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voilà le monde tel qu'il existe aujourd'hui
c'est pour cela que je vous dis mon groupe n' est pas tout entier d'accord mais moi je suis d' accord pour une défense européenne
je crois qu'une défense européenne doit être contrôlée par le parlement européen et par les parlements nationaux
il faut d'abord que le parlement européen donne son feu vert pour quelque chose ensuite les parlements nationaux décideront si oui ou non ils envoient leurs soldats
si une force d'intervention civile peut en même temps intervenir au préalable et pendant un conflit et si nous ne le décidons pas nous sommes de grands enfants qui aiment à jouer à faire avancer des militaires mais incapables de faire avancer des civils
tant que nous ne serons pas en équilibre entre le militaire et le civil nous ne serons pas crédibles
monsieur le président mesdames et messieurs monsieur solana nous sommes bien embarrassés pour vous répondre car vous êtes chargé d'un dossier qui à nos yeux n'existe pas
nous pensons que cette pauvre europe ne peut parler d'une seule voix que pour ne rien dire ou et c'est peutêtre plus grave qu'elle ne peut résoudre ses contradictions diplomatiques que dans un suivisme pur et simple de la politique américaine
sur le mode de l'illusion lyrique et de la fuite en avant qu'ils affectionnent les quinze ont décidé à sintra de se doter d'une force d'action dite pompeusement autonome
or l'union peut certainement baptiser force d'action ce qui n'est pour l'heure qu'une mobilisation de quelques fonds et le rassemblement sur le papier d'hommes d'armes et de logistique
mais croire que ce magma puisse être autonome est certes une autre affaire
quels intérêts cette prétendue force vatelle défendre attendu que les nations d'europe n'ont pas les mêmes intérêts
réfléchissons trois secondes
quel est le fondement d'une action armée
c'est la défense d'un territoire la sauvegarde d'une patrie et d'une manière générale celle d'intérêts considérés comme vitaux
à quoi peut correspondre une armée en l'absence de patrie en l'absence de territoire puisque l'europe est incapable de définir clairement ses frontières et en l'absence d'intérêts vitaux clairement identifiés sur lesquels les quinze n'ont jamais et pour cause osé débattre
en un mot à quoi peut servir une force armée en l'absence de toute politique
on se replie sur une sorte d'ersatz à base de droits humanitaires une sorte d'armée au service d'idées vagues d'un idéal dont l'histoire a d'ailleurs montré maintes fois les dangers
une politique étrangère suppose d'avoir de soimême et de ses intérêts une définition claire
or la pesc ne sera jamais autre chose que le faux nez des intérêts nationaux qui parviennent déjà à dominer le système
qui ne voit qu'il s'agit en l'occurrence du couple que forment londres et berlin escortés de leurs affidés respectifs qui ne conçoivent nullement leur diplomatie comme distincte de washington se voyant au mieux comme des comparses
de cette connivence pour ainsi dire structurelle vous êtes vousmême d'ailleurs monsieur solana en votre personne une parfaite illustration passant sans rupture de l'otan à la pesc comme si c'était la même chose mais à la vérité c'est la même chose
c'est toujours le service de l'empire
et ce n'est pas sans amusement que l'on vous a vu invoquer dans la dérisoire compétition qui vous oppose au commissaire patten cet argument à vrai dire délicieux et même suave de toute façon avezvous dit un jour à un journal allemand c'est à moi que les américains téléphonent
vous eussiez pu ajouter monsieur solana c'est à moi qu'ils passent les consignes car c'est bien ce que nous voyons
aux balkans comme ailleurs un jour les étatsunis nous demandent de détruire les balkans un autre jour ils nous demandent de le reconstruire
oui jeanclaude martinez avait parfaitement raison de vous interrompre daniel cohnbendit dans tous les cas c'est le suivisme
vous me croyez excessif
chaque jour l'actualité apporte une preuve supplémentaire de notre soumission
échelon en est un exemple parmi d'autres qui donne d'ailleurs une image de l'europe bien différente de celle que l'on aime contempler ici
les experts parlent d'un problème culturel je les trouve très aimables
au nom de la coordination des droites européennes je dois vous dire monsieur le haut représentant à la politique étrangère et de sécurité commune que vous n'avez pas notre confiance
vous êtes contre la guerre ditesvous mais en tant que secrétairegénéral de l'otan vous en avez déclenché une
une guerre d'agression exécutant servilement la politique militaire américaine dans une sphère qui n'était pas celle du traité de l'atlantiquenord à l'égard d'un état qui n'en avait jamais été membre qui ne menaçait aucune frontière internationale et en violation des règles du droit international qui établissent le pri...
