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L’Empire et l’Europe : une nation conquérante (1799-1815)
218
[ { "img": [], "source_text": "\n◆ Les victoires françaises. À partir de la seconde moitié des années 1790, la France accumule les succès. Le pays étend son influence aux « républiques sœurs », vers l’Italie, la Belgique, les Pays‑Bas et la Suisse. La loi Jourdan (1798) instaure un service militaire obligatoire, qui renforce l’armée. Le Royaume‑Uni, la Prusse, l’Autriche, la Russie se coalisent contre les ambitions internationales de la France.\n\n➤ À la conquête de l’Europe. En 1805, les Britanniques anéantissent la flotte française (bataille de Trafalgar). Dès lors, Napoléon concentre tous ses efforts militaires sur le continent. L’Autriche puis la Prusse sont vaincues et doivent s’allier à la France (doc. 1). Des territoires d’Italie du Nord, de Belgique, des Pays‑Bas sont annexés. Napoléon impose à certains États vaincus de nouveaux souverains, issus de sa propre famille, comme en Espagne, en Hollande, en Toscane. Lui‑même épouse Marie‑Louise d’Autriche.\n\n➤ Contrer le Royaume‑Uni. Après la victoire sur la Russie à Friedland, le traité de paix signé à Tilsit (1807) clôt pour un temps la guerre continentale. Pour affaiblir les Britanniques, qui continuent le combat, Napoléon empêche les échanges entre le Royaume‑Uni et le reste de l’Europe : c’est le blocus continental (doc. 1).", "title": "1 Une période d’expansion (1792‑1812)" }, { "img": [], "source_text": "\n◆ L’occupation française. Dès 1792, la France impose à ses États vassaux des réformes politiques et administratives. Le droit local est modifié sur le modèle du Code civil. Les richesses des vaincus sont pillées pour soutenir l’effort de guerre impérial.\n◆ Les réactions en Europe. L’expansion française suscite de nombreuses critiques (doc. 2) et des résistances. En Italie, aux Pays‑Bas, en Suisse, en Allemagne, des rébellions éclatent. La guérilla espagnole tient les Français en échec pendant plusieurs années (1808‑1814), malgré une répression sanglante (doc. 3). Partout, l’occupation française et la résistance à l’impérialisme napoléonien renforcent le sentiment national.", "title": "2 Sentiments nationaux et occupation française" }, { "img": [], "source_text": "\n◆ La campagne de Russie. La position française est affaiblie par ces soulèvements. La Russie ne respectant pas ses engagements et continuant à commercer avec le Royaume‑Uni, Napoléon lance en 1812 une offensive contre les Russes. L’empereur français, à la tête de la Grande Armée (plus de 600 000 hommes), réussit à gagner Moscou. Mais il doit rapidement fuir la ville, ravagée par un incendie. Les Français se replient en plein hiver, par un froid glacial. Les pertes sont énormes.\n\n➤ La chute de l’Empire. Les souverains européens, unis dans une nouvelle coalition, parviennent à repousser les Français et à vaincre Napoléon. Les Alliés prennent Paris (1814). Napoléon est exilé sur l’île d’Elbe. Il s’échappe et tente néanmoins de reprendre le pouvoir, pendant les Cent‑Jours. Défait à nouveau à la bataille de Waterloo (1815), l’empereur est déchu. C’est la fin du régime impérial.", "title": "3 Revers et déclin (1812‑1815)" }, { "img": [], "source_text": " L’expansion de l’Empire contribue à diffuser de nouveaux principes politiques ou administratifs en Europe. L’impérialisme napoléonien renforce aussi le sentiment national dans les territoires occupés ou soumis à l’influence de la France.", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6544789/marie-louise.png" ], "source_text": " Marie‑Louise d’Autriche (1791‑1847) Marie-Louise est la fille de l’empereur d’Autriche. Napoléon l’épouse en 1810 pour consolider son empire européen, asseoir sa légitimité auprès des grandes dynasties européennes et obtenir une descendance. Mais elle est peu aimée des Français : autrichienne, issue de la haute noblesse, elle est la petite‑nièce de Marie‑Antoinette. Ce mariage marque une première rupture de confiance entre le régime de Bonaparte et les Français.", "title": "Repères" }, { "img": [], "source_text": " • État vassal : État placé dans la dépendance d’un autre pays plus puissant.\n\n• Grande Armée : nom donné, à partir de 1804, à l’armée napoléonienne, composée de soldats de plusieurs nationalités.\n\n• Guérilla : type de guerre fondée sur des stratégies de harcèlement, d’embuscade, et menée par des groupes clandestins qui se fondent dans la population locale.\n\n• Républiques sœurs : ensemble d’États européens qui se dotent de régimes républicains, sous l’influence de la Révolution, et qui se rapprochent de la France à partir des années 1790.", "title": "Vocabulaire" }, { "img": [], "source_text": " Bonaparte joignait peut-être à la folle idée de la guerre de Russie celle de la conquête de la Turquie, du retour en Égypte […] Nous qui avons le coeur français, nous nous étions cependant habitués, pendant les quinze années de la tyrannie de Napoléon, à considérer que ses armées, par‑delà le Rhin, ne tenaient plus à la France. Elles ne défendaient plus les intérêts de la nation, elles ne servaient que l’ambition d’un seul homme. Il n’y avait rien en cela qui pût réveiller l’amour de la patrie; et loin de souhaiter alors le triomphe de ses troupes, étrangères en grande partie, on pouvait considérer leurs défaites comme un bonheur même pour la France.\n \n Germaine de Staël, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, 1818.", "title": "2 Critiquer Napoléon" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6544789/soulevement-mayo.jpg" ], "source_text": "\nFrancisco de Goya, El tres de mayo, 1814, huile sur toile (détail), 268 x 347 cm, musée du Prado, Madrid.", "title": "3 Le soulèvement du Tres de Mayo (1808)" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6544789/revolte-janissaires.jpg" ], "source_text": " La révolte des janissaires. Dès 1793, le sultan ottoman lance de grandes réformes pour moderniser son armée, en s’appuyant notamment sur des conseillers occidentaux.\n\nCes réformes menacent la position privilégiée des janissaires, une troupe d’élite de l’Empire ottoman qui existe depuis des siècles mais qui coûte alors de plus en plus cher.\nS’opposant à ces réformes, les janissaires se révoltent en 1807 contre le sultan Selim III, le déposent et le jettent en prison. Ils proclament à sa place son cousin Mahmud II. Selim est assassiné quelques jours plus tard. En 1826, Mahmud II provoque une nouvelle rébellion des janissaires et la réprime très violemment : plusieurs milliers de janissaires sont exécutés, emprisonnés ou exilés et leur groupe est définitivement dissous.", "title": "Décentrement" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6544789
1517 - Luther ouvre le temps des réformes
383
[ { "img": [], "source_text": " Martin Luther (1483-1546), fils de mineur, fait des études de droit à l'université d'Erfurt (dans le Saint-Empire romain germanique) avant de devenir moine en 1505. Professeur de théologie à l'université de Wittenberg, il y développe une vision critique de l'Église catholique. Les papes de l'époque utilisent en effet les indulgences pour financer de grands travaux architecturaux, ce qui scandalise Luther. En 1517, il expose un programme de réforme religieuse qui va bouleverser l'Europe.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Au moment où les 95 thèses sont peut-être affichées aux portes de l'église du château de Wittenberg, Luther adresse cette lettre à Albrecht. Il choisit la veille de la Toussaint, jour où de nombreux chrétiens se rendront à l'église et découvriront ses réflexions.\n\nPère vénérable en Dieu, prince très illustre, veuille votre grâce jeter un oeil favorable sur moi qui ne suis que terre et cendre, et recevoir favorablement ma demande avec la douceur épiscopale. On porte par tout le pays, au nom de votre grâce et seigneurie, l'indulgence papale pour la construction de la cathédrale de Saint-Pierre de Rome. Je ne blâme pas tant les grandes clameurs des prédicateurs de l'indulgence, lesquels je n'ai point entendus, que le faux sens adopté par le pauvre, simple et grossier peuple, qui publie partout hautement les imaginations qu'il a conçues à ce sujet. Cela me fait mal et me rend malade. Ils croient que les âmes seront tirées du purgatoire dès qu'ils auront mis l'argent dans les coffres. Ils croient que l'indulgence est assez puissante pour sauver le plus grand pécheur.\n \n\n Lettre de Luther à Albrecht, archevêque de Mayence, le 31 octobre 1517.", "title": "1 Le 31 octobre 1517, la révolte de Luther" }, { "img": [], "source_text": " « Depuis plusieurs années, je lis la Bible intégralement deux fois par an. Si la Bible était un arbre, grand et majestueux, et si tous les mots étaient des branches et des rameaux, alors en vérité je peux dire que j'ai grimpé sur chaque branche, que j'ai examiné chaque brindille, et de temps en temps j'ai assurément fait tomber une pomme ou une poire. » « C'est mon meilleur conseil, le plus chrétien que je puisse donner : qu'on tire l'eau de la source, c'est-à-dire qu'on lise la Bible avec application. Car quiconque pratique et se fonde sur le texte devient un excellent théologien. Une seule citation de la Bible est plus valide que de nombreuses gloses par des scribes peu capables […]. » « Ne perdons pas de vue la Bible : lisez-la et prêchez-la avec attention. Car si elle fleurit et est appliquée justement, tout sera bon et le bonheur nous accompagnera désormais. » Divers extraits de sermons prononcés par Luther à partir des années 1520.", "title": "3 Revenir au texte biblique" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6408798/HIS.2de.4.PDP3.semon_de_Luther-retouche.jpg" ], "source_text": "\nLuther prêche en s'appuyant sur le texte de la Bible tandis que les fidèles chantent des cantiques.\n", "title": "4 Luther prêchant dans un temple" }, { "img": [], "source_text": " Ces thèses sont difusées très rapidement à travers le Saint‑Empire, notamment grâce aux étudiants de Luther, ce qui inquiète le pape.\n\n6. Le pape ne peut pardonner les péchés qu'au nom de Dieu.\n 27. C'est une invention humaine de prêcher que, sitôt que l'argent résonne dans la caisse, l'âme s'envole du purgatoire.\n 28. Assurément, sitôt que l'argent résonne dans la caisse, le gain et la cupidité augmentent. Mais le salut que peut accorder l'Église consiste dans la grâce de Dieu.\n 32. Tous ceux qui pensent que des lettres d'indulgences leur assurent le salut, et ceux qui l'enseignent, seront éternellement damnés.\n 43. On doit enseigner aux chrétiens que celui qui fait du bien aux pauvres est à préférer à celui qui achète des indulgences.\n 45. Il faut enseigner aux chrétiens que celui qui, voyant son prochain dans l'indigence, le délaisse pour acheter des indulgences, ne s'achète pas l'indulgence du pape mais l'indignation de Dieu.\n 86. Pourquoi le pape n'édifie-t-il pas la basilique de Saint-Pierre avec ses propres deniers, plutôt qu'avec l'argent des pauvres fidèles, puisque ses richesses sont aujourd'hui plus grandes que celles des plus gros richards ?", "title": "5 Extraits des 95 thèses" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6408798/HIS.2de.4.PDP3.caricature_pape-retouche.jpg" ], "source_text": " Luther tente d'abord de promouvoir une réforme respectueuse des autorités ecclésiastiques mais le mouvement se radicalise rapidement. Le rejet de l'autorité du pape devient un élément clé du protestantisme.", "title": "6 Une rapide radicalisation" } ]
lls-histoire-seconde
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6408798
Quand la science devient spectacle : les ballons aérostatiques au XVIIIe siècle
428
[ { "img": [], "source_text": " À la fin du XVIIIe siècle, le rêve de voler se réalise sous les yeux du public : les montgolfières et les ballons aérostats sont mis au point en utilisant l’hydrogène, qui permet de rendre un objet plus léger que l’air. Très rapidement, les spectateurs se précipitent dans les villes pour assister aux premiers envols de l’histoire. Un véritable engouement pour les ballons, nommé « ballomanie », se développe partout dans le royaume de France.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Prévoyant qu’une expérience de cette nature attirerait sur les lieux une foule de peuple, [le maire et les échevins] avaient pris d’avance toutes les précautions possibles pour prévenir toutes sortes d’accidents, et à cet effet, ils avaient fait imprimer, publier et afficher une ordonnance de police, dès le 23 avril précédent, qui prescrivait les précautions les plus sages et les plus prudentes. Diverses barrières furent établies sur les avenues, et 300 portefaix1 armés, commandés par les officiers des villes et des brigades de police, furent postés aux portes et à toutes ces barrières; la brigade des cavaliers de la maréchaussée de Marseille fut pareillement commandée pour maintenir le bon ordre. \n\n Archives municipales de Marseille, 8 mai 1784.\n\n1. Personnes dont le métier consiste à porter des fardeaux.", "title": "1 Maintenir l’ordre pendant le vol à Marseille" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6545991/HIS.2de.7.DOS1.ballon_adorne.jpg" ], "source_text": "Johann Carl Enslen, Expérience aérostatique faite à la citadelle de Strasbourg en mars 1784, gravure sur cuivre coloriée, 1784, 31 x 22,8 cm, BnF, Paris.", "title": "2 L’envol d’un ballon à Strasbourg en 1784" }, { "img": [], "source_text": " Dimanche 11 juillet. Jour d’aventures. Des jardins du Luxembourg on devait lancer un ballon d’une dimension extraordinaire. Prix du billet : 3 livres.\n\nÀ dix heures et demie, nous partîmes assez nombreux, moitié Français, moitié Anglais. Une foule compacte avait envahi les jardins; aussi eûmes‑nous les plus grandes difficultés à franchir la grille pour gagner les places que nous avions retenues. Nous patientâmes pendant quatre heures et, au bout de ce temps, on vint nous annoncer que le ballon ne partirait pas. Cette nouvelle mit le comble au désordre. […] On avait forcé les grilles, brisé les chaises, les bancs, et mis le ballon en pièces; on fut même obligé d’avoir recours à la garde, de peur qu’on ne s’attaquât au palais.\n\n Anna Francesca Cradock, Journal de Madame Cradock.\n Voyage en  France, 1783‑1786.\n ", "title": "3 Une expérience ratée" }, { "img": [], "source_text": " Je suis très ignorant et cependant admirateur de votre nouvelle découverte. […] Je vous demande donc de me faire part de vos lumières, pour me procurer les moyens de faire un ballon, de le faire partir et de s’élever à sa plus grande hauteur vu ses dimensions, ses proportions et la matière dont nous pouvons le composer, car nous sommes une petite société d’admirateurs dans l’enthousiasme des ballons dont la fortune ne nous permet pas de faire de grande dépense. Je désirerais donc monsieur, que vous ayez la complaisance de me donner les dimensions pour faire un ballon de papier […]. Merci, monsieur, d’avoir la complaisance de me donner là‑dessus les plus amples détails de parvenir au but.\n \n\n Lettre de Pocquet de la Livonnière à Étienne de Montgolfier, non datée.\n ", "title": "4 Refaire l’expérience chez soi" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6545991/HIS.2de.7.DOS1.ballomanie.jpg", "https://assets.lls.fr/pages/6545991/HIS.2de.7.DOS1.ballomanie_assiette.jpg" ], "source_text": "Fragment d’éventail, estampe, 1783. Assiette, plaque de faïence polychrome commémorant l’expérience Testu‑Brissy le 18 juin 1786, Moustiers‑Sainte‑Marie.", "title": "6 La « ballomanie » à travers les objets du quotidien" } ]
lls-histoire-seconde
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6545991
Ce que j'ai appris
476
[ { "img": [], "source_text": " \n► La population mondiale est inégalement répartie. On distingue des foyers majeurs, secondaires et de nombreux territoires très faiblement peuplés (déserts chauds et froids, montagnes, forêts équatoriales).\n\n► Le monde a connu une hausse rapide de sa population au XXe siècle, mais cette hausse se ralentit et la population vieillit. L’indice synthétique de fécondité baisse et le seuil de renouvellement des générations n’est plus atteint dans de nombreux pays.\n\n► Certains pays connaissent une forte croissance démographique, d'autres ont une population vieillissante.", "title": "Cours 1 Une croissance démographique forte mais qui ralentit" }, { "img": [], "source_text": " \n► Tous les pays du monde ont connu ou connaissent une transition démographique plus ou moins rapide : le taux de mortalité commence à baisser, puis le taux de natalité à son tour. Dans l’intervalle, la population peut augmenter très rapidement.\n\n► Si certains pays ont achevé cette transition (en Europe, en Amérique du Nord, le Japon, l'Australie, etc.), d’autres la débutent (Afrique). Les pays qui sont dans la deuxième phase de la transition démographique peuvent bénéficier d’un avantage économique car ils ont beaucoup d’actifs, peu de personnes âgées, et de moins en moins d’enfants.\n\n► La transition est plus rapide aujourd’hui. Elle est variable selon les régions et corrélée à d’autres transitions (sanitaire, urbaine, alimentaire, etc.).", "title": "Cours 2 Des trajectoires démographiques différenciées" }, { "img": [], "source_text": " \n► Cette transition et ce vieillissement induisent ou renforcent des défis sociétaux (place des personnes âgées et des plus jeunes dans la société, surreprésentation masculine, etc.). Il y a aussi des enjeux socio-économiques liés au financement de la dépendance, des retraites des plus âgés ou des études et de la santé des plus jeunes.\n\n► La forte croissance démographique implique une augmentation générale des besoins essentiels de la population. Les tensions sur les ressources s'accroissent.\n\n► Les États oscillent entre politiques malthusiennes et natalistes; la place des femmes et des migrants dans les sociétés est également un enjeu majeur.", "title": "Cours 3 Nouveaux besoins, nouveaux défis" } ]
lls-geographie-seconde
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6371592
La place nouvelle de l’homme
161
[ { "img": [], "source_text": " Aux XVe et XVIe siècles, les sciences et techniques connaissent un développement considérable en Europe (dossier 2). Le savant polonais Nicolas Copernic découvre que la Terre tourne autour du Soleil (héliocentrisme), tandis qu’André Vésale dévoile les secrets de l’anatomie humaine en pratiquant la dissection (doc. 4 p. 147).  L’imprimerie, mise au point par Gutenberg vers 1455, constitue une révolution majeure. Elle permet de diffuser les idées et les nouvelles connaissances beaucoup plus largement. Au cours du XVIe siècle, environ 150 millions de livres sont imprimés.", "title": " A. De nouvelles connaissances scientifiques" }, { "img": [], "source_text": " L’humanisme veut remettre au gout du jour les modèles de l’Antiquité, en redécouvrant des textes classiques ou oubliés (doc. 2 p. 146). Des humanistes comme Érasme et Montaigne développent la critique des textes, le gout de l’apprentissage et le perfectionnement de l’homme.  Les humanistes voyagent dans toute l’Europe et entretiennent entre eux des correspondances. Autour des marchands et des libraires, les savants forment un réseau de lettrés appelé la République des Lettres.", "title": " B. L’homme, modèle et centre du monde" }, { "img": [], "source_text": " Aux XVe et XVIe siècles se développe un nouveau style artistique en Italie. Pour montrer leur puissance et leur richesse, des mécènes font construire des églises, des palais et achètent des œuvres d’art. Ils protègent les artistes qu’ils appellent auprès d’eux (doc. 1 p. 146) et leur versent des pensions (dossier 1).  Les artistes de la Renaissance prennent pour modèle l’art de l’Antiquité et veulent se distinguer des artistes du Moyen Âge (doc. 3 p. 147). De nouvelles techniques apparaissent, comme la perspective ou la technique du clair-obscur. Le support utilisé n’est plus seulement le bois ou les murs mais aussi la toile (Histoire des arts).", "title": " C. La renaissance, un renouveau artistique" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110344/h5.7.enq.systeme-copernicien-detoure.jpg" ], "source_text": "Le système de Copernic, Atlas céleste d'Andreas Cellarius, XVIIᵉ siècle (BnF, Paris).", "title": " Le système de Copernic" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110344/h5.7.les.mariage-raphael.jpg" ], "source_text": "Raphaël, Le Mariage de la Vierge, 1504, huile sur bois (Pinacothèque, Milan).", "title": " Raphaël, Le Mariage de la Vierge" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110344/h5.7.les.erasme.jpg" ], "source_text": " Surnommé « le Prince des humanistes », il traduit la Bible et écrit de nombreux ouvrages dans lesquels il exprime les idées de l’humanisme.", "title": " Érasme (1469-1536)" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110344/h5.7.les.francois-rabelais.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\n\nÉcrivain français humaniste de la Renaissance, il écrit Gargantua et Pantagruel.\n", "title": " François Rabelais (vers 1483-1553)" }, { "img": [], "source_text": " L’héliocentrisme : théorie selon laquelle le Soleil se situe au centre de l’univers, la Terre tournant autour de lui.\n\nL’humanisme : mouvement intellectuel cherchant à étudier la nature et l’homme, en s’inspirant des textes de l’Antiquité.\n\nUn mécène : personne qui soutient les artistes et savants, en leur apportant une aide financière et une protection.\n\nLa Renaissance : mouvement de renouveau artistique, littéraire et scientifique en Europe, à la fin du Moyen Âge, en lien avec la redécouverte de la culture antique.\n\nLa République des Lettres : réseau des humanistes qui nouent des contacts entre eux dans toute l’Europe, par les correspondances et les voyages.", "title": "Vocabulaire" } ]
lls-histoire-geographie-cinquieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110344
Ce que j’ai appris
497
[ { "img": [], "source_text": " \n► Les migrations s’organisent à la fois en réseau et en bassins de proximité (un bassin américain, un bassin euroméditerranéen et un bassin en Asie du Sud‑Est et en Océanie). 3,5 % de la population est concernée chaque année. \n► Les principaux motifs de départ sont socio‑économiques. Les pays d’arrivée attirent souvent pour leur richesse : ¾ des migrants se rendent dans un pays plus riche que le leur pour y trouver de meilleures conditions de vie.\n\n► Les migrants qui fuient la guerre ou les persécutions (religieuses, ethniques, politiques, etc.) peuvent obtenir le statut de réfugié qui leur donne des droits dans le pays d’arrivée.", "title": "Cours 1 Des flux croissants aux causes multiples" }, { "img": [], "source_text": " \n► Aux migrations traditionnelles des pays du Sud vers les Nord, s’ajoutent désormais des flux Sud‑Sud majoritaires. Ils sont portés par l’émergence de pôles régionaux comme la péninsule arabique.\n\n► Les flux se font également entre les pays du Nord, pour les étudiants comme les travailleurs, en particulier au sein de l’espace de libre‑circulation européen mis en place par les accords de Schengen. Enfin, des flux Nord‑Sud existent (par exemple pour les populations seniors). \n► Les États récepteurs multiplient les barrières immatérielles (restriction des visas) et physiques (murs). Ils s’appuient aussi sur la coopération des États de transit comme le Maroc. Les flux n’en sont que plus dangereux. Les passeurs profitent d’un trafic qui occasionne chaque année des milliers de morts.", "title": "Cours 2 Des flux en recomposition" }, { "img": [], "source_text": " \n► Les pays de départ subissent des conséquences négatives mais aussi positives. Leur perte de main‑d’oeuvre qualifiée, selon le phénomène du brain‑drain, handicape leur développement. La constitution de diaspora est un vecteur d’influence dans le monde et permet de bénéficier de transferts financiers, à travers les remises. Ces dernières favorisent le développement.\n\n► Les conséquences sont aussi ambivalentes dans les pays d’arrivée. L’immigration peut être une solution face à la faible natalité et pour pourvoir des postes soit très qualifiés (ingénieurs de la Silicon Valley), soit peu valorisés (services à la personne, entretien). Les immigrés génèrent de la valeur ajoutée et apportent aussi une richesse culturelle. Face aux difficultés d’intégration et à la crise économique, la xénophobie se répand. Des citoyens, des ONG et des institutions internationales comme le HCR se mobilisent toutefois pour aider les migrants.", "title": "Cours 3 Des territoires transformés par les migrations" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6611127/GEO.2nde.Ch7.Revisions.human-flow.jpg" ], "source_text": " L’artiste chinois aborde l’ampleur de la problématique migratoire à travers les trajectoires d’hommes et de femmes de 23 pays différents. ", "title": "Ai Weiwei, Human Flow, 2017" } ]
lls-geographie-seconde
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6611127
Louis XIV - Figure de l'absolutisme à la française (1)
820
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du 14 mai 1643 — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au 7 septembre 1651 — à sa mort en 1715. Son règne d’une durée de 72 ans est l'un des plus longs de l'histoire d'Europe et le plus long de l'histoire de France.\n\nNé Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire, ce qui fait de lui l'un des plus jeunes rois de France. Il devient ainsi le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Sous Louis XIV, parfois appelé le Roi-Soleil (appellation tardive qui remonte à la monarchie de Juillet, même si le roi prend cet emblème lors de la fête du Grand Carrousel, le 5 juin 1662), la monarchie devient absolue de droit divin. La légende raconte qu'il aurait alors dit aux parlementaires réticents le célèbre mot « L'État, c'est moi ! », mais le fait est erroné. En réalité, Louis XIV se dissocie de l'État, dont il se définit lui-même comme étant seulement le premier serviteur. D'ailleurs, sur son lit de mort, il déclare en 1715 : « Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours ». Pourtant la phrase « l'État, c'est moi » résume l'idée que ses contemporains se sont fait du roi et de ses réformes centralisatrices. D'un point de vue plus philosophique, pour les théoriciens de l'absolutisme du XVIIe siècle français, imprégnés de néoplatonisme, cette formule signifie que l'intérêt du roi n'est pas seulement le sien propre, mais aussi celui du pays qu'il sert et qu'il représente. Bossuet note à ce propos : « le roi n'est pas né pour lui-même, mais pour le public ».\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Les Mémoires pour l'instruction du dauphin donnent un aperçu de la pensée de Louis XIV sur l'absolutisme. Le livre n'a pas été écrit directement par le roi. Il a été « pour partie dicté au président Octave de Prérigny puis à Paul Pellisson », tandis que pour l'autre partie, le roi a juste indiqué en note ce qu'il voulait voir dans le livre. Si ces Mémoires constituent un ensemble assez disparate « de tableaux militaires et de pensées sans autre fil conducteur que la chronologie », il a malgré tout permis de donner à Louis XIV « la figure du roi-écrivain » que Voltaire a reprise et amplifiée, en faisant de Louis XIV un roi-philosophe platonicien précurseur du despotisme éclairé. Si l'on considère le texte en lui-même, il est fortement imprégné, comme l'est d'ailleurs la société cultivée du Grand Siècle, de pensée néo-stoïcienne.\n\nCe livre montre bien l'attrait de Louis XIV pour la concentration du pouvoir. Chez lui, le pouvoir est d'abord synonyme de liberté d'action tant face aux ministres qu'à tout autre corps constitué. La pensée de Louis XIV, proche ici de celle de Richelieu, est résumée par la formule « Quand on a l'État en vue, on travaille pour soi », formule qui s'oppose à la pensée de Thomas Hobbes qui met plus l'accent sur le peuple et la multitude. Toutefois, chez Louis XIV, la liberté est limitée par des thématiques stoïciennes : la nécessité de résister aux passions, la volonté de se dépasser, l'idée d'« équilibre tranquille (l’euthymia d'un Sénèque) ». Dans ses Mémoires, Louis XIV note :\n\n« C'est qu'en ces accidents qui nous piquent vivement et jusqu'au fond du cœur, il faut garder un milieu entre la sagesse timide et le ressentiment emporté, tâchant pour ainsi dire, d'imaginer pour nous-même ce que nous conseillons à un autre en pareil cas. Car, quelque effort que nous fassions pour parvenir à ce point de tranquillité, notre propre passion, qui nous presse et nous sollicite au contraire, gagne assez sur nous pour nous empêcher de raisonner avec trop de froideur et d'indifférence. »\n\nAtteindre cet équilibre suppose un combat contre soi-même. Louis XIV remarque, « il faut se garder contre soi-même, prendre garde à son inclinaison et être toujours en garde contre son naturel ». Pour atteindre cette sagesse, il recommande l'introspection : « il est utile […] de se remettre de temps en temps devant les yeux les vérités dont nous sommes persuadés ». Dans le cas du dirigeant, il ne faut pas seulement bien se connaître, il faut également bien connaître les autres : « Cette maxime qui dit que pour être sage il suffit de se bien connaître soi-même, est bonne pour les particuliers ; mais le souverain, pour être habile et bien servi, est obligé de connaître tous ceux qui peuvent être à la portée de la vue ».\n\n", "title": " Pratique de l'absolutisme - Pensée absolutiste " }, { "img": [], "source_text": "Lors du sacre de Reims, le roi « est placé à la tête du corps mystique du royaume » et devient, au terme d'un processus commencé sous Philippe le Bel, le chef de l'Église de France. Le roi est le lieutenant de Dieu dans son pays et, d'une certaine façon, ne dépend que de lui. Dans son livre Mémoires pour l'instruction du dauphin, il note « Celui qui a donné des rois aux hommes a voulu qu'on les respectât comme ses lieutenants, se réservant à Lui seul le droit d'examiner leur conduite ». Chez Louis XIV, la relation à Dieu est première, son pouvoir venant directement de Lui. Il n'est pas d'abord humain (de jure humano) comme chez Francisco Suárez et Robert Bellarmin. Chez le Grand roi, la relation à Dieu ne doit pas être seulement « utilitaire ». Il déclare au dauphin « Gardez-vous bien, mon fils, je vous en conjure, de n'avoir de la religion que cette vue d'intérêt, très mauvaise quand elle est seule, mais qui d'ailleurs ne vous réussirait pas, parce que l'artifice se dément toujours et ne produit pas longtemps les mêmes effets que la vérité ».\n\nLouis XIV est particulièrement attaché à trois hommes de Dieu : David, Charlemagne et Saint Louis. Il expose le tableau David jouant de la harpe dans son appartement à Versailles. Charlemagne est représenté aux Invalides et à la chapelle royale de Versailles. Enfin, il fait déposer au Château de Versailles des reliques de Saint Louis. Par contre, il n'aime guère être comparé à Constantin Ier (empereur romain) et fait transformer la statue équestre que Le Bernin a réalisée de lui en Constantin, en statue équestre de Louis XIV sous les traits de Marcus Curtius.\n\n", "title": " Pratique de l'absolutisme - Droit divin " } ]
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La Révolution américaine
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[ { "img": [], "source_text": " Causes et formes de la révolte\n◆ La pression anglaise. Pour financer les armées anglaises, le roi George III taxe le commerce du sucre, les timbres et le thé, ce que les colons américains vivent comme une injustice (doc. 1). Face aux premiers troubles, le roi réagit par la force, faisant juger les coupables en Angleterre : attachés aux libertés et aux droits individuels, les colons américains s’éloignent peu à peu de leur loyauté initiale envers la royauté anglaise.\n\n➤ Critiques et résistances. Entre 1750 et 1776, plus de 4 000 pamphlets sont écrits, des textes profondément influencés par la philosophie politique anglaise. Les actes de résistance se multiplient (doc. 1), mais le point de non‑retour est atteint avec la Boston Tea Party (16 décembre 1773), au cours de laquelle 342 caisses de thé appartenant à la Compagnie anglaise des Indes sont jetées à la mer.\n\n➤ La Déclaration d’indépendance. Après plusieurs tentatives de conciliation repoussées par George III, le Congrès américain charge un comité de rédiger une déclaration d’indépendance. Élaborée principalement par Thomas Jefferson, la Déclaration fait l’objet d’un vote unanime du Congrès le 4 juillet 1776.", "title": "1" }, { "img": [], "source_text": " La guerre d’Indépendance\n◆ Les forces en présence. L’armée britannique compte 30 000 à 75 000 soldats professionnels et est renforcée par de nombreux mercenaires allemands et des Américains loyalistes. L’armée américaine, trois à cinq fois moins nombreuse, mal équipée, indisciplinée, compte peu de soldats de métier et beaucoup de minutemen. La détermination des soldats, leur connaissance du terrain et le charisme de George Washington sont décisifs.\n\n➤ L’aide française. Les Français apportent un soutien discret aux insurgés, en leur envoyant secrètement des armes (doc. 2). Certains Français, touchés par le bien‑fondé des revendications américaines et nourris de philosophie des Lumières, s’engagent volontairement, comme La Fayette. La victoire de Saratoga (octobre 1777) rassure le roi de France, qui accepte un traité d’alliance militaire officiel le 6 février 1778. Le soutien militaire et financier de la France est déterminant dans le cours de la guerre.", "title": "2" }, { "img": [], "source_text": " La victoire des insurgés\n◆ Les phases de la guerre. En 1775‑1777, les Américains perdent plusieurs batailles majeures. L’entrée en guerre des Français permet de chasser les Anglais de Nouvelle‑Angleterre. Malgré d’importantes victoires, les Anglais sont forcés de capituler en septembre 1781.\n\n➤ Le temps des négociations. Le 3 septembre 1783, les belligérants signent les traités de Paris et Versailles (doc. 3). L’indépendance des Américains est reconnue et les terres britanniques situées entre les Appalaches et le Mississippi leur reviennent.\n\n➤ Le bilan de la guerre. La guerre a été meurtrière (25 000 morts américains, soit 1 % de la population). Les finances des belligérants sont affectées par la guerre : la dette britannique explose, comme l’inflation aux États‑Unis et le déficit en France.", "title": "3" }, { "img": [], "source_text": " La guerre d’Indépendance voit la victoire des insurgés nord‑américains. Ceux‑ci s’emploient alors à créer un nouveau régime politique. ", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " • Congrès : rassemblement des représentants des États américains, composé du Sénat et de la Chambre des représentants après 1788.\n\n• Capituler : fait pour une puissance militaire de reconnaître sa défaite.\n\n• Déficit : situation dans laquelle les recettes sont inférieures aux dépenses.\n\n• Minutemen : miliciens américains, engagés dans la guerre volontairement. Ils tirent leur nom de la rapidité à laquelle ils se mobilisent (et se démobilisent).", "title": "Vocabulaire" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6489423/HIS.2de.6.C4.thomas_jefferson.png" ], "source_text": " Thomas Jefferson (1743‑1826) Représentant de la Virginie au Congrès, principal auteur de la Déclaration d’indépendance à l’âge de 33 ans, il est le premier secrétaire d’État (1790‑1793), le deuxième vice‑président (1797‑1801) et le troisième président des États‑Unis (1801‑1809). Raciste et propriétaire d’esclaves, il tente pourtant d’interdire l’esclavage dans la Déclaration d’indépendance et fait adopter une loi abolitionniste en Virginie (1782). On lui doit aussi une loi sur la liberté religieuse (1786) et la fondation de l’université de Virginie (1817).", "title": "Repères" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6489423/HIS.2de.6.C4.les_bostoniens_payent_les_taxes.jpg" ], "source_text": "\nLes Américains luttant contre la tyrannie britannique n’hésitent pas à attaquer les agents du pouvoir royal.\n", "title": "1 Les Bostoniens paient les taxes" }, { "img": [], "source_text": " Beaumarchais, avant d’être dramaturge, participe au trafic d’armes pour le compte du roi de France, en utilisant une société‑écran basée à Paris.\n\nMessieurs, je crois devoir vous annoncer que le vaisseau l’Amphitrite partira au premier bon vent pour le premier port des États‑Unis qu’il pourra atteindre. La cargaison de ce vaisseau qui vous est destinée consiste en 4 000 fusils, 80 barils de poudre, 8 000 paires de souliers, 3 000 couvertures de laine; plus quelques officiers de génie et d’artillerie dont un baron allemand, je crois que vous pourrez en faire un général.\n Lettre de Beaumarchais rapportée par le Comte de Pontgibaud, Mémoires du comte de Moré, 1898.", "title": "2 Beaumarchais et le trafic d’armes" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6489423/HIS.2de.6.C4.traite_paris_west.jpg" ], "source_text": "\nLes diplomates anglais ayant refusé de poser, le tableau reste à l’état d’ébauche.\n", "title": "3 La signature du traité de Paris (3 septembre 1783)" } ]
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Louis XIV - Figure de l'absolutisme à la française (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du 14 mai 1643 — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au 7 septembre 1651 — à sa mort en 1715. Son règne d’une durée de 72 ans est l'un des plus longs de l'histoire d'Europe et le plus long de l'histoire de France.\n\nNé Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire, ce qui fait de lui l'un des plus jeunes rois de France. Il devient ainsi le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Contrairement à la vision de Bossuet qui tend à assimiler le roi à Dieu, Louis XIV ne se considère que comme le lieutenant de Dieu pour ce qui concerne la France. À ce titre, il se voit comme l'égal du pape et de l'empereur. Dieu est pour lui un dieu vengeur, ce n'est pas le Dieu de douceur que commence à promouvoir François de Sales. C'est un Dieu qui, par l'intermédiaire de sa Providence, peut châtier de façon immanente ceux qui s'opposent à lui. En ce sens, la peur de Dieu vient limiter l'absolutisme.\n\nMême chez Bossuet - un pro-absolutiste pour qui « Le prince ne doit rendre compte à personne de ce qu'il ordonne » - le pouvoir royal a des limites. Dans son livre Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, il écrit : « Les rois ne sont pas pour cela affranchis des lois ». En effet, la voie que doit suivre le roi est pour ainsi dire balisée : « Les rois doivent respecter leur propre puissance et ne l'employer qu'au bien public », « le prince n'est pas né pour lui-même mais pour le public », « Le prince doit pourvoir aux besoins du peuple ».\n\nLouis XIV est plus politique et plus pragmatique que les grands ministres qui l'assistent pendant la première partie de son règne. Il se méfie d'ailleurs de leur absolutisme pré-technocratique. Parlant d'eux, il note en substance : « nous n'avons pas affaire à des anges mais à des hommes à qui le pouvoir excessif donne presque toujours à la fin quelque tentation d'en user ». À cet égard, il reproche à Colbert ses références répétées au cardinal de Richelieu. Cette pratique modérée est aussi visible chez les intendants qui recherchent le consensus avec les territoires dont ils ont la charge. Mais cette modération a son revers. Ne voulant pas recommencer les erreurs de la Fronde, Louis XIV est amené à composer avec les institutions traditionnelles, ce qui a pour conséquence d'empêcher une modernisation en profondeur du pays et de laisser se maintenir nombre « d'institutions désuètes et parasitaires ». Par exemple, si les magistrats doivent « rigoureusement se tenir à l'écart des zones sensibles de la politique royale comme la diplomatie, la guerre, la fiscalité ou les grâces », le corps de la magistrature n'est ni réformé, ni restructuré : au contraire, il est renforcé dans ses prérogatives. De même, alors qu'il veut rationaliser l'administration, les besoins financiers le poussent à vendre des offices, de sorte que, pour Roland Mousnier, la « monarchie est tempérée par la vénalité des offices ». Notons ici que, si pour Mousnier, malgré tout, Louis XIV est un révolutionnaire i.e un homme de changement, de réformes profondes, Roger Mettan dans Power and Factions in Louis XIV's France (1988) et Peter Campbell dans son Louis XIV (1994), le voient comme un homme dépourvu d'idée réformatrice.\n\n", "title": " Pratique de l'absolutisme - Pratique modérée de l'absolutisme " }, { "img": [], "source_text": "La cour permet de domestiquer la noblesse. Certes, elle n'attire que de 4 000 à 5 000 nobles, mais il s'agit des personnages les plus en vue du royaume. Revenus sur leur terre, ceux-ci imitent le modèle versaillais et répandent les règles du bon goût. Par ailleurs, la cour permet de surveiller les Grands et le roi prend bien soin d'être informé de tout. L'étiquette assez subtile qui la régit lui permet d'arbitrer les conflits et de répandre une certaine discipline. Enfin, la cour lui fournit un vivier où sélectionner le personnel de l'administration civile et militaire. Des règles de préséance byzantines renforcent l'autorité du roi en le laissant maître de décider ce qui doit être, tandis que s'installe une liturgie royale qui contribue à l'affirmation de son pouvoir divin.\n\n", "title": " Pratique de l'absolutisme - La cour comme instrument de l'absolutisme " }, { "img": [], "source_text": "Pour Michel Pernot, « La Fronde, tout bien pesé, est la conjonction de deux faits majeurs : d'une part l'affaiblissement de l'autorité royale pendant la minorité de Louis XIV ; d'autre part la réaction brutale de la société française à l'État moderne voulu par Louis XIII et Richelieu ». La grande noblesse, comme les petite et moyenne noblesses et les Parlements, ont des objections à avancer à la monarchie absolue, telle qu'elle se constitue. La grande noblesse est divisée par les ambitions de ses membres qui n'ont guère l'intention de partager le pouvoir et n'hésiteront d'ailleurs pas à combattre les petite et moyenne noblesses. Celle-ci vise à « instaurer en France la monarchie mixte ou Ständestaat, en donnant le premier rôle dans le royaume aux États généraux ». En cela, elle s'oppose aux Grands qui veulent surtout garder une influence forte dans les instances principales de l'État — en y siégeant eux-mêmes ou en y faisant siéger des fidèles — et aux Parlements qui ne veulent surtout pas entendre parler des États généraux.\n\nLe Parlement n'est absolument pas un parlement au sens moderne. Il s'agit de « tribunaux d'appel jugeant en dernier ressort ». Les parlementaires sont propriétaires de leur charge, qu'ils peuvent transmettre à leur héritier moyennant le paiement d'une taxe appelée la paulette. Les lois, ordonnances, édits et déclarations doivent être enregistrés avant d'être publiés et appliqués. À cette occasion, les parlementaires peuvent émettre des objections ou « remontrances » quant au contenu, lorsqu'ils pensent que les lois fondamentales du royaume ne sont pas respectées. Pour faire plier le Parlement, le roi peut adresser une lettre de jussion, à laquelle le Parlement peut répliquer par des remontrances réitérées. Si le désaccord persiste, le roi peut utiliser la procédure du lit de justice et imposer sa décision. Les magistrats aspirent à « rivaliser avec le gouvernement dans les affaires politiques » et ce d'autant plus que, au même titre que le conseil du roi, ils émettent des arrêts. De nombreux magistrats sont opposés à l'absolutisme. Pour eux, le roi ne doit utiliser que sa « puissance réglée, c'est-à-dire limitée à la seule légitime ». Lors du lit de justice du 18 mai 1643, l'avocat général Omer Talon demande à la régente « de nourrir et élever sans entrave sa majesté dans l'observation des lois fondamentales et dans le rétablissement de l'autorité que doit avoir cette compagnie (c'est du Parlement qu'il s'agit), anéantie et comme dissipée depuis quelques années, sous le ministère du Cardinal de Richelieu ».\n\n", "title": " Pratique de l'absolutisme - Oppositions à l'absolutisme durant la Fronde " }, { "img": [], "source_text": "La crise financière du milieu des années soixante-dix est accompagnée d'une forte hausse de la fiscalité, autant par l'augmentation des taux que par la création de nouveaux impôts. Cela entraîne des révoltes dans le Bordelais et surtout en Bretagne (révolte du papier timbré), où les forces armées doivent rétablir l'ordre. Le Languedoc et la Guyenne connaissent une conspiration animée par Jean-François de Paule, seigneur de Sardan, soutenu par Guillaume d'Orange. Cette conspiration est assez vite étouffée. Toutefois, si l'on considère qu'en France les révoltes ont de tout temps été chose courante, force est de constater qu'elles sont rares sous le règne de Louis XIV. Cela tient pour beaucoup au fait que, contrairement à ce qui s'est passé durant la Fronde, elles ne reçoivent que peu de soutien de la noblesse — en dehors du complot de Latréaumont — car celle-ci est employée dans les armées du roi ou occupée à la cour. Par ailleurs, le roi dispose d'une force armée qu'il peut déployer rapidement et la répression est rigoureuse. Malgré cela le poids de l'opinion publique reste fort. En 1709, période de famine et de défaite militaire, elle contraint le monarque à se séparer de son secrétaire d'État à la Guerre, Michel Chamillart.\n\n", "title": " Pratique de l'absolutisme - Oppositions à l'absolutisme après la Fronde " } ]
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Qui était Sandro Botticelli (1445-1510) ?
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[ { "img": [], "source_text": " Sandro Botticelli est un peintre florentin de la Renaissance. Soutenu par ses mécènes, les Médicis, qui lui commandent de nombreuses oeuvres, il devient l'un des artistes majeurs de la période. Il a récemment fait l'objet d'une grande exposition au musée Jacquemart‑André, à Paris.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Né à Florence en 1445, Sandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli, débute comme apprenti orfèvre avant de se lancer dans la peinture aux côtés de ses maîtres, Fra Filippo Lippi et del Verrochio. Aux cours des années 1470, il fonde son propre atelier. Protégé de la puissante famille Médicis, pour qui il réalise plusieurs commandes, il fréquente des cercles d'intellectuels humanistes. Ses peintures les plus célèbres sont Le Printemps (1478‑1482) et La Naissance de Vénus (1484‑1485). ", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Comme la plupart des artistes de la Renaissance, Botticelli dirigeait une petite entreprise, à Florence, une bottega (en italien, le mot désigne un atelier mais aussi une boutique) d'où sont sorties en quatre décennies d'activité des centaines d'œuvres. [...] Dans cette organisation du travail, ce sont les assistants qui peignent, d'après les modèles. Le patron retouche, le cas échéant, l'œuvre presque achevée. [...] L'originalité de la bottega de Botticelli, c'est la palette des talents qu'il y emploie. Ses assistants peuvent tout faire ou presque. [...] Botticelli, lui, se concentre sur la production de modèles – souvent inspirés de l'antique, comme ses célèbres Vénus qui reprennent une figure sculptée à Rome deux siècles avant notre ère, de dessins (ses illustrations pour La Divine Comédie, de Dante, montrent son excellence en la matière). [...] L'atelier Botticelli travaille pour l'orfèvrerie, la marqueterie, la tapisserie et même la mosaïque. Il produit également des dessins pour des broderies destinées à des textiles d'apparat ou des vêtements liturgiques.\n\n \n Harry Bellet, « \"Botticelli, artiste et designer\", au Musée Jacquemart‑André : derrière le maître de la Renaissance, les assistants », Le Monde, 25 novembre 2021.", "title": "1 Dans l'atelier de l'artiste" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/47317763/hislycdossiervenusentier.jpeg" ], "source_text": " Dans cette œuvre, Botticelli reproduit la figure centrale de son célèbre tableau La Naissance de Vénus. Le peintre innove en représentant des femmes nues en pied et de face, et par l'emploi de traits extrêmement fins, proches du dessin. Sandro Botticelli, Venus pudica, vers 1485‑1490, huile sur toile, Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie.", "title": "2 L'invention du nu féminin" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/47317763/hislycdossiercalomnie-apelle.jpeg" ], "source_text": " Cette œuvre allégorique a été inspirée par un texte écrit au IIe siècle après J.‑C. par l'auteur grec Lucien dans lequel il décrivait un tableau attribué au peintre de l'Antiquité grecque Apelle d'Ephèse, ayant pour sujet la calomnie. Le tableau de Botticelli comporte de nombreuses allusions mythologiques. Il figure à droite Midas, le mauvais juge portant des oreilles d'âne, entouré de l'Ignorance et du Soupçon. Il tend sa main vers la Calomnie, vêtue de bleu, tandis qu'à gauche, la Vérité, représentée par une Vénus nue, tend sa main droite vers le ciel.\n\nSandro Botticelli, La calomnie d'Apelle, 62 x 91 cm, peinture réalisée en 1495 et conservée au Musée des Offices à Florence.", "title": "3 Des œuvres inspirées des récits antiques" }, { "img": [], "source_text": " Sur une fresque de l'église Ognissanti de Florence, Sandro Botticelli représente, en 1480, derrière un saint Augustin figurant l'archétype du savant, le livre ouvert des Éléments d'Euclide. La géométrie antique vient en effet d'être redécouverte en Italie, grâce aux Grecs ayant émigré du défunt Empire Byzantin. Dynamisés par ces découvertes, les humanistes s'attelèrent à la tâche immense de rechercher l'ensemble des manuscrits perdus, de restaurer la science des Anciens et de la rendre accessible en latin [...]. Le mouvement fut largement encouragé par les princes italiens qui constituèrent les premières bibliothèques scientifiques [...]. L'intérêt pour les sciences appartenait donc à part entière à la culture humaniste. L'imprimerie, qui bien sûr n'était pas uniquement liée à la protection princière, poussa en avant la diffusion du savoir des anciens en assurant sa réplication sans erreur de copies et en créant pour lui un public assez large.\n\n \n Brioist Pascal, « Les savoirs scientifiques », Revue d'histoire moderne et contemporaine, 2002.", "title": "4 Un artiste inscrit dans son temps" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/47317763
Système solaire - Structure (1)
3,829
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le principal corps céleste du Système solaire est le Soleil, une étoile naine jaune de la séquence principale qui contient 99,85 % de toute la masse connue du Système solaire et le domine gravitationnellement. Les huit planètes et Pluton représentent ensuite 0,135 % de la masse restante, Jupiter et Saturne représentant 90 % de celle-ci à elles seules. Les objets restants (y compris les autres planètes naines, les satellites naturels, les astéroïdes et les comètes) constituent ainsi ensemble environ 0,015 % de la masse totale du Système solaire.\n\nLa plupart des grands objets en orbite autour du Soleil le sont dans un plan proche de celui de l’orbite terrestre, le plan de l'écliptique. Le plan d’orbite des planètes est très proche de celui de l’écliptique, tandis que les comètes et les objets de la ceinture de Kuiper ont pour la plupart une orbite qui forme un angle significativement plus grand par rapport à lui. À la suite de la formation du Système solaire, les planètes — et la grande majorité des autres objets — gravitent autour de l'étoile dans la même direction que la rotation du Soleil, soit le sens antihoraire vu du dessus du pôle Nord de la Terre. Il existe toutefois des exceptions, comme la comète de Halley orbitant dans un sens rétrograde. De même, la plupart des plus grandes lunes gravitent autour de leurs planètes dans cette direction prograde — Triton étant la plus grande exception rétrograde, autour de Neptune — et la plupart des grands objets ont un sens de rotation prograde — Vénus étant une exception rétrograde notable, comme Uranus dans une certaine mesure.\n\nLe Système solaire se compose essentiellement, pour ses objets les plus massifs, du Soleil, de quatre planètes intérieures relativement petites entourées d'une ceinture d'astéroïdes principalement rocheux et de quatre planètes géantes entourées par la ceinture de Kuiper, constituée d'objets principalement glacés. Les astronomes divisent informellement cette structure en régions distinctes : le Système solaire interne comprenant les quatre planètes telluriques et la ceinture d'astéroïdes puis le Système solaire externe comprenant tout ce qui est au-delà de la ceinture, notamment les quatre planètes géantes. Depuis la découverte de la ceinture de Kuiper, les parties les plus extérieures du Système solaire situées après l'orbite de Neptune sont considérées comme une région distincte constituée des objets transneptuniens.\n\nLa plupart des planètes du Système solaire ont leur propre système secondaire, comprenant notamment des satellites naturels en orbite autour d'eux. Deux satellites, Titan (autour de Saturne) et Ganymède (autour de Jupiter), sont plus grands que la planète Mercure. Dans le cas des quatre planètes géantes, des anneaux planétaires — de fines bandes de minuscules particules — composent également l'entourage de la planète. La plupart des plus grands satellites naturels sont en rotation synchrone, c'est-à-dire qu'ils présentent en permanence une même face à la planète autour de laquelle ils gravitent.\n\nLes trajectoires des objets gravitant autour du Soleil suivent les lois de Kepler : ce sont approximativement des ellipses, dont l'un des foyers est le Soleil. Les objets plus proches du Soleil (dont les demi-grands axes sont plus petits) se déplacent plus rapidement, car ils sont plus affectés par son influence gravitationnelle. Sur une orbite elliptique, la distance entre un corps et le Soleil varie au cours de son année : la distance la plus proche d'un corps avec le Soleil est son périhélie, tandis que son point le plus éloigné du Soleil est son aphélie. Les orbites des planètes sont presque circulaires, mais de nombreuses comètes, astéroïdes, objets de la ceinture de Kuiper et du nuage de Oort peuvent suivre des orbites très diverses, pouvant être hautement elliptiques — présentant une très grande excentricité orbitale — ou encore s'éloigner du plan de l'écliptique avec une forte inclinaison orbitale.\n\nBien que le Soleil domine le système en masse, il ne représente qu'environ 0,5 % à 2 % de son moment cinétique, . Les planètes représentent ainsi la quasi-totalité du reste du moment cinétique en raison de la combinaison de leur masse, de leur orbite et de leur distance au Soleil ; la contribution des comètes est peut-être également significative. Par exemple, Jupiter représente à elle seule environ 60 % du moment cinétique total. \n\nLe Soleil, qui comprend presque toute la matière du Système solaire, est composé en masse d'environ 70 % d'hydrogène et de 28 % d'hélium. Jupiter et Saturne, qui comprennent presque toute la matière restante, sont également principalement composés d'hydrogène et d'hélium et sont donc des planètes géantes gazeuses. Un gradient de composition est observé dans le Système solaire, créé par la chaleur et la pression de rayonnement du Soleil. Les objets plus proches du Soleil, plus affectés par la chaleur et la pression lumineuse, sont composés d'éléments à point de fusion élevé, c'est-à-dire de roches telles que les silicates, le fer ou le nickel, qui sont restées solides dans presque toutes les conditions dans la protonébuleuse planétaire. Les objets plus éloignés du Soleil sont composés en grande partie de matériaux de points de fusion plus faibles : les gaz, des matériaux qui ont également une haute pression de vapeur et sont toujours en phase gazeuse, comme l'hydrogène, l'hélium et le néon, et les glaces qui ont des points de fusion allant jusqu'à quelques centaines de kelvins, comme l'eau, le méthane, l'ammoniac, le sulfure d'hydrogène et le dioxyde de carbone. Ces dernières peuvent être trouvées sous phases solide, liquide ou gazeuse à divers endroits du Système solaire, alors que dans la nébuleuse, elles sont soit en phase solide, soit en phase gazeuse. Les glaces composent la majorité des satellites des planètes géantes et sont en plus grandes proportions encore dans Uranus et Neptune (appelées « géantes de glace ») et les nombreux petits objets qui se trouvent au-delà de l'orbite de Neptune. Ensemble, les gaz et les glaces sont désignés sous le nom de substances volatiles. La limite du Système solaire au-delà de laquelle ces substances volatiles pourraient se condenser est la ligne des glaces et se situe à environ 5 ua du Soleil.\n\n", "title": " Généralités " }, { "img": [], "source_text": "La distance moyenne entre la Terre et le Soleil définit l'unité astronomique, qui vaut par convention près de 150 millions de kilomètres. Jupiter, la plus grande planète, est à 5,2 ua du Soleil et a un rayon de 71 000 km, alors que la planète la plus éloignée, Neptune, est située à environ 30 ua du Soleil. À quelques exceptions près, plus une planète ou une ceinture est éloignée du Soleil, plus la distance entre son orbite et l'orbite de l'objet suivant le plus proche du Soleil est grande. Par exemple, Vénus est environ 0,33 ua plus éloignée du Soleil que Mercure, tandis que Saturne est environ 4,3 ua plus éloignée de Jupiter et que l'orbite de Neptune se trouve 10,5 ua plus loin que celle d'Uranus. Par le passé, des astronomes ont tenté de déterminer une relation entre ces distances orbitales, notamment par la loi de Titius-Bode, mais aucune thèse de ce type n'a finalement été validée, .\n\nCertaines modélisations du Système solaire visent à vulgariser les échelles relatives du Système solaire. Ainsi des planétaires, ensembles mécaniques mobiles, tandis que d'autres représentations peuvent s'étendre à travers des villes ou des régions entières. Le plus grand modèle de ce type, le Système solaire suédois, utilise l'Avicii Arena à Stockholm — d'une hauteur de 110 mètres — en guise de Soleil et, suivant cette échelle, Jupiter est une sphère de 7,5 mètres à l'aéroport de Stockholm-Arlanda situé à 40 km du stade. L'objet le plus éloigné de la modélisation est Sedna, un objet transneptunien représenté par une sphère de 10 cm à Luleå, à 912 km de la capitale suédoise. \n\n", "title": " Distances et échelles " } ]
wik-svt-cinquieme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire
Ville mondiale - La notion de ville mondiale (1)
605
[ { "img": [], "source_text": "\n\nUne ville mondiale, ville globale ou ville-monde sont différentes appellations pour désigner une ville qui exerce des fonctions stratégiques à l'échelle mondiale, un centre qui organise des flux et s'inscrit dans des réseaux, un pôle de commandement dans la mondialisation.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'urbaniste britannique Sir Peter Hall définit en 1966 une ville mondiale comme un lieu où « est menée une part tout à fait disproportionnée des affaires les plus importantes du monde ». Peter Hall s'intéresse alors surtout aux villes des pays industrialisés, en forte croissance démographique à l'époque.\n\nLa notion de ville mondiale apparaît en 1979 dans l'œuvre de l'historien français Fernand Braudel (1902-1985) sous le nom de « ville-monde » : « les informations, les marchandises, les capitaux, les crédits, les hommes, les ordres, les lettres marchandes y affluent et en repartent ». La puissance d'une « ville-monde » ou « superville » s'exerce sur une partie de l'espace terrestre appelée « économie-monde ».\n\nLa notion est reprise par le planificateur urbain américain John Friedman (en) en 1986. La sociologue et économiste néerlando-américaine Saskia Sassen introduit en 1991 la notion de « ville globale » (global city) en retenant essentiellement des critères économiques et financiers (capitalisations boursières) pour les définir. \n\nPour la géographe Cynthia Ghorra-Gobin, les expressions « ville mondiale » et « ville globale » ne sont pas équivalentes. La première qualifierait le rôle historique de la ville, son influence culturelle à long terme, tandis que la seconde désignerait la capacité de la ville à s'insérer dans les flux et les réseaux d'échanges mondialisés. \n\nUne ville mondiale concentre des fonctions de commandement économique (sièges directionnels des firmes transnationales, services supérieurs aux entreprises, institutions de la gouvernance économique mondiale), regroupe des acteurs de la mondialisation, lesquels organisent la division du travail à l'échelle internationale. Elle regroupe des fonctions de formation et de recherche, contribue à l'innovation et constitue un marché de consommation des produits innovants ; elle rassemble des infrastructures de transport et de communication, dispose d'une bonne accessibilité à l'échelle mondiale ; elle polarise des flux de toutes natures : flux de marchandises et de capitaux, flux d'informations et humains ; elle contribue à la mondialisation et celle-ci contribue à la façonner : verticalisation, gentrification, éviction et ségrégations, etc.[réf. souhaitée]\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_mondiale
Florence, berceau de la Renaissance
158
[ { "img": [], "source_text": " Au XVe siècle, Florence est au centre du renouveau artistique italien. Soutenus par de riches mécènes, des peintres, sculpteurs et architectes y mettent en oeuvre des techniques artistiques nouvelles.", "title": "Introduction" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110222/h5.7.dos.florence.jpg" ], "source_text": "Francesco Rosselli, Pianta della Catena, 1471-1482 (musée du Palazzo Vecchio, Florence).", "title": "Doc. 1 Florence au temps de Laurent le Magnifique" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110222/h5.7.dos.florence-zoom1.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLa cathédrale Santa Maria del Fiore, dit le « Duomo ».\n\nFrancesco Rosselli, Pianta della Catena, 1471-1482 (musée du Palazzo Vecchio, Florence).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110222/h5.7.dos.florence-2-zoom2.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLa basilique San Lorenzo (tombeaux des Médicis).\n\nFrancesco Rosselli, Pianta della Catena, 1471-1482 (musée du Palazzo Vecchio, Florence).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110222/h5.7.dos.florence-zoom3.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLe palais des Médicis.\n\nFrancesco Rosselli, Pianta della Catena, 1471-1482 (musée du Palazzo Vecchio, Florence).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110222/h5.7.dos.florence-4.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLe Palazzo Vecchio (siège des autorités de la ville), décoré par les Médicis.\n\nFrancesco Rosselli, Pianta della Catena, 1471-1482 (musée du Palazzo Vecchio, Florence).", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Laurent de Médicis songea ensuite à rendre sa cité plus grande et plus belle. [...] Il fit tracer de nouvelles rues pour y construire des bâtiments, ce qui la rendit plus belle et plus grande [...]. Il chérissait et s’attachait tous ceux qui excellaient dans les arts; il protégeait les gens de lettres. Laurent faisait surtout ses délices de la musique, de l’architecture, de la poésie [...]. Afin que la jeunesse de Florence pût se livrer à l’étude des belles-lettres, il fonda l’université de Pise.\n\n Nicolas Machiavel, Histoires florentines, vers 1520.", "title": "Doc. 2 Un prince mécène : Laurent de Médicis, dit le « Magnifique »" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110222/h5.7.dos.naissance-de-venus.jpg" ], "source_text": " Le sujet antique du tableau aurait été proposé par Laurent de Médicis, conseillé par les humanistes de la cour. La Vénus a pour modèle l’amie de Julien de Médicis, l’un des trois fils de Laurent de Médicis.\n\nPeinture sur toile, 172 x 278 cm, vers 1489 (Galerie des Offices, Florence).", "title": "Doc. 3 La Naissance de Vénus par Sandro Botticelli" }, { "img": [], "source_text": " Brunelleschi est l’architecte du « Duomo », la cathédrale surmontée d'un dôme de 45 m de diamètre. Il remarque le mode de construction des architectes de l'Antiquité et sa symétrie.\nEn y voyant tant de merveilles et de beautés, il se mit en tête de retrouver la manière antique de construire dans son excellence, son ingéniosité, ses proportions musicales. Pendant ce séjour à Rome, il eut presque continuellement avec lui le sculpteur Donatello, ils faisaient ensemble des relevés approximatifs de presque tous les édifices de Rome et de beaucoup de lieux des environs, avec les mesures de la largeur et de la hauteur autant qu’ils pouvaient s’en assurer.\n D’après La Vie de Filippo Brunelleschi, attribuée à Antonio Manetti, XVᵉ siècle.", "title": "Doc. 4 S’inspirer de l’architecture antique" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110222/h5.7.dos.david-michel-ange-detoure.jpg" ], "source_text": "Sculpture réalisée entre 1501 et 1504, dans un seul bloc de marbre, 4,34 m (Galerie de l’Académie, Florence).", "title": "Doc. 5 Le David de Michel-Ange" } ]
lls-histoire-geographie-cinquieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110222
France - Population et société (1)
630
