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v10-1223-0
METRO, le
METRO, le, (Géogr.)​ riviere d’Italie, dans la Marche d’Ancone. Elle a sa source dans l’Apennin, prend son cours d’occident en orient, & va se jetter dans la mer Adriatique, auprès de Fano, c’est le metaurus de Pline, liv. III. ch. xiv. (D. J.)​
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v10-123-0
MANIOLÆ
MANIOLÆ, (Géog. anc.)​ îles de l’Océan oriental. Ptolomée qui les nomme ainsi, n’en parle que sur une tradition obscure & pleine d’erreurs ; cependant il rencontre assez bien en mettant leur longitude à 142 degrés. Ce sont les îles Manilles ou Philippines des modernes. (D. J.)​
[ [ "142 E" ] ]
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v10-1232-0
MÉTROPOLIS
MÉTROPOLIS, (Géogr. anc.)​ les Géographes nomment douze à treize villes de ce nom ; savoir, deux en Phrygie, deux en Thessalie, une en Lydie, une en Isaurie, une en Acarnanie, une en Doride, une dans le Pont, une dans la Sarmatie européenne, une en Scythie, une en Eubée, & finalement une en Ionie. M. Spon cite deux médailles contorniates de cette derniere, sur lesquelles il s’est persuadé de trouver Solon. L’imagination des Antiquaires est très-féconde ; ne les privons point du seul plaisir qui leur reste.
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v10-1233-0
MÉTROVISA ou MITROVITZ
MÉTROVISA ou MITROVITZ, (Géog.)​ ville de Hongrie sur la Save, au comté de Sirmium, entre Rastha vers le midi & Krsatz vers l’orient. On voit dans ce lieu, selon M. le comte de Marsilly, beaucoup de monumens d’antiquité ; ce qui le porte à croire que les Romains y avoient envoyé une grande colonie, & que c’étoit peut-être dans cet endroit qu’étoit bâtie la célebre métropole, nommée Sirmium. (D. J.)​
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v10-1235-0
METS
METS, (Géog.)​ ancienne & forte ville de France, capitale du pays Messin, avec une citadelle, un parlement & un évêché suffragant de Treves. Son nom latin est Divodurus, Divodurum Mediomatricorum, civitas Mediomatricorum, comme il paroît par Tacite, par Ptolomée, par la table de Peutinger, & par l’itinéraire d’Antonin. Peut-être que les sources des fontaines que cette ville a dans ses fossés, ont occasionné le nom de Divodurum, qui veut dire, eau de fontaine ; du moins, selon M. de Valois, diu en langue gauloise est une fontaine, & dur signifie de l’eau. Quoi qu’il en soit, dans le quatrieme siecle, cette ville commença à prendre le nom du peuple Médiomatrici, & ce nom fut adopté par les écrivains jusqu’à l’onzieme siecle. Néanmoins dès le commencement du cinquieme, le nom du peuple Médiomatrices & le nom de la ville furent changés en celui de Metis ou Metæ, dont l’origine est inconnue. Mets étoit illustre sous l’empire romain ; car Tacite, (Hist. liv. IV.) lui donne le titre de socia civitas, ville alliée, & Ammian Marcellin l’estimoit plus que Treves sa métropole. En effet, Mets est une des premieres villes des Gaules qui déposant son ancienne barbarie, se soit policée à la maniere des Romains, & d’après leur exemple. Elle se signala par de magnifiques ouvrages, & donna à ses rues les mêmes noms que portoient les rues de Rome les plus fréquentées, comme nous l’apprenons des inscriptions du pays. Elle avoit un amphithéâtre, ainsi qu’un beau palais dont parle Grégoire de Tours, & qui a servi dans la suite de demeure aux rois d’Austrasie pendant environ 170 ans. Elle fit construire ce bel aqueduc, dont les arches traversant la Moselle, s’élevoient plus de cent piés au-dessus du courant de la riviere, ouvrage presque égal à ce qui s’étoit jamais fait de plus magnifique en Italie dans ce genre. Mais cette ville, après avoir été très-florissante, fut entierement ruinée par les Huns lorsqu’ils envahirent les Gaules sous Attila. Les Francs, sous Childeric, s’emparerent des pays de Mets & de Treves, & y dominoient du tems de Sidonius Apollinaris. Clovis en resta le maître, ainsi que des pays voisins. Elle continua d’être le siege des rois de la France orientale ou d’Austrasie, & devint encore plus considérable que sous les Romains, parce que ces rois d’Austrasie étendoient leur domination jusqu’en Saxe & en Pannonie. Les habitans​ de Mets les reconnurent pour leurs maîtres. Après eux, ils agréerent pour souverains les empereurs allemands, qui conquirent le royaume d’Austrasie. Il est vrai que les évêques & les comtes qui étoient gouverneurs héréditaires de Mets y eurent beaucoup d’autorité, mais les empereurs seuls jouissoient du suprème domaine. Si les prélats de cette ville y battoient monnoie, ce droit leur étoit commun avec d’autres évêques & avec plusieurs abbés en France, qui pour cela ne prétendoient pas être souverains. Enfin il est constant que sous Charles-Quint Mets étoit une ville impériale libre, qui ne reconnoissoit pour chef que l’empereur. Les choses étoient en cet état l’an 1552, lorsqu’Henri II. par brigue & par adresse s’empara de Mets & s’en établit le protecteur. Charles-Quint assiégea bientôt cette ville avec une puissante armée, mais il fut contraint d’en lever le siege par la défense vigoureuse du duc de Guise. Cependant les évêques de Mets admirent la souveraineté des empereurs, reçurent d’eux les investitures, & leur rendirent la foi & hommage. Cet arrangement subsista jusqu’à l’an 1633, que Louis XIII. se déclara seigneur souverain de Mets, Toul & Verdun, & du temporel des trois évêchés, ce qui fut confirmé par le traité de Westphalie en 1648. On ne reserva que le droit métropolitain sur ces évêchés à l’archevêque de Treves, électeur de l’empire. Il faut observer qu’il y a 200 ans que Mets étoit trois fois plus grande qu’elle n’est aujourd’hui. Elle ne contient guere actuellement que 20 mille ames. Son évêché subsiste depuis le commencement du iv. siecle, & c’est un des plus considérables qui soient à la nomination du roi. L’évêque prend le titre de prince du saint empire, & jouit de 90 mille livres de rente ; son diocese contient environ 620 paroisses. Mets est la seule ville du royaume où les Juifs ayent une synagogue, & où ils soient soufferts ouvertement. On eut bien de la peine en 1565 à accorder cette derniere grace, comme on s’exprimoit alors, à deux seules familles juives ; mais le besoin a engagé d’étendre insensiblement la tolérance, ensorte qu’en 1698 on comptoit dans Mets 300 familles juives, dont l’établissement confirmé par Louis XIV. a produit de grands avantages au pays. C’est assez de remarquer, pour le prouver, que pendant la guerre de 1700, les Juifs de Mets ont remonté la cavalerie de chevaux, & ont fait naître en ce genre un commerce de plus de 100 mille écus de bénéfice par an à l’état. Il falloit donc, en tolérant les Juifs, n’y point joindre de clause infamante qui éloignât les principaux d’entr’eux de se refugier à Mets ; telle est la condition qu’on leur a imposée de porter des chapeaux jaunes, pour les distinguer odieusement ; condition inutile à la police, contraire à la bonne politique, & qui, pour tout dire, tient encore de la barbarie de nos ayeux. Les appointemens du gouverneur de Mets sont de 24 mille livres par an, les revenus de la ville de 100 mille, & sa dépense fixe de 50 mille. Le pays se régit par une coutume particuliere, qu’on nomme la coûtume de Mets ; & ce qui est fort singulier, c’est que cette coûtume n’a jamais été ni rédigée, ni vérifiée. Mets est située entre Toul, Verdun & Treves, au confluent de la Moselle & de la Seille, à 10 lieues de Toul, autant de Nancy N. O. 12 S. de Luxembourg, 13 E. de Verdun, 19 S. O. de Treves, 72 N. E. de Paris. Long. selon Cassini, 23. 42′. 45″. lat. 49. 7. 7. Les citoyens de cette ville ne se sont pas extrèmement distingués dans les sciences ; cependant Ancil-​lon, Duchat, Ferri & Foés les ont cultivés avec honneur. Ancillon (David) & son fils Charles, mort à Berlin en 1727, ont eu tous deux de la réputation en Belles-Lettres. Duchat (Jacob le) a fait voir dans ses écrits beaucoup de connoissance de nos anciens usages & des vieux termes de notre langue ; on lui doit la meilleure édition de Rabelais. Il est mort à Berlin en 1735, à 78 ans. Ferri (Paul), en latin Ferrius, fit à 20 ans un Catéchisme de réformation, auquel le célebre Bossuet crut devoir répondre. Ferri étoit l’homme le plus disert de sa province ; la beauté de sa taille, de son visage & de ses gestes relevoient encore son éloquence. Il est mort de la pierre en 1669, & on lui trouva plus de 80 pierres dans la vessie. Foés, en latin Foesius (Anutius), décédé en 1596 à 68 ans, est un des grands Littérateurs qu’ait eu l’Europe en fait de médecine greque. Les Médecins lui doivent la meilleure interprétation qu’ils ayent en latin des œuvres d’Hippocrate, dont la bonne édition parut à Geneve en 1657, in-fol. (D. J.)​
[ [ "49 7' 7\" N 23 42' 45\" E" ] ]
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v10-1241-0
MEVANIA
MEVANIA, (Géog. anc.)​ ville d’Italie dans l’Umbrie. Ptolomée, liv. III. ch. j. la donne aux Vilumbres qui habitoient la partie orientale de l’Umbrie : ses habitans sont appellés Mévénates par Pline. Cette ville étoit renommée par la quantité de bêtes à cornes blanches, qu’on y élevoit pour les sacrifices, & c’est ce que prouve ce vers de Lucain : Tauriferis ubi sese Mevania campis Explicat, liv. I. v. 473.
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v10-1242-0
MÉVAT
MÉVAT, (Géog.)​ province des Indes, dans les états du grand-mogol.
