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v10-1019-18 | Mer Blanche | Mer Blanche, (Géog.) Voyez au mot Blanche. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-19 | Mer Bleue | Mer Bleue, (Géog.) en latin moderne, lacus Coesius, dans la langue du pays, Arallnov, c’est un grand lac d’eau salée, dans le pays auquel il donne son nom d’Arall, & qui fait partie du pays de Kho-Waresme, ou Mawaralnahar, province montueuse, sablonneuse, généralement stérile, mais ayant en plusieurs endroits des paturages excellens pour les troupeaux : elle tire son nom du lac.
Ce lac qui sépare le pays d’Arall des provinces orientales de Knowaresme, est un des plus grands lacs de l’Asie septentrionale. Il a plus de 30 milles géographiques, ou 40 lieues en longueur du nord au sud, environ la moitié en largeur de l’est à l’ouest, & plus de quatre-vingt lieues d’Allemagne de tour. Ses eaux sont extrèmement salées. Il reçoit toutes les eaux de la riviere de Sirt, celles de Kesell, & d’autres rivieres moins importantes ; cependant il ne s’éleve point au-dessus de ses rives ordinaires, & l’on ne connoît aucun canal apparent par où ses eaux puissent s’écouler.
Les Kara-Kalpacks, qui occupent le bord septentrional du lac d’Arall, conduisent en été les eaux de ce lac par le moyen de certaines rigoles, dans les plaines sablonneuses d’alentour ; & l’humidité de l’eau venant à s’exhaler peu à peu par la chaleur du soleil, laisse à la fin toute la surface de ces plaines couvertes d’une croute d’un beau sel crystalisé, où chacun en va prendre sa provision de l’année, pour les besoins de son ménage. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-2 | Mer Noire | Mer Noire. Voyez Noire. | [] | [] |
v10-1019-20 | Mer du Bresil | Mer du Bresil, (Géog.) partie de l’Océan sur la côte du Bresil, le long de la côte orientale de l’Amérique, entre l’embouchure de l’Amazonne & celle de la riviere de la Plata. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-21 | Mer Carpathienne | Mer Carpathienne, (Géog.) Carpatium mare, partie de la mer Méditerranée, entre l’Egypte & l’île de Rhodes ; elle avoit pris son nom de l’île de Scarpanto, que les Grecs nommoient Carpathos, & les Latins Carpathus. Elle a au nord la mer Icarienne, au midi celle d’Egypte, & au couchant celle de Candie & d’Afrique. | [] | [] |
v10-1019-22 | Mer Caspienne | Mer Caspienne, (Géog.) Voyez Caspienne. Je n’ajoûterai que quelques lignes. Les anciens ont connu cette mer, mais fort mal ; cependant Hérodote, liv. I. chap. 203. avoit très-bien remarqué qu’elle n’a aucune communication visible avec les autres, & on en est revenu au sentiment d’Hérodote.
Pierre-le-Grand a fait faire une carte exacte de cette mer par des pilotes également habiles & hardis. M. Charles Van-verden a dressé cette carte, & M. de Lisle l’a réduite au méridien d’Astracan. Il n’y a point de gouffre dans la mer Caspienne, mais elle se décharge à sa partie orientale dans une autre petite mer de 15 lieues d’étendue. L’eau de cette derniere mer est d’une si grande salure, que les poissons de la mer Caspienne qui y entrent meurent peu de tems après. Cette mer n’a ni flux ni reflux, & ce ne sont que les vents qui la font monter ou baisser sur l’une ou l’autre côte : l’unique bon port qui soit sur cette mer, est le port de Manguslave, sur la côte orientale au pays de Kovaresme, au nord de l’embouchure de l’Aum : ce port est entre les mains des Tartares, qui n’en font point d’usage. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-23 | Mer de Danemark | Mer de Danemark, (Géogr.) On appelle ainsi la mer qui s’étend depuis l’Océan jusqu’à la mer Baltique, dont elle est en quelque façon le vestibule, entre la Norwege au nord, la Suede à l’orient, le Jutland au midi & au couchant. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-24 | Mer d’Espagne | Mer d’Espagne, (Géogr.) partie de la Méditerranée, le long de l’Espagne, depuis le cap de Creuze au pié des Pyrenées, jusqu’au détroit de Gibraltar. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-25 | Mer Egée | Mer Egée, Ægœum mare, (Géog. anc.) cette partie de la Méditerranée que nous appellons Archipel, & qui s’étend entre la Turquie européenne & la Natolie, depuis le détroit des Dardanelles jusqu’à l’île de Candie. Cette mer a été nommée Ægæum, c’est-à-dire, fluctuosum, procellosum, à cause qu’au moindre vent ses flots bondissent comme des chevres. Les Grecs ont appellé αἰγας, chevres, ces flots écu-mans dont la mer est toute couverte dans un gros tems. Nous les appellons de même des moutons, & nous disons que la mer moutonne, quand elle est tourmentée par la tempête. Plusieurs îles de la mer Egée tiroient leur nom de la même cause, comme celle qu’on appelloit Ægea, aujourd’hui les Fournis, entre Nicaria & Samos. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-26 | Mer de France | Mer de France, (Géog.) On appelle proprement ainsi la partie de l’Océan qui lave les côtes de France, depuis le cap de S. Mahé en Bretagne, jusqu’aux côtes d’Espagne, où commence la mer de Biscaye ; mais quand on dit les mers de France, on entend depuis Bayonne jusqu’à Dunkerque sur l’Océan, toutes les côtes de Provence & de Languedoc sur la Méditerranée, dans le golfe de Lyon. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-27 | Mer de Grece | Mer de Grece, (Géog.) partie de la Méditerranée, le long des côtes de la Grece & de la Morée, depuis les îles de Sainte Maure, de Céphalonie, & de Zante, jusqu’à l’île de Cérigo. La côte orientale de la Grece est de la mer qu’on nomme Archipel. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-28 | Mer de Groenland | Mer de Groenland, (Géog.) partie de l’Océan, sur la côte des terres arctiques. La partie orientale du Groenland, que cette mer baigne, est devenue inaccessible par les glaces qui s’y sont accumulées avec le tems. Il y avoit autrefois sur cette côte, une colonie danoise qui a long-tems subsisté ; mais qu’on a été obligé d’abandonner depuis deux siecles, faute d’avoir pu en approcher. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-29 | Mer d’Iémen | Mer d’Iémen, (Géog.) partie de l’Océan, le long des côtes de l’Arabie heureuse, entre la mer Rouge & le golfe d’Ormus. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-3 | Mer Rouge | Mer Rouge. Voyez Rouge. | [] | [] |
v10-1019-30 | Mer des Indes | Mer des Indes, (Géog.) partie de l’Océan, le long des côtes méridionales de l’Asie, depuis la Perse jusqu’au golfe de Siam ; passé lequel commence l’Océan oriental qui coule le long de la Cochinchine, du Tonquin, & de la Chine. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-31 | Mer Ionienne | Mer Ionienne, (Géog.) Ce devroit être la mer qui lave les côtes d’Ionie dans l’Asie mineure. Mais le caprice de quelques géographes a voulu que l’on donnât très-improprement ce nom à la partie de la mer Méditerranée qui est entre la Grece, la Sicile, & la Calabre. Cependant nos navigateurs ont rejetté ce mot, & disent la mer de Grece, la mer de Sicile, la mer de Calabre, &c. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-32 | Mer de Marmora | Mer de Marmora, (Géog.) nom moderne de la Propontide des anciens. Voyez Propontide. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-33 | Mer Méditerranée | Mer Méditerranée, (Géog.) grande mer entre l’Europe, l’Asie & l’Afrique. Elle communique à l’Océan par le détroit de Gibraltar. Elle est séparée de la mer rouge par l’isthme de Suez, & de la mer de Marmora par le détroit des Dardanelles. Elle contient plusieurs grands golfes. Les principaux sont le golfe de Lyon, le golfe Adriatique, l’Archipel & le golfe de Barbarie. Elle renferme trois grandes presqu’îles : savoir l’Italie, la Grece & la Natolie. Ses principales îles sont Sicile, Sardaigne, Corse, Majorque, Minorque, Malthe, Corfou, Céphalonie, Zante & Candie, outre cette multitude d’autres îles qui sont comprises dans la partie de cette mer qu’on appelle Archipel.
La meilleure carte de la Méditerranée que nous ayons, a été donnée par M. Guillaume de Lisle. Cette mer si connue de tout tems par les nations les plus savantes, toujours couverte de leurs vaisseaux, traversée de tous les sens possibles par une infinité de navigateurs, s’est trouvée n’avoir que 860 lieues d’occident en orient, au lieu de 1160 qu’on lui donnoit ; & c’est ce que M. de Lisle a rectifié par des observations astronomiques. Cependant non content de ces observations astronomiques, dont on vouloit se défier, il entreprit, pour ne laisser aucun doute, de mesurer toute cette mer en détail & par parties ; sans employer ces observations, mais seulement les portulans & les journaux des pilotes, tant des routes faites de cap en cap, en suivant les terres, que de celles qui traversoient d’un bout à l’autre ; & tout cela évalué avec toutes les précautions nécessaires, réduit & mis ensemble, s’est accordé à donner à la Méditerranée la même étendue que les observations astronomiques dont on vouloit se défier. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-34 | Mer Morte | Mer Morte, (Géog.) ou Mer de sel, ou mieux encore, Lac Asphaltide, grand lac de la Palestine à l’embouchure du Jourdain. Sa longueur du N. au S. est d’environ 70 milles anglois, & sa largeur d’environ 18 milles. Le Jourdain & l’Arnon se jettoient dedans & s’y perdoient. On peut consulter sur ce lac, le P. Nau jésuite, dans son voyage de la Terre-sainte. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-35 | Mer Noire | Mer Noire, (Géog.) ou Mer Majeure, connue des anciens sous le nom de Pont-Euxin. Voyez Pont-Euxin.
Grande mer d’Asie, entre la Tartarie au nord, la Mingrélie, l’Imirete, le Guriel & quelques provinces de l’ancienne Colchide, que possede aujourd’hui le turc. Elle a à l’orient la Natolie, au midi la Bulgarie, & la Romanie au couchant.
Cette mer reçoit plusieurs grands fleuves ; savoir le Danube, le Borysthene, le Don, le Phase, le Casalmac, l’Aitocza & la Zagarie.
Elle communique à la Propontide, autrement mer de Marmora, par le détroit de Constantinople, nommé le canal de la mer Noire, & par cette mer, avec l’Archipel. Elle communique encore par le détroit de Caffa, avec le Palus Méotide, qui est une mer formée par le concours des eaux de la mer Noire & du Don.
Les peuples qui habitent les bords de cette mer, sont ou sujets, ou tributaires de l’empire ottoman.
Le canal de la mer Noire, ou le bosphore de Thrace, comme disoient les anciens, a 16 milles & demi de longueur ; commence à la pointe du serrail de Constantinople, & finit vers la colonne de Pompée. Hérodote, Polybe & Strabon, lui donnent 120 stades d’étendue, lesquelles reviennent à 15 milles. Ils fixent le commencement de ce canal, entre Bizance & Chalcédoine, & le font terminer au temple de Jupiter, où est présentement le nouveau château d’Asie ; mais cette différente maniere de mesurer le canal est arbitraire & revient au même calcul.
Sa largeur, aux nouveaux châteaux où étoient autrefois les temples de Jupiter & de Sérapis, est depuis un mille jusqu’à deux. Son cours est si rapide entre les deux châteaux, qu’avec un vent du nord il n’y a point de bâtimens qui s’y puissent arrêter, & qu’il faut un vent opposé aux courans, pour les pouvoir remonter ; cependant la vitesse des eaux diminue si sensiblement, que l’on monte & que l’on descend sans peine, lorsque les vents ne sont pas violens.
Indépendamment des vents, il y a des courans fort singuliers dans le canal de la mer Noire ; le plus sensible est celui qui en parcourt la longueur, depuis l’embouchure de la mer Noire, jusqu’à la mer de Marmora, qui comme on sait, est la Propontide des anciens. M. le comte de Marsigli y a observé de petits courans, qui permettent aux batteaux de monter, tandis que d’autres batteaux descendent à la faveur du grand courant. Cependant cette diversité de courans ne doit point paroître merveilleuse, parce qu’on conçoit aisément qu’un cap trop avancé, doit faire reculer les eaux qui se présentent dans une certaine direction ; mais il est difficile de rendre raison d’un autre courant caché, que nous appel-lerons courant inférieur, lequel dans un endroit du grand canal, roule ses eaux dans une direction contraire au courant qui lui est supérieur, comme le prouvent les filets des pêcheurs. Procope de Césarée, M. Gilles, M. le comte de Marsigli & M. de Tournefort, en ont fait l’observation.
Il n’est pas plus aisé d’expliquer pourquoi le canal vuide si peu d’eau, sans que la mer Noire qui en reçoit une si prodigieuse quantité, en devienne plus grande. Cette mer reçoit plus de rivieres que la Méditerranée ; les plus grandes de l’Europe y tombent par le moyen du Danube, dans lequel se dégorgent celles de Suabe, de Franconie, de Baviere, d’Autriche, d’Hongrie, de Moravie, de Carinthie, de Croatie, de Bosnie, de Servie, de Transylvanie, de Valaquie ; celles de la Russie-noire & de la Podolie, se rendent dans la même mer, par le moyen du Niester ; celles des parties méridionales & orientales de la Pologne, de la Moscovie septentrionale, & du pays des Cosaques, y entrent par le Nieper ou Borysthene ; le Tanaïs & le Coper ne passent-ils pas dans la mer Noire, par le Bosphore Cimmérien ? les rivieres de la Mingrelie, dont le Phase est la principale, se jettent aussi dans la mer Noire, de même que le Casalmac, le Sangaris & les autres fleuves de l’Asie-mineure, qui ont leur cours vers le nord : néanmoins le Bosphore de Thrace n’est comparable à aucune des rivieres dont on vient de parler. Il est certain d’ailleurs que la mer Noire ne grossit pas, quoiqu’en bonne physique, un réservoir augmente quand sa décharge ne répond pas à la quantité d’eau qu’il reçoit. Il faut que la mer Noire, indépendamment de son évaporation par le soleil, se vuide & par des canaux souterrains qui traversent peut-être l’Asie & l’Europe, & par la dépense continuelle de ses eaux, lesquelles s’evaporent en partie, en partie s’abreuvent dans la terre, & s’écoulent bien loin des côtes.
Quelque rapide que soit le cours des eaux dans le canal de la mer Noire, elles n’ont pas laissé de se geler dans les plus grands hivers. Zonare assure qu’il y en eut un si rude sous Constantin Copronime, que l’on passoit à pié sur la glace, de Constantinople à Scutari ; la glace soutenoit même les charrettes. Ce fut bien autre chose en 401, sous l’empire d’Arcadius : la mer Noire fut gelée pendant 20 jours ; & quand la glace fut rompue, on en voyoit passer devant Constantinople des monceaux effroyables.
D’un autre côté, quoi qu’en aient dit les anciens, & quoi que pensent les Turcs de cette mer, qu’ils ont nommée Noire, elle n’a rien de noir que le nom ; les vents n’y souflent pas avec plus de furie, & les orages n’y sont guere plus fréquens que sur les autres mers. Il faut cependant pardonner les exagérations aux poëtes anciens, & sut-tout aux chagrins d’Ovide ; mais le sable de la mer Noire est de même couleur que celui de la mer Blanche, & ses eaux sont aussi claires : en un mot, si les côtes de cette mer, qui passent pour fort dangereuses, paroissent sombres de loin, ce sont les bois qui les couvrent, ou le grand éloignement qui leur donnent le coup d’œil noirâtre.
Valerius Flaccus, qui a décrit poétiquement le voyage des Argonautes, assure que le ciel de la mer Noire est toujours brouillé, & qu’on n’y voit jamais de tems bien formé ; mais nos navigateurs qui ont couru cette mer, démentent hautement ce fameux poëte latin.
On voyage tout aussi sûrement sur la mer Noire, que dans les autres mers, si les vaisseaux sont conduits par de bons pilotes. Les Grecs & les Turcs ne sont guere plus habiles que Tiphys & Nauplius, qui conduisirent Jason, Hercule, Thésée & les au-tres héros de la Grece, jusques sur les côtes de la Colchide, la Mingrelie de nos jours.
On voit par la route qu’Apollonius de Rhodes leur fit tenir, que toute leur science aboutissoit, suivant le conseil de Phinée, ce roi de Thrace qui étoit aveugle, à éviter les écueils qui se trouvent sur la côte méridionale de la mer Noire, sans oser pourtant se mettre au large ; c’est-à-dire, qu’il falloit n’y passer que dans le tems calme. Les Grecs & les Turcs ont presque les mêmes maximes. Ils n’ont pas l’usage des cartes marines, & sachant à peine qu’une des pointes de la bousole se tourne vers le nord ; ils perdent la tête dès qu’ils perdent les terres de vûe. Enfin, ceux qui ont le plus d’expérience parmi eux, au lieu de compter par les rhumbs de vent, passent pour fort habiles lorsqu’ils savent que pour aller à Cassa, il faut prendre à main gauche en sortant du canal de la mer Noire ; que pour aller à Trébizonde, il faut se détourner à droite. A l’égard de la manœuvre, ils l’ignorent tout-à-fait, leur seule science consiste à ramer.