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 67 064 000 personnes vivent en France au 1er janvier 2020 (hors COM et Nouvelle-Calédonie), dont 64 898 000 en métropole et 2 166 000 dans les départements d'outre-mer. Si on inclut également les environ 628 000 habitants des collectivités d'outre-mer (Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) et de Nouvelle-Calédonie, la population de l'ensemble des territoires français atteint environ 67,7 millions d'habitants, soit environ 0,9 % de la population mondiale. Un recensement national général était organisé à intervalles réguliers depuis 1801, mais depuis janvier 2004, le recensement est réalisé tous les ans dans les communes de 10 000 habitants ou plus, hors collectivités d'outre-mer, et tous les cinq ans ailleurs.\n\nAprès avoir été relativement faible au XIXe siècle et au début du XXe siècle — la France a connu une transition démographique rapide et peu marquée —, la croissance démographique de la France est devenue l'une des plus fortes d'Europe, combinant un taux de natalité supérieur à la moyenne européenne (800 000 naissances en 2015 contre 600 000 décès) et un solde migratoire positif (environ 47 000 individus en 2015) : la population de la France s'est accrue de 0,4 % en 2015.\n\nEn 2015, le taux de fécondité en France est d'environ 1,96 enfant par femme. En 2014, 29,2 % des nouveau-nés (hors Mayotte, COM et Nouvelle-Calédonie) avaient au moins un parent né à l'étranger et 25,7 % au moins un parent né hors de l'Union européenne.\n\nD'après les projections d'Eurostat, la France devrait compter 72,7 millions d'habitants en 2040, 75,6 millions en 2060, et 78,8 millions en 2080 (en excluant les territoires d'outre mer et la Nouvelle Calédonie).\n\nEn outre, la structure de la pyramide des âges évolue depuis le début du XXIe siècle. La part de la population la plus âgée augmente, en raison à la fois de la progression de l'espérance de vie (la France jouit d'une des plus grandes espérances de vie au monde) et de l'arrivée au troisième âge de la génération du baby boom — phénomène communément appelé le papy boom. La proportion des plus de 60 ans dans la population française est ainsi passée de 17 % à 25 % entre 1980 et 2016, et devrait approcher le tiers en 2050 selon l'Insee.\n\n", "title": " Démographie " }, { "img": [], "source_text": "En 2015, selon l'historien Pascal Blanchard, entre 12 et 14 millions de Français (soit 18 % à 22 % de la population totale) ont au moins un de leurs grands-parents né dans un territoire non européen. Le 19/2/2020, le président de la République Français déclare que 10 millions d'habitants de la France de nationalité française avait des parents en Afrique, .\n\nEn 2010, la France accueille, selon la définition internationale des Nations unies (« personne née dans un autre pays que celui où elle réside »), 7,2 millions d'immigrés, soit 11,1 % de la population, dont 5,1 millions (7,8 %) nés hors de l'Union européenne. Elle se classe au sixième rang mondial, derrière les États-Unis (42,8 millions), la Russie (12,3), l'Allemagne (9,8), l'Arabie saoudite (7,3), le Canada (7,2) mais elle devance en revanche le Royaume-Uni (7,0), l'Espagne (6,4) et l'Italie (4,8). La France est également l'un des pays de l'Union européenne qui compte proportionnellement le plus de personnes issues de l'immigration (1re et 2e générations) parmi les personnes âgées de 25 à 54 ans avec 13,1 % d'immigrés et 13,5 % d'enfants d'au moins un immigré, soit un total de 26,6 %, devant notamment le Royaume-Uni (24,4 %), les Pays-Bas (23,5 %), la Belgique (22,9 %), l'Allemagne (21,9 %) et l'Espagne (20,2 %). Selon la définition française (INSEE), plus restrictive (nés étrangers hors du territoire), la France comptait en 2015, 6,170 millions d'immigrés, soit 9,3 % de la population.\n\nDepuis 1946, le nombre et la part d'immigrés en France augmente de manière continue : 1,986 millions en 1946 (4,98 % de la population totale), 4,037 millions en 1982 (7,43 % de la population totale), 5,342 millions en 2008 (8,44 % de la population totale). Les enfants d'immigrés représentaient 10,4 % de la population totale en 2013. Il y avait donc 12,5 millions d'immigrés et enfants d'immigrés en France en 2013, soit 19,3 % de la population. Les immigrés vivant en France en 2015 étaient originaires à 44,6 % d'Afrique (27 % en 1975), à 35,4 % d'Europe (66 % en 1975), à 14,3 % d'Asie (4 % en 1975) et à 5,6 % d'Amériques ou d'Océanie (2 % en 1975). En 2015, 2,997 millions d'immigrés étaient de sexe masculin et 3,171 millions d'immigrés étaient de sexe féminin. En 2013, 39 % des immigrés en France disposaient de la nationalité française, ce chiffre était de 28 % en 1975 et 16 % en 1911. La France a un solde migratoire positif. Selon l'INSEE, l'excédent migratoire en 2014, en France était de 32 300 personnes, soit 0,05 % de la population totale.\n\nD'après Michèle Tribalat, il y aurait 3,8 millions personnes d'origine maghrébine en France en 2011. Il y aurait aussi, selon Jean-Paul Gourévitch, environ 3,5 millions de personnes noires en France en 2008, dont 2,4 millions vivant en France métropolitaine. En 2018, la communauté turque est estimée à 630 000 personnes en France. En 2014, il y avait près de 600 000 Chinois en France, dont 50 000 étaient étudiants. En 2010, on estime à 150 000 le nombre de Vietnamiens en France, ils vivent très majoritairement en région parisienne.\n\nLes immigrés perçoivent des revenus inférieurs d'un tiers en moyenne à ceux des non-immigrés, sont deux fois plus nombreux à ne pas être diplômés et trois fois plus nombreux à vivre sous le seuil de pauvreté. Toutefois, à situation sociale égale, leur formation scolaire et leurs revenus sont proches de ceux des Français nés en France. Selon des travaux, publiés en 2015, de l'économiste Hippolyte d'Albis, les migrants permettent une augmentation du PIB par habitant et une baisse du taux de chômage, en cela ils ont un effet positif sur l'économie.\n\nLes populations d'origine immigrée, et celles qui appartiennent à des minorités visibles, sont parfois victimes de discriminations en France. Pour des raisons indéterminées et sujettes à débats, une partie de cette population se tourne vers le fondamentalisme religieux. Pourtant, on assiste à une certaine convergence des modes de vie des populations immigrées et des Français de longue date. En 2019, le taux de chômage des personnes immigrées est de 16,3 %. Quelque 5,4 millions d'emplois sont interdits aux immigrés non-européens, soit plus d'un emploi sur cinq. Par ailleurs, 26,1 % des familles immigrées vivent dans un logement trop étroit, soit 3,7 fois plus que les personnes non immigrées.\n\n", "title": " Immigration, population étrangère et minorités visibles " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/France
La ménagerie du jardin des Plantes, un zoo politique
220
[ { "img": [], "source_text": " Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la population parisienne ne peut jamais observer les animaux sauvages ramenés d’expéditions scientifiques ou offerts en cadeau au roi, car ils appartiennent alors à la Ménagerie royale de Versailles. Après la chute de la royauté, l’ouverture d’une ménagerie en plein cœur de Paris, en 1794, rend ces animaux exotiques accessibles à tous. Dès lors, l’enjeu n’est pas seulement esthétique et scientifique, mais également politique. La ménagerie soude les citoyens en permettant au plus grand nombre d’admirer l’ordre harmonieux de la nature.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Pour moi qui ai été appelé à remplir la place de Buffon au jardin des Plantes […] je crois de mon devoir principal de chercher à établir un ensemble dans toutes les parties de cet utile établissement, en y attachant une ménagerie. Les circonstances ne sauraient être plus favorables; on nous offre les animaux de celle de Versailles, et il y a, pour les recevoir à Paris, un grand terrain non occupé avec ses bâtiments, qui est enclavé dans le jardin des Plantes, et qui appartient à la nation.\n\n[…] Que dirons-nous aux puissances d’Afrique et d’Asie qui, de temps immémorial, ont coutume de nous faire des présents d’animaux ? Les tuerons‑nous pour en faire des squelettes ? Ce serait leur faire injure. Les refuserons‑nous, en leur disant que nous n’avons plus de quoi les loger ni les nourrir ? Nos relations politiques nécessitent donc l’existence d’une ménagerie. […] Une ménagerie est donc nécessaire aux bienséances et à la dignité de la nation. Elle l’est essentiellement à l’étude générale de la nature […]. Elle ne l’est pas moins à celle des arts libéraux. Des dessinateurs et des peintres viennent, chaque jour, au jardin national, pour y dessiner des plantes étrangères, lorsqu’ils ont à représenter des sites d’Asie, d’Afrique et d’Amérique. Les animaux des mêmes climats leur seront aussi utiles; ils en étudieront les formes, les attitudes, les passions. […] Une ménagerie sera utile à Paris en y attirant des curieux. Ceux qui veulent achalander1 une foire y apportent des animaux étrangers, et la partie où on les montre est la plus fréquentée. C’est une curiosité naturelle à tous les hommes.\n\n \n Bernardin de Saint‑Pierre, Mémoire sur la nécessité de joindre une ménagerie au jardin national des Plantes de Paris, 1792. ", "title": "1 Pourquoi ouvrir une ménagerie au jardin des Plantes ?" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6544797/arrivee-animaux.jpg" ], "source_text": " En 1793, les bêtes qui appartenaient aux montreurs d’animaux dans les foires sont réquisitionnées pour venir remplir la ménagerie du jardin des Plantes.\n\nGravure extraite du Voyage au jardin des Plantes, de Louis‑François Jauffret, 1798, BnF, Paris.", "title": "2 L’arrivée d’animaux dans la ménagerie" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6544797/cadeau-diplomatique.jpg" ], "source_text": " En 1798, un couple de lions, Marc et Constantine, sont offerts à Napoléon par le souverain d’Alger. Ils sont ramenés à la ménagerie. Deux ans plus tard, la lionne donne naissance à trois petits, à qui on donne le nom de batailles remportées par l’armée française : Marengo, Jemmapes et Fleurus.", "title": "3 Cadeau diplomatique, lionceaux politiques" }, { "img": [], "source_text": " Je me bornerai à ne publier que ce que j’ai vu et observé moi‑même, avec toute l’attention dont j’étais capable, au muséum d’Histoire naturelle, à l’égard des deux éléphants que la conquête de Hollande nous a procurés. […] Ces éléphants n’avaient qu’un an, lorsqu’ils furent enlevés à leurs mères dans les forêts de Ceylan1, île de l’Océan indien […] La compagnie hollandaise des Indes en avait fait présent au stathouder2. […] Dès qu’ils furent jugés en état d’être transportés en Europe, on les embarqua, et ils abordèrent, en l’an 1784, au port de Flessingues en Hollande […] Ce fut alors que, pour les appeler et les distinguer, on donna au mâle le nom de Hans et celui de Marguerite à la femelle. […] La défense de la liberté nous faisait conduire nos armées partout où elle trouvait des souverains ligués contre elle; et la maison d’Orange n’avait pas été la dernière à se réunir à la coalition des rois contre notre République naissante. […] Bientôt les Français arrivèrent en vainqueurs […] Ils s’emparèrent du pays. […] La République française, d’après une convention faite entre les États de Hollande et les représentants, fut déclarée maîtresse des objets curieux appartenant au stathouder […], et notamment les éléphants. [...] On ne s’occupait plus que du départ de nos voyageurs; il fut fixé; mille témoins hollandais et français accoururent pour assister à ce spectacle.\n\n \n Jean‑Pierre Houel, Histoire naturelle des deux éléphants du Muséum de Paris, 1803.\n\n1. Sri Lanka actuel.\n2. Chef politique et militaire.", "title": "4 Des éléphants comme trophées de victoire" }, { "img": [], "source_text": " J’ai une grande nouvelle à vous apprendre, mon cher Gustave. – Eh ! quoi donc ? – Il est arrivé au jardin des Plantes dix voitures d’animaux vivants – Dix voitures d’animaux vivants ! Est-il possible ? Allons tout de suite à la ménagerie; et, en chemin, dites‑moi quels animaux sont arrivés. Sont-ils bien rares ? sont-ils féroces ? sont‑ils familiers ? […] Presque tous sont des oiseaux, parmi lesquels vous verrez le roi des vautours, le casoar, aussi gros qu’une autruche […] un porc‑épic, des chèvres d’Angora, plusieurs daims et plusieurs couples de faisans argentés de la Chine – Et les éléphants sont‑ils aussi arrivés ? – Non; mais leur arrivée est prochaine : on leur prépare un logement. – Qu’il me tarde de voir tous ces animaux étrangers ! Le cabinet d’histoire naturelle est superbe; mais on ne voit là que des animaux empaillés : il n’y a rien de tel que de les voir vivants.\n \n\n Louis-François Jauffret, Voyage au jardin des Plantes, 1798.\n ", "title": "5 Un spectacle qui fascine" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6544797
Microbiote de l'organisme humain
3,821
[ { "img": [], "source_text": "Le microbiote de l'organisme humain, anciennement dénommé flore microbienne de l'organisme humain, est l'ensemble des bactéries, microchampignons et autres micro-organismes que le corps humain contient en grand nombre. Le plus étudié des microbiotes humains est le microbiote intestinal. Le microbiote intestinal est extrêmement divers (biodiversité taxonomique, génétique et fonctionnelle). Il varie selon les individus et fluctue dans le temps, surtout dans les mois qui suivent la naissance et en période de maladie.\n\nLa plupart des organismes du microbiote sont naturellement présents sur la peau ou dans le tube digestif où ils effectuent des tâches utiles, voire essentielles à la survie de l'individu hôte. Dans des circonstances normales, ils ne provoquent pas de maladies (ils sont également désignées sous le nom de « flore normale »). Ils forment une « communauté écologique complexe » qui « influe sur la physiologie normale et la susceptibilité à la maladie, à travers une activité métabolique collective et ses interactions avec l'hôte ». Cette communauté est parfois considérée comme une communauté symbiote.\n\nLe plus connu des organismes du microbiote est la bactérie Escherichia coli, qui vit dans le côlon.\n\nSi le système immunitaire est affaibli, la plupart de ces bactéries de la flore normale agissent en tant que pathogènes opportunistes.\n\n", "title": "" } ]
wik-svt-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Microbiote_de_l'organisme_humain
Système solaire - Soleil (1)
3,830
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le Soleil est une naine jaune, une étoile de type spectral G2V comme beaucoup d'autres au sein de notre galaxie : la Voie lactée contient entre 200 et 400 milliards d'étoiles, dont 10 % seraient des naines jaunes. Sa très grande masse, environ 333 000 fois la masse terrestre, permet à la densité en son cœur d’être suffisamment élevée pour provoquer des réactions de fusion nucléaire en continu. Chaque seconde, le cœur du Soleil fusionne 620 millions de tonnes d'hydrogène en 615,7 millions de tonnes d'hélium. La différence de masse est convertie en énergie selon la formule E = mc2 et représente une puissance d'environ 4 × 1026 watts — environ un million de fois la consommation électrique annuelle des États-Unis toutes les secondes —, principalement diffusée dans l'espace sous forme de rayonnement électromagnétique solaire culminant dans la lumière visible. La température à sa surface visible est de 5 570 K tandis qu'elle atteint quinze millions de kelvins en son centre.\n\nLe Soleil est une naine jaune modérément grande, sa température étant intermédiaire entre celle des étoiles bleues, plus chaudes, et celle des étoiles les plus froides. Les étoiles plus brillantes et plus chaudes que le Soleil sont rares, tandis que les étoiles sensiblement plus sombres et plus froides, appelées naines rouges, constituent 85 % des étoiles de la Voie lactée. Il se situe vers le milieu de la séquence principale du diagramme de Hertzsprung-Russell et le calcul du rapport entre l’hydrogène et l’hélium à l’intérieur du Soleil suggère qu’il est environ à mi-chemin de son cycle de vie. Il devient progressivement plus brillant : au début de son histoire, sa luminosité était inférieure de plus d'un tiers à celle actuelle et, dans plus de cinq milliards d'années, il quittera la séquence principale et deviendra plus grand, plus brillant, plus froid et plus rouge, formant une géante rouge. À ce moment, sa luminosité sera un millier de fois celle d’aujourd’hui et sa taille aura suffisamment augmenté pour engloutir Vénus et potentiellement la Terre, .\n\nLe Soleil est une étoile de population I, formée à partir de la matière éjectée lors de l'explosion de supernovas, et possède ainsi une plus grande abondance d'éléments plus lourds que l'hydrogène et l'hélium (des « métaux ») que les étoiles de population II plus âgées. Ces éléments métalliques se sont formés dans les noyaux d'étoiles plus anciennes, des supernovas et ont ensuite été éjectés lors de leur explosion. Les étoiles les plus anciennes contiennent peu de métaux tandis que les étoiles ultérieures en contiennent ainsi plus. Cette haute métallicité est probablement cruciale pour le développement d'un système planétaire par le Soleil, car les planètes se forment à partir de l'accrétion de ces métaux.\n\n", "title": "" } ]
wik-svt-cinquieme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire
La République contestée et en débat
269
[ { "img": [], "source_text": "\n◆ Le syndicalisme révolutionnaire. Il se développe, en lien avec l’idée symbolique d’une « grève générale » capable de renverser l’ordre établi. Le souvenir de la Commune perdure, comme le montrent les triomphales tournées de conférences que Louise Michel, revenue du bagne, accomplit jusqu’à sa mort en 1905.\n\n➤ L’anarchisme. Plusieurs militants anarchistes organisent une série d’attentats entre 1892 et 1894, qui fascinent l’opinion et inquiètent le gouvernement (doc. 1). Ces actions vont jusqu’à l’assassinat du président de la République Sadi Carnot en 1894.\n\n➤ Des mouvements minoritaires. Marqués par des divergences internes, ces mouvements s’essouflent face aux durcissements successifs de la répression. La liberté d’association et l’encouragement donné à l’intervention étatique dans les négociations syndicales contribuent à encadrer ces courants politiques.", "title": "1 Des courants révolutionnaires" }, { "img": [], "source_text": "\n◆ Un catholicisme bien ancré. La France reste un pays très croyant. Alors que les Églises protestantes sont plutôt républicaines, une partie du clergé et de l’électorat catholiques considèrent la République comme un régime impie (doc. 2). Néanmoins, ils se rallient peu à peu au nouveau régime, sous l’impulsion du pape Léon XIII\n◆ Le refus de coopérer. L’Église catholique refuse de former les associations cultuelles exigées par la loi de 1905, et se dresse parfois contre les inventaires des bâtiments religieux. Certaines processions de rue tournent parfois à la violence et sont l’occasion de protester contre la politique anticléricale du gouvernement.\n\n➤ La nostalgie d’une époque passée ? Une partie des Français déplore la perte de certaines traditions. L’idée d’un retour à la monarchie persiste même si elle reste minoritaire.", "title": "2 Une France réactionnaire et cléricale" }, { "img": [], "source_text": "\n◆ L’antiparlementarisme. Des scandales politico‑financiers impliquant des députés alimentent une hostilité diffuse au régime. Celle‑ci se cristallise parfois autour de grandes figures charismatiques, comme le mouvement boulangiste, qui prône un retour à un ordre militaire (doc. 3).\n\n➤ L’affaire Dreyfus. En 1894, l’officier Alfred Dreyfus est accusé d’espionnage pour le compte de l’Allemagne. Juif, il est le coupable idéal dans un pays où l’antisémitisme est très ancré. L’enquête est falsifiée, la presse l’accable malgré des preuves de plus en plus claires de son innocence. Dreyfus n’est réhabilité qu’en 1906.\n\n➤ La violence nationaliste. L’extrême droite prend de l’ampleur au tournant du siècle avec des ligues comme la Ligue des patriotes, créée en 1882. Leurs membres défendent des valeurs réactionnaires et xénophobes, exaltent le rôle de l’armée et l’appartenance nationale. Le gouvernement réprime sévèrement les mouvements les plus radicaux, qui caressent l’idée de renverser la République.", "title": "3 Une France nationaliste et antisémite" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6800993/dreyfus.png" ], "source_text": " Alfred Dreyfus (1859-1935) Ce juif alsacien quitte sa région après la guerre de 1871 et prend la nationalité française. En 1894, il est officier d’artillerie quand il est condamné pour trahison, dégradé et exilé. Plusieurs journalistes et hommes politiques prennent sa défense et finissent par prouver son innocence : en 1906, le jugement est cassé et il est nommé chevalier de la Légion d’honneur. À la retraite, il est mobilisé durant la Première Guerre mondiale. Il meurt en 1935.", "title": "Repères" }, { "img": [], "source_text": " • Anarchiste : partisan de l’anarchisme, mouvement d’extrême gauche qui s’oppose à toute forme d’autorité et de hiérarchie.\n\n• Anticléricalisme : hostilité au clergé et, plus généralement, volonté de séparer les sphères laïque et religieuse.\n\n• Antisémitisme : hostilité et haine à l’égard des juifs.\n\n• Boulangisme : mouvement politique nationaliste et antiparlementariste qui réunit de nombreux opposants au régime à la fin des années 1880, autour du général Boulanger.\n\n• Nationalisme : courant de pensée et d’action politique qui veut garantir les valeurs et intérêts nationaux. Il peut s’accompagner de xénophobie et d’une volonté d’isolement culturel et économique.", "title": "Vocabulaire" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6800993/doc1.jpg" ], "source_text": " Attentat à la Chambre des députés, le 9 décembre 1893, Une du Supplément illustré du Petit Journal, 23 décembre 1893.", "title": "1 Les attentats anarchistes" }, { "img": [], "source_text": " Plusieurs fois député, Émile Keller (1828‑1909) est l’un des chefs de file du parti catholique antirépublicain.La République, c’est le régime impie et persécuteur que nous subissons dans les plus petits villages comme dans la plus grande ville; c’est le concert des mauvais sujets qui se sont emparés du pouvoir, qui disposent de toutes les places et de toutes les faveurs, qui dénoncent, oppriment, maltraitent et chassent des fonctions publiques quiconque va à la messe […]. Les hommes qui sont au pouvoir sont les ennemis systématiques et implacables de la religion catholique. […] Ce qu’il faut, c’est […] résister aux sectaires implacables qui ont pris l’engagement de déchristianiser la France.\n \n Émile Keller, lettre au pape Léon XIII, 7 février 1891.", "title": "2 La République impie" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6800993
Faire la guerre (1792-1815)
219
[ { "img": [], "source_text": " Entre 1792 et 1815, la France est plongée dans d’interminables guerres contre les autres grandes puissances européennes. Ces conflits mettent en péril l’équilibre financier de la France, mais aussi ses régimes politiques, qui se succèdent à vitesse rapide. Les militaires sont amenés à jouer un rôle de premier plan dans la Révolution et c’est un général, Napoléon Bonaparte, qui finit par devenir empereur. Les citoyens, qui souhaitent d’abord diffuser un idéal patriotique républicain, servent ensuite dans la Grande Armée napoléonienne, dont l’objectif est de rétablir la puissance de la France dans toute l’Europe.", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6544796/battaille-valmy.jpg" ], "source_text": "Horace Vernet, La Bataille de Valmy, 20 septembre 1792, 1826, huile sur toile, 175 x 287 cm, National Gallery, Londres.", "title": "1 La bataille de Valmy, victoire révolutionnaire en 1792" }, { "img": [], "source_text": " Dès ce moment, jusqu’à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux; les enfants mettront le vieux linge en charpie (pour servir de pansement), les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l’unité de la République.\n\n \n Décret voté par la Convention le 29 juillet 1793.", "title": "2 La levée en masse de 1793" }, { "img": [], "source_text": " Jean Gal, soldat dans le quatrième bataillon du département du Gard […] dans les Pyrénées orientales, reçoit un coup de canon qui lui emporte le bras. Au lieu de se retirer du combat […] à mesure qu’il voit abattre des soldats espagnols : Bon, s’écrit‑il, bon, je ne sens plus mon mal. Il ne cesse, pendant toute l’action, d’encourager ses frères d’armes qui le pressaient en vain d’aller recevoir les secours nécessaires à son état. […] Une nouvelle action s’étant engagée le lendemain, Gal s’échappe de l’hôpital, vole à son bataillon et se jette dans la mêlée, où il se distingue par de nouveaux prodiges de valeur.\n\n[…] Le brave Georges, du trente‑sixième régiment, qui a le bras emporté d’un boulet, crie : Vive la République ! Il m’en reste encore un pour venger la patrie.\n\n Recueil des actions héroïques et civiques des républicains français, 1794.", "title": "3 Glorifier les soldats héroïques" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6544796/grande-armee.jpg" ], "source_text": " La Grande Armée est d’abord le nom donné par Napoléon aux troupes destinées à envahir l’Angleterre. Ce terme désignera ensuite toute son armée, en raison de sa taille : ce sont plus de 600 000 hommes qui pénètrent en Russie quelques années plus tard.\n\nAnonyme, Passage en revue des troupes à Boulogne le 15 août 1804, v. 1830, huile sur toile, musée Napoléon, Rome.", "title": "4 La Grande Armée napoléonienne" }, { "img": [], "source_text": " La découverte de la poudre a changé la nature de la guerre : les armes de jet sont devenues les armes principales; c’est par le feu et non par le choc que se décident aujourd’hui les batailles. Le mousquet1 porte la mort à [...] 200 toises [380 m], des batteries2 placées à 800 toises [1 600 m] ont une influence directe et puissante sur le succès des combats. Il a donc fallu considérer comme faisant partie duchamp de bataille toutes les éminences et positions qui se trouvent à cette distance. Pour asseoir leur camp ou établir leur ligne de bataille, les généraux modernes ont dû choisir un terrain tel qu’ils puissent y mettre en action la plus grande partie de leurs armes de jet […] et établir leurs batteries sur des positions qui dominent, débordent, prolongent, prennent en flanc ou en écharpe les lignes ennemies.\n \n\n Napoléon Bonaparte, Essai sur la fortification de campagne, texte écrit pendant son exil à Sainte‑Hélène, publication posthume.\n 1. Ancêtre du fusil actuel.\n2. Ensemble de canons.\n ", "title": "5 Faire feu : l’essor de l’artillerie" }, { "img": [], "source_text": " Nos blessés périssaient, faute des moindres secours. Ces nombreux caissons, ces immenses approvisionnements en tous genres, assemblés à si grands frais depuis deux ans, avaient disparu, pillés, perdus, faute de moyens pour les traîner. Ils étaient semés sur la route. La rapidité des marches, le manque d’attelages suffisants et de rechange, le manque de vivres, le défaut de soins, tout s’était réuni pour faire périr les chevaux. […] Nos caissons, tous nos transports, calculés pour des routes ferrées, pour des marches et des distances ordinaires, n’étaient pas en rapport avec les chemins des pays que nous avions à parcourir. […] L’Empereur se fâchait, grondait plus que sévèrement le major‑général, les chefs de corps et les administrateurs, mais cela ne remédiait à rien.\n\n \n Caulaincourt, Mémoires, v. 1825‑1827.", "title": "6 La débâcle de Russie en 1812" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6544796
L’Éthiopie : nourrir une population pauvre en forte croissance (1/2)
185
[ { "img": [], "source_text": " Avec 98 millions d’habitants, l’Éthiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique. C’est aussi un des pays les plus pauvres au monde. La population, majoritairement rurale, dépend encore largement de l’agriculture. Dans un pays où les famines sont encore fréquentes, atteindre la sécurité alimentaire est un enjeu important.", "title": "Introduction" }, { "img": [], "source_text": " Deuxième pays le plus peuplé du continent africain [...], l’Éthiopie a connu, ces dernières années, une croissance annuelle proche de 10 % [...]. C’est un pays éminemment agricole (rôle central de l’agriculture dans l’économie et la vie sociale du pays : 41 % du PIB, 60 % des exportations, 80 % des emplois) et encore très peu industrialisé (15 %).\n\n D’après www.tresor.economie.gouv.fr, février 2016", "title": "Doc. 2 Une économie tournée vers l’agriculture" }, { "img": [], "source_text": " Ce sont 4,5 millions d’Éthiopiens qui vont devoir être soutenus, soit près de 5 % de la population totale du pays. Ainsi près de 2 millions de personnes auront besoin d’aide alimentaire sur les haut-plateaux du centre et du sud, alors que la zone produit d’habitude un surplus agricole1. Plus d’un million d’autres devront aussi être assistées dans les plaines désertiques de la région Somali, à l’est [...]. Le pays connait des précipitations largement insuffisantes.\n\n « En Éthiopie, un besoin d’aide alimentaire en forte progression », RFI, aout 2015.", "title": "Doc. 5 Une aide alimentaire indispensable" }, { "img": [], "source_text": " L’aide alimentaire : aide en nourriture apportée aux pays en situation d’insécurité alimentaire ou aux personnes démunies.\n\nUne famine : situation de crise alimentaire, durant laquelle la population dispose d’une quantité de nourriture quotidienne très insuffisante, pouvant entrainer la mort.\n\nLa sécurité alimentaire : fait de nourrir la population en quantité et en qualité suffisante.", "title": "Vocabulaire" } ]
lls-histoire-geographie-cinquieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110250
Époque classique - Culture, arts et vie intellectuelle (2)
2,550
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’époque classique est une période de l'histoire de la Grèce antique, située entre l'époque archaïque et l'époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire, pour les bornes chronologiques les plus courantes, depuis la victoire grecque de Salamine contre les Perses en 480 av. J.-C. jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'époque classique est une période marquée par de nombreuses constructions dans les cités grecques, qui portent avant tout sur les sanctuaires, mais pas seulement puisque les murailles et autres ouvrages défensifs font aussi l'objet de grands travaux, et des bâtiments collectifs tels que les gymnases, stades, puis les théâtres en pierre à la fin de la période. Les chantiers sont organisés et financés par l’État, donc surtout les cités, et parfois par une instance supracivique (l’amphictyonie de Delphes), l'érection de grands monuments étant un symbole de prestige et de puissance. Les plus importants chantiers mobilisent des artisans venant de tout le monde grec, parfois d'au-delà, choisis par adjudication.\n\nLa reconstruction de l'Acropole d'Athènes après sa destruction par les Perses, qui débute vers 450 av. J.-C., est la manifestation la plus éclatante du « siècle de Périclès », l'expression du prestige, de la puissance et de la richesse acquis par la démocratie athénienne. Elle réunit des maîtres d’œuvres et artistes parmi les plus renommés de l'époque, réunie par Périclès autour de son ami le sculpteur Phidias. La pièce maîtresse est le Parthénon, temple d'Athéna, avec ses reliefs sculptés représentant des scènes épiques (combat d'Amazones, cycle troyen, etc.) et rituelles (frise des Panathénées), et la statue chryséléphantine de la déesse sculptée par Phidias en personne. Le reste du projet de constructions se déroule après la mort de ses initiateurs : les Propylées, entrée monumentale, l'Érechthéion avec ses cariatides, le temple d'Athéna Nikè.\n\nLa période classique est marquée par la construction de nombreux temples dans tout le monde grec, dans les villes mais aussi dans des lieux reculés. A. Spawforth a ainsi recensé 46 temples grecs à colonnes datés du Ve siècle av. J.-C. et 25 datés du IVe siècle av. J.-C., sur un total de 196 érigés du VIIe siècle av. J.-C. au IIe siècle ap. J.-C. En plus de la Grèce continentale où il s'en trouve le plus, la Grande Grèce a connu une période intense de constructions au Ve siècle av. J.-C., et compte plusieurs exemples parmi ceux qui ont le mieux survécu aux injures du temps, dont celui de style purement classique construit à Ségeste à l'initiative d'un peuple non-Grec, les Élymes.\n\nLe IVe siècle av. J.-C. voit l'essor de l'usage des chapiteaux corinthiens ornés de feuilles d'acanthe, et de nouvelles audaces architecturales conduisant en Asie Mineure à la construction du temple à ciel ouvert de Didyme, du gigantesque Artemision d'Éphèse, l'une des « merveilles du monde », ou encore du mausolée d'Halicarnasse, autre « merveille », servant de lieu de sépulture pour le satrape de Carie qui avait fait fonder cette cité, s'appropriant les traditions architecturales des temples grecs pour un tombeau monumental de monarque.\n\nC'est plus largement tout l'espace public qui devient l'objet de grands travaux. Hippodamos de Milet développe au Ve siècle av. J.-C. le plan régulier en grille auquel il a donné son nom, censé organiser harmonieusement l'espace de la cité, qu'il met en pratique dans sa ville natale et au Pirée. Les murailles, les rues, les agoras, les ports, théâtres sont les différents éléments de l'espace public qui font l'objet de grands travaux. L'agora est un lieu central dans la vie civique, souvent doté de lieux de culte (destinés à des divinités poliades), d'édifices aux fonctions politiques (prytanées et autres bureaux et lieux de réunion de magistrats et assemblées) et d'autres bâtiments publics, où des réalisations artistiques (statues, frises, monuments) et inscriptions glorifiant la cité et affirmant son identité sont présentés au plus grand nombre. Au IVe siècle av. J.-C. la tendance à l'embellissement et la monumentalisation des espaces publics s'accentue, et concerne de plus en plus les lieux profanes, conduisant à l'apparition de l'architecture caractéristique de l'époque hellénistique. Priène, reconstruite entre 350 et 325, est dotée en son centre d'une vaste agora entourée de bâtiments à portiques (stoas), d'un temple dans sa partie haute, qui ici n'a pas concentré l'essentiel des travaux comme cela pouvait être le cas par le passé puisque la ville comprend en plus un grand théâtre dans sa partie haute, et dans sa partie basse un imposant complexe comprenant un gymnase et un stade.\n\nLes maisons privées de l'époque classique se développent dans le cadre des nouvelles conceptions urbanistiques de la période, qui définissent des lots d'habitation qui doivent eux aussi suivre des principes harmonieux, documentés notamment par les fouilles d'Olynthe. Les maisons de l'époque occupent en général une surface qui va entre 200 et 300 m2, s'organisent autour de cours, d'un vestibule ouvrant sur celle-ci et d'une pièce de réception, disposent d'un étage. Des maisons riches plus vastes et décorées avec soin apparaissent également.\n\n", "title": " Architecture et urbanisme " }, { "img": [], "source_text": "Les sculpteurs classiques exercent leur art sur des blocs de marbre, ou avec du bronze suivant la technique de la cire perdue, mais les statues en métal ont généralement été fondues dans l'Antiquité, aussi peu sont parvenues jusqu'à nous, même si de belles pièces sont connues tel le Zeus du cap Artémision mis au jour dans une épave. Les copies de sculptures d'artistes majeurs réalisées à l'époque romaine sont donc des source primordiales pour connaître l'art classique, malgré leur statut de témoin indirect ne reflétant pas forcément l'original avec exactitude. Là encore les principaux commanditaires sont à Athènes et à Syracuse. Le style des sculpteurs évolue rapidement. Le premier classicisme est marqué par le style sévère qui doit son nom aux visages calmes et sereins de leurs sujets. Le classicisme au sens strict, à partir du milieu du Ve siècle av. J.-C., est le plus renommé, marqué par le travail de Phidias, maître d’œuvre de la statue chryséléphantine de Zeus à Olympie et de celle d'Athéna au Parthénon, et les sculptures du chantier de l'Acropole. Les réalisations de la phase suivante sont plus versatiles, puisant parfois leur inspiration dans l'art de l'archaïsme final, puis le second classicisme, en plein IVe siècle av. J.-C., durant lequel exerce Praxitèle, voit notamment le développement d'un style plus fluide, aussi du nu féminin (statue d'Aphrodite), développement qui semble avoir choqué à l'époque, avant de s'imposer. Scopas est un autre sculpteur majeur de cette période. La transition entre l'art classique et l'art hellénistique est notamment marquée par les réalisations de Lysippe de Sicyone, qui servit Alexandre le Grand.\n\n", "title": " Sculpture " }, { "img": [], "source_text": "Les textes rapportent les noms de peintres renommés de l'époque classique, notamment Polygnote de Thasos et Micon au Ve siècle av. J.-C., puis au IVe siècle av. J.-C. Zeuxis d'Héraclée, Parrhasios d’Éphèse, et l'école de Sicyone, avec notamment Apelle de Cos qui est actif à l'époque d'Alexandre. Mais leurs œuvres n'ont pas été préservées. La peinture de l'époque classique est, comme celle de l'époque archaïque, essentiellement documentée par la céramique de qualité peinte, dont l'identité des artistes est en général inconnue. Le type dominant au début de la période à Athènes est la céramique à figures rouges, puis se développe la céramique peinte sur fond blanc. Du début de la période datent aussi les peintures de la tombe du Plongeur de Poseidonia (Paestum), découverte unique en son genre dans le monde grec (mais avec des parallèles dans l’Étrurie voisine), qui offre un aperçu de la peinture murale de l'époque. Après avoir connu un nouvel élan en Grande Grèce, la céramique peinte perd en popularité et créativité au IVe siècle av. J.-C. La peinture murale de la fin de l'époque classique et du début de l'époque hellénistique est attestée par les fresques ornant les tombes royales macédoniennes de Vergina, représentent des thèmes mythologiques (rapt de Perséphone par Hadès) et de chasse, .\n\n", "title": " Peinture " } ]
wik-hist-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Époque_classique
Louis XIV, le modèle du roi absolu
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[ { "img": [], "source_text": " Roi à cinq ans en 1643, Louis XIV décide de gouverner seul à partir de 1661. Son règne est long et marque l’apogée de la monarchie absolue de droit divin. Informé de tout, conquérant, il supprime l’édit de Nantes et fait bâtir Versailles.", "title": "Introduction" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.sacre.jpg" ], "source_text": " Exposé à Versailles dans la salle du trône, où Louis XIV reçoit ses audiences, ce tableau est destiné à être vu de tous.\n\nHyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277 x 194 cm, 1701 (musée du Louvre, Paris).", "title": "Doc. 1 Louis XIV en costume de sacre" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.sacre1.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLe manteau bleu azur doublé d’hermine mouchetée à fleur de lys, emblème des Capétiens.\n\nHyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277 x 194 cm, 1701 (musée du Louvre, Paris).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.sacre-2.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLe sceptre, symbole du commandement et de la puissance.\n\nHyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277 x 194 cm, 1701 (musée du Louvre, Paris).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.sacre-3.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLa main de justice et la couronne.\n\nHyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277 x 194 cm, 1701 (musée du Louvre, Paris).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.sacre-4.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nL’épée des rois de France, dite « Joyeuse » ou « épée de Charlemagne ».\n\nHyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277 x 194 cm, 1701 (musée du Louvre, Paris).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.sacre-5.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nBas-relief de Thémis, la déesse de la Justice et de la Loi.\n\nHyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277 x 194 cm, 1701 (musée du Louvre, Paris).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.sacre-6.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\nLes souliers à talons rouges et le collier de l’ordre du Saint-Esprit rappellent la noblesse.\n\nHyacinthe Rigaud, huile sur toile, 277 x 194 cm, 1701 (musée du Louvre, Paris).", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.centralisation.jpg" ], "source_text": " Louis XIV tient des conseils spécialisés. Il préside la séance du Conseil des parties (chargé de la justice) et se fait présenter le sceau royal. Quatre personnages scellent les documents royaux qui viennent d’être signés par le roi.\n\nAnonyme, 1672 (musée national du château de Versailles).", "title": "Doc. 2 Louis XIV en son conseil" }, { "img": [], "source_text": " Je m’imposai pour loi de travailler régulièrement deux fois par jour, et deux ou trois heures chaque fois avec diverses personnes, sans compter les heures que je passerai seul en particulier, ni le temps que je pourrais donner extraordinairement aux affaires extraordinaires s’il en survenait. Je commandai aux quatre secrétaires d’État de ne plus rien signer du tout sans m’en parler. Le chancelier eut un pareil ordre, c’est-àdire de ne rien sceller que par mon commandement.\n\n Louis XIV, Mémoires pour servir à l'instruction du dauphin, 1666.", "title": "Doc. 3 Le travail de Louis XIV" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110218/h5.8.dos.armee.jpg" ], "source_text": " Le 6 avril 1672, Louis XIV déclare la guerre aux Provinces-Unies (Pays-Bas). L’armée de Louis XIV est la plus puissante d’Europe.\n\nVan der Meulen, Passage du Rhin par Louis XIV le 12 juin 1672 (musée national du château de Versailles).", "title": "Doc. 4 Louis XIV à la tête de son armée" }, { "img": [], "source_text": " En 1670, Bossuet est nommé tuteur du fils de Louis XIV et lui explique les principes de la monarchie absolue de droit divin.\nLes princes agissent donc comme ministres de Dieu, et ses lieutenants sur la Terre. C’est par eux qu’il exerce son empire [...]. Le trône royal n’est pas le trône d’un homme, mais le trône de Dieu même [...]. La personne des rois est sacrée [...], attenter sur eux, c’est un sacrilège. Dieu les fait oindre par ses prophètes d’une onction sacrée [...]. Mais même sans l’application extérieure de cette onction, ils sont sacrés par leur charge, comme étant les représentants de la majesté divine [...]. On doit obéir au prince par principe de religion et de conscience.\n\n Bossuet, La politique tirée de l'Ecriture Sainte, 1709.", "title": "Doc. 5 Une définition du roi absolu" } ]
lls-histoire-geographie-cinquieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110218
Système solaire - Milieu interplanétaire (1)
3,831
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En plus de la lumière, le Soleil rayonne un flux continu de particules chargées (un plasma de protons, d'électrons et de particules alpha) appelé vent solaire. Ce flux s’étend à la vitesse approximative de 1,5 million de kilomètres par heure, créant une atmosphère ténue, l’héliosphère, qui baigne le milieu interplanétaire jusqu'à au moins 100 unités astronomiques et l’héliopause, . Le matériau composant l’héliosphère, ou milieu interplanétaire, est un quasi-vide.\n\nL'activité à la surface du Soleil, comme les éruptions solaires et les éjections de masse coronale, fait grandement varier l'intensité du vent solaire et perturbe l'héliosphère en créant des conditions météorologiques spatiales ou des orages magnétiques, . La plus grande structure de l'héliosphère est la spirale de Parker, due aux actions du champ magnétique rotatif du Soleil sur le milieu interplanétaire.\n\nLe champ magnétique terrestre empêche en grande partie son atmosphère d'être dépouillée par le vent solaire. À l'inverse, Vénus et Mars ne possèdent pas de champ magnétique et le vent solaire éjecte progressivement les particules de leur atmosphère dans l'espace, . Les éjections de masse coronale et autres événements similaires soufflent un champ magnétique et d'énormes quantités de matière depuis la surface du Soleil. L'interaction de ce champ magnétique et de cette matière avec le champ magnétique terrestre entraîne des particules chargées dans la haute atmosphère de la Terre, créant des aurores polaires observées près des pôles magnétiques. Le vent solaire permet également la formation des queues de comètes.\n\nL’héliosphère protège en partie le Système solaire du flux de particules interstellaires de haute énergie appelé rayonnement cosmique, cette protection étant encore augmentée sur les planètes disposant de champ magnétique planétaire. La densité de rayons cosmiques dans le milieu interstellaire et l'intensité du champ magnétique solaire changent sur de très longues périodes, de sorte que le niveau de pénétration des rayons cosmiques dans le Système solaire varie au cours du temps, bien que le degré de variation soit inconnu.\n\nLe milieu interplanétaire abrite au moins deux régions de poussières cosmiques en forme de disque. Le premier disque, le nuage de poussière zodiacal, se trouve dans le Système solaire interne et provoque la lumière zodiacale. Il est probablement formé par des collisions à l’intérieur de la ceinture d’astéroïdes causées par des interactions avec les planètes ainsi que de matériaux laissés par les comètes. Le deuxième nuage de poussière s'étend d'environ 10 ua à 40 ua et est probablement créé par des collisions similaires dans la ceinture de Kuiper.\n\n", "title": "" } ]
wik-svt-cinquieme
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L’Europe, principal théâtre de la Première Guerre mondiale
294
[ { "img": [], "source_text": " En classe de 3e, vous avez appris que la Première Guerre mondiale est une guerre totale, très violente et meurtrière : pendant 4 ans, des soldats venus du monde entier se battent, principalement en Europe.", "title": "Ce que vous savez déjà" }, { "img": [], "source_text": " ➡ La guerre devient mondiale, notamment par l’engagement de soldats venus du monde entier.\n\n➡ L’apparition d’armements modernes très destructeurs (mitrailleuses, gaz, blindés, aviation, etc.) rend la guerre plus meurtrière que jamais.\n\n➡ Les soldats s’organisent pour vivre et « tenir » sur le front, dans des conditions très difficiles.", "title": "Dans ce chapitre" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/7035903/HIS.1re.9.REP.verdun_soldats_remplacement2-retouche.jpg" ], "source_text": " À partir de la fin de l’année 1914, les armées s’enterrent pour se protéger : c’est la guerre de position. Pendant près de quatre ans, les soldats vivent dans l’horreur des tranchées.\n\nTranchées allemandes dans l’Aisne, photographie anonyme, date inconnue.", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/7035903/figaro.jpg" ], "source_text": " Après l’échec de leur ultime offensive à l’été 1918, les Allemands ne cessent de reculer. La nouvelle République allemande demande l’armistice début novembre. Après plus de quatre années, les combats cessent en Europe de l’Ouest.\n\nUne du quotidien Le Figaro, 12 novembre 1918.", "title": "" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/7035903
Système solaire - Système solaire interne (1)
3,832
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le Système solaire interne comprend traditionnellement la région située entre le Soleil et la ceinture principale d'astéroïdes. Composés principalement de silicates et de métaux, les objets du Système solaire interne orbitent près du Soleil : le rayon de la région tout entière est plus petit que la distance entre les orbites de Jupiter et de Saturne. Cette région se situe en totalité avant la ligne des glaces, qui se trouve à un peu moins de 5 ua (environ 700 millions de kilomètres) du Soleil.\n\nIl n'existe pas d'objets notables attestés dont l'orbite serait totalement intérieure à celle de la planète Mercure, bien que l'existence d'astéroïdes vulcanoïdes soit supposée par certains astronomes. Au XIXe siècle, l'existence d'une planète hypothétique est postulée dans cette zone, Vulcain, avant d'être invalidée.\n\nDans ce qui suit, le demi-grand axe de l'objet céleste évoqué est indiqué entre parenthèses en unités astronomiques au début de la section dédiée.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Les quatre planètes internes du Système solaire sont des planètes telluriques : elles possèdent une composition dense et rocheuse et une surface solide. Par ailleurs, elles ont peu ou pas de satellites naturels et aucun système d’anneaux. De taille modeste (la plus grande de ces planètes étant la Terre, dont le diamètre est de 12 756 km), elles sont composées en grande partie de minéraux à point de fusion élevé, tels les silicates qui forment leur croûte solide et leur manteau semi-liquide, et de métaux comme le fer et le nickel, qui composent leur noyau. Trois des quatre planètes (Vénus, la Terre et Mars) ont une atmosphère substantielle ; toutes présentent des cratères d’impact et des caractéristiques tectoniques de surface, comme des rifts et des volcans.\n\nLe terme « planète interne » est distinct de « planète inférieure », qui désigne en général les planètes plus proches du Soleil que la Terre, soit Mercure et Vénus ; de même concernant « planète externe » et « planète supérieure ».\n\n", "title": " Planètes internes " }, { "img": [], "source_text": "Mercure (0,4 ua) est la planète la plus proche du Soleil, ainsi que la plus petite (4 878 km de diamètre) et la moins massive avec un peu plus du vingtième de la masse terrestre, .\n\nElle ne possède aucun satellite naturel et ses seules caractéristiques géologiques connues, en dehors des cratères d’impact, sont des dorsa qui ont probablement été produites par contraction thermique lors de sa solidification interne tôt dans son histoire. Elle possède relativement à sa taille un très grand noyau de fer liquide — qui représenterait 85 % de son rayon, contre environ 55 % pour la Terre — et un fin manteau, ce qui n'est pas expliqué de façon certaine mais pourrait être du à un impact géant ou à l'importante température lors de son accrétion.\n\nMercure a la particularité d'être en résonance spin-orbite 3:2, sa période de révolution (~88 jours) valant exactement 1,5 fois sa période de rotation (~59 jours), et donc la moitié d'un jour solaire (~176 jours). Ainsi, relativement aux étoiles fixes, elle tourne sur son axe exactement trois fois toutes les deux révolutions autour du Soleil. Par ailleurs, son orbite possède une excentricité de 0,2, soit plus de douze fois supérieure à celle de la Terre et de loin la plus élevée pour une planète du Système solaire.\n\nL'atmosphère de Mercure, quasiment inexistante et qualifiable d'exosphère, est formée d’atomes arrachés à sa surface (oxygène, sodium et potassium) par le vent solaire ou momentanément capturés à ce vent (hydrogène et hélium). Cette absence implique qu'elle n'est pas protégée des météorites et donc sa surface est très fortement cratérisée et globalement similaire à la face cachée de la Lune, car elle est géologiquement inactive depuis des milliards d'années. De plus, le manque d'atmosphère combiné à la proximité du Soleil engendre d'importantes variations de la température en surface, allant de 90 K (−183 °C) au fond des cratères polaires — là où les rayons du Soleil ne parviennent jamais — jusqu'à 700 K (427 °C) au point subsolaire au périhélie.\n\n", "title": " Planètes internes - Mercure " }, { "img": [], "source_text": "Vénus (0,7 ua) est la planète la plus proche de la Terre en taille (0,95 rayon terrestre) et en masse (0,815 masse terrestre), qui lui valent d'être parfois appelée sa « planète sœur », . Comme elle, Vénus possède un épais manteau de silicate entourant un noyau métallique, une atmosphère significative et une activité géologique interne. Cependant, elle est beaucoup plus sèche et la pression de son atmosphère au sol est 92 fois plus élevée. Son importante atmosphère, composée à plus de 96 % de dioxyde de carbone, crée un très grand effet de serre qui en fait la planète la plus chaude du Système solaire par sa température de surface moyenne de 735 K (462 °C), .\n\nLa planète est également enveloppée d'une couche opaque de nuages d'acide sulfurique, hautement réfléchissants pour la lumière visible, empêchant sa surface d'être vue depuis l'espace et faisant de la planète le deuxième objet naturel le plus brillant du ciel nocturne terrestre après la Lune. Bien que la présence d'océans d'eau liquide à sa surface par le passé soit supposée, la surface de Vénus est un paysage désertique sec et rocheux où se déroule toujours un volcanisme. Comme elle ne possède pas de champ magnétique, son atmosphère est constamment appauvrie par le vent solaire et ce sont des éruptions volcaniques qui lui permettent de la réalimenter. La topographie de Vénus présente peu de reliefs élevés et consiste essentiellement en de vastes plaines géologiquement très jeunes de quelques centaines de millions d'années, notamment grâce à son épaisse atmosphère la protégeant des impacts météoritiques et à son volcanisme renouvelant le sol.\n\nVénus orbite autour du Soleil tous les 224,7 jours terrestres et, avec une période de rotation de 243 jours terrestres, il lui faut plus de temps pour tourner autour de son propre axe que toute autre planète du Système solaire. Comme Uranus, elle possède une rotation rétrograde et tourne sur elle-même dans le sens opposé à celui des autres planètes : le soleil s'y lève à l'ouest et se couche à l'est. Vénus possède l'orbite la plus circulaire des planètes du Système solaire, son excentricité orbitale étant presque nulle, et, du fait de sa lente rotation, est quasiment sphérique (aplatissement considéré comme nul). Elle ne possède pas de satellite naturel. En revanche, à l'instar de celui de la Terre, Vénus est accompagnée sur son orbite par un anneau, disque de poussières circumsolaire très peu dense.\n\n", "title": " Planètes internes - Vénus " } ]
wik-svt-cinquieme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire
Al-Andalus, un califat original
130
[ { "img": [], "source_text": " L’empire abbasside, dont la capitale est Bagdad, est en fait morcelé. En Espagne se trouve un califat indépendant, dans la partie de l’Espagne conquise par les musulmans (Al-Andalus). Au contact immédiat de l’Occident chrétien, Al-Andalus devient un centre politique et culturel important.", "title": "Introduction" }, { "img": [], "source_text": " Le djihâd : « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ni au Jour dernier, ni n’interdisent ce qu’interdisent Dieu et son Envoyé, et qui, parmi ceux qui ont reçu l’Écriture1, ne suivent pas la religion du Vrai – et cela jusqu’à ce qu’ils payent d’un seul mouvement une capitation2 en signe d’humilité. »\n Le Coran, sourate IX, verset 29, traduction Jacques Berque, Albin Michel, 2002.", "title": "Doc. 1 La conquête d'Al-Andalus et la naissance d'un califat indépendant" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110315/h5.2.gui.deux-rois-assis.jpg" ], "source_text": "Le roi espagnol Rodrigue, vaincu (à gauche) et le général musulman vainqueur (à droite), miniature du XIᵉ siècle tirée du Portrait de rois (Bibliothèque nationale d’espagne, Madrid).", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " En Al-Andalus s’applique, comme dans tout l’empire musulman, le pacte de la dhimma : cela signifie que les chrétiens et les juifs, en échange de leur sécurité, doivent respecter des règles de vie avec les musulmans et payer un impôt spécial. Ils rédigent ici le contenu du pacte.\nNous ne construirons plus dans nos villes et dans leurs environs, ni couvents, ni églises, ni cellules de moines. [...] Nous donnerons l’hospitalité à tous les musulmans qui passeront chez nous et les hébergerons durant trois jours. [...] Nous serons pleins de respect envers les musulmans. Nous nous lèverons de nos sièges lorsqu’ils voudront s’asseoir. [...] Nous ne sonnerons la cloche dans nos églises que très doucement. [...] Nous ne prierons pas à voix haute sur les chemins fréquentés par les musulmans. [...] S’il nous arrivait de contrevenir à quelques-uns de ces engagements, nous n’aurions plus droit à la dhimma et nous serions passibles des peines réservées aux rebelles.\n Al-Turtushi, Siraj al-Muluk (La Lumière des rois), XIIᵉ siècle.", "title": "Doc. 3 La place des juifs et des chrétiens" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110315/h5.2.gui.joueurs-echecs-detoure.jpg" ], "source_text": "Un chrétien (à gauche) jouant aux échecs avec un musulman, miniature tirée du Livre des jeux, XIIIᵉ siècle.", "title": "" } ]
lls-histoire-geographie-cinquieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110315
1639 : La révolte des Va Nu-pieds
434
[ { "img": [], "source_text": " Dans les années 1630, les paysans normands connaissent des conditions de vie très difficiles, notamment à cause de la peste et de sécheresses fréquentes. Louis XIII, qui est en guerre à travers l'Europe, cherche à accroître les revenus du royaume, et augmente la pression fiscale. En 1639, les Normands apprennent qu'ils vont désormais devoir payer la gabelle, impôt sur le sel dont ils étaient jusque-là dispensés. Des soulèvements sont déclenchés par des travailleurs modestes, surnommés les Va Nu‑pieds. Les troubles gagnent progressivement toute la région.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Toutes sortes de calamités ont affligé cette pauvre Province : la peste universelle a dépeuplé plusieurs bourgs et paroisses que les gens de guerre avaient ruinés, la stérilité de la dernière année, causée par des sécheresses, a réduit beaucoup de misérables à la pâture des bêtes; l'excès des tailles et des impôts fait regorger vos prisons en tous lieux. [...] Sire, il est temps ou jamais que vous preniez pitié de votre pauvre peuple, et sa misère est en un point où le secours viendra toujours trop tard.\n \n\n Charles de Beaurepaire, Cahier des États de Normandie, 1638, articles XXXVIII et XXIX.", "title": "1 La misère des peuples" }, { "img": [], "source_text": " Les désordres de la province de Normandie sont arrivés de ce qu'au mois de juin dernier, il courut un bruit, en Basse-Normandie [...] qu'il y avait un article qui portait que la gabelle1 devait être établie aux élections2 d'Avranches, Valognes, Carentan, Coustances, et Mortaing. Ceux qui semaient ces bruits disaient hautement qu'il ne fallait souffrir cet établissement et changement, qui causeraient la ruine et la désolation. [...] Ces discours alarmèrent tellement le pays que tous ceux qui y arrivaient des provinces, même des villes voisines, passaient pour des établisseurs des nouveaux droits.\n\nRelation de la révolte de Basse‑Normandie, date inconnue.\n\n1. Impôt sur le sel dont la Normandie était jusque-là dispensée. ", "title": "2 Les causes directes de la révolte" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6070978/HG_deroulement_Va_Nu_pieds.png" ], "source_text": " Les révoltés commettent plusieurs assassinats, mais ils procèdent surtout à des pillages et des destructions de maisons appartenant à des receveurs des impôts.", "title": "3 Le déroulement de la révolte des Va Nu-pieds" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6070978/HG_fiscalite_Caen.png" ], "source_text": " La généralité est une circonscription administrative. Celle de Caen regroupe une large zone comprenant Valognes, Avranche, Bayeux et Caen.", "title": "4 L'augmentation du poids de la fiscalité dans la généralité de Caen entre 1636 et 1639" }, { "img": [], "source_text": " En 1639, plusieurs chansons comme celle-ci circulent en Normandie.\n\n À la Normandie.\n Mon cher pays, tu n'en peux plus; \n \n Que t'a servi d'être fidèle ?\n Pour tant de services rendus,\n On te veut bailler la gabelle. \n \n Est-ce le loyer attendu\n Pour avoir si bien défendu\n La Couronne des Rois de France ? [...] Jean Nu-pieds1 est votre suppôt,\n Il vengera votre querelle,\n Vous affranchissant des impôts,\n Il fera lever la gabelle,\n Et nous ôtera tous ces gens\n Qui s'enrichissent aux dépens\n De vos biens et de la patrie.\n C'est lui que Dieu a envoyé\n Pour mettre en Normandie\n Une parfaite liberté.\n Relation de la révolte de Basse-Normandie, date inconnue.\n\n1. Surnom d'un chef de la révolte, dont la vraie identité est inconnue.", "title": "5 La chanson des Va Nu-Pieds" }, { "img": [], "source_text": " Le colonel Gassion fut commandé de prendre les meilleures troupes de l'armée de Picardie, et s'avancer pour dissiper ces factions, châtier leurs auteurs et remettre au devoir les villes qui fomenteraient la rébellion. [...] [À Avranches] Quatre de leurs principaux chefs se trouvèrent au nombre des morts, lesquels étaient de trois cents et plus, celui des prisonniers un peu moindre, les autres cherchèrent à se sauver par la fuite; mais étant tombés entre les mains du sieur de Tourville qui était de l'autre côté d'Avranches avec soixante chevaux, il les chargea si vivement qu'après en avoir tué plus de la moitié, il contraignit le reste à se jeter dans l'eau ou plusieurs furent noyés. [...] Si tôt que le combat donné aux portes d'Avranches fut terminé par la mort ou la prise des principaux auteurs de la sédition, le colonel Gassion désarma les habitants d'Avranches, et fit marcher ses troupes vers Rouen comme à la seule ville qu'il fallait avoir pour remettre en devoir toutes les autres de la province.\n\nLe Mercure Français, tome XXIII, 1639.", "title": "6 La répression de la révolte" } ]
lls-histoire-seconde
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6070978
Système solaire - Système solaire interne (2)
3,833
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La Terre (1 ua) est la plus grande (12 756 km de diamètre) et la plus massive des planètes telluriques ainsi que la plus dense du Système solaire. Elle est notamment le seul objet céleste connu pour abriter la vie. Elle orbite autour du Soleil en 365,256 jours solaires — une année sidérale — et réalise une rotation sur elle-même relativement au Soleil en 23 h 56 min 4 s — un jour sidéral — soit un peu moins que son jour solaire de 24 h du fait de ce déplacement autour du Soleil. L'axe de rotation de la Terre possède une inclinaison de 23°, ce qui cause l'apparition de saisons.\n\nLa Terre possède un satellite en rotation synchrone autour d'elle, la Lune, le seul satellite significativement grand d'une planète tellurique dans le Système solaire. Selon l'hypothèse de l'impact géant, ce satellite s'est formé à la suite d'une collision de la proto-Terre avec un impacteur de la taille de la planète Mars (nommé Théia) peu après la formation de la planète il y a 4,54 milliards d'années, . L'interaction gravitationnelle avec son satellite crée les marées, stabilise son axe de rotation et réduit graduellement sa vitesse de rotation. La planète évolue également dans un disque de poussière autour du Soleil.\n\nSon enveloppe rigide — appelée la lithosphère — est divisée en différentes plaques tectoniques qui migrent de quelques centimètres par an. Environ 71 % de la surface de la planète est couverte d'eau liquide — fait unique parmi les planètes telluriques, avec notamment des océans, mais aussi des lacs et rivières, constituant l'hydrosphère — et les 29 % restants sont des continents et des îles, tandis que la majeure partie des régions polaires est couverte de glace. La structure interne de la Terre est géologiquement active, le noyau interne solide et le noyau externe liquide (composés tous deux essentiellement de fer) permettant notamment de générer le champ magnétique terrestre par effet dynamo et la convection du manteau terrestre (composé de roches silicatées) étant la cause de la tectonique des plaques, activité qu'elle est la seule planète à connaître. L’atmosphère terrestre est radicalement différente de celle des autres planètes, car elle a été altérée par la présence de formes de vie jusqu'à contenir de nos jours 21 % d’oxygène, . Celle-ci augmente également la température moyenne de 33 kelvins par effet de serre, la faisant atteindre 288 K (15 °C) et permettant l'existence d'eau liquide.\n\n", "title": " Planètes internes - Terre " }, { "img": [], "source_text": "Mars (1,5 ua) est deux fois plus petite que la Terre et Vénus, et fait seulement environ le dixième de la masse terrestre, . Sa période de révolution autour du Soleil est de 687 jours terrestres et sa journée dure 24 heures et 39 minutes. La période de rotation de Mars est du même ordre que celle de la Terre et son obliquité lui confère un cycle des saisons similaire au cycle terrestre. Ces saisons sont toutefois marquées par une excentricité orbitale cinq fois et demie plus élevée que celle de la Terre, d'où une asymétrie saisonnière sensiblement plus prononcée entre les deux hémisphères et un climat qui peut être qualifié d'hyper-continental : en été, la température dépasse rarement les 20 à 25 °C à l'équateur, alors qu'elle peut chuter jusqu'à −120 °C, voire moins pendant l'hiver aux pôles.\n\nElle possède une atmosphère ténue, principalement composée de dioxyde de carbone, et une surface désertique caractérisée visuellement par sa couleur rouge, due à l'abondance d'hématite amorphe ou oxyde de fer(III). Sa topographie présente des analogies aussi bien avec la Lune, par ses cratères et ses bassins d'impact en raison de sa proximité avec la ceinture d'astéroïdes, qu'avec la Terre, par des formations d'origine tectonique et climatique telles que des volcans, des rifts, des vallées, des mesas, des champs de dunes et des calottes polaires. Le plus haut volcan du Système solaire, Olympus Mons (qui est un volcan bouclier), et le plus grand canyon, Valles Marineris, se trouvent sur Mars. Ces structures géologiques montrent des signes d’une activité géologique, voire hydraulique, qui a peut-être persisté jusqu’à récemment, mais qui est presque totalement arrêtée de nos jours, ; seuls des événements mineurs surviendraient encore épisodiquement à sa surface, tels que des glissements de terrain ou de rares éruptions volcaniques sous forme de petites coulées de lave. La planète est par ailleurs dépourvue de champ magnétique global.\n\nMars possède deux très petits satellites naturels de quelques dizaines de kilomètres de diamètre, Phobos et Déimos, qui pourraient être des astéroïdes capturés, mais le consensus actuel privilégie une formation à la suite d'un choc avec la planète en raison de leur faible éloignement à la planète, . Ceux-ci sont en rotation synchrone — montrant donc toujours la même face à la planète — mais, du fait des forces de marée avec la planète, l'orbite de Phobos diminue et le satellite se décomposera lorsqu'il aura franchi la limite de Roche, tandis que Déimos s'éloigne progressivement.\n\n", "title": " Planètes internes - Mars " }, { "img": [], "source_text": "Les astéroïdes sont principalement de petits corps du Système solaire composés de roches et de minéraux métalliques non volatils, de forme et de tailles irrégulières — allant de plusieurs centaines de kilomètres à des poussières microscopiques — mais beaucoup plus petits que les planètes. Une région de forme torique située entre les orbites de Mars et de Jupiter, principalement à une distance allant de 2,3 à 3,3 ua du Soleil, en contient un très grand nombre et est ainsi appelée ceinture d'astéroïdes, ou ceinture principale pour la distinguer des autres regroupements d'astéroïdes du Système solaire comme la ceinture de Kuiper ou le nuage de Oort.\n\nLa ceinture d'astéroïdes s'est formée à partir de la nébuleuse solaire primordiale en tant que groupe de planétésimaux. Cependant, les perturbations gravitationnelles de Jupiter imprègnent les protoplanètes d'une énergie orbitale trop importante pour qu'elles puissent s'accréter en une planète et causent de violentes collisions. En conséquence, 99,9 % de la masse initiale de la ceinture d'astéroïdes est perdue au cours des cent premiers millions d'années de l'histoire du Système solaire et certains fragments sont projetés vers le Système solaire intérieur, entraînant des impacts de météorites avec les planètes intérieures. La ceinture d'astéroïdes est toujours la source prinpale de météorites reçues sur Terre.\n\nElle contiendrait entre un et deux millions d'astéroïdes plus larges qu'un kilomètre, certains comportant des lunes parfois aussi larges qu'eux-mêmes, mais peu dépassent les 100 kilomètres de diamètre. La masse totale de la ceinture d'astéroïdes vaut environ 5 % de celle de la Lune et les astéroïdes sont relativement éloignés les uns des autres, impliquant que de nombreuses sondes spatiales aient pu la traverser sans incident, .\n\n", "title": " Ceinture d'astéroïdes - Caractéristiques " }, { "img": [], "source_text": "Les astéroïdes de la ceinture principale sont divisés en plusieurs groupes et familles, des ensembles de planètes mineures qui partagent des éléments orbitaux similaires (tels que le demi-grand axe, l'excentricité ou l'inclinaison orbitale), mais ont également tendance à avoir des compositions de surface proches. Les familles sont supposées être des fragments de collisions passées entre astéroïdes tandis que les groupes découlent seulement de phénomènes dynamiques non collisionnels et jouent un rôle plus structurant dans la disposition des planètes mineures au sein du Système solaire. Parmi les principaux groupes, on peut par exemple citer le groupe de Hilda, situé en périphérie externe de la ceinture entre 3,7 et 4,1 ua et dont les astéroïdes sont en résonance 3:2 avec Jupiter, ou le groupe de Hungaria, qui se trouve lui en périphérie interne entre 1,8 et 2 ua.\n\nLes astéroïdes individuels de la ceinture d'astéroïdes sont classés selon leur spectre, la plupart d'entre eux appartenant à trois groupes de base : carbonés (type C), silicates (type S) et riches en métaux (type M).\n\n", "title": " Ceinture d'astéroïdes - Groupes et familles d'astéroïdes " } ]
wik-svt-cinquieme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire
Marie Curie
2,337
[ { "img": [], "source_text": "Marie Skłodowska-Curie, ou simplement Marie Curie, née Maria Salomea Skłodowska (prononcé [ˈmarja salɔˈmɛa skwɔˈdɔfska] ) le 7 novembre 1867 à Varsovie (royaume de Pologne, sous domination russe) et morte le 4 juillet 1934 à Passy, dans le sanatorium de Sancellemoz (Haute-Savoie), est une physicienne et chimiste polonaise, naturalisée française par son mariage avec le physicien Pierre Curie en 1895.\n\nEn 1903, Marie et Pierre Curie (1859-1906) partagent avec Henri Becquerel le prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les radiations (radioactivité, rayonnement corpusculaire naturel). En 1911, elle obtient le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium.\n\nScientifique d'exception, elle est la première femme à avoir reçu le prix Nobel et, à ce jour, la seule femme à en avoir reçu deux. Elle reste la seule personne à avoir été récompensée dans deux domaines scientifiques distincts. Elle est également la première femme lauréate, avec son mari, de la médaille Davy de 1903 pour ses travaux sur le radium.\n\nUne partie de ses cahiers d'expérience est conservée à la Bibliothèque nationale de France et accessible sous forme numérisée.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Curie
Louis-Philippe Ier - Roi des Français (1)
1,600