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v10-1244-0
MEUDON
MEUDON, (Géogr.)​ en latin Medo dans les anciens titres ; maison royale de France sur un côteau qui s’éleve dans une plaine aux bords de la Seine, à deux lieues de Paris. Nicolas Sanson, M. Chatelain, M. de Valois, Cellarius, Wesseling, & M. de la Martiniere, se sont tous trompés en prenant Meudon pour le Metiosedum dont parle César au VII. liv. de la guerre des Gaules. Voyez Metiosedum. (D. J.)​
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v10-1246-0
MEULAN, Mellentum, ou Medlintum
MEULAN, Mellentum, ou Medlintum, (Géogr.)​ petite ville de l’Isle de France, bâtie en forme d’amphithéâtre sur la Seine. C’est une ville ancienne, puisque dans les premiers siecles de la monarchie elle a été le partage d’un fils de France, que l’on nommoit le comte Galeran de Meulan. Elle est régie conjointement avec Mantes par une même coutume particuliere, qui fut rédigée en 1556. Sa situation est à 3 lieues de Mantes & de Poissy, & à 8 au-dessous de Paris. Long. 19. 32. lat. 49. 1. (D. J.)​
[ [ "49 1' N 19 32' E" ] ]
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v10-1252-0
MEURTE
MEURTE, (Géogr.)​ riviere de Lorraine. Elle prend sa source dans les montagnes de Vôges, aux frontieres de la haute Alsace ; elle se jette dans la Moselle, trois lieues au-dessus de Pont-à-Mousson. (D. J.)​
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v10-1257-0
MEUSE, la
MEUSE, la (Géogr.)​ en latin Masa ; voyez ce mot : grande riviere qui prend sa source en France, dans la Champagne, au Bassigny, auprès du village de Meuse ; son cours est d’environ cent vingt lieues. Elle passe dans les évêchés de Toul & de Verdun, par la Champagne, le Luxembourg & le comté de Namur ; ensuite après avoir arrosé l’évêché de Liege, une partie des Pays-Bas Autrichiens & des Provinces-Unies, & avoir reçu le Wahal au-dessous de l’île de Bommel, elle prend le nom de Méruwe, & se perd dans l’Océan entre la Brille & Gravesend. Elle est très-poissonneuse. Un physicien a remarqué qu’elle s’enfle ordinairement la nuit d’un de mi-pié plus que le jour, si le vent ne s’y oppose ; mais c’est un fait qu’il faudroit bien constater avant que d’en chercher la cause. On nomme vieille Meuse, le bras de la Meuse qui se sépare de l’autre à Dordrecht, & s’y rejoint ensuite vis-à-vis de Vlaerdingen. Le maréchal de Vauban avoit projetté de faire un canal pour joindre la Moselle à la Meuse, par le moyen d’un ruisseau qui​ tombe dans la Moselle à Toul, & d’un autre qui se perd dans la Meuse au-dessous de Pagny ; il croyoit ce projet également utile & facile à exécuter. Mais exécute-t-on les meilleurs projets ! (D. J.)​
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v10-1259-0
MÉWARI
MÉWARI, (Géog.)​ ville considérable du Japon, dans l’île de Niphon, avec un palais, où l’empereur séculier fait quelquefois son séjour. Elle est sur une colline, au pié de laquelle il y a de vastes campagnes, semées de blé & de ris, entrecoupées de vergers pleins de pruniers. Cette ville a quantité de tours, & de temples somptueux. (D. J.)​
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v10-1260-0
MEWIS ou NEWIS
MEWIS ou NEWIS, (Géog.)​ petite île de l’Amérique septentrionale, & l’une des Antilles, peu loin de S. Christophle. Elle n’a que 16 milles de circuit, & produit abondamment tout ce qui est avantageux à l’entretien des habitans, sucre, coton, gingembre, tabac, &c. Les Anglois en sont les possesseurs depuis 1628, & y ont bâti un fort pour la mettre en sureté. Long. 315, lat, nord 17, 19. (D. J.)​
[ [ "17 19' N 315 E" ] ]
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v10-1261-0
MEXAT-ALI
MEXAT-ALI, (Géog.)​ ville de Perse, dans l’Irac-rabi, ou l’Irac propre. Elle est renommée par la riche mosquée d’Aly, où les Persans vont en pélerinage de toutes parts. Cette ville néanmoins tombe tous les jours en ruine ; elle est entre l’Euphrate & le lac de Rehemat, à 18 lieues de Bagdat. Long. 62, 32, lat. 31, 40. (D. J.)​
[ [ "31 40' N 62 32' E" ] ]
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v10-1262-0
MEXAT-OCEM ou RERBESA
MEXAT-OCEM ou RERBESA, (Géog.)​ ville de Perse, dans l’Irac-Rabi. Elle prend son nom d’une mosquée dédiée à Ocem, fils d’Aly. Elle est dans un terroir fertile, sur l’Euphrate. Long. 62. 40. lat. 32. 20. (D. J.)​
[ [ "32 20' N 62 40' E" ] ]
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v10-1264-0
MEXICO, ville de
MEXICO, ville de (Géog.)​ autrement ville de Mexique ; ville de l’Amérique septentrionale, la plus considérable du Nouveau-Monde, capitale de la Nouvelle-Espagne, avec un archevêché érigé en​1547, une audiance royale, une université, si l’on peut nommer de ce nom les écoles de l’Amérique espagnole. Elle fut la capitale de l’empire du Mexique jusqu’au 13 Août 1521, que Cortez la prit pour toujours, & que finit ce fameux empire. Voyons ce qu’elle étoit alors, avant que de parler de son état actuel. Cette ville, fondée au milieu d’un grand lac, offroit aux yeux le plus beau monument de l’industrie américaine. Elle communiquoit à la terre par ses digues ou chaussées principales, ouvrages somptueux, qui ne servoient pas moins à l’ornement qu’à la nécessité. Les rues étoient fort larges, coupées par quantité de ponts, & paroissoient tirées au cordeau. On voyoit dans la ville les canots sans nombre naviger de toutes parts pour les besoins, & le commerce. On voyoit à Mexico les maisons spacieuses & commodes construites de pierres, huit grands temples qui s’élevoient au-dessus des autres édifices, des places, des marchés, des boutiques qui brilloient d’ouvrages d’or & d’argent sculptés, de vaisselle de terre vernissée, d’étoffes de coton, & de tissus de plumes, qui formoient des desseins éclatans par les plus vives couleurs. L’achat & la vente se faisoient par échange ; chacun donnoit ce qu’il avoit de trop, pour avoir ce qui lui manquoit. Le maïs & le cacao servoient seulement de monnoie pour les choses de moindre valeur. Il y avoit une maison où les juges de commerce tenoient leur tribunal, pour regler les différends entre les négocians : d’autres ministres inférieurs alloient dans les marchés, maintenir par leur présence, l’égalité dans les traités. Plusieurs palais de l’empereur Montézuma augmentoient la somptuosité de la ville. Un d’eux s’élevoit sur des colonnes de jaspe, & étoit destiné à récréer la vûe par divers étangs couverts d’oiseaux de mer & de riviere, les plus admirables par leurs plumages. Un autre étoit décoré d’une ménagerie pour les oiseaux de proie. Un troisieme étoit rempli d’armes offensives & défensives, arcs, fleches, frondes, épées avec des trenchans de cailloux, enchâssés dans des manches de bois, &c. Un quatrieme étoit consacré à l’entretien & nourriture des nains, des bossus, & autres personnes contrefaites ou estropiées des deux sexes & de tout âge. Un cinquieme étoit entouré de grands jardins, où l’on ne cultivoit que des plantes médecinales, que des intendans distribuoient gratuitement aux malades. Des médecins rendoient compte au roi de leurs effets, & en tenoient régistre à leur maniere, sans avoir l’usage de l’écriture. Les autres especes de magnificence ne marquent que le progrès des arts ; ces deux dernieres marquent le progrès de la morale, comme dit M. de Voltaire. Cortez, après sa conquête, réfléchissant sur les avantages & la commodité de la situation de Mexico, la partagea entre les conquérans, & la fit rebâtir ; après avoir marqué les places pour l’hôtel-de-ville, & pour les autres édifices publics. Il sépara la demeure des Espagnols d’avec celle du reste des Indiens, promit à tous ceux qui voudroient y venir demeurer, des emplacemens & des privileges, & donna une rue entiere au fils de Montézuma, pour gagner l’affection des Mexicains. Les descendans de ce fameux empereur subsistent encore dans cette ville, & sont de simples gentilhommes chrétiens, confondus parmi la foule. Mexico est actuellement située dans une vaste plaine d’eau, environnée d’un cercle de montagnes d’environ 40 lieues de tour. Dans la saison des pluies, qui commencent vers le mois de Mai, on ne peut entrer dans cette ville que par trois chaussées, dont​ la plus petite a une grande demi-lieue de longueur ; les deux autres sont d’une lieue & d’une lieue & demie ; mais dans les tems de sécheresse, le lac au milieu duquel la ville est située, diminue considérablement. Les Espagnols se sont efforcés de faire écouler les eaux à-travers les montagnes voisines ; mais après des travaux immenses, exécutés aux dépens des jours des malheureux Mexicains, ils n’ont réussi qu’en partie dans l’exécution de ce projet ; néanmoins ils ont remédié par leurs ouvrages aux inondations, dont cette ville étoit souvent menacée. Elle est actuellement bâtie régulierement, & traversée de quelques canaux, lesquels se remplissent des eaux qui viennent du lac. Les maisons y sont basses, à cause des fréquens tremblemens de terre ; les rues sont larges, & les églises très-belles. Il y a un très-grand nombre de couvents. On comptoit au moins trois cent mille ames dans Mexico sous le regne de Montézuma ; on n’en trouveroit pas aujourd’hui soixante mille, parmi lesquels il y a au plus dix mille blancs ; le reste des habitans est composé d’Indiens, de nègres d’Afrique, de mulâtres, de métis, & d’autres, qui descendent du mélange de ces diverses nations entre elles, & avec les Européens ; ce qui a formé des habitans de toutes nuances de couleurs, depuis le blanc jusqu’au noir. C’est cependant une ville très-riche pour le commerce, parce que par la mer du nord une vingtaine de gros vaisseaux abordent tous les ans à S. Jean de Mhua, qu’on nomme aujourd’hui la Vera-Crux, chargés de marchandises de la chrétienté, qu’on transporte ensuite par terre à Mexico. Par la mer du sud, elle trafique au Pérou & aux Indes orientales au moyen de l’entrepôt des Philippines, d’où il revient tous les ans deux galions à Acapulco, où l’on décharge les marchandises, pour les conduire par terre à Mexique. Enfin, si l’on considere la quantité d’argent qu’on apporte des mines dans cette ville, la magnificence des édifices sacrés, le grand nombre de carrosses qui roulent dans les rues, les richesses immenses de plusieurs Espagnols qui y demeurent, l’on pensera qu’elle doit être une ville prodigieusement opulente : mais d’un autre côté, quand on voit que les Indiens qui font les quatre cinquiemes des habitans, sont si mal vétus, qu’ils vont sans linge & nuds piés, on a bien de la peine à se persuader que cette ville soit effectivement si riche. Elle est située à 22 lieues de la Puébla, 75 d’Acapulco, & à 80 de la Vera-Crux. Long. selon le P. Feuillée & des Places, 272 deg. 21 min. 30 sec. lat. 20. 10. Long. selon Cassini & Lieutaud, 273. 51. 30. lat. 20. Long. selon M. de Lisle, 275. 15. lat. 20. 10. (D. J.)​
[ [ "multsrc" ], [ "20 10' N 272 21' 30\" E" ], [ "20 N 273 51' 30\" E" ], [ "20 10' N 275 15' E" ] ]
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v10-1265-0
MEXIQUE, l’empire du
MEXIQUE, l’empire du (Géog.)​ vaste contrée de l’Amérique septentrionale, soumise aux rois du Mexique, avant que Fernand Cortez en eût fait la conquête. Lorsqu’il aborda dans le Mexique, cet empire étoit au plus haut point de sa grandeur. Toutes les provinces qui avoient été découvertes jusqu’alors dans l’Amérique septentrionale, étoient gouvernées par les ministres du roi du Méxique, ou par des caciques qui lui payoient tribut. L’étendue de sa monarchie de levant au couchant étoit au moins de 500 lieues ; & sa largeur du midi au septentrion contenoit jusqu’à près de 100 lieues dans quelques endroits. Le pays étoit par-tout fort peuplé, riche & abondant en commodités. La mer Atlantique, que l’on appelle maintenant la mer du Nord, & qui lave ce long espace du côté étendu depuis Penuco jusqu’à Yucatan, bornoit l’empire du côté du septentrion. L’Océan, que l’on nomme asiatique, ou plus communément mer du Sud, le​bornoit au couchant, depuis le cap Mindoisin, jusqu’aux extrémités de la nouvelle Galice. Le côté du sud occupoit cette vaste côte, qui court au long de la mer du Sud, depuis Acapulco jusqu’à Guatimala ; le côté du nord s’étendoit jusqu’à Panuco, en y comprennant cette province. Tout cela étoit l’ouvrage de deux siecles. Le premier chef des Mexiquains, qui vivoient d’abord en république, fut un homme très-habile & très-brave ; & depuis ce tems-là, ils élurent, & déférerent l’autorité souveraine à celui qui passoit pour le plus vaillant. Les richesses de l’empereur étoient si considérables, qu’elles suffisoient non-seulement à entretenir les délices de sa cour, mais des armées nombreuses pour couvrir les frontieres. Les mines d’or & d’argent, les salines, & autres droits, lui produisoient des revenus immenses. Un grand ordre dans les finances maintenoit la prospérité de cet empire. Il y avoit différens tribunaux pour rendre la justice, & même des juges des affaires de commerce. La police étoit sage & humaine, excepté dans la coutume barbare (& autrefois répandue chez tant de peuples) d’immoler des prisonniers de guerre à l’idole Vitztzilipuzli, qu’ils regardoient pour le souverain des dieux. L’éducation de la jeunesse formoit un des principaux objets du gouvernement. Il y avoit dans l’empire des écoles publiques établies pour l’un & l’autre sexe. Nous admirons encore les anciens Egyptiens, d’avoir connu que l’année est d’environ 365 jours ; les Mexiquains avoient poussé jusques-là leur astronomie. Tel étoit l’état du Mexique lorsque Fernand Cortez, en 1519, simple lieutenant de Vélasquez, gouverneur