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v9-174-0 | KALAAR | KALAAR, (Géogr.) ville de Perse dans le Chilan ; on y fait une grande quantité de soie. Selon Tavernier, la long. 76. 25. lat. 37. 23. (D. J.) | [
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"37 23' N 76 25' E"
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v9-1740-0 | LITHROS | LITHROS, (Géog. anc.) montagne de la petite Arménie, selon Strabon, liv. XII. pag. 556. Orte-lius en a fait une ville, faute d’avoir entendu le passage de cet ancien géographe. (D. J.) | [] | [] |
v9-1741-0 | LITHUANIE | LITHUANIE, (Géog.) les Allemands nomment la Lithuanie, Lithaw ; quelques écrivains du moyen âge l’appellent en latin, Lithavia, Litavia, & les habitans, Lithavi ou Litavi. Ils ont remplacé les anciens Gélons, qui faisoient partie des Scythes.
C’est un grand pays de l’Europe, autrefois indépendant, & présentement uni à la république & à la couronne de Pologne, avec titre de grand duché.
Il a environ 150 lieues de long, & 100 lieues de large ; il est borné au nord par la Livonie, la Courlande, & partie de l’empire Russien ; à l’orient par le même empire ; au sud-est & au midi par la Russie polonoise ; au couchant par les palatinats de Lublin & de Poldaquie, le royaume de Prusse, & la mer Baltique.
Hartnoch nous a donné en latin la description de ce pays si long-tems inconnu ; mais son ancienne histoire est ensevelie dans la plus profonde obscurité.
Nous savons seulement en général que les ducs de Russie subjuguerent la Lithuanie dans les siecles barbares, & l’obligerent à lui payer un tribut qui consistoit en faisceaux d’herbes, en feuilles d’arbres, & en une petite quantité de chaussures faites d’écorces de tilleul. Ce tribut parut rude aux Lithuaniens, apparemment par la maniere dure dont on le levoit ; car il n’étoit pas difficile à payer. Quoi qu’il en soit, leur chef Erdivil prit les armes, secoua le joug, se rendit maître d’une partie de la Russie en 1217, & exigea des Russes le même tribut que la Lithuanie leur payoit précédemment.
Ringeld, un des successeurs d’Erdivil, ayant poussé ses conquêtes dans la Prusse, dans la Mazovie, & dans la Pologne, prit le titre de grand duc de Lithuanie. Mendog qui succéda à Ringeld, marcha sur ses traces ; mais à la fin les pillages continuels qu’il faisoit sur ses voisins, attirerent leur haine, & les chevaliers Teutoniques profitant des circonstances favorables, l’attaquerent si vivement, que Mendog pour sauver ses propres états, se déclara chrétien, & se mit avec son duché sous la protection d’Innocent IV. qui tenoit alors le siége de Rome.
Ce pontife qui venoit de déclarer de sa propre autorité, Haquin roi de Norwégue, en le faisant enfant légitime, de bâtard qu’il étoit, n’hésita pas de protéger Mendog, & voulant imiter en quelque maniere la grandeur de l’ancien sénat romain, il le créa roi de Lithuanie, mais roi relevant de Rome. « Nous recevons, dit-il, dans sa bulle du 15 Juillet 1251, ce nouveau royaume de Lithuanie, au droit & à la propriété de Saint Pierre, vous prenant sous notre protection, vous, votre femme, & vos enfans ».
Cependant la Lithuanie ne fut point encore un royaume, malgré l’érection du pape. Mendog même abandonna bientôt le Christianisme, & reprit la Courlande sur les chevaliers Teutoniques affoiblis. Les successeurs de Mendog maintinrent ses conquêtes, & les étendirent.
L’un d’eux, Jagellon s’étant rendu redoutable à la Pologne, & craignant les vicissitudes de la fortune, offrit aux Polonois de recevoir le baptême, & d’unir à ce royaume le duché de Lithuanie, en épousant la reine Hedwige. Les Polonois accepterent ses offres ; Jagellon fut baptisé à Cracovie le 12 Février 1386. Il prit le nom d’Uladislas, épousa Hedwige, & fut proclamé roi de Pologne : par ce moyen la Lithuanie fut unie à la Pologne, & le Paganisme qui avoit regné jusqu’au tems de Jagellon en Lithuanie, peut-être plus superstitieusement que chez aucun peuple du monde, s’abolit insensible-ment, & prit une teinture de Christianisme. Jagellon gagna par son exemple, par sa conduite, & par sa libéralité, un grand nombre de ses sujets à la foi chrétienne ; il faisoit présent d’un habit gris à chaque personne qui se convertissoit.
Enfin, sous Casimir III. fils de Jagellon, les Polonois convinrent qu’ils ne feroient plus qu’un même peuple avec les Lithuaniens, que le roi seroit élu en Pologne ; que les Lithuaniens auroient séance & suffrage à la diete ; que la monnoie seroit la même ; que chaque nation suivroit ses anciennes coutumes, & que les charges de la cour & du duché de Lithuanie subsisteroient perpétuellement, ce qui se pratique encore aujourd’hui. Tel est en deux mots tout ce qu’on sait de l’histoire de la Lithuanie.
On peut diviser ce pays en Lithuanie ancienne, & en Lithuanie moderne. La Lithuanie ancienne comprenoit la Lithuanie proprement dite, la Wolhinie, la Samogitie, la Poldakie, & partie de la Russie.
La Lithuanie moderne comprend neuf palatinats, savoir les palatinats de Vilna, de Troki, de Minski, de Novogrodeck, de Brestia, de Kiovie, de Mscislau, de Vitepsk, & de Poloczk.
La Lithuanie porte le titre de grand duché, parce qu’elle a dans son étendue plusieurs duchés particuliers, très anciens, & dont la plûpart ont été les partages des cadets des grands ducs.
On y parle la langue Esclavonne, mais fort corrompue ; cependant les nobles & les habitans des villes parlent polonois ; & c’est dans cette langue que les prédicateurs font leurs sermons.
Le duché de Lithuanie est un pays uni, coupé de lacs & de grandes rivieres très-poissonneuses, dont quelques-unes vont descendre dans la mer Noire, & les autres dans la mer Baltique. Les lacs sont formés par la fonte des neiges, l’eau coule dans des lieux creux, & y demeure. Les principaux fleuves sont le Dnieper, autrement dit le Borysthène, & le Vilia ; l’un & l’autre prennent leurs sources dans la Lithuanie. La Dwine la traverse, & la Niemen qui s’y forme de plusieurs rivieres, va se perdre dans le golfe de Courlande ; les forêts abondent en gibier & en venaison.
Le trafic du pays consiste en blé, en miel, en cire, en peaux de zibelines, de panthères, de castors, d’ours, & de loups, que les étrangers viennent chercher sur les lieux.
Les Lithuaniens ont une maniere de labourer, qui leur est commune avec les habitans de la Russie blanche ; ils coupent dans l’été des rameaux d’arbres & de buissons ; ils étendent ce bois sur la terre, & couchent par-dessus de la paille, pour le couvrir pendant l’hiver ; l’été suivant ils y mettent le feu ; ils sement sur la cendre & sur les charbons, & aussitôt ils passent la charrue par-dessus. C’est ainsi qu’ils engraissent leurs terres, tous les six ou huit ans, ce qui leur procure d’abondantes recoltes.
Il paroît de ce détail que le duché de Lithuanie doit être regardé comme un pays qui peut fournir toutes les choses nécessaires à la vie ; mais cet avantage n’est que pour les nobles ; les paysans y sont encore plus malheureux qu’en Pologne ; leur état est pire que celui des esclaves de nos colonies ; ils ne mangent que du pain noir comme la terre qu’ils sement, ne boivent que d’une bierre détestable, ou du médon, breuvage de miel cuit avec de l’eau, portent des chaussures d’écorces de tilleul, & n’ont rien en propriété. Un seigneur qui tue quelqu’un de ces malheureux, en est quitte pour une légere amende. La moitié de l’Europe est encore barbare : il n’y a pas long-tems que la coutume de vendre les hommes subsistoit en Lithuanie ; on en voyoit qui nés libres, vendoient leurs enfans pour soulager leur misere, ou se vendoient eux-mêmes, pour pouvoir subsister. (D. J.) | [] | [] |
v9-175-0 | KALASSUI | KALASSUI, (Géogr.) riviere d’Asie dans la Tartarie, qu’on nomme présentement Orthon. Voyez Orthon. (D. J.) | [] | [] |
v9-1757-0 | LITTUS | LITTUS, (Géog. anc.) ce mot latin qui veut dire rivage, côte de la mer, étant joint à quelque épithète, a été donné par les anciens comme nom propropre à certains lieux. Ainsi dans Ptolomée, Littus Cæsiæ, étoit une ville de Corse, Littus magnum, une ville de Taprobane, &c. (D. J.) | [] | [] |
v9-1757-1 | Littus, Plagia, Portus, Statio, Positio, Coto, Refugium, Gradus | Littus, Plagia, Portus, Statio, Positio, Coto, Refugium, Gradus, (Géog. marit. des Rom.) : il y a dans tous ces mots de la navigation des Romains, des différences qu’il importe d’expliquer, non-seulement pour l’intelligence des auteurs, mais encore parce que l’itinéraire maritime d’Antonin est disposé par littora, plagia, portus, stationes, positiones, cotones, refugia, & gradus.
Je commence par le mot littus, rivage, terme qui a la plus grande étendue, & qui comprend tous les autres ; car, à parler proprement, littus est la lisiere, le bord de la terre habitable qui touche les mers, comme ripa, la rive, signifie la lisiere qui borde les fleuves de part & d’autre. Il est vrai cependant qu’en navigation, ce mot général a une signification spéciale. En effet, il se prend dans les bons auteurs pour tout endroit où les bâtimens peuvent aborder à ter-re, & y rester à l’ancre avec quelque sureté ; & pour lors, ce mot désigne ce que nous appellons une rade.
Plagia, plage, se confond assez ordinairement avec littus & statio, comme Surita le remarque ; mais aussi souvent les rades & plages, plagia, sont des parties du rivage, fortifiées par des ouvragès de maçonnerie pour en rendre l’accès plus sûr & plus facile. On appelloit ces sortes de fortifications ou remparemens, aggeres, nom commun à toute levée de terre, excédant en hauteur la surface du terrein.
Il se trouve aussi des rades ou stations, stationes, très-sûrs, & qui sont l’ouvrage seul de la nature. Telle est celle que Virgile dépeint dans ses Géorgiques, liv. II.
. . . . . . Est specus ingens
Exesi latere in montis quo plurima vento
Cogitur, inque sinus scindit sese unda reductos,
Deprensis olim statio tutissima nautis.
Portus signifie tous ports faits par nature ou par art, ou désignés par la nature, & achevés par artifice.
Cotones sont les ports sûrs faits uniquement de main d’hommes ; Cotones, dit Festus, appellantur portus in mari tutiores, arte & manu facti ; tel étoit le port de Carthage en Afrique, que Scipion attaqua. Portum, dit Appius, quem cotonem appellant, ineunte vere aggressus est Scipio ; tel étoit encore le port de Pouzzole près de Naples, au rapport de Strabon.
Stationes, les stations, tiennent le milieu entre les plages & les ports, plagia & portus ; ce sont des lieux faits, soit naturellement, soit artificiellement, où les navires se tiennent plus sûrement que dans de simples piages ; mais moins sûrement que dans les ports. Surita nous le fait entendre en disant : Stationes, sunt quæ portuum tutam mansionem non assequuntur, & tamen littoribus præstant : tel étoit dans l’île de Lesbos le havre dont parle Virgile en ces termes :
Nunc tantum sinus, & statio male fida carinis.
Positiones, les positions, désignent la même chose que les stations ; positiones pro stationibus indifferenter usurpantur, dit un des commentateurs de l’itinéraire d’Antonin.
Refugium semble désigner en général tout rivage où l’on peut aborder : cependant, il paroît signifier spécialement un havre, où les navires qui y abordent peuvent rester avec assurance. Ego arbitror, dit Surita, voce refugii, stationes designare, quâ fida navibus mansio designatur.
Gradus, degré, signifie quelquefois une espece de pont sur le bord de la mer, ou sur le rivage des grands fleuves, faits exprès comme par degrés pour monter de terre dans le vaisseau, ou du vaisseau descendre sur terre avec plus de facilité. C’est la définition de Surita. J’ajoute, que les Romains donnerent plus communément le nom de gradus aux ports qui étoient à l’embouchure des rivieres, & où l’on avoit pratiqué des degrés. Enfin, ils nommerent gradus, les embouchures du Rhône. Ammian Marcellin nous l’apprend en décrivant le cours de ce fleuve : Rhodanus, dit-il, inter valles quas ei natura præscripsit, spumens gallico mari concorporatur ; per patulum sinum, quem vocant, ad gradus, ab Arlate 18. fermè lapide disparacum ; « le Rhône coulant entre des vallées que la nature lui a prescrites, se jette tout écumant dans la mer gauloise, par une ouverture qu’on nomme aux degrez, environ à 18. milles de la ville d’Arles ». Voyez Gradus. (D. J.) | [] | [] |
v9-1758-0 | LITUBIUM | LITUBIUM, (Géog.) ancien lieu de l’Italie dans la Ligurie, selon Tite-Live, liv. XXXII. C’est présentement Ritorbio, village du Milanez dans le Pavesan. (D. J.) | [] | [] |
v9-176-0 | KALDRAW | KALDRAW, (Géogr.) ville de Bohème, dans le cercle de Pissen, près de Carlobad. | [] | [] |
v9-1762-0 | LIVADIA | LIVADIA, (Geog.) ville de la Turquie Européenne, en Livadie. Les anciens l’ont connue sous le nom de Lebadia, Lebadea, & il y subsiste encore des inscriptions dans lesquelles on lit πόλις λεϐαδεῶν. Elle est partagée par une riviere que Wheeler nomme Hercyna, qui sort par quelques passages de l’Hélicon, & qui se rend dans le lac de Livadie. Cette ville est habitée par des Turcs, qui y ont des mosquées, & des Grecs qui y ont des églises. Son trafic consiste en laine, en blé & en ris. Elle est située à 23 lieues N. O. d’Athènes, & 25 S. E. de Lépante. Long. 41. 4. lat. 38. 40. (D. J.) | [
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"38 40' N 41 4' E"
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v9-1763-0 | LIVADIE la | LIVADIE la, (Géog.) ce mot pris dans un sens étendu, signifie tout le pays que les anciens entendoient par la Grece propre, ou Hellas ; mais la Livadie proprement dite, n’est que la partie méridionale de la Livadie prise dans le sens le plus étendu, & comprend ce que les anciens appelloient la Phocide, la Doride & la Locride. Elle a au levant le duché d’Athènes & la Stramulipa, & est entre ces deux pays, la Macédoine, la basse Albanie, & le golphe de Lépante ; la ville de Livadia donne son nom à cette contrée. (D. J.) | [] | [] |
v9-1763-1 | Livadie, lac de | Livadie, lac de, (Géog.) lac de Grece, connu des anciens sous le nom de Copays, ou plutôt sous autant de noms qu’il y avoit de villes voisines ; car on l’appelloit aussi Haliartios, de la ville d’Haliarte, qui étoit sur le rivage occidental ; Pausanias le nomme Cephissis, parce que le fleuve Cephisse le traversoit. Alien l’appelle le marais d’Onchestos, à cause d’une ville de ce nom, qui étoit au midi du lac. Son nom moderne est chez les Grecs d’aujourd’hui Limnitis Livadias, λίμνη της λιϐαδιας le marais de Livadie, & plus particulierement Lago di Topoglia.
