morte situé à Herran avec une profondeur de . Il appartient à l'un des plus gros réseaux français, celui de Félix Trombe, qui parcourt le massif du Cagire, de Paloumère et de l'Arbas. Sports d'hiver. Le département possède quatre stations de ski : Résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du janvier 2008, 3,7 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de la Haute-Garonne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux en 2008. Sources : Source INSEE, chiffres au 01/01/2008. |
Hérault (département) L’Hérault ( ; ) est un département français de la région Occitanie qui tire son nom de l'Hérault, un fleuve côtier qui le traverse. Les habitants sont nommés les Héraultais. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 34. Sa préfecture est Montpellier. Géographie. Situation. Le département de l'Hérault est situé dans le Sud de la France et fait partie de la région Occitanie. Il est limitrophe des départements de l'Aude au sud-ouest, du Tarn et de l'Aveyron au nord-ouest et du Gard au nord-est, et est bordé par la Méditerranée au sud. Pour définir l'Hérault, on a souvent tendance à comparer son territoire à un amphithéâtre ouvert face à la mer. La géographie de l'Hérault est marquée par la diversité de sa géologie et de ses paysages. Ceux-ci s'étagent des contreforts sud du Massif central, jusqu'à la mer Méditerranée, en passant par les zones de garrigues et la basse plaine du Languedoc viticole. L'Hérault est baigné par un climat méditerranéen. Points extrêmes du département de l'Hérault : Classement. Liste des communes les plus étendues du département : Relief. Le littoral. Ses plages de sable s’étendent de la Petite Camargue (La Grande-Motte et l’embouchure du Vidourle) à l’est, jusqu’à Vendres-plage, à l’embouchure de l’Aude à l’ouest. Soit de littoral. Seules la Corniche de Sète et la Grande-Conque du Cap d'Agde se distinguent par leurs falaises rocheuses. Ce cordon littoral est bordé d'étangs et de salins, écosystèmes protégés où nichent de nombreux oiseaux migrateurs : flamants roses, aigrettes, hérons cendrés et cigognes. La végétation s'adapte à l'atmosphère marine : joncs, salicornes, saladelles et oyats. Les réserves naturelles du Bagnas ou des Orpellières et la Maison de la Nature du Méjean donnent un aperçu de ce milieu protégé. On dénombre ainsi deux grands ensembles lagunaires : entre l'ancien volcan d'Agde et le mont Saint-Clair de Sète, le bassin de Thau est la plus grande lagune de la région Languedoc-Roussillon, avec . Le chapelet des étangs palavasiens (de Mauguio jusqu'à Sète) relie le versant Est de Sète à l’extrémité Est de l’Hérault, soit l’entrée en Grande Camargue. Ces lagunes sont reconnues pour leur patrimoine par la convention de Ramsar et on dénombre une dizaine de sites classés Natura 2000. Vignobles et garrigues. Le proche arrière-pays que constituent les plaines du Bas-Languedoc, est progressivement vallonné. C’est le territoire du vignoble, des oliveraies, des vergers et des garrigues. Oléiculture et viticulture symbolisent une part importante du patrimoine et de l’art de vivre méditerranéen. La moyenne montagne. Au nord-ouest, le parc naturel régional du Haut-Languedoc regroupe notamment les massifs du Caroux et de l'Espinouse ( et ). Le climat est influencé par la Méditerranée mais aussi par l'Atlantique. C'est la ligne de partage des eaux qui marque un changement profond dans la végétation. Mouflons, chevreuils et sangliers cohabitent dans les châtaigneraies. Au nord-est, en bordure du parc national des Cévennes se dressent le plateau du Larzac et la montagne Séranne. Ces lieux ventés sont parfois des zones d'élevage de moutons. L’espace Causse et Cévennes est maintenant inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Hydrographie. Les fleuves. Les de littoral de l’Hérault ont la particularité d’être le point où se concentrent de nombreuses embouchures de fleuves côtiers. Des versants des Pyrénées, à la partie méridionale du Massif central, les eaux coulent et se jettent dans la Méditerranée sur une étroite bande littorale. D’ouest en est, l’Aude, l’Orb, l’Hérault, le Libron, la Mosson (via l’étang de l’Arnel), le Lez, le Vidourle. Ces fleuves ont souvent tracé des gorges sinueuses, marquant ainsi le paysage de leurs empreintes. Certains ont été entravés de barrages, de manière à limiter les crues ou à produire de l’électricité. Les lacs de barrage ainsi créés sont aujourd’hui de remarquables sites touristiques permettant souvent la pratique des loisirs nature et nautiques en particulier. Le climat. La grande majorité du département peut être caractérisée par un climat méditerranéen. Pourtant, les zones montagneuses du nord-ouest connaissent une influence océanique. Certains secteurs du nord de l’Hérault peuvent quant à eux connaitre une influence continentale tempérée. L'ensoleillement. Comme dans l’ensemble du midi méditerranéen, l’ensoleillement est important dans l’Hérault et relativement régulier au cours de l’année. On atteint par an, pour une moyenne nationale inférieure à annuelles. Les températures. Une des caractéristiques spécifiques du climat méditerranéen est la douceur de ses saisons hivernales. Il reste néanmoins marqué par de grands excès ponctuels (à Montpellier Fréjorgues en hiver, on a noté comme record minimal absolu : en et en été une maximale journalière record : en , à cause de la proximité de la mer). La moyenne des températures des mois d’été est proche des moyennes maximales françaises. Néanmoins, la mer protège les secteurs littoraux des extrêmes que constituent les canicules en été, mais aussi les gelées en hiver. Elles vont d'environ sur le bord de mer à dans l'intérieur des terres. Les températures minimales moyennes sont aussi très variées, en allant d'environ sur le littoral à dans l'intérieur des terres. En hiver, il gèle rarement sur le littoral proche, et quasiment 1 jour sur 2 dans l'intérieur. Les moyennes minimales vont de au bord de l'eau à voire dans les terres. Les maximales moyennes sont assez homogènes, dans les terres et sur le littoral à sur la zone centrale. Concernant les records absolus dans le département, ils sont de à Saint-Martin-de-Londres en 1963 et de a Vérargues lors de la canicule européenne de juin 2019 dans le l'est de l'Hérault. Affecté par l'évolution des températures, le département de l'Hérault totalise, en 2017, avec des températures au-dessus des normales saisonnières, représentant 65 % d'élévation des températures sur l'année. Le , il a été enregistré un pic exceptionnel d'élévation de température, depuis 1948, avec aux stations de Montpellier-Fréjorgues, dont le débuts des relevés date de 1974. Les pluies. Les précipitations sont plutôt rares sur le département, elles surviennent en grande majorité au printemps, en automne et en hiver. Elles prennent parfois un caractère violent, notamment pendant les épisodes cévenols. L'été est généralement sec. Montpellier possède une pluviométrie d'environ , sur la base des relevés effectués entre 1900 et 2009, ce qui est supérieur à Paris. Mais ces précipitations se concentrent uniquement sur 90 jours. Si le nombre de jours pluvieux est relativement équivalent entre l'arrière-pays et le littoral, c’est la hauteur des précipitations qui diffère : elle peut atteindre . La neige est relativement rare. Les vents. On distingue quatre vents dominants principaux. Mistral (extrême-est du département) et Tramontane sont des vents secs, respectivement de secteur nord-nord-est et nord-ouest, que l'on peut observer en toute saison. Ils dégagent le ciel, assèchent l’air et peuvent être très violents. Le mistral et la tramontane sont responsables en grande partie de l'ensoleillement remarquable du département. Lorsque ces vents soufflent en hiver, les températures ressenties peuvent être négatives. Le Marin, soufflant du sud-est, et le Grec, soufflant d’est, plus rares, sont des vents souvent violents associés à des passages perturbés en Méditerranée. Ils sont accompagnés d'un temps couvert et de pluies importantes. Histoire. "Préhistoire :" L'occupation d'humains et avant eux d'hominidés y est très ancienne, puisque c'est dans ce département, à Lézignan-la-Cèbe, qu'ont été trouvées les traces les plus anciennes d'activités d'hominidés connues (1,57 million d'années, faciès culturel de l'Oldowayen avec galets taillés - "" pour les anglophones). Pour ce qui est de l'art, un ensemble de représentations datant de l'Aurignacien a été découvert à la grotte d'Aldène. Un important corpus de coquillages de couleur ocre a également été exhumé à l'abri Rothchild près de Cabrières. "Histoire :" Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie de l'ancienne province de Languedoc. Il comprend les pays du Biterrois, de l'Espinouse, du Lodèvois, du Montpelliérain et une partie du Larzac. Le département de l'Hérault a connu un effondrement de son industrie viticole au début du ; la mévente du vin, alliée à une maladie des vignes (phylloxéra) a poussé à la révolte des milliers de vignerons modestes. Le mouvement a été durement réprimé par le gouvernement de Georges Clemenceau (1907). Le gel catastrophique de l'hiver 1956 a ruiné la culture de l'olive, qui ne redevint prospère qu'à partir de la fin des années 1980. Les coopératives oléicoles de Lodève, de Pignan, d'Aniane et bien d'autres fermèrent leurs portes, seule celle de Clermont-l'Hérault resta en activité. Depuis la deuxième moitié du , le bassin de Montpellier connaît l'une des plus fortes croissances démographiques en France. Au , la région Languedoc-Roussillon, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Midi-Pyrénées pour devenir la nouvelle région administrative Occitanie. Environnement. Le département abrite de nombreux espaces naturels préservés. Certains d’entre eux bénéficient d’une politique de valorisation en Grands Sites (Saint-Guilhem-le-Désert et gorges de l'Hérault, cirque de Navacelles, vallée du Salagou). Cette valorisation et l’action du conservatoire du littoral font de l’Hérault un département où la protection de l’environnement est importante. Preuve de la richesse de la faune : le loup et la genette étaient encore présents au premier quart du . Une présence (bien qu'improbable) de loup de l'Est ("Canis lycaon) "serait aussi à signaler. Linn (le Loup noir nord-américain) est cité dans l'inventaire « Statistique du département de l'Hérault » par Hippolyte Creuzé de Lesser qui écrivait en 1824 que . précise-t-il. Il n'émet par contre aucun doute sur la disparition du cerf élaphe, et insiste sur la très grande richesse du département en oiseaux, et notamment en rapaces à cette époque : Économie. Agriculture. La surface agricole utilisée du département est de soit près de 30 % du département. La viticulture est importante avec , les autres terres arables sont utilisées pour les vergers (olives, châtaignes, noix, prunes et pommes) avec , les prairies artificielles avec , la culture de légumes avec , la culture des céréales avec et les jachères avec . La surface agricole utile déclarée en production bio est de , positionnant le département derrière le Gard avec et l'Aude avec . De ce fait entre 2004 et 2011, la part de surface en bio est passée de 2.6 à 9.3 % de la surface agricole utile du département. Hors surface agricole, la part de landes représente , soit près de 20 % du département. La part de surfaces boisées est importante avec soit 35 % du département. Le cheptel bovin compte . Viticulture. Le vignoble est très ancien et date d'avant la fondation de la Gaule narbonnaise. L'Hérault est aujourd'hui le deuxième département viticole français devant l'Aude et derrière la Gironde, représentant 14 % de la surface totale du département. Le département dispose à la fois d'un climat favorable, d'une excellente exposition, d'une grande diversité de sols et d'une vaste gamme de cépages : tous les atouts sont réunis pour produire des vins généreux, parfois robustes, avec une large palette aromatique. Les AOC : Saint-Chinian, Faugères, Minervois, Languedoc, Clairette du Languedoc, muscat de Frontignan, muscat de Lunel, muscat de Mireval, muscat de Saint-Jean-du-Minervois et Picpoul de Pinet. À ces appellations s'ajoutent aussi les vins de Pays d’Oc IGP produits à partir de cépages traditionnellement méditerranéens. Oléiculture. Les variétés. La culture de l’olivier a une forte valeur identitaire et culturelle. Plusieurs variétés (ou cultivars) sont cultivées dans l’Hérault comme variétés principales : Il faut y ajouter de nombreuses variétés secondaires d'origine locale ou importées. Parmi les variétés locales, il convient de citer : Conchyliculture. La conchyliculture représente dans l’Hérault d’huîtres (10 % de la production nationale) et de moules par an. Le bassin de Thau est un haut lieu de l'élevage des moules et des huîtres en Méditerranée. L’élevage des huîtres de Bouzigues se pratique sur tables d’élevage en suspension et généralement en immersion permanente. Revenus et fiscalité. Le taux horaire moyen en 2010 est de . Il était de pour les ouvriers non qualifiés, de pour les ouvriers qualifiés, de pour les employés, de pour les professions intermédiaires et de pour les cadres. En 2010, le niveau de vie moyen d'un ménage du département est à , tandis que les revenus disponibles sont de . La moyenne nationale étant de pour le niveau de vie et de pour les revenus disponibles. Il y a un écart entre les communes rurales et urbaines. Le niveau de vie moyen dans une commune rurale est de contre pour une commune urbaine, les revenus moyens disponibles sont de pour une commune rurale tandis qu'ils sont de pour une commune urbaine. Cette différence se ressent avec un taux de pauvreté des communes urbaines qui est de 19 % contre 17 % pour une commune rurale. Le taux moyen d'intensité de pauvreté est à 21.4 %, le niveau de vie médian des personnes sous le seuil de pauvreté est de , soit l'un des plus bas de France. Les catégories de ménages les plus touchés sont les familles monoparentales avec un taux de pauvreté de 37.6 %, ce qui est supérieur à la moyenne nationale qui est de 31.5 % mais reste inférieur à la moyenne du Languedoc-Roussillon avec 39.9 %. Les catégories des moins de sont plus touchés par la pauvreté avec un taux de 28.9 %, supérieur à la moyenne nationale qui est de 20.5 % mais légèrement inférieur à la moyenne du Languedoc-Roussillon avec 29.1 %. Emplois. La part de la population active ayant un emploi est de 57 %. Le taux d'emploi chez les femmes est de 53.5 % tandis qu'il est de 61.1 % chez les hommes. La part du secteur des transports, commerces et services représentent 46.5 % des emplois, le secteur de l'administration publique, enseignement et santé représentent près de 35 % des emplois, l'industrie et la construction 15.5 %, l'agriculture (dont la pêche, sylviculture, vigne et arboriculture) un peu moins de 3 %. Chômage. Les données de statistiques de l'INSEE fournissent pour l'année 2015, un taux de chômage de 17.6 % dans la tranche d'âge des 15 à . Au deuxième trimestre 2018, les données semi-définitives fournis par l'INSEE indique une valeur de 12.6 %. Entreprises et commerces. Chambre de commerce et d'industrie de Béziers Saint-Pons, chambre de commerce et d'industrie de Montpellier et Chambre de commerce et d'industrie de Sète - Frontignan - Mèze. Grandes entreprises. Au , le département compte publiant un chiffre d'affaires annuel de plus de d'euros. Transports. Les principales infrastructures de transport du département sont : Tourisme. Les chiffres du tourisme. Le département de l’Hérault est le premier département touristique de la région Languedoc-Roussillon et se classe au des départements français en nombre de nuitées touristiques, avec de nuitées annuelles. On estime le chiffre d’affaires du tourisme à d’euros et à le nombre d’emplois touristiques, dont salariés directs, soit 6.8 % des emplois salariés du département. L'activité touristique connaît logiquement des fluctuations saisonnières : 59 % de la fréquentation annuelle se fait pendant l’été, 21 % au printemps, 12 % en automne et 8 % en hiver. 80 % de la clientèle touristique provient de France tandis que 20 % est étrangère (majoritairement d’Europe du Nord, d’Espagne et d’Italie). Pour accueillir les nombreux touristes qui choisissent l’Hérault comme destination de vacances, le département offre en hébergements marchands classés et/ou labellisés et compte secondaires, dont 10 % appartiennent à des résidents étrangers. Les sites, musées et monuments touristiques accueillent chaque année plus de de visiteurs. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 20.4 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de l'Hérault dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Démographie. Sa population a fortement augmenté, passant de en 1954 à en 1999, et elle a dépassé les en . La projection moyenne du nombre d'habitants en 2030 est de . Culture et patrimoine. Langue. La langue historique est l'occitan (dialecte languedocien). Sport. Il se pratique dans l'Hérault plusieurs sports assez spécifiques : le tambourin (85 % de joueurs français), la joute nautique (principalement à Sète) ainsi que la course libre (ou course camarguaise). Par ailleurs, l'été, lors des fêtes votives des villages, s'est développée la pratique du toro-piscine ou taureau-piscine. Fêtes. Animaux totémiques et fêtes locales. À Pézenas et Cournonterral. Les animaux totémiques de l'Hérault sont typiques. Lors de manifestations culturelles ou de fêtes votive locales, beaucoup de villes ou villages font défiler dans les rues un animal totémique représentant leur commune. Souvent le son des instruments traditionnels du hautbois languedocien ou du fifre accompagnent ces défilés. Le Poulain de Pézenas et la fête des pailhasses à Cournonterral font partie de ces animations. Le Poulain de Pézenas a été déclaré parmi le patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco, celui-ci faisant partie des Géants et dragons processionnels de Belgique et de France. À Bessan. Fête de L'âne (début août). À Lamalou-les-Bains. Festival lyrique. À Lodève. Résurgence, festival des arts vivants (arts de la rue, contes et musiques), prend la suite en 2015 des Voix de la Méditerranée (1997-2014) ( de juillet). À Marseillan. Le jeu du capelet. À Mèze. Fête au mois d'août avec sortie du Bœuf et du Chevalet. À Saint-Jean-de-Védas. Festin de Pierres (fin septembre). À Sérignan. Festival de Bande Dessinée ou Festival BD. Politique et administration. Politique locale. Conformément aux distinctions classiques entre la notion de décentralisation et de déconcentration en droit français, le département de l'Hérault est à la fois une circonscription déconcentrée de l’État, mais aussi une collectivité territoriale. Les deux entités étant bien distinctes. La préfecture de l'Hérault est Montpellier ; ses sous-préfectures sont Béziers et Lodève. De 1945 à 1979, le conseil général (rebaptisé « conseil départemental » depuis) a été présidé par Jean Bène (PS). Par la suite, la majorité de gauche du conseil général a longtemps été dirigée par Gérard Saumade (1979-1998), puis André Vezinhet (1998-2015) et Kléber Mesquida (depuis 2015) lui ont succédé. Droits des femmes et de l'égalité. La politique publique s'organise à trois niveaux : Enseignement. Lycées. Les deux lycées d'État dont l'enseignement remonte au Moyen Âge sont : le lycée Joffre à Montpellier et le lycée Henri-IV à Béziers. Enseignement supérieur. L'Université de Montpellier étant la seule institution universitaire du département. Elle a pour composante : Il y'a également deux écoles d'ingénieurs à Montpellier : Polytech'Montpellier et l'École nationale supérieure de chimie de Montpellier (ENSCM), ainsi qu'une école de commerce, la Montpellier Business School. |
Haute-Loire La Haute-Loire () est un département français situé en région Auvergne-Rhône-Alpes, dans le sud-est du Massif central. Ses habitants sont appelés les "Altiligériens" (ou "Hauts-Ligériens"). L'Insee et la Poste attribuent au département le . Sa préfecture est Le Puy-en-Velay. Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir du Velay et du Brivadois (Auvergne) ainsi que des cantons de Saugues (Gévaudan) et de Bas-en-Basset (Forez). Le Velay, qui constitue les deux tiers du département, faisait partie de la province du Languedoc mais l’éloignement géographique avec Toulouse lui avait permis de jouir d'une grande autonomie. Le , la région Auvergne, à laquelle appartenait le département, a fusionné avec la région Rhône-Alpes pour constituer la nouvelle région administrative Auvergne-Rhône-Alpes. Le département n'a pas subi modification territoriale depuis la date de sa création, mais il a fallu que l'Assemblée Nationale confirme le 8 juin 1792 l'appartenance exclusive au département des communes de Riotord et de Saint-Ferréol-d'Auroure : en 1790, ces deux communes figuraient à la fois dans la liste des communes de la Haute-Loire et du département de Rhône-et-Loire (qui a été scindé en 1793 pour former les départements de la Loire et du Rhône). . En occitan, le nom du département peut se dire "Leger-Naut" (au masculin et sans article) ; dans l'est du Velay, on dit "Leir-Naut" ou "Leir-Nalt." On trouve aussi la forme francisée "Nalta-Lèira" ou "Nauta-Lèira." Héraldique. Ce blason a été proposé en 1950 par l'héraldiste Robert Louis. Il reprend les armes de l'ancienne province du Velay. Il n'a pas de caractère officiel contrairement au logo du Conseil départemental. Géographie. Généralités. La Haute-Loire est limitrophe des départements de la Loire, de l'Ardèche, de la Lozère, du Cantal et du Puy-de-Dôme. Le département porte une dénomination qui indique sa situation en amont de la Loire qui l'arrose du sud au nord. Il est également traversé par l'Allier. Relief. La Haute-Loire est intégralement située dans la partie centre-est du Massif central. Si elle n'en est pas le département le plus élevé (elle culmine à d'altitude, au sommet nord du mont Mézenc), son altitude moyenne demeure forte. Les deux-tiers de la Haute-Loire dépassent d'altitude et son point le plus bas est situé à au-dessus du niveau de la mer (en France, seules les Hautes-Alpes possèdent une altitude minimale plus élevée). De façon générale, le relief de la Haute-Loire est délimité par la vallée de l'Allier, qui coule à l'ouest du département en direction du nord-ouest. À l'ouest de l'Allier s'étend la Margeride ; à l'est se trouve la région du Velay. Celle-ci est traversée par plusieurs vallées, dont celles de la Loire et du Lignon du Velay. De plus, certains secteurs du département ont des noms précis en rapport à leur mont : le massif du Mézenc et le Meygal. Géomorphologie. La composition géologique de la Haute-Loire est variée : les terrains primaires cristallins dominent sur les trois quarts du département. Pour le reste on trouve des paysages volcaniques tertiaires ou quaternaires et des zones sédimentaires tertiaires. Trois types de paysages se trouvent ainsi en Haute-Loire : les hautes terres cristallines sur la moitié nord du département, des massifs volcaniques et deux zones en dépression. Appartiennent aux hautes terres cristallines les plateaux de la Chaise-Dieu, de Craponne, du Velay et de la Margeride. Les massifs volcaniques sont ceux du massif Meygal-Mézenc, du massif de Devès (ou Velay basaltique). Les deux zones de dépression sont celles de la Loire et de l'Allier. Hydrographie. La Haute-Loire est parcourue par plus de 700 cours d'eau, répartis entre les bassins de l'Allier et de la Loire. Le bassin de l'Allier recouvre la partie occidentale du département. Le bassin de la Loire concerne ses deux tiers orientaux. Climat. Son climat est de tendance atlantique, avec une continentalité accentuée par les montagnes qui l'entourent. Une légère influence méditerranéenne se fait ressentir au niveau des précipitations vers le sud, sud-est du département. Le froid montagnard domine les plateaux, alors que certains villages de la vallée de l'Allier, tels Chilhac, présentent des micro-climats remarquables. Le climat orageux est parfois présent, surtout en été et sur les plateaux. La température est assez froide l'hiver avec gel et neige. Au cours du vingti̠ème siècle les chutes de neige sont particulièrement importantes en 1903, le Puy est alors très isolé, 1938, 1956, 1957, 1971. Transports et communication. Le réseau est celui du TER Auvergne-Rhône-Alpes. La principale gare du département est la gare du Puy-en-Velay. Administration et politique. Préfecture, sous-préfectures, arrondissements. La préfecture de la Haute-Loire est Le Puy-en-Velay, commune la plus peuplée du département ( en 2010) et centre de la principale agglomération. Le département possède également deux sous-préfectures : Brioude ( en 2010) et Yssingeaux ( en 2010). Aussi, la Haute-Loire compte trois arrondissements : Brioude, Le Puy-en-Velay et Yssingeaux. Ce dernier, supprimé lors de la réforme de 1926, fut rétabli par une loi du . Par ailleurs, son chef-lieu sous la Révolution était Monistrol-en-Velay (aujourd'hui Monistrol-sur-Loire, ville la plus peuplée de l'arrondissement). Cantons et communes. La Haute-Loire est également subdivisée en 19 cantons et 257 communes. Ces dernières sont regroupées en communautés de communes ou au sein de la communauté d'agglomération du Puy-en-Velay. Politique. La Haute-Loire dispose de deux députés à l'Assemblée nationale. Pour la législature 2017-2022, il s'agit de Isabelle Valentin (LR) et Jean-Pierre Vigier, dit "Peter Vigier" (LR). La Haute-Loire est représentée au Sénat par deux sénateurs. Pour la période 2017-2023, il s'agit de Olivier Cigolotti (UC) et Laurent Duplomb (LR). Le conseil général devenu conseil départemental de la Haute-Loire compte 38 membres et il est présidé par Marie-Agnès Petit depuis 2021. Les vice-présidents sont : Population et société. Démographie. Les habitants de la Haute-Loire sont les "Altiligériens". La Haute-Loire a perdu le tiers de sa population au cours de la première moitié du , et celle-ci est restée plus ou moins constante (mais en très légère hausse) jusqu'aux années 1990. En 2007, la Haute-Loire restait le département français (sur 100) en nombre d'habitants et le au regard de la densité de population. Le département ne comprend que deux aires urbaines. La première, centrée sur Le Puy-en-Velay, regroupe 28 communes et un peu plus de . La deuxième est l'extension en Haute-Loire de l'aire urbaine de Saint-Étienne ; elle concerne 8 communes du nord-est du département, et . Trois communes, Saint-Just-Malmont, Saint-Didier-en-Velay et La Séauve-sur-Semène sont polarisées entre ces deux aires urbaines. Les 212 autres communes de la Haute-Loire (environ , soit 60 % du département) sont toutes à dominante rurale. Parmi celles-ci, Aurec-sur-Loire, Bas-en-Basset, Brioude, Langeac, Monistrol-sur-Loire, Sainte-Sigolène et Yssingeaux dépassent les . Éducation et enseignement. Le département fait partie de l'académie de Clermont-Ferrand, et accueille divers établissements, listés sur le site académique. En 2019 il existe 186 écoles publiques et 59 écoles privées sous contrat dont une école non confessionnelle et 3 écoles privées hors contrat ; 22 collèges publics et 18 collèges privés ; 7 lycées publics dont 3 lycées d'enseignement général et technologique, 2 lycées polyvalents disposant d'une section d'enseignement professionnel et 2 lycées professionnels) ; 8 lycées privés dont 4 lycées d'enseignement général et technologique), 2 lycées polyvalents disposant d'une section d'enseignement professionnel et 2 lycées professionnels. L'IUT du Puy-en-Velay est un site de l'Université Clermont-Auvergne et propose, dans des trois départements, des cursus conduisant au Diplôme Universitaire de Technologie en Informatique Graphique, Multimédia et Chimie. Il existe une licence informatique Systèmes Informatiques et Logiciels, formation par alternance, une licence professionnelle Métiers du Numérique et une Licence Professionnelle Qualité-Sécurité-Environnement, sur le site du Puy-en-Velay. Environnement. Réserve naturelle régionale (RNR). Le département possède une réserve naturelle régionale (RNR) : la réserve naturelle régionale du Cratère du Mont-Bar. Réseau Natura 2000. Divers sites sont classés Réseau Natura 2000. Économie. La Haute-Loire est un département tourné essentiellement vers l'agriculture dans sa partie occidentale, et davantage vers l'industrie dans sa partie orientale. Agriculture. L'agriculture, qui représentait 40 % de la population active en 1968, ne concerne plus que 7 % des actifs au début du . Mais elle marque le paysage. L'agriculture met en valeur soit près de 50 % de la surface du département. Il y avait, en 2010, exploitations en Haute-Loire ; elles étaient en 1970, en 1979, en 1988, en 2000. avec une superficie moyenne de (contre 62 ha au niveau régional). Les exploitations altiligériennes sont majoritairement orientées vers la polyculture-élevage. La production de lait de vache est la plus importante du département avec un effectif de pour une production de de litres (2015). La production de viande bovine est constituée pour près des deux tiers de sa valeur par les « gros bovins » et un tiers par les « veaux de boucherie » (le cheptel allaitant () se substitue progressivement au cheptel laitier). Le territoire de la Haute-Loire est composé d'environ 40 % de forêts ( hectares), ce qui permet une industrie du bois active (papeteries, scieries, etc.). La culture de céréales (près de , dont 40 % de blé tendre) constitue la deuxième activité agricole de la Haute-Loire, ainsi que la culture de la lentille, spécialité du département. En 1996, la lentille verte du Puy fut la première appellation d'origine de légume à bénéficier d'une protection grâce à une AOC. Grandes entreprises. Au , le département compte entreprises publiant un chiffre d'affaires annuel de plus de d'euros. Patrimoine. Les maisons d’assemblées ou maisons des « béates » participent au patrimoine singulier de la Haute-Loire. Culture. Langue. D'après Abel Hugo, en 1835, le langage pouvait varier de canton à canton et même de village à village. L'idiome en usage dans les villes et parmi les classes aisées était la langue française, bien que tout le monde connût le patois local. L'auteur relève quelques locutions locales, que l'habitude de ce patois a fait mêler à la langue nationale : "éclairer la chandelle", pour allumer ; "faire feu à quelqu'un", pour éclairer quelqu'un ; "soigner" (quelqu'un), pour surveiller ; "clocher", pour sonner ; "tomber quelque chose", pour laisser tomber ; "je suis bien de croire", pour je dois être cru ; etc. Festivals actuels. Les principaux festivals du département sont : Le Puy-en-Velay organise aussi divers autres festivals. Personnalités liées au département. Quelques personnalités : Autres personnalités liées : Voir aussi. Le Velay. Le département est couvert pour les deux tiers par la région naturelle du Velay (comprenant les arrondissements du Puy-en-Velay et d'Yssingeaux), on peut donc en partie se référer à sa bibliographie : |
Haute-Marne La Haute-Marne () est un département formant la partie méridionale de la région Grand Est. L'Insee et La Poste lui attribuent le . La ville la plus peuplée de la Haute-Marne est Saint-Dizier. Sa préfecture est Chaumont. Géographie et milieu naturel. Le département tire son nom de la Marne, rivière qui prend sa source près de Langres. Cette rivière le parcourt sur plus de 120 kilomètres. Il est situé dans l’est du Bassin parisien et est caractérisé par une suite concentrique de cuestas. L'extrême sud du département correspond au centre du Seuil morvano-vosgien : plateau de Langres, où se trouve le point culminant de la Haute-Marne (le Haut de Baissey – ), Barrois champenois et Apance-Amance. L'orographie s'abaisse au nord vers les plaines du Perthois et du Pays du Der, où se situent ses points les plus bas (Puellemontier – ). Les sont appelés Haut-Marnais. On retrouve la trace dans certains ouvrages du gentilé Alto-Marnais, qui semble aujourd'hui désuet. Histoire du territoire du département de la Haute-Marne. Au , la région Champagne-Ardenne, à laquelle appartenait le département, fusionne avec les régions région Alsace et Lorraine pour devenir la nouvelle région administrative Grand Est. Habitat-humain. Patrimoine-bâti remarquable. Villes et villages remarquables : Arc-en-Barrois - Bourbonne-les-Bains - Bourmont - Châteauvillain - Chaumont - Colombey-les-Deux-Églises et son nouveau mémorial Charles-de-Gaulle inauguré en par le Président de la République et la Chancelière allemande - Voisey - Condes - Joinville - Langres - Rosoy-sur-Amance - Saint-Dizier - Vignory - Wassy. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 7,5 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de la Haute-Marne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : Ressources économiques. L'économie de la Haute-Marne est marquée par plusieurs caractéristiques essentielles. La première est l'importance des massifs forestiers du département, l'un des plus boisés de France, qui trouve illustration dans l'existence d'une activité importante de travail du bois, et constitue, pour un certain nombre de communes rurales un élément important de ressources. Comme précisé dans l'article sur la géographie locale, près de 40 % du territoire départemental est couvert de bois et de forêts. Sur les hectares (environ) occupés par les boisements, 40 % appartiennent aux collectivités territoriales, et un peu moins de 13 % sont du domaine de l'Office national des forêts. Cette situation fait de la Haute-Marne l'un des rares départements français où la propriété forestière est d'abord publique avant d'être privée. La seconde caractéristique essentielle de l'activité économique du département est l'activité agricole, notamment dans le domaine de l'élevage, ceci conduisant notamment le département à disposer d'une industrie agroalimentaire relativement développée. Saint-Dizier abrite ainsi les usines de la marque Miko, tandis que deux groupes laitiers importants (Entremont et Bongrain) ont une unité de transformation importante dans le département, fabriquant à la fois des fromages de marque et des fromages destinés à être commercialisés sous marques de distributeur. Ensuite, le vin qui a été jadis une production notable du département est en train de retrouver son lustre. Le champagne, produit actuellement (2010) sur 80 ha, va s'étendre sur 200 ou 300 autres hectares, dans les années à venir. En outre, les agriculteurs de deux terroirs produisant du vin tranquille prospèrent dans le sud du département : coteaux-de-coiffy et Domaine montsaugeonnais. L'industrie haut marnaise est d'abord liée à la métallurgie, et notamment au secteur de la fonderie, le département étant l'un des plus pourvus en emplois sur ce secteur. C'est ainsi que les fonderies haut-marnaises ont, dans le passé, fabriqué les fameuses entrées Guimard du métro de Paris, et tous les produits de fonte que l'on puisse rencontrer, notamment dans le mobilier urbain. Cette industrie connaît cependant de longue date une réduction de ses effectifs, du fait des stratégies des groupes auxquels les entreprises locales sont rattachées. La Haute-Marne a également une industrie du matériel agricole, qui a connu ces dernières années une réduction sensible de ses effectifs, à la suite du rachat de McCormick France par des investisseurs étrangers. Les activités industrielles comprennent également historiquement la coutellerie (dans le secteur de Nogent), la production de pièces en plastique (notamment dans le secteur de l'optique) mais l'ensemble des secteurs industriels du département ont, depuis trente ans, été affectés par les réductions d'effectifs et les fermetures d'entreprises, notamment dans le textile qui a quasiment disparu de la carte économique du département. Depuis 2000, le département a ainsi perdu plus de industriels et le plan social prévu chez "Miko" en ce début 2008 va sans doute encore dégrader la situation. Au total, le département a perdu, dans l'ensemble des activités, plus de , les créations d'emplois dans le champ des services ne compensant pas l'évolution générale à la baisse des effectifs salariés. Le département souffre par ailleurs d'un certain enclavement. Bien que traversé par deux autoroutes (A5 et A31), les principaux axes routiers (comme celui entre Saint-Dizier et Chaumont, une nationale dévolue au département) n'ont souvent pas le gabarit requis. Au niveau ferroviaire, le département n'est ainsi pas desservi par une ligne de train à grande vitesse. Les activités commerciales et de services, présentes comme partout en France, constituent les principaux pourvoyeurs d'emploi dans le département, sans toutefois permettre d'éviter une forme d'exode rural, qui affecte singulièrement les cantons les plus dépeuplés du département, ou le déclin démographique de certaines villes, l'exemple le plus net étant fourni par Saint-Dizier, qui a perdu plus de 10 000 habitants en trente ans. Au demeurant, l'analyse des données en matière d'emplois et d'établissements dans le secteur du commerce et des services présente des caractéristiques fréquemment rencontrées, ailleurs en France. Les emplois du secteur du commerce sont en contraction globale sur le département, et les commerces de proximité continuent de se raréfier, supplantés notamment par les grandes surfaces implantées dans les villes les plus importantes. Dans le secteur des services, le vieillissement de la population entraîne une demande nouvelle sur l'aide à domicile comme sur l'accueil des personnes âgées qui constituent les principaux vecteurs de création d'emplois en ce domaine. Pour les autres segments du secteur des services, la tendance est à la stabilisation des effectifs, sinon leur contraction. La quasi absence d'offre de formation supérieure dans le département et le fait que la plupart des jeunes entrent précocement dans la vie active ne risquent pas, à moyen terme, d'inverser la tendance. Pour développer le commerce local, la CCI de Haute-Marne développe de nombreuses actions comme en 2009 avec la mise en place d'un « portail e-commerçants » pour permettrede générer une activité plus forte sur le web et en magasin. Avec cette nouvelle plateforme, les professionnels du commerce du département peuvent ainsi tirer profit des avantages de ce média et développer leur activité sur une structure dynamique et efficace. Patrimoines artistique, artisanal, industriel et gastronomique. Patrimoines artistique, artisanal et industriel. Le Sud de la Haute-Marne est réputé pour la vannerie à l'ancienne. Se trouvent en effet à Bussières-les-Belmont et Fayl-Billot les 20 derniers vanniers de la Haute-Marne. L’osier qui y est cultivé est toujours travaillé manuellement, il donne naissance à des objets traditionnels (paniers, présentoirs, hottes, huches à pain…), mais également à des œuvres d’art. L’art de la coutellerie est vivant en Haute-Marne depuis le , notamment dans le bassin de Nogent. Le pays comptait plus de -paysans couteliers. Le musée de la Coutellerie de Nogent valorise les fabrications du à nos jours. Grâce à ses richesses naturelles : l’eau, le bois, le minerai de fer, mais aussi le sable, la Haute-Marne a vu son territoire se couvrir d’établissements métallurgiques. C’est un maître de forges de la vallée de la Blaise qui sera retenu en 1681 pour fournir au château de Versailles des plaques de cheminées (400) et des tuyaux d’amenée d’eau. Vers 1830, afin de se diversifier, la Haute-Marne s’engage dans de la fonte d’art. Parmi les réalisations les plus connues figurent les fontaines Wallace qui ornent les petites places de Paris, les statues majestueuses qui trônent dans les principales villes du département, les ferronneries « Art nouveau » d'Hector Guimard qui décorent les entrées des bouches du métro de Paris et les lampadaires des Champs-Élysées. Label et Jeux olympiques. Le département est labélisé Terre de Jeux 2024, le label de Paris 2024 à destination des collectivités, et accueillera sur son territoire le Relais de la flamme. |
Hautes-Pyrénées Les Hautes-Pyrénées (, ) sont un département français de la région Occitanie. Sa préfecture est la ville de Tarbes. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 65. Les habitants des Hautes-Pyrénées sont les "Haut-Pyrénéens" ou les "Bigourdans —" le département correspondant à peu près à l'ancien comté de Bigorre. Géographie. Le département des Hautes-Pyrénées fait partie de la région Occitanie. Il est limitrophe des départements des Pyrénées-Atlantiques (Nouvelle-Aquitaine), du Gers, de la Haute-Garonne, et de la province de Huesca de la communauté autonome d'Aragon (Espagne). Trois régions naturelles bien distinctes composent le paysage haut-pyrénéen : la montagne et ses vallées, les coteaux et les plaines. La montagne, c’est-à-dire les Pyrénées, recouvre, au sud, la moitié du territoire du département. Elle forme une barrière naturelle entre la France et l’Espagne, ne permettant qu’un seul accès routier vers l’Aragon par le tunnel Aragnouet-Bielsa. dépassent et le pic du Vignemale, à , en est le point culminant. Deux zones géologiques distinctes caractérisent cette région de montagnes : Moins élevées mais plus massives que les reliefs alpins, elles isolent de nombreuses vallées encaissées et « cul-de-sac » naturels, véritables microcosmes conservés par ces murailles de pierre. L’altitude des Pyrénées s’estompe progressivement en remontant vers le nord, et les montagnes cèdent la place au piémont, limité à l’est par le vaste plateau de Lannemezan (à environ), véritable château d’eau du département où naissent de nombreuses rivières des bassins de la Garonne et de l’Adour (Gers, Baïse, Save, Gimone, Midou, Douze). Ce plateau morainique formé au Quaternaire par la débâcle des glaciers est sujet à un climat relativement rude. Plus à l’ouest et au nord, le piémont laisse filtrer des vallées plus larges qui attirent la majorité de la population du département. C’est là un pays vallonné, au climat plus clément. À l’ouest, le bassin du gave de Pau ou Lavedan forme une large vallée de Lourdes à Argelès-Gazost. Au centre, on trouve la vallée de Campan dominée par le pic du Midi de Bigorre, le col du Tourmalet, les massifs du Néouvielle et de l’Arbizon. À l’est, la vallée de la Neste se déroule jusqu’à Arreau où se rejoignent les vallées d'Aure et du Louron. Les vallées sont reliées entre elles par des cols d’altitude parfois élevée tel le Soulor, le Tourmalet, l’Aspin ou encore le Peyresourde. Le département possède deux petites enclaves dans le département voisin des Pyrénées-Atlantiques, à l'ouest du ruisseau de Carbouère. La première enclave est constituée des communes de Villenave-près-Béarn, Escaunets et Séron ; la seconde, au sud de la première et séparée de celle-ci par la commune de Saubole, est constituée des communes de Gardères et Luquet. Ces enclaves sont une survivance du Moyen Âge : en effet, à la fin du , Gaston IV le Croisé, vicomte de Béarn, épouse Talèse d’Aragon, vicomtesse du Montaner, petit territoire située entre Béarn et Bigorre ; le Montaner reste au Béarn mais Talèse garde pour elle cinq paroisses qui constituent toujours les deux enclaves dans les Pyrénées-Atlantiques. Climat. Il est radicalement divisé en deux : au nord les plaines et bas plateaux, doux et peu ventés, au sud les montagnes, rigoureuses et longtemps enneigées (à l'exception des basses vallées). Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d’une partie de la province de Gascogne, la Bigorre et le Pays des Quatre-Vallées (Aure, Barousse, Nestes et le Magnoac). Le conventionnel Tarbais Bertrand Barère s’est particulièrement battu en ce sens : « Si ce pays, la Bigorre, est trop petit pour former un département, il convient de l’agrandir. Mais il serait très inique de n’en faire que des districts dépendant d’une ville étrangère ; ce serait un meurtre politique que de faire de Tarbes le misérable chef-lieu d’un district. » Il est alors baptisé « Hautes-Pyrénées ». Au la région Midi-Pyrénées, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Languedoc-Roussillon pour devenir la nouvelle région administrative Occitanie. Économie. Agriculture. Les Hautes-Pyrénées, territoire de culture du maïs et d'élevage, sont largement tournées vers la production alimentaire. Elles comptent de nombreuses productions fameuses tel l’oignon de Trébons, le haricot tarbais, et le porc noir de Bigorre, les vins de Bigorre, Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, le gâteau à la broche, la tourte de Bagnères-de-Bigorre, les fromages de brebis et de chèvre (dont anneau du Vic-Bilh), etc. Jusque dans les années 1850, on y élevait un cheval d'armes : le cheval navarrin. Pour ses croisements, le haras national de Tarbes est le berceau de race de l'anglo-arabe, cheval de course ou de sport. Industrie. L’activité industrielle se concentre dans la plaine de Tarbes, autour de Lourdes, Lannemezan et Bagnères-de-Bigorre. L'agglomération tarbaise et Bagnères-de-Bigorre s'illustrent dans le secteur ferroviaire, Alstom Transport possédant un site à Séméac. Aux abords d'Ossun et de l'aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, se déploie la zone d'activité Pyrène Aéro Pôle. Tarmac Aerosave, remarquable par la taille de son entrepôt, démantèle des avions. De nombreuses autres sociétés sont représentées telle que Daher qui fabrique des avions d'affaires et de tourisme. Lannemezan s'est tournée vers l'industrie chimique avec Arkema ou Knauf. Bazet comporte un pôle céramique avec la société des céramiques techniques (SCT), Boostec, Pall Exekia ou encore Cerafast. Enfin, SEB possède un site à Lourdes. Cette activité industrielle est renforcée par la présence du pôle universitaire tarbais (6 000 étudiants), offrant à la région des techniciens, ingénieurs et chercheurs dans les domaines de l'aéronautique, du génie mécanique, du génie industriel, de la production, des matériaux, de l'énergétique, de l'électronique, de l'automatique, etc. Parmi les établissements offrant cette main-d'œuvre, on peut citer : l'école nationale d'ingénieurs de Tarbes (ENIT), l'institut universitaire de technologie de Tarbes de l'université Toulouse-III-Paul-Sabatier, ainsi que les laboratoires de recherche comme le laboratoire génie de production de l'ENIT, l'antenne tarbaise de l'institut Clément Ader (CNRS) ou l'observatoire Midi-Pyrénées. Tourisme. Le tourisme est la première activité économique dans les Hautes-Pyrénées et revêt donc une importance toute particulière. Pèlerinage. Contrairement à une erreur répandue, la ville de Lourdes, centre mondial de pèlerinages mariaux, ne se trouve pas en Béarn (Pyrénées-Atlantiques), mais en Bigorre (Hautes-Pyrénées). Centre mondial de pèlerinages mariaux, Lourdes est la ville hôtelière de France accueillant plus de 5 millions de visiteurs par an dont environ 60 000 malades et invalides, ainsi que le lieu de pèlerinage européen en termes de fréquentation. Pyrénéeisme. La chaîne des Pyrénées constitue un atout touristique naturel. Elle suscite l'émotion esthétique, favorise la pratique physique et constitue une expérience culturelle. La protection et conservation de ces espaces, de leur faune et leur flore est assurée dans le cadre du Parc national des Pyrénées. De nombreux lieux y sont fameux tels le cirque glaciaire de Gavarnie, classé au patrimoine mondial de l'humanité, le pont d'Espagne ou l'observatoire du Pic du Midi de Bigorre, tous deux grands sites de Midi-Pyrénées. La réputation de sites tels la « petite Amazonie des Pyrénées », la grotte préhistorique de Gargas ou encore la réserve naturelle nationale du Néouvielle sont encore là source de tourisme. Initialement connu pour sa colline aux marmottes, le parc animalier des Pyrénées, abrite, à Argelès-Gazost, de nombreuses espèces animales d'inspiration locale dont des ours, des loups, des isards, etc. Le château de Beaucens rassemble une importante collection de rapaces et les met en scène dans le donjon des aigles. Dans les Hautes-Pyrénées, on pratique hiver comme été la randonnée, les sports d'hiver, le cyclisme et le thermalisme, etc. Les stations de ski sont nombreuses et on peut citer celles de Cauterets, de Gavarnie-Gèdre, de Saint-Lary-Soulan, du Tourmalet, de Luz-Ardiden, de Piau-Engaly, du Hautacam, de La Mongie, Peyragudes, du Val-Louron, etc. Nistos, Payolle et Val d'Azun sont, elles, des stations vouées à la pratique du ski de fond. L’activité thermale, à Luz-Saint-Sauveur, Bagnères-de-Bigorre, Barèges, Capvern-les-Bains, ou encore Cauterets, etc., s'accompagne de la pratique du jeu dans les casinos. Transports. Les principaux axes de transport du département (l'autoroute A64 et la ligne de Toulouse à Bayonne) suivent une orientation est-ouest le long du piémont pyrénéen. Démographie. La population des Hautes-Pyrénées connait depuis 1999 un renouveau démographique après une quinzaine d'années de baisse continue ; uniquement dû au solde migratoire, le département reste cependant le moins dynamique de la région puisque c'est en effet celui qui voit sa population le moins rapidement augmenter; ce nouveau dynamisme observé au début des années 2000 semble se ralentir aujourd'hui avec une progression très limitée de 50 habitants par an entre 2007 et 2012, essentiellement grâce à l'augmentation de population dans les communes péri-urbaines et rurales du département contrairement aux principales communes qui voient toujours leur population diminuer. Les habitants des Hautes-Pyrénées sont les Haut-Pyrénéens. Principales unités et aires urbaines. L'aire urbaine du chef-lieu Tarbes qui regroupe est le principal bassin de vie du département. La ville mariale, Lourdes, est la seconde plus grande ville du département avec une unité urbaine de quelque . Viennent ensuite les communes d'Aureilhan, Bagnères-de-Bigorre, Lannemezan ou encore Vic-en-Bigorre. Unités urbaines. Selon l'INSEE, les Hautes-Pyrénées comptaient en 2010 10 unités urbaines, dont quatre composées d'une commune isolée, cinq formant de petites agglomérations composées de quatre à treize communes et l'unité urbaine de Tarbes, la agglomération français. Deux communes de moins de , Lamarque-Pontacq et Mazères-de-Neste, appartiennent par ailleurs à des unités urbaines centrées sur d'autres département, respectivement celles de Pontacq (Pyrénées-Atlantiques) et de Montréjeau (Haute-Garonne). Aires urbaines. Selon l'INSEE, les Hautes-Pyrénées comptent en 2010 sept aires urbaines. Deux communes appartiennent aux aires urbaines de Pau (1) et Montréjeau (1). Culture. Principaux établissements culturels. Tarbes, chef-lieu de département, centralise les principaux établissements culturels. Le musée Massey renferme plusieurs types de collection. Il abrite ainsi le musée des beaux-arts mais encore le musée international des Hussards. La salle d'exposition du Carmel lui est complémentaire. Aux lieux d'exposition, s'ajoutent les différentes scènes de la ville dont celle de La Gespe consacrée aux musiques actuelles. Le Parvis, scène du spectacle vivant, est encore un lieu destiné à la créativité contemporaine. Le principal théâtre tarbais reste celui des Nouveautés mais le Parvis, établissement culturel pluridisciplinaire alliant musique, danse et cinéma situé en périphérie au cœur du centre commercial Le Méridien, voit lui aussi se jouer en son sein de nombreuses pièces. Enfin, certains grands spectacles (concerts, théâtre) sont donnés au parc des expositions Tarbes Expo Pyrénées Congrès. Le Parvis est également à l'origine d'un réseau local de cinémas de proximité alimentant les salles d'Argelès-Gazost, d'Arrens-Marsous, de Bagnères-de-Bigorre, de Barèges, de Capvern-les-Bains, de Cauterets, de Cizos, de Gourette, de Laruns, de Loudenvielle, de Lourdes, de Luz-Saint-Sauveur, de Saint-Laurent-de-Neste et de Val-Louron. Aussi, tout comme Tarbes, Bagnères-de-Bigorre est dotée d'un musée des beaux-arts dit musée Salies. Principales manifestations culturelles. Plusieurs festivals ont lieu dans le département, essentiellement durant la saison estivale, parmi eux : Médias locaux. Presse écrite. Le groupe La Dépêche du Midi dispose d'une seconde édition locale : le quotidien "La Nouvelle République des Pyrénées". Le groupe Sogemedia édite l'hebdomadaire "La Semaine des Pyrénées". Une version de l'hebdomadaire "Le Petit Journal" est également disponible dans le département. Dans le Magnoac, il existe aussi, depuis plus de 35 ans, le mensuel "« Les Collines du Magnoac »". Radio. Les ondes FM comptent plusieurs radios locales : Pic FM, Atomic Fm, Ràdio País, Fréquence Luz, Radio Festival... Certaines radios nationales ont des studios dans le département telle que Fun Radio... |
Haut-Rhin Le Haut-Rhin (, en alsacien ' ou ') est un département français. C'est une circonscription administrative, territoire de compétence de services de l’État, dont la préfecture est située à Colmar. Le Haut-Rhin était également une collectivité territoriale, à savoir une personne morale de droit public différente de l'État, investie d'une mission d'intérêt général concernant le département, compris en tant que territoire. Le , cette collectivité a fusionné avec le Bas-Rhin pour former la collectivité européenne d'Alsace. Ses habitants sont appelés les "Haut-Rhinois". L'Insee et la Poste lui attribuent le . Le département est frontalier avec l'Allemagne et la Suisse. Sur le plan démographique et économique, le Haut-Rhin est dominé par l'agglomération mulhousienne : 40 % de la population haut-rhinoise vit dans l'aire urbaine de Mulhouse tandis que la zone d'emploi de Mulhouse couvre soit 57 % de la population du département. Le Haut-Rhin occupe la partie méridionale de l'Alsace. La majeure partie du département est située dans la plaine d'Alsace, sur toute la partie est, avec les régions naturelles du Ried dans le nord-est et la Hardt dans le sud-est. Dans l'ouest s'étendent les Hautes-Vosges, tandis que le Sundgau et le Jura alsacien se trouvent au sud. L'acte III de la décentralisation, qui comprend aussi une loi d'affirmation des métropoles, permet désormais à la plus grande intercommunalité haut-rhinoise, Mulhouse Alsace Agglomération, d'adopter le statut de communauté urbaine. Forte de , la métropole haut-rhinoise est la la plus peuplée du Grand Est, derrière l'Eurométropole de Strasbourg mais devant la métropole du Grand Nancy, Metz Métropole et la communauté urbaine du Grand Reims. Géographie. D'une superficie de , le département du Haut-Rhin fait partie de la région Grand Est. Il est limitrophe des départements du Bas-Rhin, des Vosges et du Territoire de Belfort. Il partage de frontières avec l'Allemagne à l'est (land du Bade-Wurtemberg), le long du Rhin, et avec la Suisse au sud (cantons du Jura, de Soleure, de Bâle-Campagne et de Bâle-Ville). Le point culminant du Haut-Rhin est le Grand Ballon, point culminant du massif des Vosges à d'altitude ; et le point le plus bas à , le long du Rhin. Le département est d'année en année de plus en plus fortement atteint par la sécheresse qui entraîne la perte de milliers d'arbres tous les ans. Elle a ainsi touché 40 % des terres alsaciennes en 2018, contre une normale décennale de 15 %. Climat. Le climat du Haut-Rhin est de type semi-continental ou montagnard, marqué par des hivers froids et secs et des étés chauds et orageux, du fait de la protection occidentale qu'offrent les Vosges. Cette protection, illustration de l'effet de fœhn, a notamment pour conséquence que la région de Colmar est l'une des plus sèches de France (faiblesse des précipitations). Le Sundgau est bien plus humide, situé face à la trouée de Belfort, n'étant pas protégé par les Vosges. Son climat est de ce fait plus proche de celui de la Franche-Comté (voir : climat du Territoire de Belfort). Le Massif des Vosges est généralement enneigé de décembre à début avril. Les grisailles et les brumes étant moins persistantes durant les mois d'hivers que dans le Bas-Rhin, ce département bénéficie d'un ensoleillement plus important, propice notamment au développement de son vignoble. Les sommets du département profite aussi d'un temps plus ensoleillé l'hiver que ceux du Bas-Rhin car d'altitude plus élevée. Les Hautes-Vosges dispose de stations de ski, comme le Grand Ballon, le Hohneck ou le Markstein. Voies de communication et transport. Les transports dans le Haut-Rhin sont principalement axés sur l'axe nord-sud de l'Alsace. Les axes majeurs sont principalement situés en plaine. Les principales voies de communications dans le Haut-Rhin : Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du et du décret du , à partir de la moitié sud de la province d'Alsace (Haute-Alsace). Ses limites furent modifiées plusieurs fois : Politique et administration. Politique. Tendances politiques. Le Haut-Rhin, au même titre que l'Alsace en général, est un bastion de la droite. Administration. Le Haut-Rhin, placé sous l'autorité du préfet du Haut-Rhin, siégeant à l'Hôtel de préfecture du Haut-Rhin à Colmar, est subdivisé en quatre arrondissements, chacun placé sous l'autorité d'un sous-préfet, siégeant au chef-lieu. Les arrondissements du Haut-Rhin, à savoir ceux d'Altkirch, de Colmar-Ribeauvillé, de Mulhouse et de Thann-Guebwiller, sont subdivisés en 17 cantons, eux-mêmes subdivisés en 366 communes. Ces dernières, ayant à leur tête un maire, sont, pour la plupart, regroupées dans des intercommunalités (intercommunalités du Haut-Rhin) et/ou dans des Pays LOADDT (Liste des pays d'Alsace), ayant à leur tête un président. La politique des communes est menée par des conseils municipaux, avec à leur tête un maire, et celle des intercommunalités par des conseils communautaires, avec à leur tête un président. Celle du département est menée par un Conseil départemental (conseil départemental du Haut-Rhin), constitué des 34 élus, par canton, au suffrage universel direct, avec, à leur tête, un président. Le département est représenté au conseil régional d'Alsace par les 18 conseillers régionaux du Haut-Rhin, élus au suffrage universel direct. Il est aussi représenté au Parlement par 4 sénateurs (sénateurs du Haut-Rhin) ainsi que par 6 députés (députés du Haut-Rhin), élus dans les 6 circonscriptions législatives du département (circonscriptions législatives du Haut-Rhin). Démographie. Les habitants du Haut-Rhin sont appelés les "Haut-Rhinois". Le plus grand bassin de population mais aussi d'activité commerciale et industrielle est l'aire urbaine de Mulhouse (composée de Mulhouse intra-muros, sa banlieue et sa couronne périurbaine), c'est la « capitale économique » de la Haute-Alsace, avec en ( dans l'aire urbaine, soit près de 40 % de la population haut-rhinoise). La ville de Colmar, en ( dans l'aire urbaine) étant la capitale administrative regroupant les services de la préfecture et du conseil départemental. Le triangle formé par Mulhouse, Guebwiller et Thann présente un pouvoir d'attraction marqué, avec le développement d'implantations commerciales observées surtout dans le nord de l'agglomération, entraînant, d'une part, des réflexes de choix guidés par l'avantage de la proximité de l'emploi et d'autre part, des zones de chalandises de plus en plus vastes, englobant désormais Rouffach traditionnellement tournée vers Colmar qui semble s'allier à Sélestat au sein d'une communauté Centre-Alsace. Tourisme. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du , 2,6 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes du département du Haut-Rhin dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : Culture. Langue. Au commencement du , l"annuaire du département du Haut-Rhin" mentionne que l'alsacien est encore l'idiome d'une partie considérable du département. Expliquant que ce dialecte se rapprocherait beaucoup de celui qui est en usage en Suisse. Concernant la partie vosgienne du département, c'est qui, à cette époque, y est encore parlé. Dans les campagnes du Mont-Terrible et de l'arrondissement de Belfort, on se servait d’un décrit à l'époque comme . Le français y était cependant, surtout dans les villes, le des habitants : car depuis la Révolution, l'usage de cette langue s'était davantage répandu dans le Haut-Rhin. Vers 1831, d'après Achille Pénot, l'étude de la langue française était presque nulle dans la majorité des écoles du département. Car les parents, voire les instituteurs, ne semblaient pas sentir suffisamment l'importance du français. Frontière linguistique. Vers 1868, d'après Georges Stoffel (Cf. bibliographie), la ligne séparant l'alémanique des parlers romans passait par : Réchésy, le Puix, Suarce, Lutran, Valdieu, Reppe, Bréchaumont, Bretten, la Chapelle-sous-Rougemont et suivait le sommet de la montagne qui sépare la vallée de Masevaux de celles de Rougemont et de Giromagny. |
Haute-Savoie La Haute-Savoie () est un département français faisant partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 74. Les habitants de la Haute-Savoie sont les Haut-Savoyards. Le département comprend le nord de la région historique de la Savoie. Géographie. La Haute-Savoie fait partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle est limitrophe des départements de l'Ain et de la Savoie, ainsi que des cantons de Genève, de Vaud et du Valais en Suisse et de la Vallée d'Aoste en Italie. Une partie de la frontière avec la Suisse est matérialisée par le Léman, ainsi, la frontière avec le canton de Vaud est uniquement lacustre. Sur son territoire, à la frontière franco-italienne, est située une partie du massif du mont Blanc, dont le sommet est le point culminant de l'Europe de l'Ouest avec ses . L'altitude moyenne du département est de , et sa superficie de . Son relief est déterminé par de grands éléments géographiques : D'importantes vallées forment des pénétrations profondes dans ce relief imposant, parmi lesquelles il faut signaler : Ses grandes richesses naturelles comprennent notamment : La Haute-Savoie accueille neuf réserves naturelles : Aiguilles rouges, Carlaveyron, Vallon de Bérard, Contamines-Montjoie, Passy, Sixt-Passy, Roc de Chère, Bout du lac d'Annecy, Delta de la Dranse. Climat. La Haute-Savoie connaît un climat subcontinental et pour l'essentiel du département, montagnard, froid et neigeux en hiver, doux et orageux en été. Les intersaisons (avril et octobre) sont en moyenne plus sèches, mais la pluviométrie est globalement l'une des plus élevées de France. Les perturbations d'origine océanique, après leur traversée de la vallée du Rhône, se réactivent au contact des reliefs alpins. La pluviométrie, de à /an dans le bassin d'Annecy, culmine à 1500 / sur les massifs occidentaux (Aravis-Faucigny-Chablais) qui protègent quelque peu le massif du Mont-Blanc (/an à Chamonix-Mont-Blanc). Dans ce massif, aux hautes altitudes, on trouve un microclimat glaciaire tout le long de la frontière avec l'Italie. Les importants dénivelés et les effets de versant donnent des températures très variées, qui ont pour point commun des amplitudes thermiques marquées (continentalité). Les rives du Léman sont cependant plus tempérées grâce à l'inertie thermique du lac. À Annecy, on relève des moyennes de + en janvier à + en juillet. Cette chaleur estivale permet localement la présence de vignes. L'enneigement, grâce au bon niveau pluviométrique et aux basses températures hivernales, est en moyenne et à une même altitude donnée, le meilleur de France (avec le Jura et les Vosges). En plein hiver, on trouve généralement la neige à partir de 500 à . Vers , elle persiste d'octobre-novembre à avril-mai. Au-dessus de à se forment des glaciers. Faune et flore. La végétation naturelle s'étage en fonction de l'altitude et de l'exposition : la prairie, la forêt puis les alpages, avant d'atteindre l'étage nival. La faune est celle des pays tempérés de montagne et un effort de reconstitution de la faune a été fait (chamois, bouquetins, grands rapaces) dans le cadre des réserves naturelles, lesquelles représentent une superficie de (parc naturel régional des Bauges) partagé avec la Savoie. Activité sismique. La Haute-Savoie est marquée par une activité sismique particulière et le département est classé en « zone de sismicité non négligeable » pouvant aller jusqu'à la destruction de bâtiments avec des séismes de magnitude 6 (voire 6,5 ou même 7). La raison de cette sismicité est à chercher dans les contraintes qui s'exercent sur les roches de la lithosphère, et qui sont liées à l'orogénèse alpine. sous l'effet de la poussée de l'Italie contre les Alpes. Plusieurs séismes ont été recensés dans la période moderne : Toponymie. Le toponyme "Haute-Savoie" est l'appellation accordée par l'empereur au département, à la suite de la réunion à la France en 1860 du duché de Savoie, berceau de la Maison de Savoie, appartenant au royaume de Sardaigne. Contrairement aux habitudes révolutionnaires de modifier les provinces de l'Ancien Régime en utilisant dans la nouvelle appellation la géographie des lieux, l'empereur concède le maintien du nom historique dans la création des deux départements, distinguant désormais celui de la Savoie avec Chambéry, au Sud, et de la Haute-Savoie avec Annecy, au Nord. Il semblerait que le choix du nom ait été inspiré par la délégation des quarante et un savoyards, menée par le comte Greyfié de Bellecombe, le . L'historien et spécialiste de la période, Paul Guichonnet, à propos du choix des noms du département, précise qu'une seule source existe : « Haute » dans Haute-Savoie n'est donc pas une indication d'altitude, mais la position septentrionale, au nord, de cet ensemble. Dans la littérature régionale ainsi que l'usage chez certains régionalistes dans les années 1970, on trouve également l'expression « Savoie du Nord » pour désigner la Haute-Savoie. Le nom "Savoie" provient de l'ancien territoire celte Sapaudie (en latin ), qui signifierait le « (pays des) sapins » ou le « (pays couvert de) sapins » (du gaulois "sapo" : "sapin"). Le nom aurait ensuite dérivé en "Sabaudia", Sabogla, Saboia, Savogia et enfin Savoie. Au , "Sabaudia" ou "Sabauda" désigne le domaine de la famille princière de Savoie. L'utilisation de Haute-Savoie est toutefois remise en question par les représentants des populations locales dès le lendemain de l'annexion. Parmi les arguments avancés, celui du nom même qui désignait une province, la Haute-Savoie, de 1816 à 1860, avec Conflans, puis Albertville pour capitale. Le Conseil général de la Haute-Savoie émet un vœu afin de modifier le nom, proposant en échange celui de Mont-Blanc, le plus haut sommet du pays et se trouvant sur son territoire. Le Conseil municipal d'Annecy agit de même. En 1862, les services préfectoraux consultent les représentants des communes sur un éventuel changement. Les avis sont partagés entre les deux options. En 1922, le sujet est à nouveau débattu. La préfecture refait le choix de consulter les représentants des communes. Cette fois-ci les avis sont un peu plus divergents. 281 délibérations communales parviennent aux services centraux et se répartissent ainsi : 148 font le choix du maintien de l'appellation, 101 optent pour « Mont-Blanc », 30 pour « Savoie-Mont-Blanc » et 2 pour « Léman ». Le département est parfois familièrement appelé la "Yaute" par certains de ses habitants. Histoire. Histoire départementale. Le territoire de l'actuel département de la Haute-Savoie a fait partie jusqu'en 1860 d'un État indépendant constitué et gouverné depuis le par la Maison de Savoie, les États de Savoie. Cette famille de grands féodaux a fondé sa puissance sur le contrôle des routes et des cols à travers les Alpes, son association particulièrement avec la maison de Bourgogne, avec la papauté, avec les empereurs germaniques et même avec le royaume de France à qui elle a donné plusieurs de ses fils et de ses filles. Trois territoires composent le département et ont été contrôlés peu à peu par les Savoie : le Genevois, issu de l'ancien comté de Genève ; le Faucigny le long de la vallée de l'Arve, une ancienne baronnie, et ses puissants seigneurs et le Chablais. Bloqué à l'ouest par la puissance des rois de France, les princes de Savoie ont fortifié leurs possessions dans la région autour du comté, puis du duché de Savoie, avant de déplacer leur centre d'intérêt vers le Piémont et toute l'Italie du Nord, pour obtenir un titre royal avec le royaume dit de Piémont-Sardaigne, élément prépondérant de l'unité italienne. Lors de la Révolution française, le territoire savoyard est uni à la France en 1792. Le duché de Savoie devient le département du Mont-Blanc et divisé en sept districts (Annecy, Carouge, Chambéry, Cluses, Moûtiers, Saint-Jean-de-Maurienne et Thonon). Avec l'annexion de Genève, la partie Nord (Nord du Genevois, Faucigny, Chablais) et la cité de Calvin forment le département du Léman (1798). La Maison de Savoie retrouve définitivement l'ensemble de ses possessions d'avant la période révolutionnaire en 1815. En 1816, une partie des communes du Genevois sont données avec le traité de Turin pour la création du canton de Genève. Une réorganisation du duché est mise en place en 1835-37, sous le règne de Charles-Albert de Sardaigne, notamment avec la création de deux divisions administratives, dont celle d'Annecy (Genevois, Nord du Faucigny, Chablais), prémices du futur découpage départemental. À la suite du traité de Turin et après un plébiscite en 1860, le duché de Savoie est annexé à la France. Le département de la Haute Savoie est constitué à partir des trois provinces du nord (Chablais, Faucigny et Genevois). C'est l'un des derniers grands territoires métropolitains ayant rejoint la France. Entre mai et , le traité de Turin est ratifié par les deux parties et le une cérémonie officielle et symbolique a lieu à Chambéry pour la remise des deux futurs départements savoyards à la France. Au début du , l'industrie sidérurgique est très forte grâce à la croissance rapide des usines d'acier d'Ugine, qui produit la moitié des aciers spéciaux français, puis devenue en 1922 la Société d’électrochimie, d'électrométallurgie et des aciéries électriques d'Ugine, produit de l'acier inoxydable. Le département de la Haute-Savoie est occupé par l’Italie fasciste de à . Au la région Rhône-Alpes, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Auvergne pour devenir la nouvelle région administrative Auvergne-Rhône-Alpes. Héraldique. Le département de la Haute-Savoie n'a pas de blason officiel. Le blason ci-contre est celui de l'ancien duché, et est utilisé par tradition tant en Savoie qu'en Haute-Savoie. "De gueules à la croix d'argent." Ce blason traditionnel est également plus ou moins mis en évidence dans les blasons de certaines communes de l'ancien duché, dont en voici quelques exemples pour la Haute-Savoie : Il est aussi présent dans les créations proposées (mais non retenues) de Robert Louis pour les deux départements savoyards : Démographie et population. Les habitants sont des "Haut-Savoyards", ou appelés aussi « Savoyards » comme les habitants du département de la Savoie. La Haute-Savoie connaît une croissance démographique très importante, sa population augmente en effet de près de chaque année en moyenne depuis 1999, et entre et depuis 2005. Avec une densité de en (contre 144 en 1999), c'est le deuxième département le plus densément peuplé de la région Auvergne-Rhône-Alpes, devant l'Isère qui compte , mais très loin derrière la Métropole de Lyon toutefois, dont la densité est de . Structure d'âge de la population (2010) (pourcentages à vérifier car le total fait 106. Pourtant, les classes d'âges ne se chevauchent pas): Répartition des communes selon leur population : Unités urbaines (agglomérations). La Haute-Savoie comporte 6 unités urbaines, selon la définition de l'Insee : Aires urbaines. L'aire urbaine d'Annemasse s'élève à . Elle est en réalité la partie française de l'agglomération genevoise. Elle s'étend sur de l'Ain () et sur de la Haute-Savoie (). Le développement de la métropole genevoise et l'abondance des travailleurs transfrontaliers font du pourtour lémanique un foyer important de croissance démographique ; cela contribue à expliquer le dynamisme démographique du département (le plus fort taux d'accroissement sur la période 2006-2011). Richesse. Selon les données du ministère des finances en 2014 concernant les revenus 2013, le revenu fiscal moyen des foyers de Haute-Savoie s'est établi à . Ce qui classe le département parmi ceux où les revenus sont les plus élevés, sur 100. Chiffres de l'insécurité. La Haute-Savoie, zone de passage et zone touristique est vue comme une région riche. Au total les crimes et délits commis sont de 37 879 affaires en 2018, 38 792 en 2019, 35 316 en 2020 Politique et administration. Administration territoriale. Le département, dont le préfet siège à Annecy, est divisé administrativement en : Juridictions et autres administrations. La Haute-Savoie dépend de la Cour d'appel de Chambéry et de l'académie de Grenoble. Politique. La Haute-Savoie est un département ancré à droite. C'est le seul département français de la à n'avoir jamais élu un député de gauche, à l'exception des élections à la proportionnelle de 1986, avec Dominique Strauss-Kahn. Conseil départemental. Grandes lignes du budget 2013 de 835,14 Millions d'euros (+1,9 %). Dépenses Recettes Économie. La Haute-Savoie est un département dynamique, avec un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale dû en grande partie aux possibilités d'emplois offertes dans la zone de Genève (5,4 % de la population active haut-savoyarde selon l'Insee en ). Les principales zones dynamiques de la Haute-Savoie sont : Équipements. Transports. Voies routières. Le réseau routier haut-savoyard a une longueur totale de 9 090 km réparti comme suit. : Sécurité routière. Le département a la particularité d'avoir de nombreuses routes de montagne enneigées durant la période hivernale. Chiffres de répartition en 2002 : Âge : 25-64 ans 55,2 %, 18-24 ans 7,8 % - 22,25% en collisions frontales : 22,25 % - 40% durant les nuits et les week-ends : 40 % - 19 % des conducteurs tués étaient en état d'alcoolémie - 42,2% ont été tués sur les routes départementales, 32,8% sur les routes nationales, 15,8% en agglomérations et 4,5% sur les autoroutes - Routes : départementales 42,2 %, nationales 32,8 %, 15,8 %, autoroutes 4,5 % Transports ferroviaires. La Haute-Savoie comporte trois lignes principales: Équipements et services médicaux-sociaux. En 2021, la Haute-Savoie dispose de 31 pôles et 4 relais médicaux-sociaux répartis sur tout le département, employant professionnels de l'action sociale (médecins, psychologues, infirmières puéricultrices, sages-femmes, assistants sociaux-éducatifs et familiaux, cadres et personnels administratifs). En 2018, la Haute-Savoie comptait plus de personnes + de 60 ans, 15 782 personnes âgées de + de 80 ans vivant seules, 45 596 personnes en situation de handicap, 8 399 bénéficiaires de l'APA à domicile et 8 500 abonnés à la téléalarme. Le réseau ADMR compte salariés au service de plus de personnes. Patrimoine. La Haute-Savoie possède un patrimoine environnemental, culturel et touristique important. Généralement on distingue plusieurs zones touristiques : Il faut aussi mentionner les routes touristiques : Parmi ses sites les plus appréciés : Patrimoine religieux. La Haute-Savoie possède un patrimoine religieux important, témoignage d'une évangélisation dès le . De nombreuses églises situées sur son territoire permettent de découvrir une architecture diverse comme le roman, le gothique ainsi que le « baroque savoyard ou alpin » avec l'utilisation des clochers à bulbe, le style néoclassique, que l'on qualifie aussi de « sarde », ainsi que pour les périodes contemporaines le néo-gothique, le néo-roman et le l'éclectisme et plus récemment l'architecture dite néo-régionaliste. Pays de montagne, la Haute-Savoie a accueilli très tôt des monastères dans des lieux éloignés dont ceux d'Abondance (1108) , de Talloires (fondée 1019, hôtel) , de Contamine-sur-Arve (1083), d'abbaye de Saint Jean d'Aulps (1094, ruines) , de Sixt (1144) , la chartreuse du Reposoir (1151, monastère carmel) , d'Entremont (1154), ou la chartreuse de Mélan (1292) . Équipements civils remarquables. Barrages Ponts remarquables Téléphériques et funiculaires Stations de ski. Lors de la saison 2010-2011, le domaine skiable s'étendait sur 205 km² dont 47 km² de pistes damées desservies par 704 remontées mécaniques capables d'atteindre un débit de skieurs à l'heure soit 22 % de la capacité des stations françaises. Lors de la saison 2020-2021, les 40 plus importantes stations de ski ont généré plus de 17 millions de nuitées hivernales et 2,1 milliards d'euros de retombées économiques avec 11,3 millions de journées skieurs et emplois saisonniers. En 2022, 300 millions d'euros seront investis par le département dans ses plans alpins et nordiques. Entre 35 et 50 millions d'euros sont investis chaque année dans les remontées mécaniques des stations haut-savoyardes, cependant les stations ne sont plus dans une logique d'expansion des domaines skiables mais plutôt dans la diversification des espaces de glisse : snowparks, zones freerides, etc. Le total des investissements est passé de 400 millions en 2005 à 270 millions d'euros en 2010 (remontées mécaniques, aménagement des pistes et sécurité, systèmes d'enneigement, etc. Communes ayant plus de 10 % de résidences secondaires. Selon le recensement général de la population, 26,6 % des logements disponibles dans le département sont des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de la Haute-Savoie dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. Sources : Sports. La Haute-Savoie bénéficie de la capacité et de la diversité de ses territoires et des exploits de nombreux champions : Enseignement. Enseignement privé. En Haute-Savoie, l'enseignement privé, essentiellement catholique, se répartit, en 2010-2011, dans 117 établissements — 54 écoles élémentaires, 22 collèges, 26 lycées (généraux, technologiques, professionnels, polyvalents et agricoles), 1 CFA, 1 IMP, 1 école de production, 11 CFP/UFA et une MECS — avec un effectif total de et titulaires et remplaçants. Le taux de réussite aux divers examens atteint 92,7 %. Services. Gestion des déchets. Il existe cinq syndicats de traitement des déchets couvrant le département : En 5 ans (2005-2010), alors que la population a augmenté d'environ , la production d'ordures ménagères a baissé de 7 % et les déchets envoyés aux incinérateurs ont baissé de 15 %. Réseau numérique haut débit. Le SYANE (Syndicat des Énergies et de l'Aménagement numérique de la Haute-Savoie) existe depuis 2001. En , le réseau d'initiative publique départemental très haut débit en fibre numérique a été lancé pour couvrir rurales du département. En 2018, à la fin de la première phase des travaux, 90 % des entreprises de plus de et 50 % des foyers devraient être desservis. Bibliographie. Histoire. Pour la partie historique du département, en lien avec le duché de Savoie, consultez la bibliographie générale sur l'article « Histoire de la Savoie » et les articles détaillés. Voir aussi. Articles connexes. Articles concernant le département : Articles généraux : |
Haute-Vienne La Haute-Vienne ( ou ; ou ) est un département français, situé dans la région Nouvelle-Aquitaine. Il tire son nom de la rivière Vienne, qui le traverse d'est en ouest. Sa préfecture et principale ville est Limoges. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 87. Situé au carrefour des axes de liaison historique entre Paris et Toulouse (nord-sud) et l'Atlantique et le Massif central (ouest-est), culturellement et historiquement occitan, le département occupe la partie ouest de l'ancienne province du Limousin qui recouvrait aussi une partie des actuels départements de la Charente, de la Vienne et de la Dordogne, et une partie du sud de l'ancien Comté de la Marche. Géographie. Situation. La Haute-Vienne fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine, anciennement et historiquement du Limousin et de la Marche. Elle est limitrophe de six départements : la Creuse (préfecture : Guéret) à l'est, la Corrèze (préfecture : Tulle) au sud-est, la Dordogne (préfecture : Périgueux) au sud-ouest, la Charente (préfecture : Angoulême) à l'ouest, la Vienne (préfecture : Poitiers) au nord-ouest et l'Indre (préfecture : Châteauroux) au nord. Elle est drainée principalement par deux cours d'eau qui la traversent d'est en ouest : la Vienne, qui lui donne son nom et qui arrose les deux villes principales, Limoges et Saint-Junien, et la Gartempe, affluent indirect de la Vienne via la Creuse, au nord. Le département est situé sur la bordure nord-ouest du Massif central ; son altitude est ainsi comprise entre dans la vallée de la Gartempe et près de près du lac de Vassivière, dans la montagne. Le point culminant du département est le "puy Lagarde" avec une hauteur de . Le chef-lieu de commune le plus bas est Saillat-sur-Vienne () et le plus élevé Beaumont-du-Lac (). La Haute-Vienne possède ha de bois, soit un taux de boisement de 29,6 %. Le département arrive en dernière position régionale, puisque la Corrèze affiche un taux de plus de 45 %, et la Creuse est recouverte à 29,8 % de forêts. Il y a près de km de cours d'eau. Espaces naturels. La Haute-Vienne, contrairement à bon nombre de départements, comme la Corrèze proche, n'est pas véritablement divisée en entités géographiques distinctes, même si les paysages peuvent être très différents. On peut cependant déterminer trois grands ensembles. Protection de la nature. La Haute-Vienne abrite deux réserves naturelles nationales (RNN de la Tourbière des Dauges et RNN de l'Astroblème de Rochechouart-Chassenon), 2 réserves naturelles régionales (Les Sauvages et Landes atlantiques du Parc naturel régional Périgord-Limousin), ainsi que 13 sites Natura 2000 et 122 ZNIEFF. Climat. La Haute-Vienne bénéficie d'un climat de type océanique aquitain atténué, subissant une influence montagnarde due à la proximité du Massif central et à l'altitude. Les hivers peuvent être neigeux, particulièrement sur le relief, mais il n'est plus inhabituel de n'avoir qu'un ou deux jours de neige à Limoges. Les étés peuvent être beaux et très chauds, comme très humides. L'automne est souvent agréable et ensoleillé, septembre et octobre sont rarement froids. Données climatiques et températures pour la ville de Limoges : Histoire. Le département a été créé à la Révolution française, le , en application de la loi du , à partir d'une partie de la province du Limousin (sa moitié sud) et du comté de la Marche (sa moitié nord), ainsi que de quelques communes de l'Angoumois (au sud-ouest) et du Poitou (Rochechouart). Il hérite provisoirement du numéro 81, et devient le département au avec l'ajout de départements dans l'est et le nord-est. Il tire son nom de la rivière qui le traverse, la Vienne, affluent en rive gauche de la Loire, née sur le plateau de Millevaches en Corrèze. Origines. Peu de vestiges préhistoriques ont été découverts sur le territoire qui correspond à l'actuel département. Quelques pièces et vestiges du Paléolithique et Mésolithique ont néanmoins été découvertes près de Saint-Jean-Ligoure et dans les vallées de la Gartempe et de la Vienne. L'avènement de l’agriculture et de nouvelles techniques plus élaborées ont permis la découverte de céramiques dans l'abri de la Roche aux fées, à Cieux. L'installation humaine du Néolithique est plus facilement prouvée par différents ensembles mégalithiques, comme le dolmen de Chez Boucher à La Croix-sur-Gartempe, ou celui de la Borderie, à Berneuil (-2 650 av. J.-C.) et à Breuilaufa, et le mobilier funéraire trouvé avec attestant du commerce (flèches, coquillages, parures…). L'arrivée de l'âge du bronze est illustrée par les haches trouvées à Châlus. Période gallo-romaine. L'arrivée des Romains avec la conquête de la Gaule se fait sur un territoire occupé par le peuple gaulois des Lémovices, qui donne son nom à la ville de Limoges et au Limousin. d'entre eux furent envoyés à Alesia, menés par le chef Sedullos. Le commerce s'organise dans une région abritant des ressources importantes. Minières : or à Saint-Yrieix-la-Perche, exploité jusqu'à la fin du , étain. Agricoles, avec le vin dont la production est justifiée par la découverte d'amphores à Saint-Gence. Sous le règne d'Auguste, Augustoritum (littéralement le "gué d'Auguste"), actuelle Limoges, est fondée sur la Vienne. L'établissement de la ville fait suite à une première capitale des Lémovices située sur un oppidum plus en amont, à "Villejoubert", près de Saint-Denis-des-Murs. Son importance est vite remarquée, par l'existence d'un grand amphithéâtre romain et la position au carrefour de deux grandes voies romaines : la Via Agrippa, reliant "Lugdunum" (Lyon) à "Mediolanum Santonum" (Saintes), et une autre voie reliant l'Armorique et "Avaricum" (Bourges) à la Méditerranée. Forte de sa position stratégique, Augustoritum fait partie de la province Aquitaine, tout comme d'autres localités : "Rongomagus" (Rancon), "Blatomagus" (Blond) et "Carovicus" (Château-Chervix). Avec les premières tensions extérieures et les invasions barbares, la cité connaît un déclin dès le . Moyen Âge. La région est christianisée à partir du mais la progression du christianisme sera lente et demeurera imparfaite. Un réseau paroissial important se constitue durant la période mérovingienne et la présence d’ermites entraîne un culte posthume de ces hommes, autour de leurs tombeaux. La domination des Wisigoths est de courte durée, car le Franc Clovis s'empare du Limousin après la bataille de Vouillé en 507. Querelles et révoltes se multiplient, et la région est rattachée au duché d'Aquitaine en 674. La vicomté de Limoges est bientôt créée. Des communautés religieuses sont fondées : Solignac est fondée par Éloi de Noyon, Saint-Martial en 848. En 994, les reliques de saint Martial sont exposées afin d’éradiquer le « mal des ardents » ; ce sont les premières ostensions limousines. L'abbaye de Saint-Martial possède un imposant patrimoine. C'est aussi l'époque de prospérité de l'ordre de Grandmont, fondée par les disciples d'Étienne de Muret. Ces monastères œuvrent, en plus de leur rôle de christianisation, pour l'aménagement du territoire et l'agriculture. Le Limousin est un territoire partagé entre diverses seigneuries, avec pour conséquence une forte insécurité. Les vicomtes réussissent à étendre leur influence vers le Périgord. Des châteaux sont construits sur des mottes : Châlucet, Lastours… Aliénor d'Aquitaine, héritière du duc d'Aquitaine, divorçant de Louis VII, épouse en secondes noces Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie, devenu roi d'Angleterre en 1158. Le Limousin est accolé à l'Aquitaine anglaise et se trouve au cœur des luttes entre Henri II et Louis VII. Il en est de même à la génération suivante, entre Richard , roi d'Angleterre, dit Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste. À l'occasion d'une trêve entre les deux souverains, Richard décide de s'en prendre au vicomte Adémard V de Limoges, qui s'était rallié au roi de France en son absence. C'est au cours d'une expédition punitive contre les châteaux qui protégeaient Limoges par le sud, que Richard Cœur de Lion est mortellement blessé par le chevalier limousin Pierre Basile lors du siège du château de Châlus-Chabrol en 1199. La région est durement éprouvée par la guerre de Cent Ans. Marche entre le duché de Guyenne, anglais, et le royaume de France, le Limousin est touché par les bandes de mercenaires qui ruinent les campagnes. Avec la défaite de Jean le Bon en 1356 et le traité de Brétigny, la France donne aux Anglais un grand territoire comprenant le Limousin. La Cité de Limoges donne son soutien à la couronne française, quand le Château apporte son aide à la couronne anglaise et au Prince noir. Celui-ci met Limoges à sac en 1370, mais la totalité de la ville se rend au roi de France. Une paix précaire s'installe à nouveau, troublée notamment par la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Diverses cités trouvent un essor dans les échanges commerciaux en plus des pèlerinages religieux (ex. Le Dorat, Saint-Junien, Saint-Léonard-de-Noblat). Période moderne. Le Limousin profite de la paix pour remettre son économie en marche. Les tanneries et les mégisseries se multiplient sur la Vienne, comme à Saint-Junien, où cet artisanat perdure jusqu'au . L'industrie du papier et l'imprimerie sont également créées. L'émaillerie connaît un nouvel essor à Limoges, sous la houlette du célèbre Léonard Limosin, qui officie à la cour de François. Les échanges sont relancés, et des foires sont inaugurées (Saint-Loup et les Innocents à Limoges, toujours existantes de nos jours). En revanche, poètes (Jean Dorat) et auteurs préfèrent rallier Paris pour exercer. La réforme protestante pénètre dans la région, entraînant des conversions, peu nombreuses malgré la propagande de Jeanne III de Navarre dite "d'Albret", vicomtesse de Limoges. Le Limousin est le lieu de la victoire de l’armée royale sur les troupes de Gaspard II de Coligny à la bataille de La Roche-l'Abeille. Ruinés par la guerre, les paysans s'insurgent contre les seigneurs. En installant et imposant la paix et protégeant les paysans, Henri IV permet au Limousin de connaître à nouveau une certaine prospérité. Il est accueilli par une foule enthousiaste lorsqu'il entre à Limoges le 20 octobre 1607. La Contre-Réforme entraîne la création de nombreux couvents et ordres religieux, surtout à Limoges. Les laïcs pratiquent la bienfaisance à l'égard des religieux. L’'industrie se développe au est en forme, particulièrement avec le lancement par l'intendant Turgot de l'industrie porcelainière en 1765, après la découverte de kaolin à Saint-Yrieix-la-Perche dans le sud du département. Turgot permet aussi d'améliorer le réseau de transports, la fiscalité et l'agriculture. Des auteurs du Limousin se font connaître, dont Tristan l'Hermite qui obtient du succès avec son chef-d'œuvre, "La Mariane", et Jean-François Marmontel, secrétaire perpétuel de l'Académie française et l'un des plus grands écrivains limousins de cette époque. Les idées des philosophes commencent aussi à circuler dans la bourgeoisie, relayées par les loges maçonniques dont la première voit le jour à Limoges en 1760. La Révolution française et le Premier Empire. Les États généraux sont convoqués par Louis XVI. Noblesse et tiers état se retrouvent dans des intérêts communs sur de nombreux points. Le Limousin fournit des hommes illustres à l'État, comme le révolutionnaire Pierre-Victurnien Vergniaud et le futur maréchal d'Empire Jourdan. La région connaît peu de violences. Les paysans profitent de la vente des biens nationaux et du partage des biens communaux. Le territoire devenu Haute-Vienne traverse sans heurts la France de , en fournissant toujours des hommes importants, notamment des scientifiques (Guillaume Dupuytren, Cruveilher, Gay-Lussac). La période contemporaine. Le retour des souverains, pendant la Restauration, la Monarchie de Juillet, puis le Second Empire, conjugué avec l'essor de l'industrie de la porcelaine, fait naître un début de ressentiment à l'égard de la monarchie et le début d'un ancrage à gauche, mené par la classe ouvrière. La Haute-Vienne se démarque aussi par son attachement rapide à la République, comme en témoigne la proclamation de celle-ci deux jours avant l'instauration nationale, en 1848. Lors des élections de 1849, les Hauts-Viennois élisent une majorité de députés radical-socialiste. La ville et le département acquièrent véritablement leur image de région "rouge". Sous le Second Empire, un clivage émerge dans le département entre le monde urbain majoritairement républicain et les campagnes du département adhérant de plus en plus au bonapartiste. À la chute de l'Empire, une éphémère Commune est proclamée en 1871. Cependant, comme au niveau national, les élections législatives du 8 février 1871 voient la victoire sans appel des forces monarchistes dans le département : six sièges sur les sept qui étaient à pourvoir passent entre leurs mains. La plupart de ces nouveaux élus sont des orléanistes, des monarchistes modérés, par exemple Teisserenc de Bort, ou André Duléry de Peyramont. En 1876, les Républicains remportent très majoritairement les élections législatives dans le département. La région connaît toujours une bonne santé économique (arrivée du chemin de fer en 1856, agriculture en expansions avec les bovins, production textile), permettant à la population d'augmenter : Limoges dépasse les habitants à la veille de la Première Guerre mondiale, la Haute-Vienne compte plus de âmes, le Limousin approche le million. Les idées politiques (socialisme et communisme) se développent, aidées par le syndicalisme embryonnaire (la CGT est créée à Limoges en 1895). Les premières grèves font leur apparition. Mais la vie locale, puis rapidement nationale, est marquée par les grèves de Limoges de 1905, quand les manifestations font un mort, Camille Vardelle. La Grande Guerre tue un grand nombre de jeunes Haut-Viennois, et développe l'industrie de la chaussure et des draps. Les prix augmentent, les grèves sont nombreuses. Celles-ci donnent une image négative du Limousin. Les généraux incapables sont envoyés par Joffre à Limoges : d’où l’expression « limoger ». La Seconde Guerre mondiale voit naître un important réseau de résistants, dirigé par Georges Guingouin, au sein du maquis du Limousin. À la fin de 1944, le département compte FFI. La bataille du Mont Gargan voit environ d’entre eux affronter les Allemands pendant plus de dix jours ; le massacre d'Oradour-sur-Glane rappelle la dureté et l'horreur du conflit. Au , la région Limousin, à laquelle appartenait le département, fusionne avec les régions Aquitaine et Poitou-Charentes pour devenir la nouvelle région administrative Nouvelle-Aquitaine. Administration. La Haute-Vienne est divisée en 3 arrondissements, 21 cantons et 195 communes. Le conseil départemental de la Haute-Vienne est l'institution départementale. Le département est divisé en 6 pays institués par la loi "dite" Voynet : Justice. La cour d'appel de Limoges connaît des affaires jugées par les tribunaux de son ressort qui s'étend sur les départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne. La réforme de la carte judiciaire voulue par la garde des Sceaux Rachida Dati a entraîné la suppression des tribunaux d'instance de Bellac, Rochechouart et Saint-Yrieix-la-erche. Il n'existe plus désormais qu'un seul tribunal le Tribunal judiciaire de Limoges. Politique. Le département de la Haute-Vienne constitue de très longue date, un des points forts de l'influence de la gauche en France. Les suites de la Première Guerre mondiale, la tradition ouvrière et syndicale (la CGT s'est constituée au Congrès de Limoges en 1895) en ville comme à la campagne, puis la Résistance ont favorisé l'émergence d'une forte concurrence entre les deux courants de la gauche, le courant communiste et le courant socialiste, qui ont occupé largement l'espace politique du département. Au début du , le PCF conserve un poids notoire, mais est jusqu'en 2017 largement dominé par le PS. L'hégémonie socialiste (les trois sièges de députés, les deux sièges de sénateurs, et la majorité des cantons et des communes de plus de habitants occupés) prend cependant fin dans le courant de la décennie 2010. Dans un premier temps, ce déclin est consécutif au regain de la droite, symbolisé par la victoire inattendue d'une liste d'union de la droite et du centre lors des élections municipales de 2014, plusieurs réussites lors des élections départementales de 2015 et enfin l'élection inédite d'un sénateur centriste. Dans un second temps, l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République implique pleinement la Haute-Vienne dans le profond renouveau de l'Assemblée nationale en 2017, puisque les trois candidats socialistes (dont une sortante) sont éliminés dès le tour, au profit d'affrontements opposant alternativement la gauche radicale, la droite et les candidats la République en Marche, ces derniers s'imposant dans les trois circonscriptions. En dépit d'une hausse notoire dans les années 2010, le vote d'extrême-droite demeure modeste. Néanmoins, à partir des élections municipales de 2020, le PS haut-viennois et ses partenaires de gauche restent largement majoritaires dans le département sans pourtant réussir à reprendre la Ville de Limoges que Les Républicains conservent. Lors des élections sénatoriales 2020 en Haute-Vienne, le PS parvient à reconquérir le second poste de sénateur. Lors des élections départementales 2021, le PS et ses alliés de gauche (PCF, ADS) remportent largement le scrutin (34/42 sièges), ce qui constitue une nette augmentation de la majorité comparée à la précédente élection. En même temps, les élections régionales de 2021 montre le fort ancrage local du Parti socialiste qui remporte 6 sièges avec 42% des voix. Démographie. Les habitants de la Haute-Vienne sont les "Haut-Viennois". À l'image du Limousin, la Haute-Vienne a vu sa population décroître au cours du , certes suivant un phénomène bien moindre à celui observé en Corrèze et surtout en Creuse. Depuis les années 1990, avec l'achèvement dans les années 1970 de l'exode rural et le regain d'attractivité des espaces ruraux observé à l'échelle nationale, la tendance s'est inversée, le département ayant donc gagné plus de habitants. Cette tendance largement portée par l'espace périurbain de l'aire urbaine de Limoges, est due à plusieurs phénomènes : l'installation de Britanniques, de retraités, de diplômés natifs de la région mais ayant suivi leurs études ailleurs, l'arrivée de néo-ruraux. Les études de l'Insee mettent en évidence le rôle des axes de transport comme l'autoroute A20 dans cette attractivité, en plus de motivations liées au cadre de vie et à la pression foncière moindre qu'en ville. Les perspectives pour l'avenir sont toutefois incertaines, en raison d'un vieillissement toujours important, d'un solde naturel négatif et d'un taux de fécondité faible. Au recensement de 1999, la Haute-Vienne était donc peuplée de , occupant ainsi le rang national. La densité de population de la Vienne qui s'établit à en demeure cependant inférieure à celle de la région Nouvelle-Aquitaine qui, à la même date, s'établit à . Cette densité est largement inférieure à celle de la France métropolitaine qui est de . La Haute-Vienne est dominée par le poids démographique de Limoges. Les petits pôles urbains ruraux, s'ils permettent de structurer le territoire en relayant services et commerces, pâtissent de cette suprématie de la préfecture. La commune de Limoges regroupe à elle-seule 37 % des habitants du département, ce qui place Limoges au rang national métropolitain selon le poids démographique de la préfecture vis-à-vis de la population départementale, derrière Paris (100 %), Ajaccio (47 %) et Marseille (43,3 %). Le département possède deux aires urbaines : Limoges () et Saint-Junien (). Le canton le plus peuplé de Haute-Vienne est le canton de Saint-Yrieix-la-Perche, qui rassemble en , soit de la population départementale. Le canton le moins peuplé est le canton de Limoges-7, qui rassemble en , soit de la population départementale. À la suite du conflit entre l'Ukraine et la Russie débuté en 2022, la Haute-Vienne a accueilli 644 réfugiés ukrainiens, à la date du 23 août 2022, d'après le bureau d'accueil dédié de la préfecture de la Haute-Vienne. Économie. L'industrie, secteur important auparavant comme dans bon nombre de régions françaises, a traversé la crise. L'économie locale est marquée par la présence de nombreuses industries ayant de plus en plus tendance à se rapprocher de l'économie de patrimoine ou traditionnelle, tout en gardant leur aspect industriel. Les plus connues de ces activités sont l'émail et la porcelaine de Limoges, les chaussures Weston, les ganteries de Saint-Junien. L'automobile paraît désormais être un des piliers de l'industrie limougeaude, avec l'entreprise Renault Trucks (ex. RVI-Saviem) et l'équipementier Valeo (famille transmissions). L'industrie de la Haute-Vienne est aussi symbolisée par l'industrie du bois de manière contemporaine (International Paper à Saillat-sur-Vienne) comme historique (port du Naveix, ancien port où arrivaient les troncs d'arbre flottant sur la Vienne depuis Eymoutiers, et par l'activité minière, étant donné que c'est en Haute-Vienne que se trouvaient les mines d'uranium les plus productives de France au . Les services sont désormais le secteur dominant, avec la présence d'entreprises de renommée mondiale (Legrand), des techniques de pointe (technopole Ester), d'écoles reconnues (ENSIL), et l'augmentation des ressources dues au tourisme en expansion. L'agriculture garde encore une importance non négligeable, dominée par l'élevage bovin (race limousine, les porcins (cul noir limousin), et l'élevage ovin. Une part de cultures existe, avec la présence d'AOC (pomme du Limousin). Les cultures céréalières restent marginales, et le vignoble quasi inexistant, ravagé par le phylloxera. Le taux de chômage du département reste, à l'image du Limousin, avec 7,4 %, inférieur au taux national. Les entreprises du département emploient salariés répartis dans établissements. 88 établissements emploient 100 salariés ou plus. Transport. À l'image de la région et du Massif central, la Haute-Vienne a longtemps pâti de son isolement et de sa mise à l'écart des grands axes de communication. Les années 1990 et surtout les années 2000 ont vu une nette amélioration des moyens de transports principalement sur le plan routier. Ce fut le cas avec la mise en service progressive de l'autoroute A20 (Paris-Toulouse "via" Orléans et Limoges), qui plus est gratuite entre Vierzon et Brive, et la mise à 2x2 voies en Haute-Vienne de la Route nationale 141 en direction d'Angoulême. Historiquement, depuis le , la Haute-Vienne est desservie sur le plan ferroviaire par deux axes d'importance nationale tels que la ligne dite du POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) et la ligne Lyon - Bordeaux. Aujourd'hui, les liaisons avec Paris offrent les fréquences les plus régulières, avec 10 allers-retours quotidiens effectués en 3 heures environ. Les liaisons avec les autres grandes métropoles se sont détériorées au cours des dernières décennies : suppression des relations directes avec Nantes puis Lyon et Clermont-Ferrand, diminution des fréquences et/ou allongement du temps de parcours avec les autres grandes villes telles que Bordeaux et Toulouse. L'aller-retour quotidien par TGV mis en place en 2007, et qui offrait une relation directe avec l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle et Lille par l'utilisation de la ligne du POLT, a été supprimé en 2016. Par ailleurs le projet de TGV entre Poitiers et Limoges, à l'étude entre 2006 et 2016, a été fortement remis en question dans les années 2010. Il vise à ouvrir le territoire aux transports interprovinciaux indépendamment de la région parisienne, s'inscrivant dans la même vision d'aménagement du territoire que celle de la transversale Alpes Auvergne Atlantique. Durant le début des années 2000, les transports aériens étaient en pleine expansion surtout dans le domaine des compagnies aériennes à bas coût, avec la fréquentation en forte hausse de l'aéroport de Limoges-Bellegarde, notamment vers l'Angleterre. La fréquentation a diminué lors de la crise du Covid-19. Cependant, la crise économique de 2008 semblait avoir des impacts sur la présence britannique, puisque de nombreux flux inverses avaient été observés. De plus, l'ouverture en 2010 de l'aéroport de Brive devait avoir des conséquences sur le trafic à Limoges. Éducation. Limoges est le siège depuis 1968 d'une université : l'université de Limoges, réunissant plus de étudiants sur l'académie. S'ajoutent plusieurs écoles et centres de formation réputés : l'ENSIL, le ENSCI, l'3IL... Le département rassemble 204 écoles primaires, 268 établissements publics pour 11 privés. Il y a 33 collèges publics et 5 privés. On dénombre 12 lycées publics et 3 lycées privés. Religions. Le département possède des lieux de culte des principales religions notamment à Limoges. Le diocèse catholique de Limoges qui fait partie de la province ecclésiastique de Poitiers recouvre deux départements, la Haute-Vienne et la Creuse, et a son siège épiscopal sur le territoire de la commune, lieu habituel de la résidence de l'évêque. L'actuel évêque de Limoges est Pierre-Antoine Bozo, depuis 2017. Culture. Littérature. En 2008, Laurent Bourdelas publie le premier ouvrage de référence consacré à la littérature du Limousin de l'Antiquité à nos jours : "Du Pays et de l'exil - Un Abécédaire de la littérature du Limousin", postface de Pierre Bergounioux, Les Ardents Éditeurs. On y retrouve la plupart des écrivains, poètes, dramaturges originaires de la région ou s'y étant installés. Bon nombre d'entre eux sont originaires de la Haute-Vienne. Ce livre est salué par Georges-Emmanuel Clancier, fourmille de renseignements souvent inédits ou ignorés. Langue. Jusqu'au , la langue parlée quasi exclusivement est le limousin, dialecte de l'ensemble occitan (à côté de l'auvergnat, du languedocien, du gascon, du provençal et du vivaro-alpin). Elle est la langue des premiers troubadours ("trobadors" en occitan, de "trobar"=trouver -le thème, la rime...-). Le limousin reste la langue orale dominante jusqu'au début du , époque à partir de laquelle le français prend le dessus, notamment par l'interdiction formelle de parler l'occitan à l'école. La langue est donc dès les années 1930 peu à peu reléguée aux zones les plus rurales, où elle est encore parlée quotidiennement aujourd'hui, surtout par les natifs limousins ayant plus de 50 ans. Beaucoup de personnes plus jeunes comprennent cependant le "patois", de par leurs parents et grands-parents. La culture et la langue occitanes restent vivaces, tout comme la musique traditionnelle (voir paragraphe Musique plus bas). L'Institut d'études occitanes, le Félibrige et d'autres associations, s'attachent depuis plusieurs décennies à faire perdurer la pratique et l'étude de l'occitan limousin. On trouve également une signification occitane dans de nombreux patronymes et dans la majorité des toponymes limousins. La langue a surtout laissé sa trace dans les tournures de phrases (limousinismes) des Limousins, ainsi que dans leur accent : les "ai", prononcés "è" dans le Nord de la France, sont ici prononcés "é" (exemple : français donne "francé"). Gastronomie. La gastronomie du département et plus généralement de la région, est caractérisée par l'utilisation d'ingrédients simples tels les fruits, la pomme de terre, les champignons, la Limousine (race bovine) ou la châtaigne. Un des emblèmes de la cuisine locale reste le pâté de pomme de terre. On retrouve nombre de recettes différentes pour ce même plat. Sont également fortement reconnus les galétous (ou tourtous), le boudin noir, la farcidure, la mique, les soupes, le clafoutis et la flaugnarde, le massepain de Saint-Léonard. Récemment mises à l'honneur par un spot publicitaire, la viande de bœuf limousine et la pomme du Limousin font également partie du paysage gastronomique local. Le vin est très peu produit dans le département, les vignes ayant été éradiquées par les épidémies (mildiou et phylloxéra de la fin du ). Musique. La pratique de la musique traditionnelle reste très vivace. En témoigne par exemple la création en 1971 d'une des premières associations de formation mutualiste en musique et danses traditionnelles, l'Association des Ménétriers du Massif central, toujours active, puis du département de musique et danse traditionnelles au sein d'un CRR en France, en 1987, à Limoges, et l'existence de groupes traditionnels. Les autres musiques ne sont pas en reste. Les manifestations sont souvent remarquées, tant du point de vue des programmations et des festivals (Festival des Francophonies en Limousin, le Festival 1001 Notes…), que des structures culturelles (Opéra-théâtre de Limoges, centres culturels municipaux, ferme de Villefavard, le château de la Borie qui est le siège de l'ensemble baroque de Limoges, Zénith de Limoges, pôle de la Mégisserie de Saint-Junien, centre Fabrègue de Saint-Yrieix-la-Perche…). Les musiques actuelles sont de plus en plus représentées, par la mise en place de sites spécialisés (bars, salles, festivals comme les Veyracomusies, Catalacum ou Lost in Limoges) et d'associations organisatrices, telles la Fédération Hiero de Limoges. Manifestations. En 2007, l'ensemble des festivals, expositions et spectacles a drainé personnes, soit une baisse de 2,2 % par rapport à l'année précédente. Cependant, la programmation générale des manifestations départementales reste diversifiée et en constant mouvement ; en témoigne la création récente du festival Manifesten ou de la biennale de la Porcelaine. Tourisme. La Haute-Vienne semble consciente que son principal atout touristique est la nature (tourisme vert), mais le patrimoine bâti est également important. Les arts du feu à Limoges et les savoir-faire sont nombreux : porcelaine, émail, bois, papier, ganterie... La culture est également encouragée et mise en valeur avec les festivals, les manifestations, les musées, l'ensemble baroque de Limoges… Liste non exhaustive des sites : Sur les 86 communes ayant participé au Concours des villes et villages fleuris, 16 ont obtenu en 2007 le label. Limoges et Saint-Hilaire-les-Places conservent leurs "4 fleurs". Bersac-sur-Rivalier, Panazol, Nexon, Saint-Yrieix-la-Perche, Montrol-Sénard ont toujours "3 fleurs". Feytiat est pour la première fois promue au grade des "3 fleurs". Fréquentation des sites. Classement des 19 sites ayant le plus attiré de visiteurs en 2021 Infrastructures d'accueil. Offices de tourisme. La Haute-Vienne possède 39 OTSI, dont 26 offices de tourisme. Un d'entre eux, celui de Limoges, est classé trois étoiles. Hébergement. En 2006, la Haute-Vienne possédait 95 hôtels classés entre 0 et 4 étoiles, totalisant chambres. C'est plus que la Creuse (666 chambres sur 43 hôtels), l'Indre ( chambres sur 79 hôtels) et la Charente ( chambres sur 77 hôtels), mais c'est moins que la Dordogne ( chambres sur 223 hôtels) ou la Vienne ( chambres sur 111 hôtels). La Corrèze possède plus d'hôtels (108), mais moins de chambres (). La majorité d'entre eux, 35,8 % soit 34 hôtels sont situés sur la commune de Limoges. Parmi les communes les mieux dotées viennent ensuite Saint-Junien, avec 6 hôtels, Peyrat-le-Château et Bessines-sur-Gartempe, 4 hôtels chacune. Un seul hôtel possédait 4 étoiles, situé sur la commune de Nieul. 10 hôtels étaient classés 3 étoiles. Il existe 5 villages de vacances et 41 centres de vacances. Le département possède 54 terrains de camping traditionnel, 29,5 % des 183 terrains de la région Limousin. Ces terrains rassemblent emplacements des de la région. Les campings restent le premier mode d'hébergement du département, avec 49,8 % du total des lits, soit lits. En comptabilisant les aires naturelles et les campings à la ferme, on dénombre 67 terrains. La capacité totale d'accueil est de lits, dont lits en résidences secondaires. Outre les campings (50 %), les lits restant composent l'offre marchande répartie entre les hôtelleries (20 %), les meublés Gîtes de France (14 %), les centres de vacances (6,2 %), les villages de vacances (4,7 %), les chambres d'hôtes Gîtes de France (3 %) et les meublés Clévacances (2,5 %). En 2006, le nombre de nuitées sur le département a été de 636 704, toutes origines de touristes confondues, soit plus de nuitées en plus par rapport à l'année 2005. À noter que ce sont les nuitées françaises qui ont permis cette hausse, les nuitées étrangères ayant baissé sur cette période de plus de 500 unités. Le taux d'occupation des hôtels a augmenté sur toutes les catégories d'établissements, de l'hôtel de chaîne au Quatre étoiles, entre 2005 et 2006, passant de 52,8 à 56,1 %. Entre 2006 et 2007, la hausse s'est poursuivie, atteignant 56,9 %, et un taux de 70,4 % dans les chaînes d'hôtels. Les nuitées sont les plus nombreuses en juin (67,9 % d'occupation) et en septembre (65,1 %), ce qui montre que la Haute-Vienne « vit » davantage en marge de la haute saison que pendant celle-ci, même si cette tendance tend à s'estomper. Les résidences secondaires. Selon le recensement général de la population du janvier 2008, 7,7 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de la Haute-Vienne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux. |
Hauts-de-Seine Les Hauts-de-Seine () sont un département français constituant essentiellement depuis 1968 la proche banlieue ouest de la métropole du Grand Paris, en région Île-de-France. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 92. Ses habitants, au nombre de lors du recensement de , sont appelés les "Altoséquanais". Les Hauts-de-Seine, d'une superficie de , sont le deuxième département français au regard de la densité de population, avec environ . La préfecture est Nanterre. Géographie. Localisation. Le département des Hauts-de-Seine fait partie de la région Île-de-France. Il est limitrophe des départements de la Seine-Saint-Denis au nord-est, du Val-d'Oise au nord, des Yvelines à l'ouest, de l'Essonne au sud, du Val-de-Marne au sud-est et de Paris à l'est. Avec les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine forment une ceinture autour de Paris, appelée la petite couronne. Du fait de sa forme « englobante » et de sa position « centrale », c'est le département de la région parisienne qui touche le plus de départements franciliens, six exactement (tous sauf la Seine-et-Marne). Les Hauts-de-Seine sont le plus petit département de la couronne parisienne (et donc le plus petit département français, si on excepte Paris). Avec une forme allongée et une taille réduite, les Hauts-de-Seine contiennent uniquement neuf villes qui ne soient pas en bordure du département. En dehors des parcs et bois, les Hauts-de-Seine sont entièrement urbanisés, ce qui en fait un département-ville. Hydrographie. La Seine borde 17 des 36 communes des Hauts-de-Seine. Trente-six ponts, dont vingt-quatre ponts routiers et quatre ponts ferroviaires, y enjambent la Seine. Parmi ces ponts, l'on trouve notamment le pont de Neuilly , le pont ferroviaire d'Asnières qui, avec ses dix voies, est le pont ferroviaire le plus large d'Europe, et le pont de Saint-Cloud qui est le plus ancien des ponts des Hauts-de-Seine, la première version remonte en effet au . Relief et géologie. Le département des Hauts-de-Seine a la forme d'un croissant qui entoure tout l'ouest de Paris, allant de la plaine Saint-Denis au nord à l'autoroute A6 au sud. Sa principale caractéristique est d'être traversée par la Seine qui y décrit deux courbes très accentuées, provoquées par la présence de deux massifs de collines : Au nord, le département se compose de plaines alluviales, alors que le sud est formé d'un plateau calcaire d'où, pendant des siècles, ont été extraites des pierres pour la construction. Les carrières de Châtillon, Bagneux, Clamart ont donné naissance à la plupart des monuments de Paris, et il reste aujourd'hui encore de nombreux souterrains. Le plateau calcaire est entaillé, à l'est, par la vallée de la Bièvre qui délimite par endroits le département. Départements limitrophes. Le département des Hauts-de-Seine est limitrophe des départements de la Seine-Saint-Denis au nord-est, du Val-d'Oise au nord, des Yvelines à l'ouest, de l'Essonne au sud, du Val-de-Marne au sud-est et de Paris à l'est. Climat. Le climat des Hauts-de-Seine est très proche de celui du reste du Bassin Parisien avec un hiver doux, des pluies relativement fréquentes en automne, un printemps doux et des températures pas très élevées en été (). Il y règne un micro-climat de quelques degrés plus élevé que le reste de la partie nord de la France à cause de l'effet d'îlot de chaleur urbain observé sur l'ensemble de l'agglomération parisienne. Transports. Transports en commun. Les communes à plus de hab./km représentent moins de 17 % du territoire altoséquanais, mais plus de 35 % de la population altoséquanaise. De cette densité, couplée à une activité économique élevée, résulte un encombrement des transports en commun et du réseau routier fréquent, d'où un nécessaire développement du réseau RATP/SNCF, actuellement bien moins dense que dans Paris intra-muros pour une activité et une densité parfois grandement supérieures. Avec 44 gares de transilien, 23 stations de métro, 13 stations de tramway et 19 stations de RER, les Hauts-de-Seine comptent 97 stations de transport lourd. Cela fait 0,55 station par kilomètre carré, ou une station pour (population 2008). Les extensions en cours et nouvelles lignes devraient porter le nombre de stations à 134 d'ici 2012 (source RATP), soit en moyenne 0,76 station par kilomètre carré. Les Hauts-de-Seine (territoire actuel) sont un des lieux de naissance du transport en commun, avec la première ligne de transport en commun en train qui les traversait dès 1837, sous le règne du Roi Louis-Philippe (monarchie de juillet) : la ligne Paris - Saint-Germain-en-Laye, inaugurée par la reine Marie-Amélie le , s'arrêtant dans les gares des villes "actuelles" de Clichy et Levallois-Perret, Asnières-sur-Seine, La Garenne-Colombes, Nanterre et Rueil-Malmaison. À la suite de l'annulation d'une décision du Tribunal des référés par le Conseil d'État le 11 juillet 2008, le système de vélos en libre-service Vélib' a pu être étendu aux douze communes des Hauts-de-Seine qui bordent Paris intramuros et le Bois de Boulogne. Transport aérien. L'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux (OACI : LFPI) est un héliport situé à Paris, au-delà de la porte de Sèvres et du boulevard périphérique sud, dans une zone constituant une extension du limitrophe de la commune d'Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine. Ce lieu est célèbre pour avoir contribué à l'histoire de l'aéronautique au début du . Il est exploité par Aéroports de Paris. Transport fluvial. Le trafic fluvial sur la Seine est important aux abords du port de Gennevilliers, premier port d'Île-de-France, premier port fluvial français (devant ceux de Strasbourg sur le Rhin et Lyon sur le Rhône), et second port fluvial européen (après Duisbourg en Allemagne). Le port de Gennevilliers est géré par Ports de Paris et est desservi par un embranchement ferroviaire et un oléoduc. Ports de Paris gère également le port de Nanterre situé dans la ZAC des Guilleraies. Réseau routier. Pour le réseau routier national, le département est bordé à l'Est par le boulevard périphérique de Paris et au nord, à l'ouest et au sud par l'A86 (super-périphérique parisien). Il est irrigué par la N118 au départ de Sèvres qui descend vers l'Essonne avec un échangeur avec l'A86 au niveau du Petit Clamart, l'A13 depuis Paris près de Boulogne-Billancourt, reliée au périphérique de Paris au niveau de la porte de Saint-Cloud, l'A14 à partir de La Défense (au niveau de Courbevoie et Puteaux) qui se dirige vers le nord-ouest en passant par Nanterre en tunnel, la RN13 qui traverse Neuilly-sur-Seine entre Paris (porte Maillot) et Courbevoie/Puteaux et se termine en boulevard circulaire de La Défense et la N315 à Gennevilliers. L'Axe historique est également un axe routier de premier plan, joignant le Musée du Louvre, la place de la Concorde, les Champs-Élysées, la place de l'Étoile et la porte Maillot dans le département de Paris, et Neuilly-sur-Seine puis la Défense dans les Hauts-de-Seine. Dans Paris, en amont, cet axe routier commence par joindre la place de la Nation à la place de la Bastille, au Marais et à l'hôtel de ville de Paris. Cet axe de premier plan est l'objet d'études importantes pour un enfouissement partiel de la RN13 (avenue Charles de Gaulle) à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Une grande partie du réseau routier national a été déclassé en réseau routier départemental entre 1980 et 2006. Les routes départementales principales sont : la RD7 (voie rive gauche de Seine), la RD1 (voie rive droite de Seine) coupée en deux parties par la traversée du Bois de Boulogne, la RD986 entre Villeneuve-la-Garenne et Nanterre, la RD913 entre Puteaux et Rueil-Malmaison, la RD906 entre Montrouge et Clamart, la RD907 entre Boulogne-Billancourt et Vaucresson, la RD985 entre Suresnes et Ville d'Avray, la RD131 entre Nanterre et La Garenne-Colombes. Le département des Hauts-de-Seine est le premier département de France en kilomètres de tunnels routiers de plus de (). Transport ferroviaire. Le RER A et la ligne L de Saint-Lazare se partagent les voies de la plus ancienne ligne d'Île-de-France entre Saint-Lazare et Le Pecq (premier terminus) puis Saint-Germain-en-Laye. En effet, le nord du département a connu les débuts du développement du transport ferroviaire dès la première moitié du (1837), et contient des voies ferrées nombreuses. Le pont ferroviaire d'Asnières comporte dix voies. Les gares de cette ligne, même si elles ont changé d'apparence ou de nom, sont toujours présentes : Asnières-sur-Seine, La Garenne-Colombes, Nanterre-Ville et Rueil-Malmaison. Le département est traversé par les lignes de RER A, RER B et RER C, transilien J, L, N, U, parcouru par les lignes de métro 1, 3, 4, 9, 10, 12, 13, et les lignes de tramway 1, 2 et 6. Les projets de la région devraient faire également arriver la ligne E du RER. Transports en commun. Dans le futur, le département sera desservi par : Pistes cyclables. Le département est traversé par une piste cyclable continue de , la Coulée verte du sud parisien. Cette coulée verte s'étend de la gare Montparnasse à Paris, à Massy en Essonne, tout en traversant sept communes des Hauts-de-Seine, Malakoff, Châtillon, Bagneux, Fontenay-aux-Roses, Sceaux, Châtenay-Malabry et Antony. Cet axe privilégié pour la pratique du cyclisme peut être parcouru en Vélib' disponible dans douze communes du département, uniquement celles qui bordent le territoire de la Mairie de Paris : Clichy, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine, Puteaux, Suresnes, Saint-Cloud, Sèvres, Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Vanves, Malakoff (où passe la Coulée verte du sud parisien) et Montrouge. Un tiers des communes du département sont donc équipées en Vélib', mais les liaisons intra-départementales en Vélib' ne sont pas facilitées pour autant, ces communes formant une longue bande qui suit le boulevard périphérique du nord au sud de Paris à l'ouest. Le système de location de vélos de la Mairie de Paris est plutôt conçu pour des trajets "trans-périphériques". L'esplanade et le parvis de La Défense ne sont plus interdits aux vélos depuis 2015. les joints des dalles du parvis représentaient un danger pour les roues des vélos qui peuvent s'y encastrer. Aucune station Vélib' ne se situe dans le quartier d'affaires. La station la plus proche se situe à Puteaux, rue Alexandre Soljenitsyne, et comporte soixante points d'attache. Toponymie. Le département des Hauts-de-Seine est en majorité issu du département de la Seine (75), originellement « Paris ». Une portion importante du département correspond à ce qui était les hauts du département de la Seine, dominant l'ancien département. Le nom du département numéro 92 répond à une logique élémentaire : les hauts de Seine ont donné le département des Hauts-de-Seine. Histoire. Archéologie. La découverte d'un large espace d'urbanisation proto-urbain () sur le territoire de l'actuelle Nanterre laisse supposer que Lutèce se trouvait sur la boucle nord des Hauts-de-Seine et non sur l'Île de la Cité. En effet, en 2003, a été découvert une importante nécropole gauloise datant de la fin du - début du avant notre ère. On trouve dans la ville de Malakoff, un polissoir datant du néolithique, situé boulevard Camélinat, devant le mur de clôture de l'ancien pensionnat Notre-Dame. C'est le plus ancien vestige de la ville. Avant les Hauts-de-Seine. Le territoire des Hauts-de-Seine est issu des départements de la Seine et de Seine-et-Oise qui furent deux des 83 départements créés à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province d'Île-de-France. Création et organisation d'un nouveau département. Le département des Hauts-de-Seine a été créé le , en application de la loi du , conformément au décret d'application du , à partir de la partie ouest de l'ancien département de la Seine (27 communes) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (9 communes : Chaville, Garches, Marnes-la-Coquette, Meudon, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Sèvres, Vaucresson et Ville-d'Avray). La Préfecture des Hauts-de-Seine se situe à Nanterre dans une tour de de hauteur de l'architecte André Wogenscky, disciple de Le Corbusier. Développement des Hauts-de-Seine. Les premiers villages toujours existants du département sont contemporains des débuts de Paris. Selon des découvertes récentes à Nanterre, Lutèce se serait trouvée dans le Nord du département des Hauts-de-Seine et non sur l'île de la Cité à Paris. L'urbanisation du département a fait un bond en avant dans la première moitié du avec le développement du réseau ferré de transport en commun dès 1837. Certains lieux jusque-là faiblement bâtis ont profité de l'arrivée d'une gare les reliant rapidement à Paris pour se développer. L'avènement du réseau ferré a joué un rôle prépondérant dans l'urbanisation locale et parfois dans l'histoire des communes. Les voies ont localement matérialisé des frontières entre quartiers d'une même ville, qui ont fini par se détacher. En 1910, 73 ans après la séparation physique du quartier de "La Garenne" de Colombes, La Garenne-Colombes a obtenu son indépendance, démontrant la dynamique qu'avait apporté le réseau ferré au territoire desservi. Le développement du département a dans un premier temps suivi celui de Paris, qui avec l'arrivée de nombreux provinciaux (exode rural) ou étrangers (européens ou ex-colonies) n'avait pas la place suffisante pour les accueillir. À la fin du et au début du , le développement des Hauts-de-Seine ne dépend plus de celui de Paris, mais de l'agglomération parisienne dans son ensemble. Paris ne représente plus que 20 % de la population de l'agglomération et n'en concentre plus la majorité des emplois. Les Hauts-de-Seine font largement partie du cœur d'agglomération qui, lui, en comprend la majorité de la population et des emplois. Les Hauts-de-Seine conservent un potentiel de développement démographique important avec une densité de population en 2006 de au kilomètre carré, contre pour Paris, mais son potentiel de développement économique est moins évident. Deux courants d'idée s'opposent, entre une volonté de rééquilibrage des emplois en Île-de-France qui voudrait que l'emploi se développe davantage dans l'est de l'agglomération, et une volonté de renforcer le rôle de La Défense comme centre d'affaires de premier plan et potentielle place financière. Démographie. Selon les chiffres de l'INSEE, l'évolution de la population entre le recensement de 1999 et celui de 2007 n'est pas uniforme sur le département, mais connaît une tendance haussière sur la totalité des communes, à l'exception de Ville-d'Avray (- 0,5 % par an) et de Gennevilliers (- 0,1 %), alors que la population de Garches et de Sceaux est à peu près stable. À l'autre bout de la fourchette, six communes connaissent des taux de croissance proches de 2 % ou supérieurs : Montrouge (+ 2,7 %), Courbevoie (+ 2,5 %), Issy-les-Moulineaux (+ 2,1 %), Clichy (+ 2,0 %), Levallois-Perret (+ 1,8 %) et Bois-Colombes (+ 1,8 %). Ces dernières communes ont la particularité d'être à proximité immédiate soit de Paris intramuros, soit de La Défense. Densités. Sans compter les de bois (Forêt de Fausses-Reposes, Forêt de Meudon, Parc de Sceaux, etc.) que contient le département, la densité est de en . Pour comparaison, la densité à Londres est de en 2018, à Tokyo de en 2018 et à New York de en 2017. Le département comprend une commune de plus de : Boulogne-Billancourt. La population des villes dépend grandement des limites géographiques des villes, donc de leur histoire, puisque le département est dans sa grande majorité bâti. La séparation de Colombes il y a un siècle en trois villes (Colombes, Bois-Colombes et La Garenne-Colombes) illustre bien cette idée ; en effet, sans cette séparation, Colombes aurait pesé en 2007 (Insee) . De même pour Clichy et Neuilly-sur-Seine qui ont cédé toutes les deux des terres à Paris et Levallois-Perret. La population des villes a donc un sens assez limité. Les densités sont plus pertinentes. Cette densité de , très élevée par rapport à la densité moyenne de l'Île-de-France (), n'est pas uniforme sur le territoire altoséquanais. On distingue grossièrement quatre types de communes : Un parallèle serait à faire entre cette répartition et le fait que Sèvres, Chaville, Ville-d'Avray, Saint-Cloud, Meudon, Marnes-la-Coquette, Vaucresson, Garches et Rueil-Malmaison faisaient partie du département de Seine-et-Oise (78), tandis que le reste des communes faisait partie du département de la Seine (anciennement Paris) (75) avant 1968. Administration et politique. Politique locale. La présidence du conseil départemental des Hauts-de-Seine est assurée par Georges Siffredi (LR) depuis le , à la suite de la mort de Patrick Devedjian. Ce dernier avait succédé à Nicolas Sarkozy (UMP), qui avait dû démissionner de la présidence du conseil général après son élection comme président de la République française le . Les Hauts-de-Seine sont liés intimement à de nombreuses figures politiques françaises majeures. Liste des présidents du Conseil départemental des Hauts-de-Seine (conseil général avant 2015) : Intercommunalités. Les communes du département font partie depuis le janvier 2016 de la métropole du Grand Paris. Elles sont réparties en quatre établissements publics territoriaux. Il comptait auparavant cinq communautés d'agglomération entièrement dans son territoire : Par ailleurs, les cinq communes d'Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry, Le Plessis-Robinson et Sceaux, dans le sud du département, faisaient partie de la communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre (en beige), une communauté d'agglomération interdépartementale avec deux autres communes de l'Essonne (Verrières-le-Buisson et Wissous). Le département comptait aussi une communauté de communes, la communauté de communes de Châtillon-Montrouge (en rouge), qui regroupe Châtillon et Montrouge. Ainsi, vingt-sept communes des Hauts-de-Seine (sur 36) faisaient partie d'une intercommunalité. Découpage administratif. La préfecture des Hauts-de-Seine se situe à Nanterre. Le département se subdivise en deux sous-préfectures, l'une à Antony l'autre à Boulogne-Billancourt. En octobre 2011, la presse a relayé des témoignages négatifs sur les services de la sous-préfecture d'Antony. Le département est composé de 3 arrondissements (Nanterre, Antony et Boulogne-Billancourt), 23 cantons et 13 circonscriptions législatives. La plus petite commune du département a approximativement la taille du plus petit arrondissement parisien, et la plus grande commune du département a approximativement la taille du plus grand arrondissement parisien. Mais les communes ne sont absolument pas organisées comme les arrondissements parisiens, puisqu'elles sont par leur essence des communes différentes, tandis que les arrondissements parisiens font partie de la même commune, avec une unique mairie et des mairies d'arrondissement. Pour accroître la coopération entre ces communes, elles se sont constituées en communautés de communes ou d'agglomération. Sur le nord du département se trouve le quartier de La Défense qui s'étale sur plusieurs communes de tendances politiques différentes : Courbevoie, Nanterre et Puteaux. Voir également les articles relatifs aux communes, anciennes communes et intercommunalités ainsi qu'aux conseillers généraux, députés, maires, préfets et sénateurs. Tendances et résultats politiques. Le département est de manière générale ancré à droite et au centre-droit. Les variations peuvent cependant être très élevées d'une commune à l'autre. Lors de l'élection présidentielle française de 2012, Nicolas Sarkozy (UMP) est arrivé en tête au premier tour à l'échelle du département avec 35 % des voix, François Hollande (PS) ayant réalisé 30,2 %, François Bayrou (MoDem) 10,7 %, Jean-Luc Mélenchon (FG) 10,4 % et Marine Le Pen (FN) 8,5 %. Les Hauts-de-Seine se distinguent ainsi nettement de la moyenne nationale avec un fort vote pour la droite républicaine couplé à un très faible vote Front national. Au second tour, Nicolas Sarkozy a, contrairement à l'échelle nationale, devancé François Hollande de justesse avec 50,5 % des voix. Cependant, on observe un écart très fort entre certaines communes, allant de 77 % des voix pour Hollande à Gennevilliers à 84 % des voix pour Sarkozy à Neuilly-sur-Seine. Lors des élections législatives de 2012, sur les 13 circonscriptions législatives que comptent les Hauts-de-Seine, 5 sont détenues par l'UMP, 4 par le PS, 2 par l'UDI et 1 est détenue par le Front de gauche. Depuis les élections sénatoriales de 2011, sur les 7 sénateurs que compte le département, 3 adhèrent à l'UMP; le PS, l'UDI, EELV et le PCF en ont un chacun. Lors des élections municipales de 2014, furent élus, dans les 36 communes du département, 22 maires UMP, 7 maires UDI, 4 maires FG, 2 maires divers droite et un seul maire PS, ce dernier ayant vu son élection invalidée l'année suivante. Les élections départementales de 2015 ont vu l'élection de 28 conseillers de droite et 8 conseillers de gauche (dont la moitié Front de gauche). Patrick Devedjian (UMP) fut ainsi réélu président du Conseil départemental des Hauts-de-Seine. Globalement, le département se divise entre une majorité de communes aisées qui votent traditionnellement pour la droite classique ou le centre-droit (UMP-UDI), et une minorité de communes défavorisées dirigées par la gauche radicale (Front de Gauche). Seule constante, le Front national réalise des scores très bas dans la totalité du département (environ deux fois moins que la moyenne nationale). Enseignement. Les Hauts-de-Seine font partie de l'académie de Versailles. Le département gère les collégiens inscrits dans les 98 collèges publics. Enseignement supérieur. Plusieurs établissements d'enseignement supérieur se trouvent dans le département, tels que l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense (Nanterre, Ville-d'Avray, Saint-Cloud), principal établissement du département avec , mais aussi le Pôle d'enseignement supérieur Léonard-de-Vinci qui regroupe l'ESILV, l'EMLV, l'IIM, un campus de SKEMA Business School et un site de l'Université Paris-Dauphine (La Défense), un campus de CentraleSupélec (Châtenay-Malabry), un campus de l'ESSEC (La Défense), trois campus de l'Université Paris Descartes (Boulogne-Billancourt, Malakoff, Montrouge), trois campus de l'Université Paris-Sud (Châtenay-Malabry, Sceaux, Fontenay-aux-Roses), l'EDC (La Défense), un campus de l'IÉSEG (La Défense), un campus de l'ESSCA (Boulogne-Billancourt) ou encore un campus de l'EPF (Sceaux) et un campus de l'ESEO (Saint-Cloud). Au total, près de étudient dans le département. Santé. Six hôpitaux de Paris (AP-HP) se trouvent dans le département, Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt, Antoine-Béclère à Clamart, Beaujon à Clichy, Louis-Mourier à Colombes, Raymond-Poincaré à Garches et Corentin-Celton à Issy-les-Moulineaux. Le département comprend aussi des hôpitaux publics hors AP-HP, parmi lesquels le Centre hospitalier de Courbevoie-Neuilly-Puteaux et le Centre hospitalier des quatre villes (Saint-Cloud, Sèvres, Chaville, Ville-d'Avray). Plusieurs hôpitaux privés sont également installés dans le département dont l'hôpital privé d'Antony et l'hôpital Foch à Suresnes. Sécurité et justice. Tout comme pour Paris, mais aussi pour la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, la sécurité et la police ne dépendent pas dans les Hauts-de-Seine des maires ou du préfet, mais de la préfecture de police de Paris (depuis le 14 septembre 2009) . En 2005, le taux de criminalité pour le département est de 70,9 crimes et délits pour , pour une moyenne nationale de 83. Certaines villes avaient en 2005 un taux inférieur à 50 (49,9 à La Garenne-Colombes). Organismes nationaux et internationaux. Les Hauts-de-Seine abritent des établissements aux compétences nationales : Les Hauts-de-Seine abritent également des organisations à directives mondiales : Vie quotidienne dans les Hauts-de-Seine. Culture. Le département comprend des musées, des cinémas et des théâtres souvent mis entre parenthèses du fait du nombre et du prestige des musées, des cinémas et des théâtres de Paris accessibles aux habitants altoséquanais. Le centre de formation d'art lyrique et l'école de danse de l'Opéra de Paris se situent à Nanterre. Quelques lieux se détachent tels que l'UGC Ciné Cité La Défense (aux Quatre Temps), le Mégarama de Villeneuve qui comprend la deuxième plus grande salle de France après le Grand Rex et le plus grand écran d'Europe, ou le théâtre des Amandiers de Nanterre. Les Hauts-de-Seine sont partiellement traversés par l'Axe historique de Paris. Festivals et spectacles. Les Hauts-de-Seine accueillent régulièrement de grands festivals musicaux principalement dans le parc de Saint-Cloud et sur le parvis de La Défense, d'où sont généralement aussi tirés des feux d'artifice. Rock en Seine, La Défense Jazz Festival ou encore le festival "Chorus" comptent parmi les événements les plus médiatisés. C'est à l'occasion du festival "Chorus" qu'a lieu le Tremplin de la chanson des Hauts-de-Seine, qui a permis de découvrir et de lancer notamment Lynda Lemay, Bénabar ou encore Anaïs. Antony organise son Place au Jazz chaque année. Le 14 juillet 1990, le concert gratuit de Jean Michel Jarre donné à La Défense a attiré un nombre record de visiteurs pour un concert de . Le stade Paris La Défense Arena (anciennement U Arena) ouvert en octobre 2017 dispose également d'une configuration concerts et spectacles lui permettant d'accueillir jusqu'à . Cette "arena" dédiée principalement à l'équipe de rugby professionnelle du Racing Club de France, auparavant basée au stade olympique de Colombes, se trouve à Nanterre, entre l'Arche de la Défense et la préfecture de Nanterre. Sa capacité maximale en configuration concert le place devant le Bercy Arena limité à , dotant le Grand Paris d'une nouvelle salle de spectacle à grande capacité et complétant l'offre de Bercy (arrondissement) et du Zénith (arrondissement, ). Le Festival Ptit Clap créé en 2010 par la ville de Levallois-Perret, permet à tous les jeunes de 15 à 25 ans de participer à un concours de réalisation d'un court-métrage. Ce concours a pour ambition de mettre en avant les talents de demain en les aidant à se faire connaître et reconnaître par les professionnels du cinéma. De nombreuses personnalités du Art comme Eric Toledano, Olivier Nakache, Nicole Calfan ou encore Philippe Lellouche ont participé aux jurys. Depuis 2012, Arnaud Tsamère est le parrain de Ptit Clap. Aujourd’hui, le Festival Ptit Clap est devenu un rendez-vous incontournable de la jeune génération de cinéastes. En 2016, ce sont 372 films qui ont été réceptionnés depuis une trentaine de pays. Environnement. En 2008, de déchets ménagers et assimilés ont été collectées dans les Hauts-de-Seine, soit . Sport. Historique. Courbevoie a accueilli les épreuves d'aviron, de natation et de water-polo des Jeux olympiques d'été de 1900. Le crawl y fut nagé pour la première fois aux Jeux olympiques. L'Hippodrome de Saint-Cloud (depuis 1901) est un hippodrome de galop. Le Haras de Jardy (depuis 1890), à Marnes-la-Coquette, est un haras de réputation internationale, devenu parc omnisports à dominante hippique. Avec ses 2500 cavaliers et ses 200 chevaux, c'est le premier centre équestre de France. Équipements sportifs. Le stade olympique Yves-du-Manoir à Colombes a notamment accueilli les Jeux olympiques d'été de 1924, la finale de la coupe du monde de football 1938 et nombre de finales de la coupe de France de football et de championnat de France de rugby à XV ainsi que des rencontres des équipes de France de football et de rugby à XV. Un nouveau stade, l'Arena 92, doté d'un toit, ouvre en octobre 2017 ; il dispose d'une configuration concerts et spectacles lui permettant d'accueillir , sur la ville de Nanterre près de l'Arche de La Défense. Ce stade est la nouvelle arène du Racing 92, auparavant basé à Yves-du-Manoir. Clubs de sports de niveau national. Basket ball. Le club du Levallois Metropolitans, basé à Levallois et le club Jeunesse sportive des Fontenelles de Nanterre, basé à Nanterre, évoluent en Pro A. Ce dernier a connu une évolution fulgurante ces dernières années, passant de la Pro B au titre de champion de France en 2013, suivi d'une victoire en Coupe de France en 2014 puis d'un titre en Eurochallenge (troisième compétition européenne de basket-ball) en 2015. Football. Le district de football des Hauts-de-Seine gère, sous l'égide de la fédération française de football et de la ligue de Paris - Île-de-France, le football dans les Hauts-de-Seine, ainsi que dans la ville de Paris, seul département francilien qui ne s'est pas doté de son district propre, et dont les clubs sont éparpillés au sein de trois districts : celui de la Seine-Saint-Denis, celui du Val-de-Marne et donc celui des Hauts-de-Seine. Le club du Racing Club de France football Colombes 92 (depuis 1896) est basé à Colombes. Football américain. Le club de football américain des Molosses d'Asnières (depuis 1992) est basé à Asnières-sur-Seine et évolue parmi l'élite française depuis 1994. Plongée. La fosse aquatique de Villeneuve-la-Garenne est l'une des sept fosses de plongée les plus profondes de France ( de profondeur) et au troisième rang européen et mondial. Elle comprend différents espaces d'évolution à des profondeurs de -2,3 mètres, -5 mètres, -10 mètres et jusqu'à -20 mètres. La future fosse de plongée d'Antony devrait voir le jour au sud du département en 2017. Rugby. Le club de rugby Racing 92 (depuis 1882) est basé à Colombes et joue dans le Championnat de France de rugby à XV. Volley ball. Le club Asnières Volley 92 (depuis 1948) est basé à Asnières-sur-Seine et évolue en Ligue B. Le Plessis-Robinson Volley-ball évolue également en Ligue B depuis la saison 2010-2011. Lieux de culte. Culte catholique. La Cathédrale Sainte-Geneviève-et-Saint-Maurice de Nanterre est dédiée à sainte Geneviève, née à Nanterre, patronne du diocèse de Nanterre et de la ville de Paris, et à Saint Maurice d'Agaune, soldat romain converti au christianisme et ses compagnons martyrs. Selon la tradition, une chapelle avait été construite autour du puits de la maison de Sainte Geneviève à Nanterre, dont l'eau avait guéri la mère de Geneviève de sa cécité. Cet endroit fut longtemps un lieu de pèlerinage où vinrent notamment Saint Louis et sa mère Blanche de Castille, Louis XIII et Anne d'Autriche. Culte orthodoxe. Dans les Hauts-de-Seine, quatre paroisses orthodoxes relèvent du vicariat Sainte-Marie-de-Paris-et-Saint-Alexis-d'Ugine, qui regroupe les paroisses de tradition russe auprès de la métropole orthodoxe grecque de France, une juridiction du patriarcat œcuménique de Constantinople : La paroisse Saints-Raphaêl-Nicolas-et-Irène dispose d'une chapelle aménagée dans les locaux du foyer hellénique de jeunes à Châtenay-Malabry ; elle dépend directement de la métropole orthodoxe grecque de France. La paroisse de la Descente-du-Saint-Esprit, à Clichy, dépend de la métropole orthodoxe roumaine d'Europe occidentale et méridionale, qui est un diocèse de l'Église orthodoxe roumaine (Patriarcat de Roumanie). La paroisse Saint-Jean-de-San-Francisco, à Asnières-sur-Seine, dépend de l'éparchie d'Europe occidentale, une circonscription de l'Église orthodoxe serbe. Culte protestant. L'Église protestante unie de France possède dans le département des paroisses de confession luthérienne, comme le temple de Suresnes, et des paroisses de confession réformée, comme le temple de Neuilly-sur-Seine, le temple de la Petite Étoile de Levallois-Perret, le temple de Robinson ou encore la chapelle de Ville-d'Avray. Médias. Une partie des médias français sont basés dans le département, notamment plusieurs chaînes de télévision et de radio, on peut citer le Groupe TF1 (TF1, TMC, TFX, TF1 Série-Film, LCI), le Groupe Canal+(Canal+, Canal+ Sport, C8, Cstar, Golf+ et tous les autres chaînes du groupe), France 3 Paris-Île de France, France 5, France Ô, France Média Monde (France 24, RFI, Monte Carlo Doualiya) le Groupe M6 (M6, W9, 6ter RTL, RTL2), Eurosport, Next Radio TV (BFMTV, RMC) KTO. Côté presse il y a : Économie. Revenus des Altoséquanais. Le classement de l'Insee fait apparaître une grande diversité entre les communes quant au revenu fiscal médian par ménage. Le revenu fiscal médian par ménage du département en 2010, est de , ce qui place les Hauts-de-Seine en position parmi les 96 départements français derrière l'Essonne () et les Yvelines (). À titre de comparaison, le revenu fiscal médian par ménage en France métropolitaine est de . Une comparaison régionale, nationale et européenne. En 2004, le conseil général avait un budget de 1,7 milliard d'euros et employait agents. Le PIB par habitant est trois fois plus élevé dans les Hauts-de-Seine que la moyenne nationale. Par ailleurs, le département accueille plus de sociaux d'entreprises. Les Hauts-de-Seine sont la troisième région NUTS-3 de l'Union européenne au regard du PIB (PPA) par habitant, avec (source : Eurostat) par habitant en 2002, derrière Paris et Inner London mais devant Région de Bruxelles-Capitale et Luxembourg. Selon l'Insee, en 2000, les Hauts-de-Seine sont le département où le PIB/emplois est le plus élevé en France : euros par emploi, devant Paris ( euros) puis les Yvelines () et le Rhône (). Les Hauts-de-Seine concentrent donc les emplois à hauts revenus. Toujours selon l'Insee, en 2000, le PIB des Hauts-de-Seine dépasse légèrement les 90 milliards d'euros, tandis qu'en 2000, le PIB conjoint de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, les deux autres départements de la petite couronne de Paris, est tout juste sous les 63 milliards d'euros. Ce PIB de 90 milliards d'euros place les Hauts-de-Seine à eux seuls devant de grandes métropoles européennes telles que Bruxelles (57 milliards d'euros) ou Barcelone (20 milliards d'euros). Les Hauts-de-Seine possèdent également le deuxième port fluvial d'Europe (après Duisbourg en Allemagne) : le Port de Gennevilliers, dans le nord du département, avec un trafic de 3,3 millions de tonnes. Ce port est géré par Ports de Paris (anciennement Port autonome de Paris). Géographie de l'économie altoséquanaise. Au sens de la Chambre de commerce et d'industrie de région Paris - Île-de-France (CCIP), les villes de Colombes, Courbevoie, La Garenne, Levallois, Nanterre, Neuilly, Puteaux, Rueil et Suresnes font partie du pôle Paris-La Défense, véritable cœur économique du Grand Paris, incluant également les arrondissements 1, 2, 8, 9, 16 et 17 de Paris. Dans la moitié nord des Hauts-de-Seine se situe l'Opération d'intérêt national couverte par l'Établissement public d'aménagement de la Défense Seine Arche, sur les communes de Courbevoie, La Garenne-Colombes, Nanterre et Puteaux, où sont implantés les sièges sociaux de grandes entreprises françaises et étrangères. La Défense n'est pas le seul quartier d'affaires du département. Le quartier du Val de Seine étalé sur Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux et Paris connaît un fort développement et accueille au début des années 2010 de nombreux projets de bureaux. Le sud-est du département accueille les sièges de trois chaînes de télévision françaises : TF1 (à Boulogne-Billancourt), Canal+ (à Issy-les-Moulineaux) et France 5 (à Issy-les-Moulineaux), et le reste du département accueille également les sièges des chaînes M6, W9 (commune de Neuilly-sur-Seine) et le bureau parisien de la chaîne TMC. Le siège d'entreprises de premier plan à l'échelle mondiale. Au classement du Fortune Global 500, en 2008, 10 entreprises sont basées dans les Hauts-de-Seine : Total ( position mondiale) à Courbevoie, Carrefour (33) à Boulogne-Billancourt, Saint-Gobain (110) à Courbevoie, Renault (119) à Boulogne, Vinci (169) à Rueil, Alstom (338) à Levallois, Schneider Electric (342) à Rueil, L'Oréal (355) à Clichy, Sodexo (473) à Issy-les-Moulineaux, Eiffage (488) à Asnières et enfin Thales (498) à Neuilly, ce qui donne aux Hauts-de-Seine une importance décisionnelle majeure. À l'exception de L'Oréal à Clichy et d'Eiffage à Asnières, l'intégralité de ces groupes sont basés soit dans le pôle économique Paris-La Défense, soit au Val de Seine. Grands centres commerciaux. Le département est pourvu de centres commerciaux à rayonnement régional : D'autres centres se trouvent en limite du département : Culture locale et patrimoine. Patrimoine environnemental. Communs à plusieurs communes : Dans les communes : Patrimoine architectural. Le département regroupe une série d'édifices de styles architecturaux bien différents : Parmi les autres sites remarquables, on trouve : Vignes. Soit un total d'environ pieds. Noms locaux des communes. Dans la culture locale, certaines communes du département sont appelées autrement que par leur nom officiel, pour des raisons historiques ou par simplicité. Ces noms non officiels apparaissent aléatoirement à la place des noms officiels sur les cartes, les panneaux ou la communication des municipalités. Grands festivals. L'opération des Avant Seine permet depuis 2005 de mettre un coup de projecteur sur la scène rock francilienne en permettant à six groupes franciliens sélectionnés de se produire sur une des scènes du festival Rock en Seine. Chacun de ces groupes a l'occasion de voir un de ses titres édité sur une compilation diffusée gratuitement à . C'est à la suite d'une dispute en coulisses aux répercussions très médiatisées, juste avant leur passage sur scène lors du festival Rock en Seine de 2009, que le groupe de rock anglais Oasis s'est séparé. Fin 2009, le groupe s'est partiellement reformé sous le nom Beady Eye. Les Hauts-de-Seine dans la culture et les arts. Littérature. Le département des Hauts-de-Seine a été l'objet d'un récit autobiographique de Peter Handke, qui l'a surnommé « la baie de personne » dans son livre "Mon année dans la baie de personne" en 1994. L'écrivain habitait Chaville, et décrit le département dans une prose poétique. Peinture et photographie. De grands noms du mouvement impressionniste ont peint des fragments du département qui n'était pas encore entièrement urbanisé : Cinéma et télévision. Du fait de sa proximité avec Paris et de son caractère très urbain, le département des Hauts-de-Seine apparaît dans de très nombreux films. Récemment, des scènes du film Mesrine, L'Ennemi public n° 1, de Jean-François Richet, furent tournées à Clichy en 2007, où Jacques Mesrine a passé une partie importante de sa vie. Neuilly sa mère !, tourné en 2008 à Neuilly-sur-Seine, de Gabriel Julien-Laferrière, reflète les stéréotypes du département et plus particulièrement de la ville de Neuilly. Le film Tout ce qui brille, sortie en 2010 a majoritairement était tourné à Puteaux et à La Défense Les arrière-plans des chaînes de la TNT locales, comme NRJ Paris, reprennent très souvent des vues sur La Défense. Plusieurs chaînes de télévision ayant leur siège et leurs studios d'enregistrement du journal dans les Hauts-de-Seine, telles que TF1 ou M6, les plans sur le département sont très fréquents, ainsi que des émissions et des reportages tournés dans le département. Musique. Les Petits Chanteurs de Sainte-Croix de Neuilly ("The Paris Boys Choir") est l'un des chœurs de garçons français parmi les plus réputés au monde. Actif depuis 1956 au sein de l'Institution Notre-Dame de Sainte-Croix à Neuilly-sur-Seine, il est dirigé par François Polgár depuis 1983. Les Petits Chanteurs d'Asnières est une chorale de garçons qui a connu un large succès dans les années 1970, Eddie Barclay l'ayant choisie pour former Les Poppys, groupe qui a vendu près de quatre millions d'albums dans le monde. Renouvelant ses membres au cours du temps, la chorale continue de se produire, fait des concerts partout en France et accompagne des stars de la chansons telles que Céline Dion, Johnny Hallyday, Alain Souchon, Hélène Ségara, Pascal Obispo ou encore Enrico Macias. "Auteuil, Neuilly, Passy", « Rap B.C.B.G. » des Inconnus datant de 1991, donne une image très stéréotypée de la ville Neuilly au sein des Hauts-de-Seine. Le groupe de rap français Lunatic donnait une tout autre image du département dans des morceaux tels que "92 I" bien que parlant encore de . Personnalités. Les personnalités, nées, mortes ou ayant vécu dans le département sont très nombreuses. On se référera aux sections correspondantes dans chacun des des communes altoséquanaises. Annexe. Histoire. "Par périodes historiques successives" Patrimoine. "Par date de publication (idem infra)" |
