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Victor Hugo - Convictions personnelles (1) | 2,009 | [
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"source_text": "\n\nVictor Hugo est un poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, né le 26 février 1802 (7 ventôse an X) à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est considéré comme l'un des plus importants écrivains de la langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a eu un rôle idéologique majeur et occupe une place marquante dans l'histoire des lettres françaises au XIXe siècle.\n\nAu théâtre, Victor Hugo s'est imposé comme un des chefs de file du romantisme français en présentant sa conception du drame romantique dans les préfaces qui introduisent Cromwell en 1827, puis Hernani en 1830, qui sont de véritables manifestes, puis par ses autres œuvres dramatiques, en particulier Lucrèce Borgia en 1833 et Ruy Blas en 1838.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Homme de lettres engagé, Victor Hugo s'est impliqué pendant toute sa vie dans le débat politique. D'abord de conviction royaliste puis bonapartiste, il fut dans la deuxième partie de sa vie un républicain convaincu. Il s'est vu reprocher son opportunisme politique, ayant changé à plusieurs reprises de bord politique au cours de sa carrière, comme il l'écrivait lui-même en 1850 (texte publié dans Actes et paroles) :\n\n« Voici les phases successives [sic] que ma conscience a traversées en avançant sans cesse et sans reculer un jour – je me rends cette justice – vers la lumière : 1818, royaliste ; 1824, royaliste libéral ; 1827, libéral ; 1828, libéral socialiste ; 1830, libéral, socialiste et démocrate ; 1849, libéral, socialiste, démocrate et républicain. »\n\nAu départ de tendance ultraroyaliste, autant par conviction que par fidélité à sa mère, Victor Hugo soutient la Seconde Restauration, publiant des odes favorables à Louis XVIII puis à Charles X, ce qui lui vaut d'être récompensé par des gratifications financières. Vers 1827, il prend ses distances avec la monarchie et adhère au bonapartisme, probablement sous l'influence de son père, ancien général d'Empire, avec qui il renoue pendant ces années-là. Vers la fin des années 1830, il soutient la monarchie de juillet, sans toutefois renoncer complètement à ses opinions bonapartistes. En 1845, il est nommé pair de France par Louis-Philippe.\n\nEn 1848, lors de la révolution de Février et de l'avènement de la Deuxième République, il finit par se rallier à celle-ci après quelques hésitations et est élu à l'Assemblée constituante le 4 juin 1848. Pendant les journées de juin, il est chargé de contenir l'insurrection populaire causée par la fermeture des Ateliers nationaux. Il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle de décembre 1848. Après la promulgation de la Constitution, il est élu représentant à l'Assemblée législative unique le 13 mai 1849. S'opposant aux mesures conservatrices prises par le nouveau régime républicain, il intervient à l'Assemblée pour dénoncer la misère sociale, défendre l'instruction obligatoire, le suffrage universel et la liberté de la presse, et devient un des principaux opposants au régime et au président Louis-Napoléon Bonaparte, résumant leur action par l'expression « Police partout, justice nulle part ».\n\nLors du coup d'État du 2 décembre 1851, il tente d'organiser une résistance puis doit quitter le territoire, début d'un exil de près de dix-neuf ans pendant lequel il lutta inlassablement contre le régime du Second Empire, aussi bien par ses écrits et ses interventions que par son refus de rentrer en France, malgré l'amnistie dont il bénéficie en 1859.\n\nRevenu en France en 1870 après la défaite de la France et la proclamation de la Troisième République, il est élu en 1871 à l'Assemblée nationale, siégeant alors à Bordeaux, et n'y reste que quelques semaines, démissionnant de ses fonctions à la suite du refus de l'Assemblée de laisser siéger Garibaldi dans ses rangs. En 1876, il est élu au Sénat, puis réélu six ans plus tard.\n\n",
"title": " Carrière politique "
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"source_text": "Victor Hugo, qui a écrit qu’« une guerre entre Européens est une guerre civile », a fréquemment défendu l'idée de la création des États-Unis d'Europe. Ainsi, dès 1849, au congrès de la paix, il lance :\n\n« Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. - Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand Sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France ! »\n\nVictor Hugo imagine une Europe axée sur le Rhin, lieu d'échanges culturels et commerciaux entre la France et Allemagne qui serait le noyau central de ces États-Unis d'Europe. Il se désole de constater que l’antipathie entre les deux pays n’est que la conséquence de manœuvres diplomatiques menées par l’Angleterre et la Russie pour affaiblir la France ; de l’inquiétude que suscite une France modèle de liberté, de justice et de droit des peuples ; de l’opposition de la Prusse. Il présente une Europe des peuples par opposition à l'Europe des rois, sous forme d'une confédération d'États avec des peuples unis par le suffrage universel et l'abolition de la peine de mort.\n\nL'idée n'est pas neuve, ayant été défendue avant lui par Saint-Simon, Guizot et Auguste Comte, mais Victor Hugo en fut un de ses plus ardents défenseurs à une époque où le contexte historique s'y prêtait peu. Considéré comme visionnaire ou fou, Victor Hugo reconnaît les obstacles qui entravent cette grande idée et précise même qu'il faudra peut-être une guerre ou une révolution pour y accéder.\n\nIl croyait si fermement à cette idée d’une fédération européenne qu'il tint à lui donner corps, en plantant symboliquement le « chêne des États-Unis d'Europe » dans le jardin de Hauteville-House, le 14 juillet 1870, arbre encore visible aujourd'hui.\n\nIl souhaite pour l'Europe à venir la création d’une monnaie unique : « Une monnaie continentale, à double base métallique et fiduciaire, ayant pour point d’appui le capital Europe tout entier et pour moteur l’activité libre de deux cents millions d’hommes, cette monnaie, une, remplacerait et résorberait toutes les absurdes variétés monétaires d’aujourd’hui [...]. »\n\n",
"title": " Vision d'une Europe unifiée "
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"source_text": "Grand opposant à la peine capitale, Victor Hugo a mené sans relâche un combat pour abolir ce châtiment. Dans Le Dernier Jour d'un condamné, publié en 1829, et Claude Gueux, publié en 1834, il montre à la fois la cruauté, l'injustice et l'inefficacité du châtiment suprême. Dans la préface de la deuxième édition du Dernier Jour d'un condamné en 1832, il expose en détail tous ses arguments contre la peine de mort.\n\nDans ses fonctions d'élu, il profite de la tribune que lui donne sa présence à la Chambre des Pairs puis à l'Assemblée constituante et l'Assemblée nationale législative pour poursuivre son combat abolitionniste. En tant que pair de France, il s'élève sans succès contre l'exécution de Pierre Lecomte, qui a tenté d'assassiner Louis-Philippe. En tant que député à l'Assemblée nationale, il y prononce le 15 septembre 1848 son discours le plus célèbre pour l'abolition de la peine de mort, déclarant que « la peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie ».\n\nEn 1851, son fils Charles Hugo est condamné pour avoir publié un article contre la peine de mort dans le journal L'Événement. Victor Hugo défend son fils lors du procès et prononce un discours contre la peine de mort devant la cour d'assises de la Seine, le 11 juin 1851.\n\nAlors en exil à Jersey, il proteste contre l'exécution de John Tapner, condamné à mort à Guernesey pour assassinat. Malgré ses efforts, Tapner est finalement exécuté le 10 février 1854. Le lendemain de l'exécution, il écrit une lettre à Lord Palmerston, ministre de l'intérieur anglais, pour exprimer son indignation. Marqué par cet évènement, il réalise une série de quatre dessins représentant le cadavre d'un condamné pendu à une potence, emblématiques de sa lutte contre la peine capitale. Ces dessins semblent avoir eu une importance particulière pour Victor Hugo, puisqu'il a affiché l'un d'entre eux dans sa chambre de Marine Terrace puis à Hauteville House.\n\nÀ Guernesey, Victor Hugo lance un appel en décembre 1859 pour protester contre l'exécution de John Brown, militant antiesclavagiste, condamné à mort aux États-Unis, dans une affaire ayant un grand retentissement.\n\n",
"title": " Lutte contre la peine de mort "
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo |
Histoire de Paris | 1,638 | [
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"source_text": "L’histoire de Paris est liée à la conjonction de plusieurs facteurs géographiques et politiques. C'est Clovis qui décide, au VIe siècle, d'installer les organes fixes du pouvoir politique du royaume dans la petite cité des Parisii. Cette position de capitale sera confirmée par les Capétiens, après une parenthèse de deux siècles durant l'époque Carolingienne.\n\nLa position de Paris, au carrefour entre les itinéraires commerciaux terrestres et fluviaux au cœur d'une riche région agricole, en a fait une des principales villes de France au cours du Xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du XIIe siècle, Paris est devenue un des premiers centres en Europe pour l'enseignement et les arts.\n\nQue ce soit avec la Fronde, la Révolution française ou mai 1968, Paris a toujours été au cœur des événements qui ont marqué l'histoire de la France.\n\nLa Bibliothèque historique de la ville de Paris permet au public de se plonger dans la mémoire historique de Paris et de l'Île-de-France, sous des aspects très variés.\n\nLa patronne de la ville est sainte Geneviève, qui aurait écarté Attila et les Huns de la ville, au Ve siècle, par ses prières. Sa châsse se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Étienne-du-Mont.\n\n",
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Paris |
Femmes au Moyen Âge - Les femmes intellectuelles et artistes au Moyen Âge (1) | 3,060 | [
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"source_text": "\n\nL'histoire centrée sur la situation des femmes au Moyen Âge permet d'enrichir l'historiographie. En effet, la plupart des textes sources, qui servent aux historiens et aux historiennes, sont écrits par des hommes. À cela s'ajoute le fait que l'histoire a longtemps été une discipline dont les auteurs étaient majoritairement des hommes, ce qui a pu induire un regard particulier sur les événements.\n\nLa majorité des hommes et des femmes du Moyen Âge vit dans un milieu rural, dans un ensemble social qualifié de société d'ordres puisque l'ensemble de la société est divisée en trois ordres : paysans, nobles et clercs.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Anne Comnène (1083-v. 1153), princesse Byzantine, étudie l'histoire et la philosophie et écrit l'Alexiade, ouvrage dans lequel elle rapporte les exploits de son père l'empereur Alexis Ier ; c'est également une source d'informations sur la première croisade (fin du XIe siècle).\n\nHéloïse (vers 1095-1164) est la première femme à suivre l'enseignement des arts libéraux, élève puis épouse d'Abélard, elle est une figure intellectuelle du Moyen Âge et la première abbesse du Paraclet.\n\nBien qu'en moins grand nombre que les hommes, les femmes ont laissé leur empreinte dans les œuvres artistiques médiévales. Hrotsvita de Gandersheim (Xe siècle) est une chanoinesse, écrivaine et poétesse. Marie de France (XIIe siècle), Christine de Pizan (XVe siècle) ou Marguerite Porete (vers 1250-1310) sont ainsi auteures de livres ; Christine de Pizan s'occupe également elle-même de la fabrication et la diffusion de ses livres. D'autres, telles Ende (vers 950–vers 1000), Guda (XIIe siècle), Bourgot (XIVe siècle) ou Anastaise (active au début du XVe siècle) réalisent les enluminures d'ouvrages. Les enluminures du Roman de la rose sont peut-être celles de Jeanne de Montbaston, épouse d'un copiste et qui avait prêté le serment des libraires comme illuminatrix et libraria en 1353. Certaines de ces femmes œuvrent dans le monde laïque, tandis que d'autres exercent leur métier au sein de monastères.\n\nPlusieurs trobairitz (poétesses et compositrices d'expression occitane dans le sud de la France aux XIIe et XIIIe siècles) ou trouveresses (poètesses et compositrices de langue d'oïl au Moyen Âge) ont également créé des œuvres et rencontré la renommée.\n\n",
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_au_Moyen_Âge |
Réforme protestante - Définition et approches historiographiques (1) | 3,064 | [
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"source_text": "\n\nLa Réforme protestante ou « la Réforme », amorcée au XVIe siècle, est le mouvement de transformation du christianisme qui s’étend de la fin du Moyen Âge jusqu’au début du XVIIe siècle et entend revenir aux sources et à la forme première du christianisme. Elle a été représentée par des acteurs de nature diverse : théologiens, prédicateurs, rois, princes, bourgeois, paysans, intellectuels... La Réforme avait des motivations religieuses, politiques et économiques et elle a transformé en profondeur les sociétés européennes et les cultures soumises à l’influence de l’Europe, notamment en Amérique du Nord et dans une moindre mesure l'Amérique du Sud et l'Asie.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le terme latin reformatio désigne tout au long du Moyen Âge un retour à un ordre passé idéalisé. Il s’agit au travers de ce processus de réforme de revenir à une époque passée vue comme un modèle. C’est tantôt l’Empire romain qui est vu comme un idéal politique auquel il faudrait revenir comme en atteste les projets de restauration de l’Empire sous Charlemagne ou sous Otton Ier. Plus particulièrement, la reformatio a pour but de redonner sa « forme » ou son « aspect » d'origine à l'Église chrétienne (re-formare). Ceci implique des actions dans le domaine de la liturgie, de l’attribution des charges ecclésiastiques, du retour aux langues sacrées – notamment le latin, mais aussi le grec et l’hébreu. La réforme correspond ainsi de manière générale à un projet de restauration et de retour aux origines du christianisme.\n\nLa réforme grégorienne représente le premier grand mouvement de réforme des Églises occidentales. Il a été suivi d'autres tentatives de réforme à la fin du Moyen Âge notamment face au grand schisme d’Occident. La Réforme avec « R » majuscule désigne plus spécifiquement la Réforme protestante. Les paysans révoltés lors de la guerre des paysans reprenaient le terme traditionnel de reformatio. On le trouve en revanche rarement chez Luther, Zwingli ou Calvin. Depuis le milieu du XVIe siècle, il est devenu courant de désigner comme réformateurs ces théologiens. La Paix de Westphalie a introduit en 1648 le terme ius reformandi, et réformé est devenu une auto-désignation confessionnelle.\n\nConcernant le terme « protestant », il désigne d'abord le fait de protester c'est-à-dire de témoigner de sa foi. Diarmaid MacCulloch écrit ainsi : « L'un des usages les plus curieux est le développement du mot \"protestant\". À l'origine, il était lié à une occasion spécifique, en 1529, lorsque, lors de la Diète (assemblée impériale) du Saint-Empire romain germanique tenue dans la ville de Spire, le groupe de princes et de villes qui soutenaient les programmes de réforme promus par Martin Luther et Huldrych Zwingli s'est retrouvé en minorité de vote : pour rester solidaires, ils ont publié une \"Protestatio\", affirmant les convictions réformatrices qu'ils partageaient. L'étiquette \"protestant\" a ensuite fait partie de la politique allemande ou impériale pendant des décennies et n'a pas eu de référence plus large que cela (...) Ce n'est qu'un peu plus tard que le mot a acquis une référence plus large ».\n\n",
"title": " Signification de \"réforme\" et \"protestant\" "
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"source_text": "Les approches historiographiques ont évolué de manière sensible depuis le XIXe siècle. Sous l'influence notamment de l'historien protestant Ranke, le Moyen Âge et en particulier le XVe siècle qui précède la Réforme représentait une période de déclin de la religion et de stagnation de l'Église que les Réformateurs auraient remis en cause.\n\nLa recherche historiographique sur la Réforme a été dominée en effet à partir du XIXe siècle par une lecture confessionnelle, voire a été influencée par les idées nationalistes. Les pays soumis aux idées de la Réforme ont développé une historiographie souvent spécifique liée aux expériences collectives faites par les protestants et par leur perception du catholicisme. On peut distinguer deux grandes tendances. D'un côté, les pays où le protestantisme est majoritaire - Allemagne, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis - et dans lesquels a longtemps prédominé une vision triomphaliste de la Réforme comme un progrès sur le supposé obscurantisme médiéval, au risque de céder à des préjugés anticatholiques. D'un autre côté, dans les territoires où les protestants sont demeurés minoritaires et ont été persécutés - en France au premier chef et dans une moindre mesure en Italie - une historiographie insistant sur le caractère minoritaire, les persécutions et la volonté de se légitimer face à une culture majoritairement catholique a dominé.\n\nAu Royaume-Uni notamment, la conception whig de l'histoire du passage du christianisme médiéval au protestantisme anglican moderne a été assimilé au passage vers une ère d'indépendance nationale pour l'Angleterre, de puissance et d'indépendance face aux puissances françaises dominantes aux XVIe et XVIIe siècles. Les caractéristiques de l'historiographie Whig telles que définies incluent une interprétation de l'histoire comme une progression vers l'état présent et tout spécialement vers le constitutionnalisme britannique. L'accent mis sur un progrès tenu pour inévitable conduit à la croyance en une causalité téléologique qui ne conduit pas l'historien à étudier réellement les causes du changement historique, mais leur finalité et leur conséquence.\n\nLes historiens allemands notamment ont défendu une vision héroïque de la Réforme comme un combat entre la foi protestante incarnant la modernité et l’Église catholique conservatrice, ce qui correspondait à une tendance anticatholique caractéristique de l'Allemagne et du Kulturkampf de cette époque. La Contre-Réforme catholique initiée par le Concile de Trente a été ainsi réduite à une simple réaction à la Réforme protestante.\n\nEn France, les historiens protestants du XIXe siècle ont voulu montrer, quant à eux, que la Réforme n'était pas exclusivement d'origine germanique, mais qu'elle avait des antécédents en France. Cela a amené ces auteurs à étudier par exemple les Vaudois et les cathares et à chercher des prédécesseurs français à la Réforme calviniste afin de montrer que le protestantisme s'inscrivait dans une histoire nationale . De plus, l'historiographie de la Réforme française a souvent insisté sur le caractère minoritaire du protestantisme en France, sur les persécutions qu'il a subies et dont les symboles les plus connus sont la nuit de la Saint Barthélémy et les dragonnades alors que dans les pays majoritairement protestants, la Réforme incarne un tournant dans l'affirmation de l'identité nationale \n\n",
"title": " Approches historiographiques - Interprétations anciennes "
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"source_text": "Un des débats majeurs autour de l'historiographie de la Réforme tient à son rôle dans l'apparition de la sécularisation de l'ordre social et politique. Selon Olivier Christin, les traités de paix entre catholiques et protestants dès le XVIe siècle ont contribué à faire apparaître un ordre politique non plus fondé sur la religion, mais sur un droit et la volonté de créer une communauté permettant une première forme d'autonomisation du politique. Le Traité de Westphalie conclu en 1648 en particulier a été vu ainsi comme le symbole du basculement vers un ordre international post-religieux, car fondé sur la puissance pure, sur la reconnaissance de l'indépendance du politique par rapport au religieux et l'acceptation d'un système international pluraliste caractérisé par la co-existence de plusieurs confessions chrétiennes.\n\nCette idée de l'entrée dans un nouvel ordre indépendant de la religion fait écho à des débats structurants dans le domaine des sciences sociales. Le sociologue Max Weber a ainsi contribué à diffuser l'idée que la naissance du protestantisme a été à l'origine du développement de l'individualisme et du capitalisme moderne. Selon Olivier Christin et Yves Krumenacker, il est dangereux de postuler le caractère moderne du protestantisme car cela risque de mener à des analyses téléologiques. Des chercheurs ont cherché dans la Réforme ce qui annonce la laïcité, le capitalisme, l’émancipation des femmes ou la démocratie, mais au risque de l'anachronisme. Le risque selon ces chercheurs serait de croire que le protestantisme possédait déjà au XVIe siècle les qualités qu’il a à notre époque. Christin et Krumenacker ajoutent ainsi : « D’une manière générale, les « sciences religieuses » ont longtemps été marquées par une lecture weberienne et libérale du religieux, qui a fait du rejet des moyens magiques, puis rituels, de communication avec la Transcendance mais aussi de l’intériorisation de la piété et de l’exercice de celle-ci les moteurs de la modernisation, l’histoire du religieux trouvant son point d’aboutissement dans un vaste processus de désenchantement du monde et de naissance du sujet moderne ».\n\n",
"title": " Approches historiographiques - Réforme et modernité "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Réforme_protestante |
Londres - Parcs et espaces verts (1) | 584 | [
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"source_text": "\n\nLondres (/lɔ̃dʁ/ ; en anglais : London, /ˈlʌndən/ ) est la capitale et plus grande ville d'Angleterre et du Royaume-Uni. La ville est située près de l'estuaire de la Tamise dans le sud-est de l'Angleterre. Londinium est fondée par les Romains il y a presque 2 000 ans. La Cité de Londres, le noyau historique de Londres avec une superficie de seulement 1,12 miles carrés (2,9 km2) conserve des frontières qui suivent de près ses limites médiévales. Londres est gouvernée par le maire de Londres et l'Assemblée de Londres.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Un rapport de 2013 de la City of London Corporation a déclaré que Londres est la \"ville la plus verte\" d'Europe avec 14 000 hectares de parcs publics, de bois et de jardins.\n\n",
"title": ""
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"source_text": "Les parcs royaux de Londres sont des parcs qui appartiennent à la Couronne britannique. Ces huit parcs sont des réserves naturelles ainsi que des jardins botaniques. Il s'agit de :\n\n",
"title": " Parcs royaux de Londres "
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"source_text": "Le jardin botanique de Kew Gardens, avec ses 125 hectares, possède la plus grande collection de plantes vivantes au monde. En 2003, les jardins ont été classés par l'UNESCO liste des sites du patrimoine mondial. Il existe également des parcs administrés par les borough Councils de Londres, comme Victoria Park dans l'East End et Battersea Park dans le centre. Certains plus informels, espaces semi-naturels existent également, comme les 320 hectares de la lande d'Hampstead Heath au Nord ou Wimbledon Common au sud.\n\n",
"title": " Autres espaces verts "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Londres |
Paris - Culture et patrimoine (5) | 699 | [
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"source_text": "\n\nParis (/pa.ʁi/) est la capitale de la France. Divisée en vingt arrondissements, elle est le chef-lieu de la région Île-de-France et le siège de la métropole du Grand Paris.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Une autre conséquence de l'augmentation du nombre de voyageurs et de touristes dans la capitale est, dès la fin du XIXe siècle, la présence de nombreux hôtels, en partie liée aux expositions universelles. Parmi les plus luxueux, figurent :\n\nl'hôtel Meurice, le plus ancien palace de Paris, ouvert en 1835 ;\n\nle Grand Hôtel Intercontinental, de 1862 ;\n\nl'hôtel Ritz, apparu sur la place Vendôme en 1898 ;\n\nl'hôtel de Crillon, ouvert sur le côté nord de la place de la Concorde en 1909 ;\n\nl'hôtel Lutetia, premier palace de la Rive Gauche, ouvert en 1910 ;\n\nl'hôtel Plaza Athénée, ouvert en 1911.Dans les années 1920, durant les Années folles, de nombreux établissements sont créés :\n\nl'hôtel Prince de Galles, en 1928 ;\n\nle Royal Monceau, en 1928.Plus récemment, de grands groupes, souvent étrangers, ont ouvert de nombreux hôtels de luxe :\n\nl'hôtel Marriott Champs-Élysées (1997) ;\n\nl'hôtel Mandarin Oriental (2011) ;\n\nle Shangri-La Hotel Paris (2012) ;\n\nl'hôtel The Peninsula Paris (2014).\n\n",
"title": " Patrimoine culturel - Hôtels et palaces "
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"source_text": "Dès le XIIe siècle, le rayonnement de son université fait de Paris l'un des grands foyers intellectuels du monde chrétien. L'adoption du dialecte parisien par la Cour affirme cette vocation. Durant la Renaissance, la ville devient un foyer de l'Humanisme. Avec la progressive centralisation du pouvoir, Paris se trouve renforcée dans sa prééminence culturelle en France. Vers le milieu du XVIIe siècle, Paris et ses salons deviennent le centre presque unique de la littérature français avec notamment celui de l’hôtel de Rambouillet où se réunissaient Malherbe, Corneille, La Rochefoucauld, Madame de Sévigné, Madame de La Fayette, etc. Dans le dernier tiers du siècle, le prestige de la [[Château de Versailles|cour de Louis XIV à Versailles]] éclipse un peu celui de Paris. Toutefois, le théâtre classique et la vie intellectuelle parisienne restent actifs avec notamment Molière qui dirige la « Troupe du Roy » en 1665, qui deviendra la Comédie-Française sous le patronage du roi en 1680.\n\nAu cours du XVIIIe siècle, Paris redevient le centre culturel du royaume. Les salons parisiens connaissent leur plus bel essor. Voltaire, au ton léger et ironique, est l'écrivain parisien par excellence. À l'inverse, Jean-Jacques Rousseau fuit cette ville « de bruit, de fumée et de boue » et se réfugie à Montmorency, à quinze kilomètres au nord de Paris, avant de s'y réinstaller en 1770.\n\nÀ partir de la Révolution, le monde littéraire se fait plus large, plus complexe. Paris n'en demeure pas moins le cœur de la vie intellectuelle française, en attirant Carlo Goldoni et en accueillant des progressistes, comme Adam Mickiewicz ou Heinrich Heine, menacés ou chassés de différents pays d'une Europe restée globalement très conservatrice. Au cours des XIXe et XXe siècles, Paris est le théâtre où se succèdent les différents mouvements littéraires français et leurs figures principales, romantisme et réalisme avec Hugo ou Balzac, naturalisme avec Zola, Parnasse et symbolisme avec Baudelaire, Verlaine ou Mallarmé, surréalisme avec Apollinaire et André Breton, et d'où viendra le renouveau littéraire apporté par Proust et Céline.\n\nDans les années 1920, beaucoup d'écrivains étrangers viennent découvrir Paris et s'en inspirent dans leur œuvre : Ernest Hemingway, Henry Miller, Gertrude Stein, Ezra Pound, etc. et d’autres attirés par son milieu littéraire viennent y chercher l’espoir d'un accueil propice : D. H. Lawrence, James Joyce, Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Emil Cioran, Gao Xingjian, etc. Montparnasse, quartier des artistes depuis la fin du XIXe siècle, connaît son âge d'or dans l'entre-deux-guerres. Après la Seconde Guerre mondiale, c'est Saint-Germain-des-Prés qui devient le foyer littéraire le plus célèbre, avec la présence de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian ou Jacques Prévert. Le quartier latin demeure le quartier des libraires et l'on y trouve aussi 217 bouquinistes sur les quais de Seine. Paris est la principale ville de l'activité littéraire et de l'édition françaises ; dans beaucoup de quartiers, des immeubles portent une plaque rappelant le séjour d'un écrivain.\n\n",
"title": " Paris, centre littéraire et intellectuel "
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Paris |
Constantin Ier (empereur romain) - Biographie (2) | 2,646 | [
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"source_text": "\n\nConstantin Ier (en latin: Flavius Valerius Aurelius Constantinus, en grec: Κωνσταντῖνος (Konstantinos)), né à Naissus en Mésie (aujourd'hui Niš en Serbie) le 27 février 272, et mort le 22 mai 337 vers Nicomédie (actuelle Izmit en Turquie) est un empereur romain majeur du IVe siècle.\n\nBien qu'initialement proclamé Auguste de façon illégitime par ses troupes, à la mort de son père Constance Chlore en 306, son règne est entériné en 310 par l'empereur Galère, et se poursuivra sans discontinuer jusqu'à sa mort en 337. Il parvient également à unifier le pouvoir impérial en 324 en triomphant sur son co-empereur Licinius, mettant ainsi fin à trente-huit années de tétrarchie. Il aura donc été seul maître de l'empire pendant treize ans.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Depuis la tétrarchie, Rome n'est plus dans Rome même. Les Augustes et les Césars ont vécu dans des résidences impériales proches des secteurs qu'ils ont la charge de défendre, près du limes rhénan, danubien ou perse. La fondation d'une nouvelle capitale est décidée pendant la période aiguë du conflit pour la domination de l'Empire. Constantin songe d'abord à Ilion, sur le site de l'ancienne Troie, où il fait commencer des travaux, puis à Sardica (aujourd'hui Sofia) où il réside à partir de 317. C'est après la bataille de Chrysopolis, remportée sur l'autre rive du Bosphore, qu'il se décide pour la cité grecque de Byzance. C'est là que, le 8 novembre 324, il décerne à son troisième fils, le futur Constance II, le titre de César.\n\nÀ partir de 324, il transforme la ville en une « Nouvelle Rome », à laquelle il donne son nom, Constantinople. Il l'inaugure en 330 après douze ans de travaux. Constantinople est bâtie sur un site naturel défensif qui la rend pratiquement imprenable, alors que Rome est alors sans cesse sous la menace des Germains. Elle est également proche des frontières du Danube et de l'Euphrate, là où les opérations militaires pour contenir les Goths et les Sassanides sont des plus importantes. Elle est enfin située en bordure des terres de vieille civilisation hellénique, région qui a le mieux résisté à la crise du troisième siècle de l'Empire romain. Constantin la fait bâtir sur le modèle de Rome, avec sept collines, quatorze régions urbaines, un Capitole, un forum, un Sénat. Dans les premiers temps, il permet l'implantation de temples païens, mais très vite la ville devient presque exclusivement chrétienne, et ne comportera que des édifices religieux chrétiens. Dès Constantin, la ville compte 100 000 habitants. Celui-ci y fait construire, le Grand Palais, l'hippodrome de Constantinople — le nouveau nom donné aux cirques romains —, ainsi que l'église de la sagesse de Dieu (Sainte-Sophie). Selon Sozomène, les richesses confisquées à Licinius, au temple de Delphes et à celui d'Éphèse ont servi à la construction de la nouvelle capitale.\n\n",
"title": " Les réformes sous Constantin (324-337) - La fondation d'une nouvelle capitale : Constantinople "
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"source_text": "Constantin transforme l'organisation du pouvoir central, qui était demeurée sensiblement la même depuis le Haut-Empire romain. Le préfet du prétoire est remplacé par le questeur du Grand Palais, qui rédige les édits. Celui-ci dirige le consistoire sacré, qui remplace le conseil de l'empereur. Le maître des offices dirige le personnel administratif, les fabriques d'armes et les schole palatine de la garde ; le maître des milices, l'infanterie et la cavalerie ; le comte des largesses sacrées, le fisc ; le comte de la fortune privée, la res privata, c'est-à-dire la caisse privée de l'empereur, les revenus personnels de ce dernier étant issus essentiellement du revenu de ses immenses domaines. La grande nouveauté est cependant la grande augmentation du nombre des fonctionnaires travaillant dans les bureaux centraux. Une foule de notaires, d'agents secrets (agentes in rebus), près de 1 000 fonctionnaires au Ve siècle, et d'employés divers font de l'Empire romain une véritable bureaucratie.\n\nConstantin Ier vise à harmoniser au plus haut le rang social des plus hauts serviteurs de l'Empire : le Sénat reprend la première place à partir de 312 en Occident et de 324 en Orient, quand Constantin règne sur l'ensemble de l'Empire.\n\nL'empereur transfère les chevaliers vers le Sénat, dont les effectifs passent de 600 à 2 000 afin de meubler les Sénats de Rome et surtout de Constantinople, et dessine pour ses membres un nouveau type de carrière : les plus hautes fonctions de l'État sont réservées aux « clarissimes », tandis que les fonctions intermédiaires sont remplies par des « perfectissimes » (souvent des notables municipaux introduits dans la Haute Assemblée par la pratique de l'adlectio).\n\nL'empereur ne rend pas au Sénat la moindre parcelle de pouvoir politique, mais il rompt avec le mépris et la défiance de nombre de ses prédécesseurs et un véritable travail législatif se fait au sein du Conseil impérial, le Sénat ne disposant de l'initiative des lois que pour des questions d'intérêt local.\n\n",
"title": " Les réformes sous Constantin (324-337) - L'administration centrale "
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"source_text": "L'empereur abroge les lois d'Auguste sur le célibat, impose le repos dominical, autorise l'affranchissement des esclaves par déclaration dans les églises (333), interdit (325) que l'on sépare les familles lors des ventes, autorise l'Église à recevoir des legs, et accorde le droit aux plaideurs de choisir entre le tribunal civil et la médiation de l'évêque, alors élu par le peuple.\n\nIl promulgue des lois contre la prostitution des servantes d'auberges (profession initiale de sa mère), contre le rapt à visée matrimoniale (320), et en faveur de l'humanisation des prisons (326) - limitation des traitements cruels, allant jusqu'au marquage du visage des criminels au fer rouge.\n\nEnfin plusieurs lois sont créées afin de lutter contre les relations extra-maritales, ce qui renforce le poids du mariage (nuptiae) et des cérémonies religieuses chrétiennes autour de ce sacrement. Ainsi, en 329, une loi punit de mort l'adultère d'une femme avec son esclave. En 331, un rescrit freine le développement des divorces : si le divorce à l'amiable (divortium consensu) reste possible, le demandeur est financièrement pénalisé dans les autres cas, à moins de prouver pour la femme que le mari est coupable d'homicide, empoisonnement, ou violation de sépulture, ou pour le mari que l'épouse est coupable d'adultère, maléfices, ou faits de proxénétisme. Cette évolution limite les cas de répudiation par opportunisme politique, ce dont fut victime la mère de l'empereur. En 336, une loi pénalise les naissances illégitimes.\n\n",
"title": " Les réformes sous Constantin (324-337) - L'œuvre législative "
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"source_text": "Après sa victoire sur Maxence en 312, Constantin remplace l'aureus, fortement déprécié, par une nouvelle monnaie d'or, le solidus (ou solidus aureus). Le solidus (« solide », « stable »), déformé en « sol » et « sou », fonde un système monétaire qui connut une stabilité exceptionnelle jusqu'au XIe siècle dans l'Empire d'Orient.\n\nSon émission (privilège impérial par excellence) est alimentée par la confiscation des considérables stocks d'or thésaurisés depuis plusieurs siècles dans les temples païens (331) et la capture du trésor de guerre de Licinius (324). Constantin lève également de nouveaux impôts payables en or, tels que le chrysargyre (« or et argent » en grec, perçu tous les quatre ans chez les commerçants et artisans), l'or coronaire (aurum coronarium, dû par les décurions des cités) ou l'or oblatice (aurum oblaticium , soit « or offert », contribution imposée aux sénateurs).\n\nLe solidus devient l'unité de compte dans l'ensemble de l'Empire. Sur l'insistance de l'empereur il devient l'instrument principal de paiement des taxes. Il joue également un rôle de valeur refuge en période d'inflation face aux dévaluations des autres monnaies circulantes en argent, en bronze (follis, centenionalis…) ou celles en cuivre utilisées au quotidien par les couches populaires, et avec lesquelles aucune parité fixe n'est établie.\n\nL'introduction de cette nouvelle monnaie d'excellent aloi, dont la pureté et le poids sont étroitement surveillés par les ateliers émetteurs, permet de créer dans l'Empire un climat de confiance durable, propice au commerce. Les grandes métropoles retrouvent leur dynamisme. Mais la réforme monétaire se solde également par une aggravation de l'inégalité entre riches et pauvres, que ne parviendra pas à résoudre l'introduction de sous-multiples du solidus censés être accessibles aux plus modestes : le semis, valant un demi-solidus, et le trémissis ou triens, valant un tiers de solidus.\n\nLe solidus de 4,55 grammes d'or introduit par Constantin Ier peut être considéré comme la pièce de monnaie la plus célèbre de l'histoire, la seule dont le titrage a pu rester inchangé durant plus de sept siècles.\n\n",
"title": " Les réformes sous Constantin (324-337) - Les réformes économiques "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Ier_(empereur_romain) |
Siècle des Lumières - « Des espaces publics critiques » (2) | 3,184 | [
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"source_text": "\n\nLe siècle des Lumières est un mouvement philosophique, littéraire et culturel bourgeois que connaît l'Europe au XVIIIe siècle (de 1715 à 1789) et qui se propose de promouvoir le rationalisme, l'individualisme et le libéralisme, contre l'obscurantisme et la superstition de l'Église catholique et contre l'arbitraire de la royauté et de la noblesse, avec pour modèle la philosophie empirique, l'économie libérale et la monarchie constitutionnelle anglaise.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La fondation officielle de la franc-maçonnerie remonte à 1717, lorsque Jean Théophile Désaguliers, James Anderson et quelques autres francs-maçons créèrent la Grande Loge de Londres. Désaguliers fut inspiré par son ami Isaac Newton qu'il avait rencontré à la Royal Society. On considère généralement que cet événement marque le début de la maçonnerie spéculative.\n\nLa franc-maçonnerie arrive officiellement sur le continent européen en 1734, avec l’ouverture d’une loge à La Haye. La première loge pleinement fonctionnelle paraît cependant avoir existé depuis 1721 à Rotterdam. De même, des traces de la réunion d’une loge à Paris en 1725 ou 1726 ont été retrouvées. Comme l’écrit Daniel Roche, en 1789, la franc-maçonnerie était particulièrement répandue en France qui ne comptait alors peut-être pas moins de 100 000 francs-maçons, ce qui en ferait la plus populaire de toutes les associations des Lumières. La franc-maçonnerie ne semble cependant pas avoir été confinée à l’Europe occidentale ; Margaret Jacob a retrouvé l’existence de loges en Saxe en 1729 et en Russie en 1731.\n\nEn dépit de ces preuves d’existence, la contribution ou même le rôle de la franc-maçonnerie comme facteur principal dans les Lumières a néanmoins fait récemment l’objet de débats parmi les historiens. Certes des figures majeures des Lumières, comme Montesquieu, Voltaire, Pope, Horace et Robert Walpole, Mozart, Goethe, Frédéric le Grand, Benjamin Franklin et George Washington étaient francs-maçons, mais des historiens comme Robert Palmer Roswell ont conclu que même en France, les francs-maçons, qui n’ont pas agi en groupe, étaient politiquement « inoffensifs voire ridicules ». les historiens américains ont effectivement noté que Franklin et Washington étaient bien actifs dans la franc-maçonnerie, mais ils ont minimisé l’importance, à l’époque de la révolution américaine, de ce mouvement apolitique qui comprenait aussi bien des Patriots que des Loyalistes.\n\nEn ce qui concerne l’influence de la franc-maçonnerie sur le continent européen, l’historien allemand Reinhart Koselleck a affirmé que « Sur le continent, il y avait deux structures sociales qui ont laissé une empreinte décisive sur les Lumières : la République des Lettres et les loges maçonniques », tandis que Thomas Munck, professeur à l’université de Glasgow, a fait valoir que « bien que les francs-maçons aient favorisé les contacts internationaux et intersociaux essentiellement non-religieux et ce, largement en accord avec les valeurs des Lumières, on ne peut guère les décrire comme un important réseau radical ou réformiste en propre ».\n\nLes loges maçonniques anglaises et écossaises originaires des guildes de compagnons du XVIIe siècle, se sont élargies à divers degrés, au XVIIIe siècle, dans un vaste ensemble d’associations interconnectées d’hommes, et parfois de femmes. Margaret Jacob affirme que celles-ci disposaient de leur propre mythologie et de codes de conduite spéciaux comprenant une même compréhension des notions de liberté et d’égalité héritées de la sociabilité des guildes : « liberté, fraternité et égalité » La remarquable similitude de ces valeurs, généralement communes à la Grande-Bretagne et au continent, avec le slogan de la Révolution française de « Liberté, égalité, fraternité » a donné naissance à de nombreuses théories du complot. L’abbé Barruel a notamment fait remonter les origines des Jacobins et, partant, de la Révolution, aux francs-maçons français dans son Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme (Londres, Ph. le Boussonnier ; Hambourg, P. Fauche 1797-98).\n\nIl est probable que les loges maçonniques ont eu un effet, hormis les théories du complot, sur la société dans son ensemble. Giuseppe Giarrizzo a souligné le rapport étroit entre francs-maçons et Lumières. Jacob fait valoir que les loges maçonniques ont « reconstitué la vie politique et instauré une forme constitutionnelle d’autonomie gouvernementale, avec ses constitutions, ses lois, ses élections et ses représentants ». En d’autres termes, les micro-sociétés mises en place dans les loges ont constitué un modèle normatif pour la société dans son ensemble. Ceci était particulièrement vrai sur le continent : lorsque les premières loges ont commencé à apparaître dans les années 1730, leur incarnation des valeurs britanniques a souvent été perçue comme une menace par les autorités gouvernementales locales. Par exemple, la loge parisienne qui s’est réunie au milieu des années 1720 se composait d’exilés jacobites anglais. Les francs-maçons de toute l’Europe du XVIIIe siècle faisaient, en outre, référence aux Lumières en général. Le rite d’initiation des loges françaises citait ainsi explicitement les Lumières. Les loges britanniques se fixaient comme objectif d’« initier ceux qui ne sont pas éclairés », ce qui ne représente pas nécessairement un lien entre les loges et l’irréligion, mais ne les excluent pas non plus à l’occasion de l’hérésie. Beaucoup de loges rendaient en fait hommage au « Grand Architecte », le terme de la phraséologie maçonnique pour désigner le créateur divin d’un univers scientifiquement ordonné. Daniel Roche conteste néanmoins les revendications égalitaristes de la franc-maçonnerie : « l’égalité réelle des loges était élitiste », n’attirant que les personnes de milieux sociaux similaires. Cette absence de véritable égalité a été rendue explicite par la constitution de la loge de Lausanne en Suisse (1741) : \n\n« L’ordre des francs-maçons est une société de confraternité et d’égalité représentée, à cette fin, sous l’emblème d’un niveau … un frère rend à un autre frère l’honneur et la déférence qui lui sont dus à juste titre à mesure de son rang dans la société civile. »\n\nL’élitisme a profité à certains membres de la société. La présence, par exemple, de femmes nobles dans les « loges d’adoption » françaises qui se sont formées dans les années 1780 est due en grande partie aux liens étroits entre ces loges et la société aristocratique.\n\n",
"title": " Franc-maçonnerie et Lumières "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Siècle_des_Lumières |
Guerre du Péloponnèse - Guerre d'Archidamos (431-421) (3) | 2,602 | [
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"source_text": "\n\nLa guerre du Péloponnèse est le conflit qui oppose la ligue de Délos, menée par Athènes, et la ligue du Péloponnèse, sous l'hégémonie de Sparte. Le déroulement du conflit est principalement connu à travers les récits qu'en ont fait Thucydide et Xénophon. Provoquée par trois crises successives en peu de temps, la guerre est cependant principalement causée par la crainte de l'impérialisme athénien chez les alliés de Sparte. Ce conflit met fin à la pentécontaétie et s'étend de 431 à 404 en trois périodes généralement admises : la période archidamique de 431 à 421, la guerre indirecte de 421 à 413, et la guerre de Décélie et d'Ionie, de 413 à 404. Il est caractérisé par une transformation totale des modes de combats traditionnels de la Grèce antique, notamment par un abandon progressif de la bataille en formation de phalange vers ce que l'historien Victor Davis Hanson qualifiera de premier conflit « total » de l'Histoire.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "En mai 425, alors qu'Athènes est enfin débarrassée de la peste, Démosthène, qui fait partie d'une expédition à destination de Corcyre, profite d'une tempête qui immobilise la flotte près de Pylos, pour occuper et fortifier les lieux, restant sur place avec une petite troupe. Les Lacédémoniens, craignant une révolte des hilotes de la Messénie toute proche, interrompent leur invasion de l'Attique et envoient 420 hoplites qui débarquent sur l'île de Sphactérie. Mais l'attaque spartiate sur Pylos échoue en raison du retour de la flotte athénienne, et les 420 hoplites, dont 180 appartiennent à l'élite spartiate, se retrouvent piégés sur Sphactérie. L'élite spartiate étant numériquement très faible, cette menace sur la vie d'autant de ses membres est prise très au sérieux et une trêve est conclue aussitôt, Sparte livrant à Athènes sa flotte de 60 trières en otage. Cependant, les négociations de paix entamées par Sparte sur la base d'un retour à la paix de Trente Ans échouent en raison des conditions draconiennes imposées par Cléon. Athènes refuse de restituer sa flotte à Sparte sous le prétexte d'une violation de la trêve mais l'impasse se prolonge à Pylos, la famine menaçant désormais aussi bien les hoplites spartiates que les Athéniens qui les assiègent. Cléon est alors chargé de secourir Démosthène et tous deux lancent en août 425 une attaque surprise sur Sphactérie avec des troupes légères et des armes à distance. Les Spartiates, pris à revers, sont vaincus, et les 292 survivants se rendent et sont faits prisonniers. Le prestige spartiate est fortement ébranlé par cette défaite terrestre suivie d'une reddition préférée à la mort. De plus, Athènes utilise les prisonniers spartiates comme otages en menaçant de les exécuter en cas de nouvelle invasion de l'Attique, une menace efficace puisque ces invasions cessent de fait jusqu'en 413. Auréolé par sa victoire, Cléon dirige de facto Athènes jusqu'à sa mort trois ans plus tard. L'une des premières mesures qu'il prend est d'augmenter les tributs prélevés sur les alliés d'Athènes afin de soulager les finances de la cité.\n\nLes Athéniens sont galvanisés par la victoire de Sphactérie, qui est suivie par quelques succès mineurs, et, pour la première fois de la guerre, ils semblent très proches de remporter la victoire. Cependant, 424 se révèle pour eux une année très défavorable, en dehors de la prise de Cythère en mai. En juillet, ils essaient de s'emparer de Mégare avec la complicité de son nouveau régime démocratique, mais la cité est secourue juste à temps par le général spartiate Brasidas et l'oligarchie est restaurée. Ils envahissent ensuite la Béotie dans le but de priver Sparte du soutien de Thèbes et de ses alliés en provoquant un soulèvement démocratique. L'invasion est cependant mal coordonnée et, en novembre, les Béotiens triomphent à la bataille de Délion d'une partie des forces athéniennes, qui perdent leur chef, le stratège Hippocrate, 1 000 hoplites et sans doute autant de combattants légers. Cette victoire béotienne est due en grande partie à l'utilisation inédite d'une cavalerie de réserve qui surprend et démoralise l'aile droite athénienne alors que celle-ci venait de vaincre l'aile gauche béotienne.\n\nBrasidas, à la tête d'une petite expédition de 1 700 hommes dont 700 hilotes affranchis, traverse toute la Grèce en août 424 pour envahir la Thrace à la demande du roi Perdiccas II de Macédoine, qui cherche un allié dans le conflit qui l'oppose aux Lyncestes. Utilisant des tactiques non conventionnelles et se présentant en libérateur, il obtient sans combattre la reddition d'Acanthos et de Stagire. En décembre, il s'empare d'Amphipolis par une attaque surprise avant que la flotte athénienne du stratège Thucydide (celui-là même qui, exilé à la suite de cet échec, raconte le conflit) ne puisse intervenir. À la suite de cette victoire, plusieurs autres cités de la région abandonnent l'alliance athénienne. C'est une défaite d'importance pour Athènes puisque c'est avec le bois de Thrace qu'elle bâtit ses trières.\n\nUne trêve d'un an est conclue en mars 423 mais Brasidas ne la respecte pas en apportant son aide à la cité de Skionè révoltée contre Athènes. Des révoltes éclatent aussi à Toronè et à Mendè, cette dernière étant rapidement reconquise par Athènes à la faveur du départ de Brasidas, parti rejoindre Perdiccas pour une nouvelle campagne contre les Lyncestes. Celle-ci se termine par un départ précipité des Macédoniens. Brasidas, laissé seul en position dangereuse, réussit à sortir son armée du piège mais cet épisode met fin à l'alliance entre lui et Perdiccas. La trêve est ensuite respectée jusqu'à son terme. Pendant l'été 422, Cléon prend la tête d'une expédition athénienne pour reconquérir la Thrace et reprend Toronè. Il cherche ensuite à s'emparer d'Amphipolis mais est surpris et mis en déroute par une attaque de son adversaire en octobre 422. Cléon et Brasidas meurent au cours du combat, permettant aux modérés des deux cités de s'accorder sur un arrêt des hostilités.\n\n",
"title": " Cléon et Brasidas "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Péloponnèse |
Guerre franco-allemande de 1870 - Forces en présence (1) | 1,916 | [
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"source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La faiblesse majeure de l’armée de Napoléon III était son impréparation à faire la guerre : le système de recrutement était déficient et les difficultés logistiques liées à la mobilisation ne permirent d'aligner que 300 000 soldats de métier au début du conflit. La Garde nationale mobile mobilisée n'était pas en mesure de résister à l'ennemi.\n\nL'armée française est dirigée par l'empereur en personne jusqu'au 7 août, jour où il sait que la guerre est perdue. « L’accès à des documents inédits a permis de montrer par exemple que, loin de tergiverser, thèse défendue après 1918 par les historiens, Mac Mahon avait un plan tactique qui pouvait réussir. Il est démontré également que la guerre était perdue sur le plan tactique les 6 et 7 août 1870, c’est-à-dire quand les Marsouins et Bigors viennent ouvrir un nouveau front pour dégager la route de Metz. Napoléon III le sait : ce jour-là, il renvoie l’Aiglon à Paris et cède le commandement aux militaires. Il s’était improvisé commandant en chef mais ses capacités militaires de capitaine d’artillerie de l’armée suisse sont insuffisantes pour approcher le génie des situations de combat nécessaire à la victoire ». Il cède alors le commandement aux généraux. Lors de situations critiques, voire désespérées, ce fut du sacrifice des soldats que dépendit le salut de l’armée.\n\nAu début du conflit, la France disposait de 265 000 soldats réunis dans l'armée du Rhin contre 500 000 soldats prussiens, auxquels s'ajoutaient les forces de quatre États allemands du Sud : Bavière, Bade, Hesse et Wurtemberg, soit un total de 800 000 soldats. La mobilisation terminée, les troupes françaises comptaient 900 000 soldats contre 1 200 000 soldats allemands et prussiens.\n\nLa victoire de la France sur l'Autriche en 1859 fit illusion, car lors de la campagne, l'armée française n'avait pas de plan de manœuvre et sa logistique était improvisée.\n\n",
"title": " Faiblesses françaises "
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"source_text": "En Allemagne, sous l’influence du maréchal von Moltke, un état-major s'était constitué. L'armée prussienne était formée de conscrits disciplinés, instruits, bien entraînés. Les effectifs atteignaient 500 000 hommes, avec une expérience récente du feu : contre le Danemark (1864) et contre l’Autriche (1866). L'armée prussienne disposait, en outre, d’une artillerie lourde. Dans le conflit, elle choisit de concentrer ses troupes sur des points précis, plutôt que de les disperser. Ces deux principes compensèrent largement les faiblesses du fusil allemand Dreyse et du fusil bavarois Werder, face aux qualités du Chassepot français.\n\nLes armées de la confédération de l'Allemagne du Nord, des États de Bavière et de Wurtemberg, de Bade et de Hesse-Darmstadt sont organisées selon le modèle prussien. Les réserves sont constituées de longue date et le commandement est formé de généraux et d'états-majors entraînés par des exercices annuels.\n\n",
"title": " La supériorité prussienne "
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"source_text": "Les troupes françaises étaient composées de 8 corps d'armées qui regroupent 23 divisions d'infanterie et 6 divisions de cavalerie.\n\n",
"title": " Armée française "
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"source_text": "L'organisation des corps d'infanterie est réglée par l'ordonnance du 8 septembre 1841. Cette arme se compose, indépendamment des corps faisant partie de la Garde impériale, de :\n\n20 bataillons de chasseurs à pied\n\n1 régiment de sapeurs-pompiers de Paris\n\n3 bataillons d'infanterie légère d'Afrique\n\n5 compagnies de fusiliers de discipline\n\n2 compagnies de pionniers de discipline\n\n3 régiments de tirailleurs algériens\n\n1 compagnie de vétérans d'infanterieLa réserve est formée de la garde nationale mobile (les « moblots ») et de la garde nationale sédentaire qui sont de formation récente et dont la valeur combative, variable, est inconnue à la déclaration de la guerre car elle n'est bien souvent pas équipée ni armée, encore moins entraînée.\n\n",
"title": " Armée française - Infanterie "
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"source_text": "Au début de la campagne de 1870, l'armée française compte 63 régiments de cavalerie, répartis en cavalerie légère (chasseurs et hussards), cavalerie de ligne (dragons et lanciers) et cavalerie de réserve (cuirassiers et carabiniers), ainsi que la cavalerie d'Afrique (chasseurs d'Afrique et spahis).\n\nLa cavalerie française est moins bien utilisée que celle des Prussiens dans le domaine de la reconnaissance, et le commandement croit encore à sa puissance de choc. En fait, l'artillerie prussienne (obus percutant) et les fusils modernes à tir rapide brisent les charges désormais inefficaces.\n\n",
"title": " Armée française - Cavalerie "
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"source_text": "Le canon de campagne français ou « pièce de 4 » utilisait surtout des obus fusants — réglés avant le chargement dans le canon, pour seulement trois distances d'éclatement possibles — plutôt que des obus percutants, explosant à l'impact. Cette infériorité technique greva la « pièce de 4 » de manière rédhibitoire par rapport aux effets du canon Krupp. L'infériorité de l'artillerie française, d’après le général Suzanne, directeur de l’artillerie en 1870, découlait aussi du mode d'emploi de l’artillerie : dispersion excessive de l'artillerie avec absence de grande batteries, duel avec l’artillerie adverse avec pour seul résultat d'attirer sur elle une concentration des batteries ennemies. Une seule grande batterie fut constituée par le colonel de Montluisant à Saint-Privat le 18 août. Elle infligea de fortes pertes à la Garde prussienne.\n\nIl faut également citer les canons à balles de Reffye, ces mitrailleuses qui tiraient environ 75 coups à la minute. Chaque fois que les officiers, commandant ces batteries de mitrailleuses à 6 pièces, comprennent qu’il valait mieux ne pas engager la lutte contre l’artillerie adverse mais contre l’infanterie, des résultats spectaculaires sont obtenus. Il semble même que la majorité des pertes prussiennes infligées par l'artillerie française leur soit imputable.\n\n",
"title": " Armée française - Artillerie "
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"source_text": "Le fusil Chassepot modèle 1866 français, avec une munition de calibre 11 mm, a une portée utile de 600 mètres, est supérieur au fusil Dreyse équipant l'armée allemande et au Werder bavarois. Ce dernier a une munition de calibre 15 mm qui est moins puissante et moins précise. Par surcroît, l'effet vulnérant de la balle Chassepot était dévastateur. Plus de 80 % des pertes infligées aux troupes adverses en 1870-1871 ont été imputées, après la guerre, aux effets du fusil Chassepot.\n\nLa dotation du fantassin français est de 134 cartouches par homme, 90 dans le sac, 24 à la réserve divisionnaire, et 20 dans les caissons de parc du corps d'armée. À la veille de la guerre, la France disposait d'un stock de 1 037 000 fusils Chassepot.\n\nLe revolver Lefaucheux modèle 1870 de marine, avec un calibre de 12 mm, est employé durant le conflit de 1870 avec des cartouches de 12 mm à broches. Son rechargement est lent du fait de sa conception. En effet, la portière de rechargement ne permet d'insérer qu'une seule cartouche à la fois.\n\n",
"title": " Armée française - Armement du soldat "
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"source_text": "Tunique en drap bleu foncé à deux rangées de boutons ; col jonquille avec passepoil bleu ; parements bleus avec passepoils jonquilles ; épaulettes écarlates ; boutons en cuivre avec le numéro du régiment ; pantalon garance tombant droit sur le cou-de-pied ; guêtre en cuir ou de toile blanche selon la tenue ; le képi garance avec bandeau bleu portant le numéro du régiment décoré en drap jonquille ; pompon à flamme écarlate ; jugulaire en cuir ; grand équipement en cuir noir.\n\n",
"title": " Armée française - Uniforme de l'infanterie de ligne "
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"source_text": "Les troupes allemandes sont composées de 16 corps d'armées qui regroupent 32 divisions d'infanterie et 8 divisions de cavalerie. Elles disposent de services de chemin de fer et de télégraphe.\n\n",
"title": " Armée allemande "
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"source_text": "Les régiments d'active sont commandés par des officiers entraînés à leurs responsabilités. Les réserves constituées depuis longtemps disposent de corps d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie.\n\n",
"title": " Armée allemande - Infanterie "
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"source_text": "Le canon Krupp prussien en acier se charge par la culasse, tandis que son homologue français est en bronze et se charge par la bouche. Ces avantages sont cependant limités par la qualité du métal et les deux types de canons sont rayés. En revanche, la cadence de tir du canon Krupp est nettement supérieure et la portée du canon Krupp est de 6 km contre 4 km pour les canons français. La supériorité prussienne vient aussi de l'utilisation d'obus percutants plutôt que fusants.\n\n",
"title": " Armée allemande - Artillerie "
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870 |
Gouvernance environnementale | 868 | [
{
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"source_text": "L’environnement et les ressources naturelles doivent être considérés comme des biens communs mondiaux, qui appartiennent aux catégories spécifiques des biens non manufacturés qui, lorsqu’ils sont partagés, peuvent être soit divisés soit détruits. Le caractère mondial de ces biens découle de l’appartenance de chacun des éléments qui le composent à un système intégré. Chacun peut profiter de l’atmosphère, du climat et de la biodiversité (entre autres) et, en même temps, la planète tout entière souffre des effets dramatiques du réchauffement global, de la réduction de la couche d'ozone ou de l’extinction des espèces. Cette dimension planétaire incite à une gestion partagée.\n\nUn bien public se caractérise par sa non-rivalité (une ressource naturelle consommée par une personne peut toujours l’être par une autre) et par une non-exclusivité (il est impossible d’empêcher quelqu’un de consommer ce bien). On reconnaît également qu’un bien public est bénéfique et qu’il bénéficie, par voie de conséquence, de l’attribution d’une certaine valeur. La notion de bien commun mondial établit la distinction suivante : il s’agit de biens nécessaires à la vie et qui dès lors ne doivent pas être contrôlés par une seule personne ou un seul État.\n\nLe caractère de non-rivalité du bien requiert donc une gestion qui ne soit ni compétitive ni déprédatrice, comme l’est celle du marché libre, qui conduirait à son extinction, et il contraint parallèlement à accorder une valeur économique à la ressource en question, car sa gratuité conduirait au même résultat. L’eau est peut-être le meilleur exemple de ce type de biens.\n\nL’état actuel de la situation en matière de gouvernance environnementale est cependant loin de respecter un ou plusieurs de ces impératifs. Face à la nécessité de répondre au caractère complexe de la problématique environnementale, il est indispensable de mettre en place une gestion multilatérale cohérente entre tous les acteurs concernés. Or, jusqu’ici, la communauté mondiale a été incapable de relever ce défi et la gouvernance actuelle est la proie de nombreux fléaux. Ainsi, malgré la prise de conscience croissante autour des questions environnementales dans les pays développés et en voie de développement, la dégradation de l’environnement se poursuit et de nouveaux problèmes environnementaux apparaissent. Tout cela est dû à l’état critique dans lequel se trouve la gouvernance environnementale mondiale. Cette dernière est incapable de traiter de manière adéquate les problèmes environnementaux à cause de différents facteurs : la gouvernance fragmentée au sein des Nations unies, le manque d’implication de la part des institutions financières, la prolifération d’accords environnementaux qui entrent souvent en conflit avec des mesures commerciales (il existe plus de 300 traités internationaux multilatéraux et environ 900 traités internationaux bilatéraux). Ajoutés à tout cela, la division entre les pays du Nord et l’abîme persistant entre les pays développés et les pays en voie de développement doivent être pris en compte pour comprendre l’échec institutionnel de l’actuelle gouvernance environnementale mondiale.\n\n",
"title": ""
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernance_environnementale |
Paris - Histoire (4) | 679 | [
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"source_text": "\n\nParis (/pa.ʁi/) est la capitale de la France. Divisée en vingt arrondissements, elle est le chef-lieu de la région Île-de-France et le siège de la métropole du Grand Paris.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La Révolution française débute à Versailles par la convocation des États généraux puis le Serment du Jeu de paume. Mais les Parisiens, atteints par la crise économique (prix du pain), sensibilisés aux problèmes politiques par la philosophie des Lumières et mus par une rancœur à l'égard du pouvoir royal ayant abandonné la ville depuis plus d'un siècle, lui donnent une nouvelle orientation. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789, liée au soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine, en est une première étape. Le 15 juillet, l'astronome Jean Sylvain Bailly reçoit à l'hôtel de ville la charge de premier maire de Paris. Le 5 octobre, l’émeute, déclenchée par les femmes sur les marchés parisiens, atteint Versailles le soir. Le 6 au matin, le château est envahi et le roi doit accepter de venir résider à Paris au palais des Tuileries et d’y convoquer l’Assemblée constituante qui s’installe le 19 octobre dans le Manège des Tuileries.\n\nLe « département de Paris » comprend alors trois districts : Paris, le Franciade et Bourg de l'Égalité.\n\nLe 14 juillet 1790 se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars, lieu qui sera le 17 juillet 1791 le théâtre d'une dramatique fusillade. Occupés à partir de mai 1790 après la mise en vente des biens nationaux, le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, hauts lieux du Paris révolutionnaire, marquent la toute-puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution.\n\nDans la nuit du 9 août 1792, une commune révolutionnaire prend possession de l'hôtel de ville. La journée du 10 août voit la foule assiéger le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de la Commune de Paris, très radicaux, s'opposent à la Convention nationale au groupe des Girondins (représentant l'opinion plus modérée de la bourgeoisie des provinces) qui sera écarté en 1793.\n\nLes Parisiens vivent alors deux années de rationnement. La Terreur règne sous la coupe du Comité de salut public. Le Tribunal révolutionnaire, avec l'aide de la mairie, s'emploie à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles suspects, de prêtres réfractaires et d'opposants jugés contre-révolutionnaires. La création de la charge de Préfet de police par Napoléon, ôtera à la municipalité tout pouvoir de police judiciaire, de sorte que le maire de Paris est, aujourd'hui encore, le seul de France à en être privé. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de la Révolution ». Il est suivi sur l'échafaud par 1 119 personnes, dont Marie-Antoinette, Danton, Lavoisier et finalement Robespierre et ses partisans après le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).\n\nLa Révolution n'est pas une période favorable au développement de la ville (peu de monuments sont édifiés) qui n'a plus que 548 000 habitants en 1800. De nombreux couvents et églises sont rasés et font place à des lotissements édifiés sans plan d'ensemble, ce qui aboutit à une réduction des espaces verts de la ville et à une densification du centre. Sous le Directoire, des immeubles de rapport, de style néo-classique, sont élevés.\n\nEn 1806, Paris a compensé les pertes subies durant la Révolution et compte 650 000 habitants ; cette progression est surtout le fait de l'immigration provinciale, la natalité restant faible. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, la ville est distancée par Londres en pleine expansion économique et démographique qui atteint 1 096 784 habitants. Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte, qui a pris le pouvoir en 1799, est sacré empereur par le pape Pie VII à la cathédrale Notre-Dame. Il décide d'établir à Paris la capitale de son Empire et ambitionne d'en faire la « nouvelle Rome ». Il ordonne dans ce but la construction des arcs de triomphe de l’Étoile et du Carrousel ainsi que celle du palais impérial de la Bourse (achevé sous la Restauration) et de la colonne Vendôme. Il soumet également à Jean-Antoine Alavoine le projet de l'éléphant de la Bastille, et aux architectes Percier et Fontaine l'édification du Palais du roi de Rome, dont seuls les jardins du Trocadéro et le pont d'Iéna seront en définitive terminés. L'Empereur multiplie par ailleurs les points d'eau, alimentés par un réseau de 50 km de canaux qui acheminent l'eau de l'Ourcq.\n\nEn 1814, la bataille de Paris entraîne la capitulation de la capitale puis conduit à la première abdication de Napoléon et à la Restauration. Les cosaques de l'armée russe occupent certains points de la ville, ce qui donnera lieu à une légende concernant l'origine du mot bistro, comme le proclame le Syndicat d'Initiative du Vieux Montmartre, au restaurant À la Mère Catherine, place du Tertre. Les armées alliées quittent la ville après le 3 juin 1814, date du départ du tsar Alexandre Ier.\n\n",
"title": " La Révolution française et l'Empire "