Il reçoit plusieurs petites rivieres qui arrosent cette belle plaine, laquelle a environ une quinzaine de lieues de tour, & abonde en blé & en pâturages. Aussi étoit-ce autrefois un des quartiers les plus peuplés de la Béotie.
Mais l’eau de cet étang s’enfle quelquefois si fort, par les pluies & les neiges fondues, qu’elle inonde la vallée jusqu’à plusieurs lieues d’étendue. Elle s’engoufre ordinairement sous la montagne voisine de l’Euripe, entre Négrepont & Talanda, & va se jetter dans la mer de l’autre côté de la montagne. Les Grecs modernes appellent ce lieu Tabathra ; voy. Spon & Wheeler. (D. J.) | [] | [] |
v9-1766-0 | LIVENZA la | LIVENZA la, (Géog.) en latin, Liquentia, riviere d’Italie, dans l’état de la république de Venise. Elle a sa source aux confins du Bellunèze, & se jette dans le golfe de Venise, à 20 milles de cette ville, au levant d’été. (D. J.) | [] | [] |
v9-1768-0 | LIVIERE | LIVIERE, (Géog.) en latin Livoria, lieu de France, en Languedoc, auprès de Narbonne. On y voit trois abîmes d’eau assez profonds & fort poissonneux : les habitans les appellent oëlialas, en latin oculi Livoriæ. Il nous manque une explication physique de ces trois especes de gouffres. (D. J.) | [] | [] |
v9-1769-0 | LIVONIE, la | LIVONIE, la (Géog.) province de l’empire russien, avec titre de duché, sur la mer Baltique, qui la borne au couchant, & sur le golfe de Finlande, qui la borne au nord.
Cette province peut avoir environ cent milles germaniques de longueur, en la prenant depuis les frontieres de la Prusse jusqu’à Riga, & quarante milles dans sa plus grande largeur, sans y comprendre les îles.
On peut lire, sur l’histoire & la division de ce pays, Mathias Strubiez, Livoniæ descriptio, Hartknoch, & Albert Wynk Kojalowiez, historia Lithuaniæ.
On ne vint à pénétrer en Livonie que vers l’an 1158 : des marchands de Lubec s’y rendirent pour y commercer, & par occasion ils annoncerent l’évangile à ces peuples barbares.
Le grand-maître de l’ordre teutonique y établit ensuite un maître particulier, & la Livonie demeura plus de trois cens ans sous la puissance de l’ordre. En 1513, Guillaume de Plettenberg, maître particulier du pays, secoua le joug de son ordre, & devint lui-même souverain de la Livonie.
Bientôt après, Yvan grand duc de Moscovie, ravagea le pays, & s’empara de plusieurs places : alors Kettler grand maître de l’ordre de Livonie, se voyant hors d’état de résister aux Moscovites, appella Sigismond à son secours en 1557, & la Livonie lui fut cédée.
Au milieu de ces troubles, la ville de Revel se mit sous la protection d’Eric roi de Suede : ce qui forma deux partis dans la province, & des guerres qui ont si long-tems duré entre la Moscovie, la Suede & la Pologne. Enfin, le gain de la bataille de Pultova valut à Pierre le grand la conquête de cette province, & le traité de Nienstad lui en assura la possession.
La Livonie comprend la Courlande, la Semigalle, l’île d’Oësel, l’archevêché de Riga, l’évêché de Derpt, & les terres du grand maître de l’ordre teutonique. Riga en est la capitale : ses autres villes & forteresses principales sont, Windau, Goldingen en Courlande, Mittau, Semigalle, Sonneburg dans l’île d’Oësel, Pernau, Revel, Derpt, Nerva, &c.
On cueille tant de froment en Livonie, que cette province est comme le grenier de Lubec, d’Amsterdam, de Danemark, & de Suede : elle abonde en pâturages & en bétail. Les lacs & les rivieres fournissent beaucoup de poisson. Les forêts nourrissent quantité de bêtes fauves : on y trouve des bisons, des élans, des martes, & des ours ; les liévres y sont blancs pendant l’hiver, & cendrés en été. Les paysans y sont toute l’année serfs & misérables ; les nobles durs, grossiers, & tenans encore de la barbarie. (D. J.) | [] | [] |
v9-177-0 | KALEBERG | KALEBERG, (Géog.) montagne de Pologne, dans le palatinat de Sandomir, au couchant de la Vistule. C’est la montagne la plus haute de tout le royaume, & on n’y voit point ou peu d’arbres ; d’où lui vient son nom de Kaleberg. (D. J.) | [] | [] |
v9-1770-0 | LIVOURNE | LIVOURNE, (Géog.) en latin moderne Ligurnum, en anglois Leghorn, ville d’Italie des états du grand-duc de Toscane dans le Pisan, avec une enceinte fortifiée, une citadelle, & un des plus fameux ports de la Méditerranée.
La franchise de son commerce y attire un très grand abord d’étrangers ; on ne visite jamais les marchandises qui y entrent ; on y paye des droits très modiques qui se levent par balles, de quelque grosseur qu’elles soient, & quelle qu’en soit la valeur.
La justice s’y rend promtement, régulierement, & impartialement aux négocians. Toute secte & religion y jouit également d’un profond repos ; les Grecs, les Arméniens y ont leurs églises. Les Juifs qui y possedent une belle synagogue & des écoles publiques, regardent Livourne comme une nouvelle terre promise. La seule monnoie du grand duc annonce pleine liberté & protection. Ses écus appellés livourniens, présentent d’un côté le buste du prince, de l’autre le port de Livourne, & une vûe de la ville, avec ces deux mots qui disent tant de choses : Et patet, & favet.
C’est ainsi que Livourne s’est élevée en peu de tems, & est devenue tout ensemble une ville considérable, riche, très peuplée, agréable par sa propreté, & par de larges rues tirées au cordeau : elle dépend pour le spirituel de l’archevêché de Pise.
Ce n’étoit dans le seizieme siecle qu’un mauvais village au milieu d’un marais infect ; mais Côme I. grand-duc de Toscane, a fait de ce village une des plus florissantes villes de la Méditerranée, au grand regret des Génois, qui crurent le tromper en lui demandant pour cette bicoque, Sarsane ville épiscopale qu’il voulut bien leur ceder en échange, quoiqu’elle lui donnât une entrée dans leur pays : mais il connoissoit la bonté du port de Livourne, & les avantages qu’un gouvernement éclairé en pouvoit tirer pour le commerce de l’Italie. Il commença d’abord l’enceinte de la ville qu’il vouloit fonder, & bâtit un double môle.
Il faut cependant que les navigateurs se guident par le portulant de M. Michelot, sur les précautions à prendre pour le mouillage & l’entrée, tant du port que du môle de Livourne.
Cette ville patrie de Donato Rosetti, qui professoit les Mathématiques à Pise dans le dernier siecle, est située sur la Méditerranée, à 4 lieues S. de Pise,18 S. O. de Florence, 8 S. O. de Lucques, 58 N. O. de Rome. Long. selon Cassini, 27. 53. 30. lat. 43. 33. 2. & selon Harris, long. 30. 16. 15. lat. 45. 18. (D. J.) | [
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"multsrc"
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"43 33' 2\" N 27 53' 30\" E"
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"45 18' N 30 16' 15\" E"
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v9-1776-0 | LIVRON | LIVRON, (Géog.) en latin Libero ou Liberonium ; petite ville de France, en Dauphiné, sur une hauteur dans un lieu important à cause de sa situation, mais entierement dépeuplé, depuis que les murailles de la ville ont été détruites. Elle est à une petite lieue du Rhône, & la Drome cotoye la colline sur laquelle elle est située. Henri III. en arrivant de Pologne en France, voulut avec quelques troupes qu’on lui avoit amenées, renverser des villes, qu’il auroit pû gagner & s’attacher par la douceur : il dut s’appercevoir quand il tenta d’entrer à main armée dans la petite ville de Livron, qu’il n’avoit pas pris le bon parti ; on cria du haut des murs aux troupes qu’il conduisoit : « approchez assassins, venez massacreurs, vous ne nous trouverez pas endormis comme l’amiral ». Long. 22. 40. lat. 44. 47. | [
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"44 47' N 22 40' E"
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v9-1777-0 | LIXA | LIXA, (Géog. anc.) & LIXOS, dans Pline, liv. V. ch. j. ville de la Mauritanie Tingitane, qui devint colonie romaine sous Claudius. Elle étoit arrosée par la riviere Lix, nommée Linx par Etienne le géographe, Lixus, Lixos par Pline, par Strabon. La ville Lixa, & le Lix qui y couloit, sont à pré-sent la ville & la riviere de Larache. Voyez Larache. (D. J.) | [] | [] |
v9-1780-0 | LIZIER | LIZIER, S. (Géog.) sanctus Lycerius, & dans les tems reculés Austria ; ancienne ville de France en Guienne, capitale du Cousérans, avec un évêché suffragant d’Ausch. Elle a pris son nom de S. Lizier, un de ses évêques, qui mourut en 752. Le diocèse a seulement quatre-vingt-deux paroisses, & vaut 18000 liv. de rentes à son prélat. Ce n’est que dans le douzieme siecle, que les évêques de cette ville ont quitté le nom d’évêques d’Austrie. S. Lizier est sur le Salat, à 7 lieues de Pamiers, à 20 S. E. d’Ausch, 175 S. O. de Paris. Long. 18. 48. lat. 43. 1. (D. J.) | [
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"43 1' N 18 48' E"
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v9-1784-0 | LLERENA | LLERENA, (Géog.) ville d’Espagne dans l’Andalousie, sur ses frontieres, au midi de la Guadiana. M. Baudrand qui estropie trop souvent les noms, appelle cette ville Ellerena. Elle fut bâtie en 1241, par les maîtres de l’ordre de S. Jacques, & déclarée cité en 1640 par Philippe IV. Les chevaliers en sont seigneurs, & y entretiennent un évêque de leur ordre, relevant immédiatement du saint siege. Cette ville est située à 18 lieues S. E. de Mérida, & 20 N. E. de Séville dans une belle plaine, abondante en tout ce qui peut contribuer aux douceurs de la vie ; mais le tribunal de l’inquisition établi dans cette ville, ne concourt pas à sa félicité. Long. 12. 45. lat. 38. 8. | [
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"38 8' N 12 45' E"
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v9-1786-0 | LLIVIA | LLIVIA, (Géog.) ville d’Espagne dans la Catalogne, au comté de Cerdagne ; elle est très-ancienne ; mais ce n’est point la Lilia, Lylia, Lybia d’Antonin, ou l’Oliba de Ptolomée. Lilivia seroit plûtôt l’ancienne Julia Lybica du peuple Cerrectani, au pié des Pyrénées, sur les frontieres de France. Julia Lybica est donnée pour ville unique des Cerretains, & Llivia a été la capitale de la Cerdagne ; mais son ancien lustre a passé, & ses murailles même ne subsistent plus. Elle est sur la Segre, à 1 lieue de Puicerda, 2 de Mont-Louis, & 15 de Perpignan. Long. 19. 39. lat. 42. 31. (D. J.) | [
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"42 31' N 19 39' E"
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v9-1787-0 | LO, LOO, LOHE | LO, LOO, LOHE, (Géog.) ces mots demandent à être expliqués, parce qu’ils se rencontrent souvent dans ce dictionnaire en fait de géographie. Lazius prétend que dans le haut allemand, lo, loo, ou lohe veut dire la flamme, & qu’on appelle dans cette langue les comtes d’Hohenlo, ou d’Hohenloo, ou d’Hohenloh, ceux qu’on nomme en latin, commites de altâ flammâ ; dans la basse Allemagne, lo, ou loo signifient un lieu élevé, situé près des eaux & des marais ; c’est en ce sens qu’on les prend dans les mots de Loen, Looveen, Veenlo, Stadt-Loen, &c. Il y a plusieurs noms dans les Pays-bas formés de cette maniere, comme Tongerloo, Calloo, Westerloo, enfin loo signifie qelquefois un lieu ombragé & boisé. (D. J.) | [] | [] |
v9-1788-0 | LO, S. Fanum S. Laudi | LO, S. Fanum S. Laudi (Géog.) petite ville de France, en basse Normandie, au diocese de Coutances, chef-lieu d’une élection dans la généralité de Caen. Quelques écrivains prétendent qu’elle est ancienne, & que son premier nom étoit Briovera, composé des deux mots, bria ou briva, un pont, & Vera, la riviere de Vire. Mais il paroît plus vraissemblable, qu’elle doit son origine & son premier nom à une église bâtie sous l’invocation de S. Lo, S. Laudus, ou Laudo, évêque de Coutances, né dans le château du lieu, & qui vivoit sous le regne des enfans de Clovis ; il y a de nos jours à S. Lo, une manufacture de serges, de raz, & d’empeignes de souliers, qui en prennent le nom. Cette ville est sur la Vire, dans un terrein fertile, à 6 lieues de Coutances, 58 N. E. de Paris. Long. 16. 32. lat. 49. 7.
L’abbé Joachim le Grand, éleve du P. le Cointe, naquit à S. Lo en 1653. Il fut secrétaire d’ambassade, en Espagne & en Portugal ; ses ouvrages historiques sont curieux & profonds. Il en a composé quelques-uns par ordre du ministere. On lui doit une excellente traduction françoise de la Relation de l’Abyssinie du Pere Lobo, jésuite. Il l’a enrichie de lettres, de mémoires, & de dissertations curieuses. Il avoit déjà donné, long-tems auparavant, une traduction de l’histoire de l’île de Ceylan, du capitaine Ribeyro, avec des additions. Il mourut en 1733, âgé de 80 ans. Voyez le P. Niceron, Mém. des hommes illustres, tom. XXVI. (D. J. | [
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"49 7' N 16 32' E"
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v9-1789-0 | LOANDA | LOANDA, (Géog.) petite île d’Afrique, sur la côte du royaume d’Angola, vis-à-vis de la ville de S. Paul de Léonda. C’est sur ces bords que l’on recueille ces petites coquilles appellées zimbis, qui servent de monnoie courante avec les Negres ; mais le droit de recueillir ces sortes de coquillages n’appartient qu’au roi de Portugal, car il fait une partie de ses domaines. Outre cet avantage, cette île en procure un autre, celui de fournir la ville d’eau douce. Les Portugais ont ici plusieurs habitations, des jardins où l’on éleve des palmiers, & des fours à chaux qui sont construits de coquilles d’huitres. (D. J.) | [] | [] |
v9-1789-1 | Loanda, S. Paul de | Loanda, S. Paul de, (Géog.) ville d’Afrique, capitale du royaume d’Angola, dans la basse Guinée, avec un bon port, une forteresse, & un évêché suffragant de Lisbonne. On y compte un millier de maisons d’Européens, un plus grand nombre encore de maisons de Negres, qui sont les naturels du pays, & quantité d’esclaves. On y trafique par échange, & l’on y mange du pain de manioc. Les zimbis servent de petite monnoie, & les Negres tiennent lieu de la grosse monnoie dans le trafic. Long. 31. lat. méridionale, 8. 45. (D. J.) | [
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"8 45' S 31 E"
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v9-1790-0 | LOANGO, ou LOWANGO | LOANGO, ou LOWANGO, (Géog.) royaume d’Afrique dans la basse Guinée, sur la côte de l’Océan éthiopique. Il commence au cap Sainte-Catherine, par les 2 degrés de latitude méridionale, & finit par les 5 degrés de la même latitude, ce qui lui donne 3 degrés ou 75 lieues des côtes nord & sud. Son étendue est & ouest dans les terres est d’environ 100 lieues. Il est séparé du royaume de Congo par le Zaire, la capitale s’appelle Loango.
