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Auschwitz
2,422
[ { "img": [], "source_text": "Auschwitz (en allemand : Konzentrationslager Auschwitz , « camp de concentration d'Auschwitz ») est le plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, à la fois camp de concentration et centre d'extermination. Faisant auparavant office de camp militaire, il est situé dans la province de Silésie, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Cracovie, sur le territoire des localités d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich après l'invasion de la Pologne en septembre 1939.\n\nLe camp de concentration, dirigé par les SS, est créé le 27 avril 1940 à l'initiative de Heinrich Himmler ; il est complété par un centre d’extermination (dont la construction démarre à la fin de 1941) et par un second camp de concentration destiné au travail forcé (créé au printemps 1942). Ces camps sont libérés par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.\n\nL'ensemble du camp et divers terrains annexes, dont le terrain avec une partie de voie ferrée de l'époque, a une superficie d’environ 55 km2 dont environ 10 km2 pour le camp à lui seul. C'est une enclave mémorielle perpétuelle sur le territoire polonais.\n\nEn cinq ans, plus de 1 100 000 hommes, femmes et enfants meurent à Auschwitz, dont 900 000 le jour de leur arrivée, en général par train. 90 % des victimes étaient juives. Les victimes, de ce que les nazis appelèrent la « Solution finale », furent assassinées dans les chambres à gaz ou parfois exécutés par arme à feu, mais elles moururent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou d'expériences médicales.\n\nComme les autres camps de concentration nazis, Auschwitz était placé sous les ordres de Heinrich Himmler et de la SS. Le responsable du camp fut le SS-Obersturmbannführer Rudolf Höss (du 1er mai 1940 au 1er décembre 1943, puis de nouveau entre mai et septembre 1944), remplacé entre-temps par Arthur Liebehenschel, et ensuite par Richard Baer.\n\nEn raison de sa taille, Auschwitz est considéré comme le symbole des meurtres de masse commis par les nazis et plus particulièrement comme celui de la Shoah, au cours de laquelle près de six millions de Juifs furent assassinés.\n\nMonument historique et culturel majeur contribuant au « devoir de mémoire », Auschwitz est, depuis 1979, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz
Auschwitz - La vie dans le camp (1)
2,425
[ { "img": [], "source_text": "\n\nAuschwitz (en allemand : Konzentrationslager Auschwitz , « camp de concentration d'Auschwitz ») est le plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, à la fois camp de concentration et centre d'extermination. Faisant auparavant office de camp militaire, il est situé dans la province de Silésie, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Cracovie, sur le territoire des localités d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich après l'invasion de la Pologne en septembre 1939.\n\nLe camp de concentration, dirigé par les SS, est créé le 27 avril 1940 à l'initiative de Heinrich Himmler ; il est complété par un centre d’extermination (dont la construction démarre à la fin de 1941) et par un second camp de concentration destiné au travail forcé (créé au printemps 1942). Ces camps sont libérés par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les prisonniers commençaient la journée à 4h30 du matin (une heure plus tard en hiver) avec l'appel. Le docteur Miklós Nyiszli décrit l'appel comme débutant à 3 heures du matin et durant 4 heures. À ce moment de la journée, même en été, il fait froid. Les prisonniers étaient tenus de se maintenir en rangs à l'extérieur des baraquements et de rester là jusqu'à 7 heures, heure à laquelle les officiers SS arrivaient. Pendant ce temps, les gardes pouvaient leur infliger des punitions, pour un bouton manquant, une gamelle mal nettoyée. Ils pouvaient ainsi être contraints à rester une heure en position accroupie, les mains sur la tête ou recevoir des coups. Les détenus étaient comptés et re-comptés. Miklós Nyiszli décrit comment la mort s'invitait également à l'appel du matin, rôdant parmi les détenus se supportant l'un l'autre, jusqu'à ce que l'épreuve soit finie. Lorsqu'il était prisonnier en 1944-1945, de cinq à dix prisonniers étaient retrouvés morts après chaque nuit dans son baraquement. Les prisonniers relevant du service de Josef Mengele étaient quant à eux réveillés à 7 heures, l'appel pour eux, ne durait que quelques minutes.\n\nAprès l'appel, les Kommandos se mettaient en marche vers leur lieu de travail, par groupes de cinq, portant leur tenue de camp rayée, sans sous-vêtement, portant des sabots de bois mal adaptés à leurs pieds et sans chaussette. Un orchestre de prisonniers (comme l'Orchestre des femmes d'Auschwitz au camp pour femmes d'Auschwitz II-Birkenau) était obligé de jouer des airs entraînants pour accompagner le départ des prisonniers vers leur lieu de corvée. Les Kapos avaient la responsabilité des autres prisonniers tout comme l'escorte SS qui les accompagnait. La journée de travail durait douze heures en été et un peu moins en hiver. La plupart des tâches étaient relatives à la construction du camp, aux travaux dans les gravières ou dans les dépôts de bois. Aucune pause n'était accordée. Un prisonnier était même assigné aux latrines pour mesurer le temps que les détenus prenaient pour se vider la vessie et les intestins. Le dimanche n'était pas un jour de travail, mais les prisonniers ne se reposaient pas pour autant. Ils devaient nettoyer les baraquements et prendre leur douche hebdomadaire. Les prisonniers pouvaient écrire, uniquement en allemand, à leur famille, ceux qui ne maîtrisaient pas l'allemand devaient se faire aider pour rédiger leur courrier. Les membres de la SS censuraient le courrier sortant.\n\nUn second appel était effectué le soir. Lorsqu'un prisonnier manquait à l'appel, les autres devaient rester en place jusqu'à ce que la cause de cette absence soit identifiée, ceci, indépendamment des conditions climatiques et même si cela devait durer des heures. Des punitions, collectives ou individuelles, étaient infligées sur base de ce qui s'était produit durant la journée. Les prisonniers recevaient alors leur ration d'eau et de pain et regagnaient leur baraquement. Le couvre-feu intervenait deux ou trois heures plus tard. Les prisonniers dormaient sur des banquettes de bois, sur leurs vêtements et chaussures pour éviter qu'ils ne soient volés.\n\n", "title": " Les journées " }, { "img": [], "source_text": "De huit cents à mille détenus étaient entassés dans les lits de bois superposés de chaque baraquement. Incapables de s'allonger complètement, ils dormaient en long ou en travers, avec les pieds de l'un sur la tête de l'autre, le cou ou la poitrine. Dépouillés de toute dignité humaine, ils se frappaient, se mordaient, se donnaient des coups de pied afin de grappiller quelques centimètres d'espace supplémentaire pour dormir un peu plus confortablement, ce qui rendait leurs nuits fort courtes.\n\nAfin de gagner en capacité et d'évacuer les sanies libérées par les détenus, les châlits étaient légèrement inclinés. De plus, les châlits supérieurs (théoriquement plus propres) étaient pris d'assaut par les plus costauds, plus « valides » que ceux qui se voyaient contraints de se contenter des banquettes inférieures où en raison de la dysenterie fréquente se déversaient tout au long de la nuit les déjections venues des étages supérieurs.\n\nL'hiver, une installation de chauffage sommaire parvenait à maintenir une température limitant le nombre de décès par hypothermie. Chaque baraquement était équipé de deux cheminées en briques. Placées à chacune des extrémités du bâtiment leurs foyers étaient reliés par un large conduit bâti à même le sol, dans l'axe du baraquement. Ce système de chauffage demeure l'un des vestiges d'origine encore visibles. Les constructions en bois (à droite de l'entrée du camp) sont des reconstitutions récentes, les matériaux d'origine ayant été dévastés soit à l'évacuation du camp, soit - après la libération - par les populations locales à la recherche de combustible.\n\nEn plus de l'entrée monumentale d'Auschwitz-Birkenau, il subsiste quelques bâtiments « en dur » comme le bureau où, entre deux arrivages de convois de déportés, se tenaient Mengele et ses assistants, quelques bâtisses qui abritaient les cuisines ou divers magasins servant à la vie du camp.\n\n", "title": " Baraquements " }, { "img": [], "source_text": "Les différents types de prisonniers se reconnaissaient à des pièces de tissu de couleur triangulaires cousues sur leurs vêtements sous leur numéro de matricule appelées winkel. Les prisonniers politiques portaient un triangle rouge ; les témoins de Jéhovah, violet ; les criminels, vert ; les Juifs portaient l'étoile jaune. La nationalité était représentée par une lettre sur le winkel. Les détenus pouvaient avoir plusieurs winkel s'ils entraient dans plusieurs catégories. À Auschwitz, et uniquement là, les prisonniers étaient tatoués sur leur avant-bras de leur numéro de matricule, les prisonniers de guerre russes étaient tatoués sur la poitrine. Dans le cas des juifs un triangle était quelquefois tatoué sous le numéro.\n\n", "title": " Les Winkels " }, { "img": [], "source_text": "Le matin, les prisonniers recevaient une boisson chaude mais pas de nourriture. Le midi, ils recevaient une soupe claire sans viande et le soir, un quignon de pain rassis. La plupart des prisonniers gardaient un peu de pain pour le lendemain matin. La ration journalière ne dépassait pas 700 calories, à l'exception des détenus soumis aux expérimentations médicales qui étaient mieux nourris et mieux vêtus. Les conditions sanitaires étaient déplorables et l'eau potable manquait. À Auschwitz II - Birkenau, il n'y avait pas de latrines avant 1943, deux ans après que la construction du camp n'eut démarré. Le camp était infesté par la vermine comme les poux qui étaient vecteurs de maladies et les prisonniers mouraient en masse d'épidémie de typhus ou d'autres maladies. Le noma, une infection bactérienne liée à la malnutrition, était une cause de mortalité infantile importante dans le camp des Roms.\n\n", "title": " Nourriture " }, { "img": [], "source_text": "Le Block 11 à Auschwitz était la prison dans la prison. C'était là que ceux qui avaient enfreint l'une des nombreuses règles du camp étaient punis. Ceux-ci pouvaient connaitre la cellule-debout qui contenait quatre hommes sur un espace d'un mètre carré et demi. Ils ne pouvaient que se tenir debout, et le lendemain, ils étaient contraints de faire leur journée de travail. Les prisonniers condamnés à mort pour évasion pouvaient être laissés en cellule, sans nourriture et sans eau jusqu'à ce que mort s'ensuive. Parfois, pour frapper les esprits, ils étaient pendus à proximité de leur baraquement sur des potences mobiles, comme ce fut le cas pour Mala Zimetbaum et Edek Galinski. Au sous-sol, se trouvaient les cellules-sombres qui ne comportaient qu'une toute petite fenêtre et une porte robuste. Les prisonniers détenus dans ces cellules suffoquaient fréquemment pour avoir brûlé tout l'oxygène de la cellule quand les SS n'allumaient pas une bougie pour accélérer le processus. Certains furent pendus par les bras, les mains entravées dans le dos pendant des heures et même des jours, jusqu'à ce que les articulations des épaules soient complètement disloquées.\n\n", "title": " Prisons " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz
Karl Marx - Politique (2)
2,999
[ { "img": [], "source_text": "\n\nKarl Marx (/kaʁl maʁks/ ; en allemand : /kaːɐl ˈmaːɐks/), né le 5 mai 1818 à Trèves dans le grand-duché du Bas-Rhin et mort le 14 mars 1883 à Londres, est un philosophe, historien, sociologue, économiste, journaliste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste prussien.\n\nIl est connu pour sa conception matérialiste de l'histoire, son analyse des rouages du capitalisme et de la lutte des classes, et pour son activité révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier. Il a notamment été un des membres dirigeants de l'Association internationale des travailleurs (Première Internationale). Des courants de pensée se revendiquant principalement des travaux de Marx sont désignés sous le nom de marxisme. Marx a eu une grande influence sur le développement ultérieur des sciences humaines et sociales. Ses travaux ont marqué de façon considérable le XXe siècle, au cours duquel de nombreux mouvements révolutionnaires et intellectuels se sont réclamés de sa pensée.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le travail est dans le système capitaliste une simple marchandise vendue. Le travail tue l'Homme en tuant son temps de vie.\n\n« Un homme qui ne dispose d'aucun loisir, dont la vie tout entière, en dehors des simples interruptions purement physiques pour le sommeil, les repas, etc., est accaparée par son travail pour le capitaliste, est moins qu'une bête de somme. C'est une simple machine à produire la richesse pour autrui, écrasée physiquement et abrutie intellectuellement. Et pourtant, toute l'histoire moderne montre que le capital, si on n'y met pas obstacle, travaille sans égard ni pitié à abaisser toute la classe ouvrière à ce niveau d'extrême dégradation. »\n\nLe « travail » est la base vivante de la propriété privée, la propriété privée étant sa propre source créatrice. La propriété privée n'est rien d'autre que le travail matérialité. Si l'on veut lui porter un coup fatal, il faut attaquer la propriété privée non seulement comme état objectif ; il faut l'attaquer comme activité, comme travail. Parler de travail libre, humain, social, de travail sans propriété privée, est une des plus grandes méprises qui soient. Le « travail » est par nature l'activité asservie, inhumaine, antisociale, déterminée par la propriété privée et créatrice de la propriété privée. Par conséquent, l'abolition de la propriété privée ne devient une réalité que si on la conçoit comme abolition du « travail », abolition qui, naturellement, n'est devenue possible que par le travail lui-même, c'est-à-dire par l'activité matérielle de la société, et nullement comme substitution d'une catégorie à une autre. Par conséquent, une « organisation du travail » est une contradiction. La meilleure organisation que le travail puisse trouver est l'organisation présente, la libre concurrence, la dissolution de toutes les organisations antérieures faussement « sociales ».Donc, tandis que les serfs fugitifs ne voulaient que développer librement leurs conditions d'existence déjà établies et les faire valoir, mais ne parvenaient en dernière instance qu'au travail libre, les prolétaires, eux, doivent, s'ils veulent s'affirmer en valeur en tant que personne, abolir leur propre condition d'existence antérieure, laquelle est, en même temps, celle de toute la société jusqu'à nos jours, je veux dire, abolir le travail.\n\n", "title": " Aliénation - Aliénation dans le travail " }, { "img": [], "source_text": "L'argent, dans la société capitaliste, est le seul signe de puissance, et le seul besoin. Les Hommes luttent pour l'argent. Il est l'objet de toutes les convoitises. Or l'argent est une pure abstraction. L'argent coupe de la réalité du monde, et en même temps devient l'unique vecteur pour pouvoir agir sur lui. La société de l'argent est une aliénation surtout pour ceux à qui il est pris, mais aussi pour ceux qui le prennent.\n\nDans les Manuscrits de 1844, nous pouvons voir une critique radicale de l'argent : L'argent en possédant la qualité de tout acheter, en possédant la qualité de s'approprier tous les objets est donc l'objet comme possession éminente. L'universalité de sa qualité est la toute-puissance de son essence. Il passe donc pour tout-puissant... L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de subsistance de l'homme. Mais ce qui sert de moyen terme à ma vie, sert aussi de moyen terme à l'existence des autres hommes pour moi. C'est pour moi l'autre homme. [...] Comme l'argent, qui est le concept existant et se manifestant de la valeur, confond et échange toutes choses, il est la confusion a la permutation universelles de toutes choses, donc le monde à l'envers, la confusion et la permutation de toutes les qualités naturelles et humaines.\n\nQui peut acheter le courage est courageux, même s'il est lâche. Comme l'argent ne s'échange pas contre une qualité déterminée, contre une chose déterminée, contre des forces essentielles de l'homme, mais contre tout le monde objectif de l'homme et de la nature, il échange donc - du point de vue de son possesseur - toute qualité contre toute autre - et aussi sa qualité et son objet contraires; il est la fraternisation des impossibilités. Il oblige à s'embrasser ce qui se contredit.\n\nSi tu supposes l'homme en tant qu'homme et son rapport au monde comme un rapport humain, tu ne peux échanger que l'amour contre l'amour, la confiance contre la confiance, etc. Si tu veux jouir de l'art, il faut que tu sois un homme ayant une culture artistique; si tu veux exercer de l'influence sur d'autres hommes, il faut que tu sois un homme qui ait une action réellement animatrice et stimulante sur les autres hommes. Chacun de tes rapports à l'homme - et à la nature -doit être une manifestation déterminée, répondant à l'objet de ta volonté, de ta vie individuelle réelle. Si tu aimes sans provoquer d'amour réciproque, c'est-à-dire si ton amour, en tant qu'amour, ne provoque pas l'amour réciproque, si par ta manifestation vitale en tant qu'homme aimant tu ne te transformes pas en homme aimé, ton amour est impuissant et c'est un malheur.La critique de l'argent (mais aussi, en soit, de la valeur qui est liée à celui-ci) par Marx se poursuivra y compris dans ses œuvres de maturité, comme dans Le Capital :Si nous considérons la société, non pas capitaliste mais communiste, le capital argent disparaît complètement dès l'abord, et donc disparaît aussi le travesti des transactions qui en découle\n\n", "title": " Aliénation - Aliénation dans l'argent " }, { "img": [], "source_text": "L'aliénation morale est l'aliénation par l'État et la religion. L'État entretient le mythe des « citoyens » égaux (alors que les inégalités demeurent), et la religion crée une morale artificielle qui sert les intérêts de certains êtres humains (en général : de sexe masculin, riches, âgés, etc.).\n\n", "title": " Aliénation - Aliénation morale " }, { "img": [], "source_text": "Pour sortir de ce système, Marx préconise la destruction des objets de l'aliénation, c'est-à-dire la destruction de l'État, de la religion, de l'argent, de la marchandisation du travail.\n\nCette destruction est en partie idéologique : aucune violence n'est à craindre. Il suffit d'une prise de conscience. Un jour, les Hommes peuvent décider d'arrêter de croire à l'État, ils peuvent décider de ne plus croire à la religion, ils peuvent décider que la monnaie n'a plus de valeur et refuser de s'en servir comme moyen d'échange, et ils peuvent décider d'arrêter de travailler en tant que marchandise. Cela ne signifie pas l'arrêt du travail, bien sûr, mais l'arrêt de l'idée qu'il faut le faire contre un salaire. À cette prise de conscience doit s'associer un changement radical des institutions et structures de la société, pour dépasser le stade capitaliste et créer le communisme.\n\n« À la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».\n\n", "title": " Aliénation - Détruire les objets de l'aliénation " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx
Édit de Fontainebleau (1685) - Les prémices de la révocation (1)
3,105