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis-Philippe Ier, ou simplement Louis-Philippe, né le 6 octobre 1773 à Paris (France) et mort le 26 août 1850 à Claremont (Royaume-Uni), est le dernier roi à avoir régné en France, entre 1830 et 1848, avec le titre de « roi des Français ». Bien moins traditionaliste que ses prédécesseurs, il incarna un tournant majeur dans la conception et l'image de la royauté en France.\n\nPremier prince du sang sous la Restauration (car descendant de Louis XIII), le prince Louis-Philippe a, au cours de sa vie, porté successivement les titres de duc de Valois (1773-1785), duc de Chartres (1785-1790) et enfin celui de duc d’Orléans (1793-1830) avant d’accéder à la couronne en 1830, son cousin Charles X ayant été renversé par les « Trois Glorieuses », des 27, 28 et 29 juillet 1830.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les modalités de la cérémonie d'intronisation du nouveau roi sont arrêtées le dimanche 8 août :\n\nLouis-Philippe voudrait régner sous le nom de Philippe VII. Cette position est défendue avec ardeur par la duchesse d'Orléans et soutenue par les doctrinaires, partisans de la continuité entre la Restauration et la monarchie de Juillet (V. supra). Mais elle est rejetée par les révolutionnaires modérés et, a fortiori, par les républicains. Ceux-ci obtiennent gain de cause, grâce à l'appui de La Fayette : le nouveau roi portera donc le nom de Louis-Philippe Ier.\n\nLes expressions « Par la grâce de Dieu... » et « L'an de grâce... », quoique défendues par le duc de Broglie, sont écartées comme trop réminiscentes de l'Ancien Régime et mal accordées au nouveau dogme de la souveraineté nationale, source de la légitimité de la nouvelle monarchie ; il en va de même du terme de « sujets », remplacé par celui de « concitoyens ».\n\nPour les armoiries, la gauche voudrait que Louis-Philippe renonce aux fleurs de lys des armes de France. Mais le roi refuse catégoriquement. Il ne prend pas les pleines armes de France que portait Charles X, mais conserve celles de la maison d'Orléans, de France au lambel d'argent, qui figureront désormais sur le sceau officiel de l'État.\n\nLa cérémonie de proclamation officielle de la monarchie de Juillet se déroule le 9 août 1830 au Palais Bourbon, dans la salle provisoire des délibérations de la Chambre des députés, pavoisée de drapeaux tricolores. Trois tabourets ont été placés devant le trône, à côté duquel sont disposés, sur des coussins, les quatre symboles de la royauté : la couronne, le sceptre, le glaive et la main de justice. Dans l'hémicycle, on a installé à droite les quelque quatre-vingt-dix pairs présents, en costume de ville, à la place des députés légitimistes qui boudent la cérémonie, tandis que le centre et la gauche sont occupés par les députés. Aucun des diplomates accrédités à Paris ne paraît dans les tribunes réservées au corps diplomatique.\n\nÀ deux heures de l'après-midi, Louis-Philippe, escorté de ses deux fils aînés, le duc de Chartres et le duc de Nemours, paraît sous les acclamations. Tous trois sont en uniforme, sans autre décoration que le grand cordon de la Légion d'honneur. Le duc d'Orléans salue l'assemblée et prend place sur le tabouret central, devant le trône, ayant ses fils de part et d'autre puis, ayant fait asseoir, il se couvre, conformément aux anciens usages monarchiques. Le président de la Chambre des députés, Casimir Perier, donne lecture de la déclaration du 7 août, après quoi le président de la Chambre des pairs, le baron Pasquier, apporte l'acte d'adhésion de la chambre haute. Louis-Philippe déclare alors accepter sans restriction ni réserve « les clauses et engagements [de ces deux actes] [...] et le titre de roi des Français » et qu'il est prêt à jurer de les observer. Le garde des sceaux, Dupont de l'Eure, lui présente la formule de serment, inspirée de celle de 1791, que Louis-Philippe, se découvrant et levant la main droite, prononce d'une voix forte :\n\n« En présence de Dieu, je jure d'observer fidèlement la Charte constitutionnelle, avec les modifications exprimées dans la déclaration ; de ne gouverner que par les lois ; de faire rendre bonne et exacte justice à chacun selon son droit, et d'agir en toutes choses dans la seule vue de l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français. »L'assemblée acclame alors le nouveau roi tandis que trois maréchaux et un général d'Empire viennent lui présenter les attributs de la royauté : la couronne pour Macdonald, le sceptre pour Oudinot, le glaive pour Mortier et la main de justice pour Molitor. Montant ainsi sur le trône à l'âge de 57 ans, Louis-Philippe s'y assoit et prononce un bref discours. Il entre ensuite au Palais-Royal en compagnie de ses fils, sans escorte et en distribuant force poignées de main sur le chemin.\n\nSuscitant l'enthousiasme des partisans du nouveau régime, la cérémonie est l'objet des sarcasmes de ses adversaires. Elle marque le point de départ officiel de la monarchie de Juillet : en une dizaine de jours, l'insurrection populaire a donc été confisquée au profit du duc d'Orléans par Thiers, Laffitte et leurs amis, avec la bénédiction de La Fayette. Le nouveau régime, fruit d'un compromis bâtard, mécontente aussi bien les républicains, qui lui reprochent son absence de ratification populaire, que les légitimistes, qui n'y voient qu'une usurpation. Mais, au fond, la monarchie de Juillet n'est pas si mal accordée à l'état de l'opinion. Le peuple qui s'est révolté contre les Bourbons ne l'a pas fait pour établir la république, et la petite poignée d'activistes qui a attisé l'incendie le sait bien ; il s'est soulevé aiguillonné avant tout, comme l'a bien vu Thiers, par la haine du « parti prêtre », que Charles X et Polignac avaient paru installer au pouvoir. Quant à la bourgeoisie des villes et aux anciennes notabilités de l'Empire, ils ont cherché, à la faveur du mouvement, à prendre leur part d'un pouvoir qu'ils jugeaient de plus en plus confisqué, sous la Restauration, au profit d'une aristocratie réduite à sa fraction ultra. De ce double point de vue, la monarchie de Juillet, qui s'affiche résolument laïque et va faire la part belle à la bourgeoisie, répond aux aspirations du pays.\n\n", "title": " Intronisation " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Philippe_Ier
France - Population et société (2)
631
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La France est, en 2009, le troisième pays le plus fécond d'Europe après l'Islande et l'Irlande, avec une descendance finale des femmes nées en 1959 de 2,12 enfants et un indicateur conjoncturel de fécondité de 1,99 enfant par femme (1,98 en France métropolitaine).\n\nLes mutations qu'a connues la famille en France entre les années 1960 et les années 2000 sont aussi nombreuses que profondes. Les naissances sont dans la majeure partie planifiées, en raison de la légalisation de la contraception (en 1967) et de l'interruption volontaire de grossesse (en 1975). Plus de 200 000 avortements sont pratiqués chaque année en France. Une partie grandissante des couples préfère au mariage l'union libre, le concubinage, ou le pacte civil de solidarité (PACS), un contrat d'union plus souple que le mariage. Quant aux divorces, leur nombre a été multiplié par 3,2 entre le début des années 1970 et la fin des années 2000.\n\nAutrefois assimilée à un crime, l'homosexualité en France a été peu à peu dépénalisée à partir de la fin du XVIIIe siècle. À partir des années 1980, les couples homosexuels acquièrent progressivement des droits similaires aux couples hétérosexuels. En 1999, le PACS permet à des personnes de même sexe de conclure une union. Depuis 2013, le mariage et l'adoption d'enfants par des personnes de même sexe sont autorisés par la loi. Parallèlement, l'homophobie devient un délit.\n\nLa place des femmes dans la société française a beaucoup évolué au cours du XXe siècle, dans un mouvement tendant vers une égalité effective entre les sexes. Cette évolution s'est accompagnée de mesures législatives (par exemple, le droit de vote accordé aux femmes). Elle se manifeste particulièrement dans le monde du travail. Ainsi, le taux d'activité des femmes est passé de 58,2 % en 1990 à 67,5 % en 2014 (contre 75,5 % pour les hommes). Les femmes continuent cependant de travailler significativement moins que les hommes : selon l'OCDE, en 2017, le temps de travail hebdomadaire moyen des femmes était de 33,8 heures alors qu'il était de 38,4 heures pour les hommes. En 2011, les femmes représentaient également la moitié des doctorants ainsi que la moitié des effectifs en IEP et en ESC. Les femmes sont également de mieux en mieux représentées dans la politique. Elles représentent, 38,8 % des députés élus en 2017 (pour 42,4 % des candidats) ; en comparaison, elles n'étaient que 12,1 % en 2002 (39,3 % des candidats) et 1,2 % en 1973 (6,6 % des candidats). De plus, depuis 2012, le Gouvernement français est composé à parité d'hommes et de femmes. Enfin, à métier, entreprise et fonction équivalentes, l'écart salarial entre femmes et hommes est de 2,7 %.\n\n", "title": " Famille, sexualité et égalité des sexes " }, { "img": [], "source_text": "Le français est la langue très majoritairement parlée en France et est officiellement « la langue de la République » depuis la loi constitutionnelle de 1992. La France est le deuxième pays francophone le plus peuplé du monde après la république démocratique du Congo, mais le premier pour ce qui est du nombre de locuteurs. La France mène une politique linguistique active en faveur du français. Celle-ci peut être visible entre autres au sein de l'Organisation internationale de la francophonie dont la France fait partie de même qu'au sein de l'Assemblée parlementaire de la francophonie dont la France fait aussi partie.\n\nSelon un rapport du linguiste Bernard Cerquiglini (1999), soixante-quinze langues autres que le français sont parlées en France, en comptant les langues régionales, les langues issues de l'immigration et les dialectes parlés dans l'Outre-mer. Les langues régionales, bien que n'ayant pas le statut de langue officielle, sont néanmoins reconnues comme appartenant au patrimoine de la France par l'Article 75-1 de la Constitution.\n\nL'organisme garant de la langue en France est l'Académie française, institution fondée en 1634 et officialisée en 1635 par le cardinal de Richelieu. Sa forme juridique est celle d’une personne morale de droit public à statut particulier placée sous la protection du président de la République. Dans un rapport rendu public en février 2022, l’Académie française s’inquiète d’un usage abusif des anglicismes dans la langue française, .\n\n", "title": " Langues " }, { "img": [], "source_text": "Depuis la loi du 9 décembre 1905, les Églises sont strictement séparées en droit de l'État en France : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » Pour des raisons historiques, l'Alsace-Moselle et la Guyane font exception. La première, car elle n'était pas française en 1905 et a conservé son droit local après la réunification ; le culte catholique, deux cultes protestants et le culte israélite y sont reconnus. La deuxième, car la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État ne s’applique pas en Guyane qui reste sous le régime de l’ordonnance royale de Charles X du 27 août 1828. La religion catholique est également toujours reconnue dans certains départements et territoires d'outre-mer. La notion de laïcité et la réglementation qui en découle sont l'objet de débats comme, en 2003-2004, au sujet de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques.\n\nLa France est un pays laïc avec une grande tradition catholique ancienne, et bien que le poids de l'Église soit en train de diminuer, 48 % des personnes interrogées se déclaraient catholiques lors de sondages publiés en 2019, tandis qu'une part importante de la population se dit agnostique, athée ou sans religion. De plus, d'autres religions sont présentes dans des proportions moins importantes, notamment le judaïsme depuis l'Antiquité, différentes branches du protestantisme depuis la Réforme et l'islam depuis l'arrivée en France d'immigrés du Maghreb et du Moyen-Orient au XXe siècle. Diverses Églises chrétiennes (néo-apostolique, apostolique arménienne, Mormons, Témoins de Jéhovah, mennonites…) et d'autres religions (hindouisme, bouddhisme, bahaïsme, alévisme…) sont également présentes sur le territoire national, parfois depuis plusieurs siècles (mennonites d'Alsace).\n\nOn dénombre en France 42 258 églises et chapelles paroissiales, 2 449 lieux de culte musulmans et 794 synagogues.\n\nAu-delà de ces valeurs, la perte d'influence des religions est un aspect majeur de l'évolution de la société française aux XIXe et XXe siècles, bien qu'elle s'évalue très différemment d'une région à l'autre. Près de 80 % des hommes et 70 % des femmes qui se disent d'origine catholique n'assistent jamais à un service religieux. Même chez les catholiques les plus fervents, l'obéissance stricte aux préceptes de l'Église diminue : 31 % des pratiquants assidus ayant eu des enfants entre 1995 et 2004 les ont eus hors mariage[source insuffisante].\n\nLes Français ont une image plutôt négative de la religion en général. Selon un sondage Ipsos publié en 2017, 61 % des Français pensent que la religion cause plus de tort que de bien, et seulement 16 % des Français pensent que les personnes croyantes font de meilleurs citoyens.\n\n", "title": " Religions " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/France
Première Guerre mondiale
759
[ { "img": [], "source_text": "La Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.\n\nConsidérée comme un des événements marquants du XXe siècle, cette guerre met essentiellement aux prises deux grandes alliances : la « Triple-Entente » (ou « Alliés de la Première Guerre mondiale ») et la « Quadruplice » des Empires centraux.\n\nLa « Triple-Entente » est composée initialement de la France, du Royaume-Uni, de la Russie et de leurs empires. Plusieurs autres États se joignent à cette coalition, dont la Belgique, envahie par l'Allemagne, qui fait appel à la France et au Royaume-Uni, garantes de son indépendance. Le Japon rejoint la coalition en août 1914, l'Italie en avril 1915, la Roumanie en août 1916 et les États-Unis en avril 1917, ainsi que de nombreux autres pays moins puissants. En revanche, la Russie sort du conflit en décembre 1917 lorsque la République russe devient un état bolchevik.\n\nLes Empires centraux sont l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, et les colonies qu'elles contrôlent. L'Empire ottoman les rejoint en octobre 1914, suivi un an plus tard du royaume de Bulgarie.\n\nParmi les nations européennes, seuls les Pays-Bas, la Suisse, l'Espagne, le Danemark, la Norvège, la Suède, le Liechtenstein et Monaco demeurent officiellement neutres, bien que certains d'entre eux participent financièrement ou matériellement aux efforts de guerre des protagonistes.\n\nLes combats se déroulent sur différents fronts situés principalement en Europe, mais une petite partie de l’Asie, de l'Océanie et de l'Afrique, ainsi que l’Atlantique Nord connaissent également des actions militaires. Le front de l'Ouest est caractérisé par un ensemble de tranchées et de fortifications séparées par une aire surnommée le no man's land. Ces fortifications s'étendent sur plus de 600 kilomètres, et donnent lieu à la « guerre des tranchées ». Sur le front de l'Est, l'étendue des plaines et la faible densité ferroviaire empêchent la stabilisation des champs de bataille, mais le conflit est tout aussi étendu. D’importants combats ont lieu dans les Balkans, au Moyen-Orient et en Italie.\n\nCette guerre est la première où les aéronefs (ballons fixes ou dirigeables puis, de plus en plus, les avions) jouent un rôle tactique important, d'abord pour l'observation et la reconnaissance, puis pour la chasse et le bombardement. Les premiers véhicules blindés motorisés apparaissent alors, essentiellement au sein de la Triple-Entente à la supériorité de laquelle ils contribuent. Elle donne également lieu au premier engagement massif de sous-marins de combat, et à une guerre de course menée contre des flottes commerciales, qui atteint son paroxysme lors de la première bataille de l'Atlantique.\n\nParfois qualifiée de guerre totale, elle atteint une échelle et une intensité inconnues jusqu'alors. Elle implique plus de soldats, provoque plus de morts et cause plus de destructions que toute autre guerre antérieure. Plus de soixante millions de soldats y prennent part. Pendant cette guerre, environ dix millions de civils et de militaires sont morts et environ vingt millions sont blessés.\n\nD'autres événements historiques majeurs surviennent pendant ce conflit, comme le génocide arménien (1915-1916), la révolution russe (1917) ou la grippe de 1918, qui augmentent la mortalité et la détresse des populations. Pour toutes ces raisons, cette époque marque profondément ceux qui la vivent. Cette guerre entraîne de nombreux changements géopolitiques et infléchit fortement le cours du XXe siècle.\n\nElle cause l'effondrement ou la fragmentation des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman. L'Allemagne voit son territoire réduit ainsi que sa puissance économique et militaire amputée lors du traité de Versailles. En conséquence, les frontières européennes et du Proche-Orient sont redessinées. Des monarchies sont remplacées par des États communistes ou par des républiques démocratiques. Pour la première fois, une institution internationale est créée dans le but de régler les différends internationaux : la Société des Nations (SDN).\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Première_Guerre_mondiale
Christianisme dans le monde romain - Grande persécution (1)
845
[ { "img": [], "source_text": "\n\nCet article traite de différents aspects du christianisme dans le monde romain.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Avec la persécution de Dèce (249-251) et de celle de Valérien (257-259), le christianisme connaît pour la première fois de son existence des persécutions généralisées, bien qu'elles soient de courtes durées et d'une efficacité relative. En 260, à la mort de son père et co-empereur Valérien, Gallien fait cesser la persécution générale en cours et promulgue un édit de tolérance qui constitue la première légitimation officielle du christianisme par les autorités romaine. Cette décision inaugure pour les chrétiens une période de coexistence pacifique avec l'État romain qui, retenue sous le nom de « petite paix de l'Église », dure une quarantaine d'années au cours desquelles le christianisme connaît une augmentation significative de ses adeptes et un renforcement de sa présence à travers l'Empire. \n\nMais au début du IVe siècle, avec la Tétrarchie, la lutte des empereurs contre les chrétiens, en expansion mais encore très minoritaires, reprend et donne lieu à une dernière persécution généralisée. En 303, Dioclétien et ses collègues lancent plusieurs édits contre les chrétiens : c’est la « grande persécution ». Les gouverneurs et les magistrats municipaux doivent saisir et faire brûler le mobilier et les livres de culte. Au début de l’année 304, un édit ordonne à tous les citoyens de faire un sacrifice général pour l’Empire, sous peine de mort ou de condamnation aux travaux forcés dans les mines. La persécution est très inégalement appliquée sur l’Empire, assez vite abandonnée en Occident après 305, plus longue et sévère en Orient. En 311, juste avant sa mort, Galère décrète l’arrêt de la persécution, et, selon le polémiste chrétien Lactance, demande aux chrétiens de prier pour son salut et celui de l’Empire. Cet appel est dans le droit fil de la tradition religieuse romaine, qui se soucie surtout d’utilité civique et finit par admettre celle des chrétiens. \n\nUne des conséquences de la « grande persécution » pour le monde chrétien est la division de la chrétienté entre donatistes et orthodoxes à partir de 307. Les donatistes refusent la validité des sacrements délivrés par les évêques qui avaient failli lors des persécutions de Dioclétien, position condamnée en 313 au concile de Rome par les orthodoxes, qui considèrent le donatisme comme hérétique. Le schisme dure jusqu’à la fin du siècle en Afrique romaine.\n\nLa « grande persécution » marque plus que les autres la tradition chrétienne orientale : l’hagiographie positionne le martyre de saints d’existence légendaire pendant la persécution de Dioclétien et de ses successeurs. Une autre trace de l’impact significatif sur la mémoire chrétienne est le choix de l’ère copte ou « ère des Martyrs » qui débute à la date d’avènement de Dioclétien.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Christianisme_dans_le_monde_romain
Système solaire - Système solaire interne (3)
3,834
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Environ la moitié de la masse de la ceinture d'astéroïdes est contenue dans les quatre plus grands astéroïdes : (1) Cérès (2,77 ua), (4) Vesta (2,36 ua), (2) Pallas (2,77 ua) et (10) Hygie (3,14 ua). À lui seul, Cérès représente même près du tiers de la masse totale de la ceinture.\n\nCérès est le plus grand objet de la ceinture et le seul qui ne soit pas classé comme un petit corps, mais plutôt comme une planète naine — dont elle est d'ailleurs la plus petite reconnue du Système solaire, . D'un diamètre de 952 km, suffisant pour que sa propre gravité lui donne une forme sphérique, Cérès est considérée comme une planète lors de sa découverte au XIXe siècle, puis recatégorisé comme astéroïde dans les années 1850 lorsque des observations révèlent leur abondance. Sa surface est probablement composée d'un mélange de glace d'eau et de divers minéraux hydratés (notamment des carbonates et de l'argile), et de la matière organique a été décelée ainsi que la présence de geysers. Il semble que Cérès possède un noyau rocheux et un manteau de glace, mais elle pourrait également héberger un océan d'eau liquide, ce qui en fait une piste pour la recherche de vie extraterrestre.\n\nVesta, Pallas ou Hygie ont tous un diamètre moyen inférieur à 600 km, mais pourraient éventuellement être reclassés comme planètes naines s'il est démontré qu'ils ont atteint un équilibre hydrostatique, .\n\nLes cinq plus grands astéroïdes de la ceinture principale\n\n", "title": " Ceinture d'astéroïdes - Principaux astéroïdes " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire
Première Guerre mondiale - Opérations militaires (8)
774
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "À compter de cette date, l’armée allemande n’est plus jamais en mesure d’engager une action offensive, l’initiative étant désormais dans le seul camp des Alliés qui vont engager dans les mois suivants des contre-attaques permettant de regagner le terrain perdu au cours du printemps 1918 puis des contre-offensives majeures. La grande offensive victorieuse a lieu le 8 août 1918. Les soldats canadiens, soutenus par les Australiens, les Français et les Britanniques, lancent une attaque en Picardie et enfoncent les lignes allemandes. Plus au sud, les soldats américains et français se lancent aussi dans l'offensive Meuse-Argonne, victorieuse. Pour la première fois, des milliers de soldats allemands se rendent sans combat. Les troupes allemandes ne peuvent résister aux armées alliées maintenant coordonnées par le général Foch. Symbole de l'effondrement du moral des troupes allemandes, le général allemand Ludendorff, qualifie le 8 août de « jour de deuil de l'armée allemande ».\n\nLe projet de création d'une Réplique de Paris commandé par l’état-major français, afin de leurrer les aviateurs allemands venus bombarder la capitale, entre en service en septembre 1918. En Flandre, l'offensive, comprenant des troupes françaises et britanniques, jointes aux troupes belges, démarre le 28 septembre à 5h30 du matin sous le commandement du roi des Belges. En France, le matériel et les soldats américains apportent le poids de leur intervention appuyée par les premiers chars Renault FT et par une supériorité navale et aérienne.\n\nL’armistice est demandé par les Bulgares le 29 septembre. L’armée turque est anéantie par les Britanniques lors de la bataille de Megiddo. Les généraux allemands, conscients de la défaite de l’Allemagne à terme, ne songent plus qu’à hâter la conclusion de l’armistice. Ils voudraient le signer avant que l’adversaire ne mesure sa victoire avec exactitude, avant qu’il ait reconquis le territoire français.\n\nSur le front italien, au printemps 1918, l'armée austro-hongroise essaie de forcer les lignes italiennes, mais elle se heurte à une résistance acharnée lors de la bataille du Piave. Le 24 octobre 1918, l'armée italienne (51 divisions italiennes et sept alliées dont deux françaises) lance une vaste offensive contre les forces austro-hongroises (63 divisions). Les Italiens parviennent à couper en deux les lignes autrichiennes dans la bataille de Vittorio Veneto.\n\nLes Autrichiens, menacés d'encerclement, reculent sur toute la ligne du front. Le 3 novembre, les Italiens prennent les villes de Trente et de Trieste. Une tête de pont de l'armée italienne pénètre en Slovénie jusqu'à la ville de Postojna. L’armée austro-hongroise, démoralisée par la désertion de nombreux contingents slaves, est vaincue. Elle perd 350 000 soldats et plus de 5 000 pièces d'artillerie. L'Autriche elle-même reste presque sans défense, et l'Empire austro-hongrois est contraint de signer l'armistice le 4 novembre, à Villa Giusti dans le nord de l'Italie (armistice de Villa Giusti). Charles Ier abandonne son trône. La défection de l'Autriche-Hongrie est un coup dur pour les Allemands qui perdent ainsi leur principal allié.\n\nEn Allemagne, l'empereur Guillaume II refuse d’abdiquer, ce qui entraîne des manifestations en faveur de la paix. Le 3 novembre, des mutineries éclatent à Kiel : les marins refusent de livrer une bataille « pour l’honneur ».\n\nLa vague révolutionnaire allemande gagne tout l'Empire et le 9 novembre, Guillaume II est contraint d’abdiquer. L'état-major demande alors que soit signé l'armistice. Le gouvernement de la nouvelle République allemande le signe alors dans la forêt de Compiègne à côté de Rethondes le 11 novembre 1918 dans le train du maréchal Foch alors que les troupes canadiennes lancent la dernière offensive de la guerre en attaquant Mons, en Belgique. Ainsi, les Allemands n’ont pas connu la guerre sur leur territoire ; ayant campé pendant quatre ans en terre ennemie, ils imaginent mal qu’ils sont vraiment vaincus. Âgé de 40 ans, Augustin Trébuchon est le dernier soldat français tué durant la Première Guerre mondiale. Il perd la vie à Vrigne-Meuse dans les Ardennes, à 10 h 45, soit 15 minutes avant le cessez-le-feu.\n\nPour sauver les apparences, l'état-major allemand fait circuler la thèse du Coup de poignard dans le dos, dont se servira Hitler quelques années plus tard. Les clauses de l’armistice paraissent d’autant plus dures à la population allemande : reddition de la flotte de guerre qui doit être livrée au Royaume-Uni, évacuation de la rive gauche du Rhin, livraison de 5 000 canons, de 30 000 mitrailleuses, de camions, de locomotives et de wagons, etc.\n\nMalgré cela, en comparaison des dévastations causées en territoire ennemi, la puissance allemande n'est pas affectée en profondeur car, en 1918, la puissance industrielle (élément majeur de la force d’une nation) de l'Allemagne est intacte, puisque jamais attaquée sur son sol, au contraire de la situation en France et en Belgique. Plus tard, les propagandistes nazis ont ainsi pu déclarer que l’armée allemande avait protégé le pays et ne s’était pas rendue, la défaite incombant uniquement aux civils.\n\nLa reconstruction des récits ultérieurs des civils et combattants, ainsi que les photos mettant en scène la liesse suivant la signature de l'armistice doit être tempérée car les rituels festifs d'accueil des vainqueurs et du retour des soldats laissent rapidement la place au travail de deuil dans un contexte de démobilisation morale et culturelle.\n\n", "title": " Derniers mouvements et armistices " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Première_Guerre_mondiale
Ce que j’ai appris
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[ { "img": [], "source_text": " \n► Les ressources sont inégalement réparties à l'échelle mondiale. Elles peuvent être renouvelables, comme l’eau, les énergies solaire et éolienne, ou non renouvelables, comme les hydrocarbures et les énergies fossiles.\n\n► Avec le développement, l’urbanisation et la croissance démographique, les besoins des sociétés augmentent. Près de 70 % de l’eau est utilisée pour des usages agricoles. \n► L'accès aux ressources reflète le niveau de développement des pays. Une part importante de la population mondiale n'a accès ni à l'eau courante, ni à l'électricité. ", "title": "Cours 1 Des besoins croissants, une répartition inégale" }, { "img": [], "source_text": " \n► L’identification et l’exploitation des ressources dépend du niveau technique des sociétés. Les choix politiques jouent aussi, tout comme le niveau de développement. \n► Les États visent l’indépendance énergétique et cherchent à assurer leur approvisionnement en eau. Des conflits en découlent comme en Arctique (hydrocarbures) ou autour des eaux du Nil. À l’échelle locale, habitants, agriculteurs et touristes s’opposent : ce sont des conflits d’usage. \n► Les flux de ressources énergétiques peuvent également conduire à de fortes tensions.", "title": "Cours 2 Des ressources sous tension" }, { "img": [], "source_text": " \n► Les sociétés industrialisées prennent progressivement conscience que l’exploitation et l’échange des ressources ont un impact sur la planète : l’écologie apparaît dans les années 1970. L’environnement devient un enjeu mondial à la suite notamment du rapport Brundtland de 1987. De nombreux accords ont été établis depuis mais beaucoup ne sont ni contraignants ni respectés.\n\n► Les pays du Nord souhaitent la mise en place d’une transition énergétique à l’échelle mondiale; les pays du Sud estiment que cela limiterait leur développement. Néanmoins, des coopérations internationales existent. \n► Des transitions énergétiques sont en cours, dans les pays du Nord comme dans les pays du Sud.", "title": "Cours 3 Vers une valorisation durable des ressources" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/6343762
Louis XIV - Figure de l'absolutisme à la française (4)
823
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du 14 mai 1643 — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au 7 septembre 1651 — à sa mort en 1715. Son règne d’une durée de 72 ans est l'un des plus longs de l'histoire d'Europe et le plus long de l'histoire de France.\n\nNé Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire, ce qui fait de lui l'un des plus jeunes rois de France. Il devient ainsi le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Louis XIV a consacré près de trente-trois ans de règne sur cinquante-quatre à faire la guerre. Sur son lit de mort, il confesse au futur Louis XV « j'ai souvent entrepris la guerre trop légèrement et l'ai soutenue par vanité ». De fait, les dépenses militaires, notamment en temps de guerre, ont accaparé la part la plus importante du budget de l'État (jusqu'à près de 80 % en 1692). Il reçoit une formation militaire poussée sous la conduite de Turenne. À vingt ans, il participe à la bataille des Dunes à Dunkerque (23 juin 1658), où ses troupes, conduites par Turenne, remportent une victoire décisive contre Condé et l'Espagne.\n\n", "title": " Homme de guerre " }, { "img": [], "source_text": "La réorganisation de l'armée est rendue possible par celle des finances. Si Colbert a réformé les finances, c'est Michel Le Tellier puis son fils, le marquis de Louvois, qui aident le roi à réformer l'armée. Les réformes portent notamment sur l'unification des soldes, la création de l'hôtel des Invalides (1670) et la réforme du recrutement. Cela a pour effet de réduire le taux de désertions et d'augmenter le niveau de vie du personnel militaire. Le roi charge également Vauban de construire une ceinture de fortifications autour du territoire (politique du pré carré). Au total, au cœur de son règne, le Royaume dispose d'une armée de 200 000 hommes, ce qui en fait de loin la première armée d'Europe, capable de tenir tête à des coalitions rassemblant de nombreux pays européens. Lors de la guerre de Hollande (1672-1678), l'armée aligne environ 250 000 hommes, elle en aligne 400 000 lors des guerres de Neuf Ans (1688-1696) et de Succession d'Espagne (1701-1714). Le financement des armées en campagne est assuré, pour environ un quart, par les contributions payées par les territoires étrangers où elles interviennent.\n\n", "title": " Homme de guerre - Réorganisation de l'armée " }, { "img": [], "source_text": "À la mort de Mazarin, en 1661, la marine royale, ses ports et ses arsenaux sont en piteux état. Seule une dizaine de vaisseaux de ligne est en état de fonctionnement, alors que la marine anglaise en compte 157, dont la moitié sont des vaisseaux importants, embarquant de 30 à 100 canons. Pour sa part, la flotte de la république des Provinces-Unies compte 84 vaisseaux.\n\nContrairement à une idée très répandue, Louis XIV s'intéresse personnellement aux questions navales et contribue avec Colbert à l'essor de la marine de guerre française. Le 7 mars 1669, il crée le titre de secrétaire d'État à la Marine et nomme officiellement Colbert premier titulaire du poste. Malgré tout, pour le roi, le plus important in fine n'est pas la mer, mais la terre, car c'est là, selon lui, qu'on acquiert la grandeur.\n\nColbert et son fils vont mobiliser des ressources humaines, financières et logistiques sans précédent, permettant de créer presque ex nihilo une puissance militaire navale de premier rang. À la mort du ministre, en 1683, la « Royale » compte 112 vaisseaux et dépasse de quarante-cinq unités la Royal Navy, mais les officiers, du fait de la relative jeunesse de la flotte, manquent souvent d'expérience.\n\nSi la marine intervient dans les conflits et joue un rôle important dans les tentatives de restaurer Jacques II d'Angleterre, elle est aussi utilisée dans la lutte contre les barbaresques. Si l'expédition de Djidjelli de novembre 1664, destinée à mettre fin au piratage des barbaresques en Méditerranée, se solde par un échec cuisant, les expéditions de 1681 et de 1685 de l'escadre d'Abraham Duquesne permettent de détruire de nombreux navires dans la baie d'Alger.\n\n", "title": " Homme de guerre - Marine " }, { "img": [], "source_text": "Louis XIV engage le royaume dans une multitude de guerres et batailles :\n\nCes guerres agrandissent considérablement le territoire : sous le règne de Louis XIV, la France conquiert la Haute-Alsace, Metz, Toul, Verdun, le Roussillon, l'Artois, la Flandre française, Cambrai, le comté de Bourgogne, la Sarre, le Hainaut et la Basse-Alsace. Toutefois, revers de la médaille, cette politique pousse les autres pays européens, inquiets de cette volonté de puissance, à s'allier de plus en plus souvent contre la France. Si celle-ci reste puissante sur le continent, elle est donc relativement isolée, tandis que l'Angleterre connaît une prospérité économique croissante et qu'un sentiment national commence à poindre en Allemagne.\n\n", "title": " Homme de guerre - Guerres menées " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XIV
L'Origine des espèces - Réception de l'ouvrage (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'Origine des espèces (On the Origin of Species) est un ouvrage scientifique de Charles Darwin, publié le 24 novembre 1859 pour sa première édition anglaise sous le titre L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la survie. Cet ouvrage est considéré comme le texte fondateur de la théorie de l'évolution. Dans ce livre, Darwin présente la théorie scientifique de l'évolution des espèces vivantes à partir d'autres espèces généralement éteintes, au moyen de la sélection naturelle. Darwin avance un ensemble de preuves montrant que les espèces n'ont pas été créées indépendamment et ne sont pas immuables.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'ouvrage suscita un énorme intérêt dès sa publication, de par l'intérêt du public pour le sujet et la réputation scientifique de Darwin. Il fut l'objet de vigoureux débats et controverses dans les années qui suivirent sans claire démarcation entre les débats scientifiques, philosophiques, religieux ou sociaux. Les premières réactions furent hostiles, mais dans le milieu des années 1870 l’évolutionnisme finit par triompher.\n\nEn France, les idées de Darwin exprimées dans l'ouvrage n'eurent que peu d'impact sur la communauté scientifique de la fin du XIXe siècle même si l'ouvrage eut un fort retentissement. La majorité était acquise aux thèse fixistes ou aux courants transformistes issus de Lamarck. Les principales controverses portèrent sur les questions de la mutabilité des espèces ou des variétés. Plusieurs scientifiques français s'opposèrent parfois vigoureusement aux thèses exprimées par Darwin dans L’origine des espèces.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Il y eut beaucoup moins de controverses que lors de la publication de Vestiges de l'histoire naturelle de la création de Robert Chambers en 1844 qui avait été rejeté par les scientifiques mais avait largement influencé un large public et introduit l'idée que la nature et la société humaine étaient gouvernés par des lois. Lamarck, 50 ans auparavant dans sa Philosophie zoologique (1809), avait également explicitement abordé la question de l'origine naturelle des êtres humains sans alors faire scandale. De plus, Herbert Spencer avait déjà incorporé le lamarckisme dans sa philosophie sociale et politique du libre marché.\n\nMalgré tout, l'ouvrage suscita une vive opposition de l’Église anglicane et du Vatican car il contredisait la théorie religieuse en vigueur à l'époque de la création divine des espèces de manière séparées et leur immutabilité.\n\nLa confrontation la plus célèbre eut lieu lors d'un débat public sur l'évolution à Oxford en 1860 organisé par l'Association britannique pour l'avancement des sciences, durant lequel l’évêque d'Oxford Samuel Wilberforce s'opposa à Thomas Huxley au sujet des thèses de Darwin. Dans le débat qui s'ensuivit Joseph Hooker argumenta vigoureusement en faveur de l'évolution darwinienne. Le soutien de Thomas Huxley aux thèses évolutionnistes fut si intense que la presse et le public le surnommèrent le « bulldog de Darwin ». Huxley devint le plus féroce défenseur de la théorie évolutionniste sur la scène intellectuelle victorienne. À l'issue du débat les deux parties estimèrent avoir gagné, mais Huxley affirma par la suite que ce débat fut un moment charnière dans le conflit entre la science et la religion et utilisa le darwinisme pour faire campagne contre l'autorité du clergé sur l'éducation, et utilisa le terme volontairement provocateur du « singe origine de l'homme ».\n\nEn effet, la théorie de la sélection naturelle replaçait l'homme au sein des êtres vivants, soumis aux lois de l'évolution au même titre que tous les autres. Darwin avait été extrêmement prudent sur cet aspect et ne l'a pas abordé de front dans l'ouvrage. La question des origines des êtres humains et la manière dont la théorie de l'évolution s'y applique fut explicitement traitée dans son ouvrage de 1871 La filiation de l'homme et la sélection liée au sexe. Malgré tout, l'essentiel des débats autour de L'origine des espèces porta sur cette question, résumée dans l'expression « l'homme descend du singe ». En ayant une ascendance commune avec les singes, l'homme n'était plus à part dans le monde vivant, ni créé directement par Dieu indépendamment des autres espèces. L'homme était désormais une espèce animale. Victor Hugo railla cette vision de l'humain qu'il refusait.\n\nLa théorie de Darwin exclut également une vision téléologique de l'évolution des espèces. Il n'existe pas de plan de l'évolution des espèces qui aurait un but. Un organisme vivant n'évolue pas pour atteindre un but ou un résultat. L'évolution est le fruit du hasard, ce qu'appelle Darwin la variabilité des espèces et la survie du plus adapté. En particulier, l'évolution des espèces n'a pas pour but d'aboutir à la création de l'espèce humaine qui serait supérieure. Il n'existe pas de race ou espèce supérieure, uniquement des espèces plus adaptées que d'autres à un environnement particulier. Aujourd'hui encore, certains courants religieux monothéistes s'opposent ouvertement à cet aspect de la théorie Darwinienne en particulier au travers de la théorie du dessein intelligent.\n\n", "title": " Controverses à la publication " }, { "img": [], "source_text": "Les débats autour du livre à sa publication contribuèrent à la promotion de la vulgarisation de la science et la promotion du naturalisme scientifique.\n\nIl eut une influence considérable sur les théories politiques et sociales de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième :\n\nKarl Marx y vit le fondement dans les sciences naturelles de sa théorie de l'évolution de la société. Darwin fournissait en effet une théorie scientifique matérialiste et historique qui faisait écho aux réflexions de Marx dans le domaine politique et social.\n\nLa doctrine politique du darwinisme social s'en inspira et le détourna.\n\n", "title": " Influence sur les courants de pensées et théories du XIXe siècle " }, { "img": [], "source_text": "Selon l'évolutionniste américain Ernst Mayr, avec L'Origine des espèces, Darwin a définitivement établi différents concepts radicalement nouveaux dans la pensée scientifique et la vision du monde avec cet ouvrage, :\n\nL'historicité : contrairement à la physique ou la chimie, il est nécessaire d'avoir une approche historique des espèces pour en comprendre l'origine et la logique. La biologie évolutive ne se démontre pas aux moyens d'expériences de laboratoire mais par l'analyse de l'histoire des individus et de leur environnement ;\n\nLe matérialisme scientifique : le divin est désormais totalement exclu puisque la création des espèces n'est pas le résultat d'une volonté divine.\n\nLe refus des typologies : depuis Platon, le monde était constitué de types invariants et fixes formés sur le modèle d'idées. La création de nouvelles espèces repose en fait, sur l'accumulation de variations individuelles parfois infimes au départ pour finalement former une nouvelle espèce.\n\nLa réfutation de toute téléologie : il n'est absolument pas nécessaire d'avoir recours à une cause finale. L'évolution dépend des circonstances et peut être bouleversée d'une génération sur l'autre. Cet aspect de la théorie de l'évolution est sans doute l'un des plus mal compris. Ainsi par exemple, le cou et les pattes de la girafe ne sont pas progressivement allongés pour atteindre les feuilles sur les branches des arbres mais certains individus ont eu aléatoirement un cou et des jambes plus grands que les autres. Ces individus ont été favorisés pour l'accès à la nourriture. Ce cou et jambes plus grands ont été transmis à la descendance de ces individus qui ont ainsi disposé d'un avantage dans la lutte pour la vie et progressivement l'espèce des girafes ont eu un cou et des jambes plus longs.\n\nL'introduction de l'aléa : l'évolution repose sur la variation aléatoire des individus et les changements aléatoires de l'environnement dans lequel évoluent ces individus. Il n'y a pas de déterminisme dans la création des espèces. Des changements d'environnement peuvent favoriser la création de nouvelles espèces ou créer l'extinction d'espèces existantes.\n\nUne nouvelle vision de l'humain : l'homme fait partie intégrante de la nature et est soumis aux mêmes lois que les autres animaux, bien qu'il ne soit pas question des origines de l'homme dans L'Origine des espèces. Il est pleinement objet de science comme tout autre être vivant.Il faut noter que l'essentiel de ces éléments avaient déjà été introduits dans la pensée scientifique par Jean-Baptiste Lamarck un demi-siècle auparavant, sans beaucoup de succès[réf. nécessaire]. Mais il faut noter également que L'Origine des espèces a contribué à faire basculer l'opinion de la communauté scientifique en faveur de l'évolution.\n\nL'ouvrage a été classé en tête des ouvrages académiques les plus influents par le public britannique en 2015, devant ceux de Platon et Kant.\n\n", "title": " Influence sur la pensée scientifique " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/L'Origine_des_espèces
Marie Curie - Biographie (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nMarie Skłodowska-Curie, ou simplement Marie Curie, née Maria Salomea Skłodowska (prononcé [ˈmarja salɔˈmɛa skwɔˈdɔfska] ) le 7 novembre 1867 à Varsovie (royaume de Pologne, sous domination russe) et morte le 4 juillet 1934 à Passy, dans le sanatorium de Sancellemoz (Haute-Savoie), est une physicienne et chimiste polonaise, naturalisée française par son mariage avec le physicien Pierre Curie en 1895.\n\nEn 1903, Marie et Pierre Curie (1859-1906) partagent avec Henri Becquerel le prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les radiations (radioactivité, rayonnement corpusculaire naturel). En 1911, elle obtient le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Maria Salomea Skłodowska naît à Varsovie, capitale du royaume de Pologne, fondé en 1815 par le Congrès de Vienne au profit du tsar Alexandre et étroitement lié à l'Empire russe. À cette époque, à la suite de l'insurrection polonaise de 1861-1864, la Russie procède au transfert des ministères polonais de Varsovie à Saint-Pétersbourg et lance une politique de russification du royaume.\n\nSon père, issu d'une famille noble (clan Dołęga), est professeur de mathématiques et de physique ; sa mère est institutrice. Avant Marie, ils ont eu trois filles et un fils, Zofia (1861-1876), Józef (1863-1937), Bronisława (Bronia) (1865-1939) et Helena (1866-1961).\n\nEn l’espace de deux années, elle perd sa sœur Zofia, morte du typhus en janvier 1876, et sa mère, qui succombe à la tuberculose le 9 mai 1878. Elle se réfugie alors dans les études où elle excelle dans toutes les matières, et où la note maximale lui est accordée. Elle obtient ainsi son diplôme de fin d’études secondaires avec la médaille d’or en 1883. Elle adhère à la doctrine positiviste d'Auguste Comte et rejoint l'Université volante, organisation clandestine qui pratique l'éducation des masses en polonais, en réaction à la politique de russification.\n\nMarie Curie souhaiterait faire des études supérieures, mais cela est interdit aux femmes dans son pays natal. Lorsque sa sœur Bronia part à Paris étudier la médecine, Maria s'engage comme gouvernante dans une famille de province pour financer un projet similaire. À ce moment-là, elle a l'intention de revenir ensuite en Pologne pour enseigner, éventuellement dans le cadre de l'Université volante. Au bout de trois ans, elle rentre à Varsovie, où un cousin lui permet d'entrer dans un laboratoire.\n\n", "title": " Origines familiales et formation " }, { "img": [], "source_text": "Marie Curie part pour Paris en 1891, où elle est hébergée par sa sœur et son beau-frère, rue d'Allemagne, non loin de la gare du Nord. Le 3 novembre 1891, elle s'inscrit pour des études de physique à la faculté des sciences de Paris. Parmi les 776 étudiants de la faculté des sciences en janvier 1895, il n'y a que 27 femmes, dont seulement sept étrangères, alors qu'en médecine, la plupart des étudiantes sont étrangères.\n\nEn mars 1892, elle déménage dans une chambre meublée de la rue Flatters dans le Quartier latin, plus calme et plus proche des installations de la faculté. Elle suit les cours des physiciens Edmond Bouty et Gabriel Lippmann et des mathématiciens Paul Painlevé et Paul Appell.\n\nEn juillet 1893, elle est reçue première de sa promotion à la licence de physique. Pendant l'été, une bourse d'études de 600 roubles lui est accordée, qui lui permet de poursuivre des études en mathématiques. En juillet 1894, elle est reçue seconde à la licence de mathématiques. Elle envisage alors un retour en Pologne.\n\n", "title": " Études supérieures à Paris (1891-1894) " }, { "img": [], "source_text": "Depuis le début de l'année 1894, elle travaille aussi dans le laboratoire des recherches physiques de Gabriel Lippmann, au sein duquel la Société d'encouragement pour l'industrie nationale lui confie des recherches sur les propriétés magnétiques de différents aciers. Elle y travaille dans des conditions spartiates et recherche donc une façon de mener à bien ses travaux. Le professeur Józef Kowalski de l'université de Fribourg lui fait alors rencontrer Pierre Curie, chef des travaux de physique à l'École municipale de physique et de chimie industrielles qui étudie également le magnétisme. Elle va finir par accepter de travailler avec lui, et, durant cette collaboration se développe une inclination mutuelle entre eux.\n\nMarie rentre tout de même à Varsovie en 1895, pour se rapprocher des siens et dans le but d'enseigner et de participer à l'émancipation de la Pologne. Mais lorsque Pierre lui demande de revenir à Paris et de devenir son épouse, elle accepte : ils se marient à Sceaux, le 26 juillet 1895.\n\nL'année suivante, elle prépare à la faculté l'agrégation pour l'enseignement des jeunes filles, section mathématiques. En parallèle, Marie Skłodowska, désormais Curie, suit les cours de Marcel Brillouin[réf. incomplète] et documente ses premiers travaux de recherche sur les aciers. En 1896, elle est reçue première à l'agrégation. Elle ne prend cependant pas de poste dans l'enseignement secondaire, souhaitant travailler à une thèse de doctorat.\n\nLe 12 septembre 1897, elle donne naissance à sa première fille, Irène.\n\n", "title": " Rencontre et mariage avec Pierre Curie " } ]
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Absolutisme - La notion d'absolutisme (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'absolutisme est un concept lié aux réactions de régimes politiques centraux, généralement monarchiques, visant à l'affranchissement des contrepoids (parlementaires, traditionnels ou constitutionnels) liés aux premières formes de séparation des pouvoirs qui ont suivi les formes consultatives (droit de remontrance et d'enregistrement des lois). Les qualificatifs d'absolutisme apparaissent quand le pouvoir central se dégage des remontrances et oppose des vetos aux contre-pouvoirs. L'absolutisme est lié aux périodes de centralisation politique et militaire caractérisées par la consolidation de la souveraineté territoriale des États, d'importants changements d'ordre militaire, l'affaiblissement du droit coutumier, la diffusion du droit romain, la montée du mercantilisme, ainsi qu'une importance accrue du rôle de la cour et surtout du roi dont la sacralité ne se porte plus simplement sur la fonction mais sur la personne physique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Pouvoir « absolu », puissance « absolue », roi « absolu », le roi détient tous les pouvoirs qu’ils soient législatifs, judiciaires ou exécutifs : voilà des locutions souvent déclinées, notamment par les contemporains de Louis XIII et de Louis XIV, pour qualifier la nature de l’autorité exercée depuis le Conseil d'en haut. En voici un exemple : après la mort de Richelieu, les officiers de Valence présentent un mémoire pour obtenir l’abolition de la transaction qu’ils ont été contraints de passer en 1642 en présence et, selon les termes de son mémoire, par le commandement absolu de Mgr le cardinal de Richelieu, dont il est notoire que le respect et l’autorité ne « pouvoient point recevoir de contradiction dans le royaume ». Dans son édition de 1732, le Dictionnaire de Trévoux, au mot « absolu » indique : « Souverain, indépendant. Prince absolu. Il signifie sans réserve, sans restriction ». En latin, absolutus, participe passé de absolvere, signifie « détacher », « délier », avant même de signifier, par dérive sémantique, « acquitter », « absoudre ». En tant qu’adjectif, absolutus signifie « achevé », « parfait », « complet », « qui forme par soi-même un tout ». La monarchie absolue est toujours centralisatrice. La société est un corps dont le monarque est la tête. Il ne doit y avoir dans le corps social qu'un seul centre de décision.\n\nAinsi, on voit qualifier d'absolu le pouvoir de celui qui est « délié », détaché de tout lien, celui qui ne connaît pas de limite externe à son pouvoir, celui qui jouit de la summa potestas, que l’on pourrait traduire par « pleine souveraineté ». Par extension, on qualifie d’« absolutistes » les régimes politiques autoritaires.\n\nLe mot absolutisme est un terme péjoratif qui apparaît à la fin du XVIIIe siècle pour discréditer la monarchie.\n\nJacques Ellul révèle quatre caractéristiques communes au concept d'absolutisme (article « Absolutisme » de l'Encyclopædia Universalis, DVD, 2007) :\n\n« le pouvoir se conçoit lui-même comme étant sans limites, que ces limites soient externes (corps, droit, traités, morale…) ou internes (freins institutionnels). Le souverain absolu est maître des personnes et des biens.\n\nle pouvoir se fonde sur une valeur absolue comme Dieu. Mais cela peut aussi être la raison d'État. La raison d'être du pouvoir absolu échappe au contrôle. De fait, ce dernier ne s'explique pas et ne peut être critiqué ;\n\nl'État représente le bien. Le prince a la connaissance de la vérité. Là où l'État règne, règnent à la fois bonheur des sujets et vérité. Il ne peut donc y avoir aucune opposition, ni aucune discussion ;\n\nle pouvoir est stable et invariable. »Étienne de La Boétie utilisera le thème de l'absolutisme pour en faire un court réquisitoire en 1549, dans son Discours de la servitude volontaire.\n\nLa pensée de l'absolutisme s'est formée à une époque où de nombreuses guerres intestines déchiraient l'Europe. Pour Bodin, Bossuet et Hobbes, contemporains de ces conflits, les guerres de Religion en France, la guerre des Paysans allemands, la guerre civile anglaise, ainsi que la guerre de Trente Ans semblaient plaider en faveur de la constitution d'un pouvoir central fort capable de discipliner les forces opposées qui semblaient faire sombrer l'Europe dans le chaos politique. La royauté a été alors investie d'une autorité souveraine permettant de mettre un terme à la fragmentation du pouvoir politique et aux guerres y étant liées.\n\nToutefois, le terme absolutisme lui-même n'entrera dans la pensée politique qu'au XIXe siècle. Pour Henshall, en Angleterre le terme servira d'antithèse au libéralisme, et désignera de manière souple les régimes politiques continentaux autoritaires, autocratiques et bureaucratiques. Plus tard au XIXe siècle, l'école historique allemande, suivie par Weber, vit dans l'absolutisme un processus de centralisation politique et de rationalisation qui allait donner forme à l'État moderne. De son côté, le marxisme, suivant en cela Engels, y a longtemps vu un moment de transition du féodalisme au capitalisme dans lequel l'État avait pu, momentanément, jouer le rôle de médiateur entre une bourgeoisie montante et une aristocratie déclinante.\n\nSi aujourd'hui certaines de ces explications ont perdu de leur pertinence ou ont été modifiées pour refléter l'état des connaissances historiques, elles ont néanmoins contribué à cadrer l'absolutisme à l'intérieur des grands courants de pensée en sciences sociales : libéraux, wébériens et marxistes ont ainsi laissé leur marque sur sa conceptualisation. Devant la grande variabilité des régimes européens qualifiés d'absolutisme, le concept a fait l'objet d'importants débats entre les historiens sur son existence, au point où certains, notamment Henshall, le considèrent comme un mythe. Il n'en continue pas moins d'être utilisé en histoire, en sciences politiques et en sociologie pour désigner un type de régime politique européen ayant prospéré durant la période 1500-1800. Toutefois, même s'il est généralement admis que le pouvoir des monarques n'a jamais été totalement sans limites, le niveau de ces limites et leur capacité à entraver l'action du roi reste contesté. De plus, comme peu d'accords existent sur les causes de l'absolutisme, sur ses éléments caractéristiques et sur les logiques qui le sous-tendaient, l'usage du concept demeure polysémique et fait référence à des idéaux-types et des cas empiriques qui diffèrent en fonction des courants théoriques auxquels les auteurs se rattachent.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Absolutisme
Londres - Histoire (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLondres (/lɔ̃dʁ/ ; en anglais : London, /ˈlʌndən/ ) est la capitale et plus grande ville d'Angleterre et du Royaume-Uni. La ville est située près de l'estuaire de la Tamise dans le sud-est de l'Angleterre. Londinium est fondée par les Romains il y a presque 2 000 ans. La Cité de Londres, le noyau historique de Londres avec une superficie de seulement 1,12 miles carrés (2,9 km2) conserve des frontières qui suivent de près ses limites médiévales. Londres est gouvernée par le maire de Londres et l'Assemblée de Londres.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les régions aux alentours de Londres (aujourd'hui situées à l'intérieur des frontières du Grand Londres) semblent avoir été habitées par des Bretons insulaires depuis les temps préhistoriques, mais aucune trace archéologique n'a été mise au jour au nord du pont de Londres, lieu où la ville est véritablement née et d'où elle s'est développée. Les plus anciennes traces certaines d'installations durables remontent à l'an 43 et sont dues aux Romains qui, à la suite de leur conquête de la Bretagne, y bâtissent une première ville. Ce premier campement est appelé Londinium. Le pont de Londres se trouvait au centre du tout nouveau réseau de routes créé par les Romains et était un lieu de passage privilégié pour traverser la Tamise, ce qui a attiré de nombreux commerçants et ainsi contribué à la croissance de la ville. Londres est vite devenue un important centre d'échanges et de commerce, la Tamise permettant d'acheminer facilement des marchandises jusqu'au cœur de la ville.\n\nSeulement 18 ans après la fondation de la ville par les Romains, la reine Boadicée, à la tête du peuple celte des Iceni, se dresse contre l'invasion romaine et prend Londres pour cible. Le gouverneur Suetonius Paulinus, alors occupé à exterminer les druides sur l'île d'Anglesey, ne peut constituer à temps une armée pour contrer l'invasion celte. La ville est partiellement évacuée, mais des milliers de commerçants sont tués. Londres est alors totalement pillée et détruite. Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour la présence de débris brûlés recouvrant des pièces et des poteries datant de 60, à l'intérieur des limites de la ville romaine.\n\nLa ville est rapidement reconstruite et prospère de nouveau, à l'image du commerce en Bretagne, remplaçant Colchester en tant que capitale de la province romaine de Bretagne. Il n'existe cependant pas d'informations permettant de dater et d'expliquer le transfert de la capitale. Vers le IIe siècle, la ville s'entoure de murailles : le mur de Londres. Pendant plus d'un millénaire, les frontières de la ville sont marquées par ce mur qui délimite une zone largement englobée aujourd'hui par celle de la City. À son apogée au IIIe siècle, la population de Londinium atteint entre 45 000 et 60 000 personnes suivant les sources. Lorsque l'Empire romain commence à décliner, les troupes protégeant la ville sont rappelées sur le continent, Londres commence à péricliter et sa population diminue. Il existe peu d'informations sur cette période appelée Dark Ages of London (« Les âges sombres de Londres »), mais après le départ des Romains de Grande-Bretagne en 410, il est largement établi qu'au Ve siècle, Londres est en ruine et pratiquement abandonnée.\n\n", "title": " Londres à l'époque romaine " }, { "img": [], "source_text": "La position privilégiée de la ville sur la Tamise en fait un lieu stratégique et vers l'an 600, les Anglo-Saxons fondent une nouvelle ville, Lundenwic, à environ 1 km en amont de la ville romaine, à l'endroit où se trouve aujourd'hui Covent Garden. Un port de pêche et de commerce est probablement localisé à l'embouchure de la rivière Fleet. Lundenwic prospère jusqu'en 851, lorsque la ville est envahie et complètement rasée par les Vikings. Après cette occupation viking, Alfred le Grand rétablit la paix et fait déplacer la ville dans les murailles de la vieille cité romaine (alors appelée Lundenburgh) en 886. La ville originale est devenue Ealdwic (« vieille ville »), dont le nom a survécu jusqu'à aujourd'hui pour donner Aldwych.\n\nEnsuite, sous le contrôle de plusieurs rois anglais, Londres connaît une nouvelle phase de prospérité, devenant un lieu de pouvoir ainsi qu'un centre d'échanges et de commerce. Cependant, les raids vikings reprennent au Xe siècle et atteignent leur apogée en 1013, lorsque la ville fut assiégée par le Danois Knut le Grand et que le roi Æthelred le Malavisé est contraint de s'enfuir. Lors d'une contre-attaque, l'armée du roi Æthelred remporte une victoire en détruisant le pont de Londres alors que la garnison danoise se trouve dessus. Knut finit cependant par devenir roi d'Angleterre et ses descendants règnent jusqu'en 1042. Un roi saxon, Édouard le Confesseur, leur succède et refonde l'abbaye de Westminster ainsi que le palais de Westminster. À cette époque, Londres est devenu la cité la plus grande et la plus prospère d'Angleterre, bien que le siège du gouvernement se trouve toujours à Winchester.\n\n", "title": " L'occupation anglo-saxonne " }, { "img": [], "source_text": "Après la bataille d'Hastings, le duc de Normandie Guillaume le Conquérant est couronné roi d'Angleterre dans la toute nouvelle abbaye de Westminster, le jour de Noël 1066. Il accorde certains privilèges aux habitants de Londres tout en construisant, dès la fin 1066, un château en terre et en bois au sud-est de la ville derrière les remparts pour maintenir le contrôle sur la population et se mettre à l'abri en cas d'émeute. À la place de ce réduit castral, Guillaume, bâtira plus tard un énorme donjon : la tour Blanche (en anglais : White Tower). Ce château, agrandi par les rois suivants, sert de résidence royale puis de prison et est aujourd'hui connu sous le nom de tour de Londres.\n\nEn 1097, Guillaume le Roux commence la construction du hall de Westminster, près de l'abbaye du même nom. Ce hall est à l'origine du palais de Westminster, la résidence royale tout au long du Moyen Âge. Westminster devient le siège de la cour royale et du gouvernement, tandis que la Cité de Londres voisine forme un centre d'échanges et de commerce prospère sous l'autorité de sa propre administration, la Corporation of London. Les villes aux alentours se développent et forment la base du cœur de Londres moderne, remplaçant Winchester en tant que capitale du royaume d'Angleterre au XIIe siècle.\n\nLe 2 juin 1216, le prince Louis (futur Louis VIII) s'empare de la ville qu'il conservera jusqu'en 1217.\n\n", "title": " Londres médiévale " }, { "img": [], "source_text": "Après la défaite de l'Invincible Armada espagnole en 1588, une certaine stabilité politique en Angleterre permet à Londres de se développer davantage. En 1603, Jacques VI d'Écosse monte sur le trône d'Angleterre et s'efforce d'unifier les deux pays. Ses lois anticatholiques le rendent très impopulaire et il est victime d'une tentative d'assassinat le 6 novembre 1605, la fameuse conspiration des poudres.\n\nPlusieurs épidémies de peste noire touchent Londres au début du XVIIe siècle, culminant avec la grande peste de Londres de 1665, qui tue environ 20 % de la population. L'année suivante, le grand incendie de 1666 détruit une grande partie des maisons en bois de la ville. La reconstruction de Londres occupe toute la décennie suivante.\n\n", "title": " Londres aux temps modernes " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Londres
Époque classique - Culture, arts et vie intellectuelle (3)
2,551
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’époque classique est une période de l'histoire de la Grèce antique, située entre l'époque archaïque et l'époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire, pour les bornes chronologiques les plus courantes, depuis la victoire grecque de Salamine contre les Perses en 480 av. J.-C. jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'art de la mosaïque apparaît en Grèce durant l'époque classique, peut-être à partir d'origines anatoliennes. Il s'agit alors de compositions réalisées à partir de galets, imitant peut-être les tapis décorés qui ornent les demeures des élites. Il s'en trouve dans les riches demeures d'Olynthe à la fin du Ve siècle av. J.-C., et au siècle suivant à Érétrie. Elles représentent des scènes figurées et aussi des motifs géométriques. Les mosaïques des maisons des élites de la capitale macédonienne Pella, dans la dernière partie du IVe siècle av. J.-C., témoignent des progrès de cet art, qui doit aussi emprunter à la peinture de l'époque, étendant sa gamme de couleurs et ses thématiques.\n\n", "title": " Mosaïques " }, { "img": [], "source_text": "Un système scolaire (privé) est attesté à Athènes au moins à partir du Ve siècle av. J.-C., avant tout réservé aux fils de l'élite, même s'il semble s'élargir à d'autres groupes. Il permet d'acquérir une éducation, paideia, terme polysémique qui désigner aussi au sens large la culture qu'il convient d'acquérir pour être quelqu'un d'accompli. Au niveau élémentaire, l'enseignement combine gymnastique (au palestre), musique (dont poésie) et écriture, mathématiques et littérature. Une éducation supérieure est attestée au début du IVe siècle av. J.-C., permettant de poursuivre l'enseignement autour d'un maître renommé, avec les sophistes, l'école de rhétorique d'Isocrate, l'Académie de Platon, puis le Lycée d'Aristote, peut-être la médecine à Cos. Athènes est du reste probablement une cité plus alphabétisée que la plupart des autres (jusqu'au charcutier des Cavaliers d'Aristophane qui sait lire, certes assez mal).\n\n", "title": " Éducation " }, { "img": [], "source_text": "La philosophie du Ve siècle av. J.-C., qui reste dans sa phase « présocratique », marquée par la recherche des principes à l'origine du monde, comprend encore des figures originaires de Ionie (Anaxagore), mais c'est surtout en Italie que cette discipline s'enracine, avec l'école d'Élée (Parménide, Zénon) et Empédocle, en plus de Démocrite d'Abdère et sa théorie des atomes.\n\nPuis à compter du milieu du Ve siècle av. J.-C. une nouvelle génération s'interroge sur le rôle du philosophe et plus largement de l'homme dans la polis (c'est selon Aristote un « animal politique » qui vit mieux dans ce cadre qu'ailleurs) et à l'organisation intérieure de celle-ci : une réflexion « sur les sociétés humaines, sur les lois, sur le Juste et le Bien et les façons de les connaître » (C. Mossé). La façon dont la pensée peut aider à trouver sa place dans la société civique, par le développement de la « vertu » ou « excellence » (arété), est l'objet des interrogations des « Sophistes », qui sont des enseignants itinérants spécialisés dans l'art du discours et de la persuasion, actifs en particulier à Syracuse et à Athènes (Gorgias, Protagoras). Ils sont surtout connus par l'image péjorative qu'en a laissé Platon qui tance leur relativisme, sans doute une manière de remettre en cause les normes conformistes de la vie civique. Dans les textes de ce dernier, c'est son maître Socrate (mort en 399), qui n'a pas laissé d'écrits, qui est leur interlocuteur. Pour lui la vertu se trouve dans le savoir, et il cherche à l'obtenir en dialoguant, par l'« accouchement des esprits » (maïeutique), en usant du questionnement faussement naïf et de l'ironie, d'une méthode inductive. La maxime delphique qu'il a faite sienne, « connais-toi toi-même », enjoint à l'homme de prendre conscience de sa propre mesure, donc de sa place dans l'univers, la nature et aussi la cité. Il est généralement considéré que ce personnage marque un tournant dans l'histoire philosophique.\n\nLes philosophes poursuivant sa pensée sont désignés comme « socratiques ». Platon (né vers 428-423 et mort en 348/7), celui par qui Socrate est essentiellement connu, fondateur de l'Académie, produit une œuvre imposante, à l'influence considérable, qui, du point de vue métaphysique, considère que la réalité réside dans un monde immatériel intelligible, formé par les Idées, accessibles par la réflexion philosophique, et aborde aussi l'éthique, la recherche de la perfection morale, l'éducation, la politique, décrivant sa cité idéale dans La République. Écrivain brillant, expliquant ses idées par des dialogues, il érige la dialectique en méthode incontournable dans le raisonnement philosophique. Son disciple Aristote (384-322), fondateur du Lycée, est l'autre philosophe athénien à l'influence de premier ordre, qui a abordé de nombreux sujets, et plus largement marqué la pensée scientifique par sa réflexion sur la logique, sur les manières d'accéder à la vérité (raisonnement, discussion dialectique, pratique, enquête). Sa Politique traite de la vie dans la cité et des différentes formes de gouvernement.\n\n", "title": " Philosophie " }, { "img": [], "source_text": "L'art de la rhétorique, qui intéresse les sophistes comme Aristote, prend une grande place dans la vie civique de la démocratie athénienne où l'éloquence et l'argumentation sont cruciales pour susciter l'adhésion. Les orateurs attiques sont des figures importantes à compter des dernières décennies du IVe siècle av. J.-C., avec Isocrate, professeur de rhétorique, qui cherche à concilier art de bien penser et art de bien parler, défenseur du panhellénisme contre les Perses. La rhétorique de la fin de la période classique est marquée par les discours de Démosthène, qui cherche à susciter la résistance face à la Macédoine.\n\n", "title": " Rhétorique " }, { "img": [], "source_text": "L'Histoire prend forme, après les premiers travaux d'Hécatée, dans les Histoires (ou l’Enquête, Historiai) d'Hérodote (v. 485-425), originaire d'Halicarnasse mais qui a sans doute rédigé la majeure partie de son travail à Thourioi, fondation athénienne en Italie. Il s'intéresse avant tout aux guerres médiques qui viennent de s'achever, et aux rapports entre Grecs et Perses, mais aussi aux peuples et régions qui les entourent, donnant un aspect ethnographique et géographique à son œuvre. Son propos principal est de raconter le triomphe des Grecs et du régime civique sur la monarchie et le despotisme. Thucydide (v. 465-400), citoyen athénien, stratège malheureux durant les guerres contre Sparte, ce qui lui vaut l'exil, entreprend de raconter ces conflits dans La Guerre du Péloponnèse, en produisant un récit le plus véridique possible et en éclairant les faits de ses réflexions, ce qui donne une nouvelle dimension au travail de l'historien. Xénophon (v. 430-350), qui cherche à prendre la suite de l’œuvre de Thucydide dans les Helléniques, est un ancien disciple de Socrate, à l’œuvre diverse, notamment des sortes de biographies exemplaires sans grand souci d'exactitude (Cyropédie, Anabase, Mémorables). Athénien mais mercenaire au service des Perses et des Spartiates, admirateur de ces derniers, ses différents écrits tirent parti de son expérience concrète.\n\n", "title": " Histoire " }, { "img": [], "source_text": "Le théâtre grec prend naissance durant l'époque classique, dans le cadre du culte religieux, puisque les pièces sont présentées lors de concours accompagnant des fêtes religieuses, les plus prestigieux étant ceux des Grandes Dionysies d'Athènes. Le financement en est assuré par des riches citoyens, qui jouent le rôle de chorège. Les théâtres sont en bois au début de la période, puis en pierre, et prennent parfois de très grandes dimensions (celui d'Athènes pouvait accueillir 17 000 spectateurs). Un concours théâtral est un moment d'affirmation de la puissance de la cité athénienne, plusieurs œuvres renvoyant à ses moments de gloire, mais aussi à des débats déchirant la communauté, suscitant des réactions passionnées chez leur auditoire. On distingue la tragédie, dont les principaux auteurs classiques sont Eschyle, Sophocle et Euripide, et la comédie, où excelle Aristophane.\n\nAu IVe siècle av. J.-C. se développe dans les cités grecques de Grande Grèce et de Sicile une sorte de farce, le jeu de Phlyax.\n\n", "title": " Théâtre " } ]