Hiroshima est une ville du Japon située sur la côte nord de la mer intérieure de Seto, sur l'île de Honshū, la plus grande île japonaise. Elle est la capitale de la préfecture d'Hiroshima et la ville la plus importante de la région du Chūgoku. Depuis le , la ville est mondialement connue pour avoir été l'une des deux cibles, avec Nagasaki, des bombardements atomiques par les États-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale. La ville accueillera le 49ème sommet du G7, prévu du 19 au 21 mai 2023. Histoire. Avant la bombe. Hiroshima fut fondée en 1589 sur la côte nord de la mer intérieure de Seto ("Setonaikai") par le seigneur féodal Terumoto Mōri. Celui-ci construisit le château d'Hiroshima sur la plus grande des îles que forment les bras de la rivière Ōta, d'où le nom de la ville. Hiroshima devint un centre urbain d'importance durant l'ère Meiji. En 1910, sa population était de , au recensement de 1940, elle atteignait . Pendant la première guerre sino-japonaise, Hiroshima devint l'une des principales bases logistiques de l'armée impériale japonaise. Elle conserva cette fonction au cours de l'ère Showa. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Hiroshima était un centre stratégique assurant la défense terrestre de tout le sud du Japon, ainsi qu'un centre industriel de première importance. Juste en face du port de la ville, sur l'île d'Okunoshima, était établie une usine de fabrication de gaz toxique affiliée au réseau d'unités de recherche de Shiro Ishii. Avec l'expansion de l'empire, différents types d'armes chimiques y furent produites comme le gaz moutarde, le lewisite et le cyanure. Ces gaz étaient notamment utilisés contre les soldats et les civils chinois ainsi que dans les expérimentations sur des humains par les unités de Shiro Ishii. La première attaque atomique de l'Histoire. Le à (heure locale), le bombardier B-29 piloté par Paul Tibbets, baptisé "Enola Gay" du nom de sa mère, décolle de la base de Tinian, avec à son bord une bombe atomique à l'uranium 235 d'une puissance de , surnommée "Little Boy". L'équipage est composé de douze hommes, dont quatre scientifiques. Deux autres B-29 l'escortent, emportant les instruments scientifiques destinés à l'analyse de l'explosion. À , l'alarme aérienne est déclenchée à Hiroshima ; un avion isolé est repéré. Il s'agit du B-29 d'observation météorologique . Au même moment, deux autres appareils survolent Kokura et Nagasaki pour une mission de reconnaissance identique. Les conditions météorologiques sont très bonnes au-dessus d'Hiroshima ; la ville est choisie comme cible. Au sol, l'alerte aérienne est levée à . La ville a été peu bombardée pendant la guerre et les habitants ont l'habitude de voir les bombardiers américains survoler leur ville pour se rendre plus au nord. Selon le musée national de la ville d'Hiroshima, la ville aurait été sciemment épargnée par les Américains lors des bombardements conventionnels pour éviter tout dommage préalable, afin de mieux évaluer les effets de la bombe atomique. La bombe, portant des quolibets signés à l'adresse des Japonais, est armée en vol et larguée à , à près de au-dessus de la ville. À heure locale, après 43 secondes de chute libre, la bombe explose à du sol, à la verticale de l'hôpital Shima, situé au cœur de l'agglomération, à moins de au sud-est du pont Aioi, initialement visé car reconnaissable par son plan en « T ». L'explosion, équivalant à celle de de TNT, rase instantanément la ville. Sur les de la ville, sont totalement détruits. Il ne resta aucune trace des habitants situés à moins de du lieu de l'explosion. Le siège de la , créée le à partir de la dissolution du , chargée de la défense de l'Ouest du Japon, ainsi que de nombreux arsenaux et bases aériennes étaient situés dans un secteur montagneux de la ville à du centre, dans le château d'Hiroshima qui fut également détruit. Dans les secondes qui suivent l'explosion, sont tuées. Dans les semaines qui suivent, meurent à leur tour, soit environ en trois mois. Le décompte du nombre total de morts reste imprécis ; il est de l'ordre de . Au retour, les aviateurs voient pendant le champignon qui, en deux minutes, a atteint d'altitude. L’"Enola Gay" atterrit six heures plus tard à Tinian. Son équipage est aussitôt décoré. Après la bombe. La ville de Hiroshima fut entièrement reconstruite après la guerre. À l'initiative de son maire, Shinzō Hamai, elle fut proclamée « Cité de la Paix » par le parlement japonais en 1949. En guise de témoignage, les ruines du dôme de Genbaku, l'un des rares bâtiments à ne pas avoir été entièrement détruits par l'explosion, furent conservées. La reconstruction de la ville intègre un musée de la Paix, dont les bâtiments ont été conçus par l'architecte Kenzō Tange. Un vaste parc, le parc du Mémorial de la Paix, s'étend sur , à proximité de l'hypocentre de l'explosion, dans lequel chaque année, le 6 août, une cérémonie commémorative est organisée. Ce parc abrite de nombreux monuments à la mémoire des victimes de la bombe. Le cénotaphe contient le nom de toutes les victimes connues de la bombe ; une "flamme de la paix" y brûle, destinée à rester allumée tant que des armes nucléaires existeront. En novembre 2010 lors du sommet d'Hiroshima, le Dalaï-lama et cinq autres lauréats du prix ont participé au sommet des prix Nobel de la Paix. Ce sommet était consacré au désarmement nucléaire et organisé à Hiroshima. Le premier prix Nobel de la paix chinois Liu Xiaobo, emprisonné en Chine, a été représenté à ce sommet par Wuer Kaixi, un des leaders étudiants lors des manifestations de la place Tian'anmen en 1989. Ce dernier a appelé à la libération de Liu Xiaobo. Il a par ailleurs déclaré : « Les militants en faveur de la démocratie et les avocats défenseurs des droits de l'homme continuent d'être harcelés et emprisonnés en Chine, au moment où nous sommes réunis à Hiroshima ». La ville est touchée par des glissements de terrain en , ayant entraîné . Commémorations. Le , le Japon a commémoré la tragédie d'Hiroshima survenue plus tôt. C'est désormais une ville de d’habitants devenue le symbole du pacifisme. À exactement, heure à laquelle en 1945, à la même date, un bombardier américain avait largué une bombe atomique sur la ville, un enfant et une jeune femme ont frappé une grande cloche devant une foule de recueillies dans le parc du Mémorial de la paix afin de commémorer ce tragique évènement. Les représentants d'une centaine de pays étaient présents, notamment Caroline Kennedy, l'ambassadrice des États-Unis au Japon et Rose Gottemoeller, la sous-secrétaire américaine chargée du contrôle des armements. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a prononcé à cette occasion un plaidoyer contre l’arme nucléaire : Le maire d'Hiroshima, Kazumi Matsui, a demandé quant à lui de supprimer les armes nucléaires, « le mal absolu », et de créer des systèmes de sécurité qui ne soient pas dépendants de la puissance militaire. Il s’est adressé directement « aux leaders du monde », et leur a demandé « de venir dans les villes qui ont été bombardées, d’écouter les histoires des "hibakusha" et de connaître la réalité d’un bombardement nucléaire ». En , après l'explosion de la bombe atomique, le président des États-Unis Barack Obama se rend à Hiroshima pour rendre hommage aux victimes, en marge d'une réunion du G7 qui se tenait au Japon. C'est le premier président américain en exercice à se rendre au parc de la Paix. Cette visite crée la polémique aux États-Unis, notamment parmi les vétérans de la Seconde Guerre mondiale qui s'étaient battus contre l'armée japonaise et ne souhaitaient pas que ce déplacement puisse être perçu comme des excuses américaines. Administration. La ville d'Hiroshima est l'une des , et dispose de compétences supplémentaires à celles généralement allouées aux villes et prises sur celles de la préfecture. La ville est découpée en : Économie. La ville est aujourd'hui l'un des principaux centres industriels et portuaires de l'ouest du Japon. Les usines automobiles Mazda sont l'une des principales activités de la ville. L'équipementier sportif et automobile Molten y a son siège social. On constate de plus une réelle augmentation des terre-pleins littoraux, élément commun du paysage urbain japonais, amas de terre complétant le continent, et plates-formes industrielles. Transports. La ville possède : |
Histoire du Japon L’histoire du Japon commence avec le peuplement dénisovien d'un groupe d'îles au sud-est de la péninsule coréenne, environ , l'arrivée des premiers groupes d"'homo sapiens" se faisant plus tard. Les plus anciennes traces d'industrie, des pierres polies, remontent à . Des poteries, parmi les plus anciennes de l'humanité, sont produites vers avant notre ère lors de la période Jōmon, et comprennent les premières formes d'œuvres artistiques : les "dogū". avant notre ère, au cours de la période Yayoi, sont introduites des technologies venant de Chine et de Corée comme la riziculture et la fonte du bronze et du fer. La période Yamato, qui s'étend de 250 à 710, voit l'émergence de la première forme d'État structuré. Lors de sa première partie, de grands tertres funéraires, ou "kofun", sont bâtis, et, progressivement, la région du Kansai s'impose en tant que centre politique. Au , le bouddhisme, arrivé au Japon via la Chine et la Corée, bouleverse profondément la vie politique du pays ; une constitution en d'inspiration bouddhique est rédigée en 604 pour encadrer le fonctionnement de l'État. De nombreux immigrés originaires des royaumes coréens façonnent la vie politique et les arts de l'archipel japonais. Du au , une culture classique portée par une cour impériale se développe. Très influencée par des modèles continentaux dont elle s'émancipe dès le , elle est à l'origine d'œuvres comme le "Tōdai-ji" ou "Le Dit du Genji". C'est aussi à cette époque que la scène politique se divise entre le pouvoir impérial, et celui de chefs de clans. Les clans Fujiwara, Taira, et Minamoto vont tour à tour accaparer la plupart des rouages de l'administration. Des famines sévissent régulièrement dans le pays, et l'insécurité qui s'installe entraîne la création d'une classe sociale de combattants, ou "bushi". Le Moyen Âge japonais s'étend du à la fin du . Après la guerre de Genpei, qui s'achève en 1185, le pays est dirigé pour la première fois par un gouvernement extérieur à la cour impériale : le "bakufu", basé dans la région du Kantō. Ce gouvernement guerrier, dirigé par le clan Hōjō marque l’, l'une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Cette période, qui commence en 1185 et s'achève en 1333, est placée sous l'autorité politique du shogunat de Kamakura et constitue la première partie du « Moyen Âge » de l'histoire japonaise. Le gouvernement guerrier en place est ensuite dirigé par les Ashikaga, qui structurent le pays à partir de 1336. L'époque Sengoku, ou époque des provinces en guerre, clôt ce Moyen Âge, marqué par de grandes turbulences sociales et politiques et un morcellement du pays en plusieurs provinces et potentats. La réunification politique du pays est cependant réalisée sous l'impulsion successive des chefs militaires Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi, puis Tokugawa Ieyasu. Le shogunat Tokugawa, qui s'ouvre en 1603 et se termine en 1868, correspond à l'époque d'Edo. Promouvant d'abord une politique commerciale active à l'étranger, il met en place une politique d'isolement par l'édit Sakoku de 1635. Le pays connaît une phase d'essor démographique et économique allant de la fin du au début du . Le néo-confucianisme importé de Chine sous-tend l'organisation de la société, et une division sociale en plusieurs classes s'instaure. Dans la culture, des formes artistiques comme le "kabuki" ou le "haïku" voient le jour, alors que dans le domaine scientifique, les études hollandaises ou "Rangaku" continuent de diffuser dans l'archipel les sciences et techniques occidentales. En 1868, le retour du pouvoir impérial au centre du système politique constitue l'acte de naissance de l'empire du Japon. En compétition avec le colonialisme occidental sur le continent asiatique, le pays se lance dans une politique d'expansion territoriale, qui aboutit à l'annexion de la Corée en 1910, l'invasion de la Mandchourie en 1931, puis l'occupation d'une partie de la Chine à partir de 1937. Au début des années 1940, le pays s'engage dans une guerre contre une coalition internationale. Le conflit prend fin après les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki d' ; l'empire du Japon est contraint à la capitulation. De 1945 à 1952, l'occupant américain impose la démocratisation du pays. Après la fin de l'occupation, le Japon devient l'une des principales puissances économiques mondiales. Malgré l'opposition récurrente de ses proches voisins, son essor économique lui permet de diffuser dans le monde entier ses productions culturelles, substituant un "" important à sa domination militaire passée. Préhistoire. Âge de pierre. Le Paléolithique. Le début du peuplement au Japon remonte probablement au début de la dernière période glaciaire il y a au moins , lorsque l'archipel était en contact avec le reste du continent, mais en raison de la nature acide des sols, aucun squelette n'a été conservé. Au plus fort de cette période vers - , le niveau des mers est alors inférieur de 130 à au niveau actuel et le territoire est connecté entre Kyūshū et la Corée ainsi qu'entre Hokkaidō, Sakhaline, et la Sibérie. Les premiers "homo sapiens" partagent les terres avec de grands animaux, y compris des mammouths. La partie la plus septentrionale du Japon actuel est occupée par la toundra et des forêts, alors qu'une zone comprenant le Tōhoku et le Kantō est, elle, couverte de résineux. Plus au sud, les conifères cèdent progressivement la place à des arbres à feuilles caduques. Les premiers vestiges d'industrie humaine, des pierres polies, remontent à environ , et constituent les traces du début du paléolithique postérieur au Japon. Cette période s'étend jusqu'à avant notre ère. Découverts initialement à Iwajuku, mais se retrouvant dans la totalité du territoire japonais, ces artéfacts se présentent sous la forme de haches, des pointes de lances, et des couteaux. Il y a , la population est estimée à environ , et vit principalement de la chasse. La période suivante s'étale de à avant notre ère et se démarque par l'apparition de lames de pierre plus fines dans deux foyers distincts. Au nord-est de Honshū et à Hokkaido, leurs formes de coin s'apparentent à celles retrouvées autour du lac Baïkal, alors qu'à l'ouest leurs formes arrondies s'apparentent à celles retrouvées dans le sud de la Chine. Les changements climatiques ainsi que la disparition de certains gibiers entraînent un glissement du régime alimentaire de ces premiers habitants vers une alimentation plus riche en végétaux. Période Jōmon. Depuis la fin du les débats, qui touchent aussi parfois les manuels scolaires, sur les origines ethniques et culturelles des actuels habitants de l'archipel se polarisent sur la question de l'identité culturelle japonaise. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale la référence aux textes anciens, comme le "Kojiki" et le "Nihon shoki", s'est atténuée tandis que la population manifestait un véritable engouement pour les découvertes archéologiques concernant les périodes Jōmon et Yayoi. Les fouilles du site Yayoi de Toro (Shizuoka), à la fin des années 1940, puis l'article de Tarō Okamoto en 1952 et ses tours de l'Exposition universelle d'Osaka en 1970 qui faisaient l'éloge de la culture Jōmon, opposaient deux modèles de société : le modèle Yayoi d'une communauté agricole et pacifique, le modèle Jōmon d'une société non-hiérarchique à l'esthétique « moderne ». Les chantiers de fouille se sont, depuis, multipliés comme nulle part au monde. Les objets ont alimenté des musées locaux et de nombreux sites ont fait l'objet d'une présentation pédagogique immersive, en particulier les parcs archéologiques de Sannai Maruyama et Yoshinogari. Les premières traces de poteries, parmi les plus anciennes de l'Histoire de l'humanité, apparaissent vers - avant notre ère, sur le site d'Odai Yamamoto site I dans la préfecture d'Aomori. Les distinctions régionales apparues au paléolithique entre un Japon occidental et un Japon oriental s'accentuent ; entre sept et huit aires culturelles distinctes sont constituées à la fin de la période, vers 300 avant notre ère. Le développement de la céramique permet un stockage plus efficace des aliments, mais aussi la cuisson, et donc la consommation, de nouveaux aliments comme les glands, les châtaignes et les marrons. Par ailleurs, des objets en laque comme des peignes ou des bols, ainsi que des étoffes en fibres végétales commencent à apparaître. Un mouvement de sédentarisation dans des villages, déjà observable lors de la période précédente, s'accentue. Les habitations font de quatre à cinq mètres de diamètre, avec un sol situé à un mètre de profondeur. On trouve par ailleurs des bâtiments plus grands, jusqu'à de long, notamment dans les régions connaissant des épisodes d'enneigement. Les pratiques funéraires font apparaître certains objets comme des "dogū" ainsi que des parures décoratives, mais ne présentent pas de distinctions sociales marquées. L'alimentation continue d'être constituée du produit de la chasse, auquel s'ajoutent des végétaux en nombre grandissant sur la période, alors que vers la fin de celle-ci l'agriculture commence à se répandre, ainsi qu'une sylviculture du châtaignier, dès les et millénaires avant notre ère. La pêche et la récolte de coquillages se généralisent le long des côtes, et le chien commence à être domestiqué. Les réseaux d'échanges de biens touchent l'ensemble de l'archipel, et traversent parfois la mer. L'abondance de ressources explique sans doute le faible développement de l'agriculture dans le Japon de la période Jōmon, ce qui constitue une variante originale de la néolithisation : sédentarité, céramiques précoces, mais processus de domestication des plantes et des animaux (quasi) inexistant. La fin de la période est cependant marquée par un effondrement du modèle du chasseur-cueilleur sédentaire, avec une disparition des villages et un retour au nomadisme. À l'apogée de cette période, les estimations les plus hautes chiffrent à le nombre d'habitants, dont 90 % dans la plaine du Kantō. Plusieurs études de paléogénétique ont analysé le génome des habitants de la période Jōmon. Leurs résultats soutiennent les preuves archéologiques basées sur l'industrie lithique que les Jomon sont des descendants directs du peuple du Paléolithique supérieur qui a commencé à vivre dans l'archipel japonais il y a . Les spécimens étudiés montrent également une forte affinité génétique avec les aborigènes indigènes de Taiwan, ce qui suggère une route côtière de la migration de l'ascendance Jomon. Ces résultats indiquent que ces populations sont génétiquement distinctes des populations vivant aujourd'hui en Eurasie orientale ou même au Japon, à l'exception des Aïnous d'Hokkaido. Ils correspondent à l'hypothèse que les Aïnous et les Jomon partagent une ascendance commune. Une étude suggère ainsi que les Aïnous d'Hokkaido « sont probablement des descendants directs du peuple Jomon ». Enfin, les chercheurs ont observé une mutation pathogène du gène CPT1A chez ces individus. La mutation offre des avantages métaboliques pour la consommation d'un régime alimentaire riche en graisses et sa fréquence d'allèles est supérieure à 70 % dans les populations arctiques, mais est absente ailleurs. Cette variante pourrait être liée, selon les auteurs, au mode de vie du peuple Funadomari Jōmon, qui pêchait et chassait les animaux terrestres et marins. Protohistoire. Période Yayoi. La culture Yayoi, du nom d'un type de poterie propre à cette époque, se développe à partir de 800 avant notre ère dans l'ouest de l'archipel, et coexiste dans un premier temps avec la culture Jōmon, jusque vers environ 400 AEC, date initiale retenue traditionnellement. Initialement centrée sur le nord de Kyūshū, elle se caractérise par l'usage d'une riziculture inondée, technique importée de Chine via la Corée, et s'étend jusqu'au . L'usage de greniers surélevés pour stocker les récoltes apparaît. Contrairement à d'autres régions du monde, l'essor de l'agriculture ne s'est pas accompagné au Japon d'un développement de l'élevage. Des objets en bronze et en fer apparaissent simultanément. La matière première n'est pas extraite sur place, mais est importée sous forme de lingot et est fondue dans des moules. De grandes cloches de bronze, des épées et des pointes de lances, ou encore des "tama" sont façonnées et ensevelies dans un but cérémoniel. Les individus de la période Yayoi présentent, à la différence des populations de la culture Jōmon, une nouvelle composante génétique continentale d'Asie du Nord-Est. Les fermiers du Néolithique moyen de l'ouest de la rivière Liao sont les anciennes populations du continent asiatique qui sont les plus proches génétiquement de la source continentale présente chez ces individus Yayoi, ce qui suggère un itinéraire hypothétique de propagation agricole en direction du Japon qui aurait suivi la péninsule du Shandong (nord-est de la Chine) vers la péninsule du Liaodong (partie nord-ouest de la péninsule coréenne) puis atteint l'archipel via la péninsule coréenne. La population connaît une croissance importante, soutenue par les progrès de l'agriculture alors que la cueillette, la chasse, et la pêche sont toujours pratiquées. Cette hausse est surtout sensible au Sud et dans l'Ouest, bien que le Centre et le Sud de la région continuent de représenter la plus importante partie des habitants de l'archipel. Ceux-ci seraient environ au début du , et un million vers l'an 200. Par ailleurs, les troubles politiques sur le continent, plus particulièrement en Chine avec la chute des Han, ont probablement entraîné l'arrivée de populations d'outre-mer, et avec elles des savoir-faire techniques et artisanaux. L'habitat n'évolue que peu par rapport à la période Jōmon, mais les villes se fortifient et de nouveaux établissements sont fondés sur des hauteurs faciles à défendre, en raison de l'apparition de guerres. La région est pour la première fois citée dans des sources écrites du venant de Chine. Le peuple habitant l'archipel est désigné sous le nom de "Wa", et décrit comme étant réparti en une centaine de principautés, certaines entretenant des relations commerciales avec les Hans. Selon la chronique des Wei, ces principautés se seraient fédérées sous l'autorité de la reine Himiko, dans la région du Yamatai. Période Kofun. La période qui va de la fin du à la fin du se caractérise par l'utilisation de "kofun", grands tertres funéraires érigés pour des chefs locaux ainsi que pour leurs familles. Leur taille va en s'accroissant entre le milieu du et le début du , notamment dans la région du Kinki, qui devient un important centre politique entre 450 et 500 au terme d'un processus d'unification politique. Vers le début du , son centre situé dans la zone du Yamato, près de Nara, se déplace vers la plaine du Kawachi. L'augmentation de la taille des "kofun" à cette occasion témoigne d'une croissance importante du pouvoir. Celui de Daisen construit à cette époque fait ainsi de long pour de haut, et aurait nécessité l'utilisation de près de pendant plusieurs années. Vers la fin du et le début du , un nouveau type de régime politique émerge, centralisé autour de quelques grands chefs et possédant un début d'administration. Cette évolution va de pair avec une baisse en nombre et en taille des "kofun", remplacés par de grandes nécropoles disposant de petits tertres, illustrant une concentration du pouvoir. La paléogénétique montre que les anciens individus de la période Kofun sont distincts génétiquement des individus de la culture Yayoi. Les résultats suggèrent que les Hans d'Asie de l'est sont la population la plus proche de cette source continentale. Ils confirment également l'hypothèse que le début de la période Kofun s'est accompagné d'une forte migration en provenance du continent asiatique dans l'archipel du Japon. Depuis lors, on observe « un certain niveau de continuité génétique » avec la population japonaise moderne. Le processus de différenciation sociale déjà actif lors de l'époque précédente s'accentue, et entre 350 et 400 le matériel funéraire présent dans ces tombes montre une militarisation du pouvoir. Cependant, des régions entières restent en dehors de ce modèle culturel dominant, comme le nord du Tōhoku, Hokkaidō, les îles Satsunan, perpétuant la culture Jōmon. À partir du , des rizières en zones sèches se développent, et de nouveaux espaces sont défrichés et cultivés, permettant une croissance de la production agricole. La création de digues et d'étangs, ainsi que l'assèchement de marais montrent par ailleurs une organisation sociale plus poussée. Les relations politiques avec les royaumes coréens s'intensifient. Les chefs "Wa" dépendant de la péninsule pour leurs approvisionnements en métaux, il est probable que ceux-ci aient ainsi cherché à sécuriser les circuits d'échanges. Dès le , des alliances militaires se forgent avec Baekje et des troupes "Wa" interviennent dans la péninsule pour combattre contre les royaumes de Silla et du Koguryo. C'est via ces alliances que des artisans qualifiés entrent dans l'archipel, et apportent avec eux des technologies comme le tissage de la soie, la fabrication de papier, la fonte de métaux... Des lettrés du continent maîtrisant l'écriture chinoise émigrent également. Des relations avec les pouvoirs chinois sont aussi entretenues par des ambassades, et des sources de l'empire du Milieu témoignent de l'existence de cinq rois de Wa au cours du . Période antique (). Période d'Asuka. Pénétration du bouddhisme et crises politiques. Le bouddhisme fait son entrée au Japon vers le . En 538 ou 552, l'empereur Kinmei reçoit une statue de Bouddha ainsi que des sutras de la part du roi coréen de Baekje, alors que des moines bouddhistes venant de la péninsule convertissent déjà depuis quelques années des habitants de l'archipel. Bien qu'étant en contradiction avec les systèmes de croyances locaux, cette nouvelle spiritualité religieuse est bien accueillie, tout comme le taoïsme et le confucianisme. Elle touche dans un premier temps l'aristocratie, et certains chefs se convertissent à titre personnel ou entraînent avec eux l'ensemble de leur clan. Le bouddhisme étend sa sphère d'influence au champ politique : dans la seconde moitié du , le clan Soga prône son institution en religion officielle de la royauté japonaise, à l'exemple des royaumes coréens. Les partisans du shintō s'imposent dans un premier temps, mais l'empereur Kinmei autorise le chef de clan Soga no Iname à continuer à pratiquer ce culte à titre privé. Son successeur Bidatsu est plus hostile à cette religion et va jusqu'à la faire interdire, lui imputant de mauvaises récoltes, notamment en 569. L'opposition persistante entre les Soga et les Mononobe débouche sur une confrontation militaire. En 587, à la bataille de Shigisan, les Soga anéantissent leur ennemi. Leur victoire leur ouvre le chemin du pouvoir ; ils installent sur le trône du chrysanthème un nouvel empereur : Sushun, fils de l'empereur Kinmei et petit-fils de Soga no Iname. L'assassinat de ce dernier, cinq ans plus tard, permet l'accession au trône de la première impératrice régnante du Japon : Suiko, petite-fille de Soga no Iname et demi-sœur de l'empereur Sushun. Au début du , le clan Soga contrôle d'autres clans et trois grandes administrations. La nature de plus en plus despotique du régime ligue contre lui des notables de la cour. Un premier coup d'État échoue en 643. Deux ans plus tard, soutenu par Kamatari du clan Nakatomi, le prince Naka no Ōe, descendant de l'empereur Kinmei, assassine Soga no Iruka, dépositaire du pouvoir du clan Soga. Ce n'est cependant qu'en 667, après une vingtaine d'années de complots politiques et d'actions violentes, qu'il accède au trône impérial sous le nom de Tenji. Une troisième crise politique s'ouvre en 672 lorsque la guerre de Jinshin éclate, opposant le fils de l'empereur Tenji, le prince Ōtomo, à son oncle, Ōama. Ce dernier, s'appuyant sur des chefs régionaux mécontents des dépenses somptuaires du régime et des échecs militaires en Corée, s'impose lors de la bataille décisive de Setabashi. Contrairement à ses prédécesseurs, il prend immédiatement le titre d'empereur sous le nom de Tenmu et adopte la dénomination de "Tennō" en remplacement de celle d"Ōkimi", dirigeant non plus "Yamato" mais "Nihon". Il entame une série de réformes institutionnelles afin de renforcer le pouvoir impérial. L'empereur est associé aux divinités locales et son ascendance divine affirmée . Dans le même temps, la propagation du bouddhisme est encouragée et son organisation est placée sous le contrôle de l'État. Réformes internes et interventions extérieures. Au début du , l'État se modernise en mettant en œuvre plusieurs réformes inspirées de celles des monarchies coréennes et de la dynastie Sui, en Chine. En 603, Il institue une hiérarchie en six rangs basée sur le mérite. Touchant les membres de la moyenne aristocratie, elle préfigure l'émergence d'un État basé sur une classe de fonctionnaires. En 604, la Constitution en 17 articles pose les bases d'une conception confucianiste de l'État, avec l'affirmation de la prééminence de la famille impériale, et l'obligation d'obéissance envers le souverain. Les anciens chefs de clan doivent se comporter comme des fonctionnaires, et se réunir à la cour pour écouter les ordres du souverain. La réforme de Taika de 646 accentue la centralisation de l'administration sur le modèle de celle de la Chine des Tang, et accélère l'intégration des provinces, y compris des plus reculées comme celles du Nord-Est. Des expéditions militaires sont lancées dans le Tōhoku et à Hokkaidō entre 646 et 660 pour soumettre les populations de ces régions. Les réformes sont poursuivies sous Tenmu. En 682, notamment, la rétribution individuelle des fonctionnaires est adoptée. Cette mesure vise surtout à l'achèvement de la transformation des membres de la haute aristocratie en fonctionnaires au service de l'État. Le code de Taihō, promulgué en 701, fournit en détail l'organigramme du régime, compile les règles existantes et marque la naissance d'un « régime de codes » influencé par les modèles continentaux. Sur le continent, la Chine des Sui et la Corée du Koguryo sont en conflit au début du . Le pouvoir "Wa", se voulant l'égal du pouvoir chinois, tente de faire reconnaître ses prétentions sur la péninsule, diplomatiquement en envoyant des ambassades en 600 et en 607 à la cour chinoise , et militairement en 600 et en 623 en envoyant des troupes en Corée, mais celles-ci sont défaites. En 630 une nouvelle expédition militaire est envisagée, mais les partisans du "statu quo" l'emportent, et les relations s'apaisent momentanément avec Silla. La Chine des Tang entreprend au milieu du de conquérir la péninsule coréenne, avec le soutien militaire de Silla. Sortant de sa position de neutralité, le pouvoir japonais s'allie au royaume coréen de Baekje et organise une intervention militaire afin de reprendre pied dans la péninsule. La coalition chinoise met fin à ses ambitions en 663 lors de la bataille navale de Hakusukinoe. Vaincu, le gouvernement japonais cherche par la suite à apaiser la situation en envoyant deux ambassades aux Tang en 665 et 669. Les conflits dans la péninsule ont cependant pour effet d'inciter de nombreux immigrés qualifiés à émigrer, ce qui favorise le transfert de techniques et de modes de pensées et d'organisation. Le Japon sous le régime des Codes (). Adaptation et délitement du régime des Codes. Le développement de l'administration du pays selon un régime de Codes, ou "Ritsuryō", calqué sur le modèle chinois des Sui, s'étale du milieu du jusqu'au milieu du . Il est caractérisé par quatre phases principales d'évolutions, au cours desquelles le pouvoir change de mains à plusieurs reprises. Lors d'une phase allant d'environ 750 à 850, la maison impériale reste dominante dans les affaires du pays. L'ascension au pouvoir de l'empereur Kanmu en 781 puis celle de son fils Saga en 809 marquent l'apogée de cette période. Sous l'impulsion de ceux-ci, la décision est prise de déplacer la capitale vers Nagaoka-kyō (784), puis vers Heian-kyō (794) afin d'échapper à l'influence des moines bouddhistes de Heijō-kyō. Ils favorisent par ailleurs la construction de nouveaux temples, ainsi que l'émergence de nouvelles écoles de pensée bouddhistes, dont les écoles Tendai (et son Enryaku-ji) et Shingon (et son Tō-ji), de manière à concurrencer celles restées à Heijō-kyō. Ils réforment l'administration de façon à la rendre plus efficace et à faciliter son contrôle, et repoussent les populations non soumises d"Emishi" vers le nord, au-delà de l'actuel Morioka. D'environ 850 à 1050, le clan des Fujiwara domine la conduite du pays en assurant une forme de régence héréditaire. Déjà très liée à la famille impériale depuis le renversement du clan Soga de 643, cette association se renforce lorsque Fujiwara no Yoshifusa devient en 858 le régent, ou "sesshō", du futur empereur Seiwa, assurant ainsi la réalité du pouvoir. Son fils Fujiwara no Mototsune hérite de cette charge en 873. L'empereur devenu majeur en 887, il est promu "Kanpaku". Les Fujiwara s'assurent par des mariages du maintien des liens tissés avec la famille impériale, et parviennent à modifier le "Ritsuryō" pour capter un nombre grandissant de richesses. La puissance de la famille culmine lors du sous la direction de Fujiwara no Michinaga puis de son fils Fujiwara no Yorimichi entre 1016 et 1078 ; elle s'affaiblit par la suite en raison de dissensions familiales et de la montée en puissance des empereurs retirés. Quelques empereurs retirés remettent en cause la prééminence des Fujiwara lors d'une période allant d'environ 1050 à 1180. Go-Sanjō, qui devient empereur en 1068, et son fils Shirakawa, qui le devient à partir de 1073, parviennent à exploiter les erreurs du régent Fujiwara et les dissensions qui secouent cette famille, élargissant ainsi leurs prérogatives, et augmentant les revenus de leurs terres. Grâce à leur richesse accrue, ils financent de grands travaux dans la capitale, ce qui renforce leur autorité politique. Cette stratégie est poursuivie avec succès jusqu'au règne de Go-Shirakawa au cours duquel les relations à la cour se tendent, et plusieurs rébellions éclatent (celle de Hōgen en 1156, Heiji en 1160). C'est à cette époque que sous la direction de son chef militaire, Taira no Kiyomori, et grâce à l'appui de Go-Shirakawa, le clan Taira affirme sa puissance. Mochihito, fils de Go-Shirakawa, s'estimant injustement écarté du pouvoir par les Taira, conclut en 1180 une alliance avec le clan Minamoto ; la guerre de Genpei commence. Cinq ans plus tard, les Minamoto défont les Taira lors de la bataille navale décisive de Dan-no-ura ; l'époque de Heian prend fin. Une agriculture en crise. Le climat du Japon connaît entre le milieu du et 1100 une hausse significative des températures, dont les conséquences se font sentir sur l'agriculture. Entre le et le , un nombre important de famines est enregistré, frappant en moyenne tous les trois ans (au niveau local ou national), et ayant la plupart du temps été causées par des épisodes de sécheresse. Des recherches archéologiques mettent en évidence des phénomènes de stérilisation des sols de terres cultivées entre la fin du et le premier quart du ; des domaines agricoles sont abandonnés autant dans l'est que dans l'ouest du pays. Lors des périodes Nara et Heian, la riziculture se développe sur les flancs de montagne et les fonds de vallée ; l'eau de ruissellement et de pluie de mousson y est plus simple à capter. Dans certaines régions comme le Kinai, l'érosion des sols engendrée par l'exploitation forestière fragilise ce type de culture ; les bassins rizicoles sont alors moins souvent irrigués, et plus souvent encombrés par des débris minéraux et végétaux. La cour impériale publie des décrets (11 entre 693 et 840) pour obliger les agriculteurs à planter des céréales sèches, une alternative au riz en cas de mauvaise récolte lors d'épisodes de sécheresse. L'administration impériale a plusieurs types de réponses à ces famines. Entre 670 et le début du , une politique active est menée, en faisant parvenir des stocks de riz aux régions touchées (à partir de 704), en accordant des exemptions fiscales, et en commandant des cérémonies religieuses pour encourager les bonnes récoltes. À partir du début des années 800, la situation devient plus complexe à gérer. Les fonctionnaires locaux sont souvent accusés de mauvaise gestion par l'administration centrale ; accusations qu'ils rejettent sur les paysans, leur reprochant de manquer de sérieux dans leurs travaux. Dès 900, l'administration centrale, débordée, ne parvient plus qu'à limiter les troubles dans la capitale en y distribuant de la nourriture. Au siècle suivant, les ressources ne permettent plus de couvrir les besoins des populations. Ces crises de subsistance ont plusieurs effets sur la population. La mortalité augmente et l'affaiblissement induit des populations l'amplifie. Les épidémies sont fréquentes, et touchent davantage les personnes vivant de la terre, épargnant les nobles. La fécondité baisse aussi. L'ensemble de ces phénomènes contribue à un tassement de la population du pays. Culture et société en mutation. Époque de Nara (). Le Japon connaît lors de l'époque de Nara une période de dynamisme culturel, et apparaît comme un des pôles culturels de l'Asie, derrière la Chine qui s'impose comme un modèle à suivre. L'administration impériale japonaise, cherchant à légitimer la lignée impériale, s’attelle à l'écriture d'une histoire officielle. S'inspirant des modèles chinois, elle publie des chroniques historiques mettant en avant l’origine divine de la famille impériale : le "Kojiki" en 712 puis le "Nihon shoki" en 720. Une capitale fixe, établie à Heijō-kyō (l'actuelle ville de Nara), centralise les pouvoirs politiques et religieux. À la manière des cités chinoises de l'époque, son urbanisme suit un plan en grille, et comporte un palais, des ministères, et plusieurs autres administrations. Cette Heijō-kyō aurait compté environ . L'État continue d'étendre son contrôle sur l'archipel. L'ouest du Tōhoku est soumis, et en 712 la province de Dewa y est créée. Le sud de Kyūshū est conquis au début du . Des colons s'installent dans ces régions et y introduisent la riziculture. Dans l'ensemble des provinces, l'administration centrale impose la rédaction de "Fudoki", rapports portant sur divers aspects de la vie locale. Les recensements de populations, et les cadastrages s'y développent aussi. L'économie connaît une phase d'expansion. La frappe de monnaies de cuivre et d'argent est enregistrée dès la fin du et en 708, la première monnaie officielle du pays : le "Wadōkaichin", entre en circulation. Si cette économie monétaire reste limitée faute de ressources métalliques, elle démontrait une volonté étatique de développement. Des marchés apparaissent aussi en dehors de la capitale, mais le commerce reste essentiellement une activité de complément, avec peu de boutiques tenues par des marchands. Dans le domaine géopolitique, le pays entretient des relations avec la Chine des Tang, et y envoie une ambassade importante environ tous les . Celle-ci peut compter jusqu'à , et le retour au Japon de ces envoyés permet au pays de connaître les dernières évolutions culturelles chinoises. Certains de ces Japonais s'implantent durablement en Chine ; un lettré comme Abe no Nakamaro devient un proche de l'empereur Tang Daizong. Les relations avec la Corée des Silla sont plus tendues, mais des ambassades sont cependant échangées. La Corée agit comme un intermédiaire entre le Japon et la Chine. Des relations sont aussi entretenues avec le royaume de Parhae qui succède au royaume de Koguryo, et une première ambassade arrive à Heijō-kyō en 727. Trente suivent jusqu'en 926 ; le Japon en envoie treize lors de la même période. Le bouddhisme évolue vers une forme de religion officielle. L'État prend à sa charge la construction de temples provinciaux ainsi que du Tōdai-ji à Nara. L'empereur Shōmu favorise en particulier le développement de cette religion, et commande en 743 une immense statue de Vairocana. L'administration du bouddhisme se concentre alors dans les mains des Six écoles de la Capitale du Sud, toutes venant de courants développés sur le continent. L'école Kegon en particulier domine ce système et gère les temples provinciaux. Des moines gyrovagues commencent à apparaître, dont le moine Gyōki qui convertit au bouddhisme des populations rurales. La culture connaît lors de l'ère Tenpyō de 729 à 767 un dynamisme important. Elle est façonnée par les goûts de la cour et les grands chantiers liés au bouddhisme comme ceux du Tōshōdai-ji ou du Tōdai-ji. Des sculptures gigantesques sont construites pour décorer ces temples. Dans le domaine littéraire, le "Kaifūsō" compilé en 751 et le "Man'yōshū" compilé vers 760 rassemblent des poèmes composés pour certains dans la première moitié du . Les auteurs sont avant tout des gens de la cour, mais des œuvres de soldats ou de paysans sont aussi présentes. Les thèmes portent sur l'amour, la nature, ou encore le travail et la misère de l'époque, dans la capitale ou dans les provinces. Une culture émancipée des influences extérieures. À partir du milieu du , la culture de la cour impériale commence à s'émanciper de l'influence chinoise. Un système d'écriture propre au japonais est développé, et sert de support à une langue japonaise classique. Si les "Kanbun" sont toujours utilisés pour les textes officiels, les adaptations du modèle chinois sont de plus en plus nombreuses. La langue japonaise se simplifie ; alors que celle-ci compte huit voyelles au , elles ne sont plus que cinq un siècle plus tard. Le nouveau système d'écriture favorise le développement d'une littérature de cour très diverse dans ses formes. Le "Tosa nikki" du poète Ki no Tsurayuki est ainsi rédigé en utilisant intégralement cette nouvelle écriture vers 935. Une scène littéraire dynamique s'épanouit au , en particulier. Le recueil de poésie "Kokinshū" est publié en 905, et des "monogatari" comme "Les contes d'Ise" ou comme "Le conte du coupeur de bambou" sont publiés. Les femmes, très actives dans ce mouvement, sont les premières à bénéficier de l'introduction du nouveau syllabaire. Des auteures comme Izumi Shikibu (le "Izumi Shikibu nikki"), Murasaki Shikibu ("Le Dit du Genji"), et Sei Shōnagon (Les "Notes de chevet" achevées en 1002) en sont les principales représentantes ; cultivées et éduquées, elles n'ont cependant pas accès à la sphère politique. Des formes indigènes de bouddhisme apparaissent. Le moine Saichō fonde la branche Tendai et le moine Kūkai la branche Shingon. Ces écoles japonaises s'opposent rapidement aux Six écoles de la Capitale du Sud, et installent leurs monastères sur le mont Hiei, à proximité de la nouvelle capitale Kyoto (Enryaku-ji) ou dans celle-ci (Tō-ji). Contrairement aux écoles plus anciennes qui installent leurs temples à proximité des lieux de pouvoirs, ces deux nouvelles écoles installent les leurs dans les montagnes (comme le Kongōbu-ji sur le Mont Kōya). Elles rompent aussi avec les anciennes pratiques en interdisant leur accès aux femmes. C'est véritablement avec l'arrivée des écoles Tendai et Shingon que l'aristocratie japonaise se convertit. Une forme locale de chamanisme, le shintō, continue d'exister et d'influencer les plus hautes sphères de l'aristocratie. Le clan Nakatomi est chargé de plusieurs rituels à la cour, et plusieurs types de divinations ("Ashi-ura", "zeni-ura", lecture du "Classique des changements"...) sont pratiqués. Dans les sanctuaires, une classe de gardiennes de lieux saints et d'intermédiaires entre les hommes et les dieux apparaît : les "miko". Au , la dévotion envers la divinité protectrice du Japon et du peuple japonais, Hachiman, connaît un regain de ferveur au Usa Hachiman-gū ; les liens entre la cour et ce sanctuaire s'affirment. Montée des domaines privés. Les relations avec les pays étrangers fluctuent selon les secteurs. Si les échanges politiques se font plus rares du au , les commerçants venant de Chine ou de Corée continuent à développer leurs activités dans l'archipel. La dernière ambassade est envoyée en 838 en Chine alors que la dynastie Tang commence à péricliter. La situation est comparable en Corée jusqu'à l'unification de la péninsule par le Goryeo au début du . Le pays connaît une période de paix relative, bien que des agitations puissent perdurer dans les provinces. Si la , qui s'achève en 802, permet de pacifier le Tōhoku, certaines zones comme l'actuelle préfecture d'Aomori restent hors du contrôle impérial, et des révoltes ont lieu (prise d'Akita en 878). Plus largement, les provinces commencent à jouer un rôle plus important dans l'histoire nationale. Une élite s'y développe à partir du , et devient de plus en plus autonome vis-à-vis du pouvoir central. Ses revenus grandissants lui permettent de lever des forces armées pour mater les émeutes. Une nouvelle classe de combattants, les "Bushi", fait alors son apparition vers 900 et est utilisée pour faire face à l'insécurité qui se généralise dans les provinces comme dans la capitale. Au niveau local, de grands ensembles privés ou "shōen", commencent à se constituer au . Initialement limités, leur nombre augmente à partir du . Ils sont issus de terres appartenant au domaine public, et privatisées par des fonctionnaires, ou des monastères bouddhiques. Si leurs propriétaires restent soumis à l'impôt, les exemptions se multiplient. Grâce à une pression fiscale souvent moindre sur ces terres, des paysans de plus en plus nombreux délaissent les terres publiques pour s'y installer et les exploiter pour un seigneur local. Des droits de police et de justice sont aussi parfois acquis par ces seigneurs, qui échappent alors à l'autorité de l'administration. Plus largement, la privatisation de ces terres contribue à réduire les recettes fiscales de l'État, et plusieurs édits visent à réduire l'importance des "shōen" lors de l'époque Heian. Cependant, au sein même de l'administration travaillent des aristocrates tirant leurs richesses et leur poids politique de l’existence de ce type de domaine, ce qui réduit la portée de ces édits. Le Moyen Âge japonais (). En 1150 la population japonaise compte environ sept millions d'individus (avec une densité moyenne de au kilomètre carré), dont 40% vivent dans le Kinai (environ 1,4 million d'habitants, soit au kilomètre carré) ou dans le Kantō (environ 1,6 million d'habitants, soit au kilomètre carré). Le siècle de Kamakura. Un pouvoir politique hors de la cour impériale. Instauration du premier shogunat. À partir de la fin du , une série de chefs guerriers exercent le pouvoir au nom de l'empereur depuis leur capitale de Kamakura dans le Kantō. Pour la première fois dans l'histoire du Japon, le pouvoir est exercé par un groupe extérieur à la cour impériale et localisé hors du Kansai. Minamoto no Yoritomo, qui sort victorieux de la guerre de Genpei en 1185, reçoit de la cour le titre de "seiitai shōgun" et prend la tête du "bakufu", ou « gouvernement de la tente ». Faute d'héritier mâle en âge de régner, c'est le clan de sa femme, Hōjō Masako, le clan Hōjō, qui s'approprie le pouvoir à sa mort en 1199 et le conserve pendant plus d'un siècle. Hōjō Masako dirige les affaires de l'État de 1199 jusqu'à sa mort en 1225, alors que le nouveau régime doit faire face à des tentatives de déstabilisation venant de la cour impériale restée à Kyoto. Elle fait éliminer son propre fils Minamoto no Yoriie en 1203, ainsi que des membres du clan Hiki duquel il était proche, et fait nommer shogun son second fils Minamoto no Sanetomo. En 1213, elle écarte du pouvoir Wada Yoshimori qui occupait un poste clef dans l'administration et qui est accusé de comploter. Ceci permet aux Hōjō de confisquer des domaines appartenant aux clans écartés du pouvoir, consolidant ainsi leurs bases économiques et sécurisant les zones situées autour de Kamakura, celles-ci devenant contrôlées par des Hōjō et par leurs alliés. Minamoto no Sanetomo meurt assassiné, sans héritier, en 1219. Étant donné qu'il était proche de l'empereur retiré Go-Toba avec qui il entretenait une correspondance épistolaire, son assassinat devient prétexte à une intervention de la cour. Go-Toba tente de renverser le pouvoir sans succès lors de la révolte de Jōkyū en 1221. En réaction, l'empereur et sa descendance sont exilés loin de Kyoto, et les terres des nobles ayant appuyé la révolte sont confisquées par le shogunat. Dès lors, et jusqu'à la chute du régime un siècle plus tard, l'équilibre du pouvoir bascule du côté de Kamakura. Les Hōjō mettent en place à partir de 1221 plusieurs institutions pour consolider leur pouvoir dans tout le pays. Un poste de contrôleur militaire, ou "Tandai", de la capitale Kyoto est créé en 1221 et son titulaire siège au palais de Rokuhara. Un « conseil des treize » est créé en 1225 pour encadrer les décisions importantes du régime. Le shogunat devient plus pacifié et plus stable avec les successeurs de Hōjō Masako. Cependant, la branche aînée des Hōjō écarte du pouvoir les branches cadettes de la famille, ce qui n'est pas sans entraîner quelques rébellions, notamment en 1246. Le régime prend efficacement appui sur des hommes-liges ou "gokenin", auxquels il redistribue des domaines confisqués à des opposants ; en contrepartie, ils doivent se soumettre à une série d'obligations envers le shogunat. Ce début de système féodal perdure lors des époques suivantes. Les institutions judiciaires sont aussi modernisées en plusieurs étapes (1221 voit la création d'une cour d'appel ; en 1249, des postes de magistrats instructeurs sont créés. En 1232, est publié le recueil juridique "Goseibai Shikimoku"). Apogée et chute du premier shogunat. Le régime de Kamakura connaît une forme d'apogée lors de la régence de Hōjō Tokimune de 1268 à 1284. La famille impériale subit en 1272 une scission entre deux branches rivales, ce qui concourt à renforcer le pouvoir de Kamakura. Les tentatives d'invasions mongoles du Japon en 1274 et 1281 permettent au "bakufu" de renforcer son emprise sur les îles de Shikoku et de Kyūshū, et, dans cette dernière, une administration spéciale est mise en place, sous le contrôle des Hōjō. Le Bakufu a recours à de nombreux guerriers pour assurer la défense des côtes, mais peine à les rémunérer. Contrairement aux conflits précédents, le régime ne peut pas confisquer de domaines pour les redistribuer, ce qui entraîne de moins bonnes récompenses. À partir des dernières années du , le régime des Hōjō doit faire face à plusieurs difficultés. La centralisation des pouvoirs dans les mains de cette famille au détriment des hommes-liges entraîne un coup d'État à Kamakura en 1285. Le clan Adachi, soutien du régime, est éliminé, et plusieurs centaines de vassaux se voient confisquer leurs terres. Cette répression coupe la famille Hōjō de plusieurs de ses appuis les plus puissants dans le Kantō, parmi lesquels plusieurs se retournent contre eux lors de la chute du régime. Dans le même temps, la situation sociale des guerriers tend à se dégrader dans le pays, ce qui provoque des troubles de plus en plus importants. Malgré un édit en 1291 qui tente sans succès de sécuriser les revenus des guerriers, le régime se coupe progressivement de sa base sociale, alors que le pays traverse des vagues de violences. Dans ce contexte défavorable au régime des Hōjō, l'accession au pouvoir de l'empereur Go-Daigo en 1318 permet d'unifier plusieurs opposants au "bakufu". Après deux complots infructueux en 1324 et 1331, la guerre de Genkō, qui commence en 1331, porte au pouvoir l'empereur Go-Daigo en 1333 et marque la fin du régime de Kamakura. Essor économique et brassage social. La redistribution de domaines qui suit la révolte de Jōkyū attire dans l'Ouest du pays des guerriers venant d'autres parties du Japon. Les nouveaux-venus découvrent de nouveaux modes de vie (culture, alimentation...), et introduisent de nouvelles méthodes pour valoriser les terres. Ils favorisent une politique de défrichements, et contribuent à augmenter le rendement des terres. Le recours à des outils de fer et l'utilisation d'engrais permettent d'intensifier la culture des terres, et, dans le Kinai, des doubles cultures annuelles riz/froment se développent. Les changements de propriétaires consécutifs à la révolte de Jōkyū permettent aussi à davantage de paysans d'avoir accès à la terre, sans pour autant en devenir propriétaires. Cette hausse des productions agricoles permet l'essor d'une économie d'échanges, et favorise le développement des métiers de l'artisanat et du commerce. Dans les grandes villes, aux abords des temples ou des lieux de passages comme les ponts, les marchés deviennent plus fréquents et se développent. Les guildes, qui ont commencé à exister depuis la période précédente, sont à présent assez structurées pour demander des exemptions de taxes ou des monopoles de vente, et bénéficient de la protection des administrations provinciales, des propriétaires de domaines ou de sanctuaires. À l'échelle du pays, les voies de commerces maritimes comme terrestres (Tōkaidō) prennent de l'importance, et des agglomérations apparaissent à leurs abords (Tsuruga, Onomichi). Dans les villes plus importantes comme Kyoto, des quartiers spécialisés se constituent (quartiers dédiés aux poissonniers, aux artisans du cuivre, aux brasseurs de saké...). La condition féminine s'améliore, les femmes participant activement aux activités économiques, mais une population de "hinins" (« non humains ») constituée d'artisans dits exposés à la souillure (tanneurs, équarrisseurs...), victimes de discriminations et de tabous, apparaît aussi, surtout dans l'Ouest du pays. Les échanges internationaux, notamment avec la Chine, s'intensifient, ce qui a pour effet l'introduction de plus en plus de monnaies de cuivre étrangères, et l'essor d'une économie monétaire locale. Un port comme Hakata (Fukuoka) est à l'avant-garde de ces échanges, mais les marchands chinois perdent progressivement, au cours du , leurs monopoles commerciaux, alors que les marchands japonais s'aventurent de plus en plus loin pour commercer avec la dynastie Song. Le Japon importe essentiellement des produits de luxe (céramiques, soieries, parfums, livres), et exporte des matières premières (soufre, or, argent) et des produits manufacturés (sabres, laques...). Ce commerce avec la Chine profite aussi à Okinawa, qui voit l'émergence de chefs qui se font construire des châteaux. À Hokkaidō et dans le nord de Honshū, les populations aïnous se structurent et continuent de cohabiter avec les Japonais, bien que des rébellions éclatent en 1320 et 1322. La culture du siècle de Kamakura et son renouveau religieux. L'affermissement du "bakufu" insuffle au shintoïsme une nouvelle dynamique. Le culte de la divinité de la guerre Hachiman se développe au Tsurugaoka Hachiman-gū à Kamakura, et des jeux guerriers comme le "yabusame" intègrent des cérémonies religieuses. Dans le même temps, le culte des divinités locales du Kantō se répand dans la population, alors que celles-ci sont absentes du panthéon de la cour de Kyoto. La vitalité du bouddhisme est soutenue par l'intensification des échanges commerciaux et les déplacements de population qu'il induit. Venant du continent en suivant les voies commerciales, des moines chinois introduisent le Chán ainsi que des éléments de la culture chinoise ; mouvement qui s'intensifie avec la chute de la dynastie Song provoquée par des invasions mongoles. Des moines japonais comme Eisai ou Dōgen se rendent sur le continent, et, à leur retour, fondent de nouvelles écoles du bouddhisme zen, soutenues par le régime de Kamakura. Le moine Eisai, qui est à la tête de l'école zen du rinzai, ouvre ainsi des temples à Kamakura (Jufuku-ji en 1200) et à Kyoto (Kennin-ji en 1202). Ces nouveaux courants critiquent les écoles plus anciennes, qui, en réaction, obtiennent en 1207 l'expulsion du moine Hōnen de la capitale. Lui et ses disciples, comme le moine Shinran, se dispersent alors dans le pays, diffusant leurs idées dans de nouvelles régions. D'autres moines sont à l'origine d'écoles indépendantes du bouddhisme zen, comme Ippen (école Ji shū) ou Nichiren (école de Nichiren). Face à ces nouveaux courants, les écoles plus anciennes procèdent à une forme de contre-réforme. L'école Kegon construit de nouveaux monastères, qui diffusent des enseignements jugés plus acceptables ; l'école Ritsu est la plus active dans ce mouvement et construit ou restaure de nombreux temples, ponts, ports Un régime instable (). La seconde partie du Moyen Âge est marquée par de nombreuses luttes de pouvoir, et le recours à la violence se banalise. Le délitement de l'État central est le résultat d'une grande instabilité des couches dirigeantes. Économiquement, les dynamiques mises en place au cours de l'époque Kamakura se maintiennent et s'amplifient : le niveau de vie continue d'augmenter, une hausse portée par un accroissement du commerce international et des productions artisanales. Morcellement politique. Apogée et chute du pouvoir impérial. L'empereur Go-Daigo entame la restauration de Kenmu en 1333, à la suite du renversement du shogunat des Hōjō. Il instaure un régime autoritaire, et entend réunir sous son contrôle les pouvoirs militaire et administratif. Il favorise les guerriers de l'Ouest dans la nouvelle configuration du pouvoir, au détriment de ceux du Kantō. Ces derniers conservant une puissante armée, il tente de diviser leurs principaux chefs, Ashikaga Takauji et Nitta Yoshisada, en exacerbant leurs rivalités. Par ailleurs, il commet plusieurs erreurs au début de son règne, en décrétant plusieurs lois qui déclenchent la venue dans la capitale, Kyoto, de guerriers soucieux de faire valoir leurs droits. Ceux-ci sont contraints de rester longtemps dans la capitale en raison de la lenteur de la nouvelle administration, et, désœuvrés, s'abandonnent à la violence à l’encontre des habitants de la ville. L'empereur finit par abolir ces lois. Ce revirement suscite de nombreux mécontentements, et forge la réputation d'incompétence de l'empereur. En 1335, après avoir réprimé la rébellion Nakasendai, Ashikaga Takauji se révolte ouvertement contre le nouvel empereur. Il prend la tête d'une armée et rallie les mécontents du nouveau régime. Les forces impériales sont battues à la bataille de la Minato-gawa en , et l'empereur Go-Daigo doit fuir sur le mont Hiei alors que Kyoto est ravagée par des combats. Poursuivant sa marche vers l'Ouest, Ashikaga Takauji fédère le clan Akamatsu à Bizen, puis les guerriers de Kyūshū, avant de revenir dans la région de Kyoto, et de défaire les troupes impériales lors de la bataille de la Minato-gawa. Cependant, sa victoire n'est pas totale, et, les années suivantes, des combats éclatent entre les troupes de Takauji et les forces impériales. Dès 1336, Takauji définit le cadre de l'administration gouvernementale, en promulguant le code de Kenmu ; le nouveau régime se calque ainsi sur celui de Kamakura. La capitale est fixée à Kyoto, et, en 1338, Ashikaga Takauji obtient le titre de "shogun". Il cherche à réinstaurer l'ordre qui prévalait lors du shogunat précédent, en prenant appui sur l'ancienne noblesse, les religieux et les guerriers de la couche sociale supérieure. Le clan Ashikaga exerce le pouvoir au sein de ce nouveau shogunat pendant un siècle. Lors des dix premières années du régime, le nouveau shogun s'assure les services de deux personnalités : son frère cadet, Ashikaga Tadayoshi, qui dirige le pouvoir resté à Kamakura ainsi que l'appareil de justice, et Kō no Moronao, un vassal des Ashikaga, promu secrétaire du shogun. Takauji maintient un équilibre entre ces deux hommes jusqu'à l'incident de Kan'ō pendant lequel leurs soutiens s'affrontent ouvertement. Au terme de ce conflit, Kō no Moronao et Ashikaga Tadayoshi trouvent la mort, et, si le shogun Ashikaga Takauji est vainqueur, les petits guerriers des provinces du centre et de l'Ouest du pays en sortent aussi renforcés, élargissant leurs domaines au détriment de la noblesse et des religieux, alors que Takauji comptait s'appuyer sur ceux-ci pour asseoir son pouvoir. L'empereur Kōmyō, issu de la branche Jimyōin-tō et soutenu par Ashikaga Takauji, accède au pouvoir à la faveur de l'abdication de Go-Daigo en 1336. Il installe sa cour à Kyoto. Cependant, Go-Daigo fuit avec les symboles impériaux à Yoshino, plus au sud, et y installe une cour impériale dissidente. Commence alors une période de confrontation entre la Cour du Nord et la cour du Sud : l'époque Nanboku-chō, pendant laquelle deux lignées d'empereurs se disputent la réalité du pouvoir impérial. À la faveur de l'incident de Kan'ō, à partir de 1349, la cour du Sud parvient, de manière éphémère, à exploiter un affrontement au sein du clan Ashikaga, et réoccupe un temps Kyoto. Cependant, le shogunat reprend le dessus, et impose en 1392 la réunification des deux cours impériales. Second shogunat. Le shogunat Ashikaga rétablit un pouvoir étatique limité de 1370 à 1440, mais il est circonscrit aux régions du centre du Japon. Son apogée s'étend du début du règne d'Ashikaga Yoshimitsu en 1368 jusqu'à l'assassinat du shogun Ashikaga Yoshinori en 1441. Ashikaga Yoshimitsu réussit à imposer la réunification des deux cours impériales en 1392, et se fait reconnaître par l'empereur Ming en 1397. Il parvient à gouverner avec l'appui à la fois de la noblesse de cour , et de l’aristocratie guerrière. C'est sous son règne que les revenus fonciers des guerriers égalent puis dépassent pour la première fois les revenus fonciers des nobles. Il entreprend aussi plusieurs voyages à travers le pays pour affirmer son autorité auprès des gouverneurs provinciaux. Son fils Ashikaga Yoshimochi exerce le pouvoir à sa mort en 1408, mais revient aux pratiques classiques du shogunat et néglige la noblesse. À sa mort en 1428, Ashikaga Yoshinori est désigné à la suite d'un tirage au sort pour lui succéder. S'étant révélé un autocrate, il s'attire rapidement les critiques à la fois des nobles et des guerriers. Il est assassiné à Kyoto en 1441 au cours de la rébellion de Kakitsu. Durant la seconde moitié du , l'autorité des shoguns vacille dans les provinces. Les Ashikaga concentrent leur contrôle sur le Kinai, alors que les grands vassaux exercent librement leur pouvoir sur leurs propres domaines. Lorsque la période médiévale s'achève, les Ashikaga ne jouent plus qu'un rôle secondaire, le pouvoir réel tombant entre les mains des seigneurs locaux. Morcellement du pouvoir et apparition de potentats locaux. L'instabilité du pouvoir, provoquée par la chute du régime de Kamakura en 1333, l'interruption de la restauration impériale en 1336 et la division de la cour en deux entités la même année et les dissensions au sein du clan Ashikaga, entame la crédibilité de l'État. La fidélité des vassaux envers leurs seigneurs n'est plus garantie, et les paysans qui exploitent les domaines commencent à s'organiser pour tirer profit de ces situations. Les communautés paysannes n'hésitent plus à contester l'hégémonie des différents seigneurs. Des ligues d'intérêts rassemblant des personnes issues d'un même groupe social, ou "Ikki", apparaissent. Cela peut concerner dès le des seigneurs de petites propriétés rurales, ou "Ji-samouraï", mais aussi des paysans. À partir de la fin de la guerre d'Ōnin, cet éclatement du pouvoir entraîne une période d'anarchie importante, marquée par de fortes disparités régionales. Entre 1520 et 1550, des "daimyō" s'affranchissent de leur soumission au "shogun", et constituent de véritables petits États indépendants d'un seul tenant avec une administration propre, et réalisent même pour certains des cadastres et mettent en place leur propre fiscalité. Ces nouveaux pouvoirs sont cependant parfois victimes de dissensions internes, des guerriers pouvant lancer des révoltes contre leurs "daimyō". Si la forme de l'État seigneurial s'impose dans les régions périphériques, dans le centre du pays, des organisations communautaires comme les "Ikki" affirment leur influence et concurrencent le pouvoir seigneurial local. Ces seigneurs font souvent construire des châteaux autour desquels s'installent des commerçants. Ce type de villes castrales deviennent les nouveaux nœuds de communications liés par des routes commerciales. Ces villes nouvelles remettent en cause les privilèges que des guildes ont réussi à obtenir ailleurs, et les marchés y sont le plus souvent ouverts. Le château d'Ichijōdani que le clan Asakura fait construire à partir de 1471 est à l'origine d'un des exemples les plus anciens de ce type d'urbanisation. Culture et société. La production culturelle de l'époque reflète la croissance économique et les changements sociaux. La séparation entre la culture élitiste et la culture populaire se brouille alors qu'un nombre croissant de personnes a accès à celles-ci. La multiplication des villes permet par ailleurs une diffusion culturelle plus importante et des villes comme Yamaguchi dans l'Ouest ou Odawara dans l'Est deviennent des centres régionaux culturels importants. Dans le domaine littéraire, la noblesse perd de son influence. La littérature de cour, en particulier celle écrite par les femmes, tend à s'effacer. À la fin du , la forme poétique "waka" s'essouffle, alors que le "renga" se popularise. Le premier recueil impérial de "renga", "Tsukubashū", est publié en 1357, et la forme est codifiée par Nijō Yoshimoto dans un ouvrage édité en 1372. Le théâtre nô émerge, et un dramaturge comme Zeami joue un rôle clef dans son développement. Le dynamisme des échanges économiques avec la Chine s'accompagne de l'importation de nouveaux caractères chinois et de nouvelles lectures de ceux-ci. Sur le plan architectural, le style "shinden", utilisé pour les palais des grandes familles des époques précédentes, est supplanté par le style "shoin" d'inspiration bouddhique zen. Les jardins d'agrément évoluent ; ils deviennent plus petits, et combinent pierres, sable, végétation et eau agencés de manières symboliques, établissant ainsi un lien entre esthétique et religion. Des éléments comme des pavillons de thé font aussi leur apparition. Le Ginkaku-ji (1482) et le Daisen-in (1509) de Kyoto sont représentatifs de ce style nouveau. Cette architecture permet de dynamiser la sociabilisation des élites, favorisant ainsi l'essor de certaines expressions artistiques comme la poésie, la peinture, le théâtre ou le cérémoniel lié au thé. Ce dernier accède au rang d'art, et une pratique particulière, le "wabi-cha", voit le jour au . Le style "Sumi-e" fait son apparition dans le domaine de la peinture, alors que se perpétue le style "yamato-e" apparu dès l'Antiquité japonaise, modernisé par l'école Tosa dès le puis par l'école Kanō. Essor économique et relance des relations internationales. Les progrès technologiques dans le domaine agricole induisent une hausse de la population. Entre 1200 et 1600, la population nationale passe de sept à treize millions. L'intensification de l'utilisation des sols permet aux agriculteurs de vivre avec des exploitations d'un hectare ou moins. L'émergence de communautés villageoises, ou "Sō", font naître des solidarités nouvelles permettant de résoudre les conflits internes sans passer par une autorité extérieure, et d'organiser les activités quotidiennes. Ces "Sō" sont communs dès les années 1400, et la religion leur sert parfois d'élément de cohésion sociale, les réunions des conseils villageois pouvant se tenir dans des temples. Les troubles politiques et les violences qui en résultent entraînent la construction de protections autour de ces villages, comme des douves ou des fossés. Cette intensification de l'agriculture a des effets sur les écosystèmes de l'archipel. La captation des eaux pour la riziculture provoque l'érosion des sols et des inondations. L'exploitation intensive de la biomasse pour produire des cendres servant d'engrais affecte les forêts, qui, en raison de la hausse de la population, sont de plus en plus exploitées pour fournir du bois de construction ou de chauffage. L'agriculture sur brûlis ravage de nombreuses collines, leurs sols détériorés ne laissant plus pousser que des pins rouges et des herbes tropicales, faisant ainsi disparaître des essences plus anciennes. La reprise du commerce avec le continent s'amplifie. À partir du , aux importations déjà bien établies s'ajoutent le coton de Corée. Elle est cependant contrariée, pendant les périodes de troubles que connaît le Japon, par l'entrée en activité de pirates, ou "wakō". Ils s'attaquent aux littoraux continentaux, surtout entre 1330 et 1380, puis entre 1470 et 1570. Les échanges avec la Chine des Ming se concrétisent par l'échange de 17 ambassades entre 1404 et 1549, lors desquelles des marchands et des temples, en plus du "bakufu", font parvenir des vaisseaux remplis de marchandises. Les corporations de marchands, ou "za", continuent de gagner en importance, et s'occupent de plusieurs activités de la chaîne commerciale (vente, stockage, transport) et bancaire (prêts, change d'argent...), toujours avec l'appui de puissants protecteurs. Cependant, les troubles socio-politiques qui jalonnent la période ont souvent raison de ces protecteurs, et les corporations s'émancipent peu à peu. La hausse de la population entraîne aussi une urbanisation plus importante. La plus grande ville du Japon, Kyoto, atteint environ vers 1370-1440, avant de connaître une baisse à la suite des troubles qui frappent le pays. Des centres urbains s'épanouissent là où les circuits commerciaux convergent, notamment aux abords de la mer intérieure et dans le Kinai. En 1550, ces centres commerciaux rassemblent des centaines, voire des milliers d'habitants : les plus grands comme Hakata ou Sakai peuvent compter entre et . Époque Azuchi-Momoyama. L'unification du pays. Au cours de la seconde moitié du , trois chefs militaires se succèdent au pouvoir et contribuent à l'unification de tout l'archipel japonais. Oda Nobunaga commence ce processus d'unification de 1560 à 1582. Il se fait remarquer par ses talents militaires lors de sa victoire à la bataille d'Okehazama en 1560. L'utilisation systématique d'arquebuses, dans des corps d'infanterie dédiés, lui apporte un avantage stratégique, et il étend son fief par des conquêtes et des alliances. En 1573, il fait expulser le shogun Ashikaga Yoshiaki de Kyoto, mettant ainsi fin au règne de cette dynastie. Il met aussi au pas les autres puissances politiques de son temps : les seigneurs Asakura et Azai concurrents, les moines bouddhistes combattants de l'Enryaku-ji et les ligues d'Ikkō-ikki à l'Hongan-ji. Il commence à structurer un pouvoir centralisé depuis le Château d'Azuchi qu'il fait construire non loin de Kyoto, et instaure plusieurs mesures allant de la suppression des péages à la lutte contre la fausse monnaie. Sa mort subite en 1582 suspend ces réformes. Toyotomi Hideyoshi, un général d'Oda Nobunaga, poursuit cette œuvre d'unification jusqu'à sa mort en 1598, après avoir obtenu le titre de "kanpaku" en 1585. Il impose la règle de l'heinō bunri aux samouraïs des terres qu'il conquiert ; dépossédés de leurs terres ces derniers deviennent de simples administrateurs territoriaux au service de l'État. Une opération de cadastrage, ou "taikō kenchi", est entreprise dans le cadre d'une réforme agraire qui met fin au système des shōen. La possession de sabres par les paysans est aussi interdite, afin d'éviter les révoltes et de séparer socialement les paysans des guerriers. Hideyoshi soumet les seigneurs de l'île de Kyūshū en 1585, mettant ainsi la main sur la ville de Nagasaki, siège d'une importante communauté chrétienne. Il fait expulser les missionnaires, et exerce une répression de plus en plus féroce contre les chrétiens. Après avoir soumis l'essentiel du pays, il tente par deux fois, à la tête d'une armée aguerrie, de conquérir la Corée en 1592 et en 1596, mais doit finalement renoncer en 1598. À sa mort la même année, le pays est unifié, mais se pose alors la question de sa succession. Tokugawa Ieyasu, un des généraux de Toyotomi Hideyoshi, prend la tête d'une faction militaire. Il s'assure la maîtrise du pays après la bataille de Sekigahara en 1600, et obtient de l'empereur le titre de shogun en 1603. Le titre est transmis à son fils dès 1605 pour assurer la mise en place d'une dynastie, mais il conserve la réalité du pouvoir jusqu'à sa mort en 1616. Par le contrôle des mines et des ports, il s'assure de la maîtrise du système monétaire. Il force ses vassaux à détruire leurs fortifications. Son petit-fils Tokugawa Iemitsu impose en 1635 le système du "sankin-kōtai" qui oblige tous les grands seigneurs féodaux à vivre un an dans la ville d'Edo où siège le shogun. Les ressources financières de ces seigneurs, contraints à mener un train de vie luxueux, et les velléités de révolte sont ainsi réduites. Ceux-ci ont par ailleurs interdiction de se rendre à Kyoto et de rencontrer l'empereur. Arrivée du christianisme. Le premier contact japonais avec des Occidentaux intervient en 1542 lors de l'arrivée du portugais Fernão Mendes Pinto dans l'île de Tanegashima. Les armes à feu sont introduites par ce biais et copiées par des artisans japonais. Des marchands portugais s'installent dans les ports du sud de Kyūshū comme Hirado, Funai, et Nagasaki où les marchands de Kyoto se déplacent pour leur acheter soieries et arquebuses. Au contact de ces commerçants, plusieurs nouveautés techniques et artistiques sont introduites dans le pays : horloges, pain et vin, instruments de musique comme des orgues. Un art influencé par l'Occident, l'art Nanban, se développe. Un dictionnaire japonais-portugais, le "Nippo Jisho" est publié en 1603. Hideyoshi cherche aussi mais sans succès à relancer le commerce avec la Chine. Les premiers missionnaires chrétiens, espagnols et italiens, arrivent dans l'archipel par cette route commerciale. François Xavier, un jésuite, débarque à Kagoshima en 1549. Grâce à la protection d'un seigneur local, il commence son travail d'évangélisation. En 1585, il estime à environ le nombre de convertis dans l'île, puis à environ dans l'ensemble du pays en 1605. Nagasaki est cédée aux jésuites qui l'administrent de 1580 à 1588. Dans un premier temps, cette nouvelle religion est perçue plutôt favorablement par Nobunaga, car elle concurrence le pouvoir des différentes sectes bouddhiques, dont il cherche à réduire l'influence. Son successeur Hideyoshi craint, lui, que son influence empêche l'unification du pays, et interdit en 1587 toute forme de prosélytisme chrétien. Pour justifier cette interdiction, il dénonce l'essor de l'esclavage que l'arrivée des marchands et des missionnaires chrétiens a permis. La vente d'esclaves japonais, ou de Nobi coréens, se développe alors dans les ports de Kyūshū, et son interdiction doit être réaffirmée dès 1588. Époque d'Edo (). Avènement de la dynastie Tokugawa. L'État s'efforce de renforcer son contrôle sur les différents courants religieux. Une tentative d'instauration d'un culte à Tokugawa Ieyasu, divinisé, est entreprise par ses successeurs. Un sanctuaire, le Tōshō-gu, est construit à Nikkō en 1617, mais la lignée impériale étant toujours bien présente, l'initiative ne suscite pas le moindre intérêt dans la population. Les tensions grandissantes entre bouddhistes et chrétiens entraînent l'interdiction de cette dernière religion en 1613, et, en un quart de siècle, elle disparaît presque totalement du pays. Les dirigeants japonais redoutent que les divisions religieuses n'entraînent à terme des divisions politiques dans le pays. Dans le domaine commercial, les relations avec l'étranger sont plutôt encouragées par le nouveau régime. Le début du régime des Tokugawa correspond à l'arrivée de nouveaux commerçants européens, qui concurrencent les Portugais dans la région. Le premier navire hollandais, dirigé par un Anglais, arrive en 1600. Des licences sont octroyées à ces bateaux pour pouvoir commercer. Si la Chine de la dynastie Ming refuse d'accorder aux commerçants japonais des autorisations commerciales, des négociations avec les autorités coréennes sont entamées avec plus de succès. Les Tokugawa ont refusé de prendre part à la guerre d'Imjin, ce qui met les Coréens dans de bonnes dispositions. Une délégation coréenne arrive dans le pays en 1607, mais elle est comprise par le pouvoir Tokugawa comme un signe de soumission, et les négociations tournent court. Le shogun ouvre certains ports aux marchands européens, chinois et coréens, mais, devant la concurrence grandissante, des mesures protectionnistes sont prises. Dès 1604, le commerce de la soie est réglementé. Vers 1612-1614, la dynamique s'inverse, et les Tokugawa cherchent à limiter au maximum les échanges avec les commerçants étrangers. Le nombre de ports ouverts au commerce est réduit progressivement, et en 1635 un édit interdit aux Japonais de se rendre à l'étranger. En 1639, l'accès au pays est interdit aux Portugais, laissant aux seuls Hollandais la possibilité de commercer avec le Japon. Pour les autres commerçants asiatiques, seuls quatre ports restent ouverts : Nagasaki (pour la Chine), Tsushima (pour la Corée), Satsuma (pour les Ryūkyū), et Matsumae (pour les Aïnous). Dans l'archipel, l'influence japonaise dans les Ryūkyū et à Hokkaidō est réaffirmée. Le royaume qui dirige l'archipel du sud est tributaire de la Chine jusqu'en 1609, date à laquelle des samouraïs venant de Satsuma envahissent les îles. L'année suivante, le roi Shō Nei est contraint de se rendre à Edo pour rendre hommage au shogun. L'administration du royaume est peu à peu adaptée à son état de vassalité. Dans un ouvrage de 1650 retraçant l'histoire des Ryūkyū, le "Chūzan Seikan", commandé par le roi Shō Shitsu, la parenté entre populations des Ryūkyū et de Satsuma est affirmée, tout comme la reconnaissance de la suzeraineté du domaine de Satsuma. Cependant, le royaume continue à verser un tribut à la Chine des Ming. Dans l'autre extrémité du pays, au nord, le chef du clan Matsumae accède, en 1634, au rang de daimyo, et étend son contrôle dans la région. La péninsule d'Oshima, au sud de Hokkaidō, est soumise en 1640, mais les Aïnous occupent toujours le reste de l'île. La « Pax Tokugawa ». La victoire des Tokugawa permet au Japon de connaître une longue période de paix intérieure, avec une pacification progressive de la société, ainsi qu'un développement économique important. Ces éléments, favorables au nouveau régime, inscrivirent son action dans la durée. Le pays connaît une phase d'essor démographique et économique allant de la fin du au début du . Les progrès techniques permettent la mise en culture de nouvelles terres ainsi que la canalisation de plusieurs fleuves, entraînant une hausse des rendements agricoles. Stratification de la société. Une structuration de la société en trois groupes est mise en place sous les Tokugawa, divisant celle-ci entre les guerriers, les roturiers vivant dans les villages et dont l'activité est tournée vers l'agriculture, et les roturiers vivant en ville. Inspirée du taoïsme, cette division sociale est liée à la naissance, et fixe les professions et lieux d'habitation accessibles à chacun. Une souplesse d'application du modèle théorique existe à l'époque. À ces différents groupes sociaux s'ajoutent les nobles de la cour, les moines et les parias qui ne rentrent pas dans le schéma théorique. Les guerriers forment une classe dirigeante qui compte environ de personnes en 1700, soit 6 à 7 % de la population nationale, et sont au cœur d'un réseau d'obligations vassaliques envers leurs seigneurs. Les roturiers de campagne représentent entre 70 et 80 % de la population, la plupart agriculteurs, les roturiers de ville représentant entre 10 et 15 % de la population. Dans ces deux dernières classes existe un rang de riches notables propriétaires de leurs terres ou de leurs habitations, qui représentent une minorité de la population. Les "hinins" (artistes de foire, comédiens, prostituées) et les "etas" (« souillés ») représentent entre 1 et 2 % de la population, auxquels s'ajoutent les mendiants et les Aïnous. Ces différents statuts sociaux peuvent se manifester dans les costumes, les coiffures, ou la forme des toits des habitations. La famille obéit au même mouvement hiérarchique et joue un rôle de fabrication et de diffusion de ce modèle confucéen dans la société. Une forme de paternalisme issue de ce noyau familial se retrouve ainsi dans les relations entre un vassal et son seigneur, ou entre un ouvrier agricole et le fermier qui l'emploie. Dans les familles guerrières est entretenu un système patriarcal rigide, dans lequel le fils aîné gère et hérite de la totalité des biens familiaux, imposant ses ordres aux frères et aux oncles, les épouses et filles étant reléguées dans un rôle inférieur. La multiplication des quartiers de plaisir entraîne la dégradation de la condition féminine. Ce système patriarcal demeure plus souple dans la paysannerie, l'importance du travail des femmes leur garantissant un meilleur statut, et l'augmentation des défrichements au entraînant des divisions successorales plus fréquentes. Ces dernières sont encore plus répandues en ville, notamment chez les marchands. Reconfiguration des relations politiques intérieures et extérieures. Sur le plan de la politique intérieure, le régime Tokugawa connaît son apogée entre 1651 et 1709 sous les shoguns Ietsuna et Tsunayoshi. L'État est basé sur une idéologie néo-confucianiste, ce courant de pensée atteignant son âge d'or. À ce titre, Hayashi Razan, maître confucianiste chargé de la formation de trois shoguns successifs, joue un rôle clef dans la diffusion des idées de Confucius et de Zhu Xi, et est à l'origine d'une école de pensée orthodoxe dominante. D'autres courants hétérodoxes coexistent, menés par Kumazawa Banzan (critique de la montée en puissance des marchands), par Yamaga Sokō (prônant l'accès aux études pour tous), ou par Ogyū Sorai (prônant un retour à la pensée chinoise). Toutes ces écoles ont en commun la paix comme élément moteur de la prospérité, et une vision agraire de la société. Hoshina Masayuki, l'homme fort sous Ietsuna, insuffle une série de réformes pour « civiliser » le régime, en introduisant des règles concernant les procédures de décision dans les institutions ou pour les nominations, limitant ainsi l'arbitraire qui prévalait sous les pouvoirs précédents. Cette politique rencontre des soutiens dans les grands fiefs du pays, comme à Mito, à Kanazawa, ou à Okayama. Le "junshi", suicide rituel, est interdit en 1663, ainsi que les échanges d'otages entre familles en 1665. Les guerriers doivent être avant tout de bons gestionnaires de fiefs, plutôt que de bons combattants. Cette évolution ne se fait pas sans critiques, comme le montre la parution en 1701 du Hagakure, un guide pratique et spirituel destiné aux samouraïs. Tsunayoshi organise la bureaucratie gouvernementale, mise au service non plus d'un clan mais de l'État. Il renforce la discipline en limogeant les administrateurs incompétents et en pénalisant les familles seigneuriales désobéissantes ; ces mesures, parfois prises de façon brutale, peuvent être jugées despotiques par ses contemporains, ce qui ternit le prestige du gouvernement. La fin de son règne est marquée par les difficultés. Une réforme monétaire ratée en 1695 entraîne un phénomène inflationniste. Une série de tremblements de terre et l'éruption du Mont Fuji en 1701 sont vues comme de mauvais présages par la population ; l'affaire des 47 "rōnin" en 1703 contribue à saper le prestige du shogun, et à remettre en cause les évolutions du système. Après la chute de la dynastie des Ming en 1644, le gouvernement japonais se montre peu pressé de mettre en place des relations avec le nouveau pouvoir Qing, et est épargné par les soubresauts qui agitent alors le continent. Les Tokugawa mettent en place un nouveau cérémoniel pour l'accueil des ambassades venant de Corée ou d'Okinawa, ou pour les visites des chefs de comptoirs hollandais de Nagasaki, et l'utilisent pour affirmer la puissance shogunale. Les persécutions de chrétiens conduisent la plupart des convertis à renoncer à leur foi. Essor économique des campagnes et développement urbain. Les activités agricoles restent la base économique sous les Tokugawa, et s'accroissent de manière importante au cours du siècle. La production nationale de riz passe de de kokus en 1600 à en 1700, alors que, dans le même temps, les surfaces cultivées sont multipliées par deux, grâce à la hausse des investissements productifs, des défrichements (le recours à des bêtes de trait devient plus fréquent), et aux progrès techniques (les outils en fer se généralisent). Les seigneurs, touchant sous forme de taxe 40 à 50 % des récoltes, soutiennent la hausse de la production. Des lois sont ainsi passées pour interdire le morcellement des parcelles, ou pour limiter la culture d'autres espèces que le riz, comme le tabac ou le coton. Une organisation collective du travail se met en place dans les rizières, renforçant le poids de la communauté agricole sur l'individu. Autour des grandes villes se développent des cultures commerciales : du chanvre pour le textile, du colza pour l'huile d'éclairage, ou du mûrier pour le ver à soie. Cela entraîne l'apparition d'économies régionales spécialisées, comme celle du coton dans le Kansai, du thé à Uji, ou du tabac à Mito et Kagoshima. La spécialisation des activités est aussi notable dans les régions côtières pour la pêche, dans la production de sel, mais aussi, dans les zones montagneuses, dans l'exploitation des forêts pour faire face à la hausse démographique, induisant une demande accrue en bois de chauffage et de construction. Dans les communautés rurales, les femmes jouent aussi un rôle dans le développement d'un artisanat tourné vers l'exportation. L'élévation du niveau de vie et la consommation de produits de luxe par les classes dirigeantes favorisent l'essor d'industries, comme les teintureries ou la production de soie ; les premiers revendeurs de tissus en semi-gros apparaissent à Edo. La céramique, la laque, le papier, mais aussi les brasseries de saké, bénéficient de cette dynamique consumériste. L'industrie minière adopte de nouvelles techniques, qui permettent de prolonger l'activité de certaines mines jusqu'au milieu du (or à Sado, argent à Iwami ou Ikuno) ou d'en développer d'autres (cuivre). La hausse de la production de fer permet de faire baisser son prix, et donc celui d'outils et d'armes faits à partir de ce métal. L'accroissement et l'intensification des échanges commerciaux favorisent le secteur des transports, qui bénéficie aussi d'un cadre politique unifié et pacifié. Se met alors en place un réseau de routes, ponts et auberges reliant les grands centres urbains en cours de développement. Ceux-ci sont étroitement contrôlés par le pouvoir via des péages et gués. Les produits pondéreux sont principalement convoyés par voies fluviales et maritimes, nécessitant la construction de transporteurs spécialisés, et des liaisons maritimes régulières se mettent en place entre Edo et Osaka. Ce commerce sur de grandes distances rend nécessaire le développement de lettres de change et, avec elles, de familles de banquiers, comme celle des Mitsui, connue à Edo dès la fin du . Au début du , Edo compte de changeurs, Kyoto 600, et Osaka . La croissance urbaine est un des phénomènes majeurs du . À côté des trois grandes villes que sont Edo ( d'habitants au début du ), Kyoto (), et Osaka (), de nouvelles villes émergent près des châteaux seigneuriaux, des ports, des villes étapes, minières, ou proches des grands temples, mais elles dépassent rarement les . Dans ces centres urbains, la culture bourgeoise est à son apogée dans la dernière décennie du ; elle est tournée vers le récréatif et fondée sur la production et la circulation de beaux objets, la poésie et le théâtre. Les artisans de Kyoto sont à l'origine de différentes modes et sont actifs dans l'architecture, les aménagements intérieurs et l'art des jardins. C'est à cette époque que la céramique de Bizen se répand. L'enrichissement des marchands fait qu'Osaka commence à détrôner Kyoto en tant que capitale culturelle. Des auteurs comme Ihara Saikaku, Bashō et Chikamatsu Monzaemon sont les principaux représentants des lettres japonaises du ; l'existence d'une importante population lettrée et l'essor des techniques de gravure et de lithographie permettent une plus grande diffusion de leurs œuvres. La fermeture du pays aux influences étrangères se fait sentir et entraîne le développement d'un art de vivre à la japonaise. Les maisons de familles aisées adoptent plus massivement le style "shoin-zukuri", datant du et destiné à l'origine à quelques grands personnages. Les quartiers de plaisirs se développent, comme celui de Yoshiwara à Edo, dont les contours sont limités par des palissades et les accès contrôlés ; de ce type existent dans le pays au . Le « siècle d'Edo ». Le centre politique, culturel et intellectuel du pays bascule pour la première fois de l'est à l'ouest du pays et la société féodale subit une série de crises. Une économie fragile. La croissance de la population stagne à partir du milieu du , pour osciller entre 28 et . La technique ne permet plus la mise en culture de nouvelles terres, et les efforts se tournent vers l'intensification du travail et vers la diversification des cultures. Cette évolution vers des cultures non-vivrières rend la population plus exposée économiquement en cas de surproduction ou de baisse des prix. La tension démographique transforme le moindre aléa climatique en crise de subsistance, et ruine les paysans les plus pauvres, les obligeant à avoir recours à des prêts ou à l'usure. Ces paysans ayant perdu leurs terres deviennent un prolétariat agricole ou émigrent en ville. La population des campagnes se polarise entre grands propriétaires et paysans sans terre, favorisant le développement de jacqueries (les principaux pics d'agitations sont atteints dans les années 1780, 1830 et 1860). Les taxes dont les paysans doivent s'acquitter, théoriquement fixées à 50 %, s'établissent dans les faits entre 60 et 80 % des récoltes. Les mauvaises récoltes sont à l'origine de phénomènes d'inflation ; quatre grandes famines touchent le pays en 1732 (causant près d'un million de morts), 1775 (), en 1783-1787 (plusieurs centaines de milliers), et en 1833-1839. La situation dans les villes est comparable à celle des campagnes. L'expansion de l'économie marchande a enrichi une population d'artisans et de négociants, qui spéculent en achetant des terrains en ville. Ils les louent à des populations plus pauvres, anciens paysans émigrés en ville, exposés aux hausses de prix de l'alimentaire, aux incendies et aux épidémies. Cette hausse des dépenses de consommation touche aussi les samouraïs, dont le niveau de vie baisse, et pousse dans la misère les couches économiquement les plus fragiles ; certains samouraïs « revendent » leurs titres à des marchands, en adoptant la famille de ces derniers, leur faisant acquérir ainsi un rang social plus élevé. Dans les premières décennies du , une proto-industrialisation se met en place au cœur de ce tissu urbain. Des "ton'ya", ou industries domestiques, se développent et réunissent dans des fabriques des employés salariés. Ce système est inauguré dans les années 1820-1830 dans des brasseries de saké de la région d'Osaka, puis dans celle de Kyoto dans des soieries, ensuite dans celle de Nagoya, dans des ateliers de tissage du coton. Les femmes, puis les paysans expulsés de leurs terres. constituent le gros de ces employés d'une économie pré-industrielle. Trois réformes sont engagées pour faire face à ces difficultés économiques. La première, en 1720, par le shogun Yoshimune, vise à relancer de grands travaux, comme le défrichement de nouvelles rizières, et à réduire le train de vie de l'État. Malgré une stabilisation des finances du shogun, portée par des hausses d'impôts, la situation des couches rurales populaires continue à se dégrader. La seconde réforme, portée par le ministre Tanuma Okitsugu, intervient en 1770. Il renforce le monopole de certains grands marchands et permet le développement de sociétés par actions, tout en continuant la politique de grands travaux de son prédécesseur. Malgré des progrès dans le domaine commercial, il rencontre l'opposition des conservateurs, mais aussi celle des classes les plus populaires, victimes d'une inflation non maîtrisée. En 1783, l'explosion du volcan Asama provoque des crises de subsistance, et, en 1787, une trentaine de provinces sont proches de l'insurrection. La troisième réforme est lancée en 1790 par le daimyo Matsudaira Sadanobu, en réaction à la réforme précédente : Sadanobu en revient à une vision agrarienne de la société et voit dans la croissance de l'économie marchande l'origine des troubles que connaît le pays. Il fait renvoyer dans les campagnes les paysans émigrés en ville, fait interdire les dépenses de luxe, ainsi que les productions artistiques jugées contraires aux bonnes mœurs. Bien qu'il ne reste au pouvoir que jusqu'en 1794, ses réformes marquent profondément la fin du règne des Tokugawa. Des Occidentaux de plus en plus proches. À partir de la seconde moitié du , la Russie accentue sa présence au nord du pays. Elle s'engage dans une vague de colonisation de la Sibérie. Au même moment, le nombre de colons japonais augmente dans l'île de Hokkaidō. Des expéditions japonaises se rendent dans les îles Kouriles et à Sakhaline, et la possibilité de commercer avec les Russes est étudiée, mais reste sans suite. Dans la même région, l'économie des Aïnous se dégrade et le gouvernement japonais, craignant que ceux-ci ne s'allient avec les Russes, surveille de plus en plus cette population. Les révoltes d'Aïnous, notamment celle de 1789, ont pour effet d'accélérer le mouvement de colonisation japonaise. Les Russes, n'ayant pas réussi à nouer des relations diplomatiques avec la Chine, se tournent vers le Japon, et essaient d'obtenir l'ouverture de voies commerciales. Dès 1791, une école enseignant le japonais ouvre en Russie. Toutefois, la pression coloniale japonaise dans le Nord ne fait que tendre davantage les relations entre les deux pays. L'incident du en 1808 à Nagasaki, lors duquel un navire hollandais est attaqué par des forces britanniques, fait prendre conscience au shogunat de la puissance de feu des Occidentaux ; il fait renforcer les fortifications côtières du pays. L'extension de la pêche à la baleine dans le Pacifique par les Américains a pour conséquence une augmentation du nombre de navires occidentaux cherchant à venir se ravitailler dans l'archipel. La peur que les Occidentaux ne tentent de réintroduire le christianisme dans le pays renforce la posture isolationniste du shogunat. L'émergence d'une culture nationale. La rencontre de nouvelles puissances étrangères, ainsi que la réalisation de cartes géographiques représentant le pays au début du , fait naître parmi les élites un questionnement identitaire. Les voyages individuels sont de plus en plus nombreux, qu'ils soient motivés par des raisons religieuses ou intellectuelles, et sont à l'origine de l'édition de guides de voyage présentant la géographie et les coutumes des différentes régions du pays. Ils permettent d'ancrer peu à peu dans les consciences l'idée d'une unité nationale, les différents terroirs régionaux s'intégrant dans un ensemble plus large, l'archipel. Certains produits comme le thé, cultivés en plus grande quantité et donc meilleur marché, font leur entrée dans les classes moyennes, et, par la même occasion, la culture qui leur est associée pénètre aussi cette couche sociale. Le théâtre exerce une influence considérable sur la culture ; jusqu'en 1765, le théâtre de poupées d'Osaka jouit d'une grande popularité, avant que le Kabuki ne prenne le relais. Ses acteurs sont adulés, et les grands du pays cherchent à s'attacher leur amitié. De grands "matsuri" religieux, comme celui de Gion à Kyoto, de Kanda à Edo et le Sannō matsuri d'Edo, deviennent des événements populaires, drainant dans les temples de grandes foules. Le tourisme populaire prospère ; les stations thermales sont bondées et des cohortes de pèlerins visitent les temples et les sanctuaires. Plusieurs centaines de milliers de personnes se rendent ainsi dans le sanctuaire d'Ise en 1770 et en 1830. Une éducation élémentaire se généralise, et chaque fief met en place au cours du une école accueillant les fils de samouraïs, mais aussi de roturiers. La première d'entre elles ouvre en 1641 dans le domaine d'Okayama ; on en compte une cinquantaine au milieu du , puis 300 un siècle plus tard. À côté des enseignements confucianistes à visée morale sont enseignés le calcul ou l'astronomie. Les savoirs occidentaux sont diffusés via le comptoir de Nagasaki. Dans les campagnes, ces enseignements sont dispensés dans des écoles de temple ou "terakoya", tissant un réseau d'enseignement primaire. Le pays compte environ 350 de ces écoles en 1780, et établissements ouvrent entre 1789 et 1804, puis entre 1804 et 1844. Des cours privés ou "juku" prennent le relais pour l'enseignement secondaire. La maîtrise de la lecture devient une obligation sociale et professionnelle, et l'édition connaît un développement important. Environ sont en circulation en 1720, d'abord imprimés à Kyoto et Osaka avant qu'Edo ne domine ce secteur d'activité à partir de la fin du . La production est variée, allant des romans picaresques aux livres érotiques. Les « livres à couverture jaune », de taille réduite et au prix abordable, font leur apparition. Des libraires ambulants circulent dans les villes, et certaines librairies comptent parfois plus de . Une littérature sentimentale « pour filles » émerge, et, dans le même temps, des ouvrages sont saisis en raison de leur caractère jugé licencieux. Les progrès de l'imprimerie entraînent aussi une popularisation des "ukiyo-e" dès la fin du . Dans les élites, des mouvements de pensée nouveaux commencent à s'ériger contre l'orthodoxie confucianiste portée par le pouvoir en place. Le mouvement nativiste fondé par l'érudit Motoori Norinaga repousse la culture d'origine chinoise et prône un retour à la pureté d'une culture strictement japonaise. Le lettré Hirata Atsutane affirme la centralité du shintō. Les études hollandaises, ou "rangaku", profitent de l'introduction légale de livres occidentaux à Nagasaki dès la première moitié du , à condition que ceux-ci ne traitent pas de la foi chrétienne. Des livres consacrés à la dissection en 1774 et aux maladies internes en 1793 sont traduits du hollandais vers le japonais. En 1764, le médecin Hiraga Gennai met au point une tenue ignifugée en amiante pour pompiers. Shogunat en crise. Le Japon sous l'influence de puissances étrangères. Les puissances étrangères accentuent leur présence dans la région lors de la première moitié du . Les Russes continuent leurs avancées dans le nord et tentent de faire de l'île Tsushima une base portuaire pour leur marine. Les Britanniques renforcent leurs positions après leur victoire contre la Chine lors de la guerre de l'opium en 1842. Le pouvoir shogunal cherche un temps à s'en faire des alliés, ceux-ci s'étant battus contre la Russie lors de la guerre de Crimée de 1853 à 1856. L'arrivée de l'amiral américain Perry en 1853 dans la baie d'Edo signe la fin de la politique d'isolement du pays. La France, alliée aux Britanniques, impressionne les esprits japonais à la suite du sac du palais d'été en 1860, et commence à jouir d'un certain prestige dans l'archipel. De 1864 à 1882, les puissances occidentales ne sont concernées que par des enjeux européens, ce qui évite au Japon de devenir un de leurs champs d'affrontements. Cependant, la Russie, qui cherche à étendre son influence en Asie centrale et dans les Balkans, provoque une réaction du Royaume-Uni. Paris doit faire face à l'échec de sa diplomatie au Mexique, puis à une confrontation militaire avec la Prusse. De leur côté, les États-Unis sont pris dans la guerre de Sécession. Sur le plan économique, l'arrivée de marchands étrangers engendre des résultats contrastés. Le port de Yokohama, créé en 1879, détrône rapidement celui de Nagasaki, et capte les deux tiers du commerce extérieur. Le pays exporte du thé, des produits de la pêche, ainsi que de la soie. La très forte demande pour ce dernier produit entraîne une augmentation des prix. Le prix du riz augmente de 50 % par an entre 1858 et 1867. Les échanges commerciaux avec l'Occident provoquent aussi une fuite des monnaies d'or en dehors de l'archipel, à l'origine, là aussi, d'un phénomène d'inflation. La très forte demande en soie pour l'exportation permet de soutenir la croissance dans ce domaine. A contrario, le coton importé d'Occident, meilleur marché que celui produit localement, provoque la ruine des producteurs japonais. Des crises intérieures rapprochées. Sur le plan intérieur, des aléas climatiques provoquent plusieurs famines de 1833 jusqu'au début des années 1840. En 1836, on dénombre ainsi dans la province de Tottori, et dans le Tōhoku. D'importants mouvements de population désorganisent les cités ; les citadins gagnent la campagne en quête de nourriture, tandis que les habitants des campagnes affluent dans les villes, espérant bénéficier de distributions de vivres. La flambée des prix alimentaires grève le budget des couches moyennes. Sur la période 1831-1836, on recense par ailleurs plus d'un millier de soulèvements, émeutes ou disputes violentes dans la population, prenant pour cible les classes dirigeantes. En 1836, on dénombre près de en armes dans la région de Mikawa, et autour du mont Fuji. Mizuno Tadakuni, haut fonctionnaire gouvernemental chargé par le shogun de mener des réformes, entreprend, entre autres initiatives, de favoriser le retour à des cultures vivrières et à réduire les déficits budgétaires. Il se heurte aux intérêts des grands daimyos, et, pour la première fois, le régime plie face à ceux-ci en le renvoyant. Certains fiefs, comme Satsuma et Chōshū, mettent en place avec succès leurs propres réformes, et en profitent pour se doter d'une petite armée équipée d'armes à feu et d'artillerie. En 1858, la décision d'Ii Naosuke, propulsé "tairō" à la suite du retrait du shogun Tokugawa Iesada, de signer une série de traités inégaux avec les puissances occidentales, provoque la dernière grande crise du régime. Tandis qu'il s'efforce d'éviter une guerre en engageant des négociations, il doit faire face à une opposition qui souhaite expulser les étrangers. Son assassinat en 1860 inaugure une longue série d'assassinats politiques qui laisse une empreinte durable dans le paysage politique japonais. La déliquescence du pouvoir shogunal engendre une agitation dans les différents fiefs. L'opposition se radicalise lorsque l'empereur régnant, pour la première fois depuis plusieurs siècles, intervient publiquement et manifeste sa désapprobation à l'égard de l'action du gouvernement shogunal. En 1863, Sa Majesté impériale Kōmei signe l'ordre d'expulser les barbares. À partir de 1866, des fiefs du sud-ouest se rassemblent et concluent une alliance politique et militaire contre le shogunat. Face au pouvoir paralysé, la figure de l'empereur apparaît comme une force déterminée et capable de s'opposer aux Occidentaux. Fin 1867, le dernier shogun Tokugawa Yoshinobu abdique. La restauration impériale est proclamée le . Les fiefs soutenant le shogunat sont soumis militairement lors de la guerre de Boshin, les derniers se rendant lors de la bataille de Hakodate en . L'empire du Japon (1868 - 1945). Restauration du pouvoir impérial. La première déclaration de l'empereur en 1868 présente une loi fondamentale, prélude à une constitution, gage de liberté d'expression, et indique qu'une lutte contre la hausse des prix va être entreprise. Une coalition instable est alors au pouvoir, composée du parti anti-shogunal et centrée sur les leaders du domaine de Satsuma et les nobles de la cour. Le nouveau gouvernement rend aux Tokugawa leur fief et le début de l'ère Meiji est proclamé en . Un conseil honorifique est le premier organe de gouvernement de ce nouveau régime, et celui-ci prend encore en compte les équilibres entre domaines ayant participé au renversement de l'ancien régime, et la noblesse de cour. Plusieurs changements d'organisation ont lieu lors des mois suivants, ce qui permet à des personnalités comme Ōkubo Toshimichi et Iwakura Tomomi d'émerger. Du au 26 décembre sont publiées importantes, allant de la suppression des monnaies locales jusqu'à l'interdiction de certains châtiments corporels. Une réforme territoriale remplaçant les anciens domaines par des préfectures est menée à bien au deuxième semestre 1869, avec comme conséquence principale une plus grande centralisation de l'État. Un impôt foncier est introduit en 1873 pour garantir une recette publique stable. De 1868 à 1875, de grandes réformes, d'inspiration occidentale et touchant l'éducation, l'armée et le système juridique, sont entreprises . De 1876 à 1880, un travail portant sur la rédaction d'une constitution nationale est réalisé par un conseil des anciens, mais sans aboutir ; les personnes partisanes d'un modèle parlementariste anglais comme le ministre du Trésor, Ōkuma Shigenobu, sont écartés du pouvoir après une crise politique en 1881, et le régime s'oriente vers une monarchie laissant le pouvoir suprême à l'empereur. Ce n'est que le qu'une constitution est effectivement adoptée et fixe la répartition des pouvoirs. L'industrie est modernisée en ayant recours au modèle des manufactures d'État, et les premières infrastructures de télécommunications et de chemins de fer sont déployées avec l'aide d'entrepreneurs anglais. Le développement de Hokkaidō est aussi décidé. Les évolutions sociales rapides sont cependant à l'origine de révoltes parmi les samouraïs, comme en 1874 à Saga, et en 1877 à Satsuma. Les entreprises créées par l'État sont privatisées dix ans après leurs ouvertures, ce qui permet au gouvernement de dégager des liquidités et à de grands groupes de se constituer. Des conglomérats, comme Mitsubishi ou Mitsui, se renforcent par ce biais. Consolidation de l'empire (1890 - 1914). Poussée démographique importante. Après une période de stabilité démographique à la fin de l'ère Edo, la population repart à la hausse en passant de 30 à entre 1870 et 1915, soutenue par une baisse de la mortalité infantile, et une hausse des naissances et de l'espérance de vie. Cette croissance est rendue possible grâce à l'augmentation des importations de riz et la mise en valeur de terres arables à Hokkaidō (la surface des champs y passant de à de 1890 à 1920, et la surface des rizières de à sur la même période). La part de la population citadine connaît aussi une hausse : 28 % des Japonais vivent dans des villes de plus de , contre 16 % en 1893. Tokyo atteint les et Osaka en 1903, cette dernière triplant sa taille en un demi-siècle. Cet essor de la population urbaine entraîne une baisse du poids de l'agriculture dans le du pays, celui-ci passe de 45 % en 1885 à 32 % en 1914. La hausse de la production industrielle comme celle des mines est à l'origine de grandes pollutions à fort impact sur l'agriculture. Les rejets de la mine de cuivre d'Ashio, par exemple, contaminent la rivière Watarase, un affluent du fleuve Tone, dès les années 1880, et précipite la formation d'un important mouvement ouvrier en 1907. Dès les années 1890, les conditions de travail difficiles dans l'industrie favorisent la diffusion du socialisme venu d'Europe. En 1911, on fixe à l'âge minimum pour travailler, et à la durée maximale du travail journalier pour les femmes et les enfants. La condition des femmes évolue : si le ministère de l'Éducation encourage en 1899 la création de plus de lycées réservés aux femmes, depuis 1890 celles-ci ont l'interdiction d'adhérer à un parti ou de participer à des meetings politiques. Pour combattre cette situation, un journal comme "Sekai Fujin" est créé en 1907 par Fukuda Hideko, et, en 1901, Tsuda Umeko fonde une école réservée aux femmes : le Collège Tsuda. Une jeunesse de plus en plus éduquée voit toutefois se réduire les possibilités d'ascension sociale par le biais de l'éducation, puisque seul le nombre de postes subalternes augmente dans les entreprises dans les années 1890. Cette population éduquée bénéficie dans le même temps d'un plus large accès aux écrits de journalistes et de critiques. Les idées marxistes se diffusent dans les années 1890 ; en 1901, à Tokyo est fondé un parti socialiste, immédiatement dissous par le premier ministre (un nouveau parti de ce type est autorisé en 1906). La production culturelle obéit à deux grandes dynamiques sur la période 1890-1914 : le façonnement d'un cadre national pour sa diffusion, mouvement déjà enclenché plus tôt dans le siècle, et une opposition interne entre culture japonaise et culture occidentale, prolongement de la situation politique en Asie marquée par la victoire du Japon sur la Russie et par la chute de la dynastie chinoise des Qing en 1911. Le rôle de la culture européenne comme modèle est remis en cause par certains, tandis que d'autres cherchent à faire une synthèse des deux cultures. L'éducation primaire progresse : 50 % des enfants sont scolarisés à ce niveau en 1890, 95 % en 1906. Au même moment se met en place la base d'un système universitaire japonais, avec la constitution d'un réseau d'universités impériales dans les plus grandes villes du pays, ainsi que d'établissements privés comme Waseda, Keiō, et Dōshisha. Les titres de presse se multiplient, passant de plus de 400 en 1890 à en 1914. La même année, le Japon se place second au niveau mondial en nombre de livres publiés, derrière l'Allemagne, avec près de . La langue japonaise s'uniformise par ce biais, même si de nombreux dialectes se maintiennent. Le dialecte de Tokyo, là où se trouve la plupart des moyens d'édition, se généralise et devient le japonais standard. Consolidation du régime et montée de l'impérialisme. Les premières élections législatives de l'histoire du pays se tiennent en juillet 1890, et placent le Jiyūtō et le Rikken Kaishintō en tête de la représentation nationale, rassemblant à eux deux 170 des de la chambre des représentants. Cette chambre s'oppose régulièrement aux membres du gouvernement, nommés par l'empereur, dans le but d'obtenir plus de pouvoir pour leur assemblée. L'obstruction passe notamment par le refus de vote du budget tel que présenté par le gouvernement plusieurs années de suite. Le déclenchement de la guerre sino-japonaise en Corée en 1894 met fin provisoirement à cette opposition. En , la contestation par les puissances occidentales de certains points du traité de Shimonoseki mettant fin à la guerre est utilisée par les dirigeants du Jiyūtō pour négocier pour la première fois l'entrée de plusieurs de ses membres au sein du gouvernement. Ce fonctionnement gouvernemental s'impose par la suite et, lors de la décennie suivante, de 1901 à 1913, Katsura Tarō et Saionji Kinmochi occupent de façon alternée le poste de Premier ministre. En 1913, un an après le décès de l'empereur Meiji, la crise politique Taishō met fin à cette répartition du pouvoir et ouvre l'époque de la démocratie Taishō. En outre, de 1900 à 1920, s'opère un recul des factions politiques liées aux anciens clans du Sud-Ouest, à la bureaucratie et aux hauts fonctionnaires. Cet affaiblissement profite aux diplômés de plusieurs universités qui s'imposent dans certains secteurs : la haute fonction publique, la magistrature, et les banques accueillent ceux de l'université impériale de Tokyo, le monde de la presse et celui des affaires ceux de l'université Waseda, et la médecine ceux de l'université Keiō. La poussée coloniale des puissances européennes reprend dans les années 1880 : les Britanniques colonisent la Birmanie en 1886, les Français l'Indochine de 1884 à 1893, les Américains Hawaï en 1898. La Corée devient un enjeu stratégique pour certains hommes politiques japonais à partir de 1890, et est l'objet d'une guerre contre la Chine en 1894-1895, puis d'une guerre contre la Russie en 1904-1905 . Victorieux dans les deux cas, le Japon impérial renforce sa position sur l'échiquier international et agrandit son territoire : Taïwan est transformée en colonie en 1905, le Liaodong et la moitié sud de Sakhaline sont acquis en 1905, et en 1910 la Corée devient une colonie japonaise. La superficie du pays s’accroît ainsi de 77 % entre 1894 et 1910. En 1902, pour la première fois, un traité défensif est signé entre le Japon et une puissance occidentale (les Britanniques), et, en 1905, le Japon bat militairement une puissance occidentale (la Russie lors de la bataille de Tsushima). La modernisation du Japon devient un exemple à suivre en Asie ; le pays attire des étudiants chinois et coréens. La situation se retourne cependant dès 1905, avec l'essor de l'impérialisme japonais en Corée. Les relations entre les deux pays se tendent jusqu'à la colonisation de ce dernier. Dans les années qui suivent, le Japon, qui a participé à la coalition militaire contre les Boxers et obtenu diverses concessions en Chine, continue d'y accroître son influence : pendant la Première Guerre mondiale, le pays se range au côté des Alliés dans le but d'affirmer son rôle international et envahit la concession allemande dans le Shandong. En janvier 1915, le gouvernement de l'empire du Japon présente à celui de la république de Chine la liste dite des "Vingt et une demandes" qui vise rien moins qu'à mettre sous tutelle une partie de l'économie chinoise, notamment en confirmant les droits du Japon sur le Shandong qu'il occupe depuis quelques mois. Lors de la conférence de paix de 1919, le Japon obtient que le traité de Versailles satisfasse ses revendications sur le Shandong, ce qui conduit le gouvernement chinois à refuser de signer le texte et provoque en Chine un regain d'agitation nationaliste anti-japonaise. Essor et chute de l'empire (1914 - 1945). La société japonaise des années 1920 et 1930. Entre 1914 et 1940, la population continue de croître, passant de d'habitants à . Alors que 28 % des Japonais vivent dans une ville de plus de en 1913, ils sont en 1940 29 % à vivre dans une ville de plus de . Tokyo passe de deux millions d'habitants en 1905 à en 1935, se hissant au même niveau que Londres ou New York. Cette poussée démographique est aussi notable à Hokkaidō qui, de région nouvellement colonisée, se peuple jusqu'à atteindre un niveau comparable aux autres régions de peuplement plus ancien. De en 1913, sa population passe à en 1940, et son réseau urbain se structure autour de trois villes de plus de : Hakodate, Sapporo, et Muroran. La question de la surpopulation devient un enjeu politique à partir du milieu des années 1910. Alors qu'une féministe comme Shidzue Katō préconise le contrôle des naissances, des leaders politiques s'y opposent, y voyant une menace pour la vigueur de l'industrie et du colonialisme japonais. À la fin des années 1930, on dénombre plus de deux millions de Japonais dans les colonies du pays et un million vivant dans d'autres pays. La condition féminine évolue, et les femmes sont de plus en plus nombreuses dans des postes de cols blancs (le tiers des enseignants du primaire dans les années 1920 sont des enseignantes). En 1922, elles sont autorisées à s'organiser politiquement et à assister à des meetings politiques. Plusieurs initiatives législatives sont prises, la dernière en 1931, pour tenter, sans succès, d'élargir le suffrage aux femmes. Dans les années 1920, quelques femmes obtiennent dans le monde du spectacle une visibilité importante associée à une image de modernité, ce qui aboutit à la promotion de la figure de la "modan gaaru". D'autres parties de la population sont en quête d'une reconnaissance sociale : "Burakumin", Aïnous, migrants Coréens... et tendent à se regrouper en associations pour défendre leurs intérêts. Ces derniers, venus chercher du travail dans l'archipel, passent de en 1910, à en 1930, puis à environ en 1940. L'enseignement supérieur accueille de plus en plus d'étudiants : de en 1915, leur nombre passe à en 1940. Cette hausse s'accompagne de créations d'associations politiques étudiantes radicales, de gauche comme de droite. Alors que les gouvernants passent d'une politique de soutien du prix du riz à une politique visant à le faire baisser, L'espace politique se réduit en milieu rural. Les pouvoirs publics veulent mettre un terme à l'agitation ouvrière en ville en faisant baisser le prix des produits de consommation courante, comme lors des émeutes du riz de 1918. La crise de 1929 touche elle le prix de la soie et du coton et contribue à aggraver la situation. Le nombre de conflits entre propriétaires terriens et ouvriers agricoles passe de 87 en 1917, à en 1926, et en 1935. La situation des ouvriers en ville s'améliore légèrement, principalement pour les ouvriers qualifiés, à l'heure où les progrès de l'industrialisation en réclament un nombre important. Les conditions de vie restent difficiles pour les ouvriers non qualifiés, et le nombre de syndiqués passe de vers 1910 à en 1919, ce qui pousse les gouvernements successifs à prendre des mesures en faveur des ouvriers dans les années 1920. Culturellement, l'augmentation du nombre de journaux, de postes de radio, et de cinémas contribue à rapprocher les mouvements culturels avant-gardistes de Tokyo des territoires plus reculés du pays. Le nombre de cafés, grands magasins, et de galeries d'arts soutient l'émergence d'une culture de plus en plus urbaine, industrielle, et s'adressant en premier lieu aux classes moyennes et aux jeunes adultes. Une complexification s'opère, guidée par les critiques artistiques, opposant cultures anciennes et nouvelles, cultures occidentales et orientales, et cultures prolétaires et bourgeoises. Dans le domaine littéraire, l'opposition entre littérature et littérature entraîne la création de deux prix littéraires séparés. En 1935, le prix Naoki récompense la littérature de masse, quand le prix Akutagawa couronne une littérature plus élitiste. L'écrivain Yasunari Kawabata émerge comme figure de la littérature japonaise dans les années 1930. Le cinéma est florissant ; en 1940 le pays compte une dizaine de grandes compagnies cinématographiques. Les œuvres créées empruntent beaucoup aux formes du théâtre japonais, ainsi qu'à ses classiques (l'histoire des 47 rōnin est ainsi portée à l'écran entre 1907 et 1925, et plus encore les années suivantes). De la démocratie de Taishō au militarisme. Après la crise politique Taishō de 1913 commence une période d'une quinzaine d'années pendant laquelle se renouvelle la culture parlementaire, avec à la clef une ouverture démocratique. La montée en puissance des classes moyennes et du milieu ouvrier favorise l'éclosion de discours critiques sur l'autoritarisme de l'État. Une presse libérale s'épanouit et exprime une certaine sympathie envers les revendications chinoises et coréennes lorsque ces pays subissent la répression de l'armée japonaise. Le suffrage universel masculin est élargi en 1925 à tout homme de plus de . Cependant la même année est votée une loi visant à stopper la montée de l'extrême gauche qui compte huit élus au parlement en 1928, à l'issue de la première élection au suffrage universel. Une police politique est mise en place dans chaque préfecture, et certaines activités politiques deviennent passibles de la peine de mort. Ceci n'empêche pas le mouvement ouvrier d'organiser plusieurs milliers de grèves dans l'industrie en 1931. La crise économique de 1929 et la montée des tensions internationales dans les années 1930 mettent cependant ce système politique sous pression. L'entretien d'une armée importante devient un lourd fardeau alors que la situation économique s'aggrave. La montée du communisme aux frontières du pays fait peur à la classe moyenne, et les conservateurs sont perçus comme étant trop proches des conglomérats industriels pour apparaître comme une alternative possible. L'armée "a contrario" continue d'être perçue comme le moyen d'une ascension sociale, et son discours impérialiste est jugé crédible par certains pour faire face aux difficultés économiques. Dans ce contexte, un courant nationaliste radical, dont les tenants sont souvent issus des rangs de l'armée, fait son chemin en s'opposant au milieu politique en place, qu'il juge trop faible. Ce courant met en place une , et plusieurs coups d'État sont préparés en 1931. Le , une tentative de putsch conduit à l'assassinat du premier ministre Inukai Tsuyoshi. Son remplacement par un militaire met fin au régime des partis existant depuis 1918. Ce nouveau pouvoir nationaliste est traversé par deux tendances : la faction du contrôle se compose de militaires alliés à la bureaucratie, souhaitant orienter l'État vers une économie de guerre en augmentant les dépenses militaires, et la faction de la voie impériale, plus radicale, visant à mettre fin à la domination des partis politiques et des conglomérats industriels sur le pays. Cette dernière faction est à l'origine, le , d'une nouvelle tentative de coup d'État pendant laquelle plusieurs ministres sont assassinés. La partie de l'armée restée loyale au pouvoir tire avantage de l'échec de l'opération en imposant ses vues au sommet de l'État. Elle engage plus encore le pays dans la voie de la guerre, notamment en poussant à l'alliance avec l'Allemagne hitlérienne, avec laquelle le Japon signe en novembre 1936 le pacte anti-Komintern. La justice parvient quant à elle à conserver une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir militaire, y compris au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, mais la presse subit une importante censure, et les opposants au régime comme les libéraux, les socialistes, les journalistes ou les professeurs d'université sont intimidés ou arrêtés. Sur le plan de la politique internationale, la situation se calme dans les années 1920. Les traités de Versailles puis de Washington ont stabilisé la situation. L'agitation anti-japonaise en Corée persiste, mais sans possibilité de s'étendre. Le nouveau régime chinois se focalise sur son combat contre les seigneurs de guerre et le parti communiste. Les choses changent lorsqu'au début des années 1930 un gouvernement lié aux militaires est instauré au Japon. Celui-ci met en place l'État fantoche du Mandchoukouo, puis quitte la Société des Nations en 1933. L'invasion de la Mandchourie en 1931 est le point de départ d'une guerre de quinze ans dont le théâtre d'opération va s'élargir au reste de la Chine à partir de , puis au Pacifique et à tout l'Extrême-Orient à partir de 1941. Le Japon en guerre et la fin de l'Empire. Le Japon, qui n'a cessé de pousser ses pions en Chine en y soutenant notamment des seigneurs de la guerre, prend pied en Mandchourie en 1931 à la faveur d'un sabotage de ligne de chemin de fer provoquée par des militaires japonais. Le but est alors de former une « zone de sécurité intérieure » pour protéger ses possessions coréennes tout en ayant accès à des terres agraires, et à des ressources comme le fer et le charbon. Un État fantoche, le Mandchoukouo, est créé en 1932 et dirigé "de facto" par les Japonais. En janvier de la même année, les troupes japonaises s'installent à Shanghai à la suite d'un incident planifié par l'armée. Le gouvernement nippon offre par ailleurs des facilités financières aux fermiers japonais voulant s'établir dans la région, et environ un million d'entre eux viennent s'y installer dans les années 1930. Une nouvelle phase d'expansion en Chine commence en lorsque la guerre sino-japonaise éclate. Attaquant au nord, et à partir de Shanghai, les troupes nippones se heurtent à celles de Tchang Kaï-chek. Nankin, la capitale du régime nationaliste chinois, est prise le , ce qui donne lieu à des massacres de populations pendant lesquels environ sont tuées. Au Japon, le conflit n'est pas soutenu par la population, et la censure dissimule au public la violence des combats. Le régime accentue sa répression contre les opposants (socialistes, syndicalistes...), notamment de à . Le conflit s'enlise dès le printemps 1938, alors que les Chinois continuent de résister. Face à l'enlisement du conflit en Chine dès 1938, les militaires japonais envisagent deux options. Par idéologie anti-communiste, certains chefs militaires favorisent une « option nord », qui consisterait à attaquer l'URSS de façon à sécuriser leurs possessions au nord. D'autres, tenants d'une « option sud », souhaitent couper les voies d'approvisionnement des nationalistes chinois, et s'en prendre aux colonies européennes (Indochine française, Birmanie britannique, Indes orientales néerlandaises...). Les tenants de la première option ont d'abord gain de cause, et une première série d'escarmouches oppose troupes japonaises et soviétiques à l'été 1938. L'année suivante, les troupes soviétiques surclassent les forces japonaises à la bataille de Khalkhin Gol. La signature du Pacte germano-soviétique le les ayant apparemment privés du soutien potentiel de l'Allemagne nazie, les Japonais renoncent dès l'automne de la même année à attaquer de nouveau l'URSS. Un pacte de non-agression entre les deux pays est finalement signé le . Les victoires allemandes en Europe de l'Ouest, qui entraînent un affaiblissement des puissances coloniales européennes en Asie, ouvrent la voie en 1940 à la réalisation de l'« option sud ». Le Tonkin est envahi en septembre 1940. Le Pacte tripartite est signé le même mois entre le Japon, l'Allemagne, et l'Italie, scellant l'Axe Rome-Berlin-Tokyo. Ces développements sont perçus négativement par les États-Unis qui restreignent leurs exportations de fer et de pétrole vers le Japon. Les troupes japonaises prennent pied dans le Sud de l'Indochine française en , ce qui place leur aviation à portée des possessions anglaises (Malaisie) et américaine (Philippines). En représailles, les États-Unis décrètent un embargo total vis-à-vis du pétrole exporté vers le Japon. Or, ce dernier a besoin de carburant pour mener sa guerre contre la république de Chine. Dans l'espoir de ramener les Américains à la table des négociations, une guerre maritime éclair contre eux est envisagée par les militaires japonais. La guerre du Pacifique commence le lorsque les troupes japonaises attaquent simultanément les Britanniques en Malaisie et les Américains à Pearl Harbor. Le conflit mené en Asie par le Japon devient alors partie intégrante de la Seconde Guerre mondiale. Les troupes nippones, qui envahissent dans la foulée les Philippines, Hong Kong, Guam, les Indes orientales néerlandaises, puis la Birmanie, progressent rapidement lors des mois suivants en remportant victoire sur victoire. Dès la mi-1942 cependant, leur progression est stoppée, et l'armée japonaise subit ses premiers revers, comme à Midway, en juin. À partir de la fin de la bataille de Guadalcanal en , les Japonais sont contraints à mener une guerre défensive contre les Alliés. La prise de Saipan en place le Japon à portée des bombardiers américains. Un peu moins d'un demi-million de civils japonais seront victimes de ceux-ci au cours des attaques aériennes américaines au-dessus de l'archipel. L'île d'Okinawa est conquise par les Américains entre avril et , mais ceux-ci enregistrent de lourdes pertes. Alors qu'un plan d'invasion du Japon est mis au point par les Américains, la décision est finalement prise d'utiliser l'arme nucléaire nouvellement développée pour contraindre le pays à la reddition. Hiroshima est bombardée le 6 août, et Nagasaki le 9 août. Les Soviétiques envahissent la Mandchourie, au cours d'une offensive qui coûte également au Japon sa colonie coréenne, le Nord de Sakhaline et les Îles Kouriles. Militairement défait, le pays sort exsangue du conflit : quelque ont péri, 42 % du tissu industriel urbain sont anéantis, et la moitié de la surface des grandes villes est en ruine. L'occupation américaine. Démocratisation du pays. Le , l'empereur Hirohito annonce lors d'une allocution radiophonique la capitulation du pays. Le 17, le prince Naruhiko Higashikuni est chargé de former un gouvernement transitoire afin de gérer le pays en attendant l'arrivée des troupes alliées. Le 2 septembre, Hirohito signe la reddition du pays et des troupes japonaises à bord du cuirassé , et le 8, Douglas MacArthur qui est responsable de l'administration de l'occupation américaine installe son administration à Tokyo, face au palais impérial. Environ débarquent dans le pays jusqu'à la fin du mois d'octobre de la même année. Dès le 19 septembre, cadres de l'armée dont Hideki Tōjō sont arrêtés, et le 4 octobre, l'occupant se porte garant des libertés civiles des Japonais : près de sont libérés, le droit de vote est accordé aux femmes, son âge légal est fixé à vingt ans ; la liberté syndicale est réinstaurée, et dès la fin de l'année sont adhérentes d'un syndicat. Le système éducatif commence à être réformé dès l'automne 1945, et en 1948 le Rescrit impérial sur l'éducation est aboli. Un nouveau système politique se met en place. Alors que la question de son abdication et celle de son inculpation se posent, l'empereur Hirohito annonce au qu'il renonce à sa nature de « divinité à forme humaine ». Les législatives organisées en avril 1946 débouchent sur un renouvellement profond de la représentation nationale. Une nouvelle constitution est annoncée en , votée le 3 novembre, et entre en vigueur le : si l'empereur garde une place symbolique, le parlement détient l'essentiel du pouvoir, et les droits de l'homme sont garantis. Son article 9 proclame le renoncement du Japon à la guerre. Début 1946, environ sont déclarées inéligibles par l'occupant en raison de leurs liens avec le régime précédent. Les procès de Tokyo jugent de à les anciens responsables du régime ; sur , 10 % sont condamnés, dont 984 à des peines capitales. À l'occasion de ces procès, l'opinion publique japonaise prend connaissance des crimes commis par son armée, comme à Nankin ou à Bataan. Dans le domaine économique, le pays est miné par des problèmes de ravitaillement, les infrastructures étant en ruine. Une situation de pénurie perdure jusqu'en 1948. Le crime organisé prospère, tandis que se développe une économie souterraine. Jusqu'à un million de Japonais périssent de sous-alimentation, et l'inflation est endémique jusqu'à la fin de la décennie. Les grands conglomérats que sont les "Zaibatsu" comme Mitsui ou Sumitomo sont dissous en , et fin 1946, une réforme agraire permet à 80 % des paysans d'accéder à la propriété. Fin de l'occupation. Les débuts de la guerre froide en 1946 obligent les États-Unis à revoir leur relation avec le Japon : en Extrême-Orient, la Corée du Nord communiste est créée en 1948, et l'année suivante les communistes achèvent leur conquête de la Chine continentale. La priorité est alors donnée au redressement économique de l'archipel. Après un intermède socialiste assuré par Tetsu Katayama, les libéraux arrivent au pouvoir en 1948 avec Yoshida. En octobre de la même année, l'occupant instaure une nouvelle politique économique dirigée par Joseph Dodge : une politique déflationniste est mise en place, et les libertés publiques sont réduites. En 1950 des purges politiques visant les communistes touchent plus de . L'occupant décide de réarmer en partie le pays, alors que la guerre de Corée vient d'éclater, ce qui relance l'activité de pans entiers de son économie : dès 1951, la production industrielle bondit de 12 %. C'est dans ce climat international tendu, que s'ouvrent les négociations du traité de paix. Malgré l'opposition de gauche qui tente d'obtenir la neutralité du pays, et la droite conservatrice de Hatoyama et Kishi qui envisage de reconstituer une armée sitôt l'indépendance recouvrée, le premier ministre Yoshida accepte les conditions américaines qui prévoient l'instauration de bases militaires permanentes dans le pays. Le , ratifient par écrit le traité de paix avec le Japon. Le Japon contemporain. Deux décennies d'évolution rapide (années 1950 et 1960). Modernisation économique. Dans les années 1950, l'économie reste en partie tournée vers les besoins de la reconstruction, et la balance commerciale du pays reste déficitaire jusqu'en 1965, puis devient excédentaire, permettant au pays de stocker des réserves de monnaies étrangères. De 1955 à 1973, la croissance économique est soutenue : le produit national brut est multiplié par 5 grâce à des améliorations technologiques et des disponibilités importantes en capital pour financer les investissements de modernisation. L'industrie crée d'emplois entre 1947 et 1990, et le pays accède au rang de grande puissance économique. Le du pays dépasse celui du Royaume-Uni en 1967, et celui de l'Allemagne de l'Ouest en 1969. La part de l'agriculture dans l'économie poursuit sa décroissance : de 45 % en 1950, elle chute à 18 % en 1970. Ce phénomène s'accompagne d'un dépeuplement de certaines régions, notamment le long de la mer du Japon. Une politique de contrôle des prix (limitation des importations, stockage des excédents), reconduite par les gouvernements successifs, permet de dégager des marges suffisantes pour soutenir la mécanisation de l'agriculture. Mais le développement économique engendre des problèmes de santé publique. Des maladies résultant de pollutions industrielles font leur apparition . La baie de Tokyo est rendue impropre à la pêche en 1962, alors que la capitale est régulièrement le théâtre de phénomènes de smog. En 1970, la pollution de l'air à Tokyo atteint un pic ; l'année suivante, une agence nationale de l'environnement est créée. Un système politique dominé par les conservateurs. Le Japon sort de la période de l'occupation dirigé par le Premier ministre Yoshida qui, avec le soutien du Parti libéral du Japon, détient le pouvoir depuis les élections législatives japonaises de 1949. Entouré de ministres proches comme Eisaku Satō et Hayato Ikeda, il conserve son poste jusqu'en 1954 malgré les nombreuses attaques de Hatoyama, écarté du pouvoir par l'occupant américain en raison de ses responsabilités politiques d'avant-guerre. Hatoyama est élu au poste de Premier ministre en 1954, porteur d'un discours nationaliste réclamant plus d'indépendance vis-à-vis des Américains. Le succès que remporte le parti socialiste aux élections législatives de 1955 pousse les conservateurs, divisés entre plusieurs partis, à se regrouper au sein du Parti libéral-démocrate. Hatoyama réussit à unir au sein d'un même parti des tendances allant du centre gauche à la droite nationaliste, ce qui permet au parti de régner sans partage pendant plusieurs décennies. Les années 1950 sont par ailleurs marquées par de grands mouvements sociaux, et les étudiants regroupés dans le "Zengakuren" émergent comme une des grandes forces politiques du moment. Lorsqu'en 1960, le premier ministre Nobusuke Kishi tente de faire passer en force la signature d'un traité de coopération militaire avec les États-Unis, près de se rassemblent pour protester autour du bâtiment de la Diète. Dans les années 1960, s'enchaînent les mandats de Hayato Ikeda de 1960 à 1964 puis de Eisaku Satō de 1964 à 1972. Le premier engage le Parti libéral-démocrate dans une politique favorisant l'économie, visant « haute croissance et doublement des salaires », et remporte assez largement les élections législatives de 1960. Un calme social s'installe alors que la croissance du PIB se maintient à plus de 10 % par an. Son successeur et continuateur conserve le pouvoir pendant plus de sept ans, le record de l'après-guerre. Sur le plan international, si le pays n'est plus formellement sous occupation américaine depuis la signature du traité de San Francisco en 1952, il reste dépendant des États-Unis. Le traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon signé en 1951 garantit à l'ancien occupant l'accès à près de (ports, casernes, bureaux, etc.). Un nouveau traité est signé en 1960 mais n’entraîne que quelques pertes mineures pour l'ancien occupant. Okinawa ne repasse sous souveraineté japonaise qu'en 1972. Cependant, la normalisation des relations avec les pays voisins n'intervient qu'après la signature du traité de San Francisco. Il faut attendre 1956 pour que les relations avec l'URSS se normalisent, 1965 pour rétablir celles avec la Corée du Sud, et 1972 pour un rapprochement avec la Chine populaire. Une société renouvelée. La population japonaise s'accroît régulièrement jusqu'au début des années 1970. Bien que le taux de fécondité diminue de par femme en 1947 à en 1970, l'espérance de vie croît de en 1937 à en 1960 (puis en 1990). La population passe ainsi de à la fin des années 1930 à plus de dans les années 1960. Une urbanisation massive s'organise dans les agglomérations de Tokyo, de Kyoto, et de Nagoya ; en 1970, 72 % de la population mènent une vie citadine. L'éducation progresse aussi. Alors qu'en 1950 seuls 50 % des élèves poursuivent leur scolarité au-delà du collège, ils sont 90 % en 1975. Le nombre d'étudiants à l'université passe de en 1950 à en 1970. Une classe moyenne importante émerge, qui se dote de biens d'équipement en nombre ; vers 1970, environ 90 % des ménages sont équipés de lave-linges, d'aspirateurs, de réfrigérateurs, et de téléviseurs en noir et blanc. Les automobiles en circulation se multiplient, la production évoluant de en 1956 à en 1970. Le peuple japonais a accès à une culture de masse diffusée par la radio et le cinéma, des médias en forte croissance entre 1945 et 1960, avant d'être supplantés par la télévision. À côté de cette culture moderne, un mouvement de préservation des modes d'expressions traditionnels, porté dès avant-guerre par l'écrivain Sōetsu Yanagi, se poursuit ; c'est dans cette optique que la Fondation du Japon voit le jour en 1972. Les thèmes de la guerre et de la défaite hantent la littérature japonaise, les livres de Jun Takami et Osamu Dazai notamment, et, dès les années 1950, des auteurs comme Kawabata et Mishima accèdent à une reconnaissance internationale. Le thème de la bombe atomique, et plus largement de la guerre froide, trouve un écho dans des œuvres de science-fiction, et se prolonge au cinéma avec l’apparition de la figure de Godzilla. Dans le domaine des arts plastiques, le "Gutai", un mouvement d'avant-garde, ouvre un nouveau champ d'exploration artistique et participe à l'épanouissement de l'art contemporain dans le pays. Le cinéma produit aussi bien des films d'époque ("jidai-geki", comme Rashōmon (1950) et Les Sept Samouraïs (1954) de Kurosawa) que des films aux thèmes contemporains ("gendaigeki"). Une Nouvelle Vague japonaise, représentée par le cinéaste Nagisa Ōshima, est aussi active au cours de ces deux décennies. L'« après-après-guerre » (années 1970 et 1980). Des chocs économiques au rebond. L'économie japonaise subit deux chocs économiques successifs au début des années 1970. Confrontés à une forte inflation, les États-Unis en 1971 à la convertibilité du dollar en or. Le yen s'apprécie de 15 %, ce qui pénalise les exportations et la compétitivité des entreprises japonaises. Le premier choc pétrolier de 1973-1974 concourt à ralentir la croissance du pays, et l'oblige à revoir son modèle économique. De nouveaux biens d'équipement (magnétoscopes, appareils photos, chaînes stéréo) prennent une importance grandissante à l'exportation, et assurent une balance commerciale de plus en plus bénéficiaire. Globalement, la croissance annuelle entre 1973 et la fin des années 1980 atteint 5 à 6 %, soit des taux bien supérieurs à ceux d'autres pays développés. La consommation d'énergie quintuple entre 1960 et 1990. Mais la ressource énergétique principale s'épuise rapidement : en 1955, l'exploitation du charbon disponible sur le territoire japonais couvre 79 % des besoins, seulement 17 % en 1990. Après avoir eu recours aux hydrocarbures importés de l'étranger pour pallier le manque de charbon, le pays opte pour l'énergie nucléaire. La première centrale entre en activité en 1966 à Tōkai, et, au début des années 1990, une quarantaine de réacteurs produisent le quart de la production énergétique nationale. La hausse du yen combinée à une balance commerciale très bénéficiaire a plusieurs effets visibles à l'international. Le pouvoir d'achat des Japonais leur permet de se rendre en nombre à l'étranger et de s'adonner à la consommation touristique. De plus, les produits de leurs entreprises, notamment dans le secteur des technologies, inondant certains marchés, éveillent l'intérêt de la jeunesse occidentale pour les productions culturelles du Pays du Soleil levant. Sur la scène internationale, le Japon accède au rang de modèle économique. Cette reconnaissance et sa prospérité l'incitent à augmenter sa participation financière dans de grands organismes internationaux (aide au développement de pays du tiers monde, contributions aux projets de l'Unesco...). En outre, il investit les excédents de sa balance commerciale en achetant en masse des bons du Trésor américain. Scandales politico-financiers et rapprochement avec la Chine. Entre 1972 à 1987, le système politique japonais est sous l'influence d'un seul homme : Kakuei Tanaka. Premier ministre de 1972 à 1974, il s'impose comme « faiseur de roi » les années suivantes, grâce à ses ressources financières et ses réseaux politiques. Il commence sa carrière politique dans la région de Niigata dont il est originaire, et y met en place un système de financement occulte lui permettant de couvrir les dépenses de ses campagnes électorales, ainsi que celles de ses soutiens . En 1974, à la suite d'un scandale politico-financier, il est contraint à la démission. Son influence au sein du reste cependant forte, même après les révélations publiques de son implication dans l'affaire Lockheed qui éclate en 1976. Le système de factions qu'il a renforcé dans le parti fragilise le pouvoir des premiers ministres qui ne peuvent plus compter sur de fortes majorités : cinq Premiers ministres se succèdent jusqu'en 1982, effectuant des mandats d'au plus deux ans. Le parti lui-même est profondément divisé : en 1979, faute d'un accord interne, il présente deux candidats au poste de Premier ministre. Il devient en outre très impopulaire : les effectifs de sa base militante sont divisés par deux la même année. Le parti, et le pays, retrouvent une certaine stabilité politique avec l'arrivée au pouvoir de Yasuhiro Nakasone. Nommé en 1982, il parvient à conserver son poste après les élections législatives de 1983 et de 1986. Il désigne Noboru Takeshita pour lui succéder à la tête du . Ce dernier, grâce à l'appui d'une faction importante du parti, s'installe aux commandes du pays en 1987. Cette même faction va porter au sommet de l'État trois autres de ses membres entre la démission de Takeshita en 1989 et 1992. Au niveau international, le Japon opère un rapprochement diplomatique avec la république populaire de Chine. Jusqu'en 1972, influencé par les Américains, le pays ne reconnaît que Taïwan comme interlocuteur, mais les choses évoluent lorsque les États-Unis, ayant subi un échec lors de la guerre du Viêt Nam, amorcent un début de désengagement en Asie. Le Japon et la Chine signent finalement un traité de paix en 1978, dans lequel une clause met en garde contre la présence « hégémonique » de l' dans la région. Dans le même temps, les relations avec le régime du général sud-coréen Park Chung-hee restent conciliantes, et le gouvernement japonais accepte de couvrir l'enlèvement à Tokyo d'un opposant sud-coréen. Mouvements sociétaux et développement urbain. Les nouvelles religions ou "Shinshūkyō", qui se sont développées au cours des décennies précédentes, connaissent leur apogée au début des années 1970, avant d'être remplacées par d'autres mouvements sectaires plus récents ("shin-shinshūkyō"), qui séduisent une population plus jeune et plus urbaine. Les pratiques religieuses évoluent aussi : en 1984, par exemple, 65 % des Japonais interrogés indiquent ne pas avoir de croyance, quand dans le même temps 81 % d'entre eux visitent les temples les premiers jours de l'année. Au début des années 1970, une nouvelle génération d'écrivains, nés après la Seconde Guerre mondiale, fait irruption sur la scène littéraire nationale. Elle propose des approches artistiques plus diverses que celles conçues par les générations antérieures. Des écrivains comme Kenzaburō Ōe, Kenji Nakagami et Haruki Murakami deviennent des auteurs-phares. Dans le domaine des mangas, le style "gekiga" commence à s'imposer dès la fin des années 1960 et les dessinatrices du Groupe de l'an 24 renouvellent le style des "Shōjo". La baisse continue de la fréquentation des salles de cinéma (d'un milliard d'entrées par an en 1950 à en 1973) remet en cause les investissements des principaux studios du pays. Le réalisateur Akira Kurosawa, par exemple, doit faire appel à des capitaux soviétiques ou américains pour pouvoir financer ses films. Bien que les mouvements de concentration urbaine vers les grandes villes ralentissent, certaines régions comme Hokkaidō ou Kyūshū tirent profit d'un développement régional. Malgré des initiatives étatiques en leur faveur, les autres aires géographiques restent en marge. Dans les grandes villes comme Tokyo, des quartiers de gratte-ciels commencent à être construits. C'est le cas, par exemple, de Nishi Shinjuku où les premiers immeubles de grandes hauteurs apparaissent dans les années 1970. Un pays face aux crises depuis les années 1990. La mort de l'empereur Hirohito et l'accession au trône de son fils Akihito en ouvrent l'ère Heisei. Ses premières années sont assombries par plusieurs crises majeures. En 1990, éclate la bulle spéculative japonaise, à l'origine de la « décennie perdue », pendant laquelle la situation économique du pays se détériore. En 1995, la gestion par l'État de l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo et du séisme de Kōbe soulèvent de vives critiques. L'hégémonie du contestée. À partir de 1989, le Parti libéral-démocrate, qui détient les rênes du pouvoir politique depuis l'après-guerre, se fracture de l'intérieur et enchaîne les défaites électorales. Éclaboussé par plusieurs scandales, il perd sa majorité au sénat lors des . Le Parti socialiste japonais, affaibli par des divisions internes, ne parvient cependant pas à faire fructifier sa victoire. Plusieurs scissions ébranlent alors le , qui se présente divisé aux élections législatives de 1993. Morihiro Hosokawa, chef du Nouveau parti du Japon, réunit autour de lui une coalition et devient en le premier Premier ministre non issu du depuis . Cependant la coalition éclate en , et, après un intérim assuré pendant par Tsutomu Hata, le revient au pouvoir au sein d'une coalition dirigée par les socialistes du Premier ministre Tomiichi Murayama. L'émergence d'une forme de bipartisme est attestée par les observateurs, renforcée par les bons résultats du Parti de la nouvelle frontière aux . Cependant des dissensions idéologiques internes à la coalition, ainsi que la gestion jugée mauvaise par l'opinion du séisme de Kōbe et de l'attentat contre le métro de Tokyo en 1995 font chuter la popularité du gouvernement Murayama. À l'issue des élections législatives de 1996, le remporte contre 156 pour le Nouveau parti pionnier. Ce dernier implose en plusieurs partis les mois suivants. Ryūtarō Hashimoto forme en 1996 un gouvernement dominé par le , mais doit céder sa place à un autre cadre du parti en 1998 : Keizō Obuchi, après une défaite électorale . Yoshirō Mori assure la succession à la mort de ce dernier en 2000. Le porte de nouveau au pouvoir Jun'ichirō Koizumi en 2001. Celui-ci effectue le mandat le plus long depuis Satō, soit cinq ans et cinq mois. Réformateur et bénéficiant d'une certaine popularité, il doit cependant affronter, au sein de son propre parti, un noyau conservateur opposé à ses réformes. Ses successeurs, Shinzō Abe, Yasuo Fukuda puis Tarō Asō, réussissent à maintenir le à la tête de l'État jusqu'à l'élection, en 2009, du leader du Parti démocrate du Japon : Yukio Hatoyama. La seconde période de perte d'hégémonie du commence en 2007. Aux les conservateurs perdent leur majorité, au bénéfice du Parti démocrate du Japon. Deux ans plus tard, Yukio Hatoyama devient le premier des trois Premiers ministres issus du à se succéder à la tête du pays. Mais ni lui, ni Naoto Kan qui lui succède en , ni Yoshihiko Noda qui exerce la fonction de à ne sont en mesure d'inscrire leur mandat dans la durée. Le retour de Shinzō Abe aux affaires en 2012, replace le à la tête du pays. Montée des périls sur la scène internationale. L'évolution du climat international au début des années 1990 relance le débat sur le caractère pacifiste de la constitution japonaise. Le déclenchement de la crise économique, la fin de la guerre froide en Asie, et l'éclatement de la guerre du Golfe obligent le Japon à repenser sa puissance militaire. Pour la première fois, en 1991, il envoie des casques bleus à l'étranger, dans le cadre des accords de Paris sur le Cambodge. Au niveau régional, des antagonismes anciens s'enveniment entre le Japon, la Chine et la Corée du Nord. Cette dernière, lâchée par son allié soviétique, se lance dans une course à l'armement nucléaire, et menace directement le territoire nippon. La Chine, quant à elle, dispute au Japon la souveraineté sur les îles Senkaku. Les tensions avec ces deux pays, mais aussi avec la Corée du Sud, prennent souvent pour cadre des questions mémorielles, notamment durant la guerre des manuels en 2005, et à l'occasion de visites d'officiels japonais au sanctuaire de Yasukuni. Cependant, sous la présidence de George W. Bush, le Japon se démarque à plusieurs reprises de son allié américain en optant pour une politique de conciliation. En 1991, deux ans après les manifestations de la place Tian'anmen, il normalise ses échanges diplomatiques et économiques avec la Chine. En 1998, le premier ministre Obuchi et le président sud-coréen Kim Dae-jung prônent, d'une même voix, une politique d'ouverture envers le voisin nord-coréen, initiative prolongée par deux visites à Pyongyang du Premier ministre Koizumi. La question de la réforme de l'armée japonaise resurgit à maintes reprises dans le débat public. Malgré une opposition populaire forte, plusieurs cadres politiques plaident pour une réforme de la constitution japonaise pour permettre le déploiement des Forces japonaises d'autodéfense dans des missions plus variées à l'étranger. En 2014, le Premier ministre Abe lance un processus de révision constitutionnelle. Dans le même temps, la composition des forces armées évolue. En 2012, le lancement de la construction de deux navires de classe Izumo (utilisables comme de véritables porte-avions), associés à la flotte de destroyers de classe Kongō, et aux transporteurs d'assaut de classe Osumi (lancés dans les années 2000), permet au pays de constituer plusieurs groupes de forces opérationnelles. Marasme économique. L'appréciation du yen face au dollar à partir de la seconde moitié des années 1980 provoque le retour de capitaux au pays, souvent investis dans l'immobilier commercial. Cependant, la Banque du Japon intervient pour juguler la bulle spéculative qui se forme, en relevant son taux d'escompte à partir de . Dès le cours de la bourse de Tokyo commence à s'effondrer, et, au terme de l'année, la perte s'élève à 39 %. Pour compenser leurs pertes, des entreprises sont contraintes à vendre leurs actifs immobiliers, ce qui a pour effet de faire baisser la valeur de ceux-ci. Les banques sont elles aussi acculées à la vente d'actifs, et l'économie nationale entre en récession. La faillite de deux groupes financiers en 1997, la Hokkaido Takushoku Ginko et , force le gouvernement à injecter de yens dans le système bancaire, mais sans succès jusqu'à ce que des réformes structurelles soient imposées, six ans plus tard, par le gouvernement Koizumi. Sous la pression de ses partenaires commerciaux, désireux d'accéder au marché intérieur japonais, le gouvernement japonais applique plusieurs mesures de déréglementations. Les privatisations d'entreprises, qui avaient commencé dans les années 1980, reprennent lorsque Koizumi prend la direction des affaires du pays. Le taux de chômage double entre 1992 et 2002, passant de 2,2 % à 5,4 %. Il atteint, et parfois dépasse, 10 % dans les catégories comme celles des hommes de moins de ou de plus de . La part de l'emploi précaire (intérim, contrats à durée indéterminée...) augmente et concerne un actif sur quatre au début des années 2000. Cependant, la valeur en dollars des exportations progressent continûment, portée par des secteurs restés compétitifs comme l'automobile et l'électronique, et la balance commerciale demeure excédentaire (autour de par an). Du fait de l'abondance de ses devises (en 2007, le pays détient de devises étrangères), le pays reste le premier créditeur mondial en 2002. Baisse démographique et catastrophes de Fukushima. La population poursuit sa croissance, et atteint un maximum de d'individus en 2004. Cependant cette hausse s'explique notamment par un allongement de la durée de vie, le taux de fécondité étant passé sous le taux de renouvellement dès 1974, et la part des plus de passe de 7 à 20 % entre 1970 et 2006. La baisse de la natalité glisse progressivement jusqu'à par femme en 2006, et les projections pour 2100 indiquent que la population japonaise pourrait baisser jusqu'à d'habitants si la tendance ne s'inversait pas. Au début des années 1990, des phénomènes culturels, jusque-là marginaux , deviennent de notoriété publique. Basés sur diverses expressions de la culture populaire japonaise comme le manga, la japanimation et l'univers des jeux vidéo, ils influencent des mouvements artistiques comme "Superflat", et portent le "" japonais à l'étranger : en 2005, le pays se classe deuxième exportateur mondial de biens culturels ( de dollars, en valeur). Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9,0, suivi d'un tsunami, frappe l'est du Tōhoku autour de Sendai, provoquant la mort de plusieurs milliers de personnes, d'importants dégâts dans toute la partie nord-est de Honshū et l'accident nucléaire de Fukushima. Cette triple catastrophe, écologique et technologique, instille le doute dans une opinion publique japonaise déjà accablée par des années de stagnation économique et inquiète de la montée en puissance de son voisin chinois. |