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"source_text": "À la fin des Cent-Jours, la chute de l'Empire en juillet 1815 amène à Paris les armées anglaises et prussiennes, qui vont jusqu'à camper sur les Champs-Élysées. Louis XVIII, de retour de son exil à Gand, s'installe à nouveau aux Tuileries.\n\nLouis XVIII et Charles X, puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien. Le prolétariat ouvrier, en forte expansion, s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui, avec plus de 100 000 habitants au kilomètre carré, constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait 32 000 victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. La masse paupérisée du petit peuple, délaissée et excédée, est mûre pour des révoltes répétées que le pouvoir ne sent pas germer ou est sûr de vaincre : les barricades font tomber Charles X lors des Trois Glorieuses puis Louis-Philippe Ier en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.\n\nDurant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers généraux. Entre 1840 et 1844, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers, est construite sur l'emplacement de l'actuel boulevard périphérique. Au cœur de la ville, la rue Rambuteau est percée.\n\nAvec l'avènement du Second Empire, Paris se transforme radicalement. De structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne. Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme et le logement : le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui d'Haussmann. Des milliers de logements disparaissent, sur fond d'une spéculation immobilière qui sera la cause d'un krach financier international.\n\nLe 1er janvier 1860, une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 802 hectares. Après ces annexions, les limites administratives de la ville ne seront que peu modifiées et la croissance urbaine, qui continue toujours de la fin du XIXe au XXe siècle, ne s'accompagnera donc plus d'une expansion des frontières communales, ce qui est à l'origine de la « banlieue ».\n\nLors de la Guerre franco-prussienne de 1870, Paris est assiégée pendant plusieurs mois mais n'est pas prise par les armées prussiennes. À cette occasion, est inventée la poste aérienne, grâce aux ballons montés. Refusant l'armistice signé le 28 janvier 1871 et à la suite des élections de février qui portent au pouvoir des royalistes désireux de mettre fin à la guerre, les Parisiens s'insurgent le 18 mars 1871. C'est le début de la Commune de Paris. L'Assemblée monarchiste installée provisoirement à Versailles, la réprime entre les 22 et 28 mai lors de la Semaine sanglante qui reste à ce jour la dernière guerre civile qu'ait connue Paris.\n\nAprès la guerre de 1870, pour se relever, la ville de Paris lève un grand emprunt public de 1,2 million de francs qui a un grand succès ; il est souscrit plus de quinze fois.\n\n",
"title": " De la Restauration à la Commune de Paris "
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Paris |
Environnement - Philosophie et éthique de l'environnement (1) | 1,020 | [
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"source_text": "\n\nL'environnement est « l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins », ou encore « l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines ».\n\nLa notion d'environnement naturel, souvent désignée par le seul mot « environnement », a beaucoup évolué au cours des derniers siècles et tout particulièrement des dernières décennies. L'environnement est compris comme l'ensemble des composants naturels de la planète Terre, comme l'air, l'eau, l'atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l'ensemble des phénomènes et interactions qui s'y déploient, c'est-à-dire tout ce qui entoure l'Homme et ses activités ; bien que cette position centrale de l'être humain soit précisément un objet de controverse dans le champ de l'écologie.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La plupart des religions anciennes étaient respectueuses de l'environnement bien que la notion d'environnement à l'époque ne fût pas la même qu'aujourd'hui. Certaines religions animistes et celtiques faisaient des éléments de la nature, comme les sources, certains animaux ou plantes, des divinités. En effet, la non-compréhension de la nature lui conférait un aspect mystique qui aboutissait souvent à une divinisation de ses éléments.\n\nDans l'hindouisme, l'environnement a une grande importance. On traduit hindouisme par sanatana dharma, qui, traduit approximativement, signifie l'« essence éternelle du cosmos » – la qualité qui lie tous les êtres humains, animaux et végétaux à l'univers alentour et éventuellement à Dieu, source de toute existence.\n\nLe shintoïsme a également divinisé de nombreux éléments naturels, sous le nom de kami. Un kami peut être toute entité supérieure à l'homme par sa nature.\n\nLe monde naturel joue un rôle important dans le judaïsme. Dans la loi juive (halakhah), on trouve des mises en garde pour la protection des arbres fruitiers, ou de tout ce qui relève du bien commun, y compris les éléments naturels constituant l'environnement. La gestion de la création a été confiée par Dieu à l'homme afin de lui assurer une base matérielle et un tremplin pour son développement spirituel. Le rapport du Judaïsme à la nature est donc marqué par le respect de ce qui appartient à Dieu (l'homme est gestionnaire, et non propriétaire) et le fait que tout élément sur terre a son rôle à jouer dans la création, pour le bien être de l'homme et l'harmonie de l'ensemble des créatures.\n\nL'Église catholique alerta la communauté internationale dès les années 1970 sur un important manque d'éthique. Notamment le pape Paul VI, inquiet des nouvelles politiques agricoles, a pris position en 1970 lors du 25e anniversaire de la FAO, puis a délivré un message fort en 1972 à l'ouverture de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm. Puis, en parallèle à l'œcuménisme prôné par Jean-Paul II, divers évènements chrétiens eurent lieu sur la question de l'environnement. De multiples initiatives œcuméniques ont abouti à proposer en 2007 de consacrer un temps pour la sauvegarde de la Création chaque année entre le 1er septembre (journée de prière pour la sauvegarde de la Création chez les orthodoxes, adoptée ensuite par les catholiques) et le 4 octobre (fête de saint François d'Assise chez les catholiques).\n\nDe même, la plupart des autorités religieuses islamiques se sont positionnées en faveur d'un plus grand respect de l'environnement. 60 responsables religieux musulmans représentant 20 pays différents, se sont réunis les 17 et 18 août 2015 à Istanbul pour le colloque de l’Islamic Climate Change Symposium, et ont signé la déclaration islamique sur le changement climatique.\n\n",
"title": " Environnement et religion "
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"source_text": "En juin 2012, à l'approche de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, le Saint-Siège rappelle « que l’on ne peut pas réduire à un problème « technique » ce qui touche la dignité de l’homme et des peuples : on ne peut pas, en effet, confier le processus de développement à la seule technique parce que, de cette manière, il serait privé d’orientation éthique. La recherche de solutions à ces problématiques ne peut pas être séparée de notre compréhension de l'être humain. La personne humaine à laquelle est confiée la bonne gestion de la nature ne peut pas être dominée par la technique et en devenir l'objet ».\n\nEn juin 2015, quelques mois avant la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), le pape François publie l'encyclique Laudato si' (« sur la sauvegarde de la maison commune »). C'est la première encyclique d'un pape entièrement consacrée aux questions d'environnement, d'écologie intégrale, et de développement durable et intégral. Bien conscient des problèmes environnementaux de la planète, notamment de l'origine anthropique du réchauffement climatique, le pape souligne que ce sont les pauvres de la planète qui souffrent le plus de la dégradation de l'environnement, et il montre que la préservation de l'environnement ne peut pas être dissociée de la préoccupation d'aider les plus pauvres, ce qui constitue la dimension sociale de la doctrine de l'Église.\n\n",
"title": " Position du Saint-Siège "
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] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Environnement |
Empire byzantin - Représentations de l'Empire byzantin (1) | 2,731 | [
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"source_text": "",
"title": "Contexte"
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"source_text": "L'Empire byzantin n'a pas autant inspiré les artistes que l'Antiquité ou l'Europe de l'Ouest médiévale, mais il est parfois évoqué dans les arts après le Moyen Âge. Dès les lendemains de la chute de Constantinople, le monde byzantin a pu constituer un cadre de représentation artistique, à l'image du roman de chevalerie Tirant le Blanc écrit par Joanot Martorell dans les années 1460, qui met en scène un chevalier fictif, Tirant le Blanc, que l'empereur de Constantinople charge de libérer la Grèce des Turcs, et qui accomplit toutes sortes d'exploits à son service. Le roman est notamment admiré par Miguel de Cervantes.\n\nÀ l'époque classique, l'Empire byzantin est perçu comme un modèle à suivre pour l'absolutisme royal. Plusieurs œuvres de l'époque mettent en scène des récits inspirés de l'histoire byzantine, à l'image de la pièce de théâtre Héraclius de Pierre Corneille, tandis que Bélisaire est un thème régulièrement repris au théâtre (trois pièces entre 1642 et 1657). Dégradée depuis la séparation des Églises d'Orient et d'Occident, l'image du monde byzantin ne s'améliore pas avec l'émergence des Lumières, comme en témoignent les œuvres le prenant pour thème, souvent pour n'y voir que les excès de l'autocratie et de la théocratie. Voltaire consacre l'une de ses pièces de théâtre à l'histoire byzantine, Irène, dans laquelle il blâme le despotisme des empereurs. Le tableau de Jacques-Louis David, Bélisaire demandant l'aumône fait du général glorieux la victime de l'autoritarisme et de l'ingratitude de Justinien Ier, figure d'un absolutisme royal de plus en plus contesté. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, Byzance y est souvent fortement dénoncé comme un exemple de tyrannie et de décadence.\n\nLa fin du XIXe siècle marque un tournant. Dans l'historiographie, c'est le moment de l'émergence d'une byzantinologie moderne qui se détache à la fois du mishellénisme médiéval et du cadre des Lumières, largement dépréciateurs. Dans les arts, cette tendance se retrouve et même, par certains aspects, précède cette évolution. Les liens avec le développement de l'orientalisme sont réels même s'ils n'ont pas toujours été mis en avant. Edward Saïd n'en fait ainsi pas mention dans son ouvrage fondateur L'Orientalisme. L'œuvre majeure en la matière reste la pièce de théâtre Théodora de Victorien Sardou. L'impératrice, interprétée par la vedette de l'époque Sarah Bernhardt, y devient une icône de la femme fatale, séductrice et dominatrice. Envoûtante, y compris pour son mari, elle y incarne l'image d'un Orient sensuel, voire érotique, lieu d'épanouissement d'une violence cohabitant avec un cadre raffiné. Le succès de cette pièce joue beaucoup dans le regain de popularité de Byzance à l'époque. Les œuvres se multiplient la prenant pour cadre, à l'image de plusieurs romans de Paul Adam entre 1893 et 1907. Les mêmes traits se retrouvent. Le monde byzantin y est dépeint comme décadent, ouvert aux complots des femmes et des eunuques, violent mais non sans raffinement, profondément paradoxal. L'opulence y est sans cesse rappelée avec l'omniprésence de Constantinople, souvent appelée de son nom antique Byzance. La capitale incontournable est un lieu mythifié mais aussi cosmopolite, ce qui en fait un facteur de faiblesse de l'Empire byzantin dans la conscience de l'époque. Elle est le lieu de tous les complots. Au-delà de la France, au Royaume-Uni aussi, Byzance apparaît comme un espace mythifié, presque fictif, décrit dans le poème Sailing to Byzantium. Le poète britannique William Butler Yeats qui le publie en 1928 relate une quête métaphysique dont le but spirituel est représenté par la destination légendaire qu'est Byzance. Ni complètement oriental sans être véritablement rattachée à l'Occident et à l'Europe, l'Empire byzantin incarne un entre-deux-mondes, lieu de rencontre entre les peuples, les religions et les époques. La peinture orientaliste prend aussi pour cadre cet univers avec les différents tableaux représentants Théodora, dont ceux de Benjamin-Constant en 1887 ou de Georges Clairin en 1902. La chute de Constantinople est un autre cadre apprécié des peintres avec des tableaux, là encore, de Benjamin-Constant ou de Fausto Zonaro.\n\nPlus généralement, le siècle de Justinien et la chute de Constantinople sont largement surreprésentés en raison de leur impact historique. La prise de Constantinople devient ainsi l'une des Très Riches Heures de l'humanité décrites par Stefan Zweig. Au cinéma, l'événement a fait l'objet de plusieurs films dont L'Agonie de Byzance de Louis Feuillade en 1913 ou, plus récemment, d'une superproduction turque, Constantinople ou Fetih 1453 en 2012. Ce film polémique y exalte l'événement fondateur de la puissance ottomane aux dépens d'un monde byzantin déclinant. L'époque justinienne, elle, a fait l'objet d'un grand nombre d’œuvres. Si le genre du péplum évoque rarement mais régulièrement l'Empire byzantin, la période la plus représentée est, de très loin, celle du règne de l'empereur Justinien Ier, et accorde une grande place à son épouse Théodora et aux événements de la sédition Nika. Le premier film consacré à son épouse est Teodora imperatrice di Bisanzio de l'Italien Ernesto Maria Pasquali, en 1909, qui adapte la tragédie de Victorien Sardou. La pièce connaît deux autres adaptations au cinéma dans les années suivantes (Théodora du Français Henri Pouctal en 1912 et Teodora de l'Italien Leopoldo Carlucci en 1922, cette dernière étant celle qui dispose des plus gros moyens). En 1953, Riccardo Freda traite à nouveau du même thème dans Théodora, impératrice de Byzance avec un scénario plus proche de la réalité historique et un grand soin apporté aux reconstitutions. Au-delà, les péplums se plaisent à traiter du thème de la reconquête de Rome à l'image du film Pour la conquête de Rome I de Robert Siodmak. L'Empire du VIe siècle constitue un cadre de choix pour des œuvres uchroniques, dans la lignée du roman de Lyon Sprague de Camp De peur que les ténèbres revenant sur la reprise de l'Italie par les armées de Justinien.\n\nLes Byzantins apparaissent également sous un jour défavorable dans les films consacrés à l'histoire des Slaves, dont ils constituent alors les adversaires. En 1985-1986, Rouss iznatchalnaïa (Les Débuts de la Russie), film soviétique de Gennadi Vassiliev, oppose le chef slave Veslav puis son fils Ratibor à l'Empire byzantin gouverné par Justinien. Selon Hervé Dumont, le film, réalisé « pour l'édification de la jeunesse soviétique », est empreint d'un discours nationaliste, mais son scénario est adapté d'un roman de Vsevolod V. Ivanov (exilé sous Staline). En 2000, le film russe Rytsarskiy roman (Рыцарский роман), réalisé par Aleksandr Inshakov, se déroule à Constantinople au XIe siècle.\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_byzantin |
La naissance d’un nouveau régime | 412 | [
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"source_text": " La rédaction d’une Constitution\n◆ Les Pères fondateurs. Cinquante-cinq délégués, souvent des juristes, parmi lesquels James Madison, participent à la rédaction d’une nouvelle Constitution. Ils s’inspirent de la tradition juridique britannique et des travaux de John Hobbes, Thomas Locke et Montesquieu.\n\n➤ Une ratification rapide. Des conventions populaires sont réunies pour ratifier le texte dans chaque État. Dès l’été 1788, onze États l’ont déjà fait. Parfois obtenue de justesse, la ratification a donné lieu à des débats passionnés (doc. 1).",
"title": "1"
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"source_text": " Les apports de la Constitution\n◆ Une souveraineté partagée. L’État fédéral gère la politique extérieure, le commerce, la défense, tandis que les États fédérés s’occupent de la police, de la justice, des écoles, de l’aménagement des infrastructures.\n\n➤ Séparation et équilibre des pouvoirs. Élues au suffrage indirect, les deux chambres – le Sénat et la Chambre des représentants – détiennent le pouvoir législatif. Aucun pouvoir n’a le dessus sur les autres : par exemple, le président peut mettre son veto à une loi votée par le Congrès, et le Sénat peut révoquer un ministre ou un juge nommé par le président (doc. 2).\n\n➤ Des valeurs universelles. Avec l’adoption des dix premiers amendements (Bill of Rights), ratifiés en 1791, les États‑Unis se dotent de valeurs universelles : consentement des gouvernés, représentation populaire, liberté religieuse, libertés publiques, etc.",
"title": "2"
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"source_text": " Une démocratie inachevée\n◆ Une république esclavagiste. Sur quatre millions d’habitants, les États‑Unis comptent 20 % d’esclaves, surtout présents dans le sud du pays. La plupart des Pères fondateurs possèdent des esclaves et, malgré leurs convictions républicaines, sont imprégnés par les idées racistes de leur temps (doc. 3). Les États du Nord abolissent progressivement l’esclavage, mais il reste légal dans les États méridionaux.\n\n➤ Une république conservatrice. Même si plusieurs ont lutté pour l’indépendance, y compris militairement, les femmes sont privées de droits politiques. Seul le New Jersey leur donne le droit de vote en 1776, avant de le leur retirer en 1807. Les pauvres sont eux aussi exclus de la vie politique : seuls les propriétaires peuvent voter et être élus, ce qui fait de la République américaine une oligarchie (doc. 2).\n\n➤ Une république conquérante. Les loyalistes sont persécutés et plusieurs dizaines de milliers fuient le pays. Quant aux Amérindiens, ils sont considérés comme des sauvages et massacrés, avec l’assentiment du Congrès. Des colons s’installent sur leurs terres : c’est le début de la conquête de l’Ouest. Entre les différents États, la compétition est forte pour s’approprier ces terres. La carte politique évolue : de nouveaux États apparaissent peu à peu dans ces régions, d’autres s’agrandissent (doc. 4).",
"title": "3"
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"source_text": " Fondée sur des valeurs universelles et des principes démocratiques, la jeune République américaine peine à les appliquer à toutes les parties de sa population.",
"title": ""
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"https://assets.lls.fr/pages/6506398/HIS.2de.6.C5.james_madison.png"
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"source_text": " James Madison (1751-1836) Délégué de Virginie, proche de Jefferson et Washington, Madison est l’un des principaux rédacteurs de la Constitution. Il s’assure notamment de l’équilibre des pouvoirs, de la souveraineté des États fédérés et de la représentation du peuple. Il corédige les Federalist Papers et les amendements à la Constitution. Secrétaire d’État de Jefferson, il devient le quatrième président des États-Unis (1809‑1817).",
"title": "Repères"
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"source_text": " • Amendement : modification apportée à la Constitution. Il doit être voté par les deux tiers du Congrès et ratifié par les trois quarts des élus des États.\n\n• Constitution : loi fondamentale qui détermine l’organisation et le fonctionnement d’un État.\n\n• Convention populaire : assemblée populaire réunie spécialement pour ratifier la Constitution sans passer par les législatures des États.\n\n• État fédéral : État souverain composé de territoires autonomes, appelés « États fédérés », disposant de leurs propres gouvernements.\n\n• Ratification : confirmation par une assemblée d’un engagement pris par un représentant.",
"title": "Vocabulaire"
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"source_text": " Dramaturge, poétesse et philosophe, Mercy Otis Warren critique dans ce texte les défauts de la Constitution.\n2. Il n’y a pas de sécurité dans le système proposé ni pour la liberté de conscience, ni pour la liberté de la presse. 3. Il n’y a pas de limites bien définies pour le pouvoir judiciaire. 4. L’exécutif et le législatif sont dangereusement mélangés et tout ce qui les concerne est formulé en des termes ambigus […]. 9. Rien n’empêche qu’un mandat reste dans les mêmes mains pour une vie entière.\n \n Mercy Otis Warren, Observations on the New Constitution, 1788.",
"title": "1 Une Constitution critiquée"
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{
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"source_text": " Il m’apparaît qu’en ce qui concerne la mémoire, [les Noirs] sont l’égal des Blancs; en ce qui concerne la raison, ils sont bien inférieurs […]. Cette malheureuse différence de couleur, et peut-être de faculté, est un obstacle puissant à l’émancipation de ces gens […]. Quand l’esclave sera libre, il faudra le repousser afin d’éviter tout risque de mélange.\n \n Thomas Jefferson, Notes on the State of Virginia, 1785.",
"title": "3 Jefferson et l’esclavage"
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"https://assets.lls.fr/pages/6506398/HIS.2de.6.C4.obama_crows.jpg"
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"source_text": " Barack Obama, le premier afro-américain à devenir président des État-Unis d’Amérique, fut officiellement adopté par la tribu amérindienne des Crows durant sa campagne présidentielle de 2008.\n\nEn août 2009, il reçoit à la Maison Blanche le chef de guerre crow John Medicine, alors âgé de 95 ans, pour lui remettre la médaille de la Liberté. Cette photo, soigneusement mise en scène, souligne l’ouverture de la démocratie américaine, en montrant ensemble une femme, des chefs amérindiens et un afroaméricain, autant de catégories qui étaient exclues en 1776.",
"title": "Écho des temps"
}
] | lls-histoire-seconde | https://www.lelivrescolaire.fr/page/6506398 |
Érosion des sols - Érosion des sols et développement durable (1) | 3,784 | [
{
"img": [],
"source_text": "\n\nL’érosion des sols est un phénomène de déplacement des matériaux à la surface de la couche la plus externe de la croûte terrestre. Elle est une des formes de régression et dégradation des sols. La protection contre cette érosion est un enjeu pour la préservation de la qualité agronomique des sols agricoles, de la qualité des eaux de surface et de la sécurité des habitations et des infrastructures (recouvrement des chaussées, apparition de coulées boueuses, colmatage ou comblement des réseaux de collecte des eaux pluviales) .\n\n",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Les taux d'érosion géologique pour les cratons continentaux, à pente très faible, sont très réduits (< 10-4 à 0,01 mm/an). Ils sont moyens pour les sols à couvert végétal en pente modérée (0,001 à 1 mm/an), et élevés pour les sols alpins à pente forte (0,1 à > 10 mm/an). Les champs cultivés de toutes ces différentes régions, même en pente faible, ont des taux d'érosion similaire aux terrains alpins en raison du travail du sol intensif (diminution de la couche arable, lessivage et entraînement des éléments nutritifs, perte de matière organique). En règle générale, les programmes de conservation des sols considèrent que la tolérance de perte de sol (en) est comprise entre 0,4 à 1 mm d'érosion de sol par an, ce qui correspond à 5 à 12 tonnes/ha/an. Ainsi, « l'érosion des sols cultivés en agriculture conventionnelle est, en moyenne mondiale, de l'ordre de 1 mm de sol par an. C'est 10 à 100 fois plus que les niveaux naturels d'érosion (chiffre variant selon la méthode d'estimation de ces derniers) et 15 à 20 fois plus que les vitesses de formation du sol ». \n\nL'érosion des sols est souvent citée par les historiens comme ayant contribué, avec d'autres facteurs abiotiques tels que les changements climatiques, au déclin de civilisations (au Moyen-Orient, en Grèce et Rome antique, en Mésoamérique avec la civilisation maya). La même menace pèse actuellement et pose l'enjeu central du débat autour d'une agriculture durable.\n\nLa protection de l'érosion des sols s'inscrit dans les logiques du développement durable. L'Agence européenne pour l'environnement évalue en effet à 17 % la surface du territoire européen affectée, à des degrés divers, par cette érosion. « Dans toute l'Europe, l'aggravation des phénomènes d'érosion a été observée localement, soit en raison des activités humaines, soit du fait des évolutions climatiques ».\n\n",
"title": ""
}
] | wik-svt-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érosion_des_sols |
Érosion des sols - Formes d'érosion hydrique (1) | 3,783 | [
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"source_text": "\n\nL’érosion des sols est un phénomène de déplacement des matériaux à la surface de la couche la plus externe de la croûte terrestre. Elle est une des formes de régression et dégradation des sols. La protection contre cette érosion est un enjeu pour la préservation de la qualité agronomique des sols agricoles, de la qualité des eaux de surface et de la sécurité des habitations et des infrastructures (recouvrement des chaussées, apparition de coulées boueuses, colmatage ou comblement des réseaux de collecte des eaux pluviales) .\n\n",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "L'érosion hydrique peut prendre différentes formes, :\n\nÉrosion en nappe (en) (appelée aussi érosion interrigoles) : érosion diffuse sur le versant, avec une vitesse d'écoulement faible ;\n\nÉrosion en rigole : si la vitesse du ruissellement est forte, l'augmentation de débit et l'apparition de tourbillons provoque un affouillement qui crée une rupture dans la pente, à partir de laquelle se développe une rigole. La concentration du ruissellement est favorisée par des motifs linéaires (traces de roues, lignes de semis, talwegs, fourrières, dérayures) ;\n\nÉrosion par ravinement : érosion linéaire concentrée sur des structures linéaires plus marquées et plus durables. Une distinction est parfois faite entre rigoles (profondeur inférieure à 15 cm), ravines (profondeur comprise entre 15 et 45 cm) et fossés (profondeur supérieure à 45 cm) ;\n\n",
"title": ""
}
] | wik-svt-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érosion_des_sols |
Érosion des sols - Facteurs d'érosion (1) | 3,781 | [
{
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"source_text": "\n\nL’érosion des sols est un phénomène de déplacement des matériaux à la surface de la couche la plus externe de la croûte terrestre. Elle est une des formes de régression et dégradation des sols. La protection contre cette érosion est un enjeu pour la préservation de la qualité agronomique des sols agricoles, de la qualité des eaux de surface et de la sécurité des habitations et des infrastructures (recouvrement des chaussées, apparition de coulées boueuses, colmatage ou comblement des réseaux de collecte des eaux pluviales) .\n\n",
"title": "Contexte"
},
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"source_text": "Les principaux facteurs d'érosion, sont :\n\nles précipitations : érosion hydrique due à l'impact de la pluie sur le sol (effet splash influencé par la texture du sol, l'intensité des pluies, le couvert végétal, le taux d'infiltration qui diminue sous l'effet du gel, de l'encroûtement ou du compactage de sol et augmente avec les techniques culturales simplifiées), à la fonte des neiges ;\n\nle vent : érosion éolienne ;L'érosion des sols est favorisée par plusieurs facteurs anthropiques : artificialisation et imperméabilisation des sols, déforestation, pratiques de travail du sol (labourage qui favorise la minéralisation de la matière organique), pratiques culturales (mise en culture de prairies, surpâturage, interculture nue avec résidus de culture, bandes enherbées…) et pratiques de gestion des terres (remembrement).\n\n",
"title": ""
}
] | wik-svt-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érosion_des_sols |
Érosion du littoral - Guides, gestion des risques (1) | 3,388 | [
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"source_text": "\n\nL’érosion du littoral est un phénomène naturel ou anthropique qui se produit en de nombreux endroits du monde. Différents événements peuvent induire un recul du littoral non compensé par l'engraissement local : la légère montée des océans ; des phénomènes de rééquilibrage isostatique ; la disparition (à cause d'un nettoyage trop actif) de végétaux stabilisant les vases, dunes ou arrières plages ; la diminution des apports terrigènes en sable à la suite de la construction de nombreux barrages dans les bassins-versants des fleuves. Cette érosion est ainsi contrôlée par de nombreux facteurs locaux (budget sédimentaire et disponibilité de sédiments, conditions hydrodynamiques, actions anthropiques).\n\nPour répondre aux besoins d'état des lieux et de prospective (face notamment au dérèglement climatique et à la montée de la mer), une cartographie (normalisée) de l'évolution du trait de côte est en cours dans de nombreux pays, dont la France.\n\n",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Concernant l'évaluation du niveau de risque, les méthodes de caractérisation des aléas littoraux ont beaucoup évolué en intégrant les progrès de la modélisation et une caractérisation des zones de vulnérabilité.En Europe, alors qu'environ 70 des 455 millions d'habitants vivent sur le littoral (soit 16 % de la population) et que de plus en plus de gens veulent y vivre ou finir leurs jours, un guide a été produit en 2004 à la suite du projet « Eurosion » soutenu par la commission européenne, sur la protection des biens et des personnes contre les ondes de tempête, l’intrusion d'eaux marines, la pollution par les engrais, pesticides et autres polluants apportés en mer par les fleuves et les crues, et pour la réhabilitation des services écosystémiques fournis par les écosystèmes littoraux.En France, un guide de la gestion du trait de côte (avec une version numérique) a été élaboré par le ministère chargé de l'écologie, prévu pour fin 2009, publié en 2010 pour faciliter l'aide et la décision, via une méthodologie de choix et mise en œuvre d'options de gestion du trait de côte, et une description des techniques de défense contre la mer (et de leurs limites). Il s'inscrit dans un projet de stratégie nationale de gestion du trait de côte, intégrant une gestion plus « naturelle » ou un recul stratégique et une défense contre la mer prenant en compte le changement climatique.\n\n",
"title": ""
}
] | wik-histoire-geographie-cinquieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érosion_du_littoral |
Démographie de la France - Mortalité (1) | 977 | [
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"source_text": "\n\nLa démographie de la France est l’étude quantitative et qualitative des caractéristiques de la population française et de ses dynamiques, à partir de thèmes tels que la natalité, la fécondité, la mortalité, la nuptialité (ou conjugalité) et la migration.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "En 2020, le nombre de personnes décédées s’est élevé à 668 800, nombre en progression régulière depuis 2004 et en forte hausse après 612 000 en 2019 en raison de l'impact de la pandémie de Covid-19.\n\nAvec 612 000 décès en 2019, le taux brut de mortalité était en de 9,1 ‰, en augmentation par rapport aux années précédentes. Il est passé à 9,9 ‰ en 2020, la pandémie de Covid-19 ayant provoqué en France un excès de mortalité de 9 %.\n\nLe taux de mortalité infantile, c’est-à-dire le taux d'enfants décédés avant un an, était de 3,6 ‰ en 2020 (3,4 ‰ pour la France métropolitaine en 2013).\n\nEn France, les maladies infectieuses sont la troisième cause de mortalité, derrière le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Avant l’apparition du virus SARS-Cov-2 causant la Covid-19, le nombre de décès de maladies infectieuses était le suivant[réf. souhaitée] :\n\n",
"title": ""
}
] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Démographie_de_la_France |
Érosion du littoral - En France (1) | 3,387 | [
{
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"source_text": "\n\nL’érosion du littoral est un phénomène naturel ou anthropique qui se produit en de nombreux endroits du monde. Différents événements peuvent induire un recul du littoral non compensé par l'engraissement local : la légère montée des océans ; des phénomènes de rééquilibrage isostatique ; la disparition (à cause d'un nettoyage trop actif) de végétaux stabilisant les vases, dunes ou arrières plages ; la diminution des apports terrigènes en sable à la suite de la construction de nombreux barrages dans les bassins-versants des fleuves. Cette érosion est ainsi contrôlée par de nombreux facteurs locaux (budget sédimentaire et disponibilité de sédiments, conditions hydrodynamiques, actions anthropiques).\n\nPour répondre aux besoins d'état des lieux et de prospective (face notamment au dérèglement climatique et à la montée de la mer), une cartographie (normalisée) de l'évolution du trait de côte est en cours dans de nombreux pays, dont la France.\n\n",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Une proposition de loi visant à amender la loi littoral retient comme définition du « recul du trait de côte » : « un déplacement, vers l’intérieur des terres, de la limite du domaine maritime en raison soit d’une érosion côtière par perte de matériaux rocheux ou sédimentaires, soit de l’élévation permanente du niveau de la mer. Ce recul du trait de côte peut s’étendre au-delà des limites du rivage de la mer tel qu’il est défini à l’article L. 2111-4 du code général de la propriété des personnes publiques »La gestion du trait de côte et l’élaboration des plans de prévention des risques est devenue de plus en plus importante à cause des risques naturels que représente l’érosion côtière dans les zones littorales. La détermination de cette limite entre terre-mer n’était pas toujours facile étant donné que c’est une limite instable et elle varie en fonction de nombreux facteurs.\n\n25 % du trait de côte reculaient alors que seuls 10 % engraissaient, et ce, malgré les ouvrages de défense contre l'érosion des plages et des bancs de galets ;\n\n25,9 % des côtes érodées étaient des zones urbanisées, commerciales ou artificialisées ;\n\n9,7 % étaient des terres labourées ;\n\n17,4 % étaient des plages et des dunes.Du point de vue du pourcentage des plages stables, dégraissant ou engraissant, le phénomène semble stable depuis 20 ans sur tout le littoral métropolitain, mais l'ampleur des reculs et avancées semble augmenter. Ainsi, en Aquitaine, le trait de côte a reculé sur plusieurs zones de 10 mètres ou plus, en raison des vents et d'une houle inhabituellement forte, fin 2013-début 2014. Du 14 décembre au 8 janvier, la hauteur de houle a atteint ou dépassé 4 mètres, 60 % du temps, c'était « un phénomène qui ne s'est jamais produit » en Aquitaine, selon les spécialistes. Le Conservatoire du littoral et des espaces lacustres a ainsi perdu une quantité significative de terrains. Le littoral rocheux de la Côte Basque, de Biarritz à Hendaye, est lui aussi régulièrement l’objet d’effondrements plus ou moins importants depuis le début du XXe siècle au moins , : Rocher du Basta à Biarritz, mais aussi Pile d’Assiettes à Saint-Jean de Luz et arche de l’un des Deux Jumeaux à Hendaye par exemple. Le rythme de cette érosion paraît plus soutenu depuis le début des années 2000, avec en particulier l’effondrement du Rocher de la Pointe Ste-Anne, en Baie de Loia (entre 2000 et 2006) et, le 29 octobre 2020, le spectaculaire éboulement de la corniche entre Socoa et Hendaye, à la hauteur du récif de Belharra; la route côtière (D912) est menacée à court terme.\n\nUne étude du groupe de réflexion « la Fabrique écologique » évalue en 2019 entre 3 et 4 milliards d'euros par an à l'horizon 2040 le coût des dommages dus à une montée des flots de 45 centimètres. Un quart du littoral est grignoté par la mer et 1,4 million de résidents sont à la merci de ce recul, ainsi que 850.000 emplois. Si l'eau devait monter d'un mètre d'ici à 2100, 200 kilomètres de routes nationales, 355 kilomètres d'autoroutes, 1.967 kilomètres de voies ferrées et 4.388 kilomètres de routes départementales seraient noyés. Plus d'un tiers des 303 communes tenues d'avoir un plan de prévention des risques littoraux (PPRL) approuvé n'en disposent toujours pas.\n\nLa Normandie connaît une importante érosion de son littoral, en grande partie liée à l'anthropisation. 60 % des plages normandes tendent à reculer. L'érosion du littoral la plus active a lieu entre la baie du Mont Saint-Michel et le cap de la Hague, à l'ouest du département de la Manche : le recul peut y atteindre 5 mètres/an en moyenne. Sur les falaises de craie de Seine-Maritime, le recul est de 20 cm/an en moyenne.\n\nDans le Nord-Pas-de-Calais, où 70 % environ du trait de côte est en régression, un « plan littoral d'action pour la gestion de l'érosion » (« P.L.A.G.E ») a été mis en place, avec le syndicat mixte de la Côte d'Opale.\n\n",
"title": ""
},
{
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"source_text": "La zone côtière du Nord-Pas-de-Calais est une zone densément peuplée, le recul du trait de côte et les submersions de tempête représentent une menace pour les habitations dans plusieurs secteurs de ce littoral. La falaise de la Pointe aux oies, comme toutes les falaises du Boulonnais, n’ont pas fait l’objet d’une étude détaillée et synthétique visant à établir les vraies valeurs de leur recul et à déterminer les causes de leur évolution, mais des auteurs indiquent que la cartographie a grande échelle permet de lever cet obstacle et que la lithologie et la topographie de ces falaises jouent un rôle important dans leurs évolutions.\n\nLes falaises de la Pointe aux oies font partie des falaises de Boulonnais qui sont taillées dans des terrains du Secondaire. Elles sont relativement basses (12 m d'altitude environ) et constituées de sables et de grès calcareux du portlandien supérieur, surmontés par des argiles sableuses, ocres, à concrétions de limonite, d’âge wealdien.\n\nLe recul du haut de falaise dans ce secteur étudié est bien marqué sur les cinquantaines années passées entre 1959 et 2013 jusqu’à aujourd’hui. Si on compare les valeurs moyenne de recul à des endroits différents, on peut constater que le recul n’est pas homogène dans tout le secteur parce que, dans la partie sud de la Pointe aux oies, on a pu constater des valeurs moyenne de recul de 20 m tandis que, dans la partie nord, le recul est moins important et ne dépasse pas les 10 m. Le paysage est nettement modifié soit par des brusques effondrements soit par la déstabilisation des blockhaus, ce qui représente un vrai danger pour les maisons situées à proximité de la zone rouge .\n\nLe recul du haut de falaise représente un vrai danger pour les maisons situées à proximité, les valeurs moyennes de recul montrent qu’à court terme le chemin de randonnée pourrait être coupé et à moyen terme la seconde ligne de maisons pourrait être à son tour menacée.\n\nCette tendance de recul est favorisée par différents agents climatiques comme les fortes précipitations qui provoquent la déstabilisation des terrains en haut de la falaise et l’érosion marine due à l’action des vagues au pied de la falaise bien que cette dernière (l’érosion marine) soit affaiblie par les blocs gréseux sur le haut de l’estran qui représente une sorte de barrière contre les vagues.\n\nLa loi littoral est une loi française visant à encadrer l'aménagement de la côte pour, notamment, la protéger des excès de la spéculation immobilière.\n\nLe Grenelle de la mer en 2009 a estimé qu'elle était insuffisamment appliquée, mais souligne aussi un « manque de coordination entre les communes d’une même partie du littoral concernées par ledit processus physique : la création d’épis ou d’autres ouvrages de défense contre la mer sur une commune ayant des conséquences sur les communes voisines devrait, pour être efficace, s’inscrire dans une démarche globale et cohérente. Les risques littoraux (érosion, submersion…) ne sont pas pris en compte dans les SCOT. Le risque corrélatif d’ensablement ou d’envasement de certaines zones est également décrit et invite à cette vision globale et de réseaux de suivi pour évaluer ces risques ». Le Centre d'Études Techniques Maritimes et Fluviales (CETMEF) peut aider les collectivités quant aux aspects techniques.\n\nLe Grenelle de la mer suggère aussi de mieux « apprécier l’impact de l’extraction des granulats sur l’évolution du trait de côte et sur les écosystèmes », soulignant que « compte tenu de la raréfaction des ressources terrestres, cette activité est amenée à se développer (actuellement : 1 % de granulat marin au regard de la production totale de granulats en France, à comparer avec les 20 % en Grande-Bretagne et les 40 % aux Pays-Bas). Les conditions de l’'exploitation doivent être très strictes au regard de l'impact sur les milieux marins et Littoraux et autorisée sur des zones restreintes afin que son développement économique et durable puisse faire l'objet d'une programmation ».\n\n",
"title": " Exemple des falaises de la Pointe aux oies dans le Nord-Pas-de-Calais "
}
] | wik-histoire-geographie-cinquieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érosion_du_littoral |
Urbanisation - Impacts socio-économiques, culturels, environnementaux et politiques (1) | 650 | [
{
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"source_text": "\n\nL'urbanisation est un mouvement historique de transformation des formes de la société que l'on peut définir comme l'augmentation du nombre d'habitants en ville par rapport à l'ensemble de la population. C'est donc un processus de développement des villes et de concentration des populations dans celles-ci. Le processus spatio-temporel de l'urbanisation se fait différemment selon les pays et les villes.\n\nL'urbanisation peut se faire autour de villes déjà existantes, généralement dans des territoires jugés attrayants ou pour des raisons culturelles et historiques (capitales) ou religieuses (ex. : La Mecque, Lourdes), ou sur des zones commercialement, industriellement ou militairement stratégiques (ex. : bases militaires). Certaines villes champignons sont nées autour de ports et d'industries positionnés autour de ressources minérales, énergétiques ou humaines (main-d'œuvre bien formée et/ou bon marché).",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "L’urbanisation est un phénomène actuel important puisqu’il concerne plus de la moitié de la population mondiale depuis 2008 et concernera d’ici 2050 près de 70 % de cette dernière. Cela en fait un sujet de plus en plus difficilement détachable du développement des différentes sociétés mais aussi de l’environnement. L’urbanisation entraîne, en effet, de nombreuses conséquences tant positives que négatives dans ces domaines. Il est de ce fait apparu que l’augmentation du nombre d’urbains pouvait être intimement liée au développement d’industries, de services à la population, de moyens de transport mais risquait également d’entraîner une homogénéisation des modes de vie, une augmentation du CO₂ produit, une dégradation des sols et des conditions de vie, etc.. Il apparaît donc pertinent d’étudier l’urbanisation, la manière dont elle est gérée par les autorités publiques et les conséquences qui en découlent. Si celle-ci est aujourd’hui mondiale, son intensité varie d’une région à l’autre. Cette différence se voit notamment entre les pays développés qui semblent être au terme de ce phénomène d’évolution urbaine et les pays en développement qui se trouvent au cœur de cette évolution. Il est alors légitime de se demander si la différence d’urbanisation entre les pays développés et les pays en voie de développement résulte juste d’un décalage dans le processus d’urbanisation et donc d’un simple retard de la part des pays du sud ou s’il existe une nouveauté radicale des processus urbanisant ces derniers. La première hypothèse semble difficilement tenable. En effet, bien que les continents asiatique et africain aient un niveau d’urbanisation bien inférieur à celui des pays occidentaux, leur taux d’urbanisation est plus de deux fois plus intense que celui enregistré dans les moments forts de la croissance urbaine des pays développés.\n\nIl peut résulter des processus d'urbanisation des conséquences diverses en termes d’organisation sociale. L'urbanisation a des conséquences en termes d'organisation sociale car elle reflète les processus d'organisation de la ville. Elle peut se dérouler de différentes manières et regrouper spatialement différentes classes de la société (par exemple on parle d'urbanisation spontanée pour désigner l'apparence d'habitations informelles comme les slums en Inde). Elle est donc une des causes de la ségrégation urbaine.\n\nVers les années 1960 Jean Gottmann avait pu observé que l'urbanisation dans le monde contemporain avait des conséquences politiques pour les pays en \"manque d'urbanisation\" en réduisant leur poids politique dans les affaires internationales. Dans un cas comme la France des oppositions entre les régions d'un pays de plus en plus urbanisées (et aussi industrialisées) et les régions qui perdaient en population voir en « urbanisation » se créaient.\n\n",
"title": ""
},
{
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"source_text": "L'urbanisation a de nombreuses conséquences en matière d'environnement. Dans toutes les agglomérations urbaines on remarque de nombreux impacts sur l'environnement telles que la pollution atmosphérique, la pollution des eaux, etc. En Italie, par exemple, on parle de « consommation des sols » pour désigner l'artificialisation et la forte construction côtière. Une urbanisation excessive engendre des risques (fragilisation des sols, pollutions, pillage des ressources naturelles…). Les autorités peuvent chercher à répondre à ces risques grâce à des Plans de préventions des risques (PPR) ou à l'octroi de permis de construire dans des zones sures.\n\nEn France, l'artificialisation des terres agricoles, qui avait ralenti après la crise économique de 2007, est repartie à la hausse avec la reprise de l'urbanisation. Les constructions individuelles sont particulièrement responsables du grignotage des terres agricoles. Les terres soustraites à l'agriculture sont souvent parmi les plus fertiles. Ainsi, on estime que l'équivalent d'un département français est artificialisé tous les 5-6 ans, de sorte que 8 à 9 % de la surface agricole utile disparaîtra d'ici 2060 et un cinquième du potentiel agricole sera perdu entre 1960 et cette date si rien n'est fait.\n\nL'urbanisation est une des causes majeures de l'érosion de la biodiversité. Elle induit des pertes et fragmentation d'habitats qui contribuent à l'homogénéisation biotique (en) de la biodiversité (processus qui contribue à la disparition d'espèces rares, spécialisées voire endémiques, et à l'introduction d'espèces bien répandues, généralistes et/ou exotiques voire envahissantes). La fragmentation des habitats due à l'urbanisation laisse ces derniers subsister sous la forme de taches d'habitats qui constituent des « îlots de nature » dont l'isolement, croissant en raison de la bétonisation, induit une diminution de la connectivité et de la dispersion des espèces. Ce phénomène a d'importantes conséquences sur la biodiversité à travers ses effets sur la démographie et la génétique des populations, telles la diminution de la diversité alpha et l'augmentation de l'abondance des espèces synurbiques parmi la flore urbaine, la faune urbaine.\n\n",
"title": " Conséquences environnementales "
},
{
"img": [],
"source_text": "Il existe de grandes différences entre les différents taux d’urbanisation des pays du monde. Il existe également de grandes disparités dans l’évolution de ce taux d’urbanisation. Il est cependant possible de considérer quatre cas généraux qui représentent des types d’urbanisations différentes. Il y a les pays développés comme la Belgique dont l'urbanisation a commencé rapidement dans l’histoire et qui ont eu une évolution plutôt lente. Les pays en développement ou émergeant d’Amérique latine, comme le Brésil, qui ont des taux d’urbanisation très élevés à l’heure actuelle. Les pays en développement ou émergents d’Asie tels que la Chine qui connait une très forte croissance de son urbanisation et qui tend à la contrôler de façon drastique. Et enfin, les pays africains qui développent une très forte croissance urbaine sans la planifier. Chaque type d’urbanisation a ces impacts sociaux-économiques, culturels et environnementaux.\n\n",
"title": " Quatre pays pour quatre situations "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Urbanisation |
1679 et 1689 - L’Habeas Corpus et le Bill of Rights, le refus de l’arbitraire royal | 402 | [
{
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"source_text": " Depuis la Grande Charte de 1215, le pouvoir royal est limité en Angleterre. Mais c'est surtout sous les règnes de Charles Ier puis de ses deux fils, Charles II et Jacques II que s'affirme la lutte contre l'arbitraire royal. En 1649, une première révolution éclate et aboutit à l'exécution du roi Charles Ier. Après une courte expérience républicaine, la monarchie est restaurée. En 1679, le parlement vote l'Habeas Corpus, limitant les pouvoirs du souverain en matière d'arrestations. En 1689, le Bill of Rights vient compléter ces dispositifs et garantit les libertés individuelles.",
"title": ""
},
{
"img": [],
"source_text": " Sous le règne de Charles II, les tensions entre catholiques et protestants sont vives après l'arrestation de nombreux catholiques et l'exécution sans procès de trente‑cinq d'entre eux. C'est afin de lutter contre ce genre d'abus que le parlement britannique décide de voter l'Habeas Corpus Act le 27 mai 1679.\n\nChaque fois qu'une ou des personnes produira ou produiront une ordonnance d'habeas corpus adressée à un ou des shérifs, que lesdits officiers ou leurs subordonnés, dans les trois jours qui suivent la présentation de ladite ordonnance, renvoient ladite ordonnance et amènent ou fassent amener en personne l'individu en cause, devant le ou en présence du lord Chancelier ou du lord Gardien du Grand Sceau d'Angleterre, ou devant les juges ou barons de ladite cour d'où émane ladite ordonnance; et alors certifient les vraies causes de sa détention ou de son emprisonnement; et sur quoi, dans les deux jours qui suivront la présentation de l'intéressé devant eux […] devra libérer ledit prisonnier de son emprisonnement, après avoir pris son engagement assorti d'une ou de plusieurs cautions, à moins qu'il n'apparaisse que l'intéressé ainsi emprisonné est détenu en vertu d'une procédure légale.\n ",
"title": "1 L'Habeas Corpus Act (1679)"
},
{
"img": [
"https://assets.lls.fr/pages/6482750/HIS.2de.6.PDP1.Prison_Hogarth.jpg"
],
"source_text": " L'Habeas Corpus interdit d'emprisonner qui que ce soit sans motif sérieux. Mais les prisons anglaises sont célèbres pour leurs conditions de vie particulièrement difficiles. En 1729, un comité de membres de la Chambre des communes réalise une inspection dans la prison de la Fleet, à Londres. Les parlementaires vérifient les raisons des incarcérations, libèrent plusieurs prisonniers et punissent l'intendant de la prison, accusé d'être coupable et cruel.",
"title": "2 Surveiller les prisons"
},
{
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"source_text": " […] Les Lords spirituels et temporels et les Communes […] déclarent d'abord, comme leurs ancêtres ont toujours fait en pareil cas, pour assurer leurs anciens droits et libertés : Art. 1. Que le prétendu pouvoir de l'autorité royale de suspendre les lois ou l'exécution des lois sans le consentement du Parlement est illégal; \n\nArt. 4. Qu'une levée d'argent pour la Couronne ou à son usage, sous prétexte de prérogative, sans le consentement du Parlement […] est illégale; \n\nArt. 5. Que c'est un droit des sujets de présenter des pétitions au roi, et que tous les emprisonnements, toutes les poursuites pour de telles pétitions sont illégaux; \n\nArt. 8. Que les élections des membres du Parlement doivent être libres; \n\nArt. 9. Que la liberté de la parole, ni celle des débats ou procédures dans le sein du Parlement, ne peut être entravée ou mise en discussion en aucune cour ou lieu quelconque autre que le Parlement lui-même; \n\nArt. 10. Qu'on ne doit point exiger (en justice) des cautionnements excessifs, ni imposer des amendes excessives, ni infliger des peines cruelles et inusitées; \n\nArt. 13. Qu'enfin, pour remédier à tous griefs et pour l'amendement, l'affermissement et l'observation des lois, le Parlement devra être fréquemment réuni.",
"title": "3 Le Bill of Rights (1689)"
},
{
"img": [
"https://assets.lls.fr/pages/6482750/HIS.2de.6.PDP1.Algernon_Sidney.jpg"
],
"source_text": " Homme politique, il défend les idées républicaines et soutient le régime de Cromwell. Exilé lors du retour de la monarchie, il revient à Londres en 1677 et rédige plusieurs ouvrages dans lesquels il critique la monarchie absolue de Charles II et affirme le droit de se révolter contre le souverain. Il est décapité pour trahison.",
"title": "4 Algernon Sidney (1622‑1683) et la lutte contre la monarchie absolue"
}
] | lls-histoire-seconde | https://www.lelivrescolaire.fr/page/6482750 |
Femmes au Moyen Âge - Les événements familiaux qui rythment la vie des femmes (1) | 3,052 | [
{
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"source_text": "\n\nL'histoire centrée sur la situation des femmes au Moyen Âge permet d'enrichir l'historiographie. En effet, la plupart des textes sources, qui servent aux historiens et aux historiennes, sont écrits par des hommes. À cela s'ajoute le fait que l'histoire a longtemps été une discipline dont les auteurs étaient majoritairement des hommes, ce qui a pu induire un regard particulier sur les événements.\n\nLa majorité des hommes et des femmes du Moyen Âge vit dans un milieu rural, dans un ensemble social qualifié de société d'ordres puisque l'ensemble de la société est divisée en trois ordres : paysans, nobles et clercs.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Au cours de la période des « relevailles » de la mère, qui dure une quarantaine de jours après son accouchement, c'est le père qui, en plus de son travail, s'occupe de tout le quotidien de la maison et de la famille, à moins qu'il puisse payer une servante pour le faire, ce qui n'est pas le cas de la majorité des familles. Si les autres enfants sont assez âgés, ils participent aux soins des petits. Le père a un rôle important dans les soins, l'éducation, la protection et la formation des enfants. Dans les milieux populaires, il donne le bain aux bébés, leur fait et donne à manger, il joue avec eux, les surveille et les soigne. C'est cependant la mère qui fait le plus gros du travail autour des jeunes enfants. L'allaitement dure longtemps. L'éducation morale et religieuse des enfants est essentiellement faite par la mère, notamment en milieu rural. En ville, les mères enseignent parfois les bases de l'instruction intellectuelle à leurs enfants ; les filles aussi peuvent recevoir une éducation et nombre d'épouses de petits artisans du XIIIe siècle savent lire, écrire et compter et aident leur mari. Durant l'enfance, filles et garçons des paysans accompagnent leur père pour les travaux des champs, aux vendanges ou marché pour vendre les produits. Filles et garçons sont égaux face aux tâches domestiques, seul l'aîné de tous les enfants a une responsabilité supplémentaire qui est de veiller sur les autres. Cependant, les rôles des enfants leur sont appris : les filles restent davantage dans l'espace de la ferme pour seconder leur mère, tandis que les garçons dès 8 à 10 ans aident leur père dans les champs, au bois, pour la tonte des moutons, au marché et apprennent les gestes et implications de son métier. Les filles peuvent aussi être amenées à apprendre des métiers de fileuse, tisseuse, couseuse de toile de lin, broderie, décorations en perles, etc..\n\nBien que la naissance d'un garçon comme premier-né soit socialement plus valorisée que celle d'une fille, du fait d'une organisation sociale dans laquelle le mariage des filles coûte cher, les enfants des deux sexes sont généralement autant aimés les uns que les autres. Les filles sont éduquées dans la perspective de développer des qualités morales, la fidélité à leurs parents et sont complimentées sur certaines de leurs caractéristiques physiques (beauté ou robustesse, par exemple). Dans certains systèmes juridiques d'héritage, en France et en Europe, elles sont placées à l'égal des garçons, mais pas dans tous.\n\nDans les familles les plus pauvres, les nouveau-nés sont installés dans un couffin d'osier mis dans le lit conjugal ou suspendu au-dessus dans un hamac. Les artisans qui peuvent se le permettre achètent un berceau. Les enfants des citadins les plus riches ont une chambre bien à eux, dans un lieu abrité et aéré de l'habitation et avec du mobilier adapté à leur taille. Les vêtements sont spécifiques mais asexués jusqu'à ce que l'enfant ait 2 à 3 ans. Les familles pauvres comptent des jouets fabriqués avec des objets de récupération ou issus de la nature, parfois fabriqués par les parents à temps perdu, et des poupées de chiffons et de paille ; les petits jouent dans la nature et participent aux fêtes et aux danses. Les enfants des familles riches ont eux nombre de jouets : dînettes, poupées, sculptées, soldats de plomb, et ils peuvent assister aux spectacles de marionnettes. Certains jouets préparent aux métiers et rôles sociaux qu'auront les enfants plus tard, en fonction de leur famille et de leur milieu : charrettes en bois miniatures pour le paysan, bateaux en bois pour le marin.\n\nLe sentiment de l'enfance au Moyen Âge est aussi lié au culte religieux et à l'image de l'Enfant Jésus et de sa famille.\n\nAu Moyen Âge, en Europe occidentale, à 12 ans les filles deviennent majeures, tandis que les garçons entrent dans une période de pré-majorité qui dure jusqu'à leurs 14 ans.\n\n",
"title": " L'enfance "
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"source_text": "Ce sont les parents et les nourrices qui permettent les premiers apprentissages des enfants. Quand vient l'âge d'apprendre les bonnes manières, les aristocrates utilisent pour certains les conseils de traités, livres dont l'usage se répand ensuite auprès des bourgeois citadins au XIIIe siècle. L'enseignement religieux fait également partie de l'éducation. Dans le peuple, la différence d'éducation entre les filles et certains garçons se fait par la suite, les garçons ayant le droit de continuer leur instruction religieuse au presbytère et de devenir curés.\n\nBien que plusieurs universités aient été créées à la fin du XIIe siècle, les femmes n'y ont pas accès, ni pour étudier, ni pour enseigner.\n\nLes auteurs médiévaux ne sont pas unanimes sur les apprentissages féminins. Certains prétendent qu'il ne faut surtout pas apprendre quoi que ce soit aux filles, comme Philippe de Novare qui écrit vers le milieu du XIIIe siècle : « Il n'est pas bien que les filles sachent lire et écrire, à moins de vouloir être religieuse car elles peuvent, lorsque l'âge viendra, écrire ou recevoir des billets doux ». À la même époque, parmi les religieux, le dominicain Vincent de Beauvais est, au contraire, tout à fait favorable à l'éducation des filles pour leur éviter d'avoir des mauvaises pensées. Un siècle et demi plus tard, Christine de Pisan, dans La Cité des Dames, défend une égalité des dispositions naturelles : « Si c'était la coutume d'envoyer les petites filles à l'école et de leur enseigner méthodiquement les sciences comme on le fait pour les garçons, elles apprendraient et comprendraient les difficultés de tous les arts et de toutes les sciences aussi bien qu'eux ». En revanche, tout le monde est d'accord pour dire que le latin n'est pas une affaire de femmes. Le chevalier de La Tour Landry écrit pour ses filles un traité d'éducation morale entre 1371 et 1373, où il explique qu'elle doivent apprendre le français. À la fin du XIVe siècle, l'auteur du Ménagier de Paris conseille aussi à sa jeune épouse de lire des romans, « de bons livres en françois ».\n\n",
"title": " L'accès à l'instruction dépend de la situation familiale "
}
] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_au_Moyen_Âge |
Première Guerre mondiale - Guerre nouvelle (1) | 775 | [
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"source_text": "\n\nLa Première Guerre mondiale, aussi appelée la Grande Guerre, est un conflit militaire impliquant dans un premier temps les puissances européennes et s'étendant ensuite à plusieurs continents, qui s'est déroulé de 1914 à 1918. D'ailleurs, elle est parfois désignée par le chrononyme guerre de 14-18.\n\nLe 28 juin 1914, à Sarajevo, un jeune nationaliste serbe originaire de Bosnie, Gavrilo Princip, assassine le couple héritier du trône austro-hongrois, le prince François-Ferdinand d'Autriche et son épouse la duchesse de Hohenberg. L'Autriche-Hongrie réagit à l'attentat en formulant un ultimatum à l'encontre du royaume de Serbie, en accord avec son allié allemand. L'une des exigences austro-hongroises étant jugée inacceptable par les Serbes, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Ce qui aurait pu n'être qu'une guerre balkanique de plus, dégénère en guerre mondiale par le jeu des alliances entre les grandes puissances européennes qui sont à la tête d'empires s'étendant sur plusieurs continents.",
"title": "Contexte"
},
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"source_text": "Ce conflit mondial est caractérisé par une ligne de front continue de 700 kilomètres, fortifiée, qui ne sera jamais rompue par aucune des armées en présence avant 1918. Le front est constitué de plusieurs lignes de défense creusées dans la terre, les tranchées, reliées entre elles par des boyaux d’accès. Les conditions de vie dans ces tranchées sont épouvantables, mais peut-être plus acceptables côté allemand, dont les tranchées sont mieux aménagées. Les troupes allemandes ont en effet très rapidement bétonné leurs tranchées alors que du côté français, on trouve des tranchées de terre qui résistent tant bien que mal aux obus. Les soldats y vivent entourés par la boue, la vermine, les rats et l’odeur des cadavres en décomposition. De plus, dans les tranchées les plus exposées, le ravitaillement laisse parfois à désirer.\n\nUn no man's land rendu infranchissable par des réseaux denses de barbelés, battu par le feu des mitrailleuses, sépare les deux premières lignes. Le danger est permanent, même en période de calme quand l’activité du front est faible, la mort survient n’importe quand, par exemple au cours d’une patrouille, d’une corvée, d’une relève ou d’un bombardement d’artillerie.\n\nL’observation aérienne par les avions et les ballons permet aux armées de connaître avec précision la configuration du terrain ennemi, si bien que les tirs d’artillerie ne tombent jamais au hasard. Les obus qui pleuvent de jour comme de nuit font un maximum de dégâts. En 1918, on compte 250 millions d'obus tirés pour la France. Les soldats ne se trouvent en sécurité qu’à une dizaine de kilomètres derrière les lignes quand ils sont hors de portée de l’artillerie lourde.\n\nOn a souvent reproché aux chefs militaires d’avoir conduit leurs troupes dans cette guerre de tranchées de façon aussi coûteuse en vies humaines qu’inutile. Pourtant, cette guerre de position n’est pas un choix stratégique. Elle est due au fait que, en ce début de l’ère industrielle, alors que les nations occidentales sont déjà capables de produire des armements en masse, les progrès techniques, qui ne cesseront de se succéder durant quatre ans, ont surtout concerné le matériel et la puissance de destruction plutôt que les moyens de s’en protéger.\n\nL’uniforme des différentes armées ne prévoit pas non plus de protéger efficacement la tête des soldats. Ce n’est qu’en septembre 1915 que le casque Adrian remplace le képi pour les Français. Les Britanniques quant à eux distribuent le casque Brodie dans la même période. Le casque à pointe allemand offre peu de protection et est progressivement remplacé par le Stahlhelm en 1916.\n\nLa débauche d'artillerie empêche toute percée d’aboutir. Les soldats combattent souvent pour quelques mètres et n’arrivent pas à percer les tranchées ennemies protégées par un tir nourri d’artillerie et des lignes de barbelés. De 1914 à 1918, près de 70 % des pertes en vies humaines ont été provoquées par l’artillerie lourde, contre moins de 20 % dans les conflits précédents, ce qui explique les nombreux corps disparus, non reconnaissables ou mutilés, empêchant souvent l'identification du soldat (un tiers des corps des poilus ne sont pas identifiés) et rendant le travail de deuil difficile. Ainsi, pour emporter les tranchées et mettre fin à cette forme de guerre, il faut attendre une arme entièrement nouvelle et qui apparaît à la fin du conflit : le char d’assaut.\n\n",
"title": " Tranchées "
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{
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"source_text": "Aviation et blindés : Cette guerre est l’occasion pour l’industrie de l’armement de lancer de nouveaux matériels qui aident à la maturation des techniques et des méthodes. De nombreux secteurs industriels et militaires se sont développés dont l'aviation. Désormais, la reconnaissance aérienne permet l’ajustement du tir de l’artillerie et la cartographie précise des lignes ennemies. L'aviation permet en outre de mitrailler et bombarder les positions. Cette période voit en effet les premiers bombardements aériens de l'histoire. Ce sont surtout les zeppelin qui se chargent de cette mission, de manière d'abord rudimentaire (des obus lâchés à la main au début, avant la mise au point de premiers bombardiers ; le premier « bombardier lourd », le Zeppelin-Staaken VGO1 allemand, rebaptisé Zeppelin-Staaken R1, volera pour la première fois le 11 avril 1915). Les premiers bombardements depuis un avion ont lieu le 14 août 1914 lorsque deux avions français répliquent, en larguant des bombes sur des hangars de zeppelins allemands à Metz-Frescaty, les Allemands faisant de même en larguant trois bombes sur Paris le 3 août.\n\nLes combats aériens (le premier se déroule le 5 octobre 1914, un Voisin III abattant un Aviatik B.II.) révèlent de nombreux pilotes surnommés les « as » comme l’Allemand Richthofen, le « Baron Rouge », les Français Roland Garros, Fonck et Guynemer, l’Anglais Mannock, le Canadien Bishop, ou encore le Sud-africain Andrew Beauchamp-Proctor.\n\nLes véhicules blindés apparaissent pour couvrir les soldats lors de l'attaque de position, avec une première attaque massive de chars d'assaut anglais dans la Bataille de Cambrai. Des chemins de fer de campagne (système Péchot) sont installés pour desservir les fronts. Des canons de marine montés sur wagons sont inventés et transportés près du front.\n\nL'émergence d'armes plus efficaces et les mauvaises conditions sanitaires et d'hygiène des soldats entraînent l'apparition de blessures nouvelles. 20 % des blessés le sont par balles et 80 % par des tirs d'obus. En l'absence d'antibiotiques (le seul traitement efficace étant la méthode Carrel-Dakin), les chirurgiens du front sont confrontés aux dogmes abstentionnistes de la chirurgie classique, à savoir ne pas opérer à chaud les blessures au ventre ni amputer systématiquement les blessures aux membres. Ils sont également mal préparés aux phénomènes de refus de soins et d’automutilation, d'autant plus que l'évaluation malaisée de ces cas assimilés par les autorités militaires à des abandons de poste pouvait conduire le soldat au peloton d'exécution.\n\n",
"title": " Nouvelles armes et nouvelles tactiques "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Première_Guerre_mondiale |
Développement durable - Modes de gouvernance du développement durable (1) | 858 | [
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"source_text": "\n\nLe développement durable (en anglais : sustainable development, parfois traduit par développement soutenable) est une conception du développement qui s'inscrit dans une perspective de long terme et en intégrant les contraintes environnementales et sociales à l'économie. Selon la définition donnée dans le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987, « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Le développement durable peut se décliner de manières complémentaires : au niveau politique, sur les territoires, dans les entreprises, voire dans sa vie personnelle. Le développement durable a d'abord été mis en application sur les territoires (lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992), puis au sein de l'entreprise et de leurs parties prenantes (lors du sommet de la Terre de Johannesburg).\n\n",
"title": ""
},
{
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"source_text": "Historiquement, le développement durable a émergé après une longue période de négociations à l'échelle mondiale.\n\nLa première conférence mondiale concernant le développement durable, a posteriori rebaptisée « Sommet de la Terre », a eu lieu à Stockholm en 1972.\n\nEn 1992, au cours du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, sont proclamés les 27 principes de la déclaration de Rio sur le développement durable. Les trois piliers du développement durable sont énoncés pour la première fois au niveau international, et l'agenda 21 pour les collectivités territoriales est élaboré.\n\nEn 2002, lors du sommet de la Terre de Johannesburg, les grandes entreprises sont pour la première fois représentées.\n\nLors de ces rencontres, des représentants des parties prenantes (ONG, États, puis entreprises) discutent des grands enjeux mondiaux, mais aussi des modes de pilotage à mettre en place dans les collectivités et les entreprises pour décliner concrètement le concept de développement durable.\n\nEn plus de ces sommets « généralistes » ont lieu des sommets sur des sujets plus ciblés, comme les sommets mondiaux de l'eau, ou la Conférence des parties, qui ont lieu à des échéances plus rapprochées.\n\nToutefois, les ONG et les associations écologistes, appuyées par plusieurs personnalités, estiment que ces sommets ne sont pas suffisants, et que, pour mettre en œuvre les plus de 300 conventions et traités de droit de l'environnement et faire contrepoids à l'OMC, il faudrait se doter d'un gendarme international aux pouvoirs contraignants, qui pourrait s'appeler « Organisation mondiale de l'environnement ».\n\n",
"title": " Gouvernance mondiale "
