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Daoud Daoud ou Dawoud (en arabe , "Dāwūd") est un prénom arabe, traduction de l'hébreu ou "DWD", qui donne en français "David" et signifie « bien-aimé ». Patronyme. Prénom. Pour les articles sur les personnes portant ce prénom, consulter les listes générées automatiquement :
Grossesse gémellaire Une grossesse est dite gémellaire lorsqu'il y a deux fœtus dans la cavité utérine. En obstétrique, le terme de grossesse multiple ne s'applique que lorsque l'utérus contient trois fœtus ou plus. Sa fréquence, de l'ordre de 1 à 2 % de l'ensemble des grossesses, augmente dans les pays développés, le plus souvent en rapport avec l'augmentation de l'âge moyen de maternité (31 ans en France 2017), et aussi avec les traitements médicaux de l'infertilité et de la procréation médicale assistée. Pour le suivi obstétrical de ces grossesses, le plus important n'est pas de savoir s'il s'agit de jumeaux monozygotes (univitellins, « vrais » jumeaux ou jumeaux « identiques ») ou jumeaux dizygotes (bivitellins, « faux » jumeaux ou jumeaux « fraternels »), mais si elles sont monochoriales (un seul placenta avec une poche des eaux ou deux poches des eaux) ou bichoriales (avec deux placentas). Les grossesses gémellaires sont plus à risques que les grossesses uniques, elles peuvent nécessiter une prise en charge spécialisée avec dépistage précoce de leurs complications éventuelles. Différents types de grossesse gémellaire. Zygosité. La distinction « vrais et faux jumeaux », c'est-à-dire jumeaux monozygotes (issus de la division d'un seul œuf) et jumeaux dizygotes (fécondation de deux ovules différents au cours d'un même cycle) est pertinente, voire essentielle, pour les généticiens, les psychologues et les parents ; mais pour le suivi obstétrical des grossesses gémellaires, cela n'a aucun intérêt. Chorionicité. Pour les obstétriciens, l'élément déterminant à prendre en compte n'est pas la « zygosité », mais la « chorionicité » qui dépend du type et du nombre de masses placentaires. Il existe alors non pas deux types de grossesse gémellaire (monozygote et dizygote) mais trois: L'importance de ces distinctions repose sur le fait que ces différents jumeaux sont à risques croissants de complications. Par exemple, entre autres risques : Les rapports entre zygosité et chorionicité sont les suivants : les jumeaux de sexe différents sont toujours de faux jumeaux (dizygotes), les jumeaux monochoriaux sont toujours de vrais jumeaux (monozygotes), les jumeaux bichoriaux de même sexe peuvent être mono- ou dizygotes. Fréquence et facteurs déterminants. La fréquence s'exprime par la proportion à la naissance (accouchements de jumeaux). Jumeaux monozygotes. Il nait 4 paires de vrais jumeaux pour mille naissances (environ 0,5 %), quels que soient l'âge de la mère, le rang de naissance ou l'origine géographique. Cette proportion se retrouve à peu près chez tous les mammifères, à l'exception des tatous dont les femelles donnent toujours naissance à des quadruplés monozygotes, voire des octuplés selon l'espèce. Toutes les femmes sont exposées au même risque d'avoir de vrais jumeaux, qu'elles aient ou non déjà accouché de jumeaux. Bien que relativement constante, la fréquence d'accouchements de vrais jumeaux a tendance à augmenter dans les pays développés depuis la fin du . Jumeaux dizygotes. En général, la naissance de faux jumeaux est de l'ordre d'un peu plus de 1 % des naissances, mais elle varie beaucoup selon différents facteurs : Par exemple, en France (tous types gémellaires confondus), des années 1970 aux années 2000, l'augmentation a été de 78 %. Cette augmentation s'explique pour un tiers au recul de l'âge de maternité (âge moyen de 26 ans en 1970, à 31 ans en 2017) et pour deux tiers aux traitements médicaux. Quelques études suggèrent que l'obésité féminine (indice de masse corporelle supérieur à 30) serait plus à risques de jumeaux dizygotes. Suivi et prise en charge. En principe, le suivi des grossesses gémellaires est différent de celui des grossesses uniques. Des pays ont émis des recommandations spécifiques nationales comme le Canada, mais il n'existe pas de consensus international sur les meilleurs schémas ou protocoles de surveillance. En France, selon les recommandations de la HAS de 2009, révisées en 2016, le diagnostic de grossesse gémellaire est effectuée lors de l'échographie du premier trimestre. Cet examen doit déterminer aussi la chorionicité, car elle devient de plus en plus difficile à préciser avec l'évolution de la grossesse. Ce premier examen permet de distinguer les grossesses bichoriales de bon pronostic, et les grossesses monochoriales, plus à risques de complications. Chacun des jumeaux doit être suivi selon les examens réalisés habituellement lors d'une grossesse unique (par exemple : dépistages d'un retard de croissance intra-utérin, d'une trisomie 21, de malformations...). Lors de l'entretien du 4e mois, les patientes doivent être informées du suivi médical, mais aussi bénéficier d'un suivi social et psychologique, ainsi que de l'existence de l'association Jumeaux et Plus présente dans chaque département. La fréquence des échographies varie selon le niveau de risques de la grossesse gémellaire, de une par mois à une par semaine. La détermination des risques au dernier trimestre peut influencer le choix de la date d'accouchement Selon la HAS, en vue de l'accouchement, les grossesses gémellaires les plus à risques (monochoriales monoamniotiques) doivent être prises en charge dans une maternité de type II (en sus de l'unité d'accouchement, dotée d'une unité de néonatalogie) ou de type III (avec unité supplémentaire de réanimation néonatale) en raison de la prématurité induite et de la nécessité de plusieurs intervenants pédiatriques. Risques au cours de la grossesse. Risques non spécifiques. Il s'agit des complications qui sont communes à toutes les grossesses gémellaires, par rapport aux grossesses uniques. Par rapport à une grossesse unique, la première complication est la prématurité (naissance avant la 37e semaine, risque multiplié par 8) avec petit poids de naissance. D'autres risques plus élevés sont le retard de croissance intra-utérin et le placenta praevia. Le risque accru de pré-éclampsie chez la mère est discuté (si c'est la fréquence, ou la sévérité, qui est augmentée ). Risques spécifiques. Dans des grossesses gémellaires, le retard de croissance peut affecter un jumeau et pas l'autre. On parle alors de « discordance pondérale » où les risques de morbidité et de mortalité sont plus élevés pour le jumeau le plus petit. Si cette discordance est sévère (plus de 25 % de différence), une prise en charge hospitalière est nécessaire. Les grossesses gémellaires monochoriales, soit une grossesse sur 400 (toutes grossesses confondues), présentent des risques spécifiques : Les grossesses monochoriales monoamniotiques sont les plus rares (4 à 5 pour cent mille grossesses), mais à plus de complications. Outre le retard de croissance et la prématurité, ces jumeaux sont plus exposés à des malformations congénitales, et à des accidents des cordons ombilicaux (enroulement, étranglement...). Au cours de ces grossesses, on peut découvrir très rarement des jumeaux conjoints ou fusionnés où l'on distingue : Traitement des complications. Comme pour les grossesses uniques, la femme enceinte de jumeaux doit bénéficier de conseils diététiques et d'une supplémentation éventuelle adaptée à chaque cas (en fer, vitamine D, acide folique...). Des exercices musculaires et articulaires du rachis et des sacro-iliaques peuvent être utiles au début du deuxième trimestre. Prévention. Depuis les années 1970, le suivi spécifique des grossesses gémellaires (dont la surveillance échographique) par des équipes multidisciplinaires entrainées et coordonnées a permis de réduire la prématurité grave et la mortalité périnatale des jumeaux. Le risque le plus fréquent et le plus important des grossesses gémellaires est la prématurité. La prévention repose sur le diagnostic précoce de la gémellité, pour permettre une surveillance plus adaptée. Les programmes de prévention restent en discussion, car ce qui s'applique aux grossesses uniques n'est pas toujours valable pour les grossesses gémellaires. L'intérêt du repos au lit systématique n'est pas démontré, mais il est admis de conseiller aux femmes enceintes de jumeaux de restreindre leur activité. Ce qui se traduit en France par des congés de maternité spéciale pour ces grossesses. Il en va de même pour le et les méthodes médicamenteuses (comme la progestérone) qui ne sont pas utilisées de façon systématique, mais selon des indications particulières. Interventions en cours de grossesse. La souffrance ou la mort d'un jumeau peut retentir sur l'autre, surtout en cas de grossesse monochoriale (à placenta unique), avec un risque rénal et cérébral sévère pour le jumeau survivant. L'interruption sélective de grossesse est une décision à prendre lorsqu'un seul des jumeaux présente des anomalies ou malformations graves, ou en cas de mort "in utero" d'un des deux jumeaux. Cette décision est complexe (aspects techniques, éthiques et psychologiques), elle est prise dans le cadre pluridisciplinaire d'un centre de diagnostic prénatal, avec les parents informés et bénéficiant d'un soutien psychologique. Selon le stade ou le type de grossesse gémellaire, les différentes possibilités sont : l'interruption de la grossesse pour une extraction prématurée, l'amniodrainage (évacuation d'une poche amniotique), la coagulation laser (oblitération) des anastomoses vasculaires placentaires (en grossesse monochoriale : syndrome transfuseur-transfusé), le fœticide sélectif par injection de produit létal dans un cordon (uniquement en grossesse bichoriale). Accouchement de jumeaux. Lorsque l'accouchement par voie basse est choisi, il est généralement recommandé et déclenché entre la 38e et la 39e semaine d'aménorrhée, pour réduire les risques. Souvent plus long qu'un accouchement unique, il doit s'effectuer sous une surveillance plus étroite, et sous analgésie péridurale. La morbidité et la mortalité de jumeaux sont augmentées par rapport aux naissances uniques, surtout pour le deuxième jumeau dont l'accouchement peut être plus difficile. En principe, l'intervalle optimal de naissance entre les jumeaux est de 5 à 15 minutes. Un délai plus long présente un risque de souffrance fœtale pour le deuxième jumeau. Les dystocies spécifiquement gémellaires (collision ou accrochage des fœtus) sont rares, voire exceptionnelles (jumeaux siamois). L'emmêlement des cordons ne concerne que les grossesses monoamniotiques, mais avec un risque important de mortalité fœtale (plus de 12 %). Il n'existe pas de consensus international sur des indications précises de césarienne dans l'accouchement gémellaire. De façon générale, la césarienne n'est pas systématique lorsque le premier jumeau est en présentation céphalique. Elle s'applique lorsque l'indication existe pour une grossesse unique (césarienne planifiée) ou en urgence (indications pendant le travail). D'autres sont discutées comme la grossesse gémellaire monoamniotique (indication absolue pour les américains et les canadiens, pas toujours selon d'autres). La mortalité gémellaire à l'accouchement diminue depuis la fin du , principalement grâce aux progrès de la surveillance prénatale, à une meilleure prise en charge de la voie basse par une équipe multidisciplinaire, et un recours plus large à la césarienne. Selon une revue Cochrane de 2015, les femmes doivent être informées des risques aussi bien que des effets bénéfiques de l'accouchement par voie basse, et des effets habituels et à long terme de la césarienne pour la mère et les enfants. La césarienne devrait être évitée à moins d'une certitude clinique raisonnable sur son intérêt immédiat et son bénéfice à long terme.
Saint Hippolyte de Rome
Bibliographie détaillée concernant l'art islamique Cette bibliographie recense les ouvrages importants concernant l'art islamique. Beaucoup sont anglophones, l'anglais étant la langue de référence dans ce domaine.
Villa Médicis La villa Médicis ("Villa Medici", en italien) est un complexe architectural italien de style Renaissance du comportant un parc et un jardin à l'italienne de , sur le mont Pincio du centre historique de Rome (classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO) en Italie. Elle héberge l'Académie de France à Rome et accueille des lauréats du prix de Rome depuis 1803, pour favoriser et représenter la création artistique dans tous ses domaines. Historique. Le cardinal Giovanni Ricci di Montepulciano fait bâtir la villa Médicis vers 1564, par les architectes Giovanni Lippi et (père et fils) sur l'emplacement de l'ancienne villa et vastes jardins de Lucullus du mont Pincio, voisin des Villa Borghèse, et église et couvent de la Trinité-des-Monts de la Place d’Espagne. La villa est acquise en 1576 par le richissime cardinal Ferdinand de Médicis qui, jusqu'en 1587 (année où il devient grand-duc de Toscane), fait exécuter les projets de Bartolomeo Ammannati. Il se fait représenter dans la chambre dite « des Muses » en "Jupiter régnant sur les Arts" par le peintre Jacopo Zucchi. Les armes de la Maison de Médicis ornent la façade côté jardin. De fait, la villa est aménagée pour servir d'écrin à sa collection d'œuvres d'art, dans laquelle figurent des antiques ("Les Niobides", d'origine grecque, "Cléopâtre mourant"…), de nombreux bronzes dont certains sont exposés sur la façade, comme le "Mercure" de Jean Bologne et aussi de très nombreux tableaux. Il enrichit le parc de sept hectares de jardin à l'italienne plantés de pins, de cyprès et de chênes verts, et décorés de sculptures, qui rappellent le palais Spada de Rome. Ces dernières ont été de nos jours remplacées par des moulages, les originaux ayant rejoint les musées. Parmi celles-ci, on note les "Niobides" et le "Mercure". À l'extrême nord se situe le "studiolo" orné de fresques murales à thématique animalière. Devant l'entrée, une terrasse offre une vue panoramique sur Rome. En 1587, le cardinal Ferdinand de Médicis y fait placer une fontaine, qu'on retrouvera comme sujet d'un tableau de Camille Corot. Une légende raconte que la boule située au centre de la vasque est un boulet de canon tiré du château Saint-Ange sur la villa par Christine de Suède, reine réputée pour son goût des plaisanteries. Elle aurait ainsi voulu réveiller le maître de maison pour l'inviter à une partie de chasse… En 1633, lors de la tenue à Rome de son procès devant l'Inquisition catholique romaine (fondée sous le nom de Sacrée congrégation de l'inquisition romaine et universelle par le pape Paul III en 1542), Galilée habite pendant six mois en résidence surveillée à la Villa Médicis, ambassade des Médicis à Rome. En 1737, à l'extinction de la lignée des Médicis, la villa revient à leur lointain cousin François III de Lorraine de la Maison de Habsbourg-Lorraine, nouveau grand-duc de Toscane et futur empereur du Saint-Empire romain germanique. Son fils, le grand-duc et empereur Léopold, décide en 1789 du transfert d'une grande partie de la collection de la villa vers la Galerie des Offices ou le musée archéologique de Florence pour les antiquités… Les anciens bâtiments de l'Académie de France à Rome ayant été incendiés en 1793, Napoléon Bonaparte décide en 1803, après la création du royaume d'Étrurie, d'installer celle-ci à la Villa Médicis. À cette époque, la villa et ses jardins sont délabrés et entièrement restaurés pour accueillir les lauréats du prix de Rome dont le séjour s'y déroule encore aujourd'hui pour des durées allant de quelques semaines à un an, moyennant rémunération, pour les pensionnaires de la Villa demeurant une année. Le peintre Corot représente la vue sur Rome en arrière plan d'une vasque en 1825-1828. Ce tableau est conservé au musée des Beaux-Arts de Reims. En 1961, le peintre Balthus est nommé directeur de l'académie par André Malraux, poste qu'il occupera pendant seize ans. Directeur en 2008-2009, Frédéric Mitterrand crée une glyptothèque dans un des anciens ateliers de pensionnaire. En 2016, une grande exposition anniversaire de l'académie y est organisée, « 350 ans de création. Les artistes de l’Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours », dont le commissariat est assuré par Jérôme Delaplanche. Œuvres ayant pour cadre la villa Médicis. Films et séries télévisées. Films et séries télévisées utilisant la villa Médicis comme décor, sans que celui-ci soit identifié comme étant la villa : Nuit Blanche. Depuis 2016, la villa Médicis organise chaque année une Nuit Blanche (), inspirée de l’évènement parisien initié en 2002.
Institut Max-Planck de sidérurgie L'institut Max-Planck de sidérurgie ("Max-Planck-Institut für Eisenforschung") est un centre de recherche spécialisé dans le fer et l'acier situé à Düsseldorf dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. C’est l’un des 80 instituts de la société Max-Planck. Présentation. L'institut est une entreprise commune entre la société Max-Planck ("Max-Planck-Gesellschaft") et l'Institut de l'acier ("Stahlinstitut VDEh" anciennement "Verein Deutscher Eisenhüttenleute" Institut allemand du fer et de l'acier) et a depuis 1971 le statut d'une SARL ("GmbH"). La moitié du budget de l'institut est fourni indirectement par l'industrie, ce qui est unique au sein de la Société Max-Planck. Histoire. L'institut a été fondé en 1917 par l'Institut allemand du fer et de l'acier ("Verein Deutscher Eisenhüttenleute") puis incorporé à la Société Kaiser Wilhelm qui deviendra la Société Max-Planck en 1948. L'institut se trouvait initialement à Aix-la-Chapelle et était associé à l'université technique de la ville. Ce n'est qu'en 1934-1935 qu'il a été transféré à Düsseldorf, sur un site cédé par la ville. En 1946, l'institut, très endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale, a été reconstruit et les travaux de recherche ont pu recommencer. L'institut est devenu membre de la Société Max-Planck. L'institut s'est très vite étendu et des nouveaux bâtiments ont dû être construits au début des années 1960. Après la nomination de Tilmann Hickel au poste de directeur en 1971, une complète réorganisation de l'institut a été menée. Jusqu'à récemment, il était dirigé par un directeur général (Prof. Engell de 1971 à 1990, Prof. Neumann de 1990 à 2002) et par un directeur administratif associé. La structure interne de l'institut a encore été modifiée après les nominations des professeurs Raabe et Stratmann en 1999. Depuis lors, tous les membres scientifiques de l'institut forment un conseil de direction. Le poste d'administrateur délégué est occupé à tour de rôle par un des membres du conseil. Le conseil, qui gère les activités de l'institut, est composé de représentants du gouvernement fédéral, du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, de la Société Max-Planck et de l'Institut de l'acier. Une commission consultative scientifique, composée de chercheurs reconnus, conseille l'institut pour trouver le juste équilibre entre la recherche fondamentale et les applications techniques. Depuis l'an 2000, l'institut subit encore de nombreux travaux de reconstruction qui aboutiront à la construction de de laboratoires et bureaux. Les premiers nouveaux laboratoires ont été achevés en 2002 et les renovations doivent s'achever au début 2005.
Cinéma Paradiso
Marcel Bouqueton Marcel Bouqueton, (1921-2006), est un peintre français de la Nouvelle École de Paris dont l'œuvre d'abord non figurative se développe à partir de 1965 dans le sens d'une évocation allusive. Biographie. En Algérie. Marcel Bouqueton naît le à Constantine (Algérie) mais passe toute son enfance à Souk Ahras. Les origines de sa famille sont parisiennes et auvergnates. Son grand-père, ingénieur, a réalisé des barrages en Afrique, son père, architecte, est venu en Algérie construire des tunnels pour les chemins de fer et s'y est établi. Marcel Bouqueton manifeste très tôt un goût pour le dessin tandis qu'il fréquente, tout comme Marcel Fiorini, le collège de Bône (Annaba). Loin de le décourager, son père souhaite cependant qu'il puisse devenir enseignant et l'incite à suivre des leçons de peinture durant lesquelles il va copier des œuvres classiques. De 1938 à 1942 Bouqueton continue, avec Fiorini, ses études à l'École des beaux-arts d'Alger : il rencontre bientôt Louis Nallard et Maria Manton. En 1940 Bouqueton présente avec Nallard une première exposition à Alger et partage en 1942 avec Fiorini une première bourse des Beaux-arts. Après trois années de guerre dont deux en Angleterre, dans le service radio de l'aviation, Marcel Bouqueton retrouve en 1945 les Beaux-Arts d'Alger, partage en 1946 avec Nallard deux nouvelles bourses, expose avec Maria Manton et dans les manifestations des "Amis de l'art" qu'anime Gaston Diehl. En 1946 il se rend à Paris pour y découvrir les musées, s'y inscrit aux Beaux-Arts, croise l'année suivante Nallard, Maria Manton et Marcel Fiorini venus ensemble s'installer en France puis rentre en Algérie, à Birkhadem, non loin d'Alger, où il peint plus solitairement. Edmond Charlot, premier éditeur d'Albert Camus douze ans plus tôt, présente en 1948 ses peintures et le poète Jean Sénac les associe régulièrement aux manifestations qu'il organise, au "Nombre d'or" en 1949, autour de la revue "Soleil" en 1950, puis du "Groupe 51". C'est à partir de cette époque que Bouqueton va découvrir, de la Kabylie et des Aurès jusqu'à Tébessa, la variété du paysage algérien. En 1953 Bouqueton expose à Alger, à la Galerie "Rivages" d'Edmond Charlot et, aux côtés notamment de Baya, Jean de Maisonseul, Maria Manton et Nallard, sous le signe de la revue "Terrasses" qu'a fondée Sénac, ainsi qu'à Oran, une fois encore avec Nallard, à la galerie d'avant-garde "Colline" que dirige Robert Martin. En France. C'est alors que Bouqueton décide de quitter définitivement l'Algérie, un an avant le déclenchement de la guerre d'indépendance. Installé d'abord dans la banlieue parisienne, à Saint-Germain-en-Laye, il retrouve ses compagnons d'Alger et fait la connaissance de Roger Chastel avec qui il se lie d'amitié. En 1956 il expose pour la première fois au Salon des Réalités Nouvelles, reçoit le Prix de la Fondation Félix Fénéon, fait la connaissance de Roger Bissière, rencontre le critique Roger Van Gindertael, qui se montrera constamment attentif à son travail. Il participe une dernière fois à Alger, en 1957, à une exposition collective présentée par Edmond Charlot. Au début des années 1960 il retrouve en été l'éclat de la lumière méditerranéenne à Peniscola, village de la côte espagnole que fréquentent semblablement Nallard, Maria Manton et Jean Sénac. Bouqueton s'impose « comme un des paysagistes les plus sensibles et les plus justes de ton », note dans "Cimaise" Georges Boudaille en 1961 à l'occasion de la deuxième exposition particulière du peintre à Paris, présentée à la galerie Pierre Domec.. Par la suite Bouqueton travaille régulièrement aux alentours de Fayence dans le Var, où il réalise en 1967 "Le Livre premier des pierres", série de larges empreintes, recueillies aux couleurs à l'huile sur papier, de roches de la région. Exposant régulièrement en France et aux Pays-Bas, Bouqueton est de 1969 à 1986 enseignant à l'Unité Pédagogique d'Architecture 8 de Paris. Marcel Bouqueton est mort à Fayence le . L'œuvre. 1940 - 1951. « Ses deux grands paysages sont solides, construits, généreux et ses portraits annoncent un intelligent plasticien », note en 1940 Max-Pol Fouchet dans "L'Écho d'Alger" lors de la première exposition de Bouqueton. La constance d'un souci de la construction et de la couleur, sans concession pour l'Orientalisme, se manifeste dans les toiles qu'il peint dans les années suivantes. « Marcel Bouqueton, très sollicité par la couleur pure, peint des natures mortes aussi éclatantes que simplifiées, des paysages de plus en plus dégagés du motif, aux gammes de verts, de bleus et d'orangés très caractéristiques, des nus modelés des nuances du prisme. Ses derniers paysages où il s'avère plus indifférent au ton local, plus épris de l'objet signe, tendent à une sorte de féerie colorée », observe en 1946 Jean Lusinchi. Composées en larges aplats qui libèrent les formes, ces peintures témoignent d'une évolution rapide de son travail. Bouqueton fait alors partie de ces « Jeunes Turcs », comme les appellera plus tard le poète Jean Sénac, qui bousculent les académismes de l'« École d'Alger », demeurée largement en marge des mutations survenues en peinture depuis le début du siècle. « Avec Marcel Bouqueton nous entrons dans les champs illimités du surréel, né d'un sujet simple », écrit ainsi Sénac en 1946. « Ses tableaux mettent en valeur la ligne précise et nette, la couleur chaude, les volumes et les tons épurés » : « accoutumés aux douceatries, les bons (?) esprits n'ont pas pu admettre l'audace de ces lignes trop simples, de ces teintes trop violentes », ajoute-t-il ironiquement l'année suivante, faisant de nombreuses fois allusion au travail de Bouqueton dans les articles qu'il multiplie à cette époque. 1952 - 1960. Sur l'élan des toiles qu'il peint en 1951, telles "Le Laboureur" ou "Les Semeurs" dont les silhouettes se trouvent recomposées selon le filtre de la cohérence autonome des formes et des couleurs, Bouqueton se détourne dès 1952 de toute figuration, « par le biais de la représentation humaine très épurée », précisera-t-il. Il entre ainsi au tout début des années 1950 dans le courant de la nouvelle École de Paris. En une deuxième étape de son itinéraire Bouqueton s'engage alors dans la reconnaissance du pouvoir que détient la peinture de construire des visions inédites, délivrées des intuitions sensibles de l'espace immédiat. Sa démarche ne peut que le mener, complémentairement, à dépasser la rigidité de toute géométrie décorative. En 1952 les étendues anguleuses qu'imbriquent ses toiles se trouvent assouplies par le trait, fausses médianes ou médiatrices, qui les accompagne, souligne leurs frontières, tandis que les modelés de la couleur animent leurs champs internes. En 1953 ces surfaces se rapprochent, se rassemblent et s'efface le graphisme qui les articulait. Bouqueton, en ces années, n'intitule plus ses larges "Compositions" tabulaires que d'après leurs seules gammes colorées. Terres et ocres, ors et bronzes, gris nuancés, rouges et bleus épars, l'essentiel de sa palette s'y met en place. Autour de 1955 s'effacent les cadastres qui sous-tendaient l'équilibre de ses constructions, les couleurs passant désormais dynamiquement les unes dans les autres. 1961 - 1964. En une troisième étape, ce morcellement des formes commence de faire transparaître de quasi-paysages, nés de la seule peinture. Pas plus que les précédentes, ces toiles ne dérivent d'expériences préalables du monde mais en reconstituent indistinctement comme en un point virtuel l'horizon, recréent au-delà de toute apparence anecdotique le sentiment de sa présence. « Les moyens de la peinture lui suffisent pour matérialiser cette 'nature' équivalente qui n'est jamais une figuration ni une interprétation du réel, mais résulte d'une profonde coïncidence entre les données de la réalité et les effets actifs de la peinture », écrit en 1961 Roger van Gindertael. « Les sources naturalistes des toiles de Marcel Bouqueton, profondément intériorisées, affleurent en harmonies de tons finement nuancés que scandent néanmoins quelques forts accents qui soutiennent les mouvements d'une pâte onctueuse imprégnée de lumière », résume-t-il quelques années plus tard, précisant à propos de Bouqueton, comme de Maria Manton, Nallard et Fiorini, que, natifs d'Algérie, « cette origine n'est certainement pas étrangère au fait que leur attachement à la réalité terrienne a maintenu la présence de cette réalité dans leurs œuvres, à travers la démarche abstraite qu'ils ont adoptée ». Les tableaux de Bouqueton sont les « souvenirs de paysages algériens exaltés », écrit semblablement Michel Ragon. Sans que l'on puisse précisément parler d'une École des peintres d'Algérie, il apparaît en effet que, par leurs gammes sourdes et leurs soudains embrasements, Bouqueton et ses amis ouvrent à la peinture non figurative des visions distinctes de celles des "Jeunes peintres de tradition française" des années 1940, d'une dizaine d'années leurs aînés, formées plutôt, de Le Moal à Manessier, Bazaine ou Singier, dans la transparence des lumières du Nord. 1965 - 1988. « Après une vingtaine d'années d'expérimentation dans le non-figuratif, mes recherches actuelles visent à recréer, toujours avec une base d'abstraction, un espace identifiable où sont suggérés natures mortes, paysages et personnages », dit Bouqueton. Ces trois dimensions vont progressivement se trouver associées dans des constructions complexes, selon l'un de ses titres tout à la fois "Dedans dehors". À partir de 1965, quatrième étape dans son cheminement, resurgit ainsi dans ses toiles la figure humaine, au milieu d'indistinctes cruches, tasses ou assiettes. Le thème de la table, conjuguant silhouettes et objets, ne cessera plus d'accompagner sa peinture : table des repas, mais aussi des cartes et des jeux ou des objets nomades des "brocantes". En d'autres œuvres de longues silhouettes traversent, de face ou de profil, des espaces qui, sans nul repère, demeurent plus indéfinis. Enrichi de l'expérience des variations non-figuratives du signe qu'il a poursuivies, Bouqueton revient insensiblement à la source de son abstraction, en des thèmes qui surgissent à mesure du seul jeu des formes et des couleurs. Au moment où formes et couleurs sont sur le point de s'ouvrir à une autre réalité qu'elles-mêmes, Bouqueton en interrompt le décentrement pour les engager dans un autre mode de signification. Dans un climat d'irréalité, rien ne se passe au long des instants que pérennisent ses toiles, aucun autre évènement que, soudainement à vif, l'être quotidien des êtres. 1988 - 2006. Une dernière étape du parcours de Bouqueton se dessine, sans rupture apparente, sur la fin des années 1980. Dans ses "Paysages entrevus" il retrouve, en la renouvelant, la dimension paysagiste qui avait caractérisé sa peinture. La vision, en de fausses perspectives cavalières, y gagne en hauteur, comme surplombant le visible. Étendues solaires, intérieurs plus intimes ou bien encore multiples articulations des deux espaces, le peintre surprend les signes qui en amorcent l'évocation au plus fort de leur tension, en deçà de toute description ou narration, au moment même où commencent d'apparaître en eux les êtres qu'ils ont pouvoir de désigner. Au long des années 1990 l'espace s'illimite sur ses toiles, le paysage du monde pénétrant jusque par les fenêtres, tableau chaque fois dans le tableau, dont le peintre ajoure ses intérieurs. Comme proposant d'emprunter leurs regards, ses figures le contemplent au plus loin ou, en d'autres toiles immobilisées hors de toute action identifiable dans le seul être-là de la condition humaine, semblent fragilisées, égarées dans l'immensité colorée dont les gammes montent en intensité. Découvrant de toile en toile un monde sauvage, encore indécis, à jamais incertain, antérieur et étranger aux repères sécurisants de la perception spontanée, la peinture de Bouqueton ne cessera plus de donner à entrevoir, par des moyens purement plastiques, « le fantastique ordinaire » du visible. Annexes. Éléments de bibliographie. : source utilisée pour la rédaction de cet article
Zone d'ombre Zone d'ombre peut désigner :
Maître (grade militaire)
René Moreau (soldat) René Moreau, né le à Rochechouart (Haute-Vienne) et mort le à Angoulême à l'âge de , était le dernier poilu de la Charente. Biographie. Il est mobilisé fin 1916. À Verdun, il sauve ses camarades de batterie (155 long), en les obligeant à monter vers le sommet d'une colline lors d’un bombardement à l’ypérite (gaz moutarde). Il termine la guerre avec le grade de maréchal des logis et est décoré de la Croix de Guerre. À partir de , il rejoint le front italien, la France et la Grande-Bretagne viennent alors soutenir l'Italie, après la défaite de Caporetto. Il est démobilisé uniquement en 1919 à cause des tensions survenues entre la France et l’Italie pour des problèmes de frontière. Il reçoit la médaille de la Légion d'Honneur à . Au lendemain de son décès, il ne reste plus en vie que six poilus de la "der des der". Dans la vie civile il crée avec son père Angel Moreau, une manufacture de bonneterie de laine. Celle-ci sera en activité entre 1927 et 1984. Il en prend la direction en 1943 après la mort de son père.
Dessagne
Peuplier noir d'Amérique
Cul-de-sac de Douglas Le cul-de-sac de Douglas, du nom de James Douglas (1675-1742), est un repli du péritoine situé entre le rectum et l'utérus, formant un cul-de-sac. Chez l'homme, ce cul-de-sac est simplement l'extrémité inférieure de la cavité péritonéale, entre la face postérieure de la vessie et la face ventrale du rectum. Son nouveau nom est cul-de-sac recto-utérin chez la femme, et cul-de-sac recto-vésical chez l'homme ; ou encore "excavatio recto-uterina" et "excavatio recto-vesicalis" selon la terminologie anatomique. Anatomie. C'est le point le plus bas de la cavité péritonéale. Le cul-de-sac de Douglas est l'endroit où s'accumulent les liquides qui peuvent se trouver par accident dans cette cavité péritonéale (sang, pus). Chez l'homme, il est plus ou moins divisé par les vésicules séminales en cul-de-sac antérieur vésico-séminal et cul de sac postérieur sémino-rectal. Chez la femme, il est nettement séparé des fossettes ovariennes par la saillie des ligaments utéro-sacrés. Cet endroit du corps est accessible par le toucher rectal ou vaginal. Dans les deux sexes, le fond du cul-de-sac de Douglas est à environ au-dessus de l'orifice anal. Pathologies. Au toucher vaginal, une douleur vive et localisée, à la palpation profonde du cul-de-sac recto-utérin, réalisait historiquement le signe ou le cri du Douglas. Elle indique une inflammation péritonéale devant faire suspecter une péritonite, une rupture de grossesse extra-utérine, etc. On nomme « élytrocèle » une descente d'organes (ptôse intestinale) qui fait hernie dans le cul-de-sac de Douglas, en repoussant la paroi vaginale postérieure, jusqu'à travers la vulve. La douglassite est une péritonite chronique localisée au cul-de-sac de Douglas. Une douglassectomie est la résection chirurgicale du péritoine pelvien du cul-de-sac de Douglas.
Cent prétentions Cent Prétentions est le nom d'un fanzine de jeu de rôle créé en 1993 par un groupe de rôlistes stéphanois. Neuf numéros au total ont vu le jour au cours des six années suivantes, consacrés pour la plupart au jeu "Mega" (troisième édition), mais aussi à "L'appel de Cthulhu", "La méthode du docteur Chestel", "Hawkmoon", "James Bond 007", "Bloodlust", "Pendragon" et "SimulacreS" (Aventures extraordinaires & machinations infernales). Le numéro qui fit le plus parler de lui était le cinquième, une campagne pour "Mega" (troisième édition) de cent seize pages divisée en quatre grandes parties, incluant un entretien avec l'auteur principal du jeu, Didier Guiserix (par ailleurs cofondateur du magazine français de jeux de rôle "Casus Belli" au début des années 1980). Numéros :
Société des ambianceurs et des personnes élégantes La société des ambianceurs et des personnes élégantes (plus connue sous l'acronyme SAPE) est un mouvement culturel et de société originaire de la république du Congo plus précisément du groupe ethnique lari. Ce courant est comparé au dandysme. Ses adeptes, appelés les "sapeurs," s'habillent chez les grands couturiers (ou font concevoir leurs vêtements sur ce modèle) ; ils pratiquent la , art de bien se . Histoire. L'origine de la SAPE est mal connue. Les sapeurs se revendiquent plus ou moins des dandys européens du . Il s’agissait alors d’une façon d’imiter le colonisateur en accaparant son style vestimentaire et ses manières, d’une part pour être intégré dans leurs sphères, mais aussi, d’autre part, pour le parodier et être adulé par sa communauté d’origine. La SAPE se serait réellement popularisée au cours des années 1960 à Brazzaville et Kinshasa, avant de se développer ensuite dans les diaspora congolaises en France et en Belgique. L'inventeur du mot « SAPE », serait Christian Loubaki, homme à tout faire travaillant dans le quartier huppé du seizième arrondissement à Paris, qui aurait observé ses employeurs s'habiller et aurait profité des vieux vêtements qu'ils lui offraient. En 1978, avec la complicité de Koffino Massamba, Christian Loubaki crée la première boutique : "La Saperie" à Bacongo (le quartier par excellence de la sape au Congo). Stervos Niarcos est un autre nom de la sapologie, fondateur de la religion "Kitendi" (« tissu » ou « matière », en lingala). Une première étude sociologique fut menée en 1984 par Justin-Danuel Gandoulou. Dans les années 1980, des campagnes ont visé à interdire les sapeurs dans l’espace public. Au début des années 1970, le président Mobutu, au Zaïre, a interdit le costume-cravate. Une interdiction qui visait à montrer son rejet de l’impérialisme occidental. Place dans les médias. Une exposition au palais de Tokyo s'est tenue en 2015. Hector Mediavilla a passé huit ans à photographier des personnages-clés de cette scène congolaise dans sa série « SAPE : "Society of Ambianceurs and Elegant People" ». Alain Mabanckou, écrivain congolais, tire l’analyse suivante de l’œuvre du photographe : Le photographe congolais Baudouin Mouanda leur a également consacré une série de photos en 2008, "Sapologie", qui a rencontré un succès planétaire, ainsi qu'une autre en 2022 intitulée "La SAPE, le Rêve d'aller-retour", exposée dans plusieurs endroits du Grand Paris (France), dont le Musée Carnavalet. Les « dix commandements » de la sapologie. La philosophie de la sape s’accompagne de « dix commandements » fondamentaux, qui régissent le comportement des sapelogues et résument leurs valeurs :
Claude Aveline Claude Aveline, né Eugène Avtsine dans le le et mort dans le le , est un écrivain, poète et résistant français. Biographie. Jeunesse. Eugène Avtsine naît le 19 juillet 1901 à Paris au 12 bis de la rue François-Miron. Ses parents, Georges Avtsine et Cécile Tchernomordik, tous deux juifs russes, sont nés en 1865 et se marient en 1889 à Vitebsk. Georges Avtsine est alors commis de banque à Liepāja, sur les rives de la Mer Baltique. En 1891 ils fuient, avec Albert cadet de Georges, la ségrégation dont ils sont victimes dans l'Empire russe. Installés à Paris rue François-Miron, Cécile et Georges Avstine cuisinent des repas et les servent à des étudiants russes et français. L'un d'eux conduit Georges Avstine chez Arsène d'Arsonval qui lui suggère d'ouvrir un atelier pour y fabriquer des isolants en mica. La famille Avstine ouvre ainsi un atelier dans une cour du 12 avenue des Gobelins et obtient en 1905 la nationalité française. De 1907 à 1915 Eugène Avtsine fait ses premières années d’école à Paris au lycée Henri-IV. Ses parents s’installant à Versailles, il suit alors des cours au lycée Hoche. Pendant la Première Guerre mondiale Eugène Avtsine est durant l'été 1915 aide-infirmier volontaire à Dinard puis il entre au lycée Janson-de-Sailly. Mais sa santé se détériore et il doit abandonner ses études. Les reprenant, il n’ira pas au bout et séjourne en 1918 et 1919 au Cannet près de Cannes. C’est là qu’il commence d’écrire et adopte le pseudonyme de Claude Aveline qui deviendra son nom à l'état civil dans les années 1950. Premières publications. 1919 voit paraître ses premiers poèmes en revues. Un ami, le peintre Robert Le Veneur (René Robert Jaeger, 1890-1976), le présente au célèbre écrivain Anatole France, qui le soutient jusqu'à sa mort en 1924. Claude Aveline ne cessera de servir l’œuvre et la mémoire d'Anatole France, notamment par la célébration de son centenaire en 1944 à travers le monde comme un symbole de la Libération, et la réunion de ses articles politiques et sociaux ("Trente ans de vie sociale", 4 volumes). En 1920 une rechute conduit Claude Aveline à la montagne. À son retour à Paris il devient le secrétaire d’un érudit, fondateur de la première collection pour bibliophiles modestes, faisant ainsi son apprentissage d'éditeur d’art, ayant décidé de l’être à son tour, et répond à une invitation qui lui est faite d’écrire la "Merveilleuse Légende du Bouddha". Exempté de service national, il peut mettre en route les premiers volumes qui paraissent en 1922 chez et lui vaudront d'être appelé . En huit ans il publie une cinquantaine d'ouvrages, notamment dans sa « Collection philosophique » dix volumes de Saint-Evremond, Voltaire, Diderot, Renan, France, Remy de Gourmont, Maeterlinck, André Gide, Valéry, Duhamel. Après un nouvel accident de santé en 1923, Claude Aveline séjourne quatre ans à Font-Romeu dans les Pyrénées où il rencontre un jeune malade, le cinéaste Jean Vigo qui y soigne sa tuberculose et qu'il soutiendra jusqu'à sa mort en 1934. Après le décès de la femme de celui-ci, peu avant la guerre, il deviendra le tuteur de leur petite fille Luce Vigo (née en 1931) et fondera en 1951 le prix Jean-Vigo dont il présidera le jury durant vingt-cinq ans. Claude Aveline, secrétaire d'Adolphe Van Bever en 1920, est très proche de l'écrivain et poète Philéas Lebesgue (1869-1958) à partir de 1922. Tous deux rédacteurs au "Mercure de France", ils se retrouvent à Paris et entrent en relation avec l'éditeur André Delpeuch. Aveline, en compagnie de sa première épouse, vient voir Lebesgue sur son lieu de travail à La Neuville-Vault dans l'Oise en . Philéas Lebesgue traduit du portugais "Le Roman d'Amadis de Gaule" (reconstitution du roman portugais du par Affonso Lopes Vieira) et c'est Claude Aveline qui édite sa traduction en 1924 (222 p.). Claude Aveline et Philéas Lebesgue échangent une importante correspondance de 1922 à 1938. L'accueil fait à ses premiers romans amène en 1932 l'éditeur à fermer boutique au profit de ses propres ouvrages et de son goût pour la critique cinématographique. Alors qu'on attend de lui le tome II de sa "Trilogie", "La Vie de Philippe Denis", Claude Aveline écrit, passant des journées à la préfecture de police, un roman policier à la préface péremptoire (« Il n'y a pas de mauvais genres, il n'y a que de mauvais écrivains »), "La Double Mort de Frédéric Belot" qui donne au genre policier « ses lettres de noblesse » (Boileau-Narcejac). À partir de 1934, dans des années d'agitations politiques et sociales, il est, sans adhérer à aucun parti mais « compagnon de route » du Parti communiste français, présent au procès des mineurs d'Oviedo (1935), à la manifestation à Paris du Front populaire le aux côtés de Clara et André Malraux, Léo Lagrange et Jean Cassou. Il est l'exécuteur testamentaire de Jean Vigo et s'occupe de sa fille Luce Vigo. Il participe à la constitution des Maisons de la Culture et intervient dans de nombreux meetings et congrès, comme celui des Écrivains pour la défense de la culture à Valence et Madrid en pleine guerre civile (1937), ses discours composant plus tard le recueil des "Devoirs de l'esprit" (1945). Claude Aveline publie aussi un roman "Le Prisonnier" (1936) dont on a pu soutenir qu'Albert Camus s'était inspiré pour son premier roman L'Étranger"," puis un nouveau policier" ()." Pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1939, Claude Aveline, mobilisé sur sa demande, s'attache à Versailles à Nicolas Grésy, qui deviendra son fils adoptif (disparu en 1977). Réformé définitivement, il fonde dès août 1940 avec Jean Cassou et Marcel Abraham, « déchus » de leurs fonctions publiques, un petit groupe qui entre bientôt en relations avec le « réseau du musée de l'Homme », organisé par Boris Vildé et Anatole Lewitsky. Un agent français de la Gestapo va démanteler le réseau : plus de cent arrestations au cours de 1941, dix condamnations à mort et sept exécutions en 1942. En 1941 Aveline quitte Paris pour retrouver à Lyon, en zone libre, Louis Martin-Chauffier. Installés à Collonges-au-Mont-d'Or, leur maison deviendra l'un des principaux lieux de rencontre de cette zone. Simone Martin Chauffier évoquera son rôle dans ses mémoires "À bientôt quand même" (Calman Lévy, 1976). Claude Aveline participe à la fondation du journal "Combat" et s'emploie à mettre en contact des mouvements clandestins de plus en plus nombreux. "L'Abonné de la ligne U", troisième des policiers, qu'il écrit alors se heurtera au refus de la censure allemande et ne paraîtra qu'après la Libération. En 1943, la France entière occupée, Aveline entre en clandestinité sous le nom de Louis-Marie Martin grâce à un livret militaire périmé, échappe par miracle en avril 1944 à une arrestation et rejoint Arras. La même année, il publie sous le pseudonyme de « Minervois » "Le Temps mort" aux Éditions de Minuit qui ont été fondées par son ami le dessinateur Jean Bruller, qui sera connu sous son nom de plume Vercors, l'auteur du "Silence de la mer". Il avait déjà publié en 1937 un conte, "Baba Diène et Morceau-de-Sucre" dont Jean Bruller avait réalisé les dessins. Retour à la littérature. Claude Aveline reprend à La Libération ses activités : écrits de circonstance, manifestations autour d'Anatole France, conférences à l’étranger (toute l’Afrique-Occidentale française (AOF) en 1946 pour l’Alliance française, puis le Proche-Orient). En 1948, il est l'un des premiers titistes après l'excommunication stalinienne et séjourne deux ans plus tard en Yougoslavie. Membre du Comité national des écrivains dès 1944, il en démissionne en 1953. Les accidents de santé l’accompagnent (énucléation de l’œil droit). Le PCF, dont il est présenté comme un "compagnon de route" est alors indisposé par la préparation de "La Voix libre", cosigné aussi par les résistants Vercors (écrivain), Jean Cassou, et Louis Martin-Chauffier, qui ne put paraître qu’en 1951, car il accuse ce parti de vouloir museler ses "compagnons de route" du monde intellectuel. Claude Aveline venait de prendre la tête de la commission internationale contre le régime concentrationnaire (CICRC), constituée à Bruxelles en octobre 1950 avec également les résistants Germaine Tillion et Louis Martin-Chauffier, autre contributeur prestigieux au recueil via le chapitre "Le faux dilemme" au moment où cette nouvelle CICRC demande à Moscou une enquête sur les camps de dissidents. Claude Aveline reçoit en 1952 le grand prix de littérature de la SGDL pour l’ensemble de son œuvre. Il est membre du Conseil exécutif de la Société européenne de culture, fondée à Venise en 1950 par Umberto Campagnolo, qui, en pleine guerre froide a pour action d'instaurer le dialogue entre les peuples. Les deux derniers tomes de sa "Trilogie" paraissent en 1952 et 1955. Il se tourne alors vers l'art radiophonique ("Le bestiaire inattendu" et "C'est vrai, mais il ne faut pas le croire" qui lui vaut le prix Italia). Pendant les vingt années suivantes, il poursuit ses expériences dans tous les genres que peut proposer le micro. En 1976 la Société des auteurs dramatiques lui décerne son prix de la Radio. En 1957 il publie "Les Mots de la fin", 750 paroles de mourants célèbres, dont 150 ont fait l'objet de chapitres lus d'abord sur les ondes par l'auteur. À partir de 1956, Claude Aveline demande à ses amis peintres de dessiner ou peindre le "Portrait de l'Oiseau-Qui-N'Existe-Pas", poème qu'il a écrit en 1950, traduit par la suite en 55 langues (repris dans "De"). À travers ses 108 portraits par des artistes aussi différents qu'Henri-Georges Adam, Atlan, Bertholle, Bissière, Chastel, Devoucoux, Gischia, Prassinos, Music, Singier, Vieira da Silva ou Jacques Villon, l'ensemble constitue, sur un seul thème autour duquel se réunissent figuratifs et surréalistes, non figuratifs et abstraits, une anthologie unique de la peinture des années 1950-60. En 1963 Aveline en fait don au Musée national d'art moderne de Paris où elle est exposée, avant de rejoindre le Centre Pompidou qui la présente à nouveau en 1978. Près de vingt ans plus tard un second ensemble comptera 86 portraits, représentatifs des années 1970-80. En 1970, "L'Œil-de-chat", dernier de ses policiers, apparaît le plus « classique » de la "Suite". En un long poème "Monologue pour un disparu" Aveline évoque en 1973 son ami intime Jacques Lion, assassiné à Auschwitz. La même année "Le Haut Mal des créateurs" se veut une « méditation polémique » sur l'évolution des lettres, et des arts dans les années 1960. À partir de 1974 Claude Aveline entreprend des mémoires. Au cours d'une tournée en 1960 au Canada la traversée des Rocheuses en train lui procure une vision fantastique qui l'obsédera durant quinze ans avant de devenir "Hoffmann Canada", une pièce radiophonique, puis en 1977 son dernier roman. En 1978, Claude Aveline constitue un fonds à la bibliothèque de Versailles qui rassemblera ses ouvrages, ses manuscrits, ses livres dédicacés, sa correspondance, la dizaine de milliers de volumes de sa bibliothèque et son buste réalisé par Zadkine, dernière œuvre du sculpteur (, constatait-il douloureusement dans un hommage écrit après sa disparition en 1967). Il était membre du comité d'honneur de la Maison internationale des poètes et des écrivains à Saint-Malo Dernières années. Dans les années 1980, alors qu'une trentaine de ses livres sont édités ou réédités, notamment les policiers dans des collections de poche, Claude Aveline termine une « biographie imaginaire », "Trésors de la Connivence. La vie et l'œuvre du Lembourg", ajoute aux réflexions d"'Avec toi-même et coetera" les remarques "De fil en aiguille aux Apprêts de l'Après", publie un ultime hommage à son maître, "Anatole France Le Vivant", poursuit ses mémoires et reçoit le prix international de la Société européenne de Culture (1986). À partir de 1968, Aveline pratique ce que Jean Cassou nomme la « peinture au feutre » et réalise des centaines de dessins qui seront exposés dans des galeries parisiennes, à Bruxelles, Ljubljana, Zagreb ou Belgrade. , dit-il, alors qu'il les mêle en faisant dialoguer l'image et le titre, souvent humoristique, qu'il lui donne, véritable « petit poème en soi ». Une rétrospective en est présentée en 1991 au musée Bourdelle à Paris, à quelques mois de sa disparition. Œuvres. Sont indiquées entre parenthèses les dates d'écriture des œuvres (d'après les indications de l'auteur), puis les dates de leurs premières publications et, éventuellement, des éditions les plus récentes. Poèmes. : source utilisée pour la rédaction de cet article Liens externes.