Hokkaidō , autrefois appelée Yeso ou , est la plus septentrionale des quatre îles principales de l'archipel du Japon, et la deuxième par sa taille. Administrativement, elle correspond également à la fois à une préfecture et à une région. Le chef-lieu de cette préfecture est Sapporo. Parmi les Japonais qui vivent sur Hokkaidō se trouvent une minorité d'Aïnous, qui furent les premiers habitants de l'archipel. Géographie. Relief. Hokkaidō est une île située dans le nord du Japon, à proximité de la Sibérie. Elle est entourée par l'océan Pacifique (à l'est), le détroit de Tsugaru (au sud) qui la sépare de Honshū, la mer du Japon (à l'ouest) qui la sépare de Extrême-Orient russe et la mer d'Okhotsk (au nord), qui la sépare des îles Kouriles. Les quatre extrémités de l'île sont marquées par le cap Sōya au nord-ouest, face à Sakhaline, la péninsule de Shiretoko au nord-est, le cap Erimo au sud-est, dans le prolongement des monts Hidaka, et la au sud, en face de Honshū. La préfecture d'Hokkaidō inclut de nombreuses petites îles comme Rishiri, Okushiri et Rebun. Les séismes sont moins fréquents que dans le reste de l'archipel mais le volcanisme est actif. L'épicentre d'un séisme de magnitude 8 se situait à proximité de l'île le à (UTC). Végétation et climat. L'île est couverte à 71 % par des forêts de conifères et décidues ; la surface boisée a diminué de 7% en un siècle. Elle compte 16 % de terres agricoles. Hokkaidō est connue pour ses étés frais et secs (en comparaison du reste du Japon, ce qui attire de nombreux touristes) et ses hivers rigoureux. La température moyenne en août est d'environ , tandis que celle de janvier varie entre et , en fonction de l'altitude et de la latitude. Les tempêtes de neige, apportées par les vents en provenance de Sibérie, ne sont pas rares. En hiver, la mer d'Okhotsk gèle en grande partie, rendant la navigation impossible sur toute la côte Nord. Les pêcheries doivent cesser leur activité jusqu'au dégel. Histoire. Hokkaidō était à l'origine la terre du peuple aïnou. On retrouve d'ailleurs la trace de la langue aïnoue dans la toponymie de l'île, ainsi que celle de nombreuses villes dont Sapporo, et de nombreuses espèces d'arbres et d'animaux (par exemple, ezomatsu, ou pin de Hokkaidō). L'origine des Aïnous fait toujours débat ; la théorie la plus répandue les fait venir du continent asiatique, probablement liés aux peuples mongols. En effet, dans le sud de Hokkaidō, des études archéologiques ont mis en évidence la présence de peuplades Jōmon, venant probablement d'Asie, il y a , et dont les Aïnous sont peut-être les descendants tardifs. Dans le nord de Hokkaidō s'installèrent les Okhotsks six ou sept siècles Du au cohabitaient les cultures okhotsk et satsujin, sédentaires et agricoles, qui avaient pu se mélanger par endroits. Toutefois, les Okhotsks disparurent ou furent absorbés par les Satsujin au , formant finalement le peuple aïnou. L'établissement des premiers Japonais à Hokkaidō survint dans les années 1600 avec une dizaine de milliers de pêcheurs, marchands et cultivateurs, mais globalement, l'île restait très peu peuplée jusqu'au avec une population de peu ou prou , les migrants japonais ayant d'ailleurs dépassé en nombre les Aïnous, qui diminuèrent dès le et dont la vitalité était passée. En 1799, sous l'effet de la présence grandissante des Russes et de navires étrangers dans la région, l’île d’Ezo passe sous administration shogunale directe (bien que la domination sur l'île mettra un certain temps à s'établir). Peu après la guerre de Boshin de 1868, un groupe de fidèles des Tokugawa, dirigé par Takeaki Enomoto, déclara l'indépendance de l'île sous le nom de république indépendante d'Ezo, mais la rébellion fut écrasée en . L'intégration proprement dite de l'île dans le Japon, à l'époque l'empire du Japon, survint avec la restauration de Meiji, à partir de 1868, en raison des inquiétudes liées à l’expansion russe en Extrême-Orient. Le , Ezo est ainsi officiellement annexée à l'empire et devient Hokkaidō. Cet acte stratégique, consolidé par une orientation politique de défrichement, de peuplement, et d’intégration des populations aborigènes, a ceci de particulier qu'il atteste du basculement du pays dans un paradigme de relations internationales nouveau : celui des États-nations. La région fut divisée en onze provinces : Tokachi, Hidaka, Ishikari, Kitami, Kushiro, Nemuro et Teshio, Oshima, Shiribeshi, Iburi et la Chishima pour les îles Kouriles du sud. En 1882, les provinces de Hokkaidō fusionnèrent pour former trois préfectures : Hakodate, Sapporo et Nemuro, qui fusionnèrent à leur tour en 1886. Une commission de colonisation fut créée pour favoriser le peuplement de l'île, dont la population augmenta fortement au sud et dans la ville de Sapporo, choisie pour établir un gouvernement central en 1885. Dès 1875, des soldats-colons s'installaient en échange de terres au centre, à l'est et au nord. En 1900, japonais résidaient à Hokkaidō. L'intégration des migrants se fit en trois étapes : l'instabilité de la nouvelle société à l'époque de Meiji ; l'enracinement et l'affirmation d'une identité locale d'environ 1910 à 1955 ; enfin une phase de délocalisation, comme dans tout le Japon, et de forte urbanisation, signifiant que les localismes s'effaçaient plus ou moins. La population passa de en 1913 à trois millions d'habitants en 1940, avec notamment trois villes de plus de (Hakodate, Sapporo et Muroran). Dans les années 1930, l'île avait profité de la modernisation intensive, de la révolution industrielle, de l'établissement des rizicultures, des aides occidentales et notamment américaines, si bien que la majeure partie du territoire était parfaitement occupée à l'exception des terres les plus hostiles au nord et à l'est, avec de grandes villes dont Sapporo et Otaru. Après la Seconde Guerre mondiale, quelque cinq millions de colons revinrent de Corée et de Mandchourie, si bien que l'agence de développement créée en 1950 poussait systématiquement au peuplement des zones peu habitées du nord et de l'est. Découpage administratif. Hokkaidō est à la fois une préfecture (Hokkaidō) et une région du Japon (Hokkaidōken, mot rarement utilisé en japonais, Hokkaidō étant généralement préféré, sauf lorsque la distinction formelle est absolument nécessaire). Le chef-lieu de cette préfecture est Sapporo. Hokkaidō est la seule préfecture entièrement divisée en sous-préfectures. Cela est dû principalement à sa grande taille. La ville de Sapporo est en effet trop éloignée de certaines parties de l'île pour pouvoir prendre en charge toute la gestion administrative. Les sous-préfectures de Hokkaidō effectuent le travail habituellement accompli par les bureaux préfectoraux dans le reste du Japon. Les villes principales sont Sapporo, Hakodate et Asahikawa. Économie. Bien que l'industrie légère soit également représentée (en particulier la papeterie, le brassage de la bière et la production de nourriture), la plus grande part des emplois se trouve dans le secteur des services. Le tourisme est très important pour l'économie, en particulier pendant l'été, dont la fraîcheur attire les vacanciers (il fait très chaud dans le reste du Japon à cette période de l'année). En hiver, ce sont les stations de ski qui prennent le relais. Les Jeux olympiques d'hiver de 1972 ont eu lieu à Sapporo. Transport. Le seul lien terrestre de Hokkaidō avec le reste du Japon est le tunnel du Seikan (tunnel ferroviaire). Il s'agit du deuxième plus grand tunnel du monde. Il a été ouvert en après plus de dix ans de travaux, et relie l’île de Honshū à Hokkaidō, permettant une meilleure intégration de l’espace insulaire grâce à sa ligne ferroviaire. Mais la plupart des voyageurs arrivent sur l'île par avion. Le principal aéroport est celui de Chitose, appelé Nouvel aéroport de Chitose, au sud de Sapporo. Tokyo-Chitose est la ligne la plus empruntée du Japon avec plus de quarante-cinq vols par jour, assurés par trois compagnies. On peut également se rendre à Hokkaidō par ferry, à partir des ports de Nagoya, Oarai et Sendai sur la côte Pacifique et de Maizuru, Tsuruga, Niigata et Akita en mer du Japon. Le transport est principalement assuré par les compagnies Taiheiyō Ferry, MOL Ferry (Sunflower) et Shin Nihonkai Ferry. Le réseau ferré à l'intérieur de Hokkaidō est bien développé, mais certaines villes ne sont accessibles qu'en bus ou en voiture. Le Shinkansen est un autre élément d’intégration de Hokkaidō à la dynamique du Japon. En effet, le Shinkansen est un service de train à grande vitesse qui existe au Japon depuis environ cinquante ans. Le , une ligne a été ouverte entre les gares de Shin-Aomori (qui se situe au nord de l’île de Honshū) et de Shin-Hakodate-Hokuto (qui se situe au sud de l’île de Hokkaidō). On voit ainsi une continuité de la ligne, qui traverse les espaces dynamiques du Japon et qui va sur l’île la plus septentrionale du pays. Cette ouverture récente a pour but de dynamiser et d’intégrer Hokkaido en rendant cet espace plus accessible. De plus, une extension de la ligne du train à grande vitesse est prévue pour 2030 afin de relier la ville principale de Hokkaidō, Sapporo, à ce système ferroviaire. Agriculture. Hokkaidō occupe le premier rang dans l'agriculture du Japon, notamment pour la production de riz et de poisson. L'ensemble de la filière agricole est très développé : élevage, culture, pêche. Un quart des terres cultivées se situe dans cette région. Les productions principales sont celles de blé (65,5 %), de pommes de terre (79,5 %) et de betteraves (100 %). On y produit également de nombreuses variétés de légumes, de la viande, du poisson, et des fruits de mer. Tourisme. Le tourisme occupe une place importante dans l’économie de l'île d'Hokkaidō. En 2014, le Japon a attiré plus de treize millions de visiteurs étrangers, ce chiffre est en hausse depuis 2011. La majorité des touristes vient d’Asie, en particulier de Chine, de Taïwan et de Corée du Sud. Revendications territoriales. Il y a un conflit à propos des îles qui se situent au Nord d’Hokkaido. En effet, les îles Kouriles sont revendiquées par le Japon et la Russie. Chaque État revendique les îles du Sud de l’archipel des Kouriles, et ne reconnait pas la souveraineté de l’autre. Cet archipel est composé d’environ trente îles volcaniques et de plusieurs îlots. Le Japon et la Russie s’affrontent dans ce conflit, en particulier pour bénéficier de la zone économique exclusive des îles. Les zones économiques exclusives des îles Kouriles offrent en effet de nombreuses ressources halieutiques, car c’est l’un des espaces les plus poissonneux de l’océan Pacifique, mais aussi des ressources minérales avec des gisements de soufre et de pyrite. Ainsi, le Japon réclame les quatre îles les plus au Sud de l’archipel, qu’il décrit comme des extensions de l’île d’Hokkaido. Jumelages. La préfecture de Hokkaidō est jumelée avec les municipalités et les régions suivantes : |
Histoire de Bruxelles Cet article présente les faits marquants de l’histoire de Bruxelles, la capitale de la Belgique et l’un des sièges de l’Union européenne et de plusieurs de ses institutions. Naissance. La région bruxelloise accueillit une occupation romaine dont il subsiste des vestiges proches du centre de Bruxelles. À la fin du , une chapelle consacrée à l'archange Saint-Michel est construite au flanc d'une colline dominant la Senne. Au fil des ans, elle prendra de l'importance et sera remplacée par une église qui deviendra la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. En fait, Bruxelles entre dans l'histoire grâce à un évêque malade. Un manuscrit ancien (de 695) relate que Vindicien, évêque de Cambrai, tombe malade et meurt à Brosella. Le nom de Bruxelles entre véritablement dans l'histoire sous la forme "Bruocsella" en 966 (connu par une copie du ), en langue germanique "brōk-" désigne le marais et "*sāli-" (devenu "sel(e)" en moyen néerlandais) la salle ou la maison. Il pouvait, peut-être, s'agir d'un bâtiment situé sur l'île que l'on appellera l'île Saint-Gery du nom d'un saint dont les reliques y furent installées plus tard. Cette salle pouvait servir de lieu de réunions aux Francs (qui pratiquaient une forme de démocratie élective au cours de grandes réunions des hommes libres, c'est-à-dire francs). Cet endroit pouvait, en même temps, servir d'entrepôt puisque le centre de Bruxelles -qui en est la partie la plus ancienne- semble avoir été un lieu de débarquement et d'échanges sur la rivière Senne. Une voie romaine traversait le site urbain actuel du sud au nord en venant de l'actuelle chaussée de Waterloo et allant vers Laeken. Elle suivait approximativement le flanc de la colline qui correspond aujourd'hui avec les quartiers du haut de la ville centrale. Un petit temple, appelé cella en latin, aurait pu s'élever au carrefour de cette voie avec un chemin montant depuis le débarcadère de la zone marécageuse de l'île Saint-Gery, "broek". C'était un usage romain de jalonner les voies de communication, notamment les carrefours, par de telles constructions qui plaçaient les voyageurs sous la protection d'un dieu tout en servant de repères géographiques. Si l'on s'en remet à l'historiographie traditionnelle, la date de fondation de Bruxelles se place en 979. Cependant, aucune source écrite, sinon ultérieures, ou archéologique n'a permis à ce jour de corroborer cette date. La tradition unanime des chroniqueurs anciens veut qu'un premier castrum ait été bâti par le duc Charles de Basse-Lotharingie sur l'île de Saint-Géry (aucune source contemporaine ne mentionne ce castrum et jusqu'à présent, à défaut de fouilles archéologiques, les chroniques anciennes doivent encore être envisagées avec prudence). Aujourd'hui, cette tradition est donc remise en question par la plupart des historiens de Bruxelles. À noter, toutefois que l'iris des marais figure dans les armes de la ville, cette fleur étant une variété sauvage du lys qui fut choisi comme emblème par la monarchie française, ce que d'aucuns rattachent au fait que le duc Charles était aussi nommé Charles de France, ce dernier nom n'ayant pas le sens qu'il a aujourd'hui, mais étant à rattacher à l'origine franque du duc. Selon la "Vie de sainte Gudule" (écrite dans l'abbaye de Lobbes entre 1047 et 1053), le duc Charles organisa la translation des reliques de la sainte vers l'église Saint-Géry qui était située sur un îlot formé par la Senne et entouré de marécages. En 1047, le nom de Bruxelles apparaît pour la première fois dans une charte à l'occasion de la fondation du chapitre de Sainte-Gudule par le comte Lambert II de Louvain († 1054), et sa femme Oda de Verdun. En 1073 déjà, cette fondation fut restaurée, dont témoigne un diplôme de l'évêque de Cambrai. Vers 1100, le comte de Louvain construit une résidence fortifiée sur le lieu-dit Coudenberg (emplacement de l'actuelle place Royale). Ici les ducs de Brabant () édifient leur château qui est occupé ensuite par leurs successeurs, les ducs de Bourgogne, de Philippe III à Charles Quint, puis par les gouverneurs des Pays-Bas espagnols et autrichiens, des archiducs Albert de Habsbourg et son épouse Isabelle () jusqu'à la monarchie actuelle. sous le Duché de Brabant. Au début du , le commerce devient un acteur principal en Europe occidentale. Les centres commerçants deviennent rapidement de puissantes villes, grâce aux rivières et canaux de la région. Cologne, Louvain, Gand, Ypres, Anvers et Bruges deviennent les pivots du commerce des textiles de la mer du Nord, d'abord surtout vers l'Allemagne, plus tard aussi vers la France, l'Italie et l'Angleterre. Grâce à ses artisans et à son port sur la Senne, Bruxelles devient un carrefour marchand important. De cette prospérité témoigne le début des travaux à la collégiale Sainte-Gudule (1225) destinés à remplacer le sanctuaire roman par un édifice gothique. Les deux siècles suivants voient Bruxelles s'enrichir. Le commerce se spécialise dans les belles étoffes qu'on exporte vers les marchés de France, d'Italie et d'Angleterre. Bruxelles se développe au sein du Brabant qui, contrairement au comté de Flandre, n'était pas fief du roi de France mais était incorporé à l'Empire germanique depuis 923. Dès 1183, l'empereur érigea le Brabant en duché. Henri (1190-1235), comte de Bruxelles et de Louvain et premier duc de Brabant, entreprend la construction de la première enceinte de Bruxelles, longue de 4 kilomètres, qui englobe l'île Saint-Géry et le premier port de Senne, la place du marché qui deviendra la Grand-Place de Bruxelles, le chapitre de Sainte-Gudule et le château du Coudenberg. À l'opposé de la situation du comté de Flandre, qui voit les artisans s'opposer à leur suzerain, le roi de France, et en battre la chevalerie lors de la bataille des éperons d'or (Courtrai, 1302), les relations entre les villes brabançonnes et leurs suzerains, le duc de Brabant et l'empereur romain germanique, sont excellentes. Les villes reçoivent rapidement des privilèges et des libertés et financent librement la politique ducale (en 1229, Bruxelles reçoit une charte (, en néerlandais) qui est la plus ancienne charte pénale connue). La prépondérance des « lignages de Bruxelles ». L'administration des villes est aux mains des patriciens. À Bruxelles, ils sont groupés en sept lignages privilégiés, qui écartent les artisans de la gestion administrative et des offices publics, à quelques exceptions près. Ces privilèges des sept « lignages de Bruxelles » seront confirmés par le duc dans une charte de 1306. C'est ainsi que, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, le premier bourgmestre et les sept échevins doivent obligatoirement en faire partie. Les neuf « Nations », regroupant les doyens des Métiers, ne participent au pouvoir qu'à partir de la seconde moitié du et au . À partir de la révolution de 1421, les Huit de la Gilde Drapière seront choisis pour moitié parmi les sept lignages de Bruxelles et les Nations. Au , la portée de l'autorité du suzerain s'inscrit dans diverses chartes. Ce processus culmine dans la signature de la « Joyeuse Entrée » en 1356. Ce document organise la division du pouvoir entre le duc et les représentants du peuple, les États de Brabant. Trois classes sociales sont représentées: la noblesse, le clergé et le tiers état. Le suzerain ne peut déclarer la guerre, conclure des traités, dévaluer la monnaie ou établir des taxes sans l'autorisation des États de Brabant. Succession du Duché de Brabant. En 1356, après la mort du duc Jean III de Brabant, le comte de Flandre Louis de Male conteste à la duchesse Jeanne de Brabant la succession de son père, dont il a lui-même épousé une autre de ses filles. Au cours de la Guerre de succession du Duché de Brabant, les milices bruxelloises sont défaites à Scheut (Anderlecht). La duchesse Jeanne doit s'enfuir de la ville, qu'occupe une garnison flamande. La ville est rapidement reprise grâce à un coup de main audacieux d'Éverard t'Serclaes (). Après cet épisode, Bruxelles se sent à l'étroit et mal protégée dans ses remparts. La construction de la seconde enceinte commence en 1357 et se termine en 1379. La ville avait acquis en 1301 le "steen" (c'est-à-dire une maison en pierre) dit De Meerte, situé sur la Grand-Place, pour en faire une maison échevinale. S'y ajoute en 1327 un steen voisin, Den Wilden Ever. Au début du , ces bâtiments sont devenus inadéquats et de 1402 à 1405, la Ville fait construire sur leur emplacement un véritable hôtel de ville, correspondant à l'aile gauche de l'hôtel de ville actuel, y compris une tour terminale. En 1370 après une accusation de profanation d'hosties contre les Juifs des émeutes antijuives s'ensuivent, et une vingtaine de Juifs sont brûlés, avant l'expulsion des Juifs de Bruxelles. Au a lieu la nomination du premier bourgmestre bourgeois et de ses conseillers, représentant le peuple pour la première fois. : de la période bourguignonne à celle des Habsbourg. En 1430, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, hérite du duché du Brabant. Il autorise l'approfondissement et l'élargissement de la Senne pour faciliter le commerce. Bruxelles devient alors une capitale des Pays-Bas bourguignons. Le duc arrondit ses possessions par héritages et achats au point de constituer un ensemble capable de défier les appétits des rois de France. Il donne à ses territoires le titre de Leo Belgicus. Bruxelles s'impose alors comme centre administratif et culturel, célèbre pour l'architecture de ses églises, son palais et son commerce d'artisanat de luxe. Mais l'ambition du fils de Philippe le Bon, Charles le Téméraire entraîne un conflit larvé avec le roi de France Louis XI qui soutient en sous-main la révolte des Liégeois contre les empiètements du duc. Voulant s'imposer aux suisses dans le but de relier ses territoires du nord à ceux du sud (la Bourgogne), Charles le Téméraire engage le combat à Grandson et Morat. Vaincu, il perd la vie dans des conditions qui font penser à une trahison perpétrée en plein combat. Celle qui lui succède en 1477, Marie de Bourgogne, épouse Maximilien d'Autriche. Elle meurt dans un accident de cheval en 1482, laissant son époux et la dynastie des Habsbourg gouverner le Brabant, dans l'attente de la majorité de son fils, le futur Philippe le Beau. C'est sous les ducs de Bourgogne que naissent les États Généraux qui représentent les diverses provinces du domaine bourguigon dans les territoires de l'actuelle Belgique, des Pays-Bas et du nord de la France. Cette autorité représentative, dans laquelle la noblesse a la prééminence, persistera, dans le territoire de la future Belgique, sous l'Ancien Régime et jusqu'à l'annexion française de 1793, exerçant le pouvoir avec des fortunes diverses face aux souverains, souvent étrangers, qui tenteront à plusieurs reprises de restreindre les droits des villes et des communes appelés aussi les privilèges. En 1488 Bruxelles connaît une cruelle guerre civile et pendant l'été de 1489, une épidémie de peste. À la mort de Philippe le Beau, sa sœur, Marguerite d'Autriche (1480-1530), devient gouverneur général des Pays-Bas en 1507 avec le titre officiel de Gouvernante et s'installe à Malines, où elle élève son neveu, le futur empereur Charles Quint. : régime espagnol. Sous Charles Quint. En 1515, l'archiduc Charles d'Autriche, fils de Philipe le Beau, devient à 15 ans souverain de Bourgogne et, à 16 ans, hérite du trône d'Espagne. 1516 marque le début de la domination espagnole sur toute la région. Né à Gand, devenu l'empereur Charles Quint à la suite de son grand-père Maximilien, il favorise les Pays-Bas: il rétablit Bruxelles comme capitale, siège des États généraux des Pays-Bas et des trois conseils du gouvernement. Roi d'Espagne par son origine familiale, devenu empereur d'Allemagne par élection de la diète, Charles Quint possède aussi les titres des provinces et principautés des Pays-Bas, de par son ascendance bourguignonne. Ainsi, il intègre les Pays-Bas, avec l'Autriche et l'Espagne, dans un vaste ensemble comprenant aussi les colonies d'Amérique. Étendu sur deux hémisphères, c'est un empire dont on a pu dire que « sur les possessions de l'empereur le soleil ne se couche jamais ». Bruxelles abrite une cour des plus brillantes où affluent des nobles de toutes les parties de l'empire et la ville émerge rapidement comme la plus puissante ville brabançonne, dépassant ses rivales Louvain, Malines et Anvers. Bruxelles fleurit et devient une grande ville d'artistes et de scientifiques (Vésale, Mercator). Érasme y rédige un traité sur l'éducation d'un prince. À Bruxelles siège un gouvernement qui, sous le nom de Conseil d'État, fonctionne selon les lois et traditions des Pays-Bas qui sont indépendantes de celles de l'Espagne et de l'Empire germanique dont Charles-Quint est à la fois roi et empereur. Les milices communales sont appelées, dans certaines limites, à participer aux guerres contre la France de François aux côtés des troupes espagnoles cantonnées dans le pays. C'est l'occasion de guerroyer pour la noblesse, comme c'est le cas du comte d'Egmont, un Bruxellois qui s'illustre à la tête des armées. Mais le protestantisme contre lequel Charles Quint édite les placards, affiches prescrivant l'interdiction de la religion réformée sous la menace de représailles impitoyables, va gagner des populations de plus en plus nombreuses. Des exécutions capitales s'ensuivent et lorsque Philippe II d'Espagne succède à son père Charles Quint, qui abdique en 1555, une franche révolte éclate dans l'ensemble des Pays-Bas contre l'autoritarisme du nouveau roi. À Bruxelles, les principaux représentants de la noblesse, soutenus par la majorité de la population présentent leurs doléances à la gouvernante des Pays-Bas représentant le roi d'Espagne. Traités de gueux par les fidèles du roi, ils revendiquent ce titre avec la devise « gueux jusqu'à la besace » et la révolte gagne l'ensemble des Pays-Bas du sud et du nord. Guerre de Quatre-Vingts Ans. Philippe II réagit en envoyant des troupes qui arrivent d'Espagne en passant par la Franche-Comté, alors située en dehors du territoire de la France. La révolte devient alors une guerre de religion. Le duc d'Albe fait régner la terreur. Les chefs de la révolte, les comtes d'Egmont et de Horne sont décapités sur la Grand Place de Bruxelles. Le prince d'Orange, appelé Guillaume le Taciturne, ancien favori de Charles-Quint, ne cessera de guerroyer jusqu'à sa mort à la tête des révoltés avec le comte Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde né à Bruxelles dans une famille originaire de Savoie et de Franche-Comté, érudit polyglotte, auteur de pamphlets contre la corruption du Vatican, de traités d'éducation, mais aussi stratège qui dirigera la défense d'Anvers. Les dirigeants de la révolte, traités de gueux par les Espagnols, entreprennent une guerre qui durera une vingtaine d'années pendant lesquelles Bruxelles doit subir impôts et réquisitions, tandis que l'ensemble du territoire de la Belgique est parcouru par des troupes de mercenaires, d'Espagnols et aussi de factions catholiques et protestantes en lutte les unes contre les autres, les protestants français s'efforçant d'apporter une aide aux protestants locaux. Bruxelles participe à l'Union d'Utrecht (1579) avec les protestants néerlandais et sera même une république calviniste de l'automne 1577 jusqu'en mars 1585. Après un siège d'un an, durant lequel les combattants bruxellois sont épaulés par des « gueux de la mer » dirigés par le Liégeois Louis de Boisot portant le titre d'amiral, la ville retombe sous la coupe espagnole. Finalement, l'Espagne accordera une indépendance interne à un territoire correspondant, en plus grand, à l'actuelle Belgique sous les archiducs Albert et Isabelle, tandis que les Pays-Bas du nord finiront par acquérir leur indépendance et deveenir les Provinces-Unies. Sous les archiducs, durant une vingtaine d'années, la ville retrouve sa prospérité. Bruxelles redevient le siège du gouvernement des Pays-Bas espagnols, que l'on appelle le Conseil d'état, et la lutte contre le protestantisme continue. : l'invasion française. Sous Louis XIV, le , l'armée du maréchal de Villeroy, qui a envahi le pays, bombarde Bruxelles sur ordre de Louis XIV depuis les hauteurs de Scheut, à Anderlecht. Prenant pour repère la flèche de l'Hôtel de Ville, les canons manquent cependant le prestigieux édifice mais rasent les maisons de la Grand-Place et une grande partie de la ville (de 3830 à 5000 bâtiments suivant les sources, soit un tiers de la surface bâtie). Les villes voisines réagissent aussitôt en envoyant vivres et secours. Les cours européennes s'indignent de ce bombardement de terreur, visant une population civile étrangère au conflit. La reconstruction de la Grand-Place en fait dès lors l'une des plus belles places d'Europe. En 1700, on inaugure le "Théâtre sur la Monnoye" que le Gouverneur Général Maximilien-Emmanuel de Bavière a fait ériger sur le site de l'ancien hôtel des monnaies. Les ruines de la ville sont déblayées et de nouvelles rues sont tracées. De 1698 à 1700, un violent conflit oppose les Nations, c'est-à-dire les différents corps de métiers, au Gouverneur Général à la suite de la découverte dans les ruines de l'ancien beffroi, d'un recueil de chartes connu sous le nom « Den Luyster van Brabant ». Ce recueil, qui consignait les droits et privilèges arrachés par Bruxelles aux ducs et princes qui s'étaient succédé depuis des siècles, avait été caché à l'époque espagnole. : le régime autrichien. En 1713, la dynastie des Habsbourgs d'Espagne cède le pouvoir sur les Pays-Bas aux Habsbourgs d'Autriche. Mais les Nations, opposées à toute réforme, veulent en revenir aux particularismes garantis, autrefois, par les chartes. Gagnés à l'origine contre les ducs de Brabant et les ducs de Bourgogne, ces privilèges sont menacés par le pouvoir autrichien. Des émeutes éclatent et les Nations refusent obstinément de voter l'impôt. En 1700, le gouverneur riposte en publiant un Règlement additionnel modifiant l'administration bruxelloise de façon à renforcer le pouvoir. Le premier gouverneur autrichien, le Marquis de Prié, était détesté des Bruxellois, qui l'appelaient « Marquis de Pillé ». Il sera remplacé par Charles de Lorraine. Dans la nuit du 3 au , un incendie détruit le palais du Coudenberg. En 1746, les troupes françaises du maréchal de Saxe occupent Bruxelles jusqu'en 1749. Cette année-là, après le retour des Autrichiens, Charles de Lorraine, qui avait dû fuir Bruxelles, y revient triomphalement. Personnage réputé débonnaire, il occupe les fonctions de gouverneur général des Pays-Bas jusqu'à sa mort en 1780. C'est sous son règne que l'on procède à d'importants travaux d'urbanisme: après avoir rasé les ruines de l'ancien palais du Coudenberg, on aménage la Place Royale. Une fois ces travaux achevés, on procède à l'aménagement du parc Royal à l'emplacement de l'ancienne Warande (réserve de chasse) du palais du Coudenberg. En 1775, l'architecte Claude Fisco avait déjà aménagé la place Saint-Michel (actuelle place des Martyrs) dans le quartier de la rue Neuve. Les Révolutions. La révolution brabançonne de 1789 est déclenchée par la suppression de la charte portant sur les privilèges arrachés par la ville, à travers les siècles, aux divers régimes qui ont dominé Bruxelles. Cette charte, la Joyeuse-Entrée, l'empereur Joseph II n'en veut pas au nom d'un centralisme qui veut imposer les mêmes règles sociales à toutes les possessions autrichiennes. Ce qui se caractérise par la suppression de nombreux jours chômés de kermesses et de fêtes patronales et aussi par la fermeture de couvents et abbayes considérés comme parasitaires et par la réforme de l'ordre judiciaire. À Bruxelles, à Anvers et à Louvain, trois villes qui constituent le tiers état brabançon, l'opposition va jusqu'au refus de payer les impôts. Ce n'est pas seulement le Brabant qui refuse de s'incliner devant les réformes imposées par l'empereur de Vienne. En Hainaut et en Flandre, le peuple gronde depuis 1787. Des volontaires se font inscrire dans les milices urbaines et les trois couleurs (noir, jaune et rouge) sont arborées sur les hôtels de ville. Le soulèvement se transforme en guerre ouverte et une armée improvisée chasse les Autrichiens. Un des artisans de ce succès est le général Jean-André van der Mersch, un enfant du pays, jusque-là en service dans l'armée autrichienne, qui répond à l'appel des notables qui cherchent un chef compétent pour les insurgés. Après la disparition du régime autrichien, les États-Généraux se réunissent à Bruxelles le et proclament l'indépendance des États-Belgiques-Unis. Celle-ci est de courte durée : malgré les victoires des troupes belges sous le commandement du général van der Mersch, des dissensions menacent le jeune état. Un général prussien, von Schoenfeldt, se met au service des états généraux qui s'efforcent de prendre le contrôle de la situation. Il est l'ami personnel du général prussien von Schlieffen qui commande des troupes à Liège où le prince-évêque avait d'abord été chassé par un soulèvement autonome. Certains espèrent obtenir l'appui du roi de Prusse Frédéric-Guillaume II qui voit dans les événements une possibilité d'intervenir contre l'Autriche en Europe de l'Ouest. Et de Paris, où les événements de la Révolution française ont attiré des démocrates belges, arrivent des encouragements. Mais des luttes intestines entre progressistes et conservateurs compliquent la situation. Le peuple et la bourgeoisie sont divisés entre partisans de François Vonck, un avocat progressiste et ceux d'Henri van der Noot, un avocat conservateur. Le , le régime autrichien est rétabli par un retour en force de l'armée autrichienne dont les chefs profitent des dissensions de leurs adversaires pour jouer les uns contre les autres. Mais la mort de l'empereur Joseph II amène au pouvoir son frère Léopold II qui promet le rétablissement des droits traditionnels. En 1790, la révolution est vaincue partout, même à Liège où le Prince-évêque s'est réinstallé dans tous ses droits. Cependant, à Bruxelles, le banquier Édouard de Walckiers, qui avait contribué au financement de la Révolution, fonde la Ligue du bien public inspirée des clubs parisiens. L'esprit révolutionnaire n'est pas mort et l'on voit s'affirmer l'avocat flamand Verlooy qui ne cache pas ses opinions républicaines. : le régime français. L'hostilité des souverains européens à la Révolution française ayant entraîné la France dans une guerre générale, l'armée française prend l'offensive au nord où menace une armée autrichienne installée en Belgique depuis l'effondrement des États-Belgiques-Unis. Les Autrichiens sont battus à bataille de Jemappes, les Français entrent à Bruxelles le et le rattachement à la France est proclamé le . Le pouvoir autrichien à nouveau vaincu, les Bruxellois accueillent les troupes révolutionnaires avec enthousiasme. Mais les nouveaux occupants se rendent rapidement impopulaires: à Bruxelles, ils saccagent plusieurs églises, dont la Sainte-Gudule. L'hostilité populaire est telle qu'après la défaite française à la bataille de Neerwinden, le retour des Autrichiens à Bruxelles est accueilli avec satisfaction: l'empereur François II vient lui-même à Bruxelles prêter serment à la Joyeuse-Entrée devant les métiers et les Serments de la ville. Il s'agit de s'attacher définitivement les Belges en leur garantissant le respect de leurs droits. Mais, après la bataille de Fleurus (), les Autrichiens sont à nouveau chassés du pays et l'occupation française se réinstalle en se durcissant. À Bruxelles, tous les privilèges féodaux et les institutions traditionnelles de l'Ancien Régime sont supprimées. La "Cuve de Bruxelles", le lien de franchise qui unit la ville aux villages qui l’entourent depuis les est abolie de manière unilatérale en 1795 (14 fructidor an III) par décret du Comité de salut public de la Première République française. Les communes limitrophes de l’ancienne ville de Bruxelles sont donc séparées de celle-ci et sont constituées et délimitées durant les années suivantes. Bruxelles, réduite arbitrairement à une surface correspondant aux remparts du , est ramenée au rang de chef-lieu départemental, en l'occurrence du département de la Dyle et reçoit un conseil municipal élu, pour la première fois, de manière démocratique. La population urbaine se réduisit de en 1792 à en 1799. Bruxelles est sous le Consulat et plus encore sous le Premier Empire, le théâtre d’une croissance économique remarquable, surtout dans les domaines du textile et de la chimie. Le Blocus continental, imposé par à la Grande-Bretagne va avoir pour effet de doper la production bruxelloise en effaçant la concurrence anglaise en Europe. L’opulence de la cité et de ses firmes textiles est anéanti à la suite de la défaite française de Waterloo. Le est créé le corps de sapeurs-pompiers de Bruxelles, qui compte alors 100 hommes, armés, car ils avaient pour rôle, outre la lutte contre l'incendie, celui du maintien de l'ordre. En 1801, le Premier Consul Bonaparte fonde le musée des Beaux-Arts de Bruxelles (qui deviendra les musées royaux des beaux-arts de Belgique en 1927) et reçoit de nombreuses œuvres en provenance du Louvre. Le , Bruxelles reçoit le titre de « Bonne ville » de première classe de l'Empire. Le titre de duc lui est conféré. : le Royaume-Uni des Pays-Bas. Après la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815, à la suite du congrès de Vienne, la Belgique est unie avec les anciennes Provinces-Unies pour former le Royaume-Uni des Pays-Bas, malgré un vote défavorable des notables dont il n'est tenu aucun compte. Guillaume d'Orange prend le titre de roi des Pays-Bas et de "roi de Belgique" (le mot Belgique étant employé à l'époque pour désigner tout le nouveau Royaume-Uni des Pays-Bas ("Regnum Belgicum") et non pas uniquement les provinces du sud). Bruxelles est, avec La Haye, la capitale du nouveau pays. Le style autoritaire du nouveau monarque qui est accusé de favoriser les néerlandais dans toutes les fonctions ministérielles, administratives et militaires, ainsi que sa tentative d'imposer la langue néerlandaise dans toute la Belgique engendrent le mécontentement. : la Belgique. 1830: la Révolution belge. Dans la nuit du 24 au , les Belges mènent leur révolution. Bruxelles compte . La révolution débute à Bruxelles, au cours d'une représentation de "La Muette de Portici" au Théâtre de la Monnaie et gagne vite les provinces. Des soulèvements éclatent dans les villes de province à la nouvelles des barricades de Bruxelles. L'armée néerlandaise est battue partout par les volontaires. Le Traité des XVIII articles reconnaît l'indépendance belge, mais le roi des Pays-Bas, tente un retour en force. Les Belges doivent reculer devant une offensive menée avec l'appui d'une nombreuse artillerie et Bruxelles est menacée. Mais, entre-temps, un gouvernement provisoire a proclamé l'indépendance du pays et le congrès national a élu un roi, Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha. Il prête serment de fidélité à la constitution le , date qu ideviendra le jour de la Fête nationale belge. Celle-ci est, alors, la plus libérale du monde. Le nouveau roi porte le titre de "Roi des Belges" et non de roi de Belgique. C'est lui qui, au nom du régime de neutralité du nouvel état proclamé par la conférence de Londres, demande l'intervention française contre les Pays-Bas, la neutralité étant garantie par la France et l'Angleterre. Devant l'armée française et la menace sur ses arrières des volontaires du Limbourg menés par Charles de Brouckère, l'armée des Pays-Bas recule pour éviter l'affrontement et se retranche dans Anvers qu'elle aura bombardé avant de se rendre. Le régime de neutralité a fonctionné et protégera l'indépendance belge jusqu'à sa rupture par l'Allemagne impériale, lors de la Première guerre mondiale, en 1914. Rôle de capitale du royaume. Quand, en 1830, Bruxelles devient la capitale de la Belgique indépendante, elle attire une nouvelle population administrative, tandis que les faubourgs industrialisés connaissent une grande densification démographique. Bruxelles accueille aussi beaucoup de réfugiés français et de francophones du sud du pays, recherchés pour peupler les administrations de ce jeune État où le pouvoir politique était aux mains de la haute bourgeoisie francophone, alors que la majorité des Belges parle l'un ou l'autre patois local. Le libéralisme domine le long dans la capitale belge et ce dès 1830. Contrairement à ce qui se passe dans certaines villes belges, "l’orangisme" ne présente à aucun moment une alternative crédible au "belgicisme" des autres partis. La domination du libéralisme (doctrinaire) était favorisée par plusieurs éléments : bourgeoisie éclairée, fort courant anti-clérical lié directement à la force des ligues maçonniques, présence de l’université libre de Bruxelles et ouvriers spécialisés peu attirés par un socialisme révolutionnaire. La politique poursuivie par le collège échevinal se définit par un libéralisme prononcé que ce soit par son absence de politique social, un laissez-faire général dans sa politique urbanistique et écologique ainsi qu’une politique favorisant la liberté commerciale. L’éducation constitue le seul domaine d’intervention précoce. En effet, la ville de Bruxelles se caractérise par un enseignement communal qui arrive à se poser comme concurrent sérieux face à la dominance des établissements catholiques. Ce n’est qu’avec l’introduction du suffrage universel masculin que l’électorat catholique révèle son véritable poids politique, un élément qui n’a pas encore vraiment attiré l’attention de l’historiographie. À part lors des élections communales de 1938 où le mouvement catholique perd beaucoup de voix à Rex, le parti de droite rassemble chaque fois le plus de voix. Mais il ne réussit pas à accaparer le maïorat qui reste la chasse gardée des libéraux. Contrairement à d’autres villes belges notamment Gand et Anvers, l’élite du monde politique bruxellois ne se renouvelle guère dans les années 1920 et 1930 ans. Cette stabilité est presque caricaturalement illustrée par Adolphe Max, bourgmestre de Bruxelles de 1909 jusqu’à sa mort en 1939. Son successeur, Joseph Van de Meulebroeck, est conseiller communal depuis 1907. La vie politique bruxelloise dépasse les étroites frontières de la commune. Aussi, des communes voisines furent-elles amenées, au début du , à entamer avec la commune centrale une forme d'unification officieuse portant sur des matières pratiques, éclairage, plaques des rues, accords policiers sous la houlette d'une instance appelée la conférence des bourgmestres qui est placée, à sa naissance, sous la présidence du bourgmestre libéral Adolphe Max. C'est que, pour le monde libéral, Bruxelles constitue sans aucun doute un lieu des plus importants. D’autre part, par la valeur symbolique de la capitale, les décisions prises par le pouvoir bruxellois ont parfois des répercussions nationales. Par l'influence de la commune centrale sur les autres communes et par les compétences élargies du bourgmestre, notamment sur la police, la position bruxelloise vis-à-vis des nombreuses manifestations qui se déroulent à Bruxelles, peut être déterminante quant à l’issue de celles-ci. D’une manière plus générale, la ville de Bruxelles se trouve au centre de la construction identitaire belge. Vu son rôle déterminant dans les journées de , il n’est guère étonnant qu’elle se trouve au milieu des commémorations qui, jusqu’à la fin du , ont donné la date à la fête nationale belge. La place des Martyrs constitue un des lieux de mémoire autour duquel se développe tout un discours national, l’autre élément central, la monarchie, est également présente au milieu de Bruxelles. La capitale comprend de nombreux monuments érigés au qui illustrent la grandeur de la Belgique : colonne du congrès, Cinquantenaire, palais de Justice… Pendant la Première Guerre mondiale, les deux éléments cités au-dessus – les événements de 1830 à travers la place des Martyrs et la monarchie à travers le prestation de Léopold de Belgique – sont centraux dans la réponse patriotique de la ville à l’occupant. Et même si Bruxelles a relativement peu souffert comparée à des villes comme Dinant, elle sera également après 1918 un des haut-lieux du patriotisme belge qui se définit largement en fonction de la Grande Guerre. Le y est fondée l'université libre de Belgique, qui deviendra rapidement l'université libre de Bruxelles. De gigantesques travaux confèrent à Bruxelles son statut de capitale: édification des Galeries royales Saint-Hubert (1846), voûtement de la Senne (1867-1871), construction du palais de Justice (1866-1883) et du parc du Cinquantenaire avec son arc de triomphe. (1880). De nouveaux quartiers sont dessinés et font l'objet d'un plan d'urbanisme révolutionnaire qui comprend de grandes avenues et des parcs et s'étend à toutes les communes, contribuant à l'unification des esprits bruxellois qui acquièrent une conscience collective, surtout dans la bourgeoisie et les intellectuels. Sous l'impulsion de l'architecte Victor Horta, de superbes demeures Art nouveau s'érigent au début du . Bruxelles connaît alors un important retentissement culturel. Une littérature indépendante de Paris apparaît, la vie théâtrale est importante et de grands musées sont érigés. Pendant la première guerre mondiale, Bruxelles est occupée par l'armée allemande, comme la plupart de la Belgique. La ville subit la déportation de centaines de travailleurs forcés en 1917, arrêtée grâce à la pression de l'opinion publique internationale, et accueille aussi des civils français évacués par les allemands des zones de combat. En 1917, Bruxelles est décrétée par l'occupant capitale du Conseil de Flandre et des affrontements ont lieu entre nationalistes flamands et belges. Le , lendemain de l'abdication de l'empereur allemand Guillaume II à la suite de sa défaite militaire, une partie de la garnison allemande de Bruxelles se mutine. Des batailles de rue avec des officiers loyaux font des dizaines de morts. Les soldats pacifistes l'emportent et le le dernier camion allemand abandonne la ville. : période moderne. Au , le secteur tertiaire prend le relais par de grands chantiers urbains : voies rapides automobiles aux multiples tunnels, nouvelles installations portuaires accessibles aux bateaux de mer de moyen tonnage (des bateaux de mer de petit tonnage étaient déjà accueillis depuis le ). En 1911, on commence les chantiers de la jonction ferroviaire entre les gares du Nord et du Midi. Mais ceux-ci sont interrompus pendant la Première Guerre mondiale. Première Guerre mondiale. Après la Batialle de Belgique, Bruxelles est envahie le . Elle ne sera officiellement proclamée « libérée » que le . Entre deux guerres. Pendant l'Entre-deux-guerres, des quartiers de bureaux en style moderniste apparaissent sous l'impulsion de la croissance économique et les premiers immeubles tours se dressent, comme par exemple la résidence de la Cambre, construite en 1939. La compagnie nationale belge Sabena est fondée en 1923, à l'aérodrome de Haren et s'y développe, reliant la ville au monde entier mais aussi au Congo belge, alors colonie du Royaume. Deuxième Guerre mondiale. Lors de la Seconde guerre mondiale, le Troisième Reich lance la Campagne des 18 jours le , en envahissant la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg. Bruxelles est prise le . Elle restera occupée jusqu'à sa libération par la armée britannique le , qui entre via l'avenue de Tervuren vers . Durant les deux guerres mondiales, Bruxelles fut occupée par une autorité militaire allemande qui intervint dans le régime politique des dix-neuf communes de la capitale en y imposant des collaborateurs des nazis favorables à la flamandisation de la ville. On assista notamment à un durcissement de l'inspection linguistique scolaire chargée de répartir les élèves entre écoles francophones et flamandes, dans le but de ramener vers l'enseignement en néerlandais des enfants de parents flamands qui les inscrivaient dans des écoles francophones. L'université de Bruxelles, U.L.B. établissement francophone, placée devant l'obligation de devoir accepter des professeurs allemands, se saborda en fermant ses portes, les étudiants partant dans d'autres universités, mais aussi s'en allant suivre des cours clandestins. Outre les bombardements alliés et le marché noir consécutif au rationnement dus aux réquisitions allemandes, les dix-neuf communes connurent, comme toute la Belgique, les déportations, notamment de juifs. Comme en 1914-1918, avec le réseau d'espionnage la Dame Blanche et le journal clandestin "la Libre Belgique", des réseaux de résistance et une presse clandestine principalement francophone se développèrent à Bruxelles en 1940-1944. Le réseau d'espionnage soviétique "l'Orchestre rouge" y eut son siège principal entre 1940 et 1942, jusqu'à l'arrestation de son chef Léopold Trepper. Des arrestations, notamment de bourgmestres, Adolphe Max en 1914, Joseph Vandemeulebroek en 1941 et, à Etterbeek, Louis Schmidt en 1943, et des révocations de fonctionnaires préparèrent la création, en 1942, d'un « Groß Brüssel » sous l'autorité de collaborateurs de l'Allemagne nazie tels que Jan Grauls. L'emprise des mouvements flamingants protégés par l'Allemagne avait déjà amené, en 1917, l'expulsion des administrations ministérielles francophones vers Namur dans le but de faire de Bruxelles la capitale d'une Flandre indépendante sous l'autorité du Troisième Reich. Après-guerre. Finalement, la ville ressortit des deux guerres en retrouvant son statut ancien, celui de dix-neuf communes régies par la « conférence des bourgmestres ». Ce statut devait, plus tard, évoluer pour retrouver un régime unique chapeautant les dix-neuf communes et rappelant l'autorité bruxelloise sur les communes voisines du centre qui avait été celui de l'ancien régime jusqu'à sa suppression forcée sous l'annexion française. Cette reconnaissance constitutionnelle de la spécificité bruxelloise s'est concrétisée par l'installation d'un gouvernement et d'un parlement régionaux faisant de Bruxelles une ville région de 172 kilomètres carrés égale en droits aux autres régions belges. En 1949 les activités aériennes civiles de l'aérodrome de Haren, dont celles de la Sabena, déménagent définitivement vers le nouvel aéroport de Bruxelles-National, situé à Zaventem. En 1958 a lieu l'exposition universelle de Bruxelles, pour laquelle est notamment érigé l'Atomium. Le survint l'incendie de l'Innovation qui fait et . C'est l'incendie le plus meurtrier de la ville et de Belgique. Bruxellisation. Dans les années 1960 et 1970, Bruxelles subit de grands changement urbanistiques lors desquels de nombreux anciens bâtiments, rues ou quartiers sont démolis au profit d'une nouvelle réorganisation. L'ampleur de ce phénomène est tel qu'un nom lui sera donné: la bruxellisation. Région de Bruxelles-Capitale. L'histoire de la Belgique dans la dernière moitié du est dominée par l'incessant débat linguistique entre néerlandophones et francophones. Entre 1970 et 1994, la Constitution est remaniée, créant un État fédéral à trois régions : la Région flamande, néerlandophone ; la Région wallonne, francophone et germanophone ; la Région de Bruxelles-Capitale, bilingue. Cette modification donne également naissance à trois communautés culturelles : la Communauté flamande, la Communauté française et la Communauté germanophone. En 1989, Bruxelles reçoit les différentes institutions propres à son statut de région. Au-delà d'une simple agglomération, elle est depuis lors dotée d'un pouvoir d'ordonnances et de son propre Parlement et Gouvernement, ainsi que de diverses institutions spécifiques qui s'occupent des compétences communautaires dans la région : Bruxelles reste ainsi une région bilingue assurant une protection de la minorité linguistique néerlandophone. Capitale de l'Europe et siège d'organisations internationales. À la pointe de l'Europe, Bruxelles est donc devenue une cité multiculturelle et cosmopolite. Comme la majorité de l'Europe, la Belgique passe du boom économique des années 1960 à la récession des années 1970-1980. Cependant, durant ces décennies, Bruxelles renforce son rôle de capitale de l'Europe. Le siège de la Communauté européenne et celui de l'OTAN à Evere, une des dix-neuf communes, attirent plus d'un millier d'organismes internationaux et de lobbys qui y installent leurs sièges sociaux. Bruxelles possède aussi le plus grand nombre de diplomates après Washington D.C. () et plus de 30 % de la population bruxelloise est étrangère. Bruxelles abrite également le siège de l'OTAN à Haren. Le ont lieu les attentats de Bruxelles, qui font 32 morts et plus de 300 blessés. Francisation de Bruxelles. Après la naissance de la Belgique en 1830, le vit des changements profonds dans les rapports entre les langues à Bruxelles. Bien qu'historiquement Bruxelles fut une cité dont les habitants parlèrent des dialectes brabançons — communément appelé dialecte "flamand" —, la situation linguistique bruxelloise changea radicalement au cours des . La bourgeoisie continua à se franciser, renforcée par une importante vague d'immigration, française et wallonne, et pour la première fois également la population néerlandophone passa massivement au français en quelques générations. La raison en fut le manque de considération dont jouissait le néerlandais en tant que langue de culture au sein de la société belge, renforcé par l'attrait que représentait à l'époque le français comme langue de haute culture et des échanges internationaux. Cette transformation démarra graduellement au mais prit toute son ampleur lorsque la Belgique devint indépendante et que Bruxelles déborda au-delà de ses murs. La francisation réelle et massive de la population urbaine ne commença cependant que dans la seconde moitié du . À partir de 1880, on constate une véritable explosion de bilingues au détriment des néerlandophones unilingues. Le néerlandais ne se transmettait plus à la génération suivante, ce qui a eu pour effet une augmentation considérable du nombre des francophones unilingues après 1910. À partir des années 1960, à la suite de la fixation de la frontière linguistique et de l'essor socio-économique de la Région flamande, la francisation des néerlandophones a stagné. Le régime linguistique bruxellois est celui d'un bilinguisme intégral qui laisse aux citoyens le choix de la langue dans leurs rapports avec les administrations. La liberté linguistique du père de famille est garantie par la constitution belge quant au choix de la langue de l'enseignement. Deux réseaux complets d'écoles et d'universités, en français et en néerlandais existent dans les dix-neuf communes. Dans six communes de la périphérie existent aussi des écoles primaires francophones. Des écoles internationales se sont développées dans les années 1950, écoles européennes préparant en plusieurs langues à un baccalauréat européen, école française, écoles anglaise et allemande, ces dernières implantées en périphérie et indépendantes des lois scolaires linguistiques de la Belgique. Ce développement scolaire et cet élargissement linguistique de Bruxelles a accompagné son développement international, avec la créeation de la Communauté économique européenne en 1957 (qui deviendra l'Union européenne), puis de l'OTAN en 1967. Bruxelles devient progressivement, durant la seconde partie du , une ville d'échanges internationaux qui contribue à un afflux d'immigrants qui favorisent l'émergence du français ainsi que d'autres langues étrangères, aux dépens du néerlandais. EN 2010, des spécialistes d'universités flamandes estiment à 5 % la proportion de la population bruxelloise utilisant le flamand ou le néerlandais comme langue d'usage. Simultanément, à la suite de l'urbanisation, un nombre supplémentaire de communes précédemment néerlandophones de la Périphérie bruxelloise devinrent majoritairement francophones. Ce phénomène, connu en Flandre comme la « tache d'huile francophone », constitue, en même temps que la question du statut de Bruxelles, un des principaux sujets de contentieux de la politique belge. Héraldique. Armoiries anciennes. Les armoiries originelles et authentiques de la ville de Bruxelles sont de gueules plain. À partir du , l'habitude se fit d'y mettre la figure du sceau de la ville représentant Saint-Michel, d'abord une ombre de Saint-Michel puis une forme plus élaborée. |
Hongrie La Hongrie (, ) est une république constitutionnelle unitaire située en Europe centrale. Elle a pour capitale Budapest, pour langue officielle le hongrois et pour monnaie le forint. Son drapeau est constitué de trois bandes horizontales, rouge, blanche et verte, et son hymne national est le "Himnusz". D'une superficie de , elle s'étend sur du nord au sud et d'est en ouest. Elle a de frontières avec l'Autriche à l'ouest, la Slovénie et la Croatie au sud-ouest, la Serbie au sud, la Roumanie au sud-est, l'Ukraine au nord-est et la Slovaquie au nord. Après des siècles où le territoire actuel de la Hongrie était habité par les Celtes, les Romains, les Huns, les Slaves, les Gépides et les Avars, la Hongrie est fondée à la fin du par le prince et commandant militaire Árpád après la conquête du territoire ("honfoglalás"). Son arrière-petit-fils Étienne de Hongrie, en l'an 1000, convertit le pays au catholicisme. En 1526, après la bataille de Mohács, la Hongrie perd sa souveraineté au profit de l'Empire ottoman (1541–1699). Elle fut sous la tutelle des Habsbourg et, plus tard, fit partie de l'Empire austro-hongrois (1867–1918). La Hongrie partage des frontières avec sept pays (dont cinq sont, comme elle, membres de l'Union européenne), au total. Elles sont toutes tracées pour délimiter la deuxième république de Hongrie, fin 1918 et début 1919, à la suite de la dislocation de l'Autriche-Hongrie et de la première république hongroise. À deux exceptions près (environs de Sopron en 1922, et de Bratislava en 1946), la délimitation est effectuée par la commission internationale Lord où des géographes comme , Emmanuel de Martonne ou encore l'historien Ernest Denis jouent un rôle important. Ces frontières sont officialisées par les traités de Trianon (1920) et de Paris (1947). Pour l'opinion hongroise, le traité de Trianon est une tragédie nationale (que le gouvernement envisage de commémorer solennellement en 2020), car, par rapport à son territoire antérieur, le pays a perdu 71 % de sa superficie et 32 % des magyarophones, devenus citoyens autrichiens (dans le Burgenland), tchécoslovaques (aujourd'hui slovaques ou ukrainiens), roumains ou yougoslaves (aujourd'hui slovènes, croates ou serbes). La situation de ces populations hongroises se retrouvant hors des nouvelles frontières du pays motive de la part de la Hongrie une politique explicitement irrédentiste et explique ainsi le ralliement du pays à l'Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale. L'ancienne domination hongroise dans le bassin des Carpates ainsi que le sort des minorités hongroises sont toujours au cœur des relations que la Hongrie entretient avec ses pays voisins. Pendant les quatre décennies de communisme (1947–1989), le pays attire l'attention internationale avec la révolution de 1956 et l'ouverture de la frontière du rideau de fer avec l'Autriche en 1989, qui accélère la chute du bloc soviétique. Peuplée d'environ d'habitants, la Hongrie est une puissance moyenne à l'échelle de l'Europe. Elle est dotée d'une économie de type capitaliste mais garde un secteur public encore important. Comme de nombreux pays anciennement communistes, son modèle productif a longtemps été dominé par l'industrie (fabrication de camions, d'autobus, de matériel ferroviaire et de moteurs dans le cadre du Comecon). Sa capacité agricole est très élevée mais le secteur s'est délesté d'une part importante de sa main-d'œuvre au bénéfice de sa modernisation. La viticulture est bien développée, la Hongrie est un pays vinicole réputé. Comme de nombreux pays européens, l'économie de la Hongrie s'est considérablement tertiarisée ces dernières années. La Hongrie se distingue enfin dans le secteur de la recherche et de l'innovation technologique. Elle compte quatre Prix Nobel (John Harsanyi, George de Hevesy, Imre Kertész et Philipp Lenard) et ses échanges scientifiques sont de haut niveau. La Hongrie est membre du groupe de Visegrád, de l'Union européenne, de l'OTAN, de l'OMC et de l'ONU. Nom et attributs. Étymologie. Le royaume de Hongrie fondé en 1001 et disparu en 1946 portait en hongrois le nom de "Magyar Királyság" dont est issue l'appellation de la Hongrie contemporaine : "Magyarország" « le pays des Magyars ». En hongrois, "magyar" désigne à la fois l'État et le nom du groupe ethnique issu de l'Oural et leurs descendants supposés. Du mot "magyar" est issu l'adjectif et le substantif « magyar » en français ou encore "magyarisch" et "Magyar" en allemand. Dans la plupart des langues du monde, c'est pourtant la racine latine "Hungaria" qui est utilisée pour désigner l'État, qu'il s'agisse du royaume ou de la république. C'est notamment le cas, outre le français, de l'anglais ("Hungary"), de l'espagnol ("Hungría") ou de l'italien ("Ungheria"). En slovaque, en slovène et en croate et serbe, le terme "magyar" et la racine latine "hungaria" coexistent et permettent justement de différencier le sens politique (la nation "hongroise" comme construction politique, ainsi que sa matérialisation géopolitique : l'État "hongrois") du sens ethno-culturel (les minorités "magyares"). Dans ces langues, avant la partition du traité de Trianon en 1920, la « Hongrie » était désignée sur la base latine : "Uhorsko" (slovaque), "Ogrska" (slovène) et "Ugarska/Угарска" (croate et serbe) tandis que depuis 1920, on lui préfère l'adjectif ethnique substantivé : "Maďarsko" (slovaque), "Madžarska" (slovène) et "Mađarska/Мађарска" (croate et serbe). Cette évolution de la désignation du territoire hongrois ne se retrouve pas chez les Autrichiens, les Roumains et les Ukrainiens : respectivement "Ungarn", "Ungaria" et "Угорщина (Uhorščyna)". Pourtant, les racines latine et hongroise de l'ethnonyme sont bien présentes en roumain pour différencier l'habitant de la Hongrie ("ungur") du « Hongrois ethnique », minorité officielle de Roumanie : "maghiar". Quant aux termes « Hongrie » et « hongrois », il semble que leur racine soit issue d'une confusion chez certains peuples (dont les Occidentaux) entre les Magyars et des peuples turcs dont certains s'étaient joints à eux durant les migrations, notamment les Onoghours (en latin "Hungari", ou « "Hunnougour" issus des hordes hunniques » chez Théophylacte Simocatta). Armoiries, drapeau et fêtes nationales. Les éléments des armoiries de la Hongrie datent du Moyen Âge. Le blason actuel est utilisé pour la première fois sous le règne de Louis (1342 – 1382). La couronne surplombant le blason apparaît sous le règne de Ladislas Jagellon (1440 – 1444). Il s'agit à l'origine d'un diadème classique, mais sur le sceau de Matthias Corvin de 1464, elle commence à ressembler davantage à la couronne d'Étienne de Hongrie. La version définitive des armoiries est élaborée sous le règne de Matthias, au début du . Son usage devient régulier sous le règne de Marie-Thérèse d'Autriche. Le drapeau de la Hongrie est composé de trois bandes horizontales rouge (dessus), blanche et verte. Sa forme tricolore est inspirée du drapeau français et des idées de la Révolution de 1789 alors que ses couleurs sont une reprise des armoiries historiques de la Hongrie. Le drapeau fait sa première apparition lors de la Révolution hongroise de 1848 mais ne s'impose au sein de l'Autriche-Hongrie bicéphale qu'en 1867. Jusqu'en 1945, le drapeau est frappé d'une couronne royale en son centre. La loi fondamentale de la Hongrie entrée en vigueur en 2012 donne une interprétation officielle des couleurs : le rouge pour la force, le blanc pour la fidélité, le vert pour l'espoir. La figuration d'un blason sur sa partie centrale a été l'objet de forts enjeux symboliques durant tout le . Lors de l'insurrection de Budapest en 1956, les insurgés découpent les armes du régime communiste et leur préfèrent un trou symbole de la liberté retrouvée. La forme actuelle du drapeau est ainsi adoptée en 1957. Depuis 1990, la version blasonnée est tolérée et parfois utilisée par les pouvoirs publics. Il existe trois fêtes officielles en Hongrie. Le 15 mars, le "Nemzeti ünnep" (« fête nationale ») commémore la Révolution hongroise de 1848. Le 20 août, le "Szent István ünnepe" (« fête de saint Étienne », fête de l'État) célèbre la fondation de l'État hongrois en 1000. Enfin, le 23 octobre, le "Forradalom ünnepe" est organisé en l'honneur de l'insurrection de Budapest de 1956. Selon l'article J de la nouvelle loi fondamentale, le 20 août occupe désormais le premier rang puisque c'est la seule « fête d'État officielle » ("hivatalos állami ünnep"). "Regalia". Les "regalia" sont les symboles de la souveraineté hongroise. Elles sont constituées de plusieurs pièces : la couronne de saint Étienne ("Szent István Korona"), le sceptre ("jogar"), l'orbe ("országalma"), le manteau du couronnement ("palást") et l'épée ("kard"). La couronne des rois de Hongrie était utilisée depuis le . Chaque couronnement fait référence à celui d’Étienne, couronné roi de Hongrie le avec une couronne envoyée par le pape Sylvestre II. La couronne avait été apportée par le légat Astéric (ou Anastase), futur archevêque d’Esztergom. La couronne que l’on peut voir aujourd’hui est différente de l’original. Étienne perdit son fils unique et renvoya avant de mourir sa couronne au Vatican, en signe de soumission. Depuis, elle a été volée et on perd sa trace au . Les spécialistes considèrent que la couronne actuelle se compose d’une partie byzantine ("corona græca"), datant des années 1070. Cette dernière a été offerte par le basileus Michel VII à la princesse Synadene, qui était l’épouse du roi Géza. L’autre partie est plus récente et a probablement été ajoutée au , sous le règne de Béla III de Hongrie. La légende veut que la croix surmontant la couronne du roi de Hongrie soit penchée en raison d'un voyage mouvementé entre Rome et la Hongrie, le pape Sylvestre II ayant fait envoyer ladite couronne par une escorte à cheval. Abîmée au cours de ce voyage, la couronne aurait été apportée ainsi au roi Étienne (István ). Il pourrait s'agir aussi du fait que lorsque les Turcs ont envahi le pays, elle aurait été enterrée pour être cachée, mais déformée. Cas unique en Europe, les "regalia" médiévales de Hongrie sont toutes parvenues jusqu’à nos jours, mis à part les chausses qui ont brûlé pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis le , elles sont conservées au Parlement hongrois, sauf le manteau du couronnement qui est visible au musée national hongrois. Le sceptre du est surmonté d’une boule de cristal gravée de lions. L’épée est une production italienne du . L’épée du couronnement d’Étienne est gardée dans la cathédrale Saint-Vitus depuis 1368. Géographie. Topographie et hydrographie. La Hongrie présente une altitude moyenne de . Bien qu'il existe quelques sommets montagneux, seuls 2 % du territoire national dépassent les d'altitude. Le point culminant de la Hongrie est le Kékes dans les monts Mátra qui culmine à . Le point le plus bas est situé à Csongrád-Csanád près de la rivière Tisza à de hauteur. Les principales rivières du pays sont le Danube et la Tisza, dont sont navigables. Les affluents mineurs du Danube se trouvent aux abords de la frontière croate : il s'agit de la Drave, du Raab, du Someș, du Sió et de la frontière slovaque : l'Ipeľ. Situé dans la moitié ouest du pays, le lac Balaton est le lac le plus vaste d'Europe centrale () devançant le lac Léman () et le lac de Constance (). Vient ensuite le lac Fertő cogéré avec l'Autriche ( se trouvent en Hongrie). Parmi les autres lacs importants figurent le lac de Velence (« lac de Venise ») et le lac Tisza. Géologie et géomorphologie. Bien que l'altitude de la plus grande partie du pays n'excède pas , on trouve plusieurs chaînes de montagnes moyennes en Hongrie. Il existe quatre régions géographiques montagneuses, d'ouest en est : Alpokalja, massif de Transdanubie, Mecsek, massif du Nord. L'Alpokalja (en allemand : "Alpenenstrand", les « contreforts des Alpes ») est situé le long de la frontière avec l'Autriche. Son point culminant est le Kékes, ou Kékestető (). Le massif de Transdanubie s'étend du lac Balaton jusqu'au Danube près de Budapest où elles rencontrent le massif du Nord et culminent à (Pilis). Mecsek est la chaîne montagneuse la plus méridionale, située au nord de Pécs. Son point culminant est le Zengő (). Le massif du Nord s'étend au nord de Budapest et se déploie vers le nord-est en direction du sud de la frontière avec la Slovaquie. Ses hautes crêtes très boisées sont riches en minerai de charbon et de fer. L'extraction de minerai est une ressource importante de la région et fut d'ailleurs la base de l'industrie des cités avoisinantes. La viticulture est aussi importante avec la culture du fameux Tokay. Son point culminant est le Kékes, situé dans la chaîne du Mátra. Climat et sols. La Hongrie se situe au carrefour de quatre influences climatiques. D'une part, l'influence continentale de l'Europe de l'Est produit des saisons marquées avec des températures fortement négatives en hiver et élevées en été, mais tempérées par les masses d'air de la façade atlantique. D'autre part, c'est dans le bassin des Carpates que se rencontrent les influences sibériques du nord et l'influence méditerranéenne des Balkans. La température moyenne annuelle est de , ce qui est relativement élevé, avec des amplitudes de . En janvier, la température varie entre et . Le nombre d'heures d'ensoleillement par an oscille entre , avec les périodes les plus importantes dans l'Alföld et les plus courtes dans les régions montagneuses du nord. La pluviométrie annuelle moyenne est de ( dans l'Alföld et de dans les montagnes). Les vents dominants viennent du nord-ouest. La température la plus basse jamais enregistrée en Hongrie a été le à Görömbölytapolca près de Miskolc. La plus haute température jamais enregistrée a été le à Kiskunhalas. Les terres arables sont une importante ressource naturelle pour la Hongrie. Elles couvrent 49,58 % de la superficie du pays, c'est-à-dire une partie très importante comparée aux autres pays du monde. La plus grande partie de ces terres est de bonne qualité. Aires faunistiques et floristiques. La Hongrie compte une dizaine de parcs nationaux, naturelles et protégées. Les parcs nationaux de Aggtelek et de Hortobágy sont également inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de patrimoine naturel. La population de loutres de Hongrie est la plus grosse d'Europe avec plus de . Sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco. La Hongrie compte 8 sites classés Unesco, dont 7 sites culturels et un naturel. Budapest, Hollókő, Grottes du karst d’Aggtelek, Abbaye bénédictine de Pannonhalma, Parc national de Hortobágy, Nécropole paléochrétienne de Pécs, Paysage culturel de Fertö, Paysage culturel historique de la région viticole de Tokaj. Réseau européen Natura 2000. Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent. En décembre 2018, la Hongrie comptait dont : La superficie totale est de , ce qui représente 21,4 % de la surface terrestre du territoire de la Hongrie. Histoire. Proto-histoire et Antiquité. Vers 350 av. J.-C., aux Illyriens (en Pannonie), aux Agathyrses (dans la plaine danubienne) et aux Thraces (dans le bassin de la Tisza) vivant dans le bassin hydrographique du moyen-Danube s'ajoutent des Scythes et des Celtes puis, au , les Romains qui occupent la rive occidentale du Danube et transforment la Pannonie en province romaine. Au celle-ci subit les invasions des Ostrogoths, eux-mêmes contraints de quitter la région en 409 par la poussée des Gépides, Huns et Avars à l'est. Au arrivent les Slaves puis, au , des tribus magyares chassées par les Petchénègues de l'Etelköz (où subsistent néanmoins les Csángó). Menées par Árpád, elles franchissent le col de Verecke et s'installent dans la grande plaine. Cette installation ("Honfoglalás") permet d'offrir aux tribus une base arrière pour les nombreux raids entrepris vers l'Europe occidentale. Ceux-ci sont interrompus lors de la bataille du Lechfeld qui signe leur défaite devant l'empereur germanique Otton du Saint-Empire. Dès lors, les tribus organisent leur domination militaire dans la plaine danubienne, y assimilent les populations déjà sédentarisées (comme les Slaves) et forment ainsi l'embryon du territoire et de la nation hongroise. Naissance du royaume de Hongrie. À la fin du , le prince Géza, descendant d'Árpád, impose sa domination sur toutes les tribus et se fait baptiser avec toute sa famille. Lors de sa succession, le jeune Vajk, futur Étienne de Hongrie, défend l'alliance avec l'Europe occidentale et l'Église de Rome contre Koppány qui, lui, s'était allié à Byzance. Ainsi, le couronnement d'Étienne de Hongrie en l'an 1000, avec la bénédiction du pape Sylvestre II, signe à la fois la naissance formelle du royaume de Hongrie et l'inscription du nouvel État dans le giron occidental. L'organisation d'un clergé hongrois est le signe de la reconnaissance de l'indépendance du royaume, notamment face au Saint-Empire romain germanique. Assuré de sa légitimité, le roi Étienne renforce son pouvoir sur la noblesse naissante et occupe la Transylvanie. Le système tribal est alors remplacé par une organisation du royaume en comitats ("vármegye"), banats ("bánság") et un voïvodat transylvain ("vajdaség") à laquelle s'ajoute sous le règne de Ladislas de Hongrie le royaume de Croatie en union personnelle ("Horvát királyság"). La mort du roi Étienne en 1038 ouvre une longue période de conflits autour de sa succession, menant à une vassalisation du royaume envers l'Empereur germanique. Le règne d'André de Hongrie entre 1047 et 1060 marque un retour à l'indépendance. La politique d'expansion est poursuivie par Coloman jusque dans les Balkans et vers le bas-Danube (vassalisation de la Serbie, Valachie, Moldavie), mais est contrariée par la puissance byzantine sous Basile II. Le règne de Béla III de Hongrie entre 1172 et 1196 inaugure le premier apogée du royaume. Progressivement, la noblesse hongroise tente de faire valoir son pouvoir au sein du royaume qui compte alors d'habitants. En 1222, André II de Hongrie proclame la bulle d'or qui exonère la petite noblesse de l'impôt et limite les privilèges royaux. Le pouvoir royal est davantage affaibli par l'invasion mongole et tatare en 1241 qui dépeuple considérablement le pays. Dans le sillage des Mongols et des Tatars sont signalés les premiers Roms. Le royaume se dote alors d'un réseau de châteaux forts afin d'assurer sa sécurité et des villes se peuplent alors au bénéfice d'une bourgeoisie de plus en plus active. En 1301, la mort d'André III de Hongrie signe la fin de la maison Árpád et le début de la domination angevine. C'est sous la dynastie Anjou-Luxembourg que la Hongrie connaît son deuxième apogée avec le renforcement du pouvoir royal par Charles Robert et l'extension du territoire sous le règne de Louis le Grand. Le royaume de Hongrie intègre alors la Bosnie et compte sur ses flancs Sud et Est une douzaine de "bánság" et de "vajdaség" vassaux, peuplés de slaves ("tótok") et de valaques ("oláhok") bénéficiant de franchises nommées "vlach jog". Successeur de Charles Robert, Sigismond du Saint-Empire cumule la couronne impériale, celle de Hongrie et celle de Bohême mais perd la Dalmatie au profit de Venise. Sur le plan intérieur, il doit faire face à la montée en puissance du pouvoir urbain. De 1437 à 1440, sa succession ouvre une énième période de troubles durant laquelle les Jagellons prennent le pouvoir. Après la mort de Ladislas III Jagellon à Varna lors d'une offensive hongroise, serbe et roumaine contre l'Empire ottoman en 1444, la régence du royaume revient à Jean Hunyadi, voïvode ("vajda") de Transylvanie. Celui-ci contient l'avancée ottomane devant Belgrade en 1456 mais meurt peu après. La Hongrie est alors un pays peuplé de d'habitants, prospère malgré le contrôle commercial exercé par les Allemands. L'accès au trône de Matthias Corvin signe le début de la Renaissance en Hongrie. Sous son règne, l'administration est réorganisée et centralisée et le pouvoir bourgeois favorisé face à l'aristocratie. Il conquiert la Bohême, la Moravie et la Silésie tout en développant dans sa capitale Buda une cour florissante, foyer centre-européen de l'humanisme. Son règne laisse un souvenir amer à la noblesse, qui choisit pour lui succéder un prince plus faible : Vladislas IV de Bohême. Les magnats reprennent le pouvoir et entraînent l'affaiblissement du royaume. La défaite hongroise, lors de la bataille de Mohács en 1526, face à l'Empire ottoman, signe la partition du pays entre les territoires occupés et les lambeaux de la Hongrie royale. Hongrie ottomane, Hongrie royale et indépendance de la Transylvanie. En 1526, le royaume de Hongrie est divisé en deux, puis en trois parties. Ferdinand du Saint-Empire s'empare de la Haute-Hongrie (actuelle Slovaquie) et de l'Ouest du royaume tandis que le voïvode de Transylvanie, , conserve le Centre et l'Est. À sa mort en 1540, Soliman le Magnifique, sultan ottoman, occupe la plaine danubienne et prend Buda. La principauté de Transylvanie (agrandie du Nord-Est de la Hongrie royale, le "partium") a le choix entre deux vassalités : envers les Autrichiens ou envers les Turcs : les voïvodes choisissent la seconde option, qui leur laisse plus d'indépendance, tant politique que religieuse (pacte de tolérance). Entre 1591 et 1606, les Habsbourgs utilisent leur armée pour faire pression sur la Haute-Hongrie et la Transylvanie. Étienne II Bocskai mène alors un soulèvement qui pousse l'Empire autrichien à reconnaître les privilèges de la Hongrie royale et la souveraineté de la Transylvanie. Alors que Buda est occupée, la capitale hongroise devient Pressburg (actuelle Bratislava). En Transylvanie, le prince Georges Rákóczi (1630 – 1648) mène une politique de liberté et de tolérance politique et religieuse. Mais la politique belliqueuse de Georges II Rákóczi envers l'Empire ottoman provoque une réaction des Turcs qui alourdissent la vassalité de la Transylvanie, en réduisent le territoire et affaiblissent ainsi les ressources stratégiques de la Hongrie royale qui tombe sous la coupe des Habsbourg. Sous Léopold d'Autriche, la Hongrie royale est le théâtre d'une révolte opposant la noblesse et la paysannerie au nouveau pouvoir central autrichien. L'insurrection est contenue lorsque les armées autrichiennes reconquièrent la plaine danubienne contre les Ottomans (paix de Karlowitz en 1699). Cette avancée autrichienne (et catholique) est suivie par un vaste soulèvement nobiliaire (surtout protestant) mené par le prince transylvain François II Rákóczi, proclamé prince souverain en 1704. La répression de ce soulèvement s'achève par la restauration du territoire royal et par un changement de vassalité en Transylvanie, qui échappe aux sultans pour devenir un grand-duché autrichien. Les révoltes nobiliaires ne cessent pas pour autant : en 1707, la Diète de Hongrie proclame (vainement) la déchéance des Habsbourg et l'indépendance de la Hongrie. De la domination autrichienne au compromis de 1867. Les magnats hongrois négocient alors un compromis avec la maison autrichienne et favorisent l'arrivée au pouvoir de Charles d'Autriche. En 1715, celui-ci proclame ainsi l'indivisibilité de la Hongrie et des provinces héréditaires des Habsbourg. Ceux-ci organisent l'installation de colons allemands dans toute la plaine danubienne, spécifiquement sur les rives du fleuve (Allemands du Banat). Après plusieurs tentatives des souverains autrichiens de réformer l'administration et imposer l'allemand comme langue de la Cour, Léopold d'Autriche reconnaît en 1792 la spécificité des lois et des coutumes hongroises. La Révolution française de 1789 crée une union sacrée de la noblesse hongroise autour de la maison impériale, mais les idées libérales et nationales se diffusent malgré tout en Hongrie et donnent naissance à un courant réformiste important, revendiquant l'égalité devant la loi et devant l'impôt et la fin des privilèges. Ce courant est incarné par Ferenc Kölcsey, Ferenc Deák et Lajos Kossuth, révolutionnaires qui proclament en 1848 l'unification de la Hongrie, comprenant la Hongrie royale, la Croatie et la Transylvanie, et revendiquent l'indépendance face à l'empire d'Autriche. Mais, en Croatie et Transylvanie, les révolutionnaires locaux réclamaient leur propre indépendance, que Kossuth leur refusait. Les Autrichiens en profitèrent pour rallier à leur cause l'avocat transylvain Jankó Ávrám qui lève des troupes contre Kossuth, et le général croate Josip Jelačić, qui prend la tête d'une armée et envahit la Hongrie. Pour y faire face, Kossuth constitue un "Comité national de défense" qui parvient à refouler les troupes croates et réprime le soulèvement transylvain. Alors que l'indépendance de la Hongrie est proclamée, l'Autriche fait appel au tsar Nicolas de Russie pour mater le gouvernement révolutionnaire. Les Habsbourg organisent alors la répression et imposent leur pouvoir par la force. En 1866, l'affaiblissement de l'empire sur le front italien et surtout la défaite contre la Prusse les incitent à apaiser les tensions internes. C'est ce long processus qui aboutit au Compromis austro-hongrois de 1867 et à la naissance de l'Autriche-Hongrie. L'Empire des Habsbourg est alors partagé entre l'empire autrichien et le royaume hongrois. Ce dernier se dote d'un système bicaméral : une Chambre des magnats et une Chambre des représentants, mais elle reste liée à l'Autriche par la dynastie Habsbourg et la concentration des affaires étrangères, des finances et de la guerre au sein d'un ministère d'Empire. Les privilèges des magnats et le système électoral laissent les minorités non-magyares, soit 55 % de la population de la Grande Hongrie, sans représentation parlementaire, et, de plus, la politique de magyarisation forcée des minorités dresse les Croates, les Slovaques, les Ruthènes, les Roumains, les Serbes et même les Allemands contre les Hongrois. L'Autriche-Hongrie, ayant perdu la Première Guerre mondiale, est le premier État visé par les « » du président américain Woodrow Wilson, visant à démembrer cet empire multiculturel, que Lénine avait qualifié de « "prison des peuples" ». Après des émeutes à Budapest en 1918, un Conseil national, composé d'indépendantistes, de sociaux-démocrates et de radicaux, mené par Mihály Károlyi refuse le pouvoir à Charles et proclame la République démocratique hongroise le . La Hongrie au gré des guerres mondiales. L'effondrement de l'Autriche-Hongrie à l'issue de la Première Guerre mondiale entraîne son éclatement selon le principe des États-nations. Les indépendantistes hongrois prennent le pouvoir à Budapest le 30 octobre et, le 16 novembre, la République démocratique hongroise est proclamée, mais le gouvernement de Mihály Károlyi ne parvient pas à empêcher les minorités de l'ancien royaume de Hongrie de proclamer leurs propres indépendances ou unions avec des pays voisins. En décembre 1918, la Grande Hongrie est démembrée "de facto". En avril 1919, les communistes de Béla Kun, alliés aux sociaux-démocrates, prennent le pouvoir et proclament la République des conseils de Hongrie, deuxième régime communiste de l'histoire après la Russie soviétique. Le régime ne dure que trois mois : une attaque contre la Tchécoslovaquie et la Roumanie, visant à récupérer les territoires perdus, tourne à la débâcle et les communistes sont chassés du pouvoir. L'entre-deux-guerres ouvre une période paradoxale pour le pays. D'une part, elle signe l'émancipation de la Hongrie de sa voisine autrichienne et le recouvrement de sa souveraineté. D'autre part, l'ancienne Hongrie royale se voit amputée de 32 % de magyarophones et des deux tiers de son territoire, dont son accès à la mer, la totalité de ses mines d'or, d'argent, de mercure, de cuivre et de sel, cinq de ses dix villes les plus peuplées et entre 55 % et 65 % des forêts, en vertu de l'application du traité de Trianon en 1920. Cette partition se fait au nom de deux principes : celui d'État-nation cher aux États-Unis et celui de la permanence des frontières cher aux géographes français. C'est ce dernier principe qui motive les congressistes à céder ainsi à la Tchécoslovaquie les rives septentrionales du Danube pourtant majoritairement peuplées de Hongrois, entre Bratislava et Košice. À la tête d'un royaume sans roi et d'un pays sans accès à la mer, l'amiral Miklós Horthy instaure une période de régence aux orientations très conservatrices. Sa politique irrédentiste le pousse dans les bras de l'Allemagne nazie en 1940. La Hongrie récupère d'abord le Nord de la Transylvanie au détriment de la Roumanie en août 1940, puis participe en 1941 à l'invasion de la Yougoslavie, récupérant ainsi la Voïvodine et s'engage ensuite sur le front de l'Est lors de l'invasion de l'URSS. Du pacte de Varsovie à la construction européenne. En 1944, Miklós Horthy proclame la neutralité de son pays alors que les armées soviétiques et roumaines franchissent les frontières hongroises. La Hongrie est alors envahie à l'ouest par l'Allemagne, qui renverse Horthy et le remplace par le dirigeant hungariste Ferenc Szálasi, chef du parti fasciste hongrois des Croix fléchées. Les Soviétiques et les Roumains chassent les Allemands de Hongrie en avril 1945. Occupée par l'URSS, la République hongroise est soumise à une prise de pouvoir progressive par les communistes hongrois dont les Soviétiques imposent la présence au sein du gouvernement de coalition de l'après-guerre. La Hongrie signe le Traité de Paris en 1947, aux côtés des autres régimes vaincus par les Alliés. Mátyás Rákosi, secrétaire général du Parti des travailleurs hongrois, devient le principal dirigeant de la République populaire de Hongrie, nouveau régime communiste officiellement proclamé le . Le , la Hongrie se soulève contre l'URSS. Initiée en faveur du soutien au Premier ministre réformateur Imre Nagy, l'insurrection de Budapest est écrasée entre le 4 et le 11 novembre par l'armée soviétique, tuant et entraînant le départ de plus de . János Kádár devient Premier ministre et premier secrétaire du Parti socialiste ouvrier hongrois, nouveau nom du parti unique. Imre Nagy et ses compagnons sont arrêtés et exécutés deux ans plus tard. En 1968, Kádár introduit le « nouveau mécanisme économique », ouvrant l'économie administrée à un petit secteur privé. Il s'agit du « socialisme du goulash » tenu pour responsable de la relative prospérité de l'économie hongroise en comparaison des autres États satellites de l'URSS en Europe. En 1988, János Kádár, malade, doit quitter le pouvoir. Le communiste réformateur Miklós Németh prend sa succession. Le , la Hongrie autorise le démantèlement du rideau de fer à la frontière autrichienne. Exécuté par le régime, Imre Nagy est également réhabilité lors d'une grande cérémonie nationale. Le , le Parti socialiste ouvrier hongrois est dissous et remplacé par le Parti socialiste hongrois. Le , le président de la République Mátyás Szűrös met fin à la République populaire de Hongrie et proclame solennellement la nouvelle république de Hongrie. Après la chute de l'Union soviétique en 1991, la Hongrie rejoint le giron de l'Europe occidentale et adhère à l'OTAN en 1999 et à l'Union européenne le . Avec la Pologne, la Slovaquie et la Tchéquie, elle forme le groupe de Visegrád. Alors que les deux décennies de la transition sont marquées par un jeu politique équilibré entre la gauche et la droite à la tête du pays, le parti conservateur Fidesz remporte les élections parlementaires à une écrasante majorité au printemps 2010. Marginalisés, les partis progressistes MSzP et LMP ne parviennent pas à empêcher le Premier ministre Viktor Orbán de faire adopter le par l'Országgyűlés une nouvelle loi fondamentale. Entrée en vigueur le , elle inscrit dans le marbre de nombreuses dispositions très conservatrices. Ce changement constitutionnel s'accompagne d'un activisme législatif très important permettant un remodelage profond de l'organisation institutionnelle et politico-administrative du pays et laissant entrevoir le retour d'un État fort. Organisation politico-administrative. Organisation de l'État. Le président de la République est élu au suffrage indirect par l'Assemblée nationale ("Országgyűlés") tous les cinq ans. Il est le chef de l'État et le garant des institutions. Il nomme le Premier ministre qui compose son gouvernement et à qui il appartient seul le droit de révoquer les ministres. Chaque nomination ministérielle doit faire l'objet d'auditions consultatives devant des commissions parlementaires et être formellement approuvée par le président. L'Assemblée nationale est la chambre unique du Parlement hongrois. Il comprend (386 jusqu'aux dernières élections) et exerce le pouvoir législatif en votant des lois d'initiative gouvernementale ou parlementaire. Un parti doit gagner au moins 5 % au niveau national pour former une faction parlementaire. Les élections législatives ont lieu tous les quatre ans. La Cour constitutionnelle, composée de , juge de la constitutionnalité des lois. Collectivités territoriales et collectivités des minorités. La loi LXV de 1990 sur les collectivités territoriales ("helyi önkormányzat") est considérée comme l'un des actes juridiques les plus importants de la transition post-communiste car elle redéfinit profondément le maillage administratif de la Hongrie avec comme objectif la création d'un système de démocratie locale en rupture totale avec le système communiste. Il s'agit alors de redistribuer les différentes compétences administratives de façon à réduire substantiellement le pouvoir des comitats, considérés alors comme les pivots de l'ancienne nomenclature administrative socialiste. Le modèle privilégié est alors le contenu de la Charte du Conseil de l'Europe sur les collectivités locales. La localité ("település") correspond au découpage politique ultime du territoire hongrois. On y distingue trois catégories : les communes ("község"), les villes ("város") et les villes de droit comital ("megyei jogú város"). La localité est une collectivité locale ("települési önkormányzat") dirigée par un conseil local et un bourgmestre ("polgármester") élus tous les quatre ans au suffrage universel ainsi qu'un organe administratif de l'État, opérateur de l'administration publique et de services obligatoires définis par la loi. La Hongrie compte pour presque dix millions d'habitants. La localité correspond au niveau LAU 2 de la nomenclature d'unités territoriales statistiques européenne. Le comitat (vár"megye") est la subdivision politique intermédiaire entre l'État et les localités. Au nombre de 19, on y ajoute traditionnellement Budapest, qui bénéficie cependant d'un statut particulier. Les comitats maillent le territoire hongrois de manière contiguë. En raison de la centralisation politico-administrative de la Hongrie, les compétences des collectivités comitales (vár"megyei önkormányzat") restent très limitées. Celles-ci concernent les services qui s'appliquent sur l'ensemble du territoire comital, les établissements scolaires secondaires (collèges), les établissements médicaux spécialisés ainsi qu'un rôle de coordination de l'aménagement du territoire. De plus, elles ne s'appliquent pas aux villes de droit comital qui disposent de leur propre conseil comital (vár"megyei közgyűlés") superposé au conseil local. Le comitat correspond au niveau NUTS 3 de la nomenclature d'unités territoriales statistiques européenne. Chaque chef-lieu de comitat est une ville de droit comital. S'y ajoutent cinq autres villes de plus de : Il existe treize minorités nationales, ethniques et religieuses reconnues officiellement par la loi en Hongrie : les Bulgares, les Roms, les Grecs, les Croates, les Polonais, les Allemands, les Arméniens, les Roumains, les Ruthènes, les Serbes, les Slovaques, les Slovènes et les Ukrainiens. La loi de 1993 leur donne le droit de voter à l'échelle nationale ainsi qu'à l'échelon de chaque collectivité territoriale (comitats et localités) pour leurs propres représentants. Ces derniers forment des collectivités des minorités ("kisebbségi önkormányzat") qui disposent de compétences particulières pour fixer le calendrier de leurs fêtes et célébrations, contribuer à la préservation de leurs traditions et participer à l'éducation publique. Ces collectivités particulières peuvent ainsi gérer des théâtres publics, des bibliothèques, des institutions scientifiques et artistiques, attribuer des bourses d'études et dispenser des services en direction de leur communauté (aides juridiques notamment). Il faut au moins cinquante membres d'une minorité dans les villes de moins de pour former une collectivité communautaire et cent membres pour les villes plus peuplées. Dans les faits, ces collectivités sont plus faciles à former dans les grandes villes que dans les petites localités. Les conditions de leur création dépendent également du taux de concentration des minorités sur le territoire hongrois. Outre les treize minorités officielles, les Juifs ainsi que les Bunjevci revendiquent régulièrement une reconnaissance publique. De manière plus anecdotique, des Hongrois clamant leur ascendance hunnique ont aussi déposé une demande officielle allant dans ce sens. Magyars d'outre-frontières et diaspora hongroise. Les Magyars d'outre-frontières ("határon túli magyarok") désignent les populations magyares autochtones vivant sous le statut de minorité nationale ou de communauté ethnique dans les pays frontaliers de la Hongrie. Ils bénéficient d'un traitement spécifique de la part de la loi hongroise qui leur permet d'accéder à la citoyenneté hongroise ("magyar állampolgárság"), de bénéficier de bourses d'enseignements, de recevoir des aides financières en faveur du maintien et du développement de leur culture et de leur langue et de disposer d'organisations représentatives reconnues par le gouvernement hongrois. L'activisme législatif de la Hongrie à l'égard de ces populations est souvent perçu par les pays voisins comme autant d'intrusions dans leurs affaires politiques nationales. Depuis deux ans, sous le gouvernement de Viktor Orbán, les Magyars d'outre-frontières peuvent désormais bénéficier du droit de vote, même s'ils ne vivent pas sur le territoire hongrois. La diaspora hongroise ("magyar diaspora") désigne les citoyens hongrois ("magyar állampolgárok") ayant émigré de Hongrie vers des pays du monde entier. Elle s'est surtout structurée par les différentes vagues d'émigrations de la Hongrie au cours du . On peut ainsi distinguer des premiers départs au début du siècle pour des raisons essentiellement économiques, en grande partie vers l'Europe occidentale et les Amériques, une émigration juive pendant et après la Seconde Guerre mondiale, une émigration politique lors de l'insurrection de Budapest en 1956 puis de manière plus sporadique quelques départs après la chute du communisme, mais davantage sous la forme d'expatriation que d'émigration définitive. Contrairement aux Magyars d'outre-frontières, la diaspora hongroise ne bénéficie pas de la même reconnaissance de la part du gouvernement hongrois. Ils n'ont par exemple pas le droit de vote s'ils ne disposent pas d'une résidence permanente en Hongrie. Système éducatif. Le système éducatif hongrois est un système décentralisé. Le Secrétariat d'État à l'Éducation fixe les conditions de scolarité ainsi que les exigences des épreuves nationales sanctionnant le parcours scolaire. Les collectivités locales sont propriétaires des établissements pré-élémentaires, élémentaires et secondaires. Chaque établissement jouit d'une grande autonomie budgétaire et de fonctionnement. Certains établissements sont directement gérés par les collectivités des minorités et peuvent ainsi dispenser des cours dans les langues minoritaires, en plus du hongrois. Le système éducatif est divisé en plusieurs niveaux : pré-élémentaire ("óvoda") de , élémentaire ("általános iskola") de 6 à , secondaire ("gimnázium") jusqu'à , professionnel ("szakmunkásképző iskola") jusqu'à , technique ("szakközépiskola") jusqu'à et supérieur. Il faut prendre également en compte les écoles de rattrapages ("szakiskola"). Protection sociale. Droit du travail. En décembre 2018 deux nouvelles lois sur le droit du travail provoquent un mouvement de protestation soutenu par l’ensemble des partis politiques en dehors de celui de l’exécutif . Organisée à l’appel des partis d’opposition, des syndicats et de mouvements issus de la société civile, la manifestation se poursuit en janvier 2019 pour dénoncer la nouvelle loi sur les heures supplémentaires qualifiée d’ – les chefs d’entreprise peuvent exiger de leurs employés jusqu’à supplémentaires par an, soit l’équivalent de deux mois de travail, payables trois ans plus tard . Politique étrangère et militaire. Depuis le milieu des années 1990, la politique étrangère hongroise s'inscrit dans une démarche de convergence avec les objectifs de l'Union européenne. Après avoir déposé son adhésion le et ouvert les négociations le , la Hongrie devient membre de l'Union le et intègre l'espace Schengen le . De par sa taille, la Hongrie ambitionne de devenir un acteur régional au sein d'une Europe centrale élargie, bien au-delà de ses pays frontaliers. Au nord, elle s'implique avec la Pologne, la Tchéquie et la Slovaquie à la construction du groupe de Visegrád, afin de renforcer les politiques de coopération régionale, notamment sur le plan économique et énergétique. Cet espace privilégié est cependant régulièrement soumis à de nombreuses perturbations liées à l'activisme politique de la Hongrie à l'égard des Magyars d'outre-frontières particulièrement nombreux en Slovaquie. Au sud, la Hongrie est un soutien actif de l'intégration des pays balkaniques à l'Union européenne. Lors de la présidence hongroise du Conseil de l'Union européenne en 2011, le gouvernement œuvre à faire progresser les dossiers de candidature de la Croatie et de la Macédoine. La Hongrie est aussi à l’origine du processus de Szeged pour le soutien à la démocratisation de la Serbie, du Monténégro, de l’Albanie, de la Macédoine et de la Bosnie-Herzégovine et du processus de Nyíregyháza, à destination de l’Ukraine. À l'ouest et à l'est, la Hongrie est un des principaux acteurs de la , dont l'objectif est de valoriser le potentiel économique du fleuve et de favoriser l'intégration politique des pays riverains. Sur le plan de la géopolitique énergétique, la Hongrie est particulièrement active pour accueillir les projets South Stream et Nabucco afin de devenir une plaque tournante de l'énergie au sein de l'Union européenne. Dans le même esprit, le gouvernement hongrois poursuit une forte politique de coopération avec la Russie et la Chine en termes de construction de liaisons routières et ferroviaires de façon à devenir la porte d'entrée de l'Asie en Europe. La participation de la Hongrie à la communauté internationale passe surtout par son activité militaire au sein de l'OTAN et son alignement stratégique aux côtés des États-Unis. La Hongrie est engagée militairement sur plusieurs théâtres extérieurs, dans le cadre de la PSDC ou de l’OTAN : en Afghanistan (), au Kosovo (223), à Chypre (77), en Macédoine et en Bosnie. Vie publique et corps intermédiaires. Représentation politique. Entre 1990 et 2010, la démocratie parlementaire a surtout été rythmée par les alternances successives entre le centre-droit représenté par le Forum démocrate hongrois ("Magyar Demokrata Forúm", MDF) puis par le Fidesz ("") et le centre-gauche, représenté par le Parti socialiste hongrois ("Magyar Szocialista Párt", MSzP) et Alliance des démocrates libres ("Szabad Demokraták Szövetsége", SzDSz). Ces alternances reflètent alors un certain équilibre des forces politiques proche de celui des démocraties occidentales. La gauche hongroise est l'héritière à la fois des anciens réformateurs du Parti socialiste ouvrier hongrois (MSzMP devenu MSzP) et de ses opposants libéraux (SzDSz). Sa composante sociale-démocrate majoritaire prône le libéralisme politique et économique ainsi qu'une politique pro-européenne volontaire. L'extrême gauche est scindée entre le Parti communiste ouvrier hongrois ("Magyar Kommunista Munkáspárt", MKM) stalinien et la Gauche verte ("Zöld Baloldal Párt", ZB) altermondialiste. Depuis les dernières élections, un nouveau venu, La politique peut être différente ("Lehet más a politika", LMP) de sensibilité écologiste a fait son apparition et en même temps son entrée dans l'Országgyűlés. Enfin, la défaite de la gauche en 2010 est en train d'amener une profonde reconfiguration de l'échiquier politique comme l'illustre la fondation de la Coalition démocratique ("Demokratikus Koalíció", DK) ou encore d'Ensemble 2014 ("Együtt 2014"), respectivement par les anciens Premiers ministres socialistes Ferenc Gyurcsány et Gordon Bajnai. La droite hongroise est quant à elle issue d'anciens courants chrétiens-démocrates, conservateurs et agrariens clandestins pendant le communisme (notamment le Parti civique indépendant des petits propriétaires et des travailleurs agraires, "Független Kisgazda-, Földmunkás- és Polgári Párt", FKgP). Si son premier objectif est la décollectivisation rapide du pays dès le début des années 1990 ainsi que le développement des institutions démocratiques, elle endosse à la fin des années 2000 des accents plus nationalistes et souverainistes. Cette évolution est principalement le fait de Viktor Orbán, chef du Fidesz et autrefois proche du SzDSz. Elle se caractérise par une attitude revancharde sur le plan de la politique intérieure en votant des lois destinées à poursuivre devant les tribunaux les principaux protagonistes du régime communiste, mais aussi sur le plan de la politique étrangère en cherchant à reconstituer la communauté nationale hongroise au-dessus de la partition territoriale du traité de Trianon. L'extrême droite hongroise a ses racines dans l'hungarisme, alimenté par la nostalgie de la Grande Hongrie. Autrefois incarnée par le Parti hongrois de la justice et de la vie ("Magyar Igazság és Élet Pártja", MIÉP, aujourd'hui soutien du Fidesz-MPSz), elle est désormais assimilée au Jobbik. Après des années de discrétion, l'extrême droite hongroise s'est illustrée ces dernières années par de nombreuses démonstrations de force, notamment par l'intermédiaire des défilés de la Garde hongroise, milice fasciste ouvertement anti-Roms, dans des villages du Nord-Est. Le retour au pouvoir de Viktor Orbán après huit ans de gouvernement socialiste, alors que ses soutiens représentent les deux tiers de l'Országgyűlés, s'inscrit ainsi dans le prolongement du tournant nationaliste du Fidesz. Représentation syndicale. Il existe six confédérations syndicales en Hongrie membres du Conseil national de conciliation ("Országos Érdekegyeztető Tanács") aux côtés des organisations des employeurs et des représentants de l'État. La Confédération des syndicats autonomes ("Autonóm Szakszervezetek Szövetsége") regroupe essentiellement les syndicats des secteurs de transport, de l'énergie et de l'industrie ; le Bloc des syndicats professionnels défend les intérêts des ingénieurs, chercheurs et diplômés de l'enseignement supérieur ("Értelmiségi Szakszervezeti Tömörülés") ; la Ligue démocratique des syndicats indépendants ("Független Szakszervezetek Demokratikus Ligája") est historiquement composée d'employés du secteur de l'énergie électrique ; la Confédération nationale des syndicats hongrois ("Magyar Szakszervezetek Országos Szövetsége") revendique son ancrage à gauche ; la Fédération nationale des conseils de travailleurs ("Munkástanácsok Országos Szövetsége") est affiliée au syndicalisme chrétien ; enfin, le Forum pour la coopération des syndicats ("Szakszervezetek Együttműködési Fóruma") est proche du Parti socialiste hongrois. Médias. Depuis la transition démocratique de 1989, les médias - et en particulier les médias publics - sont considérés comme un instrument fondamental par les partis politiques pour transmettre leurs messages aux électeurs et, pour cette raison, ne sont pas à l'abri de toute influence politique. Après 1989, les hommes politiques de gauche et les libéraux se sont efforcés de consolider leurs positions dans les médias et ont essayé d'exercer une fonction de contrôle. Au lieu de laisser les médias assumer leurs propres fonctions de contrôle et d'information, une guerre médiatique a éclaté. Pour beaucoup, le péché originel a été lorsque le président de la télévision publique a refusé de diffuser une interview du Premier ministre József Antall, peu avant les élections municipales de 1990, en la qualifiant de déclaration de parti politique. Dès le début du retour à la démocratie, les libéraux de gauche ont ainsi essayé de dominer les médias, tandis que les conservateurs pensaient qu'ils étaient sous-représentés et réprimés. La loi de 1996 sur les médias étayera davantage cette polarisation des médias, son objectif n'étant pas de minimiser l'influence politique mais de donner à chaque parti une part dans les médias. Le financement des médias publics étant fortement tributaire du budget de l'État, leur vulnérabilité vis-à-vis de la politique était inscrite dans le système. Les frais d'abonnement à la télévision - impopulaires, mais qui auraient pu permettre un mode de financement plus ou moins indépendant - sont supprimés en 2002, de sorte que la télévision et la radio publiques sont devenues de fait financées par l'État (sur le budget). Après son retour au pouvoir en 2010, Viktor Orbán reprend en main la télévision publique, selon France TV info, pour l'instrumentaliser à des fins de propagande. Les médias privés sont progressivement rachètés par des oligarques proches du pouvoir. Désormais, le Premier ministre serait à la tête d’un empire médiatique : une grande chaîne commerciale, toute la presse quotidienne régionale, des sites Internet ; près de 500 médias au total. Ce conglomérat couvrirait près de 80 % du paysage médiatique. Néanmoins, la chaîne de télévision la plus regardée, RTL, dont le programme d'information constitue un média essentiel, et les principaux médias hebdomadaires et Internet sont tous critiques vis-à-vis du gouvernement. Depuis 2010, la liberté de la presse est encadrée par un Conseil des médias ("Media Tanács") chargé de vérifier, selon les termes de la loi, le traitement équitable de l'actualité et le respect de la dignité humaine. La presse quotidienne représente bien les différentes tendances politiques dominantes, de la gauche vers la droite. Ancien organe officiel du Parti socialiste ouvrier hongrois, "Népszabadság" est resté dans le giron du MSzP. Néanmoins, la chute de son lectorat passant de au début des années 2000 à moins de en 2016 et ses importantes pertes financières conduisent à sa fermeture en 2016. "Népszava" est toujours explicitement l'expression du Parti social-démocrate de Hongrie. Créé par le Conseil national de la République populaire de Hongrie, "Magyar Hírlap" est devenu dans les années 1990 proche de l'Alliance des démocrates libres (centre-gauche) puis au cours des années 2000 un journal de centre-droit proche de l'Église catholique en Hongrie et du Fidesz. Fondé en 1938, "Magyar Nemzet" est le journal historique des opposants au régime communiste ; il s'agit du grand journal des intellectuels conservateurs. "Világgazdaság" et "Napi Gazdaság" sont deux quotidiens économiques de centre-gauche. "Metropol" est enfin le quotidien gratuit, surtout diffusé à Budapest. Les principaux hebdomadaires sont "Heti Világgazdaság" (HVG), d'inspiration libérale de gauche ; "Heti Válasz", qui rassemble les plumes d'intellectuels de droite ; "Demokrata", d'extrême droite, "168 Óra" proche du parti MSzP ; "Magyar Narancs", le grand journal d'actualité culturelle et politique de la jeunesse urbaine progressiste, centre gauche ; "Élet és Irodalom", journal de critique littéraire orienté à gauche ; "Magyar Fórum" proche du MIÉP ; "Figyelő" d'obédience néolibérale ; "Új Ember", journal catholique ; "Új Élet", expression de la communauté juive progressiste ; "Szombat", expression des Juifs conservateurs ; "", proche du parti Jobbik et "Hetek", néo-évangélique et néoconservateur. Il existe également de nombreux portails d'information de type "pure player" : "Index", "Stop" et "Origo" (gauche), "Hirszerzo" et "Gondola" (conservateurs), "Kitekinto" (indépendant), "Barikad" et "Kuruc" (extrême-droite). Les revues les plus importantes sont "Beszélő" (centre-gauche et écologiste), "Magyar Szemle" (conservateur), "Kommentár" (néoconservateur), "Múlt és Jövő" (communauté juive), "Erec" (sioniste), "Polgári Szemle" (conservateur), "Mozgó Világ" (social-démocrate, proche du parti MSzP) et "Eszmélet" (extrême gauche). Le pays compte sur de nombreuses chaînes de télévision publiques et privées. Deux sociétés distinctes assurent le service public : "Magyar Televízió", héritière de la télévision d'État communiste, qui produit à destination du marché intérieur les chaînes "M1" (généraliste), "M2" (jeunesse), "M3" (histoire), ' (sport) et ' (culture) et "Duna Médiaszolgáltató" qui produit et diffuse les chaînes "Duna Televízió" et "Duna World", à destination tant du marché intérieur que de la diaspora hongroise. Ces deux chaînes généralistes proposent une grille généraliste et plusieurs journaux télévisés chaque jour. Les principales chaînes privées sont "RTL Klub", "RTL II", "TV2" et "ATV". Toutes diffusent des émissions variées (information, divertissement, séries, dessins animés, films). "Hír TV" et "Echo TV" sont des chaînes d'information en continu. La radio publique est représentée par "Magyar Rádió" et ses sept stations thématiques : ' « "Kossuth Rádió" » (généraliste, informations), ' « "Petőfi Rádió" » (jeunesse), ' « "Bartók Rádió" » (musique classique), ' « "Nemzetiségi Adások" » (minorités ethniques), ' « "Parlamenti Adások" » (informations parlementaires et politiques), ' « "Régió Rádió" » (programmes régionaux) et ' « "Dalok és dallamok" » (folklore). ' émet par satellite et internet une programmation à destination de la diaspora. Enfin, de très nombreuses stations privées émettent au niveau national ou régional. Les Hongrois passent en moyenne plus de par jour () devant la télévision. La Hongrie est le deuxième pays d’Europe centrale où l’on regarde le plus la télévision. Organisation de la société civile. Religions et mouvements spirituels. La religion la plus importante en Hongrie est le christianisme (54,2 %) répartie entre l'Église catholique (39 %), les Églises protestantes (14,6 %) et les Églises orthodoxes (0,1 %). Les religions non chrétiennes sont très minoritaires (0,2 %). Le reste de la population se divise entre les sans religion (18,2 %) et ceux qui n'ont pas souhaité répondre (27,2 %). Comme d'autres pays en Europe, la Hongrie connaît un phénomène de déchristianisation. Ainsi, les chiffres du recensement mené en 2011 montrent que le nombre des Hongrois qui se déclarent catholiques est tombé, en dix ans, de à , les réformés calvinistes passent de à et les évangéliques luthériens de à . Se déclarent « sans confession » plus de de personnes et, se disent « athées ». Près de de Hongrois refusent d’indiquer leur appartenance confessionnelle. La Loi sur la liberté de conscience et le statut juridique des Églises (loi CCVI de 2011) est une loi organique hongroise portant sur la liberté de culte et de conscience, établissant par ailleurs la liste des Églises, communautés et mouvements religieux reconnus officiellement par l'État hongrois. La liste des quatorze Églises ou confessions religieuses officiellement reconnues et qui ont désormais seules le droit de revendiquer l'appellation d'Église figure en annexe de la loi. Les critères retenus pour établir cette liste sont éminemment liés à la promotion des Églises nationales hongroises d'une part et à la préservation des cultes des treize minorités nationales et ethniques officiellement reconnues par la loi hongroise. En voici la liste : Population et société. Données démographiques. La population décroît depuis le début des années 1980. Il est estimé qu'elle comptera huit (variante basse) à dix (variante haute) millions d'habitants vers 2050. Structure sociale. La stratification sociale de la société hongroise est marquée par l'héritage du collectivisme et les conditions de la décollectivisation. Au début des années 1950, le pouvoir communiste restreint considérablement la propriété privée, notamment foncière, ce qui aboutit à une forte diminution des inégalités sociales héritées de la Hongrie d'avant-guerre. Parallèlement à cette diminution, la nouvelle division du travail entraîne malgré cela l'émergence d'une nouvelle forme de hiérarchisation sociale selon la forme suivante, de haut en bas : Les inégalités sociales se concrétisent par une inégalité en termes de revenus et de conditions de logements. L'intensification de l'industrialisation participe dans les années 1960 à une amélioration des conditions de vie des plus pauvres, sans pour autant résorber les écarts de conditions de vie. Les modalités de distinction sociale, marquées par la position des individus au sein de la division du travail, s'appuient entre autres sur des privilèges quant à l'accès au logement et sur le système scolaire quant à la reproduction des élites. Dans les années 1970, le déclin des anciennes élites bourgeoises est avéré et l'on constate la montée en puissance d'une nouvelle élite d'entrepreneurs. Celle-ci s'appuie notamment sur le développement d'un petit secteur privé en marge de l'économie planifiée. L'autonomie de petites entreprises privées et l'affaiblissement de l'État au profit des collectivités locales font prospérer la constitution de nouveaux groupes s'appuyant à la fois sur leur position économique et politique. Parallèlement à cela, le pouvoir laisse se développer une forte économie parallèle (« seconde économie ») qui devient un vivier d'emplois pour la population hongroise. De nombreuses personnes cumulent alors un emploi partiel privé en complément de leur emploi principal. Ce recours est particulièrement répandu dans l'agriculture, mais aussi dans le secteur de la construction, du bâtiment, de la manutention, de l'artisanat, etc. Cette économie parallèle permet ainsi à 75 % des familles hongroises de compléter leurs revenus. Il se développe alors une nouvelle structure sociale, fondée à la fois sur la position issue de la division administrative du travail et sur le cumul de cette position avec la capacité à tirer des revenus complémentaires au sein de l'économie parallèle. On peut alors distinguer trois grands groupes : La décollectivisation amorcée dans les années 1980 et surtout le changement de régime politique en 1990 s'accompagnent de la restructuration profonde de l'économie hongroise et du retour de la propriété privée comme régime prévalent. L'instauration de l'économie de marché signe une amélioration notable du niveau de vie, mais l'arrivée de la crise dès 1993 achève l'embellie. La réorganisation de la division du travail entraîne ainsi une nouvelle matrice de production des inégalités, fondée à la fois sur le capital économique et culturel accumulé durant la période communiste, mais également sur les nouvelles opportunités d'emploi et d'enrichissement. Les « gagnants » de la transition sont ainsi les entrepreneurs privés des années 1980, les membres de l'élite politique et économique locale (anciens directeurs et cadres des coopératives agricoles par exemple ou d'entreprises d'État) ainsi que les intellectuels. Les « perdants » étant les ouvriers non qualifiés, les travailleurs agricoles et les petits paysans privés. La nouvelle structure sociale hongroise tend ainsi à converger avec celle des pays d'Europe occidentale, avec une dégradation très forte de la position sociale des ouvriers et paysans et une perte importante du pouvoir d'achat des retraités. L'instauration de l'économie de marché signifie également la baisse du taux d'employabilité et l'augmentation conséquente du chômage. En 1993, ce taux atteint 24 % des personnes scolarisées pendant huit ans, 17 % des personnes ayant une formation d'ouvrier qualifié, 11 % des diplômés de l'enseignement secondaire et 4 % des diplômés de l'enseignement supérieur. Les indicateurs relatifs aux biens de consommation et au logement montrent des disparités encore plus importantes. Si la petite production agricole (orientée essentiellement vers l'auto-production de subsistance) caractéristique de la Hongrie a longtemps permis d'amortir les inégalités de développement entre les zones urbaines et la campagne, l'arrivée d'investissements étrangers massifs dans l'agglomération budapestoise ainsi qu'à l'Ouest du pays génère de nouvelles inégalités territoriales. Par ailleurs, la perte de vitesse de l'industrie lourde concentrée au nord-est et à l'est achève de plonger ces régions dans une crise économique et sociale de longue durée. L'existence d'une économie parallèle permettant à une majorité de Hongrois de s'assurer des revenus complémentaires dès la fin des années 1970, les effets de la transition se mesurent donc à la fois en termes de montée des inégalités mais également de dégradation substantielle du niveau de vie. La combinaison de l'augmentation des inégalités et la baisse du niveau de vie génèrent alors l'émergence d'une nouvelle pauvreté essentiellement rurale ou périurbaine. Minorités ethniques. Il y a plusieurs minorités ethniques, comme les Roms (3 %), les Allemands (1,3 %), les Slovaques (0,30 %), les Croates (0,24 %), les Roumains (0,27 %), les Slovènes (0,02 %). Ce tableau comporte les données statistiques sur les minorités ethniques ("") en Hongrie. Langues. La langue officielle en Hongrie est le hongrois. La Constitution reconnaît également les langues des minorités ethniques et la langue des signes hongroise. Selon le recensement du pays de 2011, 99,6 % de la population parle le hongrois dont 98,9 % en tant que langue maternelle, une langue finno-ougrienne complètement différente des langues des pays voisins. Traditionnellement, et surtout du temps ou la Hongrie était partie intégrante de l'empire d'Autriche-Hongrie, l'allemand était la seconde langue du pays (élites et institutions). Mais de nos jours, surtout depuis la sortie de ce pays du communisme, l'anglais est la langue étrangère la plus parlée, mais l'allemand arrive tout de suite après. Entre 1947 et 1986, le russe était obligatoire dans l'enseignement, vu que le pays était un pays communiste, satellite de l'URSS. Après 1986, l'apprentissage de la langue russe a considérablement baissé. Le russe est donc une langue généralement connue des générations scolarisées entre 1947 et 1986. Économie. En 2022, la Hongrie est classée en pour l'indice mondial de l'innovation. Emploi. Plus de , sur une population de moins de d'habitants, ont quitté la Hongrie depuis le début des années 2010. Le pays est dès lors confronté à une pénurie de main-d'œuvre. Le pouvoir adopte en janvier 2019 une loi de « flexibilisation », que l'opposition qualifie de « loi esclavagiste » : les employeurs ont désormais la possibilité d'exiger de leurs salariés d'effectuer jusqu'à supplémentaires par an (contre 250 jusqu'alors et 144 au début des années 1990) et de ne les rémunérer que trois ans plus tard. La Confédération des syndicats hongrois dénonce un dispositif qui « conduira à une détérioration significative des conditions de travail et à un niveau élevé d’exploitation des travailleurs ». Agriculture. Les plus importantes zones agricoles se situent dans le Petit Alföld (qui bénéficie des terres les plus fertiles), la Transdanubie et l'Alföld. Cette dernière zone couvre plus de la moitié du pays () et a des qualités de sol extrêmement variables. On y trouve même une petite région herbeuse semi-désertique appelée puszta (steppe) utilisée pour l'élevage ovin et bovin. Les principales productions agricoles hongroises sont le maïs, le blé, l'orge, l'avoine, le tournesol, le pavot, la pomme de terre, le millet, la betterave, le lin et bien d'autres plantes. On cultive aussi d'autres espèces implantées plus tardivement comme l'amarante. La consommation de pavot fait partie de la cuisine hongroise traditionnelle. Le pays est renommé pour la qualité très élevée de son piment appelé paprika. La production fruitière comprend beaucoup de variétés de pommes, poires, pêches, raisins, abricots, pastèques, melons, etc. Industrie. Dans le secteur industriel et de la métallurgie, en raison de ressources en bauxite, l'industrie de l'aluminium s'est bien développée. Secteur tertiaire. La dette publique brute de la Hongrie était de d'euros à fin 2013, à hauteur de 79,2 % du PIB. Équipements et infrastructures. Réseau routier. Le réseau routier national est géré par l'État. Il se déploie en un réseau de routes principales ("főút") doublé d'autoroutes ("autópálya") sur l'ensemble du pays, avec pour nœud de réseau principal Budapest. Télécommunication et Internet. Le Haut débit est disponible depuis mai 2004. Énergie. Depuis la fin du communisme, les besoins énergétiques de l'industrie et de la population hongroises augmentent de façon continue. Les installations peinent à suivre la demande et le pays est ainsi obligé d'importer 62 % de sa consommation d’énergies fossiles, dont 82 % du gaz naturel en provenance de Russie. Cette dépendance s'explique par la vétusté des équipements de production thermique et l'obsolescence des installations existantes. Par ailleurs, la part des énergies renouvelables est particulièrement faible (7,3 %). Depuis juillet 2011, une stratégie gouvernementale fixant à l'horizon des vingt prochaines années l'indépendance énergétique a délimité trois grands principes de mise en œuvre de cette stratégie : la durabilité, la compétitivité économique et la sécurité de l’approvisionnement. La Hongrie participe également au déploiement d'un réseau énergétique européen, notamment au sein du Groupe de Visegrád. Elle est également sensible à d'autres initiatives de coopération internationale, notamment le projet South Stream avec la Russie. La Hongrie est relativement dépendante du secteur nucléaire dans sa production électrique. La part d'électricité d'origine nucléaire s'élève à 46 % contre 54 % pour la Slovaquie et 35 % pour la Tchéquie. L’objectif du gouvernement est de passer de 2000 à d’ici 2030 en adjoignant deux nouveaux réacteurs de troisième génération à la centrale de Paks, de manière à augmenter la part du nucléaire dans la génération d’électricité de 46 à 50 %, compte tenu de l'accroissement prévisible des besoins en électricité. Pour maintenir le niveau de production nucléaire au-delà de 2037, la construction d'une nouvelle centrale, la deuxième après la centrale nucléaire de Paks, composée de deux réacteurs à eau pressurisée de troisième génération est envisagée. Patrimoine culturel. Peinture. Le peintre hongrois le plus connu du est Michele Ongaro (dit Pannonio). Il travaillait à la cour de Ferrare en Italie. Les peintres hongrois des travaillaient également surtout à l'étranger. Au la peinture de scènes d'histoire a pris de l'importance (Gyula Benczúr, Bertalan Székely, Mór Than). Miklós Barabás, portraitiste, est le premier à avoir acquis une certaine reconnaissance dans son pays. Les tableaux de Mihály Zichy et de sont influencés par le romantisme. Mihály Munkácsy a relié dans plusieurs compositions des éléments réalistes de la vie paysanne à la peinture impressionniste de plein air. Il en est de même pour Pál Szinyei Merse. Au début du , des colonies d'artistes comme celle de Nagybánya, menée par Károly Ferenczy, ont pris de l'ampleur le plus souvent dans une peinture romantique d'après nature aux couleurs réalistes. Le style du réalisme socialiste et de la peinture historique était privilégié dans les années 1950 et 1960. Victor Vasarely, Zsigmond Kemény et László Moholy-Nagy sont les peintres hongrois les plus connus du , travaillant à l'étranger. Aujourd'hui on connaît surtout István Szőnyi, Jenő Barcsay, , et Anna Beöthy Steiner. Musique. La musique hongroise occupe une place particulière en Europe. Si elle est encore souvent assimilée à la musique tzigane, il s'agit bien de traditions assez différentes. Le destin politique de la Hongrie ayant marqué de nombreux coups d'arrêt au développement d'une musique nationale, c'est finalement sous l'influence non plus de traditions orales issues de l'Asie et des Turcs, mais grâce à l'importation de la musique classique occidentale qu'elle prend un véritable essor (Franz Liszt, Béla Bartók). Les chœurs et le quatuor à cordes classique y sont très présents, mais on y trouve aussi des instruments moins connus, comme le piano tsigane (le cymbalum) et des percussions comme le tambour à friction "köcsögduda". De même un instrument tel le tárogató qui est aujourd'hui utilisé par les Roms est à l'origine un symbole de la résistance anti-impériale. Contrairement aux autres pays d'Europe centrale, le régime communiste n'a pas favorisé l'émergence d'une musique faklorique, préférant développer la connaissance et la pratique de la musique classique ou semi-classique. Si la musique traditionnelle a été préservée, c'est surtout grâce au mouvement culturel des "táncház" pendant les années 1980 et un véritable engouement populaire en faveur de groupes traditionnels, tels Csík zenekar. Le compositeur György Ligeti est l'un des compositeurs les plus influents de la deuxième moitié du . Le groupe contemporain hongrois de musique traditionnelle le plus connu, notamment en France, est le groupe folk Kolinda qui a sorti ses trois premiers albums – "Kolinda 1", "Kolinda 2" et "1514" (respectivement en 1976, 1977, 1979) – sur le label discographique français Hexagone. Cinéma. En 1896 à Budapest eut lieu la première séance de cinéma à la suite de l’initiative d’un marchand de chapeaux nommé Arnold Sziklaï qui a assisté à une projection des films à Paris. Il a alors décidé de ramener chez lui l’appareil de projection et quelques petits films ont été tournés et projetés. En 1898, Mor Ungerleilern le directeur du Velence, et Jozsef Neumann, un homme d'affaires, ont fondé « Projectograph »; la première société de production cinématographique hongroise. Ces productions connues : "Un maniaque des échecs" (1898) et des copies de films : "La danse" de Béla Zsitkovski (1901), "Les sœurs" d'Ödön Uher (1905) et "Aujourd'hui et demain" de Mihaly Kertész (1912). Les scénarios du cinéma hongrois en 1910 étaient principalement des adaptations de romans ou de pièces de théâtre, et à partir de 1919, le cinéma dépendait des régimes politiques qui jouaient un rôle primordial sur la créativité des cinéastes. Début 1919 fut une période faste où furent produits , mais sous le règne fasciste jusqu’à 1931, plusieurs acteurs (Peter Lorre, Béla Lugosi), metteurs en scène (Kertesz, Alexander Korda, Benedek, André de Toth, George Pal, Paul Fejos), et auteurs (Emeric Pressburger) quittèrent le pays. En 1944, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, la production locale avait repris un peu. On accordait une grande importance au cinéma sous le régime marxiste et en 1960 l'École supérieure de Théâtre et de cinéma fut créée. Pendant une période de libéralisme, et dans les festivals européens quelques cinéastes de grand talent ont été connus, citons Zoltán Fábri, qui tournera "Quatorze vies en danger" (1954), "Un petit carrousel de Fête et Professeur Hannibal" (1956), Károly Makk pour "Liliomfi" (1955) ou Félix Máriássy qui réalise "Printemps à Budapest" (1955). Mais en 1956, l'Armée rouge soviétique a mis fin à ce régime libéral. En 1959, une nouvelle génération de cinéastes a émergé grâce au studio Bela Balazs utilisant des moyens techniques nouveaux venus de l’Ouest ce qui leur a permis une grande liberté de création. Les présentations des films hongrois dans les festivals vont contribuer à faire connaître de véritables auteurs tels que "Remous" d'István Gaál (1963), "Les Intraitables" d'András Kovács (1964), "Les Sans-Espoir" de Jancsó et "Jours glacés" de Kovács (1966), "Les Dix mille soleils" de Ferenc Kósa (1967), "Silence et Cri" de Miklós Jancsó (1968), "Les Faucons" d'Istvan Gall (1970), "Jeunesse dorée" (1974) de Janos Rosza, "Adoption "de Márta Mészáros. En 1989 à la fin de la période communiste, de nouveaux cinéastes apparaissent tels que Béla Tarr : "Le Tango de Satan" ("Satantango") (1994) et "Les Harmonies Werckmeister" (2000), "La dernière frontière" de Péter Gothár (1995), "Ombres sur la neige" d'Attila Jamish (1991) et "Longs Crépuscules" (1997) ou Georges Feher, "Twilling" (1990) et "Passion" (1998). Sciences et innovations. La Hongrie est particulièrement bien dotée en universités et laboratoires de recherche. L'université Loránd Eötvös (') est l'héritière de lUniversitas" de Nagyszombat fondée par Péter Pázmány en 1635, de l'université de Pest et de l'université de Budapest. L'université Corvinus de Budapest (') dispense une formation en sciences de l'économie depuis 1948. L'université polytechnique et économique de Budapest (') est réputée pour avoir formé des ingénieurs illustres au nombre desquels on compte Ernő Rubik, Dennis Gabor ou encore Leó Szilárd. En dehors de Budapest, les plus grandes villes du pays disposent également d'universités importantes, à l'instar de Debrecen (université de Debrecen), Gödöllő (université Szent István), Győr (université István Széchenyi), Kaposvár (université de Kaposvár), Miskolc (université de Miskolc), Pécs (université de Pécs), Sopron (université de Hongrie occidentale), Szeged (université de Szeged) et Veszprém (université de Pannonie). Après la réforme des universités de 2000, de nombreux établissements d'enseignement supérieur sont devenus des universités à part entière. Parmi celles-ci, de nombreuses écoles réputées dans les domaines artistiques ont vu leur statut évoluer, à l'instar de l'université hongroise des beaux-arts ('), l'université de musique Franz-Liszt ('), l'université d'art appliqué Moholy-Nagy (') et l'université d'art dramatique et cinématographique ('). Parmi les universités privées généralistes, la plus visible sur le plan international reste l'université d'Europe centrale (') fondée par le milliardaire américain d'origine hongroise George Soros afin de promouvoir le libéralisme politique et économique dans les anciens pays communistes. Financée par des "länder" allemands, l'Autriche et la Suisse, l'Université germanophone Gyula Andrássy de Budapest (') est une université de langue allemande au statut privé. L'Académie hongroise des sciences joue un rôle de premier plan dans la structuration de la recherche en Hongrie. En sciences sociales, la Hongrie se distingue par la qualité de ses sociologues marxistes ou post-marxistes (Iván Szelényi, István Kemény et Georg Lukács), de ses linguistes, de ses historiens (François Fejtő), de ses psychologues et psychanalystes (Mihály Csíkszentmihályi et surtout Sándor Ferenczi) et de ses économistes (Karl Polanyi, Béla Balassa, John Harsanyi). Mais la Hongrie est surtout connue pour la qualité de ses physiciens, chimistes et mathématiciens, souvent à l'origine d'innovations technologiques de grande importance. Il en va ainsi de Ányos Jedlik, inventeur du moteur électrique et de la dynamo, d'Ernő Rubik, inventeur du Rubik's Cube, de John von Neumann (architecture de von Neumann), de László Biró (stylo à bille), d'Albert Szent-Györgyi (vitamine C), de (allumettes), de Tivadar Puskás (téléphone central), de Dennis Gabor (holographie), de et Péter Várkonyi (Gömböc) ou encore de Charles Simonyi, maître d'œuvre des logiciels Word et Excel chez Microsoft. Par ailleurs, sur les quelques physiciens associés à l'élaboration du projet Manhattan, trois étaient des immigrés hongrois : Leó Szilárd, Edward Teller et Eugene Wigner. Gastronomie. La cuisine hongroise ("magyar konyha") classique est, pour simplifier les choses, un mélange de cuisine française adaptée par l’intermédiaire de l’Autriche et de plats rustiques typiquement hongrois dont de nombreux proviennent d’Asie. La cuisine hongroise fait référence à une tradition gastronomique originaire de Hongrie, partagée par les habitants du pays et les minorités magyares vivant en Slovaquie, Ukraine, Roumanie et Serbie. Utilisant les mêmes ingrédients que la plupart des cuisines d'Europe centrale (chou et de nombreuses variétés de racines et tubercules, bœuf, porc, volaille), elle se distingue par une forte influence orientale (turque et balkanique) et l'utilisation privilégiée du poivron, sous forme de légume ou de poudre de paprika. Elle est également inspiratrice de nombreux plats de la cuisine juive ashkénaze. De ces ingrédients sont préparés de nombreux plats de viande épicés (pörkölt, paprikás, fasírt), des spécialités de saucisses (saucisses de Debrecen, de Gyula), des soupes paysannes (goulasch, bableves) ou de pêcheurs ("halászlé"), des légumes marinés, farci ou macérés (töltött káposzta, salades de chou, cornichons lacto-fermentés, etc.). Outre le paprika, la spécificité de la cuisine hongroise est due à la qualité des bêtes à viande disponibles dans la plaine hongroise tel que le bœuf gris de Hongrie ou le porc laineux mangalitsa. Les variétés de blé donnent également au pays une vraie tradition de pâtes aux œufs de type souabe (galuska, "nokedli", "tarhonya", etc). Si la pâtisserie hongroise bénéficie de l'influence autrichienne (Dobostorta), les desserts sont moins réputés. On trouve néanmoins en Hongrie de nombreuses variétés de crêpes de type "Palatchinten" (crêpes épaisses) comme le palacsinta de Hortobágy ou le Gundel palacsinta. La charcuterie à base de porc est variée ("téliszalámi", petits salés, saucissons au paprika) tandis qu'il existe peu de spécialités de fromage (camemberts et fromages à pâte molle). Le petit-déjeuner hongrois est à dominante salée : de la charcuterie est dégustée avec tomate et poivron dans des petits pains ("zsemle" et "kifli"), avec des fruits et une boisson chaude. Le déjeuner commence avec une soupe, se poursuit sur un plat en viande accompagné de pâtes et une salade de chou ou de cornichon macéré et s'achève sur un produit sucré. Le dîner peut ressembler au petit-déjeuner ou se limiter à une simple soupe. Les déjeuners sont arrosés de vin rouge produit dans la région du Balaton ou dans les massifs autour d'Eger ; les apéritifs de vins blancs liquoreux de type Tokay. Rayonnement culturel international. Depuis le Moyen Âge, la Hongrie possède un rôle influent dans l’histoire artistique, culturelle, intellectuelle et politique de nombreux pays d'Europe centrale. En particulier, les anciennes possessions du royaume de Hongrie (Slovaquie, Transylvanie et Croatie notamment) perpétuent encore des traditions administratives et juridiques héritées de l'État hongrois (le système de comitat notamment). Le renouveau linguistique ("Nyelvújítás") initié à la fin du puis le mouvement nationaliste hongrois du participent à une offensive culturelle contre l'allemand, alors langue de l'élite politique hongroise et de la Cour impériale. Cette offensive s'accompagne d'une politique de magyarisation très forte auprès des Slovaques, Roumains et Croates vivant dans le royaume. Celle-ci échoue définitivement lorsque l'ancien royaume de Hongrie est disloqué à la suite du traité de Trianon en 1920. Par la suite, la diffusion du hongrois hors des frontières nationales est assurée par la diaspora hongroise et l'appui financier et logistique de l'État hongrois en direction des Magyars d'outre-frontières. La diplomatie culturelle et linguistique hongroise est mise en œuvre par le biais de l'Institut Balassi et l'ensemble du réseau des instituts culturels hongrois présents partout dans le monde. Dans la région du bassin des Carpates, de nombreuses associations participent à la scolarisation en hongrois des minorités magyarophones, spécifiquement les Csángós, dont la langue hongroise archaïque est menacée par la progression du roumain comme langue de socialisation. La chaîne Duna Televízió est la tête de pont internationale de la magyarophonie dans le monde. La langue hongroise est également le prétexte pour de nombreuses formes de coopérations interculturelles avec des pays ou des collectivités territoriales de pays de langues finno-ougriennes. Ainsi, la Hongrie entretient des relations privilégiées avec la Finlande, l'Estonie et le district autonome des Khantys-Mansis, notamment grâce à l'action scientifique de l'Académie hongroise des sciences, membre fondatrice du Congrès international finno-ougrien. La Hongrie est un pays observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie. Divers. La Hongrie a pour codes : |
