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v10-1442-0
MINO
MINO, (Géog.)​ royaume du Japon dans la grande île de Niphon, au nord de Voary & le long de la rive orientale du lac d’Oitz, sur le bord duquel Nobunanga avoit bâti la ville d’Anzuquiama, & un magnifique palais qu’on appelloit le paradis de Nobunanga.
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v10-1443-0
MINOA
MINOA, (Géog. anc.)​ c’est 1° le nom d’un port de l’île de Crète ; 2° d’une ville de la même île ; 3° d’une île de Grece dans le golfe Saronique ; 4° d’un promontoire de l’Attique du côté de Mégare ; 5° d’un lieu fortifié, d’un port & promontoire dans le golfe d’Argos ; 6° d’un promontoire du Péloponnese dans l’Argie ; 7° d’une ville d’Arabie & d’une ville dans l’île Siphnus, selon Etienne le Géographe, &c. La Minoa de l’île d’Amorgos l’une des Sporades, étoit la patrie de Simonide, poëte iambique, qui florissoit, suivant Suidas, environ 400 ans avant la prise de Troie. Il est fait mention de ce poëte dans Athénée, Pollux, Elien & autres ; il avoit fait une satyre bien ridicule contre les femmes, & dans laquelle il n’étoit guere moins injuste que cet auteur italien qui a soutenu qu’elles n’ont point d’ame. (D. J.)​
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v10-1446-0
MINORBINO
MINORBINO, (Géog.)​ petite ville d’Italie au royaume de Naples, dans la terre de Bari, avec un évêché suffragant de Bari, à 8 lieues N. O. de Cirenza. Long. 33. 45. latit. 40. 30. (D. J.)​
[ [ "40 30' N 33 45' E" ] ]
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v10-1448-0
MINORQUE
MINORQUE, (Géog.)​ île du royaume d’Espagne dans la Méditerranée, au nord-est & à 10 lieues de l’île Majorque. Elle s’étend du nord-ouest au sud-est, l’espace de 12 ou 15 lieues, de sorte qu’elle peut avoir 40 à 50 lieues de long, sur 2 de large : elle appartient aux Anglois. Cette île est nommée Minorca, parce qu’elle est la moindre des îles Baléares. Son terrein, quoique montueux, ne laisse pas de produire presque toutes les choses nécessaires à la vie, excepté l’huile ; à cause que cette île est fort exposée aux frimats du nord. Elle ne le cede point à Majorque, pour l’abondance des animaux sauvages & domestiques. Il s’y trouve en particulier d’excellens mulets. Les anciens lui ont donné le nom de Nura, sans qu’on en puisse deviner la raison. Son port qu’on nomme Port-Mahon, est un des plus beaux de l’univers. Nous en ferons un article séparé. Citadella, capitale de l’île, est extrèmement fortifiée. Les François ne l’ont prise en 1756, que par ces coups du hasard, qui sont quelquefois couronnés du succès. La lat. de Minorque est entre le 39 & le 40 degré ; long. 21. 30. jusqu’au 22. degré. (D. J.)​
[ [ "39 N 21 30' E", "40 N 22 E" ] ]
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v10-145-0
MANRESE
MANRESE, (Géog.)​ en latin Minorissa, ancienne petite ville d’Espagne dans la Catalogne, au confluent du Cordonéro & du Lobrégat, à 9 lieues N. O. de Barcelone, 6 S. E. de Cardonne. Long. 19. 30. lat. 41. 36.
[ [ "41 36' N 19 30' E" ] ]
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v10-1452-0
MINSINGEN, ou MUNSINGEN
MINSINGEN, (Géog.)​ ou MUNSINGEN ; petite ville d’Allemagne, dans les états du duc de Wurtemberg sur l’Elbe, entre Neutlingen & Blaubeuren. Long. 27. 26, lat. 48. 21. (D. J.)​
[ [ "48 21' N 27 26' E" ] ]
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v10-1453-0
MINSKI
MINSKI, (Géog.)​ ville forte de Pologne, dans la Lithuanie ; capitale d’un palatinat de même nom. Le tribunal supérieur de la Lithuanie s’y tient de 3 en 3 ans. Elle est située vers la source de la riviere de Swislocks. Long. 45. 32, lat. 35. 57. (D. J.)​
[ [ "35 57' N 45 32' E" ] ]
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v10-1454-0
MINTURNE
MINTURNE, (Géog.)​ Minturnæ ; ancienne ville d’Italie dans le Latium, sur le fleuve Liris, un peu au-dessus de son embouchure, à 80 stades de Formies. Elle devoit sa naissance à une colonie romaine. C’est à Minturne que Marius fut conduit, après avoir été pris dans les marais de Marica, qu’on nomme Maricæ paludes, ou Minturnensium paludes ; le magistrat de Minturne, croyant ne pouvoir se dispenser d’obéir aux ordres précis du sénat, envoya sur le champ à Marius, un esclave public, Cimbre de nation, pour le faire mourir. Marius voyant entrer cet esclave dans la prison, & jugeant de son dessein par une épée nue qu’il avoit à la main, lui cria d’une voix forte : « Barbare, as-tu bien la hardiesse d’assassiner Caius Marius ? » L’esclave épouvanté du nom seul d’un homme si redoutable aux Cimbres, jette son épée, & sort de la​ prison tout ému, en criant : « Il m’est impossible de tuer Marius ». Les magistrats de Minturne regarderent la peur & le trouble de cet esclave, comme un avis du ciel, qui veilloit à la conservation de ce grand homme ; & touchés d’un sentiment de religion, ils lui rendirent la liberté. On sait la suite de ses aventures, les nouveaux périls qu’il essuya sur les côtes de Sicile, sa jonction avec Cinna, son entrée dans Rome, & les flots de sang qu’il répandit. Enfin maître du monde, mais repassant dans son esprit ses anciennes disgraces, sa fuite, son exil, & tous les dangers qu’il avoit couru, il en perdit le sommeil. Ce fut pour se le procurer, & pour se débarrasser de ces idées funestes, qu’il se jetta dans la débauche de la table. Il cherchoit à noyer ses inquiétudes dans le vin ; & il ne trouvoit de repos, que quand il n’avoit plus de raison. Ce nouveau genre de vie, & les excès qu’il fit, lui causerent une pleurésie dont il mourut, accablé d’années, & le corps épuisé de fatigues & de tourmens, le 17e jour de son 7e consulat. (D. J.)​
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v10-1456-0
MINURI
MINURI, (Géog.)​ petite ville d’Italie au royaume de Naples, dans la principauté citérieure, avec un évêché suffragant d’Amalfi, dont elle est à deux lieues N. E. Long. 32. 9. lat. 40. 37.
[ [ "40 37' N 32 9' E" ] ]
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v10-1458-0
MINUTE
MINUTE, s. f. (Géograph.​ & Astron.​) c’est la soixantieme partie d’un degré. Voyez Degré. Ce mot vient du latin minutus, petit. On appelle aussi les minutes, minutes premieres ; mais le mot de minutes tout court est plus usité. Les divisions des degrés sont des fractions dont les dénominateurs croissent en raison sexagecuple, c’est-à-dire qu’une minute = $\scriptstyle\frac{1}{60}$ de degré, une seconde $\scriptstyle\frac{1}{3600}$. Voyez Seconde. Dans les tables astronomiques, &c. les minutes sont marquées par un accent aigu en cette sorte ′, les secondes par deux ″, les tierces par trois ‴. Voyez Seconde & Tierce. Minute dans le calcul du tems marque la soixantieme partie d’une heure. Comme le mot de minute est employé par les Astronomes dans deux sens, savoir comme partie de degré & comme partie de tems, on appelle quelquefois les premieres minutes de degré, & les autres minutes de tems. La terre dans son mouvement diurne fait 15 minutes de degré en une minute de tems, 15 secondes de degré en une seconde de tems, &c. Voyez Heure. Chambers​. (O)​
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v10-1458-1
Minute méridionale
Minute méridionale, voyez Méridionale.
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v10-146-0
MANS, le
MANS, le, (Géogr.)​ ancienne ville de France sur la Sarte, capitale de la province du Maine. C’est la même que la table de Peutinger appelle Suindinum. Dans les notices des villes de la Gaule elle est nommée civitas Cenomanorum. Sous le regne de Charlemagne c’étoit une des plus grandes & des riches villes du royaume ; les tems l’ont bien changé. Presque dans chaque siecle elle a éprouvé des incursions, des siéges, des incendies, & autres malheurs semblables, dont elle ne sauroit se relever. Elle contient à peine aujourd’hui neuf ou dix mille ames. Son évêque se dit le premier suffragant de l’archevêché de Tours, mais cette prétention lui est fort contestée. Son évêché vaut environ 17000 livres de revenu. Le Mans est sur une colline, à 8 lieues N. O. d’Alençon, 17 N. O. de Tours, 19 N. E. d’Angers, 30 N. E. d’Orléans, 48 S. O. de Paris. Longit. selon Cassini, 17. 36′. 30″. lat. 47. 58. (D. J.)​
[ [ "47 58' N 17 36' 30\" E" ] ]
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v10-1461-0
MINYA
MINYA, (Géogr. anc.)​ nom d’une ville de Thessalie & d’une ville de Phrygie, selon Etienne le géographe.
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v10-1462-0
MINYÆ
MINYÆ, (Géogr. anc.)​ nom de peuples du Péloponnèse dans l’Elide, & de peuples de la Béotie près de la ville d’Orchomene. (D. J.)​.