de l’ile de Cuba, partit de cette île avec son agrément, suivi de 600 hommes, une vingtaine de chevaux, quelques pieces de campagne, & subjuga tout ce puissant pays. D’abord Cortez est assez heureux pour trouver un espagnol, qui, ayant été neuf ans prisonnier à Yucatan, sait le chemin du Mexique, lui sert de guide & de truchement. Une américaine, qu’il nomme dona Marina, devient à-la-fois sa maîtresse & son conseil, & apprend bientôt assez d’espagnol, pour être aussi une interprete utile. Pour comble de bonheur, on trouve un volcan plein de souphre & de salpètre, qui sert à renouveller au besoin la poudre qu’on consommeroit dans les combats. Cortez avance devant le golphe du Mexique, tantôt caressant les naturels du pays, & tantôt faisant la guerre. La puissante république de Tlascala se joint à lui, & lui donne six mille hommes de ses troupes, qui l’accompagnent dans son expédition. Il entre dans l’empire du Mexique, malgré les défenses du souverain, qu’on nommoit Montezuma : « Mais ces animaux guerriers sur qui les principaux Espagnols étoient montés, ce tonnerre artificiel qui se formoit dans leurs mains, ces châteaux de bois qui les avoient apportés sur l’Océan, ce fer dont ils étoient couverts, leurs marches comptées par des victoires ; tant de sujets d’admiration, joints à cette foiblesse qui porte le peuple à admirer ; tout cela fit que quand Cortez arriva dans la ville de Mexico, il fut reçu de Montézuma comme son maître, & par les habitans, comme leur dieu. On se mettoit à genoux dans les rues, quand un valet espagnol passoit. » Cependant, peu-à-peu, la cour de Montezuma s’apprivoisant avec leurs hôtes, ne les regarda plus que comme des hommes. L’empereur ayant appris qu’une nouvelle troupe d’Espagnols étoit sur le chemin du Mexique, la fit attaquer en secret par un de ses généraux, qui par malheur fut battu. Alors Cortez, suivi d’une escorte espagnole, & accompagné​ de sa dona Marina, se rend au palais du roi. Il emploie tout ensemble la persuasion & la menace, emmene à son quartier l’empereur prisonnier, & l’engage de se reconnoitre publiquement vassal de Charles-Quint. Montézuma, & les principaux de la nation, donnent pour tribut attaché à leur hommage, six cent mille marcs d’or pur, avec une incroyable quantité de pierreries, d’ouvrages d’or, & tout ce que l’industrie de plusieurs siecles avoit fabriqué de plus rare dans cette contrée. Cortez en mit à part le cinquieme pour son maître, prit un cinquieme pour lui, & distribua le reste à ses soldats. Ce n’est pas là le plus grand prodige ; il est bien plus singulier que les conquérans de ce nouveau monde, se déchirant eux-mêmes, les conquêtes n’en souffrirent pas. Jamais le vrai ne fut moins vraissemblable. Velasquez offensé de la gloire de Cortez, envoye un corps de mille Espagnols avec deux pieces de canon pour le prendre prisonnier, & suivre le cours de ses victoires. Cortez laisse cent hommes pour garder l’empereur dans sa capitale, & marche, suivi du reste de ses gens, contre ses compatriotes. Il défait les premiers qui l’attaquent, & gagne les autres, qui, sous ses étendards, retournent avec lui dans la ville de Mexico. Il trouve à son arrivée cent mille Américains en armes contre les cent hommes qu’il avoit commis à la garde de Montézuma, lesquels cent hommes, sous prétexte d’une conspiration, avoient pris le tems d’une fête pour égorger deux mille des principaux seigneurs, plongés dans l’ivresse de leurs liqueurs fortes, & les avoient dépouillés de tous les ornemens d’or & de pierreries dont ils s’étoient parés. Montézuma mourut dans cette conjoncture ; mais les Mexicains animés du desir de la vengeance, élurent en sa place Quahutimoc, que nous appellons Gatimozin, dont la destinée fut encore plus funeste que celle de son prédécesseur. Le désespoir & la haine précipitoient les Mexicains contre ces mêmes hommes, qu’ils n’osoient auparavant regarder qu’à genoux ; Cortez se vit forcé de quitter la ville de Mexico, pour n’y être pas affamé. Les Indiens avoient rompu les chaussées, & les Espagnols firent des ponts avec les corps des ennemis qui les poursuivoient. Mais dans leur retraite sanglante, ils perdirent tous les trésors immenses qu’ils avoient ravis pour Charles-Quint, & pour eux. Cortez n’osant s’écarter de la capitale, fit construite des bâtimens, afin d’y rentrer par le lac. Ces brigantins renverserent les milliers de canots chargés de Mexicains qui couvroient le lac, & qui voulurent vainement s’opposer à leur passage. Enfin, au milieu de ces combats, les Espagnols prirent Gatimozin, & par ce coup funeste aux Mexiquains, jetterent la consternation & l’abattement dans tout l’empire du Mexique. C’est ce Gatimozin si fameux par les paroles qu’il prononça, lorsqu’un receveur des trésors du roi d’Espagne le fit mettre sur des charbons ardens, pour savoir en quel endroit du lac il avoit jetté toutes ses richesses. Son grand-prêtre condamné au même supplice, poussoit les cris les plus douloureux, Gatimozin lui dit sans s’émouvoir : « Et moi suis-je sur un lit de roses ?» Ainsi Cortez se vit, en 1521, maître de la ville de Mexique, avec laquelle le reste de l’empire tomba sons la domination espagnole, ainsi que la Castille d’or, le Darien, & toutes les contrées voisines. L’empire du Mexique se nomme aujourd’hui la nouvelle Espagne. Ce fut Jean de Grijalva, natif de Cuellar en Espagne, qui découvrit le premier cette vaste région, en 1518, & l’appella nouvelle Espagne. Vélazquez, dont j’ai parlé, lui en avoit donné la commission, en lui défendant d’y faire aucun éta-​blissement. Cette défense les ayant brouillés, Cortez fut chargé de la conquête, & ne tarda pas à faire repentir Vélasquez de son choix. Ce grand pays est borné au nord par le nouveau Mexique, à l’orient par le golfe du Mexique, & par la mer du Nord, au midi par l’Amérique méridionale, & par la mer du Sud, & à l’occident encore par la mer du Sud. Cette contrée est divisée en 23 gouvernemens, qui dépendent tous du viceroi du Mexique, dont la résidence est dans la ville de Mexico, de sorte qu’il a plus de 400 lieues de pays sous ses ordres. Le roi d’Espagne lui donne cent mille ducats d’appointemens, à prendre sur les deniers de l’épargne, outre son casuel, qui n’est guere moins considerable, si l’avarice s’en mêle. L’exercice de sa viceroyauté est ordinairement de cinq ans. Voilà toute l’histoire de l’empire du Mexique ; mais je ne conseille à personne de se former l’idée de la conquête qu’en firent les Espagnols, sur les mémoires d’Antonio de Solis. (D. J.)​
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v10-1265-1
Mexique, province de
Mexique, province de, (Géog.)​ province principale de l’Amérique septentrionale dans l’empire du Mexique ou la nouvelle Espagne. Elle est bornée au nord par la province de Panuco, à l’orient par cette même province de Panuco, & par celle de Tlascala, au midi par la mer du Sud, & à l’occident par la province de Méchoacan. Les deux principaux lieux de cette province, en prenant du nord au midi, sont Mexico & Acapulco. Ce dernier est un bourg avec un port sûr, où les vaisseaux des Philippines abordent d’ordinaire vers les mois de Décembre & de Janvier, & en partent dans le mois de Mars. Il arrive souvent des tremblemens de terre dans ce bourg. (D. J.)​
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v10-1265-2
Mexique, le lac de
Mexique, le lac de, (Géog.)​ ou lac de Mexico. On donne ce nom à un grand lac du Mexique, dans lequel est bâtie la ville de Mexico. Ce lac est double ; l’un est formé par une eau douce, bonne, saine, & tranquille ; & l’autre a une eau salée, amere, avec flux & reflux, selon le vent qui souffle. Tout ce lac d’eau douce & salée peut avoir cinquante-deux lieues de circuit. Il y avoit autrefois environ quatre-vingt bourgs ou villes sur les bords de ce lac, & quelques-unes contenoient trois à quatre mille familles ; présentement il n’y a pas trente bourgs ou villages dans cette étendue de terrein ; & le plus grand bourg contient à peine quatre cent cabanes d’Espagnols ou d’Indiens. On prétend que la seule entreprise des travaux pénibles auxquels on occupe les Mexiquains, pour empêcher l’eau du lac d’inonder la ville de México, en a fait périr un million dans le dernier siecle : on ne peut épuiser le récit des différentes manieres dont les Espagnols se sont joué de la vie des Américains.
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v10-1265-3
Mexique, le golfe du
Mexique, le golfe du, (Géog.)​ grand espace de mer sur la côte orientale de l’Amérique septentrionale. Il a au nord la côte de la Floride & l’île de Cuba qui est à son embouchure, au midi la presque île d’Incostan & la nouvelle Espagne, & à l’occident la côte du Mexique, qui lui a donné son nom. M. Buache a mis au jour en 1730 une bonne carte du golfe du Mexique.
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v10-1265-4
Mexique, nouveau
Mexique, nouveau, (Géog.)​ grand pays de l’Amérique septentrionale, découvert en 1553 par Antoine Despejo, natif de Cordoue & qui étoit venu demeurer à Mexique. Ce pays est habité par des Sauvages. M. Delisle le place entre le 28 & 39 degré de latit. septentrionale ; il l’étend au nord jusqu’à Quivira, & à l’orient jusqu’à la Louisiane ; au midi, il lui donne pour bornes la nouvelle Espagne ; & à l’occident la mer de Californie.
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v10-1266-0
MEYEN, ou MEYN
MEYEN, ou MEYN, (Géog.)​ petite ville d’Al-​lemagne dans l’électorat de Trèves, sur la riviere de Nette, assez près de Montreal. Henri de Finstingen archevêque de Trèves bâtit cette place en 1280. On la nommoit anciennement Magniacum, & elle donnoit à la campagne voisine le nom de Meynfeld, en latin magniacensis ager. Ce petit pays qui s’appelloit auparavant Ripuaria, à cause des Ripuaires ou Ubiens qui habitoient entre le Rhin, la Meuse & la Moselle du tems des Francs, faisoit un duché particulier sous l’empereur Conrard le salique. (D. J.)​
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v10-1267-0
MEYENFELD
MEYENFELD, (Géog.)​ ville du pays des Grisons, dans la ligue des dix jurisdictions, chef-lieu de la cinquieme communauté. On l’appelle en latin Majævilla & Lupinum. Elle est sur le Rhin dans une campagne agréable & fertile, surtout en excellent vin, à six lieues N. E. de Coire. Longit. 27. 15. lat. 47. 10.
[ [ "47 10' N 27 15' E" ] ]
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v10-1268-0
MEYRAN, ou MEYAN
MEYRAN, ou MEYAN, (Géog.)​ cap de la mer Méditerranée sur la côte de Provence, environ sept à huit milles à l’est du cap Couronne. C’est une grosse pointe fort haute, & escarpée de toutes parts. Voyez Michelot, Portulan, de la Méditerranée. (D. J.)​
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v10-1271-0
MEZDAGA
MEZDAGA, (Géog.)​ ville d’Afrique dans la province de Curt, au royaume de Fez. Elle est ancienne, & bâtie au pié du mont Atlas : Ptolomée en met la long. à 10. 10. la lat. à 33. la latitude est assez juste, mais la longitude doit être à environ 13d. (D. J.)​
[ [ "multsrc" ], [ "33 N 10 10' E" ], [ "33 N 13 E" ] ]
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v10-1273-0
MEZERAY
MEZERAY, (Géog.)​ village de France dans la basse Normandie, entre Argentan & Falaise. Il n’est connu, & nous n’en parlons ici, que parce qu’il a donné le jour à François Eudes de Mezeray, qui s’est fait un grand nom par son histoire de France. Il publia le premier volume in-fol. en 1643, le second en 1646, & le troisieme en 1651. Ensuite il donna l’abregé de cette histoire en 1668, trois vol. in-4. Comme il mit dans cet abregé l’origine des impôts du royaume, avec des réfléxions, on lui supprima la pension de 4000 liv. dont il avoit été gratifié ; mais on n’a pas pu détruire le goût de préférence du public pour cet abregé. Mezeray fut reçu à l’Académie françoise en 1648, & mourut en 1683, à 73 ans. (D. J.)​
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v10-1275-0
MÉZIERES
MÉZIERES, en latin moderne Maceriæ, (Géog.)​ ville de France en Champagne, avec une citadelle. Mézieres appartenoit dans le x. siecle à l’église de Reims ; voyez l’abbé de Longuerue, & Baugier, Mém. hist. de Champagne. Une puissante armée de l’empereur Charles-Quint fut obligée d’en lever le siege en 1521, par la belle résistance du chevalier Bayard. Elle est bâtie en partie sur une colline, en partie dans un vallon, sur la Meuse, à 8 lieues de Rhétel, 5 N. E. de Sedan, 1 S. E. de Charleville, 51 N. E. de Paris. Long. 22d23′15″. lat. 59d44′47″.
[ [ "59 44' 47\" N 22 23' 15\" E" ] ]
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v10-1276-0
MÉZILLE
MÉZILLE, (Géog.)​ petite riviere de France ; elle a sa source dans le pays appellé Puisaye, au-dessus du bourg de Mézille, & se perd dans le Loin, auprès de Montargis. (D. J.)​
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v10-1277-0
MÉZUNE
MÉZUNE, (Géogr.)​ ancienne ville d’Afrique, dans la province de Ténex, au royaume de Trémecen, entre Ténex & Mostagan, à 12 milles de la Méditerranée. On y trouve encore de beaux vestiges des Romains, quoique les Arabes ayent ruiné cette ville, & contraint les habitans d’aller s’établir ailleurs. Ptolomée en parle sous le nom d’Opidoneum colonia, & lui donne de long. 16d. & de lat. 23. 40.
[ [ "23 40' N 16 E" ] ]
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v10-1282-0
MIA ou MIJAH
MIA ou MIJAH, (Géogr.)​ ville du Japon, dans la province d’Owari, sur la côte méridionale de l’île de Niphon, avec un palais fortifié, & regardé comme troisieme de l’empire. Long. 153. 55. lat 35.