Honduras Le Honduras, en forme longue la république du Honduras (en espagnol : ), est un pays situé en Amérique centrale, dont il occupe le deuxième rang autant par sa superficie juste après le Nicaragua que par sa population après le Guatemala. Il est frontalier avec trois pays ; à l'ouest, il confine avec le Guatemala, au sud-ouest, avec le Salvador et au sud avec le Nicaragua. C'est avec ce dernier pays qu'il partage sa plus longue frontière dont une grande partie est établie sur le cours du plus long fleuve d'Amérique centrale, le río Coco. Comme le Guatemala, le Nicaragua, le Costa Rica et le Panama en Amérique centrale, le Honduras dispose de deux façades maritimes. Il est bordé au nord par la mer des Caraïbes, qui compte de nombreuses îles, cayes et îlots, dont les plus importants sont les Islas de la Bahía et les îles du Cygne tandis qu'au sud-ouest, il dispose d'une petite ouverture sur l'océan Pacifique par le golfe de Fonseca. Le Honduras était le pays le plus inégalitaire d’Amérique latine en 2016. Histoire. Période précolombienne. Le Honduras était habité par des peuples autochtones, on peut citer entre autres les Lencas, les , les et les Tolupanes. Période des grandes découvertes et de la colonisation espagnole (1502-1821). Christophe Colomb arriva à Trujillo (Honduras) en 1502. Il baptisa cette région "Honduras", car quand il arriva, il venait de sortir d'une tempête, et il s'écria (« Grâce à Dieu ! Nous sommes sortis de ces eaux profondes »). Le cap (à l'extrémité orientale du Honduras) a pris le nom de « » et le pays « Honduras ». En 1821, le Honduras proclame son indépendance vis-à-vis de l'Espagne. Les débuts de l'indépendance (1821-1839). Le Honduras fait partie, de 1821 à 1823, de l'empire mexicain d'Iturbide. Ensuite, jusqu'en 1838, il fait partie des Provinces unies d'Amérique centrale. En 1839, le Honduras devient un État souverain après la dislocation de la Fédération. Le. Au début du , le président libéral Miguel Rafael Dávila, proche allié du Nicaragua de José Santos Zelaya, proclame avec celui-ci la Grande république d'Amérique centrale, censée aboutir à une union des États de la région et repousser les projets expansionnistes des États-Unis. Ces derniers réagissent en soutenant financièrement les conservateurs de Manuel Bonilla. Dans un contexte de détérioration des relations commerciales, des mercenaires américains organisent un raid contre le port d'Acajutla ; Davila les repousse et traite les prisonniers en « flibustiers ». Les États-Unis sollicitent alors de nouveau Manuel Bonilla contre lui. Le vaisseau de guerre USS Tacoma, dans les eaux du Honduras, prête un appui opportun à Bonilla pour renverser le gouvernement. En 1963, l'armée renverse le gouvernement élu de Ramón Villeda Morales, rendu populaire par un début de réforme agraire, afin de replacer au pouvoir le Parti national, plus soucieux de satisfaire les intérêts de l'oligarchie terrienne. Le Salvador envahit brièvement le Honduras en juillet 1969 durant la guerre du football après qu'un match de football eut exacerbé les tensions entre les deux pays. Dans les années 1970, le pays est l'un des plus pauvres et inégalitaires du continent. Le revenu moyen d’un Hondurien dépasse à peine par an, Alors que la moitié de la population doit se contenter de 13 % du revenu national, 5 % de privilégiés en perçoivent le tiers. Le nombre d’analphabètes s’élève à plus de 50 %. De 1972 à 1983, le Honduras est gouverné par des militaires. L'influence des États-Unis est si forte que l'expression « proconsul » est utilisée pour désigner leur ambassadeur. Dans les années 1980, l’administration Reagan utilise le pays comme plate-forme dans sa guerre contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua et les guérillas de gauche du Salvador et du Guatemala. L’aide militaire des États-Unis au Honduras est portée de de dollars en 1981 à en 1984. Tout en soulignant en interne que les forces gouvernementales honduriennes commettent des « centaines de violations des droits humains (…), dont la plupart pour des motifs politiques », la CIA donne son appui aux escadrons de la mort, en particulier le Bataillon 3-16, qui torturent, assassinent ou font disparaître par dizaines des syndicalistes, des universitaires, des paysans et des étudiants. Des documents déclassifiés indiquent que l’ambassadeur John Negroponte intervient personnellement pour faire obstacle à d'éventuelles divulgations de ces crimes d’État, afin d’éviter de « créer des problèmes de droits humains au Honduras ». En 1996, la dégradation de la situation économique entraîne des troubles sociaux et des mises en garde de l'armée. Le libéral Carlos Flores est élu président en 1997. Des affrontements armés éclatent sous sa présidence à la frontière avec le Nicaragua en raison de différends frontaliers. Le. Ricardo Maduro, candidat du PNH, est élu en 2001. En 2002, la crise agricole menace de famine des dizaines de milliers d'habitants dans l'ouest du pays. Malgré les engagements pris par le nouveau gouvernement, les atteintes aux droits de l'homme se poursuivent, tandis qu'un contingent hondurien participe à l'occupation de l'Irak aux côtés des États-Unis. La politique de rigueur, imposée par le FMI, est très impopulaire. L'année 2004 est ainsi dominée par la montée des mécontentements sociaux et la forte croissance de la délinquance urbaine. Le traité de libre-échange entre les États-Unis et l'Amérique centrale (CAFTA) entre en vigueur en 2006. Manuel Zelaya, du Parti libéral, est élu en 2006 et inaugure une politique réformiste. Le 2009, le président Manuel Zelaya est victime du coup d'État de 2009 au Honduras. Arrêté et expulsé du pays par l'armée, il est remplacé dans ses fonctions par Roberto Micheletti, qu'une grande partie de la communauté internationale refuse alors de reconnaître. Le coup d’État aurait été commandité par l'élite économique hondurienne et les multinationales établies au Honduras comme la United Fruit Company, inquiètes du rapprochement effectué par le gouvernement avec l'ALBA (soutenue notamment par le Venezuela et Cuba) au détriment de la Banque mondiale, et de l'éventualité que ce changement comporterait une réorientation alternative au néolibéralisme de l’économie. Des élections générales sont organisées fin 2009 par le gouvernement putschiste. En dépit du boycott de l'opposition, l'élection du candidat Porfirio Lobo est assez rapidement entérinée par la communauté internationale. Politique. Le Honduras est une république parlementaire. Le président, élu pour un mandat de quatre ans, exerce à la fois les fonctions de chef de l'État et de chef du gouvernement. Le pouvoir législatif n'est exercé que par une seule chambre : le Congrès. Elle compte élus tous les quatre ans. Le droit du Honduras est inspiré du code napoléonien en vigueur en Espagne et est influencé par le système judiciaire des États-Unis. Les juges sont désignés par les députés pour un mandat de quatre ans. La vie politique du pays est fortement dominée par le Parti national et le Parti libéral. En 2021, il est mis un terme à l'alternance plus que centenaire entre ces deux partis politiques avec l'élection de Xiomara Castro à la tête du pays et de son parti Liberté et refondation. Depuis le début du , le pays doit faire face à la montée de la violence, impliquant notamment des gangs de mineurs (Maras) : une commission interministérielle permanente pour l'intégration morale et physique des enfants a recensé 744 meurtres de mineurs entre 1998 et 2005. Depuis le coup d'État de 2009, le Honduras présente le taux le plus élevé d'assassinats politiques dans le monde, par rapport à sa population. Les écologistes et syndicalistes sont particulièrement ciblés par ces assassinats, alors que l'impunité des crimes sociaux et politiques avoisine les 95 %. L'élection présidentielle de 2017 donne lieu à des accusations de fraudes. L'Organisation des États américains recommande la tenue d'un nouveau scrutin. Le gouvernement déclare l'état d'urgence. Une trentaine de manifestants sont tués et plus de huit cents arrêtés. D'après l'ONU et la Commission interaméricaine des droits de l'homme, « beaucoup d'entre eux ont été transférés dans des installations militaires, où ils ont été brutalement battus, insultés et parfois torturés ». Subdivisions. Les dix-huit départements sont subdivisés en 298 municipalités. Géographie. Entouré par la mer des Caraïbes au nord, le Guatemala à l'ouest-nord-ouest, le Salvador à l'ouest-sud-ouest, l'océan Pacifique au sud-ouest et le Nicaragua à l'est-sud-est, le Honduras occupe une superficie de . Le Honduras dispose de de côtes. Le Cerro Las Minas, haut de , est le point culminant du pays ; il est situé dans l'Ouest. Parmi les ressources naturelles, on trouve l'or, l'argent, le cuivre, le plomb, le zinc, le fer, l'antimoine et le charbon. Grâce à ses accès à la mer, le Honduras possède une importante activité de pêche. Le pays est sujet aux tremblements de terre, inondations et ouragans. L'ouragan Mitch qui a eu lieu à Tegucigalpa en 1998 a fait beaucoup de ravages sur cette ville, qui sont encore visibles . À la limite du bassin caraïbe, au large des côtes du Honduras, les îles de la Baie (Utila, Roatán et Guanaja) sont peuplées de descendants de pirates anglais. Colonies britanniques, elles ont été cédées au Honduras en 1859, sans que leurs habitants aient été consultés. Environnement. Depuis 2014, la sécheresse affecte le Honduras, un problème aggravé par l’exploitation des ressources naturelles au profit de mégaprojets miniers ou hydroélectriques. Après le coup d’État de 2009, 89 concessions minières et hydroélectriques ont été accordées, souvent à des entreprises proches du pouvoir. Au moins ont été affectées ces dernières décennies. Les sols s’assèchent et les cultures rapportent moins, provoquant l’appauvrissement d'une partie des paysans. Le Honduras a perdu 10 % de ses forêts entre 2010 et 2021, une déforestation attribuée notamment à l'élevage extensif et à l'agriculture itinérante. Plus de écologistes ont été tués entre 2009 et 2019, ce qui fait du Honduras l'un des pays les plus dangereux pour les défenseurs de l'environnement. Économie. En 1998, l'ouragan Mitch a causé la mort d'environ cinq mille personnes et des pertes de quelque trois milliards de dollars. Malgré l'aide étrangère de de dollars, le PIB a diminué de 3 %. D'après l'ONU, 77,3 % des Honduriens vivent dans la pauvreté. Le secteur primaire représente 13 % des revenus totaux de la population hondurienne. 32 % de ces revenus sont générés grâce au secteur secondaire. Finalement, 55 % regroupent les revenus du secteur tertiaire. L'agriculture représente 22 % du PIB. Le café est l'un des principaux produits exportés et représentait 22 % des exportations honduriennes dès 1999). Au cours de la décennie des années 2010, le Honduras s'est hissé à la sixième place au palmarès des quinze plus grands producteurs mondiaux de café et à la première pour l'Amérique centrale. Le pays était par ailleurs le deuxième plus grand exportateur de bananes jusqu'en 1998. Une très grande majorité de la production du pays est aux mains de l'entreprise américaine Chiquita (ex-United Fruit Company). Les autres principales ressources exportées sont la canne à sucre, le maïs, les oranges, les crustacés, le tabac et les bovins. Les transferts d’argent des émigrés représentent 18,5 % du PIB. Les exportations minières représentent 293 millions de dollars en 2021. L'ONG Fosdeh souligne que l'extraction de minéraux et d'hydrocarbures est en train de « changer la géographie » du Honduras : avec les concessions minières en cours, la zone destinée à l'extraction pourrait atteindre dans les années à venir 5 % du territoire national. La monnaie est le lempira, divisée en cent centimes ("centavos"). La dette du Honduras est de en 2008, soit environ 16 % du PIB, et le déficit budgétaire et d'environ 3,6 %. Le taux d'inflation atteint 4,60 % en 2011. Le Honduras est un pavillon de complaisance. Le taux de chômage en 2017 est de 7,40 %. Toutefois, le sous-emploi concerne plus de 60 % de la population active. En 2022, le Honduras est classé en pour l'indice mondial de l'innovation. Démographie. Le Honduras compte d'habitants (appelés "Honduriens") en juin 2020. La population se compose de 90 % de métis (Hispaniques et Indigènes), 7 % d'Indigènes purs, 2 % de Noirs (Garifuna), et 1 % de Blancs. L'espérance de vie est de pour les hommes et de pour les femmes. Le taux de mortalité infantile s'évalue à en 2015. Peuples autochtones. Les peuples autochtones sont la cible d’assassinats, de menaces, d’enlèvements et d’attaques. Beaucoup de ceux qui sont ciblés sont des représentants de leur communauté, impliqués dans la protection de leurs territoires contre l’exploitation forestière, les projets touristiques, les barrages hydroélectriques et l’exploitation minière. Ces communautés sont particulièrement pauvres et pâtissent d’un manque de services sociaux de base, tels que l’éducation et la santé. Santé. Le pays est l'un des pays d'Amérique centrale les plus touchés par le sida. La croissance de la population s'élève annuellement à 2,1 %, et le taux de fécondité était estimé à par femme en 2007. L’avortement est interdit et puni de prison. En , le gouvernement conservateur de Porfirio Lobo fait adopter la criminalisation de la prise ou de la vente de la pilule du lendemain et instaure des peines de prison allant de trois à dix ans. Le Parlement fait inscrire en janvier 2021 dans la Constitution l’interdiction totale de l’avortement ainsi que l’interdiction du mariage homosexuel. Les services de santé au Honduras sont insuffisants selon Médecins sans frontières. Problèmes sociaux et criminalité. Le Honduras détient depuis plusieurs années l'indice le plus élevé d'homicides volontaires avec, en 2012, 90,4 homicides pour (soit ) notamment du fait de la présence de gangs mafieux « ultra violents » nommés "maras". Cet indice serait en baisse en 2013 et 2014. La criminalité est principalement liée au trafic de stupéfiants et aux extorsions de fonds. Les touristes n'échappent pas aux agressions. Les journalistes et les opposants politiques sont également les victimes de ces violences. La ville la plus touchée est San Pedro Sula, la deuxième ville du pays, qui détient le plus haut taux d'homicides au monde avec pour . Le pays est considéré comme l'un des plus dangereux au monde pour les journalistes. La violence est également alimentée par l’accaparement des terres pour les industries extractives, contre lesquelles les nombreuses communautés autochtones tentent de se défendre. Les gangs mafieux sont parvenus à s'introduire profondément au sein des forces de police, « pourries jusqu’à la moelle » selon les déclarations d’un ancien officier de police abattu deux semaines plus tard, et les assassinats politiques sont fréquents. En 2016, une commission spéciale pour la purge et le processus de transformation de la police nationale est mise en place pour mener une enquête parmi les forces policières : plus de des du pays ont été renvoyés à cette occasion. La classe politique est elle aussi particulièrement corrompue, dont le Parti national du Honduras au pouvoir, qui détournait jusqu'à l'explosion du scandale des millions de dollars des services publics pour alimenter ses propres finances. Des documents révélés par Wikileaks indiquent que les vestiges d’un avion ayant transporté au moins une tonne de cocaïne ont été enterrés dans la propriété de Miguel Facussé Barnum, où il avait atterri. Grand propriétaire cultivant la palme africaine, industriel éminent et propriétaire du quotidien "La Tribuna", Miguel Facussé Barnum compte parmi les hommes les plus riches du Honduras. En 2017, les membres de la richissime famille Rosenthal, particulièrement influente (propriétaire du quotidien "Tiempo" et du "Canal 11" de télévision) tombent pour leurs relations avec le narcotrafic : Yankel Rosenthal (ex-ministre de l’Investissement de Juan Orlando Hernández), Jaime Rosenthal Oliva (vice-président du Honduras entre 1986 et 1989), Yani Rosenthal Hidalgo (ex-candidat à la magistrature suprême pour le Parti libéral). Le fils de l'ancien président Porfirio Lobo est pour sa part extradé aux États-Unis où il se reconnait coupable d'« association de malfaiteurs pour trafiquer de la cocaïne ». Un procureur américain décrit en 2021 le Honduras comme un «narco-État » tant les relations entre les milieux criminels, les milieux d'affaires et les responsables politiques sont profondes. Le président Juan Orlando Hernández est lui-même cité dans plusieurs procès pour sa collaboration avec les narcotrafiquants, cherchant à utiliser sa proximité avec l’administration Trump pour « inonder les États-Unis de drogue ». En , le pays connait une crise migratoire avec la formation d'une caravane de migrants allant vers les États-Unis. Un exode au dénouement incertain, vers un pays où il leur faudra faire un choix difficile : vivre dans la clandestinité ou commencer un processus de demande d’asile qui n’a qu’une faible chance d’aboutir. En , les États-Unis annoncent réduire l'aide économique accordée au Honduras, lui reprochant de ne pas suffisamment agir contre l'émigration. La décision pourrait avoir de lourdes conséquences pour le Honduras : « Le pays, qui exporte très peu, ne sera pas en mesure de défendre sa souveraineté politique et économique » selon le journal "Le Monde""." Armée. Le budget militaire hondurien a été multiplié par trois depuis le coup d’État de 2009. Les États-Unis apportent aussi une aide militaire à l’État hondurien et utilisent des bases militaires dans le pays comme plate-forme de lancement pour des interventions dans la région. La DEA américaine possède également trois bases où elle instruit et forme les forces locales. Langues. L'espagnol (castillan) est la langue officielle. La variété locale utilise la forme "vos" au lieu de "tú" et de nombreux mots tombés en désuétude en Espagne y sont toujours utilisés, comme « carro » (de « chariot » en espagnol et non de « car » en anglais) ainsi que de nombreux mots souvent d'origine préhispanique. Religions. Selon le Pew Research Center, en 2010, 87,6 % des habitants du Honduras sont chrétiens, principalement catholiques (50,3 %) et dans une moindre mesure protestants (36,6 %), alors que 10,5 % de la population n'est pas affilié à une religion et que 1,1 % pratique une religion populaire. Émigration. La pauvreté et la criminalité poussent de nombreux honduriens à essayer de s'exiler. Pour la seule année 2021, environ , soit près de 4,04 % de la population, ont tenté de quitter le pays. Culture. Les fêtes et jours fériés sont notamment le , fête de la Vierge de Suyapa, Patronne de la République, et le , fête de l'indépendance. Codes. Le Honduras a pour codes : |
Matériel informatique Un matériel informatique (en anglais : ) est une pièce ou composant d'un appareil informatique. C'est la partie physique de l’informatique elle est appairée avec le logiciel (' ou '). Il y a des composants situés à l'intérieur de l'appareil qui sont indispensables à son fonctionnement et, d'autres secondaires disposées à l'extérieur (les périphériques). Les pièces intérieures sont, la plupart du temps, montées sur des circuits imprimés. Les pièces ou composants sont construites par différents fabricants et interconnectées entre elles. Le respect des normes et d'un cahier des charges très précis, par les différents fabricants permet le fonctionnement de l'ensemble. Les pièces servent soit à recevoir des informations, à les envoyer, les échanger, les stocker ou les traiter. Toutes les opérations sont effectuées conformément aux instructions contenues dans les logiciels et aux manipulations des périphériques de l'interface homme-machine. Introduction. Un appareil informatique est un automate qui traite des informations conformément à des instructions préalablement enregistrées, selon le principe de la machine de Turing. Un micro-ordinateur est composé de : Le boîtier et les périphériques. L'intérieur du boîtier d'un appareil informatique contient un ou plusieurs circuits imprimés sur lesquels sont soudés des composants électroniques et des connecteurs. La carte mère est le circuit imprimé central, sur lequel sont connectés tous les autres équipements. Les périphériques sont par définition les équipements situés à l"'extérieur" du boîtier. Ces équipements peuvent être connectés par des câbles, qui sont souvent des bus informatiques ou Ethernet mais de plus en plus souvent par des liaisons radios (WIFI, Bluetooth) Le bus informatique. Un bus informatique est un ensemble de lignes de communication qui servent aux échanges d'informations entre les composants d'un appareil informatique. Les informations sont transmises sous forme de suites de signaux électriques. La « largeur » d'un bus parallèle désigne le nombre de bits d'un groupe et donc le nombre de lignes utilisées pour sa transmission. Quelques standards de bus informatiques : Entrée. Les périphériques d'entrée servent à "commander" l'appareil informatique ou à y "envoyer des informations". Les données d'entrées sont numérisées pour pouvoir être utilisée par le processeur. L'ensemble des dispositifs de commande, et les périphériques de sortie directement associés forment une façade de commande appelée interface homme-machine. Équipements de commande. Les lecteurs de cartes perforées (Herman Hollerith, 1890) sont les périphériques d'entrée qui équipaient les premiers ordinateurs. Ils ont été utilisés jusque dans les années 1980. Les cartes perforées servaient en même temps de mémoire de masse, de périphérique d'entrée et de périphérique de sortie. Un télétype est un type d'appareil créé en 1925, semblable à une machine à écrire et utilisé pour introduire des "textes" dans un système informatique. Un terminal est un groupe de périphériques d'entrée et de sortie (clavier, souris, écran), utilisés pour commander à distance un appareil informatique. Les terminaux étaient d'usage courant sur les ordinateurs jusque dans les années 1980. Un émulateur de terminal est un logiciel placé dans un appareil informatique pour permettre à l'utilisateur de piloter un autre appareil comme s'il se trouvait aux commandes d'un terminal. Équipements courants. La souris, la tablette graphique et le crayon optique sont des "dispositifs de pointage". Ils servent à désigner un objet sur une surface — généralement un écran. Un "écran tactile" est un écran sensible à la pression. Il permet de désigner un objet à sa surface avec le doigt, sans utiliser de "dispositif de pointage". Le joystick, les manettes, le volant, le pistolet et le gant électronique sont des dispositifs de pilotage utilisés en réalité virtuelle, notamment avec les consoles de jeux vidéo et les simulateurs de vol. Divers. En musique assistée par ordinateur, les informations sont introduites en utilisant le clavier d'un synthétiseur. Les appareils informatiques peuvent être pilotés par une télécommande. Dans une interface neuronale directe, l'appareil est piloté directement par le cerveau de l'utilisateur. Les robots sont des appareils informatiques sans dispositif de commande — par définition un robot ne se commande pas. Ils peuvent par contre être équipés de capteurs de distance, d'altitude, ou de positionnement géographique analogue à celui du GPS. Stockage d'informations. Les équipements de stockage servent à conserver des informations sous forme de nombres binaires. Traitement. Un appareil informatique contient au minimum un processeur, voire 2, 4, ou plus. Les ordinateurs géants contiennent des centaines, voire des milliers de processeurs reliés dans un réseau de neurones, concept inspiré de l'anatomie du cerveau. Sortie. Les équipements de sortie servent à présenter les informations provenant d'un appareil informatique sous une forme reconnaissable par un humain. Imprimante. Une imprimante est un équipement qui sert à faire sortir des informations sous forme d'images sur du papier. Il peut s'agir de documents ou de photos. Sur une imprimante à marguerite, un marteau frappe successivement les différentes pattes d'une étoile souple (la marguerite) contre un ruban encreur. Au bout de chaque patte se trouve l'empreinte d'un caractère typographique. Cette technique est directement héritée des machines à écrire. Sur une imprimante matricielle, l'image est imprimée par les frappes d'un groupe d'aiguilles sur un ruban encreur. Cette technique, très bruyante, permet toutefois d'effectuer des copies sur papier carbone, ce qui la rend encore très utile pour l'impression de factures ou de bons de livraison. Sur une imprimante à jet d'encre, l'image est imprimée par projection de gouttelettes d'encre sur le papier. Cette technique, évolution des imprimantes matricielles, est apparue en 1970. Sur une imprimante laser, un rayon laser dessine l'image à reproduire sur un tambour, qui se polarise et attire une poudre noire (le toner) qui reproduit alors fidèlement l'image à imprimer. Une feuille de papier pré polarisée est enroulée sur le tambour les inscriptions en poudre sont transférées sur le papier. La feuille passe alors entre deux rouleaux presseurs dont un chauffe, la poudre fond s'incrustant définitivement sur le papier. Cette technique est aussi utilisée sur les photocopieurs depuis 1976. Réseaux. Les équipements de réseau sont l'ensemble des équipements relatifs à la communication d'informations entre des appareils informatiques. Les équipements servent à l'envoi d'informations, à la réception, à la retransmission, et au filtrage. Les communications peuvent se faire par câble, par onde radio, par satellite, ou par fibre optique. En règle générale les équipements de transmission prennent en charge les normes industrielles et les protocoles de communication des niveaux 1 et 2. Les niveaux 3 à 7 sont pris en charge par les "logiciels". Équipements. Une carte réseau est un circuit imprimé qui sert à recevoir et envoyer des informations conformément à un ou plusieurs protocoles. Un modem est un équipement qui sert à envoyer des informations sous forme d'un signal électrique modulé, ce qui permet de les faire passer sur une ligne de communication analogique telle une ligne téléphonique. Un hub Ethernet est un appareil de relais utilisé dans les réseaux informatiques. Il est équipé de plusieurs connecteurs, chaque information reçue par un des connecteurs est retransmise sur tous les autres connecteurs. Un hub travaille au niveau OSI 1. Un commutateur réseau (en anglais "") est un appareil de relais utilisé dans les réseaux informatiques. Il est équipé de plusieurs connecteurs, chaque information reçue par un des connecteurs est analysée, puis retransmise dès que possible sur le connecteur ou se trouve le destinataire. Un commutateur réseau travaille au niveau OSI 1 et 2. Un routeur est un appareil de filtrage des informations utilisé dans les réseaux informatiques. Il est équipé de deux connecteurs. Le routeur analyse les informations qu'il reçoit par un des connecteurs, puis en fonction de table de routage transforme les informations, et décide s'il est nécessaire de les retransmettre sur l'autre connecteur. Un routeur travaille aux niveaux OSI 1, 2 et 3. |
Hiragana Les sont des syllabaire japonais et une des quatre écritures du japonais avec les katakanas, les rōmajis et les kanjis. Ils ont été formés par abréviation cursive de kanjis homophones. Ils permettent de transcrire la langue japonaise sans ambigüité, au contraire des kanjis. En effet, chaque hiragana représente une syllabe (techniquement, une more) qui peut être une voyelle seule (comme あ = "a") ou une consonne suivie d'une voyelle (comme か = "ka") ; il y a également le "n" syllabique (ん), dont la prononciation varie en fonction de la syllabe qui le suit. Utilisations. Les hiraganas permettent d'écrire : Compositions des hiraganas. Les hiraganas consistent en un ensemble de caractères fondamentaux, les , qui peuvent être modifiés comme suit : Il est possible de représenter d'autres sons à l'aide de hiraganas en utilisant des petites versions des cinq voyelles (ぁ, ぃ, ぅ, ぇ, ぉ). On les utilise, surtout dans un contexte informel, pour représenter des sons qui s'estompent petit à petit (はぁ, ねぇ). Tableau des hiraganas. Le kana est suivi de sa transcription "rōmaji" selon la méthode Hepburn. Les prononciations en sont les notations API phonologiques. Les prononciations en sont les notations API phonétiques. Les kanas marqués en ne sont plus utilisés aujourd'hui. L'allongement de la voyelle pour la série de kanas avec "o" ou "u" se fait à l'aide du kana う (u) ; exemple : とうきょう = "Tōkyō", sauf dans quelques mots où l'on redouble le kana お (o) ; ex : おおきい = "ōkī" (grand). Il s'agit en fait d'anciens "owo". L'allongement de la voyelle pour la série de kanas avec "i" ou "e" se fait à l'aide du kana い (i) comme pour 先生 transcrit avec des hiraganas en せんせい = "sensei". Ici, il ne faut donc pas prononcer « sénséï » mais « sénsé » avec la syllabe allongée. L'allongement de la voyelle pour la série de kanas avec "a" se fait à l'aide de あ (a), pas de surprise ici. Ordre de classement. L'ordre des "gojūon" (les kanas de base) est important puisque c'est aujourd'hui l'ordre le plus utilisé pour le classement dans les dictionnaires, les annuaires téléphoniques, etc., au Japon. On trouve encore parfois l'ordre traditionnel "Iroha", du nom du poème pangramme qui en donne l'ordre. Les kanas avec des diacritiques ou de petit format sont assimilés aux kanas de base pour le classement. Si deux mots ont les mêmes kanas de base, la priorité est donnée au kana simple, puis à celui avec le diacritique "dakuten", puis à celui avec le diacritique "handakuten", puis à celui de petite taille. Les katakanas et les hiraganas sont traités de la même façon pour le classement. Sens d'écriture des hiraganas. Les hiraganas, ainsi que les caractères chinois, ont un sens d'écriture défini. Ordre d'écriture des traits qui prend son importance lors de l'écriture manuscrite et la calligraphie japonaise. Sur la table qui suit, l'ordre des traits est numéroté et le sens du tracé indiqué par une flèche. Cette table classe les caractères hiragana en fonction de leur voyelle en colonne et de leur consonnes en ligne. Elle se lit traditionnellement colonne par colonne de droite à gauche. Chaque colonne est lue de haut en bas, ce qui donne ; a-i-u-e-o, ka-ki-ku-ke-ko Origines. Les hiraganas, comme les katakanas, ont été formés par inspiration d'un kanji homophone : ce sont donc des formes simplifiées de caractères chinois. Conçus à leur origine pour être appris et tracés plus facilement, ils étaient appelés "onnate" (la main des femmes). L'image sur la droite montre le développement des hiraganas à partir des "man'yōgana". |
Hikaru no go , désigné couramment par les abréviations HnG ou Hikago, est un manga ayant pour thème principal le go. Les dessins sont l'œuvre de Takeshi Obata, et le scénario de Yumi Hotta. Yukari Umezawa, joueuse professionnelle cinquième dan en 2002, a été conseillère technique. La parution du manga a débuté au Japon en janvier 1999 dans les pages du magazine "Weekly Shōnen Jump" et s'est achevée en , et un total de 23 volumes reliés sont sortis. Une version Deluxe en 20 tomes a également vu le jour entre et , et une édition bunko de 12 tomes entre février et . La version française est publiée en intégralité aux éditions Tonkam, et la version Deluxe, en cours de parution depuis , a vu son dernier volume publié en novembre 2022. Une adaptation en série télévisée d'animation de 75 épisodes a été réalisée par le studio Pierrot et diffusée sur TV Tokyo entre et . Un épisode spécial a ensuite été diffusé en . La série a également connu deux adaptations en jeu vidéo sur GBA, éditées par Konami pour le seul marché japonais. "Hikaru no go" introduit de manière ludique et souvent dramatique les règles de base et de nombreux aspects de la culture du go (technique, stratégie, esthétique, éthique, histoire) au sein d'un shōnen. Le succès du manga comme de l'anime a d'ailleurs suscité un net regain d'intérêt pour le go chez les jeunes Japonais, puis dans le reste du monde suivant la diffusion de la série. Synopsis. Le jeune Hikaru découvre un jour dans le grenier de son grand-père un "goban" (plateau de go). L'objet se révèle hanté par un fantôme nommé Saï, ancien professeur de go de l'empereur sous l'ère Heian. Saï se retrouve piégé dans l'esprit d'Hikaru et lui donne peu à peu le goût du go. Se laissant guider dans ses débuts par Saï, Hikaru rencontre et vainc Akira, un jeune prodige. Dès lors, les deux jeunes garçons ne vont cesser de progresser et de se poursuivre. Manga. La série a débuté dans le magazine "Weekly Shōnen Jump" en et s'est achevée en . Le premier volume relié est sorti le et le vingt-troisième et dernier le . À l'occasion des dix ans de la série, une nouvelle édition a été publiée. Composée de vingt volumes, elle a été publiée du au . Une édition bunko en douze tomes a ensuite vu le jour entre le et le . La première version a été éditée en intégralité par Tonkam. La version deluxe est publiée depuis . La série est également éditée en Amérique du Nord par VIZ Media, en Allemagne par Carlsen Comics, en Italie par Panini Comics, en Corée du Sud par Daiwon C.I., en Indonésie par Elex Media Komputindo, en Thaïlande par NationGroup, en Chine par Daran Comics (volumes 1 à 21) et Tong Li Comics (22 à 23), à Hong Kong par Culturecom et à Singapour par Chuang Yi. À l'occasion d'une conférence au Congrès Européen de Go (European Go Congress) 2011 à Bordeaux, Yumi Hotta a parlé d'une éventuelle série explorant le personnage d'Akari Fujisaki, à défaut d'écrire une suite à la série. Anime. Une adaptation en série télévisée d'animation de 75 épisodes produite par le Studio Pierrot a été diffusée du au sur TV Tokyo. La trame de l'anime suit celle des 17 premiers tomes du manga sans différences majeures. Un OAV de 77 minutes sorti en 2004 au Japon reprend la suite de l'anime jusqu'au chapitre 167 (tome 19, 20 et début du 21). En France, l'anime est licencié par Déclic Images. Musiques. et les chansons de générique de fin sont : Distinctions. Le manga remporte le Prix Shōgakukan dans la catégorie shōnen en 2000 et le « Prix de la nouveauté » du Prix culturel Osamu Tezuka en 2003. |
Honshū est la plus grande île du Japon, autrefois connue en Occident sous le nom de « Hondo », sur laquelle se trouvent entre autres les villes de Tokyo, Osaka, Kyoto, Hiroshima, Yokohama, Nara et Nagoya. Toponymie. Honshū était notamment dénommée dans l'Antiquité, comme il en est fait mention dans les ouvrages officiels de l'époque ("Kojiki", "Nihon shoki"). À l'époque médiévale, l'île était dénommée « Meako », nom tiré du japonais . Géographie. Honshū est la septième plus grande île du monde, avec une surface de , soit une taille approchant celle du Laos ou de la Roumanie, ce qui représente environ 60 % de la surface totale du Japon, s'étirant en longueur sur , sa largeur varie entre . Peuplée par cent millions d'habitants, c'est-à-dire les 4/5 des Japonais, elle est la deuxième île la plus peuplée au monde, après celle de Java. Montagneuse et volcanique, Honshū est souvent sujette à des tremblements de terre, qui provoquent parfois la mort de milliers de personnes. Géologiquement parlant, elle se divise en deux, de part et d'autre de la ligne tectonique Itoigawa-Shizuoka, qui correspond à la limite entre le Japon de l'ouest (西日本, plaque eurasiatique) et le Japon de l'est (東日本, puis plaque nord-américaine), ces deux parties constituant à l'origine (jusqu'à il y a environ 12 millions d'années) deux îles distinctes. Le point culminant de cette île est le mont Fuji, volcan actif qui culmine au milieu d'une plaine du sud de la Fossa Magna à . De nombreux cours d'eau sillonnent cette île, dont le plus long du Japon : le fleuve Shinano. Le lac Biwa, plus grand lac du Japon, s'y trouve. La vie aquatique des rivières et des lacs est menacée par les pluies acides entraînées par la pollution des usines électriques. Régions. Elle se divise en plusieurs régions : |
Hiroshi Yamauchi , né le à Kyoto et mort dans la même ville le d'une pneumonie, est un homme d'affaires japonais ainsi que l’arrière-petit-fils du fondateur de Nintendo, Fusajiro Yamauchi. De 1949 à 2002, Yamauchi dirige la société Nintendo, qui produit des jeux de cartes traditionnels depuis la fin du . Il mène une politique de diversification et réoriente l'entreprise dans le domaine du jeu vidéo à partir des années 1970. Grâce au succès de Nintendo, il bâtit l'une des premières fortunes du Japon. En 1992, il devient l'actionnaire majoritaire de la franchise de Ligue majeure de baseball des Mariners de Seattle. Biographie. Jeunesse et formation. Hiroshi Yamauchi est le fils de Shikanojo Inaba, membre d'une famille d'artisans, et de son épouse Kimi Yamauchi, dont la famille a fondé l'entreprise actuellement connue sous le nom de Nintendo. La famille Yamauchi n'ayant pas de descendant mâle, Inaba est choisi comme successeur et adopte le nom de famille de son épouse. Mais il abandonne le domicile familial en 1933, après la naissance de leur fils Hiroshi. Celui-ci est élevé par ses grands-parents. La Seconde Guerre mondiale éclate durant son enfance et, à l'âge de 13 ans, il travaille dans une usine d'armement. Après la guerre, il entreprend des études de droit à l'université Waseda, qu'il doit interrompre lorsque son grand-père Sekiryo Yamauchi est victime d'une attaque cérébrale en 1949. Carrière professionnelle. Débuts au sein de Nintendo. En l'absence de son père, Hiroshi Yamauchi doit succéder à son grand-père. Il accepte de devenir président à condition d’être le seul membre de la famille au sein de Nintendo. Il hérite de l'entreprise familiale fondée par son arrière-grand-père Fusajiro Yamauchi en 1889. La firme produit à l'origine des jeux de cartes traditionnelles, appelées Hanafuda. Hiroshi Yamauchi est sans expérience lorsqu'il prend la tête de la société à l'âge de 22 ans. Les employés doutant de ses capacités, il doit faire face à des mouvements de grève et congédie les mécontents, dont les cadres en poste depuis de nombreuses années. Tentatives de diversification. Le nouveau dirigeant commence à diversifier les activités de Nintendo. En 1951, il choisit de produire des cartes à jouer en plastique, plus durables que les anciennes cartes de carton. En 1958, la firme passe un accord avec The Walt Disney Company afin de fabriquer des cartes à l'effigie de leurs personnages. Elles contribuent à rapprocher Nintendo du marché familial, et à changer l'image des jeux de cartes, qui au Japon sont alors associés aux jeux d'argent pratiqués par les yakuzas. Le programme de licence est un succès et en l'espace d'un an la firme vend jeux de cartes Disney. Nintendo entre en Bourse en 1962. Hiroshi Yamauchi se risque dans d'autres domaines : les ustensiles de cuisine en commercialisant des autocuiseurs, les transports en lançant une société de taxis, et enfin l'hôtellerie, avec une chaîne de « "love hotels" » ouverts aux couples japonais. Mais l'échec de ces nouvelles initiatives fragilise l'entreprise et persuade Yamauchi de concentrer ses activités sur les jeux. Durant les années 1960, la firme produit des jouets, notamment une main mécanique baptisée Ultra Hand, conçue par Gunpei Yokoi. Réorientation dans le jeu vidéo. À partir de 1970, Hiroshi Yamauchi réoriente Nintendo dans le domaine du jeu vidéo. Entre 1977 et 1980, la firme commercialise au Japon la gamme Color TV Game, des consoles de salon sans cartouche, sur lesquelles les jeux vidéo sont directement intégrés. L'entreprise connaît le succès grâce au jeu électronique de poche Game and Watch, imaginé par Yokoi et son équipe de développement, ainsi que "Donkey Kong", un jeu de plates-formes pour bornes d'arcade conçu par Shigeru Miyamoto. En 1980, Yamauchi fonde la branche américaine de l'entreprise et place son gendre Minoru Arakawa à sa tête. La première console de salon à jeux sur cartouche de Nintendo, dénommée Famicom, est commercialisée au Japon en 1983. Dans le reste du monde, elle est connue sous le nom de Nintendo Entertainment System (NES) et se vend à 60 millions d'exemplaires. En 1989 sort la Game Boy, une console portable à écran monochrome dont les ventes dépassent les 100 millions d'exemplaires. Une partie de son succès est imputable à la série de jeux vidéo Pokémon. Succession. Un comité directeur dirigé par Satoru Iwata lui succède lorsqu'il quitte la présidence de Nintendo en 2002. Il siège au conseil d'administration jusqu'en 2005 et continue de conseiller la direction de l'entreprise jusqu'à sa mort en 2013. Autres activités. En 1992, Hiroshi Yamauchi devient l'actionnaire majoritaire de la franchise de Ligue majeure de baseball des Mariners de Seattle. Son offre de rachat est initialement rejetée par la Ligue, qui redoute que les équipes tombent aux mains de propriétaires étrangers. Elle lui permet finalement d'acquérir la majorité des parts. L'offre de Yamauchi prévient le rachat de la franchise par un groupe d'investisseurs floridiens et son transfert à St. Petersburg. Howard Lincoln, président de la branche américaine de Nintendo, est nommé CEO de la franchise et les Mariners recrutent plusieurs joueurs japonais, notamment Kazuhiro Sasaki et Ichiro Suzuki. En 2004, Yamauchi transfère ses parts à Nintendo of America. En , il effectue un don de 7 milliards de yens (soit environ 51 millions d'euros) en faveur de l'hôpital universitaire de Kyoto. Méthodes et personnalité. Hiroshi Yamauchi s'est imposé comme le président emblématique et incontesté de Nintendo. Il est surnommé (qui est également le nom d'un ennemi dans la série de jeux vidéo Metroid) en raison de son caractère intransigeant. L'homme d'affaires sait repérer les collaborateurs de talent comme Gunpei Yokoi et Shigeru Miyamoto, et les pousse à donner le meilleur d'eux-mêmes. Il favorise l'émulation entre ses équipes de développement et choisit personnellement les projets qui seront menés à bien. Une rumeur tenace veut que Monsieur Yamauchi ne buvait pas d'alcool, rumeur accentué par les dire de Yamauchi-San. Toutefois, Shigesato Itoi a démenti cette rumeur en 2018: « Mais en réalité, il en buvait ! Quand on dînait ensemble, en tout cas, il n'avait pas l'air de se forcer. Et quand je lui ai demandé pourquoi il racontait partout qu'il ne buvait pas, il m'a répondu: "Parce que sinon, tous les visiteurs arrivent les bras chargés de saké !" ». Feu Yamauchi fut également très sensible aux changements de températures et porta des collants en cachemire sous son costume durant l'hiver comme le décrit Shigesato : « Quand il avait chaud et que ça le faisait transpirer, il les enlevait. Et il répétait l'opération plusieurs fois par jour à Nintendo. Les collants sales étaient envoyés au lavage... ». Fortune. Grâce au succès de Nintendo, Hiroshi Yamauchi est considéré en 2008 comme la première fortune du Japon par le magazine "Forbes". En 2013, ses avoirs sont estimés à 2,1 milliards de dollars par le magazine. À sa mort, il est le second actionnaire de la firme Nintendo. Filmographie. Il est interprété par Togo Igawa dans le film "Tetris" (2021) de Jon S. Baird. |
Histoire de la Mauritanie L'histoire de la Mauritanie moderne actuelle commence avec la définition et la délimitation officielle des frontières du pays en 1904 par la France et l'Espagne, alors puissances coloniales occupantes. Ce tracé de frontière n'a pas été établi en fonction des populations et par conséquent certaines de ces populations ont été divisées par ce processus de partition. Le brassage ethnique a toujours existé en Mauritanie et ses premiers habitants étaient d'origines diverses subsahariennes (Mali, Niger, Ghana, Sénégal). L'histoire de ces peuples est pluri-millénaire, mais les traces écrites sont rares pour les périodes les plus anciennes du pays. Préhistoire. Présence humaine. Les premiers habitants de la Mauritanie sont apparus il y a au moins 70 000 ans. Le climat était alors plus humide, le territoire était parsemé de cours d'eau et de lacs poissonneux et la faune y était abondante. Dans ce contexte, des populations venues du Sud (Bafours) y ont développé une civilisation de chasseurs-pêcheurs puis agropastorale. Ces populations étaient en partie sédentaires. Le Sahara néolithique, à l’instar de l’Europe au paléolithique (dans les millénaires précédents) a fourni des témoignages poignants du sens artistique de l’homme, en particulier dans le domaine de la gravure et de la peinture rupestre: les fresques extraordinaires du Hoggar et du Tassili N’ajjer le prouvent. La sculpture sur pierre, sur os et sur bois, la bijouterie de pierre sont également présents. La Mauritanie Néolithique a connu ces techniques artistiques mais, de même peut-être que pour la céramique, il semble qu’elle fasse figure de parent pauvre. On n’y a pas découvert pour l’instant de fresques rupestres notables, ni de sculptures particulièrement exceptionnelles. L'explication en serait qu'il y a peut-être eu, d’Est en Ouest à travers le Sahara, une "dégradation" du sens artistique de l’homme néolithique, qui ne serait parvenu que plus récemment dans cette partie occidentale d'Afrique. On trouve cependant, un peu partout dans le désert mauritanien, de nombreux vestiges, notamment des peintures rupestres, des pointes de flèches, qui attestent d'une présence humaine active dès le néolithique, il y a environ . Le site rupestre le plus important de Mauritanie est celui d’Aoui-neght, étudiée par H. Lhote. On a par ailleurs retrouvé de très nombreux monuments néolithiques en Mauritanie. Ils sont peu spectaculaires mais donnent une idée des rites funéraires et peut-être sur une religion de l’homme du néolithique Mauritanien. Un problème est de les dater: comme l'écrit R.Vernet beaucoup sont en fait protohistoriques ou préislamiques. Comme on n’a généralement trouvé qu’un maigre matériel lithique en situation, la datation est difficile. Ces monuments sont le plus souvent de facture très simple. Les plus complexes sont les alignements de pierre, en trois rangées, que l’on rencontre à plusieurs reprises en bordure de l’Aouker. Il existe aussi un certain nombre de pierres dressées. Cependant les monuments les plus nombreux et les plus facilement identifiables sont les tombes. Les types sont très variés, du simple tas de cailloux à la forme la plus élaborée, signe probable de la qualité sociale du défunt. Le tumulus est fréquent, parfois assez perfectionné, comme à Lembetet el Kbir, près d’Akjoujt, où N. Lambert en a fouillé un d’un diamètre extérieur de et d’une hauteur de . Mais celui-ci est peut-être trop récent pour être néolithique, car il est possible qu’il soit en rapport avec les mineurs de cuivre protohistoriques. Les formes les plus élaborées sont le chouchet et la barkhane. Le premier est un monument funéraire cylindrique, haut de deux à trois mètres et d’un diamètre de trois à cinq mètres. Le second tire son nom de la dune en forme de croissant. L’ouverture des branches peut atteindre cinquante mètres. La barkhane est artificiellement levée avec du matériel lithique mêlé de terre. Là encore, les seuls cas étudiés sont ceux de Lembetet el Kbir, qui semblent assez représentatifs malgré leur âge tardif. Concernant les possibles axes commerciaux, une hypothèse formulée en 1947 par R. Mauny, admet que les gravures et peintures rupestres de chars et chariots trouvés au Sahara s’échelonnent selon des directions privilégiées, généralement selon des axes Nord-Sud. On connait aujourd’hui environ 450 représentations de chars, dont la plupart sont récentes, de la période traditionnellement appelée « libyco-berbère », c’est-à-dire du dernier millénaire avant J. C. Ces chars à deux roues, tirés en général par des chevaux (par des bœufs avec parfois quatre roues dans l’Aouker, où leur origine est méridionale) sont arrivés dans le Sahara avec de nouvelles populations, nomades, venues d’Afrique du Nord, les Berbères. Les chars sont donc le symptôme d’un changement ethnique dans le Sahara vers la fin du Néolithique. Ils correspondent à la poussée vers le sud, à la faveur de l’assèchement du climat, de nomades guerriers, au détriment de populations africaines refluant vers le sud — comme le montre la fortification des derniers villages de l’Aouker, fort médiocres par rapport aux sites anciens. Par exemple, une de ces « routes de chars » traverse le Sahara occidental de Bir Moghrein à Nema et jusqu’au Niger. On a retrouvé des rupestres le long d’un « axe » allant de Bir Moghrein à Atar, d’Atar à Tidjikja, puis Tichitt, Oualata, Néma et le Niger — avec une « bretelle » sur le centre de l’Aouker. Cette « route » suit un tracé « facile » en longeant le pied d'une falaise. Le char et le cheval sont donc apparus à peu près en même temps dans le Sahara, venus de Méditerranée orientale avec diverses invasions; atteignant d’abord la Cyrénaïque, dans la deuxième moitié du deuxième millénaire avant J. C. Les habitants de la région, « libyco-berbères » ou « garamantes » antiques, diffusèrent ensuite le char léger (aussi appelé « au galop volant ») dans tout le Sahara en le conquérant, grâce en particulier au cheval et aux armes de fer. Il s’agit donc de la dernière migration ethnique qu’ait connu le Sahara avant les Arabes — les nomades berbères, guerriers Garamantes (à l’Est) et Gétules (à l’Ouest), remplaçant les éleveurs noirs qui se replièrent vers le sud, vers les zones plus humides du Tchad, du Niger et du Sénégal, où ils firent paître leurs troupeaux et pratiquèrent l’agriculture. Paléoclimats. En , le Sahara — y compris en Mauritanie — a connu au moins trois périodes désertiques (avant l’actuelle) et quatre périodes humides plus ou moins tropicales. (cf. tableau en image) Le tableau présenté n'est évidemment pas exhaustif et les datations sont sujettes à caution. Certains spécialistes intercalent d’autres périodes: ainsi une époque sèche, le Tafolien, apparaît soit entre le "Tchadien" et le "Nouakchottien", soit après ce dernier; ce qui a des conséquences dans la chronologie préhistorique. Quoi qu’il en soit, l’idée que l’on a des paléoclimats de Mauritanie est relativement précise. Il y a , le Sahara est humide et très fertile; les pluies sont abondantes et les températures relativement tempérées. Le réseau hydrographique est fonctionnel et se jette dans l’Océan Atlantique aux rives plus hautes qu’aujourd’hui. Les ergs sont fixés par un manteau végétal steppique, arboré ou herbacé, suivant les régions et les époques. La faune, outre quelques espèces aujourd’hui disparues, est celle des régions tropicales actuelles : éléphant, rhinocéros, hippopotame, girafe, bovidé, gazelle, antilope, phacochère, lion, crocodile, poissons, mollusques. Cette période du Paléolithique inférieur est donc favorable au développement de la vie humaine qui existait déjà depuis longtemps par ailleurs. Les premiers Mauritaniens trouvaient probablement aisément de quoi satisfaire leurs besoins par la cueillette et par la chasse. Plus tard, les périodes arides et humides ont alterné. Entre -23 000 et -16 000, l’océan présentait, du fait de la fonte des glaces, un rivage à quarante mètres au-dessus du niveau actuel. C’est l’époque du « Sahara des lacs », autour desquels la vie est prospère. Vers avant notre ère, la mer s’est retirée jusqu'à cent dix mètres en dessous de son niveau actuel. Le fleuve Sénégal n’atteint alors plus l’océan: il s'évapore vraisemblablement dans des petits lacs et oasis. Certains préhistoriens pensent que le Nord de la Mauritanie est vide à cette époque, du fait de conditions de vie trop dures. Nouveau changement vers avant notre ère: les pluies redeviennent régulières (400 à par an) et le réseau hydrographique est fonctionnel. Les grands oueds atteignent la mer et de grands lacs réapparaissent. Le climat est Sahélo-Soudanien. La flore se présente sous la forme d’une steppe arborée (hêtres, aulnes, tilleuls et même, en montagne, cèdres). La faune est celle des périodes humides précédentes. Grâce à ces pluies saisonnières et à l’alimentation régulière des nappes phréatiques, la vie est donc aisée dans ce « Sahara des Tchads » où se perfectionnent peu à peu les techniques paléolithiques avant que n’apparaissent, probablement à la suite d’une rupture climatique, au cinquième millénaire avant J.C. — peut-être même avant — le Néolithique. Le Néolithique commence par un optimum climatique, mais il s’achève par un désastre écologique, peu avant l’ère chrétienne. Il débute par une nouvelle humification du climat — mais bien médiocre comparée aux phases précédentes. Ce n’est pas un milieu luxuriant: l’hippopotame disparaît au cours de la période, sauf dans le sud mauritanien. Les espèces végétales méditerranéenne (chêne vert, pin d'Alep, olivier, cyprès, vigne etc.) migrent vers les montagnes. La savane arborée domine le paysage à cette période. Cultures archéologiques notables. L'une des plus anciennes culture archéologiques identifiables sur le territoire de la Mauritanie actuelle est la Culture de Foum Arguin. Cette culture épipaléolithique est encore mal cernée, tant sur le plan spatial que chronologique, mais elle occupe vraisemblablement vers 7000 BP un espace considérable sur la côte entre Tarfaya et le cap Juby, au Maroc, et le cap Timiris et le sud du Tijirtit. Vers l'intérieur, elle atteint la région de Zouérate. La Culture de Foum Arguin est caractérisée essentiellement par son industrie lithique particulière. Des liens avec l'Atérien sont supposés mais incertains. Elle est suivie par la Culture dite de Tintan, une culture néolithique avec laquelle elle semble n'avoir également que peu de liens. Antiquité. Outre une épigraphie peu abondante, les premières traces d'histoire humaine dans l'espace saharien occidental se rattachent à la culture Biafane, cette population noire est présente en Afrique de l'Ouest et parlait des langues inconnues, peut être reste-t-il certaines expression dans le dialecte berbéro-arabe des Imraguens, la tribu de pêcheurs du Banc d'Arguin. Cette population noire était alors présente dans tout l'espace saharien, et elle se maintient dans l'oasis de Zagora dans le sud marocain, la population hartanya est sans doute issue d'un brassage entre les esclaves importés, des populations soninkés, peuls ou wolofs et cette première population. Les Biafans sont « berbérisés », sans doute au cours de l'âge du bronze méditerranéen, en parallèle de la « celtisation » de l'Europe centrale (1350-450 ), puis par les Berbères Maures plus ou moins romanisés qui contrôlaient l'espace saharien atlantique durant l'époque romaine ("Maures", gentilé des provinces de Maurétanie Tingitane et Maurétanie Césarienne, issues de l'ancienne principauté puis province occidentale de Numidie berbère, avant son annexion par Rome), sont issues de cette fusion entre le pastoralisme amazigh venu des régions atlasiques et les communautés autonomes, concentrées dans les oasis, qui sont leur tributaires. Au , les Maures antiques sont organisés en différentes confédérations, l'empire romain d'occident se disloquant, l'Afrique du Nord se subdivisant en micro-Etats ou confédérations parallèlement à des principautés vandales arcboutées sur la structure berbéro-romaine précédente. le Christianisme était encore la religion urbaine dominante en Afrique du Nord, et commencent à recevoir une influence monothéiste venue des "émirats" zénètes de Sijilmassa, des Berghwatta, de Nekour, de Aghmat, sans doute un christianisme teinté de coranisation se mêle-t-il alors au judaïsme prosélyte. Moyen Âge. Le haut Moyen Âge est une période de refroidissement climatique, propice au développement de l'économie d'oasis dattières couplées au développement du grand commerce transsaharien chamelier. Les routes commerciales qui relient le bassin occidental méditerranéen (Al-Andalus, Gaule) aussi bien que l'Ifriqiya, l'Italie et le Moyen-Orient aux cités africaines pourvoyeuses d'esclaves, d'or, de sel (Tekrour sur le Sénégal) et à Koumbi Saleh (Ghana), sont donc une source de revenus pour les confédérations nomades et leurs tributaires sédentaires. Les cités caravanières d'Aoudaghost et de Oualata dans le Hudh ont dû voir le jour dans ce contexte primitif, elles passent sous contrôle de "l'empire" soninké de Ghana. Le mouvement almoravide, le califat almohade et l'empire des Malinkés. Les tribus Sanhajas s'unissent sous la férule d'un certain Abû Bakr Ibn Umar, un chef de tribu ambitieux et d'un juriste malékite, Abd Allah Ibn Yasîn qui, de retour de pèlerinage, apporte avec lui une idéologie réformatrice, centrée autour de monastères combattants, les Ribât, pour instaurer le sunnisme et la jurisprudence malékite au maghreb tout entier. Peut être le premier de ses Ribât fut il fondé sur une île Imraguen de la côte, en tout cas, son disciple Abû Bakr décide parvient à unifier vers 1045 les Sanhaja du Tagant, du Hodh et du Sénégal, il prend Awdaghost, puis Koumbi, fonde un autre Ribât sur une île du fleuve Sénégal et prend le contrôle des oasis de l'Adrar, en fondant la cité-capitale d'Azougui. En 1055, il remonte les routes commerciales et soumet les Zénètes de Sijilmassa, franchit ensuite l'Atlas, écrase ceux d'Aghmat et fonde non loin d'elle, sur le Tensift, aux débouchés des cols du Test (vers le Souss) et du Tishka (vers le Draa), une cité-capitale à Amur N'Akush : Marrakech, il laisse alors le pouvoir à son lieutenant Yussuf ibn Tashfin et revient combattre dans l'espace Mauritanien ; l'empire almoravide, issu de ces murabitun se détourne des terres sahariennes, et perd peu à peu son influence sur les Sanhaja, qui rejettent toute obédience. Un siècle plus tard, une confrérie Zénète prend le contrôle du Maghreb tout entier, mais se soucie peu du Sahara, qui passe sous l'influence plus proche de l'empire Soussou de Soumaoro Kanté, puis celui du Mali, de Sunjata Keita, les cités de Oualata, Awdaghost, Azougui, talonnées par les célèbres Chinguetti, Ouadane et Tichitt, ou encore Rashid et Qçar al-Barka se développent et prennent un rôle majeur dans le très intense commerce caravanier qui relie Djenné dans le delta intérieur du Niger, aux cités almohades puis Mérinides du "royaume de Marrakech". Les Banî Hassan, l'empire Songhai et les Saadiens. Vers 1350, Ibn Battûta apporte de précieux renseignement sur la situation du commerce caravanier et l'état culturel. Nous sommes dans le contexte de l'arrivée des tribus arabes, issues d'un brassage entre les célèbres Hillaliens, qui, installés au Maghreb tunisien et central commencent à entrer au Maghreb et au Sahara atlantique, et les Banî Hassan, venus du Yémen, installés à Sijilmassa, Zagora, Skoura et dans toute la Mauritanie. Les Saadiens qui prennent le contrôle de Marrakech vers 1560 sont eux-mêmes rattachés aux Banî Hassan. En 1442, les premiers navigateurs portugais découvrent le Cap Blanc et l'Île d'Arguin. Ils implantent un comptoir pour le commerce de l’or, des esclaves, ainsi que de la gomme arabique. Le commerce transsaharien est ainsi détourné au profit des Européens. Ahmad le Victorieux, surnommé également le Doré, entreprend, avec une armée de mercenaires dirigés par le Castillan Juder, vers 1590, il descend les routes caravanières vers le sud, et vient détruire l'empire Songhai, qui avait pris la succession du Mali et unifié l'ensemble du Sahel, de Dakar à Niamey, autour de sa capitale Gao, en parallèle, les Berbères Touaregs avaient fondé la place commerciale de Tombouctou au . L'empire de Marrakech récupère aussi Djenné et fonde trois "pachalik" dont un, Gao, se maintiendra jusqu'en 1912, une population marocaine vient d'installer sans se mélanger complètement aux arabes pâturant entre le Hodh et le Niger depuis déjà deux siècles et demi. La période modernes : les émirats. La formation des émirats modernes dans l'histoire mauritanienne apparait progressivement à partir du mais surtout au début du où certaines tribus Magafira manifestent une supériorité politique et militaire. Le est le siècle d'émergence et de consolidation des émirats comme structure politique semi-centralisée distincte des tribus. Les émirats du Trarza, du Brakna, du Tagant, du Hodh et de l’Adrar sont fondés durant cette période : ils sont un assemblage de tribus dirigées par un chef de guerre qui partage son autorité avec les notables de la "djemaa" (assemblée). Les émirats sont marqués par des luttes incessantes entres tribus ou au sein des tribus, parfois au sein même de celle de l'émir. Les Portugais explorent la cote dès le . Ils passent de la razzia à l’établissement de comptoirs et commencent par capturer des « Maures Noirs » : en 1442 Antoine Gonzalvez capture un homme et une femme ; deux ans plus tard Lanzarote ramène de son expédition 218 victimes. Leur présence est notamment attestée à Arguin, mais ils explorent assez peu l'arrière pays, même si quelques témoignages sur la vie rudimentaires des tribus sont produits. Le jeu tribal et la rivalité des émirs donne lieu à des alliances précaires et confuses. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer les interventions marocaines des et . Un raid sur Ouadane est signalé dès 1665 puis en 1672, l’émir du Traza en lutte contre les Brakna, reçoit l’investiture du Sultan et des contingents chérifiens. Au encore l’émir du Trarza, Ali Chandora, à la recherche d’alliés contre les Brakna, va à nouveau chercher une sorte d’investiture auprès du sultan marocain. Dans le même temps les raids marocains sur la Maurétanie sont fréquents des raids alaouites sur la Mauritanie : en 1678, l’Adrar est attaqué, en 1680 c'est le tour de la Tagant puis en 1730 c’est Chinguetti qui est pillé et enfin en 1769 Tichit. Les interventions ne furent toutefois suivies d’aucune tentative d’administration directe et aucun sultan marocain ne put considérer un émir comme un vassal. Dès 1730, Moulay Abdallah mènera annuellement plusieurs expéditions à Chinguetti jusqu'au fleuve Sénégal et Thomas Pellow raconte comment les Marocains firent trois expéditions de suite sur la vallée du Sénégal sans y rencontrer la moindre résistance. Vers 1757, le petit-fils d'Ali Chandora, El Mokhtar Abdallah ould Amar reçoit du sultan du Maroc Mohammed ben Abdallah un tambour d'airain comme enseigne de l'émirat qu'il lui confère. Et une dizaine d'années plus tard, Mohammed ben Abdallah lance alors une expédition à Tichit dans le Tagant mauritanien. Les Portugais puis les Alaouites ne sont que la première série d'interventions étrangères qui vont s'intensifier en Mauritanie jusqu'au . Au les Hollandais, les Anglais et les Français succèdent aux Portugais et engagent des luttes incessantes dont l'enjeu est le contrôle de l’embouchure du Sénégal mais surtout la possession de « Portendick » ("Marsa Djerida" ? ) et d’Arguin. Hollandais, Anglais et Français recherchent de l’ambre gris, de l’or, des esclaves et surtout de la gomme. Le nombre d’esclaves qui ont pu quitter ou transiter par la Mauritanie n'est pas connu. Il n'y a pas de renseignements non plus sur le volume d’or qui, depuis Tombouctou, gagnait la côte mauritanienne par Tichit et Ouadane. Le commerce du sel d’Idjil anime ces cités sans doute beaucoup plus que celui de l’or. Toutefois le produit le plus recherché et oppose les Européens est surtout la gomme. Au le Maroc s'isole de l’extérieur sauf quelques exception comme en 1859, le Sultan Sidi Mohammed IV envoie une lettre de félicitation au Cheikh Sidya al-Kabir alors chef de la tribu Oulad Biri de la confédération des Trarzas : «Nous avons bien reçu votre reconnaissance bénie de Notre Personne en tant que Prince légitime...», ce qui laisse à penser que les affaires sahariennes ne sont pas tout à fait « extérieures » à la politique du Maroc En 1879 et en 1880 la Légation anglaise au Maroc a été informée par les autorités marocaines de revendications selon lesquelles les domaines du sultan Moulay Hassan allaient jusqu'au fleuve Sénégal et comprenaient la ville de Tombouctou et les parties voisines du Soudan. Cette revendication se veut fondée sur le fait que les prédécesseurs de Moulay Hassan se considéraient toujours comme souverains de ces régions. Vers 1905, il envoie un de ses fils dans l'Adrar mauritanien afin d'y mener la résistance contre les Français et il est peut-être à l'origine de l'assassinat à Tidjikdja de Xavier Coppolani, le commissaire français de Mauritanie (12 mai 1905). La mort de Coppolani désorganise l'avancée française mais ne l'arrête pas. En 1906, lors de la Conférence d'Algésiras aperçu d'un compte rendu: «[...] "C'était pour appuyer les prétentions du Sultan que nous avions fait venir les délégués des tribus citées plus haut et qui firent leur soumission à Cheikh Ma El-Aïnin et au Sultan; ces tribus ont donc déclaré qu'elles étaient de sujets marocains, et qu'elles avaient trouvé dans des livres que Moulay Ismaïl était descendu jusqu'à Saint-Louis" (Sénégal) "limite de ses États vers le sud.»" La même année Moulay Abdelaziz envoie un agent à lui, Moulay Idriss ainsi que des contingents marocains pour prêcher la guerre sainte contre les Français : « "C'est avec ces contingents qu'il put créer une longue agitation dans l'Adrar et jusque dans le Tagant, pillant les populations qui nous étaient soumises, prêchant la guerre sainte contre les Français au nom de son maître le Sultan du Maroc. Cet agitateur avait même l'audace, l'année dernière, d'envoyer au gouverneur de la Mauritanie, au nom de Ma-el-Aïnin représentant de Moulay Abd-el-Aziz, un « ultimatum », lui enjoignant de reculer les limites des possessions françaises jusqu'aux bords du Sénégal et de reconnaître la souveraineté du Sultan du Maroc jusque sur la rive droite de ce fleuve."» Époque moderne. L'espace mauritanien commence à décliner inexorablement, et c'est finalement avec les dynasties Peuls du et que le commerce transsaharien perd définitivement sa raison d'être, la colonie française du Sénégal, de Côte d'Ivoire ou du Dahomey font désormais partie du commerce. Les esclaves et la gomme arabique y sont les principales marchandises convoitées. À partir du , le processus de colonisation débute. Installés au Sénégal, les Français profitent des conflits entre les émirats pour les soumettre et ainsi réaliser l’unité de l’Empire français entre l’Algérie et l’Afrique Occidentale Française. La lutte pour la possession du Maroc voisin est également un enjeu important qui s’ajoute à la volonté de pacifier la vallée du Sénégal, soumise aux rezzous des Maures. Entre 1902 et 1934, la Mauritanie est conquise par l'armée coloniale française, la cité de Rashid est rasée, et partagée avec l'Espagne au nord. En 1920, elle est distinguée comme entité dans le cadre de l'Afrique-Occidentale française, et toute référence à l'empire de Maroc ou à celui du Soudan disparaît. En 1939, on lui adjoint la région de Oualata et de Néma, jusqu'alors sous administration de Bamako. Sa capitale reste Saint Louis, sur le fleuve Sénégal, et en réalité, les colons français ne traversent que ponctuellement le fleuve, à Rosso, à Bogué et à Kahédi essentiellement, toutes les régions peules et Hassanya sont laissées à l'écart du développement colonial. Le 27 octobre 1946, avec la promulgation de la Constitution française, la Mauritanie devient un territoire d'Outre-mer. Le 10 novembre, Horma Ould Babana est le premier député mauritanien à entrer à l'Assemblée nationale française. Horma Ould Babana fut le premier député représentant la Mauritanie à l'Assemblée française à la suite des élections législatives de 1946, N'Diaye Sidi el Moktar lui succéda de 1951 à 1959. En juin 1957, le premier Conseil de gouvernement se prononce pour le transfert du chef-lieu de Saint-Louis à Nouakchott. Le décret est signé par la France le . La Mauritanie indépendante. La Mauritanie obtient son indépendance de la France le . Le régime de Ould Daddah. Le 5 juin 1961, la nouvelle Constitution instaure un régime de type présidentiel. Deux mois plus tard, Moktar Ould Daddah est élu premier président de la Mauritanie. Il forme un gouvernement d’union nationale avec le principal parti d’opposition et parvient à unir les quatre grandes formations politiques en un parti unique, le parti du peuple mauritanien (PPM), qui devient quatre ans plus tard le seul parti autorisé. En février 1966, à la suite du vote d'une loi sur l’arabisation de l’enseignement secondaire, des troubles éclatent entre les communautés noires et maures. Les établissements scolaires resteront fermés jusqu'à la fin de l'année scolaire. Le 7 août 1966, Moktar Ould Daddah est élu président de la république pour un deuxième mandat. Le 26 septembre 1969 le roi Hassan II du Maroc reconnait officiellement la Mauritanie, neuf ans après son indépendance. Le 9 août 1971, Moktar Ould Daddah est élu président de la République pour un troisième mandat. En 1973, la Mauritanie sort du franc CFA et crée sa monnaie nationale, l’ouguiya. La Mauritanie adhère à la Ligue arabe. Le 28 novembre 1974, la société anonyme des mines de fer de Mauritanie (MIFERMA) est nationalisée et devient la Société nationale industrielle et minière (SNIM). Le 8 août 1976, Moktar Ould Daddah est élu président de la République une fois de plus. Il est renversé en 1978, par une junte militaire que dirige le colonel Moustapha Ould Mohamed Saleck, lui-même renversé en 1980 par le colonel Mohamed Khouna Ould Haidalla et ce dernier, renversé par Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya en décembre 1984. Le régime de Ould Taya. Le 12 décembre 1984, le Colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya qui est le Chef d'état major des armées, Premier ministre (1981-1984) et Ministre de la Défense, accède au pouvoir par un coup d'État sans effusion de sang avec l'aide du Comité Militaire de Salut National dont il est président. Ould Taya déclare vouloir moraliser la vie politique et redonner de la crédibilité à l'État. Les relations entre le Maroc et la Mauritanie ont continué de s'améliorer depuis l'arrivee de Ould Taya au pouvoir, ce qui refléte la vision pragmatique du Président Ould Taya selon laquelle seule une victoire marocaine sur le Polisario mettrait fin à la guérilla au Sahara occidental. Ould Taya a effectué sa première visite au Maroc en octobre 1985 (avant les visites en Algérie et en Tunisie). En 1991, les partis d'opposition furent légalisés et une nouvelle Constitution fut approuvée lors d'un réferendum en juillet 1991, ce qui instaure le multipartisme et Ould Taya crée le Parti républicain démocratique et social (PRDS) pour ce présenté à la prochaine élection. Depuis, de nombreuses élections ont eu lieu, en 1992, il est élu président de la République et est réélu en 1997. À partir de 1995, Ould Taya instaure des relations diplomatiques avec Israël. La Mauritanie est en effet l'un des trois seuls pays de la Ligue arabe avec l'Égypte et la Jordanie à avoir des liens diplomatiques avec Israël. Depuis 1999, plusieurs coups d'État tentent de renverser le président Ould Taya dont celui des islamistes des Cavaliers du changement en juin 2003. Le verdict du procès de ces putschistes est clément et inattendu puisque les condamnés évitent tous la peine de mort. En novembre 2003, Ould Taya est réélu président de la République avec 67 % des voix. Le 3 août 2005, l'armée, au travers du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) présidé par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, prend le pouvoir pour officiellement « mettre fin aux pratiques totalitaires du régime » du président Ould Taya. Le putsch se déroule alors que le président revient de Riyad où il a assisté la veille aux funérailles du roi Fahd d'Arabie Saoudite. Présidence de Ould Cheikh Abdallahi. Le 25 mars 2007, Sidi Ould Cheikh Abdallahi est le premier civil à être élu président de le République démocratiquement, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, conformément à ses engagements, ne s’étant pas présenté. En avril 2007 la Mauritanie réintègre l’Union Africaine, dont elle avait été exclue après le coup d’État de 2005. Pour la première fois, des membres du parti islamique modéré rejoignent le gouvernement en mai 2008. Le 6 août 2008, à la suite du limogeage d'officiers supérieurs, les militaires conduits par le chef du bataillon chargé de la sécurité présidentielle, le général Mohamed Ould Abdelaziz, déposent le président Abdallahi. Il est assigné à résidence durant 4 mois et demi. Les principaux partis d’opposition, à l'exception du RFD d’Ahmed Ould Daddah se réunissent en un Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) et s'opposent au coup d’État. En avril 2009, Mohamed Ould Abdel Aziz abandonne le pouvoir afin de se présenter à l'élection présidentielle promise par la junte. Un accord pour préparer les futures élections est signé à Dakar entre les représentants de l’opposition et de la junte. Premier mandat du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Le 18 juillet, Mohamed Ould Abdelaziz, qui durant sa campagne se présente comme le « président des pauvres », est élu au premier tour face à 8 autres candidats, avec 52,58% des voix. Ses opposants dénoncent un « coup d’État électoral » et fondent une Coordination de l’opposition démocratique, qui inclut le RFD. L'arrivée du président actuel Mohamed Ould Abdel Aziz, le 18 juin 2009, fut marquée notamment par la coupure de ces relations diplomatiques avec Israël. Durant deux mois, entre le 24 septembre et le 28 novembre 2011, le collectif "Touche pas à ma nationalité" organise plusieurs manifestations pour protester contre le recensement national. En mars 2012, Abdallah al-Senoussi, le beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens recherché par la Cour pénale internationale est arrêté à Nouakchott. Il est finalement remis aux autorités libyennes, six mois plus tard, après de longues tractations. Le premier ministre libyen Ali Zeidan accuse la Mauritanie d'avoir exigé un paiement de 200 millions de dollars en échange de l'extradition Abdallah al-Senoussi. Le 12 octobre 2012, le président Mohamed Ould Abdelaziz est blessé par balle par une patrouille militaire. Il est évacué vers la France pour y être soigné à l'hôpital Percy-Clamart près de Paris. Le 18 février 2013, les forces armées mauritaniennes annoncent le début d'exercices militaires dans le sud-est du pays avec la participation de dix-neuf pays européens, africains et arabes. En 2013, les élections législatives de novembre et décembre confortent la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale. Le 2 février 2014, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, en poste depuis le début du mandat du président Aziz, présente la démission de son gouvernement. Il est reconduit dans ses fonctions dès le lendemain et chargé de former un nouveau gouvernement qui compte onze nouvelles personnalités dont cinq femmes. Le 21 mai 2014, les ministres de l'Intérieur du groupe des Cinq du Sahel, dont fait partie la Mauritanie, créent une « plateforme de coopération sécuritaire » destinée notamment à « lutter contre le terrorisme » à Nouakchott. Le 4 juin 2014, des milliers de sympathisants manifestent à Nouakchott contre le mode d'organisation des élections présidentielles à l'appel du Forum national pour la démocratie et l'unité (FNDU, opposition radicale). Second mandat du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Mohamed Ould Abdel Aziz remporte une victoire écrasante et attendue à la présidentielle le 21 juin 2014, et recueille 81,94% des suffrages, avec un taux de participation de 56,55%. Investi le 2 août pour son second mandat, il nomme comme Premier ministre Yahya Ould Hademine, ancien ministre de l'Equipement et des Transports du précédent gouvernement. Le 3 novembre 2014, le responsable du parti islamiste modéré Tewassoul Elhacen Ould Mohamed est nommé à la tête de l'opposition démocratique. Le 28 janvier 2015 débute une grève de affectant les sites de production et d'exportation de la Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (SNIM). Les revendications portent sur des augmentations de salaire. Après 9 semaines de grève la reprise du travail se déroule le 3 avril à la suite de l'ouverture de négociations et de la réintégration de grévistes licenciés. Le 6 aout 2015, un islamiste malien, ancien porte-parole d'Ansar Dine, un groupe lié à Al Qaïda, et visé par un mandat d'arrêt international l'accusant de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, génocide, meurtre et actes terroristes est libéré par la Mauritanie, où il était détenu depuis plusieurs mois. Le 2 septembre 2015, un remaniement ministériel remercie huit ministres, dont le ministre de l'Intérieur, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de l'Equipement. Le 17 novembre 2015, la Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (SNIM) ouvre un nouveau complexe minier sur le site de Zouerate, dans le nord du pays. Dénommé Guelb II, c'est le plus important projet industriel de l’histoire de la Mauritanie, dans lequel près d’un milliard de dollars ont été investis. Le 10 février la présidence annonce un nouveau remaniement et le départ de cinq ministres, dont ceux des Affaires étrangères et de l'Économie. Le 7 mai 2015 l'opposition appelle à manifester contre le projet de révision constitutionnelle annoncé par le président Mohamed Ould Abdel Aziz, qui prévoit entre autres choses la suppression du Sénat. Des heurts avec les forces de l'ordre feront plusieurs blessés. Le 29 septembre 2015, après de longues négociations entre pouvoir et opposition, s'ouvre un nouveau dialogue national. L'initiative est le point de départ qui doit amener à une réforme constitutionnelle, portant notamment sur la suppression du Sénat et la création du poste de vice-président. Une partie importante de l'opposition accuse le président Mohamed Ould Abdel Aziz de vouloir modifier le texte fondamental dans le but se présenter pour un troisième mandat. Le 20 octobre 2015 un accord politique marquant la fin du dialogue national est signé entre la majorité et quelques partis d'opposition. Plusieurs révisions constitutionnelles sont retenues, mais pas la suppression de la limitation des mandats présidentiels est rejetée. Le 17 mars 2017, le projet de révision constitutionnelle soumis par le gouvernement est rejeté par le Sénat. Le président Aziz annonce l'organisation d'un référendum pour le 5 août 2017. Le 6 juin 2017, la Mauritanie annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec le Qatar, et accuse le pays de propager l'extrémisme et l'anarchie dans de nombreux pays arabes. Le référendum du 5 août 2017 donnent un «oui» qui l'emporte à plus de 85 %. Il comporte deux volets, la modification du drapeau national (85,6 % de «oui» et 9,9 % pour le «non») ainsi que la suppression du Sénat (85,6 % pour le « oui » et 10,02 % pour le « non »). Malgré le boycott de l'opposition et de la société civile, le taux de participation est de 53,75 % selon la commission électorale. Leader des opposants à la suppression du Sénat, le sénateur d'opposition Mohamed ould Ghadde est arrêté le 10 août. Plusieurs personnalités de l'opposition sont interrogées. Plusieurs sénateurs, journalistes et représentants syndicaux, accusés de faits de corruption et tous opposants à la réforme constitutionnelle, comparaitront devant un juge d'instruction. À la fin du mois d'octobre 2017, la première opération conduite par la Force antiterroriste G5 Sahel est lancée. Dénommée Hawbi, elle est constituée du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad et compte jusqu'à 5.000 hommes répartis dans sept bataillons. Le 13 novembre 2017, le Sénat est dissout, les grilles de l’institution sont fermées et l'accès au bâtiment fermé, mais des sénateurs frondeurs forcent l'entrée et ouvrent une session parlementaire symbolique, qui ne dure en réalité que le temps que la police intervienne et déloge les élus. Le 28 novembre 2017, le anniversaire de l’indépendance est l'occasion de présenter le nouveau drapeau mauritanien ainsi que le nouvel hymne national, nouveaux emblèmes adoptés à l'issue du référendum constitutionnel du 5 août. Le premier janvier 2018, la Mauritanie change l'unité de sa monnaie. L'ouguiya passe d'une échelle de 10 à 1, dix ouguiyas deviennent un ouguiya. De nouveaux billets sont émis mais la monnaie conserve le même nom. Avant même l’annonce de la mise en circulation des nouveaux billets, la monnaie mauritanienne se déprécie au marché noir face à l’euro et au dollar, une tendance qui s'aggrave dès l'annonce officielle. Le 20 mai 2018, le régime durcit la loi sur les partis politiques et un décret ouvre la voie à la dissolution des partis sous-représentés à l'échelle nationale et régionale. Les élections locales et législatives du 15 septembre 2018 voient la victoire du parti au pouvoir, l'UPR, qui remporte les 13 Conseils régionaux qui ont remplacé le Sénat, ainsi que la majorité à l'Assemblée nationale et plus des deux tiers des communes. Le 8 octobre Cheikh ould Baya, député de l'UPR et proche du président, est élu président de l'Assemblée. Le 29 octobre 2018 Mohamed Salem Ould Bechir est nommé Premier ministre et nomme le lendemain un nouveau gouvernement. Le 5 mars 2019, à trois mois de la présidentielle, 76 partis politiques sont dissous par décret rendu public par le ministre mauritanien de l’Intérieur et de la Décentralisation. Le 9 mai, six candidatures à la présidentielle du 22 juin 2019 sont validées par le Conseil constitutionnel. Le 20 mai, une série de nominations faites en conseil des ministres dans les semaines qui précèdent l'élection présidentielle sont dénoncées par plusieurs candidats. La Mauritanie a suspendu ses relations diplomatiques avec Israël en 2009 avant de "rompre complètement et définitivement les relations avec Israël" le 21 mars 2010. Ces relations avaient été établies en 1999 par le président de la République à l'époque, Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya. Les deux mandats du président Aziz resteront marqués d’une forte empreinte sécuritaire qui a permis au pays de ne plus connaître d’attentats depuis 2010, malgré un environnement régional hautement instable. Présidence de Mohamed Ould Ghazouani. Le juillet 2019, la victoire du général Mohamed Ould Ghazouani dès le premier tour, avec 52 % des voix, est proclamée par le Conseil constitutionnel mauritanien, dans un climat délétère, avec une coupure prolongée d'internet et un déploiement des unités d’élite de l’armée, de la garde et de la police anti-émeute dans toute la capitale, Nouakchott. L'opposition dénonce de multiples irrégularités dans le déroulement du scrutin et qualifie la déclaration de victoire du candidat du pouvoir le soir du premier tour de «nouveau coup d'État». Le 8 août 2019, le président Ghazouani nomme son premier gouvernement, dirigé par le premier ministre désigné le 3 août, Ismael Ould Bodé Ould Cheikh Sidiya. Droits de l'Homme. Liberté d'expression. Sous le président Abdel Aziz, la Mauritanie s’est érigée en garante de la lutte contre la menace terroriste, tout en adoptant des lois qui définissent les infractions terroristes en termes vagues. La loi antiterroriste adoptée en 2010 a ainsi permis aux autorités de museler plusieurs opposants politiques, comme Abdallahi Salem Ould Yali, activiste issu de la communauté «haratine», descendants d’esclaves, qui a été poursuivi pour incitation au fanatisme ethnique ou racial pour avoir diffusé des messages dénonçant la discrimination dont est victime son groupe ethnique dans un groupe de discussion WhatsApp, ou encore, en 2015, le colonel de la Garde nationale à la retraite Oumar Ould Beibacar, qui dénonçait les exécutions sommaires de ses co-officiers en 1992 dans une purge d’officiers noirs de l’armée mauritanienne. Le 25 décembre 2014, pour la première fois depuis son indépendance, une condamnation à mort pour apostasie est prononcée en Mauritanie à Nouadhibou (au nord-ouest du pays) à l'encontre d'un citoyen mauritanien musulman, inculpé après avoir publié sur internet un texte considéré comme blasphématoire. Le 21 avril 2015, la peine de mort est confirmée pour le blogueur Mohamed Cheikh ould Mkheitir, qui est détenu depuis janvier 2014 pour un article jugé blasphématoire envers le prophète de l'islam. Le 31 janvier 2017 la Cour suprême renvoie devant une autre cour d'appel le dossier de Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, le blogueur condamné à mort pour apostasie et emprisonné depuis 3 ans. Il est libéré le 29 juillet 2019 et ne cesse de dénoncer les discriminations ethniques et sociales en Mauritanie. Le 19 mars 2019, la police mauritanienne refoule une délégation d'Amnesty International à son arrivée à l'aéroport de Nouakchott. Le 22 mars 2019, les blogueurs Abderrahmane Weddady et Cheikh Ould Jiddou, connus pour dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme en Mauritanie sont emprisonnés. Amnesty International explique qu'« Ils ont critiqué la corruption qui régnerait au sein du gouvernement dans des commentaires sur Facebook ». Les deux blogueurs avaient repris sur leurs blogs des articles publiés par des médias arabes faisant état d’un placement présumé de deux milliards de dollars aux Émirats arabes unis par un proche du chef de l’État. Amnesty International qualifie par ailleurs leur détention d’illégale. D'autres ONG comme Reporters Sans Frontières et Human Right Watch dénonceront à leur tour l'arrestation des deux blogueurs. Le 5 juillet 2019, une vingtaine de journalistes manifestent devant le ministère la Communication et demandent la libération de leur confrère Ahmed Ould Wedia, interpellé chez lui trois jours auparavant. Dans le classement de Reporters sans frontières, la Mauritanie a reculé ces dernières années pour atteindre la place en 2018 soit 24 de moins qu’en 2016. Torture. Le 4 février 2016, après une inspection de dix jours, Juan Ernest Mendez, le rapporteur spécial de l'ONU fait part de ses regrets quant à la non application de la loi sur la prévention et la répression de la torture, promulguée en septembre 2015. La Mauritanie est dénoncée par plusieurs ONG de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International, qui rapportent de nombreux actes de tortures et de mauvais traitement infligés aux détenus lors des interrogatoires. Le 14 novembre 2016, une plainte visant de hauts responsables mauritaniens est déposée à au tribunal de grande instance de Paris. Ils sont accusés de « tortures et de traitements cruels » à l'encontre de militants anti-esclavage. Esclavage. La société mauritanienne reste dominée par la caste des Beydanes, qui a historiquement fondé son pouvoir sur l'esclavage des castes inférieures. L’esclavage reste courant en Mauritanie, le président de l’IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste) Biram Dah Abeid considère la Mauritanie comme un régime « d’apartheid non écrit ». Certains parmi la minorité Maures (arabo-berbère) y exploitent des Haratines dans les quartiers riches des grandes villes. Selon le rapport de l’ONG Walk Free publié en 2014 environ 4% de la population mauritanienne, soit vit en situation d’esclavage. La Mauritanie est le pays le plus touché au monde par ce phénomène. Selon Biram Abeid, la réalité se rapproche plus des 20% de la population. L'esclavage a été officiellement aboli à quatre reprises (la dernière fois en 1980, avec un succès mitigé) mais les ségrégations raciales, tribales ou de castes y subsistent. En 2007 a été votée une loi criminalisant l'esclavage, et des actions sont prévues par le gouvernement pour lutter contre ses séquelles, car l'ethnie haratine des anciens esclaves reste parmi la plus défavorisée. Selon le Global Slavery Index, l'esclavage concerne 4 % de la population mauritanienne. Le 6 mars 2014, avec l'appui de l'ONU, la Mauritanie adopte un plan pour l'éradication de l'esclavage. En novembre 2014, les autorités mauritaniennes ferme le siège de l'IRA, une ONG anti-esclavagiste qu'elles accusent de propager la haine entre les populations. Le juillet 2015, six militants anti-esclavage de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) sont arrêtés, marquant le début d'une série d'arrestations dans les rangs de l'IRA. Leur procès débute le 3 août 2015 et dure quinze jours à l'issue desquels la Cour criminelle condamne la plupart des accusés à des peines de prison allant de trois à huit ans. Treize d'entre eux disent avoir été torturés durant leur détention. Le 13 août 2015, le Parlement adopte une loi durcissant la répression de l'esclavage, considéré désormais comme un « crime contre l'humanité ». Le 28 avril 2017, la journaliste Tiphaine Gosse et la juriste Marie Foray qui enquêtent sur l'esclavage en Mauritanie sont expulsées du pays. Elles dénoncent aux côtés d'organisations engagées dans la lutte contre l’esclavage en Mauritanie telles que SOS-Esclaves, l’AMDH et l’Association des femmes chefs de famille (AFCF) « l’hypocrisie des autorités mauritaniennes », qui cherchent selon elles par la ratification des traités internationaux et l’adoption de lois qu'elle jugent incomplètes, à plaire à la communauté internationale sans lutter pour autant contre l’esclavage dans le pays. Le 22 juin 2017, une plainte contre l’esclavagisme et la torture en Mauritanie est déposée devant l'ONU et l'UA. L'eurodéputé Louis Michel souligne que l'esclavage continue en Mauritanie. Biram Dah Abeid, le président de l'association IRA déplore l'acharnement des autorités mauritaniennes à l'encontre des militants anti-esclavagisme. Le 12 février 2018, l'ONG Human Right Watch présente à Nouakchott son rapport sur la situation des droits de l'homme en Mauritanie. Intitulé « Ethnicité, discrimination et autres lignes rouges : répression à l’encontre de défenseurs des droits humains en Mauritanie » le rapport pointe les difficultés rencontrées par les militants traitant des questions sociales sensibles comme l'esclavage, la discrimination entre communautés ou le passif humanitaire du pays. Le 25 mars 2018, un rapport sur la répression contre les militants des droits de l'Homme en Mauritanie est publié par Amnesty International. Le rapport avance que 43.000 personnes vivent en situation d'esclavage dans le pays. Amnesty International détaille également la façon dont les militants abolitionnistes et les associations qui dénoncent ces discriminations sont la cible des autorités. Trois jours plus tard, la cour criminelle de Nouadhibou condamne un homme et une femme à respectivement 20 et de prison ferme pour esclavagisme. Une première en Mauritanie. Le 4 novembre 2018, les États-Unis, constatant le manque de progrès du pays en matière de lutte contre l'esclavage, suspendent la Mauritanie de l'AGOA. Le 28 janvier 2019, un projet de loi est voté autorisant un accord de coopération entre la Mauritanie et l’Arabie saoudite en matière de lutte contre le trafic d'armes et d'êtres humains. L’opposition mauritanienne crie au scandale, pointant le manque de crédibilité du royaume wahhabite en matière du respect des droits de l’homme. Les séquelles de l'esclavage touchent particulièrement la population Haratine, qui faute d'accès à l'éducation concentre 85 % des analphabètes du pays. Situation sanitaire et humanitaire. Depuis 2012, près de 60.000 réfugiés peuls, touaregs et arabes venus du Mali, fuyant les violences des groupes jihadistes ou de l’armée malienne, ont élu domicile dans le camp de Mbera, en Mauritanie. Leur accès à l'eau potable est précaire. Le 24 octobre 2014, le gouvernement annonce le renforcement des contrôles de sa frontière avec le Mali à la suite de l'annonce du premier cas d'Ebola dans ce pays. Le 9 octobre 2015, la Mauritanie alerte l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de l'épidémie de fièvre qui sévit dans la vallée du rift. En novembre 2016, le Programme alimentaire mondial (PAM) appelle à la mobilisation de de dollars pour faire face à la situation des réfugiés maliens qui ont fui les exactions des groupes terroristes, confrontés à une crise alimentaire. Le 26 juin 2018, la Mauritanie alerte sur des cas de malnutrution sévères touchant plusieurs dizaines d’enfants dans l’est du pays. La région du Hod Ech Chargui, non loin de la frontière avec le Mali, est particulièrement touchée. En juin 2018, un rapport de l’ONU établi que les trois quarts des mauritaniens vivent dans une extrême pauvreté. Présenté durant la session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU par le rapporteur spécial Philip Alston, le rapport pointe les difficultés dans l'accès à l'eau, à l'alimentation, à l'éducation et à la santé de la population. En décembre 2018, grâce à un don chinois, la capitale Nouakchott se dote d'un véritable réseau d'assainissement, absent jusqu'ici. En mai 2019, la France et la Mauritanie signent un accord de financement d'un montant de d'ouguiyas ( d'euros), afin de financer des projets hydrauliques destinés à améliorer les conditions de vie de la population. |
Hourd Un hourd (du francique "*hurd", « claie ») est au Moyen Âge un échafaudage solide, fait de planches en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille. Ce dispositif de défense active se caractérise par une très faible ouverture horizontale et une assez faible saillie, avant de devenir une maçonnerie grossière à partir du , nommée communément « hourdage » et dont dérive le terme « hourdis ». Origine. Il y a tout lieu de croire que, dès la Rome antique, les hourds étaient en usage, car il est question, dans les "Commentaires sur la Guerre des Gaules" de Jules César, d'ouvrages en bois qui sont de véritables hourds. Dans l'ouvrage en bois qui couronne les fossés du camp de Jules César devant les Bellovaques, les galeries réunissant les tours sont des hourds continus protégeant un parapet inférieur. La nécessité pour les défenseurs de commander le pied des remparts, d'enfiler les fossés et de se mettre à l'abri des projectiles lancés par les assiégeants, dut faire adopter les hourds dès l'époque gallo-romaine. Évolution. Dans l'architecture militaire du Moyen Âge, c'est un ouvrage en bois ou en pan de bois, dressé en encorbellement au sommet des courtines ou des tours, destiné à recevoir des défenseurs, surplombant par une avancée en plancher percé de trous, le pied de la maçonnerie et donnant un flanquement vertical plus étendu. Pour éviter que les flèches enflammées ne brûlent les hourds, les défenseurs les recouvraient de peaux de bêtes humides. Cela offrait une protection accrue au feu sans pour autant rendre les hourds indestructibles. Les crénelages supérieurs ne pouvaient, en cas de siège, présenter une défense efficace, puisqu'en tirant, les archers ou arbalétriers étaient obligés de se découvrir. Si l'assiégeant se logeait au pied même des murs, il devenait impossible aux assiégés non seulement de lui décocher des traits, mais même de le voir, sans passer la moitié du corps en dehors des créneaux. À la fin du déjà et au commencement du , nous remarquons, au sommet des tours et remparts, des trous de hourds percés au niveau des chemins de ronde. Souvent alors ces trous sont doubles, de manière à permettre de poser, sous la solive en bascule, un lien destiné à soulager sa portée. Jusqu'au , les hourds ont un équivalent en pierre, les mâchicoulis, les hourds étant progressivement réduits à servir de toiture aux mâchicoulis. À la fin de ce siècle, les hourds qui sont des constructions provisoires, vulnérables au feu et aux machines de siège, sont remplacés par le chemin de ronde de pierre bâti en encorbellement qui couronne systématiquement le sommet des murailles et des tours. Les créneaux sont plus étroits, des meurtrières sont pratiquées dans les merlons. La protection est ainsi permanente, invulnérable au feu, résiste mieux aux projectiles envoyés par les catapultes diverses, protège mieux les défenseurs et ne risque pas de se décrocher du mur. Cependant les hourds gardent la prééminence sur les mâchicoulis jusqu'à la première moitié du . Les castellologues distinguent théoriquement deux catégories de hourds : d'une part ceux volants ou temporaires, c'est-à-dire montés en temps de guerre ou d'insécurité, d'autre part ceux permanents, généralement couverts. En réalité, les hourds escamotables furent rarement démontés, sauf à partir du qui voit le déclin des éléments défensifs de l'architecture militaire au Moyen Âge, le développement des armes à feu et l'entretien coûteux de ces ouvrages en bois les rendant inutiles. Au , le terme de hourd évolue sous l'influence du dérivé verbal « hourder » ; il prend, comme son synonyme hourdis, le sens de maçonnerie grossière puis plus spécialement de préparation d'un plancher en garnissant l'aire de lattes de bois et d'une maçonnerie de plâtre. |
Haubert Un haubert est un type de robe masculine médiévale ou, du point de vue de l'armement, c'est cette même robe réalisée dans un tissu de mailles annulaire (voir Cotte de mailles annulaire et Cotte de mailles) et destinée à la protection corporelle. Les cottes de mailles semblables à celles-ci existaient depuis l'Antiquité, utilisées par les Romains ou les Grecs. Par sa réalisation en « mailles annulaires », ce harnois est souple, contrairement à de nombreuses broignes et aux armures. Il n'est cependant pas exclu que quelques hauberts fussent réalisés en mailles jazeran (jaseran), cependant ce fut sans doute extrêmement rare. Le haubert est un objet datant du Moyen Âge. Historique. La maille annulaire est connue en Europe orientale et au Proche-Orient depuis l'Antiquité. Le travail de cette maille, appelé Haubergerie, est constaté dès l'Antiquité sur les bas-reliefs de la colonne Trajane et dans les fouilles de quelques cimetières gallo-romains, mais parait avoir été généralement abandonné en Europe après la chute de l'empire romain jusqu'à la Première croisade. Avec celle-ci, ce travail de la maille réapparaît comme un usage rapporté de l'Orient. Le plus grand développement de cette industrie en Europe est contemporain du , c'est-à-dire de l'époque où l'homme d'armes, abandonnant les variétés lourdes et souvent inefficace de la broigne, alors plus facile à fabriquer et moins chère, adopte le grand haubert et le surplus du vêtement qui enveloppe dans un tissu de maille le corps tout entier. Au , les guerriers occidentaux eurent à combattre contre, ou avec, des combattants Grecs, Levantins et Arabes. Ces régions avaient conservé la cotte annulaire, souvent couplée avec une cuirasse d'écailles. Constatant les avantages de telles défenses, ils les interprétèrent en les adaptant à leur culture. La forme des robes (haubert) déjà utilisée pour des broignes fut reprise pour construire des « hauberts de mailles ». Le sens du mot haubert varia petit à petit pour se spécialiser en tant que robe de mailles annulaire. Un fief de haubert "(feodum loricae)" est un fief appartenant à un chevalier, en Bretagne et en Normandie. Le détenteur de ce type de fief était soumis à l'origine de l'institution féodale d'être fait chevalier à l'âge de 21 ans ou au moment d'hériter de ce type de fief. Il devait se faire armer chevalier, avec cheval et épée et de servir à l'ost de son seigneur avec le haubert ou haubergeon, cotte de maille qui était une sorte d'armure très onéreuse et que seuls les chevaliers pouvaient utiliser. Le vit la taille des vêtements, tant civils que militaires, diminuer. Le Haubert diminua donc de même et le « petit » haubert (Haubergeon), utilisé depuis au moins le , devint la règle. "Diex, que n'ai jou un haubergeon petit !" ("Garin le Lorrain, 3ème chanson, "). Le haubergeon est ce que l’on nomme une tunique ou « Cotte de mailles » à courtes manches ou sans manches, moins longue que le haubert. Ce vêtement qu'on observe en Italie dès le est, aux deux siècles suivants, contemporain de la broigne. Il devient, au , avec le costume de guerre raccourci, d'un usage très fréquent, non seulement dans la chevalerie, mais parmi les gens de pied, écuyers, archers, coustillers et sergents d'armes. Plus tard il prend le nom de jaque et demeure jusqu'au , avec ou sans les plates, une pièce de l'armure défensive. Les documents anciens ("Reg. d'Étienne Boileau", p. 66, 1260) font connaître les distinctions admises dans l'haubergerie, qui se divisaient en maille plaquée ou seulement rapprochée et clouée, dont la rivure en saillie est en maille qualifiée de "haute clouure", disposition dans laquelle excellaient particulièrement les haubergiers de Chambly (Oise), appelé longtemps Chambly le Hautberger ("Topographie" de Mérian, 1655). Du , on signale encore parmi les lieux de fabrication Paris, Bayeux, Coutances, Cambrai, la Lombardie, qui fabriquait de la maille plus fine que celle de France, l'Allemagne et la ville de Beschene en Perse (Jos. Barbaro, "Viaggo in Persia", p. 98, 1487), (Stat. des haubergiers de Paris, "Ordonn.", t. IX, p. 205, 1407). Forme. La forme du haubert est celle d’une robe, en général à manches longues, s’enfilant par le col. Afin de permettre la monte à cheval, les hauberts étaient en général fendus sur le devant ou sur le côté. La forme exacte (taille, largeur des manches, emplacement et longueur des fentes, etc.) a varié au cours du temps, et suivant l’origine géographique. Le musée d'art de Cleveland donne plusieurs exemples de hauberts et haubergeons. Polémique sur les premiers hauberts. Les premiers hauberts furent réalisés en mailles normandes (variante des mailles annulaires). Il existe une polémique sur leur date de création. Une école fait dater les premiers hauberts du début ou milieu du . Lors de leurs pèlerinages à Jérusalem, des chevaliers normands se sont arrêtés et ont fait souche dans le sud de l'Italie. À cette époque, l’Italie méridionale (Longobardie, Sicile) était en partie sous domination grecque, en partie sous domination musulmane. Ces combattants participèrent aux guerres locales et finirent par conquérir des territoires notables, qui furent à l’origine du royaume normand de Sicile. Cependant, ils maintinrent des liens constants avec leur famille restée en Normandie. Selon cette école, les premiers hauberts ont eu comme origine ces liens entre la Normandie et l’Italie arabo-byzantine. Une autre école fait dater les premiers hauberts du . Selon cette école les combattants au retour de la première croisade, ont ramené la maille annulaire dans leurs bagages. Les deux écoles prennent comme preuves des documents graphiques comme la tapisserie de Bayeux, des fragments de mailles trouvés à différents endroits (dont la bataille d'Hastings), ou la mention dans des documents écrits. Malheureusement, les documents graphiques sont peu détaillés et ne sont pas probants (la même image pouvant être interprétée comme une broigne ou un haubert). Les fragments de mailles recueillis sont rarement authentifiés en âge et origine (multiple batailles, camps ou réunions au même endroit au cours du temps, imprécision des lieux des combats, erreurs humaines et même trucages). Même les documents ne sont pas très probants : d’une part il est parfois malaisé de savoir si la défense traitée est réellement une cotte de mailles annulaire, car les termes de descriptions n’étaient pas encore fixés, d’autre part la manière même dont on en parle prête à confusion. Cette défense si extraordinaire que l’on prenne la peine de la mentionner est-elle une importation unique et exotique, ou une réalisation locale réellement destinée au combat ? La seule chose sur laquelle tout le monde s’accorde de nos jours est que les anciennes théories attribuant aux invasions « vikings » la réintroduction des cottes de mailles annulaire est définitivement invalidée. |
Histoire des ordinateurs Lhistoire des ordinateurs commence au milieu du . Si les premiers ordinateurs ont été réalisés après la Seconde Guerre mondiale, leur conception repose sur le résultat de divers prototypes tels que l'Harvard Mark I et le Z3, machines électromécaniques programmables commencées en 1939, et surtout de deux calculateurs électroniques : le Colossus du service de cryptanalyse britannique en 1943, l'ENIAC en 1945. À l'arrière-plan on peut mentionner des théories comme la « machine de Turing », ou des combinaisons de techniques bien plus anciennes comme les premières machines à calculer mécaniques () et les premières machines à tisser automatisées par la lecture de cartes et de rubans perforés (). Précurseurs. Premiers outils de calcul. Depuis des milliers d'années, l'homme a créé, fabriqué et utilisé des outils pour l'aider à calculer : Les premiers pourraient être de simples notations de grandeurs tels que les os d'Ishango, dont l'interprétation est néanmoins toujours très controversée. L'un des premiers outils naturels utilisés par la plupart des premières sociétés furent peut être la main (d'où le système décimal ou le système duodécimal), ainsi que d'autres parties du corps, comme auxiliaires de calcul. Puis apparaissent les entailles dans du bois, les entassements de cailloux, de coquillages ou d'osselets. Le mot « calcul » provient d'ailleurs du mot latin, "calculi" qui signifie « cailloux ». Le premier exemple d'outil plus complexe est l'abaque, qui connaît diverses formes, jusqu'au boulier toujours utilisé en Chine et en Russie. Calculateurs analogiques. Un calculateur analogique est un calculateur qui utilise des mesures physiques continues (par exemple électriques, mécaniques ou hydrauliques) pour modéliser un problème à résoudre, tel que le passage du temps, le déplacement d'un véhicule ou le déplacement des planètes. Cependant, un calculateur n'est pas une machine à calculer dont les touches sont toutes indépendantes tout en étant liées par les règles de l'arithmétique. Lorsque les conditions initiales d'un calculateur analogique sont saisies, il n'est plus modifié que par l'action continue de son stimulateur ; manivelle, pendule/poids, roue d'un véhicule Un calculateur analogique produit toujours le même résultat pour des conditions initiales identiques. Selon le physicien américain Derek Price, la machine d'Anticythère est un calculateur analogique, le plus ancien connu à ce jour est daté de Ce mécanisme à engrenages de bronze synthétise l'ensemble des connaissances astronomiques accumulées par les savants grecs permettant entre autres de prévoir la date et l'heure des éclipses lunaires et solaires des siècles à venir. Un odomètre, décrit pour la première fois par le Romain Vitruve vers servait à mesurer la distance parcourue sur une route ; il était installé dans un chariot et il faisait tomber une petite boule dans un sac à chaque mille romain parcouru. Ce n'était pas un « calculateur analogique », mais un simple compteur. Algorithmes et logarithmes. Les algorithmes les plus anciens sont attestés par des tables datant de l'époque d'Hammurabi (env. ). Vers des algorithmes plus généraux ont été publiés par des mathématiciens grecs de l'Antiquité, notamment Euclide et Ératosthène. Vers le , Mohamed Ybn Moussa al-Khawarezmi passe pour être le père de la théorie des algorithmes ainsi que de l'algèbre (de l'arabe "Al-jabr" signifiant « compensation »). Vers 1617, John Napier invente une sorte d'abaque perfectionné. Sa formulation des logarithmes démontre que la multiplication et la division peuvent se ramener à une série d'additions. Cela permet en 1625 à William Oughtred de développer la règle à calcul qui est utilisée par de nombreux ingénieurs jusqu'à l'apparition des calculatrices de poche. Ainsi, une grande partie des calculs nécessaires au programme Apollo ont été - dit-on - effectués avec des règles à calcul. Premiers calculateurs mécaniques. En 1609, Guidobaldo del Monte a fabriqué un multiplicateur mécanique pour calculer les fractions de degré. Basé sur un système de quatre engrenages, la rotation d'un index sur un quadrant correspond à 60 rotations d'un autre index sur un quadrant opposé. Grâce à cette machine, les erreurs dans le calcul des premier, deuxième, troisième et quatrième degrés peuvent être évitées. Il est le premier à documenter l'utilisation d'engrenages pour le calcul mécanique. Une horloge à calculer a été dessinée en 1623 par Wilhelm Schickard (1592-1635) professeur d'astronomie et de mathématiques à l'université de Heidelberg. Ce dispositif baptisé « horloge à calcul » aurait pu exécuter mécaniquement les additions et les soustractions, et presque aussi facilement les multiplications et les divisions. Mais on ignore s'il a été vraiment construit et, surtout, s'il était assez fiable pour être utilisé au-delà d'une démonstration. Blaise Pascal, indépendamment de Schickard qu'il ne connaissait probablement pas, réalise en 1642, à l'âge de , une machine à calculer. Cette présentation d'une machine arithmétique ayant été attestée par des témoins dignes de foi, Pascal est crédité de l'invention de la machine à calculer, la pascaline, en 1642. Une "pascaline", signée par Pascal en 1652, est visible au musée des arts et métiers du Conservatoire national des arts et métiers à Paris. Une reproduction géante au Musée des Arts et métiers permet d'observer et comprendre les mécanismes internes. Sa machine effectue les quatre opérations arithmétiques sans utiliser l'intelligence humaine, mais multiplications et divisions sont effectuées par répétitions. La pascaline est améliorée par Samuel Morland puis en 1673 par Gottfried Wilhelm Leibniz qui perfectionne le principe pour la rendre capable d'effectuer des multiplications, des divisions et même des racines carrées, le tout par une série d'additions sous la dépendance d'un "compteur". Système binaire : le retour. Leibniz est le premier à réaliser la simplicité du système de numération binaire (vieux de plus de quatre mille ans) dans les opérations arithmétiques ; Thomas Fantet de Lagny, un contemporain de Leibniz, remarqua qu'en arithmétique binaire les multiplications et divisions s'exécutent par de simples additions et soustractions : « Tout se passe comme si les nombres étaient leurs propres logarithmes ». Le système binaire est parfaitement adapté aux opérations logiques et arithmétiques et sera utilisé dans les futurs ordinateurs : Néanmoins, jusqu'en 1945, la plupart de la dizaine de machines construites furent basées sur le système décimal, plus difficile à implanter. Premières machines programmables. La principale marque d'un ordinateur est sa "programmabilité". Celle-ci permet à l'ordinateur d'émuler toute autre machine à calculer en changeant la séquence des instructions disponibles. Métier à tisser. En 1725, Basile Bouchon, un Lyonnais, met au point le premier système de programmation d'un métier à tisser grâce à un ruban perforé. En 1728, Jean-Baptiste Falcon, son assistant, remplace le ruban par une série de cartes perforées reliées entre elles. Jacques Vaucanson reprend cette idée en remplaçant ruban et cartes perforées par un cylindre métallique et enfin Joseph Marie Jacquard lie le tout dans son métier à tisser qui fut adopté dans le monde entier et qui démontra qu'une machine pouvait être minutieuse, constante et dépendante. Machine à calculer programmable. En 1833, Charles Babbage, passionné par le métier Jacquard, propose une machine mécanique à calculer, très évoluée, « "la machine analytique"». La machine qu'il conçoit « devait permettre de résoudre n'importe quelle équation et d'exécuter les opérations les plus compliquées de l'analyse mathématique. » C'est un calculateur mécanique programmable, fonctionnant à la vapeur, qui utilise des cartes perforées pour ses données et ses instructions. Bien que la théorie et le projet technique de Babbage aient été remarquablement pensés, bien qu'il en ait confié la réalisation à un atelier capable de produire les pièces mécaniques de la précision voulue, et bien qu'il ait été soutenu au début par l'Académie des sciences britannique, Babbage finit par lasser son constructeur comme ses financeurs, par son arrogance et ses changements de plans successifs : la construction de cette machine analytique, pas plus que les précédentes, n'aboutit. Charles Babbage avait une collaboratrice la mathématicienne Ada Lovelace, comtesse et fille du poète britannique Lord Byron. Elle conçoit un programme destiné à cette machine, faisant figure rétrospectivement de « première programmeuse du monde ». De plus, elle pointe que les « diagrammes » ou « programmes » établis pour faire fonctionner la machine analytique constituent un capital immatériel mais réel de connaissances. Elle montre également que la machine peut résoudre des équations algébriques ou manipuler des nombres imaginaires. Évolution des machines à calculer. En 1885, les calculateurs sont dotés de claviers qui facilitent l'entrée des données. Par la suite, l'électricité permet de motoriser les calculateurs mécaniques et de remplacer certains mécanismes, (comme les manivelles) par de l'électromécanique. Essor de l'informatique. Fin du. Le recensement de la population des États-Unis de 1880 prend sept ans (précisément sept ans deux mois et treize jours) à analyser. Un appel d'offres pour un système d'analyse plus rapide est lancé avant le recensement de 1890. Des trois offres soumises, c'est la solution d'Herman Hollerith qui est choisie car elle utilise des cartes perforées qui la rendent deux fois plus rapide que les deux autres, qui utilisent un système de cartes de couleur. Herman Hollerith travaille pour le bureau du recensement de 1890 à 1894, puis en 1896, il crée "" qui sera une des trois compagnies dont la fusion est à l'origine d'IBM. Herman Hollerith utilise pour les statistiques le principe de la carte perforée, rendu populaire par le métier à tisser de Jacquard. Calculateurs analogiques. Avant la Seconde Guerre mondiale, les ordinateurs analogiques, qu'ils soient mécaniques ou électriques, sont considérés comme le dernier cri de la technologie et beaucoup pensent qu'ils seront le futur de l'informatique. Ces ordinateurs analogiques utilisent des quantités physiques, telles que la tension, le courant ou la vitesse de rotation des axes, pour représenter les nombres. Ainsi, ils doivent être reprogrammés manuellement à chaque nouveau problème. Leur avantage par rapport aux premiers ordinateurs numériques est leur capacité à traiter des problèmes plus complexes, au moyen d'une certaine forme de parallélisme. Les "calculateurs stochastiques", où la grandeur physique est remplacée par une probabilité, paraissent sur le moment être l'avenir du calculateur analogique. Ils sont en effet bon marché, faciles à produire en masse et rapides (en particulier pour les multiplications). Mais les ordinateurs numériques, plus faciles encore à programmer, remplacent ces ordinateurs analogiques. Première génération d'ordinateurs (1936-1956). En 1936, la publication d'un article de logique mathématique, "", constitue, avec d'autres recherches fondamentales menées notamment par A. Church et K. Gödel, un cadre théorique qui intéressera plus tard les fondateurs de la science informatique. Mais il n'a guère d'influence sur la conception des premiers calculateurs programmables. La machine de Turing est une abstraction modélisant un « être calculant » pour démontrer une proposition de logique pure et n'a rien à voir avec un projet de machine. L'ère des ordinateurs modernes commence avec les grands développements de la Seconde Guerre mondiale. Les circuits électroniques, tubes à vide, condensateurs et relais remplacent leurs équivalents mécaniques et le calcul numérique remplace le calcul analogique. Les ordinateurs conçus à cette époque forment la "première génération d'ordinateurs". Vers 1954, les mémoires magnétiques (tores de ferrite pour la mémoire vive, bandes, ensuite disques amovibles puis fixes pour la mémoire de masse) supplantent toute autre forme de stockage et sont dominantes au milieu des années 1960. De nombreuses machines électromécaniques sont construites avec des capacités diverses. Elles n'ont qu'un impact limité sur les constructions à venir. Premiers calculateurs programmables. En 1938, Konrad Zuse commence la construction des premières séries-Z, des calculateurs électromécaniques comportant une mémoire et une programmation limitée. Zuse est soutenu par la Wehrmacht, qui utilise ces systèmes pour des missiles guidés. Le Z1 (ou "Versuchsmodell") ne fonctionne jamais vraiment correctement, mais donne à son inventeur l'expérience nécessaire pour développer d'autres modèles, désormais avec l'appui de l'industrie et de l'armée. Les séries-Z sont les précurseurs de nombreuses avancées technologiques telles que l'arithmétique binaire et les nombres en virgule flottante. Durant la même période, en 1938, John Vincent Atanasoff et Clifford E. Berry, de l'université de l'État de l'Iowa, développent l'ordinateur Atanasoff-Berry, un additionneur à . Cette machine a pour but de résoudre des systèmes d'équations linéaires. La mémoire est stockée à l'aide de condensateurs fixés à un tambour rotatif. En novembre 1939, John Vincent Atanasoff et Clifford E. Berry achèvent l'ABC ("Atanasoff "). Composé de lampes et de tambours pour la mémoire, il est construit pour résoudre des systèmes d'équations linéaires. Bien que n'étant pas programmable, il repose sur trois idées propres aux ordinateurs modernes : Il peut stocker de dans ses deux tambours, fonctionne à une vitesse d'horloge de et réalise par seconde. Cette petite machine expérimentale ne sera jamais opérationnelle et ses auteurs se tournent vers d'autres sujets. En 1940, aux Bell Laboratories, et Samuel Williams achèvent le "" (ou ), un calculateur à base de relais téléphoniques, et la première machine contrôlée à distance, via une ligne de téléphone, qui permet de réaliser une multiplication en une minute. En 1941, Konrad Zuse construit le Z3 utilisant de téléphone, lit les programmes sur bandes magnétiques et fonctionne parfaitement, ce qui en fait le premier calculateur programmable fonctionnel. Il utilise l'arithmétique binaire et les nombres à virgule flottante. Le Z3 peut enregistrer de , a une fréquence de et réalise quatre additions par seconde ou par minute. "A posteriori", il sera déterminé qu'il est Turing-complet, bien que rien n'indique qu'il ait été conçu pour cela (très peu de spécialistes du calcul ont entendu parler d'Alan Turing à l'époque). En 1944, le Harvard Mark I (ou l'ASCC, "") est mis au point par Howard Aiken chez IBM. C'est une machine de calcul décimal qui lit les programmes depuis une bande de papier. Elle pèse cinq tonnes et occupe une place de carrés. Elle est composée de plusieurs calculateurs qui travaillent en parallèle et réalise trois opérations sur par seconde. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni fait de grands efforts à Bletchley Park pour déchiffrer les codes des communications militaires allemands. Le principal système de chiffrement allemand, "Enigma" (et ses différentes variantes), est attaqué avec l'aide de machines appelées "bombes", créées par les services secrets polonais et améliorées par les Britanniques, qui permettent de trouver les clés de chiffrement après que d'autres techniques en ont réduit le nombre possible. Les Allemands créent également une autre série de systèmes de chiffrement (appelés FISH par les Britanniques) très différents d'Enigma. Pour casser ces systèmes, le professeur Max Newman et ses collègues développent "Colossus". Il n'est pas Turing-complet. À la fin de la guerre, du fait de leur importance stratégique, la plupart des exemplaires sont détruits, le reste continuant à servir dans le plus grand secret. En 1945, le Z4 de Konrad Zuse est achevé et l'ETH de Zurich loue et utilise cette machine de 1950 à 1955. "Colossus" est la première machine totalement électronique, elle utilise uniquement des tubes à vide et non des relais. Elle en compte et lit des rubans perforés à la vitesse de par seconde. "Colossus" implémente les branchements conditionnels. Neuf machines sont construites sur le modèle Mk II ainsi qu'une dixième lorsque la seule est convertie en . L'existence de cette machine est tenue secrète jusque dans les années 1970, ce qui explique pourquoi de nombreuses histoires de l'informatique n'en font pas mention. Winston Churchill aurait personnellement donné l'ordre de leur destruction en pièces de moins de vingt centimètres pour conserver le secret. Une copie de cette machine est reconstituée en 1994-1995 et fonctionne, aujourd'hui exposée au musée historique de Bletchley Park. Premiers ordinateurs. En septembre 1945, Presper Eckert et John William Mauchly achevèrent l'ENIAC ("Electronic Numerical Integrator and Computer"), gros calculateur entièrement électronique. Il avait été commandé en 1943 par l'armée américaine afin d'effectuer les calculs de balistique. L'ENIAC utilisait des tubes à vide (au nombre de ) et faisait ses calculs en système décimal. Malgré la véhémence de ses détracteurs qui auguraient de sa fragilité (celles des tubes à vide), il était très fiable pour l'époque et pouvait calculer plusieurs heures entre deux pannes. La machine est également célèbre pour ses dimensions physiques imposantes : elle pesait plus de , occupait et consommait une puissance de . Elle tournait à , était composée de fonctionnant en parallèle et pouvait effectuer ou par seconde. À partir de 1948 apparurent les premières machines à architecture de von Neumann : contrairement à toutes les machines précédentes, les programmes étaient stockés dans la même mémoire que les données et pouvaient ainsi être manipulés comme des données. La première machine utilisant cette architecture était le (SSEM) construit à l'université de Manchester la même année. Le SSEM fut suivi en 1949 par le Manchester Mark I qui inaugura un nouveau type de mémoire composée de tubes cathodiques. La machine était programmée avec le programme stocké en mémoire dans un tube cathodique et les résultats étaient lus sur un deuxième tube cathodique. Parallèlement, l'université de Cambridge développa l'EDSAC, inspiré des plans de l'EDVAC, le successeur de l'ENIAC. Contrairement à l'ENIAC qui utilisait le calcul en parallèle, l'EDVAC et l'EDSAC possédaient une seule unité de calcul. Il utilisait un type de mémoire différent du Manchester , constitué de lignes à retard de mercure. L'EDSAC tournait à une vitesse d'horloge de . ils sont dits de type von Neumann. En 1950 naquit le premier ordinateur soviétique, le MESM (МЭСМ en russe, abréviation de "Malaïa Elektronnaïa tchetnaïa Machina", « petit calculateur électronique »), sous la direction de Sergueï Lebedev à l'Institut d'électrotechnologie de Kiev. Il était composé de à vide, consommait et réalisait . En février 1951, le premier modèle de Ferranti Mark I, version commerciale du Manchester Mark I et premier ordinateur commercial de l'histoire, est vendu. Il s'en vendra neuf jusqu'en 1957. Quatre mois plus tard, P. Eckert et J. Mauchly de Remington Rand commercialisèrent l'UNIVAC I ("Universal Automatic Computer"). Contrairement aux machines précédentes, il ne lisait pas des cartes perforées mais des cassettes métalliques. Il possédait à vide, avait une mémoire à lignes à retard de mercure de de et consommait . Il exécutait ou par seconde. furent vendus au total, à plus d'un million de dollars l'unité. En avril 1952, IBM produit son premier ordinateur scientifique, l'IBM 701, pour la défense américaine. L'IBM 701 utilisait une mémoire à tubes cathodiques (tubes de William) de de . Il effectuait ou par seconde. seront installées au total. La même année, IBM est contacté pour mettre en chantier la production des ordinateurs du réseau SAGE. Une cinquantaine de machines, portant le nom AN/FSQ7, sera produite. Chaque machine comportait , pesait et consommait . En juillet 1953, IBM lance l'IBM 650, ordinateur commercial (ou de gestion). Réalisé à partir de tubes à vide, l'IBM 650 avait une mémoire à tambour de de dix chiffres décimaux, mais il était relativement lent. Il se présentait en deux modules de , l'un de contenant l'ordinateur, l'autre de contenant son alimentation électrique. Il coûtait ou pouvait être loué par mois. Environ furent produites jusqu'en 1962. En 1954, la Société d'électronique et d'automatisme (SEA) livre son premier ordinateur, CAB 1011, au service français du Chiffre. D'autres suivront : CUBA pour le Laboratoire central de l'Armement, CAB 2000 et 3000. En avril 1955, IBM lance l'IBM 704, ordinateur scientifique (son pendant commercial sera le 705) capable aussi de calculer sur des nombres à virgule flottante. L'architecture du 704 a été significativement améliorée par rapport au 701. Il utilisait une mémoire à tores de ferrite de de , bien plus fiable et plus rapide que les tubes cathodiques et les autres systèmes utilisés jusqu'alors. D'après IBM, le 704 pouvait exécuter . seront vendues jusqu'en 1960. Deuxième génération (1957-1965). La deuxième génération d'ordinateurs est basée sur l'invention du transistor en 1947. Cela permit de remplacer le fragile et encombrant tube électronique par un composant plus petit et fiable. Les ordinateurs composés de transistors sont considérés comme la deuxième génération et ont dominé l'informatique dans la fin des années 1950 et le début des années 1960. Toutefois la notion de « génération », qui est à l'origine un argument commercial, est contestée par les historiens : elle ne tient compte que des technologies de l'unité logique, non des mémoires, de l'architecture ou de la programmation. En 1955, Maurice Wilkes inventa la microprogrammation, désormais universellement utilisée dans la conception des processeurs. Le jeu d'instructions du processeur est défini par ce type de programmation. En 1956, IBM sortit le premier système à base de disque dur, le Ramac 305 ("Random Access Method of Accounting and Control"). L'IBM 350 utilisait 50 disques de 24 pouces en métal, avec 100 pistes par face. Il pouvait enregistrer cinq mégaoctets de données et coûtait par mégaoctet. Le premier langage de programmation universel de haut niveau à être implémenté, le Fortran "(mathematical FORmula TRANslating system)," fut aussi développé chez IBM sur la période 1954-1957 par l'équipe de John Backus, prix Turing 1977 (le "Plankalkül", langage de haut niveau développé par Konrad Zuse en 1945 n'avait pas encore été implémenté à cette époque). En 1958, la Compagnie des Machines Bull (France) annonce Le Gamma 60, livré en une quinzaine d'exemplaires à partir de 1960 : "Premier ordinateur multitâches dans le monde" et l'un des premiers à comporter plusieurs processeurs (voir multiprocesseur), cet ordinateur transistorisé présente cependant de graves défauts de conception, typiques d'une machine expérimentale. Comme la plupart des ordinateurs de son temps, il comporte diverses unités d'entrée et de sortie : bandes magnétiques, lecteurs de cartes, perforateurs de cartes, imprimantes, lecteurs de bande papier, perforateurs de bande papier. En 1959, IBM lança l'IBM 1401 (commercial), qui utilisait des cartes perforées. Il fut le premier ordinateur vendu à plus de . Il utilisait une mémoire magnétique de (étendue plus tard à ). En 1960, IBM lança l'IBM 1620 (scientifique). Il écrivait à l'origine sur des rubans perforés, mais évolua rapidement pour utiliser des lecteurs de cartes perforées comme le "1442". unités furent vendues. Il utilisait une mémoire magnétique de décimaux. Un exemplaire opérationnel fut longtemps présent au Palais de la découverte. La même année, Digital Equipment Corporation (DEC) lança le PDP-1 ("Programmed Data Processor"). Le PDP-1 était le premier ordinateur interactif et a lancé le concept de mini-ordinateur. Il avait une vitesse d'horloge de et pouvait stocker de 18 bits. Il effectuait par seconde. Vendu pour seulement environ, il était l'un des premiers ordinateurs accessibles sur le simple budget d'un (gros) service sans remonter à la direction générale. En 1960, la Société d'électronique et d'automatisme (SEA) commercialise la CAB500, véritable ordinateur personnel. Ses caractéristiques – interactivité, souplesse d'emploi, compacité et faible prix – la différencient des mainframes de l'époque. Le travail de l'utilisateur est facilité par le langage Programmation automatique des formules (PAF), qui traduit les fonctions explicites en langage machine. Plus d'une centaine d'exemplaires sont commercialisés, notamment dans les universités ou les écoles d'ingénieurs, et contribuent à former la première génération d'informaticiens français. En 1960, la société française Serel sort le modèle OA-1001, une machine en 18 bits +signe +parité, , , purement binaire dédiée au contrôle de processus ou aux calculs scientifiques. Elle est bientôt suivie par une version plus petite le Serel ODP-505, trois fois plus rapide. Troisième génération (1963-1971). Premiers ordinateurs à circuits intégrés. La troisième génération d'ordinateurs est celle des ordinateurs à circuit intégré qui ont été inventés par Jack Kilby en 1958. C'est à partir de cette date que l'utilisation de l'informatique a explosé. Les premiers ordinateurs utilisant les circuits intégrés sont apparus en 1963. L'un de leurs premiers usages a été dans les systèmes embarqués, notamment par la NASA dans l'ordinateur de guidage d'Apollo et par les militaires dans le missile balistique intercontinental LGM-30. Le circuit intégré autorise alors le développement d'ordinateurs plus compacts que l'on appelle les mini-ordinateurs. En 1964, IBM annonça la série 360, première gamme d'ordinateurs compatibles entre eux et première gamme aussi à couvrir l'ensemble des domaines d'applications commerciales et scientifiques. Plus de furent vendus jusqu'en 1970, date où on les remplaça par la série 370 beaucoup moins chère à puissance égale (mémoires bipolaires à la place des mémoires à tores magnétiques). En 1965, DEC lance le PDP-8, machine bien moins encombrante destinée aux laboratoires et à la recherche. Avec une mémoire de de fonctionnant à il pouvait effectuer par seconde. Le PDP-8 se taille rapidement une place de choix dans les laboratoires, aidé par son langage "FOCAL" facile à maîtriser. En 1966, Hewlett-Packard entre dans le domaine des mini-ordinateurs « universels » avec son HP-2116 fonctionnant avec une mémoire à tores. Celui-ci supportait de nombreux langages, dont l'Algol et le Fortran, « comme les grands », et le BASIC y sera adjoint plus tard. En 1966, le gouvernement français lance le Plan Calcul destiné à assurer l'indépendance du pays en matière d'ordinateurs. En 1969, Data General vend Nova à l'unité. Le Nova était dans les premiers mini-ordinateurs . La version "Supernova" qui lui succédera en 1971 effectuait une multiplication en "une microseconde". Le processeur principal était contenu sur un circuit imprimé de . Dans le même temps, grâce à une politique de mise en commun gratuite de logiciels particulièrement innovateurs (et vue aujourd'hui comme l'ancêtre de l'open source), À la même époque, Phillips (marque hollandaise de produits grand public) lance une série d'ordinateurs du type « 360 » pour concurrencer IBM. Ils sont plus rapides et largement aussi fiables (c'est-à-dire assez peu), mais comme ils utilisent un système d'exploitation spécifique, ils disparaissent rapidement du marché. Siemens et tentent de supplanter IBM sur ce créneau du « 360 » mais sans grand succès. Seuls Control-Data et Cray réussissent à rivaliser avec les haut de gamme d'IBM dans les années 1970-1980. « Mini-ordinateurs », à partir de 1972. Le mini-ordinateur est une innovation des années 1970, qui devient significative vers la fin de celles-ci. Il apporte la puissance de l'ordinateur à des structures décentralisées, non seulement grâce à un encombrement plus commode, mais également en élargissant le nombre de constructeurs d'ordinateurs. En 1972, le réseau Cyclades français est développé à l'IRIA avec le soutien de la Délégation à l'informatique, dans le cadre du Plan Calcul. Parallèlement, la CII présente sa . Ces réseaux numériques permettent de partager les ressources informatiques des centres universitaires et de grandes organisations comme EDF ou le Commissariat à l'énergie atomique : on commence à parler de calcul distribué. À partir de là, la conception du grand système est concurrencée par les mini-ordinateurs en réseau, comme le DEC PDP-8, le Mitra 15 puis le Mini 6. Aux États-Unis, IBM et DEC créent les architectures SNA et DECnet, en profitant de la numérisation du réseau d'AT&T (voir Réseau téléphonique commuté). En 1972, Hewlett-Packard lance le HP 3000, mini-ordinateur de gestion fonctionnant en multi-tâches temps réel et multi-utilisateur, suivi en 1974 d'ordinateurs techniques et de contrôle de processus multi-tâches temps réel la série 21MX. L'intégration de circuits intégrés à grande échelle conduisit au développement de processeurs très petits, comme celui qui analyse les données de vol dans les avions F14A Tomcat de l'US Navy. On ignorait alors encore que l'explosion à distance d'une charge nucléaire les rendrait instantanément inopérants (effet EMP). En 1973, le "TV Typewriter" de Don Lancaster permit le premier d'afficher des informations alphanumériques sur une télévision ordinaire. Il était composé de de composants électroniques, incluait deux cartes mémoires et pouvait générer et stocker 512 caractères. Une cassette optionnelle fournissait une capacité de de textes supplémentaires. Clive Sinclair se basera plus tard sur cette approche pour construire son Sinclair ZX80. Dans les années 1970, IBM a sorti une série de mini-ordinateurs, la série 3 : 3/6, 3/8, 3/10, 3/12, 3/15. Ensuite, dans les années 1980, la série 30 : 32, 34, 36, 38. Une troisième série a succédé à la série 30 : les AS/400. La première version du système d'exploitation n'était qu'une évolution de celui du 38. Le but était de ne conserver qu'un seul système d'exploitation pour l'ensemble de la gamme mini. Il était capable d'émuler les 34 et les 36. Dans les années 1980, DEC devint le deuxième fabricant d'ordinateurs derrière IBM (avec un chiffre d'affaires représentant le cinquième de celui-ci) grâce à ses ordinateurs populaires PDP (surtout le PDP-11 (1970-1993), première machine de DEC à utiliser des mémoires de 16 bits et non de 12, et machine "sur" laquelle et "pour" laquelle fut développé le langage C) et VAX, qui apportera le confort du système VMS. Quatrième génération (1971 à la fin des années 1980). Une définition non universellement acceptée associe le terme de quatrième génération à l'invention du microprocesseur par Marcian Hoff et Federico Faggin (physicien et inventeur italien, spécialisé en physique du solide). En pratique et à la différence des autres changements de génération, celle-ci constitua plus une évolution (presque passée inaperçue) qu'une révolution : les circuits s'étaient miniaturisés de plus en plus depuis l'invention du circuit intégré. C'est pour cette raison que certains considèrent que les générations sont devenues des questions de "type de logiciel" : On peut aussi considérer que la notion de « générations » est un concept marketing, lancé en 1964 par IBM, et n'a aucun intérêt historique : il ne tient compte ni des technologies de mémoire (tambours magnétiques, tores de ferrite…), ni des périphériques, ni de l'évolution du logiciel. Surtout, il n'explique rien de la logique de développement de ces techniques. Aujourd'hui, on peut considérer que l'immense majorité des ordinateurs relèvent toujours de la "4e génération", qui serait donc à elle seule plus longue que les trois précédentes ! Microprocesseurs. Le 15 novembre 1971, Intel dévoile le premier microprocesseur commercial, le 4004. Il a été développé pour Busicom, un constructeur japonais. Un microprocesseur regroupe la plupart des composants de calcul (horloge et mémoire mises à part pour des raisons techniques) sur un seul circuit. Couplé à un autre produit, la "puce mémoire", le microprocesseur permet une diminution nouvelle des coûts. Le 4004 ne réalisait que par seconde, mais la puissance de ses successeurs répondit à la loi de Moore. Super-calculateurs. Les "superordinateurs" intégrèrent aussi souvent des microprocesseurs. En 1976, le Cray-1 fut développé par Seymour Cray, qui avait quitté Control Data en 1972 pour créer sa propre société. C'était l'un des premiers ordinateurs à mettre en pratique le traitement vectoriel, qui appliquait la même instruction à une série consécutive d'opérandes (évitant ainsi des coûts de décodage répétés). Le Cray-1 pouvait calculer 150 millions d'opérations à virgule flottante par seconde. 85 exemplaires furent vendus à cinq millions de dollars l'unité. Parmi ses clients en France : l'École polytechnique (simulations et calculs numériques) ; Michelin (étude de résistance des pneumatiques par la méthode des éléments finis) ; Peugeot (simulations intensives de déformations de l'habitacle d'une voiture en cas de choc frontal ou latéral). En 2010, la hiérarchie s'est modifiée avec l'arrivée des constructeurs asiatiques et surtout chinois : Le TERA-100 (construit par le fabricant français Bull pour le Commissariat à l'énergie atomique est classé en première position en Europe et sixième en position mondiale (puissance de ) Contrôleurs de communication. Eux aussi bénéficièrent de l'usage des microprocesseurs et l'on peut même dire que la "généralisation des réseaux informatiques" n'a été possible que par l'invention des microprocesseurs. Les contrôleurs 3745 (IBM) utilisaient intensivement cette technologie. Dans le même temps, aux États-Unis, la compagnie AT&T se rendit compte qu'avec tous ses standards téléphoniques interconnectés, elle se trouvait sans l'avoir cherché disposer du "plus grand réseau d'ordinateurs des États-Unis" (un standard téléphonique, depuis l'invention des microprocesseurs, tient beaucoup plus de l'ordinateur que du dispositif câblé, et nombre d'entre eux se commandent en UNIX). Ordinateur personnel. En janvier 1973 est présenté le premier micro-ordinateur, le Micral conçu par François Gernelle de la société R2E dirigée par André Truong Trong Thi. Basé sur le premier microprocesseur, l'Intel 8008 8 bits, ses performances en font le plus petit ordinateur moderne de l'époque (, mémoire RAM de en version de base), correspondant à son prix : , soit le prix d'un bon portable d'aujourd'hui. La machine a été développée pour un laboratoire d'agronomie qui ne pouvait s'offrir un mini-ordinateur DEC PDP-8. Elle est rapidement mise en production industrielle, annoncée dans la presse professionnelle française et américaine, présentée au Sicob et vendue pour équiper des installations chimiques ou des péages d'autoroute. De nouvelles versions seront développées ensuite, au total une vingtaine de machines multi-utilisateurs, parfois multiprocesseurs, sous systèmes d'exploitation temps réel Prologue et CP/M. Le succès nécessitant de nouveaux capitaux, R2E passe sous le contrôle de Bull à partir de 1978. En 1982, la conversion de Bull à la compatibilité IBM provoque le départ de l'ancienne équipe R2E, qui fonde de nouvelles entreprises de micro-informatique. Au Sicob 1973 est également apparu un micro-ordinateur allemand. Le DIEHL Alphatronic utilise lui aussi le microprocesseur Intel 8008. Il comprend une unité centrale équipée d'un Intel 8008 ( extensible à ), d'un lecteur enregistreur de mini-cassette magnétique et d'une imprimante à boule IBM. Il ne comportait pas d'écran. La programmation en mini-basic était visualisée sur une mini imprimante (bande papier en rouleau). Prix de vente de l'ensemble . Présenté en avril 1974, le processeur Intel 8080 conduit à la première vague d'ordinateurs personnels, à la fin des années 1970. La plupart d'entre eux utilisait le bus S-100 et le système d'exploitation CP/M-80 de Digital Research. CP/M-80 était le premier système d'exploitation à être utilisé par plusieurs fabricants d'ordinateurs différents, et de nombreux logiciels furent développés pour lui. Le système MS-DOS de Microsoft, acheté par Microsoft à Tim Paterson de la société Seattle Computer Products (qu'il avait appelé QDOS pour "") s'en inspira fortement (en inversant l'ordre de certains opérandes pour ne pas encourir de procès, ce qui provoqua quelques catastrophes chez ceux qui utilisaient les deux systèmes). En janvier 1975, sort l'Altair 8800. Développé par des amateurs, frustrés par la faible puissance et le peu de flexibilité des quelques ordinateurs en kit existant sur le marché à l'époque, c'est certainement le premier ordinateur personnel en kit produit en masse. Il est le premier ordinateur à utiliser un processeur Intel 8080. L'Altair inaugura le bus S-100. C'est un énorme succès et sont vendues. L'Altair inspire le développement de logiciels à Bill Gates et Paul Allen, qui développent un interpréteur BASIC pour cette machine. En 1975 sort aussi l'IBM 5100, machine totalement intégrée avec son clavier et son écran, qui se contente d'une prise de courant pour fonctionner. Toujours en 1975, le fabricant de terminaux programmables TRW se rend compte que son terminal Datapoint 2200 à disquettes (de huit pouces) "est" un ordinateur si on l'équipe d'un langage évolué (BASIC) et d'un système d'exploitation (CP/M), et commence à le commercialiser comme tel, en inventant le premier réseau local pour micros : "ARCnet". Ce système, commercialisé en France par Matra, ne sera cependant jamais proposé au grand public. De nombreux amateurs tentent à cette époque de créer leurs propres systèmes. Ces passionnés se rencontrent lors de réunions au Homebrew Computer Club, où ils montrent leurs réalisations, comparent leurs systèmes et échangent des plans ou des logiciels. Certains de ces amateurs s'intéressent à construire quelque chose de prêt à l'emploi que Monsieur tout le monde puisse s'offrir. En 1976, Steve Wozniak, qui fréquentait régulièrement le Homebrew Computer Club, conçoit l'Apple I, doté d'un processeur MOS Technologie 6502 à . Il vend avec Steve Jobs environ 200 machines à l'unité. Il est doté d'un microprocesseur et d'un clavier. En 1977 sort l'Apple II. Malgré son prix élevé (environ ), il prend rapidement l'avantage sur les deux autres machines lancées la même année, le TRS-80 et le Commodore PET, pour devenir le symbole du phénomène de l'ordinateur personnel. D'une très grande qualité, l'Apple II a de gros avantages techniques sur ses concurrents : il dispose d'une architecture ouverte, d'un lecteur de disquettes, et utilise des graphismes en couleur. Grâce à l'Apple II, Apple domine l'industrie de l'ordinateur personnel entre 1977 et 1983. Plus de deux millions d'Apple II sont vendus. En 1978, devant le succès de l'Apple II, IBM décide de renouer avec le marché de l'ordinateur personnel (le marché avait trouvé le 5100 trop lent, le 5110 trop lourd physiquement et le System 23 Datamaster – créé pour faire pendant au TRW-2200 – n'avait pas bénéficié d'un support marketing suffisant à l'époque). Frank Cary confie une équipe, un budget et donne carte blanche à Don Estridge. En août 1981 sort l'IBM PC (""), qui utilise un processeur Intel 8088 à et peut fonctionner avec deux systèmes d'exploitation différents : PC-DOS et CP/M-86. L'UCSD p-System sera également utilisable, mais non supporté par IBM. Microsoft s'est réservé, contre réduction de la facture à IBM, le droit de commercialiser sa propre version du PC-DOS pour d'autres ordinateurs de marque non-IBM, qui sera nommée le MS-DOS. Cela permettra à Microsoft de prendre de plus en plus de place dans les logiciels pour PC, jusqu'à évincer IBM. L'ordinateur le plus vendu de tous les temps est le Commodore 64, dévoilé par Commodore International en . Il utilise un processeur MOS Technology 6510 à et coûte . Il avait un écran et possédait un bon générateur de son programmable, le SID. Entre 17 et d'unités sont vendues jusqu'en 1993. À cette époque apparaissent les premiers « clones » compatibles, comme le Franklin 1000 compatible avec l'Apple II et le premier compatible PC lancé par Compaq en . Cette concurrence sur le marché des ordinateurs personnels permet de faire baisser les prix et de rendre ces machines populaires. En 1982, Intel lance l'Intel 80286, utilisé par IBM en 1984 dans le PC/AT. À cette époque le PC devient l'architecture dominante sur le marché des ordinateurs personnels. En 1983, Apple lance le Lisa, le premier ordinateur personnel doté d'une interface graphique. Le Lisa utilisait un processeur Motorola 68000, un disque dur de , deux lecteurs de disquette et de RAM. Son interface graphique s'inspirait de celle du Xerox Star. Malgré son caractère révolutionnaire pour l'époque, ce fut un échec commercial, principalement à cause de son prix élevé () et de sa relative lenteur. Le , Apple lance le Macintosh, le premier micro-ordinateur à succès utilisant une souris et une interface graphique. Il reprenait plusieurs caractéristiques du Lisa, comme le processeur Motorola 68000, mais pour un prix bien plus abordable : , grâce à l'abandon de quelques fonctionnalités du Lisa comme le multitâche. Il était fourni avec plusieurs applications utilisant la souris, comme MacPaint et MacWrite. En 1985 apparaissent deux autres gammes d'ordinateurs utilisant une souris et une interface graphique en couleurs : l'Atari ST, qui connait un grand succès dans le monde musical en raison de la présence d'une interface MIDI, et le Commodore Amiga, dont les capacités sonores et d'animation graphique permettront la programmation de jeux vidéo de qualité supérieure sur ordinateur personnel jusque dans les années 1990. Atari et Commodore disparaissent dans la première moitié des années 1990. Apple perd peu à peu des parts de marché pour se stabiliser à environ 4 % des ventes d'ordinateurs dans les années 2000. Ce, malgré le succès de l'iMac, premier ordinateur conçu par des designers, qui s'écoule à plus de six millions d'exemplaires. Apple reste cependant le seul fabricant proposant une gamme d'ordinateurs grand public ne faisant pas partie des compatibles PC. Parallèlement, le compatible PC s'impose progressivement au grand public, à travers des assembleurs tels Hewlett-Packard, Compaq, Dell et NEC. Années 1990. Les années 1990 ont été marquées par la préparation à la correction du problème de l'an 2000 (ou « bug de l'an 2000 », appelé "Y2K" dans le monde anglophone), qui affectait de nombreux logiciels, système d'exploitation compris, qui, pour cause de place mémoire disponible, codaient les dates avec deux chiffres (par exemple 99 pour 1999), de sorte qu'au passage à l'an 2000, le codage des dates allait revenir à 00 et être interprétées comme l'année 1900. La résolution de ce problème s'est faite soit par la conversion des logiciels, sans changement du matériel, soit aussi par le remplacement complet du matériel et du logiciel, en profitant des progrès techniques de diminution de taille des ordinateurs rendus possibles par la miniaturisation des composants (""). Cela a permis de remplacer les logiciels spécifiques affectés par le problème, par des logiciels ou des progiciels le plus souvent sous Unix avec des ordinateurs de taille réduite. Cette décennie a aussi été marquée par l'ouverture d'Internet au commerce, fin 1992, puis par l'expansion du . La convergence de l'informatique, d'Internet et des télécommunications est décrite par une nouvelle expression, les « technologies de l'information et de la communication » (TIC), ou « techniques de l'information et de la communication » selon la DGLFLF. Leur expansion a entraîné une . Avec Internet s'ouvre surtout un nouveau chapitre, non seulement de l'histoire de l'informatique, mais aussi de l'économie mondiale : numérisation de l'économie (biens et services), délocalisation, « uberisation », ces termes expriment à la fois des bouleversements de l'économie et des inquiétudes socio-politiques. Ordi-phones. Avec les progrès de la miniaturisation, le premier « smartphone », l'IBM Simon, fut conçu en 1992 puis commercialisé en août 1994. Ensuite se sont développés les PDA (Personal Digital Assistants), comme le Psion ou le Palm Pilot et surtout le Blackberry, qui combinaient les fonctions d'agenda électronique, de bloc-note, de téléphone et de terminal Internet. Le terme "PDA" a été ensuite remplacé par "smartphone". L'année 2001 a vu le lancement du WA3050 de Sagem qui fut l'un des premiers à combiner les fonctions d'un téléphone mobile et d'un PDA tactile. Il était compatible avec la nouvelle norme de l'époque, le GPRS. En 2014, La 4G est présente dans plusieurs dizaines de pays dont la France. Les principaux fabricants de téléphones se lancent dans l'aventure (comme Nokia, le leader à cette époque, LG ou Samsung), ainsi que de nouvelles sociétés spécialisées dans les smartphones (comme Research In Motion avec le BlackBerry). L'OS de référence est alors Symbian utilisé principalement par Nokia et Ericsson. Ces constructeurs européens seront ensuite balayés par la concurrence chinoise, coréenne et américaine. Arts et littérature. Les années 1971 à 1975, marquées par de nouvelles générations d'ordinateurs et par les prémices d'Internet, avec en particulier le développement des réseaux d'ordinateurs en France et aux Etats-Unis, comme Arpanet et le Réseau Cyclades, dans un contexte technologique marqué une très forte innovation, en particulier dans la mise en réseau des ordinateurs, est évoquée sur le ton de l'humour et de l'enquête dans "Comédies Françaises", un roman d’Eric Reinhardt publié en 2020, qui évoque l'arrêt du Réseau Cyclades, promu par le Plan Calcul français, basé sur une technologie de Datagramme à la base des premiers développements d'Internet. Le roman raconte, sous le prisme de l'enquête d'un jeune journaliste de l'AFP, âgé de 27 ans, comment Ambroise Roux patron de la CGE a fait jour un lobbying réussi pour convaincre le président de la République français Valéry Giscard d'Estaing de mettre fin en 1974-1975 au Plan Calcul, au consortium européen Unidata, à la Délégation Générale à l'Informatique, et au Réseau Cyclades. |