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume. L'édit de 1685, qui consiste à interdire le culte protestant en France, est plus connu sous le nom de « révocation de l'édit de Nantes ».", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En 1629, la paix d'Alès accordée par Louis XIII avait déjà annulé la quasi-totalité des clauses politiques et militaires accordées aux protestants par l'édit de Nantes pour garantir leurs libertés.\n\nLa « Religion Prétendue Réformée » (R.P.R., telle était la dénomination utilisée par les catholiques et par l'administration de l’époque) perdura pendant plus de cinquante ans, moyennant une bataille juridique permanente. Cependant, le parti catholique pouvait déjà se targuer de nombreuses conversions dans l'aristocratie protestante. Le cardinal de Richelieu, Premier ministre de 1624 à 1642, respecta les clauses religieuses de l’édit de Nantes pour affermir sa politique extérieure : allié avec les princes protestants allemands et la Suède pendant la guerre de Trente Ans, il devait ménager les huguenots de France. La mort du cardinal en 1642, puis celle de Louis XIII en 1643, remettait en cause un hypothétique statu quo.\n\nÉlisabeth Labrousse a pu démontrer que la première révolution anglaise a compliqué la situation des huguenots français. En effet, les catholiques eurent vite fait de leur imputer la décapitation de Charles Ier en 1649. Par une fallacieuse association d'idées, les coreligionnaires français du Parlement puritain passèrent pour complices implicites. Les huguenots s'empressèrent de condamner leurs frères presbytériens régicides, proclamant leur attachement à la monarchie.\n\nIl n'en demeure pas moins que Mazarin se montra favorable aux huguenots français pour s’assurer de la neutralité de Cromwell dans la guerre franco-espagnole. En mai 1652, le pouvoir royal alla jusqu'à remercier les réformés de leur soutien à la Couronne pendant la Fronde.[réf. souhaitée].\n\nAprès avoir obtenu l’alliance commerciale et militaire des Anglais en 1655 et 1657, le Cardinal se montra plus intransigeant, revenant sur les concessions accordées. Son but était de réduire progressivement la R.P.R. Il décide d'abord que le synode national des Églises réformées de France (E.R.F.), réuni à Loudun en 1659, sera le dernier autorisé. Or, les synodes nationaux sont vitaux pour les réformés puisqu’ils font autorité en matière de droit et de théologie. De plus, Mazarin interdit de faire appel à des pasteurs étrangers, notamment ceux de Genève, la « Rome » réformée. Autre coup grave porté aux religionnaires, les commissions chargées par le Cardinal de faire respecter l’édit de Nantes « à la lettre » : tout ce qui n’est pas contenu expressément dans l’édit devient interdit. Des commissions composées de deux juristes, un catholique, souvent l’intendant de la généralité ou son subdélégué, et un protestant, doivent statuer sur l'utilité du temple local. Les consistoires doivent leur prouver juridiquement et par écrit leurs droits sur le fonctionnement des temples de leur ville. Pour Didier Boisson, il s’agit là d’un tournant de la politique royale. Cette vague de textes législatifs contraignants s’accélère jusqu'à atteindre son paroxysme dans la décennie 1660. Plusieurs autres mesures violent les accords de l’édit de Nantes. Si les réformés ont foi en l’avenir, la Cour et la justice du roi, les plus hautes autorités de l’État jouent un double jeu : ils ménagent les alliés protestants de la France par une politique apparemment favorable aux huguenots français, tout en réduisant leurs privilèges pour mieux les contrôler.\n\n", "title": " De la paix d’Alès au règne personnel de Louis XIV (1629-1661) " }, { "img": [], "source_text": "Henri IV ambitionnait de se servir du parti protestant comme d’un pendant naturel à la Ligue. Cependant, la disparition du parti huguenot, la transformation de la Ligue en un parti dévot, plus religieux que politique, finit par priver la communauté protestante de son « utilité ». Minoritaires, inoffensifs, bons sujets loyaux, financiers, entrepreneurs et commerçants dynamiques, le sort des religionnaires n’était plus entre les mains des consistoires mais entre celles du pouvoir royal.\n\nAlors que Mazarin tente d'imposer l’application à la lettre de l’édit de Nantes dès 1656, cette décision n’est réellement effective qu’en 1661. Entre 1661 et 1679, on ne compte pas moins de douze édits restrictifs émanant du Conseil du roi. En 1665, un arrêt attribue à un commissaire catholique la maîtrise de l’instruction des dossiers. Certains temples, jugés trop bien placés, sont détruits (tel celui de Metz, remplacé par une église jésuite). Plusieurs déclarations et arrêts royaux entre 1661 et 1669 accentuent l'oppression contre la prédication des pasteurs, auxquels il est interdit de prêcher ailleurs que dans les temples et dans les villes dépourvues de temple. Le chant des psaumes est lui aussi prohibé à l'extérieur des lieux de culte. En matière d'obsèques, en 1663, les funérailles ne sont autorisées qu'au lever du jour ou à la tombée de la nuit ; le nombre de participants est fixé à trente, puis à dix en 1664, avant que ce « numerus clausus » ne soit levé en 1669.\n\nDe fait, la déclaration du 1er février 1669 annule ou modère plusieurs textes précédents. Cependant cette « pause » dans la législation anti-protestante n'est qu'un répit pour les réformés. D’autres mesures touchent les institutions elles-mêmes : on interdit de tenir des colloques et les synodes provinciaux doivent délibérer en présence d'un commissaire royal ; en 1663 les Églises de provinces différentes n'ont plus le droit de communiquer par contacts épistolaires. Plusieurs décisions concernent les personnes : les religionnaires ne peuvent plus postuler à de hautes charges, et il leur est interdit d’exercer certains métiers. Cette interminable suite de textes juridiques suffit à montrer l'acharnement contre les protestants en cette décennie 1660.\n\nLa réaction des protestants est d’abord juridique : les procès se multiplient pour répondre aux attaques portées contre les E.R.F. dont la cause sort rarement victorieuse. Face à une situation qui aurait pu les revigorer, les pasteurs s’engoncèrent dans une orthodoxie et un rigorisme théologique qui enfonça encore plus la communauté dans la passivité et la peur de sanctions plus sévères.\n\nC’est une fois de plus la situation internationale qui fait obtenir un sursis aux protestants français. Au printemps 1672, les armées du roi envahissent les Provinces-Unies. Le traité de Nimègue, six ans plus tard, marque la fin de la guerre de Hollande, l’apogée de la puissance française en Europe et vaut à Louis XIV le surnom de « Grand ». En 1675, alors que la France est en guerre, les abjurations huguenotes individuelles se font plus nombreuses, avec le soutien de la Cour. Les nouveaux convertis sont essentiellement des notables, mais on compte aussi des marchands, des artisans, soucieux de s’attirer des faveurs. 1675 est aussi l’année de la création de la Caisse des conversions par Paul Pellisson, financée par la caisse des Économats, qui percevait auparavant les revenus des abbayes vacantes. L’idée en est simple mais pas nouvelle : on donne de l’argent en échange d’une conversion. Depuis 1598, l’Assemblée du clergé de France avait attribué une certaine somme d’argent pour les ministres huguenots qui se convertiraient au catholicisme. La Caisse de Pellisson séduisit surtout des gens du peuple aux revenus modestes, mais aussi des escrocs, des gens peu scrupuleux qui se convertissaient plusieurs fois. Les résultats furent peu satisfaisants : à peine dix mille conversions sur trois ans sur l’ensemble du royaume. En outre, la plupart des conversions n'étaient pas véritables. Les polémistes huguenots n’hésitèrent pas à condamner le peu de scrupules de l’Église catholique, qui, disaient-ils, usaient d'un procédé rappelant celui des Indulgences au début du XVIe siècle pour racheter les péchés contre de l’argent destiné à la construction de Saint-Pierre de Rome.\n\n", "title": " L’œuvre de démantèlement de l’édit de Nantes par l’État (1661-1685) - Premières mesures discriminatoires (1661-1679) " } ]
wik-hist-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Édit_de_Fontainebleau_(1685)
Agent infectieux - Pouvoir toxique (1)
3,804
[ { "img": [], "source_text": "\n\nUn agent infectieux est un agent biologique pathogène responsable d'une maladie infectieuse.\n\nLes agents infectieux sont majoritairement des micro-organismes, notamment des bactéries et des virus. Cependant, certains agents pathogènes ne sont pas des organismes (les prions), d'autres ne sont pas microscopiques (les vers parasites).\n\nLe pouvoir pathogène d'un agent infectieux mesure sa capacité à provoquer une maladie chez un organisme hôte.\n\nLa virulence d'un agent infectieux mesure sa capacité à se développer dans un organisme (pouvoir invasif) et à y sécréter des toxines (pouvoir toxique).\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Une toxine est une molécule synthétisée par un organisme vivant, ayant un effet nocif ou létal pour l'organisme hôte.\n\nLes toxines protéiques sont les poisons les plus actifs : 250 g de toxine (tétanique ou botulinique) suffirait à tuer toute la population humaine.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Le pouvoir pathogène peut être quantifié par trois données : la dose minimale mortelle (DMM), la dose létale 50 (DL50) et la dose minimale infectante (DMI).\n\nLa DMM est la dose la plus faible qui tue dans un délai déterminé un groupe expérimental.\n\nLa DL50 est la dose qui tue dans un délai déterminé 50 % d'un groupe expérimental.\n\nLa DMI est la dose minimale permettant la contamination et le développement de la maladie.\n\n", "title": " Quantification du pouvoir toxique " }, { "img": [], "source_text": "Les toxines peuvent agir de plusieurs manières : sur le système immunitaire, en provoquant une allergie (effet allergène), ou encore un choc septique ; sur le système nerveux (effet neurotoxique) ; sur le système musculaire (effet myotoxique) ; sur le système reproductif (effet reprotoxique) ; etc. Une toxine peut agir seule ou en synergie avec d'autres. Selon la bactérie en cause et le mode de contamination, la production et l'action de la toxine se feront différemment.\n\nDans ou autour d'une plaie, une bactérie peut se multiplier et libérer sa toxine protéique. Celle-ci peut agir localement et éventuellement à distance, au niveau de la moelle épinière, en diminuant la quantité de neuromédiateurs libérés, et au niveau des synapses neuromusculaires en augmentant la libération d'acétylcholine. Elle provoque une paralysie de contracture. Exemple : toxine tétanique\n\nÀ la suite d'une ingestion ou inhalation ou de son développement dans le tube digestif, la toxine passe dans le sang et diminue la quantité d'acétylcholine au niveau des jonctions neuromusculaires. Elle provoque une paralysie flasque.Exemple : toxine botulinique\n\nÀ la suite d'une ingestion, la bactérie adhère à l'épithélium intestinal et produit la toxine qui se fixe sur les entérocytes. Elle empêche l'absorption des ions Na+ et Cl−, et provoque donc une fuite hydrominérale.Exemple : toxine cholérique\n\n", "title": " Mode d'action des toxines " }, { "img": [], "source_text": "Les toxines protéiques ont souvent un pouvoir toxique très élevé. Elles provoquent l'apparition d'anticorps dans l'organisme : les anti-toxines.\n\nCertaines peuvent être transformées en anatoxines par un traitement au formol, et une incubation à 40 °C (Méthode de Ramon). Ces anatoxines sont utilisées pour :\n\nfabriquer des sérums utilisés en sérothérapie.\n\n", "title": " Pouvoir antigénique des toxines " } ]
wik-svt-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Agent_infectieux
Les îles et le tourisme de masse en Thaïlande
111
[ { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/57474603/g614inf3.png" ], "source_text": " Avec 14 millions de visiteurs en 2019, l'île de Phuket est l'une des principales destinations touristiques de Thaïlande. L'île, qui compte 416 000 habitants en 2021, mais aussi les îles voisines, font face à un tourisme de masse.\n\nQuelles sont les conséquences du tourisme de masse sur les îles thaïlandaises ?", "title": "Introduction" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/57474603/geo614edckata-yai-02-retoucheok.png" ], "source_text": " Sur cette photographie prise en 2021, on distingue la très populaire plage de Kata et, au premier plan, le Grand Bouddha qui surplombe la station balnéaire.\n ", "title": "Doc. 1 Un tourisme balnéaire de masse" }, { "img": [], "source_text": " L'économie du pays a déjà trop souffert de l'absence des touristes [dûe à la crise sanitaire], dont l'activité représente 18 % du PIB1 national. En 2019, la Thaïlande avait accueilli 40 millions de visiteurs, dont 14 millions à Phuket. L'année dernière, ils n'étaient plus que 1,5 million [...] et 80 % des hôtels de l'île ont fermé. Thewan Phromyang, 49 ans, vend des transats sur une plage de Phuket. Il est soulagé de reprendre son activité : « [...] Nous n'avons rien d'autre pour nous faire vivre que les touristes », a-t-il expliqué. Avec le retour des visiteurs, la biodiversité de Phuket risque d'être à nouveau fragilisée. L'année dernière, l'eau de la mer avait retrouvé de la clarté. Pour la première fois depuis vingt ans, des tortues marines étaient revenues pondre sous le sable de l'île.\n\nJeanne Cassez, « Thaïlande : à Phuket, le retour à la case touristes », Libération, 1er juillet 2021.\n\n1. Produit intérieur brut : richesse produite en une année dans un pays.", "title": "Doc. 3 Les effets du tourisme de masse" }, { "img": [], "source_text": " Aujourd'hui, notamment du côté des associations écologistes ou des groupes de pêcheurs, mais aussi chez de simples citoyens, des voix appellent à réfléchir à un autre modèle économique pour la Thaïlande que celui du tourisme de masse, avec un modèle moins dépendant de l'étranger et plus respectueux de l'environnement. Mais dans la crise que traverse aujourd'hui le pays, ces voix restent largement minoritaires. Et chez les professionnels du secteur [...] qui vivaient de la manne touristique, on refuse bien sûr d'entendre parler de restrictions du tourisme.\n\nCarol Isoux, « Coronavirus : la crise contraint la Thaïlande à repenser son tourisme », Europe 1, 3 janvier 2021.", "title": "Doc. 4 Penser un nouveau modèle touristique ?" }, { "img": [], "source_text": " Une station balnéaire : lieu créé et aménagé en bord de mer pour accueillir des touristes.\nLe tourisme de masse : tourisme concernant un grand nombre de personnes qui se concentrent dans les mêmes lieux.", "title": "Notions" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/57474603
Histoire de Paris - Renaissance (1)
1,644
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’histoire de Paris est liée à la conjonction de plusieurs facteurs géographiques et politiques. C'est Clovis qui décide, au VIe siècle, d'installer les organes fixes du pouvoir politique du royaume dans la petite cité des Parisii. Cette position de capitale sera confirmée par les Capétiens, après une parenthèse de deux siècles durant l'époque Carolingienne.\n\nLa position de Paris, au carrefour entre les itinéraires commerciaux terrestres et fluviaux au cœur d'une riche région agricole, en a fait une des principales villes de France au cours du Xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du XIIe siècle, Paris est devenue un des premiers centres en Europe pour l'enseignement et les arts.\n\nQue ce soit avec la Fronde, la Révolution française ou mai 1968, Paris a toujours été au cœur des événements qui ont marqué l'histoire de la France.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La Renaissance italienne n'influence guère la structure de la ville, son développement restant lié aux résidences du roi et de la cour. Aussi le style gothique flamboyant reste-t-il longtemps le style parisien par excellence, tant pour l’architecture civile (hôtel de Cluny, hôtel de Sens) que pour l’architecture religieuse (église Saint-Séverin, église Saint-Étienne-du-Mont) où l'influence de celle-ci n'apparaît que discrètement dans les éléments décoratifs.\n\nL’autorité royale ne s’était jusqu'alors manifestée que pour la construction d’enceintes, le pavage des rues ou l'édification de demeures royales. Progressivement, la monarchie s’inquiète de l'expansion désordonnée de la cité, \n\ns’intéresse à son aspect et édicte une première règlementation d’urbanisme. Sa première manifestation importante est l’ordonnance architecturale imposée en 1500 au nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII.\n\nQuand François Ier accède au trône en 1515, il a vingt ans et la réputation d’être un humaniste. Il choisit comme emblème la salamandre. Son entrée dans Paris le 15 février 1515, donne le ton de son règne. Vêtu d’un costume en toile d’argent et incrusté de joyaux, il fait cabrer son cheval et jette des pièces de monnaie à la foule. Alors que ses deux prédécesseurs, Charles VIII et Louis XII, ont consacré beaucoup de temps à l’Italie, ils n’ont pas saisi le mouvement artistique et culturel qui s’y développait. Ils ont néanmoins planté le décor qui permet l’épanouissement ultérieur de la Renaissance en France. En 1528, François Ier fixe officiellement sa résidence à Paris. En 1530, à l’instigation de Guillaume Budé, il fonde le corps des « Lecteurs Royaux », qui sera abrité dans le « Collège Royal » (ou « Collège des trois langues », qui deviendra le « Collège de France »). La reconstruction du Louvre est alors décidée et mise en chantier en 1546 sous la direction de Pierre Lescot. Les portes des anciennes enceintes sont démolies, le premier quai de pierre de la ville édifié, les principales rues alignées et un hôtel de ville plus digne de la ville est construit. Le rayonnement intellectuel de la ville est considérable, à l'enseignement de l'université tourné vers la théologie et les arts libéraux s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, le Collège de France. Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et constitue la plus grande ville d'Europe de l'Ouest, ce qui fait dire à l'empereur Charles Quint : « Lutetia non urbs, sed orbis » (Paris n'est pas une ville, c'est un Monde). Poursuivant la politique administrative de son père, Henri II réforme certaines institutions qui contribuent à faire de la France un État puissant au pouvoir centralisé. Henri II ordonne ainsi en 1557 qu'un type unique de poids et mesures soit désormais appliqué à l'ensemble de la banlieue de Paris, puis dans un second temps à tout le ressort du parlement de Paris, avec dépôt d'un étalon à l'Hôtel de ville. Le 30 juin 1559, à Paris près de l'actuelle place des Vosges, célébrant le mariage de sa fille Élisabeth avec Philippe II d'Espagne, il combat contre Gabriel de Montgomery, capitaine de sa Garde écossaise, qui le blesse d'un coup de lance dans l'œil. Malgré les soins des médecins et chirurgiens royaux dont Ambroise Paré et de Vésale, envoyé de Bruxelles, il meurt dans d'atroces souffrances le 10 juillet.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_Paris
Constantin Ier (empereur romain) - Biographie (3)
2,647