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v10-1463-0
MIOLANS
MIOLANS, (Géogr.)​ forteresse de Savoie dans la vallée de Barcelonette ; elle est sur un roc escarpé, vis-à-vis du confluent de l’Arche & de l’Isère. Long. 33. 25. lat. 45. 35. (D. J.)​
[ [ "45 35' N 33 25' E" ] ]
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v10-1467-0
MIQUENETS, ou MÉQUINEZ
MIQUENETS, ou MÉQUINEZ, (Géog.)​ ancienne & grande ville d’Afrique au royaume de Fez, sur laquelle voyez Olon, relat. de l’empire de Maroc. Cette ville est fort peuplée, quoiqu’elle n’ait ni bonne eau ni manufacture, mais la cour y fait sa résidence : à la réserve du palais & des mosquées, il n’y a point d’autres édifices publics. On y garde les esclaves chrétiens, pour lesquels le roi d’Espa-​gne y entretient un hôpital qui peut contenir cinquante malades. Les Juifs y ont un quartier assez considérable, où demeure le chef de leur nation. Dans tout le royaume, c’est lui qui impose & paye les garammes auxquels la nation juive du pays est taxée. C’est par lui que l’empereur entretient un commerce pécunieux & politique avec toutes les nations amies & ennemies. Miquénès est à 17 lieues de Salé, à 20 de Mamore, & à 5 des montagnes du grand Atlas. Ptolomée la place à 7. 50. de long. & à 34. 15. de lat. sous le nom de Silda, qui a depuis été changé en celui de Miquenés. (D. J.)​
[ [ "34 15' N 7 50' E" ] ]
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v10-1471-0
MIRADOUX
MIRADOUX, (Géog.)​ petite ville de France dans le bas Armagnac, élection de Lomagne, & à deux lieues de Lectoure. Long. 18. 26. lat. 43. 56. (D. J.)​
[ [ "43 56' N 18 26' E" ] ]
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v10-1474-0
MIRANDA
MIRANDA, (Géog.)​ petite place d’Espuagne dans la Navarre, sur l’Arga. Elle n’est connue que pour avoir donné la naissance à un des plus malheureux dominicains du seizieme siecle, Barthélemi Carranza. Ses avantures sont fort singulieres, quoiqu’il n’ait fait qu’un catéchisme espagnol & une somme des conciles, ouvrages même pitoyables : mais voici sa vie. Il vint en Angleterre avec Philippe d’Autriche. y travailla de toutes ses forces à extirper la foi protestante, fit brûler des livres, & exiler bien du monde. En 1557, Philippe II. lui donna le premier siege d’Espagne, l’archevêché de Tolede. Il assista aux dernieres heures de Charles-Quint, & fut ensuite arrêté par l’inquisition comme hérétique. Il perdit son archevêché, sa liberté au bout de quinze ans de prison, fut déclaré suspect d’hérésie, & condamné comme tel à l’abjuration & à d’autres peines. Un homme contre lequel on n’a nulle preuve, ne sort des mains de ses délateurs qu’après une longue & dure captivité, n’en sort qu’avec flétrissure, & le jugement porte qu’il y a des présomptions contre lui ! C’est aux sages à voir les iniquités d’un tribunal qui regne depuis si long-tems en plusieurs lieux de la chrétienté, & qui commence à répandre des racines & des fibres chevelues dans des pays, où son nom même jusqu’à ce jour excite l’indignation de tous les honnêtes gens. (D. J.)​
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v10-1474-1
Miranda
Miranda, (Géog.)​ riviere d’Espagne, autrement nommée Eo. Elle a sa source au pié des montagnes des Asturies, fait la borne entre les Asturies & la Galice, & se jette ensuite dans la mer. (D. J.)​
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v10-1474-2
Miranda do Duero
Miranda do Duero, (Géog.)​ on l’appelloit anciennement Contia ou Contium, ville forte de Portugal, capitale de la province de Tra-los-Montes, avec un évêché suffragant de Brague. Elle est sur un roc, au confluent du Duero & du Fresne, à 33 lieues S. O. de Léon, 15 N. O. de Salamanque, 12 S. E. de Bragance, 83 N. E. de Lisbonne. Long. 11. 55. lat. 41. 30. (D. J.)​
[ [ "41 30' N 11 55' E" ] ]
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v10-1474-3
Miranda de Ebro
Miranda de Ebro, (Géog.)​ petite ville d’Espagne dans la vieille Castille. Elle est dans un terroir fertile en excellent vin, sur les deux bords de l’Ebre qui la traverse, sous un pont, à 64 lieues N. de Madrid, 14 S. O. de Bilbao. Long. 14. 25. lat. 42. 52. (D. J.)​
[ [ "42 52' N 14 25' E" ] ]
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v10-1475-0
MIRANDE, la
MIRANDE, la, (Géog.)​ pauvre petite ville de France en Gascogne, capitale du comté d’Astarac. Elle fut bâtie en 1289, sur la Baise, à 6 lieues S. O. d’Ausch, 160 S. O. de Paris. Long. 17. 56. lat. 42. 33. (D. J.)​
[ [ "42 33' N 17 56' E" ] ]
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v10-1476-0
MIRANDOLE, la, ou la MIRANDE
MIRANDOLE, la, ou la MIRANDE, (Géog.)​ forte ville d’Italie, capitale du duché de même nom, qui est entre les duchés de Mantoue & de Modène. Les François & les Espagnols furent défaits près de cette place par les Allemands en 1703. Les François la prirent en 1705, & l’évacuerent en 1707. L’empereur Charles VI. la vendit avec le duché au duc de Modene. Le roi de Sardaigne s’en empara en 1743. Elle a été rendue avec le duché, en 1748, au duc de Modene par le traité d’Aix-la-Chapelle. Elle est à 7 lieues N. E. de Modene, 9 S. E. de Mantoue, 10 O. de Ferrare, 34 S. E. de Milan. Long. 28. 40. lat. 44. 52. Mais si la ville de la Mirandole est connue par ses vicissitudes, elle l’est encore davantage par un de​ses princes souverains qui porta son nom. On voit que je veux parler de Jean-François Pic de la Mirandole, qui, dès sa tendre jeunesse, fut un prodige d’étude & de savoir. Le goût des Sciences fut si grand en lui, qu’il prit le parti de renoncer à la principauté de sa patrie, & de se retirer à Florence où il mourut en 1494. Il est extraordinaire que ce prince qui avoit étudié une vingtaine de langues, ait pû à vingt-quatre ans soutenir des thèses sur tous les objets de sciences connues dans son siecle. Il est vrai que les sciences de ce tems-là se bornoient presque toutes à la connoissance de la somme de saint Thomas-d’Aquin, & des ouvrages d’Albert surnommé le Grand, c’est à-dire, à un jargon inintelligible de théologie péripatéticienne. Pic de la Mirandole étoit bien malheureux, avec son beau génie, d’avoir consumé ses veilles & abrégé ses jours dans ces graves démences. Cependant, dit M. de Voltaire, les thèses qu’il soutint firent plus de bruit, & eurent plus d’éclat que n’en ont eu de nos jours les découvertes de Newton, & les vérités approfondies par Locke. On trouva dans ces thèses plusieurs propositions hérétiques, fausses & scandaleuses ; mais n’en trouve-t-on pas par-tout où l’on veut en trouver ? Enfin, il fallut que le pape Alexandre VI. qui du-moins avoit le mérite de mépriser les disputes, envoyât une absolution à Pic de la Mirandole. Sans cette absolution, c’étoit un homme perdu. Il eût été heureux pour lui d’avoir laissé la philosophie péripatéticienne pour les beautés agréables de Virgile, du Dante, & de Petrarque. (D. J.)​
[ [ "44 52' N 28 40' E" ] ]
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v10-1477-0
MIRAVEL
MIRAVEL, (Géog.)​ petite ville d’Espagne dans la nouvelle Castille, & dans un terroir qui produit d’excellent vin. Elle est sur le penchant d’une colline à 4 lieues de Plazencia. Long. 12. 30. lat. 39. 54. (D. J.)​
[ [ "39 54' N 12 30' E" ] ]
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v10-1479-0
MIREBEAU
MIREBEAU, (Géog.)​ petite ville de France en Poitou, capitale d’un petit pays appellé le Mirebalais. Elle fut bâtie par Foulques de Nera, & souffrit un long siege en 1202, en faveur de la reine d’Angleterre, veuve d’Henri II. qui s’y étoit réfugiée. Elle est à 4 lieues de Poitiers, & à 71 lieues S. O. de Paris. Long. 17d. 50. 23. lat. 46d. 46. 56. (D. J.)​
[ [ "46 46' 56\" N 17 50' 23\" E" ] ]
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v10-1480-0
MIRECOURT
MIRECOURT, (Géog.)​ ville de France en Lorraine, capitale du bailliage de Vosge. Elle s’appelle en latin Mercurii curtis ; ce nom pourroit faire conjecturer que c’est un lieu d’une grande antiquité, les anciens pourtant n’en font aucune mention. On voit seulement que c’étoit un des premiers domaines des ducs de Lorraine. Elle est sur la riviere de Maudon, à 10 lieues S. O. de Nanci, 12 S. E. de Toul, 7 N. O. d’Espinal, 66 S. E. de Paris. Long. 23. 52. lat. 48. 15. (D. J.)​
[ [ "48 15' N 23 52' E" ] ]
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v10-1481-0
MIREMONT
MIREMONT, (Géog.)​ petite ville ou plutôt bourg de France dans le Périgord, proche la Vézere, à 6 lieues de Sarlat, à 8 de Périgueux. On voit auprès une grande caverne appellée Cluseau, fort célebre dans le pays. Long. 18. 26. lat. 45. 12. (D. J.)​
[ [ "45 12' N 18 26' E" ] ]
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v10-1482-0
MIREPOIX
MIREPOIX, (Géog.)​ petite ville de France dans le haut Languedoc, avec un évêché suffragant de Toulouse, valant dix-huit mille livres de renté, & n’ayant que 154 paroisses. Cette ville est nommée dans la basse-latinité Mirapicum, Mirapicium, Mirapicis castrum. C’étoit un lieu fort, & une place d’armes du comté de Foix, au commencement du treizieme siecle. Les Croisés la prirent, & la donne-​rent à Gui de Levis, un de leurs principaux chefs, donation que confirmerent les rois de France, de sorte que Mirepoix a resté depuis lors dans cette même maison. Elle est sur le Gers, à 6 lieues N. E. de Foix, 16 S. E. de Toulouse, 172 S. O. de Paris. Long. 19. 32. lat. 43. 7. (D. J.)​
[ [ "43 7' N 19 32' E" ] ]
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v10-1488-0
MIROBRIGA
MIROBRIGA, (Géog. anc.)​ Il y a plusieurs villes qui portent ce nom latin. 1°. Une d’Espagne, dans la Bétique. 2°. Une seconde d’Espagne, dans la même Bétique, entre Æmiliana & Salica, selon Ptolomée. Le pere Hardouin prétend que c’est présentement Villa de Capilla, au voisinage de Fuente de la Orejuna. 3°. Une de la Lusitanie dans les terres, selon Ptolomée, l. II. c. v. qui la place entre Bretolœum & Acobriga. On prétend avec beaucoup d’apparence, que c’est aujourd’hui San-Jago-de-Cacem, à une lieue & demie du rivage, dans l’Entre Tejo e Guadiana, à l’orient du port de Sinis. 4°. Une de l’Espagne tarragonoise, aux confins de la Lusitanie. Il paroît d’une inscription recueillie par Gruter, qu’elle étoit voisine de Bletisa & de Salmantica. Or, si Bletisa est aujourd’hui Ledesma, comme le prétend Mariana ; & si Salmantica est Salamanque, comme personne n’en doute, cette derniere Mirobriga pourra être Cindad Rodrigo, ou quelque part, entre cette derniere ville & Salamanque. (D. J.)​
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v10-150-0
MANSFELD
MANSFELD, Mansfeldia, (Géogr.)​ petite ville de même nom, avec titre de comté. Elle est à 14 lieues S. O. de Magdebourg, 18 N. E. d’Erfort, 19 S. O. de Wirtemberg. Long. 29. 30. lat. 52. 35. Vigand (Jean), savant théologien, disciple de Mélancthon, a illustré Mansfeld sa patrie, en y recevant le jour. Il est connu par plusieurs ouvrages estimés, & pour avoir travaillé avec Flaccus Illyricus aux centuries de Magdebourg. Il décéda en 1587, à 64 ans. (D. J.)​
[ [ "52 35' N 29 30' E" ] ]
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v10-1504-0
MISENE, promontoire de