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"source_text": "Dans l'Union européenne, une partie du droit de l'environnement s'est progressivement déplacée des États membres vers le niveau européen qui est apparu subsidiairement plus adapté pour traiter certaines de ces questions, et ceci en plusieurs étapes :\n\nL'Acte unique européen, en 1987, a transféré à la CEE certaines compétences des États : l'environnement, la recherche et développement, et la politique étrangère,\n\nÀ la création de l'Union européenne, en 1993, l'environnement a été traité d'une façon transversale dans le premier pilier de l'Union européenne, celui qui est le plus intégré, à travers les règlements européens et les directives européennes.\n\nL'expression développement durable apparaît pour la première fois dans un texte communautaire avec le traité d'Amsterdam en 1997, qui inclut également un protocole sur le principe de subsidiarité.\n\nAu Conseil européen de Göteborg, en 2001, il a été décidé que la stratégie sur l'économie de la connaissance définie au conseil européen de Lisbonne l'année précédente intégrerait explicitement l'objectif de développement durable. Par conséquent, au moins sur le papier, la relation entre développement durable et ingénierie des connaissances a été reconnue. Ce conseil réoriente la stratégie de Lisbonne vers le développement durable, et un livre vert de la Commission européenne aborde le sujet de la responsabilité sociétale pour les entreprises.L'impact de l'environnement sur des domaines aussi vitaux que l'eau, l'énergie, les services, l'agriculture, la chimie… est connu depuis très longtemps : ainsi, on trouve en France dès le XIVe siècle l'obligation de faire des enquêtes publiques d'impact préalables à l'implantation d'industries polluantes (enquêtes de comodo incomodo pour les tanneries), ainsi qu'une administration des eaux et forêts beaucoup plus ancienne, dotée d'un pouvoir règlementaire et coercitif autonome. L'Union européenne a capté certaines compétences des États nationaux, afin d'établir une nouvelle réglementation européenne qu'elle veut uniforme (directives cadres, directives, règlements) et que les États membres doivent transposer dans leurs règlements et leurs normes.\n\nL'Union européenne a demandé à chacun des États-membres de définir et de mettre en œuvre une stratégie nationale de développement durable.\n\nC'est vers les années 2001-2002 que le développement durable apparaît en France comme la nécessité pour les entreprises de rendre compte des conséquences sociales et environnementales de leurs activités, par rapport aux exigences de la société civile. Cela s'est traduit par une disposition législative sur la communication dans la loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE), poussant à l'élaboration de rapports de développement durable.\n\nL'ancien président Jacques Chirac a poussé à la rédaction d'une charte de l'environnement en 2004, soulignant dans un discours que la France était le premier pays au monde à inclure l'environnement dans sa Constitution.\n\n",
"title": " Gouvernance dans les États - Union européenne "
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"source_text": "Dans le même temps, les entreprises anglo-saxonnes tissent des réseaux d'influence autour des institutions internationales, en s'appuyant sur les réseaux des organisations non gouvernementales. Ceci permet de collecter une quantité importante d'informations, qui sont structurées puis gérées dans les réseaux internationaux d'entreprises, d'universités, de centres de recherche (voir par exemple le World Business Council for Sustainable Development – WBCSD).\n\nLa stratégie américaine consiste aussi à tisser des liens avec les enceintes normatives privées comme la chambre de commerce internationale, située à Paris. La CCI rédige des « rules », règles types dans tous les domaines de la vie des affaires, reprises comme modèles dans les contrats financés par les organismes internationaux. La CCI a joué un rôle important au sommet de la Terre de Johannesburg à l'été 2002 en créant, conjointement avec le WBCSD, le Business Action for Sustainable and Resilient Societies.\n\n",
"title": " Gouvernance dans les États - États-Unis "
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"source_text": "En France, le développement durable est traité d'une manière transversale par la Première ministre Élisabeth Borne, chargée de la planification écologique et énergétique. Elle a mis en place, le 20 mai 2022, un secrétariat général qui se consacre à cette tâche.\n\nPlusieurs États consacrent explicitement un ministère à la question du développement durable. Les États en question et leurs ministres respectifs, en février 2015, sont les suivants :\n\n",
"title": " Gouvernance dans les États - Ministères "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Développement_durable |
Société de consommation - Contexte (1) | 3,231 | [
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"source_text": "\n\nLe concept de « société de consommation », répandu surtout dans la seconde moitié du XXe siècle, renvoie à l'idée d'un système économique et social fondé sur la création et la stimulation systématique d'un désir de profiter de biens de consommation et de services dans des proportions toujours plus importantes.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis participent à la reconstruction des pays d'Europe au moyen du plan Marshall. Par ce moyen, ils y introduisent leur style de vie, l'American Way of Life, dont l'un des principaux symboles, depuis les années 1920, est le supermarché, un établissement de grandes surfaces pratiquant la vente au détail en libre-service de produits alimentaires et de la vie quotidienne (produits d'entretien, appareils électroménagers, etc.).\n\nEn France, on appelle « Trente Glorieuses » (1945-1975), l'époque qui caractérise l'avènement de cette société de consommation, et de ce nouveau mode de vie (qui suscita par ailleurs des contestations et remises en question, notamment de la part de la jeunesse lors des manifestations de Mai 68).\n\nCes nouveaux lieux de commerce répondent à un désir de confort qui est lui-même attisé artificiellement par les entreprises au moyen des techniques de publicité et de marketing : on ne se contente pas de promouvoir des produits et des services, mais un style de vie qui découle de l'acquisition de ces derniers, en se basant sur leur renouvellement continu. Ces techniques servent également à conférer une certaine dignité aux entreprises multinationales et aux politiciens qui promeuvent ce style de vie. Il ne s'agit plus seulement, en effet, de toucher les consommateurs, mais plutôt l'ensemble de ce qu'on appelle « l'opinion publique », de sorte à attiser le désir d'ascension sociale, de moyennisation, et à propager l'idée que le fait de posséder des biens matériels, de surcroît des biens matériels du « dernier cri », est un signe de distinction sociale. Edward Bernays, un Autrichien exilé aux États-Unis, neveu du fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud, est l'un des pionniers de ce nouveau type de propagande qu'il a nommé relations publiques, un terme moins connoté négativement. Il a notamment accordé ses services à l'industrie du tabac.\n\nL'ensemble de ce processus a été critiqué notamment par différents sociologues et philosophes dans la seconde moitié du XXe siècle. Mais leurs analyses n'ont pas contribué à influer sur le cours des choses : à la fin du siècle, les supermarchés ont été dépassés par les hypermarchés dans les périphéries urbaines, tandis que les centres commerciaux fleurissent au cœur des grandes villes. Depuis l'avènement d'internet (qui se répand dans la population durant les années 1990) et du commerce en ligne, l'activité marchande se joue au sein même des foyers. Par ailleurs, la politique menée au plan international par l'Organisation mondiale du commerce, avec l'aval des gouvernements des pays industrialisés (toutes tendances partisanes confondues) s'opère dans le sens d'une marchandisation croissante de l'ensemble des secteurs d'activité.\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Société_de_consommation |
Inégalités femmes-hommes en France - Violence contre les femmes (1) | 1,192 | [
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"source_text": "\n\nLes inégalités femmes-hommes en France touchent plusieurs domaines : vie familiale, études, vie professionnelle, santé, vie politique...\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), entre 15 % et 71 % des femmes ont déjà été victimes de violences conjugales, quelles soient physiques, sexuelles ou morales. En France, un conjoint tue sa femme plus d'une fois tous les deux jours, plus souvent par homicide volontaire que par violences ayant entraîné la mort.\n\nDispositifs mis en place contre les violences faites aux femmes : l'intervention du gouvernement ainsi que le ministère de l'éducation[Où ?]. De nombreuses sensibilisations ont été mises en place dans les établissements scolaires. Le ministère de l'intérieur a fondé une loi le 23 mars 2006 afin qu'il y ait une égalité scolaire homme/femme. Il existe également l'intervention de plusieurs associations qui militent pour la mixité[réf. souhaitée].\n\n",
"title": ""
}
] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Inégalités_femmes-hommes_en_France |
Découverte et exploration de l'Amérique - Controverses sur la formulation : « découverte » ou « conquête » (1) | 2,866 | [
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"source_text": "\n\nLa « découverte de l'Amérique » correspond usuellement au débarquement en 1492 sur l'actuel continent américain (aussi appelé « Nouveau Monde ») d’un groupe d'une centaine de personnes commandé par le navigateur Christophe Colomb et mandaté par la reine Isabelle Ire de Castille, dans l'idée d'atteindre les Indes orientales par la mer, ignorant qu'un continent se trouve sur la route. La « découverte » est donc celle, documentée, du continent américain par les Européens de la Renaissance. En effet, vers l'an 1000, d'autres Européens, des Vikings menés par Leif Erikson ont touché le continent à partir du Groenland, établissant une colonie nommée Vinland, à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent (Terre-Neuve), sans que leur expédition soit connue à l'époque du projet de Christophe Colomb de rejoindre l'Inde par la mer. ",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Les expressions « découverte de l'Amérique » ainsi que « Nouveau Monde » sont usuelles en Europe, mais sont controversées en Amérique, notamment du point de vue des autochtones, selon qui ce continent n'était ni « à découvrir » ni « nouveau », car il était habité depuis des milliers d'années. \n\nCes expressions sont donc accusées d'eurocentrisme par les populations d'origine amérindiennes, par différents mouvements sociaux, par des hommes politiques américains ainsi que par divers spécialistes[Qui ?]. \n\nCertains précisent que la découverte de l'Amérique a été en réalité le fait des premiers chasseurs paléolithiques arrivés sur ce continent il y a au moins 33 000 ans.\n\nToutes ces réflexions ont amené certains historiens à promouvoir des expressions plus « politiquement correctes » ou neutres telles que « L'arrivée de Christophe Colomb en Amérique » ou « L'arrivée des Espagnols en Amérique ». \n\nOn peut aussi utiliser l'expression « conquête de l'Amérique » pour évoquer le processus de colonisation du Nouveau Monde après sa « découverte » en 1492.\n\nL'expression « découverte de l'Amérique » reste cependant solidement attestée en Europe, étant donné qu’elle signifie (implicitement) « découverte de l'Amérique par les Européens ».\n\n",
"title": ""
}
] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Découverte_et_exploration_de_l'Amérique |
Antibiotique - Généralités (1) | 2,925 | [
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"source_text": "\n\nUn antibiotique (du grec anti : « contre », et bios : « la vie ») est une substance naturelle ou synthétique qui détruit ou bloque la croissance des bactéries. Dans le premier cas, on parle d'antibiotique bactéricide et dans le second cas d'antibiotique bactériostatique. Lorsque la substance est utilisée de manière externe pour tuer la bactérie par contact, on ne parle pas d'antibiotique mais d'antiseptique.\n\nUn antibiotique peut être à la fois bactéricide et bactériostatique, tout dépendant de sa dose.",
"title": "Contexte"
},
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"source_text": "De manière simplifiée un antibiotique est, dans le domaine médical, « une substance chimique organique d’origine naturelle ou synthétique inhibant ou tuant les bactéries pathogènes à faible concentration et possédant une toxicité sélective ». Par toxicité sélective, on entend que celle-ci est spécifique des bactéries et que la molécule antibiotique n'affecte pas l'hôte infecté, au moins aux doses utilisées pour le traitement.\n\nPlus généralement, pour les microbiologistes et les chimistes, un antibiotique est une substance anti-bactérienne.\n\nIl a existé des variantes dans cette définition qui diffèrent par la présence ou non des concepts de toxicité sélective, d’origine microbienne et de limitation de cible aux seules bactéries.\n\nLes antiseptiques ne sont pas des antibiotiques. Leur fonction est de tuer un maximum de germes (bactéries, champignons, virus), leur mode d'action n'est pas spécifique, ils ne s'utilisent que localement en application externe et mal employés (trop concentrés par exemple) ils peuvent provoquer des lésions et/ou retarder la cicatrisation.\n\nLes antibiotiques ne sont généralement pas actifs contre les virus. Un produit luttant contre les virus est un antiviral. Toutefois, des études en cours tendent à démontrer une certaine efficacité de quelques antibiotiques dans des cas particuliers comme l'effet de la teicoplanine sur la maladie à virus Ebola.\n\n",
"title": " Définition "
},
{
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"source_text": "Le premier antibiotique identifié fut la pénicilline. Si dès la fin du XIXe siècle Ernest Duchesne découvrit les propriétés curatives de Penicillium glaucum, la découverte de la pénicilline est à mettre au crédit de Sir Alexander Fleming qui s’aperçut en 1928 que certaines de ses cultures bactériennes dans des boîtes oubliées avaient été contaminées par les expériences de son voisin de paillasse étudiant le champignon Penicillium notatum et que celui-ci inhibait leur reproduction. Mais l’importance de cette découverte, ses implications et ses utilisations médicales ne furent comprises et élaborées qu’après sa redécouverte, entre les deux grandes guerres notamment à la suite des travaux de Howard Walter Florey, Ernst Chain, et Norman Heatley (en) en 1939.\n\nEn 1932, Gerhard Domagk met au point chez Bayer AG le Prontosil, un sulfamidé, le premier antibiotique de synthèse. C’est toutefois la découverte subséquente, à l'Institut Pasteur, dans le laboratoire de chimie thérapeutique dirigé par Ernest Fourneau, des propriétés antibiotiques du sulfanilamide, agent actif du Prontosil, (découverte publiée en 1935 par Jacques et Thérèse Tréfouel, Federico Nitti et Daniel Bovet) qui ouvrira effectivement la voie à la sulfamidothérapie. Ce premier antibiotique de synthèse a ouvert une voie nouvelle dans la lutte contre de nombreuses maladies qui étaient considérées comme incurables auparavant.\n\nRené Dubos isole en 1939 la tyrothricine (un mélange de tyrocidine et de gramicidine) à partir du Bacillus brevis dont il avait observé l’action antibactérienne. L’importance de cette découverte ne fut pas tant d’ordre thérapeutique que théorique : si la gramicidine fut effectivement le premier antibiotique commercialisé, son utilisation fut limitée à une application locale — en topique — ; toxique en intraveineuse, la gramicidine s’avéra en revanche très efficace pendant le second conflit mondial pour guérir les blessures et les ulcères. Comme Howard Florey lui-même devait le rappeler plus tard, la découverte de la gramicidine fut une étape déterminante en cela qu’elle encouragea les recherches autour des applications thérapeutiques de la pénicilline qui avaient souffert jusque-là de plusieurs déconvenues.\n\nEn 1944, Selman A. Waksman, Albert Schatz et E. Bugie découvrent la streptomycine, le premier antibiotique ayant un effet sur le bacille de Koch, rendant ainsi possible le traitement de la tuberculose. En 1952, commercialisation sous la marque Ilosone de l’érythromycine, premier macrolide connu, nouvellement isolée par J. M. McGuire, de la firme Eli Lilly. En 1956 est découverte la vancomycine. Suivent alors le développement des quinolones à partir de 1962 et leurs dérivés, les fluoroquinolones dans les années 1980.\n\nAu début des années 1970, la recherche sur les antibiotiques se ralentit fortement, l'arsenal thérapeutique de l'époque permettant alors de traiter efficacement la plupart des infections bactériennes.\n\nL'émergence des résistances de plus en plus nombreuses va modifier ce tableau et stimuler la reprise des travaux. En 2000, le linézolide (approuvé par la FDA le 18 avril 2000) est mis sur le marché américain. Le linézolide correspond à une nouvelle classe de composés, les oxazolidinones. C'est la première fois en 20 ans qu'une nouvelle classe de composés antibiotiques est introduite dans la pharmacopée.\n\nGlobalement, en un demi-siècle, les antibiotiques ont augmenté de plus de dix ans l’espérance de vie de ceux qui y ont accès, soit plus qu'aucun autre traitement. Comparativement, un médicament qui guérirait 100 % des cancers n’augmenterait l’espérance de vie que de cinq ans[réf. nécessaire].\n\nLes antibiotiques ont en particulier fourni des traitements efficaces pour la plupart des grandes maladies infectieuses bactériennes. Combinés à la vaccination ils ont contribué à faire largement disparaître les grandes maladies épidémiques, au moins dans les pays développés : tuberculose, peste, lèpre, typhus, fièvre typhoïde... Ils sont également utilisés dans les cas de choléra en complément de la réhydratation des malades.\n\n",
"title": " Découverte "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Antibiotique |
Sandro Botticelli - Biographie (6) | 3,009 | [
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"source_text": "\n\nAlessandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli, est un peintre italien, né à Florence le 1er mars 1445, et mort le 17 mai 1510 dans la même ville. Botticelli est l'un des peintres les plus importants de la Renaissance italienne et de l'histoire de l'art.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "L'une des œuvres les plus célèbres de l'artiste et de la Renaissance italienne en général, la Naissance de Vénus, est datable, comme le Printemps, dans la période qui va de 1477 à environ 1485. Les théories les plus récentes considèrent que les deux œuvres sont pratiquement contemporaines, même s'il est difficile pour Botticelli d'avoir conçu les deux tableaux dans le même programme figuratif en raison de leurs différences de technique et de style. Contrairement au Printemps, la Naissance de Vénus n'est pas mentionnée dans les inventaires des Médicis de 1498, 1503 et 1516, mais grâce au témoignage de Vasari dans les Vies, nous savons qu'il a vu, en 1550, les deux œuvres exposées ensemble dans la Villa di Castello, la résidence de campagne de la branche cadette de la famille Médicis.\n\nAu niveau de l'interprétation, la scène représenterait le moment précédant celui représenté dans le Printemps, lorsque Vénus s'installe dans le jardin de l'Amour : après sa naissance de l'écume de mer, conduite par l'union des vents Zéphyr et Aura, elle débarque sur les côtes de l'île de Chypre, où elle est accueillie par l'une des Heures qui étend sur elle un riche manteau tissé de fleurs. De nombreux historiens semblent s'accorder sur le lien très étroit entre le tableau et un passage des Stanze d'Ange Politien : la coïncidence presque absolue entre le récit et le tableau confirmerait qu'il s'agit d'une illustration du poème du philosophe néoplatonicien, avec des références implicites aux idéaux de l'amour qui caractérisent ce courant de pensée.\n\nLa Naissance de Vénus serait donc la venue à la lumière de l'Humanitas, comprise comme l'allégorie de la force motrice de la Nature. La figure de la déesse, représentée dans la pose de l'Aphrodite pudique (c'est-à-dire en couvrant sa nudité avec ses mains et ses longs cheveux blonds), est la personnification de la Vénus céleste, symbole de pureté, de simplicité et de beauté sans fioritures de l'âme. C'est l'un des concepts fondamentaux de l'humanisme néoplatonicien, qui revient également sous divers aspects dans deux autres tableaux de Botticelli réalisés dans la même période : Pallas et le Centaure et Vénus et Mars.\n\nLa composition est extrêmement équilibrée et symétrique, le dessin est basé sur des lignes très élégantes qui créent des jeux décoratifs sinueux et gracieux. Le dessin ne se résout jamais à des effets purement décoratifs, mais maintient un respect du volume et un rendu fidèle des différentes matières, notamment dans les vêtements très légers. La couleur claire et nette, issue d'une technique particulière qui imite la fresque, imprègne les personnages de lumière, faisant ressortir la pureté pénétrante de la beauté. Plus encore que dans le Printemps, la spatialité du fond est plate, bloquant les personnages dans une suspension magique. La perte progressive des valeurs de la perspective place ce travail après le Printemps, dans une phase où la « crise » qui frappera Florence à la fin du siècle a déjà plus que jamais commencé.\n\n",
"title": " Cycle mythologique - La Naissance de Vénus "
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"source_text": "Pallas et le centaure (1482-84) est mentionné dans les inventaires des Médicis parmi les œuvres présentes, avec le Printemps, dans le palais Medici-Riccardi. Selon la pensée néo-platonicienne, soutenue par les écrits de Marsile Ficin, la scène pourrait être vue comme l'allégorie de la raison, symbolisée par la déesse qui gagne sur l’instinct représenté par le centaure, une créature mythologique mi-homme, mi-cheval.\n\nCependant, une autre lecture politique du tableau a également été proposée : il représenterait, toujours de manière symbolique, l'action diplomatique menée au cours de ces années[Lesquelles ?] par Laurent le Magnifique, qui est engagé à négocier une paix séparée avec le Royaume de Naples pour éviter son adhésion à la ligue anti-florentine promue par Sixte IV ; dans ce cas, le centaure représenterait Rome et la déesse personnifierait Florence (elle porte la hallebarde et a une robe ornée de l'insigne personnel de Laurent), tandis que le golfe de Naples est reconnaissable en arrière-plan.\n\n",
"title": " Cycle mythologique - Pallas et le Centaure "
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"source_text": "L'interprétation proposée pour une autre allégorie représentant Vénus et Mars, couchés sur une pelouse et entourés d'un groupe de satyres enjoués, est essentiellement philosophique ; la source d'inspiration de Botticelli semble raisonnablement être Le Banquet de Platon que Ficin a traduit, dans lequel la déesse Vénus, symbole d'amour et d'harmonie, triomphe du dieu Mars, symbole de haine et de discorde (Mars est le dieu de la guerre chez les anciens).\n\nLes satyres semblent tourmenter Mars en perturbant son sommeil, tout en ignorant complètement Vénus, alerte et consciente ; cette scène serait la figuration d'une autre pierre angulaire des idéaux de la pensée néo-platonicienne, celle de l'harmonie des contraires, constituée par le duo Mars-Vénus, bien que le critique Plunkett ait mis en évidence le fait que le tableau reprend un passage de l'écrivain grec Lucien de Samosate, dans lequel une autre peinture représentant le mariage d'Alexandre et de Roxane est décrite. L'œuvre a donc pu être créée pour le mariage d'un membre de la famille Vespucci, protecteur des Filipepi (comme l'indiquerait le motif inhabituel des abeilles en haut à droite, qui figurent dans les armoiries des Vespucci) et cette iconographie aurait été choisie comme vœu pour la mariée[pas clair].\n\n",
"title": " Cycle mythologique - Vénus et Mars "
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"source_text": "L'esprit philosophique qui semble envelopper toutes les œuvres de Botticelli dans la première moitié des années 1480 s'étend également à celles de nature religieuse ; en est un exemple significatif, le tondo avec la Madone du Magnificat, réalisé entre 1483 et 1485 et où, selon André Chastel, Botticelli tente de combiner le naturalisme classique avec le spiritualisme chrétien.\n\nLa Vierge est au centre, richement vêtue, la tête couverte de voiles transparents et d'étoffes précieuses, ses cheveux blonds entrelacés, une écharpe nouée sur sa poitrine ; le nom donné au tableau dérive du mot « Magnificat » qui apparaît sur un livre tenu par deux anges, habillés comme des pages, qui offrent à la Vierge un encrier, tandis que l'Enfant observe sa mère et, de sa main gauche, attrape une grenade, symbole de la résurrection.\n\nEn arrière-plan, un paysage apparait à travers une fenêtre circulaire ; le cadre en pierre peinte écrase les personnages au premier plan qui suivent le mouvement circulaire du tableau afin laisser émerger les figures de la surface du tableau, comme si l'image se reflétait dans un miroir convexe. En même temps, la composition aérée par la disposition des deux anges au premier plan, qui mènent le regard à travers une diagonale idéale vers le paysage en arrière-plan.\n\nUn tondo pour la salle d'audience de la Magistratura dei Massai di Camera du Palazzo Vecchio, peut-être la Vierge à la grenade, autre commande publique, occupe l'artiste jusqu'en 1487.\n\n",
"title": " La Madone du Magnificat "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Sandro_Botticelli |
Antibiotique - Le mode d’action des antibiotiques (1) | 2,926 | [
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"source_text": "\n\nUn antibiotique (du grec anti : « contre », et bios : « la vie ») est une substance naturelle ou synthétique qui détruit ou bloque la croissance des bactéries. Dans le premier cas, on parle d'antibiotique bactéricide et dans le second cas d'antibiotique bactériostatique. Lorsque la substance est utilisée de manière externe pour tuer la bactérie par contact, on ne parle pas d'antibiotique mais d'antiseptique.\n\nUn antibiotique peut être à la fois bactéricide et bactériostatique, tout dépendant de sa dose.",
"title": "Contexte"
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{
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"source_text": "Il existe plus de 10 000 molécules antibiotiques connues (voir liste d'antibiotiques), la plupart d'entre elles sont des produits naturels, synthétisés par des procaryotes, des champignons, des végétaux supérieurs, des animaux ou des lichens.\n\nLe principe d'action des antibiotiques consiste à bloquer sélectivement une étape d'un mécanisme essentiel à la survie ou à la multiplication des micro-organismes. Le mécanisme ciblé par l'antibiotique est le plus souvent spécifique des bactéries et n'a pas d'équivalent chez les eucaryotes et en particulier chez l'humain. Ainsi, idéalement, l'antibiotique tue ou bloque la multiplication des bactéries mais n'a pas d'impact sur les cellules du patient traité. Il existe ainsi quelques grandes familles de mécanisme d'action pour les antibiotiques, ce qui permet de les regrouper en grandes classes décrites ci-après.\n\n",
"title": ""
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{
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"source_text": "Certaines bactéries sont protégées de l'environnement extérieur par une paroi, qui doit croitre quand la bactérie se divise. Cette paroi contient en particulier une couche de peptidoglycane plus ou moins épaisse, un polymère spécifique comportant des acides aminés et des sucres. Il existe une machinerie de synthèse qui fabrique les composants de cette paroi et qui est composée d'enzymes et de systèmes de transport acheminant les composants à la surface cellulaire.\n\nIl existe un ensemble d'antibiotiques qui bloquent différentes étapes de cette machinerie. Le blocage de la synthèse de la paroi fragilise fortement l'enveloppe externe des bactéries, qui deviennent très sensibles à des stress extérieurs (pression osmotique, température, stress mécanique) provoquant la lyse cellulaire. In vitro, on peut maintenir ces cellules sans paroi avec un stabilisant osmotique, on obtient alors un protoplaste.\n\nCes antibiotiques agissent sur des cibles extracellulaires. Ils n'ont donc pas besoin de pénétrer dans la cellule, ce qui les rend insensible aux mécanismes de résistance liés à la perméabilité ou à l'efflux (voir plus bas). En revanche, ils ne sont en général actifs que sur les germes en croissance. Les bactéries quiescentes (qui ne se divisent pas) ne sont pas perturbées par l’action de ces molécules, parce que le peptidoglycane n'est produit que lors de la croissance cellulaire, pour s'adapter à l'augmentation du volume précédant la division cellulaire.\n\nLes principaux antibiotiques ayant ce mode d'action correspondant à la famille appelée les béta-lactames (pénicillines et céphalosporines). Ceux-ci agissent sur les enzymes de la machinerie de synthèse du peptidoglycane que l'on appelle pour cette raison les « protéines fixant la pénicilline » (penicillin binding proteins ou PBP).\n\nLa catégorie des antibiotiques inhibant la synthèse de la paroi bactérienne comprend entre autres :\n\nles glycopeptides comme la vancomycine\n\n",
"title": " Inhibition de la synthèse de la paroi bactérienne "
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"source_text": "L'existence d'une membrane plasmique intacte est nécessaire à la survie bactérienne. Son rôle est double, d'une part elle permet de séquestrer métabolites et ions nécessaires à l'intérieur du cytoplasme, d'autre part, elle permet de maintenir un gradient de protons entre l'intérieur et l'extérieur de la cellule, généré par la chaîne respiratoire et le cycle de Krebs et qui permet le stockage de l'énergie cellulaire. Ce gradient de protons alimente l'ATP synthase qui fabrique l'ATP. Toute perturbation de l'imperméabilité de la membrane rompt ces confinements, l'énergie chimiosmotique est dissipée et le contenu du cytoplasme fuit dans le milieu extracellulaire. Il existe un certain nombre de molécules antibiotiques qui agissent sur la membrane des cellules, soit en agissant comme des détergents qui désorganisent les lipides, soit en formant un pore (un trou) dans la membrane qui va permettre la fuite des composés cellulaires.\n\nParmi ces composés attaquant la membrane des cellules bactériennes, on trouve :\n\nla polymyxine qui est un surfactant (détergent) interagissant avec les lipides membranaires et qui désorganise la bicouche phospholipidique membranaire. Ceci détruit l’intégrité de la membrane, les éléments hydrosolubles sortent de la cellule. Cette molécule est efficace sur les cellules en croissance et au repos ;\n\nla gramicidine, un peptide qui s'insère dans la membrane en formant un pore cylindrique permettant la fuite des cations.\n\n",
"title": " Action sur la membrane des cellules "
},
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"source_text": "La synthèse des acides nucléiques, ADN et ARN est absolument vitale pour les cellules, sans elle, la division cellulaire et la fabrication des protéines est impossible. Un certain nombre de composés peuvent bloquer de manière directe ou indirecte ces voies de biosynthèse des acides nucléiques et ont en conséquence une activité antibiotique.\n\nChez les bactéries, le ou les chromosomes sont souvent circulaires et se trouvent dans un état topologique particulier caractérisé par un surenroulement négatif. Ce surenroulement négatif est essentiel à la réplication de l'ADN (et aussi à la transcription de l'ARN) et constitue une caractéristique de l'ADN bactérien. C'est l'ADN gyrase qui introduit ce surenroulement négatif dans l'ADN. Cette enzyme, de la famille des topoisomérases est essentielle à la survie des bactéries, mais n'a pas d'équivalent chez les eucaryotes. Il existe des antibiotiques qui bloquent l'action de l'ADN gyrase, il s'agit des aminocoumarines et des quinolones. Plus récemment, ces dernières ont été supplantées par les fluoroquinolones, molécules de synthèse permettant de contourner les mécanismes de résistance aux quinolones.\n\nD'autres molécules bloquent la réplication de l'ADN en introduisant des pontages covalents entre des bases voisines, soit sur le même brin soit entre les deux brins de l'ADN. Ces pontages déforment l'ADN, peuvent empêcher l'ouverture des brins et bloquent l'action de différentes enzymes agissant sur l'ADN. Ceci a en particulier pour conséquence d'empêcher la progression de la fourche de réplication et du réplisome et rendent donc la réplication impossible.\n\nCes molécules, comme la mitomycine ou l'actinomycine, si elles ont bien une activité antibiotique sur les bactéries, ne sont pas utilisées comme telles chez l'humain car elles ne sont pas sélectives et agissent aussi sur l'ADN des cellules eucaryotes. Leur capacité à ponter également notre ADN bloque aussi la réplication de nos propres cellules, ce qui leur confère en plus des propriétés antimitotiques chez l'humain. Pour cette raison, on les a utilisées en chimiothérapie anticancéreuse.\n\nIl existe enfin des inhibiteurs spécifiques de l'ARN polymérase bactérienne qui bloquent la transcription des gènes et la synthèse des ARN messagers. Parmi ces antibiotiques, on trouve en particulier la rifampicine qui est aujourd'hui utilisée en association avec d'autres antibiotiques pour le traitement de la tuberculose.\n\n",
"title": " Inhibition de la synthèse des acides nucléiques "
}
] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Antibiotique |
Histoire de l'industrie en France - L'ère proto-industrielle (fin XVe siècle - fin XVIIIe siècle) (1) | 749 | [
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"source_text": "\n\nL'histoire de l'industrie en France prend sa source d'une manière différente d'autres pays très industriels comme la Belgique ou le Royaume-Uni, et ne semble pas particulièrement liée à la révolution industrielle.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Les Grandes Découvertes marquent le début des temps modernes. De nouveaux marchés, de nouveaux besoins et de nouveaux produits apparaissent. En 1453, la guerre est terminée. La population française a fortement baissé à cause de cette dernière et d’une épidémie de peste. Les travaux des champs et l’activité fabricante ont été touchés. C’est dans les années 1460 que la population recommence à augmenter (17 millions environ).\n\nLa France de l’Ancien régime est une nation paysanne, pourtant, la ville est un moteur de l’industrie. En effet, l’augmentation de la population entraîne la construction de nouveaux logements nécessitant briques, bois, terre, métal, etc. Un nouveau matériau est apparu à la Renaissance dans les constructions civiles : le verre. Deux techniques sont utilisées, une qui rend le verre presque incolore et transparent et celle qui permet de produire un verre plat de grande taille.\n\n",
"title": ""
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"source_text": "L’urbanisme royal contribue pour beaucoup à la transformation du paysage urbain, surtout au XVIIIe siècle. Ainsi, des allées, des quais, des bâtiments publics (théâtres, bourse) sont construits.\n\nÀ cette époque, les besoins d’équipement militaire augmentent. L’État a besoin d’habillement pour les troupes, mais aussi des armes et des munitions. Au XVIIe siècle, le fusil se généralise et sa fabrication s’intègre dans une production de masse. À la même époque, l’artillerie de bronze se développe tout en restant fragile.\n\nDu côté de la marine, sous le ministère de Richelieu, des vaisseaux portant 72 canons sont construits. La construction navale consomme surtout du bois, mais également du fer. Ce marché volumineux s’organise à compter des 20 dernières années du XVIIe siècle autour de quelques manufactures royales et au profit de quelques pôles sidérurgiques.\n\nMais en temps de paix, l’État ne demande presque rien et les ouvriers français sont obligés de travailler à l’étranger.\n\n",
"title": " L’industrie et l’État "
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"source_text": "Les textiles dominent l’activité industrielle de l’Ancien Régime. En effet, on peut estimer qu’au XVIIe siècle, ils représentent la moitié de la production industrielle nationale et occupent l’essentiel de la main d’œuvre non agricole. Ces industries sont concentrées dans les villes. À la campagne, la fabrication est plutôt discrète et immergée dans l’économie familiale. De plus, le coût de l’outillage et le savoir-faire qui se transmet en milieu citadin renforcent cette ségrégation.\n\nLe vêtement est un autre besoin que l’industrie permet de remplir. Au XVIe siècle, un changement de comportement vestimentaire s’opère dans les villes. Les élites urbaines sont séduites par de nouveaux tissus, de nouvelles couleurs et de nouvelles formes. Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, à Paris, on peut observer l’essor du sous-vêtement et des textiles d’intérieur (linge de table, tissus d’ameublement, etc.).\n\n",
"title": " L’industrie textile "
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"source_text": "Les matériaux et objets du quotidien changent entre le XVIe et le XVIIIe siècle d’une façon plus prononcée qu’auparavant. Par exemple, dès le XVIe siècle, les bouteilles de verre tendent à remplacer les pots de grès. Au XVIIIe siècle, en ville, la vaisselle de faïence l’emporte sur celle d’étain.\n\nEntre le XVIIe et le XVIIIe siècle, il y eut une forte augmentation des objets métalliques, avec une percée du fer-blanc. Les régions d’agriculture commerciale sont les plus ouvertes à ces produits car, proches des villes ou en relation avec elles, ces zones sont dans une division du travail qui donne aux producteurs-vendeurs les moyens et le goût d’imiter le mode de consommation urbain.\n\nLes produits industriels ne sont qu’un élément modeste (en poids comme en valeur) de l’ensemble des marchandises transportées en France ou exportées à l’étranger. Les grains, le vin et le bois comptent beaucoup plus.\n\n",
"title": " Matériaux "
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"source_text": "L’activité industrielle est forte consommatrice de capital. Les grands marchands du XVIe siècle lui ont permis de faire face à ce besoin de fonds. Cependant, les maisons françaises ont du mal à émerger face à la concurrence des familles étrangères.\n\nJean-Baptiste Colbert mena donc une action de grande envergure en faveur de l’industrie nationale ; ce mouvement sera nommé « le colbertisme ». Au milieu du XVIIe siècle, l’économie française est en récession et des marchés ont été perdus, comme le Levant.\n\nLa principale faiblesse de l’industrie française tient à la mauvaise qualité de ses produits. Pour y remédier, Colbert instaure une moralité du travail et une logique de la dépense pour donner une nouvelle vitalité à l’industrie nationale et enrayer son déclin. Il améliore également le travail dans les manufactures en embauchant des ouvriers plus qualifiés.\n\nMais dans les 30 dernières années de l’Ancien Régime, le système colbertiste est remis en cause au nom du libéralisme.\n\n",
"title": " Le colbertisme "
},
{
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"source_text": "L’industrie est consommatrice d’énergie. L’Homme et l’animal sont des moteurs traditionnels du travail, mais il faut également souligner l’énergie hydraulique qui permet de mouvoir certains outillages comme les marteaux, les pilons et les soufflets. Par exemple, en 1698, en France, on comptait 1 000 moulins à eau pour le secteur de la métallurgie. Quant à la sidérurgie et à la verrerie, ces secteurs utilisaient plutôt l’énergie thermique.\n\nLe bois sous toutes ses formes a été, au moins jusqu’au premier tiers du XIXe siècle, le combustible de tous les foyers de l’industrie. Mais la sidérurgie est de loin la principale consommatrice (en 1775, environ 1,5 million d’hectares de forêt sur un total compris entre 8 et 10 millions). À la fin du XVIIIe siècle, la hausse du prix du bois entraîne la démocratisation de la houille (charbon de terre) par certaines activités, généralement en aval des manufactures.\n\n",
"title": " Industrie et énergie "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'industrie_en_France |
Érosion du littoral - Le phénomène (1) | 3,385 | [
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"source_text": "\n\nL’érosion du littoral est un phénomène naturel ou anthropique qui se produit en de nombreux endroits du monde. Différents événements peuvent induire un recul du littoral non compensé par l'engraissement local : la légère montée des océans ; des phénomènes de rééquilibrage isostatique ; la disparition (à cause d'un nettoyage trop actif) de végétaux stabilisant les vases, dunes ou arrières plages ; la diminution des apports terrigènes en sable à la suite de la construction de nombreux barrages dans les bassins-versants des fleuves. Cette érosion est ainsi contrôlée par de nombreux facteurs locaux (budget sédimentaire et disponibilité de sédiments, conditions hydrodynamiques, actions anthropiques).\n\nPour répondre aux besoins d'état des lieux et de prospective (face notamment au dérèglement climatique et à la montée de la mer), une cartographie (normalisée) de l'évolution du trait de côte est en cours dans de nombreux pays, dont la France.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La mobilité des dunes, des estuaires et du trait de côte est naturelle. Elle résulte de l'action combinée des vagues, du vent, des courants et des flores fixatrices des sables et vases, là où elles existent.\n\nL'érosion littorale est plus importante sur les substrats mous (sable). Les plages représentent environ 20 % du linéaire côtier mondial. On estime actuellement que 70 % de la longueur de ce linéaire est érodé, 20 % est stable, et 10 % seulement montre des signes d'élargissement (progradation du trait de côte par engraissement sédimentaire naturel des plages, l'engraissement artificiel étant un épiphénomène).\n\nSelon une étude de l'Institut français de l'environnement portant sur l'année 2003, en France métropolitaine un quart (24 %) du trait de côte recule, un dixième du littoral est en engraissement et gagne sur la mer. En opposition à ces littoraux mobiles, près de la moitié du linéaire côtier (44 %) est stable. Le reste du linéaire côtier (17 %) est constitué de côtes figées artificiellement (zones portuaires et digues) ou de côtes dont la dynamique n'est pas étudiée (5 %).\n\nDe nombreux facteurs sont en cause :\n\nLa nature rocheuse de la côte. Par exemple, pour les falaises rocheuses dures (granite, gneiss), le recul moyen annuel est inférieure à 1 mm/an ; pour les roches à côtes plus tendres (calcaire, schiste), il est de l'ordre de 1 à 10 mm/an ; pour la craie et les roches sédimentaires du Tertiaire, de l'ordre de 0,1 à 1 m/an ; de 1 à 10 m/an pour les dépôts quaternaires ; de l'ordre de 10 m/an pour les falaises de roches meubles (molasse, flysch, argile à silex, sables, marnes, dépôts volcaniques meubles). Pour les côtes à falaises, la valeur de ce recul est tributaire de la lithologie du rivage, mais aussi de l'exposition de la côte aux agents de la dynamique marine.\n\nLe nettoyage des plages : en détruisant les laisses de mer qui servaient de nourriture aux micro-organismes vivant dans le sable, il élimine les cordons dunaires qui se forment à partir de ces laisses et qui constituent un frein à l'érosion naturelle\n\nLe réchauffement climatique, en augmentant le niveau de l'eau et la force des aléas climatiques.\n\nLes aménagements portuaires ou de digues ont parfois des effets spectaculaires, par les modifications des courants qu'ils induisent.\n\nLa diminution, voire la disparition dans certains cas, des apports sédimentaires à la côte, en raison de la construction de barrages, des programmes de canalisation et d'irrigation.\n\nLes gravières sous-marines peuvent aussi avoir des effets différés en termes de mouvements de sédiments.\n\nDes pompages ou drainages peuvent aussi indirectement modifier l'érosion de certaines falaises en y produisant des phénomènes de solifluxion ou des effets plus vifs du gel/dégel et des sécheresses (alternances de retraits et gonflements par exemple).\n\nSur les plages, et face aux dunes, certains ouvrages de protection (épis par exemple) se sont eux-mêmes montrés capables de modifier les courants et surcreuser des plages ou des vasières plus en aval.\n\nLa destruction des mangroves est un des principaux facteurs de ce recul en zone tropicale.\n\nLocalement des événements tels que les tsunamis peuvent emporter des portions entières de littoraux.L’érosion marine est un phénomène naturel récurrent et millénaire, le trait de côte ayant toujours subi des fluctuations. Si les plages rétrécissent, les dunes reculent et les falaises se morcellent de façon accélérée. C’est certes en partie dû à l’élévation du niveau de la mer en raison du réchauffement climatique, mais, à ce jour, « l’élévation du niveau de la mer n’est pas assez rapide pour causer une érosion des côtes (…) importante ». L’urbanisation du littoral depuis 150 ans a changé la donne : « Autrefois, les hommes ne s’installaient pas sur les côtes sableuses, ils savaient que c’était mobile ». « Dès le début du tourisme, il fallait être au plus près de la mer (…) ; presque toutes les stations, d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) à Bray-Dunes (Nord) ont été construites sur les dunes littorales. Les échanges naturels entre la plage et sa réserve de sable qui l’alimentait en cas de tempête ont été rompus. (…) Les systèmes de digues ou d’enrochement, destinés à contrer l’érosion, au lieu d’améliorer la situation, entravent encore plus ces échanges ». Pour autant, les effets du réchauffement climatique sur les côtes ne peuvent être écartés, surtout dans l’avenir.\n\nLa règle de Bruun (en) qui représente un concept simple d'érosion littorale liée à transgression marine est un outil de valeur, mais il se heurte à diverses difficultés d'application.\n\n",
"title": ""
}
] | wik-histoire-geographie-cinquieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érosion_du_littoral |
Érosion du littoral - Méthode et indicateurs de position du trait de côte (1) | 3,386 | [
{
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"source_text": "\n\nL’érosion du littoral est un phénomène naturel ou anthropique qui se produit en de nombreux endroits du monde. Différents événements peuvent induire un recul du littoral non compensé par l'engraissement local : la légère montée des océans ; des phénomènes de rééquilibrage isostatique ; la disparition (à cause d'un nettoyage trop actif) de végétaux stabilisant les vases, dunes ou arrières plages ; la diminution des apports terrigènes en sable à la suite de la construction de nombreux barrages dans les bassins-versants des fleuves. Cette érosion est ainsi contrôlée par de nombreux facteurs locaux (budget sédimentaire et disponibilité de sédiments, conditions hydrodynamiques, actions anthropiques).\n\nPour répondre aux besoins d'état des lieux et de prospective (face notamment au dérèglement climatique et à la montée de la mer), une cartographie (normalisée) de l'évolution du trait de côte est en cours dans de nombreux pays, dont la France.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le trait de côte représente la limite entre terre–mer et varie avec le temps selon les conditions et le contexte dynamique (érosion accrétion), de ce fait, la détermination de cette limite n’est pas toujours aussi facile et précise. Des indicateurs permettent d’estimer la position du trait de côte dans différents endroits des zones littorales comme les lignes des hautes et basses eaux, la ligne du haut de la falaise et la ligne du pied de la falaise.\n\n",
"title": ""
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"source_text": "La méthode ne s'applique que pour les falaises directement exposées à l’action des vagues. Elle ne prend pas en compte la plateforme d'érosion qui est considérée comme une côte basse. La morphologie des falaises varie en fonction de la lithologie et la résistance des roches et selon l’intensité des processus d’érosion marine et aérienne. On distingue deux types de falaises : les falaises présentant une forte pente (>45°) et les falaises présentant une pente faible (<45° Fig.9 et Fig.10). Sur un secteur à falaise, quatre indicateurs peuvent être relevés : • le pied de falaise (pour les falaises à faible pente), • le haut de falaise, • la rupture de pente, • la limite d'extension de la végétation. Dans tous les cas, le levé du haut de falaise sera à privilégier.\n\n",
"title": " Méthode de relevé sur les côtes à falaises "
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"source_text": "La détermination de trait de côte n’était pas toujours aussi simple vu la limite des méthodes utilisées et la marge d’erreur lors du calage et géoréférencement des anciennes photos aériennes On a rencontré de nombreux problèmes pour le repérage des points de référence lors de géoréférencement mais aussi pour la numérisation de trait de côte sur ces anciennes photos ; donc la comparaison et le calcul de la distance de recul doit prendre en compte cette marge d’erreur.\n\n",
"title": " Incertitudes et limite de la méthode "
}
] | wik-histoire-geographie-cinquieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érosion_du_littoral |
Religion (histoire des idées) - La religion entre Islam et chrétienté (2) | 2,837 | [
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"source_text": "\n\nLe mot religion vient du latin religio. Ce terme, ses équivalents et ses dérivés ont été définis et utilisés de façons diverses selon les époques, les lieux et les auteurs. Ainsi, avec La Religion en Occident, Michel Despland a proposé une histoire des idées de la religion dans laquelle il formule quarante définitions correspondant aux divers usages et significations du terme dans l'histoire. ",
"title": "Contexte"
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"source_text": "L'islam a longtemps été entouré d'un grand flou dans la perception des Européens. Les termes « islam » et « musulmans » sont totalement absents des langues européennes jusqu'au XVIIIe siècle. Vers l'an mille, il est plutôt question de Maures ou de Sarrasins, terme qui dérive du grec sarcène et qui signifie « arabe ». Ceux-ci sont considérés comme des étrangers ou des envahisseurs contre lesquels on fait la guerre sans nécessairement faire état de leurs doctrines religieuses. La chanson de Roland composée vers l'an mille les évoque, mais la seule phrase de cette chanson qui pourrait laisser penser à l'islam est celle où il est affirmé que Marsile, roi de Saragosse, n'adore pas Dieu mais Mahomet et Apollon. La référence à Apollon revient à assimiler le roi légendaire Marsile à un païen de l'Antiquité. L'islam n'est ainsi pas connu comme tel, il est vu comme une hérésie parmi d'autres à laquelle on donne le nom de celui qui est réputé en être l'auteur : Mahomet. Celui-ci est connu, ou plutôt méconnu, au travers de récits infamants tels que la Vita Mahumeti attribuée à Embricon de Mayence qui aurait composé une première version de ce texte vers 1100.\n\nAu XIIe siècle commence à se faire sentir chez les Latins la nécessité de mieux connaître les doctrines associées au nom de Mahomet. À cet effet, une traduction latine du Coran est commandée en 1141 par Pierre le Vénérable abbé de Cluny. Sa motivation s'inscrit pleinement dans la logique de la réfutation des hérésies. Pour Pierre le Vénérable, « Qu’on donne à l’erreur mahométane le nom honteux d’hérésie ou celui, infâme, de paganisme, il faut agir contre elle, c’est-à-dire écrire. » L'abbé de Cluny est préoccupé de ce que les Latins ne s'emploient pas à réfuter cette doctrine parce qu'il ne la connaissent pas. C'est pour cela qu'il veut une traduction du Coran. Cette traduction restera la seule disponible en latin pendant quatre siècles. Des copies circulent mais ne donnent pas lieu à beaucoup de travaux. Perçu comme une hérésie, l'islam est comparé au sabellianisme, au nestorianisme ou au manichéisme.\n\nAu XIIIe siècle, Thomas d'Aquin rédige une Somme contre les Gentils. Il aurait répondu en cela à une demande de missionnaires dominicains se trouvant en Espagne au milieu de juifs et de musulmans. Il s'agit de fournir des arguments pour favoriser les conversions. Thomas entend accomplir ce qu'il appelle le « double office du sage » : exposer la vérité et réfuter l'erreur. Pour cela il se concentre sur l'exposé de la vérité considérant qu'elle suffit à renverser l'erreur. Cette absence de réfutation de ce qui est alors considéré comme des hérésies, l'islam y compris, est ainsi expliquée par Thomas :\n\n« Réfuter toutes les erreurs est difficile et ce pour deux raisons. La première, c'est que les affirmations sacrilèges de chacun de ceux qui sont tombés dans l'erreur ne nous sont pas tellement connues que nous puissions en tirer des arguments pour les confondre. C'était pourtant ainsi que faisaient les anciens docteurs pour détruire les erreurs des païens, dont ils pouvaient connaître les positions, soit parce qu'eux-mêmes avaient été païens, soit, du moins, parce qu'ils vivaient au milieu des païens et qu'ils étaient renseignés sur leurs doctrines. La seconde raison, c'est que certains d'entre eux, comme les Mahométans et les païens, ne s'accordent pas avec nous pour reconnaître l'autorité de l'Écriture, grâce à laquelle on pourrait les convaincre, alors qu'à l'encontre des Juifs, nous pouvons disputer sur le terrain de l'Ancien Testament, et qu'à l'encontre des Hérétiques, nous pouvons disputer sur le terrain du Nouveau Testament, Mahométans et Païens n'admettent ni l'un ni l'autre. Force est alors de recourir à la raison naturelle à laquelle tous sont obligés de donner leur adhésion. Mais la raison est faible dans les choses de Dieu. »\n\n— Thomas d'Aquin, Somme contre les Gentils, I,2.\n\n",
"title": " Méconnaissance des religions chez les latins au Moyen Âge "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_(histoire_des_idées) |
Époque classique - Le reste du monde grec à l'époque classique (1) | 2,542 | [
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"source_text": "\n\nL’époque classique est une période de l'histoire de la Grèce antique, située entre l'époque archaïque et l'époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire, pour les bornes chronologiques les plus courantes, depuis la victoire grecque de Salamine contre les Perses en 480 av. J.-C. jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Si les récits sur l'histoire politique du monde grec à l'époque classique sont dominés par la Grèce et le monde égéen, les autres parties de celui-ci poursuivent leur propre histoire en évoluant plus ou moins à la marge de ces événements, et jouent chacune à leur manière un rôle dans l'économie et la culture grecque de cette période. Elles sont certes moins documentées et étudiées que les principaux acteurs politiques de l'époque, mais les recherches sur les textes combinées à des découvertes archéologiques ont permis de préciser les connaissances à leur sujet.\n\nLes espaces concernés sont avant tout ceux situés autour de l'Égée, mais aussi, depuis le mouvement de diaspora de l'époque archaïque (la « colonisation grecque »), dans des régions plus lointaines où des cités grecques ont prospéré : mer Noire, Cyrénaïque, Sicile et sud de la péninsule italienne (la Grande Grèce), côtes de la France et de l'Espagne actuelles, aussi Chypre qui est une terre grecque depuis plus longtemps encore. Il s'agit de régions de contact entre les Grecs et d'autres populations non-grecques, créant différents types d'interaction et donnant des trajectoires historiques différentes de celles de la Grèce.\n\n",
"title": ""
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"source_text": "Les cités grecques de l'Anatolie occidentale (Milet, Éphèse, Phocée, etc.) et des îles voisines (Samos, Chios, Lesbos) étaient parmi les plus dynamiques du monde grec à l'époque archaïque, tant sur le plan économique que culturel, et le peuplement grec s'était manifestement étendu dans la région en même temps que la culture grecque s'était diffusée vers l'intérieur, notamment dans le royaume de Lydie dont les rois avaient établi des relations proches avec le monde grec et une hégémonie sur les cités de la côte.\n\nLa conquête perse, à partir de 546 av. J.-C., avait entraîné l'intégration de la région dans ce vaste empire, sous la direction des satrapes établis à Sardes, qui soutiennent la mise en place de régimes tyranniques dans les cités grecques. L'emprise perse se ressent également sur le plan culturel en Anatolie, les cités grecques y restant de leur côté peu réceptives, et restent plutôt tournées vers l'Égée. Elles se révoltent contre la domination perse en 499, avec l'appui d'Athènes et d'Érétrie, événement qui initie la période des guerres gréco-perses. La défaite grecque en 494 est un désastre pour les cités d'Asie Mineure, en particulier Milet qui est mise à sac, détruite et dont la population est déportée, et ne retrouvera plus jamais son lustre alors qu'elle était jusqu'alors l'une des cités les plus importantes du monde grec par sa richesse et sa vie culturelle. Le pouvoir perse épargne les autres cités, révise sa politique de tribut à la baisse, et consent à la mise en place de régimes politiques accordant des pouvoirs aux citoyens, ce qui lui permet de bénéficier de la loyauté des Grecs d'Asie Mineure durant la seconde guerre médique, mais sa défaite rabat les cartes en sa défaveur.\n\nAprès les guerres médiques, les cités grecques d'Asie Mineure deviennent un enjeu dans la rivalité entre Athènes et les Perses, et plusieurs d'entre elles se détachent de la domination perse et intègrent la ligue de Délos, celles situées sur les îles qui deviennent en particulier d'importantes contributrices à sa flotte (Samos, Cos, Chios). Elles sont ensuite sous l'emprise croissante d'Athènes, qui réduit leur autonomie, favorisant les régimes démocratiques tout en implantant des clérouquies et garnisons, comme à Milet et Samos. La révolte infructueuse de cette dernière en 440-439 et celle de Mytilène en 428-427, durement réprimée, confortent la domination athénienne dans ses aspects les plus autoritaires. La dernière partie de la guerre du Péloponnèse (412-404) se déroule largement en Ionie, où la flotte que les Spartiates ont constituée avec l'appui perse et l’enrôlement de marins ioniens, triomphent difficilement de celle d'Athènes, qui résiste grâce à sa base à Samos.\n\nLes cités d'Asie Mineure connaissent alors des révoltes, tiraillées entre Athènes, Sparte (qui favorise les oligarchies contre les démocraties mises en place par Athènes), et les Perses qui souhaitent les faire retourner dans leur giron. L'alliance conclue entre Sparte et les Perses permet en principe aux seconds de reprendre la main sur les Grecs d'Asie Mineure une fois les athéniens vaincus, mais quand le triomphe est assuré en 404, le général spartiate Lysandre tente d'imposer la domination de sa cité sur ces régions. Même après son retrait Sparte maintient ses ambitions sur la région dans les années qui suivent, ajoutant au prétexte de libération des cités grecques dominée par les Perses le fait que le prince Cyrus le Jeune avec lequel elle s'était allié avait échoué dans sa révolte pour prendre le pouvoir impérial, et avait été tué. L'armée spartiate, appuyée de nombreux mercenaires, est alors dépêchée sur les terres asiatiques, où elle connaît des succès modestes. Mais elle constitue un poids qui devient vite intolérable pour les locaux, notamment parce qu'elle assure son entretien par le pillage. Le roi Agésilas II est envoyé en renfort en 396 et inflige une défaite aux Perses près de Sardes, puis assiège Gordion sans parvenir à l'investir. La guerre corinthienne le rappelle en Grèce peu après. La Paix du Roi de 386 permet aux Perses de capitaliser sur la division des Grecs pour remettre la main sur la côte occidentale de l'Anatolie.\n\nLes décennies suivantes sont pacifiques, les Perses assurant rapidement une mise en ordre, et la culture grecque connaît une nouvelle phase d'expansion en Asie Mineure. Cela est notamment visible en Lycie où les cités témoignent d'une hellénisation rapide (Xanthe, Myra, Telmessos, etc.). La Carie gagne ensuite en influence sous la dynastie des Hécatomnides, qui a de forts penchants philhellénènes. Le souverain local, Mausole (377-353), qui a aussi la fonction de satrape, étend son influence vers le monde grec où il appuie Chios, Cos et Rhodes quand elles sortent de la seconde confédération athénienne. Il attire de nombreux artistes grecs dans sa capitale, Halicarnasse, où ils prennent notamment part à la construction de son tombeau, le mausolée d'Halicarnasse, une des Sept Merveilles du monde. À l'image des Cariens les satrapes de l'Anatolie se rendent au IVe siècle av. J.-C. de plus en plus autonomes du pouvoir perse, plusieurs d'entre eux se révoltent contre le pouvoir royal, sans succès. Ils se préoccupent de leur bonne entente avec les cités grecques de la région, cruciale pour consolider leur influence et aussi pour leur approvisionnement en biens de facture grecque dont la popularité est loin de se tarir. Lorsqu'Alexandre le Grand arrive dans la région en 334, il lui suffit d'une victoire sur le Granique pour la faire passer sous son contrôle.\n\n",
"title": " Asie Mineure "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Époque_classique |
Époque classique - Le reste du monde grec à l'époque classique (3) | 2,544 | [
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"source_text": "\n\nL’époque classique est une période de l'histoire de la Grèce antique, située entre l'époque archaïque et l'époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire, pour les bornes chronologiques les plus courantes, depuis la victoire grecque de Salamine contre les Perses en 480 av. J.-C. jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Durant le mouvement de colonisation de l'époque archaïque, des cités sont fondées sur les côtes de la mer Noire, le Pont Euxin des Anciens, et les détroits la reliant à l’Égée, par des métropoles ioniennes (notamment Milet) et éoliennes, et également Mégare. Les principales concentrations de cités sont la région des détroits (Cyzique, Byzance, Chalcédoine), la Crimée et la côte de l'actuelle Ukraine (Olbia du Pont, Panticapée, Chersonèse), puis le mouvement se poursuit durant la première partie de l'époque classique, au point qu'on trouve alors des cités grecques émaillées tout le long des rives du Pont Euxin, qui profitent de l'absence de menace grave, de terres arables souvent abondantes, et de la possibilité d'entretenir un commerce maritime dynamique. Assez peu documentées par les textes antiques, ces régions sont mieux connues grâce aux fouilles archéologiques modernes.\n\nCes cités évoluent généralement au contact de populations indigènes avec lesquelles elles tâchent de maintenir la meilleure entente possible, commerçant et se liant avec eux par des échanges matrimoniaux, rares étant celles qui à l'image d'Héraclée du Pont en Bithynie ont étendu leur domination sur leur arrière-pays et asservi sa population, les Mariandynes. Elles sont généralement parvenues à préserver la paix, et à développer leur arrière-pays agricole pour prospérer ; Olbia du Pont a ainsi donné naissance à de nombreux villages érigés le long du Dniepr et du Boug. Mais ces succès semblent avoir attiré vers elles les convoitises des royaumes voisins qui se sont étendus en profitant du retrait des Perses de la région, à savoir les Thraces sur la côte occidentale, et les Scythes sur la côte du nord, comme l'indiquent les traces de destructions et de consolidation des systèmes défensifs attestés à Istria et Olbia pour la première partie du Ve siècle av. J.-C. Les relations mouvementées entre Olbia et les rois scythes qui cherchent à la dominer sont relatées par Hérodote, et ils semblent bien que la cité soit passée sous la coupe de ses puissants voisins. Plus à l'est dans la région du Bosphore pontique, les cités grecques forment vers 480 une coalition sous la coupe d'une dynastie de tyrans, les Archéanactides, probablement pour faire face aux Scythes, mais elle n'est quasiment pas documentée ; on y voit couramment un antécédent au royaume du Bosphore qui émerge après 438 sous la dynastie des Spartocides, qui règnent depuis Panticapée. Les cités de Colchide (actuelle Géorgie) sont quant à elles sous la coupe des royaumes locaux et développent une culture hybride.\n\nSelon ce que rapporte bien plus tard Plutarque, Athènes aurait lancé une expédition navale dans le Pont Euxin en 430 à l'initiative de Périclès, alors qu'en principe cette mer relevait de la sphère de domination perse d'après les conditions de la paix de Callias. Il s'agirait d'une démonstration de force athénienne, qui se serait notamment soldée par une intervention à Sinope pour renverser son tyran. La réalité de cet événement a été discutée, de même que sa finalité, qui pourrait être liée à la dépendance croissante de la cité athénienne envers le blé importé de la mer Noire, ou bien participer de l'impérialisme athénien. Quoi qu'il en soit cette tentative s'achève avec le déclin de la puissance athénienne durant la fin de la guerre du Péloponnèse. Le royaume du Bosphore est alors dirigé par Satyros Ier (433-389) qui tente une politique d'expansion sur les cités grecques et les populations indigènes voisines, sans grand succès. Il mène également une politique amicale avec Athènes, en lui fournissant du blé. Ses successeurs Leucon Ier (389-349) et Pairisadès Ier (349-310) parviennent à étendre le royaume en prenant d'autres cités grecques (notamment Theodosia) et en dominant des peuples voisins (Sindes, Torètes, Dandariens, Psesses) et ainsi à constituer un royaume pluri-ethnique, où l'exercice du pouvoir prend un aspect plus autocratique (tyrannique), en continuant à profiter de leur richesse céréalière pour maintenir de bons contacts avec le monde égéen. Chersonèse de Crimée parvient aussi à la même époque à s'étendre sur les cités voisines. Les rois scythes préservent leur puissance durant cette période, mais leurs relations avec les deux principales puissances grecques de leur voisinage sont mal connues ; la présence d'objets de facture grecque dans les tombes royales scythes de la période indique en tout cas l'existence d'échanges, quelle que soit leur nature exacte (diplomatie ?). On sait par ailleurs que des marchands grecs s'aventurent dans les terres scythes, plusieurs d'entre eux s'y installant probablement. Sur la côte sud, Héraclée du Pont mène également une politique expansionniste au IVe siècle av. J.-C.. D'abord perturbée par son instabilité interne, l'arrivée au pouvoir d'une dynastie de tyrans fondée par Cléarque (364-352) aboutit à une période de stabilité qui lui permet de capitaliser sur sa richesse pour s'étendre sur la côté nord de l'Anatolie, en particulier sous les règnes de Timothée (346-337) et Denys (337-305), tout en devant manifestement composer avec les autorités perses. Les cités occidentales sont quant à elles sous la domination de peuples non-Grecs (Thraces, Gètes, Scythes), avant de faire face à l'expansion de la Macédoine sous Philippe II qui parvient à vaincre les peuples « barbares ». Mais ce triomphe est de courte durée puisque les Scythes et les Thraces profitent de l'expédition asiatique d'Alexandre pour reprendre le terrain perdu.\n\nEn fin de compte ces pays présentent un profil particulièrement original dans le monde grec, lié à leur éloignement du monde égéen et de ses tendances qui fait qu'ils préservent certains traits archaïques, et surtout à leurs nombreuses interactions avec les peuples non-Grecs qui s'y trouvent. Les échanges matrimoniaux sont courants, des motifs artistiques scythes et des divinités scythes ou tauriques sont intégrés à la culture des cités grecques. De ce fait on peut considérer qu'elles présentent une forme distincte et originale d'hellénisme.\n\n",
"title": " Mer Noire "
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"source_text": "Cyrène (l'actuelle Shahhat en Libye) est la principale cité grecque d'Afrique du Nord, fondée en 630 par des colons venus de Théra. Elle a donné son nom à sa région d'implantation, la Cyrénaïque. La cité est une monarchie dirigée par une dynastie descendant de son fondateur Battos, les Battides. Son territoire est très vaste, organisé autour de villages, et prospère par l'agriculture et l'élevage, y compris celui de chevaux qui est très réputé, aussi l'exportation de silphium, plante très appréciée dans le monde grec pour ses vertus médicinales, aromatiques et condimentaires. Elle fonde d'autres cités sur lesquelles elle entend exercer son autorité, même si certaines, Barca (Al-Marj) et Euhespérides (Benghazi), deviennent autonomes. Comme ailleurs les Grecs doivent composer avec les populations locales, les Libyens (tribus des Marmanides, Masamons, Maques), qui sont parfois combattus, mais se mélangent aux populations grecques et reçoivent l'influence culturelle grecque. L'Égypte voisine est également un partenaire incontournable. La région est dominée par les Perses de 525 jusqu'au début du Ve siècle av. J.-C., quand elle reprend son indépendance. La monarchie est renversée vers 440, et le régime qui la remplace est mal connu. Au début du IVe siècle av. J.-C. la domination de Cyrène semble contestée par Barca, alors que les Carthaginois s'étendent vers la région. L'affrontement qui en résulte est mal connu et semble s'être soldé sans vainqueur. L'historien latin Salluste rapporte que la frontière est fixée au lieu de rencontre de deux groupes de deux coureurs partis depuis les territoires des deux rivaux, qui serait localisé au fond du golfe de la Grande Syrte (autel des frères Philènes).\n\n",