On a beau dire que les vagues de la mer Noire sont courtes, & par conséquent violentes, il est certain qu’elles sont plus étendues & moins coupées que celles de la mer Blanche, laquelle est partagée par une infinité de canaux qui sont entre les îles. Ce qu’il y a de plus fâcheux pour ceux qui navigent sur la mer Noire, c’est qu’elle a peu de bons ports, & que la plûpart de ses rades sont découvertes ; mais ces ports seroient inutiles à des pilotes qui, dans une tempête, n’auroient pas l’adresse de s’y retirer.
Pour assurer la navigation de cette mer, toute autre nation que les Turcs formeroit de bons pilotes, repareroit les ports, y bâtiroit des moles, y établiroit des magasins ; mais leur esprit n’est pas tourné de ce côté-là. Les Génois n’avoient pas manqué de prendre toutes ces précautions, lors de la décadence de l’empire des Grecs, & lorsqu’ils faisoient tout le commerce de la mer Noire, après en avoir occupé les meilleures places. Mahomet les en chassa, & depuis ce tems-là les Turcs ayant tout laissé ruiner par leur négligence, n’ont jamais voulu permettre aux Francs d’y naviger, quelques avantages qu’on leur ait proposé pour en obtenir la permission.
Les côtes de la mer Noire fournissent abondamment tout ce qu’il faut pour remplir les arsenaux, les magasins & les ports du grand-seigneur. Comme elles sont couvertes de forêts & de villages, les habitans sont obligés de couper des bois & de les scier. Quelques-uns travaillent aux clous, les autres aux voiles, aux cordes & agrès nécessaires pour les félouques, caïques & saïques de sa hautesse. C’est même de-là que les sultans ont tiré leurs plus puissantes flottes, dans le tems de leurs conquêtes ; & rien ne seroit plus aisé que de rétablir leur marine. Le pays est fertile, il abonde en vivres, comme blé, riz, viande, beurre, fromages, & les gens y vivent très-sobrement. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-36 | Mer du nord | Mer du nord, (Géog.) on appelle ainsi la partie de mer qui lave les côtes orientales de l’Amérique, depuis la ligne équinoxiale au midi, jusqu’à la mer glaciale au septentrion. Le golfe du Mexique fait partie de cette mer. Elle comprend un grand nombre d’îles : Terre-Neuve, les Açores, les Lucayes, Cuba, S. Domingue, la Jamaïque & les Antilles, sont les principales.
On appelle aussi mer du nord, la partie de l’Océan qui est entre l’Islande & la Norwege. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-37 | Mer rouge | Mer rouge, (Géog.) Oceanus ruber dans Horace ; golfe de l’Océan méridional, qui sépare l’Afrique de l’Asie, & s’engage dans les terres entre la côte d’Abeck, l’Egypte & l’Arabie, depuis le dé-troit de Babel-Mandel, jusqu’à l’isthme de Suez.
Les anciens l’ont nommé sinus Arabicus, le golfe d’Arabie, parce que les Arabes en ont occupé les deux côtés. L’Ecriture-sainte l’appelle la mer du suph, c’est-à-dire la mer du jonc, à cause de la grande quantité de joncs, ou de mousse de mer, qui se trouve dans son fonds & sur ses bords. Les Turcs la nomment la mer de Suez, & plus communément la mer de la Meque, parce que cette ville, pour laquelle ils ont une singuliere vénération, est située près de cette mer.
On est en peine de savoir d’où vient ce nom de mer rouge. Pline liv. VI. c. 28, Strabon liv. XVI. pag. 520, & Quinte-Curse liv. X. avancent, sans aucune preuve, qu’on nomma cette mer Rouge, en grec Erythrea, d’un certain roi Erythros qui regna dans l’Arabie. Les modernes ont à leur tour cherché plusieurs étymologies de ce nom dont les plus savantes sont apparemment les moins vraies. Il en est de cette mer, comme de la mer Blanche, la mer Bleue, la mer Noire, la mer Vermeille, la mer Verte, &c. le hasard, la fantaisie, ou quelque événement particulier, a produit ces noms bizarres, qui ont ensuite fourni matiere à l’érudition des critiques.
Il est plus important de remarquer que l’on a quelquefois étendu le nom de mer Rouge au sein Persique & à la mer des Indes ; faute de cette attention, les interpretes ont repris fort mal-à-propos, plusieurs endroits des anciens auteurs qu’ils n’ont pas entendus.
M. de Lisle place la situation de la mer Rouge, selon sa longueur, à 51 degrés du méridien de Paris. Abulféda a donné la description la plus détaillée & la plus exacte de cette mer, qu’il nomme mer de Kolsum, parce que cette ville est située à l’extrémité de sa côte septentrionale, sous le 23. 45. de latitude.
Tout le monde sait le fameux miracle du passage de la mer rouge, lorsque le Seigneur ouvrit cette mer, la dessécha, & y fit passer à pié sec les Israélites, au nombre de six cent mille hommes, sans compter les vieillards, les femmes & les enfans.
Divers critiques, versés dans la connoissance du génie des langues orientales, ont cru pouvoir interpréter simplement le texte de l’Ecriture, quelque formel qu’il paroisse. Ils ont dit que Moïse, qui avoit été long-tems sur la mer Rouge dans le pays de Madian, ayant observé qu’elle avoit son flux & reflux reglé comme l’Océan, avoit sagement profité du tems du reflux, pour faire passer le peuple hébreu ; & que les Egyptiens qui ignoroient la nature de cette mer, s’y étant témérairement engagés dans le tems du flux, furent enveloppés dans ses eaux, & périrent tous, comme dit l’historien sacré. C’est du moins ainsi que les prêtres de Memphis le racontoient, au rapport d’Artapane, apud Euseb. præpar. liv. IV. c. xvij.
Josephe dans ses antiq. liv. II. ch. dernier, après avoir rapporté l’histoire du passage de la mer rouge, telle que Moïse l’a racontée, ajoute qu’on ne doit pas regarder ce fait comme impossible, parce que Dieu peut avoir ouvert un passage aux Hébreux, à travers les eaux de cette mer, comme il en ouvrit un, long-tems après, aux Macédoniens conduits par Alexandre, lorsqu’ils passerent la mer de Pamphilie. Or les historiens qui ont parlé de ce passage des Macédoniens, disent qu’ils entrerent dans la mer, & en cotoyerent les bords, en marchant tout le jour dans l’eau jusqu’à la ceinture. Arrien lib. I. de exped. Alexandri, remarque qu’on n’y sauroit passer quand le vent du midi soufle ; mais que le vent s’étant changé tout-à-coup, donna aux soldats le moyen d’y passer sans péril. C’est peut-être la réflexion de Josephe qui a fait croire à quelques anciens, & à divers modernes, à S. Thomas par exemple, à Tostat, à Grotius, à Paul de Burgos, à Génébrad, à Vatable & à plus d’un rabin, que les Israélites ne passerent pas la mer Rouge d’un bord à l’autre ; mais seulement qu’ils la cotoyerent, & remonterent pendant le flux, de l’endroit où ils étoient à un autre endroit un peu plus haut, en faisant comme un demi-cercle dans la mer.
On ne manque pas de savans qui se sont attachés à refuter cette opinion. Voyez les principaux commentateurs de l’Ecriture sur l’Exode, ch. xiv. Voyez en particulier la dissertation de M. Leclerc, & celle de dom Calmet, sur le passage de la mer Rouge. (D. J.) | [
[
"23 45' N 51 E"
]
] | [
"Paris"
] |
v10-1019-38 | Mer de Sicile | Mer de Sicile, (Géog.) quoique ce nom convienne à toute la mer dont la Sicile est environnée, on le donne principalement à celle qui est à l’orient & au midi, jusqu’à l’ile de Malthe. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-39 | Mer du Sud | Mer du Sud, (Géog.) vaste partie de l’Océan, entre l’Amérique & l’Asie. Elle a été découverte le 25 Septembre 1513, par Vasco Nulles de Balboa, espagnol. Comme la premiere fois que les Espagnols la navigerent, ils partoient d’Espagne pour le Pérou, & que par conséquent cette mer étoit au sud à leur égard, ils l’appellerent mer du Sud. Ils l’ont aussi nommée la mer Pacifique, à cause des grands calmes qui y regnent en certains tems & en certains parages.
Elle a un grand golfe que l’on appelle la mer Vermeille. Le golfe de Kamtzchatka peut être aussi considéré comme faisant partie de cette mer, sur-tout si on l’étend jusqu’au Japon & à la Chine, & que l’on y comprenne l’Océan oriental, les Philippines, &c.
La mer du Sud communique à l’Océan qui lave les côtes de l’Europe, 1°. par la mer des Indes, au midi de l’Afrique & de l’Asie ; 2°. par la mer Glaciale, au nord de l’Asie & de l’Europe ; 3°. par le détroit de Magellan ; 4°. par le midi des îles qui sont au midi de ce détroit ; 5°. enfin, il peut se faire qu’il y ait au nord de l’Amérique, par la baie de Hudson & par celle de Bassin, un passage vers cette mer.
Il y a long-tems qu’on tâche de découvrir le passage de la mer du nord à celle du sud par le nord-ouest. Les Espagnols instruits des tentatives fréquentes que les Anglois avoient déjà faites dans le xvj. siecle, en furent alarmés, & prirent la résolution de le chercher eux-mêmes par la mer du Sud, dans la vûe que s’il s’y en trouvoit effectivement un, de le fortifier si bien qu’ils en demeurassent les maîtres. Ils équiperent pour cet effet quatre vaisseaux de guerre qu’ils mirent en mer le 3 Août 1640 au port de Callao, sous la conduite de Barthelemi de Fuente, alors amiral de la nouvelle Espagne. Cet homme célebre n’a pas trouvé le passage qu’il cherchoit ; mais les autres découvertes qu’il fit, jointes à celles des Russes en 1731, nous donnent la connoissance de presque toute la partie septentrionale de la mer du Sud, & le dénouement de la difficulté sur la maniere dont le nord de l’Amérique a pû être peuplé, rien n’étant plus aisé que de franchir le détroit qui la sépare de l’Asie, du moins dans les tems de glaces où ce détroit est gelé.
Cependant les Anglois n’ont point encore abandonné l’espérance de trouver le passage à la mer du Sud par le nord-ouest, & c’est un objet sur lequel le parlement a tâché d’encourager les recherches. Il promit par un acte passé en 1745 une récompense magnifique aux navigateurs de la Grande-Bretagne qui en feroient la découverte. Ceux qui proposeront des vûes sur cette matiere, sont dans le cas d’obtenir une gratification, quand même leurs ouvertures n’auroient pas les degrés d’utilité qui sontspécifiés dans l’acte. Il suffit que leur système puisse être de quelque avantage au public, pour que les commissaires ayent le droit de leur assigner une récompense proportionnée au mérite de leur travail. | [] | [] |
v10-1019-4 | Mer Caspienne | Mer Caspienne. Voyez Caspienne & Lac.
Sur les différens phénomenes de la mer, voyez Flux & Reflux, Marée, Vent, Courant, Moussons, Géographie, Lac. Voyez aussi le discours de M. de Buffon sur la théorie de la terre, art. 8. 13. 19. On prouve dans ce discours ; 1°. que les amas prodigieux de coquilles qu’on trouve dans le sein de la terre à des distances fort considérables de la mer, montrent incontestablement que la mer a couvert autrefois une grande partie de la terre ferme que nous habitons aujourd’hui. Hist. acad. 1720. pag. 5. 2°. Que le fonds de la mer est composé à-peu-près comme la terre quenous habitons, parce qu’on y trouve les mêmes matieres, & qu’on tire de la surface du fonds de la mer les mêmes choses que nous tirons de la surface de la terre. 3°. Que la mer a un mouvement général d’orient en occident qui fait qu’elle abandonne certaines côtes, & qu’elle avance sur d’autres. 4°. Qu’il est très-probable que les golfes & les détroits ont été formés par l’irruption de l’Océan dans les terres. Voyez Continent & Terraquée. Voyez aussi Déluge, & Fossile. (O)
C’est une vérité reconnue aujourd’hui par les naturalistes les plus éclairés, que la mer, dans les tems les plus reculés, a occupé la plus grande partie du continent que nous habitons ; c’est à son séjour qu’est dû la quantité prodigieuse de coquilles, de squelettes de poissons, & d’autres corps marins que nous trouvons dans les montagnes & dans les couches de la terre, dans des endroits souvent très-éloignés du lit que la mer occupe actuellement. Vainement voudroit-on attribuer ces phénomenes au déluge universel ; on a fait voir dans l’article Fossilles, que cette révolution n’ayant été que passagere, n’a pu produire tous les effets que la plûpart des physiciens lui ont attribués. Au contraire, en supposant le séjour de la mer sur notre continent, rien ne sera plus facile que de se faire une idée claire de la formation des couches de la terre, & de concevoir comment un si grand nombre de corps marins se trouvent renfermés dans un terrein que la mer a abandonné. Voyez Fossilles ; Terre, couches de la ; Terre, révolutions de la.
La retraite de la mer a pu se faire ou subitement, ou sucessivement, & peu-à-peu ; en effet, ses eaux ont pu se retirer tout-à-coup, & laisser à sec une portion de notre continent par le changement du centre de gravité de notre globe, qui a pu causer l’inclination de son axe. A l’égard de la retraite des eaux de la mer qui se fait successivement & par degrés insensibles, pour peu qu’on ait considéré les bords de la mer, on s’apperçoit aisément qu’elle s’éloigne peu-à-peu de certains endroits, que les côtes augmentent, & que l’on ne trouve plus d’eau dans des endroits qui étoient autrefois des ports de mer où les vaisseaux abordoient. L’ancienne ville d’Alexandrie est actuellement assez éloignée de la mer ; les villes d’Arles, d’Aigues-mortes, &c. étoient autrefois des ports de mer ; il n’y a guere de pays maritimes qui ne fournissent des preuves convaincantes de cette vérité ; c’est sur tout en Suede que ces phénomenes ont été observés avec le plus d’exactitude depuis quelques années, ils ont donné lieu à une dispute très-vive entre plusieurs membres illustres de l’académie royale des sciences de Stockholm. M. Dalin ayant publié une histoire générale de la Suede, très-estimée des connoisseurs, osa jetter quelques soupçons sur l’antiquité de ce royaume, & parut douter qu’il eût été peuplé aussi anciennement que l’avoient prétendu les historiens du nord qui l’ont précédé ; il alla plus loin, & crut trouver des preuves que plusieurs parties de la Suede avoient été couvertes des eaux de la mer dans des tems fort peu éloignés de nous ; ces idées ne manquerent pas de trouver des contradicteurs ; presque tous les peuples de la terre ont de tout tems été très-jaloux de l’antiquité de leur origine. On crut la Suede deshonorée parce qu’elle n’avoit point été immédiatement peuplée par les fils de Noé. M. Celsius, savant géometre de l’académie de Stockholm, inséra en 1743, dans le recueil de son académie, un mémoire très curieux ; il y entre dans le détail des faits qui prouvent que les eaux ont diminué & diminuent encore journellement dans la mer Baltique, ainsi que l’Océan qui borne la Suede à l’occident. Il s’appuie du témoignage d’un grand nombre de pilotes & de pê-cheurs avancés en âge, qui attestent avoir trouvé dans leur jeunesse beaucoup plus d’eau en certains endroits qu’ils n’en trouvent aujourd’hui ; des écueils & des pointes des rochers qui étoient anciennement sous l’eau ou à fleur d’eau, sortent maintenant de plusieurs piés au-dessus du niveau de la mer ; on ne peut plus passer qu’avec des chaloupes ou des barques dans des endroits où il passoit autrefois des navires chargés ; des bourgs & des villes qui étoient anciennement sur le bord de la mer, en sont maintenant à une distance de quelques lieues ; on trouve des ancres & des débris de vaisseaux qui sont fort avancés dans les terres, &c. Après avoir fait l’énumération de toutes ces preuves, M. Celsius tente de déterminer de combien les eaux de la mer baissent en un tems donné. Il établit son calcul sur plusieurs observations qui ont été faites en différens endroits, il trouve entr’autres qu’un rocher qui étoit il y a 168 ans à fleur d’eau, & sur lequel on alloit à la pêche des veaux marins, s’est élevé depuis ce tems de 8 piés au-dessus de la surface de la mer. M. Celsius trouve que l’on marche à sec dans un endroit où 50 ans auparavant on avoit de l’eau jusqu’au genou. Il trouve que des écueils qui étoient cachés sous l’eau, dans la jeunesse de quelques anciens pilotes, & qui même étoient à deux piés de profondeur, sortent maintenant de 3 piés, &c. De toutes ces observations, il résulte, suivant M. Celsius, que l’on peut faire une estimation commune, & que l’eau de la mer baisse en un an de $\scriptstyle 4 \frac {1}{2}$ lignes, en 18 ans de 4 pouces & 5 lignes, en cent ans de 4 piés 5 pouces, en 500 ans de 22 piés 5 pouces, en mille ans de 45 piés géométriques, &c.
