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v9-2155-0
LYDDE
LYDDE, (Géog. anc.)​ en hébreu Lud ou Lod, en grec Lydda ou Diospolis, & aujourd’hui Loudde, selon le P. Nau, dans son voyage de la Terre-sainte liv. I. chap. vj. Ancienne ville de la Palestine, sur le chemin de Jérusalem à Césarée de Philippe. Elle étoit à 4 ou 5 lieues E. de Joppé, appartenoit à la tribu d’Ephraim, & tenoit le cinquieme rang entre les onze toparchies ou seigneuries de la Judée. Saint Pierre étant venu à Lydde, disent les actes des apôtres, c. ix. v. 33. y guérit un homme paralytique, nommé Enée. Cette ville est actuellement bien pauvre. Le revenu qu’on en tire, ainsi que de ses environs, est assigné en partie pour l’entretien de l’hôpital de Jérusalem, en partie pour quelques frais de la caravane de la Meque. C’est le metouallo, ou intendant du sépulchre, qui recueille avec grande peine ces revenus, car il a affaire à des paysans & à des arabes qui ne donnent pas volontiers. (D. J.)​
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v9-2156-0
LYDIE
LYDIE, (Géog. anc.)​ Lydia, province de l’Asie mineure, qui a été aussi nommée Méonie. Elle s’étendoit le long du Caistre, aujourd’hui le petit Madre, & confinoit avec la Phrygie, la Carie, l’Ionie & l’Eolide. On trouvoit en Lydie le mont Tmolus, & le Pactole y prenoit sa source. Les notices de Léon le Sage & d’Hiéroclès different entre elles, sur le nombre des villes épiscopales ; le premier en compte 27, & le second 23. M. Sévin a donné dans le recueil de l’académie des Inscriptions, l’histoire des rois de Lydie ; & M. Fréret y a joint de savantes recherches sur la chronologie de cette histoire. J’y renvoie le lecteur, & je me contenterai de remarquer que le royaume de Lydie, fut détruit par Cyrus roi de Perse, 545 ans avant J. C. après une guerre de quelques années, terminée par la prise de Sardes, capitale des Lydiens, & par la captivité de Crésus, qui fut le dernier roi de ce pays-là. (D. J.)​
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v9-2160-0
LYGIENS
LYGIENS, (Géog. anc.)​ Lygii, Ligii, Ligii, Logiones, ancien peuple de la grande Germanie. Tacite, de morio. German. dit, qu’au-de-là d’une chaine de montagnes qui coupe le pays des Sueves, il y a plusieurs nations, entre lesquelles les Lygiens composent un peuple fort étendu, partagé en plusieurs cantons. Leur pays fait présentement partie de la Pologne, en deçà de la Vistule, partie de la Silésie, & partie de la Bohème. (D. J.)​
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v9-2162-0
LYMAX
LYMAX, (Géog. anc.)​ riviere du Péloponnèse, dans l’Arcadie ; elle baignoit la ville de Phigalé, & se dégorgeoit dans le Néda. Les Poëtes ont feint que les Nymphes qui assisterent aux couches de Rhée, lorsqu’elle eut mis au monde Jupiter, laverent la déesse dans cette riviere pour la purifier. Le mot grec λῦμα signifie purification. (D. J.)​
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v9-2164-0
LYME
LYME, (Géog.)​ petite ville à marché en Angleterre, en Dorsetshire, sur une petite riviere de même nom, avec un havre peu fréquenté, & qui n’est connu dans l’histoire que parce que le duc de Montmouth y prit terre, lorsqu’il arriva de Hollande, pour se mettre à la tête du parti, qui vouloit lui donner la couronne de Jacques II. Lyme envoie deux députés au Parlement, & est à 120 milles S. O. de Londres. Long. 14. 48. lat. 50. 46. (D. J.)​
[ [ "50 46' N 14 48' E" ] ]
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v9-2168-0
LYN
LYN, (Géogr.)​ ville à marché & fortifiée d’Angleterre, dans le comté de Norfolck ; elle envoie deux députés au parlement, & est située à l’embouchure de l’Ouse, où elle jouit d’un grand port de mer, à 75 milles N. E. de Londres. Long. 17. 50. lat. 52. 43. (D. J.)​
[ [ "52 43' N 17 50' E" ] ]
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v9-2170-0
LYNCESTES
LYNCESTES, (Géogr. anc.)​ Lyncestæ, Strabon dit Lyncistæ ; peuple de la Macédoine ; leur province nommée Lyncestides, étoit au couchant de l’Ematie, ou Macédoine propre. La capitale s’appelloit Lyncus. Tite-Live en parle liv. XXVI. chap. xxv. (D. J.)​
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v9-2173-0
LYON
LYON, (Géogr.)​ grande, riche, belle, ancienne & celebre ville de France, la plus considérable du royaume après Paris, & la capitale du Lyonnois. Elle se nomme en latin Lugdunum, Lugudunum, Lugdumum Segusianorum, Lugdumum Celtarum, &c. Voyez Lugdunum. Lyon fut fondée l’an de Rome 712, quarante-un ans avant l’ere chrétienne, par Lucius Munatius Plancus, qui étoit consul avec Æmilius Lepidus. Il la bâtit sur la Sône, au lieu où cette riviere se jette dans le Rhône, & il la peupla des citoyens romains qui avoient été chassés de Vienne par les Allobroges. On lit dans Gruter une inscription où il est parlé de l’établissement de cette colonie ; cependant on n’honora pas Lyon d’un nom romain ; elle eut le nom gaulois Lugdun, qu’avoit la montagne aujourd’hui Forvieres, sur laquelle cette ville fut fondée. Vibius Sequester prétend que ce mot Lugdun signifioit en langue gauloise, montagne du corbeau. Quoi qu’il en soit, la ville de Lyon est presque aussi souvent nommée Lugudunum dans les inscriptions antiques des deux premiers siecles de notre ere. M. de Boze avoit une médaille de Marc-Antoine, au revers de laquelle se voyoit un lion, avec ce mot partagé en deux, Lugu-duni. Lyon fondée, comme nous l’avons dit, sur la mon-​tagne de Forvieres, nommée Forum-vetus, & selon d’autres Forum-veneris, s’agrandit rapidement le long des collines, & sur le bord de la Sône ; elle devint bientôt une ville florissante & l’entrepôt d’un grand commerce. Auguste la fit capitale de la Celtique, qui prit le nom de province lyonnoise. Ce fut de Lyon, comme de la forteresse principale des Romains au-deçà des Alpes, qu’Agrippa tira les premiers commencemens des chemins militaires de la Gaule, tant à cause de la rencontre du Rhône & de la Sône qui se fait à Lyon, que pour la situation commode de cette ville, & son rapport avec toutes les autres parties de la Gaule. Il n’y a rien eu de plus célebre dans notre pays, que ce temple d’Auguste, qui fut bâti à Lyon par soixante peuples des Gaules, à la gloire de cet empereur, avec autant de statues pour orner son autel. On ne peut point oublier qu’après que Caligula eut reçu dans Lyon l’honneur de son troisieme consulat, il y fonda toutes sortes de jeux, & en particulier cette fameuse académie Athænæum, qui s’assembloit devant l’autel d’Auguste, Ara Lugdunensis. C’étoit là qu’on disputoit les prix d’éloquence greque & latine, en se soumettant à la rigueur des lois que le fondateur avoit établies. Une des conditions singulieres de ces lois étoit que les vaincus non seulement fourniroient à leurs dépens les prix aux vainqueurs, mais de plus qu’ils seroient contraints d’effacer leurs propres ouvrages avec une éponge, & qu’en cas de refus, ils seroient battus de verges, ou même précipités dans le Rhône. De-là vient le proverbe de Juvenal, sat. 2. v. 44. Palleat ut nudis pressit qui calcibus anguem, Aut Lugdunensem rhetor dicturus ad aram. Le temple d’Auguste, son autel, & l’académie de Caligula, dont parlent Suétone & Juvenal, étoient dans l’endroit où est aujourd’hui l’abbaye d’Aisnay, nom corrompu du mot Athænæum. Lyon jouissoit de tant de décorations honorables, lorsque cent ans après sa fondation, elle fut détruite en une seule nuit, par un incendie extraordinaire, dont on ne trouve pas d’autres exemples dans les annales de l’histoire. Seneque, épist. 