MISENE, promontoire de, Misenum promontorium, (Géog.)​ promontoire d’Italie, sur la côte de la Campanie. Virgile inventa le premier l’origine fabuleuse du nom de ce cap. Il dit qu’on l’appella de la sorte, après que Misene, trompette d’Enée, y eut été enterré, & que l’ancien nom de ce cap étoit Ærius. Les deux Pline nous apprennent qu’il y avoit une ville du même nom, & que ses habitans se nommoient Misenenses. Cette ville étoit tout à l’entour ombragée de maisons de plaisance, dans l’une desquelles mourut l’empereur Tibere ; ce tyran soupçonneux, triste & dissimulé, qui appliquant la loi de majesté à tout ce qui put servir sa haine ou ses défiances, ôta la liberté dans les festins, la confiance dans les parentés, la fidélité dans les esclaves. Il persécuta la vertu, dans la crainte qu’elle ne rappellât dans l’esprit des peuples le bonheur des tems précédens. Le promontoire Misenum conserve encore aujourd’hui son premier nom. On l’appelle capo di Miseno. On le trouve à l’orient du cap de Posilipo, & à l’occident de l’île Ischia. (D. J.)​
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v10-1510-0
MISITRA
MISITRA, (Géog. anc. & mod.)​ ville de la Morée, dans les terres auprès d’une petite montagne, branche du Taygete des anciens, & d’une petite riviere du même nom qui se décharge dans le Vasilipotamos. Misitra, ou du-moins son fauxbourg, est l’ancienne Sparte, cette ville si célebre dans le monde. Le nom de Misitra lui a été donné sous les derniers empereurs de Constantinople, à cause des fromages de ses environs qu’on appelle vulgairement misitra. Cette ville n’a plus, à beaucoup près, les 48 stades que Polybe donnoit à l’ancienne Lacédémone. Misitra est divisée en quatre parties détachées, le château, la ville & deux fauxbourgs ; l’un de ces fauxbourgs se nomme Mesokorion, bourgade du milieu, & l’autre Enokorion, bourgade du dehors. La riviere Vasilipotamos passe encore aujourd’hui à l’orient de la ville comme autrefois. Elle ne fait en été qu’un ruisseau ; mais en hiver, elle est comme le bras de la Seine à Paris devant les Augustins. Le château n’est pas celui de l’ancienne Lacédémone, dont on voit encore quelques masures sur une colline opposée ; c’est l’ouvrage des despotes, sous le déclin de l’empire. Il y a une mosquée dans le Mesokorion, deux bazars & une fontaine qui jette de l’eau par des tuyaux de bronze. C’est la fontaine Dorcea, aussi fameuse à Sparte que l’Ennéacrunos l’étoit à Athènes. En abordant à Misitra, on n’oublie point de prendre son Pausanias à la main, pour l’examiner. Cet auteur ayant passé le pont qui est sur l’Eurotas, entre dans le Plataniste, qui est à la rive droite de ce fleuve, & que l’on voit encore. Il monte ensuite dans la ville, où il trouve le temple de Lycurgue ; il suit, il décrit tous les autres temples qui sont sur sa route. Il voit & décrit le palais des anciens rois, leurs tombeaux, & le théatre dont la beauté le surprend. Toutes ces choses sont abattues, & les princes paléologues n’ont laissé de tous ces édifices que quelques fondemens. De tant de temples autrefois consacrés à Diane dans Sparte, à peine en trouve-t-on le terrein. Pallas en avoit sept ou huit pour sa part, entre lesquels, celui qu’on surnommoit Chalciœcos, étoit le plus célebre de toute la Grece. Il n’en reste pas le moindre vestige. Les ruines du temple de Vénus armée sont à l’orient de Misitra. On voyoit autrefois aux environs de ce temple le Cœnotaphe de Brasidas, & près de ce Cœnotaphe les tombeaux de Pausanias & de Léonidas. Près de ces tombeaux étoit le théâtre de Lacédémone, dont il reste à peine quelques fragmens​de colonnes. On y chercheroit en vain la place du temple de Cérès qui n’étoit pas loin delà. Autrefois toute l’enceinte de l’Agora étoit embellie des statues superbes, de tombeaux célebres, ou de tribunaux majestueux. On y voyoit un temple dédié à Jules César, & un autre à Auguste. Il y en avoit de consacrés à Apollon, à la Terre, à Jupiter, aux Parques, à Neptune, à Minerve, à Junon ; il ne reste plus de traces d’aucun de tous ces édifices. Il n’y en a pas davantage du Gérosia, c’est-à-dire du tribunal des vingt-huit gérontes, ni du tribunal ces éphores, ni de celui des bidiaques qui avoient l’œil sur la discipline des enfans, ni finalement des nomophylaces ou interpretes des lois de Lycurgue. Tout ce qu’on peut en juger, c’est que le terrein est occupé par le serrail de Mula, par la prison publique & par des jardins. La rue du grand Bazar est la fameuse rue, qu’on appelloit Aphétars. Ulysse contribua à la rendre célebre, quand elle lui servit de carriere pour disputer à la course la possession de Pénélope contre ses rivaux. On sortant de Misitra pour aller du côté du pont de pierre, qu’on nommoit autrefois le Babica, on trouve une grande plaine bornée à l’orient par la riviere & à l’occident par le Mézocorion. C’est-là que sont le Plataniste & le Dromos. Il ne reste de ce dernier que des amas de pierres bouleversées. A l’égard du Plataniste, la nature y produit encore des platanes à la place de ceux de l’antiquité. La riviere s’y partage en plusieurs bras ; mais on n’y sauroit plus discerner celui qui se nommoit l’Euripe, c’est-à-dire ce canal qui formoit l’île fameuse, où se donnoit tous les ans le combat des Ephebes. A une portée de mousquet de l’Enokorion, on découvre au nord une colline où sont des vignobles qui produisent le meilleur vin de la Morée. C’est le même terroir où Ulysse planta lui-même une vigne, lorsqu’il alla chercher Pénélope à Lacédémone. Mahomet II. a établi à Misitra un bey, un aga, un vaivode, & quatre gérontes. Le bey est gouverneur de la Zaconie, & indépendant du bacha de la Morée. L’aga commande la milice du pays. Le vaivode est comme un prevôt de maréchaussée. Ces trois charges sont exercées par des Turcs. Celles des gérontes sont possédées par des Chrétiens d’entre les meilleures familles greques de Misura. Ils font l’assiette & la levée du tribut pour les mêles, qu’on paye au sultan. Les femmes, les caloyers & les papas ne payent rien. Ce tribut est de quatre piastres & demi par tête dès le moment de sa naissance ; oppression particuliere à la Zaconie, & mauvaise en bonne politique : aussi l’argent est si rare dans le pays, que le peuple n’y vit que par échange de ses denrées. Le reste du trafic se fait par les mains des Juifs, qui composent la plus grande partie des habitans : ils ont à Misitra trois synagogues. Les caloyeres ou les filles consacrées à la Panagia y possedent un monastere bien bâti. Enfin Misitra n’est plus recommandable que par ses filles greques qui sont jolies, & par ses chiens qui sont excellens ; c’est tout ce qu’elle a conservé de l’ancienne Sparte. Mais il ne faudroit pas faire aux Grecs de cette ville la même question qu’on fit autrefois à leur compatriote Léotichidas, ni attendre d’eux une aussi sage réponse que celle qu’il fit quand on lui demanda pourquoi les Lacédémoniens étoient les seuls d’entre les Grecs qui aimoient si peu à boire : afin, dit-il, que nous disposions toujours de nous comme nous voudrons, & que les autres n’en disposent jamais comme il leur plaira. M. Fourmont, dans son voyage de Grece en 1729, dit avoir ramassé à Misitra des inscriptions de conséquence, mais il n’en a publié aucune.​ Cette ville est sur la riviere ou le ruisseau de Visilipotamos, à 40 lieues S. O. d’Athènes, à 37 S. E. de Lépante, à 150 S. O. de Constantinople. Long. 40. 20. latit. 35. 26. (D. J.)​
[ [ "35 26' N 40 20' E" ] ]
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v10-1512-0
MISLINITZ
MISLINITZ, (Géog.)​ petite ville de Pologne dans le palatinat de Cracovie, située entre deux montagnes, à 4 lieues de Cracovie. Long. 38. 2. latit. 50. 4.
[ [ "50 4' N 38 2' E" ] ]
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v10-1514-0
MISNIE, ou MEISSEN
MISNIE, ou MEISSEN, en latin Misnia, (Géog.)​ province d’Allemagne avec titre de margraviat. Elle est bornée au nord par le duché de Saxe & par la principauté d’Anhalt ; à l’orient par la Lusace ; au midi par la Boheme & la Franconie ; à l’occident par la Thuringe. Elle fut anciennement habitée par les Hermundures, & ensuite par les Misniens ; ces derniers étant opprimés par des Sorabes, eurent recours aux Francs, qui les aiderent à recouvrer leur liberté ; mais pour la conserver plus facilement, ils s’unirent avec les Saxons, & donnerent le nom de Misnie au pays qu’ils occupoient. Ce pays fut érigé en margraviat en faveur de la maison de Saxe, & cette maison, après ou avoir été dépouillée plusieurs fois, est enfin rentrée dans l’ancienne possession de ce patrimoine. La Misnie, telle qu’elle est actuellement, a 18 lieues de long sur 17 de large. Elle est fertile en tout ce qui est nécessaire à la vie ; mais ses principales richesses viennent de ses mines. On la divise en huit territoires ou cercles ; savoir, le cercle de Misnie, le cercle de Leipsick, le cercle des Montagnes d’airain, le territoire de Weissenfels, le territoire de Mersebourg, le territoire de Zeittz, de Voigtland & l’Osterland, l’électeur de Saxe en possede la plus grande partie, & les autres princes de Saxe possedent le reste. Meissens en est la capitale, & Dresde la principale ville. Parmi les gens de lettres nés en Misnie. il n’en est point qui lui fasse plus d’honneur que Samuel Puffendorf, l’un des savans hommes du xvij siecle, dans le genre historique & politique. On connoît son histoire des états de l’Europe, celle de Suede depuis Gustave Adolphe jusqu’à l’abdication de la reine Christine, & celle de Charles Gustave écrite en latin ; mais c’est sur tout son droit de la nature & des gens qui fait sa gloire. Il établit dans cet ouvrage, & développe beaucoup mieux que Grotius, les principes fondamentaux du droit naturel, & il en déduit par une suite assez exacte de conséquences, les principaux devoirs de l’homme & du citoyen, en quelqu’état qu’il se trouve. Il étend & rectifie tout ce qu’il emprunte du grand homme qui l’a précédé dans cette carriere, & s’écarte avec raison du faux principe de Grotius, je veux dire, de la supposition d’un droit de gens arbitraire, fondé sur le consentement tacite des peuples, & ayant néanmoins par lui-même force de loi, autant que le droit naturel. Enfin, l’ouvrage de Puffendorf est, à tout prendre, beaucoup plus vrai & plus utile que celui de Grotius. M. Barbeyrac y a donné un nouveau prix par sa belle traduction françoise, accompagnée d’excellentes notes. Cette traduction est entre les mains de tout le monde. Puffendorf mourut à Berlin en 1694, âgé de 63 ans. (D. J.)​
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v10-1520-0
MISSILIMAKINAC
MISSILIMAKINAC, (Géographie.)​ espece d’isthme de l’Amérique septentrionale, dans la nouvelle France ; il a environ 120 lieues de long, sur 20 de large. Les François y ont un établissement qui est regardé comme un poste important, à une demi-lieue de l’embouchure du lac des Illinois, & situé à environ 292 degrés de long. sous les 45. 35. de lat.
[ [ "45 35' N 292 E" ] ]
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v10-1524-0
MISSISAKES
MISSISAKES, (Géog.)​ peuples de l’Amérique méridionale, sur le bord septentrional du lac des Hurons. Ils se vendent à qui les veut payer.