[ { "img": [], "source_text": "\n\nConstantin Ier (en latin: Flavius Valerius Aurelius Constantinus, en grec: Κωνσταντῖνος (Konstantinos)), né à Naissus en Mésie (aujourd'hui Niš en Serbie) le 27 février 272, et mort le 22 mai 337 vers Nicomédie (actuelle Izmit en Turquie) est un empereur romain majeur du IVe siècle.\n\nBien qu'initialement proclamé Auguste de façon illégitime par ses troupes, à la mort de son père Constance Chlore en 306, son règne est entériné en 310 par l'empereur Galère, et se poursuivra sans discontinuer jusqu'à sa mort en 337. Il parvient également à unifier le pouvoir impérial en 324 en triomphant sur son co-empereur Licinius, mettant ainsi fin à trente-huit années de tétrarchie. Il aura donc été seul maître de l'empire pendant treize ans.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En 312, Constantin défait l'empereur Maxence lors de la bataille du pont Milvius et s'assure la maîtrise de l'Occident. Selon une chronique postérieure rapportée par l'évêque et hagiographe Eusèbe de Césarée, un chrisme flamboyant est apparu dans le ciel et, la nuit même, l'empereur aurait vu en songe le Christ, qui lui aurait montré un chrisme en lui disant : « Par ce signe, tu vaincras » (« In hoc signo vinces »). C'est à la suite de cette apparition que Constantin aurait fait apposer sur l'étendard (labarum) et sur le bouclier de ses légionnaires ce symbole, formé des deux premières lettres grecques du nom Christ : chi (Χ) et rhô (Ρ). La part de légende dans cette histoire reste cependant largement discutée, d'autant que le chrisme (☧) est un signe ambigu, quand en 312 l'empereur continue d'adorer le Sol Invictus et qu'Eusèbe de Césarée lui-même ne reprend pas à son compte cette apparition, et se contente de rapporter les propos de l'empereur. L'apparition céleste d'un chrisme flamboyant peut être attribuée à la chute de météorites ayant formé le cratère du Sirente, mais la simultanéité des deux événements n'a pas été démontrée. Constantin s'appuie à nouveau sur des songes d'origine divine : en 309, une vision du dieu Apollon lui conférant un signe solaire de victoire lui serait apparue dans le sanctuaire gallo-romain de Grand.\n\nEn 313, Constantin rencontre Licinius à Milan et conclut avec lui un accord de partage de l'Empire. Parmi les mesures prises en commun figure un édit de tolérance religieuse, appelé habituellement édit de Milan, qui renouvelle l'édit de Sardica pris par Galère en 311. Il ne s'agit pas formellement d'une officialisation du culte chrétien, mais plutôt de sa mise à égalité avec les autres cultes. Il va cependant plus loin puisqu'il ordonne la restitution intégrale (restitutio ad integrum) des biens confisqués aux églises chrétiennes même lorsqu'ils ont été revendus entretemps : cette mesure constitue un désaveu implicite des persécutions antérieures. L'édit prévoit une possibilité de recours pour les acquéreurs de ces biens et une indemnité pour ceux qui les rendent spontanément.\n\nCette déclaration offre à ses auteurs le soutien des chrétiens persécutés dans la partie orientale de l'Empire par l'empereur Maximin II Daïa - que Licinius aura tôt fait de défaire la même année à la bataille de Tzirallum.[réf. nécessaire]\n\n", "title": " Les réformes sous Constantin (324-337) - Une nouvelle religion d'État : le christianisme - La victoire du pont Milvius et l'édit de Milan (313) " }, { "img": [], "source_text": "Au moment où Constantin se convertit au christianisme, la population totale de l'Empire romain peut être estimée à environ 70 millions d'habitants, dont seuls 5% ou 10% auraient été chrétiens ; dans certaines régions très christianisées comme l'Afrique ou l'Orient grec, il est toutefois possible que 10 à 20% de la population ait été chrétienne. Selon J. B. Bury dans son A History of the Later Roman Empire, « la révolution religieuse faite par Constantin en 312 a peut-être été l'acte le plus audacieux qu'ait jamais commis un autocrate, en défiant et en méprisant ce que pensait la grande majorité de ses sujets ».\n\nLe problème qui divise encore les historiens est celui des causes de la conversion de l'empereur. Il n'est baptisé que sur son lit de mort en 337, par l'évêque chef des ariens, Eusèbe de Nicomédie. Ce baptême tardif est toutefois conforme à la coutume en vigueur à l'époque, les fidèles attendant le dernier moment pour recevoir le baptême afin d'être lavés de tous les péchés antérieurs.[réf. nécessaire].\n\nPlusieurs auteurs païens attribuent cette conversion à l'appât du gain : Constantin Ier se ferait chrétien pour piller les temples païens, afin de financer Constantinople. Pour Zosime, l'empereur s'est converti en 326, pris de remords après avoir fait périr, d'une part son fils aîné Crispus que lui avait donné sa première épouse (ou selon certains, concubine) Minervina, et, d'autre part, sa seconde épouse Fausta. Une autre version, rapportée par des païens de la ville d'Harran, prétend que Constantin, alors atteint par la lèpre, se serait converti car les chrétiens acceptaient dans leur rang les lépreux. Il aurait dû pour se soigner prendre un bain du sang de nouveau-nés mais, touché par les pleurs des mères, n'aurait pu s'y résoudre. Lui seraient apparus en songe, la nuit suivante, Pierre et Paul, qui lui conseillent de retrouver l'évêque de Rome Sylvestre Ier sur le mont Soracte : lors de cette rencontre, l'empereur Constantin est baptisé et soigné de sa terrible maladie. Mais la tradition chrétienne, faisant souvent référence, qui s'appuie sur les écrits d'Eusèbe de Césarée et le livre de Lactance, situe la conversion de l'empereur en 312, lors d'une vision reçue peu avant la bataille du pont Milvius.\n\nLe père de Constantin, Constance Chlore, est un païen monothéisant, attaché au culte de Sol Invictus (« dieu soleil ») comme de nombreux officiers Illyriens, et Dioclétien ne l'aurait jamais fait César s'il avait été chrétien. Il se comporte toutefois avec mesure lors de la Persécution de Dioclétien, durant laquelle il s'est contenté de détruire quelques édifices en Gaule, selon Eusèbe de Césarée.[réf. nécessaire]La mère de Constantin, Hélène, devient chrétienne à une date indéterminée. Répudiée par Constance Chlore, elle est réhabilitée et proclamée Augusta (impératrice) par Constantin en 324, et œuvre aux côtés de son fils à la propagation du christianisme. Elle est considérée comme sainte dans les religions catholique (18 août) et orthodoxe (21 mai) et honorée également par les luthériens (19 ou 21 mai)[réf. nécessaire].\n\nLes historiens actuels émettent plusieurs hypothèses : Constantin ne se serait jamais converti, car il aurait toujours été chrétien, ou encore sa conversion aurait été un calcul politique afin de pouvoir unifier l'Empire sans imposer aux Romains sa religion personnelle.\n\n", "title": " Les réformes sous Constantin (324-337) - Une nouvelle religion d'État : le christianisme - La conversion de Constantin " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Ier_(empereur_romain)
Géographie sociale - Grands thèmes de la géographie sociale (3)
797
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa géographie sociale est une branche de la géographie qui étudie les rapports entre les espaces et les sociétés. L'accent est mis sur la dimension sociale des dynamiques spatiales afin de comprendre les interactions entre ces derniers à différentes échelles.\n\nL'objectif est d'appréhender l'organisation des sociétés et d'apporter une prise de conscience aux problèmes sociaux. Elle est marquée par les engagements politiques et sociaux des chercheurs.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La justice spatiale (spatial justice) est un concept scientifique qui consiste à « replacer l’espace au centre de la réflexion sur les sociétés contemporaines ». Cette notion n’est pas récente en géographie ; elle trouve son origine avant tout dans la géographie radicale mais également urbaine. Elle est apparue pour la première fois dans le monde anglophone dans les années 1970 par le biais de la géographie radicale.\n\nEn l’occurrence, des géographes britanniques dont John Rawls, Richard Peet, David Harvey, Marion Young se sont penchés sur la notion de justice spatiale dans le but de réduire voire supprimer les inégalités socio-spatiales par une gamme de mesures politiques et techniques. Chacun de ces géographes anglo-saxons cités, possède une position spécifique souvent en forte contradiction avec celles des autres dans le champ d’application de la justice spatiale. Cependant tous s'accordent sur l'objectif de « réduire » ou « abolir » les inégalités socio-spatiales. Dans sa thèse intitulé La Théorie de la justice, John Rawls défend l’idée d’une justice fondée sur l’équité, d’une société égalitaire, dans la mesure où les universalistes prétendent ne voir que des individus égaux en droits et n’avancent pas le constat de la présence de nombreuses formes de discriminations. La position de la justice spatiale dans les questions de sociétés s’ouvre à une diversité de champs d’actions. En effet, David Harvey, un géographe radical s'oppose également à une géographie conventionnelle dont les pouvoirs dominants sont privilégiés au détriment des peuples « indigènes ». À partir de là, il applique cette dimension de la justice à l’espace. La géographie radicale de David Harvey s’inscrit d’une part dans une vision néo-marxiste qui se penche sur la thématique des inégalités. Il conçoit le capitalisme comme une base fondatrice des injustices socio-spatiales. \n\nEn dehors de l’espace anglo-saxon, il est indéniable de savoir que la justice spatiale constitue un des objets principaux de la géographie sociale en France, elle constitue une base des analyses d’interactions entre espace et société tout en se fusionnant avec la géographie classique. La notion de justice spatiale est introduite dans la géographie française en 1977 lors d’un débat organisé entre géographes français et anglais. Alain Reynaud fut le précurseur de la notion justice spatiale en France. Il appliquait la justice spatiale dans une approche d’aménagement du territoire où il étudiait les inégalités régionales du degré inférieur (local) au degré supérieur (mondial). Cependant, les géographes de son époque n’ont pas apprécié cette démarche de la justice spatiale dans son échelle globale, leur démarche s’appuyait particulièrement sur une échelle régionale voir locale.\n\nRé-unificatrice des démarches de la géographie humaine, la notion de justice spatiale est appliquée selon des échelles d’études, du global au local. Cependant elle soulève essentiellement une multitude de questions que ce soit dans la redistribution des ressources, de services, de biens mais surtout dans une vocation défensive en ce qui concerne l’oppression de peuples minoritaires (peuples autochtones aux Amériques dans les années 1970). Aujourd’hui, elle est fortement utilisée dans les études urbaines. En suivant cette optique, la dimension spatiale de la justice se voit même être un levier essentiel des politiques territoriales et « son influence est telle que l’on a pu considérer que l’aménagement du territoire et la recherche de la justice spatiale étaient équivalents ». C’est à l’aune de cette influence que la justice spatiale est actuellement revisitée et réactivée face aux inégalités qui ne cessent de se creuser.\n\n", "title": " Justice spatiale " }, { "img": [], "source_text": "C'est en 1943 que l'idée du lien entre santé et géographie émerge avec la publication de l'ouvrage Fondements biologiques de la Géographie humaine de Maximilien Sorre, qui fait alors partie du courant déterministe de la Géographie. Le concept qu'il développe est appelé d'abord géographie médicale. Il relie principalement des termes physiques de la géographie (milieu) avec les maladies. Cette discipline s'apparente au départ à l'épidémiologie. Le concept se développe à mesure du temps et inclut dans la discipline des concepts sociologiques, économiques et d'aménagement du territoire. Il croise alors les données de la maladie et des soins avec le territoire. La cohérence de la géographie de la santé prend alors sens. La géographie de la santé est considérée comme l'aboutissement ou le croisement des domaines de la géographie des soins et de la géographie des maladies. La géographie des soins analyse l'offre de soins d'un point de vue spatial et social. Elle développe le concept d'espace médical et de ses pouvoirs d'attractivité et toutes les dynamiques qui occurrent entre l'espace et les propositions de soins. La géographie des maladies croise la répartition des maladies avec l'espace et le territoire. Elle se charge d'une analyse spatiale des maladies et développe des modèles de distribution.\n\nLe rôle de la géographie de la santé aujourd'hui est important. Elle participe à la prévention des risques sur la santé (les dégradations environnementales et l'impact sur la santé), de l'encadrement des populations en termes de soins et s'inscrit de plus en plus dans les démarches de l'aménagement du territoire.\n\n", "title": " Géographie de la santé " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Géographie_sociale
Indochine française - Nouveaux troubles dans l'entre-deux-guerres (1)
1,821
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’Indochine française, est un territoire de l'ancien empire colonial français, dont elle était la possession la plus riche et la plus peuplée. Officiellement nommée Union indochinoise puis Fédération indochinoise, elle fut fondée en 1887 et regroupait, jusqu'à sa disparition en 1954, diverses entités possédées ou dominées par la France en Extrême-Orient : trois pays d'Asie du Sud-Est aujourd'hui indépendants, le Vietnam, le Laos et le Cambodge, ainsi qu'une portion de territoire chinois située dans l'actuelle province du Guangdong.\n\nL'Indochine française fut créée pour englober plusieurs territoires aux statuts officiels différents, conquis entre 1858 et 1907 par la France au fil de son expansion en Asie orientale. Elle se composait de la colonie de Cochinchine (Sud du Vietnam), des protectorats de l'Annam et du Tonkin (Centre et Nord du Vietnam), du protectorat du Cambodge, du protectorat du Laos et du territoire à bail chinois de Kouang-Tchéou-Wan.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Dans les années 1920, une génération de nationalistes annamites cesse le combat. Phan Bội Châu est arrêté en 1925 dans la concession française de Shanghai ; condamné à mort, il est gracié par le gouverneur Varenne et assigné à résidence à Hué. Il finit par se faire l'apôtre de la collaboration franco-annamite. Phan Châu Trinh, après des années de prison puis d'exil en France, est autorisé à rentrer en Indochine en 1925 mais, malade, il meurt l'année suivante.\n\nDans le même temps, cependant, les discours de Sarraut sur la collaboration franco-annamite, ainsi que les principes wilsoniens sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, éveillent un espoir au sein de la société civile vietnamienne, qui attend de la France qu'elle accorde au Vietnam un statut conforme aux souhaits de ses nouvelles classes supérieures. Les élites indigènes expriment désormais leurs doléances par le biais de partis politiques : en 1923, l'ingénieur agronome et patron de presse Bùi Quang Chiêu fonde le Parti constitutionnaliste, une formation nationaliste et légaliste influencée par les idées de Phan Châu Trinh. Expression de la bourgeoisie cochinchinoise, ce parti réclame pour les Annamites davantage de libertés et une place dans la direction du pays. Le théoricien politique Phạm Quỳnh, inspiré de Barrès et Maurras, prône un renouvellement des institutions annamites et une association loyale avec la France : ses idées, bien que modérées, éveillent la méfiance des colons qui le considèrent comme un dangereux nationaliste. L'empereur Khải Định, dont les idées sont proches de celles de Phạm Quỳnh, voyage en Métropole en 1922 ; mais cette visite — la première en France d'un souverain annamite — s'avère totalement improductive sur le plan politique.\n\nC'est dans ce contexte d'impasse de la collaboration franco-annamite que se développe en Indochine une nouvelle intelligentsia. En 1923, Nguyễn An Ninh, jeune licencié en droit, fait sensation en prononçant une conférence dans laquelle il dénonce radicalement à la fois la colonisation et les traditions confucéennes. De nombreux journaux apparaissent, comme La Cloche fêlée publié par Nguyễn An Ninh, devenu le maître à penser des nouveaux intellectuels vietnamiens. Des idées nouvelles comme le pacifisme ou le féminisme obtiennent un grand succès. Rapidement, la jeunesse instruite indigène se radicalise. La victoire du Cartel des gauches en Métropole suscite des espoirs, mais les réformes du socialiste Varenne, nommé gouverneur général en 1925, sont jugées trop timides. Phạm Quỳnh n'obtient pas l'autorisation de former un parti politique. L'arrestation de Phan Bội Châu en 1925, celle de Nguyễn An Ninh en mars 1926, puis les obsèques de Phan Châu Trinh le mois suivant, provoquent des heurts entre les jeunes intellectuels et les autorités coloniales. Un mouvement de boycott des écoles est lancé : fin mai, plus d'un millier d'élèves sont renvoyés de leurs établissements. Grèves et incidents se multiplient dans les établissements scolaires durant les trois années qui suivent.\n\n", "title": " Regain du nationalisme " }, { "img": [], "source_text": "Parallèlement, un premier noyau communiste apparaît dans les milieux politiques annamites, en premier lieu parmi les expatriés en France. Nguyễn Sinh Cung — le futur Hô Chi Minh —, fils d'un mandarin révoqué par les Français, fréquente en Métropole le groupe animé par Phan Châu Trinh. Comme d'autres Annamites, il adhère ensuite à la SFIO et à la franc-maçonnerie. En 1920, lors du congrès de Tours, il fait une intervention remarquée en faveur de l'adhésion à l'Internationale communiste (Komintern). Adoptant à l'époque le pseudonyme de Nguyễn Ái Quốc, il part en 1924 pour l'Asie afin d'y travailler à plein temps pour le Komintern.\n\nEncore très minoritaire, la mouvance communiste annamite gagne progressivement en importance à partir de 1925. En Indochine même, l'engagement communiste est perçu comme une « protestation patriotique ». En Métropole, un noyau d'expatriés — qui attire des ouvriers, des tirailleurs ou des étudiants — se forme en 1926 autour du Việt Nam Độc lập Đảng (Parti pour l'indépendance du Vietnam) animé par Nguyễn Thế Truyền. Installé à Canton avec les agents du Komintern chargés à l'époque d'encadrer le Parti communiste chinois, Nguyễn Ái Quốc fonde avec d'autres militants un premier groupe communiste, le Thanh Nien, qui diffuse un bulletin en Indochine. Entre 1925 et 1929, le Thanh Nien accueille en Chine environ 300 Annamites, qui suivent une formation politique et repartent ensuite en Indochine pour y animer des cellules clandestines.\n\nLe communisme gagne rapidement en puissance auprès de la jeunesse instruite ; il répond à la fois à une demande des jeunes intellectuelles en fournissant une idéologie adaptée au combat anti-colonial, tout en paraissant apporter une solution à la misère ouvrière et paysanne. Il apparaît également comme une réforme éthique, en greffant les valeurs de l'idéologie soviétique à celles de la morale confucéenne. Un mouvement dit de « prolétarisation » est lancé, qui voit des jeunes intellectuels s'engager comme travailleurs dans les plantations d'hévéas, les usines et les mines, pour se rapprocher des milieux populaires et y créer des cellules. À partir de 1928, les militants annamites réclament la fondation d'un vrai parti communiste.\n\nLa mouvance communiste vietnamienne est très vite parcourue de divisions : dans le courant de 1929, les militants présents en Métropole scissionnent entre un groupe pro-stalinien et une tendance trotskiste animée notamment par Tạ Thu Thâu. En Indochine, la ligne défendue par Nguyễn Ái Quốc — qui prône une synthèse entre nationalisme et communisme — est provisoirement mise en minorité, au profit d'une tendance plus conforme à la ligne « classe contre classe » du Komintern. En juin 1929, le groupe du Thanh Nien à Hanoï fonde, sous l'impulsion de Ngô Gia Tự, un Parti communiste indochinois. Le Thanh Nien se disloque et la mouvance communiste indochinoise se trouve alors divisée en trois groupes, dont aucun n'a encore l'aval officiel du Komintern.\n\n", "title": " Apparition du mouvement communiste indochinois " }, { "img": [], "source_text": "Entre-temps, en Indochine, les jeunes militants nationalistes se tournent bientôt vers l'action illégale : ils créent de nouveaux journaux — vite interdits — diffusent des tracts et des manifestes à l'idéologie encore floue, forment des sociétés secrètes. En novembre 1927, un groupe de jeunes Tonkinois, menés par Nguyễn Thái Học, fonde le Việt Nam Quốc Dân Đảng (VNQDD) ou « Parti nationaliste vietnamien », un mouvement inspiré du Kuomintang chinois dont le nom a simplement été traduit en vietnamien. Très dynamique malgré la surveillance de la Sûreté générale, le VNQDD recrute rapidement des centaines de membres parmi les intellectuels, les travailleurs ou les femmes, et passe bientôt à l'action violente. Il est en outre, à l'époque, le seul groupe indépendantiste à échapper à l'attraction communiste.\n\nEn février 1929, le VNQDD assassine à Hanoï Alfred Bazin, directeur de l'Office général de la main-d’œuvre et, à ce titre, symbole de l'exploitation coloniale. Dans les mois qui suivent, les autorités multiplient les arrestations dans les milieux nationalistes. Le VNQDD, sérieusement menacé, décide alors de jouer son va-tout en organisant un véritable soulèvement. Dans la nuit du 10 au 11 février 1930, deux compagnies du 4e régiment de tirailleurs tonkinois, aidés par des agitateurs civils, se mutinent à Yên Bái, tuant plusieurs officiers français. Simultanément, des bombes sont lancées à Hanoï sur des commissariats, des casernes et le bâtiment de la Sûreté, tandis que plusieurs autres tentatives d'insurrection ont lieu. Mais la révolte du 4e tonkinois, qui devait lancer un soulèvement général, ne s'étend pas. La mutinerie est rapidement écrasée, et le VNQDD décimé par la répression. Nguyễn Thái Học, capturé fin février, est exécuté avec douze de ses camarades, et de nombreux militants sont envoyés au bagne de Poulo Condor. L'affaire de Yên Bái marque beaucoup l'opinion dans la colonie, prise au dépourvu par cette insurrection alors que l'Indochine semblait stabilisée, .\n\n", "title": " L'affaire de Yên Bái " } ]