"title": " Cyrénaïque "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Époque_classique |
Époque classique - Le reste du monde grec à l'époque classique (2) | 2,543 | [
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"source_text": "\n\nL’époque classique est une période de l'histoire de la Grèce antique, située entre l'époque archaïque et l'époque hellénistique. Elle correspond à la majeure partie des Ve et IVe siècles av. J.-C., c'est-à-dire, pour les bornes chronologiques les plus courantes, depuis la victoire grecque de Salamine contre les Perses en 480 av. J.-C. jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Chypre est une autre région d'implantation ancienne de Grecs (c'est-à-dire antérieurement à la colonisation archaïque), qui passe également durant cette période sous la coupe des Perses. Les Grecs y occupent plusieurs cités dirigées par des rois : Salamine, Amathonte, Paphos, Kourion, Idalion, etc. Ils y ont développé une culture originale, marquée par le fait que le grec y est écrit dans une écriture originale, le « syllabaire chypro-minoen ». Ce profil s'explique en bonne partie par le fait qu'ils cohabitent avec deux autres groupes de populations, les populations parlant l'« étéochypriote », écrite dans un syllabaire qui n'a pas été déchiffré, langue d'origine inconnue dont les locuteurs sont sans doute des populations implantées sur l'île antérieurement à l'arrivée des Grecs ; les Phéniciens, implantés notamment au sud-est autour de Kition (Larnaca). Bien que les cités soient regroupés dans un groupe ou l'autre en fonction de la dynastie qui y règne, en pratique le profil culturel de l'île est mixte, celle-ci servant de carrefour entre le Levant, l'Anatolie, l’Égypte et le monde égéen. Les conditions de la mise en place de la domination perse sur l'île sont inconnues. Durant la révolte d'Ionie, le roi Onésilos de Salamine soulève l'île contre les Perses, reçoit l'appui des autres cités grecques à l'exception d'Amathonte, mais la révolte est réprimée. Les bateaux chypriotes sont mobilisés par les Perses durant les guerres médiques, où ils auraient fait pâle figure. Le stratège athénien Cimon tente de raviver la flamme de la lutte anti-perse au milieu du Ve siècle av. J.-C., mais sans succès, les souverains pro-perses étant solidement implantés durant les décennies suivantes. La cité phénicienne de Kition entame à cette époque son expansion, en étendant sa domination sur Idalion, une cité grecque. Évagoras de Salamine (410-374) devient un allié d'Athènes, un promoteur de la culture grecque sur l'île (il introduit l'alphabet grec), mais ne parvient pas à secouer le joug perse. Le IVe siècle av. J.-C. voit en tout cas l'hellénisme progresser rapidement sur l'île, y compris en territoire phénicien. Les rois de l'île se rangent du côté d'Alexandre le Grand dans sa lutte contre les Perses, lui fournissant leur appui lors du siège de Tyr.\n\n",
"title": " Chypre "
}
] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Époque_classique |
Marseille - Histoire (1) | 1,741 | [
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"source_text": "\n\nMarseille (Marsiho en provençal) est la principale ville française du littoral méditerranéen de Provence (Sud-Est de la France), chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.\n\nPlus ancienne ville de France, fondée vers 600 av. J.-C. par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée (aujourd'hui Foça en Turquie, près d'Izmir) sous le nom de Μασσαλία / Massalía, Marseille est depuis l'Antiquité un important port de commerce et de passage. Elle connaît un essor commercial considérable pendant la période coloniale et plus particulièrement au cours du XIXe siècle, devenant une ville industrielle et négociante prospère.",
"title": "Contexte"
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{
"img": [],
"source_text": "Les premiers vestiges de présence humaine dans le bassin Marseillais remontent à environ 60 000 av. J.-C. (paléolithique moyen). Au paléolithique supérieur la grotte Cosquer, alors non immergée, est occupée entre 27 000 et 19 000 avant le présent. Des fragments de poterie retrouvés sur la rive sud du Vieux-Port attestent de l'occupation humaine du site au IIIe et IIe siècles avant notre ère.\n\nAu paléolithique, des populations ont vécu sur cet espace, en témoigne la présence d'un habitat sur un flanc des collines jouxtant le Riaux (cours d'eau). On y consommait des fruits de mer, les produits de la chasse et de la cueillette (les grottes, nombreuses, et les oppida environnants sont dignes d’intérêt à l'Estaque comme à Martigues, sur le site de la Cloche, ou encore de Verduron).\n\nLes falaises et grottes étaient occupées autour du lit du Riaux (cours d'eau), des vestiges retrouvés aux XIXe et XXe siècles y prouvent une activité humaine datant du Magdalénien, soit entre −17 000 et −10 000 ans, période des chasseurs-cueilleurs.\n\nVers 10000 av. J.-C. se termine la dernière période glaciaire : le gibier migrant vers les régions plus froides, les chasseurs-cueilleurs du pourtour méditerranéen laissent place à des groupes de pêcheurs qui se sédentarisent.\n\nLa trace la plus ancienne de présence humaine sur l'actuel site habitable de la ville de Marseille remonte au Mésolithique. Seule une fouille atteste d'une occupation à cette période : la découverte et la mise au jour, en juin 2005, d'aménagements relatifs à un habitat néolithique qui remonte à 6 000 avant notre ère, près de la gare Saint-Charles, autour de la rue Bernard du Bois. On y a trouvé des silex taillés et un nombre important de coquillages marins.\n\nD'autres vestiges datant du néolithique (période d'agriculture et élevage) ont été retrouvées par Max Escalon de Fonton dans les grottes de L'Estaque durant les années 1940 : une céramique décorée (datée de −6 000) ainsi que la sépulture d'un adolescent en position repliée. À proximité, dans la grotte Crispine du quartier Les Riaux furent retrouvés un foyer, des poteries néolithiques en terre noire, des petits grattoirs et de nombreux coprolithes de canidés (excréments fossiles).\n\n",
"title": " Préhistoire "
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{
"img": [],
"source_text": "La topographie première du site de la cité grecque est encore largement perceptible de nos jours, malgré les importantes modifications du XIXe siècle. Promontoire entouré par la mer, le site est dominé par trois buttes successives : la butte Saint-Laurent (26 mètres d'altitude en 1840), la butte des Moulins (42 mètres) et la butte des Carmes (environ 40 mètres).\n\n",
"title": " Antiquité - Massalia, cité grecque "
},
{
"img": [],
"source_text": "La fondation de Marseille, qui remonte aux environs de 600 av. J.-C., est le fait de colons grecs venus de Phocée, (aujourd'hui Foça en Turquie) ; ce peuplement fut notamment favorisé par les Phocéens fuyant les invasions perses en 546 av. J.-C..\n\nLes conditions exactes de la fondation de la ville sont inconnues si ce n'est la légende rapportée par deux auteurs antiques : Justin et Aristote.\n\nD'après Justin, le territoire qui forme aujourd'hui Marseille était occupé par une tribu des Ligures, celle des Ségobriges, qui se serait implantée vers l'actuelle Allauch. Deux navarques grecs, Protis et Simos, arrivèrent avec leur flotte pour établir une base commerciale dans le port naturel du Lacydon et participer au commerce de l'étain et de l'ambre. Le jour de l'arrivée des Grecs, le chef de la tribu ligure, Nanos, organisa un festin au cours duquel sa fille Gyptis avait à choisir son époux en lui tendant une coupe d'eau. Les Grecs furent invités à se joindre au banquet et le jeune chef de ceux-ci, Protis, fut choisi, scellant ainsi la fondation d'une nouvelle cité qu'il érigea sur les bords de la corne du Lacydon.\n\nLa date de cette rencontre fondatrice donnée par différents auteurs antiques, est -600, avec des variantes.\n\nSi la plupart des éléments du récit relèvent de la légende, les découvertes archéologiques, corroborent la présence de colons phocéens dans la baie du Lacydon au VIe siècle avant notre ère.\n\nCe mythe pourrait être cependant contredit par l'interprétation de fouilles récentes sur le site de l'oppidum de Saint-Blaise. En effet, selon Jean Chausserie-Laprée, conservateur en chef du patrimoine de la Ville de Martigues, les découvertes archéologiques publiées en 2019 pourraient indiquer que cet oppidum, situé sur l'embouchure du Rhône, à une cinquantaine de kilomètres du port antique de Marseille, était la capitale des Ségobriges, et que les Phocéens avaient donc rencontré les Gaulois et installé leur première forteresse là-bas, avant de fonder Marseille, .\n\n",
"title": " Antiquité - Massalia, cité grecque - Fondation de la ville : la légende de Gyptis et Protis "
},
{
"img": [],
"source_text": "Les fouilles archéologiques ont révélé les vestiges des premières traces de l'habitat grec directement au contact d'un sol vierge sur la partie la plus occidentale de la butte Saint-Laurent. Très vite la ville s'agrandit et s'étend jusqu'au versant oriental de la butte des Moulins. Enfin, elle englobe la troisième butte (des Carmes) avant la fin du VIe siècle av. J.-C. Une dernière extension à l'époque hellénistique lui permet d'atteindre une surface d'environ 50 hectares, que la ville ne dépassera plus avant le XVIIe siècle.\n\nLa fortification grecque de la fin du VIe siècle av. J.-C. a été retrouvée en deux points de la ville : au jardin des Vestiges et sur la butte des Carmes, lors de fouilles d'urgence dans les années 1980. Une reconstruction a lieu à l'époque grecque classique, dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. et, vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., l'ensemble de la fortification est reconstruite en grand appareil de calcaire rose. Ce rempart est encore visible dans le jardin des Vestiges.\n\nL'intérieur de la ville est découpé en îlots, avec des rues à angle droit qui constituent des ensembles cohérents, adaptés à la topographie naturelle du site. Ainsi le long du rivage les voies ont-elles des axes changeants, tandis que les pentes de buttes sont quadrillées de façon régulière.\n\nÀ l'extérieur des murs, les fouilles récentes ont mis en évidence une cadastration établie dès la fin du VIe siècle av. J.-C., ainsi que l'exploitation de carrières d'argile qui se trouvait abondamment dans le substrat géologique (site de l'Alcazar) ; par la suite se développe au même emplacement une culture de la vigne et probablement d'autres plantations. Les nécropoles sont connues soit par des découvertes anciennes soit par la fouille, en 1990, du parc Sainte-Barbe.\n\nLa Marseille grecque connaît une forte croissance et devient une cité prospère, vivant des relations commerciales fortes avec la Grèce, l'Égypte, l'Asie Mineure puis Rome. La ville est indépendante et s'administre librement : elle est gouvernée par un directoire de 15 « premiers » choisis parmi 600 sénateurs (Strabon, IV, 1,5). Trois d’entre eux avaient la prééminence et l’essentiel du pouvoir exécutif.\n\nMarseille est le point de départ de la diffusion de l'écriture chez les peuples gaulois, qui ont appris à transcrire leur propre langue en caractères grecs et à rédiger leurs propres actes en grec. C'est aussi probablement par Marseille que sont introduits en Gaule les premiers vignobles.\n\nMarseille est alors cernée par une ceinture d'oppida dont on ne peut déterminer si certains faisaient fonction de protection contre ceux plus au nord, même si l'hypothèse a été avancée par François Villard : il ne semble pas y avoir de liens d'appartenance, sauf pour les Mayans dont la structure fait penser qu'il abritait une garnison, vraisemblablement grecque. Les échanges sont nombreux avec eux comme en témoignent les monnaies retrouvées sur le site du Baou Roux, de l'autre côté de l'Étoile.\n\nsur le Garlaban : Colline du Château, Peynaou, Ruissatel, le Bec Cornu, le Baou des Gouttes, les Gavots,\n\nsur le Regagnas : Le Tonneau, Saint Jacques, Baou de la Gache\n\nsur l'Étoile : la Cride, la Tête de l'Ost, le Baou Roux, les Mayans (Camp Jussiou), Le baou de Saint Marcel et le Collet Redon sur le versant sud est\n\nsur la chaîne de l'Estaque : le Verduron (Camp Long?), Teste Negre, la Cloche, suivi par d'autres clairement indépendants et aussi anciens sinon plus, jusque Martigues et au-delà.\n\n",
"title": " Antiquité - Massalia, cité grecque - Évolution de Massalia "
}
] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Marseille |
Révolution néolithique - Changements sociaux (1) | 3,490 | [
{
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"source_text": "\n\nLa révolution néolithique fut la première révolution agricole, caractérisée par la transition de tribus de chasseurs-cueilleurs vers des communautés d'agriculteurs. Les données archéologiques indiquent que plusieurs formes de domestication de plantes et d'animaux surgirent indépendamment dans au moins sept ou huit régions séparées à travers le monde, et à des époques différentes. La première émergence eut lieu au Proche-Orient, où les hommes passèrent graduellement de la cueillette de céréales sauvages, au Natoufien, à la production de plantes et d'animaux domestiqués, en passant par des stades intermédiaires successifs durant près de 4 000 ans. Si l'adoption de l'agriculture dans ces foyers d'origine correspond à un lent changement des comportements des populations locales, dans d'autres régions, comme en Europe, elle est plus rapide et correspond à l'arrivée de populations déjà néolithisées.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "De nouveaux types d'organisation sociale ont pu favoriser l'adoption de l'économie de production. Ils peuvent aussi en être une conséquence.\n\nOn prétend fréquemment que l'agriculture apporta aux hommes une maîtrise accrue de leur approvisionnement en nourriture, mais cette idée est battue en brèche depuis qu'on a découvert que la qualité de l'alimentation des populations néolithiques était généralement inférieure à celle des chasseurs-cueilleurs et que l'espérance de vie pourrait avoir été plus brève, en partie à cause des maladies. La taille moyenne, par exemple, baissa de 1,78 m pour les hommes et 1,68 m pour les femmes, à respectivement 1,60 m et 1,55 m, et il a fallu attendre le XXe siècle pour que la taille moyenne humaine revienne à ses niveaux pré-Néolithique.\n\nEn réalité, en réduisant la nécessité de porter les enfants (pendant les déplacements), la sédentarisation des populations néolithiques augmenta le taux de natalité en réduisant l'espacement des naissances. En effet, porter plus d'un enfant à la fois est impossible pour des chasseurs-cueilleurs, ce qui entraîne un espacement entre deux naissances de quatre ans ou plus. Cet accroissement du taux de natalité était nécessaire pour compenser l'augmentation des taux de mortalité. Le paléodémographe Jean-Pierre Bocquet-Appel estime que sur cette période, le taux de fécondité est passé de 4-5 enfants à 7 enfants par femme en moyenne, entraînant une transition démographique importante avec un taux d'accroissement naturel de 1 %, faisant passer la population mondiale de 7 millions d'individus à 200 millions.\n\nCes groupes sédentaires étaient également capables de se reproduire à un taux plus rapide en raison de la possibilité d'élever les enfants en commun. Les enfants encourageaient l'introduction de la spécialisation des tâches en fournissant plusieurs formes de travail nouvelles. Le développement de sociétés plus grandes semble avoir conduit au développement de nouvelles méthodes de prise de décision et d'organisation gouvernementale. L'adoption d'une économie de production a donc eu de nombreuses conséquences, en particulier au niveau de l'organisation sociale des groupes humains. L'apparition du stockage des aliments et la constitution de réserves ont eu pour effet indirect la mise en place d'une classe de guerriers pour protéger les champs et les réserves des intrusions de groupes étrangers. Les surplus alimentaires rendaient possibles le développement d'une élite sociale qui n'était guère impliquée dans l'agriculture, mais dominait les communautés par d'autres moyens et par un commandement monopolisé. La hiérarchisation de la société découle donc en partie de l'apparition de l'agriculture, tout comme la guerre : le niveau supérieur de l'hypogée de Roaix (Vaucluse), daté de 2 090 +/- 140 av. J.-C., a livré les squelettes imbriqués d'une quarantaine d'individus, hommes, femmes ou nouveau-nés, dont certains présentaient des pointes de flèches fichées dans les os du thorax ou du bassin. Il s'agit de l'une des plus anciennes preuves d'inhumation collective à la suite d'un massacre.\n\nPlus tard, l'effet fortement multiplicateur de l'irrigation sur le rendement a favorisé le développement d'une population nombreuse dans les vallées des grands fleuves, tandis qu'une forte densité de population était nécessaire à l'entretien et à l'extension des digues et canaux. Les premières grandes civilisations sont apparues le long de ces fleuves : le Nil, le Tigre, l'Euphrate, l'Indus et le fleuve Jaune.\n\n",
"title": ""
}
] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_néolithique |
Gouvernance environnementale - Réglementation (2) | 875 | [
{
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"source_text": "\n\nL’environnement et les ressources naturelles doivent être considérés comme des biens communs mondiaux, qui appartiennent aux catégories spécifiques des biens non manufacturés qui, lorsqu’ils sont partagés, peuvent être soit divisés soit détruits. Le caractère mondial de ces biens découle de l’appartenance de chacun des éléments qui le composent à un système intégré. Chacun peut profiter de l’atmosphère, du climat et de la biodiversité (entre autres) et, en même temps, la planète tout entière souffre des effets dramatiques du réchauffement global, de la réduction de la couche d'ozone ou de l’extinction des espèces. Cette dimension planétaire incite à une gestion partagée.",
"title": "Contexte"
},
{
"img": [],
"source_text": "Il s’agit d’accords entre plusieurs pays à l’échelle internationale ou régionale, qui concernent les questions environnementales les plus diverses tournant autour de l’atmosphère, de la matière vivante, de la vie marine, de la désertification, de la protection des écosystèmes, du rejet de substances dangereuses, de la contamination marine, etc. Il existe actuellement plus de 500 accords multilatéraux sur l’environnement, dont 45 relèvent du domaine géographique mondial et ont été signés par 72 pays ou plus. De nombreux accords se rapportent à des problèmes environnementaux à caractère régional, comme la déforestation à Bornéo ou la pollution en Méditerranée. Chaque accord a une mission et des objectifs spécifiques, auxquels un nombre variable d’États souscrit. Les AME représentent le droit international sur l’environnement.\n\n\" Le PNUE, les AME et les organisations de développement continuent à adopter la structure définie par les sommets de Rio et Johannesburg pour la gouvernance de l’environnement, qui consiste à élaborer des évaluations et des politiques, et à l’exécution de projets au niveau national.\n\nLa structure de gouvernance dispose d’une série de phases :\n\na) évaluation de la situation environnementale ;\n\nb) élaboration de politiques à l’échelle internationale ;\n\nc) formulation d’accords multilatéraux sur l’environnement ;\n\ng) développement durable.Traditionnellement, le PNUE a prêté une attention spéciale à la fonction normative de participation dans les trois premières phases. Les phases de d) à f) sont l’objet des AME, tandis que dans la phase liée au développement durable participent des organisations de développement comme le PNUE et la Banque mondiale \".\n\nL’absence de coordination entre les différents types d’acteurs affecte toutefois le développement d’une gouvernance cohérente. Ainsi, selon le même rapport, les États donateurs appuient les organisations de développement en fonction des intérêts des uns et des autres pour la création de normes, et surtout pour leur mise en place, mais sans suivre aucun schéma commun, ce qui se traduit finalement par de nombreux chevauchements et un travail multiplié par deux. Ainsi peut-on noter d’une part, que les AME sont peu pris en compte comme cadre de référence commune et, par conséquent, qu’ils reçoivent des appuis financiers réduits, d’autre part, que les États et les différents organismes préfèrent financer la mise en place de la réglementation existante plutôt que de la perfectionner et de l’adapter à une menace sur l’environnement qui peut varier. Au total, on constate qu’il n’existe pas de lien adéquat entre les activités normatives et les activités opérationnelles.\n\n",
"title": " Accords Multilatéraux Environnementaux (AME) "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernance_environnementale |
Ressource minérale - Types de ressources (1) | 898 | [
{
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"source_text": "\n\nUne ressource minérale est une concentration de matériau présent naturellement, sous forme, solide, liquide ou gazeuse, dans la croûte terrestre, sous une forme et une quantité telles que son extraction à des fins économiques est effectivement ou potentiellement faisable. Ces ressources sont simplement évaluées et ne sont pas toutes découvertes. \n\nLes réserves minérales prouvées sont une partie des ressources à la fois repérées géologiquement et susceptibles d'être exploitées dans des conditions techniques et économiques rentables. Les réserves minérales non prouvées ne sont pas géologiquement connues.\n\nL'évaluation de la quantité d'une ressource dans une zone donnée dépend de nombreux paramètres du gisement, dont la localisation, la profondeur, la taille, la configuration, la nature minérale, la qualité, la densité, les caractéristiques géologiques, la proximité de ressources voisines. Pour le pétrole, la porosité de la roche, la viscosité la pression et la température entrent également en jeu.\n\n",
"title": "Contexte"
},
{
"img": [],
"source_text": "La ressource désigne la quantité totale d'un minerai existant dans une zone donnée, sans considération des possibilités d'exploitation présentes ou futures. On appelle ressource initiale la quantité de ressource avant sa production. Selon la connaissance que l'on a d'une ressource, il est possible de la classifier plus précisément :\n\nRessource identifiée : ressource dont la localisation, la typologie, la qualité et la quantité sont connus grâce à des preuves géologiques précises. Les ressources identifiées peuvent être rentables, marginalement rentable ou non rentables. Pour exprimer le niveau de certitude géologique, ces ressources peuvent être qualifiées de mesurées, indiquées, démontrées ou présumées :\n\nMesurée : la quantité est déterminée à partir de mesures obtenues à partir d'affleurements, de tranchées, de fouilles ou de trous de forage. La typologie et la qualité sont calculées à partir des résultats d'échantillonnages détaillés. Les sites d'inspection, échantillonnages et mesures sont suffisamment rapprochés et les caractéristiques géologiques sont suffisamment bien définies pour que la taille, la forme, la profondeur et la nature minérale de la ressource soient bien établis.\n\nIndiquée : La quantité, la typologie et la qualité sont calculés à partir d'informations semblables aux ressources mesurées, mais les sites d'inspection, d’échantillonnage et de mesure sont plus espacés ou de manière moins adéquate. Le niveau de certitude, bien que plus faible que pour les ressources mesurées, est suffisamment élevé pour supposer la continuité entre les points d'observation.\n\nDémontrée : terme englobant les ressources mesurées et les ressources indiquées.\n\nPrésumée : les estimations sont basées sur une continuité supposée plus importante que pour les ressources mesurées ou indiqués, pour lesquelles il existe des preuves géologiques. Les ressources présumées ne sont pas nécessairement confirmées par des échantillons ou des mesures.\n\nRessource non rentable : partie d'une ressource identifiée qui ne répond pas aux critères des réserves et réserves marginales.\n\nRessource non découverte : ressource dont l'existence est seulement postulée, y compris les gisements séparés des ressources identifiées. Les ressources non découvertes peuvent être postulées en gisements d'une typologie, et d'une localisation tels qu'ils puisse être rentables, marginalement rentables ou non rentables. Pour exprimer des différents degrés d'incertitude géologique, elles peuvent être divisées en deux parties :\n\nRessource hypothétique : ressources non découvertes similaires aux minéraux connus, et dont on peut raisonnablement s'attendre à exister dans le même territoire de production dans des conditions géologiques analogues. Si l'exploration confirme leur existence et révèle suffisamment d'information à propos de leur qualité, typologie et quantité, elles seront reclassifiées en ressources identifiées.\n\nRessource spéculative : ressources non découvertes qui peuvent se présenter soit dans des types de gisements connu, dans des conditions géologiques favorables où aucune découverte minérale n'a été faite, soit dans des types de gisements qui n'ont pas encore été reconnus pour leurs potentiels économiques. Si l'exploration confirme leur existence et révèle suffisamment d'information à propos de leur qualité, typologie et quantité, elles seront reclassifiées en ressources identifiées.Il existe une autre manière de classer les ressources, notamment dans l'industrie pétrolière, toujours selon le degré de connaissance dont on dispose :\n\nRessource prouvée ou ressource 1P : ressource dont l'existence a été physiquement prouvées, ou avec une probabilité supérieure à 90 %. Elle correspond généralement à une estimation basse des ressources. Si, dans les conditions économiques et techniques actuelles, l'exploitation d'une ressource prouvée est rentable, on parle alors de « réserve prouvée » ou « réserve 1P ».\n\nRessource prouvée et probable ou ressource 2P : ressource dont l'existence sous terre est considéré comme probable, avec une probabilité supérieure à 50 %. Si, dans les conditions économiques et techniques actuelles, l'exploitation d'une ressource prouvée est rentable, on parle alors de « réserve prouvée et probable » ou « réserve 2P ».\n\nRessource prouvée, probable et possible ou ressource 3P : ressource dont l'existence sous terre est considéré comme probable, avec une probabilité supérieure à 10 %. Si, dans les conditions économiques et techniques actuelles, l'exploitation d'une ressource prouvée est rentable, on parle alors de « réserve prouvée, probable et possible » ou « réserve 3P ».\n\n",
"title": ""
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Ressource_minérale |
Histoire de l'industrie en France - Introduction (1) | 747 | [
{
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"source_text": "\n\nL'histoire de l'industrie en France prend sa source d'une manière différente d'autres pays très industriels comme la Belgique ou le Royaume-Uni, et ne semble pas particulièrement liée à la révolution industrielle.\n\n",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "L'économie se développe certes mais cette évolution est basée autour du secteur des services, la consommation de produits industriels a atteint son plus haut niveau. Sa société se construit autour des services marchands cela se nomme \"l'économie résidentielle\". Il suffirait de peu pour arriver à une économie de services dématérialisés mais cela causera une baisse considérable du taux d'emploi en France. De nos jours, les produits sont de plus en plus fabriqués dans des pays où les salaires sont bas pour produire plus à un coût plus faible avec un temps réduit.\n\n",
"title": ""
},
{
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"source_text": "Définition de l'industrie : \"l'intérêt de s'appliquer\" à la fois aux secteurs historiques traditionnels et aux nouvelles activités de l'information. C'est par conséquent, grâce aux critères opérationnels qu'il est possible de déduire ceux qui dépendent d'une logique industrielle et ceux qui n'en font pas partie. L'industrialisation a permis la croissance de l'offre avec la standardisation de la production (exemple avec l'automobile).\n\n",
"title": " Définition de l'industrie "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'industrie_en_France |
Élévation du niveau de la mer - Contexte général, définitions (1) | 3,681 | [
{
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"source_text": "\n\nL'élévation du niveau de la mer est un phénomène enclenché au cours du XXe siècle et résultant du réchauffement climatique. Le niveau moyen des océans a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018, et le rythme s'accélère, s'établissant, vers 2020, à plus de 3,5 mm par an. Les mesures sont effectuées par deux moyens principaux : les marégraphes, installations fixes, et l'altimétrie satellitaire.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Le niveau moyen de la mer sur l'ensemble de la Terre — niveau eustatique — peut être différent de son niveau moyen en un lieu donné — niveau moyen local de la mer (NMLM).\n\nLe niveau moyen local de la mer (NMLM) est défini comme la hauteur de la mer par rapport à un point de référence sur terre, et en moyenne sur une période de temps suffisamment longue (un mois, une année) pour que la valeur soit indépendante des fluctuations causées par les vagues et les marées. On doit également ajuster les variations du NMLM pour prendre en compte les mouvements verticaux de la Terre qui peuvent être du même ordre (quelques mm/an) que les changements du niveau de la mer. Certains mouvements de la terre se produisent à cause d'un ajustement isostatique du manteau terrestre dû à la fonte des inlandsis à la fin de la dernière glaciation : en effet, le poids d'un inlandsis fait baisser la terre sous-jacente et quand la glace fond, la terre remonte ou « rebondit » (rebond post-glaciaire). La pression atmosphérique, les courants océaniques et la force de Coriolis ainsi que les changements de température des océans (et donc de volume) peuvent aussi affecter le NMLM.\n\nLes variations « eustatiques » (par opposition aux variations locales) concernent l'altération du niveau global de la mer, tels que les changements de volume de l'eau des océans et les changements de volume des bassins océaniques.\n\nTous ces éléments combinés expliquent aussi que la montée réelle ou apparente de la mer varie géographiquement quand le niveau moyen d'un océan (Atlantique par exemple) augmente. Un océan peut même s'élever globalement, avec un niveau de laisses de mer qui descendrait légèrement sur certains littoraux et augmenterait plus que la moyenne sur d'autres, même sur des zones proches comme les rivages anglais et continentaux qui lui font face.\n\n",
"title": " Niveau local et niveau eustatique "
},
{
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"source_text": "À l'échelle de la centaine de milliers d'années, le niveau de la mer a varié avec les glaciations. Il était proche de son niveau actuel durant les périodes interglaciaires et une centaine de mètres plus bas (même 125 m) durant les périodes glaciaires.\n\nLes variations du niveau de la mer aux échelles de temps géologiques sont désignées sous les termes de transgression marine (hausse du niveau) et régression marine (baisse du niveau).\n\nDepuis le dernier maximum glaciaire il y a 20 000 ans, le niveau de la mer a augmenté de plus de 125 m, en conséquence de la fonte des inlandsis d'Amérique du Nord et d'Eurasie. La vitesse d'élévation du niveau de la mer a alors varié de moins de 1 mm/an à plus de 40 mm/an. Une vitesse très rapide a eu lieu durant l'impulsion de fonte 1A il y a environ 14 600 ans, au cours de laquelle le niveau de la mer a augmenté de 20 m sur 500 ans (40 mm/an). L'élévation du niveau des océans commence à ralentir il y a environ 8 200 ans (première partie de l'Holocène), et devient très faible à partir de 6 700 ans. Le niveau de la mer n'est alors que d'environ 4 m en dessous du niveau actuel. Il augmente encore légèrement jusqu'à il y a 4 200 ans et est alors à moins de 1 m sous le niveau du début du XXe siècle. Le niveau de la mer est pratiquement constant au cours des derniers 4 200 ans (seconde moitié de l'Holocène), jusqu'à la reprise contemporaine de l'élévation qui commence au début du XXe siècle. Durant cette période, la variation du niveau de la mer est de l'ordre de 0,1 mm/an.\n\n",
"title": " Évolution du niveau de la mer à l'échelle des temps géologiques "
},
{
"img": [],
"source_text": "L'évaluation de l'élévation du niveau eustatique se fait par synthèse des mesures des marégraphes et des satellites.\n\nSelon la synthèse des connaissances scientifiques publiée en 2021 par le GIEC, le niveau de la mer a augmenté de 0,20 m (intervalle de confiance très probable : 0,15 à 0,25 m) entre 1901 et 2018. Le rythme de hausse de niveau de la mer s'accélère. Selon la synthèse de 2021 du GIEC, la vitesse d'augmentation du niveau de la mer était de 1,3 mm/an (intervalle de confiance très probable : 0,6 à 2,1 mm/an) entre 1901 et 1971, elle a augmenté à 1,9 mm/an (intervalle de confiance très probable : 0,8 à 2,9 mm/an) entre 1971 et 2006, puis à 3,7 mm/an (intervalle de confiance très probable : 3,2 à 4,2 mm/an) entre 2006 et 2018.\n\nLes données des satellites tendent à indiquer une accélération de l'élévation du niveau de la mer plus importante que celles des marégraphes. La mesure de l'accélération de la hausse du niveau de la mer est complexe, car les mesures, que ce soient celles des marégraphes ou des satellites, sont perturbées par de nombreux paramètres.\n\n",
"title": " Évolution récente du niveau de la mer "
},
{
"img": [],
"source_text": "La hausse du niveau de la mer observée depuis la fin du XXe siècle et anticipée dans le futur est, pour l'essentiel, une conséquence du réchauffement climatique, dont l'étude ne peut être séparée de celui-ci. Selon la synthèse 2019 du GIEC, au cours de la période 2006-2015, le niveau de la mer a augmenté de 3,58 mm/an en moyenne, tandis que la somme des contributions, estimées à partir de la synthèse de nombreuses publications scientifiques, est de 3 mm/an : il reste donc un écart entre les mesures et les contributions évaluées. L'histogramme ci-contre présente les principales contributions, que sont la dilatation thermique de l'eau et la fonte des glaciers. La contribution e, négative, correspond au changement de la quantité d'eau stockée sur les continents à l'état liquide : lacs de retenues et nappes phréatiques.\n\n",
"title": " Causes de l'élévation actuelle "
}
] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Élévation_du_niveau_de_la_mer |
Empire romain - L'époque sévérienne et la Crise du IIIe siècle (193-284) (1) | 3,624 | [
{
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"source_text": "\n\nL'Empire romain (en latin : Imperium romanum) est le nom donné par les historiens à la période de la Rome antique s'étendant entre 27 av. J.-C. et 476 apr. J.-C.. Pour la période postérieure, de 476 à 1453 apr. J.-C., qui concerne surtout la partie orientale de l'Empire, avec Constantinople pour capitale, les historiens modernes parlent aujourd'hui d'Empire byzantin. Ce terme n'est toutefois apparu qu'au XVIe siècle, ses habitants de l'époque l'appelant toujours « empire des Romains ». La distinction entre Empire romain et Empire byzantin, ainsi que la date de naissance assignée à ce dernier sont d’ailleurs une question de convention entre chercheurs modernes. En Europe de l'Ouest et centrale, l'Empire d'Occident (800-924) des rois carolingiens, puis le Saint-Empire romain germanique (962-1806), dont les souverains se faisaient encore appeler « Empereur des Romains », se considéraient également comme les successeurs légitimes de l'Empire latin.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Son assassinat en décembre 192 ouvre une crise politique comme à la fin de la dynastie des Julio-Claudiens. La garde prétorienne assassine le nouvel empereur Pertinax et porte au pouvoir Didius Julianus.\n\nC'est finalement le général de l'armée du Danube, l'Africain Septime Sévère qui prend le pouvoir. Il comble de bienfaits l'armée dont il augmente les effectifs et renforce le pouvoir impérial. Les prétoriens qui ont fait et défait tant d'empereurs sont recrutées parmi les légions du Danube fidèles à Septime Sévère. Il sauve un temps l'Empire de l'anarchie et entame d'importantes réformes politiques, militaires, économiques et sociales. Le brassage culturel qu'apporte l'Empire s'accroît, les religions venues d'Orient deviennent plus populaires dans l'Empire, en particulier le culte de Mithra parmi les militaires. Cet aspect a parfois été exagéré par les historiens qui ont décrit les Sévères comme une dynastie orientale, jugement considérablement relativisé aujourd'hui.\n\nIl nomme ses deux fils Auguste mais à sa mort, Caracalla s'empresse de tuer son jeune frère Geta. Il est connu pour avoir publié en 212, le célèbre édit qui porte son nom donnant à tous les hommes libres de l'Empire la citoyenneté romaine. Il meurt assassiné sur le front parthe sur ordre du préfet du prétoire Macrin qui ne réussit à prendre sa place que peu de temps. Il nomme son propre fils Diaduménien César puis Auguste en 218, mais sont tous deux assassinés.\n\nLe cousin de Caracalla, Élagabal devient ensuite empereur mais tout occupé au culte du dieu du même nom il laisse le gouvernement à sa grand-mère, Julia Maesa.\n\nIl est tué par les prétoriens et son cousin Sévère Alexandre lui succède pour un règne de 13 ans. Après son assassinat, l'Empire sombre dans une période bien plus troublée, traditionnellement qualifiée d'« anarchie militaire », terme cependant impropre car si le pouvoir impérial est parfois divisé, il n'est jamais absent.\n\n",
"title": " L'année 193 et les Sévères "
},
{
"img": [],
"source_text": "Les historiens s'interrogent encore sur les raisons de la crise profonde que traverse l'Empire romain au IIIe siècle. Certaines causes extérieures à l'Empire peuvent l'expliquer. En Orient, l'Empire parthe déliquescent laisse la place à l'Empire Sassanide dans le second quart du IIIe siècle. Cet empire puissant, bien structuré et agressif fait peser une pression constante sur les provinces d'Asie. Au nord-est de l'Europe, les Germains orientaux qui vivent dans les régions de la mer Baltique entament une lente migration vers le Sud et le Sud-Est européen. Ce faisant, ils chassent les autres tribus qui se trouvent sur les territoires qu'ils traversent. Celles-ci cherchent à trouver refuge dans l'Empire romain en espérant y trouver de nouvelles terres et un riche butin. Leurs incursions mettent en évidence la faiblesse de la stratégie défensive romaine. En effet, les légions sont massées aux frontières et une fois qu'elles sont franchies, les barbares peuvent ravager les provinces sans pratiquement aucune entrave. Le dispositif militaire romain, et l'organisation du pouvoir impérial sont aussi très peu adaptés à une guerre simultanée sur deux fronts, en Orient et sur l'ensemble Rhin-Danube.\n\nLes difficultés internes sont dues à l'éloignement de plus en plus grand des militaires prêts à imposer de lourds sacrifices aux civils pour protéger l'Empire des menaces d'invasions et de la classe possédante qui accepte difficilement l'accroissement de ses charges fiscales. Sur le plan politique, cela se traduit par la montée de l'ordre équestre, titulaire des grandes préfectures et de plus en plus présente dans les provinces comme gouverneur à la place de la classe sénatoriale. De plus à partir de 250, l'Empire romain est touché par des épidémies qui entraînent, au moins régionalement, une dépopulation et une crise économique dont souffrent principalement l'Occident déjà ravagé par les incursions germaniques.\n\nL'état le plus récent de la recherche relativise cependant le caractère général et continu de la crise. Le IIIe siècle est désormais plutôt décrit comme marqué par quelques grandes crises mieux définies du point de vue chronologique : crise politique en 238, deux graves crises dans les années 250 et 260, la période la plus dure pour le pouvoir impérial. Mais l'accent est désormais aussi mis sur la diversité des situations régionales, le maintien d'une prospérité en Afrique, sur l'existence de périodes de redressement ou sur les capacités de relèvement et de résistance, induisant plus une période de mutation qu'une crise et un déclin continus.\n\n",
"title": " Origines de la crise "
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] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_romain |
Compostage (biologie) - Utilisations (1) | 1,292 | [
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"source_text": "\n\nLe compostage est un processus biologique de conversion des matières organiques en un produit semblable à un terreau, riche en composés humiques et minéraux appelé compost. Il s'agit d'une réaction aérobie, contrairement à la méthanisation qui est une réaction anaérobie. Le compostage permet par exemple de valoriser les sous-produits de l'élevage, la biomasse ou les déchets organiques d'origine ménagère en un produit naturel, stabilisé et hygiénique.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Le compost peut être utilisé en agriculture, notamment en grandes cultures, maraîchage et sur prairies. Son usage améliore la structure des sols (amendement du sol par apport de matière organique), et apporte des quantités non négligeables d'éléments fertilisants (azote, phosphore, potasse notamment). Une partie importante de l'azote contenu dans les composts est sous forme organique : intégré au sein de molécules complexes, il est rendu disponible pour les plantes de manière progressive. L'utilisation de compost augmente également la biodiversité de la pédofaune[réf. nécessaire].\n\nAu jardin, il sert à fertiliser les plates-bandes, les arbres fruitiers et le potager. Il peut également être utilisé comme terreau pour les plantes en pot et pour faire du nitrate de potassium (salpêtre). Il peut être extrait pour y multiplier les microorganismes et les transporter ainsi dans un liquide. Le but étant alors de pulvériser sur les parties foliaires des cultures et créer une concurrence et une prédation contre les maladies (cryptogamiques ou bactériennes) par action préventive ou curative.\n\nLe jus de compost peut aussi être répandu par arrosage sur les cultures, permettant alors la diminution de la fréquence et des quantités de compost solide nécessaires sur les cultures de plusieurs hectares de surface agricole utile. Les microorganismes transportés dans le sol vont entre autres aider à dégrader la matière organique présente dans le sol et digérer les éventuelles pollutions.\n\nLe compostage peut aussi être utilisé pour produire du chauffage et du biogaz (méthane), produit d'un processus créé à la suite de la fermentation de la matière organique. En moyenne avec 1 tonne de déchets organiques, il est possible de produire entre 100 et 300 m3 de biogaz.\n\n",
"title": ""
},
{
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"source_text": "Étendu au pied des arbustes, le compost maintient l’humidité, il favorise la vie biologique du sol et le protège des mauvaises herbes (par manque de lumière). C'est la solution la plus efficace pour éviter d'utiliser des désherbants chimiques.\n\n",
"title": " Usage en jardin et maturité - Compost de trois à six mois : paillage "
},
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"source_text": "Épandu sur le sol à l’automne, le compost est enfoui au printemps après maturité.\n\n",
"title": " Usage en jardin et maturité - Compost de sept à huit mois : paillage, puis enfouissage "
},
{
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"source_text": "À maturité, il est utilisé en apport organique (massifs, rempotage).\n\n",
"title": " Usage en jardin et maturité - Compost de dix à douze mois : amendement "
}
] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Compostage_(biologie) |
Les ports français et le développement de l’économie de plantation et de la traite | 438 | [
{
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"source_text": " Au cours du XVIIIe siècle, la traite d'esclaves africains s'accroît fortement. Le commerce triangulaire atteint son apogée et fait la fortune des négociants occidentaux. Les navires européens achètent des captifs sur les côtes africaines, puis les vendent, principalement aux Antilles et au Brésil, après un voyage effectué dans de terribles conditions. Ils repartent enfin avec des denrées produites par des esclaves (sucre, café, tabac, coton), vendues à haut prix en Europe. On estime qu'entre la fin du XVIIe et la fin du XIXe siècle, les navires français ont transporté plus de 1 300 000 esclaves, dont plus de 200 000 sont morts durant la traversée.",
"title": ""
},
{
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"source_text": " Je commande un [des] bâtiments pour Saint‑Domingue qui convient parfaitement à l'expédition que vous proposez; n'ayant fait qu'un voyage de six mois à Saint‑Domingue, prêt à partir. Il est d'abord essentiel de savoir en quel lieu de la Côte d'Afrique l'on doit prendre les nègres (si on les trouve tous traités prêts à embarquer), mais en supposant que ce soit à Gambie ou aux îles de Los, voici les conditions que demande M. de Grandclos1 :\n- 10 000 livres argent de France par mois pour le prêt du navire équipé de 30 hommes […], le navire aménagé convenablement pour le transport de noirs.\n\n- 15 000 pour les futailles à eau et vivres de nègres qui seront payés d'avance en contractant.\n\nM. de Grandclos, mon armateur, très au fait des armements pour la traite des Nègres2 à la Côte d'Afrique qu'il fait depuis longtemps a estimé que le voyage ne durerait pas moins de 10 mois, et il exigera que vous lui assuriez le paiement de 10 mois quand même le voyage serait de moindre durée.\n\nQuant à ma commission de capitaine que je serais obligé de partager avec mon état‑major, composé de 4 officiers et de 2 chirurgiens, je ne pourrais pas me tirer à moins de 4 guinées pour chaque tête de nègre que je livrerais à Tobago. Lettre d'un capitaine de Saint‑Malo à un potentiel loueur du navire, 25 novembre 1786.\n\nArchives municipales de Saint‑Malo, 18/S/3.\n\n1. Propriétaire du bateau.\n2. Terme désignant les populations africaines à l'époque.",
"title": "3 La préparation d'une expédition de Saint‑Malo à Tobago (Caraïbes)"
},
{
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"source_text": " La traite qui se fait aux côtes d'Afrique est très avantageuse à la navigation, au commerce et aux colonies françaises. Elle encourage la construction et l'armement des vaisseaux; elle occupe un nombre infini d'ouvriers, de matelots et navigateurs; elle procure de grands débouchés aux denrées et marchandises; enfin, sans elle, il serait impossible de pouvoir cultiver nos îles de l'Amérique. Les retours qui proviennent de la traite consistent en Noirs, en poudre d'or, en gomme, en ivoire, en cire et en vivres pour les navires qui fréquentent ces parages. Le travail des Nègres1 fournit à la France le sucre, le café, le cacao, l'indigo, le coton et autres denrées qui enrichissent continuellement le royaume, qui augmentent les revenus de l'État et l'aisance publique : il convient donc de protéger et d'encourager ce commerce par toutes sortes de moyens. Mémoire des négociants de Nantes envoyé à M. de Sartine, secrétaire d'État de la Marine et des Colonies, 25 septembre 1777. Archives départementales de la Loire‑Atlantique, C738/54.",
"title": "4 Les intérêts des commerçants nantais"
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"source_text": " Principaux éléments de la cargaison du navire La Sophie à Nantes au retour de Saint-Domingue en 1785 :\n- 503 barriques de sucre; \n- 83 barriques d'indigo; \n- 25 barriques de café; \n- 134 balles de coton; \n- 72 quarts de bois d'acajou; \n- 2 barils de sirop et confiture; \n- 500 oranges.\n\nArchives départementales de Loire‑Atlantique, 120/J/546.",
"title": "5 Les marchandises rapportées par l'économie de plantation"
},
{
"img": [
"https://assets.lls.fr/pages/6155775/HIS.2de.8.PDP3.bateau_negrier-detoure.bis.jpg"
],
"source_text": "\n\nLe navire transporte plusieurs centaines d‘esclaves.",
"title": "6 La Marie-Séraphique, un navire négrier"
},
{
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"source_text": " Né au Niger, Olaudah Equiano est capturé à l'âge de onze ans et transporté à La Barbade sur un navire espagnol. Il rachète sa liberté dix ans plus tard et devient une figure importante de l'abolition de l'esclavage. On nous installa tous sous le pont […]. L'étroitesse de l'endroit ainsi que la chaleur du climat, ajoutées aux passagers du bateau qui était tant encombré de monde que chacun avait à peine l'espace pour se retourner, nous étouffaient presque. […] L'air devint presque irrespirable, à cause d'une variété d'odeurs répugnantes, et provoqua une maladie parmi les esclaves dont plusieurs en moururent […]. Cette situation misérable fut encore aggravée par le bruit irritant des chaînes, maintenant devenues insupportables; et la crasse des latrines. Les cris des femmes et les gémissements des personnes mourantes rendaient toute la scène atroce. […]. Un jour, deux de mes compatriotes enchaînés l'un à l'autre, préférant la mort à une telle vie de misère […] sautèrent à la mer.\n\nOlaudah Equiano, Ma véridique histoire, 1789.",
"title": "7 La traversée de l'Atlantique racontée par un esclave"
}
] | lls-histoire-seconde | https://www.lelivrescolaire.fr/page/6155775 |
Paris - Géographie (4) | 670 | [
{
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"source_text": "\n\nParis (/pa.ʁi/) est la capitale de la France. Divisée en vingt arrondissements, elle est le chef-lieu de la région Île-de-France et le siège de la métropole du Grand Paris.",
"title": "Contexte"
},
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"source_text": "Une station météorologique, ouverte le 17 juin 1872, est située dans le 14e arrondissement, dans la partie sud du parc Montsouris (coordonnées : 48,82167, 2,33778), à 75 mètres d'altitude.\n\nParis a un climat de type océanique dégradé, codé « Cfb » selon la classification de Köppen : l'influence océanique dépasse celle continentale et se traduit (1981 - 2010) par une température minimale moyenne de 15,1 °C de juin à août et de 3 °C de décembre à février et de 8,9 °C sur l'année, avec des pluies fréquentes en toutes saisons (111 jours) et un temps changeant mais avec des pluies plus faibles (637 millimètres) que sur les côtes, et quelques pointes de températures (influence continentale) au cœur de l'hiver ou de l'été. Le développement de l'urbanisation provoque une augmentation de la température et une baisse du nombre de jours de brouillard. Au cours du XXe siècle, le climat de Paris est devenu plus doux et légèrement plus arrosé. Les températures minimales ont augmenté de 1,4 °C entre 1901 et 2000, avec une accélération notable à compter de la deuxième moitié du XXe siècle.\n\nLors de la canicule européenne d'août 2003, il a fait 39,4 °C le 6 août, 39,5 °C le 11 août et 39,4 °C le 12 août. Le record de température minimale la plus chaude a eu lieu les 11 et 12 août 2003 avec 25,5 °C. En raison de l'effet d'îlot de chaleur urbain, un écart de 4 °C à 8 °C a été observé lors de cette canicule entre le centre de Paris et les zones moins urbanisées alentour.\n\nEn 2012, le maximum observé a été de 38,4 °C le 18 août et de 38,1 °C le 19 août. Le 31 octobre 2014, le maximum était de 22 °C. Le 1er novembre 2014, le maximum du mois de novembre est battu de 0,4 °C avec 21,4 °C. Le 7 novembre 2015, la température culmine à 21,6 °C.\n\nDurant la période froide, la journée où il a gelé le plus tardivement était le 8 janvier 1935 avec −0,7 °C, puis le 18 janvier 2016 avec −1,2 °C. Aucun gel n'est survenu pendant 340 jours de suite en 2015-2016 (il avait gelé le 12 février 2015).\n\nEn 2003, le 25 août, la température atteint 36,5 °C et à 22 h 29,2 °C (33,7 °C le 12 août 2003 à 22 h).\n\nLe 25 juillet 2019, est battu le record absolu de chaleur s'élevant à 42,6 °C mesuré depuis la station du parc Montsouris.\n\nEn raison du réchauffement climatique, le climat de Paris à la fin du XXIe siècle sera plus chaud. On projette pour Paris, à la fin du siècle, un climat proche de celui existant au début du siècle à Séville. Le nombre de journées estivales par an (température maximale supérieure à 25° C) devrait augmenter de dix à soixante jours (pour une moyenne annuelle de quarante-neuf jours aujourd’hui). Les canicules sont appelées à devenir plus fréquentes, plus intenses et plus longues, et les hivers plus doux et arrosés. Le nombre de jours très chauds (température maximale supérieure à 30 °C) atteindrait dix à quarante-cinq jours par an à la fin du siècle, contre dix jours en moyenne au début du siècle. Alors que la période de retour des canicules en région parisienne était d'environ neuf ans entre 1960 et 1989, une ou deux canicules sont à prévoir chaque année entre 2070 et 2099. La durée des vagues de chaleur augmentera également, passant de cinq à huit jours (écart interquartile) en 1960-1989 à six à douze jours à la fin du XXIe siècle. Des vagues de chaleur avec des durées exceptionnelles (par exemple cinq semaines) sont attendues à la fin du XXIe siècle. Un été comme celui de 2003, soit le plus chaud jamais observé à Paris avec une température moyenne de 22,6 °C, deviendrait fréquent à la fin du siècle et pour les scénarios les plus pessimistes (sans politique climatique visant à faire baisser ou stabiliser les émissions de gaz à effet de serre).\n\nL'Agence Parisienne du Climat et Météo-France collaborent sur afin d'informer sur l'évolution du climat à Paris.\n\nLe 10 septembre 1896, une violente tornade frappe le cœur de Paris, peu avant 15 heures. Elle se déplace de six kilomètres et fait cinq morts et une centaine de blessés.\n\n",
"title": " Climat "
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{
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"source_text": "La pollution atmosphérique est un problème de santé publique à Paris, qui a motivé la création du réseau de surveillance Airparif en 1984 et, depuis 2001, des politiques de réduction de la présence automobile, en particulier des véhicules les plus polluants. Selon une étude publiée en 2021 dans la revue The Lancet Planetary Health, Paris est la 4e ville européenne où la mortalité due à l’exposition au dioxyde d’azote, émis majoritairement par le trafic routier et principalement par les motorisations diesels, est la plus importante.\n\nLa densité urbaine de Paris, triple de celle de Londres, découle des immeubles plus hauts, du nombre réduit de maisons de ville et d'espaces verts (2 300 hectares en incluant les bois) avec une biodiversité assez limitée. Hormis la création du parc de la Villette dans les années 1980, la reconquête d'espaces verts est récente.\n\nEn cas de rupture des transports, Paris n'est que peu résiliente, avec à peine quelques jours d'autonomie alimentaire, notamment depuis la disparition d'une ceinture maraîchère autour de Paris au XXe siècle. L’Île-de-France n’est autonome qu’à hauteur de 10 % pour les légumes frais, de 1,5 % pour les fruits, de 12 % pour les œufs et de 1 % pour le lait, l’autonomie alimentaire n’étant atteinte que pour le blé (159 %) et le sucre (117 %).\n\nParis est un îlot de chaleur urbain avec un excédent moyen supérieur à 3 °C pour les valeurs nocturnes. De ce fait, la canicule d’août 2003 a engendré une surmortalité constatée en Île-de-France supérieure à la moyenne nationale. Aussi reconnue comme un élément de modération du climat, l'agriculture urbaine a en 2016 une place très modeste comparée à d'autres métropoles comme Détroit, Montréal, Berlin ou Bruxelles, avec seulement quarante-quatre installations agricoles (1,6 hectare sur les toits et 1,3 hectare au sol). La Ville se donne un objectif de 33 hectares en 2020 en mobilisant de l'espace sur les toits de Paris.\n\nLe 15 septembre 2021, la Mairie de Paris ouvre les portes de l'Académie du Climat dans la Mairie du 4e. Elle a pour but de réfléchir et d'agir contre le réchauffement climatique à Paris. Elle est seulement ouverte pour les jeunes entre neuf et vingt-cinq ans.\n\n",
"title": " Environnement "
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{
"img": [],
"source_text": "Le Commissariat général au développement durable rattaché au Ministère de la Transition écologique a publié un bilan montrant une amélioration de la qualité de l’air extérieur en France. Les émissions liées à l’activité humaine ont baissé entre 2000 et 2018 pour la majorité des polluants étudiés : les émissions de dioxyde de soufre, provenant de l'industrie, ont été divisées par cinq en raison du développement des énergies renouvelables et de réglementations plus contraignantes tandis que les émissions d’oxydes d’azote ont baissé de 54 %, principalement du fait du renouvellement du parc de véhicules.\n\nNéanmoins l'ozone et cinq autres polluants présentent des dépassements des normes réglementaires de la qualité de l’air, et les grandes villes comme la capitale sont fréquemment touchées par ces pics de pollution. Les niveaux moyens annuels d’ozone dans l’agglomération parisienne ont grimpé de 90 % entre 1995 et 2017.\n\nLa pollution atmosphérique provoque chaque année la mort de 6 600 parisiens selon l'Observatoire régional de santé.\n\nSelon une enquête du journal Le Parisien, les niveaux de pollution sont nettement plus élevés que les données officielles communiquées par les autorités sur la qualité de l'air en région Île-de-France. Pour le journaliste Jean-Christophe Brisard interrogé par le quotidien, les données seraient délibérément faussées « parce qu'au lieu d’avoir des pics de pollution quelques jours par an, on serait presque toujours en pic ».\n\n",
"title": " Environnement - Qualité de l'air - 2019 "
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Paris |
1508 - Michel-Ange peint la chapelle Sixtine | 378 | [
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"source_text": " En 1505, Michelangelo Buonarroti (1475-1564), artiste florentin, est surtout connu comme un sculpteur, auteur d'œuvres remarquées : la Pietà en 1499 ou encore le David en 1504. Le pape Jules II lui demande alors de réaliser son tombeau dans la basilique Saint-Pierre à Rome, avant de lui confier la réalisation de la peinture du plafond de la chapelle Sixtine (long de 40,5 m et large de 14 m), construite à la fin du XVe siècle. Aux fresques représentant les apôtres commandées par le pape, Michel‑Ange obtient la possibilité d'ajouter neuf scènes illustrant la Genèse. Il y travaille entre 1508 et 1512.",
"title": ""
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{
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"source_text": " Samedi soir, au dîner du pape, je présentai certains dessins que nous eûmes à faire accepter, Bramante1 et moi. Quand le pape eut dîné et que je lui eus montré mes dessins, il fit appeler Bramante et lui dit : « Sangallo va demain à Florence, et il en ramènera ici Michel-Ange. » Bramante répondit au pape en disant : « Saint-Père, Michel‑Ange n'en fera rien, car je l'ai beaucoup pratiqué et il m'a dit, à maintes reprises, qu'il ne voulait pas s'occuper de la chapelle dont vous vouliez lui donner la commande, et que vous ne vouliez vous-même le charger que du tombeau, et non de la peinture. » Et il ajouta : « Saint-Père, je crois qu'il ne s'en chargerait pas, parce qu'il n'a pas fait trop de figures, et surtout parce que ces figures seraient à peindre à la voûte et en raccourci, ce qui est tout autre chose que de les peindre à terre. » Alors le pape répondit en disant : « Si Michel‑Ange ne revient pas, il me fera tort. Je crois qu'il reviendra. »\n\n \n\n Lettre de l'artiste Pietro Roselli à Michel‑Ange, écrite à Rome le 10 mai 1506. 1. Bramante (1444-1514) est un architecte qui a notamment réalisé la basilique Saint-Pierre de Rome.",
"title": "1 Un peintre reconnu"
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"img": [
"https://assets.lls.fr/pages/6400354/HIS.2de.4.PDP1.Michel-Ange_en_tran_de_peindre-retouche.jpg"
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"source_text": " Michel‑Ange se représente ici en train de peindre à plus de 20 m de haut. Il a conçu lui-même l'échafaudage nécessaire à son entreprise. ",
"title": "2 L'artiste au travail"
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"source_text": " Quand j'eus placé la statue sur la façade de San-Petronio et que je fus de retour à Rome, le pape Jules ne voulut encore pas que je fisse sa sépulture, et il m'employa à peindre la voûte de Sixte. Nous fîmes contrat pour trois mille ducats. Les premiers dessins de ce travail furent les douze apôtres à figurer dans les lunettes. Quand j'eus commencé ce travail, il me sembla que je faisais là pauvre chose, et je dis au pape comment, en faisant les apôtres ainsi seuls, il me paraissait que je faisais pauvre chose. […] Alors il me donna nouvelle commission de faire ce que je voudrais et qui me satisferait, et de peindre aussi les sujets figurant dessous. En ce temps-là, la voûte étant à peu près finie, le pape retourna à Bologne. J'y allai aussi deux fois, pour l'argent que j'avais à en recevoir. Je ne fis donc rien et je perdis tout ce temps, jusqu'au retour à Rome. Revenu à Rome, je me mis à faire les cartons pour cette œuvre – c'est-à-dire pour les têtes et pour les faces entourant la chapelle de Sixte, espérant toujours avoir de l'argent et finir le travail. Je ne pus jamais rien obtenir. \n\n Lettre de Michel‑Ange à Giovan Fattucci, janvier 1524.",
"title": "3 Les problèmes financiers de l'artiste"
}
] | lls-histoire-seconde | https://www.lelivrescolaire.fr/page/6400354 |
Trente Glorieuses - Déroulement et impact des Trente Glorieuses par pays (2) | 1,166 | [
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"source_text": "\n\nLes Trente Glorieuses sont la période de forte croissance économique et d'augmentation du niveau de vie qu’a connue la grande majorité des pays développés entre 1945 et 1975.\n\nCe chrononyme rétrospectif a été créé par Jean Fourastié en 1979, car il s'agissait d'une « révolution invisible » lente, en contraste avec la révolution rapide des Trois Glorieuses. Comme l'a montré Pascal Ory, cette expression a vite rencontré le succès et s'est durablement installée.\n\nLes Trente Glorieuses sont une révolution, certes silencieuse, mais porteuse en réalité de changements économiques et sociaux majeurs, qui ont marqué le passage de l'Europe, quarante années après les États-Unis, à la société de consommation. Le cas de la France en particulier permet de saisir le sens du sous-titre du livre de Fourastié, la Révolution invisible, mais la croissance est forte aussi en Allemagne, en Italie, au Canada et au Japon, tirée à la fois par l'investissement et la consommation.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Il existe plusieurs points de vue concernant cette période.\n\nSelon le point de vue libéral, ce n'est pas le relatif dirigisme qui explique la croissance économique des « Trente Glorieuses », qui a été principalement « mécanique », le dirigisme sachant seulement bien l'orchestrer. Au contraire, ce dirigisme a « métamorphosé en malédiction » la croissance, en raison de deux effets pervers majeurs : la « fonctionnarisation et le manque de concurrence, déjà présents avant 1940 », et la « persistance des préjugés contre l'économie de marché, dont les nationalisations de 1981 seraient une résurgence » : l’émergence de l’antilibéralisme français aurait une partie de ses origines dans ce phénomène. Ce point de vue affirme qu'après leur retour à un état d’équilibre, les pays à économie sociale de marché caractérisés par un État-providence très présent, ont marqué le pas vis-à-vis des économies plus libérales.\n\nSelon le point de vue qualifié par les sociologues de « social-démocrate » ou de « social-libéral » (qui postule que le marché est certes un moteur de la croissance, mais aussi un dérégulateur économique et social, et qu'à ce titre, il doit être encadré par des politiques de redistribution partielle), ce sont les politiques de redistribution, à commencer par le plan Marshall, et les sacrifices consentis par tous les partenaires sociaux, qui expliquent la croissance des « Trente Glorieuses » et l'avance des pays concernés par rapport aux économies non réglementées comme celles d'Amérique latine, d'Asie du Sud-Est ou des États-Unis après 1980, et surtout par rapport aux économies planifiées des pays communistes.\n\nSelon le point de vue qualifié par les sociologues de « socialiste » (qui postule que le marché est un facteur de prédation économique et d'oppression sociale, et qu'à ce titre, il doit être remplacé par une économie planifiée et la nationalisation des biens et des moyens de production et de distribution), la croissance des « Trente Glorieuses » résulte, géopolitiquement, d'un phénomène de prédation des oligarchies des pays de l'OCDE à l'égard du Tiers monde, et socialement, d'une politique d'achat de la paix sociale par ces oligarchies, au prix d'un partage relatif des richesses (produites ou captées) avec les travailleurs des pays développés, partage fort inéquitable mais suffisant pour éteindre les revendications les plus violentes.\n\nSelon Jean Fourastié , la croissance des « Trente Glorieuses », c'est-à-dire le progrès du niveau de vie et celui du genre de vie proviennent du progrès scientifique qui a permis le progrès technique, l'organisation du travail et donc l'accroissement de la productivité et celle de la production. Le progrès se fait sentir d'abord dans l'agriculture : il faut de moins en moins de travail pour produire davantage. Non sans douleur, la population active s'est retournée vers l'industrie et les villes. La productivité a augmenté encore davantage dans l'industrie, d'où une augmentation de la production qui a permis l'augmentation de la consommation (passage vers la « société » de consommation) et un nouveau déplacement de la population active vers le tertiaire et les services. La productivité augmente très peu dans ce dernier secteur, d'où, alors une beaucoup plus faible augmentation de la production nationale : c'est la fin de la forte croissance et des Trente Glorieuses.Entre ces points de vue tranchés, qui ont chacun des arguments chiffrés, il existe naturellement une multitude d'études et d'ouvrages développant des analyses plus fines et plus nuancées\n\n",
"title": " France - Interprétations "
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"source_text": "À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont dans une position dominante. Pourtant, pendant la croissance des Trente Glorieuses, ils connaissent une croissance économique moins forte que dans les autres pays développés. Après une récession en 1948, l'économie américaine repart grâce à la Guerre de Corée et à travers un plan important de réarmement.\n\nDans les années 1950, les salaires augmentent régulièrement ainsi que la consommation, et Galbraith publie en 1958 The Affluent Society. Kennedy lance au début des années 1960 une politique budgétaire (baisse des impôts) et une politique sociale afin de lutter contre la pauvreté. Johnson poursuit cette politique par son projet de nouvelle société.\n\nCependant au cours des années 1960, le solde des États-Unis ne cesse de se dégrader: la balance commerciale devient négative avec la plupart des nations industrialisées, ce qui pousse le président Nixon à rendre le dollar inconvertible en or en 1971, mettant fin à la stabilité du dollar. La part des exportations américaines dans les exportations mondiales passe de 25 % à 13 % entre 1945 et 1973. Alors que l'économie américaine bénéficiait en 1945 d'un niveau élevé de productivité, et de gains de productivité importants jusqu'à la fin des années 1960 (mais plus faibles qu'ailleurs), ils sont de 1 % par an dans les années 1970, ce qui explique un début de récession.\n\nL’enrichissement généré par hausse continue de la productivité était assez équitablement distribué entre capital et travail ; les rapports d’inégalité demeurent stables durant les Trente Glorieuses. Les trois premiers dirigeants des cinq cents plus grandes entreprises américaines gagnent environ trente-cinq fois le salaire moyen de leurs employés, un chiffre stable des années 1940 aux années 1970.\n\n",
"title": " États-Unis "
},
{
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"source_text": "À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse étant restée neutre se retrouve avec des infrastructures intactes. Le boom de la reconstruction profite pleinement à l’industrie. La période 1944-1961 enregistre un faible taux d’inflation (1,35 % en moyenne). Dès 1961, des signes de surchauffe se font sentir, la croissance cette année-là atteint 8,35 %. Les années suivantes, l’inflation augmente fortement, la balance des transactions courantes devient déficitaire et le PIB continue d’augmenter à un rythme soutenu (5 %). Pour endiguer le problème, le gouvernement émet deux arrêtés fédéraux urgents pour combattre l’inflation. Bien que la croissance diminue, l’inflation persiste jusqu’en 1968. Dès 1970 et jusqu’à 1973 (→ Choc pétrolier), la Suisse subit à nouveau une forte période de surchauffe avec des taux d’inflation élevés et un nombre de chômeurs n’avoisinant que 100 personnes. Les trente glorieuses en Suisse finiront d’une manière abrupte avec une baisse de 7,5 % de l’activité économique. Elle évitera la stagflation et le chômage : plus de 300 000 immigrés perdent leur emploi et sont contraints de quitter la Suisse. Entre 1944 et 1973, le PIB par habitant a plus que triplé, .\n\n",