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Louis XIV - Figure de l'absolutisme à la française (3)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du 14 mai 1643 — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au 7 septembre 1651 — à sa mort en 1715. Son règne d’une durée de 72 ans est l'un des plus longs de l'histoire d'Europe et le plus long de l'histoire de France.\n\nNé Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire, ce qui fait de lui l'un des plus jeunes rois de France. Il devient ainsi le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le roi se fait très tôt obéir par les Provinces : en réponse aux révoltes de la Provence (Marseille en particulier), le jeune Louis XIV envoie le duc de Mercœur pour réduire la résistance et réprimer les rebelles. Le 2 mars 1660, le roi étant entré dans la ville par une brèche ouverte dans les remparts, il change le régime municipal et soumet le Parlement d'Aix. Les mouvements de contestation en Normandie et en Anjou se terminent en 1661. Malgré le déploiement de force, l'obéissance est « plus acceptée qu'imposée ».\n\nLe jeune souverain impose son autorité aux Parlements. Dès 1655, il impressionne les parlementaires en intervenant, en costume de chasse et le fouet à la main, pour faire cesser une délibération. Le pouvoir des Parlements est diminué par la mise en place de lits de justice sans la présence du roi, ainsi que par la perte de leur titre de « cour souveraine » en 1665, et par la limitation, en 1673, de leur droit de remontrance.\n\n", "title": " Gouvernement royal - Obéissance des Provinces et des Parlements " }, { "img": [], "source_text": "La première partie du règne de Louis XIV est marquée par de grandes réformes administratives et surtout par une meilleure répartition de la fiscalité. Les douze premières années voient le pays en paix retrouver une relative prospérité. On passe progressivement d'une monarchie judiciaire (où la principale fonction du roi est de rendre justice) à une monarchie administrative (le roi est à la tête de l'administration) ; de grandes ordonnances administratives accentuent le pouvoir royal : les terres sans seigneur deviennent terres royales, ce qui permet la réorganisation fiscale et celle des droits locaux. Le roi crée le Code Louis en 1667, stabilisant la procédure civile, l'ordonnance criminelle en 1670, l'ordonnance sur le fait des eaux et forêts (étape cruciale de la réorganisation des Eaux et Forêts) et l'édit sur les classes de la Marine en 1669, l'ordonnance de commerce en 1673…\n\nLe conseil royal est divisé en plusieurs conseils, d'importance et de rôles divers. Le Conseil d'en haut traite des affaires les plus graves ; le Conseil des dépêches, de l'administration provinciale ; le Conseil des finances, des finances comme son nom l'indique ; le Conseil des parties, des causes judiciaires ; le Conseil du commerce, des affaires commerciales et enfin le Conseil des consciences est chargé des religions catholique et protestante. Louis XIV ne veut pas qu'il y ait des princes de sang ni de duc aux conseils, se souvenant des problèmes rencontrés lors de la Fronde lorsqu'ils siégeaient à ces conseils. Les décisions du roi sont préparées dans un certain secret. Les édits sont rapidement enregistrés par les Parlements, puis rendus publics dans les provinces où les intendants, ses administrateurs, prennent de plus en plus le pas sur les gouverneurs, issus de la noblesse d'épée.\n\nÀ partir de la création du Conseil royal des finances (12 septembre 1661) les finances, dirigées désormais par un contrôleur général, en l'occurrence Colbert, supplantent la justice en tant que première préoccupation du Conseil d'en haut. Celui qui aurait normalement dû être chargé de la justice, le chancelier François-Michel Le Tellier de Louvois, finit lui-même par délaisser la justice pour se consacrer essentiellement aux affaires de guerre. Au fil du temps, deux clans dans l'administration se constituent, rivalisent et cohabitent. Le clan Colbert gère tout ce qui touche à l'économie, la politique étrangère, la marine et la culture, alors que le clan Le Tellier-Louvois a la mainmise sur la Défense. Le roi fait ainsi sienne la devise « diviser pour mieux régner ».\n\nJusqu'en 1671, alors que s'amorcent les préparatifs de la guerre de Hollande, le clan Colbert domine. Cependant, les réticences de Colbert, à nouveau résistant devant de grandes dépenses, commencent à le discréditer aux yeux du roi. De plus, l'écart d'âge entre Colbert (52 ans à l'époque) et le roi (33 ans) pousse presque naturellement le souverain à se rapprocher de Louvois, qui n'a que 30 ans et la même passion : la guerre. Jusqu'en 1685, c'est le clan Louvois qui est le plus influent. En 1689, Louis II Phélypeaux de Pontchartrain, nommé contrôleur général avant de devenir secrétaire d'État (1690), s'impose à la première place. En 1699, il est élevé à la dignité de chancelier, tandis que son fils Jérôme lui succède.\n\nEn 1665, la fonction publique ne compte que 800 membres appointés (membres des conseils, secrétaires d'État, conseillers d'État, maîtres des requêtes et commis) alors qu'elle compte 45 780 officiers de finance, de justice et de police propriétaires de leur charge.\n\n", "title": " Gouvernement royal - Réorganisation administrative et financière " }, { "img": [], "source_text": "Le jeune roi se méfie de Paris, une ville qu'il a vu se révolter et qu'il ne quitte pour Versailles qu'en 1682. La ville est perçue comme une concentration dangereuse d'épidémies, d'incendies, d'inondations, d'encombrements et désordres de tout genre. Elle attire des individus qui espèrent vivre mieux auprès des riches : escrocs, brigands, voleurs, mendiants, infirmes, hors-la-loi, paysans sans terre et autres déshérités. La Cour des Miracles, le plus célèbre de ses ghettos incontrôlables, compterait 30 000 individus, soit 6 % de la population parisienne.\n\nL'édit de fondation de l'hôpital général de Paris (27 avril 1656), dit de « Grand Renfermement », a pour objet d'éradiquer la mendicité, le vagabondage et la prostitution. Conçu sur le modèle de l'hospice de la Charité établi en 1624 à Lyon, il est desservi par la compagnie du Saint-Sacrement en trois établissements (la Salpêtrière, Bicêtre et Sainte-Pélagie). Mais, en dépit des peines et des expulsions prévues pour ceux qui ne regagnent pas l'hôpital, cette mesure, qui horrifie Vincent de Paul, est un échec, faute d'effectifs suffisants pour la faire appliquer. De plus, la police est disséminée en différentes factions qui rivalisent entre elles. La situation, mal maîtrisée, empire et « on rapporte que le roi n'en dort plus la nuit ».\n\nLe 15 mars 1667 Colbert nomme l'un de ses proches, La Reynie à la charge de la lieutenance générale de police qui vient d'être créée. Intègre et travailleur, La Reynie a déjà participé au conseil de réforme de la justice. L'ordonnance civile de Saint-Germain-en-Laye (3 avril 1667) organise un contrôle précis des affaires intérieures. Elle vise une approche globale de la criminalité, notamment en fusionnant les quatre services de police de Paris. Les attributions de La Reynie, nommé en 1674 Lieutenant général de police, sont étendues : maintien de l'ordre public et des bonnes mœurs, ravitaillement, salubrité (ébouage, pavage des rues, fontaines d'eau, etc.), sécurité (rondes, éclairage des rues par des lanternes, lutte contre la délinquance et les incendies, liquidation des « zones de non-droit »… Son service a la confiance du gouvernement royal, et s'occupe donc également des grandes et petites affaires criminelles dans lesquelles de hauts aristocrates pourraient être mêlés : complot de Latréaumont (1674), affaire des poisons (1679-1682), etc..\n\nLa Reynie s'acquitte de cette tâche épuisante avec intelligence pendant 30 ans, jusqu'en 1697 et instaure à Paris une « sécurité inconnue ». Mais peu avant son retrait, la situation commence à se dégrader. Le marquis d'Argenson, qui lui succède, est un homme rigoureux et sévère qui entreprend une intransigeante remise en ordre, l'administration royale se faisant plus répressive. Il instaure une sorte de police secrète d'État, qui semble servir les intérêts des puissants et accentuer le despotisme d'un règne vieillissant. Ses services lui valent, en 1718, lors de la Régence, la place enviée de garde des Sceaux.\n\n", "title": " Gouvernement royal - Relations avec Paris " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XIV
Transition démographique - Phases de la transition (2)
1,044
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa transition démographique est le processus historique par lequel une population passe d'un régime démographique caractérisé par un taux de mortalité et un taux de natalité élevés à un nouveau régime caractérisé par un taux de mortalité puis un taux de natalité faibles. Ce type d'évolution a été observé à partir de la fin du XVIIIe siècle en France et au Royaume Uni, puis dans l'ensemble des autres pays au cours des trois siècles suivants. C'est une composante de la modernisation ou du développement socio-économique. Ce processus historique aboutit à la multiplication par huit de la population mondiale de 1800 à 2022 et à son décuplement prévu de 1800 à 2050. Ce processus s'explique principalement par le développement sanitaire et socio-éducatif. Il contribue à expliquer le développement économique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "On observe dans cette phase des taux de natalité et de mortalité faibles. La mortalité est à peu près égale d'une année à l'autre et la régulation de la population se fait désormais par la natalité qui connaît des fluctuations (pendant le régime traditionnel c'était la mortalité qui avait ce rôle régulateur).\n\nUn grand nombre de pays d'Europe de l'Est et du Sud ainsi que le Japon connaissent à partir des années 1990 un déficit démographique naturel ou taux de variation négatif. Le démographe Roni Lestaeghe a qualifié cette évolution de « seconde transition démographique », alors que J.-C. Chesnais la qualifie de « post-transition démographique ». L'accélération du vieillissement s'accompagne à terme d'une diminution de la population. \n\nEn 2022, environ deux tiers de la population mondiale vit dans des pays ayant un indice synthétique de fécondité (ISF) inférieur ou égal à 2,1 enfants par femme selon l'INED : toute l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie de l'Est (catégories ONU), ainsi que depuis très récemment un peu moins de la moitié des populations d'Asie du Sud-est (Thaïlande, Vietnam, Malaisie, Birmanie), et d'Asie Occidentale (Turquie…), 85 % de celle d'Asie du Sud (Bangladesh, Népal, Iran, et l'immense Inde à partir de 2021), 80 % de celle d'Amérique Latine (Brésil, Mexique, Colombie…). Les pays qui viennent d'atteindre le seuil de 2,1 (hors Asie de l'Est et Europe) verraient leur population croître jusqu'en 2050, mais modérément, du fait d'une structure par âge qui reste jeune. \n\nEn 2022 près des trois quarts de la population mondiale vit dans des pays ayant un indice synthétique de fécondité inférieur ou égal à 2,5. 5% de la population mondiale vit en effet dans des pays ayant un ISF compris entre 2,2 et 2,5 en 2022, notamment Indonésie, Arabie Saoudite, Maroc, Afrique du Sud, Pérou, Venezuela ...\n\nSeuls l'Afrique subsaharienne intertropicale et l'Afghanistan ont un ISF nettement plus élevé quoiqu'en forte baisse, respectivement 4,6 et 4,5. En 2022, environ 5% de la population mondiale vit dans des pays où l'indice synthétique de fécondité est supérieur à 5 contre 66 % en 1950. L'indicateur de développement humain (IDH) a augmenté en général très significativement depuis plusieurs décennies dans les pays en développement concernés.\n\n", "title": " Régime démographique moderne (post-transition) " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_démographique
Transition démographique - Phases de la transition (1)
1,043
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa transition démographique est le processus historique par lequel une population passe d'un régime démographique caractérisé par un taux de mortalité et un taux de natalité élevés à un nouveau régime caractérisé par un taux de mortalité puis un taux de natalité faibles. Ce type d'évolution a été observé à partir de la fin du XVIIIe siècle en France et au Royaume Uni, puis dans l'ensemble des autres pays au cours des trois siècles suivants. C'est une composante de la modernisation ou du développement socio-économique. Ce processus historique aboutit à la multiplication par huit de la population mondiale de 1800 à 2022 et à son décuplement prévu de 1800 à 2050. Ce processus s'explique principalement par le développement sanitaire et socio-éducatif. Il contribue à expliquer le développement économique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La situation ancienne (ou traditionnelle) est une situation d'équilibre, caractérisée par un fort taux de natalité et un fort taux de mortalité, dont la différence est un taux de variation naturelle en moyenne proche de zéro. Cette phase est ponctuée de nombreux pics de mortalité dus à des guerres, des épidémies ou encore des famines. Le fort taux de natalité compense à la fois ces pics de mortalité et les forts taux de mortalité infantile et générale. La majorité des pays pauvres était dans ce cas jusqu'au début du vingtième siècle.\n\n", "title": " Régime démographique traditionnel (pré-transition) " }, { "img": [], "source_text": "Le taux de mortalité baisse fortement et structurellement. Les États impulsent une diminution des famines, épidémies, guerres locales en encourageant une amélioration de l'alimentation, de l'hygiène et de la santé, des transports. Ils favorisent le développement sanitaire et économique dans de nombreux pays. Cependant le taux de natalité reste fort, voire augmente. Le taux d'accroissement naturel de la population, différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité, exprimé en pour mille ou en pour cent, devient de plus en plus élevé.\n\nAinsi en Europe, dès le XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, la mise en place des États modernes contribue à la limitation des épidémies (peste : institution de quarantaines ; variole : débuts de la vaccine) et à l'atténuation des famines par l'amélioration des réseaux routiers et financiers, permettant l'acheminement et la conservation des vivres.\n\nEn 1950, tous les pays du monde ont déjà connu cette première phase de baisse préalable et structurelle du taux de mortalité, du fait de la révolution sanitaire. L'Afrique subsaharienne voit son taux de mortalité diminuer de 35 pour mille en 1945 à 10 pour mille en 1975. Elle a l'espérance de vie à la naissance (Evn) relativement la plus faible en 1950 (36 ans), mais celle-ci est cependant de dix ans supérieure à celle des sociétés traditionnelles (25 ans). Son taux de mortalité est cette année là de 2,8 %, son taux de natalité de 5 % et donc son taux d'accroissement naturel de 2,2 %. Ce taux d'accroissement est en moyenne de 2 % dans les pays du Sud en 1950, taux qui correspond à un doublement de la population tous les 35 ans.\n\n", "title": " Première phase de transition et baisse de la mortalité (transition amorcée) " }, { "img": [], "source_text": "Le taux de mortalité continue à baisser mais plus lentement. En conséquence, le nombre de naissances correspondant au remplacement des générations devient plus faible. En liaison avec les progrès de l'éducation, de la santé, de l'économie, de l'urbanisation etc, un changement des mentalités s’opère. Le taux de natalité se met alors à décroître. Le maximum du taux d'accroissement naturel est atteint au début de cette deuxième phase. Puis le taux de natalité baisse plus fortement, ce qui implique une décélération du rythme d'accroissement de la population.\n\nLa France est certainement le premier pays du monde où s'est amorcée, dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, la baisse durable de la mortalité et de la fécondité qui caractérise la transition démographique. À la fin du XVIIIe siècle en France, Emmanuel Le Roy Ladurie, cité par J.-C. Chesnais, constate « une attitude nouvelle vis-à-vis du couple, de la femme plus respectée, de l'enfant valorisé donc plus rare, de la propriété enfin de plus en plus conçue comme ce qui doit être divisé le moins possible, dans un système de valeurs issues de la bourgeoisie qui commencent à se répandre dans les campagnes sous l'influence de l'alphabétisation ». Le sociologue Daniel Bertaux émet aussi l'avis que « l'hypothèse la plus vraisemblable est que l'accession à la propriété privée de la terre a freiné la démographie paysanne ». La densité utile de la France est alors relativement élevée en Europe et de nouvelles idées rationnelles et démocratiques se répandent (siècle des Lumières, révolution française).\n\nÀ la fin du XIXe siècle, d'autres pays aujourd'hui développés, ayant beaucoup accru leurs populations malgré l'émigration massive et connaissant une crise économique après 1873, entament leur transition de la fécondité ; d'autres facteurs ont influé selon J.-C. Chesnais : alphabétisation de masse et déclin progressif des idéologies natalistes traditionnelles, industrialisation et travail des femmes à l'extérieur, etc. Daniel Noin insiste sur l'amélioration de la condition féminine et l'essor de mouvements démocratiques et féministes. Adolphe Landry avance la thèse de la capillarité sociale, à savoir la tendance à l'imitation de comportements de procréation des classes sociales immédiatement supérieures, ce qui induit progressivement une baisse de la fécondité. \n\nÀ partir de 1930 à 1950, les pays en développement connaissent à leur tour une baisse rapide de la mortalité et donc une croissance accélérée de leur population. C'est lorsque l'espérance de vie à la naissance, qui est de 25 ans dans les sociétés traditionnelles, approche les 50 ans, ou quand la mortalité infantile, qui est de 300 à 400 ‰ dans les sociétés traditionnelles devient inférieure à 150 ‰, que le déclenchement de la baisse de la fécondité s'opère généralement. Cet ajustement de la fécondité est qualifié de structurel s'il est durable et d'au moins 10 %. Il est généralement rapide et a lieu pour l'essentiel entre 1960 et 2000 pour la grande majorité des pays en développement d'Asie, d'Amérique latine, d'Afrique du Nord et d'Afrique australe, et entre 1980 et 2015 pour ceux d'Afrique intertropicale. En conséquence, la très grande majorité de ces pays connaissent actuellement un fort ralentissement de leur croissance démographique (dernier acte de la seconde phase).\n\nL'indicateur conjoncturel de fécondité, ICF, ou somme des taux de fécondité par âge d'une année, est appelé aussi indice synthétique de fécondité (ISF). Il peut être interprété comme le nombre moyen d'enfants par femme. Il est passé d'environ 6 ou 7 dans les sociétés traditionnelles à 2,3 en 2022 pour la population mondiale. Pour les pays en développement, il est passé de 6,1 en 1963 à 2,4 en 2022, soit -60 %. En Asie et en Amérique latine l'indice synthétique de fécondité passe en moyenne de 6 en 1960 à 2,1 en 2019 (le niveau de remplacement des générations) et 1,9 en 2022; seule l'Afrique a un indice encore relativement élevé de 4,2 en 2022 mais la moitié du chemin entre 6,8 et 2,1 a été déjà parcourue. En 2022, 84 % de la population mondiale vit dans des pays où l'ISF est inférieur ou égal à 3 (transition quasi-terminée) et près de 99,5 % vit dans des pays dont l'indice synthétique de fécondité est inférieur à 5,5 enfants par femme, (transition de la fécondité bien amorcée) contre environ 25 % en 1960. Les derniers 0,5 % vivent dans des pays qui ont initié le plus tardivement cette transition de la fécondité. Ce sont quelques pays les moins avancés d'Afrique subsaharienne le plus souvent handicapés par des guerres, ayant une espérance de vie à la naissance inférieure ou proche de 60 ans et un taux d'alphabétisation des adultes inférieur à 50 % en 2015 (World Bank Indicators 2019). Compte tenu de la structure par âge très jeune et de la fécondité encore relativement élevée, la population de l'Afrique subsaharienne devrait augmenter d' environ 80% de 2022 à 2050.\n\nLa durée de la baisse de la fécondité d'environ 6 jusqu'à moins de 3 enfants par femme a été relativement lente dans les pays développés. Cette durée de baisse de la fécondité a été en général beaucoup plus rapide dans les pays en développement un siècle après. Les données ci-dessous indiquent une grande diversité de situations et de facteurs d'explication.\n\n", "title": " Seconde phase de transition et baisse de la fécondité (transition avancée) " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_démographique
Époque classique - Culture, arts et vie intellectuelle (4)
2,552
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’époque classique est une période de l'histoire de la Grèce antique, située entre l'époque archaïque et l'époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire, pour les bornes chronologiques les plus courantes, depuis la victoire grecque de Salamine contre les Perses en 480 av. J.-C. jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Du point de vue médical, la grande figure de l'époque classique est Hippocrate (v. 460-377), en fait la figure de proue d'un groupe de médecins liés au sanctuaire d'Asclépios de Cos et à d'autres régions du monde grec (notamment en Grande Grèce), qui produit un ensemble de traités médicaux, le corpus « hippocratique », fixé à l'époque romaine. Il se caractérise, dans la lignée des réflexions philosophiques du temps, par une recherche de l'origine des maladies dans des phénomènes naturels, tout en cherchant précisément à définir l'art du médecin en le séparant de celui des autres formes de savoir s'intéressant à l'art de la guérison.\n\n", "title": " Médecine " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Époque_classique
Première Guerre mondiale - Déclenchement (1)
760
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Si la cause immédiate de la Première Guerre mondiale est l'assassinat, à Sarajevo, de l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse, cet événement ne fait que pousser au paroxysme des tensions issues de contentieux antérieurs (rivalités stratégiques, politiques, économiques et coloniales). Cette guerre a des origines profondes qui doivent s'analyser sur la longue durée. L'historien André Loez évoque ainsi le rôle des « rivalités économiques et coloniales ».\n\nOn compte parmi les raisons structurelles un nationalisme fort, la montée des impérialismes, et les volontés expansionnistes qui y sont associées, comme l'irrédentisme italien, des conflits précédents non résolus (guerres balkaniques), auxquels s'ajoutent des rivalités économiques, un système d'alliances militaires complexe développé entre les différents pays européens au cours du XIXe siècle après la défaite napoléonienne de 1815, le congrès de Vienne qui s'est ensuivi et l'indépendance belge de 1830, entraînant la France et le Royaume-Uni à se porter garantes de celle-ci. Toutefois le mythe d'un revanchisme français après la perte de l'Alsace-Moselle a été clairement démonté par la recherche historique.\n\nDes malentendus diplomatiques s'ensuivirent, l'Allemagne pensant notamment que le Royaume-Uni resterait neutre devant l'invasion de la Belgique. Le climat de tension régnant avait poussé les grandes puissances européennes à une course aux armements, et chaque état-major s'était activement préparé au conflit. L'attentat de Sarajevo déclenche ce que l’historien Jean-Baptiste Duroselle appelle un « mécanisme », qui entraîne presque malgré eux les protagonistes vers une guerre totale. L'historien Christopher Clark la décrit essentiellement comme une perte de contrôle de la tension internationale par les hommes d'État : il rejoint Duroselle sur le concept de « mécanisme » échappant au contrôle politique, mais souligne l'effervescence belliqueuse de la Serbie, la partialité de la Russie en faveur de cette dernière, et le désir de l'état-major allemand de déclencher rapidement une guerre avant d'être dépassé par la Russie.\n\nDes historiens comme Fritz Fischer ou John Röhl mettent en évidence le fait que la guerre avait été souhaitée par les dirigeants allemands, qui étaient persuadés qu'elle était préférable à un statu quo jugé humiliant pour l'Allemagne.\n\nEn tout cas, à l'été 1914, l'Allemagne était le seul pays qui fût prêt à mener une guerre moderne de grande ampleur. Tous les autres pays ont été pris au dépourvu, ce qui réduit à néant les théories cherchant dans un complot la cause de la guerre. [réf. souhaitée]\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "L'impérialisme des nations européennes est matérialisé par le traitement de la question coloniale. La conférence de Berlin de 1885 avait permis le partage de l'Afrique entre les puissances européennes. Une notable partie de l'Afrique centrale, le Congo, était octroyée au roi des Belges Léopold II qui avait habilement utilisé les rivalités entre la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne pour neutraliser ainsi le centre de l'Afrique. Mais les différends coloniaux ne vont cesser de s'accroître, entretenant par la même occasion les tensions entre les métropoles. Tensions d'abord entre Français et Britanniques en Égypte et, surtout, au Soudan avec la crise de Fachoda en 1898, ainsi que des tensions entre la France et l'Italie en Tunisie en 1881, qui vont entraîner l'adhésion de l'Italie à la Triplice. Les tensions entre la France et l'Allemagne apparaissent dès 1905 au Maroc. Depuis 1871, l'Allemagne unifiée a rattrapé, en quelques décennies, son retard économique sur le reste de l'Europe occidentale en se dotant par exemple d’une industrie très concentrée. L'Allemagne regarde donc outre-mer et vers l’Afrique où elle espère trouver des matières premières à bon marché ou même fonder des comptoirs pour écouler ses produits manufacturés. Cependant, la France, la Grande-Bretagne et la Belgique se partagent l'Afrique. L'Asie aussi est sous la coupe européenne. L'Allemagne, sauf en de rares endroits comme au Cameroun, Namibie, Tanganyika et Togo ne peut obtenir de zones d’influence dans les colonies. Aussi ressent-elle comme une injustice que son industrie de plus en plus compétitive se heurte à la crainte ou à l’égoïsme des autres puissances européennes. Ne disposant pas de colonies de peuplement, Guillaume II souhaite prendre pied au Maroc au nom de la Weltpolitik. Les deux crises qui l’opposent à la France, en 1905 avec la conférence d'Algésiras et en 1911 avec le coup d'Agadir, conduisent à une multiplication des incidents diplomatiques. Pour l'historien allemand Fritz Fischer, cette situation est l’une des principales causes du déclenchement du conflit. Dès 1905, le conflit semble inévitable entre la France et l'Allemagne.\n\nToutefois, les rivalités coloniales entre Français et Britanniques en Afrique n'ont entraîné aucune guerre entre ces deux pays à l'époque contemporaine : ce fait montre les limites d'une explication de la Grande Guerre par « l'impérialisme ». En général les rivalités coloniales se réglaient par des transactions.\n\nLes inquiétudes sont aussi d'ordre économique. Même si chaque pays développe son économie, la rivalité économique entre l'Allemagne et la France s'accroît à partir de 1912. La grande puissance industrielle allemande inquiète les États européens, car les produits allemands inondent les marchés français et britanniques. Cette rivalité économique a « contribué à alourdir le climat général entre les deux États et, par là même, à faciliter la rupture ». Quant aux Allemands, ils s’inquiètent de la croissance économique et démographique de la puissance russe qui les amène à penser qu’ils seraient incapables de lui résister dans quelques années ; de telle sorte qu’ils ont peut-être intérêt à provoquer un conflit avant qu’il ne soit trop tard. Du reste, l'interpénétration des économies européennes était déjà si forte que la plupart des milieux industriels et financiers avaient tout intérêt au maintien de la paix. Le principal débouché des industries métallurgiques, par exemple, n'était pas l'armement mais les chemins de fer, comme l'a montré François Crouzet.\n\nUne explication fréquemment avancée à l’antagonisme franco-allemand est que celui-ci puiserait sa force dans l’idée de revanche et le retour à la mère patrie des provinces perdues d'Alsace-Lorraine. Néanmoins, si la résistance à l'Allemagne reste forte en Alsace-Lorraine, cette sensibilité a beaucoup évolué dans le temps : l’idée de revanche, obsessionnelle en France après la défaite de 1870, s'est estompée dès les années 1880 ; aucun parti politique, après la crise boulangiste, ne revendique ostensiblement le retour à la mère patrie des provinces perdues ; pour la plupart des Français de 1914, bien que le souvenir reste présent, ce n'est plus qu'une vieille histoire.\n\nLes Français demeurent par ailleurs inquiets devant la poussée démographique de l’Allemagne, alors que la France connaît une stagnation démographique, ce qui donnerait un avantage certain aux Allemands dans le cas d'un conflit.\n\nEnfin, l’empereur Guillaume II est très influencé par le milieu des officiers prussiens, garant de la solidité de l’empire, tout auréolé de ses succès du milieu du XIXe siècle et qui a forgé l’unité allemande face à l’Autriche et à la France. Pour l’empereur, une guerre ou un conflit localisé dans les Balkans peut se révéler être une solution pour résoudre les problèmes territoriaux de son allié autrichien. Pour l'historien allemand Fritz Fischer, un conflit dans les Balkans a l'intérêt de justifier une attaque contre la France, et l'armée allemande, la plus puissante du monde, semble être un instrument si parfait qu'il est tentant de s'en servir.\n\n", "title": " Antagonismes entre puissances européennes - Questions coloniales et économiques " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Première_Guerre_mondiale
Histoire des femmes - Préhistoire (1)
3,036
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’histoire des femmes est une branche de l'histoire consacrée à l'étude des femmes en tant que groupe social, apparue dans les années 1970 et étroitement liée aux luttes féministes. En effet, de nombreux auteurs constatent l'absence d'« historicité » des études sur les femmes, et analysent cette lacune comme un processus volontaire de déshistoricisation, comme si la condition féminine ne dépendait que d'invariants réels et historiques. L'histoire des femmes devrait donc s'appuyer sur ce que le sociologue et philosophe français Pierre Bourdieu (1930-2002) appelle une « reconstitution de l'histoire du travail historique de déshistoricisation ».\n\nL'historiographie de l’histoire des femmes est, quant à elle, l’étude de la place de la femme dans l'histoire en tant que discipline — l'historiographie étant l'étude de la manière d'écrire l'histoire. Les femmes y sont étudiées dans leur rapport aux hommes, à la famille, à la société, etc., ainsi que l’évolution de ces rapports.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'étude de la préhistoire a débuté vers les années 1860, en Europe de l'Ouest ; les archéologues sont alors en majorité des hommes, issus d'une société ayant des préjugés sexistes marqués, patriarcale et fortement puritaine, . Leurs regards sur leurs découvertes et leurs interprétations, empreints de cette culture ont été repris par la suite et ont influencé les interprétations sur nombre de découvertes ultérieures, . La représentation des humains préhistoriques évoque souvent un patriarcat au sein duquel les femmes sont malmenées. Par ailleurs, dans les premières décennies de cette discipline, nombre de scientifiques ont cherché à établir des mesures et classer les êtres humains selon des catégories hiérarchisées (selon une « race », selon le sexe…). Enfin, une partie des interprétations des archéologues concernant les sociétés préhistoriques de chasseurs-cueilleurs a été basée sur des recherches anthropologiques sur des sociétés de chasseurs-cueilleurs de leur époque, alors que rien n'indique qu'il n'y aurait eu aucun changement dans les sociétés durant une période de 10 000 ans. Dans les années 1950, quelques préhistoriennes proposent d'autres interprétations et dans les années 1970 naît l'archéologie du genre. Dans les années 1980, l'utilisation de l'ADN — lorsqu'il peut être trouvé malgré le grand âge des restes — permet de connaître le sexe d'une personne à partir d'un élément de squelette. Toutefois, la préhistorienne et archéologue du genre française Marylène Patou-Mathis souligne en 2021 qu'il n'y a pas de preuve trouvée qui permettrait d'affirmer ou infirmer qu'il y ait eu une forme de sexisme au cours de la préhistoire. Ainsi, si pendant des décennies, la présence d'armes dans la tombe d'un squelette était vue comme indiquant qu'il était masculin, des recherches, aidées par des techniques nouvelles, ont permis de relativiser ce schéma de pensée : certains squelettes enterrés avec des armes appartenaient en réalité à des femmes. Il en est allé de même pour l'interprétation du sexe de certains squelettes : les plus robustes étaient désignés comme masculins, alors que de nouvelles recherches ont montré que certains ont été ceux de femmes. C'est le cas de l'homme de Menton, découvert en 1872, réétudié et renommé en 2016 la Dame du Cavillon. De plus, la préhistoire couvre un temps long et différents lieux géographiques, et concerne donc des sociétés préhistoriques qui ont aussi été culturellement différentes les unes des autres. Marylène Patou-Mathis indique qu'au Paléolithique, les indices tendent à montrer qu'il y a une relative égalité entre femmes et hommes, mais, au cours du Néolithique, cela change. Les premières modifications dans les sociétés semblent être d'abord une hiérarchisation socio-économique entre personnes riches et personnes pauvres, ce que semblent indiquer les tombes. La période voit la naissance de l'agriculture, ce qui engendre d'importants changements dans la vision du monde et la société. Marylène Patou-Mathys souligne cependant qu'« il ne faut pas tomber dans le défaut inverse qui consisterait à calquer notre vision féministe actuelle sur cette époque-là », en rapprochant deux sociétés, celle considérée dans la préhistoire et la nôtre, très dissemblables, ce qui serait un biais méthodologique. Elle explique aussi que les relations entre les personnes ont pu être très différentes de ce que nous connaissons, et que la notion de genre (même si le terme est anachronique) a pu être autre que binaire comme nous la connaissons dans la société occidentale moderne. L'historienne dénonce par ailleurs le fait que les interprétations aient pu être biaisées par une vision très européo-centrée. En 2020, le paéloanthropologue français Pascal Picq indique lui aussi que les disciplines liées à l'histoire et l'évolution des êtres humains ont globalement peu considéré les femmes au sein de celles-ci.\n\nAu début du XXIe siècle, en 2018, une tombe de chasseuse préhistorique est trouvée au Pérou : elle est datée de 9 000 ans auparavant, (ou de 9 000 ans avant notre ère) et semble témoigner de la grande importance accordée à la personne enterrée là. À la suite de cette découverte, l'anthropologue américain Randall Haas et des confrères ont réexaminé 27 tombes découvertes en Amérique de chasseurs enterrés avec des armes : il y en a 11 qui sont des tombes de femmes. Selon ce chercheur, il y a 10 000 ans, les femmes ont peut-être composé entre un tiers et la moitié des effectifs de chasseurs de gros gibier sur les terres américaines, . Cependant, quel que soit le sexe biologique de la personne inhumée, la présence d'armes auprès d'elle n'indique pas forcément que c'étaient les siennes.\n\nSelon des études féministes, inspirées par les travaux de Marija Gimbutas, les sociétés de la préhistoire auraient connu des formes de pouvoir matriarcal, fondées sur le culte de la « Grande Déesse »[réf. nécessaire]. Ce sont les femmes qui auraient ainsi soi-disant inventé l'agriculture[réf. nécessaire]. Pourtant, elles auraient pâti de la seconde révolution néolithique, à l'origine de la sédentarisation, mais aussi de la guerre livrée à la nature et aux autres peuples[réf. nécessaire]. Surtout, les envahisseurs indo-européens auraient porté un coup fatal au matriarcat[réf. nécessaire]. La philosophe, historienne des sciences et paléontoogue française Claudine Cohen (1951-) remarque cependant que le culte de la mère peut exister dans des sociétés misogynes, et que rien ne permet vraiment de dire « ce qui dans les rares vestiges de la préhistoire ressortit à l'activité de l'un ou l'autre sexe »[réf. nécessaire]. L'anthropologue Françoise Héritier (1933-2017) a travaillé sur ce point. En 2021, Marylène Patou-Mathis explique qu'il y a peu de chances qu'il y ait eu un matriarcat au sein des sociétés paléolithiques, mais qu'il n'y a pas d'indices permettant d'affirmer qu'il y ait eu un sytème patriarcal ; elle émet toutefois l'hypothèse d'une possible matrilinéarité dans certaines sociétés du Paléolithique.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_femmes
Première Guerre mondiale - Déclenchement (2)
761
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Dans l'Empire austro-hongrois, où pas moins de quarante[réf. nécessaire] peuples cohabitent, les velléités séparatistes sont nombreuses, liées à l'éveil des minorités nationales (Bohême, Croatie, Slavonie, Galicie, etc.) qui se manifestent depuis 1848.\n\nL’Empire ottoman, déjà très affaibli, est ébranlé par la révolution des Jeunes-Turcs en 1908. L’Autriche-Hongrie en profite pour mettre la main sur la Bosnie-Herzégovine voisine et désire continuer son expansion dans la vallée du Danube, jusqu’à la mer Noire, ou, du moins, maintenir le statu quo hérité du traité de San Stefano et du traité de Berlin. Mais pour cela, les responsables politiques et militaires austro-hongrois considèrent qu'il faut neutraliser leur pays voisin qu'est la Serbie.\n\nEn Serbie, le nouveau roi, Pierre Ier envisage la formation d'une grande Yougoslavie, regroupant les nations qui appartiennent à l'Empire austro-hongrois. Dans les Balkans, la Russie trouve un allié de poids en la Serbie, qui a l’ambition d’unifier les Slaves du Sud. Le nationalisme serbe se teinte donc d’une volonté impérialiste, le panserbisme et rejoint le panslavisme russe, récoltant l’appui du tsar à ces mêmes Slaves du Sud. Les Balkans, soustraits de l’Empire ottoman, sont en effet l’objet de rivalités entre les grandes puissances européennes.\n\nEn 1878, à la suite d'une révolte des Bulgares et à une intervention des Russes puis des Autrichiens, la partie nord des Balkans est détachée de l’Empire ottoman. La rivalité entre Russes et Autrichiens dans les Balkans s’accentue. En 1912 et 1913, deux guerres affectent la région : la première est tournée contre l'Empire ottoman qui perd tous ses territoires en Europe à l’exception de la Thrace orientale ; la seconde est un conflit entre la Bulgarie et les autres pays balkaniques. Elle se traduit par une importante extension du territoire et du nationalisme de la Serbie, un mécontentement de la Bulgarie, dépossédée d'une partie de son territoire et par la création, sous la pression autrichienne, d’une Albanie indépendante qui empêche la Serbie d’avoir une façade maritime.\n\nDepuis longtemps, la Russie nourrit des appétits face à l’Empire ottoman : détenir un accès à une mer chaude (mer Méditerranée). Cette politique passe par le contrôle des Détroits. Dans cet Empire russe, les Polonais sont privés d’État souverain et se trouvent partagés entre les empires russe, allemand et austro-hongrois.\n\nEn Allemagne et au Royaume-Uni, dès le début du XXe siècle, l'essor industriel et la remilitarisation se sont accentués et l'Allemagne a des intérêts dans l’Empire ottoman.\n\nL’Italie, unifiée depuis 1860, a donné à la France, à la suite de la victoire de la France sur l’Autriche, la Savoie et le comté de Nice. Malgré un fort courant pacifiste, l’Italie veut prendre au voisin autrichien, avec lequel elle a un vieux contentieux, des territoires qu’elle considère comme italiens, les Terres irrédentes, car majoritairement italophones. Elle désire s’étendre en Dalmatie, liée historiquement à l'Italie et où l’on parle aussi italien, et contrôler la mer Adriatique, à l’instar de ce qu'a fait la République de Venise, et ce d’autant plus que ses tentatives de conquête d’un empire colonial africain ont échoué après la débâcle d’Adoua en Abyssinie en 1896. Seule une partie du Tigré a été rattachée à l’Érythrée déjà italienne, ainsi que la Somalie. La Libye est devenue colonie italienne en 1911 à la suite de la guerre italo-turque.\n\n", "title": " Antagonismes entre puissances européennes - Ambitions territoriales en Europe " }, { "img": [], "source_text": "De vastes systèmes d’alliances se sont créés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Deux grands systèmes d'alliances se dessinent. La Triplice, plus ancienne, est l’œuvre du chancelier prussien Otto von Bismarck. Conscient de l’hostilité française depuis l’annexion de l’Alsace-Lorraine, Bismarck cherche, sur le plan diplomatique, à isoler la France de la IIIe République pour l’empêcher de nouer une alliance contre le Reich. En 1879, sous son impulsion, un premier rapprochement a lieu entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. En 1881, l’Italie demande son intégration dans l’association germano-autrichienne par opposition à la France qui a pris pied en Tunisie, territoire que l’Italie revendiquait. Le 20 mai, un accord tripartite voit donc le jour : la Triplice ou Triple-Alliance. Toutefois, l’Italie revendique également le Trentin et l’Istrie, les « terres irrédentes » sous domination autrichienne. Le traité est renouvelé à plusieurs reprises, même si l’attitude de l’Italie devient de plus en plus froide, en particulier avec la signature d’un accord secret de neutralité avec la France en 1902. La démarche diplomatique française vis-à-vis du royaume italien a l’avantage d’éviter à la France de devoir combattre sur deux fronts, mais inquiète l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. Or, en 1908, il y eut un tremblement de terre à Messine : l'état-major de l'Autriche-Hongrie voulut profiter de la désorganisation qui s'ensuivit en Italie et proposa à l'Allemagne une guerre contre l'Italie. Mais l'empereur Guillaume II refusa, ce qui révèle la fragilité de la triplice.\n\nEn 1914, l’Allemagne peut aussi compter sur la sympathie de l'Empire ottoman, qui n'a pas apprécié d'avoir été privé par Winston Churchill de deux cuirassés construits par le Royaume-Uni. La menace russe pour prendre le contrôle des détroits se précise. En effet, le Royaume-Uni qui, jadis, protégeait l’Empire ottoman, est maintenant allié à la Russie. Pour la Turquie, seul un rapprochement avec l’Allemagne de Guillaume II peut la sortir de son isolement. Elle a ainsi pu trouver des sympathies auprès des peuples colonisés dans tout le bassin de la Méditerranée, du Caucase à Marrakech.\n\nLa France finit cependant par sortir de son isolement. Le 27 août 1891, une convention militaire secrète est signée entre la France et la Russie après le lancement du premier emprunt russe sur la place de Paris. Ce choix diplomatique est dicté par les impératifs de la politique internationale. Cet accord est officialisé le 27 décembre 1893. L’alliance franco-russe est renforcée en 1912 et prévoit une alliance défensive entre les deux pays. La France bénéficie ainsi d’un allié de poids, notamment sur le plan démographique et stratégique, avec la possibilité d’un deuxième front à l’est de l’Allemagne, ou d’un front en Inde en cas de guerre avec le Royaume-Uni, tandis que l’empire tsariste peut moderniser l’économie et l’armée du pays grâce aux capitaux français. Après la crise de Fachoda en 1898 entre Français et Anglais, les deux États ont réglé leurs différends coloniaux.\n\nEn 1904, inquiet des progrès économiques et commerciaux de l’Empire allemand et de la puissance acquise sur mer par la flotte allemande, le Royaume-Uni accepte enfin de sortir de son isolement. Théophile Delcassé, alors ministre français des Affaires étrangères, réussit le rapprochement franco-anglais avec la signature de l’Entente cordiale en 1904. Celle-ci n’est pas un traité d’alliance liant les deux pays, mais leur destin est de plus en plus imbriqué.\n\nEnfin, en 1907, à l’instigation de la France, le Royaume-Uni et la Russie règlent leurs contentieux en Asie en délimitant leurs zones d’influences respectives en Perse, en Afghanistan et en Chine. Ainsi naît la Triple-Entente. Ces alliances « accroissent en fait le risque structurel de conflit ».\n\n", "title": " Systèmes d'alliances " } ]
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L’élargissement des champs du savoir au temps des Lumières
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[ { "img": [], "source_text": " La nature a une histoire\n◆ L’histoire naturelle. Le XVIIIe siècle est marqué par le succès croissant d’une discipline nouvelle, l’histoire naturelle. Le comte de Buffon publie une monumentale Histoire naturelle entre 1749 et 1788, composée de 36 volumes. Par ailleurs, la préoccupation majeure des naturalistes des Lumières est d’inventorier et de classifier les espèces. Dans son Système de la nature, le Suédois Carl von Linné propose une classification des animaux en six groupes (oiseaux, amphibiens, quadrupèdes, poissons, insectes et vers). On cherche également, comme Marie Le Masson Le Golft, à évaluer les richesses de la nature en fonction de leur utilité pour les hommes (doc. 1).\n\n➤ Étudier les animaux. Buffon s’intéresse de plus en plus au comportement des animaux et apparaît comme le fondateur de l’éthologie (doc. 2). En outre, de nouvelles disciplines font leur apparition, comme l’entomologie : Maria Sibylla Merian fait un voyage au Surinam en 1699, où elle est l’une des premières à étudier la métamorphose des papillons (doc. 3).\n\n➤ Les progrès de la botanique. La botanique connaît des progrès considérables au XVIIIe siècle : on identifie désormais les organes sexuels des plantes, et on multiplie les tentatives pour acclimater les plantes exotiques en Europe dans les jardins botaniques.", "title": "1" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6529625/HIS.2de.7.C3.von_linne.png" ], "source_text": " Carl von Linné (1707-1778) Naturaliste suédois, Carl von Linné participe à la construction d’une classification systématique des espèces vivantes. Il met en place une nomenclature binominale, c’est‑à‑dire composée de deux noms : un nom de genre singulier suivi d’un adjectif (exemple : pour le lion, Panthera leo). Il invente ainsi un langage universel de classification des plantes et des animaux. Cependant, il considère que les espèces n’ont jamais changé. Lamarck et Darwin démontreront ensuite que les espèces évoluent et se transforment.", "title": "Repères" }, { "img": [], "source_text": " La connaissance de la Terre\n◆ Le développement de la géologie. Les sciences de la Terre se développent tout au long du XVIIIe siècle. On découvre les mécanismes de l’érosion et on tente d’identifier les causes des séismes.\n\n➤ La longue histoire de la Terre. Selon la Bible, le monde est très récent. Buffon calcule l’âge de la Terre et l’estime à trois millions d’années. Craignant d’être condamné par l’Église, il réduit ce temps à 72 832 ans. Il présente des époques pendant lesquelles la Terre aurait évolué, depuis la formation des planètes jusqu’à l’apparition des animaux et des hommes.", "title": "2" }, { "img": [], "source_text": " • Acclimater : habituer une plante ou un animal à un milieu géographique différent.\n\n• Alchimie : pratique de recherche datant du Moyen Âge, l’alchimie a pour objet la composition d’un élixir de longue vie et la découverte de la pierre philosophale.\n\n• Entomologie : discipline consacrée à l’étude des insectes.\n\n• Éthologie : science qui étudie le comportement des animaux.\n\n• Histoire naturelle : étude du monde vivant (animaux, plantes et minéraux).\n\n• Obstétrique : spécialité médico-chirurgicale se préoccupant de la grossesse et de l’accouchement.", "title": "Vocabulaire" }, { "img": [], "source_text": " Spécialisation des disciplines et progrès scientifiques\n◆ Naissance de la chimie moderne. Progressivement, la chimie s’affranchit de l’alchimie dont elle était encore dépendante. Avec Joseph Priestley, les époux Lavoisier découvrent le dioxyde de carbone et comprennent que l’air est un ensemble de gaz mélangés.\n\n➤ L’engouement pour l’électricité. L’électricité constitue le champ de la physique expérimentale qui a connu le plus de transformations et le plus de succès auprès du public au cours du XVIIIe siècle. En 1752, Benjamin Franklin fait voler un cerf-volant dans les airs pour tester la nature électrique des éclairs, inventant ainsi le paratonnerre.\n\n➤ Chirurgie et obstétrique. La chirurgie connaît des progrès notables au XVIIIe siècle. Louis XV fonde l’Académie de chirurgie en 1731. Cet essor est indissociable de celui de l’obstétrique. En 1759, Angélique du Coudray sillonne le royaume de France avec sa machine et forme des femmes et des chirurgiens aux techniques d’accouchement (doc. 4).", "title": "3" }, { "img": [], "source_text": "\n\n\n\nLes centres d’intérêt scientifiques se diversifient. Ils se mettent progressivement au\nservice des techniques.\n\n\nVoir le cours 4\n\n", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6529625/HIS.2de.7.C3.Balance_nature_golft.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\n\nLe Golft, femme de science, note sur vingt les productions de la nature, notamment en fonction de leur utilité.\n Marie Le Masson Le Golft, Balance de la nature, 1784.", "title": "1 Noter la nature" }, { "img": [], "source_text": " Cet oiseau a été fameux dans tous les temps; mais sa réputation est encore plus mauvaise qu’elle n’est étendue : peut-être par cela même qu’il a été confondu avec d’autres oiseaux, et qu’on lui a imputé tout ce qu’il y avait de mauvais dans plusieurs espèces. […] Non seulement le corbeau a un grand nombre d’inflexions de voix répondant à ses différentes affections intérieures, il a encore le talent d’imiter le cri des autres animaux, et même la parole de l’homme. […] Les corbeaux ont les mœurs plus sociales, mais il est facile d’en rendre raison : comme ils mangent de toutes sortes de nourritures, ils ont plus de ressources que les autres oiseaux carnassiers, ils peuvent donc subsister en plus grand nombre dans un même espace de terrain.\n \n Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, 1775.", "title": "2 L’étude du comportement animal" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6529625/HIS.2de.7.C3.metamorphose_chenille.jpg" ], "source_text": " Maria Sibylla Merian, Metamorphosis insectorum Surinamensium, 1705, dessin.", "title": "3 Métamorphose d’un papillon" }, { "img": [], "source_text": " Je les fis entrer dans le détail de leurs accouchements, et par le récit qu’elles me firent, je ne pus douter qu’elles n’aient lieu d’attribuer leurs infirmités à l’ignorance des femmes à qui elles avaient eu recours, ou à celle de quelques chirurgiens de village peu expérimentés. Mon zèle me détermina donc à offrir de donner gratuitement des leçons à ces femmes. […] Je pris le parti de rendre palpable, en les faisant manœuvrer une machine que je construisis à cet effet, et qui représentait le bassin d’une femme, la matrice, son orifice, ses ligaments, le conduit appelé vagin, la vessie, et l’intestin rectum.\n \n Angélique du Coudray, Abrégé de l’art des accouchements, 1759.", "title": "4 Les progrès de l’obstétrique" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/6529625
France - Histoire (1)
623
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La France métropolitaine actuelle occupe la plus grande partie de l'ancienne Gaule celtique, conquise par Jules César au Ier siècle av. J.-C., mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique qui s'y installa à partir du Ve siècle. La France est un État dont l'unification est ancienne, et fut l'un des premiers pays de l'époque moderne à tenter une expérience démocratique.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur ; les traces les plus anciennes de vie humaine datent d'il y a environ 1 800 000 ans. L'homme est alors confronté à un climat rude et variable, marqué par plusieurs ères glaciaires qui modifient son cadre de vie. La France compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur, dont deux des plus célèbres sont la grotte de Lascaux (Dordogne, -18000 environ) et la grotte Chauvet (Pont d'Arc, -36000 environ).\n\nVers -10000, à la fin de la dernière ère glaciaire, le climat s'adoucit. À partir de -7000 environ, l'Europe occidentale entre dans le Néolithique et ses habitants se sédentarisent, même si l'évolution est différente selon les régions. Après un fort développement démographique et agricole aux IVe et IIIe millénaires, la métallurgie fait son apparition à la fin du IIIe millénaire, d'abord avec le travail de l'or, du cuivre et du bronze, puis avec celui du fer au VIIIe siècle.\n\nEn -600, des Grecs originaires de la ville de Phocée fondent la ville de Marseille, au bord de la Méditerranée ; à la même époque, quelques peuples celtes pénètrent dans le territoire de la France actuelle, mais cette occupation ne se généralise à la totalité de ce territoire qu'entre les Ve et IIIe siècles av. J.-C.. La notion de Gaule, Γαλατία en grec, apparaît alors ; elle correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, les Pyrénées, l'Atlantique et la Méditerranée.\n\nContrairement à la vision réductrice qu'en donne César dans sa Guerre des Gaules, ce vaste espace géographique est occupé par une mosaïque de plus d'une centaine de peuples dont l'organisation est très diverse, mais qui ont tous un point commun : « qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’urbanisme, du commerce ou encore de l’art, ils partagent un savoir-faire avancé ».\n\nÀ partir de -125, le sud des Gaules (57 peuples gaulois) est progressivement conquis par la République romaine à la suite de la victoire de Rome sur les Allobroges et les Arvernes. Rome y fonde les villes d'Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne. En -58, Jules César prend prétexte d'une demande d'aide des Éduens pour se lancer à la conquête du reste de la Gaule. D'abord battu à Gergovie, il vainc à Alésia.\n\nLes riches territoires fiscaux nouvellement conquis sont répartis par l'empereur de Rome Auguste en neuf provinces, dont quatre correspondent approximativement à l'actuel territoire métropolitain français : la Narbonnaise au sud, l'Aquitaine au sud-ouest, la Lyonnaise au centre et à l'ouest et la Belgique au nord. De nombreuses villes sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon (Lugdunum) en -43, appelée à être la capitale de la Gaule romaine qui connait alors la paix pendant environ deux siècles.\n\nAu IIIe siècle, la Gaule romaine connaît une crise grave, le limes, frontière fortifiée protégeant l'Empire des incursions germaniques, étant franchi à plusieurs reprises par les Barbares. Le pouvoir romain chancelant un Empire des Gaules est proclamé en 260 qui échappe à la tutelle romaine jusqu'en 274. Pendant la première moitié du IVe siècle, la Gaule romaine connaît une période de renouveau et de prospérité. Toutefois, les invasions barbares reprennent à partir de la seconde moitié du IVe siècle et le 31 décembre 406, les Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin et traversent la Gaule jusqu'en Espagne. Au milieu du Ve siècle, les Alamans et les Francs s'installent au nord-est de la France actuelle et exercent une forte pression sur les généraux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule.\n\nPour ce qui concerne la France d'outre-mer pendant ce temps : la Guyane est occupée par des peuples vivant de chasse et de cueillette ; Saint-Pierre-et-Miquelon reçoit des visites de paléoesquimaux ; les Antilles françaises sont animées par une période précolombienne ; la Guadeloupe par des groupes amérindiens pré-céramiques ; la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna reçoivent leurs premiers habitants vers -3000, et leur première civilisation, le Lapita, se développe au premier millénaire av. J.-C. ; les autres territoires d'outre-mer semblent inoccupés durant cette période.\n\n", "title": " Préhistoire, protohistoire et Antiquité " } ]
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Première Guerre mondiale - Opérations militaires (7)
773
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Début 1918, les Alliés perdent un front avec la sortie du conflit de la Russie. La Russie bolchevique signe le traité de Brest-Litovsk en mars 1918. L’Allemagne reçoit un « train d'or » (le contenu de celui-ci est confisqué à l’Allemagne par le traité de Versailles), occupe la Pologne, l’Ukraine, la Finlande, les Pays baltes et une partie de la Biélorussie. Les Allemands profitent aussi de cette défection pour envoyer d’importants renforts sur le front Ouest et tenter d’obtenir une victoire rapide avant l’arrivée effective des Américains. C’est le « retour de la guerre de mouvement ».\n\nLe haut commandement allemand (maréchal Hindenburg et quartier maître général Erich Ludendorff) sait qu’il dispose d’un délai de quelques mois — jusqu’à juin-juillet 1918 — pour remporter une victoire décisive sur les troupes alliées. Renforcés par les troupes venant du front est, et souhaitant forcer la décision avant l’arrivée des troupes américaines, les Allemands mettent toutes leurs forces dans d’ultimes offensives à l’ouest et lancent une série de coups de boutoir contre les Anglais, particulièrement éprouvés depuis Passchendaele. L'effort porte sur la jonction des fronts anglais et français : le Grand État-Major allemand connaît la mésentente entre Haig et Pétain et veut en jouer. Il s’en faut de peu que les lignes anglaises ne soient emportées lors de l’offensive du 21 mars, dans la région de Saint-Quentin. Pour résister, les Anglais prélèvent des troupes sur le front des Flandres, ce qui amène l'armée belge à étendre son front. Le 17 avril, le général Wilson propose, en conséquence, de reculer le front des Flandres sur une ligne plus courte, ce qui priverait l'armée belge d'une partie de territoire national qui lui reste. Le roi des Belges s'y oppose de même que le généralissime des armées alliées Foch. Les Belges parviendront d'ailleurs à repousser une offensive allemande à Merkem, tandis qu'il faut toute l'autorité de Clemenceau pour amener le général Fayolle à intervenir dans la zone de l'armée britannique et sauver celle-ci. Par contre, une offensive enfonce les Français, le 27 mai, au Chemin des Dames et amène l’armée allemande à la hauteur de Reims et de Soissons, après une avancée de 60 kilomètres.\n\nLes divisions de l'armée du Kaiser écrasent celles des Alliés. Deux bombardements nocturnes ont été effectués sur la capitale en mars 1915 et janvier 1916 par des Zeppelins. Depuis, les bombardiers Gotha G larguent des bombes de 300 kg beaucoup plus puissantes, appelées « torpilles ». Paris est aussi touchée par des canons allemands à très longue portée, les Pariser Kanonen. Ces bombardements ont un fort impact psychologique sur la population parisienne bien que le nombre de victimes soit très inférieur à celui du front.\n\nEntre la fin mars et le début du mois d'avril 1918, 500 000 Parisiens sur une population de trois millions partent en exode de la capitale vers la province ou la banlieue lointaine. À Paris on commence à envisager une défaite et certains évoquent un repli du gouvernement vers la Loire.\n\nMais les Français tiennent bon et la rupture décisive du front allié n’étant pas atteinte, le haut commandement allemand envisage alors un ultime effort et souhaite le diriger à nouveau sur les troupes britanniques, réputées plus affaiblies, afin de les rejeter à la mer en les coupant de l’armée française. Cette offensive doit être précédée par une autre offensive contre l’armée française afin d’immobiliser les réserves de celle-ci et les empêcher de soutenir l’armée britannique. Lancée le 15 juillet 1918 par les troupes allemandes en Champagne, cette offensive préliminaire de « diversion » permet, pour la première fois, de voir la mise en œuvre, à cette échelle, de la tactique française de la zone défensive formalisée par le général Pétain depuis près d’une année. Les troupes allemandes pénètrent les premières lignes françaises, dont les forces organisées en profondeur, avec des môles de résistance, leur opposent un feu meurtrier sans reculer. La progression allemande est cependant importante au début et la Marne est franchie. C'est la seconde bataille de la Marne après celle de septembre 1914. Mais les troupes allemandes se sont aventurées très au sud et disposées en pointe, sans se prémunir contre des attaques de flanc lancées par les môles français. Elles sont bousculées par une contre-attaque française dans la région de Villers-Cotterêts commencée le 18 juillet 1918. Les résultats de cette contre-attaque sont dévastateurs pour les Allemands, dont les défenses se désagrègent avec la désertion d'un million de soldats. Les troupes allemandes doivent refluer vers le nord, évitant de justesse l’encerclement.\n\n", "title": " Fin des combats (1918) " } ]
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France - Culture (1)
638