91 à Lucius, dit avec beaucoup d’esprit, en parlant de cet embrasement, qu’il n’y eut que l’intervalle d’une nuit, entre une grande ville & une ville qui n’existoit plus ; le latin est plus énergique : inter magnam urbem, & nullam, una nox interfuit. Cependant Néron ayant appris cette triste nouvelle, envoya sur le champ une somme considérable pour rétablir cette ville, & cette somme fut si bien employée, qu’en moins de vingt ans Lyon se trouva en état de faire tête à Vienne, qui suivoit le parti de Galba contre Vitellius. On voit encore à Lyon quelques pauvres restes des magnifiques ouvrages dont les Romains l’avoient embellie. Le théâtre où le peuple s’assembloit pour les spectacles étoit sur la montagne de Saint-Gust, dans le terrein qui est occupé par le couvent & les vignes des Minimes. On y avoit construit des aqueducs pour conduire de l’eau du Rhône dans la ville, avec des réservoirs pour recevoir ces eaux. Il ne subsiste de tout cela qu’un réservoir assez entier, qu’on appelle la grotte Berelle, quelques arcades ruinées & des amas de pierres. Le palais des empereurs & des gouverneurs, lorsqu’ils se trouvoient à Lyon, étoit sur le penchant de la même montagne, dans le terrein du monastere des religieuses de la Visitation. L’on ne sauroit presque y creuser que l’on n’y trouve encore quelque antiquaille. On peut ici se servir de ce mot antiquaille, parce qu’une partie de la colline en a retenu le nom. Lorsque dans le cinquieme siecle les Gaules furent envahies par des nations barbares, Lyon fut​ prise par les Bourguignons, dont le roi devint feudataire de Clovis sur la fin du même siecle. Les fils de Clovis détruisirent cet état des Bourguignons, & se rendirent maîtres de Lyon. Mais cette ville dans la suite des tems changea plusieurs fois de souverains ; & ses archevêques eurent de grands différends avec les seigneurs du Lyonnois, pour la jurisdiction. Enfin les habitans s’étant affranchis de la servitude, contraignirent leur archevêque de se mettre sous la protection du roi de France, & de reconnoître sa souveraineté. C’est ce qui arriva sous Philippe le Bel en 1307 ; alors ce prince érigea la seigneurie de Lyon en comté, qu’il laissa à l’archevêque & au chapitre de saint Jean ; & c’est là l’origine du titre de comtes de Lyon que prennent les chanoines de cette église. En 1563, le droit de justice que l’archevêque avoit, fut mis en vente, & adjugé au roi, dernier enchérisseur. Depuis ce tems-là toute la justice de Lyon a été entre les mains des officiers du Roi. Cette ville a présentement un gouverneur, un intendant, une sénéchaussée & siége présidial, qui ressortissent au parlement de Paris ; un échevinage, un arsenal, un bureau des tresoriers de France, une cour des monnoies & deux foires renommées. L’archevêché de Lyon vaut environ cinquante mille livres de rente. Quand il est vacant c’est l’évêque d’Autun qui en a l’administration, & qui jouit de la régale ; mais il est obligé de venir en personne en faire la demande au chapitre de saint Jean de Lyon. L’archevêque de Lyon a aussi l’administration du diocèse d’Autun pendant la vacance, mais il ne jouit pas de la régale. Comme plusieurs écrivains ont donné d’amples descriptions de Lyon, j’y renvoie le lecteur, sans entrer dans d’autres détails. Je remarquerai seulement, que cette ville se trouvant au centre de l’Europe, si l’on peut parler ainsi, & sur le confluent de deux rivieres, la Sône & le Rhône ; une situation si heureuse la met en état de fleurir & de prospérer éminemment par le négoce. Elle a une douane fort ancienne & fort considérable ; mais il est bien singulier que ce n’est qu’en 1743, que les marchandises allant à l’étranger ont été déchargées des droits de cette douane. Cette opération si tardive, dit un homme d’esprit, prouve assez combien longtems les François ont été aveuglés sur la science du commerce. Lyon est à six lieues N. O. de Vienne, vingt N. O. de Grenoble, vingt-huit S. O. de Genève, trente-six N. d’Avignon, quarante S. O. de Dijon, soixante N. O. de Turin, cent S. E. de Paris. Long. suivant Cassini, 22d. 16′. 30″. lat. 45d. 45′. 20″. On sait que l’empereur Claude fils de Drusus, & neveu de Tibere, naquit à Lyon dix ans avant J. C. mais cette ville ne peut pas se glorifier d’un homme dont la mere, pour peindre un stupide, disoit qu’il étoit aussi sot que son fils Claude. Ses affranchis gouvernerent l’empire, & le deshonorerent ; enfin lui-même mit le comble au desastre en adoptant Néron pour son successeur au préjudice de Britannicus. Parlons donc des gens de lettres, dont la naissance peut faire honneur à Lyon, car elle en a produit d’illustres. Sidonius Apollinaris doit être mis à la tête, comme un des grands évêques & des célebres écrivains du cinquieme siecle. Son pere étoit préfet des Gaules sous Honorius. Apollinaire devint préfet de Rome, patrice, & évêque de Clermont. Il mourut en 480, à cinquante-deux ans. Il nous reste de lui neuf livres d’épitres & vingt-quatre pieces de poésies, publiées avec les notes de Jean Savaron & du pere Sirmond. Entre les modernes, Messieurs Terrasson, de Boze,​Spon, Chazelles, Lagni, Truchet, le pere Ménétirer, &c. ont eu Lyon pour patrie. L’abbé Terrasson (Jean) philosophe pendant sa vie & à sa mort, mérite notre reconnoissance par son élégante & utile traduction de Diodore de Sicile. Malgré toutes les critiques qu’on a faites de son Sethos, on ne peut s’empêcher d’avouer qu’il s’y trouve des caracteres admirables & des morceaux quelquefois sublimes ; il mourut en 1750. Deux de ses freres se sont livrés à la prédication avec applaudissement ; leurs sermons imprimés forment huit volumes in-12. L’avocat Terrasson ne s’est pas moins distingué par ses ouvrages de jurisprudence. Il étoit l’oracle du Lyonnois, & de toutes les provinces qui suivent le droit romain. M. de Boze (Claude Gros de) habile antiquaire & savant littérateur, s’est distingué par plusieurs dissertations sur les médailles antiques, par sa bibliotheque de livres rares & curieux, & plus encore par les quinze premiers volumes in-4°. des mémoires de l’académie des Inscriptions, dont il étoit le secrétaire perpétuel. Il mourut en 1754 âgé de soixante-quatorze ans. Le public est redevable à M. Spon (Jacob) des recherches curieuses d’antiquités in folio, d’une relation de ses voyages de Grece & du Levant, imprimés tant de fois, & d’une bonne histoire de la ville de Genève. Il mourut en 1685 âgé seulement de trente-huit ans. Chazelles (Jean Mathieu de) imagina le premier qu’on pouvoit conduire des galeres sur l’Océan ; ce qui réussit. Il voyagea dans la Grece & dans l’Egypte ; il mesura les pyramides, & remarqua que les quatre côtés de la plus grande sont exposés aux quatre régions du monde ; c’est-à-dire à l’orient, à l’occident, au midi & au nord. Il fut associé à l’académie des Sciences, & mourut à Marseille en 1710 âgé de cinquante-trois ans. M. de Lagny (Thomas Fantet de) a publié plusieurs mémoires de Mathématiques dans le recueil de l’académie des Sciences, dont il étoit membre. Il mourut en 1734 âgé de soixante-quatorze ans. Voyez son éloge par M. de Fontenelle. Truchet (Jean) célebre méchanicien, plus connu sous le nom de P. Sébastien, naquit à Lyon en 1657, & mourut à Paris en 1729. Il enrichit les manufactures du royaume de plusieurs machines très-utiles, fruit de ses découvertes & de son génie ; il inventa les tableaux mouvans, l’art de transporter de gros arbres entiers sans les endommager ; & cent autres ouvrages de Méchanique. En 1699, le roi le nomma pour un des honoraires de l’académie des Sciences, à laquelle il a donné comme académicien quelques morceaux, entr’autres une élégante machine du système de Galilée, pour les corps pesans, & les combinaisons des carreaux mi-partis, qui ont excité d’autres savans à cette recherche. Le R. P. Menetrier (Claude François.) jésuite, décédé en 1705, a rendu service à Lyon sa patrie, par l’histoire consulaire de cette ville. Il ne faut pas le confondre avec les deux habiles antiquaires de Dijon, qui portent le même nom, Claude & Jean-Baptiste le Menestrier, & qui ont publié tous les deux des ouvrages curieux sur les médailles d’antiquités romaines. Je pourrois louer le poëte Gacon (François) né à Lyon en 1667, s’il n’avoit mis au jour que la traduction des odes d’Anacréon & de Sapho, celle de la comédie des oiseaux d’Aristophane, & celle du poëme latin de du Fresnoy sur la Peinture. Il mourut en 1725. Vergier (Jacques) poëte lyonnois, est à l’égard de la Fontaine, dit M. de Voltaire, ce que Campistron est à Racine, imitateur foible, mais naturel.​ Ses chansons de table sont charmantes, pleines d’élégance & de naïveté. On sait quelle a été la triste fin de ce poëte ; il fut assassiné à Paris par des voleurs en 1720, à soixante-trois ans. Enfin Lyon a donné de fameux artistes ; par exemple, Antoine Coysevox, dont les ouvrages de sculpture ornent Versailles, Jacques Stella, qui devint le premier peintre du Roi, & qui a si bien réussi dans les pastorales ; Joseph Vivien, excellent dans le pastel, avant le célebre artiste de notre siecle, qui a porté ce genre de peinture au dernier point de perfection, &c. (D. J.)​
[ [ "45 45' 20\" N 22 16' 30\" E" ] ]
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v9-2174-0
LYONNOIS, le
LYONNOIS, le (Géogr.)​ grande province de France, & l’un de ses gouvernemens. Elle est bornée au nord par le Mâconnois & par la Bourgogne ; à l’orient par le Dauphiné ; au sud par le Vivarais & le Vélay ; & du côté du couchant, les montagnes la séparent de l’Auvergne. Cette province comprend le Lyonnois proprement dit, dont la capitale est Lyon, le Beaujolois & le Forez. Elle produit du vin, du blé, des fruits & de bons marrons. Ses rivieres principales sont le Rhône, la Sône & la Loire. Les peuples de cette province s’appelloient anciennement Segusiani, & furent sous la dépendance des Edui, c’est-à-dire de ceux d’Autun (in clientelâ Æduorum, dit César), jusqu’à l’empire d’Auguste qui les affranchit ; c’est pourquoi Pline les nomme Segusiani liberi. Dans les annales du regne de Philippe & ailleurs, le Lyonnois est appellé Pagus Lugdunensis, in regno Burgundiæ.