M. Celsius remarque, avec raison, qu’il seroit à souhaiter que l’on observât exactement la hauteur de certains endroits au dessus du niveau de la mer, par ce moyen la postérité seroit à portée de juger avec certitude de la diminution de ses eaux ; à sa priere, M. Rudman son ami, fit tracer en 1731 une ligne horisontale sur une roche appellée swarthaellen pæ wihcken, qui se trouve à la partie septentrionale de l’île de Loefgrund, à deux milles au nord-est de Gesle. Cette ligne marque précisément jusqu’où venoit la surface des eaux en 1731. Voyez les mémoires de l’académie de Suede, tom. V. année 1743. Il seroit à souhaiter que l’on fit des observations de ce genre sur toutes les côtes & dans toutes les mers connues, cela jetteroit beaucoup de jour sur un phénomene trés-curieux de la Physique, & dont jusqu’à présent l’on ne paroît s’être fortement occupé qu’en Suede.
La grande question qui partage maintenant les académiciens de Suede, a pour objet de savoir si la diminution des eaux de la mer est réelle ; c’est-à-dire, si la somme totale des eaux de la mer diminue effectivement sur notre globe, ce qui paroît être le sentiment de M. Celsius, du célebre M. Linnæus & de plusieurs autres : ou si, comme M. Browallius & d’autres le prétendent, cette diminution des eaux n’est que relative ; c’est-à-dire, si la mer va regagner d’un côté ce qu’elle perd d’un autre. On sent aisément combien cette question est embarrassante ; en effet, il faudroit un grand nombre d’observations faites dans toutes les parties de notre globe, & continuées pendant plusieurs siecles pour la décider avec quelque certitude.
Il est constant que les eaux de la mer s’élevent en vapeurs, forment des nuages & retombent en pluie ; une partie de ces pluies rentre dans la mer, une autre forme des rivieres qui retombent encore dans la mer, de là il résulte une circulation perpétuelle qui ne tend point à produire une diminution réelle des eaux de la mer ; mais, suivant M. Celsius, la partie des eaux qui abreuve les terres, & qui sert à lavégétation, c’est-à-dire, à l’accroissement des arbres & des plantes, est perdu pour la somme totale des eaux, & cette partie, selon lui, peut se convertir en terre par la putréfaction des végétaux, sentiment qui a été soutenu par Van Helmont, & qui n’est rien moins que démontré ; le grand Newton, qui l’a adopté, en conclut que les parties solides de la terre vont en s’augmentant, tandis que les parties fluides diminuent & doivent un jour disparoître totalement, vû que, suivant ce savant géometre, notre globe tend perpétuellement à s’approcher du soleil ; d’où il conjecture qu’il finira par se dessécher totalement, à moins que l’approche de quelque comete ne vienne rendre à notre planete l’humidité qu’elle aura perdue.
M. Celsius trouve encore une autre maniere d’expliquer la diminution des eaux de la mer ; c’est que, selon lui, une partie des eaux se retire dans les cavités & les abysmes qui sont au fond du lit de la mer ; mais il ne nous dit point comment ces cavités se forment : il y a tout lieu de croire que c’est le feu qui fait place à l’eau, & que les eaux de la mer vont occuper les espaces qui ont été creusés par les feux souterreins dont l’intérieur de notre globe est perpétuellement consumé.
Il seroit très-important que l’on fît les observations nécessaires pour constater jusqu’à quel point ces idées peuvent être fondées ; cela ne manqueroit pas de jetter beaucoup de lumieres sur la Physique & sur la Géographie, & sur la connoissance de notre globe. M. Celsius croit que la Scandinavie a été anciennement une île, & que le golfe de Bothnie communiquoit autrefois avec la mer Blanche par les marais aujourd’hui formés par l’Ulo-Elbe ; ce sentiment s’accorde avec celui de Ptolémée & de plusieurs anciens géographes, qui ont parlé de la Scandinavie comme d’une île.
Ce n’est point seulement dans le nord que l’on a observé que les eaux de la mer se retiroient & laissoient à sec une partie de son lit, les plus anciens historiens nous apprennent que l’île du Delta en Egypte, qui se trouve à l’embouchure du Nil, a été formée par le limon que ce fleuve a successivement déposé. Les voyageurs modernes ont observé que le continent gagnoit continuellement de ce côté. Les ruines du port de Carthage sont aujourd’hui fort éloignées de la mer. On a aussi remarqué que la Méditerranée se retiroit des côtes méridionales de la France vers Aigues-mortes, Arles, &c. & l’on pourroit conjecturer qu’au bout de quelques milliers d’années, cette mer disparoîtra totalement, comme M. Celsius présume que cela arrivera à la mer Baltique. On peut en dire autant de la mer Noire, de la mer Caspienne dont le fond doit nécessairement hausser par les dépôts qu’y font les grandes rivieres qui vont s’y rendre.
Tout ce qui précede, nous prouve que les mers produisent sur notre globe des changemens perpétuels. Il y en a qui disparoissent dans un endroit ; il n’en est pas moins certain qu’il s’en produit de nouvelles dans d’autres. C’est ainsi qu’a été for-la mer d’Harlem en Hollande, que l’on voit entre Harlem & Amsterdam, dont la formation qui est assez récente, est due à des vents violens qui ont poussé les eaux de la mer par-dessus ses anciennes bornes, & qui par-là ont inondé un terrein bas d’où ces eaux n’ont point pu se retirer. Pline regarde la mer Méditerranée comme formée par une irruption pareille de l’Océan. Voici comme ce célebre naturaliste s’exprime, au liv. III. de son hist. natur. Terrarum orbis universus in tres dividitur partes ; Europam, Asiam & Africam ; origo ab occasu solis & gaditano freto, qua irrumpens Oceanus atlanticus in maria interiora diffunditur.
Il y a des mers, telles que la mer Caspienne, là mer morte, &c. qui se trouvant au milieu des terres, n’ont point de passages sensibles par où l’écoulement des eaux qu’elles reçoivent puisse se faire. Le P. Kircher & plusieurs autres naturalistes ont soupçonné que leurs eaux s’écouloient par des conduits ou canaux souterreins par où elles se dégorgeoient dans l’Océan ; & qu’il y avoit une espece de liaison entre toutes les mers, qui fait qu’elles communiquent les unes avec les autres. Ces auteurs n’ont trouvé que ce moyen d’expliquer pourquoi ces mers ne débordoient point, malgré les eaux des rivieres qu’elles reçoivent continuellement ; mais ils n’ont point fait attention que l’évaporation pouvoit être équivalente à la quantité d’eau que ces mers reçoivent journellement.
C’est au séjour des eaux de la mer sur de certaines portions de notre continent, qu’il faut attribuer la formation des mines de sel gemme ou de sel marin fossile que l’on trouve dans plusieurs pays qui sont maintenant très-éloignés de la mer. Des eaux salées sont restées dans des cavités d’où elles ne pouvoient sortir. Là, par l’évaporation, ces eaux ont déposé leur sel, qui, après avoir pris une consistance solide & concrete, a été recouvert de terre, & forme des couches entieres que l’on rencontre aujourd’hui à plus ou moins de profondeur. Voyez l’article Sel gemme.
Il n’est point si aisé de rendre raison de la salure des eaux de la mer, & d’expliquer d’où elle tire son origine. Un grand nombre de physiciens ont cru que l’on devoit supposer le fond de la mer rempli de masses ou de roches de sel que les eaux de la mer dissolvoient perpétuellement, mais on ne nous apprend point comment ces masses de sel ont été elles-mêmes formées.
Au reste, le célebre Stahl regarde la formation du sel marin comme un des mysteres de la nature que la chimie n’a point encore pu découvrir. En général, nous savons que tous les sels sont composés d’une terre atténuée & d’eau, & l’on pourroit présumer que le sel marin se génere continuellement dans la mer. Quelques physiciens ont cru que l’eau de la mer avoit été salée des la création du monde. Ils se fondent sur ce que sans cela les poissons de mer, exigeant une eau salée, n’auroient pas pu y vivre, si elle n’avoit été salée dans son origine.
M. Cronstedt, de l’acad. des Sciences de Suede, remarque dans sa minéralogie, §. 21, que l’eau de la mer tient en dissolution une quantité prodigieuse de terre calcaire, qui est saturée par l’acide du sel marin. C’est cette terre qui s’attache au fond des chaudieres où l’on fait cuire l’eau pour obtenir le sel ; elle a la propriété d’attirer l’humidité de l’air. Suivant cet auteur, c’est cette terre calcaire qui forme les coquilles, les écailles des animaux crustacés, &c. à quoi il ajoute qu’il peut arriver que la nature sache le moyen de faire de la chaux un sel alkali qui serve de base au sel marin.
Quoi qu’il en soit de toutes ces conjonctures, il est constant que toutes les mers qui sont sur notre globe, ne sont point également salées. Dans les pays chauds & vers la ligne, l’eau de la mer est beaucoup plus salée que vers le nord : ce qui-vient de la forte évaporation que la chaleur cause, & qui doit rapprocher & comme concentrer le sel. Des circonstances particulieres peuvent encore concourir à faire que les eaux de la mer soient moins saiées en quelques endroits qu’en d’autres : cela arrivera, par exemple, vers l’embouchure d’une riviere dont l’eau tempérera la salure de la mer dans un grand espace ; c’est ainsi qu’on nous dit que la mer Blanche n’est nullement salée à l’em-bouchure de la grande riviere d’Oby en Sibérie. D’ailleurs, il peut se faire qu’il y ait dans de certains endroits des sources, qui, en entrant dans la mer & en sortant du fond de son lit, adoucissent sa salure dans ces sortes d’endroits ; mais c’est sans fondement que quelques personnes ont étendu cette regle, & ont prétendu que l’on trouvoit toujours de l’eau douce au fond de la mer. Voyez l’article suivant, Mer, eau de la.
Outre la salure, les eaux de la mer ont ordinairement un goût bitumineux & dégoûtant qui révolte l’estomac de ceux qui veulent en boire. Il y a lieu de conjecturer que ce goût leur vient des couches de matieres bitumineuses qui se trouvent dans le lit de la mer : à quoi l’on peut joindre la décomposition de la graisse que fournit une quantité immense d’animaux & de poissons de toute espece, qui vivent & meurent dans toutes les mers.
La salure & le mauvais goût des eaux de la mer empêchent de la boire. C’est pour remédier à cet inconvénient, que l’on est obligé d’embarquer de l’eau douce dans les vaisseaux ; & lorsque les voyages sont fort longs, cette eau douce se corrompt, & les équipages se trouvent dans un très-grand embarras. Depuis long-tems on avoit inutilement cherché le moyen de dessaller l’eau de la mer. Enfin il y a quelques années que M. Appleby, chimiste anglois, a trouvé le secret de rendre cette eau potable ; cette découverte lui a mérité une récompense très-considérable de la part du parlement d’Angleterre qui a fait publier son secret. Il consiste à mettre quatre onces de pierre à cautere & d’os calcinés sur environ vingt pintes d’eau de mer ; on distille ensuite cette eau avec un alambic, & l’eau qui passe à la distillation est parfaitement douce. Cette expérience importante a été réiterée avec succès par M. Rouelle. Pour peu qu’on veuille s’en donner la peine, on adaptera les vaisseaux distillatoires à la cheminée de la cuisine d’un vaisseau, & sans augmentation de dépense, on pourra distiller continuellement de l’eau de mer, en même tems que l’on préparera les alimens des équipages.
Les eaux de la mer ont trois especes de mouvement. Le premier est le mouvement d’ondulation ou de fluctuation que les vents excitent à sa surface en produisant des flots ou des vagues plus ou moins considérables, en raison de la force qui les excite. Ce mouvement des flots est modifié par la position des côtes, des promontoires, des îles, &c. que les eaux agitées par les vents rencontrent.
Le second mouvement de la mer est celui que l’on nomme courant ; c’est celui par lequel les eaux de la mer sont continuellement entraînées d’orient vers l’occident ; mouvement qui est plus fort vers l’équateur que vers les poles, & qui fournit une preuve incontestable, que le mouvement de la terre sur son axe se fait d’occident vers l’orient. Ce mouvement dans l’Océan, commence aux côtes occidentales de l’Amérique, où il est peu violent ; ce qui lui fait donner le nom de mer pacifique. Mais en partant de-là, les eaux dont le mouvement est accéléré, après avoir fait le tour du globe, vont frapper avec violence les côtes orientales de cette partie du monde, qu’elles romproient peut-être, si leur force n’étoit arrêtée par les îles qui se trouvent en cet endroit, & que quelques auteurs regardent comme des restes de l’Atlantide ou de cette île immense dont les anciens prêtres égyptiens, au rapport de Platon, ne parloient déjà que par tradition. Un auteur allemand moderne appellé M. Popowits, qui a publié en 1750, en sa langue, un ouvrage curieux, sous le titre de recherches sur la mer, présume que tôt ou tard la violence du mouvement de la mer dont nous parlons, forceroit un passage au travers de l’isthme de Panama, si ce terrein n’étoit rempli de roches qui opposent de la résistance aux entreprises de la mer ; sur quoi il remarque que quelque tremblement de terre pourra quelque jour aider la mer à effectuer ce qu’elle n’a point encore pu faire toute seule.
Cette conjecture est d’autant mieux fondée que plusieurs exemples nous prouvent que la violence des eaux de la mer arrache & sépare des parties du continent, & fait des îles de ce qui étoit autrefois terre terme. C’est ainsi qu’une infinité de circonstances prouvent que la grande Bretagne tenoit autrefois à la France ; vérité qui a été mise dans un très-grand jour par M. Desmarets dans sa dissertation sur l’ancienne jonction de l’Angleterre avec la France, publiée il y a peu de tems. On ne peut guere douter non plus que la Sicile n’ait été séparée de la même maniere de l’Italie, &c.
Le troisieme mouvement de la mer est celui qui est connu sous le nom de la marée ou du flux & reflux ; on n’en parlera point ici, vu que cet important phénomene a été examiné au long dans les articles Flux & Marée.
Outre les trois especes de mouvemens dont on vient de parler, il en est encore un autre sur lequel les physiciens ne sont point tout-à-fait d’accord. Quelques auteurs prétendent que dans les détroits, tels que ceux de Gibraltar, du Sund & des Dardanelles, les eaux de la mer ont deux courans directement opposés, & que les eaux de la surface ont une direction contraire à celle des eaux qui sont au-dessous. Le comte de Marsigli a observé ces deux courans contraires an passage des Dardanelles, phenomene qui avoit déjà été remarqué dans le sixieme siecle par l’historien Procope. Ces deux auteurs assurent que lorsque les pêcheurs jettent leurs filets dans ce détroit, la partie supérieure du filet est entraînée vers la Propontide ou mer de Marmora ; tandis que la partie la plus enfoncée du filet se trouve emportée par le courant inférieur vers le pont Euxin ou la mer Noire. Le comte de Marsigli a constaté la même expérience avec une sonde de plomb attachée à une corde ; quand il ne l’enfonçoit que de cinq ou six piés, la sonde étoit emportée vers la propontide ; mais lorsqu’il l’enfonçoit plus avant, il voyoit qu’elle étoit poussée vers le pont Euxin :
M. Popowits explique d’après ce phénomene, pourquoi les eaux de la mer Noire sont toujours également salées, malgré les rivieres qu’elle reçoit. C’est que, suivant ces expériences, la Méditerranée fournit continuellement à la mer Noire par le détroit des Dardanelles, de l’eau salée, qu’elle reçoit elle-même de la même maniere de l’Océan par le détroit de Gibraltar. Suivant le rapport du célebre Ray, on a fait dans le Sund les mêmes expériences que dans le détroit des Dardanelles ; & l’on a trouvé que les eaux de la mer Baltique sortoient à la partie supérieure, & que les eaux de l’Océan entroient dans la mer Baltique par-dessous les premieres.
Comme plusieurs mers de notre globe sont placées au milieu du continent, & reçoivent de très grandes rivieres, sans que l’on apperçoive de passages par où leurs eaux puissent s’écouler : quelques auteurs ont cru qu’il falloit qu’il y eût des communications souterreines entre ces mers & l’Océan. C’est ainsi que l’on a cru qu’il y avoit une communication cachée sous terre entre la mer Caspienne & l’Océan, entre la mer Morte & la Méditerranée, &c. On a cru sur-tout expliquer par-là pourquoi ces mers ne débordent point ; peut-être que l’évaporation des eaux de ces mers est équivalente à la quantité des eaux que les rivieres leur apportent. (—) | [] | [] |
v10-1019-40 | Mer de Tibériade | Mer de Tibériade, (Géog.) & dans S. Matthieu, c. iv. V. 18. mer de Galilée, à cause que la Galilée l’enveloppoit du côté du nord & de l’orient. On la nomme encore lac de Génézareth, ou de Génézar. Ce n’est en effet qu’un petit lac auquel Joseph, de bello judaïc. I. III. c. xviij. donne environ douze milles de longueur, & deux de largeur ; son eau étoit fort poissonneuse. S. Pierre, S.André, S. Jacques, & S. Jean, qui étoient pêcheurs, exercoient leur métier sur ce lac. Notre Seigneur y étoit souvent, Matth. xv. 29. Marc, j. 16. Jean, vj. 1. Luc, vj. Le Jourdain entroit dans ce lac, & en sortoit ensuite ; mais il alloit se perdre dans le lac Asphaltide. | [] | [] |
v10-1019-41 | Mer de Toscane | Mer de Toscane, (Géog.) partie de la mer Méditerranée, le long des côtes occidentales d’Italie, depuis la riviere de Gènes jusqu’au royaume de Naples. Elle baigne les états du grand-duc, & l’état du saint siége de ce côté-là. On y trouve l’île d’Elbe & quelques autres. | [] | [] |
v10-1019-42 | Mer Vermeille | Mer Vermeille, (Géog.) grand golfe de l’Amérique septentrionale dans la mer du Sud, au midi occidental du nouveau Mexique, au couchant de la nouvelle Espagne, & au couchant septentrional de la presqu’île de Californie. M. de Lisle & le P. Kino, jésuite, qui a fait le tour de cette mer, en ont donné la carte. | [] | [] |
v10-1019-43 | Mer Verte | Mer Verte, (Géog.) les Géographes orientaux appellent ainsi la mer qui baigne les côtes de Perse & celles d’Arabie. | [] | [] |
v10-1019-44 | Mer de Zabache | Mer de Zabache, (Géog.) nom moderne de la mer, que les anciens ont appellée Palus méotide. Voyez ce mot. (D. J.) | [] | [] |
v10-1019-9 | Mer | Mer, (Géogr.) petite ville de France dans le Blaisois, à une lieue de la Loire & à 4 de Blois & de Beaugency. Les Calvinistes avoient un temple dans cette ville, avant la révocation de l’édit de Nantes. Long. 18. 59. lat. 47. 35.