Louis Scutenaire Jean Émile Louis Scutenaire (Ollignies province de Hainaut, le - Bruxelles, le ) est un écrivain et poète surréaliste belge d'expression française. Biographie. Louis Scutenaire est né à Ollignies, près de Lessines. Son père, Victor Scutenaire est employé à la Caisse d'épargne, sa mère, Louise Liégeois, fille d'un receveur des contributions. Selon la tradition familiale, son grand-père paternel est natif de Montpellier (rue du Petit-Saint-Jean). Sa grand-mère paternelle naît à Cordoue (barrio de la Merced) en Andalousie vers 1860, son grand-père maternel à Saint-Pancré en Lorraine, de parents venus du Quercy. Sa grand-mère maternelle est issue d'une famille de fermiers de Ville-sur-Haine, sa propre mère s'étant mariée à un Tsigane Kaldérash prénommé Damascène, abandonné et élevé dans sa famille. En septembre 1910 Louis Scutenaire entre à l'école primaire, lisant déjà les journaux ("Le Courrier de l'Escaut" et "L'Avenir du Tournaisis") et plus généralement tout imprimé (journaux de mode ou prospectus de produits agricoles). De 1911 à 1913 il est surtout élevé par les oncles, forgerons, de sa grand-mère paternelle. Il fréquente les enfants des ouvriers carriers. En 1914 et 1915 des officiers allemands, qui lui laisseront de bons souvenirs, s'installent chez les Scutenaire. Dès 1916 Louis Scutenaire écrit, sur les conseils de son instituteur, ses premiers poèmes. Il fréquente l'école moyenne de Lessines où les cours, les classes étant occupées par les Allemands, ont lieu dans un café et une petite fabrique d'allumettes. À partir de 1918 il fréquente différents établissements scolaires à Enghien, Ath, Soignies et Armentières dont, indiscipliné, il se fait régulièrement exclure. Dans la bibliothèque de son père il lit avec passion « Rimbaud, Vielé-Griffin, de Régnier, Aubier, Apollinaire, Levet, Mallarmé, Villon, Lautréamont, Cendrars, Hugo, Jarry, Dumas, Zévaco, Erckmann-Chatrian, Fantômas, Radcliff, Malot, Féval ». En 1919 une pleurésie l'immobilise longuement. Sa famille s'installe en 1924 à Schaerbeek, au 20 rue de la Luzerne et il s'engage dans des études de droit à l'ULB dont il ne fréquente guère les cours, préparant ses examens à l'aide des notes d'un camarade. Son père meurt en 1925, à 47 ans, d'une attaque cérébrale. En 1926 Scutenaire découvre chez le libraire Henriquez un écrit signé de Paul Nougé et Camille Goemans qui indique l'adresse du laboratoire de biologie où travaille Nougé. Scutenaire lui envoie alors quelques-uns de ses poèmes. En juillet Nougé, suspectant une farce, vient le rencontrer rue de la Luzerne, prend rendez-vous pour le dimanche suivant. Scutenaire fait alors la connaissance de Camille Goemans, René Magritte, E. L. T. Mesens et Paul Hooreman. Il fonde alors « La Société du Mystère » avec notamment Mesens, Nougé, Lecomte, voyage à Londres, à Edimbourg et, en novembre, en Pologne. En 1925 paraît la plaquette polycopiée "Patrimoine ou petite poésie", avec trois dessins de l'auteur, signée « Jean-Victor Scutenaire ». Scutenaire commence en 1928 à collaborer aux entreprises des surréalistes belges, cosigne le texte du catalogue de l'exposition de Magritte à la galerie « L'Époque », publie des petits textes dans « Distances » (numéros 1 et 3). Il rencontre chez Lecomte Irène Hamoir (Irine) qu'il épousera le . Ayant obtenu en 1929 son diplôme de docteur en droit, il est réformé, tente en vain de se faire envoyer au Congo. En 1931 et 1932 il effectue des stages, plaidant surtout au pénal et s'intéressant aux aliénés, nomades et « mauvais garçons ». Scutenaire et Irène Hamoir se rendent alors régulièrement à Paris où ils rencontrent, souvent au café du Dôme, à la Rhumerie Martiniquaise ou aux Deux Magots, les surréalistes André Breton, Paul Éluard, Benjamin Péret, René Char, Georges Hugnet, Léo Malet, Gilbert Lely, Marcel Duchamp, Picasso, Brauner, Picabia, Tanguy, Ernst, Miró, Oscar Dominguez. En 1933 Scutenaire et Irène Hamoir se lient d'amitié avec Paul Colinet. En 1934 Scutenaire participe à "Documents 34". Il écrit alors "Les jours dangereux - Les nuits noires", l'un des rares romans surréalistes qui, annoncé dans le "Dictionnaire abrégé du surréalisme", ne paraîtra qu'en 1972. Il signe en 1935 "Le Couteau dans la plaie", publié dans le numéro 3 du « Bulletin international du surréalisme » qui pour la première fois réunit les surréalistes de Bruxelles et du Hainaut mais refuse de signer en 1936 le tract "Le domestique zélé" contre André Souris, exclu du groupe. La plaquette "Les Haches de la vie" paraît en 1937 chez GLM (Guy Lévis Mano) avec un dessin de Magritte. Durant l'été Scutenaire séjourne avec Irène Hamoir chez René Char à Céreste en Provence et préface en décembre le catalogue de l'exposition "Trois peintres surréalistes" (Magritte, Man Ray, Tanguy) organisée par Mesens au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Scutenaire publie en 1938 et 1939 trois plaquettes et collabore au « London bulletin » dirigé par Mesens. En février et avril 1940 Scutenaire participe à "L'Invention collective" que crée Raoul Ubac, notamment avec un texte sur Louis Forton dont il admire Les Pieds Nickelés. En les Scutenaire quittent Bruxelles vers Paris et Bordeaux, rejoignent Magritte et Ubac à Carcassonne, rencontrent Joë Bousquet, Jean Paulhan, André Gide, retrouvent Fernand Dumont à Nice puis regagnent Bruxelles en octobre. Scutenaire entre en 1941 au ministère de l'Intérieur comme « commissaire-adjoint aux finances provinciales et communales » et y demeurera jusqu'en 1970. C'est en mai 1943 qu'il commence de noter ses "inscriptions" dont le premier tome est publié en 1945 sur proposition d'Éluard, avec le soutien de Paulhan et Queneau. Un deuxième volume doit suivre mais l'éditeur demandant la suppression de deux ou trois réflexions jugées trop libres, Scutenaire s'y refuse, refusant toute concession. « Gallimard avait accepté de publier le second volume, qui couvre les années 1945-1963. Mais je devais supprimer quatre inscriptions, que Monsieur Gaston avait trouvées grossières, plates, à la belge quoi. Les deux dont je me souviens sont celles-ci: la première avait le tort de s'attaquer à Madame de Lafayette à une époque où le petit monde parisien relisait son célèbre ouvrage : « Relu hier soir La Princesse de Clèves. Avec mon cul. » L'autre : « Je voulais écrire quelque chose sur le Rig-Véda. Mais je ne sais pas quoi. » Et chez Gallimard, on a cru que je raillais un de leurs collaborateurs, qui avait écrit sur le sujet. Quoi qu'il en soit, j'ai refusé. C'était tout ou rien. Ce fut rien. ». Alain Delaunois précise en note que ce collaborateur de Gallimard était Bernard Groethuysen. En 1947 Gallimard accepte en revanche de publier "Les Vacances d'un enfant", « récit mélancolique et véridique de vacances que je passai en 1915 chez une tante », comme le qualifiera bien plus tard Scutenaire. En 1948 il accompagne d'une préface ("Les pieds dans le plat") l'exposition à Paris des peintures non moins scandaleuses de la "période vache" de Magritte. À partir des années 1950 Louis Scutenaire collabore à de nombreuses revues, "La Carte d'après nature", (animée à Bruxelles par Magritte), "Les Temps mêlés" (de Jane Graverol et d'André Blavier, à Verviers), "Les Lèvres nues" (Marcel Mariën), "Rhétorique" (consacrée à Magritte par André Bosmans), "Phantomas", puis "Le Vocatif" (Tom Gutt), et écrit de nombreuses préfaces (Magritte, Jean Raine, Roland Delcol). Le deuxième tome de "Mes Inscriptions" est publié en 1976, grâce à Tom Gutt et Isy Brachot. Trois autres suivront. Louis Scutenaire (qui signe sa correspondance et se fait familièrement appeler « Scut ») meurt le alors qu'il regarde à la télévision un film sur son ami Magritte. Dans le legs "Irène Scutenaire-Hamoir", le couple n'ayant pas d'enfant, dont Tom Gutt est l'exécuteur testamentaire, aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique figurent les nombreuses œuvres du peintre (plus d'une vingtaine de peintures, d'une vingtaine de gouaches, d'une quarantaine de dessins, etc.) qui étaient aux murs de leur maison de la rue de la Luzerne, notamment : "Portrait de Nougé", 1927 ; "La Voleuse", 1927 ; "Découverte", 1927 ; "Personnage méditant sur la folie", 1928 ; "Portrait d'Irène Hamoir", 1936 ; "La Lecture défendue", 1936 ; "Bel Canto", 1938 ; "Les Grandes espérances", 1940 ; "La Cinquième saison", 1943 ; "Le Sourire", 1943 ; "La Moisson", 1943 ; "La Bonne fortune", 1945 ; "Les Rencontres naturelles", 1945 ; "Les Mille et une nuits", 1946 ; "L'Intelligence", 1946 ; "Le Lyrisme", 1947 ; "Lola de Valence", 1948 (dont les images sont visibles sur le site des Musées royaux des beaux-arts de Belgique). Semblablement la bibliothèque de Scutenaire, qui comprenait des milliers de livres souvent très rares, a été léguée à la Bibliothèque royale de Belgique. Louis Scutenaire a été choisi comme un des Cent Wallons du siècle, par l'Institut Jules Destrée, en 1995. L'œuvre. « Je ne suis ni poète, ni surréaliste, ni Belge », objecte un jour Scutenaire à la définition que proposent habituellement de lui les faiseurs d'anthologies. « Ni belge » : né en lisière de la Picardie, dont la langue et le parler sont pour lui « mère et père du patois et du jargon français », il aime évoquer un grand-père paternel natif de Montpellier, une grand-mère née à Cordoue ; du côté maternel un grand-père lorrain et la fille d'un Tsigane Kalderach. « Les oiseaux viennent d'ailleurs », écrit Scutenaire : il y a en lui une dimension quasiment génétique de l'ailleurs. « Ni poète, ni surréaliste : il suffit de lire mes productions pour s'en rendre compte », note-t-il encore. Surréaliste, il ne l'est guère au sens de l'orthodoxie parisienne. Après avoir rencontré Paul Nougé dès 1926 puis Magritte dont il demeurera le complice majeur, imaginant à ses tableaux bon nombre de leurs titres, il est vrai qu'il fréquente quelques années plus tard à Paris le groupe d'André Breton. Ce sont bien des "Textes automatiques" qu'il écrit en 1931 et "Les Jours dangereux les Nuits noires", composés à partir de 1928, recensés dix ans plus tard par Breton et Éluard dans leur "Dictionnaire abrégé du surréalisme", constituent en effet l'un des rares récits surréalistes. Mais si ses poèmes ne cessent par la suite de baigner dans le climat merveilleux et l'érotisme joyeux d'un onirisme bousculant l'espace et le temps, c'est avec ses "inscriptions" une forme littéraire originale largement en marge du goût surréaliste qu'il découvre et dans laquelle il va construire l'essentiel de son œuvre. En 1943 Scutenaire commence de noter les sortes de maximes, aphorismes, historiettes autour d'événements vécus, de situations, de spectacles ou d'impressions, conversations ou réflexions, qui lui traversent l'esprit : il nomme "Mes inscriptions" le manuscrit, par sympathie pour Restif de la Bretonne qui avait intitulé ainsi le recueil de graffitis qu'il avait gravés sur les quais de l'Île Saint-Louis. Le monumental pêle-mêle qu'à la façon d'un journal Scutenaire édifie sous ce titre pendant plus de quarante ans ne s'apparente plus au surréalisme que par la vivacité d'une continuelle subversion. « Poète », il ne l'est pas ainsi au sens habituel du mot. « Ce qu'ils nomment sensibilité n'est qu'un système d'émois purement traditionnels », écrit-il. La poésie ne saurait être pour lui domaine réservé des émotions fines et des beaux vocables : « Le côté éloquence jaculatoire de presque toute la poésie française me prend à la gorge ». Il n'y a donc dans ses "inscriptions" aucun écart entre la poésie et la vie même : on y rencontre l'exceptionnelle volonté, impertinente et ingénue, de les rendre coextensives. Étonnement, tour à tour enjoué ou indigné, par le langage face au monde quotidien des choses et des êtres, et simultanément étonnement, à travers le monde et ses événements, face au langage, telle apparaîtrait la double démarche de Scutenaire en ses "inscriptions". Elles ne sont pas poétiques d'abord par leurs objets mais par la façon éruptive dont elles les disent. Et Scutenaire, chroniquement, parle de tout, de ce qui est considéré comme poétique et de ce qui ne l'est pas d'emblée, de ce que l'on n'aurait pas cru pouvoir l'être avec une telle évidence, de ce qui ne le sera jamais que par lui. Il parle de Dieu, quand il en a envie, dit-il, de ses papes et du désastre des religions. Des hommes, de ceux qu'il a connus dans son enfance à Ollignies, rencontrés au long de sa vie, tendrement appréciés, des boxeurs et des cyclistes, pour qui il éprouve une particulière sympathie, de ses semblables, les « gens simples » comme lui, et des autres, les « blindés ». De ses complices et de Magritte souvent. De l'essentielle « Lorrie », prénom qu'il a donné d'emblée dans ses écrits à Irène Hamoir, de ses gestes et de ses mots. « Ne parlez pas de moi, je suffis à la tâche », prévient Scutenaire, ou encore : « Je me suffis; parfois il y en a même trop ». Il ne cesse en effet de parler de lui-même (« J'ai un métier qui me tyrannise : moi-même. »), de ses états mentaux, de ses obsessions érotiques (« J'ai la tête pleine de filles, et le cœur et la peau »), de ses multiples « types de femmes », du grand nombre « des plus belles » qu'il a vues. « marxiste tendance Groucho », s'affirmant volontiers pro-bolchévique, pro-albanais avec l'âge, à vrai dire foncièrement anarchiste, Scutenaire exprime non moins régulièrement son espoir d'une révolution, son admiration pour la bande à Bonnot, sa vision consciemment manichéenne du monde, sa haine du « terrorisme capitaliste ». « Je veux l'égalité sociale absolue jusqu'à l'absurde parce que cet absurde le sera toujours moins que celui que je connais » écrit Scutenaire. Non sans avouer rêveusement plus tard : « C'est probablement par conservatisme que je reste révolutionnaire ». Il y a ainsi dans ses "inscriptions" bon nombre de joyeux blasphèmes : un irrespect fondamental des valeurs bourgeoises, religieuses, artistiques et morales. Scutenaire n'accepte guère le monde tel qu'il est (« Le régime capitaliste, ils appellent ça la civilisation. »), tel que l'ont fait les hommes, ou certains hommes en manipulant tant d'autres. Quelque chose s'est mal passé dans l'histoire de l'espèce qui « naquit sans doute de l'hystérie d'une gorille peladeuse ». Comme ce « cher Diogène », Scutenaire déteste, insulte les tabous et leurs faiseurs crapuleux, « les miséreux de l'art et du savoir, les débiles de la politique, les pleutres de l'argent, les gâteux de la religion, les hommes de main de la magistrature, les déments de la police, les bègues du barreau, les baveux du journalisme ». « J'ose m'exprimer ainsi », annonçait fièrement le bandeau de la première édition du premier volume des "inscriptions". La constante dénonciation de Scutenaire, loin de s'incarner dans les normes littéraires admises, s'inscrit à leur niveau même en une constante revendication, contre le bon ton, la mesure et les belles manières, du droit à l'à peu près et au langage pour le moins familier qui prend valeur polémique. Il ne perd pas de vue qu'il vit et qu'il écrit « sous la domination bourgeoise », dit-il dans la première inscription du second volume, notant ne faire jamais « un travail d'écrivain » mais conduire « poétiquement des entreprises anti-littéraires ». « J'ai quelque chose à dire. Et c'est très court. », écrit encore Scutenaire. Il y a une brièveté essentielle de ses "inscriptions", qui ne tient pas seulement à la paresse ou au dégoût de l'application que leur auteur avoue complaisamment : « Concis, par fainéantise probablement ». Comme d'autres surréalistes belges, il privilégie le texte discontinu, lapidaire, les fragments, les « monostiques », les slogans poétiques. Cette concision replace à l'origine même de la parole. Ses "inscriptions" ne se prétendent donc pas la révélation d'une sagesse : si certaines apparaissent bien comme les instants d'une réflexion, elles semblent aussitôt la miner dans le jeu humoristique des mots. « Je suis un Grec ancien avec le sens de l'humour », note encore Scutenaire, et sa définition est demeurée célèbre : « L'humour est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire ». Scutenaire ne craint donc jamais de prendre le parti des mots. Un de plus ou de moins dévie imprévisiblement la parole de son cours naturel, la signification s'affole : « gags métaphysiques » a-t-on dit. Ou bien c'est tout un proverbe, un lieu commun de la « sagesse des nations », que Scutenaire en le modifiant à peine gauchit et renverse, replace différemment au pied de la lettre, attentif aux mutations instantanées du connu en inconnu, du bon sens hypocrite en sottise, de l'apparente incongruité en insolente sagesse. Ainsi Scutenaire inscrit-il semblablement ses innombrables lectures en de brefs fragments, « collant », détournant ou parodiant, scutenairisant les auteurs les plus divers en donnant « son accent aux paroles des autres ». « Mes Inscriptions sont une rivière de Californie, il faut tamiser des tonnes de sable et de gravier pour trouver quelques pépites, voire des paillettes. Remarquez, sable et gravier ne sont pas matières inutiles ». On trouvera donc de tout chez Scutenaire, du badinage et des non-sens, des préciosités et des grossièretés, des contradictions, des « juxtapositions » préfère-t-il dire, ou des redites. Scutenaire ne s'en soucie : « Je me répète parce qu'on ne m'entend pas ». Dans le monde divers que proposent ses "inscriptions", au lecteur de disposer. « Quiconque, avec des ciseaux, de l'encre, du papier collant, pourra (…) faire disparaître les notes qui le gênent. Toutefois, qu'il prenne garde », conseille-t-il, ou plus simplement : « Lorsqu'une de mes inscriptions vous apparaît banale ou semble une redite, pensez que je ne l'ai pas écrite pour vous mais pour votre frère ou bien pour moi ». « Magritte est un grand peintre, Magritte n'est pas un peintre », inscrit Scutenaire. Un paradoxe semblable définirait son œuvre : Scutenaire est un grand poète, Scutenaire n'est pas un poète. En 2017, Lula Pena le chante dans son troisième album, "Archivo Pittoresco". Publications. Poèmes. Les poèmes anciens de Scutenaire ont été réunis dans : Des poèmes plus récents ont été publiés dans : "Mes inscriptions". Des fragments en ont paru dans un grand nombre de plaquettes et revues, notamment dans : Les "inscriptions" ont été intégralement publiées en cinq volumes : Voir aussi. Bibliographie. : source utilisée pour la rédaction de cet article
1er régiment d'hélicoptères de combat Le d’hélicoptères de combat de l'ALAT est créé le . Il reprend les traditions du puis aérien d'observation d'artilleriele qui s'est particulièrement illustré en Indochine, méritant six citations, dont quatre à l'ordre de l'armée puis deux à l'ordre du corps d'armée et l'attribution de la fourragère aux couleurs du ruban de la médaille militaire. Cette filiation est rappelée par l'inscription "Indochine 1946-1954" portée sur l'étendard qui a été solennellement remis au régiment le . Cité à l'ordre de l'armée, le régiment reçoit la Croix de guerre des TOE avec palme le . Le quartier La Horie à Phalsbourg où est stationné le régiment est en fait l'ancienne base aérienne de Phalsbourg-Bourscheid utilisée par l'United States Air Forces in Europe jusqu'en 1967. Cette base a été construite par des entreprises françaises pour les Américains en 1953. Création et différentes dénominations. du corps d'armée (GALCA 1) à partir de l'escadrille de liaison du corps d'armée de Nancy et du groupe d'aviation légère de l'Armée de terre de Rennes ; Historique des garnisons, combats et batailles du RHC et des unités dont il reprend les traditions. Depuis sa création. La régiment occupe l'ancienne base aérienne de Phalsbourg-Bourscheid - renommée "quartier La Horie" - depuis le . Faits d'armes faisant particulièrement honneur au régiment. « Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes » : La réserve. Le régiment détient également une Unité d'Intervention de Réserve, issue de la réserve opérationnelle : l'Escadrille de Défense et de Protection. Les réservistes sont entre autres employés en Opération Sentinelle et pour divers services régimentaires. Prenant part aux exercices de différents échelons, elle est pleinement intégrée dans le fonctionnement du régiment. En plus des périodes d'instruction, plusieurs formations se déroulent : telles que la Formation militaire initiale du réserviste, le certificat d'aptitude militaire élémentaire, le certificat d'aptitude technique élémentaire. Décorations. Le aérien d'observation d'artillerie s'est particulièrement illustré durant la guerre d'Indochine, ce qui lui a valu la Croix de guerre des TOE avec six citations, dont quatre palmes et deux étoiles de vermeil, et l'attribution de la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire (fourragère de couleur jaune et verte). Cité à l'ordre de l'armée, le régiment reçoit une nouvelle fois la Croix de guerre des TOE avec palme le pour son engagement dans la guerre du Golfe. Le , le régiment reçoit la Croix de la Valeur militaire avec palme pour son engagement dans l'opération "Harmattan" en Libye de mai à . Le , il reçoit une seconde palme sur sa Croix de la Valeur militaire pour son engagement en Côte d'Ivoire.
Serono Serono était une société de biotechnologie, fondée en 1906 en Italie, qui a transféré son siège mondial à Genève en 1977. Elle développait des produits pharmaceutiques et était le leader mondial dans le domaine des traitements contre l'infertilité avec 60 % de parts du marché. Elle se plaçait ainsi au mondial des sociétés spécialisées en biotechnologie. En 2006, l'allemand Merck KGaA a racheté 64,5% de la société pour 10,6 milliards d'euros et l'a intégrée dans son groupe sous l'entité Merck Serono. Histoire. La société Serono a été fondée par le docteur (1871-1952) qui, après avoir étudié la chimie et la médecine à l'université de Turin, a notamment effectué des recherches sur l'action thérapeutique de la lécithine ainsi que du cholestérol et de ses dérivés. Dans le même temps, il fonde un laboratoire de production à Turin, sous la raison sociale de Dott. Cesare Serono e C., qui devient en 1906 l'Istituto Nazionale Medico Farmacologico Serono avec transfert du siège social à Rome. La Bioplastina devient rapidement le produit phare de la société. Dans les années 1920, il s'en vend plus de 1,3 million de boîtes par mois. Il s'agit d'un fortifiant à base de lécithine et de lutéine. Dans les années 1930, Cesare Serono joue un rôle politique et est notamment nommé député pour le compte du Parti national fasciste tandis que Pietro Bertarelli devient directeur général de la société en 1935 (jusqu'en 1965) . La société passe sous le contrôle de la banque du Vatican qui produit à partir de 1949 un médicament contre l'infertilité, la , à partir de l'urine de femmes ménopausées. Après quelques améliorations, ce produit devient un grand succès sous le nom de Pergonal et une succursale est ouverte aux Etats-Unis à Boston en 1971. Fabio Bertarelli, directeur de 1965 à 1996, acquiert le contrôle financier de la société en 1974 puis transfère son siège social à Genève en 1977 et installe quatre laboratoires en Suisse romande à partir de 1984 (Aubonne, Coinsins, Corsier-sur-Vevey, Genève) ainsi qu'un site de production à Bari en 1991, notamment pour le Saizen (somatropine pour traiter les retards de croissance). Dona Bertarelli et Ernesto Bertarelli héritent de la société. Ernesto Bertarelli dirige la société de 1996 à 2006 et en fait une véritable multinationale cotée à la bourse de New York et au SMI. Sous sa direction, le chiffre d'affaires passe de 1,1 à 3,3 milliards de francs pour 4600 employés. Le Rebif, un interféron bêta utilisé contre la sclérose en plaques, assure alors plus de la moitié des ventes. Toutefois, la société est mise en vente à la fin 2005 après avoir été condamnée à payer une amende de 704 millions de dollars aux Etats-Unis pour des fraudes sur les modalités de vente du Serostim, une hormone de croissance recombinante utilisée contre la perte de poids. L'entreprise fait alors également face à la faiblesse de son pipeline de nouveaux produits combinée à l'arrivée prévisible de produits venant concurrencer le Rebif. Le , Serono est vendue pour une somme qui atteindra finalement 16,6 milliards de francs au groupe allemand Merck dont près de 10 milliards pour la famille Bertarelli. Intégrée dans la division biopharmaceutique de Merck, la filiale issue de la fusion porte depuis lors le nom de Merck Serono. Sites. Au début du XXIe siècle, la société disposait d'établissements dans les villes suivantes :
Association des écrivains et artistes révolutionnaires L'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), créée en France en mars 1932, est une section de l'Union internationale des écrivains révolutionnaires (UIER), fondée à Moscou en novembre 1927. À sa tête furent placés Paul Vaillant-Couturier, Léon Moussinac, Charles Vildrac et Francis Jourdain. Historique. Originellement Association des écrivains révolutionnaires (AER), elle a pour objectif de mettre en application et de promouvoir les principes littéraires déterminés au congrès de Kharkov de 1930. Alors que l'Union soviétique se dote d'une doctrine esthétique officielle, le réalisme socialiste, à la suite de la création de l'Union des écrivains soviétiques, l'AER s'étend au-delà de la littérature et devient l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR) en 1932. L'AEAR est placée sous la direction de Paul Vaillant-Couturier. Celui-ci en définit les principes qui régissent son positionnement politique et idéologique dans la préface d'une brochure éditée par l'association à l'automne 1933, intitulée "Ceux qui ont choisi. Contre le fascisme en Allemagne. Contre l'impérialisme français". Assouplissant par la même occasion sa ligne directrice initiale et élargissant son audience. Ces principes sont résumés ainsi : . Il n’y a pas d’art ni de littérature neutres. . Il faut organiser la littérature et l’art révolutionnaires qui existent en France pour mener la lutte contre la littérature et l’art conformistes et les tendances fascistes qui s’y font jour. . Il faut développer et organiser la littérature et l’art prolétariens qui sont en train de naître en France. . Il faut que l’interpénétration de l’art et de la littérature révolutionnaires et prolétariens traduisent  le rapprochement des intellectuels et des ouvriers. . L’art et la littérature révolutionnaires et prolétariens ne peuvent avoir pour but l'exposé permanent et schématique d’une thèse. . Les conditions économiques et politiques sont en France favorables au développement d’une action prolétarienne et révolutionnaire dans le domaine de l’art et de la littérature. Sous l'autorité tacite du Parti communiste français, l'association — de même que son organe "Commune" — avait pour mission de réunir, en un même groupe, les différents courants culturels qui, en France, questionnaient les rapports de l'engagement révolutionnaire avec la culture, ainsi que quelques compagnons de route. L'AEAR organise un « salon des peintres révolutionnaires » Porte de Versailles, à Paris, en janvier 1934. À cette occasion est édité un catalogue préfacé par le peintre Mathieu Rosianu, et qui renferme la liste des œuvres exposées de Carlu, Estève, Léger, Lhote, Lipchitz, Lurçat, Masereel, Pignon, Signac, Henry Valensi, etc., et quatre reproductions hors texte. L'association comporte une section photographique, mise en place dès sa création par Aragon et dirigée par Eli Lotar. Elle réunit alors Henri Cartier-Bresson, Henri Tracol, Brassaï, Dora Maar, André Papillon, Jacques-André Boiffard, Pierre Jamet, Claude Cahun, André Kertész, Pierre Ichac, Jean Painlevé, et René Zuber. Elle organise à Paris en juin 1935 une exposition collective intitulée « Documents de la vie sociale ». Elle a existé jusqu'en 1939. L'AEAR a été réactualisée un temps en 2006.
Saint-Léger-des-Vignes Saint-Léger-des-Vignes est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté. Géographie. Localisation. Saint-Léger-des-Vignes est située dans le sud de la Nièvre, sur la route départementale 981. Elle se situe à : Hydrographie. Elle se situe au point de départ du canal du Nivernais et en bordure de la Loire. Au confluent de la Loire et de l'Aron, et à la jonction du canal du Nivernais et du canal latéral à la Loire, c'est un véritable carrefour de voies navigables. Urbanisme. Typologie. Saint-Léger-des-Vignes est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Decize, une agglomération intra-départementale regroupant et en , dont elle est une commune de la banlieue. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Decize, dont elle est une commune du pôle principal. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de . Occupation des sols. L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (39,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (39,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (37,7 %), prairies (35,6 %), zones urbanisées (20 %), eaux continentales (3,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,9 %), zones agricoles hétérogènes (0,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,1 %). L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l'évolution dans le temps de l'occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Toponymie. Les collines de Saint-Léger sont exposées plein sud. C'est là que furent plantées les vignes qui donnèrent son nom à la ville. Saint-Leger-des-Vignes a porté plusieurs noms au cours des siècles : Histoire. Les verreries. C'est Bernard de Borniol, le , qui installe sa verrerie sur le site de Saint-Léger, . Elle fermera beaucoup plus tard en 1840. Mais une deuxième verrerie sera créée sur l'actuel emplacement du stade Fresneau. On y fabriquera des bouteilles jusqu'au , quand l'établissement ferma ses portes. L'usine de caoutchouc. C'est l'usine de caoutchouc implantée dans la ville voisine de Decize qui fera vivre Saint-Léger. Ouverte en 1942, l'usine de Kleber (devenue aujourd'hui Sumiriko) fera implanter le magnifique centre Fresneau, nommé ainsi depuis François Fresneau de La Gataudière, sur l'ancien emplacement de la verrerie des années 1930. Kleber-Colombes fera également construire par son architecte Otto Müller six villas modernes pour ses cadres en 1960. Population et société. Sports. Saint-Léger possède un complexe sportif important, le centre Fresneau où est notamment pratiqué le rugby. Les installations sportives du stade Fresneau sont parfois vantées comme les meilleures de toute la Nièvre. Des tribunes de places assises (dont 300 couvertes) sont bâties en 1951. Plusieurs sports y sont pratiqués sous l'égide de l'association omnisports Espérance Saint-Léger (ESL) (athlétisme, boxe, canoë/kayak, escalade, gymnastique, judo, tennis de table...), mais c'est le rugby à XV qui est le plus populaire. L'« Espérance Saint-Léger rugby » qui porte les couleurs de l'usine (orange et bleu) se hisse en National 3 dans les années 1980 et manque de peu l'accession à la National 2. En 2017, le club fanion de Rugby devient champion de France de série. En , après 21 ans de purgatoire, l'ESL Rugby retrouve la Fédérale 3.
Tomislav Dretar Tomislav Dretar, ou Thomas Dretart, né à Nova Gradiška en Croatie le , est un écrivain et militaire croate, naturalisé belge. Il est poète, professeur d'université, traducteur, auteur de critiques littéraires, journaliste et éditeur. Pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, il est commandant des forces armées croates de Bosnie-Herzégovine. Il habite aujourd'hui Drogenbos, près de Bruxelles. Biographie militaire. La catégorie de l'Officier : Éducation. Tomislav a fini la Faculté Pédagogique à l'Université de Rijeka et les études post-universitaires à l'Université de Sarajevo. Auteur et critique littéraire, auteur d'autour de dix recueils de poésies croate et cinq françaises à part de plus de trois cents textes scientifique, expert et textes critiques de beaux arts et de littérature, sociologie de la culture, philosophie et de sciences politiques. Origines. Fils de Ružica Rivić de Ljubija Rudnik dans la Bosnie-Herzégovine et Vladimir Dretar de Cernik République de Croatie. Sa mère a fini sa formation à l’École civile pour des Filles Catholiques de Prijedor à la Bosnie-Herzégovine et le père, après l'achèvement du Collège d'enseignement général supérieur de Nova Gradiška a inscrit l'étude de sylviculture à la Faculté de Sylviculture à l'Université de Zagreb. Mais en 1941, jeune patriote croate et non pas pro-Yougoslave ni communiste, il part pour l'éducation militaire à Stockerau où il reçoit le titre de sous-officier. Il est un sous-officier dans la SS - Division bleu pour quelques mois à peu. Puis il a déserté de là à cause du traitement humiliant de Croates par des officiers allemands. En son absence, une cour militaire l'a condamné à la mort. Il s'est sauvé en un volontaire Ustashi où il reçoit le titre de deuxième lieutenant. De là il déserte à cause du comportement inhumain des soldats Ustasha et des commandants contre les non-Croates et, de nouveau en son absence, est condamné à mort. Il s'est dissimulé dans l'Armée croate régulière - Domobrani, au grade de lieutenant, il était le commandant de station militaire de Vrba. Après la chute de Nova Gradiška, sa ville natale, il recule avec le reste de l'Armée croate et disparaît à la tragedie de Croates près de Bleiburg. Éducation. Tomislav, son fils, a fini la Faculté Pédagogique à l'Université de Rijeka et les études post-universitaires à l'Université de Sarajevo. Auteur et critique littéraire, auteur de dix collections de poésies et plus de trois centaines articles scientifiques, et textes critiques de littérature, sociologie de la culture, philosophie, beaux-arts et science politique. Il s'oppose ouvertement à Boban et à la création d'un quasi État croate, nommé "Herzeg-Bosnie" (Herzeg=le titre de duc Stipan Kosača) dont le fief médiéval obtient le nom la Herzégovine, parce qu'il appartient à Herzeg(le Duc) était réunie à la Bosnie), parce que c'était la même chose que les Tchetniks faisait en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Les compagnons de Boban ont essayé de l'assassiner plusieurs fois, mais il réussissait toujours s'esquiver de là. Il a participé aux premiers combats de l'armée qui a été organisée sur la base de son projet. Il a réussi dans la construction d'un rapport de confiance mutuelle et l'égalité avec le composant bosniaque. Tomislav Dretar a établi et a aligné le dans les baraques "Zrinski-Frankopan" dans Bihać dans la banlieue de ŽEGAR le premier bataillon de Croates de Bihać appelé "le 101 bataillon croate de Bihać". Il est entré dans le groupe de la Deuxième brigade croato-musulman de Bihac, qui faisait partie du Corps de l'Armée de Bosnie-Herzégovine nommé "la 502 Brigade de Croato-Musulman de Bihać". Puis il a organisé le sauvetage de deux avions à piston de type Courier, qui avait de grand avantage pendant la guerre pour fournir l'armée de nécessaires. Il a géré l'organisation de la création d'une Armée de l'air et l'accomplissement des premiers vols sur la ligne de Zagreb-Bihać, la nuit, en secret. Fin de carrière politique et militaire. Seul contre tous. À cause de son conflit avec les avocats de la division de la Bosnie-Herzégovine et les oui-hommes de Tuđman, il a abandonné la tenue de tous les postes politiques et militaires. Avec l’aide de la CEE Observateurs il part à l'exil en Belgique, où il vit aujourd'hui. Il vit en conviction que Tuđman a travaillé sur la conquête de la Bosnie-Herzégovine, qu'il est coupable pour la guerre croato-bosniaque, qu'il a volé la Croatie et l'a distribuée comme sa propre propriété aux mains de ses oui-hommes. Et aussi, il pense que Tuđman est l'inspirateur d'action des meurtres de généraux de HOS (les Forces de Conseil croate de Défense) Blaž Kraljević et Ante Paradžik. Qu'il ait organisé des lignes secrètes de commande et qu'il a travaillé d'accord avec Milošević et son domestique Izetbegovic qui a, quant à lui, trahi la Bosnie-Herzégovine et avec ces deux hommes projetés et a effectué le plan de déchirer la Bosnie-Herzégovine. Ancien combattant. Après l'arrivée à l'exil en Belgique Tomislav est employé à l'Université catholique de Louvain. Il a traduit les deux Bibles les plus respectables, le la Bible de Jérusalem et la Traduction œcuménique de la Bible en bosnien, croate et serbe. Il a aussi rédigé la première traduction du Coran en croate dans l'histoire de contacts de Croates avec l'Islam. Il a publié plus de dix livres des traductions d'auteurs d'expression françaises et sept de ses livres propres en langue française. Il a eu deux patries : la Croatie, de son père et la Bosnie, de sa mère. Il a aimé tous les deux, il serait parti à la guerre pour tous les deux et a perdu tous les deux...
Julien Sorel Julien Sorel est le héros du roman "Le Rouge et le Noir" de Stendhal, paru en 1830. Dans ses premières versions, l'œuvre devait porter pour titre son seul prénom. Parcours. Il naît aux Verrières, petite ville imaginaire du Doubs, mais ces indications géographiques n'ont aucun caractère réaliste. Fils d’un charpentier, méprisé par son père et ses frères pour sa faiblesse physique () et son goût des livres, il se passionne pour Napoléon. Le curé du village, l'abbé Chélan, lui enseigne le latin, ce qui lui permet de devenir précepteur des enfants du maire des Verrières, M. de Rênal. Il entreprend ainsi son ascension sociale en sortant de sa condition d'enfant du peuple mais en étant confronté aux classes dominantes de la province au moment de la Restauration. Il est à la fois domestique, comme le Rousseau des "Confessions", et en ascension vers un statut de clerc, rêvant plus tard d'accéder au pouvoir social par "le Rouge" de l'uniforme militaire ou par "le Noir" du clergé. Ce personnage de roman fait un autre apprentissage : celui de la séduction, qui renvoie aussi au jeune Rousseau et à sa rencontre avec de Warens, sensiblement plus âgée que lui. Julien rejette les avances de la servante et choisit le défi social de la conquête de la douce et fragile de Rênal. Sa fougue romantique le mènera au succès sans que Stendhal approfondisse exactement ses sentiments pour de Rênal dont l'amour pour le jeune homme est plus clair. Cependant la scène, au début du roman, où Julien s'impose l'enjeu de saisir la main de de Rênal à la faveur du soir, montre très clairement la psychologie du jeune homme. La scène de séduction est décrite, au travers de l'ironie stendhalienne, comme une scène de combat : « Au moment précis où dix heures sonneront, j'exécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle ». Chez Julien, grand admirateur de Napoléon, aucune décision ne se justifie sans l'idée de combat. Sa fierté s'explique par l'idéal guerrier qui transparaît ici : tout le roman se justifie d'après ce choix initial. Contraint par la morale sociale, il quitte sans grand tourment les Verrières et de Rênal effondrée. Il passe par le séminaire de Besançon et découvre les conflits de pouvoir dans le clergé avant de trouver une voie prometteuse en devenant, à Paris, le secrétaire du marquis de La Mole. Son intelligence et sa mémoire prodigieuse le mènent à de grands succès, tant dans les salons aristocratiques de Paris qu'en mission diplomatique à l'étranger. Mais peu à peu se noue un amour conflictuel avec l'orgueilleuse fille du marquis, Mathilde de La Mole qui est très amoureuse de Julien. Pour Julien, Mathilde est désirable parce que les autres la désirent. C'est le rang social de Mathilde qui pousse le jeune homme à accepter cette liaison. Mais celle-ci tombe enceinte : pour éviter le déshonneur, le marquis lègue une somme importante à Julien, qu'il fait lieutenant des hussards et fait anoblir sous le nom de Julien Sorel de La Vernaye. Mais le nouvel officier laisse basculer sa vie quand il tente de tuer, dans l'église des Verrières, de Rênal que son confesseur a contrainte à dénoncer l'immoralisme du jeune homme au marquis. de Rênal rend visite à Julien à la prison de Besançon. Cette entrevue réveille leur passion commune au détriment de Mathilde. Julien se préoccupe également de dénoncer la justice de classes de ses juges, et se drape dans une attitude de Révolutionnaire condamné pour son audace sociale, et non pour sa tentative d'assassinat. Il refuse de demander sa grâce et meurt dignement sur l'échafaud. Même au dernier instant, il définit sa mort comme la conséquence de son combat . Mathilde, imitant son ancêtre, fait de sa tête coupée l'objet d'un culte « romantique » et de Rênal meurt trois jours plus tard. Description. Au début du roman (chapitre IV), Julien est décrit en ces mots : Les sources du personnage. Antoine Berthet. La source la plus évidente est Antoine Berthet, le protagoniste scandaleux d'un fait divers criminel dont l'histoire sert de trame générale au roman de Stendhal. Sous Charles X, Antoine Berthet, fils de maréchal-ferrant, ambitionnant une ascension sociale rapide, passe d'abord par le séminaire avant de devenir le précepteur des enfants du maire de la petite ville de Brangues en Isère (non loin du lieu de résidence de la famille Beyle). Il a une liaison avec la mère de ses élèves, Michoud de la Tour, mais l'abandonne pour séduire une jeune héritière en se mettant dans les bonnes grâces du père, le comte de Cordon. Congédié et, pense-t-il, dénoncé dans ses agissements sans scrupule par son ancienne maîtresse, il tente de l'assassiner, le , lors d'un office religieux, à coups de pistolet avant d'essayer de se suicider : elle ne sera que blessée et lui aussi. Il sera condamné en cour d'assises à Grenoble et exécuté le . Ce fait divers dramatique marquera la mémoire locale par ses composantes sociales (le fils du peuple qui porte atteinte à la femme d'un notable), religieuses (l'ancien séminariste devenu assassin en pleine messe) et morales (attenter à la vie d'une femme, qui plus est mère de famille). Le scandale fut tel que l'église de Brangues fut rasée et reconstruite, sur ordre de M. Michoud de la Tour. La presse en rendra longuement compte, en particulier "la Gazette des Tribunaux" de Grenoble que lira Stendhal, peut-être chez sa sœur à proximité de Brangues : les antipathies d'Henri Beyle pour la ville et la société de sa région natale trouveront là un point de départ indiscutable pour son roman. Adrien Laffargue. Les historiens de la littérature proposent aussi une source voisine, celle d'Adrien Laffargue, ouvrier ébéniste de Bagnères-de-Bigorre, commune aujourd'hui située dans les Hautes-Pyrénées, séduit puis rejeté par une femme mariée, Thérèse Loncan. Par dépit il la tue de deux coups de pistolet ; jugé aux assises, il est condamné le à cinq ans de prison, le tribunal lui ayant reconnu des circonstances atténuantes. Stendhal fait lui-même semble-t-il référence à cette affaire dans "Promenades dans Rome" mais la piste reste pauvre, le fait divers demeurant quelque peu banal. Claude-Marie Guyétand. Au-delà du fait divers criminel, on a pu chercher une approche complémentaire en étudiant le parcours typique de beaucoup d'autres jeunes gens de l'époque de Stendhal qui rêvent d'ascension sociale et rejoignent la capitale et ses miroitements divers. Un rapprochement a été fait entre Julien Sorel et le cas particulier de Claude-Marie Guyétand qui eut quelque célébrité à la fin du avec son poème satirique "Le Génie vengé". Né en 1748 de parents serfs de l'abbaye de Saint-Claude dans le Haut-Jura, il passera par le séminaire de Besançon avant de devenir à Paris le secrétaire du marquis de Villette dont il accompagnera les ambitions politiques progressistes au début de la Révolution en revendiquant régulièrement son origine sociale populaire, notamment lors de l'abolition du servage en France qui n'interviendra que dans la nuit du 4 août 1789. Cette piste permet d'éclairer le choix de la Franche-Comté comme cadre de la première partie du "Rouge et le Noir" et la prise de position révolutionnaire tardive de Julien Sorel devant ses juges. Henri Beyle (futur Stendhal) a pu connaître, au moins indirectement, lors de son installation dans la capitale de 1802 à 1805, le poète jurassien qui continuait ses publications encore au début du en étant employé (en demi solde pour raison de maladie) au Ministère des Relations Extérieures alors que Stendhal, qui occupait lui aussi des fonctions dans l'administration, ambitionnait la publication de ses premiers textes et fréquentait les milieux littéraires. Son attention pour celui qui se revendiquait comme « le Serf du Mont-Jura » a pu également se nourrir du souvenir de sa traversée du Jura après son engagement dans l'armée de réserve lors de la campagne d'Italie en 1800 durant laquelle son régiment a dû passer par Dijon, Lons-le-Saunier, puis Saint-Claude pour atteindre Genève avant de traverser les Alpes au Grand-Saint-Bernard. La piste autobiographique. Elle est, elle aussi, à considérer favorablement : Julien et Henri sont tous les deux orphelins de mère et Julien, encore à demi-enfant, a une liaison vaguement incestueuse avec de Rênal, mère de famille attentionnée et donc maîtresse – au double sens du mot - du précepteur de ses enfants, ce qui peut renvoyer si l'on suit les psychanalystes à l'attachement très fort que Stendhal a gardé pour sa mère disparue. S'y ajoutent la haine du père tyrannique, l'admiration pour les Lumières et le respect pour Napoléon dont Stendhal ne se départira pas. Complétons par d'autres traits communs à l'auteur et au personnage : la même antipathie pour la bourgeoisie arriviste, la même condamnation des pratiques cléricales et la montée classique à Paris du jeune provincial qui recherche vie aventureuse et vie sociale dans la capitale. Stendhal qui fréquenta l'Hôtel de Castries en fait ici dans le Rouge et le Noir, ainsi que cinq ans plus tard en 1835 dans la Vie de Henry Brulard une description très précise. Jenrel, le double de Julien Sorel. Julien Sorel rapproche lui-même son nom de celui de Louis Jenrel, criminel dont un extrait de journal évoque l’exécution (livre premier, fin du ch.V : « Pauvre malheureux, son nom finit comme le mien… ») y percevant la préfiguration de son destin tragique. La proximité entre les deux noms est encore soulignée par l'exacte anagramme que constitue Louis Jenrel/Julien Sorel. Le nom Sorel. Il a été relié assez facilement au mot italien (langue chère à Stendhal) sorella qui signifie « sœur » et l'auteur insiste plusieurs fois dans le roman sur la délicatesse et la féminité de Julien (par exemple : « Elle trouvait l'air timide d'une jeune fille à ce fatal précepteur » Livre Premier ch. VI ), totalement opposée à la grossièreté de ses frères qui le méprisent. Julien Sorel serait la petite sœur, le vilain petit canard qui doit prouver sans cesse sa virilité, à lui-même et aux autres. Les assauts qu'il livre et la référence à Danton (Livre second, ch. XII et ch. XLII) vont assez clairement dans ce sens. Le nom de Sorel est bien sûr partagé par son père et ses frères, mais ils sont accessoires dans le roman. Françoise Paul-Lévy questionne par ailleurs longuement les origines de Julien: enfant trouvé, enfant adultérin de père noble… Le prénom Julien. Le titre initial du roman était tout simplement "Julien" et donc le choix de ce prénom a été questionné lui aussi : la piste là encore serait italienne. Pour Stendhal, passionnément ému par Florence, ce prénom de Julien renvoyait sûrement (parmi d’autres échos) à Julien de Médicis, le frère de Laurent le Magnifique, assassiné dans la cathédrale de Florence en 1478 par les hommes de main des Pazzi alors que son frère le duc échappait par miracle à la même mort. Les portraits posthumes de Botticelli représentent Julien, « prince de la jeunesse », avec les yeux clos des masques funéraires auxquels font écho ceux que Mathilde de la Mole fait « sculpter à grands frais en Italie » et que Stendhal mentionne en une ligne révélatrice à la toute fin du roman. Le rapprochement des détails physiques entre les tableaux de Botticelli et les notations de Stendhal est également assez frappant : « Des traits irréguliers, mais délicats, et un nez aquilin. De grands yeux noirs […]. Des cheveux châtain foncé, plantés fort bas, lui donnaient un petit front… […] Son air extrêmement pensif et sa grande pâleur…. » La proximité remarquable des Julien, fragiles cadets de famille, culmine dans cette destinée romantique qui bascule en pleine jeunesse par un meurtre dans la cathédrale : Julien de Médicis est mort à 25 ans et Julien Sorel évoque sa mort, qu'il a en fait recherchée, en disant au ch. XLIV : « Ainsi moi, je mourrai à vingt-trois ans ». On a ajouté pour consolider le rapprochement que de Rênal a également quelque chose des figures féminines de Botticelli et que la passion amoureuse des femmes du roman renvoie explicitement aux siècles de la Renaissance. C'est une piste raisonnablement stendhalienne…Citons en complément quelques lignes éclairantes du "Laurent le Magnifique" de Jack Lang : « Tout cela incite à penser, avec Machiavel, que le frère de Laurent incarne la figure du « mauvais archer » en politique. Faute d'ambition dans les fins, il ne sait atteindre la cible qu'il vise, et se trouve donc incapable de forcer la « fortune », comme un enfant doué qui manquerait de résolution et de constance ». Jean-Louis Cornille insiste quant à lui sur le lien avec saint Julien l'hospitalier qu'avait repéré en son temps Gustave Flaubert écrivant sa "Légende de Saint Julien l'Hospitalier", mais il reconnaît que la proximité de Julien Sorel avec Julien l'hospitalier n'est pas probante : « On ne trouve aucun indice chez Stendhal d'un intérêt quelconque pour saint Julien » (page 63)… Une autre piste pourrait être un autre Julien célèbre : l'empereur éphémère Julien. L'admiration de Stendhal (et de Julien Sorel) pour conforte ce rapprochement et on trouve par exemple un article de Jean-Gabriel Peltier publié en 1813 à Londres sur le destin parallèle des deux conquérants au destin de météore. Un héros romantique. Julien Sorel apparaît ainsi comme un héros romantique assez bien caractérisé, porté à la fois par la jeunesse, le déclassement, l'ambition et l'orgueil, le sentiment amoureux, l'apprentissage de soi et du monde avant de dresser sa propre statue de rebelle qui accomplit son destin tragique. Il est par là le frère d'Hernani ou de Ruy Blas et le cousin de Rastignac ou de Lucien de Rubempré qui sont des figures majeures du drame romantique hugolien ou du roman balzacien de la même époque. Mais la complexité du personnage de Stendhal ne se réduit pas à un adjectif et d'autres pistes mériteraient d'être explorées... À commencer par celle du joueur qui, pour une part, joue sa vie sur des coups de roulette, en misant tantôt sur "le Rouge", tantôt sur "le Noir"... Interprètes du rôle. Julien Sorel a été incarné dans des studios ou sur scène :
Psychrophile Un psychrophile (du grec , « le froid », et , « ami »), psychrotolérant ou cryophile (du grec , « froid ») est un organisme capable de vivre dans les mers polaires ou les abysses (90 % du volume des océans est en dessous de []), les sols gelés ou dans les glaciers. Des représentants de la majorité des taxons du vivant sont capables de vivre provisoirement dans des environnements dont la température se situe juste en dessous de , mais on ne les dit en théorie organismes psychrophiles que s'ils ont besoin de ces basses températures pour assurer tout leur cycle de vie (leur température optimale de vie doit être inférieure à et ils ne croissent pas ou meurent au-delà de ). On ne connait pas (en 2008) d'organismes capables de se reproduire en dessous de . Ce sont souvent des micro-organismes (bactéries et archées). Bactéries et archées psychrophiles. Classiquement, ces organismes se développent de manière optimale vers 15 °C avec une température maximale de croissance proche de 20 °C, mais ils peuvent encore vivre et se multiplier à . Ils sont trouvés dans des environnements comme l'eau de mer des océans Arctique ou Antarctique qui ne gèle pas à , dans des sols glacés et salés par exemple. Des membres du genre "Pseudomonas", de la famille des "Flavobacteriaceae", certains "Bacillus", certains "Clostridium", des "Psychrobacter", des "Arthrobacter" sont des exemples de bactéries psychrophiles. Certaines algues psychrophiles se développent dans ou sur la neige ou la glace des glaciers dans les régions polaires ou les montagnes. Quand elles se développent massivement, elles peuvent colorer de rouge ou vert la surface de la neige. C'est le cas de l'algue de neige, "Chlamydomonas nivalis". Mécanismes adaptatifs. Les micro-organismes psychrophiles possèdent des adaptations physiologiques et écologiques aux environnements froids. Le fonctionnement au niveau moléculaire des protéines et enzymes psychrophiles est étudié afin de mieux comprendre l'adaptation au froid et pour des applications biotechnologiques éventuelles. Les organismes psychrotrophes sont des micro-organismes possédant une bonne résistance au froid et pouvant croître à des températures comprises entre 0 et . Ils ont une importance en microbiologie alimentaire car ils peuvent se multiplier dans des environnements réfrigérés et causer des détériorations des aliments ou des pathologies humaines à la suite de la consommation de ces aliments contaminés ("Aeromonas", "Pseudomonas", certaines espèces de la famille des "Enterobacteriaceae" ou encore "Listeria monocytogenes"). Animaux. Des poissons prospèrent dans les eaux glacées de l'océan Austral et à proximité du talus continental de l'Antarctique. Ces poissons sont adaptés à ce type d'environnement extrême. Par exemple, les espèces de la famille des Nototheniidae sécrètent des protéines antigel et possèdent des activités enzymatiques plus efficaces que celles d'autres poissons. Les Channichthyidés quant à eux, ne possèdent pas d'hémoglobine dans leur sang, ce qui selon le Pr Guillaume Lecointre est l'unique exception chez les vertébrés. Le ver de glacier "Mesenchytraeus solifugus" peut tolérer une température jusqu'à sans congeler.
Stadsholmen Stadsholmen ("île de la Cité" en suédois) est une île située au centre de Stockholm en Suède. Elle forme avec les îles de Riddarholmen, à l'ouest, et de Helgeandsholmen au nord, la vieille ville de Stockholm dont elle représente la majeure partie avec ses 33 hectares de superficie. C'est sur cette île qu'est situé le palais royal.
Takao Kobayashi Takao Kobayashi (小林隆男) est un astronome amateur japonais né en 1961. Grâce à la technologie CCD, Kobayashi a découvert presque entre 1991 et 2002, dont les astéroïdes Amor (7358) Oze, , , et plusieurs astéroïdes troyens de Jupiter. Takao Kobayashi a également découvert la comète périodique 440P/Kobayashi, qu'il a d'ailleurs d'abord cru être un astéroïde. L'astéroïde (3500) Kobayashi a été nommé en son honneur.
Ned Kelly Edward Kelly, dit Ned Kelly est né à en Victoria (Australie) en ou selon certains historiens et exécuté le à Melbourne. Il était un célèbre bushranger, considéré par les uns comme un tueur de policiers de sang-froid et par d'autres comme une icône populaire, tant pour son côté Robin des Bois moderne, que pour sa résistance face aux classes dirigeantes anglo-australiennes et à l’abus de pouvoir des autorités. Biographie. Origine. Le père de Ned, John « Red » Kelly est un immigrant irlandais. Originaire de Tipperary (Irlande), il fut, comme de nombreux , déporté et emprisonné en Tasmanie en 1841, pour le vol de deux cochons. À sa libération en 1848 et après 7 ans de bagne, Red Kelly trouve du travail dans le village de Beveridge en Victoria à la ferme de James Quinn, originaire du Comté de Antrim (Irlande). À l'âge de 30 ans, il épouse la fille de son employeur : Ellen Quinn, âgée de 18 ans. De leur mariage, le , naîtront 8 enfants : Mary, Annie, Ned, Maggie, Jim, Dan, Kate et Grace. La famille Kelly déménagera notamment à Avenel et Benalla Route vers la notoriété. À l'âge de dix ans, Ned Kelly sauve de la noyade le jeune Richard Shelton, tombé dans les eaux de la "Hughes Creek" (alors en crue), située derrière la petite ferme familiale. En récompense, il reçut une ceinture verte par la famille du garçon, qu'il portait sous son armure lors de sa confrontation finale avec la police en 1880. Le contexte social est difficile. Dans ces terres reculées et réputées difficiles, les propriétaires terriens sont protégés par les forces de l'ordre. Les injustices sont nombreuses à l'égard des populations vivant de fermage. Soupçonnés de nombreux vols de bétail ou de chevaux, les Kelly ne sont jamais condamnés jusqu'à ce que Red Kelly soit arrêté pour une querelle avec son voisin sur l'appartenance d'un veau. Reconnu innocent du vol, mais coupable d'avoir supprimé la marque sur la peau, il a le choix entre une amende de vingt-cinq livres ou une peine de six mois aux travaux forcés. Sans argent pour payer l'amende, Red purge sa peine à la prison de Kilmore, ayant des conséquences fatales sur sa santé. Alors que Ned n'a que onze ans et demi, il doit quitter l'école lorsque son père décède à Avenel, le . La saga entourant Red Kelly, et son traitement par la police fera forte impression sur son fils Ned. En tout, dix-huit charges seront portées contre des membres de la famille immédiate de Ned avant qu'il ne soit déclaré hors-la-loi. Et seulement la moitié de ce nombre aboutit à un verdict de culpabilité. Il s'agit d'un rapport très inhabituel pour l'époque, et est l'une des raisons qui font penser que la famille a été injustement ciblée. À 14 ans, il est inculpé d'agression et de vol sur un travailleur chinois. Cela lui vaut d'être emprisonné pendant 10 jours, mais les charges qui pèsent contre lui sont abandonnées. Il est cependant considéré dès ce moment par la police comme un bushranger. L'année suivante, en 1870, il est arrêté et accusé d'être un complice de Harry Power, un voleur de chevaux, mais il est relâché par manque de preuves. En 1871, de passage à Glenrowan, il est arrêté et inculpé pour recel d'une jument "empruntée" par un de ses amis. Il explique ne pas savoir que le cheval était volé, mais est condamné à 3 ans de prison, il a 16 ans. Pendant sa peine de prison, ses frères Jim (12 ans) et Dan (10 ans) sont arrêtés avec un cheval qui ne leur appartient pas : pourtant prêté par un agriculteur pour lequel ils avaient fait quelques travaux, ils passent une nuit dans les cellules avant que le malentendu ne soit réglé. Jim est de nouveau mis en cellule 2 ans plus tard pour vol de bétail, mais non poursuivi par le propriétaire, il n'est pas condamné. À sa sortie de prison, Ned Kelly travaille avec George King, un Californien, avec qui sa mère s'est remariée. Plus tard, Ned le décrira comme un intelligent voleur de chevaux. Ned et sa famille continueront d'être suspectés de vol et arrêtés. Incident Fitzpatrick. Le , l'agent Alexander Fitzpatrick, 21 ans, entre dans le commissariat de Benalla, prétendant avoir été attaqué par Ned, Dan, et Ellen Kelly, ainsi que leur associé Bricky Williamson et le frère d'arme de Ned, Bill Skillion. Il montre une blessure au poignet gauche, expliquant avoir été touché par une balle. Fitzpatrick affirme alors que tous sauf Ellen Kelly étaient armés de revolvers. De leur côté les Kelly affirment que Fitzpatrick est venu dans leur maison pour questionner Dan à propos d'une affaire de bétail. Une fois présent, il aurait fait plus que des avances à Kate Kelly, ce à quoi sa mère aurait répondu par un coup de pelle à charbon sur la main gauche, avant que Fitzpatrick ne soit pris à partie par les hommes. Aucune arme, selon eux, n'aurait été utilisée lors de l'incident. Fitzpatrick aurait quitté la maison, soigné, prétendant que le conflit était clos. Il est plus tard exclu des forces de l'ordre pour ivresse et parjure. Lors de cet épisode, Ned se trouvait en Nouvelle-Galles du Sud. Williamson et Skillion sont arrêtés, Ned et Dan Kelly introuvables, Ellen Kelly placée en détention avec son bébé, Alice (encore en prison au moment de l'exécution de Ned, et décédée le ). Hors la loi. Doutant de pouvoir convaincre la police de la véracité de leur histoire, Dan et Ned Kelly se cachent, et sont rejoints par des amis : et . Dans leurs cavales, ils tombent par hasard sur leurs poursuivants à Stringybark Creek. Considérant leurs faibles chances de survie, ils décident de les désarmer et de leur prendre leurs chevaux. L'attaque tourne mal, trois des quatre policiers sont abattus, le dernier fuyant sur un cheval blessé. En réponse à ces meurtres, le parlement de Victoria adopte la "Felons' Apprehension Act" qui met la bande hors-la-loi et permet à toute personne de les abattre. Après la tuerie de Stringybark, le gang commet deux cambriolages de grande envergure, à Euroa, Victoria le et Jerilderie, Nouvelle-Galles du Sud le . Lors de la deuxième attaque de banque, ils font prisonniers les deux policiers de la ville, les enferment dans leur propre prison et s'habillent avec leurs uniformes, puis expliquent aux habitants qu'ils sont des renforts de police venus pour les protéger contre une attaque annoncée de la bande de Ned Kelly. Ils en profitent pour attaquer la banque locale, s'emparent de 2 000 £, puis vont au bureau de poste pour détruire les lignes télégraphiques, prennent une trentaine d'habitants en otage dans l'hôtel du village où ils passent la nuit. C'est dans cet hôtel que Kelly écrit sa célèbre "lettre de Jerilderie", où il se plaint du comportement du gouverneur de l'État de Victoria vis-à-vis de sa famille et des malheureux colons irlandais comme lui. Il essaie de faire imprimer sa lettre par l'imprimeur local qu'il ne peut réussir à trouver, et doit se contenter de la remettre à un de ses otages avant de repasser la frontière et de retourner au Victoria. Leur stratégie consiste en une prise d'otages pendant le vol des coffres-forts . En , la police arrête tous les amis et sympathisants de Kelly, ils sont détenus pendant trois mois sans aucune charge. Cette action suscite un mécontentement contre l’abus de pouvoir du gouvernement, et conduit à une condamnation dans les médias ainsi qu'une vague de soutien pour la bande. Ces soutiens sont un des facteurs qui permettent à la bande de Ned Kelly d'échapper longtemps aux forces de l'ordre pendant leur cavale. D'autant plus que Kelly a profité des attaques de banques pour brûler les prêts hypothécaires faits à la banque par les habitants. La même année, la tête des gangsters est mise à prix pour 8 000 livres (une somme qui vaudrait plus de 300 000 € aujourd'hui). Alors que la mise hors-la-loi et le statut de gang expirent le , la bande découvre que Aaron Sherritt, ancien meilleur ami de Joe Byrne, est un informateur de la police. Dan Kelly et Joe Byrne le suppriment ce jour-là. La découverte du traître apparaît comme une manœuvre de la police. Dernière aventure. Le Gang Kelly arrive à Glenrowan le , prend environ soixante-dix otages à l'auberge. Le choix de cette ville n'est pas anodin, car ils savent qu'elle est sur le chemin d'un train de voyageurs qui transporte un détachement de police. Dans le but de le faire dérailler, ils ont tordu plusieurs rails. Dans l'attente, les membres du gang se sont équipés d'une armure faite maison pour les protéger des balles, tout en laissant les jambes sans protection. Les quatre hommes se sont aussi fabriqué des heaumes. Chaque armure pèse environ 96 livres (44 kg). Tous portaient des manteaux de coton gris par-dessus leurs armures, atteignant leurs genoux. Le gang Kelly attend bien retranché dans l'auberge de Glenrowan, alors que la tentative de faire dérailler le train de la police échoue à cause du maître d'école Thomas Curnow, qui a été libéré. Curnow a convaincu Ned Kelly de le laisser partir, et, dès sa liberté retrouvée, il s'est empressé d'alerter les autorités en se tenant debout sur la ligne de chemin de fer, agitant une lanterne enveloppée dans son écharpe rouge. Le train immobilisé, les policiers mettent le siège devant l'auberge à l'aube du lundi . Après un échange de coups de feu, Ned Kelly marche vers les assaillants, armé de son fusil. Son armure et son heaume marchent à merveille, mais touché aux jambes, il tombe et est assommé d'un coup de fusil. Les autres membres du gang Kelly décèdent tous à l'auberge : Joe Byrne meurt à la suite de la perte de sang au niveau de l'artère fémorale d'une blessure par balle alors qu'il aurait atteint le bar pour un verre de whisky, Dan Kelly et Steve Hart se suicident (selon le témoin Matthew Gibney). Aucune autopsie n'est effectuée pour déterminer la cause de la mort, en effet leurs corps ont brûlé lorsque la police a mis le feu à l'auberge. Du côté de la police, seul l'officier Francis Hare est légèrement blessé au poignet. Plusieurs otages sont également abattus. Ned Kelly est arrêté. Mort. En dépit des recueillies par les pétitions réclamant sa grâce, Ned Kelly est condamné à mort et pendu le où ses derniers mots auraient été : . Le , une équipe de scientifiques australiens affirme avoir identifié le lieu de son exécution. Il s'agit d'une ancienne prison abandonnée, à Melbourne, où de nombreux ossements ont été découverts. En août 2011, des experts de l'Institut de médecine légale de Victoria parviennent à identifier formellement les ossements de Kelly en les comparant à l'ADN de Leigh Olver, descendant d'une des sœurs du gangster. Icône populaire. Devenu l'un des grands héros du folklore populaire australien, Ned Kelly incarne la résistance de l'opprimé contre les autorités. Il représente pour certains une fierté nationale, car il symbolise la résistance contre l'Empire britannique. Même si on sait qu'il redistribuait le fruit de ses vols à ses amis et membres de sa famille, Ned est bel et bien le tueur des policiers qui sont à l'origine de sa dernière poursuite (il plaida la légitime défense lors de son procès). Le groupe de rock australien Midnight Oil a intitulé une chanson "If Ned Kelly was King" dans l'album "Place without a Postcard" en 1981. Le merchandising du groupe utilise par ailleurs le dessin stylisé du heaume de l'armure de Ned Kelly, surmonté d'une couronne, sur des T-shirts au nom de Midnight Oil. La chanson "I Am Australian" écrite en 1987 par Bruce Woodley du groupe "The Seekers" et Dobe Newton du groupe "The Bushwackers" cite Ned Kelly, avec Albert Namatjira comme une référence nationale. Le Heaume de Fer du Maître dans le jeu Bloodborne fait référence au casque que Ned Kelly portait lors de la prise d'otage à l'auberge de Glenrowan. En 2019, lors du grand prix MotoGP de Phillip Island, Jack Miller, pilote australien, commanda une combinaison spéciale à l’effigie de Ned Kelly. Par erreur, le fabricant fit une combinaison de type armure de chevalier ! Jack Miller monta tout de même sur le podium avec sa Ducati.