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v9-2175-0
LYONNOISE, la
LYONNOISE, la (Géogr. anc.)​ en latin provincia Lugdunensis, une des régions ou parties de la Gaule ; l’empereur Auguste qui lui donna ce nom, la forma d’une partie de ce qui composoit du tems de Jules-César, la Gaule celtique. Dans la suite, la province lyonnoise fut partagée en deux. Enfin sous Honorius, chacune de ces deux Lyonnoises fut encore partagée en deux autres ; de sorte qu’il y avoit la premiere, la seconde, la troisieme & la quatrieme Lyonnoise, autrement dite Lyonnoise sénonoise. (D. J.)​
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v9-2178-0
LYRNESSE
LYRNESSE, (Géog. anc.)​ Lyrnessus, en grec Λύρνησσις, ville d’Asie dans le territoire de Troie : le champ où elle étoit bâtie portoit le nom d’une ville appellée Thébé. Adramytte se forma des ruines​ de Lyrnesse, selon Hiéroclès. (D. J.)​
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v9-2179-0
LYSER le
LYSER le, (Géog.)​ petite riviere d’Allemagne ; elle a sa source dans l’évêché de Saltzbourg, & se jette dans la Drave à Ortnbourg. (D. J.)​
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v9-2181-1
Lysimachie
Lysimachie, (Géog. anc.)​ ville de la Thrace,​qui prit ensuite le nom d’Hexamilium : on l’appelle aujourd’hui Hexamili, selon Sophien ; ou Policastro, selon Nardus. (D. J.)​
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v9-2185-0
LYSTRES
LYSTRES, (Géog. anc.)​ Lystra, ville d’Asie dans la Lycaonie ; il en est parlé dans les Actes, chap. xiv. & xxvij. c’étoit la patrie de S. Timothée. Les apôtres S. Paul & S. Barnabé y ayant guéri un homme boiteux depuis sa naissance, y furent pris pour deux divinités. (D. J.)​
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v9-2189-0
MAAMETER
MAAMETER, (Géog.)​ ville de Perse, autrement nommée Bafrouche. Elle est située, selon Tavernier, à 77. 35. de long. & à 36. 50. de latitude. (D. J.)​
[ [ "36 50' N 77 35' E" ] ]
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v9-219-0
KAOCHEU
KAOCHEU, (Géog.)​ ville de la Chine, septieme métropole de la province de Quanton ; elle est dans un terroir où se trouvent beaucoup de paons, de vautours excellens pour la chasse, & de belles carrieres de marbre. Long. 129. lat. 22. 23. (D. J.)​
[ [ "22 23' N 129 E" ] ]
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v9-2195-0
MACÆ
MACÆ, (Géog. anc.)​ Dans Strabon & Ptolomée ce sont des peuples de l’Arabie heureuse sur le golfe Persique ; dans Hérodote, ce sont des peuples d’Afrique, au voisinage de la Cyrénaïque. (D. J.)​
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v9-2198-0
MACAN
MACAN, (Géog.)​ ville de Corassane. Long. 95. 30. lat. 37. 35. (D. J.)​
[ [ "37 35' N 95 30' E" ] ]
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v9-2200-0
MACANITÆ
MACANITÆ, (Géogr. anc.)​ peuples de la Mauritanie Tingitane. Dion dit que le mont Atias étoit dans la Macenuitide. (D. J.)​
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v9-2201-1
Macao
Macao, (Géog.)​ ville de la Chine située dans une île à l’embouchure de la riviere de Canton. Une colonie de portugais s’y établit il y a environ deux siecles, par une concession de l’empereur de la Chine, à qui la nation portugaise paie des tributs & des droits pour y jouir de leur établissement. On y compte environ trois mille portugais, presque tous métis. C’étoit autrefois une ville très-riche, très-peuplée, & capable de se défendre contre les gouverneurs des provinces de la Chine de son voisinage, mais elle est aujourd’hui entierement déchue de cette puissance. Quoiqu’habitée par des portugais & commandée par un gouverneur que le roi de Portugal nomme, elle est à la discrétion des Chinois, qui peuvent l’affamer & s’en rendre maîtres quand il leur plaira. Aussi le gouverneur portugais a grand soin de rien faire qui puisse choquer le moins du monde les Chinois. Longitude, selon Cassini, 130. 39′. 45″. lat. 22. 12. Long. selon les PP. Thomas & Noël, 130. 48′. 30″. lat. de même que Cassini. (D. J.)​
[ [ "multsrc" ], [ "22 12' N 130 39' 45\" E" ], [ "22 12' N 130 48' 30\" E" ] ]
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v9-2203-0
MACAREÆ
MACAREÆ, (Géogr. anc.)​ ville de l’Arcadie,​ dont Pausanias dit qu’on voyoit les ruines à deux stades du fleuve Alphée. (D. J.)​
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v9-2205-0
MACARESE
MACARESE, (Géog.)​ en italien macaresa, étang d’Italie dans l’état de l’Eglise, près de la côte de la mer. Cet étang peut avoir trois milles de longueur, & un mille dans l’endroit le plus large ; il est assez profond, fort poissonneux, & communique à la mer par un canal. On pourroit en faire un port utile, mais la chambre apostolique n’ose y toucher, de peur d’infecter l’air par l’ouverture des terres. (D. J.)​
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v9-2207-0
MACARIA
MACARIA, (Géog. anc.)​ nom commun, 1°. à une île du golfe Arabique, 2°. à une ville de l’île de Cypre, 3°. à une fontaine célebre près de Marathon, selon Pausanias, liv. I. ch. 32. (D. J.)​
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v9-2213-0
MACARON-NÉSOS
MACARON-NÉSOS, (Géog. anc.)​ en grec Μακάρων νῆσος ; c’étoit le nom de la citadelle de Thebes, en Béotie, & Thèbes même porta ce nom. (D. J.)​
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v9-2214-0
MACARSKA
MACARSKA, (Géog.)​ petite ville de Dalmatie, capitale de Primorgie, avec un évêché, suffragant de Spalatro. Elle est sur le golfe de Venise, à 8 lieues S. E. de Spalatro, & 9 N. E. de Narenta ; long. 35. 32. lat. 43. 42. (D. J.)​
[ [ "43 42' N 35 32' E" ] ]
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v9-2215-0
MACASSAR
MACASSAR, (Géog.)​ MACACAR ou MANCACAR ; royaume considérable des Indes dans l’île de Célebes, dont il occupe la plus grande partie, sous la Zone Torride. Les chaleurs y seroient insupportables sans les vents du nord, & les pluies abondantes qui y tombent quelques jours avant & après les pleines lunes, & pendant les deux mois que le soleil y passe. Le pays est extrèmement fertile en excellens fruits, mangues, oranges, melons d’eau, figues, qui y sont mûrs en tous les tems de l’année. Le ris y vient en abondance ; les cannes de sucre, le poivre, le bétel & l’arek s’y donnent presque pour rien ; on trouve dans les montagnes des carrieres de belles pierres, chose très-rare aux Indes, quelques mines d’or, de cuivre & d’étain. On y voit des oiseaux inconnus en Europe ; mais on s’y passeroit bien de la quantité des singes à queue & sans queue, qui y fourmillent. Le gouvernement y est monarchique & despotique, cependant la couronne y est héréditaire avec cette clause, que les freres succedent à l’exclusion des enfans. La religion y est celle de Mahomet, mêlée d’autres superstitions. Ils n’enmaillotent point les enfans, & se contentent après leur naissance, de les mettre nuds dans des paniers d’osier. Ils font consister la beauté, comme plusieurs autres peuples, dans l’applatissement du nez, qu’ils procurent artificiellement ; dans des ongles courts, & peints de différentes couleurs ainsi que les dents. Gervaise a publié la description de ce royaume, & l’on s’apperçoit bien qu’il l’a faite en partie d’imagination. C’est un roman que son histoire de l’établissement du mahométisme dans ce pays-là, & du hasard qui lui donna la préférence sur le christianisme. (D. J.)​
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v9-2215-1
Macassar
Macassar, (Géog.)​ grande ville de l’île de Célebes, capitale du royaume de Macassar, & la résidence ordinaire des rois. Les maisons y sont presque toutes de bois, & soutenues en l’air sur de grandes colonnes ; on y monte avec des échelles. Les​toits sont couverts de grandes feuilles d’arbres, que la pluie ne perce qu’à la longue. Macassar est située dans une plaine très-fertile, près l’embouchure de la grande riviere, qui traverse tout le royaume du Nord au Sud ; long. 135. 20. lat. mérid. 5. (D. J.)​