Jurieu (Pierre) professeur en théologie & ministre à Rotterdam, naquit à Mer en 1637, & mourut en 1713, à 76 ans. Il s’est fait connoître par des écrits pleins d’esprit, de feu, & d’imagination, par des opinions chimériques sur le rétablissement du calvinisme en France en 1689 ; & ce que je trouve de plus blamâble, il ne cessa de persécuter Bayle, qui a vécu & qui est mort en sage. (D. J.) | [
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"47 35' N 18 59' E"
]
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v10-1021-0 | MÉRAN | MÉRAN, (Géog.) ancienne ville d’Allemagne, dans le Tirol, capitale de l’Estchland, sur le bord de l’Adige, à 5 lieues N. O. de Bolzano. Long. 28. 28. lat. 46. 35. | [
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"46 35' N 28 28' E"
]
] | [] |
v10-1022-0 | MERAGUE ou MÉRAGA | MERAGUE ou MÉRAGA, (Géog.) ville de Perse dans l’Azerbiane, renommée par l’excellence des fruits de son terroir. Long. 79. 5. lat. 37. 40. | [
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"37 40' N 79 5' E"
]
] | [] |
v10-103-0 | MANICA | MANICA, (Géog.) contrée d’Afrique dans la Cafrerie. Il y a royaume, riviere, ville & mines de ce nom. La riviere est la même que celle de Laurent Marquez. Elle a sa source dans les montagnes de Lupara, vers les 42. 30. de longit. & par le 20. de lat. méridionale ; elle se perd dans un petit golfe, qui forme l’île d’Inhaqua. Le royaume s’étend à l’orient & au nord de cette riviere. Le roi du pays s’appelle Chicanga. Manica ou Magnica est sa ville capitale, & la seule qu’on connoît. Au midi de cette ville sont des mines d’or, connues sous le nom de mines de Manica. (D. J.) | [
[
"20 S 42 30' E"
]
] | [] |
v10-1030-0 | MERCEZ | MERCEZ, (Géogr.) riviere des Pays-bas dans le Brabant. Elle prend sa source dans le comté de Hockstratten, & se perd dans la mer vis-à-vis l’île d’Overelakée. | [] | [] |
v10-1032-0 | MERCIE | MERCIE, (Géog.) grande contrée d’Angleterre, qui eut anciennement le titre de royaume. Il porta d’abord le nom de Middel-Angles, c’est-à-dire Anglois mitoyens. Crida, le premier de ses rois, fut couronné en 584.
Le royaume de Mercie étoit borné au nord par l’Humber, qui le séparoit du Northumberland. Il s’étendoit du côté du couchant jusqu’à la Saverne, au-delà de laquelle étoient les Bretons, ou Gallois. Du côté du midi, la Tamise le séparoit des trois royaumes saxons, de Kent, de Sussex & de Wessex ; ainsi la Mercie étoit gardée de trois côtés par trois grandes rivieres qui se jettoient dans la mer, & elles servoient comme de bornes à tous les autres royaumes par quelqu’un de ses côtés ; c’est ce qui lui fit donner le nom de Mercie, du mot saxon merck, qui signifie borne.
On comptoit entre les principales villes de la Mercie, Lincoln, Nottinghan, Warwick, Leicester, Coventry, Lichfield, Northampton, Worcester, Glocester, Darby, Chester, Shrewsbury, Stafford, Oxford & Bristol.
Ce royaume le plus beau & le plus considérable de l’heptarchie, subsista sous dix-sept rois, jusqu’en 827, qu’Ecbert en fit la conquête. | [] | [] |
v10-1033-0 | MERCOEUR | MERCŒUR, (Géog.) en latin moderne Mercorium, petite ville de France en Auvergne, avec titre de duché érigé en 1569 par Charles IX. en faveur de Nicolas de Lorraine. M. le prince de Conti en est aujourd’hui le seigneur. Mercœur est situé au pié des montagnes près d’Ardes, à 8 lieues de Clermont. Long. 20. 45. lat. 45. 46. (D. J.) | [
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"45 46' N 20 45' E"
]
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v10-1039-0 | MERDIN, MARDIN, MÉRÉDIN, MIRIDEN | MERDIN, (Géog.) les voyageurs écrivent aussi MARDIN, MEREDIN, MIRIDEN, ville d’Asie dans le Diarbeck, avec un château, qui passe pour imprenable ; le terroir produit du coton en abondance. Elle appartient aux Turcs qui y ont un pacha avec garnison. Merdin est située à 6 lieues du Tigre, entre Mosoul & Bagdat, près d’Amed. Long. selon M. Petit de la Croix, 62. 30. lat. 35. 13. (D. J.) | [
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"35 13' N 62 30' E"
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] | [] |
v10-104-0 | MANICABO | MANICABO, (Géog.) ville des Indes, sur la côte occidentale de l’île de Sumatra, entre Priaman au nord, & Indrapoura au midi. Il croît aux environs beaucoup de poivre. Latit. méridion. 2. (D. J.) | [
[
"2 S"
]
] | [] |
v10-1041-0 | MERECZ | MERECZ, (Géog.) ville du grand duché de Lithuanie, au confluent de la Meretz & du Mémen, à 12 lieues N. E. de Grodno, 19 S. E. de Vilna. Long. 43. 2. lat. 53. 55. | [
[
"53 55' N 43 2' E"
]
] | [] |
v10-1042-0 | MEREND | MEREND, (Géog.) ville de Perse, dans l’Azerbiane, dont M. Petit de la Croix met la long. à 80. 50, & la lat. à 37. 55. | [
[
"37 55' N 80 50' E"
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v10-1043-0 | MERIDA | MERIDA, (Géog.) par les Latins, Emerita Augusta, ancienne, petite & forte ville d’Espagne, dans la nouvelle Castille. Auguste la bâtit & y éta-blit une colonie romaine, l’an de Rome 726. Il orna sa nouvelle ville d’un pont de pierre sur la Guadiana, qui fut emporté en 1610, de deux aqueducs, & il acheva un chemin qu’on avoit commencé de cette place à Cadix. On a des médailles qui prouvent tous ces faits. Vespasien y fit aussi de belles réparations.
Sous les Goths, Mérida tenoit le premier rang dans l’état & dans l’Église ; car elle étoit la capitale de la Lusitanie, & la métropole des évêchés d’alentour. Les Maures en ont été les maîtres pendant 520 ans ; elle leur fut enlevée en 1230.
Elle est située dans une vaste campagne, fertile en vins, en pâturages, en fruits admirables, & surtout en grains, à 14 lieues espagnoles E. d’Elvas, 10 S. E. d’Alcantara, 40. S. O. de Madrid. Long. 12. 15. lat. 38. 45. (D. J.) | [
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"38 45' N 12 15' E"
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v10-1043-1 | Mérida | Mérida, (Géog.) petite ville de l’Amérique méridionale, au nouveau royaume de Grenade, dans un terroir abondant en fruits, à 40 lieues N. E. de Pampelune. Long. 309. 17. lat. 8. 30. | [
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"8 30' N 309 17' E"
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v10-1043-2 | Mérida | Mérida, (Géog.) petite ville de l’Amérique septentrionale, dans la nouvelle Espagne, capitale de la province d’Yucatan, la résidence de l’évêque & du gouverneur de cette province. Elle n’est cependant habitée que par quelques espagnols, & par des indiens, & est à 12 lieues de la mer. Longit. 289. 50. lat. 20. 10. | [
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"20 10' N 289 50' E"
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v10-1046-1 | Méridien | Méridien, (Géographie.) c’est un grand cercle comme PAQD, Pl. géogr. fig. 7. qui passe par les poles de la terre P, Q, & par un lieu quelconque donné Z ; de façon que le plan de tous méridiens terrestres est toûjours dans le plan du méridien céleste ; d’où il s’ensuit 1°. que comme tous les méridiens entourent, pour ainsi dire, la terre, en se coupant aux poles, il y a plusieurs lieux situés sous le même méridien. 2°. Comme il est ou midi ou minuit toutes les fois que le centre du soleil est dans le méri-dien des cieux, & comme le méridien terrestre est dans le plan du céleste, il s’ensuit qu’il est au même instant ou midi ou minuit dans tous les lieux situés sous le même méridien. 3°. On peut concevoir autant de méridiens sur la terre, que de points sur l’équateur ; de sorte que les méridiens changent à mesure que l’on change de longitude.
Premier méridien, est celui duquel on compte tous les autres en allant d’orient en occident. Le premier méridien est donc le commencement de la longitude. Voyez Longitude.
C’est une chose purement arbitraire de prendre tel ou tel méridien pour premier méridien ; aussi le premier méridien a-t-il été fixé différemment par différens auteurs en différentes nations ; & en différens tems ; ce qui a été une source de confusion dans la Géographie. La regle que les anciens observoient là-dessus étoit de faire passer le premier méridien par l’endroit le plus occidental qu’ils connussent : mais les modernes s’étant convaincus qu’il n’y avoit point d’endroit sur la terre qu’on pût regarder comme le plus occidental, on a cessé depuis ce tems de compter les longitudes des lieux, à commencer d’un point fixe.
Ptolomée prenoit pour premier méridien, celui qui passe par la plus éloignée des îles fortunées, parce que c’étoit l’endroit le plus occidental qu’on connût alors. Depuis on recula le premier méridien de plus en plus, à mesure qu’on découvrit des pays nouveaux. Quelques uns prirent pour premier méridien, celui qui passe par l’île S. Nicolas, près du cap-Verd ; Hondius, celui de l’île de Saint-Jacques ; d’autres, celui de l’île du Corbeau, l’une des Açores. Les derniers géographes, & sur-tout les Hollandois, l’ont placé au pic de Ténériffe ; d’autres, à l’île de Palme, qui est encore une des Canaries ; & enfin, les François l’ont placé par ordre de Louis XIII. à l’ile de Fer, qui est aussi une des Canaries.
On compte de cette île la longitude vers l’orient, en achevant le cercle, c’est-à-dire jusqu’au 360 degré qui vient joindre cette île à son occident. Il y a même à cette occasion une ordonnance de Louis XIII. du premier Juillet 1634, qui défend à tous pilotes, hydrographes, compositeurs & graveurs de cartes ou globes géographiques, « d’innover ni changer l’ancien établissement des méridiens, ou de constituer le premier d’iceux ailleurs qu’à la parite occidentale des îles Canaries, conformément à ce que les plus anciens & fameux géographes ont déterminé, &c. » M. de Lisle l’avoit d’abord conclu à 20 degrés cinq minutes de longitude occidentale par rapport à Paris, d’après les observations de messieurs Varin & Deshayes, faites en 1682 à Gorée, petite île d’Afrique, qui est à deux lieues du cap Verd ; mais il s’étoit arrêté ensuite au nombre rond de 20 degrés.
Il seroit sans doute plus sûr & plus commode de prendre pour point fixe un lieu plus connu, & dont la position fût mieux constatée ; tel, par exemple, que l’observatoire de Paris, & de compter ensuite la longitude orientale ou occidentale, en partant du méridien de ce lieu jusqu’au 180 degré de part & d’autre ; c’est ainsi que plusieurs astronomes & géographes le pratiquent aujourd’hui. Mais outre que cet usage n’est pas encore généralement établi, il seroit toûjours important de connoître la véritable position de l’île de Fer par rapport à Paris, pour profiter d’une infinité d’observations & de déterminations géographiques, qui ont été faites relativement à cette île.
C’est la plus occidentale des Canaries qu’on croit être les îles fortunées des anciens, & qui s’étendent peu-à-peu sur un même parallele au nombre de sept. Ptolomée au contraire qui n’en comptoit que six,plaçoit toutes les îles fortunées sur une même ligne du nord au sud, qu’il prenoit aussi pour le premier méridien, & il leur donnoit par conséquent à toutes la même longitude. De-là une infinité d’erreurs & d’équivoques dans nos premiers navigateurs ; plusieurs d’entre eux ayant pris indistinctement une de ces îles pour le point fixe d’où l’on devoit compter les longitudes de tous les autres lieux de la terre. M. le Monnier, dans les mém. de l’acad. de 1742, place l’île de Fer à 20 degrés deux minutes 30 secondes, à l’occident de Paris. Instit. astron.
Sans faire attention à toutes ces regles purement arbitraires sur la position du premier méridien, les Géographes & constructeurs de carte prennent assez souvent pour premier méridien, celui de leur propre ville, ou de la capitale de l’état où ils vivent ; & c’est de-là qu’ils comptent les degrés de longitude des lieux.
Les Astronomes choisissent dans leur calcul pour premier meridien, celui du lieu où ils font leurs observations. Ptolomée avoit pris celui d’Alexandrie ; Tycho Brahé, celui d’Uranibourg ; Riccioli celui de Boulogne ; Flamsteed prend l’observatoire royal de Greenwich ; & les Astronomes françois l’observatoire royal de Paris. Voyez Observatoire.
Comme c’est à l’horison que toutes les étoiles se levent & se couchent, de même c’est au méridien qu’elles sont à leur plus grande hauteur ; & c’est aussi dans le même méridien au-dessous de l’horison, qu’elles sont dans leur plus grand abaissement. Car puisque le méridien est situé perpendiculairement tant à l’égard de l’équateur, qu’à l’égard de l’horison, il est évident de-là qu’il doit diviser en parties égales soit au-dessus, soit au-dessous de l’horison, les segmens de tous les cercles paralleles ; & qu’ainsi le tems qui doit s’écouler entre le lever d’une étoile & son passage au méridien, est toûjours égal à celui qui est compris entre le passage au méridien & le coucher. Voyez Culmination.
On trouve dans les Transactions philosophiques des observations qui porteroient à soupçonner que les méridiens varieroient à la longue. Cette opinion se prouve par l’ancienne méridienne de saint Pétrone de Boulogne, qui maintenant ne décline pas moins, dit-on, que de huit degrés du vrai méridien de la ville, & par celle de Tycho à Uranibourg, qui, selon M. Picart, s’éloigne de 16 minutes du méridien moderne. S’il y a en cela quelque chose de vrai, dit M. Vallis, ce doit être une suite des changemens des poles terrestres, changement qu’il faut vraissemblablement attribuer à quelque altération dans le mouvement diurne, & non à un mouvement des points du ciel ou des étoiles fixes auxquelles répondent les poles de la terre.
En effet, si les poles du mouvement diurne restoient fixes au même point de la terre, les méridiens dont l’essence, pour ainsi dire, est de passer par les poles, resteroient toûjours les mêmes.
Mais cette idée que les méridiens puissent changer de position, semble détruite par les observations de M. de Chazelles, de l’académie des Sciences, qui étant en Egypte, a trouvé que les quatre côtés d’une pyramide construite 3000 ans auparavant, regardoient encore exactement les quatre points cardinaux ; position qu’on ne sauroit prendre pour un effet du hasard. Il est bien plus naturel de penser, ou qu’il y a eu quelque erreur dans les opérations de Tycho, & dans la méridienne de Boulogne, ou ce qui est encore plus vraissemblable, que le sol des endroits où ces méridiennes ont été tracées, sur-tout celle de Boulogne, peut avoir souffert quelque altération. Voyez Pole.
Méridien du globe ou de la sphere, c’est le cercle de cuivre dans lequel la sphere tourne & est sus-pendu ; il est divisé en quatre quarts ou 360 degrés en commençant à l’équateur. C’est sur ce cercle & à commencer de l’équateur, qu’on compte dans le globe céleste la déclinaison australe & boréale du soleil & des étoiles fixes, & dans les globes terrestres la latitude des lieux nord & sud ; il y a deux points sur ce cercle qu’on nomme poles ; & celui de ses diametres qui passe par ces deux points, est nommé l’axe de la terre dans le globe terrestre, ou l’axe des cieux dans le céleste ; parce que c’est sur ce diametre que la terre tourne.
On trace ordinairement 36 méridiens sur le globe terrestre, savoir de dix en dix degrés de l’équateur ou de longitude.