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v10-1525-0
MISSISSIPI
MISSISSIPI, le, autrement nommé par les François, fleuve saint Louis, (Géog.)​1​ fleuve de l’Amérique septentrionale, le plus considérable de la Louisiane, qu’il traverse d’un bout à l’autre jusqu’à son entrée dans la mer. Il arrose un des grands pays du monde, habité par des sauvages. Ferdinand Soto, espagnol, le découvrit en 1541, & on le nommoit dans son tems Cucagna. En 1673, M. Talon, intendant de la nouvelle France, envoya pour le parcourir, le P. Marquette, jésuite, & le sieur Joliet, bourgeois de Quebec, qui le descendirent depuis les 43. 20. de latitude nord, jusqu’au 33. 49. M. d’Iberville, capitaine de vaisseau, découvrit le pays du Mississipi, & le premier établissement d’une colonie françoise s’y fit en 1598. 2 M. de Lisle a prouvé en 1700, que l’embouchure de ce fleuve est au milieu de la côte septentrionale du golfe du Mexique. Mais on lui donne aujourd’hui plus de vingt embouchures différentes. Lisez pour preuve, la description qu’en a faite le pere Charlevoix. 3 Ce fleuve perce tous les jours de nouvelles terres, où il s’établit un nouveau cours, & en peu de tems des lits très-profonds. Sa largeur est par-tout d’une demi-lieue, ou de trois quarts de lieue, souvent partagé par des îles. Sa profondeur est en quelques endroits de soixante brasses, ce qui joint à sa grande rapidité, le rend difficilement navigable depuis son confluent avec le Missouri, & fait que presque par-tout la pêche y est impraticable. 4 Il reçoit dans son cours à droite & à gauche plusieurs autres rivieres fort considérables, dont les noms sont connus par les relations des voyageurs qui ont remonté ce fleuve. Mais depuis la chute du Missouri dans ce fleuve, il commence à être embarrassé d’arbres flottans, & il en charrie une si grande​​quantité, qu’à toutes les pointes on en trouve des amas, dont l’abattis rempliroit les plus grands chantiers de Paris. Enfin, on lui donne plus de 650 lieues d’étendue. (D. J.)
[ [ "subart" ], [ "33 49' N" ], [ "43 20' N" ] ]
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v10-1528-0
MISSOURI
MISSOURI, (Géog.)​ grande riviere de l’Amérique septentrionale dans la Louisiane, & l’une des plus rapides qu’on connoisse. Elle court nord-ouest & sud-est, & tombe dans le Mississipi, 5 ou 6 lieues plus bas que le lac des Illinois. Quand elle entre dans le Mississipi, on ne peut guere distinguer quelle est la plus grande des deux rivieres, & le Missouri ne conserve apparemment son nom, que parce qu’elle continue à couler sous le même air de vent. Du reste, elle entre dans le Mississipi en conquérante, y porte ses eaux blanches jusqu’à l’autre bord sans les mêler, & communique ensuite à ce fleuve sa couleur & sa rapidité. Le P. Marquette, qui, selon le P. Charlevoix, découvrit le premier cette riviere, l’appelle Pékitanoui. On lui a substitué le nom de Missouri, à cause des premiers sauvages qu’on rencontre en la remontant, & qui s’appellent Missourites ou Missoarites. (D. J.)​
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v10-153-0
MANSION
MANSION, s. f. (Géogr.)​ Ce mot doit être employé dans la géographie de l’Empire romain lorsqu’il s’agit de grandes routes. C’est un terme latin, mansio, lequel signifie proprement demeure, séjour, & même ses autres acceptions sont toutes relatives à cette signification. 1°. Quand les Romains s’arrêtoient un petit nombre de jours pour laisser reposer les troupes dans des camps, ces camps étoient nommés mansiones ; mais s’ils y passoient un tems plus considérable, ils s’appelloient stativa castra. 2°. Les lieux marqués sur les grandes routes, où les légions, les recrues, les généraux avec leur suite, les empereurs mêmes trouvoient tous leurs besoins préparés d’avance, soit dans les magasins publics, soit par d’autres dispositions, se nommoient mansiones. C’étoit dans une mansion, entre Héraclée & Constantinople, qu’Aurelien fut assassiné par deux de ses gens. Ces mansions étoient proprement affectées à la commodité des troupes ou des personnes revêtues de charges publiques, & on leur fournissoit tout des deniers de l’état. Celui qui avoit l’intendance d’une mansion se nommoit manceps ou stationarius.​ 3°. Il y avoit outre cela des mansions ou gîtes pour les particuliers qui voyageoient, & où ils étoient reçus en payant les frais de leur dépense : c’étoient proprement des auberges. C’est de ce mot de mansio, dégénéré en masio, que nos ancêtres ont formé le mot de maison. 4°. Comme la journée du voyageur finissoit au gîte ou à la mansion, de-là vint l’usage de compter les distances par mansions, c’est-à-dire par journées de chemin. Pline dit mansionihus octo stat regio thurifera à monte excelso. Les Grecs ont rendu le mot de mansion par celui de stathmos, σταθμος. (D. J.)​
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v10-1530-0
MISTECA
MISTECA, (Géog.)​ contrée de l’Amérique septentrionale dans la nouvelle Espagne, au département de Guaxaca. On la divise en haute & basse ; l’un & l’autre ont plusieurs ruisseaux qui charrient des paillettes d’or.
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v10-1531-0
MISTRÆ, ou plutôt MYSTIÆ,
MISTRÆ, ou plutôt MYSTIÆ, (Géog. anc.)​ ville d’Italie chez les Locres épizéphyriens. Barri croit que c’est présentement Getcsia. (D. J.)​
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v10-1538-0
MIGANNIR
MIGANNIR, (Géog.)​ ville d’Egypte sur la rive orientale du Nil, entre Damiette & le Caire. (D. J.)​
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v10-1543-0
MITOMBO ou MITOUBA
MITOMBO ou MITOUBA, (Géog.)​ petit royaume d’Afrique dans la haute Guinée. Il a au nord la riviere de Sierre-Lione ; à l’orient, les montagnes du pays des Hondo ; au midi, les terres du pays de Corrodobou ; & à l’occident, celles du royaume de Bouré. (D. J.)​
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v10-155-0
MANSIONILE
MANSIONILE, (Géog.)​ terme de la latinité barbare, employé pour signifier un champ accompagné d’une maison, pour y loger le laboureur. On a dit également dans la basse latinité mansionile, mansionilis, mansionillum, mansile, masnile, mesnillum ; de ces mots on en a fait en françois Maisnil, Mesnil, Ménil : de-là vient encore le nom propre de Ménil & celui de du Mesnil. Il y a encore plusieurs terres dans le royaume qui portent le nom de Blanc-Ménil ; Grand-Ménil, Petit-Ménil, Ménil-Piquet, &c. On voit par d’anciennes chroniques qu’on mettoit une grande différence entre mansionile & villa. Le premier étoit une maison détachée & seule, comme on en voit dans les campagnes, au lieu que villa signifioit alors tout un village. (D. J.)​
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v10-1555-0
MITTAU
MITTAU, (Géog.)​ petite ville du duché de Curlande, capitale de la Sémigalle & de la Curlande. Les Suédois la prirent en 1701, & les Moscovites en 1706. Elle est sur la riviere de Bodler, à 8 lieues S. O. de Riga, 96 N. de Varsovie. Long. 41. 45. lat. 56. (D. J.)​
[ [ "56 N 41 45' E" ] ]
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v10-1559-0
MITYLENE
MITYLENE, (Géog. anc.)​ capitale de l’île de Lesbos. Il est étonnant que la plupart des livres grecs & latins écrivent Mitylene & Mitylenæ, tandis qu’on lit dans les anciences médailles Μυτιληνη, Μτιλήναιων, c’est-à-dire Mytilinæ, Mytilenæon ; & comme c’est là, selon toute apparence, la véritable orthographe, nous la suivrons dans cet ouvrage. Ainsi voyez Mytilene. (D. J.)​
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v10-156-0
MANSOURE ou MASSOURE
MANSOURE ou MASSOURE, (Géogr.)​ forte ville d’Egypte qui renferme plusieurs belles mosquées ; c’est la résidence du cascief de Dékalie. Elle est sur le bord oriental du Nil, près de Damiete. C’est dans son voisinage qu’en 1249 se livra le combat entre l’armée des Sarrasins & celle de S. Louis, qui fut suivie de la prise de ce prince & de la perte de Damiete. Long. 49. 35. lat. 27. (D. J.)​
[ [ "27 N 49 35' E" ] ]
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v10-1569-0
MIZINUM
MIZINUM, (Géogr. anc.)​ ville de la Galatie sur la route de Constantinople à Antioche, suivant l’itinéraire d’Antonin. (D. J.)​
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v10-1572-0
MNIARA
MNIARA, (Géog. anc.)​ ville de la Mauritanie Césarienne, selon Ptolomée, l. IV. c. ij. Marmol prétend que c’est Hubec, bourgade du royaume d’Alger.
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v10-1580-0
MOCHA, ou MOKA
MOCHA, ou MOKA, (Géog.)​ ville de l’Arabie heureuse, avec un bon port, à l’entrée de la mer Rouge, à 15 lieues N. du détroit de Babel-Mandel. La chaleur y est excessive & les pluies fort rares. On fait à Mocha un commerce assez considérable de café qui y passe pour excellent. Long. 303. lat. mérid. 34.