[ [ "5 S 135 20' E" ] ]
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v9-2216-0
MACATUTÆ
MACATUTÆ, (Géog. anc.)​ peuples d’Afrique dans la Pentapole, selon Ptolomée, liv. IV. ch. iv. (D. J.)​
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v9-2220-0
MACCLESFIELD
MACCLESFIELD, (Géog.)​ petite ville à marché d’Angleterre, avec titre de comté, en Cheshire, à 40 lieues N. O. de Londres. (D. J.)​
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v9-2221-0
MACCURÆ
MACCURÆ, (Géog. anc.)​ peuples de la Mauritanie Césarienne, suivant Ptolomée, liv. IV. c. ij. qui les place au pié des monts Garaphi. (D. J.)​
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v9-2222-1
Macédoine
Macédoine, (Géog. anc. & mod.)​ royaume entre la Grece & l’ancienne Thrace. Tite-Live, liv. XL. c. iij. dit qu’on la nomma premierement Pœonie, à cause sans doute des peuples Pœons qui habitoient vers Rhodope ; elle fut ensuite appellée Æmathie, & enfin Macédoine, d’un certain Macedo, dont l’origine & l’histoire sont fort obscures. Elle étoit bornée au midi par les montagnes de Thessalie, à l’orient par la Béotie & par la Pierie, au couchant par les Lyncestes, au septentrion par la Migdonie & par la Pélagonie : cependant ses limites n’ont pas toujours été les mêmes, & quelquefois la Macédoine est confondue avec la Thessalie. C’étoit un royaume héréditaire, mais si peu considérable dans les commencemens, que ses premiers rois ne dédaignoient pas de vivre sous la protection tantôt d’Athènes & tantôt de Thèbes. Il y avoit eu neuf rois de Macédoine avant Philippe, qui prétendoient descendre d’Hercule par Caranus, & être originaires d’Argos ; ensorte que comme tels, ils étoient admis parmi les autres Grecs aux jeux olympiques. Lorsque Philippe eut conquis une partie de la Thrace & de l’Illyrie, le royaume de Macédoine commença à devenir célebre dans l’histoire. Il s’étendit depuis la mer Adriatique jusqu’au fleuve Strymon, & pour dire plus, commanda dans la Grece ; enfin, il étoit réservé à Alexandre d’ajoûter à la Macédoine, non-seulement la Grece entiere, mais encore toute l’Asie, & une partie considérable de l’Afrique. Ainsi, par les mains de ce conquérant, s’éleva l’empire de Macédoine sous un tas immense de royaumes & de républiques grecques ; & le débris de leur gloire fit un nom singulier à des barbares qui avoient été long-tems tributaires des seuls Athéniens. Aujourd’hui la Macédoine est une province de la Turquie européenne qui a des limites extrèmement étroites. Elle est bornée au septentrion par la Servie, & par la Bulgarie, à l’orient par la romanie proprement dite, & par l’Archipel, au midi par la Livadie, & à l’occident par l’Albanie. Les Turcs appellent cette province Magdonia. Saloniki en est la capitale : c’étoit autrefois Pella où nâquirent Philippe & Alexandre. Mais la Macédoine a eu l’avantage d’être un des pays où S. Paul annonça l’évangile en personne. Il y fonda les églises de Thessalonique & de Philippe, & eut la consolation de les voir florissantes & nombreuses. (D. J.)​
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v9-2225-0
MACELLA, ou MACALLA
MACELLA, ou MACALLA. (Géog. anc.)​ Tite-Live & Polybe placent cette ville dans la Sicile. Barri en fait une ville de la Calabre, & prétend que c’est aujourd’hui Strongili à trois milles de la mer. (D. J.)​
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v9-2228-0
MACÉNITES
MACÉNITES, Macænitæ, (Géog. anc.)​ Μακανῖται dans Ptolomée, peuples de la Mauritanie Tingitane, sur le bord de la mer. Le mont Atlas étoit dans le Macénitide. (D. J.)​
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v9-2230-0
MACERATA
MACERATA, (Géog.)​ ville d’Italie dans l’état de l’Eglise, dans la marche d’Ancone, avec un évêché suffragant de Fermo, & une petite université. Elle est sur une montagne, proche de Chiento, à 5 lieues S. O. de Lorette, 8 S. O. d’Ancone. Long. 31. 12. lat. 43. 5. Macerata est la patrie de Lorenzo Abstemius, & d’Angelo Galucci, jésuites. Le premier se fit connoître en répandant dans ses fables des traits satyriques contre le clergé. Le second est auteur d’une histoire latine de la guerre des Pays-bas, depuis 1593 jusqu’à 1609. Cet ouvrage parut à Rome en 1671, in-folio, & en Allemagne en 1677, in-4°. (D. J.)​
[ [ "43 5' N 31 12' E" ] ]
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v9-2234-0
MACHAMALA
MACHAMALA, (Géog.)​ montagne d’Afrique dans le royaume de Serra-lione, près des îles de Bannanes. Voyez Dapper, description de l’Afrique.
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v9-2241-0
MACHÉCHOU, ou MACHÉCOL
MACHÉCHOU, ou MACHÉCOL, (Géog.)​ petite ville de France en Bretagne, diocèse & recette de Nantes, chef-lieu du duché de Retz, sur la petite riviere de Tenu, à 8 lieues de Nantes. Long. 15. 48. lat. 47. 2. (D. J.)​
[ [ "47 2' N 15 48' E" ] ]
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v9-225-0
KAPOSWAR
KAPOSWAR, (Géogr.)​ forteresse de la basse-Hongrie, ainsi nommée de la riviere de Kapos, qui l’arrose à 12 lieues de Tolna. Long. 36. 38. latit. 46. 28. (D. J.)​
[ [ "46 28' N 36 38' E" ] ]
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v9-2251-0
MACHIAN
MACHIAN, (Géog.)​ l’une des îles Moluques, dans l’Océan oriental : elle a environ 7 lieues de tour. Long. 144. 50. lat. 16. (D. J.)​
[ [ "16 N 144 50' E" ] ]
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v9-2255-0
MACHICORE
MACHICORE, (Géog.)​ grand pays de l’île de Madagascar : sa longueur peut avoir, selon Flacourt, 70 lieues de l’est à l’ouest, & autant du nord au sud ; il a environ 50 lieues de large ; mais tout ce pays des Machicores a été ruiné par les guerres, sans qu’on l’ait cultivé depuis. Les habitans vivent dans les bois, & se nourrissent de racines, & des bœufs sauvages qu’ils peuvent attraper. (D. J.)​
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v9-2263-0
MACHLYES
MACHLYES, (Géog. anc.)​ en grec Μάχλυες, ancien peuple d’Afrique aux environs des Syrtes, & dans le voisinage des Lotophages, selon Hérodote. (D. J.)​
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v9-2266-0
MACHRONTICHOS
MACHRONTICHOS, (Géogr. anc.)​ c’est-à-dire longue muraille ; aussi ce mot désigne les grandes murailles qui joignoient la ville d’Athènes au Pirée ; ce fut par la même raison, qu’on nomma du nom de machrontichos, la grande muraille de la Thrace, bâtie par Justinien, avec des moles aux deux bouts, une galerie voûtée, & une garnison pour garantir l’isthme des incursions des ennemis.
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v9-2267-0
MACHROPOGONES
MACHROPOGONES, (Géogr. anc.)​ peuples de la Sarmatie asiatique, aux environs du Pont-Euxin, ainsi nommés parce qu’ils laissoient croître leur barbe. (D. J.)​
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v9-2273-0
MACOCO
MACOCO, (Géog.)​ voyez Ansico ; c’est le même nom d’une grande contrée d’Afrique, au nord de la riviere de Zaire. Son roi s’appelle le grand Macoco, & les habitans Mouzoles : Dapper nous les donne pour antropophages, décrit leur pays & leurs boucheries publiques d’hommes, comme s’il les eût vûes.
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v9-2274-0
MACODAMA
MACODAMA, (Géog. anc.)​ ville maritime de l’Afrique propre, sur la petite Syrte, l. IV. c. iij. c’est peut-être aujourd’hui la bourgade de Mahomette.
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v9-2275-0
MACOLICUM
MACOLICUM, (Géog.)​ ville de l’Hibernie dans les terres, selon Ptolomée, l. II. c. ij. Est-ce Malek de nos cartes modernes ? nous n’en savons rien.