Les habitans de cette contrée sont noirs, & plongés dans l’idolâtrie ; les hommes portent aux bras de larges bracelets de cuivre : ils ont autour du corps un morceau de drap, ou de peau d’animal, qui leur pend comme un tablier ; ils sont nuds depuis la ceinture en haut, mettent sur la tête des bonnets d’herbes, piqués avec une plume dessus, & une queue de buffle sur l’épaule, ou dans la main, pour chasser les mouches.
Les femmes ont des jupons ou lavougus de paille, qui couvrent ce qui distingue leur sexe, & ne les entrouvrent qu’à moitié, le reste de leur corps est nud par le haut & par le bas. Elles s’oignent d’huile de palmier & de bois rouge mis en poudre ; elles portent toûjours sous le bras une petite natte, pour s’asseoir dessus par-tout où elles vont.
Ce sont elles qui gagnent la vie de leurs maris, comme font toutes les autres femmes de la côte d’Afrique ; elles cultivent la terre, sement, moissonnent, servent leurs hommes à table, & n’ont pas l’honneur de manger avec eux.
Ils vivent les uns & les autres de poisson, & de viande à demi corrompue. Ils boivent de l’eau ou du vin de palmier, qu’ils tirent des arbres.
Le roi est despotique, & ce seroit un crime digne de mort d’oser le regarder boire ; c’est pour cela qu’avant que sa majesté boive, on sonne une clochette, & tous les assistans baissent le visage contre terre ; quand sa majesté a bû, on sonne encore la même clochette, & chacun se releve ; d’ailleurs, le roi mange rarement en présence de ses sujets, & même ce n’est que les jours de fêtes qu’il se montre en public.
Les revenus de l’état sont en cuivre, en dents d’éléphans, en habits d’herbes qu’on nomme lavougus, & dont le monarque a des magasins ; mais les principales richesses consistent en bétail, & en esclaves des deux sexes.
Ce pays nourrit des éléphans, quantité de buffles, de bœufs, de cerfs, de biches, de pourceaux, de volaille. Il abonde en tigres, en léopards, en civettes, & autres bêtes qui fournissent de belles fourrures. On y voit des singes à queue, que Van-den-Broeck a pris pour des hommes sauvages.
Les funérailles du peuple de Loango se font assez singulierement ; ils placent le mort sur une espece de bucher, dans la posture d’un homme assis, le couvrent d’un habit d’herbes, allument du feu tout autour, & après avoir entierement desseché le cadavre, ils le portent en terre avec pompe.
Dans ce royaume, les fils du roi ne sont pas les héritiers de la couronne, ce sont ceux de sa sœur ou de l’aîné de ses sœurs. Il a tant de femmes & d’enfans, qu’il y auroit toûjours des guerres entre eux si la succession pouvoit les regarder. (D. J.) | [
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"2 S",
"5 S"
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v9-1790-1 | Loango | Loango, (Géog.) capitale du royaume de ce nom ; le roi y réside avec sa cour & son serrail ; l’enclos de sa demeure ou de son palais, est d’une palissade de branches de palmiers, & forme un quarré d’une très-grande étendue ; on y trouve les maisons de ses femmes & de ses concubines ; on reconnoît les unes & les autres à des brasselets d’ivoire, & elles sont étroitement gardées. Les bâtimens des autres habitans sont sur le modele de celui du roi ; ils ne se touchent pas, & sont bordés & entourés de bananas, de palmiers, & de bankoves. Loango est environ à deux lieues de la côte de l’Océan éthiopique. Long. 29. 15. lat. mérid. 4. 30. (D. J.) | [
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"4 30' S 29 15' E"
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v9-1790-2 | Loango, baie de | Loango, baie de, (Géog.) elle se reconnoît aisément par les hautes montagnes rouges qui sont du côté de la mer, car il n’y en a point d’autres semblables sur la côte. Cette baie passe pour être bonne ; cependant à son entrée, vers l’extrémité septentrionale, il se trouve un banc qui court depuis la pointe, près d’une demi lieue, le long de la côte. Voyez sur cette baie Van-den-Broeck, Voyage de la Comp. des Indes orient. tom. IV. p. 318. (D. J.) | [] | [] |
v9-1791-0 | LOANGO-MONGO | LOANGO-MONGO, (Géog.) contrée d’Afrique dans la basse Ethiopie, contiguë à la province de Loangiri, ou Lovangiri. Cette contrée, dont on ignore les bornes orientales, est pleine de palmiers qui y produisent de l’huile en abondance. (D. J.) | [] | [] |
v9-1792-0 | LOBAW | LOBAW, (Géog.) Lobavia, petite place de la Prusse polonoise, qui donne son nom au canton circonvoisin. Lobaw est à 13 milles S. de Culm. Long. 37. 3. lat. 52. 38. | [
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"52 38' N 37 3' E"
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v9-1794-0 | LOBETUM | LOBETUM, (Géog. anc.) ville de l’Espagne Tarragonoise, selon Ptolomée, liv. II. ch. vj, c’est présentement Albaracin. (D. J.) | [] | [] |
v9-1795-0 | LOBRÉGAT, le | LOBRÉGAT, le, (Géog.) nom commun à deux rivieres d’Espagne en Catalogne ; la premiere, en latin Rubricatus, tire sa source des montagnes, sur la frontiere de la Cerdagne, & se rend dans la Méditerranée, à deux lieues de Barcelone au couchant ; la seconde coule dans l’Ampurdan, & se jette dans le golfe de Lyon auprès de la ville de Roses : c’est le Clodianus des anciens. (D. J.) | [] | [] |
v9-1798-0 | LOCARNO | LOCARNO, (Géog.) en latin moderne Locarnum, les Allemands l’appellent Luggaris, ville com-merçante de Suisse, capitale d’un bailliage de même nom, sur le lac Majeur, lago Maggiore, près de la riviere de Magia. Le bailliage de Locarno contient quarante-neuf paroisses, & est composé de vallées fertiles, arrosées de rivieres. Il se partage pour la police en quatre communautés. Le gouvernement civil, est aristo-démocratique, composé de nobles, d’anciens bourgeois & du peuple. La ville de Locarno est située au pié d’une montagne an centre du pays, qui abonde en pâturages, en vins, en fruits, à 18 lieues N. de Novarre, 17 N. O. de Milan. Long. 26. 16. lat. 46. 6.
Je ne connois d’hommes de lettres nés à Locarno, que Thaddée Dunus, médecin, qui fleurissoit dans le xvj. siecle. Il s’acquit dans ce siecle une grande réputation par ses ouvrages ; on les a imprimés plusieurs fois à Zurich, où il s’étoit retiré à cause de la religion. (D. J.) | [
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"46 6' N 26 16' E"
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v9-180-0 | KALIMBOURG | KALIMBOURG, (Géog.) ou plûtôt KALLUNDBORG. Calumburgum, ville de Danemark dans l’isle de Zélande, chef-lieu d’un bailliage considérable. Long. 28. 56. lat. 55. 54.
Ce fut dans le château de cette ville que finit ses jours Christiern Il, roi de Danemark, digne d’une fin plus tragique. On sait, dit M. de Voltaire, quel monstre étoit ce Christiern : un de ses crimes fut la source de son châtiment, qui lui fit perdre trois royaumes. Il emmena par trahison le jeune Gustave Vasa & six ôtages, qu’il mit aux fers. En 1520 il donna dans Stockolm la fête exécrable, dans laquelle il fit égorger le sénat entier & tant de braves citoyens. L’année suivante il fit jetter dans la mer la mere & la sœur de Gustave Vasa, enfermées l’une & l’autre dans un sac. Non moins cruel envers ses Danois qu’envers ses ennemis, il fut bientôt aussi abhorré du peuple de Coppenhague, que des Suédois même. Les Danois alors en possession d’élire leurs rois, avoient le droit de chasser un tyran du trône. Tous joints ensemble, ils lui signifierent l’acte de sa déposition par Mons, premier magistrat du Jutland, qui se chargea de lui en porter l’arrêt. Christiern obéit sans oser repliquer, & s’enfuit en Flandres. On n’a jamais vû d’exemple d’une révolution si juste, si prompte & si tranquille. Enfin abandonné de tout le monde, il se laissa mener en Danemark en 1532, fut arrêté à Kalimbourg en 1534, & confiné dans une espece de prison, où il demeura jusqu’à sa mort, arrivée en 1559, à 78 ans. (D. J.) | [
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"55 54' N 28 56' E"
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v9-1801-0 | LOCCHEM, Lochemum | LOCCHEM, Lochemum, (Géog.) ville des Pays-bas Hollandois dans la Gueldres, au comté de Zultphem sur la Berckel, à 3 lieues de Zultphen. Les François la prirent en 1672, & l’abandonnerent en 1674, après en avoir rasé les fortifications. Long. 23. 58. lat. 52. 13. (D. J.) | [
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"52 13' N 23 58' E"
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v9-1803-0 | LOCHES | LOCHES, (Géog.) en latin Luccæ, petite ville de France en Touraine, remarquable par ses mouvances. Elle est sur l’Indre, à 8 lieues S. d’Amboise, 10 S. E. de Tours, 55 S. O. de Paris. Long. 18d39′22″. lat. 47d7′37″.
C’est dans le chœur de l’église collégiale de Notre-Dame de Loches qu’est le tombeau d’Agnès Sorelle, la belle Agnès que Charles VII. n’eut pas plutôt vu, qu’il en devint éperduement amoureux. La tombe de sa maîtresse est de marbre noir, & deux anges tiennent l’oreiller sur lequel repose sa tête. On lit autour de ce tombeau cette épitaphe : « Cy gist no-ble demoiselle Agnès Seurelle, en son vivant dame de bauté, Rochesserie, Issodun, Vernon sur Seine, piteuse envers tous, donnant largement de ses biens aux églises & aux pauvres, laquelle trépassa le neuvieme jour de Février 1449 ». Charles VII. l’adora pendant sa vie, jusqu’à quitter, pour l’amour d’elle, tout le soin du gouvernement. Ce prince lui survécut douze ans, & n’eut point de part aux prodiges de son regne, la fortune seule les produisit en dépit de son indifférence pour les affaires publiques. (D. J.) | [
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"47 7' 37\" N 18 39' 22\" E"
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v9-1805-0 | LOCHIA | LOCHIA, (Géog. anc.) λοχίας, ἅχρα, promontoire d’Egypte auprès de Pharos, selon Stabon, liv. XVII. p. 795. Ortelius pense que c’est aujourd’hui Castelleto. (D. J.) | [] | [] |
v9-1806-0 | LOCHQUHABIR | LOCHQUHABIR, Leucopibia, (Géog.) province maritime de l’Ecosse septentrionale. Elle abonde en pâturage, en lacs & rivieres, qui fournissent beaucoup de poisson. La capitale est Inverlochi. | [] | [] |
v9-1807-0 | LOCHTOA | LOCHTOA, (Géog.) riviere de Finlande dans la Bothnie orientale. Elle a sa source dans une grande chaîne de montagnes, qui séparent la Cajanie de la Thavastie, & va se perdre dans le golfe de Bothnie. (D. J.) | [] | [] |
v9-181-0 | KALIN | KALIN, (Géog.) ville de Perse, que Tavernier place à 87 dégrés 5 de longitude, & 35d15′ de lat. (D. J.) | [
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"35 15' N 87 5' E"
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v9-1810-0 | LOCORITUM | LOCORITUM, (Géogr. anc.) ancienne ville de la grande Germanie, selon Pline, l. II. c. xj. Pierre Apien conjecture que c’est aujourd’hui Forcheim-sur-le-Meyn. | [] | [] |
v9-1811-0 | LOCRA | LOCRA, (Géogr. anc.) riviere de l’île de Corse, qui, selon Ptolomée, l. III. c. ij. a son embouchure sur la côte occidentale. Léandre croit que c’est le Talabo de nos jours. | [] | [] |
v9-1813-0 | LOCRES ou LOCRIENS | LOCRES ou LOCRIENS, (Géogr. anc.) peuples de la Grece propre, dans la Locride. Voyez Locride. | [] | [] |
v9-1814-0 | LOCRI | LOCRI, (Géog. anc.) ville de la grande Grece, au midi de sa partie occidentale, auprès du promontoire Zephirium, en tirant vers le nord. Le nom du peuple étoit le même, Locri ou Locrenses. Tite Live emploie l’un & l’autre. Le territoire & le pays étoit appellé par les Grecs Λοκρίς, Locride, & le promontoire ἄκρα τῆς Λοκρίδος, le promontoire de la Locride. | [] | [] |
v9-1815-0 | LOCRIDE ou LOCRIS | LOCRIDE ou LOCRIS, (Géogr. anc.) contrée de l’Achaïe ; le Parnasse, selon Strabon, la partageoit en deux parties.
Cellarius, Géog. antiq. l. II. c. xiij. dit que celle qui se trouvoit en-deçà de ce mont, étoit habitée par les Locres ozoles, Locri ozolæ, & bornée par l’Etolie & la Phocide : la partie au-delà du Parnasse s’étendoit vers le détroit des Thermopyles le long de la côte de l’Euripe, vis à-vis de l’Eubée.
Les Locres qui habitoient au-delà du Parnasse étoient divisés en deux peuples ; savoir, les Locres opuntiens, qui demeuroient le long de la mer d’Eubée, & les Locres épicnemidiens qui avoient pris leur nom de la montagne Cnémise, & habitoient les terres qui étoient entre cette montagne & le golfe Méliague.
Ces trois sortes de Locres ou de Locriens avoient chacun leur capitale ; celle des Locres ozoles étoit Amphysse ; celle des Locres opuntiens étoit Opus, d’où ils tiroient leur nom ; & celle des Locres épicnémidiens étoit Cnémide, ainsi nommée de la montagne au pié de laquelle cette ville étoit bâtie.
Ptolomée vous indiquera les autres villes qu’il attribue à chacun de ces peuples. On peut aussi consulter le P. Briet, quoique sa division soit différente de celle de Ptolomée.
Je remarquerai seulement au sujet des Locres ozoles, qu’on les trouve aussi nommés par les anciens Zephirii, c’est-à-dire occidentaux, parce que leur pays s’étendoit à l’occident de la Locride. Il commençoit à Naupactus, aujourd’hui Lépante, & finissoit aux confins de la Phocide. Nous ignorons quel peuple étoient les Locres dont parle Virgile, Æneide l. XI. v. 265. & qu’il place sur le rivage de la Lybie : Lybico ve habitantes littore Locros ; c’étoit peut-être des Locres ozoles qui furent jettés par la tempête sur cette côte. (D. J.) | [] | [] |
v9-1818-0 | LODESAN, le | LODESAN, le, (Géogr.) petit pays d’Italie, au duché de Milan, le long de la riviere de l’Adda. Il prend ce nom de Lodi sa capitale, & appartient à la maison d’Autriche, ainsi que le reste du Milanois. | [] | [] |
v9-1819-0 | LODEVE | LODEVE, (Géogr.) ancienne ville de France au bas Languedoc, avec un évêché suffragant de Narbonne, érigé par le pape Jean XXII. en 1316. Le nom latin Lodeva est Luteva & Forum Neronis ; je leprouve, parce que Pline, l. III. c. iv. en nomme les habitans Lutevani, qui est Foroneronienses ; le même auteur ajoute que c’étoit une ville latine, sans doute à cause de la colonie, à l’occasion de laquelle on l’avoit surnommée Forum Neronis. Elle a eu ses vicomtes, ainsi que les autres villes du Languedoc ; voyez Catel, Hist. du Languedoc, l. II. c. vij. p. 296. & Had. Valesius, Notit. Gall. p. 274. Quoique située dans un pays sec & stérile, ses seules manufactures de draps & de chapeaux la font fleruir. Elle est sur la Lergue, au pié des Cévennes, à 9 lieues de Beziers, 15 de Nismes, 17 de Narbonne, 11 N. E. de Montpellier, 150 S. E. de Paris. Long. 21. lat. 43. 47.