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Adolf Hitler - Antisémitisme (3)
1,091
[ { "img": [], "source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La défaite de 1918 renforce les tendances antisémites de nombreux officiers de l'armée, et à leur suite, de nombreux sous-officiers et soldats. Officier chargé de la propagande, il est, à l'été 1919, chargé de la rééducation des prisonniers allemands rapatriés en Bavière. À cette occasion, il envoie à l'un de ses supérieurs hiérarchiques, à la demande de celui-ci, un courrier sur le « problème juif » : dans cette réponse, le plus ancien témoignage de l'antisémitisme de Hitler, celui-ci assimile le Juif à une race, qu'il est nécessaire de combattre. Ce combat passe par le retrait des droits civiques et le bannissement du Reich. De plus, dans une rhétorique anticapitaliste, il rend les Juifs âpres au gain, attirés par l'« Or qui brille ».\n\nAinsi, en 1919, pour Hitler, les Juifs sont responsables à la fois de la défaite (il développe d'ailleurs l'idée qu'il eut été nécessaire d'exterminer 15000 Juifs judicieusement choisis pour gagner la guerre), de la révolution (même si ce rapport est étonnamment muet sur le « complot judéo-bolchevique » : c'est en effet à cette époque qu'il commence à rapprocher marxisme et projet juif de domination du monde) et des conditions dans lesquelles le Reich a traversé le conflit (il requiert d'ailleurs la peine de mort par pendaison pour les profiteurs de guerre juifs).\n\nPeu de temps après, ces thèmes sont repris par Hitler, orateur principal du DAP, lors de réunions, tenues dans les brasseries de Munich, et dont la presse commence à rendre compte, au vu de l'hystérie qu'elles déchainent. Durant cette période, sous l'influence de Gottfried Feder il développe aussi l'idée d'un socialisme spécifiquement allemand, dans lequel le Juif joue le rôle de repoussoir absolu : en effet, spéculateur par essence, le Juif se sert du capital financier pour accéder à la domination du monde, par opposition aux Allemands, qui s'appuient sur le capital industriel, créateur de richesses.\n\n", "title": " Manifestations - Tendances antisémites " }, { "img": [], "source_text": "Si la pensée de Hitler est de longue date à la fois antimarxiste et antisémite — bien que ce dernier trait soit plus marqué que le premier —, au début de l'année 1920 les deux courants de pensées vont progressivement se confondre chez lui sous l'influence de Max Erwin von Scheubner-Richter et d'Alfred Rosenberg, « dans l'image catalytique de la Russie Bolchevique ». À partir de la mi-1922, un antimarxisme plus radical apparaît dans ses discours, affirmant que le but de la NSDAP est l'« extirpation » et l’« annihilation » de la vision marxiste du monde, faisant même, dans ses prises de positions de 1923, du marxisme « l'unique et mortel ennemi » du parti nazi. Il apparait que cet infléchissement est probablement opportuniste, l'antimarxisme étant plus porteur électoralement que l'antijudaïsme, notamment pour séduire la Bavière.\n\nAinsi, Mein Kampf est, au-delà de son antisémitisme virulent, un ouvrage également antimarxiste dans lequel Hitler qualifie le marxisme de « doctrine juive » et de « fléau mondial » à l’éradication de laquelle il appelle, malgré le fait que, comme Ian Kershaw le souligne, si Hitler affirme avoir lu Marx à Vienne en 1913 et dans sa prison à Landsberg, « rien n'indique qu'il se soit jamais attaqué aux écrits théoriques du marxisme » ; « sa lecture n'avait qu'une fin purement instrumentale [...] Il y trouvait ce qu'il cherchait ». Néanmoins, quand des journalistes lui font remarquer l'infléchissement de son discours vers un anti-marxisme plus appuyé, Hitler explique qu'il avait été jusque-là trop clément à ce sujet. Mais il ajoute que la rédaction de Mein Kampf lui a fait réaliser combien la « question juive » était, au-delà du peuple allemand, un « fléau mondial ».\n\n", "title": " Manifestations - Antisémitisme et antimarxisme " }, { "img": [], "source_text": "À partir de son adhésion au DAP, Hitler formule les thèmes qu'il exploite jusqu'à la fin de sa vie. Ainsi, dans un discours prononcé en août 1920, il reprend les thèmes chers à la biologie, pour développer une approche biologique de la résolution de la question juive : le Juif, microbe vecteur et responsable de tuberculose raciale, doit être combattu au sein du peuple ; l'immunisation contre ces germes se fera par l'exil ou la relégation de ces porteurs de germes dans des camps de concentration. Après sa libération, Hitler multiplie les attaques antisémites, malgré sa prudence qui caractérise dans cette période ses prises de position sur les thèmes ayant trait à la politique internationale ; en effet, durant la période 1925-1932, il désigne à la vindicte de son auditoire les Juifs comme les responsables de l'ensemble des maux qui frappent l'Allemagne, cette désignation se faisant toujours selon des procédés oratoires extrêmement travaillés, voire inédits.\n\nParallèlement à la mise en avant de cette obsession, Hitler sait cependant ne pas mettre ce sujet en avant en cas de nécessité : durant toute la période 1925-1933, il alterne calcul froid et fureur mal contenue, mâtinée de fanatisme idéologique dès qu'il est question d'antisémitisme. Le 28 février 1926, devant les membres d'un cercle nationaliste et conservateur de Hambourg, ou encore, lors de son discours de 1932 devant des industriels réunis à Düsseldorf, la question juive est à peine évoquée, à de rares exceptions près, lors d'un discours du 25 juin 1931, notamment dans la période comprise entre les élections de septembre 1930 et le 30 janvier 1933, surtout en présence de représentants de la presse étrangère, qui le croit alors assagi. Mais cette absence (ou quasi-absence) alterne avec des moments d'une rare violence : durant l'été 1932, par exemple, alors que les pourparlers en vue de la constitution d'un gouvernement Schleicher-Hitler vont bon train, l'assassinat par des SA d'un militant communiste de Haute-Silésie remet non seulement en cause ces pourparlers, mais le verdict condamnant à mort les coupables déclenche chez Hitler une rage antisémite sans mesure, rapportée par ses proches.\n\n", "title": " Manifestations - Vie politique du Reich " } ]
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Transition démographique - Principaux facteurs de transition de la fécondité (2)
1,047
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa transition démographique est le processus historique par lequel une population passe d'un régime démographique caractérisé par un taux de mortalité et un taux de natalité élevés à un nouveau régime caractérisé par un taux de mortalité puis un taux de natalité faibles. Ce type d'évolution a été observé à partir de la fin du XVIIIe siècle en France et au Royaume Uni, puis dans l'ensemble des autres pays au cours des trois siècles suivants. C'est une composante de la modernisation ou du développement socio-économique. Ce processus historique aboutit à la multiplication par huit de la population mondiale de 1800 à 2022 et à son décuplement prévu de 1800 à 2050. Ce processus s'explique principalement par le développement sanitaire et socio-éducatif. Il contribue à expliquer le développement économique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (ONUAA ou FAO), la superficie utile ou utilisée est la somme des terres arables et des prairies et pâturages permanents. La densité utile, c'est-à-dire le rapport population / superficie utile, est aussi un facteur géographique et historique important. La croissance démographique rapide et la hausse de la productivité agricole aggravent la surpopulation rurale dans les régions à forte densité utile. La contrainte foncière contribue à expliquer des politiques de planification des naissances relativement plus précoces et incitatives dans les pays d'Asie de l'Est et du Sud (plus de 50 % de la population mondiale) et donc une croissance démographique finalement plus faible. À l'inverse, les Amériques, ayant une faible densité initiale, ont connu la croissance démographique la plus forte au monde depuis 1800, passant de 2,5 % à 13 % environ de la population mondiale.\n\nLe critère de la densité globale est souvent mis en avant, mais il intègre dans le calcul les déserts, montagnes et autres aires non cultivables, ce qui fausse considérablement les comparaisons.\n\nEn Europe occidentale la densité utile du Royaume-Uni, une des plus élevées, est de 1 050 en 2015.\n\nLa densité utile est encore plus élevée dès 2015, - Hérodote.net, De Lucy à nous op.cit.-, ou elle le deviendra rapidement dans les pays parmi les plus peuplés d'Asie de l'Est et du Sud :\n\nAsie de l'Est et du Sud-Est : Corée du Sud : 3340 hab./km² utile ; Japon 3000 ; Philippines 1860 ; Vietnam 1440 ; Chine 1300 ; Indonésie 1080 ;\n\nAsie du Sud : Bangladesh 2100 ; Pakistan 940 ; Inde 842.\n\nCes neuf pays pris ensemble incluent environ la moitié de la population mondialeElle est aussi très élevée ou le deviendra dans de nombreux pays d'Asie Occidentale et d'Afrique :\n\nAsie occidentale : Territoires palestiniens 10 000 ; Yémen 2100 ; Irak 1080 ;\n\nAfrique du Nord : Égypte 3200 ; Algérie 530 ;\n\nAfrique subsaharienne : Somalie 985 ; Rwanda et Burundi 980 ; Nigeria 520 etc.La nature qualitative de ce critère, la nécessité de distinctions entre terres cultivables et autres terres utiles (pâturages, etc.), entre terres irriguées ou non, et selon la qualité des sols qui, dans de nombreux pays africains est en moyenne faible, rend délicate son utilisation pour les comparaisons internationales. Si l'on considère uniquement les terres cultivées, la densité agricole (population / Km carrés de terres agricoles) passe alors de 60 à 343 pour le total de l'Afrique et par exemple de 64 à 1072 pour le Kenya en 1993 (calculs d'après Nations unies 1993 et World Resources Institute en 1994). Compte tenu du réchauffement climatique, des dégradations accrues de la qualité des terres risquent de se produire dans de nombreux pays rendant encore plus difficile dans de nombreux cas l'auto-approvisionnement du pays. \n\nLa densité utile initiale contribue donc à expliquer les écarts du multiplicateur transitionnel de population (MTP) de 1800 à 2050 ; entre par exemple les régions à relativement forte densité utile initiale (comme la majorité des pays de l'Eurasie où ce multiplicateur transitionnel est inférieur à 12,5) et les régions à relativement faible ou très faible densité utile initiale où ce multiplicateur est supérieur à 20 (Amériques, Océanie, Afrique).\n\n", "title": " Densité utile (par km carré utile) " }, { "img": [], "source_text": "Le PNB par habitant est un facteur explicatif moins important.\n\nSelon Faruqee (1979) ce facteur expliquerait environ 13 % de la baisse de fécondité.\n\nCertes, cet indicateur donne une première idée du niveau de vie moyen, mais il ne tient compte ni du statut de la femme, ni du niveau d'éducation, ni de l'importance des inégalités entre groupes sociaux, ni des coûts écologiques, ni du pouvoir d'achat interne des populations qui est sous-estimé pour les pays en développement (PED) par les taux de change commerciaux existants (car ils ne prennent pas ou peu en compte les échanges intérieurs non marchands et l'autoconsommation).\n\nAinsi, le coefficient de corrélation entre ISF et PNB par habitant pour 108 PED en 1989, selon l'étude de Willems et Tabutin (op.cit. p 30) était de -0,292 (non significatif). Par exemple le PNB par habitant était en 1982 environ vingt fois plus élevé en Arabie Saoudite qu'au Sri Lanka, alors que l'indice synthétique de fécondité était de 7 enfants par femme en Arabie Saoudite et de 3,2 au Sri-Lanka.\n\nL'indicateur du PNB par habitant en parité de pouvoir d'achat (PPA), utilisé par le FMI, corrige la sous-estimation des monnaies des pays du Sud due à la fois à l'importance de l'autoconsommation et à la politique de promotion des exportations industrielles. C'est un indicateur plus significatif.\n\nCependant, même lorsque le PNB par habitant est faible, il a déjà augmenté significativement d'au moins 30 % selon J.-C. Chesnais (1986) et les structures socio-économiques se sont modifiées avant la baisse de fécondité.\n\n", "title": " PNB par habitant ? " }, { "img": [], "source_text": "Le taux d'urbanisation est aussi un facteur explicatif jugé moins important.\n\nEn général les urbains bénéficient davantage des services de santé et d'éducation que les ruraux. L'urbanisation s'accompagne le plus souvent du passage de la famille rurale élargie à la famille plus restreinte.\n\nLe rôle de l'urbanisation est généralement plus important dans les pays à relativement faible densité rurale. Néanmoins Chenery et Syrquin (1975) ont montré que lorsqu'on a isolé l'influence du taux de mortalité infantile, du niveau d'instruction et du revenu par tête, l'urbanisation ne joue plus alors qu'un rôle négligeable.\n\nSon coefficient de corrélation négatif avec l'ISF est aussi plus faible, de -0,57 selon l'étude déjà citée de Willems et Tabutin (p 32). Ainsi au début de la période respective de transition de la fécondité, les taux d'urbanisation étaient beaucoup plus faibles en 1970 dans les pays d'Asie de l'Est et du Sud en général (de 15 à 20 %) que dans ceux d'Amérique latine en 1965-1970 (de 40 à 60 %) ou d'Afrique subsaharienne en 1990 (de 10 à 40 %).\n\nAinsi le Bangladesh, pays fortement rural a un taux d'urbanisation d'environ 16 % en 1990, lorsqu'il atteint un indice synthétique de fécondité (ISF) de 5,3. En comparaison, le Nigeria atteint ce même niveau de 5,3 en 2019 alors qu'il est urbanisé à 50 % et a un PNB par habitant plus élevé dès 1990. Le premier pays a une répartition des revenus plus équilibrée et fournit davantage de services de santé et d'éducation aux zones rurales.\n\nLa forte densité rurale en Asie de l'Est et du Sud, a pu se substituer à l'urbanisation comme facteur incitatif à la baisse de la mortalité puis de la fécondité.\n\n", "title": " Taux d'urbanisation ? " }, { "img": [], "source_text": "L'IDH est plus fortement corrélé négativement avec l'indice synthétique de fécondité, puisque ses trois composantes éducative, sanitaire et économique sont des déterminants de la fécondité.\n\nLes deux premières composantes socio-éducatives sont mieux corrélées que la composante économique.\n\nSelon l'étude de Willems et Tabutin pour 107 pays (p 30), la corrélation est de - 0,779 (significatif).\n\nDe plus, l'IDH ajusté selon la répartition du revenu et en fonction des disparités entre les sexes, permet de tenir compte de ces deux autres déterminants importants de la fécondité.\n\n", "title": " Indicateur de développement humain (IDH) " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_démographique
Seconde Guerre mondiale - Différents théâtres d’opération (2)
2,196