Horus Horus (de l'égyptien "Hor" / "Horou") est l'une des plus anciennes divinités égyptiennes. Les représentations les plus communes le dépeignent comme un faucon couronné du pschent ou comme un homme hiéracocéphale. Son nom signifie « le Lointain » en référence au vol majestueux du rapace. Son culte remonte à la préhistoire égyptienne. La plus ancienne cité à s'être placée sous son patronage semble être Nekhen, la « Ville du Faucon » (Hiérakonpolis). Dès les origines, Horus se trouve étroitement associé à la monarchie pharaonique en tant que dieu protecteur et dynastique. Les "Suivants d’Horus" sont ainsi les premiers souverains à s'être placés sous son obédience. Aux débuts de l’époque historique, le faucon sacré figure sur la palette du roi Narmer et, dès lors, sera constamment associé au pouvoir royal. Dans le mythe le plus archaïque, Horus forme avec Seth un binôme divin caractérisé par la rivalité, chacun blessant l'autre. De cet affrontement est issu Thot, le dieu lunaire, considéré comme leur fils commun. Vers la fin de l'Ancien Empire, ce mythe est réinterprété par les prêtres d'Héliopolis en intégrant le personnage d'Osiris, l'archétype du pharaon défunt divinisé. Cette nouvelle théologie marque l'apparition du mythe osirien où Horus est présenté comme le fils posthume d'Osiris né des œuvres magiques d'Isis, sa mère. Dans ce cadre, Horus joue un rôle majeur. En tant que fils attentionné, il combat son oncle Seth, le meurtrier de son père, le défait et le capture. Seth humilié, Horus est couronné pharaon d'Égypte et son père intronisé roi de l'au-delà. Cependant, avant de pouvoir combattre vigoureusement son oncle, Horus n'est qu'un être chétif. En tant que dieu-enfant (Harpocrate), Horus est l'archétype du bambin soumis à tous les dangers de la vie. Frôlant la mort à plusieurs reprises, il est aussi l'enfant qui, toujours, surmonte les difficultés de l'existence. À ce titre, il est un dieu guérisseur et sauveur très efficace contre les forces hostiles. Outre ses traits dynastiques et royaux, Horus est une divinité cosmique, un être fabuleux dont les deux yeux sont le Soleil et la Lune. L'œil gauche d'Horus, ou Œil oudjat, est un puissant symbole associé aux offrandes funéraires, à Thot, à la Lune et à ses phases. Cet œil, blessé par Seth et guéri par Thot, est l'astre nocturne qui constamment disparaît et réapparaît dans le ciel. Sans cesse régénérée, la lune est la mise en abîme d'une renaissance pour tous les défunts égyptiens. Sous ses multiples aspects, Horus est vénéré dans toutes les régions égyptiennes. À Edfou, un des plus beaux temples ptolémaïques, le dieu reçoit la visite annuelle de la statue de la déesse Hathor de Dendérah et forme, avec Harsomtous, une triade divine. À Kôm Ombo, Horus l'Ancien est associé à Sobek, le dieu crocodile. Fort de cette renommée, le culte d'Horus s'est exporté hors d'Égypte, plus particulièrement en Nubie. À partir de la Basse époque, grâce aux cultes isiaques, la figure d'Harpocrate s'est largement popularisée à travers tout le bassin méditerranéen sous influence hellénistique puis romaine. Présentation. Dieu faucon. Horus est l'une des plus anciennes divinités égyptiennes. Ses origines se perdent dans les brumes de la préhistoire africaine. À l'instar des autres principales déités du panthéon égyptien, il est présent dans l'iconographie dès le quatrième millénaire avant notre ère. La dénomination contemporaine d'Horus est issue du théonyme grec ("") élaboré au cours du premier millénaire avant notre ère au moment de la rencontre des cultures égyptienne et grecque. Ce théonyme est lui-même issu de l'égyptien ancien "Hor" qui étymologiquement signifie « le lointain », « le supérieur ». L'écriture hiéroglyphique ne restituant pas les voyelles, l'exacte prononciation égyptienne n'est plus connue, probablement "Horou" ou "Hârou". Dans la langue proto-égyptienne, Horus devait désigner le faucon d'où son idéogramme. Dès la période protodynastique (aux alentours de 3300 avant notre ère), le hiéroglyphe du faucon "Hor" désigne aussi le souverain, qu'il soit en exercice ou défunt, et peut même équivaloir au mot "netjer", « dieu », avec toutefois une connotation de souveraineté. Dans les "Textes des pyramides", l'expression ", « Horus dans le rayonnement », désigne ainsi le roi défunt, devenu un dieu parmi les dieux à son entrée dans l'au-delà. En Égypte antique, plusieurs espèces de faucons ont coexisté. Les représentations de l'oiseau d'Horus étant le plus souvent très stylisées, il est assez difficile de l'identifier formellement à une espèce en particulier. Il semble toutefois que l'on puisse y voir une image du faucon pèlerin ("). Ce rapace de taille moyenne et au cri perçant est réputé pour sa rapidité en piqué lorsque, du haut du ciel, il fond sur ses petites proies terrestres. Ce faucon présente aussi la particularité d'avoir des plumes sombres sous les yeux (la « moustache » selon les ornithologues) qui dessinent une sorte de croissant. Cette marque distinctive n'est pas sans rappeler le graphisme de l'œil oudjat associé à Horus et aux autres dieux Hiéracocéphales. Iconographie. La divinité d'Horus se manifeste dans l'iconographie de multiples façons. Dans la plupart des cas, il est représenté comme un faucon, comme un homme à tête de faucon ou, pour évoquer sa jeunesse, comme un jeune enfant nu et chauve. La forme animale est la plus ancienne. Jusqu'à la fin de la période protodynastique, les animaux, dont le faucon, apparaissent comme étant bien plus efficaces et bien supérieurs aux hommes. De ce fait, les puissances divines sont alors exclusivement figurées sous une forme animale. Le faucon et son majestueux vol planant dans le ciel ont été manifestement interprétés comme la marque ou le symbole du Soleil, son nom « le Lointain » faisant référence à l'astre diurne. Vers la fin de la , aux alentours de -2800, en parallèle au développement de la civilisation égyptienne (diffusion de l'agriculture, de l'irrigation et de l'urbanisme), la mentalité religieuse s'infléchit et les forces divines commencent à s'humaniser. À cette époque apparaissent les premiers dieux entièrement anthropomorphes et momiformes (Min et Ptah). Concernant Horus, durant les deux premières dynasties, la forme animale reste la règle. Les premières formes composites (hommes à tête animale) font leur apparition à la fin de la et, en l'état des connaissances, la plus ancienne représentation connue d'Horus en homme hiéracocéphale date de la . Elle figure sur une stèle à présent conservée au Musée du Louvre où le dieu est montré en compagnie du roi Houni-Qahedjet.). Parmi les plus célèbres représentations figure un fragment d'une statue conservée au Musée égyptien du Caire et montrant Khéphren assis sur son trône (). Le faucon est debout sur le dossier du siège et ses deux ailes ouvertes enveloppent la nuque royale afin de signifier sa protection. Dans le même musée est conservée la statue en or de l'Horus de Nekhen. Sa datation est discutée : ou . Il ne subsiste plus que la tête du falconidé coiffée d'une couronne constituée de deux hautes plumes stylisées. Ses yeux en pierre d'obsidienne imitent le regard perçant de l'oiseau vivant. Le Musée du Louvre présente à l'entrée de ses collections égyptiennes une statue d'Horus d'environ un mètre de haut, datée de la Troisième Période intermédiaire. Le Metropolitan Museum of Art de New York possède quant à lui une statuette où le roi de la , dernier pharaon de l'Égypte indépendante, est montré petit et debout entre les pattes d'un majestueux faucon couronné du pschent. Un dieu complexe. Le panthéon égyptien compte un grand nombre de dieux faucons ; Sokar, Sopdou, Hemen, Houroun, Dédoun, Hormerty. Horus et ses multiples formes occupent toutefois la première place. Dieu à multiples facettes, les mythes qui le concernent s'enchevêtrent. Il est toutefois possible de distinguer deux aspects principaux : une forme et une forme adulte. Dans sa pleine puissance guerrière et sa maturité sexuelle, Horus est Horakhty, le soleil au zénith. À Héliopolis, en tant que tel, il est vénéré concurremment avec Rê. Dans les "Textes des pyramides", le pharaon défunt ressuscite sous cette apparence de faucon solaire. Par un syncrétisme fréquent dans la religion égyptienne, Horakhty fusionne avec le démiurge héliopolitain, sous la forme de Rê-Horakhty. À Edfou, il est Horbehedety, le soleil ailé des temps primordiaux. À Kôm Ombo, il est Horus l'Ancien (Haroëris), un dieu céleste imaginé comme un immense faucon dont les yeux sont le Soleil et la Lune. Quand ces astres sont absents du ciel, cet Horus est dit aveugle. À Nekhen ("Hiérakonpolis"), la capitale des tout premiers pharaons, ce faucon céleste est "Hor-Nekheny", dont les aspects guerriers et royaux sont très prononcés. Le jeune Horus apparaît lui aussi sous de multiples formes. Dans le mythe osirien, Horus (ou Aruéris) est le fils d'Osiris et d'Isis. Osiris, assassiné par son frère Seth, est ramené à la vie, le temps d'une union charnelle, grâce aux efforts conjugués d'Isis et de Nephtys. C'est de cette union miraculeuse que naît Horus l’Enfant, (Harpocrate), aussi dénommé Harsiesis, (Horus fils d’Isis) et Harendotès ou Hor-nedj-itef (Horus qui prend soin de son père). Sous ce dernier aspect, pour venger la mort de son père, Horus affronte son oncle Seth. Après moult péripéties, il gagne le combat et reçoit le trône d'Égypte en héritage. La vaillance et la fidélité familiale d'Horus font de ce dieu l'archétype du pharaon. Cependant, sa légitimité est sans cesse contestée par Seth. Lors d'un combat qui l’oppose à son rival, Horus perd son œil gauche, qui est reconstitué par Thot. Appelé Oudjat ou "œil d'Horus", cet œil, que les Égyptiens ont porté sur eux sous forme d’amulette, possède des vertus magiques et prophylactiques. Cet œil gauche reconstitué morceau par morceau par Thot représente la lune qui jour après jour s’accroît. À l'opposé de Seth, qui représente la violence et le chaos, Horus pour sa part incarne l’ordre et, tout comme pharaon, il est l’un des garants de l’harmonie universelle ; cependant, il ne faut pas réduire la théologie complexe des Égyptiens à une conception manichéenne du Bien et du Mal, car, dans un autre mythe, Seth est l’auxiliaire indispensable de Rê dans son combat nocturne contre le serpent Apophis. Bien et mal sont des aspects complémentaires de la création, tous deux présents en toute divinité. Mythe archaïque. Dès les origines de l'État pharaonique, Horus est la divinité protectrice de la monarchie. Le dieu faucon, plus particulièrement celui adoré à Nekhen, est la puissance à laquelle Pharaon s'identifie en se voyant comme son successeur et son héritier. Avant même la création du mythe osirien, le combat d'Horus et Seth est à la base de l'idéologie royale. La réconciliation des deux divinités rivales en la personne du roi en exercice est lourde de signification et transparaît notamment lors des cérémonies d'investiture. Origines de l'État pharaonique. Pouvoir pharaonique. Le pouvoir pharaonique apparaît vers 3300 avant notre ère, ce qui fait de l'Égypte antique le premier État connu au monde. Sa durée couvre plus de trente-cinq siècles et, durant toute cette période, le faucon Horus est le dieu protecteur des pharaons. Depuis l'historien Manéthon, un Égyptien hellénisé au service de , la chronologie des règnes est découpée en trente dynasties, des origines jusqu'à la conquête du pays par Alexandre le Grand en -322. Le premier nom de cette liste royale est celui du pharaon Ménès, « Celui qui fonde » ou « Celui qui établit l'État ». L'identité de ce personnage reste problématique ; il s'agit soit d'un personnage mythique, soit d'un souverain réel, Narmer ou Aha selon les propositions communément avancées. L'émergence d'une autorité unique sur le territoire égyptien résulte de multiples facteurs (géographie, économie, politique, etc.). Les détails de ce processus d'unification restent encore nébuleux. Il s'est peut-être d'abord produit une agrégation des populations dans le sud de la vallée du Nil, en Haute-Égypte autour de deux ou plusieurs chefs puis d'un seul (victoire de la ville de Nekhen sur Noubt). Puis, soumission de la Basse-Égypte par Ménès et ses successeurs. Dès les origines, le mythe de la victoire d'Horus le faucon sur Seth, la créature du désert, sert à symboliser le pouvoir du pharaon. Les actions royales, qu'elles soient guerrières ou pacifiques, s'inscrivent dans des rituels politico-religieux où le roi, considéré comme le successeur d'Horus, est capable d'influer sur les cycles naturels (crue du Nil, courses du soleil et de la lune) afin de satisfaire aux besoins matériels de ses sujets. La "Palette de Narmer" inaugure une scène rituelle qui perdure jusqu'à la fin de la civilisation égyptienne : le massacre des ennemis, dont la tête est fracassée par une massue vigoureusement brandie par Pharaon. Sur la palette, Narmer debout et coiffé de la couronne blanche assomme un ennemi agenouillé qu'il maintient immobile en l'empoignant par les cheveux. Au-dessus de la victime, la présence et l'approbation d'Horus se manifestent sous la forme d'un faucon qui maintient enchaîné un fourré de papyrus muni d'une tête, symbole probable de la victoire du Sud sur le Nord. Suivants d'Horus. D'après les fouilles archéologiques menées dans la haute vallée du Nil, il semble qu'aux alentours de -3500, les deux villes dominantes aient été Nekhen et Noubt, respectivement patronnées par Horus et Seth. Après la victoire de la première sur la seconde, les rois de Nekhen ont réalisé l'unification politique de l'Égypte. Avant le règne du pharaon Narmer-Ménès (vers -3100), le premier représentant de la , une douzaine de roitelets se sont succédé à Nekhen (dynastie 0). Ces dynastes se sont tous placés sous la protection du dieu faucon en adoptant un « Nom d'Horus » (Hor, Ny-Hor, Hat-Hor, Pe-Hor, etc.). À des degrés divers, tous ont joué un rôle éminent dans la formation du pays. Dans la pensée religieuse égyptienne, le souvenir de ces roitelets a perduré sous l'expression des « Suivants d'Horus ». Dans le "Papyrus de Turin", ces Suivants sont magnifiés et idéalisés en voyant placée leur lignée entre la dynastie de dieux de l'Ennéade et celles des pharaons humains historiques. Les "Textes des pyramides", les plus anciens textes religieux égyptiens, accordent très naturellement une place importante au dieu faucon de Nekhen adoré par les Suivants d'Horus. On le trouve désigné sous différentes expressions « Horus de Nekhen », « Taureau de Nekhen », « Horus du Sud », « Horus, seigneur de l'élite », « Horus qui réside dans la Grande Cour », « Horus qui est dans la Grande Cour », etc. Nekhen (Hiérakonpolis). Connue des Grecs sous le toponyme de "Hiérakonpolis", la « Ville des Faucons », Nekhen est une très antique cité aujourd'hui identifiée aux ruines arasées du "Kôm el-Ahmar", la « Butte Rouge ». Fondée à la Préhistoire, vers la fin du quatrième millénaire, Nekhen est durant la période prédynastique la capitale de la Haute-Égypte. Par la suite, durant la période pharaonique, Nekhen sur la rive gauche du Nil et Nekheb sur la rive droite forment la capitale du de Haute-Égypte. Dès sa fondation, Nekhen dispose d'une forte enceinte en briques crues large de dix mètres qui enserre un espace de sept hectares. D'après les secteurs fouillés, la ville s'organise en des rues quasi-rectilignes se coupant à angle droit. Le centre est occupé par un bâtiment officiel, sans doute un palais résidentiel muni de sa propre enceinte afin de l'isoler du reste de la ville. Le temple d'Horus, souvent remanié, occupait l'angle sud-ouest mais ses vestiges ne se signalent plus que par une butte artificielle vaguement circulaire. En 1897, deux fouilleurs anglais, James Edward Quibell et Frederick William Green, explorent le site du temple de Nekhen et découvrent un « trésor » de pièces archéologiques (une tête de faucon d'or, des objets en ivoire, des vases, des palettes, des étiquettes commémoratives, des statuettes humaines et animales). Ces reliques de la période prédynastique, conservées par les premiers pharaons memphites, ont probablement été confiées, pour préservation, aux prêtres de l'Horus de Nekhen. Il est tentant d'imaginer que ce don pieux soit l'œuvre de (), une statue en cuivre grandeur nature le représentant avec son fils Mérenrê ayant été découverte près du dépôt principal. Dieu dynastique. Les Deux Combattants. Dans la mythologie égyptienne, Horus est surtout connu pour être le fils d'Osiris et le neveu de Seth ainsi que l'assassin de ce dernier. Si les déités Horus et Seth sont très anciennement attestées — dès la période prédynastique —, la figure d'Osiris est apparue bien plus tardivement, au tournant des et s. L'intégration d'Osiris, au cours du , dans le mythe d'Horus et Seth est par conséquent le résultat d'une reformulation théologique (qualifiée par l'égyptologue français Bernard Mathieu de « Réforme osirienne »). Les "Textes des pyramides" sont les plus anciens écrits religieux disponibles. Ces formules magiques et religieuses apparaissent gravées sur les murs des chambres funéraires à la fin de l'Ancien Empire. Leur élaboration est cependant bien plus primitive et certaines strates rédactionnelles semblent remonter à la période thinite ( et s). Là, certains passages mentionnent un conflit entre Horus et Seth sans que n'intervienne la personne d'Osiris. Ces données peuvent être interprétées comme les traces ténues d'un mythe archaïque pré-osirien. Plusieurs expressions lient Horus et Seth en un binôme en les appelant les « Deux Dieux », les « Deux Seigneurs », les « Deux Hommes », les « Deux Rivaux » ou les « Deux Combattants ». Leur mythe n'est pas exposé en un récit suivi mais seulement évoqué, çà et là, au moyen d'allusions éparses qui mentionnent qu'Horus et Seth se chamaillent et se blessent l'un l'autre ; le premier perdant son œil, le second ses testicules : Horus ou la victoire sur la confusion. En son temps, l'égyptologue allemand Kurt Heinrich Sethe a postulé que le mythe du conflit d'Horus et Seth trouve son élaboration dans la rivalité entre les deux royaumes primitifs rivaux de la Basse et de la Haute-Égypte. Cette hypothèse est maintenant rejetée et le consensus se porte sur la rivalité archaïque entre les villes de Nekhen et Noubt. Cette idée a été avancée en 1960 par John Gwyn Griffiths dans son ouvrage '. Dès les plus anciennes attestations écrites, le faucon Horus est lié à la ville de Nekhen ("Hiérakonpolis") et son rival Seth à la ville de Noubt ("Ombos"). À la fin de la période protohistorique, ces deux cités de Haute-Égypte jouent un rôle politico-économique essentiel et des tensions tribales existent alors entre les deux villes concurrentes. La lutte des « Deux Combattants » pourrait symboliser les guerres menées par les fidèles d'Horus contre ceux de Seth. Sous le roi Narmer, probablement le légendaire Ménès, ce conflit s'est soldé par la victoire de Nekhen. D'autres universitaires comme Henri Frankfort et Adriaan de Buck ont minoré cette théorie en considérant que les Égyptiens, à l'instar d'autres peuplades antiques ou primitives, appréhendent l'univers selon des termes dualistes fondés sur des paires contraires mais complémentaires : homme / femme ; rouge / blanc ; ciel / terre ; ordre / désordre ; Sud / Nord, etc. Dans ce cadre, Horus et Seth sont les parfaits antagonistes. Leur lutte symbolise tous les conflits et toutes les disputes où finalement l'ordre incarné par Horus doit soumettre le désordre personnifié par Seth. En 1967, Herman te Velde abonde dans ce sens dans ', une monographie consacrée au turbulent Seth. Il estime que le mythe archaïque de l'affrontement d'Horus et Seth ne peut avoir été entièrement inspiré d'événements guerriers survenus à l'aube de la civilisation pharaonique. Les origines du mythe se perdent dans les brumes des traditions religieuses de la préhistoire. Les mythes ne sont jamais inventés de toutes pièces mais résultent de reformulations successives professées des croyants inspirés. Les maigres données archéologiques qui nous sont parvenues de cette lointaine époque sont d'interprétation délicate et ne peuvent guère aider à reconstituer la genèse de ce mythe. Contrairement à Horus qui incarne l'ordre pharaonique, Seth est un dieu sans limites, irrégulier et confus qui veut avoir des relations tantôt hétérosexuelles, tantôt homosexuelles. Les testicules de Seth symbolisent tant les aspects déchaînés du cosmos (tempête, bourrasques, tonnerre) que ceux de la vie sociale (cruauté, colère, crise, violence). D'un point de vue rituel, l'Œil d'Horus symbolise les offrandes offertes aux dieux et a pour contrepartie les testicules de Seth. Pour que l'harmonie puisse advenir, Horus et Seth doivent être en paix et départagés. Une fois vaincu, Seth forme avec Horus un couple pacifié, symbole de la bonne marche du monde. Lorsque le pharaon est identifié à ces deux divinités, il les incarne donc comme un couple de contraires en équilibre. Investiture pharaonique. Le couronnement de pharaon est un enchaînement complexe de rituels variés dont l'ordonnancement exact n'est pas encore bien reconstitué. Le "papyrus dramatique du Ramesséum", très fragmentaire, semble être un guide ou un commentaire illustré du rituel mis en place pour l’avènement de (). L'interprétation de ce document difficile à comprendre est encore débattue. Selon l'Allemand Kurt Heinrich Sethe et le Français Étienne Drioton, l'investiture pharaonique est une sorte de spectacle sacré avec le nouveau souverain pour principal acteur. L'action est centrée sur les dieux Osiris et Horus et son déroulement s'inspire du mythe archaïque de l'affrontement d'Horus et Seth augmenté de l'épisode plus récent d'Horus condamnant Seth à porter la momie d'Osiris. L'Égypte antique a fondé sa civilisation sur le concept de la dualité. Le pays est ainsi perçu comme l'union des « Deux Terres ». Principal symbole de la royauté, la couronne Pschent, « les Deux Puissances », est la fusion de la couronne rouge de Basse-Égypte avec la couronne blanche de Haute-Égypte. Le pharaon incarne dans sa personne les « Deux Combattants », à savoir Horus de Nekhen et Seth de Noubt. Le second est toutefois subordonné au premier et, dans les textes, la préséance est toujours accordée à Horus. Emblème de l'unification rituelle du pays, Horus et Seth désignent l'autorité monarchique. Dès la , le roi en exercice est un « Horus-Seth » comme l'indique une stèle datée du roi Djer où la reine est « Celle qui voit Horus, sceptre "hétes" d'Horus, celle qui épaule Seth ». Plus tard, sous Khéops, ce titre est simplifié et la reine est « Celle qui voit Horus-Seth ». Sous la , le faucon d'Horus et le canidé de Seth surmontent conjointement le Serekh du roi Khâsekhemoui. Dès l'Ancien Empire, l'iconographie royale montre le binôme Horus et Seth en train de couronner le pharaon ou sous le Moyen Empire en train d'unir le papyrus et le lotus, les plantes héraldiques des deux royaumes, dans les scènes du "Sema-taouy" ou rite de la « Réunion des Deux-Terres ». Horus et la titulature royale. La titulature du pharaon avait une grande importance et était chargée d'une puissance magique considérable. Elle s'enrichit et se développe à partir de la et parvient à son aboutissement — cinq noms différents mis ensemble — sous la . L'assemblage des cinq composantes constitue le "ren-maâ" ou « nom authentique » par lequel pharaon définit sa nature divine. La titulature est établie lors du couronnement mais est susceptible d'évoluer au cours du règne selon les circonstances politiques et les évolutions religieuses du moment. Toute modification signale ainsi des inflexions dans les intentions royales ou des désirs divins nouveaux imposés au souverain. Quels que soient son aspect et son rôle — faucon céleste, dieu créateur ou fils d’Osiris — Horus est le dieu dynastique par excellence. Aussi la première composante de la titulature royale est-elle le Nom d'Horus, déjà porté par les souverains de la Dynastie 0, à savoir les prédécesseurs de Narmer, considéré dans l'historiographie comme le premier des pharaons. Dès les origines, le nom d'Horus s'est inscrit dans le Serekh, un rectangle toujours surmonté du faucon sacré. Le registre inférieur représente la façade stylisée du palais royal vue de face tandis que l'espace où est inscrit le nom est le palais vu en plan. La signification du Serekh est évidente : le roi dans son palais est l’Horus terrestre, à la fois l’incarnation du dieu faucon et son successeur légitime sur le trône d’Égypte. Sous la , se mettent en place le Nom de Nesout-bity, symbole de l'union des Deux-Terres, et le Nom de Nebty patronné par les déesses Ouadjet et Nekhbet. Plus tard, sous la s'ajoute le Hor Noubt ou « Nom de l'Horus d'Or », dont l’interprétation est incertaine ; sous l'Ancien Empire, il semble qu'il ait été perçu comme l'union des dieux Horus et Seth réconciliés en la personne royale. Finalement, sous le règne de Djédefrê apparaît le cinquième nom, le Nom de Sa-Rê ou « Fils de Rê » qui place le pharaon sous la filiation spirituelle de Rê, autre dieu faucon aux aspects céleste et solaire. Horus dans le mythe osirien. En tant que fils d'Osiris, Horus occupe une grande place dans le mythe osirien. Adulte, le dieu faucon est le défenseur acharné des droits régaliens de son père défunt. Encore enfant, ses années de jeunesse sont troublées par de nombreux aléas. Constamment proche de la mort en raison des attaques de scorpions et de serpents, le jeune Horus, toujours sauvé par Isis, est devenu dans la croyance populaire un dieu sauveur et guérisseur. Horus, protecteur d'Osiris. Horus, fils d'Isis et d'Osiris. Selon l'égyptologue français Bernard Mathieu, l'apparition d'Osiris au tournant des et s est le résultat d'une réforme religieuse de grande ampleur menée par les théologiens d'Héliopolis. Le mythe osirien provient d'un processus de reformulation où le très archaïque Horus, archétype du dieu-souverain, a d'abord été assimilé aux dieux Atoum-Rê et Geb puis s'est vu doté d'un aspect purement funéraire sous les traits d'Osiris, chef des esprits défunts. La réforme conduit à la création d'une lignée de neuf divinités, l'Ennéade d'Héliopolis composée d'Atoum, Shou, Tefnout, Geb, Nout, Osiris, Isis, Seth et Nephtys. Dans ce mythe renouvelé, Horus devient le fils du couple Osiris-Isis et le neveu de Seth. Ce dernier tue Osiris qui ressuscite grâce à l'intervention d'Isis. Les "Textes des pyramides" attestent des nouveaux liens familiaux attribués à Horus. L'expression "Hor sa Ousir" « Horus fils d'Osiris » apparaît dans de nombreux passages. Dans une moindre mesure, on rencontre les appellations "Hor renpi" « Horus le jeune » et "Hor khered nechen" « Horus l'enfant nourrisson », préfigurations du théonyme tardif de "Hor pa khered" « Horus l'enfant » (Harpocrate) seulement forgé après la fin du Nouvel Empire. L'expression "Hor sa Aset" « Horus fils d'Isis » (Horsaïsé) n'apparaît qu'au sortir de la Première Période intermédiaire. Les "Textes des pyramides" n'ignorent toutefois la filiation par la mère, dont témoignent les expressions « son Horus à elle », « son Horus » en parlant d'Isis. Osiris, le dieu assassiné. Osiris est le plus célèbre des dieux funéraires égyptiens. Avec Isis, son épouse, sa popularité ira croissante durant toute l'histoire religieuse égyptienne. À la Basse époque puis durant la période gréco-romaine, le dieu bénéficie d'une ou plusieurs chapelles dans les principaux temples du pays. Là, durant le mois de Khoiak, s'exercent les cérémoniels des Mystères d'Osiris qui sont la réactualisation du mythe par la grâce du rite. L'histoire de son assassinat et de son accès à la vie éternelle a fait sa gloire, chaque individu en Égypte s'identifiant à son sort. Les sources égyptiennes sont assez elliptiques à propos du meurtre d'Osiris. Les grandes lignes du mythe ont été exposées pour la première fois par le Grec Plutarque au . Seth, jaloux de son frère, assassine le roi Osiris en l'enfermant dans un coffre et en jetant celui-ci dans le fleuve. Après de longues recherches, Isis retrouve la dépouille à Byblos, la ramène au pays et la cache dans les marais du Delta. Au cours d'une partie de chasse, Seth découvre le corps et, fou furieux, démembre Osiris en quatorze morceaux qu'il jette au loin. Après une longue quête, Isis retrouve les membres épars et reconstitue le corps en le momifiant. Transformé en oiseau-rapace, Isis s'accouple avec son défunt mari et conçoit Horus, un fils prématuré et malingre. Devenu adulte, Horus entre en lutte contre Seth. Après plusieurs combats, Horus défait son rival et se fait proclamer roi d'Égypte ("Sur Isis et Osiris", ). Harendotès ou la solidarité familiale. Connu en égyptien comme "Hor-nedj-itef" « Horus le défenseur de son père » ou « Horus qui prend soin de son père », Harendotès est la forme d'Horus sous l'apparence du fils attentionné. En Égypte antique, l'amour du fils envers le père est une des plus hautes valeurs morales. Cet amour filial est tout aussi important que l'amour qui doit régner au sein du couple homme-femme incarné par la relation Osiris-Isis. Bien que fils posthume, Horus est le défenseur pugnace des droits de son père usurpés par Seth. Après son assassinat, Osiris se trouve retranché de la communauté des dieux et privé de son statut royal. Devenu adulte, Horus ne poursuit qu'un seul but : rétablir Osiris dans sa dignité et son honneur de roi. Dès les "Textes des pyramides", nombre de textes affirment qu'Horus a rendu à son père ses couronnes et qu'il a fait de lui le roi des dieux et le souverain de l'empire des morts. Le rétablissement social d'Osiris s'incarne dans deux images constamment rappelées dans les liturgies funéraires : celle du redressement de la momie (Osiris ne gît plus, mais est debout) et celle de l'humiliation de Seth, l'assassin étant condamné par Horus à porter la lourde momie d'Osiris vers son tombeau : Jugement du mort. Bien plus que les "Textes des pyramides" et les "Textes des sarcophages", assez méconnus des contemporains, le "Livre des Morts", du fait de ses riches illustrations, bénéficie d'une grande notoriété auprès du grand public. Parmi les illustrations les plus fameuses figure la scène du jugement de l'âme (chapitres 33B et 125). Le cœur du mort est posé sur l'un des deux plateaux d'une grande balance à fléau, tandis que la déesse Maât (Harmonie), sur l'autre plateau, sert de poids de référence. La mise en image de cette pesée ne remonte pas au-delà du règne d' (début de la ) mais sera inlassablement reproduite durant seize siècles jusqu'à la période romaine. Selon les exemplaires du "Livre des Morts", Horus sous son aspect d'homme hiéracocéphale est amené à jouer deux rôles différents. Il peut apparaître près de la balance comme le « maître de la pesée ». Il maintient à l'horizontale le fléau afin que le cœur et la Maât se trouvent à l'équilibre. Le défunt est considéré comme exempt de fautes et se voit proclamé « Juste de voix », c'est-à-dire admis dans la suite d'Osiris. À la fin de la ce rôle de contrôleur est le plus souvent confié à Anubis. Horus apparaît alors dans le rôle d’« accompagnateur du mort ». Après la pesée, le mort est conduit devant Osiris assis sur son trône et accompagné d'Isis et Nephtys, les deux sœurs debout derrière lui. Dans quelques exemplaires, le rôle d'accompagnateur est dévolu à Thot mais, le plus souvent, c'est à Horus que revient cette charge. D'une main, Horus salue son père et de l'autre, il tient la main du défunt, qui, en signe de respect, s'incline devant le roi de l'au-delà. Reçu en audience, le défunt s'assoit devant Osiris. Le chapitre 173 du "Livre des Morts" indique les paroles prononcées lors de cette entrevue. Le défunt s'approprie l'identité d'Horus et, dans une longue récitation, énumère une quarantaine de bonnes actions qu'un fils attentionné se doit d'effectuer pour son père défunt dans le cadre d'un culte funéraire efficace : Horus l'Enfant. Conception posthume d'Horus. D'après le mythe osirien rapporté par Plutarque au , le jeune Horus est le fils posthume d'Osiris, conçu par Isis lors de son union avec la momie de son époux. Cet enfant serait né prématuré et imparfait car faible des membres inférieurs ("Sur Isis et Osiris", ). Dans la pensée pharaonique, les années bénéfiques du règne d'Osiris ne sont qu'une sorte de prélude destiné à justifier la proclamation d'Horus en tant que juste possesseur du trône. La transmission de la royauté depuis Osiris le père assassiné, via Seth le frère usurpateur, vers Horus le fils attentionné, n'est possible que grâce à l'action efficace de la rusée Isis, une magicienne hors norme. Après l'assassinat et le démembrement de son époux, Isis retrouve les membres épars et reconstitue le corps dépecé en le momifiant. Grâce à son pouvoir magique, la déesse parvient à revivifier la dépouille du dieu défunt, juste le temps d'avoir une relation sexuelle avec lui, afin de concevoir Horus. Selon Plutarque, la seule partie du corps d'Osiris qu'Isis ne parvint pas à retrouver est le membre viril car jeté dans le fleuve et dévoré par les poissons pagres, lépidotes et oxyrhynques. Pour le remplacer, elle en fit une imitation ("Sur Isis et Osiris", ). Cette affirmation n'est cependant pas confirmée par les écrits égyptiens pour qui le membre fut retrouvé à Mendès. L'accouplement mystique d'Osiris et Isis est déjà connu des "Textes des pyramides" où il s'intègre dans une dimension astrale. Osiris est identifié à la constellation "Sah" (Orion), Isis à la constellation "Sopedet" (Grand Chien) et Horus à l'étoile "Soped" (Sirius). Dans l'iconographie, le moment de l'accouplement posthume n'apparaît qu'au Nouvel Empire. La scène figure gravée sur les parois de la chapelle de Sokar dans le en Abydos. Sur l'un des bas-reliefs, Osiris est montré éveillé et couché sur un lit funéraire. À l'image d'Atoum lorsqu'il émergea des eaux primordiales afin de concevoir l'univers, Osiris stimule manuellement son pénis en érection afin de provoquer une éjaculation. Sur la paroi d'en face, un second bas-relief montre Osiris, en érection, s'accouplant avec Isis transformée en oiseau rapace et voletant au-dessus du phallus. La déesse est figurée une seconde fois, à la tête du lit funéraire tandis qu'Horus est lui aussi déjà présent, aux pieds de son père, sous l'apparence d'un homme hiéracocéphale. Les deux divinités étendent leurs bras au-dessus d'Osiris en guise de protection. Dans ces deux fresques mythologiques qui se déroulent à l'intérieur même du tombeau d'Osiris, présent et futur se confondent en montrant l'accouplement et en anticipant la réalisation de la future triade divine par la présence conjointe d'Osiris, Isis et Horus. Harpocrate. Sous sa forme juvénile, le dieu Horus est connu sous le nom d'Harpocrate (du grec / "Harpokratês") issu de l'expression égyptienne "Hor-pa-khered" qui signifie « Horus l'enfant ». Dans l’iconographie, Harpocrate apparaît sous les traits d'un jeune enfant entièrement nu et chauve à l'exception de la mèche de l'enfance, une boucle de cheveux tressée qui depuis la tempe s'enroule autour de son oreille. Le jeune dieu approche généralement une de ses mains vers la bouche pour sucer un doigt. Durant la période gréco-romaine, ce geste a été réinterprété comme un geste incitant au silence et à la discrétion et a été perçu comme le symbole des enseignements secrets professés par les prêtres égyptiens aux jeunes initiés. Son culte se développe à partir de la fin du Nouvel Empire pour connaître son apogée aux alentours du de notre ère. Le jeune dieu, très populaire au sein des familles, est alors présent dans les foyers sous la forme de statuettes en terre cuite ou en bronze. Ces figurines qui mêlent les styles égyptien et grec montrent Harpocrate debout, assis, couché ou chevauchant un animal (chien, âne, cheval, oie, grenouille, etc.). Son culte est attesté dans les principales villes égyptiennes ; en Haute-Égypte à Thèbes, Coptos, Hermonthis, Héracléopolis et Philæ ; en Basse-Égypte, à Bubastis, Isiospolis, Mendès, Alexandrie et dans le Fayoum. Création d'Harpocrate. Dès le troisième millénaire, les "Textes des pyramides" évoquent la naissance, la jeunesse et l'âge adulte du dieu Horus. Toutefois son image de dieu-enfant ne se fixe que bien plus tard, au premier millénaire avant notre ère, quand les théologiens égyptiens prennent habitude d'adjoindre des figures spécifiquement enfantines aux dieux adultes. Du point de vue historique, Harpocrate est une création artificielle due aux prêtres de Thèbes et qui, par la suite, s'est développée dans les couches populaires en dehors de la religion officielle. Les premières mentions écrites d'Harpocrate remontent à la dans la titulature des prêtresses affectées à la triade thébaine constituée par le dieu Amon, la déesse Mout et le dieu-fils Khonsou. Quant à sa première représentation connue, elle figure sur une stèle érigée à Mendès durant le règne de (libyenne) pour commémorer une donation du flûtiste Ânkhhorpakhered. À l'origine, Harpocrate est élaboré comme un doublon de Khonsou-enfant ("Khonsou-pa-khered"). Il s'agissait alors de donner un dieu-fils aux allures strictement enfantines au couple formé par les dieux funéraires Osiris et Isis. À l'inverse d'Horus qui jusqu'alors est essentiellement perçu comme un dieu adulte, la nature de Khonsou, dieu lunaire, se caractérise par la jeunesse. Initialement, les cultes d'Harpocrate et Khonsou se combinent dans un sanctuaire situé dans l'enceinte de Mout à Karnak. Ce sanctuaire, transformé en Mammisi sous la , célèbre la naissance divine du pharaon dans des scènes où la maternité de la reine mère est assimilée à celles de Mout et d'Isis. La conjonction des croyances amoniennes et osiriennes a pour effet que le dieu Harpocrate se voit d'abord gratifié d'une double ascendance comme dans les graffitis des carrières du Ouadi Hammamat « Horus-l'enfant, fils d'Osiris et d'Isis, le Grand, l'Ancien, le premier né d'Amon ». Cependant, la vitalité de la religion osirienne fit d'Harpocrate le parangon des dieux-enfants dans le seul cadre de la famille osirienne (Osiris, Isis, Horus) érigée comme le modèle parfait et idéal de la solidarité familiale. Stèles d'Horus. Les « Stèles d'Horus », aussi appelées « Cippes d'Horus », sont des pièces archéologiques de tailles variables (de à moins de ) en pierre dure foncée (basalte ou schiste). Leur principale fonction est de protéger magiquement ou de guérir une personne qui a été atteinte par un animal venimeux, l'Égypte étant une contrée infestée par de nombreuses espèces de scorpions et de serpents. Les stèles se caractérisent par une représentation centrale du dieu Harpocrate, nu, vu de face et surmonté du masque hideux du nain Bès. Harpocrate est montré debout sur un ou plusieurs crocodiles. Dans ses mains, il tient des serpents, des lions, des gazelles et des scorpions. Selon la taille et la qualité des stèles, celles-ci étaient soit conservées dans les sanctuaires ou les habitations, soit transportées tels des talismans par des individus durant leurs voyages. Dès les origines de la civilisation égyptienne, les prêtres se sont préoccupés des possibles attaques des reptiles et insectes malfaisants. Dans les pyramides à textes, de nombreuses formules viennent ainsi en aide aux souverains défunts occupés à voyager dans l'au-delà. Les stèles d'Horus sont quant à elles attestées entre le Nouvel Empire et la période romaine et ont été trouvées sur une vaste zone qui dépasse largement les frontières de leur pays d'origine (Italie, Iraq, Liban, Soudan, Éthiopie). Les plus anciens exemplaires remontent à la et s'inspirent des stèles dédiées au dieu Shed, « Le Sauveur », que des habitants d'Amarna conservaient dans leur domicile. Quelque quatre-cents stèles d'Horus sont connues et conservées à travers le monde. Le Musée du Louvre en possède une quarantaine, dont la "Statue guérisseuse de Padimahès" ( de haut) qui figure un prêtre debout, le vêtement couvert d'inscriptions et arborant dans ses mains une petite stèle horienne. Parmi les pièces les plus considérables, la "Stèle de Metternich" est la plus fameuse avec ses deux-cent-quarante représentations et ses deux-cent-cinquante lignes de texte hiéroglyphique. Cet artéfact est à présent exposé au Metropolitan Museum of Art de New York et a été réalisé pour le compte du prêtre-médecin Nestoum sous le règne de (). Le procédé d'utilisation de ces objets magiques est simple. Le guérisseur versait de l'eau sur la stèle ; en s'écoulant, le liquide se chargeait de la puissance magique des textes et dessins gravés et le praticien recueillait le liquide magique pour le donner à boire au patient tout en récitant les incantations les plus appropriées. Sur la plupart des exemplaires, le visage du jeune Horus est fortement érodé. De ce fait, il est probable que les patients se devaient aussi de toucher ou de caresser la divine face en signe de piété, de soumission et d'adoration. Enfance menacée. L'efficacité magique des « Stèles d'Horus » repose sur la mention d'épisodes mythologiques qui mettent en scène le jeune Horus comme la victime des maléfices de son oncle Seth puis comme le bénéficiaire des pouvoirs bénéfiques de sa mère Isis. Dans les formules magiques gravées sur les stèles (ou inscrites sur les pages des grimoires tardifs), Horus est le modèle divin de l'enfant sauvé et sauveur, car en fin de compte invincible. Le guérisseur, en faisant revivre à son patient la maladie puis la guérison d'Horus, le place dans une situation archétypique où les dieux sont appelés à venir en aide à l'un des leurs plongé dans la détresse. Parmi toutes les stèles découvertes à ce jour, les inscriptions magiques gravées sur la "Stèle de Metternich" sont les plus remarquables. Le texte a été publié pour la première fois en 1877 par le Russe Vladimir Golenichtchev dans une traduction en langue allemande. Depuis lors, le document a été transposé à plusieurs reprises en langue française, notamment par les égyptologues Alexandre Moret (en 1915) et František Lexa (en 1925). La stèle rapporte ainsi un épisode de l'enfance tumultueuse d'Horus. Après le meurtre d'Osiris, son épouse Isis cache son fils Horus dans les marais de Chemnis situés autour de la ville de Bouto. Le jeune dieu est en effet constamment sous la menace de son oncle Seth qui cherche à l'éliminer physiquement afin de mieux asseoir son pouvoir despotique sur le pays égyptien. Délaissé par sa mère occupée à trouver des moyens de subsistance, Horus est la victime d'une piqûre de scorpion. Le soir, Isis retrouve son fils inanimé proche de la mort. Désespérée, elle cherche de l'aide auprès des Égyptiens. Personne ne parvient à guérir la jeune victime mais les plaintes continuelles d'Isis font accourir Nephtys et Selkis. Cette dernière conseille aussitôt à la mère en détresse de faire appel à Rê. Ému par le désespoir d'Isis, le dieu solaire arrête sa course céleste, s'immobilise dans le ciel et envoie Thot auprès du jeune agonisant. Après de nombreuses paroles incantatoires, Thot réussit à évacuer le poison du corps d'Horus qui aussitôt revient à la vie. Cela fait, Thot ordonne aux habitants de Bouto de veiller constamment sur le jeune dieu en l'absence d'Isis. Il retourne ensuite auprès de Rê dans le ciel et annonce à son maître que la course solaire peut à présent se poursuivre normalement. Horus contre Seth. Deux épisodes majeurs ponctuent le mythe de la lutte d'Horus et Seth. Le premier est la naissance de Thot, le dieu lunaire, né de la semence d'Horus et issu du front de Seth. Le second est la perte momentanée de l'œil gauche d'Horus, endommagé par Seth. Cet œil est le symbole du cycle lunaire et des rituels destinés à revivifier les défunts. "Aventures d'Horus et Seth". Papyrus Chester. Le mythe de l'affrontement d'Horus et Seth est attesté dans les plus anciens écrits égyptiens que sont les "Textes des pyramides". Cet ensemble de formules magiques et d'hymnes religieux se trouve gravé dans les chambres funéraires des derniers pharaons de l'Ancien Empire. Il ne s'agit toutefois là que d'allusions éparses, ces écrits étant des liturgies destinées à la survie "post mortem" et non pas des récits mythologiques. Par la suite, ce conflit est évoqué tout aussi allusivement dans les "Textes des sarcophages" et le "Livre des Morts". Dans l'état actuel des connaissances égyptologiques, il faut attendre la fin du Nouvel Empire et la Période ramesside () pour voir rédigé un véritable récit suivi des péripéties des deux divinités rivales. Le mythe est consigné sur un papyrus en écriture hiératique trouvé à Deir el-Médineh (Thèbes) dans les restes d'une bibliothèque familiale. Après sa découverte, le papyrus intègre la collection de l'industriel millionnaire Alfred Chester Beatty et demeure depuis conservé à la Bibliothèque Chester-Beatty à Dublin. Son premier traducteur est l'égyptologue britannique Alan Henderson Gardiner publié en 1931 par l'Oxford University Press. Depuis lors ce récit est connu sous le titre des "Aventures d'Horus et Seth" (en anglais ). Ce savant a porté un regard assez condescendant sur ce récit qu'il jugeait appartenir à la littérature populaire et ribaude, sa morale puritaine désapprouvant certains épisodes comme les mutilations d'Isis et Horus (décapitation, amputation, énucléation) ou les penchants homosexuels de Seth. Depuis cette date, les "Aventures" ont été maintes fois traduites en langue française ; la première étant celle de Gustave Lefebvre en 1949. Dans les travaux égyptologiques récents, on peut se borner à citer la traduction livrée en 1996 par Michèle Broze. Cette analyse poussée a démontré la richesse littéraire et la cohérence subtile d'une œuvre élaborée par un scribe érudit, très habile dans une narration non dénuée d'humour. Résumé du mythe. Après la disparition d'Osiris, la couronne d'Égypte revient de droit au jeune Horus, son fils et héritier. Mais son oncle Seth, le jugeant trop inexpérimenté, désire ardemment se faire proclamer roi par l'assemblée des dieux. Horus, appuyé de sa mère Isis, fait convoquer le tribunal des dieux à toute fin de régler ce contentieux. Rê préside, tandis que Thot tient le rôle du greffier. Quatre-vingts ans s'écoulent sans que le débat progresse. Le tribunal est partagé entre les tenants de la royauté légitime (revenant à Horus), et Rê qui voit en Seth son perpétuel défenseur contre Apophis (le monstrueux serpent des origines). Les débats tournent en rond et nécessitent un avis extérieur. C'est donc à Neith, déesse de Saïs, réputée pour son infinie sagesse, que Thot adresse une missive. La réponse de la déesse est sans ambiguïté : la couronne doit revenir à Horus. Cependant, pour ne pas pénaliser Seth, Neith propose de lui offrir les déesses Anat et Astarté comme épouses. Le tribunal se réjouit de cette solution, mais Rê, lui, reste sceptique. Horus ne serait-il pas un peu jeune pour assumer la direction du royaume ? Après quelques heurts entre les deux parties et excédé par tant de tergiversations, Rê ordonne le déplacement des débats vers l'Île-du-Milieu. Furieux contre Isis, Seth demande que les débats se poursuivent en son absence. La requête est acceptée par Rê qui ordonne à Anti d'en interdire l'accès à toute femme. Mais c'était compter sans la ténacité de la déesse. Elle soudoie Anti et se réintroduit dans l'enceinte du tribunal sous les traits d'une belle jeune femme. Rapidement, elle ne manque pas d'attirer l'attention de Seth. Tous deux finissent par converser et, troublé par tant de beauté, Seth s'égare dans des propos compromettants en reconnaissant sous cape la légitimité filiale d'Horus ! La rusée Isis se dévoile alors. Le coup de théâtre laisse Seth sans voix. Quant à Rê, il ne peut que juger de l'imprudence de Seth qui s'est confié, sans prendre garde, à une inconnue. Dépité, il ordonne le couronnement d'Horus et punit Anti pour s'être laissé corrompre par Isis. Mais le colérique Seth n'est pas décidé à en rester là. Il propose à Horus une épreuve aquatique où les deux dieux se transforment en hippopotames. Celui qui restera le plus longtemps sous l'eau pourra devenir roi. Mais Isis, qui suit de près les mésaventures de son fils, perturbe la partie. Elle s'attire finalement le mécontentement d'Horus qui fou de rage la décapite et la transforme en statue de pierre. Mais Thot lui redonne la vie en lui fixant au cou une tête de vache. Après son méfait, Horus, prend la fuite vers le désert. Mais, poursuivi par Seth il est rapidement rattrapé. Prestement, Seth jette Horus à terre et lui arrache les deux yeux qu'il enterre. La déesse Hathor, émue par le triste sort d'Horus, le guérit grâce à un remède de lait d'antilope. Apprenant cette histoire et lassé de ces sempiternelles chamailleries, Rê ordonne la réconciliation des deux belligérants autour d'un banquet. Mais une fois encore, Seth décide de troubler la situation. Il invite son neveu à passer la soirée chez lui, ce que ce dernier accepte. La nuit, Seth s'essaye à féminiser Horus lors d'une relation homosexuelle afin de le rendre indigne du pouvoir royal. Toutefois, Horus parvient à éviter l'assaut et recueille la semence de son oncle entre ses mains. Le jeune dieu accourt vers sa mère. Horrifiée, elle coupe les mains de son fils et les jette dans le fleuve pour les purifier. Par la suite, elle masturbe son fils, recueille sa semence et la dépose sur une laitue du jardin de Seth. Insouciant, Seth mange la laitue et se trouve engrossé. Devant tous les dieux, il donne naissance au disque lunaire qui s'élance hors de son front. Seth veut le fracasser à terre mais Thot s'en saisit et se l'approprie. Après une ultime épreuve aquatique, proposée par Seth et remportée par Horus, Osiris, resté jusqu'alors silencieux, intervient depuis l'au-delà et met directement en cause le tribunal qu'il juge trop laxiste. En tant que dieu de la végétation, il menace de couper les vivres à l'Égypte et de décimer la population par la maladie. Les dieux, bousculés par tant d'autorité, ne tardent pas à rendre un verdict favorable à Horus. Mais Seth n'est pas oublié. Placé aux côtés de Rê, il devient « celui qui hurle dans le ciel », le très respecté dieu de l'orage. Mythe de l'Œil d'Horus. Horus aveuglé par Seth. Dans le papyrus des "Aventures d'Horus", Seth pour se départager d'Horus propose qu'ils se transforment tous deux en hippopotames et qu'ils plongent en apnée dans les eaux du fleuve. Celui qui remonte avant trois mois révolus, ne sera pas couronné. Les deux rivaux se jettent dans le Nil. Mais Isis, craignant pour la vie de son fils, décide d'intervenir. Elle confectionne une lance magique afin de harponner Seth pour l'obliger à émerger hors des eaux. Elle lance son harpon mais celui-ci touche malheureusement Horus. Sans s'interrompre, la déesse lance une seconde fois son harpon et touche Seth. Ce dernier l'implore piteusement de lui retirer l'arme hors son corps ; ce qu'elle fait. En constatant cette clémence, Horus se met en colère et décapite sa mère. Aussitôt, Isis se transforme en statue de pierre acéphale : Durant la période gréco-romaine, soit plus d'un millénaire après la rédaction des "Aventures d'Horus et Seth", le "Papyrus Jumilhac", une monographie consacrée aux légendes anubiennes de la Cynopolitaine, ne manque pas d'évoquer le mythe de la perte des yeux d'Horus. Seth ayant appris que les yeux étaient enfermés dans deux lourds coffrets en pierre ordonne à des complices de les voler. Une fois en ses mains, il charge les coffrets sur son dos, les dépose au sommet d'une montagne et se transforme en gigantesque crocodile pour les surveiller. Mais Anubis transformé en serpent se glisse auprès des coffrets, prend possession des yeux et les dépose dans deux nouveaux coffrets en papyrus. Après les avoir enterrés plus au nord, Anubis s'en retourne auprès de Seth afin de le consumer. À l'endroit où Anubis enterra les yeux émergea un vignoble sacré où Isis établit une chapelle pour rester au plus près d'eux. Thot, fils d'Horus et Seth. Dans la pensée religieuse égyptienne, la naissance de la Lune est assimilée à l'apparition de l'Œil d'Horus et à la venue au monde du dieu Thot. Selon les "Aventures d'Horus et Seth", le disque lunaire est sorti du front de Seth après que ce dernier eut avalé une laitue imprégnée du sperme d'Horus. La semence d'Horus . Cet épisode mythologique est manifestement déjà connu à l'époque des "Textes des pyramides" car une allusion indique que Thot est issu de Seth. Une autre rapporte que l'Œil d'Horus, c'est-à-dire la Lune, a été ôtée du front de Seth. Dans les "Textes des sarcophages", Thot informe Osiris qu'il est « le fils de son fils, la semence de sa semence », autrement dit le petit-fils d'Osiris à travers Horus. Ailleurs, Thot est appelé « le fils des Deux Rivaux » ou « le fils des Deux Seigneurs» ou encore « le fils des Deux Seigneurs qui est sorti du front ». L'étrange naissance de Thot symbolise la fin du conflit. En tant que « Maître de la Maât » (l'harmonie cosmique) et fils commun d'Horus et Seth, il est « Celui qui sépare les Deux Compagnons ». Aussi joue-t-il les médiateurs pour mettre fin à cette incessante lutte. Symbolisme lunaire de l'Œil. Œil oudjat. Si, dans le papyrus des "Aventures d'Horus et Seth", Horus se voit arracher les deux yeux, d'une manière plus générale, les textes égyptiens mentionnent surtout l'énucléation du seul œil gauche. Représenté comme un œil humain fardé, l'Oudjat, « L'intacte », représente l'œil arraché à Horus par Seth lors de leur combat. Jeté à terre et déchiré en six morceaux, l'œil est reconstitué par Thot, qui le complète et le rend guéri et sain à son propriétaire. Les "Textes des sarcophages" évoquent ce mythe à plusieurs reprises. Un passage indique que Thot a cherché les morceaux et qu'il les a rassemblés : Un autre évoque le combat d'Horus et Seth et l'heureuse intervention de Thot : L'arrachage de l'œil est une allégorie de la phase décroissante de la Lune ; sa reconstitution est celle de la phase croissante. Selon Plutarque, la mutilation peut aussi signifier les éclipses lunaires ("Sur Isis et Osiris", ). Dans les temples, les prêtres s'assuraient de la bonne marche du cosmos en effectuant le rituel de « Compléter l'Œil d'Horus » qui consistait en une série d'offrandes livrées journellement à l'Œil afin d'aider à sa reconstitution. Œil et offrandes. Dans les "Textes des pyramides", l'Œil d'Horus tient une place considérable. Dans de nombreuses occurrences, cet œil symbolise les offrandes funéraires (pains, eau, vin, bière, encens, étoffes, onguents) apportées au pharaon défunt par les prêtres officiants. Selon cette liturgie, le pharaon est assimilé à Osiris. Horus, en tant que fils aimant, veut le faire revivre. Pour ce faire, Horus lui offre son propre Œil afin qu'il puisse à nouveau voir et se redresser sur ses jambes. Dans ce contexte, la possession de la vision a pour signification le retour de toutes les capacités sensitives, psychiques et physiques que le royal personnage a perdues au moment de sa mort. Bon nombre d'affirmations montrent que le contexte est lunaire. Le mythe archaïque du combat d'Horus et Seth, les « Deux Combattants », est inlassablement évoqué. Lorsqu'un prêtre, tout en déposant une offrande, dit que l'Œil d'Horus est blessé, qu'il souffre, qu'il est aveuglé, qu'il rebondit ou que Seth le mange, il fait référence aux tribulations célestes de la Lune, astre instable qui disparaît et réapparaît inlassablement depuis la blessure originelle qui lui a été infligée par Seth : Le monceau d'offrandes offert au pharaon n'est pas à voir comme un cadeau offert aux dieux. L'offrande est un geste rituel sacré qui vise à rétablir la Maât, l'ordre cosmique bouleversé par les « Deux Combattants ». Cette harmonie n'est atteinte que lorsqu’Horus dispose à nouveau de son œil blessé par Seth et que Seth dispose à nouveau de ses testicules endoloris par Horus. Toutefois, les offrandes sont seulement appelées au nom de l'œil d'Horus et jamais au nom des testicules de Seth, du moins explicitement. Seth étant le dieu de la confusion, son symbole est trop dangereux pour être invoqué indépendamment de celui d'Horus. Certains passages présupposent néanmoins une union nécessaire des deux forces contraires lors du rituel, leur apaisement étant symbolisé par la présence de Thot, le « Fils des Deux Rivaux », dieu des scribes et des ritualistes : Horus d'Edfou. Le magnifique temple d'Edfou consacré à Horus est l'un des sanctuaires égyptiens les mieux conservés. Ses parois exposent les antiques rites et les festivités annuelles qui s'y pratiquaient. Parmi les temps forts figurent l'intronisation du faucon sacré, la visite de la statue de l'Hathor de Dendérah et la naissance du dieu Harsomtous. Les principaux ennemis de Horbehedety (la forme locale d'Horus) sont le serpent primordial et Seth l'hippopotame. Dieu local. Temple d'Edfou. Horbehedety ou « Horus de Behedet » est la forme d'Horus vénérée à Edfou, le mot égyptien "behedou" signifiant le « Lieu du trône » et le nom "Behedet" étant l'un des toponymes égyptiens de la ville. Ce dieu peut être représenté comme un faucon accroupi couronné ou non du Pschent mais, en tant que Soleil en mouvement, il est figuré sous la forme d'un disque solaire ailé accompagné de deux serpents-uræi. Capitale du de Haute-Égypte, Edfou est dès l'Ancien Empire une puissante cité régionale. À la , elle est un poste avancé pour surveiller les activités de la Nubie et fait figure de grenier à blé pour les nomes voisins moins généreusement pourvus. Edfou est aussi tournée vers les routes caravanières menant au désert Libyque. Durant la période ptolémaïque, Edfou se dote d'un nouvel édifice cultuel, actuellement l'un des mieux préservés ; le temple d'Horus. La construction débuta le 23 août -237 et prit fin en l'an 57 avant notre ère. Le temple est long de quelque cent-quarante mètres et suit un axe sud-nord parallèle au Nil. L'édifice est constitué de trois grands ensembles architecturaux ; le sanctuaire (ou partie principale) constitué de plusieurs chapelles destinées au culte divin, le pronaos, c'est-à-dire un avant-corps qui donne sur une cour intérieure et le parvis dominé par son pylône d'entrée. Des fouilles ont permis de découvrir quelques vestiges d'un édifice antérieur, des fragments datant de la ainsi que des éléments d'un portail de la . Le naos qui renfermait la statue d'Horus remonte lui aussi à l'édifice antérieur. Il s'agit d'un monolithe en granit gris, haut de quatre mètres, et datant du règne de (). Les murs sont recouverts d'inscriptions. Certaines illustrent les gestes du culte quotidien, d'autres sont de savantes synthèses théologiques issues d'anciennes traditions recopiées depuis des papyrus conservés dans les archives sacrées. Faucon sacré. À Edfou, mais aussi à Philæ et à Athribis, l'âme-Ba du dieu Horus se manifeste dans un représentant vivant considéré comme sacré. Selon le géographe grec Strabon, le rapace de Philæ est vénéré sa vie durant. À sa mort, un successeur est ensuite cherché dans le sud, en Nubie ("Géographie", , 49). Le faucon sacré du temple d'Edfou est le mieux connu ; du moins pour la période ptolémaïque. L'oiseau sacré est remplacé chaque année par un autre puis intronisé comme un nouvel Horus vivant. Pour procéder au choix du nouveau rapace, la statue d'Horus est sortie de son sanctuaire. Elle est alors conduite en procession, portée par des officiants affublés de masques de chacal et de faucon pour la conduire jusqu'au Temple du Faucon vivant. Cet édifice, qui n'existe plus de nos jours, était probablement situé près de l'entrée de l'enceinte sacrée. La statue passe ensuite en revue plusieurs rapaces considérés, de par leur apparence visuelle, comme semblables à la beauté de Rê. Ces oiseaux étaient sans doute élevés dans une volière sacrée et nourris par des officiants spécialement chargés de leurs soins. Pour signifier son choix, la statue d'Horus s'immobilise puis s'incline devant le représentant de l'année à venir. Durant plusieurs jours se déroule alors un long cérémonial de couronnement au cours duquel sont associés le faucon vivant et la statue cultuelle d'Horus. Dans le temple, l'oiseau se voit conférer les attributs de la royauté par les dieux, en particulier par Hathor. L'intronisation terminée, l'oiseau part pour aller résider dans l'enclos du Temple du faucon. On ne sait toutefois pas si au bout de l'année, l'oiseau était sacrifié pour être inhumé ou s'il rejoignait ses congénères dans la volière collective. Mythologie d'Edfou. Combat primordial. Le nom actuel d'Edfou provient du copte "Atbô" qui est une déformation du nom égyptien "Djebaou", « La Ville du Flotteur ». En divers points de la muraille d'enceinte du temple d'Horus d'Edfou, des allusions textuelles relatent les origines mythiques et expliquent le nom donné à la ville par le dieu créateur. Avant que le monde vienne à l'existence, il n'existait que les eaux chaotiques du Noun. Dans cette fange boueuse, un amas de joncs et de roseaux forma une île à la dérive. Or, au même moment, dans le ciel planait une puissance divine, le Faucon, à la recherche d'un endroit où se poser. Il remarqua l'amas de joncs et s'y posa. Le Créateur approuva cette halte et se fit visible en se transformant en un oiseau gigantesque au plumage de pierres précieuses et à visage humain. Il descendit du plus haut des cieux vers l'îlot végétal, en fit une terre solide et ferme et la donna en cadeau au Faucon. Le Créateur rejoignit ensuite le ciel et disparut non sans proclamer que l'univers avait le Faucon pour maître : Aussitôt la terre formée, les forces du Mal se manifestèrent sous la forme du serpent Apophis. Le Faucon repoussa l'attaque et détruisit le monstre aquatique. Pour venir à bout du reptile, le Créateur inventa une arme magique, l'épieu-"segmeh" et la donna en cadeau au Faucon. Depuis cette époque, Edfou est protégée par quatre génies, émanations du Faucon : à l'ouest par le taureau « Puissant de Mugissement », à l'est par le lion « Seigneur du Couteau », au sud par le faucon « Seigneur du harpon » et au nord par le serpent « Grand de Terreur ». Ces quatre défenseurs créèrent à leur tour quatre bataillons constitués de soixante dieux gardiens à leur image. Depuis lors, cette armée défensive se manifeste sous la forme du mur d'enceinte du temple : Harponneur de Seth. Outre le combat primordial contre le serpent Apophis, les murs du temple d'Edfou relatent le combat qu'Horus a mené contre son oncle Seth transformé en hippopotame. Cet épisode mythique est consigné sur la façade intérieure du mur d'enceinte du côté ouest et se présente comme une série de onze bas-reliefs séparés entre eux par des colonnes de hiéroglyphes. Sous une forme idéalisée, ces inscriptions présentent les différentes phases d'un rituel célébré chaque année dans le temple le 21 Méchir (sixième mois du calendrier nilotique). Au cours du cérémonial, un prêtre placé devant la statue d'Horus-le-Harponneur transperce une figurine d'hippopotame de dix coups de couteau puis la découpe pour offrir les morceaux aux dieux. Le but du rituel est de tenir éloignés, loin du temple, les ennemis d'Horus et de Pharaon. Durant l'exécution, un officiant psalmodie les psaumes reproduits sur les murs. L'action du mythe est double ; elle se situe pour une part à Bousiris et pour une autre part à Bouto, deux villes du delta du Nil en Basse-Égypte. Seth et ses complices sont la personnification des ennemis du royaume égyptien. Ils menacent Rê et envahissent le pays sous la forme de crocodiles et d'hippopotames. Ces animaux sont toutefois tués par Horus sous les encouragements de sa mère Isis : Triade d'Edfou. Visite d'Hathor de Dendérah. Dans chaque temple, l'année cultuelle est ponctuée de fêtes. Chaque sanctuaire a son propre cycle calendaire mais les festivités les plus communes sont les rituels de la Nouvelle Année et les Mystères d'Osiris. Pour le temple d'Hathor de Dendérah et le temple d'Horus d'Edfou, la célébration la plus typique est la « Bonne Rencontre » quand la statue d'Hathor de Dendérah remonte le fleuve en barque pour aller rejoindre Horus son époux d'Edfou. Durant le mois d'Epiphi, lors de l'étiage du Nil — quand les eaux sont au plus bas niveau —, Hathor quitte son sanctuaire et fait route vers le sud. Tous les détails du cortège fluvial ne sont pas connus. Lors de son voyage, la barque sacrée d'Hathor s'arrête et stationne devant les principaux temples qui ponctuent son trajet. La statue d'Hathor visite ainsi les divinités de Coptos, de Thèbes et d'Hiérakonpolis avant d'atteindre la ville d'Edfou et son dieu Horus. L'union des statues d'Horus et Hathor s'effectue durant la phase ascendante de la Lune au cours du mois d'Epiphi. Après cette période, Hathor s'en retourne chez elle. Selon le mythe, après dix mois de gestation, un enfant divin vient au monde durant le mois de Pharmouti, un fils qui prend le nom d'Ihy à Dendérah et d'Harsomtous à Edfou. Harsomtous, fils d'Horus d'Edfou. D'après le système théologique d'Edfou, le dieu Horus, sa compagne Hathor et leur fils Harsomtous forment une triade, c'est-à-dire une famille divine. Le dieu-enfant Harsomtous tire son nom grec de l'expression égyptienne "Hor-sema-taouy" qui signifie « Horus qui réunit les Deux Terres ». Son iconographie la plus commune est très proche de celle d'Harpocrate, nu avec un doigt porté vers la bouche. Très proche de Somtous de Héracléopolis, sans toutefois se confondre avec lui, Harsomtous représente l'héritier divin et royal en qui le pays place ses espérances de continuation et de renouveau, de paix et de stabilité. Son assimilation au soleil primordial fait qu'il est aussi montré comme un jeune enfant né assis hors d'une fleur de lotus, coiffé du Hemhem et triomphant des eaux chaotiques du Noun. Dieu cosmique. Le divin Horus a, entre autres, été perçu comme un immense faucon céleste dont le Soleil et la Lune sont les deux yeux. Ce dieu primordial a été vénéré à Kôm Ombo sous le nom d'Horus l'Ancien, à Héliopolis sous le nom de Horakhty (plusieurs variantes : Harakhti, Harakati…) et à Létopolis sous le nom de Khenty-Irty. Horus l'Ancien. Dieu primordial. Hor-Our (connu des Grecs sous "Haroéris") est un dieu dont le nom signifie littéralement « Horus le Grand », une expression qu'il faut comprendre dans le sens de « Horus l'Ancien » ou de « Horus l'Aîné ». Ce dieu est très tôt représenté comme un faucon debout sur ses pattes ou accroupi. Il peut aussi apparaître comme entièrement anthropomorphe ou, plus communément, comme un homme à tête de faucon coiffé du Pschent ou du disque solaire. Il peut aussi être figuré sous la forme d'un lion ou d'un lion à tête de faucon. Le Grec Plutarque rapporte que ses parents Osiris et Isis, très amoureux, s'accouplaient déjà, avant de naître, dans l'obscurité du ventre de leur propre mère Nout. Hor-Our serait né de cette union précoce le deuxième des cinq jours épagomènes ("Sur Isis et Osiris", ). Horus l'Ancien a été vénéré en plusieurs cités. À Qûs il est connu dès l'Ancien Empire. Sa présence est aussi attestée à Létopolis dans le Delta où il protège l'omoplate d'Osiris, une relique issue du corps osirien démembré par Seth. À Edfou, Horus l'Ancien ne fait qu'un avec Horbehedety. Dans son temple de Kôm Ombo, il est assimilé à Shou, le dieu du souffle vital, au dieu Heh, la personnification de l'éternité et avec le faucon géant primordial Mekhenty-Irty dont les deux yeux sont le Soleil et la Lune. Dans ce rôle, il est plus ou moins aveugle selon le cycle lunaire. Il recouvre progressivement la vue entre les journées qui séparent la néoménie (nouvelle lune) de la pleine lune. Selon la croyance qui veut que les rituels religieux aident le cosmos à se perpétuer, il retrouve son œil lunaire par l'offrande sacrée de l'Oudjat (aussi nommé "Œil d'Horus"). Lorsque son œil est enfin sain et reconstitué, Pharaon lui offre l'épée-"iyt", « Celle qui vient ». Par ce geste d'offrande, il devient « Horus au bras armé » qui, la nuit, chasse efficacement les ennemis maléfiques de Rê et leur tranche prestement la tête. Temple de Kôm Ombo. À Kôm Ombo (l'antique Ombos), dans le de Haute-Égypte, le faucon Horus l'Ancien est conjointement vénéré avec le crocodile Sobek. Des fouilles ont démontré l'existence d'un sanctuaire édifié par durant le Nouvel Empire mais l'édifice ruiné qui nous est parvenu est toutefois plus récent. D'après les noms royaux inscrits, le temple a été réédifié entre les règnes de et (période ptolémaïque). Le plan de l'édifice, un sanctuaire précédé de deux salles hypostyles, est classique mais présente la particularité d'être un temple double dédié à deux triades assimilées entre elles. Au sud, la première famille divine se compose de Sobek, de Hathor et du dieu-fils Khonsou. Au nord, la seconde famille est constituée par Horus l'Ancien et par deux déités artificielles, la déesse Tasenetnofret, « La Sœur Parfaite », et le dieu-enfant Panebtaouy, « Le Seigneur des Deux Terres ». La déesse n'est qu'une forme locale d'Hathor tandis que son fils représente le dieu Horus dans sa jeunesse. Dans les scènes gravées sur les murs, de nombreuses combinaisons théologiques sont employées en particulier avec les divinités de l'Ennéade d'Héliopolis ; Horus l'Ancien apparaît comme Shou et Sobek comme Geb. Aussi Sobek est-il perçu comme le continuateur d'Horus l'Ancien, le dieu Shou étant le père de Geb. Les déesses-mères Tasenetnofret et Hathor sont naturellement confondues entre elles et rapprochées de Tefnout et Nout. Il en va de même avec Khonsou et Panebtaouy considérés comme un seul dieu-fils. Finalement, l'idée maîtresse du temple est la perpétuation de la vie à travers le modèle des triades divines que les dieux ont donné aux humains. Des animaux sacrés étaient présents dans l'enceinte sacrée car des momies de crocodiles consacrées à Sobek ont été retrouvées dans les nécropoles voisines. Quatre enfants d'Horus. Les enfants d'Horus, (de l'égyptien "Mesou Hor"), sont un groupe de quatre dieux protecteurs composé d'Amset à tête d'homme, de Hâpi à tête de babouin, de Douamoutef à tête de chacal et de Kébehsénouf à tête de faucon. Il ne s'agit pas des enfants d'Horus le Jeune, le fils posthume d'Osiris, mais de ceux d'Horus l'Ancien, une forme funéraire du dieu créateur et donc aussi une forme d'Osiris. Un passage des "Textes des sarcophages" indique leur parenté véritable : Dans les "Textes des pyramides", ces quadruplés sont, entre autres, aussi connus sous les appellations d' « Enfants d'Atoum » et de « Quatre Émanations ». Ces désignations montrent qu'ils ont été perçus comme des extensions du dieu créateur Atoum qui est à la fois leur père et leur mère. L'ascension céleste du pharaon défunt est placée sous le signe de la vie : . Sa destination est le trône d'Osiris. Lors de ce voyage mystique, le pharaon est doté d'une forme éternelle, le corps-"djet". En tant que dieux protecteurs, Hâpi et Douamoutef sont assimilés aux bras du pharaon tandis qu'Amset et Qébehsénouf le sont aux jambes, les quatre en association avec les jumeaux Shou et Tefnout, fils et fille d'Atoum. La tête du pharaon est quant à elle rapprochée de "Hor-Douaty" « Horus de la Douât » qui est le symbole du soleil durant son voyage nocturne dans les ténébreuses contrées souterraines : Horakhty. Horakhty ou « Horus de l'Horizon » est la personnification du Soleil au zénith, lorsqu'il est au maximum de sa puissance. Ce dieu apparaît souvent en association avec Rê, aussi est-il surtout connu sous la dénomination de "Rê-Horakhty". Dans l'iconographie, ce dieu est représenté sous les traits d'un homme hiéracocéphale. La tête est surmontée d'un disque solaire qui se trouve entouré par un serpent-uræus afin de symboliser le feu destructeur de la divinité. Horakhty peut aussi apparaître sous l'apparence d'un faucon coiffé du disque solaire. Cet ancien dieu céleste a été très tôt vénéré à Héliopolis. À partir de la , son culte fusionne avec ceux d'Atoum le démiurge et de Rê le soleil. Sous le règne d'Akhenaton, la puissance divine s'incarne dans l'Aton, le disque solaire. Dans la pensée religieuse égyptienne, l’"Akhet" ou « l'Horizon » est l'endroit où apparaît et disparaît le soleil. Ce mot s'écrit avec un idéogramme qui représente deux collines d'où émerge ou descend le soleil à son lever et à son coucher. L'Horizon est un monde liminal situé à la frontière du monde humain avec la Douât qui est le monde souterrain et nocturne. Horus de Létopolis. Hor-Khenty-irty, un dieu astral. Dès la (≈ ), un dieu faucon est vénéré dans la ville de Khem (la "Létopolis" des Grecs), capitale provinciale du de Basse-Égypte. Les vestiges de cette cité se trouvent sur le site de l'actuelle "Aousim" près du Caire. L'Horus de Létopolis, « Celui qui préside à Khem », est un dieu astral assimilé à Horus l'Ancien. Son œil droit est le Soleil et le gauche la Lune. Son nom change selon que ces deux luminaires sont visibles ou pas. Au moment de la pleine lune, lorsque les deux luminaires sont brillants, cet Horus est "Khenty-Irty", « Celui qui a des yeux ». Au contraire, au moment de la nouvelle lune, quand cet astre est invisible, le dieu est "Khenty-en-Irty", « Celui qui n'a pas d'yeux ». Sous ces aspects, le dieu est aussi connu sous les noms de "Mekhenty-Irty" et "Mekhenty-en-Irty". Ses animaux sacrés sont l'ichneumon (dieu voyant) et la musaraigne (dieu aveugle). Ce mythe cosmique a fait que le dieu a été considéré comme le patron des médecins oculistes et des harpistes, une profession exercée par des aveugles. Les "Textes des sarcophages" font de lui le fils d'Osiris ou la divinité qui rend ses yeux aux défunts lors de la momification : Fils de Khenty-irty. Durant la période gréco-romaine, les temples de Dendérah et Edfou mentionnent les quatre « Enfants de Khenty-Irty », toujours en association avec les quatre enfants d'Horus. Il s'agit de dieux protecteurs chargés de veiller sur Osiris et par là même sur tous les morts égyptiens. Leurs noms sont toujours cités dans le même ordre : Heqa, Iremâouay, Maaitef et Irrenefdjesef. Ces dieux apparaissent déjà dans les "Textes des sarcophages" et le "Livre des Morts" mais sans la mention de leur père Khenty-irty. Formes secondaires. Le dieu Horus est omniprésent en Égypte. Sa présence est attestée dans toutes les villes et bourgades d'importance. Ses rôles sont multiples, défenseur du pays : protecteur des garnisons frontalières, protecteur des défunts et des momies, harponneur des démons et bêtes sauvages, etc. Cultes locaux. Basse-Égypte. Le dieu Horus a été vénéré dans toutes les régions de l'Égypte pharaonique. Pratiquement chaque lieu de culte a disposé de sa propre forme horienne. En Basse-Égypte, à Athribis (), le dieu crocodile Khentykhety est assimilé à Horus sous le nom de "Hor-khentykhety" (Hor-Khentekhaï). Il apparaît aussi sous l'apparence d'un homme à tête de taureau. Lorsqu'il est rapproché d'Osiris, son épithète est "Hor-Ousir-kem-our" « Horus-Osiris, grand taureau noir ». À Chedenou (Horbeit) dans le , à partir de la , un dieu céleste est vénéré sous le nom de Hormerty « Horus des deux yeux ». Ce dieu combatif défait Seth et Apophis en les massacrant. Dans la région de Memphis, à Gizeh, la statue du Grand Sphinx a été l'objet d'un culte en tant que dieu à part entière sous le nom de "Hor-em-Akhet" (Harmakhis) c'est-à-dire « Horus dans l'Horizon ». Ce culte prend naissance dans les débuts de la sans doute après un désensablement entrepris sous . Cette action pieuse fut entreprise après un songe où le sphinx apparut au pharaon sous le nom de "Harmakhis-Khépri-Rê-Atoum". La statue a aussi été désignée sous les noms de Houroun et Harmakhis-Houroun. Haute-Égypte. En Haute-Égypte, à Aphroditopolis (Atfieh) dans le , le faucon "Hor-Medenou" (Harmotès) apparaît en association avec la vache Hésat, le bélier Khnoum et Hathor, la déesse principale de la localité. Quelques inscriptions attestent de son existence à la période saïte. À partir de la et jusqu'au de notre ère, son culte est très populaire dans le Fayoum et à Alexandrie. Durant la période ptolémaïque, "Hor-Nebsekhem" ou "Nebesekem", le faucon guerrier de Létopolis (capitale du de Basse-Égypte), est aussi attesté dans le Sud, à Kôm Ombo et Panopolis (Akhmîm). Son culte a perduré jusqu'au . Toujours à Panopolis (), le jeune Horus élevé dans les marais est connu sous le nom de "Hor-Khebty" (Harkhebis) où il est rapproché d'Horus l'Ancien. À Médamoud, près de Thèbes dans le , le couple divin Montou et Râttaouy a pour enfant le jeune Harparê, « Horus le Soleil ». Ses plus anciennes attestations remontent au règne de Taharqa et les plus récentes à l'occupation romaine. Dans la ville de Hebenou, capitale du , "Hor neb Hebenou", « Horus seigneur de Hebenou », est représenté comme un homme hiéracocéphale assis sur un oryx. Cette gazelle blanche est l'emblème du nome et a été considérée comme un animal maléfique et séthien qu'il est nécessaire d'abattre rituellement pour se prémunir des dangers. D'après le mythe, cette ville fut le théâtre d'un grand combat entre Horus et Seth dont le dieu faucon sortit vainqueur. Défenseur des frontières. En Basse-Égypte, à la lisière du désert Libyque, dans le et plus particulièrement à Kôm el-Hisn, était vénéré "Hor-Thehenou" « Horus de Libye ». Ce dieu est attesté dès la période thinite (les deux premières dynasties) où il est connu sous l'épithète de « Seigneur du sanctuaire de Basse-Égypte ». Ce dieu guerrier est le défenseur des frontières occidentales de l'Égypte. Sa contrepartie est le dieu faucon "Hor Chesemty", « Horus de l'Orient ». Dans le , ce dernier est assimilé à Horakhty et la déesse Chesmet (une forme locale de la lionne Sekhmet) lui est attribuée comme épouse divine. "Hor Chesemty" a aussi été rapproché du dieu faucon Sopdou vénéré dans le situé à la frontière orientale du Delta. En tant que défenseur, Horus apparaît à Létopolis sous les traits de "Hor Manou" « Horus de Manou ». À l'origine, Manou et Bakhou étaient des toponymes qui servaient à désigner les montagnes du désert occidental. Sous le Nouvel Empire, ces lieux sont devenus des contrées mythiques. En tant que synonyme de Libye, Manou est resté une contrée occidentale mais le terme Bakhou s'est déplacé vers l'orient. Ces deux montagnes ont alors servi à désigner les deux extrémités du parcours est-ouest du soleil. Dans une scène cultuelle gravée à Edfou, le pharaon offre à Horbehedety le sigle hiéroglyphique de l'Horizon constitué par ces deux montagnes. En échange de cette offrande, le dieu accorde au souverain le trône, le palais royal et un long règne. Dans les marécages du Delta est aussi attestée la présence de "Hor-Meseny", « Horus de Mesen », ou "Hor-Mesenou", « Horus le Harponneur ». Le terme Mesen est un toponyme qui sert à nommer un endroit où Horus a harponné un hippopotame, incarnation de Seth. Au moins trois villes ont porté le nom de Mesen : l'une à l'ouest, près de Bouto, une deuxième à l'est près d'El Qantara et une troisième, dans le centre mais de localisation inconnue. La deuxième Mesen a eu un grand rôle stratégique en défendant le pays des agressions asiatiques (forteresse de Tjarou). En cette localité, cet Horus apparaît sous les traits d'un féroce lion. À Edfou, il est assimilé à "Horbehedety". Dieu guérisseur et exorciste. Dès les origines de la civilisation égyptienne, le dieu Horus est perçu comme une divinité capable de guérir les humains de leurs maladies. À partir de la Basse époque, cette fonction se manifeste surtout dans la personne du jeune Harpocrate et par le truchement des "Stèles d'Horus" (lire plus haut). Durant toute l'histoire égyptienne est attestée la forme divine de "Hor-imy-chenout". La traduction de cette épithète pose problème et plusieurs solutions ont été proposées : « Horus des cordes », « Horus de la ville des cordes », « Horus lié par les cordes ». Le terme "cheni" signifie « exorciser » et le "chenou" est une sorte de médecin-guérisseur, un exorciste chargé d'éloigner les mauvais esprits et les morts dangereux. Dans la maison de vie, Horus est le « Prince des Livres », l'assistant de Thot. D'après un papyrus magique de l'époque ramesside, cet Horus se débarrasse de ses ennemis en les grillant dans un brasier. Il peut apparaître sous les divers traits, par exemple comme un crocodile à tête de faucon. Lors de la momification des corps, la puissance divine d'Horus est invoquée par les prêtres embaumeurs afin de garantir la pérennité des chairs. Dans le rituel, "Horus neb Hebenou" offre au défunt des étoffes et des linges funéraires qui, telle une armure, le protégeront du tumulte guerrier fomenté par ses ennemis séthiens. "Horbehedety" apporte lui aussi des étoffes mais dans le but de garantir les offrandes funéraires. "Hormerty" traîne quant à lui un filet de pêche afin de rassembler et capturer la cohorte maléfique des ennemis. "Horhekenou", « Horus de l'onguent », adoré à Bubastis, symbolise la chaleur brûlante du soleil. Lui aussi pourchasse les démons susceptibles de s'en prendre aux momies. Horit, la contrepartie féminine. Quelques textes tardifs rapportent l'existence de la déesse "Horit", dont le nom est écrit avec l'idéogramme du faucon suivi de la désignation du féminin. Cette « Horus féminine » n'a d'abord été qu'un titre attribué aux reines à partir du Moyen Empire. Dans le mammisi d'Hermonthis, il est ainsi appliqué à la célèbre Cléopâtre. Les théologiens égyptiens ont ensuite personnifié ce titre royal sous la forme d'une déesse à part entière. Du fait de sa création tardive, Horit apparaît assez peu dans l'iconographie. À Dendérah, dans le temple d'Hathor, elle est représentée sous la forme d'une femme à tête de lion et à Atfieh sous les traits d'un faucon momifié. Le "Papyrus Brooklyn" rédigé à l'époque saïte livre de précieuses informations au sujet de son mythe. D'après une notice de ce traité religieux, Horit est la fille d'Osiris. Père et fille ont entretenu des relations intimes et cinq dieux faucons sont nés de cette union incestueuse : Ce groupe de cinq dieux n'est mentionné que par ce document. Il s'agit manifestement de rassembler et d'unifier artificiellement plusieurs traditions mythologiques distinctes. Le dieu Houméhen n'est pas connu par ailleurs. Son nom signifie peut-être « Celui qui frappe le placenta ». Les anciens Égyptiens expliquaient les douleurs de la mère lors de l'accouchement en disant que l'enfant avant de naître frappait la masse placentaire. Le deuxième enfant "Sanebouy", « Le fils des Deux Seigneurs », est le dieu Horus vénéré à Mendès et qu'Isis conçut de manière posthume en s'unissant à la momie d'Osiris. Le troisième "Hor-Médénou" est l'Horus vénéré à Médénou (une bourgade du Fayoum) et connu sous le nom grec d’"Harmotès". Le quatrième, "Hor-hekenou", « Horus qui est dans le Chérubin Supérieur », est la forme divine d'Horus vénérée à Bubastis. Le cinquième est dernier, « l'Enfant d'Isis », est l'Horus qui défend son père Osiris contre ses ennemis séthiens. Hors d'Égypte. Horus ne s'est pas laissé enfermer à l'intérieur des frontières égyptiennes. En Nubie, sa présence s'est imposée par la volonté des pharaons guerriers. Dans le pourtour méditerranéen, la croyance s'est largement diffusée auprès des populations gréco-romaines adeptes des cultes isiaques. Durant les derniers siècles du paganisme égyptien, les premiers chrétiens se sont emparés de l'imagerie et du mythe horiens sous les traits de l'Enfant Jésus et du harponneur saint Georges afin de mieux asseoir la nouvelle religion auprès d'une population rétive au prosélytisme religieux. Antiquité. Nubie. Située entre la première cataracte du Nil et la confluence du Nil Blanc avec le Nil Bleu, la Nubie a joué un rôle essentiel comme carrefour commercial et culturel entre l'Égypte antique et le reste de l'Afrique. Dès la période thinite, les richesses de la Basse-Nubie ont suscité les convoitises pharaoniques. Puis, durant les Moyen Empire et Nouvel Empire, la région a été colonisée militairement et économiquement. Les pharaons ont marqué leur volonté hégémonique en faisant édifier plusieurs dizaines de citadelles et temples. Quatre localités ont été placées sous la protection du dieu Horus : la forteresse de Bouhen, la colline de Méha (temples d'Abou Simbel), la forteresse de Miam et la forteresse de Baki. Cette zone est à présent submergée sous les eaux du lac Nasser. À Bouhen, le temple d'Horus se situait à l'intérieur de la forteresse sur une petite éminence. Un bâtiment du Moyen Empire à fait place à un petit temple rectangulaire édifié sous la reine Hatchepsout. La partie centrale est constituée par un sanctuaire entouré de colonnes. Un vestibule donne accès à trois longues chapelles, l'une d'elles communiquant avec une quatrième salle arrière. La décoration a été complétée sous . Les scènes montrent aux côtés de l'Horus de Bouhen, les dieux Amon-Rê, Anoukis, Thot, Isis, Neith, Seshat et Montou. Au , le temple de Bouhen a été démonté lors de la grande campagne de sauvetage des temples de Nubie menée par l'UNESCO. Il a été remonté à Khartoum, la capitale du Soudan, dans le jardin du Musée national. Cultes isiaques. Entre le avant, et le de notre ère, le culte d'Isis et des dieux qui lui sont associés (Osiris, Anubis, Horus) s'est répandu à travers tout le pourtour de la mer Méditerranée. La croyance a même gagné les bords du Rhin, la Pannonie et l'Angleterre, alors possessions de l'Empire romain. Le culte des dieux égyptiens n'est toutefois resté le fait que d'une petite minorité de croyants et ne s'est jamais hissé au rang de religion majoritaire. De nombreuses statuettes, amulettes, bijoux, lampes à huile ont été découvertes figurant Horus dans l'enfance (Harpocrate), soit seul, soit sur les genoux de sa mère Isis en train de l'allaiter (typologie des « "Isis lactans" »). Harpocrate n'a joué qu'un rôle secondaire dans la religion des temples isiaques édifiés à travers le monde romain. Très souvent, il cède même le pas à Anubis, l'« Aboyeur divin ». Le petit Harpocrate était cependant très populaire dans les foyers domestiques comme en témoignent les innombrables statuettes découvertes à travers toute l'Europe et les côtes de l'Afrique du Nord. L'iconographie gréco-romaine s'inspire du style égyptien tout en l'adaptant au goût hellénistique. Horus est invariablement figuré comme un jeune enfant nu. Tantôt, le crâne est chauve comme dans les figurations égyptiennes, tantôt il arbore une abondante chevelure bouclée grecque. Une de ses épaules est parfois habillée de la nébride qui est une peau de cerf, symbole du dieu grec Dionysos auquel Osiris est généralement assimilé. Parfois, il tient dans sa main gauche une corne d'abondance, symbole de fécondité et marque de sa filiation avec Osiris, qui est connu comme dieu de la végétation et de la fertilité. Lorsqu'il est rapproché du jeune Éros, Horus porte des ailes dans son dos et un carquois rempli de flèches. Il peut être représenté debout ou couché et parfois accompagné d'un animal (oie, chien, chèvre, cheval) ou les chevauchant. Malgré toutes les variantes, son geste le plus caractéristique est celui de porter l'index de la main droite vers la bouche. Postérité chrétienne. Vierge à l'Enfant. En Égypte, durant les premiers siècles du christianisme, les fidèles de la nouvelle religion ont longuement bataillé pour imposer leur croyance. Attachée aux anciens dieux, la population s'est le plus souvent opposée avec une extrême résistance aux premiers évêques évangélisateurs. Dans cette lutte acharnée, les chrétiens ont peu à peu pris le dessus et sont devenus majoritaires. Pour mettre à bas l'ancienne croyance, de nombreux sanctuaires païens ont été détruits, en particulier ceux d'Alexandrie et de sa région. D'autres ont été récupérés et transformés en églises coptes. Tel est le cas du temple d'Isis de Philæ. Dans le domaine de l'art, les chrétiens n'ont pas hésité à dégrader les représentations païennes en les martelant. Il fut cependant impossible d'éradiquer tous les témoignages architecturaux édifiés et décorés durant les trois millénaires et demi de civilisation pharaonique. Le judaïsme d'où est issu Jésus-Christ interdisant les représentations divines, et aucune croyance ne vivant en monde clos, l'art chrétien primitif a nécessairement dû puiser son inspiration auprès des religions polythéistes de son temps. En Égypte, les artistes et les religieux coptes ont été, très naturellement, influencés par le message spirituel pharaonique et par son iconographie très riche en symboles religieux. Le mythe d'Horus l'Enfant né miraculeusement puis allaité et protégé par sa mère Isis a ainsi déteint sur les représentations de la Vierge Marie, mère de l'Enfant Jésus. Le culte d'Isis et Harpocrate était très largement diffusé autour de la mer Méditerranée entre le avant, et le de notre ère. Dans l'iconographie, les représentations d'Isis s'apprêtant à allaiter son fils Horus assis sur ses genoux sont très répandues sous la forme de statuettes de dix à vingt centimètres de haut. Il est dès lors possible que l'art copte des - se soit inspiré, consciemment ou non, de ce motif pour l'appliquer à Marie et à l'Enfant-Jésus. Saint Georges. Dans la chrétienté, Georges de Lydda ou "saint Georges" est l'un des saints les plus populaires qui soient. Sa légende s'est d'abord développée en Orient puis s'est largement diffusée en Occident. De nombreux pays, régions, villes et villages sont placés sous sa bienveillante protection : Géorgie, Éthiopie, Angleterre, Bourgogne, Catalogne, etc. Selon la légende, au , en Libye, près de la ville de Silène, un monstre terrorisait la population. Chaque jour, des jeunes gens devaient se sacrifier et aller se livrer à lui afin de se faire dévorer. Saint Georges, soldat issu d'une famille chrétienne, rencontra un jour une victime sur le point d'aller à la mort. Monté sur son cheval blanc, le Saint se rendit auprès du monstre et le transperça de sa lance. Ce haut fait est à l'origine de son iconographie la plus commune, un légionnaire en armure, brandissant une lance ou un glaive, assis sur un cheval cabré au-dessus d'un monstrueux dragon. Dans l'imagerie égyptienne, la lutte du bien contre le mal est très anciennement symbolisée par le personnage du Harponneur. Debout dans une barque, un homme transperce vigoureusement de sa lance le corps d'un hippopotame. Dans les tombeaux, le personnage du Harponneur apparaît durant l'Ancien Empire dans les mastabas des proches du pharaon. Le propriétaire de la tombe est montré voguant dans la luxuriance des marais, la lance à la main. Plus tard, durant le Nouvel Empire, dans le trésor funéraire de Toutânkhamon, figure une statuette du roi sous l'apparence du Harponneur. Dans le monde divin, deux divinités sont montrées sous ce rôle : Seth à l'avant de la Barque de Rê luttant contre le serpent Apophis et Horus harponnant l'hippopotame séthien ; à Edfou par exemple (lire plus haut). Durant la période gréco-romaine, dans les temples des oasis du désert Libyque, Seth apparaît sous les traits du faucon horien, accompagné d'un lion — le chevauchant presque — et harponnant un serpent. Le Musée du Louvre conserve un témoin du mélange entre les traditions égyptiennes et romaines. Sur les restes d'une fenêtre sculptée au , Horus est montré sous l'apparence d'un légionnaire à tête de faucon, chevauchant un cheval et harponnant un crocodile. Il est tentant d'imaginer qu'à l'époque copte, où christianisme et paganisme rivalisaient encore, l'antique mythe du Harponneur égyptien ait influencé la légende et l'iconographie du nouveau saint chrétien. Culture populaire. Depuis la fin du et l'apparition du phénomène de la culture de masse, l'image d'Horus est véhiculée par l'entremise de nombreux supports médiatiques tels les livres de vulgarisation égyptologique, les reproductions d'artefacts antiques (statuettes, papyrus illustrés, amulettes de l'œil oudjat), les romans, les bandes dessinées, le cinéma, les sites internet. Grâce à ces moyens d'information et de divertissement, la représentation d'Horus en tant qu'homme vêtu d'un pagne et doté d'une tête de faucon est devenue immensément populaire. À côté d'Anubis le dieu chacal, Horus est devenu le parangon des dieux hybrides de l'Ancienne Égypte. Fort de cette popularité, Horus est intégré dans la trame de nombreuses fictions. Aux États-Unis, Horus est un super-héros relativement méconnu de la franchise des Marvel Comics surtout célèbre pour les personnages de Spider-Man, X-Men, Hulk, Thor, Captain America, Iron Man, Daredevil, Ghost Rider, etc. Sa première apparition remonte à septembre 1975 où, dans une bande dessinée, il est présenté comme le fils d'Osiris et Isis et tous évoluent dans un monde fantastique où les mythologies scandinaves, égyptiennes et extraterrestres s’entremêlent. Après avoir été enfermés par Seth dans une pyramide durant quelque trois-cents années, Horus et ses parents parviennent à s'en échapper en faisant apparaître le monument hors du sol californien. Dans la série télévisée américano-canadienne "Stargate SG-1" (dix saisons diffusées entre 1997 et 2007 aux États-Unis), Horus apparaît sous le nom de Heru'ur, c'est-à-dire Hor-Our (Horus l'Ancien). Heru'ur, fils de Râ et Hathor, est présenté comme un extraterrestre tyrannique et conquérant issu de la race des parasites Goa'uld et qui a fait main basse sur plusieurs planètes habitables dont "Tagrea" et "Juna". En 2009, la maison d'édition québécoise Les 400 coups publie la version francophone de "Horus" (tome 1 - l'enfant à tête de faucon) de l'auteure Johane Matte (dessin et scénario). Sous les règnes conjoints de et Hatchepsout, le dieu Horus est de retour en Égypte sous l'apparence d'un petit garçon à tête de faucon. Menacé mais en la compagnie de la jeune paysanne Nofret, le petit dieu doit se mettre à l'abri des intentions meurtrières d'un étrange oryx capable de commander les furieux hippopotames des marais. En 2016, Horus est incarné par l'acteur Nikolaj Coster-Waldau dans le film "Gods of Egypt". |
Hewlett-Packard Hewlett-Packard Company, officiellement abrégée en HP, est une entreprise multinationale américaine initialement d’électronique et d'instrumentation qui évolue au cours du temps vers l'informatique, les imprimantes, les serveurs et réseaux, le logiciel et le multimédia. Ses principaux produits sont les imprimantes et périphériques, les ordinateurs de toutes tailles (de poche, portables, de bureau ainsi que les serveurs) et les services aux entreprises. La société a son siège à Palo Alto dans la Silicon Valley, en Californie. En 2008, son chiffre d'affaires annuel était de . HP était alors le premier constructeur d'ordinateurs au monde, devant Acer, Lenovo, Dell et Asus. HP produisait également environ la moitié des imprimantes du monde, ce qui représentait approximativement le quart de son chiffre d'affaires. Le , HP se divise en deux entités distinctes : HP Inc. (ordinateurs et imprimantes), et Hewlett Packard Enterprise (serveurs, logiciels, services aux entreprises). Histoire. Le , la société Hewlett-Packard est fondée, à Palo Alto, par deux amis, ingénieurs en électronique à l'université Stanford promotion 1934, William Hewlett et David Packard. Leur entreprise est créée dans un garage à quelques kilomètres de San Francisco, en Californie, dans ce qui ne s'appelle pas encore la Silicon Valley, avec . Bill et Dave ont déterminé à pile ou face si leur société allait s’appeler Hewlett-Packard ou Packard-Hewlett et Bill a gagné. Instruments des années 1940. Hewlett-Packard conçoit, fabrique et commercialise des instruments d'essai et de mesure avec pour premier produit un oscillateur basses fréquences de précision, le modèle 200A, innovant par l'utilisation d'une ampoule électrique comme résistance stabilisée en température dans le circuit, ce qui leur permet de simplifier l'utilisation de l'appareil et de baisser le coût de vente à au lieu de pour des versions moins stables. Leur premier client, les studios Walt Disney Pictures, leur achètent alors huit oscillateurs basse fréquence modèle 200B, à chacun, pour synchroniser les effets sonores de leur film "Fantasia" et développer le système Fantasound, précurseur du Dolby Surround. En fin d'année 1939, l'entreprise met sur le marché une demi-douzaine de nouveaux produits d'électronique de mesure, dont un analyseur d'ondes qui rencontre un gros succès commercial, donnant ainsi à Hewlett-Packard une réputation de sérieux, de qualité et de fiabilité. Années 1940 à 1970 : de l'instrumentation à l'informatique. Des années 1940 à 1960, HP est focalisé sur les instruments de mesures, mais progressivement, HP se rend compte que l'acquisition des données est indispensable lorsque l'on possède de nombreux appareils de mesures. Du fait de la technologie disponible à l'époque, tous les appareils sont développés au moyen de composants discrets et des premiers circuits intégrés spécialisés. HP développe ses premiers mini-ordinateurs et des ordinateurs personnels destinés a l'acquisition des mesures et au traitement de données. Ce développement se fera dans deux directions : Informatique, périphériques et services des années 1970. Dans les années 1970 HP développe différentes gammes d’ordinateurs aussi bien technique que de gestion, des ordinateurs personnels essentiellement technique et d’acquisition de mesures, mais aussi les premières calculettes scientifiques « de poche ». Ordinateurs de bureau. À partir de 1971 HP développe la gamme des stations de travail HP-98xx, ainsi que certains périphériques qui sont, initialement, l'interface entre les appareils de mesure et les utilisateurs, mais qui évoluent ensuite vers l'acquisition de données et vers des ordinateurs « techniques » (calcul scientifique, type Série de Fourier). Ordinateurs. À partir de 1971, HP développe : Au cours des années 1970, la société commercialise des tables traçantes. Calculatrices. En 1972, Hewlett-Packard invente la calculatrice scientifique de poche avec son premier modèle, la HP-35 scientifique utilisant la notation polonaise inverse. Dans les années 1975 à 1985, Hewlett-Packard commercialise des calculatrices scientifiques, financières et programmables qui définissent les standards : la HP-65, sa première programmable avec mémoire de masse, la HP-70 destinée aux applications financières et bancaires, la HP-41C première calculatrice avec un affichage alphanumérique en 1979. Après un creux dans les années 1980, Hewlett-Packard revient sur le devant de la scène des calculatrices en 1990 avec la série HP-48 qui révolutionne le domaine avec un affichage graphique et une programmation orientée objet. La HP-12C, calculatrice financière programmable de format poche née en 1981 et toujours commercialisée, presque à l'identique, en 2017, . Mini-ordinateurs. En 1972, Hewlett-Packard commercialise les mini-ordinateurs 21XX et en 1976, le HP 3000, un mini-ordinateur capable de gérer des milliers d'utilisateurs en multitâche temps réel sous MPE, un système d'exploitation propriétaire, vendu à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires dans le monde. Micro ordinateur. En 1978, HP développe un micro-ordinateur de gestion, le HP-250 en utilisant les mêmes micro-processeurs que ceux utilisés sur les ordinateurs de bureau de la gamme HP-98XX. Imprimantes. En 1978, pour faciliter la mise au point de ces matériels et permettre leur évolutivité, le langage graphique HP-GL est créé. C'est le premier langage d'imprimante codé par un fichier formaté. En 1978, après quarante ans de carrière, William Hewlett et David Packard prennent leur retraite et passent le relais à John A. Young en conservant des fonctions honorifiques dans le groupe. Micro-informatique et périphériques des années 1980 à 1990. Pour compléter sa gamme informatique, HP étoffe ses gammes de périphériques, de micro-informatique et de stations de travail. En 1982, HP lance une station de travail performante, le HP-9020A au prix de . En 1984, HP lance sa première version d'Unix dénommée HP-UX. En 1984, Hewlett-Packard commercialise : En 1985, Hewlett-Packard commercialise une station de travail (trans)portable sous Unix, nommée HP Integral. Elle pèse , mais intègre HP-UX en mémoire morte, un clavier et une souris, une imprimante à jet d'encre, un écran plasma monochrome et un bus HP-IB permettant la connexion de disques durs et d'instruments de mesure. En mars 1986, Hewlett-Packard enregistre le domaine « hp.com » ; c'est alors la neuvième société au monde à posséder un domaine internet, ce qui lui permet de choisir une adresse internet très courte. En 1988, Hewlett-Packard commercialise sa gamme de station de travail et serveur multi utilisateurs HP 9000 à base de microprocesseur RISC sous Unix, concurrent de Sun Microsystems, d'Apollo et d'IBM AS400. En 1989, HP rachète la société Apollo. En 1993, HP se lance sur le marché grand public des PC. En 1994, c'est la sortie des imprimantes Officejet, imprimante personnelle-fax-photocopieur. Acquisition et restructuration depuis 1999. 1999-2005. Le Hewlett-Packard se sépare de toute son activité instrumentation, qui devient la société Agilent. De 1999 à 2005, la PDG Carly Fiorina est chargée d'acheter et de faire fusionner Compaq avec Hewlett-Packard (mai 2002) et de restructurer le groupe en réduisant l'effectif de (10 % de l'effectif total). Le , limogée par le conseil d'administration, elle touche près de de dollars d'indemnités. 2005-2010. En juillet 2005, le nouveau PDG Mark Hurd poursuit la tâche de restructuration et d'optimisation du groupe par réduction des effectifs en supprimant 10 % des emplois. En , Hewlett-Packard annonce le rachat de la société , éditeur de la solution « éditique Dialogue ». En , HP rachète EDS ce qui représente la plus importante opération de rachat d'une SSII jamais réalisée jusque-là avec un montant de 13,9 milliards de dollars. Le , Hewlett-Packard annonce l'acquisition de 3Com pour la somme de 2,7 milliards de dollars américain, opération concrétisée le . Le , HP rachète la société Palm pour 1,2 milliard de dollars. Le , aucun des nouveaux modèles de smartphones de la gamme Palm, annoncés par HP, ne portent la marque Palm. Sur le site de Palm, les références à Palm ont toutes été remplacées par des références à la marque HP. Le , HP annonce un licenciement qui s'effectuera sur plusieurs années pour conduire à la suppression de . HP mise sur des centres de données automatisés afin de . Le , Mark Hurd est contraint de démissionner. Cathie Lesjak, la directrice financière, assure l'intérim au poste de PDG. 2010-2011. Le , HP annonce le rachat du constructeur américain de stockage 3PAR, après une bataille avec Dell, pour un montant de 2,4 milliards de dollars. Le , HP annonce l'acquisition de ArcSign, société spécialisée en sécurité, pour 1,3 milliard USD. Le nouveau PDG, Léo Apotheker, prend ses fonctions le . Le , HP annonce le rachat de l'éditeur britannique Autonomy Corporation, spécialisé dans le cloud computing, pour un montant de 10,24 milliards de dollars réévalué en octobre à . 2011-2013. En août 2011, HP annonce la fin de la production de PC pour la fin de l'année, après l'échec de sa tablette, mais le , HP annonce qu'elle conserve sa division PC du fait de la valeur ajoutée qu'elle représente. Le , HP annonce le remplacement de Léo Apotheker par Meg Whitman, ancienne patronne d'eBay. Le , HP annonce le rachat de la société allemande Hiflex, spécialisée dans les solutions logicielles de web-to-print et MIS pour les industries graphiques (en juillet 2013, HP et Hiflex annoncent l'arrêt de la commercialisation de la solution). Le 23 mai 2012, HP annonce une réduction d'effectif de . Le 27 septembre 2012, ce plan social est revu à la hausse et touche Le 20 novembre 2012, HP annonce une perte de de US$ pour l'année 2012 dont de US$ liée à l'acquisition de la société Autonomy Corporation en 2011 Au troisième trimestre 2012, HP aurait perdu son rang de numéro un mondial des PC au bénéfice de Lenovo ; cependant HP conteste cette affirmation. 2014-2015. En mai 2014, HP annonce un nouveau plan de réduction d'effectifs de à , s'ajoutant au annoncés. En octobre 2014, HP annonce la scission de ses activités entre d'une part ses activités d'assembleurs de PC et de fabricants d'imprimantes sous le nom de et d'autre part ses activités dans les serveurs et dans les services informatiques sous le nom de Hewlett Packard Enterprise. HP annonce en parallèle la suppression de . En mars 2015, HP acquiert Aruba Networks, une entreprise californienne spécialisée dans le Wi-Fi pour . En mai 2015, HP vend 51 % de sa filiale chinoise H3C Technologies à Tsinghua Unigroup pour . En septembre 2015, la firme annonce la suppression de à dans sa division de services aux entreprises. La séparation entre HP Inc et Hewlett Packard Enterprise est effective au . Seuls les revenus liés aux activités de serveurs et stockage ont progressé, alors que ceux provenant des PC et imprimantes ont baissé de 14 %. Depuis novembre 2015 - Nouvelles sociétés. Depuis novembre 2015 Hewlett-Packard a été scindé en deux entités : R&D, fabrication et distribution. En 2014, HP a investi de dollars en recherche et développement. Sites de production. HP fait appel à des sous-traitants pour fabriquer des ordinateurs personnels. L'assemblage d’ordinateurs est réalisé en Chine (par Compal Electronics, Foxconn, Inventec, Micro-Star International, MiTAC, Pegatron, Quanta Computer, TPV-Inventa Technology et Wistron), en République Tchèque (par Foxconn), au Mexique (par Foxconn). |
Hypertext Transfer Protocol L’, généralement abrégé HTTP, littéralement « protocole de transfert hypertexte », est un protocole de communication client-serveur développé pour le "". HTTPS (avec S pour , soit « sécurisé ») est la variante sécurisée par le chiffrement et l'authentification. HTTP est un protocole de la couche application dans le modèle OSI. Il peut fonctionner sur n'importe quelle connexion fiable. Dans les faits on utilise le protocole TCP comme couche de transport. Un serveur HTTP utilise alors par défaut le port 80 (443 pour HTTPS). Les clients HTTP les plus connus sont les navigateurs Web. Il est aussi utilisé dans des interfaces de programmation d’application (API) pour accéder aux données d'un serveur ainsi que des systèmes pour récupérer automatiquement le contenu d'un site tels que les aspirateurs de site Web et les robots d'indexation. Historique. HTTP a été inventé par Tim Berners-Lee avec les adresses Web et le langage HTML pour créer le World Wide Web. À cette époque, le (FTP) était déjà disponible pour transférer des fichiers, mais il ne supportait pas la notion de format de données telle qu'introduite par (MIME). La première version de HTTP était très élémentaire, mais prévoyait déjà le support d'en-têtes MIME pour décrire les données transmises. Cette première version reste encore partiellement utilisable de nos jours, connue sous le nom de HTTP/0.9. En , la décrit HTTP tel que communément implémenté à l'époque et connu sous le nom de HTTP/1.0. Cette version supporte la gestion de cache et l'identification. En , HTTP/1.1 devient finalement standard de l'IETF. Il est décrit dans la de l'IETF, puis dans la en . Cette version ajoute le support du transfert en pipeline (ou pipelinage) et la négociation de type de contenu (format de données, langue). HTTP/1.1 rend la présence de l'entête codice_1 obligatoire dans les requêtes afin de supporter l'hébergement mutualisé. En , les travaux à propos de HTTP/2.0 démarrent à l'IETF adoptant SPDY comme matériel de départ. En , la spécification de HTTP 1.1 a été republiée. Elle a été éclatée en plusieurs RFC et corrigée pour toutes ses imprécisions, à . Implémentation. Méthodes. Dans le protocole HTTP, une méthode est une commande spécifiant un type de requête, c'est-à-dire qu'elle demande au serveur d'effectuer une action. En général l'action concerne une ressource identifiée par l'URL qui suit le nom de la méthode. Dans l'illustration ci-contre, une requête GET est envoyée pour récupérer la page d'accueil du site web www.perdu.com : GET / HTTP/1.1 Host: www.perdu.com Il existe de nombreuses méthodes, les plus courantes étant GET, HEAD et POST : Ces 3 dernières méthodes nécessitent généralement un accès privilégié. Certains serveurs autorisent d'autres méthodes de gestion de leurs ressources (par exemple WebDAV). Du client au serveur. La liaison entre le client et le serveur n'est pas toujours directe, il peut exister des machines intermédiaires servant de relais : Identification. HTTP permet l'identification du visiteur par transmission d'un nom et d'un mot de passe. Il existe 2 modes d'identification : et (). Le premier mode transmet le mot de passe en clair, et ne doit donc être utilisé qu'avec le protocole HTTPS. Le deuxième mode permet une identification sans transmettre le mot de passe en clair. L'identification est cependant souvent effectuée par une couche applicative supérieure à HTTP. Versions. HTTP 0.9. Au début du , il était prévu d'ajouter au protocole HTTP des capacités de négociation de contenu, en s'inspirant notamment de MIME. En attendant, le protocole HTTP 0.9 était extrêmement simple. Requête : GET /page.html La méthode codice_2 est la seule possible. Le serveur reconnaît qu'il a affaire à une requête HTTP 0.9 au fait que la version n'est pas précisée à la suite de l'URI. Réponse : <TITLE>Exemple</TITLE> <H1>Exemple</H1>Ceci est une page d'exemple. Pour répondre à une requête HTTP 0.9, le serveur envoie directement le contenu de la réponse, sans métadonnées. Il ne doit jamais se comporter ainsi pour les requêtes HTTP de version supérieure. Inutile de chercher les versions inférieures à 0.9 du protocole HTTP : elles n'existent pas, car HTTP 0.9 n'avait initialement pas de numéro de version. Il a fallu lui en attribuer un quand HTTP 1.0 est arrivé. HTTP 1.0. Le protocole HTTP 1.0, décrit dans la , prévoit l'utilisation d'en-têtes spécifiés dans la . La gestion de la connexion reste identique à HTTP 0.9 : le client établit la connexion, envoie une requête, le serveur répond et ferme immédiatement la connexion. Une requête HTTP présente le format suivant : Ligne de commande (Commande, URL, Version de protocole) En-tête de requête [Ligne vide] Corps de requête Les réponses HTTP présentent le format suivant : Ligne de statut (Version, Code-réponse, Texte-réponse) En-tête de réponse [Ligne vide] Corps de réponse Requête : GET /page.html HTTP/1.0 Host: example.com Referer: http://example.com/ User-Agent: CERN-LineMode/2.15 libwww/2.17b3 La version du protocole HTTP est précisée à la suite de l'URI. La requête doit être terminée par un double retour à la ligne (CRLFCRLF). HTTP 1.0 supporte aussi les méthodes HEAD et POST. On constate l'usage d'en-têtes inspirés de MIME pour transférer les métadonnées : Réponse : HTTP/1.0 200 OK Date: Fri, 31 Dec 1999 23:59:59 GMT Server: Apache/0.8.4 Content-Type: text/html Content-Length: 59 Expires: Sat, 01 Jan 2000 00:59:59 GMT Last-modified: Fri, 09 Aug 1996 14:21:40 GMT <TITLE>Exemple</TITLE> <P>Ceci est une page d'exemple.</P> La première ligne donne le code de statut HTTP (200 dans ce cas). HTTP 1.1. Le protocole HTTP 1.1 est décrit par le qui rend le obsolète. La différence avec HTTP 1.0 est une meilleure gestion du cache. L'en-tête devient obligatoire dans les requêtes. Les soucis majeurs des deux premières versions du protocole HTTP sont d'une part le nombre important de connexions lors du chargement d'une page complexe (contenant beaucoup d'images ou d'animations) et d'autre part le temps d'ouverture d'une connexion entre client et serveur (l'établissement d'une connexion TCP prend un temps triple de la latence entre client et serveur). Des expérimentations de connexions persistantes ont cependant été effectuées avec HTTP 1.0 (notamment par l'emploi de l'en-tête ), mais cela n'a été définitivement mis au point qu'avec HTTP 1.1. Par défaut, HTTP 1.1 utilise des connexions persistantes, autrement dit la connexion n'est pas immédiatement fermée après une requête, mais reste disponible pour une nouvelle requête. On appelle souvent cette fonctionnalité . Il est aussi permis à un client HTTP d'envoyer plusieurs requêtes sur la même connexion sans attendre les réponses. On appelle cette fonctionnalité . La persistance des connexions permet d'accélérer le chargement de pages contenant plusieurs ressources, tout en diminuant la charge du réseau. La gestion de la persistance d'une connexion est gérée par l'en-tête . HTTP 1.1 supporte la négociation de contenu. Un client HTTP 1.1 peut accompagner la requête pour une ressource d'en-têtes indiquant quels sont les langues et formats de données préférés. Il s'agit des en-têtes dont le nom commence par . Les en-têtes supplémentaires supportés par HTTP 1.1 sont : L'ordre de préférence de chaque option (type, encodage ou langue) est spécifié par le paramètre optionnel q contenant une valeur décimale entre 0 () et 1 () inclus (3 décimales maximum après la virgule), valant 1 par défaut. Le support des connexions persistantes doit également fonctionner dans les cas où la taille de la ressource n'est pas connue d'avance (ressource générée dynamiquement par le serveur, flux externe au serveur…). Pour cela, l'encodage de transfert nommé permet de transmettre la ressource par morceaux consécutifs en précédant chacun par une ligne de texte donnant la taille de celui-ci en hexadécimal. Le transfert se termine alors par un morceau de taille nulle, où des en-têtes finaux peuvent être envoyés. Les en-têtes supplémentaires liés à cet encodage de transfert sont : HTTP 1.1 bis. comprenait de nombreuses imprécisions. Le groupe de travail HTTP a pris quelques années afin de clarifier la spécification sans en modifier la sémantique tel que préconisé dans la charte de fonctionnement du groupe pour ce travail. En , 8 nouveaux documents ont été publiés qui rendent obsolète la : HTTP/2. Une nouvelle version d'HTTP, HTTP/2, a été développée au sein du groupe de travail « Hypertext Transfer Protocol Bis » (httpbis) de l'Internet Engineering Task Force, et approuvée comme RFC standard le . Le développement d'HTTP/2 a débuté à la suite de la création du protocole SPDY proposé par Google afin de réduire le temps de chargement des pages Web. Le groupe de travail httpbis s'était initialement interdit de proposer une nouvelle version d'HTTP, concentrant son activité sur la clarification des spécifications d'HTTP 1.1. Considérant l'arrivée de SPDY et son adoption rapide sur le Web, avec notamment des implémentations dans deux des principaux navigateurs Web, Google Chrome et Mozilla Firefox, Mark Nottingham, « chair » d'httpbis, a émis l'opinion qu'il était temps d'envisager HTTP/2 et proposé d'amender la charte d'httpbis en ce sens, initiant de fait le développement du nouveau protocole. SPDY constituait une option naturelle pour servir de base à HTTP/2. Deux autres propositions concurrentes ont été ensuite transmises à l'IETF : le protocole « HTTP Speed+Mobility » par Microsoft et une proposition de mise à jour d'HTTP (« Network-Friendly HTTP Upgrade »). En , httpbis a publié un appel à expression d'intérêt (« Call for Expression of Interest ») afin de recueillir l'avis d'acteurs du Web sur les propositions. Parmi les réponses obtenues figure celle de Facebook qui a signifié sa préférence pour SPDY. En , l'IETF a publié le premier draft d'HTTP/2, qui est une copie directe de SPDY. Après plus de 2 ans de discussions, la RFC est approuvée en par le groupe de pilotage de l'IETF, et est publiée en . Le module permettant la prise en charge du protocole HTTP/2 est disponible depuis la version 2.4.17 du serveur Web Apache, et depuis la version 1.9.5 de Nginx. HTTP/3. Une nouvelle version d’HTTP, HTTP/3, est la troisième et prochaine version majeure du protocole de transfert hypertexte utilisé pour échanger des informations sur le World Wide Web. Celle-ci repose sur le protocole QUIC, développé par Google en 2012. La sémantique HTTP est cohérente d'une version à l'autre. En effet, les mêmes méthodes de requête, codes de statut et champs de message sont généralement applicables à toutes les versions. Si HTTP/1 et HTTP/2 utilisent tous deux TCP comme protocole de transport, HTTP/3 quant à lui utilise le protocole QUIC, un protocole de la couche transport qui est plus adapté au Web. Le passage à QUIC vise à résoudre un problème majeur de HTTP/2 appelé "Head-of-line Blocking" grâce à une encapsulation des paquets dans UDP. En effet, avec HTTP/2 reposant sur TCP, une connexion permet d'accéder aux ressources demandées une à une (une seule à la fois). Lorsque l'envoi d’une ressource est perturbé (par exemple par une perte de paquets), la livraison globale des ressources est ralentie. Avec HTTP/3 reposant sur le protocole QUIC, on n’a plus ce problème puisque tous les flux sont indépendants étant encapsulés dans UDP, protocole de transport ne nécessitant pas de connexion. |
Hypertext Markup Language Le , généralement abrégé HTML ou, dans sa dernière version, HTML5, est le langage de balisage conçu pour représenter les pages web. Ce langage permet d’écrire de l’hypertexte (d’où son nom), de structurer sémantiquement une page web, de mettre en forme du contenu, de créer des formulaires de saisie ou encore d’inclure des ressources multimédias dont des images, des vidéos, et des programmes informatiques. L'HTML offre également la possibilité de créer des documents interopérables avec des équipements très variés et conformément aux exigences de l’accessibilité du web. Il est souvent utilisé conjointement avec le langage de programmation JavaScript et des feuilles de style en cascade (CSS). HTML est inspiré du " (SGML). Il s'agit d'un format ouvert. Dénominations. L’anglais « ' » se traduit littéralement en « langage de balisage d’hypertexte ». On utilise généralement le sigle « HTML », parfois même en répétant le mot « langage » comme dans « langage HTML ». ' est parfois écrit " pour marquer le "T" du sigle HTML. Le public non averti parle parfois de HTM au lieu de HTML, HTM étant l’extension de nom de fichier tronquée à trois lettres, une limitation que l’on trouve sur d’anciens systèmes d’exploitation de Microsoft. Évolution du langage. Durant la première moitié des années 1990, avant l’apparition des technologies Web comme le langage JavaScript (JS), les feuilles de style en cascade (CSS) et le ' (DOM), l’évolution de HTML a dicté l’évolution du '. Depuis la création de l' en 1997, l’évolution de HTML a fortement ralenti ; dix ans plus tard, reste utilisé dans les pages web. En 2008, la spécification du HTML5 est à l’étude et devient d'usage courant dans la seconde moitié des années 2010. 1989-1992 : Origine. HTML est une des trois inventions à la base du ', avec le ' (HTTP) et les adresses web (URL). HTML a été inventé pour permettre d'écrire des documents hypertextuels liant les différentes ressources d’Internet avec des hyperliens. Aujourd’hui, ces documents sont appelés « page web ». En , lorsque Tim Berners-Lee annonce publiquement le web sur Usenet, il ne cite que le langage (SGML), mais donne l’URL d’un document de suffixe codice_1 Dans son livre ', Tim Berners-Lee décrit la décision de baser HTML sur comme étant aussi « diplomatique » que technique : techniquement, il trouvait trop complexe, mais il voulait attirer la communauté hypertexte qui considérait que était le langage le plus prometteur pour standardiser le format des documents hypertexte. En outre, était déjà utilisé par son employeur, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN). Les premiers éléments du langage HTML comprennent : La description de HTML est alors assez informelle et principalement définie par le support des divers navigateurs web contemporains. Dan Connolly a aidé à faire de HTML une véritable application de SGML. 1993 : Apports de NCSA Mosaic. L’état de HTML correspond alors à ce que l’on pourrait appeler . Il n’existe cependant aucune spécification portant ce nom, notamment parce que le langage était alors en pleine évolution. Un effort de normalisation était cependant en cours. À partir de fin 1993, le terme HTML+ est utilisé pour désigner la version future de HTML. Malgré l’effort de normalisation ainsi initié, et jusqu’à la fin des , HTML est principalement défini par les implémentations des navigateurs web. Avec le navigateur , HTML connaît deux inventions majeures : 1994 : Apports de Netscape Navigator. Avec l’apparition de 0.9 le , le support de nombreux éléments de présentation est ajouté : attributs de texte, clignotement, centrage Le développement de HTML prend alors deux voies divergentes : Les concepteurs suivent les principes de SGML consistant à laisser la présentation à un langage de style. En l’occurrence, les feuilles de style en cascade (CSS) sont prévues pour HTML. Seul le support des tables est rapidement intégré aux navigateurs, notamment parce qu’il permet une très nette amélioration de la présentation. Outre la multiplication des éléments de présentation, les logiciels d’alors produisant et consommant du HTML conçoivent souvent les documents comme une suite de commandes de formatage plutôt que comme un marquage représentant la structure en arbre aujourd’hui appelée " (DOM). Le manque de structure du HTML alors mis en œuvre est parfois dénoncé comme étant de la « soupe de balises », . 1995-1996 : HTML 2.0. En , le " (W3C) nouvellement fondé propose le résultat de ses recherches sur HTML+ : le brouillon . Il comprend notamment le support des tables, des figures et des expressions mathématiques. Ce brouillon expire le sans donner de suites directes. Fin 1995, le décrivant est finalisé. Le principal éditeur est Dan Connolly. Ce document décrit HTML tel qu’il existait avant , donc sans les nombreuses additions de . 1997 : HTML 3.2 et 4.0. Le , le W3C publie la spécification . Elle décrit la pratique courante observée début 1996, donc avec une partie des additions de Netscape Navigator et d’Internet Explorer. Ses plus importantes nouveautés sont la standardisation des tables et de nombreux éléments de présentation. précède de peu et contient des éléments en prévision du support des styles et des scripts. Le , le W3C publie la spécification qui standardise de nombreuses extensions supportant les styles et les scripts, les cadres (") et les objets (inclusion généralisée de contenu). apporte également différentes améliorations pour l’accessibilité des contenus dont principalement la possibilité d’une séparation plus explicite entre structure et présentation du document, ou le support d’informations supplémentaires sur certains contenus complexes tels que les formulaires, les tableaux ou les sigles. introduit trois variantes du format, destinées à favoriser l’évolution vers un balisage plus signifiant, tout en tenant compte des limites temporaires des outils de production : Ces variantes perdurent par la suite sans modifications notables en et dans le format de transition issu de HTML. La dernière spécification de HTML est la datant du . Elle n’apporte que des corrections mineures à la . 2000-2006 : XHTML. Le développement de HTML en tant qu’application du ' (SGML) est officiellement abandonné au profit de XHTML, application de ' (XML). Cependant, en 2004, des éditeurs de navigateurs web créent le " (WHATWG) dans le but, notamment, de relancer le développement du format HTML et de répondre aux nouveaux besoins sur une base technologique jugée plus aisément implémentable que celle du en cours de conception. Ceci s’inscrit dans le contexte d’une contestation plus générale du mode de fonctionnement du W3C, réputé trop fermé par une partie des développeurs et designers web. De 2007 à nos jours : HTML 5 et abandon du. En , tirant la conséquence des réticences d’une partie de l’industrie et des concepteurs de contenus web face à , le W3C relance le développement de HTML et crée un nouveau groupe de travail encadré par Chris Wilson (Microsoft) et initialement Dan Connolly (W3C),puis Michael Smith (W3C). Il s’agit notamment : Les travaux du WHATWG ont été formellement adoptés en comme point de départ d’une nouvelle spécification . Ce document a été publié sous forme de " le . Parmi les principes de conception évoqués par le groupe de travail figurent en particulier : Une ' est créée par le W3C en afin de résoudre les problèmes de compatibilité du nouveau format avec les normes d'accessibilité, liés notamment à l'implémentation d'ARIA, aux alternatives textuelles et aux nouveaux éléments codice_6 et codice_7. Le développement de est initialement poursuivi en parallèle, en réponse aux besoins d’autres secteurs du web, tels que les périphériques mobiles, les applications d’entreprise et les applications serveurs. Puis, en , le W3C décide la non-reconduction du à la fin 2009. Avec l'abandon du , la version reste donc la version normalisée. Le HTML5 sera compatible avec le XHTML et le XML, et autorisera donc des documents XHTML5. Cependant, il est probable que le W3C s'oriente vers un abandon pur et simple du , car l'implantation du XML dans le HTML5 rend inutile la définition de document de type XHTML y.y (où y.y sont les numéros de version). Avenir du HTML. En , des divergences de points de vue entre Ian Hickson (ingénieur chez Google), qui écrit la spécification HTML5, et les membres du groupe de travail du W3C conduisent le WHATWG à créer (littéralement : standard vivant du HTML), une spécification de HTML prévue pour être en constante évolution, afin de coller avec les développements rapides de nouvelles fonctionnalités par les développeurs de navigateurs(par opposition à des versions numérotées, donc « fixes »). Le a pour but d'inclure le HTML5, et de le développer en permanence. En particulier, dans la version du , le document de référence explique que le HTML5 du W3C, publié le , est basé sur une version du , mais que le ne s'arrête pas à cette version, et continue à évoluer. Il développe en particulier les différences entre la version W3C (le HTML5) et la version (par exemple, les nouveaux bugs ne sont pas pris en compte dans le HTML5, des différences syntaxiques sont répertoriées, et de nouvelles balises créées par le ne sont pas incluses dans le HTML5). Description de HTML. HTML est un langage de description de format de document qui se présente sous la forme d’un langage de balisage dont la syntaxe vient du "" (SGML). Syntaxe de HTML. Jusqu’à sa comprise, HTML est formellement décrit comme une application du SGML. Cependant, les spécifications successives admettent, par différents biais, que les agents utilisateurs ne sont pas, en pratique, des analyseurs SGML conformes. Les navigateurs Web n’ont jamais été capables de déchiffrer l’ensemble des variations de syntaxe permises par SGML ; en revanche ils sont généralement capables de rattraper automatiquement de nombreuses erreurs de syntaxe, suivant la première partie de la « loi de Postel » : « Soyez libéral dans ce que vous acceptez, et conservateur dans ce que vous envoyez » (). De fait, les développeurs de pages Web et de navigateurs Web ont toujours pris beaucoup de liberté avec les règles syntaxiques de SGML. Enfin, la ' (DTD) de HTML, soit la description technique formelle de HTML, n’a été écrite par Dan Connolly que quelques années après l’introduction de HTML. Malgré les libertés prises avec la norme, la terminologie propre à SGML est utilisée : document, élément, attribut, valeur, balise, entité, validité, application Grâce à la DTD, il est possible de vérifier automatiquement la validité d’un document HTML à l’aide d’un parseur SGML. À l’origine, HTML a été conçu pour baliser (ou marquer) simplement le texte, notamment pour y ajouter des hyperliens. On utilisait un minimum de balises, comme dans le document HTML suivant : <TITLE>Exemple de HTML</TITLE> Ceci est une phrase avec un <A HREF=cible.html>hyperlien</A>. <P> Ceci est un paragraphe o&ugrave; il n'y a pas d'hyperlien. Cet exemple contient du texte, cinq balises et une référence d’entité : Un document HTML valide est un document qui respecte la syntaxe SGML, n’utilise que des éléments et attributs standardisés, et respecte l’imbrication des éléments décrite par le standard. Il ne manque qu’une déclaration de type de document à l’exemple précédent pour qu’il soit un document HTML 2.0 valide. Un document valide n’est cependant pas suffisant pour être conforme à la spécification HTML visée. En effet, outre l’exigence de validité, un document conforme est soumis à d’autres contraintes qui ne sont pas exprimées par la définition de type de document (DTD), mais qui le sont par la spécification elle-même. C’est notamment le cas du type de contenu de certains attributs, comme celui de l’attribut codice_25 : pour être conforme à , celui-ci doit être lui-même conforme à un sous-ensemble de la norme . Un parseur strictement SGML tel que le validateur HTML du W3C ne peut donc pas garantir la conformité d’un document HTML. Structure des documents HTML. Dans les premières années, les documents HTML étaient souvent considérés comme des structures plates, et les balises comme des commandes de style. Ainsi la balise codice_26 était considérée comme un saut de ligne, et la balise codice_27 était ignorée. Ou encore lorsque est apparu, il ne donnait accès qu’aux liens et formulaires du document à travers les tables codice_28 et codice_29. Avec l’introduction des ' et du ', il a fallu considérer que les documents HTML ont une véritable structure en arbre, avec un élément racine contenant tous les autres éléments. Les balises ouvrantes et fermantes de ces éléments restent d’ailleurs optionnelles. Cependant, aujourd’hui, on a tendance à baliser chaque élément et à indiquer la DTD. À l'exception de l'élément à la racine, chaque élément a exactement un élément parent direct ; cet « arbre du document » est notamment utilisé par la structure de formatage qui en est dérivée pour l’application des feuilles de style en cascade où chaque élément peut avoir un fond, un bord et une marge propres. La structure et le code des sites web peut d'ailleurs se consulter en ajoutant codice_30 devant l'url de la page. Pour la page ci-présente cela donnerait codice_31. Éléments de HTML. La de HTML décrit . En suivant la spécification de , les fonctionnalités implémentées par HTML peuvent être réparties ainsi : Attributs de HTML. Les attributs permettent de préciser les propriétés des éléments HTML. Il y a dans la de HTML. Certains attributs s’appliquent à presque tous les éléments : D’autres attributs sont propres à un élément unique, ou des éléments similaires. Par exemple : La plupart des attributs sont facultatifs. Quelques éléments ont cependant des attributs obligatoires : Le type de contenu des attributs HTML échappe pour partie au champ d’application de cette norme, et sa validation relève de normes tierces telles que les URI, les types de contenu ou les codes de langages. Certains attributs sont enfin de type booléen. Ce sont les seuls attributs dont la syntaxe peut être validement implicite en HTML : l’attribut codice_62 d’un contrôle de formulaire peut ainsi être raccourci sous la forme codice_62 remplaçant la forme complète codice_64. Cette forme particulière est un des points différenciant HTML de la syntaxe des documents « bien formés » au sens XML. Jeux de caractères. Les pages Web peuvent être rédigées dans toutes sortes de langues et de très nombreux caractères peuvent être utilisés, ce qui requiert soit un jeu de caractères par type d’écriture, soit un jeu de caractères universel. Lors de l’apparition de HTML, le jeu de caractères universel Unicode n’était pas encore inventé, et de nombreux jeux de caractères se côtoyaient, notamment ISO-8859-1 pour l’alphabet latin et ouest-européen, Shift-JIS pour le japonais, KOI8-R pour le cyrillique. Aujourd’hui, le codage UTF-8 de Unicode est le plus répandu. Le protocole de communication HTTP transmet le nom du jeu de caractères. L’en-tête HTML peut comporter le rappel de ce jeu de caractères, qui devrait être identique, sauf erreur de réglage. Enfin, à la suite d'un mauvais réglage, le jeu de caractères réellement utilisé peut encore différer du jeu annoncé. Ces mauvais réglages causent généralement des erreurs d’affichage du texte, notamment pour les caractères non couverts par la norme ASCII. Technique d'échappement. Avant la généralisation d'Unicode, des entités ont été définies pour représenter certains caractères non ASCII. Cela a commencé avec les caractères d'ISO 8859-1 dans la norme . Pour les diacritiques, ces entités suivent un principe simple : la lettre est suivie de l'abréviation de la diacritique associée. Interopérabilité de HTML. Tel qu’il a été formalisé par le W3C, HTML est conçu pour optimiser l’interopérabilité des documents. Le HTML ne sert pas à décrire le rendu final des pages web. En particulier, contrairement à la publication assistée par ordinateur, HTML n’est pas conçu pour spécifier l’apparence visuelle des documents. HTML est plutôt conçu pour donner du sens aux différentes parties du texte : titre, liste, passage important, citation Le langage HTML a été développé avec l’intuition que les appareils de toutes sortes seraient utilisés pour consulter le web : les ordinateurs personnels avec des écrans de résolution et de profondeur de couleurs variables, les téléphones portables, les appareils de synthèse et de reconnaissance de la parole, les ordinateurs avec une bande passante faible comme élevée, et ainsi de suite. Comme HTML ne s’attache pas au rendu final du document, un même document HTML peut être consulté à l’aide de matériels et logiciels très divers. Au niveau matériel, un document peut notamment être affiché sur un écran d'ordinateur en mode graphique ou un terminal informatique en mode texte, il peut être imprimé, ou il peut être prononcé par synthèse vocale. Au niveau logiciel, HTML ne fait pas non plus de supposition, et plusieurs types de logiciels lisent le HTML : navigateur web, robot d'indexation, scripts divers (en Perl, PHP) de traitement automatique. Un haut degré d’interopérabilité permet de baisser les coûts des fournisseurs de contenus car une seule version de chaque document sert des besoins très variés. Pour l’utilisateur du web, l’interopérabilité permet l’existence de nombreux navigateurs concurrents, tous capables de consulter l’ensemble du web. Chaque version de HTML a essayé de refléter le plus grand consensus entre les acteurs de l’industrie, de sorte que les investissements consentis par les fournisseurs de contenus ne soient pas gaspillés et que leurs documents ne deviennent en peu de temps illisibles. La séparation du fond et de la forme n’a pas toujours été respectée au cours du développement du langage, comme en témoigne par exemple le balisage de style de texte, qui permet d’indiquer notamment la police de caractères souhaitée pour l’affichage, sa taille, ou sa couleur. |