Lodeve a l’honneur d’avoir donné naissance à deux cardinaux, Guillaume de Mandagot, & André-Hercule de Fleury.
Le premier, mort à Avignon en 1321, fut successivement archidiacre de Nismes, prévôt de Toulouse, archevêque d’Embrun, d’Aix, & enfin cardinal & evêque de Palestrine. Il avoit fait un traité d’élection des prélats, qu’on a imprimé à Cologne en 1573.
M. le cardinal de Fleury, mort à Issy près de Paris en 1743, presque nonagénaire, a été connu de tout le monde. Ce fut, dit M. de Voltaire, un homme des plus aimables, & de la société la plus délicieuse, jusqu’à l’âge de 73 ans ; & quand à cet âge il eut pris en main le gouvernement de l’état, il fut regardé comme un des plus sages. Il conserva jusqu’à près de 90 ans une tête saine, libre & capable d’affaires. Depuis 1726 jusqu’à 1742, tout lui réussit. Il prouva que les esprits doux & concilians sont faits pour gouverner les autres. Il fut simple & économe en tout, sans jamais se démentir. La distinction de la modestie fut son partage ; & s’il y a eu quelque ministre heureux sur la terre, c’étoit sans doute le cardinal de Fleury. (D. J.) | [
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"43 47' N 21 E"
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v9-182-0 | KALIR | KALIR, (Géog.) petite ville d’Allemagne, au cercle de Souabe, au duché de Wirtemberg, avec un vieux château. Elle est divisée en deux par la riviere de Nagoldt. Long. 27. 20. lat. 48. 38. (D. J.) | [
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"48 38' N 27 20' E"
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v9-1820-0 | LODI | LODI, (Géogr. anc. & mod.) ancienne ville d’Italie, en Lombardie, au Milanois, dans le Pavesan, sur le Silaro. Les anciens l’ont connu sous le nom de Laus Pompeia. Pompée prit soin de la réparer, & elle devint une ville riche & florissante ; son opulence excita la jalousie des Milanois ; ils formerent le dessein de la détruire, & l’exécuterent. Ce lieu n’est plus qu’un village sur le chemin de Pavie ; on l’appelle Lodi Vecchio, & l’on y a trouvé des médailles, des inscriptions & d’autres marques de son antiquité.
Cinquante ans après la destruction de cette ville, l’empereur Fréderic Barberousse la fit rétablir, non pas cependant dans le terrein qu’elle occupoit autrefois, mais à trois milles de là, sur l’Adda ; elle se maintint libre assez long tems, mais finalement elle se soumit aux ducs de Milan, & devint la capitale du Lodesan. Othon & Acerbo Morena ont fait l’histoire de Lodi, rerum Laudensium. Felix Osio l’a rendue publique, & Leibnitz l’a insérée dans son recueil des écrivains de Brunswick.
Cette ville est dans un sol agréable, fertile, arrosé d’eau, & abondant en toutes choses, à 25 milles S. E. de Milan & de Pavie, 7 S. O. de Creme, 18 N. O. de Plaisance. Long. 27. 1. latit. 45. 18.
Maphée Vigius, né à Lodi en 1407, passa pour le plus grand poëte latin, que l’on eût vu depuis plusieurs siecles. Il se fit une éminente réputation par son XIII. livre de l’Enéide de Virgile, qui n’est au fond qu’une entreprise ridicule. Son poëme sur les friponneries des paysans est beaucoup mieux conçu. On trouve dans le Naudæana bien des particularités fort indifférentes aujourd’hui sur cet auteur. (D. J.) | [
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"45 18' N 27 1' E"
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v9-1823-0 | LOEWENSTEIN | LOEWENSTEIN, Lovesteniensis comitatus, (Géog.) petit comté d’Allemagne en Franconie, long de quatre lieues sur deux de large, & n’ayant rien de remarquable.
Il n’en est pas de même du château de Loewenstein en Hollande, situé à la pointe de l’île de Boinenel, entre la Meuse & le Wahal, vis-à-vis de Workum. Ce château réservé de nos jours pour les prisonniers d’état, est bien autrement cher aux habitans des Provinces-Unies, pour avoir été le premier lieu qui affranchit les peuples belgiques du joug tyrannique espagnol. Un nommé Henri Ruyter, nom heureux aux Hollandois, homme plein de bravoure, fit en 1571, une des actions les plus hardies, dont il soit parlé dans l’histoire. Il osa le premier, & lui quatrieme, lever l’étendard de la liberté contre toute la puissance du duc d’Albe. Il surprit ce château de Loewenstein, y entra en habit de cordelier, avec ses trois compagnons, égorgea la garnison, & se rendit maître de la place. Le duc d’Albe envoya des troupes qui le canonnerent, & fondirent dedans par la breche. Ruyter n’espérant aucune capitulation, se jette dans le magasin des poudres ; là tenant d’une main le sabre dont il étoit armé, épuisé & percé de coups, il mit de l’autre main le feu aux poudres, & fit sauter avec lui la plus grande partie de ses ennemis. Cet exploit releva singulierement le courage des confédérés. Dèslors on ne vit plus de leur part que des armées en campagne, des flottes sur mer, des villes attaquées & emportées d’assaut. Ce fut un feu qui courut toute la Flandres. La Zélande, la Gueldres, l’Ovérissel, la Frise occidentale, embrasserent le parti de la Hollande ; & l’entiere défection de la tyrannie d’Espagne s’acheva l’année suivante. (D. J.) | [] | [] |
v9-183-0 | KALISCH | KALISCH, (Géog.) Calisia, province de la basse Pologne, avec titre de palatinat, sur la riviere de Warte. Ses lieux les plus remarquables sont Gnesne & Kalisch, ville qui donne son nom au palatinat. Long. 35. 55. lat. 51, 55, (D. J.) | [
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"51 55' N 35 55' E"
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v9-1832-0 | LOGH | LOGH, (Géog.) c’est ainsi que l’on appelle un lac en Ecosse, où il s’en trouve en assez grand nombre. Voici le nom des plus remarquables ; logh-Arkeg, logh-Assyn, logh-Dinart, logh-Kennerim, logh-Leffan, logh-Levin, logh-Logh, logh-Lomond, logh-Loyol, logh-Meaty, logh-Navern, logh-Ness, logh-Rennach, logh-Sinn, & logh-Tay. Quelques-uns de ces lacs sont des golphes que la mer a formés insensiblement. Les cartes françoises disent, le lac de Sinn, le lac de Tay, &c. mais les cartes étrangeres conservent les noms consacrés dans chaque pays, & cette méthode est préférable. (D. J.) | [] | [] |
v9-1833-0 | LOGIA | LOGIA, (Géog. anc.) riviere d’Hibernie, selon Ptolomée, liv. II. chap. ij. c’est-à-dire de l’Irlande ; Camden croit que c’est Logh-Foyle, espece de golphe dans la province d’Ulster, au comté de Londonderi, qui se décharge dans l’Océan chalcédonien. (D. J.) | [] | [] |
v9-184-0 | KALKAS | KALKAS, (Géog.) nom d’une nation Tartare, parmi les Mungales ou Monguls, qui sont soumis au roi de la Chine. | [] | [] |
v9-1842-0 | LOGROGNO, ou LOGRONO | LOGROGNO, ou LOGRONO, (Géog.) ancienne ville d’Espagne, dans la vieille Castille, sur les frontieres de la Navarre, dans un terrein abondant en fruits exquis, en olives, en blé, en chanvre, en vins, & en tout ce qui est nécessaire à la vie. Elle est sur l’Ebre, à 22 lieues N. E. de Burgos, 57 N. E. de Madrid. Quelques-uns la prennent pour la Juliobrica des anciens ; d’autres estiment que la Juliobrica de Pline est présentement Fuente d’Ivero. Sa long. 15. 32. lat. 42. 26.
Logrogno est la patrie de Rodriguez d’Arriega, fameux jésuite espagnol, mort à Prague en 1667, âgé de 75 ans. Il a répandu beaucoup de subtilités scholastiques dans sa vaste théologie, qui contient huit volume in-fol. & plus encore dans son cours latin de philosophie, imprimé à Anvers en 1632, & à Lyon en 1669 in-fol. Semblable à ces guerriers qui dévastent le pays ennemi, sans pouvoir mettre leurs frontieres en état de résistance, il se montre bien plus habile à ruiner ce qu’il nie, qu’à prouver ce qu’il prétend établir. C’est dommage que cet homme subtil & pénétrant n’ait eu aucune connoissance des bons principes de la Théologie & de la Philosophie ; mais on est encore bien éloigné de s’en douter en Espagne ; hé, comment le jésuite d’Ariéga les auroit-il connus il y a cent ans ? (D. J.) | [
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"42 26' N 15 32' E"
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v9-1843-0 | LOGUDORO, ou LOGODORO, la province de | LOGUDORO, ou LOGODORO, la province de, (Géog.) contrée septentrionale de l’île de Sardaigne, avec une petite ville de même nom, & quelques gros bourgs ; Sassari, Algheri, Sarda, Terranova, & Castel, Arogonese, Boca, &c. (D. J.) | [] | [] |
v9-1846-0 | LOHARDE, la préfecture de | LOHARDE, la préfecture de, (Géog.) petit canton de Danemarck, dans le Sud-Jutland, appartenant en partie au roi de Danemarck, & en partie au duc de Holstein. (D. J.) | [] | [] |
v9-1847-0 | LOHN, la | LOHN, la (Géog.) en latin Logana ou Loganus, riviere d’Allemagne, qui prend sa source dans la haute Hesse, & se jette dans le Rhin au-dessus de Coblentz. Elle donne son nom à ce petit canton d’Allemagne qu’on appelle le Lohn-gaw. (D. J.) | [] | [] |
v9-1851-0 | LOING, le | LOING, le, (Geog.) riviere de France ; elle a sa source en Puysaye, sur les confins de la Bourgogne, passe à Châtillon, Montargis, Nemours, Moret, & se rend dans la Seine. Son nom en latin est Lupa ou Lupia. (D. J.) | [] | [] |
v9-1853-0 | LOJOWOGOROD, Loiovogrodum | LOJOWOGOROD, Loiovogrodum, (Géogr.) petite ville de Pologne dans la basse Volhinie, fameuse par la bataille de 1649. Elle est sur la rive occidentale du Nieper, à environ 20 lieues N. O. de Kiovie. Long. 49. 22. lat. 50. 48. (D. J.) | [
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"50 48' N 49 22' E"
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v9-1854-1 | Loir, le | Loir, le, Lidericus, (Géogr.) riviere de France qui prend sa source dans le Perche, passe à Illiers, à Chateaudun, à Claye, à Vendôme, à Montoire, à la Fleche, à Duretal, & se perd dans la Sarte à Briolé, une demi-lieue au dessus de l’île de S. Aubin. | [] | [] |
v9-1855-0 | LOIRE, la | LOIRE, la, (Géogr.) grande riviere de France. Elle prend sa source dans le Vivarais au mont Gerbier-le-joux, sur les confins du Velai, coule dans le Forès, le Bourbonnois, le Nivernois, cotoie le Berry, qu’elle sépare de l’Orléanois, arrose Gien & Orléans ; ensuite se tournant vers le sud-ouest, elle passe à Beaugency, à Blois, à Tours, puis vient à Saumur, sort de l’Anjou, entre dans la Bretagne, baigne Nantes ; & élargissant son lit, qui est semé d’îles, elle se perd dans l’Océan entre le Croisic & Bourgneuf.
Un poëte anglois a peint avec élegance les ravages que cause la Loire dans ses débordemens : je vais transcrire son tableau en faveur des lecteurs sensibles à la poésie de cette langue.
When this french river raisd’ with sudden rains,
Or snows dissolvd, o’erflows the adjoi’ning plains,
The husbandmen with high rais’d banks secure
Their greedy hopes ; and this he can endure :
But if with bays, and dams, they strive to force
His channel, to a new or narrow’r course,
No longer then within his banks he dwells,
First to a torrent, then a deluge swells ;
Stronger and fiercer by restraints he roars,
And knows no bound, but makes his pow’r his shores.
Je voudrois bien que quelque bon françois nous peignît aussi le débordement excessif des droits honteux qu’on exerce sur cette riviere, sous prétexte de maintenir sa navigation, mais en réalité pour ruiner le commerce. On compte au-moins une trentaine de divers péages qui s’y sont introduits, indépendamment desquels on paie une imposition assez bien nommée le trépas de Loire, ainsi que les droits de simple, double, triple cloison, établis anciennement pour l’entretien des fortifications de la ville d’Angers. On n’en peut guere voir de plus cheres ni de plus mauvaises, à ce qu’assure un homme éclairé.
Le droit de boëte des marchands fréquentant la Loire, a été établi solemnellement à Orléans pour le balisage & le curage de la riviere, dont on ne prend aucun soin, malgré les éloges de ce curage, par le sieur Piganiol de la Force ; mais en revanche, dit avec plus de vérité l’auteur estimable des recherches sur les finances, une petite compagnie de fermiers y fait une fortune honnête & qui mérite l’attention du conseil, soit à raison du produit, soit à raison des vexations qu’elle exerce sur le Commerce. | [] | [] |
v9-1856-0 | LOIRET | LOIRET, (Géogr.) petite riviere de France en Orléanois, nommée par Grégoire de Tours Ligeretus, par d’autres Ligericinus, & par plusieurs modernes Ligerulus.
Elle tire sa naissance au-dessus d’Olivet, du milieu des jardins du château de la Source (que le lord Bollingbrocke, & depuis M. Boutin receveur général des finances, ont rendu la plus charmante maison de campagne qui soit aux environs d’Orléans), & coule jusqu’au-delà du pont de Saint Mesmin, où elle se jette dans la Loire, après un cours d’environ deux lieues.
Il s’en faut beaucoup que le Loiret soit une riviere dès son origine ; elle ne mérite même le nom de riviere qu’un peu au-dessus du pont de Saint Mesmin, jusqu’à son embouchure dans la Loire, c’est-à-dire dans l’étendue seulement d’une petite demi-lieue. En effet, le bassin du Loiret dans cet espace ne contient communément d’eau courante que 500 piés cubiques, trois fois moins qu’il n’en passe sous le pont royal à Paris, où il s’en écoule à chaque instant 2000 piés cubiques, selon la supputation de Mariotte.
Cependant presque tous les auteurs ont parlé du Loiret, comme d’un prodige. Papyre, Masson, Coulon, Léon, Tripaut, François le Maire, Guion, Daviti, Symphorien, Corneille, Peluche, & tant d’autres, nous représentent le Loiret aussi gros à sa naissance qu’à son embouchure, par tout navigable, & capable de porter bateau à sa source même.
Je n’ai rien vû de tout cela sur les lieux, mais ce n’est pas mon témoignage que je dois donner. Il faut lire, pour s’assurer de l’exacte vérité des faits, les réflexions de M. l’abbé de Fontenu sur le Loiret, insérées dans le recueil historique de l’académie des Inscriptions, tome VI. où l’on trouvera de plus la carte détaillée du cours de cette petite riviere.