[ [ "34 S 303 E" ] ]
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v10-1580-1
Mocha
Mocha, (Géogr.)​ île de l’Amérique méridionale au Chili. Elle dépend de la province d’Arauco, & est fertile en fruits & en bons pâturages. Elle est à cinq lieues du continent, éloignée de la ligne vers le sud, de 38 degrés & quelques minutes. Ses habitans sont des Indiens sauvages qui s’y réfugierent d’Arauco, lorsque les Epagnols se rendirent maîtres de cette province & de la terre-ferme. (D. J.)​
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v10-1584-0
MOCKEREN
MOCKEREN, (Géog.)​ petite ville d’Allemagne au cercle de la basse Saxe, dans l’archevêché de Magdebourg, sur la Struma, à trois milles de Magdebourg. Long. 33. 52. lat. 62. 16. (D. J.)​
[ [ "62 16' N 33 52' E" ] ]
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v10-1587-0
MODENE
MODENE, (Géog.)​ en latin Mutina ; voyez ce mot ; ancienne ville d’Italie, capitale du Modenois, avec une citadelle, & un évêché suffragant de Boulogne. Cette ville eut autrefois beaucoup de part aux troubles du triumvirat. Elle se rendit l’an 710 de Rome à Marc-Antoine, lorsqu’il eut remporté sous ses murailles cette grande victoire sur Hirtius & Pansa, qui entraînerent avec leur défaite la perte de la république ; on regarda cette journée comme la derniere de cet auguste sénat, qui, par sa puissance, avoit pour ainsi dire, foulé aux piés le sceptre des têtes couronnées. Modene souffrit beaucoup de l’irruption des Goths & des Lombards en Italie ; mais lorsque Charlemagne eut mis fin à la monarchie de ces derniers, Modene se releva de ses ruines. Elle fut rebâtie, non pas dans le même endroit, mais un peu plus bas, dans une plaine agréable & fertile en bons vins ; telle est la plaine où cette ville se trouve encore aujourd’hui. C’est à-peu-près là tous ses avantages ; car elle est pauvre, mal bâtie, sans commerce, chargée d’impôts, & la proie du premier occupant. L’empereur, les François, le roi de Sardaigne, s’en sont emparés successivement dans les guerres de ce siecle. C’est à sa cathédrale qu’est attaché ce fameux sceau qui a été le prétexte ou le sujet de la longue division entre les Petronii & les Geminiani, c’est-à-dire, entre les Bolonois, qui reconnoissent S. Petrone, & les Modenois, S. Géminien, pour leur patron. Le Tassone a plaisamment peint dans sa secchia rapita, poëme héroï-comique, l’histoire de ce sceau & la guerre qu’il a causé. Cædibus ob raptam lymphis putealibus urnam Concinit, immistis socco ridente cothurnis. On ne sauroit jetter trop de ridicule sur des pareilles querelles. Le palais du duc de Modene est enrichi de belles peintures, & en particulier de morceaux précieux du Carrache. La citadelle est assez forte pour tenir la ville en bride. Modene est sitnée sur un canal, entre le Panaro & la Secchia, à 7 lieues N. O. de Boulogne, 10 S. O. de Parme, 12 S. E. de Mantoue, 20 N. O. de Florence, 34 S. E. de Milan, 70 de Rome. Long. selon Caslini, & selon les PP. Riccioli & Fontana, 28. 43. lat. 44. 34.​ Cette ville a été la patrie d’hommes illustres en plusieurs genres : il suffit pour le prouver, de nommer Falloppe, Sadolet, Sigonius, Castelvetro, le Molsa, & le Tassona. Falloppe (Gabriel) tient un des premiers rangs entre les Anatomistes. Il mourut à Padoue, en 1562, âgé de 39 ans. Quoique la plûpart de ses œuvres soient posthumes, elles sont très-précieuses aux amateurs de l’Anatomie. Ils recherchent avec soin l’édition de Venise de 1606, en 3 vol. in-fol. Sadolet (Jacques) secretaire de Léon X, fut employé dans des négociations importantes, & parvint à la pourpre en 1536. Il finit ses jours à Rome en 1547, à 72 ans. Ses ouvrages de théologie & de poësie ont été publiés à Vérone en 3 volumes in-4°. Ils ne sont pas tous intéressans, mais ils respirent le gout de la belle latinité. Sigonius (Charles) se montra l’un des plus savans littérateurs du xvj. siecle, & mourut en 1584, à l’âge de 60 ans. Personne n’a mieux approfondi les antiquités romaines. Tous ses ouvrages ont été recueillis à Milan en 1732, 1733 & 1734. Ils forment 8 vol. in-fol. Castelvetro (Louis) mort en 1571, est principalement connu par son commentaire sur la poétique d’Aristote, dont la bonne édition est de Vienne en Autriche. C’étoit aussi son ouvrage favori. On déféra ce subtil écrivain à l’inquisition, pour avoir traduit en Italien un traité de Melanchton. Les inquisitions littéraires sont les moyens les plus courts pour jetter les peuples dans la barbarie. Nos têtes ne sont pas aussi bien organisées que celles des Italiens ; d’ailleurs, nous ne sommes encore qu’au crépuscule des jours de lumiere ; que deviendrions-nous, si l’on éteignoit ce nouveau flambeau dans nos climats ? Molsa (François-Marie) l’un des bons poëtes du xvj. siecle, mena la vie la moins honnête, & mourut, en 1544, d’une maladie honteuse. La nature l’avoit doué d’un heureux génie, que l’étude perfectionna. Il réussit également en prose & en vers, dans le sérieux & dans le comique. Ses élégies sont dans le goût de celles de Tibulle ; latinis elegiis, & etruscis rhytmis, pari gratiâ ludendo, musas exercuit, sed ità sædè prodigus, honestique nescius pudoris, ut clarioris fortunæ, certissimam spem facile corruperit ; voilà son portrait par Paul Jove. Il ne laissa qu’un fils, qui fut pere d’une illustre fille, nommée Tarquinia Molsa. Elle éleva sa gloire par la vertu, son esprit, son savoir, & sa beauté. La ville de Rome la gratifia d’un privilege, dont il n’y avoit point eu d’exemple, ce fut de la bourgeoisie romaine. Le Tassonne (Alcxandre) dont j’ai déja parlé, mit au jour à Paris, sa secchia rapita, en 1622. On en a fait nombre d’éditions. Celle qui parut à Ronciglione deux ans après, passe pour la meilleure. La traduction de ce poëme, par M. Perrault, est exacte, mais seche, assez souvent peu françoise, & presque toujours dépourvue d’agrémens. Le Tassone mourut dans sa patrie en 1635. Antoine-Louis Muratori a écrit sa vie. (D. J.)​
[ [ "44 34' N 28 43' E" ] ]
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v10-1587-1
Modene, le duché de
Modene, le duché de, (Géogr.)​ il comprend, outre Modene & ses dépendances, le petit pays de Trignano, & une partie du Cafargnano. Cet état, qui porte le nom de sa capitale, fut érigé en duché l’an 1413, en faveur de Borso d’Est, dans la famille duquel il étoit depuis long-tems. (D. J.)​
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v10-1588-0
MODÉNOIS, le
MODÉNOIS, le (Géog.)​ petit état d’Italie, qui comprend les duchés de Modene, de la Mirandole, & de Reggio. C’est un très-beau pays, abondant en blé & en vin. Il est borné au nord par le Mantouan, au sud par la Toscane, à l’orient par le Boulonois, & à l’occident par le Parmesan. Son étendue du sep-​tentrion au midi est d’environ 56 milles, & de l’orient au couchant de près de 50 milles. (D. J.)​
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v10-159-0
MANSUS, ou MANSA, ou MANSUM
MANSUS, ou MANSA, ou MANSUM, (Géog.)​ terme de la basse latinité, qui désignoit un lieu de la campagne où il y avoit de quoi loger & nourrir une famille. C’est ce que quelques provinces de France expriment par le mot mas. La coûtume d’Auvergne, c. xxviij. art. 5. dit : pâturages se terminent par villages, mas, & tenemens. Celui qui occupoit un mas, ou mansus, étoit appellé manens, d’où nous avons fait & conservé dans notre langue le terme de manant, pour dire un homme de la campagne. Rien n’est plus commun dans les actes du moyen âge que le mot mansus, ou mansum. On appelloit mansum regale, les manens qui étoient du domaine du roi. Les lois bornerent à un certain nombre d’ar-​pens ce que chaque manse devoit posséder. Il y avoit de grands manses, de petits manses, & des demi-manses. Enfin il y avoit entre ces manses plusieurs différences distinguées par des épithetes, que l’on peut voir dans Ducange. (D. J.)​
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v10-1593-0
MODICA
MODICA, (Géog.)​ petite ville de Sicile, dans le val de Noto, à l’orient de Noto, au nord de Sichili, & au midi oriental de Raguse, sur la riviere de Modica. C’est l’ancienne Mutyca. Long. 33. 34. lat. 36. 58.
[ [ "36 58' N 33 34' E" ] ]
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v10-160-0
MANTA
MANTA, (Géog.)​ havre de l’Amérique méridionale, au Pérou, à son extrémité septentrionale, à neuf lieues N. E. & S. O. de la baie de Carracas : ce havre n’est habité que par quelques indiens, cependant c’est le premier établissement où les navires puissent toucher en venant de Panama, pour aller à Lima, ou à quelque autre port du Pérou. La montagne ronde & de la forme d’un pain de sucre, nommée Monte-Christo, qui est au sud de Manta, est le meîlleur fanal qu’il y ait sur toute la côte. (D. J.)​
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v10-1601-0
MODON
MODON, (Géog.) ancienne & forte ville de Grece, dans la Morée, avec un port commode, & un évêché suffragant de Patras. Pline la nomme Metona, & les Turcs l'appellent Mutum. Elle a essuyé bien des révolutions. Les Insubriens s'emparerent de Metona dans les anciens tems : les Illyriens ravagerent ensuite cette ville, & emmenerent ses habitans en esclavage. Trajan, touché de leurs malheurs, les rétablit, leur accorda des privileges, & les laissa se choisir un gouvernement aristocratique. Elle conserva ses immunités par la condescendance de Constantin. Elle fut soumise à l'autorité de l'empereur grec en 1125. Elle tomba sous la puissance des Vénitiens en 1204, & sous celle de Bajazet en 1498. La république de Vénise la reprit sur les Turcs en 1686; mais elle a reconnu de nouveau la domination du grand-seigneur, à qui elle appartient encore aujourd'hui. Elle est située sur un promontoire avancé dans la mer de Sapienza, à 10 milles N. de Coron & 72 du cap de Matapan. Long. 49. 20. lat. 36. 58. (D.J.)
[ [ "36 58' N 49 20' E" ] ]
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v10-1602-0
MODONEDO
MODONEDO, Glandomirum, (Géogr.)​ ville d’Espagne dans la Galice, avec un évêché suffragant de Compostelle. Elle est dans une campagne fertile, & dans un air sain, à la source du Migno, à 20 lieues N. E. de Compostelle, & environ autant N. E. d’Oviédo. Long. 10. 27. lat. 43. 30.
[ [ "43 30' N 10 27' E" ] ]
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v10-1603-0
MODONUS
MODONUS, (Géog. anc.)​ fleuve de l’Hibernie. Ptolomée, liv. II. chap. 2. en place l’embouchure entre le promontoire sacré, & la ville Ménapia. Il semble que cette riviere soit celle qui passe à Dublin, & qu’on nomme aujourd’hui la Liffe.
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v10-1604-0
MODOTIA
MODOTIA, (Géog.)​ ville des Insubres, selon Paul diacre, qui la met à 12 milles de Milan. Léander dit qu’on la nomme aujourd’hui Monza.