Ouysse LOuysse est une rivière française du Massif central qui coule dans le département du Lot, en région Occitanie. Cet affluent en rive gauche de la Dordogne entaille d'abord le causse de Gramat de profonds canyons comme à Rocamadour, puis devient souterrain sur l'essentiel de son parcours. Certaines parties sont encore inconnues et cela entraîne des incertitudes sur la longueur totale du cours d'eau. La source de l'Ouysse se trouve sur les contreforts sud du Massif central et, après la traversée des terrains verdoyants du Limargue, s'enfonce sous terre aux pertes de Thémines, au contact des calcaires du causse de Gramat. Seules quelques sections ont été explorées : celle de la rivière souterraine des Vitarelles, ainsi que les parties noyées les plus proches des résurgences qui ont conduit les spéléo-plongeurs sous le niveau de la mer, à de profondeur. La rivière réagit rapidement aux pluies importantes sur la partie supérieure de son bassin d'alimentation. Une montée rapide des eaux, au niveau des pertes, inonde les vallées en amont et ennoie totalement les galeries souterraines. Des études ont montré une vulnérabilité à la pollution des captages installés pour l'alimentation en eau potable. De nombreux abris sous roche s'ouvrent sur les rives de l'Ouysse. Leur présence, ainsi que le voisinage de la Dordogne, ont favorisé l'occupation humaine dès la préhistoire. Il subsiste aussi des traces de forteresses gauloises et un riche patrimoine médiéval constitué de moulins. Aujourd'hui les sites comme Rocamadour et Lacave sont devenus des zones touristiques importantes. Une faune et une flore remarquables font des vallées et des causses des espaces particulièrement sensibles et protégés. Les vallées de l'Ouysse et de son affluent l'Alzou sont classées espace naturel sensible et plusieurs espèces rares ou menacées sont recensées dans les zones classées Natura 2000. Étymologie. L'hydronyme Ouysse peut être rattaché à une très ancienne langue parlée sur le causse de Gramat. Cette langue s'étendait de l'Èbre à la Garonne à l'époque du géographe grec Strabon et de Pline l'Ancien. Cette langue perdure dans le basque actuel. La racine de Ouysse se retrouve dans le mot de la Gascogne. La forme écrite la plus ancienne au est « ossa ». Ce nom, que l'on trouve en basque ou en gascon, qualifie un lieu en relation avec l'eau comme une source, une fontaine, un ruisseau, une rivière ou un lac. L'archéologue Jacques-Antoine Delpon utilise en 1831 l'orthographe . Géographie. Le cours de la rivière. L'Ouysse prend sa source dans le nord du département du Lot, en limite des communes d'Anglars et Lacapelle-Marival vers d'altitude. La longueur officielle du cours d'eau est de , mais cette longueur est certainement sous-évaluée. Un réseau très ramifié collecte les eaux du Ségala et du Limargue, jusqu'à la limite nord-est du causse de Gramat. Son parcours devient ensuite souterrain et draine de vastes étendues calcaires. Il ne subsiste alors en surface que de grandes vallées sèches, parfois des canyons, comme à Rocamadour, qui sont les témoins de son cours fossile. La rivière ressurgit à l'ouest du causse pour se jeter dans la Dordogne. Le cours de l'Ouysse peut se diviser en trois grandes parties : une première, aérienne sur neuf kilomètres, de sa source près d'Anglars jusqu'aux pertes de Thémines ; une deuxième, souterraine, de Thémines aux résurgences de Cabouy, Saint-Sauveur et Fontbelle, en aval de Rocamadour ; une troisième, aérienne, des résurgences jusqu'à son confluent avec la Dordogne, à Lacave. D'Anglars à Thémines. L'Ouysse prend officiellement sa source à l'est du village d'Anglars à une altitude de au niveau de la route départementale 940. Cependant, un ruisseau temporaire long de l'alimente en amont et se situe sur le territoire de la commune de Lacapelle-Marival. Son cours se dirige vers l'ouest sur sept kilomètres. L'Ouysse reçoit de nombreux affluents importants en rive droite. À de sa source, arrive le ruisseau de Louyssé au lieu-dit Lapergué. Quatre kilomètres au nord, dans le Ségala à Espeyroux, ce ruisseau prend sa source à d'altitude, la plus haute du bassin versant. Plus vers l'ouest, l'Ouysse est alimentée par les ruisseaux du Cros, de la Cavalerie, de Cantegrel, des Lascurades, des Prats Vieils, de Cahuac, de Lasfargues et d'Aynac. Sa confluence avec le ruisseau d'Aynac, à Rueyres, est à l'altitude . Le cours d'eau progresse sur deux kilomètres avec une orientation NE-SO, serpente dans sa large vallée, puis s'enfonce sous terre aux pertes de Thémines, au contact du causse de Gramat, à l'altitude de . Vallée ancienne. Jusqu'au surcreusement du lit des rivières de la fin du Cénozoïque, l'Ouysse empruntait à partir de Thémines une large vallée, à la surface du causse de Gramat : elle passait au niveau de l'actuelle route départementale 840 à la et recevait comme affluent le Morou à Issendolus et l'Alzou à Gramat. Elle atteignait la Dordogne en passant par le canyon de Rocamadour. De nos jours, l'Ouysse se perd sous terre à la bordure nord-est du causse et seuls ses anciens affluents empruntent périodiquement sa vallée. De Thémines aux résurgences. L'Ouysse commence son parcours souterrain à Thémines par une série de pertes qui se sont ouvertes aux travers des alluvions de son lit. Les pertes de Thémines. À Thémines, les eaux de l'Ouysse se perdent à plusieurs endroits : dites du « Moulin Raffi », dite « trou des écrevisses », dite « de la mouline » ou « du lavoir », dite « de l'arche » et dite « terminale » ou « aval », à d'altitude. Ces pertes sont explorées depuis 1979 par les membres de clubs et groupes spéléologiques. Elles conduisent à un réseau labyrinthique avec deux branches principales : la rivière souterraine active dite et la . Ces deux voies se terminent sur des siphons explorés par les spéléos plongeurs en 1980. Ces galeries noyées se dirigent vers le gouffre du « Pech la Vayssière » et passent sous le lieu-dit . En aval, le parcours souterrain est pour l'instant inconnu jusqu'au « chaos du Loze » situé sous le lieu-dit Lalinié à Flaujac-Gare. Dans cette partie inexplorée, l'Ouysse reçoit comme affluent le « ruisseau de Lasbories », appelé aussi « Francés », qui lui aussi se perd au contact du causse de Gramat à Théminettes. Le gouffre des Vitarelles. Les eaux forment ensuite l'Ouysse souterraine, appelée aussi « rivière des Vitarelles » dont plus de dix-huit kilomètres de galeries ont été explorés depuis l'accès du gouffre des Vitarelles et maintenant depuis le « puits du Brêt » sur la commune de Flaujac-Gare. L'Ouysse souterraine reçoit comme affluent en rive gauche tous les ruisseaux qui se perdent au contact de la limite nord-est du causse entre Issendolus et Gramat : les ruisseaux pérennes du Morou, de Lascombes, et d'autres actifs seulement par temps de pluie. Entre Gramat et Rocamadour, l'Alzou possède de nombreuses pertes dans son lit qui conduisent la plus grande partie de ses eaux à l'Ouysse souterraine. en aval du puits d'accès du gouffre des Vitarelles, la rivière disparait dans un siphon exploré en 1948. Elle se dirige vers le « gouffre des Besaces » dans lequel avait été établie une station de pompage pour l'alimentation en eau potable de la ville de Gramat. En 2007, cette installation a été déplacée en amont et hors de l'enclos du centre d'études de Gramat. Partie encore inconnue. Après le siphon Alinat du gouffre des Vitarelles, l'Ouysse coule encore vingt kilomètres dans des galeries pour l'instant inexplorées. On peut supposer que les gouffres suivants sont ou ont été en relation avec la rivière souterraine : le gouffre des Besaces, le gouffre de Bèdes, le gouffre de Roc d'Arène, les igues de Gibert, le gouffre de Bio, la grande doline de Mages au sud de Rocamadour. Le gouffre de Pouymessens (altitude ) est un regard sur l'Ouysse avant ses résurgences à Cabouy, Saint-Sauveur et Fontbelle. Les résurgences. Cabouy. La résurgence de Cabouy se trouve dans la vallée sèche de la Pannonie, trois kilomètres à l'ouest-sud-ouest de Rocamadour, à l'altitude de . Ce gouffre noyé marque le départ de l'Ouysse aérienne. C'est une vasque de de diamètre tapissée d'une épaisse végétation aquatique jusqu'à six mètres de profondeur. En crue, d'eau sont expulsés. À l'étiage, aucun courant n'est observé. Le conduit souterrain débouche dans la vasque par un porche noyé de quatre mètres de haut et six mètres de large. Une station de pompage pour l'alimentation en eau potable était installée au bord de la vasque. Fin 2010, le captage a été sécurisé en le déplaçant plus en amont. Un forage a été pratiqué dans la voûte de la galerie noyée et se trouve maintenant dans l'enceinte de la station. L'ancienne installation a été démantelée. Ce captage est géré par le syndicat intercommunal d'adduction d'eau potable (SIAEP) de Lacave-Rocamadour. En 1977, une plongée à la résurgence de Cabouy permit, après et un point bas à , de rejoindre le gouffre de Pouymessens. Pouymessens. Le gouffre de Pouymessens est un regard sur l'Ouysse souterraine qui se trouve en rive droite de la vallée sèche venant de la Pannonie. À cet endroit, trois mètres sous la surface, un cône d'éboulis noyé donne accès à une grande salle de de diamètre pour de haut. Par temps pluvieux, ce regard absorbe le petit ruisseau qui se forme dans la vallée, mais par forte crue de l'Ouysse, il fonctionne en résurgence. À l'amont, en 1976, les plongeurs français s'arrêtèrent à de Cabouy dans un vaste conduit noyé de de large et de haut. Claude Touloumjian fut le premier à franchir le premier siphon (S1) long de et profond de . Olivier Isler progressa à plus de de l'entrée. Avant 1988, le groupe lémanique de plongée souterraine de Lausanne (Suisse) avait franchi après le S1 : un lac de de long dans une galerie de taille « impressionnante », un deuxième siphon (S2) de , et exploré de galeries exondées au sol coupant. Du , les membres de l'expédition française « Pou Meyssens 88 », lors d'une exploration d'une durée de , relèvent les mesures de de galeries, dont de conduits inexplorés jusqu'alors. En , les Anglais et Jason Mallinson du "" utilisent des recycleurs et propulseurs de plongée. Ils tentent en vain une jonction entre deux siphons : le S3 et le , et un point bas est atteint à . En , Stanton trouve la suite dans le siphon S3. Après avoir dépassé son terminus de 2000, il atteint un palier long de plus de à de profondeur, il remonte ensuite le long d'un éboulis à , mais le conduit plonge à nouveau. Rick s'arrête à plus de de l'entrée du S3 à une profondeur de alors qu’il observe que le conduit descend encore. Depuis 2001, ce sont plus de quatre kilomètres du cours de l'Ouysse qui sont maintenant connus en amont de Cabouy et le terminus actuel est à cinq mètres sous le niveau de la mer. En 2014, Franck Gentili a réalisé une vidéo dans le gouffre de Pouymessens. La zone entre ce gouffre et les résurgences a fait l'objet d'une étude géophysique et d'une thèse de doctorat en 2006. Saint-Sauveur. La résurgence de Saint-Sauveur est située sur la commune de Calès, à environ un kilomètre à l'ouest de Cabouy, à une altitude de . C'est une belle vasque d'eau claire de de diamètre dont le fond est sablonneux. Elle donne naissance à une des branches de l'Ouysse qui conflue avec la rivière issue de Cabouy, environ plus loin. Le conduit noyé descend progressivement sur jusqu'à de profondeur. Après un palier horizontal long de , le conduit plonge à nouveau jusqu'à (terminus de la plongée de Rick Stanton le ), soit environ sous le niveau de la mer. Le , le Français Jérôme Meynie prolonge une quinzaine de mètres et atteint la profondeur de en utilisant un recycleur. Le , au cours d'une plongée de dans l'eau à , Rick Stanton atteint le point bas à puis poursuit sur environ en remontant à . Il utilisait des recycleurs. Le gouffre de Saint-Sauveur est une source de type vauclusienne profonde alimentée par des eaux d'infiltration d'une partie du causse de Gramat, mais aussi par celles de l'Ouysse qui se perdent à la bordure nord-est de ce causse. Les traçages ont montré que la zone d'infiltration pouvait être délimitée au sud par Labastide-Murat avec la rivière souterraine accessible par les igues de Goudou et Lacarriére(communication prouvée) ; au sud-sud-est par une partie de la Braunhie près de Caniac-du-Causse : igues de Bonneau (présumée), Planagrèze (prouvée), de l'Aussure (présumée), réseau de Viazac-Taoucat (présumée) ; au sud-est par la rivière souterraine de l'igue des Combettes (présumée) sur la commune de Carlucet, la perte du Lac de Reilhac (prouvée) et l'igue de Marty près de Gramat (présumée). Une ancienne « conduite forcée » naturelle se trouve en aval, en rive gauche, à et plus haut que la vasque de Saint-Sauveur. Cette « grotte de Saint-Sauveur » présente une section de deux mètres de diamètre se réduisant sur de longueur. Elle se termine par une petite salle de quatre mètres de hauteur. À l'extérieur, une grande arche de pierre se trouve dans son prolongement. Des résurgences à la Dordogne. L'Ouysse reprend son cours aérien à Cabouy. Après deux kilomètres environ, elle reçoit les eaux de sa branche provenant du gouffre de Saint-Sauveur. Dans une large et profonde vallée, elle passe au moulin de Caoulet, puis reçoit en rive droite l'Alzou au lieu-dit « moulin de la Peyre ». L'Alzou coule actuellement dans la vallée aérienne que l'Ouysse empruntait avant de circuler sous terre entre Thémines et Cabouy. L'Ouysse s'écoule sous le pont de la route départementale 673 reliant Rocamadour à Calès, passe près du moulin de la Treille installé en rive gauche, puis près de ceux du Bourgnou, de Verdoire et de Valeille. Elle se jette dans la Dordogne en rive gauche, à , environ au nord-ouest du petit bourg de Lacave, sous le château de Belcastel, à plus de onze kilomètres en aval de la résurgence de Cabouy. Juste avant sa confluence se trouvent les vestiges d'un pont qui céda le lors d'une forte crue. Communes traversées. L'Ouysse traverse uniquement le département du Lot dans onze de ses communes (citées par ordre alphabétique) : Anglars (source), Calès, Couzou, Gramat (sous terre), Issendolus (sous terre), Lacapelle-Marival, Lacave (confluence avec la Dordogne), Rocamadour, Rudelle, Rueyres et Thémines. Hydrographie. Bassin versant. Sur un quart seulement de son bassin versant, la rivière coule à l'air libre. À l'amont, le bassin remonte sur les premiers contreforts du Massif central, sur les terrains imperméables du Limargue et du Ségala, au sud de la crête occupée par le bois de Leyme. La pente moyenne de la rivière dans cette partie est d'environ pour mille mètres. Le profil en long de la rivière est brusquement interrompu au niveau des pertes de Thémines (descente de ). La vallée fossile, se dirigeant vers Gramat, poursuit la forme d'arc d'hyperbole initiale et montre que le confluent de l'Ouysse et de la Dordogne, avant le surcreusement des vallées à l'ère Cénozoïque, se trouvait plus haut que son niveau actuel (voir le graphique ci-dessus). Les trois quarts du bassin versant s'étendent sur les terrains karstiques du causse de Gramat jusqu'à Théminettes, Flaujac-Gare, Caniac-du-Causse et Labastide-Murat au sud. La limite du bassin versant est particulièrement difficile à déterminer sous la zone de la Braunhie où le réseau fossile « Viazac - Traucat » atteint une profondeur de pour un développement de onze kilomètres. Dans cette partie, les écoulements sont le plus souvent souterrains. L'eau de pluie s'infiltre aux travers de fissures verticales de la roche calcaire jusqu'à une zone de transfert horizontale occupée par les rivières souterraines. La pente moyenne de l'Ouysse sous le causse est d'environ pour mille mètres. En aval des résurgences, le bassin versant se resserre et converge vers Lacave. La rivière serpente avec une faible pente : pour mille mètres en moyenne. Géologie. Le système karstique de l’Ouysse occupe un bassin versant de , qui se répartit, pour un tiers environ, sur des terrains peu perméables, où les ruisseaux prennent leurs sources avant de se perdre au contact de la corniche du causse de Gramat. Cette partie du bassin est située à l’est, sur le Limargue et le Ségala. Le reste du bassin, représenté par des terrains essentiellement carbonatés, forme une grande partie du causse de Gramat ; ici l’eau a creusé en profondeur un très important réseau de galeries, avec circulation d’eau, qui se dirige vers les résurgences de l’Ouysse. Sur le causse, un certain nombre d’igues (gouffres) permettent d’accéder aux circulations souterraines. Les principales sont : les Vitarelles, les Besaces, Planagrèze, Viazac, l’Aussure, Lacarrière, Goudou et les Combettes. Structure. Le système karstique de l’Ouysse se situe sur le flanc nord-est du synclinorium Charentes-Quercy, où l’ensemble des séries jurassiques s’enfoncent avec un faible pendage en direction du sud-ouest. À l’est, la faille de Flaujac de direction pyrénéenne (N 90 à N 110° E), sépare le bassin d’alimentation de l’Ouysse (bassin versant de la Dordogne) de celui d’Assier-Font del Pito (bassin du Lot). Description des terrains. Les terrains du corps karstifié principal appartiennent au Dogger et au Malm. Ils sont représentés par des calcaires, des calcaires dolomitiques et quelques niveaux de marnes (Bathonien supérieur) ; à l’ouest du système, les terrains karstifiables s’enfoncent sous les alternances marno-calcaires du Kimméridgien. Les terrains de la zone d’infiltration sont représentés par les faciès quasi imperméables des marnes et argiles du Lias supérieur et moyen du Limargue, les grès du Trias et les roches cristallophylliennes du Ségala (roches métamorphiques et magmatiques). Les terrains des corps karstifiés annexes appartiennent à la formation de la « barre à Pecten » du Lias moyen (Pliensbachien) et au Lias inférieur (Sinémurien, dont Lotharingien, et Hettangien) ; ils sont représentés par des calcaires souvent dolomitiques et des brèches. Affluents. L'Ouysse a quinze affluents contributeurs référencés par le Sandre dont onze ont un nom. D'amont vers l'aval se succèdent : le ruisseau de « Louyssé » (rd), sur les communes d'Anglars et Espeyroux ; le ruisseau du « Cros » (rd), sur les communes d'Anglars et Espeyroux ; le ruisseau des « Lascurades » (rd), sur les communes d'Anglars et Leyme ; le ruisseau des « Prats Vieils » (rd), sur les communes d'Anglars et Leyme ; le ruisseau de « Cahuac » (rd), sur les communes d'Anglars et Aynac ; le ruisseau de « Lasfargues » (rd), sur les communes d'Aynac et Rueyres ; le ruisseau « d'Aynac », appelé aussi ruisseau de « Trémenouze » dans sa partie amont (rd) ; il mesure et arrose les communes d'Aynac, Rueyres et Saint-Jean-Lagineste avec un nombre de Strahler de trois, ayant lui-même sept affluents, dont cinq portent un nom (le ruisseau de « Lascrozes » (rd), sur la commune d'Aynac, le ruisseau de « la Devèze » (rg), sur la commune d'Aynac, le ruisseau du « Quié » (rd), sur la commune d'Aynac, avec un affluent, le ruisseau des Griffoullères, long de , le ruisseau de « Largentié » (rg), sur les communes d'Aynac et Leyme et le ruisseau de « Lacoste » (rg), sur la commune d'Aynac) ; le « Francés », également appelé ruisseau de « Lasbories » dans sa partie amont (rg), sur les communes d'Espeyroux, de Saint-Maurice-en-Quercy, Lacapelle-Marival, Le Bourg, Sonac, Rudelle et se perd ensuite sous terre au sud du bourg de Théminettes, continue en souterrain sous la commune de Thémines et conflue avec l'Ouysse sous celle d'Issendolus, dans la partie inexplorée située en amont du réseau des Vitarelles ; il a un nombre de Strahler de trois et, sur ses huit affluents répertoriés, trois ont un nom (le ruisseau de « Lamourière » (rg), sur la commune de Saint-Maurice-en-Quercy, avec deux affluents, le ruisseau de « Marival » (rg), sur la commune de Lacapelle-Marival, avec un affluent, et le ruisseau des « Escambous » (rd), sur les communes de Le Bourg, Rudelle et Théminettes, avec un affluent) ; le ruisseau du « Morou » (rd), sur les communes d'Albiac, Thémines et Issendolus, où il se perd au creux de la Bargade, a deux affluents dont le ruisseau d'Albiac ; le ruisseau de « Lascombes » (rd), sur les communes d'Albiac, Bio et Issendolus où il se perd à la perte de l'Hôpital-Beaulieu ; la rivière l'« Alzou » (rd), , principal affluent de l'Ouysse, conflue avec celle-ci en aval des résurgences, mais se perd sous terre en de nombreux endroits entre Gramat et Rocamadour ; depuis sa source à Mayrinhac-Lentour jusqu'à sa confluence avec l'Ouysse entre les communes de Calès et Rocamadour, l'Alzou arrose six communes (les quatre précédemment nommées ainsi que Couzou et Lavergne) ; il a un nombre de Strahler de trois et neuf affluents contributeurs, (le ruisseau d' « en Merdaly » (rg), sur la commune de Mayrinhac-Lentour, le « Béal de Lavayssière » (rd), sur la commune de Lavergne, le ruisseau de « Thégra » (rd), sur les communes de Thégra et Lavergne, avec un affluent, le ruisseau de « Bio » (rg), sur les communes de Bio, Gramat, Lavergne et Saignes, avec trois affluents dont le ruisseau de Saignes, le ruisseau de « Trigoussou » (rd), sur les communes de Lavergne et Gramat et le ruisseau de « Bourines » (rd), sur les communes de Thégra et Gramat. Plusieurs de ses affluents ayant des sous-affluents, l'Ouysse a donc un nombre de Strahler de quatre. Hydrologie. L'Ouysse à Calès. L'Ouysse est une rivière abondante. Son débit a été observé sur une période de 23 ans (1971-1993), à Calès, localité du département du Lot située peu avant son confluent avec la Dordogne pour un bassin versant de et à . Le bassin versant de la rivière est de d'après J.N. Salomon, mais a été ré-estimé à par Jean Guy Astruc, à la suite de nouvelles études. Le module de la rivière à Calès est de . L'Ouysse présente des fluctuations saisonnières de débit peu marquées, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit moyen mensuel à un niveau situé entre 10,7 et , de novembre à mai inclus (avec un maximum en février), et des basses eaux d'été, de juillet à septembre inclus, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'à au mois d'août, ce qui reste très appréciable. Étiage ou basses eaux. À l'étiage cependant, le VCN3 peut chuter jusqu'à , en cas de période quinquennale sèche, soit par seconde, ce qui peut ne pas être considéré comme sévère, et résulte de l'abaissement des réserves souterraines d'eau, dont la rivière se nourrit en grande partie. Crues. Les crues peuvent être parfois importantes. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 87 et . Le QIX 10 est de , le QIX 20 de , tandis que le QIX 50 se monte à . Le débit instantané maximal, enregistré à Calès durant cette période, a été de le , tandis que le débit journalier maximal se montait à le 7 février de la même année. En comparant la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, on constate que cette crue était nettement plus importante que la crue cinquantennale calculée (QIX 50), et donc exceptionnelle. Lame d'eau et débit spécifique. L'Ouysse est une rivière très abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de annuellement, ce qui est près de deux fois supérieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus (). C'est cependant légèrement inférieur à la moyenne du bassin de la Dordogne ( à Bergerac). Le débit spécifique de la rivière (ou Qsp) atteint de bassin. Les grandes inondations. La partie de l'Ouysse en amont de Thémines a la particularité d'entrer sous terre au niveau de pertes. Ce sont des conduits plutôt étroits, de dimensions inférieures à un mètre par endroits qui ont tendance à être bouchés par les matériaux charriés (bois, alluvions, détritus divers…). Le surcreusement de la vallée à ce niveau, son étroitesse relative et le mauvais entretien des pertes font que l'eau ne peut que monter fortement. La pente de la rivière étant importante dans le Limargue et le Ségala, les eaux de pluie arrivent en quelques heures à Thémines. À Thémines, quelques crues ont été documentées. Le , Marie Lavinal est emportée par les eaux et son corps n'est pas retrouvé. En 1792 un orage ayant entrainé du foin dans les pertes, l'eau forma un lac jusqu'à Rueyres puis passa au-dessus du col situé après les pertes ; le ruisseau reprit son ancienne vallée jusqu'à la perte de la Bargade à Issendolus. Le , les eaux s'élèvent de sept ou huit mètres en quatre heures, emportent un pont et submergent tous les moulins près des pertes. Le , des pluies abondantes et continues font monter les eaux qui submergent de plus de deux mètres les deux moulins situés en aval. Le , des trombes d'eau et de grêle sur le nord-ouest du canton de Lacapelle-Marival entraînent de nouveau la submersion des moulins. En 1896, on recense six crues de janvier à avril. Le , une crue piège des ouvriers sur le toit des moulins de Thémines et un meunier les sauve avec une embarcation de fortune. En , une crue provoque une montée des eaux et emprisonne des spéléologues pendant onze jours dans le gouffre des Vitarelles. Le , on déplore l’inondation du stade, de la route départementale 40 et la submersion de la lagune de la station d'épuration. Pour limiter les catastrophes, une délibération du conseil municipal de Thémines avait fixé le une largeur dans le fond de trois mètres, une profondeur de deux et un curage tous les deux ans. , les moulins près des pertes sont ruinés, mais les équipes du parc naturel régional des Causses du Quercy et les spéléologues du club local (TRIAS) assurent cet entretien. Circulation souterraine et vulnérabilité. La rivière circule sous le causse de Gramat sur plus de trente kilomètres, entre les pertes de Thémines et la résurgence de Cabouy. La nature karstique de ces terrains fait qu'une grande partie des précipitations automnales et hivernales s'infiltre dans le sol calcaire et alimente les rivières souterraines et d'importantes nappes d'eau. Ces eaux circulent plus ou moins vite en sous-sol. Le réseau des Vitarelles, et plus généralement celui de l'Ouysse, est très vulnérable aux pollutions de l'eau. La vitesse de circulation d'une éventuelle pollution du réseau a fait l'objet d'une analyse comparative basée sur les résultats expérimentaux obtenus au cours des traçages de mai - (basses eaux) et de février - mars (hautes eaux). Ces conditions et mesures montrent que l'Ouysse est un cours d'eau particulièrement vulnérable aux pollutions. Celles-ci ont des conséquences importantes car les eaux sont utilisées pour des captages sur sa partie souterraine et ses résurgences. La rapidité de propagation (moins de trois jours en hautes eaux) est telle que tout polluant qui pénétrerait dans les pertes, à Gramat, Thémines, Théminettes, ne pourrait pas être arrêté avant les captages. Inversement, en période de basses eaux, un polluant mettrait environ un mois à disparaître aux captages d'eau potable. Dans son rapport, G. Beaudoing écrit qu'une pollution bactériologique à l'entrée du réseau est fortement atténuée à sa sortie, mais que ce phénomène est dû à une grande dilution et une grande dispersion plutôt qu'à un réel pouvoir auto-épurateur. La fédération française de spéléologie a recensé potentielles de pollutions pour le bassin de l'Ouysse comme les eaux usées d'habitations non traitées et déversées en zone karstique, les fuites de fioul remarquées dans le réseau de la Bargade à Issendolus le et les hydrocarbures rencontrés en dans le « réseau de Commande », sous le centre de la ville de Gramat. Les produits chimiques agricoles comme les engrais (nitrates et phosphates) sont épandus, puis lessivés par les fortes pluies vers les pertes. Milieu naturel. La flore. Aux alentours des résurgences, la ripisylve offre un contraste saisissant avec la végétation voisine des coteaux exposés au sud et brulés par le soleil. La vasque de Cabouy. À Cabouy, dans les endroits dégagés autour de la vasque, de nombreux saules ont envahi les alluvions sablonneuses accumulées contre le barrage de retenue de l'ancien moulin. Dans l'eau, des plantes aquatiques tapissent la vasque jusqu'à six mètres de profondeur dont des nénuphars dans les eaux peu profondes et le sol à l'étiage. Des mousses se sont installées sur les blocs de la digue et les arbres. Les alentours de la vasque sont occupés par une végétation exubérante composée d'arbustes : érables champêtres, érables de Montpellier, cornouillers mâles, cornouillers sanguins, noisetiers et mûriers. Dans la vallée remontant vers Pouymessens. Sur un kilomètre, la vallée reliant Cabouy et Pouymessens est encaissée, humide et à l'abri du soleil. Elle est bordée de falaises ou de talus formés de cailloutis fragmentés par les variations de température et le gel. Le sol est argilo-calcaire. Au sol, on trouve des fougères, des mousses, du lierre qui remontent jusque dans les rares grands chênes pubescents. Les arbres les plus nombreux sont les charmes. Les arbustes sont nombreux : des noisetiers en grand nombre : genévriers, érables champêtres, érables de Montpellier, prunelliers, troènes. On trouve aussi une plantation de pins. Sur les coteaux. Les coteaux ombragés sont colonisés par des forêts de chênes pubescents et des érables. Par contre, les parties sud, fortement ensoleillées, offrent un aspect caillouteux. On y trouve des pelouses sèches entretenues par les troupeaux de moutons. Les arbres et arbustes y sont rabougris : des érables de Montpellier, des chênes pubescents tordus, des thérébinthes, des cornouillers mâles et cornouillers sanguins. À la confluence Ouysse - Alzou. Dans cette zone de prairie au voisinage de l'Alzou, les bords de la rivière sont occupés par de grands arbres : des frênes à croissance rapide, des noisetiers, des aulnes glutineux et quelques saules. Une station de tulipes sauvages a aussi été repérée à la confluence Cabouy / Saint-Sauveur. Dans la rivière, les plantes les plus remarquables sont la lentille à trois lobes qui se développe entre deux eaux, le nénuphar jaune particulièrement abondant ici et le flûteau nageant, une espèce protégée. Les falaises qui bordent l'Alzou accueillent des lierres et des fougères. La faune. Les animaux aquatiques de l'Ouysse. Dans les eaux de l'Ouysse, en aval des résurgences, on rencontre des gardons, des brochets, des ombres et des anguilles. Les animaux de la vallée de l'Ouysse. Un grand nombre d'animaux vivent aux alentours de la vallée de l'Ouysse : des oiseaux : un chevalier guignette aperçu près du moulin de Caoulet, des faucons pèlerins, des grands hiboux, des couleuvres comme les coronelles, des salamandres, animaux crépusculaires et nocturnes, vivent dans les endroits ombragés et humides, des insectes : le sylvain azuré (papillon) en abondance, le damier de la succise (papillon), des ascalaphes (névroptères) sur les pentes sèches le cuivré des marais (papillon) et des mammifères : des blaireaux, des ragondins et des renards qui habitent de petites cavités à la base des parois rocheuses. La faune cavernicole. La vallée de l'Ouysse offre des cavernes à l'air libre et des gouffres et conduits noyés où survivent des animaux qui se sont adaptés à ce milieu hostile : pas de lumière ou de chaleur, peu de nourriture. Sous terre, Les invertébrés sont représentés par des vers annelés dans les dépôts récents apportés par la rivière et par quelques espèces de sangsues dans l'eau. On trouve aussi des mollusques comme des moules et des gastéropodes aquatiques. Les cavités souterraines sont habitées par de nombreux arthropodes : arachnides, crustacés, myriapodes (mille-pattes), collemboles et insectes. Dans les grottes sèches, les araignées brunes de la famille "Meta minardi", aux cocons blancs et soyeux, se nourrissent d'insectes rampants et tissent des toiles contrairement aux opilions, appelés couramment faucheurs. Plus petits, les acariens parasitent les chauves-souris et les insectes. Certains crustacés aquatiques sont devenus troglobies : les "Niphargus" sorte de petites crevettes (gammares) décolorées et aveugles. Les cloportes, eux, ont colonisé les parties hors de l'eau. Les insectes vivent à l'entrée des grottes, souvent accrochés aux parois. Les phryganes ressemblent à des papillons ternes aux ailes en forme de toit, les "triphosa dubitata" se confondent par leurs couleurs à la roche. Les vertébrés du milieu souterrain sont les amphibiens comme les crapauds et la salamandres qui se nourrissent d'invertébrés dans l'entrée des grottes et les chauve-souris qui sont les mammifères troglophiles les plus répandus. Histoire. Une longue occupation humaine. La préhistoire. Les vallées de l'Ouysse et de l'Alzou sont des lieux de passage naturels entre le causse et la Dordogne. Les hommes fréquentent ces lieux depuis au moins . Le Paléolithique. Les fouilles réalisées par Armand Viré dans la grotte Jouclas, au centre de l'actuel village de Lacave, ont mis au jour un grand nombre de traces laissée par les hommes du Paléolithique : charbons, silex taillés, et os. Pendant les périodes très froides du Solutréen, ces chasseurs campaient dans des abris sous roche sur les rives de la Dordogne et chassaient de préférence les chevaux sauvages, puis les rennes, les bouquetins, les loups, les oiseaux et les rongeurs. Les vallées de la Dordogne et de l'Ouysse, avec leurs passages resserrés entre rivière et falaises, étaient leurs terrains de chasse. Toujours d'après Armand Viré, au Magdalénien, les hommes occupèrent des abris près du moulin de Valeilles et se nourrissaient principalement de poissons. Les fouilles ont mis au jour de nombreuses arêtes, des pointes de harpons, des matières colorantes, une . À l'abri Pagès, appelé aussi loge végétale de Caoulet, situé près du moulin de Caoulet, des galets ornés de gravures géométriques et recouverts d'ocre rouge montrent une occupation à une époque rattachée à la culture azilienne. Ces vestiges, découverts par André Niederlender, sont visibles au musée du Pech Merle. La loge actuellement visible à cet endroit, restaurée en 2001 et 2002, possède des fondations pouvant dater de quelques décennies. Sa structure est composée de chevrons de cinq à six mètres de long posés sur des traverses au sol et appuyés sur la falaise. Ce sont des troncs de chênes bruts non écorcés. Des liteaux, fabriqués à partir d'arbustes, sont fixés horizontalement sur les chevrons. La charpente est couverte de de sarments de vigne. Sur le causse, à Thémines, dans la grotte de Roucadour, André Niederlender et ses successeurs ont trouvé de nombreuses gravures et traces qui attestent de la présence de ces hommes du Paléolithique. Le Néolithique. Au Néolithique, le climat et l'habitat changent. Armand Viré cite des restes de village en plein air et un dolmen servant de sépulture. Ces vestiges étaient situés sur . Une autre pratique consistait à placer les morts dans une cavité souterraine. Armand Viré a trouvé onze squelettes dans une grotte du vallon de Combe Cullier. En 1990, à la grotte de la Biscordine, Marina Escola a étudié les squelettes de et de 3 à 17 ans. Une datation par le carbone 14 a permis de les rattacher au Néolithique final (entre et ). Époque gauloise de 900 à 51. Les Gaulois qui habitaient les environs de l'Ouysse faisaient partie des Cadurques. Armand Viré a trouvé de nombreuses traces sur la commune de Lacave. Dans une grotte du Roc de Mandaval, au-dessus du moulin de Cougnaguet, il a trouvé des poteries gauloises de l'époque hallstattienne. Les lieux occupés se situaient sur les hauteurs : . Les morts étaient recouverts de terre et de cailloux formant des tumulus dont le diamètre pouvait atteindre vingt mètres pour deux mètres de hauteur. La féodalité, les moines et les moulins de l'aval. De Belcastel à Cabouy. Au Moyen Âge, le territoire est divisé en terroirs ou tènements qui ont chacun un possesseur noble ou suzerain. Les écrits montrent que l'agriculture n'était pas très importante au regard des ressources liées à la rivière et aux points hauts utilisés pour la surveillance. Deux anciennes importantes voies romaines franchissaient la Dordogne, au pied du château de Belcastel. En 930, le vicomte Adhémar, seigneur des Echelles, mentionne dans son testament au profit de l'abbaye bénédictine Saint-Martin de Tulle, le château surplombant l'Ouysse : Castel-Bel (, Belcastel). En 1087, Bertrand de Belcastel, sa femme Richarde, son frère Guillaume et ses trois neveux donnent le . En 1105, Le pape bénédictin Pascal II confirme comme possession de l'abbaye de Tulle la chapelle de Belcastel et les églises environnantes. En 1154, Adrien IV confirme cette décision. L'abbaye de Tulle peut jouir de ses possessions et procéder aux aménagements de l'Ouysse. Un acte de 1164 du cartulaire de l'abbaye d'Aubazine, établi sous l'abbé Robert, mentionne la famille de Mandaval. Ils habitaient un château situé un peu en amont de Cougnaguet, sur une plateforme rocheuse, en rive droite, et surplombant l'Ouysse de . Les moines bénédictins de Saint-Martin de Tulle, les cisterciens d'Aubazine et ceux des Alix édifient dix moulins sur l'Ouysse, qui vont des résurgences jusqu'au confluent : le moulin de Cabouy semble avoir été construit au ; Pons de Gourdon céda des droits sur ce moulin à l'abbaye de Tulle en 1215 ; en 1164-1165, les cisterciens tentent d'aménager Saint-Sauveur, mais ils rencontrent des problèmes qui les conduisent à arrêter les travaux, soit pour des difficultés techniques (l'eau se serait infiltrée sous l'ouvrage par des fissures dans la roche), soit pour des problèmes juridiques (les travaux auraient commencé sans l'accord du seigneur des Bormes) ; en 1260, la propriété du moulin de Caoulet est disputée entre les bénédictins de Tulle et les cisterciens d'Aubazine ; en 1264, Albert de Bormes, chevalier, fait donation à Messire Pierre, abbé de Tulle, ; le moulin de Lapeyre est mentionné en 1159 dans un acte où Étienne Belzom (Belzomi) donne ses droits pour doter ses filles puis au , les cisterciens le vendent à un laïc, c'est alors un moulin à foulon puis une carderie ; le cartulaire d'Aubazine, folio 136, signale qu'en 1177, il y avait un moulin entre Lapeyre et Cougnaguet : le moulin de Tortuguier ou de Murat ; le moulin fortifié de Cougnaguet, mentionné dans un acte de 1260, aurait été construit entre 1200 et 1260 selon les uns et de 1292 à 1350 selon d'autres par des moines de l'abbaye cistercienne de Saint-Étienne des Alix, établie à Rocamadour) ; le moulin à trois meules tournantes de la Treille est cité en 1249 ; il appartint à l'abbaye de Tulle, puis par transaction à celle d'Aubazine ; le moulin de Bourgnou est cité dans un contrat du entre Antoine de Bauze, seigneur de Belcastel et Géraud Bourgnou, Auvergnat venu de Chastel-Marlhac dans le cadre du repeuplement de la région, après la guerre de Cent Ans ; le moulin de Verdoire est reconstruit au , et arrenté en 1467 à Barthélemy Maillard ; le moulin fortifié de Valeille est peut-être cité dans un acte du , mais cela pourrait être Verdoire, il est ruiné au et reconstruit au . Les cisterciens, appauvris par la guerre de Cent Ans, durent arrenter leurs moulins à des tenanciers. En amont de Thémines. Vingt-deux moulins sont recensés en amont de Thémines, sur l'Ouysse et ses affluents, dans l'étude d'Édith Branche, Nicole Couffignac et Gérard Peyrot. Les plus anciens ont été construits au ou avant. Le moulin de Vergnal-Haut est par exemple déjà mentionné dans les coutumes de Thémines de 1262, celui de Solhols ou Tounayne dans l'acte de fondation de l'Hôpital-Beaulieu établi par les seigneurs Girbert et Aigline de Thémines. Le plus récent, celui de Vergnal Bas, fut édifié en 1858. Ils sont actuellement tous désaffectés et souvent reconvertis en habitations. Ceux situés près des pertes, souvent complètement noyés par les crues, sont en ruines. La fin des moulins. Certains moulins ont été victimes de leur localisation : débit insuffisant dans les amonts ou pendant les périodes sèches, crues ravageuses au voisinage des pertes de Thémines, difficultés d'accès dans les endroits isolés ou escarpés. Au , c'est l'environnement qui a évolué avec l'amélioration du réseau routier et des moyens de transport, de nouvelles sources d'énergie, l'exode rural et les minoteries industrielles. Les derniers moulins de l'Ouysse, à l'amont comme à l'aval, ont cessé de fonctionner entre 1947 et 1959 : moulins de Verdoire et Valeille en 1947 ; moulin Haut de Thémines en 1953 ; moulin de Raffy en 1955 ; moulin de Cougnaguet en 1959, mais en parfait état de fonctionnement pour des démonstrations de mouture. De 1922 à 1931, le Moulin-Haut fut équipé d'une dynamo pour l'éclairage électrique de la commune de Thémines. Cette diversification fut stoppée par les problèmes liés à l'utilisation du courant continu et l'électrification de la région par la compagnie du Bourbonnais. Patrimoine. Moulin de Cougnaguet. Le moulin de Cougnaguet est situé sur l'Ouysse, en rive droite, à en aval du pont de la route départementale 673 reliant Rocamadour à Calès. Sa hauteur de chute est de . Il aurait été construit entre 1200 et 1260 selon le chanoine Edmond Albe, car un acte de 1260 le mentionnerait, ce qui serait confirmé dans le Cahier du Mont Sainte-Marie . Selon d'autres sources, les moines de l'abbaye cistercienne des Alix de Rocamadour auraient commencé les travaux en 1292, lesquels auraient duré jusqu'en 1350. Le moulin fut fortifié au . Les quatre arches de fuite étaient équipées de herses. Il comporte toujours des meurtrières et sa seule porte se trouvait à l'aval du moulin. L'accès se faisait par un passage à gué inondable par les défenseurs. Des travaux effectués à la Renaissance ont modifié les parties supérieures par percement de fenêtres dans les murs. En 1444, appauvris après la guerre de Cent Ans, les cisterciens d'Aubazine arrentent le moulin à Pierre Laurencie. En 1741, l'édifice était en mauvais état et fut vendu, en entier, à Guillaume Andin, bourgeois de Rocamadour, qui effectua des réparations. Le moulin de Cougnaguet est aujourd'hui dans un état de conservation exceptionnel, il est inscrit au titre des monuments historiques depuis le . Équipé de quatre grosses turbines à cuve (roues à augets) de de diamètre, il possédait quatre paires de meules à grain. Il a fonctionné jusqu'en 1959 et il est actuellement ouvert à la visite. Son propriétaire effectue des démonstrations de mouture et montre au public le fonctionnement de ses installations. Château de Belcastel. Le château de Belcastel se situe sur la commune de Lacave, au confluent de l'Ouysse et la Dordogne. Il est perché au bord de la falaise à environ au-dessus de l'eau, dans le périmètre de 138 hectares d'un site inscrit le . Le château est constitué d'un bâtiment d'habitation datant de la fin du ou du début du , incorporant un donjon du , et d'une chapelle mentionnée dans une charte de 1154 (aujourd'hui de style ). Il est actuellement entouré d'une enceinte (mur bas) du côté des falaises, et, d'après Armand Viré, un fossé profond, maintenant comblé, le protégeait du côté ouest. En 930, le château était déjà cité dans le testament du vicomte Adhémar, seigneur des Echelles sous le vocable "" (« Château encore beau »). Une famille prit le nom du lieu : les « seigneurs de Belcastel ». Légendes. Plusieurs légendes ont pour contexte l'Ouysse. Elles mettent en scène des meuniers, des chevaliers, le diable, des dracs, la liaison souterraine Thémines - Cabouy ou un moulin bâti par le diable. Il en est ainsi de « » (la grotte du diable) située en amont du moulin de Cougnaguet, d’où sortent des bruits jugés surnaturels. « L'Ouysse souterraine » conte l’histoire de Vivien, un jeune meunier qui travaille à Cabouy. Il est séparé d'Agnès, sa promise, restée à Thémines. Ils communiquent grâce à des messages portés par les eaux souterraines. Dans « La pauvre meunière » (même lieu, même scénario) Élise aime Piérounel, mais son père s'y oppose (retranscrit par Paul Brunet de Thémines). « La légende du premier moulin » conte que le diable s'oppose à la construction d'un moulin de Thémines. Le meunier rusé lui propose un pari (retranscrit par Paul Brunet de Thémines). Dans « La fée de la rivière Ouysse », le jeune chevalier des Arnis est maintenu prisonnier dans la grotte d'une fée. Gayette, sa promise, fera tout pour le délivrer. La vasque de Saint-Sauveur s'appelait la « fontaine de Verve ». Ce serait le palais de Dame Alis, sorte d'esprit à corps de femme, et de nymphes : les Alissontes ou Allissantes. Protection. Avec la vallée de son affluent l'Alzou, l'Ouysse et sa vallée sont intégrées dans le périmètre de constituant un site inscrit le pour son caractère pittoresque. Les vallées de l'Ouysse et de l'Alzou sont par ailleurs classées espace naturel sensible (ENS) par le Conseil départemental du Lot qui a acquis le site de Saint-Sauveur. Ce territoire est compris dans le périmètre du parc naturel régional des Causses du Quercy, labellisé Géoparc mondial UNESCO depuis 2017. Sur le bassin versant de l'Ouysse, des espèces végétales ou animales rares ou protégées sont recensées dans cinq zones du réseau Natura 2000 : les vallées de l'Ouysse et de l'Alzou (code INPN FR7300902 à l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN)), la zone centrale du causse de Gramat, au sud du bassin versant (code INPN FR7300909), le secteur de Lacérède, entre Issendolus et Bio (code INPN FR7300908) et deux petites zones de vieux chênes à la Panonnie (code INPN FR7300906) et à Cantegrel (code INPN FR7300905). Ce bassin versant est également concerné par plusieurs zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) : une ZNIEFF de type II, la Vallée de la Dordogne quercynoise et onze ZNIEFF de type I. Quatre d'entre elles reprennent les dénominations des zones Natura 2000 : les vallées de l'Ouysse et de l'Alzou, la zone centrale du causse de Gramat, les vieux chênes de Cantegrel et ceux de la Pannonie. Les sept autres concernent la Dordogne quercynoise, le Pech de Lavayssière et les bords de l'Ouysse à Thémines, les coteaux et le Pech de Lacave à Rocamadour, le massif forestier de Lacapelle-Marival, la roselière et le bois marécageux de Lentour, l'agrosystème du moulin de Rouby et le marais de Bonnefont.
Politique linguistique de l'Union européenne La politique linguistique de l'Union européenne concerne la politique menée par l'Union européenne officiellement et dans la pratique en ce qui concerne l'usage des langues dans les institutions européennes et la promotion de leur enseignement au sein des États membres. Cette politique a un effet essentiel sur le bon fonctionnement de l'UE, et sur la reconnaissance symbolique et réelle attribuée à chaque langue parlée dans l'Union. De nombreux facteurs influencent la politique linguistique. L'enjeu est beaucoup plus important que les langues elles-mêmes. La communication et la traduction sont ce qui rend l'UE possible. Politique en faveur du multilinguisme. Diversité linguistique dans l’Union européenne. Certains États de l'Union européenne acceptent l'usage exclusif de l'anglais dans les documents scientifiques (voir protocole de Londres). D'autres, comme la France, protègent leur patrimoine linguistique (loi relative à l'usage de la langue française). , soit comme langue officielle, soit comme langue de travail. Dans les traités de l’Union européenne. L'Union européenne a comme objectif officiel le multilinguisme. Dans ses institutions, elle prend en compte l'influence stratégique de la politique linguistique, chaque langue administrative d'un pays membre étant aussi une langue officielle de l'Union. Traité de Maastricht. Comme le commente le rapport de l'Assemblée nationale, , aujourd'hui 24 langues Traité d'Amsterdam (1999). (art. 21 CE). Charte des droits fondamentaux. Il s'agit là d'un droit fondamental, constitutif de la citoyenneté européenne. "Article 21-1 Non-discrimination" "Article 22" "Article 41-4" En matière d'enseignement. Le Conseil de l'Union européenne a adopté le , une résolution (réaffirmée par la suite) énonçant que les élèves devraient avoir, en règle générale, la possibilité d'apprendre deux langues de l'Union européenne autres que leur(s) langue(s) maternelle(s). Les déclarations du conseil ou du Parlement européen vont toutes dans ce sens du soutien théorique à la diversité linguistique et au plurilinguisme dans l'Union. Gestion du multilinguisme. Le multilinguisme poserait en pratique des difficultés, s'il s'agissait d'adopter comme langues de travail l'ensemble des langues de l'Union européenne au niveau des institutions centrales. En fait, la plupart des vingt-quatre langues officielles sont employées principalement pour la diffusion des textes juridiques dans les États-membres. Prévalence de certaines langues dans les institutions européennes. Les collaborateurs et les hauts fonctionnaires des institutions européennes se comprennent actuellement par principalement l'anglais et le français. Qui ne parle pas l'anglais ou le français, en vigueur dans les sièges de certaines institutions européennes, est désavantagé. Par exemple on ne peut répondre à de nombreux appels d'offres européens qu'en anglais et parfois de plus en plus rarement en français, ce qui désavantage les citoyens de l'Union ayant une autre langue maternelle. Le français a été pendant longtemps la principale langue procédurale de la Communauté européenne. Mais depuis l'élargissement de 1995, et le remplacement de la Commission Delors par la Commission Santer, le français a été progressivement supplanté par l'anglais, comme le montre le tableau des langues des textes primaires de la Commission européenne de 1986 à 2007 (en %) : Traductions des documents écrits. En 2001, 56,8 % des pages reçues par la Commission européenne étaient écrites en anglais, et 29,8 % étaient écrites en français. Place de la langue française. Il existe une politique de promotion du français dans l'Union européenne, avec le « Plan pluriannuel d’action pour le français » mis en place en 2002 entre les gouvernements français, luxembourgeois et la Communauté française de Wallonie-Bruxelles, avec le concours de l’Organisation internationale de la francophonie. La langue française garde une certaine prééminence dans les usages diplomatiques et juridiques. Entorse au multilinguisme. De nombreuses offres d'emplois de la Commission exigent des candidats qu'ils aient comme langue maternelle l'anglais ("English mother tongue" ou "English native speaker"), ce qui élimine les candidats ayant l'anglais comme langue d'étude, même à un excellent niveau, et engendre une discrimination entre les citoyens des pays anglophones et les autres. Gestion de la langue dans les techniques de l'information et de la communication. Il existe des méthodes pour gérer la langue sur la Toile. La commission européenne élabore de nombreux dossiers (livres blancs), directives et règlements), et met à disposition l'information sur des sites internet. Il s'agit donc pour les membres des institutions européennes de travailler entre eux et avec des partenaires extérieurs pour élaborer ces documents, puis de les communiquer dans les langues officielles des États-membres de l'Union européenne. Sur certains sujets très importants touchant à l'environnement (comme l'EMAS), la Commission européenne ne met à disposition l'information qu'en anglais. Il est nécessaire de prendre connaissance des méthodes de gestion des langues d'une façon adaptée aux besoins et dispositions juridiques qui peuvent s'appliquer dans différents pays. Difficulté de la promotion du trilinguisme dans l’enseignement. En matière d'enseignement, nombre de spécialistes doutent que l'Union atteigne un jour son objectif d'européen trilingue. En pratique, l'anglais est systématiquement l'une de ces deux langues, et en général la première. L'apprentissage de l'anglais étant considéré par beaucoup comme une nécessité, l'apprentissage d'une troisième langue passe au second plan. Une loi italienne du rend cet état de fait explicite en prenant pour objectif de former des italiens bilingues italien-anglais, et en permettant aux parents de décider de consacrer à l'anglais toutes les heures prévues pour la deuxième langue communautaire. Cette loi, contestée notamment par les enseignants de langues autres que l'anglais et en contradiction avec les préconisations de l'UE, n'a toutefois pas encore été appliquée. Propositions de gestions différentes. Rapport Grin. Ces difficultés conduisent à explorer d'autres scénarios linguistiques pour l'Europe. Le rapport "Coûts et justice linguistique dans l'élargissement de l'Union européenne" de François Grin, professeur de l'université de Genève, (rapport n° 19, ) a été établi à la demande du Haut conseil de l'évaluation de l'école. Ce rapport étudie trois scénarios différents. Système de type hégémonique. La situation linguistique de l'Europe est instable et tend vers la domination d'une langue hégémonique. Le scénario concerne en pratique l'anglais, mais serait identique si une autre langue nationale, comme le français ou le letton, venait à prendre un rôle prépondérant. Cette tendance est théorisée par le "modèle de Van Parijs" qui se place au niveau des comportements individuels qu'il juge préoccupés d'acquérir une langue « utile » (en Europe, l'anglais). Faisant appel à la théorie des jeux, il montre une tendance vers un ""maximin" où chacun a intérêt à "se rabattre, toutes autres choses égales par ailleurs, sur la langue dans laquelle le niveau de compétence du plus « faible » des partenaires est le moins faible ; en d’autres termes, on cherchera la langue dans laquelle le niveau minimal parmi tous les participants est maximal – d’où le terme de maximin, qui résume l’idée de « maximiser le minimum. »". Comprenant qu'une langue est susceptible d'offrir le plus souvent ce "maximin", les acteurs individuels y consacrent leur énergie pour ne pas être exclu des communications, et créent ainsi une dynamique dans laquelle la langue qui se détache assure de plus en plus souvent ce "maximin"" au point de devenir hégémonique. L'inconvénient de ce scénario réside dans les grossières inégalités qu'il engendre entre les pays anglophones et les autres (85 % de la population européenne). Le rapport Grin évalue à 17 milliards d'euros l'économie que réalise chaque année l'Angleterre du fait de la prédominance actuelle de l'anglais. Ce chiffre, jugé prudent par l'auteur du rapport, se répartit dans quatre grands postes : Recours à une langue véhiculaire. Le troisième scénario consiste à compléter le multilinguisme par le recours à une langue véhiculaire, de préférence neutre. Même si de nombreuses langues auxiliaire internationales sont envisageables, le Rapport Grin conclut en faveur de l'apprentissage de l'espéranto. Cette langue y est jugée comme plus économique, plus simple à apprendre et neutre politiquement parlant. Plusieurs institutions européennes emploient le latin dans leur logo : que ce soit le Parlement européen (Parlamentum Europaeum), la Cour de justice (Curia), la Cour des comptes (Curia Rationum). Le Conseil de l'Union quant à lui utilise le mot « consilium » dans son adresse web. La devise de l'Union européenne était initialement rédigée officiellement en latin (« in varietate concordia »), dans le Traité constitutionnel européen. Par ailleurs, avec le départ du Royaume-Uni, les locuteurs de langues romanes (portugais, espagnols, français, italiens, roumains) vont devenir majoritaires par rapport aux germaniques (néerlandais, luxembourgeois, allemands, autrichiens, danois, suédois). Le latin contemporain conserve toujours un certain nombre de promoteurs. Intercompréhension. D'autres solutions sont proposées pour rendre l'intercompréhension possible dans un environnement polyglotte, sans pour autant exiger de chacun une parfaite maîtrise de plusieurs langues. Bernard Cassen du "Monde diplomatique" évoque la possibilité d'enseigner l'intercompréhension au sein d'une famille linguistique. Un tel enseignement serait léger et, entre les langues de la famille romane (espagnol, portugais, français, occitan, catalan, italien, roumain…), il rendrait intercompréhensibles 1,3 milliard d'êtres humains. Le professeur Konrad Ehlich, germaniste à l'Institut de langues de l'Université de Munich, soutient aussi la possibilité d'enseigner les langues de manière passive, de telle sorte que chacun puisse s'exprimer dans sa propre langue tout en comprenant quand l'autre parle dans la sienne. Cette intercompréhension est utilisée notamment par les couples binationaux. , y compris pour une langue comme le français ayant fortement dévié du latin. Une objection importante est qu'elle suppose que la majorité des échanges se feront à l'intérieur d'une famille linguistique. Le phénomène de mondialisation tendant au contraire à multiplier aléatoirement les échanges interculturels, les membres d'une famille linguistique sont amenés à échanger avec des membres d'une autre famille. Ce scénario ne semble donc pas à lui seul en mesure de freiner la tendance au "tout-à-l'anglais", et devrait donc faire l'objet d'une politique linguistique concertée, ce qui n'est pas actuellement à l'ordre du jour. Il présente également l'inconvénient de minorer un certain nombre de groupes linguistiques (groupe finno-ougrien, groupe gaélique, groupe hellénique…).
Attaque par clé apparentée Une attaque par clé apparentée est une forme de cryptanalyse où l'adversaire peut observer les opérations d'un algorithme de chiffrement lorsqu'il est utilisé avec différentes clés, aux valeurs inconnues, mais qui sont liées entre elles par des propriétés mathématiques connues de l'attaquant. Par exemple, une telle propriété pourrait être une séquence comme "1100" qui apparaît dans chaque clé au même endroit, alors que le reste des bits composants la clé sont inconnus. Cela peut sembler être une hypothèse purement théorique : il est improbable d'arriver à persuader un opérateur de chiffrer ses messages avec des clés soumises à des contraintes. Toutefois, un tel scénario peut se produire dans des protocoles faisant appel à des primitives cryptographiques, et où l'intervention d'une tierce personne est limitée. La complexité de ces protocoles, et leur conception parfois faible du point de vue cryptographique, peuvent induire des failles susceptibles d'être exploitées par une attaque par clé apparentée. L'attaque de ce type la plus connue est celle menée sur le protocole WEP.