Hébergeur web Un hébergeur web est une entreprise qui fournit l'hébergement sur Internet de systèmes informatiques divers, tels que sites web, stockage d'information, messagerie électronique, etc. à des personnes, associations, projets ou autres entités qui ne désirent pas le faire par leurs propres moyens. Cet hébergement se fait en général au sein d'un parc de serveurs informatiques qui bénéficie 24 heures sur 24 d'une connexion à Internet de haut débit pour offrir un accès rapide aux clients ou à tous les internautes selon le type de service rendu. Activité. La principale activité de l'hébergeur web consiste à installer ses serveurs, à les sécuriser (par une alimentation électrique ondulée, secourue par un groupe électrogène, une salle climatisée équipée de dispositifs anti-incendie), à les tenir à jour en installant les mises à jour de sécurité pour éviter les attaques malveillantes, à les réparer en cas de panne, à y installer les technologies logicielles souhaitées par les clients ou qu'il souhaite leur offrir (comme les langages de programmation internet et les modules supplémentaires de ces langages). L'hébergement Internet trouve sa justification par diverses raisons parmi lesquelles : IP et DNS. Lorsqu'un visiteur demande une page à son navigateur web, celui-ci interroge des serveurs DNS pour connaître l'adresse IP du serveur hébergeant ce site. Dès qu'il obtient la réponse, le navigateur va interroger ce serveur et lui demander cette page. Le serveur web va alors chercher la page sur son ou ses disques durs (s'il s'agit d'une page statique), ou la fabriquer à l'aide d'un script (s'il s'agit d'une page dynamique), puis l'envoyer au navigateur, qui l'affiche sur l'écran du visiteur. Il peut être important de localiser l'endroit où l'hébergeur a ses serveurs. La plupart des moteurs de recherche se basent aussi sur la localisation des serveurs afin d'effectuer le référencement d'un site Web. Catégories d'hébergement. La plupart des hébergeurs sont payants. Il reste néanmoins quelques hébergeurs gratuits. Dans ce cas, les prestations gratuites sont souvent des offres d'appel pour les prestations payantes, plus riches en fonctionnalités et plus performantes. Les entreprises font face à de nombreux challenges au niveau de l’hébergement de leurs infrastructures et applications informatiques. Tiraillées entre des exigences de performance vitales pour leur activité et des contraintes en matière de dépenses et d’investissements, elles se tournent le plus souvent vers des solutions privilégiant mutualisation et industrialisation. La virtualisation, l'« informatique dans les nuages » et les applications en mode SaaS sont de plus en plus envisagées comme des alternatives à l'hébergement interne. La plupart des offres d'hébergement sont regroupées en grandes catégories : Les hébergements partagés ou mutualisés. Chaque serveur héberge plusieurs sites, jusqu'à plusieurs milliers, et ce dans le but de mutualiser les coûts. Le principal avantage est le prix, le principal inconvénient est que le client mutualisé n'est pas l'administrateur du serveur, il est donc souvent tributaire du bon vouloir de l'hébergeur s'il souhaite une technologie particulière. Dans certaines configurations d'hébergement mutualisé, l'utilisateur peut être administrateur d'un serveur virtuel sur lequel son site est déployé. Il continue cependant à partager les ressources système avec les autres clients mutualisés. Les hébergements dédiés. Le client dispose de son propre serveur, et peut en général l'administrer comme il le souhaite, ce qui est le principal avantage de ce type d'offre. Le fournisseur du serveur reste cependant propriétaire du serveur. Les inconvénients sont : le prix beaucoup plus élevé que les hébergements mutualisés, et le besoin de compétences pour administrer la machine correctement. L'hébergement virtuel dédié via un hyperviseur. L'hébergement virtuel dédié via un hyperviseur offre au client la souplesse d'un dédié (le client administre sa machine à sa convenance) en lui fournissant une machine virtuelle qui utilise une partie des ressources d'un serveur (physique) par des techniques de virtualisation (informatique). Les hébergements dédiés dits « managés ». Dans le cas des hébergements dédiés dits « managés » avec « serveur dédié infogéré » ou « clés en main », le client dispose de son propre serveur mais les techniciens de l'hébergeur s'occupent de sa gestion système. Cette solution est parfaite si vous n'avez aucune connaissance technique sur son administration. Il suffit de déposer son site. Ce type d'hébergement cherche à s'adapter aux besoins. La colocation. L'hébergeur met, dans son centre de traitement de données, un espace à disposition du client, de sorte qu'il puisse placer son propre serveur à l'intérieur (La plupart du temps dans des armoires spéciales nommées "racks" ou « baies »). L'hébergeur met également à disposition du client un câble d'alimentation électrique et un câble ethernet pour qu'il puisse alimenter et connecter son serveur à Internet. Ce système est censé coûter moins cher, puisque la location du serveur n'est pas comprise, mais les systèmes de sécurité et des badges dans les centres de traitement de données peuvent coûter plus cher que la location. Hébergement d'applications. En 2009, selon une étude menée par MARKESS International auprès de 150 entreprises, les domaines applicatifs les plus concernés par l’hébergement externe sont les sites web et les portails, suivis des applications de gestion de la relation client, de ressources humaines, et les extranets. Dans une moindre proportion, car plus souvent gérées en direct par les directions informatiques, se trouvent les applications de messagerie, de sécurité, de stockage et sauvegarde. Viennent ensuite par ordre décroissant de citations mais très dépendants des secteurs d’activité concernés : Législation. En 2004, en France, le député Jean Dionis a présenté une loi qui impose aux hébergeurs de se doter de moyens capables de bloquer les sites comportant des contenus à caractère raciste ou pédopornographique. Ce mouvement législatif avait déjà été entamé par l'affaire Altern.org. Si les hébergeurs ne sont plus en mesure de filtrer les informations qu'ils hébergent, ils ont néanmoins une obligation de prompte intervention concernant tout signalement de contenu illicite et autre. Concernant les données de santé à caractère personnel, celles-ci sont régies par les dispositions : Sécurité. Étant donné que les services d'hébergement Web hébergent des sites Web appartenant à leurs clients, la sécurité en ligne est une préoccupation importante. Lorsqu'un client accepte d'utiliser un service d'hébergement Web, il cède le contrôle de la sécurité de son site à l'entreprise qui l'héberge. 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Histoire de l'Argentine L’histoire de l’Argentine est celle des événements survenus sur l’actuel territoire de la République argentine depuis les premiers peuplements humains jusqu’à nos jours. Elle débute par les vestiges les plus anciens de l’homo sapiens sur le sol argentin, c’est-à-dire ceux qui ont été découverts dans l’extrême sud de la Patagonie et qui remontent à une période aux environs de 13000 av. J.C. Les premières civilisations agro-céramiques se sont implantées à partir du av. J.C. dans la zone andine du nord-est du pays. L’histoire écrite de ce qui est aujourd’hui l’Argentine commence avec les observations du chroniqueur allemand Ulrich Schmidl consignées lors de expédition menée en 1516 par Juan Díaz de Solís dans le Río de la Plata ; cette expédition préfigure la conquête espagnole d’une partie de cette région qui sera accomplie dans les décennies suivantes. En 1776, la couronne espagnole créa, par scission d’avec la vice-royauté du Pérou, la nouvelle vice-royauté du Río de la Plata, entité administrative regroupant divers territoires et au départ de laquelle se déroulera, avec la révolution de Mai 1810, un processus graduel de formation de plusieurs États indépendants, dont entre autres les Provinces-Unies du Río de la Plata, conglomérat de provinces plus ou moins autonomes les unes vis-à-vis des autres. La souveraineté de l’Argentine fut formalisée par la déclaration d’indépendance du 9 juillet 1816 à Tucumán, puis avec la défaite militaire des troupes de l’Empire espagnol en 1824, dans l’actuel département péruvien d’Ayacucho. En 1833, l’Empire britannique prit possession des îles Malouines, qui était alors une "commandance" militaire ressortissant aux Provinces-Unies, et dont l’Argentine n’a cessé depuis lors de réclamer la restitution. À l’issue d’une longue période de guerres intestines se mit en place entre 1853 et 1860, sur la base de la constitution adoptée en 1853, une république fédérale sous la dénomination de République argentine. Au moyen de campagnes militaires menées contre les peuples mapuche, tehuelche, ranquel, wichi et qom, et désignées par "Conquête du Chaco" et "Conquête du désert", la République argentine s’empara respectivement des plaines du Gran Chaco au nord et de la Pampa et de la Patagonie orientale au sud, donnant corps ainsi à son territoire actuel qui, pour la superficie, occupe le huitième rang mondial. La période entre 1862 et 1930, remarquable de stabilité constitutionnelle, verra la population du pays, à la faveur d’une vaste vague migratoire en provenance principalement d’Italie et d’Espagne, augmenter cinq fois plus vite que dans l’ensemble du monde. L’instauration en 1912 du suffrage universel (masculin), complété en 1951 par le droit de vote des femmes, permit l’avènement d’une série de gouvernements dûment élus par le vote populaire, mais qui à partir de 1930 alterneront au pouvoir avec des dictatures militaires et des gouvernements frauduleux. La dernière en date de ces dictatures s’effondra en 1982 en conséquence de la défaite argentine dans la guerre des Malouines contre la Grande-Bretagne, et ses protagonistes furent traduits en justice pour crimes contre l'humanité. En 1983 s’est engagée une longue période de démocratie, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui (2018). Préhistoire et premières populations humaines. Les témoignages les plus anciens sont rassemblés au musée lapidaire de la province de Santa Cruz et remontent au D'autres établissements furent relevés à Los Toldos, également en province de Santa Cruz avec des vestiges datant du Ces premiers habitants chassaient les milodons (animaux semblables à de grands ours, mais avec une tête ressemblant à celle d'un camélidé, aujourd'hui disparus) et les hippidions (chevaux nains sud-américains disparus eux aussi, il y a environ ), en plus des guanacos, lamas et nandous. Près de là, il est possible de voir les peintures de mains et de guanacos dessinés vers , pour le groupe « stylistique A », le niveau culturel le plus ancien, puis vers pour le second niveau culturel, groupe « stylistique B », sur les parois de la Cueva de las Manos (Río Pinturas, Santa Cruz, déclarés patrimoine culturel de l'Humanité par l'UNESCO). Les résultats d'une étude de paléogénétique publiée en 2021 suggèrent que les premiers colons de la Pampa faisaient partie d'une dispersion unique et rapide il y a ans, tandis que le nord-ouest argentin reçut ses premiers habitants vers le début du . Civilisations et cultures précolombiennes. Les peuples aborigènes argentins se sont divisés en deux grands groupes, d'une part les chasseurs-cueilleurs nomades qui habitèrent la Patagonie, la Pampa et le Chaco, et d'autre part les agriculteurs sédentaires, installés dans le nord-ouest, le Cuyo, les Sierras de Córdoba et plus tardivement, en Mésopotamie. Cultures andines de l’ouest et du nord-ouest. Culture d'Ansilta. Une des premières cultures à avoir développé une forme d'agriculture primitive sur le territoire argentin actuel fut la "Culture d'Ansilta", située aux abords de Mendoza, San Juan et San Luis. Mal connue, cette surprenante culture va de jusqu'à 500 apr. J.-C., soit plus de , ce qui est un cas unique de continuité. Sans doute s'agit-il des prédécesseurs des ethnies Huarpes. Culture Condorhuasi. Cette culture apparaît en 200 av. J.-C. dans la province de Catamarca. Il s'agit d'une culture d'éleveurs de lamas et de pasteurs pour qui l'agriculture ne fut qu'un complément. Ils avaient une religion cruelle et violente dans laquelle les chamans utilisaient des hallucinogènes tels que le Anadenanthera colubrina (aussi appelé cebil) et réalisaient des sacrifices humains. Grands forgerons, ils furent les premiers à utiliser des alliages métalliques. Leurs sculptures anthropomorphes font l'objet d'études approfondies : dénommées les "suplicantes" (les suppliants), ce sont de belles sculptures abstraites en pierre qui représentent des êtres humains en position de supplication, appelant sans doute la pluie et la fertilité. Cette culture disparut entre le et la fin du . Culture Tafí (de -200 à 800). Contemporaine de la "Culture de la Ciénaga", elle apparaît dans la vallée de Tafí, sur l'actuel territoire de Tucumán. Il s'agit d'agriculteurs qui cultivaient notamment le maïs, sur des terrasses. Ils domestiquaient aussi le lama. Culture de la Ciénaga (1-600). C'est au qu'apparaît sur le sol argentin la première société totalement agricole, la "Culture de la Ciénaga", également dans la région de Catamarca. Il s'y développe des plantations de maïs et des systèmes d'irrigation avec canaux. Ils élevaient aussi des lamas, qu'ils utilisaient en caravanes pour réaliser des échanges entre différentes localités. Ils construisirent de petites localités de trente habitations au plus. Ils furent des précurseurs directs de la Culture de la Aguada. Culture de la Aguada. Entre les et la Culture de la Aguada se développe sur le territoire des provinces de Catamarca et La Rioja. C'est la plus andine des cultures du nord-ouest argentin, fortement liée à la culture de Tiwanaku. La Aguada se caractérisa par un fort développement artistique autour de la représentation du jaguar. Il semble que ce soit à ce moment que se développe une nouvelle forme politique dans les cultures du nord-ouest : celle des Seigneuries, au pouvoir d'un seigneur, qui dominait une certaine région et contrôlait les excédents de production agricole. Parmi les représentations artistiques, on remarque celle du sacrificateur. L'économie de cette culture était basée sur une agriculture en terrasses irriguées par des systèmes hydrauliques complexes. Ils produisaient du maïs, des haricots, des potirons et des arachides. Ils faisaient commerce de leurs produits avec des endroits très éloignés San Pedro de Atacama ou vallée de Copiapó au Chili, de l'autre côté des Andes, utilisant les lamas pour ce faire. La métallurgie était très avancée et ils découvrirent le bronze avant l'arrivée des espagnols. Vers 900, "La Aguada" disparut. Son héritage va se retrouver dans la culture Belén et la culture de Santa María. Culture de Santa María (1200-1470). Grâce à ses cultures en terrasses et systèmes d'irrigation très complexes, "Santa María" réussit à avoir une forte population et à accumuler des excédents emmagasinés dans des silos souterrains. Ils cultivèrent le maïs, la pomme de terre (appelée "papa"), le haricot, le quinoa, le piment et les courges, et cueillirent intensivement les fruits du caroubier créole ou algarroba et du chañar. Grands experts en élevage, ils utilisèrent le fourrage. Ils développèrent le commerce à grande distance, avec des caravanes de lamas. Ils développèrent la métallurgie du cuivre, de l'argent et de l'or et fabriquèrent des articles en bronze d'excellente qualité. La culture de Santa María se caractérise par une grande complexité sociopolitique, avec au sommet de la hiérarchie un seigneur dont les pouvoirs étaient héréditaires, des guerriers et des chamans. Cette culture correspond en grande partie avec l'ethnie Paziocas connue sous sa dénomination quechua de Diaguitas. L'invasion inca (1400-1520). La formation du Tucumán : un siècle avant l'arrivée des espagnols, le nord-ouest argentin comptait une grande variété de peuples sédentaires avec leurs caractéristiques propres, et parmi eux, les Paziocas, les Alpatamas, les Omaguacas, et les Huarpes. Au ce territoire fut envahi et annexé par les Quechuas à la zone méridionale du Kollasuyu ou Collasuyu ou Qullasuyu (Étant donné l'éloignement de ces régions par rapport à Cuzco, l'ensemble formait un territoire spécial du Tahuantinsuyu connu comme étant « Le Tucumán » et le « Kiri-Kiri »). Les Cultures andines indépendantes (1400-1520) : hors du Tahuantinsuyu ou Tawantinsuyu se maintinrent quelques populations sédentaires indépendantes, par exemple les Lule-Toconoté (en guerre contre les Quechuas, et appelés péjorativement par ceux-ci « surís » ou « nandous »), les Sanavirón dans la zone des provinces de Tucumán, ouest de Santiago del Estero et nord de Córdoba, ainsi que les Comechingons dans les sierras de Córdoba et de San Luis. Cultures de la Mésopotamie. Les Guaranis : en provenance d'Amazonie, les Guaranis, s'étaient installés assez récemment en Mésopotamie. Ils faisaient partie du groupe culturel dit des Tupí-guaraní. Les Avás (mieux connus comme « Guaranís ») s'établirent en territoire argentin entre la fin du et le début du , avançant depuis le nord-est principalement par les cours d'eau. Ils se subdivisèrent en divers groupes en fonction de l'endroit où ils s'implantaient. On distingue les Guaranís des îles (dans les îles du delta du Paraná), ceux du Carcarañá, de Santa Ana (nord de la province de Corrientes, les "Cáingangs" ou Cainguás (en Mésopotamie) et les "Chiriguanos" (au Chaco). Ils vivaient dans des villages (tekuas) qui constituaient de vraies unités tribales économiquement indépendantes. Chaque village guaraní était dirigé par un chef politique, le "Mburuvichá", et un chef religieux le "Payé". L'organisation sociale était chapeautée par un cacique ("Tuvichá") héréditaire. Ils conduisaient des canoës. Ils étaient très bons chasseurs en forêt, cueilleurs, pêcheurs et aussi agriculteurs. Ils cultivaient le manioc ("mandi'ó"), la pomme de terre ("jetý"), le potiron ("andai"), les courges ("kurapepê"), le maïs ("avatí"), les haricots ("kumandá"), le coton ("mandyju") et le yerba mate ("ka'á"). Les Guaranis firent irruption avec une grande brutalité dans le bassin du río de la Plata, créant une situation de guerre permanente avec les peuples aborigènes non Guaranís qui habitaient la région. Ils pratiquaient le cannibalisme des guerriers prisonniers. Leur stratégie guerrière se fondait sur un système d'attaques massives. Peu avant l'attaque, ils faisaient tomber sur leurs adversaires une pluie de flèches et de pierres. Ensuite venait l'affrontement direct avec des lances, des macanas et des gourdins ("garrotes"). Cultures du Gran Chaco. Dans la partie nord du Gran Chaco on distingue cinq cultures ou familles linguistiques, à savoir les cultures « Guaycurú », « Mataco-macá », « Tupí-guaraní », « Arawak » et « Lule-vilela ». À la culture Guaycurú appartiennent les Tobas ou Qom'lek, les Pilagás, les Mocovís et les Abipones. Ils étaient de très habiles guerriers et, après l'arrivée des Espagnols, ils adoptèrent le cheval et résistèrent à la colonisation. Les Espagnols les appelaient "frentones" (surtout les Qom'lek) parce qu'ils s'épilaient le front. Ils occupaient l'est et le sud de la région du Chaco. La culture Mataco-Macá comprenait les Wichís (ou « Matacos »), les Chulupís et les Chorotes. Ils occupaient la zone ouest du Chaco. Les Chiriguanos appartenaient à la culture Tupí-guaraní. Ils s'installèrent à l'ouest de la région. Dans la même zone se retrouvaient les Chanés de la culture Arawak. Enfin, au nord-ouest du Chaco se trouvaient les Vilelas (culture Lule-Vilela), disparus depuis lors. Cultures de la pampa et de la Patagonie. En région pampéenne et patagonique, on distingue les Hets (« anciens pampas » ou « querandís »), les Tehuelches (ou Tsonek) et les Mapuches - ces derniers contrôlèrent le nord de la Patagonie jusqu'à la fin du . Les études anthropologiques des groupes de chasseurs et de cueilleurs considérés traditionnellement comme plus simples que les peuples agriculteurs, ont mis en évidence la complexité atteinte par ces cultures d'un haut degré de symbolisme, comme les Selknams, les Mánekenks ou Haush, les Yagans, les Alakalufs ou Kaweskars, de la Terre de Feu et du détroit de Magellan. Arrivée des Européens et colonisation. Amerigo Vespucci fut le premier Européen à s'approcher des côtes argentines en 1502. En 1516, Juan Diaz de Solís, un navigateur espagnol visita le territoire qui deviendra l'Argentine. L'Espagne inclura l'Argentine dans la vice-royauté du Pérou. Une conquête lente et difficile. À l'inverse de ce qu'ils firent au Pérou et en Bolivie, les Espagnols ne soumirent jamais totalement les principaux peuples amérindiens qui occupaient le territoire actuel de l'Argentine. La présence espagnole se limitait d'ailleurs au départ à de petits noyaux, essentiellement le long de la route importante dite Camino Real, destinée au début à drainer les richesses minières du Haut-Pérou (Bolivie actuelle) vers le Río de la Plata. Là fut construite, en 1536 une colonie appelée Buenos Aires. Abandonnée à cause d'un blocus et de raids sanglants des Indiens Didiuhet, elle fut fondée à nouveau en 1580. Cette année-là, venu d'Asunción au Paraguay actuel, Juan de Garay refonda la ville qu'il appela Ciudad de Trinidad y Puerto de Santa María del Buen Ayre, et qui avec le temps sera connue plus simplement sous son nom actuel. Du nord au sud les villes espagnoles principales furent créées progressivement, le long de cet axe. Ce sont principalement Santiago del Estero (1553), San Miguel de Tucumán (1565), Córdoba (1573), Salta (1582), San Salvador de Jujuy (1593) et Buenos Aires (1536 et 1580). Autre axe économique important, la voie fluviale du Paraguay-Paraná constituait une excellente route de pénétration vers le centre de l'Amérique du Sud et ses richesses. Ainsi furent fondées Sancti Spiritu (1523), Asuncion (1537), Santa Fe (1573) et Corrientes (1588). Quelques régions furent cependant facilement conquises et rapidement assimilées, ce qui assura une domination aux Espagnols sans problème. C'est le cas de la région du Cuyo. Dès 1561 la ville de Mendoza y fut fondée, suivie de San Juan en 1562, et de San Luis en 1594. Cette région était habitée par les Huarpes, pacifiques Indiens, exploités sans scrupule au début (travail dans les mines du Chili), mais qui se métissèrent rapidement. La paix s'installa rapidement. La colonisation se poursuivit de manière très progressive. La dernière ville argentine à être construite fut San Fernando del Valle de Catamarca (1683). Contre-attaques calchaquíes. Mais les conquérants n'avaient pas réussi à pénétrer les vallées calchaquíes, où s'étaient réfugiés plusieurs peuples qui menèrent la vie dure aux envahisseurs. La population espagnole restait faible au sein de ces provinces et de graves contre-attaques et révoltes indiennes firent de terribles dégâts. En 1630 éclata la première grande rébellion calchaquíe, sous le commandement du cacique Chalemín, et dura jusqu'en 1643, guerre intense avec incendie de La Rioja et destruction de Londres (près de Córdoba). La seconde rébellion, menée par un andalou – Pedro Chamijo – qui se faisait passer pour un descendant d'Inca, fut longue et cruelle. Les Espagnols dirigés par Mercado et Villacorta défirent l'Andalou puis décimèrent les tribus. La dernière, celle des Quilmes, fut battue en 1665. Les survivants furent déportés près de Buenos Aires, là où se dresse aujourd'hui la grande cité de Quilmes. Les Guaranis et les missions jésuites. Au les "karaí", prophètes guaranís acceptés dans toutes les communautés guaraníes, parcouraient les villages ou "tekuas" prêchant le message de l'arrivée de profonds changements. Or ces villages s'affrontaient entre eux dans une permanente recherche de l'État de Aguyé, et pratiquaient le cannibalisme entre eux. Ces "karaí" ne faisaient partie d'aucun village ou "tekua" en particulier, mais étaient "panguaranís". Leur message était donc unificateur. Cent ans plus tard, avec l'invasion espagnole, arrivent les jésuites dont le message chrétien rivalise directement avec celui des "karaí". Bien qu'étrangers ils amènent aussi un message unificateur. Surtout, ce qui jouera un rôle très important, les guaranís qui acceptent de vivre avec eux sont automatiquement protégés par les lois du puissant roi d'Espagne. En effet, en 1556 les Espagnols avaient introduit dans ces régions le système de l'encomienda, par lequel chaque "encomandero" s'engageait à évangéliser et à sortir de la barbarie un certain nombre d'Indiens qui en retour devaient se mettre à son service. C'était un système d'asservissement impitoyable. De ce fait les rapports d'abord amicaux entre les Européens et les Indiens se modifièrent. Les révoltes se multiplièrent et atteignirent une grande violence en 1580, rendant la région ingouvernable. Pour sortir de ce bourbier, les Espagnols firent appel en 1585 aux Jésuites. Ceux-ci proposèrent de payer directement au roi un tribut proportionnel au nombre d'Indiens mâles, retirant ainsi les Indiens du contrôle de l'empire pour les placer directement sous le leur. Enfin en 1608, le roi Philippe III d'Espagne donna pouvoir aux jésuites de convertir et coloniser les tribus de Guayrá. Simultanément, l'expansion constante du front hispano-portugais, et la menace réelle d'esclavage que cela représentait, amena un grand débat interne chez les chefs guaranís entre les partisans de l'alliance jésuitique (de façon à obtenir la protection de la couronne) et les « durs » qui préféraient l'affrontement. Après de longs débats, la politique d'alliance des dirigeants politiques guaranís avec les jésuites devint bientôt consensuelle et généralisée. Elle obéissait à une stratégie globale, dans le but de limiter la montée des périls, les guaranís se trouvant pris entre les gros propriétaires espagnols désireux de se fournir de la main d'œuvre gratuite d'un côté et les bandeirantes portugais pillards et marchands d'esclaves de l'autre. À noter qu'il existe de nombreuses sources de témoins présents lors de ces débats internes des leaders guaranís. Notamment le « Jardín de Flores paracuaria » du Padre Tadeo Xavier Hednis de la Société de Jésus. Ce sont donc les jésuites qui furent en réalité utilisés par les Guaranís, afin de maintenir leur modèle ou mode de vie. Le modèle politique guaraní était prêt à être occupé par les jésuites. Ainsi s'explique la rapide conclusion de cette alliance et le développement des Misiones. Les Réductions jésuites n'étaient rien d'autre que des "tekuas" ou villages traditionnels qui avaient obtenu la protection de la couronne, pénétrant ainsi non seulement dans le domaine légal espagnol, mais aussi dans une série d'échanges économiques et culturels qui se maintinrent pendant deux siècles. Des indigènes restés non soumis. La Pampa et la Patagonie, constituaient une vaste zone peuplée d'aborigènes totalement libres, qui ne put jamais être conquise par les Espagnols et qui depuis le s'unifia progressivement sous la culture mapuche. Ce n'est qu'à la fin du , plus de 300 ans après la conquête espagnole du Pérou, que l'Argentine (comme le Chili d'ailleurs), arriva à occuper la région grâce à une guerre contre les Mapuches. À l'arrivée des Européens, le sud du continent américain, la région pampéenne comme la Patagonie, était peuplée par les Indiens Pampas, les Tehuelches (Patagons) en Patagonie orientale et les Mapuches en Patagonie occidentale. La Terre de Feu était peuplée par un rameau des Tehuelches, les Selknams (ou Onas), par les Yagans ou Yamanas et par les Alakalufs ou Kaweskars. Peu après le débarquement des conquistadors sur les rives du Río de la Plata et la fondation de Buenos Aires au , les premiers affrontements se produisirent entre Espagnols et aborigènes, les Pampas (ou Hets ou Querandis), appelés plus tard Ranquels au . À partir du , quelques bovins abandonnés par les Espagnols en région pampéenne proliférèrent naturellement, formant de vastes troupeaux redevenus sauvages. Les Espagnols comme les indigènes Pampas et Mapuches, commencèrent à les chasser ce qui amena des affrontements entre les deux groupes. Les Espagnols construisirent des lignes de fortins entourant Buenos Aires et Córdoba, afin de délimiter leur zone exclusive de chasse appelées vaquerías. Les Pampas considéraient que les Espagnols avaient usurpé leurs terres en les envahissant, et durant des siècles attaquèrent leurs établissements par une tactique d'attaque en masse appelée "malones", utilisant des chevaux, de longues lances et des boleadoras (système composé de plusieurs lanières lestées de gros cailloux destiné à immobiliser les jambes des chevaux). En même temps, la capitainerie du Chili procédait à des attaques systématiques contre les Mapuches appelés aussi Araucans (Guerre d'Arauco). Tout au long des et s les Mapuches imposèrent leur culture et assimilèrent les peuples indigènes qui habitaient la Pampa et la Patagonie. Cependant dès la fin du les Espagnols progressèrent lentement sur le territoire ranquel. La frontière entre les deux civilisations se situa alors sur le río Salado, qui divise la pampa orientale en deux en son centre. Cependant certains indigènes acceptèrent de travailler dans les estancias (grandes fermes-domaines) espagnoles, se métissant avec les Européens. L'origine des gauchos est liée à ce processus de métissage. De même, dans le nord du territoire de l'Argentine actuelle, les tribus peuplant la région du Gran Chaco restèrent libres face aux colonisateurs, et cela dura aussi jusqu'à la fin du . Vice-royauté du Río de la Plata. Guerres portugaises et ouverture sur l'Europe. En 1680, les Portugais venus du Brésil tout proche avaient fondé au nord du Río de la Plata, face à Buenos Aires, sous le nom de Colonia del Sacramento un établissement, qui menaçait gravement les intérêts espagnols. Ceux-ci avaient attaqué et pris cette ville à plusieurs reprises, mais chaque fois, grâce à un traité international, les Portugais avaient récupéré la ville. C'est finalement en 1776 que le roi Charles III entreprit de chasser les Portugais du Río de la Plata. Il institua la vice-royauté du Río de la Plata. Presque immédiatement, le nouveau vice-roi Pedro de Cevallos organisa une puissante armée et la mena contre les Portugais. Il avait ajouté à cette armée des contingents de Guaranis, habitués à se battre contre les Portugais. La se termina à l'avantage des Espagnols : Cevallos prit Colonia en 1777 et la détruisit totalement, allant symboliquement jusqu'à semer du sel sur ses ruines. La ville fut cependant occupée à nouveau par les Portugais puis par les Brésiliens quelques décennies plus tard. Le , mis en place par étapes entre 1765 et 1789, mit fin au monopole de l'axe Pérou-Cuba-Cadix et permit à l'Amérique espagnole d'échanger directement avec les ports espagnols et européens. Cette mesure entraîna un recul sectoriel des productions artisanales, relativement importantes dans les régions de Cuyo et Tucumán, et surtout des cultures méditerranéennes, vin, huile d'olive, fruits séchés, inférieurs en qualité à ceux de la métropole ; en revanche, elle profita à la bourgeoisie marchande du Río de la Plata. La création de la vice-royauté du Río de la Plata apporta beaucoup à Buenos Aires, où en peu d'années s'installèrent toute l'administration bureaucratique vice-royale, la douane, le Consulado (1794), l'Audiencia (1785), l'Académie navale, et des écoles. On commença à éditer des journaux, activité difficile à cause de la censure du vice-roi. La population de la ville s'accrut de 9 568 en 1744 à 32 069 habitants en 1778, puis à plus de 40 000 en 1797 et à presque 100 000 en 1810, chiffre très important pour l'époque et constituant près du tiers de la population totale de l'Argentine espagnole d'alors. Invasions britanniques. Avec l'entrée en guerre de l'Espagne du côté napoléonien, le Royaume-Uni commença à faire des plans pour améliorer son influence dans les colonies espagnoles. En 1806, après avoir pris la colonie hollandaise du cap de Bonne Espérance, la flotte britannique cingla vers le Río de la Plata, apparemment sur initiative propre. La flotte ne tarda pas à prendre Montevideo, puis se dirigea vers Buenos Aires. Le vice-roi Rafael de Sobremonte supposait que les Britanniques ne se risqueraient pas à se lancer sur la capitale de la vice-royauté, et décida d'affecter la majorité des troupes de la ville à traverser le río de la Plata pour reprendre Montevideo. Lorsqu'on lui annonça le débarquement des Britanniques, il abandonna la ville pour se réfugier à Córdoba, muni des précieuses rentes de la vice-royauté, prêtes à être expédiées en Espagne, avec l'intention d'organiser une armée pour reconquérir sa capitale. En juin 1806 les Britanniques sous le commandement de William Carr Beresford prirent Buenos Aires, bien reçus par les partisans de l'indépendance. Mais ceux-ci durent vite déchanter en comprenant que les envahisseurs désiraient convertir la région de la Plata en une colonie britannique, et s'unirent à ceux qui voulaient résister. Jacques de Liniers, marin français né à Niort, commandant du port de Ensenada, traversa le fleuve pour la Bande Orientale où il organisa une armée à destination de Buenos Aires. En chemin des milliers de volontaires enthousiastes se joignirent aux troupes. Une bataille de rue s'engagea et les Britanniques, bientôt encerclés dans la citadelle de la ville durent capituler. Revenue dans la cité, l'Audience, tribunal suprême, décida d'assumer le pouvoir civil et de confier la capitainerie générale à Liniers. Prudemment le vice-roi se retira à Montevideo. En 1807 les Britanniques revinrent envahir le pays, mais cette fois officiellement et avec une puissante armée de 11.000 soldats sous les ordres du général John Whitelocke. Au départ, celui-ci et sa flotte avaient pour mission de s'emparer du Chili et de renforcer les troupes qu'ils croyaient toujours maîtresses de Buenos Aires. Mis au courant de la capitulation de ces dernières, Whitelocke décida de reprendre la cité. Ils reprirent Montevideo, débarquèrent à Buenos Aires et pénétrèrent dans la capitale, confiants dans leur suprématie face à des forces hispano-argentines très inférieures. Mais très vite ils se heurtèrent à une résistance acharnée des habitants qui les arrosaient d'eau et d'huile bouillante et les mirent finalement en déroute. Le général John Whitelocke fut acculé à la capitulation générale, et le Royaume-Uni subit là une défaite particulièrement humiliante. À la suite de cette franche victoire, un jugement destitua Sobremonte de sa charge de vice-roi et l'envoya en Espagne pour y être jugé. Liniers fut alors nommé vice-roi par intérim, décision ratifiée plus tard par le roi. Naissance de la Nation. Les Invasions anglaises sont très importantes dans l'histoire de l'Argentine, car elles sont le prélude à l'indépendance. Elles ont démontré la capacité du peuple à l'autodéfense, grâce à des milices civiles, et révélé que les Argentins étaient désormais en mesure de déterminer seuls leur propre destin. Révolution de Mai et indépendance. Les nouvelles de la Révolution française avaient fait germer les idées libérales en Amérique latine. Le pays engagea son processus d'affranchissement de l'Espagne le 25 mai 1810, lors de l'épisode appelé Revolución de Mayo ou Révolution de mai, en s'engageant dans des hostilités contre les Espagnols et leurs partisans (les "royalistes") ; mais certaines régions du Río de la Plata, craignant la domination de la riche et puissante Buenos Aires, étaient autant intéressées par leur indépendance face à la capitale que par leur affranchissement de l'Espagne. En 1811, le Paraguay produisit sa propre déclaration d'indépendance. En 1812, les batailles victorieuses que Manuel Belgrano livra à Tucumán et Salta, assurèrent le succès de l'indépendance. Si bien que José Gervasio Artigas réunit un premier Congrès de l'Indépendance argentine à "Arroyo de la China" (actuelle Concepción del Uruguay) en mars et avril 1815. Les campagnes militaires conduites par José de San Martín et Simón Bolívar entre 1814 et 1817 augmentèrent les espoirs d'indépendance face à l'Espagne, qui fut finalement proclamée à Tucumán le 9 juillet 1816. Le désordre régnait dans les provinces. En 1820, José de San Martín prépara une armée destinée à libérer le Chili et le Pérou, objectif qui fut brillamment atteint, et en 1822 eut lieu la réunion historique de San Martin avec Simón Bolívar à Guayaquil. Congrès de Tucumán. Le congrès national se réunit donc à Tucumán et commença ses sessions le 24 mars 1816. Presque toutes les provinces y participèrent. Il procéda à l'élection d'un "Directeur Suprême" capable de maintenir l'ordre et d'établir l'autorité centrale. Il fallait un homme qui soit appuyé tant par Buenos Aires que par les provinces de l'intérieur. On élit pour cela Juan Martín de Pueyrredón qui était apprécié de tous. Un autre objectif important était de consolider l'unité nationale du pays. On décida donc l'intervention de l'armée là où se manifestaient des mouvements localistes. Finalement, la Déclaration d'Indépendance face aux rois d'Espagne et à la métropole, fut votée publiquement le . Deux positions s'affrontaient dans toute l'Amérique espagnole concernant l'administration des territoires libérés : la position américaniste et la position localiste. La position américaniste proposait l'union des peuples d'Amérique hispanique. Il fallait unir les forces afin de terminer les guerres d'indépendance et organiser un système stable qui garantisse l'union. La position localiste défendait l'autonomie des régions, craignant qu'une union qui regrouperait tant de pays et de terres retarderait la récupération de la prospérité locale. Ils redoutaient surtout de perdre du pouvoir avec cette intégration. Bernardino Rivadavia était un des principaux représentants des localistes. Le problème de la forme de gouvernement se posait aussi. Parmi les différentes options, un groupe de partisans de la monarchie constitutionnelle s'était constitué, considérant que ce système stable garantirait l'ordre et les droits de l'homme. Belgrano proposa une monarchie ayant à sa tête un descendant d'Inca. Ce projet fut bien reçu par les représentants du Haut Pérou et des villes du nord. Il avait l'appui de José de San Martín et de Martín Miguel de Güemes. Mais les hommes de Buenos Aires s'y opposèrent, craignant d'y perdre leur position hégémonique. Ils proposèrent d'offrir la couronne à un prince européen. Tandis que Tomás de Anchorena, député de Buenos Aires, défendait une république fédérale. Au début de 1817, le congrès se transféra dans la capitale et remit la résolution de ce problème à plus tard, les idées monarchistes perdurèrent au sein du congrès. Directoire de Pueyrredón (1816-1819). L'objectif principal du Directeur suprême Pueyrredón fut la réalisation de l'expédition libératrice au Chili et au Pérou, en accord avec San Martín, afin de terminer la Guerre d'Indépendance. Il mit au point la création de l'Armée des Andes, nomma San Martín général en chef et ordonna l'exécution de la campagne libératrice. Mais le financement de la campagne du Pérou nécessita une hausse des impôts douaniers. Il fut durement critiqué par les fédéralistes qui l'accusaient de complicité avec les Portugais en tolérant l'invasion de la Banda Oriental (actuel Uruguay). Le Portugal avait déjà perpétré une première invasion en 1811-1812. La seconde agression eut lieu en 1816-1820, et les Portugais réussirent à annexer la province sous le nom de Province Cisplatine. Finalement Pueyrredón imposa son autorité, en exilant les principaux chefs du parti fédéraliste de la capitale. À l'intérieur, il étouffa les mouvements fédéralistes avec les interventions de l'armée du nord. Pour la défense de Pueyrredón, il faut souligner que lorsqu'il arriva au pouvoir, l'invasion portugaise de la Banda Oriental avait déjà débuté. Le congrès prit une position neutre que le directeur suprême ne partageait pas. Cependant le manque de ressources l'empêcha de prendre des mesures militaires, et il dut se contenter d'exiger que les Portugais ne dépassent pas la ligne du fleuve Uruguay. Cette politique perçue comme « tolérante » face aux agresseurs augmenta le ressentiment des habitants des provinces du Litoral. Guerres civiles entre unitaristes et fédéralistes. Les luttes intestines se succédèrent en Argentine pendant plus de 40 ans. Les caudillos provinciaux ont dominé l'histoire et la politique de la première moitié du . Petits chefs locaux, seigneurs de la guerre, ils géraient leur province avec leur armée propre. Ils avaient des griefs les uns contre les autres qui nourrissaient des haines et des combats parfois féroces. Les uns se rangeaient sous la bannière de l'unitarisme, d'autres plus fréquemment sous celle du fédéralisme. La majorité d'entre eux n'étaient pas des militaires, mais des civils. Certains, comme Juan Manuel de Rosas et Justo José de Urquiza, possédaient de grandes haciendas et avaient donc un important pouvoir économique. Dans l'histoire de l'Argentine le caudillo est un personnage traditionaliste, totalement opposé au "Porteño" ou habitant de Buenos Aires, et lié à la cause fédéraliste qui représentait son intérêt personnel. Les caudillos s'opposaient au centralisme de la métropole platéenne de Buenos Aires, ainsi qu'à la modernité. On les a appelés barbares. Ils détestaient Buenos Aires qui concentrait le pouvoir, celui-ci émanant de la possession du port et des bénéfices douaniers qui n'avaient jamais été utilisés au bénéfice des provinces de l'intérieur. Dans l'histoire du pays, il y eut beaucoup de caudillos. Le nom de certains d'entre eux mérite d'être retenu. Citons : Rosas et le rosisme (1829-1852). En 1826, le congrès nomma Bernardino Rivadavia premier président constitutionnel du pays. Le fait de céder l'Uruguay actuel au Brésil provoqua la démission de Rivadavia (juin 1827). Manuel Dorrego reprit la charge, partisan des autonomies provinciales. Il liquida le conflit avec le Brésil en reconnaissant l'indépendance de la Banda Oriental. Les unitaires soulevés par Juan Lavalle fusillèrent Dorrego (1828), ce qui ralluma la guerre civile entre unitaires et fédéralistes. La Bolivie se déclara indépendante en 1825, de même que l'Uruguay en 1828. La figure dominante à cette époque devint Juan Manuel de Rosas, vu par beaucoup comme un tyran. Rosas gouverna la province de Buenos Aires et représenta les intérêts de l'Argentine à l'étranger de 1829 à 1852, sans qu'il n'y ait eu de gouvernement central pour l'ensemble du pays. Il fut qualifié d'impérialiste argentin en raison de son opposition à d'autres tyrans, amis d'empires étrangers. Dans sa politique il n'accepta jamais la désagrégation des Provinces Unies du Río de la Plata comme définitive, mais luttait au contraire pour que ces évènements menaçants ne s'aggravent pas et avec l'espoir que les factions argentines comprendraient bientôt que l'unification était l'intérêt commun. Il fut avant tout stigmatisé comme tyran par ceux qui étaient à la solde d'intérêts étrangers, ainsi que par les victimes de sa « parapolice » implacable, la Mazorca, dirigée par sa propre épouse. D'un autre point de vue, sous Rosas, il n'y avait pas de liberté de presse, ni de parole, ni de pensée et le système d'éducation brillait par son absence. Par exemple : Domingo Faustino Sarmiento dut s'exilier au Chili à plusieurs reprises sous les menaces de mort émises par le gouvernement de Rosas à cause de ses écrits mettant de l'avant des idées « modernes, progressistes et européennes» (voir son ouvrage intitulé « "Facundo" ») telles que l'école gratuite, laïque et obligatoire pour tous. Pendant cette période l'Argentine était peuplée d'indigènes, ainsi que d'immigrés espagnols et de leurs descendants, les créoles. Certains d'entre eux étaient concentrés dans les villes, mais d'autres vivaient dans les pampas comme gauchos. L'économie rurale se basait presque exclusivement sur l'élevage de bétail. Cependant les attaques indigènes ou « malones » continuaient et menaçaient les frontières, surtout à l'ouest. On peut dire que l'Argentine avait acquis l'indépendance de l'Espagne, mais que la conquête espagnole de l'Argentine n'était toujours pas terminée. Durant son long gouvernement, Rosas avait réussi à se faire beaucoup d'ennemis à l'intérieur. Pas seulement des unitaires bourgeois réfugiés à Montevideo, mais aussi d'autres caudillos et ce, même s'ils défendaient une position fédéraliste et qu'ils n'étaient pas d'accord avec le monopole du port que Buenos Aires continuait à posséder. Ce monopole fut momentanément brisé durant le conflit de Rosas avec les impérialismes français et surtout britannique. L'émergence de la navigation à vapeur permettait de remonter les fleuves avec rapidité. Pour ces motifs le Royaume-Uni et la France qui avaient armé d'importantes flottes commerciales et militaires composées de vaisseaux à vapeur exigeaient la libre circulation sur les fleuves, ce qui leur assurerait le libre commerce. Les deux puissances exigèrent donc le droit de navigation sur le río Paraná pour y commercer avec les autres ports, ce que Buenos Aires refusa. Le conflit se mua en guerre avec le combat de Vuelta de Obligado, où les forces fédéralistes de Rosas tentèrent de bloquer le passage aux flottes étrangères. La bataille tourna à la déroute pour les forces de Rosas (20 novembre 1845). Cependant elle fut perçue comme un symbole de défense de la souveraineté nationale. L'action diplomatique habile du gouvernement de Rosas, doublé de l'appui de José de San Martín, finirent par transformer la défaite en victoire politique pour le gouvernement de la Confédération argentine, obligeant les puissances à reconnaître son droit à la souveraineté sur les eaux intérieures. Mais ces évènements montrèrent aux caudillos (et surtout à Justo José de Urquiza, gouverneur d'Entre Ríos) le pouvoir que donnait à Buenos Aires le monopole du commerce extérieur. Cela engendra un rapprochement entre les unitaires et les fédéralistes opposés à Rosas. Il se forma dès lors un clan anti-rosiste qui donna lieu à la création de la "Grande Armée", qui battit Rosas à la bataille de Caseros (le 3 février 1852). Le gouvernement rosiste fut renversé, et l'unité argentine fut atteinte, du moins théoriquement. Naissance de l'Argentine moderne. Adoption de la Constitution de 1853. Urquiza organisa le Congrès constituant de Santa Fe (1853), qui approuva une Constitution de caractère républicain, représentatif et fédéral atténué, élaboré selon le texte “Bases y puntos de partida para la organización política de la República Argentina” de Juan Bautista Alberdi. Urquiza fut proclamé président de la Confédération. La Constitution fut amendée en 1860. Dernières guerres civiles. Santiago Derqui fut élu président et Urquiza et Bartolomé Mitre furent nommés respectivement gouverneurs de l'Entre Ríos et de Buenos Aires. Les divergences dans le camp des vainqueurs (entre unitaires et caudillos anti-rosistes) conduisirent la province de Buenos Aires à rejeter cette Constitution et à se séparer de la Confédération argentine, qui établit dès lors sa capitale dans la ville de Paraná. En 1861, les armées de Buenos Aires mirent celles de la Confédération en déroute à la bataille de Pavón : Mitre resta vainqueur face à Urquiza, à la suite de quoi il fut nommé président constitutionnel en 1862 pour une période de 6 ans. En 1868, Domingo Faustino Sarmiento lui succéda. La guerre entre unitaristes et fédéralistes reprit à plusieurs reprises, opposant Mitre à Ricardo López Jordán en 1870-1871 puis à Nicolás Avellaneda en 1874, et enfin ce dernier à Carlos Tejedor en 1880. Guerre contre le Paraguay. En 1865, l'Argentine se vit impliquée dans le conflit qui opposait le Paraguay au Brésil. Mitre joignit ses troupes aux armées brésilienne et uruguayenne. Ainsi constituées, les forces de la Triple Alliance mirent finalement en déroute le maréchal paraguayen Francisco Solano López en 1870. Guerre contre les Indiens. La fin victorieuse de la guerre contre le Paraguay avait créé une frontière sûre au nord-est du pays et assuré à celui-ci la possession des territoires de Misiones et de Formosa. Nicolás Avellaneda succéda à Sarmiento en 1874, et s'attacha à soumettre les terres encore occupées par les indigènes amérindiens. Durant la décennie suivante, lors de la "Conquête du Désert", le général Julio Argentino Roca établit le contrôle du gouvernement national sur les vastes régions de Patagonie et du Chaco en annihilant les peuples indigènes qui les peuplaient depuis toujours. Le 20 septembre 1880, le Congrès national déclara Buenos Aires capitale fédérale de la République. Prospérité économique - la République conservatrice (1880-1916). Roca fut élu en 1880, car il bénéficiait d'une grande popularité à la suite de ses succès lors de la « Campagne du Désert ». Après lui, il y eut Miguel Juárez Celman (1886), qui démissionna en 1890 à la suite d'une tentative de soulèvement mené par Leandro N. Alem et d'autres dirigeants de l'Union civique radicale (UCR), fondée peu après. Le vice-président Carlos Pellegrini le remplaça. Ses successeurs furent Luis Sáenz Peña (1892), José Evaristo Uriburu (1895), puis de nouveau Julio Argentino Roca (1898). Après, ce furent Manuel Quintana (1904), José Figueroa Alcorta (1906), Roque Sáenz Peña (1910), et Victorino de la Plaza (1914). Pendant toute cette période, l'économie se développa fortement et ce fut en moyenne une époque de grande prospérité, l'Argentine devenant une des dix premières puissances mondiales, en termes de PNB, au début du . Elle reste néanmoins loin derrière l'Australie et le Canada si l'on prend en compte le pouvoir d'achat. Trois facteurs sont la cause de cet important essor : d'abord, la fin des guerres indiennes et donc la conquête de vastes nouveaux territoires agricoles ; ensuite, la modernisation de l'économie, l'adoption de techniques modernes et l'intégration du pays dans l'économie mondiale (essor du commerce et des investissements étrangers) ; enfin, l'arrivée massive d'immigrants européens dans une démocratie relativement stable, bien que cela n'exclut pas d'importants conflits sociaux. Dès 1901, la "Federación Obrera Argentina" est créée, donnant lieu en 1904 à l'importante Fédération ouvrière régionale argentine (FORA), dominée par l'anarcho-syndicalisme. Celle-ci compte des figures telles que Diego Abad de Santillán, qui s'opposa dans les années 1930, lors de la « Décennie infâme », à la « propagande par le fait », prônée par Severino Di Giovanni. Les associations socialistes se constituent dans les années 1890. En 1896 est formé le Parti ouvrier socialiste argentin, qui fait paraître "La Vanguardia", « journal socialiste scientifique défenseur de la classe ouvrière ». En 1904, Alfredo Palacios devient le premier député socialiste d'Amérique latine. Le Parti communiste argentin est fondé en 1918. Les investissements étrangers provenaient surtout du Royaume-Uni et furent principalement destinés à l'infrastructure (chemins de fer et ports notamment construits pour le transport et l'exportation du bois et de produits agricoles). Les immigrants travaillèrent beaucoup au développement du pays, surtout dans les pampas occidentales. Ils arrivèrent essentiellement de toute l'Europe, mais aussi d'ailleurs (chrétiens du Moyen-Orient). De 1880 à la crise de 1929, l'Argentine fut donc économiquement prospère, mais l'économie fut de plus en plus orientée vers l'exportation de matières premières et de produits agricoles et l'importation de produits industriels manufacturés : l'industrialisation ne se faisait pas, le modèle d'agro-exportation, au profit du Royaume-Uni, favorisant au sein du pays l'oligarchie des propriétaires terriens, tenant de gigantesques domaines latifundiaires. Alors que les ressources naturelles forestières les plus faciles à exploiter s'épuisaient, la situation devenait politiquement et socialement moins brillante. Les gouvernements de Roca et de ses successeurs étaient alignés sur les intérêts de l'oligarchie argentine. Les élections étaient entachées de fraude et de clientélisme électoral, le vote se faisant à main levée. Les forces conservatrices dominèrent la république jusqu'en 1916, lorsque la loi Sáenz Peña du « suffrage universel » masculin, instituant le vote à bulletin secret, vint bouleverser l'ordre ancien et permit le triomphe électoral des radicaux de l'UCR, rivaux traditionnels des conservateurs, et dirigés par Hipólito Yrigoyen. Les radicaux, qui avaient effectué des tentatives de soulèvement contre le "régime fallacieux et discrédité" et qui avaient proposé l'abstention pour lutter contre la fraude électorale, représentaient les classes moyennes en expansion auxquelles ils ouvrirent les portes. Naissance du tango. Dans le Rio de la Plata de la fin du , nait un art nouveau : le tango. Le radicalisme (1916-1930). Premier mandat d'Hipólito Yrigoyen (1916-1922). En 1916, Hipólito Yrigoyen, représentant de l'aile gauche de l'Union civique radicale (UCR), fut élu président grâce au suffrage universel et secret. Les conservateurs conservent cependant le contrôle du Sénat ainsi que celui de la majorité des provinces. La démocratie s'installait progressivement en Argentine, avec les réformes sociales d'Yrigoyen, qui rompt avec le refus de l'interventionnisme étatique prôné par le libéralisme économique classique de l'école de Manchester, tente de favoriser l'industrialisation équilibrée du pays, tandis que la Cour suprême jouit, jusqu'au coup d'État du général Uriburu, d'une indépendance prometteuse. Politique économique Elle se caractérisa par un « Plan de la Terre et du Pétrole », octroyant à l'État un rôle important d'intervention dans l'économie. Yrigoyen déclarait ainsi : La politique du président est de maintenir aux mains de l'État l'exploitation des sources naturelles de richesse, dont les produits sont des éléments vitaux du développement du pays… L'État doit acquérir une position chaque jour plus prépondérante dans les activités industrielles qui répondent principalement à la réalisation de services publics. En 1922, il décida la création de l'entreprise d'État pétrolière "Yacimientos Petrolíferos Fiscales" (YPF), qui deviendra la plus importante du pays. Il fit voter des lois concernant les loyers ruraux pour protéger les colons face aux gros propriétaires terriens. On réorganisa la Banque hypothécaire pour aider les petits propriétaires ruraux. Une législation sociale destinée à améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière est adoptée (abolition du travail des enfants, salaire minimum pour certaines catégories de travailleurs, repos dominical obligatoire, recours à l'arbitrage pour les conflits sociaux). Enfin on créa la Marine marchande nationale. Yrigoyen eut une politique d'expansion des chemins de fer d'État, et il y eut des heurts avec de puissantes entreprises ferroviaires étrangères, notamment britannique. Il fit construire une nouvelle voie ferrée vers le nord du Chili et l'Océan Pacifique. Politique internationale Il soutint fondamentalement le principe d'autodétermination des peuples et d'égalité des nations face aux grandes puissances, sur la base suivante : Politique du travail Celle-ci fut équivoque. D'un côté Yrigoyen fit voter les lois du travail et demanda au Congrès un projet de code du travail, réclamé depuis le début du siècle par le Parti socialiste (PS) et le mouvement ouvrier ; il agit souvent comme médiateur dans des conflits. Mais d'un autre côté il eut des relations conflictuelles avec le PS et avec le secteur majoritaire du mouvement ouvrier, lui déniant le droit de représenter les travailleurs argentins lors de la fondation de l'OIT en 1919. C'est aussi sous son gouvernement qu'eurent lieu les plus grands massacres ouvriers de l'histoire du pays : la Semaine tragique de 1919, à Buenos Aires, et les exécutions de masse lors des grèves insurrectionnelles, dites "Patagonie rebelle", dans la province patagonienne de Santa Cruz en 1921-1922. Certains militants ouvriers se dirigent alors vers la lutte armée, comme en 1929 quand l'anarchiste Kurt Gustav Wilckens lance une bombe qui tue le colonel Varela, responsable des massacres de la Patagonie rebelle. Par ailleurs, sur le plan de l'éducation, il soutint la Réforme universitaire de 1918, initiée par la Fédération universitaire argentine (FUA). Présidence de Marcelo T. de Alvear (1922-1928). Élu comme successeur d'Yrigoyen, Marcelo de Alvear, représentant de l'aile droite de l'UCR, pris le contrepied de son prédécesseur, entraînant une violente lutte politique entre les Yrigoyénistes et les Alvéaristes, aussi appelés anti-personnalistes. Chaque secteur du parti présenta son propre candidat aux élections suivantes, les anti-personnalistes présentant comme candidat à la présidence Leopoldo Melo, tandis que Yrigoyen se présenta à nouveau. Second mandat d'Hipólito Yrigoyen (1928-1930). Ce fut Yrigoyen qui gagna avec 60 % des voix. Le nouveau gouvernement s'assembla le . En 1929 se produisit la Grande Dépression mondiale. Le radicalisme, avec Yrigoyen à sa tête, ne put pas répondre à la crise. La bagarre était totale entre les deux ailes du parti radical, et on vit rarement un tel niveau de violence politique dans l'histoire du pays depuis la fin des guerres civiles. Coup d'État d'Uriburu et "Décennie infâme". Le 6 septembre 1930 le général José Félix Uriburu renversa le gouvernement constitutionnel, initiant une série de coups d'État et de gouvernements militaires qui se prolongerait jusqu'en 1983 et, fait plus grave encore, écrasant par la force tous les gouvernements issus d'élections libres lors d'un vote populaire. Plongée dans la crise, l'Argentine renoua alors avec la fraude électorale et la corruption, initiant ce qui fut appelé la « Décennie infâme », marquée par l'autoritarisme militaire et le poids prépondérant de l'oligarchie, qui maintenait l'Argentine dans un statut de dépendance économique envers le Royaume-Uni. Le Parti fasciste argentin fut créé en 1932, mais le fascisme avait une influence plus large : ainsi, en novembre 1935, Manuel Fresco, admirateur de Mussolini et d'Hitler, fut élu, dans un contexte de fraudes massives, gouverneur de la province de Buenos Aires. Juan Perón et le péronisme. Les militaires organisèrent un « putsch » en 1943. Juan Domingo Perón, un colonel de l'armée, participa à ce coup d'État et devint ministre de l'emploi, puis vice-président du pays. Il est à noter que l'Argentine resta neutre lors de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1944 mais déclara la guerre à l'Allemagne et au Japon dès cette année. Entre-temps la popularité de Juan Perón augmenta rapidement, au point d'inquiéter sérieusement ses adversaires ainsi que l'ambassade américaine. Il fut forcé de démissionner le , arrêté et emprisonné sur l'île Martín García. Mais d'imposantes manifestations populaires, organisées par la CGT d'Angel Borlenghi, aboutirent à sa libération le 17 octobre 1945. On peut dater de ce jour la naissance du péronisme. Il gagna, le 20 février 1946, l’élection présidentielle. Il mena une politique en faveur des ouvriers (congés payés, augmentations de salaires, projets sociaux, etc) et encourage le renforcement des syndicats, désormais pièce maitresse du régime péroniste. Il nationalisa aussi les voies de communication appartenant jusqu'alors aux étrangers. Perón avait de l'admiration pour Benito Mussolini et Franco, et un certain culte de la personnalité fut mis en œuvre. Cependant, malgré le style populiste et autoritaire de sa présidence, le général maintint le multipartisme et les élections démocratiques tout au long de son mandat, interdisant ainsi toute assimilation hâtive du péronisme au fascisme. L'Argentine devient aussi, pendant cette période, un point de chute pour les réseaux d'exfiltration nazis. Plus pragmatique qu'idéologique, cette politique n'était pas tant destinée à accueillir des criminels nazis que de profiter du savoir-faire de techniciens et de savants allemands. Son épouse Eva Perón, surnommée « Evita », une ancienne actrice d'origine modeste, fut très populaire auprès des pauvres : elle était à la tête d'une organisation de charité. Elle mourut en 1952 d'un cancer. Les femmes obtinrent le droit de vote en 1947 et la légalisation du divorce est rendue effective en 1954 (rapidement supprimé par le putsch anti-péroniste) . Les années de violence et d'instabilité (1955 à 1983). Le 6 septembre 1955 les militaires sous le commandement du général Eduardo Lonardi effectuèrent un coup d'État national-catholique contre Juan Perón, forcé à l'exil, et établirent le régime dit de la « Révolution libératrice » ("Revolución Libertadora"). Ce n'est que le premier de plusieurs coups d'État, tentatives et putschs. La « Révolution libératrice » des militaires. Peu après, le général Pedro Eugenio Aramburu, représentant des secteurs les plus violemment antipéronistes, remplaça Lonardi, prit le titre de président et abolit la Constitution réformée en 1949. Le Parti justicialiste (péroniste) fut mis hors-la-loi. Un long cycle de violence et de conflits internes commençait. En 1956, le gouvernement militaire ordonna l'exécution de 31 militaires et civils péronistes, dont le général Juan José Valle, qui avait initié un soulèvement péroniste : ce fut le massacre de José Leon Suárez, duquel Julio Troxler fut l'un des rares survivants. En 1957, on fit des élections pour réformer la Constitution argentine, avec le péronisme maintenu dans l'illégalité. L'Unión Cívica Radical del Pueblo (UCRP), de Ricardo Balbín, anti-péroniste, obtint la première place. L'Union civique radicale intransigeante (UCRI), d'Arturo Frondizi, soutenait que l'abolition de la constitution et la convocation d'une constituante sans les péronistes étaient des actions illégales et quitta l'assemblée constituante. Celle-ci valida l'abolition de la constitution de Perón de 1949 et rétablit celle de 1853 en y ajoutant une réforme concernant la protection du travail. Présidence de Frondizi (1958-1962). En 1958 Arturo Frondizi, leader de l'Unión Cívica Radical Intransigente et qui avait un projet de développement du pays, gagna l’élection présidentielle avec l'appui du péronisme toujours illégal, mais bien actif. Coup d'État militaire et présidence de Guido (1962-1963). Le gouvernement de Frondizi fut destitué en 1962 par un nouveau coup d'État militaire, après que le parti péroniste eut remporté une série d'élections provinciales, obtenant notamment, avec Andrés Framini, la gouvernance de la province de Buenos Aires. Au cours de la grande confusion qui régnait alors, la Cour Suprême désigna José María Guido, alors président provisoire du Sénat, comme nouveau président de la Nation. Et cette décision fut avalisée par la junte militaire. Présidence d'Illia (1963-1966). L'élection présidentielle du , de laquelle le péronisme reste exclu, est remportée par Arturo Umberto Illia, candidat de l'Unión Cívica Radical del Pueblo, avec Carlos Perette comme colistier. Les candidats de l'UCRI, et , arrivent deuxièmes, tandis que l'Unión del Pueblo Adelante, (général Pedro Eugenio Aramburu - Horacio Thedy) arrive troisième. Cependant, avec près d'1,7 million de votes blancs, l'abstention, signe de l'influence péroniste, est le second parti du pays. Son premier acte consiste à éliminer partiellement les restrictions et proscriptions pesant sur le péronisme ; le Parti justicialiste reste cependant interdit. En 1965 le gouvernement convoque des élections législatives, remportée par le camp péroniste avec contre pour l'UCRP. Les trois années du mandat d'Illia se soldent par un succès économique certain. Le Produit intérieur brut s'accroît de quelque 17,5 % de 1963 à 1965 . L'évolution de la production industrielle s'élève à près de 30 % . La dette extérieure diminue notablement. Le taux de chômage régresse de 8,8 % en 1963 à 5,2 % en 1966 . Cependant le triomphe du péronisme crée de sérieux remous au sein des forces armées, dont une partie reste liée aux péronistes, pendant qu'une autre leur est farouchement opposée. À cela s'ajoute une intense campagne de dénigrement impulsée par des secteurs économiques au travers de certains médias. Ces journalistes surnomment Illia "« la tortuga »" ("la tortue"), critiquant sa gestion comme timorée et incitant les militaires à le démettre, ce qui contribue à aggraver la faiblesse politique réelle du gouvernement. Le général planifie un coup d'État qui amène au pouvoir le général Juan Carlos Onganía. L'idée du coup est soutenue par des factions militaires, mais aussi par des secteurs du syndicalisme et même par des politiciens comme Oscar Alende et l'ex-président Arturo Frondizi. Dictature militaire (1966-1973). C'est au milieu de l'indifférence quasi-générale que le général Ongania dirige, le , un nouveau coup d'État national-catholique. Le général Alsogaray se présente à 5 heures au bureau présidentiel de la Casa Rosada, et somme Illia de se retirer. Celui-ci refuse, mais quelque temps après, le palais est envahi par des policiers munis de pistolets lance-gaz et entouré par des troupes armées. Illia doit se retirer et le lendemain Onganía le destitue. La mise en place du gouvernement d'Ongania est un véritable choc autoritaire. Le parlement est dissous, les partis politiques également (leurs biens sont confisqués et vendus afin de confirmer la fin irréversible de la vie politique ). Le dictateur Ongania proclame le nouveau régime « Révolution argentine ». Cette dernière doit être divisée en trois temps : économique, social et politique. Ongania concentre en ses mains tous les pouvoirs. Le gouvernement commence à corseter la société (censure, répressions diverses, violences anti-sociales, anti-universitaires avec la du , etc.). Les protestations syndicales intenses sont combattues dans la violence. La politique du général Ongania débouche sur le "Cordobazo" du , équivalent du mai 68 français. Cette révolte spontanée a lieu dans la deuxième ville du pays, très industrialisée (fabrication automobile) et caractérisée par l'activisme des ouvriers et des étudiants. La répression très dure de la police engendre un affrontement violent (barricades, prises de commissariats, incendies, attaques de magasins…). Les milliers de personnes qui contrôlent le centre ville n'ont aucune consigne, aucun organisateur. Les syndicats, les partis politiques (interdits), les centres étudiants sont débordés par l'action. Le 30 mai, le pays est paralysé par une grève générale. Le "Cordobazo" est la première des "puebladas" (insurrections urbaines ayant eu lieu dans les villes argentines entre 1969 et 1975) et sa spontanéité surprend considérablement. Ces révoltes populaires expriment un profond mécontentement et un ensemble de demandes. Le pouvoir autoritaire a coupé tous les moyens normaux d'expression et des formes originales de protestations ont lieu dans des petites villes, des quartiers… La situation économique continue à se détériorer, tandis que les "puebladas" ont encouragé plusieurs groupes, péronistes ou non, à prendre le chemin d'abord de l'action directe (distribution d'aliments volés, etc.) puis de la lutte armée. Ces groupes, qui prennent souvent des acronymes liés aux armes fabriquées en Argentine, sont nombreux, et parfois liés à la Jeunesse péroniste, qui devient progressivement le mouvement de masse du péronisme. Il s'agit ainsi des Forces armées de libération (FAL), des Forces armées révolutionnaires (FAR), des Forces armées péronistes (FAP), de l'Armée révolutionnaire du peuple (ERP) ou encore des Montoneros. Ces derniers exécutent le général Aramburu en juin 1970, ce qui pousse la dictature à instaurer la peine de mort, le 2 juin 1970, pour les actes de terrorisme et d'enlèvements . Les FAP tentent, sans succès, d'initier un "foco" rural, avant de se lancer, en 1970-1971, dans la guérilla urbaine, inspirée par les Tupamaros uruguayens. Le mythe de l'ordre, seul capital d'Ongania, s'effondre totalement avec l'apparition de ces mouvements politiques (la Nouvelle Gauche). Cela provoque la chute d'Ongania, remplacé le 8 juin 1970 par le général Levingston, qui décide d'approfondir la « Révolution argentine ». Cette ligne politique échoue, provoquant une deuxième révolution de palais, le général Alejandro Lanusse remplaçant Levingston en 1971. Lanusse tente de manœuvrer afin de permettre à l'armée de pratiquer son retrait de la vie politique du pays, tout en essayant de ne pas perdre la face : c'est le « Grand Accord National », annoncé le mai 1971, qui aboutit à la levée de l'interdiction des partis politiques et, finalement, après d'ardues négociations, aux élections de mars 1973. Toutefois, cette ouverture de la vie politique coïncide avec une répression accrue, la plupart des dirigeants des FAL étant ainsi soit assassinés, soit incarcérés en 1971, tandis que la spectaculaire évasion de la prison de haute sécurité de Rawson, en août 1972, se solde par le massacre de Trelew, considéré aujourd'hui comme un des actes fondateurs du terrorisme d'État argentin. Les premières disparitions forcées ont aussi lieu à cette époque (Juan Pablo Maestre et son épouse, ainsi que le couple Verd, tous des FAR, en juillet 1971, etc.). De façon générale, le "Cordobazo" a ouvert une étape révolutionnaire pour l'Argentine, où certains secteurs sociaux ont pris conscience de leur force face à la faiblesse de l'État bureaucratique et autoritaire qui est alors acculé à chercher une sortie de l'impasse dans laquelle il s'était mis à partir de 1966. Retour du péronisme (1973-1976). Le général Lanusse obtient que Peron ne soit pas candidat aux élections. C'est donc Héctor José Cámpora qui se présente pour le Parti justicialiste, qui dirige la coalition du FreJuLi (Front justicialiste de libération), laquelle sort largeusement victorieuse des élections de mars 1973, le candidat justicialiste obtenant près de 50 % des votes. Le 11 mars 1973, le pays vote ainsi massivement contre les militaires et le pouvoir autoritaire et croit que ces derniers partent pour ne plus jamais revenir. Mais les Argentins qui ont voté pour la coalition gagnante ne l'ont pas tous fait pour les mêmes raisons. Juan Perón ne peut pas participer à ces premières élections depuis 1965, et les premières sans limitation des libertés civiles ni proscription d'un parti depuis 1946. Toutefois, Campora est poussé en juillet 1973 à la démission par la « bureaucratie syndicale » et la droite péroniste : de nouvelles élections sont organisées. Le retour définitif du général Perón est marqué par le massacre d'Ezeiza qui divise le camp péroniste. En octobre 1973, quelques semaines après le coup d'État chilien contre Salvador Allende, Perón redevient président, aux côtés de sa troisième épouse et vice-présidente, Isabel Martínez de Perón. Fin 1973, après plusieurs fusions, les mouvements armés se réduisent à deux : les Montoneros, péronistes, et l'ERP, trotskyste. Les tensions internes au justicialisme explosent, forçant le gouverneur de Buenos Aires, Oscar Bidegain (péroniste de gauche), à la démission, en janvier 1974, tandis que le gouverneur péroniste de Cordoba, , est victime en février d'un putsch policier, entériné "a posteriori" par Perón lui-même. Ces deux hommes, avec d'autres figures importantes du péronisme de gauche, créent alors le Parti péroniste authentique, lequel subit les vexations du pouvoir. À la mort de Perón, le juillet 1974, la violence est déjà devenue, depuis la normalisation imparfaite du Parti justicialiste enclenchée en 1971-1972, un mode ordinaire de règlement des conflits au sein du péronisme, lequel agglomère désormais de plus en plus de groupes, dont des nationalistes auparavant peu enclins à soutenir Perón (ainsi de la "Concentración Nacional Universitaria", qui s'était illustrée en 1971 en assassinant l'étudiante Silvia Filler à Mar del Plata). Son épouse devient présidente, mais elle doit faire face à de graves problèmes économiques, aux luttes intestines dans son parti politique et à l'escalade de la violence politique provenant de nombreux secteurs de la société, l'extrême-gauche et l'extrême-droite péroniste s'entre-tuant, avec les premiers attentats de la Triple A dirigée par le ministre d'Isabel Perón, José Lopez Rega. Guerre sale et dictature militaire (1976-1983). Après avoir initié l'« » de contre-insurrection contre la guérilla de l'ERP dans la province de Tucuman, promulgué les décrets dits d' et généralisé l'état d'urgence, livrant ainsi le pays aux militaires, le gouvernement d'Isabel Perón est évincé par le coup d'État du 24 mars 1976. À cette époque, les deux derniers mouvements guérilleros, l'ERP et les Montoneros, sont quasiment démantelés, la guérilla de Tucuman ayant été annihilée tandis que nombre de Montoneros ont été assassinés. Le putsch est dirigé par le général Videla avec l'appui des organisations patronales, notamment du secteur agricole. La Junte reçoit immédiatement le soutien des États-Unis, qui avaient déjà été avertis du coup d’État en préparation. L’ambassadeur Robert Hill explique dans un câble diplomatique : « Nous devons clairement éviter d’être assimilés à la junte. Ce ne serait bon ni pour elle ni pour nous. Néanmoins, dans la mesure où le nouveau gouvernement conservera cette position modérée, nous devons prêter attention à toute sollicitation d'aide qu'il nous adressera. » En avril, les États-Unis fournissent 50 millions de dollars en aide militaire au régime de Videla. Le FMI accorde de son côté un crédit de 127 millions de dollars. La junte militaire gouverne alors l'Argentine jusqu'au , généralisant les disparitions forcées ("desaparecidos"), l'internement arbitraire et la torture contre les opposants politiques, leurs familles (y compris les petits enfants), les amis, les voisins, etc., dans les 500 centres clandestins de détention. Dans le même esprit que l'Opération Indépendance, la junte utilise les méthodes de la police française lors de la bataille d'Alger, notamment les "vuelos de la muerte" qui consistent à jeter à la mer depuis un avion les prisonniers préalablement drogués. Elle justifie cette « guerre sale » par la nécessité de lutter contre une « subversion communiste » inexistante, comptant sur l'appui de secteurs catholiques conservateurs, dont la Cité catholique fondée par le maurrassien Jean Ousset, et reprenant la rhétorique de l'Occident catholique assiégé, se plaçant dans la continuité de la bataille de Lépante de 1571… Dans les années 2000, le général Bussi peut ainsi continuer à justifier les crimes de la dictature, en affirmant que les guérilleros ont infiltré la population civile (sic). D'innombrables Argentins sont alors contraints à l'exil, qui n'est autorisé qu'après quelques années, la plupart doivent fuir le pays clandestinement, les visas n'étant pas accordés. Videla, Viola et Galtieri se succèdent à la tête de la junte. Les services secrets argentins, conjointement à ceux du Chili, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, instituent l'Opération Condor, répression violente au cours de laquelle ils systématisent les arrestations, assassinats, tortures et enlèvements politiques. Les militaires prennent des mesures sévères contre ceux qu'ils qualifient de terroristes et les personnes qu'ils soupçonnent de les soutenir. Ces « terroristes » appartiennent pour la plupart à la jeunesse militante de gauche. Entre 1973 et 1983, auraient disparu sans compter les centaines d'enfants et de bébés nés dans les centres clandestins de détention qui ont été soustraits à leur famille naturelle et adoptés sous de faux noms par des militaires et ceux qui les appuient. La plupart de ces enfants sont toujours recherchés par leurs grands-parents. Dès 1977, le Mouvement des mères de la place de Mai, infiltré par l'agent Alfredo Astiz, dénonce les disparitions et les assassinats, ce qui vaut à ses fondatrices d'être enlevées, en même temps que les nonnes françaises Léonie Duquet et Alice Domon. Les militaires argentins généralisent aussi dans toute l'Amérique latine les méthodes de contre-insurrection (Opération Charly). Ils soutiennent et entraînent ainsi les Contras au Nicaragua, interviennent au Honduras, au Salvador et au Guatemala, participent au coup d'État de Luis Garcia Meza en Bolivie, etc. Sous la conduite du ministre de l’Économie José Alfredo Martinez de Hoz, la Junte favorise des réformes économiques d'inspirations néolibérales. Alors que le régime devient de plus en plus contesté, il tente de galvaniser les forces patriotiques de la nation en déclarant la guerre au Royaume-Uni, au nom de la souveraineté argentine sur les îles Malouines. Si la guerre des Malouines, commencée en mars 1982, atteint partiellement l'objectif d'unification patriotique, elle provoque aussi la chute du régime, défait en trois mois par l'armée britannique. Retour à la démocratie. Présidence de Raúl Alfonsín. Des élections sont organisées le pour renouveler le président, le vice-président, les gouverneurs de province et représentants locaux. Les observateurs internationaux approuvent ces élections. Raúl Alfonsín, de l'Union Civique Radicale, remporte l’élection présidentielle avec 52 % des voix. Son mandat de 6 ans débute le 10 décembre 1983. Il œuvre notamment pour le rétablissement des institutions publiques et des droits et garanties constitutionnels, instituant le 15 décembre 1983 la CONADEP (Commission nationale sur la disparition des personnes) présidée par l'écrivain Ernesto Sábato, tandis que les principaux dirigeants de la junte sont jugés, en 1985, lors du Procès de la junte. Cependant, la « théorie des deux démons » est alors en vogue, mettant sur le même plan violences des groupes révolutionnaires et terrorisme d'État, comme si le second était une réponse au premier alors que les guérillas ont été démantelées avant le coup d'État. L'ex-gouverneur est aussi condamné, lors du Procès de la junte, pour avec les Montoneros, tandis qu'Oscar Bidegain est de nouveau contraint à s'exiler. Certains secteurs de l'armée s'opposent par ailleurs aux procès contre les militaires, suscitant plusieurs soulèvements armés des Carapintadas. À la suite de cette instabilité politique, le gouvernement Alfonsin promulgue des lois amnistiant les crimes commis par les militaires avec la loi du Point final en 1986. Le retour à la démocratie entraîne de sérieuses améliorations au niveau des relations extérieures. Sous le mandat de Raúl Alfonsín se règle un différend frontalier avec le Chili qui écarte un risque de conflit, qui avait failli provoquer une guerre en 1978 (conflit du Beagle). Les deux pays signent le 29 novembre 1984 un traité de paix et d'amitié. C'est ensuite avec son rival régional le Brésil que l'Argentine se réconcilie le 30 novembre 1985, date de la "déclaration de Foz do Iguaçu". Cette déclaration est la première pierre de ce qui va devenir le Mercosur. Au niveau économique, la situation du pays, tout au long de son mandat, est extrêmement difficile. Les prix sont en hyperinflation constante, atteignant déjà des records mondiaux en 1983. Durant l'année 1984, l'inflation annuelle s'établit à 625 %, alors que l'augmentation moyenne des salaires n'est que 35 %. À l'approche de la fin du mandat présidentiel en mai 1989, l'inflation mensuelle est 78 %, accompagnée d'une hausse vertigineuse du taux de pauvreté, passant de 25 % en mai à 47 % en octobre. Sur ce fond d'emballement économique, Raúl Alfonsín annonce une élection présidentielle anticipée, qui a lieu le 14 mai 1989, et voit la défaite de l'Union Civique Radicale et l'élection de Carlos Menem (parti justicialiste). Présidence de Carlos Menem. Économiquement, le gouvernement de Carlos Menem mène une politique très libérale. Il réalise de nombreuses privatisations, notamment le pétrolier YPF ("Yacimientos Petrolíferos Fiscales"), le gazier "Gas del Estado", ainsi que des services publics dans les médias télévisés, la poste, la téléphonie, la distribution d'eau et d'électricité, les transports ferroviaires etc. Pour attirer les capitaux étrangers, il relâche le contrôle de l'État sur l'économie, et le ministre des finances Domingo Cavallo instaure une loi de convertibilité entre le dollar américain et l'austral argentin (remplacé par la suite par le peso convertible, pour obtenir la parité 1 dollar valant 1 peso). Ces mesures permettent de diminuer drastiquement l'inflation, la ramenant à un taux proche de zéro au début des années 1990. Le pays souffre cependant encore d'un taux de chômage élevé, en lente diminution lors de ses premières années de mandat, puis à nouveau en hausse jusqu'à atteindre un pic à 18,4 % en mai 1995 à la suite de la "crise de la Tequila" au Mexique en 1994, qui touche aussi l'Argentine. Bien qu'en meilleur état qu'à la fin des années 1980, l'économie argentine reste fragile, car très dépendante de l'étranger. L'Argentine sous Menem continue de promouvoir la création d'une zone de libre-échange en Amérique du Sud, notamment grâce à la signature du traité d'Asuncion le avec le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, traité qui donne officiellement naissance au Mercosur. Toujours en 1991, l'Argentine normalise ses relations diplomatiques avec le Royaume-Uni, interrompues depuis la guerre des Malouines. Au début des années 1990, deux attentats touchent les Juifs en Argentine : tout d'abord un attentat contre l'ambassade d'Israël à Buenos Aires le , faisant 29 morts, puis le , une camionnette chargée d'explosifs qui tue 85 personnes, visant les locaux de l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA). Cet attentat n'est toujours pas élucidé mais cette violence terroriste à caractère antisémite a favorisé conjointement à la crise économique qui sévissait un départ vers l'étranger et une revitalisation de l'ultra-orthodoxie juive. En 1994, Carlos Menem négocie avec l'opposition une réforme de la Constitution autorisant un second mandat présidentiel et ramenant la durée du mandat de 6 à 4 ans. Il peut ainsi se présenter à sa propre succession. Il est réélu en 1995 pour un second mandat, qui débute le 10 décembre de cette année. En 1995, le service militaire obligatoire en temps de paix est abrogé. Pour ce second mandat, Menem maintient le même cap politique. Cependant sa popularité décroît rapidement. Il ne parvient pas à maîtriser le chômage qui reste élevé (12,4 % en octobre 1998, 13,8 % à la fin de son mandat), entraînant l'apparition du mouvement "piquetero" : il s'agit d'un mouvement social engagé à la suite du licenciement de travailleurs par la compagnie pétrolière YPF récemment privatisée, mouvement qui gagne peu à peu l'ensemble du pays. De plus, l'Argentine augmente trop sa dette extérieure, qui franchit durant les mandats de Menem la barre des 40 % du PIB. Le troisième trimestre 1998 voit débuter une récession économique. Le bilan des privatisations est critiqué, les entreprises privatisées ayant contribué à augmenter le chômage, et si la qualité du service est jugée positive dans certains secteurs (électricité, téléphonie), elle l'est beaucoup moins notamment dans les transports ferroviaires. Enfin, de sérieux scandales de corruption achèvent de noircir ce mandat. Poursuites contre les criminels de la dictature et amnistie de 1990. L'une des premières décision du nouveau président Raúl Alfonsín, en 1983, est de créer la Commission nationale sur la disparition de personnes (CONADEP) afin d'enquêter sur les disparitions forcées commises par les juntes militaires entre 1976 et 1983. La CONADEP publie un rapport en 1984. Le s'ouvre le "procès des juntes", qui doit juger les responsables militaires au pouvoir entre 1976 et 1983. Un tel procès n'a pas de précédent en Amérique latine. Il met en évidence un grand nombre de crimes commis par les juntes. Cependant, le gouvernement d'Alfonsín empêche le jugement de nombreux responsables, selon lui à cause des pressions effectuées par des militaires, dont l'influence reste importante. Il promulgue d'abord la loi du "punto final", entrée en vigueur le 24 décembre 1986, qui suspend une grande partie des procès contre les militaires. Le les "Carapintadas", un groupe de militaires mutins dirigé par le lieutenant colonel Aldo Rico, exige l'annulation des procès des militaires non exemptés par la loi du "punto final". Les mutins sont tous neutralisés mais seulement deux sont arrêtés. Toujours est-il que le 4 juin de la même année, la loi de l"'obediencia debida" est promulguée : elle absout de toute responsabilité les militaires chargés de la répression. Plus de auraient ainsi échappé à des poursuites. En 1988, les "carapintadas" se rebellent encore à deux reprises, se rendant chaque fois dans les jours suivants mais parvenant à obtenir des concessions de la part du gouvernement. En 1989, une organisation armée d'extrême gauche, le "Movimiento Todos por la Patria" (MTP), attaque le régiment militaire de "La Tablada" dans la province de Buenos Aires. Le groupe composé de 40 membres est mené par Enrique Gorriarán Merlo, fondateur de l"'Armée révolutionnaire du peuple" (ERP), qui prétend agir pour empêcher un coup d'État de la part des "carapintadas". L'armée réplique avec des armes au phosphore blanc, dont l'utilisation est prohibée par une convention internationale. 39 personnes sont tuées (dont 28 appartenant au MTP), et 60 personnes blessées durant l'assaut. Juste après son élection, en 1990, Carlos Menem proclame, dans la continuité des lois déjà votées sous Alfonsín, une amnistie pour une « réconciliation nationale » visant aussi bien des militaires (dont Jorge Rafael Videla, Emilio Eduardo Massera et Leopoldo Galtieri) que des civils (dont des anciens guérilleros ou l'ex-gouverneur Oscar Bidegain) impliqués dans la "guerre sale", avec une volonté affichée, selon les termes de Menem, de tourner « une page noire et triste de l'histoire de l'Argentine ». Par ailleurs Carlos Menem effectue des coupes drastiques dans le budget militaire. La même année, la justice française condamne par contumace le militaire argentin Alfredo Astiz à la prison à perpétuité pour l'assassinat de deux religieuses dans la funeste École supérieure de mécanique de la marine. En mars 1996, la justice espagnole est saisie pour juger les criminels des juntes militaires entre 1976 et 1983. En effet la justice espagnole se déclare compétente pour juger certains crimes comme les crimes contre l'humanité commis ou non sur le sol espagnol et par des étrangers comme par des Espagnols. De plus, en dépit de l'amnistie, l'ancien dictateur Videla est placé en détention en 1998, sous le chef d'accusation de « vol de bébés », s'agissant d'enfants de victimes du régime, ce crime reconnu par la justice argentine n'étant couvert ni par l'amnistie de Carlos Menem, ni par les lois du "punto final" ou de l"'obediencia debida". Crise économique de 1999-2002 et redressement. Présidence de Fernando de la Rúa. Les élections du donnent la victoire à Fernando de la Rúa, candidat d'une alliance de centre-gauche dirigée par l'Union Civique Radicale face au candidat du parti justicialiste. Devant la détérioration de l'économie et des finances publiques, de la Rúa demande l'aide du FMI tout en maintenant la parité peso/dollar. La récession dans laquelle est plongé le pays provoque un début de fuite des capitaux étrangers et le début de la crise économique argentine. Le gouvernement annonce un investissement de 20 milliards de dollars pour des programmes de travaux publics afin de raviver l'économie, mais cela ne suffit pas à enrayer la fuite des capitaux. Le système politique apparaît totalement mis en échec à partir de la démission du vice-président Carlos Álvarez, le 8 octobre 2000, en plein scandale de pots-de-vin au sénat pour l'approbation d'une loi du travail qui ôterait aux travailleurs argentins leurs droits historiques. En 2001, les gens perdent confiance et se mettent à retirer autant que possible des espèces qu'ils convertissent en dollars. Le gouvernement gèle les comptes, provoquant des émeutes qui finissent par s'en prendre aux compagnies étrangères. Fin 2001, des saccages, des grèves, des manifestations populaires déferlent sur tout le pays : l'état d'urgence est déclaré, les manifestations ("cacerolazo") font des morts et À la fin de 2001, le chômage atteint le taux de 20 %. De la Rúa décrète l'état de siège, et ordonne une répression féroce, qui provoque plus de 35 morts les 19 et 20 décembre. La rébellion populaire, loin de cesser, reçoit l'appui des classes moyennes dont les dépôts bancaires ont été expropriés. Le mot d'ordre principal des manifestations est, en décembre 2001 : « "¡Que se vayan todos!" » - « "Qu'ils s'en aillent tous !" ». Le 21 décembre, De la Rúa fuit en hélicoptère et démissionne, ayant à peine accompli la moitié de son mandat. Trois présidents intérimaires lui succèdent en moins d'un an, incapables de stabiliser la situation. Présidence d'Eduardo Duhalde. En janvier 2002, le Congrès nomme Eduardo Duhalde, du parti justicialiste, pour achever le terme présidentiel. L'État est en cessation de paiement et les entreprises du pays connaissent de graves problèmes ; le nouveau président tente de rétablir la situation. Il supprime la parité du peso argentin avec le dollar, ce qui entraîne immanquablement une inflation galopante. Il consacre l'expropriation des petits dépôts bancaires du secteur privé, protégeant ainsi les intérêts des grandes banques et le secteur exportateur, ce qui aggrave la rébellion populaire. Cependant, en 2002 la récession économique prend fin, et Duhalde provoque des élections anticipées pour le 27 avril 2003, qui amènent la victoire de Néstor Kirchner, à la tête du "Front pour la victoire". Présidence de Néstor Kirchner. Le 25 mai 2003, Néstor Kirchner accède au pouvoir dans une Argentine économiquement ravagée. Malgré la fin de la crise annoncée par les analystes, le pays reste étranglé par sa dette extérieure et 20 millions de personnes sont toujours sous le seuil de pauvreté avec un chômage record, vivant grâce à une économie parallèle que l'État ne contrôle pas, les Argentins organisant par endroits leur autonomie alimentaire et éducative, refusant parfois toute aide de l'État. Kirchner garde dans son gouvernement le précédent ministre de l'Économie, Roberto Lavagna. Les deux hommes parviennent à négocier en février 2005 la diminution de la dette argentine auprès de ses créanciers, achevant ainsi un processus qui durait depuis plus de trois ans. Le bilan inclut une réduction d'environ 70 % des 82 milliards de dollars de dette, une conversion de cette dette en bons du trésor et un échelonnement des remboursements sur 42 ans. Malgré l'opposition de leurs partenaires (notamment l'Italie), ils réussissent à imposer cet accord avec un soutien massif de la population. Au point de vue diplomatique, Kirchner rompt avec l', préférant favoriser des alliances régionales notamment au sein du Mercosur, refusant par exemple l'accord de libre-échange des Amériques (ZLEA) . Critique du néolibéralisme et dans la mouvance du Brésil de Lula, l'Argentine sous Kirchner s'ouvre davantage vers des pays comme le Venezuela, qui rejoint d'ailleurs le Mercosur le 17 juin 2006. À l'initiative de l'Argentine et du Venezuela, six pays sud-américains s'associent en 2007 en vue de la création de la Banque du Sud. Il relance par ailleurs le programme nucléaire argentin en collaboration avec le Brésil. Depuis 2005, les relations avec le voisin uruguayen se détériorent sérieusement à la suite d'un différend concernant la construction d'usines de cellulose sur le Rio Uruguay, qui marque la frontière entre les deux pays. Les médias francophones donnent le surnom de « guerre du papier » à ces évènements. Début 2008, le pays connaît d'importantes manifestations de fermiers en raison des taxes à l'exportation et de leurs impôts, ainsi qu'une pénurie de monnaie. Levée de l'impunité à l'encontre des criminels de la dictature. Néstor Kirchner est élu notamment avec la promesse de lever l'immunité des criminels qui répandirent le sang dans le pays pendant les périodes de dictature. Le 25 juillet 2003, Nestor Kirchner abroge le décret interdisant l'extradition des criminels de la dictature. En août, les députés argentins adoptent à l'unanimité un projet de loi visant à inscrire dans la Constitution l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Le Congrès national annule les lois du "punto final" et de l"'Obediencia debida", décision confirmée par la Cour suprême de justice le 14 juin 2005. En septembre 2006, le juge fédéral Norberto Oyarbide lève l'amnistie prononcée en 1990 par Carlos Menem pour Videla et deux de ses anciens ministres. Le , la Cour suprême confirme le caractère anticonstitutionnel de cette amnistie. Cette décision valide à nouveau les condamnations de prison à perpétuité rendues par la justice argentine lors du procès de 1985. Cependant, Roberto Viola et Leopoldo Galtieri sont aujourd'hui décédés, quant à Emilio Massera, il a été victime en décembre 2002 d'une hémorragie cérébrale et ne comparaîtra probablement plus devant les juges. Le général Antonio Domingo Bussi, chargé de l'Operativo Independencia, est cependant condamné pour crimes contre l'humanité en août 2008, bien qu'il purge sa peine à domicile ; l'année suivante, c'est au tour du général Santiago Omar Riveros, chargé notamment du centre clandestin de détention de Campo de Mayo, d'être condamné, avec d'autres hauts militaires, à la prison perpétuelle pour crimes contre l'humanité. En mai 2017, des manifestations contre un allègement de peine dont pourrait bénéficier un ex-agent paramilitaire, accusé d'enlèvements et de tortures d’opposants sous le régime militaire, réunissent des centaines de milliers d'Argentins. Présidences de Cristina Fernández de Kirchner, Mauricio Macri et Alberto Fernández. La candidate du Parti justicialiste, Cristina Fernández de Kirchner, femme du président sortant, remporte l'élection présidentielle d'octobre 2007, et est investie en décembre. Elle est réélue en 2011 mais, ne pouvant se représenter en 2015, elle soutient la candidature de son vice-président qui est battu par Mauricio Macri, candidat de centre-droit. En 2019, l'élection présidentielle est remportée par Alberto Fernández avec Cristina Fernández de Kirchner comme vice-présidente. Cette période est marquée par un redressement de l'économie et un lent retour des investisseurs étrangers, échaudés par la cessation de paiement de 2002. Liens externes. La situation actuelle à travers quelques textes : |
Histoire du Pérou Le Pérou devient officiellement un État après la déclaration d'indépendance du 28 juillet 1821. Néanmoins, l'histoire du pays est influencée par les différentes populations qui s'y sont succédé auparavant. Cet article traite donc de l'histoire des populations qui ont vécu sur l'actuel territoire péruvien. L'histoire précolombienne, c'est-à-dire avant l'arrivée des colonisateurs européens, est généralement divisée en quatre parties : archaïque, formative, régionale et impériale. Avant d'évoquer ces différentes périodes, il faut décrire la période paléolithique. Période paléo-américaine. Les premières traces de présence humaine au Pérou datent d'il y a au moins avant notre ère, mais très peu de vestiges de cette époque sont conservés. Il faut attendre la "période paléo-américaine" (paléolithique), qui débute avant notre ère (soit après la traversée du détroit de Béring) pour trouver des vestiges. Les populations sont alors pour la plupart nomades, vivent de la chasse et de la cueillette et s'abritent dans des grottes. Les plus anciens vestiges sont découverts dans la grotte Pikimachay et dateraient de notre ère. Toutefois, certains réfutent l'idée que ces pierres aient été taillées par des humains. D'autres vestiges paléolithiques sont trouvés à Lauricocha, Chillón-Ancón, Toquepala, Cueva del Guitarrero, , Panalauca et . Période archaïque (7600 à ). Après le recul progressif des glaciers, les populations commencent un lent processus de domestication et de sédentarisation. Ce mouvement est accéléré par la stabilisation du climat qui devint celui que connaît le Pérou encore aujourd'hui. La culture du maïs a joué un rôle déterminant dans le passage vers un modèle de subsistance fondé sur l’agriculture. La première preuve que le maïs est un aliment de base provient de Paredones, sur la côte nord du Pérou, où les isotopes alimentaires des dents humaines suggèrent que le maïs est passé d'un aliment de sevrage à une consommation de base entre et avant notre ère. Période formative (2700 à ). Durant la période formative, les premiers villages et organisations politiques apparaissent. Ils permettent l'apparition d'États théocratiques. Le premier État théocratique est l'État de Caral. Après l'ère formative apparaît le premier horizon culturel grâce à la naissance de la culture de Chavin, dont la civilisation — essentiellement localisée le long du littoral de l'océan Pacifique — s'étend sur près de huit siècles, de à Période de développement régional ( à ). La "période de développement régional", aussi appelée "période classique", débute avec le déclin de la culture et cosmogonie de Chavín. Cette période se caractérise aussi par un isolement local : chaque région abrite de petites entités politiques qui adoptent leurs propres modèles de développement culturel. Elles n'ouvrent leurs frontières qu'aux échanges commerciaux. Le tableau suivant regroupe les différentes cultures chronologiquement, depuis la période précédente (Chavin) jusqu'à la période suivante (Chimú et Inca) pour permettre de situer les différentes cultures de la "période classique" : Période impériale (900-1532). La "période impériale", aussi appelée "postclassique" ou "Règne des belligérants", succède au déclin de la civilisation Huari. Divers États locaux qui tentent de dominer politiquement leurs voisins apparaissent. Parmi ces États, nous retrouvons la culture Chimú, la culture Chanca, la culture Chincha et enfin, la plus célèbre, la culture inca. Les Incas étaient une tribu guerrière du sud de la sierra. Ils se déplacent peu à peu vers le nord de la région jusqu'à la vallée fertile de Cuzco entre 1100 et 1300. Leur expansion commence en 1438, avec Pachacutec, qui entreprend de conquérir les terres voisines. Durant les 70 dernières années de cette période, le royaume de Cuzco forme un empire qui s'étend sur les Andes. Il s'agit de l'empire inca. À la fin du , l'Inca Pachacutec (1438-1471) transmet le pouvoir à son fils Tupac Yupanqui († 1493), qui étend l'Empire jusqu'à l'actuel territoire équatorien. Sous le règne de son fils, Huayna Capac († 1527), les frontières de l'Empire inca sont repoussées jusqu'à la frontière de l'actuelle Colombie. Une guerre de succession éclate entre les deux fils de Huayna Capac, Huascar et Atahualpa. Ce dernier est parvenu à battre les troupes de son frère, au moment où les conquistadores arrivent au Pérou. Conquête et vice-royauté. Lorsque les troupes de Francisco Pizarro arrivèrent en 1531, le territoire de l'actuel Pérou était le centre de la civilisation inca dont la capitale se trouvait à Cuzco. La domination inca s'étendait du nord de l'Équateur à l'est du Chili. Pizarro voulait s'enrichir et profita de l'affaiblissement de l'empire inca en raison d'une guerre civile. Le , durant la bataille de Cajamarca, Pizarro captura l'empereur inca Atahualpa et le fit exécuter. Les conquistadores se battirent entre eux. Les Espagnols instituèrent le système de l’"encomienda" : les autochtones devaient payer un tribut, dont une partie allait à Séville et les Espagnols étaient chargés de les christianiser. En tant que gouverneur du Pérou, Pizarro abusa de l'encomienda en accordant à ses soldats et compagnons un pouvoir quasi illimité sur les Amérindiens qui furent obligés de s'occuper du bétail et des plantations de leurs nouveaux seigneurs venus d'Europe. Les tentatives de résistance furent sévèrement punies. En 1541, Pizarro fut assassiné par une faction menée par Diego de Almagro, surnommé el Mozo. Une nouvelle guerre civile éclata. En 1542, l'année suivante la vice-royauté du Pérou fut instituée pour administrer la majeure partie de l'Amérique du Sud. En 1717, la vice-royauté de Nouvelle-Grenade fut formée : elle regroupa la Colombie, l'Équateur, le Panama et le Venezuela. En 1776, une nouvelle vice-royauté vit le jour, la vice-royauté du Río de la Plata : elle regroupait l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l'Uruguay. En 1544, l'Espagne pour réagir aux luttes intestines qui suivirent l'assassinat de Pizarro, envoya Blasco Núñez Vela en tant que premier vice-roi. Il sera à son tour tué par Gonzalo Pizarro, le frère du premier Pizarro. Finalement, un nouveau vice-roi, Pedro de la Gasca parvint à restaurer l'ordre et exécuta Gonzalo Pizarro après sa capture. Le recensement sous le dernier quipucamayoc indiquait qu'il y avait d'habitants dans l'empire inca. 45 années plus tard, le recensement du vice-roi Toledo, montrait qu'il restait 1,1 million d'indigènes. Les villes Incas reçurent des noms catholiques et furent reconstruites selon le modèle espagnol. Elles comportaient une place centrale "(plaza)" et une église ou cathédrale en face d'un bâtiment officiel. Quelques villes, telles Cuzco gardèrent leurs fondations d'origine inca. Certains sites incas, tel Huánuco Viejo furent abandonnés au profit de villes à plus basse altitude. Après l'établissement de la vice-royauté du Pérou, l'or et l'argent provenant des Andes enrichit les conquistadors. Le Pérou devint l'une des premières sources de la richesse pour l'Espagne. La ville de Lima fondée par Pizarro, le 18 janvier 1535, sous le nom de "Ciudad de los Reyes" ("la ville des rois"), devint la capitale de la vice-royauté et une ville puissante qui avait sous sa juridiction toute l'Amérique du Sud à l'exception du Brésil dominé par les Portugais. Toutes les richesses coloniales passaient par Lima, puis par l'isthme de Panama avant d'arriver à Séville, en Espagne. Au niveau local, les "encomenderos" étaient sous l'autorité des "curacas". Une pyramide hiérarchique permit ainsi de contrôler toutes les villes et villages. Au , Lima abritait une université et était la principale place forte de l'Espagne sur le continent américain. Durant la vice-royauté, les Incas ne furent pas éliminés. Par exemple, quatorze grandes révoltes éclatèrent rien qu'au dont celle de Juan Santos Atahualpa en 1742 et celle de Tupac Amaru en 1780. République. Le mouvement d'émancipation de la colonie débuta avec le soulèvement des propriétaires terriens d'origine espagnole (1811-1824). L'Argentin José de San Martín et le Vénézuélien Simón Bolívar étaient à la tête des troupes rebelles. Après avoir débarqué dans la baie de Paracas avec une armée composée en grande partie de Chiliens et d'Argentins, San Martín s'empare de Lima et déclare, le 28 juillet 1821, l'indépendance du Pérou vis-à-vis de l'Espagne. L'émancipation, c'est-à-dire l'affranchissement pour les grands propriétaires terriens de l'autorité de la couronne espagnole, devint effective en décembre 1824, lorsque le général Antonio José de Sucre battit les Espagnols dans la bataille d'Ayacucho. Après la victoire de Sucre à Ayacucho (9 décembre 1824), une scission sépara le pays en haut Pérou resté fidèle à Bolivar qui prit le nom de Bolivie et bas Pérou, à peu de chose près le Pérou actuel. Ensuite eut lieu la guerre Grande Colombie-Pérou (1828-1829). Les conflits frontaliers entre le Pérou et l'Équateur débutèrent à partir des années 1830. Quatre guerres éclatèrent entre ces pays entre 1858 et 1995 : la guerre de 1858-1860, la guerre de 1941-1942, la guerre du Paquisha en 1981 et la guerre du Cenepa en 1995. Malgré la domination d'une oligarchie de propriétaires terriens, l'esclavage des noirs et le tribut des indiens furent abolis par la dictature de Ramón Castilla (1845-1851 et 1855-1862). La vie politique était une succession de coups d'État et de dictatures. L'Espagne n'abandonna pas complètement et fit encore de vaines tentatives comme lors de la bataille de Callao. Elle reconnut finalement l'indépendance du Pérou en 1879. Après la reconnaissance de l'indépendance, le Pérou mena aux côtés de la Bolivie la guerre du Pacifique. Ce conflit l'opposait au Chili et lui fit perdre les provinces de Tacna et d'Arica dans la région de Tarapacá (traité d'Ancón du 20 octobre 1883). La province de Tacna fut restituée au Pérou en 1929 par le traité de Lima, ce qui mit fin aux différends entre le Chili et le Pérou. Les conflits territoriaux ne cessèrent pas pour autant, comme l'attestent les confrontations militaires de 1941 et de 1981. En 1924, depuis Mexico, des meneurs de la Réforme universitaire au Pérou et contraint à l'exil par le gouvernement fondent l'Alliance populaire révolutionnaire américaine, qui exercera une influence majeure sur la vie politique du pays. L'APRA est ainsi en grande partie une expression politique de la Réforme universitaire et des luttes ouvrières menées dans les années 1918-1920. Le mouvement puise ses influences auprès de la révolution mexicaine et de la Constitution de 1917 qui en est issu, notamment sur les questions de l'agrarisme et de l'indigénisme, et à un degré moindre de la révolution russe. Proche du marxisme (son dirigeant, Haya de la Torre, déclare en effet que « l'APRA est l'interprétation marxiste de la réalité américaine »), elle s'en éloigne pourtant sur la question de la lutte des classes et sur l'importance donnée à la lutte pour l’unité politique de l’Amérique latine. En 1928 est fondé le Parti socialiste péruvien notamment sous l'impulsion de José Carlos Mariátegui, lui-même ancien membre de l'APRA. Le parti crée peu après, en 1929, la Confédération générale des travailleurs. L'APRA, gagnant rapidement en popularité, est mise hors la loi en 1933 par le régime de Oscar R. Benavides, qui resta président jusqu'en 1939. La constitution de 1933 réservait le droit de vote aux citoyens alphabétisés; qui en 1960, ne représentaient encore que le tiers de la population adulte. Les Indiens, presque la moitié de la population, restaient des exclus et vivaient de façon misérable. Entre 1932 et 1933 a lieu la guerre avec la Colombie. Une guerre opposa le Pérou et l'Équateur entre le 5 juillet et le 31 juillet 1941. Durant cette guerre, le Pérou occupa les provinces occidentales de Loja et el Oro. Les États-Unis, le Brésil, l'Argentine et le Chili proposèrent leur médiation et le protocole fut finalement signé. Néanmoins, un nouveau conflit éclatera entre les deux pays un demi-siècle plus tard. Peu de temps après les États-Unis, le Pérou déclara la guerre à l'Allemagne, malgré les félicitations adressées par Hitler pour les quelques parachutistes péruviens ayant pris un port équatorien. À nouveau autorisée en 1945, l'Alliance populaire révolutionnaire américaine soutint le président José Luis Bustamante y Rivero (1945-1948) qui, renversé par le coup d'État militaire du général Manuel A. Odría d'octobre 1948, augura du début d'une dictature. Des élections sont pourtant organisées en 1962, et remportées par le candidat apriste Víctor Raúl Haya de la Torre. Toutefois, un coup d'État militaire dirigé par le général Ricardo Pérez Godoy empêcha le respect de la légalité. La junte organisa à nouveau des élections l'année suivante, qui furent remportées par Fernando Belaúnde Terry, fondateur de l'Acción Popular, qui demeura en place jusqu'en 1968. Au début des années 1960, alors que près de 70 % des terres sont possédées par 2 % des propriétaires, le Pérou connait une forte mobilisation paysanne et indigène visant à obtenir une réforme agraire. Les paysans, en grande majorité des travailleurs agricoles indigènes, formèrent alors la base de syndicats ruraux engagés face à la détérioration de leurs conditions. Les paysans eurent recours à des tactiques allant de l'occupation pacifique des terres à la confrontation violente avec les grands propriétaires et les forces armées. Plusieurs petits mouvements de guérilla se constituent mais sont rapidement écrasés par le gouvernement. Régimes militaires. Le 3 octobre 1968, le coup d’État réformiste mené par un groupe d’officiers dirigés par le général Juan Velasco Alvarado amène l'armée au pouvoir dans le but d’appliquer une doctrine de « progrès social et développement intégral », nationaliste et réformiste, influencé par les thèses de la CEPAL sur la dépendance et le sous-développement. Six jours après le "golpe", Velasco procède à la nationalisation de l’"International petroleum corporation" (IPC), la société nord-américaine qui exploitait le pétrole péruvien, puis lance une réforme de l’appareil d’État, une réforme agraire mettant fin aux latifundios et exproprie de grands propriétaires étrangers. Le « gouvernement révolutionnaire » projette des investissements massifs dans l'éducation, élève la langue quechua - parlée par près de la moitié de la population mais jusque-là méprisée par les autorités - à un statut équivalent à celui de l'espagnol et instaure l'égalité des droits pour les enfants naturels. Le Pérou souhaite s’affranchir de toute dépendance et mène une politique extérieure tiers-mondiste. Les États-Unis répondent par des pressions commerciales, économiques et diplomatiques. En 1973, le Pérou semble triompher du blocus financier imposé par Washington en négociant un prêt auprès de la "Banque internationale de développement" afin de financer sa politique de développement agricole et minier. Les relations avec le Chili se distendent fortement après le coup d’État du général Pinochet. Le général Edgardo Mercado Jarrin (Premier ministre et commandant en chef de l’armée) et l’amiral Guillermo Faura Gaig (ministre de la marine) échappent tour à tour, à quelques semaines d'intervalle, à une tentative d'assassinat. En 1975, le général Francisco Morales Bermúdez Cerruti s’empare du pouvoir et rompt avec la politique de son prédécesseur. Son régime participe ponctuellement à l'Opération Condor en collaboration avec d'autres dictatures militaires américaines. Conflit armé. Le Sentier lumineux apparait dans les années 1970 dans les universités. Ces étudiants, pour beaucoup d'origines paysannes, retournent ensuite dans leurs communautés et y organisent des comités locaux du parti. L'abandon par l’État de certaines régions rurales favorise l’implantation du parti. En juin 1979, des manifestations pour la gratuité de l’enseignement sont sévèrement réprimées par l’armée : 18 personnes sont tuées selon le bilan officiel, mais des estimations non-gouvernementales évoquent plusieurs dizaines de morts. Cet événement entraine une radicalisation des contestations politiques dans les campagnes et finalement abouti au déclenchement de la lutte armée. Après le début de cette lutte armée, les nouvelles recrue du Sentier lumineux sont généralement des paysans peu politisés plutôt que des militants réellement politisés. En 1980, Fernando Belaúnde Terry retrouve le pouvoir en remportant l'élection présidentielle. Alan García Pérez, candidat du parti Alliance populaire révolutionnaire américaine, lui succéda le 28 juillet 1985. C'était la première fois qu'un président démocratiquement élu remplaçait un autre président démocratiquement élu en 40 ans. Les mesures prises par Alan García Pérez en économie menèrent à une hyperinflation entre 1988 et 1990. En 1990, inquiets des attaques terroristes du Sentier lumineux et des scandales de corruption, les électeurs choisirent Alberto Fujimori, un mathématicien relativement peu connu reconverti dans la politique. Pour lutter contre l'inflation, Fujimori adopta des mesures d'austérité très sévères. La monnaie est dévaluée de 200 %, des centaines d'entreprises publiques sont privatisées et sont supprimés. Il parvint à faire passer l'inflation de % en 1990 à 139 % en 1991, mais la pauvreté ne recule pas. En raison de l'opposition des députés à certaines réformes, il dissout le 4 avril 1992 le Congrès, modifie la Constitution, fait incarcérer un certain nombre d'adversaires politiques et prend le contrôle des médias. Sa présidence est fortement marquée par l'autoritarisme, l'usage d'escadrons de la mort pour conduire des opérations anti-guérillas, la répression politique et la corruption. Alberto Fujimori fait démarrer une campagne de stérilisations forcées dans certaines régions rurales du pays. Empreint d'eugénisme, le programme est essentiellement dirigé contre les populations indigènes : et en seront victimes selon un rapport du ministère de la Santé. L'objectif aurait été de juguler la démographie afin de bénéficier d'une aide économique accrue promise par les États-Unis, mais également de réduire des populations fortement défavorisées et suspectes de sympathies pour la guérilla du Sentier lumineux. Son bras droit Vladimiro Montesinos entretient des liens étroits avec la CIA et les services secrets qu'il dirige reçoivent 10 millions de dollars de l'agence pour soutenir les activités de contre-guérilla du gouvernement. Les ventes d'armes des États-Unis au Pérou ont par ailleurs quadruplé sous la présidence de Fujimori. Une nouvelle guerre éclate entre l'Équateur et le Pérou. En 1960, le président équatorien José María Velasco Ibarra avait déclaré nul le protocole de Rio, mais la guerre n'aura lieu que quelques décennies plus tard entre le 26 janvier et 28 février 1995 (guerre du Cenepa). Alberto Fujimori se fit réélire en 1995. Mais en novembre 2000, destitué pour corruption, il s'enfuit au Japon. Valentín Paniagua Corazao fut nommé pour le remplacer provisoirement et des élections furent organisées en avril 2001. Alejandro Toledo Manrique les remporta et devint président le 28 juillet 2001. Notamment en raison de scandales, le président Toledo fut contraint de procéder à des remaniements de cabinets. De plus, Toledo devait s'allier à d'autres partis pour avoir la majorité. En mai 2003, Toledo déclara l'état d'urgence, suspendit certains droits civils et accorda des pouvoirs aux militaires pour restaurer l'ordre dans les 12 régions après des grèves menées par des enseignants et agriculteurs. Par la suite, l'état d'urgence fut assoupli et ne se limita qu'à quelques régions où on soupçonnait le Sentier lumineux d'agir. Peu de temps avant les élections générales d'avril 2006, l'ancien président Alberto Fujimori fut arrêté au Chili alors qu'il tentait de rejoindre le Pérou pour se présenter à la présidence. Il fut extradé, et finalement condamné le 7 avril 2009 à 25 ans de prison par le tribunal de Lima notamment pour violations des droits de l'homme. On l'accusait, entre autres, d'avoir dirigé les opérations de l'escadron de la mort de 1990 à 1994 et de meurtres et d'enlèvements alors qu'il était en fonction. Deuxième gouvernement d'Alan Garcia. Après le premier tour en avril 2006, le second tour opposa Ollanta Humala, soutenu par la coalition Union pour le Pérou, et l'ancien président Alan García du parti apriste. García remporta la victoire avec 52 % des voix et a pris ses fonctions le . Il fut confronté notamment aux mouvements indigénistes luttant contre des firmes pétrolières (Pluspetrol et Petroperu). En août 2008, García déclara l'état d'urgence dans les provinces de Cuzco, Loreto et Amazonas. Les protestations cessèrent lorsque l""', dirigée par , convainquirent en septembre le Congrès d'abroger les deux lois, créées par décret présidentiel d'Alan García, ouvrant les terres indigènes à l'exploitation pétrolière. De nouveaux heurts eurent lieu en juin 2009, faisant selon la presse 34 morts : 25 membres des forces de l’ordre pris en otage et neuf civils (dont quatre personnes appartenant à des populations autochtones). Le bilan a été contesté dans le nord-est, à Bagua. Dans son édition du 11 juin 2009, le magazine de référence au Pérou "Caretas" a confirmé le nombre de victimes avancé par le gouvernement. Quatre jours après, Pizango, accusé de sédition, se réfugiait à l'ambassade du Nicaragua et demandait l'asile. Selon le Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde, qui parle de massacre opéré en représailles par la police nationale du Pérou sur ordre du président Alan Garcia, « au moins cinquante personnes, majoritairement indigènes, ont été tuées ». Ollanta Humala, candidat du Parti nationaliste péruvien, lui succéda le 28 juillet 2011. Gouvernement d'Ollanta Humala. Le gouvernement nouvellement élu, présidé par Ollanta Humala, a pris le pouvoir le 28 juillet 2011. La cérémonie d'investiture eut lieu au Congrès de la République. Le 29 juillet, il préside le traditionnel défilé militaro-policier; il était accompagné sur scène de sa femme Nadine Heredia, des membres du Congrès, du président de la Géorgie, Mijail Saakashvili et du chef du gouvernement de Curaçao, Gerrit Schotte. Les nominations de son premier cabinet ministériel ont été considérées comme réussies; cependant, la nomination de divers militaires de son environnement immédiat à des fonctions étatiques a fait l'objet de vives critiques. Les 365 premiers jours. Création du Ministère du Développement et de l'Inclusion Sociale. Le Ministère du Développement et de l'Inclusion Sociale (MIDIS) est créé le 20 octobre 2011, assermentation la ministre Carolina Trivelli dans la ville de Cusco le 21 octobre de la même année, qui est restée à ce poste pendant un an et neuf mois. Il s'agit d'un organe du pouvoir exécutif qui a pour objectif d'améliorer la qualité de vie des personnes qui souffrent de la pauvreté et sont vulnérables, en cherchant à protéger leurs droits, à avoir les mêmes opportunités que le reste de la population, à pouvoir tirer parti des ressources et des capacités qu'ils possèdent. Ce ministère établit des conventions avec les organisations des secteurs public et privé et la société civile, visant la réalisation de projets sociaux, à travers le suivi, la formation, le renforcement, l'estimation de leur avancement et la coordination entre leurs créateurs. Parmi ses principales fonctions figurent les suivantes: orienter les politiques de développement et d'inclusion sociale au sein du gouvernement dans le cadre de la décentralisation, animer le Système national de développement et d'inclusion sociale, préparer la mise en œuvre des politiques nationales, et encourager le secteur privé, universitaire et les secteurs de la société civile interviennent tout au long du processus de mise en œuvre des programmes sociaux, cherchant à les rendre efficaces pour répondre aux besoins de la population, dans le cadre des orientations des politiques nationales. Conga Mining Conflit. Lors d'un meeting de campagne à Cajamarca le 5 juin 2011, le président Humala a déclaré avoir vu plusieurs lagunes qu'ils voulaient acheter et a demandé aux villageois s'ils voulaient vendre leur eau, ce à quoi ils ont répondu qu'ils n'étaient pas d'accord. Le Président leur demande à nouveau ce qui leur importe le plus, l'eau ou l'or, ce à quoi ils répondent, l'eau. Il a promis de respecter la volonté de Bambamarca et Hualgayoc concernant l'exploitation minière. Il a également assuré que l'agriculture, l'élevage et l'eau seraient respectés pour les Péruviens. Le 16 novembre de la même année, alors qu'il avait déjà pris le commandement, il a déclaré que le projet Conga est un projet important pour le Pérou, car il lui permettra de mener à bien la grande transformation. Compte tenu de cela, le président Humala rejette les positions extrêmes et propose une position sensée, l'eau et l'or. Après l'expertise internationale, le 20 avril 2012, il a déclaré qu'il voulait préciser que ce projet doit être soumis aux nouvelles conditions que l'État a au profit de tous les Péruviens et en particulier de la population de Cajamarca. Deux mois plus tard, le 23 juin, il a déclaré qu'il allait être possible de faire en sorte que l'entreprise garantisse l'approvisionnement en eau, mais il ne pouvait pas exposer le Pérou à enfreindre l'État de droit, puisque son gouvernement ne permettra le développement d'aucune activité extractive. projet qui expose la population à des pénuries d'eau ou qui n'a pas les normes de qualité autorisées pour la consommation humaine. Enfin, le 18 novembre, il déclara qu'il estimait que le projet minier Conga avait été surdimensionné et qu'il fallait lui redonner sa véritable dimension. Des représentants de la ville de Cajamarca et du Congrès ont critiqué le discours du président. Relation avec la presse. Depuis le début du gouvernement, on constate que le président n'est pas enclin à faire des déclarations à la presse. De même, le Premier ministre Salomón Lerner Ghitis a informé d'une lettre officielle adressée aux 17 ministres dans laquelle il les exhorte à ne pas faire de déclarations à la presse sur les questions gouvernementales et leur demande de rapporter par écrit le contenu de leurs déclarations, à cet égard, chaque ministre n'est autorisé à rendre compte que de son secteur. Dans le domaine du pouvoir législatif, le Congrès a été inauguré par une session réservée à une question juridiquement étrangère à cette classification. Son président, Daniel Abugattás a montré un fort rejet de la presse. Impôt minier. Le président du Conseil des ministres, Salomón Lerner Ghitis, a annoncé le 25 août que le gouvernement s'était mis d'accord avec les sociétés minières qui opèrent dans le pays pour payer une taxe de 3 000 millions de nuevos soles par an, c'était lors de sa présentation du gouvernement politique devant la session plénière du Congrès de la République. Il a expliqué que dans cinq ans, ces nouvelles recettes publiques aux nouveaux niveaux de prix actuels atteindront le chiffre de 15 000 millions de soles. Loi de Consultation Préalable. Le Président de la République a promulgué le 06 de septembre du même an , l'attendue Loi de Consultation Préalable aux villages indigènes. Il est un texte intègre de ce mécanisme que cherche promouvoir le je ramasse de l'opinion des pobladores indigènes au moment de décider ou n'un investissement dans les lieux où habitent. En plus, le Mandataire a confié en que ce mécanisme légal pourra fortifier les investissements: "Cette loi fortifie le procès d'investissements, parce que maintenant les procès qui se donnent d'investissements nécessairement devront être consultés avec la population, et le fait de la vinculancia n'est pas tellement importante, mais plutôt le récupérer la voix de la citoyenneté". La loi de Consultation Préalable est le résultat de l'intention conciliadora, laquelle, est allé axe fondamental du gouvernement de Ollanta Humala. Cette Loi, approuvée par la plupart dans l'an 2011, a été proposée je descends le lentille de que il est un droit fondamental pour les villages indigènes la consultation de décisions face à ses dominations et il est un signe fortalecedor de l'inclusion sociale. La Loi consiste basiquement en reconnaître le droit fondamental qu'ils possèdent les divers groupes ethniques au moment de prise de décisions de façon verticale; et de cette façon pouvoir accorder la protection de sa culture, à la fois, en garantissant sa participation. De cette façon, l'application de la Loi représenterait une grande avance pour la légitimité de l'État péruvien et il serait exemple de sa portée en des territoires éloignés. Cas PRONAA. 20 de septembre de 2011 ils sont mort trois enfants intoxiqués après de ingerir nourritures du PRONAA (Programme National d'Assistance Alimentaire), organisme dépendant du MIMDES; heures après Aída García Oranger, titulaire de ce secteur a fait abstraction à ce décès et il a continué avec des activités de célébration d'une des institutions; après cela les parlementaires de Force 2011 et Alliance par le Grand Changement ils ont critiqué l'inaction de la ministre et ils ont demandé l'interpellation qu'il a été soutenue par autres partis politiques; jours après autres six enfants et une professeur ont été intoxiquée par des nourritures de la même institution La ministre il s'a présenté au Congrès le 6 octobre, après de que García Oranger deslinde de cette responsabilité, le 13 octobre s'est passé à débattre la censure de la ministre que ne prosperó. Dans l'an 2012, le gouvernement de Humala a décidé fermer définitivement ce programme alimentaire. Scandales de Vice-présidents. Dans la quinzaine d'octobre de 2011, le journaliste Gustavo Gorriti a dénoncé que le deuxième vice-président et congresista, Omar Chehade, y aurait été il raccorde entre des officiels de la police et familières à eux liés au groupe Wong. Chehade A été accusé par le général retiré de la Police, Guillermo Arteta, d'actif posé à des débuts de ce mois dans une réunion avec autres grands officiels de cette institution le délogement des travailleurs de l'entreprise azucarera Andahuasi que l'administrent par mandat judiciaire. Ceci, selon Arteta (qu'était alors chef policier de Lima Nord, où est placée Andahuasi), afin de livrer la azucarera à l'entreprise Wong, une des plus puissantes dans le pays. Après cela le Ministère public de la Nation a posé une recherche et de la même manière, la Commission d'Éthique du Congrès de la République. À ce sujet, Chehade a nié la version d'Arteta et il s'est défendu, en indiquant que se prétend desestabilizar son travail dans le parlement. Jours il s'a après révélé que Chehade a soutenu des réunions avec le exministro de Transports Enrique Cornejo Ramírez dans le mois de juin pour agir de direccionar la licitation du deuxième tronçon du Train Électrique en faveur de l'entreprise brésilienne Andrade Gutiérrez. Le congresista et vice-président a été suspendu 120 jours par la Session plénière du Congrès le 5 décembre. Chehade Moya a renoncé à la vicepresidencia le 16 janvier 2012, heures avant de la votation dans le congrès pour une accusation constitutionnelle. Le 30 octobre, l'émission journalistique Cuarto Poder a dénoncé que la vice-présidente Marisol Espinoza avait exercé son pouvoir pour transférer un scanner CT destiné à Abancay, à Piura, la ville natale de la députée également. Crise du cabinet. Le 10 décembre 2011, le président du Conseil des ministres, Salomón Lerner Ghitis, a démissionné de son poste. Après cela, Humala a accepté sa démission et a annoncé aux médias qu'Óscar Valdés assumerait le poste de Premier ministre. La démission s'est produite au milieu de conflits sociaux tels que ceux de Cajamarca, Andahuaylas et Madre de Dios. Le lendemain, l'ancien président Alejandro Toledo est apparu dans les médias pour annoncer le retrait de ses ministres. Dans la nuit du même jour, le premier ministre et 10 nouveaux ministres ont prêté serment. Capture du terroriste Artemio. Le 9 février 2012, la nouvelle a éclaté que le chef terroriste Florindo Eleuterio Flores, mieux connu sous le nom de «Artemio», a été blessé après une bagarre entre la police et des terroristes à Alto Huallaga. Deux jours plus tard, le ministre de la Défense, Alberto Otárola, a confirmé que le chef terroriste avait été capturé sur le site de Tocache. Après cela, Artemio a été transféré à la ville de Lima, où il a été admis à l'hôpital de la police pour des blessures, dans les jours suivants, il a été transféré à la DIRCOTE. Terrorisme. Le 9 avril, un groupe terroriste a enlevé des travailleurs de la Transportadora de Gas del Perú à Cusco. Le 12 avril, un affrontement entre les forces de sécurité et des terroristes dans la VRAE a fait un mort dans la police et deux jours plus tard, les otages ont été libérés. Dans les jours suivants, l'armée est accusée d'avoir acheté du matériel en mauvais état et des rations avariées. Le 30 avril, Luis Astuquillca, l'un des disparus de la VRAE, a été retrouvé, deux jours plus tard, le corps de César Vilca a été retrouvé, après quoi le ministère de l'Intérieur a publié une déclaration informant de l'apparition du corps grâce à une intense rechercher. Le 3 mai, en session plénière du Congrès, une motion de censure a été présentée contre les ministres de l'Intérieur et de la Défense pour «incapacité, manque de leadership et de stratégie». Le 10 mai, les ministres Alberto Otárola (Intérieur) et Daniel Lozada (Défense) ont remis leur démission. Gouvernement de Pedro Pablo Kuczynski. Pedro Pablo Kuczynski lui succède en 2016. Au parlement, "Force Populaire" a remporté 73 sièges sur un total de 130. Dès le début, les relations entre le législatif et l'exécutif ont été tendues, et le 15 septembre 2017, le Congrès a refusé le vote de confiance au président du Conseil des ministres de l'époque, Fernando Zavala, avec lequel Kuczynski a dû nommer un nouveau cabinet. Celui-ci comprenait cinq nouveaux ministres et était présidé par la deuxième vice-présidente et jusque-là membre du Congrès Mercedes Aráoz. Son gouvernement a aussi été marqué par l'affaire Odebrecht. Peu de temps après, il a gracié l'ancien président Alberto Fujimori, qui purgeait une peine de 25 ans pour crimes contre les droits de l'homme. La décision a déclenché des protestations massives et la démission de trois de ses ministres. Son mandat a pris fin en mars 2018. Période de transition. Le deuxième tour électoral a eu lieu le 5 juin 2016, que Kuczynski a remporté de justesse. A quelques jours du scrutin, il a confirmé qu'Alfredo Thorne Vetter assumerait le poste de ministre de l'Economie et des Finances. Le 28 juin, le jury des élections nationales a présenté les lettres de créance de Kuczynski en tant que président et Martín Vizcarra et Mercedes Aráoz en tant que vice-présidents. Dimanche 10 juillet, il a annoncé que Fernando Zavala Lombardi serait le président du Conseil des ministres et quelques jours plus tard, tous deux ont annoncé les membres du premier cabinet ministériel. La cérémonie d'investiture a eu lieu le 28 juillet 2016 au Palais législatif. Y ont participé le roi Juan Carlos Ier d'Espagne, les présidents latino-américains: Mauricio Macri, Horacio Cartes, Michelle Bachelet, Enrique Peña Nieto, Juan Manuel Santos et Rafael Correa. Tension sur l'attribution des pouvoirs législatifs. Il y a eu un moment de tension entre les pouvoirs exécutif et législatif lorsque le premier a demandé au second de lui accorder des pouvoirs pour légiférer sur les questions économiques, la sécurité des citoyens, la lutte contre la corruption, l'eau et l'assainissement et la réorganisation de Petroperú. Le 30 septembre 2016, après un débat de six heures, le Congrès a accordé à l'exécutif des pouvoirs législatifs pour une durée de 90 jours. Le 7 janvier 2017, à l'expiration du délai de 90 jours, le premier ministre Zavala a annoncé la publication de 112 décrets législatifs. Scandale du "deal". Le médecin Carlos Moreno était conseiller présidentiel sur les questions de santé depuis le début du gouvernement. Il était, apparemment, une personne de confiance du président. Ainsi, lorsqu'il a démissionné le 4 octobre 2016, il a attiré l'attention des médias. Kuczynski a d'abord déclaré que la démission de son conseiller était due à des raisons personnelles et à son horaire de travail chargé. Cependant, Moreno lui-même a expliqué que la raison était qu'ils avaient enregistré leurs conversations au Palais du gouvernement et qu'ils l'impliquaient dans une affaire de corruption. Le 9 octobre, l'émission de télévision Cuarto Poder a diffusé un audio dans lequel Moreno a commenté un accord pour qu'une clinique signe un accord avec l'archevêché de Lima et, ainsi, puisse accéder à un accord pour soigner les patients assurés dans le système santé. Démission du ministre Mariano González. Le 27 novembre 2016, un reportage d'une émission d'information a révélé que le ministre de la Défense Mariano González Fernández entretenait une relation amoureuse avec une travailleuse, qu'il aurait favorisée par une promotion. Le lendemain, González a présenté sa démission du poste, qui a été acceptée par le Premier ministre Zavala. Une semaine plus tard, Jorge Nieto Montesinos a été nommé pour le remplacer. Censure du ministre Jaime Saavedra. L'opposition au gouvernement, représentée au Congrès par une écrasante majorité fujimoriste alliée au caucus de l'APRA, a commencé à remettre en cause le travail du ministre de l'Éducation Jaime Saavedra. Il s'agissait d'abord de l'organisation des Jeux panaméricains de 2019 à Lima qui, bien qu'annoncés en 2013 (peu avant d'entrer en fonction comme ministre), n'avaient pas suffisamment avancé en ce qui concerne la construction des infrastructures. Plus tard, une émission télévisée dominicale a lancé un reportage dans lequel elle dénonçait que des hommes de confiance du ministre avaient détourné un budget de 150 millions de soles destiné à l'achat d'ordinateurs. L'opposition au Congrès a annoncé qu'elle mettrait le ministre au défi d'exiger qu'il rende compte de sa gestion, notamment en ce qui concerne des allégations de corruption. Le président Kuczynski a publiquement soutenu son ministre, affirmant que la campagne contre lui provenait d'un groupe de législateurs associés à des universités privées qui voulaient apporter des modifications à la loi sur les universités pour servir leurs intérêts. Le 7 décembre 2016, Saavedra a été interrogé au Congrès pour répondre à une liste de 11 questions. Après plusieurs heures de débat, il a été annoncé qu'une motion de censure serait déposée contre le ministre. Le 15 décembre, le débat sur la censure du ministre a eu lieu, obtenant comme résultat final 78 voix pour, aucune contre et aucune abstention. Le 18 décembre, Saavedra a présenté sa démission et a été remplacé par Marilú Martens. Interpellation au ministre Vizcarra. Après des mois d'études, le gouvernement a décidé de réaliser le projet de construction de l'aéroport international de Chinchero, en signant le 3 février 2017 un avenant modifiant le contrat avec Kuntur Wasi, le consortium qui avait remporté la concession du projet en 2014. C'était un travail attendu par les habitants de Cusco, qui menaçaient de protester s'il était paralysé. Le président Kuczynski et le ministre des Transports et des Communications Martín Vizcarra ont défendu l'avenant, déclarant qu'il s'agissait de la meilleure option pour l'État et les citoyens. Cependant, du Congrès, en particulier du membre du Congrès Víctor Andrés García Belaunde, une opposition véhémente s'est élevée, considérant l'addendum comme préjudiciable aux intérêts de l'État. Une photo publiée dans le journal "Correo", datant de juin 2016, montrait Vizcarra lors d'un meeting pour remercier le parti Peruanos Por el Kambio pour les contributeurs à sa campagne, où apparaît Carlos Vargas Loret de Mola, président du consortium Kuntur Wasi. Pour le membre du Congrès García Belaunde, ce serait le lien qui expliquerait la prétendue faveur du gouvernement envers un consortium, pour lequel il a qualifié Vizcarra de "vendepatria" et a exigé sa démission du ministère. Harcelé par les critiques, Vizcarra a déclaré que l'État ne verserait pas d'argent à Kuntur Wasi avant d'attendre le rapport final du contrôleur. À ce sujet, le 1er mars 2017, "Acción Popular" a présenté une déclaration interpellative contre Vizcarra. Le 11 mai, la motion a été approuvée par 71 voix et l'interpellation était prévue pour le 18 mai, au cours de laquelle le ministre a répondu à une liste de 83 questions pendant plus de trois heures. Au Congrès, il fut convenu d'attendre le rapport du Contrôleur, prévu pour le lundi 22, avant de procéder au vote de défiance. Mais avant cela, Vizcarra a présenté sa démission de son poste de ministre, après avoir annoncé dans une interview télévisée qu'il allait annuler le contrat et l'avenant pour la construction de l'aéroport de Chinchero, vu qu'il n'avait pas été accepté au Congrès. Précisément, quelques instants plus tard, le contrôleur général Edgar Alarcón a présenté son rapport sur le contrat Chinchero, où il a recommandé d'engager une action en justice contre dix fonctionnaires pour des irrégularités présumées dans l'addendum en faveur de la société Kuntur Wasi. Avec Vizcarra, il y avait déjà deux ministres qui ont quitté leur poste par le Congrès en moins d'un an. Censure du cabinet Zabala. Le 17 août 2017 les congresistas de Force Populaire ont présenté une motion d'interpellation contre la ministre d'Éducation Marilú Martens qui se trouvait en des négociations avec les représentants des maîtres, en recherche de la solution à une prolongée grève magisterial. Le 25 août 2017 la session plénière du Congrès a approuvé, avec 79 votes pour, 12 en contre et 6 abstentions, réaliser dite interpellation. Les votes pour ont été des bancadas de Force Populaire, le Apra, Front Ample et Action Populaire. Il s'a fixé aussi bien qu'il date de l'interpellation le 8 septembre. La ministre a répondu un pliego de 40 questions, principalement sur la grève de maîtres qu'encore persistait. Martens a reconnu des déficiences à l'affronter la grève de maîtres, mais il a assuré que sa gestion ne donnerait il pas part derrière dans la reconnaissance à la meritocracia dedans de l'enseignement. Le 13 septembre, la bancada de Force Populaire a annoncé qu'il présenterait une motion de censure contre la ministre, donc envisageait qu'il n'y avait pas répondu de manière satisfaisante aux questions de l'interpellation. Devant cette menace de censure (que serait la deuxième contre un titulaire d'Éducation en moins de un an), le premier ministre Fernando Zavala a sollicité au Congrès une question de confiance pour le cabinet ministériel en session plénière; en d'autres termes, une rénovation du vote de confiance que se lui y avait donné au début de sa gestion. Depuis le Congrès s'a critiqué cette sollicitude, en se signalant que Zavala se solidarizase avec une ministre qu'était remise en question, en mettant en danger à tout son cabinet, et encore plus, lorsqu'encore il ne s'y avait pas officialisé la motion de censure. Il s'a dit aussi que la «rénovation de confiance» était quelque chose qu'il ne contemplait pas la Constitution. De toute façon, la Junte de Porte-parole du Congrès a convoqué à Zavala aux quatre du soir du 14 septembre pour que soutînt son demandé de confiance. Zavala S'a présenté à la session plénière du Congrès avec les ministres et il a exposé son demandé en 12 minutes; son argumentaire s'a centré dans l'intention du gouvernement de défendre la politique éducative à celle que se prétendait, selon il, socavar avec la censure à la ministre d'Éducation. Il S'a après procédé au débat parlementaire. La question de confiance a été débattue pendant 7 heures et votée le matin du 15. Le cabinet n'a pas remporté obtenir la confiance du Parlement, qu'a voté avec 77 à l'encontre de la confiance, avec ce que il s'a produit la crise totale du cabinet. En raison de la négation de confiance, le Conseil de Ministres du le Pérou a dû être renouvelé par le président. Réactions. Le président de la République Pedro Pablo Kuczynski a annoncé que le dimanche 17 septembre annoncerait au nouveau cabinet qu'occuperait le Conseil de ministres. Le 17 septembre 2017, la deuxième vice-présidente et congresista Mercedes Aráoz Fernández juramentó comme présidente du Conseil de Ministres du le Pérou et avec cela s'ont annoncés à quatre nouveaux ministres: Claudia Cooper Fort (Économie), Idel Vexler (Éducation), Enrique Mendoza Ramírez (Justice et Droits Humains), Fernando d'Alessio (Santé) et Carlos Bruce (Logement). La nouvelle chef du cabinet juramentó avec les 18 ministres dans une cérémonie réalisée dans la Cour d'Honneur de Palais de Gouvernement. Le 6 octobre, se donnera le vote de confiance et si celui-ci est rejeté par deuxième fois, le président peut dissoudre le Congrès et convoquer à des nouvelles élections, aussi bien qu'il dit la Constitution de 1993. Le vote de confiance se atrasó jusqu'au 12 octobre en s'entamant avec les exposés du nouveau cabinet dominé par Mercedes Aráoz Fernández et postérieure intervention des différentes bancadas politiques du Congrès. Du jour suivant. Il a donné aussi bien que résulté 83 votes pour et 17 en contre. Divers personnages de la politique aussi bien que les médias ont communiqué sur la négation de confiance au premier cabinet; la journaliste Rose María Palais a commandé un message au président en lui demandant dissoudre le Congrès et il a averti que «le fujimorismo est resté attrapé», le journaliste César Hildebrandt aussi lui commande un message au mandataire en lui disant que «le pays lui exige qu'il se fasse face à à le Congrès fujimorista». L'avocat constitucionalista dans un entretien a dit que le déjà maintenant expresidente du Conseil de Ministres Fernando Zavala «s'est en sacrifiant par les politiques d'État», le expresidente du Conseil de Ministres Pedro Cateriano a averti que «Keiko Fujimori veut donner un putsch». Premier procès de vacancia présidentiel. Causes. En novembre de 2017, la Commission Lave Jato du Congrès, présidée par Rose Bartra et que se consacrait à rechercher les implications en le le Pérou du réseau de corruption de l'organisation Odebrecht, a reçu une information confidencial de que le président Kuczynski y avait des eus liens de travail avec dite entreprise, qu'ils se remontaient à l'époque en qu'a été ministre d'État entre 2004 et 2006, je descends le gouvernement d'Alejandro Tolède Manrique, malgré le fait que depuis le estallido du cas Odebrecht, Kuczynski l'y avait nié dans diverse occasions. La Commission a sollicité alors à l'entreprise Odebrecht détails de sa relation avec Kuczynski, les mêmes que s'ont faits connaître publiquement le 13 décembre 2017. Il s'a révélé alors que Westfield Capital, une entreprise de cabinet conseil de banque d'investissement, fondée et dirigée par Kuczynski, y avait réalisé sept consultorías pour Odebrecht entre novembre de 2004 et décembre de 2007 par 782.207 millions de dollars, c'est-à-dire, en coïncidant avec l'époque en que Kuczynski y avait été ministre d'Économie (2004-2005) et président du Conseil de Ministres (2005-2006). L'information révélait aussi qu'une autre entreprise très liée avec Kuczynski, First Capitale, constituée par son partenaire chilien Gerardo Sepúlveda, y avait réalisé également cabinet conseils pour Odebrecht entre le 2005 et 2013. L'information résultait gravement comprometedora pour le président, parce que les paiements à son entreprise personnelle de consultoría s'étaient réalisé lorsqu'était Ministre d'État et en s'agissant de consultorías rapportées à des oeuvres publiques que l'entreprise réalisait en le le Pérou. Ce que allait contre la norme constitutionnelle qu'empêche aux ministres d'État administrer des affaires particuliers dans l'exercice de sa fonction publique (conflit d'intérêts). Il compliquait encore plus le sujet le fait que ces paiements ils provinssent d'une entreprise aussi bien que Odebrecht, que maintenant se sait qu'il y avait payé coimas pour s'attribuer la concession d'oeuvres précisément descends le gouvernement de Tolède, lorsque Kuczynski y avait été ministre, une desquelles il a été la construction de la route interoceánica au le Brésil. Bien que les paiements de Odebrecht aux entreprises de consultoría liées avec PPK étaient légales, il a eu qui especularon que pourrait y avoir été part de la rétribution de l'entreprise par l'avantager dans le bon pro des oeuvres. Événements. L'opposition au gouvernement, dirigée par Force Populaire, a exigé il la renonce de Kuczynski et lui a menacé avec vacarlo de la Présidence sinon le faisait. Front Ample, de son côté, a posé qu'il se procédât directement à la vacancia. Dans le minuit du 14 décembre, Kuczynski, moyennant un message à la nation, a nié les accusations et il a dit qu'il ne renoncerait pas à sa charge. «Je suis ici pour leur dire: je ne vais pas abdiquer ni à mon honneur ni à mes valeurs ni à mes responsabilités comme président de tous les péruviens», a exprimé d'entrée. Dans sa défense, a assuré n'avoir aucune relation avec l'entreprise First Capitale, qu'était propriété exclusive de Sepúlveda, et que seulement un des paiements mentionnés devaient voir avec il, le daté en 2012, lorsque déjà n'était pas ministre d'État. En ce qui concerne Westfield Capital, si bon a reconnu qu'il était son entreprise unipersonnelle, il a affirmé qu'il n'a jamais été bas sa direction et administration tant qu'a été ministre d'État, et que les contrats datés dans cette époque les y avait signé Sepúlveda, son partenaire. Il A aussi signalé que tous les paiements à son entreprise étaient légaux, et qu'ils étaient dûment enregistrés, facturés et bancarizados. Les explications de PPK n'ont pas convaincu à l'opposition, et il se lui a attribué de continuer à mentir, surtout en le référent à que s'y avait desligado de Westfield Capital lorsqu'a été ministre, lorsque, selon les registres publics, il a toujours figuré comme directeur de cette entreprise. Bien que PPK a fait valoir à ce sujet qu'il y avait existé une «muraille chinoise», expression qui s'use dans les affaires des entreprises pour se rapporter lorsque le partenaire ou titulaire n'a pas aucun contact ni il reçoit information sur le je manie de l'entreprise, tant qu'occupe une charge publique (mais dans le cas de Wesfield Capital, au s'agir d'une entreprise où PPK était son unique emparé, ne se comprend pas comment il pourrait se donner cette «muraille chinoise»). Devant la négative du président à renoncer, diverse des bancadas adversaires du Congrès ont posé alors soumettre sa charge à la vacancia. La bancada du izquierdista Front Ample a présenté la motion pour que la sollicitude de la vacancia fût débattue dans la session plénière du Congrès. Les congresistas de Force Populaire, Apra et Alliance pour le Progrès s'ont ajoutés au demandé et il a été ainsi qu'ils ont surpassé plus de les 26 signatures nécessaires pour procéder avec les démarches. Approuvée la motion, le débat s'a entamé aux 4 et 38 du soir du jour 15 décembre et il a duré jusqu'aux 10 de la nuit. Les législateurs adversaires qui ont introduit la motion ont cité une incapacité morale au dénoncer que le président a menti dans les déclarations qu'il a donné sur ses liens avec la compagnie brésilienne. Les congresistas oficialistas ont réclamé qu'il se suivît le dû j'accuse, en reprochant le fait de que l'opposition procédât avec célérité inusitada et que divers de ses membres eussent déjà décidé vacar au président sans actif écouté sa défense. Ils Ont aussi remis en question qu'un seul rapport remontant à Odebrecht fût envisagée preuve suffisante, avec ce que se prescindía ouvertement de la recherche que poursuivait un cas tellement délicat et trascendental. Selon le règlement, se précisait pour l'admission du demandé de vacancia le vote de 40% de congresistas adroits. Côme ils s'ont comptabilisés 118 congresistas présents, se précisaient seulement 48 votes, ce que est allé largement rebasado, donc ont voté 93 en faveur et 17 en contre; ces derniers ont été, dans sa grande plupart, les de la bancada oficialista. Approuvé ainsi le demandé de vacancia, le Congrès a convenu que le jeudi 21 décembre, aux 9 du matin, Kuczynski devrait se présenter devant la session plénière du Congrès pour réaliser ses descargos; il après se procéderait à débat et il enfin se voterait pour décider la vacancia présidentielle, en se précisant pour ceci 87 votes du total des 130 congresistas. Le jour signalé, PPK est accouru au Congrès à exercer sa défense, accompagné de son avocat Alberto Borea Odría. La défense a mis en marche avec l'allocution du propre président, dans celle qui a nié actif commis quelque acte de corruption. Il Est après venu la défense de Borea, qu'a eu comme axe l'égard de que le demandé de vacancia était une exagération donc il ne se pouvait pas accuser à un président de la République sans démontrer avec des preuves irréfutables sa «incapacité morale permanente», concept que les congresistas n'avaient pas apparemment très clair, donc strictement le précepte constitutionnel serait en train de faire allusion à une incapacité mentale. Il envisageait que les fautes ou délits imputés devaient ventilarse d'abord dans la commission chercheuse, avant d'enlever constats hâtés. Il a rejeté aussi que PPK y ait menti reiteradamente sur sa relation avec Odebrecht (argument que les fujimoristas usaient pour justifier son incapacité morale permanente), donc les faits en question ils étaient arrivés il faisait douze ans et il n'avait pas par quels les avoir présent au détail. Terminée l'allocution de Borea, s'a entamé le débat congresal qu'a duré quatorze heures. La votation par la vacancia s'a mené à terme passées les onze de la nuit, avec le suivant résultat: 78 votes pour, 19 en contre et 21 abstentions. Une des bancadas, la de Nouveau le Pérou (gauche), s'a retiré avant de la votation, donc à dire de ses membres ils ne voulaient pas lui suivre le jeu au fujimorismo. Côme ils se précisaient 87 votes pour procéder à la vacancia, celle-ci a été rejetée. Toute la bancada de Force Populaire a voté en faveur de la vacancia, avec exception de 10 de ses membres, commencés par Kenji Fujimori, que s'ont abstenus, et qu'ils ont décidé ainsi le résultat. Il a couru la rumeur que ce groupe dissident, qu'après serait baptisé aussi bien que les «Avengers», y avait négocié ses votes avec le gouvernement en échange de la grâce présidentielle en faveur d'Alberto Fujimori, son leader historique qui se trouvait alors détenu. Ce groupe s'a séparé après la bancada de Force Populaire et commencée par Kenji ont annoncé la formation d'un nouveau groupe politique, que soutiendrait au gouvernement. Grâce à Alberto Fujimori. Le 24 décembre 2017, le président PPK a accordé la grâce humanitaire à Alberto Fujimori, que se trouvait prisonnier depuis faisait 12 ans, avec une sentence de 25 ans par des délits de violations aux droits humains. Le gouvernement a assuré que la grâce s'y avait décidé par des raisons purement humanitaires, devant les divers maux physiques qu'ils affligeaient au expresidente de la République, confirmés par des rapports d'une junte médicale. Pourtant, il a surgi un fort soupçon de que la grâce y aurait été le résultat d'un pacte furtivo du gouvernement de PPK avec le secteur de la bancada fujimorista que s'y avait abstenu pendant la votation par la vacancia présidentielle et que de cette façon y avait évité que se concrétisât celle-ci. La grâce a motivé il en plus la renonce des congresistas oficialistas Alberto de Belaunde, Vicente Zeballos et Gino Costa; du ministre de Culture Salvador del Solar et du ministre de Défense Jorge Nieto. Déjà il avant y avait renoncé le ministre de l'Intérieur, Carlos Basombrío. Ils s'ont produits en plus diverses tu pars à Lima et l'intérieur du pays en protestation contre la grâce. Alberto Fujimori, que jours avant de la grâce s'y avait internado dans une clinique par des complications dans sa santé, a été inscrit le 4 janvier 2018 et il a ainsi pu, pour la première fois, se déplacer en liberté. PPK A formé un nouveau cabinet ministériel, à celui que a appelé «le Cabinet de la Réconciliation», que selon il, devait marquer une nouvelle étape dans la relation entre le gouvernement et le Législatif. Il s'a maintenu dans la présidence du Conseil de Ministres à Mercedes Aráoz et s'ont réalisés huit changements ministériels, la rénovation la plus importante en ce que allait du gouvernement. Seconde demandée de vacancia présidentielle. Seuls jours après la première tentative de vacancia présidentielle, en janvier de 2018, la bancada de Front Ample a posé un nouveau demandé de vacancia, en ayant aussi bien que causal la grâce à Alberto Fujimori, que soi-disant y aurait été négocié et attribué de façon illégale. Cela ne prosperó, devant la faute de soutien de Force Populaire, dont les votes étaient nécessaires pour porter avance une initiative aussi bien que celle-là. Je descends cette expérience, les bancadas izquierdistas de Front Ample et Nouveau le Pérou ont promû une autre motion de vacancia, en se concentrant exclusivement dans le cas Odebrecht, en alléguant que se seraient découvert nouveaux indices de corruption et conflit d'intérêts de part de PPK lorsqu'a été ministre d'État dans le gouvernement d'Alejandro Toledo. Cette fois si ils ont remporté le soutien de Force Populaire, ainsi que d'autres bancadas aussi bien que la de Alliance pour le Progrès (dont vocero, César Villanueva, est allé le principal promoteur de l'initiative), en réunissant ainsi les 27 votes mínimamente nécessaires pour présenter une motion multipartidaria devant le Congrès de la République, ce que s'a fait le 8 mars 2018. Le 15 mars il s'a soumis à débat l'admission de dite motion dans la session plénière du Congrès, en étant le résultat 87 votes pour, 15 votes contre et 15 abstentions. La motion a reçu le je protège de toutes les bancadas, à exception de Péruviens par le Kambio et de congresistas ne groupés, entre ils, les trois ex oficialistas et le bloc de Kenji Fujimori. La Junte de Porte-parole a programmé le débat du demandé de vacancia présidentiel pour le jeudi 22 mars. Un rapport réservé de l'Unité d'Intelligence Financière (UIF) sur les mues d'argent des comptes bancaires de PPK, a été expédié au Ministère Public et à la Commission Lave Jato du Congrès, mais s'a inexplicablement filtré à la connaissance publique. Ce document de 33 pages révélait que depuis les entreprises et des consortiums liés au Groupe Odebrecht s'étaient fait transferts vers Westfield Capital, l'entreprise unipersonnelle de PPK, par 1.893.841 dollars. Ils S'ont aussi révélé des transferts faits au compte du chofer de PPK et à la de Gilbert Violeta, bien que s'ont démontrés que ceux-ci étaient des seuls paiements de caractère de travail et de services basiques. La filtration de ce rapport, que se présume il a été fait depuis la Commission Lave Jato présidée par Rose Bartra, y aurait été avec l'intention de mellar encore plus la crédibilité du président de la République. Mais le coup mortel pour PPK est venu quelques jours après. Scandale par les kenjivideos. Le 20 mars 2018, la bancada de Force Populaire a montré les preuves de que le gouvernement était en train d'acheter le soutien de congresistas pour que votassent contre la seconde demandée de vacancia présidentielle, une rumeur que déjà y avait circulé pendant le premier procès. Il s'agissait d'un ensemble de vidéos où se remarquent les conversations qu'ils avaient réalisé les législateurs Bienvenu Ramírez et Guillermo Bocángel (de la bancada de Kenji Fujimori) pour essayer convaincre au congresista Moisés Mamani (de Puno) à ne s'ajouter pas à soutenir la vacancia présidentielle, en échange d'oeuvres pour sa région. En un des videos se voit à Kenji Fujimori dans une réunion avec Mamani, dans celle qui aussi se trouve Bienvenido Ramírez. Ce dernier fait une série de ofrecimientos au parlementaire puneño pour que pût rendre agile des oeuvres et des projets pour sa région, en échange de se ajouter à son groupe et soutenir à PPK. En un autre video se voit à Bocángel en parlant sur le contrôle administratif du Congrès, une fois qu'accèdent à la Table Directive. Et en un troisième video, se voit à Alberto Borea Odría, plaidé de PPK dans le thème de la vacancia, en expliquant à Mamani sur des aspects de ce procès et en lui donnant le nombre théléphonique d'un ministre d'État. Les impliqués dans le scandale, sont sorti à se défendre, en disant qu'il était pratique normale que les congresistas fissent appel aux ministres pour demander oeuvres en faveur de ses régions. Le congresista Ramírez a dit même qu'il seulement y avait «fanfarroneado». Mais ce que se remettait en question il était le fait que depuis le gouvernement ils se négociassent ces oeuvres afin de reorientar la votation d'un groupe de congresistas dans le thème de la vacancia présidentielle, ce que viendrait constituer la figure delictiva de trafic d'influences. Peu d'heures après, les fujimoristas ont donné la estocada finale, au diffuser un ensemble d'audios, dans ceux qui il s'écoute au ministre de Transports et Communications, Bruno Giuffra offrir à Mamani oeuvres en échange de son vote pour éviter la vacancia. La presse est ressorti une phrase de Giuffra dans laquelle dit: «compadre, vous savez déjà de quoi il s'agit et ce que vous allez obtenir», presumiblemente en faisant référence aux bénéfices qu'enlèverait Mamani si votait à l'encontre de la vacancia. Jusqu'alors, il se prévoyait que la votation pour remporter la vacancia serait très ajustée et que même PPK pourrait à nouveau sortir élégant aussi bien qu'y avait arrivé dans le premier procès. Mais les Kenjivideos ont déterminé que divers congresistas qu'avaient jusqu'alors manifesté son abstention se plegaran en faveur de la vacancia, et l'ont ainsi fait connaître ouvertement. Il se dit que PPK, au s'apprendre des kenjivideos, ne lui a pas donné beaucoup d'importance et il a dit que Kenji Fujimori était celui qui devait donner les explications à ce sujet. Mais la diffusion de l'audio entre Mamani et Giuffra a été ce que il l'a obligé à présenter son il renonce. Il renonce de Pedro Pablo Kuczynski. Compte tenu du scénario prévisible qui l'attendait dans le débat prévu au Congrès, PPK a choisi de démissionner de la présidence de la République, en envoyant la lettre correspondante au Congrès et en donnant un message télévisé à la Nation. La Junte de Porte-parole du Congrès, si bon a rejeté les termes de la lettre de renonce de PPK, en alléguant que ce ne faisait pas aucune autocrítica et se victimizaba, a accepté la même et il a programmé pour le jour 22 mars, à partir les quatre du soir, un débat dans le Congrès pour évaluer la renonce. Ce débat s'a prolongé jusqu'à lendemain. Bien que un secteur de congresistas de la gauche soutenait qu'il ne se devait pas accepter il la renonce de PPK et que le Congrès devait procéder à la vacancia par incapacité morale, la plupart de congresistas ont envisagé qu'il se devait accepter, pour mettre d'une fois de point final à la crise. Au se faire public le texte préliminaire de la résolution du Congrès, dans celui qui se lui signalait que le président y avait «trahi à la patrie», PPK a annoncé qu'il retirerait sa lettre de renonce si il se maintenait ce calificativo. La Junte de Porte-parole a décidé alors omitir cette expression. Il la renonce il a été acceptée avec 105 votes pour, 12 en contre et 3 abstentions. Instants il s'a après procédé à la juramentación du premier vice-président Martín Vizcarra, aussi bien que nouveau président constitutionnel de la République. Bientôt après, le flamante gouvernement a annoncé que son premier ministre serait César Villanueva, le même qu'y avait été le principal impulsor de la seconde demandée de vacancia présidentielle contre PPK. Gouvernement de Martín Vizcarra. Scandale par les CNM Audios. Le 7 juillet 2018 le portal IDL-Reporteros dominé par le journaliste Gustavo Gorriti a diffusé une série d'audios à travers le programme journalistique "Panorama". Se destapó ainsi un grave scandale de corruption dénommé CNM Audios ou marie Cour et Corruption. Il s'agit de tu écoutes théléphoniques dans lesquels se révèlent des supposés actes de corruption et trafic d'influences qu'ils impliquaient directement à des juges et des membres du Conseil National de la Magistratura (CNM). En les audios il s'écoute à César José Hinostroza Pariachi (juge suprême), à Iván Noguera Ramos (conseiller), à Juillet Gutiérrez (conseiller) et à Walter Rivières (président de la Cour Supérieure du Callao), en négociant et en utilisant son influence personnelle en des milieux de gouvernement, à travers des connexions avec des personnes, et afin d'obtenir faveurs et traitement preferencial. Ces polémiques audios avaient été filtrés par les journalistes d'une recherche approuvée par le procureur Rocío Sánchez Saavedra pour intercepter les appels théléphoniques de nombres incautados par la police à une organisation criminelle consacrée au trafic de drogues, qu'opérait dans le port du Callao. Ces nombres théléphoniques appartenaient aux avocats de dite organisation que se contactaient avec les autorités judiciaires, et il est allé ainsi, de cette façon accidentelle, aussi bien que se destapó le scandale qui a porté à la crise à tout le système judiciaire du le Pérou. Le 11 juillet 2018, le président Vizcarra a annoncé la création d'une commission pour réformer le Pouvoir Judiciaire (présidée par Allan Wagner Tizón) et ce même jour le Président de la Cour Suprême de Justice Duberlí Rodríguez annonce une crise dans le système judiciaire. D'ailleurs, le procureur suprême de Contrôle Interne, Víctor Raúl Rodríguez Monteza, a donné un terme de trois jours à IDL-Reporteros et au programme "Panorama" pour livrer les audios et ses sources. Pourtant, ceci ne s'a pas concrétisé en raison de que tu les écoutes théléphoniques contenues en ces audios s'étaient donné de façon légale, et parce que les journalistes ils ne sont pas obligés à révéler ses sources par son droit à la confidentialité. Dans les jours suivants s'ont faits connaître plus audios qu'impliquaient à des personnages de tous les milieux, ne seulement de la politique. Le 13 juillet 2018, le Ministre de la justice et Droits Humains du le Pérou Salvador Heresi a présenté sa lettre de renonce en raison de que en un de ces audios se lui écoute en discutant avec le controversé juge César Hinostroza. Dans son remplacement a été nommé l'avocat et congresista Vicente Zeballos Salinas, qu'y avait été membre de la bancada parlementaire de PPK. Devant la crise institutionnelle dans le Pouvoir Judiciaire, Duberlí Rodríguez a renoncé à la présidence de la Cour Suprême de Justice le 19 juillet du 2018. Il A au lendemain été désigné pour présider la Première Salle de Droit Constitutionnel et Social Transitoire de la Cour Suprême de Justice de la République. Le 20 juillet 2018, à la suite de la renonce du président de la Cour Suprême Duberlí Rodríguez à la suite du scandale de CNM Audios, Francisco Távara Córdova, dans sa qualité de vocale suprême doyen, a assumé temporairement la présidence de ladite institution. Affrontements autour de l'affaire du juge Hinostroza. Il a eu aussi des frôlements entre le gouvernement et le Législatif, par le sujet du juge Hinostroza et le procureur Chávarry. Les voceros du gouvernement, ainsi que les autres bancadas du Congrès, ont accusé à la bancada fujimorista de «blindar» à Hinostroza, en raison de que ne rendaient agile pas sa destitution et déclaration d'inhabilité comme juge suprême, quelque chose que l'opinion publique poursuivait. Il A aussi eu l'impression de que le procureur de la Nation Pedro Chávarry il recevait le je protège du fujimorismo dans le Congrès. Le thème de Hinostroza est passé par la Commission Permanente du Congrès, où, si bon a eu votation favorable pour sa destitution et déclaration d'inhabilité par dix ans, n'est pas arrivé le même dans la votation pour le dénoncer aussi bien que cabecilla d'une organisation criminelle. Les 18 congresistas fujimoristas membres de la Commission (que constituaient une plupart face au reste de 8 congresistas membres d'autres forces politiques) ont voté en contre et selon quelques analystes a été une façon de «blindar» au juge pour que ne répondît pas devant le Ministère public. Le prétendu «blindaje» au juge Hinostroza a causé indignation dans la citoyenneté et les congresistas fujimoristas ont été blanc des critiques. Il a eu pression pour qu'ils se rectifiassent dans la votation à se réaliser dans la session plénière du Congrès. Effectivement, le 5 octobre 2018, le Congrès en session plénière, après d'écouter la défense du même Hinostroza, a approuvé le destituer et inhabilitarlo de toute fonction publique par 10 ans, ainsi que l'accuser de quatre délits: patronage illégal, trafic d'influences, négociation incompatible et appartenance à une organisation criminelle. La votation a été unanime. Aussi les membres du CNM ont été destitués et accusés de diverse charges, bien que ne le d'appartenir à une organisation criminelle. En ce qui concerne le procureur Chávarry, continua à se crocher à sa charge de Procureur de la Nation, en alléguant que le Ministère Public était un organisme autonome; même, en étant critiqué par le même président Vizcarra, lui a menacé avec le rechercher et faire étudier les 46 dénonciations qu'il avait (43 d'elles lorsqu'il a été gouverneur de Moquegua). Le congresista oficialista Juan Sheput a présenté devant au Commission d'Accusations Constitutionnelles du Congrès un rapport contre le procureur Chávarry, en recommandant sa destitution et déclaration d'inhabilité par dix ans. Le rapport a été rejeté par une plupart conformée par fujimoristas et apristas. Cette décision était justifiée au motif que le rapport présentait des lacunes. Il S'a aussi rejeté un demandé pour suspendre et inhabilitar au congresista fujimorista Héctor Becerril, impliqué en quelques audios. La fuite de César Hinostroza et la DIGIMIN. Le destitué juge Hinostroza, auquel lui pesait un mandat d'empêchement de sortie du pays depuis le 13 juillet par les supposés délits de cohecho passif et cohecho actif, par un terme de quatre mois. Il sortirait du pays de façon illégale, en violant la loi et en sortant de façon clandestine par le nord du pays, le 7 octobre en des heures du matin. Dix jours après (17 octobre), l'information il se connaîtrait publiquement, après ce que le ministre de l'Intérieur Mauro Médine, présenterait son il renonce, après être signalé par la classe politique aussi bien qu'un des responsables de la fuite du sindicado cabecilla de l'organisation «Los Cuellos Blancos». il au lendemain arriverait la remoción de José Abanto de la Oficialía Majeure, par le retard dans l'envoi au Ministère public du dossier accusatoire contre le juge César Hinostroza, designandose à Gianmarco Paix Mendoza dans son remplacement. Le responsable direct d'enlever la surveillance et le suivi des camáras du destitué juge, le chef de recherche de la Direction Générale d'Intelligence du Ministère de l'Intérieur (DIGIMIN), le colonel PNP Martín Gonzales Sánchez allies "Lapin", il n'a pas été brassé de la charge et il a demeuré en il pendant des gouvernements subsecuentes, compris le de le président Francisco Sagasti. En fait, et de façon incompréhensible, se lui a seulement sanctionné par une infraction légère qu'a prescrit dans le même moment dans laquelle s'a signé. Trois ans après, le jour 28 février de l'an 2021, le programme journalistique de recherche "Panorama" il a révélé que, le jour de la fuite de Hinostroza, est a été escorté dans son parcours via terrestre à Tumbes (lorsque déjà la DIGIMIN y avait retiré la surveillance inexplicablement) par une autre automobile, qui selon un témoin accueilli à la collaboration efficace était conduit par le police et membre de la DIGIMIN Manuel "Max" Arellanos, qui était chargé du suivi et de la surveillance des personnes impliquées dans l'affaire "Cuellos Blancos". Il s'a confirmé quelques semaines avant de l'émission du reportage que, pendant des débuts de l'an 2018 et peu de semaines avant de la diffusion du premier des CNM Audios par part de IDL-Reporteros, le président de l'époque, Vizcarra, avait rencontré clandestinement dans son appartement de San Isidro les procureurs chargés de l'affaire et le policier Arellanos susmentionné. Ollanta Humala et son épouse sont emprisonnés pour blanchiment d'argent et libérés le 30 avril 2018. Entre-temps, Kuczynski démissionne pour scandale de corruption. Il est remplacé par Martín Vizcarra le 23 mars 2018, puis Manuel Merino du 10 au 15 octobre 2020, puis Francisco Sagasti du 17 novembre 2020 au 28 juillet 2021, puis Pedro Castillo. |