"title": " Suisse "
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] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Trente_Glorieuses |
Auguste - Le Principat (1) | 2,629 | [
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"source_text": "\n\nAuguste, en latin Augustus (né sous le nom de Caius Octavius le 23 septembre 63 av. J.-C. à Rome – d'abord appelé Octave puis portant le nom d'Imperator Caesar Divi Filius Augustus à sa mort le 19 août 14 apr. J.-C. à Nola), est le premier empereur romain, du 16 janvier 27 av. J.-C. au 19 août 14 apr. J.-C.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le 16 janvier 27 av. J.-C., au début de son consulat, le Sénat donne à Octavien les titres inédits d'Augustus et de Princeps, lui conférant ainsi une autorité morale incontestable. Le titre Augustus, qui dérive du terme augere, peut être traduit littéralement par « le plus illustre ». Il s'agit d'un titre qui lui confère une autorité davantage religieuse que politique. Ce changement de nom lui permet de marquer la différence entre la période de terreur et de guerre civile qu'il a vécue sous le nom d'Octave ou Octavien et la nouvelle ère de paix qu'il instaure pour l'Empire, sous le nom d'Auguste.\n\n",
"title": " Première période (27-23 av. J.-C.) - Les nouveaux titres d'Auguste - Augustus "
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"source_text": "En ce qui concerne le titre de princeps, il dérive de l'expression latine primum caput qui signifie littéralement « la première tête ». Ce terme sert à l'origine à désigner le plus ancien ou le plus distingué des sénateurs et dont le nom est cité en premier à la tribune. Sous la République, princeps est devenu un titre honorifique donné à ceux qui ont bien servi l'État. Pompée, par exemple, a porté ce titre. Dans le cas d'Auguste, le fait que le Sénat lui décerne le titre de princeps, alors qu'il est déjà dans une position dominante avec de nombreux pouvoirs, donne à ce titre une signification quasi royale. En effet, pour les auteurs antiques, le titre de princeps va de concert avec la remise du pouvoir sur l'ensemble de l'État romain. Selon leur point de vue, Auguste est devenu par ses actes le premier des citoyens romains (primus inter pares), celui à qui incombe naturellement la responsabilité des affaires publiques.\n\n",
"title": " Première période (27-23 av. J.-C.) - Les nouveaux titres d'Auguste - Princeps "
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"source_text": "Dans la titulature d'Auguste apparaît le terme imperator, qui lui permet d'inscrire son action de façon permanente dans la tradition républicaine célébrant la victoire. Auguste obtient le droit d'utiliser la couronne civique en chêne (corona civica) comme ornement au-dessus de la porte de sa maison et les lauriers comme symbole. La couronne est traditionnellement portée par un général romain lors d'un triomphe, maintenue au-dessus de la tête par un serviteur, permettant de rappeler au triomphateur que malgré ses exploits, il reste un mortel (memento mori). L'appropriation de ces deux symboles confère à Auguste une légitimité religieuse. En revanche, Auguste renonce à utiliser les autres insignes du pouvoir que portait Jules César comme le sceptre, le diadème ou la toge pourpre. Malgré tout, le Sénat fait placer dans la Curie un bouclier doré portant la mention virtus, pietas, clementia, iustitia, c'est-à-dire qu'il associe la personne d'Auguste aux valeurs essentielles des Romains : la vertu, la piété, la clémence et le sens de la justice.\n\n",
"title": " Première période (27-23 av. J.-C.) - Les nouveaux titres d'Auguste - Imperator "
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"source_text": "Enfin, Auguste se qualifie lui-même comme Caesar divi filius. Avec ce titre, il insiste sur les liens familiaux qui l'unissent au dictateur déifié Jules César. Le mot Caesar qui a été jusqu'à présent utilisé comme cognomen par les membres de la gens Iulia change de nature et devient un nom dynastique utilisé par la nouvelle famille que va fonder Auguste.\n\n",
"title": " Première période (27-23 av. J.-C.) - Les nouveaux titres d'Auguste - Caesar divi filius "
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"source_text": "Lors de son consulat de 27 av. J.-C., Auguste fait en sorte de donner l'impression qu'il restitue au Sénat ses anciens pouvoirs et qu'il relâche son contrôle sur les provinces et l'armée romaines. Mais dans les faits, durant son consulat, le Sénat ne dispose que d'un pouvoir limité. Il se contente d'initier de nouvelles législations en soumettant des projets de lois au débat. La somme des pouvoirs d'Auguste provient avant tout des pouvoirs de toutes les fonctions républicaines qu'il assume et qui lui ont été confiées progressivement par le Sénat et par le peuple.\n\n",
"title": " Première période (27-23 av. J.-C.) - Les pouvoirs d'Auguste "
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"source_text": "Bien qu'Auguste n'ait plus en apparence un contrôle direct sur les provinces et l'armée, il bénéficie toujours de la loyauté des soldats en service ainsi que des vétérans. Son pouvoir repose donc pour une bonne part sur cette autorité militaire qui lui permet d'appuyer ses décisions étant donné sa capacité à recourir à la force armée. Cette capacité n'est pas mise en avant afin de ne pas passer pour un tyran. Ce contrôle indirect est validé officiellement par le Sénat lorsqu'il propose à Auguste de prendre en charge les provinces qui nécessitent d'être pacifiées. Ce dernier accepte d'assumer cette responsabilité pour une durée de dix ans. Les provinces concernées sont celles qui ont été conquises récemment, comme l'Hispanie, la Gaule, la Syrie, la Cilicie, Chypre et l'Égypte.\n\nPar conséquent, ce sont les provinces où stationnent la majorité des légions romaines, renforçant encore le pouvoir militaire d'Auguste, .\n\nLe Sénat conserve le contrôle de régions stratégiquement importantes, comme l'Afrique du Nord qui approvisionne Rome en blé, ou la Macédoine et l'Illyrie où stationnent plusieurs légions. Mais au total, le Sénat a sous ses ordres cinq à six légions, contre plus d'une vingtaine pour Auguste. Donc même si Auguste ne dispose pas d'un monopole sur les décisions politiques et militaires, qu'il partage avec les gouverneurs nommés par le Sénat, il demeure la figure politique la plus puissante du monde romain.\n\n",
"title": " Première période (27-23 av. J.-C.) - Les pouvoirs d'Auguste - Le contrôle de l'armée et des provinces "
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"source_text": "Le reste de ses pouvoirs repose sur son immense fortune et sur une clientèle très nombreuse qu'il a réussi à réunir à travers tout l'Empire. La carrière de nombreux clients dépend de son patronage étant donné qu'il dispose d'un pouvoir financier inégalé dans la République romaine. Tous ses pouvoirs réunis forment la base de son auctoritas, qu'il assume pleinement comme la base de son action politique.\n\nAuguste n'hésite pas à puiser dans sa fortune personnelle pour prendre en charge des travaux coûteux. Par exemple, en 20 av. J.-C., n'ayant pas réussi à convaincre suffisamment de sénateurs de participer aux frais de construction et d'entretien des routes en Italie, il décide de financer en partie les travaux. Ces gestes financiers sont portés à la connaissance du peuple afin de profiter à son image, par le biais des frappes de monnaie par exemple, comme en 16 av. J.-C., après un important don effectué au profit du trésor public, l'aerarium saturni.\n\n",
"title": " Première période (27-23 av. J.-C.) - Les pouvoirs d'Auguste - Les ressources financières d'Auguste "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste |
Croisade - Bilan (2) | 2,778 | [
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"source_text": "\n\nUne croisade du Moyen Âge est une expédition militaire organisée pour pouvoir mener le pèlerinage des chrétiens en Terre sainte afin d'aller prier sur le Saint-Sépulcre. À cette époque, elle est d'ailleurs conçue comme une forme très particulière de pèlerinage, un « pèlerinage en armes ». Ses participants sont appelés des pèlerins armés, puis, à partir du XIIIe siècle désignés comme croisés. Une croisade est prêchée par un pape, une autorité spirituelle de l'Occident chrétien comme Bernard de Clairvaux, ou par un ou plusieurs souverains comme Frédéric Barberousse. On compte habituellement neuf croisades, de la première (fin du XIe siècle) à la neuvième (1271-1272). Ces croisades constituent pour la majorité d'entre elles des initiatives françaises, avec une majorité de soldats francs, à l'exception de la sixième croisade lancée par le Saint-Empire. ",
"title": "Contexte"
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"source_text": "À la fin du XIe siècle, le djihad a perdu sa force d'attraction parmi les musulmans. L'Occident latin est entré dans une phase de reconquête aux dépens de l'Islam. De même que les musulmans reconnaissent les communautés juive et chrétienne, les États chrétiens d'Orient et la Sicile accordent aux musulmans des institutions propres et une certaine liberté de culte. Aux excès des premiers croisés — un trait classique de tout assaut quels que soient les assaillants — a donc succédé une cohabitation acceptable et tout à fait comparable à la pratique musulmane.\n\nLes musulmans de l'époque ne perçoivent pas le motif religieux de la croisade et celle-ci tient peu de place dans les ouvrages des chroniqueurs arabes mis à part ceux originaires des pays voisins des Francs comme Ibn al-Athîr : seule l'opinion publique des pays directement menacés ou lésés, en premier lieu la Syrie du Nord, est réellement hostile aux croisés. De fait, les croisades n'ont pas provoqué de « contre-croisades ». Ainsi le regain d'intérêt pour la guerre sainte, le djihad, sert surtout à rassembler la Djazira, la Syrie, l'Égypte, les Arabes et les Kurdes ainsi qu'à d'éliminer les chiites.\n\nEn revanche, l'établissement d'un État militaire en Égypte dans la seconde partie du XIIIe siècle peut être considéré comme une conséquence directe des croisades. Cet État est très intolérant envers les dhimmis (juifs et chrétiens) car il craint une alliance à revers entre eux et la puissance mongole en pleine expansion.\n\nLes croisades n'ont pas favorisé la connaissance réciproque des deux civilisations. Des contacts plus enrichissants se sont noués en Espagne, en Sicile et à Constantinople après 1204. Comme toute propagande, celle des croisades est plutôt négative. Les musulmans sont accusés à cette occasion d'idolâtrie, d'immoralité et même de louer et justifier la violence, alors que les chrétiens eux-mêmes faisaient l'apologie de la guerre pour rassembler et recruter des chevaliers sous la bannière du Christ. Les croisades ont été l'occasion pour les chrétiens occidentaux d'être confrontés à une masse de non-chrétiens. Les disputations religieuses sont rares. Les conversions religieuses vers le christianisme se sont rarement faites sous la contrainte. Le missionnaire Ricoldo loue l'hospitalité des musulmans.\n\n",
"title": " Confrontation de l'Orient et l'Occident - L'islam et la croisade "
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"source_text": "Malgré le soutien majoritaire des croisades au sein de la population, celles-ci ont fait l'objet de critiques. En effet, dans La Dispute du croisé et du décroisé, qui est une célèbre pièce dû au poète Rutebeuf, fait écho aux appels lancés pour participer aux campagnes envisagées notamment contre les Sarrasins en Outremer à la fin du règne de Saint Louis. Il s'agit d'un débat entre un croisé, qui tente de convaincre un autre chevalier, et un décroisé, qui s'efforce de lui montrer l'inanité de ses arguments. Les contradictions inhérentes à l'état quasi clérical du pèlerin en arme, facilitent également les critiques contre les croisades. Adam, abbé de l'abbaye de Perseigne, qui a participé à une expédition en Terre sainte durant sa jeunesse, écrit « le Christ n'a pas versé son sang pour conquérir Jérusalem, mais pour les âmes qu'il faut sauver ». \n\nLes ordres militaires font l'objet de critiques tout aussi vives en raison de leur statut paradoxal de religieux guerriers. Jean de Salisbury, une des plus grandes autorités du XIe siècle, écrit ainsi sans détour : « les Templiers, censés consacrer le sang du Christ, versent du sang humain ».\n\nDe même, Humbert de Romans dans l'un de ses ouvrages fournit aux prédicateurs des arguments à opposer aux détracteurs de la croisade. Également, le poète allemand Tannhäuser, qui participe à la croisade de Frédéric II en 1228 regrettera cette décision. Jean de Joinville refusa même de se croiser en 1270 et blâme Saint Louis d'abandonner son royaume. Ainsi, le roi de France exerce sur lui de fortes pressions.\n\nMinoritaire dans les années qui suivent la conquête de Jérusalem (1099), la critique de la croisade se répandra progressivement. Elle sera particulièrement acerbe quand le but de celle-ci n'est pas la libération de la Ville sainte, mais la guerre contre les orthodoxes, l'hérésie albigeoise ou l'empereur romain germanique. Elle explique, en partie, la désaffection progressive de la croisade.\n\nDans le cadre de l'historiographie moderne, l'historien Jacques Le Goff estime que les croisades sont une forme pervertie de la foi. Il partage l'opinion de Steven Runciman : « Les hauts idéaux de la croisade ont été gâtés par la cruauté et la cupidité, la hardiesse et la résistance aux épreuves par une dévotion aveugle et étroite, et la guerre sainte n'a rien été de plus qu'un long acte d'intolérance au nom de Dieu, ce qui est le péché même contre l'Esprit. »\n\n",
"title": " Critique des croisades "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Croisade |
Population mondiale - Évolution à travers le temps (1) | 1,038 | [
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"source_text": "\n\nLa population mondiale est le nombre d'êtres humains vivant sur Terre à un instant donné. L’ONU l'estime à 8 milliards le 15 novembre 2022. Elle avait été estimée à 6,1 milliards pour 2000 ; entre 1,55 et 1,76 milliard pour 1900 ; entre 0,813 et 1,125 milliard pour 1800 et entre 600 et 679 millions d'habitants pour 1700. Cette augmentation de la population tend cependant à ralentir avec une baisse mondiale de l'indice de fécondité, plus ou moins importante selon les pays.\n\nLe taux annuel de la croissance démographique de la population mondiale est tombé de 2,1 % au début des années 1960 à moins de 1 % en 2020.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La taille de la population mondiale passée ne peut être qu'estimée. Dans le passé, des démographes (Giammaria Ortes par exemple) ont cherché à calculer non seulement la population du monde, mais celle que le monde pouvait supporter au vu des ressources disponibles.\n\nPour celle d'avant le XIXe siècle, on peut se faire une idée de la densité de population via quelques registres de naissance et mort, ou certains recensements, ou encore via la production agricole estimée. La natalité n'est pas un prédicteur en soi : ainsi, l'enquête de démographie historique lancée par Louis Henry (Ined, fin des années 1950) et la reconstitution des tables de mortalité françaises des XIXe et XXe siècles ont montré que pour « une population qui n'avait pas la moitié de l'effectif actuel, le royaume de France comptait plus de naissances au milieu du XVIIIe siècle que la République aujourd'hui : un million au lieu de 765 000. Mais, dès l'âge de 10 ans, la moitié des enfants étaient décédés. D'où le très faible niveau de l'espérance de vie : 25 ans ; elle a donc plus que triplé en deux siècles et demi », permettant dans ce cas une forte croissance de la population malgré une natalité en forte diminution.\n\nDans l'entre-deux-guerres, des projections parfois qualifiées de « pessimistes » prévoyaient un plafonnement de la population mondiale vers 2 milliards d'habitants en 2100. Mais, dans les années 1960, le constat de l'explosion démographique, notamment dans les pays où le taux de fécondité était jusque-là mal connu aboutit à de nouvelles projections, l'accroissement démographique atteignant un pic de 2,2 % en 1963. Dans un article de 1995 (mis à jour en 2002), le démographe Carl Haub du Bureau du recensement des États-Unis estime qu'à la mi-2002, le nombre total d'êtres humains ayant vécu sur Terre est de plus de 106 milliards.\n\nL'estimation suivante de la population mondiale à travers le temps se base sur la synthèse du Bureau du recensement des États-Unis pour la période allant de -10000 à 1940 et pour les années antérieures sur les données de l'Organisation des Nations unies (ONU) et les études de Gregory Cochran (en) basées sur l'ADN mitochondrial. On observe que la population a connu une faible croissance durant des milliers d'années, alors que la fin de l'époque moderne marque le passage à une croissance accélérée d'allure exponentielle avec un taux de croissance élevé de la population, faisant passer le nombre de personnes vivant sur Terre d'environ 650 millions en 1750 à plus de 1,2 milliard un siècle plus tard et à plus de 2,5 milliards en 1950.\n\nCombien d'humains ont vécu sur Terre depuis l'apparition de l'espèce Homo sapiens ? Répondre à cette question pose divers problèmes méthodologiques. Les estimations varient selon les sources. Le Bureau du Recensement des États-Unis, qui relève les limites méthodologiques de la problématique, en estimant que pour 99 % de la population historique, il n'y a pas de recensement, arrive toutefois à un total d'environ 110 milliards jusqu'en 2011 (en prenant -50000 comme point de départ, ainsi que des données de fécondité à partir de -8000 estimées à 80 pour mille, diminuant progressivement jusqu'aux taux connus aujourd'hui). La population mondiale de 2011 représenterait ainsi 6,5 % de celle de l'humanité historique tout entière, battant en brèche une estimation des années 70 selon laquelle 75 % de la population historique aurait été vivante à ce moment-là. Pour d'autres, le chiffre serait plutôt de 80 milliards, dont la moitié aurait vécu jusqu'à l'an 1, et l'autre moitié les 2 000 dernières années, dont 1 sur 5 aura vécu les deux derniers siècles, et près de 1 sur 10 sera encore vivant d'ici à 2025. Les découvertes de 2017 de fossiles d'Homo sapiens au Maroc datant de 300 000 ans modifieront également le calcul. Ces estimations sont donc susceptibles d'évoluer considérablement.\n\n",
"title": ""
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"img": [],
"source_text": "En 2016, le Population Reference Bureau américain estimait que la population humaine mondiale augmentait de 246 000 habitants par jour, résultat égal à la différence entre les 403 000 naissances et les 157 000 décès estimés par jour sur Terre, ce qui représente une hausse de 90 millions de personnes par an. \n\nLe taux annuel de croissance de la population a culminé à 2,1 % sur la période 1962-1965, puis a ralenti de plus de moitié du fait de la baisse de la fertilité. En 2020, pour la première fois depuis 1950, il est tombé en dessous de 1 %, et l'ONU prévoit qu'il continuera à décroître.\n\nLe cap de 6 milliards a été atteint en octobre 1999. À cette occasion, les Nations unies ont symboliquement désigné un nouveau-né bosnien le « bébé 6 milliards ». Celui des 7 milliards a eu lieu officiellement le 31 octobre 2011.\n\nLa division Population de l'ONU estime la date de franchissement du cap des 8 milliards au 15 novembre 2022,\n\n",
"title": " Évolution depuis 1950 "
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"source_text": "En 2014, environ 54 % de la population mondiale vivait en milieu urbain.\n\n",
"title": " Évolution par région "
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"source_text": "La population mondiale continue de croître, mais l'accroissement ralentit en raison d'une baisse de la fécondité, l'indice synthétique de fécondité moyen étant passé de 5 enfants par femme dans les années 1950 à 2,4 en 2019, avec de fortes disparités (Taïwan : 1,1 enfant par femme ; Niger : 6,8). Plus de la moitié de l'humanité vit dans une région du monde où l'indice synthétique de fécondité est inférieur ou égal à 2,1 enfants par femme, indice nécessaire au remplacement des générations dans les pays développés. L'augmentation de la population concerne surtout les pays du Sud, notamment l'Afrique dont la population devrait doubler de 2019 à 2050 selon la projection moyenne de la Division de la Population de l'ONU.\n\nSelon l'étude sur la démographie du monde musulman, Le Rendez-vous des civilisations (Seuil, 2007), Youssef Courbage et Emmanuel Todd constatent que la fécondité des femmes est passée de 6,8 enfants en 1975 à 3,7 en 2008 – 2,2 au Maroc, 2,1 en Tunisie. Cette baisse, remarquent-ils, suit partout l'alphabétisation des femmes. Néanmoins, les objectifs du millénaire concernant la parité des sexes dans l'enseignement n'ont été atteints que partiellement (atteints en Afrique du Nord, en Asie de l'Est et en Amérique latine, mais pas en Afrique subsaharienne ni en Asie du Sud), et l'effet démographique escompté ne s'est pas produit au niveau attendu.\n\nDepuis les années 1970, la politique de l'enfant unique a freiné la démographie de la Chine. Hervé Le Bras souligne qu'aucune institution n'est cependant capable d'imposer une législation limitant la croissance démographique : ce sont essentiellement l'accès à la contraception et à l'avortement qui agissent de façon significative sur le taux de natalité.\n\nUn taux de fécondité en baisse induit sur le long terme un vieillissement important de la population. Cela est déjà le cas dans plusieurs pays riches, principalement en Europe et en Asie orientale. Une phase identique de vieillissement devrait aussi se produire, dans une moindre mesure et plus tardivement, dans les autres pays.\n\nSelon les dernières prévisions de l'ONU, le taux de fécondité est à 2,3 enfants par femme en 2021 et ce taux s'abaissera à 2,1 en 2050 ; plus précisément, il sera entre 1,88 et 2,42 avec une probabilité de 95 %.\n\n",
"title": " Évolution de la fécondité "
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] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Population_mondiale |
Commune (France) - Collectivité territoriale (3) | 710 | [
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"source_text": "\n\nEn France, la commune est, sur le plan institutionnel, à la fois une collectivité territoriale, à savoir une autorité administrative décentralisée bénéficiant de la personnalité morale, et disposant d'affaires propres, distinctes des affaires de l'État, et une circonscription administrative, à savoir une division administrative dépourvue de personnalité juridique, territoire d'exercice d'un service déconcentré de l'administration étatique ou d'un de ses représentants. Chacun de ces organes est caractérisé par une identité (un nom, un territoire et une population) et par des compétences qui leur sont dévolues par la loi. Sur le plan géographique, la commune est une division élémentaire du territoire national qui peut également servir de division de gestion ou de connaissance du territoire.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Une enclave est une division administrative totalement entourée par une autre division. Une exclave est a contrario un territoire qui n'est pas connexe au reste du territoire auquel il est politiquement rattaché.\n\nLes enclaves les plus remarquables sont celles dont les territoires de rattachement relèvent du niveau régional :\n\nles enclaves bigourdanes constituées d'une part des communes d'Escaunets, Séron et Villenave-près-Béarn, et d'autre part des communes de Gardères et Luquet, deux enclaves des Hautes-Pyrénées dans les Pyrénées-Atlantiques, et donc de l'Occitanie en Nouvelle-Aquitaine ;\n\nl'Enclave des papes, constituée des quatre communes de Grillon, Richerenches, Valréas et Visan, partie du Vaucluse enclavée dans la Drôme et donc une enclave de Provence-Alpes-Côte d'Azur en Auvergne-Rhône-Alpes.\n\n",
"title": " Territoire - Singularité : communes avec enclaves "
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"source_text": "Les trois plus importantes communes, Paris, Lyon et Marseille, ont un statut particulier visé par la loi du 2 mars 1982, dite « loi PLM » : elles ont notamment été découpées en arrondissements dits municipaux, mais l'essentiel des pouvoirs a été laissé aux municipalités centrales. Chaque arrondissement est administré par un conseil d'arrondissement et un maire d'arrondissement.\n\nParis est découpée en vingt arrondissements. Ils servent de cadre à l'élection des conseillers de Paris, qui ont à la fois les compétences de conseillers municipaux et celles de conseillers départementaux. La division de Paris en arrondissements date de 1795 (loi du 19 vendémiaire an IV), avec alors un découpage en douze arrondissements. Les arrondissements, dans leur état actuel, ont été délimités par la loi du 16 juin 1859, qui a porté leur nombre de douze à vingt dans le cadre de l'annexion des faubourgs situés entre les fortifications de l'enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux. La loi du 28 février 2017 portant sur une réforme du statut de la ville de Paris, qui entre en vigueur au 1er janvier 2019, a introduit la notion de secteur qui complète celle d'arrondissement. La Ville de Paris, nom officiel de la nouvelle collectivité, est désormais découpée en 17 secteurs, le secteur 1 regroupant les quatre arrondissements centraux 1, 2, 3 et 4, chacun des autres secteurs correspondant aux anciens arrondissements.\n\nLyon est découpée en neuf arrondissements. Le décret du 24 mars 1852 crée à Lyon cinq arrondissements. Trois d'entre eux correspondent à l'annexion de communes suburbaines : La Guillotière et Monplaisir (3e), Croix-Rousse (4e), Vaise (5e). Le sixième arrondissement est créé le 17 juillet 1867, le septième le 8 mars 1912, le huitième le 19 février 1959 et le neuvième le 12 août 1964.\n\nMarseille est découpée en seize arrondissements. Créés en 1946, ces arrondissements ont été regroupés en secteurs en 1965. Ces secteurs sont redécoupés et dotés de conseils et maires élus en 1983 puis de nouveau redécoupés par la loi du 9 juillet 1987, qui fixe leur nombre à huit.\n\n",
"title": " Territoire - Arrondissements municipaux à Paris, Lyon et Marseille "
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"img": [],
"source_text": "Une commune est administrée par un conseil municipal dont les membres sont élus au suffrage universel direct pour six ans. Les conseillers des communes de moins de 1 000 habitants sont élus au scrutin plurinominal majoritaire à deux tours avec possibilité de créer une liste qui pourra subir un panachage. Les conseillers des communes de plus de 1 000 habitants sont élus via un scrutin de liste proportionnel bloqué à deux tours avec prime majoritaire de 50 %.\n\nLe conseil élit en son sein un maire chargé de préparer et d’appliquer les décisions du conseil, et qui dispose de compétences propres. Le maire est assisté d'un ou de plusieurs adjoints, qui peuvent recevoir des délégations.\n\nLe nombre de conseillers municipaux est fonction de la population de la commune, le minimum étant de 7. Les séances du conseil sont publiques mais seuls les élus peuvent s’exprimer. Le conseil municipal se réunit au minimum une fois par trimestre sur convocation du maire. Il peut se réunir, aussi, quand le maire le juge utile. Et, également, sous certaines conditions, à la demande d’une partie du conseil municipal ou du préfet.\n\nIl y a en France environ 500 000 conseillers municipaux (maires inclus). Ils exercent également les fonctions de grands électeurs élisant les sénateurs.\n\n",
"title": " Organe délibérant : le conseil municipal "
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"source_text": "L’organe exécutif d'une collectivité territoriale a pour rôle de préparer et d’exécuter les délibérations de l'assemblée délibérante. Alors que le CGCT désigne formellement l’exécutif du département et de la région, il est silencieux s’agissant de celui de la commune, se contentant d’indiquer : « Il y a, dans chaque commune, un maire et un ou plusieurs adjoints [...] ». Le maire est seul chargé de l’administration de la commune. Les adjoints ne disposent pas de compétences propres ; ils ne peuvent par conséquent intervenir à titre individuel dans l’administration de la commune que sur la base d’une délégation délivrée par le maire, sous sa surveillance et sa responsabilité. Dans une acception large, on peut considérer que l’équipe constituée du maire et des adjoints, parfois désignée sous l’appellation de « municipalité », forme l’exécutif de la commune.\n\nLe maire est ainsi chargé, d’exécuter les décisions du conseil municipal, par exemple celles concernant la préparation et la proposition du budget ainsi que l’ordonnancement des dépenses, la souscription des marchés, la gestion des revenus, la surveillance des établissements communaux et de la comptabilité communale ou la conservation et l’administration des propriétés de la commune.\n\n",
"title": " Organe exécutif : le maire "
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"source_text": "Les communes gèrent l’administration locale (gestion de l'eau, des permis de construire, etc.). En tant que représentant de l’État dans la commune, le maire a la charge des actes d’état civil (naissance, mariage, divorce, décès). De plus il dispose d’un pouvoir de police administrative et, en vertu de son statut d'officier de police judiciaire, d'un pouvoir de police judiciaire, exercé par le biais de la police municipale. Exception est faite de Paris où la compétence relève du préfet de police, sous l’autorité du gouvernement.\n\nLes décisions des conseils municipaux et des maires peuvent être contestées devant le tribunal administratif.\n\nLes trois communes les plus peuplées, Paris, Marseille et Lyon sont divisées en arrondissements municipaux (qui sont distincts des arrondissements départementaux, une autre division administrative française) mais ces derniers présentent des compétences réduites et ne disposent pas de budget propre, par exemple.\n\n",
"title": " Domaines de compétences "
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_(France) |
Marseille - Culture locale et patrimoine (2) | 1,756 | [
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"source_text": "\n\nMarseille (Marsiho en provençal) est la principale ville française du littoral méditerranéen de Provence (Sud-Est de la France), chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.\n\nPlus ancienne ville de France, fondée vers 600 av. J.-C. par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée (aujourd'hui Foça en Turquie, près d'Izmir) sous le nom de Μασσαλία / Massalía, Marseille est depuis l'Antiquité un important port de commerce et de passage. Elle connaît un essor commercial considérable pendant la période coloniale et plus particulièrement au cours du XIXe siècle, devenant une ville industrielle et négociante prospère.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Marseille est parfois surnommé « la ville aux 111 quartiers », qui correspond au nombre de quartiers officiels, qui sont des subdivisions des arrondissements de la ville. Beaucoup sont d'anciens hameaux constitués autour de l'église paroissiale. De nombreux quartiers (officiels ou non) sont dotés d'une identité particulière.\n\nAinsi, en centre-ville, Le Panier constitue ce qui reste de la vieille ville après la destruction de la Seconde Guerre mondiale : quartier populaire et lieu historique d'installation de nombreux immigrés, le Panier est connu pour ses rues étroites héritées du Moyen Âge. La Canebière, artère emblématique de Marseille : elle s'étend du Vieux-Port à l'église des Réformés. Elle est devenue célèbre mondialement à partir de la fin du XIXe siècle, les marins étrangers s'arrêtant dans les nombreux cafés et bars de la rue tels le Café turc (1850), le Café de France (1854), le Café allemand (1866), ou encore le somptueux Café Riche. Noailles, situé juste au sud de la Canebière, est connu pour son important marché parfois surnommé « le ventre de Marseille ».\n\nÀ proximité du centre-ville, le cours Julien et la Plaine sont connus pour leur vie nocturne et le street art. Dans le 3e arrondissement, la Belle de Mai est un quartier populaire qui s'est développé autour de la manufacture des tabacs aujourd'hui[Quand ?] reconvertie en lieu culturel.\n\nLa Corniche, qui longe la mer au sud du Vieux-Port, a été aménagée au XIXe siècle puis élargie de 1954 à 1968. Elle est bordée à l'est de villas du XIXe — dont celle de la célèbre artiste marseillaise de music-hall Gaby Deslys — et côtoie le pittoresque Vallon des Auffes. Elle accueille le marégraphe de Marseille, construit en 1883. Le quartier le plus au sud le long de la côte, Les Goudes, est formé de petits cabanons de pêcheurs épargnés par l'urbanisation du littoral. Au nord, l'Estaque est un quartier populaire, ancien lieu d'implantation d'usines, rendu célèbre par les peintures de Paul Cézanne et les films de Robert Guédiguian.\n\nDans l'est, La Treille est un ancien village perché au sommet d'une colline et célèbre pour avoir accueilli l'écrivain et cinéaste Marcel Pagnol.\n\nLe nord de la ville est constitué d'un habitat disparate, entre des grands ensembles construits à partir des années 1960 comme la Castellane, le Plan d'Aou ou la cité Kallisté, mais aussi de nombreux noyaux villageois anciens comme l'Estaque située en bord de mer, Sainte-Marthe ou Château-Gombert, quartiers où subsiste encore une activité agricole. On trouve également dans le nord de la ville le siège de nombreuses industries ou entreprises (Ricard, Compagnie fruitière, Haribo...).\n\n",
"title": " Lieux et quartiers "
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"source_text": "Marseille est entourée par les massifs montagneux, dessinant un arc de cercle autour de la ville : au Nord, la chaîne de l'Estaque, ou de la Nerthe, puis, du Nord de la ville jusqu'à l'Est, le massif de l'Étoile qui rejoint le Garlaban situé plein Est. Au Sud-Est se trouve le massif de Saint-Cyr et enfin, au Sud, le massif de Marseilleveyre.\n\nMarseille compte également plusieurs parcs urbains répartis sur l'ensemble de son territoire. Au centre-ville se trouve le parc Longchamp, le parc du 26e Centenaire et le jardin du Pharo. Au Sud, se situent notamment le parc Borély, aménagé entre 1860 et 1880 et au sein duquel se tient le château Borély, le parc balnéaire des plages du Prado et le Parc Valmer, tous deux situés en bord de mer, le parc de la campagne Pastré, ou encore le parc de la Maison Blanche, bâti en 1840 et qui abrite une bastide.\n\nAu nord de la ville, le parc François Billoux à Saint-Louis, le parc du Grand Séminaire situé aux Aygalades, le Parc Athéna à Château-Gombert et le parc de la Bastide Montgolfier à Sainte-Marthe ainsi que le Parc de Font Obscure, en plein milieu des grands ensembles du 14e arrondissement de la ville, sont également remarquables. Enfin, à l'Est de la ville se trouvent entre autres le parc Saint-Cyr, dans le quartier de Saint-Loup et le parc de la Buzine, célèbre pour être celui du Château de ma mère de Marcel Pagnol.\n\nLes Calanques constituent une zone naturelle majeure : elles accueillent presque 2 millions de visiteurs par an et forment, depuis 2012, un parc national, le premier parc national périurbain d'Europe.\n\n",
"title": " Patrimoine environnemental "
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"source_text": "Marseille possède 26 musées, soit le plus grand nombre en France après Paris[réf. nécessaire], notamment le musée d'histoire de Marseille, le musée Cantini, le musée d'art contemporain, le Muséum d'histoire naturelle et le musée des beaux-arts. Faute de personnel, ils sont rarement ouverts simultanément.\n\nLe musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM), situé sur l'esplanade du J4 et dans le fort Saint-Jean, a ouvert en 2013. Il s'agit d'un musée national et du musée le plus visité de la ville, avec 2 millions de visiteurs en 2013.\n\n",
"title": " Équipements et événements culturels - Musées "
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"source_text": "Avec 9 bibliothèques ou médiathèques municipales (soit une pour 106 000 habitants en 2019), Marseille est la ville française la moins bien lotie ; ces bibliothèques sont souvent en grève et leur gestion est décriée. La plus importante d'entre elles, l'Alcazar, est située en centre-ville sur le Cours Belsunce. Autrefois célèbre salle de spectacle qui a vu se révéler de nombreuses stars du début du XXe siècle, le lieu est transformé en bibliothèque municipale à vocation régionale en 2004. Les huit autres sontː la bibliothèque du Merlan, la médiathèque de Bonneveine, la bibliothèque des Cinq-Avenues, la bibliothèque de la Grognarde, la bibliothèque de Saint-André, la bibliothèque du Panier, la bibliothèque de la station de métro Castellane, et la médiathèque Salim-Hatubou dans la quartier du Plan d'Aou.\n\n",
"title": " Équipements et événements culturels - Bibliothèques "
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"source_text": "En 2023, Marseille compte une douzaine de cinémas :2 grands multiplexes (Les 3 palmes et Le Joliette), des cinémas commerciaux de taille moyenne (Le Chambord, Le Prado, l'Artplexe, le Pathé Bonneveine et le Pathé Madeleine) et des cinémas ou salles d'Arts et Essai (Alhambra, La Baleine, Le César, Le Gyptis, Les Variétés, Le Vidéodrome 2). Le centre-ville concentre la majorité des cinémas, avec 8 cinémas sur 13, n'étant toutefois pas les plus grands d'entre-eux.\n\n",
"title": " Équipements et événements culturels - Cinémas "
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"source_text": "Le théâtre du Gymnase est un théâtre à l'italienne construit dès 1804. Au cours du XXe siècle, il fait office de salle de théâtre avec des acteurs comme Louis Jouvet, Jean Weber, mais aussi de salle de concert avec Jacques Brel, Reda Caire ou Charles Aznavour. Fermé en 1980 pour cause de vétusté, il rouvre en 1986 grâce au mécène américain Armand Hammer. Il a également été rénové en 2015 ainsi que sa façade.\n\nLa Criée est le centre dramatique national de Marseille. Ancienne criée aux poissons, le théâtre est fondé en mai 1981 et se situe au 30, quai de Rive Neuve à Marseille.\n\nParmi les autres théâtres de la ville : Le Badaboum Théâtre, le Théâtre Massalia, le Merlan, les Bernardines, Joliette-Minoterie, le Toursky.\n\n",
"title": " Équipements et événements culturels - Théâtres "
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"source_text": "L'Opéra municipal de Marseille a été construit en 1920 à la place du Grand-Théâtre de 1786, détruit par un incendie en 1919. Il fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 13 février 1997.\n\nMarseille abrite un ballet national depuis 1972. Dénommée à l'origine Les Ballets de Marseille, la compagnie est composée d'une quarantaine de danseurs, avec Dominique Khalfouni, ancienne étoile du Ballet de l'Opéra national de Paris, comme étoile principale.\n\nOn trouve aussi un lieu d'enseignement de la musique et de l'art dramatique, le conservatoire à rayonnement régional de Marseille.\n\n",
"title": " Équipements et événements culturels - Opéra et ballet "
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Marseille |
Adolf Hitler - Jeunes années (3) | 1,059 | [
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"source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Après avoir touché le fond au cours de l'hiver 1909, le marginal Hitler vit toujours en 1912 de ses peintures vendues dans la rue. Selon Jacob Altenberg, l'un de ses marchands d'art juifs, « il avait pris l'habitude de se raser […], il se faisait régulièrement les cheveux et portait des vêtements qui, pour être vieux et usés, n'en étaient pas moins propres. » Hitler participe aux débats politiques qui éclatent dans le foyer. Deux sujets le mettent hors de lui : le parti social-démocrate et la Maison de Habsbourg-Lorraine. Aucun témoin ne fait état de propos antisémites de sa part. Selon Mein Kampf, il serait devenu antisémite à son arrivée à Vienne :\n\n« Un jour que je traversais la vieille ville, je rencontrai tout à coup un personnage en long caftan avec des boucles de cheveux noirs. Est-ce là aussi un Juif ? Telle fut ma première pensée. À Linz, ils n'avaient pas cet aspect-là. »\n\n— Adolf Hitler, Mein Kampf, 1925.\n\nCet antisémitisme soudain est contredit par diverses sources. Kubizek affirme que son ami était déjà « farouchement antisémite » en arrivant à Vienne mais de nombreuses anecdotes qu'il rapporte sont clairement douteuses. Selon Reinhold Hanisch, travailleur autrichien qui l'a côtoyé à l'époque, Hitler ne serait devenu antisémite que « plus tard » ; ce témoin insiste ainsi sur l'amitié entre le futur Führer et Joseph Neumann, un jeune Juif rencontré au foyer viennois pour hommes de la rue Meldermann. Toutefois, Ian Kershaw doute de la véracité des dires de Hanisch : selon l'historien, Hitler est bel et bien antisémite lors de son séjour viennois, mais il s'agit d'une « haine personnalisée » et intériorisée tant qu'il a besoin des Juifs pour vivre. Il semblerait donc, mais sans réelle preuve, que son antisémitisme exacerbé ne soit apparu qu'à la fin de la guerre en 1918-1919, lorsqu'il « rationalis[e] sa haine viscérale en une vision du monde ».\n\nOutre des brochures antisémites, Hitler lit alors très probablement la revue Ostara de Jörg Lanz von Liebenfels : selon Nicholas Goodrick-Clarke, « l'hypothèse d'une influence idéologique de Lanz sur Hitler peut être acceptée » ; ce dernier aurait « assimilé l'essentiel de l'aryosophie de Lanz : le désir d'une théocratie aryenne prenant la forme d'une dictature de droit divin des Germains aux cheveux blonds et aux yeux bleus sur les races inférieures ; la croyance dans une conspiration, continue à travers l'histoire, de ces dernières contre les héroïques Germains, et l'attente d'une apocalypse dont serait issu un millénium consacrant la suprématie mondiale des Aryens ». Ian Kershaw, pour sa part, pense également que la revue figurait parmi les lectures courantes de Hitler à cette époque, mais conclut plus prudemment sur la nature précise de l'influence de Lanz sur ses convictions. Il est en revanche improbable que Hitler ait connu alors l'aryosophe Guido von List et, s'il a pu être attiré par les aspects politiques de la pensée de List les plus similaires à celle de Lanz, il n'a jamais manifesté d'intérêt pour ses théories occultistes.\n\n",
"title": " Vie de bohème (1907-1913) - Antisémitisme et aryosophie "
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"source_text": "Au printemps 1913, Adolf Hitler caresse l'espoir d'aller étudier à l'Académie des beaux-arts de Munich. Pour ses vingt-quatre ans, il attend la perception de son héritage paternel, de 819 couronnes. De plus, ayant omis de s'inscrire en 1909 pour effectuer son service militaire, il pense à présent que l'administration autrichienne l'a oublié et qu'il peut passer la frontière tranquillement. Le 24 mai, habillé correctement, portant une valise et accompagné d'un homme, le commis Rudolf Häusler, il quitte le foyer pour la gare. En plus d'être une ville d'art, Munich lui paraît familière car elle est proche de sa région natale. Arrivés sur place, Häusler et Hitler louent une chambre au 34 Schleissheim. Häusler montre ses papiers autrichiens, Hitler se déclare apatride.\n\nEn janvier 1914, Hitler reçoit l'ordre de se rendre au consulat d'Autriche dans les plus brefs délais pour rendre compte de sa désertion. Il explique qu'il se serait présenté à l'hôtel de ville de Vienne où il s'est fait enregistrer, mais que la convocation ne serait jamais arrivée. Qui plus est, il a peu de ressources et est affaibli par une infection. Le consul croit en sa bonne foi et le 5 février, Hitler est définitivement ajourné devant la commission militaire de Salzbourg. Pendant longtemps, la présence de Häusler aux côtés de Hitler à Munich sera gommée, car il est l'un des rares témoins à connaître le rappel à l'ordre de l'armée autrichienne à Adolf Hitler qui n'a toujours pas fait son service militaire. Hitler ne souhaitait pas dévoiler cet épisode embarrassant. En réalité, il avait fui l'Autriche en refusant de porter les armes pour les Habsbourg.\n\nComme à Vienne, Hitler vit de ses peintures. Il aime reproduire l'hôtel de ville, des rues, des brasseries, des magasins. Il vend chaque tableau entre cinq et vingt marks, soit une centaine de marks par mois. Dans Mein Kampf, Hitler déclare avoir beaucoup lu et appris en politique à cette époque, mais aucun document ne le prouve. Peut-être fréquente-t-il les bars et les brasseries où il discute de politique.\n\n",
"title": " Vie de bohème (1907-1913) - La vie à Munich "
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"source_text": "Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône Austro-Hongrois, est assassiné à Sarajevo par un étudiant serbe. Le 31 juillet, la mobilisation générale est proclamée à Berlin. Le roi de Bavière, Louis III, envoie un télégramme à Guillaume II pour l'assurer de son soutien militaire.\n\n",
"title": " Soldat pendant la Première Guerre mondiale "
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"source_text": "Le 2 août 1914, au lendemain de la déclaration de guerre du Kaiser, des milliers de Munichois se pressent sur l'Odeonsplatz pour applaudir le roi de Bavière. Une photographie immortalise l'événement et Hitler y figure. Dans Mein Kampf, il se déclare heureux de partir en guerre. C'est pourtant oublier qu'il a tenté de se dérober à l'armée autrichienne quelques années plus tôt. D'après son livret militaire, il ne se serait présenté que le 5 août au bureau de recrutement. Il est définitivement incorporé le 16 août comme « volontaire » dans le 1er bataillon du 2e régiment d'infanterie de l'armée bavaroise. Le départ du 16e régiment d'infanterie de réserve bavarois (régiment List, du nom de son colonel, Julius von List), dans lequel il vient d'être incorporé pour le front est fixé au 8 octobre 1914. Le train atteint la frontière belge le 22 octobre puis arrive à Lille le 23.\n\n",
"title": " Soldat pendant la Première Guerre mondiale - Août 1914 "
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] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler |
Adolf Hitler - Diplomatie hitlérienne (1) | 1,072 | [
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"source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La diplomatie du Troisième Reich est essentiellement conçue et dirigée par Hitler en personne. Ses ministres des Affaires étrangères successifs, (Konstantin von Neurath puis Joachim von Ribbentrop), relayent ses directives sans faire preuve d’initiatives personnelles. La diplomatie hitlérienne, par son jeu d’alliances, d’audaces, de menaces et de duperies, est un rouage essentiel des buts stratégiques que poursuit le Führer. Ses discours tonitruants au Reichstag ou aux congrès nazis de Nuremberg scandent les crises diplomatiques qu’il provoque successivement ; ils alternent avec ses entretiens hypocritement rassurants accordés aux journaux ou aux représentants étrangers.\n\nAssimilant complètement son destin personnel à celui de l’Allemagne, et identifiant le cours biologique de sa vie avec la destinée du Reich, Hitler est obsédé par la possibilité de son vieillissement prématuré, et il veut donc pouvoir déclencher sa guerre avant de fêter ses 50 ans. Le regard porté par le dictateur sur lui-même a donc un rôle direct dans l’accélération des événements par lesquels il conduit l’Europe à la Seconde Guerre mondiale.\n\n",
"title": ""
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"source_text": "Le 14 octobre 1933, Hitler retire l’Allemagne de la Société des Nations et de la conférence de Genève sur le désarmement, tout en prononçant des discours pacifistes. Le 13 janvier 1935, la Sarre plébiscite massivement (90,8 % de « Oui ») son rattachement à l’Allemagne.\n\nLe 16 mars 1935, Hitler annonce le rétablissement du service militaire obligatoire et décide de porter les effectifs de la Wehrmacht (le nouveau nom des forces armées allemandes) de 100 000 à 500 000 hommes, par la création de 36 divisions supplémentaires. Il s’agit de la première violation flagrante du traité de Versailles. En juin de la même année, Londres et Berlin signent un accord naval, qui autorise le Reich à devenir une puissance maritime. Hitler lance alors un programme de réarmement massif, recréant notamment des forces navales (Kriegsmarine) et aériennes (Luftwaffe).\n\nLes Jeux olympiques d'hiver de 1936 à Garmisch-Partenkirchen ont constitué une formidable vitrine pour la propagande, surtout pour faire oublier sa politique du fait accompli et mettre au pied du mur le Royaume-Uni et la France dans ce que Hitler projette de faire. En janvier 1936, Bertrand de Jouvenel, jeune journaliste se trouvant aux Jeux d’hiver, prend l’initiative de contacter Otto Abetz, représentant itinérant du Reich, pour lui demander une interview de Hitler. Abetz y voit une bonne occasion de communication pour contrecarrer la ratification du Pacte franco-soviétique par un vote de la Chambre des députés devant avoir lieu le 27 février. La veille de la publication, le propriétaire de Paris-Soir, Jean Prouvost, interdit la diffusion de l’article, qui est demandée par le président du conseil Albert Sarraut. Finalement, l’article est publié, le lendemain du vote dans le journal Paris-Midi du 28 février.\n\nLe but des Allemands était de faire retarder la publication pour ensuite pouvoir dire que les bonnes intentions de Hitler avaient été cachées aux Français et ainsi adopter des contre-mesures.\n\nCe que dit Hitler dans son interview dans Paris-Midi est calibré pour le public français et représentatif de ses talents de manipulateur. Il dit ainsi sa « sympathie » pour la France et expose ses volontés pacifiques : « La chance vous est donnée à vous. Si vous ne la saisissez point, songez à votre responsabilité vis-à-vis de vos enfants ! Vous avez devant vous une Allemagne dont les neuf dixièmes font pleine confiance à leur chef, et ce chef vous dit : « Soyons amis ! »\n\nLes réactions à cette interview sont toutes convergentes à travers l’Europe, de Londres à Rome en passant par Berlin. Tous les commentateurs saluent les paroles de paix de Hitler et chacun y voit le début d’un rapprochement à quatre.\n\nDès le 7 mars 1936, Hitler revient sur ses paroles de paix en remilitarisant la Rhénanie, violant une nouvelle fois le traité de Versailles ainsi que les accords de Locarno. C’est un coup de bluff typique de sa méthode personnelle. Hitler a donné comme consigne à ses troupes de se retirer en cas de riposte de l’armée française. Cependant, bien que l’armée allemande, à ce moment-là soit bien plus faible que ses adversaires, ni les Français, ni les Britanniques ne jugent utile de s’opposer à la remilitarisation. Le succès est éclatant pour Hitler.\n\n",
"title": " Opposition au traité de Versailles "
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"source_text": "La fascination exercée par Hitler dépasse largement à l’époque les frontières de l’Allemagne. Pour de nombreux sympathisants du fascisme, il incarne l’« ordre nouveau » qui remplacera les sociétés bourgeoises et démocratiques « décadentes ». Certains intellectuels font ainsi le pèlerinage du congrès de Nuremberg, comme le futur collaborationniste Robert Brasillach. Le journaliste Fernand de Brinon, premier Français à interviewer le nouveau chancelier en 1933, sera un militant proche du nazisme, et le représentant du régime de Vichy en zone nord dans Paris occupé. Le 13 juin 1933, le premier ministre fascisant de Hongrie, Gyula Gömbös, est le premier chef de gouvernement étranger à rendre une visite officielle au nouveau chancelier allemand.\n\nChez les conservateurs de toute l’Europe, beaucoup s’obstinent pendant des années à ne voir en Hitler que le rempart contre le bolchevisme ou le restaurateur de l’ordre et de l’économie en Allemagne. La spécificité et la nouveauté radicales de sa pensée et de son régime ne sont pas perçues ; on ne voit en lui qu’un nationaliste allemand classique, guère plus qu’un nouveau Bismarck. On veut souvent croire aussi que l’auteur de Mein Kampf s’est assagi avec l’exercice des responsabilités. Au printemps 1936, Hitler reçoit spectaculairement à sa résidence secondaire de Berchtesgaden le vieil homme d’État britannique David Lloyd George, un des vainqueurs de 1918, qui ne tarit pas d’éloges sur le Führer et les succès de son régime. En 1937, il reçoit de même la visite du duc de Windsor (l’ex-roi d’Angleterre Édouard VIII).\n\nÀ l’été 1936, Hitler inaugure les Jeux olympiques de Berlin. C’est l’occasion d’un étalage à peine voilé de propagande nazie, ainsi que de réceptions grandioses destinées à séduire les représentants des establishments étrangers présents sur place, notamment les Britanniques. Le Grec Spyrídon Loúis, vainqueur du marathon aux premiers Jeux de 1896, lui remet un rameau d’olivier venu du bois d’Olympie. La France a renoncé à boycotter les Jeux et sa délégation olympique défile devant Hitler le bras tendu (le salut olympique ressemblant au salut nazi). En revanche, la délégation américaine s’est refusée à tout geste ambigu lors de son passage devant le dictateur. Plus tard, pendant les épreuves, Hitler quitte la tribune officielle, mais ce geste n'aurait pas eu pour but, contrairement à une idée répandue, d'éviter d’avoir à serrer la main du champion noir américain Jesse Owens, mais d'éviter de devoir féliciter tous les vainqueurs, décision qui englobe Owens sans le viser spécifiquement.\n\nLe 2 janvier 1939, Hitler est élu « Homme de l’année 1938 » par Time Magazine.\n\n",
"title": " Complaisances à l’étranger "
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] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler |
Système solaire - Découverte et exploration (2) | 3,845 | [
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"source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Les premières observations du Système solaire en tant que tel sont réalisées à partir de la mise au point par les astronomes de la lunette astronomique, puis du télescope, au début du XVIIe siècle. Galilée est parmi les premiers à découvrir des détails physiques sur d'autres corps grâce à sa lunette : il observe dès 1609 que la Lune est couverte de cratères, que le Soleil possède des taches et que quatre satellites, les satellites galiléens, orbitent autour de Jupiter. La découverte de satellites d'une autre planète que la Terre associée à l'observation des phases de Vénus permettent de populariser le modèle héliocentrique de Nicolas Copernic, . Par ailleurs, elles permettent de légitimer l'idée que les mêmes lois physiques s'appliquent aux autres planètes, ce qui sera ensuite formalisé par les lois de Kepler, puis par la loi universelle de la gravitation proposée par Isaac Newton.\n\nL'invention d'un nouvel oculaire convergent permet à Christian Huygens de poursuivre les avancées de Galilée en découvrant Titan, satellite de Saturne, et la forme des anneaux de cette planète, bien qu'il les pense solides. Ses observations des planètes le font aussi aboutir à une première estimation de la distance Terre-Soleil donnant environ 25 000 rayons terrestres, soit 160 millions de kilomètres, et donc très proche de la valeur réelle. Jean-Dominique Cassini découvre ensuite quatre autres lunes de Saturne, la division de Cassini dans ses anneaux et la Grande Tache rouge sur Jupiter, . Observant des légères variations sur des éphémérides de Io autour de Jupiter en fonction de la direction de la Terre, il propose par ailleurs que la lumière se déplace à une vitesse finie, ce qui est repris sans crédit par Ole Christensen Rømer. \n\nLes questions posées par le fonctionnement d’un Système solaire héliocentrique trouvent des réponses grâce à la mécanique newtonienne, exposée pour la première fois dans Principes mathématiques de la philosophie naturelle en 1687. Cependant, très révolutionnaire, elle est d’abord rejetée. Toutefois, le concept commence à être discuté et la première occurrence connue du terme « Système solaire » date d'environ 1704. La première vérification expérimentale de la théorie de Newton est produite en 1758, lorsqu'une prédiction faite en 1716 par Edmond Halley se produit avec la réapparition de la comète qui porte son nom. Le XVIIIe siècle est également marqué par l'amélioration des télescopes permettant, entre autres, l'observation précise des transits de Vénus de 1761 et de 1769 aboutissant à de nouvelles mesures des distances dans le Système solaire.\n\nLa distribution des planètes est ensuite théorisée comme suivant la loi de Titius-Bode, une relation empirique de la distribution des planètes selon une suite arithmético-géométrique, ce qui est corroboré par deux découvertes majeures. En 1781, William Herschel observe ce qu'il pense être une nouvelle comète, mais dont l'orbite révèle qu'il s'agit d'une nouvelle planète, Uranus. En 1801, Giuseppe Piazzi découvre Cérès, un petit corps situé entre Mars et Jupiter qui est initialement considéré comme une nouvelle planète. Des observations ultérieures révèlent qu'en réalité des milliers d'autres objets existent dans cette région, ce qui conduit à leur reclassification comme astéroïdes, .\n\nLes écarts entre la position d'Uranus et les calculs théoriques de son orbite conduisent à suspecter qu'une autre planète, plus lointaine, en perturbe le mouvement. Les calculs d'Urbain Le Verrier permettent la découverte de Neptune par Johann Gottfried Galle en 1846, invalidant davantage la loi de Titius-Bode. La précession du périhélie de Mercure conduit également Le Verrier à postuler, en 1859, l'existence d'une planète située entre Mercure et le Soleil, Vulcain. Ceci s'avère finalement faux et ce phénomène est ensuite expliqué en 1915 comme un test expérimental de la relativité générale, .\n\nLes anomalies de trajectoire des planètes externes font émettre par Percival Lowell l'hypothèse d'une planète X. Après sa mort, l'observatoire Lowell conduit une recherche qui aboutit à la découverte de Pluton par Clyde Tombaugh en 1930. Si Pluton est d'abord considérée comme plus grande que la Terre, sa taille est progressivement réévaluée à la baisse et l'objet est en réalité trop petit pour perturber les orbites des planètes géantes ; sa découverte est donc une coïncidence, . Comme Cérès, elle est d'abord considérée comme une planète avant d'être reclassifiée en 2006 comme planète naine, à la suite de la découverte d'Éris, un objet épars de taille similaire, en 2005.\n\nEn 1992, David Jewitt et Jane Luu découvrent (15760) 1992 QB1. Cet objet se révèle le premier d'une nouvelle catégorie, la ceinture de Kuiper, un analogue glacé à la ceinture d'astéroïdes et dont Pluton fait partie.\n\nÉvolution de la représentation du Système solaire grâce aux observations télescopiques\n\n",
"title": " Observations instrumentales "
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] | wik-svt-cinquieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire |
Socialisme - Histoire (4) | 1,580 | [
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"source_text": "\n\nLe mot socialisme recouvre un ensemble très divers de courants de pensée et de mouvements politiques, dont le point commun est de rechercher une organisation sociale et économique plus juste. Le but originel du socialisme est d'obtenir l'égalité sociale, ou du moins une réduction des inégalités et, notamment pour les courants d'inspiration marxiste, d'établir une société sans classes sociales. Plus largement, le socialisme peut être défini comme une tendance politique, historiquement marquée à gauche, dont le principe de base est l'aspiration à un monde meilleur, fondé sur une organisation sociale harmonieuse et sur la lutte contre les injustices. Selon les contextes, le mot socialisme ou l'adjectif socialiste peuvent qualifier une idéologie, un parti politique, un régime politique ou une organisation sociale. La notion de socialisme s'exprime également par une forme spécifique de morale sociale laïque et non-religieuse véhiculant des valeurs morales individuelles et collectives.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Au début du XIXe siècle, dans les États de langue allemande membres de la Confédération germanique — durant la période dite du vormärz — la classe ouvrière est principalement employée dans l'artisanat et non dans l'industrie. Si la pensée utopique s'est diffusée en Allemagne comme dans le reste de l'Europe, la mouvance socialiste se développe par la suite essentiellement dans les milieux intellectuels, par le biais de contacts avec l'étranger. Les thèmes de la lutte des classes et de l'amélioration du sort des ouvriers se retrouvent dans les œuvres des écrivains exilés Ludwig Börne et Heinrich Heine - ce dernier étant influencé par le saint-simonisme - qui contribuent indirectement à diffuser en Allemagne les idées associées au socialisme. Les théories de Fourier et de Babeuf trouvent des disciples allemands. Georg Büchner, via ses contacts en France avec la Société des droits de l'homme, s'initie à l'idéologie babouviste. Franz Xaver von Baader, philosophe mystique, contribue à sensibiliser l'opinion catholique au sort des prolétaires. Lorenz von Stein publie en 1842 l'ouvrage Le Socialisme et le communisme dans la France contemporaine, qui permet au lectorat de langue allemande de se familiariser en profondeur avec les idées françaises.\n\nLes premiers embryons de groupes socialistes allemands se constituent dans le milieu des associations de compagnons vivant à l'étranger, dont certains ont été influencés par le mouvement Jeune-Allemagne, d'inspiration mazzinienne. Des exilés politiques, en contact étroit avec les écoles de pensée françaises, fondent en 1834 une société secrète inspirée du carbonarisme, la Ligue des bannis. En 1836, ce groupe laisse la place à une nouvelle organisation clandestine, la Ligue des justes, dont Wilhelm Weitling est le principal idéologue. Ne comptant que quelques centaines de membres, la Ligue a néanmoins des ramifications dans plusieurs pays. Le socialisme de la Ligue est empreint de nombreux éléments chrétiens qui révèlent son caractère transitoire : en 1841, Weitling interprète ainsi la communion comme l'acte communiste par excellence, le partage du repas étant conçu comme la métaphore du partage des biens. Ce socialisme christianisant est rapidement dépassé par des idéologies plus radicales. Dès 1842, Engels souligne le caractère paradoxal de ce communisme qui, pour se légitimer, se croit obligé de se référer à la Bible. L'un des membres de la Ligue, Karl Schapper, réorganise la section londonienne du mouvement et anime la Société communiste de formation ouvrière (Kommunisticher Arbeiterbildungsverein), qui constitue une foyer actif de militantisme socialiste. Il finit par condamner la direction de Weitling : « Nous sommes comme des soldats parqués dans des baraques. Dans le système de Weitling, il n'y a pas de liberté ». Tout au long des années 1840, la Ligue se sécularise et incorpore des catégories et des concepts nouveaux élaborés par des milieux intellectuels athées : au milieu de la décennie, la tendance « weitlingiste » tend à décliner, alors que le débat dominant parmi les émigrés politiques allemands devient principalement celui entre croyants et athées.\n\nLa pensée socialiste allemande présente pour spécificité de découler pour partie d'un débat philosophique. À la fin des années 1830, un désaccord profond émerge entre les disciples de Hegel. L'enjeu est initialement théologique : menant jusqu'à leur terme les présupposés de la Phénoménologie de l'esprit, les Jeunes hégéliens remettent en cause la notion chrétienne de personne. Pour David Strauss et Ludwig Feuerbach, le soi n'a pas véritablement d'existence en tant que tel : ce n'est qu'une construction sociale. Cette posture philosophique possède d'emblée une connotation politique. En tant que déterminant, la société ne saurait rester figée. À l'instar de la conscience humaine, elle est appelée à évoluer, à se réformer jusqu'à parvenir à un degré d'organisation toujours plus juste, démocratique et rationnel. Contrairement à ce que pensent les hégéliens de droite, la société prussienne ne représente pas la fin de l'histoire. Elle ne constitue que l'étape d'un processus de libéralisation toujours en cours.\n\nÀ partir des années 1840, cette gauche hégélienne se radicalise : la promotion d'une libéralisation graduelle ne parvient pas à s'imposer face à un État prussien rétif à tout changement. Moses Hess, futur théoricien du sionisme, soucieux de transformer la philosophie de Hegel en philosophie de l'action, développe une pensée socialiste préconisant l'instauration d'une société sans propriété privée, qui serait une « nouvelle Jérusalem ». La tendance de Hess — que Marx surnomme par la suite, de manière ironique, le « socialisme vrai » — se répand en Allemagne vers 1844, en particulier dans les provinces occidentales, témoignant de l'intérêt des milieux intellectuels pour les questions sociales. Mais la littérature issue de ce courant est trop abstraite et inactuelle pour avoir une influence politique directe. En 1843, Karl Marx décide d'opérer une liaison entre l'hégélianisme de gauche et son propre engagement socialiste.\n\nEn février 1847, Karl Marx et Friedrich Engels adhèrent à la Ligue des justes. On assiste de fait à la réunion des deux principales sources de la pensée socialiste allemande : celle, intellectuelle, des hégéliens de gauche et celle, institutionnelle, des associations de compagnonnage. En conséquence, la Ligue des justes change d'appellation et devient la Ligue des communistes. La première devise de la Ligue, « Tous les hommes sont frères », est remplacée par « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Marx et Engels parviennent à imposer leurs conceptions révolutionnaires face aux doctrines utopistes : ils sont chargés d'écrire la profession de foi de l'organisation, le Manifeste du Parti communiste, après qu'un premier projet de Hess a été refusé. Ayant réfuté le « socialisme réactionnaire », le socialisme « bourgeois » de Proudhon, comme le « socialisme vrai » de Hess, Marx et Engels exposent leur conception de la lutte des classes, les communistes devant constituer l'« avant-garde » des partis ouvriers et soutenir le prolétariat dans sa lutte contre la classe dominante, qu'il s'agisse, selon les pays, de la bourgeoisie ou de la noblesse. La classe ouvrière à laquelle Marx s'adresse n'est cependant encore qu'en gestation en Allemagne et la Ligue des communistes, si elle dispose de sections dans divers pays, ne compte que peu de membres (environ 500). Le Manifeste du Parti communiste, s'il est promis à une longue postérité, n'a pas d'influence immédiate au moment de sa parution.\n\n",
"title": " Avant 1848 - Le socialisme en Allemagne "
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Socialisme |
Développement durable - Critiques de la notion (1) | 867 | [