Inégalités de Bell En mécanique quantique, les inégalités de Bell, énoncées en 1964 par John Stewart Bell, sont des relations que doivent respecter les mesures sur des états intriqués dans l'hypothèse d'une théorie déterministe locale à variables cachées. Il a été démontré expérimentalement en 1982 qu'elles sont systématiquement violées dans les cas EPR, obligeant à renoncer à une ou plusieurs des trois hypothèses suivantes, sur lesquelles sont fondées les inégalités de Bell : Histoire. Le principe d'incertitude d'Heisenberg exprimant une limite fondamentale dans la précision des mesures simultanées de la vitesse et de la position des particules (entre autres), David Bohm propose en 1951 d'abandonner ces paramètres et d'utiliser à la place des valeurs facilement mesurables, comme le spin. C'est en 1964 que John Bell utilise cette idée et formule une inégalité. Son grand intérêt réside dans le fait que « la physique quantique prédit que cette inégalité peut être violée dans certaines conditions expérimentales, alors que selon la physique classique elle doit toujours être vérifiée ». Il existe plusieurs variantes de l'inégalité de Bell, menant à des expériences différentes. La première expérience indiquant une violation de l'inégalité de Bell a été menée par John Clauser et Stuart Freedman en 1972, mais sa précision était insuffisante pour qu'elle soit concluante. C'est Alain Aspect qui propose en 1975 une expérience suffisamment rigoureuse pour être irréfutable, qu'il réalise en 1982. Les prémisses conduisant à l'élaboration des inégalités de Bell. Deux particules sont dites dans un état intriqué lorsque l'état des deux particules n'est pas factorisable en un produit tensoriel de deux états à une particule. Cela peut être obtenu par exemple lorsqu'une particule se scinde en deux particules corrélées (Annihilation). Les lois de conservation conduisent à des valeurs identiques ou strictement opposées des propriétés de ces deux particules telles que l'impulsion ou le moment angulaire (l'état de spin). Lorsque l'on effectue une même mesure, par exemple la mesure du spin dans une direction donnée, sur deux particules intriquées on obtient deux résultats corrélés (deux résultats identiques dans le cas de la polarisation d'un photon). En pratique, cela s'appuie sur une série expérimentale répétitive, avec un appareillage bien défini. Ce type de situation est décrit dans le paradoxe EPR. Lorsque Einstein, Podolsky et Rosen (« EPR ») usaient du phénomène de l'intrication pour défendre le réalisme, ils ne se doutaient pas d'avoir soulevé un autre problème encore plus intrigant. Le principe d'une corrélation systématique ne suscita pas plus d'interrogation au commencement. En effet, lors de la formulation du paradoxe en 1935, la prédictibilité certaine semblait être propre à certains types de vecteurs d'états, et en conformité avec la prédictibilité chère aux réalistes. Une particule dans un état non polarisé peut être mesurée avec un spin vertical ou horizontal avec une chance sur deux. Et des mesures successives sur des particules dans les mêmes conditions d'expériences donneront des résultats imprévisibles. Cependant, dans le cas de particules intriquées, bien que les états des particules appariées soient localement aléatoires pour chaque couple de particules intriquées, on observe toujours une corrélation entre les deux résultats, sans que les états des particules respectives puissent se prédire (incompréhension). Donc, selon la mécanique quantique, l'appariement des particules intriquées apparaît comme étant non compréhensible dans un cadre réaliste, les particules appariées obéissant chacune à la loi des probabilités. Les résultats des mesures suivent en effet une probabilité aveugle selon l'école de Copenhague. En concevant ses fameuses inégalités, Bell ouvrait la voie à la mise sur pied d'un outillage théorique devant permettre de démontrer que la théorie quantique était incomplète. Il devrait exister des variables cachées faisant défaut à la théorie quantique, devant en théorie être mises à nu par les effets d'une observable Δ qui permettrait de mesurer un décalage par rapport aux prédictions quantiques de 41 % dans un espace de Hilbert (l'inégalité de Bell). Ainsi, Bell envisageait de démontrer le principe de séparabilité. La puissance de prédiction théorique de la mécanique quantique a été vérifiée par diverses expériences construites sur base de la méthode fondée sur l'inégalité de Bell, détruisant jusqu'à ce jour l'argument d'incomplétude de la théorie quantique qui aurait dû dissiper l'incompréhension qui dérange tant les réalistes. Deux particules intriquées forment donc un seul et unique système, d'où la notion de non-séparabilité, appuyant la non-localité. Les particules intriquées semblent ainsi intimement liées, comme si, une fois intriquées, l'espace n'existait plus pour elles, contrevenant à la séparabilité compatible avec la physique relativiste. Dans le cas de deux particules indépendantes, on décrira l'état comme : formula_1 Tandis que dans le cas intriqué une telle décomposition n'est pas possible. Présentation et formulation simplifiée des inégalités de Bell. Une analogie est possible pour présenter et expliquer les idées qui sous-tendent les inégalités de Bell. Le but est de trouver des relations, des inégalités, que doivent mathématiquement respecter les corrélations entre des paramètres mesurés sur deux particules, qui ont été en interaction, puis séparées et ne pouvant communiquer l'une avec l'autre. Dans ce cas, ces corrélations doivent être déterminées par des variables fixées lors de l'interaction, puis véhiculées avec les particules (ce que l'on appelle des variables cachées). Rappels des conditions réelles. Les mesures de la polarisation de deux photons intriqués émis par une source unique (par exemple à la suite d'une conversion paramétrique descendante spontanée ou une annihilation produisant une paire de photons) présentent des corrélations, quelle que soit leur séparation physique au moment de la mesure. Si on fait passer un des photons dans un filtre polarisant, il possède une certaine probabilité de traverser le filtre, ou d'être absorbé, en fonction de l'inclinaison du filtre par rapport à sa polarisation. Si le filtre est parallèle à sa polarisation, le photon traversera le filtre avec une probabilité de 100 %, si le filtre est incliné à 90° par rapport à la polarisation, il sera certainement absorbé. Les deux photons issus d'une même source ont la même polarité, et présentent un comportement prévisible, et corrélé, quand ils sont confrontés à un polariseur. Pour des angles de 0°, 30° et 60°, on a les trois règles : Plus généralement, la probabilité que le comportement des photons soit identique est de formula_2, où formula_3 est l'angle entre les deux polariseurs. Stratégie de simulation des conditions réelles. Admettons maintenant que nous demandions à deux personnes de se mettre d'accord sur une stratégie pour essayer de simuler le comportement de la paire de photons. Elles sont d'abord réunies dans une pièce où elles peuvent se concerter sur une stratégie, puis elles sont séparées dans deux pièces, sans aucun moyen de communication. Une fois séparées, on leur pose une série de questions sous la forme « 0° ? », « 30° ? », « 60 °? », et elles doivent répondre « T » pour transmission et « A » pour absorption. Les questionneurs doivent poser leur question aléatoirement, sans connaître la question posée par l'autre expérimentateur, et ignorer la stratégie adoptée par les deux personnes. Le but de la stratégie est de donner toujours la même réponse que l'autre personne quand la question posée est la même, d'être d'accord dans 75% des cas quand les deux questions diffèrent de 30°, et dans 25% des cas quand les deux questions diffèrent de 60° (c'est ce que les photons arrivent à faire, dans les mêmes conditions). L'ensemble des possibilités de réponse est très restreint (trois questions, deux réponses possibles), et représenté par le tableau ci-dessous : Inverser les réponses ne change rien concernant le fait que les choix soient semblables ou différents entre les deux personnes, et répondre T/T/T ou A/A/A correspond donc au même ensemble A de réponses. Une "stratégie" consiste à déterminer qu'on va utiliser l'ensemble A de réponses pour α % des questions, l'ensemble B pour β % des questions, etc. Une stratégie est donc entièrement déterminée par un quadruplet (α, β, γ, δ), tel que α + β + γ + δ = 1, et α, β, γ, δ >= 0. Par exemple, avec la stratégie (1,0,0,0), les deux personnes arrivent à toujours simuler la bonne corrélation (la même réponse) quand on leur présente les deux mêmes questions, mais échouent à simuler les corrélations attendues dans les cas où « l'angle entre les deux questions » est 30° (3/4 de réponses égales) ou 60° (1/4 de réponses égales). Contraintes et inégalités sur les paramètres de la stratégie. Comment choisir les paramètres (α, β, γ, δ) de manière à simuler correctement les corrélations des photons, sans communiquer, face à des questions aléatoires ? Pour une stratégie donnée, la probabilité de donner des réponses opposées pour la paire de questions "0° ?"-"60° ?" (ou inversement) est (β + δ) (consulter le tableau permet de s'en convaincre). De même, la probabilité de donner des réponses opposées à la paire de questions "0° ?"-"30° ?" est (β + γ), et pour "30° ?"-"60° ?" : (γ + δ). Nous devons donc avoir, pour simuler les corrélations des photons : Le problème commence à apparaître : d'un côté on doit avoir formula_7<br> Mais d'un autre côté, formula_8<br> Donc, en réunissant les deux résultats, on doit avoir formula_9, ce qui donne une valeur de formula_10. Ceci est une probabilité négative, qui n'a aucune signification physique et ne peut exister en pratique. "On voit par cet exemple qu'il existe des relations mathématiquement nécessaires (correspondant à un ensemble d'hypothèses données) entre les corrélations de réponses, et que ces relations peuvent être violées, indiquant qu'une des hypothèses au moins est fausse." Dans cet exemple, la relation mathématiquement nécessaire est l'inégalité : L'inégalité de Bell est construite exactement sur ce principe et avec ces idées. Elle s'exprime différemment : car Bell exprime l'inégalité en termes d'espérance mathématique (moyenne à long terme des valeurs mesurées), et prend en compte d'autres types de corrélations, mais l'idée est la même. Les implications en fonction de la mécanique quantique. Dans le cas de la mécanique quantique, si l'angle du premier polariseur est formula_3 et l'angle du deuxième polariseur est formula_12, alors le calcul (identique à la probabilité de mesurer le spin selon l'angle formula_3 alors que l'on sait que le spin a été mesuré selon l'angle formula_12) donne : formula_15 Cette probabilité correspond à la probabilité d'avoir une détection dans le polariseur formula_3 en coïncidence avec une détection dans le polariseur formula_12. En calculant cette probabilité pour les trois autres types d'évènements, on peut en déduire le coefficient de corrélation : formula_18 On voit que les inégalités de Bell sont violées pour, par exemple, des angles égaux à formula_19, formula_20 et formula_21. L'expérience (par exemple celle d'Alain Aspect) a largement confirmé ces résultats et aussi que la loi de Malus était vérifiée sur des photons individuels. Certains chercheurs ont cependant montré qu'on retrouve classiquement le même résultat qu'en mécanique quantique, si on tient compte du fait que la probabilité de coïncidence n'est pas égale au produit de deux probabilités indépendantes, mais à celui de la probabilité pour que le premier photon soit compté par la probabilité pour que le second le soit, sachant que le premier l'a été. Les conséquences théoriques et philosophiques de la violation de ces inégalités. Le résultat d'une mesure n'est pas totalement inscrit dans l'état de la particule puisque les résultats ont une nature probabiliste. Toutefois la mesure sur les deux particules donne bien deux résultats corrélés. Quelle est la nature du lien garantissant le fait que le résultat sera le même ? Plusieurs hypothèses sont possibles. L'école de Copenhague. La première approche, celle de l'école de Copenhague, est d'admettre la mécanique quantique telle qu'elle est. De dire que les résultats sont réellement non déterministes et les états intriqués correctement décrits par la mécanique quantique. Cela peut poser de gros problèmes d'interprétations qui ne sont d'ailleurs pas entièrement résolus à notre époque. La nature du « lien » entre les deux particules reste assez difficile à saisir (voir "Conclusions"). Pour les défenseurs de cette conception de la théorie quantique, les tentatives d'explications de rationalisation de la théorie quantique ne sont pas un problème de physique. Théories non locales. Dans le cadre des théories non locales, on émet l'hypothèse qu'un signal instantané (de nature inconnue) permet à une particule d'être informée du résultat d'une mesure sur l'autre particule, pour établir la corrélation de la paire de particules intriquées, qui pourra se vérifier expérimentalement au moment où l'état de la seconde des deux particules sera mesurée à son tour. Certaines variantes de l'expérience d'Aspect montrent que ce signal peut être parfois interprété comme remontant le temps dans le référentiel d'une des deux particules. Ceci soulève un problème conceptuel difficilement admissible, conduisant à des conclusions contredisant le sens commun. Variables cachées. L'hypothèse précédente a de fait l'inconvénient d'être en désaccord avec le principe de localité, qui est à la base de la relativité restreinte, sans toutefois que cette dernière soit remise en question du fait de l'impossibilité de transmettre de l'information de manière instantanée. De plus, le comportement probabiliste de la mécanique quantique peut être perçu comme une incomplétude de cette théorie. Une solution consiste à émettre l'hypothèse que la description quantique de l'état est incomplète. Selon un raisonnement classique, la corrélation pourrait être expliquée par des variables cachées, établies au moment où les deux particules intriquées étaient réunies, et ensuite transportées par chacune d'entre elles. Cela permettrait d'expliquer très simplement les corrélations, qui ne seraient pas plus mystérieuses que les fameuses « chaussettes de Berltmann », du nom d'un professeur qui était réputé pour toujours porter des chaussettes dépareillées. Il existe une « corrélation » entre les deux chaussettes, et – quelle que soit la séparation de celles-ci – il est possible, en mesurant l'une, d'avoir des déductions sur la couleur de l'autre. La "couleur" est en fait une "variable cachée locale" à la chaussette, mais ce genre de variable ne semble pas exister pour l'état de spin (ou tout autre état quantique) de la particule. Les inégalités de Bell permettent d'éprouver la statistique des corrélations associées à ce type de théories. Leurs violations ont montré que l'intrication ne peut être décrite par une théorie à variables cachées locales, du type "chaussettes de Berltmann". En revanche, la violation des inégalités de Bell n'exclut pas des théories à variables cachées non-locales, comme la théorie de De Broglie-Bohm. Multivers (théorie d'Everett). Une interprétation contre-intuitive, mais cohérente, de l'existence d'états quantiques superposés, se nomme l'interprétation d'Everett. Selon cette interprétation (ce n'est pas une théorie, puisqu'elle ne fournit pas de prédictions nouvelles), la méthode de mesure des états des particules d'une façon ou d'une autre, conduit à une démultiplication soit de l'univers ("many-worlds"), soit de l'observateur ("many-minds"), chacun des résultats physiquement possibles ayant lieu de façon locale et séparée dans autant de branches d'univers distinctes (nommés par abus de langage "parallèles"). Suivant cette interprétation proposée par Hugh Everett, les observations en mécanique quantique décrivent simplement, contrairement à la théorie qui inclut tous les possibles, l'univers donné d'un observateur donné à un instant donné. Pour cet observateur, le passé - qui n'est que le sien propre - est fixe, et l'avenir reste multiple Le fait pour un observateur d'avoir effectué une mesure le positionnerait dans une de ces branches multiples, son résultat "particulier" n'étant pas lui-même prévisible. Sur le papier, Everett souligne que selon que l'on opère les mesures des particules intriquées avec des polariseurs orientés de la même façon ou de façon opposée, nous obtenons des résultats respectivement compatibles ou non avec la notion de séparabilité. L'hypothèse de multiplication des univers en même temps que d'opérations de mesures fournit un cadre cohérent aux observations de la mécanique quantique, en particulier le paradoxe EPR confirmé par l'expérience d'Alain Aspect. Inégalité faible et inégalité forte. Selon la théorie, avec d'hypothétiques instruments performants à 100 % on aurait une corrélation parfaite entre les particules intriquées, ce qui ne peut être vérifié en pratique : des éléments comme la disposition des polariseurs, filtres et détecteurs devaient fausser les résultats des expériences. Pour pouvoir faire une expérience réalisable techniquement, il a donc été nécessaire d'intégrer dans les calculs initiaux de Bell la marge d'erreurs induites par l'appareil expérimental. Il existe des polarisateurs et des filtres opérant avec une efficacité de 95 à 98 %, l'efficacité des photomultiplicateurs étant de l'ordre de 10 à 20 %, il fallait prendre en compte ces limites techniques lors des expériences. Aussi, pour pouvoir tester l'inégalité de Bell avec l'imperfection des techniques existantes, des hypothèses additionnelles de l' et de ses variantes (inégalité CH74 et ) furent introduites dans les expériences pour transformer les inégalités faibles de Bell − ne pouvant être vérifiées qu'avec des instruments parfaits −, en inégalités fortes enfin vérifiables avec des instruments réels. Inégalités fortes qui furent systématiquement violées par les expériences et confirmant les prédictions quantiques (voir, par exemple, l'expérience d'Aspect et pour une étude plus détaillée la liste des expériences sur les inégalités de Bell). Conclusions. Comme les inégalités de Bell sont expérimentalement violées, il semble impossible de construire une théorie locale déterministe à variables cachées rendant compte des résultats expérimentaux. Cela n'interdit pas la construction de théories déterministes non locales à variables cachées. Cependant, le fait que la mécanique quantique n'ait jamais été mise en défaut semble rendre peu utile une telle recherche. Louis de Broglie, a ainsi proposé une modélisation des ondes quantiques où la fonction d'onde ou onde pilote devait guider le mouvement de la particule de façon causale et déterministe, mais non locale. La particule devant se trouver potentiellement sur toute l'étendue de l'onde pilote, une onde bien réelle et définie dans l'espace en temps réel. Dans cette théorie, la variable cachée est la force de potentiel quantique. L'expérience des fentes de Young a permis de vérifier certains aspects de cette thèse sur base de l'analyse de la diffraction. Néanmoins, si la plupart des théories explicitement non locales (signaux instantanés) semblent être en contradiction avec la relativité restreinte, il est intéressant de signaler que la relativité restreinte et la mécanique quantique sont compatibles. D'autres résultats comme le théorème de Kochen-Specker renforcent cette attitude. Dans ce cadre d'approche, l'intrication qui établit la corrélation entre les particules intriquées peut être vue comme étant réalisée par une transmission d'information qui est qualifiée "d'instantanée", l'observation d'une des particules réduisant la fonction d'onde de la seconde particule de façon matricielle. Ceci est considéré comme interdit par la physique relativiste. Cependant, ce qui est déterminé comme un transfert d'information échappe à tout contrôle jusqu'à ce que les deux particules soient respectivement observées. Or, en pratique, il faut observer les deux particules successivement et comparer leurs états par un canal d'information relativiste parfaitement classique. Ce qui permet sur le papier, avec l'ajout de la notion de réduction de fonction d'onde de la mécanique quantique, de ne pas violer ce principe fondamental de la physique relativiste. Enfin, comme en témoigne la cryptographie quantique, l'état instantané de la première particule obtenue de façon aléatoire qui doit déterminer l'état de la seconde particule n'étant pas prévisible, l'information transmise de façon matricielle est ignorée avant l'observation des deux particules respectives, il n'y a ainsi aucun moyen de transférer des informations en se fondant sur les propriétés de l'intrication. Selon la mécanique quantique, il faut considérer les particules intriquées comme un seul objet devenu inséparable, étant donné que selon l'expérimentation la mécanique quantique est non locale. Notre intuition naturelle ne permettant pas d'appréhender la réalité de façon non locale, la corrélation entre les particules intriquées nous parait inacceptable. Cette vision séparatiste donnant l'impression d'un lien instantané est suggérée par l'interprétation de Copenhague de la mécanique quantique, qui toutefois se défend de vouloir donner un modèle physique de la réalité, mais simplement des règles opérationnelles. Même si ce n'est pas la seule, c'est l'interprétation la plus répandue et la plus évidente en ce qu'elle est une image directe du comportement probabiliste des mesures expérimentales. Selon l'école de Copenhague, les tentatives de donner un sens aux résultats mathématiques des prévisions quantiques ne sont plus des problèmes de physique. Quoi qu'il en soit, le problème de l'interprétation de la violation des inégalités de Bell, de l'intrication et de la mécanique quantique en général est un problème difficile et le débat reste ouvert.
Edmond Gondinet Edmond Gondinet, né le à Laurière, et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un librettiste et dramaturge français. Il a fait jouer sur les scènes parisiennes une quarantaine de pièces, collaborant notamment avec Eugène Labiche et Alphonse Daudet. Si certaines pièces ont incontestablement vieilli, d’autres ont conservé leur force comique. Biographie. Son père, Jules-Joseph Gondinet, était directeur de l’Administration des Domaines à Limoges, et lui aussi commença sa carrière dans l’administration, ce qui explique sans doute son excellente connaissance du milieu ("Le Chef de division", "Le Panache"). Entré à l’Enregistrement, il a été nommé sous-chef de bureau au ministère des Finances, en 1868. Au bout d’une dizaine d’années comme fonctionnaire, alors qu’il était sous-chef de bureau au ministère des Finances, il donna sa démission pour se consacrer exclusivement au théâtre. Par respect pour son père, il ne donna sa démission de sous-chef que lorsque le théâtre lui eut assuré une indépendance. D’une rondeur cordiale, d’une simplicité bon enfant, qui mettait immédiatement à l’aise, Gondinet était devenu l’ami de Montigny, le directeur du Gymnase, qui possédait la plus complète collection d’artistes jeunes et jolies de Paris. Un jour qu’une de ses pièces venait de tomber, il lui demanda à Gondinet : . Quinze jours après, celui-ci revint au Gymnase avec "les Grandes Demoiselles", un acte qui ne comptait pas moins de douze rôles, échus à Mlles Pierson, Chaumont, Magnier, Judic, etc. Presque inconnu la veille, le nom de Gondinet était célèbre le lendemain et c’est de ce jour que date sa grande réputation. La critique qui, jusque là, s’était montrée maussade pour lui, devint bienveillante à partir de ce moment et n’enregistra plus que des succès : "Gavaut, Minard et Cie" en 1869 et surtout "le Plus Heureux des trois", écrit l’année suivante en collaboration avec Labiche, un des chefs-d’œuvre du théâtre de son époque. En 1870, bien que dispensé par son âge de servir dans l’armée active, il s’engagea au bataillon de marche, n’accepta aucun grade, et combattit aux premiers rangs de l’armée qui défendait Paris. Après la guerre, plusieurs de ses comédies ayant été représentées avec succès en Allemagne, il refusa d’en toucher les droits. Et sans bruit, sans réclame, grâce au concours de la maréchale de Mac-Mahon, qui fut sa collaboratrice discrète, il fonda avec le produit de ces droits une pension de retraite au profit de deux soldats mutilés pendant la campagne. En 1873 son drame historique, "Libres", fut mal accueilli, insuccès dont il s’est rattrapé avec le "Chef de Division", "le Homard", "le Panache", "le Dada", les "Convictions de Papa", qui ont achevé de désarmer les dernières préventions contre son talent. L’année 1877 a été celle de son plus complet triomphe. Toute l’école naturaliste, Émile Zola en tête, s’est extasiée à la représentation du "Club", une minutieuse peinture de mœurs parisiennes. La souplesse de talent lui a permis, à côté des comédies, d’écrire des pièces à caractère, des opéras comiques, etc. À partir du "Panache", représenté en 1895, qui a mis le sceau à sa réputation, sa vie, si douce jusque-là, est devenue peu à peu une sorte de servitude. La collaboration entrée alors dans sa vie, installée dans son bureau, l’assaillant de ses manuscrits à Paris, l’a poursuivi de ses correspondances à la campagne, empruntant toutes les formes propres à le toucher, tantôt se présentant sous l’aspect d’un débutant plein de promesses, tantôt s’insinuant sous l’habit râpé d’un vieil auteur honorable et méconnu. Aussi "le Charivari" l’a-t-il représenté à cette époque, écrivant avec cent mains cent pièces différentes. On peut compter ses collaborateurs par ses pièces. Outre Labiche, Raymond Deslandes, Bisson, Hector Malot, plus d’un débutant a vu son nom figurer sur l’affiche à côté du sien. Malgré son infatigable activité d'homme de théâtre, il était un homme discret et effacé . Deux phrases de ses contemporains éclairent le personnage : Il semblait embarrassé par la célébrité qui lui avait attiré la longue suite d’œuvres délicates, ingénieuses, fantaisistes qu’il avait produite. Il accomplissait à cette besogne surhumaine non par intérêt car il disposait d’un patrimoine indépendant ni par ambition, car il fuyait les honneurs, comme un fléau. Aussi n’était-il vraiment heureux que quand il retournait se cacher dans sa mystérieuse villa d’Athis, où il se faisait passer pour un officier en retraite, où il avait installé un asile pour les animaux en tous genres, et où il recevait néanmoins la foule de gens qui venaient lui demander sa collaboration. Sa carrière dramatique s’est achevée où avaient eu lieu ses débuts : à la Comédie-française. La dernière pièce qu’il a écrite pour cette scène : "Un Parisien", a soulevé de nombreuses critiques. Beaucoup se sont refusés à prendre Brichanteau pour l’idéal du parfait Parisien, mais la silhouette du domestique Gontran, à la fois naïf et madré, qui connait les manies de son maitre et en profite pour l’exploiter, a mis le public en joie. Souffrant de surmenage, il fut envoyé, deux ans avant sa mort, en Italie. Quelques mois avant sa mort, il avait quitté sa retraite mystérieuse d’Athis, pour s'installer à Neuilly, afin que son médecin pût le voir plus facilement. Hommages. Il avait été élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur par décret du . Une voie du de Paris a reçu son nom depuis 1899, la rue Edmond-Gondinet. Une "rue Gondinet" rappelle également son souvenir à Limoges. Adolphe Lalauze a gravé son portrait à l’eau-forte.
Quête du Graal Quête du Graal ("GrailQuest") est le nom d'une série de livres-jeux en huit volumes, écrite par l'auteur britannique J. H. Brennan et débutée en 1984, s’achevant en 1987. En France, la série est publiée à partir de 1985 par Gallimard au sein de la collection « Un livre dont vous êtes le héros » de Folio junior. Contrairement à ce que laisse penser le titre de la série "Quête du Graal", à aucun moment il n'est question d'histoires ayant un rapport quelconque avec la quête du saint Graal. Synopsis. L'histoire de la série "Quête du Graal" se déroule dans l'univers des légendes du royaume d'Avalon du roi Arthur. Le récit utilise un ton humoristique et parodique (similaire au film "" ou du roman "Un Yankee à la cour du roi Arthur") et adopte un ton léger, ne se prenant pas au sérieux. L'intrigue générale usurpe souvent le genre fantastique et insère dans sa narration des morceaux d'humour burlesque, voire des éléments d'humour absurde. Le royaume d'Avalon vit dans la terreur, du fait de la présence de redoutables dragons et de sorciers aux pouvoirs maléfiques qui terrorisent la région. Mais les fidèles chevaliers du roi Arthur (regroupés au sein de la Table Ronde) sont tous indisponibles, étant déjà partis en quête d'exploits à accomplir. Le roi Arthur doit alors se résoudre à utiliser un nouvel héros pour rétablir la paix dans le pays. Le lecteur incarne Pip, un jeune fermier qui se retrouve contraint d'accomplir diverses missions épiques pour le compte du roi Arthur, avec comme instigateur et mentor le légendaire magicien Merlin l'Enchanteur. La série se déroule principalement dans le royaume d'Avalon bien que le quatrième volume, « Le Voyage de l'Effroi », se déroule presque entièrement dans la Grèce antique, après que le sort d'invocation de Merlin ait mal tourné. Personnages. Pip croise aussi divers personnages de fiction n'ayant aucun rapport avec la légende arthurienne, tel Jason (amoureux fou de Médée) ou le pirate Long John Silver du roman "l'Île au trésor", entre autres. Système de jeu. Jets de dés. Le système de jeu de la série "Quête du Graal" est simple et facile à appréhender. Il suffit de posséder deux dés à six faces. Le nombre initial de points de vie se calcule en lançant deux dés au début du jeu, en additionnant les points obtenus et multipliant cette somme par 4 (4×2d6). Par la suite, durant chaque combat, pour porter chaque coup avec une arme dont on est informé qu'elle « frappe avec un "f" » et (le cas échéant) qu'elle « inflige "p" points de dommages supplémentaires » (avec "f" entier positif dans l'intervalle [2, 12]), il faut : Beaucoup de tests sont demandés, souvent différents les uns des autres. Le paragraphe 14. Une particularité de cette série réside dans le fait que, quelles que soient les circonstances entraînant la mort du personnage , le lecteur est amené à se rendre invariablement au paragraphe 14 de chaque volume. Dans ce paragraphe, la mort est systématiquement traitée sur un ton décalé et ironique (un chœur d'anges y est même comparé au XV de Galles) avant d'aborder la réincarnation du personnage afin qu'il puisse reprendre l'aventure. Dans une autre série de Brennan, "Loup* Ardent", le paragraphe équivalent est le 13. Commentaires. La lecture des premiers tomes donne l'impression que l'auteur, J. H. Brennan, ne comptait au départ écrire que trois volumes. Par ailleurs, Brennan, qui est l'auteur d'autres séries de livres-jeux (comme la série des "Loup* Ardent"), fait régulièrement des allusions humoristique à celles-ci dans les récits de la "Quête du Graal". Ainsi, dans le tome « Le Temps de la malédiction », le personnage de Pip trouve un livre . Dans la série, on rencontre beaucoup de personnages issus de la légende arthurienne, notamment le roi Arthur et surtout Merlin l'Enchanteur, ce dernier confiant de nombreuses informations, de l'équipement et un livre de sortilèges (souvent délirants) au héros Pip. Contrairement à de nombreuses autres séries de livres-jeux où le héros est anonyme, dans celle-ci le personnage principal est nommé, Pip étant un jeune fermier dans lequel le lecteur est enfermé, le temps de l'aventure, avant de pouvoir retourner à son époque. Les excentricités de Merlin sont représentées dans chaque livre de la série, notamment quand il apparaît dans un logement neuf, à chaque fois plus bizarre que le précédent. Seul le dernier livre de la série (« La Légion des Morts ») omet de détailler précisément la maison de Merlin mais, partout où celle-ci se trouve, une porte permet d'en sortir et conduit en Enfer. Le style du tome « Les Portes de l'Au-delà » adopte un format original, très inspiré par le « porte-monstre-trésor » de "Donjons et Dragons" : le joueur dispose d'une carte d'un souterrain (un « donjon ») à explorer, avec des chiffres indiqués sur la carte qui font référence aux paragraphes du livre lorsque l'on pénètre dans une pièce. Lors de la progression dans les couloirs du donjon, le joueur tire au hasard les rencontres aléatoires possibles (à l'image des fameux « monstres errants » de "Donjons et Dragons"). Accueil. Dans un article du premier numéro du magazine britannique de jeux vidéo "The Games Machine", John Woods a déclaré que les livres de la série "Quête du Graal" donnaient une . Il a également noté que les livres nécessitaient beaucoup de compétences, par opposition au grand élément de chance aléatoire requis dans la série de livres rivale "Défis fantastiques" ("Fighting Fantasy" en ). Woods a aussi noté que la série "Quête du Graal" aurait dû faire aussi bien ou même mieux que celle de "Défis fantastiques", mais a émis l'hypothèse que peut-être les lecteurs ont .
RST RST est un sigle qui peut signifier : RST est une abréviation qui peut signifier :
Parlement de Catalogne Le Parlement de Catalogne ( ; ; ) est l'assemblée législative de la Catalogne, communauté autonome d'Espagne. Il forme, avec la présidence de la Généralité et le gouvernement (conseil exécutif), la Généralité de Catalogne. Il est composé de , élus au suffrage universel par les citoyens de Catalogne. Il est situé dans le Parc de la Ciutadella de Barcelone et occupe tout l'espace du Palais du Parlement. Les pouvoirs du Parlement de Catalogne sont définis par l'article 55 à 66 du statut d'autonomie de la communauté autonome catalane : il représente le peuple de Catalogne, vote le budget, contrôle et impulse l'action du gouvernement catalan. Le statut d'autonomie consacre également l'inviolabilité du Parlement de Catalogne. Le Parlement catalan jouit d'une longue histoire, puisqu'on peut faire remonter ses origines au . Le Parlement actuel a cependant été établi seulement en 1980, dans le processus de transition démocratique que connaît l'Espagne après la dictature franquiste, de la construction de l'« État des autonomies » dans le cadre de la Constitution espagnole de 1978, et de la récupération de l'autonomie par la Catalogne, après la proclamation du statut d'autonomie, le . En , le Parlement est dissous par le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, en application de l'article 155 de la Constitution espagnole, à la suite de l'approbation par le Parlement catalan de la déclaration d'indépendance faite par le président de la Généralité, Carles Puigdemont. De nouvelles élections sont organisées le . Histoire. Les "Corts" catalanes jusqu'en 1714. On peut faire remonter l'histoire d'une institution parlementaire en Catalogne au avec la "cort comtal", la cour du comte de Barcelone, qui réunit autour de lui ses principaux vassaux et des ecclésiastiques de haut rang. Peu à peu la "cort" du comte s'agrandit, alors même que sa convocation devient plus rare. On date du règne du roi Jacques la transformation de la "cort comtal" en "cort general", en assemblées qui rassemblent trois différents ordres ou « bras ». On compte le "braç militar", l'ordre des nobles et chevaliers, le "braç ecclesiastic", l'ordre des ecclésiastiques et le "braç real", l'ordre des villes royales, qui jouissent du privilège d'envoyer des députés aux "corts". Ce système laisse dans l'ombre la majeure partie de la population, puisque les campagnes ne sont pas représentées, pas plus que les villes non royales. Les "corts" arrivèrent, en profitant des périodes de faiblesse de la royauté, à accaparer l'initiative de la fiscalité. Le roi était donc soumis à leur consentement pour lever de nouveaux impôts. On peut donc y voir une lointaine préfiguration de l'actuel système parlementaire catalan. Au , après la guerre de Succession d'Espagne, les décrets de Nueva Planta promulgués par Philippe V abolissent les institutions de gouvernement catalanes. En 1914, un nouvel organe de gouvernement autonome, la « Mancomunidad de Catalogne » est créé, mais il est aboli en 1925 sous la dictature de Primo de Rivera. L'exil (1939-1977). Entre 1939 et 1977, le Parlement survit en exil. Le président de la Généralité, Lluís Companys, est fusillé en 1940 par le régime franquiste et Josep Irla assume automatiquement, en tant que président du Parlement de Catalogne, la présidence de la Généralité jusqu'à sa démission en 1954. Josep Tarradellas qui lui succède, est nommé à la tête de la Généralité provisoire en et le demeure jusqu'aux élections au Parlement de Catalogne de 1980. L'autonomie dans le cadre démocratique (depuis 1978). En 1980, un statut d'autonomie est adopté et les premières élections au Parlement catalan se déroulent le . Elles sont remportées par Convergence et Union (CiU) et Jordi Pujol accède à la présidence de la Généralité qu'il conservera jusqu'en 2003. Par la suite, des élections ont eu lieu en 1984, 1988, 1992, 1995, 1999, 2003, 2006, 2010, 2012 et 2015. législature (2015-2017). Le Parlement a entamé sa législature le . Six coalitions politiques ont une représentation dans l'hémicycle : Ensemble pour le oui, Ciudadanos, le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), Catalogne oui c'est possible, le Parti populaire (PP) et Candidature d'unité populaire (CUP). Cette assemblée est chargée d'élire le président de la Généralité de Catalogne, le responsable de l'exécutif de l'autonomie catalane, qui à son tour est chargé de constituer le gouvernement. Après son élection à la présidence du Parlement, avec sur 135 ( blancs et , Carme Forcadell (Ensemble pour le oui, Gauche républicaine de Catalogne) prononce un discours d'investiture partisan qu'elle termine en proclamant : . À la suite de ce discours, Ensemble pour le oui et CUP concluent un accord et publient une proposition de résolution déclarant . Le , les députés votent une résolution en faveur de l'indépendance de la « République catalane » avec une majorité de 72 voix pour le oui (Ensemble pour le oui et la CUP) et 63 pour le non (Citoyens, PSC, Catalogne oui c'est possible et Parti populaire). Aussitôt, le gouvernement de Madrid demande au Tribunal constitutionnel d'annuler cette résolution, ce que font les juges convoqués le . Dans le même temps, Artur Mas, qui se présente à sa propre succession à la présidence de la Généralité, ne réussit pas à obtenir la majorité des voix du Parlement aux deux premiers tours de scrutin. Il retire sa candidature "in extremis" le , évitant de nouvelles élections et ouvrant la porte à l'investiture de Carles Puigdemont le lendemain. Ce dernier est élu avec 70 voix en sa faveur, 63 contre et 2 abstentions. Le mercredi , après une session parlementaire houleuse, la majorité, composée des groupes Ensemble pour le oui et Candidature d'unité populaire (CUP), fait approuver la loi sur la tenue d’un référendum portant sur l’indépendance de la Catalogne prévu le octobre. Le lendemain, jeudi , la loi sur la tenue du référendum est suspendue par le Tribunal constitutionnel qui met également en garde les maires des 968 communes de Catalogne pour les dissuader d'organiser le scrutin. Le Parlement adopte le même jour et avec la même majorité (71 voix sur 135) la loi de transition ("Ley de transitoriedad jurídica y fundacional de la República") qui prévoit l'organisation de la Catalogne si le « oui » au référendum du octobre l'emporte. Le , le parquet supérieur de Catalogne porte plainte contre les membres du gouvernement de Carles Puigdemont et les membres du bureau du Parlement de Catalogne présidé par Carme Forcadell devant le Tribunal supérieur de justice de Catalogne pour motifs de prévarication et de désobéissance ainsi que de détournement de capitaux publics. Le , le Tribunal constitutionnel suspend la loi de transition adoptée cinq jours plus tôt par les députés. L'activité parlementaire est ajournée à partir du jusqu'au lendemain du référendum du octobre. Une séance plénière est prévue le pour annoncer officiellement les résultats et proclamer l'indépendance de la Catalogne après la victoire du « oui » mais elle est suspendue par le Tribunal constitutionnel à la demande du Parti des socialistes de Catalogne dirigés par Miquel Iceta . La loi sur la tenue du référendum est déclarée anticonstitutionnelle et nulle par le Tribunal constitutionnel à l'unanimité de ses membres. Le , le Parlement valide la résolution de déclaration d'indépendance. Après l'approbation par le Sénat espagnol de l'application de l'article 155 de la Constitution, Mariano Rajoy, président du gouvernement, dissout la chambre catalane et annonce la tenue d'élections régionales pour le . Emplacement. Le siège du Parlement est le Palais du Parlement de Catalogne. Il est situé dans le Parc de la Ciutadella, à Barcelone. L'entrée principale se trouve au place Joan-Fiveller. L'édifice a été construit par l'architecte flamand Georges-Prosper de Verboom entre 1716 et 1748 pour servir d'arsenal, dans la forteresse de la Citadelle que fait construire le roi Philippe V, peu après avoir reconquis la ville de Barcelone, le . Après la destruction de la Citadelle, au milieu du , le vieil arsenal est aménagé en palais par l'architecte Pere Falqués, afin de recevoir la famille royale lors de l'Exposition universelle de 1888. En 1900, l'édifice devient le musée municipal des Arts décoratifs et archéologique ("Museo Municipal de Arte Decorativo y Arqueológico" en espagnol) de la ville. En 1932, après la proclamation de la Seconde République, le bâtiment est attribué au jeune Parlement catalan. Une nouvelle décoration due à Santiago Marco transforme la salle du trône en salon des Sessions, et sur la façade le blason des Bourbons est remplacé par celui de la Catalogne. Après la Guerre civile, le bâtiment retrouve une fonction militaire, puis devient le siège du musée d'Art moderne de Catalogne en 1945. En 1977, lors du retour à la démocratie, il redevient siège du Parlement et il est rénové. Finalement, le musée d'Art moderne est transféré en 2004 au Palais national de Montjuïc, qui est déjà le siège du MNAC. Il est aujourd'hui inscrit comme Bien culturel d'intérêt local ("Bé cultural d'interès local" en catalan, "Bien Cultural de Interés Local" en espagnol) à l'Inventaire du patrimoine culturel catalan, avec le numéro 08019/125. Système électoral. Élections des députés. Le Parlement est composé de 135 députés, élus au suffrage universel pour quatre ans. Le scrutin est plurinominal et proportionnel : les électeurs catalans sont appelés à voter pour des listes présentées par des partis ou des coalitions politiques, dont la représentation au Parlement est proportionnelle à leurs résultats électoraux. La méthode retenue pour l'attribution des sièges est la méthode d'Hondt. Les partis ou les coalitions politiques présentent des listes de candidats distinctes dans chacune des quatre circonscriptions provinciales de la communauté autonome catalane : Barcelone (85 députes), Gérone (17 députés), Lérida (15 députés) et Tarragone (18 députés). La répartition des sièges est en défaveur de la province de Barcelone, qui représente 73,7 % de la population de la région, mais seulement 63 % des députés. Les autres provinces sont par conséquent surreprésentées, notamment la province de Lérida, qui avec seulement 5,7 % de la population élit 11,1 % des députés. Les conditions essentielles pour se présenter aux élections sont de posséder la nationalité espagnole, de résider en Catalogne et d’être âgé au minimum de 18 ans. De plus, les électeurs doivent être en pleine possession de leurs droits civils et politiques, comme l'établit la législation électorale espagnole. Les listes de candidats doivent également respecter des règles de parité entre les hommes et les femmes. Le mode d'élection des députés du Parlement catalan est comparable à celui des autres communautés autonomes espagnoles. Il est prévu par le statut d'autonomie qu'il peut être modifié par une loi électorale qui obtiendrait le soutien des deux tiers des députés catalans, mais aucun accord n'ayant été trouvé depuis 2006, ce sont les règles communes à l'État espagnol qui prévalent. Il provoque cependant un certain nombre de critiques depuis le début des années 2010, dans un contexte de polarisation de la scène politique catalane autour de la question indépendantiste : Dissolution. Lorsque, après des élections, aucune majorité parlementaire ne se dégage, ne permettant pas la constitution d'un gouvernement, le Parlement doit se dissoudre. Il faut que, après deux mois à compter du premier vote d'investiture du président de la Généralité, aucun candidat n'ait obtenu la confiance du Parlement. Le président de la Généralité peut également dissoudre le Parlement. Il doit obtenir le soutien préalable de son gouvernement. Il ne peut cependant pas le dissoudre à la suite d'une motion de censure votée par les députés contre son gouvernement ou si une dissolution a déjà été faite moins d'un an auparavant. Dans tous les cas, la dissolution du Parlement entraîne la convocation de nouvelles élections, à une date entre quarante et soixante jours suivant la publication du décret de dissolution au "Journal officiel de la Généralité de Catalogne" ("Diari Oficial de la Generalitat de Catalunya" en catalan). Rôle. Le Parlement de Catalogne est l'institution législative de la communauté autonome catalane. Ses pouvoirs sont fixés par la constitution espagnole et par le statut d'autonomie. Ses principales attributions sont : Discussion et vote de la loi. Le Parlement vote les lois dans les domaines de compétences qui lui sont reconnus comme exclusifs par le statut d'autonomie catalan et par la constitution de l'État espagnol. Il peut également prendre des décisions dans les domaines de compétences qu'il partage avec l'État. Un texte de loi peut avoir pour origine le gouvernement catalan, qui soumet un « projet de loi » ("projecte de llei" en catalan) au Parlement. Un groupe parlementaire ou un groupe d'au moins cinq députés peut également présenter une « proposition de loi » ("proposició de llei" en catalan). Elle peut également être impulsée par une initiative législative populaire ("Iniciativa legislativa popular" en catalane et en espagnol) ou une initiative d'un conseils comarcal ou municipal. Cependant, si le bureau du Parlement considère qu'une proposition de loi affecte les ressources de la Généralité, il doit demander au gouvernement son accord pour en poursuivre l'examen. Les projets et les propositions de loi sont publiés au Bulletin officiel du Parlement de Catalogne ("Butlletí Oficial del Parlament de Catalunya" en catalan) et transmis à la commission parlementaire compétente. Celle-ci peut entendre des propositions de modifications et d'amendements apportées par des groupes parlementaires ou des députés, ainsi que le point de vue d'organisations ou de groupes sociaux concernés par le texte. La commission nomme ensuite un groupe de rapporteurs qui rédige un rapport, débattu ensuite en commission, afin de préparer un texte qui incorpore les diverses modifications qui ont été proposées. C'est ce texte qui est finalement débattu et voté en session plénière du Parlement. La loi est ensuite promulguée, au nom du roi, par le président de la Généralité et publiée au Journal officiel de Catalogne ("Diari Oficial de la Generalitat de Catalunya" en catalan) et au Bulletin officiel de l'État ("Boletín Oficial del Estado" en espagnol). Vote du budget de la Généralité. Le budget de la Généralité est établi par le gouvernement catalan. Mais il appartient au Parlement de l'examiner, de l'amender, de l'approuver ou de le repousser par une loi de finance ("llei de pressupostos" en catalan, "ley de presupuestos" en espagnol). Le Parlement ne peut pas créer de nouveaux impôts, mais peut en modifier le mode de recouvrement par une loi fiscale ("llei tributària" en catalan, "ley tributaria" en espagnol). Contrôle de l'action du gouvernement catalan. Le Parlement de Catalogne a le pouvoir de créer et de destituer le gouvernement catalan, de lui adresser des critiques, de le contrôler et d'orienter sa politique. Élection des membres du gouvernement. Le Parlement choisit les membres du gouvernement catalan, à commencer par le président de la Généralité de Catalogne, chef du gouvernement et de l'exécutif catalan. Le président du Parlement, après s'être réuni avec les chefs de toutes les formations politiques représentées au Parlement, présente les candidats à la fonction de président de la Généralité. Il revient aux députés, réunis en session plénière du Parlement, d'accorder l'investiture à un des candidats après que ceux-ci ont présenté leur programme de gouvernement. Un candidat doit obtenir la majorité absolue des votes au premier tour, ou la majorité simple au deuxième tour, pour être élu. Motion de censure et question de confiance. Le président de la Généralité est responsable devant le Parlement. Les députés catalans peuvent présenter des motions de censure ("mocions de censura" en catalan) contre le président de la Généralité et contre son gouvernement. La motion de censure doit être présentée par au moins un dixième des députés et recevoir le soutien de la majorité absolue des députés lors du vote. À l'inverse, le président de la Généralité peut poser aux députés une question de confiance ("qüestion de confiança" en catalan), dans laquelle il demande le soutien explicite du Parlement à son programme, à une déclaration de politique générale ou à une décision d'ordre exceptionnel. S'il n'obtient pas le soutien de la majorité simple des députés lors de cette question de confiance, le président de la Généralité doit démissionner. Réforme du statut d'autonomie. Le Parlement catalan peut adopter une réforme du statut d'autonomie de la Catalogne. L'initiative d'une réforme revient au Parlement, à la suite d'une proposition d'au moins un cinquième des députés, et au gouvernement de la Généralité. Le Parlement doit également appuyer une demande présentée par au moins 20 % des assemblées municipales des communes catalanes, ou par un groupe de citoyens qui représentent au moins 20 % de la population de Catalogne. La proposition de réforme doit obtenir l'approbation des deux tiers des députés catalans, l'accord des Cortes Generales par une loi organique, et celui de la majorité des citoyens catalans consultés par un référendum. Relations de la Généralité avec l'État espagnol. Le Parlement de Catalogne, organe législatif de la Généralité de Catalogne, est chargé d'un certain nombre d'attributions dans les rapports qu'elle entretient avec les institutions de l'État espagnol. Les huit sénateurs de Catalogne sont élus par le Parlement. Ils représentent la Généralité au Sénat. Ils ont l'obligation de se présenter devant le Parlement pour rendre compte de leur activité. Le Parlement élit également ceux de ses membres qui sont chargés de défendre les propositions de loi catalanes qui doivent être soumises au Congrès des députés. Relations de la Généralité avec l'Union européenne. Le Parlement catalan, en liaison avec le gouvernement catalan, doit adresser au Cortes Generales espagnoles et au gouvernement espagnol les remarques qu'il estime pertinentes vis-à-vis des révisions des traités de l'Union européenne. Le Parlement peut également établir des relations directes avec le Parlement européen. Lorsque les compétences exclusives de la Généralité sont mises en cause par ces traités, le gouvernement espagnol doit intégrer des membres de la Généralité dans les négociations qu'il mène avec les représentants de l'Union européenne. Le Parlement catalan peut en particulier se saisir des cas de subsidiarité qui mettraient en cause les pouvoirs exclusifs de la Généralité. Si l'Union européenne adopte une législation qui se substitue aux lois fondamentales de l'État, il appartient au Parlement catalan d'intégrer les normes européennes à la législation et au droit catalan. Autres prérogatives. Le Parlement peut constituer des commissions d'enquête afin d'être informé de toute affaire qui touche les intérêts de la Généralité de Catalogne. Les personnes convoquées par une commission d'enquête parlementaire ont l'obligation de comparaître devant celle-ci. Le Parlement surveille l'action des organismes qui dépendent de la Généralité de Catalogne. Ainsi, il élit les membres des principales institutions de la Généralité : Travail des députés. Les députés représentent ensemble le peuple de Catalogne. Leurs droits, leurs devoirs et l'organisation de leur activité sont encadrés par la Constitution espagnole, le statut d'autonomie de la Catalogne et le règlement intérieur du Parlement. Celui-ci est élaboré par les députés et doit être approuvé en session plénière à la majorité absolue. Droits, garanties et devoirs. Les députés ont l'obligation d'être présents lors des débats et des votes lors des sessions plénières. Ils ont le droit d'assister aux autres sessions parlementaires – ordinaires et extraordinaires – et de participer aux débats et aux votes lors de ces sessions. Ils peuvent présenter des amendements à toutes les textes de loi – projets et propositions de loi – qui sont soumis au vote du Parlement. Ils doivent enfin ainsi assister aux réunions des commissions parlementaires dont ils sont membres. Les députés bénéficient de l'immunité parlementaire, qui repose sur l'inviolabilité et l'irresponsabilité des députés. L’irresponsabilité soustrait les parlementaires à toute poursuite judiciaire pour les actes liés à l’exercice de leur mandat et dans les domaines qui touchent à leur fonction de député, dans leurs actes au Parlement comme dans l'expression publique de leurs opinions. L’inviolabilité permet aux députés d'éviter que l’exercice de leur mandat parlementaire ne soit entravé par des actions pénales visant des actes accomplis par les députés en tant que simples citoyens, pour des actes étrangers à leur fonction. Ils ne peuvent ainsi pas être arrêtés ou emprisonnés, sauf en cas de flagrant délit. Ils ne peuvent être jugés que par le Tribunal supérieur de justice de Catalogne ("Tribunal Superior de Justícia de Catalunya" en catalan, "Tribunal Superior de Justicia de Cataluña" en espagnol), lorsque l'affaire concerne la Catalogne, ou par le Tribunal suprême ("Tribunal Suprem" en catalan, "Tribunal Supremo" en espagnol), lorsque l'affaire dépasse les limites de la Catalogne. Les députés doivent en revanche faire la déclaration de leurs biens et des activités qu'ils exercent en dehors de leurs activités parlementaires, et s'abstenir de profiter de leur situation de député pour le bénéfice d'activités commerciales ou professionnelles privées. Organisation des sessions et des séances. Les périodes des débats ayant lieu dans l’hémicycle, ou Salon des Sessions, sont appelées sessions parlementaires. On distingue : L'ordre du jour comprend les sujets qui sont abordés par les membres du Parlement en session plénière. Il est fixé par le président du Parlement, en accord avec le Conseil des porte-parole. Organisation. Bureau. Le bureau a pour principales fonctions l'organisation du travail parlementaire, l'interprétation du règlement du Parlement et la direction des services du Parlement. Il lui incombe également de désigner le chef de l'opposition ("Cap de l'oposició a Catalunya" en catalan, "Jefe de la oposición en Cataluña" en espagnol). Le bureau est mis en place après l'élection de ses membres, qui a lieu lors de la séance d’ouverture de la législature. Un « bureau d’âge » ("Mesa de Edad" en espagnol) est constitué afin de diriger le Parlement lors de cette séance. Le président en est le doyen d’âge des députés, assisté des deux députés les plus jeunes, qui remplissent les fonctions de secrétaires. Président du Parlement. Le président du Parlement ("President del Parlement" en catalan, "Presidente del Parlamento" en espagnol) représente le Parlement. Il a un rôle de direction des discussions et des débats, et d’organisation des travaux du Parlement. En accord avec le règlement, il veille au maintien de l'ordre. En cas d'absence ou d'empêchement, il est remplacé par un de ses deux vice-présidents. Pour être élu, le député candidat doit obtenir la majorité absolue au premier tour. Si aucun candidat n'obtient la majorité absolue au premier tour, un deuxième tour est organisé entre les deux candidats qui ont obtenu les meilleurs résultats. En cas d'égalité après le deuxième tour, l'élection peut se répéter quatre fois. Si aucun candidat n'a pu être départagé après ces quatre derniers tours, c'est le candidat du groupe parlementaire le plus important qui est élu. Vice-présidents. Les deux vice-présidents du Parlement ("vicepresidents primer" et "segon" en catalan) ont essentiellement pour fonction de remplacer le président du Parlement si celui-ci est empêché, avec un ordre successif de remplacement allant du premier au second vice-président. Secrétaires. Les quatre secrétaires ("secretaris primer, segon, tercer" et "quart" en catalan) supervisent les actes des sessions plénières du Parlement, du bureau et du conseil des porte-parole du Parlement ("Junta de Portaveus" en catalan, "Junta de Portavoces" en espagnol). Ils assistent également le président en séance publique, constatent les votes tout en vérifiant leur validité et celle des délégations de vote, et les résultats des scrutins qui sont ensuite proclamés par le président. Commissions parlementaires. Les projets et les propositions de loi sont examinés, avant tout examen en séance plénière, par une commission parlementaire. Chaque député appartient à l'une des commissions parlementaires. Chaque groupe parlementaire a le droit de faire partie de chacune des commissions, où il est représenté proportionnellement à sa représentation au sein du Parlement. Dans le cas où un groupe parlementaire ne peut pas être représenté dans un groupe parlementaire proportionnellement à son importance au sein du Parlement, les votes sont pondérés afin de corriger cette inégalité. On distingue les commissions législatives et spécifiques. Les premières ont pour objet la rédaction des lois avant qu'elles soient approuvées en séance plénière. Les secondes traitent d'un problème concret, comme les commissions d'études, de recherche et de suivi. Groupes parlementaires. Les députés peuvent se regrouper pour constituer des groupes parlementaires (article 19 du règlement). Chaque député ne peut appartenir qu'à un seul groupe parlementaire. Il faut un minimum de cinq députés pour former un groupe parlementaire. Les députés qui ne font partie d'aucun de ces groupes parlementaires forment le groupe mixte ("grup mixt" en catalan). Chaque groupe parlementaire peut désigner un porte-parole, qui assume le rôle de chef de groupe parlementaire. Le Conseil des porte-parole ("Junta de Portaveus" en catalan), qui rassemble les porte-parole de tous les groupes parlementaires de l'assemblée, est sous le contrôle du bureau du Parlement. Il décide avec lui des zones de l'hémicycle où siègent les députés, l'organisation des sessions parlementaires, le fonctionnement des commissions. Députation permanente. La députation permanente ("Diputació Permanent" en catalan, "Diputación Permanente" en espagnol), présidée par le président du Parlement, est formée de 23 députés. Tous les groupes parlementaires ont le droit d'y avoir au moins un membre et leur nombre est proportionnel à leur représentation au Parlement. Les décisions se prennent à la majorité de ses membres. La députation permanente a pour rôle d'assurer le fonctionnement du Parlement entre les sessions parlementaires, à la fin d'une législature ou après une dissolution du Parlement. Elle peut également convoquer une session extraordinaire du Parlement. Administration parlementaire. Le cabinet de la présidence ("Gabinet de Presidència" en catalan) assiste techniquement et administrativement le président du Parlement dans ses fonctions. Le secrétariat général ("Secretaria General" en catalan) est l'organe supérieur de l'administration parlementaire. Le secrétaire général est le chef du personnel et des services du Parlement. Il accomplit les fonctions de conseil auprès du bureau du Parlement et du conseil des porte-parole. Les services juridiques apportent leurs services dans les taches parlementaires, principalement auprès des commissions, et ils préparent les études juridiques. La direction du gouvernement ("Direcció de Govern Interior" en catalan) intérieur assure la gestion et le contrôle du personnel et de la gestion interne du Parlement. La direction des études parlementaires ("Direcció d'Estudis Parlamentaris" en catalan) informe les députés et les groupes parlementaires et les autres organes du Parlement afin de garantir le respect des attributions parlementaires, dans le cadre du statut d'autonomie. La direction informatique ("Direcció d'Informàtica " en catalan) assure la coordination, la gestion et la surveillance des systèmes informatiques du Parlement. La direction de gestion parlementaire ("Direcció de Gestió Parlamentària " en catalan) assure la gestion du registre et la distribution des documents produits par le bureau, le conseil des porte-parole, l'assemblée, la députation permanente et les commissions parlementaires. L'office de droit comparé et des relations interparlementaires ("Oficina de Dret Comparat i de Relacions Interparlamentàries" en catalan) L'office du val d'Aran ("Oficina de l'Aran" en catalan) est chargé des relations entre le Parlement et les institutions du val d'Aran. Il doit également veiller à ce que les intérêts aranais soient pris en compte lors des travaux parlementaires. L'office de l'action extérieure et des relations avec l'Union européenne ("Oficina d'Acció Exterior i de Relacions amb la Unió Europea" en catalan) doit conseiller les organes parlementaires en termes de droit international public et de droit de l'Union européenne. L'office du budget ("Oficina pressupostària" en catalan) est sous le contrôle de la présidence du Parlement. Il est chargé d'assurer le suivi de l'exécution du budget de la Généralité. Le département de communication ("Departament de Comunicació" en catalan). Le département d'édition ("Departament d'Edicions" en catalan). Le département des infrastructures, de l'équipement et de la sécurité ("Departament d'Infraestructures, Equipaments i Seguretat" en catalan). Le département des relations institutionnelles ("Departament de Relacions Institucionals" en catalan). Le département de conseil linguistique ("Departament d'Assessorament Lingüístic" en catalan). L'audience des comptes et du trésor ("Oïdoria de Comptes i Tresoreria" en catalan).
Benzofurane Le benzofurane ou coumarone, de formule chimique C8H6O, est un composé organique aromatique hétérocyclique. Il peut être décrit schématiquement comme résultant de l'accolement d'une molécule de benzène et d'une molécule de furane. Propriétés physico-chimiques. C'est un liquide incolore qui polymérise lentement à la température ambiante, et plus rapidement sous l'effet de la chaleur ou par catalyse acide. Production et utilisation. Le benzofurane est produit à partir du pétrole brut et du goudron de houille. La quasi-totalité de la production est utilisée sous la forme polymérisée coumarone-indène, utilisée notamment dans les peintures et les vernis de protection contre la corrosion. Sécurité. Peu d'informations sont disponibles quant aux effets du benzofurane sur la santé ou l'environnement. Le benzofurane est un liquide inflammable. Une exposition prolongée pourrait entraîner des effets nocifs sur le foie et les reins. Il pourrait être cancérigène pour l'homme.
Emile Cohl
Coumarone
Catalunya
Somadeva Somadeva est un écrivain cachemiri du , auteur d'un recueil de contes en sanskrit, le "Kathâsaritsâgara" ou "Océan des rivières des contes". Issu de la caste des brahmanes, il aurait vécu dans l'entourage du roi Ananta.
Generalitat de Catalunya
Gondinet
Pietro Antonio Fiocco Pietro Antonio Fiocco (ou Pier Antonio ou Pierre-Antoine ; né le à Venise et mort le à Bruxelles) est un compositeur italien de la fin du et du début du . Biographie. Si nous ignorons tout de l'enfance de Pietro Antonio Fiocco et de sa formation musicale en Italie, on sait qu'il s'était tôt fait un nom dans les cours européennes, puisque le consul de Hollande le fait venir à Amsterdam. En 1681 paraît le livret d'une "Helena rapita da Paride", pour laquelle Fiocco compose quelques parties. La même année, il compose un prologue pour l"'Alceste" de Ziani chanté à Hanovre la même année. À l'été 1682, il se rend à Bruxelles pour entrer au service du prince Eugène-Alexandre de Tour et Taxis. Nommé maître de chapelle de l'église Notre-Dame des Victoires, il commence à composer des œuvres religieuses, dont des messes et des motets. Dès 1694, il prend une part active dans l'établissement de l'Opéra du Quai au Foin, premier théâtre lyrique public de Bruxelles. Il en sera d'ailleurs le principal directeur et passera ensuite à la direction du Théâtre de la Monnaie dès son ouverture en 1700.
SAPE
Ned kelly
Jean-Henri Hemsch Jean-Henri Hemsch (né en 1700 près de Cologne, mort en 1769 à Paris) fut un des plus célèbres facteurs de clavecins parisiens de son temps. Il était d'origine germanique. Biographie. De son vrai nom "Johann Heinrich Hemsch", il vint s'installer en France en 1728, et travailla dans l'atelier du facteur Antoine Vater, lui aussi allemand émigré. Il travailla ensuite pour son propre compte, en association avec son plus jeune frère Guillaume (Wilhelm) et devint un des plus fameux facteurs et experts parisiens. Ses clavecins sont typiquement français et comparables en qualité à ceux de la famille Blanchet-Taskin. Il subsiste aujourd'hui cinq instruments à deux claviers de sa production. Le plus ancien, visible au Museum of Fine Arts à Boston date de 1736. Le Musée de la Musique à Paris en possède un de 1761.
John Luther Long John Luther Long, né à Hanovre en Pennsylvanie le , décédé le , est un avocat, écrivain et scénariste américain. Biographie. John Luther Long, avocat à la barre de Philadelphie apprécie la littérature et pendant ses loisirs, écrit des histoires, jeux, et poésies. Le , il épouse Mary Jane Sprenkleet, exerce son travail d’avocat et quatre ans plus tard son épouse met au monde un petit garçon prénommé Bayard. Les mois d'été, sur la plage de New Jersey, il s’adonne à sa passion qui est l’écriture. Fasciné par la culture japonaise, il écrit plusieurs histoires sur ce sujet. Sa persévérance est récompensée car il publie "Mlle cherry blossom of Tokyo". Regroupant les souvenirs de sa sœur, Correll, qui avait vécu au Japon avec son mari missionnaire, et en collaboration avec David Belasco producteur et auteur de théâtre très connu, il écrivit et adapta l'histoire dramatique de "Madame Butterfly". À la première présentation de la pièce, ce fut immédiatement un succès à New York le , et lors d’une tournée théâtrale à Londres, la pièce fut remarquée par Giacomo Puccini qui l’adapta en opéra et présenté pour la première fois à New York le . Le binôme fonctionna si bien qu’ils écrivirent d’autres histoires comme "The Darling of the Gods" (1902) et "Adrea" (1905) mais l’intense succès n’était plus au rendez-vous. John Luther Long écrivit plus d’une centaine d’histoires romantiques qui mettent essentiellement en évidence les rapports entre les hommes et les femmes, mais aucune n’eut le succès de "Madame Butterfly". Il écrivit aussi pour quelques actrices célèbres tels que Leslie Carter et Minnie Maddern Fiske. John Luther Long passa les deux derniers mois de sa vie dans un sanatorium près de Clifton, New York, et mourut le pendant une opération chirurgicale.