Howard Carter Howard Carter, né à Londres le et mort dans la même ville le , est un archéologue et égyptologue britannique. Il est principalement connu pour avoir découvert en 1922 la tombe de Toutânkhamon, pharaon de la (Nouvel Empire). Biographie. Né à Kensington, Howard Carter est le fils de Samuel John Carter, un peintre animalier et paysagiste dont il hérite des talents de dessinateur et d'aquarelliste, et de Martha Joyce (née Sands) Carter. Il passe son enfance dans le bourg de Swaffham. D'une santé fragile, il est contraint d'y suivre ses cours à domicile dans la maison de campagne de "Sporle Role Cottage" mais accompagne parfois son père. C'est au cours d'une séance de peinture de son père dans la maison de campagne de Lord Amherst of Hackney, collectionneur d'antiquités égyptiennes, que naît sa vocation d'égyptologue. Il a dix-sept ans lorsqu'il est présenté à Percy Edward Newberry, un égyptologue de la Société d'exploration de l'Égypte, créée par Amelia Edwards, qui l'engage pour recopier à l'aquarelle les fresques des tombes de Beni Hassan. Premières fouilles. Howard Carter continue avec le temple funéraire de à Deir el-Bahari où il découvre une superbe statue blanche du pharaon portant la couronne rouge de Basse-Égypte après que son cheval a mis les jambes accidentellement dans une cavité souterraine annexe du temple. Le jeune homme britannique est aussitôt charmé par l'Égypte et il se passionne pour les fouilles. Continuant de reproduire sur papier les divers bas-reliefs et inscriptions, il travaille bientôt aux côtés de Flinders Petrie à Amarna, mais, étant peu estimé par cet archéologue réputé pour son caractère trempé, il est rapidement remercié en 1893. Il revient ensuite à Deir el-Bahari, y travaille de 1894 à 1899 aux côtés d'Henri Édouard Naville afin notamment de reproduire les bas-reliefs du temple d'Amon, érigé par Hatchepsout. Il rencontre le directeur du service des Antiquités égyptiennes Gaston Maspero, lequel semble l'apprécier. En 1900, Maspero l'y nomme inspecteur général des monuments en Haute-Égypte. En 1902, il entame les fouilles de la vallée des Rois pour le compte de Theodore Monroe Davis, découvre les tombes pillées de la reine Hatchepsout et du pharaon . Début 1905, un groupe de Français fortunés pénètre de force dans le Sérapéum et, ne voyant rien à cause de l'obscurité des lieux, réclame aux gardiens du site qu'on lui rembourse ses billets d'entrée. Carter prend fait et cause pour les gardiens et oppose un refus justifié, mais la discussion se transforme en bagarre. Les visiteurs portent plainte. Carter refusant de s'excuser, le consul général britannique Lord Cromer le contraint à démissionner du Service des Antiquités. Il reste dans la région où il vit en vendant ses aquarelles aux touristes européens et son expertise auprès des marchands d'antiquités. Lord Carnarvon, richissime mécène féru d'archéologie, fouille depuis deux ans en amateur, sans grand succès, la vallée des Rois. Souffrant de la poitrine à la suite d'un accident de voiture et devant éviter le climat humide hivernal du Royaume-Uni, il désire s'adjoindre les conseils d'un véritable homme de terrain. Carter qui travaille en Égypte depuis 1892, tantôt au service des fouilles étrangères, tantôt comme aquarelliste vendant ses œuvres aux touristes amateurs de jolis souvenirs, se fait engager en 1907 par Lord Carnarvon. C'est Maspero, qui regrette d'avoir dû se séparer du jeune homme, qui le présente à l'aristocrate britannique. Les deux Britanniques explorent la nécropole thébaine, sans résultat significatif. À partir de 1912, ils travaillent dans le delta du Nil, qu'ils doivent abandonner après une invasion de cobras. En 1915, ils reprennent la concession arrivée à expiration de Theodore Monroe Davis, qui est persuadé que la vallée des Rois avait livré tous ses secrets. Après que l'équipe a exhumé des jarres et des sceaux au nom de Toutânkhamon, Carter recherche sa tombe perdue depuis 1917, près du soubassement rocheux de la vallée, où il suppose qu'elle se trouve. En 1922, les maigres découvertes alourdissant les dépenses que doit supporter lord Carnarvon, celui-ci annonce son intention d'arrêter. Carter demande de poursuivre une année de plus ; il affirme qu'il assumera le coût de cette année supplémentaire. Lord Carnarvon accepte de repartir pour un an, et consent à financer cette dernière campagne. La découverte du tombeau de Toutânkhamon. Ses recherches au bas de la vallée restant infructueuses, Howard Carter s'intéresse à un périmètre dont il constate que nul ne l'a jamais prospecté car étant situé près de l'entrée du tombeau de , lieu très prisé par les touristes. En bloquer l'accès aurait pu provoquer des protestations, mais Carter, jouant le tout pour le tout, décide d'y installer son chantier pour ce qui sera sa dernière tentative. Le , les fouilles commencent et Carter découvre rapidement les fondations de cabanes d'ouvriers ayant œuvré au creusement de la tombe de . L'archéologue acquiert alors la certitude que cet endroit de la vallée est entièrement vierge de fouilles modernes. Lord Carnarvon est au Royaume-Uni, lorsque, le à l'aube, on dégage une marche, puis d'autres. Le soir, Carter se tient devant une porte, portant le sceau de la nécropole royale annonçant qu'il se trouve devant la tombe d'un grand personnage. L'ouverture de cette porte est effectuée le , donnant accès à un couloir de de long creusé dans la roche et rempli de gravats. Howard Carter constate plusieurs traces de passage, ce qui lui fait croire que la tombe a elle aussi été pillée. Cette tombe est la à être découverte dans la vallée des Rois. La véritable ouverture de la tombe a lieu officiellement le . Carter a invité, pour y assister, plusieurs personnes dont la reine Élisabeth de Belgique et son fils, le futur , en compagnie de l'égyptologue Jean Capart. Tous sont sous le choc. La pièce qui se révèle à eux regorge d'un nombre inimaginable d'objets. Il y a là des conserves funéraires, des bouquets de fleurs, un trône doré, des grands lits en forme d'animaux, des chars démontés, des vases en albâtre. Cette première salle, dont les murs sont recouverts de plâtre blanc, mesure environ huit mètres de long sur de large. Derniers travaux. Bon nombre de personnes viennent voir de leur propres yeux les merveilles de la découverte d'Howard Carter. Tous les journalistes sont en permanence aux abords de la tombe de Toutânkhamon ainsi qu'une foule de badauds. Howard Carter se retire de ses fonctions, cherchant à fuir la marée de curieux que sa découverte avait suscitée. En 1923, il effectue de nombreux entretiens, notamment aux États-Unis où une véritable "égyptomania", un engouement très fort pour l'égyptologie, était née grâce à sa découverte. Il y est vu comme une véritable vedette. Fin de vie. Les journalistes sur place font naître la légende de la malédiction du pharaon : en 1923, Carnarvon meurt, victime d'une septicémie due à une blessure faite en se rasant sur une piqûre de moustique ; de nombreux savants, déjà âgés au moment de la découverte, meurent par la suite. Pourtant, Howard Carter qui fut le premier à pénétrer dans la tombe, ne s'éteignit qu'en 1939, d'un lymphome de Hodgkin, à l'âge de soixante-quatre ans, soit dix-sept ans après la découverte du tombeau de Toutânkhamon. Évocation. La série "Tutankhamun" évoque les recherches et le travail d'Howard Carter alors qu'il explore la vallée des Rois dans le but d'y retrouver la tombe du pharaon Toutânkhamon. Le roman "L'affaire Toutânkhamon" de Christian Jacq, publié en 1992. Il raconte la rencontre entre Lord Carnarvon et Howard Carter et la découverte du tombeau oublié de Toutânkhamon. |
Hâpy Hâpy - à ne pas confondre avec Hâpi, génie à tête de singe de la mythologie égyptienne - est la personnification divine du Nil dans la mythologie égyptienne. Davantage qu'une simple allégorie du fleuve, Hâpy personnifie plus spécifiquement les phénomènes naturels qui lui sont (ou étaient, avant la construction du haut barrage d'Assouan) associés : la crue en pleine saison sèche et la fertilisation annuelle des sols, auxquelles les Égyptiens ne pouvaient attribuer d'explication rationnelle. Hâpy était représenté sous les traits d'un personnage aux formes androgynes. Si son corps est masculin, il n'en a pas moins deux mamelles qui assurent la prospérité aux Égyptiens. Son ventre est proéminent et gras, et il porte sur la tête un panache de plantes du Nil. Il est souvent représenté sous la forme duale de jumeaux, l'un portant sur la tête des tiges de papyrus (symbole de la Basse-Égypte) et l'autre portant un nénuphar (type de lotus symbole de la Haute-Égypte). Il pouvait aussi être représenté avec une tête d'hippopotame, toujours sous sa forme hermaphrodite. Selon la légende, Hâpy vivait dans deux endroits cachés. Le premier se situait sous la première cataracte du Nil, près d'Éléphantine. De là, il versait le contenu de deux jarres pour faire monter les eaux de Haute-Égypte. L'autre lieu était situé en Basse-Égypte près de Memphis, et servait à approvisionner le delta en eau féconde. Les Égyptiens attribuaient à Hâpy la force vitale du Nil qui provenait en fait du limon noir qu'il transporte et qui fertilisait les rives du fleuve et apportait sa richesse à l'Égypte. Il est également, par extension, le symbole de la prospérité et de la fécondité. Chaque année, le Nil débordait de son lit pour fertiliser les rives asséchées par le climat aride de l'Égypte. Le limon qu'il transportait rendait possible leur culture. Symbole de ces crues annuelles, Hâpy, avait un rôle prépondérant dans la vie des Égyptiens de l'antiquité : du niveau de ces crues dépendait la survie de ce peuple, qui était aussi bien touché par des crues trop faibles (qui ne permettaient pas l'irrigation des cultures) que par des débordements excessifs qui provoquaient des inondations. Pour s'attirer les bonnes grâces du dieu fleuve, les Égyptiens lui donnaient de grandes quantités d'offrandes. Sur le mur des temples, on le trouve représenté devant des tables d'offrandes, couvertes de produits provenant des différents nomes d'Égypte. Dans ces représentations, il porte sur la tête le symbole de la région correspondante. Lors de sa fête annuelle, le droit de chasser et de manger la chair des hippopotames était accordé au peuple d'Égypte, privilège des prêtres de ses temples le reste de l'année, permettant ainsi de réguler leur population. Simple composition littéraire ou chant liturgique dédié à Hâpy, l'hymne au Nil est un éloge de la nature, qui faisait partie des œuvres enseignées aux élèves scribes. |
Hapi |
Hâpi Hâpi est une divinité protectrice des poumons des morts. Elle est représentée avec une tête de babouin. Elle est l'un des quatre génies funéraires anthropomorphes appelés "les enfants d'Horus". Ils avaient pour mission de garder les viscères du corps du défunt. À partir de la fin de la , les bouchons des vases canopes sont modelés à l'image des divinités qui les gardent. Le vase canope, qui renferme les poumons protégés par Hâpi, possède un couvercle qui représente une tête de babouin. Pour que le pouvoir s'accomplisse et qu'il protège les organes momifiés, ce génie doit être associé à une déesse et à un point cardinal. Pour Hâpi c'est la déesse Nephtys et le nord. La divinité était parfois représentée sous l'aspect d'une momie ou encore en train de marcher. Les quatre enfants d'Horus représentés sur les vases canopes : |
Hapy Hapy se réfère à |
Hexagone Un hexagone, du grec et , est un polygone à six sommets et six côtés. Un hexagone peut être régulier ou irrégulier. Un hexagone régulier est un hexagone convexe dont les six côtés ont tous la même longueur. Les angles internes d'un hexagone régulier sont tous de 120°. Comme les carrés et les triangles équilatéraux, les hexagones réguliers permettent un pavage régulier du plan. Les pavages carrés et hexagonaux sont notamment utilisés pour réaliser des dallages. Parmi tous les pavages du plan, le pavage hexagonal (régulier) est celui dont la longueur totale des côtés est le plus petit. Cette propriété est à l'origine, dans la nature, de nombreuses dispositions (planes ou en section plane) comme les alvéoles d'abeilles ou la des orgues basaltiques et des sols polygonaux. Hexagone régulier. Un hexagone régulier est un hexagone convexe inscrit dans un cercle et dont tous les côtés ont la même longueur (et les angles la même mesure). Propriétés générales. Relations métriques dans l'hexagone régulier. L'hexagone régulier peut se décomposer en six triangles équilatéraux, ce qui lui confère les propriétés suivantes. Considérons les dimensions caractéristiques suivantes de l'hexagone régulier : Nous avons ainsi les relations suivantes : Calcul de l'aire. L'aire d'un hexagone régulier de côté est L'aire d'un hexagone régulier dont le cercle inscrit a pour rayon est Construction d'un hexagone régulier. Un hexagone régulier est constructible car il vérifie le théorème de Gauss-Wantzel : 6 est le produit de 2 (en effet, 2 est puissance de 2) et de 3 (3 est un nombre de Fermat). Il est possible de construire un hexagone régulier avec un compas et une règle, en suivant la méthode des "Éléments" d'Euclide, qui consiste à construire 6 triangles équilatéraux : Symétrie. Un hexagone possède six axes de symétrie : trois axes de symétrie passant par les sommets opposés et le centre, trois axes de symétrie passant par les points milieux des côtés opposés et le centre. Pavages. L'hexagone régulier permet de créer un pavage périodique. Hexagone irrégulier. Tout hexagone qui n'est pas un hexagone régulier est dit irrégulier. Ce type d’hexagone peut prendre les formes suivantes : L’hexagramme de Pascal. Un hexagramme de Pascal est un hexagone irrégulier très particulier. Il est tel que les côtés opposés se coupent en trois points alignés. Cette configuration, inventée par Blaise Pascal, est très utile pour l'étude des ellipses, hyperboles, paraboles, cercles. |
Henry James Henry James, né le à New York et mort le à Chelsea, est un écrivain américain, naturalisé britannique le . Figure majeure du réalisme littéraire du , Henry James est considéré comme un maître de la nouvelle et du roman pour le grand raffinement de son écriture. On le connaît surtout pour une série de romans importants dans lesquels il décrit la rencontre de l'Amérique avec l'Europe. Ses intrigues traitent de relations personnelles et de l'exercice du pouvoir qu'elles impliquent, ainsi que d'autres questions morales. En adoptant le point de vue d'un personnage central de l'histoire, il explore les phénomènes de conscience et de perception. Le style de ses œuvres tardives l'a fait comparer à un peintre impressionniste. Henry James voulait convaincre les écrivains britanniques et américains de présenter leur vision du monde avec la même liberté que les auteurs français. Son usage imaginatif du point de vue narratif, du monologue intérieur et du narrateur mensonger dans ses propres nouvelles et romans apporta une nouvelle profondeur et un regain d'intérêt à la fiction réaliste, et préfigure les œuvres modernes du . Outre son imposante œuvre de fiction, cet auteur prolifique produisit également de nombreux articles, des livres de voyage, de biographie, d'autobiographie et de critique littéraire, mais aussi des pièces de théâtre, dont certaines furent montées de son vivant avec un succès relatif. Son œuvre dramatique aurait profondément influencé ses dernières productions littéraires. Biographie. Fils de Henry James Sr., l'un des intellectuels les plus célèbres du pays au milieu du et Mary Robertson Walsh, Henry est le second des cinq enfants (William, né en 1842, Garth Wilkinson, né en 1845, Robertson, né en 1846, et Alice née en 1848). La fortune acquise par son grand-père, émigré irlandais arrivé aux États-Unis en 1789, a mis la famille à l'abri des servitudes de la vie quotidienne. Son frère aîné, William James, deviendra professeur à Harvard et se fera connaître pour sa philosophie pragmatiste. Malgré des liens solides, la rivalité entre les deux frères créa toujours des conflits latents. Dans sa jeunesse, James voyage en permanence entre l'Europe et l'Amérique, éduqué par des tuteurs à Genève, Londres, Paris, Bologne et Bonn. Dès l'enfance, il lit les classiques des littératures anglaise, américaine, française et allemande mais aussi les traductions des classiques russes. Après un séjour de cinq ans en Europe, la famille s'établit, en 1860, en Nouvelle-Angleterre où elle demeura pendant la guerre civile. À l'âge de , il est brièvement inscrit à la faculté de droit de Harvard, rapidement abandonnée face au désir d'être « tout simplement littéraire ». En 1863, il publie anonymement sa première nouvelle, "Une tragédie de l'erreur" ("A Tragedy of Errors"), ainsi que des comptes rendus critiques destinés à des revues. "L'Histoire d'une année" ("The Story of a Year"), sa première nouvelle signée, paraît dans le numéro de mars 1865 de l"'Atlantic Monthly". De février 1869 au printemps 1870, Henry James voyage en Europe, d'abord en Angleterre, puis en France, en Suisse et en Italie. De retour à Cambridge, il publie son premier roman, "Le Regard aux aguets", écrit entre Venise et Paris. De mai 1872 à mars 1874, il accompagne sa sœur Alice et sa tante en Europe où il écrit des comptes rendus de voyage pour "The Nation". Il commence à Rome l'écriture de son deuxième roman "Roderick Hudson", publié à partir de janvier 1875 dans l’"Atlantic Monthly", qui inaugure le thème « international » de la confrontation des cultures d'une Europe raffinée et souvent amorale, et d'une Amérique plus fruste, mais plus droite. À cette époque, il aborde aussi le genre fantastique avec la nouvelle "Le Dernier des Valerii" (1874), inspirée de Mérimée, avant de trouver sa voie propre dans les histoires de fantômes ("Ghost Tales"), où il excelle, comme le prouve notamment "Le Tour d'écrou" (1898). Après quelques mois à New York, il s'embarque à nouveau pour l'Europe le . Après un séjour à Paris, où il se lie d'amitié avec Tourgueniev et rencontre Flaubert, Zola, Maupassant et Alphonse Daudet, il s'installe, en juillet 1876, à Londres. Les cinq années qu'il y passe seront fécondes : outre de nombreuses nouvelles, il publie "L'Américain", "Les Européens", un essai sur les poètes et romanciers français "French Poets and Novelists", etc. "Daisy Miller" lui vaut la renommée des deux côtés de l'Atlantique. Après "Washington Square", "Portrait de femme" est souvent considéré comme une conclusion magistrale de la première manière de l'écrivain. Sa mère meurt en janvier 1882, alors que James séjourne à Washington. Il revient à Londres en mai et effectue un voyage en France (d'où naîtra, sous le titre "A Little Tour in France", un petit guide qui servira à plusieurs générations de voyageurs dans les régions de la Loire et du Midi). Il rentre de façon précipitée aux États-Unis où son père meurt le 18 décembre, avant son arrivée. Il revient à Londres au printemps 1883. L'année suivante, sa sœur Alice, très névrosée, le rejoint à Londres où elle mourra le . En 1886, il publie deux romans, "Les Bostoniennes" et "La Princesse Casamassima", qui associent à des thèmes politiques et sociaux (féminisme et anarchisme) la recherche d'une identité personnelle. Suivent deux courts romans en 1887, "Reverberator" et "Les Papiers d'Aspern", puis "La Muse tragique" en 1890. Bien qu'il soit devenu un auteur au talent reconnu, les revenus de ses livres restent modestes. Dans l'espoir d'un succès plus important, il décide alors de se consacrer au théâtre. En 1891, une version dramatique de "L'Américain" rencontre un petit succès en province, mais reçoit un accueil plus mitigé à Londres. Il écrira ensuite plusieurs pièces qui ne seront pas montées. En 1895, la première de "Guy Domville" finit dans la confusion et sous les huées. Après cet échec, il revient au roman, mais en y appliquant peu à peu les nouvelles compétences techniques acquises au cours de sa courte carrière dramatique. En 1897, il publie "Les Dépouilles de Poynton" et "Ce que savait Maisie". Puis, entre 1902 et 1904, viennent les derniers grands romans : "Les Ailes de la colombe", "Les Ambassadeurs" et "La Coupe d'or". En 1903, James a soixante ans et un « mal du pays passionné » l'envahit. Le , il débarque à New York, pour la première fois depuis vingt ans. Il quitte les États-Unis le , après avoir donné de nombreuses conférences à travers tout le pays. Ses impressions seront réunies dans un essai intitulé "La Scène américaine" ("The American Scene"). Avant son retour en Angleterre, il met au point, avec les Éditions Scribner, le projet d'une édition définitive de ses écrits, "The Novels and Tales of Henry James, New York Edition", qui comportera, à terme, vingt-six volumes. Entre 1906 et 1909, il travaille à l'établissement des textes, n'hésitant pas à apporter des corrections significatives à ses œuvres les plus anciennes, et rédige dix-huit préfaces qui donnent des vues pénétrantes sur la genèse de ses œuvres et ses théories littéraires. Le manque de succès de cette entreprise l'affecte durablement. Son portrait par John Singer Sargent a été commandé pour célébrer le soixante-dixième anniversaire de James par un groupe de 269 abonnés. Finalement, l'artiste, un compatriote américain et ami, a renoncé à ses honoraires. Une fois terminé, James a déclaré que le portrait était «une ressemblance vivante et un chef-d'œuvre de la peinture». Il a presque rendu son dernier soupir avant que la plupart des gens aient eu la chance de le voir par eux-mêmes. Lorsque le portrait a été présenté à l'exposition de la Royal Academy en mai 1914, une suffragette nommée Mary Wood a coupé la toile trois fois avec un couperet à viande, frappant trois fois la zone autour de l'œil droit de James avant qu'elle ne soit appréhendée. En 1915, déçu par la neutralité initiale des États-Unis face à la Première Guerre mondiale qui fait rage sur le continent, il demande et obtient la nationalité britannique. Il a une attaque cérébrale le 2 décembre, suivie d'une seconde le 13. Il reçoit l'ordre du Mérite le jour de l'an 1916, et meurt le 28 février. Carrière littéraire. Henry James nourrit très tôt l'ambition d'une carrière d'homme de lettres. Son premier écrit publié est la critique d'une interprétation, qui reflète son intérêt de toujours pour l'art de l'acteur. Dès l'enfance, il lit, critique et apprend des classiques des littératures anglaise, américaine, française et allemande, mais aussi les traductions des classiques russes. Jusqu'à ses , James vit de son écriture, principalement par ses contributions dans des mensuels illustrés anglais et américains, mais après la mort de sa sœur, en 1892, ses royalties s'ajoutent à un modeste revenu provenant des propriétés familiales de Syracuse. Ses romans paraissent en épisodes avant l'édition en livre. Il écrit avec une régularité qui empêche les révisions ultérieures. Pour augmenter ses revenus, il est aussi très souvent publié pour les journaux, écrivant jusqu'à sa mort dans des genres très variés sur différents supports. Dans ses critiques de fiction, de théâtre et de peinture, il développe l'idée de l'unité des arts. Il aura écrit deux longues biographies, deux volumes de mémoire sur son enfance et un long fragment d'autobiographie ; 22 romans, dont deux inachevés à sa mort, 112 contes et nouvelles de diverses longueurs, quinze pièces de théâtre, et des dizaines d'essais à thème ou autres récits de voyages. Ses biographies et les critiques littéraires permettent de citer Ibsen, Hawthorne, Balzac, et Tourgueniev comme ses influences majeures. Il révisa ses grands romans et de nombreux contes et nouvelles pour l'édition d'anthologie de son œuvre de fiction, dont les vingt-trois volumes constituent son autobiographie artistique qu'il appela « The New York Edition » pour réaffirmer les liens qui l'ont toujours uni à sa ville natale. Dans son essai "The Art of Fiction", ainsi qu'en préface de chaque volume de "The New York Edition", l'écrivain explique sa vision de l'art de la fiction, en insistant sur l'importance de personnages et descriptions réalistes à travers les yeux et la pensée d'un narrateur impliqué dans le récit. À différents moments de sa carrière, Henry James écrivit des pièces de théâtre, en commençant par des pièces en un acte pour des magazines, entre 1869 et 1871, et l'adaptation dramatique de sa fameuse nouvelle "Daisy Miller" en 1882. De 1890 à 1892, il se consacre à réussir sur la scène londonienne, écrivant six pièces, dont seule l'adaptation de son roman "L'Américain" sera produite. Celle-ci fut représentée plusieurs années de suite par une compagnie de répertoire et avec succès à Londres, sans toutefois s'avérer très lucrative pour son auteur. Ses autres pièces ne seront pas produites. Aussi cesse-t-il, après la mort de sa sœur Alice en 1892, de se consacrer au théâtre. Voulant améliorer ses revenus, il constate l'échec de son entreprise. Pourtant, en 1893, il répond à la demande de l'acteur-impresario George Alexander qui lui commande une pièce sérieuse pour la réouverture après rénovation du St. James's Theatre. Henry James écrit alors le drame "Guy Domville" que produit donc George Alexander. Le soir de la première, le , s'achève sous les sifflets du public. L'auteur s'en montre affecté, mais l'incident ne se répètera pas : les critiques sont bonnes et la pièce est jouée pendant cinq semaines avant d'être remplacée par "L'Importance d'être Constant" d'Oscar Wilde, pour laquelle George Alexander prévoit de meilleurs lendemains pour la saison à venir. Henry James ne voulait plus écrire pour le théâtre. Mais les semaines suivantes, il accepte d'écrire un lever de rideau pour Ellen Terry. Ce sera la pièce en un acte "Summersoft", qu'il adaptera ensuite en nouvelle, intitulée "Covering End", avant d'en faire une version longue pour la scène, "The High Bid", brièvement produit à Londres en 1907. Revenant à l'écriture dramatique, il écrit alors trois nouvelles pièces. Deux d'entre elles étaient en production au moment de la mort d'Édouard VII le plongeant Londres dans le deuil, entraîna la fermeture des théâtres. Découragé par une santé défaillante et le stress du travail théâtral, Henry James ne renouvela pas ses efforts, mais recycla ses pièces en romans à succès. "Le Tollé" fut un best-seller à sa publication américaine en 1911. À l'époque de son implication théâtrale, de 1890 à 1893, il exerça également la fonction de critique et aida Elizabeth Robins et d'autres à traduire et monter Henrik Ibsen pour la première fois sur une scène londonienne. Vie personnelle et sentimentale. Henry James ne s'est jamais marié. Installé à Londres, il se présentait comme un célibataire endurci et rejetait régulièrement toute suggestion de mariage. Après sa mort, des critiques s’interrogèrent sur les raisons de son célibat. Dans ses écrits sur la famille James, F. W. Dupee émit l’hypothèse qu’il était amoureux de sa cousine Mary (« Minnie ») Temple, mais qu'une peur névrotique de la sexualité l’aurait empêché d'admettre ses sentiments : « Les problèmes de santé d'Henry James [...] étaient les symptômes de la peur ou du dégoût que lui inspirait l'acte sexuel. » Dupee s’appuie sur un passage des mémoires de l'écrivain, "A Small Boy and Others", dans lequel celui-ci rapporte un cauchemar qui avait suivi une visite au Louvre, où il avait pu voir des tableaux à la gloire de Napoléon. Il donne ce rêve en exemple de l’idée romantique que James se faisait de l’Europe, pur univers de fantaisie napoléonienne où il alla chercher refuge. Une telle analyse semblait donner raison aux critiques littéraires, tels que Van Wyck Brooks et Vernon Parrington ; ils avaient à l’époque condamné la façon dont Henry James avait quitté les États-Unis, et critiqué son œuvre qu'ils jugeaient celle d’un déraciné efféminé. Leon Edel fit de cette névrose les prémisses d’une remarquable biographie qui fit longtemps autorité. Mais Dupee n’avait pas eu accès aux archives de la famille James, ayant consulté principalement les Mémoires de son frère aîné et l’édition d’une partie de sa correspondance due à Percy Lubbock, qui rassemblait en majorité des lettres datant de la fin de sa vie. C’est peut-être pour cette raison que le portrait de Dupee montre un Henry James passant directement de l’enfance auprès de son frère aîné aux problèmes de santé de l’âge mûr. Au fur et à mesure de la mise au jour des archives, dont les journaux intimes de contemporains et des centaines de lettres sentimentales et, parfois, érotiques, écrites par James à des hommes plus jeunes que lui, la figure du célibataire névrosé laisse la place à celle de l'homosexuel honteux. Comme le déclara l'auteur Terry Eagleton : «… les critiques homosexuels débattent pour savoir à quel point était réprimée sa (probable) homosexualité… » Les lettres de Henry James au sculpteur expatrié Hendrik Christian Andersen ont fait l'objet d'une attention particulière. James rencontre le jeune artiste de à Rome en 1899, alors que lui-même a , et il lui écrit des lettres particulièrement enflammées : Dans une lettre du à son frère William, il se définit comme « ton Henry toujours célibataire sans espoir bien que sexagénaire. » La vérité de cette assertion a fait l'objet de controverses parmi les biographes de l'auteur, mais les lettres à Andersen sont parfois quasi érotiques : « Laisse-moi placer, mon cher garçon, mon bras autour de toi, que tu ressentes la pulsation de notre brillant avenir et de ton admirable don. » James écrit à son ami homosexuel Howard Overing Sturgis : « Je répète, sans secret, que j'aurais pu vivre avec toi. Au lieu de quoi je ne peux qu'essayer de vivre sans toi », et ce n'est que dans les lettres à de jeunes hommes que James se déclare leur « amant ». Une grande partie de ses amis proches sont homosexuels ou bisexuels. Après une longue visite à Howard Sturgis, il évoque leur « joyeux petit congrès de deux ». Dans sa correspondance avec Hugh Walpole, il joue sur les mots à propos de leur relation, se voyant lui-même comme un « éléphant » qui « te tripote, de tellement bonne grâce » et enchaîne à propos de « la vieille trompe expressive » de son ami. Ses lettres, discrètement reproduites, à Walter Berry ont longtemps été appréciées pour leur érotisme légèrement voilé. Cependant la reproduction de lettres ne prouve et ne modifie en rien la personnalité de l'auteur en quête de sentiments élevés et de justice ayant tout le long de ses romans un véritable sens de l'éthique ; on lui pardonnera ainsi la poésie voluptueuse de sa correspondance à ses amis de toutes origines. Il ne faut pas oublier qu'Henry James est, à l'origine, dépressif à l'image de Roderick Hudson, maladie qui peut provoquer, comme chez son protagoniste, le besoin incoercible de créer donc, chez lui, d'écrire des lettres (et des romans) à ses connaissances, et il semble bien qu'il n'a trahi personne, pas même les médiocres et les curieux qu'il a su si bien dépeindre. Analyse de l'œuvre. Style et sujets. Henry James est l'une des figures majeures de la littérature transatlantique. Son œuvre met le plus souvent en scène des personnages de l'Ancien Monde (l'Europe), incarnant une civilisation féodale, raffinée et souvent corrompue, et du Nouveau Monde (les États-Unis), où les gens sont plus impulsifs, ouverts et péremptoires et incarnent les vertus — de liberté et de moralité — de la nouvelle société américaine. C'est ce qu'il est convenu d'appeler le thème international. Henry James explore ainsi les conflits de cultures et de personnalités dans des récits où les relations personnelles sont entravées par un pouvoir plus ou moins bien exercé. Ses protagonistes sont souvent de jeunes femmes américaines confrontées à l'oppression ou au dénigrement. Comme l'a remarqué sa secrétaire Theodora Bosanquet dans sa monographie "Henry James at Work" : Les grands romans. Bien que toute sélection des romans de Henry James repose inévitablement sur une certaine subjectivité, les livres suivants ont fait l'objet d'une attention particulière dans de nombreuses critiques et études. La première période de la fiction de Henry James, dont "Portrait de femme" est considérée comme le sommet, se concentre sur le contraste entre l'Europe et l'Amérique. Le style de ces romans est plutôt direct et, malgré son caractère propre, tout à fait dans les normes de la fiction du . "Roderick Hudson" (1875) est un roman dans le monde de l'Art qui suit le parcours du personnage titre, un sculpteur très doué. Même si le livre montre quelques signes d'immaturité ; c'est le premier grand roman de James, qui reçut un bon accueil grâce à la peinture pleine de vie des trois personnages principaux : Roderick Hudson, doté d'un grand talent mais instable et versatile ; Rowland Mallet, le patron mais aussi l'ami de Roderick, plus mature que lui ; et Christina Light, une femme fatale aussi ravissante qu'exaspérante. Le duo Hudson-Mallet fut interprété comme les deux faces de la personnalité de l'auteur : l'artiste à l'imagination fougueuse et le mentor incarnant sa conscience. Bien que "Roderick Hudson" place déjà des personnages américains dans un décor européen, l'écrivain fait reposer son roman suivant sur un contraste Europe–Amérique encore plus explicite. C'est même le principal sujet de "L'Américain" (1877). Le livre mêle le mélodrame à la comédie sociale, dans les aventures et mésaventures de Christopher Newman, un homme d'affaires américain d'un heureux naturel, mais plutôt gauche dans son premier voyage en Europe. Newman est à la recherche d'un monde différent de son univers des affaires du aux États-Unis. Tout en découvrant la beauté et la laideur de l'Europe, il apprend à se méfier des apparences. Henry James écrit ensuite "Washington Square" (1880), une tragi-comédie relativement simple qui rend compte du conflit entre une fille, douce, soumise et maladroite, et son père, un brillant manipulateur. Le roman est souvent comparé à l'œuvre de Jane Austen pour la grâce et la limpidité de sa prose, et la description centrée sur les relations familiales. Comme Henry James n'était pas particulièrement enthousiaste au sujet de Jane Austen, il n'a sans doute pas trouvé la comparaison flatteuse. En fait, il n'était pas non plus très satisfait de "Washington Square". En tentant de le relire pour l'inclure dans la "New York Edition" de sa fiction (1907–09), il s'aperçut qu'il ne pouvait pas. Aussi l'exclut-il de cette anthologie. Mais suffisamment de lecteurs ont apprécié le roman pour en faire l'une de ses œuvres les plus populaires. Avec "Portrait de femme" (1881), Henry James achève la première phase de sa carrière par une œuvre qui demeure son roman le plus connu. C'est l'histoire d'une jeune américaine très vivante, Isabel Archer, qui "affronte son destin" en le trouvant étouffant. Héritière d'une fortune, elle devient la victime d'un piège machiavélique tendu par deux expatriés américains. Le récit se déroule principalement en Europe, surtout en Angleterre et en Italie. Considéré souvent comme le chef-d'œuvre de la première période de l'œuvre d'Henry James, "Portrait de femme" n'est pas seulement une réflexion sur les différences entre le Nouveau Monde et l'Ancien, mais traite de thèmes comme la liberté personnelle, la responsabilité morale, la trahison et la sexualité. Dans les années suivantes, Henry James écrit "Les Bostoniennes" (1886), une tragi-comédie douce-amère qui met en scène : Basil Ransom, un homme politique conservateur du Mississippi ; Olive Chancellor, la cousine de Ransom, féministe zélée de Boston ; et Verena Tarrant, la jolie protégé d'Olive au sein du mouvement féministe. L'intrigue s'établit autour de la lutte entre Ransom et Olive pour remporter l'intérêt et l'affection de Verena, même si le roman comprend aussi un large exposé sur les activistes politiques, les journalistes et les opportunistes excentriques. Henry James publie ensuite "La Princesse Casamassima" (1886), l'histoire d'un jeune relieur londonien intelligent mais indécis, Hyacinth Robinson, qui se trouve impliqué dans la politique anarchiste et un complot terroriste. Ce roman est assez unique dans l'œuvre jamesienne, par le sujet traité ; mais il est souvent associé aux "Bostoniennes", qui évoque aussi le milieu politique. Au moment où Henry James tente une dernière fois de conquérir la scène, il écrit "La Muse tragique" (1890). Le roman offre un panorama vaste et réjouissant de la vie anglaise, en suivant les fortunes de deux aspirants artistes : Nick Dormer, tiraillé entre la carrière politique et ses efforts pour devenir peintre, et Miriam Rooth, une actrice cherchant à tout prix le succès commercial et artistique. De nombreux personnages secondaires les aident et les empêchent d'accéder à leurs rêves. Ce livre reflète l'intérêt dévorant de Henry James pour le théâtre, et est souvent considéré comme le dernier récit de la deuxième phase de sa carrière romanesque. Après l'échec de ses tentatives de dramaturge, l'auteur retourne à la fiction et commence à explorer la conscience de ses personnages. Son style gagne en complexité afin d'approfondir ses analyses. "Les Dépouilles de Poynton" (1897), vu comme le premier exemple de cette dernière période, est un roman plus court que les précédents qui décrit l'affrontement entre Mrs. Gereth, veuve au goût impeccable et à la volonté de fer, et son fils Owen autour d'une demeure remplie de meubles anciens de grande valeur. L'histoire est racontée par Fleda Vetch, une jeune femme amoureuse d'Owen, mais également en empathie avec l'angoisse de sa mère craignant de perdre les biens qu'elle collecta patiemment. Henry James poursuit son approche plus impliquée et plus psychologique de sa fiction avec "Ce que savait Maisie" (1897), l'histoire de la fille raisonnable de parents divorcés irresponsables. Le roman trouve une résonance contemporaine avec ce récit déterminé d'une famille dysfonctionnelle ; mais il présente aussi un tour de force notable de l'auteur, qui nous fait suivre le personnage principal depuis sa prime enfance jusqu'à sa maturité précoce. La troisième et dernière période de Henry James atteint sa plénitude dans trois romans publiés au début du . Le critique F. O. Matthiessen voit en cette trilogie la phase majeure de l'auteur, et ces romans ont fait l'objet de nombreuses études. Le premier publié fut écrit en second : "Les Ailes de la colombe" (1902) raconte l'histoire de Milly Theale, une riche héritière américaine en proie à une grave maladie qui la condamne, et l'impact que cela provoque autour d'elle. Certains proches l'entourent sans mauvaise pensée, tandis que d'autres agissent par intérêt personnel. Dans ses autobiographies, Henry James révèle que Milly lui fut inspirée par Minny Temple, sa bien-aimée cousine morte prématurément de la tuberculose. Il dit avoir essayé de lui rendre hommage dans la « beauté et la dignité de l'art. » Le deuxième roman publié de cette trilogie, "Les Ambassadeurs" (1903), est une comédie sombre qui suit le voyage du protagoniste Lambert Strether en Europe à la poursuite du fils de sa fiancée qu'il doit ramener dans le giron familial. La narration à la troisième personne se déroule du seul point de vue de Strether qui doit faire face à des complications inattendues. Dans la préface à sa parution dans "New York Edition", Henry James place ce livre au sommet de ses réussites, ce qui provoqua quelques remarques désapprobatrices. "La Coupe d'or" (1904) est une étude complexe et intense du mariage et de l'adultère qui termine cette « phase majeure » et essentielle de l'œuvre romanesque de James. Ce livre explore les tensions relationnelles entre un père et sa fille et leurs conjoints respectifs. Le roman s'attarde en profondeur et presque exclusivement sur la conscience des principaux personnages, avec un sens obsessif du détail et une forte vie intérieure. Nouvelles. Pendant toute sa carrière, Henry James s'est tout particulièrement intéressé à ce qu'il appelait la « belle et bénie "nouvelle" », ou les récits de taille intermédiaire. Il en écrivit 112. Parmi ces textes, on compte de nombreuses nouvelles très concises, dans lesquelles l'auteur parvient à traiter de sujets complexes en peu de mots. À d'autres moments, le récit s'approche d'un court roman, bien que le nombre de personnages demeure limité. "Daisy Miller", "Les Papiers d'Aspern", "Le Motif dans le tapis" et "Le Tour d'écrou" sont représentatifs de son talent dans le court format de la fiction. Les nouvelles observent "grosso modo" les mêmes phases créatrices que les romans de James, toutefois plusieurs récits fantastiques en jalonnent le parcours. Jusqu'à "Une liasse de lettres" (1879), les nouvelles laissent d'abord paraître les diverses influences subies par le jeune Henry, puis voient s'établir son style plus personnel, notamment dans les textes qui abordent le thème international : "Un pèlerin passionné", "Daisy Miller", "Un épisode international". La deuxième période, qui s'amorce en 1882, alors que James n'a publié aucune nouvelle depuis plus de deux ans, voit la multiplication des expériences sur le point de vue narratif et l'approfondissement des thèmes psychologiques, comme en font foi "Les Papiers d'Aspern" et "Le Menteur". À partir de 1891, année de parution de "L'Élève", la nouvelle atteint chez James une densité narrative, une virtuosité technique et une diversité de tonalités qui annoncent la maturité. Pendant cette décennie des années 1890, où James est particulièrement prolifique dans la nouvelle, certains textes, tels "La Chose authentique", "La Vie privée" ou "L'Autel des morts", paraissent à bien des égards des exercices de style épurés tant le déroulement des péripéties se limite à un lent, subtil et unique retournement des situations et des personnages. D'autres récits, tout en usant de divers registres, ont pour objet l'écrivain ("La Leçon du maître", "Greville Fane", "La Mort du lion") ou encore la littérature elle-même ("Le Motif dans le tapis"), dont ils interrogent la « valeur sociale » ou « l'essence artistique ». James produit alors peu de textes fantastiques, mais ses histoires de fantômes se dégagent résolument des effets convenus du genre au profit des rapports affectifs et de la subjectivité, comme le prouvent "Sir Edmund Orme" et "Owen Wingrave". La dernière phase, qui s'installe progressivement dès 1891, et dont "Les Amis des amis" et "Le Tour d'écrou" constituent les porches effectifs, recèle des nouvelles aux univers souvent troubles et désenchantés, parfois éclairés de quelque mordante satire ("La Maison natale"), par le recours à une technique de composition soigneusement élaborée. À des passages dialogués de facture très théâtrale succède une narration à la fois diserte dans le discours et très économe dans le déroulement des faits, où la fatalité et le regret forment le double thème récurrent, ainsi que l'illustrent "La Bête dans la jungle" et "Le Coin plaisant". Œuvre. Traduction. James a traduit plusieurs textes de Prosper Mérimée et "Lorenzaccio" d'Alfred de Musset dans les années 1870, sans trouver d'éditeur. Près de vingt ans plus tard, il traduit, à la demande du "Harper's Monthly Magazine" et pour des raisons alimentaires, "Port-Tarascon" d'Alphonse Daudet, qui venait d'être publié en France. Son travail est sérialisé dans le mensuel américain de juin à . La chercheuse Fabienne Durand-Bogaert a qualifié ces quelques expériences de « choix de textes pour le moins surprenant ». Adaptations de ses œuvres. Adaptations au cinéma. Trois de ses romans ont été adaptés par la compagnie Merchant-Ivory Productions de Ismail Merchant et James Ivory : Voir aussi. Bibliographie. Traductions. · Nouvelles complètes : Henry James, 3V, Édition La Pléiade Gallimard, Paris.1994.[1] |
Hannah Arendt Hannah Arendt, née Johanna Arendt le à Hanovre et décédée le à New York, est une politologue, philosophe et journaliste allemande naturalisée américaine, connue pour ses travaux sur l’activité politique, le totalitarisme, la modernité et la philosophie de l'histoire. Elle soulignait toutefois que sa vocation n'était pas la philosophie mais la théorie politique (). C'est pourquoi elle se disait () plutôt que philosophe. Son refus de la philosophie est notamment évoqué dans "Condition de l'homme moderne" où elle considère que . Ses ouvrages sur le phénomène totalitaire sont étudiés dans le monde entier et sa pensée politique et philosophique occupe une place importante dans la réflexion contemporaine. Ses livres les plus célèbres sont "Les Origines du totalitarisme" (1951 ; titre original : "The Origins of Totalitarianism"), "Condition de l'homme moderne" (1958) et "La Crise de la culture" (1961). Le mot "totalitarianism" exprime l'idée que la dictature ne s'exerce pas seulement dans la sphère politique, mais dans toutes, y compris les sphères privée et intime, quadrillant toute la société et tout le territoire. Son livre "Eichmann à Jérusalem", publié en 1963 à la suite du procès d'Adolf Eichmann en 1961, où elle développe le concept de la banalité du mal, a fait l'objet d'une controverse internationale. Biographie. Vie et études en Allemagne. Hannah Arendt naît à Hanovre en 1906. Son père est ingénieur de formation et sa mère pratique le français et la musique. Des deux côtés, les grands-parents sont des Juifs laïcs. Son père meurt en 1913 de la syphilis. À quinze ans, en 1921, Arendt lit la "Psychologie des conceptions du monde" de Karl Jaspers, son futur directeur de thèse, et s'intéresse dans la foulée à Søren Kierkegaard, auteur fondamental pour la philosophie de Jaspers. En 1924, après avoir passé son "" en candidate libre avec un an d'avance, elle étudie la philosophie, la théologie et la philologie classique aux universités de Marbourg, Fribourg-en-Brisgau et Heidelberg où elle suit les cours de Heidegger, de Husserl puis de Jaspers. Elle s'y révèle d'une brillante intelligence et d'un non-conformisme encore peu commun. Sa rencontre avec Martin Heidegger en 1925 est un événement majeur de sa vie, tant sur les plans intellectuel que sentimental. Cet événement a toutefois souvent fait ombrage à la contribution originale de Arendt et occupe une place importante dans la compréhension de sa trajectoire intellectuelle. En 1925, Arendt est très jeune et voue une grande admiration à Heidegger, de dix-sept ans son aîné. C'est le début d'une relation secrète (Heidegger est marié et père de deux enfants), passionnée et irraisonnée, qui laisse chez elle des traces durant toute sa vie, bien que Karl Jaspers ait été sa véritable figure d'influence intellectuelle. Après avoir interrompu leur relation, Arendt poursuit ses études à Fribourg-en-Brisgau pour devenir l'élève de Husserl, puis, sur recommandation d'Heidegger, à Heidelberg pour suivre l'enseignement de Karl Jaspers sous la direction duquel elle rédige sa thèse sur "Le Concept d'amour chez Augustin". Quelle que soit la position ambiguë de Heidegger à l'égard du judaïsme et du nazisme, elle reste fidèle à leur relation et au souvenir du rôle de la pensée de Heidegger dans son propre parcours. Par-delà la guerre et l'exil, elle se fait l'infatigable promotrice du philosophe, aussi éminent que controversé, aux États-Unis. En 1929, Hannah Arendt épouse Günther Stern (nommé plus tard Günther Anders), un jeune philosophe allemand rencontré en 1925 dans le milieu universitaire et devenu son compagnon en 1927. La même année, elle obtient une bourse d'études qui lui permet de travailler jusqu'en 1933 à une biographie de Rahel Varnhagen, une juive allemande de l'époque du romantisme (cet ouvrage ne paraîtra qu'en 1958). Avec la montée de l'antisémitisme et l'arrivée des nazis au pouvoir, elle s'intéresse de plus près à ses origines juives. Elle se rapproche dès 1926 de Kurt Blumenfeld, ancien président de l'Organisation sioniste mondiale, vitrine du mouvement sioniste, président de l'Union sioniste allemande depuis 1924 et ami de la famille. Chargée par Blumenfeld de recenser les thèmes de la propagande antisémite, elle est arrêtée en 1933 par la Gestapo et relâchée grâce à la sympathie d'un policier. Elle quitte l'Allemagne sur-le-champ. Fuite hors d'Allemagne et exil aux États-Unis. Arrivée en France en 1933, elle devient la secrétaire particulière de la baronne Germaine de Rothschild, milite pour la création d'une entité judéo-arabe en Palestine, participe à l'accueil des juifs, pour la plupart communistes, qui fuient le nazisme et contribue à faciliter leur émigration vers la Palestine. Divorcée en 1937, elle se remarie le avec l'un d'eux, Heinrich Blücher, un réfugié allemand, ancien spartakiste. En , en raison de l'avancée éclair de l'Armée allemande en France, elle se retrouve internée par le Gouvernement français avec d'autres apatrides au camp de Gurs (Basses-Pyrénées). Dans la confusion qui suit la signature de l'armistice en , elle est libérée et parvient à s'enfuir à Montauban, où elle retrouve son mari. Puis elle gagne Marseille où elle obtient, grâce au Centre américain d'Urgence de Varian Fry, un visa pour le Portugal qu'elle rejoint en train. Elle vit alors quelque temps à Lisbonne dans l'espoir d'embarquer pour l'Amérique, ce qui est rendu possible en mai 1941, par l'intervention du diplomate américain Hiram Bingham IV, qui lui délivre illégalement un visa d'entrée aux États-Unis, en même temps qu'à environ réfugiés juifs. À l'issue d'une traversée éprouvante, elle s'installe à New York. En situation de dénuement matériel, elle doit gagner sa vie et trouve un emploi d'aide à domicile dans le Massachusetts. Elle envisage un temps de devenir assistante sociale. Elle décide finalement de regagner New York, et y collabore à plusieurs journaux, dont l'hebdomadaire "Aufbau". Après la Seconde Guerre mondiale, elle retourne en Allemagne, où elle travaille pour une association d'aide aux rescapés juifs. Elle reprend contact avec Heidegger, témoignant en faveur du philosophe lors de son procès en dénazification. Elle renoue également avec le couple Jaspers dont elle devient une amie intime. En 1951, naturalisée citoyenne des États-Unis, elle entame une carrière universitaire comme conférencière et professeur invité en sciences politiques dans différentes universités : Berkeley, Princeton (où elle devient la première femme nommée professeur), Columbia, Brooklyn College, Aberdeen, Wesleyan. C'est également en 1951 qu'elle publie son livre "Les Origines du totalitarisme", puis "Condition de l'homme moderne" en 1958, et le recueil de textes intitulé "La Crise de la culture" en 1961. Le procès Eichmann, Chicago et la New School de New York. Après ces trois livres fondamentaux, elle couvre à Jérusalem le procès du responsable nazi Adolf Eichmann, en qui elle voit l'incarnation de la « banalité du mal ». Les articles qu'elle écrit alors, réunis dans "Eichmann à Jérusalem : Rapport sur la banalité du mal", publié en 1963, nourrissent une importante polémique. La même année, elle publie également "Essai sur la révolution". Son ami Gershom Scholem, spécialiste de mystique juive, polémique avec Arendt par lettres au sujet de la banalité du mal et d'autres thèmes. À partir de 1963, elle devient titulaire de la chaire de sciences politiques à l'université de Chicago, avant d'être nommée professeur à la New School for Social Research (New York) en 1967, où elle restera jusqu'à sa mort. En 1966, elle apporta son soutien à la pièce de théâtre de l'allemand Rolf Hochhuth, "Le Vicaire", œuvre qui déclencha une violente controverse en critiquant l’action du pape Pie XII face à la Shoah. Dernières années. En 1973, elle commence une série de conférences à Aberdeen sur « La pensée » et « Le vouloir » : elles constituent les deux premières parties de son livre posthume "La Vie de l'esprit", dont elle n'a pas eu le temps d'écrire la troisième et dernière partie, « Juger ». Elle meurt le à New York d'une crise cardiaque. Elle est enterrée au Bard College d'Annandale-on-Hudson, où son mari avait enseigné pendant de nombreuses années. Lors des obsèques, son ami Hans Jonas, après avoir prononcé le kaddish, lui dira : Présentation de sa pensée. Thèmes principaux et influences. La philosophie politique d'Hannah Arendt échappe aux catégories traditionnelles de la pensée politique (socialisme, libéralisme). Elle aborde un ensemble de problématiques variées, dont celles de la révolution, du totalitarisme, de la culture, de la modernité et de la tradition, de la liberté, des facultés de la pensée et du jugement, ou encore de ce qu'elle désigne comme la « vie active », et ses trois composantes que représentent les notions qu'elle forge du travail, de l’œuvre et de l'action. C'est notamment au travers de la distinction qu'elle opère entre ces trois types d'activités que ressort l'un des axes centraux de sa réflexion, concernant ce qu'est la vie politique et la nature de la politique, thématique qu'elle aborde sous un angle largement phénoménologique, influencé en cela par Heidegger et Jaspers. Elle s'inspire cependant aussi de nombreux autres penseurs pour construire sa philosophie, parmi lesquels Aristote, Augustin, Kant, ou encore Nietzsche. Le totalitarisme et l'extermination des Juifs. La réflexion politique d'Hannah Arendt, appuyée sur la question de la modernité, c'est-à-dire de la rupture du fil de la tradition, l'a amenée à prendre position sur le monde contemporain, notamment sur des sujets très polémiques, comme le sionisme, le totalitarisme et le procès d'Adolf Eichmann. Ces prises de position ont grandement contribué à sa célébrité. La question du totalitarisme. Arendt souhaitait penser son époque, et elle s'est ainsi intéressée au totalitarisme. Dans le livre "Les Origines du totalitarisme", elle met sur le même plan stalinisme et nazisme, contribuant ainsi à systématiser le nouveau concept de « totalitarisme ». Sur les droits de l’Homme. Dans son chapitre de "L'Impérialisme" (t. 2 des "Origines du totalitarisme") sur les « perplexités des droits humains », elle démontre le processus qui finit par identifier les droits de l’Homme à l’identité nationale, les États excluant de ces droits les non-nationaux. La "vita activa", "oïkos" et "polis". L'espace public et l'espace privé. La pensée d'Hannah Arendt est avant tout une nouvelle conception de la politique, développée dans "Condition de l'homme moderne" et "La Crise de la culture". L'espace public y est appréhendé comme un lieu fait de fragilité car continuellement soumis à la natalité, c'est-à-dire à l'émergence de nouveaux êtres humains. Elle a tout à la fois étudié les conditions historiques de disparition d'un tel espace public (en particulier dans "Condition de l'homme moderne" avec la question de la sécularisation et de l'oubli de la quête d'immortalité), et les événements qui indiquent de nouvelles possibilités (en particulier dans son "Essai sur la révolution"). Elle distingue et hiérarchise selon leur ordre d'importance trois types d'activités qui caractérisent la condition humaine : le travail, l’œuvre et l'action. Son analyse de l'espace public repose sur la distinction conceptuelle entre le domaine privé et le domaine public, chacune des principales activités de l'homme devant être bien localisée, sans quoi ce sont les conditions de possibilité de la liberté humaine qui ne sont pas réalisées. C'est d'ailleurs sous cet angle qu'elle critique la modernité, en ce que justement celle-ci serait caractérisée par la disparition d'une véritable sphère publique, par laquelle seulement l'humain peut être libre. Ces propositions au sujet de la nécessaire distinction entre ce qui doit participer de la vie privée (l'« "idion" », qui se déroule dans l'« "oïkos" », la maisonnée) et de la vie publique (« "koinon" », qui se déroule au sein de la « "polis" », sphère publique lié à la communauté politique) s'inspirent principalement de l'expérience sociale et politique de l'Antiquité grecque et romaine. Arendt perçoit dans cette expérience l'origine de ces répartitions et, par suite, de l'expérience de la liberté, entendue comme participation à l'activité politique et donc à la vie publique. Le travail et l'« "animal laborans" ». Le travail chez Hannah Arendt correspond à l'activité visant à assurer la conservation de la vie, par la production des biens de consommation subvenant aux besoins vitaux. En cela, il renvoie d'une part à la nécessité, d'autre part à la production de ce qui est rapidement consommé, et donc de ce qui doit être constamment renouvelé, ne créant ainsi aucune permanence. En tant que référée à la satisfaction des besoins biologiques, et donc en ce qu'elle se caractérise par la non-liberté, il s'agit là pour Arendt de l'activité qui nous rapproche le plus de l'existence animale, et par conséquent l'activité la moins humaine, se rapportant pour cette raison à l'humain comme "animal laborans". À ses yeux, le travail doit rester dans le domaine privé, sous peine que la vie de l'homme devienne une quête d'abondance sans fin, subordonnée à la production et consommation, et donc à ce qui participe de l'éphémère. Cette critique de la société de consommation et cette invitation à l'auto-limitation du travail préfigure l'écologie politique et la notion de simplicité volontaire. Citée par Yves Frémion parmi les pionniers de l'écologie, elle est aussi comptée au nombre des inspirateurs de la décroissance et ses concepts, notamment le travail, sont utilisés par des penseurs de ce courant, par exemple : Michel Dias et Bernard Guibert. L’œuvre et l'« "Homo Faber" ». L’œuvre, qui caractérise l'humain comme "Homo Faber", désigne pour Arendt la production d'objets destinés à l'usage plutôt qu'à être simplement consommés. Se référant notamment à la production de bâtiments, d'institutions ou d’œuvres d'art, l’œuvre participe à la fabrication d'un « monde commun » s'inscrivant dans une certaine durée et stabilité. À la différence du travail, l’œuvre renvoie à la « non-naturalité » de l'être humain, en cela qu'en œuvrant, l'humain crée un monde distinct du monde strictement naturel — monde au sein duquel peut se dérouler la vie humaine comme vie collective. Néanmoins, en tant qu'activité finalisée, elle n'est pas totalement libre, mais se rapporte encore à une certaine nécessité. L'œuvre doit selon H. Arendt être créée au sein de la sphère privée avant d'être exposée publiquement : c'est ainsi qu'elle crée un monde dans lequel l'action peut prendre place. Ce point, développé dans "Condition de l'homme moderne", explique que Hannah Arendt dénonce la massification de la culture et la transformation de l'art en objet de consommation dans son célèbre essai « La crise de la culture : sa portée sociale et politique » (dans "La Crise de la culture"). L'action, la liberté et l'humain comme "« zoon politikon »". Au sommet de la hiérarchie de la tripartition de la "vita activa" (vie active), Hannah Arendt situe l'action, caractérisant l'humain comme "zoon politikon" (animal politique). L'expression est reprise à Aristote (, « l'homme est par nature un animal politique »), l'une des principales influences d'Arendt en philosophie politique. L'action appartient donc au domaine politique, et représente le moyen pour l'humain, en agissant et parlant dans la sphère publique, d'affirmer sa singularité et d'actualiser sa liberté (). Par l'action et la parole, l'individu révèle ou « divulgue » son identité aux autres en interagissant avec eux, ce que ne permettraient ni le travail ni l’œuvre, au sein desquels nous avons à remplir des fonctions, et où nous ne pouvons manifester que nos talents, non la singularité de notre identité. Par le travail et l’œuvre, nous ne pouvons divulguer que ce que nous sommes ("« What » we are"), et non qui nous sommes ("« Who » we are)". L'action et la parole requièrent un espace public au sein duquel les individus entrent en relation. Arendt écrit que , manifestant à la fois leur unicité et la communauté qui les lie, et faisant ainsi émerger un espace d'apparence, soit . Par suite, action et parole se rapportent à ce qu'elle nomme la « pluralité », en tant que condition de l'action et du domaine public : . Arendt renvoie au réseau des relations humaines, qui, constitué comme domaine politique, comme "polis", est l'espace où tous sont égaux en tant qu'appartenant à l'humanité, mais aussi où chacun se distingue des autres en ayant une perspective sur le monde qui lui soit propre : . L'action . Natalité et fragilité. Cette notion d'action est aussi fortement liée à celle de la « natalité », en ce que c'est par l'action que l'humain produit de la nouveauté véritable, car inattendue, imprévisible, et irréductible à la simple causalité. C'est en ce sens que Hannah Arendt considère l'homme libre comme : . De fait, Arendt ne conçoit pas la liberté comme une souveraineté de la volonté intérieure ou un libre arbitre, et selon elle, il ne faut pas chercher à maîtriser toutes les conséquences de ses actes, puisque celles-ci ne sont pas prévisibles. Par-là même, l'action, par laquelle seulement l'humain peut exercer sa liberté, est aussi liée à la notion de « fragilité », puisqu'il résulte de l'action et de la liberté une instabilité et une indétermination concernant l'avenir. Hannah Arendt invite à assumer la fragilité de l'espace public, à rester sensible à la natalité, aux événements qui surgissent. D'où son intérêt pour les révolutions spontanées ("Essai sur la révolution") comme la Commune ou la révolution hongroise : et pourtant , écrit-elle dans ses « Réflexions sur la révolution hongroise ». Le système qu'elle soutient, en théorie comme en pratique, et dont elle déplore l'écrasement en Hongrie par le totalitarisme soviétique, est le système des conseils, parce qu'il donne à chacun la même possibilité de se distinguer ; elle exprime la même préférence dans un article sur Rosa Luxemburg, repris en chapitre dans "Vies politiques", où elle salue les apports de cette figure du marxisme à la critique de la théorie politique léniniste et du système parlementaire libéral, exprimant le souhait qu'une place soit faite à ces conceptions dans les programmes de science politique des pays occidentaux. La conception arendtienne de la modernité. Hannah Arendt développe une réflexion critique sur la modernité au sein de l'un de ses ouvrages majeurs : "The Human Condition" (littéralement : "La condition humaine", publié en français sous le titre "Condition de l'homme moderne"). Elle décrit la modernité comme correspondant à la société de masse et de consommation, et à une époque où l'administration bureaucratique et le travail anonyme de "« l'animal laborans" » se sont progressivement substitués à la politique et à « l'action » qui s'y rapporte. En ce sens, elle critique l'essor du social et de l'économique (c'est-à-dire de l'activité travail, vouée à la production des biens de consommation et non à l'édification de ce qui s'inscrit dans la durée) au détriment de la politique, et ainsi dénonce la disparition de la sphère publique au profit de la sphère privée et de ses valeurs (production, consommation). L'exercice de la pensée. Les réflexions de Arendt sur l'action ne l'ont pas empêchée de s'interroger sur le rôle de la pensée, en particulier dans "La Vie de l'esprit". Il ne s'agit plus d'une "vita contemplativa", censée permettre d'accéder à la vérité avant de décider comment agir. La pensée a un rôle purgatoire : elle est l'occasion de se retirer du monde, de s'en rendre spectateur. C'est en restant ainsi dans le domaine privé qu'il est possible d'utiliser la volonté pour décider ce qui est bien et ce qui est mal (ce qui peut donner lieu à la méchanceté, au mal radical). Mais c'est surtout par cette purgation par la pensée qu'il est possible face à un événement dans le domaine public de faire preuve de discernement, de juger ce qui est beau et ce qui est mal (et c'est faute d'un tel jugement que peut apparaître la banalité du mal comme dans le cas d'Eichmann). Pour Hannah Arendt, la pensée la plus haute n'est pas celle qui se réfugie dans la contemplation privée, mais celle qui, après la pensée purgatrice et la volonté légiférante, s'expose dans le domaine public en jugeant les événements, en faisant preuve de goût dans ses paroles et ses actions. Mais elle se méfie de ceux qu'elle qualifie de professionnels de la pensée, tels les philosophes, en remarquant qu'ils s'allient trop souvent avec des dictateurs, à l'exemple de Platon ou Heidegger. Elle défend la position de Socrate, penseur qui, selon elle, ne prétendait à rien. Ce n'est pas enseigner la vertu qui animait Socrate, mais seulement la possibilité de penser la vertu. Socrate maintient une démarche aporétique dans ses dialogues, dans une argumentation qui ne mène nulle part, en dehors de tout savoir qu'il aurait déjà. Ce mécanisme de la pensée par dialogue indique un dédoublement de la personnalité du penseur, dédoublement qui cesse quand il revient au monde courant. Pour concrétiser la pensée, on développe le . Hannah Arendt n'a pu vivre assez de temps pour développer complètement ce point. Elle travaillait à partir des conceptions de Kant sur le jugement réfléchissant dans la "Critique de la faculté de juger", qui procède en dérivant un particulier vers le général, contrairement au jugement déterminant, qui contraint le particulier dans des règles générales. Ce jugement réfléchissant peut s'assimiler à ce que fait un spectateur, au théâtre, en situation de pouvoir juger l'ensemble d'une pièce, alors qu'un comédien qui y participe ne le peut pas. Le spectateur procède à partir de ses propres goûts et imaginations, en les mettant en relation avec un sens commun. Le jugement se fait toujours en présence d'une autre personne. Ainsi, la capacité de juger vient de la capacité de penser avec plusieurs points de vue, sans changer l'identité de celui qui pense et juge. Le jugement exprime l'identité auprès de la diversité. Critiques. Influence de la pensée de Heidegger. L'influence de la pensée de Martin Heidegger, qui fut son professeur mais aussi son amant, est régulièrement débattue, notamment du fait de ses liens avec l'idéologie nazie. Arendt affirme dans une lettre à Heidegger de 1960 que son livre "Condition de l'homme moderne" lui doit « à peu près tout, à tous égards ». Sur une feuille à part, qu'elle n'envoya pas, elle avait écrit une dédicace à . De fait, Jacques Taminiaux relève dans ce livre « les signes d’une déconstruction des simplifications et des amalgames auxquels donnent lieu les analyses heideggériennes dans la mesure où elles se réclament de la préséance » de la « vie contemplative ». Alors que Heidegger « néglige tout ce qui dans la description aristotélicienne de la "praxis" a trait à l’exercice démocratique de la citoyenneté en interaction avec une pluralité d’égaux », Arendt pose que la praxis a pour condition "per quam" la pluralité qu'elle oppose ainsi à la singularité solitaire du "Dasein" heideggérien. De même, elle oppose à l’être-vers-la mort la natalité et à la « préoccupation » le labeur et la production d'œuvres auxquelles elle rend selon Taminiaux leur « dignité ». Cependant, Emmanuel Faye remarque que la critique arendtienne de l’' reprend et développe celle proposée par Heidegger en 1954 de « l’animal laborieux » ('). Et c'est aussi en référence à Heidegger qu’elle parle de la pluralité selon lui puisqu'elle « lui fait crédit de parler à la même époque des 'Mortels' au pluriel. » C'est encore à lui que se réfère Arendt lorsqu'elle affirme, dans "La Vie de l'esprit", s’être . En , dans une conférence devant l'Association Américaine de Sciences politiques, Arendt introduit dans la théorie politique les existentiaux de "Être et temps", celui de l'être-au-monde et celui de l'être en commun ("Mitsein"). Emmanuel Faye soutient qu'elle reprend à la "Lettre sur l’humanisme" de Heidegger l'opposition entre la « pensée » et la « philosophie » qu'elle récuse comme lui en se faisant collaboratrice de sa « destruction de la pensée » comme l'indique le titre du livre d'Emmanuel Faye paru en 2016 : "Arendt et Heidegger. Extermination nazie et destruction de la pensée". Emmanuel Faye y accuse Hannah Arendt d'avoir « pris la responsabilité intellectuelle d’élever les écrits de Heidegger, dont elle sait qu’ils comportent un vibrant éloge du mouvement national-socialiste, au rang de paradigme du penser » et « de faire passer pour démocratique une vision radicalement sélective et aristocratique, si ce n'est même fascisante par son approbation de la 'domination des maîtres' dans la sphère économique et sociale. » Faye cite à l'appui de cette interprétation un passage des "Réflexions sur la révolution hongroise". Toujours selon Faye, Arendt aurait en outre entrepris, dans "Les Origines du totalitarisme", de disculper entièrement les élites intellectuelles du nazisme. Dans les années 1960, c'est Martin Heidegger en personne qu’elle défend. Elle le présente en 1969, dans un discours pour ses , comme . Dans son livre posthume "La Vie de l’esprit", elle oppose, pour mieux le disculper, Heidegger, le penseur à l’écoute de « l’appel de l’être » à Adolf Eichmann, l’exécutant, l’un des maîtres d’œuvre de l’extermination des Juifs d’Europe, qu’elle suppose « dépourvu de pensée » et sans aucun motif. En s'appuyant sur le vocabulaire de la version en allemand des "Origines du totalitarisme", Emmanuel Faye soutient qu’Arendt reprend la vision heideggérienne de la modernité et son interprétation du national-socialisme rapporté à la technicisation des sociétés modernes et à la « désolation », à l’« absence de patrie » ("") qui s’ensuit. Les camps d'extermination sont « présentés par elle comme les paradigmes de la condition de l'homme moderne » et sa « vision du monde » est de ce fait « aussi fausse que toxique ». Les thèses critiques d'Emmanuel Faye sur la pensée d'Hannah Arendt ont fait l'objet de présentations positives par Roger-Pol Droit dans "Le Point" et par Nicolas Weill dans "Le Monde". Cette interprétation a au contraire été qualifiée de « délirante » par Martin Legros dans "Philosophie Magazine", de « discutable » par Justine Lacroix et Jean-Yves Pranchère et de « provocation » par un collectif d'universitaires qui en réaction organisa à Paris un colloque international en hommage à Hannah Arendt. Facundo Vega y défend la thèse selon laquelle celle-ci « ne revient à la pensée de Heidegger que pour la dépasser » et rappelle que pour elle, contrairement à Heidegger qui croyait à la nécessité du Führer, les fondations politiques ne reposent pas sur « la force d’un architecte, mais sur la puissance combinée de la multitude ». Totalitarisme. L'œuvre de Hannah Arendt a suscité de nombreuses critiques dès le Procès de Nuremberg, notamment de la part d'historiens. Certaines de ses analyses autour du thème du totalitarisme seraient un peu dépassées par l'avancée des recherches, ou souffriraient de contradictions et d'un manque de cohérence, par exemple celles sur la , sur le rôle de la , sur la comme vivier du totalitarisme, sur le fascisme, de sorte que sa typologie des systèmes totalitaires est contestée par l'historiographie actuelle. Ainsi, pour Ian Kershaw, . Les conseils juifs. Dans "Eichmann à Jérusalem", Arendt évoque notamment , qui furent selon elle ou qui, en cachant la vérité sous prétexte d'humanité, conduisirent des gens à se porter volontaires pour être déportés à Auschwitz. Ces remarques, qui reprennent celles formulées par Raul Hilberg sur la coopération et qui ont été rappelées par le ', provoquèrent une importante polémique. Le terme « collaboration » concernant les ' n'est pas utilisé par le mémorial de Yad Vashem. Max Weinreich déjà au procès de Nuremberg et, plus récemment l'historien Simon Epstein ont eux aussi et sévèrement mis en cause les thèses d'Arendt, selon Epstein : . L’historienne Annette Wieviorka estime pour sa part que parler de « collaborateurs » pour les "" est inadéquat. Dans une interview publiée dans "Libération" en 2013, l’historienne critique Hannah Arendt en ces termes : . Judéité et sionisme. La publication d"'Eichmann à Jérusalem" provoque très tôt des critiques, qui ne mettent pas seulement en cause la pertinence ou le bien-fondé des propos qui y sont tenus, mais la responsabilité supposée d'Hannah Arendt à l'égard d'un peuple juif de l'image duquel elle serait tributaire. Dans une lettre du , Gershom Scholem lui adresse ainsi ce reproche : . Tout en assumant sa judéité comme constitutifs de son être, Arendt se refuse en effet à identifier son discours à celui d'un groupe constitué, d'un peuple ou d'une collectivité. La correspondance avec Gershom Scholem laisse d'ailleurs affleurer des critiques répétées envers la politique d'Israël - notamment envers David Ben Gourion ou Golda Meir - qui constituent l'un des aspects, souvent sous-estimé, de la controverse internationale de 1963 et qui nourrit une intense polémique à l'intérieur du monde juif. Selon Yakov M. Rabkin, aussitôt que Hannah Arendt, anciennement activiste sioniste selon lui, articule des critiques à l'égard de ce mouvement, ses écrits sont rejetés et elle est mise au ban de ce mouvement. Gershom Scholem, établi à Jérusalem depuis 1924, ne discuterait pas les arguments d'H. Arendt mais s'en prendrait au « caractère » supposé de son interlocutrice de sorte que, toujours selon Yakov M. Rabkin, son caractère serait symptomatique de la difficulté que rencontrent les intellectuels en général à , puisqu'on leur impose ce choix réducteur : . La personnalité d'Eichmann. La philosophe allemande Bettina Stangneth (2014) montre que l'interprétation de Hannah Arendt sur la personnalité d'Eichmann ne correspond pas à la réalité, se basant sur son engagement, avant, pendant, et après la guerre. Ces études postérieures accréditeraient la thèse selon laquelle la médiocrité d'Eichmann repérée par Arendt serait un simulacre adopté le temps du procès, mais ne révèlerait rien de la personnalité de l'accusé, ce qui remet en cause la pertinence du recours à la notion de "banalité". Hommages. L'astéroïde (100027) Hannaharendt, découvert en 1990, est nommé en son honneur. Bibliographie. Opéra. En 2016, Hannah Arendt est l'un des personnages apparaissant dans "Benjamin, dernière nuit", drame lyrique en quatorze scènes de Michel Tabachnik, d'après le livret de Régis Debray, consacré au philosophe allemand Walter Benjamin, créé à l'Opéra de Lyon le . |
Au cœur des ténèbres Au cœur des ténèbres "()" est un roman court de Joseph Conrad paru en 1899. Son œuvre est largement inspirée d'éléments autobiographiques expliquant ses choix narratifs. Histoire. "Au cœur des ténèbres" est une longue nouvelle de Joseph Conrad, parue en feuilleton dans le "Blackwood's Magazine" en 1899, puis au sein d'un recueil de trois récits, "Youth: A Narrative, and Two Other Stories" "(Jeunesse)", en 1902. Résumé. Alors qu'un équipage fait une halte dans l'estuaire de la Tamise pour attendre le courant de Jusant (descendant), un narrateur relate le récit que fait Charles Marlow, un jeune officier de la marine marchande britannique, de sa remontée du cours d'un fleuve au cœur de l'Afrique subsaharienne, des années auparavant, alors embauché par une compagnie belge pour rétablir le lien avec le directeur d'un comptoir situé au cœur de la jungle, Kurtz, très efficace collecteur d'ivoire dont on est sans nouvelles depuis plusieurs mois. Le narrateur décrit l'expérience de Marlow comme un voyage au sein des aspects les plus ténébreux de l'humanité. Sources. De nombreux personnages ont été évoqués comme source d'inspiration pour le personnage de Kurtz. Le plus proche de Conrad fut Georges-Antoine Klein, un agent malade de la qu'en raison de sa maladie Conrad alla chercher avec son steamer "Roi des Belges" en remontant le fleuve Congo, et qui mourut à bord (comme Kurtz). On cite aussi le militaire et entomologiste belge Léon Rom, le successeur des sultans de Zanzibar et marchand d'esclaves Tippo Tip, l'officier de l'Armée britannique Edmund Musgrave Barttelot ou bien encore le commerçant d'ivoire travaillant pour la Société du Haut Congo Arthur Hodister. Si tout ou partie de ces personnages a pu nourrir le récit de Conrad, il s'est aussi inspiré par ailleurs de récits tels que "Dans les ténèbres de l'Afrique" du célèbre explorateur Henry Morton Stanley, qui relate une expédition chaotique pour retrouver l'aventurier Eduard Schnitzer. Autre source possible, la rencontre à Matadi par Conrad, lors de son arrivée au Congo en 1890, du consul britannique Roger Casement, qui lui avait fait part des atrocités dont il avait été témoin dans la région et sur lesquelles il produisit plus tard un rapport dévastateur. Enfin, on peut citer la retentissante affaire, en France en 1899, de la « mission Voulet-Chanoine », autour d'une expédition française de conquête coloniale du Tchad, menée par les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine et marquée par de nombreux massacres et la perte totale de contrôle des autorités françaises sur ses deux officiers. Cependant, pour le diplomate belge Jules Marchal, abondamment documenté par Adam Hochschild, le personnage de Kurtz correspond bien à une dimension tout à fait réelle, qui l'horrifie par ailleurs : Il ajoute cependant que Kurtz ne représente pas la . L'écriture. Joseph Conrad parle couramment le polonais, sa langue maternelle, ainsi que le français et l'anglais. Il donne libre cours à son talent d'écrivain en choisissant l'anglais pour écrire. Son anglais reste hanté par la langue française, de nombreux gallicismes étant présents dans son texte. Adaptations et transpositions. Cinéma. Orson Welles a proposé d’adapter "Heart of Darkness" pour la RKO, avec une hypothèse de caméra subjective mais ce projet n'a finalement jamais abouti. Le film "Apocalypse Now" de Coppola transpose le récit dans le contexte de la guerre du Viêt Nam, avec des éléments du roman "L'Adieu au roi" (1969) de Pierre Schoendoerffer (John Milius, qui a réalisé en 1989 une adaptation cinématographique de ce dernier roman, fut aussi le scénariste d"Apocalyse Now"). La trame (un bateau remontant une rivière au cœur de la jungle) et les thèmes abordés (la « déshumanisation » de l'homme au fur et à mesure qu'il remonte le fleuve) sont identiques. Comme dans la nouvelle, le personnage recherché par le narrateur s'appelle Kurtz, il est interprété par Marlon Brando. La télévision américaine (Turner Pictures) a produit en 1993 une adaptation plus fidèle au texte, par Nicolas Roeg, avec Tim Roth, John Malkovich, Isaach de Bankolé et James Fox qui reprend le titre de la nouvelle : "Heart of Darkness" ("Au cœur des ténèbres" en français). L'année suivante, le cinéaste québécois Robert Morin transpose le récit dans le contexte des revendications territoriales autochtones au Canada. Le film, intitulé "Windigo", raconte le périple de deux émissaires du gouvernement canadien, accompagnés de deux journalistes et d'un médecin, qui remontent la rivière Windigo à la rencontre d'un leader charismatique autochtone, Eddy Laroche, qui a déclaré l'indépendance d'un vaste territoire situé au nord du Québec. En 1995, le film d'Arnaud des Pallières "Drancy Avenir" cite largement le texte de Conrad. Il développe "Au cœur des ténèbres" comme un récit parallèle à la trame principale qui voit une étudiante enquêter sur les traces encore présentes dans notre monde de l'extermination des juifs par les Nazis. Le voyage de Marlow jusqu'à Kurtz étant dans ce film la symbolique du travail difficile de l'historien qui cherche à appréhender l'horreur de ce que fut la Shoah. Le film du réalisateur allemand Werner Herzog, sorti en 1972, "Aguirre, la colère de Dieu", avec Klaus Kinski dans le rôle-titre, a également une trame proche, mais celle-ci est fondée sur une histoire authentique, contrairement aux œuvres précitées qui sont des fictions. En 1982, un autre film du même réalisateur, "Fitzcarraldo", une nouvelle fois avec Klaus Kinski dans le rôle-titre, fait également écho au thème de l'homme blanc qui se perd dans une quête impossible dans la jungle. Le roman de Conrad est également cité à diverses reprises dans le film "King Kong" de Peter Jackson sorti en 2005, lors de la progression vers l'île perdue. Dans "L'Art (délicat) de la séduction", film de Richard Berry sorti en 2001, le personnage interprété par Cécile de France prête ce livre au personnage interprété par Patrick Timsit et déclare, à propos du capitaine Marlow, qu'on . Le roman sert de fil rouge au documentaire de Thierry Michel consacré au fleuve Congo, "Congo River" (2006). Le réalisateur remonte le fleuve jusqu'à sa source et entre petit à petit au cœur d'un pays en quête de reconstruction. En 2008, le film "L'Aube du monde" du réalisateur franco-irakien Abbas Fahdel transpose le récit dans le contexte de la guerre du Golfe, avec les marais du sud de l'Irak pour décors. En 2019, le réalisateur James Gray admet que son film "Ad Astra est" largement inspiré d"Au cœur des ténèbres", mais transposé dans un univers de science-fiction, et qu'on y retrouve des éléments similaires ou les mêmes thèmes. En 2021, le titre du documentaire de Raoul Peck en 4 parties, "Exterminez toutes ces brutes" ("Exterminate All the Brutes"), qui rappelle le génocide des Premières Nations, l'esclavage et le nazisme, est tiré de paroles prononcées par Kurtz dans "Au cœur des ténèbres". Littérature (romans et essais). Dans "Les Origines du totalitarisme" (1951), Hannah Arendt utilise "Au cœur des ténèbres" pour analyser un des facteurs explicatifs du totalitarisme ; ses vues et sa méthodologie sont critiquées par certains historiens. En 1970, dans son roman "Les Profondeurs de la Terre", l'écrivain Robert Silverberg s'en inspire et lui rend hommage en le transposant dans le domaine de la science-fiction. Dans "La Femme léopard", son dernier roman qu'il achève, en 1991, à la veille de sa mort, et dont l’action est située en Afrique équatoriale, Alberto Moravia s’inspire de la nouvelle de Conrad. D’après Enzo Siciliano, le mystère d"Au cœur des ténèbres" hantait l'esprit de Moravia dans les derniers temps. En 1992, Sven Lindqvist publie "". Le narrateur, qui voyage en bus à travers le Sahara, étudie le contexte colonial dans lequel Conrad a rédigé son roman et, sur cette base, fait un lien entre l'impérialisme, en particulier britannique de la fin du , et le génocide juif. En 2013, Marie Darrieussecq dans son roman "Il faut beaucoup aimer les hommes" reprend le thème du cinéaste qui, comme Orson Welles, veut aller tourner en Afrique une adaptation de ce roman. Bande-dessinée. En 2006, Sylvain Venayre adapte la nouvelle "Au cœur des ténèbres" en roman graphique avec l'aide du dessinateur-illustrateur Jean-Philippe Stassen sous le titre "Cœur des Ténèbres" (éditions Futuropolis). En 2014, deux auteurs de bande dessinée, Stéphane Miquel et Loïc Godart adaptent le roman pour les éditions Soleil dans un album intitulé, sans surprise, "Au cœur des ténèbres". En 2017, dans "Le lendemain du monde" (scénario de Olivier Cotte et dessin de Xavier Coste, éditions Casterman), l'action est transposée dans un univers post-apocalyptique. La bande-dessinée mêle le roman de Conrad et "Le Monde englouti" de James G. Ballard. En 2019, Jean-Pierre Pécau (scénario) et Benjamin Bachelier (dessin) adaptent dans un album intitulé également "Cœur de ténèbres" et édité par Delcourt, le récit et le transposent en 1794, en pleine Révolution française dans les marais du pays de Guérande en Bretagne. Ici, le héros, le lieutenant Varenne, est chargé par le gouvernement de la Convention de retrouver un certain colonel Scherb, devenu incontrôlable. Jeu vidéo. "" est un jeu vidéo sorti le 29 juin 2012 sur PS3, Xbox 360 et PC. Il s'agit d'une adaptation moderne de l’œuvre développée par Yager Development et éditée par 2K Games. L'histoire se déroule dans un Dubaï dévasté par une tempête de sable, où une escouade de la Delta Force part à la recherche du colonel John Konrad, porté disparu après sa tentative avortée d'une évacuation à grande échelle de la ville. L'équipe étant confrontée, tout le long du voyage, à l'horreur croissante de la situation sur place, les trois membres sombrent dans d'atroces épreuves psychologiques. Le joueur lui-même est mis à l'épreuve : à plusieurs moments dans le scénario, il lui est demandé de faire des choix, souvent difficiles, qui peuvent conduire à des conséquences dramatiques pour les protagonistes et ceux qu'ils rencontrent. Far Cry 2, sorti en Octobre 2008 et produit et édité par Ubisoft a des similitudes, assumées, avec le livre de Joseph Conrad. On y incarne un mercenaire venu en Afrique, dans un pays fictif en pleine guerre civile pour y tuer un marchand d'arme, surnommé le Chacal, extrêmement doué qui arme les deux factions en guerre. Durant notre chasse à l'homme on croisera de nombreuses fois le Chacal et grâce à des cassettes dissimulées dans la carte du monde ouvert on pourra écouter des morceaux d'interviews du Chacal avec un journaliste de guerre et y dénoter le même cynisme envers le genre humain et ses propres actes que l'on peut retrouver chez Kurtz ou son interprétation libre dans "Apocalypse Now". On peut rajouter que la dernière zone du jeu s'appelle "le cœur des ténèbres". Radio. Il existe une adaptation radiophonique de la nouvelle, adaptée par Stéphane Michaka, sur une musique originale de Didier Benetti et mise en onde avec la participation de l'Orchestre national de France par France Culture (service des Fictions) et la direction de la musique de Radio France. Enregistré en public le au studio 104 de la Maison de la radio. Rediffusé le sur France Culture dans l'émission "Fictions/Samedi Soir". |
Homosexuel |
Heidegger Patronyme. "Classement par ordre alphabétique du prénom" |
Histoire du jeu vidéo L'histoire du jeu vidéo débute dans les années 1950, où l'idée du jeu vidéo naît au sein des universités lors de recherches sur l'informatique. Les jeux vidéo ne se font connaître du grand public qu'à partir des années 1970 avec la commercialisation des premières bornes d'arcade ainsi que les consoles de jeu vidéo, pouvant faire tourner une dizaine de jeux simplistes. Le jeu vidéo devient alors une industrie, évoluant avec la technologie et marqué par un krach en 1983, à la suite de l'inondation des modèles sur le marché après le boom des années 1970. En 2021, neuf générations de consoles se sont succédé, la dernière étant composée de la PlayStation 5 et la Xbox Series X. L'histoire du jeu vidéo s'étend également sur PC, qui représente aujourd'hui une forte proportion du marché et qui prend de plus en plus de place grâce à la distribution dématérialisée, via Steam notamment. Depuis les années 2010, le jeu vidéo se développe également sur smartphone, grâce à des appareils de plus en plus puissants et des écrans de plus en plus grands, permettant le développement de jeux du même acabit que ceux des années 2000 sur consoles portables. Avant les années 1970. Jeu vidéo amateur. La définition de a évolué, au long de son histoire, d'une expression purement technique vers un concept général définissant un nouveau type de divertissement interactif. Techniquement, un jeu vidéo doit comporter la transmission d'un signal vidéo vers un tube cathodique affichant des images rastérisées sur un écran. Cette définition éclipse cependant les premiers jeux sur ordinateur qui délivrent leurs résultats sur papier via des imprimantes ou des téléscripteurs, plutôt que par le biais d'affichage sur un écran. Elle écarte également tous les jeux sur écran à affichage vectoriel, ceux sur écran moderne en haute définition et la plupart de ceux fonctionnant sur consoles portables. Du point de vue technique, ces jeux n'entrant pas dans cette définition peuvent être désignés par les expressions ou . À partir de la fin des années 2000, l'expression perd complètement l'aspect technique de sa définition et englobe tout jeu fonctionnant via un circuit électronique logique qui comporte un aspect d'interactivité, et affiche sur un écran le résultat des actions d'un joueur. Prenant en compte cette définition plus large, les premiers jeux vidéo de l'histoire apparaissent au début des années 1950, en grande partie liés à des projets de recherches universitaires et de grandes entreprises. Cependant, ces jeux n'ont que peu d'influence les uns sur les autres à cause de leur but initial, qui consiste à réaliser la promotion de nouvelles technologies ou de matériels universitaires, plutôt que de proposer un divertissement. Pendant la seconde Guerre mondiale, les premiers ordinateurs analogiques font leur apparition afin de contribuer à l'effort de guerre. C'est dans ce contexte que sont créés les premiers ordinateurs, Colussus et ENIAC. Ces ordinateurs sont cependant peu fiables, très coûteux et affectés à une tâche unique. Juste après la guerre, à la fin des années 1940, l'application de l'architecture de von Neumann permet la création des premiers ordinateurs programmables à l'Université de Pennsylvanie (EDVAC), à l'Université de Cambridge (EDSAC), ou encore à l'Université de Manchester (Manchester Mark I). Ces ordinateurs changent alors les méthodes de recherches de scientifiques et intéressent rapidement les universités, entreprises et instituts publics, ce qui permet le développement rapide de la technologie dans les années 1950. C'est dans ce contexte que naissent les prédécesseurs du jeu vidéo. À l'époque, le jeu peut servir dans trois cas de figure : comme programme d’entraînement, de recherche dans certains domaines tels que l'intelligence artificielle et enfin comme démonstration technique. Les jeux sont alors développés pour un ordinateur précis et ne sont pas prévus pour être distribués. Les ordinateurs ayant servi à présenter un jeu sont pour la plupart démontés après leur présentation ou leur but de recherche. En conséquence, il est impossible de déterminer quel est le premier jeu électronique, du fait de la confidentialité du secteur à l'époque, où ces recherches ne sont pas forcément montrées au public. Le premier jeu interactif connu est le créé en 1947 par Thomas T. Goldsmith Jr. et Estle Ray Mann. En 1948, le premier jeu pour ordinateur imaginé est "", un programme de simulation de jeu d'échecs, développé par Alan Turing et David Champernowne. Turing débute en 1952 l'adaptation du jeu sur Ferranti Mark I mais il ne l'a cependant jamais terminée. En 1950, le premier jeu électronique connu "" est développé par Josef Kates dans le cadre de l'exposition nationale canadienne. La machine permet au public de jouer au Tic-tac-toe face à une intelligence artificielle, avec différents niveaux de difficulté. Le but de la machine, utilisant un tube Additron inventé par Kates, est de faire la promotion pendant le salon du vendeur de tubes électroniques Rogers Majestic. L'année suivante, en , l'ordinateur Nimrod, permettant de jouer aux jeux de Nim est présenté lors de l'exposition à Londres par John Makepeace Bennett, puis au en . Comme "Bertie the Brain", Nimrod est construit pour impressionner le public et montrer les possibilités des ordinateurs. Ces deux machines n'ont servi qu'à but promotionnel : une fois leurs expositions respectives terminées, elles sont démantelées. En 1951, Ralph Baer, un ingénieur américain de la société Loral Electronics est chargé de concevoir « la meilleure télévision du monde ». Après réflexion, il propose d’y intégrer un module de jeu, mais cette idée est refusée par son employeur, jugeant l'idée trop coûteuse pour l'époque. Ainsi, bien que n’ayant pas réellement produit de jeux vidéo, il est parfois crédité comme étant la première personne à avoir eu l’idée du jeu vidéo sur écran, ne nécessitant pas d'une machine spécifique pour être affiché. C'est en 1951 aussi que voit le jour le premier programme d'échecs entièrement fonctionnel, dont le développement avait débuté dès 1949: Le Programme d'échecs de Dietrich Prinz. Ce dernier, travaillant pour le MIT, développa son jeu sur l'ordinateur à la création duquel il a contribué, le Ferranti Mark I. Les premiers jeux sur ordinateur reliés à un écran font leur apparition en 1952 via des recherches académiques : un jeu de dames par Christopher Strachey sur Ferranti Mark I et "OXO", un jeu de tic-tac-toe par Alexander S. Douglas sur EDSAC. Strachey est alors mathématicien et physicien à et tente dès 1951 de faire un jeu de dames afin de s’entraîner à la programmation sur le Pilot ACE du . Il échoue toutefois à faire tourner le programme à cause de plusieurs erreurs de programmation. Ce n'est qu'après avoir été encouragé par Alan Turing de continuer qu'il réussira à faire marcher le jeu sur Ferranti Mark 1 en . La même année, Douglas développe "OXO" dans le cadre de son doctorat sur les interactions homme-machine à l'université de Cambridge sur l'EDSAC. Le jeu consiste en un morpion similaire à "", mais cette fois-ci sur un ordinateur non affecté à cette tâche initialement. "Tennis for Two". Ces deux jeux restent toutefois statiques : l'écran ne sert qu'à afficher un état fixe du jeu, avant que le joueur ne joue le coup suivant. En 1958, William Higinbotham crée le jeu "Tennis for Two" pour distraire les visiteurs du laboratoire national de Brookhaven à New York. En reliant un oscilloscope à un ordinateur, Higinbotham propose une sorte de tennis simplifié où deux adversaires doivent renvoyer une balle au-dessus d’un filet à l’aide de deux manettes. Un an plus tard, il adapte son jeu sur un écran cathodique . Persuadé, à tort, qu’il n’a là rien inventé, il ne dépose pas son idée. Ces quatre événements marquent les prémices du jeu vidéo et en posent finalement les bases (console de jeux connectée sur un téléviseur, utilisation de l’ordinateur comme adversaire, contrôles externes spécialement dédiés). Du fait de la complexité et du prix des ordinateurs à l’époque, il faudra attendre 1972 avec "Pong" et la même année, la Magnavox Odyssey, pour que ce genre ludique démarre vraiment sous une forme pratique et commercialisable, comme borne d'arcade ou console de salon. "Spacewar!". En 1962, un groupe d’étudiants du MIT mené par Steve Russell programme un jeu nommé "Spacewar!" sur un PDP-1, le premier mini-ordinateur de la société DEC. Le but n’était pas de créer un jeu en lui-même, mais d’expérimenter les possibilités du nouvel ordinateur. "Spacewar!" met en scène deux vaisseaux spatiaux, chacun contrôlé par un joueur à l’aide de manettes créées pour l’occasion, capables de tirer des missiles ; au centre de l’écran, une étoile crée un champ gravitationnel et un danger supplémentaire. Ce jeu, à la différence des précédentes tentatives, fut rapidement distribué avec les nouveaux ordinateurs de DEC et s’échangea à travers les prémices d’Internet. On considère qu’il s’agit du premier jeu vidéo largement diffusé et ayant eu une réelle influence. Techniquement, le jeu pesait 9 ko et tournait à instructions par seconde. Entre 1964 et 1966 est créé et développé sur IBM 7090, dans le cadre du programme éducatif Boards of Cooperative Educational Services (BOCES), The Sumerian Game, par Mabel Addis et William McKay. En 1968, Doug Dyment s’inspire de ce jeu pour The Sumer Game sur un mini-ordinateur PDP-8. Ce dernier jeu est adapté en 1971, par David H. Ahl, en BASIC, sous le titre Hamurabi, précurseur et source d’influence de nombreux jeux de stratégie et de gestion. Après coup, The Sumerian Game est reconnu comme le premier jeu vidéo doté d’un scénario et comme le premier jeu vidéo éducatif, faisant de Mabel Addis la première game designer et scénariste de jeux vidéo. À partir de 1965, Ken Thompson développe un système d'exploitation basé sur Multics pour le compte de la société AT&T, sur la plate-forme GE-635. Sa motivation première était de faire tourner un jeu de sa conception nommé ", une simulation du système solaire. Bien que le jeu n'ait jamais été commercialisé (il coûte d’ailleurs par utilisation pour louer l'ordinateur GE-635) et que la société AT&T en ait finalement stoppé le financement en 1969, il est à l’origine de la création d’Unix. En 1966, Ralph Baer (alors ingénieur chez Sanders Associates) crée la ", boîtier se connectant aux téléviseurs ordinaires (une implémentation de son idée première de 1951) et pouvant à terme être vendu une vingtaine de dollars. Baer continue le développement et produit en 1968 un prototype pouvant faire tourner différents jeux (de poursuite, de ping-pong, de tennis, de handball), préfigurant les consoles de jeux modernes. En 1968, un employé de DEC, Doug Dyment, crée ce qui est sans doute le tout premier jeu de gestion, The Sumer Game, un jeu de stratégie textuel, qui sera plus tard repris sous la forme d'un jeu d'ordinateur de gestion stratégique en 10 round, Hamurabi. Années 1970. Jeu vidéo professionnel. En 1971, Nolan Bushnell et Ted Dabney créent un jeu d'arcade payant basé sur "Spacewar!" et le nomment "Computer Space". Nutting Associates achète le jeu, embauche Bushnell et fabrique 1 500 machines, les premières bornes d'arcade fabriquées en série du jeu vidéo. Le jeu reçoit toutefois un accueil mitigé, du fait de sa prise en main trop complexe. "Table Tennis" sur la console Odyssey, sorti en 1972, est un jeu vidéo industriel utilisant la technologie analogique du transistor. L'Odyssey de Magnavox, basée sur les travaux de Ralph Baer de 1968 est une console destinée à être connectée à un poste de télévision. Construite principalement à partir de composants électroniques analogiques, son succès reste relativement faible comparé aux ventes d'Atari. Suspecté d'avoir été fortement inspiré des travaux de Baer, Magnavox menace de poursuivre Atari en justice. Les deux acteurs signeront un accord d'une licence unique de dollars pour l'exploitation de "Pong", qui se révélera plus tard extrêmement avantageux pour Atari, qui engrange plus de quarante millions de dollars de chiffres d'affaires les années suivants l'accord. "Pong". Bushnell et Dabney créent l'entreprise Atari en 1972 et supervise le développement de "Pong" par Allan Alcorn, jeune recrue de la société. Le jeu deviendra un succès dans les salles d'arcade. La programmation, encore assez sommaire, n'implémente pas d'adversaire potentiel géré par l'ordinateur, empêchant de jouer seul au jeu. Atari vend en tout , débutant ainsi l'engouement du public pour ces nouveaux jeux, aux côtés des machines à sous. Numérique microprocesseur. "Gun Fight" (Western Gun), sorti en 1975, est le premier jeu vidéo numérique de l'histoire utilisant la technologie du microprocesseur. Il est le premier à utiliser le microprocesseur Intel 8080, plutôt que la technologie TTL. Le jeu présente des graphismes monochromes. À l'origine, le jeu est manufacturé par la compagnie japonaise Taito sous le nom de Western Gun. Au lieu des traditionnelles tables de circuits à transistors utilisées jusqu'ici par la version japonaise du jeu, Midway décide de refaire le jeu pour sa conversion américaine et de le renommer Gun Fight. Dave Nutting et Tom McHugh ont utilisé un CPU Intel 8080, une puce 8-bit considérée comme le premier microprocesseur réellement utilisable. Il permet au titre d'obtenir des graphismes plus fluides, une action plus rapide, et la borne était aussi plus solide. En 1977, Atari lance sa console "Video Computer System", renommée par la suite Atari 2600. En 1979, la société Activision est créée par un groupe de programmeurs d'Atari mécontents. Il s'agit du premier développeur tiers de jeux vidéo. En 1978, on assiste à la première apparition de Nintendo dans ce domaine avec une borne d'arcade copiée sur le jeu éponyme, "Othello". C'est aussi l'année où arrive "Space Invaders" en Europe, une sorte de casse-briques où les briques ont l'apparence d’envahisseurs extra-terrestres, qui a un énorme succès. Au Japon, la première polémique autour de l'abrutissement provoqué par les jeux vidéo prend place autour de ce jeu. Il avait aussi été accusé à l'époque d'avoir provoqué une rupture de pièces de monnaie. C'est également en 1978 qu'apparaît aux États-Unis la Magnavox Odyssey² qui succède à l"'Odyssey" et qui sort également en Europe sous la marque Philips, avec un autre nom : Videopac G7000. Début de l'âge d'or de l'arcade. L'industrie du jeu d'arcade entre dans un âge d'or en 1978 avec la sortie de "Space Invaders" de Taito. Le jeu connaît un tel succès qu'il convainc des dizaines de constructeurs de pénétrer le marché en produisant leurs propres jeux vidéo. Les premiers jeux d'arcade à succès en couleurs apparaissent en 1979. En 1979, Atari publie "Asteroids", son plus grand succès commercial. Parmi les autres classiques de cette époque, on peut citer "Lunar Lander", "Night Driver", "Missile Command", "Berzerk", "Breakout" ou "Battlezone". Le jeu vidéo sur ordinateur. Du point de vue des consommateurs, la plupart des développements de l'époque se produisent sur les bornes d'arcade et les consoles de jeu, pourtant, l'évolution rapide des micro-ordinateurs débute au milieu des années 1970, il permet à leurs utilisateurs de programmer des jeux vidéo simples. Rapidement, plusieurs de ces jeux (généralement des clones des jeux d'arcade) sont distribués par toutes sortes de canaux, leur code source souvent imprimé dans des livres (le "Basic Computer Games" de David Ahl, par exemple) ou des magazines ("Creative Computing" en particulier), ce qui permettait de le taper chez soi. Un autre moyen de distribution reposait sur l'envoi par la poste de disquettes, cassettes ou cartouches, ce qui créa une petite industrie où des programmeurs amateurs vendaient des disquettes dans des sacs en plastique et les envoyaient à leurs acquéreurs. Richard Garriott, par exemple, distribua de cette façon plusieurs exemplaires d""', l'ancêtre de la série "Ultima", avant que le jeu ne soit publié. Années 1980. Au début des années 1980, les jeux vidéo sont principalement joués sur des bornes d’arcade. Les consoles individuelles, qui ne sont pas autant répandues, ne supportent qu’un nombre limité de jeux, souvent mal adaptés de ces bornes. Concurrencé par les ordinateurs personnels, le krach du jeu vidéo de 1983 commence. Les jeux vidéo vont alors se développer principalement sur les ordinateurs personnels. Des icônes du jeu vidéo vont toutefois naître durant cette période. À partir du moment où le marché des consoles de jeu redémarrera avec des jeux spécifiquement développés pour elles, grâce à Nintendo et "Super Mario Bros." en 1985, une distinction sera systématiquement effectuée entre jeux sur console et jeux sur ordinateur. "Pac-Man". "Pac-Man" est publié sur borne d’arcade en 1980 et devient le jeu le plus populaire du moment. machines sont vendues aux États-Unis. Sur console, "Space Invaders" est la plus grosse vente de l'année sur Atari 2600. Nintendo met sur le marché un jeu électronique portable avec un écran à cristaux liquides, la Game and Watch, ancêtre des consoles portables. Ken et Roberta Williams lancent "Mystery House" sur Apple II, le premier jeu d'aventure graphique : la description du lieu courant n’est plus seulement basée sur un texte, mais sur l’affichage d’une image (une ligne trace un profil) à l’écran. Ils enchaîneront les séries à succès comme "", "Space Quest", "Leisure Suit Larry", etc. Pendant ce temps Infocom continue de produire des jeux d’aventure textuels de grande qualité, mais perd peu à peu son public. À la fin de la décennie, LucasArts entre en jeu et prend la relève avec "Maniac Mansion" et "Zak McKracken and the Alien Mindbenders", introduisant un nouveau mode de jeu qui se libère du clavier pour privilégier l’utilisation de la souris. Le chiffre d’affaires des sociétés de jeux vidéo atteint cinq milliards de dollars aux États-Unis en 1981. La même année, Shigeru Miyamoto est chargé d’améliorer "Radar Scope", un jeu d’arcade de Nintendo qui ne se vendait pas bien sur le marché américain. Au lieu de ça, Miyamoto décide de faire un autre jeu : "Donkey Kong", qui est instantanément un succès. En 1982, Coleco publie le ColecoVision une console à base de cartouches. Nintendo lui confie la licence de "Donkey Kong". Midway publie "Ms. Pac-Man", Namco et "Super Pac-Man" cette année. La même année, General Consumer Electronics publie la console Vectrex qui propose des graphismes vectoriels. Commodore commercialise l'ordinateur personnel Commodore 64 et utilise une stratégie de vente très agressive. Sinclair Research commercialise au Royaume-Uni le ZX Spectrum qui devient le rival du Commodore 64 en Europe. Le marché des jeux sur console, fragilisé par une dispersion des formats et une qualité faible, s’effondre à la fin de l’année 1983. L’apparition des ordinateurs personnels. Au début des années 1980 démarre la diffusion à grande échelle des ordinateurs personnels (appelés micro-ordinateurs à l'époque) auxquels est associée une communauté hobbyiste et vidéoludique. Les jeux vidéo s’adaptent à ce nouveau support (Apple II, ZX80, Commodore 64, MSX, Amstrad CPC, etc.). Il s’agit alors surtout de jeux d’arcade au graphisme élémentaire dont le chargement, à partir de cassettes audio, peut être très long (plusieurs minutes). À partir de 1985, l’Amiga et l’Atari ST, techniquement plus évolués, renouvelleront le jeu vidéo sur ordinateur. Le renouveau des consoles de jeu. En 1983, Nintendo, société japonaise qui s’est fait un nom dans les cartes à jouer et le domaine des jeux, sort la Family Computer (Famicom), console de jeux vidéo individuelle. Son démarrage est lent, mais les jeux proposés font augmenter la demande. La console, affichant sur un écran de résolution 256 × 240, est de technologie avancée à un prix peu élevé, modèle que gardera la société par la suite. Le même jour, l'entreprise concurrente Sega sort la console SG-1000 et l'ordinateur SC-3000, puis en 1984 la SG-1000 II. En 1985, sort la Sega Mark III (Master System), elle ne dépassera jamais les 11 % de parts de marché. En effet, la Family Computer (Nintendo Entertainment System) est pratiquement seule à chaque lancement et bénéficie de l’appui massif des éditeurs tiers. Les jeux vidéo sortent de la crise, grâce à une production et une innovation qui font augmenter la demande. Les icônes Mario, Donkey Kong, Metroid, The Legend of Zelda, Dragon Quest tirent la machine vers le haut. La NES se vendra à plus de d’exemplaires jusqu’en 1990. En 1989, Nintendo sort la Game Boy, premier grand succès commercial pour une console qui soit à la fois portable, et multi jeux. Années 1990. La délocalisation et le développement en Afrique. Le développement du jeu vidéo en Afrique commence dans les années 1990. L'Afrique du Sud est pionnière, avec la création du studio "Celestial Games" en 1994, puis la sortie du titre "Toxic Bunny" en 1996, qui sort d'abord localement avant d'être exporté en Europe où il sera vendu à . La société française Ubisoft, commence, en 1998, à délocaliser le développement en Roumanie, puis à Shanghai et enfin, à Montréal. La société ouvre une antenne à Casablanca, au Maroc. En Afrique de l'ouest, le marché est plus restreint, il n'y a que très rarement des consoles de jeu et le développement s'est principalement orienté dans les années 2010 dans le domaine des jeux sur plateforme mobile. Début 1990, le marché des consoles est encore dominé par Nintendo et sa Famicom, opposée à la Master System de Sega. Mais Nintendo possède encore le soutien des éditeurs. En 1990, les ventes de Nintendo s'envolent grâce à "Super Mario Bros. 3". Et ce n'est pas le seul hit d'une machine qui perfore les records de ventes. Cet emblème de la remontée des ventes de jeux vidéo encourage SNK à sortir les deux versions de la Neo-Geo (Neo-Geo AES, Neo-Geo MVS), console et arcade. Mais les échecs chez les constructeurs sont nombreux, l'échec commercial du CD-i de Philips en est un parfait exemple. Pour contrer Nintendo, Sega développe la Mega Drive, une console très puissante pour l'époque, et lui crée une mascotte, Sonic. En 1991, Nintendo sort la Super Nintendo. Sa sortie tardive est compensée par la tactique du constructeur : seuls les jeux font vendre la console. Sortie du premier jeu de combat à succès, "" de Capcom. "Super Mario Kart", "Final Fantasy VI", "Super Metroid", "Super Mario World" vont contribuer aux ventes de la console grâce à des graphismes considérés comme supérieurs à la Mega Drive. Ceux-ci ne feront qu'augmenter durant la vie de la console pour atteindre des sommets en 1994 avec "Donkey Kong Country" de Rare. En 1991, alors que le monde du jeu d'aventure semble à tout jamais dominé par LucasArts, la société Cyan Worlds invente, avec "Myst", un nouveau type d'aventure, faisant du neuf avec du vieux, un jeu à la première personne, comportant peu d'animations, mais des images qui cherchent l'hyperréalisme. Le jeu est intrigant, prenant, et permet une immersion encore jamais atteinte, notamment grâce à des puzzles et des énigmes dont la complexité augmente au fur et à mesure de l'aventure. Il sera alors l'un des jeux vidéo les plus vendus de tous les temps avec plus de d'unités vendues au total. En 1992, id Software sort "Wolfenstein 3D", un jeu d'action vu entièrement par les yeux du héros que l'on incarne. Il est généralement crédité pour avoir créé les mécanismes au genre du jeu de tir à la première personne, sur lesquels les jeux suivants seront basés. L'objectif du titre est de monter les niveaux d'une forteresse nazie pour finalement affronter le "Führer" en personne tout en ayant à sa disposition plusieurs armes différentes, allant du simple pistolet à la Gatling. À la différence de "Myst" il se joue en 3D temps réel, ce qui procure au joueur la sensation d'une plus grande liberté d'action. Ce fut le premier jeu de tir à la première personne à rencontrer un réel aval auprès des joueurs. Cette immersion sera réellement exploitée un an plus tard, dans "Doom" (toujours d'id Software), où l'aspect des monstres, l'ambiance sonore et le jeu des lumières davantage travaillés, contribueront à créer une atmosphère particulièrement angoissante. "Doom" sera suivi d'une multitude de jeux de tir à la première personne se rapprochant du concept avec plus ou moins de succès, dont les plus célèbres et réussies restent entre autres : la série des "Duke Nukem", "Blood", "Quake", "Unreal", "Half-Life" (dont l'une des modifications, "Counter-Strike", est l'un des jeux réseau les plus populaires). À la différence de "Doom" et "Wolfenstein 3D", dont les personnages et les objets sont des sprite en 2 dimensions, les nouvelles générations de jeu de tir à la première personne (ou FPS pour "First Person Shooter" en anglais) sont entièrement en 3D : décors, personnages, objets… Fin 1992, Westwood Studios sort "", considéré comme le premier jeu de stratégie en temps réel (ou RTS pour "Real Time Strategy" en anglais) moderne, car introduisant des concepts originaux encore d'actualité. Le joueur dirige un camp ayant à sa disposition des hommes et de l'argent servant à construire des bâtiments, moissonner l'épice (qui génère de l'argent) et produire une armée destinée à vaincre les opposants dirigés par l'ordinateur. Le but du jeu est de devenir le maître d'Arrakis, la seule planète produisant de l'épice dans la galaxie ; l'ambiance et l'histoire sont tirées du livre "Dune", roman de science-fiction écrit par Frank Herbert. Les mêmes développeurs récidiveront plus tard avec la série des jeux "Command and Conquer". Dans le même genre, en 1994, un nouveau venu, Blizzard Entertainment, sort "", plongeant le joueur dans un monde fantastique où s'affrontent les orcs et les humains. Deux suites ainsi qu'une autre série de stratégie, "StarCraft", suivront, toujours avec énormément de succès. Nintendo entame en 1990 un travail avec Sony pour développer une extension avec des jeux sur CD à la Super Nintendo, la « play-station extension » (abrégé PSX). Le travail commun se développe, mais Nintendo se retire finalement de la collaboration, sous la pression de son PDG, pour des problèmes de copiage illégal et de chargement, qui devaient décourager le joueur. Sony, ne voulant pas d'un investissement pour rien, décide de continuer le travail seul, pour développer sa propre console. Elle deviendra simplement la PlayStation qui sort en 1994 (mais l'abréviation reste PSX000). Nintendo va développer des consoles cartouches et un casque virtuel, la Virtual Boy, qui sera finalement un échec commercial. La Nintendo 64 sort trop tardivement pour contrer la PlayStation, qui démarre très fort avec des titres mythiques comme "Final Fantasy VII" (publié par Squaresoft, auparavant un des éditeurs phares de Nintendo), qui vont battre de nombreux records et marquer toute une génération de joueurs en implantant durablement Sony parmi les grandes maisons du jeu vidéo. Toutefois la Nintendo 64 sauvera son épingle du jeu avec des titres comme "Super Mario 64", "GoldenEye 007" ou "", qui vont aussi marquer profondément les joueurs. En 1994, Sega sort la Sega Saturn, console de jeu de cinquième génération. Véritable succès au Japon, ce ne fut pas le cas aux États-Unis et en Europe, sa commercialisation est arrêtée quatre ans après sa sortie. En 1996, Apple sort la Pipp!n, console ayant certaines caractéristiques communes avec un PC (possibilité de jouer via Internet par exemple). Ce fut un échec commercial, mais ce principe fut repris par Microsoft avec sa Xbox. Toujours en 1996, Nintendo sort un jeu qui relance contre toute attente la firme et la vente de consoles Game Boy, "Pokémon". Un jeu développé par Satoshi Tajiri dans lequel le héros évolue dans un monde peuplé de créatures appelées Pokémon, et dont la finalité est d'en devenir le meilleur dresseur. Le jeu se vend à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires et permet à la Game Boy de gagner le titre de la console de jeu vidéo la plus vendue de tous les temps, avant d'être détrônée par la PlayStation 2 et la Nintendo DS. Plusieurs épisodes sont sortis, et des jeux sont encore publiés régulièrement, tel "Pokémon X et Y" qui sont sortis en octobre 2013. En 1997, Origin Systems et Electronic Arts créent "Ultima Online", un des premiers jeux "heroic fantasy" à monde persistant. L'univers du jeu continue à évoluer même lorsque le joueur n'est pas connecté. Sorti en décembre au Japon, le jeu de course automobile "Gran Turismo" impose de nouveaux standards en matière de rendu visuel, de physique et de contenu. Il reste le jeu le plus vendu sur PlayStation. La série de Polyphony Digital devient la nouvelle référence du genre sur consoles. Toujours la même année, Nintendo met en place un Rumble Pak pour la Nintendo 64 contenant la vibration. La PlayStation fera la même chose avec sa manette DualShock quelque temps après. En 1998, LucasArts renouvelle le genre en produisant "Grim Fandango", un jeu d'aventure où l'affichage des lieux et des personnages est semblable à "Alone in the Dark" (personnages en 3D sur décors pré-calculés fixes). Toutefois, malgré quelques réussites comme "The Longest Journey", le jeu d'aventure semble être sur la pente descendante. Cette même année, on retrouve Blizzard Entertainment qui produit coup sur coup deux jeux qui vont rester dans l'histoire : "Diablo" et "StarCraft". "Diablo" est un jeu de type "hack 'n' slash", mélange de jeu de rôle, d'aventure et d"'heroic fantasy" où le joueur contrôle un personnage dont il peut faire évoluer les compétences au combat ou en sorcellerie ainsi que son équipement au fur et à mesure de combats remportés et des objets amassés. La rejouabilité, l'ambiance, le grand nombre d'objets différents et la totale liberté laissée au joueur expliquent son succès. Succès qui sera d'ailleurs confirmé avec la suite "Diablo II". "Metal Gear Solid" invente le jeu d'infiltration. Le titre de Konami allie un système de jeu novateur à une histoire riche en rebondissements distillé à travers de longues cinématiques. Son créateur, Hideo Kojima, devient une figure populaire chez la communauté de joueurs. La Dreamcast de Sega est commercialisée au Japon. Première « 128 bits » à voir le jour, c'est aussi la dernière console produite par Sega. Elle proposera quelques titres mémorables comme "SoulCalibur", "Ikaruga", ou "Shenmue" avant de disparaître en 2002. L'année 1998 est aussi la date de sortie de "Banjo-Kazooie" sur Nintendo 64 : un jeu de plates-formes humoristique développé par Rare. Avec les séries "Rayman", "Donkey Kong" ou encore "Sonic", il rivalise avec "Super Mario 64". En 1999 sort "" sur Neo-Geo, c'est le dernier épisode de la série des "Fatal Fury" (« Garou Densetsu » au Japon). Années 2000. En 2000, Sony lance la PlayStation 2. Forte de la popularité de son prédécesseur, la console se fait très vite une réputation grâce à sa puissance et sa ludothèque riche et variée comprenant de nombreuses exclusivités. Leader de sa génération, la PlayStation 2 est aussi la console de salon la plus vendue de l'histoire avec plus de d'unités écoulées à travers le monde. "Les Sims" sort en février de la même année, et est un jeu de simulation qui connait un franc succès. Le titre "Counter Strike" sort aussi cette année-là, et il restera longtemps le jeu le plus joué en ligne. La même année voit la première projection publique de cinéma numérique d'Europe, par Philippe Binant, qui ouvre la voie à l’utilisation des jeux vidéo dans les salles de cinéma . En 2001, Microsoft entre sur le marché des jeux vidéo sur console en lançant la Xbox aux États-Unis. Nintendo sort deux consoles cette année-là, la GameCube au Japon et aux États-Unis et la Game Boy Advance, successeur de la Game Boy et rétrocompatible avec le catalogue de sa devancière. Sega fait le contraire en arrêtant la production de la Dreamcast et annonce son retrait du marché du hardware console. En octobre 2001, la sortie de "Grand Theft Auto III" fait sensation. Le jeu d'action se distingue par la liberté d'action proposée et son anticonformisme, parfois sujet à controverse. Le titre connaît un succès fulgurant qui va croitre avec les épisodes suivants. En 2002, la Xbox sort au Japon, puis en Europe. La GameCube sort deux mois plus tard en Europe. Nokia sort la N-Gage en 2003, un téléphone mobile incluant des fonctionnalités de console de jeu. Nintendo sort la Game Boy Advance SP. L'entreprise 3DO dépose le bilan tandis qu'Infogrames rachète le nom de la marque Atari et Square fusionne avec Enix pour devenir Square Enix le . L'année 2004 voit Nintendo sortir la DS au Japon et aux États-Unis. La même année, Sony sort la PSP au Japon, un échec face à la Nintendo DS malgré des caractéristiques techniques supérieures. Le célèbre MMORPG "World of Warcraft" sort aux États-Unis le . La société Acclaim dépose le bilan. En 2005, Nintendo sort la DS en Europe ainsi que le successeur de la Game Boy Advance SP, la Game Boy Micro. Microsoft sort la Xbox 360 cette année-là. Titus Interactive et Interplay sont liquidés par le tribunal de commerce tandis qu'Electronic Arts acquiert 19,9 % du capital d'Ubisoft et en devient l'actionnaire majoritaire. Nintendo lance en fin d'année 2006 la Wii partout dans le monde ainsi que la DS Lite en Europe. Sony lance la PlayStation 3 en Amérique et au Japon. La PlayStation 3 sort le en Europe. Sony sort aussi la en Europe cette année-là. L’édition 2007 de l'E3 change de formule pour être réservée aux professionnels. Le , annonce l’acquisition de la société Activision, faisant du nouvel ensemble Activision Blizzard le premier éditeur tiers mondial de jeux vidéo. Nintendo sort la Nintendo DSi en 2008 au Japon. La firme fait, de plus, des bénéfices records malgré la crise économique. Le prix de la baisse. Sony sort le modèle PSP-3000. Le jeu "" sort en 2008 après des mois de médiatisation. Le jeu fait débuter une nouvelle controverse autour du jeu vidéo. En 2009, Nintendo sort la Nintendo DSi en Amérique du Nord et en Europe. Square Enix rachète Eidos et Sony annonce la PSP GO et l’officialise lors du salon de l’E3. À cette occasion, Microsoft dévoile le "Projet Natal", nouveau support permettant de jouer et de commander la console sans aucun périphérique, grâce au mouvement du corps et à la voix. Le développement de ce projet se voit clairement être une réponse à Nintendo et sa Wii. En , après de commercialisation au Japon, le très célèbre a été vendu à près de d’exemplaires. En août de cette même année, Sony confirme la qui était alors à l’état de rumeur avancée. Années 2010. Les années 2010 connaissent, parallèlement aux grosses productions, l’émergence du jeu vidéo indépendant qui s'affirme sur le marché avec de gros succès. Le marché se divise en deux catégories : les gros studios produisant des jeux très médiatisés et commercialisés à grande échelle et les jeux indépendants, popularisés entre autres par la plate-forme Steam, mais qui se démocratisent également sur les consoles de jeux. Ceci se fait au détriment de studios de classe moyenne, comme THQ, qui fait faillite en 2012. En outre, le développement du financement participatif depuis le milieu des années 2000 permet aussi bien à de grandes qu'à de petites structures de concevoir des jeux sans nécessiter du soutien d'un éditeur tiers. Ces années voient également l'émergence de vidéastes comme PewDiePie qui testent et commentent les jeux vidéo sur le site de partage YouTube. En 2010, Nintendo annonce la console Nintendo 3DS et sort la Nintendo DSi XL. Sony annonce le , nouveau contrôleur à détection de mouvement pour la tandis que Microsoft lance la , version plus fine de la et utilisant les mêmes jeux. Microsoft annonce le "Projet Natal" renommé "Kinect" (interaction animée haptique humain-écran). Nintendo sort la Nintendo 3DS en 2011 et annonce la Wii U ainsi qu'un accessoire pour la Nintendo 3DS permettant de jouer avec . Sony sort cette année la PlayStation Vita, première console portable avec . Nintendo baisse le prix de la Nintendo 3DS. Fin juillet 2012 Nintendo sort la Nintendo 3DS XL et la Wii U quelques jours avant Noël 2012. Cette même année, Sony sort la PlayStation Vita et Square Enix présente un moteur graphique le Luminous Engine avec sa démo technique Agni's Philosophy, un avant-gout des capacités des consoles nouvelle génération. "" marque un record avec 1 milliard de dollars de chiffre d'affaires en 15 jours. Sony sort la PlayStation 3, version slim, plus petite que les anciennes versions. Fin 2013 sortent les consoles de Sony et Microsoft, respectivement la PlayStation 4 et la Xbox One. Avant même leur adaptation sur ces consoles, le jeu "Grand Theft Auto V" dépasse le milliard de dollars de recettes 3 jours après sa sortie le , sur les plates-formes Xbox 360 et PlayStation 3. En 2014, la saison 3 du championnat de "League of Legends" bat un nouveau record avec de spectateurs au total. Cette année voit la sortie de "FIFA 15" (EA Games), qui atteint les 1,3 million de ventes. Le jeu d'arène de bataille en ligne multijoueur "Dota 2" atteint les de joueurs et "Minecraft" plus de 100 millions. La New Nintendo 3DS sort en Europe en 2015 ainsi que la PlayStation 4 et la PlayStation Vita en Chine. Le PDG de Nintendo Co. Ltd, Satoru Iwata décède la même année. La PS4 Pro sort en 2016 puis la Nintendo Switch et la Xbox One X en 2017. En , lors de la conférence Microsoft à l'E3, la Xbox Scarlett, plus tard renommée Xbox Series X, est officialisée, annonçant la neuvième génération de consoles. Années 2020. La Xbox Series X et la Xbox Series S, développées et fabriquées par Microsoft, sont mises en vente le . La console PlayStation 5 est commercialisée le aux États-Unis, au Canada, au Mexique, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Corée du Sud et au Japon, puis le en Europe et dans le reste du monde. |
Histoire du Venezuela L'histoire du Venezuela commence avec les premières occupations humaines du territoire actuel par les natifs aborigènes entre et AP. Son histoire moderne débute avec l'arrivée des navigateurs et colons venant d'Espagne en 1498, puis de manière plus générale à partir du avec le commencement de la conquête espagnole. Après le gouvernement des cabildos, est constituée la province de Venezuela (1527) avant que soit formée la Capitainerie générale du Venezuela avec six autres provinces de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade en 1777. À la fin du les premiers mouvements séparatistes surgissent et dans les années 1810's il se constitue nation indépendante de l'Espagne comme d'autres pays de la région à la suite des guerres d'indépendance latino-américaines. Au restant du , son histoire est très liée à son histoire politique très convulsée avec des conflits internes, des guerres civils, la guerre féderal, entre autres révolutions des régimes de nature militaire qui se succèdent et au c'est le début de sa démocratie et l'essor économique et urbain grâce à l'activité pétrolière qui le définissent. Plus récemment dans l'histoire contemporaine, en ce début du actuel, le pays est la référence des fortes crises et tensions internes qui affectent la région et la géopolitique internationale. : La Conquête Espagnole et La Courte Administration des Allemands. L'installation des humains sur le territoire du Venezuela daterait d'il y a environ , résultat de la migration de populations de l'Amazonie, des Andes et des Caraïbes. Le site préhistorique de Taima-Taima, situé dans la région côtière du nord-ouest du Venezuela, est un lieu de chasse et d'abattage de faune préhistorique car des nombreux artefacts furent trouvés sur les lieux: pointes de lance et outils lithiques de la culture "El Jobo" qui se développa entre et dans le nord-est de l'Amérique du Sud. Le 5 août 1498, Christophe Colomb touche le Venezuela alors qu'il commence son troisième voyage vers les Indes Occidentales. Parti plus au sud que lors de ses précédents voyages, il pénètre dans le golfe de Paria remarquant des évidences d'un grand fleuve ou source d'eau douce en Mer. Lorsque l'année suivante le Florentin Amerigo Vespucci et l'Espagnol Alonso de Ojeda explorent cette région pour la première fois (côte nord-ouest de l'actuel pays), ils découvrent des indigènes (dont des Caraïbes, des Arawaks et des Cumanagatos), vivant principalement d'agriculture et de chasse, installés le long de la côte, de la Cordillère des Andes et du fleuve Orénoque. Les maisons sur pilotis des Indiens du golfe de Maracaibo leur font penser à une petite Venise, "Venezziola", ce qui donnera, selon l'hypothèse la plus répandue le nom du pays. Après la première colonie permanente, à Nueva Cadiz créée en 1522 par les Espagnols, la famille Welser, des marchands allemands mandatés par Charles Quint, tenta la première colonisation en profondeur. En 1506-1507, Bartholomé Welser avait participé aux voyages portugais vers les Indes, dans le cadre de la Feitoria de Flandres. Il reçut le droit de coloniser le Venezuela, comme gage d'un emprunt, fait à l'empire espagnol, qui avait subi en 1519 des échecs face aux Amérindiens dans la région du Darién, appelée Castille d'Or, qui regroupait les pays actuels du Panama, de la Colombie et du Venezuela, obligeant l'Espagne à déplacer la capitale de Santa María la Antigua del Darién à Panama, dans les années 1515, qui virent Bartolomé de las Casas dénoncer les violences contre les Amérindiens. Welser s'engagea à fournir des esclaves noirs à la nouvelle colonie. En 1526, il envoya à Hispaniola son agent Ambrosius Ehinger, qui y fondait une factorerie. Le , l'empereur espagnol Charles Quint accordait à ses agents Henri Ehinger et Jérôme Sayler une charte ou "capitulation", pour l'exploitation de la province de Santa Marta, dans l'actuelle Colombie, et de la région comprise entre les caps de la Vela et Maracapana : Klein-Venedig (1528-1546), Colons et intérêts allemands en Amérique latine. Une seconde capitulation, du , transféra le bénéfice de la première aux frères Antoine et Bartholomé Welser. Cette concession ne différait pas des chartes accordées à Christophe Colomb. Mêmes droits, mêmes privilèges, mêmes pouvoirs d'administration. Une clause fixait l'obligation d'introduire 50 maîtres mineurs pour l'exploitation des mines de la colonie, qui fut mal observée, ces contremaîtres étant repartis presque tous dès 1535. Seuls les dirigeants et quelques officiers du corps expéditionnaire étaient allemands. Le , Henri Ehinger et Jérôme Sayler arrivent à Coro sur trois navires de Cadix, avec 700 fantassins et 80 cavaliers de nationalités diverses. Les conflits entre Allemands et Espagnols, sur fond d'expéditions à la recherche de l'Eldorado, aboutissent à l'assassinat de Philippe de Hutten et de Bartholomé Welser en 1546 à Tocuso par les Espagnols Juan de Carvajal et Pedro de Limpias, ce qui marqua le début de la fin du temps de la famille Welser dans les territoires. Le bilan économique se réduisit à la découverte d'huîtres perlières et à la fondation de Maracaibo. Dès 1546, les derniers Allemands quittèrent le Venezuela. Le , les Welser étaient déclarés déchus de leur concession par une décision du Conseil des Indes, siégeant à Madrid. Le Venezuela est rattaché à la couronne espagnole mais il faut attendre 1567 pour la fondation de Caracas, avec l'aide cette fois de flamands. Aux s, le Venezuela est une colonie assez négligée, car les Espagnols se concentrent surtout sur l'extraction de l'or dans d'autres régions d'Amérique du Sud. C'est pourquoi les explorateurs anglais n'hésitent pas à effectuer des reconnaissances dans cette région qu'ils appellent « "Guiana" » : ainsi l'expédition de Robert Dudley le long de l’Orénoque en 1594, et celles de Walter Raleigh en 1597 et 1617. et : Essor du Cacao. L'histoire de la culture du cacao est stimulée par des marchands juifs hollandais de Curaçao, venus d'Amsterdam en 1651 et 1659, puis des zones où trois puissances coloniales les chassent, pour prendre leurs technologies sucrières : les Portugais au Pernambouc en 1654, les Anglais à Pomeroon-Supenaam en 1665, et les Français à la Martinique en 1685. Conscients que le sucre commence à être encombré, ils jouent la carte du cacao, acheté aux Amérindiens de la rivière Yaracuy. En 1688, le trésor anglais autorise Pieter Henriques, juif de Londres, à importer de cacao du Venezuela. En 1693, la Guerre de la Ligue d'Augsbourg rapproche la Hollande et l'Espagne: des juifs de Curaçao, créent une ville à Tucacas, à soixante kilomètres à l'ouest de Caracas pour mieux collecter le cacao des amérindiens de l'intérieur des terres. Beaucoup de juifs, venus de Pomeroon-Supenaam, parlent l'espagnol. Des convois de mules amènent le cacao des vallées de Barquisimiento, Barinas, Turiano, et Coro. Les juifs offrent en échange des textiles des Pays-Bas, des toiles de lin d'Allemagne, du vin, de la cannelle et du poivre. L'armée espagnole attaque Tucacas, mais se heurte aux amérindiens. La colonie hollandaise est commandée par Jorge Christian, Marquis de Tucacas, président de la congrégation appelée "Santa Irmandad", et de Samuel Hebreo, "alias" Samuel Gradis Gabai, "Señor de las Tucacas". En 1711, 12.000 bales de cacao sortent de Tucacas, selon Juan Jacobo Montero de Espinos, maire de Coro, qui attaque un des convois de mules. En 1717, le Venezuela intègre la Nouvelle Grenade, qui inclut aussi la Colombie et l'Équateur. Le vice-roi Jorge de Villalonga, en raison des pressions de l'église catholique, décide d'éliminer Tucacas. Pedro Jose de Olivarriaga est nommé commissionnaire contre la "contrebande" . À la tête de 40 navires, il s'empare de Tucacas en 1720. La synagogue est détruite, les juifs fuient à Curaçao sur 30 à 40 navires. Cependant, les populations demandent à conserver des contacts commerciaux avec eux. En 1722, les juifs reviennent à Tucacas pour les foires commerciales, en janvier et juin mais aussi la collecte. Les espagnols créent en 1728 la Compagnie Royale Guipuzcoana, formée de corsaires baques, pour capter le trafic du cacao, toujours orchestré par les hollandais de Curaçao. De 1730 à 1733, la compagnie affronte une révolte des amérindiens de la rivière Yaracuy, menés par Andresote, soutenue par les hollandais, finalement matée par une armée de 1500 espagnols. La moitié du cacao de rivière Yaracuy continua à sortir via la contrebande hollandaise, qui offrait de meilleures marchandises. La quantité de cacao importée en Espagne augmenta cependant entre 1728 et 1748. Le prix chuta, de 80 pesos la fanega de en 1728, à 45 pesos. Le cédule royale du autorise la compagnie à introduire deux mille esclaves noirs dans la province de Caracas, surtout à Ocumare de la Costa, trente kilomètres à l'ouest, de Caracas. On y compte en moyenne à arbres, par plantation au milieu du , les deux plus importantes appartenant aux sœurs de l'immaculée conception, tandis qu'elles attirent ensuite quatre familles de colon des îles Canaries. L'arrivée des esclaves amena la Colonie française du Darién, principale concurrente, à envisager la même expérience, aboutissant à la colère des indiens Kunas, qui chassèrent leurs associés français en 1760. À la fin du le cycle du cacao au Venezuela est cassé par la surproduction, la guerre civile et la dispersion des esclaves. : Indépendance de l'Espagne. Le plus grand mouvement pré-indépendantiste est celui de Francisco de Miranda. Après avoir participé à la guerre d'Indépendance des États-Unis et à la Révolution française, Miranda, avec l'appui de l'Angleterre et des États-Unis, part de New York en 1806. Le débarquement sur les côtes vénézuéliennes échoue car les bateaux espagnols lui livrent bataille. Il doit fuir vers Trinidad. Avec l'aide du gouverneur de l'île, il organise une deuxième expédition et réussit à débarquer le à la Vela de Coro. Mais il n'est pas bien accueilli par les colons et retourne quelque temps après en Angleterre. Il reprend la lutte en 1810. Le , à Caracas, une junte qui a destitué le commandement espagnol prend le pouvoir. Le , un congrès élu au suffrage censitaire proclame l'indépendance du Venezuela sous l'impulsion de Francisco de Miranda et de Simón Bolívar; et en , une Constitution est votée. Mais la situation se renverse, lorsque des troupes espagnoles débarquent à Coro, commandées par le général Domingo Monteverde; cette armée reconquiert le pays entre mars et . À la fin de cette campagne, Simón Bolívar participe à l'arrestation du général Francisco de Miranda à La Guaira. La Première République est renversée, et les espagnols reprennent le pouvoir; jusqu'en , moment où Simón Bolívar arrive en vainqueur à Caracas après la « "Campagne Admirable" » qui l'a vu traverser la Nouvelle Grenade (actuelle Colombie) et le Venezuela, entre mars et (le titre de « "Libertador" » lui est décerné par la municipalité de Caracas le ). La Deuxième République est proclamée en , malgré quelques victoires comme les batailles d'Araure, Bacachica, Carabobo, les troupes espagnoles épaulées par les llaneros de José Tomas Boves remportent la victoire décisive de Puerta, ce qui force Simón Bolívar et les indépendantistes à quitter Caracas. Des renforts espagnols dirigés par le général Morillo arrivent en Amérique du Sud en 1815 pour faire respecter l'autorité espagnole. En , Simón Bolívar débarque sur l'île de la Marguerite (il a embarqué avec des troupes en Haïti), puis il débarque au Venezuela, mais cette tentative est un échec et il doit se replier sur Haïti. Il réalise une nouvelle tentative le avec 4.300 hommes ; il s'empare de l'ile d'Angustura (aujourd'hui Ciudad Bolívar, capitale de la Guyane Vénézuélienne, sur l'embouchure de l'Orénoque), en . Le du Venezuela y est réuni le . Dans cette même ville, le Parlement créé la Grande Colombie par la Loi Fondamentale de la république de Colombie (cette loi vise à rassembler en un même État les provinces du Venezuela, de la Nouvelle Grenade, et de Quito (les actuels pays du Venezuela, de la Colombie, de l'Équateur, et du Panama). La constitution est votée le , et Simón Bolívar devient président et dictateur militaire. Après un bref armistice signé avec le gouvernement libéral espagnol en , la guerre reprend en . Le Venezuela obtient son indépendance définitive par la victoire décisive de Carabobo le ; Simón Bolívar entre en vainqueur à Caracas . Après 1821-1822, Brésil, Venezuela et Amérique centrale, les nouveaux états nés des guerres d'indépendance jouent un rôle important dans le lancement de la caféiculture, jusque-là très peu développée. Ils voient dans le café un produit d'exportation tourné vers les pays en forte croissance, Angleterre et États-Unis, qui leur permet de tourner le dos à leurs ex-empires coloniaux et se donner aussi une indépendance économique. Dès 1826, le général José Antonio Paez dirige un mouvement socio-politique nommé "la Cosiata" qui va contre le gouvernement de Bogotá (là où sont concentrés le siège général de la Grande Colombie) et la politique centraliste de son président Simon Bolivar. En 1830, le Venezuela devient alors un État indépendant (séparé de l'État de la Grande Colombie) la même année que l'État de l'Équateur et du Panama. Le Venezuela est l'un des trois pays ayant émergé de l'effondrement de la Grande Colombie, (les deux autres étant la Colombie et l'Équateur).Le général Jose Antonio Paez, qui a mené la guerre dans les Llanos, devient le premier président de la république du Venezuela. Diverses rébellions sont à noter entre 1858 et 1870 opposant libéralistes et conservateurs. : dictatures, pétrole, pacte de Punto Fijo. Dictatures et pétrole. Pendant la première moitié du , le Venezuela fut dirigé par des gouvernements militaires qui promurent l'industrie pétrolière. Au début du , la découverte de réserves de pétrole a en effet amené le Venezuela à passer d'une économie basée à 96 % sur le cacao et le café, à une économie pétrolière. Régime de Cipriano Castro. Cipriano Castro, président du Venezuela entre 1899 et 1908, est un caudillo « nationaliste », hostile à la prédominance des intérêts étrangers dans son pays. Ainsi, il critique le contrôle des ports vénézuéliens par les Britanniques, la mainmise allemande sur le commerce et l'exploitation américaine de l'asphalte. En 1901, le Royaume-Uni tente de le déstabiliser en soutenant ses adversaires politiques. Il riposte en faisant saisir quelques petits vaisseaux britanniques des Caraïbes. En 1902, une intervention anglo-germano-italienne est décidée contre le Venezuela auquel les trois puissances réclament des indemnités de l'ordre de 12 millions de dollars pour leurs intérêts lésés au cours des guerres civiles des années 1880. Leurs flottes établissent un blocus des cotes vénézuéliennes et un ultimatum est lancé le . Cipriano Castro refuse de s'incliner et fait arrêter les sujets britanniques et allemands résidant sur le territoire national. Ceux-ci sont rapidement relâchés mais le , la coalition bombarde la ville de Puerto Bello et la forteresse de San Marcos. Finalement, les États-Unis, craignant une violation de la doctrine Monroe — interdisant une intervention militaire européenne en Amérique —, poussent les deux parties à accepter l'arbitrage. Par la suite, la doctrine Drago interdit l'usage de la force militaire pour réclamer le paiement des dettes d’État à État. De nouvelles crises diplomatiques se produisent en 1904. Les États-Unis entendent profiter de leur intervention pour interférer dans les affaires intérieures vénézuéliennes, ce qui conduit à la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. Cipriano Castro envoie par ailleurs des agents dans les iles néerlandaises de Curaçao, d'où des raids sont organisés par ses opposants contre son régime. Les Pays-Bas réagissent par une démonstration navale. En 1908, des problèmes de santé l'obligent à effectuer un voyage en Europe ; son vice-président, Juan Vicente Gómez, saisit l'occasion pour s'emparer du pouvoir. Régime de Juan Vicente Gómez. Le dictateur Juan Vicente Gómez dirigea le pays de 1908 jusqu'à sa mort en 1935. Avec l'aide de capitaux étrangers, il développa les réseaux ferroviaire et routier du pays et de nombreux travaux d'infrastructure publique. En 1914, la découverte et l'exploitation d'importants gisements de pétrole dotèrent le Venezuela d'une source de richesses considérable, ce qui permit à l'État de rembourser la dette extérieure du pays et valut à Gómez une certaine renommée internationale. Il s'associe ouvertement au capitalisme étranger dont il obtient l’appui financier ; il parvient aussi à jouer efficacement les Anglais contre les Américains, et inversement, pour favoriser les intérêts du Venezuela. Il se constitue une fortune personnelle considérable. Devenu l'un des plus importants propriétaires terriens du pays, son palais comprend une centaine de chambres et des jardins somptueux. Le régime s’appuie en grande partie sur l'armée, qui devient l'une des principales sources de dépenses de son gouvernement. Il entretient par ailleurs toute une cour de journalistes pour vanter ses réalisations. Le nombre de prisonniers politiques augmente et Gomez leur supprime tout recours afin d'éviter des procès. La torture est régulièrement utilisée et la milice personnelle de Gomez, les "Llaneros", se charge d'assassiner les opposants les plus dangereux. Une Fédération des étudiants vénézuéliens, motivée par l'exemple du mouvement de la Réforme universitaire ailleurs en Amérique et soutenu par les gauches libérale et socialiste du pays, engage un combat contre la dictature mais Gómez parvient à réprimer la contestation. Les étudiants ayant participé au mouvement sont condamnés aux travaux forcés. Les Transitions : Vote universel et dernières dictatures du siècle. De 1936 à 1941, le pays est dirigé par Eleazar López Contreras, puis de 1941 à 1945 par Isaías Medina Angarita. Ce dernier légalise les partis politiques d'opposition (dont l'Action démocratique et le Parti communiste) et rétablit la liberté d'expression, met en place une réforme agraire modérée, une première loi sur les hydrocarbures favorable à l’État au détriment des multinationales et étend la Sécurité sociale. Il est renversé par un coup d'État civico-militaire associant le parti Action démocratique à des groupes militaires clandestins du major Marcos Pérez Jiménez. Devenu président par coup d'État, Rómulo Betancourt préside le pays de 1945 à 1948, suivi de l'écrivain Romulo Gallegos, élu dans les premiers suffrages directs, vote secret et universel (les femmes votent pour la première fois) en février 1948. Celui-ci lance des réformes et réduit les privilèges des sociétés pétrolières étrangères. Neuf mois plus tard il sera renversé par un nouveau coup d'État militaire dirigé par Carlos Delgado Chalbaud, Luis Felipe Llovera Paez et Marcos Pérez Jiménez qui gouverne le pays de manière dictatoriale de 1953 à 1958. Pacte de Punto Fijo. La chute de Marcos Pérez Jiménez en 1958 donne lieu au pacte de Punto Fijo, qui précise le nouveau système politique. Les gouvernements sont alors élus démocratiquement. Rómulo Betancourt est président de 1959 à 1964 après avoir remporté l'élection présidentielle du , obtenant 49,2 % des voix contre 34,6 % des voix pour Wolfgang Larrazábal et 16,2 % pour Rafael Caldera. Le , 21 personnes sont arrêtées pour tentative de coup d'État, après des attentats qui ont visé des émetteurs radio et le domicile du colonel Padron, un ancien gouverneur de Caracas. Trujillo, dictateur de la République dominicaine, tente d'assassiner Betancourt le . Les principaux partis de cette époque sont l'Action démocratique (AD, "Acción Democratica" social-démocrate), le COPEI (social-chrétien) et l’Union républicaine démocratique ("Unión Republicana Democrática"), qui se sont alliés, écartant le Parti communiste du Venezuela (PCV). Confronté à plusieurs rébellions paysannes ou militaires, le gouvernement fait interdire le Parti communiste du Venezuela et le Mouvement de la gauche révolutionnaire. Bipartisme politique et dette sociale. Après les premières présidences à la suite du Pacte, le développement se construit autour des bénéfices de l'exploitation du pétrole vénézuélien de plus en plus développé. L'industrie pétrolière est nationalisée en 1976, ce qui fait du pays un Petro-État donnant à ses administrateurs l'opportunité d'industrialiser le pays dans d'autres filières. Malgré l'échec ou la réussite partielle de ces politiques, le Venezuela est un pays fortuné dans la région. Des grands projets d'envergure voient le jour et une partie réduite de la population bénéficie de la manne pétrolière. La démographie explose et le pays connait une forte affluence de migrants économiques de la région, ainsi que des communautés latines d'Europe. Le niveau de dépendance à la source de revenues pétrolier reste cependant disproportionné. L'économie et le développement du pays fluctuent en fonction du prix du pétrole, ce qui augmente la vulnérabilité de l'immense majorité de la population. La grève connue comme Caracazo. Carlos Andrés Pérez est élu de nouveau en 1988, et adopte des mesures inspirées du néolibéralisme pour résoudre la crise. En réaction à ces mesures, le peuple se soulève à Caracas et aux alentours les 27 et . L'envoi de l'armée contre la population révoltée (plan Avila) entraine la mort de 300 personnes selon les chiffres officiels et aux alentours de suivant des sources non-officielles. Coups d'États dirigés par Hugo Chavez. En 1992, dans un pays où la majorité de la population reste défavorisée, il se produit deux tentatives de coup d'État par des militaires pour prendre le pouvoir par les armes (en février et novembre). La première commandée par Hugo Chávez lui-même, et la deuxième par un groupe de militaires sous son influence. : Le bolivarisme-socialisme de Chavez. Reformes politiques. Rafael Caldera est élu président en 1994. Afin de résoudre les crises politiques et institutionnelles par la voie du dialogue, il décide de gracier la plupart des dirigeants des soulèvements militaires. Cela permet à ces groupes révoltés de s'organiser pour une conquête du pouvoir pacifique dans les années 1990. Le 9 décembre 1998, Hugo Chavez est élu président avec une majorité absolue (56 %). Le taux de participation est historiquement faible (environ 60 %, vs. un historique de participation d'environ 80 % pour les 9 dernières présidentielles sur 50 ans). Dès le début de son mandat il met en œuvre une de ses premières promesses électorales, prioritaire pour lui, l’idée d’une Assemblée constituante. cette réforme lui permet de modifier le socle politique du pays, de permettre la réélection du président et des gouverneurs, d'allonger la durée des mandats et d'établir les réformes souhaitées. La Constitution de 1999, fait de la « participation » l’un de ses principes fondateurs. Il organise de nouvelles élections présidentielles, qui ont lieu le 30 juillet 2000, sous la nouvelle constitution en vigueur. Hugo Chavez en sort vainqueur avec 59 % des voix, contre le gouverneur de Zulia Francisco Arias Cardenas, un de ses anciens alliés et homme politique de gauche. Cardenas est également un ancien officier militaire jurant de démanteler un statu quo corrompu et incompétent. Le bolivarisme et le socialisme de Chavez se concentrent sur la mise en place de programmes « prêt à porter » pour garantir l'accès à l'éducation, la santé, l'habitat et la sécurité aux classes les plus populaires, qui n'avaient tiré aucun bénéfice de la manne pétrolière. Il exproprie des entrepreneurs et redistribue le revenu aux paysans et aux travailleurs pauvres. Il fait passer de nombreux décrets et lois visant à réformer la politique du pays. Reformes économiques : grève générale, coup d'État de Pedro Carmona et grève générale de 2 mois. Ces réformes économiques ne sont pas du goût de l'opposition, d'abord financière et patronale. Une grève est déclenchée à la suite de menaces d'interventions de l'exécutif dans des organisations comme PDVSA, qui bénéficiaient jusque-là d'une certaine autonomie. Cette grève de trois jours, poussée par un syndicat proche du patronat (le PTV) mène le à un coup d'État qui renverse illégalement Chavez et son gouvernement pendant 48 heures. L'Espagne et les EEUU saluent les décrets de Pedro Carmona, président de Fedecamaras et nommé Président par intérim par les militaires de haut rang. Pedro Carmona tente d'annuler des articles de la Constitution de 1999, qui avait été approuvée par référendum. Avec le support des putschistes, il promet de nouvelles élections présidentielles dans les 90 jours. Pendant ce temps, la seule chaîne publique ne peut plus diffuser à la suite de l'intervention armée des belligérants. Il s'agissait d'empêcher le gouvernement légal et ses alliés de pouvoir communiquer, étant donné que c'était la seule chaîne qui leur était favorable : les 7 chaines privées détenues par la bourgeoisie vénézuélienne opposée à Chavez pouvaient diffuser sans contradiction la propagande favorable aux intérêts du putschiste et patron des patrons vénézuélien, Carmona. Sous la pression du peuple venu encercler en masse le palais présidentiel, la garde présidentielle réstée fidèle à Chavez fait arrêter les putschistes. Chavez reviendra au pouvoir, malgré l'annonce télévisée de sa démission 48 heures plus tôt par le Chef de l'Armée, et cela grâce à un soutien important d'une partie de l'armée restée fidèle. Au retour de Chavez, la plupart des putschistes partent en exil bien qu'ils leur fut promis un jugement équitable. Quelques mois plus tard, une nouvelle grève massive est organisée par les patrons des entreprises pétrolières et les hauts fonctionnaires de la PDVSA ("Petróleos de Venezuela"), les mêmes qui avaient été affectés par les décrets d'avril de l'épisode précédent. Le syndicat ouvrier CTV se joint à la grève générale indéfinie. Finalement, la majeure partie des salariés et des responsables de la compagnie se mettent en grève et paralysent l'entreprise pendant deux mois (décembre 2002-janvier 2003). Les organisations patronales demandaient la libéralisation de l'économie, et les syndicats des améliorations des conditions de travail, tout en montrant une défiance à l'égard de l'officialisme chaviste qui contrôlait la plupart des institutions politiques et de justice et les hautes sphères des sociétés de l'État. La police réprime durement les manifestants et les gréves se terminent par des licenciements massifs, notamment au sein de la PDVSA, et par la réactivation de son appareil grâce au personnel non gréviste. Des licenciements sont déclenchés en passant outre au droit à la grève et selon un motif strictement d'appartenance ou de position politique puisque plus tard, les licenciés se révèlent être les mêmes que ceux qui avaient apposé leur signature afin de convoquer le nouveau référendum révocatoire, autorisé par la constitution adoptée trois ans plus tôt. Par la suite, l'opposition s'organise et tente de convoquer un référendum révocatoire. À maintes reprises, elle rassemble des démonstrations massives avec des marches ayant pour but la collecte de signatures pour demander l'organisation du référendum. Des manifestations symétriquement opposées, en soutien d'Hugo Chavez, sont organisées par l'appareil d'État. Autoritarisme et changements dans la nouvelle constitution. En décembre 2006, 2 ans et 3 mois après sa victoire contesté du référendum de 2004, le nombre officiel d'inscrits va encore augmenter anormalement de 1.78 millions d'inscrits (14.0 à 15.78 millions). Hugo Chavez est declaré vainqueur dans un processus d'élection présidentiel le 6 décembre de 2006 avec 63 % des votes et une participation de 75 % des presque 16 millions d'électeurs selon les chiffres officielles. à partir de 2006, Chávez modifie radicalement sa conception de la participation citoyenne et impose un « État socialiste » reposant sur la création de « conseils communaux » (consejos comunales). Le projet initial de mettre en place une démocratie « participative » est remplacé par la construction verticale d’une nouvelle bureaucratie et par la création d’un parti politique officiel « uni et unique » en nette opposition aux principes pluralistes de la Constitution de 1999. Ce socialisme repose une profonde contradiction : dans la théorie, il est soutenu par le « peuple » mais, dans les faits, il aboutit à la constitution du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), organisation unificatrice de l’État et du gouvernement. Le pouvoir politique et économique se concentre progressivement dans l’exécutif car c’est le gouvernement qui distribue la manne pétrolière. L’appareil administratif de l’État se centralise, les expropriations de terres, entreprises, banques et biens immobiliers étant souvent ordonnées par Chávez lui-même. Le Parlement européen et des associations comme Amnesty International dénoncent à plusieurs reprises la dérive autoritaire du gouvernement au Venezuela. En dehors des manœuvres électorales, des mesures telle que les interdictions des opposants, les emprisonnements politiques, le harcèlement des médias et la répression des manifestations contestataires sont dénoncées. La continuation du Chavisme et les problèmes actuels. Malgré la maladie, Hugo Chavez avait décidé réessayer d’être réélu une nouvelle fois et pour une quatrième période (troisième sous la constitution 1999). Le président sortant briguait un nouveau mandat à la suite de la victoire annoncée par le CNE pour les élections d'octobre 2012. L'ex-président gagne selon le CNE avec une participation supérieur à 80% (de 18.9 millions d'inscrits pour cet exercise) et une majorité de 55% sur les 45% de son adversaire Henrique Capriles Radonski. Président en exercise il se separe du pouvoir le 8 décembre 2012 par une transmission télévisuelle où il reconnaissait la gravité d'un abcès pelvien ou cancer détecté bien avant sa dernière campagne, l'explication de sa faible présence lors de celle-ci, sa reconnaissance et gratitude à ses supporteurs et laisse en direct les responsabilités de la présidence à Nicolás Maduro, vice-président de la république, nommé ainsi quelques semaines avant la transmission. Il sera opéré seulement 3 jours après le 11 décembre à Cuba. Chavez ne récupérera plus ses facultés de mobilité ni ne s'adressera plus jamais en public, et après des longues convalescences et un mutisme d'État, il est déclaré mort le à Caracas. La date exacte de sa mort cérébrale est lourdement disputé et sujet de polémiques. L'héritier du Chavisme. Les élections présidentielles prévues dans le cadre de la mort du chef d'État, dans les qui suivent sont retardées au . Nicolas Maduro est élu avec d'avance, soit 51 % des voix, contre 49 % le même candidat d'opposition quelques mois auparavant. Henrique Capriles Radonsky et l'opposition traditionnelle ont dénoncé pendant la courte campagne les avantages et les conditions favorables à Maduro s'octroyant de moyens de l'État, plus de temps de parole et vont même contester sa légitimité en tant que président par intérim car, selon la constitution, dans l'absence du président pour sa prise du pouvoir au début du mandat, dès le 10 janvier, la fonction aurait dû être occupée par le président de l'assemblée Diosdabo Cabello. Le résultat est validé CNE. Il est également validé par des observateurs internationaux de l’Union des nations sud-américaines (Unasur), de l’Union interaméricaine des organismes électoraux (Uniore), du Marché commun du sud (Mercosur) et ainsi que du Centre Carter. Cependant différents groupes et organisations ont dénoncé des différences énormes de entre les actes de votation et les tickets de vote et plus de 3200 anomalies. Par ailleurs le dépouillement de la moitié des urnes n'était pas validé par les partis d'opposition ayant interdit leur assistance. Le soir de l'élection l'opposition conteste le résultat du scrutin.Capriles fait un impugnation formelle à l'Unasur et appelle ses partisans à manifester de manière pacifique et comme seules armes les casseroles. Les émeutes et les manifestations qui ont suivi finiront avec des bilans de morts, blessées et termineront dispersées. Pendant sa présidence (2013-2019), différentes crises et problèmes se développent dans l'interne. Un phénomène d'émigration massive se développe affectant de plus en plus les pays frontaliers et de la région et cependant le Président aurait été réélu avec une proportion supérieur à 2013 ayant 68 % selon les sources officielles. Les élections avancées à mai 2018 sont encore une fois contestées, donnant vainqueur le président sortant ayant la plus faible participation historique depuis celle de Romulo Gallegos en 1948. Selon la source officielle des statistiques du CNE, la participation serait de 48 % sur 20.5 millions d'inscrits, cependant d'autres sources comme le Groupe de Lima indiquent une participation beaucoup plus faible d'environ 17 % , c'est-à-dire, moins de 3.5 millions de votants. Les problèmes actuels. La liste de problèmes actuels n'est pas exhaustive mais le Venezuela connait dans son histoire contemporaine une série de graves problèmes qui découlent des crises politiques et de l'inefficacité de son administration, quel que soit le gouvernement en place. Depuis , le Venezuela connaît sa crise politique la plus importante de son histoire. Des milliers de personnes manifestent, initialement contre la violence, dans les rues de Caracas. Les médias évoquent une dizaine de morts (dont des policiers) et une centaine de blessés. Les manifestants anti-gouvernementaux et Leopoldo López demandent le renversement du président M. Maduro. Ce leader d'oppossition, ancien maire d'un des districts de la capitale et ancien candidat à l'élection primaire de l'opposition en 2012, sera accusé de toutes les violences et fait responsable devant la justice sans dû procès. En défiance et sa seule vérité contre les autorités, Lopez se remet à attendant un procès juste. L'opposition n'est pas unie, l'ancien candidat à l’élection présidentielle Henrique Capriles avait refusé de participer aux manifestations et de soutenir Lopez. Maduro au pouvoir compare la situation dans son pays à la montée du fascisme en Europe dans les années 1930. En 2017, une crise institutionnel réapparaît après que l'Assemblée Nationale est jugé en tort d'exercice et évincé de ses pouvoirs légiferants car elle avait passé à majorité d’opposition à la suite de l'élection parlementaire du 6 décembre 2015 pour la période 2016-2021. Des nouvelles manifestations et des nouveaux émeutes provoquent la mort de plus de 130 personnes. En 2019, à l'issue de la période présidentielle 2013-2019, l’opposition tenta invoquer la constitution pour être chargée du Pouvoir exécutif le temps d'organiser des nouvelles élections celles de 2018 étant contestées et signalées de nullité ou reconnues partiellement par seulement quelque pays de la communauté internationale. Juan Guaido, député élu à l'Assemblée National (2016-2021) ayant la présidence de celle-ci, assume publiquement cette charge et la présidence par intérim en janvier 2019. En évoquant les articles 233, 333 et 350 de la Constitution Guaido serait président par intérim dès le 10 janvier 2019, date de fin de l'ancien période présidentiel. Une nouvelle crise institutionnel s'ouvre et se rajoute aux problèmes actuels du pays. Le 20 septembre 2022, la présidente de la mission de recherche de faits indépendante des Nations unies Marta Valinas dénonce les services de renseignement du Venezuela, les accusant d'avoir commis des crimes contre l'humanité pour réprimer l'opposition, sur les ordres du président Nicolas Maduro et d'autres hauts fonctionnaires. La mission révèle que 122 cas, incluant de la torture, des violences sexuelles et d'autres traitements cruels et dégradants, ont été perpétrés par des agents des services de contre-espionnage militaire (DGCIM). En outre, le "National Intelligence Service" (SEBIN) aurait torturé, détenu ou maltraité des personnalités politiques de l'opposition, des journalistes, des manifestants et des défenseurs des droits de l'homme. Elle appelle la communauté internationale à surveiller strictement le développement du pays à faire progresser la justice, la responsabilité et le respect des droits humains. Le rapport du Conseil des droits de l'homme des Nations unies a révélé le 25 septembre 2022 les violations des droits de l'homme en cours dans l'Arc minier, situé dans le sud du Venezuela. L'ONG "FundaRedes" a condamné la destruction d'au moins de forêt vierge dans l'État de Bolivar à la suite d'une activité minière illégale dans la région, qu'elle attribue à Maduro. En novembre 2022 à Mexico, le pouvoir et l'opposition vénézuélienne signent un accord qui intègre un dégel de certains avoirs placés à l'étranger, liquidées qui devront servir pour des projets sociaux. |