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Seconde Guerre mondiale, ou Deuxième Guerre mondiale, est un conflit armé à l'échelle planétaire qui dure du 1er septembre 1939 au 2 septembre 1945. Ce conflit oppose schématiquement les Alliés et l’Axe.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L’armée italienne, partant de sa colonie de Libye, attaque les troupes britanniques et du Commonwealth en Égypte, mais est mise en déroute jusqu’à ce que l’Allemagne la renforce. Des combats se succèdent alors, dans le désert d’Afrique du Nord, entre les forces italiennes appuyées par l’Afrika-Korps d’Erwin Rommel et la 8e armée britannique.\n\nEn Abyssinie, une armée britannique venant du nord accompagnée par un contingent français, et, au sud, une force belge venant du Congo Belge prennent les Italiens en tenaille et les battent. Le Negus est réinstallé sur son trône à Addis-Abeba.\n\nAu Moyen-Orient, les Britanniques envahissent en avril 1941 le territoire du Royaume d'Irak, dont le gouvernement nationaliste s'était rapproché de l'Axe à la suite du coup d'État de 1941. En juin, les autorités vichystes permettant aux Allemands d'utiliser les territoires de la Syrie et du Liban, alors sous mandat français, les Alliés envahissent les deux pays et en prennent le contrôle. En août, le Royaume-Uni et l'Union soviétique réalisent conjointement une invasion de l'État impérial d'Iran afin d'assurer le ravitaillement via le corridor Perse et d'empêcher un basculement pro-allemand du pays.\n\nEn mai 1942, Rommel lance une grande offensive vers l'est pour atteindre Suez, et bouscule les forces britanniques, mais il est stoppé quatorze jours à Bir Hakeim par la 1re brigade française libre du général Kœnig, ce qui donna le temps aux Britanniques en déroute de se regrouper sur la ligne fortifiée d’El Alamein, que Rommel ne parvient pas à franchir. Puis en octobre 1942, c’est la 8e armée britannique, commandée par Montgomery, qui attaque à son tour les forces de l’Axe et remporte la seconde bataille d'El Alamein. Celle-ci met fin à la présence de l’Axe en Libye, quelques jours après le succès du débarquement allié en Afrique du Nord.\n\nLe 5 mai 1942 a lieu l'opération Ironclad, une invasion amphibie de la colonie française de Madagascar, sur Diégo-Suarez, contrôlée par le gouvernement de Vichy.\n\nLe 8 novembre 1942, pour soulager l’Union soviétique qui résiste seule à l’assaut allemand, les forces américaines et britanniques débarquent au Maroc et en Algérie, contrôlés par le gouvernement de Vichy : c’est l’opération Torch. Les troupes françaises de Vichy ripostent et s’opposent aux alliés débarqués jusqu’à ce qu’un accord négocié avec l’amiral Darlan mette fin aux combats.\n\nLes alliés chassent finalement l’Axe du continent africain, avec l’aide de l’armée d’Afrique retournée et des Forces françaises libres. Depuis l’Afrique du Nord, les Alliés peuvent alors organiser les débarquements en Sicile et en Italie en 1943, et en Provence en 1944.\n\n", "title": " Théâtres africain et moyen-oriental " }, { "img": [], "source_text": "À compter de 1937 en Chine, l’Armée nationale révolutionnaire du Kuomintang de Tchang Kaï-chek et le Parti communiste de Mao Zedong font front commun contre les Japonais mais généralement sans coopérer.\n\nEnlisée en Chine, l’Armée impériale japonaise a systématiquement recours, dès 1937, à l’utilisation d’armes chimiques. Selon les historiens Matsuno et Yoshimi, celles-ci furent notamment utilisées à 375 reprises lors de la bataille de Wuhan à l’automne 1938. L’emploi d’armes bactériologiques est quant à lui autorisé par le Quartier général impérial à compter de 1940 mais jamais contre des Occidentaux.\n\nSoumis à compter de 1941 à un embargo sur le pétrole après son occupation de l’Indochine, le Japon ne peut plus désormais réaliser sa politique expansionniste sans détruire la principale menace qui peut encore s’opposer à lui dans le Pacifique : la force navale des États-Unis basée à Hawaï. Employant à nouveau la stratégie qui lui a réussi contre la Russie, le Japon décide de bombarder Pearl Harbor le 7 décembre 1941 par surprise, débutant ainsi la guerre du Pacifique. La flotte est fortement endommagée, mais les porte-avions sont en mer.\n\nSimultanément, l’armée japonaise occupe les possessions britanniques, hollandaises et américaines d’Asie du Sud-Est comme Hong Kong, Singapour (massacre de 10 000 civils), les Philippines (marche de la mort de Bataan) et s’empare des champs pétroliers de la Malaisie britannique et des Indes orientales néerlandaises, menaçant même l’Australie. L’Indochine française est déjà passée sous son contrôle militaire avec l’accord du régime de Vichy, le 21 juillet 1941. Le coup de force du 9 mars 1945 achèvera la mainmise nippone sur la péninsule : le vide politique consécutif à la guerre mondiale favorisera la prise du pouvoir par le Việt Minh de Hô Chi Minh.\n\nLe raid de Doolittle en avril 1942 marque le début de la riposte américaine. En mai 1942, la bataille entre porte-avions de la mer de Corail tourne à l’avantage des alliés. Un mois plus tard, celui-ci est accentué par celle de Midway.\n\nÀ partir du début 1942, l’Armée impériale japonaise tente de neutraliser la résistance communiste chinoise en lançant la politique des Trois Tout (三光作戦, Sankō Sakusen, « tue tout, brûle tout, pille tout »), une stratégie de la terre brûlée, dans le Nord de la Chine, tandis que des attaques répétées sont lancées contre les place-fortes des nationalistes chinois.\n\nEn dépit de la détermination de l’armée japonaise, les Alliés reprennent peu à peu les îles du Pacifique comme à Guadalcanal, les Salomon puis les Philippines après la bataille du golfe de Leyte (octobre 1944), cette dernière restant la plus grande bataille aéronavale jamais survenue. Soumis à blocus et coupé progressivement de ses ravitaillements en matières premières, le Japon est au bord de l’asphyxie économique à l'été 1945.\n\nL’engagement en 1944 des premiers kamikazes de l’histoire — ces avions-suicides qui se jettent sur les navires ennemis — ne peut freiner la reconquête américaine, mais prouve la détermination des Japonais.\n\nLa capture des îles proches du Japon comme Iwo Jima et Okinawa permet de lancer des attaques aériennes directes. Tokyo notamment subit un bombardement incendiaire le 10 mars 1945. Surtout, Hiroshima le 6 août et Nagasaki le 9 (ce devait être Kokura) subissent une attaque nucléaire.\n\nConjuguée à la déclaration de guerre de l’URSS et l’invasion du Mandchoukouo par les forces soviétiques, les bombardements atomiques provoquent finalement la reddition du Japon, annoncée par Hirohito le 15 août 1945, confirmée par la signature des actes officiels le 2 septembre 1945 à bord de l’USS Missouri.\n\n", "title": " Théâtre asiatique " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale
Auschwitz - Prise de conscience alliée (1)
2,427
[ { "img": [], "source_text": "\n\nAuschwitz (en allemand : Konzentrationslager Auschwitz , « camp de concentration d'Auschwitz ») est le plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, à la fois camp de concentration et centre d'extermination. Faisant auparavant office de camp militaire, il est situé dans la province de Silésie, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Cracovie, sur le territoire des localités d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich après l'invasion de la Pologne en septembre 1939.\n\nLe camp de concentration, dirigé par les SS, est créé le 27 avril 1940 à l'initiative de Heinrich Himmler ; il est complété par un centre d’extermination (dont la construction démarre à la fin de 1941) et par un second camp de concentration destiné au travail forcé (créé au printemps 1942). Ces camps sont libérés par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Vue aérienne du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau à son extension maximale.Cliché de la RAF du 23 août 1944.\n\nEntre 1940 et 1942, les premières informations parviennent aux Alliés. En particulier, celles concernant les massacres commis par les Einsatzgruppen à l’Est, premier mode d’extermination des Juifs par des Kommandos. Ils reçoivent également des rapports de Witold Pilecki, fondateur de l'armée secrète polonaise volontairement infiltré parmi les prisonniers du camp, dès septembre 1940. Le télégramme Riegner du 8 août 1942 leur confirme la politique d’extermination qui est menée par le Troisième Reich.\n\nÀ l’automne 1942, des rescapés témoignent, comme le résistant polonais Jan Karski qui s’entretient directement avec Franklin Delano Roosevelt et l’administration britannique en vue de mettre un terme au massacre. Le rapport de Natalia Zarembina basé sur les récits de trois évadés est publié à Varsovie en décembre 1942. Le 17 décembre 1942, les forces américano-britanniques et les gouvernements en exil à Londres font une déclaration conjointe condamnant la politique d’extermination des Juifs d’Europe, menaçant leurs auteurs de représailles.\n\nLe 4 février 1943, le Belge Victor Martin part, muni d'autorisations pour visiter des confrères universitaires à Francfort, Berlin et Breslau en mission de reconnaissance pour la résistance et revient en Belgique, avec des informations en mai 1943. Il a parlé à des ouvriers français du STO près de Katowice qui l'informent de ce qui se passe au camp d'Auschwitz. Arrêté à Breslau le 10 février 1943 il est incarcéré au camp de Radwitz dont il s'échappe le 15 mai 1943. Il fait un rapport à Hertz Jospa du Comité de défense des Juifs rattaché au Front de l'indépendance et ses informations sont transmises à Londres. Sa mission incite la résistance à organiser la protection des enfants juifs de Belgique.\n\nJerzy Tabeau et Roman Cieliczko, deux détenus polonais, s'évadent le 19 novembre 1943. Jerzy Tabeau rédige un rapport qu'il transmet en janvier 1944. Son rapport de 19 pages est intégré aux Protocoles d'Auschwitz sous le titre Rapport du major polonais.\n\nPeu de temps avant le débarquement de Normandie, deux prisonniers évadés, Rudolf Vrba et Alfred Wetzler, font également un rapport détaillé sur les pratiques dans les camps de la mort. Le Rapport Vrba-Wetzler et ceux d'autres évadés constitueront les Protocoles d'Auschwitz qui seront transmis aux Alliés et seront versés comme preuves au dossier du procès de Nuremberg (documents 022-L).\n\nEn 2003, la Royal Air Force (RAF) dévoile officiellement certains clichés pris en 1944. La RAF qui cherche des installations militaires ne s'attarde pas sur les camps. L'information arrive pourtant jusqu'à Winston Churchill qui se décide pour une attaque avant de se rétracter à l'idée de tuer inutilement des détenus par des opérations de bombardement aérien. Ce questionnement fut à l'origine du débat sur le bombardement d'Auschwitz.\n\nLes travaux des historiens depuis les années 1970 ont permis de démontrer que les Alliés avaient connaissance de la Solution finale, à savoir la politique d’extermination systématique de tous les Juifs d’Europe. Le rôle des pays neutres a été crucial dans ce domaine, la Suisse, et, à moindre titre, la Suède, étaient des terres de sécurité pour les agences juives et les diplomates alliés, par lesquelles ils pouvaient recevoir des informations. La résistance polonaise et des contacts amis dans l’administration nazie ont permis peu à peu de mettre au jour ce secret que les nazis s’acharnaient à dissimuler.\n\nLes Alliés attaquent Auschwitz III Monowitz, le 13 septembre 1944, usine de fabrication de caoutchouc synthétique à quelques kilomètres du camp d’Auschwitz I. Certaines bombes tombent même sur le camp tuant accidentellement une dizaine de déportés. Ce raid montre qu’un assaut aérien sur Auschwitz était désormais dans le rayon d'action des Alliés en 1944.\n\nEn 1942, Winston Churchill, sous la pression du Parlement et de l'Église anglicane, donne l’ordre à son administration militaire d’envisager toutes les possibilités de bombardement des camps, mais il lui est répondu que les cibles sont hors de portée d’action. C’est à partir de mai 1944, lorsque les forces américaines sont stationnées à Foggia dans le sud de l’Italie que les camps entrent dans le rayon d'action des forces alliées à l'Ouest et c'est à la même période que la Luftwaffe perd peu à peu le contrôle de l'espace aérien au-dessus du Reich à la suite de l'opération Pointblank.\n\nLes preuves de l’ampleur des atrocités sont connues des dirigeants politiques. Aux États-Unis, les journaux parlent dans leurs colonnes de la Solution finale, les agences juives américaines font pression sur l’administration militaire pour obtenir un assaut sur Auschwitz.\n\nLe ministre adjoint à la Guerre John McCloy refuse d'exécuter un bombardement sur les camps de concentration, car les cibles ne sont pas militaires et qu'un bombardement causerait trop de pertes parmi les détenus dans les camps. À cette époque, la priorité est donnée à l'offensive terrestre qui doit absolument progresser.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz
Réfugié écologique - Prospective chiffrée (1)
1,239
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLes réfugiés climatiques ou écologiques ou écoréfugiés sont une catégorie de réfugiés environnementaux.\n\nCe sont des personnes ou groupes qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d'une rupture environnementale (d'origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie. Ce sont souvent des agriculteurs, mais aussi parfois des chasseurs-cueilleurs, des pêcheurs ou des éleveurs.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Ce type de prospective est particulièrement délicat, car le nombre des déplacés et réfugiés est actuellement mal connu, et il sera dans le futur proche déterminé par des croisements complexes entre la crise de la biodiversité et la crise climatique dont l'ampleur exacte ne peut être prédite avec exactitude, mais aussi en fonction du contexte géopolitique et par exemple des actions locales préventives d'adaptation au changement climatique.\n\nL'estimation du nombre futur de réfugiés écologiques et climatiques doit être utilisée et présentée avec beaucoup de prudence, car pouvant grandement varier selon les scénarios géopolitiques retenus. Le lien entre dégradation environnementale et la décision de migrer est encore mal cerné.\n\nVia de très nombreux indicateurs, suivis par des moyens et modèles de plus en plus fiables et précis, tous les rapports (scientifiques et de consensus) successifs de l'IPBES et (depuis 3 décennies) du GIEC ont systématiquement montré, à chaque mise à jour, une crise environnementale mondiale s'aggravant très significativement, et des objectifs et engagements politiques non tenus de la part des États et grandes multinationales présents aux sommet de RIO et suivants (hormis pour le protocole de Montréal qui semble pouvoir tenir ses promesses et lutter efficacement contre le trou de la couche d'ozone). Tous les experts du sujets et prospectivistes s'accordent sur le fait que ce nombre augmentera probablement beaucoup et peut-être brutalement, et qu'il nécessite une préparation de leur accueil, à échelle mondiale.\n\nIl se pourrait que la plupart des pays soient concernés au sein de leurs frontières, certains en raison de la chaleur, d'autres en raison de risques d'épidémies, ou de la montée de la mer ou d'inondations récurrentes ; que les pays soient riches ou pauvres. L'enjeu d'une intégration rapide des « réfugiés écologiques » grâce à une prise en compte anticipée de leur devenir est un sujet géopolitique (pour la paix dans le monde) et d'éthique environnementale.\n\nEn 1993, juste après le 1er sommet de la Terre, l'Anglais Norman Myers calculait qu'à eux seuls, deux facteurs qui sont la montée du niveau marin (cf. ennoiement de terres, deltas et îles habitables et productives) associée aux effets du réchauffement climatique sur la production alimentaire, réchauffement tel que le prévoyait le GIEC à l'époque, provoqueraient la migration de près de 150 millions de personnes entre 1993 et 2050.\n\nEn 2002, Julienne Bétaille estimait que pour l'année 1998, plus de 25 millions de personnes ont quitté leurs habitations, leurs régions ou leurs pays pour fuir une dégradation « écologique ».\n\nEn 2018, l'ONU, le PNUE prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050 et appelle à une gouvernance mondiale et solidaire. D’ici le même horizon temporel (2050) Christian Aid estime qu'au moins un milliard de personnes devraient migrer de par le monde, dont plus de la moitié pour s'adapter au réchauffement climatique ou en fuir certaines conséquences.\n\n- 645 millions migreraient pour des raisons énergétiques,\n\n- 50 millions à cause de conflits et atteintes aux droits de l’Homme (pouvant être exacerbés par la déforestation, le manque d'eau et la perte continue de terres arables).\n\n- 250 millions de personnes migreraient à cause de phénomènes directement induits par le dérèglement climatique (inondations, sécheresses, pénuries d'eau et d'aliments, maladies émergentes…).En 2017, la fondation Environmental Justice (EJF) estime qu'en moins de 15 ans, de 2017 à 2030, le nombre de réfugiés climatiques atteindra plusieurs dizaines de millions, ce qui risque de provoquer une crise migratoire encore plus aiguë que la crise migratoire actuelle en Europe. Ces migrations environnementales risquent d'accroître les tensions et les conflits si elles ne sont pas anticipées et préparées avec attention.\n\nL'UNRIC estime pour sa part qu'avant 2100, le nombre des réfugiés climatiques pourrait être porté à 150 millions.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Faute de cadre légal international ad hoc, et faute de budget et de gouvernance dédiés, internationale, et nationale bien souvent, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est démuni, et les volontés de certaines pays ou régions pourraient être interprétées comme des ingérences écologiques, à ce jour très contraintes par le droit.\n\n", "title": " Freins " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Réfugié_écologique
La Crise financière française de 1789-1799
1,385
[ { "img": [], "source_text": "La Crise financière française de 1789-1799 (titre anglais original Fiat Money Inflation in France. How It Came, What It Brought, and How It Ended) est un ouvrage de l’historien et diplomate américain Andrew Dickson White, paru pour la première fois en 1876.\n\nLe livre est un exposé chronologique et logique de la grave crise financière qui frappa la France révolutionnaire entre 1789-1799 après que les autorités se furent lancées dans l’émission, en quantités de plus en plus importantes, de papier-monnaie non convertible et mal gagé, sous forme d’assignats d’abord, de mandats ensuite. L’inflation désastreuse qui devait résulter fatalement, sous l'effet de ce que l’auteur présente comme une mécanique implacable, de l’usage irréfléchi de la planche à billets conduisit à la ruine du pays, non seulement économiquement, mais aussi, d’après l’auteur, moralement, provoquant corruption, étouffement de l’épargne et spéculation. L’auteur indique que les effets de ce désastre s’abattirent essentiellement sur les classes laborieuses, au bénéfice d’un groupe de débrouillards sans scrupules, cyniques et portés sur le luxe. Cet ouvrage d’histoire doit être vu également comme une solennelle mise en garde de Dickson White à l’adresse de ceux qui aux États-Unis, vers le milieu de la décennie 1890, envisageaient d’avoir recours à la presse à imprimer pour résoudre les problèmes financiers de l’heure.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Crise_financière_française_de_1789-1799
Génocide arménien
2,319
[ { "img": [], "source_text": "Le génocide arménien (en arménien : Հայոց ցեղասպանություն, Hayots tseghaspanoutyoun ; en turc : Ermeni Soykırımı), ou plus précisément le génocide des Arméniens, est un génocide perpétré d'avril 1915 à juillet 1916, voire 1923, au cours duquel les deux tiers des Arméniens qui vivent alors sur le territoire actuel de la Turquie périssent du fait de déportations, famines et massacres de grande ampleur. Il est planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l'époque, le Comité Union et Progrès (CUP), plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs », composé en particulier du triumvirat d'officiers Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha, qui dirige l'Empire ottoman alors engagé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux. Il coûte la vie à environ un million deux cent mille Arméniens d'Anatolie et d'Arménie occidentale.\n\nLes déportations et massacres sont préparés et organisés depuis Constantinople, alors capitale de l'Empire, et mis en œuvre à l'échelle locale par les responsables des divers districts et provinces. Chaque responsable local est chargé de rassembler ses administrés arméniens, puis les soldats et gendarmes ottomans escortent les convois jusqu'au désert dans des « marches de la mort » et procèdent eux-mêmes aux assassinats ou laissent libre cours à la violence de groupes de bandits armés majoritairement kurdes. De nombreux criminels, regroupés dans ce qui sera connu comme l'« Organisation spéciale », ont été libérés par les autorités à cette fin.\n\nSa reconnaissance politique à travers le monde fait encore l'objet de débats et de controverses, à cause de la négation de ce génocide, notamment en Turquie. En avril 2017, le génocide est reconnu par les parlements de vingt-neuf pays.\n\nLe génocide arménien peut être comparé sur de nombreux aspects avec d'autres génocides du XXe siècle. Des liens ont été dressés avec la Shoah, comme dans le cas du contrôle étatique des mouvements de la population à exterminer mais aussi avec le génocide rwandais par le caractère souvent très « local » de la violence exercée, et l'intervention massive de populations civiles qui deviennent des bourreaux.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Génocide_arménien
Réforme protestante
3,063