L’objet principal de l’académicien de Paris a été de rectifier & de ramener à leur juste valeur les exagérations des auteurs qui ont parlé de cette riviere, laquelle ne paroît considérable que parce que ses eaux sont retenues par des digues qui les font refluer dans son bassin.
Cependant M. de Fontenu, après avoir dissipé les fausses préventions dans lesquelles on est dans tout l’Orléanois au sujet du Loiret, convient que cette petite riviere est digne des regards des amateurs de l’histoire Naturelle.
Premierement, l’abondance des deux sources dont le Loiret tire son origine, est curieuse. On voit sortir du sein de la terre par ces deux sources, seize à dix-huit piés cubiques d’eau, qui rendent le Loiret capable dès-lors de former un ruisseau assez considérable. La grande source du Loiret prend de si loin son essor de dessous la terre, que l’antre d’où elle s’éleve est un abîme dont il n’a pas été possible jusqu’à-présent de trouver le fond, en en faisant sonder la profondeur avec 300 brasses de cordes attachées à un boulet de canon.
Cette expérience a été faite en 1583 par M. d’Entragues, gouverneur d’Orléans, au rapport de François le Maire ; & milord Bollingbroke répéta la même tentative, je crois, en 1732, avec aussi peu de succès. Toutefois cette maniere de sonder ne prouve pas absolument ici une profondeur aussi considérable qu’on l’imagine, parce que le boulet de canon peut être entraîné obliquement par l’extrème rapidité de quelque torrent qui se précipite au loin par des pentes souterraines.
Non-seulement la petite source du Loiret ne se peut pas mieux sonder, mais elle a cette singularité, que dans les grands débordemens de la Loire, son eau s’élance avec un bourdonnement qu’on entend de deux ou trois cent pas : la cause vient apparemment de ce que se trouvant alors trop resserrée entre les rochers à-travers desquels elle a son cours sous terre, elle fait de grands efforts pour s’y ouvrir un passage.
Ces deux sources du Loiret annoncent dans le pays, par leurs crues inopinées, le débordement de la Loire vingt ou vingt-quatre heures avant qu’on apperçoive à Orléans aucune augmentation de cette riviere. Ces crues inopinées prouvent que les sources du Loiret tirent de fort loin leur origine de la Loire, & qu’elles ne sont qu’un dégorgement des eaux de cette riviere qui s’étant creusé un canal très-profond, viennent en droiture se faire jour dans les jardins du château de la Source. Ces crues arrivent ici beaucoup plûtôt que la crue de la Loire de-vant Orléans, parce qu’elles ont plus de pente sous terre, qu’elles sont plus resserrées dans leur canal, & qu’elles viennent plus en droiture que les eaux qui coulent dans le lit de la Loire.
On vante beaucoup dans le pays les paturages des prairies du Loiret, les laitages, & les vins de ses côteaux. L’eau de cette riviere est légere, elle ne gele, dit-on, jamais, du-moins ce doit être très-rarement, parce que c’est une eau souterraine & de sources vives.
Les vapeurs épaisses qui s’élevent du Loiret venant à se répandre sur les terres voisines, les préservent aussi de la gelée, leur servent d’engrais, & conservent la verdure des prairies d’alentour.
Enfin les eaux du Loiret sont d’un verd foncé à la vûe, & celles de la Loire blanchâtres. La raison de ce phénomene procede de la différence du fond, dont l’un a beaucoup d’herbes, & l’autre n’est que du sable qu’elle charrie sans cesse dans son cours. (D. J.) | [] | [] |
v9-186-0 | KALNICK | KALNICK, (Géog.) ville forte de Pologne, au Palatinat de Braclaw. Elle se rendit au roi de Pologne en 1674. Long. 47. 53. lat. 48. 59. (D. J.) | [
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"48 59' N 47 53' E"
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v9-1862-0 | LOMAGNE, la | LOMAGNE, la, (Géogr.) ou LAUMAGNE, en latin moderne Leomania ; petit pays de France, en Gascogne, qui fait partie du bas Armagnac ; c’étoit autrefois une vicomté, c’est aujourd’hui une pauvre élection dont le commerce est misérable. (D. J.) | [] | [] |
v9-1866-0 | LOMBARDS | LOMBARDS, (Géog. anc.) en latin Langobardi ou Longobardi, anciens peuples de la Germanie, entre l’Elbe & l’Oder.
Il y auroit de la témérité à vouloir désigner plus spécialement leur pays & en marquer les bornes, parce qu’aucun ancien auteur n’en parle : nous ne savons que quelques faits généraux qui concernent ces peuples. Tacite nous apprend seulement que, quoiqu’ils fussent placés au milieu de diverses nations puissantes, ils ne laisserent pas de conserver leur liberté.
Sous le regne de Marc-Aurele, les Lombards quitterent leur ancienne demeure, s’avancerent jusqu’au Danube, passerent ce fleuve, & s’emparerent d’une province dont ils furent chassés par Vindez & par Candidus chefs de l’armée romaine. Ensuite, pendant plus de deux siecles on n’entendit plus parler d’eux : on ignore même le pays qu’ils allerent habiter.
Mais sous l’empire de Théodose, Agilmund leur chef rendit fameux le nom des Lombards. Vers l’an 487 ils aiderent Odoacre roi des Hérules à s’emparer de l’île de Rugen ; & dans la suite eux-mêmes en devinrent les maîtres.
En 526, leur roi Audouin les conduisit en Pannonie, & ils ne furent pas long-tems à subjuguer cette province. Le royaume des Ostrogoths ayant été détruit vers l’an 560, Alboin invité par Narsés conduisit ses Lombards en Italie, & il y fonda un royaume puissant, sous le nom de royaume de Lombardie.
Bientôt les vainqueurs adopterent les mœurs, la politesse, la langue, & la religion des vaincus : c’est ce qui n’étoit pas arrivé aux premiers Francs ni aux Bourguignons, qui porterent dans les Gaules leur langage grossier & leurs mœurs encore plus agrestes. La nation lombarde étoit composée de payens & d’ariens, qui d’ailleurs s’accordoient fort bien ensemble, ainsi qu’avec les peuples qu’ils avoient subjugués. Rotharis leur roi publia vers l’an 640 un édit qui donnoit la liberté de professer toute religion ; de sorte qu’il y avoit dans presque toutes les villes d’Italie un évêque catholique & un évêque arien, qui laissoient vivre paisiblement les idolatres répandus encore dans les bourgs & les villages.
Enfin, le royaume des Lombards qui avoit commencé par Alboin en 568 de l’ere vulgaire, dura tranquillement sous vingt-trois rois jusqu’à l’an 774, tems auquel Pepin défit Astolphe roi de ce peuple, & l’obligea de remettre au pape Etienne l’exarchat de Ravenne. Cependant Didier duc de Toscane s’empara du royaume, & fut le vingt-troisieme & dernier roi des Lombards. Le pape mécontent de ce prince, appella Charlemagne en Italie. Ce guerrier mit le siege devant Pavie, & fit Didier prisonnier.
Pour lors tout cédant à la force de ses armes, ilnomma des gouverneurs dans les principales villes de ses nouvelles conquêtes, & joignit à ses autres titres celui de roi des Lombards. On peut dire néanmoins que le royaume ne finit pas pour cela ; parce que les principaux de cette nation voyant que leur roi étoit pris, & conduit en France dans un monastere, sans espérance d’obtenir jamais sa délivrance, ils reconnurent Charlemagne à sa place, à condition qu’il maintiendroit leur liberté, leurs privileges & leurs lois. En effet, nous avons encore le code de ces lois particulieres, selon lesquelles Charlemagne & ses successeurs s’engagerent de les gouverner : & l’on voit plusieurs des capitulaires de ce prince inserés en divers endroits de ce code. (D. J.) | [] | [] |
v9-1867-0 | LOMBARDIE | LOMBARDIE, (Géog.) en latin moderne Longobardia ; contrée d’Italie, qui répond dans sa plus grande partie, à la gaule Cisalpine des Romains ; elle a pris son nom des Lombards, qui y fonderent un royaume, après le milieu du sixieme siecle.
Comme la Gaule Cisalpine des Romains comprenoit la Gaule Transpadane, & la Gaule Cispadane ; il y avoit pareillement dans le royaume de Lombardie la Lombardie transpadane & la Lombardie cispadane, qui toutes deux sont regardées comme deux des plus beaux quartiers de l’Italie. Les collines y sont couvertes de vignes, de figuiers, d’oliviers, &c. Les campagnes coupées de rivieres poissonneuses & portant batteau, produisent en abondance de toutes sortes de grains.
A la faveur des guerres d’Italie, & des révolutions qui survinrent, tant en Allemagne, qu’en France ; il se forma dans le royaume de Lombardie, diverses souverainetés & républiques, qui dans la suite, furent annexées au royaume de Lombardie ; de sorte que ce royaume, alors improprement royaume de Lombardie, se trouva renfermer divers états, qui n’avoient jamais appartenu aux rois Lombards. Voici les terres que l’on comprend aujourd’hui sous la dénomination de Lombardie improprement dite.
1°. Le Padouan, le Véronois, le Vicentin, le Bressan, le Crémasque & le Bergamasque, qui sont soumis à la république de Venise.
2°. Le duché de Milan & le duché de Mantoue, sont possédés par la maison d’Autriche.
3°. Le Piémont, le comté de Nice, & le duché de Montferrat, reconnoissent pour souverain le roi de Sardaigne.
4°. Le duché de Modene, le duché de Reggio, la principauté de Carpi, la Frignane & la Carfagnane, appartiennent à la maison de Modene.
5°. Le duché de Parme, le duché de Plaisance, l’état Palavicini & la principauté de Landi, sont dévolus à la maison de Parme.
6°. La maison de la Mirandole jouit du duché de la Mirandole.
Au reste, il ne faut pas croire que cet arrangement subsiste long-tems. La possession des états divers qui composent l’Italie, n’offre qu’un tableau mouvant de vicissitude. (D. J.) | [] | [] |
v9-1869-0 | LOMBEZ | LOMBEZ, (Géog.) en latin Lumbaria, petite ville de France, en Gascogne, dans la Cominges, avec un évêché suffragant de Toulouse. Elle est sur la Seve, à 8 lieues S. O. de Toulouse, 4 S. E. d’Ausch, 5 N. O. de Rieux, 166 S. O. de Paris. Long. 18. 33. lat. 43. 33. (D. J.) | [
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"43 33' N 18 33' E"
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v9-187-0 | KALO | KALO, (Géog.) forteresse de la haute Hongrie, au canton de Zatmar, à 12 lieues sud est de Tokai, 28 nord-est de Waradin. Long. 40. 5. latit. 47. 55. (D. J.) | [
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"47 55' N 40 5' E"
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v9-1872-0 | LOMOND-LOGH | LOMOND-LOGH, (Géog.) ou le lac Lomond ; grand lac d’Ecosse, dans la province de Lemnox. Il abonde en poisson ; sa longueur du nord au sud est de 24 milles, & sa plus grande largeur de 8 milles. Il y a des îles dans ce lac qui sont habitées, & qui ont des églises. (D. J.) | [] | [] |
v9-1875-0 | LONDINIUM | LONDINIUM, (Géog. anc.) ancienne ville de la grande Bretagne, sur la Tamise, chez les Trinobantes. Londinium (dit déja Tacite de son tems, l. XIV. ch. xxxiij) cognomento quidem coloniæ non insigne, sed copiâ negociatorum & commeatuum maximè celebre. Il falloit que ce fût la plus importante place de l’île, dès le tems que l’itinéraire d’Antonin fut dressé ; car c’est de-là comme du centre, qu’il fait commencer ses routes, & c’est-là qu’elles aboutissent : Ammien Marcellin, dit en parlant d’elle, Lundinium, vetus oppidum, quod Augustam posteritas adpellabit. Bede la nomme, Lundonia. Les anciens l’ont appellée plus constament Lundinium. Les chroniques saxonnes portent Lundone, Lundenbyrig, Lundenburgh, Lundenceaster, & enfin, Lundenric, selon les observations du docte Gibson. Les Anglois d’aujourd’hui l’appellent London, les Italiens Londra, & les François Londres. Voyez Londres. | [] | [] |
v9-1876-0 | LONDONDERRI, le comté de | LONDONDERRI, le comté de, (Géog.) contrée maritime d’Irlande, dans la province d’Ulster. Elle a 56 milles de long, sur 30 de large, & est très fertile ; on la divise en cinq baronnies. Londonderri en est la capitale. (D. J.) | [] | [] |
v9-1876-1 | Londonderri | Londonderri, (Géog.) ville d’Irlande, capitale de la province d’Ulster, & du comté de Londonderri, avec un évêché suffragant d’Armagh, & un port très-commode ; elle est célebre par les siéges qu’elle a soutenus. Elle est sur la Lough-Foyle, à 108 milles N. O. de Dublin, 45 N. E. d’Armagh. Son véritable & ancien nom, est Derry ; il s’augmenta des deux premieres syllabes, à l’occasion d’une colonie angloise, qui vint s’y établir de Londres en 1612. Long. 10. 10. lat. 54. 58. (D. J.) | [
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"54 58' N 10 10' E"
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v9-1877-0 | LONDRES | LONDRES, (Géog.) en bon latin Londinium, (voyez ce mot) & en latin moderne Londinum, capitale de la grande Bretagne, le siege de la monarchie, l’une des plus anciennes, des plus grandes, des plus riches, des plus peuplées & des plus florissantes villes du monde. Elle étoit déja très-célebre par son commerce du tems de Tacite, copiâ negociatorum ac commeatuum maximè celebre ; mais Ammien Marcellin a été plus loin, il a tiré l’horoscope de sa grandeur future : Londinium, dit-il, vetus oppidum, quod Augustam posteritas adpellabit.
Elle mérite aujourd’hui ce titre à tous égards. M. de Voltaire la présente dans sa Henriade, comme lecentre des arts, le magasin du monde & le temple de Mars.
Pour comble d’avantages, elle jouit du beau privilege de se gouverner elle-même. Elle a pour cet effet, ses cours de justice, dont la principale est nommée, commun-conncil, le conseil-commun ; c’est une espece de parlement anglois, composé de deux ordres ; le lord maire & les échevins, représentent la chambre des seigneurs ; & les autres membres du conseil, au nombre de 231, choisis dans les différens quartiers de la ville, représentent la chambre des communes. Cette cour seule a le pouvoir d’honorer un étranger du droit de bourgeoisie. C’est dans cette cour que se font les lois municipales, qui lient tous les bourgeois, chacun y donnant son consentement, ou par lui-même, ou par ses représentans ; en matieres ecclésiastiques, la ville est gouvernée par son évêque, suffragant de Cantorbery.
Londres contient cent trente-cinq paroisses, & par conséquent un grand nombre d’églises, dont la cathédrale nommée S. Paul, est le plus beau bâtiment qu’il y ait dans ce genre, après S. Pierre de Rome. Sa longueur de l’orient à l’occident, est de 570 piés ; sa largeur du septentrion au midi, est de 311 piés ; son dôme depuis le rez de chaussée, est d’environ 338 piés de hauteur. La pierre de cet édifice qui fût commencé en 1667, après l’incendie, & qui fut promptement achevé, est de la pierre de Portland, laquelle dure presque autant que le marbre.
Les Non-conformistes ont dans cette ville environ quatre-vingt assemblées ou temples, au nombre desquels les protestans étrangers en ont pour eux une trentaine ; & les Juifs y jouissent d’une belle synagogue.
On compte dans Londres cinq mille rues, environ cent mille maisons, & un million d’habitans.