Hindouisme Lhindouisme, parfois écrit indouisme (en hindi : , ' ; en tamoul : ; « religion hindoue »), ou sanatana dharma (en sanskrit : , ' : « loi éternelle »), est l'une des plus anciennes religions du monde encore pratiquées qui n'a ni fondateur, ni dogme imposé, ni institution cléricale organisée uniformément (les brahmanes peuvent être de différentes écoles). En 2015, le nombre de fidèles est estimé à 1,1 milliard dans 85 pays, c'est actuellement la troisième religion la plus pratiquée dans le monde après le christianisme et l'islam. Elle est issue du sous-continent indien qui reste son principal foyer de peuplement. Le terme persan" hindu" (du sanskrit "Sindhu") désignait au départ, pour les musulmans qui pénétrèrent en Inde, les habitants du bassin de l'Indus. La majorité des hindous ont foi en l'autorité du Veda, considéré comme « permanent » ("nitya"), qui fut révélé aux êtres humains de façon « non humaine » (अपौरुषेय, "apauruṣeya") par Brahmā et grâce à l'« audition » des Rishi (c'est-à-dire les « Sages ») ; c'est l'avis des traditions brahmaniques comme le Vedanta et la Mîmâmsâ, mais pas pour les écoles philosophiques brahmaniques Nyâya et Vaisheshika qui reconnaissent l'autorité du Véda tout en le considérant "anitya" (« impermanent ») et "paurusheya" (« humain »). Les auteurs de textes védiques ne sont pas tous identifiés, ou bien de façon légendaire comme Vyāsa. L'hindouisme se présente comme un ensemble de concepts philosophiques, politiques, scientifiques, artistiques issus d'une tradition remontant à la protohistoire indienne, la pratique hindouiste étant sans doute issue d'une tradition orale très ancienne, proche de l'animisme. On retient parfois une tripartition historique qui fait de l'hindouisme la dernière phase du développement des religions en Inde, après le védisme (env. 1500-500 avant notre ère) et le brahmanisme (-600 à 500 de l'ère courante). Au-delà du syncrétisme théologique, l'hindouisme d'avant l'islam et le colonialisme européen qui soumirent l'Inde à leur autorité était un vecteur de toutes les sciences de son époque : le droit, la politique, l'architecture, l'astronomie, la philosophie, la médecine ayurvédique et d'autres savoirs qui avaient en commun le substrat religieux. Étymologie. "Hindū", ou "hindou", est le nom persan désignant le fleuve Indus, d'abord rencontré dans l'ancien persan, correspondant au mot védique sanskrit "sindhu" : « cours d'eau », devenu nom propre de . Le Rig-Véda mentionne la terre des peuples indo-aryens comme le "sapta sindhu" (« sept cours d'eau », ), qui correspond à "hapta həndu" dans l'Avesta ("Vendidad" ou "Videvdad" 1.18) . Le terme était utilisé par les hommes vivant à l'ouest de l'Indus, pour nommer les peuples qui habitaient à l'est du fleuve, dans le sous-continent indien ; c'est aussi l'étymologie des noms , sindhi et Sinti. Dans l'islam, le terme arabe se réfère également au sous-continent indien à l'est de l'Indus. Le terme persan ancien "Hindūk", en persan moderne, "Hindū", fit son entrée avec l'expansion de l'islam, notamment pour désigner les habitants autochtones du sultanat de Delhi et apparaît aussi en Inde du Sud et dans des textes cachemiris à partir de 1323 puis devient commun sous la colonisation britannique pour désigner un indigène du Raj britannique, toutes religions confondues (sens qui durera en français jusqu'au ). En conséquence, le terme « hindou » est un exonyme : il ne vient pas des peuples « hindouistes » eux-mêmes, bien qu'il ait fini par être adopté et assimilé par eux. Depuis la fin du , le mot a été utilisé comme un terme général pour le corpus majoritaire des traditions religieuses, spirituelles et philosophiques d'origine indienne du sous-continent, pour les distinguer de l'islam, du christianisme, du judaïsme, du sikhisme, du bouddhisme ou du jaïnisme. Dans ce sens, un "hindou" est une personne qui partage la philosophie exposée dans les Vedas, nommée "Upanishad" (le mot Veda peut être traduit par "connaissance") et accepte l'autorité spirituelle et rituelle de ceux qui s'en font les interprètes. Le terme "Hindou" a été introduit dans le monde occidental par le biais de la langue anglaise. Le terme « hindouisme » est apparu au début du . En France, on utilisait auparavant les termes « brahmanisme », « religion brahmane » ou « religion des brahmanes ». L'hindouisme ou "sanâtana dharma" (« ordre socio-cosmique éternel ») s'apparente davantage à un substrat culturel, un mode de vie ou de pensée, qu’à une religion organisée et dogmatique. Ce qu'on appelle « hindouisme » aujourd'hui est la tentative de rassembler les croyances disparates issues de l'ancien panthéon védique, éclipsé par la popularité de Shiva, de Vishnou ou de Krishna. Dans certains cercles aryanistes, l'hindouisme est appelé « religion aryenne », de l'expression sanskrite "arya dharma" qui signifie « noble religion » ou « religion des nobles » ; en dehors de ces cercles parfois nationalistes, voire protochronistes, le terme le plus usité est "vaidika dharma" signifiant « religion védique » ou « religion des Védas ». Définition de l'hindouisme par la Cour suprême de l'Inde. En 1966, la Cour suprême de l'Inde a défini le cadre de la « foi hindoue » comme suit : Histoire. La civilisation de la vallée de l'Indus, datant de l'âge du bronze, présente des éléments comparables à ceux de l'hindouisme, tels que les bains, les symboles phalliques comparés au Shiva lingam ainsi que des svastikas. Un sceau découvert sur le site de Mohenjo-daro est parfois considéré comme une représentation d'un proto-Shiva, mais cette interprétation n'est pas reconnue par toute la communauté scientifique. D'une façon générale, la nature exacte des relations entre la religion de la civilisation de la vallée de l'Indus et l'hindouisme reste conjecturale. C'est durant la période védique, à l'âge de fer, entre 1500 et 600 , que les quatre Védas qui constituent les textes fondateurs de l'hindouisme sont composés. Les rites principaux du védisme concernent le yajña, le sacrifice védique en l'honneur des deva. Plusieurs divinités du Rig-Veda ont été ensuite reprises ou révisées par l'hindouisme. Au Moyen Âge, l'hindouisme, par le biais du théisme, retrouve un nouvel essor. L'hindouisme que l'on connaît aujourd'hui est principalement issu de ce nouveau courant qui a profité du déclin du bouddhisme des . Au , l'hindouisme se répand hors de l'Inde et en particulier en Occident. Vivekananda en fait une première présentation en 1893 au Parlement mondial des religions à Chicago. Textes sacrés. Les textes sacrés de l’Inde antique relatifs à l'hindouisme se classent grossièrement en deux catégories. Śruti. Les Védas sont les textes les plus anciens qui nous soient parvenus en langues indo-européennes. Les Védas sont considérés par les hindous comme faisant partie de la Śruti (connaissance révélée). La tradition déclare qu'ils sont directement révélés par le Brahman aux rishis alors que ces derniers étaient en méditation profonde. Les hymnes des Védas ont été transmis oralement de père en fils et de professeur à disciple. Par la suite, ces hymnes ont été compilés par un sage appelé Vyāsa (littéralement, le "compilateur", bien que le nom puisse avoir désigné un groupe de personnes personnifiées pour les besoins de la tradition) ou encore Vedavyāsa (diffuseur des Védas). Les textes les plus anciens sont formés des quatre "Saṃhitā", ou recueils constituant les quatre Veda, à savoir: le Ṛgveda ou « Veda des strophes », le Yajurveda ou « Veda des formules », le Sāmaveda ou « Veda des mélodies » et l’Atharvaveda à caractère magique. Le Ṛgveda contient des mantras pour invoquer les devas pour les rites de feu-sacrifice ; le Sāmaveda, c'est le cantique, avec des notations musicales ; le Yajurveda a de véritables instructions pour les sacrifices ; et l'Atharvaveda comprend des charmes philosophiques et demi-magiques ("sic") , les sorciers, les maladies et les erreurs pendant le rite sacrifiant. À ces quatre Védas ont succédé les Brāhmaṇās qui sont des interprétations sur le Brahman, les Āraṇyaka ou « Traités forestiers » à réciter loin des agglomérations et les Upaniṣad ou « Approches » à caractère spéculatif qui ont pour seule matière la métaphysique. Les upaniṣad qui font partie de la Śruti clôturent le canon védique. Du fait d'une conception énigmatique de la vérité par le Veda, les vérités védiques peuvent être exprimées sous forme d'« incertitudes positives » et de « vérités ultimes à mode interrogatif », comme dans l'hymne du "Rigveda-Samhitâ" (X.129) : . Smriti : textes hindous post-védiques. Les Vedas sont désignés sous le nom de "Shruti" ("ce qui est révélé"). Les textes plus récents sont appelés "Smriti" ("ce qui est rappelé" ou "mémoire/tradition"). Tandis que la littérature "shruti" est composée en sanskrit védique, les textes "smriti" sont en sanskrit classique (plus facile) et, pour certains, en "prâkrit" ou langue commune. Puisqu’elle est accessible à tous, la littérature "smriti" a connu une grande popularité dans toutes les couches de la société indienne, et ce, dès le début. Aujourd’hui même, la plus grande partie du monde hindou est plus familière avec le "smriti" qu’avec la littérature "shruti" réservée (tardivement) à la caste dominante des brahmanes. La "smriti" correspond ainsi à la littérature populaire et, en tant que telle, elle est théoriquement moins ardue que la "shruti" (la "shruti", remontant à l'aube de l'Inde c'est-à-dire à l'époque védique, est aujourd'hui, du fait de son langage et de son vocabulaire, sujette à interprétation). La "smriti" (collection de 36 textes selon Paithina) est le pendant populaire de la "shruti", à travers l'histoire des dieux et des héros, elle instruit sur la pensée indienne. Les "textes révélés" ou Shrutis font autorité sur les "textes mythologiques" ou Smritis et cela indépendamment du sujet traité. La majorité des livres de la Smriti font référence aux textes sacrés des Vedas ; leur but est de décoder les messages ancestraux et de les enseigner à la population. Cette seconde littérature n'est pas pour autant de moindre valeur, elle est au contraire très riche et offre des dialogues philosophiques très poussés. La littérature "smriti" inclut : La philosophie hindoue décrite dans les épopées et les Puranas est centrée d'abord sur celle de la doctrine de l’avatar (incarnation, partielle ou totale, d'un dieu en être humain). Les deux avatars principaux de Vishnou qui apparaissent dans les épopées sont Râma, le héros du Râmâyana, et Krishna, le protagoniste majeur du Mahâbhârata. À la différence des "deva" de la "Samhitâ" védique et du concept abstrait de Brahman issu des Upaniṣad (qui décrivent le divin comme étant omniprésent, impersonnel et sans forme), les avatars de ces épopées sont des intermédiaires humains entre l’Être suprême et les mortels qui offrent une vision du divin plus accessible. Dieu y est décrit comme personnel et proche de sa création (dans le "Bhagavata Purana", Krishna est un pâtre, sa création est son troupeau, le souffle traversant sa flûte est l'âme sans début ni fin des créatures). Cette doctrine a eu un grand impact sur la vie religieuse hindoue, parce qu’elle montre que Dieu s’est manifesté sous une forme qui peut être appréciée même par le plus modeste des hommes. "Râma" et "Krishna" sont depuis des milliers d’années des manifestations du divin, aimées et adorées des hindous. Le concept du "brahman" des "Upanishad" est assurément le pinacle de la pensée religieuse indienne, mais la vision des avatars et le récit de leurs mythes ont certainement eu plus d’influence sur l’hindou moyen. Les hindous attachent plus d'importance à l'éthique et aux sens métaphoriques transmis par ces textes qu'à la mythologie littérale. Cosmogonie et divinités. Selon la mesure védique du temps, qui s'étend sur plusieurs milliards d'années, l'univers connaît des périodes d'expansion (kalpa ou jour de Brahmâ, équivalent à 1000 mahayuga, soit 4,32 milliards d'années) puis d'anéantissement (pralaya ou nuit de Brahmâ, de même durée). Un mahayuga est composé de 4 yuga, dont le dernier, actuel, est le kaliyuga, « âge de fer » ou « âge des conflits », dénommé ainsi car c'est une période matérialiste et décadente par rapport à l'âge d'or de l'humanité (kritayuga). La cosmogonie hindoue enseigne que le principe de toute vie, de tout progrès, de toute énergie, réside dans les différences, les contrastes. . La cosmogonie hindoue est la théorie hindouiste de la création de l'univers et de son image. Celle-ci est caractérisée par un recours constant au chiffre 7. Le monde a été créé en forme d'œuf (l'« œuf d'or de Brahmâ », "hiranyagarbha" en sanskrit). La moitié supérieure de l'œuf cosmique ("brahmāṇḍa") se divise en sept zones : les trois premières, terre, air et ciel, forment ensemble le triloka (« trois mondes ») et sont surmontées par quatre régions célestes constituant la demeure des dieux. La moitié inférieure de l'œuf cosmique comprend sept régions infernales ("pātāla"), qui forment des étages et sont habitées par des démons et des serpents. Au-dessous de l'œuf cosmique se trouve l'Océan primitif, formé par sept autres zones infernales. La Terre est divisée en sept continents entourés de sept mers. Brahman. Le Brahman (prononcé comme /brəh mən/) est un concept provenant à l'origine des Védas. C'est l'indescriptible, le neutre, l'inépuisable, l'omniscient, l'omniprésent, l'original, l'existence infinie, l'Absolu transcendant "et" immanent (cf. panenthéisme), l'Éternel, l'Être, et le principe ultime qui est sans commencement et sans fin, – dans l'univers entier. C'est la Réalité Ultime, l'Âme Absolue ou Universelle ("Paramatman"), l'Un. Il ne doit pas être confondu avec la divinité Brahmâ ou le nom des prêtres hindous, les brâhmanes. De nombreuses "Upanishad" font référence entre le rapport qu'entretient le Brahman (âme universelle) avec l'âtman (essence de toute créature), vision qui est considérée comme libératrice, car menant les actes ("karma") d'un tel connaisseur à ne plus s'identifier à son ego transitoire : Cet Absolu, que les hindous désignent aussi par le nom de "tat" en sanscrit (« Cela ») est par sa nature même impossible à représenter. L'Absolu est tantôt manifesté : "Tat Tvam Asi" (तत्त्वमसि : Tu es Cela), ou « Tout cela est "Brahman" » disent les textes sacrés, tantôt non-manifesté : « le "Brahman" est Vérité, le monde est Illusion », disent aussi les textes sacrés. Il est parfois évoqué un "Brahman supérieur", le "Parabrahman". Le "Brahman" peut en effet être considéré sans attributs personnels, sans forme ("Nirguna Brahman"), d'une façon totalement abstraite, ou avec attributs, avec forme, au travers de la multitude des divinités ("Saguna Brahman"). Certains courants de l'hindouisme peuvent être considérés comme panthéistes, d'autres comme panenthéistes. La tradition brahmanique comprend l'Absolu ("Brahman", l'Âme universelle, la Réalité infinie, la Divinité suprême dotée ou non d'attributs et de formes) comme étant l'Un (sans second), que l'on peut concevoir de différentes façons : soit en privilégiant une divinité particulière considérée comme supérieure aux autres (sans nier les autres pour autant), c'est-à-dire par une attitude relevant de l'hénothéisme, ou soit en concevant chaque divinité comme un membre "vénérable" de l’Absolu ; toutes les divinités, différentes et prises séparément, sont chacune une fenêtre distincte ouverte sur le paysage divin : et toutes ces fenêtres ouvertes réunies sur l’Absolu ("Brahman") constituent effectivement l’Absolu, l’Âme cosmique, c'est-à-dire par une attitude liée au polythéisme (le Divin est Multiple). Quoi qu'il en soit, le Brahman est omniprésent sans pour autant être confondu avec les choses limitées et transitoires qui composent le monde : Trimūrti. La nature du Brahman ne l'empêche pas de se manifester sous la forme d'un dieu personnel. L'hindouisme, selon les courants religieux, donne divers noms au dieu personnel. Un nom général existe cependant, celui d"'Ishvara" (litt., « le Seigneur Suprême »), terme surtout philosophique car, dans la pratique du culte et de la vie quotidienne, on ne s'adresse guère qu'à l'un des membres de la Trimurti : (Shiva, Vishnou, ou, plus rarement, Brahmâ, car ce dernier, en créant les créatures vivantes, a engendré le "samsara", le cycle des réincarnations que l'on doit abandonner, « opposé » à Moksha, la libération). Les dieux personnels majeurs sont ceux de la "Trimūrti". Ce sont dans l'ordre Brahmâ, Vishnou et Shiva, qui correspondent respectivement à l'action créatrice, conservatrice et destructrice de l'Absolu transcendant (Brahman). Ils représentent trois aspects inséparables de la structure de l'Univers. Dans les manifestations personnelles (divinités) du dieu impersonnel (Brahman), l'hindouisme est une religion polythéiste ; à ce titre, cette religion comporte une variété et une diversité de 330 millions de divinités (le chiffre est parfois considéré comme symbolique, du même nombre d'êtres vivants, selon quoi Dieu vit dans le cœur de tout être vivant, en tant que "Sarvanetradhivasa", « Celui qui est présent dans les yeux de tous les êtres ») . L'hindou peut vénérer le "Brahman" sous la forme d'une divinité de son choix, sans pour autant rejeter l'existence d'autres divinités, considérant Ganesh, par exemple, comme l'incarnation suprême du "Brahman" (cet hindou sera un "ganapatya", et shivaïte) : dans ce cas, l'hindouisme est un hénothéisme. Néanmoins, selon cet aphorisme du "Brahmanoûtchîntamam" : Dans l'hindouisme, il n'y a pas de conflit entre polythéisme et monothéisme : la religion, la philosophie et les théories qui les accompagnent ne sont que des chemins qui tentent de décrire le "Brahman" (« Âme universelle ») au-delà duquel il n'y a plus rien, et la manière de se fondre en lui. Depuis Georges Dumézil qui a mis en lumière la fonction triadique dans les civilisations Indo-Européennes, un parallèle formel entre la trimurti et la trinité chrétienne peut être établi (ce qui n'induit pas un rapprochement théologique entre les traditions chrétiennes et hindoues) : en effet, en Inde, on représente la divinité comme triple, on appelle ce principe la trimurti dans le panthéon hindou : Brahma, Vishnu et Shiva, sont trois aspects du divin. Brahma désigne symboliquement le créateur (démiurge), Vishnu représente le conservateur et Shiva représente le destructeur dans le cycle de l'existence. Cette triple Nature se rapprocherait de l'énoncé de l'européen médiéval : "spiritus", "anima", "corpus". Un tel rapprochement entre Trinité chrétienne et Trimūrti a été notamment effectué par l'indianiste Alain Daniélou (à ne pas confondre avec son frère le théologien Jean Daniélou) dans "Mythes et dieux de l'Inde" mais ultérieurement critiqué par d'autres spécialistes (voir l'article Trimūrti pour plus d'informations). L'hindouisme est une religion dont les différentes divinités sont considérées comme les formes différentes d'une même expression divine sous-tendue par une réalité ultime. La question sur la nature exacte de cette dernière (immanente ou transcendante, personnelle ou impersonnelle) dépend des différents courants. Selon Ananda Coomaraswamy, le culte des puissances de la nature dans l'hindouisme doit être compris dans le sens de "natura naturans est deus", « lesdites puissances ne sont que les noms des actes divins ». Depuis la "Chandogya" Upaniṣad, cette philosophie de l'unité divine est devenue très importante dans la littérature sacrée. Le mantra "Tat Tvam Asi" (तत्त्वमसि : Tu Es Cela) célèbre cette unité de la création avec son créateur, qu'il soit personnel ou impersonnel. Un épisode du Srimad Bhagavatam met en avant cette réalité : le dieu Krishna, avatar de Vishnu, demande aux habitants de Vrindavan d'abandonner le culte d'Indra pour le sien, puisque Krishna se présente comme le Dieu suprême dont Indra n'est qu'un fragment. Divinités majeures et mineures. Les diverses incarnations (« descentes », avatar) de la Trimurti (Krishna est un avatar de Vishnou) sont des divinités majeures. Les divinités mineures sont des créations ou des procréations des divinités majeures. Ganesh, qui est une divinité importante dans l'hindouisme, est lié à Shiva en tant que procréation ou création selon les mythes développés à son sujet. Dévas. La religion hindoue croit en l'existence d'entités célestes appelées "devas" (ou "dévas"). Le féminin de "deva" est "devî" (ou "dévî"). La question de la nature de ces "devas" peut être analysée selon ces trois points : Dans la "Brihadaranyaka Upanishad" (III.IX.1 à 9), Shakala demande au sage Yajnavalkya quel est le nombre exact de dieux ("deva") ; Yajnavalkya répond : « trois cent trois et trois mille trois » (autant que mentionnés dans le groupe de mantras du Veda nommé "Nivid" des "Vishvadeva", ce sont les « manifestations de la grandeur des dieux ») ; mais Shakala réitère la même question et Yajnavalkya répond : « trente-trois » (les huit Vasus, les onze Rudras, les douze Adityas, Indra et Prajapati) ; Shakala recommence à poser encore et encore la même question pour connaître le nombre exact de dieux et Yajnavalkya répond : « six » (le feu, la terre, l'air, l'espace atmosphérique, le soleil et l'espace céleste), puis « trois » (les trois mondes, "triloka"), « deux » (la nourriture et l'énergie vitale), « un et demi » (« le souffle de vie, qui circule partout ») pour en arriver à « un » : le dieu unique « est le souffle vital, et on le nomme Brahman, le lointain ("tyat") ». Quelle que soit la nature des "devas" (aussi appelés "dévatâs"), ils sont une partie intégrante de la culture hindoue. Les 33 "devas" védiques incluent "Indra", "Agni", "Soma", "Varuna", "Mitra", "Rudra", "Prajâpati", "Vishnu", "Aryaman" et les "Ashvins" ; les "devîs" importantes étaient "Sarasvatî", "Ûshâ" et "Prithivi". "Indra" est le roi des dieux (Vishnou, pour un vishnouite, est le Dieu des dieux). Bien que la mythologie hindoue mentionne plusieurs classes d'êtres démoniaques (les rakshasas, les "daityas", les "dânavas", les "pishâchas" ou les non-dieux, les asuras), opposés aux esprits célestes (appelés devas), "Gandarvas", "Vidyadharas", elle ne croit pas au concept du Mal. « Les oppositions, dualités, polarités, sur lesquelles insiste tant l'hindouisme, ne sont pas constituées par des entités indépendantes, fixes, aux caractères immuables et contradictoires telles que le christianisme populaire se représente Dieu et le Diable. » Cela signifie que le mal dans le monde n'est pas attribué à une force supérieure mais à l'ignorance humaine et donc comme une conséquence possible du libre arbitre et de la Nature. La mythologie indienne n'oppose pas le "Bien" contre le "Mal" : les batailles sont celles de classes d'êtres contre d'autres, d'une idée contre une autre, où les plus nobles sortent victorieuses. On trouve parmi les dévas les lokapālas (les divinités du védisme recyclées dans le panthéon du sanatana dharma), les navagrahas (les neuf planètes de l'astrologie indienne). Syllabe sacrée OM. Om (ou Aum) est un des symboles sacrés de l'hindouisme. C'est le son primordial qui surgit du chaos avant la Création, il est la source de l'existence. Il est utilisé comme préfixe et parfois suffixe aux mantras hindous. Il représente la contraction des trois états de la matière : "Sattva", "Tamas" et "Rajas", et représente l'univers. Écrit « Om », il est la contraction de Aum, « m » étant la résonance et « o », la vibration originale. Le son Ôm (ou Aum, ॐ) est empli d'un message symbolique profond : il est considéré comme la vibration primitive divine de l'Univers qui représente toute existence, entourant toute nature dans Une Vérité Ultime. Ainsi, le son, produit d'une façon prolongée, résultat de la combinaison de trois sons A-U-M (de la triade à l'unité), signifie « ce qui a été, est et sera », et possède, pour ceux qui se vouent à la méditation, une force à la fois magique et religieuse. Une "Upaniṣad" affirme : Écoles et courants. Des élaborations philosophiques, constituant la source de ce qu'on appelle aujourd'hui « hindouisme », ont été transmises oralement pendant des siècles et ont commencé à être transcrites dans la première moitié du millénaire Le système religieux et culturel qu'on appelle hindouisme s'est développé dans le sous-continent indien et n'est que rarement sorti de ses frontières. Six grands systèmes philosophico-théologiques. L'hindouisme a développé des "astika" antiques, ou écoles orthodoxes (car acceptant l’autorité des Vedas) de philosophie, ou "shaddarshana". Ces systèmes, ou « visions » ("darshana"), de l'hindouisme classique sont au nombre de six ; chacun d'entre eux est le fruit d'une longue élaboration dont témoigne une vaste littérature et sont tous de nature sotériologique, ont pour but d'atteindre la libération, la délivrance des transmigrations (मोक्ष, mokṣa) : Les "nâstika" ou écoles non-orthodoxes sont le jaïnisme, le bouddhisme, le sikhisme et le chârvâka, l'athéisme ancien classique de l’Inde, ne reconnaissent pas l'autorité brahmanique du Véda. Écoles et courants théistes. Certains courants considèrent l’hindouisme comme une religion hénothéiste ou même panenthéiste. Les diverses divinités et avatars adorés par les hindous sont considérés comme différentes formes de l’Un, le dieu suprême ou "Brahman", formes adoptées qui seules sont accessibles à l’homme (on prendra garde à ne pas confondre "Brahman", l’être suprême et la source ultime de toute énergie divine, et Brahma, le créateur du monde). Ce chemin vers la connaissance suprême orthodoxe ("jnanamarga"), prôné par les six écoles hindouistes, reste le privilège d'une élite intellectuelle restreinte, le croyant populaire mélangeant souvent tous ces courants de pensée. Toutefois, trois grands courants théistes de l'hindouisme se démarquent de façon relativement importante dans toutes les couches de la population : le vishnouisme, le shivaïsme et le shaktisme. À l'intérieur de ces courants, de nombreuses écoles se sont développées, qui se différencient surtout par leur interprétation des rapports existant entre Être suprême, conscience individuelle et monde, ainsi que des conceptions ésotériques qui en dérivent. Les textes védiques (Vedas, Upanishads, etc.) constituent une référence pour les trois courants, même si chacun d'entre eux les complète par les textes (Purana-s, "Gita"-s, etc.) qui leur sont propres. Ces textes ne s'excluent pas, car l'hindouisme admet la coexistence de voies différentes vers le salut (Moksha). Ainsi le choix d'un courant n'implique pas le rejet des autres. L'hindouisme comportent plusieurs branches, les principales étant : Chacun de ces cultes se pratique avec les mêmes moyens philosophiques ou de "yoga", ce sont leurs méthodes qui diffèrent. Ces dénominations ne devraient pas être considérées comme des « Églises », parce qu'il n'y a aucun dogme central dans l'hindouisme, et les croyances individuelles sont toujours respectées. D'ailleurs, une importante majorité des hindous modernes peut ne pas se considérer comme appartenant à une dénomination précise. , estimant que Vishnou personnalise le Brahman, le vénérant souvent par le biais, entre autres, des deux avatars de Vishnou, Râma et Krishna. Les hindous non-vishnouïtes sont le plus souvent des Shivaïtes (surtout localisés dans le Sud de l'Inde), qui considèrent Shiva ou ses fils comme le(s) représentant(s) du Brahman ; le reste assimile la Shakti au Brahman, "Ishvari" ou la déesse Kâlî/Durga. Mais, bien souvent, le croyant hindou possède chez lui les représentations de plusieurs de ces formes de Dieu (Ishvara). Rishabha dans l'hindouisme. Rishabhanatha (« Seigneur Taureau »), ou Rishabha (« Taureau »), est l'un des vingt-deux avatars de Vishnou dans la "Bhagavata Purana". Certains chercheurs affirment que cet avatar représente le premier Tirthankara du jaïnisme du même nom. Bouddha dans l'hindouisme. Dans l'hindouisme, Bouddha est considéré comme un Avatar de Vishnou. Dans les textes pouraniques, il est le vingt-quatrième des vingt-cinq avatars, préfigurant une prochaine incarnation finale. Un certain nombre de traditions hindoues parlent du Bouddha comme du plus récent, précédant l'avatar à venir Kalkî, des dix avatars principaux connus sous le nom de Dashâvatar (Dix Incarnations de Dieu). Croyances, rituels et pratiques communes. Quatre buts de la vie (purushartha). En parallèle des quatre périodes de la vie hindoue, l'hindouisme considère qu'il existe quatre buts à l'existence ou "pouroushârtha". Les désirs des vivants, de l'Être-monade ("Pourousha"), étant naturels, chacun de ces buts sert à parfaire la connaissance de l'Être puisque, par l'éveil des sens et sa participation au monde selon des principes vertueux et sociaux, il en découvre les principes. Cependant, selon la théorie hindoue, l'être humain doit se garder d'en être charmé ou de faire d'un de ces buts un absolu isolé, sous peine d'errer sans fin dans le cycle du samsâra ; dans le "Niralamba Upanishad", on précise que la volonté de l'homme qui se voue à atteindre exclusivement le "moksha" renforce la servitude et l'éloigne de ce but suprême : « La servitude, c'est aussi envisager de se consacrer exclusivement à la poursuite de la libération ("moksha") ». Ces vers de Kâlidâsa résument parfaitement cette pensée : Quatre étapes de la vie (ashrama). La vie spirituelle d'un hindou est traditionnellement divisée en quatre stades ou "âshrama". Ces quatre stades sont étroitement liés aux quatre buts de la vie, chacun de ces stades permettant d'atteindre au mieux ces buts. Cette rigueur permettait d'accéder à une vie spirituelle remplie. Société brahmanique, les quatre varnas (système de caste). La société hindoue a été depuis traditionnellement divisée à partir de ces quatre grandes classes, basées sur la place que l'homme a dans le rituel védique et la profession : Ces classes sont dénommées "varna" (« couleur ») et le système a été appelé "Varna Vyavastha". Le système de "varna" est une partie intégrante de l'hindouisme, et il est strictement sanctionné par les textes du Véda. Les textes de la "Smriti" (y compris les "Lois de Manu") ont élaboré les règles de ce système. La "Bhagavad-Gita" résume précisément ces distinctions : Évolution du système de castes. Le système de castes basé sur la naissance, qui existe en Inde moderne, n'existait pas dans l'hindouisme védique antique. Un hymne célèbre du Veda indique ainsi : Précédemment, le système était seulement basé sur la profession, la place dans le rituel védique et le caractère, et il y a toujours eu des exemples où les gens ont librement changé de profession et se sont librement inter-mariés. Selon Jean Herbert, . Ce système fut fixé sur la naissance au début du Moyen Âge indien. Ainsi, avec l'évolution de plusieurs sous-castes (avec une classe des intouchables hors du Varna Vyavastha), le système a évolué vers le système de castes comme nous le connaissons aujourd'hui. Avec la modernisation, les différences des quatre castes traditionnelles demeurent sans avoir de poids autre que symbolique dans l'Inde contemporaine, mais, en revanche, s'amplifient et s'aggravent les tensions pour le contrôle des richesses, surtout au sein de la multitude des basses castes, dont les Intouchables (Dalit). L'anthropologue Robert Deliège rappelle ainsi : Explication théologique. Le système des varnas s'explique théologiquement : dans l'hindouisme, on considère que la société sacrée est organisée selon l'équilibre du "dharma" (en sachant que l'épouse/parèdre de "Dharma déva", dieu de l'Ordre sacré, est "Ahimsâ dévî", déesse de l'universelle Non-violence, tous deux parents du Dieu-Roi Vishnu ; lorsque le "dharma" s'affaiblit, lorsque la violence envers les créatures gagne du terrain et la déesse Terre, "Bhu dévi", est en danger , Vishnu se fait justement avatâr, « descente » de Dieu sur Terre, pour tuer les démons fautifs qui engendrent le désordre cosmique, nient les divins parents de Vishnu et ce faisant font souffrir les vies, afin de redonner aux brâhmanes leur place primordiale qui maintient l'harmonie universelle où les autres "varna" sont tous respectueux de leur ordre, ). Cette organisation sacrée permet la régulation des rapports entre les hommes et de définir les actes qui leur incombent, afin de ne pas laisser prospérer l'orgueil, du moins au niveau communautaire. Ce souci d'équilibre a une origine doctrinale, car elle répond à la symbolique des "gunas", ou qualités/saveurs. Aux trois "gunas" correspondent des couleurs (le noir, le rouge et le blanc) qui sont chacune associées à un varna. À l'origine, l'hindou ne naît pas dans un varna : il s'insère dans celle-ci en fonction du rôle qu'il est amené à jouer et des responsabilités qui lui reviendront. Beaucoup de textes mythologiques dénoncent l'usurpation au titre de brâhmane de certains personnages qui, sous couvert de la naissance, profitaient d'un statut valorisant sans s'acquitter de leurs devoirs. Ce faisant, selon la philosophie samkhya, la qualité principale du Brâhmane est le sattva, la qualité lumineuse harmonieuse de la connaissance transcendant le rajas (qualité active) et le tamas (qualité de l'ignorance passive), celle du kshatriya est principalement un mélange de sattva et de rajas (ce dernier étant la qualité crépusculaire et dynamique faisant passer du sattva au tamas, ou l'inverse), celle du vaishya est un mélange de rajas et de tamas, et celle du shudra est principalement du tamas, qualité obscure et lourde de non-connaissance venant du moi (ce qui explique pourquoi même les enfants de Brâhmanes sont "shudra" tant qu'ils n'ont pas reçu l'initiation védique : la connaissance brahmanique doit tuer la tendance naturelle de l'ego à obscurcir la conscience). La croyance hindoue soutient que ce système est « naturel », qu'on le retrouve dans le règne animal (fourmis, abeilles et les mammifères vivant en troupeaux) et dans l'organisation familiale (respect et autorité des parents et ancêtres), comme dans la société. En effet, l'hindouisme ne fait pas de différence entre culture et nature, le dharma, devoir de chaque être, est une « loi naturelle », et l'humanité n'est pas vue en tant qu'entité homogène chargée de soumettre le monde et les autres êtres, mais nécessairement plurielle et vouée à se transformer, comme l'explique Michel Angot : Du point de vue hindou, ce système serait évolutif et s'adapterait avec la société ; ainsi : Il existerait ainsi une distinction entre le système tel qu'il serait exprimé par les textes et son application courante. Aurobindo écrit : Il est possible d'être rejeté de sa caste (surtout les brâhmanes, qui ont beaucoup plus de devoirs à honorer et de purifications à maintenir que le simple "shudra", à qui l'on demande seulement de respecter et de servir l'autorité brahmanique et ceux qui la protègent — par la force physique (si l'on est kshatriya) ou par la richesse matérielle (si l'on est vaishya ou shudra), mais, pour cela, les fautes de l'individu doivent être relativement graves. . Perdre sa caste peut être douloureux pour un hindou, puisque vivre au sein d'une communauté soudée offre un certain nombre d'avantages et de protections. Ahimsâ (la non-violence), le régime végétarien et la vache sacrée. L'hindouisme prescrit des devoirs universels, tels que l'hospitalité, s'abstenir de blesser les êtres vivants ou non-violence ("ahimsa"), l'honnêteté ("asteya"), la patience, la tolérance, le contrôle de soi, la compassion ("karuna"), la charité ("dāna") et la bienveillance ("kshama"), entre autres. "Ahimsâ", « épouse » ou shakti du primordial Dharma (« Devoir »), est un concept qui recommande la non-violence et le respect pour toute vie, humaine et animale, et même végétale (voir les Bishnoï). "Ahimsâ" est assez souvent traduit par "non-violence". En fait, ce terme signifie, dans son sens exact, "non-nuisance à l'égard de tous les êtres vivants" ou "respect de la vie sous toutes ses formes". Dans un sens positif, ou actif, l'ahimsâ est synonyme de compassion, de générosité. La racine sanskrite est "hims" (« nuire ») avec le privatif « a ». L'ahimsâ est fondé sur une injonction védique : Mais le terme "ahimsâ" apparaît pour la première fois dès les Oupanishads et dans le Raja-Yoga, c'est le premier des cinq "yamas", ou vœux éternels, les restrictions indispensables du yoga. Les textes sacrés brahmaniques insistent beaucoup sur le fait que l'Ahimsâ et toutes les valeurs qui en découlent (amitié équanime, charité, abnégation altruiste, etc.) sont l'éthique incontournable et fondamentale. Cette pratique non violente dans l'hindouisme est en lien étroit avec le végétarisme et la doctrine de la réincarnation des âmes qui pousse à voir comme un égal à soi-même tout ce qui vit ; à ce sujet, Bhishma dit dans le Mahâbhârata : La croyance en la réincarnation est fondamentale dans le bouddhisme, le jaïnisme et l'hindouisme : nous avons été, nous sommes et nous serons (peut-être) tous des animaux au cours de nos innombrables vies. En réalité, selon l'hindouisme, du fait qu'il y a une infinité d'univers et que le cycle des réincarnations est "sans commencement", tous les végétaux et animaux sont tous d'anciens humains qui n'ont pas réussi à accéder au Nirvâna. Naître humain est donc vu comme une chance rare à ne pas gaspiller en désirs et actes égoïstes qui noient dans le "samsara". L'Ahimsâ est la notion philosophique de l'hindouisme (mais aussi du bouddhisme ou du jaïnisme) qui introduit le végétarisme comme norme dans l'alimentation. D'après certaines estimations, 85 % de la population hindoue suit un régime végétarien (pas de viande, de poisson ni d'œufs ; les œufs non fécondés sont considérés comme aliments non végétariens, en Inde) : surtout dans les communautés orthodoxes de l'Inde du Sud, dans certains États du Nord comme le Gujarat ou du Sud au Karnataka (où l'influence des jaïns est significative). Ce régime alimentaire est principalement fondé sur une nourriture à base de laitages et produits verts. Quelques-uns évitent même l'oignon et l'ail, qui sont considérés comme ayant des propriétés "rajas", c'est-à-dire « passionnelles ». Dans l'Inde traditionnelle, un brahmane n'était rien sans sa vache, car elle lui fournissait l'offrande aux dieux la plus appréciée. Le "svadharma" (le dharma personnel) des brahmanes inclut le végétarisme, le brahmane étant appelé à mener une vie absolument pure (le Mahâbhârata déclare à ce sujet : ). L'hindouisme encourage le végétarisme. La consommation de viande, de poisson (et d'œufs fécondés) n'est pas promue, seulement tolérée, dans le cadre du rang que l'hindouisme lui a assigné dès les Védas : inférieur, non respectueux de l'ahimsâ et impur par rapport à un régime végétarien. Certains brahmanes sont non seulement végétariens mais végétaliens, c'est-à-dire qu'ils ne consomment aucun produit d'origine animale (lait, etc.). D'une façon générale, les Upanishads, déjà (à partir du ), soulignent que les bêtes et les humains sont semblables, puisque tous hébergent en eux l'âtman, et de ce fait sont les sanctuaires du Brahman (« Absolu », la plus haute notion de Dieu, dans l'hindouisme). C'est précisément parce que tous les êtres vivants sont le sanctuaire du Brahman qu'il n'y a pas en Inde de temple du Brahman, comme il y a des temples de Vishnou ou de Shiva. On peut constater que dans la plupart des villes saintes hindoues, il existe une interdiction de tous les aliments non-végétariens et de tous les alcools, et . Par le port "rituellement approprié" des grains appelés "rudrâksha", on peut se libérer de ce type de péché (entre autres). À ce propos, on peut lire dans le "Shiva-purâna" : . La plupart des hindous voient la vache comme le meilleur représentant de la bienveillance de tous les animaux , elle est vénérée comme une mère. La vache est le symbole du pouvoir du brâhmane et de l'Ahimsâ. Cycle de la vie. Karma et réincarnation. Le mot "karma" signifie « action ». L'hindou croit en une vie après la mort et avant la naissance, le corps n'étant qu'une enveloppe matérielle temporaire. Le gourou Yājñavalkya enseignait qu'à sa mort chaque homme subissait une dissolution ; le corps retournait à la terre, le sang à l'eau, le souffle au vent, la vue au soleil et l'intellect à la lune, mais les « actions non rémunérées » (celles qu'on a produites sans en récolter les conséquences) se réunissaient pour s'incarner de nouveau en un être. De cette façon, la notion, présente dans les "Upanishads", de la transmigration des âmes (ou "jiva", c'est l'atman - qui, lui, est purement immatériel - "dans" ou "avec" le corps organique) et de leur renaissance, se joignait à celle du "karma" (littéralement, l'« action »). Cependant, selon l'anthropologue Robert Deliège, la croyance en la réincarnation n'est pas uniformément ancrée en Inde, il y a des variations selon les populations, les milieux sociaux, les régions. Le karma était à l'origine le seul acte rituel ; mais par la suite, considéré comme moteur du samsâra, il est identifié à toute action déterminant de façon automatique non seulement la renaissance après la mort, mais aussi les formes de cette future existence et la situation que l'individu connaîtra dans sa nouvelle vie. En d'autres termes, l'homme devient ce qu'il accomplit ; les bonnes actions d'une existence antérieure améliorent les conditions de vie de l'existence à venir, tandis que de mauvaises actions les aggravent : . Aussi chaque individu détermine-t-il par la loi de maturation des actes son propre destin dans la vie à venir, le « théâtre » de son fruit renouvelé (il n'est pas question de récompense ou de punition, puisqu'il n'y a personne pour récompenser ou punir). Par ailleurs, dans cette succession "sans commencement" d'existences en tant que créatures mortelles, l'âtman demeure l'essence invariable, indivisible, indestructible et propre à tout être vivant, malgré sa mutation permanente à travers le temps, représentant ainsi la continuité du moi au sein de la migration des âmes, . Les différentes écoles de philosophie indienne enseignent plusieurs voies pour parvenir à la libération (moksha) de l'âme. À travers notamment la pratique du yoga, l'hindou peut choisir entre une variété de chemins tels que la dévotion (bhakti yoga), l'action désintéressée (karma yoga), la connaissance (jnana yoga) ou la méditation (raja yoga). La voie du bhakti yoga est la plus pratiquée car plus facile d'accès que les autres. Corps. Selon Jean Herbert : . Rituels. Les pratiquants effectuent de nombreux rituels qui leur permettent au quotidien d'exprimer et de rythmer leurs vies religieuses. Au-delà des rituels, ils passent de longues heures à méditer et se consacrer à leur divinité (devata). Les rituels peuvent être des offrandes, des purifications (ablutions, jeûne), la récitation de mantras ou de prières. Parmi les cérémonies, on peut citer la puja (rite quotidien) et le homa. Les rituels peuvent se faire dans les temples (mandir) mais les pratiquants ont aussi chez eux une section consacrée, un autel, pour la réalisation de leurs rituels. Temples. Les temples hindous ("mandir" en hindi, "koyil" en tamoul) ont hérité des rites et des traditions riches et anciennes, et ont occupé une place particulière dans la société hindoue. Ils sont d'habitude dédiés à une divinité primaire, appelée la divinité tutélaire, et à d'autres divinités subalternes associées à la divinité principale. Cependant, quelques temples sont dédiés aux multiples divinités. La plupart des temples majeurs sont construits par les "agama-shastras" et beaucoup sont des sites de pèlerinage. Pour beaucoup d'hindous, les quatre "shankaracharyas", fonctionnaires religieux chargés de donner des conseils religieux (les abbés des monastères de "Badrinath", "Puri", "Sringeri" et "Dwarka" et parfois un cinquième, celui de "Kanchi") sont considérés par les hindous comme les quatre plus hauts patriarches. Le temple est un lieu pour le darshan (la vision de l'être-divin), pour la "pūjā" (le rituel), la méditation, parmi les autres activités religieuses. La "pūjā" ou adoration, utilise fréquemment l'aide d'une "mūrti" (la statue ou l'icône dans laquelle la présence divine est invoquée) conjointement avec des chants ou des mantras. La vénération de ces murtis est faite tous les jours dans un temple. Point sur le Svastika. Le swastika est un signe bénéfique, d'origine très ancienne, il se retrouve dans de nombreuses civilisations et symbolise la révolution du soleil et les forces cosmiques. Tourné vers la droite, il est lié à l'Ordre brahmanique, au "Dharma", et représente le jour ; tourné vers la gauche, il est lié au Temps qui s'écoule au sein de la Nature/"Prakriti" et représente la nuit et la déesse Kâlî ; on l'appelle alors "sauvastika". Sa composition en 4 branches, branches dépendantes les unes des autres pour former l'unité harmonieuse du tout bien équilibré, est le symbole même des 4 buts de la vie (Kâma, Artha, Dharma et Moksha), des 4 "Vedas", des 4 "varna" (Brâhmane/enseignant, Kshatriya/défenseur, Vaishya/paysan-artisan et Shudra/serviteur) et des 4 périodes de la vie. Avec ses 4 branches qui convergent vers un même point, le "bindu", il symbolise aussi le chiffre 5, avec les 5 éléments dont le "bindu" représente l'éther, la source de la création, et, par extension, le Nirvâna, état de l'être où l'on n'est plus soumis aux forces opposées de la Nature, transcendant les différentes catégories de créatures dépendantes de tel ou tel conditionnement physique qu'incarnent les 5 éléments. Enfin, le "svastika" exprime à lui seul une maxime védique enseignant la pluralité nécessaire des points de vue en ce qui concerne l'approche de la vérité (« Vérité », qui est, dans l'hindouisme, un des noms de Dieu) : "Ekam sat anekâ panthâ", « la vérité est une, les chemins sont multiples », le "bindu" central (des quatre branches réunies du svastika) exprimant la vérité (ou l'Être) unique que l'on peut toujours approcher par divers chemins de connaissance, même si l'origine de ces chemins est toutefois différente, inverse (chemins de savoir interdépendants représentés par les quatre ramifications du svastika). Du fait de ce poids symbolique très important, qui va bien au-delà d'un simple aspect décoratif, le svastika se trouve être une forme sacrée relativement omniprésente dans le monde hindou. Dimension sociale. Médecine. Par le biais essentiellement des brahmanes, l'Inde a développé un type de médecine traditionnelle (qui se veut en accord avec les conceptions métaphysiques de la religiosité hindoue), nommée "Ayurvéda", ce qui signifie en sanskrit « longue vie » ; elle est basée sur l'étude des pulsations cardiaques du patient, de ses humeurs fondamentales ("dosha"), de sa façon de vivre (en particulier ses choix moraux) et de s'alimenter et même, aussi, de penser, conception du corps et de l'esprit globalisante illustrée par ces proverbes sanskrits : Michel Angot, néanmoins, met en garde contre les interprétations occidentales et "new age" de l'Ayurvéda (interprétations fallacieuses nombreuses, en Inde même), proposées par un milieu non savant (et ne connaissant pas le sanskrit) du fait de leur « non-brahmanitude », de leur méconnaissance (relative ou totale) des règles éthiques fondamentales à respecter pour prétendre être un médecin ayourvédique (brâhmane-guérisseur), méconnaissance d'autant plus fâcheuse que l'Ayurvéda est d'abord un savoir théorique représentatif de volontés philosophiques aboutissant à la pleine santé de tout un chacun, vu comme un être responsable de ses actes/"karma". Danse. Véritable art rituel, la danse classique indienne naît dans les temples. Plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, les grands sanctuaires utilisent les talents des jeunes danseuses. Artistes sacrées, elles sont attachées au temple, portent le nom de "devadasi" (« esclaves de dieu »), et participent aux cérémonies d’offrandes et d'adoration. Lorsque, plus tard, la danse sera pratiquée à la cour des princes, elle conservera cette inspiration religieuse. L'Inde classique a connu deux grands types de danse : Environnement. L'environnement dans l'hindouisme a une grande importance. "Sanâtana-dharma" renvoie à la conception d'une essence éternelle du cosmos, la qualité qui lie tous les êtres humains, animaux et végétaux à l'univers alentour et éventuellement à la source de toute existence. Cette perspective se retrouve clairement dans les "Lois de Manu" (qui indiquent les moyens de se purifier d'actes impurs), où l'on indique plusieurs fois que l’"ahimsa" (« non-violence ») ne concerne pas seulement le règne animal, mais aussi le règne végétal et l'environnement de manière générale : On y indique ainsi que celui qui a rendu impure l'eau, d'une quelconque manière que ce soit, doit pratiquer l'aumône pendant un mois pour se purifier de cette mauvaise action/"karma" ; que celui qui blesse, même sans volonté de nuire, des arbres fruitiers et d'autres végétaux divers, doit, toujours pour se purifier, répéter cent prières du Rig-Véda ou suivre toute une journée une vache en signe d'humilité et ne s'alimenter que de son lait. Ces mesures purificatoires sont là pour rappeler que l'environnement, les végétaux et les éléments naturels (comme l'eau, etc.), sont à respecter, car ils sont aussi l'émanation du "Brahman" (« Âme universelle ») : les détruire ou blesser à bien des conséquences karmiques néfastes que l'on doit éviter ou éliminer par une quelconque ascèse. Les "Bishnoïs" (ou "Vishnoï") sont les membres d'une communauté créée par le gouroû "Jambeshwar Bhagavan", appelé communément "Jambaji" (1451-?), surtout présente dans l'État du Rajasthan, majoritairement dans les régions de Jodhpur et de Bîkâner, et dans une moindre mesure dans l'État voisin de l'Haryana en Inde. Les Bishnoïs suivent vingt-neuf principes édictés par leur gouroû et se caractérisent par leur végétarisme, leur respect strict de toute forme de vie (non-violence, "ahimsa"), leur protection des animaux ainsi que des arbres, leur adoption d'une tenue vestimentaire particulière. On les définit souvent comme ayant une forte conscience écologique. Les Bishnoïs vivent paisiblement dans des villages isolés loin des centres de peuplement et sont environ sept millions en Inde. Ils font partie des hindous qui enterrent leurs morts, (les sadhus, sannyasins, yogis, sont eux aussi enterrés), du fait que l'on ne puisse couper du bois d'arbre vivant pour réaliser la crémation. Fêtes. Les fêtes dans l'hindouisme occupent une place visible et incontestable dans la pratique de la religion hindoue. Excepté les fêtes les plus populaires, comme celle de Holî, de la naissance de Krishna ou de Divālī, la fête des lumières, qui sont célébrées dans toute l'Inde, la plupart des célébrations ont une importance surtout locale. Habituellement, le déroulement de la fête est centré sur un grand char richement orné portant les images des divinités du temple, et qui est tiré à travers le village ou la région tout entière. L'une des fêtes les plus connues est celle qui se tient à Puri (en Orissa) en l'honneur de Krishna-Vishnou qui représente à cette occasion les figures de "Jaqannatha" (« seigneur du monde »), de son frère "Balarama" et de sa sœur "Soubhadra". On peut également citer "Janmâshtami", « huitième jour de naissance », fête de la nativité de Krishna, au mois d'août. Une poupée représentant Krishna bébé est placée dans une crèche, autour de laquelle la famille veille une partie de la nuit en récitant des invocations et en chantant. Le jeûne est souvent observé à l'occasion de cette cérémonie. Prohibition de l'inceste. L'inceste est considéré comme un des péchés les plus graves, au sein de l'hindouisme, au même titre que le meurtre du brâhmane ; interdire à l'étudiant brahmanique de coucher avec l'épouse de son propre guru (le « maître » védique), considéré comme un "père" (spirituel) dans la culture indienne, découle de cet interdit absolu de l'inceste : le propre du "chandala", du « mangeur de chien » ou paria, est de ne pas respecter cet interdit, entre autres . Ainsi, mythologiquement, le dieu démiurge Brahmâ, à l'origine doté de cinq têtes, fut décapité de sa tête incestueuse par Shiva-Bhairava (le « Bon Terrible »), pour avoir osé penser posséder sexuellement sa propre « fille » (car née de son mental), la déesse de la connaissance, des sciences et des arts, Sarasvatî, déesse toujours vêtue de blanc, comme une veuve, et considérée par les hindous comme une vierge éternelle célibataire . Bénarès est la ville où Shiva, dieu du yoga, s'est lavé du sang produit par la décapitation de la tête incestueuse de Brahmâ ; de là vient la haute sacralité de cette ville selon les croyances hindoues. L'homosexualité dans l'hindouisme. Dans l'hindouisme, le plaisir n'est pas perçu comme un mal : c'est un don de Dieu. Le péché de la chair n'existe pas comme dans le judaïsme ou le christianisme, et de nombreuses sculptures sensuelles voire érotiques sur les parois externes des temples sont là pour en témoigner. Le plaisir charnel est accepté et acceptable dans la mesure où il est né d'un consentement mutuel et d'une attirance réciproque (que cette attirance soit hétérosexuelle ou homosexuelle), et même s'il n'est pas consommé dans les liens du mariage (le "Kâma-Sûtra", ouvrage sacré de l'hindouisme dédié à l'éros, fait place aux pratiques homosexuelles et adultères, avec de nombreux conseils de prudence). Comme en Europe, différentes époques ont apporté différents degrés de tolérance mais faire de l'hindouisme (ou brahmanisme) et de ses religions-sœurs (sikhisme, jaïnisme, bouddhisme, etc.) un havre homophile serait un contresens, puisque l'islam domina le sous-continent pendant cinq siècles, remplacé par la pudibonderie du colonisateur britannique. En effet, le kama-sutra, écrit par le brâhmane et ascète Vatsyayana, ne dénonce en aucun cas l'homosexualité, mais au contraire en décrit les vertus et les actes, sans aucun tabou de principe. Enfin, les homosexuels sont considérés par l'hindouisme orthodoxe comme « bénis des Dieux », puisque leur éros est "pur" : non souillé de préoccupation de type social ou lié à la « famille » (l'éros, ou "kâma", est un des quatre buts des créatures, avec le gain matériel ("artha"), le devoir ou vertu ("dharma"), et la libération du cycle des réincarnations ("moksha")) ; en effet, l'éros des hétérosexuels est "impur" puisque pouvant engendrer des enfants ; or, faire des enfants qui n'ont pas leur place dans la société est un très grave péché qui entache les parents, dans l'hindouisme ; les homosexuels, avant l'ère islamique en Inde, n'ont jamais eu à souffrir du moindre reproche de la part des brâhmanes, bien au contraire. Démographie et géographie. L'Inde, le Népal et l'île Maurice sont des nations majoritairement hindouistes. En Inde, l'hindouisme représente quelque (en 2013) soit 78 % de la population, et plus de 1 milliard de croyants en 2021.. Jusqu'en mai 2006, le Népal était le seul État dans le monde dont la religion officielle était l'hindouisme, jusqu'à ce que le Parlement proclame le principe de laïcité dans ce pays (ce qui ne change rien en soi pour la pratique religieuse, puisque l'hindouisme, qui a plusieurs branches différentes, n'a aucune Église officielle à laquelle un quelconque État peut s'associer). Depuis le , une diaspora indienne s'est constituée. Ainsi, on trouve actuellement des minorités hindouistes notables dans les pays suivants (estimation 2010, sauf mention contraire) : le Bangladesh (11,7 à 13,5 millions) l'Indonésie (4 millions), le Sri Lanka (2,8 millions), les États-Unis (1,8 million), la Malaisie (1,7 million), le Pakistan (1,3 à 3,3 millions, en 1997, et 8,6 millions en 2017), l'île Maurice (0,7 million), l’Afrique du Sud (0,6 million) le Royaume-Uni (0,8 million), la Birmanie (0,8 million) le Canada (0,5 million), l'Australie (0,3 million), la Trinité-et-Tobago (0,3 million), Singapour (0,26 million), les Fidji (0,24 million), le Guyana (0,2 million), le Suriname (0,1 million) L'hindouisme se répand notamment en Afrique, non par le biais seul d'une diaspora indienne, mais par l'adhésion des Africains eux-mêmes, notamment au Ghana et au Togo (l'hindouisme est la religion à la plus forte croissance au Ghana). Certains États comme le Bangladesh et le Sri Lanka abritent une importante minorité hindoue : cela est dû au fait que ces États constituaient une partie de l'Inde avant la partition en 1947. Au Sri Lanka, la minorité tamoule (majoritairement composée de hindous, mais aussi de chrétiens et de musulmans) a subi un génocide organisé par les nationalistes cinghalais voulant un pays peuplé uniquement de bouddhistes (comme le fit le nationalisme bouddhiste birman contre les Rohingyas) : c'est le sujet du livre "The Tamil Genocide by Sri Lanka" de Francis Anthony Boyle. Comme au Pakistan, la minorité hindoue au Bangladesh a subi de (comme les ) ; ces violences et persécutions anti-hindoues au Bangladesh sont le sujet du célèbre livre "Lajja" de Taslima Nasreen. L’Asie du Sud-Est a été largement convertie à l'hindouisme depuis le . Il en reste un grand nombre de monuments, comme la ville-temple d’Angkor Vat au Cambodge ou les temples de l'île de Java en Indonésie, ainsi que la grande popularité des épopées du Mahabharata et du Ramayana. L'influence dans la danse est moins évidente. L’île indonésienne de Bali est ainsi marquée par une forte influence hindoue, avec des éléments bouddhistes et surtout d'un animisme local, indonésien (mais qui se réfère à la trimurti), le syncrétisme étant plus facile dans ces cultures (l'hindouisme brahmanique étant à sa façon lui aussi un « animisme », mais toujours basé sur des philosophies systématiques universelles et non des croyances éparses, non classifiées et à tendance tribale). La culture javanaise est encore fortement imprégnée d'éléments indiens, et il reste des enclaves d'hindouisme à Java. La Thaïlande et l'Indonésie ont comme armoiries nationales Garuda, le véhicule de Vishnou, que l'on retrouve également dans le nom de la compagnie aérienne nationale, Garuda Indonesia. Controverses. L'hindouisme, qui est un mot-valise issu de « hinduism » pour désigner un ensemble de rituels, de pratiques religieuses, de philosophies, de métaphysiques et de courants de pensée existant depuis longue date, a été inventé au sous la colonisation et la domination britannique en Inde. Depuis, les controverses sont nombreuses. |
Harpocrate Harpocrate (en grec ancien Ἁρποκράτης / "Harpokratês") est dans la mythologie grecque un dieu enfant, adaptation de la divinité égyptienne Horus enfant. Dans les grandes mythologies antiques. Égypte hellénistique. Dans la mythologie égyptienne, Harpocrate désigne Horus enfant, fils d'Isis et d'Osiris. C'est sous ce nom que le dieu Horus fut adoré à Alexandrie d'abord, puis dans tout le monde gréco-romain, à côté d'Isis, de Sarapis et d'Anubis. Ce nom n'est qu'une forme hellénisée des mots égyptiens « Har-pokhrat », qui signifient « Horus l'enfant ». Rome antique. Dans la mythologie romaine, Harpocrate existait en tant que divinité d'un culte à mystères. Représenté portant l'index à la bouche en un geste enfantin, son attitude fut mal interprétée par les auteurs classiques qui y virent une marque de silence. Il porte traditionnellement au cou une bulla. Représentations. Harpocrate est représenté comme un enfant nu, un doigt devant la bouche, la mèche de l'enfance sur le côté. On lui conserva le geste qui distinguait ses images dans l'art égyptien, mais on attacha à ce geste un sens tout nouveau ; l'idée se répandit qu'en portant un doigt à sa bouche le dieu commandait aux initiés de garder le silence sur les profonds mystères qu'on leur avait révélés. Catulle emploie par plaisanterie le nom d'Harpocrate pour désigner un personnage discret. Cependant, ce geste, purement enfantin, est lié à la légende même d'Horus enfant, fils posthume d'Osiris. Élevé en secret dans les marais du delta du Nil, le dieu, par la couronne qu'il porte, se présente comme héritier de son père et assimile progressivement tous les dieux fils du panthéon égyptien. Parmi les figures d'Harpocrate, il faut distinguer d'abord celles où l'on a visiblement imité l'art égyptien, soit qu'elles aient été exportées d'Égypte dans l'Antiquité, soit qu'on les ait fabriquées hors de ce pays. Elles sont exécutées avec une raideur et une sécheresse voulues et elles portent des attributs copiés sur les monuments de l'Égypte, tels que le pschent et le fouet. À Myrina (Asie Mineure) on en a trouvé une en terre émaillée, chargée d'hiéroglyphes faux. En second lieu viennent les figures dont le style est conforme aux traditions de l'art grec ; quelques exemplaires, d'une facture hybride, pourraient servir de transition entre cette catégorie et la précédente. Dans les images proprement gréco-romaines le dieu porte sur le front, comme ses parèdres Isis et Sarapis, une fleur de lotus ou un croissant. Il est généralement nu comme Éros, ou légèrement vêtu ; parfois aussi il a des ailes derrière le dos. Un carquois rappelle ses attributions de divinité solaire identifiée avec Apollon. Par suite du rapport que sa destinée présente avec celle du Dionysos des Mystères, il a le front ceint d'une couronne de lierre ; une nébride est jetée sur ses épaules ; sa main gauche tient une corne d'abondance, symbole de la fécondité de la nature, dont il personnifie les forces inépuisables. Parfois, il tient un vase sous un bras, contenant une bouillie dont il se nourrit avec l'index.. Identifié avec Héraclès, vainqueur des monstres, il est parfois armé d'une massue. Il est probable qu'à l'origine les artistes ne donnèrent au jeune dieu alexandrin qu'un petit nombre d'attributs ; mais la plupart des images que nous possédons datent de l'époque où le syncrétisme accumulait sur une même divinité les symboles les plus divers. On confondit alors dans la personne d'Harpocrate tous les types de dieux enfants, créés par les artistes antérieurs. Les Romains ajoutèrent à ses attributs la bulla, qui chez eux ornait le cou des enfants ; on emprunta enfin à l'iconographie égyptienne l'épervier, qu'on plaça à ses côtés. |
Harsaphes Harsaphes ("Celui qui est sur son lac") est une divinité égyptienne à tête de bélier assimilée par les Grecs à Héraclès, originaire d'Héracléopolis, étroitement liée à Rê et à Osiris. Il est une divinité solaire liée à la justice. Son iconographie le représente en général en dieu anthropomorphe criocéphale coiffé de la couronne solaire, composée de la couronne "Atef," portée par Osiris, ornée de symboles solaires tels que les uræi et disques solaires. Il est qualifié de "Roi de Haute et Basse-Égypte" et de "souverain des deux rives" à Héracléopolis Magna, affirmant ainsi sa puissance sur les quatre points cardinaux de l'Égypte. Ce dieu aux origines ancestrales deviendra à la Troisième Période intermédiaire l'une des divinités majeures du pays, accordant la souveraineté au roi et protégeant le pays contre le chaos. |
Harsomtous Harsomtous ("Horus qui unit les deux terres") est un dieu de la mythologie égyptienne. Fils d'Hathor et d'Horus d'Edfou, il est célébré lors des rites agraires et des fêtes lunaires. Il est également assimilé à Shed car il protège des animaux dangereux. On trouve sur les textes et bas-reliefs des temples d'Edfou et de Dendérah l'histoire de ce dieu. Dès sa naissance, il est allaité ce qui lui permet d'hériter de son père. C’est aussi une divinité nourricière car c’est un enfant élevé au lait maternel. Il y a des scènes dans le mammisi d’Edfou, le temple de la naissance, qui ponctuent le parcours des offrandes où il apparaît comme le nourricier de la triade Horus, Hathor et Harsomtous. De même dans la cour de ce temple, il y a des scènes du portique sud, où sont mis en vis-à-vis Horus enfant et Harsomtous, qui marquent également cet aspect ainsi que la fonction d’héritier d’Horus. Dans les chapelles aussi, on peut voir Harsomtous faire le lien entre les deux Horus, le solaire et le terrestre, réactualisant la transmission du pouvoir lors des fêtes du Nouvel An qui célèbrent le renouvellement de l’année, du pouvoir et de la fécondité. Dans le temple de Dendérah, des hiéroglyphes ressemblant à des ampoules électriques symbolisent la création du monde. Une des cryptes est dédiée au dieu Harsomtous. Il est le serpent dans une sorte d’enveloppe amniotique sortant d'une fleur de lotus. Cette enveloppe est soutenue par le dieu Heh et par un pilier Djed, qui participe à la création du monde. |
Hathor Dans la mythologie égyptienne, Hathor (du grec ancien signifiant « Maison d'Horus ».) est la déesse de l'Amour, de la Beauté, de la Musique, de la Maternité et de la Joie. C'est à l'origine une déesse céleste confondue avec Nout. Rê remplace Shou en tant que père de Geb et Nout. Ainsi, Nout assume en partie la fonction de Hathor comme maîtresse du sycomore, l'arbre qui assure aux défunts boisson et nourriture, et Hathor est représentée partiellement comme une déesse céleste. Son attribut est le ménat (collier à contrepoids). Considérée comme l'œil de Rê, c'est elle qui, dans la version de l'Ogdoade d'Hermopolis, châtie les humains. Mais elle est plus connue en tant que déesse des Festivités et de l'Amour. Dans ce rôle, elle est vénérée à Dendérah et associée au dieu Horus, dans la ville d'Edfou. Elle est représentée sous les traits d'une vache, ou d'une femme portant le disque solaire entre ses cornes. Hathor a pour parèdre Horus (son nom signifie « Demeure du dieu Horus », ce qui fait d'elle l'épouse du dieu-faucon) et pour fils Harsomtous (surnommé Horus le jeune) et Ihi. Elle est une des déesses les plus populaires et importantes durant tout le long de l'histoire de l'Égypte antique, et est vénérée aussi bien par la famille royale (elle est la nourrice du pharaon) que par les gens du commun, dans les tombes desquels elle est décrite comme « maîtresse de l'Ouest », accueillant le mort dans sa nouvelle vie. Elle aide aussi les femmes à donner naissance, et est la déesse patronne des mineurs. Elle est également vénérée hors d'Égypte : elle porte les titres de « dame de Nubie », « reine de Libye », « épouse de Syrie » et « grande de Palestine ». Elle est intégrée très tôt au panthéon phénicien en grande « dame de Byblos », mais aussi reine du pays de Pount. Présentation. Premières apparitions. Les premières représentations explicites d'Hathor datent de la ; elle y est représentée sous la forme d'une vache ou sous forme d'une femme à cornes. Une divinité vache apparait auparavant sur la ceinture du roi de la palette de Narmer, qui date de l'ère pré-dynastique. Ce pourrait être Hathor ou la déesse Bat à laquelle elle est parfois identifiée. Certains éléments, en particulier un passage des Textes des pyramides font toutefois pencher pour Hathor. Par ailleurs, une urne de pierre trouvée à Hiérakonpolis et datant de la a sur le rebord une représentation du visage d'une divinité à tête de vache, avec des étoiles sur ses oreilles et des cornes. Cette description peut faire penser à Hathor, ou à Bat, en tant que déesse du ciel. Un autre artefact de la montre une vache couchée sur un ivoire gravé avec l'inscription « Hathor dans les marais » indiquant son association avec la végétation, et les marais de papyrus en particulier. Généalogie et famille. La relation entre Hathor et Rê est complexe. Hathor, œil de Rê, est considérée comme sa fille, mais elle devient aussi parfois sa femme ou sa mère. Elle a hérité ce rôle maternel d'une autre déesse vache "Mht wrt" (« Grande crue ») qui portait Rê entre ses cornes dans un mythe de la création. En tant que mère, elle donne naissance à Rê tous les matins sur la rive orientale et en tant que femme elle conçoit d'une union avec lui chaque jour. Hathor est également épouse d'Horus, avec lequel elle a un fils Ihi. Comme Isis, Hathor est parfois décrite comme la mère d'Horus, c'est pourquoi les pharaons sont parfois décrits comme « Fils d'Hathor ». Les deux déesses, initialement en concurrence, sont confondues dans des périodes plus tardives, et on voit apparaître des représentations d'Isis avec la coiffe d'Hathor. Elle est aussi associée à Bastet, Sekhmet et Tefnout. Représentations et associations. Durant le troisième millénaire avant notre ère, Hathor, tout comme la déesse Nout, est associée à la Voie lactée. Les quatre pattes de la vache céleste représentant Nout ou Hathor peuvent être vues comme les piliers sur lesquels le ciel est porté, les étoiles sur son ventre représentant la Voie lactée sur laquelle vogue la barque solaire de Rê, représentant le soleil. En Égypte antique, la Voie lactée est vue comme une chute d'eau dans les cieux, comme "Le Nil dans le ciel". À cause de cela, Hathor est considérée comme étant à l'origine de la crue annuelle du Nil. Cela explique aussi pourquoi elle est vue comme un annonciatrice d'une naissance imminente, en analogie avec la membrane amniotique qui se fend et libère ses eaux. Hathor est aussi associée au royaume des morts. Le culte d'Osiris promet la vie éternelle aux justes. Aux origines du culte, tout mort digne de cette vie éternelle, homme ou femme, devient un Osiris. Mais au début des temps romains, les femmes s'identifient à Hathor, les hommes restant identifiés à Osiris. Hathor est alors appelée « Déesse de la nécropole thébaine », ou « Déesse du sycomore » (arbre représentant le monde des défunts). Hathor reste essentiellement une déesse de la joie, et en tant que telle elle est très aimée par la population en général. Elle est vénérée par les femmes, qui aspirent à incarner son rôle multiple d'épouse, mère et amante. En tant que telle, elle a gagné le titre de « dame de la maison de Jubilation », et « celle qui emplit le sanctuaire de Joie ». Le culte d'Hathor est si populaire qu'un grand nombre de fêtes lui sont dédiées, et que de nombreux enfants portent son nom (plus que pour n'importe quel autre dieu). Même la prêtrise d'Hathor est inhabituelle, car hommes et femmes peuvent tous y accéder. Hathor est généralement représentée comme une déesse vache, avec des cornes entre lesquelles apparaissent le disque solaire et l'uræus. Parfois, des plumes doubles apparaissent aussi pour les périodes tardives, ainsi qu'un collier ménat, "collier musical" turquoise souvent porté par les femmes. Les Grecs anciens identifient Hathor à la déesse Aphrodite, et les Romains à Vénus. Guerrière sanguinaire. Le Moyen Empire commence quand le pharaon de Haute-Égypte prend par la force le contrôle de la Basse-Égypte, qui était devenue indépendante pendant la Première Période intermédiaire. Cette unification entraîne une guerre brutale d'au moins vingt-huit ans qui fait beaucoup de victimes. À la fin de la guerre, le calme revient, et le règne du pharaon suivant, , est pacifique ; l'Égypte redevient prospère. Un conte de Basse-Égypte "(Livre de la vache céleste)" raconte cette expérience guerrière. Dans le conte, après la guerre, Rê (représentant le pharaon de Haute-Égypte) n'est plus respecté par le peuple (de Basse-Égypte), et les Égyptiens arrêtent de lui obéir. Rê annonce alors à Hathor que certaines personnes sur terre projettent de l'assassiner. Celle-ci est tellement furieuse que les hommes qu'elle a créés aient assez d'audace pour menacer Rê, qu'elle devient Sekhmet (déesse guerrière de Haute-Égypte) pour les détruire. Elle est alors assoiffée de sang, et commence à tuer les humains. Comme le massacre continue, Rê, voyant le chaos sur terre, décide d'arrêter la lionne sanguinaire. Il verse alors de grandes quantités de bière couleur sang sur le sol pour la piéger. Elle en boit tant — pensant que c'est du sang — qu'elle est prise d'ivresse, puis elle revient à son identité d'Hathor pacifique. Culte d'Hathor. Fêtes en l'honneur d'Hathor. De nombreuses fêtes sont données en l'honneur de Hathor tout au long de l'année. Un mois (Athyr, en septembre-octobre) est même à son nom, de nombreuses fêtes de la fécondité y ont lieu. Elle est notamment aussi célébrée à Dendérah au nouvel an. Entre novembre et janvier, au moment des inondations, une fête célèbre le retour de Nubie de la déesse, avec qui revient la crue. Sa fête la plus importante se déroule au mois de mai-juin, à la fin de l'année égyptienne. Elle fête la réunion d'Hathor et de son époux Horus (Horbehedety). La statue de Hathor est à cette occasion sortie du temple de Dendérah et emmenée à Edfou par bateau. Elle y retrouve son époux à la huitième heure de la nouvelle lune du onzième mois de l'année, et leur "mariage mystique" est de nouveau célébré. La fête dure alors quatorze jours. Lieux de culte. Comme le culte d'Hathor remonte aux temps préhistoriques et est mêlé à celui d'autres dieux-vaches, il n'est pas possible de déterminer l'origine géographique de son culte. Le temple de Dendérah, dont la construction s'étale entre et les Ptolémées, est remarquable car il lui est entièrement consacré. Le culte y était célébré par des prêtresses et prêtres, qui aussi dansaient et chantaient, accompagnés par d'autres artistes. ! width="50%" |Temple ou sanctuaire dédié à ! width="50%" | Lieu Hathor hors de la vallée du Nil. Hathor est révérée à Canaan au avant notre ère. À cette époque, la province est gérée par l’Égypte. Hathor est particulièrement révérée dans la ville sainte de Hazor, que l'Ancien Testament dit avoir été détruite par Josué (). Un des principaux temples à Hathor a été construit par dans les mines de cuivre de Timna, dans la région d'Édom. L'ancienne localité de Sarabit al-Khadim (Arabe : سرابت الخادم) est située dans le sud-est de la péninsule du Sinaï, où l'on extrayait de la turquoise en grande quantité dans l'Antiquité. Les fouilles archéologiques, initialement menées par Sir Flinders Petrie, révèlent les anciens camps de mineurs, et un temple à Hathor. Les Grecs, maîtres de l’Égypte pendant avant la domination romaine de -31, vénérèrent aussi Hathor, qu'ils identifièrent à Aphrodite. Hommage. Hathor est l'une des 1 038 femmes dont le nom figure sur le socle de l'œuvre contemporaine "The Dinner Party" de Judy Chicago. Elle y est associée à la "déesse Ishtar", troisième convive de l' de la table. L'astéroïde (2340) Hathor a été ainsi nommé en son honneur. |
Heh Le dieu Heh est, à partir du Nouvel Empire, issu de la fusion de deux divinités, l'une membre de l'Ogdoade d'Hermopolis (association de huit entités divines), qui joue un rôle essentiel dans la cosmologie d'Hermopolis, l'autre, le dieu du temps infini, le génie de l'éternité. La représentation de Heh en hiéroglyphes, à genoux les bras déployés soutenant le ciel, est utilisée pour représenter le million, lequel est considéré comme l'infini dans les mathématiques égyptiennes. C11 Le Heh primordial. À Hermopolis, cité du dieu Khnoum qui y était perçu comme le potier créateur du monde, chaque couple correspond à un principe fondateur du monde ; avec Hehet, sa parèdre, il y représente l'espace infini. Le Heh de l'éternité. Heh « de l'éternité » ne fut jamais qualifié de démiurge. Tout ce qu'on sait de ses origines a semble-t-il disparu ; par contre, nous savons que le génie de l'éternité fut plusieurs fois dédoublé au point d'atteindre le nombre de huit, l'assimilant de ce fait au Heh « primordial ». Les huit Heh « de l'éternité », regroupés par paire, soutenaient la voûte céleste. Chacun de ces quatre « piliers du ciel » était protecteur d'une région de cette voûte céleste. Dans ce rôle de soutien du ciel, Heh est devenu une hypostase de Shou, le dieu de l'air, qui de ses deux bras soulève le ciel (représenté par Nout) et le dissocie de la terre (représentée par Geb). Les quatre couples Heh furent alors perçus comme quatre vents ; mais pour une raison qui nous échappe, ces vents furent considérés de façon négative, comme sortis de la bouche de Seth. La ville de « Heh ». Le pharaon , après une campagne militaire vers le sud, construisit au niveau de la troisième cataracte du Nil, une cité qu'il baptisa « Heh », du nom du dieu. Un siècle plus tard, elle fut fortifiée par . Heh et Toutânkhamon. Heh est représenté sur quelques-uns des objets découverts en 1922 par Howard Carter dans le tombeau de Toutânkhamon. L'une des plus parfaites représentations du dieu figure sur le fauteuil cérémoniel du jeune pharaon. Heh, conformément à l'usage, est représenté agenouillé sur le signe de l'or "nebou", une croix "ânkh" pendant à son bras, tenant une palme dans chaque main ; ces palmes se terminent par un disque solaire que protège un "uræus" au cou duquel pend également une croix ânkh ; sur la tête du dieu, le disque solaire est protégé par un double uræus. Cette représentation garantit à Toutânkhamon l'espoir d'une longue vie prospère. |
Heqet |
Hou Dans la mythologie égyptienne, Hou est le verbe créateur. Dans cette cosmogonie memphite, il est associé au démiurge Ptah. Il représente le processus de concrétisation. Dans le "livre de l'Amdouat", il se trouve à l'avant dans la barque solaire à côté de Sia qui lui, est à l'arrière. Il dirige la barque solaire de Ré dans son parcours nocturne. Hou et Sia sont les dieux qui guident le soleil dans ses transformations nocturnes jusqu'à ce qu'il sorte régénéré et victorieux à l'aube. Les textes des sarcophages, alors qu'ils assimilent le mort à Rê, dévoilent une partie de la cosmologie memphite ; Rê est celui qui a créé Hou et qui est Hou lui-même : . |
Histoire de la Réforme |
Histoire du Mexique L'histoire du Mexique, qui a commencé à l'époque mésoaméricaine, s'étend sur plus de deux millénaires, depuis les plus anciens vestiges d'écriture olmèque. L'histoire du Mexique est traditionnellement divisée en trois grandes périodes : préhispanique, coloniale et indépendante. Époque préhispanique. Préhistoire. Les premiers groupes humains arrivés en Amérique sont venus d'Asie du Nord-Est, en traversant la Béringie, à l'époque exondée, pour s'établir en Alaska. La présence humaine au sud de l'inlandsis laurentidien daterait d'environ , selon les analyses paléogénétiques des fossiles humains les plus anciens connus à ce jour sur le continent américain, et d'au moins selon la datation des sites archéologiques les plus anciens du continent. Vers le milieu du , la plus grande partie du Mexique actuel correspondait à une aire culturelle appelée Mésoamérique, qui se prolongeait vers le sud. Au nord du Mexique, d'autres aires culturelles s'étendaient vers le nord : l'Oasisamérique et l'Aridamérique. Mexique précolombien. À partir de notre ère, plusieurs cultures et civilisations se sont succédé ou côtoyées en Mésoamérique : Olmèques, Mayas, Zapotèques, Mixtèques, Toltèques, Tarasques et Aztèques, entre autres. Lors du siècle précédant l'arrivée des Espagnols, l'Empire aztèque était en pleine expansion dans le centre du Mexique. Son unique concurrent important était le royaume tarasque. Le nom actuel du Mexique, en espagnol, vient du nom de sa capitale, Mexico, qui était déjà la capitale de l'Empire aztèque à l'époque postclassique, et dont le nom remonte lui-même au moins à la fondation de la ville vers le début du ou la fin du . À l'origine, il signifie probablement « (la ville qui est) au milieu (du lac) de la lune ». Conquête espagnole. Francisco Hernández de Córdoba et Juan de Grijalva explorèrent les côtes méridionales du Mexique, respectivement en 1517 et 1518. Le conquistador Hernán Cortés envahit le pays sous bannière espagnole en 1519, après avoir débarqué à proximité de l'actuelle Veracruz. Il baptisa de fait cette ville le long de la côte "Villa Rica de la Vera Cruz". À cette époque, les Aztèques étaient le groupe dominant dans la région. Ils prirent d'abord les conquistadors espagnols, conformément aux anciennes légendes toltèques, pour des envoyés des dieux. Pour cette raison, les Aztèques n'opposèrent initialement que peu de résistance à l'avancée des conquistadors, mais plus tard, ils entrèrent en opposition lorsqu'ils se rendirent compte qu'ils n'étaient pas les messagers divins d'abord admirés. Après plusieurs batailles, au cours desquelles les armées espagnoles furent plusieurs fois proches de la défaite (notamment lors de la "Noche Triste" du ), la capitale aztèque de Tenochtitlan fut attaquée par une alliance entre les Espagnols et les Tlaxcaltèques (les principaux ennemis des Aztèques), qui entamèrent le siège. Les Aztèques furent défaits en 1521 et leur capitale rasée. On estime qu'avant l'arrivée des Européens, le Mexique central comptait environ d'habitants. Il n'en restait plus qu'un million vers 1650. Les Espagnols étendirent rapidement leur domination au-delà des frontières de l'empire aztèque. Les Tarasques, effrayés par le sort des Aztèques, se soumirent sans combattre. En 1530, les Espagnols exécutèrent leur dernier souverain. Dans certaines régions, la conquête est fragile. Les habitants du Jalisco se révoltent en 1541, mettant les Espagnols en difficulté. Le conquistador Pedro de Alvarado perd la vie au cours de ce soulèvement généralement connu sous le nom . Il faut l'intervention du vice-roi de Nouvelle-Espagne, Antonio de Mendoza, pour venir à bout de la révolte. Plus au nord s'étendait le territoire de populations nomades, connues des habitants de la Mésoamérique sous le nom de Chichimèques. Cette appellation recouvrait plusieurs groupes : , , ou Pames. Ils ont de tout temps représenté une menace pour les sédentaires du sud et se révélèrent beaucoup plus coriaces pour les Espagnols que les Aztèques. En 1546, la découverte de mines d'argent à l'emplacement de la future ville de Zacatecas ravive l'intérêt des Espagnols pour les régions du nord. En 1561, les Chichimèques s'unissent contre eux. Leurs raids contre les établissements miniers espagnols entretiennent alors l'insécurité dans les vastes étendues du nord. Les Espagnols s'efforcent de les sédentariser en leur envoyant des missionnaires, mais aussi en fixant parmi eux des colonies de Tlaxcaltèques, venus du centre du Mexique (1590). C'est la (1550-1590). Époque coloniale. Pour toute la période qui s'étend entre la défaite de l'Empire aztèque et l'indépendance du Mexique, la colonie se nomme Nouvelle-Espagne (1521-1821). La conquête et l'époque coloniale font émerger de nouveaux groupes ethniques ; ainsi 64 d'entre eux furent clairement définis par le gouvernement colonial. Les métis sont les enfants issus de mariages mixtes entre Européens et indigènes. Les créoles sont les enfants des Espagnols nés dans la colonie, ils seront discriminés par rapport aux Espagnols nés dans la péninsule ibérique. Les créoles seront les promoteurs de l'indépendance du pays. L'actuel Mexique faisait partie de la vice-royauté de la Nouvelle-Espagne ("Nueva España" en espagnol). La Nouvelle-Espagne recouvrait le territoire de l'actuel Mexique, mais aussi progressivement environ deux autres millions de kilomètres carrés dans le sud-ouest des États-Unis, ainsi que les Philippines. La frontière septentrionale de la Nouvelle-Espagne n'était d'ailleurs pas définie avec précision mais peut se lire d'après le caractère hispanique des noms géographiques conservés de nos jours. De l'indépendance aux années 2000. La guerre d'indépendance (1810-1821). Miguel Hidalgo, un 'criollo' c'est-à-dire un espagnol né au Mexique (à ne pas confondre avec le terme français créole), curé du village de Dolores, partisan de Ferdinand VII détrôné par les français et exilé à Valençay, lance un appel durant la nuit du au (que l'on nommera plus tard le Grito de Dolores) aux habitants de son village dont le but est de se libérer des Espagnols favorables à Joseph Bonaparte. On peut citer José María Morelos, Vicente Guerrero, Agustín de Iturbide parmi les personnages clés de la guerre d'indépendance. L'arrivée d'un gouvernement libéral en Espagne convainc les créoles (espagnols nés au Mexique), qui voulaient s'approprier les privilèges des espagnols dits peninsulares (vivant au Mexique mais nés en Espagne), de proclamer l'indépendance. La déclaration d'indépendance fut approuvée et une première Constitution rédigée le par le Congrès de Chilpancingo, le « Décret Constitutionnel pour la Liberté de l'Amérique Mexicaine » ("Decreto Constitucional para la Libertad de la América Mexicana") qui définit un pouvoir exécutif mexicain faible et un pouvoir législatif mexicain fort fut promulgué par le même congrès le 22 octobre, et l'Acte solennel de la Déclaration d'indépendance de l'Amérique septentrionale ("Acta Solemne de la Declaración de Independencia de la América Septentrional") fut officiellement signée par le congrès le . En 1821, l'armée dite des « trois garanties » entra dans la capitale. Le , le traité de Córdoba confirma l'indépendance au Mexique. De l'indépendance à l'intervention française (1822-1848). Le , Agustín de Iturbide est couronné sous le nom d'Augustin , pour un règne (Premier Empire mexicain (1822-1823)), qui dure quelques mois, suivi de troubles et de guerres civiles, mais sans remettre en cause l'indépendance de l'État. Le Mexique dispose de belles villes, d'une haute société évoluée. Le patriotisme est vigoureux dans les élites créoles, mais pas dans la masse indigène qui ignore l'existence d'une Nation mexicaine. Ce sentiment n'est cependant pas suffisamment développé pour conduire les esprits à une politique commune. L'histoire du Mexique entre 1820 et 1848 pourrait presque se résumer à une succession de troubles qui suscitèrent les réactions des puissances européennes, inquiètes des dettes non remboursées. En 1838, le gouvernement de Louis-Philippe, qui ne peut obtenir les réparations qu'il demande, envoie une flotte bombarder Saint-Jean d'Ulua et s'emparer de Veracruz, cet épisode a été nommé guerre de la pâtisserie. À la suite de la guerre contre les États-Unis (lire ci-dessous) entre 1846 et 1848, un apaisement se fit sentir. En 1853, les troubles reprirent, nouvelle guerre civile. En 1855, le Mexique s'engageait dans la Réforme, violemment anticléricale. En 1835, les "Siete Leyes" (« Sept lois ») voient le jour. En 1857, une nouvelle constitution est promulguée. Guerres contre les États-Unis (1835-1848). Le Texas, peuplé de 85 % d'immigrés américains, proclama son indépendance (avec l'aide en hommes, argent, et armes de Washington) le , après la victoire de San Jacinto, acquise sous la conduite de Sam Houston qui profita de la faiblesse des gouvernements de Miguel Barragán (1835-36) et de José Justo Corro (1836-37) et de la vétusté des troupes envoyées sous les ordres du général Antonio López de Santa Anna. S'engagea alors un conflit avec les États-Unis, dont le Mexique, toujours aussi faible malgré les efforts du général Santa-Anna, sortit vaincu (1846-1848). Le traité de Guadalupe Hidalgo du entraîna la perte de très grands territoires alors désertiques ou peu peuplés, qui furent ensuite « vendus » sous la présidence de Manuel de la Peña y Peña aux États-Unis pour de dollars. De ce fait, une grande partie de la moitié nord du pays fut ainsi perdue au profit des États-Unis, soit l'Arizona, la Californie, le Nevada, le Nouveau-Mexique, le Texas et l'Utah. Intervention française (1861-1867). Face à l'incapacité du gouvernement de Benito Juárez de payer les dettes mexicaines, les gouvernements français, espagnol et britannique envoyèrent une force expéditionnaire occuper le port de Veracruz. Mais il s'agit d'un prétexte, car les Européens (surtout Napoléon III) souhaitent profiter de la guerre de Sécession américaine pour se réimplanter sur le continent américain. Les Anglais et les Espagnols traitèrent rapidement par la Convention de Soledad (février 1862), mais les Français décidèrent de se maintenir. En 1862-1867, le Mexique fut occupé par les forces françaises lors de l'expédition du Mexique, qui amena la création de l'empire éphémère de Maximilien de Habsbourg. Il prit fin en 1867, après que les Français eurent quitté le pays. Le Porfiriat (1876-1910). La présidence de Porfirio Díaz est également connue sous le nom de "Porfiriato". Ce régime, héritier d'une période de de troubles, de guerres et d'anarchie dura environ trente ans de 1876 à 1910. En l'absence de capitaux mexicains suffisants, Díaz encouragea les investissements étrangers ; il s'appuya aussi sur les conseils de positivistes disciples d'Auguste Comte connus sous le nom de "cientificos". Le pays fit durant cette période de grands progrès et se modernisa rapidement. Porfirio Diaz inaugura le monument de l'indépendance et l'hémicycle à Benito Juárez et le (centenaire du début de la guerre d'indépendance du Mexique) tout le centre de Mexico est illuminé électriquement ainsi que la cathédrale. Le gouvernement du Mexique invita aux festivités les représentants des gouvernements avec lesquels il entretenait des relations diplomatiques. l'absence de politique de redistribution des richesses produites ne permet pas à une grande partie de la population d'améliorer sa situation et reste dans une extrême pauvreté. L'application des Lois de Réforme, et, en particulier celle de la publiée en 1856 qui nationalise les biens de l'Église et que l'État mexicain revend aux investisseurs que la grande propriété fait des progrès considérables. À la fin du régime, 95 % des habitants des campagnes ne sont pas propriétaires de terres. Ils sont ouvriers agricoles dans d’immenses haciendas, vivent de l'agriculture de subsistance ou forment un prolétariat urbain. Les grèves ouvrières se font plus fréquentes à partir de 1906 mais sont réprimées avec violence. En outre, le régime use de la Loi publiée le pour le gouvernement de Benito Juárez et cosignée par qui permet d'abattre un prisonnier qui s'enfuit, cette loi restera appliquée jusqu'à la Révolution de 1910, et sera remise en vigueur par le gouvernement constitutionnaliste de Venustiano Carranza en 1915. Le syndicalisme mexicain apparait dans les années 1870. Le se constitue le "Gran Circulo de Obreros de Mexico", d'inspiration anarchiste. En 1876, au premier congrès des sociétés ouvrières du Mexique, c'est le mutualisme qui prédomine. En 1890, est fondée la "Gran Confederacion de los Trabajadores Mexicanos", et en 1905 le "Gran Circulo de Obreros Libres" (dans les usines textiles de Puebla et de Veracruz. En 1907, se forme le syndicat des employés des chemins de fer, qui est interdit par le gouvernement l'année suivante. Les grèves se font plus nombreuses à partir de 1906. Cette année là, pour réclamer la journée de huit heures et l'obtention d'un salaire égal à celui des employés américains ( par jour) est réprimée avec l'aide de rangers américains qui ont franchi la frontière mexicaine illégalement en combattant les douaniers mexicains qui tentaient de les en empêcher. Lors des grèves, le gouvernement se place aux côtés des propriétaires d'usines et le revendique, espérant favoriser les investissements. La Révolution mexicaine (1910-1920). Porfirio Díaz, au pouvoir depuis une trentaine d'années, voulait à nouveau se représenter à ), plusieurs candidats se présentèrent les plus connus sont José Yves Limantour et Francisco Madero qui annonça aussi sa candidature. Díaz le fit emprisonner, puis le relâcha. Le vieux président remporta ensuite des élections truquées. Exilé aux États-Unis, Madero ne s'avoua pas vaincu. Il lança le Plan de San Luis, daté du , dans lequel il déclarait nulles les élections et exhortait les Mexicains à prendre les armes le contre le gouvernement. Après des débuts difficiles, le soulèvement connut ses premiers succès au Chihuahua, dans le nord du pays, Madero et Abraham González Casavantes parvinrent à recruter des chefs militaires improvisés mais très capables tels que Pascual Orozco et Francisco Villa Le mouvement s'étendit à d'autres régions, notamment au Morelos où dès le 11 mars 1911, Emiliano Zapata et les villageois luttaient pour récupérer les terres collectives dont ils avaient été spoliés à la suite de la promulgation de la constitution de 1857 par le gouvernement de Benito Juárez, ces terres ayant été revendues par le gouvernement aux grands propriétaires de plantations de canne à sucre. L'armée fédérale, incapable de faire face sur plusieurs fronts, subit de lourdes défaites dans le nord du pays et le président Díaz se résigna à démissionner en mai 1911, puis à quitter le pays. L'élection de Madero en novembre 1911 (qui n'obtint qu'un peu moins de soit 0,1 % de la population.) n'améliore guère la situation sociale et politique. Il dut faire face à la désillusion de certains de ses propres partisans mais aussi à l'opposition de ceux de l'ancien régime, qui occupaient encore de nombreux postes. Issu de la bourgeoisie, il connaît peu les conditions de vie et les réalités sociales du pays et se préoccupe avant tout de rétablir la légalité constitutionnelle. Il eut a mater cinq révoltes importantes dont celle d'Emiliano Zapata qui réclame l'application du , unique but de sa révolte et qui consistait principalement en la restitution des terres collectives prises aux villages, mais aussi en la destitution de Madero. Il opère une réforme administrative, mais elle est partielle. Il annonce également une réforme de l'armée qui ne touchera cependant pas à la puissance et à l'influence des généraux porfiristes, tels que Bernardo Reyes et Felix Diaz (le neveu de Diaz), qui lui sont pourtant violemment hostiles. Il veut restaurer la stabilité du pays et tente de rassurer les investisseurs étrangers et leurs gouvernements. Il est pourtant considéré comme un radical par les intérêts économiques américains et par l'ambassadeur Henry Lane Wilson. Il doit faire front partout. Une première rébellion militaire fomentée par Bernardo Reyes et Félix Diaz est vaincue ; les deux généraux sont emprisonnés. Au sud de Mexico les partisans de Zapata se soulèvent contre lui, dans le but de le destituer et de le juger comme traître à la Révolution , reprennent possession des terres spoliées, en application du Plan de Ayala. Il envoie le général Victoriano Huerta les combattre. L'ambassadeur américain, qui auparavant l'avait appuyé dans sa conquête du pouvoir, le voyant abandonné par une partie de ses anciens partisans décide alors d'entraîner son renversement, de concert avec des milieux économiques qui ne bénéficiaient pas de sa politique, et une partie de la hiérarchie militaire. En février 1913, il est renversé par un coup d’État puis assassiné. Après la décade tragique le général Victoriano Huerta, qui s'était emparé du pouvoir, soutenu par une partie de la bourgeoisie porfiriste, une partie du Clergé et des investisseurs tant étrangers que mexicains, dut faire face à l'opposition déterminée du gouvernement des États-Unis, Woodrow Wilson qui refusait de reconnaître son gouvernement, plutôt favorable aux intérêts européens, notamment britanniques et allemands, bloquant les livraisons d'armes et de matériel lui étant destinés, (voir : incident de Tampico et l'occupation américaine de Veracruz) et à l'intérieur, celle des anciens partisans de Madero, de Venustiano Carranza gouverneur de l’État de Coahuila, Pancho Villa, qui avait repris les armes dans l'État de Chihuahua et Emiliano Zapata, qui ne s'était jamais soumis, au Morelos. Après plusieurs défaites de l'armée fédérale au printemps 1914, Huerta qui entre-temps avait menacé les États-Unis d'armer les noirs du Sud et d'envoyer l'armée mexicaine sur Washington et de planter le drapeau du Mexique sur le Capitole, quitta le pays au mois de juillet. Des fractures apparurent rapidement entre les différentes factions révolutionnaires, carrancistes, villistes et zapatistes . Réunies lors de la Convention d'Aguascalientes en octobre 1915, ces factions n'arrivèrent pas à un accord durable et les combats reprirent entre elles. En 1915, le meilleur général carranciste, Álvaro Obregón, affronta et défit Pancho Villa au cours de plusieurs batailles dans le centre du pays. Emiliano Zapata, qui avait conclu une alliance éphémère avec Villa, fut réduit à la défensive au Morelos. En 1916, après la bataille de Columbus l'armée américaine intervient en territoire mexicain pour tenter, sans succès, d'éliminer Pancho Villa. En 1916, Venustiano Carranza était le seul à pouvoir prétendre au pouvoir suprême, même s'il ne contrôlait pas l'ensemble du pays et qu'il devait faire face à d'énormes problèmes socio-économiques. Après la promulgation d'une nouvelle constitution en 1917, Carranza fut élu président. Devenu progressivement impopulaire, il fut renversé en 1920 par le dernier coup d’État de la révolution, organisé par les partisans d'Obregón, qui fut ensuite élu président. Le PRI au pouvoir (1929-2000). En 1928 est fondé le PNR (Parti national révolutionnaire), qui deviendra le PRM en 1938 puis le PRI en 1946. Ce parti prend le pouvoir en 1929 et le gardera jusqu'en 2000 et le sera à nouveau de 2006 à fin 2018. Sous les gouvernements de Plutarco Elías Calles et d'Emilio Portes Gil, la réforme agraire reconnue par la Constitution de 1917 commence à être mise en application. Les ouvriers se regroupent progressivement au sein de la "", favorable au gouvernement, et dont les effectifs passent de en 1918 à en 1919, en 1920 et près d'un million en 1924. Les conditions de vie s'améliorent et le taux de mortalité infantile tombe de à entre 1923 et 1931. Un sérieux effort est fait en faveur de l'éducation. Le budget de l'éducation s’élève à 14 % des dépenses de l’État et le nombre des écoles rurales est triplé. Le taux d'alphabétisation des plus de passe de 25 % en 1924 à 51 % en 1930. À partir de 1926, en raison à la fois des mesures anticléricales découlant de l'application de la Constitution mexicaine de 1917 par le président Plutarco Elías Calles, la guerre des Cristeros opposa les troupes gouvernementales issues de la Révolution aux paysans militants catholiques. La guerre des Cristeros (également connue sous le nom de Cristiada) désigne le soulèvement d'une partie de la population mexicaine, catholiques fanatiques, de 1926 à 1929. Cette rébellion éclate d'abord de façon locale et spontanée avant de se transformer en soulèvement plus important à l'appel de la Ligue le 1er janvier 1927. À son apogée, au printemps 1929, le mouvement compte : sont placées sous le commandement du général Gorostieta, constituent des bandes éparses. Il apparaît plus important dans le centre et l'ouest du pays. Pour des raisons militaires, politiques et économiques, l’État mexicain décide alors d'en finir en concluant un accord diplomatique avec l’Église grâce à l'entremise de l'ambassadeur américain : ce sont les arreglos du . Les cristeros doivent alors se démobiliser et déposer les armes. Le nom de Cristeros est d'abord un sobriquet donné aux insurgés par les soldats fédéraux mais les combattants se l'approprient rapidement. Il reprend leur cri de ralliement : "Viva Cristo Rey!" Le soulèvement des cristeros en désaccord avec la constitution de 1917 aurait fait entre et parmi les combattants d'après Jean Meyer : pour les fédéraux et pour les cristeros. Sans compter un lourd bilan pour la population civile, beaucoup plus difficile à évaluer : les statistiques officielles mexicaines avancent le chiffre de . De nombreux civils ou anciens insurgés, mais aussi des prêtres, seront tués dans des raids anticatholiques dans les années suivant la fin de la guerre, certaines autorités locales maintenant également une forte pression sur le clergé de leur zone de compétence. La pression ira en diminuant au cours des années 1930, mais ne se stabilisera complètement qu'après l'élection en 1940 du Président Manuel Ávila Camacho, lui-même un catholique pratiquant, et représentant de l'aile droite du régime. Il faudra beaucoup de temps pour que le clergé se reconstitue. Entre 1926 et 1934, on ne dénombre pas moins de assassinés, beaucoup d'autres ayant fui le pays. Sur les 4 500 prêtres opérant avant la rébellion, seuls 334 servent encore officiellement en 1934. En 1935, dix-sept États ne comptent plus un seul religieux. En 1928 le successeur à la présidence de la République, le général Álvaro Obregón est assassiné par un militant catholique. En 1938, le président Lázaro Cárdenas nationalise la production de pétrole en créant Pemex au détriment des compagnies pétrolières américaines. Les États-Unis pratiquent alors un embargo mais se firent finalement livrer du pétrole pendant la Seconde Guerre mondiale grâce à l'octroi de crédits accordés par Franklin Delano Roosevelt à la Pemex dès 1939. À la fin de la Guerre d'Espagne, le gouvernement mexicain offre l'asile aux opposants à Franco. La mise en place d'un système assimilé au corporatisme, fortement lié à la société civile mexicaine, aux syndicats et aux entreprises, permet au parti d'assurer la pérennité et le progrès de la Nation durant . Le , sous le gouvernement de Manuel Ávila Camacho, le Mexique entre dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Alliés en déclarant la guerre à l'Allemagne, à la suite du refus de l'Allemagne de payer des dommages et intérêts pour avoir coulé deux navires mexicains en mai 1942. L'aviation mexicaine (escadrille 201 - Escuadrón 201) participe à la Guerre du Pacifique. En octobre 1968, l’armée ouvre le feu sur des manifestations étudiantes d’extrême gauche. Plus de trois cents manifestants sont tués et des centaines disparaissent lors du massacre de Tlatelolco. Le , la police antiémeutes s'attaque violemment à une manifestation d'étudiants réclamant la fin de l’impunité et un pays plus démocratique. Des dizaines de manifestants sont tués ou disparaissent dans cette attaque. Carlos Salinas de Gortari, candidat du PRI, remporte l’élection présidentielle de 1988 contre le candidat du PRD Cuauhtémoc Cárdenas. Dans le but de réduire les doutes et les contestations électorales, habituelles au Mexique, l'Institut fédéral électoral est créé au début des années 1990 pour organiser les élections et en assurer le bon déroulement. La campagne électorale de 1994 est marquée par l'assassinat de Luis Donaldo Colosio. L'année 1994 est également marquée par plusieurs évènements. D'une part, l'ALENA, accord de libre-échange entre les trois pays d'Amérique du Nord, entre en vigueur le janvier ; d'autre part, Ernesto Zedillo succède à Carlos Salinas à la présidence ; enfin, une récession temporaire décidée par Zedillo entraîne une très forte dévaluation du peso. Le , entre alternances politiques et violences liées à la drogue. Des élections présidentielles et législatives ont lieu le . Vicente Fox Quesada, membre du PAN (Partido Acción Nacional), remporte l’élection présidentielle et devient le premier président n'appartenant pas au PRI depuis plus de . En effet, Vicente Fox recueille 43 % des voix, alors que Francisco Labastida (PRI) obtient 37 % des suffrages et Cuauhtémoc Cárdenas 17 % (Partido de la Revolución Democrática) ; le PRI et le PRD sont membres de l'Internationale socialiste. Le PRI obtient à la Chambre des députés et 60 au Sénat, le PAN 208 et 46, le PRD 51 et 15. En 2003, la crise irakienne met le gouvernement dans une situation quelque peu délicate : 80 % des exportations mexicaines vont aux États-Unis, À cette époque, le Mexique occupe l'un des quinze sièges du Conseil de sécurité des Nations unies, et va d'ailleurs en assurer la présidence en avril 2003. Dans le même temps, les États-Unis refusent de régulariser la situation des quelque quatre millions de clandestins mexicains se trouvant sur leur territoire. Ce désintérêt soudain des États-Unis, remonte au brusque renforcement de la politique migratoire depuis les attentats du . Tout ceci va à l'encontre de la promesse de Vicente Fox d'obtenir un accord migratoire avec George W. Bush, et déçoit profondément le gouvernement et l'opinion mexicaine. Le lundi , le Mexique signe le Traité de non-prolifération des armes nucléaires et s'engage donc à autoriser des inspections surprises de l'Agence internationale de l'énergie atomique. Le Mexique devient le à adhérer à ce pacte. En juillet 2006 a lieu l’élection présidentielle qui donne le parti sortant, le PAN (démocrate-chrétien), vainqueur. Le perdant, comme il est d'habitude au Mexique, dépose un document démontrant plusieurs centaines de fraudes et irrégularités lors des élections et de la campagne qui les a précédés. Des anomalies toutes simples comme des erreurs arithmétiques (par exemple nombre de votants supérieur ou inférieur au nombre de bulletins déposés) sont mises en avant (les mêmes « erreurs » sont détectées en faveur du PRD). Le Tribunal fédéral électoral confirme cependant la victoire du candidat du PAN, au détriment du PRD. Les trafiquants se livrent entre eux à une guerre sans merci pour le monopole du transit par le Mexique et le passage vers les États-Unis de la drogue provenant principalement d'Amérique du Sud. Cette guerre entre cartels fait depuis 2006 entre chaque année parmi leurs membres. Le chiffre officiel pour l'année 2008 est de . Selon les chiffres officiels, l'année 2017 est la plus violente en deux décennies avec 25.339 homicides enregistrés. 2018 est encore plus violente, avec 35.964 meurtres recensés (, , non-spécifiés), ce qui fait une moyenne de par jour, sans compter les disparitions. Le , la Garde nationale du Mexique commence à se créer en absorbant la police fédérale, la Gendarmerie nationale mexicaine et la police navale (la police militaire de la Marine mexicaine) afin de lutter plus efficacement contre les cartels. L'idée est de limiter le nombre d'intermédiaires dans la chaîne de commandement, afin d'améliorer la coordination entre les différents types d'unités, tout en limitant les risques de corruption. La corruption représente un défi majeur pour l’économie mexicaine : d'après des études de la Banque mondiale, la corruption politique et économique pourrait représenter 9 % du PIB. En dépit de l’augmentation du PIB (2,1 % en moyenne entre 2012 et 2014) les revenus des ménages ont baissé de 3,5 % au cours de cette période. Une grande partie des richesses produites étant captées par les grandes fortunes. Selon l’organisation Oxfam, les quatre plus grandes fortunes représentent en 2017 9,5 % du PIB mexicain, contre 2 % en 2002. Au cours de la crise migratoire en Amérique centrale qui démarre en 2018 à cause de la sécheresse et de l'ultra-violence des gangs au Honduras, au Salvador et au Guatemala, le Mexique devient le premier pays de passages des caravanes de migrants en Amérique, et de fait le premier pays d'accueil puisque de nombreux migrants restent bloqués à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Cinéma. En visualisant ces films on s'aperçoit qu'ils sont truffés d'erreurs sur les personnes, la situation politique, d'anachronismes (armes, vêtements et uniformes, poids et mesures, équipements, ordre de bataille et chaîne de commandement des troupes..) confusions géographiques et historiques, heures des batailles, etc. |
Heryshef |
Herichef |
Heure (homonymie) Le sens le plus courant du mot heure est celui d'une unité de temps, égale à un vingt-quatrième de jour, soixante minutes ou . Sciences humaines et sociales. En histoire : |
Hangeul Le hangeul ( ), aussi orthographié hangûl ou hangul en français, appelé josŏn'gŭl en Corée du Nord, est l’alphabet officiel du coréen, à la fois en Corée du Nord et en Corée du Sud. Le hangeul est fréquemment cité pour son histoire particulière : créé au par le roi Sejong le Grand, il est interdit à sa mort, mais perpétué entretemps par les romans féminins avant d'être réintroduit à la fin du sous l'occupation japonaise. Ses qualités linguistiques lui valent d’être parfois présenté comme l'un des systèmes d’écritures les plus scientifiques au monde et donc facile à apprendre. Le terme "hangeul" date du . Il s'écrit en hangeul, mais il s'est notamment appelé en hanja : . Le terme signifie, d'après les caractères hanja, « écriture ou langue () des proverbes () ». En coréen, on peut aussi l'interpréter comme signifiant « écriture ou langue (/) grandiose (/) ». Pour des raisons politiques, la Corée du Nord a choisi le terme Josŏn'gŭl, (en hangeul : , translittéré "" selon la romanisation révisée du coréen utilisé en Corée du Sud), en référence à la période Joseon qui représente la Corée historique. Ce qui se traduirait mot à mot par « l'écriture/la langue Josŏn ». Une autre appellation existe également : (« nos caractères »). Histoire. Cette écriture construite est ordonnée vers 1443 par le roi Sejong le Grand pour les lettrés du Jipyeonjeon pour favoriser l’alphabétisation du peuple et notamment des femmes puis promulguée par ce même roi en 1446 en remplacement des hanja (caractères chinois utilisés jusque-là). Cette écriture est interdite en 1504 par le successeur de Sejong le Grand, Yeonsangun, et enfin réhabilitée en 1894. Son emploi se généralise après la Seconde Guerre mondiale et permet d’atteindre très rapidement des taux d’alphabétisation parmi les plus élevés du monde à cette époque, dans les deux Corées. : contexte de création du hangeul. La langue coréenne s’est développée oralement pendant des siècles, et ferait partie de la famille controversée des langues altaïques. Les similitudes avec les langues japonaises ont été étudiées. À partir du , sous l’influence de la Chine et du bouddhisme, des systèmes de transcription du coréen en caractères chinois, appelés hanja en coréen, se sont développés : idu, kugyol et hyangch'al. Quand Sejong le Grand, quatrième roi de la dynastie Yi, accède au trône, le territoire du royaume occupe la plus grande partie de la péninsule coréenne. Cependant, seules l’aristocratie et l’administration ont alors assez d’éducation pour apprendre à lire les hanja, en raison de la complexité de ce système d'écriture (plusieurs dizaines de milliers de caractères). Sejong voit dans cette situation le nœud du problème de l’illettrisme du peuple. Sejong s’étant entouré de savants spécialistes de divers domaines scientifiques (une tradition confucéenne d’érudition des souverains), et ayant mené avec succès plusieurs réformes, il élabore alors le hangeul, qu’il nomme hunmin jongum (/, les « sons corrects pour l’éducation du peuple »), qu’il dévoile et promulgue le dans un ouvrage portant le même nom, assez court et rédigé en chinois classique. La nouvelle écriture rencontre dès ses premiers jours une forte opposition des intellectuels qui considèrent les hanja comme la seule écriture légitime pour transcrire le coréen et la baptisent de plusieurs noms plus ou moins méprisants (comme "onmun" (), écriture vernaculaire). Puis, plus tard, c’est au tour des gouvernements successifs d’être hostiles au hangeul, qui, du dire même des détracteurs du hangeul, "a posteriori", et risque de . L’élaboration du hunmin jongum s’est probablement faite en secret et sans l’aide de l’académie de Sejong, contrairement à ce qui a longtemps été enseigné. Les conseillers les plus conservateurs lui ont d’ailleurs fortement reproché de l’avoir inventé secrètement, sans consulter aucun savant, peut-être par peur de l’opposition des classes cultivées ; . La théorie du lien avec l'écriture tibétaine. Étant établi que Sejong avait quelque connaissance des écritures tibétaine, mongole et japonaise, elles aussi remplaçant des caractères chinois, il est parfois suggéré qu’il se soit inspiré des deux premières. Cependant, concernant la logique sous-jacente au tracé hangeul, son travail est, même à présent, novateur. Une première association avec l'écriture tibétaine est proposée par l'orientaliste (sinologue, mongoliste, tibétologue et turcologue) français Jean-Pierre Abel-Rémusat dans son ouvrage "Recherches sur les langues tartares, ou Mémoires sur différents points de la grammaire et de la littérature des Mandchous, des Mongols, des Ouigours et des Tibétains" publié en 1820, entre l'alphasyllabaire tibétain et le coréen. Il montre notamment la similitude entre le b (coréen ㅂ, tibétain བ) le p (coréen ᇁ, tibétain པ), le l (coréen ㄹ, tibétain ལ) et la fonction du ng (coréen ㅇ) . Le dessin des caractères est lié aux caractéristiques des sons qu'ils représentent et décrit la forme prise par les organes vocaux. Selon , cinq des 14 consonnes de base (ㄱ,ㄷ,ㄹ,ㅂ,ㅈ) seraient dérivées de l'écriture phags-pa, écriture dérivée du tibétain, qui avait été utilisée par les dirigeants mongols de la dynastie Yuan, régnant sur la Chine entre 1270 et 1360 : interdiction. En 1504, le roi Yeonsangun interdit l’usage et l’apprentissage du hangeul après avoir été ridiculisé et critiqué en hangeul. Il bannit les documents rédigés avec cet alphabet. En 1506, le roi Jungjong supprime le ministère de l’écriture vernaculaire. Le hangeul se perpétue ensuite grâce aux femmes et aux sujets non éduqués, qui n’ont pas accès aux études chinoises. À partir du , le hangeul fait naître la littérature romanesque féminine, mais reste méprisé dans les secteurs officiels du pays. à nos jours : réhabilitation. En 1894, les autorités japonaises imposent au royaume de Joseon la réforme administrative dite de l'an Kabo (1894 dans le calendrier chinois) qui prévoit l'abandon du système administratif à la chinoise ainsi que l'adoption du coréen moderne comme langue officielle en lieu et place du chinois écrit. Il est adopté dans les documents administratifs pour la première fois, peu avant que le Japon ne fasse de la Corée un protectorat, puis l’annexe. Le terme "hangeul" est utilisé pour la première fois en 1912 par Ju Si-gyeong (/) et signifie à la fois « la grande écriture » en coréen archaïque et « écriture de la Corée » en coréen moderne. Le hangul fait partie de la résistance, et à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon vaincu, l’écriture prend son essor et permet d’alphabétiser rapidement l’ensemble de la population malgré la partition du pays. Il s'impose définitivement lorsque les Coréens accèdent au lycée et à l'université, les caractères chinois se révélant trop complexes. À partir de 1995, les journaux coréens cessent d'employer ces sinogrammes. Le , jour de la commémoration de la promulgation du hangeul, est en Corée du Sud, un jour de fête appelé « journée du hangeul » (). En Corée du Nord, son équivalent, la « journée du chosŏn'gŭl » (), est célébrée le . Les hanja sont encore utilisés et enseignés aux écoliers coréens, mais la majorité des écrits coréens contemporains sont en hangeul. Les hanja peuvent être utilisés pour distinguer des homophones (également homographes en hangeul, puisque écriture phonétique), pour ajouter des nuances ou par parti pris. En 2009, les autorités de la ville indonésienne de Bau-Bau ont décidé d’adopter et d’adapter le hangeul pour écrire leur langue, le cia-cia, initiative qui a finalement été abandonnée au profit de l'alphabet latin, selon la loi indonésienne. Description de l’écriture. Le hangul comprend , appelées "jamos" (, hanja : , les caractères mères). Les jamos. Les "jamos" sont divisés en plusieurs catégories : Par ailleurs on distingue : Voici un tableau classant toutes ces lettres. Exemple : « » se lira "eobda" (le n’est pas prononcé) alors que « » se lira "eopseo" (le est prononcé). Ordre alphabétique. L’alphabet coréen ne mélange pas les consonnes et les voyelles. Comme aucun mot ne commence graphiquement par une voyelle, l’ordre des consonnes est le plus important, étant utilisé pour classer les mots dans un dictionnaire. L’ordre des voyelles vient ensuite pour classer les mots qui commencent par la même consonne. 1446, Hunmin Jeongeum. Lors de la publication du "Hunmin Jeongeum" en 1446, l’alphabet coréen comptait au total. Les savants établirent donc le premier ordre alphabétique du hangul, qui changera de nombreuses fois au cours de son histoire. Ordre alphabétique des consonnes en 1446 : Ordre alphabétique des voyelles en 1446 : Les lettres désuètes seront vues plus en détail dans la partie "Jamos désuets". 1527, Choe Sejin. En 1527, le linguiste coréen Choe Sejin (/) réorganisa l’alphabet en séparant les différents types de jamos. Dans l’ordre des consonnes, les vélaires sont en premiers, suivies des alvéolaires, des bilabiales, des fricatives et des glottales. Les consonnes aspirées sont en dernier. Dans l’ordre des voyelles, celles qui ont une diphtongue formée par i - (, , et ) sont au début, et chacune est suivie par la diphtongue correspondante. Ordre alphabétique des consonnes en 1527 : Ordre alphabétique des voyelles en 1527 : 1751, Hong Gyehui. En 1751, Hong Gyehui (/) propose le remplacement des jamos ' par ' en raison de la prononciation voisine, et ' par ' puisque le ' ne s’utilise qu’en fin de syllabe et ' qu’en début. L’alphabet se réduit donc à . Ordre alphabétique des consonnes en 1751 : Ordre alphabétique des voyelles en 1751 : 1907, L’Institut de recherche de l’écriture nationale. Un très petit changement eut lieu en 1907 du fait de l’"Institut de Recherche de l’Écriture Nationale de Corée" (). Le "ieung " a été déplacé au tout début de l’alphabet. Ordre alphabétique des consonnes en 1907 : Ordre alphabétique des voyelles en 1907 : 1933, Hangeul Matchumbeop. En 1933, la "Société de linguistique coréenne", fondée par Ju Si-gyeong (/), établit les règles orthographiques et grammaticales du coréen dans un document intitulé "Hangeul Matchumbeop" ( "Orthographe du coréen"). Il y est inclus un nouvel ordre alphabétique : le ' est devenu ' (le trait le plus haut a disparu) et est revenu à son emplacement d’origine, la voyelle " a été supprimée. Ordre alphabétique des consonnes en 1933 : Ordre alphabétique des voyelles en 1933 : Divergence Corée du Nord - Corée du Sud. Lorsque les deux Corées proclamèrent le hangul comme étant leur écriture officielle, l’ordre fut arrangé pour pouvoir contenir les nouveaux jamos créés (consonnes doubles et voyelles composées). Il existe maintenant deux ordres alphabétiques coréens : celui de la Corée du Nord et celui de la Corée du Sud. En Corée du Nord. Ordre alphabétique des consonnes : Le premier " correspond au son "-ng", le second est la "consonne vide". Ordre alphabétique des voyelles : Le classement des lettres est similaire aux précédents. Les nouveaux jamos ont simplement été ajoutés en fin d’alphabet dans le souci de respecter les ordres traditionnels. En Corée du Sud. Ordre alphabétique des consonnes : Ordre alphabétique des voyelles : Cet ordre diffère beaucoup de celui des anciens classements. Les lettres similaires ont été groupées, ce qui fait que les nouveaux "jamos" se sont retrouvés mélangés avec les lettres de base, contrairement au classement de Corée du Nord. Dans les deux cas, les groupes de consonnes sont ignorés. Origine des jamos. Dans le "Hunmin Jeongeum", le roi Sejong le Grand expliqua que la création des jamos avait été inspirée par la forme de la bouche et les principes du Yin et du Yang. Consonnes. Dans l’alphabet coréen, les cinq consonnes ', ', ', ', symbolisent cinq différents types d’articulation des consonnes utilisés en coréen qui sont respectivement les vélaires, les alvéolaires, les bilabiales, les fricatives et les glottales. À ces cinq consonnes sont ajoutés des traits qui peuvent symboliser soit une aspiration, soit un appui de la consonne. Ces cinq consonnes principales et les autres consonnes issues de celles-là seront examinés. Voyelles. Pour la création des voyelles, trois traits différents sont nécessaires : La Terre et le Soleil sont deux forces opposées mais complémentaires, suivant le principe du Yin et du Yang. L’Homme est l’élément neutre. Avec le temps, le point est devenu un trait court, soit horizontal (dans ') soit vertical (dans '). Deux catégories de voyelles simples seront distinguées: Les "jamos" du premier ensemble sont composés chacun d’un long trait horizontal ou vertical auquel on ajoute un point (actuellement un trait court). Leur diphtongues respectives (', ', ', ') sont créées en ajoutant un trait de plus. Les jamos de l’autre ensemble sont le trait horizontal seul (' [eu]) ou le trait vertical seul (' [i]). En sachant que les directions du Yin sont la gauche et le bas et que celles du Yang la droite et le haut, on peut distinguer, parmi les quatre jamos ' ' ' ', que les voyelles Yin sont ', ' et les voyelles Yang sont ', '. Pour symboliser les diphtongues [w-] présentes en coréen, de nouvelles lettres furent créées. Il s’agit de l’association des jamos ' ou ' avec une autre voyelle. Le ' s’associe avec les voyelles Yin, ' avec les voyelles Yang. Six diphtongues en [w-] ont été ainsi créées : Enfin, les jamos ', ' et ' servaient autrefois à représenter les diphtongues respectives [ai], [ɔi] et [øi]. En coréen moderne, la prononciation de 'est devenue [ε], et la prononciation de est devenue [e]. Voici un tableau récapitulatif des différentes catégories de voyelle : Jamos désuets. De nombreux jamos ont servi à transcrire le chinois médiéval. Avec le temps, ces lettres furent oubliées. Cependant, certains dialectes coréens (comme le dialecte de Jeju) utilisent encore des jamos désuets pour transcrire les phonèmes qui sont disparus du dialecte de Séoul. Consonnes et voyelles composées. Consonnes composées de deux jamos : Consonnes composées de trois jamos : Voyelles composées : Détails sur le nom des jamos. En 1527, Choe Sejin donna également un nom à tous les jamos après les avoir classés. Les noms des consonnes ont suivi un processus plus complexe que ceux des voyelles. Nom des consonnes. Chaque nom devait être en deux syllabes et respecter la structure "Jamo + son [i] + son [eu] + Jamo". Par exemple, ' a pour nom ' + ' + ' + ', ce qui mis ensemble donne ' "nieun". "Choe" attribuait également un nom en hanja équivalent. Dans notre exemple, l’équivalent hanja de ' est ' (ni) ' (eun). Cette dernière règle posa un problème pour trois caractères : le ', le ', et le '. En effet, aucun hanja ne se prononçait "euk", "eut", ou "eus". Le caractère ' (yeok) fut choisi pour nommer ' car sa prononciation sino-coréenne se terminait par le son "k". Pour les deux autres jamos, Choe dut s’en référer à la prononciation coréenne des caractères <!-- à moins que |
花 est un caractère chinois issu du chinois archaïque. Il est prononcé en mandarin, et peut signifier : Il était également utilisé autrefois en coréen et vietnamien et l'est toujours en japonais. En japonais, (fleur) est un kanji. Il fait partie des "kyōiku kanji" et est étudié en . Il se lit か ("ka") en lecture "on" et はな ("hana") en lecture "kun". |
Hanabi Hanabi peut faire référence à : |
Hanovre Hanovre ( ; ) est une ville du nord de l’Allemagne, capitale du Land de Basse-Saxe et située au bord de la rivière Leine. Avec environ (2021) elle est la plus grande ville du Land et la troisième plus grande du Nord de l’Allemagne après Hambourg et Brême. Elle fait partie de la région métropolitaine de Hanovre-Brunswick-Göttingen-Wolfsbourg, la huitième d’Allemagne. Elle est également le siège de la région de Hanovre, un regroupement de 21 communes. De plus, la ville est le siège de plusieurs établissements d’enseignement supérieur. Au parc d’exposition de Hanovre, le plus grand au monde, se déroulent chaque année des foires de renom. Histoire. Moyen Âge. Hanovre est mentionnée pour la première fois dans un document daté de 1150. La ville n'est alors qu'un village de pêcheurs et de passeurs niché sur une terrasse surplombant la Leine (on peut traduire son nom originel, "Honovere", par « haute rive »). En 1241, le duc Otto de Hanovre promet que la ville ne sera plus un fief. Deux actes confirment ce privilège, à l'origine de l'apparition de la plus ancienne forme du droit communal de la ville de Hanovre. Il y a à l'époque un important passage fluvial car deux anciennes grandes routes se croisent à cet endroit. Le village qu'est Hanovre se transforme vers la fin du Moyen Âge en une petite ville de foire et de commerce qui obtient bientôt ses droits communaux et est vendue à la maison princière des Welfs, lesquels font de Hanovre leur résidence définitive au . La ville connaît rapidement une grande prospérité et devient cité hanséatique en 1368. Au sont construites les principales églises de Hanovre. À la même époque, la ville est fortifiée par un solide mur d'enceinte. Quelques restes de ce mur sont encore visibles aujourd'hui dans la tour du Béguinage et au musée historique. Époque moderne et contemporaine. À partir du , Hanovre joue un rôle politique international considérable : en 1692, Ernst-August de Brunswick-Lunebourg est élevé à la dignité électorale et renomme ses possessions Hanovre. Son fils, qui lui succède en 1698, monte sur le trône de Grande-Bretagne sous le nom de Georges; cette union personnelle entre la couronne britannique et le duché de Hanovre procure à celui-ci un prestige considérable. Pendant la Guerre de Sept Ans, en 1757, a lieu la bataille de Hastenbeck, au cours de laquelle l'armée française vainc l'armée de Hanovre. Cette défaite conduit à l'occupation provisoire de la ville. En 1803, lors des guerres napoléoniennes, la ville est occupée par près de français. Elle est annexée le et intégrée à l'éphémère royaume de Westphalie confié à Jérôme Bonaparte. Hanovre retrouve son indépendance et devient un royaume en 1815. Il partage toujours son souverain avec la Grande-Bretagne. À la mort du roi Guillaume IV du Royaume-Uni, la nièce du souverain monte sur le trône de Grande-Bretagne tandis que, régi par la loi salique, Hanovre échoie au frère du souverain défunt qui devient le roi Ernest-Auguste II de Hanovre. Son fils lui succède sous le nom de Georges V de Hanovre. Ayant soutenu l'Autriche lors de la Guerre austro-prussienne de 1866, le royaume est annexé par la Prusse, inspirant aux autochtones un puissant sentiment prussophobe. À cette même époque, Hanovre commence à se développer de façon considérable. Un nouveau centre-ville est même construit entre la gare et la vieille ville et une puissante expansion industrielle au cours des années de fondation de l'empire allemand, en 1871, s'ensuit. Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur la ville sont importantes. Les bombardements alliés laissent le centre-ville dans un état de dévastation totale. En 1945, presque deux tiers des bâtiments - dont le Palais de Herrenhausen - sont en ruines ou ont été détruits par les bombardements. Les sans-abris se font nombreux. Le conflit se termine pour Hanovre le , lorsque des troupes des États-Unis entrent dans la ville, sans mener de combat. Le déblaiement des ruines est suivi par la reconstruction qui progresse rapidement. Après guerre. Aujourd'hui, Hanovre se présente comme une ville moderne, avec de nombreux espaces verts. La ville compte d'importants aménagements culturels, de bons commerces et de remarquables événements interrégionaux comme les foires ou le "Schützenfest", fête annuelle des clubs de tir à l'arc de la région voire davantage ainsi que la fête du lac de Maschsee, qui est très réputée. En 2000, la ville de Hanovre a accueilli l’exposition universelle ("Expo 2000"). Tourisme. Il faut avant tout évoquer le "fil rouge" ("Der rote Faden") de de long, peint sur de nombreux trottoirs de Hanovre. Il relie les 36 principales curiosités touristiques du centre-ville et permet ainsi une visite touristique. Au centre-ville, le nouvel hôtel de ville (construit en 1913) attire les touristes avec son ascenseur parabolique dans la coupole du haut de laquelle s'offre une vue sur la ville entière. Dans le hall, quatre maquettes montrent l'histoire de Hanovre du bourg fortifié au Moyen Âge jusqu'à la grande ville de nos jours, en passant par les destructions subies à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans la salle du conseil municipal se trouve une fresque de Ferdinand Hodler sur le thème de l'unanimité, (en allemand : "Einigkeit"). La vieille ville reconstruite invite à flâner dans les ruelles avec leurs cafés et boutiques dans les maisons à colombage typiques. La "Marktkirche" (littéralement l'église du marché) constitue le centre de la vieille ville, en face de l'ancien hôtel de ville datant du Moyen Âge, où se trouve aujourd'hui l'état civil. Sur la rive de la Leine, proche de l'ancien hôtel de ville, se situe le conseil régional ("Landtag") dans un bâtiment du style néoclassique. Sur les rives de la Leine a lieu, tous les samedis matin, un marché aux puces traditionnel. On y trouve également les trois célèbres Nanas de Niki de Saint Phalle, artiste française, qui ont suscité un scandale au moment de leur édification en 1974 et qui ont ainsi formé le début d'une discussion nationale sur l'art dans les lieux publics. La grande zone piétonne qui s'étend de la vieille ville à la gare centrale et tout le long de la Georgstraße invite au shopping dans ce quartier moderne de la ville. Au-delà de la vieille ville se trouve le lac semi-artificiel "Maschsee" (creusé de 1935 à 1936 par des chômeurs appartenant au "Reichsarbeitsdienst"), zone verte en plein milieu de la grande ville, qui invite à des promenades, à pied ou en bateau. De nombreux cafés et locations de bateaux sont apparus le long des rives. Le club de football professionnel Hannover 96 représente la ville en première division allemande (Bundesliga). Son stade, l'ancien "Niedersachsenstadion" entièrement modernisé et rebaptisé "AWD-Arena" en 2004, a accueilli des matchs lors de la Coupe du Monde de football en 2006. On entrevoit le stade depuis les rives du Maschsee. Les halles d'exposition, situées au sud de la ville, accueillaient chaque année jusqu'en 2018 le CeBIT, la plus importante foire des technologies de l'information et de la télécommunication du monde. Outre le CeBIT, de nombreuses autres foires ont lieu chaque année sur ce terrain, telles que la foire industrielle « Hannover Messe ». Jardins royaux d'Herrenhausen. Cet ensemble comprend plusieurs jardins ainsi qu'un château (reconstruit à l'identique, inauguré en janvier 2013), une orangerie, un théâtre baroque, un labyrinthe, différents rosaires, la grotte de Niki de Saint Phalle et la grande fontaine. Transport. L'aéroport international de Hanovre-Langenhagen dessert de nombreuses villes en Europe, et assure également des vols intérieurs vers Francfort et Munich. La gare centrale de Hanovre ("Hannover Hauptbahnhof") est desservie par des trains ICE, IC/EC qui relie Hanovre au reste de l'Allemagne. Cette gare est aussi desservie par des trains régionaux RE, RB et plus localement le S-Bahn (train de banlieue). Culture. Hanovre propose un large choix d'activités culturelles de réputation internationale à ses citoyens et visiteurs grâce à ses nombreux musées, cafés et théâtres. Religion. Statistiques religieuses. Fin 2015 31,1 % de la population de Hanovre se déclarait protestante ("evangelisch") et 13,4 % catholique. La majorité (55,5 %) se déclarait non chrétienne. Alliance réformée en Allemagne. Depuis 2006, l'Alliance réformée allemande ("Reformierte Bund in Deutschland e. V."), fédération d'églises d'obédience réformée (donc calvinistes) a son siège à Hanovre. Il était précédemment à Wuppertal. Médias. Presse. Hanovre propose un choix assez large de journaux locaux et régionaux. La maison d'édition de presse "Madsack" édite le "Hannoversche Allgemeine Zeitung", journal régional, et la "Neue Presse", journal local avec un accent sur le sport et la société. Il existe une édition du "Bild-Zeitung" pour la région de Hanovre. En outre, de nombreux magazines urbains concernant la vie en ville sont distribués, en partie gratuits, en partie payants. On peut citer "Stadtkind, Schädelspalter, PRINZ Hannover" et "magaScene." Radio et télévision. Le "Norddeutscher Rundfunk", organisme de productions pour la radio et la télévision, possède une grande enceinte à Hanovre. Plusieurs émissions régionales y sont produites, mais aussi des émissions pour ARD, première chaîne nationale. Outre ces institutions publiques, les radios privées et commerciales FFN et Antenne ont leurs maisons et studios à Hanovre. On trouve des studios régionaux des programmes télévisés ZDF, Sat.1 et RTL. Il existe une radio « citoyenne » (libre à tous les citoyens qui veulent y participer), qui s'appelle Leinehertz 106einhalb et qui remplace Radio Flora depuis le 17 juin 2009. Cette dernière est devenue une webradio et continue d'émettre exclusivement sur Internet. Une télévision citoyenne existe également, basée sur le même principe, nommée H1. Universités. Hanovre propose aux étudiants un choix d'institutions d'enseignement supérieur : Jumelages. Il existait un jumelage avec Utrecht (Pays-Bas) entre 1971 et 1976. Entreprises. Plusieurs entreprises importantes ont leur siège social à Hanovre : Sports. La ville accueille chaque année les IEM (Intel Extrem Master). La ville possède de nombreux clubs sportifs : La ville dispose de nombreuses enceintes sportives pour pratiquer le football, telles que la HDI-Arena, le Stade Rudolf-Kalweit ou encore le Radrennbahn am Pferdeturm dans le passé (démoli en 1960). |
N-Hexane Le "n"-hexane, ou parfois simplement hexane, est un hydrocarbure saturé de la famille des alcanes de formule brute CH. Usage et mise en garde. L'hexane est un solvant utilisé en chimie organique (notamment pour les réactions et les extractions). Il est important de respecter les règles de sécurité concernant ce composé en raison de sa toxicité. Celle-ci se manifeste par la formation d'un métabolite, l'hexan-2,5-dione, un composé di-carbonylé, qui s'accumule dans le système nerveux central et qui est très toxique. Ce dernier peut être dosé dans les urines pour déceler une éventuelle intoxication. L'hexane est en conséquence couramment remplacé par le cyclohexane, notamment pour la chromatographie préparative. Si l'usage de l'hexane est préféré, il convient de se protéger efficacement, en particulier grâce à des hottes aspirantes. 137 ouvriers travaillant pour le sous-traitant d'Apple Wintek ont été intoxiqués au "n"-hexane en 2009. Quatre en seraient morts. |
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