aujourd'hui même m cohnbendit c' est dire mesure les résultats de la politique désastreuse qu'il appelait de ses vux
aussi avonsnous quelques questions à vous poser qui trahissent notre inquiétude c'est le moins que l'on puisse dire
premièrement selon vous la politique étrangère et de sécurité commune atelle pour but de protéger la sécurité des états membres de l'union comme on pourrait le croire ou leur reconnaissezvous la faculté d'intervenir partout dans le monde
deuxièmement dans ce deuxième cas sur quelles normes du droit international et de la morale politique vous fondezvous
je vous entends déjà répondre l'humanitaire
au kosovo c'est au nom de l'humanitaire que l'on a détruit méthodiquement toutes les infrastructures civiles de serbie
quand les usa tuent personnes au panama ce n'est pas pour y imposer leur politique c'est pour lutter contre le trafic de drogue
quand ils débarquent en somalie d'où ils devront repartir piteusement ce n'est pas pour garantir leur mainmise sur la route du pétrole c'est pour rendre l'espoir
restore hope vous vous souvenez
en un mot comme en cent ne voyezvous pas que c'est au nom de l'humanitaire que se font aujourd'hui toutes les grandes infamies
enfin vous nous avez parlé d'utiliser les grands moyens de gestion de crise
non pour faire la guerre bien sûr mais pour protéger la paix
mais ceci est de tout temps le discours de justification de tous ceux qui entreprennent des guerres préventives
pouvezvous nous garantir qu'il n'y aura pas de guerre préventive à l'encontre de quelque état que ce soit et surtout de ceux qui ne ratifieraient pas dans leurs élections la politique décidée par les autres états de l'union
ces questions monsieur le haut représentant traduisent notre inquiétude
vous êtes contre la guerre ditesvous mais vous ne serez pas le premier belliciste à le jurer
que dieu nous épargne les conséquences funestes des principes grandiloquents que vous nous avez exposés tout à l'heure
monsieur le président il est évident que le développement d'une identité européenne en matière de sécurité et de défense ne laisse certainement pas indifférents les trois nouveaux membres de l'otan depuis l'année dernière à savoir la pologne la république tchèque et la hongrie
en tant que candidats à l'adhésion de l'union européenne ces trois pays souhaitent prendre part dès le début à cette initiative intéressante en d'autres termes ils veulent être entièrement impliqués dès à présent
ce souhait n'a toutefois pas été exaucé par le conseil lors du sommet d'helsinki qui a eu lieu l'année passée seules quelques vagues promesses de consultation et de coopération y ont été formulées
je pose donc ma question au haut représentant m solana dans quelle mesure les trois capitales prague varsovie et budapest sontelles ou serontelles impliquées dans les plans militaires européens de gestion de crise
cette question a d'autant plus de poids que la pologne se montre assez critique
en termes vifs cette réserve de la pologne est ainsi formulée éviter l'isolationnisme américain et le séparatisme européen
assez logiquement le ministre polonais des affaires étrangères bronislav geremek exprime cette inquiétude avec davantage de diplomatie la construction d'une identité européenne de défense ne peut en aucune façon nuire à l'unité de l'otan
cette identité européenne de défense doit seulement renforcer l'otan
nous partageons totalement ce point de vue
le ministre geremek n'est assurément pas le seul représentant des pays d'europe centrale et orientale récemment devenus membres de l'otan à se savoir sur la touche aujourd'hui dans ce processus crucial
il en va de même par exemple pour le ministre tchèque de la défense qui affirmait en automne de l'année dernière la sécurité de l'europe est indivisible
elle ne se limite pas à un nombre restreint de pays alors que les autres doivent se contenter de regarder ou d'exécuter des décisions
les points de vue que je viens d'exposer soulignent la question que j'ai adressée à m solana
les polonais n'ont besoin que de cinq mots rien sur nous sans nous
que font les actuels états membres de l'union européenne de cette demande justifiée des pays candidats à l'adhésion
monsieur le président je voudrais également saluer la présence du haut représentant et sa disponibilité à répondre aux questions des députés lors de cette seconde audition car lors de son audition du mois de novembre et pour une raison indépendante de m solana cela n'a pas été possible bien qu'il faille reconnaître qu'...