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Au fil du temps, la France a été un lieu pour le développement des arts et de la culture. Des nombreux artistes français importants, ainsi que des immigrés, ont trouvé refuge dans le pays ; ils participent à la reconnaissance en Occident et dans le monde entier de sa riche tradition culturelle. La création du ministère de la Culture en 1959 a aidé à préserver le patrimoine culturel du pays et à le rendre accessible au public. Le ministère de la Culture a été très actif dans l'octroi de subventions aux artistes, la promotion de la culture française dans le monde, le soutien aux festivals et événements culturels, la protection des monuments historiques. Le Gouvernement a également réussi à maintenir une exception culturelle pour défendre le cinéma français.\n\nAvec près de 90 millions de visiteurs en 2018, la France est la première destination touristique dans le monde, en grande partie grâce aux nombreux établissements culturels et bâtiments historiques implantés sur tout le territoire. Elle compte 1 200 musées accueillant plus de 50 millions de personnes chaque année. Les sites culturels les plus importants sont gérés par le Gouvernement, par exemple, par l'intermédiaire du Centre des monuments nationaux, qui est responsable d'environ 85 monuments historiques nationaux.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "La France possède un patrimoine architectural riche, témoin d'une longue histoire et de la rencontre de différents traits civilisationnels.\n\nLes 43 180 bâtiments protégés au titre des monuments historiques comprennent principalement des résidences (nombreux châteaux) et des édifices religieux (cathédrales, basiliques, églises), mais aussi des monuments et des jardins.\n\n", "title": " Architecture " }, { "img": [], "source_text": "L'UNESCO a inscrit 44 sites en France sur la liste du patrimoine mondial.\n\nSur les 845 biens culturels inscrits sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO en juillet 2018, 39 sont français, ce qui fait de la France, avec l'Allemagne, le quatrième pays du monde en nombre de sites culturels bénéficiant de la reconnaissance mondiale.\n\nLe patrimoine architectural français inscrit sur la liste du patrimoine mondial comporte à la fois des édifices d'architecture religieuse (l'abbaye de Fontenay par exemple), civile (les châteaux de la Loire), industrielle (la saline royale d'Arc-et-Senans), militaire (les sites majeurs fortifiés par Vauban) et urbaine (la place Stanislas de Nancy, le centre historique de Strasbourg). Il comporte des exemples d'architecture de toutes les époques, de l'architecture romaine (le pont du Gard) à l'architecture d'après-guerre (le centre reconstruit du Havre), en passant par des chefs-d'œuvre de l'architecture romane (l'abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe), gothique (la cathédrale de Chartres) et classique (le canal du Midi).\n\nSites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO\n\n", "title": " Architecture - Inscrits sur la liste du patrimoine mondial " }, { "img": [], "source_text": "En France, depuis 1840, les bâtiments d'intérêt historique, architectural, patrimonial ou culturel peuvent être inscrits ou classés au titre des monuments historiques par l'État, de même que certains biens mobiliers (cloches), ce qui leur assure une protection juridique, ainsi que des aides à la restauration et à l'entretien. Au 31 décembre 2017, la France comptait 45 264 monuments historiques inscrits ou classés.\n\nD'importants architectes français ont façonné le patrimoine architectural, en France et en Europe, à toutes les époques, avec des figures telles que Montreuil au Moyen Âge, Lescot, Delorme et Androuet du Cerceau à la Renaissance, Mansart, Le Vau, Hardouin-Mansart, Gabriel et Ledoux aux époques classique et néoclassique, Viollet-le-Duc, Garnier et Eiffel au XIXe siècle, Auguste Perret, Le Corbusier et Jean Nouvel à l'époque contemporaine.\n\n", "title": " Architecture - Bâtiments d'intérêt historique " }, { "img": [], "source_text": "Si des productions artistiques sont attestées dans l'espace correspondant à la France actuelle dès la Préhistoire, on ne peut parler d'« art français » avant le début du IIe millénaire de notre ère, à l'époque où un État et une nation commencent à se former. À partir de cette époque, les Beaux-Arts français vont être en grande partie similaires à ceux du reste de l'Europe occidentale, voyant se succéder un art roman aux XIe et XIIe siècles et un art gothique du XIIe au XVe siècle ; la célébration de la puissance de la monarchie française, d'un « espace privilégié » (A. Chastel) et la représentation du sacré font partie des thèmes privilégiés d'un art principalement commandé par le pouvoir politique ou religieux.\n\nLa Renaissance et le développement du classicisme au XVIIe siècle puis du néoclassicisme au XVIIIe siècle sont l'expression à la fois d'une recherche de l'ordre et de l'apparat et d'influences antiques et italiennes ; c'est également à l'époque moderne qu'émergent des figures individuelles d'artistes, telles les peintres Fouquet, Poussin, La Tour, le Lorrain, Watteau, Boucher, Chardin, Fragonard, Greuze, David, Gros et Ingres, ou les sculpteurs Goujon, Girardon, Coysevox, Puget et Houdon.\n\nAux XIXe et XXe siècles, la France joue un rôle majeur dans les grands courants et révolutions artistiques occidentaux : le romantisme (Delacroix et Géricault), le réalisme (Courbet), l'impressionnisme (Monet, Renoir, Manet, Degas) et le néo-impressionnisme (Seurat, Van Gogh, Cézanne, Gauguin), le fauvisme (Matisse, Derain, Vlaminck), le cubisme (Braque, Picasso, Léger) ou encore le surréalisme (Duchamp) comptent des artistes français parmi leurs principaux représentants. Rodin, de son côté, révolutionne la sculpture à la fin du XIXe siècle.\n\n", "title": " Arts visuels et plastiques " }, { "img": [], "source_text": "Les lettres françaises comptent de nombreuses figures qui à toutes les époques ont contribué à la réputation culturelle du pays. Il serait vain de tenter d'en faire la liste, mais il est possible de citer, concernant le Moyen Âge les poètes Chrétien de Troyes et Villon ; au XVIe siècle, le romancier Rabelais, l'essayiste Montaigne et les poètes Du Bellay et Ronsard marquent la Renaissance.\n\nAu XVIIe siècle, les dramaturges Corneille, Racine et Molière, le poète Boileau, le fabuliste La Fontaine et le philosophe Pascal s'attachent à maintenir ou rétablir l'ordre par la raison ; au XVIIIe siècle, les auteurs des Lumières Voltaire, Diderot, Montesquieu et Rousseau, les romanciers Prévost, Laclos et Sade et les dramaturges Marivaux et Beaumarchais fustigent la société de leur époque tout en abordant des sujets jusque-là prohibés.\n\nAu XIXe siècle, le roman connaît un apogée avec Stendhal, Balzac, Hugo, Dumas, Flaubert et Zola, mais les autres genres ne sont pas en reste, comme le montrent le mémorialiste Chateaubriand et les poètes Lamartine, Musset, Baudelaire, Vigny, Rimbaud et Mallarmé ; aussi les théoriciens Comte et Durkheim.\n\nLe XXe siècle marqué les problématiques qui ont suivi les productions contemporaines ; on peut citer les poètes Apollinaire, Éluard, Aragon, Char et Prévert ; les romanciers et essayistes Proust, Gide, Céline, Sartre, Beauvoir, Yourcenar, Duras, Saint-Exupéry, Vian, Camus, Duras, Sagan, Gracq, Sarraute, Deleuze, Derrida, Foucault, Guattari, Bourdieu, Ricœur, Lacan et Lévi-Strauss ; aussi les dramaturges Giraudoux, Cocteau et Ionesco.\n\nAu XXIe siècle, des noms émergent, dont ceux de J.M.G. Le Clézio, Patrick Modiano, Virginie Despentes, Jacques Rancière, Alain Badiou, Didi-Huberman, Michel Houellebecq, Erik Orsenna, Éric-Emmanuel Schmitt, Pascal Quignard, Pierre Michon, Christine Angot, ou Eliette Abecassis.\n\nÀ ce jour, la France est le pays qui possède le plus de prix Nobel de littérature, soit seize lauréats.\n\nLa France est le 4e pays publiant le plus de livres au monde derrière la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni. Ainsi, en 2015, 107 000 nouveaux livres ont été édités en France.\n\n", "title": " Littérature et poésie " } ]
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Les sociétés coloniales : perception coloniale et réalité de la ségrégation
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[ { "img": [], "source_text": "\n◆ Un regard chargé de fantasmes. Les sociétés colonisées suscitent attraction et fascination : l’orientalisme met notamment en avant la sensualité de la femme indigène. Elles inspirent également de la répulsion : les peuples colonisés sont souvent décrits comme des sauvages. Fasciné ou dégoûté, ce regard contribue à une déshumanisation des autochtones, comme l’atteste la pratique des zoos humains (doc. 1).\n\n➤ Voyages et explorations scientifiques. Les ruines d’Angkor, au Cambodge, justifient l’établissement du protectorat français (1863). Le tourisme colonial se développe. La plupart de ces voyageurs, imprégnés par une vision européocentriste, ne nouent pas réellement de contact avec l’autre, même si des voix singulières émergent, comme celle d’Isabelle Eberhardt.", "title": "1 Le regard colonial : la fascination de l’exotisme" }, { "img": [], "source_text": "\n◆ Les missions religieuses chrétiennes.\nLes missionnaires – catholiques ou protestants – œuvrent à la christianisation des sociétés locales et jouent un rôle clé dans l’enseignement et la diffusion de la culture métropolitaine.\n◆ Le développement de la médecine coloniale. Des corps de santé coloniale sont chargés de campagnes de vaccination contre la variole. Des succursales de l’Institut Pasteur sont fondées outre‑mer (Saïgon en 1891, Alger en 1909).\n\n➤ Diffuser les savoirs et la connaissance. L’Alliance française, créée en 1883, prend en charge l’enseignement du français dans l’empire. L’éducation est pensée comme une façon de « coloniser les esprits et les cœurs » (doc. 2).", "title": "2 Les « missionnaires du progrès et de la civilisation »" }, { "img": [], "source_text": "\n◆ Une triple ségrégation. La ségrégation est géographique, car les colons vivent dans des quartiers séparés.\n\nElle est également juridique : le Code de l’indigénat permet de traiter différemment Européens et indigènes.\n\nElle est enfin sociale : les habitants des lieux sont cantonnés à des emplois subalternes avec des salaires inférieurs. Les mariages mixtes sont parfois interdits et toujours critiqués. Ce qui n’empêche pas les femmes autochtones d’être exposées à des violences sexuelles qui accompagnent la domination coloniale (doc. 3).\n\n➤ Des mécanismes d’infériorisation. L’idée de la supériorité de la race blanche sur les autres races est partagée par la plupart des contemporains et nourrit le développement d’un racisme scientifique (doc. 4). Elle justifie une attitude paternaliste vis‑à‑vis des colonisés et se manifeste à travers des formes variées d’impérialisme culturel.\n\n➤ La question de l’acculturation. Les sociétés locales sont touchées par des dynamiques d’acculturation : la langue française se diffuse dans tout l’empire. Mais la colonisation est surtout un bouleversement culturel : elle détruit les cadres traditionnels de solidarité, transforme les paysages, brise les religions locales.", "title": "3 Racisme et ségrégation des sociétés coloniales" }, { "img": [], "source_text": " La domination coloniale passe également par l’imposition violente de la culture européenne. Mais cette domination rencontre des résistances. ", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6990787/isabelle.png" ], "source_text": " Isabelle Eberhardt (1877-1904) D’origine russe, elle s’installe avec sa mère en Algérie en 1877. Arabophone, Isabelle Eberhardt voyage dans le pays habillée en bédouin, se convertit à l’islam et épouse un sous‑officier des spahis. Journaliste, elle collabore à La Revue blanche et à La Dépêche algérienne. Ses écrits restituent les rapports de domination, de résistance et de contact entre colons et colonisés.", "title": "Repères" }, { "img": [], "source_text": " • Acculturation : processus par lequel un groupe d’individus ou une société en contact avec une autre culture l’assimile partiellement.\n\n• Européocentrisme : fait d’analyser les situations exclusivement à partir du point de vue européen.\n\n• Impérialisme culturel : imposition des normes, des modes de vie, des idées des coloniaux aux colonisés.\n\n• Missionnaire : homme d’Église chargé de convertir les populations au christianisme.\n\n• Orientalisme : mouvement artistique européen né au XVIIIe siècle; l’Orient y est source d’imagination et suscite la curiosité.\n\n• Ségrégation : processus de séparation des personnes en raison de leur race, leur ethnie, leur culture, leur sexe ou leur condition sociale.", "title": "Vocabulaire" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6990787/doc1.jpg" ], "source_text": "Jules Chéret, affiche pour l’exposition d’un village indigène au jardin zoologique de Paris, 1882, 88 x 125 cm, BnF, Paris.", "title": "1 Les zoos humains" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6990787/doc2.jpg" ], "source_text": "École des enfants des tirailleurs indigènes au Soudan français, carte postale (détail), d’après une photographie d’Edmond Fortier, 1906.", "title": "2 L’enseignement aux colonies" }, { "img": [], "source_text": " L’héroïne de cette nouvelle est une jeune bédouine. Séduite puis abandonnée par Jacques, un lieutenant français, elle se prostitue et meurt jeune.\nYasmina ne connaissait d’autres Français que ceux qui gardaient les ruines et travaillaient aux fouilles, et elle savait bien tout ce que sa tribu avait eu à en souffrir. De là, elle concluait que tous les roumis étaient les ennemis irréconciliables des Arabes. […] Yasmina entendait tous les Arabes des environs se plaindre d’avoir à payer des impôts écrasants, d’être terrorisés par l’administration militaire, d’être spoliés de leurs biens… Et elle en concluait que probablement ces Français bons et humains dont lui parlait Jacques ne venaient pas dans son pays, qu’ils restaient quelque part au loin.\n \n Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902.", "title": "3 Les femmes colonisées, une double domination" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6990787/doc4.jpg" ], "source_text": "Perot, illustration du livre d’Augustine Fouillée (sous le pseudonyme de G. Bruno), Le Tour de la France par deux enfants, édition de 1904.", "title": "4 Les races humaines" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6990787/banania.jpg" ], "source_text": " La boisson chocolatée Banania, créée en 1914, est fabriquée avec des produits importés depuis les colonies : chocolat, sucre et poudre de banane. À partir de 1915 et jusqu’en 1977, cette boisson est représentée par un tirailleur sénégalais souriant dont le français reste très approximatif (« y’a bon »). Cette publicité, qui exploite les stéréotypes raciaux de l’époque, est reprise par la marque en 2005. À la suite d’une plainte déposée par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), la cour d’appel ordonne à la marque de cesser la vente de produits portant ce slogan.", "title": "Écho des temps" } ]
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Faire l'histoire de la Saint-Barthélemy, avec l'historien Jérémie Foa
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[ { "img": [], "source_text": " Le 24 août 1572, jour de la Saint‑Barthélemy, des catholiques massacrent des milliers de protestants à Paris. Des tueries similaires se déroulent ensuite dans plusieurs villes du royaume. ", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/47317764/his-dossiermassacre-retouche.jpg" ], "source_text": "François Dubois, Le massacre de la Saint‑Barthélemy, entre 1572 et 1584, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne. ", "title": "1 Le massacre de la Saint‑Barthélemy" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/47317764/his-dossiercouv-foa-retouche.jpg" ], "source_text": " Cet ouvrage est sorti en 2021 aux éditions La Découverte. L'auteur, Jérémie Foa, utilise des sources peu utilisées jusqu'à présent : il s'intéresse aux responsables et aux victimes des tueries, et montre que ces meurtres ont été commis par des voisins sur leurs voisins. Il propose plusieurs portraits de bourreaux ou de victimes. C'est ce qu'on appelle la micro‑histoire : faire de l'histoire à partir d'une échelle d'observation microscopique.", "title": "Un livre à la loupe" }, { "img": [], "source_text": " Dans l'introduction, Jérémie Foa précise ses intentions d'historien et ancre son ouvrage dans la « micro-histoire ». Plutôt qu'une autre histoire de la Saint‑Barthélemy, j'ai voulu faire une histoire des autres dans la Saint‑Barthélemy. Une histoire du petit, du commun, du banal dans un événement qui assurément ne l'est guère. J'ai choisi de l'observer par le bas, au ras du sang, à travers ses protagonistes anonymes, victimes ou tueurs, simples passants et ardents massacreurs, dans leur humaine trivialit. À la rencontre des vies minuscules1, des épingliers, des menusiers, des brodeurs, des tanneurs d'Aubusson, des rôtisseurs, des poissonniers normands, des orfèvres de Lyon et des taverniers de la place Maubert. Comment des hommes ordinaires ont‑ils pu soudain égorger leurs voisins de toujours ?\n\n \n Jérémie Foa, Tous ceux qui tombent, Visages du massacre de la Saint‑Barthélemy, Éditions La Découverte, 2021. p. 7-8.\n\n1. Allusion au titre d'un roman de Pierre Michon, Vies Minuscules, Gallimard, 1984.", "title": "2 Le projet du livre" }, { "img": [], "source_text": " Citer les noms. De ces morts lancés dans la Seine, perdus dans le Rhône. [...] Mais comment agripper celles et ceux dont personne n'a parlé, dont nul n'a, plume à la main, regretté ni même remarqué l'absence ? Ils sont la masse, l'imprononçable nom du massacre. [...] D'eux ne reste qu'une inconsolable dictée à trous : le nommé Kenny aux Trois rois, rue de la Calendre; le « petit enfant au maillot » traîné par le cou sur les pavés de Paris; la veuve « nommée Marquette », le « barbier » de la Porte Saint‑Honoré.\n\n Livre cité, p.213.", "title": "3 Des morts (presque) inconnus" }, { "img": [], "source_text": " Quinze ans après le massacre, tout est oublié. Partout, les tueurs, leurs amis, leurs familles ont prospéré, gravi les échelons du cursus honorum; ils sont entourés et honorés de la présence des puissants. Des hommes ordinaires ? Mieux, des hommes respectables. La morale de l'histoire est qu'elle n'en a pas. [...] Non seulement les tueurs de la Saint‑Barthélemy, meurtriers assumés, n'ont été ni jugés ni poursuivis; non seulement ils ont joui d'une totale amnistie mais ils ont, vingt ans durant, été soutenus choyés, accompagnés, gratifiés par les derniers Valois1. [...] Tous les assassins ou presque sont morts dans leur lit, de belles mort, gâtés d'honneur et d'argent.\n\n Livre cité, p.263‑264.\n1. Les rois de France qui règnent à cette époque.", "title": "4 La morale de l'histoire..." }, { "img": [], "source_text": " Jérémie Foa est historien professionnel : il est maître de conférences à l'Université d'Aix‑Marseille. Spécialiste des guerres de religion en France, il a écrit plusieurs articles et ouvrages sur ces questions. ", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Il est né de mon inscription dans le courant micro‑historique, en partant du constat que tous les livres existants sur la Saint‑Barthélemy s'intéressaient aux décisions du roi et aux victimes connues. Mais rien n'existait concernant les « vies minuscules ». J'ai donc voulu faire une histoire, non pas « vue d'en haut », mais une histoire « vue d'en bas ». Les grands du monde, les aristocrates, les hommes ont plus de place dans les récits que les minoritaires, que les femmes, que les jeunes.\nJe voulais donc donner la lumière à tous ceux dont on ne parle jamais. ", "title": "1 Comment est né ce projet ?" }, { "img": [], "source_text": " En grande partie jusqu'à présent, les historiens et les historiennes qui avaient travaillé sur la Saint‑Barthélemy avaient travaillé sur des imprimés, des livres publiés par des témoins de l'époque. Or, au XVIe siècle, les gens qui lisent et qui écrivent sont très minoritaires : ce sont donc des bourgeois et des aristocrates qui s'intéressent aux bourgeois et aux aristocrates. Il fallait donc que je trouve des archives du quotidien qui parlent de l'homme et de la femme lambda du XVIe : j'ai donc eu l'idée de m'intéresser aux archives des notaires. En effet, au XVIe siècle, on va beaucoup chez le notaire : pour régler son loyer, pour payer son apprentissage, etc. Il y a 80 notaires en activité à Paris à l'été 1572. J'ai donc dépouillé tous les cartons des notaires recensés entre le 15 août 1572 et la fin du mois de septembre. Ce sont des archives conservées à Paris, au Centre d'accueil et de recherche des archives nationales. J'ai travaillé sur 3 ou 4 cartons d'archives par notaire, puis j'ai fait la même chose dans plusieurs grandes villes (Toulouse, Rouen, Bordeaux). Je me suis demandé si, dans ces archives du quotidien, de l'ordinaire, on voyait surgir la Saint‑Barthélemy. ", "title": "2 Quelles ont été lessources sur lesquelles vous vous êtes appuyé ?" }, { "img": [], "source_text": " La plupart des archives produits à l'été 1572 ne parlent pas du massacre mais j'ai trouvé quelques pépites qui m'ont permis d'écrire ce livre. Certaines personnes allaient ainsi devant notaire pour certifier qu'elles avaient vu des personnes mourir lors du massacre. Car avec de nombreuses victimes jetées la Seine ou dans des fosses communes, le massacre pose un grand problème en termes d'héritage et de succession. On trouvait donc devant notaire l'œil des témoins. ", "title": "3 Qu'avez‑vous découvert ?" }, { "img": [], "source_text": " Qu'est‑ce que ça veut dire d'acheter un cheval le 25 août 1572 ? Qu'est‑ce que cela veut dire de placer son enfant en apprentissage quand, dans votre rue, des gens se font égorger ? Cela signifie‑t‑il que ces gens étaient indifférents au sort de leurs voisins ? Peut‑on avoir un jugement moral ? Je propose une lecture plus généreuse : pour eux, c'est une façon de ne pas rentrer dans le massacre. Je pense que mon travail est un témoignage sur le fait qu'une grande masse de Parisiens n'ont pas massacré leurs voisins. On a affaire à des Parisiens ordinaires qui ne sont pas des héros.\nDans ces archives de l'ordinaire, on voit qu'il y a plusieurs attitudes possibles. Même dans un événement aussi violent que la Saint‑Barthélemy, demeure toujours aux êtres humains une marge de liberté. On peut ne pas être un tueur : cela veut dire qu'on choisit aussi d'être un tueur. Ce que montrent ces archives, c'est l'infini dégradé entre le fait de choisir de tuer ses voisins et le fait de les sauver. On y trouve ainsi également des faux témoignages de catholiques en faveur de leurs voisins protestants. ", "title": "4 Vous dites que, dans vos sources, le massacre est finalement peu abordé de façon directe. Qu'en déduire ?" }, { "img": [], "source_text": " C'est effectivement douloureux de travailler sur un tel sujet mais c'est aussi une façon de mettre à distance des douleurs qui seraient plus vives encore si on étudiait des tragédies du XXe siècle. En tant qu'historien, je me sens blessé par des tragédies du XXe siècle : le génocide en ex‑Yougoslavie, celui des Tutsi au Rwanda ou la Shoah. Finalement, peut‑être que ce travail sur la persécution des protestants est une façon de ne pas travailler sur la persécution des Juifs, de mettre un peu de distance par rapport à un sujet qui serait trop proche pour moi qui suis issu d'une famille de tradition juive, ou de travailler sur le même sujet, la persécution des minorités, mais sans travailler directement sur des sujets trop douloureux. Le XVIe siècle n'est qu'un prétexte pour poser des questions fondamentales pour l'humanité qui me viennent des grandes tragédies du XXe siècle : comment vit‑on avec son voisin ou comment cesse‑t‑on de vivre avec son voisin ? Comment des hommes ordinaires en viennent à tuer d'autres hommes ordinaires ? Le XVIe siècle est un objet qui me permet de poser des questions. Si on n'écrit pas l'histoire de la Saint‑Barthélemy en 2021 comme en 1950 ou en 1850, c'est parce que les hommes et les femmes qui l'écrivent en 2020 sont traversés par des épisodes historiques qui ne sont pas ceux de leurs prédécesseurs. Mieux vaut assumer, donner à voir notre subjectivité pour qu'elle soit critiquable : je dis d'où j'écris. ", "title": "5 L'objet de vos recherchesest tragique. Est‑on affecté quand on travaille sur un sujet comme celui‑ci ?" } ]
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France - Population et société (3)
632
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En France, l'école publique est laïque et gratuite. Si la formation et la rémunération des enseignants, ainsi que le choix des programmes, sont du ressort de l'État, la gestion des établissements scolaires primaires et secondaires revient aux collectivités territoriales. L'instruction est actuellement obligatoire pour les enfants âgés de six à seize ans. En mars 2018, le président Emmanuel Macron annonce vouloir abaisser l'âge obligatoire de scolarisation à trois ans dès la rentrée 2019.\n\nL'enseignement primaire se déroule en deux phases. L'école maternelle, qui accueille les très jeunes enfants, se donne pour but leur éveil, leur socialisation et la mise en place des outils fondamentaux que sont le langage et le nombre. Puis, vers l'âge de six ans, les enfants sont accueillis par l'école élémentaire, dont les premiers objectifs sont l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul, et l'éducation civique.\n\nL'enseignement secondaire se déroule lui aussi en deux cycles. Le premier est dispensé au collège et aboutit au diplôme national du brevet. Le deuxième est dispensé au lycée et aboutit à des examens finaux et nationaux : le baccalauréat (professionnel, technologique ou général) et le certificat d'aptitude professionnelle (CAPA dans l'enseignement agricole). Par ailleurs, près de 17 % des élèves de l'enseignement primaire et secondaire sont scolarisés dans des établissements privés, la plupart sous contrat d'association avec l'État et souvent confessionnels.\n\nL'enseignement supérieur français présente la particularité de faire cohabiter les universités et le système des grandes écoles, où l'on entre généralement par concours à l'issue des classes préparatoires. Les enseignements supérieurs pour le brevet de technicien supérieur et les classes préparatoires aux grandes écoles sont dispensés dans des lycées ou dans des établissements privés. Tous les diplômes reconnus en France doivent être présents dans le répertoire national des certifications professionnelles.\n\nLa France a connu depuis la Libération un élargissement considérable de la scolarisation. En 1936, moins de 3 % d'une classe d'âge obtenait le baccalauréat ; ce pourcentage est passé à 30 % en 1985 et 60 % en 1995. Néanmoins, cette démocratisation de l'enseignement ne supprime pas les inégalités sociales : 25 % des enfants d'ouvriers nés entre 1974 et 1978 sont diplômés de l'enseignement supérieur, contre 77 % des enfants de cadres. Ces inégalités sont encore plus fortes dans les grandes écoles : seuls 2,9 % des étudiants admis à l'École nationale d'administration en 2008 avaient un parent ouvrier.\n\nSelon le programme PISA de comparaison des systèmes éducatifs nationaux, les résultats du système éducatif français sont décevants par rapport aux autres États membres de l'OCDE, en particulier par l'accroissement des inégalités depuis l'enquête PISA de 2003. Malgré les plans de prévention, l'illettrisme touche 3,1 millions de personnes, soit 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France.\n\nL'origine sociale des élèves influe considérablement sur leurs résultats scolaires. En CE2, les élèves issus du quart le plus pauvre obtiennent en 2019, une note moyenne de 57 sur 100 en français et 58 en mathématiques, contre respectivement 87 et 85 pour ceux issus du quart le plus riche. Les inégalités s'accentuent après le collège, avec un taux d'accès en seconde générale ou technologique deux fois plus élevé pour les élèves issus de milieux favorisés que pour les autres.\n\nLa première évaluation du ministère de l'Éducation nationale a révélé que la « continuité pédagogique » pendant le verrouillage au milieu de la pandémie de COVID-19 était positif. Selon l'enquête, sept enseignants sur dix et huit parents sur dix ont été jugés satisfaits.\n\n", "title": " Éducation " }, { "img": [], "source_text": "Depuis sa création en 1945, la Sécurité sociale est au cœur du système de protection sociale français, bien que l'État, les collectivités territoriales et les mutuelles aient également un rôle important. Le maintien des régimes de protection sociale dont disposaient certaines professions avant 1945 explique la grande complexité du système, qui ne compte pas moins de 120 régimes de base et 1 200 régimes complémentaires. Le régime général de la Sécurité sociale, qui compte de loin le plus grand nombre d'affiliés, est divisé en quatre branches correspondant aux quatre risques majeurs, la maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles, les risques liés à la vieillesse et la famille. Si cette protection sociale ne concernait dans un premier temps que les personnes actives, elle s'est peu à peu étendue à toute la population active comme inactive dans beaucoup de domaines, par exemple, lors de la création de la couverture maladie universelle (CMU) en 1999. En outre, à la fin des années 1990, six millions de personnes dépendaient des minima sociaux.\n\nLes prestations sociales sont principalement financées par les cotisations sociales versées par les actifs (65,5 % du total en 2005), mais aussi — et de plus en plus — par l'État et les collectivités territoriales. En 2005, les dépenses de protection sociale — au sens le plus large du terme — représentaient près de 30 % du PIB et plus de 45 % du revenu disponible ajusté des ménages. Malgré les efforts menés par les gouvernements successifs pour maîtriser les dépenses sociales, celles-ci augmentent rapidement, du fait notamment de l'augmentation des dépenses de santé des ménages et du vieillissement de la population — le rapport actifs sur inactifs de plus de 60 ans, qui était de 3 en 1970, devrait atteindre 2,07 en 2010 et 1,36 en 2050 en métropole, selon l’Insee.\n\n", "title": " Santé et protection sociale - Protection sociale " }, { "img": [], "source_text": "Le système de santé français est en grande partie financé par la branche maladie de la Sécurité sociale. Le nombre de médecins pour 1 000 habitants était de 3,22 en 2008, un des taux les plus élevés au monde. Les Français bénéficient également d'une des espérances de vie les plus longues du monde, même si le taux de mortalité prématurée (avant 65 ans) est élevé. Les dépenses de santé par habitant étaient de 4 719 $ par an en 2008, ce qui place la France au-dessus de ses grands voisins européens, mais en dessous de la Suisse, de la Norvège, du Danemark, du Luxembourg, et des États-Unis. De 1950 à 2006, la dépense consacrée aux soins et aux biens médicaux est passée de 2,5 % à 8,8 % du PIB.\n\nNéanmoins, la santé des habitants de la France n'est pas optimale dans tous les domaines. Malgré la chute de la consommation de vin depuis les années 1960, les Français demeurent les seconds consommateurs d'alcool d'Europe occidentale, après les Irlandais. 29 % des 18-75 ans fumaient quotidiennement en 2005, malgré les intenses campagnes de lutte contre le tabagisme. Quant aux drogues illicites, la plus consommée est le cannabis : 39 % des hommes de 18 à 25 ans en auraient consommé en 2005, selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies. Une étude de l'ANSES en 2020 révèle que « 95% de la population française adulte est exposée à un risque de détérioration de la santé par manque d’activité physique ou un temps trop long passé assis ». Toujours selon cette enquête, 5 % des adultes en France ont une activité physique suffisante pour protéger leur santé : les femmes sont plus exposées que les hommes à un manque d’activité physique.\n\nContrairement aux idées reçues, la France ne consomme pas significativement plus d'antidépresseurs que les autres pays, le taux de suicide n'y est pas non plus particulièrement plus élevé que dans les autres pays développés. Le taux de troubles de la santé mentale et l'abus de substances, bien qu'élevé, est comparable à celui des autres pays occidentaux.\n\n", "title": " Santé et protection sociale - Santé " } ]
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Religion (histoire des idées) - Antiquité tardive : la religion christianisée (1)
2,828
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe mot religion vient du latin religio. Ce terme, ses équivalents et ses dérivés ont été définis et utilisés de façons diverses selon les époques, les lieux et les auteurs. Ainsi, avec La Religion en Occident, Michel Despland a proposé une histoire des idées de la religion dans laquelle il formule quarante définitions correspondant aux divers usages et significations du terme dans l'histoire. ", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Ce qui définit pour les historiens la période de l'Antiquité tardive, est l'apparition et l'essor du christianisme. En quatre à cinq siècles, du milieu du IIe au VIe siècle, il est passé du statut de secte ou de superstition d'une infime minorité à celui de religion commune de l'Empire. Au cours de cette période, le christianisme est apparu à certains égards comme quelque chose de nouveau, en rupture avec la culture et la religion commune de la société, à d'autres égards, il y s'inscrivait, ayant accompagné les évolutions de la religion autant qu'il en a bénéficié.\n\nSelon Pierre Gisel, le christianisme fait partie des composantes de la vie religieuse de l'Antiquité tardive, et c'est la société dans son ensemble qui est passée d'une religion essentiellement rituelle, à une religion ou une philosophie de l'interrogation sur soi en « lien » avec ce qui n'est pas soi. L'individu n'est plus seulement une part du cosmos incité à la sagesse pour préserver l'équilibre du tout, il est membre d'une communauté qui n'est pas toute la cité, il a son réseau de relations, il peut se convertir, avoir ses dieux ou son Dieu : « dans l'Antiquité tardive, la nouvelle forme du religieux dont participe le christianisme est donc centrée sur l'humain, l'individu ou la personne, et le divin lui est directement rapporté ; réciproquement d'ailleurs : l'humain est polarisé par le divin. ».\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_(histoire_des_idées)
Absolutisme
3,142
[ { "img": [], "source_text": "L'absolutisme est un concept lié aux réactions de régimes politiques centraux, généralement monarchiques, visant à l'affranchissement des contrepoids (parlementaires, traditionnels ou constitutionnels) liés aux premières formes de séparation des pouvoirs qui ont suivi les formes consultatives (droit de remontrance et d'enregistrement des lois). Les qualificatifs d'absolutisme apparaissent quand le pouvoir central se dégage des remontrances et oppose des vetos aux contre-pouvoirs. L'absolutisme est lié aux périodes de centralisation politique et militaire caractérisées par la consolidation de la souveraineté territoriale des États, d'importants changements d'ordre militaire, l'affaiblissement du droit coutumier, la diffusion du droit romain, la montée du mercantilisme, ainsi qu'une importance accrue du rôle de la cour et surtout du roi dont la sacralité ne se porte plus simplement sur la fonction mais sur la personne physique.\n\nÀ partir du XVe siècle, l'absolutisme réduit graduellement la fragmentation de la souveraineté politique caractérisant le Moyen Âge ; il atteint son apogée à la suite de la guerre de Trente Ans. Il amorcera alors son déclin aux XVIIe et XVIIIe siècles, à la suite des révolutions anglaise et française qui instaurent des contre-pouvoirs de type parlementaire.\n\nL’absolutisme, ou monarchie absolue, est donc : « un type de régime politique dans lequel le détenteur d'une puissance attachée à sa personne concentre en ses mains tous les pouvoirs, gouverne sans aucun contrôle ». Comme catégorie, le mot « absolutisme » a été inventé longtemps après le système de pouvoir qu'il est censé définir. C'est en effet pendant la Restauration que le néologisme est créé, et il ne sera mentionné dans le Dictionnaire de l’Académie française qu’à partir de 1878. Dès lors, ce terme sera utilisé dans tous les livres d'histoire pour caractériser la nature du pouvoir politique dans la France d’Ancien Régime, entre la Renaissance et la Révolution. En effet, c'est de « pouvoir absolu » (poder absoluto), expression utilisée par plusieurs auteurs aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles à propos de la France et de l’Espagne, que dérive le néologisme absolutisme.\n\nNéanmoins, dans le cas de la France, le terme absolu vient de la racine latine absolutus qui signifie indépendant de, détaché de, autonome. Cette définition propre à l'absolutisme français marque le contraste entre la monarchie française (indépendante et souveraine) et la monarchie anglaise qui est dépendante et soumise aux influences des affaires féodales puis bourgeoises, depuis la Magna Carta (la Grande Charte) médiévale.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Absolutisme
Biodiversité - Histoire du concept (1)
992
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa biodiversité désigne la variété des formes de vie sur la Terre. Ce terme est composé du préfixe bio (du grec βίος / bíos, « vie ») et du mot « diversité ». Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes dans l'espace et dans le temps, ainsi que les interactions au sein de ces niveaux d'organisation et entre eux. Lorsque la science cherche à évaluer la biodiversité d'un lieu particulier, les différents éléments des listes d'espèces, écosystèmes ou gènes sont pondérés en fonction de leur rareté.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'émergence du concept de biodiversité est étroitement liée à l'histoire mondiale de la protection de la nature et à l'évolution des idées concernant ce que l'on appelait auparavant plus volontiers la « nature ». Dès l'Antiquité, la diversité du monde vivant a fasciné les esprits, mais il faut attendre le XVIIIe siècle et le XIXe siècle pour que l'idée de protéger la nature n'apparaisse véritablement dans le monde occidental avec les progrès des sciences naturelles et les prémices de l'écologie, qui modifient la perception qu'a l'humain du monde vivant. Parmi toutes ces découvertes, la publication de L'origine des espèces de Charles Darwin en 1859 marque une avancée majeure en fournissant la première théorie scientifique convaincante sur l'origine de la diversité du vivant. Fondatrice de la biologie moderne, la théorie de l'évolution bouleverse la vision de l'humain sur la nature et sur lui-même en repoussant l'idée d'une nature figée et inaltérable diffusée jusque là par la culture judéo-chrétienne.\n\nÀ mesure de l'essor de la révolution industrielle, motivé par le gaspillage des ressources naturelles et des raisons esthétiques, le développement de la pensée environnementaliste en Europe et en Amérique du Nord au XIXe siècle fait prendre conscience de la nécessité de la conservation du patrimoine naturel. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, la conquête de l'Ouest et la colonisation des territoires sauvages aux États-Unis suscitent une inquiétude et un mouvement de pensée qui conduit, notamment, à l'émergence du concept de parc national. Ainsi, dans un premier temps, la création d'espaces naturels protégés apparaît comme une solution pour préserver la nature.\n\nEn parallèle de la sanctuarisation des espaces naturels apparaissent aussi les premières réglementations sur l'utilisation des espèces afin de contrôler le développement de la chasse et de la pêche industrielle et de loisir. Différentes rencontres internationales sont organisées sur ce thème à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, comme la 1re Conférence internationale pour la protection de la nature à Berne, en 1913. Celle-ci aboutit à la création d'une Commission consultative pour la protection internationale de la nature, ancêtre de l'actuelle UICN.\n\nTout s'accélère à partir des années 1960, décennie pendant laquelle de nombreux scientifiques commencent véritablement à mettre en garde sur la menace d'une crise écologique causée par les activités humaines et sur la nécessité d'une utilisation raisonnée des ressources naturelles. De nombreux livres au ton alarmiste sont publiés, comme le fameux Avant que nature meure de Jean Dorst en 1965. Au cours de cette période, la sensibilité écologique se développe considérablement dans les pays occidentaux et devient politique.\n\nUn virage majeur arrive au début des années 1970, où plusieurs évènements marquants vont se succéder. À la suite de la conférence de la biosphère à Paris en 1968, l'UNESCO lance le programme sur l'homme et la biosphère (MAB, Man and Biosphere) en 1971. Ce programme de recherche intergouvernemental vise à établir les bases scientifiques pour une gestion durable de la nature à partir d'approches écologiques, sociales et économiques. En 1972, le Club de Rome publie son rapport Les Limites à la croissance, dans lequel les auteurs alertent les sphères politiques et médiatiques sur la problématique environnementale et, notamment, les relations entre la croissance économique et les limites écologiques. C'est aussi l'année du premier sommet de la Terre, avec la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm, de laquelle nait le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).\n\nLes années 1980 voient l'émergence d'une nouvelle branche de la biologie consacrée à l'évaluation des impacts de l'humain sur les espèces et les écosystèmes : la biologie de la conservation, popularisée par Michael Soulé à partir de 1985. Mêlant science et gestion, la biologie de la conservation vise à apporter des solutions face à la crise écologique en utilisant les concepts et théories scientifiques de l'écologie pour mettre en œuvre des actions appropriées pour la conservation de la nature. C'est au sein de cette nouvelle discipline que la notion de biodiversité trouve son origine.\n\nL'invention du terme « diversité biologique » (biological diversity) est créditée à Raymond F. Dasmann en 1968, puis à Thomas Lovejoy, qui l'utilise dans deux publications en 1980. L'expression est ensuite contractée en « biodiversité » (biodiversity) par Walter G. Rosen à l'occasion d'un congrès tenu à Washington en 1986 et intitulé The National Forum on BioDiversity. Le compte-rendu du colloque, sous l'égide d'Edward Osborne Wilson, est ensuite publié en 1988 sous le titre BioDiversity. À partir de là, le concept et l'expression vont connaître un intérêt croissant.\n\nEn juin 1992, le sommet de la Terre à Rio de Janeiro représente une étape majeure dans la prise de conscience internationale de la crise environnementale, avec notamment l'officialisation du concept de développement durable. Au cours de ce sommet est adoptée la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui marque la convergence des enjeux du développement durable et de la biodiversité en reconnaissant la protection de la biodiversité comme « préoccupation commune à l’humanité » et en devenant le cadre des stratégies nationales en faveur de la biodiversité. Le mot « biodiversité » est introduit dans le Dictionnaire Petit Larousse en 1994.\n\nLe terme demeure cependant mal compris ; une étude de 2010 de TNS Sofres montre ainsi que 21 % des Français n'ont jamais entendu parler de biodiversité, et que seuls 23 % pensent savoir précisément de quoi il s'agit. En conséquence, certains écologues recommandent de continuer à favoriser, au moins hors du champ scientifique, le concept de « nature », plus inclusif et mieux identifié, .\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Biodiversité
Absolutisme - Les origines de l'absolutisme (1)
3,144
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'absolutisme est un concept lié aux réactions de régimes politiques centraux, généralement monarchiques, visant à l'affranchissement des contrepoids (parlementaires, traditionnels ou constitutionnels) liés aux premières formes de séparation des pouvoirs qui ont suivi les formes consultatives (droit de remontrance et d'enregistrement des lois). Les qualificatifs d'absolutisme apparaissent quand le pouvoir central se dégage des remontrances et oppose des vetos aux contre-pouvoirs. L'absolutisme est lié aux périodes de centralisation politique et militaire caractérisées par la consolidation de la souveraineté territoriale des États, d'importants changements d'ordre militaire, l'affaiblissement du droit coutumier, la diffusion du droit romain, la montée du mercantilisme, ainsi qu'une importance accrue du rôle de la cour et surtout du roi dont la sacralité ne se porte plus simplement sur la fonction mais sur la personne physique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Si les origines de l'absolutisme font encore débat en sciences sociales, la majorité des explications situe son origine dans une crise de l'ordre féodal qui aurait pris forme à partir du XVe siècle. De manière schématique, trois grands types d'explications peuvent être distingués.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Dans une première explication, l'absolutisme aurait été la réponse à une crise intellectuelle et morale. Le foisonnement intellectuel de la Renaissance, la réforme protestante et la révolution scientifique auraient remis en question la conception du monde féodal, causant une crise de légitimation de l'autorité qui aurait à son tour contribué à l'instabilité politique et favorisé les guerres. L'absolutisme aurait alors été la réponse à cette crise intellectuelle ayant remis en question l'ordre politique féodal et ses processus de légitimation en affirmant la nécessité d'une autorité souveraine centralisée d'origine divine.\n\n", "title": " L'absolutisme comme crise intellectuelle et morale " }, { "img": [], "source_text": "Un deuxième type d'explication, dans laquelle on peut placer Giddens et Tilly, met l'accent sur une crise de l'ordre international et les impacts d'un processus de militarisation au centre de la dynamique de formation des États modernes. Dans ce modèle, les élites politiques contrôlant l'État auraient cherché à accroître leur pouvoir de taxation au détriment des nobles et des paysans en construisant un appareil militaire leur permettant de concentrer plus de ressources dans leurs mains. Ce processus aurait été favorisé par des changements importants dans les technologies militaires : l'apparition de la poudre à canon notamment aurait contribué à rendre obsolètes les fortifications qui permettaient à de petits groupes de nobles armés d'exercer un contrôle militaire et politique sur de petits États fragmentés. Ces changements auraient contribué à resserrer le contrôle de l'État sur son territoire et à accroître ses capacités de gestion interne.\n\nGiddens avance qu'à côté de la capacité accrue des États à pacifier la société à l'intérieur de frontières de mieux en mieux définies, le processus de territorialisation aurait créé un système international de type moderne, constitué d'États souverains. Pour la tradition allemande mettant de l'avant le « primat de la politique étrangère », ce système international aurait été caractérisé par une compétition accrue entre les États qui aurait nécessité une centralisation politique et un renforcement de l'autorité. Ainsi, la logique inhérente à la compétition internationale et à la militarisation aurait contribué à produire une nouvelle forme d'État ayant plus de moyens, plus centralisé et doté d'une autorité centrale forte.\n\n", "title": " L'absolutisme comme consolidation du pouvoir d'État " }, { "img": [], "source_text": "Le troisième type d'explication, marxiste, fait appel à la notion de crise dans les rapports de production qui aurait nécessité de ré-instituer le rapport féodal dans un État centralisé. Les conséquences de la peste noire de 1349, des révoltes paysannes et de la montée des villes et de la bourgeoisie auraient, pour Anderson, fragilisé la capacité des nobles à extraire de manière extra-économique le surproduit des mains des paysans. Le servage serait entré en crise, menaçant la position sociale de la noblesse. La centralisation politique et juridique, le déplacement de l'autorité vers le haut et la militarisation du sommet de l'État auraient alors été une réaction permettant de ré-instituer le rapport social féodal et la capacité de la noblesse à exploiter la paysannerie. La centralisation fit perdre à la noblesse certains droits politiques et juridiques dont elle disposait au Moyen Âge, et la militarisation de l'État central la désarma progressivement. Mais ces pertes furent compensées par la protection de son statut de classe et par son intégration dans le nouvel appareil politique et bureaucratique de l'État absolutiste naissant. Ainsi, sous des apparences modernes d'État centralisé et bureaucratique, l'absolutisme cacherait, pour Anderson, une nature profondément féodale.\n\nAnderson ajoute une distinction importante entre l'absolutisme en Europe de l'Ouest, celui auquel le terme fait généralement référence et dont l'idéal-type est la France de Louis XIV, et l'absolutisme à l'est, qui aboutit non pas à l'abolition du servage mais à son renouvellement. Alors qu'à l'ouest la noblesse avait investi l'appareil d'État en compensation de la disparition du servage, à l'est, les paysans furent écrasés et le servage fut maintenu et raffermi.\n\n", "title": " L'absolutisme comme ré-institution du rapport de classe " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Absolutisme
Vivre sur le front
301
[ { "img": [], "source_text": " À partir de la fin de l’année 1914, le front occidental se stabilise et les armées décident de creuser des tranchées pour se protéger : c’est la guerre de position qui dure jusqu’à l’été 1918. Des batailles comme Verdun (1916), la Somme (1916) ou le Chemin des Dames (1917) font des centaines de milliers de victimes dans chaque camp. Entre les offensives, la vie quotidienne est rythmée par les bombardements ennemis, les attaques meurtrières, la boue, la saleté; mais aussi par l’attente du courrier, des journaux et diverses activités servant à tromper l’ennui et à oublier la menace permanente de la mort.", "title": "" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/7036015/doc1.jpg" ], "source_text": "Hans Larwin, Le Soldat et la Mort, 1917, huile sur toile, 121 x 82 cm, musée d’Histoire militaire, Vienne.", "title": "1 La mort au quotidien" }, { "img": [], "source_text": " Encore aujourd’hui il y a des lambeaux de corps humain dans les barbelés. Devant notre tranchée, il y a peu de temps, il y avait encore une main avec une alliance, à quelques mètres de là il y avait un avant‑bras dont il ne restera finalement que les os. Que la chair humaine semble bonne pour les rats ! C’est affreux. Qui ne connaît pas la terreur l’apprend ici… Par une nuit d’encre c’est parfois réellement terrifiant; mais avec le temps je me suis habitué et je suis devenu aussi indifférent que nos « Landser1 ». La guerre abrutit le cœur et les sentiments; elle rend l’homme indifférent face à tout ce qui, autrefois, le troublait et l’émouvait : cependant cet endurcissement, cette dureté et cette cruauté devant le destin et la mort sont nécessaires dans la rage des combats auxquels conduit la guerre des tranchées.\n\n Lettre de Hugo Müller (soldat allemand tué en octobre 1916) à sa famille, date inconnue.\n1. Soldat aguerri.", "title": "2 Les tranchées vues par un soldat allemand" }, { "img": [], "source_text": " Maurice Genevoix est un des « Poilus » de la Première Guerre mondiale qui, avec Roland Dorgelès ou encore Henri Barbusse, décident de témoigner en écrivant des livres après‑guerre sur leur expérience au front. Ces livres eurent un immense succès populaire en France dans l’Entre‑deux‑guerres, comme ce fut aussi le cas en Allemagne pour les écrits d’Ernst Jünger ou Erich‑Maria Remarque.\nJe demeure accolé à la paroi de la tranchée, une flaque d’eau jaune entre les jambes […]. Lorsqu’on risque un mouvement, notre corps se décolle avec un petit bruit mouillé; lorsqu’un obus siffle plus court, on se serre davantage sur soi‑même et l’on respire plus large après qu’il a éclaté. Nous avons perdu la notion du temps […]. Même lorsqu’un obus tombe dans l’entonnoir et que jaillissent, noirs sur le ciel, des débris humains qu’on est forcé de reconnaître, qui sont un bras, une jambe ou une tête, je reste collé à la gaine de boue grasse et souple que mon corps a longuement modelée.\n Maurice Genevoix, Les Éparges, 1923.\n ", "title": "3 Les tranchées vues par un soldat français" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/7036015/doc4.jpg" ], "source_text": "\nJules Gervais‑Courtellemont, Verdun, octobre 1916, autochrome, collection Roger‑Viollet.", "title": "4 Un pasteur et un aumônier français en 1917" }, { "img": [], "source_text": " La censure, tu le sais, est impitoyable ici et certains pauvres Poilus ont appris à leurs dépens qu’ils ne devaient pas avoir la langue trop longue, ni même recevoir des lettres (qui sont d’ailleurs supprimées) sur lesquelles les parents ont souvent aussi la langue un peu longue. C’est révoltant mais c’est ainsi. Il semblerait qu’une lettre est une chose sacrée, il n’en est rien. Sois donc prudente, ma chérie, et si tu veux que je reçoive toutes tes lettres, ne me parle pas de la guerre. Contente‑toi de me parler de notre grand amour, cela vaut beaucoup plus que tout. Gros bécot,\n Lettre d’Henri Bouvard à sa femme, 2 décembre 1917.\n ", "title": "5 La correspondance des soldats et la censure" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/7036015/doc6.png" ], "source_text": "\nDivers objets fabriqués sur le front à partir de balles et de cartouches.\n", "title": "6 L’artisanat des tranchées" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/7036015/doc7.jpg" ], "source_text": "\nSoldats allemands jouant au football, photographie, front occidental, 1917‑1918.", "title": "7 Pendant l’attente, le jeu et la vie" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/7036015
L’émergence des risques industriels
245
[ { "img": [], "source_text": " Les progrès de l’industrialisation en France au XIXe siècle engendrent l’émergence de nouveaux risques. Ceux-ci concernent aussi bien les travailleurs – bien que le risque professionnel ne soit nommé comme tel qu’à la toute fin du XIXe siècle – que les espaces de production (ateliers, mines, industries). Du fait de l’intégration de nombreux ateliers et usines au cœur des villes, ces nouveaux risques exposent également les populations urbaines. Une partie des contemporains prend rapidement conscience de l’existence de ces nouveaux risques, tandis que leur prise en charge fait intervenir différents acteurs, de l’État aux industriels en passant par les enquêteurs sociaux.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Il s’agit ici d’une des nombreuses enquêtes sociales portant sur les conditions de vie des ouvriers, à la suite des travaux de Louis René Villermé et Frédéric Le Play, pères fondateurs des enquêtes sociologiques.\n\nL’ouvrier employé dans les filatures est assujetti à un travail assez fatiguant qui l’oblige de se tenir debout pendant douze heures par jour; demeurant souvent à plusieurs kilomètres de la fabrique, dans ce dernier cas, obligé de franchir deux fois par jour une distance assez considérable, par toutes les intempéries des saisons, parfois n’ayant qu’une nourriture insuffisante, mal vêtu, exposé à des accidents qui peuvent devenir redoutables, respirant dans certaines salles une atmosphère rendue délétère par des poussières, quelquefois mal logé, privé de lumière et de soleil, commettant souvent des excès qui épuisent sa constitution, l’ouvrier fileur, disons-nous, est soumis à l’influence d’une foule de causes de maladies, et l’on comprend que la mortalité des ouvriers employés dans les filatures soit si considérable, comme le prouvent les recherches de M. Villermé [Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, 1840]. […] Celui qui pénètre pour la première fois dans les salles d’une filature éprouve une sensation assez pénible à la vue de ces enfants et de ces adultes, debout pendant presque toute la journée, constamment en mouvement, obligés de prêter une attention continuelle à leurs métiers; ajoutez à cela la température fort élevée des salles, les émanations huileuses, les poussières qui existent dans l’air, le bourdonnement des machines à vapeur, le cliquetis des brochettes, la trépidation du plancher, et vous serez un instant comme étourdi et pris de vertige.\n\n S. Picard, De l’hygiène des ouvriers employés dans les filatures, 1863.", "title": "1 Les risques quotidiens du travail industriel : le cas des ouvriers des filatures" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6683261/HIS.1re.4.DOS1.incendie_Motte_Bossut.jpg" ], "source_text": " Cette usine de filature, située à Roubaix en plein centre‑ville, est surnommée « l’atelier‑monstre » en raison de sa hauteur (5 étages, 25 mètres de haut) et de ses nombreuses broches des machines à tisser. Frappée à plusieurs reprises par des départs d’incendie, celui représenté ci-contre se déclare le 8 décembre 1866 au 3e étage, suite à une opération de nettoyage d’une machine, détruisant totalement le bâtiment principal et quelques bâtiments adjacents.\n\nAnonyme, L’Incendie de la Motte‑Bossut, 1866, gravure, médiathèque, Roubaix.", "title": "2 L’incendie, risque industriel omniprésent" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6683261/HIS.1re.4.DOS1.usine_siderurgique.jpg" ], "source_text": "François Bonhommé, Forgeage au marteau‑pilon dans les ateliers d’Indret de l’arbre coudé d’une frégate à hélice de 600 chevaux, v. 1865, huile sur toile, 125 x 220 cm, Écomusée, Creusot.", "title": "3 Le travail de forgeage dans une usinesidérurgique" }, { "img": [], "source_text": " À peine le gaz est‑il au contact de la flamme d’une lampe, qu’une détonation épouvantable a lieu. C’est l’effet de la combinaison de chacun des éléments du grisou, l’hydrogène et le carbone, avec l’oxygène de l’air. […] La réaction se fait comme par un coup de tonnerre. L’explosion se propage instantanément dans toutes les galeries de la mine, elle renverse les chariots, les barrages, remonte jusque dans les puits, et soulève sur leurs fondations les charpentes qui en couronnent l’orifice. Les hommes sont aveuglés, jetés par terre, calcinés. Souvent leurs habits prennent feu. Quand on essaye de voler à leur secours, il n’est plus temps : ce ne sont plus que des cadavres à peine reconnaissables. […] Le fléau ne respecte personne; la mort s’étend sur toute la partie de la mine où régnait le gaz, où l’explosion a eu lieu.\n \n\n Louis-Laurent Simonin, La Vie souterraine, 1867.", "title": "4 Le « coup de grisou », terreur des mineurs" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6683261/HIS.1re.4.DOS1.explosion_de_poudre.jpg" ], "source_text": " L’explosion est due à une mauvaise manipulation d’un explosif. Entendue à un kilomètre à la ronde, elle a soufflé le magasin, brisé des milliers de vitres, engendré un incendie et produit d’épaisses fumées toxiques. Quatre personnes sont tuées sur le coup, deux décèdent des suites de leurs blessures, tandis que les blessés se comptent par dizaines.\n\nExplosion dans le magasin de M. Fontaine, place de la Sorbonne à Paris, Le Monde illustré, 27 mars1869.", "title": "5 Explosion de poudre dans un magasinde produits chimiques" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6683261
La « révolution » néolithique
37
[ { "img": [], "source_text": " À partir de 10 000 avant J.‑C., la pratique de l'agriculture et la domestication des animaux transforment les modes de vie des hommes et des femmes. Cette révolution du Néolithique apparaît simultanément dans plusieurs régions du monde et dure plusieurs millénaires : ce n'est pas un changement immédiat.\n\nUn peu partout sur la planète, des sociétés humaines se sédentarisent : les premiers villages apparaissent. Les échanges entre groupes humains se multiplient.\n\nLes hommes et les femmes interviennent de plus en plus sur leur environnement. Ils modifient les paysages en cultivant des champs, en défrichant des forêts et en construisant des villages.", "title": "A La révolution du Néolithique" }, { "img": [], "source_text": " Les outils en pierre sont plus perfectionnés. Des techniques nouvelles apparaissent, l'artisanat se développe : tissage, céramique.\n\nVers 4 500 ans avant J.‑C., les êtres humains commencent à travailler le métal : d'abord le cuivre, puis le bronze. La métallurgie permet la fabrication d'outils plus efficaces, d'armes plus résistantes et de bijoux précieux.\n\nLe rapport des sociétés humaines au monde évolue : les artistes représentent de plus en plus des figures humaines. Le Néolithique voit naître les premiers grands monuments, comme les mégalithes.", "title": "B De nouvelles pratiques" }, { "img": [], "source_text": " L'agriculture permet de nourrir davantage de personnes : la population mondiale passe d'environ 5 millions en 10 000 avant J.‑C. à environ 150 millions en l'an 1.\n\nLes conflits, qui existaient déjà au Paléolithique, deviennent plus fréquents : le travail investi dans la construction d'une maison et la culture d'un champ justifie qu'on le protège.\n\nPeu à peu, dans les villages, de nouvelles relations sociales se créent. Sous l'autorité des plus habiles, des plus riches ou des plus forts, des sociétés hiérarchisées et inégalitaires apparaissent.", "title": "C La société se transforme" }, { "img": [], "source_text": " L'agriculture : culture des plantes pour produire de la nourriture.\n\nL'artisanat : fabrication et transformation de produits.\n\nLa céramique : fabrication d'objets en terre cuite (poterie).\n\nUn mégalithe : monument de grosses pierres édifié au Néolithique (menhirs, dolmens, alignements de pierres).\n\nLa métallurgie : fabrication d'objets en métal (cuivre, bronze, fer puis alliage).\n\nLe Néolithique : période de 10 000 à 3 300 avant J.‑C. durant laquelle les êtres humains développent l'agriculture et l'élevage, puis deviennent sédentaires.\n\nLa sédentarisation : fait de devenir sédentaire, c'est-à-dire de s'installer quelque part pour y vivre durablement.", "title": "Notions" } ]
lls-histoire-geographie-sixieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/57357683
Absolutisme - L'absolutisme en Europe (1)
3,149
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'absolutisme est un concept lié aux réactions de régimes politiques centraux, généralement monarchiques, visant à l'affranchissement des contrepoids (parlementaires, traditionnels ou constitutionnels) liés aux premières formes de séparation des pouvoirs qui ont suivi les formes consultatives (droit de remontrance et d'enregistrement des lois). Les qualificatifs d'absolutisme apparaissent quand le pouvoir central se dégage des remontrances et oppose des vetos aux contre-pouvoirs. L'absolutisme est lié aux périodes de centralisation politique et militaire caractérisées par la consolidation de la souveraineté territoriale des États, d'importants changements d'ordre militaire, l'affaiblissement du droit coutumier, la diffusion du droit romain, la montée du mercantilisme, ainsi qu'une importance accrue du rôle de la cour et surtout du roi dont la sacralité ne se porte plus simplement sur la fonction mais sur la personne physique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Au XVIIIe siècle, les monarques les plus représentatifs du pouvoir absolu sont Charles III d'Espagne (1716-1788) et Frédéric II de Prusse (1712-1786), ce dernier étant l'exemple le plus fréquemment évoqué de despote éclairé. La maison de Savoie (1032-1946) a également pratiqué cette forme de pouvoir et les résidences des Savoie autour de Turin en sont l'illustration architecturale. L'absolutisme relève davantage de la pratique du pouvoir que d'une doctrine politique.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "En Angleterre, les Stuarts (1603-1714) ont essayé de rogner les droits politiques du Parlement. Jacques Ier tente à plusieurs reprises de gouverner sans convoquer le Parlement qui a en principe un droit de regard sur la levée de nouveaux impôts. Dans ses discours et ses écrits, il rappelle que son pouvoir est de droit divin. Son absolutisme s'exprime également dans le domaine de la religion. Il souhaite imposer l'anglicanisme à tous ses sujets, persécutant les puritains et les catholiques. Son fils Charles Ier continue le projet absolutiste. La guerre civile qui marque la fin de son règne aboutit à la première révolution anglaise : Charles Ier perd le combat et se trouve décapité. Après la parenthèse républicaine d'Olivier Cromwell, la monarchie est restaurée.\n\nC'est pendant la période mouvementée de la fin de la dynastie Stuart que le philosophe Thomas Hobbes se fait le théoricien de l'absolutisme. Il cherche à fonder l'absolutisme sur autre chose que Dieu ou la tradition. Dans son principal ouvrage, le Léviathan, il identifie le pouvoir souverain au pouvoir absolu. Il pense que sans l'instauration d'un pouvoir absolu, la société n'est pas viable. Pour lui, le monarque le plus absolu, n'a pas plus de pouvoir que l'assemblée souveraine élue de manière démocratique. La seule différence est que le roi exerce son pouvoir autrement et dans de meilleures conditions qu'une assemblée. Il est donc plus efficace. Le pouvoir du souverain ne vient pas d'un pacte que celui-ci aurait conclu avec le peuple car ce pacte limiterait immanquablement le pouvoir royal. Il vient pour Hobbes d'un pacte que les particuliers ont conclu entre eux. Chaque homme autorise le roi à gouverner à condition que les autres en fassent autant. Les particuliers s'étant désistés du droit de gouverner, il y a un transfert de compétence vers le souverain sans obligation réciproque. De ce fait, le pouvoir du souverain est absolu et n'a d'autres limites que la puissance même de l'État. Hobbes pense aussi que la finalité du pouvoir justifie l'absolutisme. La fin de toute société civile est la protection et la conservation de tous ses membres. Les citoyens sont donc censés avoir accordé au souverain autant de pouvoir que nécessaire pour assurer cette conservation. Hobbes pense qu'un pouvoir limité serait incapable d'assurer la paix civile. Il va même jusqu'à affirmer que le droit d'agir selon leur conscience doit être enlevé aux individus car l'exercice de ce droit risque d'être une source de dissension incessante. Cependant Hobbes pose une limite à l'absolutisme. Puisque la justification de celui-ci est la préservation de la vie, les citoyens n'ont pas à obéir à un souverain qui leur commande de se tuer. En effet, les hommes ne se sont pas dessaisis du droit à défendre leur vie lorsque celle-ci est en péril.\n\n", "title": " La justification de l'absolutisme en Angleterre " }, { "img": [], "source_text": "En France, une monarchie absolue fut recherchée par le pouvoir royal. Cette recherche impliquait la suppression ou la limitation des autres formes de pouvoir ; celui de l'Église romaine, celui du clergé et de la noblesse ainsi que celui du parlement. Louis XIV a réussi à mettre en place cette forme d'absolutisme, en développant une conception qualifiée par la suite de monarchie absolue de droit divin. Le terme est utilisé dans son sens restrictif à la monarchie française (depuis le XVIIe siècle jusqu'à la chute de l'Ancien Régime) et aux despotismes éclairés du XVIIIe siècle.\n\n", "title": " L'absolutisme en France - La monarchie absolue " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Absolutisme
Première Guerre mondiale - Opérations militaires (6)
772
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En août 1914, les États-Unis, très isolationnistes, restent neutres malgré les liens privilégiés avec des pays de l’Entente, en particulier le Royaume-Uni. Le blocus imposé par la flotte des pays de l’Entente met quasiment fin aux échanges entre les États-Unis et l’Allemagne. Dans le même temps, les liens financiers et commerciaux entre les États-Unis et les pays de l’Entente ne cessent de croître.\n\nLe torpillage du paquebot britannique Lusitania le 7 mai 1915, a tué 128 ressortissants américains et plusieurs belges dont l'épouse du professeur Antoine Depage qui opère à la clinique de l'océan, à La Panne, pour les troupes belges. C'est le torpillage de trop pour l’opinion américaine et internationale qui basculent en faveur de la guerre contre l'Allemagne.\n\nEn 1917, sous la pression des militaires, et notamment de l’amiral Tirpitz, le Kaiser se décide à pratiquer la guerre sous-marine à outrance, c’est-à-dire couler tous les navires se rendant au Royaume-Uni, même les neutres. Les Allemands espèrent ainsi étouffer l’économie britannique et la contraindre à se retirer du conflit. En avril 1917, les sous-marins allemands ont déjà coulé 847 000 tonnes, soit l’équivalent du quart de la flotte commerciale française. Toutefois, l’organisation de convois sous la protection de la marine anglaise et le dragage des mines réussissent à émousser l’arme sous-marine. En fin de compte, au lieu de faire baisser pavillon au Royaume-Uni et de terroriser les neutres, la guerre sous-marine à outrance provoque l’intervention américaine.\n\nDe plus, le Royaume-Uni demande l’aide du Japon. Le croiseur Akashi et huit destroyers sont envoyés à Malte, chiffre qui est porté par la suite à 17 navires, sans compter les navires à commandement mixte. Cette flotte d’escorte et de soutien protège les convois alliés en Méditerranée et permet aux troupes alliées d’être acheminées d’Égypte vers Salonique et Marseille, pour prendre part à la grande offensive de 1918. Le destroyer Matsu a sauvé plus de 3 000 soldats et membres d’équipage du navire de transport Transylvania, torpillé au large des côtes françaises. En tout, le Japon a escorté 788 bateaux en Méditerranée, dont 700 000 hommes de troupe du Commonwealth britannique.\n\nEt la maladresse de la diplomatie allemande achève de provoquer ce revirement : en janvier 1917, le ministre-conseiller Zimmermann n’hésite pas à promettre au Mexique l’alliance de l’Allemagne contre les États-Unis avec, pour salaire de la victoire, le retour des provinces perdues (Texas, Arizona et Nouveau-Mexique). Cette intervention du Kaiser dans les affaires américaines suscite l’indignation. Le Congrès américain décide, le 6 avril 1917, l’entrée en guerre contre les empires centraux. Le président Woodrow Wilson fixe dès janvier 1918 ses objectifs de paix. Plusieurs pays d’Amérique latine s’engagent aussi dans le conflit aux côtés de l’Entente.\n\nLe 13 juin 1917, 177 Américains, dont le général John Pershing, commandant en chef du corps expéditionnaire désigné après la mort subite du général Frederick Funston en début d'année, et le capitaine George Patton, débarquent à Boulogne-sur-Mer en France. Le 28 juin, la 1re division d'infanterie américaine débarque à Saint-Nazaire. Comme le Royaume-Uni, les États-Unis disposent uniquement d’une armée de métier. Ainsi, lorsque la proposition d'entrée en guerre du président Wilson devant le Congrès le 2 avril est acceptée, et que les États-Unis entrent en guerre le 6, le président américain doit compter majoritairement sur la base du volontariat pour constituer la force de 1,2 million d’hommes qui n’arrive en France qu’à partir du mois d’octobre 1917.\n\nLe corps militaire américain établit ses premiers campements en octobre 1917 autour de Nantes, de La Rochelle, puis crée de toutes pièces au milieu de la forêt un gigantesque dépôt militaire et centre de montage et réparation mécanique à Romorantin.\n\nL’uniforme américain des sammies est vert, complété par un casque en forme de cercle tout comme le modèle anglais. C’est une armée qui contribuera grandement à la victoire sur les Empires centraux, puisque lorsque la contre-attaque générale est lancée par le maréchal Foch en 1918, les G.I. ne représentent pas moins de 31 % des forces combattantes alliées. Au total, deux millions de militaires américains seront en Europe au moment de l’armistice.\n\n", "title": " Guerre de position (1915-1917) - Année 1917 - Entrée en guerre des États-Unis " }, { "img": [], "source_text": "Au début de l’année 1917, la Russie ne peut plus soutenir une guerre contre un ennemi mieux équipé et mieux organisé. L’effort que demande la guerre, production industrielle et agricole accrue, engendre pénurie et troubles sociaux. Les désertions se multiplient et les villes connaissent des troubles d’approvisionnement. En mars 1917, une première révolution éclate. Elle porte au pouvoir la bourgeoisie libérale qui entend continuer la guerre alors que les soviets, de plus en plus influents, exigent la paix. La Russie n’est plus une force d’attaque et les Alliés craignent une intensification de l’effort allemand à l’ouest. En novembre, Lénine et Trotski organisent une seconde révolution ; les bolcheviks prennent le pouvoir et, le nouveau régime n'étant pas en situation de continuer la guerre, lancent des pourparlers de paix avec les Empires centraux.\n\nLe ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Arthur Balfour, promet l’établissement d’un État juif en Palestine entre autres pour motiver les Juifs américains à soutenir l’entrée en guerre des États-Unis. La même année, les Britanniques attaquent les Ottomans en Palestine dont ils garderont le contrôle jusqu’en 1947. De nombreux juifs s’y installeront après les épreuves de la Seconde Guerre mondiale.\n\n", "title": " Guerre de position (1915-1917) - Année 1917 - Front Est et Empire ottoman " } ]