[ [ "35 N 153 55' E" ] ]
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v10-1283-0
MIAFARKIN
MIAFARKIN, (Géog.)​ ville du Courdistan. Long. selon Petit de la Croix, 75. lat. 38. (D. J.)​​
[ [ "38 N 75 E" ] ]
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v10-1285-0
MIAO-FSES les
MIAO-FSES les, (Géog.)​ peuples répandus dans les provinces de Setchuen, de Kœittcheon, de Houquang, de Quangsi, & sur les frontieres de la province de Quangtong. Les Chinois, pour les contenir, ont bâti d’assez fortes places dans plusieurs endroits, avec une dépense incroyable. Ils sont sensés soumis lorsqu’ils se tiennent en repos ; & même s’ils font des actes d’hostilité, on se contente de les repousser dans leurs montagnes, sans entreprendre de les forcer : le vice-roi de la province a beau les citer de comparoître, ils ne font que ce que bon leur semble. Les grands seigneurs Miao-fses ont sous eux de petits seigneurs, qui, quoique maîtres de leurs vassaux, sont comme feudataires, & obligés d’amener leurs troupes, quand ils en reçoivent l’ordre. Leurs armes ordinaires sont l’arc & la demi-pique. Les selles de leurs chevaux sont bien faites, & différentes des selles chinoises, en ce qu’elles sont plus étroites, plus hautes, & qu’elles ont les étriers de bois peint. Ils ont des chevaux fort estimés, soit à cause de la vîtesse avec laquelle ils grimpent les plus hautes montagnes, & en descendent au galop, soit à cause de leur habileté à sauter des fossés fort larges. Les Miao-fses peuvent se diviser en Miao-fses soumis & en Miao-fses non soumis. Les premiers obéissent aux magistrats chinois, & font partie du peuple chinois, dont ils se distinguent seulement par une espece de coëffure, qu’ils portent au-lieu du bonnet ordinaire, qui est en usage parmi le peuple à la Chine. Les Miao-fses sauvages, ou non soumis, vivent en liberté dans leurs retraites, où ils ont des maisons bâties de briques à un seul étage. Dans le bas ils mettent leurs bestiaux, se logent au-dessus. Ces Miao-fses sont séparés en villages, & sont gouvernés par des anciens de chaque village. Ils cultivent la terre ; ils font de la toile, & des especes de tapis qui leur servent de couverture pendant la nuit. Ils n’ont pour habit qu’un caleçon, & une sorte de casque, qu’ils replient sur l’estomac. (D. J.)​
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v10-1287-0
MIATBIR
MIATBIR, (Géog.)​ c’est, 1°. le nom d’une petite ville d’Afrique, dans la province de Hea, au royaume de Maroc ; 2°. c’est aussi le nom d’une montagne du grand Atlas de la province de Cutz, au royaume de Fez. (D. J.)​
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v10-1290-0
MICAWA
MICAWA, (Géog.)​ selon le pere Charlevoix, & MIRAWA dans Kaempfer, province, & royaume au Japon, qui a le Voari à l’ouest, le Sinano au nord, le Toolomi à l’est, & la mer du Japon au sud. (D. J.)​
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v10-1293-0
MICHAELSTOWN
MICHAELSTOWN, (Geog.)​ ville de l’Amérique dans l’île de la Barbade, avec une bonne citadelle & un bon port, appartenant aux Anglois, qui la nomment communément Bridg-town. Longit. 319. 50. lat. 13. (D. J.)​
[ [ "13 N 319 50' E" ] ]
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v10-1295-2
Michel Saint
Michel Saint, (Géog.)​ ville forte de l’île de Malthe, appellée autrefois l’île de la Sengle, du nom du grand maître de ce nom, qui la fit bâtir en 1560. Elle est séparée de la Terre-ferme par un fossé, & bâtie sur un rocher.
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v10-1295-3
Michel Saint
Michel Saint, (Géog.)​ ville de l’Amérique septentrionale, dans la nouvelle Espagne, dans la province de Méchoacan ; elle est à 140 lieues de México. Long. 274. 40. lat. 21. 35. (D. J.)​
[ [ "21 35' N 274 40' E" ] ]
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v10-1296-0
MICHELSTATT, ou MICHLENSTATT
MICHELSTATT, ou MICHLENSTATT, (Géog.)​ petite ville d’Allemagne, au cercle de Franconie, sur la riviere de Mulbing, dans le comté d’Erpach, entre la ville d’Erpach & Furstenau. Long. 27. 48. lat. 48. 22.
[ [ "48 22' N 27 48' E" ] ]
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v10-1297-0
MICHIGAN
MICHIGAN, (Géog.)​ grand lac de l’Amérique septentrionale, dans la nouvelle France ; ce lac s’étend du nord au sud depuis les 49 30 de lat. nord, jusqu’au 41 45. Sa largeur moyenne est de 33 ou 34 lieues ; son circuit peut avoir 300 lieues.
[ [ "41 45' N", "49 30' N" ] ]
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v10-1298-0
MICIACUM
MICIACUM, (Géog.)​ nom latin d’une abbaye de France au diocèse d’Orléans, à deux lieues de cette ville vers le couchant, sur le Loiret. Cette abbaye aujourd’hui nommée saint Mesmin, fut bâtie sur la fin du regne de Clovis, par saint Euspice & saint Maximin son neveu, de qui il a pris le nom. Elle appartient maintenant aux Feuillans : saint Euspice en fut le premier abbé en 508, & saint Maximin ou saint Mesmin le second. Elle a eu beaucoup de saints religieux dans les commencemens ; les tems ont changé. (D. J.)​
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v10-131-0
MANLIANA
MANLIANA, (Géog. anc.)​ ancienne ville de Lusitanie, au pays des Wettons, selon Ptolomée, l. II. c. v. Mariana croit que c’est Mallen ; & Ortelius pense que c’est Montemayor : ils n’ont peut-être raison ni l’un ni l’autre. (D. J.)​
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v10-1310-0
MICYBERNE
MICYBERNE, (Géog. anc.)​ ville de Thrace, située entre Pallene & le mont-Athos, dans leur voisinage. Phiiippe de Macédoine s’en empara, au rapport de Diodore de Sicile, qui est le seul historien qui parle de cette ville. (D. J.)​
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v10-1311-0
MIDAIUM
MIDAIUM, (Géog. anc.)​ en grec μιδαίον ; ville de la grande Phrygie, dont Ptolomée, Pline, Dion Cassius & Etienne le géographe font mention. (D. J.)​
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v10-1312-0
MIDDELBOURG
MIDDELBOURG, (Géog.)​ en latin moderne Middelburgum ; belle, riche & forte ville des Pays-bas, capitale de l’île de Walchren, & de toute la Zélande ; avec un port nouvellement creusé, large, profond, propre à recevoir des vaisseaux de 400 tonneaux, qui abordent chargés au milieu de la ville, où le canal qui communique à la mer, se divise dès son entrée. Le gouvernement politique & civil de Middelbourg, est entre les mains de deux bourguemestres, d’onze échevins & de douze conseillers. Le Calvinisme y est introduit depuis 1574. Cette ville a pris son nom de ce qu’elle est presque au milieu de l’ile de Walchren : elle est aussi située comme au milieu, entre celle de Were au N. E. & celle de Flessingue au S. O. à 8 lieues N. E. de Bruges, 12 N. O. de Gand, 14 N. O. d’Anvers, 29 S. O. d’Amsterdam. Long. 21. 18. lat. 51. 30. Entre les gens de lettres qu’a produit Middelbourg, je ne dois pas oublier Adrien Beverland & Melchior Leydecker. Le premier abusa de son esprit & de ses talens dans ses écrits licentieux. Il écrivit dans le goût d’Ovide, de Catulle & de Pétrone ; il mourut vers 1712. Le second au contraire, se distingua par son érudition dans les antiquités ecclésiastiques ; & sur-tout par son grand ouvrage latin de la république des Hébreux, en 2 vol. in-fol. Il mourut professeur à Utrecht en 1721, à 78 ans. (D. J.)​
[ [ "51 30' N 21 18' E" ] ]
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v10-1312-1
Middelbourg
Middelbourg, (Géog.)​ île des Indes, entre la côte orientale du royaume de Maduré, & la côte occidentale de l’île de Ceylan. (D. J.)​
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v10-1312-2
Middelbourg
Middelbourg, (Géog.)​ île de la mer du sud, à environ 204. deg. de long. sous les 21. 50 de lat. méridionale. (D. J.)​
[ [ "21 50' S 204 E" ] ]
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v10-1313-0
MIDDELFART
MIDDELFART, (Géog.)​ ou MIDDELFURT, petite ville du royaume de Dannemark, sur la côte occidentale de l’île de Fionie, & d’où l’on passe de cette île à Kolding, ville du Jutland septentrional. Elle est située sur le détroit auquel elle donne son nom. (D. J.)​​
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v10-1314-0
MIDDLESEX
MIDDLESEX, (Géog.)​ province méditerranée d’Angleterre, au diocese de Londres. Elle a 27 lieues de tour, & contient environ 247000 arpens. Elle est petite, mais agréable, fertile & arrosée par la Tamise, qui la sépare de la province de Surrey. C’est la province capitale du royaume, à cause de Londres qui y est située. (D. J.)​
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v10-1317-0
MIDON
MIDON, (Géog.)​ petite riviere de France, en Guyenne. Elle a sa source dans le bas-Armagnac, auprès d’Agnan ; & à quelque distance de Tartas, se jette dans l’Adour. (D. J.)​
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v10-1324-0
MIENCHO
MIENCHO, (Géog.)​ ville de la Chine dans la province de Suchuen, & la premiere métropole de cette province, sous le 31 degré de latitude, & plus occidentale que Péking de 12. 55. (D. J.)​
[ [ "31 N 12 55' W" ] ]
[ "Pékin" ]
v10-1325-0
MIES ou MYSA
MIES ou MYSA, (Géog.)​ petite ville de Bohème, sur les frontieres du haut Palatinat, bâtie vers l’an 1131 par le duc Sobieslas. Long. 30. 55. lat. 49. 46. (D. J.)​
[ [ "49 46' N 30 55' E" ] ]
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v10-1326-0
MIESZAVA
MIESZAVA, (Géog.)​ petite ville de Pologne dans la Cujavie, sur la rive gauche de la Vistule, à 4 lieues de Thorn. Long. 37. 5. lat. 52. 50. (D. J.)​
[ [ "52 50' N 37 5' E" ] ]
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v10-1328-0
MIEZA
MIEZA, (Géog. anc.)​ ville de Macédoine, selon Pline, l. IV. c. x. & c’est le seul auteur qui le dise ; mais Pline n’auroit-il point pris pour une ville le parc de Stagyre, patrie d’Aristote. Quoi qu’il en soit, Plutarque, dans la vie d’Alexandre, dit que Philippe ayant ruiné & détruit Stagyre, patrie d’Aristote, la rebâtit pour l’amour de lui, y rétablit les habitans, & leur donna pour le lieu de leurs études & de leurs assemblées, dans le fauxbourg de cette ville, un beau parc appellé Mieza. Il ajoute que de son tems on y montroit encore des sieges de pierre qu’Aristote fit faire pour s’y reposer, & de grandes allées couvertes d’arbres qu’il planta, pour se promener à l’ombre. (D. J.)​
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v10-1329-0
MIGANA
MIGANA, (Géog.)​ ville d’Afrique dans la province de Bugie, au royaume de Trémecen. Elle est à 4 lieues de la montagne de La-Abez. Ptolomée en parle sous le nom de Lare, & lui donne 17. 30. de long. & 30. 40. de latitude. (D. J.)​
[ [ "30 40' N 17 30' E" ] ]
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v10-1335-0
MIGONIUM
MIGONIUM, (Géog. anc.)​ contrée de la Laconie, qui avoit à son opposite l’île de Cranaé, située pareillement en Laconie, & que Strabon a confondue avec celle de Cranaé dans l’Attique ; mais Paris étoit trop amoureux d’Hélene, & trop aimé d’elle, pour n’avoir pas commencé à contenter les ardeurs de sa flamme dans le voisinage de Lacédémone : c’est-là, en effet, que cet heureux amant fit-bâtir après sa conquête un temple à Vénus, pour lui marquer les transports de sa reconnoissance. Il surnomma cette Vénus Migonitis, & son territoire Migonium, d’un mot qui signifioit l’amoureux mystere qui s’y​ étoit passé. Ménélas, le malheureux époux de cette princesse, dix-huit ans après qu’on la lui eut enlevée, vint visiter ce temple, dont le terrein avoit été le témoin de l’infidélité de sa femme. Il ne le ruina point cependant, il y fit mettre seulement aux deux côtés les images de deux autres déesses, celle de Thétis & celle de Praxidicé, comme qui diroit la déesse des chatimens, pour marquer l’espérance qu’il avoit de se voir vengé d’Hélene ; mais dans la suite il abandonna les projets de sa vengeance, & cette belle veuve lui survéquit. (D. J.)​
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v10-1338-0
MIGUEL, Saint
MIGUEL, Saint- (Géogr.)​ ville de l’Amérique dans la nouvelle Espagne, dans la province de Guatimala, sur une petite riviere à 60 lieues de Guatimala. Long. 289. 50 lat. 13.
[ [ "13 N 289 50' E" ] ]
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v10-1338-1
Miguel, Saint-
Miguel, Saint- (Géogr.)​ ville de l’Amérique méridionale au Pérou, dans le gouvernement de Quinto, dans la vallée de Pivra. C’est la premiere colonie que les Espagnols aient eu dans ce pays là ; elle est à l’embouchure de la riviere de Catamayo, à 130 lieues de Quinto. Longit. 297. latit. méridion. 5.