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v10-1608-0
MODURA
MODURA, (Géog. anc.)​ Ptolomée parle de deux villes de ce nom. Il met la premiere dans l’Inde, en-deçà du Gange, chez les Caspyréens ; & Castaldus pense que c’est aujourd’hui Bisnagar. Il place l’autre Modura chez les Pandions, entre Tangala & Acur. Pline nomme cette derniere Modusa, l. VI. c. xxiij. (D. J.)​
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v10-1609-0
MODZYR
MODZYR, (Géog.)​ en latin Modziria ; ville de Pologne, dans la Lithuanie, sur le Pripecz, chef lieu d’un territoire de même nom, qui est fertile & bien cultivé. Modzyr est située dans un marais, entre Turow à l’occident, & Babica à l’orient. Long. 46. 45. lat. 52. 5. (D. J.)​
[ [ "52 5' N 46 45' E" ] ]
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v10-161-2
Mante
Mante, Medunta, (Géog.)​ ville de l’île de France, capitale du Mantois. Elle est dans le diocèse de Chartres, à 11 lieues N. O. de Paris. Long. 19. 20. lat. 48. 58. Le jésuite Antoine Possevin qui a mis au jour une bibliotheque sacrée, naquit à Mante, & mourut à Ferrare en 1611, à soixante-dix huit ans. Nicolas Bernier, célebre musicien françois, mort à Paris en 1734, à soixante-dix ans, étoit aussi de Mante. Mais cette ville est sur-tout remarquable par la sépulture de Philippe-Auguste, roi de France, qui y mourut en 1223. (D. J.)​
[ [ "48 58' N 19 20' E" ] ]
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v10-1615-0
MOEN, ou MOONE, ou MOW, ou MUEN, ou MONE-DANOISE
MOEN, ou MOONE, ou MOW, ou MUEN, ou MONE-DANOISE, (Geog.)​ en latin Mona danica, île du royaume de Danemarck, dans la mer Baltique, Stege en est la capitale. Il y a dans cette île une forteresse & plusieurs villages. Long. 30. 40′. lat. 54. 56. à 55d. 8′. (D. J.)​
[ [ "54 56' N 30 40' E" ] ]
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v10-1616-0
MŒNUS
MŒNUS, (Géog. anc.)​ fleuve de la Germanie, selon Pline ; il est appellé Menus par Ammien Marcellin ; Mœnis par Pomponius Méla ; & Mogonum par les écrivains du moyen âge. Il conserve son ancien nom ; c’est le Meyn, riviere de Franconie. (D. J.)​
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v10-1618-0
MOERIS, la
MOERIS, la, (Géog)​ lac d’Egypte à l’occident du Nil. Le roi Mœris le fit construire pour obvier aux irrégularités des inondations du Nil. Hérodote, l. II. c. cxl. sur la bonne foi des gens du pays, lui donne 180 lieues de circuit. Diodore de Sicile, l. I. p. 47, répete la même chose, & cette erreur a été regardée comme un fait incontestable par M. Bossuet : cependant Pomponius Méla mieux informé, ne donne à ce lac que 20 mille pas de tour, qui font à-peu-près 10 ou 12 lieues communes. Meris, dit cet historien latin, aliquando campus, nunc lacus viginti millia passuum in circuitu patens ; & c’est aussi ce qui a été vérifié par des récentes observations de nos voyageurs modernes. Deux pyramides, dont chacune portoit une statue colossale placée sur un trône, s’élevoient de 300 piés au milieu du lac, & occupoient, dit-on, sous les eaux un pareil espace. Elles prouvoient du-moins par-là, qu’on les avoit érigées avant que le creux eût été rempli & justifioient qu’un lac de cette étendue avoit été fait de main d’homme. Ce lac communiquoit au Nil par le moyen d’un canal, qui avoit plus de 15 stades, ou 4 lieues de longueur, & 50 piés de largeur. Des vastes écluses ouvroient & le canal & le lac, ou les fermoient selon le besoin. La pêche de ce lac valoit aux princes beaucoup d’argent ; mais sa principale utilité étoit pour réprimer les trop grands débordemens du Nil. Au contraire, quand l’inondation étoit trop basse, & menaçoit de stérilité, on tiroit de ce même lac par des coupures & des saignées, une quantité d’eau suffisante pour arroser les terres. C’est donc en considérant l’utilité de ce lac, qu’Hérodote a eu raison d’en parler avec admiration, de le préférer aux pyramides, au labyrinthe, & de le regarder comme le plus beau & le plus précieux de tous les ouvrages des rois d’Egypte. Strabon remarque, que de son tems, sous Pétrone, gouverneur d’Egypte, lorsque le débordement du Nil montoit à 12 coudées, la fertilité étoit grande, & qu’à 8 coudées la famine ne se faisoit point sentir ; apparemment parce que les eaux du lac suppléoient au défaut de l’inondation par le moyen des couputes & des canaux. (D. J.)​
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v10-1619-0
MŒSIE
MŒSIE. (Géog. anc.)​ contrée de l’Europe, à l’orient de la Pannonie. Presque tous les auteurs latins​ disent Masia en parlant de la Mœsie en Europe, & Mysia quand il est question de la Mysie asiatique : les exemples contraires sont rares ; cependant Denis le géographe a dit Mysia pour Masia : Ovide dit aussi Mysas pour Masas, en parlant des peuples. Hic tenuit Mysas gentes in pace fideli. Cette même ortographe se trouve dans quelques inscriptions ; & finalement le code théodosien l’emploie deux fois. Pline & Ptolomée ont décrit la Mœsie, les peuples & les fleuves qu’elle contenoit. Selon Pline, les frontieres de la Mœsie prenoient depuis le confluent du Danube & de la Save, où étoit la ville de Taurinum, jusqu’à l’embouchure du Danube dans le Pont-Euxin ; de façon que le Danube étoit au nord, les montagnes de Dalmatie faisoient la borne au midi, de même qu’une gran le partie du mont Hæmus, qui séparoit cette contrée de la Macédoine & de la Thrace. Ptolomée distingue la Mœsie en haute & basse, ou en supérieure & en inférieure, & ne differe de Pline qu’en ce qu’il étend la basse Mœsie jusqu’à l’embouchure du Borysthene. La haute Mœsie est appellée Mirsi par Leunclavius ; Servie, par Lazius ; Moldavie par Taurinus ; Walaclie par Sabellicus, & Hongrie par Tzetzés. La basse Mœsie est nommée Bulgarie par divers auteurs. Dans Jornandés elle a le nom de Scythie mineure, & celui de Scythie de Thrace dans Zozime : Ovide l’appelle simplement Scythie, & d’autres l’ont nommée l’on ique maritine. (D. J.)​
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v10-1620-0
MŒSIE
MŒSIE, (Géog. anc.)​ ville de Phrygie, au voisinage de Troye, dans Virgile ; mais Etienne le géographe lit Mysia au lieu de Mœsia, & il est vraissemblable qu’il a raison.
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v10-1622-3
Moeurs ou Mors
Mœurs ou Mors, (Géog.)​ petite ville, château, & comté d’Allemagne, au cercle de Westphalie, près du Rhin. Elle appartient au duc de Cleves & de Juliers, & est à 7 lieues N. O. de Dusseldorp. 5 S. E. de Gueldres. Long. 24. 15. lat. 51. 23. (D. J.)​
[ [ "51 23' N 24 15' E" ] ]
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v10-1623-0
MOGADOR
MOGADOR, (Géogr.)​ petite isle & château d’Afrique, au royaume de Maroc, à 5 milles de l’Océan. On croit que c’est l’île Erythrée des anciens. Il y a des mines d’or & d’argent dans une montagne voisine. Long. 8. lat. 31. 35. (D. J.)​
[ [ "31 35' N 8 E" ] ]
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v10-1625-0
MOGESTIANA, ou MONGENTIANA
MOGESTIANA, ou MONGENTIANA, (Géog. anc.)​ ville de la Pannonie inférieure, que l’Itinéraire d’Antonin met sur la route de Sirmium à Trèves. Lazius conjecture que c’est aujourd’hui Zika. (D. J.)​
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v10-1626-0
MOGOL, l’empire du
MOGOL, l’empire du (Géogr.)​ grand pays d’Asie dans les Indes, auxquelles il donne proprement le nom. Il est borné au nord par l’Imaüs, longue chaîne de montagnes où sont les sources du Sinde & du Gange ; & cette chaîne de montagnes sépare le Mogol de la grande Tartarie. Il a pour bornes à l’orient le royaume d’Aracan, dépendant de Pégu. Il se termine au midi par le golphe du Gange, & la presqu’île de Malabar & de Coromandel, dans laquelle sont comprises les nouvelles conquêtes du Décan, de Golconde, & de quelques autres pays. Enfin, il est borné du côté du couchant par la Perse & par les Agwans, qui occupent le pays de Candahar. Timur-Bec, ou Tamerlan, fut le fondateur de l’empire des Mogols dans l’Indoustan ; mais il ne soumit pas entierement le royaume de l’Inde ; cependant ce pays, où la nature du climat inspire la mollesse, résista foiblement à la postérité de ce vainqueur. Le sultan Babar, arriere petit-fils de Tamerlan, fit cette conquête. Il se rendit maître de tout le pays, qui s’étend depuis Samarkande, jusqu’au-​près d’Agra, & lui donna des lois qui lui valurent la réputation d’un prince sage. Il mourut en 1552. Son fils Amayum pensa perdre ce grand empire pour toujours. Un prince Patane nommé Chircha, le détrôna, & le contraignit de se réfugier en Perse. Chircha regna heureusement sous la protection de Soliman. C’est lui qui rendit la religion des Osmalis dominante dans le Mogol. On voit encore les beaux chemins, les caravanserais, & les bains qu’il fit construire pour les voyageurs. Après sa mort & celle du vainqueur de Rhodes, une armée de Persans remit Amayum sur le trône. Akébar, successeur d’Amayum, sut non-seulement se maintenir, mais étendre avec gloire les frontieres de son empire. A un esprit pénétrant, & à un courage intrépide, il joignit un cœur généreux, tendre & sensible. Il fit à l’Inde plus de bien qu’Alexandre n’eut le tems d’en faire. Ses fondations étoient immenses, & l’on admire toujours le grand chemin bordé d’arbres l’espace de 150 lieues, depuis Agra jusqu’à Lahor ; c’est un ouvrage de cet illustre prince ; il s’empoisonna par une méprise, & mourut en 1605. Son fils Géhanguir suivit ses traces, regna 23 ans, & mourut à Bimberg en 1627. Après sa mort ses petits-fils se firent la guerre, jusqu’à ce que l’un d’eux, nommé Oranzeb ou Aurengzeb, s’empara du trône sur le dernier de ses freres, le tua, & soutint un sceptre qu’il avoit ravi par le crime. Son pere vivoit encore dans une prison dure, il le fil périr par le poison, en 1666. Nul homme n’a mieux montré que le bonheur n’est pas le prix de la vertu. Ce scélerat, souillé du sang de toute sa famille, réussit dans toutes ses entreprises, & mourut sur le trône chargé d’années, en 1707. Jamais prince n’eut une carriere si longue & si fortunée. Il joignit à l’empire du Mogol, les royaumes de Visapour & de Golconde, le pays de Carnate, & presque toute cette grande presqu’île que bordent les côtes de Coromandel & de Malabar. Cet homme qui eût péri par le dernier supplice, s’il eût pû être jugé par les lois ordinaires des nations, a été le plus puissant prince de l’univers. La magnificence des rois de Perse, toute éblouissante qu’elle nous a paru, n’étoit que l’effort d’une cour médiocre, qui étale quelque faste, en comparaison des richesses d’Orangzeb. De tout tems les princes asiatiques ont accumulés des trésors ; ils ont été riches de tout ce qu’ils entassoient, au-lieu que dans l’Europe, les princes sont riches de l’argent qui circule dans leurs états. Le trésor de Tamerlan subsistoit encore, & tous ses successeurs l’avoient augmenté. Orangzeb y ajouta des richesses étonnantes. Un seul de ses trônes a été estimé par Tavernier 160 millions de son tems, qui font plus de 300 du nôtre. Douze colomnes d’or, qui soutenoient le dais de ce trône, étoient entourées de grosses perles. Le dais étoit de perles & de diamans surmonté d’un paon, qui étaloit une queue de pierreries. Tout le reste étoit proportionné à cette étrange magnificence. Le