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v9-2276-0
MACON
MACON, (Géog.)​ ancienne ville de France en Bourgogne, capitale du Mâconnois, avec un évê-​ché suffragant de Lyon. César en parle dans ses commentaires, l. VII. & l’appelle Matisco. Les tables de Peutinger en parlent aussi ; mais Strabon & Ptolomée n’en disent rien. Il y a cinq à six cens ans, que par une transposition assez ordinaire, on changea Matisco en Mastico ; & c’est de-là, qu’est venue la vicieuse orthographe qui écrit Mascon. Cette ville appartenoit anciennement aux Eduéens, Ædui ; on ne sait pas précisément le tems où elle en a été séparée ; mais elle étoit érigée en cité, lorsque les Bourguignons s’en rendirent les maîtres. L’évêché de Mâcon vaut environ vingt mille livres de rente, & n’est composé que de deux cens paroisses. On ignore le tems de cet établissement ; on sait seulement que le premier de ses évêques, dont on trouve le nom, est Placidus, qui assista au troisieme concile d’Orléans. Cette petite ville où l’on ne compte qu’environ huit mille ames, se sentit cruellement des desordres que les guerres sacrées causerent en France dans le xvj. siecle ; siecle abominable, auprès duquel la génération présente, toute éloignée de la vertu qu’elle est, peut passer pour un siecle d’or, au-moins par son esprit de tolérance en matiere de religion ! Il n’est pas possible d’abolir la mémoire des jours d’aveuglement, de sang, & de rage, qui nous ont précédés. Quelque fâcheux qu’en soit le récit pour l’honneur du nom françois & du nom chrétien, les seules sauteries de Mâcon, exécutées par Saint-Point, sont mieux immortalisées, que celles que Tibere mit en usage dans l’île de Caprée, quoiqu’un célebre historien, traduit dans toutes les langues, & cent fois imprimé, les ait insérées dans la vie de cet empereur odieux. Mâcon est situé sur le penchant d’un côteau, proche de la Sône, à quatre lieues S. de Tournus, quatre E. de Cluny, 15 N. de Lyon, 90 S. de Paris. Long. 22. 23. lat. 46. 20. (D. J.)​
[ [ "46 20' N 22 23' E" ] ]
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v9-2280-0
MACONNOIS
MACONNOIS, (Géog.)​ pays de France en Bourgogne, que Louis XI. conquit & réunit à la couronne en 1476 : il est situé entre le Beaujolois & le Châlonnois, & est séparé vers l’orient de la Bresse par la riviere de Sône. On sait qu’il est fertile en bons vins, & qu’il a ses états particuliers, dont Piganiol de la Force vous instruira. J’ajoute seulement que Mrs du Ryer & S. Julien, connus par leurs ouvrages, sont de cette province,​& que Guichenon & Sénécé ont eu Mâcon pour patrie. André du Ryer, sieur de Malézair, différent de Pierre du Ryer, l’un des quarante de l’Académie françoise, apprit, pendant son long séjour à Constantinople & en Egypte, les langues turque & arabe ; ce qui nous a valu non seulement sa traduction de l’alcoran dont je ne ferai point l’éloge, mais celle du Gulistan, ou de l’empire des Roses de Saadi, que j’aime beaucoup. M. de S. Julien, surnommé de Balleure, premier chanoine séculier de Mâcon en 1557, mort en 1593, étudia beaucoup l’histoire particuliere de son pays ; ses mélanges historiques & ses antiquités de Tournus sont pleines de recherches utiles. Guichenon (Samuel) s’est fait honneur par son histoire de Bresse & du Bugey, en 3 vol. in-folio, auxquels il faut joindre son recueil des actes & des titres de cette province. Il fut comblé de biens par le duc de Savoie, pour récompense de son histoire généalogique de la maison de ce prince, en 2 vol. in-fol. Il mourut en 1604, à 57 ans. Sénécé (Antoine Bauderon), né à Mâcon en 1643, mort en 1737, poëte d’une imagination singuliere, a mis des beautés neuves dans ses travaux d’Apollon. Ses mémoires sur le cardinal de Retz amusent sans intéresser. Son conte de Kaïmac, au jugement de M. de Voltaire, est, à quelques endroits près, un ouvrage distingué. Je crois l’épithete trop forte. Quoi qu’il en soit, Sénécé conserva jusqu’à la fin de ses jours une gaieté pure, qu’il appelloit avec raison le baume de la vie. (D. J.)​
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v9-2282-0
MACORIS
MACORIS, (Géog.)​ riviere poissonneuse & navigable de l’île Hispaniola, qui se décharge dans la mer à la côte du sud, à environ 7 lieues de san Domingo. (D. J.)​
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v9-2285-0
MACPHÉLA
MACPHÉLA, (Géog. sacrée.)​ c’est le lieu Cham, dont il est parlé dans la Genese, chap. xvij. vers. 23. & qu’on traduit ordinairement par caverne Macphéla. On pourroit traduire la caverne fermée. En arabe Macphéla signifie fermé, muré. La caverne Macphéla, achetée par Abraham pour y enterrer Sara sa femme, étoit apparemment son tombeau creusé dans le roc, & fermé exactement ou muré,​ de peur qu’on n’y entrât. On voit encore dans l’Orient des tombeaux fermés & murés. (D. J.)​
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v9-2287-0
MACRA
MACRA, (Géog. anc.)​ c’est 1°. une riviere d’Italie, aujourd’hui le Magra, qui séparoit l’Etrurie de la Ligurie. 2°. Une île du Pont-Euxin, dans le golfe de Carcine, selon Pline, l. IV. c. xiij. 3°. Une ville de Macédoine, aussi nommée Orthagoria, & plus anciennement Stagira. Voyez Stagira. (D. J.)​
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v9-2289-0
MACRÉNI
MACRÉNI, (Géog. anc.)​ peuple de l’île de Corse, dans la partie septentrionale, selon Ptolomée, l. III. c. ij.
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v9-2291-0
MACRI
MACRI, (Géog.)​ village de la Turquie en Europe, dans la Romanie, sur le détroit des Dardanelles, auprès de Rodosto. C’étoit anciennement une ville, appellée Machronteichos, parce qu’elle étoit à l’extrémité de la longue muraille, bâtie par les empereurs de Constantinople, depuis la Propontide jusqu’à la mer Noire, afin de garantir la capitale des insultes des Barbares qui venoient souvent jusqu’aux portes. Mais que servent des murailles aux états qui tombent en ruine ?
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v9-2292-0
MACRIS
MACRIS, (Géog. anc.)​ nom commun 1°. à une île de la mer de Pamphylie ; 2°. à une île de la mer de Rhodes ; 3°. à une île de la mer Ionienne. (D. J.)​
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v9-2294-0
MACROCÉPHALI
MACROCÉPHALI, (Géog. anc.)​ peuples d’Asie, voisins de la Colchide ; ils étoient ainsi nommés à cause de la longueur de leur tête. (D. J.)​
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v9-2297-0
MACRONES
MACRONES, (Géog. anc.)​ peuples du Pont sur les bords du fleuve Absarus & dans le voisinage du fleuve Sydenus, selon Pline l. VI. c. iv. (D. J.)​
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v9-2298-0
MACRONISI
MACRONISI, (Géog.)​ île de Grece dans l’Archipel ; elle est abandonnée, mais fameuse, & de plus admirable pour herboriser. Pline prétend qu’elle avoit été séparée de l’île Eubée par les violentes secousses de la mer. Elle n’a pas plus de trois milles de large, sur sept ou huit de longueur : ce qui lui a valu le nom de Macris ou d’île longue. Les Italiens l’appellent encore isola longa. Strabon assure qu’elle se nommoit autrefois Crané, raboteuse & rude, mais qu’elle reçut le nom d’Helene après que Pâris y eut conduit cette belle lacédémonienne qu’il venoit d’enlever. Cette île selon M. de Tournefort est encore dans le même état que Strabon l’a décrite, c’est-à-dire que c’est un rocher sans habitans ; & suivant les apparences, ajoûte notre illustre voyageur, la belle Hélene n’y fut pas trop bien logée ; mais elle étoit avec son amant, & n’avoit pas reçu l’éducation délicate d’une sybarite. Macronisi n’a présentement qu’une mauvaise cale dont l’entrée regarde l’est. M. de Tournefort coucha dans une caverne près de cette cale, & eut belle peur pendant la nuit, des cris épouvantables de quelques veaux marins qui s’étoient retirés dans une caverne voisine pour y faire l’amour à leur aise. (D. J.)​
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v9-23-0
JUDOIGNE
JUDOIGNE, (Géog.)​ Judonia, en flamand Geldenaken, petite ville des Pays-bas dans le Brabant, au quartier de Louvain, sur la Gete à 2 lieues de Tillemont, 4 de Gemblours, 5 de Louvain. Long. 22. 30. lat. 50. 43. (D. J.)​
[ [ "50 43' N 22 30' E" ] ]
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v9-2300-0
MACROPOGONES
MACROPOGONES, (Géog. anc.)​ comme qui diroit longues barbes ; peuples de la Sarmatie asiatique, aux environs du pont Euxin, selon Strabon liv. XI. pag. 492. (D. J.)​
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v9-2306-0
MACTORIUM
MACTORIUM, (Géog. anc.)​ ville ancienne de Sicile, au-dessus de celle de Gela. Il est fort douteux que ce soit la petite ville de Mazarino. (D. J.)​
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v9-231-0
KARAHISAR
KARAHISAR, (Géog.)​ ville détruite de la Natolie, qui est, selon Paul Lucas, dans son voyage de l’Asie mineure, l’ancienne capitale de la Cappadoce. L’on y voit par tout, ajoute-t-il, des ruines de temples, de palais, où les colomnes, les pié-destaux, les corniches, les pieces de marbre avoient été prodiguées. (D. J.)​
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v9-2311-0
MACYNIA
MACYNIA, (Géograp. anc.)​ ville de l’Etolie, selon Strabon & solon Pline. Macynium est une montagne de la même contrée.