Les usages de ce cercle appellé méridien, sont d’arrêter par son moyen le globe à une certaine latitude, ou à une certaine hauteur de pole, ce qu’on appelle rectifier le globe, voyez Globe ; de faire connoître la déclinaison, l’ascension droite, la plus grande hauteur du soleil ou d’une étoile. Voyez encore l’article Globe. | [] | [] |
v10-1046-2 | Méridienne, ou Ligne méridienne | Méridienne, ou Ligne méridienne, c’est une partie de la commune section du plan du méridien d’un lieu & de l’horison de ce lieu. On l’appelle quelquefois ligne du nord & sud, parce que sa direction est d’un pole à l’autre. Voyez Méridien.
On appelle aussi en général méridienne, la commune section du méridien & d’un plan quelconque, horisontal, vertical, ou incliné. Voyez plus bas Méridienne d’un cadran.
La ligne méridienne est d’un grand usage en Astronomie, en Géographie, en Gnomonique ; toutes ces sciences supposent qu’on sache la tracer exactement ; ce qui a fait que différens astronomes se sont donnés les plus grands soins & la plus grande peine pour en décrire avec la derniere précision. Une des plus fameuses autrefois étoit celle qu’avoit tracé M. Cassiny sur le pavé de l’église de sainte Pétrone à Boulogne. Au toît de l’église, 1000 pouces au-dessus du pavé, est un petit trou à-travers lequel passe l’image du soleil ; de façon que dans le moment où cet astre est au méridien, elle tombe toûjours infailliblement sur la ligne, & elle y marque le progrès du soleil en différens tems de l’année par les différens points où elle correspond en ces différens tems.
Quand cette méridienne fut finie, M. Cassiny apprit aux Mathématiciens de l’Europe par un écrit public, qu’il s’étoit établi dans un temple un nouvel oracle d’Apollon ou du soleil, que l’on pouvoit consulter avec confiance sur toutes les difficultés d’Astronomie. On peut en voir l’histoire plus en détail dans l’éloge de cet astronome par M. de Fontenelle, Hist. acad. 1712. Voyez Solstice & Gnomon.
A Paris les plus célébres méridiennes de cette espece sont celles de l’Observatoire de Paris, & de S. Sulpice. Dans toutes ces méridiennes, qu’on peut regarder comme des especes d’instrumens, les plus grands dont les Astronomes se soient servis, le gnomon proprement dit, est une couverture d’environ un pouce de diametre, pratiquée à la voute, ou en quelque endroit de ces édifices, par où passent les rayons du soleil, dont l’image vient se projetter sur le plan horisontal de la méridienne : chez les anciens ce qu’on appelloit des gnomons, consistoit ordinairement en de grands obélisques élevés en plein air, & dans quelque grande place, au sommet desquels étoit un globe, ou une figure quelconque, qui faisoit l’office de cette ouverture, & dont l’ombre tenoit lieu de l’image solaire, en cela inférieurs à nos méridiennes, puisque cette ombre ainsi environnée de la lumiere du soleil ne pouvoit qu’être fort mal terminée, & d’autant plus mal, que le gnomon étoit plus grand, & le soleil plus bas, comme il arrive au tems du solstice d’hyver. Voyez gnomon.
M. le Monnier nous a donné dans les Mém de l’academie des Sciences de 1743, la description de la méridienne qu’il a tracée dans l’église de S. Sulpice, description que nous allons transcrire ici d’après l’historien de l’académie. Cette méridienne avoit été tracée il y avoit environ vingt ans par Henri Sully, fameux horloger anglois. L’ouverture en fut placée aux vitraux du bras méridional de la croisée à 75 piés de hauteur. Le mur opposé du bras septentrional n’en étoit intérieurement qu’à 180 piés ; d’où il suit que l’image du soleil, qui passoit par cette ouverture, ne pouvoit porter sur la ligne méridienne, tracée horisontalement sur le pavé de l’église que jusqu’au commencement de Novembre. Car on sait que le point de solstice d’hyver sur une pareille ligne à la latitude de Paris, s’éloigne du pié du stile ou du gnomon de plus du triple de sa hauteur ; ce qui donne plus de 225 ou 230 piés. Le soleil se peignoit donc alors sur le mur opposé ; & la méridienne continuée devenoit une ligne verticale.
M. le Monnier ayant pris garde à cette espece d’inconvénient, n’en a été frappé que pour le tourner au profit de l’astronomie. Il a fait hausser de 5 piés & reculer de 2 la grande plaque de métal, ce soleil doré qui en portoit l’ouverture, ou plutôt il y en a substitué une autre, qui est scellée dans l’épaisseur du mur, & qui n’en déborde que pour présenter aux rayons du soleil l’ouverture d’un pouce de diametre, ce qui la rend d’autant moins sujette à se dilater par le chaud, & à se resserrer par le froid, & l’on a entierement supprimé le jour de la fenêtre. Cette ouverture est donc présentement à 80 piés de hauteur au-dessus du pavé de l’église. A la partie inférieure du mur septentrional, où répond desormais la portion verticale de la nouvelle méridienne, qui se trouve à 18 pouces vers l’occident de la précédente : on a encastré en saillie un obélisque de marbre blanc de 30 à 35 piés de hauteur, sur une base ou piéd’estal de 4 à 5 piés de largeur, & à la face antérieure & exactement verticale de cet obélisque, sur la méridienne qui la coupe par le milieu, sont gravées les transversales de 3 minutes, & leurs subdivisions de 5 en 5 secondes, qui répondent aux bords supérieurs & inférieurs du soleil au solstice d’hyver. Voici les avantages qui résultent de toute cette construction.
L’image du soleil qui se peint sur un plan horisontal vers le tems du solstice d’hyver, étant desalongée sur le grand axe de la projection, se trouve par-là mal bornée sur cet axe, donne une grande pénombre, & ne peut par conséquent qu’indiquer assez imparfaitement la hauteur apparente du soleil. Ici au contraire l’image du soleil est presque ronde à ce solstice, & sa projection qui est d’environ 20 pouces de diametre en hauteur, approche d’autant plus d’être direct, qu’elle eût été plus oblique sur le plan horisontal ; elle est aussi d’autant moins affoiblie par ses bords.
Cette image au solstice d’hyver parcourt deux lignes par seconde sur l’obélisque où elle monte à environ 25 piés au-dessus du pavé de l’église, & un peu plus de 3 lignes, lorsque le soleil étant au parallele de Sirius, elle est descendue plus bas. Ainsi l’on y peut ordinairement déterminer le moment du midi, en prenant le milieu entre le passage des deux bords, à moins d’une demi-seconde, ou même d’un quart de seconde.
On doit sur-tout se servir de ce grand instrument pour déterminer les ascensions droites du soleil en hyver, & le véritable lieu de cet astre dans son périgée, ou, ce qui revient au même, dans le périhelie de la terre, les divers diametres dans les différentes saisons de l’année, les distances apparentes du topique, ou du solstice d’hyver à l’équateur, & enfin s’assurer si l’obliquité de l’écliptique est constante ou variable.
Dans la partie horisontale de la méridienne qui est la plus étendue, se trouve marqué le solstice d’été avec les divisions qui en indiquent l’approche. Toute cette partie de la ligne, ainsi que la verticale sur l’obélisque, est indiquée par une lame de cuivre de 2 lignes d’épaisseur, mise & enfoncée de champ dans le marbre.
Un inconvénient commun à toutes les méridiennes est que, par le peu de distance du point solsticial d’été au pié du stile, en comparaison de l’éloignement du point solsticial d’hyver, les divisions y sont extrémement resserrées, & qu’il est d’autant plus difficile par-là d’y déterminer le tems & le point précis où le soleil y arrive. La méridienne de S. Sulpice n’est pas exempte de ce défaut, quant à la partie qui répond au solstice d’été & à son gnomon de 80 piés de hauteur : il y a plus ; l’entablement de la corniche inférieure empêche le soleil d’y arriver, & en intercepte les rayons pendant plusieurs jours avant & après. Mais M. le Monnier a parfaitement remédié à tous ces défauts, & en a même tiré avantage par une seconde ouverture, qu’il a ménagée 5 piés plus bas que la premiere, & en-deçà vers le dedans de l’église, dans le même plan du méridien, & il y a ajusté & scellé un verre objectif de 80 piés de foyer, au moyen duquel l’image solaire projettée sur la partie correspondante de la méridienne, est exactement terminée & sans pénombre sensible. Cette partie est distinguée des autres par une grande table quarrée de marbre blanc de près de 3 piés de côté. L’image du soleil n’y parcourt qu’environ $\scriptstyle 1 \frac {1}{2}$ ligne & 2 secondes ; mais aussi on l’y détermine par ses bords à un demi ou à un quart de seconde près. Ce qui produit le même effet ou approchant que si l’image bien terminée y parcouroit 3 ou 4 lignes en une seconde, ou si le point du solstice d’été étoit à la même distance que celui du solstice d’hyver ; ou enfin si l’on observoit avec un quart de cercle à lunette de 80 piés de rayon ; avantage qu’aucune méridienne que l’on connoisse n’a eu jusqu’ici. L’objectif qui constitue cette nouvelle ouverture, & qui est d’environ 4 pouces de diametre, est renfermé dans une boite ou espece de tambour qui ferme à clef, & que l’on n’ouvre que quand il s’agit de faire l’observation du solstice.
Comme il est souvent difficile de trouver de grands objectifs d’une mesure précise, & telle qu’on la demande, on s’est servi de celui de 80 piés qu’on avoit, & qui étoit excellent, faute d’un de 82 à 83 piés qu’il auroit fallu employer pour un gnomon de 75 piés de hauteur : car c’est-là la distance du point solsticial d’été sur l’horisontale à l’objectif : mais le foyer de ces grand, objectifs n’est pas compris dans des limites si étroites, qu’ils ne rassemblent encore fort bien les rayons de la lumiere à quelques piés de distance, plus ou moins, & l’essai qu’on a fait de celui-ci justifie cette théorie.
Ce que nous ne devons pas omettre, & ce qui est ici de la derniere importance, c’est la solidité de tout l’ouvrage, & sur-tout de cette partie de la méridienne qui répond au solstice d’été, & à l’ouverture de 75 piés de hauteur. Rien n’est si ordinaire que de voir le pavé des grands vaisseaux tels que les églises, s’affaisser par succession de temps. Cet accident a obligé plusieurs fois de retoucher à la fameuse méridienne de S. Petrone, & ce ne peut être jamais qu’avec bien de la peine, & avec beaucoup de risques pour l’accord & la justesse du tout ensemble. Mais on n’a rien de pareil à craindre pour la méridienne de S. Sulpice. Tout ce pavé fait partie d’une voute qui est soutenue sur de gros piliers ; & l’un de ces piliers qui se trouve, non sans dessein, placé sousle point du solstice d’été, soutient la table de marbre blanc sur laquelle sont tracées les divisions qui répondent à ce solstice, & aux tems qui le précédent ou le suivent de près. On en avoit fixé la place à cet endroit, & pour cet usage, dès le tems qu’on a construit le portail méridional de S. Sulpice, & le mur où devoit être attaché l’objectif ; & comme les marbres, &-surtout les marbres blancs viennent enfin à s’user sous les pieds des passans, on a couvert celui-ci d’une grande plaque de cuivre, qu’on ne leve qu’au tems de l’observation. Toutes ces précautions, jointes à tant de nouvelles sources d’exactitudes, font de la méridienne de S. Sulpice un instrument singulier, & l’un des plus utiles qui aient jamais été procurés à l’Astronomie. L’obélisque est chargé d’une inscription qui conservera à la postérité la mémoire d’un si bel ouvrage, & du célebre astronome au soin duquel on en est redevable.
Maniere de tracer une méridienne. Nous supposons qu’on connoisse à-peu-près le sud, il faudra alors observer la hauteur FE, (Pl. astron. fig. 8.) de quelque étoile près du méridien HZRN, tenant alors le quart de cercle ferme sur son axe, de façon que le fil à plomb coupe toujours le même degré, & ne lui donnant aucun autre mouvement que de le diriger du côté occidental du méridien, on épiera le moment où l’étoile aura la même hauteur fe qu’auparavant ; enfin, on divisera en deux parties égales par la droite HR l’angle formé par les intersection des deux plans où le quart de cercle se sera trouvé dans le tems des deux observations avec l’horison, & cette droite HR sera la ligne méridienne.
Autre maniere. Décrivez sur un plan horisontal & du même centre (fig. 9) plusieurs arcs de cercle BA, ba, &c. Sur ce même centre C élevez un stile ou gnomon perpendiculaire à l’horison, & d’un pié ou d’un demi-pié de long. Vers le 21 Juin, entre 9 & 11 heures du matin, observez le point B, b, &c. où l’ombre du stile se terminera en différens instans, & des droites CB, Cb, décrivez des cercles. Observez ensuite l’après-midi les momens où l’ombre viendra couper de nouveau les mêmes cercles & les points A, a, où elle les coupera. Partagez ensuite les arcs de cercles AB, ab, en deux également aux points D, d, &c ; & si la même droite CD, qui passe par le centre C, commun à tous les cercles, & par le milieu D d’un des arcs passe aussi par le milieu d, &c. des autres arcs, ce sera la méridienne cherchée.
Tous ces cercles ainsi tracés, servent à donner plus exactement la position de la méridienne, parce que les opérations réitérées, pour la déterminer sur plusieurs cercles concentriques, peuvent servir à se corriger mutuellement.
Au reste, cette méthode n’est exacte qu’au tems des solstices, & sur-tout du solstice d’été, c’est-à-dire, vers le 21 Juin, comme nous l’avons prescrit : car dans toutes les autres saisons, la méridienne tracée déclinera de quelques secondes, soit à l’orient, soit à l’occident, à cause du changement du soleil en déclinaison, qui devient assez sensible, pour que cet astre, quoique à même hauteur, se trouve plus ou moins éloigné du méridien, le soir que le matin ; on corrigera donc cette erreur par les tables qui en ont été construites, ou en pratiquant les différentes méthodes que les Astronomes ont données pour cela. Voyez Correction du midi. (O)
Comme l’extrémité de l’ombre est un peu difficile à déterminer, il est encore mieux d’applatir le stile vers le haut, & d’y percer un petit trou qui laisse passer sur les arcs AB, ab, une tache lumineuse au-lieu de l’extrémité de l’ombre ; ou bien on peut faire les cercles jaunes au-lieu de les faire noirs, ce qui aidera à mieux distinguer l’ombre.
Divers auteurs ont inventé des instrumens & des méthodes particulieres pour décrire des méridiens, ou plutôt pour déterminer des hauteurs égales du soleil à l’orient & à l’occident ; mais nous nous abstiendrons de les décrire, parce que la premiere des méthodes que nous venons de donner suffit pour les observations astronomiques, ainsi que la derniere pour des occasions plus ordinaires.
Des méthodes que nous venons de décrire, il s’ensuit évidemment que le centre du soleil est dans le plan de la méridienne, c’est-à-dire, qu’il est midi toutes les fois que l’ombre de l’extrémité du stile couvre la méridienne. De là l’usage de la méridienne pour régler les horloges au soleil.
Il s’ensuit encore que, si on coupe la méridienne par une droite perpendiculaire OU, qui passe par C, cette droite sera l’intersection du premier vertical avec l’horison, & qu’ainsi le point O marquera l’orient, & le point U l’occident.
Enfin, si l’on éleve un stile perpendiculaire à un plan horisontal quelconque, qu’on fasse un signal au moment où l’ombre d’un autre stile couvrira une méridienne tirée du pié de ce dernier stile dans un autre plan, & qu’on marque le point où répondra en ce moment l’extrémité de l’ombre du premier stile, la ligne qu’on pourra tirer par ce point, & le pié du premier stile sera la méridienne du lieu du premier stile. | [] | [] |
v10-1046-3 | Méridienne d’un Cadran | Méridienne d’un Cadran, c’est une droite qui se détermine par l’intersection du méridien du lieu avec le plan du cadran.
C’est la ligne de midi d’où commence la division des lignes des heures. Voyez Cadran. | [] | [] |
v10-1046-4 | Meridien magnétique | Meridien magnétique, c’est un grand cercle qui passe par les poles de l’aimant, & dans le plan duquel l’aiguille magnétique, ou l’aiguille du compas marin se trouve. Voyez Aimant, aiguille, Boussole, Déclinaison, Variation, Compas, &c.
Hauteur méridienne du soleil ou des étoiles, c’est leur hauteur au moment où elles sont dans le méridien du lieu où on les observe. Voyez Hauteur.
On peut définir la hauteur méridienne, un arc d’un grand cercle perpendiculaire à l’horison, & compris entre l’horison & l’étoile, laquelle est supposée alors dans le méridien du lieu.
Maniere de prendre les hauteurs avec le quart de cercle. Supposons d’abord qu’on connoisse la position du méridien, on mettra exactement dans son plan le quart de cercle au moyen du fil aplomb, ou cheveu suspendu au centre. On pourra alors déterminer facilement les hauteurs meridiennes des étoiles, c’est-à dire, qu’on pourra faire les principales des observations sur lesquelles roule toute l’Astronomie.