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"source_text": "\n\nLe développement durable (en anglais : sustainable development, parfois traduit par développement soutenable) est une conception du développement qui s'inscrit dans une perspective de long terme et en intégrant les contraintes environnementales et sociales à l'économie. Selon la définition donnée dans le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987, « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le terme de « développement durable » a été critiqué pour le flou qui l'entoure. Luc Ferry écrit ainsi : « Je sais que l'expression est de rigueur, mais je la trouve si absurde, ou plutôt si floue qu'elle ne dit rien de déterminé. (…) qui voudrait plaider pour un « développement intenable » ! Évidemment personne ! […] L'expression chante plus qu'elle ne parle ».\n\nLe concept rencontre des critiques à plusieurs niveaux. Ainsi, John Baden (en) considère que la notion de développement durable est dangereuse, car débouchant sur des mesures aux effets inconnus et potentiellement néfastes. Il écrit ainsi : « en économie comme en écologie, c'est l'interdépendance qui règne. Les actions isolées sont impossibles. Une politique insuffisamment réfléchie entraînera une multiplicité d'effets pervers et indésirables, tant au plan de l'écologie qu'au plan strictement économique ». À l'opposé de cette notion, il défend l'efficacité de la propriété privée pour inciter les producteurs et les consommateurs à économiser les ressources. Selon Baden, « l'amélioration de la qualité de l'environnement dépend de l'économie de marché et de la présence de droits de propriété légitimes et garantis ». Elle permet de maintenir l'exercice effectif de la responsabilité individuelle et de développer les mécanismes d'incitation à la protection de l'environnement. L'État peut dans ce contexte « créer un cadre qui encourage les individus à mieux préserver l'environnement », en facilitant la création de fondations vouées à la protection de l'environnement ».\n\nCertains auteurs, tels que les économistes américains Pearce (en) et Turner, par exemple, soutiennent en 1990, que la dégradation du capital naturel est irréversible, en soulignant que la capacité de l'environnement à assimiler les pollutions est limitée. D'autres auteurs, comme Paul Ekins (en) en 2003, appartenant au courant de l'économie écologique, mettent en avant le caractère irremplaçable de certaines ressources naturelles, qui rend le capital naturel non substituable.\n\nLe développement durable est également critiqué en ce qu'il peut n'être qu'un outil des pays du Nord contre les pays en développement : la géographe spécialiste du Tiers-Monde Sylvie Brunel, estime que les idées de développement durable peuvent servir comme paravent aux idées protectionnistes des pays du Nord pour empêcher le développement par le commerce des pays du Sud. Selon elle, le développement durable « légitime un certain nombre de barrières à l'entrée ». En offrant ainsi un prétexte au protectionnisme des pays développés, « le sentiment que donne le développement durable, c'est qu'il sert parfaitement le capitalisme ».\n\nCertains auteurs dénoncent une dimension religieuse ou irrationnelle du développement durable. Sylvie Brunel parle ainsi de « technique de marketing digne des grands prédicateurs » et souligne ainsi que « « le développement durable est le produit de la dernière mondialisation et de toutes les peurs qu’elle peut entraîner ». Pour Claude Allègre, il s'agit d'une religion de la nature, qui a oublié que la préoccupation essentielle devait être l'homme : « La moulinette écologique a, hélas, amplifié le mot « durable » et effacé le mot « développement » au fil des années. Nous revendiquons ici le respect de cette exigence dans son intégralité. Ce n’est pas parce qu’on défend la nature qu’on peut laisser de côté la culture ».\n\nD'autres penseurs soulignent encore les menaces potentielles pour les libertés individuelles que les idées au fondement du développement durable peuvent représenter. Le philosophe Luc Ferry voit par exemple dans les idées de Hans Jonas des idées potentiellement totalitaires et souligne les risques du développement durable à cet égard. \n\nLe philosophe Dominique Bourg craint une dérive vers des modèles de substitution à durabilité faible, qui admettent que la destruction du capital naturel — qui découle immanquablement des activités économiques — peut être compensée par la création de capital reproductible et donc de techniques diverses.\n\nLes tenants de l'écologie politique considèrent que le terme de développement durable est un oxymore car les ressources naturelles sont finies alors que le mot « développement » présuppose, selon eux, une exploitation toujours plus importante, voire infinie, de ces ressources. Ainsi, Serge Latouche, sous un angle économique, ou Jean-Christophe Mathias, sous un angle philosophico-juridique, critiquent ce concept. Jean-Christophe Mathias estime que le concept de développement durable est « schizophrénique » car il propose de régler des problèmes environnementaux par ce qui en est, selon lui, l'origine, à savoir la croissance économique continue. Il considère que le développement durable, de même que le principe de précaution, n'est pas adapté à une politique volontariste de protection de la nature car il donne à ses yeux la primauté à l'économie sur les questions sociale et environnementale. Serge Latouche, de son côté, interroge les différentes dénominations du concept, à savoir développement durable, soutenable ou supportable et conclut que le développement serait problématique du fait de la finitude de la planète. Il propose de sortir de l'« économicisme » et d'organiser la décroissance.\n\nL'éleveur Xavier Noulhianne critique la notion de développement durable car, selon lui, « le paradigme majeur de ce Grand Récit est qu'il serait possible de construire un avenir pour tous dans un monde tel qu'il est, sans avoir à en modifier les fondements » et qu'en particulier cette notion ne remettrait pas en cause l'industrialisation en cours des activités humaines et notre statut assigné d'administré ; elle concourrait même plutôt à renforcer leur légitimité.\n\nD’autres critiques estiment que les trois dimensions, écologique, sociale et économique, ne suffisent pas à refléter la complexité de la société contemporaine. C'est ainsi que l'organisation Cités et Gouvernements locaux unis (CGLU) a approuvé en 2010 la déclaration « La culture : quatrième pilier du développement », fruit du travail réalisé dans le cadre de l'Agenda 21 de la culture.\n\nEnfin, la définition classique du développement durable issue de la commission Brundtland (1987) peut apparaître à certains dépassée. En effet, il ne s'agirait aujourd'hui plus de viser, comme dans les années 1980, la satisfaction des besoins lointains de générations futures. C'est la satisfaction actuelle des besoins qui est maintenant compromise par les crises environnementales et sociales que connaît le XXIe siècle. Il ne s'agit plus, selon cette critique, d'anticiper les problèmes, mais de les résoudre. Le développement durable pourrait alors laisser place à la notion de « développement désirable », terme employé par le designer Thierry Kazazian, qui regroupe l'ensemble des solutions économiquement viables aux problèmes environnementaux et sociaux que connaît la planète. Ce nouveau mode de développement, facteur de croissance économique et d'emplois, serait une véritable « économie verte », fondée sur l'économie sociale et solidaire, l'écoconception, le biodégradable, le bio, la dématérialisation, le réemploi-réparation-recyclage, les énergies renouvelables, le commerce équitable ou la relocalisation.\n\n",
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Développement_durable |
Napoléon Ier - Retour de ses cendres en France (1) | 1,479 | [
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"source_text": "\n\nNapoléon Bonaparte, né le 15 août 1769 à Ajaccio et mort le 5 mai 1821 sur l'île de Sainte-Hélène, est un militaire et homme d'État français, premier empereur des Français du 18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars au 22 juin 1815, sous le nom de Napoléon Ier.\n\nSecond enfant de Charles Bonaparte et Letizia Ramolino, Napoléon Bonaparte devient en 1793 général dans les armées de la Première République française, née de la Révolution, où il est notamment commandant en chef de l'armée d'Italie puis de l'armée d'Orient. Arrivé au pouvoir en 1799 par le coup d'État du 18 Brumaire, il est Premier consul — consul à vie à partir du 2 août 1802 — jusqu'au 18 mai 1804, date à laquelle l'Empire est proclamé par un sénatus-consulte suivi d'un plébiscite. Il est sacré empereur, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804, par le pape Pie VII, en même temps que son épouse Joséphine de Beauharnais.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Napoléon demanda à être enterré sur les bords de la Seine, mais lorsqu’il mourut en 1821 il fut inhumé à Sainte-Hélène.\n\nDix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe Ier put obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de Napoléon. L’exhumation du corps eut lieu le 15 octobre 1840 et Napoléon quitta définitivement l'île de Sainte-Hélène le dimanche 18 octobre 1840. Son corps fut rapatrié triomphalement à Paris, le 15 décembre 1840, au milieu d'une foule innombrable, et enterré aux Invalides, dans « un grand sarcophage […] de porphyre rouge — en fait du quartzite aventuriné de Finlande, proche du porphyre — posé sur un socle de granit vert des Vosges ». Le socle en marbre noir provient de la carrière de marbre de Sainte-Luce. Le transport de ce bloc de 5,5 mètres de long, 1,20 mètre de large et 0,65 mètre d'épaisseur, ne se fit pas sans peine.\n\nAprès 1854, l’empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau (Sainte-Hélène), qui devinrent propriétés françaises en 1858 et sont gérées depuis par le ministère des Affaires étrangères.\n\nÀ l'occasion de la célébration du bicentenaire de la naissance de Napoléon, le journaliste-photographe Georges Rétif de la Bretonne publia en mars 1969 l'ouvrage Anglais, rendez-nous Napoléon dans lequel il développait la thèse substitutionniste (substitution de cadavre). Le roi d'Angleterre George IV, aurait fait exhumer secrètement le corps de l'empereur vers 1824 ou 1825 puis substitué celui-ci avec celui de son maître d'hôtel Cipriani qui se trouverait dans le sarcophage. Cette thèse reprise depuis par d'autres auteurs ne repose que sur des spéculations.\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Napoléon_Ier |
Civilisation carthaginoise - Histoire (2) | 2,441 | [
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"source_text": "\n\nLa civilisation carthaginoise ou civilisation punique est une ancienne civilisation située dans le bassin méditerranéen et à l'origine de l'une des plus grandes puissances commerciales, culturelles et militaires de cette région dans l'Antiquité.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Les épisodes dénommés « guerres puniques » voient l'antagonisme s'étendre sur plus d'un siècle, de 264 à 146 av. J.-C., l'issue ayant pu sembler longtemps incertaine.\n\nLe premier conflit a lieu de 264 à 241 av. J.-C., aboutissant pour Carthage à la perte de la Sicile et au paiement d'un lourd tribut. Cette première défaite engendre de graves conséquences sociales avec l'épisode de la guerre des Mercenaires, entre 240 et 237 av. J.-C., la ville étant finalement sauvée par Hamilcar Barca. Rome profite de ces difficultés internes pour alourdir les conditions de la paix.\n\nAprès cette étape, l'impérialisme de Carthage s'oriente vers la péninsule Ibérique et se heurte aux alliés de Rome, rendant le second conflit inéluctable (219-201 av. J.-C.) après le siège de Sagonte. Lors de l'aventure italienne, Hannibal Barca se montre capable de victoires éclatantes mais dans l'incapacité de les exploiter pour pousser son avantage et mettre à genoux une Rome pourtant vacillante. Après 205 av. J.-C., la guerre ne se déroule plus que sur le sol africain, l'année 202 av. J.-C. marquant la victoire finale de Scipion l'Africain à Zama.\n\nAu cours des cinquante années qui suivent, Carthage rembourse de façon régulière le lourd tribut, mais en même temps elle se dote d'équipements coûteux, tels que les ports puniques dans leur dernier état de développement. La cité semble avoir retrouvé à cette époque une prospérité certaine, corroborée par la construction de programmes édilitaires concertés comme celui du quartier punique de Byrsa (lié au suffétat d'Hannibal Barca).\n\nPourtant, face au relèvement de la cité et à la fin du paiement du tribut, Rome impose aux Carthaginois d'abandonner la ville et de se retirer dans l'arrière-pays et, partant, de renoncer à leur identité maritime. À ce propos, Velleius Paterculus a écrit que « Rome, déjà maîtresse du monde, ne se sentait pas en sûreté tant que subsisterait le nom de Carthage ». Le refus logique qui suit cette intransigeance entraîne le troisième et dernier conflit. Celui-ci, marqué par le siège de Carthage, dure trois années. À son terme, même si du sel n'a pas été répandu sur le sol ainsi que l'historiographie de la fin du XIXe et du début du XXe siècle le relate, la destruction de la ville est totale et une malédiction jetée sur son site, lequel est déclaré sacer. Carthage n'existe plus comme entité politique, mais longtemps perdurent des aspects de sa civilisation, essaimés en Méditerranée : éléments religieux, artistiques et linguistiques, voire institutionnels en Afrique du Nord.\n\n",
"title": " Antagonisme avec Rome et fin de la Carthage punique - Affrontement : les guerres puniques "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_carthaginoise |
Régime parlementaire | 3,160 | [
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"source_text": "Les régimes parlementaires sont des régimes politiques constitutionnels caractérisés par l’équilibre entre les pouvoirs du cabinet ministériel et ceux du parlement. Le cabinet est politiquement et collectivement responsable devant le parlement ou l'une des chambres du parlement en contrepartie de quoi, le cabinet peut généralement dissoudre le parlement. Le régime présidentiel, qui s'en distingue, se caractérise au contraire par la séparation des pouvoirs et donc l’absence de responsabilité du cabinet devant le parlement et de droit de dissolution du parlement par le pouvoir exécutif.\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Régime_parlementaire |
Premier Empire | 2,903 | [
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"source_text": "L'Empire français, appelé a posteriori le Premier Empire, est le régime impérial de la France à partir du 18 mai 1804, date de la proclamation de Napoléon Bonaparte empereur des Français par sénatus-consulte, jusqu'à sa première abdication le 4 avril 1814, puis de son retour à Paris le 20 mars 1815 à la séparation de la Commission Napoléon II le 7 juillet 1815. D'abord perçu comme une continuation de la Première République, avant de prendre la dénomination officielle d'« Empire français » en 1809, il fait suite au Consulat, est entrecoupé par la Première Restauration avant le rétablissement de son autorité lors des Cent-Jours, et est suivi par la Seconde Restauration.\n\nLe Premier Empire se distingue des autres régimes politiques de l'Histoire de France d'abord par son originalité (il inaugure un système politique alors inédit en France, l'Empire), ensuite par sa belligérance (les guerres napoléoniennes voient la France affronter successivement cinq coalitions de 1805 à 1815). Ces conflits permettent à Napoléon de conquérir la majeure partie de l'Europe continentale, hors Scandinavie. Portée à son extension continentale maximale (2 500 000 km2 annexés), la France compte alors 135 départements, des villes comme Rome, Hambourg, Barcelone, Amsterdam ou Raguse devenant chefs-lieux de départements français.\n\nIncarnés par de nombreuses et spectaculaires victoires militaires (Austerlitz, Iéna, Auerstadt, Eylau, Friedland, Wagram), ces succès continentaux se payent au prix de lourdes pertes en hommes (800 000 hommes du côté français) et d'un recul sur le plan colonial, conduisant à la disparition du Premier empire colonial français, à la vente de la Louisiane en 1803 s'ajoutant à la conquête de certaines colonies antillaises par le Royaume-Uni, ennemi de la Révolution et maître des mers. Les récurrents échecs français à conquérir les îles Britanniques (expéditions d'Irlande, campagne de Trafalgar) laissent en effet les Britanniques financer les successives coalitions qui viennent en 1814 à bout des armées impériales, après le tournant décisif de la campagne de Russie, échec stratégique dont la Grande Armée ne se relèvera pas.\n\nC'est le premier des deux empires français établis au profit de la dynastie des Bonaparte.\n\nL’Empire commence le 18 mai 1804, quand le sénatus-consulte proclame Napoléon Bonaparte « empereur des Français ». Le plébiscite du 6 novembre 1804 confirme cette désignation.\n\nLe Premier Empire s'achève le 6 avril 1814 (abdication de Napoléon à Fontainebleau, après sa déchéance prononcée à Paris le 2 avril par le Sénat, et départ le 20 avril pour l'île d'Elbe). Il est suivi par la Restauration des Bourbons, interrompue par l'épisode des Cent-Jours du 20 mars au 7 juillet 1815.\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_Empire |
Élévation du niveau de la mer - Phénomènes régionaux ou de court terme (1) | 3,682 | [
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"source_text": "\n\nL'élévation du niveau de la mer est un phénomène enclenché au cours du XXe siècle et résultant du réchauffement climatique. Le niveau moyen des océans a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018, et le rythme s'accélère, s'établissant, vers 2020, à plus de 3,5 mm par an. Les mesures sont effectuées par deux moyens principaux : les marégraphes, installations fixes, et l'altimétrie satellitaire.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "De nombreux effets locaux, périodiques ou épisodiques, affectent le niveau de la mer. Le lien entre ces phénomènes et l'élévation eustatique du niveau de la mer est de deux ordres. D'une part, d'un point de vue métrologique, ces effets doivent être retranchés des mesures pour extraire la tendance à long terme, et l'existence de phénomènes régionaux explique la nécessité de disposer de mesures sur l'ensemble de la planète. D'autre part, en matière de prévision des risques, ces effets s'ajoutent à la hausse globale du niveau de la mer : pour décrire les risques pour telle zone dans la monde, c'est le niveau maximal prévisible qui doit être pris en compte.\n\n",
"title": ""
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"source_text": "Les marées astronomiques diurnes et semi-diurnes, phénomènes périodiques dont l'amplitude totale peut varier de 20 cm à 16 m selon les endroits, sont faciles à mesurer, et à retrancher de la tendance à long terme, du fait de leur périodicité courte.\n\nEn revanche, il existe différents phénomènes de marées à longue période, avec des périodicités de 14 jours ou plus. Dues à différents phénomènes astronomiques, elles ont des amplitudes relativement faibles. La composante la plus longue est un cycle qui s'étend sur 18,6 ans durant lequel le niveau moyen des pleines mers augmente de 3 % par an durant 9 ans, puis diminue de 3 % durant 9 ans, et ainsi de suite. Ce phénomène est lié au cycle nodal de la Lune. Ce cycle exacerbe puis diminue, alternativement, les effets de l'élévation du niveau de la mer induits par le réchauffement climatique.\n\n",
"title": " Marées "
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"source_text": "L'effet baromètre inverse est une variation du niveau de la mer sous l'influence de la pression atmosphérique : la mer est bombée sous une dépression et creusée sous un anticyclone. Cette variation est d'environ 1 cm pour 1 hPa. Les variations de la pression atmosphérique étant plus importantes aux hautes latitudes, l'écart-type sur l'année de ce phénomène est inférieur au centimètre dans les régions équatoriales, et atteint 7 cm aux abords de l'océan Arctique. Un exemple de manifestation de cet effet se retrouve avec l'oscillation nord-atlantique, fluctuation climatique généralement exprimée par la différence de pression atmosphérique entre l'anticyclone des Açores et la dépression d'Islande, qui a un impact sur le niveau de la mer en Europe du Nord.\n\nL'effet se calcule, il est donc corrigé sur les mesures de niveau de la mer, ce qui demande naturellement une connaissance précise de valeurs de pression atmosphérique, parfois défaillante sur les séries de données anciennes.\n\nLe vent induit également un effet sur le niveau de la mer. Dans son expression la plus simplifiée, la réponse statique à un stress éolien constant est un gradient du niveau de la mer dans la direction du vent. Dans certaines mers, le vent est la principale cause de fluctuations saisonnières du niveau de la mer. C'est le cas de la mer Rouge, où le régime de vent induit une oscillation saisonnière de l'ordre de 25 cm.\n\n",
"title": " Effets météorologiques "
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"source_text": "La salinité de l'eau influe également sur sa densité, c'est l'effet dit halostérique : ainsi la densité de l'eau de mer est, à température égale, supérieure de 2,5 % à celle de l'eau douce. Les différences de salinité d'une région à l'autre influent sur le niveau local de la mer : les zones où l'eau est moins salée sont « bombées », et les zones plus salées sont « en cuvette » pour maintenir l'équilibre hydrostatique. Ainsi la variation locale de la salinité, due notamment à l’apport d'eau douce par les fleuves, la pluie et la fonte des glaces, intervient dans l'évolution du niveau de la mer d'une région donnée.\n\nPar un mécanisme comparable, les variations de température superficielle d'une zone à une autre induisent des différences de niveau de la mer : dans une zone plus froide, la masse volumique de l'eau en surface sera plus élevée, ce qui se traduira par une anomalie négative sur le niveau de la mer. Cet effet conduit à des disparités régionales importantes. À titre d'exemple, des années 1960 aux années 1990, le niveau de la mer en Méditerranée orientale a diminué, à l'inverse de la tendance mondiale, du fait d'une diminution des températures en surface dans cette région.\n\nCes effets sont très importants pour la prévision des risques liés au niveau de la mer à l'échelle régionale : si dans une région donnée les températures augmentent moins que la moyenne mondiale, le niveau la mer y augmentera également moins, et inversement. De même, si on voit une augmentation de la salinité (en raison d'une réduction de l'apport d'eau douce), celle-ci ralentira la hausse du niveau de la mer, et inversement.\n\n",
"title": " Différences de salinité et de température "
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"source_text": "Il existe une fluctuation saisonnière du niveau de la mer. Dans l'hémisphère nord, son amplitude min-max est d'environ 12 mm, avec un minimum en mars, et un maximum en septembre. Dans l'hémisphère sud, l'amplitude est moitié moindre et la saisonnalité est inversée. Cette fluctuation est due au cumul de plusieurs effets. Elle combine les phénomènes cités précédemment : marée annuelle, variations de la pression atmosphérique, de la salinité et le température. Elle fait aussi intervenir une variation saisonnière de distribution des masses d'eau entre les océans et les continents : les masses continentales étant réparties de façon très asymétrique entre les deux hémisphères, la quantité d'eau stockée sur les continents (dans les lacs, les sols, les nappes souterraines et les glaces) est plus importante pendant l'hiver de l'hémisphère nord. Pour cette raison, même le niveau de la mer moyenné sur toute la planète présente une légère fluctuation annuelle, d'environ 1 cm, .\n\n",
"title": " Phénomènes saisonniers "
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"img": [],
"source_text": "Le phénomène climatique El Niño se traduit par une anomalie considérable sur le niveau de la mer. Une surélévation anormale se produit le long de l'équateur, sur les deux tiers de l'océan Pacifique, jusqu'à la côte sud-américaine — dans l'exemple de l'El Niño 2015-2016, elle atteint 20 cm —, équilibrée par un creux d'amplitude comparable plus à l'ouest et au nord. Cet effet permet d'utiliser les satellites altimétriques pour mesurer l'amplitude d'El Niño, mais doit être retranché des mesures pour ne pas biaiser l'estimation à long terme de l'évolution du niveau de la mer.\n\n",
"title": " El Niño "
},
{
"img": [],
"source_text": "Les évènements météorologiques associés à une dépression (tempête, cyclones tropicaux) peuvent provoquer localement une hausse soudaine et massive du niveau de la mer, entrainant des inondations dévastatrices. Cet effet est dû à l'association de la pression, du vent et de la force de coriolis. La probabilité d'inondations résultant du cumul d'une onde de tempête et de fortes précipitations s'accroit du fait du réchauffement climatique. L'élévation du niveau de la mer s'ajoutera progressivement à leurs conséquences.\n\n",
"title": " Ondes de tempête "
}
] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Élévation_du_niveau_de_la_mer |
Système solaire - Système solaire externe (1) | 3,835 | [
{
"img": [],
"source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Au-delà de la ceinture d'astéroïdes s'étend une région dominée par les géantes gazeuses et leurs satellites naturels. De nombreuses comètes à courte période, y compris les centaures, y résident également. Si cette dénomination s'appliquait un temps jusqu'aux limites du Système solaire, les parties les plus extérieures du Système solaire situées après l'orbite de Neptune sont désormais considérées comme une région distincte constituée des objets transneptuniens depuis la découverte de la ceinture de Kuiper.\n\nLes objets solides de cette région sont composés d'une plus grande proportion de « glaces » (eau, ammoniac, méthane) que leurs correspondants du Système solaire interne, notamment parce qu'elle se trouve en grande partie après la ligne des glaces et que les températures plus basses permettent à ces composés de rester solides.\n\n",
"title": ""
},
{
"img": [],
"source_text": "Les quatre planètes extérieures, ou planètes géantes, représentent collectivement 99 % de la masse connue pour orbiter autour du Soleil. Jupiter et Saturne représentent ensemble plus de 400 fois la masse terrestre et sont constituées en grande partie d'hydrogène et d'hélium, d'où leur désignation de géantes gazeuses ; ces compositions, assez proches de celle du Soleil quoique comprenant plus d'éléments lourds, impliquent qu'elles ont des densités faibles. Uranus et Neptune sont beaucoup moins massives — faisant environ 20 masses terrestres chacune — et sont principalement composées de glaces, justifiant qu'elles appartiennent à la catégorie distincte des géantes de glaces. Les quatre planètes géantes possèdent un système d'anneaux planétaires, bien que seul le système d'anneaux de Saturne soit facilement observable depuis la Terre. En outre, elles ont en moyenne plus de satellites naturels que les planètes telluriques, de 14 pour Neptune à 82 pour Saturne. Si elles n'ont pas de surface solide, elles possèdent des noyaux de fer et de silicates allant de quelques à plusieurs dizaines de masses terrestres. \n\nLe terme « planète externe » n'est pas strictement synonyme de « planète supérieure » ; le second désigne en général les planètes en dehors de l'orbite terrestre et comprend donc à la fois toutes les planètes externes et Mars.\n\n",
"title": " Planètes externes "
},
{
"img": [],
"source_text": "Jupiter (5,2 ua), par ses 317 masses terrestres, est aussi massive que 2,5 fois toutes les autres planètes réunies et son diamètre avoisine les 143 000 kilomètres. Sa période de révolution est d'environ 12 ans et sa période de rotation est d'un peu moins de 10 heures, .\n\nElle est composée essentiellement d'hydrogène et d'hélium, d'un peu d'ammoniac et de vapeur d'eau ainsi que probablement un noyau solide rocheux, mais n'a pas de surface définie. Sa forte chaleur interne anime des vents violents, de près de 600 km/h, qui parcourent les couches supérieures de l'atmosphère de la planète et la divisent visiblement en plusieurs bandes colorées à différentes latitudes, séparées par des turbulences. Ce phénomène crée également un certain nombre de caractéristiques semi-permanentes, comme la Grande Tache rouge, un anticyclone observé depuis au moins le XVIIe siècle. Sa puissante magnétosphère, animée par un courant électrique dans sa couche interne d'hydrogène métallique, crée un des plus forts champ magnétique connu du Système solaire — dépassé seulement par les taches solaires — et des aurores polaires aux pôles de la planète. Si la température au niveau des nuages est d'environ 120 K (−153 °C), elle augmente rapidement avec la pression vers le centre de la planète du fait de la compression gravitationnelle et atteindrait 6 000 K et une pression un million de fois plus élevée que celle sur Terre à 10 000 km de profondeur.\n\nJupiter possède 82 satellites connus. Les quatre plus gros, aussi appelés satellites galiléens car découverts par l'astronome italien Galilée au XVIIe siècle, Ganymède, Callisto, Io et Europe, présentent des similarités géologiques avec les planètes telluriques, . Parmi les plus grands objets du Système solaire — ils sont tous plus grands que les planètes naines —, Ganymède est même la plus grande et la plus massive lune du Système solaire, dépassant en taille la planète Mercure, . Par ailleurs, les trois lunes intérieures, Io, Europe et Ganymède, sont le seul exemple connu de résonance de Laplace du Système solaire : les trois corps sont en résonance orbitale 4:2:1, ce qui a un impact sur leur géologie et par exemple le volcanisme sur Io, .\n\nLe système jovien comprend également les anneaux de Jupiter, mais l'influence de la planète s'étend à de nombreux objets du Système solaire, comme les astéroïdes troyens de Jupiter.\n\n",
"title": " Planètes externes - Jupiter "
},
{
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"source_text": "Saturne (9,5 ua) possède des caractéristiques similaires à Jupiter, telles que sa composition atmosphérique et sa puissante magnétosphère. Bien qu'elle fasse 60 % du volume de l'autre planète géante gazeuse du fait de son diamètre équatorial d'environ 121 000 kilomètres, elle est beaucoup moins massive avec 95 masses terrestres. Sa période de révolution vaut un peu moins de 30 années tandis que sa période de rotation est estimée à 10 h 33 min. \n\nLa caractéristique la plus célèbre de la planète est son système d'anneaux proéminent, . Composés principalement de particules de glace et de poussières, et divisés en sections espacées de divisions, ils se seraient formés il y a moins de 100 millions d'années. De plus, elle est la planète possédant le plus grand nombre de satellites naturels, 82 étant confirmés et des centaines de satellites mineurs garnissant son cortège. Sa plus grande lune, Titan, est également la deuxième plus grande du Système solaire et est la seule lune connue à posséder une atmosphère substantielle, . Une autre lune remarquable, Encelade, émet de puissants geysers de glace du fait de son cryovolcanisme et serait un habitat potentiel pour la vie microbienne, .\n\nSeule planète du Système solaire moins dense que l'eau, l'intérieur de Saturne est très probablement composé d'un noyau rocheux de silicates et de fer entouré de couches constituées en volume à 96 % d'hydrogène qui est successivement métallique puis liquide puis gazeux, mêlé à de l'hélium, . Un courant électrique dans la couche d'hydrogène métallique donne naissance à sa magnétosphère, la deuxième plus grande du Système solaire, mais beaucoup plus petite que celle de Jupiter, et à des aurores polaires. L'atmosphère de Saturne est généralement terne et manque de contraste, bien que des caractéristiques de longue durée puissent apparaître tel l'hexagone à son pôle nord. Les vents sur Saturne peuvent atteindre une vitesse de 1 800 km/h, soit les deuxièmes plus rapides du Système solaire après ceux de Neptune.\n\n",
"title": " Planètes externes - Saturne "
}
] | wik-svt-cinquieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire |
Élévation du niveau de la mer - Métrologie du phénomène (2) | 3,684 | [
{
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"source_text": "\n\nL'élévation du niveau de la mer est un phénomène enclenché au cours du XXe siècle et résultant du réchauffement climatique. Le niveau moyen des océans a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018, et le rythme s'accélère, s'établissant, vers 2020, à plus de 3,5 mm par an. Les mesures sont effectuées par deux moyens principaux : les marégraphes, installations fixes, et l'altimétrie satellitaire.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Des mesures d'une précision extrême étant nécessaires, il existe de complexes phases de calibrations visant à corriger les différentes erreurs de mesure possibles. Des algorithmes de traitement des données sont appliqués pour corriger plusieurs sources d'erreurs de mesure.\n\nLa traversée de l'ionosphère affecte la vitesse de phase des ondes, en créant un délai qui est fonction du niveau d'ionisation, et varie donc considérablement selon l'heure de la journée, et est aussi affectée par les cycles d'activité du Soleil. Des modèles numériques sont utilisés pour corriger cette dispersion. À partir de Topex-Poséidon, des altimètres bi-fréquences ont été employés, et ont permis la mesure directe de cet effet. Les données ainsi obtenues ont aussi été utilisées pour affiner rétrospectivement les corrections appliquées aux mesures des satellites antérieurs.\n\nLa troposphère induit, elle aussi, un délai de propagation. Ce délai se décompose en deux termes. Le terme de « troposphère sèche » lié aux propriétés diélectriques de l'air (oxygène, azote, argon), qui s'exprime comme fonction d'une seule variable : la pression atmosphérique en surface. Le deuxième terme, lié à la présence d'humidité dans l'air, est bien plus difficile à corriger, surtout pour les régions côtières.\n\nL'altimétrie radar subit aussi un biais dû à l'état de la mer : les creux des vagues étant un meilleur rétrodiffuseur des ondes radar que leur sommet, le niveau d'une mer agitée tend à être sous-estimé (biais qui n'existe pas pour les marégraphes), des règles empiriques sont utilisées pour corriger cet effet.\n\nEn outre, il faut aussi, comme pour les marégraphes, retrancher d'autres sources de variation du niveau de la mer indépendantes de l'évolution à long terme, comme l'effet baromètre inverse, les effets saisonniers, etc..\n\nLes résultats satellites étant partiellement calibrés sur les résultats des marégraphes, ce ne sont pas des sources entièrement indépendantes. Des lacs sont aussi utilisés pour la calibration des mesures. Leur niveau ne varie pas sur les courtes périodes de temps : les vagues sont minimes, il n'y a pas d'effet baromètre inverse ni de marées. Le lac kirghize Yssyk Koul est devenu un site de référence.\n\nLes programmes satellites TOPEX/Poseidon (T/P) et Jason-1 de la NASA et du CNES, fournissent des mesures du changement du niveau de la mer depuis 1992. Les données sont disponibles en ligne. Ces données montrent une augmentation moyenne du niveau de la mer de 2,8 ± 0,4 mm/an. Cela inclut une augmentation apparente de 3,7 ± 0,2 mm/an pendant la période de 1999 à 2004.\n\n",
"title": " Altimétrie par satellite - Exploitation des données "
},
{
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"source_text": "Une troisième catégorie d'information est fournie par la gravimétrie spatiale. Cette méthode consiste à déterminer la répartition de la masse sur la planète grâce à des satellites équipés pour mesurer d'infimes imperfections de leur orbite : celle-ci suivrait parfaitement les lois de Kepler si la répartition de masse était homogène, les écarts par rapport à ces lois permettent de déterminer les inhomogénéités. La mission Gravity Recovery and Climate Experiment a commencé en 2002, et de nouveaux satellites ont pris la suite en 2018. Ces satellites mesurent aussi bien l'augmentation de la masse des océans, que la diminution équivalente sur les continents, là où les calottes glaciaires se sont amincies. Ces données ont l'intérêt de fournir un premier niveau de séparation des contributions : comme il s'agit d'une mesure de masse, elle est insensible à la dilatation thermique, mais additionne les contributions de la fonte des glaces continentales et des autres effets barystatiques (épuisement des aquifères notamment). Sur la période 2006-2015, les données de la mission GRACE confirment que 60 % de l'augmentation du niveau des océans est attribuable à une augmentation de leur masse.\n\n",
"title": " Gravimétrie par satellite "
}
] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Élévation_du_niveau_de_la_mer |
Élévation du niveau de la mer - Contribution de la dilatation thermique (1) | 3,685 | [
{
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"source_text": "\n\nL'élévation du niveau de la mer est un phénomène enclenché au cours du XXe siècle et résultant du réchauffement climatique. Le niveau moyen des océans a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018, et le rythme s'accélère, s'établissant, vers 2020, à plus de 3,5 mm par an. Les mesures sont effectuées par deux moyens principaux : les marégraphes, installations fixes, et l'altimétrie satellitaire.",
"title": "Contexte"
},
{
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"source_text": "Le réchauffement climatique se traduit par une élévation de la température de l'eau des océans, d'où un accroissement de volume par dilatation thermique. Cet effet, correspondant à une augmentation de volume à masse constante, est dit stérique, par opposition à toutes autres contributions qui sont barystatiques, c'est-à-dire représentent une variation de la masse d'eau présente dans les océans.\n\n",
"title": ""
},
{
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"source_text": "Le coefficient de dilatation thermique de l'eau dépend à la fois de la température et de la pression. Pour cette raison, sa variation avec la profondeur n'est pas monotone. Le coefficient de dilatation thermique s'exprime en ppm/K (parts par million par Kelvin). Un coefficient de 1 ppm/K signifie que pour un Kelvin d'augmentation de la température, le volume augmente d'un millionnène (un mètre cube s'accroît d'un centimètre cube). À la surface des océans, il vaut environ 2,5 ppm/K en moyenne). Il diminue jusqu'à un minimum de l'ordre de 1 ppm/K à 1 000 m, puis remonte progressivement (2 ppm/K à 5 000 m). Cette donnée a une importance sur la façon dont réagit le niveau de la mer au fur et à mesure de la diffusion d'un changement de température en profondeur.\n\nLes océans absorbent 90 % de la chaleur supplémentaire due à l’effet de serre. La capacité thermique des océans est environ 1 000 fois supérieure à celle de l'atmosphère, c'est-à-dire que la même quantité de chaleur qui élèverait d'un degré la température de l'atmosphère, n'élèverait que d'un millième de degré celle des océans.\n\n",
"title": " Physique "
},
{
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"source_text": "Cette dilatation de l’eau est responsable, selon les études de la NASA, d'environ un tiers de l'élévation en cours du niveau de la mer, et d'une élévation de sept millimètres du niveau des océans entre 2003 et 2018. La même proportion est déterminée par la synthèse du GIEC de 2019, d'après laquelle la contribution de la dilatation thermique des océans est de 1,40 mm/an (très probablement entre 1,08 à 1,72 mm/an) entre 2006 et 2015.\n\nLes sondes de mesure (appelées bathythermographe) — avant 2014 — n'enregistraient pas la température aux très grandes profondeurs (plus de 6 000 m), la plupart des bouées ne descendant pas à plus de 2 000 m alors que la profondeur moyenne est de 3 800 m, avec des fosses à plus de 12 000 m. En 2014, des bouées dites Deep Argo ont commencé à faire des mesures à 6 000 m de fond, ce qui permet de mieux étudier la diffusion de la chaleur dans l'océan.\n\n",
"title": " Ampleur de la contribution "
},
{
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"source_text": "La température de l'océan évolue avec le climat, mais de façon extrêmement différée : la chaleur ne se diffuse dans les profondeurs océaniques qu'à l'échelle des siècles. Par conséquent, l'élévation du niveau de la mer causé par la dilation thermique de l'eau est, elle aussi, très étalée dans le temps. La prévision de la contribution de la dilatation thermique fait appel à des modèles de dynamique des fluides, appliquant les équations de Navier-Stokes à l'échelle des océans, et incluant aussi les échanges thermiques entre l'océan et l'atmosphère. Le CMIP6 (Coupled Model Intercomparison, phase 6) met à disposition 15 modèles de ce type, mis au point par des équipes de divers pays, ce qui permet aux chercheurs de les confronter.\n\nAinsi, une étude de 2017 étudie un scénario dans lequel les émissions de gaz à effet de serre s'arrêtent brutalement en 2050. La température moyenne de l'air cesse d'augmenter au même moment, en revanche, le niveau de la mer (plus exactement, la composante de sa variation due à la dilation thermique) ne cesse pas : la variation est de 30 cm avant 2050, et plus du double pendant les siècles suivant, l'équilibre n'étant pas atteint en 2800. Même dans des scénarios ou les gaz à effet de serre sont retirés de l'atmosphère (émissions négatives, captures), une partie de l'élévation est irréversible à l'échelle des siècles. Cela signifie que l'expansion thermique de l'océan a en fait à peine commencé à réagir au réchauffement climatique.\n\nUne étude similaire s'intéresse au cas d'un doublement instantané de la teneur en CO2 de l'atmosphère. Dans ce scénario, la température de l'eau à 3 000 m de profondeur augmentera d'environ 2 °C, mais ce processus sera étalé sur 3 000 ans (avec 1 °C d'élévation au bout de 1 500 ans). En conséquence, l'élévation du niveau de la mer due à l'effet stérique suit une courbe similaire.\n\n",
"title": " Modèles prédictifs "
}
] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Élévation_du_niveau_de_la_mer |
Élévation du niveau de la mer - Évolution future du niveau de la mer (1) | 3,689 | [
{
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"source_text": "\n\nL'élévation du niveau de la mer est un phénomène enclenché au cours du XXe siècle et résultant du réchauffement climatique. Le niveau moyen des océans a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018, et le rythme s'accélère, s'établissant, vers 2020, à plus de 3,5 mm par an. Les mesures sont effectuées par deux moyens principaux : les marégraphes, installations fixes, et l'altimétrie satellitaire.",
"title": "Contexte"
},
{
"img": [],
"source_text": "La prévision de l'évolution future du niveau a fait l'objet d'environ 70 études publiées entre le début des années 1980 et 2018, sans qu'un consensus ne se dégage réellement sur les valeurs d'élévation anticipées, d'où la largeur des gammes d'élévation prévus dans les rapports du GIEC. L'incertitude porte principalement sur l'évolution à long terme des inlandsis du Groenland et d'Antarctique.\n\nLe GIEC réalise des synthèses régulières des connaissances scientifiques sur l'évolution de climat et des océans.\n\n",
"title": ""
},
{
"img": [],
"source_text": "D'après la synthèse des connaissances scientifiques réalisée par le GIEC dans le cadre du rapport spécial océans et cryosphère de 2019, le niveau moyen de la mer augmentera d'ici à 2100 (par rapport à sa moyenne sur la période 1986–2005) d'environ 0,43 m (probablement entre 0,29 et 0,59 m) dans un scénario de faible émission de gaz à effet de serre (RCP2.6) et d'environ 0,84 m (probablement entre 0,61 et 1,10 m) dans un scénario de forte émission de gaz à effet de serre (RCP8.5). Ce rapport souligne qu'il existe des incertitudes structurelles quant à la vitesse de fonte de l'inlandsis de l'Antarctique, car certains processus impliqués dans sa fonte ne sont pas suffisamment connus pour être représentés de façon réaliste. La contribution de l'inlandsis pourrait ainsi être sous-estimée dans les intervalles de confiance probables, estimés statistiquement. Les instabilités de l'inlandsis de l'Antarctique pourraient conduire à une hausse du niveau des mers de 5 m d'ici 2150 et 16 m d'ici 2300 pour le scénario RCP8.5\n\n",
"title": " Synthèse du GIEC "
},
{
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"source_text": "Deux familles de méthodes sont utilisés pour calculer l'évolution future du niveau de la mer. Une première comprend les méthodes semi empiriques qui consistent à définir, à partir des données du passé, une loi reliant la variation du niveau de la mer à une ou plusieurs variables explicatives (comme la température ou sa dérivée), et utiliser cette loi pour les projections à l'échéance de plusieurs décennies. L'autre grande famille de méthodes consiste à modéliser les contributions de chaque phénomènes à l'évolution au niveau de la mer : glaciers, inlandsis et dilatation thermique notamment. De nombreuses études cumulent ces méthodes, en s'appuyant par exemple sur une méthode statistique pour les inlandsis mais un modèle de processus pour l'effet stérique.\n\n",
"title": " Méthodes de prévision "
},
{
"img": [],
"source_text": "Les méthodes semi-empirique reposent sur l'utilisation des données historiques pour établir une relation entre la fonction étudiée (ici, l'élévation du niveau de la mer) une ou plusieurs variables explicatives..\n\nEn 2007, Stefan Rahmstorf (en) publie la méthode semi-empirique suivante. Il est considéré qu'à une modification soudaine à la date \n\n de surface (de type fonction échelon), le niveau de la mer \n\n réagit sous forme exponentielle :\n\n {\\displaystyle H(t)=H(t_{0})+\\Delta He^{-{\\frac {t-t_{0}}{C}}}}\n\n est la variation finale du niveau de la mer, fonction de la variation de température appliquée. La constante de temps \n\n est de plusieurs siècles. Ainsi, à « court terme », c'est-à-dire sur un ou deux siècles, la fonction \n\n , réponse à un échelon en température, peut être approximée par une fonction affine. En généralisant à une variation de température quelconque, et non une fonction échelon, il apparaît que, à court terme, la variation annuelle du niveau de la mer est proportionnelle au changement cumulé de température de surface :\n\n {\\displaystyle {\\frac {dH(t)}{dt}}=a(T(t)-T_{0})}\n\n étant la température de surface pré-industrielle, Rahmstorf choisit 1880 comme point de départ. Le coefficient \n\n est ajusté selon les données historique, la valeur obtenue est de 3,4 mm par an et par degré Celsius.\n\n",
"title": " Méthodes de prévision - Méthodes semi-empirique "
}
] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Élévation_du_niveau_de_la_mer |
Exode rural - Dans le tiers monde (1) | 812 | [
{
"img": [],
"source_text": "\n\nL’exode rural, appelé aussi migrations rurales (expression privilégiée par certains historiens et géographes), désigne le déplacement durable de populations quittant les zones rurales pour aller s'implanter dans des zones urbaines.\n\nCette forme de migration est observée tout au long de l'histoire humaine et se déroule aujourd'hui encore à l'échelle planétaire selon une intensité et des modalités diverses.\n\nEn Europe, l'exode rural fait souvent référence aux déplacements de population qui se produisent à l’époque de la révolution industrielle, soit dès le XVIIIe siècle en Grande-Bretagne, et à partir du XIXe siècle dans de nombreux pays comme l’Allemagne puis la France ; mais de timides exodes ruraux eurent lieu dès le XIe siècle et pendant la Renaissance du XIIe siècle, en même temps que le développement de l'urbanisation, l'apparition de la bourgeoisie et la fondation des premières universités.\n\nL'exode rural alimente de façon significative :",
"title": "Contexte"
},
{
"img": [],
"source_text": "Après avoir concerné essentiellement les pays occidentaux, l’exode rural s’est étendu au XXe siècle aux pays du tiers monde.\n\n",
"title": ""
}
] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Exode_rural |
Paris - Culture et patrimoine (1) | 695 | [
{
"img": [],
"source_text": "\n\nParis (/pa.ʁi/) est la capitale de la France. Divisée en vingt arrondissements, elle est le chef-lieu de la région Île-de-France et le siège de la métropole du Grand Paris.",
"title": "Contexte"
},
{
"img": [],
"source_text": "Le « tourisme », dans le sens moderne du terme, n'a pris d'ampleur qu'à la suite de l'apparition du chemin de fer, au cours des années 1840. Une des premières attractions fut, dès 1855, la série d'expositions universelles, autant d'occasions d'édifier à Paris de nombreux nouveaux monuments, dont le plus célèbre est la tour Eiffel, érigée pour l'Exposition de 1889. Ceux-ci, en plus des embellissements apportés à la capitale sous le Second Empire, ont largement contribué à faire de la ville elle-même l'attraction qu'elle est devenue.\n\nParis compte plus de 1 800 immeubles classés ou inscrits à l'inventaire des monuments historiques, dont près de cent lieux de culte. Les monuments les plus célèbres de Paris datent d'époques variées. Ils se trouvent souvent dans le centre et sur les rives de la Seine. Les quais de Seine du Pont de Sully au Pont de Bir-Hakeim constituent l'un des plus beaux paysages fluviaux urbains et sont d'ailleurs classés à l'inventaire du patrimoine mondial de l'UNESCO. On y trouve notamment, d'est en ouest : la cathédrale Notre-Dame de Paris, le Palais du Louvre, l'Hôtel des Invalides, le pont Alexandre-III, le Grand Palais, le musée du quai Branly - Jacques-Chirac, la Tour Eiffel et le Trocadéro. Plus à l'est, d'importants édifices contemporains ont été construits : le ministère de l'Économie et des Finances, le site François-Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France, etc.\n\nOn trouve sur l'île de la Cité des monuments anciens emblématiques. La cathédrale Notre-Dame, de style gothique, principalement bâtie du XIIe siècle au XIIIe siècle, a été très restaurée au XIXe siècle et sa façade occidentale nettoyée à la fin du XXe siècle. Elle est symboliquement le noyau de Paris et les distances routières françaises sont mesurées à partir de son parvis. L'ancien palais de la Conciergerie fut le siège du pouvoir royal jusqu'au règne de Charles V, dans la seconde moitié du XIVe siècle. Une partie du bâtiment fut dès lors aménagée en prison et fut notamment le lieu de détention d'illustres personnalités de l'Ancien Régime avant leur exécution, lors de la Révolution française. La Sainte-Chapelle, construite à proximité de la Conciergerie, est considérée comme un chef-d'œuvre de l'architecture gothique. Le pont Neuf, à l'extrémité occidentale de l'île et datant de la fin du XVIe siècle, est le plus vieux pont de Paris en l'état.\n\nDes monuments de style classique marquent également le centre de Paris de leur empreinte. La chapelle de la Sorbonne au cœur du quartier latin, a été construite au début du XVIIe siècle. Le Louvre, résidence royale, a été embelli au XVIIe siècle et plusieurs fois retouché par la suite. L'Hôtel des Invalides, avec son fameux dôme doré, fut érigé à la fin du XVIIe siècle dans les faubourgs de la ville par un Louis XIV soucieux d'offrir un hospice aux soldats blessés. Il abrite depuis le 15 décembre 1840 les cendres de Napoléon Ier et son tombeau depuis le 2 avril 1861. Le Panthéon, édifié quant à lui à la fin du XVIIIe siècle à proximité de la Sorbonne, est devenu sous la Révolution un temple civil où des Français illustres sont enterrés.\n\nLe patrimoine du XIXe siècle est très abondant à Paris avec notamment l'Arc de Triomphe, les passages couverts, le Palais Garnier, construit à la fin du Second Empire et au début de la Troisième République et qui abrite l'opéra de Paris, et la Tour Eiffel, construction « provisoire » érigée par Gustave Eiffel pour l'Exposition universelle de 1889 mais qui ne fut jamais démantelée. Elle est devenue le symbole de Paris, visible de la plupart des quartiers de la ville et parfois de la proche banlieue.\n\nAu XXe siècle, de nombreuses réalisations des plus grands architectes parsèment les rues de Paris : Guimard, Plumet ou Lavirotte, références de l'Art nouveau en France, puis celles de Mallet-Stevens, Roux-Spitz, Dudok, Henri Sauvage, Le Corbusier, Auguste Perret, etc. pendant l'entre-deux-guerres.\n\nL'architecture contemporaine à Paris est représentée par le Centre Pompidou, édifice des années 1970, qui abrite le musée national d'Art moderne ainsi qu'une importante bibliothèque publique librement accessible, par l'institut du monde arabe ouvert en 1987 ou encore par les importantes réalisations voulues par le président François Mitterrand : la bibliothèque nationale de France dans le nouveau quartier de Paris Rive Gauche en plein développement, l'opéra Bastille et, probablement la plus célèbre, la pyramide du Louvre, œuvre de l'architecte Ieoh Ming Pei érigée dans la cour du Louvre. Plus récemment, le musée du quai Branly, ou musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques, dessiné par Jean Nouvel, inauguré en 2006, et la Fondation Louis-Vuitton, dessinée par Frank Gehry, inaugurée en 2014, ont encore enrichi la diversité architecturale et culturelle de la capitale.\n\nC'est dans la cour du Louvre que débute l'axe historique de Paris : il s'agit d'un alignement monumental d'édifices et de voies de communication partant du cœur de la ville en direction de l'ouest. Il commence à la statue de Louis XIV dans la cour principale du palais du Louvre, passe sous l'Arc de triomphe du Carrousel et se poursuit à travers le jardin des Tuileries, la place de la Concorde, les Champs-Élysées et aboutit à l'Arc de Triomphe au milieu de la place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l'Étoile). À partir des années 1960, la perspective fut prolongée plus à l'ouest par la construction du quartier d'affaires de La Défense, quartier où se situent la plupart des plus hauts gratte-ciel de l'agglomération parisienne. La perspective est parachevée en 1989 par la construction de l'Arche de la Défense.\n\nLa tour Montparnasse et la basilique du Sacré-Cœur au sommet de la butte Montmartre sont, de par leur hauteur, des points de repère importants dans le ciel parisien. Cette dernière est un des lieux emblématiques de Paris et accueille de nombreux visiteurs, en particulier autour de la place du Tertre où se tiennent des peintres et caricaturistes.\n\nDans les années 1960, le ministre des affaires culturelles André Malraux lance une grande campagne de ravalement des façades, ce qui fait dire au cinéaste François Truffaut : « À partir du blanchiment de Paris, c'est devenu très difficile de montrer Paris tel qu'il avait été avant ».\n\n",
"title": " Monuments et lieux touristiques "
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Paris |
Gouvernance environnementale - Histoire (1) | 876 | [
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"source_text": "\n\nL’environnement et les ressources naturelles doivent être considérés comme des biens communs mondiaux, qui appartiennent aux catégories spécifiques des biens non manufacturés qui, lorsqu’ils sont partagés, peuvent être soit divisés soit détruits. Le caractère mondial de ces biens découle de l’appartenance de chacun des éléments qui le composent à un système intégré. Chacun peut profiter de l’atmosphère, du climat et de la biodiversité (entre autres) et, en même temps, la planète tout entière souffre des effets dramatiques du réchauffement global, de la réduction de la couche d'ozone ou de l’extinction des espèces. Cette dimension planétaire incite à une gestion partagée.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Sans être à l’origine de la préoccupation écologique, l’expérience traumatisante de la technologie nucléaire et de sa capacité de destruction, a généré, dès les premières années d’utilisation de cette énergie, une prise de conscience globale. Un nuage radioactif, tout comme une marée noire, ne respecte pas les frontières territoriales. Le traité d’interdiction des expériences nucléaires dans l’atmosphère de 1963 peut être considéré comme le début de la mondialisation de la problématique environnementale, bien que ce ne soit qu’à partir de la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm (1972) que le droit environnemental ait commencé à se moderniser, appuyé en 1980 par la Convention de Vienne sur le droit des traités. Une nouvelle dynamique en matière de lois sur l’environnement s’est développée au cours des années 1970-80, suscitée par la découverte du trou dans la couche d'ozone, trou provoqué par la pollution atmosphérique des CFC ou du bromure de méthyle utilisé dans les pépinières. En 1985, la Convention de Vienne sur la protection de la couche d'ozone est signée et ratifiée. Puis, en 1987, 24 pays signent le protocole de Montréal qui impose la suppression progressive des CFC.\n\nLe rapport Brundtland publié en 1987 par la Commission des Nations unies sur l’environnement et le développement, demande un développement économique qui \" réponde aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs \". On introduit ainsi deux nouveaux concepts, celui des besoins (particulièrement des besoins des plus défavorisés), auxquels il faut donner la priorité, et celui des limites techniques liées au développement des générations futures. Mais, au-delà des déclarations, la contradiction pèse sur le modèle de développement proposé, qui consiste à mettre en place plus de techniques pour résoudre les problèmes posés par l’excès de techniques. Ainsi, si le développement est financé grâce à la dette et aux investisseurs étrangers qui menacent de délocaliser, comment peut-il être durable ? Il convient en effet de se demander si la création de fonds globaux comme le FEM peut servir d’appui au développement durable simplement parce qu’elle implique un transfert de richesses du Nord vers le Sud.\n\nConférence de Rio (1992) et répliques\n\nLa Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement (CNUCED), plus connue comme le Sommet de la terre (1992) a été la première réunion internationale de poids depuis la fin de la guerre froide et elle a dû compter avec la présence de délégations venant de 175 pays. Depuis, les plus grandes conférences internationales, qui se déroulent tous les dix ans environ, orientent le processus de la gouvernance mondiale. Par le biais d’une série d’accords multilatéraux sur l’environnement, elles ont jeté les bases de la régulation environnementale internationale. Les accords sur l’environnement sont appliqués grâce à l’aide de quelques petits organismes appelés Secrétariats.\n\nAu-delà de l’action des institutions internationales, au cours des années 1990, certains gouvernements ont procédé au renforcement de nombreux traités internationaux afin de limiter certaines menaces sur l’environnement. Ces traités, beaucoup plus limitatifs que les activités de coopération, prétendent changer les modèles de production et de consommation non durables.\n\nL'agenda 21 est un plan détaillé d’actions qui doivent être menées à l’échelle mondiale, nationale et locale par des organismes de l’ONU, par les gouvernements des États membres et par des groupes variés dans toutes les régions dans lesquelles les activités humaines ont un impact sur l’environnement. L’Agenda 21 est un texte qui structure l’application des conventions de Rio dans le cadre du développement durable. Il introduit ainsi le développement durable comme principe juridique dans l’architecture du droit international environnemental, afin de l’intégrer dans la structure du commerce international et de l’économie du développement. Il s’agit d’organiser la coopération internationale, à l’aide de l’intégration des coûts environnementaux dans les projets de développement, ainsi que le mode de gestion des projets de conservation et de leur financement.\n\nL’agenda 21 a été critiqué et considéré comme une “ reconversion ” des principes du néolibéralisme afin de s’approprier le discours de la société civile. On peut notamment citer, par exemple, le chapitre II, appelé “ Coopération internationale visant à accélérer un développement soutenable dans les pays en voie de développement et politiques nationales connexes ” lequel propose le libéralisme comme solution à la crise écologique. Par exemple, on peut citer un paragraphe assez révélateur :\n\n« 2.3. L’économie internationale doit créer un climat international propice à la réalisation des objectifs en matière d’environnement et de développement : En encourageant le développement durable par une libéralisation du commerce (...) »À l’échelle locale, les agendas 21 locaux développent un plan stratégique territorial basé sur l’intégration, avec des critères durables, des politiques environnementales, économiques et sociales du territoire concerné et qui émane de la participation et de la prise de décisions entre les représentants politiques, techniques et les citoyens.\n\n",
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernance_environnementale |
Moyen Âge - Fin de l'Empire romain (1) | 2,851 | [
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"source_text": "\n\nLe Moyen Âge est une période de l'histoire de l'Europe, s'étendant de la fin du Ve siècle à la fin du XVe siècle, qui débute avec le déclin de l'Empire romain d'Occident et se termine par la Renaissance et les Grandes découvertes. Située entre l'Antiquité et l'époque moderne, la période est souvent subdivisée entre le haut Moyen Âge (Ve à Xe siècle), le Moyen Âge central (XIe-XIIIe siècle) et le Moyen Âge tardif (XIVe-XVe siècle).",
"title": "Contexte"
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"source_text": "L'Empire romain atteignit son extension territoriale maximale au IIe siècle mais il perdit progressivement le contrôle de ses territoires frontaliers durant les deux siècles qui suivirent. Les problèmes économiques et les pressions extérieures provoquèrent une grave crise politique au IIIe siècle durant laquelle les empereurs accédaient au pouvoir par la force et en étaient rapidement chassés. Les dépenses militaires augmentèrent fortement notamment du fait des guerres contre les Sassanides en Orient. La taille de l'armée doubla mais sa composition vit la disparition progressive de l'infanterie lourde au profit de la cavalerie et de l'infanterie légère tandis que les légions furent remplacés par des unités plus petites. Cet accroissement des dépenses militaires entraîna une augmentation des impôts et un appauvrissement des classes inférieures comme les décurions.\n\nPour faire face à ces difficultés, l'empereur Dioclétien (r. 284–305) décida en 286 de diviser administrativement l'Empire en deux moitiés, l'une orientale et l'autre occidentale qui furent à leur tour subdivisées en deux. Chacune de ces quatre régions possédait un empereur qui formaient la Tétrarchie. Malgré cette gouvernance quadruple, il ne s'agissait pas d'un éclatement de l'Empire et les zones correspondaient plus à des zones d'influence ou à des théâtres militaires qu'à des entités indépendantes. Après une guerre civile, Constantin Ier (r. 306–337) réunifia l'Empire en 324 mais il fut contraint de réinstaurer une tétrarchie peu avant sa mort. Il décida de faire de Byzance qu'il renomma Constantinople la nouvelle capitale de l'Empire. Grâce aux réformes de Dioclétien, la bureaucratie et la défense de l'Empire fut améliorée mais elles ne résolurent pas les problèmes structurels qu'il connaissait dont notamment une imposition excessive, une démographie déclinante et les agressions extérieures. La situation politique resta instable tout au long du IVe siècle et l'affaiblissement de la défense des frontières causées par les luttes de pouvoir entre empereurs permit à des « tribus barbares » de s'implanter au sein de l'Empire. La société romaine s'éloigna de plus en plus de ce qu'elle était durant la période classique (en) avec un écart grandissant entre riches et pauvres et un déclin des petites villes. Une autre évolution importante de la période fut la conversion de l'Empire au christianisme qui devint religion officielle en 381. Cette christianisation ne se fit pas sans difficultés et fut marquée par de nombreuses persécutions et l'opposition entre les différents courants théologiques.\n\nEn 376, les Ostrogoths, qui fuyaient l'avancée des Huns, furent autorisés par l'empereur Valens (r. 364–378) à s'installer dans la province romaine de Thrace dans les Balkans. La gestion par les Romains de leur implantation et de leur admission en tant que peuple fédéré fut calamiteuse et les Ostrogoths se mirent à piller la région. Alors qu'il tentait de ramener l'ordre, Valens fut tué lors de la bataille d'Andrinople en 378 et les Ostrogoths s'implantèrent de manière autonome au sein de l'Empire. En 400, les Wisigoths envahirent l'Empire d'Occident et pillèrent Rome en 410. D'autres peuples firent de même et les « invasions barbares » virent la migration de nombreuses populations essentiellement germaniques dans toute l'Europe. Les Francs, les Alamans et les Burgondes s'installèrent dans le nord de la Gaule, les Angles, les Saxons et les Jutes s'implantèrent en Grande-Bretagne tandis que les Wisigoths et les Vandales fondèrent respectivement des royaumes en Hispanie et en Afrique du Nord. Ces mouvements de population étaient en partie causés par l'avancée vers l'ouest des Huns qui, menés par Attila (r. 434–453), pillèrent les Balkans en 442 et 447, la Gaule en 451 et l'Italie en 452. Les Huns restèrent menaçants jusqu'en 453 quand l'Empire hunnique s'effondra à la mort de son chef. Ces invasions bouleversèrent profondément la nature culturelle, politique et démographique de l'Empire romain d'Occident.\n\nAu Ve siècle, la partie occidentale de l'Empire se divisa en petites entités autonomes gouvernées par les tribus qui s'y étaient installées au début du siècle. Les empereurs de cette période avaient généralement peu d'influence et la plus grande partie du pouvoir appartenait à des généraux d'origine barbare comme Stilicon (d. 408), Aspar (d. 471) ou Ricimer (d. 472). La déposition du dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule par le chef ostrogoth Odoacre en 476, est traditionnellement utilisée pour marquer la fin de l'Empire romain d'Occident et par extension celle de l'Antiquité. Même s'il survécut aux invasions barbares, l'Empire romain d'Orient, devenu Empire byzantin, fut fortement affecté et fut incapable de reprendre le contrôle des territoires perdus. Au VIe siècle, l'empereur Justinien (r. 527–565) parvint à reconquérir l'Afrique du Nord et la péninsule italienne mais ces territoires furent reperdus au siècle suivant.\n\n",
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Moyen_Âge |
Érasme | 3,027 | [
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"source_text": "Érasme (Didier Érasme), également appelé Érasme de Rotterdam (Desiderius Erasmus Roterodamus), né dans la nuit du 27 au 28 octobre 1466, ou en 1467, ou 1469, à Rotterdam, mort le 12 juillet 1536 à Bâle, est un chanoine régulier de saint Augustin, philosophe, humaniste et théologien néerlandais, considéré comme l'une des figures majeures de la culture néerlandaise et occidentale.\n\nIl reste essentiellement connu aujourd'hui pour sa declamatio satirique Éloge de la Folie (1511) et, dans une moindre mesure, pour ses Adages (1500), anthologie de plus de quatre mille citations grecques et latines, et pour ses Colloques (1522), recueil d'essais didactiques aux thèmes variés, bien que son œuvre, autrement plus vaste et complexe, comprenne des essais et des traités sur un très grand nombre de sujets, sur les problèmes de son temps comme sur l'art, l'éducation, la religion, la guerre ou la philosophie, éclectisme propre aux préoccupations d'un auteur humaniste.\n\n",
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érasme |
Bartolomé de las Casas - Œuvres (1) | 2,919 | [
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"source_text": "\n\nBartolomé de las Casas, né en 1484 à Séville et mort le 17 juillet 1566 à Madrid, est un homme d'Église espagnol, membre de l'ordre dominicain, missionnaire, écrivain et historien, particulièrement connu pour sa dénonciation des pratiques des colonisateurs espagnols en Amérique et pour sa défense des droits des autochtones, points de vue qu'il a soutenus lors de la controverse de Valladolid face à Juan Ginés de Sepúlveda.\n\nLe 2 octobre 2002, son procès en béatification a été ouvert par l'Église catholique. \n\nIl est fêté le 20 juillet selon le calendrier des saints de l'Église d'Angleterre et le 17 juillet selon le calendrier luthérien.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Première édition: 1875-1876, Madrid, Imprimerie de N. Ginesta, 5 vol., Édition du marquis de la Fuensanta del Valle et Don José Sancho Rayôn (édition fondée sur une copie de l'original). Reproduite dans la Colección de documentos inéditos para la Historia de España, t. LXII-LXVI.\n\n",
"title": " Historia de las Indias "
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"source_text": "1877, Mexico, Imprimerie d'Irénée Paz, 2 vol., par José Maria Vigil (réimpression de la première édition), s.d. ; et Madrid, Aguilar, 3 vol. (autre réimpression), avec prologue de Gonzalo de Reparaz, datée de Barcelone, 1927.\n\n1951, Mexico, Fondo de Cultura Económica, édition d'Augustin Millares Carlo fondée pour la première fois sur le manuscrit autographe de Las Casas, et prologue de Lewis Ranke.\n\n1957, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles, t. XCV-XCVI, édition de Juan Pérez de Tudela et Emilio Lopez Oto, également fondée sur le manuscrit autographe, et étude critique préliminaire de Juan Pérez de Tudela.\n\n1985 Ediciones del Continente, Alfa y Omega, Santo Domingo.\n\n1986, Caracas, Biblithèca Ayacucho.\n\n2002, Paris, Éditions du Seuil, 3 volumes. Cette édition française est la première édition moderne complète en français, annotée, de cet ouvrage.\n\n",
"title": " Historia de las Indias - Éditions postérieures "
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"source_text": "1909, Madrid, Nueva Biblioteca de Autores Españoles, t. XIII, édition de Manuel Serrano y Sanz (première édition). VIII-704 p. sur Archive.org. Page 1 apparaît un titre Apologética Historia sumaria.\n\n1958, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles, t. CV-CVI, édition et étude préliminaire de Juan Pérez de Tudela. XXXIV-470 + 472 p.\n\n1967, Mexico, UNAM, 2 vol., édition et étude préliminaire d'Edmundo O'Gorman.\n\n",
"title": " Autres écrits de Las Casas - Apologética Historia de las Indias "
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"source_text": "1942, Mexico, Fondo de Cultura Económica, introduction de Lewis Ranke, transcription latine d'Agustín Millares Carlo, traduction en espagnol d'Atenógenes Santamarîa (deuxième édition, . Mexico, 1975).\n\n",
"title": " Autres écrits de Las Casas - De Unico Vocationis Modo "
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"source_text": "1975, Madrid, Editora Nacional, introduction, traduction espagnole et reproduction en fac-similé de l'original par Angel Losada (contient également l'Apologie latine de Sepúlveda).\n\n",
"title": " Autres écrits de Las Casas - Apologia (Apologie latine contre Sepúlveda) "