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Alexandre del Valle Alexandre del Valle (de son vrai nom Marc d'Anna), né le à Marseille, est un géopolitologue, consultant, essayiste et militant politique franco-italien. Docteur en histoire contemporaine, il se spécialise en géopolitique. Il s’intéresse principalement à l’islamisme, au terrorisme islamiste, aux relations entre l’Europe et la Turquie, et au monde arabo-musulman. À titre professionnel, il exerce comme chroniqueur et enseignant. Il milite à partir de 1991, dans plusieurs organisations proches du RPR avant de fonder un courant libéral-conservateur de l’UMP, avec Rachid Kaci, appelé . En 2001 et 2002, à la suite de plusieurs articles de presse l’associant à l’extrême droite, il engage des poursuites pour diffamation. Après le procès de 2006, où il est débouté, il reste associé, selon la presse, et de l'avis de spécialistes, à la mouvance identitaire. Ses thèses suscitent des controverses. Elles ont notamment été qualifiées d'islamophobes. Biographie. Jeunesse. Marc d’Anna naît le , d’une mère espagnole pied-noir et d’un père sicilien ayant vécu en Tunisie. Issu d’un milieu populaire immigré défavorisé, il est orphelin à l’âge de 4 ans et passe le gros de son enfance dans un foyer d’accueil des Villages d'Enfants où il grandit dans un milieu multiculturel. Diplômes. En 1993, il est diplômé de Sciences Po Aix, où il a obtenu un diplôme d'études approfondies (DEA) en histoire militaire, sécurité et défense. Il commence à s'intéresser aux sciences politiques et à l'analyse géopolitique lorsqu'il rejoint Sciences Po Paris, où il prépare le concours de l'ENA. En 2015, il obtient un DEAE (DEA européen) de l'université de Milan en histoire des doctrines politiques et des institutions politiques, ainsi que d'un doctorat en histoire contemporaine, à l'université Paul-Valéry-Montpellier. Sa thèse réalisée sous la direction de Carol Iancu est intitulée : « L'Occident face à la seconde décolonisation portée par les idéologies islamistes et indigénistes, de la guerre froide à nos jours ». Carrière. En 1997, Marc d'Anna intègre le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN), organisme chargé d'assister le Premier ministre dans l'exercice de ses responsabilités en matière de défense et de sécurité nationale. Pour rentrer au SGDSN, il fait l'objet d’une enquête de sécurité, avec des moyens de renseignement militaire, à l'issue de laquelle il est habilité secret-défense. Il y travaille comme rédacteur-analyste de la Lettre Faits et tendances de la section Affaires internationales et stratégiques. Ensuite, il évolue dans la fonction publique territoriale et internationale avant de fonder son cabinet de conseil à Bruxelles. Il est également enseignant en géopolitique à Sup de Co La Rochelle et à l'IPAG, et intervient à l'Université européenne de Rome, à l'Université de Metz . Il est chercheur associé à l’Institut Choiseul jusqu'en 2014, . En tant qu'Alexandre del Valle, il a été chroniqueur à la "Nouvelle Liberté" (Marseille), "La Une", "Le Figaro Magazine", "Le Figaro", "Le Spectacle du monde", "Israël Magazine", "Libéral" (Italie), "France-Soir", Atlantico. Il écrit régulièrement pour Atlantico, "Figarovox" et "Valeurs actuelles". Il a collaboré à plusieurs revues de géopolitique, Hérodote, Stratégique, Géostratégiques, Nova Storica, Risk, Politique Internationale, Outre-Terre, Daedalos Papers, Geopolitical affairs, Géoéconomie. Il se focalise sur la géopolitique du monde arabo-musulman. Il est membre de divers groupes de réflexion, tels que le "Daedalos Institute of Geopolitics". Il est administrateur du cabinet de conseil et think tank Géopol Consultings. En , Alexandre del Valle est consulté, avec Emmanuel Razavi de GlobalGeoNews, sur l'islamisme radical par la vice-présidente du sénat et élue radicale Nathalie Delattre, en tant que géopolitologue, consultant et essayiste, pour la commission d'enquête sur la radicalisation islamiste et les moyens de la combattre. Le géopolitologue et ex-président de la Sorbonne Jacques Soppelsa présente, dans sa préface du livre La mondialisation dangereuse, Alexandre del Valle comme le . En précisant qu'il approfondissait l’analyse de la mondialisation, trop souvent comprise comme , dans une logique novatrice et contre-intuitive qui allait surprendre ses lecteurs et ses détracteurs. Cet auteur se plaint des contributeurs Wikipédia, le site de droite "Atlantico" estimant qu'elle est la cible de . Le même article relaie les propos d'un ami de l'écrivain qui estime que sa page Wikipédia est . Thèses défendues. L'alliance américano-islamiste. En 1997, Marc d'Anna publie son premier ouvrage "Islamisme et États-Unis : Une alliance contre l'Europe" sous le pseudonyme . Dans sa deuxième édition, le livre est préfacé par le général chevènementiste et artisan de la politique de dissuasion nucléaire française Pierre Marie Gallois. Dans cet essai, il défend l'idée selon laquelle les États-Unis se seraient, depuis les années 1970, appuyés sur des mouvements islamistes afin de contrer les influences communistes et panarabiques ; cela aurait, "in fine", affaibli l'Europe en tant qu'entité politique. Selon Denise Artaud, la thèse d'Alexandre del Valle concernant un est difficilement admissible, mais l'ouvrage traite également de , notamment en ce qui concerne la et l'identité de l'Europe, qui s'affaiblit en renonçant à ses . Le complexe occidental. Dans son ouvrage "Le Complexe occidental : Petit traité de déculpabilisation" publié en 2014, Alexandre del Valle développe ses idées de 1998. Il y estime que cette et ce sentiment de culpabilité seraient la principale menace contre les sociétés occidentales. Il estime que l'. Il considère que la seule façon d’assurer une pérennité à la vieille Europe serait de renouer avec son identité, de se déculpabiliser, de se réconcilier avec son histoire judéo-chrétienne et ses racines dans le cadre d’un monde multipolaire fait de retour des identités et de realpolitik décomplexée. Il estime que cette déculpabilisation est une condition nécessaire à l'intégration des nouvelles populations arrivées sur le sol européen. Il exprime régulièrement son opposition à l'entrée de la Turquie dans l’UE. Ce processus relèverait, selon lui, une stratégie menée par certains dirigeants politiques turcs issus du courant islamiste visant à . La nouvelle judéophobie d'origine arabo-islamique. En 1999 et 2000, Alexandre del Valle défend, dans "Le Figaro," la communauté juive et Israël, , et il devient pro-israélien. Il estime qu'il n'est plus possible, aujourd'hui, en France, de dénoncer la judéophobie d'origine arabo-islamique sans être qualifié d' ou de et d'être catalogué islamophobe ou raciste. Il rappelle que les premières victimes du sont des musulmans et que les de la lutte antiraciste feraient mieux de dénoncer ce plutôt que d'essayer de . Il estime que devant l'ampleur de l'électorat musulman, . "Libération" indique que . La commission d’études politiques du CRIF a entendu Alexandre del Valle sur la question des liens supposés entre les Frères Musulmans et l’extrême gauche, au cours de laquelle il évoque les alliances d'antagonismes idéologiques par simple judéophobie. Il va plus loin en assurant que le mythe de l'islamophobie serait une création des Frères Musulmans et exploité comme outil d'infiltration. Le totalitarisme islamiste. Alexandre del Valle, en s'appuyant sur les attentats du 11 septembre 2001, assimile l'islamisme à un ou un , qui consiste à vouloir « conquérir la planète par la force, la jihad, la guerre sainte », une volonté qu'il qualifie de « fanatisme absolu ». Il gagne en notoriété en développant cette thèse sur les plateaux de télévision après les attentats. Ainsi, dans son ouvrage "Le totalitarisme islamiste à l’assaut des démocraties", il considère que le terrorisme islamiste sunnite et l’idéologie salafiste à prétention impérialiste qui le sous-tendrait ne sont pas une forme d'intégrisme, un concept qui selon lui mettrait sur un même plan les , mais bien une forme de , à l’instar d’autres idéologies totalitaires et conquérantes et violentes fondées sur la terreur et le contrôle total de l’homme. Il déplore, en conséquence, le rejet de la Russie par les pays de l’OTAN, à commencer par les États-Unis, et continue de plaider, "a contrario", pour un réconciliant les anciens ennemis de la guerre froide face à la menace, selon lui, principale du . Selon Alexandre del Valle, l'« islamisme modéré » n'existe pas et l'Islam se caractérise par une complète imbrication de la religion et de l’État : selon lui, « l'Islam estime que, sans le pouvoir, on ne peut mettre en pratique la doctrine ». Del Valle affirme que l'Islam européen est pratiquement totalement représenté par des « associations religieuses et culturelles contrôlées par des États fondamentalistes ou des mouvements islamistes ». Persécution du christianisme. Alexandre del Valle soutient que la religion la plus persécutée est le christianisme. Selon lui, la banalisation de la haine envers les chrétiens et le christianisme dans le monde résulterait de son assimilation à un Occident colonial, dominant, donc à la blanc européen, voire à l’impérialisme américain. Dans son essai "Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui : La nouvelle christianophobie", Alexandre del Valle dénonce les persécutions, voire, selon lui, le , des Chrétiens dans le monde , essentiellement les pays musulmans, certains États d’Inde et la Corée du Nord. Il assimile ces actes à une forme de des chrétiens, éradication qui participerait d’un anti-occidentalisme radical propre à la montée des indigénistes et des idéologies radicales dans le cadre d’un monde multipolaire de plus en plus désoccidentalisé. Parcours politique. Premiers engagements autour du RPR. En 1991, au cours de ses études à l'IEP d'Aix-en-Provence, Alexandre del Valle milite pour le RPR UDF puis au RPF de Charles Pasqua et Philippe de Villiers. En 2001 il s'engage à l’UMP avec Rachid Kaci. . La Droite Libre et droite de l'UMP. En novembre 2002, il cofonde, avec son ami Rachid Kaci, La Droite Libre, courant libéral-conservateur, et qui est, selon "Le Monde", . Le , lors de l'assemblée constituante de l'UMP, Rachid Kaci et lui, sous pseudo, se présentent à la vice-présidence de l'UMP avec, comme adversaires, Alain Juppé ou Nicolas Dupont-Aignan. . En 2017, il participe à une conférence organisée par le député européen Salvo Pogliese et son groupe du Parti populaire européen (PPE). En 2019, il intervient lors d'une conférence organisée par le député européen Costas Mavrides, membre du groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D). Prises de position et positionnement politiques. En 1999, il signe la pétition , initiée par le collectif pour s'opposer à l'intervention militaire de l'OTAN en Serbie. La même année, il s'exprime dans les colonnes d"'Offensive", le journal des jeunes mégrétistes. Il est, par ailleurs, conférencier à l'université d'été de Jeunesse Action Chrétienté, organisation catholique intégriste fondée par Guillaume Peltier. Critiques et controverses. Qualification d'extrême droite et poursuites en diffamation. En 2001, à la suite d’un article coécrit sur le thème des , Alexandre del Valle fait l’objet de plusieurs réactions dans la presse l'accusant de proximités avec l'extrême droite. La revue engagée REFLEXes, est la première à publier, et est reprise par le média Canal+ et l'association proche de la mouvance d'extrême gauche MRAP. La revue "REFLEXes" juge que del Valle présente un double visage, le décrivant comme , mais qui pour autant et , ce qu'il dément. La même publication écrit qu'à l'IEP d'Aix-en-Provence, . Selon René Monzat, qui a mené une enquête sortie dans la revue "Ras l'front" en 2002, Muninn a publié un ou plusieurs articles de del Valle à chaque parution pendant près de trois ans à partir de 1991. Selon René Monzat, del Valle aurait initialement exposé ses thèses dans des cercles et conférences de la "Nouvelle droite" et du GRECE. Lorsque, la même année, "Le Monde diplomatique", "Le Monde", "Politis" et "Libération" reprennent les informations de "Ras l'front" sur le passé de del Valle, ce dernier attaque en justice l'article de René Monzat, et intente des procès à tous les journaux qui l'incriminent. Au cours du procès devant la chambre de la cour d'appel de Paris en , . Aussi la cour estime que . Aussi, Alexandre del Valle est débouté. Les journalistes Cécilia Gabizon et Johan Weisz (repris par Daniel Bensaïd) estiment néanmoins que cette condamnation aurait confirmé qu'il a . En 2002, Alexandre Del Valle dément tout lien avec la Nouvelle droite. D'après "Le Monde", Del Valle « ne nie pas, cependant, sa participation à plusieurs manifestations organisées par des associations d’extrême droite », affirmant fréquenter des personnes dont il ne partage pas les idées. En 2002, il est défendu par André Darmon, rédacteur en chef d'Israël Magazine, qui affirme ne pas se soucier que Del Valle ait « donné des conférences à des parterres d'extrême droite », et par Yves Kamami, président du Bnai Brith, qui déclare que Del Valle a rompu avec l'extrême droite. Mais les auteurs du livre "OPA sur les Juifs de France", qui estiment que les positions de Del Valle n'ont qu'un angle utilitaire, affirment que Del Valle demeure lié à la . Les deux journalistes relèvent par exemple qu'il a participé à une réunion du Forum jeunesse lepéniste et trinqué, au café, avec ses organisateurs, et que ses activités à l'extrême droite continuent encore en novembre 2004, avec des dizaines de conférences dans les communautés juives, trois salons du livre du Bnai Brith France, et un colloque au centre Centre Simon-Wiesenthal. En 2003, le politologue Vincent Geisser écrit dans son ouvrage qu'Alexandre del Valle est un ancien de l'extrême-droite « païenne » et militant de l'UMP de tendance souverainiste. En 2010, l'historien Nicolas Lebourg, explique qu'. En juin 2019, Maxime Macé et Pierre Plottu, respectivement journaliste et rédacteur en chef de France-Soir, le qualifient également d'« écrivain identitaire », ils voient dans son voyage en Sicile, organisé par Odeia, un lien de cette entreprise avec l'extrême droite. Qualification d'islamophobie. En 2002, le politologue et spécialiste de l'islam Olivier Roy affirme que « les écrits de Del Valle vont au-delà de l'islamophobie ». Dans un ouvrage publié en 2007, il impute à plusieurs intellectuels « hostiles à l'islam », dont Alexandre Del Valle, une recomposition du paysage politique et intellectuel français incluant une campagne d'islamophobie. Selon lui, Alexandre Del Valle, Oriana Fallaci et Alain Besançon « visiblement très hostiles à la présence à la fois des immigrés et de l'islam », « pensent que l'héritage chrétien fait partie de l'identité française et européenne et donc que l'islam ne peut s'y intégrer, même sous une forme laïque ». L'essayiste Xavier Ternisien estime dans un article du "Monde" que Del Valle est hostile à l'Islam, notant que ce dernier a notamment déclaré que « l’islam est totalitaire » et que « l’actuel processus de colonisation de peuplement que l’on nomme pompeusement “phénomène migratoire” s’apparente à une véritable guerre de conquête, à une invasion déguisée ». Pour Xavier Ternisien, le parcours d'Alexandre del Valle illustre « la façon dont un certain discours hostile à l’islam s’est répandu comme un poison » et peut rendre l'opinion française « plus perméable au racisme et à l’islamophobie ». En 2003, l'historien Dominique Vidal estime qu'Alexandre del Valle fait partie de ceux qu'il nomme les et qui participent à une en France. La même année, le MRAP le qualifie d'. Fred Halliday le décrit comme étant l'« auteur de dénonciations verbeuses de l'islam et des Arabes, tous soi-disant ligués avec les États-Unis pour détruire l'Europe dans un mouvement mondial de tenailles identitaires ». En 2013, dans un article du "Monde" le journaliste et essayiste Samuel Laurent qualifie Alexandre Del Valle d'. Selon "Reflets", tout au long de son parcours, il est obsédé par « le péril musulman ». Laurent Murawiec le décrit comme « essentiellement hostile aux Musulmans ». Contestation par le milieu universitaire. D'après la journaliste Marika Mathieu, Alexandre del Valle a tout au long de sa carrière été contesté par des universitaires, qui critiquent notamment son utilisation du terme "fascisme", et il est, selon elle, . Elle voit en lui une figure emblématique de ce que le sociologue Raymond Boudon nomme , comme Bernard-Henri Lévy et Ivan Rioufol, des personnalités médiatiques dont la pensée vise l'opinion et les médias, contrairement aux , orientés vers l'académique, tels que Alain Finkielkraut et Pierre-André Taguieff. Marika Mathieu cite Nicolas Lebourg, qui reproche aux de ne pas maîtriser les . Enquête sur "Mediapart". En , son cabinet, Géopol Consultings se voit commander par Jean-Luc Schaffhauser, député européen du Front national, un rapport sur "Mediapart." Le devis, d'un montant de , comporte quatre volets dont les intitulés sont jugés par "L'Obs". Le devis définit les objectifs du rapport : et . Le rapport, intitulé , est présenté en . "L'Obs" estime que la section du rapport sur les actionnaires de "Mediapart" . Après avoir rendu disponible le rapport sur Internet pendant plusieurs mois, Jean-Luc Schaffhauser le supprime, déclarant qu'il contient des à corriger. Critiques de ses propos sur la situation au Mali. En , dans une tribune publiée par "Le Monde", plusieurs politologues et journalistes maliens dénoncent les d'Alexandre del Valle sur la situation au Mali : .
Daniel Gilard Daniel Gilard, né le à Riaillé et disparu en mer le , est un expert maritime devenu un marin navigateur de régates au grand large en solitaire et en équipage. Bibliographie. Daniel Gilard est le vainqueur de la première Mini Transat en 1977 à bord du Serpentaire "Petit Dauphin" ; il en tirera un livre "Petit dauphin sur la peau du diable" écrit en collaboration avec Jean Noli. Deux ans plus tard, en 1979, il concourt une seconde fois dans la Mini Transat qu'il termine avec un Dufour T7 également nommé "Petit Dauphin". Il participe ensuite à la Course de l'Europe, la Twostar, les transats anglaises de 1980 et de 1984. Daniel Gilard disparaît en mer en 1987 lors de la course La Baule-Dakar, qu'il courait en double avec Halvard Mabire sur "Jet Service V".
Bioéthiques
Digestion humaine Cet article traite du développement, de l'organisation et du fonctionnement du système digestif de l'être humain. Développement embryologique du tube digestif. Généralités. Le tube digestif embryonnaire est constitué d'un simple tube, divisé en trois parties : l'intestin supérieur, moyen, inférieur. L'intestin supérieur donnera les voies aérodigestives, l'œsophage, l'estomac, et le tiers proximal du duodénum. L'intestin supérieur contient un diverticule respiratoire. En effet, le système respiratoire et digestif ont la même origine embryologique, ce qui explique le nombre important d'enfants naissant avec une fistule trachéo-œsophagienne par exemple. C'est aussi à partir de l'intestin supérieur que se développera le pancréas. L'intestin moyen donnera les deux tiers distaux du duodénum, le jéjunum, l'iléon, le côlon ascendant, et le tiers proximal du côlon transverse. À la jonction des intestins moyen et supérieur, se trouve le diverticule hépatique, qui se développera à partir de la pour donner le foie et les voies biliaires. L'intestin inférieur donnera les deux tiers distaux du côlon transverse, le côlon descendant, le côlon sigmoïde et le rectum. Organogenèse. Œsophage. Il n'y a pas de phénomènes particuliers concernant la genèse de cet organe, mis à part un léger décalage de celui-ci sur la gauche dû aux rotations de l'estomac. Estomac. Il se développe à partir de la cinquième semaine. Une partie de l'intestin supérieur va légèrement gonfler, pour acquérir une forme de fuseau. Il va y avoir deux rotations, chacune dans un axe différent : Pancréas. Il se développe à partir de la cinquième semaine, en même temps que l'estomac. L'intestin supérieur va donner deux bourgeons pancréatiques, gauche et droit. Ils sont alors séparés et bien distincts. La rotation de l'estomac va faire passer le bourgeon droit par-dessus le bourgeon gauche. Ces deux bourgeons vont se développer tout en même temps que le duodénum prendra sa forme définitive, ce qui explique la forte cohésion des deux organes. Le bourgeon supérieur, anciennement le bourgeon droit, va donner le corps et les voies de sécrétions des sucs pancréatiques principaux du pancréas, tandis que le bourgeon inférieur, anciennement le bourgeon gauche, donnera le processus unciné du pancréas. Foie. Le foie se développe à partir de la troisième semaine, à partir du diverticule hépatique. Vont également se former à partir de ce diverticule, les voies biliaires. Le conduit sécréteur, situé alors du côté droit de l'intestin supérieur, va suivre le bourgeon pancréatique droit lors de la rotation de l'estomac, ce qui explique la jonction entre le canal cholédoque et le canal de Wirsung. Les voies biliaires internes se développent à partir du mésenchyme périportal. Intestin grêle. Le duodénum, le jéjunum et l’iléon sont trois segments successifs de l’intestin grêle. Il a une longueur moyenne de six mètres. Sa surface est augmentée d’environ par les villosités intestinales, sortes de petits plis composés de beaucoup de vaisseaux sanguins, elles-mêmes recouvertes de microvillosités. Cette grande surface (environ ) est nécessaire pour l’absorption intestinale, le passage des nutriments dans le sang. Processus digestifs. Habituellement, la digestion implique des actions mécaniques et chimiques. Chez la plupart des vertébrés, elle se déroule en plusieurs phases dans le système digestif après l'ingestion (le plus souvent d'autres organismes). Après avoir été absorbés, les nutriments sont transportés dans le système circulatoire (sang et lymphe) pour répondre aux besoins en glucides, lipides, protéines, vitamines, sels minéraux et eau des cellules de l'organisme. Les parties non-assimilables comme les fibres sont rejetées avec les fèces. La plupart des réactions chimiques réalisées pendant le processus de digestion sont catalysées par des protéines, les enzymes. Aspect mécanique, sécrétoire et absorbant. Aspect mécanique. Tube digestif de sept mètres avec sphincters à chaque extrémité. Aspect sécrétoire. C'est l'action des enzymes, de l'eau, et des différents pH mis en œuvre. Aspect absorbant. L'absorption des nutriments se fait au niveau de l'intestin grêle et du côlon. Les différentes phases de digestion des aliments. Cavité buccale. Rôle de la mastication. Destruction des structures solides (parois des cellules végétales), réduction de la taille (facilite le passage du bol alimentaire dans le pharynx) et augmentation de la surface de contact avec les enzymes. La mastication est entièrement réflexe chez le nourrisson et devient essentiellement volontaire à l'âge adulte. Estomac. Sécrétions gastriques. Elles sont de l'ordre de par jour. Hormones digestives. Les trois principales hormones digestives sont la gastrine, la sécrétine et la cholécystokinine. L'aérogenerateur. Le bol alimentaire devient le chyme dans l'estomac. Duodénum. Par ailleurs les villosités et microvillosités vont augmenter la surface d'échange. Le duodénum est l'endroit où se déversent : Ces derniers transforment le chyme alimentaire en nutriments. Les nutriments sont : Foie. Il sécrète la bile, composée pour un quart de protéines et pour trois-quarts de sels biliaires. La bile est d'abord stockée dans la vésicule biliaire puis déversée dans l'intestin par l'intermédiaire du canal cholédoque .Elle permet d'émulsionner les matières grasses en microgouttelettes et ainsi faciliter leur digestion par les enzymes puis leur absorption. Intestin grêle. C'est ici qu'ont lieu les processus d'absorption. La structure de l'intestin grêle est faite de cryptes et de villosités, permettant l'augmentation de la surface d'échange entre le chyme et le tissu. Les cellules spécialisées dans l'absorption des nutriments sont les entérocytes, qui présentent à leur surface des microvillosités qui, comme les villosités du tissu, ont pour rôle d'augmenter la surface d'échange. Ainsi, on considère que l'intestin humain a une surface de contact avec le bol alimentaire équivalente à la surface de deux terrains de tennis (). Adaptation des sécrétions. Plusieurs facteurs peuvent activer la sécrétion des divers éléments impliqués dans la digestion, comme la salive ou les suc gastriques et pancréatiques. On peut distinguer plusieurs phases : Phase céphalique. L'odeur, la vue, ou la simple imagination d'un repas ou d'un aliment peuvent suffire à l'activation des sécrétions (notamment salivaire). Phase buccale. La prise d'aliment et la déglutition entraînent un certain nombre de réflexes de sécrétion. Le corps a le pouvoir d'adapter ses sécrétions aux divers aliments. Nous verrons plus loin les limites de ce pouvoir. Les observations de Pavlov sur les réactions des poches gastriques des chiens à la viande, au pain et au lait montrent à l'évidence que le mécanisme de la sécrétion gastrique peut s'adapter aux aliments. Ce qui rend possible cette adaptation, ce sont les sécrétions gastriques qui émanent d'environ cinq millions de glandes microscopiques dissimulées dans les parois internes de l'estomac. Plusieurs de ces glandes sécrètent différentes parties du suc gastrique. Les quantités et proportions variables des divers éléments qui entrent dans la composition de ce suc donnent un fluide aux propriétés multiples et qui contribue à la digestion des différentes sortes d'aliments. Ainsi, selon les besoins, la réaction du suc peut être pratiquement neutre, faiblement ou fortement acide, et contenir plus ou moins de pepsine. Le facteur temps joue aussi. À un moment de la digestion, le caractère du suc peut être très différent de ce qu'il est à un autre moment, toujours selon ce qu'exige l'aliment à digérer. La salive s'adapte, elle aussi, aux différents aliments et besoins digestifs. Ainsi, les acides faibles provoquent un flot copieux de salive, alors que les alcalins faibles n'en provoquent aucun. Même des substances désagréables et nuisibles occasionnent une sécrétion salivaire, mais alors c'est pour faciliter leur rejet. Les physiologistes font remarquer que l'action d'au moins deux types différents de glandes buccales peut amener une gamme considérable de variations correspondant au caractère de la sécrétion composée, qui est finalement libérée. Le chien nous fournit un excellent exemple de ce pouvoir qu'a le corps de modifier et d'adapter ses sécrétions selon le caractère des différents aliments. Nourrissez le chien de viande, et sa sous-maxillaire surtout sécrétera une salive épaisse et visqueuse. Nourrissez-le de poudre de viande et de sa parotide coulera une abondante sécrétion aqueuse. La sécrétion épaisse lubrifie le bol alimentaire et facilite ainsi la déglutition, tandis que l'autre, aussi fluide que l'eau, entraîne la poudre sèche loin de la bouche. Ainsi donc, le service à rendre détermine le caractère du suc. La ptyaline n'agit pas sur le sucre. Quand on mange du sucre, la salive abonde, mais elle est dépourvue de ptyaline. Les amidons trempés ne reçoivent pas de salive. Pas de ptyaline non plus sur la viande ou la graisse. Ce ne sont là que quelques-unes des adaptations facilement vérifiables parmi celles qu'on pourrait mentionner et on croit que la sécrétion gastrique produit une gamme d'adaptations encore plus étendue que celle de la sécrétion salivaire. Durée du transit. Une étude publiée en 2004 donne des éléments sur l'évolution de la durée de transit au niveau du système digestif. Le temps de vidange gastrique des liquides est d'environ pour les , alors qu'il est de pour les . Pour les solides, il est de l'ordre de pour les deux groupes, sans différence significative. Le temps de transit au niveau de l'intestin grêle est de en moyenne pour les , et de pour les . C'est au niveau du côlon que la durée du transit est la plus importante, de en moyenne pour les , à comparer aux pour les . Ces valeurs sont variables suivant les individus, leur état de santé, les types d'aliments D'autres études réalisées avec des marqueurs radio-opaques indiquent des valeurs comprises entre et .
Oscar D'Léon
Lindisfarne Lindisfarne, appelé localement Holy Island, est une île située en Angleterre, sur la côte de la Northumbrie. Accessible à marée basse par une chaussée submersible, elle abrite un monastère et un château en ruines. Histoire. Le monastère de Lindisfarne est fondé en 635 par le moine irlandais Aidan, envoyé de Iona, à la demande du roi Oswald de Northumbrie. Il devient la base de la christianisation du nord de l'Angleterre et envoie également une mission couronnée de succès en Mercie avec la fondation du monastère double de Whitby. Des moines de la communauté de Iona s'établissent également sur l'île. En 664, Colman, troisième abbé de Lindisfarne, représente au concile de Whitby le parti des abbés gaels. Le saint patron de la Northumbrie, Cuthbert de Lindisfarne, a été membre puis abbé du monastère, avant de devenir évêque de Lindisfarne. Le manuscrit enluminé connu sous le nom d'Évangiles de Lindisfarne, une copie illustrée en latin des Évangiles de Mathieu, Marc, Luc et Jean, est probablement réalisé à Lindisfarne au début du . Eadfrith, qui est ensuite devenu évêque de Lindisfarne, en est probablement l'auteur. Dans la deuxième moitié du , un moine nommé Aldred ajoute une glose en anglo-saxon au texte latin, produisant les plus anciennes copies en vieil anglais des Évangiles. Le manuscrit est illustré dans un style insulaire contenant un mélange d'éléments celtes, germaniques et romains. Les Évangiles de Lindisfarne se trouvent actuellement à la British Library, à Londres. Le monastère est pillé par les Vikings le , plongeant le monde chrétien occidental dans la consternation. Il s'agit d'un des premiers raids vikings relatés par la "Chronique anglo-saxonne" et cette date est souvent utilisée par les historiens pour définir le début de l'époque viking. La date du 8 janvier figurant dans cette chronique est toutefois improbable, les Vikings ne partant jamais en expédition en hiver. Le 8 juin serait beaucoup plus probable. Cet évènement est également décrit par le moine northumbrien Alcuin dans cinq lettres qu'il envoie à diverses personnalités anglaises de l'époque, ainsi que dans son poème "". Les moines fuient l'île en emportant avec eux les reliques de saint Cuthbert. Ils finissent par s'établir à Durham en 995. Le prieuré de Lindisfarne est rétabli durant la période normande sous la forme d'un établissement bénédictin. Il est supprimé sous le règne de Henri VIII, en 1536, dans le cadre de la dissolution des monastères. De ce monastère, serait venu saint Ivy (Saint Ivi), le saint éponyme de Saint-Ivy, en Cornouaille bretonne, de Saint-Divy dans le Léon breton, de Loguivy-Plougras, Loguivy-de-la-Mer et Loguivy-lès-Lannion dans les Côtes-d'Armor, etc. Géographie. Une chaussée, longue de 5 km, submergée à marée haute, relie Lindisfarne à la Grande Bretagne. Selon le recensement de 2001, vivent sur l'île. Phare. "Trinity House" exploite deux phares actifs pour aider à l'entrée du port, "Guile Point East" et "Heugh Hill". Réserve naturelle. De larges parties de l'île, ainsi que toute la zone d'estran adjacente, sont protégées et forment la , participant ainsi à la préservation des importantes populations d'oiseaux qui y passent l'hiver. Au total, près de d'oiseaux ont été recensées sur l'île et la réserve adjacente. Enfin, les phoques gris sont des visiteurs fréquents à marée haute.
Santiago, Cuba
2D2 9100 Les 2D2 9100 sont des locomotives électriques françaises fonctionnant sous courant continu () construites à pour la SNCF par les sociétés Fives-Lille pour la partie mécanique et CEM pour la partie électrique à partir de 1950 dans le cadre de l'électrification de la ligne ferroviaire de Paris à Lyon. Circulant principalement sur la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles (« artère impériale ») lorsque l'électrification progresse vers le sud, elles commencent par remorquer les rames de voyageurs les plus prestigieuses ("Mistral") et les trains de marchandises les plus lourds. Progressivement évincées par des locomotives plus récentes, elles se cantonnent aux trains de marchandises et finissent par ne plus avoir de services réguliers. Elles sont retirées du service en 1987, victimes de leur masse excessive et de leur technologie devenue obsolète. Ce sont les dernières locomotives de disposition 2D2 à assurer un service commercial en France. La , dernier exemplaire produit et classé comme monument historique en 1990, est préservée par une association. Genèse de la série. Les dirigeants de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) envisagent, après la Première Guerre mondiale, l'électrification de la ligne Paris — Lyon — Marseille. En raison de l'importance des investissements nécessaires, aucune décision n'est toutefois prise par le PLM quand la compagnie disparaît lors de la création de la SNCF en 1938. Cette dernière en fait immédiatement une de ses priorités. Les machines de vitesse dédiées à cette ligne électrifiée sont réfléchies en optimisant le concept déjà éprouvé mais conservateur des 2D2. Ce dernier est d'ailleurs une adaptation à la traction électrique du schéma des locomotives à vapeur : grands roues motrices, empattement rigide important et roues ou bogies porteurs aux extrémités. Elles sont conçues après la Seconde Guerre mondiale, en même temps que les BB 8100 destinées au trafic mixte. Il est décidé dans un premier temps d'en construire en reprenant les plans des anciennes 2D2 5500 d'avant guerre et en y ajoutant quelques améliorations, mais avec un dessin de caisse se rapprochant des 2D2 5400 La commande est passée en . D'autres commandes sont initialement envisagées pour un total de mais les performances des CC 7001-7002, montrant la supériorité des locomotives à adhérence totale, font que la série n'est pas poursuivie au-delà. Description. Les sont construites sur la base des de la dernière sous-série (5546 à 5550), avec des modifications induites par l'amélioration des techniques de construction et la plus forte puissance installée. La construction est confiée, comme pour les et les , à Fives-Lille pour la partie mécanique et à la CEM pour la partie électrique, en collaboration avec la Division des études de traction électrique (DETE) de la SNCF. Le châssis supporte une caisse en tôle d'acier. Les cabines de conduite, aux deux extrémités, possèdent des parois doubles pour une meilleure protection des conducteurs et une meilleure isolation thermique et phonique. Ces locomotives, d'une puissance unihoraire de pour une puissance continue de à la tension de , sont équipées de quatre moteurs de traction plus puissants mais plus volumineux que sur les séries précédentes, entraînant les quatre essieux moteurs par une transmission Buchli. Ces dispositions permettent d'atteindre la vitesse de mais en service la vitesse est limitée à car les lourdes locomotives sont agressives pour les voies. Leur masse totale est en effet de pour de masse adhérente, soit une charge maximale de par essieu moteur et par essieu porteur. Pour faciliter l'inscription de la locomotive dans les courbes, les deux essieux centraux disposent d'un débattement latéral de plus ou moins . Par rapport aux séries précédentes, le circuit de lubrification des essieux moteurs et porteurs est centralisé et optimisé, pour limiter les fuites (et donc les risques d'incendie) et la consommation d'huile. Lors de leur mise en service, les arborent une livrée composée de vert foncé en bas de caisse, vert clair en haut et sur la toiture, séparés par un bandeau métallique. Cette livrée, qui tranche avec le vert sombre des locomotives déjà en service, donne à la SNCF une image de modernité. À partir de 1961, les locomotives sont uniformément repeintes en vert bleuté foncé. À l'occasion des grandes révisions générales qui se déroulent de 1969 à 1974, les locomotives bénéficient de nombreuses modifications, telles qu'un recâblage complet, le remplacement des roues des bogies porteurs, la modification des baies des cabines de conduite et des avertisseurs sonores, la suppression des fanaux situés dans les angles supérieurs des cabines, le montage du système de VACMA. Le puissant ronflement de leurs ventilateurs qui débitent d'air par minute leur vaut, de la part des agents de conduite, le surnom péjoratif de « Batteuses » ; quant à celui de « Dragues », il évoque dans le vocabulaire du chemin de fer à vapeur une locomotive générant peu de vapeur et aux piètres performances. Tout au long de leur carrière, ces locomotives délicates à piloter et au confort très spartiate sont en effet peu appréciées des conducteurs. Comme les autres locomotives de construction française à cette époque, elles ne sont pas équipées de sièges pour les agents de conduite mais d'une simple selle, remplacée par un strapontin lors de l'application de la VACMA, puis par un siège sur pied en 1973. Carrière et services effectués. Vingt locomotives sont livrées en 1950 et quinze l'année suivante. La première machine (9101) est mise en service le et la dernière (9135) le . Lignes desservies. Les premiers exemplaires réalisent des marches d'essais sur Paris — Bordeaux, Paris — Toulouse ou Paris — Limoges, mais les lignes que ces locomotives fréquentent régulièrement en service commercial sont celles de la vallée du Rhône et du sud-est, étendant leur rayon d'action au fur et à mesure des électrifications : Paris — Dijon — Lyon — Avignon, Avignon — Marseille, Avignon — Narbonne — Port-Bou, Dijon — Dole ; elles desservent occasionnellement Saint-Étienne ou Chambéry. Elles s'adjugent les trains les plus rapides et les plus lourds. Certaines circulent également entre Paris-Tolbiac et Juvisy, entre Valenton et Rungis. Dès 1955 toutefois, leurs tournées les plus prestigieuses, comme la traction du "Mistral", commencent à leur être retirées au profit des CC 7100. Elles poursuivent leur carrière reléguées à la traction des trains de marchandises : la vitesse maximale sur les lignes qu'elles fréquentent est relevée à , ce qu'elles ne peuvent atteindre, au contraire des BB 7200 et BB 22200 neuves. En 1981, l'arrivée du TGV Sud-Est occasionne la suppression de nombreuses circulations sur la ligne classique, libérant des locomotives récentes qui reprennent les attributions des . Les révisions générales de ces locomotives cessent définitivement en 1982. Leur retrait du service est motivé par leur masse excessive qui les rend agressives pour les voies, par leur entretien délicat et onéreux et par leur technologie dépassée, notamment en ce qui concerne leur vitesse maximale. Il s'agit de la dernière série de locomotives électriques à châssis rigide et essieux porteurs : sa conception issue d'une technique éprouvée en fait une série d'une fiabilité remarquable malgré ses défauts dans d'autres domaines. C'est ainsi que la 9101 parcourt en , ce qui constitue le record du monde pour l'époque. La masse de ces locomotives est cependant mise à profit avec un train de quatre locomotives composé des , 9110, 9132 et 9102 (), utilisé comme lest pour les essais en charge d'un nouveau pont SNCF sur la Marne, à Charenton-le-Pont les . Dépôts titulaires. Lors de leur mise en service, les sont affectées au dépôt de Laroche - Migennes pour les onze premiers exemplaires, puis à celui de Paris-Lyon pour les vingt-quatre suivants même si, à l'origine, trois machines devaient rejoindre des dépôts de la région Sud-Ouest pour y remplacer des locomotives détruites lors de bombardements ; toutes les locomotives sont finalement affectées à Paris-Lyon le . Au fil des mutations, elles fréquentent le dépôt de Villeneuve-Saint-Georges à partir du puis celui de Lyon-Mouche où elles sont toutes regroupées le puis radiées entre le () et le () après une période plus ou moins longue de « garage en bon état ». La détient le record du kilométrage pour un engin de la série avec parcourus entre le et le alors que la détient le record de longévité : elle est restée plus de trente-six ans et demi en service entre le et le . Conservation. Une seule machine est préservée, la , acquise par l'Association ferroviaire pour la conservation de locomotives (AFCL) dès sa radiation. Elle est d'abord conservée au dépôt du Charolais à Paris-Bercy, puis sous la rotonde du dépôt d'Ambérieu-en-Bugey, et enfin au dépôt de Laroche - Migennes depuis 2014. La locomotive est classée au titre des monuments historiques en 1990. Restaurée dans un premier temps dans sa livrée d'origine à deux tons de vert, elle est ensuite repeinte en vert bleuté uniforme. Après plus de vingt ans de préservation à Saint-Étienne par l"'Association de sauvegarde de matériel ancien", la est finalement vendue à un ferrailleur au mois d'. Modélisme. La mise en service des en 1950-1951 coïncide avec le développement du modélisme ferroviaire à l'échelle HO. Ces locomotives au style particulier suscitent l'intérêt des modélistes et les premières firmes à les reproduire à cette échelle sont TAB et JEP, suivies par RAM, Jouef, Carmina, Lemaco puis Roco. D'abord disponibles dans leur livrée bicolore d'origine, les modèles sont ensuite proposés en livrée vert-bleuté uniforme. Elles sont également reproduites en HO sous forme de kit à monter par Locoset Loisir (Artmetal-LSL). Fulgurex propose une à l'échelle 0 ainsi qu'à l'échelle 1, alors que Transmondia commercialise un modèle à l'échelle N.
Leslie Carter (actrice) Caroline Louise Dudley, dite Mrs Leslie Carter (nom de son premier époux), née à Lexington (Kentucky) le et morte le , est une actrice américaine. Biographie. Mrs. Leslie Carter, devenue une protégée de David Belasco, producteur et auteur de théâtre très connu, fit ses premières représentations sur les planches en 1890 dans "The Ugly Duckling". "Heart of Maryland" (1895) lui apporta une notoriété et une reconnaissance du milieu théâtral, qui lui permit, toujours sous la direction de David Belasco, de conforter son succès avec "Zaza" (1899), "Du Barry" (1901), et "Adrea" (1905). Leur association s’est terminée à son second mariage en 1906 avec l'acteur Louis Payne, après quoi sa popularité d'actrice a été moindre.
Pharinx
GKS Bełchatów Le GKS Bełchatów est un club polonais de football basé à Bełchatów. Le club. Histoire. Parcours européen. Après avoir fini la saison 2006-2007 à la deuxième place, meilleur résultat du club en championnat, le GKS Bełchatów commence son parcours européen le , en Coupe UEFA. Face à l'Ameri Tbilissi, le club polonais s'impose lors de la première manche du premier tour de qualification (2-0), grâce à un doublé de Dariusz Pietrasiak, mais se fait surprendre au match retour par le vice-champion en titre géorgien, qui refait son retard en un peu plus d'une mi-temps. Cependant, grâce à deux arrêts décisifs de Piotr Lech lors de la séance de tirs au but, la "Brunatna Stolica" se qualifie pour le deuxième tour. Opposés au Dniepr Dniepropetrovsk, les hommes d'Orest Lenczyk obtiennent à l'extérieur un bon match nul (1-1), mais s'inclinent lourdement chez eux 4-2, après avoir mené 2-1. Bilan sportif. Bilan européen. "Note : dans les résultats ci-dessous, le score du club est toujours donné en premier."
Ong-bak (film)
Libération Nord
Méfaits de l'alcool
Histoire de la mode en France Cet article présente l'histoire de la mode en France. La mode vestimentaire convoquent les mots « costume » et « », elle mêle coutumes, usages, et habitudes. Cependant, elle valorise moins les traditions, que la nouveauté, le « bon goût ». La mode (au sens latin de "modus") est une question de posture, d'attitude et d'apparence et donc de codes. Déjà, durant l'Antiquité, le poète Ovide écrit qu'en son temps, on voit éclore chaque jour dans l'Empire romain de nouvelles modes. Le Moyen Âge et la Renaissance en sont férus, et ce, dès le . Il existe alors un nombre considérable de divers métiers qui lui sont liés. Chaque génération a ses nouvelles modes et ses élégant(e)s qui leur sont associés. Cet engouement est tel que, depuis au moins le Moyen Âge, des édits sont publiés afin d'en restreindre l'extravagance. À la Cour à Versailles, où cette question est centrale, n'arrivant pas à réduire l'importation d'articles de luxe, Louis XIV, arbitre de l'élégance, et Jean-Baptiste Colbert décident de faire de la France le premier fabricant au monde d'articles et produits vestimentaires. De grands noms d'artisans d'art se détachent, comme la marchande de modes Rose Bertin, le perruquier Benoît Binet, des parfumeurs, etc. Jusqu'au milieu du , on fait fabriquer sur-mesure ou confectionne soi-même ses vêtements. Le français voit naître le grand couturier, regardé comme un esthète, non le serviteur des codes de la petite bourgeoisie. Peu avant la Première Guerre mondiale, ses créateurs libèrent le corps féminin du corset. Après guerre, la jeunesse s'empare de la mode comme d'une affirmation émancipatrice. Avec les zazous, sous l'Occupation allemande, les adolescents s'inscrivent volontiers en rupture avec l'ordre social établi. La France des années 1960 voit l'émergence du prêt-à-porter, d'une industrie du vêtement au service de la société de consommation en plein essor, qu'accompagnent des vecteurs de diffusion de masse, que sont les revues de mode, la photographie, le cinéma et la télévision. Les histoires de la mode. Si dès le plusieurs livres, en particulier français et italiens, sont publiés sur la mode du temps, l'un des premiers ouvrages sur son histoire est peut-être celui de Cesare Vecellio (v.1521-1601), édité à Venise en 1590 et intitulé "Habiti Antichi et Moderni di tutto il’Mondo". Au , des gravures représentent les modes anciennes, comme "Le bransle des modes françoises" de Jean Moncornet (1642-1716), datant de 1696, répertoriant quelques-unes d'entre elles depuis François jusqu'à Louis XIV. Au Guillaume-François-Roger Molé écrit" Histoire des Modes Françaises, ou Révolutions du costume en France, Depuis l’établissement de la Monarchie jusqu’à nos jours. Contenant tout ce qui concerne la tête des Français, avec des recherches sur l’usage des Chevelures artificielles chez les Anciens" (1773). C'est surtout à partir du milieu du que la publication de tels ouvrages s’accroît, en commençant par" Histoire de la mode en France" (1858) d'Émile de La Bédollière (1812-1883), sans compter l'édition de nombreuses estampes en couleurs mettant en scène des silhouettes. (baroque et classique). Cotonnade et soierie. Avec Jean-Baptiste Colbert vont naître les premières manufactures liées aux vêtements : face à l'invasion des produits flamands, anglais et italiens, est encouragé l'établissement d'unités de productions à grande échelle d'indiennes, de soieries (Balsan), de cuirs, etc. Gravures de mode. Au début du règne de Louis XIV, l'industrie du luxe est placée sous contrôle de la Couronne. La France devient véritablement l'arbitre du bon-goût et du style en Europe. L'importance de la mode française et de sa notoriété sont en partie dues à la création de la presse de mode au début des années 1670 (notamment grâce à Jean Donneau de Visé et le "Mercure galant") qui transforme l'industrie de la mode, répandant les silhouettes et tendances françaises au-delà de la Cour royale et popularisant les notions de saisons et de changement de styles. Les gravures utilisées représentent alors des hommes ou des femmes, de plain-pied, portant des toilettes répondant aux dernières tendances. Seules les silhouettes sont travaillées, aucun détail n'est apporté dans l'esthétique des visages. Tendances. Louis XIV introduit l'une des tendances majeures de l'époque : celle des perruques de cheveux bouclés portées par des hommes. Une croyance populaire veut que Louis XIV ait commencé à porter ce type de perruques à cause de sa calvitie. Le port de la perruque chez les hommes s'est poursuivi pendant près de 150 ans, passant par diverses modes, et cessera après la Révolution française et la vague romantique. Des règlements qui existaient depuis le déterminaient la mode : rédigés dans les communes par des magistrats et des seigneurs, ils avaient pour but de veiller aux bonnes mœurs, de favoriser l'industrie locale, de se protéger des influences étrangères et de luxe inutile (les dépenses somptuaires), mais le but principal restait avant tout de maintenir les différences des classes à travers des codes vestimentaires stricts. Les femmes portaient des cols plus effilés, car le décolleté était élargi jusqu’aux épaules. Elles portaient le plus souvent des jupes en forme de cloches et des corselets avec un grand décolleté. Les manches arrivaient jusqu’aux coudes au maximum. À la maison chaque femme portait un manteau de maison. Les femmes se protégeaient le visage avec un masque, et beaucoup plus tard avec un voile. Autour du cou, les femmes aimaient bien se mettre un col en four, qui était appelé « petit four aux puces », parce qu’on pensait qu’il était destiné à attirer les insectes. Contrairement aux Italiennes, les femmes françaises ne montraient jamais leurs vrais cheveux. La minceur générale des femmes était soulignée par les corselets, qui étaient munis de ressorts métalliques d’une longueur d’un demi-mètre. À la fin du les premières « mouches » apparurent sur les visages des femmes. Le , du rococo au nouveau classicisme. Le monde pré-industriel n'était pas indifférent à l'apparence, mais celle-ci avait pour fonction de théâtraliser la hiérarchie sociale. À l'opposé du rejet contemporain de l'uniforme, la coutume assignait à chacun son habit en même temps que son rang social. Jusqu'au , le vêtement de la femme change peu dans sa ligne générale, sauf lors du Directoire, mais les vêtements des courtisans frappent par leur splendeur. Le grand seigneur porte sur son dos sa richesse foncière, pour la montrer, au risque de la dilapider. L'indépendance d'esprit de l'aristocratie se manifeste à certaines époques par la mise en valeur libertine du corps. En France, c'est au que commencent à se diffuser dans le pays les usages vestimentaires de la Cour. La haute couture parisienne sera l'héritière de ce phénomène. Mais la noblesse est protégée de toute véritable immixtion par ses privilèges, y compris celui de porter talons rouges. Peu avant la Révolution française, des almanachs de mode illustrés font connaître la mode de Paris aux lectrices de province et d'Europe. Le même phénomène s'était produit un peu plus tôt en Angleterre. C'est là l'apparition de la presse de mode, ce vecteur essentiel de la libéralisation de l'habit. Les styles extravagants de la cour royale française ont conduit à d'immenses dettes, à charge des contribuables. Ces dépenses incommensurables ont d'ailleurs contribué à la mauvaise réputation de Marie-Antoinette, constituant même une des revendications à l'origine de la Révolution Française. Même longtemps après sa mort, Marie Antoinette demeure une icône culturelle majeure, associant glamour et richesses. Avec les sans-culottes, le vêtement prend une signification politique. Rayures et pantalons pervertissent les codes vestimentaires de l'Ancien Régime (), alors que le port de la soie et de vêtements prestigieux de l'Ancien régime est considéré comme contre-révolutionnaire. Du côté royaliste, Muscadins à la chute de Robespierre, Incroyables et Merveilleuses sous le Directoire, préfigurent le dandysme, voire les futures tribus urbaines. Mais l'accent demeure évidemment mis sur l'appartenance à une élite aristocratique : le droit à l'excentricité est lui-même un privilège. Cependant, la loi du 8 brumaire de l'an 2 () proclame la liberté de s'habiller comme on le souhaite, ce qui préfigure la démocratisation dans l'habillement. Le. Dès les années 1830, la confection à façon est en pleine croissance. Elle alimente d'abord les magasins de nouveautés, puis les grands magasins. Elle sait populariser la mode, utiliser des imitations bon marché des matières nobles, pour satisfaire une population en plein essor, la bourgeoisie qui s'enrichit avec la première révolution industrielle en France. La mode se constitue réellement avec l'invention de la haute couture qui, tout en recrutant sa clientèle parmi les classes sociales dominantes, n'a cessé de mettre en scène sa proximité avec les artistes. Le créateur de mode réussit à s'imposer comme un « artiste du luxe », selon l'expression de Gilles Lipovetsky. Sous le Second Empire, ce sont des Britanniques comme Charles Frederick Worth et plus tard Redfern, qui inventent à Paris les mannequins vivants et un nouvel usage de la crinoline. Voici donc le grand couturier, qui n'est plus un artisan au service de ses clients, mais qui fait partie de leur monde, un monde plus mélangé qui se constitue alors et se cherche une âme en même temps qu'une légitimité. Avec l'anglomanie et le dandysme, théorisé quelques années plus tôt, du temps de la bohème, par Baudelaire qui promeut l'art de Constantin Guys et sa capacité à saisir l'actuel, il les trouve. Paris devient alors la capitale de la mode, du bon goût, de l'élégance, et ce modèle s'exporte de par son rayonnement. Les couturiers français installés à l'étranger contribuent également à cette diffusion, comme Caroline Montagne Roux, amie de Jeanne Lanvin, à Barcelone. Pour se diffuser, la mode a su faire alliance avec l'image, l'illustration et profite donc de l'invention de la presse illustrée à grand tirage et l'apparition de périodiques dédiés à la mode artistique. La mode fascine des écrivains français, qui comme Honoré de Balzac cherche à en décoder les signes, ou plus tard Stéphane Mallarmé dans "L'Art de la mode" et Octave Uzanne, l'un des premiers historiographes des modes du siècle précédent. Dans le dernier tiers de ce siècle, apparaissent les premiers parfums de synthèse, que les couturiers vont associer à leurs lignes de vêtements, à leur maison. Le parfum était lié depuis le à la ganterie. 1900-1930 : Belle Époque, Années folles et modernisme. Au début du , Jeanne Paquin invente les défilés de mode. Il existait une vingtaine de maisons de couture à Paris en 1900. L'émancipation du corps de la femme doit beaucoup à Paul Poiret. Ces années ont été marquées par un aspect nouveau dans le monde de la mode : la collaboration entre couturiers et artistes plasticiens. Par exemple, Elsa Schiaparelli, rencontre le peintre Salvador Dali. Leur amitié donne naissance à une collection hors du commun, mélangeant styles artistiques et imaginations fulgurantes. La "robe Homard" de 1937 est une pièce célèbre illustrant cette fusion : ce homard rouge sang sur une robe blanche semble être le symbole des obsessions du peintre. Pour se diffuser, la mode a su faire alliance avec la photographie et le cinéma. Coco Chanel conclut en 1930 un accord avec Samuel Goldwyn pour habiller les stars d'. Depuis 1945. Années 1950-1990. Après la Seconde Guerre mondiale, le de Dior révolutionne la mode puis Coco Chanel déjà 30 ans auparavant, l'invention des « jeunes » et l'industrialisation accrue. La démocratisation du vêtement va de pair avec une prolifération des mouvements de mode adolescents, inséparables des courants musicaux. Il n'est plus si facile de réduire la mode au prestige d'une élite définie, serait-ce celle du spectacle, ni au souci de distinction au sens sociologique du terme. Grâce aux médias, la "caste spectaculaire", vedettes, artistes et, finalement, top models bien plus tard, fournit à la société des modèles de consommation. Cette bourgeoisie de l'apparence appartient toujours, en fait, à la réalité socio-économique, mais semble en être détachée. On peut, en effet, noter que le port de tel ou tel vêtement, de tel ou tel accessoire, devient souvent "à la mode" après qu'une personnalité (people, acteur, top-model, etc.) l'a porté. C'est ainsi que sont devenues "à la mode" de nombreuses façons de se vêtir. Par exemple : Dans les années 1960, l'uniformité était plus manifeste que la volonté de se distinguer, qui sert de grille d'interprétation aux sociologues de la mode, depuis Georg Simmel (1904). La mode française est fortement influencée par Londres et son "". Saint Laurent et Courrèges imposent de nouvelles tendances qui marqueront profondément les décennies suivantes. Les collants, puis le jeans triomphent en France. Il constitue bientôt l'uniforme de la jeunesse mondiale, garçons comme filles. C'est paradoxalement là une façon de revendiquer l'individualité et la décontraction, en rejetant le vêtement « bourgeois ». Le pantalon est maintenant un vêtement féminin. Dans les années 1970, la mode Hippie d'origine américaine puis la mode punk plus tard influencent le monde, dont la France. Le d'inspiration américaine prend le pas sur la mode de la rue et connaitra son apogée dans les années 1980. Dans les années 1980, une nouvelle génération de créateurs émerge auprès du public et révolutionne la mode : Gaultier, Alaïa, Montana, Mugler… La différenciation reprend ses droits. Années 2000. La compétition dans les looks semble cependant s'estomper au profit de l'éclectisme inspiré de la world music. On notera aussi le succès de la silhouette sportive à l'américaine : survêtement, Tee-shirt, casquette et chaussures souples, ainsi que le retour aux éléments de mode des années 1980. Enfin, dans les années 2000, deux tendances antinomiques semblent s'imposer en parallèle : la prééminence absolue des marques d'un côté et la contestation radicale de ces dernières de l'autre. L'importance de l'aspect même des vêtements s'atténue en effet, tandis que la marque, expression du pouvoir d'achat du consommateur et de l'image ou philosophie de vie auquel il s'identifie, motive de plus en plus les comportements d'achat. La mondialisation et la concurrence ont conduit à la fusion des groupes de l'industrie de la mode et du luxe et à un marketing renforcé. Les nécessités liées à la rentabilité et au retour sur investissement ont augmenté le nombre de collections par an, accéléré le roulement des nouveaux produits, tout en faisant et défaisant les modes en très peu de temps. En parallèle, on a pu observer un rejet de la mode en tant que stigmate de la consommation à outrance. Au Japon, le mouvement Muji se caractérise par la fabrication et la commercialisation de produits sobres, vierges de tout logo. À l'échelle internationale, la philosophie du No Logo - en référence à l'ouvrage de Naomi Klein paru en France en 2001 - vise à résister aux diktats et aux apparences consuméristes. La mode contemporaine exprimerait à la fois une certaine attitude grégaire et le rejet de toute appartenance à une catégorie déterminée. L'adolescence est une classe qui n'en est pas une, une classe d'âge éphémère. L'élite des médias semble vivre dans un monde irréel, instable. Il en va de même pour les mannequins. Les années 2000 semblent propices au rapprochement épisodique de la mode et l'art contemporain. La mode emprunte des références esthétiques et des thématiques développées par les artistes, et joue également un rôle de plus en plus prépondérant dans le financement de leurs œuvres, via le mécénat et les commandes d'œuvres (notamment par Bernard Arnault et François Pinault) pour les lancements de boutiques et de produits. Dans les années 2010, d'après le ministère de l'Économie, la mode représente en France et un chiffre d'affaires de plus d'une trentaine de milliards d'euros par an. Paris. Paris est considérée comme la capitale mondiale de la mode, et la présence dans toute la ville de nombreuses boutiques de mode en témoigne. La majorité des marques de mode françaises de premier plan, tels que Chanel, Dior ou Louis Vuitton, ont leur siège dans la ville. Paris organise une semaine de la mode deux fois par an, comme d'autres centres internationaux tels que Milan, Londres ou New York. En outre, plusieurs marques de mode internationales possèdent des boutiques à Paris comme c'est le cas de Valentino, Gucci, ou Burberry. Les Champs-Élysées sont une avenue souvent comparée à la 5 Avenue new-yorkaise. L'avenue Montaigne, adjacente aux Champs-Élysées, est aussi connue par ses boutiques prestigieuses de mode depuis plusieurs décennies. Depuis le , les maisons de la mode étaient traditionnellement situées dans le quartier autour de la rue Faubourg Saint-Honoré.
Acide γ-aminobutyrique L'acide γ-aminobutyrique, souvent abrégé en GABA (de l'anglais "gamma-aminobutyric acid"), est le principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central chez les mammifères et les oiseaux. Chez les insectes, il est présent dans tout l'organisme. C'est un neuromodulateur reconnu comme étant inhibiteur chez l'adulte mais excitateur lors du développement embryonnaire humain. Il joue un rôle important chez l'adulte en empêchant l'excitation prolongée des neurones. Il possède par ailleurs un rôle neurotrophique, c'est-à-dire qu'il favorise la croissance de certains neurones. Les effets inhibiteurs du GABA contrebalancent les effets excitateurs du glutamate. Un déséquilibre entre ces deux neurotransmetteurs est impliqué dans l'épilepsie et l'ischémie cérébrale. Sa formule brute est . Localisation. Le GABA serait impliqué dans au moins 30 % des synapses du cerveau. Le second neurotransmetteur inhibiteur est la glycine, qui elle, est plus particulièrement localisée dans la moelle spinale. Deux types de neurones GABAminergiques se rencontrent : Le GABA a été surtout détecté dans des neurones non pyramidaux tels que les cellules granulaires ou stellaires, dans les couches II à IV du cortex. Il a été postulé que les interneurones GABAminergiques exerceraient une influence modulatrice sur le corps cellulaire et le segment initial des axones des cellules pyramidales (glutaminergiques) pour maintenir une activité soutenue de celles-ci dans la maintenance de la mémoire de travail. Métabolisme du GABA. Le GABA est synthétisé à partir de l'acide glutamique par une enzyme la GD ("Glutamate décarboxylase") ou AGD ("Acid Glutamique Decarboxylase") [GAD en anglais ("Glutamic Acid Decarboxylase", ou "Glutamate Decarboxylase")] et est catabolisé par une autre enzyme : la GABA transaminase (GABA-T). Les métabolismes du GABA et du glutamate (ou acide glutamique) sont intimement liés. Le glutamate vient lui-même de la glutamine et de l'alpha-cétoglutarate, issu du cycle de Krebs (voir figure 1). Le glutamate est ensuite décarboxylé en GABA sous l'influence de la glutamate-décarboxylase (GAD) et de son cofacteur, le phosphate de pyridoxal, dérivé de la vitamine B. Les molécules de GABA sont stockées dans des vésicules synaptiques, par l'intermédiaire de transporteurs VGat ("vesicular GABA transporter"), formés par des protéines transmembranaires. L'arrivée d'un potentiel d'action dans l'extrémité de l'axone ouvre les canaux calciques sensibles au voltage. L'influx de Ca provoque par exocytose, la libération du GABA dans la fente synaptique. Le GABA libéré dans la fente peut suivre plusieurs voies : Le GABA exerce donc son effet sur ses récepteurs ou est recapté par des transporteurs membranaires spécifiques. Quatre types de transporteurs à haute affinité pour le GABA ont été décrits : GAT-1 à GAT-4. Les transporteurs GAT-1 et -4 sont plus exprimés au niveau des neurones, GAT-2 au niveau des cellules gliales et GAT-2 et 3 au niveau des reins et du foie. Le GABA recapturé par les neurones ou les cellules gliales est transformé en succinate, qui rentre dans le cycle de Krebs (assurant la synthèse de l'ATP). Puisque ce sont des enzymes mitochondriales (comme la GABA transférase GABA-T) qui assurent la dégradation du GABA, ce sont elles qu'il faut inhiber pour provoquer une augmentation de la teneur des tissus en GABA et donc une augmentation de l'activité des neurones inhibiteurs. Enzymes et transporteurs, cibles thérapeutiques. Les propriétés inhibitrices du système nerveux central du GABA sont utilisées dans certains traitements de l'épilepsie. Cette maladie neurologique se caractérise par des décharges soudaines d'influx nerveux anormaux dans le cerveau. Un type de traitement vise à diminuer l'excitation neuronale en augmentant la concentration de GABA, ce qui peut se faire en inhibant les enzymes de dégradation GABA-T ou les transporteurs de recyclage GAT : ou en augmentant la synthèse de GABA, par une supplémentation en vitamine B, cofacteur de la GAD (enzyme assurant la synthèse du GABA). C'est un traitement des convulsions néo-natales qui s'avère souvent insuffisant et nécessite l'adjonction d'autres molécules anti-convulsivantes. Les récepteurs du GABA et leur rôle physiologique. À ce jour, deux types de récepteurs de ce neurotransmetteur ont été identifiés : Les récepteurs ionotropes GABAA sont formés de 5 sous-unités glycoprotéiques, entourant un pore laissant entrer le chlore lorsque le GABA se fixe sur leur site de liaison. L'entrée de ces anions Cl hyperpolarise le neurone postsynaptique et l'inhibe, en rendant le passage d'une vague de potentiel d'action plus difficile : Les 5 sous-unités de chaque récepteur sont puisées dans un groupe de 19 sous-unités clonées de type α, β, γ, δ, ε, π, ρ et θ. Chaque sous-unité peut comporter plusieurs isoformes : pour α, on a de α1 à α6, pour β on a de β1 à β4, pour γ de γ1 à γ3, pour ρ de ρ1 à ρ3. La plupart des récepteurs pentamériques des mammifères sont formés de deux alpha, deux bêta et un gamma ou delta. Ces sous-unités des récepteurs GABAA sont elles-mêmes formées de 4 hélices transmembranaires avec leurs extrémités N- et C-terminales toutes les deux extracellulaires (fig. 3 gauche). En prenant en compte en plus les variants obtenus par épissage alternatif, on obtient un nombre considérable de variants, que l'on classe en trois groupes : La transmission GABAminergique ordinaire est assurée par des récepteurs GABAA situés sur un neurone postsynaptique et comportant une sous-unité gamma. Mais l'importance d'une inhibition GABAminergique constamment active, dite "tonique", s'est imposée depuis une décennie. Le plus souvent cette inhibition tonique est assurée par des récepteurs contenant des sous-unités delta, récepteurs non présents au niveau des synapses mais dans les environs (dits récepteurs extrasynaptiques). Il a été montré que les récepteurs contenant les sous-unités β3 et δ sont hautement sensibles au GABA et à l'éthanol. Le renforcement par l'alcool, d'une manière dépendante de la dose, ressemble à l'effet subjectif de l'intoxication alcoolique. Une étude sur des coupes de cerveau de rats a montré que l'alcool augmente l'inhibition tonique médiée par les récepteurs GABAA extrasynaptiques (α6β3δ) dans les cellules en grain du cervelet. Une étude comportementale associée suggère que l'alcool affecte la coordination motrice en augmentant l'inhibition tonique des cellules granulaires du cervelet. Les récepteurs GABAB sont des récepteurs couplés à une protéine Gi/o, constitués par sept hélices transmembranaires. Ils ont d’abord été mis en évidence sur les terminaisons présynaptiques où leur stimulation se traduit par une diminution de la libération de neuromédiateur. Ils sont aussi présents au niveau somatodendritique où leur stimulation se traduit par une augmentation de la conductance potassique, associée à une hyperpolarisation. Les récepteurs GABA, cibles thérapeutiques. Les récepteurs GABAA sont la cible des anxiolytiques de la famille des benzodiazépines qui potentialisent (augmentent) l'effet inhibiteur du GABA sur le système nerveux central. À l'inverse, certaines bêta-carbolines diminuent l'effet inhibiteur du GABA et ont des actions « excitatrices » (convulsivantes, anxiogènes ou pro-mnésiantes) opposées à celles des benzodiazépines. Les sites de liaison des benzodiazépines sur les récepteurs GABAA sont topographiquement distincts de ceux du GABA. Ces sites, dits "allostériques", sont reconnus par des substances actives qui vont moduler l'action du GABA. En général, la liaison de ces substances modulatrices augmente la fréquence et la durée d'ouverture du canal chlore et donc renforce l'action inhibitrice du GABA. Outre les benzodiazépines, on connaît les sites modulateurs allostériques des barbituriques, de l'alcool et des neurostéroïdes. Ces substances ont toutes des propriétés sédatives, anxiolytiques, anticonvulsivantes, antiépileptiques et myorelaxantes. Il existe deux sites de liaison du GABA sur les récepteurs GABAA situés à l'interface entre les sous-unités α et β. Le site de liaison des benzodiazépines est situé à l'interface entre les et γ. La présence de la sous-unité γ est indispensable pour la reconnaissance des benzodiazépines. Les effets anxiolytiques, sédatifs et myorelaxants de ces molécules sont assurés par les récepteurs GABAA1, -A2, -A3 et -A5. Par contre, le "zolpidem" (Stilnox), d'une famille proche des benzodiazépines, ayant une forte affinité pour la (et aucune pour α4, α6, δ et ε) et interagissant avec des résidus amino-acyls différents, possède une grande affinité pour les seuls récepteurs GABAA1. La molécule de GABA ne peut pas traverser la barrière hémato-encéphalique, donc le rôle de neurotransmetteur ne peut être accompli que par le GABA présent et relargué par les neurones et pas par celui apporté par l'alimentation. GABA et microflore intestinale. En 2016 a été découverte une espèce de bactérie (intestinale) très spécialisée, baptisée "KLE1738". Bien qu'en étant éloignée, elle semble dépendre totalement de la biochimie du cerveau pour sa survie, en ce qu’elle ne consomme que le GABA (molécule toxique au-delà d’une certaine dose) pour assurer son métabolisme. On ne lui connaît à ce jour pas d’autre aliment. Son activité pourrait en partie expliquer comment chez l'humain (ou d'autres espèces) le microbiome intestinal peut affecter l'humeur. Des taux bas de GABA ont déjà été liés à la dépression et aux troubles de l'humeur ; en 2011, on avait déjà montré qu’une variété de lactobacille (Lactobacillus rhamnosus) pouvait fortement modifier l'activité du GABA dans le cerveau de souris de laboratoire et modifier leur réponse au stress, et chez les souris chirurgicalement privées du nerf vague (qui connecte directement l’intestin au cerveau) - qui a laissé l'intestin au cerveau - suggérant qu'il joue en quelque sorte un rôle dans l'influence des bactéries intestinales peuvent avoir sur le cerveau. Un nouveau domaine scientifique est ouvert, parfois dénommé Gut–brain axis pour les anglophones), qui cherche maintenant si d'autres bactéries intestinales qui consomment ou produisent du GABA, pour notamment tester (chez l’animal au moins, dans un premier temps) les effets de leur présence sur le cerveau et le comportement, pour peut-être développer de nouveaux traitements contre des troubles de l'humeur (dépression, anxiété, certaines formes d’agressivité…). GABA et diabète. En 2016, selon les chercheurs de l'INSERM, le GABA pourrait induire la régénération des cellules bêta du pancréas produisant de l'insuline. Ceci serait utile surtout dans le diabète de type 1, caractérisé par une perte progressive de ces cellules. Cette étude a depuis été contredite par une publication d' indiquant que les résultats n'étaient pas reproductibles. GABA et luminosité. Il a été découvert chez deux espèces d'insectes (une demoiselle et une sauterelle) un pic de production de GABA à la période de transition du jour vers la nuit, lumière vers obscurité.
Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires
1er Régiment d'Hélicoptères de Combat
Région du Pool
Raul Paz Raúl Paz est un auteur-compositeur-interprète (chanteur et musicien) cubain né en 1969 dans la province de Pinar del Río, à San Luis précisément, à l'ouest de Cuba. Sur fond de musique cubaine, il compose dans un style bien à lui. Il compose des textes à l'ancienne sur des rythmes plus modernes. Il affectionne tout particulièrement le mélange des genres. Carrière. Dès son plus jeune âge, Raúl Paz fait des études musicales à l’Institut Supérieur des Arts de La Havane. Pendant 10 ans, il y étudie le violon, le solfège, l’harmonie, le contrepoint, le chant et un peu de direction d’orchestre. Il n’en est pas moins intéressé par le rock, en se branchant sur les radios américaines où il découvrit Deep Purple, Led Zeppelin ou Bob Marley. Il est indispensable de rappeler la solide formation classique de ce musicien. Il exprime toujours de nombreuses influences dans chacun de ses albums. En 1996, il quitte Cuba pour Paris où il vient pour étudier à la Schola Cantorum. Pour pallier le manque d'argent, on le retrouve très vite sur la scène latino, jouant au New Morning, au Hot Brass et au Bataclan. En 1999, il participe au concert de "La Fania All Stars" au Zénith de Paris et y rencontre Ralph Mercado, fondateur du label RMM, qui lui propose d’enregistrer son premier disque à Miami. "Cuba Libre" (rebaptisé "Imaginate" pour le marché américain), sort en 1999 et est vendu à près de 100 000 exemplaires. La presse américaine new-yorkaise le consacre "révélation masculine de l’année". Sa carrière démarre très bien avec de multiples concerts donnés aux États-Unis, mais la mort de Celia Cruz et de Tito Puente oblige Ralph Mercado à fermer son label et met fin à sa collaboration avec Raúl Paz en 2001. Il profite alors de cette période pour s’ouvrir à d’autres styles de musiques. Il enregistre notamment "Contigo", chanson écrite avec DJ Arian. De retour à Paris, il signe avec le label Naïve avec lequel il sort "Mulata" en 2003. Cet album qui mélange musique cubaine, pop, hip-hop et riffs de rock, est la révélation auprès du public français. L’album est vendu à 60 000 exemplaires. En 2005, "Revolucion", album enregistré à La Havane, dans les studios Egrem, reste dans la droite ligne de "Mulata". Avec "En casa", album enregistré en 2006, Raúl Paz revisite la musique de son enfance en "révolutionnant" ces sons de toujours. Raul Paz a quitté la France pour aller vivre à Cuba en 2008 alors qu'il y réalisait une belle carrière depuis de nombreuses années. Après son retour à Cuba, Raul Paz a présenté son album "Havanization" (La havanization est un mouvement artistique se développant à Cuba) en 2010.
Tubes à Ondes Progressives
Société des Ambianceurs et des Personnes élégantes
Saathiya Saathiya (hindi : साथिया) est un film dramatique indien de Bollywood, réalisé par Shaad Ali, sorti le 2002 en Inde. Synopsis. Lorsque Aditya rencontre Suhani, il tombe immédiatement amoureux d'elle. Pourtant, la partie est loin d'être gagnée : Suhani préfère se consacrer à ses études de médecine et quand Aditya parvient enfin à la convaincre, le couple doit faire face à l'opposition de leurs parents respectifs. Ils décident alors de se marier en secret et d'affronter seuls les aléas de la vie à deux. Musique. Le film comporte 10 chansons écrites par A.R. Rahman (musique) et Gulzar (paroles) : O Humdum Suniyo Re ~ Chhalka Chhalka Re ~ Saathiya ~ Naina Milaike ~ Mera Yaar Mila De ~ Mangalyam ~ Chupke Se ~ Aye Udi Udi ~ Chori Pe Chori ~ Saathiya II.
Ipfirewall ipfirewall (ou ipfw) est un module logiciel qui fournit des fonctions de pare-feu pour FreeBSD et OS X. Un portage vers les systèmes Windows 2000/XP/2003 a été effectué, le WIPFW (Windows IP FireWall). La commande utilisateur permettant de configurer "ipfirewall" est ipfw. Voir aussi. Autres pare-feux libres :
KS Cracovie
Wisła Cracovie (football) Le Wisła Cracovie ( ) est un club polonais omnisports basé à Cracovie et fondé en 1906. Cet article traite de sa section football. Il tire son nom de la Vistule ("Wisła" en polonais), fleuve qui traverse Cracovie. Le troisième club le plus titré de l'histoire du pays (en termes de championnats gagnés), derrière le Górnik Zabrze et le Ruch Chorzów, est présidé par Rafał Wisłocki et Jarosław Królewski depuis . Le Wisła reçoit ses adversaires au stade Henryk Reyman, qui peut accueillir jusqu'à . Histoire. Repères historiques. Les premiers jours du Wisła. L'histoire du Wisła Cracovie commence probablement en octobre 1906, quand Tadeusz Konczyński organise le "Kraków Błonia", premier tournoi de football dans la ville. Il fonde également quatre autres équipes universitaires, et fait venir les équipements exclusivement d'Angleterre. L'équipe est alors vêtue de bleu clair, et porte un short noir. C'est d'ailleurs pour cela que les joueurs sont surnommés à l'époque « "les Bleus" ». Le tout premier capitaine du club, Józef Szkolnikowski (gardien de but), donne pour la première fois au club le nom de "Wisła". Le tout premier président du Wisła Cracovie est alors Tadeusz Łopuszański. En septembre 1907, « "les Rouges" » de Jenkner fusionnent avec le Wisła, puis peu après avec « "les Roses" ». Le club prend alors le nom de "Towarzystwo Sportowe Wisła", et existe officiellement. Les maillots bleus sont changés en rouge, mais le short noir reste identique. Quand les premiers uniformes arrivent de Berlin, deux étoiles bleues apparaissent sur la tunique. Avec le temps, seulement une seule reste, et sa couleur vire au blanc. Ce fait de l'histoire donne le surnom définitif du Wisła : "Biała Gwiazda (Étoile Blanche)". Un club important en Pologne. Vers les années 1920-1930, le Wisła commence à se stabiliser en championnat, lui qui connaissait auparavant des hauts et des bas, marqués par les bonnes saisons et les relégations en seconde division (par trois fois). En 1927, Cracovie remporte difficilement la première édition officielle du championnat de Pologne, et obtient ainsi le second titre de son histoire, après la Coupe de Pologne gagnée un an plus tôt. Le Wisła termine devant le 1. FC Katowice, grâce notamment à sa fabuleuse attaque composée de Henryk Reyman (trente-sept buts), formé au club et présent depuis 1910, Józef Adamek (seize buts), Stanisław Czulak (quatorze buts) et Mieczysław Balcer (treize buts). Durant trente-cinq saisons (de 1923 à 1964), troublées par la Seconde Guerre mondiale qui oblige le club à fermer ses portes quelques années, le Wisła continue à figurer au premier plan national, en compagnie du Górnik Zabrze et du Ruch Chorzów. Les trois formations se disputent chaque année la première place, Cracovie cédant petit à petit du terrain à ces deux derniers. L'apparition sur la scène continentale. Sur la scène européenne, Cracovie apparaît dans les trois tournois différents. Sa première apparition dans ce genre de compétition remonte à la saison 1966-1967, quand le Wisła, après avoir acquis une place de second l'année précédente, rencontre pour la dernière édition de l'International football cup (ancêtre de la Coupe Intertoto) le FK Inter Bratislava, Malmö et le 1. FC Kaiserslautern, et termine à une honorable deuxième place, à un point des quarts de finale et d'un match contre les néerlandais du Go Ahead Eagles. Néanmoins, son plus grand succès reste celui de la saison 1978-1979, lorsque le club atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions, en battant la grande équipe du FC Bruges, championne de Belgique en titre et finaliste de la précédente édition. Les Rouges et Blancs se font finalement éliminer par le Malmö FF (trois buts à cinq), après une victoire deux à un au match aller. Le Wisła atteint également par deux fois les huitièmes de finale de la Coupe des vainqueurs de coupe en 1967-1968 et 1984-1985, sorti cinq à zéro et trois à deux par Hambourg et le Fortuna Sittard respectivement. L'Étoile Blanche participe, au total, à onze éditions de la Coupe UEFA. Après deux saisons réussies en 2005 et 2006, le Wisła se classe à une médiocre huitième place la saison suivante, le privant de toute compétition européenne. Viser plus haut ? Lors de la saison 2007-2008, le Wisła gagne le premier Trophée de Chicago, disputé dans l'Illinois en juillet. Le club polonais écarte le FC Séville, tout juste vainqueur pour la seconde fois d'affilée de la Coupe UEFA. Le Wisła ne peut pas défendre son titre l'année suivante, la compétition cessant toute activité. Il est important de préciser que ce tournoi revêt une importance particulière pour le Wisła et pour la communauté polonaise, puisque Chicago revendique la plus grande population polonaise installée hors du pays. En championnat, le Wisła enchaîne les victoires, le propulsant à une confortable première place à la mi-saison. Le club est déclaré champion d'automne plusieurs semaines à l'avance. En tête depuis la dixième journée, le Wisła ne lâche pas son fauteuil, et écrase le championnat. Le , il est sacré champion, trois ans après son dernier titre de 2005. Qualifié pour le second tour de la Ligue des Champions, le Wisła a pour objectif d'atteindre les poules. Après avoir disposé facilement du Betar Jérusalem, Cracovie est confrontée au géant barcelonais, qui affirme son rang de favori et l'écarte de la compétition. En Ekstraklasa, Cracovie joue le titre mais subit une plus forte concurrence. Après une longue domination du Lech Poznań, le Wisła prend la tête à trois journées de la fin, et est sacré pour la deuxième fois consécutive champion. Vice-champion en 2010, le club est de nouveau titré en 2011. La chute. En 2018, la situation financière du club est inquiétante, la recherche d'un investisseur est lancée. Le , le Wisła annonce la vente de la section football au consortium de fonds d'investissement anglo-luxembourgeois, Alelega Luxembourg Sarl (60% des actions) et Noble Capital Partners Ltd (40%). L'ancien conseil d'administration et le conseil de surveillance ont démissionné et Adam Pietrowski devient président. Au début de 2019, le comité des licences de clubs a suspendu la licence à l' Ekstraklasa en raison de la situation juridique du club incertaine et de nombreuses violations au manuel des licences. Après avoir résilié son contrat avec le VfL Wolfsbourg, Jakub Blaszczykowski, ancien joueur du club, décide de revenir dans le club de son enfance. Il accepterait de jouer gratuitement et verse à son club de cœur, avec deux autres personnes ils fournissent les de zlotys pour payer les arriérés de salaires des joueurs. La nouvelle structure du club s'engage à préparer de nouvelles prévisions financières avant la fin de la saison et reçoit le l'autorisation de continuer à jouer en première division. Bilan sportif. Bilan européen. Résultats. "Note : dans les résultats ci-dessous, le score du club est toujours donné en premier" Infrastructures. Le stade. Le Wisła reçoit ses adversaires au stade Henryk Reyman, qui peut accueillir jusqu'à personnes. Le stade porte le nom du joueur emblématique Henryk Tomasz Reyman à la suite d'une décision du conseil municipal de Cracovie, le . Centre d'entraînement. En juin 2013, le Wisła annonce avoir signé un accord avec la municipalité de Myślenice pour installer son nouveau centre d'entraînement dans la ville, située à une vingtaine de kilomètres de Cracovie. Cet accord d'utilisation est valable pendant vingt ans, à partir de , date de livraison du centre. Ce dernier sera composé d'un complexe de , avec salles de sport et de bien-être, ainsi que de plusieurs terrains (dont un avec gazon artificiel). Cette décision fait suite à un partenariat entre les clubs des deux villes. Rivalités. Le derby de Cracovie. "Święta Wojna" en polonais fait référence à la « guerre sainte » que mènent les supporters du Cracovia et du Wisła entre eux. Créés tous les deux en 1906, les deux clubs furent les premiers de Pologne, situés dans la même ville : Cracovie. La rivalité, vieille donc de plus de cent ans, a pris le nom de "Święta Wojna", qui désignait auparavant les derbys entre le Makabbi et le Jutrzenka Cracovie. En 2006, le centième anniversaire du match a été joué. Près de mille policiers étaient sur place pour éviter tout débordement, fréquent lors du derby. En effet, l'affrontement Wisła - Cracovia est l'un des plus violents d'Europe chez les supporters, qui n'hésitent pas à utiliser des armes blanches pour en découdre, faisant plusieurs morts lors de la dernière décennie. Il est important de préciser que seuls les supporters des deux camps ont décidé de ne pas signer le « pacte de Poznań », qui interdit l'usage de toutes sortes d'armes lors des « "ustawki" » (bagarres de rues entre hooligans), et que tous les autres fans polonais ont adopté. Ce pacte a notamment été créé pour les rencontres de l'équipe nationale. Au niveau sportif, c'est le Wisła qui est en tête, totalisant quatre-vingt-une victoires pour cinquante-sept défaites. Le classique polonais. Le match entre le Wisła Cracovie et le Legia Varsovie est communément reconnu comme étant le plus important du championnat polonais. En effet, les deux équipes possèdent deux grands palmarès, et sont situées dans les deux plus importantes villes du pays, Varsovie et Cracovie étant respectivement capitale administrative et culturelle de Pologne. De plus, les différences régionales influent sur l'importance du match, opposant le Nord (Varsovie) au Sud (Cracovie). Autres. Du fait de sa rivalité avec le Cracovia, le Wisła est également opposé dans les tribunes à Poznań et à l'Arka Gdynia, alliés au "Pasy". Alliances. Les supporters du Wisła étaient anciennement alliés avec ceux du Lechia Gdańsk et du Slask Wroclaw. Les relations avec les supporters de ces deux clubs se sont considérablement dégradées après l'Euro 2016 en France où les supporters du Wisła ont créé de nouvelles coalitions qui ont déplu à leurs alliés. Ils ne font désormais plus tribune commune durant les matchs opposant leurs équipes, toutefois un respect mutuel survit tant bien que mal, particulièrement entre lambdas. Désormais les fans du Wisła se sont rapprochés de ceux du Ruch Chorzów et du Widziew Łódź, des clubs de 3e division anciennement au sommet de la hiérarchie et qui ont conservé une grande popularité. D'autres amitiés existent avec des clubs plus petits (Elana Toruń, Polonia Przemyśl ...) À l'échelle intercontinentale, une alliance existe entre les supporters du Wisła Cracovie et ceux de la Lazio de Rome.
Honkytonk Man Honkytonk Man est un film américain réalisé par Clint Eastwood et sorti en 1982. Synopsis. Durant la Grande Dépression, Red Stovall est un guitariste talentueux de country. Sentant qu'il passe à côté de sa carrière, il décide d'entreprendre un voyage en voiture à travers les États-Unis avec son neveu Whit, ainsi que son grand-père pour passer une audition au Grand Ole Opry à Nashville, Tennessee. Malheureusement, Red est atteint par la tuberculose et son désir d'enregistrer un disque semble sérieusement compromis. Chemin faisant, il fait la connaissance de Marlène, une bonne à tout faire. Elle est piètre chanteuse mais prête à tout pour quitter son trou et rejoindre Nashville où elle espère faire carrière dans la chanson. Elle sera le dernier rayon de soleil de Red, juste avant que celui meure de la maladie, et juste au moment où il enregistrait, enfin, un disque, avec une maison de disque de New york, venue auditionner de nouveaux talents à Nashville; le neveu quitte le cimetière en compagnie de Marlène et annonce qu'il part rejoindre ses parents, partis de l'Oklahoma vivre en Californie, Marlène veut se joindre à lui, car elle dit qu'elle a toujours voulu aller en Californie. Production. Genèse et développement. L'histoire du personnage principal Red Stovall s'inspire en partie de la vie des célèbres chanteurs de country Jimmie Rodgers et Hank Williams. Le rôle de grand-père Wagoneer est initialement prévu pour James Stewart, mais l'acteur le refuse. Le rôle revient finalement à John McIntire. Plusieurs artistes de musique country (Marty Robbins, Porter Wagoner, Ray Price et Merle Travis) font une apparition dans le film. Ce film marque d'ailleurs la dernière apparition à l'écran de Marty Robbins, décédé quelques jours seulement avant la sortie américaine du film. Tournage. Le tournage a lieu en Californie (Birds Landing, Mountain Ranch, Sheepranch, Latrobe) dans le Nevada (Fallon, Carson City, Dayton, Gardnerville, ) ainsi qu'à Nashville dans le Tennessee. Accueil. Le film reçoit des critiques plutôt positives. Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, il récolte 93% d'opinions favorables pour 14 critiques presse et une note moyenne de . Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de pour 12 critiques. Côté box-office, le film est un échec : il n'enregistre que sur le sol américain et en France. C'est l'un des plus mauvais résultat pour un film de Clint Eastwood. Distinction. Lors des Razzie Awards 1983, le film obtient une nomination au prix de la plus mauvaise chanson pour "No Sweeter Cheater Than You".
Combat des Horaces et des Curiaces Les trois Horaces et les trois Curiaces sont des héros qui, d'après la tradition rapportée par Tite-Live, se seraient battus en duel pendant la guerre entre Rome et Albe-la-Longue, durant le règne de Tullus Hostilius (selon la tradition, troisième roi de Rome entre 673 et 641 avant Jésus-Christ). Histoire. Les deux villes décidèrent d'un commun accord de régler leur conflit en désignant trois champions de chaque côté. Tite-Live considère, sans en être certain, que les Horaces étaient les champions de Rome et les Curiaces ceux d'Albe. D'après la tradition ancienne, les Albains furent tous les trois blessés rapidement et deux des Romains tués. L'Horace survivant, Publius Horatius, simula la fuite, poursuivi par les Curiaces blessés. Mais ceux-ci ne le rattrapèrent pas en même temps, ce qui permit à l'Horace de les tuer l'un après l'autre. À son retour à Rome, il tua sa propre sœur qui pleurait son fiancé, un des trois Curiaces, car, selon lui, « qu'ainsi périsse toute Romaine pleurant un ennemi ». Condamné à mort, il fut acquitté devant l'assemblée du Peuple mais dut passer sous le joug, symbole de la soumission à la loi romaine, et son père offrir des sacrifices. La "gens" "Horatia" conservera le souvenir de cet évènement remarquable par une tradition de cérémonies purificatrices. Le récit traditionnel. Le combat des Horaces et des Curiaces. Sous le règne de Tullus Hostilius, une guerre meurtrière éclata entre les habitants d'Albe et ceux de Rome. Pour mettre fin à ce conflit, les chefs des deux peuples conclurent un accord : trois frères défendraient chaque camp, les Horaces pour Rome et les Curiaces pour Albe. Tite-Live raconte : Dès le premier choc, les cliquetis des armes firent passer un grand frisson dans l'assistance ; tous en perdaient la voix, et le souffle. Mais au cœur de la mêlée, les trois Albains furent blessés, tandis que deux Romains tombaient, mourant l'un sur l'autre. Leur chute fit pousser des cris de joie à l'armée albaine ; les légions romaines tremblaient pour leur unique champion, que les trois Curiaces avaient entouré. Par bonheur, il était indemne, trop faible, à lui seul, il est vrai, pour tous ses adversaires réunis, mais redoutable pour chacun pris à part. Afin de les combattre séparément, il prit la fuite, en se disant que chaque blessé le poursuivrait dans la mesure de ses forces. Il était déjà à une certaine distance du champ de bataille quand il tourna la tête et vit ses poursuivants très espacés. Le premier n'était pas loin : d'un bond, il revint sur lui. Le Horace avait déjà tué son adversaire et, vainqueur, marchait vers le second combat. Poussant des acclamations, les Romains encouragent leur champion : lui, sans donner au dernier Curiace, qui n'était pourtant pas loin, le temps d'arriver, tue l'autre. Maintenant la lutte était égale, survivant contre survivant ; mais ils n'avaient ni le même moral, ni la même force. L'un, deux fois vainqueur, marchait fièrement à son troisième combat ; l'autre s'y traînait, épuisé. Ce ne fut pas un combat : c'est à peine si l'Albain pouvait porter ses armes ; le Horace lui plonge son épée dans la gorge, l'abat, et le dépouille. De retour du combat. Horace, chargé de son triple trophée, marchait à la tête des Romains. Sa sœur, qui était fiancée à l'un des Curiaces, se trouva sur son passage près de la porte Capène ; elle a reconnu sur les épaules de son frère la cotte d'armes de son amant, qu'elle-même avait tissée de ses mains. Alors, s'arrachant les cheveux, elle redemanda son fiancé et l'appela d'une voix étouffée par les sanglots. Indigné de voir les larmes d'une sœur insulter son triomphe et troubler la joie de Rome, Horace tira son épée, et en perça la jeune fille en l'accablant d'imprécations : "Va, lui dit-il, avec ton fol amour, rejoindre ton fiancé, toi qui oublies tes frères morts, celui qui te reste et ta patrie. Que périsse ainsi toute Romaine qui osera pleurer la mort d'un ennemi". Horace fut condamné à mort en raison de ce crime, mais il fit appel à l'assemblée du peuple. Son père plaida pour lui devant l'assemblée et fit valoir qu'il venait de perdre trois enfants, suppliant les Romains de ne pas le priver du dernier. Horace fut acquitté ; des rites de purification furent prescrits ; son père et lui durent « expier » ("expiatio") le crime, le premier en offrant des sacrifices, qui devinrent traditionnels dans la "gens Horatia", le second en passant sous le joug du Tigillum Sororium (le « poteau de la sœur »). Interprétations. Selon l'historien Georges Dumézil, le récit de la confrontation des Horaces et des Curiaces peut être comparé au récit du combat qui oppose Indra à Tvarstr dans la mythologie védique indienne. Ainsi, on pourrait faire une association entre Tullus Hostilus et Indra, représentant la fonction guerrière, l'un nommant trois champions, les Horaces, l'autre aidé de trois héros, les Aptya. Les deux terrassent ainsi un adversaire divisé en trois, à savoir la fratrie Curiace et le Tricéphale fils de Tvastr. En rapprochant ces deux mythes, on peut faire l'hypothèse d'une source indo-européenne commune, mettant en scène la fonction guerrière. Postérité. Ce combat a été représenté de diverses façons dans la culture :
Le Passage du Rhin Le Passage du Rhin est un film franco-germano-italien réalisé par André Cayatte, sorti en 1960. Synopsis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Roger Perrin, ouvrier pâtissier, reçoit son ordre de mobilisation. Gendre de son patron, il quitte d'un même pas sa boutique et son foyer, avec sa femme Alice et sa belle-mère acariâtre. Jean Durrieu, quant à lui, rejoint l'armée comme engagé volontaire. Il aurait pu profiter de sa situation de journaliste pour obtenir une affectation spéciale, mais l'idée que d'autres puissent se battre à sa place lui est insupportable. En , les deux hommes qui ont été faits prisonniers se rencontrent fortuitement et passent le Rhin avec d'autres prisonniers de guerre français. Ils se déclarent faussement agriculteurs et sont envoyés comme travailleurs agricoles dans un village de Forêt-Noire. Là, ils sont mis au service du bourgmestre, dans un climat un peu hostile. Mais ils se rendent compte qu'ils bénéficient de conditions beaucoup plus favorables que les autres prisonniers des environs. Jean prépare son évasion en rassemblant des vêtements civils et des vivres. Il profite d'un trajet en forêt pour mettre le camion en panne. Resté seul avec Helga, la fille du bourgmestre, il lui vole ses vêtements pour l'empêcher de le poursuivre et s'enfuit pour rejoindre la France. Une fois à Paris, il retrouve Florence, sa maîtresse. Elle fréquente son ancien patron qui dirige un journal devenu collaborationniste. Jean est arrêté par les Allemands mais il est libéré par l'intermédiaire de Florence qui pour cela couche avec un officier allemand de la Gestapo. Jean rejoint la France libre et participe à la libération de Paris. Il est élu directeur de son ancien journal. Il retrouve Florence qui a échappé à l'épuration. Mais il finit par connaître les graves compromissions de Florence. Il veut quitter son journal, mais c'est Florence qui part sans laisser d'adresse pour le laisser libre. En Allemagne, Helga a été emmenée dans un camp de redressement. Avec la guerre qui dure, le bourgmestre est mobilisé ainsi que son fils. Le bourgmestre se rend compte des qualités de Roger et lui confie sa famille et sa ferme. Les mois passant, tous les chevaux sont réquisitionnés. Les vieux et les enfants sont aussi mobilisés et partent au front. Roger devient un quasi bourgmestre. Helga revient seule car son établissement a été bombardé. Le bourgmestre est tué à la guerre. Sa veuve meurt de chagrin. Ce décès rapproche Roger de Helga. Quand l'armée française vient « libérer » Roger, il part à contrecœur abandonnant Helga qui se retrouve toute seule. Il retrouve sa morne vie de mitron où sa femme a remplacé sa belle-mère en adoptant son caractère désagréable. Finalement Roger s'arrache à cette vie conjugale décevante, et il refait « le passage du Rhin » pour retourner vivre avec Helga. C'est lui, l'humble pragmatique, qui a trouvé le bonheur, bien mieux que le flamboyant héros intransigeant. Tournage. Les scènes se déroulant dans les locaux du journal où travaille Jean ont été tournées Place Édouard-VII dans le de Paris.
Épisode des Horaces et des Curiaces
Jean Castaneda Jean Castaneda, né le à Saint-Étienne, est un footballeur puis entraîneur français. Il évolue au poste de gardien de but de la fin des années 1970 au début des années 1990. Biographie. C'est à l'AS Saint-Étienne que Jean Castaneda a commencé sa carrière professionnelle comme gardien de but. Formé par le célèbre Ivan Curkovic, il y a fait l'essentiel de sa carrière. Pendant les années fastes des "Verts" (1974-76), Castaneda est le numéro trois dans le but stéphanois derrière Curkovic et Esad Dugalic. Il est toutefois sur le banc lors de la célèbre finale de la Coupe des Champions 1976 contre le Bayern de Munich (0-1) à la faveur d'une blessure de Dugalic. Au début de la saison 1980-1981, Jean Castaneda est titularisé à la suite de la baisse de forme de Curkovic. Son ascension est météorique, aidée en partie par le manque de gardiens de classe internationale en France à l'époque... et par la pression des médias qui voient en lui le grand portier qui fait défaut aux "Bleus". Son style félin et ses origines espagnoles lui valent le surnom d"'El Gato" (le chat). Jean Castaneda débute en équipe nationale le face à l'Espagne en amical (0-1 sur penalty) puis fait concurrence à Dominique Baratelli et Dominique Dropsy dans le but français sans véritablement s'imposer, démontrant notamment de criantes faiblesses sur les balles aériennes (malgré son 1,91 m...) qui coûtent à la France deux buts et une défaite évitable (2-3) en Irlande, en éliminatoires de la Coupe du monde 1982. La qualification obtenue, Jean Castaneda fait partie des 22 sélectionnés pour le "Mundial" en Espagne, mais se voit préférer à la surprise générale un Jean-Luc Ettori qui s'avérera lui aussi peu inspiré. Jean Castaneda ne disputera qu'un seul match de la formidable aventure des "Bleus", celui pour la troisième place face à la Pologne... au cours duquel il commet deux lourdes erreurs qui valent aux Tricolores une nouvelle défaite évitable (2-3). Le célèbre attaquant anglais Stanley Matthews, commentant la rencontre pour une chaîne de télévision canadienne, aura ce mot impitoyable : « Jusqu'à présent, je me demandais pourquoi [le sélectionneur national] Michel Hidalgo faisait jouer Ettori. Après avoir vu jouer Castaneda, je connais la réponse à cette question. » Avec la montée en puissance de Jean-Pierre Tempet et surtout Joël Bats, sa carrière internationale s'achève sur une ultime sélection face à la Hongrie (1-0, amical) en . En club, il reste fidèle à ses couleurs, connaissant la descente des "Verts" en Division 2, puis la remontée, avant de partir à l'intersaison 1989 pour l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie, à l'époque la force dominante du football français. Il y effectuera une dernière saison comme doublure de Gaëtan Huard. À la suite d'une blessure de ce dernier il jouera tout de même les deux demi-finales de la Coupe d'Europe des clubs champions contre le Benfica Lisbonne. Lors du match retour à Lisbonne, les Marseillais sont éliminés sur un but resté tristement célèbre, puisque marqué de la main par Vata. <br>L'année suivante il prend en main l'entraînement des gardiens, puis la responsabilité du centre de formation, avant de devenir entraîneur adjoint. Il rejoint en 1997 le club d'Istres comme entraîneur puis directeur sportif jusqu'en décembre 2001. Ensuite, Castaneda entraîne le club qatari d'Al Rayyan d'août 2002 à décembre 2004. Depuis octobre 2005, il entraîne le club d'Endoume en CFA, la quatrième division nationale. Le , Castenada prend les commandes du Club sportif constantinois, club de algérienne.
Décret sur l'administration révolutionnaire française des pays conquis Le décret sur l'administration révolutionnaire française des pays conquis est voté le par la Convention nationale, dans l'euphorie des succès militaires remportés par la République française contre la Première Coalition. Un peu moins d'un mois après avoir promis, le , « fraternité et secours » aux peuples qui voudraient recouvrer la liberté, la Convention vote, à la demande Pierre-Joseph Cambon, ce texte qui constitue la charte de l'expansionnisme révolutionnaire. Contenu du décret. Abolition des privilèges, des droits féodaux, des dîmes et des anciens impôts remplacés par des taxes sur les riches ; séquestre des biens des princes, du clergé et des ennemis de la République, qui serviront de gage à l'assignat français dont le cours est imposé aux populations ; élections de nouvelles administrations par des assemblées primaires (ce qui introduit la souveraineté populaire) où ne sont admis que les citoyens ayant prêté serment à la liberté (ce qui vide le principe de son contenu) ; envoi massif de commissaires nationaux du Conseil exécutif, de députés de la Convention chargés de fraterniser avec le peuple et d'imposer le nouveau régime, le "gouvernement libre et populaire". Le tout est placé sous l'égide des principes de liberté et d'égalité que les peuples doivent accepter pour leur bonheur s'ils ne veulent pas être traités en ennemis de la République qui leur fera, en cas de refus, une guerre à outrance. Cette logique toute girondine de la croisade révolutionnaire, de l'exportation de la liberté par la force, a reçu l'aval de la Plaine (ou le Marais), de la Montagne (Révolution française), de Georges Jacques Danton lui-même, qui avait réclamé l'annexion de la Savoie un mois avant que celle-ci ne fût décrétée (28 octobre 1792-27 novembre 1792).
Maille élémentaire
Ipchains ipchains est un module logiciel qui fournit des fonctions de pare-feu pour Linux 2.1 et 2.2. Plus précisément ipchains est la commande Linux qui permet à un administrateur de configurer le module de filtrage IP intégré aux noyau Linux. À partir de la version 2.4 du noyau Linux, ipchains a été remplacé par le couple Netfilter/iptables.
Île inaccessible à marée haute
Affaire Christian Ranucci L’affaire Christian Ranucci est le procès médiatisé de Christian Ranucci (né le à Avignon et mort le à Marseille), lequel s'est conclu par la condamnation à mort et l'exécution de l'intéressé à la prison des Baumettes pour l'enlèvement et le meurtre, le , de Marie-Dolorès Rambla, âgée de huit ans. Il est le premier condamné à mort guillotiné sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing et l'antépénultième en France. Il est aussi le dernier condamné exécuté par l'exécuteur en chef André Obrecht. En 1978, l'écrivain et journaliste Gilles Perrault publie sur l'affaire "Le Pull-over rouge", ouvrage qui va donner lieu à une vive polémique sur la culpabilité du condamné. Plusieurs auteurs reprendront par la suite la thèse de l'innocence de Ranucci et de l'erreur judiciaire, tandis que d'autres chercheront au contraire à démontrer sa culpabilité en s'appuyant, notamment, sur les éléments matériels rassemblés contre lui. Concernant les avocats de l'intéressé, leurs positions divergeaient : alors que Paul Lombard soutenait la thèse de son innocence, André Fraticelli avait, pour sa part, souhaité plaider la culpabilité avec circonstances atténuantes, car plaider l'innocence lui semblait trop risqué (se trouvant en contradiction avec ses confrères, il n'avait donc pas plaidé) ; quant à Jean-François Le Forsonney, s'il s'est impliqué dans le mouvement en faveur de la révision du procès Ranucci, il n'a pas pour autant affirmé que son client était innocent. Un comité de soutien est fondé en 1979 afin d'obtenir la révision du procès Ranucci. Trois demandes ont été déposées dans ce sens, mais ont fait l'objet de rejets successifs en 1979, 1987 et 1991. Faits. Enlèvement de Marie-Dolorès Rambla. Le , entre (heure à laquelle María Rambla, la mère, voit ses enfants jouer) et (heure approximative à laquelle Pierre Rambla, ouvrier boulanger, rentre chez lui), Marie-Dolorès Rambla, huit ans, est enlevée devant chez elle à Marseille. Alors qu'elle joue avec son frère Jean-Baptiste, âgé de six ans et neuf mois, dans la cité Sainte-Agnès qu'ils habitent (quartier des Chartreux), une voiture grise, qui pourrait être une Simca, se gare devant l'un des garages jouxtant le lieu où les deux enfants s'amusent (), un homme en descend et les aborde. Après leur avoir expliqué qu'il a perdu son chien noir, il demande à Jean-Baptiste de partir à sa recherche et prie Marie-Dolorès de rester près de lui pour chercher également le chien de leur côté. Le petit garçon part en remontant la rue qui longe le bâtiment (actuelle rue des Linots). Revenu à son point de départ, il ne voit plus ni l'homme ni sa voiture, et surtout constate que sa sœur a disparu. Il la cherche sans succès. M. Rambla, après avoir lui-même cherché sa fille et interrogé quelques voisins, prévient la police et signe sa déposition à à l'hôtel de police (appelé communément ). Accident de Christian Ranucci. Le entre et , Vincent Martinez, accompagné de sa fiancée, roule sur la nationale 96 (aujourd'hui la D96) dans le sens Aix-en-Provence-Toulon au volant de sa Renault 16 blanche. Au carrefour du lieu-dit La Pomme, à vingt kilomètres de Marseille, sur la commune de Belcodène, son véhicule entre en collision avec un coupé Peugeot 304 gris métallisé, qui circulait sur la route nationale 8bis (aujourd'hui la D908) dans le sens Marseille-Pourcieux et n'avait pas respecté le stop (). Le coupé, percuté sur l'arrière du côté gauche par le véhicule de Vincent Martinez, fait un tête-à-queue et prend la fuite en direction de Marseille. Vincent Martinez ne peut le poursuivre, car son véhicule est endommagé, mais il demande au conducteur de la Renault 15 bleue qui le suivait, Alain Aubert, de le faire à sa place. Ce dernier accepte et revient quelques minutes plus tard avec le numéro d'immatriculation de la Peugeot 304, qu'il a repérée immobilisée à environ un kilomètre du lieu de l'accident, sur la commune de Peypin. Pour pouvoir repartir, Vincent Martinez, n'ayant pas réussi à redresser l'aile de son véhicule, a été contraint d'enlever l'aile endommagée de sa voiture. Il s'engage sur la nationale 8bis en direction de Marseille. Il ne voit pas le véhicule à l'origine de son accident et poursuit sa route jusqu'à la gendarmerie de Gréasque, où il dépose une plainte à . Le propriétaire du coupé 304, immatriculé 1369 SG 06, impliqué dans l'accident, sera plus tard identifié par la gendarmerie : il s'agit du dénommé Christian Ranucci, représentant de commerce de vingt ans domicilié à Nice. Champignonnière. Vers , dans la champignonnière du Vallon, distante de deux kilomètres du lieu de l'accident, un jeune homme, qui se révélera être Christian Ranucci, demande à un habitant du voisinage, Mohamed Rahou, de lui prêter assistance pour dégager sa voiture, un coupé Peugeot 304, qui s'est embourbée dans une galerie. M. Rahou et M. Henri Guazzone, le contremaître de la champignonnière, viennent en aide à l'intéressé, qui quitte les lieux vers 18 heures pour Nice. Le en fin de matinée, Henri Guazzone se rend à la gendarmerie de Greasque où il relate l'incident de la champignonnière. Découverte du corps. Dès le au soir, la nouvelle de l’enlèvement de la fillette est diffusée à la radio et le lendemain dans les journaux. Trois personnes ayant vu le coupé 304 Peugeot, la veille, du côté de Peypin, vont se manifester auprès des gendarmes. La chronologie des appels et des actions de la gendarmerie, est consignée dans deux procès-verbaux rédigés par le capitaine Gras de la brigade d'Aubagne, hiérarchiquement responsable de la zone territoriale concernée. La première personne qui appelle la gendarmerie de Gréasque, le , juste après , est M. Guazzone, Il raconte que la veille, avec son tracteur, il a sorti une voiture, un coupé Peugeot 304, qui s'était embourbée dans une galerie de sa propriété. À , c'est Alain Aubert qui aurait téléphoné à la gendarmerie de Roquevaire. Il raconte que le jeune homme qu'il a vu s'enfuir dans les fourrés portait dans les bras « un paquet assez volumineux ». N'étant pas territorialement compétente, la gendarmerie de Roquevaire aurait contacté celle de Gréasque, qui aurait dépêché une patrouille sur les lieux sans résultat. Le à , toujours selon le rapport de synthèse, M. Martinez prend à son tour contact avec la gendarmerie de Gréasque. Il précisera qu'ayant appris l'enlèvement de la petite Rambla à Marseille, il pensait qu'il pouvait y avoir un lien entre son accident et ce fait. Le vers , Vincent Martinez contacte l'hôtel de police de Marseille, évoquant son accident de voiture, et précise qu'il a chargé un automobiliste de prendre en chasse le chauffard et que celui-ci, selon l'autre automobiliste, s'était arrêté et enfui dans les bois avec un enfant. Puis c'est Alain Aubert qui téléphone à son tour au commissaire Gérard Alessandra et raconte qu'il a poursuivi le chauffard et que celui-ci s'est bien enfui dans les fourrés avec un enfant. Le chef de brigade prévient la hiérarchie en la personne du capitaine Maurice Gras à Aubagne. Une vaste battue est décidée. Afin d'avoir des informations précises sur l'endroit exact où le témoin a vu la Peugeot à l'arrêt, la gendarmerie de Gréasque fait prévenir A. Aubert par la gendarmerie de Toulon. Aubert entre en contact avec son mari qui rappelle la brigade de Gréasque à . Il évoque la poursuite de la Peugeot en fuite et aurait confirmé que l'individu qu'ils ont vu fuir à pied dans la colline, transportait un paquet assez volumineux. Une battue comprenant des militaires des brigades d'Aubagne et de Plan-de-Cuques, ainsi que des patrouilles motocyclistes du groupement départemental des Bouches-du-Rhône, se met en place à partir du croisement où a eu lieu l'accident et commence à . La brigade de Gréasque a fait appel à la brigade canine d'Arles pour pouvoir disposer d'un chien de recherche. À , dès son arrivée sur place, le chien est mis en piste à partir de la galerie de la champignonnière où la 304 a stationné. Peu avant l'arrivée du chien, les gendarmes ont découvert dans la galerie un pull-over rouge. À , les gendarmes trouvent, dans une pinède en bordure de la nationale 8bis, à environ 700 mètres du carrefour de La Pomme, le corps d'une fillette dissimulé sous des branches d'argeras. Le visage est tuméfié, et le crâne fracassé à coups de pierre. À , le capitaine Gras prévient le procureur de la République de Marseille. Il reçoit en même temps des instructions de la part de Ilda Di Marino, la juge d'instruction, qui prescrit de laisser les lieux en l'état, jusqu'à son arrivée avec le médecin légiste, les fonctionnaires de police et de l'identité judiciaire. À , le capitaine Gras demande au commandant de la gendarmerie de Nice de procéder à l'arrestation de Christian Ranucci. Dans le même temps, Henri Guazzone est entendu par un gendarme de la brigade de Gréasque, sur les circonstances dans lesquelles il a aidé Ranucci à désembourber sa voiture. A (d'après le journaliste François Missen du "Provençal"), le commissaire Gérard Alessandra est prévenu qu'un corps d'enfant a été découvert. Dans l'après-midi, un télégramme est diffusé par la Direction départementale des polices urbaines, faisant état du témoignage de M. Aubert qui a pris en chasse le conducteur du coupé Peugeot 304 et l'a vu s'enfuir dans les fourés . À , le commissaire Alessandra reçoit une commission rogatoire lui demandant de se rendre à Nice, pour prendre en charge Christian Ranucci, suspect n°1 dans l'enlèvement et le meurtre de la fillette. À , la brigade de gendarmerie de Nice-Ouest prévient la compagnie d'Aubagne de l'arrestation du suspect. À , la juge d'instruction et le procureur arrivent sur les lieux. À , conduit sur les lieux par des policiers, Pierre Rambla identifie le cadavre comme étant celui de sa fille. À , la brigade de gendarmerie de Nice-Ouest avise la compagnie d'Aubagne que Christian Ranucci a reconnu être l'auteur de l'accident de la circulation ainsi que du délit de fuite, et avoir été présent dans la champignonnière où son véhicule était embourbé. Le lendemain, au cours de l'autopsie, le docteur Vuillet, médecin légiste, constatera que la victime a reçu des coups de pierre (quatre enfoncements de la voute crânienne selon son rapport) ainsi que quinze coups de couteau au niveau de la gorge et trois sur le dos de la main. Lieux de l'affaire. Les événements se sont déroulés sur le territoire de deux petites communes limitrophes des Bouches-du-Rhône : Belcodène, lieu de l'accident, et Peypin, lieu de la découverte du corps. La commune de Gréasque, où Martinez a fait sa déclaration d'accident auprès de la gendarmerie, se trouve au nord-ouest, à moins de cinq kilomètres, et Marseille au sud-ouest, à une vingtaine de kilomètres. Arrestation et aveux de Christian Ranucci. Le à , pendant les recherches menées par les gendarmes, le propriétaire du coupé Peugeot 304 est identifié par la gendarmerie comme étant Christian Ranucci, représentant de commerce domicilié avenue des Terrasses de la Corniche Fleurie, à Nice. Il est arrêté alors qu'il rentrait du travail par deux gendarmes de la brigade de Nice-Ouest. Il n'est entendu que pour l'accident et le délit de fuite et sera mis en garde à vue à compter de l'heure où il a été arrêté, soit . Il lui est signifié que l'affaire fait l'objet d'une commission rogatoire établie par un juge d'instruction de Marseille. De ce fait, il sera conduit à Gioffredo, l'hôtel de police de Nice. C'est là que les policiers marseillais viendront le chercher vers . Avant de repartir pour Marseille, à les policiers passeront par le garage de Ranucci pour y saisir le coupé 304. À cette occasion, des pièces à conviction seront saisies dans sa voiture, notamment un pantalon taché de sang qu’il reconnaîtra plus tard avoir porté le jour du crime, un couteau de marque Opinel, quatre lanières de cuir et deux cheveux, dont un clair et bouclé « ne présentant pas de caractères de dissemblance avec ceux de la victime ». Dès l'arrivée à l'Évêché à , Ranucci sera entendu par le commissaire Alessandra. Là, Ranucci apprendra que des témoins l'ont vu après son accident prendre la fuite dans la colline en compagnie d'un enfant. Ranucci reconnaît uniquement l'accident et le délit de fuite : il explique avoir pris peur lors de l'accident. Avec l'infraction au Code de la route, il risquait la suppression du permis de conduire, indispensable pour son métier de VRP. L'interrogatoire se termine à le . Lorsque, à , il est confronté au frère de Marie-Dolorès et à Eugène Spinelli, garagiste et témoin présumé de l'enlèvement, ceux-ci ne le reconnaissent pas. Le vers , Ranucci est confronté aux époux Aubert. Il craque et reconnaît les faits. Puis au cours de sa déposition de à , où il raconte en détail le déroulement des faits, il dessine aux policiers un plan des lieux de l’enlèvement. Au cours de ses aveux, Ranucci dira s'être servi d'un couteau automatique pour tuer la fillette, et s'en être ensuite débarrassé à la champignonnière. À , les gendarmes d'Aubagne se rendent à la champignonnière sur les instructions du commissaire Alessandra. Un couteau automatique de marque Virginia Inox, ensanglanté d'un sang de même groupe que celui de la victime, sera retrouvé à , à proximité de la galerie et sur les indications données par le commissaire aux gendarmes. À , Ranucci est examiné par le docteur Vuillet dans le cadre de la fin de la garde à vue. Celui-ci relève sur sa personne une ecchymose à un œil, une plaie chronique cicatrisée, ainsi que des égratignures provoquées aux mains et aux avant-bras par une végétation épineuse. Il ne remarque pas de traces de coups ou de sévices reçus au cours de la garde à vue. Ranucci est ensuite déféré devant la juge d'instruction Ilda Di Marino, à qui il réitère les aveux faits devant les policiers. Il est alors inculpé pour enlèvement de mineur de moins de quinze ans suivi de mort et homicide volontaire. Il réitère également ses aveux devant les psychiatres qui l'examinent le lendemain. Processus judiciaire. Instruction. Reconstitution. Le lundi , la juge d'instruction organise une reconstitution, sur les différents lieux de l'affaire. Souhaitant poser des questions à Ranucci durant le transport, la juge, sa greffière, l'inculpé et ses conseils, ainsi que le conseil de la partie civile, montèrent tous dans le même fourgon de police. Par souci de sécurité, à la cité Sainte-Agnès, la juge d’instruction ne laissera pas Ranucci descendre du fourgon. La reconstitution de l’enlèvementne sera donc pas faite. La juge fera noter par sa greffière que le lieu de l'enlèvement est matérialisé par un platane, et que Ranucci a confirmé qu'il avait enlevé l'enfant près de ce platane. Ranucci indiquera aussi la direction qu'il a prise pour sortir de la cité, qui est bien celle qui amène au carrefour de la Pomme. La reconstitution se poursuit au dit carrefour. En chemin il est demandé à Ranucci de désigner l'endroit où il a fait une pause cigarette. Il n'est pas en mesure de reconnaître cet endroit. Au croisement de la Pomme, la juge a fait amener les véhicules de Martinez et de Ranucci pour reconstituer l'accident. La juge validera la version de Martinez, qui est que Ranucci arrivait à grande vitesse. Elle réfutera celle de Ranucci qui disait avoir marqué le stop, mais être reparti en deuxième vitesse. La reconstitution se poursuivra sur le lieu du crime. La 304 de Ranucci est amenée à l'aplomb de cet endroit. Ranucci conteste que ce soit l'endroit, mais la juge validera la version des Aubert. Il sera ensuite conduit exactement sur le lieu du meurtre, où il sera victime d'une crise de nerfs, et refusera de refaire les gestes meurtriers. Enfin, dans la champignonnière, la juge s'attache à réfuter la version de Ranucci. La reconstitution montre que la voiture ne peut avoir glissé accidentellement dans la galerie, qui est assez sinueuse, comme le prétend Ranucci, mais qu'elle a été volontairement engagée assez avant dans la galerie, ce qui suggère une volonté de l'y cacher. Concernant l'emplacement du couteau, la juge fera noter que Ranucci a reconnu l'endroit. Le dossier photos adjoint au PV de reconstitution contient une photo (photo 15) de l'endroit où le couteau a été trouvé par les gendarmes, mais pas de photos de Ranucci désignant l'endroit. Dans le réquisitoire définitif signé par le juge Michel (cote D154), la reconstitution n'est évoquée que pour dire que Ranucci n'a pas reconnu l'endroit où il a fait la pause cigarette. Implication supposée de Christian Ranucci dans des faits concernant des enfants à Nice. À la suite d'un appel à témoins paru dans "Nice-Matin" le , cinq personnes se manifestent pour relater deux événements — une tentative d'enlèvement et un enlèvement d'enfant survenus à Nice quelques mois avant l'enlèvement et le meurtre de Marie-Dolorès — qui impliqueraient Christian Ranucci. Marthe Spinek et sa fille Sandra, dix ans, affirment avoir reconnu sur les photos parues après son arrestation, ainsi que sur la photo de l'appel à témoins, Christian Ranucci comme étant l'homme qui, à la fin de 1973, avait suivi Sandra qui rentrait chez elle avec une amie. La mère se serait interposée alors que l'homme poursuivait la petite fille jusque dans la cage d'escalier de son immeuble. Lors de la confrontation devant le juge d'instruction, elles ne reconnaissent pas formellement Christian Ranucci, l'agresseur ayant dans leur souvenir des cheveux plus courts et des lunettes à monture plus épaisse. L'inculpé admet qu'il portait des lunettes ayant une monture plus épaisse et des cheveux plus courts à l'époque, qui correspondait à la sortie de son service militaire. L'enlèvement de Patrice Pappalardo, quatre ans et demi, le , a fait l'objet au moment des faits, d'une plainte enregistrée. L'enfant avait été entraîné dans un parking pendant deux heures par un inconnu, puis relâché sans qu'il lui ait été fait de mal. Le lendemain, le ravisseur, revenu rôder sur les lieux, avait été désigné par le petit garçon à son père et à son frère, qui l'avaient alors interpellé puis pris en chasse sans succès. C'est cette personne que le père et le frère de Patrice reconnaîtront sur les photos parues à la suite de son arrestation, puis lors d'une confrontation, comme étant Christian Ranucci. Vers le procès : transfert du dossier à la cour d'assises. Le , Christian Ranucci est convoqué pour la dernière fois dans le cabinet de la juge, en vue de l'interrogatoire récapitulatif. Il est seul, aucun de ses avocats n'est présent. À cause de cela, il refuse dans un premier temps de faire la moindre déclaration, et demande à la juge d'appeler un de ses avocats. Elle refuse. Elle lui explique l'importance de ce dernier entretien et il va participer. Il se rétracte officiellement, affirmant ne pas se souvenir d'avoir enlevé ni tué Marie-Dolorès Rambla. Pour autant, il reconnaît toujours avoir dessiné un croquis de la cité Sainte-Agnès où l'enfant a été enlevé, et avoir indiqué aux enquêteurs l'endroit où était le couteau à cran d'arrêt taché de sang, qu'il reconnaît toujours lui appartenir. Cependant, pour le plan, le fait que dans le PV d'audition, figure la cote du plan, montre que la juge a du ressortir le plan du dossier. Ce qui relativise la reconnaissance par Ranucci. Pour le couteau, Ranucci n'était pas présent lorsque les gendarmes l'ont cherché et trouvé. Il faut croire que cette audition a perturbé Ranucci puisque dès le lendemain il enverra un courrier à la juge dans lequel il demande à être réentendu. Ce que ne fera pas la juge. Au terme de l'instruction, la juge aura entendu les témoins de l'accident (lors d'une confrontation avec l'inculpé et durant la reconstitution) mais, en revanche, n'aura pas auditionné le frère de la victime ni le garagiste Eugène Spinelli. Le , Pierre Michel est désigné pour clôturer l'instruction, Ilda Di Marino étant devenue juge au siège. À propos du dossier d'instruction de l'affaire, Michel aurait confié quelque temps plus tard au procureur-adjoint Étienne Ceccaldi : . Le , le réquisitoire définitif est rédigé par le substitut du procureur de la République de Marseille, Brugère, puis le dossier est transmis par le juge Michel au procureur général près la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Le dossier est ensuite confié pour examen à la chambre d'accusation. Si celle-ci prononce le renvoi de C. Ranucci devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence le , plusieurs demandes d'expertises complémentaires formulées par la défense (pour une encéphalographie gazeuse, une scanographie et une tachographie axiale) retarderont le procès de quelques mois. À la suite du rejet d'une ultime demande de contre-expertise déposée par ses avocats, la chambre criminelle de la Cour de cassation rejette, le , le pourvoi formé par la défense de Ranucci contre l'arrêt de renvoi. Le dossier est donc transmis au bureau du président de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, et le procès fixé aux 9 et . Une semaine avant le procès, son avocat donne chez lui un dîner à des journalistes. Selon plusieurs témoignages, dont celui de Roger Arduin, il aurait demandé aux journalistes quelle stratégie de défense il devait adopter. Il plaidera l’innocence lors du procès. Son troisième avocat, le bâtonnier André Fraticelli, considérait pour sa part qu’il valait mieux plaider les circonstances atténuantes, l’acquittement lui semblant être une issue impossible. En désaccord avec ses confrères, il choisit de ne pas plaider mais prend place néanmoins sur le banc de la défense. Procès et pourvoi en cassation. Le s'ouvre le procès de Christian Ranucci devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence, dans un climat très passionnel exacerbé par l'arrestation, le , de Patrick Henry pour une autre affaire de rapt et de meurtre d'enfant. Des cris réclamant la peine de mort pour Christian Ranucci s'échappent de la foule présente devant le tribunal. L'accusé nie en bloc les faits reprochés et accuse le commissaire Gérard Alessandra, qui a mené l'enquête et interrogé Ranucci au début de sa garde à vue, de sévices et de tortures. Le , à l'issue des débats où Ranucci s'est empêtré dans des maladresses et des contradictions, semblant même montrer une forme d'arrogance, il est déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés. Les circonstances atténuantes étant rejetées, il est condamné à la peine capitale. M. Martinez a raconté à Gérard Bouladou que le premier jour du procès, à Aix en Provence, Ils se sont retrouvés, avec les Aubert pour boire un café. Il a dit aussi que pour aller du café au tribunal ils avaient été escortés par les forces de l'ordre. Plusieurs photos montrent les Aubert, Martinez et le commissaire Alessandra, en discussion juste vers l'entrée du tribunal. Sur ces photos, nous ne voyons pas de forces de l'ordre autour d'eux. Le , les avocats de Christian Ranucci forment un pourvoi en cassation. Le recours invoque quatre moyens, tous rejetés par la Cour. Parmi les éléments contestés par les avocats (motivation jugée insuffisante d'un rejet par le juge d'une demande d'expertise complémentaire, inscription en faux concernant une mention du procès-verbal des débats stipulant que les pièces nouvelles ont été communiquées à l'avance à la défense, ambiguïté quant à l'origine de la condamnation aux frais envers l'État) figure la production par le ministère public, lors de sa réplique, de nouvelles pièces non communiquées au préalable à la défense et sans autorisation du président de les produire. La Cour de cassation estime ce moyen non fondé, car le procès-verbal des débats atteste que les pièces ont été communiquées aux avocats de l'accusé, que ceux-ci ont eu la parole pour une défense complémentaire et que l'accusé a pu s'exprimer en dernier. Enfin la Cour souligne que le ministère public dispose de la libre parole pendant les audiences et qu'il est indépendant dans l'exercice de ses fonctions. Le , la Cour de cassation rejette le pourvoi. Exécution. Le , le président Valéry Giscard d'Estaing, s'exprimant sur la peine de mort, fait part de son souhait que . Il évoque en outre deux cas de à ses yeux, parmi lesquels les . Le journal "Libération" publie dans son édition du une « lettre ouverte au président de la République » invitant celui-ci à accorder sa grâce au condamné. Le , Giscard d'Estaing rejette la demande de grâce. L'affaire de la disparition et du meurtre du petit Vincent Gallardo, six ans, au Pradet (à à l'est de Toulon), juste après l'entretien entre le président et Paul Lombard concernant la demande de grâce, aurait influencé la décision, selon les tenants de l'innocence de Ranucci. Le , alors qu'il était interrogé par des journalistes, le maire du Pradet Vincent Cravero avait affirmé avoir envoyé un télégramme au président de la République exigeant la peine de mort pour les meurtres d'enfants. Le président décide de (voir document ci-contre). À l'annonce de l'exécution, plusieurs articles de presse se mettent à déplorer cette décision. Quelques journalistes, notamment Yves Mourousi, déclarent à l'époque que l'exécution de Ranucci aurait relancé le débat sur la peine capitale. Giscard d'Estaing, dans l'émission "Un jour, un destin", du qui lui était consacrée, a affirmé sa décision de ne pas accorder la grâce à Christian Ranucci. L'ancien président de la République indique ainsi qu' et ajoute : . Lors d'un entretien rétrospectif sur sa présidence accordé en au "Point", il maintient qu'il n'avait pas de doute sur la culpabilité de Ranucci. Dans sa réponse à une question sur la peine de mort, il évoque l'affaire en ces termes : . D'autres éléments d'explication du refus de la grâce par le président de la République figurent dans ses mémoires, au tome 1 de "Le Pouvoir et la vie". Il évoque notamment une lettre qu'il a reçue de la mère de Marie-Dolorès lui demandant de refuser la grâce, sans quoi elle . À la fin du même chapitre, consacré à la peine de mort durant son mandat, il a cette formule : . Le , tout juste une semaine après l'entretien entre Paul Lombard et le président, Christian Ranucci, alors incarcéré à la prison des Baumettes, est réveillé par les gardiens, qui ont préalablement posé des tapis devant sa porte de cellule afin de ne pas le surprendre en plein sommeil. Il est agité, se débat, proteste de son innocence et déclare, selon son avocat, Jean-François Le Forsonney : . Il refuse de boire le verre d'alcool et de s'entretenir avec le prêtre par un laconique Il accepte une dernière cigarette, tandis que ses trois avocats, , lui lisent une lettre de sa mère, Héloïse Mathon. Ranucci est conduit à l'échafaud et guillotiné à , devant les trois avocats accompagnés d'une jeune stagiaire, , en présence du procureur de la République adjoint, du docteur Tosti, du contrôleur général et du juge d'instruction Pierre Michel. Plusieurs sources divergent sur les derniers mots de Christian Ranucci. Si l'on en croit les mémoires posthumes de l'exécuteur André Obrecht, publiés par son neveu Jean Ker, le condamné aurait gardé le silence jusqu'au bout. Toutefois André Obrecht ne pouvait être présent lorsque Ranucci a parlé pour la dernière fois à ses avocats, car il n'était pas dans la même pièce qu'eux et trop éloigné pour entendre ce qui pouvait se dire. Néanmoins Marcel Chevalier, successeur présomptif d'Obrecht, confirme la formule attribuée par Jean Ker : Toutefois, pour les avocats , témoins directs des dernières heures de leur client, les derniers mots prononcés par Ranucci auraient été : . Cette demande apparaît officiellement pour la première fois dans l'ouvrage de Paul Lombard "Mon intime conviction", paru en 1977, au sein d'un chapitre consacré à la peine capitale, mais l'avocat ne la mentionne pas dans l'ensemble des récits qu'il a faits de l’exécution. De son côté, un gardien de prison qui a assisté à l'exécution ne mentionne pas, dans son témoignage, de demande de réhabilitation de la part de Ranucci et, dans le procès-verbal d'exécution, on peut lire : . Enfin le troisième avocat de Ranucci, , affirme lui aussi que son client n'a jamais prononcé ces mots. La dépouille de Ranucci est transportée au carré des suppliciés du cimetière Saint-Pierre. Il sera par la suite inhumé, à la demande de sa mère et de son avocat , dans le caveau familial du