La hauteur méridienne d’une étoile pourra se déterminer pareillement au moyen du pendule, en supposant qu’on connoisse le moment précis du passage de l’étoile par le méridien. | [] | [] |
v10-1047-0 | MÉRIDIONAL | MÉRIDIONAL, adj. (Géog. & Astr.) distance méridionale en navigation, est la différence de longitude entre le méridien sous lequel le vaisseau se trouve, & celui dont il est parti. Voyez Longitude.
Parties, milles, ou minutes méridionales dans la navigation, ce sont les parties dont les meridiens croissent dans les cartes marines à proportion que les paralleles de latitude decroissent. Voyez Carte.
Le cossinus de la latitude d’un lieu étant égal au rayon, ou au demi-diametre du parallele de ce lieu, il s’ensuit de-là que dans une vraie carte marine, ou planisphere nautique, ce rayon étant toujours égal au rayon de l’équateur, ou au sinus de 90 degrés, les parties ou milles méridionales doivent y croîtreà chaque degré de latitude, en raison de secantes de l’arc compris entre cette latitude & le cercle équinoctial. Voyez Carte de Mercator, au mot Carte.
C’est pour cela que dans les livres de navigation on forme les tables des parties méridionales par l’addition continuelle des secantes qu’on trouve calculés dans les mêmes livres (p. e, dans les tables de M. Jonas Moore) pour chaque degré & minute de latitude ; & ces parties servent tant à faire, & à graduer une carte marine, qu’à se conduire dans la navigation.
Pour en faire usage, il faut prendre en-haut dans la table le degré de latitude ; & dans la premiere colonne à gauche de la même table, le nombre des minutes, & la case correspondante à ces deux endroits de la table, donnera les parties méridionales.
Lorsqu’on a les latitudes des deux endroits placés sons le méridien, & qu’on veut trouver les milles, ou les minutes méridionales qui marquent la distance de ces deux lieux, il faut d’abord observer si de ces deux lieux il n’y en auroit point un situé sous l’équateur, s’ils sont situés aux deux côtés opposés de l’équateur, ou si enfin ils se trouvent situés d’un même côté de l’équateur.
Dans le premier cas, les minutes méridionales qu’on trouvera immédiatement au-dessus du degré de latitude du lieu qui n’est pas dans l’équateur, seront la difference de latitude.
Dans le second cas, il faudra ajouter ensemble les minutes méridionales marquées au-dessous des latitudes des deux lieux pour avoir les minutes méridionales comprises entre ces deux lieux, ou la difference de latitude de ces deux lieux.
Dans le troisieme cas enfin, il faudra soustraire les minutes qui sont au-dessous d’un lieu des minutes qui sont au dessous de l’autre. Chambers. (O) | [] | [] |
v10-1047-1 | Méridional. Cadrans méridionaux | Méridional. Cadrans méridionaux. voyez Cadran.
Hémisphere méridional, voyez Hémisphere.
Ocean méridional, voyez Océan.
Signes méridionaux, voyez Signes. | [] | [] |
v10-1049-0 | MERINDADE | MERINDADE, s. f. (Géog.) On donne ce nom en Espagne au district d’une jurisdiction, comme d’une châtellenie, d’un petit bailliage, & d’une prevôté dont le juge est appellé mérino ; & le mérino-mayor, c’est le roi. Le royaume de Navarre est divisé en six mérindades. (D. J.) | [] | [] |
v10-1051-0 | MERIONETSHIRE | MERIONETSHIRE, (Géog.) province d’Angleterre dans la partie septentrionale du pays de Galles, avec titre de comté, borné au nord par les comtés de Carnavan & de Denbigh ; est, par celui de Montgomery, sud, par ceux de Radnov & de Cardighan ; ouest, par la mer d’Irlande. On lui donne 108 milles de tour, & environ 500 mille arpens. C’est un pays montueux, ou l’on fait un grand trafic de coton. La plus haute montagne de la Grande Bretagne, appellée Kader-idris, est dans cette province. (D. J.) | [] | [] |
v10-1061-0 | MERLOU autrefois Mello | MERLOU, (Géog.) autrefois Mello, petite baronnie de France en Picardie, au diocese de Beauvais ; elle a donné le nom à l’illustre maison de Mello, & appartient présentement à celle de Luxembourg. Long. 20. latit. 49. 10. (D. J.) | [
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"49 10' N 20 E"
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v10-1068-0 | MÉROÉ, île de | MÉROÉ, île de, (Géog. anc.) île ou plutôt presqu’île de la haute Egypte. Ptolomée, l. IV. c. viij. dit qu’elle est formée par le Nil qui la baigne à l’occident, & par les fleuves Astape & Astaboras qui la mouillent du côté de l’orient. Diodore & Strabon donnent à cette île 120 lieues de longueur sur 40 de large, & à la ville de Méroé 16 degrés 30′ de latitude septentrionale.
Il n’y a rien de plus célebre dans les écrits des anciens que cette île de Méroé, ni rien de plus difficile à trouver par les modernes. Si ce que les anciens en ont raconté est véritable, cette île pouvoit mettre en armes deux cens cinquante mille hommes, & nourrir jusqu’à quatre cens mille ouvriers. Elle renfermoit plusieurs villes, dont la principale étoit celle de Méroé qui servoit de résidence aux reines ; je dis aux reines, parce qu’il semble que c’étoient des femmes qui régnoient dans ce pays-là, puisque l’histoire en cite trois de suite, & toutes ces trois s’appelloient Candace : Pline nous apprend que depuis long-tems ce nom étoit commun aux reines de Méroé.
Mais la difficulté de trouver cette île dans la Géo-graphie moderne, est si grande, que le pere Tellez, jésuite, & autres, se sont laissé persuader qu’elle étoit imaginaire ; cependant le moyen de révoquer en doute son existence, après tous les détails qu’en ont fait les anciens ? Pline rapporte que Simonide y a demeuré cinq ans, & qu’après lui, Aristocréon, Bion & Basilis, ont décrit sa longueur, sa distance de Syene & de la mer Rouge, sa fertilité, sa ville capitale, & le nombre des reines qu’elle a eu pour souveraines. Ludolf, sans avoir mieux réussi que le pere Tellez à trouver cette île, n’a pas douté néanmoins qu’elle n’existât.
Les peres Jésuites qui ont été en Ethyopie, semblent convaincus que l’île de Méroé n’est autre chose que le royaume de Gojam, qui est presque tout entouré de la riviere du Nil, en forme de presqu’île ; mais cette presqu’île qui fait le royaume de Gojam est formée par le Nil seul ; point d’Astape, point d’Astaboras, je veux dire, aucune riviere que l’on puisse supposer être l’Astape & l’Astaboras, ce qui est contre la description que les anciens en ont faite. Ajourez que la ville de Méroé, capitale du pays, étoit placée entre le 16 & le 17 degré de latitude septentrionale, & le royaume de Gojam ne passe pas le 13 degré.
L’opinion de M. de Lisle est donc la seule vraissemblable. Il conjecture que l’île de Méroé des anciens est ce pays qui est entre le Nil & les rivieres de Tacaze & de Dender, & il établit cette conjecture par la situation du pays, par les rivieres qui l’arrosent, par son étendue, par sa figure, & par quelques autres singularités communes à l’île de Méroé, & au pays en question. Voyez-en les preuves dans les Mém. de l’acad. des Sc. ann. 1708. Je remarquerai seulement que la riviere de Tacaze a bien l’air d’être en effet l’Astaboras des anciens, & le Donder d’être l’Astape, parce qu’il n’y a que ces deux rivieres, au-moins de quelque considération, qui entrent immédiatement dans le Nil du côté de l’orient. (D. J.) | [
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"16 30' N"
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v10-1069-0 | MEROPES | MEROPES, (Géog. anc.) anciens peuples de l’île de Cos, l’une des Sporades, voisine de la Doride. Elle fut appellée Μεροπης, de Mérops, l’un de ses rois, dont la fille nommée Cos ou Coos donna depuis son nom à cette île. Les Méropes de l’île de Cos étoient contemporains d’Hercule. Plutarque décrit une statue qu’ils avoient érigée dans l’île de Délos, en l’honneur d’Apollon. (D. J.) | [] | [] |
v10-1071-1 | Méros ou Mérus | Méros ou Mérus, (Géog. anc.) montagne de l’Inde, selon Strabon, Théophraste, Ælien, Méla, & autres. Elle étoit consacrée à Jupiter. Les anciens donnent des noms bien différens à cette montagne. Elle est appellée Nysa par Pline, l. VIII. c. xxxix. Sacrum, par Trogus ; &, par Polien, Tricoryphus, à cause de ses trois sommets. (D. J.) | [] | [] |
v10-1072-0 | MÉROU | MÉROU, (Géog.) ville d’Asie en Perse, dans le Khorassan. Elle a produit plusieurs savans hommes ; & Jacut assure qu’il y a vû trois bibliotheques, dans l’une desquelles il y avoit quelques mille volumes manuscrits. L’agrément de sa situation, la pureté de son air, la fertilité de son terroir, & les rivieres qui l’arrosent en font un séjour délicieux. Elle est assez également éloignée de Nichapour, de Hérat, deBalk, & de Bocara. Long. 81. lat. 37. 40.
C’est dans cette ville que mourut en 1072 Alp-Arslan, second sultan de la dynastie des Selgincides, & l’un des plus puissans monarques de l’Asie. On y lit cette épitaphe sur son tombeau : « Vous tous qui avez vû la grandeur d’Alp-Arslan élevée jusqu’aux cieux, venez la voir à Mérou ensevelie dans la poussiere ». (D. J.) | [
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"37 40' N 81 E"
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v10-1074-0 | MERS, le | MERS, le, (Géog.) quelques François disent, & mal-à-propos, la Marche ; province maritime de l’Ecosse septentrionale, avec titre de comté. Elle abonde en blé & en pâturages. Elle est située à l’orient de la province de Twedale, & au midi de celle de Lothian, sur la mer d’Allemagne. La riviere de Lauder donne le nom de Lauderdale à la vallée qu’elle arrose dans cette province. La famille de Douglas jouit aujourd’hui du comté de Mers. (D. J.) | [] | [] |
v10-1075-0 | MERSBOURG | MERSBOURG, (Géog.) en latin moderne Martinopolis ; ancienne ville d’Allemagne, dans le cercle de haute Saxe en Misnie, avec un évêché suffragant de Magdebourg, aujourd’hui sécularisé. Elle appartient à l’électeur de Saxe. Henri I. gagna près de cette ville, en 933, une fameuse bataille sur les Hongrois. Le comte de Tilly la prit en 1631, les Suédois ensuite, & depuis les Impériaux & les Saxons. Son évêché a été fondé par l’empereur Othon I. Mersbourg est sur la Sala, à 4 milles S. O. de Hall ; 8 N. O. de Leipsick ; 23 N. O. de Dresde. Long. 30. 2. lat. 51. 28. (D. J.) | [
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"51 28' N 30 2' E"
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v10-1076-0 | MERSEY | MERSEY, (Géog.) riviere d’Angleterre. Elle a sa source dans la province d’Yorck, prend son cours entre les comtés de Lancastre au nord, & de Chester au midi, & finit par se rendre dans la mer d’Irlande, où elle forme le port de Leverpole. (D. J.) | [] | [] |
v10-1077-0 | MERTOLA autrefois Myrtilis | MERTOLA, (Géog.) autrefois Myrtilis ; ancienne petite ville de Portugal dans l’Alentéjo. Elle est forte par sa situation, & devoit être opulente du tems des Romains, si l’on en juge par des monumens d’antiquités, comme colonnes & statues qu’on y a déterrées. Cette ville fut prise sur les Maures par dom Sanche en 1239. Elle est auprès de la Guadiana, dans l’endroit où cette riviere commence à porter bateau, à 24 lieues S. d’Evora, 40 de Lisbonne. Long. 10. 20. lat. 37. 30. (D. J.) | [
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"37 30' N 10 20' E"
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v10-1080-0 | MERVEROND | MERVEROND, (Géog.) ville de Perse, située dans un très-bon terroir. Selon Tavernier, les géographes du pays la mettent à 88d. 40′. de long. & à 34d. 30′. de lat. (D. J.) | [
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"34 30' N 88 40' E"
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v10-1081-0 | MERVILLE | MERVILLE, (Géog.) petite ville de la Flandres françoise, sur la Lys, à 3 lieues de Cassel. Elle ap-partient à la France depuis 1677. Long. 20. 18. lat. 50. 38. | [
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"50 38' N 20 18' E"
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v10-1082-0 | MERUWE | MERUWE, (Géogr.) on nomme ainsi cette partie de la Meuse, qui coule depuis Goreum jusqu’à la mer, & qui passe devant Dordrecht, Rotterdam, Schiedam, & la Brille. On appelle vieille Meuse, le bras de cette riviere qui coule depuis Dordrecht, entre l’ile d’Ysselmonde, celle de Beyerland, & celle de Putten, & se joint à l’autre un peu au-dessous de Vlaerdingen. (D. J.) | [] | [] |
v10-1083-0 | MERY-SUR-SEINE | MERY-SUR-SEINE, (Géog.) petite ville de France dans la Champagne, à 5 lieues au-dessous de Troyes. Il y a un bailliage royal, & un prieuré de l’ordre de S. Benoit. Long. 21. 40. lot. 48. 15. | [
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"48 15' N 21 40' E"
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v10-1090-0 | MESCHED | MESCHED, (Géog.) ville considérable de Perse, dans le Korasan, à 20 lieues de Nichapour. Elle est enceinte de plusieurs tours, & fameuse par le sépulcre d'Iman Risa, de la famille d'Aly, l'un des douze saints de Perse ; c'est dans une montagne près de Mesched, qu'on trouve les plus belles turquoises. Les tables géographiques de Nassir-Edden nomment cette vil e Thus, & la placent à 92. 30. de long. & à 37. o. de lat. (D. J.) | [
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"37 0' N 92 30' E"
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v10-1091-1 | Mese | Mese, (Géog. anc.) île de la mer Méditerranée sur la côte de la Gaule. Pline lib. III. cap. v. la surnomme Pomponiana. C’est l’île de Portecroz, l’une les îles d’Hieres. (D. J.) | [] | [] |
v10-11-0 | MAMORE, la | MAMORE, la, (Géog.) c’étoit une ville d’Afrique au royaume de Maroc, à quatre lieues E. de Salé ; on n’en connoît plus que les ruines. L’an 1515, les Portugais y perdirent plus de cent bâtimens dans une bataille contre les Maures, qui sont présentement les maîtres de cette côte. (D. J.) | [] | [] |
v10-1108-0 | MÉSOPOTAMIE | MÉSOPOTAMIE, (Géog. anc.) Mesopotamia ; vaste contrée de l’Asie, renfermée entre le Tigre & l’Euphrate ; le mot grec Μεσοποταμία, signifie un pays renfermé entre deux fleuves. Le Tigre, dit Strabon, borne la Mésopotamie à l’orient, & l’Euphrate à l’occident ; au nord le mont Taurus la sépare de l’Armenie, & l’Euphrate lorsqu’il a pris son cours vers l’orient, la baigne au midi.
Les Hébreux appellerent cette contrée, Aram ou Aramasam, & elle est fameuse dans l’écriture sainte, pour avoir été la premiere demeure des hommes, avant & après le déluge. Souvent l’Ecriture lui donne le nom de Mésopotamie syrienne, parce qu’elle étoit occupée par les Araméens ou Syriens.
Nos historiens ont divisé la Mésopotamie en diverses provinces, qu’ils appellent la Mésopotamie propre, l’Osroène, la Mygdonie, la Sophimène & l’Arabie Scénite.
Les différentes puissances qui possederent des portions de la Mésopotamie, ont occasionné d’autres divisions de ce pays ; par exemple, après les expéditions de Lucullus & de Pompée, la partie qui joint l’Euphrate fut presque toute occupée par les Romains, tandis que les Parthes possedoient presque tout ce qui étoit du côté du Tigre. Enfin, comme le succès des armes n’est pas toujours le même, plusieurs empereurs de Rome furent depossedés de toutes les terres que leurs prédecesseurs avoient conquises au-delà de l’Euphrate.
Aujourd’hui, les arabes nomment Al-Gézirah, le pays renfermé entre le Tigre & l’Euphrate, & ils le divisent en quatre parties, qu’ils appellent diars ou quartiers. Ces quatre quartiers sont celui de Diarbekr, nommé vulgairement Diarbek, qui donne souvent son nom à toute la Mésopotamie. Le second est Diar-Rabiat, le troisieme Diar-Rachat & le quatrieme Diar-Moussal.
Les villes capitales de ces quatre cantons, sont dans le premier quartier Amida, que les Turcs appellent Carémit & Diarbek ; dans le second quartier, Nisibe ; dans le troisieme, Racah, que nos historiens nomment Aracta ; & dans le quatrieme quartier, la ville celebre de Moussal ou Mosul. (D. J.) | [] | [] |
v10-1115-0 | MESSA | MESSA, (Géog.) on l’appelloit autrefois Temese, ancienne ville d’Afrique au royaume de Maroc, dans la province de Sus, au pié de l’atlas proche de l’océan, dans un terrein abondant en palmiers, à 16 lieues O. de Sus. Long. 8. 40. latit. 29. 20. (D. J.) | [
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"29 20' N 8 40' E"
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v10-1117-0 | MESSANA | MESSANA, (Géog. anc.) ville de Sicile, la premiere qu’on rencontre en traversant de l’Italie dans cette île. Elle est située sur le détroit, comme le dit Silius Italicus, l. XIV. v. 195. Incumbens Messana Freto. Diodore de Sicile observe qu’elle s’appelloit anciennement Zancla. Le nom de Messana lui vient, selon Strabon, des Messéniens du Péloponnese, qui en furent les fondateurs.