Cette capitale, qui selon l’expression des auteurs anglois, éleve sa tête au-dessus de tout le monde commerçant, est le rendez-vous de tous les vaisseaux qui reviennent de la Méditerrannée, de l’Amérique & des Indes orientales. C’est elle, qui après avoir reçu les sucres, le tabac, les indiennes, les épiceries, les huiles, les fruits, les vins, la morue, &c. répand toutes ces choses dans les trois royaumes : c’est aussi dans son sein que viennent se rendre presque toutes les productions naturelles de la grande Bretagne. Cinq cens gros navires y portent continuellement du charbon de terre ; que l’on juge par ce seul article, de l’étonnante consommation qui s’y fait des autres denrées nécessaires à la subsistance d’une ville si peuplée. Les provinces méditerranées qui l’entourent, transportent dans ses murs toutes leurs marchandises, soit qu’elles les destinent à y être consommées, ou à être embarquées pour les pays étrangers. Vingt mille mariniers sont occupés sur la Tamise à conduire à Londres, ou de Londres dans les provinces, une infinité de choses de mille especes différentes. Enfin, elle est comme le ressort qui entretient l’Angleterre dans un mouvement continuel.
Je ne me propose point d’entrer ici dans de plus grands détails sur ce sujet. John Stow a comme immortalisé les monumens de cette ville immense, par son ample description, que l’auteur de l’état de la grande Bretagne a poursuivi jusqu’à ce jour ; on peut les consulter.
Mais je ne puis m’empêcher d’observer, que la plûpart des belles choses, ou des établissemens importans qu’on y voit, sont le fruit de la munificence de ses citoyens estimables qui ont été épris de l’amour du bien public, & de la gloire d’être utiles à leur patrie.
L’eau de la nouvelle riviere, dont les habitans de Londres jouissent, outre l’eau de la Tamise, est dûe aux soins, à l’habileté & à la générosité du chevalier Hughes Middleton. Il commença cet ouvrage de ses propres deniers en 1608, & le finit au bout de cinq ans, en y employant chaque jour des centaines d’ouvriers. La riviere qui fournit cette eau, prend sa source dans la province de Hartford, fait 60 milles de chemin, avant que d’arriver à Londres, & passe sous huit cent ponts.
La bourse royale, cet édifice magnifique destiné aux assemblées des négocians, & qui a donné lieu à tant d’excellentes réfléxions de M. Addisson dans le spectateur, fut fondée en 1566 par le chevalier Thomas Gresham, négociant, sous le regne d’Elisabeth. C’est aujourd’hui un quarre long de 230 piés de l’orient à l’occident, & de 171 piés du septentrion au midi, qui a couté plus de 50 mille livres sterling ; mais comme il produit 4 mille livres sterling de rente, on peut le regarder pour un des plus riches domaines du monde, à proportion de sa grandeur.
Le même Gresham, non content de cette libéralité, bâtit le college qui porte son nom, & y établit sept chaires de professeurs, de 50 liv. sterling par an chacune, outre le logement.
On est redevable à des particuliers, guidés par le même esprit, de la fondation de la plûpart des écoles publiques, pour le bien des jeunes gens : par exemple, l’école nommée des Tailleurs, où l’on enseigne cent écoliers gratis ; cent pour deux shellins 6 sols chacun par quartier ; & cent autres pour cinq shellins chacun par quartier, (ce qui ne fait que 3 ou 6 livres de notre monnoie par tête, pour trois mois.) Cette école, dis-je, a été fondée par Thomas White, marchand tailleur, de Londres ; il devint échevin de la ville, & ensuite fut créé chevalier.
M. Sutton acheta en 1611 le monastere de la Chartreuse, 13 mille liv. sterling, & en fit un hôpital pour y entretenir libéralement quatre-vingt personnes, tirées d’entre les militaires & les négocians.
Ce même citoyen crut aussi devoir mériter quelque chose de ses compatriotes qui voudroient cultiver les lettres. Dans cette vûe, il fonda une école, pour apprendre le latin & le grec à quarante jeunes gens, dont les plus capables passeroient ensuite à l’université de Cambridge, où d’après sa fondation, l’on fournit annuellement à chacun d’eux, pour leur dépense pendant huit ans, 30 liv. sterling.
La statue de Charles II. qui est dans Soho-Square, a été élevée aux frais du chevalier Robert Viner.
Mais la bourse de Gresham, & tous les bâtimens dont nous venons de parler, périrent dans l’incendie mémorable de 1666, par lequel la ville de Londres fut presque entierement détruite. Ce malheur arrivé après la contagion, & au fort d’une triste guerre contre la Hollande, paroissoit irréparable. Cependant, rien ne fait tant voir la richesse, l’abondance & la force de cette nation, quand elle est d’accord avec elle-même, que le dessein formé par elle, d’abord que l’embrasement eut cessé, de rétablir de pierres & de briques sur de nouveaux plans, plus réguliers & plus magnifiques, tout ce que le feu avoit emporté d’édifices de bois, d’aggrandir les temples & les lieux publics, de faire les rues plus larges & plus droites, & de reprendre le travail des manufactures & de toutes les branches du commerce en général, avec plus de force qu’auparavant ; projet qui passa dans l’esprit des autres peuples, pour une bravade de la nation Angloise, mais dont un court intervalle de tems justifia la solidité. L’Europe étonnée, vit au bout de trois ans, Londres rebâtie, plus belle, plus réguliere, plus com-mode qu’elle n’étoit auparavant ; quelques impôts sur le charbon, & sur-tout l’ardeur & le zéle des citoyens, suffirent à ce travail, également immense & couteux ; bel exemple de ce que peuvent les hommes, dit M. de Voltaire, & qui rend croyable ce qu’on rapporte des anciennes villes de l’Asie & de l’Egypte, construites avec tant de célérité.
Londres se trouve bâtie dans la province de Middlesex, du côté septentrional de la Tamise, sur un côteau élevé, situé sur un fond de gravier, & par conséquent très-sain. La riviere y forme une espece de croissant ; la marée y monte pendant quatre heures, baisse pendant huit, & les vaisseaux de charge peuvent presque arriver jusqu’au pont de cette métropole ; ce qui est un avantage infini pour le prodigieux commerce qu’elle fait.
Son étendue de l’orient à l’occident, est au moins de huit milles ; mais sa plus grande largeur du septentrion au midi, n’a pas plus de deux milles & demi. Comme Londres est éloignée de la mer d’environ 60 milles, elle est à couvert dans cette situation de toute surprise de la part des flottes ennemies.
Sa distance est à 85 lieues S. E. de Dublin, 90 S. d’Edimbourg, 100 N. O. de Paris, 255 N. E. de Madrid, 282 N. O. de Rome, & 346 N. E. de Lisbonne, avec laquelle néanmoins elle a une poste reglée chaque semaine, par le moyen de ses pacquebots.
Par rapport à d’autres grandes villes, Londres est à 70 lieues N. O. d’Amsterdam, 170 S. O. de Copenhague, 240 O. de Vienne, 295 S. O. de Stockholm, 280 O. de Cracovie, 530 O. de Constantinople & de Moscow.
Long. suivant Flamstead & Cassini, 17. 26. 15. lat. 51. 31. La différence des méridiens entre Paris & Londres, ou pour mieux dire entre l’observatoire de Paris & de celui de Gresham, est de 2. 20. 45. dont Londres est plus à l’occident que Paris. (D. J.) | [
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"51 31' N 17 26' 15\" E"
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v9-1877-1 | Londres | Londres, (Géog.) ville de l’Amérique méridionale dans le Tucuman, bâtie en 1555, par Tarita, gouverneur du Tucuman : le fondateur la nomma Londres, pour faire sa cour à la reine Marie d’Angleterre, fille d’Henri VIII. qui venoit d’épouser Philippe II. roi d’Espagne. Long. 313. 25. lat. mérid. 29. (D. J.) | [
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"29 S 313 25' E"
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v9-188-0 | KALTENSTEIN | KALTENSTEIN, (Géog.) petite ville d’Allemagne dans la Silésie, dans la principauté de Neiss. | [] | [] |
v9-1880-0 | LONGANUS | LONGANUS, (Géog. anc.) en grec, Λογγανὸς, ancien nom d’une riviere de Sicile. Polybe, liv. I. chap. ix. en parle, son nom moderne est Ruzzolino-Fiume. Elle prend sa source auprès de Castro-Réale. (D. J.) | [] | [] |
v9-1881-0 | LONG-CHAMP | LONG-CHAMP, (Géog.) en latin Longus-campus, abbaye royale de filles en France, située à 2 lieues de Paris. Elle fut fondée en 1260, par sainte Elisabeth, sœur de saint Louis, & cela se fit avec un appareil merveilleux ; car dans ce tems-là on n’étoit occupé que de choses de ce genre ; on ne connoissoit point encore les autres fondations vraiment utiles. (D. J.) | [] | [] |
v9-1884-0 | LONGFORD | LONGFORD, (Géog.) petite ville d’Irlande, dans la province de Leinster, au comté de Longford, canton de 27 milles d’étendue, large de 16, & qu’on divise en six baronies. Son chef-lieu est la ville dont nous parlons, située sur la riviere de Camlin, à 5 mille O. de S. John’s-Town, & à 6 milles d’Ardagh. Long. 9. 50. lat. 53. 38. (D. J.) | [
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"53 38' N 9 50' E"
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v9-1886-0 | LONGITUDE d’une étoile | LONGITUDE d’une étoile, s. f. (Astronomie) est un arc de l’écliptique compris depuis le premier point d’aries, jusqu’à l’endroit où le cercle de latitude de l’étoile coupe l’écliptique.
Ainsi, la longitude d’une étoile comme S, (Pl. d’Ast. fig. 32.) est un arc de l’écliptique TL, compris entre le commencement d’aries, & le cercle de latitude TM, qui passe par le centre S de l’étoile, & par les poles de l’écliptique.
La longitude est par rapport à l’écliptique ce que l’ascension droite est par rapport à l’équateur. Voyez Ascension.
Dans ce sens la longitude d’une étoile n’est autre chose que son lieu dans l’écliptique, à compter depuis le commencement d’aries.
Pour trouver la longitude d’une étoile, ainsi que sa latitude, la difficulté se réduit à trouver son inclinaison & son ascension droite. Voyez ces deux mots ; car connoissant ces deux derniers, & connoissant de plus l’angle de l’équateur avec l’écliptique, & l’endroit où l’écliptique coupe l’équateur, il est visible qu’on aura par les seules regles de la Trigonométrie sphérique la longitude & la latitude de l’étoile. Or nous avons donné & indiqué aux mots Déclinaison, Étoile, Ascension & Globe, les différens moyens de trouver l’ascension droite & la déclinaison des étoiles ou des planetes.
La longitude du soleil ou d’une étoile depuis le point équinoxial le plus proche de l’étoile, c’est le nombre de degrés, de minutes qu’il y a du commencement d’aries ou de libra, jusqu’au soleil ou à l’étoile, soit en avant, soit en arriere, & cette distance ne peut jamais être de plus de 180 degrés.
Longitude d’un lieu, en Géographie, c’est la distance de ce lieu à un méridien qu’on regarde comme le premier ; ou un arc de l’équateur, compris entre le méridien du lieu & le premier méridien. Voyez Méridien.
Le premier méridien étoit autrefois placé à l’île de Fer, la plus occidentale des Canaries, & Louis XIII. l’avoit ainsi ordonné pour rendre la Géographie plus simple ; aujourd’hui presque tous les Géographes & les Astronomes comptent les longitudes de leur méridien, c’est-à-dire du méridien du lieu où ils observent : cela est assez indifférent en soi ; car il est égal de prendre pour premier méridien un méridien ou un autre, & on aura toûjours la longitude d’un endroit de la terre lorsqu’on aura la position de son méridien par rapport au méridien de quelque autre lieu, comme Paris, Londres, Rome, &c. Il est pourtant vrai que si tous les Astronomes convenoient d’un méridien commun, on ne seroit point obligé de faire des réductions qui sont nécessaires pour ne pas embrouiller la géographie moderne. On peut en général définir la longitude, le nombre de degrés de l’équateur compris entre le méridien du lieu & celui de tout autre lieu proposé. Vous voulez savoir, par exemple, de combien Pekin, capitale de la Chine, est éloignée de Paris en longitude, amenez Paris sous le méridien commun, & éloignez ensuite ce point vers l’occident, en comptant combien il passe de degrés de l’équateur sous le méridien, jusqu’à ce que vous apperceviez Pekin arrivé sous le méridien ; suivant le grand globe de M. de Lille, vous trouverez 113 degrés de l’équateur, écoulés entre le méridien de Paris & celui de Pekin.
Dans la numération des degrés, le pole arctique étant toûjours vers le haut, la distance qui s’étend à droite jusqu’à 180 degrés, marque de combien un lieu proposé est plus oriental qu’un autre. La distance qui s’étend de même à gauche jusqu’à 180 degrés, marque de combien un lieu est plus occidental qu’un autre. Ce seroit une commodité d’appeller longitude orientale les degrés qui sont à droite du méridien d’un lieu, jusqu’au nombre de 180 degrés, & longitude occidentale ceux qui s’étendent à la gauche du même méridien, en pareil nombre : mais c’est un usage universel de ne compter qu’une seule progression de longitude jusqu’à 360 degrés.
Longitude, en Navigation, c’est la distance du vaisseau, ou du lieu où on est à un autre lieu, compté de l’est à l’ouest, en degrés de l’équateur.
La longitude de deux lieux sur mer peut s’estimer de quatre manieres ; ou par l’arc de l’équateur compris entre les méridiens de ces deux lieux ; ou par l’arc du parallele qui passe par le premier de ces lieux, & qui est terminé par les deux méridiens ; ou par l’arc du parallele compris entre les deux méridiens, & qui passe par le second de ces deux lieux ; ou enfin par la somme des arcs de différens paralleles compris entre les différens méridiens qui divisent l’espace compris entre les deux méridiens. Or de quelque maniere qu’on s’y prenne il faudra toûjours estimer la distance des méridiens en degrés, & il paroît plus commode de la marquer par des degrés de l’équateur qu’autrement. Mais il faut remarquer que ces degrés ne donnent point la distance des deux lieux : car tous les arcs, soit de l’équateur, soit des paralleles compris entre les mêmes méridiens, ont le même nombre de degrés, & tous les lieux situés sous ces méridiens ont la même différence de longitude, mais ils sont d’autant plus proches les uns des autres qu’ils sont plus près du pole ; c’est à quoi il faut avoir égard en calculant les distances des lieux dont les longitudes & les latitudes sont communes, & les marins ont des tables toutes dressées pour cela.
La recherche d’une méthode exacte pour trouver les longitudes en mer, est un problême qui a beaucoup exercé les Mathématiciens des deux derniers siecles, & pour la solution duquel les Anglois ont proposé publiquement de grandes récompenses : on a fait de vains efforts pour en venir à bout, & on a proposé différentes méthodes, mais sans succès ; les projets se sont toûjours trouvés mauvais, supposant des opérations trop impraticables, ou vicieuses par quelque endroit ; de façon que la palme n’a encore été déférée à personne.
L’objet que la plûpart se proposent, est de trouver une différence de tems entre deux points quelconques de la terre : car il répond une heure à 15 degrés de l’équateur, c’est-à-dire, 4 minutes de tems à chaque degré de l’équateur, 4 secondes de tems à chaque minute de degré ; & ainsi la différence de tems étant connue & convertie en degrés, elle donneroit la longitude, & réciproquement.