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Première Guerre mondiale - Opérations militaires (5)
771
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Au début de l’année 1916, le commandement allemand décide d’user complètement l’armée française en l’obligeant à s’engager à fond. Il choisit d’attaquer Verdun, un pivot du front fortifié, que les Français voudront défendre coûte que coûte.\n\nLe site de Verdun offre la possibilité d’attaquer les lignes françaises de trois côtés. De plus, l’armée allemande bénéficie, contrairement aux Français, de nombreuses voies ferrées qui facilitent les approvisionnements en matériel et en hommes. Enfin, les manœuvres d’approche peuvent se dérouler dans une relative discrétion, à l’abri du manteau forestier. Dans l’esprit du haut commandement allemand, « il ne s’agissait pas essentiellement de prendre Verdun […], mais de fixer les forces françaises, de les attirer sur ce champ de bataille qu’elles défendraient pied à pied […], de saigner à blanc l’armée française grâce à la supériorité en artillerie ». Exsangue, l’armée française serait incapable de mener à bien l’offensive prévue sur la Somme.\n\nLe lundi 21 février, après une courte mais violente préparation d’artillerie, le commandement allemand lance une attaque avec trois corps d’armée. Les deux divisions françaises qui défendent les seize kilomètres de la première ligne sont submergées. Très vite, le commandant de la IIe Armée, Philippe Pétain, organise la riposte. Il met en place une liaison avec Bar-le-Duc, à l’arrière. En 24 heures, 6 000 camions montent vers le front en empruntant cette route devenue la Voie sacrée. L’assaut allemand est repoussé et la brèche colmatée. Mais les attaques vont se renouveler pendant plusieurs mois, sans cesse contenues. Le 6 mars, les Allemands lancent une nouvelle attaque à Mort-Homme. « On les aura ! » écrit Pétain dans le célèbre ordre du jour du 10 avril. Il obtient que ses troupes soient régulièrement renouvelées avant qu’elles ne soient trop éprouvées. C’est le « tourniquet », où toute l’armée française connaît l’enfer de Verdun. Le déclenchement de l’offensive de la Somme en juillet et une nouvelle offensive des Russes sur le front oriental obligent les Allemands à relâcher leur pression sur Verdun. En décembre, Mangin reprend les forts perdus.[réf. nécessaire] Il y a eu plus de 700 000 victimes (blessés inclus) françaises ou allemandes sur ce champ de bataille.\n\nEntre le 1er juillet 1916 et le 18 novembre 1916 a lieu la bataille de la Somme. Les troupes anglaises et françaises attaquent et tentent de percer les lignes de défense fortifiées allemandes au nord de la Somme, sur une ligne nord-sud de 45 km. L’offensive est précédée par une intense préparation d’artillerie. Pendant une semaine, 1,6 million d’obus tombent sur les lignes allemandes. Les Alliés sont persuadés d’avoir liquidé toute résistance du côté ennemi. L’offensive de la Somme, au départ offensive de rupture, se transforme progressivement en une guerre d’usure. La plupart des soldats anglais sont des engagés volontaires qui n’ont aucune expérience du feu. Dès les premières minutes, ils succombent en grand nombre dans les barbelés qui séparent les ennemis. Les soldats des deux bords ont l’impression de vivre en enfer. Les débauches d’artillerie empêchent toute percée d’aboutir. Les soldats combattent souvent pour quelques mètres et n’arrivent pas à percer les tranchées ennemies protégées par un tir nourri d’artillerie et des lignes de barbelés. Le bilan de la bataille de la Somme est très lourd. 650 000 alliés, principalement des Britanniques, mais aussi des Français, Australiens et Néo-Zélandais, ainsi que 580 000 hommes du côté allemand sont hors de combat, tués, blessés ou disparus. Les troupes alliées n’avancent que de 13 km sur un front de 35 km de long.\n\n", "title": " Guerre de position (1915-1917) - Année 1916 " }, { "img": [], "source_text": "1917 connaît une crise qui affecte tous les secteurs. Malgré les échecs des batailles de Verdun et de la Somme, le général Nivelle élabore un nouveau plan d’attaque frontale, qui doit être le dernier. Il choisit un secteur situé entre Reims et Soissons : le Chemin des Dames, qu’il estime mal défendu. Pendant six semaines, de début avril à la mi-mai, des assauts successifs tentent de conquérir ce site. Pendant le premier assaut, 40 000 Français tombent sous le feu infranchissable des mitrailleuses allemandes.\n\nL’attaque n’avait rien d’une surprise. Les Allemands avaient appris par des prisonniers la prochaine offensive contre leurs lignes et avaient grandement amélioré leurs positions en plaçant davantage de mitrailleuses, en construisant des souterrains de protection et des abris souterrains à 10 ou 15 m de profondeur. En tout, 270 000 soldats français périssent.\n\nL’échec de l’offensive du Chemin des Dames a pour conséquence immédiate les mutineries qui s'élèvent contre les conditions de combat et non contre le fait de combattre en lui-même. Parmi les 40 000 mutins, il n’y a pas de désertion, ni de fraternisation avec l’ennemi. Ils restent dans leur cantonnement et refusent de monter en ligne. Ils insultent les officiers qu’ils jugent incompétents.\n\nLes mutins sont punis par Pétain, devenu le général en chef des armées françaises à la place de Nivelle. Il y a 629 condamnations à mort et finalement, en comptant les cas de mutilation volontaire, 75 exécutions, dont 27 pour actes de mutinerie. Pétain tente de mettre fin au mécontentement des soldats en améliorant leur vie quotidienne par le repos, la nourriture et le rythme des permissions.\n\nLe commandement français n’ose plus lancer les hommes à l’attaque, tant qu’il ne dispose pas d’une supériorité absolue en matériel grâce aux Américains et aux chars de combat. Pourtant, impatient de remporter un succès qui lui soit propre, l’état-major anglais lance une offensive à Passchendaele, dans les Flandres, à l’automne 1917. Il réussit seulement à mener à une mort inutile plusieurs centaines de milliers de Britanniques et d’Allemands.\n\nEn mars 1917, l’état-major impérial allemand prend la décision stratégique de reculer le front plus au nord, sur la « ligne Hindenburg », et fait évacuer toutes ses armées des positions occupées depuis 1914 dans le secteur de l’Aisne. Les Allemands dynamitent systématiquement les édifices emblématiques des villes et villages auparavant occupés. Ainsi disparaissent notamment les forteresses de Ham (Somme), située non loin de là, et de Coucy (27 mars 1917). Ce recul permet de raccourcir le front et d’économiser les forces nécessaires à sa défense. Ces opérations impliquent également le déplacement en masse des populations civiles des territoires occupés. Les seules offensives alliées victorieuses de 1917 ont lieu autour d’Arras et d’Ypres en avril et juin 1917, lorsque les troupes britanniques et du Commonwealth prennent quelques villages aux Allemands. La prise de Vimy par les Canadiens le 9 avril 1917 est devenu un symbole de la force du Canada et de la capacité des Canadiens de gagner un objectif, sans l’aide des Britanniques. Cette bataille fait 3 598 tués et 7 004 blessés parmi les soldats canadiens.\n\nAu sud, les forces italiennes et autrichiennes s’affrontent sans résultat depuis deux ans et demi sur le front de l'Isonzo au nord-ouest de Trieste, avec un léger avantage pour l'armée italienne qui, en 1916, avait conquis la ville de Gorizia lors d'une contre-offensive. Les Italiens avaient pénétré aussi de quelques kilomètres dans le Tyrol, mais sans résultats majeurs. Cet équilibre est rompu à l'automne 1917 lorsque les Allemands décident de soutenir leurs alliés autrichiens sur le front italien et envoient 7 divisions. Le 14 octobre 1917, lors de la bataille de Caporetto, les soldats italiens reculent devant l'offensive austro-allemande.\n\nPlus de 600 000 soldats italiens, fatigués et démoralisés, désertent ou se rendent. L’Italie vit sous la menace d’une défaite militaire totale. Mais le 7 novembre, les Italiens parviennent à arrêter l'avancée des austro-allemands sur la ligne du Piave, à environ 110 kilomètres du front de l'Isonzo. La défaite italienne de Caporetto incite la France et le Royaume-Uni à envoyer des renforts et à mettre en place le Conseil suprême de guerre pour coordonner les efforts de guerre des Alliés.\n\n", "title": " Guerre de position (1915-1917) - Année 1917 - Front ouest " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Première_Guerre_mondiale
Première Guerre mondiale - Opérations militaires (4)
770
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Depuis août 1914, les Français épaulés par des troupes coloniales belges venues du Congo combattent les Allemands et finissent par les battre au Togo, faisant entrer ce pays d'Afrique occidentale dans le giron français dès 1915. En Afrique orientale allemande, les Anglais et les Belges combattent les troupes coloniales du colonel von Lettow Vorbeck.\n\nMais, en Europe, la guerre entre dans une phase nouvelle provoquée par l'évolution technique. L'année 1915 commence, le 19 janvier 1915, par une première dans l'histoire militaire, le bombardement aérien de civils par un Zeppelin au Royaume-Uni, ainsi que le 21 mars, quand ce même dirigeable bombarde Paris. Pendant toute la guerre, les dirigeables vont terroriser les citadins français et anglais. En février 1915, les premiers avions armés d’une mitrailleuse, les Vickers F.B.5, équipent une escadrille de chasse britannique du Royal Flying Corps. Le gouvernement allemand proclame « zone de guerre » les eaux territoriales britanniques et c’est le début, pour la première fois dans l'histoire, de la guerre sous-marine. En riposte, le 1er mars, les Alliés étendent leur blocus à la totalité des marchandises allemandes tandis qu'une flotte britannique sort victorieuse d'un combat avec une escadre allemande près du Dogger Bank, en mer du Nord.\n\nLa guerre se prolonge et devient une guerre d’usure qui met à l’épreuve tant les forces morales que matérielles des combattants. Les états-majors veulent « saigner à blanc » les armées adverses. Les Russes lancent une attaque dans les Carpates, mais doivent faire face à une grande offensive des puissances centrales, les Turcs étant également passés à l’attaque au Caucase pour prendre les armées russes à revers. Pour tenter de soulager la pression sur les Russes en attirant le maximum de troupes allemandes vers l'ouest, Français et Britanniques lancent assaut sur assaut en Artois, puis en Champagne, le 16 février. Le 20 février 1915, Reims est bombardée par les Allemands. La tentative de percée française est un échec et la bataille de Champagne se termine le 20 mars 1915.\n\nCes offensives de 1915 ont réussi à bousculer quelque peu les dispositifs allemands, mais c'est au prix de pertes alliées effroyables. Le haut-commandement allié doit constater l’insuffisance des moyens d’attaque, particulièrement en artillerie lourde, domaine dans lequel l’Allemagne possède une supériorité incontestable depuis le début de la guerre.\n\nLe 22 avril, les gaz asphyxiants, nouvelle arme de guerre sont utilisés par les Allemands à Steenstraate et à Ypres contre les Belges et les Anglais. L’effet est immédiat et foudroyant et provoque des milliers de morts et blessés lourds et graves. Mais jamais les Allemands ni les Alliés, qui l’essaient à leur tour, ne procèdent à une utilisation systématique. Contrôlant mal le mouvement des vents, les uns et les autres craignent que les nappes ne se retournent. Or, les soldats alliés ne sont pas équipés pour occuper les zones infectées, ne permettant d'obtenir que des succès locaux.\n\nLe 26 avril, le pacte de Londres entre les membres de l’Entente est signé et l’Italie s’engage à entrer en guerre contre les Empires centraux dans un délai d’un mois. Les Alliés acceptent les revendications du 9 mars. Au bout d'une vive campagne des « interventionnistes » pour l'entrée en guerre de l'Italie, lancée en particulier par le discours du 5 mai 1915 de Gabriele D'Annunzio, Rome entre en guerre le 23 mai. La décision a été prise par trois hommes : le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, le président du Conseil, Antonio Salandra et le ministre des Affaires étrangères, Sidney Sonnino. Cette entrée en guerre de l'Italie aux côtés des Alliés a une grande importance stratégique, car elle coupe une voie d'approvisionnement des Empires centraux et permet l'ouverture d'un nouveau front.\n\nPour la première fois de la guerre, les pays en guerre vont mobiliser toutes leurs ressources : humaines, économiques et financières, dans la conduite d’un conflit total.\n\nL’organisation en armées, corps d'armée, divisions, brigades, régiments, bataillons, compagnies, sections et escouades est relativement similaire dans les deux camps. La dotation et la répartition en matériel et en armes sont pratiquement identiques. Toutefois, la France a privilégié l’offensive et possède une artillerie plus légère fondée, notamment, sur le canon de 75, afin de favoriser les mouvements. L’Allemagne possède une artillerie plus lourde et à plus longue portée, favorisée notamment par ses capacités de production et capable de mener des combats plus défensifs. Ces choix ont une importance non négligeable au début de la guerre et la différence n’est comblée qu’au début de 1916.\n\nLe 11 mars, puis le 10 avril, les gouvernements britannique et français donnent leur accord sur le principe d’une annexion de Constantinople par la Russie. Deux semaines plus tard, le 24 avril 1915, plus de 600 intellectuels arméniens de Constantinople sont arrêtés et déportés par les Jeunes-Turcs, date symboliquement considérée comme marquant le début du génocide arménien.\n\n", "title": " Guerre de position (1915-1917) - Année 1915 - Front Ouest et front africain " }, { "img": [], "source_text": "Lawrence d’Arabie fomente pour le compte des Britanniques le soulèvement des tribus arabes pour gêner les Turcs. Avec l’aide bulgare, les Austro-allemands réussissent à occuper toute la Serbie en 1915, contraignant l’armée royale serbe à traverser le pays pour trouver refuge à Corfou.\n\nAu lieu de se heurter au gros des troupes ennemies, là où elles étaient bien organisées, installées dans un réseau savant de tranchées, l’état-major des Alliés décide de porter ses coups sur des points de défense plus vulnérables, ceux de l'allié turc de l'Allemagne. Le 25 avril 1915, un corps expéditionnaire allié débarque aux Dardanelles. Le contrôle des détroits permettrait à la France et au Royaume-Uni de ravitailler la Russie et d’encercler les Empires centraux. Cette idée, défendue notamment par le chef de l’Amirauté britannique, Winston Churchill, débouche sur un débarquement à Gallipoli de troupes essentiellement constituées d'Australiens et de Néo-Zélandais. Malgré le courage des soldats de l’ANZAC, les Alliés ne parviennent pas à pénétrer par surprise dans l’Empire ottoman et échouent dans leurs offensives successives. L’entreprise coûte 145 000 hommes aux Alliés et elle est un échec total. Les rescapés sont débarqués à Salonique, au mépris de la neutralité grecque, pour aider les Serbes menacés par les puissances centrales. Le corps expéditionnaire constitue l’Armée française d'Orient qui soutient ensuite les Serbes et participe à l’effondrement de l’Empire austro-hongrois en 1918.\n\nAprès la stabilisation des fronts, les Allemands reprennent l’initiative sur le front russe. Le 7 février 1915, les Allemands lancent une offensive au sud-est des lacs de Mazurie, dirigée par Hindenburg. Les Russes sont encerclés et se replient sur le Niémen. Les Allemands remportent des succès spectaculaires, occupant toute la Pologne, la Lituanie et une partie de la Lettonie. Faute de munitions et d’artillerie lourde, les Russes n’ont pu tenir tête ; ils perdent près de 2 000 000 hommes, une catastrophe qui, à long terme, ébranle le régime tsariste. Il n’en paraît pourtant rien, puisque les Russes se replient en bon ordre sur des positions retranchées.\n\n", "title": " Guerre de position (1915-1917) - Année 1915 - Guerre à l'est " } ]
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Louis-Philippe Ier - Roi des Français (2)
1,601
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis-Philippe Ier, ou simplement Louis-Philippe, né le 6 octobre 1773 à Paris (France) et mort le 26 août 1850 à Claremont (Royaume-Uni), est le dernier roi à avoir régné en France, entre 1830 et 1848, avec le titre de « roi des Français ». Bien moins traditionaliste que ses prédécesseurs, il incarna un tournant majeur dans la conception et l'image de la royauté en France.\n\nPremier prince du sang sous la Restauration (car descendant de Louis XIII), le prince Louis-Philippe a, au cours de sa vie, porté successivement les titres de duc de Valois (1773-1785), duc de Chartres (1785-1790) et enfin celui de duc d’Orléans (1793-1830) avant d’accéder à la couronne en 1830, son cousin Charles X ayant été renversé par les « Trois Glorieuses », des 27, 28 et 29 juillet 1830.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Sous les ricanements des légitimistes, le « roi-citoyen » distribue force poignées de main à la foule ; devant le Palais-Royal, ce sont en permanence des attroupements qui réclament à tout bout de champ Louis-Philippe pour lui faire chanter La Marseillaise ou La Parisienne. Mais, comme l'a bien compris le chansonnier Béranger, le roi joue un rôle de composition et ne tarde pas à jeter le masque.\n\nLes révolutionnaires se retrouvent au sein de clubs populaires, se réclamant des clubs de la révolution de 1789, dont plusieurs prolongent des sociétés secrètes républicaines. On y réclame des réformes politiques ou sociales, et l'on y demande la condamnation à mort des quatre ministres de Charles X qui ont été arrêtés alors qu'ils cherchaient à quitter la France (voir l'article Procès des ministres de Charles X). Les grèves, les manifestations se multiplient et aggravent le marasme économique.\n\nPour relancer l'activité, le gouvernement fait voter, à l'automne 1830, un crédit de 5 millions pour financer des travaux publics, prioritairement des routes. Puis, face à la multiplication des faillites et à la montée du chômage, surtout à Paris, le gouvernement propose d'accorder une garantie de l'État aux prêts aux entreprises en difficulté dans une enveloppe de 60 millions ; en définitive, la Chambre vote au début octobre un crédit de 30 millions destiné à des subventions.\n\nLe 27 août, la monarchie de Juillet doit affronter son premier scandale avec la mort du dernier prince de Condé, retrouvé pendu à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre au château de Saint-Leu. Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie sont accusés sans preuve par les légitimistes de l'avoir fait assassiner pour permettre à leur fils, le duc d'Aumale, institué son légataire universel, de mettre la main sur son immense fortune.\n\nLes partisans de « Henri V », qui contestent la légitimité de l'accession au trône de Louis-Philippe, font partie des légitimistes qu'on désigne comme les henriquinquistes. En effet, les « vrais » légitimistes considèrent que Charles X est toujours roi et que son abdication est nulle, Louis-Philippe étant considéré comme un usurpateur. Sa légitimité est non seulement remise en cause par le comte de Chambord, mais aussi par les Républicains. Louis-Philippe gouverne donc au centre regroupant la tendance royaliste (orléaniste) et libérale.\n\nLe 29 août, Louis-Philippe passe en revue la Garde nationale de Paris qui l'acclame. « Cela vaut mieux pour moi que le sacre de Reims ! », s'écrie-t-il en embrassant La Fayette. Le 11 octobre, le nouveau régime décide que des récompenses seront accordées à tous les blessés des « Trois Glorieuses » et crée une médaille commémorative pour les combattants de la révolution de Juillet. En octobre, le gouvernement présente un projet de loi destiné à indemniser à concurrence de 7 millions les victimes des journées de Juillet.\n\nLe 13 août, le roi a décidé que les armes de la maison d'Orléans (de France au lambel d'argent) orneront désormais le sceau de l'État. Les ministres perdent les appellations de Monseigneur et la qualification d’Excellence pour devenir Monsieur le ministre. Le fils aîné du roi est titré duc d'Orléans et prince royal ; les filles et la sœur du roi sont princesses d'Orléans.\n\nSont adoptées et promulguées des lois revenant sur des mesures impopulaires prises sous la Restauration. La loi d'amnistie de 1816, qui avait condamné à la proscription les anciens régicides, est abrogée, à l'exception de son article 4, qui condamne au bannissement les membres de la famille Bonaparte. L'église Sainte-Geneviève est de nouveau retirée au culte catholique le 15 août et retrouve, sous le nom de Panthéon, sa vocation de temple laïc dédié aux gloires de la France. Une série de restrictions budgétaires frappent l’Église catholique, cependant qu'est abrogée, le 11 octobre, la « loi sur le sacrilège » de 1825, qui punissait de mort les profanateurs d'hosties consacrées.\n\n", "title": " Installation du nouveau régime " }, { "img": [], "source_text": "« Si le chef doit être M. Laffitte, confie Louis-Philippe au duc de Broglie, j'y consens pourvu qu'il soit lui-même chargé de choisir ses collègues, et je préviens d'avance que, ne partageant pas son opinion, je ne saurais lui promettre de lui prêter secours ». On ne saurait être plus clair ; pourtant, la formation du cabinet donne lieu à de longues tractations et Laffitte, trompé par les marques d'amitié que lui prodigue le roi, croit que ce dernier lui accorde une véritable confiance.\n\nLe procès des ex-ministres de Charles X se déroule du 15 au 21 décembre devant la Chambre des pairs, cernée par l'émeute qui réclame leur mort. Condamnés à la détention perpétuelle, assortie de la mort civile pour Polignac, les ministres échappent au lynchage grâce à la présence d'esprit du ministre de l'Intérieur, Montalivet, qui parvient à les mettre en sécurité au fort de Vincennes. La Garde nationale maintient le calme dans Paris, affirmant son rôle essentiel de milice bourgeoise du nouveau régime.\n\nLe 15 décembre, la présentation de la liste civile du roi – qui atteint le montant colossal de 18 millions de francs – provoque un tollé tel qu’elle doit être retirée .\n\nLes émeutes qui ont lieu à Paris les 14 et 15 février 1831 vont provoquer la chute du ministère. Elles trouvent leur origine dans la célébration, le 14, d'un service funèbre organisé à Saint-Germain-l'Auxerrois par les légitimistes en mémoire du duc de Berry. La cérémonie religieuse prend en réalité un tour nettement plus politique, celui d'une manifestation en faveur du « comte de Chambord ». Les révolutionnaires y voient une provocation intolérable, envahissent l'église et la mettent à sac. Le lendemain, la foule saccage une nouvelle fois l'archevêché, déjà dévasté lors des « Trois Glorieuses », avant de piller plusieurs églises. Le mouvement s'étend à la province où des séminaires et des palais épiscopaux sont pillés dans plusieurs villes.Le gouvernement s'abstient de réagir énergiquement. Le préfet de la Seine, Odilon Barrot, le préfet de police, Jean-Jacques Baude, le commandant de la Garde nationale de Paris, le général Mouton, restent passifs. Et quand le gouvernement prend enfin des mesures, c'est pour faire arrêter l'archevêque de Paris, Hyacinthe-Louis de Quélen, le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, et d'autres prêtres accusés, avec quelques notables royalistes, de s'être livrés à des provocations[réf. nécessaire].\n\nPour calmer les esprits, Laffitte, appuyé par le prince royal, propose au roi une étrange parade : supprimer les fleurs de lys sur le sceau de l'État. Louis-Philippe tente de se dérober, mais il finit par signer l'ordonnance du 16 février 1831 qui substitue aux armes de la maison d'Orléans un écu portant un livre ouvert avec les mots Charte de 1830. Il faut ensuite faire gratter les fleurs de lys sur les carrosses du roi, sur les bâtiments officiels, etc. Louis-Philippe s'est fait violence, mais pour Laffitte, c'est une victoire à la Pyrrhus : de ce jour, le roi est résolu à se débarrasser de lui sans plus attendre.\n\n", "title": " Ministère Laffitte " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Philippe_Ier
Marie Curie - Biographie (2)
2,339
[ { "img": [], "source_text": "\n\nMarie Skłodowska-Curie, ou simplement Marie Curie, née Maria Salomea Skłodowska (prononcé [ˈmarja salɔˈmɛa skwɔˈdɔfska] ) le 7 novembre 1867 à Varsovie (royaume de Pologne, sous domination russe) et morte le 4 juillet 1934 à Passy, dans le sanatorium de Sancellemoz (Haute-Savoie), est une physicienne et chimiste polonaise, naturalisée française par son mariage avec le physicien Pierre Curie en 1895.\n\nEn 1903, Marie et Pierre Curie (1859-1906) partagent avec Henri Becquerel le prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les radiations (radioactivité, rayonnement corpusculaire naturel). En 1911, elle obtient le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La découverte des rayons X par Wilhelm Röntgen en 1895 éveille un grand intérêt dans la communauté scientifique et donne lieu à de nombreuses activités de recherche. En revanche, les rayons de Becquerel, découverts par Henri Becquerel, n'ont pas encore fait naître un tel enthousiasme. Marie Curie, qui cherche alors un sujet de thèse de doctorat, choisit de se consacrer à l'étude de ces rayonnements. Elle commence en 1897 ses travaux de thèse sur l'étude des rayonnements produits par l'uranium, à ce moment-là encore appelés rayons uraniques car on les croit spécifiques à cet élément jusqu'à ce qu'elle découvre la radioactivité du thorium, peu après Gerhard Carl Schmidt.\n\nElle s'attache à quantifier les capacités ionisantes des sels d'uranium, dans un atelier rudimentaire, mis à sa disposition par le directeur de l'École municipale de physique et de chimie industrielles. En décembre, elle élabore un protocole d'expérience, utilisant comme banc de mesure l'électromètre piézoélectrique élaboré par son mari Pierre Curie et son beau-frère Jacques Curie, instrumentation qui permet de mesurer avec une grande précision l'effet des rayonnements sur l'ionisation de l'air. De cette façon, Marie Curie examine de nombreux métaux, sels et minéraux contenant de l'uranium, qui lui sont fournis par Henri Moissan, Alexandre Léon Étard, Antoine Lacroix et Eugène Anatole Demarçay.\n\nElle montre ainsi que la pechblende et la chalcolite sont respectivement quatre et deux fois plus actives que l'uranium. L'activité mesurée s'avère également indépendante de l'état des matériaux étudiés, mais dépend de la proportion d'uranium qu'ils contiennent. L'analyse d'un échantillon de chalcolite artificielle permet de confirmer ces découvertes et Marie Curie en déduit que les « rayons de Becquerel » sont une propriété de l'atome et non une propriété chimique. Ses résultats sont présentés le 12 avril 1898 par Gabriel Lippmann à l'Académie des sciences.\n\nMarie Curie obtient en 1898 le prix Gegner, de l'Académie des sciences, d'un montant de 4 000 francs, pour ses travaux sur les propriétés magnétiques des métaux. Elle obtiendra à nouveau ce prix à deux reprises, en 1900 et en 1902.\n\nEn 1898, Pierre laisse de côté ses travaux sur la piézoélectricité pour rejoindre son épouse sur son étude de la radioactivité. Leur but est d'isoler des roches radioactives les éléments à l’origine du rayonnement inconnu. Grâce à un financement inespéré, ils font venir de Joachimsthal, en Bohême, quelques tonnes de pechblende dans leur laboratoire de Paris. Le raffinage du minerai, procédé dangereux, exigeant la plus grande précision, est réalisé dans un hangar qui se trouve à côté de l’atelier, séparé uniquement par une cour. Ils découvrent effectivement deux nouveaux éléments. Le 18 juillet 1898, Marie Curie annonce la découverte d'un nouvel élément, le polonium, présent dans la substance raffinée, issue de la pechblende, qui est quatre cents fois plus radioactive que l'uranium. L'élément est nommé ainsi par l'Académie des sciences en référence à son pays d’origine, la Pologne.\n\nLe 26 décembre 1898, avec Gustave Bémont qui les a rejoints, elle annonce la découverte du radium ; il aura fallu traiter plusieurs tonnes de pechblende pour obtenir moins d’un gramme de chlorure encore impur de cet élément (mêlé à du baryum). Ces extractions, faites à partir de tonnes de minerai, sont effectuées dans des conditions difficiles, dans des locaux dépourvus de tout chauffage ou confort. Le chimiste allemand Wilhelm Ostwald, visitant le lieu de travail de Pierre et Marie Curie, déclare : « Ce laboratoire tenait à la fois de l’étable et du hangar à pommes de terre. Si je n’y avais pas vu des appareils de chimie, j’aurais cru que l’on se moquait de moi ».\n\nLe 26 octobre 1900, elle est nommée chargée des conférences de physique de 1re et 2e années à l’École normale supérieure d'enseignement secondaire des jeunes filles (Sèvres).\n\nEn juillet 1902, elle obtient un décigramme de chlorure de radium, qui lui permet d'identifier la position de cet élément dans le tableau de Mendeleïev. Elle soutient sa thèse de doctorat en sciences physiques, intitulée Recherches sur les substances radioactives, le 25 juin 1903, devant la faculté des sciences de l'université de Paris ; elle obtient la mention « très honorable ».\n\nLe 10 décembre 1903, Marie Curie reçoit avec son mari Pierre Curie et Henri Becquerel, le prix Nobel de physique « en reconnaissance de leurs services rendus, par leur recherche commune sur le phénomène des radiations découvert par le professeur Henri Becquerel ». Pour des raisons de santé, Pierre et Marie Curie devront attendre près d'un an avant de pouvoir se déplacer à Stockholm et d'y chercher le prix.\n\nMarie Curie est la première femme à recevoir un prix Nobel et les archives du comité Nobel montrent que la proposition transmise par l'Académie des sciences française ne contenait que les noms d'Henri Becquerel et de Pierre Curie : il aura fallu l'intervention de celui-ci, à la suite de l'indiscrétion d'un académicien suédois, pour que le nom de Marie soit ajouté.\n\nLe couple devient célèbre et ces découvertes suscitent un engouement tant scientifique que public. La danseuse Loïe Fuller leur demande de l'aider à faire un costume phosphorescent au radium, ce qu'ils refusent, en lui en expliquant les raisons[réf. nécessaire]. La danseuse, qui deviendra leur amie, leur offre un spectacle à domicile, avant de lancer un nouveau spectacle sur le thème du radium.\n\nÉgalement en 1903, Marie Curie est la première femme lauréate de la médaille Davy. L’année suivante, elle reçoit la médaille Matteucci et donne naissance le 6 décembre à sa deuxième fille, Ève.\n\n", "title": " Thèse de doctorat et découverte du radium " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Curie
Agents pathogènes et maladies infectieuses
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[ { "img": [], "source_text": " Un agent pathogène peut provoquer une maladie chez un hôte. Il peut s’agir de virus (VIH), bactéries (choléra) ou eucaryotes (Plasmodium).\n\nLors de la contamination, l’agent pathogène se développe aux dépens de l’organisme hôte qui devient alors son milieu biologique. Le préjudice porté à l’hôte se manifeste sous la forme de symptômes, typiques de la maladie.", "title": "1 Agents pathogènes et maladies associées [activité 1]" }, { "img": [], "source_text": " La propagation de la maladie se fait par changement d’hôte. Selon le type d’agent pathogène, on distingue :\n- la transmission directe : elle se fait directement d’un organisme à l’autre, sans intermédiaire (ex. : VIH, à l’origine du SIDA). Cette transmission se fait entre individus en contact direct, ou bien passe par le milieu (air, eau); \n- la transmission vectorielle : elle se fait par l’intermédiaire d’un ou plusieurs organismes d’une autre espèce, nommés vecteurs, qui assurent la multiplication ou la maturation de l’agent pathogène (par exemple, Plasmodium à l’origine du paludisme).\n\nLe cycle de vie des agents pathogènes peut ainsi inclure un ou plusieurs hôtes.\n\nLe changement climatique peut étendre la zone à risque de certaines maladies. Par exemple, le territoire du moustique anophèle, vecteur du paludisme, s’étend à de nouvelles zones plus chaudes.", "title": "2 Différents modes de transmission [activité 2 et 3]" }, { "img": [], "source_text": " On parle d’endémie lorsqu’une maladie se répand dans la population d’une zone géographique donnée. Lorsque la propagation de la maladie se fait à un grand nombre de personnes, c’est une épidémie.\n\nAfin de lutter contre les épidémies et limiter la propagation des maladies, des stratégies de lutte, individuelles (mesures d’hygiène comme le lavage des mains) ou collectives (campagnes de vaccination), peuvent être mises en place.\n\nUn traitement prophylactique vise à prévenir l’apparition d’une maladie, tandis qu’un traitement curatif permet de guérir d’une maladie contractée.\n\nCertains agents pathogènes peuvent être présents chez des organismes sans provoquer de maladie. L’hôte est alors un porteur sain. Ces porteurs sains peuvent constituer un réservoir pour le pathogène.", "title": "3 La lutte contre les épidémies [activité 4]" }, { "img": [], "source_text": " Agent pathogène : facteur responsable d’une maladie.\n\nCycle de vie : succession d’étapes composant la vie complète d’un organisme.\n\nÉpidémie : propagation rapide d’une maladie dans une région donnée.\n\nHôte : organisme au sein duquel vit un autre organisme.\n\nPorteur sain : individu porteur d’un pathogène, mais qui ne présente aucun symptôme de maladie.\n\nProphylaxie : ensemble de mesures destinées à prévenir l’apparition d’une maladie.\n\nRéservoir (à pathogène) : milieu (vivant ou non) qui assure le maintien et le développement de l’agent pathogène ainsi que sa circulation et sa diffusion aux espèces hôtes. Chaque agent pathogène possède son réservoir propre (exemple : air ambiant, espèce animale intermédiaire, etc.\n\n) Vaccination : injection d'un pathogène inactivé ou vivant attenué afin de stimuler le système immunitaire.\n\nVecteur : organisme susceptible de transmettre un pathogène d’un hôte à un autre.", "title": "Mots-clés " }, { "img": [], "source_text": " La contamination par les pathogènes les plus courants se fait souvent par l’intermédiaire des mains. Ainsi, en période d’épidémie (de rhume, de grippe, de gastroentérite...), il est recommandé de se laver les mains souvent, afin d’éliminer les agents pathogènes présents dessus !", "title": "Au quotidien" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/6447136
Économie de la république populaire de Chine - Structure du PIB (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Chine est le deuxième pays du monde par son produit intérieur brut (PIB) nominal, derrière les États-Unis. En 2014, elle est devenue, selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le premier pays au monde pour le PIB à parité de pouvoir d'achat (PPA), passant devant les États-Unis. En 2017, le produit intérieur brut (PIB) en PPA chinois s'est élevé à environ 23 120 milliards de US$ contre 19 360 milliards de US$ approximativement pour les États-Unis, ce qui confirme bien le dépassement chinois à long terme.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le graphique ci-contre montre la montée de la part de l'investissement aux dépens de la consommation depuis la fin des années 1990 ; cependant, cette tendance commence à s'inverser ; quant au solde exportateur, après un gonflement passager au milieu des années 2000, sa contribution au PIB est redevenu relativement modeste : en effet, les exportations sont en grande partie constituées de produits assemblés à partir de composants importés, et la valeur ajoutée chinoise est faible par rapport à la valeur du produit fini ; en 2012 le solde exportateur représente 2,8 % du PIB contre 7,1 % pour l'Allemagne.\n\nLa baisse de la consommation d'acier en Chine en 2014, pour la première fois depuis plus de dix ans, est un signe particulièrement frappant de la reconversion en cours de l'économie chinoise, les investissements cédant progressivement la place à la consommation intérieure ; la demande d'acier devrait encore se replier de 0,5 % en 2015, selon World steel, la fédération mondiale des producteurs d’acier. La hausse du revenu et de la consommation individuelle a atteint 10,4 % entre juillet 2014 et juillet 2015 : c’est la troisième année que ce chiffre surpasse la hausse du PIB, ce qui témoigne d’un rééquilibrage de l’économie chinoise conforme à la politique du gouvernement.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Économie_de_la_république_populaire_de_Chine
Développement durable - Outils et mesure du développement durable (1)
861
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe développement durable (en anglais : sustainable development, parfois traduit par développement soutenable) est une conception du développement qui s'inscrit dans une perspective de long terme et en intégrant les contraintes environnementales et sociales à l'économie. Selon la définition donnée dans le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987, « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le produit intérieur brut est un indice très employé dans les comptabilités nationales pour mesurer la croissance économique, au point de conditionner une grande part des raisonnements et stratégies économiques. On dit que l'on est en croissance ou en récession selon que le PIB est en augmentation ou en diminution. Le PIB est censé mesurer la croissance économique sur le long terme, mais il prend mal en compte la variation du capital naturel (éventuellement fossiles) qui est un effet de long terme. C'est notamment la raison pour laquelle le PIB est critiqué par certains auteurs, qui en soulignent les limites pour la mesure effective de la richesse d'un pays.\n\nLe PIB est calculé par agrégation de la valeur ajoutée des entreprises, elle-même calculée en comptabilité nationale en fonction de la production et des consommations intermédiaires. Les indicateurs de développement durable tels que ceux qui figurent dans le Global Reporting Initiative ou les indicateurs demandés par la loi relative aux nouvelles régulations économiques en France, ne sont pas intégrés dans ces calculs.\n\nLa question se pose donc de savoir si le PIB est vraiment une mesure fiable de développement durable. Les insuffisances du PIB comme mesure de la croissance sur le long terme sont à l'origine des réflexions sur le PIB vert.\n\nEn France, l'Insee fait néanmoins figurer le PIB comme l'un des onze indicateurs de la stratégie nationale de développement durable. La France a une réflexion sur l'utilisation de nouveaux indicateurs dont l'empreinte écologique.\n\nL'Europe a annoncé qu'elle publierait dès 2010 un indice présentant la pression exercée sur l'environnement (émissions de gaz à effet de serre, réduction des espaces naturels, pollution atmosphérique, production de déchets, utilisation des ressources, consommation d'eau et pollution de l'eau), qui accompagnera la publication du PIB.\n\n", "title": " PIB et développement durable " }, { "img": [], "source_text": "Les instruments macroéconomiques classiques (PIB par exemple) s'avèrent insuffisants, voire dans certains cas déficients pour mesurer le développement durable : la croissance économique apparaît ainsi dans certains cas comme déconnectée, voire opposée aux objectifs du développement durable.\n\nIl s'agit donc de construire un indicateur agrégé qui permet de rendre compte au mieux de l'efficacité d'une politique de développement durable. Plusieurs indices ont été établis, qui concernent chacun un ou plusieurs « piliers » du développement durable :\n\nSur le plan économique, il est possible de donner une valeur monétaire à l'environnement (on parle alors de capital naturel) ou de PIB vert ;\n\nSur le plan environnemental, il existe les indicateurs suivants :\n\nl'indice de performance environnementale,\n\nle bilan carbone ou les tonnes de CO2 émises (bilan carbone personnel pour les particuliers),\n\nl'empreinte écologique, la biocapacité et le déficit écologique — différence entre l'empreinte écologique et la biocapacité — (ou excédent écologique si la biocapacité est supérieure à l'empreinte écologique) ;\n\nl'indice planète vivante (The Living Planet Index ou LPI pour les anglophones), indicateur d'état de la biodiversité mondiale, qui montre une diminution de 58 % entre 1978 et 2012 des populations mondiales de vertébrés (poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles),\n\nSur le plan social, on parle d'indice de développement humain (qui mesure la richesse, le taux d'alphabétisation et la santé d'une population), de coefficient de Gini, d'indice de bien-être durable ou d'indicateur de progrès véritable…Tout indice est néanmoins sujet à caution : la manière d'agréger les données exprime un parti-pris. Qu'est-ce qu'un pays « avancé en développement durable » ? Est-ce un pays qui consomme peu de ressources (comme le Bangladesh), ou est-ce un pays avec de nombreux parcs nationaux protégés (comme les États-Unis) ?\n\n", "title": " Indices agrégés " }, { "img": [], "source_text": "L’OQADD, outil de questionnement et d’aide au développement durable, est une grille de questionnement permettant de susciter des débats sur les problématiques relatives au développement durable, en mettant en avant les points-clefs d'un projet. Ils se réclament à la fois de l’évaluation des politiques et de l’analyse multicritère, mais sont plutôt utilisés pour questionner des politiques ou des projets au regard des critères de développement durable. Ce sont des grilles de critères en arborescence, déclinants les principales dimensions du développement durable (économie, écologie, social, gouvernance…).\n\nCet outil peut être soumis aux différents acteurs intervenant dans la mise en place d’un nouveau projet : des élus, des industriels, des associations de défense de l’environnement, des syndicats…\n\n", "title": " Outils d'aide à la décision pour le développement durable " }, { "img": [], "source_text": "La mesure microéconomique du développement durable pour les entreprises peut se faire par l'intermédiaire des critères du Global Reporting Initiative, comportant 79 indicateurs économiques. Par ailleurs l'OCDE a effectué des travaux importants sur les indicateurs environnementaux, et a développé pour cela le modèle pression-état-réponse.\n\nLes principales normes et certifications qui peuvent être appliquées par les entreprises sont la norme environnementale ISO 14001, la norme sur le management de l'énergie ISO 50001, la norme sur la qualité ISO 9001, la norme ISO 45001 sur la santé et sécurité au travail, et le standard SA 8000 sur l'éthique et le social. Il existe également un guide SD 21000 (en France) pour la prise en compte des enjeux du développement durable dans les petites entreprises.\n\nUne nouvelle norme sur la responsabilité sociétale des entreprises, l'ISO 26000, a été mise en application en 2010. Cette norme intègre la responsabilité sociétale, la gouvernance et l'éthique d'une manière plus élargie.\n\nPar ailleurs, les entreprises peuvent être notées par des agences de notation sociétale, qui prennent en compte dans leur notation des critères extra-financiers (environnementaux et sociaux). Les entreprises sont jugées par ces agences sur la base de leurs rapports de développement durable, ou de tout document permettant d'apprécier les performances économiques, environnementales et sociales. La notation sociétale est ensuite utilisée par les investisseurs pour constituer des portefeuilles de valeurs appelés investissements socialement responsables (ISR).\n\n", "title": " Indicateurs et normes " }, { "img": [], "source_text": "La transition vers une économie réellement économe en ressources passe par l'utilisation optimale des ressources naturelles, dans ce que l'on appelle un modèle d'économie circulaire, dans lequel les déchets sont réutilisés comme matières premières de l'industrie. La France retient en 2021 11 indicateurs clés pour le suivi de l'économie circulaire, comme par exemple la consommation intérieure de matières par habitant, et la productivité matières.\n\n", "title": " Indicateurs clés pour le suivi de l'économie circulaire " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Développement_durable
Empire byzantin - Historiographie (2)
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[ { "img": [], "source_text": "", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le XXe siècle voit une structuration accrue des études byzantines. En France, la revue Écho d'Orient, qui devient la Revue des études byzantines, toujours publiée, confirme l'ancrage de la byzantinologie dans le paysage de la science historique française. Paul Lemerle participe grandement à sa structuration au niveau national avec le Centre de recherche d'histoire et civilisation de Byzance en 1972, mais aussi international puisqu’il fonde l’Association internationale des études byzantines en 1949. Les Balkans et le monde slave en général participent largement aux études byzantines et la revue Byzantinoslavica apparaît à Prague en 1929. Le monde anglo-saxon devient de plus en plus incontournable avec la création de centres d'études aux États-Unis, en particulier la Dumbarton Oaks Research Library and Collection.\n\nAu-delà de cette consolidation de la byzantinologie dans le paysage universitaire, les études s'enrichissent de perspectives variées. La première moitié du XXe siècle voit la domination d'une histoire événementielle faisant la part belle aux évolutions politiques. L'historien d'origine yougoslave Georg Ostrogorsky marque l’historiographie byzantine de son empreinte avec son Histoire de l'État byzantin dans lequel il développe le principe d'un État fort qui, durant la période mésobyzantine, peut se reposer sur une importante classe de paysans libres pour se rénover et s'étendre à nouveau. Plus largement, la question de l'évolution de la petite paysannerie et, parallèlement, de l'affirmation de la grande aristocratie a fait l'objet de profonds débats, se rattachant parfois à l'idée d'une féodalisation de l'Empire byzantin dont les structures étatiques perdent au fur et à mesure leurs compétences au profit de l'aristocratie. L'influence du marxisme n'y est pas complètement étrangère, favorisant la vision d'un asservissement des paysans à une classe dominante jusqu'aux travaux de Paul Lemerle qui ont remis en cause cette interprétation. La byzantinologie n'échappe pas au développement de l'école des Annales et, peu à peu, l'écriture de l'histoire byzantine met l'accent sur l'histoire des hommes, de leurs comportements et de leurs mentalités et non plus uniquement sur l'évolution des institutions. Cette perspective est symbolisée par Alexander Kazhdan avec des ouvrages comme Campagne et ville à Byzance (1960) ou People and Power in Byzantium (1982). Des études approfondies se portent alors sur la ruralité avec les ouvrages de Michel Kaplan ou sur les évolutions de l’aristocratie avec les travaux de Jean-Claude Cheynet par exemple. Cet enrichissement de la byzantinologie est aussi permis par l'exploitation de sources plus variées, allant des textes des historiens de l'époque, dont l'accessibilité est accrue par les traductions, à la numismatique mais aussi à la sigillographie. D'autres textes comme les hagiographies ou les actes monastiques servent de plus en plus de supports pour compléter des perspectives historiques. Les études se diversifient, s'intéressant à la place des femmes dans le monde byzantin, des travaux sur les évolutions monétaires ou encore l'histoire économique. Un ouvrage comme The Economic History of Byzantium (L'Histoire économique de Byzance), publié en 2002 sous la direction d'Angelikí Laḯou, est devenu une référence en la matière, qualifiée d'événement scientifique de portée considérable par Michel Kaplan en raison de sa perspective globale sur l'économie byzantine et de sa volonté de traiter les grandes problématiques socio-économiques du monde byzantin.\n\nLa deuxième moitié du XXe siècle est aussi le théâtre d'une évolution dans la perception des liens entre le monde romain et le monde byzantin. Alors que la thèse du déclin du monde romain, du passage d'un Haut Empire à un Bas Empire puis à un effondrement de la civilisation romaine a longtemps influencé les études byzantines, parfois prisonnières de l'idée d'un Empire byzantin poursuivant cette décadence jusqu'en 1453, des travaux ont émergé qui contestent cette interprétation. La naissance du concept d'Antiquité tardive, développé entre autres par Peter Brown, réfutant le concept de rupture entre le monde antique et l'ère médiévale, favorise une vision plus positive de la période précédant et suivant le Ve siècle. Néanmoins, la byzantinologie reste marquée par la question de l'héritage romain. L'artificialité du terme « byzantin » illustre les problèmes de définition d'un monde qui ne s'est jamais considéré autrement que comme romain. Selon Averil Cameron, ce flou a contribué à un certain désintérêt des historiens pour l'époque byzantine en ne permettant pas de le situer précisément, tant sur ses limites temporelles (au moins pour sa création) que dans son identité profonde.\n\n", "title": " Structuration et enrichissement des études byzantines au XXe siècle " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_byzantin
Ressource minérale - Taux de récupération (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nUne ressource minérale est une concentration de matériau présent naturellement, sous forme, solide, liquide ou gazeuse, dans la croûte terrestre, sous une forme et une quantité telles que son extraction à des fins économiques est effectivement ou potentiellement faisable. Ces ressources sont simplement évaluées et ne sont pas toutes découvertes. \n\nLes réserves minérales prouvées sont une partie des ressources à la fois repérées géologiquement et susceptibles d'être exploitées dans des conditions techniques et économiques rentables. Les réserves minérales non prouvées ne sont pas géologiquement connues.\n\nL'évaluation de la quantité d'une ressource dans une zone donnée dépend de nombreux paramètres du gisement, dont la localisation, la profondeur, la taille, la configuration, la nature minérale, la qualité, la densité, les caractéristiques géologiques, la proximité de ressources voisines. Pour le pétrole, la porosité de la roche, la viscosité la pression et la température entrent également en jeu.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Au terme de l'exploitation d'un gisement, on parle de réserve ultime pour estimer a posteriori la quantité de minerai qui y était exploitable. Le minerai restant n'est ainsi pas jugé exploitable dans les conditions techniques et économiques établies. Au cours de l'exploitation d'un gisement, l'estimation de la réserve 2P est supposée tendre vers la valeur de la réserve ultime.\n\nLe taux de récupération désigne le rapport entre la quantité de minerai estimé présent dans le gisement au début de l'exploitation, et la quantité qu'il sera possible d'extraire du début à la fin de l'exploitation.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Ressource_minérale
Première Guerre mondiale - Opérations militaires (3)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Peu à peu, le conflit se mondialise. Le Japon, en tant qu’allié du Royaume-Uni, déclare la guerre à l’Allemagne le 23 août 1914, mais sa participation au conflit se limite à l’occupation des colonies allemandes de l’océan Pacifique (îles Marshall, Carolines et Mariannes) et des concessions allemandes de Chine (Shandong). Il profite du conflit pour renforcer ses positions face aux grandes puissances européennes en Asie.\n\nL'Empire ottoman entre en guerre contre les pays de la Triple-Entente le 1er novembre 1914, en tant qu’allié de l’Allemagne. La motivation principale des Ottomans dans cette guerre est de combattre l'Empire russe qui cherche à prendre le contrôle des détroits.\n\nL’Italie, bien que membre de la Triplice, déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie en mai 1915 après bien des hésitations. En août 1914, elle s’était prudemment déclarée neutre. Sollicitée par les deux camps, elle finit par pencher du côté des pays de la Triple-Entente. En effet, par le traité secret de Londres d’avril 1915, la France et le Royaume-Uni lui promettent qu’une fois la victoire acquise, elle bénéficierait de larges compensations territoriales, à savoir : les terres irrédentes mais aussi une zone d’influence en Asie Mineure et en Afrique.\n\nLa Bulgarie, initialement neutre mais sollicitée par les deux camps, s’engage finalement aux côtés des puissances centrales en octobre 1915, à un moment où celles-ci semblent l’emporter sur le front des Balkans. Pour enlever l'adhésion des Bulgares, ces derniers n'avaient pas hésité à leur promettre en cas de victoire, la cession de la Macédoine serbe, la Dobroudja roumaine, ainsi qu'un accès à la Mer Adriatique, que Sofia justement revendiquait.\n\nLe Portugal entre en guerre aux côtés de l’Entente en mars 1916 pour consolider sa position en Europe et préserver ses colonies, convoitées par l’Allemagne. La Roumanie déclare la guerre à l’Allemagne en août 1916, après la contre-offensive russe victorieuse sur le front oriental laissant espérer une défaite de l’Autriche-Hongrie. Elle revendique la Transylvanie hongroise. En 1914, la Grèce reste neutre, puis elle rejoint l’Entente en déclarant la guerre à la Bulgarie en novembre 1916, puis à l’Allemagne en juin 1917 après l’abdication et l’exil du roi Constantin.\n\nAprès le torpillage du paquebot Lusitania le 7 mai 1915, les sous-mariniers allemands marquent une pause à partir du 27 août 1915 et suspendent la guerre sous-marine pour éviter l'entrée en guerre des Américains aux côtés de la Triple-entente. Début 1917, les Allemands décident de reprendre la guerre sous-marine de façon à tenter de réduire l'approvisionnement américain de leurs ennemis et forcer le blocus qui frappe leurs côtes. Par un télégramme secret du secrétaire d'État allemand aux Affaires étrangères Arthur Zimmermann émis le 16 janvier 1917, ils proposent une alliance au Mexique et annoncent leur intention de reprendre la guerre sous-marine à outrance, ce qui sera effectif dès 1er février 1917. Les Américains interceptent ce télégramme qu'ils rendent public le 1er mars : le scandale fait basculer l'opinion américaine, jusque-là neutraliste et les États-Unis peuvent déclarer la guerre à l’Allemagne le 6 avril de cette même année. Cette entrée en guerre, quoique tardive et malgré le retrait russe de la guerre à la suite de la révolution bolchévique, fut décisive.\n\nSachant que les colonies participent également à l’effort de guerre des métropoles européennes, la guerre est désormais mondiale.\n\n", "title": " Guerre de mouvement (1914) - Mondialisation du conflit " }, { "img": [], "source_text": "Les soldats du front occidental étaient épuisés et choqués par l'étendue des pertes humaines qu'ils avaient subies depuis le mois d'août. Au petit matin du 25 décembre, les Britanniques qui tenaient les tranchées autour de la ville belge d'Ypres entendirent des chants de Noël venir des positions ennemies, puis découvrirent que des arbres de Noël étaient placés le long des tranchées allemandes. Lentement, des colonnes de soldats allemands sortirent de leurs tranchées et avancèrent jusqu'au milieu du no man's land, où ils appelèrent les Britanniques à venir les rejoindre. Les deux camps se rencontrèrent au milieu d'un paysage dévasté par les obus, échangèrent des cadeaux, discutèrent et jouèrent au football. Ce genre de trêve fut courant là où les troupes britanniques et allemandes se faisaient face, et la fraternisation se poursuivit encore par endroits pendant une semaine jusqu'à ce que les autorités militaires y mettent un frein. Cet événement fut à l'origine du film Joyeux Noël de Christian Carion, sorti en 2005.\n\n", "title": " Guerre de mouvement (1914) - Trêve de Noël " } ]
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Chapelle Sixtine - Description (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa chapelle Sixtine (en italien, Cappella Sistina), appelée originellement chapelle de Sixte, est une des salles des palais pontificaux du Vatican et fait partie des Musées du Vatican. Remplaçant la chapelle Pauline, puis le palais du Quirinal, la chapelle Sixtine est le lieu où, traditionnellement depuis le XVe siècle, les cardinaux réunis en conclave élisent le nouveau pape, et obligatoirement depuis la constitution apostolique édictée par Jean-Paul II en 1996, intitulée Universi Dominici gregis.\n\nDédiée à l'Assomption de Marie, elle est la chapelle principale du palais apostolique, ainsi que l'un des trésors culturels et artistiques les plus célèbres de la Cité du Vatican. Elle a été construite entre 1475 et 1481 environ, à l'époque du pape Sixte IV della Rovere, dont elle tire son nom.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'intérêt de la chapelle réside non seulement dans les célèbres fresques de sa voûte, dues à Michel-Ange, mais aussi dans les peintures moins connues de ses murs, œuvres d'artistes aussi éminents que Botticelli, Le Pérugin, le Pinturicchio ou Domenico Ghirlandaio. Ces scènes ont, semble-t-il, été commandées par Sixte IV ou par un théologien de la cour pontificale, dans le but politique précis de démontrer la primauté de la papauté et son indépendance face aux monarques de la chrétienté. Ces murs sont divisés horizontalement en trois bandes séparées par des entablements, et verticalement par des lésènes. Le long de la bande inférieure se déploie une rangée de damas peints en trompe-l’œil, ornés de feuilles de chêne et de glands (armes parlantes expliquées ci-dessus). Dans la bande médiane sont placées, face à face, des scènes de la vie de Moïse (sur la paroi sud, à gauche lorsqu'on fait face à l'autel) et du Christ (sur la paroi nord, à droite face à l'autel) ; des inscriptions (tituli) expliquent ces correspondances. Le cycle se finit sur la paroi de l'entrée de la chapelle. La bande supérieure montre les portraits des trente-deux premiers papes, insérés dans des niches monochromes. Au-dessus des fenêtres de chacune des parois, les lunettes sont peintes par Michel-Ange et représentent les ancêtres du Christ. Ils sont au nombre de 40 comme par exemple David, Salomon ou encore Achim. Mais ces ancêtres n’ont pas tous été identifiés car les plaques sont trop endommagées. L’humanité est, par ces ancêtres, représentée comme une famille. \n\nLes scènes de la vie de Moïse et du Christ représentent :\n\nLe Voyage de Moïse en Égypte par Le Pérugin (mur sud) ;\n\nLe Baptême du Christ par Le Pérugin (mur nord) ;\n\nÉpisodes de la vie de Moïse (Le Meurtre du soldat égyptien, La Protection des filles de Jéthro, Le Buisson ardent) par Botticelli (mur sud) ;\n\nLa Tentation du Christ au désert par Botticelli (mur nord) ;\n\nLe Passage de la mer Rouge par Cosimo Rosselli (mur sud) ;\n\nLa Vocation des premiers apôtres Pierre et André par Ghirlandaio (mur nord) ;\n\nLa Remise des Tables de la Loi par Cosimo Rosselli (mur sud) ;\n\nLe Sermon sur la montagne par Cosimo Rosselli (mur nord) ;\n\nLe Châtiment de Coré, Datan et Abiram, qui ont tenté de lapider Moïse par Botticelli (mur sud) ;\n\nLa Remise des clefs à saint Pierre et La Tentative de lapider Jésus par Le Pérugin (mur nord) ;\n\nMoïse remet son commandement à Josué par Luca Signorelli (mur sud) ;\n\nLa Cène par Cosimo Rosselli (mur nord) ;\n\nmur d'entrée : La Dispute autour du corps de Moïse (par Matteo de Lecce, pour remplacer une fresque endommagée de Luca Signorelli) qui finit le cycle de Moïse que l'on retrouve paroi sud ; et La Résurrection (par Hendrick van den Broeck dit Arrigo Fiammingo, pour remplacer une fresque endommagée de Domenico Ghirlandaio) qui finit le cycle du Christ que l'on retrouve paroi nord.Les artistes se sont amusés à glisser de nombreux clins d'œil dans leurs peintures, et notamment à y cacher des portraits de leurs contemporains.\n\n", "title": " Fresques - Murs latéraux " }, { "img": [], "source_text": "La décoration du plafond de la chapelle Sixtine fut commandée par le pape Jules II, au début de son pontificat (1503-1513), pour remédier aux désordres causés par les constructions de la basilique Saint-Pierre et de la tour Borgia, qui avaient fragilisé la chapelle. En 1504, une longue fissure provoqua des dégâts si importants que le pape chargea Michel-Ange de refaire la décoration de l'édifice. En mai 1508, l'artiste signa le contrat prévoyant la représentation des douze apôtres sur les pendentifs, agrémentée de motifs ornementaux dans les parties restantes. Mais Michel-Ange jugea ce sujet trop pauvre. Sur sa requête, et grâce à l'aide des théologiens de la cour papale, il conçut neuf scènes centrales inspirées du néoplatonisme, représentant des épisodes de la Genèse.\n\nLa série commence par La Séparation de la lumière d'avec les ténèbres et se poursuit avec la célèbre Création d'Adam où Dieu tend la main vers le premier Homme pour lui insuffler la vie, puis la Tentation et d'autres épisodes. Ces panneaux sont encadrés de sculpturaux athlètes nus (les célèbres Ignudi), qui soutiennent des médaillons en camaïeu d'or illustrant des scènes tirées du Livre des Rois. Critiquée dès l'origine, la présence des Ignudi reste, aujourd'hui encore, sujette à discussion : faut-il y voir des éléments païens, sans rapport aucun avec le caractère sacré de la composition ou, au contraire, des anges dépourvus d'ailes, mais faisant partie intégrante du programme iconographique ? À la base de la structure architectonique, douze voyants dont sept prophètes et cinq sibylles siègent sur des trônes monumentaux, au-dessus d'ancêtres du Christ logés sur les voussures ou dans les lunettes situées dans les parois nord et sud, et sur le mur d'entrée. Enfin, sur les pendentifs des quatre angles, l'artiste a peint des épisodes du salut miraculeux du peuple d'Israël.\n\nMichel-Ange dessina de nombreuses études et cartons préparatoires et conçut des dizaines de personnages aux poses variées. Un travail aussi démesuré ne pouvait qu'affecter sa santé (cf. l'article détaillé et le témoignage de Michel-Ange lui-même). Toutefois, l'image d'un Michel-Ange peignant couché semble tenir de la légende. Une esquisse de Michel-Ange dans la marge d'un sonnet adressé à Giovanni di Benedetto da Pistoia le représente d'ailleurs debout la tête inclinée vers l'arrière et le bras tendu vers le haut.\n\nCes représentations impressionnantes, qui démontrent une parfaite maîtrise du mouvement des corps et de l'anatomie humaine, ont radicalement transformé la peinture occidentale. En août 1510, Michel-Ange avait terminé la première moitié de la voûte, du mur d'entrée jusqu'à la Création d’Ève. Les travaux étaient probablement achevés avant le 31 octobre 1512, où Jules II présida les vêpres solennelles de la Toussaint avant de célébrer la messe dès le lendemain.\n\nDans son roman historique Le ciel de la chapelle Sixtine, Leon Morell décrit dans le détail, avec vraisemblance, la réalisation de la fresque.\n\n", "title": " Fresques - Voûte " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Sixtine