cimetière Saint-Véran, à Avignon. Demandes de révision. À la suite de la polémique créée par la parution du livre "Le Pull-over rouge", trois demandes de révision ont été déposées (en 1978, en 1981 et en 1990). Elles ont toutes été rejetées. Une première requête en révision est déposée le par Jean-Denis Bredin et Jean-François Le Forsonney, à l'instigation d'Héloïse Mathon, la mère de Ranucci, au moment de la rédaction et de la publication du "Pull-over rouge". Elle est adressée au garde des Sceaux de l'époque, Alain Peyrefitte. Après trois mois d'investigations et d'auditions, la Commission de révision des procès criminels et correctionnels rend un avis négatif le 15 décembre 1978. La requête est rejetée par une lettre du ministre de la Justice adressée aux avocats de Mathon, le . Lors d'une conférence de presse tenue le , alors qu'il présente son projet de loi « Sécurité et liberté » (lequel aboutira en février 1981), Alain Peyrefitte estime que Christian Ranucci est bien coupable et qu'il n'existe aucun élément nouveau permettant de douter et de saisir la chambre criminelle de la Cour de cassation ; par la même occasion, il critique sévèrement le livre de Gilles Perrault. Par la suite, le "Comité national pour la révision du procès Ranucci" est fondé (en ) et rejoint par de nombreuses personnalités. Quelques mois plus tard, le ministre critique le film de Michel Drach, expliquant avoir chargé des magistrats de visionner le film. Une deuxième requête en révision est déposée à la Chancellerie le . Sous l'impulsion du ministre de la Justice, Robert Badinter (qui a fait état de doutes sur l'affaire dans son discours du , où il défendait son projet de loi d'abolition de la peine de mort), la Chancellerie charge le commissaire divisionnaire Joseph Le Bruchec de mener une enquête afin de recueillir d'éventuels éléments nouveaux. Celui-ci découvre l'agenda de Christian Ranucci, qui révèle qu'il aurait séjourné à Marseille la veille du drame (et non à Salernes, comme il l'avait affirmé dans ses aveux), ce qui serait corroboré par le témoignage tardif d'un habitant de Marseille, Daniel Moussy, lequel déclare avoir été témoin, la veille du crime, d'un accident de la circulation survenu dans le quartier Saint-Marcel (de Marseille), et impliquant Christian Ranucci. Cet événement, s'il était avéré, remettrait en cause sur un point mineur les aveux passés par Christian Ranucci, sans toutefois apporter d'éléments nouveaux en faveur de son innocence ou de sa culpabilité. Par ailleurs, une expertise en écriture, effectuée sur le PV énumérant les pièces à conviction trouvées dans le véhicule de Ranucci, permet de constater que la ligne concernant la saisie du pantalon est légèrement penchée et aurait donc été ajoutée après impression, ce qui constituerait alors, selon les avocats d'Héloïse Mathon, une dans la procédure. Mais les experts désignés par la suite affirment qu'il est impossible de déterminer le temps écoulé entre la frappe du procès-verbal et celle de la ligne concernant le pantalon, et d'autre part le commissaire Alessandra, réinterrogé à ce sujet, confirme que le pantalon a été saisi le soir du 5 juin 1974. De même, durant la procédure, Ranucci a toujours dit que le pantalon – qu'il portait le jour des faits – avait été trouvé dans son véhicule. Plus tard, à l'occasion de l'émission "Histoire d'un jour" diffusée en juin 1985, les avocats cherchent à savoir si le pull-over rouge a été flairé par le chien policier de la gendarmerie d'Arles. Le capitaine Gras est alors auditionné et prétend dans un premier temps que le chien a flairé les sièges de la voiture de Ranucci, ce qui est impossible, le véhicule ne s'y trouvant plus au moment des recherches. Par la suite, le capitaine Gras déclarera que, selon lui, le chien est parti des traces de pneus laissées par le véhicule de Ranucci. Les avocats demanderont également à ce que soit entendu le maître de chien, mais celui-ci décèdera avant d'avoir pu être interrogé. Finalement, le , le garde des Sceaux Albin Chalandon conclut, après avoir reçu l'avis de la Commission de révision des procès criminels et correctionnels, à l'absence de faits nouveaux de nature à établir l'innocence de Christian Ranucci et rejette la requête par une lettre adressée aux avocats d'Héloïse Mathon. La troisième requête est déposée le par Héloïse Mathon et le Comité national pour la révision du procès Ranucci, présidé par Georges Muratet. Elle intervient après l'entrée en vigueur de la loi du sur la révision des condamnations pénales, qui prévoit de faciliter les demandes de révision. En janvier 1991, Mathon est entendue par la conseillère rapporteure Martine Ract-Madoux, puis le 14 octobre c'est au tour de la partie civile d'être auditionnée, en les personnes de Pierre et de Jean-Baptiste Rambla. Le , la Commission de révision des condamnations pénales tient audience et entend notamment l'avocat général Rabut et la conseillère rapporteure Martine Ract-Madoux, puis les avocats d'Héloïse Mathon sur les zones d'ombre et les éléments nouveaux que ceux-ci disent avoir relevés, puis met la requête en délibéré pour le suivant. Ce jour-là, la requête en révision est rejetée, la commission estimant qu'aucun élément n'est de nature à faire naître le doute sur la culpabilité du condamné. En 2002 est fondée l'association "Affaire Ranucci : pourquoi réviser ?" autour de Georges Muratet, alors président du Comité pour la révision du procès, et de l'avocat Antonin Lévy, fils du philosophe Bernard-Henri Lévy. Cette association tente de sensibiliser le public, notamment via Internet, sur la nécessité, selon elle, de réviser le procès Ranucci. Cependant, aucune autre requête n'a pu être déposée du vivant de l'unique et dernier ayant droit connu du condamné, sa mère Héloïse Mathon ( – ), son père, Jean Ranucci ( – ), qui avait par ailleurs divorcé d'Héloïse Mathon, étant lui décédé en 1988. Seuls désormais le ministre de la Justice, le procureur général de la Cour de cassation ou encore le procureur général d'une cour d'appel peuvent demander la révision du procès, depuis l'entrée en vigueur de la loi du sur la réforme des procédures de révision et de réexamen d'une condamnation pénale définitive. Naissance d'une polémique. Polémiques. Deux ans après l'exécution de Ranucci paraît "Le Pull-over rouge" de l'écrivain Gilles Perrault (1931-), dont il a été déjà question, ce qui crée une polémique sur la culpabilité du condamné. Un film, "Le Pull-over rouge", réalisé par Michel Drach (1930-1990) et sorti au cinéma en 1979, sera tiré du livre. À la suite de la parution du "Pull-over rouge", le philosophe Michel Foucault (1926-1984) publie le dans "Le Nouvel Observateur" un article consacré à ce livre et émet des critiques concernant l'enquête et l'instruction. Il emploie notamment une expression qui sera reprise par la suite, la . À la même époque, des journalistes contestent la thèse de Perrault, comme José d'Arigo, journaliste du "Méridional". De son côté, Christian Chardon (1943-), qui a couvert l'affaire pour "Détective", publie dans les colonnes de "Minute" un article intitulé « Non ! L'affaire Ranucci n'est pas une erreur judiciaire », où il insiste notamment sur les aveux réitérés de Ranucci et les indications qu'il a fournies concernant l'endroit où était cachée l'arme du crime, tandis que Jean Laborde (1918-2007) publie dans "Paris Match" en un article intitulé « Ranucci innocent ? Eh bien non ! ». La portée de la controverse est telle que, lors des débats à l'Assemblée nationale sur la question de l'abolition de la peine de mort, Robert Badinter déclare dans la séance du : . Si plusieurs livres reprenant la thèse de l'innocence paraissent dans les années 1990, Mathieu Fratacci (1937-1993), présent lors de la garde à vue de Ranucci, publie en 1993 "Qui a tué Christian Ranucci ?", ouvrage cherchant à réaffirmer, au contraire, sa culpabilité. Gérard Bouladou (1951-2019), commandant de police judiciaire retraité, publie en 2005 une première contre-enquête, "L'Affaire du pull-over rouge : Ranucci coupable ! : un pull-over rouge cousu… de fil blanc", visant à réfuter les arguments de Perrault. En 2006, dans un second livre, intitulé "Autopsie d'une imposture : l'affaire Ranucci : toute la vérité sur le pull-over rouge", il entend à la fois fournir l'ensemble des éléments du dossier et démontrer que l'affaire, telle du moins qu'elle est présentée dans "Le Pull-over rouge", relève de la manipulation. De son côté, Yann Le Meur (1966-), président du Comité national pour la révision du procès Ranucci, fait paraître en 2013 "Le Sang et l'Encre : et si Christian Ranucci était innocent ?", en vue de relancer l'affaire et d'obtenir la révision du procès. Allant plus loin que Perrault dans ses premiers écrits, Le Meur plaide l'innocence de Christian Ranucci, dont l'interpellation serait consécutive, selon lui, à un mensonge des époux Aubert quant à ce qu'ils ont vu le jour du crime. Tout en critiquant vivement certains des protagonistes, il énonce la théorie selon laquelle un homme au pull-over rouge (celui qui a été retrouvé dans la champignonnière) serait le véritable meurtrier. Jean-Louis Vincent (1952-), commissaire divisionnaire à la retraite, publie en 2018 "Affaire Ranucci : du doute à la vérité", où il revient sur l'enquête et l'instruction de l'époque, analyse les pièces du dossier et évoque la médiatisation de l'affaire, ainsi que les demandes de révision, avant de conclure à la culpabilité de Ranucci. Régulièrement, des émissions consacrées aux faits divers réévoquent pourtant le sujet. Lien démenti avec l'affaire Fourniret. Selon le quotidien belge "Le Soir" du , Michel Fourniret aurait admis auprès des enquêteurs belges avoir passé des vacances dans la région de Berre, près de Marseille en 1974. Les enquêteurs font le lien avec l'affaire Ranucci et transmettent cette information à leurs homologues français. L'auteur ajoute dans ce même article que M. Fourniret, qui était déjà connu à l'époque comme agresseur d'enfants, était, comme Christian Ranucci, propriétaire d'une Peugeot 304 (bien que la thèse de l'innocence repose notamment sur l'hypothèse que l'enlèvement ait été commis à l'aide d'une Simca 1100 grise). L'information a toutefois été démentie le même jour par le procureur français de Charleville-Mézières, Francis Nachbar, chargé du dossier Fourniret : « En l'état actuel des investigations multiples menées en France sur les faits criminels commis par Michel Fourniret et de notre connaissance des enquêtes effectuées par les autorités judiciaires belges, aucun élément sérieux, le plus ténu soit-il, ne permet d'accréditer de telles informations ou rumeurs ». D'autre part, selon le "Nouvel Observateur", citant le quotidien régional "La Provence", Michel Fourniret aurait assisté au procès de Christian Ranucci, en . "La Provence" affirmait détenir des photographies d'archives de l'ouverture du procès à Aix-en-Provence sur lesquelles il était possible de reconnaître Michel Fourniret. L'identité judiciaire, après étude anthropométrique des photos, a conclu qu'il ne pouvait pas s'agir de lui. Principaux points de débat. Arguments mettant en cause Christian Ranucci. L'un des arguments le plus mis en avant par les partisans de l'innocence de Ranucci est le témoignage du garagiste Eugène Spinelli, qui relate le 4 juin au cours de l'enquête de proximité, puis le 5 dans une déposition signée, avoir assisté, non loin et dans un horaire proche de celui de l'enlèvement, à une scène au cours de laquelle un homme et une fillette montaient à bord d'une voiture Simca 1100. Si la similitude extérieure entre une Simca 1100 première version (1968-1972) et la Peugeot 304 coupé relativise le témoignage du garagiste, il existe cependant entre les deux véhicules des différences que Spinelli était incapable d'ignorer et, même si la Simca 1100 se trouvait être la voiture la plus vendue de l'année, alors que la Peugeot 304 coupé était moins répandue, pour un homme du métier comme lui, il s'agissait bien d'une Simca 1100. Quant au message radio diffusé par la police, il évoquait simplement une voiture qui « pouvait être une Simca ». Le signalement que le garagiste donne de l'homme paraît correspondre à Ranucci (« Il pouvait mesurer environ, il était de corpulence moyenne et avait des cheveux châtain clair. Il était vêtu d'une veste claire et d'un pantalon foncé (tout au moins plus foncé que la veste) »). Outre le pantalon bleu marine que Ranucci reconnaît avoir porté le jour du crime, Héloïse Mathon, la mère de Christian Ranucci, témoigne dans l'ouvrage "Plus jamais d'échafaud" de Maurice Périsset, que son fils était parti lors du week-end de la Pentecôte 1974 avec une veste en daim. C'est la voiture de Ranucci (identifiée par sa plaque minéralogique) qui a été impliquée dans l'accident avec M. Martinez, qui a été prise en chasse par le couple Aubert, et qui s'est arrêtée à proximité de l'endroit où l'on découvrira le corps de la victime. Ranucci reconnaît de manière constante avoir eu cet accident, y compris lors de son procès. C'est la même voiture qu'Henri Guazzone et Mohammed Rahou découvrent embourbée dans une champignonnière, environ quatre heures après l'accident ; c'est Ranucci lui-même qui leur demande de l'aide pour désembourber sa voiture. Par ailleurs M. Aubert aurait précisé aux gendarmes qu'il n'avait remarqué aucune présence humaine dans le coupé 304, après la fuite d'un jeune homme dans les fourrés. Un télégramme officiel (daté du ) semble montrer que les époux Aubert n'ont pas varié dans leurs déclarations et ont toujours parlé d'un enfant. Le fait que Vincent Martinez et les époux Aubert aient spontanément fait le lien entre l'accident et l'enlèvement et que leurs appels aient entraîné la découverte et l'identification du corps de Marie-Dolorès, donne une grande crédibilité à leur témoignage. D'autre part, Ranucci est passé aux aveux après que Aubert l'a pris à partie, au cours d'une confrontation à l'Évêché. Christian Ranucci présente des griffures sur les avant-bras, or le corps de la victime a été découvert enfoui dans des argeras (arbustes très piquants de la catégorie des ajoncs). Mais il a également transporté des branchages pour les placer sous les roues de son véhicule embourbé. Néanmoins d'après M. Guazzone, contremaître de la champignonnière ayant témoigné sur ce point au procès, les blessures de Ranucci ne pouvaient avoir été causées que par les argeras ; lui-même avait auparavant nettoyé la galerie de la champignonnière, qui contenait peu de ronces au moment des faits. Le pantalon du jeune homme présente des taches de sang. Interrogé, Ranucci déclare en garde à vue qu'il ignore l'origine de ces taches, puis affirme au procès avoir saigné au cours de son accident de voiture. Or le médecin qui l'examine à l'issue de sa garde à vue ne trouve sur son corps aucune plaie ou blessure fraîche, et un rapport indique, à propos du pantalon, qu'il comporte des taches d'apposition (c'est-à-dire provenant de l'extérieur). Le pantalon taché de sang saisi dans la voiture de Ranucci est bleu marine ; or le garagiste Spinelli déclare que l'homme portait un pantalon de couleur foncée. D'autre part Christian Ranucci déclare le : « Le pantalon de couleur bleue qui se trouvait dans ma voiture est bien celui que je portais au moment de l'accident ». Lors de son interrogatoire de première comparution, il dit au juge d'instruction : « Sans pouvoir être formel, je pense donc que si une tache de sang a été découverte sur le pantalon trouvé dans ma voiture par les policiers, je pense qu'il s'agit de sang provenant de la fillette ; avant que l'enfant ne soit égorgée, mon pantalon était propre, il n'avait aucune tache ». Un cheveu clair et bouclé semblable à ceux de la victime a été découvert dans l'habitacle de la voiture de Ranucci. Des lanières de cuir d'un mètre de long, tressées et assemblées en une sorte de fouet, ont été saisies dans la voiture du suspect. Interrogé par le juge d'instruction, Ranucci dément tout caractère sexuel concernant cet objet, et prétend avoir fabriqué un scoubidou. Il n'a aucun alibi pour la période entre l'heure supposée de l'enlèvement et l'heure de son accident (qu'il a toujours reconnu), mais a varié dans ses déclarations. Dans le procès verbal de son audition à la gendarmerie de Nice, alors qu'il n'est officiellement interrogé que pour l'accident avec délit de fuite, puis dans le premier procès verbal d'audition à l’Évêché (police de Marseille), Ranucci reconnaît l'accident, dit venir d'Aix-en-Provence alors qu'il arrivait de Marseille, avoir pris la fuite et roulé jusqu'à la champignonnière où il s'est arrêté pour réparer sa voiture dont le pneu frottait sur la carrosserie. À partir de sa rétractation et dans son « Récapitulatif » (document écrit en prison quelques semaines avant son exécution), Ranucci évoque un évanouissement, un « trou noir » au moment du meurtre, dans sa voiture. Ses déclarations sont pourtant contredites sur ce point par Alain Aubert, lequel aurait confirmé à la gendarmerie, selon un rapport de synthèse, n'avoir remarqué aucune présence humaine à l'intérieur du véhicule stoppé au bord de la nationale 8 bis, après avoir vu un homme s'enfuir dans les fourrés. Ranucci prétend avoir passé la soirée à boire à Marseille, puis évoque une commotion entre l'accident et son réveil dans la galerie de la champignonnière. Pourtant d'après les témoins qui l'ont aidé à sortir sa voiture de la galerie, il aurait prétendu être venu de lui-même près de la champignonnière pour pique-niquer. Ranucci ne s'explique absolument pas quant à l'évolution très significative de sa version des faits. Tout au long de l'instruction, mais également peu avant le procès lors d'une entrevue avec son avocat (voir plus bas), Ranucci n'a jamais démenti être le propriétaire du couteau recouvert de sang, supposé être l'arme du crime, retrouvé près de la champignonnière où il a reconnu s'être rendu, située à quelques centaines de mètres des lieux où le corps de la victime a été découvert. Arguments mettant en doute la culpabilité de Christian Ranucci. Les deux seuls témoins de l'enlèvement n'identifient ni le ravisseur ni la voiture qu'il conduisait. Le frère de Marie-Dolorès, Jean-Baptiste, âgé à l'époque de six ans et demi, ne reconnaît pas Ranucci comme « l'homme au chien perdu », le garagiste témoin de l'enlèvement non plus. Il en va de même pour la voiture, qui ne correspond pas au modèle décrit plus haut. Le garagiste précise toutefois, dans sa déposition en date du , qu'il ne pense pas être en mesure de reconnaître le ravisseur au cas où celui-ci lui serait présenté. Il déclare par ailleurs qu'il a vu une Simca 1100 (et non un coupé Peugeot 304) et que le ravisseur ne portait pas de lunettes, contrairement à Ranucci. Or, comme l'explique Gérard Bouladou, le procès verbal d'audition du frère de la victime prouve qu'en réalité l'enfant n'a jamais mentionné la marque de la voiture. En revanche le garagiste mentionne bien le passage d'une Simca 1100 grise, mais à une heure antérieure () à celle où dit avoir vu sa fille pour la dernière fois (vers , selon sa déposition en date du ). Par ailleurs, compte tenu de la situation de son garage et de l'endroit où se trouvait la voiture de Ranucci (la déposition de Jean-Baptiste Rambla concorde là-dessus avec les aveux de l'inculpé), Eugène Spinelli n'aurait pas été en mesure d'assister à la scène. La reconstitution n'a pas résolu ce point important, le garagiste, tout comme le frère de la disparue, n'ayant pas été convoqués lorsqu'elle a eu lieu. Les deux témoins n'ont pas été davantage entendus ni convoqués durant l'instruction par le juge. Le pull-over rouge retrouvé dans la champignonnière serait d'une taille supérieure à celle de Ranucci. Par ailleurs Héloïse Mathon a indiqué aux policiers que Christian Ranucci détestait le rouge, fait non démenti par la fouille effectuée au domicile de Ranucci mais en contradiction avec la couleur rouge des sièges de sa voiture. Quant au mobile de l'enlèvement, même après les aveux de Ranucci et l'examen psychiatrique auquel a été soumis le suspect, il n'a jamais été clairement établi. En outre l'autopsie de la victime n'a pas fait état de violences sexuelles ni de viol. Par ailleurs, aucune empreinte de la victime n'a pu être prélevée dans le coupé Peugeot 304 de Ranucci. On observe d'autre part que les témoignages d'Alain Aubert et de Vincent Martinez, tels qu'ils ont été recueillis, ont évolué. D'après un rapport de synthèse rédigé par la gendarmerie, M. Aubert aurait eu une conversation téléphonique avec la gendarmerie de Roquevaire le . Il en aurait eu une autre le lendemain, , avec celle de Gréasque. Au cours de ces conversations, Alain Aubert aurait déclaré avoir vu un homme prenant la fuite avec un « paquet assez volumineux ». En revanche, le , à l'hôtel de police de Marseille, après avoir été confrontés à C. Ranucci et l'avoir reconnu, les époux Aubert vont dire qu'ils l'ont vu s'enfuir en entraînant avec lui un enfant. Le « paquet volumineux » apparaît par deux fois dans le rapport de synthèse rédigé par la gendarmerie. Ce document, signé par un officier de police judiciaire, donc une personne assermentée, n'est jamais signé par les personnes mises en cause. On retrouve également cette mention de « paquet volumineux » dans des articles de journaux locaux. Après la découverte du corps de l'enfant, dans l'après-midi du , plusieurs journalistes vont en faire état. Il y a d'abord un journaliste travaillant pour le compte de RTL et du "Provençal" qui va l'apprendre, sur le lieu de découverte du corps, de la bouche même du capitaine Gras. Il y a d'autres journalistes qui, après avoir contacté les Aubert dans la soirée du , vont faire état du « "paquet »". Plusieurs années après, les Aubert contestent formellement avoir varié dans leurs déclarations et affirment avoir toujours parlé d'un enfant. Ils disent aussi ne jamais avoir téléphoné aux gendarmes. D'autre part, d'après ce même rapport de synthèse, M. Martinez aurait recontacté, le vers 10 h, la gendarmerie de Gréasque pour indiquer que « contrairement à ce qu'il avait déclaré dans sa plainte, il pensait qu'un enfant avait pu se trouver dans le véhicule tamponneur ». L'heure précise du meurtre n'a pas été établie par l'autopsie. Aucun procès-verbal de présentation du suspect aux témoins Aubert (lors de la parade d'identification) n'a été dressé par les policiers. Quelques journalistes relayent ainsi une rumeur selon laquelle les Aubert n'auraient reconnu Ranucci qu'au terme d'un second tapissage. Cependant, en cas de tapissage infructueux (comme ce fut le cas avec les deux témoins de l'enlèvement), la confrontation des Aubert avec le suspect n'aurait jamais eu lieu (articles 63 et suivants du Code de procédure pénale). En fait, les sources divergent sur la question de savoir si un tapissage a bien eu lieu : les écrits de Ranucci lui-même (son « Récapitulatif » contenu dans l'ouvrage "Jusqu'au : Écrits d'un condamné") n'en font pas état, tandis que d'après les souvenirs d'Alain Aubert mais aussi de Vincent Martinez, recueillis plusieurs années après, ces derniers ont reconnu Ranucci alors qu'il leur était présenté parmi d'autres individus. Le plan dessiné par Christian Ranucci correspondrait à un calque du cadastre. L'immeuble serait à la même échelle (y compris avec un petit muret du cadastre) et les rues correspondraient au même secteur angulaire, chose impossible à constater lors d'une simple visite où l'on ne voit que des façades. Ceci irait évidemment dans le sens d'aveux extorqués sous la pression policière. Cette affirmation est contestée. Perrault, qui ne le publie pas dans son livre, parle d'un « gribouillis sans signification » alors que d'autres au contraire le trouvent trop précis pour avoir été réalisé par Ranucci. Celui-ci reconnaît toutefois, lors de sa dernière comparution devant le juge d'instruction, avoir dessiné lui-même ce plan. Des reportages télévisés, tels que "Faites entrer l'accusé", occultent même l'existence de ce plan. D'autre part, lors de la reconstitution, Ranucci a montré qu'il connaissait effectivement déjà les lieux, en particulier l'endroit où se trouvaient les enfants, ainsi que la direction à suivre pour sortir de la cité Sainte-Agnès. Par ailleurs, dans "Le Pull-over rouge", Gilles Perrault conteste la présence et la découverte du couteau : « Une heure cinquante-cinq de recherches pour découvrir un couteau dans un tas de fumier de quelques mètres carrés avec une "poêle à frire" exactement réglée […]. » En réalité, le tas de fumier fait plusieurs centaines de mètres carrés qu'il faut explorer avec des instructions vagues de Ranucci. D'après G. Bouladou, Ranucci aurait fourni des précisions supplémentaires hors procès-verbal, alors qu'il était déféré devant le juge d'instruction. De plus, lors de la reconstitution, Ranucci a montré l'emplacement du couteau avec une grande précision. Détail surprenant d'après Perrault : « Le à cinq heures et demie de l'après-midi, c'est-à-dire à l'heure exacte où commencent les recherches, l'inspecteur Porte consigne par procès-verbal la découverte le d'un "couteau à cran d'arrêt de marque Virginia-Inox, à ouverture automatique, manche nacre" saisi par la brigade de gendarmerie de Gréasque. » Mais, comme l'explique Bouladou dans son livre, Perrault fait allusion à la fiche de scellé du couteau et à un procès-verbal récapitulatif de scellés : la première mentionne la date de l'affaire ouverte par les gendarmes à la suite de la découverte du corps de la victime, c'est-à-dire le ; au bas du procès-verbal récapitulatif (entamé « le six juin mil neuf cent soixante quatorze à dix sept heures trente ») a été rajouté un paragraphe mentionnant les scellés découverts les 5 et par les gendarmes, et remis successivement les 6 et aux policiers chargés de l'enquête (voir ci-dessous). Durant toute l'instruction Ranucci n'avoue jamais s'être changé, entre le moment où il est aperçu par les Aubert en train de fuir dans les fourrés avec la victime et le moment où il se trouve dans la champignonnière. En revanche, d'une part, il reconnaît avoir porté lors de l'accident le pantalon bleu taché de sang trouvé dans sa voiture et, d'autre part, le contremaître Henri Guazonne (venu désembourber la 304 dans la champignonnière) déclare dans sa déposition à la gendarmerie que Ranucci portait un pantalon anthracite. Par la suite, alors que l'inculpé est en prison, une femme, Jeannine Mattei, rencontre sa mère et l'informe que sa fille a été abordée dans la rue par un homme prétendant chercher un chien noir et portant un pull-over rouge. La défense apprend qu'une confrontation avait eu lieu mais que, les plaignants n'ayant pas reconnu Christian Ranucci comme l'homme au pull-over rouge, la déposition n'avait pas été retenue au dossier. Gilbert Collard suggérera lors du procès qu'il s'agissait d'un faux témoin. Pourtant d'autres dépositions corroborant l'existence d'un satyre au pull-over rouge ont été écartées du dossier d'instruction, les victimes de ces satyres n'ayant pas identifié Christian Ranucci comme leur agresseur. Il faut ajouter que, dans leur déposition, ces témoins ne font pas état de boutons dorés présents au niveau de l'épaule, alors que le pull-over trouvé dans la champignonnière par les gendarmes en est pourvu. Circonstances atténuantes tirées du vécu de Christian Ranucci. Le livre de Gilles Perrault révèle que Ranucci n'a pas vécu avec son père et a été témoin, lorsqu'il était enfant, d'une agression au couteau dont l'intéressé s'était rendu coupable sur sa femme devant le tribunal de grande instance de Toulon, au sortir de leur divorce. Depuis, Christian vivait avec sa mère, tous deux ayant effectué de nombreux changements de domicile à travers la France. Ranucci entretenait avec elle des relations fusionnelles. De son côté, Héloïse Mathon s'est montrée ultra-protectrice, voire confuse, dans la défense des intérêts de son fils en justice. Il semblerait, d'après le témoignage d'un gardien des Baumettes, qu'elle soit à l'origine du système de défense adopté par celui-ci (c'est-à-dire plaider l'innocence). Par ailleurs le comportement arrogant, voire mégalomane du fils lors de son procès, arrivé en tenue de clergyman avec une grande croix pectorale sur le thorax, selon une idée de sa mère, est assez révélateur que cette dernière entretenait son immaturité. D'autres éléments sont à mettre en rapport avec cette immaturité supposée, en particulier une présumée inconscience de la gravité du crime commis, que l'inculpé ne parvient pas à réaliser. Ainsi, d'après Jean-François Le Forsonney, Ranucci , à l'époque, de la gravité des faits ni de la peine encourue ; cette attitude de Ranucci semble corroborée par un témoignage livré dans deux émissions de télévision par Pierre Grivel, inspecteur présent lors de la garde à vue et lors de la reconstitution. Selon son témoignage, Ranucci lui aurait demandé quelle peine il encourait pour le crime qu'il avouait avoir commis, ce à quoi l'inspecteur aurait répondu qu'il risquait la peine de mort ; Ranucci aurait alors jugé cette peine excessive par rapport au crime. P. Grivel assure que Ranucci . Un tel vécu pouvait raisonnablement influer le passage à l'acte : c'était la thèse envisagée à l'origine par l'un de ses avocats, M André Fraticelli. Il se trouve que Ranucci et sa mère n'ont pas accepté cette thèse et que les médecins-experts chargés de son expertise médico-psychologique l'ont également rejetée en considération de l'âge de la victime et de sa vulnérabilité. Il faut ajouter que l'article 64 du Code pénal en vigueur à l'époque, qui dispose que l'individu ne peut pas être déclaré responsable de ses actes lorsqu'il a commis le crime dans un état de démence, a été tout autant écarté par les experts. Il n'en demeure pas moins que l'absence de circonstances atténuantes eu égard à l'âge de l'auteur et à son immaturité certaine reste un point discutable de l'affaire. En effet, si des circonstances atténuantes avaient été accordées par la cour d'assises, la peine capitale n'aurait pas été prononcée. Dans un rapport au ministre de la Justice, l'avocat général Armand Viala explique sa décision de requérir la peine de mort, entre autres, par l'attitude délétère de l'accusé au cours de son procès ; le magistrat ajoute que si Ranucci avait fait preuve de repentir, il aurait pu, à son avis, échapper à la peine capitale. Durant le procès, certains (comme Alex Panzani, journaliste à "La Marseillaise") ont pensé que Ranucci ne s'adressait qu'à sa mère, qu'elle était la seule qu'il voulait convaincre de son innocence. De même, le chroniqueur judiciaire Frédéric Pottecher avait estimé qu'elle et son fils n'étaient pas « normaux », ayant décelé dans leur personnalité « quelque chose de fou ». De plus, dans le « Récapitulatif » que le condamné a écrit en prison sur les conseils de sa mère, et où il tente de présenter sa version des faits et de démontrer son innocence, G. Bouladou décèle une certaine forme de mythomanie et d'auto-persuasion. Mobile : un acte pédophile ? L'enlèvement de Marie-Dolorès Rambla peut être rapproché d'autres événements qui auraient impliqué des enfants et Christian Ranucci lui-même, à savoir les dépositions de Marthe Spineck et de Marc Pappalardo, qui affirment avoir reconnu l'inculpé comme étant l'individu qui s'en serait pris à leurs enfants respectifs : Sandra, âgée de dix ans au moment des faits présumés, et Patrice, âgé de quatre ans et demi. Selon les Spineck, vers la fin de l'année 1973, un homme avait poursuivi Sandra rentrant d'un cours de danse avec une amie, avait attendu qu'elle se retrouve seule puis s'était rué sur elle, avant que Marthe Spineck, sa mère, ne s'interpose. L'homme avait alors pris la fuite. À la suite d'un appel à témoin lancé dans "Nice-Matin", elles avaient toutes deux reconnu Christian Ranucci comme étant cette personne. Le , Patrice Pappalardo est enlevé par un inconnu alors qu'il joue avec ses frères près de chez lui. L'inconnu aurait passé une heure en sa compagnie en lui offrant notamment des confiseries. Son père le retrouvera la bouche barbouillée de rouge. L'inconnu l'aurait relâché sans lui faire de mal et donné rendez-vous pour le lendemain. Lors de l'enlèvement de Marie-Dolorès, le ravisseur prétend avoir perdu son et invite les enfants à partir à sa recherche avec lui. Or, si l'on en croit les observations du psychologue Damien Lambert, le prétexte de l'animal égaré est une arme prisée des pédophiles. Les pédophiles miseraient, selon lui, sur l'affection qu'éprouvent les enfants envers les animaux. Cet élément est confirmé par la criminologue Sylvia Bréger. Ces deux événements paraissent présenter des similitudes avec les cas de pédophilie situationnelle : l'homme enlève les enfants si l'occasion se présente, sans prévoir qu'il va enlever un enfant, avec toutefois une certaine préméditation. L'universitaire Myriam Belley souligne ainsi que les pédophiles situationnels . D'après les aveux de Ranucci, celui-ci aurait d'abord cherché le domicile d'un ancien camarade de service militaire avant d'être attiré par Marie-Dolorès et son petit frère en train de jouer : . Le passage à l'acte s'opérerait donc sur le moment, sans que l'individu y ait pensé auparavant. Les experts psychiatres et l'experte psychologue Myriam Colder dénotent chez Ranucci, dans leurs rapports respectifs, une . Pour autant, son profil n'a pas été clairement défini comme celui d'un pédophile : sur les raisons de l'enlèvement de Marie-Dolorès, il est simplement fait état d'un désir et d'une quête de compagnie, qui suivrait la recherche du domicile d'un camarade de régiment (d'après les aveux de Ranucci et d'après l'analyse des experts psychiatres). De plus, et bien que les experts psychiatres aient affirmé le contraire, Ranucci a toujours nié, même en avouant le crime, avoir procédé à des gestes ou entreprises à caractère sexuel sur la victime, ni en avoir eu l'intention. Par ailleurs, aucune trace de sévices sexuels n'a été relevée lors de l'autopsie de la victime ; le commissaire Alessandra, lorsqu'il dresse le bilan de l'enquête devant les journalistes le , déclare penser que Ranucci cache ses intentions réelles par pudeur. Enfin son avocat Jean-François Le Forsonney souligne, dans l'émission de "50 ans de faits divers" consacrée à l'affaire, que le mobile de l'enlèvement de l'enfant par Ranucci n'a pas fait l'objet, à l'époque, d'une explication ou d'un éclaircissement quelconque. Ajoutons que Ranucci a été élevé par sa mère dans la crainte permanente qu'il ne soit enlevé par son père. D'après un psychiatre intervenu dans une émission consacrée à l'affaire (mais n'ayant pas participé aux expertises à l'époque), Ranucci commet des enlèvements sans violence, en ramenant l'enfant à ses parents en fin de journée, et que c'est l'accident qui l'aurait conduit à tuer la petite fille. Voiture. Selon plusieurs journaux locaux en date des 4 et , J.-B. Rambla aurait décrit la voiture utilisée par le ravisseur comme étant une Simca grise alors que Christian Ranucci avait une Peugeot 304 coupé. Le journaliste Roger Arduin soutient dans plusieurs émissions consacrées à l'affaire que lorsqu'il a interrogé le petit garçon, celui-ci lui a parlé d'une Simca grise. Pourtant, aucune marque de voiture n'est mentionnée dans son enregistrement de l'entretien de Jean Rambla. Il admet par ailleurs l'avoir pressé de questions avec des collègues, et surtout lui avoir posé des questions fermées comportant plusieurs marques de voitures. D'autre part, le journaliste de "Détective" Christian Chardon affirme, lui, que J.-B. Rambla ne lui a jamais mentionné de marque de voiture. L'intéressé lui-même a d'ailleurs nié, lors d'une émission de télévision réalisée en 1992, avoir indiqué à l'époque une marque de voiture. Le père de Marie-Dolorès a également nié, dans une autre émission, que Jean-Baptiste ait parlé d'une marque de voiture particulière ; dans sa propre déposition de l'époque, on lit simplement , sans plus de précision. De plus, aucune caractéristique concernant la voiture (à l'exception de la couleur, grise) n'apparaît dans le procès-verbal d'audition de Jean-Baptiste, dressé par l'inspecteur Pierre Grivel, contrairement à ce que l'épisode de "Faites entrer l'accusé" consacré à l'affaire Ranucci laisse entendre. M. Grivel ajoute à la fin du procès-verbal qu'il a demandé à l'enfant s'il reconnaissait la voiture du ravisseur parmi celles qui étaient garées dans la cour et le garage de l'Évêché, et que celui-ci a désigné l'arrière d'une Simca Chrysler. Ce type de voiture ne ressemble pas du tout à la Simca 1100. Le , à la suite de l'interpellation de Christian Ranucci, Jean-Baptiste Rambla est de nouveau conduit dans la cour de l'Évêché où est garé le coupé 304 de Ranucci, mais ne peut identifier ce véhicule comme étant celui du ravisseur. Selon Gérard Bouladou, la présumée reconnaissance d'une Simca, voire d'une Simca 1100 (d'après certains journalistes comme Alex Panzani dans "La Marseillaise") par Jean Rambla, trouverait son origine dans le témoignage verbal livré par Eugène Spinelli (garagiste travaillant au bas de l'impasse Albe), le , dans le cadre de l'enquête de voisinage. Cette information se serait alors propagée dans la cité Sainte-Agnès, sans que personne ne sache de qui elle émanait. Les journalistes n'ayant pas eu vent de l'existence d'un autre témoin de l'enlèvement avant le procès, certains auraient par la suite attribué la première mention d'une Simca 1100 au frère de la victime. Eugène Spinelli, dont le garage est situé à cinquante mètres environ de la scène, est considéré par certains comme un témoin capital de l'affaire. Le , dans le cadre d'une enquête de voisinage effectuée par les policiers dans la cité Sainte-Agnès, ce garagiste carrossier de profession livre un premier témoignage verbal dans lequel il identifie le véhicule du ravisseur comme étant une Simca 1100 de couleur gris clair. Le à (alors que Christian Ranucci a été identifié comme l'auteur présumé de l'accident mais n'a pas encore été interpellé), est enregistrée sa déposition à l'Évêché, dans laquelle il déclare avoir vu le dimanche ou le lundi de Pentecôte une « fillette » monter à bord d'une Simca 1100 grise, avec un individu dont le signalement - grand, jeune, les cheveux châtains - et la tenue vestimentaire - veste claire et pantalon plus foncé - présentent une correspondance forte avec Ranucci tel qu'il était vêtu le jour du crime, si l'on en croit sa mère qui prétend dans l'ouvrage "Plus jamais d'échafaud" de Maurice Périsset, qu'il portait lors du week-end de la Pentecôte, outre son pantalon bleu marine, une veste en daim. Eugène Spinelli précise d'autre part qu'ayant vu la personne à une distance de 40/50 mètres il ne sera sans doute pas en mesure de l'identifier si elle lui est présentée plus tard. Lors de sa deuxième audition, le après l'arrestation de Christian Ranucci, l'attention du garagiste est attirée par les enquêteurs sur la ressemblance qui existe entre une Simca 1100 et une Peugeot 304 ; Eugène Spinelli fait alors ajouter à son témoignage qu'il est mécanicien de métier et qu'il connaît parfaitement tous les types de voitures, ce qui sera interprété comme une manière d'être formel quant au modèle du véhicule qu'il a vu, et qui ne saurait dès lors être la Peugeot 304 de Ranucci. Néanmoins, il est tout à fait envisageable qu'il ait fait cette déclaration pour expliquer qu'il a pu se tromper, sans que son erreur ne soit due à une mauvaise connaissance des véhicules concernés. Car Spinelli a bien reconnu dans sa déposition que, dans le cas présent, il était possible qu'il ait confondu une Simca 1100 avec un coupé 304 pour les trois raisons suivantes : il n'a pas fait particulièrement attention, il se trouvait à , et enfin il n'a vu que l'arrière du véhicule (or l'arrière de ces deux véhicules sont proches). Il faut ajouter que la Simca 1100 était un modèle très répandu (elle atteint ainsi les deux millions d'exemplaires dès l'année 1972 [voir plus haut]). On peut d'ailleurs apercevoir des Simca sur des photos et vidéos d'archives (issues entre autres de journaux télévisés) consacrées à l'affaire, reconnaissables notamment par leurs phares. Pourtant une polémique importante naît sur la voiture vue par Eugène Spinelli. Aujourd'hui encore, les tenants de l'innocence de Christian Ranucci, en totale contradiction avec la seconde déposition d'Eugène Spinelli (datée du ), soutiennent qu'une confusion entre deux modèles de voitures est impossible pour un garagiste. Enfin, il faut noter que le message radio diffusé par la police parle d'une voiture grise qui pourrait être une Simca grise, sans plus de précision. Une dernière hypothèse est que la scène relevée par le garagiste, qui n'est pas affirmatif quant au jour où elle s'est produite, et qui désigne un endroit ne correspondant pas à l'endroit où la voiture du ravisseur s'est arrêtée (selon le témoignage du petit Jean-Baptiste et les aveux de Christian Ranucci) soit tout simplement sans rapport avec l'enlèvement. Et ce d'autant plus que M. Spinelli situe l'heure de cette scène à , or Rambla voit encore ses enfants jouer et ramasser des fleurs à . Témoignage de Vincent Martinez, conducteur de l'autre voiture impliquée dans l'accident. Vincent Martinez est victime de l'accident causé par Christian Ranucci. Celui-ci prend la fuite mais Vincent Martinez ne peut le poursuivre, son véhicule étant endommagé, mais demande à un couple d'automobilistes toulonnais, M. et Aubert, de poursuivre le chauffard et de relever sa plaque minéralogique. Dans le procès-verbal de la plainte déposée le à la gendarmerie de Gréasque, M. Martinez ne parle pas d'enfant ; il est écrit au contraire : « Le conducteur paraissait seul à bord. » Témoignage des époux Aubert, qui ont poursuivi Christian Ranucci après son accident. En quittant le lieu de l'accident, les époux Aubert reprennent la route en direction de Toulon pour aller à Roquevaire, où ils avaient laissé leurs enfants chez des amis. Alain Aubert en a profité pour aller à la gendarmerie de la commune, pour signaler l'accident avec délit de fuite. À ce moment-là, les médias n'ont pas commencé à parler de l'enlèvement de Marseille. Le gendarme qui le reçoit lui fait savoir que le carrefour de La Pomme ne dépend pas de sa compétence territoriale. Les époux Aubert apprennent le lendemain par la presse la disparition de Marie-Dolorès. Ils appellent la gendarmerie de Roquevaire. Là, le gendarme qui reçoit l'appel, explique que les enquêteurs sont sur la piste d'une Simca 1100 (et non d'un coupé Peugeot 304 correspondant au véhicule du fuyard). La gendarmerie de Roquevaire transmet l'information à celle de Gréasque. À la suite de la visite des gendarmes toulonnais à son domicile, M. Aubert appellera la gendarmerie de Gréasque. Les déclarations des Aubert, du moins telles qu'elles ont été transcrites, ont varié. D'après le procès-verbal daté du , Alain Aubert a indiqué le , lors de son appel téléphonique à la gendarmerie de Roquevaire, et le 5 juin, lors de son appel à la gendarmerie de Gréasque, avoir vu un homme sortir de la voiture avec un . Il s'agit toutefois d'un procès-verbal de synthèse, relatant les événements des jours précédents, et non d'un procès-verbal d'audition, signé par les témoins. Ce qui n'enlève rien quant à l'authenticité de ce document, signé par un Officier de Police Judicaire et coté au dossier pénal. D'après les procès-verbaux de leurs auditions séparées effectuées le à l'Évêché par l'inspecteur Porte et le commissaire Alessandra, l'homme qu'ils ont vu sortir de la voiture était accompagné d'un enfant. Ces auditions ont eu lieu juste après que, dans le bureau du commissaire, Ranucci a reconnu les faits, en leur présence. Cette version concorde avec la seconde déposition de M. Martinez, faite le , et indiquant que les époux Aubert ont bien signalé la présence d'un enfant lorsqu'ils sont revenus auprès de lui après avoir poursuivi le chauffard. D'après Gérard Bouladou, un télégramme émanant de la Direction départementale des polices urbaines et daté du (donc antérieur à leur audition par les policiers) validerait cette hypothèse : on y lit que les époux Aubert ont parlé aux enquêteurs d'un homme sortant de la voiture accompagné d'une fillette. Ce point est corroboré par un enregistrement téléphonique daté du , dans lequel on peut entendre affirmer à un journaliste qu'elle a vu l'individu s'enfuir avec un enfant. Lors de leurs auditions, Alain Aubert dira que tenu par la main, l'enfant a sauté le caniveau après être sorti de la voiture, alors que sa femme dira que l'enfant était « plaqué » contre l'homme. Il existe aussi une polémique à propos du témoignage des Aubert, quant à leur reconnaissance du suspect. Trois journalistes ont dit que les époux Aubert n'avaient pas reconnu Ranucci lors d'un premier tapissage, et qu'ils ne l'avaient reconnu que dans un second temps, lorsqu'il leur avait été présenté seul. Les intéressés ont formellement démenti et affirmé qu'ils avaient reconnu immédiatement le suspect au milieu d'inspecteurs en civil. Pull-over rouge. Un pull-over de couleur rouge a été retrouvé dans la champignonnière où Christian Ranucci avait embourbé sa voiture. Ce pull-over n'est pas taché par l'humidité régnant dans la champignonnière, et il semble donc qu'il y était depuis peu de temps. Perrault met en rapport ce pull-over avec des tentatives d'agressions sexuelles commises par un homme portant un polo ou un pull-over rouge dans les jours qui ont précédé l'enlèvement de Marie-Dolorès. En effet le (deux jours avant la disparition de Marie-Dolorès), dans une cité du de Marseille, deux fillettes ont été importunées et abusées sexuellement par un homme portant un pull-over rouge (le père de ces deux fillettes a d'ailleurs fait une déposition à ce sujet le ). De son côté, Paul Martel, gardien d'un immeuble de la cité, qui semble avoir assisté à la même scène, parle, quant à lui, d'un homme en polo rouge. D'après Gilles Perrault, le pull-over était trop grand pour Christian Ranucci, mais le contraire est affirmé dans l'émission de "50 ans de faits divers" consacrée à l'affaire. G. Perrault prétend aussi que Ranucci déteste le rouge, mais les sièges de sa voiture sont de cette couleur ; par ailleurs, un camarade de service militaire de Ranucci prétend avoir vu celui-ci vêtu d'un pull-over rouge (qui s'avérera différent de celui découvert dans la champignonnière). À propos du pull-over, Perrault écrit qu'il a été flairé par un chien policier de la gendarmerie, et que celui-ci a parcouru une longue distance avant de s'arrêter à proximité de l'endroit où a été découvert le cadavre de Marie-Dolorès. Pourtant aucun lien n'a été officiellement établi, dans les investigations, entre ce vêtement et la découverte du cadavre de l'enfant. Un rapport d'opération de pistage () daté du et rédigé par un gendarme de la brigade de recherches d'Arles, contredit d'ailleurs fortement la thèse de Perrault selon laquelle le pull-over rouge aurait été donné à renifler au chien pisteur Dirol. Dans ce rapport, il est indiqué en effet . En aucun cas, le gendarme ne dit dans son rapport que le chien a reniflé le pull-over rouge. En 2006, à l'occasion d'un reportage télévisé sur l'affaire, des journalistes font état de la présence du pull-over rouge au greffe de la cour d'appel d'Aix-en-Provence et se mettent à évoquer l'éventualité d'expertises ADN sur ce vêtement. Interrogé à ce propos, G. Perrault prétend qu'il croyait ce scellé disparu. Pourtant on relève à la lecture de la troisième requête en révision, déposée le , que les auteurs avaient été avisés de la présence des scellés, dont le pull-over, et déploraient simplement l'absence du pantalon de Ranucci. Cela étant, une polémique demeure sur l'état de ce pull-over rouge. Un gendarme prétend que ce pull-over était au moment de sa saisie dans un état de salissure avancée, et qu'à son avis, le pull devait se trouver dans la champignonnière depuis très longtemps. Pourtant, après mise sous scellé, la juge Ilda Di Marino indique qu'on lui a remis un pull-over . Jean-François Le Forsonney affirme, dans les émissions de "Secrets d'actualité" et de "50 ans de faits divers", que le pull-over était et , laissant entendre qu'il avait été déposé dans la champignonnière peu avant sa découverte par les gendarmes. Pantalon. Un pantalon taché de sang et de boue est saisi dans la voiture de Christian Ranucci le au soir, après sa prise en charge par les policiers de la Sûreté urbaine de Marseille. Dans le cadre de la deuxième requête en révision du procès Ranucci (1981-1987), une expertise du procès-verbal de police de saisie de ce pantalon a conclu que la mention du pantalon, en haut de la seconde page du procès-verbal, pouvait être une surcharge : elle aurait pu être ajoutée après la rédaction du procès-verbal. Néanmoins, il semble bien que ce pantalon ait été saisi le au soir, puisque les policiers l'ont en leur possession lors du tout premier interrogatoire de Christian Ranucci à l'hôtel de police de Marseille, dans la nuit du 5 au . Et quand son avocat, , avant de le voir pour la première fois le , se rend dans le bureau de la juge d'instruction, , ce pantalon figure parmi les scellés, dans le bureau. Il faut ajouter que Ranucci n'a jamais nié avoir porté ce pantalon le jour des faits, y compris lors de son procès. Jean-François Le Forsonney a pourtant prétendu, plusieurs années après l'affaire, que Ranucci utilisait ce pantalon pour le jardinage ; cependant les experts, commis pour analyser les scellés, ont constaté que ce pantalon outre les taches, était en bon état, et que le pli était parfait. La question primordiale reste de savoir si les taches de sang décelées sur ce pantalon sont bien consécutives au meurtre de la victime, ou si elles pouvaient provenir de l'accusé. Car Christian Ranucci était du même groupe sanguin que la victime : le groupe A. Celui-ci avait déclaré lors de son procès s'être blessé du fait de l'accident. D'autre part, G. Perrault, lors de sa contre-enquête, avait pu longuement s'entretenir avec Héloïse Mathon, la mère de Christian Ranucci. Elle lui avait confié que le jour de son (le , donc relativement peu de temps avant les faits), Christian avait fait une virée en vélomoteur avec ce pantalon et qu'il avait été victime d'une chute. Il avait eu le nez et la bouche ensanglantés, et une main éraflée. Cependant le médecin légiste ayant examiné le pantalon a conclu que le sang avait pénétré le tissu de l'extérieur vers l'intérieur, pas de l'intérieur vers l'extérieur. Il est, en revanche, attesté par un examen médical que Ranucci a effectivement eu un accident de vélomoteur en 1971, longtemps avant les faits. Le docteur Vuillet, qui l'examine nu après la fin de sa garde à vue, relève au niveau de la clavicule gauche une plaie chronique cicatrisée, conséquence supposée de cet accident. Par ailleurs, le rapport d'autopsie indique que la victime a eu la carotide tranchée, ce qui provoque une forte effusion de sang. Dans un procès-verbal de perquisition au domicile de , , daté du et rédigé par l'inspecteur principal Marc Ceccarelli, la mère de Christian Ranucci reconnaît implicitement que son fils pouvait porter un autre pantalon le jour de son départ (le dimanche ) que celui que venaient de saisir les enquêteurs, à savoir Autrement dit, selon , Christian, au moment de son départ, pouvait porter le pantalon retrouvé dans le coffre de son véhicule. L'inspecteur note en effet dans son procès-verbal : Or le pantalon que portait Christian Ranucci au moment des faits est bien celui retrouvé dans le coffre de sa voiture, taché de sang, (cf. procès-verbal de saisies , daté du ). Un pantalon dont l'usage serait uniquement pour le jardinage mais que Christian Ranucci portait lors de son périple soulève une interrogation. Couteau. La deuxième audition de Christian Ranucci à l'Évêché, au cours de laquelle il passe des aveux, commence le à pour se terminer à (procès-verbal ). Durant cette audition, il donne un détail capital sur l'arme utilisée, à savoir un couteau automatique : « J'ai pris un couteau automatique qui se trouvait dans ma poche de mon pantalon, j'ai ouvert ce couteau en appuyant le bouton ». Or, au moment où Christian Ranucci fournit cet élément aux enquêteurs, le couteau n'est pas encore découvert ; il ne le sera qu'à (cf. procès-verbal de synthèse daté du et rédigé par le capitaine Gras, de la compagnie de gendarmerie d'Aubagne). Christian Ranucci situe l'emplacement de l'arme dans un tas de fumier à proximité de la champignonnière. Le couteau est retrouvé par les gendarmes, grâce à un détecteur à métaux, après une heure et cinquante-cinq minutes de recherches, ce qui crée une polémique sur la précision des indications données par Christian Ranucci. D'après Gérard Bouladou, ce dernier aurait fourni des précisions supplémentaires pendant les recherches des gendarmes, après la fin de sa garde à vue et hors procès-verbal. Lors de la reconstitution, la juge Di Marino fera noter sur le procès-verbal que « Ranucci a reconnu l'endroit situé à quelques mètres de l'entrée de cette champignonnière où il avait enfoui le couteau ». Jusqu'à son procès, au cours duquel il niera que le couteau lui appartienne, Ranucci affirme qu'il s'agit bien de son couteau, et l'un de ses avocats, J.-F. Le Forsonney, rapporte qu'il le lui a confirmé quelques jours avant, mais qu'il envisageait de dire le contraire à l'audience de la cour d'assises. Un procès-verbal de la gendarmerie de Gréasque signalant la découverte du couteau est daté du , alors que le couteau est retrouvé le . Jean-Yves Lourgouilloux, avocat général près la cour d'appel d'Aix-en-Provence, explique, dans l'émission de "50 ans de faits divers" intitulée « Christian Ranucci : la vérité impossible », que ce procès-verbal est en fait une fiche de scellé datée du parce que cela correspond à la date d'ouverture des investigations, comme l'atteste la mention « Découverte du cadavre : Rambla, M. Dolorès », et que cette façon de dater est conforme à la procédure habituelle en matière de mise sous scellé. Le seul procès-verbal qui détaille les opérations de recherche du couteau est bien daté du ; c'est le procès-verbal . Il existe de même un procès-verbal rédigé par l'inspecteur Porte le à et mentionnant le couteau, alors que celui-ci a été retrouvé le à . Dans ce cas aussi, on a affaire à un procès-verbal récapitulatif recensant tous les scellés de l'enquête, dont la rédaction avait commencé avant la découverte du couteau, lorsqu'un premier carton de scellés découverts dans la voiture de Christian Ranucci avait été déposé au greffe du palais de justice de Marseille, à l'issue de sa garde à vue, et ne s'était terminée qu'après la remise par la gendarmerie de nouveaux scellés (dont le couteau le , soit le lendemain de sa découverte). D'après Gérard Bouladou, il ne s'agirait que d'un document de travail mnémotechnique pour la police judiciaire, permettant de récapituler les scellés, au sein du dossier de police de l'affaire. Témoignage tardif de Guy Rosano sur l'enlèvement de Marie-Dolorès Rambla. Un témoin, retrouvé par G. Bouladou trente ans plus tard et qui ne s'est jamais manifesté auprès de la police, Guy Rosano, déclare avoir vu, le jour de l'enlèvement de Marie-Dolorès et sur les lieux où il s'est produit, un homme qu'il a identifié formellement comme étant Ranucci grâce aux photos de ce dernier parues dans la presse après son arrestation. Rosano, âgé de dix-neuf ans au moment des faits, travaillait alors comme pizzaïolo dans la cité Sainte-Agnès. Il affirme avoir vu Marie-Dolorès et Jean-Baptiste jouer avec sa nièce et un autre enfant, et précise avoir remarqué la présence d'un homme adossé à un poteau et portant des lunettes aux qui observait les enfants jouer. Or, parmi les éléments saisis dans la voiture de Ranucci le soir de son interpellation figurait bien une paire de lunettes de soleil. Pourtant, interrogé par des journalistes du "Méridional" et de "La Marseillaise" à l'époque des faits, l'intéressé leur avait dit n'avoir pas assisté à la scène de l'enlèvement, le camion de livraison lui ayant masqué la vue. Faits et éléments connexes à l'affaire. Implication supposée de Christian Ranucci dans un réseau pédophile. D'après l'ouvrage "La Politique, le sexe et la finance" de Yann Moncomble (1989), le nom de Christian Ranucci figurerait dans le carnet d'un client du réseau de Jacques Dugué, réseau faisant circuler des photographies et documents vidéos à caractère pédopornographique (scellé du dossier Sokolowski). Au cours d'une émission "L'Heure du crime" diffusée sur RTL en 2010, le cinéaste Yves Boisset (qui avait été approché par Gilles Perrault et Jean-Pierre Ramsay pour adapter "Le Pull-over rouge") a déclaré avoir eu accès, lors du tournage de "La Femme flic", à un émargement d'abonnés à une revue pédopornographique, liste sur laquelle aurait figuré le nom de Christian Ranucci. Meurtre de Corinne Beidl par Jean-Baptiste Rambla. Jean-Baptiste Rambla, frère de Marie-Dolorès et témoin, à l'âge de six ans, de son enlèvement, est condamné, à l'âge de quarante-et-un ans, le , à dix-huit ans de prison pour le meurtre de son employeuse Corinne Beidl, quarante-deux ans, en . L'affaire Ranucci et la médiatisation qui en a résulté auraient contribué à son passage à l'acte. L'un de ses avocats, , a affirmé qu'au moment du meurtre, Jean-Baptiste Rambla était sous l'emprise de la drogue, dont il était dépendant depuis plusieurs années. Son autre avocat, , a déclaré à son propos : Le dossier Ranucci fut versé au dossier d'instruction de cette affaire. L'ex-commissaire Alessandra, qui a mené l'enquête sur l'enlèvement et le meurtre de Marie-Dolorès, avait été cité comme témoin de la défense au procès. Lors d'une audience, un incident remontant à 1982 avait été évoqué par la défense : Jean-Baptiste Rambla, alors collégien, a dû effectuer un exercice de grammaire à partir d'un extrait du "Pull-over rouge" accompagné d'une photographie tirée du film de Michel Drach. Il aurait alors lancé le manuel en direction de son professeur et avait par la suite fait l'objet d'un renvoi temporaire. , déclare ainsi l'intéressé à son procès. Cependant l'avocat général, qui requérait vingt ans de réclusion contre l'accusé, a souhaité prendre plus de recul. Il a prononcé ces mots à l'adresse des jurés : La famille de Corinne Beidl a considéré, pour sa part, qu'il s'agissait d'un crime crapuleux et s'est plainte de l'importance, jugée excessive par le compagnon de la victime, qui était accordée au passé du meurtrier. Meurtre de Cintia Lunimbu par Jean-Baptiste Rambla. Jean-Baptiste Rambla était sorti de prison en , à la faveur d'une libération conditionnelle, après avoir été condamné en 2008 à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Corinne Beidl. Or le , deux jours après son interpellation, l'intéressé a avoué le meurtre, commis le précédent à Toulouse, de Cintia Lunimbu, une femme d'origine angolaise de vingt-et-un ans. Son procès devant la cour d'assises de la Haute-Garonne est repoussé à cause de la pandémie de Covid-19. Le , il est condamné à la réclusion à perpétuité, peine assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans. Le , il fait appel de sa condamnation. Un an plus tard, il décide de se rétracter et accepte finalement sa peine. Annexes. Bibliographie. Les documents mentionnés ci-après sont classés dans l'ordre chronologique de leur publication.