[ [ "5 S 297 E" ] ]
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v10-1338-2
Miguel, l'île de Saint -
Miguel, l’île de Saint- (Géogr.)​ l’une des Açores, & l’une des plus orientales. Elle a environ 20 lieues de long, & est exposée aux tremblemens de terre. Puntadel-Gado en est la capitale. Longit. 354. 50. lat. 38. 10.
[ [ "38 10' N 354 50' E" ] ]
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v10-1339-0
MIHIEL, Saint
MIHIEL, Saint- (Géog.)​ ville de France au duché de Bar, capitale du bailliage du pays d’entre la Moselle & la Meuse. Il y avoit autrefois une cour​souveraine. Elle est sur la Meuse à 8 lieues N. E. de Bar, 14 N. O. de Nancy, 9 S. E. de Verdun, 72 N. E. de Paris. Long. 23. 51. 27. lat. 48. 38. 11.
[ [ "48 38' 11\" N 23 51' 27\" E" ] ]
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v10-134-0
MANOA & DORADO
MANOA & DORADO, (Géog.)​ ville imaginaire, qu’on a supposé exister dans l’Amérique, sous l’équateur, au bord du lac de Parime. On a prétendu que les Péruviens échappés au fer de leurs conquérans, se réfugierent sous l’équateur, y bâtirent le Manoa, & y porterent les richesses immenses qu’ils avoient sauvées. Les Espagnols ont fait des efforts dès 1570, & des dépenses incroyables, pour trouver une ville qui avoit couvert ses toits & ses murailles de lames & de lingots d’or. Cette chimere fondée sur la soif des richesses, a coûté la vie à je ne sais combien de milliers d’hommes, en particulier à Walther Rawleigh, navigateur à jamais célebre, & l’un des plus beaux esprits d’Angleterre, dont la tragique histoire n’est ignorée de personne. On peut lire dans les Mémoires de l’académie des Sciences, année 1745, la conjecture de M. de la Condamine, sur l’origine du roman de la Manoa dorée. Mais enfin cette ville fictive a disparu de toûtes les anciennes cartes, où des géographes trop crédules l’avoient fait figurer autrefois, avec le lac qui rouloit sans cesse des sables de l’or le plus pur. (D. J.)​
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v10-1345-0
MILA
MILA, (Géogr.)​ ville d’Afrique au royaume de Tunis, dans la province constantine. Elle étoit autrefois considérable, & est tombée en ruines. Long. selon le P. Gaubil, 91. 53. lat. 28. 40. (D. J.)​
[ [ "28 40' N 91 53' E" ] ]
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v10-1346-3
Milan
Milan, (Géog.)​ en latin Mediolanum Insubrinæ ; voyez ce mot ; ancienne ville d’Italie, capitale du duché de Milan. Elle a souvent été ravagée, & même détruite par les plus terribles fléaux, la peste & la guerre, entre autres années, en 1162, que Fréderic I. dit Barberousse, la rasa, & y sema du sel. Mais elle s’est si bien rétablie, qu’elle figure aujourd’hui avec les grandes & belles villes de l’Europe. Sa forme est assez ronde ; le circuit de ses murailles est de 8 à 9 milles italiques, & le nombre de ses habitans d’environ deux cent mille ames. Elle a quantité d’églises, un archevêché, une citadelle, une université, une académie de peinture, & une​ bibliotheque, appellée Ambroisienne, où l’on compte 10 mille manuscrits. C’est en même tems une chose fort étrange, qu’une ville de cette conséquence soit bâtie au milieu des terres, sans mer & sans rivieres qui fassent son commerce. Ces défauts sont foiblement réparés par les eaux de sources, les petits ruisseaux, & par les canaux de l’Adda & du Tésin, qui fournissent une eau courante dans le fossé de l’enceinte intérieure de la ville. Milan est la partie de Valere Maxime, historien latin, qui florissoit sous Tibere ; du célebre jurisconsulte Alciat ; de Philippe Decius, qui enseigna le droit à Pavie, à Bourges, à Valence, & fut nommé par Louis XII. conseiller au parlement ; d’Octavio Ferrari, savant, versé dans les antiquités romaines ; du cardinal Jean Moron, homme d’un mérite rare ; des papes Alexandre II. Urbain III. Célestin IV. Pie IV. & Grégoire XIV. qui prit le parti de la ligue contre Henri IV. Cette ville a aussi produit d’autres hommes illustres, parmi lesquels se trouvent les maisons des Galéas, de Sforces, & de Trivulces. Milan est à 14 lieues N. E. de Casal, 28 N. E. de Gènes, 26 N. O. de Parme, 27 N. E. de Turin, 30 N. O. de Mantoue, 58 N. O. de Florence, 110 N. O. de Rome. Long. selon Cassini & Lieutaud, 25. 51. 30. lat. 45. 25. (D. J.)​
[ [ "45 25' N 25 51' 30\" E" ] ]
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v10-1348-0
MILANEZ, le
MILANEZ, le (Géogr.)​ ou le duché de Milan, pays considérable d’Italie, borné au nord par les Suisses & les Grisons ; à l’orient par la république de Venise, & par les duchés de Parme & de Mantoue ; au midi par le mont Apennin, & par l’état de Gènes ; à l’occident par les états du duc de Savoie, & par le Montferrat. Son étendue du septentrion au midi peut être d’environ 80 milles, & de 60 d’orient en occident. Il est très-fertile en marbre, en blés, & en vins ; le riz y croît en abondance, par les canaux qu’on a tiré du Tésin, une de ses principales rivieres. Les autres sont le Po, l’Adda, & la Sessia. On le divise en 13 parties, le Milanez propre, le Pavésan, le Lodésan, le Crémonese, le Comasque, le comté d’Anghiera, les vallées de Sessia, le Novarese, le Vigévanois, la Lauméline, l’Alexandrin, le Tortonese, & le territoire de Bobio. Passons aux révolutions de cet état. Après que Charlemagne eut donné fin au royaume des Lombards, en 774, le Milanez fit partie de l’empire, & les empereurs y créerent des gouverneurs, qui acquirent dans la suite un grand pouvoir, prirent le titre de seigneurs de Milan, & formerent une principauté indépendante. Le premier fut Alboin, qui vivoit dans le dixieme siecle ; Jean Galéas, un de ses successeurs, fut duc de Milan, en 1395, & mourut en 1402. Ses deux fils ne laisserent point d’enfans légitimes, de sorte qu’après la mort du dernier, en 1447, ce beau pays devint l’objet de l’ambition de plusieurs princes, de l’empereur, des Vénitiens, d’Alphonse, roi de Naples, de Louis duc de Savoie, & de Charles duc d’Orléans. Enfin, l’an 1468, cet état passa sous les lois du bâtard d’un paysan, grand homme, & fils d’un grand homme. Ce paysan est François Sforce, devenu par son mérite connétable de Naples, & puissant en Italie. Le bâtard de son fils avoit été un de ces Condoltieri, chef de brigands disciplinés, qui louoient leurs services aux papes, aux Vénitiens, aux Napolitains. Non-seulement les Milanez se soumirent à lui, mais il prit Gènes, qui flottoit alors d’esclavage en esclavage.​ A la mort de François Sforce II. du nom, qui survint en 1536, Charles-Quint investit du duché de Milan Philippe II. son fils ; depuis ce tems-là l’Espagne a joui de ce duché jusqu’en 1706, que l’empereur, assisté de ses alliés, s’en rendit maître au nom de l’archiduc. Ce dernier en est resté possesseur jusqu’en 1733, que Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne, réuni au roi d’Espagne Philippe V. prit tout le Milanez, & en est resté souverain jusqu’à ce jour par le traité de paix conclu à Vienne, le 18 Novembre 1738. (D. J.)​
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v10-1348-1
Milanez propre
Milanez propre, (Géog.)​ petit pays d’Italie dans l’état, ou duché de Milan, dont il prend son nom. Il est situé au milieu de ce duché, entre le Comasque au nord, le Lodésan à l’orient, le Pavese au midi, & le Novarese à l’ouest. Ses principaux lieux sont Milan, capitale de tout le duché, les bourgs de Marignano, de Agnadée, & de Cassano. (D. J.)​
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v10-135-0
MANOBA, ou plûtôt MŒNOBA
MANOBA, ou plûtôt MŒNOBA, & par Strabon, en grec Μαίνοϐα, (Géog. anc.)​ ancienne ville d’Espagne, dans la Bétique, avec une riviere de même nom. Cette riviere s’appelle présentement Rio-Frio, & la ville Torrès, au royaume de Grenade. (D. J.)​
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v10-1350-0
MILAZZO
MILAZZO, (Géog.)​ c’est le Mylæ des anciens ; ville de Sicile, dans le Val-de-Démone, sur la côte septentrionale de cette province. On la divise en ville haute fortifiée, & en ville basse, qui n’a ni murailles, ni fortifications. Milazzo est située sur la rive occidentale du golfe, auquel elle donne son nom, à 7 lieues N. O. de Messine. Long. 33. 10. lat. 38. 32. (D. J.)​
[ [ "38 32' N 33 10' E" ] ]
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v10-1352-0
MILESII
MILESII, (Géog. anc.)​ peuple de la Grece Asiatique dans l’Ionie, selon Diodore de Sicile, l. II. c. iij. (D. J.)​
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v10-1353-0
MILET
MILET, Miletus, (Géog. anc.)​ capitale de l’Ionie, & l’une des plus anciennes villes de cette partie de la Grece. On la nommoit auparavant Pithyusa, Anactoria, & Lelegis. C’étoit une ville maritime sur le Lycus, à 20 lieues au sud de Smirne, à 10 d’Ephese, & à 3 de l’embouchure du Méandre. On en voit encore les ruines à un village nommé Palatska : son territoire s’appelloit Milesia, & ses citoyens Milesii. Leurs laines & leurs teintures étoient singulierement estimées. Milet, du tems de sa grandeur & de sa force, osa résister à toute la puissance d’Alexandre ; & ce prince ne put la réduire qu’avec beaucoup de peine. Il ne faut pas s’en étonner, quand on considere les avantages que retirerent les Milésiens de leurs alliances avec les Egyptiens. Psamméticus & Amasis, rois d’Egypte, leur permirent de bâtir sur les bords du Nil, non-seulement le mur qui prit leur nom, mais encore Naucratie, qui devint le port le plus fréquenté de toute l’Egypte. C’est par des liaisons si étroites avec les Egyptiens, qu’ils se rendirent familiere la religion de ce peuple, & principalement le culte d’Isis, la grande divinité du royaume. De-là vient qu’Hérode remarque, que les Milésiens établis en Egypte, se distinguoient sur toutes les nations à la fête d’Isis, par les cicatrices​ qu’ils se faisoient au visage à coups d’épées. Milet, mere de plus de 70 colonies, comme le dit Pline, devint maîtresse de la Méditeranée & du Pont-Euxin, & jetta sur les côtes, des peuplades grecques de toutes parts, depuis la muraille dont nous avons parlé sur les bords d’un des bras du Nil, jusqu’à Panticapté, à l’entrée du Bosphore Cimmérien. En un mot, Pomponius fait noblement l’éloge de Milet, quand il l’appelle urbem quondam totius Joninoe, belli pacisque artibus principem. Mais elle est sur-tout recommandable à nos yeux pour avoir été la partie de Thalés, d’Anaximandre, d’Anaximene, d’Hécatée, de Cadmus, & de Timothée. Thalés florissoit environ six cent vingt ans avant J. C. Ce fameux philosophe est le premier des sept sages de le Grece. Il cultiva son esprit par l’étude, & par les voyages. Il disoit quelquefois avoir observé, que la chose la plus facile étoit de conseiller autrui, & que la plus forte étoit la nécessité. Il ne voulut jamais se marier, & éluda toujours les sollicitations de sa mere, en lui répondant lorsqu’il était jeune, il n’est pas encore temps ; & lorsqu’il eut atteint un certain âge, il n’est plus tems. Il fit de très belles découvertes en Astronomie, & prédit le premier dans la Grece, les éclipses de lune & de soleil. Enfin, il fonda la secte ionique. Voyez Ionique. Anaximandre fut son disciple. Il inventa la sphere, selon Pline, & les horloges, selon Diogene Laerce. Il décrivit l’obliquité de l’écliptique, & dressa le premier des cartes géographiques. Il mourut vers la fin de la 52 olympiade, 550 ans avant J. C. Anaximene lui succéda, inventa le cadran solaire, & en fit voir l’expérience à Sparte, au rapport de Pline. Hécatée vivoit sous Darius Hystaspes. Il étoit fils d’Agésandre, qui rapportoit son origine à un dieu, & ce fils étoit le seizieme descendant ; il y a eu peu de princes d’une noblesse plus ancienne. Hécatée ne dédaigna point d’enrichir le public de plusieurs ouvrages, entr’autres d’Itinéraires d’Asie, d’Europe, & d’Egypte, & d’une histoire des événemens les plus mémorables de la Grece. Cadmus florissoit 450 ans avant J. C. & se distingua par une histoire élégante de l’Ionie. Comme c’étoit la plus ancienne histoire écrite en prose chez les Grecs avec art, & avec méthode, les Milésiens qui cherchoient à faire honneur à leur ville déja célebre, pour avoir été le berceau de la Philosophie & de l’Astronomie, attribuerent à Cadmus l’invention de l’art historique en prose harmonieuse. Ils se trompoient néanmoins à quelques égards ; car avant Cadmus, Phérécyde de Scyros avoit déja publié un livre philosophique en excellente prose. Timothée, contemporain d’Euripide, est connu pour avoir été le plus habile joueur de lyre de son siecle, & pour avoir introduit dans la musique le genre chromatique. Il ajouta quatre nouvelles chordes à la lyre, & la sévere Sparte craignit tellement les effets de cette nouvelle musique, pour les mœurs de ses citoyens, qu’elle se crut obligée de condamner Timothée par un decret public, que Boëce nous a conservé. Aux personnages illustres dont nous venons de parler, il faut joindre deux milesiennes encore plus célebres ; je veux dire Thargélie & Aspasie, qui attirerent sur elles les regards de toute la Grece. L’extrème beauté de Thargélie, l’éleva au faîte de la grandeur, tandis que ses talens & son génie lui mériterent le titre de sophiste. Elle étoit contemporaine de Xercès ; & dans le