[ { "img": [], "source_text": "La Réforme protestante ou « la Réforme », amorcée au XVIe siècle, est le mouvement de transformation du christianisme qui s’étend de la fin du Moyen Âge jusqu’au début du XVIIe siècle et entend revenir aux sources et à la forme première du christianisme. Elle a été représentée par des acteurs de nature diverse : théologiens, prédicateurs, rois, princes, bourgeois, paysans, intellectuels... La Réforme avait des motivations religieuses, politiques et économiques et elle a transformé en profondeur les sociétés européennes et les cultures soumises à l’influence de l’Europe, notamment en Amérique du Nord et dans une moindre mesure l'Amérique du Sud et l'Asie.\n\nNée de débats autour du salut et du rôle de l'Église catholique, elle correspond en partie à l’expression d’une culture alors marquée par une profonde angoisse face à la vie éternelle. Elle renvoie aussi à la critique de l'Église romaine et de son commerce des indulgences. Encore assez proche du catholicisme à ses débuts, la Réforme tend à s’en éloigner de plus en plus et rejette de manière grandissante le culte des saints, le culte de la Vierge et participe à une activité iconoclaste importante.\n\nApparue dans un contexte de diffusion de l’écrit et d’alphabétisation grandissante, la Réforme renvoie à l’apparition d’une nouvelle culture venant des milieux bourgeois et instruits qui ont bénéficié d’une bonne formation à travers les universités fondées au Moyen Âge par les princes et l’Église catholique. Les réformateurs profitent de l'essor de l'imprimerie pour faire circuler la Bible en langues vernaculaires (notamment l'allemand après la première traduction réalisée par Luther). La volonté de revenir au texte de la Bible devient ainsi une des principales motivations des réformateurs, guidés par le principe du Sola scriptura (« par l’Écriture seule ») théorisé par les premiers réformateurs protestants autour de Martin Luther.\n\nLa Réforme a aussi un caractère politique. C'est un moyen pour les princes allemands d'affirmer leur indépendance face au Saint-Empire romain germanique. Pour les autres monarques, il s'agit de récuser l'autorité de la papauté ou pour les populations de pouvoir se révolter face à un souverain mal accepté comme en Écosse et aux Pays-Bas espagnols. La Réforme se traduit au XVIe siècle par de nombreux conflits, entre l'empereur Habsbourg et les princes allemands, mais aussi par des guerres de Religion en France, en Angleterre et en Écosse.\n\nEn ce qui concerne ses origines, on peut considérer que le 31 octobre 1517 représente son point de départ, même si elle a connu des précédents dès la fin du Moyen Âge. Martin Luther, alors moine catholique, fait connaître ses 95 thèses à Wittemberg. Les idées de la foi réformée se répandent dans le Saint-Empire notamment en 1522 grâce à Ulrich Zwingli, curé à Zurich, et quasi simultanément grâce à Matthieu Zell et Martin Bucer à Strasbourg, puis, plus tard par Jean Calvin à Paris, Strasbourg et Genève. La Réforme touche alors la majeure partie de l'Europe du Nord-Ouest. Les tentatives de conciliation avec l'Église catholique ayant échoué, la situation aboutit à une scission. La Contre-Réforme catholique engagée à l'issue du concile de Trente ne permet qu'une reconquête partielle des populations passées au protestantisme. Comme date de fin de la Réforme au sens étroit, on peut proposer 1555 et la paix d'Augsbourg, 1563 qui marque la clôture du concile de Trente, ou 1648 qui constitue la fin de la guerre de Trente Ans et l'apparition de l'ordre politique et confessionnel de l'âge classique.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Réforme_protestante
La route du poivre
132
[ { "img": [], "source_text": " Introduction Au Moyen Âge, certains marchands européens vont jusqu'en Extrême-Orient pour chercher des, comme le poivre, un produit de luxe à l'époque. Les marchands musulmans sont des intermédiaires incontournables dans ce commerce.", "title": "épices" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110337/his52nummarco-polo-bis.png" ], "source_text": "Enluminure d'un manuscrit du Livre des Merveilles de Marco Polo, v. 1410, BnF, Paris.", "title": "Doc. 1 La récolte du poivre noir à Quilon (Coilun)" }, { "img": [], "source_text": " Marco Polo, marchand vénitien du XIIIe siècle, décrit les plantations de poivriers et le transport des épices.\n\nEn allant du royaume de Malabar à l'autre partie de la côte, on trouve à cinq cents milles le royaume de Coilun [...]. Il y croît beaucoup de poivre, car les forêts et autres lieux sont pleins des petits arbres qui le portent. On le recueille dans les mois de mai, juin et juillet [...]. [La province d'Aden] a un très bon port, où viennent plusieurs navires qui y apportent diverses sortes d'épices. Les marchands d'Alexandrie viennent acheter ces aromates, et les chargent dans de petits bateaux qu'ils conduisent sur la mer1 pendant sept journées; après quoi ils en chargent des chameaux, qui les portent à trente journées de là, jusqu'à un autre fleuve appelé d'Égypte2 où [...] ils les chargent de nouveau sur des vaisseaux qui les mènent à Alexandrie.\n\nMarco Polo, Le Livre des merveilles ou Le Devisement du monde, 1298.", "title": "Doc. 2 Le trajet du poivre décrit par Marco Polo" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110337/his52nummakamat.jpeg" ], "source_text": " Dès la fin du VIIIe siècle, les échanges commerciaux en Méditerranée se développent. Les marchands musulmans ont un rôle clé dans ces échanges. Empruntant les routes maritimes et terrestres, ils commercent dans leur immense empire, jusqu'en Extrême-Orient. Au Xe siècle, le centre du commerce mondial se déplace vers la Méditerranée. Le port d'Alexandrie en Égypte est au cœur des échanges entre l'Occident chrétien et musulman.\n\nMiniature extraite des Maqâmât d'al-Harîrî, XIIIe siècle, BnF, Paris.", "title": "Doc. 3 Un navire dans l'océan Indien" }, { "img": [], "source_text": " Une épice : produit agricole contenant des arômes (cannelle, poivre, safran).\nUn poivrier : plante qui produit du poivre, originaire de la côte de Malabar (Inde).", "title": "Notions" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110337
Guerre franco-allemande de 1870 - Forces en présence (2)
1,917
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les fusils Dreyse ont une portée et une précision moindre que les Chassepot français, mais l'armée prussienne est beaucoup plus entraînée et son commandement beaucoup mieux hiérarchisé, avec un système de transmissions efficace, conformément aux doctrines de l'Académie de guerre de Prusse.\n\n", "title": " Armée allemande - Armement du soldat " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870
Guerre franco-allemande de 1870 - Déroulement du conflit (1)
1,918
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La guerre franco-allemande marqua le déclin irrémédiable de l'usage de la cavalerie en Europe, désormais brisée par la puissance de feu et la rapidité de tir des fusils, mitrailleuses et de l'artillerie (chargement par la culasse), alors que celle-ci avait dominé les champs de bataille pendant 150 ans (contrairement à la guerre de Sécession qui presque au même moment s'articulait notamment sur une utilisation de la cavalerie).\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Très mal préparés, le plus souvent inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français furent sévèrement battus dans plusieurs batailles, où ils firent cependant quelquefois preuve de calcul froid et de charge inutile. Menacé d'encerclement par l'armée du Kronprinz à Frœschwiller, Mac Mahon sacrifia sa cavalerie pour dégager un axe de retraite vers Metz et Verdun : à la bataille de Frœschwiller-Wœrth, les régiments cuirassiers chargèrent dans Frœschwiller et Morsbronn où ils furent écrasés par les coalisés : des premier et deuxième régiments de cuirassiers il ne resta que peu de survivants.\n\nDébut août 1870, Napoléon III établit son quartier général avec son état-major et le général Mac Mahon dans le château de Saint-Brice-Courcelles près de Reims.\n\nLe 18 août, la bataille de Saint-Privat se solda par une défaite des armées françaises.\n\nAprès les défaites de Saint-Privat et de Gravelotte, le maréchal Bazaine est assiégé dans Metz à partir du 20 août 1870 avec 180 000 soldats, 6 000 officiers, 1 650 canons, 6 000 à 10 000 chevaux, 278 000 fusils, 3 millions d'obus, 23 millions de cartouches.\n\nLe 2 septembre, à Sedan, après une défense héroïque des troupes de marine à Bazeilles, l'empereur des Français Napoléon III capitula avec 39 généraux, 70 000 à 100 000 soldats, 419 à 650 canons, 6 000 à 10 000 chevaux, 553 pièces de campagne et de siège et 66 000 fusils. L'organisation de l'armée impériale française était anéantie, le gros des unités de l'armée régulière était alors hors de combat.\n\n", "title": " La défaite de Napoléon III " }, { "img": [], "source_text": "La capitulation de Napoléon III provoqua un soulèvement populaire à Paris, la chute du Second Empire et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. Un gouvernement provisoire fut aussitôt créé.\n\nLe général Trochu, chef du Gouvernement de la Défense nationale, et Léon Gambetta, ministre de l'Intérieur et de la Guerre, tentèrent de réorganiser ce qu'il restait des armées françaises en déroute pour tenter de redresser la situation.\n\nLe gouvernement choisit de rester dans Paris menacé d'encerclement par les troupes prussiennes et leurs alliés. Il décida néanmoins la création d'une délégation gouvernementale qui s'installa à Tours le 12 septembre 1870. Elle était dirigée par Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, assisté d'Alexandre Glais-Bizoin et de l'amiral Fourichon. La mission de ces hommes était de coordonner les actions en province pour tenter de vaincre l'ennemi.\n\n", "title": " La Défense nationale " }, { "img": [], "source_text": "Le siège de Paris se déroula du 17 septembre 1870 au 26 janvier 1871.\n\nLe 27 décembre au matin, le bombardement d'artillerie commença sur les forts de l'Est (Rosny-sous-Bois, Noisy-le-Sec, Nogent-sur-Marne), puis sur les forts du Sud (Bicêtre, Montrouge, Vanves, Issy-les-Moulineaux). Dans la nuit du 5 au 6 janvier, les bombardements sur Paris commencèrent.\n\nLes seuls moyens pour transmettre des informations entre Paris et la province étaient l'utilisation de pigeons voyageurs et de ballons montés.\n\nDe Paris encerclée, plusieurs tentatives de sortie pour desserrer l'étau prussien furent entreprises :\n\nCombat de Montmesly et première bataille de Châtillon (13–19 septembre 1870)\n\nDeuxième bataille de Châtillon (13 octobre 1870)\n\nPremière bataille de Buzenval (21 octobre 1870)\n\nPremière bataille du Bourget (28–30 octobre 1870)\n\nBataille de Champigny (30 novembre–3 décembre 1870)\n\nDeuxième bataille du Bourget (21 décembre 1870)\n\nSeconde bataille de Buzenval (19 janvier 1871)Le soulèvement du 31 octobre 1870 contre le gouvernement obligea celui-ci à organiser un plébiscite le 3 novembre. Les résultats du vote renforcèrent le gouvernement qui organisa des élections municipales deux jours plus tard.\n\nLe soulèvement du 22 janvier 1871 visant à empêcher le gouvernement de capituler échoua. Un armistice fut signé avec l'Allemagne, le 26 janvier 1871, il entra en vigueur le 28.\n\n", "title": " La Défense nationale - Siège de Paris " }, { "img": [], "source_text": "Il apparut au gouvernement qu'une personnalité forte était nécessaire pour diriger la délégation de Tours. Gambetta, sollicité par ses collègues ministres, quitta Paris en ballon monté, accompagné d'Eugène Spuller, le 7 octobre, pour organiser la défense nationale. Il rejoignit ses trois collègues à Tours le 9 octobre.\n\nUn fort mouvement patriotique toucha tous les milieux politiques et déborda même les frontières. Il alla des Vendéens royalistes aux Chemises rouges de Garibaldi. Des volontaires s'engagèrent, des bataillons de « mobiles » de la Garde nationale se confondirent avec les territoriaux et firent face à l'ennemi. Des francs-tireurs harcelèrent les arrières de l'armée allemande. Mais, faute de cadres, d'équipement et de formation militaire suffisants, ces volontaires ne furent pas en mesure de vaincre les troupes allemandes aguerries.\n\nÀ Metz, le maréchal Bazaine capitula le 19 octobre, livrant aux Prussiens 170 000 à 180 000 soldats, 1 660 canons, 278 000 fusils.\n\nGambetta organisa la résistance depuis Tours. Il reconstitua trois armées : l'armée du Nord, l'armée de la Loire et l'armée de l'Est. Une quatrième armée, l'armée des Vosges était formée majoritairement de soldats étrangers s'étant mis au service de la France. Ces quatre armées combattirent sur différents fronts.\n\n", "title": " La délégation gouvernementale de Tours " }, { "img": [], "source_text": "Le 27 octobre 1870, Bazaine capitula à Metz libérant la IIe armée allemande qui se porta au-devant de la première armée de la Loire du général Aurelle de Paladines. Celui-ci fut d'abord vainqueur des Bavarois à Coulmiers, à l'ouest d'Orléans, le 9 novembre mais il fut ensuite battu le 2 décembre à Loigny et le 8 décembre près d'Orléans. L'armée allemande attaqua alors la deuxième armée de la Loire, confiée au général Chanzy, qui fut battue le 11 janvier au Mans. L'armée de la Loire se replia alors derrière la Mayenne.\n\n", "title": " La délégation gouvernementale de Tours - Sur la Loire " }, { "img": [], "source_text": "Giuseppe Garibaldi, général républicain italien, se mit à la disposition du gouvernement de la Défense nationale, il débarqua le 7 octobre à Marseille. Aucun officier supérieur français n'accepta d'être sous ses ordres. Gambetta lui confia le commandement de tous les corps francs de la zone des Vosges, de Strasbourg à Paris et une brigade de gardes mobiles. L'armée des Vosges était composée de coloniaux, de gardes nationaux originaires des Alpes-Maritimes et de Savoie, de corps francs (Est et Sud-Est de la France), de volontaires étrangers (polonais, hongrois, espagnols, américains et, surtout, italiens) : initialement moins de 4 000 hommes mal armés, mal équipés pour passer l'hiver. Garibaldi était accompagné de ses deux fils, Ricciotti et Menotti et de son gendre, Stefano Canzio.\n\nLe 19 novembre, Ricciotti Garibaldi infligea une défaite aux Prussiens du général Werder à Châtillon-sur-Seine. Dijon était occupée depuis le 31 octobre 1870. Le 17 décembre, les Prussiens évacuèrent la ville étant informés de l'arrivée des troupes régulières françaises menées par le général Bourbaki. Les Prussiens attaquèrent Dijon les 21, 22 et 23 janvier 1871. Garibaldi sortit victorieux de la bataille tandis que Ricciotti s'emparait d'un drapeau du 61e régiment poméranien. Un armistice entra en vigueur le 28 janvier 1871.\n\n", "title": " La délégation gouvernementale de Tours - En Bourgogne " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870
Adolf Hitler - Accession au pouvoir absolu (1)
1,066
[ { "img": [], "source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le 30 janvier 1933 vers midi, Adolf Hitler atteint son but : il est nommé chancelier de la république de Weimar après un mois d’intrigues au sommet organisées par l’ancien chancelier Franz von Papen, et grâce au soutien de la droite et à l’implication du Parti populaire national allemand (DNVP). Le soir même, des milliers de SA effectuent un défilé nocturne triomphal sur l’avenue Unter den Linden, sous le regard du nouveau chancelier, marquant ainsi la prise de contrôle de Berlin et le lancement de la chasse aux opposants. Le quotidien Deutsche Allgemeine Zeitung (DAZ), proche de la droite conservatrice, écrivit le 31 janvier 1933 : « En tout cas, c'est une décision hardie et audacieuse, et aucun homme politique conscient de ses responsabilités ne sera enclin à applaudir ». Le quotidien catholique Regensburger Anzeiger mit en garde contre « un saut dans l'obscurité ».\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler
Loi de séparation des Églises et de l'État - Contexte : une séparation douloureuse (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa loi concernant la séparation des Églises et de l'État, est une loi française codifiant la laïcité. Adoptée le 9 décembre 1905 à l’initiative du député républicain-socialiste Aristide Briand, elle est un des actes fondateurs de la sécularisation de l’État, concluant un affrontement violent qui a opposé deux conceptions sur la place des Églises dans la société française pendant presque vingt-cinq ans.\n\nElle abroge le régime du concordat de 1801, qui est cependant resté en vigueur en Alsace-Moselle pour des raisons historiques (les élus alsaciens en faisaient une des trois conditions d’acceptation de leur rattachement à la France en 1919, sans quoi ils demandaient un référendum, que la France ne pouvait prendre le risque de perdre après une guerre si meurtrière). Les décrets Mandel de 1939 entérinent également l'absence de séparation dans les autres territoires où ne s'applique pas la loi de 1905 : Guyane, Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre-et-Miquelon, Nouvelle-Calédonie et Mayotte.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Émile Combes lui-même hésite à s’engager fermement pour la séparation des Églises et de l’État : en effet, les relations entre l’Église catholique et l’État sont toujours régies en 1904 par le concordat signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII un siècle plus tôt, et les articles organiques permettent notamment au gouvernement de contrôler le clergé français en nommant les évêques. Combes craint de perdre ce contrôle sur l’Église en s’engageant pour la séparation, mais la suite des événements ne lui laisse guère d’autre solution :\n\nd’une part, en juin 1903, une majorité de députés décide qu’il y a lieu de débattre d’une éventuelle séparation et constitue une commission dont Aristide Briand est élu rapporteur ;\n\nd’autre part, le pape Léon XIII meurt en juillet 1903, et son successeur, Pie X, est beaucoup plus intransigeant : les incidents diplomatiques entre la France et le Vatican se multiplient.L’interdiction de l’enseignement aux congrégations provoque un conflit avec le pape qui entraîne la rupture des liens diplomatiques entre le gouvernement français et la papauté. Et l’on sent bien désormais qu’il n’y a plus qu’un pas à franchir vers la séparation. De plus, le projet mûrit rapidement, car le pape, directement touché par les mesures sur les congrégations qui dépendent de Rome, s’attaque nommément à Émile Combes.\n\nLa visite du président de la République Émile Loubet au roi d'Italie Victor-Emmanuel III, dont le grand-père a annexé la ville de Rome, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : le Vatican envoie des lettres de protestation antifrançaises aux chancelleries européennes. Lorsque le gouvernement français en a écho, en mai 1904, il rompt immédiatement les relations diplomatiques avec le Vatican.\n\nLa fin des relations entre la République et la papauté rend le régime concordataire caduc : la séparation est donc urgente, et Combes s’y rallie : il propose un projet sans tenir compte des travaux de la commission Briand, mais il est déstabilisé et contraint à démissionner par le scandale de « l’affaire des fiches » : le ministre de la Guerre, le général André, avait utilisé des réseaux francs-maçons pour espionner les officiers, connaître leurs opinions religieuses et freiner l’avancement des officiers jugés insuffisamment républicains. C’est le successeur de Combes, Maurice Rouvier, qui va mener la séparation jusqu’à son terme.\n\n", "title": " Rupture des relations diplomatiques avec le Vatican (1904) " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_séparation_des_Églises_et_de_l'État