Dans les écrivains grecs, le nom de Μεσσήνη est indifféremment employé pour signifier cette colonie des Messéniens en Sicile, & leur ville capitale dans la Messénie au Péloponnese ; mais les écrivains latins ont appellé Messana celle de Sicile, & Messene celle du Péloponnese.
Lorsque les Messaniens d’Italie, nommés par les latins Messanienses, eurent admis parmi eux les Mamertins, ils prirent le nom de ces derniers en reconnoissance du secours qu’ils en avoient recu, voilà pourquoi Pline appelle les habitans de Messana Mamertini, & que Cicéron nomme leur ville Mamertina civitas ; c’est aujourd’hui Messine. Voyez Messine. (D. J.) | [] | [] |
v10-1118-0 | MESSAPIE | MESSAPIE, Messapia, (Géog. anc.) contrée d’Italie, en forme de péninsule, qui avance dans la mer Ionienne, son isthme est entre Brindes & Tarente. Strabon dit qu’on appelloit encore cette péninsule Japygia, Calabria & Salentina, quoique le pays des Salentins n’en formât qu’une partie. (D. J.) | [] | [] |
v10-1120-0 | MESSENE | MESSENE, (Géog. anc.) Μεσσήνη : il y avoit deux villes de ce nom ; l’une dans le Péloponnese, dont nous allons parler ; l’autre dans la Sicile, étoit l’ouvrage d’une colonie des Messéniens du Péloponnese dans le tems de leurs malheurs. Les Latins nommerent cette derniere Messana, c’est Messine de nos jours. Voyez Messine.
La Messene du Péloponnese étoit une grande & puissante ville, située dans les terres sur une hauteur, capitale de la Messénie, & célebre dans l’histoire par les longues & sanglantes guerres qu’elle soutint contre Lacédémone. Diodore de Sicile a fait la récapitulation de la guerre messéniaque dans son XI. livre, il faut le conférer avec Pausanias, & suppléer à l’un par l’autre.
Messene avoit été bâtie par Polycaon ; mais ayant été comme détruite par les désastres de la guerre, Epaminondas la rétablit, y appella les Messéniens épars de tous côtés, & la fortifia singulierement ; ses murailles ont fait l’étonnement de Pausanias. Cet auteur les met au dessus de celles d’Amphrysus, de Byzance & de Rhodes, qu’il avoit toutes vûes de ses yeux. Il en restoit encore 38 tours dans leur entier en 1730. M. l’abbé Fourmont suivit pendant une heure de chemin la partie de ces murailles, qui comprenoit la moitié du mont Ithome, & d’une autre montagne qui lui est opposée à l’orient. Ces tours sont éloignées les unes des autres de 150 pas., ce qui forme une enceinte de cinq quarts de lieue au nord de la ville. La muraille s’étendoit encore davantage à l’occident & au midi dans des vallons où l’on croit voir les débris du stade, de beaucoup de temples & d’autres édifices publics.
Strabon, l. VIII. p. 361, compare Messene à Corinthe, soit pour sa situation, soit pour ses fortifications ; l’une & l’autre de ces villes étoient commandées par une montagne voisine, qui leur servoit de forteresse, savoir Ithome à Messene, & Acrocorinthus à Corinthe. Ces deux places en effet passoient pour être des postes si importans, que Demetrius voulant persuader à Philippe, pere de Persée, de s’emparer du Péloponnese, lui conseilla de subjuguer Corinthe & Messene : vous tiendrez ainsi, disoit-il, le bœuf par les deux cornes.
Cette ville, selon Polybe, Elien & Lactance, a été la patrie d’un homme qui fit autrefois bien du bruit par sa critique des dieux du paganisme, je veux parler d’Evhémere, contemporain de Casandre, roi de Macédoine, dont il fut fort aimé.
Il composa les vies des dieux, & supposa que ces vies avoient été réellement écrites par Mercure, & qu’il les avoit trouvées gravées, telles qu’il les donnoit, dans l’ile de Panchée. Un morceau de ce genre, publié d’après des mémoires si respectables, devenoit également curieux & intéressant par la nature des choses qu’il annonçoit, & par celle de la nouveauté ; l’ouvrage étoit intitulé, Histoire sacrée, titre convenable à un écrit tiré d’inscriptions originales.
Le dessein de l’auteur étoit de prouver que Cælus, Saturne, Jupiter, Neptune, Pluton, en un mot la troupe des grands Dieux, auxquels on avoit érigé tant de temples, ne différoient pas des autres mortels. Le monde, disoit-il, étoit alors dans son enfance ; ses premiers habitans ne se formoient pas des idées justes des objets, & leurs idées d’ailleurs étoient en très-petit nombre. Hors d’état de faire un usage étendu de leur raison, tout leur parut merveilleux & surnaturel. Les vastes & rapides conquêtes des grands capitaines éblouirent des nations entieres. Il y en eut qui, plus sensibles aux bienfaits, ne purent voir sans étonnement des rois, qui sembloient n’être monté sur le trône que pour travailler au bonheur de leurs sujets, soit par l’utilité de leurs découvertes, soit par la sagesse de leur gouvernement ; ainsi toutes les nations, comme de concert, se persuaderent que des personnes si supérieures en talens devoient cet avantage à une nature plus excellente que la leur, ils en firent des dieux. Tel étoit à-peu-près le système d’Evhémere sur l’origine du paganisme, & cet écrivain ingénieux, pour le mettre dans un plus beau jour, marquoit soigneusement les pays & les villes illustrées par les tombeaux de presque toutes les divinités, que les Théologiens & les Poëtes avoient à l’envi honoré du titre pompeux d’immortels.
Dans la vûe de porter le dernier coup à la religion payenne, il n’avoit passé sous silence aucun des faits qui pouvoient ouvrir les yeux au public, sur-tout de dieux différens adorés dans le monde. Athénée rapporte un trait du peu de ménagement de ce philosophe pour les dieux dans la personne de Cadmus, dont la nombreuse postérité avoit peuplé le ciel. Il assûroit que cet étranger étoit un cuisinier du roi de Sidon, & que séduit par les charmes d’Harmonie, une des musiciennes de la cour, il l’avoit enlevée & conduite dans la Béotie. Enfin il alla jusqu’à mettre au frontispice de son ouvrage un vers sanglant d’Euripide, qui, dit Plutarque, se trouvoit dans une piece de ce poëte toute remplie d’impiétés.
Jamais livre publié contre une religion dominante ne parut plus dangereux que celui d’Evhémere, & jamais homme ne souleva tant de lecteurs contre sa doctrine. Cicéron lui-même, qui peut être ne pensoit pas différemment du philosophe de Messene, se crut obligé dans son discours de la nature des dieux d’avertir que celui d’Evhémere conduisoit à l’extinction de toute religion. Il n’est donc pas étonnant que tant de gens ayent traité cet auteur d’incrédule, d’impie, de sacrilege, & qui plus est d’athée ; mais il paroît que son plus grand crime étoit d’avoir pénétré plus avant que le commun des hommes dans les vraies sources de l’idolâtrie. (D. J.) | [] | [] |
v10-1120-1 | Messene | Messene (Géog. anc.) île d’Asie entre le Tigre & l’Euphrate, qui après s’être joints & s’être avancés vers le midi, se séparent de nouveau, en sorte qu’avant que de tomber dans le golfe Persique, ils renferment dans leur bras cette grande île qu’on appelloit autrefois Messene ou Mesene, & qu’on nomme présentement Chader. Voyez là-dessus M. Huet dans son livre du paradis terrestre. | [] | [] |
v10-1120-2 | Messene, Golfe de | Messene, Golfe de, (Géogr. anc.) Messeniacus sinus, golfe dans la partie méridionale du Péloponnese, à l’occident du golfe de Laconie. Il est aussi nommé par Strabon sinus Asinæus, de la ville Asiné, située sur la côte ; Sinus Thuriates, de la ville de Thuria ; sinus Coronæus, de la ville de Coron, & c’est même aujourd’hui le golfe de Coron. | [] | [] |
v10-1121-0 | MESSENIE | MESSENIE, (Géogr. anc.) contrée du Péloponnese, au milieu de l’Elide & de l’Arcadie, & au couchant de la Laconie, dont anciennement elle faisoit partie. (D. J.) | [] | [] |
v10-1125-0 | MESSIN, le | MESSIN, le (Géog.) ou le pays Messin ; province de France dans les trois évêchés de Lorraine, entre le duché de Luxembourg, la Lorraine, & le duché de Bar. Il a pris son nom de Metz la capitale, qui l’a été des Médiomatrices ; ceux-ci, du temps de César, occupoient un fort grand pays sur le Rhin : mais peu après, ils en furent délogés par les peuples germains Pribocci, Vangiones, & Nemetes. Ils ont toujours fait partie de la Gaule Belgique, & lorsque la Gaule Belgique fut divisée en deux provinces, ils furent compris dans la premiere, & mis sous la métropole de Treves.
Le climat du pays Messin est d’une fertilité médiocre, plus froid que chaud du côté des Ardennes, & peuplé d’habitans assez semblables pour les mœurs aux Allemands. Ses principales rivieres sont la Moselle, & la Seille. (D. J.) | [] | [] |
v10-1126-0 | MESSINE | MESSINE, (Géog.) en latin Messana, mot auquel nous renvoyons le lecteur. Messine est une très ancienne ville de Sicile, dans la partie orientale du Val de Démona sur la côte du Fare de Messine, vis-à-vis du continent de l’Italie, au midi occidental du fort de Faro.
Elle a un archevêché, une citadelle qui la commande, un vaste & magnifique port, qui la rendroit commerçante, si l’on savoit profiter de sa position ; mais elle ne brille que par ses monasteres. On y comptoit 80 mille habitans avant les vêpres siciliennes, on n’en compteroit pas aujourd’hui la moitié. Elle dispute avec Palerme le titre de capitale, le procès n’est point jugé, & le vice-roi de Sicile demeure six mois dans l’une, & six mois dans l’autre.
Elle est située sur la mer, au pié, & sur la pente de plusieurs collines qui l’entourent, à 40 lieues E. de Palerme, 17 N. E. de Catane, 100 S. E. de Rome, 60 S. E. de Naples. Long. selon de la Hire & des Places, 33, 47′, 45″, lat. 38, 21.
Cette ville est la patrie de quelques gens de lettres, dont les noms obscurs ne doivent point entrer dans l’Encyclopédie ; mais l’Italie a connu la peinture à l’huile par un de ses citoyens. Van Eyk de Bruges, inventeur de cette peinture, en confia le secret à Antoine de Messine, de qui le Bellin sut l’arracher par stratageme, & alors ce ne fut plus un mystere pour tous les peintres. (D. J.) | [
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"38 21' N 33 47' 45\" E"
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v10-1126-1 | Messine, Fare de | Messine, Fare de (Géogr.) Voyez Fare de Messine. (D. J.) | [] | [] |
v10-1130-0 | MESTRIANA | MESTRIANA, (Géog. anc.) ville de la Pannonie, selon l’Itinéraire d’Antonin. C’est aujourd’hui Mestri, bourgade de la basse-Hongrie, dans le comté de Vesprin, vers le lac de Balaton. (D. J.) | [] | [] |
v10-1133-0 | MESVE | MESVE, (Géog.) en latin Massava, connu dans l’histoire pour être nommée dans les tables Théodosiennes. Ce n’est point la Charité-sur-Loire, comme Samson l’a crû ; mais c’est un village qui n’en est pas éloigné, & qui porte le nom de Mesve, qu’on écrivoit autrefois Maisve. Ce village, dont la cure est très ancienne, est sur la Loire, à une lieue plus bas que la Charité, à l’endroit où le ruisseau de Mazou se décharge dans cette riviere. (D. J.) | [] | [] |
v10-1136-0 | MESUIUM | MESUIUM, (Géogr. anc.) ville de la Germanie, que Ptolomée place entre Lupia & Argelia. On croit que c’est à présent Meydemberg-sur-l’Elbe. (D. J.) | [] | [] |
v10-1139-8 | Mesure itinéraire | Mesure itinéraire, (Géogr.) on nomme en Géographie mesures itinéraires, celles dont les différens peuples se sont servis, ou se servent encore aujourd’hui pour évaluer les distances des lieux & la longueur des chemins. Si ces mesures avoient entre elles plus d’uniformité qu’elles n’en ont, & que les noms qui les expriment eussent un usage fixe qui exprimât toujours une valeur invariable, cette étude seroit assez courte ; mais il s’en faut bien que les choses soient ainsi. Les noms de mille, de stade, de parasangue, de lieue, ont été sujets à tant de variations, qu’il est très-pénible d’évaluer les calculs d’une nation ou d’un siecle, à ceux d’une autre nation ou d’un autre siecle. Cependant comme plusieurs savans ont pris cette peine, nous allons donner ici d’après leurs travaux, une courte table géographique des principales mesures itinéraires anciennes & modernes, rapportées à un degré de l’équateur, ou à la toise de Paris.
Le mille hébraïque ou le chemin d’un jour de sabbat de deux mille coudées, est égalé par saint Epiphane, à six stades romains. Six cens de ces stades font un degré, donc le mille hébraïque est de 100 au degré.
Le stade égyptien est de 600 piés, selon Hérodote. Cet historien donne 800 piés de largeur à la base de la grande pyramide d’Egypte, qui mesurée au pié de Paris, sont 680 piés. Or comme 800 sont à 680, de même 600 piés qui font le stade d’Hérodote, sont à 510 piés de Paris ; donc le stade d’Hérodote est 85 toises de Paris ; donc la parasangue égyptienne évaluée à 30 stades, est de 2550 toises. Donc le schoene double de la parasangue sera de 5100 toises, & les autres schoenes à proportion. Un degré de l’équateur est égal à 57060 toises. Divisez ce nombre par 85, qui est le nombre des toises contenues dans ce stade, il en résulte 671 stades, plus 25 toises pour le degré, & ainsi à proportion de la parasangue & du schoene. Donc 671 stades égyptiens, plus 25 toises, font un degré de l’équateur.
Trente de ces stades font la parasangue égyptienne, car celle d’Arménie étoit de 40 stades.
Soixante de ces stades font le schoene d’Hérodote, ou l’ancien schoene.
Le grand schoene étoit double, & comprenoit 120 stades.
Le petit schoene du Delta, ou le demi-schoene, n’étoit que de 30 stades. Ce n’est donc que la parasangue changée de nom.
La parasangue des Perses étoit anciennement égale à celle d’Egypte, ensuite elle fut bornée à 40 stades romains, & équivaloit par conséquent à cinq milles romains, dont 75 faisoient un degré. Donc la parasangue des Perses étoit de 15 au degré.
Le stade d’Aristote, de Xénophon, &c. étoit de 1111 au degré.
Le stade romain étoit de 600 au degré.
Le mille romain, de 75 au degré.
L’ancienne lieue des Gaules & d’Espagne, contenant 1500 pas, étoit de 50 au degré.
La raste des Germains de 3000 pas romains, ou de 2 lieues gauloises, étoit de 25 au degré.
Les parasangues des Perses, 22 & trois neuviemes au degré.
Chez leurs successeurs, elles font de 19 moins deux neuviemes au degré.
Lis de la Chine est de 250 au degré.
Lieue du Japon, de 25 au degré.
Werstes de Russie, de 90 au degré.
Milles de la basse Egypte, de 110 au degré.
Cosses, ou lieues de l’Indoustan, de 40 au degré.
Gos, ou lieues de Coromandel, de 10 au degré.
Lieues communes de Hongrie, de 12 au degré.
Milles communs de Turquie, de 60 au degré.
Milles communs italiques, de 60 au degré.
Milles pas géométriques, de 60 au degré.
Milles marins de l’Océan, de 60 au degré.
Milles marins de la Méditerranée, de 75 au degré.
Lieues géographiques de quatre mille pas géométriques, de 15 au degré.
Lieues communes d’Allemagne, de 15 au degré.
Lieues d’Espagne, de 15 au degré.
Lieues marines de Hollande, de 15 au degré.
Lieues marines d’Espagne, de 17 & demi au degré.
Lieues marines d’Angleterre & de France, sont composées de 2853 toises, & sont de 20 au degré.
Lieues de Suede, de 1800 aunes de Suede chacune, & les trois aunes font environ cinq piés & demi de Paris, sont de 12 au degré.
Lieues de Prusse, de 16 au degré.
Lieues de Pologne, de 20 au degré.
Lieues communes des Pays-Bas sont de 22 au degré.
Lieues communes de France de trois milles romains, ou de 2282 toises, sont de 25 plus 10 toises au degré.
Enfin il y a des lieues de France de 34, de 28, de 26, de 24, de 23, de 21 & demi, & de 19 au degré. Voyez Lieue. (D. J.)
I. Table des mesures liquides d’Angleterre, qui sont d’usage pour mesurer les vins & eaux-de-vie.
Solid inches.
18
Pinch.
231
8
Gallon
4158
144
18
Rundlet.