Première Guerre mondiale - Opérations militaires (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Après la bataille de la Marne, les belligérants tentent des opérations de débordements réciproques et entament vers le nord-ouest du front, à partir du 12 septembre 1914, à travers les départements de l'Oise, de la Somme, du Pas-de-Calais, du Nord et par la Belgique une « course à la mer ». Seule l'arrivée de leurs forces sur l'Yser et le littoral belge met un terme aux enveloppements par les ailes où chacun redoutait d'être attaqué à revers.\n\nIl s'agit pour les alliés de s'installer en premier à la mer pour interdire les ports de Dunkerque, de Boulogne-sur-Mer et de Calais que les Allemands cherchent à atteindre pour couper les Anglais de leurs bases d’approvisionnement et ainsi les contraindre à se rendre. Mais, après leur victoire à la bataille de Haelen, les Belges qui ont soutenu un siège d'un mois à Anvers, sont parvenus à rejoindre les Franco-Anglais en Flandre. Les Allemands veulent s'emparer des ports de la côte et lancent leurs attaques dans la région de l’Yser. Or, à ce moment, les alliés installent les premières tranchées de la guerre. Dans le terrain spongieux d'une plaine maritime, elles ne sont pas creusées, mais érigées par l’établissement de digues et l'entassement de dizaines de milliers de sacs de terre. À l'abri derrière ce rempart, auquel s'ajoute le remblai d'une ligne de chemin de fer, les Belges peuvent tenir les Allemands en respect. Les Britanniques, peu nombreux, se sont installés à Ypres, à l’extrémité sud-ouest de la Belgique, où la ville leur offre un véritable système de défense par l'utilisation des maisons et édifices publics devenus comme autant de forteresses. Composées de soldats professionnels, les unités britanniques peuvent tirer le meilleur parti de leurs positions retranchées, alors que les Allemands vont devoir affronter les Anglais retranchés en partant de positions en terrain découvert et avec des troupes comprenant une toute récente levée de jeunes recrues inexpérimentées. L'armée française fait la liaison entre les Anglais et les Belges avec, notamment, les fusiliers marins du contre-amiral Pierre Alexis Ronarc'h. Les trois armées, étant réunies, forment un ensemble dense sur un front restreint. Les risques inhérents aux mouvements d'armées des mois précédents ont disparu. Au lieu de la situation défavorable des premiers mois de guerre, lorsque les alliés manœuvraient dans une coordination improvisée en face d'armées allemandes supérieures en nombre, en puissance de feu et en homogénéité, on se trouve, pour la première fois depuis le début de la guerre, dans des positions favorables face aux Allemands. Mais ceux-ci gardent leur supériorité en effectifs dans la proportion de six contre un[réf. nécessaire]. Cette supériorité sur le plan des chiffres est contrebalancée par la situation des Alliés qui peuvent compenser leur infériorité numérique par l'utilisation du terrain. Celui-ci a été inondé par les Belges qui ont ouvert les vannes qui retenait l'eau de la mer du Nord dont le niveau est supérieur à celui des polders (des étendues cultivées situées sous le niveau de la mer). C'est alors que le roi des Belges lance une proclamation à son armée d'avoir à résister sans esprit de recul. Les Belges et les Anglais acceptent d'ailleurs d'unir leurs états-majors à ceux des Français pour l'application d'une tactique commune sous l'autorité du général Joffre. Le 27 octobre 1914, les Allemands lancent une vaste offensive en Belgique déclenchée au nord, à l’est et au sud d’Ypres. Pour augmenter l'effectif des combattants l'état-major allemand lance à l'assaut neuf divisions de la réserve de remplacement composée de très jeunes gens en cours de formation. Leur inexpérience, ainsi que la tactique des assauts en masse entraînent des pertes énormes qui font surnommer ces opérations le « massacre des innocents » (De Kindermord).\n\nLe 3 novembre 1914, l'Amirauté britannique fait miner la mer du Nord déclarée « zone de guerre ». Le Royaume-Uni s'appuie sur la marine pour protéger le pays et établir un blocus économique de l'Allemagne. L'armée britannique de métier de 250 000 hommes est dispersée à travers le monde, mais, dans l’immédiat, 60 000 hommes sont prêts à partir pour le continent.\n\nEn décembre, les armées allemandes ont échoué sur tout le front des Flandres, noyées dans les inondations et bloquées par les alliés embusqués à Ypres transformée en champ de ruines et derrière des fortifications de campagne faites de tranchées hâtivement installées, puis de plus en plus consolidées. Ainsi apparaît une nouvelle forme de guerre, c'est la guerre des tranchées. Celles-ci s'allongent depuis la mer jusqu'à Verdun et, bientôt, jusqu'à la frontière suisse.\n\nAprès que les alliés ont réussi à stabiliser le front, une contre-attaque générale est lancée depuis Nieuport en Flandre jusqu’à Verdun au nord-est de Paris. Mais les Allemands se sont, à leur tour, embusqués dans des tranchées d'où ils arrêtent toutes les attaques alliées.\n\nLa « mêlée des Flandres » inaugure la fin de la guerre de mouvement et des combats à découvert sur le front occidental. À la fin de 1914, les deux camps ont amélioré les premières tranchées du début de la bataille des Flandres. Elles constituent une ligne de défense qui s'étend sur près de 800 km, de la mer du nord à la frontière suisse. C'est le début d'un mode de guerre qui va caractériser les années qui vont suivre durant lesquelles la guerre de mouvement va perdurer malgré les offensives de rupture des deux camps avec leurs hécatombes.\n\n", "title": " Guerre de mouvement (1914) - La course à la mer " }, { "img": [], "source_text": "Sur le front oriental, suivant les plans des Alliés, le tsar lance l’offensive en Prusse-Orientale le 17 août, plus tôt que prévu par les Allemands. En août, deux armées russes pénètrent en Prusse-Orientale et quatre autres envahissent la province autrichienne de Galicie après les victoires de Lemberg, en août et septembre. Les armées russes sèment la terreur en Prusse et sont accusées d'assassinats et de viols par la propagande allemande. Face aux armées autrichiennes mal équipées, les armées russes avancent régulièrement. Elles s’emparent de Lvov le 3 septembre et de la Bucovine et repoussent les Autrichiens dans les Carpates, où le front se stabilise en novembre.\n\nFace aux Allemands, les Russes remportent la bataille de Gumbinnen les 19 et 20 août sur les forces de la huitième armée allemande, inférieures en nombre. Ceux-ci sont sur le point d’évacuer la région lorsque des renforts commandés par le général Paul von Hindenburg remportent sur les Russes une victoire décisive lors de la bataille de Tannenberg les 27 et 30 août 1914, confirmée lors de la bataille des lacs Mazures en Prusse-Orientale, le 15 septembre, ce qui oblige les Russes à battre en retraite vers leur frontière. Les Allemands stoppent définitivement les offensives russes en Prusse-Orientale le 31 août. Le même jour, les Russes écrasent les Autrichiens lors de la bataille de Lemberg qui s’achève le 11 septembre. Le 20 octobre, au cours de la bataille de la Vistule, les Allemands battent en retraite devant les Russes dans la boucle de la Vistule. Au début du mois de novembre, Hindenburg devient commandant en chef des armées allemandes sur le front Est. Il est considéré comme un héros et ses avis sont toujours écoutés par le Kaiser.\n\nSur le front Sud-est, les Autrichiens tentent à trois reprises d’envahir la Serbie, mais ils sont repoussés et subissent une défaite à Cer, le 24 août. Les Serbes reprennent Belgrade le 13 décembre. Et enfin, entre le 29 octobre et le 20 novembre, les Turcs bombardent les côtes russes de la mer Noire. L’Empire ottoman rejoint les Allemands et les Autrichiens dans la guerre.\n\n", "title": " Guerre de mouvement (1914) - Front Est " } ]
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Réforme protestante - Conséquences culturelles (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Réforme protestante ou « la Réforme », amorcée au XVIe siècle, est le mouvement de transformation du christianisme qui s’étend de la fin du Moyen Âge jusqu’au début du XVIIe siècle et entend revenir aux sources et à la forme première du christianisme. Elle a été représentée par des acteurs de nature diverse : théologiens, prédicateurs, rois, princes, bourgeois, paysans, intellectuels... La Réforme avait des motivations religieuses, politiques et économiques et elle a transformé en profondeur les sociétés européennes et les cultures soumises à l’influence de l’Europe, notamment en Amérique du Nord et dans une moindre mesure l'Amérique du Sud et l'Asie.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le luthéranisme et le calvinisme contribueront à ce que le sociologue allemand Max Weber appellera plus tard « le désenchantement du monde ». En effet, dans ces deux traditions théologiques et particulièrement dans le calvinisme, cela n'est pas le diable, les êtres célestes ou le miraculeux qui sont omniprésents, mais Dieu. Pour le chrétien, Dieu est souverain et il a révélé sa volonté dans l'Écriture : (les soixante-six livres qui composent la Bible). Un Dieu tout-puissant contribue à rassurer le croyant face au surnaturel, aux peurs moyenâgeuses en tout genre : enchantements, possessions, sortilèges… Dieu, ses attributs, sa volonté et ses commandements sont connus par l'Écriture, par l'emploi de moyens ordinaires (la lecture, la réflexion), d'où l'usage de la raison. Dieu ne se révèle pas par des songes, des visions, des transes, des convulsions, ou par des êtres bénéficiant de révélations ou pouvoirs surnaturels (prêtres, saints, astrologues), mais par le texte biblique. La mesure d'un homme dans la spiritualité protestante réside dans sa compréhension, sa capacité à expliquer et son obéissance à l'Écriture. Le capitalisme sera plutôt le signe d'un affaiblissement de cette piété, d'où l'apparition de mouvements de réveil avec des leaders comme John Wesley ou Charles Finney qui insisteront beaucoup sur la sanctification, le renoncement à soi et la charité.\n\n", "title": " Sécularisation " }, { "img": [], "source_text": "De nombreux débats ont vu le jour depuis le début du XXe siècle concernant le rôle de la Réforme dans l'apparition de la modernité. La Réforme a été vu comme une des causes de l'apparition de la démocratie, du capitalisme, de l'État de droit déjà chez Alexis de Tocqueville .\n\nÀ Worms, en 1521, Luther déclara : « Ma conscience est prisonnière des paroles de Dieu. Je ne veux ni ne puis me rétracter. Agir contre sa conscience est grave ; ce n'est ni sûr ni honnête. » Par cette déclaration, la conscience individuelle se révèle plus importante que le jugement d'un autre (le pape), et même d'un ensemble (le concile). Ce primat de la conscience individuelle est devenu pour une bonne part un acquis de l'homme moderne, même si grâce aux sciences humaines et aux enseignements de l'histoire, on en mesure mieux les limites du fait de différents types de pressions auxquelles on peut être soumis. Au début de la Réforme, dans les pays germaniques, le principe cujus regio, ejus religio (à chaque pays sa religion), a singulièrement réduit la liberté individuelle. La Révolution française a finalement entériné le principe de liberté de conscience, contenu notamment dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (article 10 : « Nul de doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses… ».\n\n", "title": " Démocratie et droits de l'homme " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Réforme_protestante
Première Guerre mondiale - Entrée en guerre (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "28 juillet : Autriche-Hongrie à la Serbie ;\n\n1er août : Allemagne à la Russie ;\n\n4 août : Royaume-Uni à l'Allemagne ;\n\n6 août : Autriche-Hongrie à la Russie ;\n\n11 août : France à l’Autriche-Hongrie ;\n\n13 août : Royaume-Uni à l'Autriche-Hongrie ;\n\n3 novembre : France et Royaume-Uni à l'Empire ottoman.\n\n", "title": " Déclarations de guerre en 1914 " }, { "img": [], "source_text": "Après concertation avec l'Allemagne, le 23 juillet, l’Autriche-Hongrie lance un ultimatum en dix points à la Serbie dans lequel elle exige que les autorités autrichiennes puissent enquêter en Serbie. Le lendemain, à l’issue du Conseil des ministres tenu sous la présidence du tsar Nicolas II à Krasnoïe Selo, la Russie ordonne la mobilisation partielle pour les régions militaires d’Odessa, Kiev, Kazan et Moscou, ainsi que pour les flottes de la Baltique et de la mer Noire. Elle demande en outre aux autres régions de hâter les préparatifs de mobilisation générale. Les Serbes décrètent la mobilisation générale le 25 et, au soir, déclarent accepter tous les termes de l’ultimatum, hormis celui réclamant que des enquêteurs autrichiens se rendent dans le pays. À la suite de cela, l’Autriche rompt ses relations diplomatiques avec la Serbie, et ordonne, le lendemain, une mobilisation partielle contre ce pays pour le 28, jour où, sur le refus d'approuver son ultimatum lancé cinq jours plus tôt, elle lui déclare la guerre. L'Italie, qui n'avait pas été interpellée par l'Autriche, déclare sa neutralité. Le gouvernement français enjoint à son armée de retirer toutes ses troupes à dix kilomètres en deçà de la frontière allemande, pour faire baisser la tension et éviter tout incident de frontière qui pourrait dégénérer.\n\nLe 29 juillet, la Russie déclare unilatéralement – en dehors de la concertation prévue par les accords militaires franco-russes – la mobilisation partielle contre l’Autriche-Hongrie. Le chancelier allemand Bethmann-Hollweg se laisse alors jusqu’au 31 pour une réponse appropriée. Le 30, la Russie ordonne la mobilisation générale contre l’Allemagne. En réponse, le lendemain, l’Allemagne proclame « l’état de danger de guerre ». C’est aussi la mobilisation générale en Autriche pour le 4 août. En effet, le Kaiser Guillaume II demande à son cousin le tsar Nicolas II de suspendre la mobilisation générale russe. Devant son refus, l’Allemagne adresse un ultimatum exigeant l’arrêt de sa mobilisation et l’engagement de ne pas soutenir la Serbie. Un autre est adressé à la France, lui demandant de ne pas soutenir la Russie si cette dernière venait à prendre la défense de la Serbie. En France, Jean Jaurès est assassiné à Paris par le nationaliste Raoul Villain le 31 juillet. Le 1er août, à la suite de la réponse russe, l’Allemagne mobilise et déclare la guerre à la Russie. Le diplomate Henri Pozzi a fait état des falsifications dont les télégrammes de déclaration de guerre du 1er août ont été l'objet pour charger l'Allemagne et l'Autriche de toute la responsabilité dans la déclaration de la guerre.\n\nEn France, le gouvernement décrète la mobilisation générale le même jour, à 16 h. Le lendemain, l’Allemagne envahit le Luxembourg, un pays neutre, et adresse un ultimatum à la Belgique, elle aussi neutre, pour réclamer le libre passage de ses troupes. Au même moment, l’Allemagne et l’Empire ottoman signent une alliance contre la Russie. Le 3 août, la Belgique rejette l’ultimatum allemand. L’Allemagne entend prendre l’initiative militaire selon le plan Schlieffen. Elle adresse un ultimatum au gouvernement français, exigeant la neutralité de la France qui en outre devrait abandonner trois places fortes dont Verdun. Le gouvernement français répond que « la France agira conformément à ses intérêts ». L’Allemagne déclare alors la guerre à la France. Le Royaume-Uni, qui souhaitait éviter la guerre, déclare qu’il garantit la neutralité belge, et réclame le lendemain que les armées allemandes, qui viennent de pénétrer en Belgique, soient immédiatement retirées. Le gouvernement de Londres ne reçoit aucune réponse, et déclare donc la guerre à l’Allemagne le 4 août. Seule l’Italie, membre de la Triplice qui la lie à l'Allemagne et à l'Autriche, se réserve la possibilité d'intervenir plus tard suivant les circonstances. Le 6 août, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie aux côtés de l’Allemagne. Le 11, la France déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie, suivie par le Royaume-Uni le 13. Comme la plupart des pays engagés possèdent des colonies, l'affrontement prend rapidement un caractère mondial : faisant partie du Commonwealth, le Canada, l’Australie, l’Inde, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud entrent automatiquement en guerre contre l’Allemagne, de même que les colonies françaises et belges.\n\nLe 23 août, le Japon offre son appui aux Alliés et déclare la guerre à l’Allemagne. Le 1er novembre, l'Empire ottoman se joint aux puissances centrales. Le sort de la guerre cependant se joue en Europe, surtout en France, qui en supporte la charge la plus lourde[réf. nécessaire].\n\n", "title": " Crise de juillet " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Première_Guerre_mondiale
France - Population et société (4)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En France, c'est la loi du 29 juillet 1881 qui a institué et en même temps encadré la liberté de la presse.\n\nL'agence France-Presse (AFP) créée en 1835 par Charles Havas, est l'une des trois grandes agences généralistes de presse mondiale, avec Reuters et Associated Press.\n\nSi les presses régionale, hebdomadaire et thématique se vendent bien en France, la presse quotidienne nationale d'information généraliste est peu diffusée hors de la capitale. Dès lors, les cinq principaux titres de cette catégorie (Le Figaro, Le Monde, Aujourd'hui en France, Libération et La Croix) ne vendent réunis que moins d'un million d'exemplaires chaque jour en 2010.\n\nDepuis 1981 et la légalisation des « radios libres », les stations de radio publiques gérées par Radio France sont concurrencées par des stations privées, souvent propriétés de grands groupes de médias. Dès lors, parmi les quatre premières stations de radio en audience cumulée en novembre-décembre 2009 (RTL, NRJ, France Inter et Europe 1), seule la troisième est publique. De même, depuis l'apparition de la première chaîne de télévision privée (Canal+) en 1984, plusieurs centaines de chaînes de télévision privées ont vu le jour, diffusées par le canal hertzien, par câble, par satellite ou plus récemment par la télévision numérique terrestre (TNT). Les trois principales chaînes sont TF1, France 2 et M6, seule France 2 appartient au groupe public France Télévisions.\n\nQuant à l'accès au réseau internet, il ne s'est vraiment démocratisé qu'au début des années 2000. En décembre 2018, la France comptait 52,8 millions d'utilisateurs d'internet, soit une hausse de 13 millions par rapport à décembre 2012.\n\nEntre 2002 et 2009, la France est passée de la 11e à la 43e place dans le classement de la liberté de la presse dans le monde établi par Reporters sans frontières. En 2019, la France était remontée à la 32e place sur 180.\n\nEn juillet 2020, une plateforme unique pour toutes les radios publiques et privées a été créée en tant que service numérique commun. Elle a réuni des succursales de plusieurs radios, dont Lagardère News, Radio France, les radios du Groupe M6 et Les Indés Radios, où les utilisateurs pouvaient écouter tous les programmes en un seul endroit sans aucun coût.\n\n", "title": " Médias " }, { "img": [], "source_text": "La France est caractérisée par une tradition sportive ancienne et une grande variété de disciplines pratiquées à haut niveau. Le pays a un rôle prépondérant dans l'organisation du sport moderne et son palmarès, depuis la fin du XXe siècle. Avec un total de 840 médailles remportées (716 en été et 124 en hiver), la France est la cinquième nation la plus récompensée de l'histoire des Jeux olympiques. L'escrime et le cyclisme sont les disciplines dans lesquelles la France est la plus titrée (respectivement 44 et 41 titres olympiques après les Jeux de Vancouver en 2010). Paris est la ville hôte des Jeux olympiques d'été en 1900 et en 1924 ; elle le sera pour une troisième fois en 2024. La France a également accueilli les Jeux olympiques d'hiver à trois reprises : Chamonix en 1924, Grenoble en 1968 et Albertville en 1992.\n\nParmi ses autres distinctions notables, la France a remporté la Coupe du monde de football à deux reprises, la Coupe Davis à dix reprises ou encore le Tournoi des Six Nations à 25 reprises.\n\nD'après le ministère des Sports, en 2010, 69 % des personnes de plus de 15 ans faisaient du sport au moins une fois par semaine en France. La marche, la natation et le vélo étaient les principales activités physiques déclarées. En 2016, l'ensemble des fédérations sportives françaises comptait 16 102 957 licenciés ; 37,5 % d'entre eux étaient des filles. En 2017, les sports les plus pratiqués en France étaient : le football (2 135 193 licenciés, 5,7 % de filles), le tennis (1 052 127 licenciés, 29,1 % de filles), l'équitation (673 026 licenciés, 82,9 % de filles), le judo (552 815 licenciés, 26,7 % de filles), le basketball (513 727 licenciés, 36 % de filles), le handball (513 194 licenciés, 35,8 % de filles) et le golf (407 569 licenciés, 27,8 % de filles). Près de sept millions de Français pratiquent le ski chaque hiver, le plus souvent en dehors de toute organisation sportive. Le domaine skiable français était en 2015, le domaine le plus fréquenté du monde, devant ceux des États-Unis et de l'Autriche.\n\nEn 2013, la dépense sportive nationale s'établissait à 38,1 milliards d'euros (la moitié étant à la charge de l'administration publique), soit 1,8 % du PIB. En 2015, le secteur sportif privé en France employait 124 286 salariés. Chaque année, le ministère des Sports délivre environ 12 000 diplômes sportifs, dont près de 8 000 BPJEPS.\n\nLe tournoi de tennis international de Roland-Garros, à Paris, et le Tour de France cycliste sont des événements annuels importants, tout comme peuvent l'être des événements ponctuels tels que l'Euro de football de 2016.\n\nLa France s'intéresse également de plus en plus à l'e-sport. En 2016, le gouvernement Valls II crée l'association France Esports. En 2018, 5 millions de Français avaient déjà regardé au moins une compétition d'e-sport et 930 000 y avaient déjà participé. Elle possède l'une des plus performantes structure e-sport d'Europe et du monde avec la Team Vitality.\n\nOutre les couleurs du drapeau, pour les fédérations sportives françaises, le coq est aussi utilisé comme symbole, mais ce n’est pas un symbole officiel.\n\n", "title": " Sport " }, { "img": [], "source_text": "Si les taux de participation aux élections diminuent, la participation protestataire, en revanche, se développe. En 2008, 42 % des Français ont participé à une manifestation, contre 25 % en 1981. En comparaison des autres pays développés, la France est souvent vue comme un pays où les manifestations et les grèves sont fréquentes.\n\nMais cette participation ponctuelle à des événements contestataires ne se traduit pas, tant s'en faut, par un engagement important dans les partis politiques. Quant au taux de syndicalisation (8 %), il est le plus faible des pays riches, même s'il est plus important dans le secteur public. En revanche, les Français sont très impliqués dans le milieu associatif : 14 millions de bénévoles sont membres de plus d'un million d'associations, qui bénéficient du statut accordé par la loi du 1er juillet 1901.\n\n", "title": " Engagement associatif, syndical et politique " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/France
Absolutisme - L'absolutisme en Europe (4)
3,151
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'absolutisme est un concept lié aux réactions de régimes politiques centraux, généralement monarchiques, visant à l'affranchissement des contrepoids (parlementaires, traditionnels ou constitutionnels) liés aux premières formes de séparation des pouvoirs qui ont suivi les formes consultatives (droit de remontrance et d'enregistrement des lois). Les qualificatifs d'absolutisme apparaissent quand le pouvoir central se dégage des remontrances et oppose des vetos aux contre-pouvoirs. L'absolutisme est lié aux périodes de centralisation politique et militaire caractérisées par la consolidation de la souveraineté territoriale des États, d'importants changements d'ordre militaire, l'affaiblissement du droit coutumier, la diffusion du droit romain, la montée du mercantilisme, ainsi qu'une importance accrue du rôle de la cour et surtout du roi dont la sacralité ne se porte plus simplement sur la fonction mais sur la personne physique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Durant la Révolution française puis sous le Directoire, le Consulat puis les Premier et Second Empires, apparaissent en France des régimes qualifiés de « césarisme démocratique » pour désigner des gouvernements qui concentrent les pouvoirs au bénéfice de l'exécutif tout en s'appuyant sur le peuple à chaque opération politique majeure, en détournant des procédés de démocratie semi-directe, tels que le référendum, pour en faire des plébiscites (plébiscites napoléoniens). Les apparences démocratiques cachent alors la réalité du césarisme : la confusion des pouvoirs au profit d'un organe incontrôlé, définition même de l'autoritarisme[réf. nécessaire].\n\nD’après l’historien israélien Jacob L. Talmon, la philosophie des Lumières donna la matrice des trois précurseurs du totalitarisme : Jean-Jacques Rousseau (auteur de la théorie de la volonté générale), Maximilien de Robespierre (le premier praticien de la Terreur) et Gracchus Babeuf (le premier conspirateur communiste). Comme Jacob Talmon, Alain Besançon voit dans la Révolution française la matrice du totalitarisme et porte un regard très critique sur l'héritage rationaliste des Lumières.\n\nEmpereur des Français de 1852 à 1870, Napoléon III, exercera un pouvoir absolu [source insuffisante] de 1852 à 1860, année où le Second Empire commence à devenir progressivement un Empire libéral, quand le Corps législatif et le Sénat obtiennent le droit d'adresse (réponse des Chambres au discours annuel du Trône), puis en 1861, la Constitution est modifiée, donnant au corps législatif le droit de publier ses débats, suivi du pouvoir d'interpeller le gouvernement en 1867, et enfin l'initiative des lois et le droit d'amendement en 1869. C'est l'instauration d'un régime semi-parlementaire.\n\n", "title": " L'absolutisme en France - Pouvoir absolu après la monarchie " }, { "img": [], "source_text": "À la suite de l'invasion allemande du 10 mai 1940, l'armée française ne cesse de battre en retraite, obligeant le gouvernement Paul Reynaud, réfugié à Bordeaux, de choisir entre, ou continuer la guerre en partant en exil, ou demander l'armistice. C'est ce dernier choix qui est pris le 16 juin 1940 par le gouvernement contre l'avis d'Albert Lebrun, le président de la République.\n\nSi la législation lui en avait donné le droit, Lebrun aurait continué la guerre et n'aurait pas été obligé de nommer à la tête du gouvernement Philippe Pétain qui signa l'armistice le 22 juin à Compiègne.\n\nMalgré les combats terminés, Pierre Laval, ministre de la Justice, manœuvra pour que l'Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet à Vichy, instituant le régime autocratique de Vichy. Au départ seuls 27 parlementaires refusèrent de voter la loi qui « aboutirait inéluctablement à la disparition du régime républicain »[réf. nécessaire] en lui confiant des pouvoirs dictatoriaux, et finalement, ils furent seulement 80 à voter « contre ».\n\n", "title": " L'absolutisme en France - L'absolutisme en Régime de Vichy (1940-1944) " }, { "img": [], "source_text": "Le 15 avril 1958, la dérive des finances publiques fait chuter le gouvernement Félix Gaillard et il fallut 28 jours de longues négociations pour choisir un nouveau chef du gouvernement, le MRP Pierre Pflimlin, le 13 mai. Craignant que Pflimlin, soupçonné d'être favorable à des négociations avec le FLN (Front de libération nationale), ne « brade l'Algérie », l'officier Pierre Lagaillarde et des généraux comme Raoul Salan et Jacques Massu, forment à Alger un Comité et lancent un coup d'État. Le 15 mai, le Comité réclame le retour de De Gaulle. Le 17 mai 1958, le Parlement vote l'État d'urgence sur proposition de Pierre Pflimlin qui démissionne le 28 mai. Le président de la République René Coty nomme alors De Gaulle chef du gouvernement. Celui-ci rédige une nouvelle constitution, promulguée le 4 octobre 1958.\n\nLa Cinquième République donne au président de la République la possibilité d'invoquer l'article 16, qui lui permet de décider sans contre-pouvoir dans un régime absolu et d'exception. Cet article ne pouvant être invoqué que « Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu. » Le but de cet article est de permettre au chef de l'État d'assurer la continuité des pouvoirs publics lors de circonstances exceptionnelles, afin de corriger les errements de l'autorité publique auxquels a été confronté la Troisième République.\n\nÀ la suite du putsch des généraux à Alger, le président de la République Charles de Gaulle applique l'État d'urgence le 22 avril 1961. C'est sous ce régime d'exception que l'article 16 permit à Charles de Gaulle de prendre des décisions sans contrôle parlementaire : prolongation de la durée de la garde à vue à quinze jours et extension de l'« internement administratif » aux partisans de l'Algérie française. Le 29 septembre 1961, à la fin de ces « pouvoirs exceptionnels », une ordonnance proroge l'état d'urgence jusqu'au 15 juillet 1962, puis jusqu'au 31 mai 1963.\n\n", "title": " L'absolutisme en France - Régime d'exception par l'article 16 (1961-1962) " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Absolutisme
Antibiotique - Thérapeutique (2)
2,929
[ { "img": [], "source_text": "\n\nUn antibiotique (du grec anti : « contre », et bios : « la vie ») est une substance naturelle ou synthétique qui détruit ou bloque la croissance des bactéries. Dans le premier cas, on parle d'antibiotique bactéricide et dans le second cas d'antibiotique bactériostatique. Lorsque la substance est utilisée de manière externe pour tuer la bactérie par contact, on ne parle pas d'antibiotique mais d'antiseptique.\n\nUn antibiotique peut être à la fois bactéricide et bactériostatique, tout dépendant de sa dose.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Plusieurs mécanismes peuvent expliquer les effets indésirables liés à la prise d'antibiotique, parmi lesquels on trouve :\n\nImmunotoxicité : le médicament joue alors le rôle d'élément sensibilisateur. Les principales classes d'antibiotiques concernées sont les bêta-lactamines et les sulfamides. On distingue selon la classification de Gell et Coombs, les réactions\n\nde type 1 provoquant des phénomènes anaphylactiques, asthme, choc anaphylactique). Les pénicillines peuvent induire des réactions anaphylactiques avec une prévalence de 0,01 % (réf. 1968 mais largement citée dans la littérature)\n\nde type 2 (cytopénie, anémie hémolytique...),\n\nde type 3 (vascularite immuno-allergique...),\n\nde type 4 (hypersensibilité retardée).\n\nRéactions anaphylactoïdes : la perfusion trop rapide de vancomycine peut entraîner un syndrome dit de l'Homme Rouge (Red Man Syndrome), lié à un phénomène d'histamino-libération.\n\nL'acide fusidique ou la rifampicine peuvent entraîner une hyperbilirubinémie.\n\nL'amphotéricine B augmente le risque d'hypokaliémie.\n\nInteractions médicamenteuses (induction et inhibition enzymatique) :\n\nCertains antibiotiques sont des inhibiteurs enzymatiques. C'est le cas des macrolides, de certaines cyclines telle la doxycycline, du métronidazole, de certains anti-fongiques azolés (fluconazole, itraconazole, kétoconazole, miconazole). Ils peuvent alors entraîner un surdosage des antivitaminiques K (AVK), de la théophyline, des dérives de l'ergot de seigle (ergotisme, nécrose des extrémités), risque majorée d'hypoglycémie (avec les azolés).\n\nCertains antibiotiques sont des inducteurs enzymatiques. C'est le cas de la rifampicine, de la rifabutine. Ils peuvent alors diminuer le taux des œstroprogestatifs, majorer l'hépatotoxicité de l'isoniazide..\n\nPhototoxicité des fluoroquinolones, des cyclines ou du voriconazole.\n\n", "title": " Effets secondaires - Mécanismes " }, { "img": [], "source_text": "Certains antibiotiques ne sont pas totalement spécifiques des bactéries et ont une certaine toxicité sur les cellules humaines, en particulier en cas de surdosage. C'est en particulier le cas pour certains antibiotiques qui ciblent la synthèse des protéines et le ribosome, comme les aminoglycosides. Il existe en effet une assez grande similarité de fonctionnement entre le ribosome des bactéries et celui qui est présent dans les mitochondries des animaux, ce qui, à forte dose, peut conduire à une inhibition des ribosomes mitochondriaux et donc à un effet toxique. Ce mécanisme est responsable de la nephrotoxicité des aminoglycosides à trop forte dose (voir plus bas).\n\nCertains antibiotiques peuvent aussi réduire l'efficacité du système immunitaire chez la souris et altérer les cellules épithéliales chez l'homme.\n\n", "title": " Effets secondaires - Toxicité " }, { "img": [], "source_text": "Des bronchospames, des insuffisances respiratoires aigües[Combien ?] peuvent être liés à des réactions anaphylactoïdes.\n\nDes pneumopathies interstitielles immuno-allergiques peuvent être provoquées par les bêta-lactamines, les sulfamides ou les cyclines. On décrit aussi des pneumopathies alvéolaire aigües liée à la prise de bêta-lactamines ou de cyclines. Les nitrofurantoïnes peuvent rarement provoquer des pneumopathies interstitielles desquamations. Les sulfamides et les bêta-lactamines peuvent induire des angéites leucocytoclasiques.\n\n", "title": " Effets secondaires - Manifestations pulmonaires " }, { "img": [], "source_text": "Néphropathie toxique : on observe des nécroses tubulaires aigües notamment provoquées par les aminosides (prévalence entre 7 % et 25 %, la gentamicin (26 %) étant plus néphrotoxique que la tobramycin (12 %)), les céphalosporines, l'amphotéricine B (une dysfonction rénale est observée dans 60 % à 80 % des cas, mais dans une large mesure, ces perturbations sont transitoires) et les polymyxines, des néphropathies tubulo-interstitielles provoquées par les bêta-lactamines, les sulfamides, la rifampicine, les fluoroquinolones, les glycopeptides et les nitrofurantoïnes.\n\nDes néphropathies immuno-allergiques peuvent être provoquées par de très nombreuses classes d'antibiotiques. Les bêta-lactamines et la rifampicine sont les plus souvent incriminées.\n\nÀ noter les cristalluries provoquées par les fluoroquinolones ou les sulfamides, les nitrofurantoïnes, et les lithiases rénales provoquées par les pénicillines, les céphalosporines, les nitrofurantoïnes ou la sulfadiazine. On décrit aussi des glomérulonéphrites induite par la rifampicine ou l'isoniazide ou par la prise de cyclines.\n\n", "title": " Effets secondaires - Manifestations rénales " }, { "img": [], "source_text": "Les aminosides présentent une toxicité cochléo-vestibulaire. Celle-ci est cumulative et irréversible en cas de traitement prolongé. Précisément, on note une vestibulo-toxicité de l'ordre de 15 % des patients traités (certaines études rapportent une vestibulotoxicité de 10 % pour les streptomycine, et de 20 % pour la gentamicine).\n\nUne hypertension intra-crânienne peut être liée à la prise de fluoroquinolones, de tétracyclines, des nitrofurantoïnes, du sulfaméthoxazole.\n\nDes troubles neuro-sensoriels sont possibles après la prise de fluoroquinolones. Indiquons que rarement l'hydroxyquinoléine peut entraîner des neuropathies sensitives ainsi que des névrites optiques, et l'imidazolé (auquel les quinoléines sont associées dans le traitement des amoeboses intestinales), peut entrainer, à forte dose, une neuropathie sensitive.\n\nDe façon assez peu spécifique, insomnies et vertiges peuvent être observés après la prise de nombreuses classes d'antibiotiques.\n\n", "title": " Effets secondaires - Manifestations neurologiques " }, { "img": [], "source_text": "Comme d'autres médicaments, les antibiotiques peuvent parfois induire des syndromes hématologiques :\n\nCytopénies observées avec les bêta-lactamines, les sulfamides et sont en général réversibles. On estime à 1 % la prévalence d'une neutropénie induite par la prise de bêta-lactamines, chez les patients ayant une fonction hépatique normale et pour une prise de moins de 10 jours. À noter, les effets myélotoxiques des oxazolidinones, notamment pour les traitements au long coursDes anémies hémolytiques (immune, déficit en G6PD) sont décrites après la prise de sulfamides, de céphalosporines. La sulfasalazine peut provoquer une anémie mégaloblastique\n\nLes sulfamides peuvent entraîner une agranulocytose, une anémie hémolytique, une aplasie médullaire. Le chloramphénicol provoque rarement une aplasie médullaire ou une anémie sidéroblastique.\n\nDes coagulopathies sont décrites, en particulier des hypoprothrombinémies à la suite de la prise de bêta-lactamines, de cyclines mais aussi la prise de sulfamides, de chloramphénicol.\n\nLa dapsone peut provoquer une méthémoglobinémie.\n\nPar ailleurs, selon un mécanisme allergique, les antibiotiques peuvent induire un syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse, lequel s'accompagne en règle générale d'une hyperéosinophilie.\n\n", "title": " Effets secondaires - Manifestations hématologiques " }, { "img": [], "source_text": "Parmi les effets secondaires documentés au niveau hépatique, on peut citer :\n\nHépatites cytolytiques avec les kétolides, l'isoniazide, la rifampicine,\n\nHépatites cholestatiques avec l'amoxicilline-acide clavulanique, l'érythromicine\n\nL'acide fusidique ou la rifampicine peuvent entraîner une hyperbilirubinémie.\n\n", "title": " Effets secondaires - Manifestations hépatiques " }, { "img": [], "source_text": "Les antibiotiques sont parmi les médicaments ceux pour lesquels les réactions allergiques sont les plus fréquentes. C'est en particulier le cas des bêta-lactames et des macrolides. L'allergie à l'un des antibiotiques d'une famille rend probable l'existence d'une allergie aux autres antibiotiques de la même classe. En revanche, il n'y a pas de raison qu'il existe des allergies croisées entre molécules de classes différentes, compte tenu des différences importantes de structure chimique, de mode d'action et de biodisponibilité. Les allergies aux pénicillines sont particulièrement fréquentes mais peuvent disparaître après plusieurs années.\n\nLes manifestations allergiques peuvent inclure des éruptions cutanées (rash), de l'urticaire, de l'œdème, de la gêne respiratoire et plus rarement des manifestations plus graves (œdème de Quincke, choc anaphylactique...). Indiquons l’effet Antabuse qui peut être provoqué par les imidazolés.\n\n", "title": " Effets secondaires - Allergies " } ]
wik-hist-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antibiotique
Des chrétiens dans l’empire
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[ { "img": [], "source_text": " Dans la province romaine de Judée, de nombreux Juifs supportent de moins en moins bien la domination romaine et attendent l'arrivée du Messie, pour délivrer leur peuple et rétablir le royaume d'Israël.\n\nJésus naît vers 4 avant J.‑C. Il prêche l'amour et le pardon et annonce être le fils de Dieu. Il attire de nombreux disciples qui voient en lui le Messie. Considéré comme un agitateur par les autorités romaines, Jésus est arrêté et crucifié vers 30 après J.‑C. Après sa mort, ses disciples, convaincus de sa résurrection, diffusent son message et écrivent les Évangiles dans la seconde moitié du Ier siècle après J.‑C.", "title": "A La naissance du christianisme" }, { "img": [], "source_text": " Par leurs voyages, les apôtres diffusent les enseignements de Jésus à travers le bassin méditerranéen. Après sa conversion, Paul est l'un des principaux acteurs de cette diffusion.\n\nLes premières communautés chrétiennes voient le jour à Jérusalem, en Asie mineure, en Grèce ou encore en Italie. Les chrétiens se réunissent pour prier : on appelle bientôt ces lieux des églises, du grec ekklésia, qui veut dire « l'assemblée ». Des prêtres apparaissent pour guider les fidèles : ils s'organisent petit à petit et forment la première Église chrétienne.", "title": "B La diffusion du christianisme" }, { "img": [], "source_text": " Les premières communautés chrétiennes se développent en Égypte, au Proche-Orient, en Italie. Les Romains sont d'abord indifférents. Mais les chrétiens refusent de respecter le culte impérial et celui des dieux traditionnels, ce qui conduit à des persécutions occasionnelles.\n\nEn 313 après J.‑C., par l'édit de Milan, l'empereur Constantin met fin aux persécutions et autorise le christianisme. Lui-même se convertit un peu avant sa mort. À la fin du IVe siècle après J.‑C., le christianisme devient la religion officielle de l'empire romain. En 392, l'empereur Théodose interdit le polythéisme : le christianisme triomphe et s'impose partout.", "title": "C Les chrétiens tolérés, persécutés puis victorieux" }, { "img": [], "source_text": " Les apôtres : douze premiers compagnons de Jésus qui diffusent son message.\n\nUn chrétien  : personne qui suit les enseignements de Jésus et croit qu'il est le fils de Dieu.\n\nL'Église  : ensemble des chrétiens (fidèles et prêtres).\n\nUne église  : lieu de culte des chrétiens.\n\nLes Évangiles  : récits écrits par les disciples de Jésus après sa mort, pour raconter sa vie et son message.\n\nLe Messie  : libérateur et sauveur envoyé par Dieu.\n\nUne persécution  : ensemble d'interdictions et de violences contre un groupe de personnes.\n\nLa résurrection  : fait de mourir puis de revenir à la vie.", "title": "Notions" } ]
lls-histoire-geographie-sixieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/53729280
Économie de la république populaire de Chine - Historique (2)
725
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Chine est le deuxième pays du monde par son produit intérieur brut (PIB) nominal, derrière les États-Unis. En 2014, elle est devenue, selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le premier pays au monde pour le PIB à parité de pouvoir d'achat (PPA), passant devant les États-Unis. En 2017, le produit intérieur brut (PIB) en PPA chinois s'est élevé à environ 23 120 milliards de US$ contre 19 360 milliards de US$ approximativement pour les États-Unis, ce qui confirme bien le dépassement chinois à long terme.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Après la mort de Mao Zedong en 1976, une lutte féroce entre prétendants fait rage au sommet de l'État. L'ex-secrétaire général du Parti communiste Deng Xiaoping parvient finalement au pouvoir en 1978. Jusqu'à son retrait de la vie politique en 1992, il met en œuvre une politique fréquemment désignée sous le nom d'économie socialiste de marché, dans la mesure où elle marie des éléments de l'époque maoïste (contrôle politique autoritaire de l'économie, plans volontaristes d'industrialisation et de grands travaux) et un certain libéralisme économique. Cette synthèse idéologique permet à la Chine d'ouvrir progressivement son économie tout en conservant son régime politique.\n\nLa Chine entame ainsi dans les années 1980 « une libéralisation limitée du marché intérieur et une ouverture graduelle aux investissements internationaux ». En 1986, elle demande à adhérer à l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), précurseur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qu'elle rejoindra en 2001.\n\nDepuis les années 1980, la Chine connaît une industrialisation massive et est ainsi peu à peu devenue un acteur majeur dans les industries de main-d'œuvre, les industries textiles et les objets manufacturés de basse qualité. Grâce à une main-d'œuvre nombreuse et bon marché ainsi qu'à un taux de change très compétitif, elle peut exporter de très grandes quantités à des prix très bas. L'industrialisation volontariste renforce ses capacités productives et exportatrices d'année en année, ce qui vaut au pays le surnom d'« atelier du monde ».\n\nL'ouverture économique internationale de la Chine repose quant à elle sur les Zones économiques spéciales (ZES), qui couvrent aujourd'hui la quasi-intégralité du littoral chinois. Offrant des conditions de travail à bas coût et des avantages fiscaux aux firmes multinationales, elles les contraignent toutefois à rendre publiques leurs technologies en cas de délocalisation des usines. Les autorités chinoises ont adopté une stratégie d'ouverture très progressive, qui n'a commencé à se concrétiser que dans les années 1990 pour des secteurs-clés comme les banques ou les assurances. Cette ouverture parcimonieuse, synonyme d'arrivée de capitaux étrangers, lui a permis de quasiment ignorer la crise asiatique de 1997.\n\n", "title": " Depuis 1976: essor de « l'économie socialiste de marché » - L'ère Xiaoping " }, { "img": [], "source_text": "Symbole de son insertion progressive dans le système économique international, la république populaire de Chine adhère à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) le 11 décembre 2001.\n\nCette adhésion, officiellement demandée par la république populaire de Chine le 10 juillet 1986, couronne vingt ans d'un travail de réformes économiques soigneusement planifiées et fait suite à quinze ans de dures négociations. Les négociations permettant cette adhésion ont abouti le 17 septembre 2001. À la suite de ces négociations, la république populaire de Chine a donc adhéré à l'OMC le 11 décembre, après une cérémonie de signature à Doha le 11 novembre, pour devenir officiellement membre de l'organisation au 1er janvier 2002.\n\nComme prévu lors des négociations, la république populaire de Chine s'engage à libéraliser son économie et doit en particulier :\n\naccorder un traitement non discriminatoire à tous les membres de l'OMC. Toutes les entreprises étrangères se verraient accorder un traitement qui ne serait pas moins favorable que celui accordé aux entreprises chinoises en matière de commerce ;\n\nne pas pratiquer de contrôle des prix à des fins de protection des producteurs ou fournisseurs de service locaux ;\n\nrefondre sa législation intérieure, présente et future, pour la mettre en accord avec l'accord conclu avec l'OMC ;\n\ndans les trois ans suivant l'adhésion, donner le droit à toutes les entreprises d'importer, d'exporter et de commercer librement avec l'étranger, avec un nombre limité d'exceptions ;\n\nne pas maintenir ou accorder de subventions à l'exportation sur ses produits agricoles.\n\n", "title": " Depuis 1976: essor de « l'économie socialiste de marché » - Adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (2001) " }, { "img": [], "source_text": "L'adhésion de la Chine à l'OMC en 2001 a confirmé sa place grandissante dans l'économie mondiale, faisant d'elle un nouveau pôle économique de taille mondiale à l'instar des États-Unis, de l'Union européenne et du Japon. Les exportations chinoises, particulièrement compétitives en raison du faible taux de change du yuan, constituent une grande partie du déficit commercial américain. La Chine dispose ainsi d'énormes réserves de change, qui garantissent dix-huit mois d'importation, en couvrant dix fois les dettes à court terme du pays et en gageant 20 % de la masse monétaire. Dopée par l'excédent commercial, la Banque du Peuple engrange quinze milliards de dollars de devises supplémentaires chaque mois. Parallèlement, le gouvernement chinois lance sa Go Out policy, stratégie de mondialisation encourageant les entreprises chinoises à investir dans les secteurs stratégiques des économies étrangères.\n\nDes délégués participant au XVIe Congrès du Parti communiste chinois en novembre 2002 à Beijing ont souligné que la réussite de la réforme des entreprises d'État — entreprise au début des années 1990 par Jiang Zemin — a été primordiale pour promouvoir le développement rapide de l'économie nationale et l'accroissement du niveau de vie. Ces entreprises publiques sont supervisés par la State-owned Assets Supervision and Administration Commission (SASAC) fondée 10 mars 2003 et dirigé par le Conseil des affaires de l'État de la république populaire de Chine. Elle avait 196 entreprises publiques sous sa supervision en 2003, mais ce nombre a été réduit à 97 en 2016.\n\nCependant, dans le nouveau contexte économique teinté de libéralisme, les entreprises publiques — ou danwei — ont du mal à trouver leur place et rencontrent quelques difficultés. Leurs pertes ont atteint le chiffre record de 102,6 milliards de yuans (12,75 milliards de dollars) en 2005, soit une augmentation de 56,7 % en base annuelle, selon les chiffres du Bureau d'État des Statistiques (BES). Sur les deux premiers mois de 2006, les pertes des entreprises publiques ou contrôlées par l'État atteignent déjà 26,2 milliards de yuans, soit 3,25 milliards de dollars. L'augmentation des coûts de production, un système de fixation des prix inefficaces, la surcapacité et d'importantes lacunes d'ordre technologique sont les principales causes de cette situation.\n\nAffichant des taux de croissance frôlant régulièrement les 10 % par an depuis 1978, soit un doublement du niveau de vie moyen tous les huit à neuf ans, compte tenu d'une croissance démographique de 1 % par an, l'économie chinoise est parfois décrite comme étant en « surchauffe ».\n\nAu cours de l'été 2007, a eu lieu le scandale des fournisseurs de peintures et de pigments qui se sont avérés être des falsifications de matières premières à l'insu des ateliers chinois. S'inquiétant de la mise en cause de la sécurité des jouets, la Chine a renforcé les contrôles de qualité, sécurité et fiabilité afin de rassurer les importateurs de jouets dans le monde, et interdit l'utilisation de peintures au plomb dans la fabrication de jouets. Par ailleurs, ses produits sont soumis aux normes de sécurité des pays importateurs.\n\n", "title": " Depuis 1976: essor de « l'économie socialiste de marché » - Années 2000 : une place grandissante dans l'économie mondiale " } ]
wik-geo-premiere
https://fr.wikipedia.org/wiki/Économie_de_la_république_populaire_de_Chine
Absolutisme - L'absolutisme en Europe (3)
3,150
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'absolutisme est un concept lié aux réactions de régimes politiques centraux, généralement monarchiques, visant à l'affranchissement des contrepoids (parlementaires, traditionnels ou constitutionnels) liés aux premières formes de séparation des pouvoirs qui ont suivi les formes consultatives (droit de remontrance et d'enregistrement des lois). Les qualificatifs d'absolutisme apparaissent quand le pouvoir central se dégage des remontrances et oppose des vetos aux contre-pouvoirs. L'absolutisme est lié aux périodes de centralisation politique et militaire caractérisées par la consolidation de la souveraineté territoriale des États, d'importants changements d'ordre militaire, l'affaiblissement du droit coutumier, la diffusion du droit romain, la montée du mercantilisme, ainsi qu'une importance accrue du rôle de la cour et surtout du roi dont la sacralité ne se porte plus simplement sur la fonction mais sur la personne physique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les monarchies absolues sont souvent très limitées au niveau de l'exécution.\n\nLe roi de France doit respecter des règles qui limitent son pouvoir : il doit appliquer les lois fondamentales du royaume de France.Pour la succession, le roi ne peut pas choisir son héritier car les principes de l'hérédité, de la primogéniture masculine et de collatéralité masculine des lois fondamentales s'imposent à tous. Il ne peut pas non plus abdiquer. La royauté devient effective avec l'intronisation du candidat par les douze pairs de France (6 laïques et 6 ecclésiastiques) lors de la cérémonie du sacre au cours de laquelle il prononce le serment de protéger les œuvres de l'Église et de maintenir et de défendre les coutumes et les droits de ses peuples. Ainsi, il se doit d'être catholique selon le principe de catholicité du roi, créé véritablement en 1593. Le roi ne peut ni aliéner le domaine royal, ni l'accroître en prenant ou reprenant ce qui relève du domaine privé, excepté avec un motif et une procédure légale, c'est le principe de l'indisponibilité du royaume. Représentant de l'État, le roi dispose du pouvoir de traiter avec les puissances étrangères, de déclarer la guerre, de lever des hommes d'armes, d'émettre de la monnaie, d'accueillir et de naturaliser des étrangers. En matière législative, il n'a pas le pouvoir de changer les lois civiles dont la source est coutumière, canonique et jurisprudentielle. Le roi ne peut rien contre la coutume. Elle ne peut être modifiée de manière autoritaire. Ainsi, il peut peu à peu réduire l'indépendance des villes, des seigneuries, le rôle politique de l'Église, pas les statuts coutumiers ; il peut révoquer les privilèges concédés par un de ses prédécesseurs, mais non les privilèges coutumiers. Le roi peut essayer de les user, de les rogner par des mesures indirectes, il ne peut rien directement, les parlements soumettant les lois royales, avant leur enregistrement, à leur délibération pour vérifier si elles sont justes et raisonnables. Le Parlement ne manque pas de le rappeler : « En même temps, Sire, que nous reconnaissons que vous êtes le seul maître, seul législateur […] nous croyons de notre devoir de vous présenter qu'il y a des lois aussi anciennes que la Monarchie qui sont fixes et invariables, dont le dépôt vous a été transmis par la couronne ; vous promettez à votre sacre de les exécuter… C'est à la stabilité de ces lois que nous sommes redevables de vous avoir pour maître ».\n\nLes édits, les ordonnances et les lettres patentes ne portent que sur le droit public : ce sont presque toujours des règlements d'administration publique. En matière administrative, il nomme les ministres, les gouverneurs militaires, les intendants, etc. En matière judiciaire, la justice est exercée en son nom par une multitude de juridictions dont le degré supérieur est constitué par les parlements régionaux ou les cours souveraines, qui sont ses plus féroces contrepouvoirs (ils ont mené à la Révolution). Le roi peut exceptionnellement retenir sa justice, soit en appelant une cause pour la juger souverainement devant son conseil, soit en donnant un ordre comme celui d'arrêter, de gracier, d'emprisonner ou d'assigner à résidence un particulier avec une lettre de cachet. En matière fiscale, les impôts et les taxes ne sont pas un tribut payé par des peuples vaincus ; ils sont consentis et ne peuvent pas être augmentés sans la réunion des états généraux.\n\nLouis XIV gouvernait sans premier ministre et décidait seul, tout en prenant les conseils de son chancelier, de ses ministres et de ses secrétaires d'État.\n\nMalgré tous les efforts entrepris par le Roi-Soleil, la monarchie française du XVIIe siècle ne fut jamais absolue. Le royaume de France est l'un des plus peuplés d'Europe et l'administration n'est pas suffisante pour imposer un pouvoir sans limite. Les décisions royales se heurtent à la société de corps : sous l'Ancien Régime, les provinces, les villes, les corporations et ordres disposent de privilèges que le souverain doit respecter. Le clergé a, par exemple, ses propres tribunaux et ses propres procédures judiciaires. Depuis le Moyen Âge, les libertés (entendons les franchises et les exemptions collectives) autorisent un grand nombre de Français à disposer de droits particuliers. Les sujets ne parlent pas tous la même langue, n'ont pas les mêmes mesures… L'absence de moyens d'action efficaces est aussi un frein à l'absolutisme royal : absence de moyens de communication rapides, petit nombre des représentants du roi, faiblesse de la police, faiblesse des ressources… Les états généraux et états provinciaux (Ancien Régime) sont réunis en temps de crise et sont une tribune pour les représentants des trois ordres. Ces institutions vont à l'encontre des visées absolutistes de Louis XIV. C'est pourquoi les états généraux n'ont jamais été réunis sous son règne.\n\nAu XVIIIe siècle, l'absolutisme est surtout critiqué par les philosophes des Lumières tels que Denis Diderot ou encore Jean-Jacques Rousseau. Cependant, certains philosophes acceptent une forme d'absolutisme, le despotisme éclairé. Dans ce cadre, l'État absolu est soumis à la raison (des Lumières) qui doit tout gouverner. Le despote éclairé utilise son autorité absolue pour faire aboutir les réformes nécessaires au progrès et conformes au bonheur terrestre des individus. Les gouvernés sont perçus comme incapables de saisir le sens du progrès. Il faut donc procéder de façon autoritaire. Les princes, éclairés par les philosophes, doivent faire exécuter leurs plans par une administration efficace. L'absolutisme éclairé conduit à une rationalisation des moyens du pouvoir, à une réduction du pouvoir de l'aristocratie.Montesquieu s'en prend de deux manières à l'absolutisme. Dans les lettres persanes, il raille l'autorité absolue du roi : « D'ailleurs ce roi est un grand magicien : il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets ; il les fait penser comme il veut ». Dans De l'esprit des lois, il déclare que le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire ne peuvent être concentrés dans les mains de la même classe sociale, sous peine de tomber dans le despotisme. Dans l'Encyclopédie, l'article portant sur l'autorité politique critique l'absolutisme. La remise en cause du système politique prend une tournure radicale en 1789 lorsque les députés se déclarent Assemblée nationale et qu'ils rédigent par la suite une constitution écrite, la première de l'histoire du pays. On passe alors à un régime de monarchie constitutionnelle. Le mot « absolutisme » a été forgé sous la Révolution française, de même que l'expression « Ancien Régime ». Il fut alors chargé d'un sens négatif et systématiquement opposé à l'œuvre de la République. Les journées d'octobre 1789 ramènent le roi à Paris ; la cour est déstructurée et Versailles cesse d'être le lieu de l'absolutisme. Quelques années plus tard, les objets du sacre et les symboles royaux sont détruits par les révolutionnaires. La monarchie absolue de droit divin a vécu.\n\n", "title": " L'absolutisme en France - La monarchie absolue - Limites et critiques de l'absolutisme français " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Absolutisme
Histoire de l'anatomie - Époque moderne (3)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’histoire de l'anatomie prend sa source dans l'observation du corps humain. Elle est pratiquée dès la préhistoire, sans doute motivée par la chasse, mais également pour des raisons thérapeutiques, comme le laisse supposer la trépanation. Articulée aux coutumes magiques ou religieuses en Mésopotamie, en Grèce et en Égypte, l'étude de l'anatomie pour elle-même prend son essor en Grèce antique avec les progrès de la dissection, essentiellement effectuée sur des animaux. La médecine hippocratique et les réflexions des philosophes comme Aristote réussissent à la détacher de la religion en la rattachant aux sciences médicales et à l'histoire naturelle. L'École d'Alexandrie contribue à l'avancée de la discipline en brisant un court laps de temps le tabou de la dissection humaine. L'œuvre abondante de Galien, auteur de nombreuses dissections animales, exerce une influence notable à l'époque médiévale dans le monde islamique et en Europe.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Même si le corps humain est dès lors connu dans les grandes lignes, des progrès significatifs sont effectués pendant le siècle des Lumières, notamment dans la description des systèmes squelettique, nerveux et lymphatique, des muscles et des ligaments.\n\nLe XVIIIe siècle voit se multiplier les collections et les musées anatomiques. Les Meckel développent une collection sur trois générations, initiée par Johann Friedrich Meckel l'Ancien, poursuivie par son fils Philipp Friedrich Meckel et complétée par l'un de ses enfants, Johann Friedrich Meckel le Jeune. Elle est confiée à l'Institut anatomique de l'université de Halle après sa mort.De manière plus générale, cette lignée d'anatomistes apporte des contributions significatives dans les sciences médicales ; ainsi, Johann Friedrich Meckel l'Ancien améliore la connaissance du nerf trijumeau et Johann Friedrich Meckel le Jeune joue un rôle pionnier en tératologieEn Écosse, les spécimens anatomiques deux frères William et John Hunter contribuent respectivement à enrichir les fonds de l’université de Glasgow (présentées dans une galerie dédiée) et du Royal College of Surgeons, donnant lieu au Hunterian Museum de Londres. En France, Honoré Fragonard, professeur d'anatomie à l'École vétérinaire d'Alfort, confectionne des préparations à destination de ses étudiants, plus tard conservées au Musée Fragonard.\n\nLa fabrication de modèles en cire renouvelle l’enseignement de l’anatomie en évitant le recours systématique à la dissection. Si son usage débute avec la collaboration de Giuliano Zumbo et Guillaume Desnoues, c'est dans la première moitié du XVIIIe siècle à Bologne que cette démarche est intégrée de manière systématique à l'enseignement et à la recherche. Ercole Lelli fonde une école d'anatomie en 1742 et remplace les spécimens périssables par des modèles en cire.\n\nAprès de multiples devanciers comme Richard Loewer, Marcello Malpighi et Johann Jakob Wepfer, le médecin Giovanni Jean-Baptiste Morgagni ouvre véritablement le champ de l’anatomie pathologique avec son De sedibus et causis morborum per anatomen indagatis libri quinque, publiée à Venise en 1761. S’appuyant sur plus de 600 dissections, il met en corrélation les symptômes cliniques avec les observations post-mortem.\n\nJacques-Bénigne Winslow écrit Exposition anatomique de la structure du corps humain en quatre volumes, publiée en 1732, principalement novateur pour son apport à l'anatomie externe et à la myologie. Il note ainsi l'importance de comprendre la fonction musculaire pour soigner les fractures. En dépit de la quasi-absence d'illustrations, l'ouvrage utilise un système de tables qui favorise la mémorisation des muscles et des os. Il apporte des observations décisives en neuroanatomie par ses descriptions des nerfs crâniens, du sinus caverneux et du système sympathique. Il lègue son nom, entre autres, au hiatus de Winslow ou foramen omental.\n\nDans le sillage de Winslow et de Bernhard Siegfried Albinus, le savant Albrecht von Haller mène de nombreuses recherches sur l'anatomie descriptive. À l'Université de Göttingen, il observe plus de 400 cadavres à l’aide des techniques d'injection vasculaire au mercure, notant les fréquences les plus élevées parmi les variantes anatomiques. Son atlas Icones anatomicæ..., publié en 1749, offre une représentation remarquable du réseau artériel. Considérant que la physiologie est une « anatomie animée », il rédige le premier manuel de physiologie générale, Primae linae physiologia, ou Premières esquisses de physiologie, paru en 1747. Il assoit sur une base expérimentale la théorie des propriétés vitales de Francis Glisson, en distinguant la contractilité (correspondant à la notion moderne d'élasticité), l'irritabilité (relative à la contraction musculaire ou à l’excitabilité des organes et des tissus) et la sensibilité (en lien avec le système nerveux).\n\nPar son étude parallèle des membres des quadrupèdes et des êtres humains, Félix Vicq d'Azyr peut être considéré comme un précurseur de l’anatomie comparée. Professeur à l'École vétérinaire d'Alfort, élu à l'Académie des sciences grâce à ses travaux sur les poissons et les oiseaux, il rédige plusieurs mémoires pour cette institution, consacrés par exemple à l'anatomie des singes ou à la structure des organes vocaux chez l'homme et l'animal. Considérant comme Haller que l'anatomie est le fondement de la physiologie, il pose le principe de corrélation des organes développé plus tard par Cuvier, affirmant par exemple que la forme des dents implique une certaine structure du tube digestif en raison du mode d'alimentation qu'elle suppose. Ses mémoires rassemblés sous le titre de Recherches sur la structure du cerveau, du cervelet, de la moelle allongée, de la moelle épinière et l’origine des nerfs de l'homme et des animaux comprend de nombreuses descriptions inédites, comme la division du cerveau en lobes pariétal, frontal et occipital contre la division en lobes antérieur, moyen et postérieur. Il apporte en effet de nombreuses avancées sur l'anatomie du cerveau, révélant plusieurs structures neuroanatomiques, comme le cortex insulaire et le faisceau mammillothalamique. Il isole le sillon central, dénommé sillon de Rolando au XIXe siècle par François Leuret, attribuant par erreur sa découverte à Luigi Rolando. Ses recherches dans ce domaine sont essentiellement publiées en 1786 dans un traité illustré par le graveur Alexandre Briceau. Au siècle suivant, Georges Cuvier assoit le caractère scientifique de l'anatomie comparée en la faisant reposer sur un système de classification des organes, formulant de manière plus rigoureuse et systématique les rapports de subordination et de corrélation entre eux.\n\n", "title": " XVIIIe siècle " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'anatomie
Géographie - Branches scientifiques (2)
887
[ { "img": [], "source_text": "", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La géographie humaine est l'étude spatiale des activités humaines à la surface du globe, donc l'étude de l'écoumène, c'est-à-dire des régions habitées par l'homme. L'analyse de géographie humaine se fait à cette époque par le prisme de densités : on cherche à comprendre les préférences qui guident les hommes dans le choix du lieu où ils vont habiter. La géographie universitaire du début du XXe siècle insiste sur le poids de l'histoire. Dans cette approche, l'interaction entre les hommes et la nature au moyen de leurs connaissances et de leur histoire propre conduit à distinguer les sociétés et les régions en fonction de leur genre de vie.\n\nLa géographie humaine était au début du XXe siècle le parent pauvre de la discipline. Comme la géographie physique, c'était avant tout une discipline très descriptive et peu analytique. Dans les années 1920-1930, une approche économique de la géographie humaine se développe autour d'Albert Demangeon proche de l'école des Annales. Mais, c'est toujours la géographie régionale qui domine lors de cette période. Dans les années 1960 se développe la nouvelle géographie, ou analyse spatiale, qui a l'ambition de dégager des lois universelles à l'organisation de l'espace par l'homme. Cette approche positiviste occupera longtemps une place de choix au sein des courants géographiques. La géographie humaine est renouvelée à la fin des années 1970 par Yves Lacoste, créateur et fondateur de la revue Hérodote en 1976 (intitulée d'abord Stratégies géographies idéologies, puis en 1983 Revue de géographie et de géopolitique) et auteur de l'essai La Géographie, ça sert d'abord à faire la guerre. Il réhabilite alors une approche politique de la géographie, science dont il pense qu'elle peut être utilisée pour servir la cause des opprimés.\n\nUne certaine partie des géographes rejettent entièrement la géographie physique en affirmant la géographie comme une science sociale, cette vision est notamment relayée dans la revue Espace-Temps fondée en 1975 par Jacques Lévy et Christian Grataloup\n\nAujourd'hui, la géopolitique tend à analyser les conséquences de la mondialisation (géoéconomie) et la gestion des ressources naturelles (l'or ; l'or bleu - l'eau ; l'or noir - le pétrole ; l'or vert - la forêt) sont les objets les plus étudiés par la géographie humaine. La géographie humaine s'est aussi enrichie d'une approche culturelle (la géographie culturelle étudie les pratiques et les modes de vie des populations. La géographie du Genre héritière du postmodernisme et sous-branche de la géographie culturelle se développe en France depuis la fin des années 1990.\n\n", "title": " Géographie humaine - Géographie générale " }, { "img": [], "source_text": "La géographie régionale est un courant géographique qui recherche à diviser l'espace en régions. La première étape de cette démarche consiste donc à regrouper sous cette appellation des lieux auxquels on attribue une certaine homogénéité. Ensuite, on pourra dire en quoi cette région est un individu géographique, en quoi elle se distingue des autres régions. Dès les années 1950 dans le monde anglo-saxon, puis avec un retard d'une dizaine, voire une vingtaine d'années en France, le paradigme de la région est vivement critiqué, notamment autour de la revue L'Espace géographique. Si l'approche régionale est considérée obsolète, c'est en vertu de bouleversements mondiaux comme la révolution des transports ou la mondialisation. Ces critiques vont favoriser l’émergence d'un courant qui se veut plus scientifique et objectif : l'école de l'analyse spatiale.\n\nDepuis les années 1970 et 1980, la géographie a vu se développer de nouvelles branches de sa discipline en accord avec une approche pluridisciplinaire (notamment l'utilisation des outils en provenance des disciplines économiques, mathématiques, sciences politiques, sociologiques, et informatiques), inspirée par les géographies scandinave, nord-américaine et anglaise, notamment à travers les approches variées de :\n\nLa géographie humaine inclut les sciences suivantes :\n\n", "title": " Géographie humaine - Géographie régionale " }, { "img": [], "source_text": "L'économie spatiale est un domaine aux confins de la géographie économique et de la microéconomie. Elle étudie les questions de localisation économique, et les relations économiques entre le mondial (mondialisation) et le local (aménagement du territoire, pôle de compétence, délocalisation, etc.).\n\nLa notion d'échelle – ou approche multiscalaire – est essentielle en géographie : suivant que le géographe étudie toute la planète (petite échelle) ou seulement une partie de celle-ci (grande échelle), on parle de géographie générale ou de géographie régionale. De nos jours, on préfère toutefois parler de géographie thématique à la place de géographie générale et de géographie des territoires à la place de géographie régionale.\n\n", "title": " Champs relatifs " }, { "img": [], "source_text": "Avant les années 1970, l'astronomie était une tout autre science. Depuis l'exploration spatiale, la géographie est aussi l'étude des caractéristiques physiques de tous les corps célestes ; aucun mot spécifique n'a été créé pour chacun. Depuis que leurs surfaces commencent à être connues, une même approche guide les études.\n\n", "title": " Autres planètes " }, { "img": [], "source_text": "Seul sélénographie semble utilisé. Le terme aréographie pour Mars, par exemple, a bien été proposé, mais n'a rencontré que très peu de succès.\n\n", "title": " Autres planètes - Exception " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Géographie
Le commerce du blé dans l’empire romain
70