tems que ce puissant monarque méditoit la conquête de toute la Grece, il l’avoit engagée à faire usage de ses charmes & de​son esprit, pour lui gagner tout ce qu’elle pourroit de partisans. Elle le servit selon ses vœux, vint à bout de séduire par ses graces, par ses discours, & par ses démarches, quatorze à quinze d’entre ceux qui avoient la principale autorité dans le gouvernement de la Grece. Elle fixa finalement ses courses en Thessalie, dont le souverain l’épousa, & elle vécut sur le trône pendant trente ans. Aspasie suivit son exemple dans sa conduite, dans ses manieres, & dans ses études. Elle n’étoit pas moins belle que Thargélie, & l’emportoit encore par son savoir & par son éloquence. Comblée de tous les dons de la nature, elle se rendit à Athènes, où elle fit à la fois deux métiers bien différens, celui de courtisane, & celui de sophiste. Sa maison étoit tour-à-tour un lieu de débauche, & une école d’éloquence, qui devint le rendez-vous des plus graves personnages. Nous n’avons point d’idées de pareils assortimens. Aspasie entretenoit chez elle une troupe de jeunes courtisanes, & vivoit en partie de ce honteux trafic. Mais, d’un autre côté, elle donnoit généreusement des leçons de politique, & de l’art oratoire avec tant de décence & de modestie, que les maris ne craignoient point d’y mener leurs femmes, & qu’elles pouvoient y assister sans honte & sans danger. A l’art de manier la parole, à tous les talens, à toutes les graces de l’esprit, elle joignoit la plus profonde connoissance de la Rhétorique & de la politique. Socrate se glorifioit de devoir toutes ses lumieres à ses instructions, & lui attribuoit l’honneur d’avoir formé les premiers orateurs de son tems. Entre ceux qui vinrent l’écouter, ses soins se porterent en particulier sur Périclès ; ce grand homme lui parut une conquête digne de flatter son cœur & sa vanité. L’entreprise & le succès ne furent qu’une seule & même chose. Périclès comblé de joie, fut son disciple le plus assidu, & son amant le plus passionné. Elle eut la meilleure part à cette oraison funebre qu’il prononça après la guerre de Samos, & qui parut si belle à tout le monde, que les femmes coururent l’embrasser, & le couronner comme dans les jeux olympiques. Périclès gouvernoit Athènes par les mains d’Aspasie. Elle avoit fait décider la guerre de Samos, elle fit entreprendre celle de Mégare, & de Scycione. Partout Périclès recueillit des lauriers, & devint fou d’une créature si merveilleuse. Il résolut de l’épouser, exécuta son dessein, & vécut avec elle jusqu’à sa mort, dans la plus parfaite union. Je ne déciderai point, si c’étoit avant ou après son mariage qu’Aspasie fut accusée en justice du crime d’impiété ; je sai seulement, que Périclès eut beaucoup de peine à la sauver. Il employa pour la justifier tout ce qu’il avoit de biens, de crédit, & d’éloquence. Il fit pour sa défense le discours le plus pathétique & le plus touchant qu’il eût fait de sa vie ; & il répandit plus de larmes en le prononçant, qu’il n’en avoit jamais versé en parlant pour lui-même. Enfin, il eut le plaisir inexprimable de réussir, & d’en porter le premier la nouvelle à sa chere Aspasie. Quel bonheur de sauver les jours de ce qu’on aime ! Quand on sait, par ce bonheur même, Se l’attacher plus fortement ! (D. J.)​
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v10-1354-0
MILETOPOLIS
MILETOPOLIS, (Géog. anc.)​ ville située aux embouchures du Borysthène. On la nomme à présent Ozaeou ; c’étoit l’ouvrage d’une colonie des Milésiens, qui firent de cette ville le centre de leur commerce avec les peuples septentrionaux de ces quartiers.
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v10-1354-1
Miletopolis
Miletopolis, (Géog. anc.)​ en grec Μιλητουπόλις, ville de Mysie, entre Bithynie & Cyzique, sur l’é-​tang d’Artynia, d’où sort le Rhyndacus. Pline, l. V. c. xxxij. parle de cette ville.
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v10-1355-0
MILETUM
MILETUM, (Géog. anc.)​ ville d’Italie chez les Brutiens, aujourd’hui Calabre ultérieure, & dans les terres a environ 5 milles de Nicotera vers l’orient septentrional ; elle se nomme encore Mileto. Cette ville autrefois habitée par les Milésiens asiatiques, devint épiscopale en 1075, sons la metropole de Rhégio, & est actuellement tombée en ruines, en parties causées par les vicissitudes des tems, & en partie par un tremblement de terre, qui y a mis le comble en 1638. (D. J.)​
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v10-1357-0
MILHAUD ou MILLAN
MILHAUD ou MILLAN, (Géogr.)​ en latin Æmilianum, petite ville de France dans la haute Marche de Rouergue. Louis XIII. la fit démanteler en 1629. Elle est sur le Tarn, à 7 lieues de Lodeve, 120 S. E. de Paris. Long. 20. 50. latit. 44. 10. (D. J.)​
[ [ "44 10' N 20 50' E" ] ]
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v10-1359-0
MILIANE
MILIANE, (Géog.)​ ancienne ville d’Afrique dans la province de Ténés, au royaume de Trémécen, avec un château qui la commande. On l’appelloit autrefois Magnana, & on en attribue la fondation aux Romains. Elle est dans un pays fertile en noyers, en oranges & en citrons, qui sont les plus beaux de la Barbarie. Elle est à 15 lieues O. d’Alger. Long. selon Ptolomée, 15. 50. lat. 28. 50. Nous estimons aujourd’hui la long. de cette ville 20. 10. lat. 35. 44. (D. J.)​
[ [ "multsrc" ], [ "28 50' N 15 50' E" ], [ "35 44' N 20 10' E" ] ]
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v10-1368-1
Mille
Mille, s. m. (Géographie.)​ mesure en longueur dont les Italiens, les Anglois & d’autres nations se servent pour exprimer la distance entre deux lieux. Voyez Mesure, Distance, &c. Dans ce sens le mot mille est à peu près de même usage que lieue en France, & dans d’autres pays. Voyez Lieue. Le mille est plus ou moins long dans différens pays. Le mille géographique ou italien contient mille pas géométriques, mille passus ; & c’est de-là que le terme mille est dérivé, &c. Le mille anglois contient huit stades ; le stade quarante perches, & la perche seize piés & demi. Voici la réduction qu’a faite Casimir des milles ou lieues des différens pays de l’Europe au pié romain, lequel-est égal au pié du Rhin, dont on se sert dans tout le Nord. Piés. Le mille d’Italie, 5000. d’Angleterre, 5454. d’Ecosse, 6000. de Suéde, 30000. de Moscovie, 3750. de Lithuanie, 18500. de Pologne, 19850. d’Allemagne, le petit, 20000. d’Allemagne, le moyen, 22500. le plus grand, 25000. de France, 15750. d’Espagne, 21270. de Bourgogne, 18000. de Flandres, 20000. d’Hollande, 24000. de Perse, qu’on nomme aussi parasangue, - d’Egypte, 25000. Chambers​.
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v10-1381-2
Milliaire doré
Milliaire doré, (Littér.​ & Géog.​) milliarium aureum, comme disent Pline & Tacite ; colonne qui fut dressée au centre de Rome, & sur laquelle étoient marqués les grands chemins d’Italie, & leurs distances de Rome par milles. Ce fut Auguste qui, pendant qu’il exerçoit la charge de curator viarum, fit élever cette colonne & l’enrichit d’or, d’où elle reçut son nom de milliaire doré. Il ne faut pas croire d’après Varron, que tous les chemins d’Italie aient abouti à la colonne milliaire par une suite de nombres : cela n’étoit point ainsi ; plusieurs villes célebres interrompoient cette suite, & comptoient leurs distances des unes aux autres par leurs milliaires particuliers : encore moins cette suite se rencontroit-elle depuis Rome jusqu’aux autres parties de l’empire, comme, par exemple, dans les Gaules, puisque l’on trouve plusieurs colonnes où le nombre gravé n’est que d’un petit nombre de milles, quoiqu’elles soient à plus de cent lieues de Rome. La colone milliaire d’Auguste étoit érigée dans le forum romanum, près du temple de Saturne. Elle ne subsiste plus aujourd’hui, & ce n’est que par une vaine conjecture qu’on suppose qu’elle étoit posée à l’endroit où l’on voit maintenant l’église de Sainte-Catherine de la consolation, dans le quartier de Campitoli, qui est au milieu de Rome moderne. (D. J.)​
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v10-1386-0
MILO
MILO, (Géog. anc. & mod.)​ par Strabon Μῆλος, & dans Pline Milo ; île de l’Archipel au nord de l’île de Candie, qu’elle regarde, & au sud-ouest​de l’ile de l’Argentiere, dont elle est à 3 milles. Cette île, si parfaitement décrite par Tournefort, est presque ronde, & a environ 60 milles de tour ; elle est bien cultivée, & son port, qui est un des meilleurs & des plus grands de la Méditerranée, sert de retraite à tous les bâtimens qui vont au Levant ou qui en reviennent : car elle est située à l’entrée de l’Archipel, que les anciens connoissoient sous le nom de mer Egée. Le Milo, comme dit Thucydide, quoique petite, fut très-considérable dans le tems des beaux jours de la Grece : elle jouissoit d’une entiere liberté 700 ans avant la fameuse guerre du Péloponnèse. Les Athéniens y tenterent inutilement deux descentes, & ce ne fut qu’à la troisieme qu’ils y firent ce massacre odieux dont parlent le même Thucydide, Diodore de Sicile & Strabon. Cette île tomba, comme toutes les autres de l’Archipel, sous la domination des Romains, & ensuite sous celle des empereurs grecs. Marc Sanudo, premier duc de l’Archipel, joignit le Milo en 1207 au duché de Naxie ; mais Barberousse, capitan bacha, la soumit, avec le duché de Naxie, à l’empire de Soliman II. Cette île abonde en mines de fer, de soufre & d’alun ; il faut la regarder comme un laboratoire naturel, où continuellement il se prépare de l’esprit de sel, de l’alun, du soufre par le moyen de l’eau de la mer & du fer des roches. Tout cela est mis en mouvement par des brasiers que le fer & le soufre y excitent jour & nuit. Le rocher spongieux & caverneux qui sert de fondement à cette île, est comme une espece de poële qui en échauffe doucement la terre, & lui fait produire les meilleurs vins, les meilleures figues & les melons les plus délicieux de l’Archipel. La seve de cette terre est admirable ; les champs ne s’y reposent jamais. La premiere année on y seme du froment, la seconde de l’orge, & la troisieme on y cultive le coton, les légumes & les melons ; tout y vient pêle-mêle. La campagne est chargée de toutes sortes de biens & de gibier ; on y fait bonne chere à peu de frais : le printems y offre un tapis admirable, parsemé d’anémones simples de toutes couleurs, & dont la graine a produit les plus belles especes qui se voient dans nos parterres. L’heureuse température du Milo & la bonté de ses paturages, contribuent beaucoup à l’excellence des bestiaux qu’on y nourrit. On y voit encore ces troupeaux de chevres dont les chevreaux ont été si vantés par Julius Pollux. On ne lessive point le linge dans cette île, on le laisse tremper dans l’eau, puis on le savonne avec une terre blanche cimolée ou craie, que Dioscoride & Pline appellent la terre de Milo, parce que de leur tems la meilleure se trouvoit dans cette île. Elle abonde en eaux chaudes minérales, en grottes & en cavernes, où l’on sent une chaleur dès qu’on y enfonce la tête. L’alun ordinaire & l’alun de plume se trouvent dans des mines qui sont à demi-lieue de la ville de Milo. L’air de cette île est assez mal-sain ; les eaux, surtout celles des bas-fonds, y sont mauvaises à boire, & les habitans y sont sujets à des maladies dangereuses. Les femmes s’y fardent avec le suc d’une plante marine, alcyonium durum, dont elles se frottent leurs joues pour les rougir ; mais cette couleur passe promptement, & l’usage de cette poudre rouge gâte leur teint & détruit la surpeau. Il n’y a que des grecs dans cette île, excepté le juge (cadi) qui est turc. Le vaivode est ordinairement un grec, qui exige la taille réelle & la capitation. Outre le vaivode, on élit tous les trois ans trois consuls qui s’appellent epitropi, c’est-à-dire adminif-​trateurs, intendans, parce qu’ils ont l’administration des rentes qui se prennent sur la douane, les salines & les pierres de moulin. Tout cela ne s’afferme cependant qu’environ six mille livres de notre monnoie. On prétend que l’île a pris son nom de mylos, qui signifie en grec littéral un moulin, du grand commerce qu’on y faisoit de moulins à bras ; mais il y a plus d’apparence qu’elle a conservé son ancien nom de Mélos, dont on a fait Milo, & que Festus dérive d’un capitaine phénicien appellé Melos. Pour ce qui est du sel, on ne le vend pas dans cette île, car la mesure ordinaire, qui pese 70 livres, se donne pour 15 sols. Il y a deux évêques dans le Milo, l’un grec & l’autre latin ; le latin possede en tout 300 livres de rente, & n’a qu’un prêtre pour tout clergé. (D. J.)​
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v10-1386-1
Milo
Milo, (Géogr.)​ ancienne ville de Grece, capitale de l’île de ce nom, située dans la partie orientale. Elle contient, dit-on, quatre à cinq mille ames, est assez bien bâtie, mais d’une saleté insupportable, car les cochons y ont un appartement sous une arcade de chaque maison, à rez-de-chaussée, dont l’ouverture donne toujours sur la rue. Les ordures qui s’y amassent, les vapeurs des marais salans, & la disette des bonnes eaux, empoisonnent l’air de cette ville. Sa long. selon le P. Feuillée, est à 42. 31′. 30″. lat. 36. 41.