Pour découvrir la différence de tems, on s’est servi d’horloges, de montres & d’autres machines, mais toûjours en vain, n’y ayant, de tous les instrumens propres à marquer le tems, que la seule pendule qui soit assez exacte pour cet effet, & la pendule ne pouvant être d’usage à la mer. D’autres avec des vûes plus saines, & plus de probabilité de succès, vont chercher dans les cieux les moyens de découvrir les longitudes sur terre. En effet, si l’on connoît pour deux différens endroits les tems exacts de quelque apparence céleste, la différence de ces deux tems donnera la différence des longitudes entre ces deux lieux. Or nous avons dans les éphémérides les mouvemens des planetes, & les tems de tous les phénomènes célestes, comme les commencemens & les fins des éclipses, les conjonctions de la lune avec les autres planetes dans l’écliptique calculées pour un certain lieu. Si donc on pouvoit observer exactement l’heure & la minute dans laquelle ces phénomenes arrivent dans un autre lieu quelconque, la différence de tems entre ces momens-là & celui qui est marqué dans les tables étant convertie en degrés,donneroit la différence de longitude entre le lieu où l’on fait l’observation & celui pour lequel les tables ont été construites.
La difficulté ne consiste pas à trouver exactement l’heure qu’il est, on en vient à bout par les observations de la hauteur du soleil ; mais ce qui manque, c’est un nombre suffisant d’apparences qui puissent être observées ; car tous ces mouvemens lents, par exemple, celui de saturne, sont d’abord exclus, parce qu’une petite différence d’apparence ne s’y laisse appercevoir que dans un grand espace de tems, & qu’il faut ici que le phénomene varie sensiblement en deux minutes de tems au plus, une erreur de deux minutes sur le tems en produisant une de trente mille dans la longitude. Or parmi les phénomenes qui se trouvent dans ce cas, ceux qui ont paru les plus propres à cet objet, sont les différentes phases des éclipses de la lune, la longitude de cet astre ou son lieu dans le zodiaque, sa distance des étoiles fixes, ou le mouvement où elle se joint à elles, & la conjonction, la distance & les éclipses des satellites de Jupiter : nous allons parler de chacun de ces moyens l’un après l’autre.
1°. La méthode par les éclipses de lune est très aisée, & seroit assez exacte s’il y avoit des éclipses de lune chaque nuit. Au moment que nous voyons le commencement ou le milieu d’une éclipse de lune, nous n’avons qu’à prendre la hauteur ou le zénith de quelque étoile fixe, & nous en conclurons l’heure, cela suppose que nous connoissons d’ailleurs la latitude, & alors il n’y aura qu’à résoudre un triangle sphérique dont les trois côtés sont connus, savoir le premier, la distance du zénith au pole, complément de la latitude ; le second, celle de l’étoile au zénith, complément de la hauteur de l’étoile ; le troisieme, celle de l’étoile au pole, complément de la déclinaison de l’étoile, car on tirera de-là la valeur de l’angle formé par le méridien & le cercle de déclinaison passant par l’étoile, ce qui ajoûté à la différence d’ascension droite du soleil & de l’astre pour ce jour-là, donnera la distance du soleil au méridien, ou le tems qu’on cherche, c’est-à-dire, l’heure du jour au moment & au lieu de l’observation ; on n’auroit pas même besoin de connoître la hauteur de l’étoile, si l’étoile étoit dans le méridien. En effet, l’heure du moment de l’observation sera donnée alors par la seule différence d’ascension droite de l’œil & de l’étoile pour ce jour-là, convertie en tems ; ce moment qu’on aura trouvé de la sorte, étant comparé à celui qui est marqué dans les tables pour la même éclipse, nous donnera la longitude. Voyez Éclipse.
2°. Le lieu de la lune dans le zodiaque n’est pas un phénomene qui ait, comme ce dernier, le défaut de ne pouvoir être observé que rarement ; mais en revanche l’observation en est difficile, & le calcul compliqué & embarrassé à cause de deux parallaxes auxquels il faut avoir égard ; de sorte qu’à peine peut-on se servir de ce phénomene avec la moindre assurance, pour déterminer les longitudes. Il est vrai que si l’on attend que la lune passe au méridien du lieu, & qu’on prenne alors la hauteur de quelque étoile remarquable (on suppose qu’on a connu déjà la latitude du lieu) la latitude déduira assez exactement le tems, quoiqu’il fût mieux encore d’employer à cela l’observation de quelques étoiles situées dans le méridien.
Or le tems étant trouvé, il sera aisé de connoître quel point de l’écliptique passe alors par le méridien, & par-là nous aurons le lieu de la lune dans le zodiaque correspondant au tems de l’endroit où nous nous trouvons ; nous chercherons alors dans les éphémérides à quelle heure du méridien des éphémérides la lune doit se trouver dans le même point du zodiaque, & nous aurons ainsi les heures des deux lieux dans le même instant, enfin leur différence convertie en degrés de grand cercle, nous donnera la longitude.
3°. Comme il arrive souvent que la lune doit être observée dans le méridien, les Astronomes ont tourné pour cette raison leurs vues du côté d’un autre phénomene plus fréquent pour en déduire les longitudes, c’est l’occultation des étoiles fixes par la lune ; en effet, l’entrée des étoiles dans le disque de la lune, ou leur sortie de ce disque, peut déterminer le vrai lieu de la lune dans le ciel pour le moment donné de l’observation ; mais les parallaxes auxquelles il faut avoir égard, ces triangles sphériques obliquangles qu’il faut résoudre, & la variété des cas qui peuvent se présenter, rendent cette méthode si difficile & si compliquée, que les gens de mer n’en ont fait que très-peu d’usage jusqu’à présent. Ceux qui voudront s’en servir trouveront un grand secours dans le zodiaque des étoiles, publié par les soins du docteur Halley, & qui contient toutes les étoiles dont on peut observer les occultations par la lune.
Mais malgré le peu d’usage qu’on a fait jusqu’ici de cette méthode, la plûpart des plus habiles astronomes de ce siecle croient que l’observation de la lune est peut-être le moyen le plus exact de découvrir les longitudes. Il n’est pas nécessaire, selon eux, d’observer l’occultation des étoiles par la lune pour marquer un instant déterminé ; le mouvement de la lune est si rapide, que si on rapporte sa situation à deux étoiles fixes, elle forme avec ces étoiles un triangle qui, changeant continuellement de figure, peut être pris pour un phénomene instantané, & déterminer le moment auquel on l’observe. Il n’y a plus d’heure de la nuit, il n’y a plus d’heure où la lune & les étoiles soient visibles, qui n’offre à nos yeux un tel phénomene ; & nous pouvons par le choix des étoiles, par leur position, & par leur splendeur prendre entre tous les triangles celui qui paroîtra le plus propre à l’observation.
Pour parvenir maintenant à la connoissance des longitudes, il faut deux choses : l’une qu’on observe sur mer avec assez d’exactitude le triangle formé par la lune & par les étoiles ; l’autre qu’on connoisse assez exactement le mouvement de la lune pour savoir quelle heure marqueroit la pendule reglée dans le lieu où l’on est parti, lorsque la lune forme avec les deux étoiles le triangle tel qu’on l’observe. On peut faire l’observation assez exactement, parce qu’on a assez exactement sur mer l’heure du lieu où l’on est, & que d’ailleurs on a depuis quelques années un instrument avec lequel on peut, malgré l’agitation du vaisseau, prendre les angles entre la lune & les étoiles avec une justesse assez grande pour déterminer le triangle dont nous parlons. La difficulté se réduit à la théorie de la lune, à connoître assez exactement ses distances & ses mouvemens pour pouvoir calculer à chaque instant sa position dans le ciel, & déterminer à quel instant pour tel ou tel lieu le triangle qu’elle forme avec deux étoiles fixes, sera tel ou tel. Nous ne dissimulerons point que c’est en ceci que consiste la plus grande difficulté. Cet astre qui a été donné à la terre pour satellite, & qui semble lui promettre les plus grandes utilités, échappe aux usages que nous en voudrions faire, par les irrégularités de son cours : cependant si on pense aux progrès qu’a faits depuis quelque tems la théorie de la lune, on ne sauroit s’empêcher de croire que le tems est proche où cet astre qui domine sur la mer, & qui en cause le flux & reflux, enseignera aux navigateurs à s’y conduire, Préface du traité de la parallaxe de la lune par M. de Maupertuis. On verra à l’article Lune le détail des travaux des plus habilesgéometres & astronomes sur une matiere aussi importante.
Il faut avouer que cette méthode pour découvrir les longitudes demandera plus de science & de soin qu’il n’en eût fallu, si on eut pû trouver des horloges qui conservassent sur mer l’égalité de leur mouvement ; mais ce sera aux Mathématiciens à se charger de la peine des calculs ; pourvû qu’on ait les élémens sur lesquels la méthode est fondée, on pourra par des tables ou des instrumens, réduire à une grande facilité la pratique d’une théorie difficile.
Cependant la prudence voudra qu’au commencement on ne fasse qu’un usage fort circonspect de ces instrumens ou de ces tables, & qu’en s’en servant on ne néglige aucune des autres pratiques par lesquelles on estime la longitude sur mer ; un long usage en fera connoître la sûreté.
Comme les lieux de la lune sont différens pour les différens points de la surface de la terre, à cause de la parallaxe de cette planete, il sera nécessaire dans les observations qu’on fera des lieux de la lune, de pouvoir réduire ces lieux les uns aux autres, ou au lieu de la lune vue du centre de la terre. M. de Maupertuis dans son Discours sur la parallaxe de la lune, dont nous avons tiré une partie de ce qui précéde, donne des méthodes très-élégantes pour cela, & plus exactes qu’aucune de celles qu’on avoit publiées jusqu’à lui. Voyez Parallaxe.
4°. On préfere généralement dans la recherche des longitudes sur terre les observations des satellites de Jupiter à celles de la lune, parce que les premieres sont moins sujettes à la parallaxe que les autres, & que de plus elles peuvent toujours se faire commodement quelle que soit la situation de Jupiter sur l’horison. Les mouvemens des satellites sont prompts & doivent se calculer pour chaque heure : or pour découvrir la longitude au moyen de ces satellites, vous observerez avec un bon télescope la conjonction de deux d’entre eux ou de l’un d’eux avec Jupiter, ou quelques autres apparences semblables, & vous trouverez en même tems l’heure & la minute pour l’observation de la hauteur méridienne de quelques étoiles. Consultant ensuite les tables des satellites, vous observerez l’heure & la minute à laquelle cette apparence doit arriver au méridien du lieu pour lequel les tables sont calculées, & la différence du tems vous redonnera, comme ci-dessus, la longitude. Voyez Satellites.
Cette méthode de déterminer les longitudes sur terre est aussi exacte qu’on le puisse desirer, & depuis la découverte des satellites de Jupiter, la Géographie a fait de très-grands progrès par cette raison ; mais il n’est pas possible de s’en servir par mer. La longueur des lunettes jusqu’ici nécessaires pour pouvoir observer les immersions & les émersions des satellites, & la petitesse du champ de leur vision, font qu’à la moindre agitation du vaisseau l’on perd de vue le satellite, supposé qu’on l’ait pu trouver. L’observation des éclipses de lune est plus praticable sur mer ; mais elle est beaucoup moins bonne pour connoître les longitudes, à cause de l’incertitude du tems précis auquel l’éclipse commence ou finit, ou se trouve à son milieu ; ce qui produit nécessairement de l’incertitude dans le calcul de la longitude qui en résulte.
Les méthodes qui ont pour fondement des observations de phénomene céleste ayant toutes ce défaut qu’elles ne peuvent être toujours d’usage, parce que les observations ne se peuvent pas faire en tous tems, & étant outre cela d’une pratique difficile en mer, par rapport au mouvement du vaisseau ; il y a par cette raison des mathématiciens qui ont abandonné les moyens que peuvent fournir la lune & les satellites ; ils ont recours aux horloges & autres ins-trumens de cette espece, & il faut avouer que s’ils pouvoient en faire d’assez justes & d’assez parfaits pour qu’ils allassent précisément sur le soleil sans avancer ni retarder, & sans que d’ailleurs la chaleur ou le froid, l’air, & les différens climats n’y apportassent aucune altération, on auroit en ce cas la longitude avec toute l’exactitude imaginable ; car il n’y auroit qu’à mettre sa pendule ou son horloge sur le soleil au moment du départ, & lorsqu’on voudroit avoir la longitude d’un lieu, il ne s’agiroit plus que d’examiner au ciel l’heure & la minute qu’il est ; ce qui se fait la nuit au moyen des étoiles, & le jour au moyen du soleil : la différence entre le tems ainsi observé, & celui de la machine, donneroit évidemment la longitude. Mais on n’a point découvert jusqu’aujourd’hui de pareille machine ; c’est pourquoi on a eu encore recours à d’autres méthodes.
M. Whiston a imaginé une méthode de trouver les longitudes par la flamme & le bruit des grands canons. Le son, comme on le sait, se meut assez uniformément dans toutes ses ondulations, quel que soit le corps sonore d’où il part, & le milieu par où il se transmet. Si l’on tire donc un mortier ou un grand canon dans un endroit où la longitude est connue, la différence entre le tems où le feu, qui se meut comme dans un instant, sera vu, & celui où le son qui se meut sur le pié de 173 toises par seconde, sera entendu, donnera la distance des deux lieux l’un de l’autre ; ainsi en supposant qu’on eût la latitude des lieux, on pourra par ce moyen parvenir à la connoissance de la longitude. Voyez Son, &c.
De plus si l’heure & la minute où l’on tire le canon sont connues pour le lieu où l’on le tire, observant alors, par le soleil & les étoiles, l’heure & la minute dans le lieu dont on cherche la longitude, & où nous supposons qu’on entend le canon même sans le voir, la différence de ces deux tems sera la différence de longitude.
Enfin, si ce mortier étoit chargé d’un boulet creux ou d’une maniere de bombe pleine de matiere combustible, & qu’on le plaçât perpendiculairement, il porteroit sa charge à un mille de haut, & on en pourroit voir le feu à près de cent milles de distance. Si l’on se trouve donc dans un endroit d’où l’on ne puisse appercevoir la flamme du canon, ni en entendre le son, on pourra néanmoins déterminer la distance du lieu où on sera, à celui où le mortier aura été braqué, par la hauteur dont la bombe s’élevera au-dessus de l’horison : or la distance & la latitude étant une fois connues, la longitude se trouvera facilement.
Suivant cette idée, on proposoit d’avoir de ces mortiers placés de distance en distance, & à des stations connues, dans toutes les côtes, les îles, les caps, &c. qui sont fréquentés, & de les tirer à certains momens marqués de la journée pour l’usage & l’avantage des navigateurs.
Cette méthode, qui pourroit plaire à l’esprit dans la théorie, est cependant entierement inutile, parce qu’elle est très-incommode & même qu’elle suppose trop. Elle suppose, par exemple, que le son peut-être entendu de 40, 50 ou 60 milles, & il est vrai qu’on en a des exemples ; mais ces exemples sont très-rares, & d’ordinaire le bruit du canon ne s’entend que de la moitié au plus de cet espace, & quelquefois de beaucoup moins loin. Elle suppose encore que le son se meut toujours avec une égale vîtesse, au lieu que dans le fait sa vîtesse peut augmenter ou diminuer selon qu’il se meut ou en même sens que le vent, ou en sens contraire.