Karl Marx - Biographie (3)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nKarl Marx (/kaʁl maʁks/ ; en allemand : /kaːɐl ˈmaːɐks/), né le 5 mai 1818 à Trèves dans le grand-duché du Bas-Rhin et mort le 14 mars 1883 à Londres, est un philosophe, historien, sociologue, économiste, journaliste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste prussien.\n\nIl est connu pour sa conception matérialiste de l'histoire, son analyse des rouages du capitalisme et de la lutte des classes, et pour son activité révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier. Il a notamment été un des membres dirigeants de l'Association internationale des travailleurs (Première Internationale). Des courants de pensée se revendiquant principalement des travaux de Marx sont désignés sous le nom de marxisme. Marx a eu une grande influence sur le développement ultérieur des sciences humaines et sociales. Ses travaux ont marqué de façon considérable le XXe siècle, au cours duquel de nombreux mouvements révolutionnaires et intellectuels se sont réclamés de sa pensée.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "À l'éclatement de la révolution française de février 1848, Marx quitte la Belgique pour revenir à Paris. Avec l'extension de la révolution à l'Allemagne, il part pour Cologne pour y devenir rédacteur en chef de la Neue Rheinische Zeitung (la « Nouvelle Gazette rhénane ») publiée du 1er juin 1848 au 19 mai 1849.\n\nAvec la victoire de la contre-révolution, Marx est poursuivi devant les tribunaux, notamment pour avoir publié dans la Gazette une proclamation du révolutionnaire en exil Friedrich Hecker. Il se défend devant les jurés en déclarant : « Le premier devoir de la presse est donc de miner toutes les bases du système politique actuel ». Il est acquitté le 9 février 1849, mais le gouvernement l'expulse le 16 mai de la même année, bien qu'il soit sujet prussien.\n\nIl retourne alors à Paris dont il est de nouveau chassé après la manifestation du 13 juin 1849. Il part ensuite pour Londres où il résidera le restant de ses jours. Sa sœur, Louise, lui rend visite dans la capitale anglaise en 1853, alors qu'elle est en route avec son mari pour s'installer dans la colonie du Cap.\n\nLa vie de Marx en exil est extraordinairement difficile comme en témoigne sa correspondance. Le soutien financier d'Engels, également installé en Angleterre, lui permet de survivre. Malgré ce soutien, Marx et sa famille doivent faire face à une extrême misère : « Ma femme est malade, la petite Jenny est malade, Léni a une sorte de fièvre nerveuse. Je ne peux et je ne pouvais appeler le médecin, faute d'argent pour les médicaments. Depuis huit jours, je nourris la famille avec du pain et des pommes de terre, mais je me demande si je pourrais encore me les procurer aujourd'hui » (à Engels, 4 septembre 1852). L'un de ses enfants, Edgar, meurt de sous-alimentation.\n\nIl écrit alors une série de sept articles, rassemblés sous le titre Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, décrivant les débuts de la Deuxième République française et son évolution vers le coup d'État du 2 décembre 1851 aboutissant au Second Empire. Jusqu'à la fin de l'année 1862, alors qu'il vient d'entamer la rédaction du Capital, la situation reste critique malgré l'aide d'Engels, lui-même en difficulté financière en raison de la crise américaine, et de son oncle Lion Philips qui lui consent une avance sur héritage. En 1864, sa situation financière s'améliore grâce à l'héritage de sa mère, qui avait toujours refusé de lui verser la part qui lui revenait de celui de son père et ne lui aura fait grâce que de quelques dettes anciennes, mais le train de vie de la famille Marx reste d'un niveau modeste.\n\n", "title": " Révolutions de 1848 " }, { "img": [], "source_text": "À la suite de l'invitation de Horace Greeley proche du Fouriérisme Marx consacre une grande partie des années 1850 à rédiger des centaines d'articles « alimentaires » pour des journaux comme le New-York Tribune, tout en se livrant à des recherches approfondies en économie, histoire, politique, etc. Les articles du New-York Tribune étaient une « guerre secrète » contre Henry Charles Carey. Dans le même temps, il reste en correspondance avec les révolutionnaires du continent et rédige des brochures politiques en lien avec l'actualité. Il passe aux yeux des gouvernants prussiens pour le chef d'une organisation de conspirateurs, alors que la Ligue des communistes n'existe plus depuis son auto-dissolution en 1852. Il est en fait isolé. Sa situation économiquement précaire ralentit son travail.\n\n", "title": " New-York Tribune " }, { "img": [], "source_text": "Ce n'est qu'en 1859 qu'il achève et publie la Contribution à la critique de l'économie politique. Y sont présents tous les éléments essentiels, en particulier la loi de la valeur, du Capital. Marx écrit à cette époque : « Je ne pense pas qu'on ait jamais écrit sur l'argent tout en en manquant à ce point ».\n\nEn 1859, il sort de son isolement politique pour participer au journal germanophone Das Volk, en lien avec les regroupements qui s'opèrent dans le mouvement ouvrier allemand et qui vont déboucher sur la constitution par Ferdinand Lassalle du premier véritable parti ouvrier allemand (ancêtre du SPD).\n\nEn 1867, Marx publie enfin, après plus de vingt ans d'un travail harassant, la première partie de son ouvrage Le Capital, il part à Hambourg à cet effet. Mais le livre sort dans l'indifférence, les mille exemplaires publiés mettront quatre ans à être écoulés.\n\nIl continue son travail pour achever les deux tomes suivants mais, malade et manquant de temps, il ne laissera que des brouillons inachevés, qui sont ensuite mis en forme, achevés et publiés par Engels après la mort de Marx.\n\n", "title": " Retour aux écrits politiques " }, { "img": [], "source_text": "En 1864, il rédige l’Adresse inaugurale de l'Association internationale des travailleurs, qui se fonde alors. Cette adresse devient l'âme de cette « Première Internationale ». Tout l'effort de Marx dans la rédaction de cette inauguration tend à unifier le mouvement ouvrier qui connaît toutes sortes de formes de regroupements se réclamant du socialisme sur des bases diverses et contradictoires (Mazzini en Italie, Proudhon en France, plus tard Michel Bakounine en Suisse, syndicalisme britannique, lassalliens en Allemagne, etc.). C'est pour introduire le congrès de Genève de l'AIT que Marx rédige ce qui deviendra plus tard son livre Salaire, prix et profits.\n\nLa Commune de Paris est écrasée en 1871. Marx rédige un texte qui est adopté par l'Internationale : La Guerre civile en France. Karl Marx tire la conclusion que le prolétariat ne peut pas se contenter de s'emparer de la machine d'État pour la faire fonctionner à son profit : il devra la détruire de fond en comble. Marx salue la nouvelle démocratie apparue avec la Commune : le principe de l'éligibilité et la révocabilité des responsables à tous les niveaux de la société (exécutif, législatif, judiciaire). Ce texte fait grand bruit, et le nom de l'auteur est alors révélé : Karl Marx acquiert pour la première fois une certaine renommée, y compris au sein du mouvement ouvrier.\n\n", "title": " L'Internationale des travailleurs " }, { "img": [], "source_text": "Des divergences importantes apparaissent au sein de l'Internationale. En 1872, deux bakouniniens sont exclus, du fait de leur constitution en fraction secrète mais aussi à cause de la dégradation des rapports entre Marx et Bakounine. Une scission affecte alors l'AIT. S'y ajoutant la quasi-disparition du mouvement ouvrier en France du fait de la violente répression de la Commune, l'AIT cesse pratiquement d'exister en Europe (une partie importante des militants de l'Internationale ont préféré suivre les principes fédéralistes prônés notamment par Bakounine). Le Conseil général de l'AIT de Londres est transféré à New York et une internationale ouvrière fédéraliste se constitue la même année.\n\n", "title": " L'Internationale des travailleurs - Conflit entre Marx et Bakounine " } ]
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Histoire de France - Le Moyen Âge et la formation de la France (5)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'histoire de la France commence avec les premières occupations humaines du territoire correspondant au pays actuel. Aux groupes présents depuis le Paléolithique et le Néolithique, sont venues s'ajouter, à l'Âge du bronze et à l'Âge du fer, des vagues successives de Celtes, puis au IIIe siècle de peuples germains (Francs, Wisigoths, Alamans, Burgondes) et au IXe siècle de scandinaves appelés Normands.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La guerre de Cent Ans oppose la France et l'Angleterre pour la succession au trône de France, de 1337 à 1453. Malgré ce que son nom peut laisser croire, elle n'est pas continue mais compte 55 années de trêve pour 61 années de combats. Elle ne touche pas tout le royaume mais elle apporte la désolation et la mort là où elle a lieu : pillages, épidémies et désertification accompagnent les bandes de mercenaires qui, en l'absence d'intendance et de solde régulière, se paient en mettant à sac les régions où ils stationnent, même celles du prince qui les emploie. Pendant cet interminable conflit, le territoire français est le champ de combats épisodiques mais acharnés entre rois de France et rois d'Angleterre. Les Anglais bénéficient de la supériorité tactique de leur armée (et particulièrement de leurs archers). Ils infligent à la chevalerie française pourtant très supérieure en nombre, deux cuisantes défaites à Crécy en 1346 et Poitiers, bataille durant laquelle le roi de France, Jean II le Bon est fait prisonnier. Le dauphin Charles est contraint de signer le traité de Brétigny en 1360 qui concède aux Anglais un bon tiers du royaume de France, prévoit le paiement d'une énorme rançon de 3 millions d'écus d'or pour la libération de Jean II le Bon, soit l'équivalent des recettes du roi pendant deux ans. Celui-ci meurt à Londres en 1364 sans que la rançon ait été complètement versée.\n\nSon fils, Charles V est un bon stratège : la paix obtenue permet de lui redonner les capacités de reconquérir les territoires cédés en évitant les grandes batailles rangées et confie à de grands capitaines tel Du Guesclin la reconquête du territoire en reprenant une à une les places fortes de l'ennemi par une stratégie de sièges successifs. En 1377 les Anglais ne contrôlent plus que la Bayonne, Bordeaux, Brest, Calais et Cherbourg.\n\nLe redressement est provisoire. La folie de Charles VI plonge le pays dans la guerre civile entre Philippe Le Hardi duc de Bourgogne, oncle du roi, et Louis d'Orléans, frère du roi. Ce dernier prend le contrôle de l'État et s'allie avec des seigneurs du Sud-Ouest hostiles au roi d'Angleterre. L'accent de ces méridionaux va donner le nom des partisans du duc d'Orléans : les Armagnacs. Le duc de Bourgogne a lui intérêt à ménager les Anglais qui commercent avec son comté de Flandre. Ces derniers profitent de la confusion pour lancer une chevauchée dévastatrice à travers la France. Après avoir évité Paris ils traversent la Picardie en direction de Calais. Ils sont rejoints à Azincourt en 1415 par la fine fleur de la chevalerie française. Les Français subissent de nouveau une défaite meurtrière face à une armée anglaise épuisée et moins nombreuse : le parti des Armagnacs est décapité. Le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, en profite pour s'emparer de la Champagne puis de Paris. Son fils, Philippe le Bon, pousse Charles VI à signer le 21 mai 1420 le traité de Troyes qui stipule :\n\nCharles VI doit déshériter son fils le dauphin Charles. Il le déclare inapte à régner dans la mesure où il a fait tuer le duc de Bourgogne Jean sans peur, le 10 septembre 1419.\n\nLe roi Henri V d'Angleterre devient immédiatement régent du royaume de France et doit épouser Catherine de France, fille du roi fou.\n\nÀ la mort de Charles VI, le royaume de France doit revenir au fils d'Henri V et de Catherine.Lorsque Charles VI meurt en 1422, la France est divisée en trois : le nord et l'ouest sont sous le contrôle du frère d'Henri V, Jean de Lancastre duc de Bedford, en tant que régent du jeune roi anglais, futur Henri VI ; le Nord-Est où le duc de Bourgogne est quasi indépendant ; le sud de la Loire où le dauphin, prend le titre de Charles VII mais est surnommé le « roi de Bourges » par la propagande anglaise qui met en doute sa légitimité (dans la mesure où le château de Bourges est la demeure favorite de Charles).\n\nLes Anglais par leur stratégie de pillage (les fameuses chevauchées) se sont fait haïr par le peuple et ne sont soutenus que par les artisans et les universitaires des grandes villes. Le rôle de Jeanne d'Arc est politique et psychologique - elle catalyse cette volonté « de bouter les Anglais hors de France » - mais aussi militaire en participant activement à la libération d'Orléans puis à une campagne militaire victorieuse dans la Loire. Elle insiste pour que Charles VII soit sacré à Reims le 17 juillet 1429 - ce qui est extrêmement symbolique et interprété à l'époque comme un nouveau signe de volonté divine car la ville est en plein territoire bourguignon -. Elle assoit de ce fait la légitimité du roi, faisant oublier les rumeurs prétendant qu'il était le fils illégitime du duc d'Orléans. La voie est alors libre pour la reconquête du territoire français. Le rôle militaire de Jeanne d'Arc s'affaiblit ensuite progressivement : durant l'hiver 1429, elle s'empare du village de Saint-Pierre-le-Moûtier, mais échoue devant la bourgade de La Charité-sur-Loire avant d'être fait prisonnière devant Compiègne (24 mai 1430). Charles VII fait la paix avec les Bourguignons en 1435 (traité d'Arras) et privés de leur puissant allié, les Anglais sont finalement chassés de France en 1453 après la bataille de Castillon.\n\nLes rois de France regagnent ensuite prestige et autorité. Ils ont encore affaire à forte partie avec les ducs de Bourgogne, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, qui ont joint les Pays-Bas à leurs possessions bourguignonnes et se posent parmi les plus puissants souverains d'Europe. Charles VII et son fils Louis XI les considèrent comme leurs principaux rivaux.\n\nÀ la mort du Téméraire, ses possessions qui provenaient de la famille capétienne sont reprises par Louis XI mais les Pays-Bas reviennent à sa fille unique, Marie de Bourgogne qui les apporte à son époux Maximilien d'Autriche : le partage devient une source de conflit entre les maisons de France et d'Autriche.\n\nLe Moyen Âge s'achève sur la fin de l'indépendance de fait des grandes principautés qu'étaient le duché de Bourgogne (1482) et le duché de Bretagne (vaincu en 1488, rattaché en 1491, et formellement uni au royaume en 1532).\n\n", "title": " Crises et mutations du bas Moyen Âge (du XIVe au XVe siècle) - La guerre de Cent Ans " } ]
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Bassin méditerranéen - Environnement (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLes notions de bassin méditerranéen et de monde méditerranéen désignent les régions se trouvant autour de la mer Méditerranée. Ces régions méditerranéennes couvrent l'Europe du Sud (Espagne, France, Italie, Malte, Slovénie, Croatie, Monténégro, Albanie, Grèce et Chypre), le Proche-Orient (Turquie, Syrie, Liban, Israël, Palestine), et l'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte). Des critères culturels ou historiques permettent de délimiter la région méditerranéenne, mais surtout la présence d'un climat commun : le climat méditerranéen. La culture ou la civilisation méditerranéenne est alors définie par un héritage antique ou médiéval fort, lié aux civilisations gréco-romaine, judéo-chrétienne et islamique. Cette culture se matérialise dans l'alimentation par la prédominance des légumes, des fruits, du poisson et des dérivés du blé (pain, etc.), de l'olivier (huile d'olive, etc.) et de la vigne (vin, etc.) ainsi que de l'élevage caprin et ovin.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "C'est une des régions du monde où l'urbanisation, la périurbanisation et l'agriculture consomment le plus de ressources naturelles, avec des impacts en termes d'artificialisation, de fragmentation, érosion des sols et destruction de milieux naturels. Les zones humides y ont notamment souffert, perdant environ la moitié de leur superficie en un siècle (de 1900 à 2000) selon l'Observatoire des zones humides méditerranéennes. Alors que les effets du réchauffement climatique sont attendus, il ne reste que 18,5 millions d'hectares pour toute la région (soit en moyenne 2 % de la superficie totale des 27 pays du bassin en zones humides, estuaires et lagunes salées comprises). Les pays qui en ont le moins sont l'Espagne (1 % du territoire), la Bulgarie (0,9 %), Chypre (1,1 %), Malte (0,1 %). Au Maghreb, l'Algérie héberge quant à elle 0,6 % des zones, le Maroc (0,7 %), la Libye (0,2 %). Tandis qu'au Moyen-Orient, la Syrie recense 0,8 % de zones humides, la Jordanie (0,5 %), le Liban (0,1 %), Israël et les territoires palestiniens (1,3 %). Selon l'observatoire, les surfaces irriguées sont désormais stabilisées dans l'UE, en Israël et en Égypte, mais elles sont sources d'une grande consommation d'eau.\n\nLes mesures de protection de la biodiversité semblent donner des résultats chez quelques oiseaux d'espèces protégées (pélicans, flamants roses et grues) dont les effectifs ont remonté dans la zone méditerranéenne. Les mammifères, amphibiens, reptiles et poissons ont par contre régressé de 40 % environ depuis 1970. 30 % des amphibiens, 25 % des reptiles et 15 % des mammifères, contre 5 % « seulement » des oiseaux, sont menacés d'extinction dans la zone méditerranéenne selon la Liste rouge de l'UICN. Les poissons d'eau douce régressent encore plus vite dans la zone méditerranéenne qu'à l'échelle mondiale (39 % sont menacées d'extinction en Méditerranée contre 15 % dans le monde). Les causes sont notamment la destruction et pollution des habitats, dont par les engrais, pesticides et l'invasion d'espèces exotiques.\n\nUn rapport du Plan Bleu (organisme issu du Programme de l'ONU pour l'environnement et du Plan d'action pour la Méditerranée) paru en novembre 2020 souligne la grande vulnérabilité du bassin méditerranéen au réchauffement climatique, risquant « des dommages mettant en danger la santé et les moyens de subsistance des populations », et les dommages causés par une mauvaise exploitation des ressources et la pollution. Ainsi, 15 % des décès dans le bassin méditerranéen seraient déjà attribuables à des causes environnementales évitables. En outre, la région se réchauffe « 20 % plus rapidement que la moyenne mondiale ». Le changement climatique pourrait conduire à une chute des précipitations (jusqu'à 30 % de baisse d'ici 2080), allonger les saisons d'incendies, menacer la biodiversité et augmenter le niveau de la mer de 0,5 à 2,5 mètres d'ici la fin du siècle.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassin_méditerranéen