[ [ "36 41' N 42 31' 30\" E" ] ]
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v10-1387-0
MILSUNGEN ou MELSINGEN
MILSUNGEN ou MELSINGEN, (Géog.)​ petite ville & château de l’Allemagne dans la basse-Hesse, sur la Fulde, chef lieu d’un bailliage.
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v10-1388-0
MILTENBERG
MILTENBERG, (Géog.)​ petite ville d’Allemagne dans l’électorat de Mayence, sur le Meyn, entre Aschaffenbourg & Freudenberg. Long. 26. 36. lat. 50. 2. (D. J.)​
[ [ "50 2' N 26 36' E" ] ]
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v10-1390-0
MILYAS
MILYAS, (Géog. anc.)​ petite contrée d’Asie entre la Pisidie & la Lycie, selon Strabon, liv. XIII. qui ajoute qu’elle s’étendoit depuis la ville de Termesse & le passage du Taurus, jusqu’aux territoires de Sagalassus & d’Apamée. Sa capitale portoit le même nom de Mylias, & ses habitans s’appelloient Milyæ ou Milyes, selon Etienne le géographe. Pline, livre III. chap. xxvij. dit qu’ils tiroient leur origine de Thrace. (D. J.)​
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v10-1392-0
MIMAS
MIMAS, (Géog. anc.)​ promontoire de l’Asie propre, opposé à l’île de Chio. Niger l’appelle Capo stil-​lari, & on le nomme aujourd’hui le cap Blanc''. Il ne faut pas confondre le promontoire Mimas avec Mimas, haute & vaste montagne d’Asie dans l’Ionie. La carte de la Grece méridionale par M. de Lisle, marque cette montagne comme une longue chaîne qui traverse la plus grande partie de la Moeonie, toute l’Ionie, & aboutit au cap Mimas. (D. J.)​
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v10-14-5
Man, île de
Man, île de, (Géog.)​ île du royaume d’Angleterre dans la mer d’Irlande, avec un évêché, qui est à la nomination du comte de Derby, & non pas à la nomination du roi, comme les autres évêques du royaume. Aussi n’a-t-il point séance au parlement dans la chambre haute : il est présenté à l’archevêque d’Yorck, qui le sacre. L’île de Man a environ 30 milles en longueur, 15 dans sa plus grande largeur, & huit dans la moindre. Elle contient cinq gros bourgs ; Douglas & Rushin en sont les lieux principaux ; le terroir y est fertile en avoine, bétail, & gibier ; le poisson y abonde. Voyez sur cette île la description curieuse qu’en a faite M. King, Kings description of the isle of Man. Sa long. est 12. 36. 55. lat. 54. 35. L’île de Man est nommée par les anciens auteurs Menavia & Menapia dans Pline. Elle est plus septentrionale que l’île d’Anglesey, & beaucoup plus éloignée de la côte. L’île Mona de Tacite, n’est point l’île de Man, c’est l’île d’Anglesey, située au couchant du pays de Galles, & les Gallois la nomment encore l’île de Mon.
[ [ "54 35' N 12 36' 55\" E" ] ]
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v10-1400-0
MINA
MINA, (Géog. anc.)​ ville de la Mauritanie césarienne dans les terres, vers la source d’une riviere de même nom. Elle devint épiscopale, car dans la notice épiscopale d’Afrique, n°. 49, Cæcilius est qualifié Episcopus Minnensis. Sa riviere est assez grande, tire sa source des montagnes du grand Atlas, & se jette dans la Méditerranée. Les Maures nomment aujourd’hui cette riviere Céna.
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v10-1401-0
MINÆGARA
MINÆGARA, (Géog. anc.)​ ville de l’Inde en-deçà du Gange. Ptolomée, l. VII. c. ij. la place dans l’Inde Scythe, à l’occident du fleuve Namadus, entre Ozène & Tiatura. (D. J.)​
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v10-1405-0
MINCIO, le
MINCIO, le, Mincius, (Géog.)​ riviere d’Italie, qui forme le marais de Mantoue ; elle est illustrée par Virgile, quand il dit, en parlant de cette ville : Tardis ingens ubi flexibus errat Mincius, & tenerâ prætexit arundine ripas. Georg. l. III. v. 14.
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v10-1406-0
MINDANAO
MINDANAO, (Géogr.)​ grande île des Indes orientales, l’une des Philippines la plus méridionale & la plus grande après Manille. Sa figure est triangulaire : elle a environ 250 lieues de tour. On y compte plusieurs rivieres navigables, dont les plus fameuses sont Bukayen & Butuan. La plûpart des habitans sont idolâtres, & les autres mahométans. Dampier a peint leur figure ; il dit qu’ils ont la taille médiocre, les membres petits, le corps droit, la tête menue, le visage ovale, le front applati, les yeux noirs & peu fendus, le nez court la bouche assez grande, les levres petites & rouges, le teint tanné, les cheveux noirs & lisses. Mais il y a dans cette île quelques peuples noirs, comme les Ethiopiens ; ils sont sauvages, & vont tout nuds. La ville de Mindanao est la capitale de tout le pays ; elle est située sur la côte occidentale. Sa long. selon M. de Lisle, est 144. latit. 7. (D. J.)​
[ [ "7 N 144 E" ] ]
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v10-1407-0
MINDELHEIM
MINDELHEIM, (Géog.)​ ville d’Allemagne au cercle de Suabe dans l’Algow, sur la riviere de Mindel. C’est la capitale d’un petit état entre l’Iller & le Lech, qui appartient à la maison de Baviere. L’empereur, après la bataille d’Hohestedt, créa Marlborough prince de l’empire, en érigeant en sa faveur Mindelheim en principauté, qui fut depuis échangée contre une autre. Mais Marlborough n’a jamais été connu sous de pareils titres, son nom étant devenu le plus beau qu’il pût porter. Long. 28. 15. latit. 48. 5.
[ [ "48 5' N 28 15' E" ] ]
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v10-1408-0
MINDEN
MINDEN, (Géog.)​ ville d’Allemagne au cercle de Westphalie, capitale de la province de même nom sur le Wéser, avec un pont qui fait un grand passage, & la rend commerçante. Elle appartient à l’électeur de Brandebourg, qui en a sécularisé l’évêché. Elle est dans une situation avantageuse, à 11 lieues S. E. d’Osnabruck, 15 O. de Hannover, 15 N. E. de paderborn. Long. 26. 40. lat. 52. 23.
[ [ "52 23' N 26 40' E" ] ]
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v10-1409-0
MINDORA
MINDORA, (Géogr.)​ île de la mer des Indes, une des Philippines, à 18 lieues de Luçon. Elle a 20 lieues de tour, & une petite ville nommée Baco. Elle est remplie de montagnes qui abondent en pal-​miers. Les habitans sont tous idolâtres, & payent tribut aux Espagnols à qui l’île appartient. Long. 135. latit. 13. (D. J.)​
[ [ "13 N 135 E" ] ]
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v10-1410-2
Mine
Mine, (Géog.)​ partie de la terre où se forment les métaux, les minéraux, & même les pierres précieuses. L’on fait assez qu’il y a des mines d’or, d’argent, de cuivre, de fer, d’étain, de plomb & autres ; des mines d’antimoine, de soufre, d’alun, de vitriol, de cinnabre, d’arsenic, & autres ; enfin des mines de diamans, d’émeraudes, de rubis, de topazes, de cornalines, & d’autres pierres précieuses, orientales & occidentales. Comme les mines appartiennent à la Géographie, c’est à elle en parcourant la terre, à les indiquer, à en donner des cartes & des listes ; mais on manque encore de bons mémoires pour remplir cette tâche. Voici donc seulement les noms de quelques-unes de ces mines, dont je ne puis faire ici qu’une nomenclature aussi courte que seche. Almaden. Mine de vif-argent en Espagne, dans l’Andalousie, qui rapporte au roi tous les ans près de deux millions de livres, & la perte de bien des hommes. Alsace. Mines de cette province, dont on a parlé au mot Alsace. Andacoll. Mines d’or & d’argent dans l’Amérique méridionale, au Chili, à dix lieues vers l’est de la ville de Coquimbo. Ces mines sont si abondantes, qu’elles pourroient occuper trente mille hommes. Les habitans prétendent que la terre est oréadice, c’est-à-dire que l’or s’y forme continuellement ; il est de vingt-deux à vingt-trois carats, & l’on y travaille toujours avec profit quand l’eau ne manque pas. Bambouc. Le pays de Bambouc en Afrique abonde en mines d’or ; mais les negres n’ont aucune connoissance ni de la fécondité ou stérilité des terres qui peuvent produire de l’or, ni de l’art d’exploiter les mines. Leurs recherches se terminent à sept ou huit piés de profondeur en terre : & dès qu’ils s’apperçoivent qu’une mine menace de s’ébouler, au lieu de l’étayer ils la quittent. Ils sont sages de penser ainsi. Biscaye. La Biscaye, province d’Espagne, abonde en mines de fer. Bisnagar. Auprès de cette ville, dans les états du grand-mogol, sont des mines célebres de diamans, dans les montagnes voisines ; & les diamans qu’on en tire sont les meilleurs qu’on porte en Europe. Bleyberg. Mine de plomb dans la haute Carinthie. On a travaillé à cette mine pendant plus de mille ans. Les puits en sont très-profonds ; mais la neige des montagnes y est fort redoutable quand elle vient à fondre. Bohcne. Mine de sel en Pologne à dix lieues de Cracovie. On le tire comme la pierre des carrieres, à la lueur des chandelles ou des flambeaux. Le Brezil. On sait assez combien ce vaste pays de l’Amérique méridionale est fécond en mines de diamans, de rubis & de topazes. Candi. Ce royaume dans l’île de Ceylan, a des mines d’or, d’argent, & de pierres précieuses, auxquelles le roi ne permet pas qu’on travaille. Carthagene. On trouve dans le voisinage de cette ville d’Espagne, au royaume de Murcie, des mines d’alun d’une grande fécondité. Castamboul. Mines de cuivre très-abondantes dans la Natolie, à dix journées de Tocat, du côté d’Angora. Cerro de sancta Innès. Montagne qui fait partie de la Cordelliere, remarquable par ses mines d’aimant, dont elle est presque toute composée. Chemnitz. Mines d’argent en Misnie auprès de la ville de Chemnitz. Elles sont fameuses, & appartiennent à l’électeur de Saxe.​ La Chine, Pays riche en mines de toutes sortes de métaux & de minéraux ; mais la loi défend d’ouvrir les mines d’or & d’argent. Chemnitz. Mines d’or en Hongrie, au voisinage de la ville de Chemnitz. Il y a plus de 1100 ans qu’on y travaille. Cette mine a neuf milles anglois de longueur, & jusqu’à 170 brasses de profondeur. On trouve encore dans les montagnes de Chemnitz une célebre mine de vitriol, qui a 80 brasses de profondeur. Congo. Le royaume de Congo dans l’Ethiopie occidentale, a des mines d’or qui enrichiroient ses rois, s’ils n’aimoient mieux les tenir cachées, de peur d’attirer chez eux les étrangers qui viendroient les égorger, pour se rendre maîtres des sources de ce précieux métal une fois connues. Copiapo. Mines d’or de l’Amérique méridionale au Chili, découvertes au milieu du dernier siecle. Comme leur richesse y a attiré du monde, on a pris les terres des Indiens sous prétexte d’établir ceux qui feront valoir ces mines. Coquimbo. Mines de cuivre dans l’Amérique méridionale au Chili, à trois lieues N. E. de Coquimbo. Ces mines fournissent depuis long-tems les batteries de cuisine à presque toute la côte du Chili & du Pérou. Cordilliere. La montagne de la Cordilliere dans l’Amérique méridionale au Chili, a entr’autres minéraux des mines du plus beau soufre qu’il y ait au monde ; on le tire tout pur, sans qu’il ait presque besoin d’être manié. Cornouaille. Le pays de Cornouaille en Angleterre abonde en mines d’étain, qui est le plus beau & le plus parfait de l’univers. L’île de l’Elbe sur la côte de Toscane, a des mines de fer abondantes, mais faute de bois, il faut porter la matiere ailleurs pour la travailler. Le Frioul. En Italie dans