jour le plus solemnel de l’année étoit celui où l’on pesoit l’empereur dans des balances d’or, en présence du peuple ; & ce jour-là, il recevoit pour plus de 50 millions de présens. Si jamais, continue M. Voltaire, le climat a influé sur les hommes, c’est assurément dans l’Inde ; les empereurs y étaloient le même luxe, vivoient dans la même mollesse que les rois indiens dont parle Quinte-Curce, & les vainqueurs tartares prirent insensiblement ces mêmes mœurs, & devinrent indiens. Tout cet excès d’opulence & de luxe n’a servi qu’au malheur du Mogol. Il est arrivé, en 1739, au​ petit-fils d’Orengzeb, nommé Mahamat Scha, la même chose qu’à Crésus. On avoit dit à ce roi de Lydie, vous avez beaucoup d’or, mais celui qui se servira du fer mieux que vous, vous enlevera cet or. Thamas-Kouli-kan, élevéautrône de Perse, après avoir détrôné son maître, vaincu les Agwans, & pris Candahar, s’est avancé jusqu’à Déli, pour y enlever tous les trésors que les empereurs du Mogol avoient pris aux Indiens. Il n’y a guere d’exemples ni d’une plus grande armée que celle de Mahamad-Scha levée contre Thamas-Kouli-kan, ni d’une plus grande foiblesse. Il oppose 1200 mille hommes, dix mille pieces de canons, & deux mille éléphans armés en guerre au vainqueur de la Perse, qui n’avoit pas avec lui soixante mille combattans. Darius n’avoit pas armé tant de forces contre Alexandre. La petite armée persane assiegea la grande, lui coupa les vivres, & la détruisit en détail. Le grand mogol Mahamad fut contraint de venir s’humilier devant Thamas-Kouli-kan, qui lui parla en maître, & le traita en sujet. Le vainqueur entra dans la capitale du Mogol, qu’on nous présente plus grande, & plus peuplée que Paris & Londres. Il traînoit à sa suite ce riche & misérable empereur, l’enferma dans une tour, & se fit proclamer en sa place. Quelques troupes du Mogol prirent les armes dans Déli contre leurs vainqueurs, Thamas-Kouli-kan livra la ville au pillage. Cela fait, il emporta plus de trésor de cette capitale, que les Espagnols n’en trouverent à la conquête du Mexique. Ces richesses amassées par un brigandage de quatre siecles, ont été apportées en Perle par un autre brigandage, & n’ont pas empêché les Persans d’être long-tems le plus malheureux peuple de la terre. Elles y sont dispersées ou ensevelies pendant les guerres civiles, jusqu’au tems où quelque tyran les rassemblera. Kouli-Kan en partant du Mogol en laissa le gouvernement à un viceroi, & à un conseil qu’il établit. Le petit fils d’Oreng-zeb garda le titre de souverain, & ne fut qu’un fantôme. Tout est rentré dans l’ordre ordinaire, quand on a reçu la nouvelle que Thamas-Kouli-kan avoit été assassiné en Perse au milieu de ses triomphes. Enfin, depuis dix ans, une nouvelle révolution a renversé l’empire du Mogol. Les princes tributaires, les vicerois ont tous secoué le joug. Les peuples de l’intérieur ont détrôné le souverain, & ce pays est devenu, comme la Perse, le théâtre des guerres civiles : tant il est vrai que le despotisme qui détruit tout se détruit finalement lui-même. C’est une subversion de tout gouvernement : il admet le caprice pour toute regle : il ne s’appuie point sur des lois qui assurent sa durée ; & ce colosse tombe par terre dès qu’il n’a plus le bras levé. C’est une belle preuve qu’aucun état n’a forme consistante, qu’autant que les lois y regnent en souveraines. De plus, il est impossible que dans un empire où des vicerois soudoyent des armées de vingt, trente mille hommes, ces vicerois obéissent long-tems & aveuglément. Les terres que l’empereur donne à ces vicerois, deviennent, dès là-même, indépendantes de lui. Les autres terres appartiennent aux grands de l’empire, aux rayas, aux nabab, aux omras. Ces terres sont cultivées comme ailleurs par des fermiers, & par des colons. Le petit peuple est pauvre dans le riche pays du Mogol, ainsi que dans presque tous les pays du monde ; mais il n’est point serf & attaché à la glebe, ainsi qu’il l’a été dans notre Europe, & qu’il l’est encore en Pologne, en Bohème, & dans plusieurs lieux de l’Allemagne. Le paysan dans toute l’Asie peut sortir de son pays quand il lui plaît, & en aller chercher un meilleur, s’il en trouve.​ On divise l’empire du Mogol en 23 provinces, qui sont Déli, Agra, Lahor, Guzurate, Mallua, Patana, Barar, Brampour, Baglana, Ragemal, Multan, Cabul, Tata, Asmir, Bacar, Ugen, Urécha, Cachemire, Décan, Nandé, Bengale, Visapour, & Golconde. Ces 23 provinces sont gouvernées par 23 tyrans, reconnoissent un empereur amolli, comme eux, dans les délices, & qui dévorent la substance du peuple. Il n’y a point là de ces grands tribunaux permanens, dépositaires des lois, qui protegent le foible contre le fort. L’Etmadoulet, premier ministre de l’empereur, n’est souvent qu’une dignité sans fonctions. Tout le poids du gouvernement retombe sur deux secrétaires d’état, dont l’un rassemble les trésors de l’empire, qui, à ce qu’on dit, monte par an à neuf cent millions, & l’autre est chargé de la dépense de l’empereur. C’est un problème qui paroît d’abord difficile à résoudre, que l’or & l’argent venu de l’Amérique en Europe, aille s’engloutir continuellement dans le Mogol, pour n’en plus sortir, & que cependant le peuple soit si pauvre, qu’il y travaille presque pour rien : mais la raison en est, que cet argent ne va pas au peuple : il va aux trafiquans qui payent des droits immenses aux gouverneurs ; ces gouverneurs en rendent beaucoup au grand mogol, & enfouissent le reste. La peine des hommes est moins payée que partout ailleurs dans cette contrée, la plus riche de la terre, parce que dans tout pays, le prix des journaliers ne passe guere leur subsistance & leur vêtement. L’extrème fertilité de l’Indoustan, & la chaleur du climat, font que cette subsistance & ce vètement ne coûtent presque rien. L’ouvrier qui cherche des diamans dans les mines, gagne de quoi acheter un peu de riz & une chemise de coton ; partout la pauvreté sert à peu de frais la richesse. L’empire du Mogol est en partie mahométan, en partie idolâtre, plongé dans les mêmes superstitions, & pires encore que du tems d’Alexandre. Les femmes se jettent en quelques endroits dans des buchers allumés sur le corps de leurs maris. Une chose digne d’observation, c’est que dans ce pays-là les arts sortent rarement des familles où ils sont cultivés. Les filles des artisans ne prennent des maris que du métier de leurs peres. C’est une coutume très-ancienne en Asie, & qui avoit passé autrefois en loi dans l’Egypte. Il est difficile de peindre un peuple nombreux, mêlangé, & qui habite cinq cent lieues de terrain. Tavernier remarque en général que les hommes & les femmes y sont olivâtres. Il ajoute, que lorsqu’on a passé Lahor, & le royaume de Cachemire, les femmes du Mogol n’ont point de poil naturellement en aucune partie du corps, & que les hommes ont très peu de barbe. Thevenot dit qu’au royaume de Décan on marie les enfans extrémement jeunes. Dès que le mari a dix ou douze ans, & la femme huit à dix, les parens les laissent coucher ensemble. Parmi ces femmes, il y en a qui se font découper la chair en fleurs, comme quand on applique des ventouses. Elles peignent ces fleurs de différentes couleurs avec du jus de racines, de maniere que leur peau paroit comme une étoffe fleurdelisée. Quatre nations principales composent l’empire du Mogol ; les Mahométans arabes, nommés Patanes ; les descendans des Guebres, qui s’y réfugierent du tems d’Omar ; les Tartares de Genzis-Kan & de Tamerlan ; enfin les vrais Indiens en plusieurs tribus ou castes. Nous n’avons pas autant de connoissances de cet empire que de celui de la Chine ; les fréquentes révolutions qui y sont arrivées depuis Tamerlan, en​ sont partie cause. Trois hommes, à la vérité, ont pris plaisir à nous instruire de ce pays-là, le P. Catrou, Tavernier, & Bernier. Le P. Catrou ne nous apprend rien d’original, & n’a fait que mettre en ordre divers mémoires. Tavernier ne parle qu’aux marchands, & ne donne guere d’instructions que pour connoître les grandes routes, faire un commerce lucratif, & acheter des diamans. Bernier seul se montre un philosophe ; mais il n’a pas été en état de s’instruire à fond du gouvernement, des mœurs, des usages, & de la religion, ou plutôt des superstitions de tant de peuples répandus dans ce vaste empire. (D. J.)​
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v10-1629-0
MOHATZ, Anamarcia
MOHATZ, (Géog.)​ Anamarcia, bourgade de la basse-Hongrie, dans le comté de Baraniwar ; elle est fameuse par les deux grandes batailles de 1526 & de 1687 ; la premiere, gagnée par Soliman II. contre Louis, dernier roi de Hongrie, qui y perdit la vie. Et la seconde gagnée par les Chretiens, contre les Turcs. Mohatz est au confluent de la Corasse & du Danube. Long. 36. 8. lat. 45. 50. (D. J.)​
[ [ "45 50' N 36 8' E" ] ]
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v10-1630-0
MOHILOW
MOHILOW, (Géog.)​ ville de Pologne, dans la Lithuanie, au Palatinat de Mseislaw. Les Suédois y remporterent une grande victoire sur les Moscovites en 1707. Elle est sur le Nieper, à 14 lieues S. d’Orsa, 20 S. O. de Mseislaw. Long. 49. 20. lat. 53. 58. (D. J.)​
[ [ "53 58' N 49 20' E" ] ]
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v10-1639-0
MOINGONA
MOINGONA, (Géog.)​ grande riviere de l’Amérique septentrionale, dans la Louisiane. Elle​ prend sa source au midi du pays des Tintons ; & après un cours de près de cent lieues, elle se décharge dans le Mississipi, vers les 40. 35. de latit. nord, à 40 lieues au-dessus de l’embouchure du Missouri. (D. J.)​
[ [ "40 35' N" ] ]
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v10-1647-0
MOISSAC
MOISSAC, Mussiacum, (Géogr.)​ ancienne petite ville de France dans le Quercy. Elle est abondante en toutes sortes de denrées, & est agréablement située sur le Tarn, un peu au-dessus de l’endroit où il s’embouche dans la Garonne. Elle doit son origine à une abbaye qui y fut fondée dans le xj. siecle, & depuis lors elle a été cent fois affligée par les guerres. Long. 19. 2. lat. 44. 8. (D. J.)​
[ [ "44 8' N 19 2' E" ] ]
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v10-1656-1
Mola
Mola, (Géog.)​ bourgade du royaume de Naples, dans la terre de Labour, sur le golfe de Gaete, à l’embouchure d’une petite riviere. Ce bourg est situé sur la voie appienne, & est défendu par une tour contre les descentes des corsaires. On trouve plusieurs inscriptions dans ce bourg & aux environs ; ce qui persuade qu’il tient la place de l’ancienne Formie, ou du-moins à-peu-près. On y voit dans un jardin un tombeau que quelques savans prennent pour celui de Cicéron. On dit pour appuyer cette foible conjecture, que ce grand homme avoit une maison de plaisance à Formie, & qu’il y alloit en litiere, quand il fut assassiné. Mais le tombeau dont on parle, n’a point d’inscriptions, & cela seul suffiroit pour faire penser que ce ne doit pas être le tombeau de Cicéron. (D. J.)​
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v10-1659-0
MOLALIA, ou MULALY
MOLALIA, ou MULALY, (Géog.)​ île d’Afrique, dans le canal de Mosambique, l’une des îles de Comore. Elle abonde en vaches, en moutons à grande & large queue, en volaille, en oranges, en citrons, bananes, gingembre, & riz.