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v9-2312-0
MACZARAT ou MACSARAT
MACZARAT ou MACSARAT, (Géog.)​ nom des cases ou habitations des negres dans l’intérieur de l’Afrique sur le Niger ou Nil occidental. C’est une maison grande, spacieuse & forte, à la maniere du pays, où les negres se retirent par se garantir des incursions de leurs ennemis.
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v9-2313-0
MADAGASCAR
MADAGASCAR, (Géogr.)​ île immense sur les côtes orientales d’Afrique. Sa longit. selon Harris, commence à 62d1′15″. Sa latit. méridionale tient depuis 12d12′ jusqu’à 25d10′, ce qui fait 336 lieues françoises de longueur. Elle a 120 lieues dans sa plus grande largeur, & elle est située nord-nord-est & sud-sud-ouest. Sa pointe au sud s’élargit vers le cap de Bonne-Espérance ; mais celle du nord, beaucoup plus étroite, se courbe vers la mer des Indes. Son circuit peut aller à 800 lieues, en sorte que c’est la plus grande île des mers que nous connoissions. Elle a été visitée de tous les peuples de l’Europe qui navigent au-delà de la ligne, & particulierement des Portugais, des Anglois, des Hollandois, & des François. Les premiers l’appellerent l’île de Saint-Laurent, parce qu’ils la découvrirent le jour de la fête de ce saint en 1492. Les autres nations l’ont nommée Madagascar, nom peu différent de celui des natuels du pays, qui l’appellent Madécasse. Les anciens Géographes l’ont aussi connue, quoique plus imparfaitement que nous. La Cerné de Pline est la Menuthias de Ptolomée, qu’il place au 12d30′ de latit. sud, à l’orient d’été du cap Prassum. C’est aussi la situation que nos cartes donnent à la pointe septentrionale de Madagascar. D’ailleurs, la description que l’auteur du Périple fait de sa Ménuthias, convient fort à Madagascar. Les François ont eu à Madagascar plusieurs habitations, qu’ils ont été obligés d’abandonner. Flacourt nous a fait l’histoire naturelle de cette île qu’il n’a jamais pû connoître, & Rennefort en a forgé le roman. Tout ce que nous en savons, se réduit à juger qu’elle se divise en plusieurs provinces & régions, gouvernées par diverses nations, qui sont de différentes couleurs, de différentes mœurs, & toutes plongées dans l’idolatrie ou dans les superstitions du mahométisme. Cette île n’est point peuplée à proportion de son étendue. Tous les habitans sont noirs, à un petit nombre près, descendans des Arabes qui s’emparerent d’une partie de ce pays au commencement du quinzieme siecle. Les hommes y éprouvent toutes les influences du climat ; l’amour de la paresse & de la sensualité. Les femmes qui s’abandonnent publiquement, n’en sont point deshonorées. Les gens du peuple vont presque tout nuds ; les plus riches n’ont que des caleçons ou des jupons de soie. Ils n’ont​aucunes commodités dans leurs maisons, couchent sur des nattes, se nourrissent de lait, de riz, de racines & de viande presque crue. Ils ne mangent point de pain qu’ils ne connoissent pas, & boivent du vin de miel. Leurs richesses consistent en troupeaux & en pâturages, car cette île est arrosée de cent rivieres qui la fertilisent. La quantité de bétail qu’elle produit est prodigieuse. Leurs moutons ont une queue qui traîne de demi-pié par terre. La mer, les rivieres & les étangs fourmillent de poisson. On voit à Madagascar presque tous les animaux que nous avons en Europe, & un grand nombre qui nous sont inconnus. On y cueille des citrons, des oranges, des grenades, des ananas admirables ; le miel y est en abondance, ainsi que la gomme de tacamahaca, l’encens & le benjoin. On y trouve du talc, des mines de charbon, de salpètre, de fer ; des minéraux de pierreries, comme crystaux, topases, améthystes, grenats, girasoles & aigues-marines. Enfin, on n’a point encore assez pénétré dans ce vaste pays, ni fait des tentatives suffisantes pour le connoître & pour le décrire.
[ [ "12 12' S 62 1' 15\" E", "25 10' S 62 1' 15\" E" ] ]
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v9-2314-0
MADAIN
MADAIN, (Géog.)​ ville d’Asie en Perse, dans l’Iraque babylonienne en Chaldée, sur le Tygre, à 9 lieues de Bagdat, avec un palais bâti par Khosroès surnommé Nurshivan. Les tables arabiques donnent à Madain 79 degrés de long. & 33. 10. de latit. septentrionale.
[ [ "33 10' N 79 E" ] ]
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v9-2317-0
MADASUMMA
MADASUMMA, (Géog.)​ ville de l’Afrique propre, à 18 milles pas de Suses. Dans la notice épiscopale d’Afrique, on trouve entre les évêques de la Byzacène le siege de Madasumma, qui étoit alors vacant.
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v9-2318-0
MADAURE
MADAURE, (Géogr. anc.)​ en latin Madaura & Medaura, ancienne ville d’Afrique proprement dite, ou de la Numidie ; elle n’étoit pas éloignée de Tagaste, patrie de S. Augustin : cette ville avoit anciennement appartenu à Siphax. Les Romains la donnerent ensuite à Masinisse, & avec le tems elle devint une colonie très-florissante, parce que des soldats vétérans s’y établirent. Personne n’ignore que c’étoit la patrie d’Apulée, célebre philosophe qui vivoit l’an 160 de J. C. sous Antonin & Marc-Aurele. Ses ouvrages ont été publiés à Paris en 1688, en 2 vol. in-4°. & c’est, je crois, la meilleure édition qu’on en cite. J’ajoute que Martianus-Mineus-Felix-Capella étoit aussi de Madaure ; il fleurissoit à Rome au milieu du cinquieme siecle, sous Léon de Thrace. Il est fort connu par son ouvrage de littérature, moitié vers, moitié prose, intitulé de Nuptiis Philologiæ & Mercurii. Grotius en a donné la bonne édition, réimprimée à Leyde, Lugd. Batav. 1734, in-8°. (D. J.)​​
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v9-2320-0
MADELEINE, riviere de la
MADELEINE, riviere de la, (Géog.)​ Il y a plusieurs grandes rivieres de ce nom. 1°. Celle de la Guadeloupe en Amérique. 2°. Celle de la Louisiane, qui se dégorge dans le golfe du Mexique, après un cours de 60 lieues dans de belles prairies. 3°. La Madeleine est encore une grande riviere de l’Amérique septentrionale, qui prend sa source dans le nouveau royaume de Grenade, s’appelle ensuite Rio-grande, & se jette dans la mer du nord. (D. J.)​
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v9-2321-0
MADERE, ou MADERA
MADERE, ou MADERA, (Géog.) île de l'Océan atlantique, située à environ 13 lieues de Portosanto, à 60 des Canaries entr'elles & le détroit de Gibraltar, par les 32 degrés 27 minutes de latitude septentrionale, & à 18 de longitude, à l'ouest du méridien de Londres. Elle fut découverte en 1420 par Juan Gonzalès & Tristan Vaz, Portugais. Ils la nommerent Madeira, c'est-à-dire bois ou forêt, parce qu'elle étoit hérissée de bois lorsqu'ils la découvrirent. On dit même qu'ils mirent le feu à une de ces forêts pour leurs besoins ; que ce feu s'étendit beaucoup plus qu'ils n'avoient prétendu, & que les cendres qui resterent après l'incendie, rendirent la terre si fertile, qu'elle produisit dans les commencemens soixante pour un ; de sorte que les vignes qu'on y planta, donnoient plus de grapes que de feuilles. Madere a, suivant Sanut, 6 lieues de largeur, 15 de longueur de l'orient à l'occident, & environ 40 de circuit. Elle forme comme une longue montagne qui court de l'est à l'ouest sous un climat des plus agréables & des plus tempérés. La partie méridionale est la plus cultivée, & on y respire toujours un air pur & serein. Cette île fut divisée par les Portugais en quatre quartiers, dont le plus considérable est celui de Funchal. On comptoit déja dans Madere en 1625 jusqu'à quatre mille maisons, & ce nombre a beaucoup augmenté. Elle est arrosée par sept ou huit rivieres & plusieurs ruisseaux qui descendent des montagnes. La grande richesse du lieu sont les vignobles qui donnent un vin exquis ; le plan en a été apporté de Candie. On recueille environ 28 mille pieces de vin de Madere de différentes qualités ; on en boit le quart dans le pays ; le reste se transporte ailleurs, sur-tout aux Indes occidentales & aux Barbades. Un des meilleurs vignobles de l'ile appartient aux jésuites, qui en tirent un révenu considérable. Tous les fruits de l'Europe réussissent merveilleusement à Madere. Les citrons en particulier, dont on fait d'excellentes confitures, y croissent en abondance ; mais les habitans font encore plus de cas des bananes. Cette île abonde aussi en sangliers, en animaux domestiques, & en toutes sortes de gibier. Elle retire du blé des Açores, parce qu'elle n'en recueille pas assez pour la nourriture des insulaires. Ils sont bigots, superstitieux au point de refuser la sépulture à ceux qu'ils nomment hérétiques ; en même tems ils sont très-débauchés, d'une lubricité effrénée, jaloux à l'excès, punissant le moindre soupçon de l'assassinat, pour lequel ils trouvent un asyle assuré dans les églises. Ce contraste de dévotion & de vices prouve que les préjugés ont la force de concilier dans l'esprit des hommes les oppositions les plus étranges ; ils les dominent au point, qu'il est rare d'en triompher, & souvent dangereux de les combattre.