Monastère de San Juan de Ortega Le monastère de San Juan de Ortega est dédié au « saint cantonnier » San Juan de Ortega, c'est-à-dire en français « Saint Jean de l'Ortie. » Il est situé dans la localité de San Juan de Ortega, qui fait partie de la commune de Barrios de Colina, dans le Nord de l’Espagne, dans la comarque de l'Arlanzón, dans la communauté autonome de Castille-et-León, province de Burgos. "San Juan de Ortega" est un haut lieu dans tous les sens du mot : par l'altitude d'abord, car c'est un plateau boisé de , qui redescend vers Burgos par la vallée du rio "San Juan" ; par la splendeur du paysage aussi : une clairière dans la forêt de sapins ; enfin par l'architecture créée par le Saint lui-même, tel le petit cloître de marbre rose jouxtant le refuge. Le site est désormais entièrement réservé aux pèlerins et aux visiteurs. Il n'est pas ouvert toute l'année. Localisation. À , à l’est de Burgos, dans les "Montes de Oca". Le village. Le village est né auprès d'une chapelle et d’une auberge établies vers 1115 par "san Juan de Ortega". Ainsi, est né un noyau de population qui recevait en 1202 des privilèges par le roi Alphonse VIII. Ce document, un "fuero" ("charte"), accordait des libertés à ceux qui s’établissaient, bien qu'il leur rappelle les liens qu'ils devaient au monastère. Ce document est considéré comme le moment où le village est constitué comme tel, en prenant le nom du monastère. Peu à peu le peuplement a crû et, quand les ermites de l'ordre espagnol de Saint-Jérôme se sont établis dans le monastère, l'évêque de Burgos s'est engagé à supprimer sa juridiction, engagement qu’il n’a jamais tenu. Le monastère. Histoire. Le , le Pape Innocent II prit sous sa protection le nouveau monastère, régit par des chanoines réguliers qui vivaient sous la Règle de saint Augustín. Quelques années plus tard, le Alphonse VIII en fait don à la cathédrale de Burgos. Après des années de litiges entre le chapitre et la cathédrale, en 1222, les deux parties signent un accord sur la juridiction de l'évêque dans les affaires du monastère. En 1431, la situation de pauvreté du monastère et le relâchement des règles, fait que l'évêque de Burgos, Pablo de Santamaría, décide d’établir une communauté de moines de l'ordre espagnol de Saint-Jérôme de Fresdelval pour qu'ils le réforment. Ils prirent possession du monastère en . L'année suivante, San Juan de Ortega a été érigé comme monastère indépendant, confirmé par le pape Eugène IV le . Commence une période de prospérité, favorisée par le mécénat de Pablo de Santamaría et de Alonso de Carthagène (tous deux évêques de Burgos), et celui de Juan de Ortega, évêque d'Almeria. Dans les siècles postérieurs, le monastère a aussi reçu l'aide d'importantes familles nobiliaires (les Rojas et les Avellaneda, entre autres). Après la loi de desamortización (privatisation) de 1835 il a été vendu. En 1931 il a été déclaré monument national et, en 1962, le conseil municipal de Burgos a assumé le patronat du monastère, et entreprit sa restauration. De l'ensemble monacal on peut admirer l'église, le cloître, la chapelle de San Nicolás et l’hospice. L’église. Édification. Bien que l'historiographie indique que les travaux de l’église ont commencé avant le décès de Juan d’Ortega en 1163, l'analyse architectonique et sculpturale du chevet, laisse supposer qu’ils ont débuté vers 1200, tout comme ceux du transept et le début des nefs. Les travaux ont été interrompus, le transept, avec son voûtement, ont continué tout au long du . Après une autre longue période d’interruption des travaux, l'ensemble a été achevé au milieu du , les nefs, le chœur et la façade occidentale, dans lesquels intervient le tailleur de pierres Pedro Fernández de Ampuero. Ces derniers travaux ont été subventionnés par les évêques de Burgos, Pablo Santamaría et Alonso de Carthagène, dont les armes apparaissent dans les clefs des voûtes de cette zone et dans la porte principale de l'église. Les écussons encastrés dans les piliers de la chapelle principale appartiennent aux familles Avellaneda et Roja (du ). Le fronton de la façade principale a été ajouté au . Description. L'église a un plan de croix latine, avec une seule travée de trois nefs, un transept, et au chevet trois absides, formant chacune une chapelle. Ces chapelles sont couvertes avec des voûtes en berceaux. Le transept, de cinq travées, est couvert avec des voûtes en berceaux de croisé simple, et on a ajouté, avec la nef centrale, des liens longitudinaux et transversaux. Dans la travée centrale de la nef se trouve le maître-autel, auquel on accède depuis le cloître contigu à travers un moulin à huile de bois polychrome. À l'extérieur, à remarquer un chevet imposant, avec l'abside centrale parcourue par des colonnes comme butées et articulées avec des arcades aveugles en plein cintre, et ses murs en grand appareil, Particularités. À remarquer dans l’église quelques chapiteaux, comme celui qui décrit le combat de Roland et de Farragut et, surtout, le triple chapiteau de la Nativité. Il révèle le cycle de l'Incarnation et pour la première fois, l'archange Gabriel est représenté à genoux devant la Vierge, reconnue comme mère de Dieu. Conformément à toute une iconographie hispano-wisigothique et mozarabe, Gabriel lève de la main gauche une croix pattée, la Croix de Victoire asturienne. La Vierge, les deux mains ouvertes, paumes en avant, accepte la volonté divine. Derrière elle, une servante regarde le spectateur. Sur le chapiteau voisin, la Vierge est représentée avec Élisabeth qui lui pose, dans un geste plein de tendresse, la main gauche sur le ventre, lors de la Visitation. Le reste de la corbeille du chapiteau est entièrement décoré de scènes de la Nativité. Deux fois par an, à l'équinoxe, le chapiteau est éclairé par un rayon de soleil en fin d'après-midi. C'est la luz equinoccial qui symbolise l'Esprit-Saint descendant sur Marie. Tout à côté se dresse un somptueux tombeau, merveille d'art funéraire roman qu'un comte, ami de San Juan, le sachant au plus mal, lui avait destiné. Dans son agonie, Juan de Ortega garda assez de lucidité et d'humilité à la fois pour lui préférer une pierre nue. Le tombeau sculpté resta pour sa gloire, mais vide. À voir encore, les scènes de la vie du saint taillées dans la pierre à l'intérieur de la chapelle « isabelline », le retable de bois sculpté, le baldaquin gothique fleuri, orné de gueules de dragons et les riches ferronneries retrouvées dans les ruines du monastère. Il faut aussi prêter attention au retable de saint Jérôme, dans l'extrémité sud du transept, et de celui du Jugement Dernier, dans la chapelle du côté de l'Évangile (est). Le cloître. Carré et de grandes dimensions, ce cloître est adossé au nord de l'église. Il est ouvert vers le jardin, organisé sur deux étages, la galerie nord ayant été détruite. La partie basse comme la galerie du second étage possèdent sept arcs d'un demi-point, totalement lisses, que soutiennent des piliers prismatiques décorés avec des pilastres toscans ; tous sont fermés avec des grilles. Les galeries de l'étage sont couvertes avec des voûtes en berceaux de bord de brique, couvertes au moyen d'un crépi de plâtre avec des dessins géométriques ; les différents tronçons sont séparés au moyen d'arcs d'un demi-point. Le haut étage était peut-être couvert de manière semblable ; aujourd'hui ce recouvrement est ruiné. Tout l'ensemble est très austère, lignes simples et pureté architectonique : volumes nets et absence de moulures. En fin, le classicisme de l’ordre de saint Jérôme est exécuté presque à ses extrémités. Autour du cloître se trouvent les principales dépendances du monastère, certaines sont totalement en ruines et d'autres très altérées par les restaurations. Dans l'aile orientale on trouvait la grande sacristie et un passage qui conduisait au potager ; au nord, le scriptorium et la bibliothèque et à l'ouest, le réfectoire, avec les cuisines. À l’étage se situaient les cellules des moines, et celle du prieur - utilisée aussi comme salle capitulaire – ainsi que le dortoir des novices. Dans la galerie occidentale on conserve les enfeus funéraires de plusieurs bienfaiteurs du monastère. En ce qui concerne son époque de construction, dans la porte qui donne à l'église il est noté la date 1681, et dans une des grilles des galeries celle de 1682. La chapelle Saint-Nicolas. Cette chapelle est le noyau originaire du complexe monastique. La tradition nous informe que San Juan d’Ortega, avec son frère Martín, l'ont terminée vers 1120, mais «"a teja vana y mui pobre"» (à tuile vaine et très pauvre). L'étroitesse et la pauvreté de cette chapelle a surpris Isabelle la Catholique pendant sa visite au monastère en 1477. La reine n'a pu que s'exclamer en la considérant : « "Que pobre cosa es esta capilla" » (Quelle pauvre chose est cette chapelle). Juan de Ortega, évêque d'Almeria, qui accompagnait la reine pendant ce voyage, lui aurait répondu : « "Si vuestra Alteza lo manda, yo la mandare hazer" » (Si votre Altesse le demande, je demanderai que ce soit fait). Et en effet, il a été ainsi fait, en outre il l’a dotée d’un retable. La nouvelle chapelle, qui a été conservée jusqu'à nos jours, est d'une seule nef rectangulaire, couverture de trois voûtes en berceaux, avec les armes, dans les clefs de voûte, des Rois Catholiques et celles de Juan de Ortega. La présence d’une grenade dans l'écusson royal fait penser que son exécution est postérieure à 1492. Au chevet se trouve le retable ainsi qu’un reliquaire de style baroque, œuvre du , présidé par l'image de saint Jérôme. La partie centrale est ornée avec deux reliefs de fin du ou début du : un représente saint Nicolas et san Juan de Ortega, et l'autre sainte Anne, la Vierge et l'Enfant. Les parties latérales sont ouvertes et laissent voir à l’intérieur de nombreux reliquaires et, dans les portes, des peintures de la Sainte Famille et autres saints. On conserve aussi deux grilles. Celle qui sépare la partie occidentale du chevet a été faite en 1547 sur commande de Juan de Tolède et son frère Manrique. L'autre, actuellement démontée, protégeait le baldaquin gothique de San Juan, don de Diego de Vargas, Secrétaire du Roi, en 1561. L’hospice. À l'ouest de la chapelle de saint Nicolas se trouve l'ancien "hôpital des pèlerins", construit à la fin du ou début du . Au il est mentionné dans la documentation du monastère comme hospice. On accède à l’intérieur par une porte voutée, dans la clef de voûte se trouve l’écusson des royaumes de Castille et de León, couronné par une mitre. Toute la façade est construite en maçonnerie, sauf la porte et les fenêtres qui, ordonnées dans deux étages, sont en pierre de taille. Les travaux pour l'installation de la pension actuelle ont transformé les diverses dépendances, mais dans certaines on conserve encore des colonnes originales. Ces dépendances sont organisées autour d'une petite cour de dix mètres de côté, sur deux étages. L'inférieur présente dans chaque côté deux arcs réduits qui reposent sur des colonnes cylindriques avec de simples chapiteaux à peine indiqués. L'étage supérieur montre des piliers semblables, maintenant unis par des grilles. Protection. Le monastère fait l’objet d’un classement en Espagne au titre de bien d'intérêt culturel depuis le . Le Pèlerinage de Compostelle. Sur le Camino francés du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Villafranca Montes de Oca ; la prochaine halte est : soit Agés à l'ouest, soit par une variante à plus grande circulation, Santovenia de Oca au sud-ouest.
J.J. Slauerhoff
Cul-de-Sac (Terre du Milieu) Cul-de-Sac ("" en anglais) est la demeure de Bilbon et Frodon Sacquet dans les romans de "Le Hobbit" et "Le Seigneur des anneaux". Elle se trouve sur la colline au nord de Hobbiteville. Histoire. Édifiée par le père de Bilbon, "Bungon", il s'agit d'une demeure luxueuse. Elle revient à Bilbon après la mort de son père, et celui-ci invite son jeune cousin et héritier Frodon à y demeurer. Après le départ de Bilbon, Frodon hérite de Cul-de-Sac, qu'il doit revendre lorsque Gandalf l'intime à fuir la Comté au plus tôt avec l'Anneau unique. Il achète alors une petite maison au Pays de Bouc et vend Cul-de-Sac aux Sacquet de Besace. Après le nettoyage de la Comté et la mort de Lothon Sacquet de Besace, Frodon reprend son trou de hobbit et fait de Sam Gamegie, l'ancien jardinier de la demeure, son héritier. Lorsque Frodon quitte la Terre du Milieu, Sam devient le seul occupant du smial, avec sa nombreuse famille. Noms. Le nom de la demeure en occidentalien, la Langue Commune, est "Labin-nec", de "labin" « sac », le nom entretenant les mêmes relations avec le nom de famille westron de Bilbo, "Labingi", qu'entre ' et '. Ces liens ont été conservés à la traduction. Analyse. suggère une filiation avec les trous de Crapaud et Blaireau dans "Le Vent dans les saules" de Kenneth Grahame (1908), une œuvre pour enfants connue et appréciée de Tolkien. Adaptations. a réalisé lui-même des dessins de Cul-de-Sac. D'autres illustrateurs s'y sont intéressés, comme John Howe, Alan Lee, Jef Murray ou Ted Nasmith. Cul-de-Sac apparaît dans les adaptations cinématographiques des livres "Le Hobbit" et "Le Seigneur des anneaux". Cul-de-Sac est un lieu de départ pour plusieurs jeux vidéo inspirés de la Terre du Milieu, comme "Bilbo le Hobbit" (2003), ou "" (2002). Il est aussi présent dans "Le Seigneur des Anneaux Online".
Point de divergence Dans le genre littéraire de l'uchronie, le point de divergence, parfois appelé événement divergent, est le moment où l'histoire réelle et l'histoire uchronique divergent. Comme exemples de points de divergence fréquemment employés dans les uchronies, mentionnons la mort précoce ou retardée d'un personnage historique, provoquant un retard dans les sciences, le changement du cours d'une guerre ; l'apparition d'un personnage n'ayant pas existé, qui prend la place d'un autre connu; une catastrophe inconnue ou différente dans notre histoire; une décision différente d'un personnage historique. Dans une citation célèbre, l'écrivain de science-fiction Isaac Asimov exprime comment le point de divergence met en évidence le caractère contingent de l'histoire : « Il y a tant d'occasions où le destin de l'humanité semble n'avoir dépendu de la survenue que d'un évènement singulier, lequel aurait pu advenir de cette manière ou d'une autre avec une égale probabilité ». Le point de divergence peut être évident et la divergence immédiate (dans "Resurrection Day" de Brendan DuBois, une décision différente dans la crise des missiles de Cuba mène à une guerre atomique immédiate), ou infime avec des effets à très long terme (dans "Un coup de tonnerre", nouvelle de Ray Bradbury puis film de Peter Hyams, un papillon écrasé au Mésozoïque change le résultat des élections américaines). Critères du point de divergence. Un moment essentiel. D'après les définitions, le point de divergence est un composant obligatoire dans une uchronie, car il marque la bifurcation par rapport à l'histoire véritable et l'entrée en uchronie. Stéphanie Nicot et Éric Vial se posent la question de savoir « si l'uchronie peut faire l'économie de l'évènement fondateur, et du récit – même succinct – de ce qui a mené d'une trame historique auparavant semblable à la nôtre à un monde différent de celui que nous connaissons ? ». Certains auteurs s'attardent sur cet évènement, d'autres l'évoquent subrepticement au cours du roman, d'autres encore ne l'évoquent même pas, mais il n'en reste pas moins présent sous une forme implicite. Pour Jacques Boireau, « le point de départ de l'uchronie est forcément pauvre car celle-ci s'appuie sur un temps connu de l'élève moyen en fin de scolarité primaire ». Même s'il est vrai que les points de divergence les plus souvent utilisés vérifient bien cette propriété (époque napoléonienne, Seconde Guerre mondiale, Empire romain, etc.), il faut toutefois prendre en compte que l'élève moyen en fin de scolarité primaire n'a pas les mêmes connaissances suivant sa nationalité. Une vision événementielle de l'histoire. Toujours dans ce même article, Boireau précise sa pensée : « L'auteur d'uchronie est contraint, par le public auquel il s'adresse, de choisir un moment connu, un moment essentiel de l'histoire. Un moment ou un personnage. L'histoire de l'uchronie est encore, contrainte et forcée, une histoire des grands hommes, une histoire événementielle ». En effet, d'après Éric B. Henriet, une grande majorité d'entre eux placent un grand homme, au premier rang desquels on retrouve très souvent Napoléon ou Adolf Hitler, au centre de leur point de divergence. Ainsi, comme le fait remarquer Denis Guiot, « basée sur l’événementiel et l'homme providentiel, l'uchronie est aux antipodes de la conception marxiste de l'Histoire qui considère le développement des forces productives comme la base du devenir historique ». Guiot fait bien d'opposer cette vision événementielle à celle marxiste. Cela évoque d'entrée les liens entre la manière d'écrire une uchronie et la manière d'appréhender l'Histoire. Imaginons une uchronie sur la Révolution française. L'auteur événementiel fera mourir Robespierre, Danton, Marat et Desmoulins jeunes ou, en tout cas, avant 1789, et utilisera ceci pour dire que la Révolution française n'a soit pas eu lieu, soit qu'en l'absence de leader, elle fut étouffée dans l'œuf. L'auteur marxiste opposera à ceci que le développement du commerce et de la bourgeoisie étant trop freiné par les institutions en place, la Révolution française aurait eu lieu de toute manière. Peut-être différemment, peut-être plus tard, peut-être en aurait-il fallu plusieurs, mais toujours l'absolutisme aurait toujours été renversé et une république ou une monarchie parlementaire lui aurait fatalement succédé. Comme le dit Paul Veyne : « en 1789, les intérêts de classe de la bourgeoisie victorieuse se heurtaient au manque d'un grand homme, mais le poids de ces intérêts étaient si grand qu'ils auraient de toute façon vaincu le frottement ; même si Bonaparte n'était pas né, un autre sabre se serait levé pour occuper son rôle ». Mais le marxisme est loin d'être la seule conception à dépasser la prééminence de l'événement dans l'historiographie. Déjà l'historien belge Pirenne faisait, entre les deux guerres, appel à la synthèse historique et à la perspective comparatiste. Mais c'est surtout l'école des Annales en France qui marqua le dépassement de l'histoire événementielle, et la redéfinition du concept de "fait historique", avec les œuvres de Fernand Braudel, puis de Marc Bloch et Lucien Febvre, et de leurs successeurs. Dans la vision événementielle, la liste des moments où l'histoire de l'humanité aurait pu devenir autre semble infinie. Cependant, comme le fait remarquer Eric B. Henriet, « l’événement fondateur doit être crédible » Stéphanie Nicot et Eric Vial enfoncent le clou : « les événements susceptibles de changer en profondeur la face du monde ne sont finalement pas aussi nombreux qu'on pourrait le croire ». Effectivement, choisir de faire triompher Napoléon à la bataille de Waterloo ou Lee à la bataille de Gettysburg et dire que cela suffit pour justifier de la victoire finale du Premier Empire ou des États confédérés d'Amérique ne répond pas à la demande de crédibilité. Louis Geoffroy ne s'y trompe pas. Dans son "Napoléon et la conquête du monde, 1812-1832", il ne tombe pas dans le piège classique de transformer Waterloo en une victoire française. Il préfère faire diverger l'histoire juste avant la Bérézina et est plus « crédible » quand il explique qu'avec une campagne de Russie victorieuse, Napoléon se retrouvant avec l'Angleterre comme seule ennemie, peut assurer la pérennité de son Empire, même si la crédibilité n'était pas l'objectif premier de Geoffroy. "Alexandra" de Vladimir Volkoff et Jacqueline Dauxois choisit clairement l'option de l'homme providentiel. Leur point de divergence est l'assassinat de Lénine, encore en Suisse. La révolution bolchévique ne peut pas avoir lieu sans celui qui la symbolise, et le tsar Nicolas II parvient à amener l'Europe à la paix sans passer par le traité de Versailles. Les auteurs usent alors d'un subterfuge, et le roman fait un bond en avant de plusieurs décennies pour retrouver une Russie ultralibérale, ultracapitaliste, corrompue et décadente. Le roman se contentant ensuite de raconter l'histoire d'Alexandra, jeune tsarine qui lutte pour redonner son âme à la Sainte Russie. Un autre exemple d'uchronie évènementielle est la nouvelle "Lucky Strike" de Kim Stanley Robinson. Opposant résolu au Ronald Reagan au début des années 1980 et des sursauts de la Guerre froide, à ses aventures en Amérique centrale et à son militarisme, Kim Stanley Robinson imagine un monde où le colonel Paul Tibbets et son équipage se tuent lors d'une mission d'entraînement, quelques jours avant le bombardement d'Hiroshima. Le bombardier de l'équipage remplaçant, Frank January, se refuse au dernier moment d'appuyer sur le bouton de largage et lâche finalement la bombe A sur une zone désertique. Le Japon capitule néanmoins devant la démonstration de force, mais le pilote est fusillé pour trahison. L'aumônier qui l'assiste, convaincu, construit un mouvement pacifiste international qui permet un désarmement total de l'Est à l'Ouest. Dans une de ces nouvelles, "Un coup de tonnerre", Ray Bradbury pousse à l'extrême le principe de l'uchronie évènementielle. Cette nouvelle ne répond pas aux critères des puristes pour être considérée comme une véritable uchronie puisqu'on y trouve un voyage dans le passé, mais il convenait de la signaler en vertu de sa qualité illustrative de la vision évènementielle de l'histoire. Des chasseurs du retournent dans les temps préhistoriques pour y traquer le dinosaure. De multiples précautions sont prises, car comme l'explique le guide, faisant sienne la théorie du chaos : « Supposons que nous tuons accidentellement une souris ici. Cela signifie que nous détruisons en même temps tous les descendants futurs de cette souris. Et tous les descendants des descendants des descendants de cette souris aussi. Qu'arrivera-t-il alors des renards qui ont besoin de ces souris pour vivre ? Privé de la nourriture que représentent dix renards, un lion meurt de faim. Un lion de moins et toutes sortes d'insectes, des aigles, des millions d'êtres minuscules, sont voués à la destruction. Et voici ce qui pourrait arriver cinquante-cinq millions d'années plus tard. Un homme des cavernes va chasser, pour se nourrir, un sanglier ou un tigre. Mais vous, vous avez détruit tous les tigres de la région. Et l'homme des cavernes meurt de faim. Et cet homme n'est pas un homme parmi tant d'autres. Non, il représente toute une nation à venir. C'est comme si vous égorgiez un des petits fils d'Adam. Le poids de votre pied sur une souris peut déchaîner un tremblement de terre dont les suites peuvent ébranler, jusqu'à leurs bases, notre planète et nos destinées ». Malgré ces avertissements, un chasseur imprudent écrasera un papillon. À leur retour, en 2055, les résultats des élections présidentielles qui se sont déroulées quelques jours avant leur départ, s'en retrouvent changés. Un évènement consensuel ? Stéphanie Nicot et Eric Vial mettent en avant un autre critère de sélection pour ces points de divergence. « À moins de vouloir faire œuvre de combat, l'auteur doit choisir des évènements sur lesquels il s'est formé un large consensus (par exemple la Seconde Guerre mondiale) ou pour lesquels les passions se sont quelque peu éteintes (l'assassinat d'Henri IV ou celui de Jules César). À partir de là, aucun développement ne choquera le lecteur. Essayez en revanche d'écrire une uchronie sur la guerre d'Algérie, sur Vichy ou sur la Révolution française, et vous aurez manifestement un pamphlet, un livre à thèse, ou du moins, une œuvre militante ». Concernant la première hypothèse, il faudra attendre vingt-cinq ans pour voir arriver un magnifique contre-exemple, avec "Rêves de gloire" de Roland C. Wagner. Cette citation élève quelques remarques. Premièrement, il croit que l'uchronie, selon Nicot et Vial, ne doit pas être militante et ne doit pas choquer son lecteur. Ensuite, on ne peut s'empêcher aussi de noter qu'une uchronie sur le régime de Vichy, qui est donc un sujet à éviter, serait aussi une uchronie sur la Seconde Guerre mondiale, sujet consensuel. En poussant plus loin la lecture de cet article, on comprend ce que les deux auteurs ont voulu dire : que cela serait moins choquant de faire tenir des propos fascisants à Jules César qu'à Jean Moulin. Concluant sa réflexion sur le sujet, Eric B. Henriet, et reprenant ce critère consensuel, propose cette petite liste : « Pour faire une bonne uchronie, l'évènement fondateur doit être : primo, facilement reconnaissable du lecteur moyen, secundo, crédible, tertio, consensuel. Mais ce n'est pas tout. Encore faut-il qu'il permette à l'auteur des développements intéressants ». Un évènement intéressant. Bien que cet impératif d'intérêt soit évident "a posteriori", il faut que l'évènement fondateur génère un monde intellectuellement attrayant pour le lecteur. Une infinité de mondes alternés peuvent être créés, certains dont le seul point divergent serait le code d'entrée de l'immeuble de mon boulanger. Il est clair que, uchroniquement parlant, ce monde-là n'a que peu d'intérêt. De toute façon, il n'entrerait pas dans cette définition car il a été demandé au récit uchronique de s'intéresser substantiellement à la nouvelle histoire et à ses conséquences. Introduction du point de divergence. Absence de mention de point de divergence. Une nouvelle, très courte, ceci expliquant sans doute cela : "L'Anniversaire du Reich de mille ans" de Jean-Pierre Andrevon. Le titre est explicite quant au contenu uchronique de ce récit. Puisque l'action de la nouvelle se déroule lors du millième anniversaire du Troisième Reich et que celui est plusieurs fois signalé comme mondial, on comprend implicitement que les nazis ont remporté la Seconde Guerre mondiale et imposé leur régime au monde entier, mais il n'est jamais fait allusion à ce qui a bien pu provoquer ce changement, par rapport à l'histoire que nous connaissons. Introduction du point de divergence dans le prologue ou la préface. Certains auteurs ont choisi d'annoncer leur histoire différente dès le début. Keith Roberts dans "Pavane" le fait dans le prologue de son roman : Dans une autre nouvelle de Robert Silverberg, éditée dans le même recueil que "Légendes de la forêt veniane", "Tombouctou à l'heure du Lion", l'auteur reprend la même technique que celle de Roberts et va même plus loin en expliquant dans la préface le principe de l'uchronie en plus d'y introduire son évènement fondateur : Les choses ont le mérite d'être claires. Le point de divergence est rapidement évoqué (la Peste Noire plus dévastatrice), ainsi que ses conséquences toujours aussi rapidement. Le contexte de son uchronie bien planté, Silverberg peut commencer son récit. Mais cela ne le prive pas de rappeler plusieurs fois dans son livre la géopolitique de ce monde parallèle. En plus de faire découvrir la réalité de son uchronie non évènementielle, Silverberg, dans cet avant-propos, avait donné différents procédés d'introduction du point de divergence. Le point de divergence introduit par un personnage omniscient. Dans ce roman, le héros, un anglais du nom de Dan Beauchamp, quitte Londres que tout le monde appelle toujours New Istanbul, pour aller tenter sa chance dans le royaume aztèque. Une fois au Mexique, il rencontre un conseiller du roi, nommé Quéquex. C'est lui qui explique à Dan Beauchamp et au lecteur, le principe de la "Porte des mondes", qui donne son nom au roman. Quéquex explique l'histoire telle que nous la connaissons à Dan Beauchamp. Celui-ci s'étonne toujours. « J'essayais de saisir dans son ensemble cette vision déformée de l'Histoire : l'Europe assez puissante pour battre les Turcs et lancer des bateaux sur les mers. Je savais ce que l'Europe avait été en réalité au début du : un pays morne et désolé, converti de force à l'Islam, gémissant sous l'oppression des Turcs. En 1500, Londres comptait environ six mille habitants, comment un pays aussi misérable aurait-il pu équiper des navires qui traversent les mers ? ». Ce qui est particulièrement intéressant ici est que Silverberg évoque à la fois la possibilité d'une uchronie évènementielle (le paysan et le jaguar) et d'une uchronie marxiste (la Peste noire). Omniprésence du point de divergence. Beaucoup d'uchronies présentent leur point de divergence subrepticement. Les informations y sont annoncées sur le ton de l'évidence, exactement comme n'importe quel roman réaliste postule la connaissance du monde où il se déroule et n'éprouve pas le besoin d'en établir la généalogie. Certain points de divergence sont d'ailleurs flous, non précisés ou apparemment multiples. La nouvelle "Der des ders" de Jean-Jacques Régnier part d'une découverte technique non précisée relative à l'énergie électrique, qui implique l'échec de l'attentat de Sarajevo, et un déroulement très différent de la première Guerre mondiale, aboutissant cependant à une seconde guerre mondiale apparemment semblable à celle de l'histoire réelle. À l'inverse, d'autres textes sont constitués à 99 % par le point de divergence en lui-même, de ses justifications et des conditions qui ont pu amener l'histoire à devenir différente. "Ponce Pilate" de Roger Caillois est à signaler dans ce domaine. Des cent cinquante pages du livre, cent quarante-sept sont consacrées aux différents évènements, aux considérations du procureur romain Ponce Pilate, aux conseils de ses amis, aux pressions qui pèsent sur lui, à tout le cheminement qui va l'amener à libérer le Christ. Seules les trois dernières pages évoquent les conséquences de ces actes. La nouvelle de Kim Stanley Robinson, "Lucky Strike", est, elle aussi, constituée presque intégralement par le point de divergence. La mort du colonel Paul Tibbets y est certes rapidement évoquée, mais c'est surtout les états d'âme et les réflexions de son successeur qui y sont analysées. On retrouve les mêmes préoccupations que pour Caillois. Leur parti pris était de faire changer le destin de l'humanité par les actes d'un seul homme. Ils ont choisi deux voies différentes. Caillois a gardé l'homme de l'histoire, Ponce Pilate, mais l'a fait évoluer différemment pour arriver à un autre résultat que celui connu. Kim Stanley Robinson fait mourir l'homme en question et le remplace par un autre, justifiant en cela, par la différence de sensibilité, de caractère, d'humanisme, de visions des deux hommes, le fait que l'histoire prenne un tournant différent. On vient de voir comment les uchronistes introduisaient leur point de divergence. On peut avoir l'impression qu'ils sont à la fois variés et présentés de manière différente. Mais finalement, sur leur contenu, ils n'offrent pas une si grande variété que cela. Thématiques du point de divergence. Des thèmes récurrents. Eric B. Henriet s'est en effet livré à un petit recensement des thèmes à la mode en Uchronie. En voici la liste : Un évènement domine largement les autres : la Seconde Guerre mondiale, qui, selon Henriet, constitue à elle seule, le thème du quart des récits uchroniques publiés à ce jour. Dans une perspective pessimiste, la victoire des nazis est une hypothèse très utilisée. TV Tropes parle d'une « Loi de Godwin du voyage dans le temps », qui veut que la victoire des nazis est le résultat le plus probable de presque toute modification du passé. Jacques Van Herp explique l'émergence de quelques thèmes récurrents en ces termes : « Il faut au lecteur un minimum de connaissances pour entrer dans le jeu. L'Histoire peut pirouetter à chaque instant, encore que certains évènements semblent d'un plus grand poids. Mais le lecteur a-t-il la perception de leur importance ? Les connaît-il seulement ? Combien, en 1980, savent lier l'arrêt de la progression mongole en Europe avec la mort de l'Empereur à Pékin ? Combien, d'ailleurs, savaient que ces cavaliers des steppes avaient, en 1241, conquis la Russie, écrasé les armées de Pologne et de Hongrie, le tout en trois ans ? Que la Russie allait rester vassale pendant deux siècles ?… Et c'est sans doute pourquoi, en général, tout comme le roman de cape et d'épée a ses époques de prédilection, le roman uchronique se cantonne dans quelques périodes, toujours les mêmes ». Des sous-thèmes. Il faut noter aussi l'absence totale d'uchronies sur la guerre du Viêt Nam (avec des exceptions comme "Watchmen" et "Retour vers le futur 2") et sur celle d'Indochine. Pourtant, «" Điện Biên Phủ devrait inspirer autant que Gettysburg" », note Henriet. Peut-être il y a l'influence du critère consensuel de Nicot et Vial. La Guerre russo-japonaise de 1905 est totalement absente des uchronies, pourtant les développements possibles sur ce thème sont impressionnants : conquête par la Russie du Japon et de son empire colonial, établissement d'un protectorat russe sur la Chine du nord, puissance industrielle russe largement accrue entraînant sa prospérité économique, émergence d'une importante classe moyenne favorisant l'évolution vers une monarchie parlementaire, non-participation de la Russie à la Première Guerre mondiale, pas de prise de pouvoir par les bolcheviks, etc. Les thèmes médiévaux sont presque absents bien qu'ils soient passionnants : l'on pourrait imaginer les conséquences de la mort prématurée de Saladin, la continuation de l'alliance des princes chrétiens de la péninsule ibérique après la bataille de Las Navas de Tolosa, la défaite française à Bouvines, ou encore, dans le haut Moyen Âge, le triomphe de l'arianisme et la domination des Wisigoths sur toute l'Europe en lieu et place de l'Empire carolingien… Même dans le thème favori que constitue la Seconde Guerre mondiale, certains évènements ne sont pas encore exploités : par exemple une possible attaque massive franco-britannique dès octobre 1939 dans la Sarre, ou le succès de la contre-offensive allemande lors de la bataille des Ardennes (hiver 1944-45). Sa relation avec le temps du récit. Le temps du récit doit-il être proche de l'évènement divergent ? Outre l'évènement divergent, une autre date est importante dans une uchronie, celle du temps du récit. Eric B. Henriet se pose la question : « Ces deux dates doivent-elles être nécessairement rapprochées dans le temps ? Autrement dit, pour décrire de manière crédible un monde alterné à partir d'un point de divergence donné, jusqu'où dans le futur de ce point est-il raisonnable d'imaginer le développement alterné de l'histoire ? ». À cette question ont tenté de répondre Raymond Iss et Stéphanie Nicot, lors de la conférence « SF et Histoire », aux "Galaxiales" de Nancy, le . Les deux auteurs prétendent que ces deux dates ne doivent pas être distantes de plus de vingt ou trente ans. « L'amateur d'uchronie attend de l'auteur, disent-ils, un minimum de tenue de son scénario. Il ne peut pas se permettre n'importe quoi, comme d'écrire simplement que la civilisation romaine ne s'est pas écroulée et que, longtemps après, un certain général Napoléonus conquiert, pour la plus grande gloire de Rome, les terres slaves ». Des contre-exemples. Pourquoi se limiter à quelques décennies, comme le proposent les deux auteurs ? Charles Renouvier livre une uchronie en tout point crédible à la lecture, alors que son action se déroule sur des siècles. Certes, il y fait preuve d'un souci du réalisme assez poussé, il n'y dit pas « n'importe quoi » comme dans l'exemple d'Iss et de Nicot, mais cette crédibilité est due avant tout à sa virtuosité en tant qu'uchroniste. En effet, Renouvier s'intéresse à des domaines aussi variés que l'évolution des mentalités, l'économie, la religion, la politique. Bon nombre de digressions uchroniques dans le livre ne participent pas à ce que nous appellerons l'intrigue principale. De plus, il ne se permet aucun raccourci comme celui de Napoléonus. Tout ceci concourt à faire de l'uchronie séculaire de Renouvier une uchronie bien plus réaliste que certaines, pourtant décennales, mais moins bien écrites. De fait, elle infirme donc la position d'Iss et de Nicot. De plus, une nouvelle comme celle de Ray Bradbury, "Un coup de tonnerre", qui ne se cache pas d'être une farce, qui peut faire réfléchir, mais une farce avant tout, joue de ces raccourcis et autres facilités, mais c'est justement ce qui fait sourire. L'uchronie ne doit pas toujours être sérieuse ou enseigner les mécanismes de l'histoire mais peut aussi faire sourire. De même, six siècles séparent l'évènement divergent (la grande Peste de 1348) du temps du récit (1960) dans "La Porte des mondes", de Robert Silverberg. On n'imagine mal l'intérêt d'écrire un roman se situant vingt ans après l'épidémie européenne qui, chez Silverberg a été trois fois plus dévastatrice. Les répercussions d'un tel évènement se calculent sur le long terme, au moins pour ce qui est des continents non-européens. Silverberg, plaçant son uchronie au Mexique, dans l'empire aztèque, ne pouvait pas décemment la situer en 1368. De plus, c'est sans doute l'une des uchronies les plus exotiques qui existe, en partie à la distance prise entre le temps du récit et celui de l'évènement divergent. Une autre uchronie de Silverberg, Roma Æterna, présente en fait une dizaine de récits sur plus de mille ans, qui permet de se rendre compte de l'évolution de l'histoire alternative.
Méline (prénom) Méline est un prénom féminin. Ce prénom était resté rare et presque exclusivement en Grèce. Lorsque la notoriété internationale de l'actrice grecque Melina Mercouri (1925-1994) le fit connaître dans le monde entier, il se répand dans de nombreux pays, dont la France. L'attribution de ce prénom connait au début du . Variantes. "Orthographe voisine" : Mélyne, Mayline Les Méline célèbres. Mythologie. Héraclès signe son premier exploit en tuant le terrible lion de Cithéron. Thespios décide de loger le héros pendant cette traque et de mettre chaque soir une de ses filles dans son lit sans que ce dernier ne s'aperçoive de la supercherie. De ces unions naquirent les cinquante Thespiades, futurs colonisateurs de la Sardaigne. Le fils de Méline se nomme Laomedon. De cet épisode, Gustave Moreau peindra "Les filles de Thespius" en 1853.
Gilbert Aubry Guillaume Marie-Jean Gilbert Aubry, dit Gilbert Aubry, né le à Saint-Louis de La Réunion, est un ecclésiastique catholique français. Il est l'actuel évêque de La Réunion et l'un des poètes et chanteurs de cette île du sud-ouest de l'océan Indien. Il était le plus jeune évêque de France à sa nomination en 1976 et est aussi le premier évêque réunionnais issu du clergé local. Son mandat est marqué par deux affaires de pédophilie impliquant des prêtres de son diocèse, au cours desquelles il est amené à témoigner. Sa poésie est marquée par une réflexion sur l'émigration réunionnaise en France métropolitaine. Biographie. Formation. Après être entré au séminaire de La Croix-Valmer, il a poursuivi sa formation à l'Université pontificale grégorienne où il a obtenu une licence en philosophie et une autre en théologie. Principaux ministères. Ordonné prêtre le , il a exercé son ministère sacerdotal comme aumônier d'étudiants et de mouvements. Il a par ailleurs été animateur de l'Association réunionnaise d'éducation populaire et journaliste à Croix-Sud. Nommé évêque du diocèse de Saint-Denis de La Réunion le , il a été consacré le . Il préside la Conférence épiscopale de l'Océan indien, succédant à Maurice Piat, évêque du diocèse de Port Louis. Il est par ailleurs membre de la Commission pontificale pour la conservation du patrimoine artistique et historique de l’Église au Vatican. Affaires de pédophilie. Affaire Michel Tual. En , il est entendu en tant que simple témoin par le juge d'instruction Jean-Pierre Niel chargé du dossier de Michel Tual, prêtre pédophile qui sera condamné à 5 ans de prison le . À la suite de cette audition, l'évêché s'est constitué partie civile dans cette affaire. Affaire Jacky Hoarau. En avril 2012, l'ancien curé de Sainte-Marie, Jacky Hoarau, est condamné à huit ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur un enfant de chœur de 14 ans, de mai 2007 à juin 2008. Il était atteint du SIDA au moment des faits. Entendu lors de l'enquête et au procès, Gilbert Aubry, son supérieur à l'époque, reconnait qu'il savait que le prêtre était séropositif et homosexuel. Prises de position. Droit à la vie. En 2008, il soutient la de la Marche pour la vie, manifestation parisienne pour la défense de la vie et contre l'avortement. Il écrit ainsi que ""la vie humaine est une vie humaine dès le premier instant de la conception dans le sein maternel. C’est toute la personne humaine qui est déjà dans la première cellule, dans l’embryon puis le fœtus. Cet être humain sans défense a le droit de mûrir, de naître et de vivre"." Il ajoute en outre qu'""il y a un droit des femmes en détresse à être soutenues et aidées pour échapper aux contraintes qui peuvent les conduire à ne voir d’autre issue à leur situation que l’avortement. L’avortement est toujours un drame pour la femme concernée, pour l’être humain détruit, pour la société"." Euthanasie. En , Gilbert Aubry réagit à la demande de légalisation de l'euthanasie formulée par Chantal Sébire. Il déclare à un journal réunionnais que ""la plus grande aide que l’on puisse apporter n’est pas de faire mourir, mais d’aider humainement et spirituellement à mourir en paix avec soi-même, avec les autres et avec Dieu". Il affirme en outre que "la souffrance la plus grande est généralement l’abandon affectif des siens, ce qui rend la souffrance physique terrible et enlève l’envie de vivre"".
Décret sur la création du Tribunal révolutionnaire Le décret de création du Tribunal révolutionnaire est édicté par la Convention nationale le , malgré les protestations des Girondins, et institue ce tribunal extraordinaire qui prend le nom de Tribunal révolutionnaire. Le discours de Danton. Le , lorsque le président entreprend de lever la séance à , Georges Danton s'y oppose : il réclame l'adoption immédiate des . Invoquant notamment les dangers d'une justice expéditive par le peuple, il s'écrie : En réponse, une voix l'interrompt : , invoquant ainsi les 1792 à Paris, et ceux du 9 septembre à Versailles, une série d'exécutions sommaires commises par des foules au début de ce mois-là. Georges Danton saisit l'argument au vol. Selon lui, s'il y avait eu un tribunal révolutionnaire, il n'y aurait pas eu que l'on reproche . : cette phrase de Georges Danton a fait de lui, pour la postérité, le créateur du Tribunal révolutionnaire. Le soir du , malgré les protestations des Girondins, la Convention nationale décrète la création de ce tribunal criminel extraordinaire. Fonction du Tribunal révolutionnaire. La juridiction de ce tribunal s'étend à . Comme le tribunal extraordinaire du , il n'y a pas d'appel et ni de cassation. La Convention, qui nomme juges et jurés, est seule habilitée à traduire les prévenus devant le tribunal par un décret d'accusation. Un an plus tard, le , ce tribunal condamne Georges Jacques Danton à mort. Source. Original du décret sur Gallica :
Hippolyte (fils de Thésée) Dans la mythologie grecque, Hippolyte (en grec ancien / , d' / , « le cheval » et de / , « délier », donc « dont les chevaux sont déliés, courent à bride abattue ») est le fils que Thésée a eu d'Antiope ou d'Hippolyte selon les versions, toutes deux étant reines des Amazones. Étymologie et origine du mythe. Son nom est probablement l'hypostase d'un syntagme « à l'heure où l'on dételle les chevaux », une désignation de la Lune et sa légende serait le reflet d'un ancien mythe lunaire. Mythologie. Hippolyte est remis à sa naissance à sa grand-mère paternelle Éthra de Trézène, dont le père Pitthée, qui est reconnu pour sa sagesse, l'élève tandis que Thésée se remarie quelque temps plus tard avec Phèdre. Hippolyte voue un culte particulier à Artémis mais Aphrodite, jalouse de cette adoration et vexée de le voir mépriser l'amour, décide de se venger : elle rend Phèdre, sa belle-mère, amoureuse de lui. Étant repoussée, Phèdre se suicide de désespoir, en laissant à son mari une lettre dans laquelle elle accuse Hippolyte de lui avoir fait violence. Selon Pierre Grimal, Phèdre, de peur qu'Hippolyte ne révèle tout à Thésée, accuse Hippolyte d'avoir essayé de la violenter et ne se tue qu'en apprenant la mort d'Hippolyte. Thésée, prêtant foi à la révélation de Phèdre, maudit Hippolyte et le chasse de la cité. Il demande à Poséidon, qui lui doit trois vœux, de tuer son fils. Hippolyte part en exil sur son char le long de la côte de Trézène. Il voit alors sortir de l'écume blanche des flots un monstre à forme de taureau et de serpent qui affole les chevaux. Incontrôlables, ceux-ci s'emballent et traînent Hippolyte sur les rochers où il trouve la mort. Selon Ovide, à la demande d'Artémis, Asclépios rend la vie au jeune homme. Artémis va chercher ce dernier aux Enfers en se couvrant d'un nuage et conduit alors Hippolyte en Italie, dans son sanctuaire d'Aricie au bord du lac de Némi et change son nom en Virbius (« deux fois homme »). Il devient roi, dans le Latium près du lac de Némi où il institue le culte de Diane Aricine (Artémis). Selon Pierre Grimal : « Il est identifié au dieu Virbius et passe pour être le compagnon de Diane ». Les habitants de Trézène rapportent qu'Hippolyte est devenu la constellation du Cocher. Les jeunes filles lui dédient une boucle de leur chevelure, à leur mariage. Thésée, devenu veuf, chercha une femme digne de sa naissance et choisit une fille de Zeus. Plusieurs auteurs comme Virgile, Philostrate, ou encore Racine évoquent un lien entre Hippolyte et Aricie.
Château de Chaumont-sur-Loire Le château de Chaumont-sur-Loire se trouve en Loir-et-Cher, sur les bords de la Loire, entre Amboise et Blois, en France. Il fait l’objet de classements au titre des monuments historiques par la liste de 1840, ainsi qu'en 1937 et 1955. Il accueille chaque année, dans ses jardins, le Festival International des Jardins. Histoire. Au , Eudes, comte de Blois, fait construire une forteresse pour protéger la ville de Blois contre les attaques des comtes d'Anjou. Dans ces luttes acharnées, un hardi batailleur du comte Eudes II, Gilduin de Saumur surnommé le Diable de Saumur, fit tant remarquer son zèle en luttant contre le comte d'Anjou Foulques Nerra, qu'Eudes II de Blois le récompensa en lui donnant le château de Chaumont. Sa petite-nièce, Denise de Fougères (fille de Frangalo de Fougères selon des généalogies : cf. le site MedLands) ou de Pontlevoy, ayant épousé en 1039 Sulpice d'Amboise, le château passe dans la famille d'Amboise pour cinq siècles. Louis XI ordonne en 1465 de brûler et de raser Chaumont pour punir Pierre d'Amboise de s'être révolté contre le pouvoir royal lors de la « Ligue du Bien public ». Rentrée en grâce, la famille d'Amboise est autorisée à reconstruire le château. C'est son fils Charles d'Amboise qui l'entreprend de 1469 à 1481 en édifiant notamment l'aile nord, faisant face à la Loire, aujourd'hui disparue, et l'aile ouest, encore existante. La porte d'entrée précédée d'un double pont-levis est enserrée par deux grosses tours rondes, massives, dotées de mâchicoulis et de chemins de ronde. Contrairement à l'usage, le donjon central est abandonné au profit de la tour ouest, dite tour d'Amboise, destinée à planter l'étendard du seigneur des lieux. Des traces dans le mur intérieur de l'aile ouest indique qu'une galerie de charpente désservait les pièces de l'étage depuis la cage d'escalier. De 1498 à 1510, Charles II de Chaumont d'Amboise, assisté par son oncle, le cardinal Georges d'Amboise, ministre de Louis XII, poursuit la reconstruction dans le style Louis XII déjà marqué par la Renaissance tout en conservant la même allure générale fortifiée. C'est alors que sont élevées les ailes est et nord, qui viennent fermer le quadrilatère. Le 31 mars 1550, la reine Catherine de Médicis achète à la famille d'Amboise le château pour la somme de cent vingt mille livres. À la fin de 1559, peu après le décès accidentel d'Henri II, Catherine de Médicis, qui possède le château depuis 1550, l'échange à sa rivale Diane de Poitiers, maîtresse du défunt roi, contre celui de Chenonceau. À la mort de Charlotte de La Marck, petite-fille de Diane (1594), le château est hérité par son époux, Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, qui le revend à un fermier général des gabelles nommé Jean Largentier. Profitant de l'arrestation de Largentier pour fraude et du droit lignager de sa femme Isabelle de Limeuil, le gentilhomme lucquois Scipion Sardini, devenant baron du lieu, puis ses fils, acquièrent le château et le conservent de 1600 à 1667. À cette date, le château passe par alliance aux seigneurs de Ruffignac, famille périgourdine. Le duc de Beauvilliers (devenu duc de Saint-Aignan à la mort de son père) l'achète à cette famille en 1699. Le château retrouve son faste passé et accueille même en 1700 le duc d'Anjou qui cheminait vers l'Espagne pour s'y asseoir sur le trône. À la mort du duc, une de ses filles en hérite et l'apporte à Louis de Rochechouart, duc de Mortemart, prince de Tonnay-Charente, son époux. Ce dernier, grand joueur, contracte des dettes et doit s'en séparer. Il est vendu en 1740 à un maître des requêtes ordinaires de Louis XV, Nicolas Bertin de Vaugyen, qui fait certaines modifications, dont l'ouverture sur la Loire, en abattant le corps de logis qui fermait la cour. En 1750, Chaumont passe à un maître des eaux et forêts, Jacques-Donatien Le Ray, futur intendant des Invalides, qui y fonde une célèbre manufacture de produits céramiques. Benjamin Franklin y séjourne et obtient même de son hôte l'envoi d'un navire chargé de munitions destinées aux indépendantistes américains. Après sa mort, son fils tente même de fonder, sans succès, une colonie et une ville sur les bords de l'Ohio qui avait été baptisée Chaumont. En 1810, Madame de Stael, exilée, s'installe au château pendant les aventures de monsieur Le Ray, fils, aux États-Unis. Monsieur Le Ray avait fait de Chaumont une manufacture, le château devient une ferme après sa cession en 1829 à un certain monsieur d'Etchegoyen. Des restaurations commencent avec le comte d'Aramon qui l'acquiert en 1834 (mort en 1847) et se poursuivent avec le vicomte Walsh qui épouse sa veuve. Marie Say en devient propriétaire en 1875 à l'âge de 17 ans. Elle épouse peu après Amédée de Broglie (fils d'Albert de Broglie). Ils font aménager de luxueuses écuries et un parc paysager à l'anglaise. L'édification en 1877 de ces écuries somptueuses est confiée à l'architecte Paul-Ernest Sanson, également chargé par le prince Henri Amédée de Broglie et son épouse Marie de la restauration complète du château. L'architecte fait le choix d'un ensemble en brique et pierre. Les écuries de Chaumont sont représentatives de ce que la noblesse fortunée fait construire à la fin du pour abriter ses chevaux. Elles sont considérées à l'époque comme les plus luxueuses d'Europe, bénéficiant alors d'un éclairage électrique à arc, en même temps que l'Opéra Garnier et l'hôtel de ville de Paris. Pendant quarante ans, le château connaît une époque fastueuse durant laquelle les Broglie donnent fêtes et réceptions, en menant une vie luxueuse. Le « krach Crosnier » de 1905 amoindrit les revenus du patrimoine de la princesse, puis veuve en 1917 d'Henri Amédée de Broglie, elle se remarie avec le prince Louis-Ferdinand d'Orléans, infant d'Espagne. Cet époux volage et peu scrupuleux achève de dilapider la fortune de la princesse. En 1938, le château de Chaumont est cédé à l'État pour 1 800 000 francs, qui l'affecte au service des Monuments historiques. Le château au. Le château de Chaumont-sur-Loire accueille chaque année dans ses jardins le Festival International des jardins. Le château et le festival forment le Domaine de Chaumont-sur-Loire, propriété de la région Centre-Val de Loire et leurs programmations culturelles deviennent complémentaires ; le parc bénéficie du label Jardin remarquable. Évocations artistiques. En littérature. Honoré de Balzac, dans son roman "Sur Catherine de Médicis" (1842), montre Diane de Poitiers recevant le château de Chaumont des mains de Catherine de Médicis, en échange du château de Chenonceau que Diane avait offert à la reine. Fréquentation. Le château de Chaumont est le château de la Loire le plus fréquenté en Loir-et-Cher, derrière le château de Chambord, le château de Cheverny et le château de Blois.
Chaumont sur loire
Isabelle Olive Isabelle Olive est une athlète française, née le , adepte de la course d'Ultrafond, championne d'Europe des en 1995 et championne du monde des par équipe en et . Biographie. Isabelle Olive est licenciée au club de Earp Romans puis au CS Bourgoin-Jallieu. Son successeur national fut Martine Cubizolles sur la scène internationale.
Hippolyte Sebert Hippolyte Sebert, né à Verberie le et mort le à Paris, enterré à Verberie, est un scientifique, général d'armée français et espérantiste. Il était cofondateur de l'Office International de Bibliographie (OIB), devenu plus tard l'Institut International de Bibliographie. Hippolyte Sebert est également un grand défenseur de l'espéranto , dont il préside un temps la fédération française. La bibliothèque historique de Espéranto-France située à Paris porte son nom . Biographie. Carrière militaire. La première partie de la vie d'Hippolyte Sebert est marquée par l'orientation militaire. Après des études à Douai, il entre à l'École Polytechnique en 1858. Il en sort en 1860 comme officier d'artillerie de marine et il est envoyé à Toulon. Il conçoit alors des appareils de mesure de déformation pour la construction des canons. Il séjourne ensuite en Nouvelle-Calédonie de 1866 à 1870 à la tête de la Direction de l'Artillerie de Marine, où il s'intéresse aux propriétés mécaniques des arbres. Il répertorie de nouvelles espèces botaniques auxquelles il attribue son nom dans diverses régions. Pendant la guerre de 1870, il participe à la défense de Paris dans la Armée. Devenu aide-de-camp du général Frébault, il participe avec lui à la bataille de Champigny. Il est nommé commandeur de la Légion d'honneur en 1888. Il réalise de nombreuses recherches concernant la balistique et la mécanique des canons et dirige le laboratoire central de l'artillerie de marine. Il étudia avec son ami Pierre-Henri Hugoniot des recherches sur les détentes gazeuses qui accompagnent la détonation d'un canon. Il est promu au grade de général de brigade en 1890. En 1904, le général Sebert fut l'un des acteurs de la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus : il préside la commission de quatre généraux chargée d'étudier le fameux , et conclut que celui-ci ne peut avoir été rédigé par un officier d'artillerie. Carrière scientifique et documentaire. Après sa retraite militaire, sa carrière scientifique s'affirme. Il devient ingénieur-conseil puis administrateur délégué de la Société des forges et chantiers de la Méditerranée. Il est élu membre de l'Académie des sciences (section de mécanique) en 1897, succédant à Aimé-Henry Résal. Il anime le bureau bibliographique de Paris (BBP) dès 1898. Cette institution est étroitement liée à l'office international de bibliographie (OIB), fondé en Belgique dès 1895 par Paul Otlet, Henri La Fontaine et Hyppolyte Sebert dont le dernier était le vice-président. Plus tard, l'OIB devient linstitut international de bibliographie (IIB). La coopération entre Paul Otlet et Hippolyte Sebert est étroite et permanente, ainsi qu'entre Hyppolyte Sebert et Henri La Fontaine, comme en témoigne leur correspondance entre 1898 et 1921 et une déclaration lors d'une réunion au BBP. Manifestement, ces hommes partageaient le même idéal internationaliste et dans ce but défendaient la diffusion de la connaissance, l'emploi de l'espéranto et la mise en place d'une normalisation des outils intellectuels. Dans ce contexte, il fait la promotion de la Bibliographique Universel et de la Classification décimale universelle (CDU), et travaille plus particulièrement sur la documentation technique et industrielle en France. Il préside en 1900 l'Association française pour l'avancement des sciences et participe à la création de SupOptique. Il est aussi président de la société française de photographie de 1901 à 1929, succédant à Louis-Alphonse Davanne, président de 1876-1901 et suivi par Léon Gaumont de 1930 à 1933. Ses travaux portent en particulier sur l'élaboration d'un système de fiches à remplir par les photographes ou les donateurs, à envoyer en même temps que les images, l’ensemble de ces fiches constituant au fur et à mesure un répertoire des épreuves photographiques. Œuvres. Sur les Sciences et techniques : Sur la documentation : Sur l’espéranto ou en espéranto :
Otorhinolaryngologue
François Weyergans François Weyergans, né le à Etterbeek (Bruxelles) en Belgique et mort le à Paris, est un écrivain et réalisateur franco-belge francophone. Il est le deuxième auteur après Philippe Hériat à avoir reçu à la fois le prix Renaudot (pour "La Démence du boxeur" en 1992) et le prix Goncourt (en 2005 pour "Trois Jours chez ma mère") ; il est membre de l'Académie française. Biographie. Jeunesse. Son patronyme vient d'un grand-père paternel forgeron allemand qui vécut à Cologne et qui travaillant en 1914 à Liège dans la construction ferroviaire, prit la nationalité belge « en 24 heures », évitant ainsi l'internement. Fils de Franz Weyergans, écrivain lui aussi, et d’une mère avignonnaise (qui a vécu plusieurs années à Forcalquier), il a été scolarisé à Bruxelles, au Collège Saint-Michel puis à l'Institut Saint-Boniface-Parnasse. Il suit ensuite à Paris les cours de l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) et se passionne pour Bresson et Godard. À 20 ans, il cesse de fréquenter la messe. Carrière. François Weyergans écrit des critiques dans "Les Cahiers du cinéma" de décembre 1960 à juillet 1966. Il réalise en 1961 un premier film sur Maurice Béjart. À la suite d'une analyse, il publie en 1973 un compte rendu sarcastique de sa cure. C'est la substance de son roman "Le Pitre", remarqué par la critique, qui obtient le prix Roger-Nimier. Puis, en 1981, "Macaire le Copte" (Gallimard) est consacré par le prix Victor Rossel en Belgique et obtient aussi le prix des Deux Magots en France. Dès lors, Weyergans se voue entièrement à la littérature, travaillant la nuit, de onze heures du soir au lendemain midi. "Le Radeau de la méduse" (Gallimard, Paris, 1983) reçoit le prix Méridien des quatre jurys et "La Démence du boxeur" obtient le prix Renaudot en 1992. Il écrit aussi "La Vie d'un bébé" ainsi que "Franz et François", allusions à son père et à lui-même. Son roman "Trois Jours chez ma mère" obtient le prix Goncourt le 3 novembre 2005 au terme d'une intense compétition avec le roman "La Possibilité d'une île" de Michel Houellebecq. Il a été élu le à l'Académie française au fauteuil de Maurice Rheims, laissé vacant par le décès d'Alain Robbe-Grillet. Sa réception sous la coupole est célébrée le avec un discours d'accueil prononcé par Erik Orsenna et son double éloge de ses deux prédécesseurs au fauteuil 32. Vie privée. François Weyergans est le père de la comédienne Métilde Weyergans. Mort. Il meurt le à Paris à l'âge de 77 ans, de causes demeurant inconnues. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 14) dans la même ville.
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