Il est vrai que suivant quelques expériences le vent n’altere en rien la vîtesse du son ; mais ces expériences auroient besoin d’être répétées un grand nombre de fois pour qu’on pût en déduire des reglesgénérales ; & il y en a même qui leur paroissent contraires, puisque souvent on entend les cloches lorsque le vent en pousse le son aux oreilles, & qu’on cesse de les entendre quand le vent y est contraire.
Cette méthode suppose enfin que la force de la poudre est uniforme, & que la même quantité porte toujours le même boulet à la même hauteur ; or il n’y a aucun cannonier qui ne sache le contraire. Nous ne disons rien des nuits couvertes & obscures où on ne peut point voir de lunes, ni des nuits orageuses ou on ne peut point entendre le son, même à de très-petites distances.
C’est pourquoi les marins sont réduits à des méthodes fort imparfaites pour trouver la longitude : voici une idée générale de la principale de ces méthodes. Ils estiment le chemin que le vaisseau a fait depuis l’endroit d’où ils veulent compter la longitude, ce qui ne se peut faire que par de instrumens jusqu’ici fort peu exacts. Ils observent la latitude du lieu où le vaisseau est arrivé, & la comparent à la latitude de l’autre lieu pour savoir combien ils ont changé en latitude ; & connoissant à-peu-près le rhumb de vent sous lequel ils ont couru pendant ce tems, ils déterminent par la combinaison de ces différens élémens la différence des longitudes.
On voit assez combien d’élémens suspects entrent dans cette détermination, & combien la recherche des longitudes à cet égard est encore loin de la perfection qu’on y desire.
On peut encore se servir de la déclinaison de la boussole pour déterminer la longitude en mer. Voyez sur cela le Traité de navigation de M. Bouguer, pag. 313, ainsi que les méthodes les plus usitées par les marins pour trouver la longitude. (O) | [] | [] |
v9-1888-0 | LONGONÉ | LONGONÉ, (Géog.) Voyez Porto-Longoné. | [] | [] |
v9-189-0 | KAMA la | KAMA la, (Géog.) grande riviere de l’empire Russien, qui a sa source au pays des Czeremisses, va se perdre après un long cours dans le Wolga, au royaume de Casan. Adam Brant, Oléarius & Corneille le Brun disent qu’elle est fort large & coule avec beaucoup de rapidité. (D. J.) | [] | [] |
v9-1894-0 | LONGUNTICA | LONGUNTICA, (Géog. anc.) ville maritime d’Espagne. Il paroît d’un passage de Tite-Live, liv. XXII. c. xx. que Loguntica n’étoit pas loin de Carthagène ; quelques-uns conjecturent que c’est aujourd’hui Guardamar, place sur la côte du royaume de Valence. | [] | [] |
v9-1895-0 | LONGWY ou LONWIC | LONGWY ou LONWIC, (Géog.) en latin moderne Longus-Wicus ; petite ville de France, sur les frontieres du duché de Luxembourg, avec un château. Elle est divisée en ville vieille & en ville neuve ; cette derniere fut bâtie par Louis XIV. après la paix de Nimégue, & fortifiée à la maniere du maréchal de Vauban. Elle est sur une hauteur, à 6 lieues S. O. de Thionville, 67 N. E. de Paris. Long. 23. 26 25. lat. 49. 31. 35. (D. J.) | [
[
"49 31' 35\" N 23 26' 25\" E"
]
] | [] |
v9-1897-0 | LONS-LE-SAUNIER | LONS-LE-SAUNIER, (Géog.) en latin Ledo, plus communément Ledo-Salinarius, & quelquefoisLeodunum : on dit aussi par abus, Lion-le-Saunier. petite ville de France en Franche-comté, près du duché de Bourgogne. Elle prend son nom d’une auge, ou mesure d’eau salée, laquelle en terme de saunerie, s’appelle long. Gollut dit qu’un long contient 24 muids. Cette ville est située sur la petite riviere de Solvan ; à 8 lieues de Dôle, 9 de Châlons. Long. 23. 15. lat. 46. 36. (D. J.) | [
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"46 36' N 23 15' E"
]
] | [] |
v9-19-0 | JUDICELLO le | JUDICELLO le, (Géog.) petite riviere de Sicile, dans le val de Noto, selon M. de L’Isle. Elle a sa source auprès de la Motta di sancta Anastasia, coupe en deux la ville de Catane & se perd dans la mer. C’est l’Amenanus des anciens, du moins de Strabon liv. V. pag. 240. qui remarque, qu’après avoir été à sec pendant quelques années, il avoit commencé à couler. (D. J.) | [] | [] |
v9-190-0 | KAMAKURA | KAMAKURA, (Géog.) fameuse isle du Japon, d’environ une lieue de circuit, sur la côte méridionale de Niphon. C’est-là que l’on envoye en exil les grands qui ont fait quelques fautes considérables. Les côtes de cette isle sont si escarpées, que les bateaux qui y portent des prisonniers ou des provisions, doivent être élevés & descendus avec des grues & autres machines. Voyez Kœmpfer dans son histoire du Japon. (D. J.) | [] | [] |
v9-1903-0 | LOPADIUM, ou LOPADI | LOPADIUM, ou LOPADI, (Géog. anc.) lieu de Natolie, que les Francs nomment Loubat. (D. J.) | [] | [] |
v9-1904-0 | LOPOS | LOPOS, (Géog.) peuples sauvages de l’Amérique méridionale, au Brésil. Ils sont voisins des Motayes, petits de taille, de couleur brune, de mœurs rudes & farouches. Ils se tiennent dans les montagnes, où ils vivent de pignons, & de fruits sauvages. Delaet dit, que cette contrée abonde autant en métaux & en pierres précieuses, qu’aucune autre de l’Amérique, mais qu’elle est à une distance si grande de la mer, qu’on n’y peut aller que très-difficilement. (D. J.) | [] | [] |
v9-1909-0 | LORBUS | LORBUS, (Géog.) ville d’Afrique, au royaume de Tunis en Barbarie. Le mot Lorbus paroît corrompu de urbs ; Marmol, tom. II. liv. vj. ch. xxx. entre dans d’assez grands détails sur cette ville, & dit qu’on y voyoit encore de son tems de beaux restes d’antiquité. Elle est dans une plaine très-fertile en blé, à 60 lieues O. de Tunis. Long. 26. 35. lat. 35. 35. (D. J.) | [
[
"35 35' N 26 35' E"
]
] | [] |
v9-1910-0 | LORCA | LORCA, (Géog.) ancienne ville d’Espagne, au royaume de Murcie. Elle est fort délabrée, quoique située dans un pays fertile, sur une hauteur, au piéde laquelle coule le Guadalentin, à 6 lieues de la mer, 14 lieues S. O. de Murcie, 12. N. O. de Carthagène. Long. 16. 32. lat. 37. 25. (D. J.) | [
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"37 25' N 16 32' E"
]
] | [] |
v9-1913-0 | LORETTE | LORETTE, (Géog.) petite & assez forte ville d’Italie, dans la marche d’Ancone, avec un évêché relevant du pape, & érigé par Sixte V. en 1586.
Malgré cet avantage, Lorette n’est qu’un pauvre lieu, peuplé seulement d’ecclésiastiques & de marchands de chapelets benis ; mais l’église & le palais épiscopal sont du dessein du célebre Bramante ; cependant l’église ne sert pour ainsi dire que d’étui à la chambre, où selon la tradition vulgaire du pays, Jesus-Christ lui-même s’est incarné ; & ce sont des anges qui ont transporté cette chambre, la casa santa, de la Palestine, dans la marche d’Ancone.
La casa santa a 32 piés d’Angleterre de longueur, 13 de largeur, & 17 de hauteur. On y voit une image de la sainte Vierge en sculpture, haute de 4 piés, & qu’on donne pour être l’ouvrage de Saint-Luc. Sa triple couronne couverte de joyaux, est un présent de Louis XIII. roi de France.
La chambre du trésor est un endroit spacieux, dont 17 armoires à doubles battans lambrissent les murs. On prétend que ces armoires sont remplies des plus riches offrandes en or pur, en vases, & en pierres précieuses ; mais bien des gens doutent de l’existence actuelle de toutes ces richesses.
Quoi qu’il en soit, Lorette est située sur une montagne, à 3 milles de la côte du golfe de Venise, 5 S. E. d’Ancone, 45 N. O. de Rome. Long. 31. 25. lat. 43. 24. ou plûtôt selon la fixation du P. Viva, 43. 42.
Les Jésuites ont aussi une place dans l’Amérique septentrionale, au bord de la mer Vermeille, au pays de Concho, qu’ils ont nommée Lorette-concho, sur laquelle on peut lire les lettres édifiantes, tom. V. Ils ont là quelques bourgades, il n’y manque plus que des pellerins. (D. J.) | [
[
"multsrc"
],
[
"43 24' N 31 25' E"
],
[
"43 42' N 31 25' E"
]
] | [] |
v9-1914-0 | LORETZ, le | LORETZ, le, (Géog.) petite riviere de Suisse, au canton de Zug. Elle a sa source dans le lac d’Egeri, nommé sur la carte Egeri-sée, & se perd dans la Russ. (D. J.) | [] | [] |
v9-1916-0 | LORGUES | LORGUES, (Géog.) en latin dans les anciennes chartres, Leonica, petite ville de France en Provence, chef-lieu d’une viguerie de même nom. Elle est située sur la riviere d’Argent, à deux lieues de Draguignant, cinq de Fréjus, 14 d’Aix, 172 S. O. de Paris. Long. 24d2′1″. lat. 43d29′31″. (D. J.) | [
[
"43 29' 31\" N 24 2' 1\" E"
]
] | [] |
v9-192-0 | KAMAN | KAMAN, (Géog.) ville de l’indoustan, dans la presqu’isle d’en deçà le Gange, au royaume de Carnate, à 18 lieues de Chandegri. (D. J.) | [] | [] |
v9-1922-0 | LORRAINE | LORRAINE, (Géog.) état souverain de l’Europe, entre les terres de l’empire, & celles du royaume de France. Plusieurs écrivains, entre autres le P. Calmet, ont donné l’histoire intéressante de cet état, en 7 vol. in-fol. nous n’en dirons ici que deux mots.
Le premier sort des peuples qui l’habitoient, fut de subir le joug des Romains comme les autres Gaulois ; ils obéirent à ces maîtres du monde, jusqu’au commencement de la monarchie françoise.
Ce pays fit la plus considérable partie du royaume d’Austrasie, qui se forma dans les partages des enfans de Clovis & de Clotaire. Il ne changea de nom que sous le regne du jeune Lothaire, fils de l’empereur Lothaire, & sous lequel il eut le titre de royaume, regnum Lotharii ; d’où l’on fit Lotharingia, & de Lotharingia, vint le vieux mot françois Loherregne : depuis pour Loherregne, on a dit Lorrène, & enfin Lorraine. Ce pays dans le xiij. siecle se nommoit aussi Lothier, comme il paroît par une publication de paix de l’an 1300, qui commence ainsi : « Jehan, par la grace de Dieu, duc de Lothier, de Braibant, & de Lemboure »....
La Lorraine fut par succession de tems divisée en deux grands duchés, dont l’un s’appelle Lorraine supérieure, ou Lorraine Mosellane, & l’autre Lorraine inférieure, ou Lorraine sur la Meuse.
Enfin, la Lorraine fut réduite à une bien petite portion du pays qui avoit porté ce nom, & ne fut plus connue que sous la simple dénomination de duché de Lorraine, dont nous devons parler ici.
Cet état est borné au nord par les évêchés de Metz, Toul, & Verdun, par le Luxembourg, & par l’archevêché de Treves ; à l’orient par l’Alsace, & par le duché des Deux-ponts ; au midi par la Franche-Comté ; & au couchant par la Champagne & par le duché de Bar. Il a 35 à 40 lieues de long depuis Longwick jusqu’à Philisbourg, & 25 à 30 lieues de large depuis Bar jusqu’à Vaudrange. Nancy en est la capitale.
Ce pays abonde en grains, vins, chanvre, gibier, & poisson ; il s’y trouve de vastes forêts, des mines de fer, & plusieurs salines. Il est arrosé d’un grand nombre de rivieres, dont les plus considérables sont la Meuse, la Moselle, la Seille, la Meurte, la Saone, & la Sare. Jaillot est le géographe qui en a donné la meilleure carte.
Les terres du domaine de la Lorraine comprennent quatre grands bailliages ; le bailliage de Nancy, celui de Vosge, celui de Bassigny, & le bailliage allemand, appellé aussi la Lorraine allemande.
Les ducs de Lorraine descendent en ligne directe masculine de Gerard d’Alsace, comte de Castinach, issu d’une noble & ancienne maison du pays, & oncle de l’empereur Conrard. Henri le Noir empereur, lui donna la Lorraine supérieure à titre de duché, en 1048, & ses descendans en ont joui jusqu’au traité conclu à Vienne en 1738, par lequel ce duché est cédé au roi Stanislas I. pendant sa vie, pour être réuni à la couronne de France après la mort de ce prince ; c’est l’ouvrage du cardinal de Fleuri. Ainsi par la sagesse de ce ministre, cette province a eu pour la derniere fois un prince résident chez elle, & ce souverain l’a rendue très-heureuse ; son nom sera long-tems cher aux habitans d’un pays dont il est le pere. (D. J.) | [] | [] |
v9-1924-0 | LORRIS | LORRIS, (Géog.) petite ville de France en Orléannois, située dans des marécages, à six lieues de Montargis. Cette ville a une coutume singuliere qui porte son nom, & qui s’étend assez loin. Elle fut rédigée en 1531 ; le sieur de la Thaumassiere a fait un ample commentaire sur cette coutume, qui parut à Bourges en 1679 in-fol. C’est un grand malheur que cette multiplicité de coutumes dans ce royaume, & cette foule de commentateurs qu’un avocat doit avoir dans sa bibliotheque ; mais il ne s’agit pas ici de déplorer nos folies, il est question d’une ville dont la long. est 20. 24. la lat. 47. 55.
Guillaume de Lorris prit ce surnom, parce qu’il naquit dans cette ville sous le regne de S. Louis. Fauchet & la Croix du Maine, racontent qu’il entreprit de composer le fameux roman de la Rose, pour plaire à une dame qu’il aimoit. Il mourut vers l’an 1260, sans avoir achevé cet ouvrage, qui a été continué par Jean Clopinel, dit de Meun, sous le regne de Philippe-le-Bel. (D. J.) | [
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"47 55' N 20 24' E"
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v9-1927-0 | LOSON | LOSON, (Géog.) nom de deux petites rivieres de France, l’une en Béarn, qui se perd dans le Gave, l’autre dans le Cotantin, qui finit son cours dans la riviere de Tante. (D. J.) | [] | [] |
v9-1928-3 | Lot, le | Lot, le, (Géog.) riviere de France ; ses anciens noms latins sont, selon Baudrand, Olda, Oldus, Olindis, Olitus, & plus récemment Lotus. Il prend sa source dans le Gévaudan, au-dessus de la ville de Mende, & se jette dans la Garonne à Aiguillon. Il commence d’être navigable à Cahors, & quoiqu’il ne le soit que par des écluses, sa navigation est très utile. (D. J.) | [] | [] |
v9-1933-0 | LOTHIANE | LOTHIANE, (Géogr.) en latin Laudamia, province maritime de l’Ecosse méridionale, sur le golfe de Forth. C’est la plus belle, la plus fertile & la plus peuplée de toute l’Ecosse. On la divise en trois parties, l’une orientale, l’autre occidentale, & une troisieme qui est celle du milieu, nommée par cette raison mid-Lothian ; c’est dans cette derniere partie qu’est Edimbourg, capitale de l’Ecosse. (D. J.) | [] | [] |
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