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"source_text": "1552, Séville, édition princeps, Octavo remedio, brevísima relación (avec un «morceau de lettre» d'un conquistador), Confesionario, Treinta Proposiciones, Tratado de los esclavos, Controversia Las Casas-Sepúlveda, Tratado comprobatorio, Principia Quœdam.La plupart de ces traités ont eu de nombreuses traductions, souvent incomplètes et désordonnées, au cours des XVIe et XVIIe siècles. Ils ne sont pas mentionnés.\n\n1646, Barcelone: les traités sévillans, sauf le Confesionario. .\n\n1924, Buenos Aires: reproduction en fac-similé des traités sévillans par Emilio Ravignani.\n\n1958, Madrid, Biblioteca de Autores Españoles, t. CX : collection de 55 «opuscules, lettres et mémoires» lascasiens, depuis les premiers mémoires de 1516 jusqu'à la Requête à Pie V de 1566 (contient les traités sévillans, sauf les Principia Quœdam et le Tratado de las Doce Dudas) ;\n\n1958, Madrid, CSIC, Los Tesoros del Perú, édition bilingue d'Angel Losada du traité De Thesauris in Peru.\n\n1965, Mexico, Fondo de Cultura Economica, 2 vol. : édition des traités sévillans avec une reproduction en fac-similé de l'édition princeps, prologues de Lewis Ranke et Manuel Giménez Fernández, transcription de Juan Pérez De Tudela et traduction des textes latins par Agustín Millares Carlo et Rafael Moreno.\n\n1969, Madrid, CSIC, De Regia Potestate o Derecho de autodeterminación, édition bilingue- de L. Perena, J. M. Pérez Prendes, V. Abril et J. Azcarraga.\n\n2011, Paris, Des Indiens que l'on a réduits en esclavage (1552), in Sur les traces du génocide amérindien, Éditions de l'Épervier, 2011.\n\n",
"title": " Autres écrits de Las Casas - Tratados, Cartas y Memoriales "
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"source_text": "Elle figure dans plusieurs collections de Traités. On trouve aussi plusieurs éditions isolées en espagnol au XIXe et XXe siècle; parmi les plus récentes, on peut citer :\n\n1966, Buenos Aires, Editorial Universitaria, prologue de Gregorio Weinberg.\n\n1977, Madrid, Fundación Universitaria Española, édition de Manuel Ballesteros Gaibrois.\n\n1979, Barcelone, Fontamara, prologue d'Olga Camps.\n\n1982, Madrid, Cátedra, édition d'André Saint-Lu.\n\n",
"title": " Autres écrits de Las Casas - Brevísima Relación de la destrucción de las Indias "
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"source_text": "À partir de 1578 et jusqu'à nos jours, les traductions dans diverses langues ont été très nombreuses. Certaines sont remarquables par les propos anti-espagnols. Il s'agit des traductions hollandaises, françaises, anglaises et allemandes des XVIe et XVIIe siècles.\n\nIl en existe une version monographique publiée à La Havane en 1976 et traduite en français en 1979 :\n\nBartolomé de Las Casas, \"Très brève relation de la destruction des Indes\", Paris, Maspero-la découverte, 1979, préface de Fernando Retamar.\n\n",
"title": " Autres écrits de Las Casas - Brevísima Relación de la destrucción de las Indias - Reprises et traductions "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Bartolomé_de_las_Casas |
Grèce antique - Culture et savoirs (7) | 2,516 | [
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"source_text": "\n\nLa Grèce antique est une civilisation de l'Antiquité des peuples de langue et de culture grecque développée en Grèce et dans la partie occidentale de l'Asie Mineure, puis, à la suite de plusieurs phases d'expansion, dans d'autres régions du bassin méditerranéen (Chypre, Sicile, Italie du sud, Égypte, Cyrénaïque) et du Proche-Orient (Syrie, Palestine), constituant des points d'implantation jusqu'en Espagne à l'ouest et en Afghanistan (Bactriane) à l'est. ",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le sport est en Grèce une affaire individuelle, découlant d'un esprit de compétition, visant à l'importer sur les rivaux. La pratique sportive récréative a peu sa place dans ce contexte, même si elle a pu exister. On parle alors d'« athlétisme », notion qui renvoie justement à la lutte et la compétition, et cela inclut plus que l'athlétisme moderne, puisqu'on trouve lors des concours sportifs : des sports de course (distingués par distance : stade, double stade, douze tours de stade ; aussi la course en armes), des sports de combat (pugilat, lutte et pancrace), le pentathlon qui combine course (stade), lutte, lancers du disque et du javelot, et saut en longueur. Les compétitions équestres y rentrent également. L'athlétisme constitue une part importante de l'éducation grecque, et les équipements sportifs destinés aux citoyens, le gymnase et la palestre, sont des lieux caractéristiques des cités grecques. Les athlètes professionnels suivent un entraînement plus poussé, avec un entraîneur (généralement leur père et/ou des anciens vainqueurs de concours), qui implique également une alimentation adéquate. L'athlétisme se pratique généralement nu, avec le corps couvert d'huile pour éviter la poussière. Le physique des athlètes suscite souvent l'admiration, notamment pour son attrait érotique. Cette activité est essentiellement masculine, mais les femmes n'en sont pas exclues, et elles peuvent participer à une compétition, la course, lors des concours d'Olympie (Héraia).\n\nL'« athlétisme » est la forme privilégiée de concours et compétitions (agones) qui sont caractéristiques de l'esprit de la Grèce des cités, mais qui concernent aussi la musique, la poésie, le théâtre. Les concours panhelléniques, qui se produisent lors de fêtes religieuses, sont ainsi des moments majeurs du monde grec, à commencer par ceux d'Olympie, les « Jeux olympiques », fondés selon la tradition en 776 av. J.-C., auxquels s'ajoutent au fil du temps les « Jeux pythiques » de Delphes, les concours de l'Ishtme de Corinthe, et ceux de Némée. Formés durant l'époque archaïque, ils constituent un « circuit » (periodos), se déroulent dans des stades grandioses spécialement aménagés pour eux, attirent une foule importante, et les vainqueurs de ces compétitions en tirent un immense prestige. Les concours athlétiques des Grandes Panathénées d'Athènes sont courus, mais pas autant. Durant l'époque hellénistique et l'époque romaine de nombreux concours athlétiques sont constitués, d'importance généralement locale ou régionale, devenant une caractéristique de l'hellénisme tardif, pleinement adoptée par les Romains. La christianisation contribue au déclin de la plupart de ces concours et spectacles, qui disparaissent au VIe siècle. \n\nL'époque romaine voit également le développement dans le monde grec des spectacles de sport et combat sous de nouvelles formes venues de Rome : les courses de char, les chasses, combats d'animaux et de gladiateurs. Les premières y ont plus de succès que les autres, et sont encore très prisées durant l'époque byzantine, alors que la christianisation a mis fin aux spectacles violents.\n\n",
"title": " Sport "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Grèce_antique |
Fronde (histoire) | 3,152 | [
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"source_text": "La Fronde (1648-1653), est une période de troubles graves qui frappent le royaume de France alors en pleine guerre contre l’Espagne (1635-1659), pendant la minorité du roi Louis XIV (1643-1651). Cette période de révoltes marque une brutale réaction face à la montée de l’autorité monarchique en France commencée sous Henri IV et Louis XIII, renforcée par la fermeté de Richelieu et qui connaîtra son apogée sous le règne de Louis XIV. Après la mort de Richelieu en 1642, puis celle de Louis XIII en 1643, le pouvoir royal est affaibli par l'organisation d'une période de régence, par une situation financière et fiscale difficile due aux prélèvements nécessaires pour alimenter la guerre de Trente Ans, ainsi que par l'esprit de revanche des grands du royaume subjugués sous la poigne de Richelieu. Cette situation provoque une conjonction de multiples oppositions aussi bien parlementaires, qu’aristocratiques et populaires.\n\nIl est très difficile de délimiter avec précision les bornes chronologiques de la Fronde. Les historiens ont des avis divergents sur la question. Il est courant toutefois de proposer comme point de départ la date du 15 juin 1648 qui est marquée par la déclaration des vingt-sept articles à la suite de l'arrêt d'Union du 13 mai. Cette déclaration faite au Parlement de Paris énonce la limitation des pouvoirs du souverain. La soumission de la ville de Bordeaux, le 3 août 1653, est considérée comme l'événement qui clôt les troubles de la Fronde.\n\nLa chronologie est complexe en raison d'événements multiples et de renversements des alliances. L'historiographie a pris l'habitude de distinguer plusieurs phases : la première correspond à l’opposition des cours souveraines (fronde parlementaire, 1648-1649), la seconde à l’opposition des Grands (fronde des princes, 1651-1653). À ce titre, elle peut être considérée comme la dernière grande révolte nobiliaire du XVIIe siècle.\n\n",
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Fronde_(histoire) |
Algérie française - Défense (3) | 1,673 | [
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"source_text": "\n\nLa période dite de l’Algérie française (en arabe : الجزائر الفرنسية, en berbère : ⴷⵣⴰⵢⵔ ⵜⴰⴼⵕⴰⵏⵙⵉⵙⵜ) (au sens historique du terme) ou de l'Algérie coloniale, va, dans l'histoire de l'Algérie, de 1830, avec la prise d'Alger, à 1962, avec l'indépendance du pays. Cette période est parfois aussi désignée, dans son ensemble, comme celle de la colonisation, de la présence ou de l'occupation française de l'Algérie (en arabe الاحتلال الفرنسي للجزائر). Elle faisait partie de l'Afrique française du Nord avec les protectorats du Maroc et de la Tunisie, et plus largement de l'Empire colonial français.\n\nEn 1839, les autorités françaises adoptent le nom d’Algérie comme appellation officielle du territoire correspondant. L'entreprise de conquête se termine par l'annexion d'une partie du Sahara en 1902, tandis que la colonisation proprement dite voit la création des départements français d'Algérie (1848-1957) — Oran, Alger et Constantine — et des territoires du Sud (1902-1957).",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le corps des zouaves, composé originellement de deux bataillons, est créé le 1er octobre 1830 par le général Clauzel. Les membres de ce corps sont transférés dans celui des Tirailleurs Algériens à la création de ce dernier en 1842, les troupes zouaves cessent alors d'être composées d'indigènes.\n\nLes Tirailleurs algériens (surnommés « Turcos ») est un nouveau corps de l'Armée de terre composés d'indigènes en remplacement des Zouaves. Par la suite, le combattant Tirailleur est adopté dans les troupes coloniales françaises, dont les célèbres Tirailleurs sénégalais et les Tirailleurs indochinois.\n\nLes harkis sont des volontaires s'engageant comme supplétifs de l'armée française durant la guerre d'Algérie (1954-1962). Pour une perspective détaillée voyez l'article consacré aux harkis pendant la guerre d'Algérie.\n\nLes Moghaznis sont des supplétifs des Sections administratives spécialisées (SAS) et les sections administratives urbaines de l'armée française durant la guerre d'Algérie.\n\nLa situation des indigènes dans l'armée française est particulièrement délicate, ils ne sont pas reconnus comme citoyens français à part entière par les autorités, leur progression hiérarchique est ainsi plus lente que celle de leurs compatriotes français. En même temps ils sont considérés comme des « traîtres » par leurs congénères indigènes qu'ils combattent au nom de la France.\n\n",
"title": " Les indigènes algériens et l'Armée française (1830-1964) - Infanterie "
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"source_text": "Le 26 décembre 1959, le président de Gaulle et son ministre Mesmer, instaurent le gel des pensions des Anciens combattants indigènes algériens (entre autres) :\n\n« Après l'indépendance de leur pays, les pensions d'invalidité et de retraite de ces anciens combattants avaient été gelées par le général de Gaulle en 1959. Elles étaient souvent réduites à des montants symboliques, jusqu'à dix fois inférieures aux sommes perçues par les Français. »À ce sujet, le sénateur Guy Fischer déclare lors de la séance du 30 novembre 2000 :\n\n« Notre amendement porte sur le douloureux et récurrent problème de la cristallisation des pensions des anciens combattants venus défendre notre pays au cours des deux dernières guerres mondiales. Ces soldats, issus d'Afrique noire, du Maghreb, d'Indochine ou d'autres colonies, ont participé courageusement à la défense et à la libération de la France. Or, la loi de finances pour 1960, du 26 décembre 1959, qui a institué la cristallisation des pensions, dispose qu'à compter du 1er avril 1961 les pensions, rentes ou allocations viagères imputées sur le budget de l’État ou d'établissements publics dont sont titulaires les nationaux des pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté, ou encore ayant été placés sous le protectorat ou la tutelle de la France, seront remplacées par des indemnités calculées sur la base des tarifs en vigueur à la date de leur transformation. Concrètement, dès 1962, la cristallisation s'appliquait à la quasi-totalité des États d'Afrique noire et aux trois États du Maghreb. »\n\nEn juillet 1962, les autorités françaises parisiennes font désarmer les troupes loyalistes indigènes (dont les harkis) et imposent un nombre limité de « rapatriés » durant l'évacuation des populations refusant de vivre dans une République algérienne. En 1963, lors du procès du Petit-Clamart, l'avocat de la défense (le colonel Bastien-Thiry et les autres conspirateurs régicides) et parlementaire français Jean-Louis Tixier-Vignancour déclare :\n\n« […] Il est possible que le général de Gaulle, dans une vue panoramique du monde, ait estimé qu'il était superflu de ramener en France plus de trois mille harkis. Le Conseil des Ministres avait en effet déclaré : on en ramènera trente mille. Et au Conseil des Ministres suivant, on s'est aperçu que trente mille harkis ou moghaznis, cela faisait trois cent mille personnes, parce qu'il fallait compter avec la femme, la mère et les enfants ! À peu près dix personnes par harki ou par moghazni. Alors M. Louis Joxe a tranché, et avec son air toujours un peu excédé, et sa courtoisie lassée, il a dit : « Réduisons à trois mille. » Il en est revenu quatre mille cinq cents, parce que la marine présente cette particularité exceptionnelle d'avoir des bateaux pour transporter et des traditions à respecter. »\n\nÀ leur arrivée en métropole, les anciens combattants indigènes sont mis à l'écart avec leur famille dans le camp d'internement de Rivesaltes, Languedoc-Roussillon, sous ordre du gouvernement ; ils subissent le même sort que les réfugiés indochinois en 1956 quand ils sont « accueillis » dans le camp de transit de Sainte-Livrade-sur-Lot, Lot-et-Garonne.\n\n",
"title": " Les indigènes algériens et l'Armée française (1830-1964) - Infanterie - Abandon français (1962-1977) "
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Algérie_française |
Troisième République (France) - Documentaire (1) | 1,976 | [
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"source_text": "\n\nLa Troisième République, ou IIIe République, est le régime républicain en vigueur en France de septembre 1870 à juillet 1940, soit pendant presque 70 ans, le premier à s'imposer en France dans la durée depuis 1789. En effet, la France vient de connaître, en 80 ans, sept régimes politiques : trois monarchies constitutionnelles, deux républiques, deux empires ainsi qu'une guerre civile opposant plusieurs communes insurrectionnelles françaises au gouvernement dit « de Versailles ». Ces difficultés contribuent à expliquer les hésitations de l'Assemblée nationale, qui met neuf ans, de 1870 à 1879, pour renoncer à la royauté et proposer une troisième constitution républicaine. La victoire sur les communards lors de la campagne de 1871 à l'intérieur permet toutefois dès 1871 d'exclure l'adoption d'un régime de démocratie directe et de maintenir le cadre de la démocratie représentative.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "En 2017, Charles Thimon et Eric Deroo réalisent un documentaire sur la Troisième République intitulé « Aux Pièges de la République ».\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisième_République_(France) |
Auguste - Arrivée au pouvoir (44-27 av. J.-C.) (8) | 2,627 | [
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"source_text": "\n\nAuguste, en latin Augustus (né sous le nom de Caius Octavius le 23 septembre 63 av. J.-C. à Rome – d'abord appelé Octave puis portant le nom d'Imperator Caesar Divi Filius Augustus à sa mort le 19 août 14 apr. J.-C. à Nola), est le premier empereur romain, du 16 janvier 27 av. J.-C. au 19 août 14 apr. J.-C.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Afin d'occuper son armée et d'éviter que de nouvelles mutineries éclatent, Octavien décide de lancer une expédition aux frontières de l'Empire romain. Si les opérations devaient initialement se dérouler en Afrique, c'est finalement en Illyrie (Slovénie et Croatie actuelles) qu'Octavien déploie ses légions en 35 av. J.-C. Ce choix lui permet de montrer aux citoyens d'Italie qu'il se préoccupe de leur sécurité, les villes du nord de la péninsule ayant été plusieurs fois attaquées par des pillards illyriens profitant de la situation politique instable des dernières années. Il faut également replacer cette campagne dans le contexte de la rivalité entre Octavien et Marc Antoine, le premier souhaitant démontrer son efficacité dans le domaine militaire après les échecs du second en Orient. De plus, la conquête et l'occupation de l'Illyrie par Octavien lui permettraient de positionner ses troupes non loin de la frontière entre l'Occident et l'Orient et des premières grandes cités sous contrôle de Marc Antoine.\n\n",
"title": " Bipartition de l'Empire (36-33 av. J.-C.) - La campagne d'Illyrie (35-33 av. J.-C.) - Les objectifs "
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"source_text": "La première phase de la campagne d'Illyrie consiste à sécuriser le nord de la péninsule italienne en renforçant les défenses de la frontière nord-est. À partir de Tergeste, les troupes romaines, commandées par Octavien, Agrippa, Messalla et Titus Statilius Taurus, progressent vers le sud-est et s'emparent de la ville portuaire de Senia, tenue par les Liburnes. Les embarcations capturées vont servir à assurer l'approvisionnement de l'armée qui progresse le long des rivières vers l'est, dans le pays des Iapodes. Octavien soumet peu à peu les différentes tribus qui occupent ce territoire, s'étendant de la mer Adriatique au cours du Danube. Les troupes romaines rencontrent les premières résistances sérieuses à l'approche de Siscia, capitale des Iapodes située sur la Save. Avant de lancer l'assaut sur la capitale, Octavien assiège Metulum, un oppidum dont les défenseurs résistent avec acharnement. La place forte finit par tomber, mais Octavien est blessé durant les combats. Les troupes romaines poursuivent alors jusqu'à Siscia qui est assiégée sur terre et par le fleuve avec la flotte de Menas. La ville est prise entre la fin de 35 et le début de 34 av. J.-C., permettant l'accès aux territoires le long du Danube, notamment le royaume des Daces. Octavien établit des liens diplomatiques avec leur roi auquel il aurait promis de donner Julia, sa fille, en mariage.\n\n",
"title": " Bipartition de l'Empire (36-33 av. J.-C.) - La campagne d'Illyrie (35-33 av. J.-C.) - Campagne contre les Iapodes (35 av. J.-C.) "
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"source_text": "Pour la deuxième phase de la campagne d'Illyrie, Octavien se tourne vers le sud, le long du littoral dalmate. Les opérations comprennent une intervention combinée des forces terrestres et navales. L'objectif est de sécuriser durablement la côte où se trouvent quelques colonies romaines afin de les protéger des incursions de tribus dalmates. Après le succès de la campagne, Octavien et Agrippa retournent à Rome mais Titus Statilius Taurus reste sur place et poursuit l'expédition plus au sud. À cette occasion, il est probable que les troupes d'Octavien aient pénétré dans le domaine attribué à Marc Antoine, c'est-à-dire les terres situées au sud et à l'est de Scodra. Cette nouvelle provocation envenime encore des relations déjà très tendues entre les deux triumvirs. De retour à Rome, Octavien relance sa propagande contre Marc Antoine et met ses récents succès militaires à profit pour insister sur les revers subis par ce dernier en Orient.\n\n",
"title": " Bipartition de l'Empire (36-33 av. J.-C.) - La campagne d'Illyrie (35-33 av. J.-C.) - Campagne en Dalmatie (34-33 av. J.-C.) "
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"source_text": "Après que les troupes romaines se sont emparées du royaume d'Arménie en 34 av. J.-C., Marc Antoine place son fils Alexandre Hélios à la tête du royaume et récompense Cléopâtre du titre de « Reine des rois ». Octavien se sert de ces décisions pour convaincre le Sénat que Marc Antoine a pour ambition de renier la prééminence de Rome. Lorsqu'Octavien devient consul le 1er janvier 33 av. J.-C., il commence son discours devant le Sénat par une violente attaque contre Marc Antoine, lui reprochant la façon dont il distribue titres et royaumes parmi ses proches.\n\nEn 32 av. J.-C., les deux consuls qui prennent leurs fonctions sont des partisans de Marc Antoine. L'un d'eux notamment, Caius Sosius, profite de sa position pour critiquer ouvertement Octavien devant le Sénat. Octavien réplique, lançant des accusations à l'encontre de Marc Antoine, ce qui met les partisans de ce dernier en difficulté car ils sont incapables de les réfuter. L'intensité nouvelle de la lutte entre Octavien et Marc Antoine pousse alors de nombreux sénateurs, dont les deux consuls de l'année, à quitter Rome pour l'Orient.\n\nDurant l'été 32 av. J.-C., Marc Antoine officialise son union avec Cléopâtre et répudie Octavie qui revient à Rome. Octavien en profite pour mettre en place une nouvelle campagne de propagande insinuant que Marc Antoine n'agit plus en Romain étant donné qu'il chasse son épouse romaine au profit d'une « maîtresse orientale ». À la suite de ce dernier incident, qui met fin définitivement à toute chance de réconciliation entre les deux triumvirs, Octavien gagne le soutien de deux sénateurs importants, Lucius Munatius Plancus et Marcus Titius, dont les informations vont lui permettre de confirmer ses accusations envers Marc Antoine.\n\n",
"title": " La guerre contre Marc Antoine (33-31 av. J.-C.) - Derniers conflits avec Marc Antoine (33-31 av. J.-C.) - Rupture définitive entre les triumvirs (33-32 av. J.-C.) "
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"source_text": "Octavien rend alors publiques les ambitions dynastiques de Marc Antoine se traduisant par la transformation des conquêtes romaines en Orient en royaumes destinés à ses fils et par la construction à Alexandrie d'une tombe monumentale qui accueillerait sa dépouille et celle de son épouse Cléopâtre. À la fin de l'année 32 av. J.-C., le Sénat révoque officiellement les pouvoirs consulaires de Marc Antoine et déclare la guerre au royaume de Cléopâtre en Égypte. Octavien utilise ensuite une ruse politique afin de paraître moins aristocratique que Marc Antoine et afin de faire passer ce dernier comme premier ennemi de la cause romaine. Pour ce faire, il proclame qu'il est prêt à mettre un terme à la guerre civile avant qu'elle n'éclate et qu'il est prêt à renoncer à sa fonction de triumvir, à la condition que Marc Antoine en fasse de même. Ce dernier refuse.\n\nOctavien se place sous la protection d'Apollon, auquel il a dédié un temple, construit dans les limites de sa résidence sur le Palatin. En donnant de l'importance à ce culte, Octavien cherche à opposer les divinités du monde romain occidental, menées par Apollon, aux divinités orientales associées à son ennemi Marc Antoine, notamment Isis et Osiris (Cléopâtre ne s'habille plus qu'en déesse Isis depuis la cérémonie de la « donation d'Alexandrie »). C'est dans cette optique qu'il fait exclure, par l'intermédiaire d'Agrippa, les mages et charlatans de Rome, accusés de prophétiser la défaite de l'Occident face à l'Orient.\n\nPour gagner le soutien du peuple romain, Octavien lance également de grandes opérations édilitaires afin d'améliorer le confort quotidien des habitants de Rome. Il confie la responsabilité des travaux à Agrippa qui a exceptionnellement accepté la charge d'édile alors qu'il a déjà été élu consul quelques années plus tôt, ce qui constitue un retour en arrière dans le cursus honorum. L'ampleur des travaux est immense. Agrippa reprend en main la gestion des aqueducs et des égouts, lance de nouvelles constructions et organise de grands jeux afin de contenter le peuple. C'est durant les festivités que la propagande mise en place par Octavien se montre la plus efficace, grâce à des cadeaux et des slogans.\n\n",
"title": " La guerre contre Marc Antoine (33-31 av. J.-C.) - Derniers conflits avec Marc Antoine (33-31 av. J.-C.) - Guerre de propagande (32 av. J.-C.) "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste |
Élévation du niveau de la mer - Contribution de la fonte des glaces (1) | 3,686 | [
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"source_text": "\n\nL'élévation du niveau de la mer est un phénomène enclenché au cours du XXe siècle et résultant du réchauffement climatique. Le niveau moyen des océans a augmenté de 20 cm entre 1901 et 2018, et le rythme s'accélère, s'établissant, vers 2020, à plus de 3,5 mm par an. Les mesures sont effectuées par deux moyens principaux : les marégraphes, installations fixes, et l'altimétrie satellitaire.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La fonte des glaces flottantes (barrières de glace et banquises) ne modifie pas le niveau de la mer. En effet, en vertu du principe d'Archimède, elles occupent sous la ligne de flottaison un volume identique à celui issu de leur fonte. C'est donc la fonte des masses de glace présentes sur les continents qui doit être prise en compte.\n\n",
"title": ""
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"source_text": "Les formations de glaces continentales sont catégorisées selon leur taille et leur morphologie. On distingue :\n\nLes inlandsis : il n'en existe à l'époque actuelle, qu'en Antarctique (deux inlandsis distincts) et au Groenland. Ce sont des couvertures de glace à l'échelle de ces masses terrestres, d'une épaisseur comprise généralement entre deux et quatre kilomètres.\n\nLes calottes glaciaire sont similaires aux inlandsis mais de bien plus petite taille. On en trouve en Scandinavie, en Islande, en Alaska, en Patagonie, en Sibérie, mais aussi sur le pourtour de l'Antarctique et du Groenland.\n\nLes champs de glace sont de taille comparable aux calottes, la distinction (quand elle est faite) repose sur le fait qu'un champ de glace est délimité par le relief, quand une calotte recouvre celui-ci.\n\nLes glaciers de montagnes se trouvent dans les chaînes de montagne suffisamment importantes.Les inlandsis d'Antarctique et du Groenland représentent, respectivement, 88,2 et 11,3 % des glaces non-flottantes sur Terre. Les 0,5 % restant correspondent aux glaciers et calottes glaciaires du reste de la planète (massifs montagneux, Alaska, Islande…). Bien que représentant un faible volume, les glaciers et les calottes participent beaucoup à l'élévation actuelle du niveau de la mer, car ils fondent rapidement. La fonte des inlandsis est plus lente. Celle du Groenland durerait 1 500 ans (pour le scenario le plus rapide) et celle de l'Antarctique serait encore plus lente.\n\nSi tous les glaciers et calottes glaciaires (hors des régions polaires) fondaient, l'élévation du niveau de la mer serait d'environ 0,32 m. La fonte de l'inlandsis du Groenland produirait 7,2 m d'élévation du niveau, et la fonte de l'inlandsis de l'Antarctique en produirait 61,1 m. L'effondrement du réservoir intérieur immobilisé de l'inlandsis de l'Antarctique Ouest augmenterait le niveau de 5 à 6 m.\n\n",
"title": " Catégorisation des glaces continentales "
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"source_text": "Des phénomènes de rétroaction sont susceptibles de provoquer une accélération de la fonte des glaces :\n\nLa rétroaction fonte-albédo : la neige a une albédo très élevé (jusqu'à 0,9). Ainsi, lorsque la neige fond, laissant la place à de l'eau à l'état liquide, ou, après regel, à de la glace, l'albédo diminue, ce qui accélère la fonte car la température augmente plus rapidement au soleil. C'est une donnée importante pour toutes les formations de glace, des glaciers de montagnes aux inlandsis polaires.\n\nDans le cas des inlandsis ou des calottes les plus importantes, il existe aussi une rétroaction altitude-fonte : la fonte de glace se traduit par un amincissement de l'inlandsis. Ainsi, sa surface se retrouve à une altitude plus basse, et donc naturellement exposée à une température de l'air plus élevée.\n\nLa réduction des surfaces recouverte de neige et de glace tend à augmenter la température atmosphérique au niveau régional, c'est encore un facteur d'accélération de la fonte.Pour les masses de glace situées à proximité de zones industrialisées, un autre facteur accélère la fonte : l'accumulation sur leur surface de particules fines (suies) issues de la pollution des industries et des transports. En diminuant l’albédo de la couche superficielle de neige, les suies accélèrent leur fonte.\n\n",
"title": " Facteurs accélérant la fonte des glaces "
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"source_text": "Radić et Hock proposent un inventaire des accumulations de glace. 2638 calottes glaciaires et champs de glace sont inventoriés, ainsi qu'environ 130 000 glaciers de montagne, dans 19 régions. Leur volume total correspond à 241 km3 soit 60 cm d'équivalent niveau de la mer. Si on exclut les glaciers périphériques de l'Antarctique et du Groenland (séparés physiquement des inlandsis), ces chiffres sont ramenés à 166 km3 et 41 cm. La base de données GLIMS, basées sur l'imagerie par satellites, recense de son côté 160 000 glaciers.\n\n",
"title": " Glaciers et calottes glaciaires "
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"source_text": "Malgré leur réserve beaucoup plus faible que celle des inlandsis, ces glaciers sont très importants dans l'évolution du niveau de la mer au cours du siècle écoulé, et dans le futur proche : étant bien plus petits et situés dans des régions où la température peut devenir nettement positive l'été, ils fondent beaucoup plus rapidement que les énormes Inlandsis polaires.\n\nEntre 1884 et 1975, les glaciers et calottes ont contribué pour au moins le tiers de l'élévation du niveau de la mer qui a été observée. Pour la période 2006-2015, la synthèse du GIEC de 2019 estime leur contribution (hors Groenland et Antarctique) à 0,61 mm/an (très probablement entre 0,53 et 0,69 mm/an). Sur la base des mesures satellitaires du programme GRAC, Ciracì et Al estiment les pertes de masse des glaciers et calottes glaciaires (hors Groenland et Antarctique), de 2003 à 2018, à 285,5 ± 30 Gt/an. Ce chiffre correspond à environ 0,8 mm par an d'élévation du niveau de la mer. Cette fonte tend à s'accélérer dans toutes les régions étudiées, à l'exception de l'Islande et du nord de la Cordillère des Andes, l'accélération globale étant évaluée 5 ± 2 Gt/an2.\n\n",
"title": " Glaciers et calottes glaciaires - Perte de masse totale "
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"source_text": "Un glacier est en permanence en train de s'écouler, à une vitesse qui dépend notamment de la pente du terrain. La neige qui tombe sur sa surface, compactée par son propre poids, expulse l'air contenu et s'accumule en glace. La partie la plus basse (zone d'ablation) du glacier perd de la masse par fonte, sublimation et effritement. Le bilan hydraulique annuel du glacier (l'évolution de sa masse) est donc la différence entre la quantité de neige accumulée dans l'année, et la quantité de glace perdue par la base du glacier, il dépend donc à la fois de l'évolution des précipitations de la vitesse de fonte.\n\n Pour anticiper la contributions future des glaciers, les chercheurs réalisent des modèles numériques. La figure ci-contre représente un modèle théorique très simplifié d'un glacier alpin. Le glacier est envisagé comme un simple parallélépipède de glace, à flanc de montagne. Le bilan de masse du glacier est la différence entre l’accumulation et l'ablation (fonte). Même s'il existe des modèles numériques de ces structures, permettant d'anticiper le bilan de masse d'un glacier en fonction de l'évolution du climat auquel il est exposé, tous les glaciers ne sont modélisés individuellement, étant donné leur nombre. L'approche habituelle consiste à modéliser une petite population de glaciers, et à extrapoler les résultats à l'ensemble d'entre eux en utilisant des règles de mise à l'échelle et dépendance au climat.\n\nLa contribution des glaciers restera importante à court terme : environ un tiers de l'élévation anticipée au cours du XXIe siècle leur est attribuée. À plus long terme cependant, cette part diminuera, car les glaciers de montagne auront largement disparu. Ainsi selon un article publié en 2006, dans un scénario prévoyant un réchauffement de 4 °C sur un demi-siècle, suivi d'une stabilisation des températures mondiales, les glaciers de montagne auront pour l'essentiel disparu en 200 ans, leur contribution cumulée à l'élévaton du niveau de la mer sera finalement comprise entre 10 et 15 cm.\n\n",
"title": " Glaciers et calottes glaciaires - Glaciers de montagne "
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{
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"source_text": "Les calottes glaciaires contribueront pour à peu près autant mais leur fonte sera trois fois plus lente.\n\n",
"title": " Glaciers et calottes glaciaires - Calottes et champs de glace "
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] | wik-histoire-geographie-sixieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Élévation_du_niveau_de_la_mer |
État - Caractéristiques (2) | 1,879 | [
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"source_text": "\n\nL’État possède une triple signification : sociologique ; organisationnelle ; juridique. Sur le plan sociologique, c'est alors une population vivant sur un territoire déterminé et soumise à un gouvernement. Cette définition rejoint celle de la première édition du dictionnaire de l’Académie française de 1696, qui définit l'État comme le « gouvernement d’un peuple vivant sous la domination d’un prince ou en république », ou bien le pays lui-même, c'est-à-dire l'État entendu « pour le pays même qui est sous une telle domination ».",
"title": "Contexte"
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"source_text": "L’État est administré par des gouvernants élus et des fonctionnaires gouvernants (Jacques Lagroye), c’est-à-dire que l’État est à la fois administratif et politique, avec une division sociale du travail (Émile Durkheim) entre ces deux personnels. En général, l’État est composé de ce qui constitue pour John Locke le gouvernement civil (le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif), de la justice (le pouvoir judiciaire) et de tout un appareil militaire et administratif : forces de polices et administration. L'État est une institution d'institutions en interaction permanente dont chacune a une culture distincte — c’est-à-dire des univers de sens et de pratiques différents. L’État n'est donc pas un, ni unifié. Il est un espace où se développent et où coexistent des cultures et des logiques institutionnelles quelquefois différentes.\n\nConcernant la France, Alexis de Tocqueville dans son livre l’Ancien Régime et la Révolution insiste sur deux points : la permanence des institutions de l’État bâties à partir de Richelieu et l’influence de la physiocratie sur les réformes introduites par la Révolution. Il écrit à ce propos : « Toutes les institutions que la Révolution devait abolir sans retour ont été l’objet particulier de leurs attaques ; aucune n’a trouvé grâce à leurs yeux. Toutes celles, au contraire, qui peuvent passer pour son œuvre propre ont été annoncées par eux à l’avance et préconisées avec ardeur ; on citerait à peine une seule dont le germe n’ait été déposé dans quelques-uns de leurs écrits ; on trouve en eux tout ce qu’il y a de plus substantiel en elle ».\n\n",
"title": " Institutions - Appareil politique et administratif "
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"source_text": "Les principes fondamentaux d’un État moderne, tels qu’ils ont été énoncés par les grands philosophes politiques, incluent la séparation des pouvoirs. John Locke, dans les deux traités du gouvernement civil (1690), distingue le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Montesquieu, dans De l’esprit des lois, adjoindra ultérieurement un troisième pouvoir, le pouvoir judiciaire. Si la constitution américaine de 1787 s’inspire de ces deux philosophes, ainsi que des principes de droit naturel de Samuel von Pufendorf, longtemps ce courant n’aura qu’une influence très minime sur les institutions en France, en Angleterre même, il perdra de son influence à partir de la première moitié du XIXe siècle. Pour Élie Halévy, l’idée de contre-force que l’on trouve chez Montesquieu et chez les libéraux anglais qui ont fait les révolutions au XVIIe siècle repose sur un pessimisme moral, sur un doute sur les capacités de l’homme à comprendre son vrai intérêt et celui de la cité, d’où la nécessité d’institutions destinées à affiner la pensée et l’action des hommes, à l’obliger à comprendre ce que pensent les autres. Elle s’inscrit dans un cadre où la « droite raison » n’est pas purement abstraite mais doit se nourrir d’une confrontation avec la réalité. Par ailleurs, pour ces hommes les lois ne sont pas des commandements d’une quelconque entité supérieure mais sont des relations. Aussi, Halévy note-t-il : « L’État libéral est un État dont l’on peut dire, à volonté, qu’il est un État sans souverain, ou qu’il renferme plusieurs souverains ».\n\nEn France, à la fin du XVIIIe siècle, l’idée de contre-force chère à Montesquieu et aux libéraux anglais du XVIIIe siècle était fortement combattue par François Quesnay et les physiocrates, c’est-à-dire si l’on suit Tocqueville par un des courants qui a eu le plus d’influence en France. Quesnay, dans les Maximes générales du gouvernement économique d’un royaume agricole, écrit : « Le système des contre-forces dans un gouvernement est une opinion funeste qui ne laisse apercevoir que la discorde entre les grands et l’accablement des petits ». Cette même opposition se trouve dans un courant britannique important au XIXe siècle qui a été influencé par les physiocrates avant d’influencer à son tour des républicains français : l’utilitarisme, appelé aussi par Élie Halévy le « radicalisme philosophique » (Jeremy Bentham, Ricardo, John Stuart Mill). Élie Halévy écrit quand il veut exposer ce qui différencie l’État libéral de l’État radical : « L’État radical, au contraire, tel que le définit l’utilitarisme de Bentham est un État qui confère la souveraineté au peuple ; après le peuple se trouve contraint de déléguer un certain nombre de fonctions politiques à une minorité d’individus… non pas pour limiter lui-même sa puissance, pour abdiquer en partie sa souveraineté, mais pour rendre au contraire plus efficaces et plus concentrées l’expression, puis l’exécution de ses volontés. Le problème est alors d’éviter que les représentants du peuple dérobent à ceux qui les ont constitués tels tout ou partie de leur souveraineté. D’où la nécessité de trouver des “contre-forces” capables de “tenir en échec” l’égoïsme des fonctionnaires ».\n\n",
"title": " Institutions - Séparation des pouvoirs et contre-pouvoirs "
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{
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"source_text": "En France, les crimes et délits contre les intérêts fondamentaux de la nation sont jugés par des juridictions de droit commun, depuis la suppression de la Cour de sûreté de l'État en 1981. Le président de la République française est le garant des institutions. Il s'appuie sur le conseil constitutionnel.\n\nEn Belgique, la Sûreté de l'État est un département qui traite des affaires d'espionnage et de terrorisme.\n\n",
"title": " Sûreté de l'État "
}
] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/État |
Religion (histoire des idées) - La religion chez les auteurs latins antiques (5) | 2,827 | [
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"source_text": "\n\nLe mot religion vient du latin religio. Ce terme, ses équivalents et ses dérivés ont été définis et utilisés de façons diverses selon les époques, les lieux et les auteurs. Ainsi, avec La Religion en Occident, Michel Despland a proposé une histoire des idées de la religion dans laquelle il formule quarante définitions correspondant aux divers usages et significations du terme dans l'histoire. ",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Tandis que les Romains ne produisaient guère d'écrits dans le cadre de leur pratiques religieuses traditionnelles, leurs débats philosophiques ou théologiques sur les « idées venues des Grecs » se prêtaient particulièrement bien à l'écrit. De ce fait, ces discussions sur les dieux et sur la religion occupent une large place dans ce que nous ont transmis les sources latines de l'Antiquité, mais ces discussions ne traduisent pas nécessairement des opinions largement répandues ou discutées parmi les Romains, pas plus qu'elles n'ont eu une influence directe et immédiate sur la pratique. Pour John Scheid : « Les Romains pouvaient penser de leurs dieux et de la religion ce qu’ils voulaient, mais pas lors de la pratique. Ils en discutaient dans des réunions, dans des débats, ils lisaient des livres. Mais c’était là une activité culturelle, qui n’avait aucune conséquence religieuse. »\n\nAinsi, au cours du Ier siècle av. J.-C., différents intellectuels latins ayant fait leurs les arguments philosophiques des Grecs, ont tenté de rendre compte de la légitimité de la religion civile des Romains face, d'une part, aux pratiques mystiques d'interprétation des mythes et, d'autre part, aux courants rationalistes de la philosophie. Les écrits de Scævola, un pontife romain du début du Ier siècle av. J.-C., ceux de Varron ainsi que le traité De la nature des dieux de Cicéron ont en commun de distinguer trois manières de comprendre la nature des dieux et les cultes qui leur sont rendus. La première se fonde sur les mythes et leurs interprétations, la seconde est la religion civile et traditionnelle des Romains, la troisième est une approche rationnelle du divin principalement fondée sur l'observation de la nature.\n\nLe Pontife Scævola a proposé une classification des dieux romains, distinguant les dieux « introduits par les poètes », ceux « introduits pas les philosophes » et ceux « introduits par les hommes d'État ». Selon le témoignage que donne Augustin de la pensée de Scævola, « le premier genre n’est que badinage, parce qu’il comprend beaucoup de fictions indignes des dieux. Le deuxième ne convient pas aux cités, parce qu’il contient des choses superflues, certaines même dont la connaissance serait nuisible au peuple. » Seul le troisième genre, celui des dieux introduits par les chefs d'État, mérite qu'on s'y intéresse. Ainsi, en distinguant trois genres de dieux, Scævola indiquait ceux qu'il fallait honorer pour le bien de la cité, manière de signifier que si les Grecs ont des problèmes avec leurs dieux à cause de leurs poètes et de leur philosophes, cela ne doit pas concerner les Romains. \n\nUn peu après Scævola, Varron a distingué trois genres de théologies, la théologie mythique, la théologie politique ou civile et la théologie physique. Varron définit la théologie comme « la raison par laquelle les dieux sont expliqués (id est rationis, quae de diis explicatur) ». En introduisant l'ensemble des sources se rapportant à ce qu'il appelle « la théologie tripartite de Varron », Jean Pépin remarquait que ces trois théologies se posaient comme des alternatives les unes aux autres, c'est-à-dire qu'il faut choisir entre la théologie mystique, la théologie politique et la théologie physique. De fait, il ne s'agit pas d'une théologie qui se diviserait en trois domaines complémentaires comme il existait d'autres tripartitions de la philosophie ou de la théologie, mais plutôt d'une tentative de comprendre comment trois approches théologiques différentes peuvent s'articuler, et, le cas échéant, de savoir laquelle est la meilleure. Commentant la théorie des trois genres de théologies de Varron, Augustin d'Hippone rapporte que Varron a associé la théologie civile à la théologie physique tandis qu'il rejetait la théologie mythique. Augustin estime que Varron n'a pas osé condamner une théologie civile qu'il ne jugeait pas meilleure que la théologie mythique ou bien qu'il n'a pas eu la liberté de parole qui lui aurait permis de la « mettre en pièce » comme il l'a fait pour la théologie mythique. Ainsi, Varron n'aurait pas partagé les convictions populaires liées aux dieux civils mais les aurait ménagées pour des motifs qu'il n'avoue pas. Quatre siècles plus tard, pour Augustin, il ne fait aucun doute que la religion civile et la théologie mythique doivent être rejetées sans ménagement tandis que le christianisme trouve sa place « dans le domaine de la théologie physique et du rationalisme philosophique ».\n\nEnfin dans La nature des dieux de Cicéron sont confrontés trois points de vue philosophiques sur la religion. Le premier est celui des épicuriens, courant philosophique qui se caractérise par l'importance du rôle qu'y joue le maître. C'est parce que le disciple lui reconnaît une expérience spirituelle de la vérité qu'il se met à son enseignement et cherche à vivre la même expérience. Les épicuriens ne tiennent pas les mythes pour des histoires vraies, mais y voient des allégories divinement inspirées. Face au disciple épicurien, un philosophe stoïcien cherche l'accord entre ce que la nature enseigne du divin et les pratiques religieuses concrètes. Le dialogue se déroule chez Cotta, un pontife qui défend la religion civile. Tandis que ce dernier montre un profond mépris pour l'interprétation de mythes qu'il juge indignes, il adopte un point de vue philosophique radicalement sceptique, pour montrer que l'on ne peut rien démontrer sur l'existence des dieux. Après avoir soutenu le stoïcien lorsqu'il s'agissait de répondre à l'épicurien, il entreprend de démonter tout l'argumentaire stoïcien. Le scepticisme de Cotta s'articule cependant à une attitude civique et patriote, exigeant une fidélité sans faille aux dieux de la cité et à la tradition, indifférente au doute comme de la recherche de preuves. L'école de philosophie qui d'après Cicéron soutient cette pensée à la fois sceptique en philosophie et fidèle en religion est celle des Académiciens. Cicéron réputé avoir été sceptique, se prononce dans ce traité, plutôt en faveur des arguments stoïciens.\n\nCicéron semble avoir cherché comme Varron, un accord entre la religion civile et la philosophie parce que selon eux, la religion civile est nécessaire à la préservation du lien social bien qu'elle ne paraisse pas rationnelle. Leur effort consiste à établir la rationalité de la religion civile mais, dans le même temps, ils mettent en évidence les défauts de cette rationalité. Ainsi, dans le traité De la Nature des dieux, le dialogue entre le stoïcien, Balbus, qui défend une approche rationnelle de la religion et le Pontife Cotta qui défend la religion des ancêtres, tourne court. Cotta adresse ce reproche à Balbus : \n\n« Si tu as voulu démontrer, avec force arguments, l’existence des dieux, c’est que tu n’étais pas sûr qu’elle était aussi évidente que tu l’aurais voulu. Pour moi, assurément une chose suffit, c'est la tradition de nos ancêtres (nobis maioris nostros tradidisse). Mais tu méprises leur autorité et tu combats avec la raison. Permets donc que ma raison rivalise avec la tienne. »\n\n— Cicéron, De la Nature des dieux, III, 4,9\n\nAprès l'exposé de Cotta, dans lequel il défend un point de vue totalement sceptique et démonte tous les arguments de Balbus en faveur de la religion, Balbus lui répond de manière cinglante :\n\n« Dans cette discussion, j’ai combattu pour les biens les plus chers (pro aris et focis), pour les temples des dieux et les sanctuaires, ainsi que pour les murs de la Cité que vous autres, Pontifes, vous considérez comme sacrés, et vous mettez un plus grand soin à défendre la religion de la cité (urbem religione) qu’en la ceignant de fortifications. Tant que je vivrai, je considérerai comme un sacrilège de renoncer à ces valeurs »\n\n— Cicéron, De la Nature des dieux, III, 40, 94\n\n",
"title": " Théorie romaine de la religion "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_(histoire_des_idées) |
Géographie sociale - Géographie sociale à l'étranger (4) | 802 | [
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"source_text": "\n\nLa géographie sociale est une branche de la géographie qui étudie les rapports entre les espaces et les sociétés. L'accent est mis sur la dimension sociale des dynamiques spatiales afin de comprendre les interactions entre ces derniers à différentes échelles.\n\nL'objectif est d'appréhender l'organisation des sociétés et d'apporter une prise de conscience aux problèmes sociaux. Elle est marquée par les engagements politiques et sociaux des chercheurs.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "L'Asie du Sud-Est est une région englobant trop de situations et de cultures différentes pour en faire un tout homogène. Cependant certains traits communs peuvent être perçus, de par l'histoire de la région ponctuée d'importants flux migratoires, ainsi que par diverses colonisations occidentales. \n\nLes géographes de l'Asie du Sud-Est vont être rattachés à des institutions publiques comme des universités, ou, à des institutions privées comme des ONG. Une institution publique qui est donc rattachée à l'État va plutôt orienter ses recherches sur des thématiques souhaitées[Par qui ?]. Certaines institutions portent une part importante de la recherche dans le domaine de la géographie sociale en Asie du Sud-Est, c'est le cas de l'université de Singapour. \n\nLa géographie sociale dans cette région du monde a évolué de façon rapide depuis les années 1970, avec l'émergence de politiques sociales et culturelles portant un grand intérêt à la construction identitaire des individus. Ainsi l'identité nationale et la fixation des frontières étatiques dans les esprits sont des thèmes souvent abordés. Cependant la multitude d'appartenance socioculturelle des habitants qui traversent ces frontières gouvernementales montre bien la difficulté d'imposé à tous les habitants des frontières étatique.\n\nCet volonté de découpage en États-nations, à forte influence occidentale est un sujet souvent traité par les géographes. La colonisation est étudiée par certains comme faisant partie d'un héritage patrimonialisé sélectif par le pouvoir en place, c'est le cas de Kroff. Mais d'une façon plus actuelles la colonisation est vue par des géographes comme étant le fruit d'un soft-power anglo-saxon. Bunnell y expose d'ailleurs dans son étude des Twin Towers de Kuala Lumpur en Malaisie, l'intention de marquer dans l'espace, et de légitimé le pouvoir et l'idéologie porté par les politiques en place, avec la construction de bâtiments monumentaux, et prouvant une forte influence américaine sur ceux-ci. Selon Bryant, la représentation du pouvoir va alors passer par l'idée de développement et de modernité, étant véhiculé par l'idéologie occidentale du « progrès », et pouvant alors passé par une politique d'aménagement urbain, comme le Super Corridor Multimédia de Malaisie qui a pour ambition de connecter tout le territoire.\n\nLa question de la création identitaire est une thématique fondamentale de la géographie de l'Asie du Sud-Est. Le gouvernement est d'ailleurs un acteur prédominant dans ces études. La volonté du pouvoir en place de créer un imaginaire collectif, ainsi que d'y assoir sa légitimité passe donc par l'espace, en y déployant des symboliques visibles. Mais cela entraîne aussi en contrepartie par une marginalisation de groupe minoritaire, qui refusent de ce laisser déposséder de leurs cultures et pratiquent, comme l'à mis en avant l'étude de Berner et Korf en 1995 sur les résistances à la culture global à Manille et à Bangkok. Nicholas montre à ce propos que la marginalisation de certains groupes de la population est marqué pour certains par le stigmate d'« indigène ». Un statut qui pour Bryant, révèle la montée d'une idéologie occidentale écologiste sur des populations vue alors comme « traditionnelle ». Cependant d'autres études comme celle de Chang en 1997, viennent approfondir la position de ces groupes traditionnels, qui peuvent être mis en avant par des politiques économiques tournées vers le tourisme, mais d'un autre coté réprimandés si certaines pratiques vont à l'encontre des normes de la société. \n\nDans cette ambivalence de l'État face à l'acceptation de certains comportement par rapport à la morale définit[pas clair]. Des géographes mettent en lumière le paradoxe encore plus important du positionnement de la femme dans certaines sociétés et son rôle. Ainsi le genre et plus précisément le rôle de la femme dans la société est une thématique trouvant beaucoup d'intérêt par les chercheurs dans le domaine socio-spatial en Asie du Sud-Est. Dans la région les femmes sont souvent positionnées comme femme au foyer, un statut normatif du genre qui peut alors être politiquement renforcé selon le pays. L'étude de Huang et Yeoh montre à ce sujet l'incorporation progressive des femmes sur le marché du travail comme à Singapour ou à Hong Kong, ce qui à progressivement fait évoluer les idéologies du genre. Cette transformation a souvent été impulsée dans un premier temps par l'admission des femmes migrantes par le gouvernement sur le marché de l'emploi. Même si certaines femmes restent toujours en marge de ces évolutions, les nouvelles générations de femmes se voient être de plus en plus contestataires et mobiles, des caractéristiques centrales dans la construction identitaire, selon Inge Komardjaja.\n\nEnfin, les interactions entre chercheurs d'Asie du Sud-Est peuvent être compliquées par la diversité des langues dans lesquelles sont rédigées les recherches. Cependant l'utilisation de plus en plus importante de l'anglais pourrait permettre la convergence et l'accroissement de la richesse des études interétatique dans la région.\n\n",
"title": " Géographie sociale en Asie du Sud Est "
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Géographie_sociale |
Amérique latine | 608 | [
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"source_text": "L’Amérique latine (en espagnol et en portugais : América Latina) est généralement définie comme la partie de l'Amérique dans laquelle les pays ont pour langue officielle des langues romanes, c'est-à-dire dérivées du latin (espagnol, portugais et français).\n\nL'Amérique latine englobe ainsi potentiellement l'Amérique hispanique, certaines îles des Caraïbes, ainsi que la quasi-totalité de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale. Cependant, bien que le français soit une langue romane, les territoires ayant comme langue officielle le français ne sont pas toujours retenus pour définir l'Amérique latine. Cette dernière est souvent considérée comme formée des seuls pays indépendants dont les langues officielles sont l'espagnol ou le portugais : l'Ibéro-Amérique. Pour ce qui est du Belize, d'Haïti, des Antilles françaises, et de la Guyane française, ils ne sont pas toujours pris en compte, tandis que les territoires francophones d'Amérique du Nord (Québec, Nouveau-Brunswick ou Saint-Pierre-et-Miquelon notamment) sont généralement exclus de la notion.\n\nÀ l'instar de l'Amérique du Nord, la population d'Amérique latine est ethniquement diversifiée, mêlant descendants des peuples amérindiens, des colonisateurs européens, des esclaves d'origine africaine et des immigrants plus récents, Italiens, Allemands, Libanais, Syriens, Japonais, etc. selon les régions. La religion prédominante en Amérique latine est le christianisme, historiquement le catholicisme, concurrencé aujourd'hui par les églises évangéliques. Les religions amérindiennes et les religions afro-américaines continuent à être suivies par une partie de ces communautés.\n\nL'Amérique latine a une superficie d'environ 20 010 600 km2, soit plus de 3,9 % de la surface de la Terre, et 13,5 % de sa surface émergée. En 2019, sa population est estimée à plus de 650 millions d'habitants.\n\n",
"title": ""
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Amérique_latine |
Londres - Transports (2) | 594 | [
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"source_text": "\n\nLondres (/lɔ̃dʁ/ ; en anglais : London, /ˈlʌndən/ ) est la capitale et plus grande ville d'Angleterre et du Royaume-Uni. La ville est située près de l'estuaire de la Tamise dans le sud-est de l'Angleterre. Londinium est fondée par les Romains il y a presque 2 000 ans. La Cité de Londres, le noyau historique de Londres avec une superficie de seulement 1,12 miles carrés (2,9 km2) conserve des frontières qui suivent de près ses limites médiévales. Londres est gouvernée par le maire de Londres et l'Assemblée de Londres.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le premier et seul téléphérique de Londres, connu sous le nom d'Emirates Air Line, a ouvert ses portes en juin 2012. Traversant la Tamise, reliant la péninsule de Greenwich et les Royal Docks à l'est de la ville, le téléphérique est intégré au système de billetterie Oyster card de Londres, bien que des tarifs spéciaux soient facturés. Ayant coûté 60 millions de livres sterling, il transporte plus de 3 500 passagers par jour, bien que sa capacité soit nettement supérieure. Semblable au programme de location de vélos de Santander Cycles, le téléphérique est parrainé dans le cadre d'un accord de 10 ans avec la compagnie aérienne Emirates.\n\n",
"title": " Téléphérique "
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Londres |
Érasme - Biographie (2) | 3,030 | [
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"source_text": "\n\nÉrasme (Didier Érasme), également appelé Érasme de Rotterdam (Desiderius Erasmus Roterodamus), né dans la nuit du 27 au 28 octobre 1466, ou en 1467, ou 1469, à Rotterdam, mort le 12 juillet 1536 à Bâle, est un chanoine régulier de saint Augustin, philosophe, humaniste et théologien néerlandais, considéré comme l'une des figures majeures de la culture néerlandaise et occidentale.\n\nIl reste essentiellement connu aujourd'hui pour sa declamatio satirique Éloge de la Folie (1511) et, dans une moindre mesure, pour ses Adages (1500), anthologie de plus de quatre mille citations grecques et latines, et pour ses Colloques (1522), recueil d'essais didactiques aux thèmes variés, bien que son œuvre, autrement plus vaste et complexe, comprenne des essais et des traités sur un très grand nombre de sujets, sur les problèmes de son temps comme sur l'art, l'éducation, la religion, la guerre ou la philosophie, éclectisme propre aux préoccupations d'un auteur humaniste.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Reconnu depuis toujours comme l’un des plus grands humanistes de la Renaissance, Érasme a toute sa vie défendu une conception évangélique de la religion catholique. Il a maintes fois critiqué l’attitude du clergé et des papes, dont les comportements lui semblaient en opposition avec les évangiles.\n\nAuteur de nombreux écrits notamment de dialogues, dont le fameux Éloge de la Folie, Érasme a longuement voyagé en Europe, notamment en Angleterre et en Italie pour s’enrichir et développer sa conception humaniste du christianisme. Bien que ses idées et ses critiques à l’encontre du pape fussent proches de celles de Martin Luther, il n’a jamais voulu adopter ni encourager la réforme protestante, ne souhaitant pas créer de schisme à l’intérieur de l’Église, fidèle, par là, à son idéal de paix et de concorde.\n\nAlors qu’il prépare le doctorat de théologie de la Sorbonne de 1495 à 1499, il gagne sa vie en travaillant comme précepteur. Il compose pour ses étudiants latinistes des modèles de lettres, et travaille à l’élaboration d’une rhétorique épistolaire, tout d’abord en accord avec celle des humanistes italiens, mais appelée à connaître un développement extraordinaire qui aboutit en définitive à l’élévation de la lettre au rang de prose d’art. Influencé par les débats contemporains entre tenants du formalisme médiéval et partisans du néo-classicisme, et en réaction à la publication de la correspondance d’Ange Politien (1498), Érasme entreprend d’illustrer sa propre conception du genre. Ses manuels d’épistolographie, maintes fois plagiés à partir de 1499-1500, s’inscrivent dans la mouvance évolutive d’une synthèse des traditions classique et médiévale que le De conscribendis epistolis (1522) allait réaliser plus tard. L’attention accordée à l’épistolaire dans son Cicéronien (1528), dialogue satirique sur l’imitation vétilleuse de Cicéron, témoigne également de l’importance que revêt le genre à la Renaissance.\n\nÉpistolier infatigable, Érasme écrit des lettres à tout ce que l’Europe compte de princes, de grands ecclésiastiques, d’érudits renommés ou de disciples novices. Il affirme consacrer la moitié de ses journées à sa correspondance. On compte aujourd’hui plus de 600 correspondants dans toute l’Europe. En 1515-1516, résidant à Anderlecht, il rédige L'Institution du prince chrétien, destiné au jeune Charles de Habsbourg né à Gand, roi d'Espagne à 16 ans et empereur à 19. De 1516 à sa mort, il publie plus d’une douzaine de recueils différents où sont associées ses propres lettres et celles de ses correspondants. Au total, c’est près de douze cents lettres qu’il donne à voir au public, pêle-mêle et sans égard pour la chronologie, ambitionnant d’illustrer à travers elles les ressources expressives du genre et ses prises de position au sein de la République des Lettres.\n\nGrand admirateur des Elegantiæ de Lorenzo Valla, il compose à son tour un recueil d’expressions et de proverbes latins puisés chez les auteurs anciens, les Collections d'Adages (Collectanea Adagiorum), dont il se sert comme vade-mecum personnel, avec 818 adages lors de leur première publication à Paris en 1500 chez l'éditeur Jean Philippe. À ce petit recueil, qui continuera d’être publié sous le nom de Collectanea Adagiorum, feront suite les Chiliades d’Adages (Chiliades Adagiorum, publiés à Venise en 1508), et qui comporteront jusqu’à 4151 adages dans l'édition de 1536. Chaque expression est diversement commentée, et cet exercice, qui permet à Érasme d’illustrer les rapports entre la littérature latine et grecque, est prétexte pour l’auteur à proposer ses analyses sur l’homme, la religion ou les sujets d’actualité. La première édition du recueil (1503) est régulièrement révisée par l’auteur (d’autant que des éditions pirates voient rapidement le jour) et le recueil final comporte plus de quatre mille articles. Il vient d'en être donné une réédition complète avec traduction française en regard (Les Belles Lettres, 2011, voir ci-dessous).\n\nIl est également l’auteur d’un manuel de Savoir-vivre à l’usage des enfants, aussi connu sous le nom de La Civilité puérile (De civilitate morum puerilium, 1530), destiné au prince Henri de Bourgogne. Cet ouvrage, qui a servi de référence pendant plusieurs générations, donne un bon témoignage de l’état des mœurs dans l’Europe du XVe siècle.\n\nRevenu à Bâle pour surveiller la publication de l’Ecclésiaste, il se voit offrir de devenir cardinal par le pape Paul III. Il refuse.\n\nÉrasme est très affecté par l'exécution sur l'échafaud de son grand ami Thomas More, en août 1535. « Dans l'exécution de More je meurs moi-même un peu », écrit-il à un ami. « Nous étions deux amis ayant une seule âme entre nous ». Lui-même meurt dans la nuit du 11 au 12 juillet 1536. Il est enterré dans la cathédrale de Bâle, aujourd’hui protestante. Le 19 janvier 1543, ses livres sont brûlés publiquement à Milan en même temps que ceux de Luther.\n\nErasme, très ami avec Beatus Rhenanus de Sélestat, en Alsace, fit de nombreuses visites dans cette ville où se trouve la Bibliothèque Humaniste, classée au patrimoine mondial. Il fut souvent reçu par la Stubengesellschaft (société littéraire) de Sélestat[réf. nécessaire]. Il écrivit, en 1515, l'éloge de la ville : « Illustre Sélestat, quel héros, traçant le premier dessin de ton enceinte, fut ton fondateur d'heureux présages. D'où vient ton génie si fécond, si généreux ? Quels astres brillèrent au-dessus de ton berceau ? »\n\n",
"title": " Vie active "
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"source_text": "Érasme s’était choisi comme devise « Nulli concedo » (« Je ne fais de concessions à personne ») ou « cedo nulli» ; mais lorsqu’on lui en faisait le reproche, car elle semblait bien orgueilleuse, il répondait bien subtilement que ce n’était pas la sienne mais celle de Terminus, dieu antique représentant la mort ou le terme de la vie, et que c’était la mort et non Érasme qui parlait. En fait, Érasme portait comme sceau sur sa bague, une gemme antique représentant le dieu Bacchus, cadeau de son élève l’archevêque Alexandre Stuart, mais Érasme avait cru qu’il s’agissait du dieu Terminus, beau prétexte à une devise sans doute à double sens. Ce « memento mori » est représenté sur des gravures et elle figure entre autres sur la médaille où Quentin Metsys représenta Érasme.\n\n",
"title": " La devise d'Érasme "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Érasme |
Circulations impériales entre contrainte et liberté | 366 | [
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"source_text": " Le développement de la traite atlantique\n◆ Du besoin de main-d’oeuvre américain… La mort de très nombreux Amérindiens crée un besoin de main-d’oeuvre. Or, depuis que les Ottomans ont conquis Constantinople en 1453, les Européens n’ont plus accès aux esclaves slaves.\n\n➤ … à l’esclavage africain. Depuis le début du XVe siècle, les navires portugais qui longent la côte africaine ont commencé à créer des comptoirs, où ils achètent ou capturent des esclaves. Avant même la conquête de l’Amérique, il y a déjà en Europe des esclaves africains (doc. 1).\n\n➤ Les conditions de la traite. Les Européens n’inventent pas l’esclavage africain, mais accélèrent fortement les déportations. Ils créent les bases d’un système qui conduit du XVIIe au XIXe siècle à déporter environ 13 millions d’Africains, essentiellement vers l’Amérique, et en particulier vers les Caraïbes et le Brésil (doc. 2). Légitimée par le pape, la traite commence au XVIe siècle dans des conditions violentes et déshumanisantes, générant une importante mortalité.",
"title": "1"
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"source_text": " Métissages biologiques et culturels\n◆ L’évangélisation. Les systèmes de pensée entrent aussi en contact. Les ordres religieux européens se lancent dans une entreprise d’évangélisation en Amérique et en Afrique, baptisant d’abord les élites, puis une partie importante des populations (doc. 2). Celles-ci ne reçoivent pas passivement la nouvelle religion : elles se l’approprient et l’adaptent à leurs valeurs. Se créent alors des cultures mixtes qui mêlent les langues et les pratiques des différents mondes.\n\n➤ Des circulations aux métissages. L’immigration d’Européens vers l’Amérique, la déportation d’esclaves africains vers l’Amérique et dans une moindre mesure l’Europe, et enfin la circulation contrainte ou choisie de certains Amérindiens vers l’Europe donnent lieu à des métissages. Parfois, les mariages mixtes et les métissages sont même encouragés, car ils peuvent créer des intermédiaires utiles comme le montre le parcours de Pocahontas (doc. 3). Parfois, ils se heurtent à un rejet des sociétés impériales.",
"title": "2"
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"source_text": " Circulation de la faune et de la flore\n◆ Le développement des savoirs naturalistes. La colonisation donne lieu à des enquêtes de naturalistes au cours desquelles on questionne les Amérindiens pour comprendre leur usage des plantes, notamment en médecine.\n\n➤ La circulation des espèces végétales et animales. Les espèces animales et végétales sont également amenées d’un continent sur l’autre, dans le cadre de l’échange colombien. Les Européens introduisent par exemple le cheval sur le continent américain. En Europe, certaines plantes rencontrent un succès rapide et entrent dans les habitudes de consommation, tels le tabac, la pomme de terre, la tomate, le maïs, le chocolat, la vanille. En Amérique, la culture de la canne à sucre se développe en lien avec l’esclavage.",
"title": "3"
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"source_text": " La traite atlantique accélère les circulations et les métissages entre les continents, mis en contact au sein d’une première mondialisation. ",
"title": ""
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"img": [
"https://assets.lls.fr/pages/6432035/HIS.2de.3.C3.pocahontas.png"
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"source_text": " Pocahontas (1598-1617) Fille d’un chef de confédération amérindienne, Pocahontas joue un rôle politique d’intermédiaire avec les colons anglais de la colonie de Virginie fondée en 1607. Baptisée et mariée à un colon, elle représente surtout une figure très utilisée par les Anglais pour montrer la possibilité de bons rapports avec les locaux.",
"title": "Repères"