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v10-1660-0
MOLDAVIE
MOLDAVIE, Moldavia, (Géog.)​ contrée d’Europe, autrefois dépendante du royaume d’Hongrie, aujourd’hui principauté tributaire du turc. C’est proprement la Valaquie supérieure, qui a pris du fleuve Molda, le nom qu’elle porte aujourd’hui. Elle est bornée au nord par la Pologne, au couchant par la Transylvanie, au midi par la Valaquie, & à l’orient par l’Ukraine. Elle est arrosée par le Pruth, par le Moldà, & par le Bardalach. Jassy en est le lieu principal. La Moldavie a eu autrefois ses ducs particuliers, dépendans ou tributaires des rois de Hongrie. On les appelloit alors communément myrtzas, ou waivodes ; myrtza signifie fils du prince, & waivode, homme du roi, gouverneur. Les chefs de Valaquie & de Moldavie, s’étant soustraits de l’obéissance des rois de Hongrie, prirent des Grecs le nom de despotes, qui étoit la premiere dignité après celle de l’empereur. On leur donna dans la suite le nom de hospodars, ou de palatins. En 1574, Sélim II. soumit la Moldavie ; & sous Mahomet III. ce pays, de même que la Valaquie, secoua le joug des Ottomans. Mais depuis 1622, les waivodes de Moldavie sont devenus dépendans des Turcs & leurs tributaires. Long. de ce pays 43. 10-47. lat. 45. 10. 49. (D. J.)​
[ [ "45 10' N 43 10' E", "49 N 47 E" ] ]
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v10-1662-0
MOLDAW, ou MOLDAWA
MOLDAW, ou MOLDAWA, (Géogr.)​ riviere de la Turquie en Europe, dans la Modavie. Elle a sa source à l’occident de Kotinora, & vient se perdre dans le Danube auprès de Brahilow. (D. J.)​
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v10-167-0
MANTHURICI CAMPI
MANTHURICI CAMPI, (Géogr. anc.)​ campagne de l’Arcadie au Péloponnese, qui prit son nom du village de Manthyrée, dont les habitans allerent peupler Tégée. Cette campagne étoit dans le territoire des Tégéates, & s’étendoit environ 50 stades jusqu’à la ville de Tégée.
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v10-1671-0
MOLEFTTA
MOLEFTTA, (Géog.)​ en latin Melsictum, petite ville d’Italie, dans le royaume de Naples, dans la terre de Bari, avec un évêché suffragant de Bari, & titre de duché. Elle est sur le golfe de Venise, à 3 lieues N. O. de Bari, 2 E. de Frani. Long. 31. 25. lat. 41. 28. (D. J.)​
[ [ "41 28' N 31 25' E" ] ]
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v10-1672-0
MOLHEIM, ou plûtôt MULHEIM
MOLHEIM, ou plûtôt MULHEIM, (Géog.)​ lieu franc en Allemagne, au cercle de Westphalie sur le Rhin, un peu au-dessous de Cologne : c’est là où étoit autrefois la capitale des Ubiens, & la mer, pour ainsi dire, de Cologne ; c’est encore là que Jules-César fit construire un pont de bois sur le Rhin. Cet endroit est présentement une dépendance du duché de Berg. (D. J.)​
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v10-1676-0
MOLINA
MOLINA, (Géog.)​ ville d’Espagne, dans la nouvelle Castille, sur le Gallo, à 3 lieues des frontieres de l’Arragon, près de Caracena. Cette ville est dans un pays de pâturage, où l’on nourrit des brebis qui portent une laine précieuse. Elle est située à 10 lieues S. E. de Siguenza, 28 N. E. de Madrid. Long. 15. 55. lat. 40. 50. (D. J.)​
[ [ "40 50' N 15 55' E" ] ]
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v10-168-0
MANTIANA, lac
MANTIANA, lac, Mantiana palus, (Géogr. anc.)​ grand lac d’Arménie ; Strabon qui en parle, dit que c’est le plus grand qu’il y ait après le Palus Méotide, & que les eaux en sont salées ; ce lac est aujourd’hui le lac de Van, ou lac d’Actamar, en Turquie.
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v10-1682-0
MOLINGAR, ou MULINGAR
MOLINGAR, ou MULINGAR, (Géog.)​ ville forte d’Irlande, capitale du comté d’West-Méash, à 40 milles O. de Dublin, & à 13 de Batimore. Long. 10. 12. let. 53. 28. (D. J.)​
[ [ "53 28' N 10 12' E" ] ]
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v10-1683-0
MOLISE, le comté de
MOLISE, le comté de, (Géog.)​ contrée d’Italie au royaume de Naples, entre l’Abruze citérieure, la Capitanate, & la terre de Labour propre. Elle a environ dans sa plus grande longueur 30 milles du nord au sud-sud-ouest, & 36 milles de l’est à l’ouest. Elle est fertile en blés, en vins, en safran, en gibier, & en vers à soie : le bourg de Molise lui donne son nom. (D. J.)​
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v10-1686-0
MOLLEN ou Molna
MOLLEN, (Géog.)​ ou Molna, petite ville d’Almagne, au cercle de Basse-Saxe. Elle est située à 6 milles de Lunebourg, & à 4 de la ville de Lubeck, à qui elle appartient. Long. 32. 43. lat. 54. 45. (D. J.)​
[ [ "54 45' N 32 43' E" ] ]
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v10-1693-0
MOLOCHATH
MOLOCHATH, (Géog. anc.)​ fleuve de la Mauritanie Tingitane. Pomponius Meia l’appelle Mulucha, & les Arabes Munzemoir. Il bornoit autrefois le royaume de Bochus & celui des Massæsyliens. (D. J.)​
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v10-1694-0
MOLOPAGUES
MOLOPAGUES, (Géog.)​ peuples sauvages de l’Amérique méridionale au Brésil. Ils occupent une contrée spacieuse au-delà de la riviere Paracivar. Les hommes portent leur barbe, & se couvrent le milieu du corps ; les femmes laissent croître leurs cheveux, & s’en servent pour couvrir leur nudité. (D. J.)​
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v10-1695-0
MOLORCHOS
MOLORCHOS, (Géog. anc.)​ forêt de la Némée, contrée de l’Élide. Virgile en parle dans ses géorgiques, lib. III. v. 19, où on lit Lucosque Molorchi. Le bois de Molorchus, dit Servius, est la forêt de Némée, dans laquelle on célebroit des jeux en l’honneur d’Achémorus ; & quant à son nom, il lui vient de Molorchus, berger qui exerça l’hospitalité envers Hercule, lorsque ce héros arriva dans cet endroit pour tuer le lion de Némée. (D. J.)​
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v10-1696-1
Molosses, les
Molosses, les (Géog. anc.)​ Molossi, & leur contrée Molossis ou Molossia ; peuples de l’Epire où ils vinrent s’établir après la ruine de Troye, sous la conduite d’un fils de Néoptoleme, ou de Néoptoleme lui-même, comme Pindare semble l’insinuer. Les Molosses soumirent avec le tems, les autres Epirotes ; & tomberent enfin avec toute l’Epire sous la puissance des Romains. Paul Emile les dépouilla de​leurs possessions & de leurs privileges. Leurs chiens passoient pour être excellens, l’on en faisoit un grand usage pour la chasse & pour la garde des troupeaux. Delà vint en proverbe, le nom latin Moiossus, pour dire un chien fort, courageux & de bonne garde. (D. J.)​
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v10-1697-0
MOLPA
MOLPA, (Géog.)​ riviere d’Italie, au royaume de Naples dans la principauté citérieure. Elle a sa source au-dessus de Rofrano, & va se jetter dans la mer de Toscane, au-dessus du cap Palinuro. (D. J.)​
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v10-1698-0
MOLSHEIM, autrefois Molesheim
MOLSHEIM, (Géog.)​ autrefois Molesheim, en latin moderne Molehemium ; ville de France en Alsace, sur la riviere de Brusch, à 3 lieues de Strasbourg. La chartreuse & la maison des jésuites occupent presque toute la ville. Elle est à 95 lieues de Paris. Long. 25. 10. 17, lat. 48. 32. 26. (D. J.)​
[ [ "48 32' 26\" N 25 10' 17\" E" ] ]
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v10-17-0
MANACHIE
MANACHIE, (Géog.)​ nom moderne de l’an-​cienne Magnésie du mont Sipyle. C’est à présent une ville de la Turquie asiatique dans la Natolie, située au pié d’une haute montagne près du Sarabat, qui est l’Hermus des anciens. Lucas dit que Manachie est grande, peuplée, qu’on y voit de très-beaux basars ; enfin, que le pays est abondant, & fournit tout ce qui est nécessaire à la vie. Long. 45. 14. lat. 38. 44. (D. J.)​
[ [ "38 44' N 45 14' E" ] ]
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v10-1703-0
MOLUQUES
MOLUQUES, (Géogr.)​ îles de l’Océan oriental, situées aux environs de la ligne, au midi des Philippines. Les îles principales qu’on appelle proprement Moloques, sont Ternates, Tidor, Machian, Moter & Bachian. Elles sont toutes comprises entre deux méridiens, à la vue les unes des autres, & n’occupent guere que 25 lieues d’étendue. Elles sont presque entierement sous la ligne la plus septentrionale, à un demi-degré du côté du nord, & la plus méridionale, à un degré du côté du sud ; vers le couchant, elles sont proche de l’île de Gilolo. Les Moluques ne sont séparées les unes des autres, que par quelques petits bras de mer, ou quelques petites îles désertes, & obéissent en général à trois rois. Le terroir en est sec & spongieux ; les arbres toujours couverts de feuilles, chargés de diverses sortes de fruits ; donnent des bananes, des noix de coco, des oranges, des limons, du macis & de la muscade ; mais ce qui vaut mieux que tout cela, ces îles produisent seules dans le monde le girofle, objet d’un commerce aussi surprenant que lucratif. D’un autre côté, il ne croît ni blé, ni riz aux Moluques ; on se sert de farine de sagou. Il n’y a dans ces îles aucune mine d’or, ni d’argent, ni de métaux inférieurs. Les Chinois subjuguerent autrefois les Moluques. Après eux, elles furent occupées par ceux de Java, & par les Malais ; ensuite les Persans & les Arabes s’y jetterent, & y introduisirent parmi les pratiques de l’idolâtrie, les superstitions du mahométisme. On y parle plusieurs langues différentes, & le malais plus communément qu’aucune autre. Les Moluques furent découvertes en 1511 par les Portugais, qui y descendirent, & s’en emparerent sous la conduite de Francisco Serano. Au bout de peu de tems, cette possession leur fut disputée par les Castillans, en conséquence de la ligue de démarcation d’Alexandre VI. Cependant, après quelques actes d’hostilité, Charles-quint, par le traité de Sarragosse en 1529, engagea ces îles litigieuses au roi de Portugal, pour 360 mille ducats. Mais finalement les Hollandois ont dépossédé les Portugais des Moluques & de leur commerce, en 1601, 1605 & 1669, pour y établir un empire plus durable, & qu’ils savent conserver avec fruit. Les naturels de ces îles s’accommodent fort bien avec leurs derniers maîtres. Ils ressemblent beaucoup à ceux de Java & de Sumatra pour les mœurs, les usages, la façon de vivre, l’habillement & la couleur. Les hommes sont extrèmement basanés ; ils ont les cheveux noirs & lisses, qu’ils blanchissent de bonne heure ; les yeux gros, les poils des sourcils longs, les paupieres larges, le corps robuste. Ils sont doux, paresseux, adroits, soupçonneux, pauvres & fiers. (D. J.)​
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v10-1706-0
MOLYBODES
MOLYBODES, (Géog. anc.)​ île sur la côte de Sardaigne : c’est la même que Plumben. On la nomme aujourd’hui, selon Léander, isola di Toro.
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v10-1707-0
MOLYCRIE
MOLYCRIE, (Géog. anc.)​ petite ville de la Livadie en Grece sur le golfe de Patra. A une lieue de cette ville est le cap Molycrie, ou l’Antirrhium des anciens, qui avec le golfe de Rhion, forme l’entrée du golfe de Lépante.
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