je crois qu'il faut également reconnaître les efforts que m solana a déployés afin de parvenir à une politique étrangère et de sécurité commune de l'union européenne plus efficace plus évidente et plus cohérente
et en ce sens je suis d'accord avec les interventions de certains collègues qui m'ont précédé quant à la nécessité d'avoir une politique globale qui combine des éléments militaires et des éléments civils diplomatiques humanitaires et policiers auxquels m solana a fait référence
la présidence portugaise a fait un grand pas en avant en effet en instaurant une série d'organes à caractère provisoire ou intérimaire
en un temps record elle a organisé ce conseil informel des ministres de la défense et a marqué une série de jalons dans la longue marche vers cette politique étrangère et de sécurité commune
l'un d'entre eux a été ce conseil de sintra à propos duquel je voudrais poser quelques questions à m solana
ce conseil s'est basé sur deux documents un document britannique sur les headline goals sur les objectifs prioritaires et un autre document sur les organes militaires permanents de l'union européenne
monsieur solana je voudrais vous demander si vous accepteriez lors de votre prochaine audition en commission des affaires étrangères des droits de l'homme de la sécurité commune et de la politique de défense d'expliquer longuement aux membres de cette commission avec m patten à qui je pose la même question et le présid...
la seconde question monsieur le haut représentant est de savoir dans quelle mesure vous soutenez les observations et déclarations du ministre français de la défense affirmant la nécessité que les états membres allouent de leur produit intérieur brut à des dépenses de défense
je voudrais connaître votre avis savoir si vous partagez ce point de vue si vous pensez réellement qu'une contribution plus ferme de la part des états membres est nécessaire dans ce domaine
enfin que pensezvous des exercices crisex qui viennent de s'achever dans lesquels l'union européenne a partagé pour la première fois une série d'initiatives avec l'otan
pour terminer monsieur solana je voudrais savoir si vous accepteriez si les états membres vous le demandaient de présider le comité politique et de défense et l'ajouter ainsi à toute l'expérience que vous avez actuellement en tant que secrétaire général du conseil de ministres que haut représentant pour la politique ét...
monsieur le haut représentant en tant que rapporteur de la commission des affaires étrangères sur les questions de sécurité et de défense je limiterai mon intervention à ces questions
vous avez entendu monsieur le haut représentant la vigueur des critiques faites par les parlementaires qui n'acceptent pas les situations épouvantables au kosovo en tchétchénie ou ailleurs
pour ma part je ne veux pas désespérer
et aujourd'hui vous concernant je reconnais vos efforts pour construire une politique européenne de sécurité et de défense digne de ce nom et qui n'existait pas
certes on est encore très loin d'avoir atteint l'objectif souhaitable en tous cas celui que je souhaite
mais je mets à votre actif votre travail intense le rythme des réunions vos efforts pour créer une force d'intervention rapide vos efforts concrets pour prévenir les crises les gérer ou les faire cesser par des moyens civils et si nécessaire par des moyens militaires
je voudrais profiter de votre présence parmi nous pour vous poser deux questions tournées vers le que faire
la première concerne les prochains conseils européens de juin et de décembre sans compter le conseil extraordinaire de lisbonne
quelles sont les avancées principales prioritaires que vous espérez voir réalisées lors des prochains sommets
finalement de quoi avezvous le plus besoin à l'occasion de ces prochains sommets
ma seconde question est différente bien que n'étant pas sans lien avec la précédente
elle concerne la prochaine cig
ne pensezvous pas que l'ordre du jour de la cig devrait inclure la question de la politique européenne de sécurité et de défense afin de compléter les traités s'il apparaissait que ceuxci dans l'état actuel des textes ne permettent pas de mettre en place une véritable politique de défense
je crois que le président du conseil italien a évoqué ce point lors de votre entretien le février dernier
pouvezvous nous dire quelle est votre position sur ce sujet
monsieur le président l'europe a été réveillée en sursaut par la bosnie et le kosovo
l'union européenne se rend enfin compte qu'elle ne peut se permettre de laisser constamment les américains prendre les initiatives politiques et militaires
la décision de mettre sur pied une force autonome de maintien de la paix est excellente
toutefois si l'europe souhaite pouvoir intervenir militairement dans des moments critiques il faut prévoir une clause de flexibilité dans le traité
m solana peut jouer un rôle déterminant
il n'est pas fou je peux vous l'assurer
c'est un homme passionné et compétent