$\scriptstyle 7276 \frac {1}{2}$
252
$\scriptstyle 31 \frac {1}{2}$
$\scriptstyle 1 \frac{3}{4}$
Barret.
9702
336
42
$\scriptstyle 2 \frac {1}{3}$
$\scriptstyle 1 \frac {1}{2}$
Tierce.
14553
504
63
$\scriptstyle 3 \frac {1}{2}$
2
$\scriptstyle 1 \frac{1}{3}$
Hogshead.
19279
672
84
$\scriptstyle 4 \frac {1}{3}$
$\scriptstyle 2 \frac {2}{5}$
2
$\scriptstyle 1 \frac {1}{3}$
Punchion.
29106
1008
126
7
4
3
2
$\scriptstyle 1 \frac {1}{2}$
Brent.
58212
2016
252
14
8
6
4
3
2
Tun.
II. Table des mesures liquides des Grecs réduites à celles d’Angleterre.
Gall.
Pints
Sol. Inch.
Dec.
Cochelation,
0
$\scriptstyle \frac {1}{120}$
0,0356,
$\scriptstyle \frac {1}{12}$
$\scriptstyle 2 \frac {1}{2}$
Cheme,
0
$\scriptstyle \frac {1}{60}$
0,0712
$\scriptstyle \frac {1}{6} $
$\scriptstyle 2 \frac {1}{2}$
$\scriptstyle 1 \frac {1}{4}$
Mystron,
0
$\scriptstyle \frac {1}{48}$
0,089
$\scriptstyle \frac {11}{48}$
5
$\scriptstyle 2 \frac {1}{2}$
2
Concha,
0
$\scriptstyle \frac {1}{24}$
0,178
$\scriptstyle \frac {11}{24}$
10
5
4
2
Cyathus.
0
$\scriptstyle \frac {1}{12}$
0,356
$\scriptstyle \frac {11}{21} $
15
$\scriptstyle 7 \frac {1}{2}$
6
3
$\scriptstyle 1 \frac {3}{8}$
Oxubaphon.
0
1
5,
406
60
30
24
12
6
4
Cotyle.
0
$\scriptstyle \frac {1}{2}$
2,141
$\scriptstyle \frac {1}{2} $
120
60
48
24
12
8
2
Xestes.
0
1
4,283
0
720
360
288
144
72
48
12
6
Chos.
0
6
25,698
8640
4320
3456
1728
864
576
144
72
12
Metretes
10
2
19,626
III. Table des mesures liquides des Romains réduites à celles d’Angleterre.
Gall.
Pints .Sol.
Inch.
Dec.
Ligula,
0
$\scriptstyle 0 \frac {1}{48}$
0,117
$\scriptstyle \frac {5}{12}$
4
Cyathus,
0
$\scriptstyle 0 \frac {1}{12}$
0,469
$\scriptstyle \frac {2}{3}$
5
$\scriptstyle 1 \frac {1}{2}$
Acetabulum,
0
$\scriptstyle 0 \frac {1}{2}$
0,704
$\scriptstyle \frac {1}{3}$
12
3
2
Quartarius,
0
$\scriptstyle 0 \frac {1}{4}$
1,409
24
6
4
2
Hemina.
0
$\scriptstyle 0 \frac {1}{2}$
2,818
48
12
8
4
2
Sextarius.
0
1
5,536
288
72
24
48
12
6
Congius.
0
1
4,942
1152
288
96
192
48
24
4
Urna.
3
$\scriptstyle 4 \frac {1}{2}$
5,33
2304
576
192
384
96
48
8
2
Amphora.
7
1
10,66
46080
11520
7680
3840
1920
960
160
40
20
Culeus
143
3
11,095
IV. Table des mesures liquides des Hébreux, réduites à celles d’Anlegterre.
Gall.
Pints.
Sol. Inch. Dec.
Caph,
0
0
0,177
$\scriptstyle 1 \frac {1}{3}$
Log,
0
$\scriptstyle 0 \frac {5}{6}$
0,211
$\scriptstyle 4 \frac {1}{3}$
4
Cab,
0
$\scriptstyle 3 \frac {1}{3}$
0,844
16
12
3
Hin,
1
2
2,533
32
24
6
2
Seah,
2
4
5,067
96
72
18
6
3
Bath, epha,
7
4
15,2
960
720
180
60
30
10
Coron, Chomer,
75
5
7,625 | [] | [] |
v10-1150-0 | MÉTAGONIUM | MÉTAGONIUM, (Géogr. anc.) promontoire d’Afrique, sur la côte de la Mauritanie tingitane, selon Strabon, liv. XVII. Castald l’appelle caba de tres forcas, & Olivieri le nomme cabo de tres arcas. (D. J.) | [] | [] |
v10-1160-0 | METANÆA | METANÆA, (Géog. ecclés.) mot grec, qui signifie pénitence ; ce nom fut donné à un palais de l’empereur Justinien, qu’il changea en monastere. Il y mit une troupe de femmes de Constantinople, qui, par la faim & la misere, se dévouoient aux embrassemens de toutes sortes d’inconnus. Justinien délivra ces sortes de femmes de leur état honteux de prostitution, en les délivrant de la pauvreté. Il fit du palais qu’il avoit sur le bord du détroit des Dardanelles un lieu de pénitence, dans lequel il les enferma, & tâcha, dit Procope, par tous les agrémens d’une maison de retaite, de les consoler en quelque sorte de la privation des plaisirs. (D. J.) | [] | [] |
v10-1163-0 | MÉTAPA | MÉTAPA, (Géog. anc.) ville de l’Arcanie. Polybe, l. V. c. vij, dit qu’elle étoit située sur le bord du lac Triconide. (D. J.) | [] | [] |
v10-1167-0 | MÉTAPONTE | MÉTAPONTE, Metapontum, ou Metapontium, (Géog. anc.) ville d’Italie dans la grande Grece, sur le golfe de Lucanie, aujourd’hui Tarente. Elle fut bâtie par les Pyliens & par Nestor leur chef, auretour de la guerre de Troie. Pythagore s’y retira de Crotone, & y finit ses jours. Hipparque l’astronome y dressa ses tables. Quelques géographes veulent que ce soit à-présent Feliciore dans la Calabre ultérieure ; d’autres pensent que c’est Trébigazze : enfin d’autres prétendent que c’est Torré di Mare. (D. J.) | [] | [] |
v10-1175-0 | METAURE, le | METAURE, le, (Géog. anc.) en latin Metaurus, nom commun à deux rivieres d’Italie. L’une étoit dans le duché d’Urbin : on la nomme à présent Metara ou Mitro. L’autre étoit dans l’Umbrie. Pline, lib. III. cap. v. & Strabon, l. Vl. pag. 256. parlent de cette derniere Le P. Hardouin dit que c’est aujourd’hui le Marro. Elle a sa source sur les frontieres de Toscane, vers le bourg de Borgo di San-Sepolcro, & sortant du mont Appenin, prend son cours vers l’orient, se grossit d’autres petites rivieres, coule près de Fossombrone, & se jette dans le golfe de Venise, à quatre milles de Fano, du côté de Sinigallia. Son nom latin dans Pline, est Metaurus ; mais Horace, dans une de ses odes, le fait adjectif & du genre neutre, en disant Metaurum flumen, comme il dit Rhenum flumen, Medum flumen. Pomponius Mela nomme Metaurum une ville d’Italie qu’il donne aux Brutiens. (D. J.) | [] | [] |
v10-1180-0 | METELIN | METELIN, (Géog.) île considérable de l’Archipel ; c’est l’ancienne Lesbos, dont nous n’avons pas oublié de faire l’article.
L’île de Mételin est située au nord de Scio, & presqu’à l’entrée du golfe de Gueresto. Elle est le double plus grande que celle de Scio, & s’étend beaucoup du côté du Nord-Est. Il y a encore dans cette île plus de cent bourgs ou villages, sans compter Castro qui en est la capitale ; cependant elle a été beaucoup plus peuplée autrefois, & elle a produit un nombre étonnant d’hommes illustres. Eustathe remarque que cette île fut jadis appellée Mytilene, du nom de sa capitale : il est aisé de voir que de Mytilene on a fait Métalin.
Son terroir est fort bon ; les montagnes y sont fraîches, couvertes de bois & de pins en plusieurs endroits, dont on tire de la poix noire, & dont en emploie les planches à la construction de petits vaisseaux. On y recueille de bon froment, d’excellente huile, & les meilleures figues de l’Archipel. Ses vins même n’ont rien perdu de leur premiere réputation.
Son commerce consiste seulement en grains, en fruits, en beurre & en fromage ; cependant elle ne laisse pas de payer au grand seigneur dix-huit mille piastres de caratseh.
Ses principaux ports sont celui de Castro ou de l’ancienne Mytilene, celui de Caloni, celui de Sigre, & sur-tout le port Iéro, connu par les Francs sous le nom de port olivier, qui passe pour un des plus grands & des plus beaux de la Méditerranée. Long. 43. 52.-44. 31. lat. 39. 15.
Mais ce qui touche le plus les curieux qui se rendent exprès dans l’île de Mételin, ce sont ses richesses antiques qui fourniroient encore bien des connoissances aux savans.
M. l’abbé Fourmont qui visita cette île en 1729, qui promit d’en donner une exacte description, y trouva des monumens de l’antiquité la plus reculée, & y recueillit une vingtaine d’inscriptions singulieres échappées à Spon, Wheler, Tournefort, & autres voyageurs de cet ordre.
La plûpart de ces inscriptions étoient antérieures à la puissance des Romains ; d’autres étoient de leur tems ; & d’autres concernoient les Perses : toutes de conséquence, à ce qu’assuroit M. l’abbé Fourmont, en ce qu’elles prouvoient des faits importans cités par quelques auteurs, ou parce qu’elles nous apprenoient des choses dont ils n’ont fait aucune mention. C’est donc grand dommage que M. Fourmont n’ait point exécuté sa promesse. (D. J.) | [
[
"39 15' N 43 52' E",
"39 15' N 44 31' E"
]
] | [] |
v10-1181-0 | METELIS | METELIS, (Géog. anc.) ville d’Egypte à l’embouchure du Nil, capitale d’un nome auquel elle donnoit son nom. C’est présentement Fulva selon le P. Vansleb. (D. J.) | [] | [] |
v10-1197-0 | MÉTHONE | MÉTHONE, (Géog. anc.) Les Géographes distinguent plusieurs villes de ce nom dans la Grece. 1°. Méthone de Messénie que Pausanias écrit Mathon. Quelques modernes veulent que ce soit aujourd’hui Modon, & d’autres Mutune. 2°. Méthone de Laconie, selon Thucydide. 3°. Méthone de l’Eubée, selon Étienne le géographe. 4°. Méthone de Thessalie. 5°. Enfin, Méthone de Thrace à 40 stades de Pydné. Ce fut, dit Strabon (in excerptis, l. VII.) au siege de Méthone de Thrace, qu’Aster dont Philippe avoit refusé les services, lui tira une fleche de la place ; & sur cette fleche, pour signe de sa vengeance, il avoit écrit : à l’œil droit de Philippe ; cette fleche creva effectivement l’œil droit de ce prince. Le siege fut long, & la résistance opiniâtre ; mais la ville se rendit finalement à discrétion. Philippe doublement irrité la ruina de fond en comble, ne permit aux soldats que d’emporter leurs habits, & distribua les terres à ses troupes. (D. J.) | [] | [] |
v10-1199-0 | MÉTHYDRE | MÉTHYDRE, (Géog. anc.) μεθυδριον, Methidrium ; ville du Péloponnese en Arabie, ainsi nommée à cause de sa situation entre deux rivieres, dont l’une s’appelloit Maloeta, & l’autre Mylaon. Orchomene, qui en fut le fondateur, la bâtit sur une éminence. Il y avoit proche de cette ville un temple de Neptune équestre, & une montagne qu’on surnommoit Thaumasie, c’est-à-dire miraculeuse. On prétendoit que c’étoit-là que Cybele, enceinte de Jupiter, trompa Saturne, en lui donnant une pierre au-lieu de l’enfant qu’elle mit au monde. On y montroit aussi la caverne de cette déesse, où personne ne pouvoit entrer que les seules femmes consacrées à son culte. Méthydre n’étoit plus qu’un village du tems de Pausanias, & il appartenoit auxMagalopolitains. Polybe, Thucydide, Xénophon & Etienne le géographe en font mention. (D. J.) | [] | [] |
v10-120-1 | Manille | Manille, (Géogr.) ville forte des Indes, capitale de l’île de Luçon, & la seule ville de cette île, avec un bon château, un havre magnifique, & un archevêché. On y jouit presque toujours d’un équinoxe perpétuel, car la longueur des jours ne differe pas de celle des nuits d’une heure pendant toute l’année, mais la chaleur y est excessive.
Cette ville, qui appartient aux Espagnols, est située au pié d’une file de montagnes sur le bord oriental de la baie de Luçon. Les maisons y sont presque toutes de bois, à cause des tremblemens de terre. On y compte environ trois mille habitans, tous nés de l’union d’espagnols, d’indiens, de chinois, de malabares, de noirs & d’autres.
Les femmes de distinction s’habillent à l’espagnole, & elles sont rares ; toutes les autres n’ont pas besoin de tailleurs : elles s’attachent de la ceinture en bas un morceau de toile peinte qui leur sert de jupe, tandis qu’un morceau de la même toile leur sert de manteau. La grande chaleur du pays les dispense de porter des bas & des souliers.
On permet aux Portugais de négocier à Manille, mais les Chinois y font la plus grande partie du commerce. Long. selon Lieutaud, 137. 51′. 30″. latit. 14. 30. Selon les Espagnols long. 138. 59′. 45″. lat. 14. 16. | [
[
"multsrc"
],
[
"14 30' N 137 51' 30\" E"
],
[
"14 16' N 138 59' 45\" E"
]
] | [] |
v10-120-2 | Manille, île | Manille, île, (Géog.) voyez Luçon. | [] | [] |
v10-120-3 | Manilles, îles | Manilles, îles, (Géogr.) voyez Philippines. | [] | [] |
v10-1200-0 | MÉTHYMNE | MÉTHYMNE, (Géog. anc.) en latin Methymnus ; ville de la partie occidentale de l’île de Lesbos, sur la lisiere du nord, vis-à-vis le promontorium lectum, aujourd’hui le cap Babourou ; Ptolomée, lib. V. c. ij. la place entre le promontoire Argenum & la ville Antissa. Elle étoit célébre par la bonté de ses vignobles, uvâ methymnæâ, palmite methymnæo, comme disent Horace & Virgile. Elle l’étoit encore par la naissance d’Arion poëte lyrique qui fleurissoit vers la 38e. olympiade. La fable assure qu’ayant été jetté dans la mer, il fut sauvé par un dauphin, qui le porta sur son dos jusqu’au cap de Ténare près de Lacédémone.
Méthymne subsistoit du tems de Pline, mais à présent on ne voit plus que ses ruines dans l’île de Mételin : & Strabon a si bien décrit la situation de toutes les anciennes villes de l’île de Lesbos, qu’on découvre aisément les endroits qu’elles occupoient, en parcourant le pays son livre à la main.
J’oubliois de dire que nous avons encore des médailles grecques qui ont été frappées à Méthymne ; & qu’il y avoit du tems de Pausanias entr’autres statues de Poëtes & de Musiciens célébres, celle d’Arion le méthymnéen, assis sur un dauphin. J’ajoute enfin que cette ville avoit pris son nom de Methymna, qui étoit une fille de Macaris. (D. J) | [] | [] |
v10-1203-0 | METIOSEDUM | METIOSEDUM, (Géog. anc.) lieu de la Gaule celtique, voisin de Paris, dont il est parlé dans César, lib. VII. de bello Gallico. Labinus général de l’armée romaine, voulant s’emparer de Paris, conduisit les troupes qu’il avoit à Metiosedum, vers cette ville en descendant la riviere, secundo flumine transducit. Ceux qui mettent Metiosedum au dessous de Paris, se persuadent que c’étoit Meudon ; d’autres imaginent que c’est Melun ; mais M. le Bœuf, par ses observations sur le Metiosedum de César, a prouvé l’erreur de ces deux opinions, sans oser décider quel est le lieu au-dessus de Paris appellé Métiosedum. Il incline seulement à croire que ce pourroit être Juvisy, Josedum, mot qui semble avoir été abrégé de Metiosedum. (D. J.) | [] | [] |
v10-1208-0 | METLING, ou MOTTLING | METLING, ou MOTTLING, (Géog.) ville forte, & château d’Allemagne dans la Carniole, sur le Kulp. Quelques géographes croient que c’est la Meclaria des anciens. Longit. 33. 35. latit. 45. 58. | [
[
"45 58' N 33 35' E"
]
] | [] |
v10-121-0 | MANIMI | MANIMI, (Géog. anc.) ancien peuple de la Germanie, selon Tacite, qui le regarde comme faisant partie de la nation des Lygiens, sans nous en marquer le pays ; mais les modernes se sont égayés à lui en chercher un dans la basse Autriche & ailleurs. (D. J.) | [] | [] |
v10-1215-0 | MÉTOPON | MÉTOPON, (Géog. anc.) promontoire au voisinage de Constantinople. Il est près de Péra : on le nomme aujourd’hui Acra spandonina. (D. J.) | [] | [] |
Subsets and Splits
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