[ [ "32 27' N 18 W" ] ]
[ "Londres" ]
v9-2321-1
Madere la
Madere la, (Géog.)​ ou rio da Madeira, c’est-à-dire riviere du Bois, ainsi nommée par les Portugais : peut-être à cause de la quantité d’arbres déracinés qu’elle charrie dans le tems de ses débordemens ; c’est une vaste riviere de l’Amérique méridionale, & l’une des plus grandes du monde. On lui donne un cours de six à sept cens lieues, & sa grande embouchure dans le fleuve des Amazones. Il seroit long & inutile d’indiquer les principales nations qu’elle arrose, c’est assez pour présenter une idée de l’étendue de son cours, de dire que les Portugais qui la fréquentent beaucoup, l’ont remontée en 1741, jusqu’aux environs de Santa-Crux de la Sierra, ville épiscopale du haut Pérou, située par 17. de latitude australe. Cette riviere porte le nom de Marmora dans sa partie supérieure, où sont les missions des Moxes ; mais parmi les différentes sources qui la forment, la plus éloignée est voisine du Potosi. (D. J.)​
[ [ "17 S" ] ]
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v9-2321-2
Madere
Madere, (Géog.)​ vaste riviere de l’Amérique méridionale, elle est autrement nommée riviere de la Plata, & les Indiens l’appellent Cuyati. (D. J.)​
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v9-2322-0
MADIA val
MADIA val, (Géog.)​ ou MAGIA, & par les Allemands Meynthal, pays de la Suisse, aux confins du Milanès ; c’est le quatrieme & dernier bailliage des douze cantons en Lombardie. Ce n’est qu’une longue vallée étroite, serrée entre de hautes montagnes, & arrosée dans toute sa longueur par une riviere qui lui donne son nom. Le principal endroit de ce bailliage, est la ville ou bourg de Magia. Les baillis qui y sont envoyés tous les deux ans par les cantons, y ont une autorité absolue pour le civil & pour le criminel. Lat. du bourg de Magia, 45. 56. (D. J.)​
[ [ "45 56' N" ] ]
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v9-2323-0
MADIA
MADIA, (Géog.)​ autrement MAGIA, & par les Allemands Meyn, riviere de Suisse, au bailliage de Locarno en Italie. Elle a sa source au mont Saint-Gothard, & baigne la vallée, qui en prend le nom de Val-Madia. (D. J.)​
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v9-2325-0
MADIAN
MADIAN, (Géog. sac.)​ pays d’Asie, dans le voisinage de la Palestine, à l’orient de la mer Morte. Madian étoit encore un pays d’Asie dans l’Arabie. à l’orient de la mer Rouge. Il est beaucoup parlé dans l’Ecriture, des Madianites de la mer Morte & de la mer Rouge. Madian étoit la capitale du pays de ce nom, sur la mer Morte, & Madiena du pays sur la mer Rouge. (D. J.)​
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v9-2326-0
MADIANITES les
MADIANITES les, (Géog. sacrée.)​ Madianitæ, peuples d’Arabie, où ils habitoient deux pays très différens, l’un sur la mer Morte, l’autre sur la mer Rouge, vers la pointe qui sépare les deux golfes de cette mer. Chacun de ces peuples avoit pour capitale, & peut-être pour unique place, une ville du nom de Madian. Josephe nomme Madiéné, Masin’un, celle de la mer Rouge. (D. J.)​
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v9-2328-0
MADONIA
MADONIA, (Géog.)​ Madoniæ montes, anciennement Néebrodes, montagnes de Sicile. Elles sont dans la vallée de Démona, & s’étendent au long entre Traina à l’orient, & Termine à l’occident. (D. J.)​
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v9-2329-0
MADRA
MADRA, (Géog.)​ royaume d’Afrique, dans la Nigritie. Sa capitale est à 45. 10. de long. & à 11. 20. de latitude. (D. J.)​
[ [ "11 20' N 45 10' E" ] ]
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v9-233-0
KARASERA
KARASERA, (Géog.)​ grande ville d’Asie, dont on ne voit plus que les ruines, dans la Mésopotamie, sur la route d’Ours à Mossul. Tavernier fait un détail des ruines de cette ville dans son voyage de Perse, liv. II. chap. iv. (D. J.)​
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v9-2332-0
MADRAS, ou MADRASPATAN
MADRAS, ou MADRASPATAN, (Géographie.)​ grande ville des Indes orientales, sur la côte de Coromandel, avec un fort, nommé le fort Saint-Georges. Elle appartient aux Anglois, & est pour la compagnie d’Angleterre, ce que Pondichéry est pour celle de France. On doit la regarder comme la métropole des établissemens de la nation angloise en orient, au-delà de la côte de la Pescherie. Cette ville s’est considérablement augmentée depuis la ruine de Saint-Thomé, des débris de laquelle elle s’est accrue. On y compte 80 à 100 mille ames. Les impôts que la compagnie d’Angleterre y levoit avant la guerre de 1745, montoient à 50000 pagodes ; la pagode vaut environ 8 shellings, ou 8 livres 10 sols de notre argent. M. de la Bourdonnaye se rendit maître de Madras en 1746, & en tira une rançon de 5 à 6 millions de France. C’est ce même homme, qu’on traita depuis en criminel, & qui après avoir langui plus de trois ans à la Bastille, eut l’avantage de trouver dans M. de Gennes, célebre avocat, un zélé défenseur de sa conduite ; de sorte qu’il fut déclaré innocent par la commission que le roi nomma pour le juger. Madras est situé au bord de la mer, dans un terrein très-fertile, à une lieue de Saint-Thomé, 25 de Pondichery. Long. 98. 8. lat. selon le P. Munnaos, 13. 20. (D. J.)​
[ [ "13 20' N 98 8' E" ] ]
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v9-2333-0
MADRE le
MADRE le, (Géog.)​ riviere de Turquie en Asie, dans la Natolie ; elle n’est pas large, mais assez profonde : c’est le Méandre des anciens, mot qu’il faut toujours employer dans la traduction de leurs ouvrages, tandis que dans les relations modernes il convient de dire le Madre. (D. J.)​
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v9-2336-0
MADRID
MADRID, (Géogr.)​ ville d’Espagne dans la nouvelle Castille, & la résidence ordinaire des rois. On croit communément que c’est la Mantua Carpetanorum des anciens, ou plutôt qu’elle s’est formée des ruines de villæ-Manta. En 1085, sous le regne d’Alphonse VI. après la capitulation de Tolède, qu’occupoient les Mahométans, toute la Castille neuve se rendit à Rodrigue, surnommé le Cid, le même qui épousa depuis Chimene, dont il avoit tué le pere. Alors Madrid, petite place qui devoit un jour être la capitale de l’Espagne, tomba pour la premiere fois au pouvoir des Chrétiens. Cette bourgade fut ensuite donnée en propre aux archevêques de Tolède, mais depuis Charles V. les rois d’Espagne l’ayant choisie pour y tenir leur cour, elle est devenue la premiere ville de cette vaste monarchie. Elle est grande, peuplée, ornée du palais du roi, de places, d’autres édifices publics, de quantité d’églises, & d’une académie fondée par Philippe IV. mais les rues y sont mal propres & très-mal pavées. On y voit plusieurs maisons sans vitres, parce que c’est la coutume que les locataires font mettre le vitrage à leurs dépens, & lorsqu’ils délogent, ils ont soin de l’emporter ; le locataire qui succede s’en passe, s’il n’est pas assez riche pour remettre des vitres. Un autre usage singulier, c’est que dans la bâtisse des maisons, le premier étage qu’on éleve appartient au roi, duquel le propriétaire l’achete ordinairement. C’est une sorte d’impôt très-bisarre, & très-mal imaginé. Philippe IV. a fondé dans cette capitale une maison pour les enfans trouvés ; on peut prendre des administrateurs un certificat qui coute deux patagons ; ce certificat sert pour retirer l’enfant quand on veut. Tous ces enfans sont censés bourgeois de Madrid, & même ils sont réputés à certains égards gentilshommes, c’est-à-dire qu’ils peuvent entrer​ dans un ordre de chevalerie, qu’on appelle habito. Madrid jouit d’un air très-pur, très-subtil, & froid dans certains tems, à cause du voisinage des montagnes. Elle est située dans un terrain fertile, sur une hauteur, bordée de collines d’un côté, à six lieues S. O. d’Alcala, sept de l’Escurial, neuf de Puerto de Guadaréma, cent six N. E. de Lisbonne, environ deux cens de Paris, & trois cens de Rome. Long. selon Cassini, 13d. 45′. 45″. lat. 40. 26. (D. J.)​
[ [ "40 26' N 13 45' 45\" E" ] ]
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v9-2338-1
Madrigal
Madrigal, (Géogr.)​ Madrigala, petite ville d’Espagne dans la vieille Castille, abondante en blé & en excellent vin, à quatre lieues de Medina-del-Campo. Long. 13. 36. lat. 41. 25. Madrigal est célebre en Espagne par la naissance d’Alphonse Tostat, évêque d’Avila, qui fleurissoit dans le quinzieme siecle ; il mourut en 1454 à l’âge de quarante ans, & cependant il avoit déja composé des commentaires sur l’Ecriture-sainte, qui ont vû le jour en vingt sept tomes in-folio. Il est vrai aussi qu’on ne les lit plus, & qu’on songe encore moins à les réimprimer. (D. J.)​
[ [ "41 25' N 13 36' E" ] ]
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v9-2340-0
MADROGAN, ou BANAMALAPA
MADROGAN, ou BANAMALAPA, (Géogr.)​ grande ville d’Afrique, capitale du Monomotapa, à vingt milles de Sofala. L’empereur y réside dans un grand palais bâti de bois ou de torchis, & se fait servir à genoux, dit Daper ; en ce cas, il n’a pas choisi la meilleure posture pour être servi commodément. Long. 47. 15. lat. mérid. 18.