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"source_text": " • Échange colombien : échange biologique advenu après 1492 entre l’Amérique d’une part et l’Afrique, l’Europe et l’Asie d’autre part, où les espèces avaient évolué de manière distincte.\n\n• Esclave : condition d’un être humain réduit au statut juridique de propriété. On parle de traite atlantique pour désigner en particulier l’esclavage africain imposé par les Européens pour exploiter l’Amérique.\n\n• Métissage : mélange entre différentes origines. On considère que le métissage peut être aussi culturel lorsqu’une personne ou une société maîtrise les codes de plusieurs mondes.\n\n• Naturaliste : nom donné du XVIe au XIXe siècle aux savants qui étudient l’histoire naturelle, alors comprise comme un domaine englobant botanique, zoologie et géologie.",
"title": "Vocabulaire"
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"source_text": " Pendant ce temps Lady Rebecca, alias Pocahontas, fille de Powhatan, grâce à l’instruction de maître John Rolfe son mari et de ses amis, apprit à parler l’anglais suffisamment bien pour être comprise, reçut une bonne instruction chrétienne, et était devenue très policée et civile selon les manières anglaises, elle avait aussi eu de lui un enfant qu’elle aimait tendrement, et le Trésorier comme la Compagnie1 ordonnèrent que l’on pourvienne à ses besoins et à ceux de l’enfant. Par ailleurs diverses personnes de haut rang se montrèrent très accueillantes envers elle et, avant qu’elle n’arrive à Londres, le capitaine Smith en hommage à ses courtoisies passées vanta ses qualités à la reine, sa très excellente majesté, et à la cour et écrivit pour la reine un petit livre à cet effet.\n John Smith, La Véritable Histoire de la Virginie, 1624.\n\n1. La Compagnie de Virginie est chargée de la colonisation dans cette région.",
"title": "3 L’arrivée de Pocahontas en Angleterre"
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] | lls-histoire-seconde | https://www.lelivrescolaire.fr/page/6432035 |
Adolf Hitler - Seconde Guerre mondiale (7) | 1,080 | [
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"source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.",
"title": "Contexte"
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"img": [],
"source_text": "Les ordres de Hitler à ses troupes deviennent de moins en moins possibles à exécuter, compte tenu de l’écrasante supériorité de l’Armée rouge et des Alliés. Les réunions entre Hitler et son chef d’état-major Heinz Guderian, nommé en juillet 1944, sont de plus en plus houleuses et celui-ci finit par être renvoyé le 28 mars 1945.\n\nHitler motive ses proches en invoquant les « armes miracles », comme les V1 et V2, les premiers missiles ou les premiers chasseurs à réaction Messerschmitt Me 262, censées renverser la situation, ou encore un retournement d’alliance in extremis.\n\nEn fait, depuis la conférence de Casablanca en janvier 1943, les Alliés exigent sans ambiguïté une capitulation sans condition, la dénazification de l’Allemagne et le châtiment des criminels de guerre. Quant aux « armes nouvelles », elles auraient été tout à fait insuffisantes, et Hitler a lui-même gâché ses dernières chances en affichant longtemps son mépris pour les « sciences juives » dont la physique nucléaire (une des causes du retard pris par les recherches sur la bombe atomique), ou encore en exigeant, contre l’avis de tous les experts, de construire les avions à réaction comme bombardiers — pour pouvoir reprendre la destruction des villes anglaises — et non pas comme chasseurs, ce qui aurait pu faire basculer la guerre aérienne.\n\nDans les derniers mois du conflit, Hitler, dont la santé décline rapidement (en raison de la maladie de Parkinson), n’apparaît plus en public, ne parle plus guère à la radio, et reste la plupart du temps à Berlin. Même les Gauleiter, pour la plupart membres du parti depuis les années 1920, sont frappés par la décrépitude physique de Hitler : le 24 février 1945, Hitler s'adresse à eux pour la dernière fois, à l'occasion du 25e anniversaire de la publication du programme du parti, et Karl Wahl, gauleiter de Souabe, est marqué par la déchéance de Hitler ; après un discours jugé décevant par les participants à cette rencontre, Hitler se lance dans un monologue qui lui fait reprendre sa verve et son entrain. C’est Joseph Goebbels, le chef de la propagande, par ailleurs commissaire à la défense de Berlin et responsable de la Volkssturm, qui pallie cette lacune et se charge d’exhorter les troupes et les foules. Le lien entre les Allemands et le Führer se distend. Hitler n’a jamais visité une ville bombardée ni un hôpital civil, il n’a jamais vu aucun des réfugiés qui fuient l’avancée de l’Armée rouge par millions à partir de janvier 1945, il ne se rend plus de longue date au chevet de soldats blessés, et a cessé depuis fin 1941 de prendre ses repas avec ses officiers ou ses soldats. Sa glissade hors du réel s’accentue.\n\nÀ la suite de l'offensive d'hiver soviétique, en janvier 1945, Hitler se désintéresse du sort des Allemands habitant dans les régions menacées par la poussée soviétique et ordonne à la fois l'évacuation de la population civile, de tout ce qui peut être évacué, ainsi que la destruction systématique de ce qui ne peut être envoyé vers l'ouest. Il connaît des crises de fureur à chaque annonce d'effondrement des lignes de défense à l'Est : ainsi, l'abandon de Varsovie par Harpe, malgré des ordres stricts, entraîne son remplacement par Ferdinand Schörner dans un accès de fureur, à l'image du remplacement de Rheinardt par Rendulic, compétent, mais impuissant face aux moyens déployés par les Soviétiques. D'autres généraux, comme Friedrich Hossbach, sont simplement limogés pour n'avoir pas été en mesure de parvenir aux objectifs qui leur avaient été assignés (dans son cas, la reconquête de Varsovie). Avec Joseph Goebbels, il présente à travers la presse l'affrontement comme une version moderne des guerres puniques, une guerre de la civilisation européenne contre une invasion barbare, qui sera gagnée grâce à un effort suprême par la nation et ses chefs. Dans la même ligne, le Völkischer Beobachter explique à ses lecteurs la nature du conflit en cours en insistant sur le poids des unités mongoles au sein de l'Armée rouge.\n\nDe plus, devant le refus systématique essuyé à chaque demande de retraite de leurs unités, des officiers de plus en plus nombreux dissimulent certains mouvements de troupes à Hitler : ainsi, le 17 janvier 1945, dans le contexte dramatique de l'offensive d'hiver soviétique, le général Burgdorf, aide de camp de Hitler pour la Wehrmacht, est soupçonné par certains généraux commandant sur le Front de l'Est, de cacher à Hitler la gravité de la situation militaire allemande en Pologne. De même, à partir du 20 janvier, l'ordre de retraite ayant enfin été donné, le général Rheinhardt chargé de la défense de la Prusse Orientale, n'informe pas Koch, Gauleiter de Prusse Orientale, de la retraite allemande et de l'abandon de positions directement menacées par l'Armée rouge dans la région de Lötzen, malgré les ordres stricts de Hitler et de son état-major le plus proche. Ces autorisations de retraite trop tardives contribuent à amplifier le désastre en cours et rendent chaque repli plus problématique encore. De même, Keitel et Jodl n'informent Hitler ni de la vanité des efforts destinés à constituer la 12e armée, ni de l'ensemble des manœuvres ordonnées aux unités qui composent cette armée en vue de dégager la ville de Berlin, ni de l'échec de la tentative de Felix Steiner de dégager Berlin par le nord.\n\nAu début du mois d'avril 1945, il continue de s'opposer, entouré de ses proches conseillers, à toute manœuvre de raccourcissement du front de l'Oder, et balaie toutes les objections que lui présente Gotthard Heinrici, commandant de l'armée chargée de défendre Berlin, en insistant sur le rôle que doit jouer le commandant : insuffler foi et confiance aux unités placées sous ses ordres, tout en lui constituant des réserves de soldats inexpérimentés, puisés dans la SS, la Luftwaffe et la marine.\n\nDe plus, convaincu que le peuple allemand ne mérite pas de lui survivre puisqu’il ne s’est pas montré le plus fort, Hitler ordonne le 19 mars 1945 une politique de terre brûlée d’une ampleur inégalée, incluant la destruction des industries, des installations militaires, des magasins et des moyens de transport et de communication, mais aussi des stations thermiques et électriques, des stations d’épuration, et de tout ce qui est indispensable à la survie élémentaire de ses concitoyens. Cet ordre ne sera pas respecté. Albert Speer, ministre de l’armement et architecte du Reich, a prétendu devant le tribunal de Nuremberg qu’il avait pris les mesures nécessaires pour que les directives de Hitler ne soient pas accomplies par les gauleiters. Cet ordre est en réalité l'aboutissement de consignes données depuis 1943 : dès le 14 février 1943, il ordonne la destruction de tout ce qui peut être utile à l'ennemi, ainsi que l'évacuation forcée de la population, dans les territoires abandonnés par les troupes allemandes en repli, ordre repris en octobre 1943 lors de l'évacuation de la tête de pont du Kouban. Le 16 octobre 1944, alors que le territoire du Reich est directement menacé, Hitler ordonne de transformer chaque maison de chaque village en forteresse, destinée à être défendue jusqu'à son effondrement.\n\nAu mois de mars, rendu furieux par l'échec de l'offensive en Hongrie, il ordonne à la Leibstandarte de retirer le brassard à son nom, que portent les hommes de cette division.\n\nEn avril 1945, le Reich est aux abois : le Rhin a été franchi par les Occidentaux le 23 mars, les villes sont écrasées par des bombardements quotidiens, les réfugiés fuient en masse de l’Est, les Soviétiques s'approchent de Vienne et de Berlin. Dans les rues des villes, les SS pendent encore en public ceux qui parlent de cesser un combat sans espoir. Sur des cadavres de civils pendus à des lampadaires, des pancartes précisent par exemple : « Je pends ici parce que j’ai douté de mon Führer », ou « Je pends ici parce que je suis un traître ». Les dernières images de Hitler filmées, en pleine bataille de Berlin, le montrent décorant ses derniers défenseurs : des enfants et des préadolescents.\n\n",
"title": " Défaite finale et mort - Aux abois "
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] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler |
Joseph Fouché - Biographie (1) | 1,434 | [
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"source_text": "\n\nJoseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, comte Fouché, est un homme politique français, né le 21 mai 1759 au Pellerin, près de Nantes, et mort le 26 décembre 1820 à Trieste, alors possession italienne de l'Empire autrichien. Personnage complexe qui a fasciné de nombreux auteurs, Fouché est particulièrement connu pour son implication dans la répression violente de l'insurrection lyonnaise en 1793, et pour avoir été ministre de la Police sous le Directoire, le Consulat, l'Empire et la Seconde Restauration.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Joseph Fouché est le fils de Marie-Adélaïde Croizet (1720-1793), fille d'un fabricant de poulies pour navires, et de Julien Joseph Fouché père (1719-1771), capitaine de navire, fils d'un marin breton et petit-fils d'un charpentier de marine. Installée près de Nantes, et d'origine modeste, sa famille connaît une première et récente ascension sociale grâce à la carrière de son père. Ce dernier, qui commence comme matelot de 2e classe, finit capitaine de marine marchande et commandant d'un brick négrier, à une époque où le commerce triangulaire est en plein essor en France, particulièrement depuis le port de Nantes. Les revenus générés par les expéditions négrières lui permettent même d'acheter une plantation à Saint-Domingue, dans laquelle travaillent des esclaves noirs. Joseph Fouché père décède le 10 mars 1771 au retour d'un voyage de traite. Son fils n'a alors que 12 ans.\n\nL'acte de naissance de Joseph Fouché fils, daté du 23 mai 1759 au Pellerin, en Loire-Atlantique, indique : « Fils de Joseph Fouché, capitaine de navires, et de Marie Françoise CROUZET (AD 44), parrain François GOUY marraine demoiselle Jeanne CROUZET ».\n\n",
"title": " Années de jeunesse et de formation (1759-1792) - Une famille de gens de la mer "
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"source_text": "Ayant d'abord envisagé de faire la même carrière de capitaine que son père, il en est empêché par sa santé fragile. Il entre alors au séminaire de l'Oratoire de Nantes où il reçoit les ordres mineurs ; les idées répandues chez les Oratoriens sont celles des Lumières, et il en ressort athée. En 1782 il devient professeur de sciences — il est considéré comme un bon professeur — au collège de l'Oratoire de Niort, puis enseigne dans les villes de Saumur, Vendôme, Juilly et Arras en 1788.\n\nC'est à Arras qu'il fait la connaissance de Robespierre à l'académie des Rosati, société littéraire et loge para-maçonnique. Il devient franc-maçon dans la loge Sophie-Madeleine-Reine de Suède d'Arras en 1789 et ne quittera jamais la maçonnerie, puisque entre 1805 et 1810 il est membre de la loge Les Citoyens réunis (devenue ensuite Les Cœurs unis) de Melun, ainsi que, de 1805 à 1813, grand officier d'honneur et grand conservateur de la Grande Loge symbolique générale du Grand Orient de France.\n\nIl est préfet des études chez les Oratoriens de Nantes lorsqu'éclate la Révolution française. Il en embrasse la cause avec ardeur, et, en septembre 1792 il est élu député à la Convention de la ville de Nantes.\n\n",
"title": " Années de jeunesse et de formation (1759-1792) - Élève puis enseignant à l'Oratoire "
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"source_text": "À la Convention, il fait partie du comité de l'instruction publique. Il appartient au parti des Girondins, avant de voter la mort lors du procès de Louis XVI et de basculer vers les bancs des Montagnards.\n\nFouché est envoyé en mission dans l'Ouest et le Centre, et devient un propagandiste ardent de l'esprit révolutionnaire, organisant la Garde nationale à Nantes, et recrutant des volontaires contre les vendéens.\n\nIl effectue une intense entreprise de déchristianisation de la Nièvre et de l'Allier. C'est au cours de ses missions dans le Centre et la Bourgogne que se manifesteront certaines dérives : destructions d'églises, croix brisées, pillages de trésors d'églises, autodafés de livres pieux et de vêtements sacerdotaux, etc.\n\nSelon Emmanuel de Waresquiel, ces écarts eurent pour conséquence en partie la renaissance catholique de la Restauration et du Second Empire.\n\n",
"title": " Révolution française (1792-1799) - En mission dans l'Ouest et le Centre "
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"source_text": "Sur proposition de Barère, Jean-Marie Collot d'Herbois et Montaut sont nommés par la Convention pour remplacer Dubois-Crancé, qui avait pourtant déjà pris le contrôle de l'insurrection lyonnaise.\n\nFouché, alors dans la Nièvre, est prié de les rejoindre le 30 octobre 1793 : « Le salut de la patrie vous appelle à Ville-Affranchie, partez, votre patriotisme nous répond de votre zèle et de la fermeté avec laquelle il faut opérer dans cette ville rebelle. » Et il lui conseille de rapporter discrètement son arrêté ordonnant de verser aux comités de surveillance l'or et l'argent monnayés, manière d'en laisser la destination à sa discrétion.\n\nFouché est ainsi chargé de faire exécuter le décret qui ordonnait la destruction de la ville de Lyon, et il encourage les cruautés qui furent commises alors. A cette occasion, il gagne le surnom de « mitrailleur de Lyon », pour avoir substitué à la guillotine, jugée trop lente, l'exécution de masse des habitants jugés suspects par la mitraille (des canons tiraient sur des groupes de plusieurs dizaines de condamnés). 1 683 Lyonnais sont tués, victimes de la répression de Fouché. Le 2 frimaire (22 novembre), il écrit avec Collot d'Herbois, à la Convention :\n\n« On n'ose pas encore vous demander le rapport de votre premier décret sur l'anéantissement de la ville de Lyon, mais on n'a presque rien fait jusqu'ici pour l'exécuter. Les démolitions sont trop lentes, il faut des moyens plus rapides à l'impatience républicaine. L'explosion de la mine et l'activité dévorante de la flamme peuvent seules exprimer la toute-puissance du peuple. Sa volonté ne peut être arrêtée comme celle des tyrans, elle doit avoir les effets du tonnerre. Signé Collot d'Herbois et Fouché. »\n\nDans l'exercice de son mandat, Fouché est aussi accusé de dilapidations et de détournements. Ainsi, cet arrêté pris par lui et son collègue Albitte :\n\n« Les représentants du peuple envoyés à Commune affranchie pour y assurer le bonheur du peuple requièrent la commission des séquestres de faire apporter chez eux deux cents bouteilles du meilleur vin qu'ils pourraient trouver, et en outre, cinq cents bouteilles de vin rouge de Bordeaux, première qualité, pour leur table. »\n\nRappelé à Paris le 7 germinal (27 mars 1794), Fouché réintègre la Convention le 17 germinal (8 avril), qui renvoie son rapport au comité de salut public. L'ex-représentant en mission justifie alors la violence de la répression lyonnaise en disant que « le sang du crime féconde le sol de la liberté et affermit sa puissance ». Robespierre aurait battu froid Fouché lors d'une entrevue privée à en croire les mémoires de Charlotte Robespierre, texte publié quarante ans après les faits afin de réhabiliter son frère Maximilien en campant celui-ci comme « doux, compatissant et martyr. ». À l'encontre de cette « tradition, soigneusement entretenue par certains historiens en général favorables à l'action de Robespierre », l'historien Michel Biard relève que le Comité en général et l'Incorruptible en particulier ne sont pas hostiles à la sévère répression lyonnaise, comme l'attestent divers écrits de Robespierre : une lettre « qui stigmatise [la] trop grande indulgence » des précédents représentants en mission envoyés à Lyon, et deux discours, l'un non daté (contre Fabre d'Églantine) et l'autre du 23 messidor an II.\n\nPar la suite, après le reflux de la Terreur, Fouché cherche à rejeter la faute sur Collot d'Herbois[réf. nécessaire].\n\nSe justifiant devant les Jacobins, il parvient à se faire élire à la présidence du club le 16 prairial (4 juin), en l'absence de Robespierre. Toutefois, quand des délégations de Nevers et du Morvan viennent accuser Fouché, Robespierre l'attaque ouvertement aux Jacobins. Chassé des Jacobins le 24 prairial (12 juin) sous l'influence de Robespierre, Fouché sait alors, comme il l'écrira dans ses Mémoires, « qu’il avait l’honneur d’être inscrit sur ses tablettes à la colonne des morts ».\n\nSe battant avec énergie pour sauver sa vie, il participe activement au complot qui aboutit à la chute de Robespierre et joue un rôle décisif, au cours de la nuit du 8 au 9 thermidor, dans les négociations avec les chefs de la Plaine, leur promettant la fin de la Terreur pour prix de leur alliance.\n\n",
"title": " Révolution française (1792-1799) - Le « mitrailleur de Lyon » (1793-1794) "
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Fouché |
Trois Glorieuses - Bilan humain (1) | 1,569 | [
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"source_text": "\n\nLa révolution de Juillet est la deuxième révolution française, après celle de 1789. Elle porte sur le trône un nouveau roi, Louis-Philippe Ier, à la tête d'un nouveau régime, la monarchie de Juillet, qui succède à la Seconde Restauration. Cette révolution se déroule sur trois journées, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dites « Trois Glorieuses ».\n\nAprès une longue période d’agitation ministérielle, parlementaire et journalistique, le roi Charles X tente par un coup de force constitutionnel de freiner les ardeurs des députés libéraux par ses ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet 1830. En réponse, des Parisiens se soulèvent, dressent des barricades dans les rues et affrontent les forces armées, commandées par le maréchal Marmont, duc de Raguse. L'émeute se transforme rapidement en insurrection révolutionnaire.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La colonne de la Bastille garde la trace de 504 tués – chiffre que Jean-Claude Caron estime fortement sous-estimé. Il précise que deux tiers des victimes se comptent parmi les artisans et qu’en proportion le prix payé par les étudiants a été du même ordre. Le 30 août 1830, la Chambre vote le versement d’indemnités à 3 850 blessés, 500 veuves et 500 orphelins. En 1832, Bernard Sarrans, aide de camp de La Fayette à l'époque, avance le chiffre de 6 000 victimes chez les insurgés, dont 1 000 à 1 200 tués tandis que, selon lui, les pertes des troupes royales n'ont pu être déterminées. Selon le Moniteur du 4 février 1840, on dénombre 163 morts dans les rangs de l’armée et 504 chez les insurgés. À la suite des recherches qu’il a menées, Paul Reynaud, quant à lui, cite les chiffres de 788 tués du côté des émeutiers et 4500 blessés ; 163 soldats tués et 578 blessés, « en tout moins de mille morts, disent des statistiques douteuses ».\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_Glorieuses |
Système solaire - Système solaire externe (2) | 3,836 | [
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"source_text": "\n\nLe Système solaire (avec majuscule), ou système solaire (sans majuscule), est le système planétaire du Soleil, auquel appartient la Terre. Il est composé de cette étoile et des objets célestes gravitant autour d'elle : les huit planètes confirmées et leurs 214 satellites naturels connus (appelés usuellement des « lunes »), les cinq planètes naines et leurs neuf satellites connus, ainsi que des milliards de petits corps (la presque totalité des astéroïdes et autres planètes mineures, les comètes, les poussières cosmiques, etc.). \n\nLe Système solaire fait partie de la galaxie appelée Voie lactée, où il réside dans le bras d'Orion. Il est situé à environ 8 kpc (∼26 100 a.l.) du centre galactique, autour duquel il effectue une révolution en 225 à 250 millions d'années. Il s'est formé il y a un peu moins de 4,6 milliards d'années à partir de l'effondrement gravitationnel d'un nuage moléculaire, suivi de la constitution d'un disque protoplanétaire selon l'hypothèse de la nébuleuse.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Uranus (19,2 ua) est la moins massive des planètes géantes, par ses 14 masses terrestres, . Son diamètre d'environ 51 000 kilomètres est légèrement supérieur à celui de sa presque jumelle Neptune, en raison de la compression gravitationnelle de cette dernière. Sa période de révolution est d'environ 84 ans et, caractéristique unique parmi les planètes du Système solaire, elle orbite le Soleil sur son côté en un peu plus de 17 heures, son axe de rotation étant pratiquement dans son plan de révolution, donnant l'impression qu'elle « roule » sur le plan de l'écliptique, . Ses pôles Nord et Sud se trouvent donc là où la plupart des autres planètes ont leur équateur. La planète est pourvue d'une magnétosphère vrillée du fait de cette inclinaison de l'axe.\n\nComme celles de Jupiter et Saturne, l'atmosphère d'Uranus est composée principalement d'hydrogène et d'hélium et de traces d'hydrocarbures. Cependant, comme Neptune, elle contient une proportion plus élevée de « glaces » au sens physique, c'est-à-dire de substances volatiles telles que l'eau, l'ammoniac et le méthane, tandis que l'intérieur de la planète est principalement composé de glaces et de roches, d'où leur nom de « géantes de glaces ». Par ailleurs, le méthane est le principal responsable de la teinte aigue-marine de la planète. Son atmosphère planétaire est la plus froide du Système solaire, atteignant 49 K (−224 °C) à la tropopause, car elle rayonne très peu de chaleur dans l'espace, et présente une structure nuageuse en couches. Cependant, la planète ne présente presque aucun relief à la lumière visible, comme les bandes de nuages ou les tempêtes associées aux autres planètes géantes, malgré des vents de l'ordre de 900 km/h.\n\nPremière planète découverte à l’époque moderne avec un télescope — par William Herschel en 1781 — et non connue depuis l'Antiquité, Uranus possède un système d’anneaux et de nombreux satellites naturels : on lui connaît 13 anneaux étroits et 27 lunes, les plus grandes étant Titania, Obéron, Umbriel, Ariel et Miranda ; cette dernière est notamment remarquable en raison de la grande varitété de terrains qu'elle présente, .\n\n",
"title": " Planètes externes - Uranus "
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"source_text": "Neptune (30 ua) est la planète la plus éloignée du Soleil connue au sein du Système solaire, . Légèrement plus massive qu'Uranus par ses 17 masses terrestres, mais plus petite, son diamètre équatorial étant d'environ 49 500 kilomètres par compression gravitationnelle, elle est en conséquence plus dense — faisant d'elle la planète géante la plus dense. Sa période de révolution est d'environ 165 ans et sa période de rotation dépasse légèrement 16 heures.\n\nN'étant pas visible à l'œil nu, elle est le premier objet céleste et la seule des huit planètes du Système solaire à avoir été découverte par déduction plutôt que par observation empirique, grâce aux perturbations gravitationnelles inexpliquées sur l'orbite d'Uranus : les calculs de l'astronome français Urbain Le Verrier permettent au prussien Johann Gottfried Galle de l'observer au télescope en 1846. On lui connaît 14 satellites naturels dont le plus grand est Triton, qui est géologiquement actif et présente des geysers d'azote liquide. Il s'agit par ailleurs du seul grand satellite du Système solaire situé sur une orbite rétrograde. La planète possède en outre un système d'anneaux faible et fragmenté et une magnétosphère, et est accompagnée sur son orbite de plusieurs planètes mineures, les astéroïdes troyens de Neptune.\n\nL'atmosphère de Neptune est similaire à celle d'Uranus, composée principalement d'hydrogène et d'hélium, de traces d'hydrocarbures ainsi que d'une proportion plus élevée de « glaces » (eau, ammoniac et méthane), faisant d'elle la deuxième « géante de glaces ». Par ailleurs, le méthane est partiellement responsable de la teinte bleue de la planète, mais l'origine exacte de son bleu azur reste encore inexpliquée. Contrairement à l'atmosphère brumeuse et relativement sans relief d'Uranus, celle de Neptune présente des conditions météorologiques actives et visibles, notamment une Grande Tache sombre comparable à la Grande Tache rouge de Jupiter, présente au moment du survol de Voyager 2 en 1989. Ces conditions météorologiques sont entraînées par les vents les plus forts connus du Système solaire, qui atteignent des vitesses de 2 100 km/h. En raison de sa grande distance du Soleil, l'extérieur de son atmosphère est l'un des endroits les plus froids du Système solaire, les températures au sommet des nuages approchant 55 K (−218,15 °C).\n\n",
"title": " Planètes externes - Neptune "
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"source_text": "Les centaures, qui s'étendent entre 9 et 30 ua, sont des petits corps glacés analogues aux comètes, définis en première approximation comme des astéroïdes orbitant entre Jupiter et Neptune et dont l'orbite croise celle d'une des planètes géantes ; leurs caractéristiques partageant celles des comètes et des astéroïdes sont à l'origine de leur nom d'après une créature mythologique hybride, le centaure. Certaines définitions sont plus précises et légèrement divergentes, selon le Centre des planètes mineures, la JPL Small-Body Database et le Deep Ecliptic Survey, .\n\nLe fait que les centaures croisent ou aient croisé l'orbite d'une planète géante implique que leur propre orbite est instable, voire chaotique, et donc que celle-ci a une durée de vie dynamique de l'ordre de seulement quelques millions d'années. Il existe cependant au moins un potentiel contre-exemple, (514107) Kaʻepaokaʻawela (5,14 ua), qui est coorbital à Jupiter en résonance 1:-1 — c'est-à-dire qu'il a une orbite rétrograde, en sens inverse de celle de Jupiter et des autres planètes — et qui pourrait être sur cette orbite depuis des milliards d'années.\n\nLe premier centaure découvert selon la définition actuelle du Jet Propulsion Laboratory est (944) Hidalgo (5,74 ua) en 1920, mais c'est la découverte de (2060) Chiron (13,63 ua), en 1977, qui fait prendre conscience aux astronomes de cette population distincte. Ce dernier est d'ailleurs le premier centaure indiqué dans la liste du Centre des planètes mineures. Comme certains étaient déjà numérotés dans une catégorie ou que la distinction entre leur caractère d'astéroïde et de comète est souvent difficile, de nombreux centaures possèdent plusieurs dénominations ; par exemple, Chiron est également officiellement désigné 95 P/Chiron.\n\nLe plus grand centaure connu, (10199) Chariclo (15,82 ua), mesure de 200 à 300 km de diamètre et possède un système d'anneaux, . Comme les centaures sont moins étudiés que les plus grands objets, il est difficile d'estimer leur nombre total et les approximations du nombre de centaures d'un diamètre de plus d'un kilomètre dans le Système solaire vont de 44 000 à plus de 10 000 000. Par ailleurs, aucun n'a été imagé de près, bien qu'il y ait des preuves que la lune de Saturne Phœbé, qui a elle été observée, soit un ancien centaure capturé et provenant de la ceinture de Kuiper.\n\nParmi les objets connus pour occuper des orbites de type centaure, une trentaine possèdent des chevelures qui ont été détectées, dont deux, (2060) Chiron et (60558) Échéclos (10,68 ua), présentent de très importantes traînées. Ces deux derniers sont notamment à la fois des centaures et des comètes, ou astéroïdes cométaires.\n\n",
"title": " Centaures "
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] | wik-svt-cinquieme | https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_solaire |
Transition énergétique - Situation par pays (8) | 954 | [
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"source_text": "\n\nLa transition énergétique désigne à la fois l'évolution passée de la répartition des énergies consommées sur la planète (bois, eau, charbon, pétrole, nucléaire, etc.) et, pour l'avenir, un objectif politique et technique d'une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l'énergie. C'est l'un des volets de la transition écologique.\n\nLa possibilité de changer le niveau de consommation d'énergies et sa répartition entre différents modes résulte des évolutions techniques, des prix et de la disponibilité des ressources énergétiques, mais aussi d'une volonté des populations, des gouvernements, des entreprises, etc. qui souhaitent réduire les effets négatifs de ce secteur sur l'environnement.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le 18 juin 2019, la Commission européenne publie son projet de classification européenne (également appelée « taxonomie ») visant à orienter les investissements des marchés financiers vers des activités dites « durables ». Ce projet est le fruit des travaux d’un groupe d’experts techniques de la Commission, le « Technical Expert Group » (TEG), qui a écarté le nucléaire. Le 25 septembre 2019, le Conseil de l’Union européenne (UE), qui rassemble les ministres concernés par un projet de texte, décide de maintenir éligible l’énergie nucléaire dans le label européen des investissements verts. L’Allemagne, soutenue par l’Autriche et le Luxembourg, voulait exclure le nucléaire, mais la majorité des États, emmenés par Paris, souhaitait l'intégrer dans la classification. En mars 2019, le Parlement européen avait exclu l’énergie nucléaire du projet de classification. Le projet doit maintenant passer l’étape du « trilogue » où la Commission, le Conseil et le Parlement doivent dégager une position commune.\n\n",
"title": " Europe - Classification des investissements verts "
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"source_text": "Le 21 décembre 2021, la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager présente une modification substantielle des règles européennes encadrant certaines aides d'État, avec l'objectif de les adapter aux enjeux du « Pacte vert pour l'Europe ». Le principe directeur est que ce qui contribue à atteindre les objectifs climatiques de 2030 et 2050 pourra être soutenu économiquement, ce qui nuit aux ambitions climatiques ne pourra plus l'être. Les nouvelles lignes directrices incluent de nouvelles activités liées à la mobilité propre et ses infrastructures, aux énergies renouvelables, à la décarbonation industrielle, à la lutte contre la pollution sonore, au soutien à l'économie circulaire, aux aides en faveur de la biodiversité et de la réparation des dommages environnementaux, à la performance énergétique des bâtiments. Les aides au gaz naturel resteront possibles dans des cas encadrés, par exemple pour les pays qui veulent y investir pour sortir du charbon.\n\n",
"title": " Europe - Adaptation des lignes directrices sur les aides d'État liées à l'action climatique "
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] | wik-geo-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_énergétique |
France - Géographie (2) | 620 | [
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"source_text": "\n\nLa France, en forme longue depuis 1875 la République française, est un État souverain transcontinental dont le territoire métropolitain s'étend en Europe de l'Ouest et dont le territoire ultramarin s'étend\n\ndans les océans Indien, Atlantique, Pacifique, ainsi qu'en Antarctique et en Amérique du Sud. Le pays a des frontières terrestres avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, Monaco et l'Andorre en Europe, auxquelles s'ajoutent les frontières terrestres avec le Brésil, le Suriname et les Pays-Bas aux Amériques. La France dispose d'importantes façades maritimes sur l'Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l'océan Indien, lui permettant de bénéficier de la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Le territoire métropolitain de la France offre une grande variété d'ensembles topographiques et de paysages naturels. De vastes parties du territoire européen actuel de la France ont été soulevées lors de plusieurs épisodes tectoniques, notamment la surrection hercynienne à l'ère paléozoïque, qui est à l'origine des massifs armoricain, central, morvandiau, vosgien, ardennais et Corse. Les massifs alpin, pyrénéen et jurassien sont eux beaucoup plus jeunes, et possèdent des formes moins érodées — les Alpes culminent à 4 808 mètres d'altitude au mont Blanc. Bien que 60 % des communes soient classées comme présentant des risques sismiques, ceux-ci restent modérés.\n\nCes massifs délimitent plusieurs bassins sédimentaires, notamment le Bassin aquitain au sud-ouest et le Bassin parisien au nord — ce dernier comprend plusieurs régions au sol particulièrement fertile, notamment les plateaux limoneux de la Beauce et de la Brie. En outre, diverses voies de passage naturelles, telles que la vallée du Rhône, permettent des communications aisées. Les littoraux offrent des paysages assez contrastés ; il s'agit tantôt de retombées de massifs montagneux (la Côte d'Azur par exemple), de plateaux se terminant sur des falaises (la Côte d'Albâtre) ou de larges plaines sableuses (la plaine du Languedoc).\n\nLe réseau hydrographique de la France métropolitaine est principalement organisé autour de quatre grands fleuves, la Loire, la Seine, la Garonne et le Rhône, auxquels on peut ajouter la Meuse et le Rhin, moins importants en France, mais majeurs à l'échelle européenne. Le bassin versant français des quatre premiers couvre plus de 62 % du territoire métropolitain.\n\nLes territoires ultramarins, par leur dispersion dans différents océans et continents, présentent tous des caractéristiques topographiques spécifiques. Ils partagent toutefois des points communs, notamment des contraintes, des risques ou des potentialités physiques, à commencer par l'insularité (à l'exception de la Guyane). La plupart de ces îles sont d'origine volcanique, sous la forme d'arcs volcaniques liés à une subduction (la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans les Petites Antilles, les îles Matthew et Hunter au sud de l'arc du Vanuatu ou les îles Loyauté en Nouvelle-Calédonie), de chapelets d'îles formés initialement autour de points chauds sur la lithosphère océanique (les archipels constitutifs de la Polynésie française ou des TAAF, La Réunion, Mayotte dans l'archipel des Comores, Clipperton), de plateaux volcaniques issus de panaches mantelliques (le plateau des Kerguelen dont les terres émergées forment l'archipel du même nom et celui de l'archipel Crozet dans les TAAF) ou de composantes en partie immergées d'un massif montagneux sur la lithosphère continentale (Saint-Pierre-et-Miquelon est ainsi lié à l'orogenèse des Appalaches).\n\nLes âges plus ou moins anciens des épisodes volcaniques qui ont provoqué leur formation expliquent des degrés divers d'érosion des reliefs, de subsidences, de formations de récifs coralliens et de dépôts calcaires. De ce fait, plusieurs de ces îles conservent un reliquat rocheux plus ou moins élevé des anciens volcans (les « îles hautes », avec ou sans bordure corallienne), qu'ils soient inactifs (dans la plupart des îles hautes de Polynésie française comme Tahiti, les îles Matthew et Hunter en Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte, les îles Kerguelen en TAAF), potentiellement actifs (l'île de la Possession dans l'archipel Crozet et les TAAF), ou actifs (la Soufrière sur Basse-Terre en Guadeloupe, la montagne Pelée en Martinique, le piton de la Fournaise à La Réunion, Mehetia dans l'archipel de la Société en Polynésie française, les îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam dans les TAAF). C'est dans ces îles hautes que se trouvent les points culminants de l'Outre-mer français. Les deux seuls territoires ultramarins à avoir des sommets dépassant les 2 000 m d'altitude sont La Réunion (culminant au piton des Neiges à 3 070,5 m) et Tahiti (le mont Orohena atteint 2 241 m).\n\nLes îles les plus anciennes ou touchées par d'autres phénomènes géologiques ont des reliefs beaucoup moins élevés et des sols davantage calcaires, ayant pu devenir des presqu'atolls (Clipperton, potentiellement Fatu Huku aux Marquises en Polynésie française), des atolls surélevés (Grande-Terre, Marie-Galante, La Désirade et les îles de la Petite-Terre en Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, les îles Loyauté mais aussi l'île des Pins en Nouvelle-Calédonie, Alofi à Wallis-et-Futuna, Makatea dans les Tuamotu ou Bora-Bora et Huahine dans l'archipel de la Société en Polynésie française, l'île Tromelin dans les îles Éparses de l'océan Indien et les TAAF) ou des atolls (nombreux en Polynésie française, également dans les récifs d'Entrecasteaux en Nouvelle-Calédonie, les îles Éparses de l'océan Indien dans les TAAF).\n\nPar ailleurs, l'archipel de la Nouvelle-Calédonie présente la particularité parmi les ensembles insulaires de l'Outre-mer français de n'avoir aucun lien avec une activité volcanique, ayant été formé par une série d'obductions du manteau au-dessus d'une partie des terres émergées du microcontinent Zealandia, ce qui explique sa richesse en roches ultramafiques (péridotites) et, par l'altération de ces dernières, en nickel. La Grande Terre, qui constitue la plus grande île française, et l'ensemble des îles qui la prolonge au nord-ouest (Bélep) et au sud-est (l'île des Pins) sont entourées d'une barrière de corail de 1 600 km de long (le deuxième plus grand ensemble corallien au monde après la Grande Barrière de corail) délimitant l'un des plus grands lagons du monde (24 000 km2).\n\nSeuls territoires continentaux de la France d'outre-mer, la Guyane et la Terre Adélie sont tous les deux des composantes de cratons d'âges Précambriens où prédominent les roches métamorphiques (respectivement le plateau des Guyanes et celui d'Antarctique oriental) et, pour leurs littoraux comme pour les sols immergés, de marges continentales. Toutes deux présentent également le point commun d'être recouvertes, pour une grande majorité de leurs territoires, de milieux naturels spécifiques très peu touchés par les activités humaines : la forêt amazonienne pour la première et l'inlandsis de l'Antarctique pour la seconde.\n\nLa France dispose de 11 millions de kilomètres carrés d'eaux marines sous sa juridiction, dans trois océans et à 97 % en outre-mer. Ils constituent la deuxième plus vaste zone économique exclusive du monde\n\n",
"title": " Géologie, topographie et hydrographie "
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] | wik-geo-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/France |
Régime parlementaire - Rôle des partis et formations politiques dans le fonctionnement d’un régime parlementaire (1) | 3,166 | [
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"source_text": "\n\nLes régimes parlementaires sont des régimes politiques constitutionnels caractérisés par l’équilibre entre les pouvoirs du cabinet ministériel et ceux du parlement. Le cabinet est politiquement et collectivement responsable devant le parlement ou l'une des chambres du parlement en contrepartie de quoi, le cabinet peut généralement dissoudre le parlement. Le régime présidentiel, qui s'en distingue, se caractérise au contraire par la séparation des pouvoirs et donc l’absence de responsabilité du cabinet devant le parlement et de droit de dissolution du parlement par le pouvoir exécutif.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Les régimes parlementaires sont souvent fortement influencés par les forces politiques en présence dans l’enceinte de leur Parlement. En France, la Troisième République a longtemps été aux mains des opportunistes, frange modérée du républicanisme opposé au royalisme et au bonapartisme, avant qu’ils ne soient supplantés par les radicaux, qui ont dominé la vie politique française jusqu’à ce que les socialistes ne les devancent en 1936. Le même phénomène s’est reproduit de 1958 à 1973 lorsque les gaullistes ont accédé au pouvoir. Les chambres basses françaises ont toujours été fortement hétéroclites jusqu’en 1976, ou pour la première fois seuls quatre groupes politiques avaient pu être formés. Cet émiettement des forces politiques a en partie été responsable de la dérive des Troisième et – surtout – Quatrième Républiques vers des régimes d’assemblée, où la chambre basse détenait l’essentiel du pouvoir, renversant les gouvernements à un rythme effréné, au gré des revirements d'alliances des différents groupes parlementaires. L’instauration de la Cinquième République n’a dans un premier temps pas réduit cet émiettement, mais a peu à peu dérivé vers un régime présidentialiste favorable, sinon au bipartisme, au moins à la bipolarisation du paysage politique. Le clivage gauche/droite est ainsi devenu incontournable dès 1962, socialistes et communistes s’opposant continuellement aux gaullistes alliés aux centristes et à la droite libérale (qui se rassembleront plus tard au sein de l’UDF). Le déclin du Parti communiste et la formation d’un seul grand parti de droite, l’UMP, amenèrent finalement petit à petit le système politique français à évoluer vers le bipartisme, grandement influencé par l’élection du Président de la République au suffrage universel direct.\n\nLe bipartisme, en opposition au multipartisme, peut être un élément capital dans le fonctionnement d’autres régimes parlementaires, comme le Royaume-Uni où, depuis plus de 160 ans, la vie partisane repose sur les affrontements opposant Whigs et Tories au XIXe siècle, libéraux contre conservateurs par la suite, puis depuis l'après-guerre, travaillistes contre conservateurs. Le mode de scrutin a généralement un rôle important à jouer dans le nombre de formations politiques représentées au parlement. Ainsi le scrutin uninominal majoritaire à un tour utilisé par les britanniques a presque toujours permis une hégémonie du parti vainqueur en voix au détriment des autres, et en particulier des Démocrates libéraux, arrivant régulièrement en troisième position et se retrouvant toujours fortement sous-représentés à la Chambre des communes. Mais le mode de scrutin n’explique pas tout, comme en témoigne le très fort émiettement politique qui a persisté tout au long de la Troisième République française, qui utilisait presque systématiquement des modes de scrutin majoritaire uninominal à deux tours pour l’élection des députés. \n\nGénéralement les régimes parlementaires les plus stables sont ceux disposant non pas forcément d’un bipartisme, mais plutôt d’une bipolarisation de leurs forces politiques. La Suède est actuellement un parfait exemple de régime parlementaire combinant émiettement politique et bipolarisation : gauche sociale-démocrate alliée aux post-communistes et aux écologistes d’un côté, droite et centre-droit divisés entre 4 partis d’idéologies différentes de l’autre. Des phénomènes similaires peuvent être observés au Danemark et, dans une moindre mesure, en Norvège. Cette caractéristique permet une forte stabilité gouvernementale, tandis que les régimes parlementaires plus émiettés politiquement parlant, comme l’Italie, ont tendance à être nettement plus instables. Le nombre, le comportement et les alliances des différents partis joue ainsi un rôle essentiel dans la définition du caractère parlementariste d’un régime parlementaire.\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Régime_parlementaire |
Marseille - Histoire (2) | 1,742 | [
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"source_text": "\n\nMarseille (Marsiho en provençal) est la principale ville française du littoral méditerranéen de Provence (Sud-Est de la France), chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.\n\nPlus ancienne ville de France, fondée vers 600 av. J.-C. par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée (aujourd'hui Foça en Turquie, près d'Izmir) sous le nom de Μασσαλία / Massalía, Marseille est depuis l'Antiquité un important port de commerce et de passage. Elle connaît un essor commercial considérable pendant la période coloniale et plus particulièrement au cours du XIXe siècle, devenant une ville industrielle et négociante prospère.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Au début de la deuxième guerre punique, Scipion est envoyé par Rome pour protéger Massilia, citée alliée, cible supposée de Hannibal qu'il pense trouver vers les Pyrénées, et bloquer ainsi son passage par la côte. Hannibal, n'a pas réussi à mettre les tribus gauloises de son côté et ses troupes sont attaquées depuis la péninsule ibérique, mais il est déjà plus au nord. Les tribus de la région de Massilia, future Provincia, alliées de Rome, sont évitées vers le milieu du mois d’août 218 av. J.-C. Ce sont 38 000 fantassins, 8 000 cavaliers et 37 éléphants qui auraient pu assiéger Massilia qui passent le Rhône à quatre jours de marche au nord de Marseille, soit à la hauteur du village actuel de Caderousse. Quand Scipion comprend son erreur, il laisse ses troupes continuer sur l'Ibérie mais revient pour préparer les légions dans la plaine du Pô. Massilia est épargnée.\n\nEn 181 av. J.-C., les Massaliotes phocéens et leurs alliés helléno-celtes Cavares de la région de Cavaillon-Avignon-Orange appellent Rome au secours contre les pirates Ligures.\n\nAu cours du IIIe siècle av. J.-C., Marseille se retrouve confrontée à la puissance grandissante de ses voisins gaulois, en particulier des Salyens. Pour faire face à leur menace, la cité fait encore appel à son alliée Rome, devenue la grande puissance méditerranéenne.\n\nLa conquête réelle ne commence qu'en 120 av. J.-C., avec la campagne militaire du proconsul romain Gaius Sextius Calvinus, qui voit raser une partie des oppidda au nord de Massilia. Mais la province ne reçoit cependant son statut officiel qu'après le passage de Pompée dans les années 70 av. J.-C.. Colonie devant concurrencer Massillia, Aquae Sextiae (Aix), est fondée en 122 av. J.-C.\n\nCliente de Jules César et de Pompée, Marseille refuse en -49 de prendre parti dans la guerre civile de César, tout en accueillant les émissaires de Pompée. Battue en mer et assiégée par trois légions pendant deux mois par César puis par son légat Caius Trebonius, la ville est prise (Bellum Civile, livre I, 34-36, etc.), privée de ses colonies[96][source insuffisante] et doit se soumettre à Rome. Les Romains la rattachent à la province Narbonnaise. Le reste des oppida subsistant est alors vraisemblablement rasé (La Cloche). À l'époque d'Auguste, la ville connaît une nouvelle grande phase de construction. L'agora-forum est reconstruit comme en témoignent les fragments de dallages découverts par Fernand Benoit au sud des Caves de Saint-Sauveur. Le forum est bordé à l'ouest par un autre grand édifice, le théâtre, dont quelques gradins ont été conservés jusqu'à nos jours dans l'enceinte du collège du Vieux-Port. Des thermes sont installés le long du port : les vestiges, remontés sur la place Villeneuve-Bargemon, sont aujourd'hui visibles quasiment à leur emplacement d'origine derrière l'hôtel de Ville.\n\nPendant le Haut Empire, la zone portuaire est considérable : elle s'étend sur la rive nord de la calanque du Lacydon, en suit la corne du port (Jardin des Vestiges) dont le quai est reconstruit à l'époque flavienne, et se prolonge au fond du Vieux-Port actuel. Dans cette zone, les fouilles de la place Général-de-Gaulle ont dégagé une grande esplanade empierrée qui peut correspondre à des salines aménagées. De nombreux entrepôts à dolia sont connus ; une partie de l'un d'entre eux a été conservée en rez-de-chaussée du Musée des docks romains.\n\nPuis, durant le Bas Empire, la ville semble décliner légèrement au profit vraisemblablement d'Arles.\n\n",
"title": " Antiquité - Cité romaine de Massilia "
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"source_text": "Le Haut Empire, voit l'arrivée des premiers chrétiens au Ier siècle dans la région comme l'illustrent certaine légendes (Les Saintes Maries, la Sainte Baume). Ils essaiment alors dans la région et fondent des ermitages, des monastères et des églises. Au cours des siècles suivants, de nombreux ermites occuperont les nombreuses grottes-ermitage des massifs entourant Marseille. Dès lors, leur présence influence fortement le paysage et la toponymie, la vie même des marseillais jusqu'aujourd'hui (Notre dame de la Garde: la Bonne Mère).\n\nLes Wisigoths qui s'installent en Aquitaine dès 418 sont ariens et font basculer la provence de ce coté des chrétiens opposés aux trinitaires.\n\nLorsque le roi des Francs Clovis, qui opte vers 500 pour le christianisme nicéen conquiert la région, celle ci le suit ce qui mènera ses habitants chrétiens sur la voix du catholicisme.\n\n",
"title": " Antiquité - Arrivée des premiers chrétiens "
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"source_text": "Marseille se développe à nouveau à partir du Ve siècle de notre ère. À l'intérieur de la ville, la construction d'une première grande cathédrale marque la puissance de l'évêque, probablement Proculus, qui tient à rivaliser avec Arles. Deux basiliques funéraires ont été retrouvées en fouille. L'une, hypothétique, fouillée pour moitié dans l'emprise des immeubles du cours Belsunce par J. et Y. Rigoir en 1959 et par G. Bertucchi dans la construction du Centre Bourse en 1974. La seconde est clairement attestée par la fouille de M. Moliner, rue Malaval (2003-2004), avec la découverte d'une memoria intacte sous le chœur.\n\nLe Ve siècle voit aussi la fondation de l'abbaye Saint-Victor de Marseille par Jean Cassien.\n\nSur la corne du port, comblée, se développe un habitat dont on retrouve la trace, hors les murs, jusqu'à l'actuelle bibliothèque de l'Alcazar (fouille M. Bouiron). Sur ce site, on a pu mettre en évidence une continuité directe avec les constructions romaines ; un groupe de bâtiments se développe progressivement entre le Ve siècle et le VIIe siècle, avec dans un dernier état, un vaste bâtiment de type entrepôt. Les bâtiments sont abandonnés au début du VIIIe siècle.\n\nLa vitalité du commerce est perceptible par les découvertes de productions céramiques venant de toute la Méditerranée, témoins privilégiés des marchandises qui affluent à Marseille durant la période ostrogothique et mérovingienne. Puis, prise dans les remous des conflits entre rois francs, la ville semble perdre de son importance à partir de la reprise en main de la Provence par Charles Martel et le pillage de la ville qui l'accompagne.\n\nCoté chrétiens, il n'existe pas encore de dogme lié à la relation entre le « Père » et le « Fils » jusque vers 318. Mais les Wisigoths qui s'installent en Basse Provence (siège de Marseille en 414) sont ariens et font basculer la provence de ce coté des chrétiens opposés aux trinitaires.\n\nLe royaume Wisigoth cède à son tour la région aux Burgondes ariens eux aussi en 472, puis les Ostrogoths, ariens eux aussi, pénétrent à leur tour en Provence en 512 pour défendre la provence contre les Francs.\n\nLorsque le roi des Francs Clovis, qui opte vers 500 pour le christianisme nicéen obtient la région en 536, celle-ci le suit dans sa nouvelle religion, ce qui mènera ses habitants chrétiens sur la voix du catholicisme.\n\n",
"title": " Antiquité - Antiquité tardive "
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Marseille |
Exposition universelle de 1900 - Divers (1) | 2,088 | [
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"source_text": "\n\nL'Exposition universelle de 1900 ou Exposition de Paris 1900 est la cinquième exposition universelle organisée à Paris après celles de 1855, 1867, 1878 et 1889. Elle a pour thème « Bilan d'un siècle ».\n\nAnnoncée le 13 juillet 1892, elle est inaugurée le 14 avril 1900 par le président Émile Loubet et ouvre au public le 15 avril. Elle se termine le 12 novembre, après 212 jours d'ouverture. Elle accueille 50,8 millions de visiteurs.\n\nManifestation emblématique de la Belle Époque et de l'Art nouveau, elle lègue à Paris plusieurs bâtiments dont le Petit Palais et le Grand Palais.\n\nPar ailleurs, les concours internationaux d'exercices physiques et de sports organisés à Paris pendant l'exposition seront reconnus comme IIe Jeux olympiques de l'ère moderne (voir l'article principal).\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "L'exposition est dirigée par l'industriel Louis Delaunay-Belleville (gendre de l'ingénieur et inventeur Julien Belleville qui a donné son nom aux rondelles Belleville).\n\nLe bois de Vincennes accueille 'exposition sur l'agriculture, les maisons ouvrières, les chemins de fer et les concours sportifs.\n\nUne section est consacrée à l'exposition de matériel de chemin de fer.\n\nUn palais des fils, tissus et vêtements expose le savoir-faire français en matière de textile et de mode.\n\nLe pavillon de l'union centrale des Arts décoratifs est décoré par Georges Hoentschel et celui de la Colonisation par Jules Deperthes.\n\nLe docteur Léon Azoulay, de la société d'anthropologie de Paris, effectue des enregistrements sonores de parlers et de musiques du monde entier, sur 411 cylindres de cires. Une partie de ces documents linguistiques et ethnographiques est consultable.\n\nValdemar Poulsen fait des démonstrations de son enregistreur sonore magnétique.\n\nLe gigantesque banquet des maires auquel le président le la République avait convié tous les maires de France réunit 22 278 invités, dont 20 777 maires sous des tentes dressés dans le jardin des Tuileries. L'organisation est confié au chef cuisinier et restaurateur Léopold Mourier.\n\nLe cabaret Belle Meunière fut édifié spécialement pour Marie Quinton, devenue une célébrité internationale. L'Auvergnate et aubergiste la plus célèbre au monde accueillait ses hôtes dans les différentes salles de son restaurant avec des vues panoramiques sur la tour Eiffel.\n\nPlusieurs films documentaires sont réalisés à l'occasion de l'exposition, parmi lesquels :\n\nL'Exposition de 1900 et Panorama pris du trottoir roulant Champ de Mars de Georges Méliès ;\n\nPalace of Electricity et Eiffel Tower from Trocadero Palace de James H. White.\n\n",
"title": ""
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] | wik-hist-premiere | https://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_universelle_de_1900 |
Karl Marx - Biographie (1) | 2,987 | [
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"source_text": "\n\nKarl Marx (/kaʁl maʁks/ ; en allemand : /kaːɐl ˈmaːɐks/), né le 5 mai 1818 à Trèves dans le grand-duché du Bas-Rhin et mort le 14 mars 1883 à Londres, est un philosophe, historien, sociologue, économiste, journaliste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste prussien.\n\nIl est connu pour sa conception matérialiste de l'histoire, son analyse des rouages du capitalisme et de la lutte des classes, et pour son activité révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier. Il a notamment été un des membres dirigeants de l'Association internationale des travailleurs (Première Internationale). Des courants de pensée se revendiquant principalement des travaux de Marx sont désignés sous le nom de marxisme. Marx a eu une grande influence sur le développement ultérieur des sciences humaines et sociales. Ses travaux ont marqué de façon considérable le XXe siècle, au cours duquel de nombreux mouvements révolutionnaires et intellectuels se sont réclamés de sa pensée.\n\n",
"title": "Contexte"
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"source_text": "Karl Heinrich Marx est né en 1818 à Trèves, dans le grand-duché du Bas-Rhin, au sein du royaume de Prusse (aujourd'hui dans le land de Rhénanie-Palatinat). Il est le deuxième d'une famille de huit enfants. Son père, Heinrich Marx (1777-1838), né Herschel Levi Mordechai, était un avocat issu d'une famille de rabbins ashkénazes — le grand-père d'Heinrich, Meier Halevi, était devenu rabbin à Trèves en 1723 et ses fils et petit-fils furent les premiers à recevoir une éducation séculière — et de marchands propriétaires de vignobles dans la vallée de la Moselle. Pour exercer sa profession d'avocat, il se convertit au protestantisme en 1816 ou 1817, et changea son prénom de Herschel en Heinrich. Sa mère, Henriette Pressburg (20 juillet 1788-30 novembre 1863), est issue d'une famille juive hollandaise. Restée attachée à la religion juive, elle ne se convertira au luthéranisme qu'en 1825, après la mort de son père, qui était rabbin. Elle est la grand-tante des frères Gerard Philips et Anton Philips (en), fondateurs de la société néerlandaise Philips. Karl Marx est baptisé dans le luthéranisme en 1824 et confirmé à l'église de la Trinité de Trèves en 1834. Bien que son père respecte la tradition juive en donnant à son fils le prénom de son grand-père, Karl Heinrich Mordechai, il n'est pas élevé de façon religieuse et il n'y a aucune preuve que la famille Marx ait pratiqué la religion luthérienne ou juive.\n\n",
"title": " Famille "
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"source_text": "Il entre au lycée Frédéric-Guillaume de Trèves (de) en 1830. Après avoir obtenu son Abitur, il entre à l'université, d'abord à Bonn en octobre 1835 pour étudier le droit et reçoit un certificat de fin d'année avec mention de « l'excellence de son assiduité et de son attention », puis à Berlin à l'université Friedrich-Wilhelm à partir de mars 1836 où il se consacre davantage à l'histoire et à la philosophie. Il finit ses études en 1841 par la présentation d'une thèse de doctorat : Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure (Differenz der demokritischen und epikureischen Naturphilosophie). Marx est reçu in absentia docteur de la faculté de philosophie de l'université d'Iéna le 15 avril 1841.\n\n",
"title": " Études "
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"source_text": "À Berlin, il appartient au cercle des « hégéliens de gauche », dénommés aussi « jeunes hégéliens » (avec Bruno Bauer et d'autres) qui cherchent à tirer des conclusions athées et révolutionnaires de la philosophie de Hegel.\n\nL'hégélien de gauche Ludwig Feuerbach s'était lancé dans une critique de la théologie à partir de 1836 et avait commencé à se tourner vers le matérialisme (par opposition à l'idéalisme hégélien). En 1841, cette orientation matérialiste prend le dessus dans sa philosophie (L'essence du christianisme) et se combine avec la dialectique dite idéaliste de Hegel pour lui donner un caractère scientifique et historique saisissant le réel dans la logique de son évolution. Cette position se heurte à la politique du gouvernement prussien qui avait enlevé à Feuerbach sa chaire en 1832, puis lui avait interdit de revenir à l'université en 1836. Pour finir, les mêmes autorités interdisent à Bruno Bauer, autre grande figure de l'hégélianisme de gauche, d'enseigner à Bonn en 1841. Marx, après avoir obtenu son diplôme universitaire, part pour Bonn avec l'espoir d'y devenir professeur. Mais face à cette politique du gouvernement, il abandonne l'idée d'une carrière universitaire.\n\n",
"title": " Engagement "
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"source_text": "Au début de 1842, certains bourgeois libéraux de Rhénanie, en contact avec les hégéliens de gauche, créent à Cologne un journal d'opposition au clergé catholique, la Rheinische Zeitung (« Gazette rhénane »). Il s'agissait au départ, dans l'intérêt de la Prusse protestante, de faire pièce à la Gazette de Cologne (Die Kölnische Zeitung) et à ses points de vue ultra-montains, mais les rédacteurs développent en fait une « tendance subversive », beaucoup plus indépendante et radicale. Ils proposent à Marx et Bruno Bauer d'en devenir les principaux collaborateurs. Marx s'installe dans un premier temps à Bonn, et écrit plusieurs articles pour défendre la liberté de la presse. Moses Hess participe également au journal. En octobre 1842, Marx en devient le rédacteur en chef et s'installe à Cologne.\n\nLa tendance démocratique révolutionnaire du journal s'accentue sous la direction de Marx. Le gouvernement réagit en lui imposant une double, puis une triple censure. Puis, le 1er janvier 1843, il l'interdit. Marx est contraint de démissionner avant cette date, mais cela ne sauve pas le journal, qui suspend sa publication en mars 1843.\n\nL'un des principaux articles de Marx dans la Rheinische Zeitung est celui consacré aux conditions de vie des vignerons de la vallée de la Moselle. Ce reportage, ainsi que l'ensemble de ses activités journalistiques, lui fait prendre conscience de ses insuffisances en matière d'économie politique et le pousse à se lancer dans une étude en profondeur de celle-ci.\n\n",
"title": " Le journal d'opposition Rheinische Zeitung "
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"source_text": "En 1843 à Bad Kreuznach, Marx épouse une amie d'enfance, Jenny von Westphalen, avec laquelle il s'était fiancé étudiant. Sa femme est issue de la noblesse rhénane, son frère aîné deviendra ministre de l'Intérieur du royaume de Prusse au cours d'une des périodes les plus réactionnaires que connut ce pays, de 1850 à 1858.\n\nLe couple a eu six enfants, mais seules trois filles parviendront à l'âge adulte :\n\nJenny Caroline (1844-1883), qui épouse en 1872 Charles Longuet, personnalité de la Commune de Paris.\n\nLaura (1845-1911) qui épouse en 1868 Paul Lafargue, socialiste français qui laisse dans ses Souvenirs personnels sur Karl Marx une biographie intimiste du philosophe\n\nJenny Julia Eleanor (1855-1898) qui vécut en couple avec un Britannique, Edward Aveling.Outre ceux qui sont parvenus à l'âge adulte, Marx a eu trois autres enfants :\n\nEdgar (1847-1855) dont la mort semble avoir été très douloureuse pour le couple de Karl et Jenny Marx.\n\nFranziska (1851-1852).Karl Marx aurait également eu un fils naturel, Frederick Demuth (1851-1929), issu d'une relation avec la bonne de famille, Helene Demuth. Frederick Demuth fut reconnu par Friedrich Engels.\n\nLes deux premiers gendres de Marx semblent l'avoir beaucoup admiré et s'être inspirés de lui dans leurs engagements, Paul Lafargue fut même avec Jules Guesde un des fondateurs du Parti socialiste de France, parti marxiste qui fusionna plus tard avec le Parti socialiste français de Jean Jaurès et quelques autres partis de moins grande ampleur en formant la SFIO. Charles Longuet est le père de Jean Longuet qui eut un rôle déterminant durant le congrès de Tours de 1920, dans l'opposition à Lénine et à la SFIC, futur PCF. Marx entretint des relations parfois conflictuelles avec ces deux gendres, ainsi qu'avec un prétendant d'Eleanor, Hippolyte Prosper Olivier Lissagaray, ancien communard comme Longuet. Marx écrivit d'ailleurs à Engels dans une lettre datée du 11 novembre 1882 : « Longuet se conduit comme le dernier des proudhoniens et Lafargue comme le dernier des bakouninistes. Que le diable les emporte, ces oracles patentés du socialisme scientifique ! »\n\nSes enfants comme ses amis l'appellent « le Maure », son surnom préféré qui lui a été donné lors de ses études à Berlin à cause de son teint foncé, de sa barbe et de ses cheveux d'un noir d'ébène mais qui fait aussi référence à sa judéité.\n\n",
"title": " Mariage et famille "
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] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx |
Antibiotique - Le mode d’action des antibiotiques (2) | 2,927 | [
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"source_text": "\n\nUn antibiotique (du grec anti : « contre », et bios : « la vie ») est une substance naturelle ou synthétique qui détruit ou bloque la croissance des bactéries. Dans le premier cas, on parle d'antibiotique bactéricide et dans le second cas d'antibiotique bactériostatique. Lorsque la substance est utilisée de manière externe pour tuer la bactérie par contact, on ne parle pas d'antibiotique mais d'antiseptique.\n\nUn antibiotique peut être à la fois bactéricide et bactériostatique, tout dépendant de sa dose.",
"title": "Contexte"
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"source_text": "La synthèse des protéines est un processus essentiel des cellules vivantes. L'acteur central de ce processus dans lequel l'ARN messager est traduit en protéine est le ribosome, l'organite cellulaire qui est responsable de cette étape. Les détails du mécanisme de traduction et les ribosomes des bactéries sont sensiblement différents de ceux des eucaryotes. Il existe un grand nombre de molécules antibiotiques qui exploitent ces différences et sont capables de bloquer sélectivement la traduction des protéines chez les bactéries, mais pas chez l'humain ou l'animal.\n\nDe fait, approximativement la moitié des antibiotiques utilisés en thérapeutique (disposant de l'AMM) ont pour cible le ribosome bactérien. Ces antibiotiques se répartissent en plusieurs classes, de nature chimique et de mode d'action différents. La plupart interagissent avec l'ARN ribosomique. Enfin, certains antibiotiques bloquent la traduction en inhibant l'action des facteurs de traduction associés au ribosome.\n\nLes aminoglycosides ou aminosides (exemples : streptomycine, gentamicine, amikacine) se fixent sur la petite sous-unité des ribosomes (30 Svedberg) au niveau du site du décodage des codons, empêchent la traduction de l’ARNm et conduisent à des erreurs de lecture.\n\nLes phénicols (exemples : chloramphénicol, thiamphénicol) bloquent la formation de la liaison peptidique. Ils se fixent sur la grande sous-unité du ribosome bactérien (50 Svedberg) mais pas sur celle des ribosomes eucaryotes.\n\nLes cyclines (exemples : tétracycline, doxycycline, auréomycine) : en se fixant sur la sous-unité (30 S), elles bloquent l’élongation de la chaîne polypeptidique.\n\nLes macrolides et kétolides (exemples : érythromycine, azithromycine) agissent sur la partie 50 S du ribosome et bloquent l’élongation de la chaîne polypeptidique.\n\nLa puromycine mime l’extrémité d’un ARNt, prend sa place dans le ribosome et bloque l’élongation de la chaîne polypeptidique.\n\nL'acide fusidique bloque l'action du facteur de traduction EF-G qui permet la translocation (progression) du ribosome sur l'ARN messager.\n\n",
"title": " Inhibition de la synthèse protéique "
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"source_text": "Une autre classe importante d'antibiotiques interfère avec la production de métabolites essentiels, bloquant la synthèse de différents constituants essentiels de la cellules : lipides, acides aminés, nucléotides.\n\nUne voie particulièrement importante qui est fréquemment ciblée est celle de la synthèse des folates (vitamine B9). Ses dérivés, notamment le dihydrofolate et le tétrahydrofolate, interviennent dans des réactions de transfert de groupements à un atome de carbone (méthyle, formyle) et en particulier dans des réactions de méthylation. Ces réactions sont essentielles à la synthèse de la thymine et par voie de conséquence, celle de l'ADN. Ces transferts de carbone dépendant du folate interviennent également de façon centrale dans le métabolisme de certains acides aminés : méthionine, glycine, sérine et donc indirectement dans la synthèse des protéines.\n\nPlusieurs classes de composés antibiotiques ciblent différentes étapes de cette voie des folates :\n\nLes sulfamidés et le sulfanilamide sont des analogues structurels de l'acide p-aminobenzoïque ou PABA. Ce dernier composé est l'un des éléments qui interviennent dans la synthèse des folates chez les bactéries et chez les plantes. Le sulfanilamide est un inhibiteur de la dihydroptéroate synthase et bloque la synthèse du dihydrofolate. Le triméthoprime intervient en aval dans la voie, en inhibant la synthèse de tétrahydrofolate par la dihydrofolate réductase. Le triméthoprime est sélectif de la dihyrdrofolate réducate des bactéries et n'inhibe pas l'enzyme humaine, ce qui rend possible son utilisation thérapeutique comme antibiotique (contrairement au méthotrexate, qui inhibe la dihydrofolate réductase humaine et est utilisé comme anticancéreux)\n\n",
"title": " Inhibition du métabolisme des folates "
}
] | wik-hist-seconde | https://fr.wikipedia.org/wiki/Antibiotique |
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