[ { "img": [], "source_text": " Grâce à la paix romaine, les routes commerciales sont sûres, les mêmes lois sont appliquées partout et la monnaie romaine est utilisée dans l'ensemble de l'empire. Le commerce se développe donc dans toute la Méditerranée.\n Comment le commerce du blé est-il organisé dans l'empire romain ?", "title": "Introduction" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/53728584/his67dossierchargement-ble-retoucheok.png" ], "source_text": " ABC Fresque de l'Isis Giminiana trouvée à Ostie, IIe siècle après J.‑C., bibliothèque du Vatican.\n\nDes porteurs chargent les sacs de grains, tandis qu'un magistrat de l'annone (l'administration des greniers publics à Rome) mesure le chargement sous l'œil du capitaine du bateau. Le blé est ensuite acheminé sur le Tibre jusqu'à Rome et transformé en farine pour en faire du pain.", "title": "Doc. 2 Image interactiveLe chargement du blé à Ostie" }, { "img": [], "source_text": " Claude1\n s'occupa très attentivement de Rome et de son ravitaillement [...]. Le grain devenant plus cher après plusieurs années de mauvaises récoltes, il fut un jour arrêté au milieu du Forum par la foule qui l'accablait d'injures et lui jetait des morceaux de pain, en sorte qu'il lui fut difficile de se sauver dans son palais par une porte dérobée. Depuis ce temps, il ne négligea rien pour faire venir des vivres à Rome, même en hiver, offrant aux négociants des bénéfices certains, et se chargeant des dommages, dans le cas où les tempêtes en causeraient. Il fit aussi de grands avantages à ceux qui construisaient des navires pour le commerce des grains. Suétone, Vie des douze Césars, 18, IIe siècle après J.‑C.1. L'empereur Claude (41-54 après J.‑C.).", "title": "Doc. 3 Les mesures de Claude en faveur des marchands de blé" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/53728584/his67dossierboulangerie-pompei-retoucheok.png" ], "source_text": "\n\n\nFresque de Pompéi, Ier siècle après J.‑C., \nMusée archéologique national, Naples.\n\n", "title": "Doc. 4 Une boulangerie à Pompéi" }, { "img": [], "source_text": " Le repas du soir, la cena, est le seul véritable repas de la journée, où l'on reçoit ses invités et où des plats cuisinés sont servis. Le petit déjeuner (ientaculum) et le déjeuner (prandium) sont destinés avant tout à se rassasier : on y consomme des aliments simples comme du pain, du fromage, des fruits et un peu de vin. Seuls les membres de l'élite qui disposent des moyens financiers suffisants ont accès à des marchandises raffinées et aux services de cuisiniers.\n\nDimitri Tilloi d'Ambrosi, historien spécialiste de l'alimentation dans l'empire romain, « De la lettre à l'assiette », Sociopoétiques, 2020.", "title": "Doc. 5 Les menus des Romains" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/53728584
Peste - Bactériologie (1)
2,938
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa peste est une anthropozoonose, c'est-à-dire une maladie commune aux humains et aux animaux, causée par le bacille Yersinia pestis, découvert par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur en 1894.\n\nElle se transmet principalement par piqûre de puce. Son réservoir d'origine est constitué de nombreuses espèces de rongeurs sauvages, ou commensaux comme le rat. Endémique en certaines régions ou foyers, elle peut acquérir un caractère épidémique, voire pandémique, avec un taux élevé de létalité.\n\nLa peste humaine peut prendre trois formes : peste bubonique, peste septicémique et peste pneumonique. La transmission interhumaine peut être indirecte par puce (peste bubonique) ou directe par voie aérienne (peste pulmonaire).\n\nLa peste a eu de nombreux impacts dans l'histoire humaine. Trois grandes pandémies sont distinguées : la première pandémie (VIe au VIIe siècle), la deuxième pandémie (XIVe au XVIIIe siècle) et la troisième pandémie (1855 - milieu du XXe siècle).", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Dans le règne des bactéries, Yersinia pestis est un coccobacille de 0,5 à 0,8 μm de largeur sur 1 à 3 μm de longueur, sans motilité, capsulé, Gram négatif, aéro-anaérobie facultatif, appartenant à la famille des Enterobacteriaceæ. Il présente une coloration bipolaire en présence des colorants Wright (en), Giemsa et Wayson (en) et se développe sur des milieux de culture standards en deux jours à 28 °C.\n\nCe germe est résistant, il reste virulent plusieurs jours dans un organisme en putréfaction. Il est sensible à la chaleur et à la dessiccation (il ne résiste pas longtemps à la lumière solaire), mais il résiste au froid.\n\nIl possède plusieurs facteurs de virulence qui lui permettent de survivre chez l'humain en utilisant les nutriments des cellules hôtes et en empêchant la phagocytose et d'autres mécanismes de défense.\n\nTrois variétés de souches (variétés dites biovars) sont notées à partir de leurs caractéristiques biochimiques : antica, medievalis, et orientalis (il existe d'autres biovars, mais strictement liés aux rongeurs). Les trois biovars liés aux humains auraient correspondu à chacune des 3 pandémies historiques de peste (peste de Justinien, peste noire et peste de Chine). Cette hypothèse, proposée en 1951, est considérée comme inexacte.\n\nDes traces de protéines microbiennes peuvent être détectées même après plusieurs siècles, grâce à des tests dont les archéologues peuvent faire usage. Le séquençage du génome de Y. pestis a été réalisé en 2001 par l'équipe de Julian Parkhill de l'Institut Sanger à Cambridge et par B. Wren. Ils ont détecté 4 012 gènes codant des protéines.\n\nCes techniques biomoléculaires ont permis de rattacher la peste noire à orientalis, et la peste de Justinien à un biovar disparu ou non retrouvé.\n\nLa classification biochimique des souches tend à être remplacée par une classification phylogénétique des Y. pestis en cinq grand embranchements numérotés de 0 à 4. La diversité génétique de Y. pestis est relativement limitée, du fait de son origine récente, mais avec des phases d'explosion du taux de mutations coïncidant avec des épidémies historiques.\n\nY. pestis semble être une évolution de Yersinia pseudotuberculosis, la divergence ayant pu avoir lieu il y a environ 10 000 à 20 000 ans.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Peste
Constantin Ier (empereur romain)
2,644
[ { "img": [], "source_text": "Constantin Ier (en latin: Flavius Valerius Aurelius Constantinus, en grec: Κωνσταντῖνος (Konstantinos)), né à Naissus en Mésie (aujourd'hui Niš en Serbie) le 27 février 272, et mort le 22 mai 337 vers Nicomédie (actuelle Izmit en Turquie) est un empereur romain majeur du IVe siècle.\n\nBien qu'initialement proclamé Auguste de façon illégitime par ses troupes, à la mort de son père Constance Chlore en 306, son règne est entériné en 310 par l'empereur Galère, et se poursuivra sans discontinuer jusqu'à sa mort en 337. Il parvient également à unifier le pouvoir impérial en 324 en triomphant sur son co-empereur Licinius, mettant ainsi fin à trente-huit années de tétrarchie. Il aura donc été seul maître de l'empire pendant treize ans.\n\nL'empereur Constantin Ier mène une vie politique militaire, religieuse et économique profondément réformatrice, qui lui permet de réunir sous son unique autorité un Empire romain affaibli et divisé. Il se débarrasse des empereurs Maxence en 312 (bataille du pont Milvius) et Licinius en 324 (bataille d'Andrinople). Son règne voit l'établissement de la liberté de culte individuel, qui met fin aux persécutions des chrétiens (édit de Milan, 313).\n\nIl met provisoirement fin aux dissensions des Églises d'Orient en convoquant le premier concile de Nicée (325), et affirme son autorité dans le domaine religieux : c'est le césaropapisme. Il instaure une monnaie stable (le solidus, 312), développe l'administration centrale, défend les frontières de l'Empire contre les Francs, les Alamans, les Sarmates, les Goths et les Sassanides. Il fonde en 330 une nouvelle capitale à son nom, Constantinople (actuellement Istanbul).\n\nSes réformes favorisent largement l'essor du christianisme, vers lequel il se tourne progressivement, et dont il est même devenu l'un des saints pour l'Église orthodoxe et un saint local pour l'Église catholique, sous le nom de Constantin le Grand.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Ier_(empereur_romain)
Exploration européenne de l'Afrique - Liens préhistoriques entre l'Europe et l'Afrique (1)
2,877
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’exploration européenne de l'Afrique a commencé avec les Grecs anciens et les Romains qui ont exploré et établi des colonies en Afrique du Nord. Au XVe siècle, les Portugais, en particulier sous les ordres du prince Henri le Navigateur, ont découvert les côtes de l'Afrique de l'Ouest. La curiosité scientifique et l'esprit missionnaire chrétien ont rapidement été subordonnés à des considérations mercantiles, notamment le commerce d'esclaves. D'autres nations européennes (Hollandais, Espagnols, Français, Anglais, etc.) se sont jointes aux trafics africains, mais pendant des siècles, la connaissance européenne de l'intérieur de l'Afrique était très imprécise. Une grande partie des territoires inconnus représentés par des espaces blancs sur les cartes ont été explorés au cours d'expéditions ardues et souvent fatales au XIXe siècle.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les relations entre l'Europe et l'Afrique sont plus anciennes que l'histoire écrite. Il semble clair que les influences de certaines cultures ont franchi la Méditerranée durant les âges du Paléolithique et du Néolithique. Ainsi, l'industrie de l'Atérien du Paléolithique tardif et la culture du Capsien toutes deux originaires de l'Afrique du Nord sont reliées à l'Europe. Certaines influences du début du Néolithique ont aussi pu arriver en Europe via l'Afrique du Nord. De plus, le phénomène des mégalithes de la période du Chalcolithique se retrouve des deux côtés de la mer Méditerranée.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Exploration_européenne_de_l'Afrique
Louis XIV - Religion (1)
831
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du 14 mai 1643 — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au 7 septembre 1651 — à sa mort en 1715. Son règne d’une durée de 72 ans est l'un des plus longs de l'histoire d'Europe et le plus long de l'histoire de France.\n\nNé Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire, ce qui fait de lui l'un des plus jeunes rois de France. Il devient ainsi le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Roi de droit divin, Louis XIV est profondément imprégné par la religion qui lui a été inculquée par sa mère.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Dès son enfance, sa journée, sa semaine et son année sont ponctuées de nombreux rites religieux afin de signifier aux yeux du public la grandeur de la fonction royale. Anne d'Autriche lui impose des exercices de piété réguliers, dès sa première éducation religieuse, confiée à Hardouin de Péréfixe. D'après l'abbé de Choisy, elle recourt à des méthodes rigoureuses pour lui inculquer un esprit religieux : « Il n'y avait que sur le chapitre de la religion qu'on ne lui pardonnait rien ; et parce qu'un jour la reine mère, alors régente, l'entendit jurer, elle le fit mettre en prison dans sa chambre, où il fut deux jours sans voir personne, et lui fit tant d'horreur d'un crime qui va insulter Dieu jusque dans le Ciel, qu'il n'y est presque jamais retombé depuis, et qu'à son exemple le blasphème a été aboli par les courtisans qui en faisaient alors vanité ». Le roi se confesse dès l'âge de 9 ans — au père Charles Paulin — et il fait sa première communion le jour de Noël 1649 (en mémoire du baptême de Clovis, au lieu de la traditionnelle date de Pâques) quelques jours après sa confirmation. Le lendemain des cérémonies du sacre du 7 juin 1654, il devient grand-maître de l'ordre du Saint-Esprit.\n\nAvant de sortir de son lit, et le soir au coucher, le roi reçoit l'eau bénite apportée par son chambellan, se signe et, assis, récite l'office du Saint-Esprit, dont il est grand-maître. Habillé, il s'agenouille et prie en silence. Au lever, il indique l'heure à laquelle il souhaite assister à la messe quotidienne, qu'il ne manque qu'exceptionnellement, en cas de campagne militaire. En tenant compte des jours où il assiste à plusieurs messes, on estime qu'il a été présent à environ trente mille messes dans sa vie. L'après-midi, il se rend régulièrement à l'office liturgique des vêpres, célébrées et chantées les jours solennels.\n\nChaque résidence royale est dotée d'une chapelle palatine à deux niveaux, avec tribune intérieure permettant au roi d'assister à la messe sans avoir à descendre au rez-de-chaussée. Le roi ne communie qu'en certaines occasions, lors des « bons jours du roi » : le Samedi saint, les vigiles de la Pentecôte, de la Toussaint et de Noël, le jour de l'Assomption ou de l'Immaculée Conception. Il assiste au salut du Saint-Sacrement, célébré tous les jeudis et dimanches en fin d'après-midi, ainsi que durant toute l'octave de la Fête-Dieu.\n\n", "title": " Roi très chrétien " }, { "img": [], "source_text": "En raison du sacre, certains rites religieux s'appliquent au roi de France pour rappeler son statut particulier de roi très chrétien. Louis XIV les assume avec une dévotion croissante. D'abord, la présence du roi à la messe entraîne des actions liturgiques proches de celles prévues en présence d'un cardinal, d'un archevêque métropolitain ou d'un évêque diocésain. Il est assimilé à un évêque sans juridiction ecclésiastique. De plus, dès l'âge de quatre ans, chaque jeudi saint, comme tous les évêques catholiques, le roi procède à la cérémonie du lavement des pieds ou mandé royal (Mandatum ou de Lotio pedum). Sélectionnés la veille, examinés par le premier médecin du roi, lavés, nourris et revêtus d'une petite robe de drap rouge, treize garçons pauvres sont amenés dans la grande salle des gardes, à l'entrée de l'appartement de la reine. Enfin, en vertu d'un pouvoir thaumaturgique dérivé du sacre, le roi de France est censé pouvoir guérir les écrouelles, une forme ganglionnaire de la tuberculose. Cette dimension quasi sacerdotale est le signe que les rois de France, qui ainsi « font les miracles de leur vivant […] ne sont pas purs laïques, mais que participant à la prêtrise, ils ont des grâces particulières de Dieu, que même les plus réformés prêtres n'ont pas ». Le roi, qui apparaît comme un intermédiaire du pouvoir de Dieu, prononce la formule « le Roi te touche Dieu te guérisse » (et non plus « Dieu te guérit »), le subjonctif, laissant à Dieu seul la liberté de guérir ou non. Versailles devient ainsi un lieu de pèlerinage et les malades y sont accueillis sous les voûtes de l'Orangerie. Au cours de son règne, le roi a touché près de 200 000 crofuleux, mais il ne s'en plaignait pas, d'après le chroniqueur du Mercure Galant.\n\n", "title": " Roi très chrétien - Stricte observance des rites " }, { "img": [], "source_text": "Le roi assiste à des sermons, des oraisons et à au moins vingt-six prédications lors de l'Avent et du Carême. Les prédicateurs viennent d'horizons variés, Don Cosme appartient à l'ordre des Feuillants, le père Séraphin est de l'ordre des Capucins. Les thèmes de prédication sont libres, même si traditionnellement le sermon du 1er novembre porte sur la sainteté, celui du 2 février sur la pureté. C'est un des seuls espaces de critique possible sous l'absolutisme : les sermonneurs ne sont pas complaisants et mettent régulièrement en cause certains comportements du roi ou de la cour, et le lien entre la vertu du roi et le bonheur de son peuple est régulièrement mis en avant. Bossuet, défenseur du droit divin et théoricien de la supériorité de la monarchie prône une politique royale en faveur des pauvres, insiste sur les devoirs du roi et défend un programme de politique chrétienne : protection de l'Église et de la foi catholique, éradication de l'hérésie protestante, répression des blasphèmes et des crimes publics, pratique des vertus et notamment de la justice.\n\n", "title": " Roi très chrétien - Monarque à l'écoute des sermons " }, { "img": [], "source_text": "Le jeune roi ne se laisse cependant pas dicter sa conduite par les religieux. Ainsi, il sait conserver le secret, même vis-à-vis de son confesseur comme c'est le cas lors de l'arrestation, en 1652, du coadjuteur de Paris impliqué dans la Fronde. Il ne ménage pas non plus les dévots, suivant en cela Mazarin qui était défavorable à ce parti que soutient alors la reine mère ; on le soupçonne même d'avoir soufflé à Molière l'idée du Tartuffe, comédie visant les « faux-dévots ». Jusqu'à la fin des années 1670, le roi et la cour s'adonnent à un fort libertinage qui choque les dévots. Le roi se convertit au moment où il se remarie secrètement avec Madame de Maintenon.\n\nDès qu'il occupe réellement le pouvoir, à partir de 1661, Louis XIV affirme vouloir soumettre les factions religieuses du royaume dans une unité d'obéissance. Le 13 décembre 1660, il fait savoir au Parlement qu'il a décidé d'éradiquer le jansénisme, car il y voit un rigorisme rendant impossibles les hardiesses requises d'un chef d'État dans l'exercice de son autorité et l'obéissance due par les sujets. Par ailleurs, il affirme son autorité et l'indépendance du clergé français par rapport au pape. Alexandre VII est même menacé de guerre en 1662, car il veut réduire l'extraterritorialité de l'ambassade de France à Rome pour des raisons diplomatiques et de police. À cette occasion, le roi fait occuper Avignon.\n\nEn 1664, il dissout les congrégations secrètes, notamment la compagnie du Saint-Sacrement qui compte autant de dévots jésuites que jansénistes. Cette dissolution n'est pas seulement liée à la dévotion de ses membres, elle tient surtout au fait que le roi s'inquiète de la constitution d'un groupe échappant à son contrôle.\n\n", "title": " Du libertinage à la dévotion " } ]
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Premier Empire - Avènement (1)
2,904
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'Empire français, appelé a posteriori le Premier Empire, est le régime impérial de la France à partir du 18 mai 1804, date de la proclamation de Napoléon Bonaparte empereur des Français par sénatus-consulte, jusqu'à sa première abdication le 4 avril 1814, puis de son retour à Paris le 20 mars 1815 à la séparation de la Commission Napoléon II le 7 juillet 1815. D'abord perçu comme une continuation de la Première République, avant de prendre la dénomination officielle d'« Empire français » en 1809, il fait suite au Consulat, est entrecoupé par la Première Restauration avant le rétablissement de son autorité lors des Cent-Jours, et est suivi par la Seconde Restauration.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En 1799, à l'issue du coup d'État du 18 Brumaire, Napoléon Bonaparte est nommé Premier Consul. Trois ans plus tard, alors que le pays renoue avec une certaine prospérité, que la paix intérieure règne et que la menace extérieure semble éteinte après la signature de la Paix d'Amiens, le Deuxième Consul Cambacérès incite le Tribunat à donner à Bonaparte « un gage éclatant de la reconnaissance nationale ». Cela conduit à la proclamation du consulat à vie par plébiscite le 2 août 1802. Pour beaucoup, Napoléon apparaît alors déjà « comme un roi à qui il ne manque plus qu'une couronne ». La marche à l'Empire est accélérée par la découverte du complot royaliste de Cadoudal au début de l'année 1804, qui aboutit notamment à l'arrestation du général Moreau comme complice et à l'exécution du duc d'Enghien.\n\nEn coulisses, l'entourage de Bonaparte s'active pour asseoir encore davantage son pouvoir en lui octroyant l'hérédité. L'ancien ministre de la Police, Joseph Fouché, œuvre en ce sens au Sénat, si bien que le 27 mars, cette assemblée invite Napoléon à « achever son ouvrage en le rendant immortel comme sa gloire ». Chaque grand corps de l'État se joint peu à peu à cette demande, ainsi le conseil privé du Premier Consul, qui recommande l'établissement de l'Empire le 13 avril, de même que le Corps législatif, par l'intermédiaire de Fontanes qui déclare lors d'une cérémonie officielle : « Un empire immense repose depuis quatre ans sous l'abri de votre puissante administration. ». Dans le même temps, les partisans de l'Empire comme Fouché ou les frères de Bonaparte, Joseph et Lucien, activent leurs réseaux de manière que dans toute la France, les collèges électoraux, les conseils généraux ou municipaux adressent aux institutions parisiennes l'établissement d'une monarchie républicaine. Dans sa correspondance avec le Premier Consul, le général Soult fait valoir que cette ambition est partagée par l'armée.\n\n", "title": " Contexte " }, { "img": [], "source_text": "Le 28 avril 1804, Jean-François Curée dépose une motion demandant au Tribunat d'émettre le vœu que Bonaparte soit déclaré empereur et que la dignité impériale soit déclarée héréditaire dans sa famille. Celle-ci est adoptée à l'unanimité moins une voix, celle de Lazare Carnot, le 3 mai suivant, tandis que le Sénat adopte lui aussi le principe d'un empire héréditaire. Le 11 mai, une commission de dix membres composée de sénateurs, de ministres et des trois consuls, entame la rédaction d'un projet de sénatus-consulte qui est arrêté deux jours plus tard et approuvé par le conseil privé de Bonaparte. Le 16 mai, ce projet est présenté au Sénat par le conseiller d'État Portalis, qui exhorte les sénateurs à l'approuver sans discussion : « C'est un beau spectacle que celui d'une nation qui, à peine sortie de la révolution la plus terrible, vient, dans le silence de tous les partis et dans le calme de toutes les passions, choisir elle-même les institutions les plus convenables à sa gloire et à son bonheur. »\n\nLe sénatus-consulte est approuvé le 18 mai 1804 à la quasi-unanimité par le Sénat, confiant ainsi à Napoléon Bonaparte le gouvernement de la République avec le titre d'Empereur des Français. Des coups de canon sont tirés sur le Champ-de-Mars pour célébrer l'évènement, tandis que les sénateurs se rendent au château de Saint-Cloud, où Cambacérès, qui préside l'assemblée, remet le texte au nouvel empereur, dans la galerie d'Apollon.\n\nLa nouvelle constitution ajoute 142 articles à la précédente, mais elle ne modifie pas en profondeur la définition et les fonctions des grandes institutions créées au début du Consulat. Le Corps législatif et le Tribunat sont maintenus, de même que le Conseil d'État et le Sénat. La majorité des articles ajoutés le sont pour définir l'hérédité du trône, le rôle de la famille impériale, et les nouvelles dignités de l'Empire. Ainsi le principe de l'hérédité est fixé : il reprend celui de la loi salique, l'accordant de mâle en mâle, par ordre de primogéniture et dans la descendance directe, naturelle et légitime de Napoléon ou, à défaut, à ses frères Joseph et Louis. Par ailleurs, la nouvelle constitution crée six grandes dignités de l'Empire récompensant les deux anciens consuls et les membres de la famille de Napoléon. Ainsi, Cambacérès et Lebrun sont respectivement nommés archichancelier et architrésorier de l'Empire, tandis que Joseph est nommé au titre de grand électeur, Louis à celui de connétable, Murat à celui de grand amiral et Eugène de Beauharnais à celui d'archichancelier d'État. Bien qu'honorifiques, ces dignités donnent accès à plusieurs corps de l'État, comme le conseil privé et le grand conseil de l'Empereur, le Sénat ou encore le Conseil d'État. De même, de grands officiers, militaires ou civils, sont nommés. Le maréchalat est rétabli et limité à seize titulaires, nommés le 19 mai, au lendemain de la proclamation de l'Empire.\n\nLes décrets du 19 mai et du 13 juillet fixent les préséances et l'étiquette impériale, tandis que la Maison de l'Empereur est organisée, notamment par la nomination de Duroc comme grand maréchal du palais, de Caulaincourt comme grand écuyer, de Talleyrand comme grand chambellan, de Berthier comme grand veneur, de Joseph Fesch comme grand aumônier et de Ségur comme maître des cérémonies. Par ailleurs, l'organisation de l'appareil d'État s'accompagne d'une réforme des ministères. C'est dans ce cadre que Joseph Fouché fait son retour à la Police.\n\nDurant le mois de juin 1804, le peuple se prononce par plébiscite, mais uniquement sur la question de l'hérédité de l'Empire qui doit être approuvée et non sur la constitution dans son ensemble. Comme lors des précédentes consultations, le résultat est sans appel, avec un total de 3 524 254 oui contre 2 579 non. Le résultat définitif de ce plébiscite est proclamé au nom du Sénat le 1er décembre suivant par François de Neufchâteau.\n\nLa République ne disparaît pas immédiatement dans les actes officiels de ce nouveau régime politique : la référence à la République perdure un temps, dans le serment de l'Empereur lors de son sacre (2 décembre 1804), dans l'énoncé officiel des lois (jusqu'en juillet 1807), dans les actes d'état civil (jusqu'à fin 1805), et sur les pièces de monnaie (le Franc Germinal, jusqu'en 1808). Le sénatus-consulte du 19 août 1807 supprime le Tribunat et modifie la Constitution de l'an XII qui a établi ce régime impérial. Les lois proclamées commençaient jusqu'à cette date par « NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions de la République, EMPEREUR DES FRANÇAIS, à tous présens et à venir, SALUT ». Après août 1807, on trouve l'énoncé suivant : « NAPOLÉON, par la grâce de Dieu et les constitutions, EMPEREUR DES FRANÇAIS, ROI D'ITALIE et PROTECTEUR DE LA CONFÉDÉRATION DU RHIN, à tous présens et à venir. SALUT ». L’Empire français devient le centre d'un système politique continental, qui lui associe des États vassaux, sous l'autorité suprême d'un seul homme, Napoléon.\n\nLe 25 mai 1804, Napoléon signe un décret qui établit la préfecture du département de la Vendée en la ville de La Roche-sur-Yon, qui est ainsi refondée par un grand projet urbanistique. Cet acte vise à mettre un terme à l'instabilité de la Vendée.\n\nLe 15 juillet, la première cérémonie de remise de la Légion d'honneur a lieu.\n\n", "title": " La proclamation de l'Empire et l'organisation du nouveau régime " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_Empire
Biodiversité
990
[ { "img": [], "source_text": "La biodiversité désigne la variété des formes de vie sur la Terre. Ce terme est composé du préfixe bio (du grec βίος / bíos, « vie ») et du mot « diversité ». Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes dans l'espace et dans le temps, ainsi que les interactions au sein de ces niveaux d'organisation et entre eux. Lorsque la science cherche à évaluer la biodiversité d'un lieu particulier, les différents éléments des listes d'espèces, écosystèmes ou gènes sont pondérés en fonction de leur rareté.\n\nDepuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, la préservation de la biodiversité est considérée comme un des enjeux essentiels du développement durable. L'adoption de la Convention sur la diversité biologique (CDB) au cours de ce sommet engage les pays signataires à protéger et restaurer la diversité du vivant. Au-delà des raisons éthiques, la biodiversité est essentielle aux sociétés humaines qui en sont entièrement dépendantes à travers les services écosystémiques.\n\n2010 a été l'année internationale de la biodiversité, conclue par la Conférence de Nagoya sur la biodiversité, qui a reconnu l'échec de l'objectif international de stopper la régression de la biodiversité avant 2010, et proposé de nouveaux objectifs (protocole de Nagoya).\n\nEn 2012, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), un groupe d'experts intergouvernemental sur le modèle du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), a été lancée par le programme des Nations unies pour l'environnement pour conseiller les gouvernements sur cette thématique.\n\nEn 2019, le nombre d'espèces menacées d'extinction est évalué à un million.\n\n", "title": "" } ]
wik-geo-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Biodiversité
Biodiversité - Étude de la biodiversité (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa biodiversité désigne la variété des formes de vie sur la Terre. Ce terme est composé du préfixe bio (du grec βίος / bíos, « vie ») et du mot « diversité ». Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes dans l'espace et dans le temps, ainsi que les interactions au sein de ces niveaux d'organisation et entre eux. Lorsque la science cherche à évaluer la biodiversité d'un lieu particulier, les différents éléments des listes d'espèces, écosystèmes ou gènes sont pondérés en fonction de leur rareté.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Étant donné son extrême complexité, il n'existe aucune mesure universelle de la biodiversité et les différentes manières de l'estimer sont sujettes à débat. Mesurer l'ensemble de la biodiversité d'un système donné étant une tâche quasiment irréalisable, des indicateurs de biodiversité sont utilisés afin d'en obtenir une estimation. En tant qu'outils de suivi, ces indicateurs sont un élément important d'aide à la décision dans la mise en œuvre de politiques de protection et pour connaître l'efficacité des actions menées. Ils représentent également un puissant outil de communication en permettant de communiquer les faits de manière concise et claire, facilement interprétable pour tous les acteurs même en dehors du champ scientifique.\n\nNéanmoins, l'absence d'un indicateur unique qui synthétiserait l'état de la biodiversité et la profusion des indicateurs proposés tend à semer une certaine confusion. En 2001, le PNUE dénombrait 236 indicateurs de biodiversité, classés selon le niveau de perception (gènes, espèces, écosystème) et le type de milieux (généraux, forestier, agricole, aquatique). À cette confusion s'ajoutent de nombreuses complications, comme le caractère dynamique de la biodiversité, qui varie en fonction du temps et de l'espace, ou les difficultés à poser des limites claires entre les espèces ou entre les écosystèmes.\n\nEn France, l'Observatoire national de la biodiversité rassemble un jeu d'indicateurs destiné à suivre la biodiversité, son état, les pressions et les menaces qui pèsent sur elle et les réponses de la société.\n\nLa richesse spécifique, c'est-à-dire le nombre d'espèces présentes dans un milieu donné, est l'unité de mesure la plus courante, au point où l'on résume parfois à tort la biodiversité à ce simple indice. Certaines espèces dites « bioindicatrices » sont particulièrement sensibles aux modifications de certaines caractéristiques biotiques ou abiotiques de leur habitat. Le suivi de ces espèces est une façon de connaître l'état global de l'écosystème et d'identifier précocement les variations de leur environnement.\n\n", "title": " Indicateurs de biodiversité " }, { "img": [], "source_text": "L'un des principaux outils pour évaluer la diversité biologique est encore de réaliser un inventaire du patrimoine naturel, dans la tradition des naturalistes des siècles précédents. L’inventaire permet d’approfondir les connaissances sur cette biodiversité afin d'en réaliser un suivi et déterminer si celle-ci est menacée.\n\nLa systématique et la taxonomie explorent la biodiversité en dénombrant et en classifiant par taxon les êtres vivants. Environ 1,7 million d'espèces ont été décrites, mais il est très vraisemblable que ces espèces ne représentent que la partie la plus visible de la biodiversité. Si l'on tenait compte de l'existence de complexes d'espèces cryptiques, le nombre d'espèces réellement existantes (et disparues) devrait être réévalué à la hausse. En réalité, le nombre total d'espèces est estimé entre 3 et 100 millions, selon les études, et la valeur la plus vraisemblable est généralement fixée autour de 10 millions. Au sein de cet immense champ d'exploration se cache notamment la biodiversité « négligée », très mal connue car difficilement accessible. Il s'agit essentiellement des organismes unicellulaires eucaryotes et, surtout, des bactéries. Si l'océan représente 99 % du volume offert à la vie, il abrite uniquement 13 % des espèces répertoriées du monde vivant (correspondant à 12 des 31 phyla connus, les plus anciens, qui ne sont jamais sortis de ce milieu océanique) car il est un milieu stable depuis 100 millions d'années. Néanmoins, la biodiversité marine reste très majoritairement inconnue avec environ 95 % de l'océan demeurant inexploré et probablement entre 70 et 80 % des espèces marines encore à découvrir selon le programme international Recensement de la vie marine.\n\nAvec plusieurs milliers de nouvelles espèces découvertes chaque année, l'inventaire des espèces est donc loin d'être complet. Face à l'érosion croissante de la biodiversité et l'extinction de nombreuses espèces, il est fort probable que certaines espèces contemporaines disparaissent avant même qu'elles soient décrites. En 2013, la liste rouge de l'UICN dénombrait 20 934 espèces menacées sur les 70 294 étudiées.\n\n", "title": " Inventaires du patrimoine naturel " } ]
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Louise Michel pendant la Commune de Paris
263
[ { "img": [], "source_text": " Institutrice sous le Second Empire, cette fille illégitime d'un notable et d'une servante est présente à Montmartre quand la Commune éclate. Elle devient dès lors l'une des figures de proue de ce mouvement, étant surnommée la « Vierge rouge ». À la fin de la Commune, Louise Michel est condamnée au bagne de la Nouvelle-Calédonie. Elle entretient alors une correspondance avec Georges Clemenceau, avant d'être libérée lors de l'amnistie générale de 1880. Aujourd'hui, elle est un symbole du féminisme, de l'anarchisme et de la démocratie.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Le pouvoir ! c'est se servir d'un ciseau de verre pour sculpter le marbre. Allons donc ! dominer c'est être tyran, être dominés c'est être lâches ! Que le peuple se mette donc debout, il y a assez longtemps qu'on fouette le vieux lion pour qu'il casse la muselière. […] Pendant tout le temps de la Commune, je n'ai passé chez ma pauvre mère qu'une seule nuit. Ne me couchant, je pourrais dire jamais, je dormais un peu n'importe où, quand il n'y avait rien de mieux à faire […]. La femme, cette prétendue faible de cœur, sait plus que l'homme dire : Il le faut ! Elle se sent déchirée jusqu'aux entrailles, mais elle reste impassible. Sans haine, sans colère, sans pitié pour elle‑même ni pour les autres. […] J'avais, outre mes vêtements de femme, un costume de lignard1 et un de garde national2; des cartes dans mes poches, pour prouver à qui de droit d'où je venais; et je m'en allais sans qu'il me soit jamais arrivé autre chose qu'une éraflure de balle au poignet, mon chapeau criblé et une entorse.\nMa seconde arrestation c'était sous le siège encore. Des femmes, plus courageuses que clairvoyantes, voulaient proposer au gouvernement je ne sais quel moyen de défense auquel elles demandaient à être employées. […] Nous allâmes au rendez‑vous à l'Hôtel de Ville, nous attendant à ce qui arriva, je fus arrêtée comme ayant organisé une manifestation. Je répondis que je ne pouvais organiser de manifestation pour parler à un gouvernement que je ne reconnaissais plus.\n \n\n Louise Michel, Mémoires, 1886.\n\n1. Homme de la troupe de ligne, c'est‑à‑dire de l'armée.\n2. Armée composée de citoyens, elle est réunie lors de crises graves.", "title": "1 « Que le peuple se mette donc debout »" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6800879/doc2.jpg" ], "source_text": "Louise Michel en soldat, 1871, photographie anonyme.", "title": "2 La prise de l'uniforme" }, { "img": [], "source_text": " Paris respirait ! […]. La femme, qui demandait contre son mari la séparation de corps, appuyée sur des preuves valables, avait droit à une pension alimentaire. […] Le renversement de la colonne Vendôme, symbole de force brutale, affirmation du despotisme1 impérial, fut décidé, ce monument étant attentatoire à la fraternité des peuples. […] Je faisais partie […] du 61e bataillon de marche de Montmartre, corps d'armée d'Eudes […]. Après avoir pris les Moulineaux, on entra au fort d'Issy, où l'un de nous eut la tête emportée d'un obus. […] Suivant l'appel que nous avions publié dans les journaux2, elles pansaient les blessés sur le champ de bataille et souvent ramassèrent le fusil d'un mort. Il en fut ainsi de plusieurs cantinières : Marie Schmid, madame Lachaise, madame Victorine Rouchy […]. J'étais souvent avec les ambulancières venues nous retrouver au fort d'Issy, mais plus souvent encore avec mes camarades des compagnies de marche; ayant commencé avec eux, j'y restais et je crois que je n'étais pas un mauvais soldat.\n\n Louise Michel, La Commune, 1898.\n\n1. Un pouvoir abusivement autoritaire.\n2. L'appel de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, à laquelle Louise Michel appartient, est notamment relayé dans Le Cri du peuple, quotidien créé le 22 février 1871.", "title": "3 Souvenirs de la Commune" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6800879/doc4.jpg" ], "source_text": "J. Corseaux, Louise Michel piétinant Thiers et Napoléon III, 1871, gravure en couleur, 61 x 47 cm, musée Carnavalet, Paris.", "title": "4 Louise Michel en Marianne" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/6800879/doc5.jpg" ], "source_text": "Jules Girardet, L'Arrestation de Louise Michel, huile sur toile (détail), 45 x 37 cm, musée d'Art et d'Histoire, Saint‑Denis.", "title": "5 Louise Michel arrêtée" } ]
lls-histoire-premiere
https://www.lelivrescolaire.fr/page/6800879
Grèce antique - Organisation politique (1)
2,493
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Grèce antique est une civilisation de l'Antiquité des peuples de langue et de culture grecque développée en Grèce et dans la partie occidentale de l'Asie Mineure, puis, à la suite de plusieurs phases d'expansion, dans d'autres régions du bassin méditerranéen (Chypre, Sicile, Italie du sud, Égypte, Cyrénaïque) et du Proche-Orient (Syrie, Palestine), constituant des points d'implantation jusqu'en Espagne à l'ouest et en Afghanistan (Bactriane) à l'est. ", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les entités politiques des époques minoenne et mycénienne sont définies comme des États, ce qui implique qu'il s'agit d'une forme d'organisation sociale et politique « complexe », dirigée par une élite disposant du pouvoir et des richesses, apparemment organisée chez les Mycéniens autour d'un « roi » (wanax), encadrant le reste de la population (avec une « bureaucratie » attestée par les documents en linéaires A et B), qui est organisée suivant des statuts hiérarchiques et divers métiers spécialisés. Cela concerne les entités organisées autour de palais, le reste de la Grèce étant organisée autour de structures sociopolitiques plus « simples » (chefferies). Après la disparition des États mycéniens, les âges obscurs sont caractérisés par des entités politiques très peu hiérarchisées malgré la présence de rois (basileus), dont le pouvoir semble être d'origine guerrière, avant le retour de structures plus complexes entre le IXe siècle av. J.-C. et le VIIIe siècle, période qui voit un nouveau mouvement d'affirmation du pouvoir et de formation étatique. La trajectoire sociopolitique grecque prend alors une tournure spécifique, avec la formation des cités-État, qui deviennent un élément cardinal du monde grec antique, mais jamais la seule forme d'organisation politique puisque d'autres coexistent avec elles.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Le terme grec polis peut se traduire par « cité-État » dans un contexte politique, mais il peut aussi désigner une « ville ». C'est la forme la plus répandue d'organisation politique durant l'Antiquité dans la Grèce centrale et méridionale ainsi que l'Asie mineure grecque et les colonies grecques. Elle se constitue progressivement durant l'époque archaïque suivant des modalités qui restent difficiles à tracer avec exactitude. On peut le suivre dans le développement progressif de sociétés urbaines avec un urbanisme et une architecture caractéristiques des villes et bien distincts des villages et bourgs, avec une stratification sociale et une spécialisation professionnelles plus affirmées, l'usage croissant de l'écriture, le développement des échanges. La fondation de nouvelles cités, les colonies, à partir du milieu du VIIe siècle av. J.-C., est la manifestation la plus évidente du phénomène. Mais ce n'est pas avant le VIe siècle av. J.-C. que les caractéristiques des cités achèvent de se constituer. Quant à savoir pourquoi cela se produit à cette période, et suivant ces modalités et pas une autre (le modèle de la cité-État n'est certes pas spécifique à la Grèce mais il la distingue des pays orientaux alors dominés par des monarchies territoriales), cela est également en débat.\n\nLa cité-État se définit avant tout comme une communauté humaine : dans les discours officiels, la cité est désignée par ses habitants, ou plutôt le corps de ses citoyens (politai), donc des « Athéniens », « Spartiates », « Milésiens », etc. Ce sont ceux qui prennent effectivement part au processus de décision politique, qui y accèdent suivant des principes variés, mais sont dans tous les cas des hommes adultes, ce qui revient à exclure du groupe une grande partie de la population qui vit dans la cité. C'est donc sa communauté citoyenne qui est la condition fondamentale pour son existence, plus que le territoire sur lequel elle exerce sa souveraineté, ce qui fait la spécificité du modèle de la cité grecque. Elle dispose d'un chef-lieu, en général une ville (mais pas toujours), où siègent ses institutions qui sont en gros similaires d'une cité à l'autre, avec une assemblée, un conseil, des tribunaux, et des magistrats désignés selon des modalités diverses. À compter du VIIe siècle av. J.-C. des lois écrites régissent l'organisation des cités. La population de la cité (au-delà des citoyens) manifeste sa cohésion et son identité par des cultes civiques, notamment ceux de la divinité tutélaire de la cité (la divinité « poliade ») et des héros et héroïnes locaux, dont les sanctuaires participent à la structuration de son territoire. Elle est plus largement soudée par un ensemble de coutumes ancestrales. En fin de compte, les foyers, les groupes de parenté, l'économie comme la religion et la culture sont subordonnés à la cité, qui les oriente dans un sens « politique ». La cité s'impose comme la référence principale d'un individu grec antique, au-delà des autres références (parentés, ethnè), et l'implication du corps des citoyens dans la prise de décision politique entraîne de nombreux débats et réflexions, l'émergence d'une culture politique qui affecte tous les aspects de la vie de la cité, . Ainsi, « on peut soutenir que si l'on cherche bien on trouve en Grèce de la politique partout. De sorte que ce n'est pas trahir cette culture que de la définir comme celle où le champ du politique domine tous les autres » (P. Brulé). Cela se manifeste en particulier durant l'époque classique. On trouve alors une myriade de cités de tailles et de population très diverses, constituant des microcosmes peu ouverts aux autres. Écrivant au moment où le processus est achevé et consolidé, Aristote a ainsi pu définir l'homme grec comme un « animal politique », qui ne peut s'épanouir que dans une polis. Cela explique qu'on mette souvent au crédit de la polis d'avoir stimulé les innovations intellectuelles de la Grèce antique.\n\nLa fin de l'époque classique est marquée par l'échec politique des cités, et la perte de leur autonomie face aux royaumes, puis face à l'expansion romaine. Mais cela ne signifie pas la fin des cités grecques, ou même leur déclin. Elles restent la forme courante d'organisation des communautés grecques, et ce de plus en plus puisque de nombreuses fondations ont lieu durant cette période, à l'initiative des rois, assurant la diffusion du modèle. Dans les pays conquis par les royaumes hellénistiques en Asie et (dans une moindre mesure) en Égypte, cela se traduit par la constitution d'enclaves grecques dominant un arrière-pays autochtone. La citoyenneté et l'éducation intellectuelle et physique qui l'accompagne sont alors fondamentales dans l'identité grecque : la polis est aussi un modèle culturel. Cela explique sa survie sous l'empire romain. \n\nLes cités grecques sont en effet la structure de base de l'organisation politique de la moitié orientale de l'Empire romain, l'hellénisme trouvant là un vecteur d'épanouissement dans le monde « gréco-romain ». Des colonies romaines sont fondées dans le monde grec (au sens large la partie orientale de l'Empire), parfois dans des cités grecques. Du point de vue juridique la domination romaine s'accompagne de l'octroi progressif de la citoyenneté romaine aux habitants du monde grec, et elle se surimpose à la citoyenneté grecque d'origine. Elle est généralisée par l'édit de Caracalla en 212. \n\nDurant l'Antiquité tardive, les cités grecques restent prospères, et poursuivent leur existence au moins jusqu'au VIe siècle. Elles disparaissent ensuite, dans la crise qui touche l'Empire romain d'Orient au VIIe siècle et porte un coup sévère aux villes, alors que le pouvoir byzantin constitue un système provincial qui prend en charge les affaires locales à leur place.\n\n", "title": " La cité " }, { "img": [], "source_text": "Si la polis est à l'origine du terme et du concept modernes de « politique », c'est parce qu'elle a donné lieu à des expériences d'organisation et de vie sociale diverses et novatrices. Cela a suscité des débats et affrontements très vigoureux et éveillé les réflexions des penseurs, qui se sont interrogés sur la vie dans la cité. « Les Grecs, en effet, ne se sont pas contentés d'inventer et de pratiquer les formes variées d'organisation politique à partir desquelles l'Europe occidentale a continué de se fonder, ils y ont réfléchi » (P. Brulé).\n\n", "title": " Institutions civiques et vie politique " } ]
wik-hist-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grèce_antique
France - Histoire (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La conversion au christianisme du chef franc Clovis, baptisé à Reims le 24 décembre 496 par l'évêque saint Rémi, fait de lui l'allié de l'Église chrétienne nicéenne et lui permet de conquérir l'essentiel de la Gaule au tournant des Ve et VIe siècles. La fusion des héritages gallo-romains, des apports germaniques et du christianisme est longue et difficile, les Francs constituant originellement une société guerrière aux lois très éloignées du droit romain et des principes chrétiens. Tandis que la faiblesse démographique que connaît le royaume des Francs entraîne un déclin des villes, le christianisme s'installe par la fondation d'églises rurales et surtout de très nombreux monastères. Si le pouvoir de Clovis semblait originellement solide, la dynastie mérovingienne doit bientôt faire face à de graves difficultés ; elle disparaît en 751 lorsque Pépin le Bref est sacré roi des Francs, fondant ainsi la dynastie carolingienne.\n\nPépin le Bref et son fils Charlemagne agrandissent considérablement le royaume des Francs, qui s'étend à la fin du VIIIe siècle sur plus d'un million de kilomètres carrés. L'immense empire carolingien est contrôlé par une administration centralisée basée à Aix-la-Chapelle, des comtes représentant Charlemagne dans tout l'empire et surveillés par les missi dominici. Charlemagne, couronné en 800 empereur d'Occident, relance les arts libéraux dans l'éducation et le palais d'Aix-la-Chapelle accueille une activité intellectuelle et artistique de haut niveau. Néanmoins, après la mort de l'empereur, les comtes et les vassaux de celui-ci parviennent peu à peu à rendre leur fonction héréditaire, et les petits-fils de Charlemagne se partagent l'Empire au traité de Verdun (843) ; Charles obtient la Francie occidentale, qui correspond approximativement aux deux tiers occidentaux de la France actuelle et dont les frontières varieront peu jusqu'à la fin du Moyen Âge. Le nouveau royaume doit toutefois affronter trois vagues d'invasions différentes aux IXe et Xe siècles, menées par les musulmans, les Vikings et les Hongrois. À la même époque, les pouvoirs des anciens comtes continuent d'augmenter tandis que le pouvoir royal diminue ; une société féodale se met en place, caractérisée par sa division en trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état.\n\nEn 987, Hugues Capet est élu roi par ses pairs, c'est-à-dire les nobles du royaume ; la monarchie redevient héréditaire et les Capétiens règneront sur la France pendant plus de huit siècles. Néanmoins, les premiers rois capétiens ne contrôlent directement qu'une portion très faible du territoire français, appelée le domaine royal, et certains de leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu'eux. Au XIIe siècle, le pouvoir royal commence à s'affirmer contre les princes du royaume, mais doit faire face à partir des années 1150 à la naissance d'un « empire Plantagenêt » regroupant dans un même ensemble l'Angleterre et le tiers ouest de la France.\n\nLe royaume capétien atteint son premier apogée au XIIIe siècle, la monarchie reprenant le pouvoir qu'elle avait perdu tandis que l'art et la culture française s'affirment en Europe. Philippe Auguste (1180-1223) parvient à conquérir l'essentiel des possessions françaises des Plantagenêt, mettant temporairement fin à la menace anglaise et agrandissant considérablement le domaine royal par la même occasion. Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chrétienté et participe aux septième et huitième croisades, et sera rapidement canonisé par l'Église catholique.\n\nLe XIVe siècle et la première moitié du XVe siècle voient la France plonger dans une crise grave, dont les expressions sont multiples. La guerre de Cent Ans, menée contre l'Angleterre et née d'un problème de succession à la tête du royaume de France, ravage le pays. Toutefois, la crise des XIVe et XVe siècles n'est pas seulement politique ou militaire ; elle est aussi démographique : à partir de 1347, la peste noire tue au moins un tiers de la population du royaume ; sociale : les insurrections paysannes et urbaines se multiplient ; mais également économique et religieuse. Si la monarchie est également touchée par cette crise, elle en sort renforcée : le pouvoir central, qui s'est déplacé dans la vallée de la Loire, se dote de nouvelles institutions, met en place une armée et un impôt permanents, et amorce le passage du Moyen Âge à la Renaissance.\n\n", "title": " Naissance, crises et transformations du royaume de France au Moyen Âge " }, { "img": [], "source_text": "À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, puis contre l'empereur Charles Quint. Néanmoins, les règnes de François Ier (1515-1547) et de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir royal, qui tend à devenir absolu, et par une Renaissance littéraire et artistique fortement influencée par l'Italie.\n\nEn 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts fait du français la langue administrative et judiciaire du royaume. Toutefois, l'unité de la France autour de la personne du roi est bousculée dans la deuxième moitié du XVIe siècle par le problème religieux : entre 1562 et 1598, huit guerres de religion se succèdent entre catholiques et calvinistes. Cette crise religieuse se double d'une crise économique et surtout politique. En 1598, le roi Henri IV (1589-1610) met fin aux guerres de religion par l'édit de Nantes, qui donne une liberté de culte partielle aux protestants.\n\nLouis XIII (1610-1643) et ses ministres Richelieu et Mazarin doivent faire face à l'opposition de nobles soucieux de reprendre leurs anciens pouvoirs. À la même époque, la France mène plusieurs guerres victorieuses (dont la guerre de Trente Ans) et commence à former un premier empire colonial, principalement en Nouvelle-France, aux Antilles et sur la route des Indes. Louis XIV affirme plus que jamais le caractère absolu de son pouvoir : le « Roi-Soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu sur Terre » et fait construire le château de Versailles, symbole de son pouvoir. Il s'entoure d'artistes et de savants et travaille à l'unité religieuse de son royaume en reprenant la persécution des protestants et en révoquant l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau. Malgré la situation financière critique de la monarchie, Louis XIV mène plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui tandis que le marquis de Vauban fait construire un réseau de villes fortifiées aux frontières du royaume. Si ces guerres aboutissent dans un premier temps à des victoires françaises, plusieurs défaites militaires et des famines ternissent la fin de son règne.\n\nLouis XV (1715-1774), arrière-petit-fils et successeur de Louis XIV, mène lui aussi plusieurs guerres, aux résultats contrastés. En 1763, par le traité de Paris qui met fin à la guerre de Sept Ans, la France abandonne ses possessions en Amérique du Nord, mais acquiert dans la même décennie la Lorraine et la Corse. Pendant ce temps, la France connaît une forte vitalité démographique et économique. La croissance de la production agricole s'accompagne d'une proto-industrialisation, notamment dans le secteur textile, ainsi que d'un essor dans les domaines intellectuel et culturel. Toutefois, Louis XVI, qui accède au trône en 1774, se révèle incapable de trouver une solution au surendettement de la monarchie et doit convoquer les états généraux en 1789.\n\n", "title": " De la Renaissance à la monarchie absolue (XVIe au XVIIIe siècle) " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/France
Paris - Population et société (3)
690
[ { "img": [], "source_text": "\n\nParis (/pa.ʁi/) est la capitale de la France. Divisée en vingt arrondissements, elle est le chef-lieu de la région Île-de-France et le siège de la métropole du Grand Paris.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Des universités ont été créées en banlieue depuis les années 1960, la plus ancienne étant celle de Nanterre en 1964. Dans le même temps, plusieurs grandes écoles ont également quitté le centre de Paris, notamment pour disposer de locaux plus vastes.\n\nLe plateau de Saclay, au sud de Paris, en est devenu un pôle important. Il regroupe, sur un territoire assez vaste, l'université Paris-Saclay (anciennement Paris XI), des grandes écoles (HEC en 1964 ; Supélec en 1975, devenue CentraleSupélec ; l'École polytechnique en 1976 ; l'École Normale Supérieure Paris-Saclay en 2020), et des laboratoires publics et privés. Dans le cadre du Grand Paris, le projet de cluster technologique Paris-Saclay est lancé en 2010 et consiste essentiellement en l'installation de huit grandes écoles et plusieurs organismes de recherche. Inspiré du modèle de la Silicon Valley, il doit concentrer 20 à 25 % de la recherche publique française et 350 000 emplois aux alentours de 2020.\n\nEn 1991, quatre autres universités sont fondées en banlieue : Cergy-Pontoise, Évry, Marne-la-Vallée (devenue l'université Gustave Eiffel en 2020) et Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Signe d'un certain volontarisme décentralisateur, « Paris » n'apparaît pas dans leur nom contrairement aux autres universités de proche banlieue. En 2025, les universités d'Évry et de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines fusionneront avec l'université Paris-Saclay.\n\n", "title": " Enseignement - Situation actuelle - Banlieue parisienne " }, { "img": [], "source_text": "La ville de Paris entretient elle-même sept établissements d'enseignement supérieur. Quatre sont dédiés aux arts appliqués dont les prestigieuses École Boulle (ameublement) et École Estienne (arts graphiques, notamment reliure), deux sont des écoles d'ingénieurs (École des ingénieurs de la ville de Paris et École supérieure de physique et de chimie industrielle) et l'École du Breuil est à caractère horticole.\n\n", "title": " Enseignement - Situation actuelle - Établissements d'enseignement supérieur de la ville de Paris " }, { "img": [], "source_text": "Tout au long de l'année, Paris accueille de nombreuses festivités : fin janvier, les rues du 13e arrondissement s'animent avec les célébrations du Nouvel An chinois ; en février-mars, défilent le cortège traditionnel du Carnaval de Paris et celui de la Mi-Carême ; fin février, se déroule le salon international de l'agriculture ; mars, voit se tenir le Salon du Livre, le Printemps des Poètes et le Festival des musiques sacrées ; fin avril ou début mai, la Foire de Paris rappelle les grands rassemblements médiévaux.\n\nLe semi-marathon de Paris et le marathon de Paris ont lieu en mars et en avril, dans les rues de la ville ; la Grande Course du Grand Paris, de Paris-Centre au Stade de France en mai, les Internationaux de France de Tennis de Roland-Garros de fin mai à début juin ; la Gay pride en juin, la Fête de la Musique le 21 juin ; le Paris Jazz Festival de fin juin à fin juillet ; Classique au Vert de mi-août à début septembre au parc floral de Paris ; FNAC Live Paris devant et dans l'Hôtel de Ville début juillet ; la Traversée de Paris fin juillet ; le Festival Paris l'été de début juillet à début août ; les Gay Games début août ; l'arrivée de la dernière étape du Tour de France cycliste fin juillet ; de fin août à mi-septembre Jazz à la Villette, la Techno Parade et La Parisienne en septembre, le Festival d'Automne de Paris de début septembre à fin décembre.\n\nPlusieurs festivals de cinéma ont lieu au fil de l'année; Cinéma en Plein Air à La Villette, de mi-juillet à mi-août.\n\nDepuis 2002, le caractère festif de la ville est accentué par l'opération Paris Plages, organisée pendant deux mois entre juillet et août, qui consiste à transformer une partie des quais de Seine en plage, avec sable, transats et activités, et avec la Nuit Blanche, qui permet au public d'assister gratuitement à différentes expressions de l'art contemporain à travers la ville, pendant la nuit du premier samedi au premier dimanche d'octobre. En avril et en mai se déroule la traditionnelle Foire du Trône.\n\nLe 14 juillet est l'occasion du traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées, du Concert de Paris sur le Champ-de-Mars, et du feu d'artifice tiré depuis les jardins du Trocadéro.\n\nOctobre est le mois du Mondial de l'automobile, les années paires, en alternance avec le mondial du deux-roues les années impaires. Le même mois accueille la Foire internationale d'art contemporain (FIAC). Le deuxième samedi d'octobre, Montmartre renoue avec son passé viticole lors de la fête des vendanges de Montmartre. Une des plus anciennes manifestations d'art à Paris est la Biennale de Paris, fondée en 1959 par André Malraux.\n\n", "title": " Manifestations culturelles et festivités " }, { "img": [], "source_text": "De nombreux hôpitaux sont implantés dans Paris, dont certains sont particulièrement anciens, la tradition hospitalière remontant au Moyen Âge. L'Hôtel-Dieu, fondé en 651 par Saint Landry, évêque de Paris, est le plus ancien établissement de la ville. Symbole de la charité et de l'hospitalité, il fut le seul hôpital de Paris jusqu'au XIIe siècle.\n\nLa plupart des établissements relèvent de l'AP-HP, Assistance publique - Hôpitaux de Paris, établissement public de santé créé par la loi du 10 janvier 1849 et relevant de la ville de Paris. Elle exerce le rôle de Centre hospitalier régional pour Paris et l'Île-de-France et emploie plus de 90 000 personnes dont de nombreux médecins et des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière (FPH). L'hôtel de Miramion dans le 5e arrondissement qui abritait un hôpital a été transformé en musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et évoque l'histoire hospitalière de la ville. Parmi ses principaux établissements, peuvent être cités dans Paris intra-muros l'hôpital Necker-Enfants malades, l'hôpital Cochin, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Antoine, Saint-Louis, Bichat-Claude Bernard ou le dernier-né, l'hôpital européen Georges-Pompidou.\n\nEn outre, ne relevant pas de l'AP-HP, mais placé sous la tutelle du ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants, l'hôpital militaire des Invalides, également nommé « Institution nationale des Invalides », est ouvert pour les soins médicaux et chirurgicaux aux pensionnaires de l'institution, aux anciens combattants, aux militaires en activité mais également aux assurés sociaux.\n\nEn petite couronne (proche banlieue), les établissements hospitaliers Henri Mondor (Créteil), Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), Le Raincy-Montfermeil ou encore Beaujon (Clichy) sont parmi les plus connus. La grande couronne possède plusieurs hôpitaux généralement intercommunaux ne relevant pas non plus de l'AP-HP : on peut citer les hôpitaux Victor Dupouy d'Argenteuil ou encore le centre hospitalier de Versailles.\n\nOn peut également citer parmi les institutions hospitalières l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé en 1260 par Saint Louis et dont le but était de recueillir les aveugles de Paris, les hôpitaux d'instruction des armées (du Val-de-Grâce, de Percy, de Bégin) ou encore l'hôpital américain de Paris, fondé en 1906 et situé à Neuilly-sur-Seine, qui relève d'un statut particulier d'établissement privé à but non lucratif, agréé et non conventionné par la Sécurité sociale.\n\nParis a une forte densité médicale avec 11,2 médecins pour 10 000 habitants contre seulement 9,7 de moyenne en France. Toutefois, les quartiers ouest (VIIe, XVIe) sont trois fois plus dotés que les quartiers nord et est avec une densité de 6,5 pour le 20e arrondissement et une démographie globale en baisse depuis 2007 chez les généralistes. Les gynécologues (–16 %) et les pédiatres (–4 %) sont en nette baisse entre 2011 et 2014.\n\nLes cas de tuberculose ont augmenté de 23,4 % à Paris entre 2015 et 2017. Les populations précaires, vivant en hébergement collectif ou sans domicile fixe, sont les plus exposées à la maladie.\n\nLa pollution atmosphérique provoque chaque année la mort de 6 600 Parisiens selon l'Observatoire régional de santé.\n\nD'après une enquête menée en 2019 par le Défenseur des droits et le Fonds CMU-C, 38,2 % des dentistes, 26,2 % des gynécologues et 31 % des psychiatres libéraux refusent des patients en situation de précarité économique.\n\n", "title": " Santé " } ]
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Première Guerre mondiale - Opérations militaires (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le chef d’état-major allemand Helmut von Moltke applique le plan Schlieffen. Le 4 août, l’Allemagne envahit la Belgique et le Luxembourg. L'armée allemande lance un coup de main sur la position fortifiée de Liège, mais rencontre une résistance inattendue. Le roi Albert Ier lance un appel à la France et au Royaume-Uni en vertu du traité par lequel les garants de l'indépendance de la Belgique sont tenus de défendre celle-ci. La France répond immédiatement à cet appel par un vote du parlement décidé à respecter le traité de 1831, d'autant plus que l'entrée de l'armée française en Belgique pourrait éloigner du territoire français les ravages de la guerre. Les autorités de Londres aussi décident de s'engager sur le continent devant le refus des Allemands de retirer leurs troupes de Belgique.\n\nAux raisons stratégiques s'ajoutent bientôt des motifs humanitaires pour justifier l'intervention contre l'Allemagne. En effet l'opinion publique, alertée par des réfugiés fuyant les combats, accuse les Allemands de se livrer à des atrocités comme exécuter des civils, couper les mains des prisonniers pour qu'ils ne puissent plus se battre ou encore saccager des maisons, châteaux et églises. Des villes belges sont soumises au sac et à l'incendie et des civils sont fusillés, comme à Visé, Aarschot, Termonde, Dinant et Louvain où la bibliothèque multiséculaire est détruite avec les chefs-d'œuvre qu'elle contient. Les dévastations et les crimes de guerre s'étendent au Nord de la France et la cathédrale Notre-Dame de Reims est gravement atteinte par l'artillerie allemande, ce qui suscite l'indignation de l'opinion publique jusqu'aux États-Unis. Car ces faits parviennent à l'étranger par des témoins neutres présents en Belgique, simples résidents, journalistes, membres du corps diplomatique. Des rapports ultérieurs impartiaux feront la part entre les accusations et la réalité tout en devant admettre la violence des troupes allemandes qui se justifient de leurs agissements contre les civils en invoquant des agressions (souvent imaginaires) de ceux-ci, ce qui est contraire aux lois de la guerre. Est notamment accusée la Garde civique belge, troupe supplétive de civils en uniformes qui se battent à Verviers, Tamines et Saint-Trond, ce qui exaspère le commandement allemand qui prétend n'y voir que des civils combattant en francs-tireurs, alors, cependant, que cette troupe est régulièrement organisée par la loi belge au même titre que la Landsturm allemande.\n\nLe 8 août, les troupes françaises entrent à Mulhouse, qui tombe à nouveau aux mains des Allemands deux jours plus tard. La percée en Lorraine, suivant le plan XVII, est un échec pour la France (bataille de Lorraine des 19-20 août, où les Français comptent plus de vingt mille pertes en deux jours) et les IIIe et IVe armées françaises se replient derrière la Meuse. Le 20 août, les troupes allemandes entrent à Bruxelles. Le 23 août, les Allemands forcent au recul la Ve armée française lors de la bataille de Charleroi et le Corps expéditionnaire britannique à la bataille de Mons. Sur toute la ligne de front belge, les Alliés reculent. Du 20 au 25 août 1914, 40 000 soldats français perdront la vie dont 27 000 pour la seule journée du 22 août 1914, journée la plus sanglante de l'histoire de France.\n\nLes troupes britanniques, dirigées par le général French, et la Ve armée française commandée par le général Lanrezac se replient précipitamment vers l'Aisne, puis vers la Marne. Cette retraite est ponctuée par deux batailles d'arrêt, la bataille du Cateau entre les troupes britanniques et la 1re armée allemande, la bataille de Guise entre les troupes françaises et les 1re et 2e armées allemandes. Les troupes alliées sont poursuivies par trois armées allemandes qui franchissent la Marne, mais ne peuvent isoler l’aile gauche franco-britannique. Joffre, général en chef de l’armée française, organise le renforcement de ses troupes vers l’ouest pour éviter le débordement et l’encerclement de ses armées. L’attaque de la capitale semble imminente : c’est pourquoi du 29 août au 2 septembre, le gouvernement français quitte Paris et s’installe à Bordeaux, laissant la capitale sous le gouvernement militaire du général Gallieni. Le gouvernement civil exige des militaires que la capitale soit défendue et constitue une armée pour défendre Paris.\n\nMais le but principal des Allemands n’est pas Paris, mais l'encerclement et la destruction de l'armée française. Aussi pivotent-ils, toujours conformément au plan Schlieffen, en direction du sud-est pour acculer l'armée française vers les Vosges et la Suisse dans un mouvement en « coup de faux », tout en bombardant Paris et sa banlieue dans un but essentiellement psychologique. Le 4 septembre, l’armée allemande occupe Reims. Mais 150 000 soldats allemands et une importante artillerie sont retenus en Belgique par le siège de la place forte d'Anvers venant après la résistance des forts de Liège et la victoire belge sur la Gette, lors de la bataille de Haelen. De ce fait, l'armée allemande ne peut protéger ses flancs faute d'effectifs suffisants. Bien que le rapport de force global sur tous les fronts soit en faveur des Allemands, Gallieni et Joffre saisissent l’occasion de renverser la situation en attaquant du fort au faible dans le secteur particulier de l'Ourcq, où ils peuvent tomber sur les arrières de la 1re armée allemande en pleine progression, dont la sécurité de flanc n'est assurée que par trois divisions. La 6e armée française, protégeant Paris, part à l’attaque le 5 septembre vers l'Ourcq, renforcée par des unités enlevées au front de Lorraine ou venues des colonies ; c'est alors qu'une brigade d'infanterie est transportée de Paris au front grâce à la réquisition de taxis parisiens par le général Gallieni, gouverneur militaire de la capitale. Les Français et les Britanniques s'arrêtent le lendemain 6 sur un front allant de Bar-le-Duc à l'Ourcq en Seine-et-Marne, puis lancent une contre-offensive générale avec de gigantesques combats menés victorieusement. Son succès est limité toutefois par l'épuisement des soldats et les pertes dramatiques en hommes, particulièrement en cadres (dans certaines unités françaises, les deux tiers des officiers ont été mis hors de combat en un mois). C’est la première victoire de la Marne (6-9 septembre). Tout d'abord, les troupes allemandes tiennent bon pendant quatre jours face à la contre-attaque française, mais doivent finalement reculer de 40 à 80 km, en abandonnant quantités de prisonniers et de matériels. Elles se replient sur l’Aisne puis réussissent à se fixer en s'appuyant sur le massif de l’Argonne et le Chemin des Dames. C'est l’échec du plan Schlieffen. En conséquence, l'empereur d'Allemagne renvoie le général en chef allemand von Molkte et le remplace par Erich von Falkenhayn le 14 septembre. Le 5 octobre, le conflit connaît ses premiers duels aériens près de Reims où un biplace Aviatik allemand est abattu à la mitrailleuse par un biplace Voisin des aviateurs français Frantz (pilote) et Quenault (mécanicien-mitrailleur).\n\n", "title": " Guerre de mouvement (1914) - Événements de la guerre de mouvement " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Première_Guerre_mondiale