[ [ "18 S 47 15' E" ] ]
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v9-2341-0
MADURE, ou MADURA
MADURE, ou MADURA, (Géogr.)​ île de la mer des Indes, entre celles de Java & de Borneo. Elle est très-fertile en ris, & inaccessible aux grands bâtimens, à cause des fonds dont elle est environnée ; ses habitans ont à peu près les mêmes mœurs que ceux de Java.
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v9-2342-0
MADURÉ
MADURÉ, (Géogr.)​ royaume des Indes orientales, au milieu des terres, dans la grande péninsule qui est en-deçà du Gange ; ce royaume est aussi grand que le Portugal ; il est gouverné par soixante-dix vicerois, qui sont absolus dans leurs districts, en payant seulement une taxe au roi de Maduré. Comme les missionnaires ont établi plusieurs missions dans cette contrée, on peut lire la description qu’ils en ont faite dans les lettres édifiantes. Je dirai seulement que c’est le pays du monde où l’on voit peut-être le plus de malheureux, dont l’indigence est telle, qu’ils sont contraints de vendre leurs enfans, & de se vendre eux-mêmes pour pouvoir subsister. Tout le peuple y est partagé en castes, c’est-à-dire en classes de personnes qui sont de même rang, & qui ont leurs usages & leurs coutumes particulieres. Les femmes y sont les esclaves de leurs maris. Le millet & le ris sont la nourriture ordinaire des habitans, & l’eau pure fait leur boisson.
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v9-2342-1
Maduré
Maduré, (Géogr.)​ ville fortifiée des Indes orientales, qui étoit la capitale du pays de même nom. Le pagode où on tient l’idole que les habitans adorent, est au milieu de la forteresse ; mais cette ville a perdu toute sa splendeur depuis que les Massuriens se sont emparés du royaume, & qu’ils ont transporté leur cour à Trichirapali. Long. de Maduré est 98. 32. lat. 10. 20.​
[ [ "10 20' N 98 32' E" ] ]
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v9-2343-0
MADUS
MADUS, (Géogr. anc.)​ ancienne ville de l’île de la grande Bretagne, que Cambden explique par Maidstown.
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v9-2344-0
MÆATÆ
MÆATÆ, (Géogr. anc.)​ anciens peuples de l’île de la grande Bretagne ; ils étoient auprès du mur qui coupoit l’île en deux parties. Cambden ne doute point que ce soit le Nortumberland.
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v9-2345-0
MÆDI
MÆDI, (Géog.)​ peuple de Thrace aux frontieres de la Macédoine. Tite Live, liv. XXVI. ch. xxv, nomme le pays Mædica, la Médique, dont la capitale étoit selon lui, Jamphorina. Pline, liv. IV. c. xj. les met au bord du Strimon, au voisinage des Denseltes. Il faut bien les distinguer des Medi, les Medes, nation d’Asie.
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v9-2346-0
MAELSTROM
MAELSTROM, (Géogr.)​ espece de goufre de l’Océan septentrional sur la côte de Norwege ; quelques-uns le nomment en latin umbilicus maris. Il est entre la petite île de Wéro au midi, & la partie méridionale de l’île de Loffouren au nord, par les 68, 10 à 15 minutes de latitude, & le 28e degré de longitude. Ce goufre, que plusieurs voyageurs nous peignent de couleurs les plus effrayantes, n’est qu’un courant de mer, qui fait grand bruit en montant tous les jours durant six heures, après lesquelles il est plus calme pendant le même espace de tems ; tant que ce calme dure, les petites barques peuvent aller d’une île à l’autre sans danger. Le bruit que fait ce courant est vraissemblablement causé par de petites îles ou rochers, qui repoussent les vagues tantôt au septentrion, tantôt au midi ; de maniere que ces vagues paroissent tourner en rond. (D. J.)​
[ [ "68 10' N 28 E", "68 15' N 28 E" ] ]
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v9-2350-0
MÆNALUS
MÆNALUS, (Géog. anc.)​ montagne du Péloponnèse dans l’Arcadie, dont Pline, Strabon & Virgile font mention. Cette montagne avoit plusieurs bourgs, & leurs habitans furent rassemblés dans la ville de Mégalopolis. Entre ces bourgs, il y en avoit un nommé Mænalum oppidum, mais on n’en voyoit plus que les ruines du tems de Pausanias. (D. J.)​
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v9-2351-0
MAENOBA
MAENOBA, (Géog. anc.)​ ou MANOBA, ancienne ville d’Espagne dans la Bétique, avec une riviere du même nom, selon Pline, l. III. c. j. & Strabon, l. III. c. xliij. le P. Hardouin dit, que cette riviere s’appelle présentement Rio-Frio, & la ville Torres, au royaume de Grenade. (D. J.)​
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v9-2352-0
MÆONIA
MÆONIA, (Géog. anc.)​ ville de l’Asie mineure dans la province de Méonie, avec laquelle il ne faut pas la confondre ; la ville étoit située, selon Pline, au pié du Tmolus, du côté opposé à celui où Sardes étoit. Les Mæonii sont les habitans de la Lydie. (D. J.)​
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v9-2354-0
MAESECK
MAESECK, (Géog.)​ Masacum, ville de l’évêché de Liége, sur la Meuse, à 5 lieues de Mastricht, 3 S. O. de Ruremonde, 12 N. E. de Liége ; long. 23. 25. lat. 51. 5. (D. J.)​
[ [ "51 5' N 23 25' E" ] ]
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v9-2357-0
MAELSTRAND
MAELSTRAND, (Géog.)​ place forte de Norwége, avec un château au gouvernement de Bahus ; Elle est sur un rocher à l’embouchure de Wener. Elle appartenoit autrefois aux Danois qui l’avoient bâtie, & qui la céderent aux Suédois en 1658 ; long. 28. 56. lat. 57. 58. (D. J.)​
[ [ "57 58' N 28 56' E" ] ]
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v9-2358-0
MÆTONIUM
MÆTONIUM, (Géog. anc.)​ ancienne ville de la Sarmatie en Europe, selon Ptolomée, l. III. c. v. (D. J.)​
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v9-2365-0
MAGADOXO
MAGADOXO, (Géog.)​ royaume d’Afrique, sur​ la côte orientale ; il est borné au nord, par le royaume d’Adel ; à l’orient, par la côte déserte ; au midi, par les terres de Brava ; & à l’occident, par le royaume des Machidas. (D. J.)​
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v9-2365-1
Magadoxo
Magadoxo, (Géog.)​ ville d’Afrique, capitale du royaume de même nom à l’embouchure de la riviere de Magadoxo ; elle est habitée par des Mahométans : long. 62. 50. lat. 3. 28. (D. J.)​
[ [ "3 28' N 62 50' E" ] ]
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v9-2367-0
MAGARAVA
MAGARAVA, (Géog.)​ montagne d’Afrique dans le royaume de Trémeçen ; elle est habitée par des Béréberes de la tribu des Zénetes. (D. J.)​
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v9-2368-0
MAGARSOS
MAGARSOS, (Géog. anc.)​ ville d’Asie dans la Cilicie, selon Pline, l. V. c. xxvij. qui la place auprès de Mallos & de Tharse. (D. J.)​
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v9-237-0
KARBITZ
KARBITZ, (Géog.)​ ville de Bohème, dans le cercle de Leirmeritz, à une lieue de Tæplitz.
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