l’état de Venise, il a dans ses montagnes des mines précieuses de vif-argent. Voyez Idria. Glaslitten. Mine d’or en Hongrie à quelques lieues de Chemnitz. Cette mine étoit très-riche, mais on l’a perdue, & on n’a pas pu en retrouver l’entrée. Guancavelica. Mine de vif-argent en Amérique méridionale, au Pérou, dans l’audiance de Lima, à 60 lieues de Pisco. Voyez Guancavelica. Guingui-Faranna. Mine d’or en Afrique, au royaume de Combre-Gondon, près de la riviere de Falème. C’est un endroit tout semé pour ainsi dire de mines d’or, à ce que prétend le P. Labat. Le Hainaut. Ce pays abonde en mines de charbon de terre & de fer, qui n’est pas d’une quantité inférieure à celui de Suede. La Hongrie. Ce pays ne manque pas de mines d’or, d’argent, & de vif-argent, assez abondantes. Le Japon. On trouve dans ce vaste royaume des mines d’or considérables, mais sur-tout de cuivre & de soufre. L’empereur s’attribue un droit absolu sur toutes les mines de son empire. Kabia-Gora. Mine d’un soufre admirable en Russie, sur la route de Moscou à Astracan, auprès de Samara, à l’ouest du Volga. Lipes. Mines d’argent dans l’Amérique méridionale au Pérou, environ à 70 lieues de Potosi. Elles fournissent beaucoup d’argent depuis long-tems. Masulipatan. Cette ville des états du Mogol a dans son voisinage une mine très-riche en diamans. Pachuca. Mine de l’Amérique septentrionale au Méxique, à environ six lieues de México. Il y a dans cet endroit quantité de diverses mines ; les unes sont exploitées, les autres en réserve, & d’autres abandonnées. Le Pérou. Tout le monde sait que ce royaume abonde en mines d’or & d’argent. On trouve une​ mine de sel inépuisable à 18 milles de Lima. Phiruscou. Mine de Turquoise en Perse, à quatre journées de Méched. Saint-Christofle de Lampanguy. Montagne de l’Amérique méridionale au Chili, à 80 lieues de Salparaiso, féconde en plusieurs sortes de mines. L’or de cette montagne est de 21 à 22 carats. Sicile. La Sicile a des mines de fer, d’alun, de vitriol, de salpètre & de sel, qui renaît à mesure qu’on le tire. Siderocaps. Mine d’or très-riche en Europe, dans la Jamboli. Elle appartient au grand-seigneur. Sierra Morena. Mines d’argent en Espagne dans la nouvelle Castille, au pié de la montagne. La Silésie. Ce pays a des mines de pierres précieuses de différentes especes, mais toutes tendres. La Suede. Ses mines de fer & de cuivre sont si abondantes, qu’on assure qu’elles pourroient fournir presque toute l’Europe de ces deux métaux. Elles sont principalement dans les pays de Gotland & de Vermland. Tamba-Aoura & Netteco. Mines d’or en Afrique au pays des Mandingues, sur le Sanon, à 30 lieues E. de la riviere de Falème. Ces mines seroient d’une richesse surprenante pour un peuple qui sauroit les exploiter. Tortose. Mines d’argent, de fer & de jaspe, en Espagne, dans la Catalogne, au territoire de Tortose. Valparaiso. Mine d’or dans l’Amérique méridionale au Chili ; mais comme les eaux y manquent en été, on ne peut y travailler que quelques mois de l’année. Velika. Grande mine de sel en Pologne, à deux lieues de Cracovie. M. le Laboureur en a fait une description fabuleuse. Visapour. La ville de Visapour en Carnate, dans les états du Mogol, a dans son voisinage des mines de diamans de la plus grande beauté. Le grand Mogol les fait travailler pour son compte. Uluk-Tag. Montagne d’Asie aux frontieres de la Rufiie & de la Sibérie. Ses mines produisent le meilleur fer de Russie, & peut-être du monde. On le connoît sous le nom de fer de Sibérie. (D. J.)​
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v10-1413-0
MINÉO
MINÉO, (Géog.)​ ville de Sicile, dans le val de Noto, vers la source de la riviere santo-Paulo. Elle est située entre Caltagirone à l’occident, & Lentini à l’orient. C’est l’ancienne Menæ. (D. J.)​
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v10-142-0
MANOSQUE
MANOSQUE, Manosca, (Géog.)​ ville de France en Provence sur la Durance, dans la viguerie de Forcalquier, avec une commanderie de l’ordre de Malthe. Elle est dans un pays très-beau & très-fertile, à 4 lieues S. de Forcalquier, 154 S. E. de Paris. Long. 23. 30. lat. 43. 52. Dufour (Philippe Sylvestre), marchand droguiste là Lyon, mais au-dessus de son état par ses ouvrages, étoit de Manosque. Il mourut dans le pays de Vaud en 1685, à 63 ans.
[ [ "43 52' N 23 30' E" ] ]
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v10-1424-0
MINGOL
MINGOL, (Géog.)​ montagne de Perse sur une des routes de Constantinople à Ispahan ; c’est de cette montagne que sortent les sources dont se forment l’Euphrate d’un côté, & la riviere de Kars de l’autre.
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v10-1425-0
MINGRELA
MINGRELA, (Géogr.)​ fameux bourg des Indes dans le royaume de Visapour, à cinq lieues de Goa. Je n’en parle que parce que le cardamome ne croît que dans son district. Les Hollandois y ont un comptoir. Tous les vaisseaux qui viennent des Indes pour aller dans le golfe Persique, mouillent presque toujours à la rade de ce bourg.
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v10-1426-0
MINGRÉLIE, la
MINGRÉLIE, la, (Géog.)​ c’est la Colchide des anciens ; province d’Asie qui fait aujourd’hui partie de la Géorgie. Elle est bornée à l’ouest par la mer Noire ; à l’est par le Caucase & l’Imirete ; au sud par la Turcomanie ; au nord par la Circassie. C’est un pays couvert de bois, mal cultivé, & qui produit néanmoins du grain, blé ou millet, suffisamment pour la nourriture des habitans. Il y a beaucoup de vignes, qui donnent d’excellent vin ; elles croissent autour des arbres, & jettent des seps si gros, qu’un homme peut à peine les embrasser. On y trouve aussi d’admirables paturages qui nourrissent quantité de chevaux. Les pluies qui sont fréquentes pendant l’été reverdissent ces paturages, tandis qu’elles rendent la saison humide & mal-saine. Le gibier abonde dans les vallées, & les bêtes sauvages dans les montagnes. La viande des Mingréliens est le bœuf & le pourceau, qui sont à grand marché. Le pays se divise en trois petits états, dont les princes indépendans les uns des autres, payent quelque tribut au grand-seigneur. Ils héritent tous du bien des gentilshommes, & ceux-ci du bien de leurs vassaux, lorsque les familles viennent à s’éteindre. Leur religion a un grand rapport avec celle des Grecs, mais elle est mêlée de tant de superstitions, qu’on peut la regarder comme une espece d’idolâtrie. Les églises y tombent en ruine, & les prêtres qui les desservent croupissent dans l’ignorance. Les Turcs font quelque commerce en Mingrélie ; ils en tirent de la soie, du lin, des peaux de bœuf, de la cire, du miel, & quantité d’esclaves, parce que les gentilshommes ont le droit de vendre leurs sujets, & qu’ils se servent de ce droit toutes les fois qu’ils en peuvent tirer du profit. Au reste, les esclaves n’y sont pas chers ; les hommes depuis 25 jusqu’à 40 ans n’y valent qu’une vingtaine d’écus ; les femmes une dixaine, les enfans moitié, & les belles filles depuis 13 jusqu’à 18 ans, trente écus piece. Cependant les Mingréliens, au rapport des voyageurs, sont tout aussi beaux que les Géorgiens & les Circassiens : il semble que ces trois peuples ne fassent qu’une seule & même race. Il y a en Mingrélie, dit Chardin, des femmes merveilleusement bien faites, charmantes pour le visage, la taille & la beauté de leurs yeux. Les moins belles & les plus âgées se fardent beaucoup, mais les autres se contentent de peindre leurs sourcils en noir. Leur habit est semblable à celui des Persanes ; elles portent un voile qui ne couvre que le dessus & le derriere de la tête ; elles sont spirituelles & affectueuses, mais en même tems perfides & capables de toutes sortes de traits de coquetterie, d’astuce & de noirceur, pour se faire des amans, pour les conserver ou pour les perdre. Les hommes ont aussi bien de mauvaises qualités ; ils sont tous élevés au larcin, l’étudient, & en font leur plaisir. Le concubinage, la bigamie & l’inceste sont des actions autorisées en Mingrélie ; l’on y enleve les femmes les uns des autres ; on y épouse sans scrupule sa tante ou sa niece, & on entretient autant de concubines qu’on veut. La jalousie n’entre point dans​ la tête des maris ; quand un homme surprend sa femme couchée avec son galant, il lui fait payer pour amande un cochon, qui se mange entre eux trois. Le Caucase met les Mingréliens à couvert des courses des Circassiens par sa hauteur, & par des murailles qu’ils ont élevées dans les endroits les plus accessibles, & qu’ils font garder avec quelque soin. Ils n’ont point de villes, mais des bourgs & des villages, avec des maisons séparées les unes des autres. La chasse est leur occupation ordinaire ; ils mettent leur félicité dans la possession d’un bon cheval, d’un bon chien, & d’un excellent faucon. Leur principal commerce consiste en esclaves ; ils vendent leurs propres enfans, en les échangeant pour des hardes & pour des vivres. Ces détails sur les Mingréliens sont ici suffisans ; on peut en lire de plus étendus dans Chardin & la Motraye. Mais qui croiroit que l’article de la Mingrélie est oublié dans le dictionnaire de la Martiniere, & dans les contrefaçons faites en France de cet ouvrage ? Après cela, oserons-nous prétendre de n’être point tombés quelquefois à notre tour dans de pareilles obmissions ? Nous espérons l’avoir évité, mais il ne faut répondre de rien. (D. J.)​
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v10-1428-0
MINHO
MINHO, (Géog.)​ en latin Minius, fleuve d’Espagne qui prend sa source dans la Galice, près de Castro del rei, traverse le royaume de Galice, & se jette dans l’Océan atlantique aux confins du Portugal. Il est fort poissonneux, & tire son nom du mimium ou vermillon qu’on trouve sur ses côtes.
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v10-1429-0
MINIATO, Saint
MINIATO, Saint, (Géogr.)​ ville de Toscane en Italie, dans le Florentin, avec un évêché suffragant de Florence. Elle est sur l’Arno, à 8 lieues S. O. de Florence. Long. 28. 30. lat. 43. 40. (D. J.)​
[ [ "43 40' N 28 30' E" ] ]
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v10-143-0
MANOTCOUSIBI
MANOTCOUSIBI, (Géogr.)​ riviere de l’Amérique septentrionale, au 59 degré de latitude nord, dans la baie de Hudson. Les Danois la découvrirent en 1668 ; on l’appelle encore la riviere danoise, & les Anglois la nomment Churchill. (D. J.)​
[ [ "59 N" ] ]
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v10-1436-0
MINIO
MINIO, (Géogr.)​ petit fleuve d’Italie en Toscane. Il avoit son embouchure entre Gravisea & Centrum celæ. Niger le nomme Migno, & Léander l’appelle Mugnone. Virgile en fait mention dans ce vers de l’Enéide : :Qui Coerete domo, qui sunt Minionis in arvis. Il ne faut pas confondre le Minio avec le Minius ; ce dernier étoit un fleuve de l’Espagne tarragonoise, ou de la Lusitanie, dont Ptolomée & Pomponius Méla font mention. (D. J.)​
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v10-1441-0
MINNŒI ou MINŒI
MINNŒI ou MINŒI, (Géog. anc.)​ peuples de l’Arabie heureuse sur la côte de la mer Rouge ; ils avoient pour capitale la ville de Carna ou Carana. Strabon, Pline, Ptolomée parlent de ces peuples.
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