Civilisation carthaginoise - Moyens de la puissance : marine et armée (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa civilisation carthaginoise ou civilisation punique est une ancienne civilisation située dans le bassin méditerranéen et à l'origine de l'une des plus grandes puissances commerciales, culturelles et militaires de cette région dans l'Antiquité.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Serge Lancel dans sa synthèse a associé les deux termes, tant il est vain de vouloir étudier la civilisation carthaginoise sans appréhender ces deux piliers de l'expansion punique en Méditerranée occidentale.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Carthage a bénéficié des avancées phéniciennes en matière de construction navale et de commerce maritime. La marine punique a eu dès le départ pour objet de protéger et de garder secrètes les routes commerciales, en particulier par un contrôle de la zone du détroit de Gibraltar.\n\nAu service du commerce, la marine a écarté les concurrents grecs, en particulier les Phocéens. Carthage domina longtemps les mers ; elle possédait la technologie maritime et la connaissance des mers la plus avancée. Copiée par les Romains pour rattraper leur retard dans ce domaine, sa puissance navale est réduite considérablement dès la première guerre punique.\n\n", "title": " Marine " }, { "img": [], "source_text": "Les deux marines de Carthage (marchande et de guerre) ont eu la même finalité, à savoir la préservation du commerce.\n\nLa puissance navale de Carthage s'explique sans doute par sa maîtrise des techniques de navigation. Elle s'appuie sur deux types de navires : les trirèmes, galère à trois rangs superposés de rames, et les quinquérèmes, galère avec quatre puis cinq rameurs sur un banc de nage. Les navires étaient équipés de proues à protomé de tête de cheval, comme le suggèrent certaines représentations iconographiques. Excellents constructeurs de navires, les Puniques ont bâti grâce à leur flotte un empire maritime que certains ont pu comparer à celui d'Athènes. La découverte des épaves de Marsala, navires de guerre fouillés par Honor Frost au large de la Sicile, a précisé les connaissances actuelles sur la construction navale punique du IIIe siècle av. J.-C. ; les navires de l'époque étaient construits selon une technique très élaborée, identifiée à la mise en œuvre d'éléments « préfabriqués ».\n\nCette technique confirme ce que disent les textes, notamment ceux d'Appien. Le navire, qualifié de chiourme, possédait un éperon destiné à frapper les bateaux ennemis.\n\n", "title": " Marine - Types de navires " }, { "img": [], "source_text": "Les périples maritimes témoignent de la hardiesse des marins puniques et de leur maîtrise des mers. Il est possible qu'ils aient découvert de nouvelles terres : le périple de Hannon mène ainsi les Puniques de Gadès à longer les côtes du continent africain jusqu'au golfe de Guinée avec une flotte de navires carthaginois. Celui d'Himilcon les aurait conduits aux îles Cassitérides vers la Grande-Bretagne, sur la route de l'étain.\n\nLes marins de Néchao seraient parvenus pour leur part à effectuer les premiers la circumnavigation du continent africain.\n\n", "title": " Marine - Périples " }, { "img": [], "source_text": "La question du recrutement de l'armée carthaginoise, des mercenaires et de la place des citoyens a été soulignée par l'historiographie depuis l'Antiquité : la défaite de Carthage serait liée au recrutement de soldats professionnels et au manque d'engagement des citoyens, contrairement au modèle grec puis romain.\n\nCet argument omet le courage des soldats lors des derniers combats, où s'engage la population, et ne prend pas en compte l'organisation de la marine militaire, qui se faisait autour de citoyens. L'armée punique se composait de soldats de diverses origines : des mercenaires, des citoyens engagés volontairement mais aussi des sujets de ses territoires ou de ceux de ses alliés. Cette armée présentait donc un fort caractère cosmopolite ; chaque partie apportait des unités en guise de participation à l'effort commun. Une telle structure n'était pas sans danger lorsque l'État n'était plus en mesure de régler la solde, comme le démontra la guerre des Mercenaires au lendemain de la première guerre punique.\n\nLe commandement carthaginois était aux mains de militaires issus des grandes familles et désignés par l'assemblée du peuple. La hiérarchie militaire demeure toutefois mal connue, même s'il semble avéré que le titre de général correspond à celui de rab. La cité ne se montrait guère indulgente envers les officiers vaincus, les textes énonçant maints exemples de généraux crucifiés ou exécutés.\n\n", "title": " Armée - Recrutement et commandement " }, { "img": [], "source_text": "Les armées de Carthage ne différaient que peu des autres armées de l'époque. Les changements dans les structures et les manœuvres sont dus à Hannibal Barca, désireux de modifier une armée fondée sur les phalanges issues de la tradition grecque, au moins pour la période la mieux connue de son histoire, à partir des guerres siciliennes puis puniques.\n\nLes unités étaient diverses, organisées en bataillons selon leur origine ethnique, et armées parfois selon leurs traditions propres. L'infanterie légère comprenait, outre des citoyens armés de lances et d'épées, des unités spécialisées : ainsi les frondeurs des îles Baléares, des archers ou des lanciers libyens armés de javelots, poignards et boucliers de cuir, et également des groupes de fantassins ibères équipés de boucliers et d'une épée courte appelée falcata. Le bataillon sacré décrit par Diodore de Sicile et Plutarque possédait un armement spécifique. L'infanterie lourde était organisée en phalanges selon le modèle macédonien, mais on ignore si la sarisse, caractéristique de cette formation, était usitée dans l'armée carthaginoise.\n\nLe coeur de cette infanterie étant principalement constitué de libyens et ibères (ces derniers à partir des Barcides) comme le souligne K. Melliti :« De fait, le coeur de la puissance militaire carthaginoise sera toujours constitué par les libyens peuplant l'intérieur de l'état carthaginois et, depuis peu, par les ibères du territoire administré par les barcides en Espagne , ainsi que par les compléments fournis par les cités phéniciennes d'Afrique, comme Utique ou Hadrumète. Ces unités, qui forment l'essentiel de l'infanterie , constituent les effectifs les plus stables et les plus fiables de l'armée punique. De fait, ils contribuèrent à stabiliser les effectifs puniques face à la versatilité des mercenaires, voire des auxiliaires - gaulois notamment -, ou à l'inexpérience des nouvelles recrues. Ils jouèrent un rôle d'encadrement et de maintien de la discipline indispensable pour un effectif aussi bigarré que l'armée d'Hannibal. Véritable relais du stratège sur le terrain, ce corps, colonne vertébrale de l'infanterie, jouera tout le long de la campagne d'Hannibal un rôle tactique de première importance. » \n\nLes autres unités terrestres se constituaient surtout de cavaliers, uniquement numides au départ puis issus d'autres origines, dont Ibères et Gaulois. Cet élément très mobile a fait la différence sur les champs de bataille de la Deuxième guerre punique. L'équipement incluait également des chars de guerre, sans doute venus d'une longue tradition libyenne liée aux contacts de ce peuple avec les armées égyptiennes, et surtout les éléphants de guerre. Cette dernière unité, mise en exergue par les contemporains des guerres puniques, est dans les faits limitée en nombre et d'un usage tardif, vraisemblablement après la guerre de Pyrrhus en Italie. Un tel usage répondait à des finalités plus psychologiques que militaires. Ces éléphants appartenaient probablement à une race locale d'éléphant de forêt d'Afrique, plus petite que l'éléphant d'Asie. Pour ce qui est des cornacs, on signale parfois une origine indienne.\n\n", "title": " Armée - Unités - Armement et unités terrestres " }, { "img": [], "source_text": "Les unités marines ont évolué au cours de l'histoire : la trirème, apparue dès le VIe siècle av. J.-C., embarquait 200 hommes outre les rameurs. La quadrirème est inventée à l'époque hellénistique. Quant à la quinquérème, embarquant 300 hommes au plus, elle est conçue pendant les guerres puniques. La logistique était assurée par d'autres navires, appelés gauloi.\n\n", "title": " Armée - Unités - Unités marines " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_carthaginoise
Union européenne - Histoire (2)
1,215
[ { "img": [], "source_text": "", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le traité de Maastricht est signé le 7 février 1992 et entre en vigueur le 1er novembre 1993. L'Union européenne prend la suite du marché commun et de la Communauté économique européenne (CEE), devenue Communauté européenne (CE) en fusionnant avec la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) qui expirait en 2002. Il marque une nouvelle étape dans le « processus d'union sans cesse plus étroite entre les peuples d'Europe ».\n\nLes Communautés européennes reposent alors sur trois piliers :\n\n1er pilier : le pilier communautaire (la CE, le CECA et Euratom) ;\n\n2e pilier : la politique étrangère et de sécurité commune ;\n\n3e pilier : la coopération policière et judiciaire en matière pénale.Le traité de Maastricht crée également la citoyenneté européenne et permet de circuler et de résider librement dans les pays de la Communauté, le droit de voter et d'être élu dans l'État où l'on réside pour les élections européennes et municipales. Il est aussi décidé de créer « une monnaie unique sous l'égide d'une Banque centrale européenne », le futur euro. Les compétences de la Communauté sont étendues, selon le principe de subsidiarité / suppléance, à de nouveaux domaines : éducation, formation professionnelle, culture, santé publique, protection des consommateurs, réseaux transeuropéens de transport, politique industrielle, services (eau, énergie) et environnement.\n\nLe traité d'Amsterdam est signé le 2 octobre 1997 et entre en vigueur le 1er mai 1999. Reposant sur les trois piliers de Maastricht, il affirme les principes de liberté, de démocratie et de respect des droits de l'homme et propose la mise en place d'un « espace de liberté, de sécurité et de justice ». Il inclut explicitement le principe du développement durable. Il pose le principe des coopérations renforcées permettant aux pays qui le souhaitent d'avancer plus vite. Il ébauche la réforme des institutions européennes en vue de l'adhésion des pays de l'Europe centrale et orientale (PECO). Il élargit la liste des droits, dont il garantit le respect : droits sociaux, égalité hommes-femmes, services publics, renforce la protection des droits fondamentaux et interdit toute discrimination. Un Haut représentant de la PESC est nommé, assisté par une « unité de planification et d'alerte rapide » (UPAR). Un protocole reprend le principe de subsidiarité du TCE.\n\nLe traité de Nice est signé le 26 février 2001 et entre en vigueur le 1er février 2003. Ce traité, qui devait réformer les institutions de l'Union en vue de l'adhésion des PECO, n'est que partiellement parvenu à cet objectif. Celui-ci donne au Parlement un rôle co-législateur renforcé. Le droit de recours devant la Cour de Justice des Communautés est étendu. Le traité fournit une base juridique aux partis politiques des pays membres. Afin de faciliter le processus de décision à la majorité qualifiée à 27 au sein du Conseil, le système de pondération des voix est remanié. Le traité de Nice améliore la procédure relative à la mise en œuvre des « coopérations renforcées » : le droit de veto est supprimé, et le domaine étendu à la PESC y compris en matière de défense. Une « déclaration sur l'avenir de l'Union » a été annexée au traité.\n\nLe traité avait quelques failles : la charte des droits fondamentaux a été adoptée au cours de ce sommet de Nice, mais aucune valeur juridique contraignante ne lui est reconnue bien qu'elle ait été adoptée par toutes les instances de l'Union. De plus, le traité fixe les principes et les méthodes d'évolution du système institutionnel au fur et à mesure que l'Europe s'élargit. Il définit une nouvelle répartition des voix attribuées à chaque État au Conseil, ainsi qu'une redéfinition de la majorité qualifiée. Cependant, le système de décision prévu par ce traité est complexe et privilégie les pays à démographie médiane, comme l'Espagne et la Pologne, par rapport aux autres États membres. Le risque de paralysie, qui constitue la motivation principale à réviser les traités, n'est pas résolu. En 2002, entre la signature du traité de Nice et son entrée en vigueur, une Convention sur l'avenir de l'Europe se forme pour réfléchir au développement futur de l'Union.\n\nÀ la suite des travaux de la Convention sur l'avenir de l'Europe, dont il reprend l'essentiel, le Conseil européen du 18 juin 2004 adopte un projet de « Constitution européenne ». La Convention propose de pallier le risque de paralysie en redéfinissant la majorité qualifiée comme suit : « la majorité qualifiée requise est constituée des deux tiers des États membres, représentant au moins les trois cinquièmes de la population de l'Union » (art. 24-2). De plus, le nouveau traité proposé intègre et rend juridiquement opérante la Charte des droits fondamentaux dans la Partie II. Signé à Rome le 29 octobre 2004, il était appelé à remplacer les traités fondateurs.\n\nMais ce traité, qui corrigeait les failles du traité de Nice et instaurait un traité constitutionnel pour l'UE, n'a pas été ratifié par référendum par la France et les Pays-Bas au premier semestre 2005. Un traité simplifié, reprenant en particulier la partie institutionnelle du projet, apparaît en 2007 sous la présidence de la chancelière allemande, Angela Merkel.\n\n", "title": " Établissement de l'Union européenne (1993-2009) " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_européenne
Algérie française - Défense (2)
1,672
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa période dite de l’Algérie française (en arabe : الجزائر الفرنسية, en berbère : ⴷⵣⴰⵢⵔ ⵜⴰⴼⵕⴰⵏⵙⵉⵙⵜ) (au sens historique du terme) ou de l'Algérie coloniale, va, dans l'histoire de l'Algérie, de 1830, avec la prise d'Alger, à 1962, avec l'indépendance du pays. Cette période est parfois aussi désignée, dans son ensemble, comme celle de la colonisation, de la présence ou de l'occupation française de l'Algérie (en arabe الاحتلال الفرنسي للجزائر). Elle faisait partie de l'Afrique française du Nord avec les protectorats du Maroc et de la Tunisie, et plus largement de l'Empire colonial français.\n\nEn 1839, les autorités françaises adoptent le nom d’Algérie comme appellation officielle du territoire correspondant. L'entreprise de conquête se termine par l'annexion d'une partie du Sahara en 1902, tandis que la colonisation proprement dite voit la création des départements français d'Algérie (1848-1957) — Oran, Alger et Constantine — et des territoires du Sud (1902-1957).", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En avril 1947, le Centre d'Essais d'Engins Spéciaux (C.E.E.S.) est créé à Colomb-Béchar, il est renommé Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux (C.I.E.E.S.) en 1948. Par la suite un second polygone est créé à 120 km à Hammaguir. Les deux bases sont évacuées en 1967.\n\nLa base de Reggane, dans la wilaya d'Adrar, héberge le Centre d'expérimentation saharien militaire (CSEM). La première bombe atomique Gerboise bleue y explose le 13 février 1960. L'événement est filmé. C'est la première d'une série de tests atomiques atmosphériques. La France devient la quatrième puissance nucléaire au monde. Le C.S.E.M. est officiellement colmaté et évacué en mai 1967.\n\nÀ la suite des protestations internationales contre les essais atmosphériques du C.S.E.M. un second centre d'essai atomique destiné à des explosions confinées est créé à In Ekker, à 150 km de Tamanrasset, et porte le nom de Centre d'Expérimentations Militaires des Oasis (C.E.M.O.). Le 1er mai 1962, lors du deuxième essai souterrain, l'explosion crée une brèche dans le mont Taourirt et provoque une fuite radioactive, c'est l'accident de Béryl ; le vingt-neuvième incident de ce type connu dans le monde. Le Ministre de la Défense Pierre Messmer et celui de la Recherche et des Technologies Gaston Palewski sont dans la tribune de la délégation officielle pour assister au tir, ils sont irradiés avec le reste de la délégation lorsqu'un changement soudain de direction du vent oriente le nuage radioactif vers eux. Les deux ministres décèdent respectivement 45 ans et 22 ans plus tard (à 91 ans et 83 ans). Neuf appelés du contingent, membres du 621e Groupe d'Armes Spéciales sont également sur les lieux ; mal protégés ils sont encore plus fortement irradiés. Le C.S.E.M. est abandonné en 1967.\n\nDès 1935, la Section technique de l'armée (STA) installe une base secrète d'essais d'armes chimiques et bactériologiques, le Centre d'Expérimentation Semi-Permanent (CESP) dans l'oued Namous au Sahara. Le polygone d'essai de B2-Namous est remis en activité en 1965 à l'initiative du président Charles de Gaulle et le reste jusqu'en 1978, soit quinze ans après l'indépendance de l'Algérie et au terme de deux échéances (1967 et 1972) du bail concédé à la France par les Accords d'Évian de 1962. Officiellement gérée par une entreprise civile, la Société d’études techniques et d’entreprises générales (SODETEG) du groupe Thomson, pour ne pas indisposer les autorités d'Alger traitant avec l'armée française, B2-Namous est la dernière installation militaire étrangère, connue, à être restée en activité après la fin de l'Algérie française.\n\n", "title": " Installations militaires - Installations militaires du Sahara (1947-1978) " }, { "img": [], "source_text": "Après la prise d'Alger aux Ottomans en 1830 par le corps expéditionnaire français du comte de Bourmont, des indigènes algériens prêtent allégeance à la France. C'est d'abord le cas des cavaliers « Sibahis » (« cavalier libre ») Turcs du général Joseph Vantini, alias Youssouf, qui se rallient aux Troupes d'Afrique sous le nom de Spahis. C'est ensuite le cas de la confédération tribale berbère de Kabylies, Zouaoua, qui donne son nom à un nouveau type de corps d'infanterie nommée zouave. Un second corps d'armée composé majoritairement d'indigènes musulmans est ensuite créé en 1842 sous le nom de Tirailleurs algériens ; les mobilisés européens et israélites constituent alors l'infanterie zouave.\n\nDès lors ces troupes se battront pour la France dans toutes les campagnes coloniales, y compris contre d'autres indigènes, aussi bien que pour la défense de la métropole, notamment durant les campagnes de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Elles se battront également pour la défense des intérêts français durant les guerres d'indépendance sous-tendues pas la guerre froide (1946-1962).\n\nParadoxalement, ces combattants et leurs familles ont à répondre de leur choix politique pris en temps de guerre aussitôt advenu le temps de la paix établie par la signature de traités d'armistices. Au XIXe siècle cela se traduit par le traité de Tafna et le massacre des Ben Zetoun, au XXe siècle ce sont les Accords d'Évian et le massacre d'Oran. Au XXIe siècle, ce choix des parents et grands-parents de soutenir la République française est l'enjeu d'un conflit générationnel dont les répercussions se manifestent encore dans la France contemporaine des années 2000.\n\n", "title": " Les indigènes algériens et l'Armée française (1830-1964) " }, { "img": [], "source_text": "Après la conquête d'Alger est formée, le 21 octobre 1830, une cavalerie indigène, les « Chasseurs algériens », commandée par le chef d'escadron Marey-Monge et le capitaine Joseph Vantini (converti à l'Islam il change son prénom Joseph en Youssouf). Le 17 novembre 1831 (ou en 1832 selon les sources), les Chasseurs algériens sont incorporés dans les deux régiments de Chasseurs d'Afrique créés le même jour à l'aide de Chasseurs à cheval provenant des trois escadrons débarqués de France en 1830 et de volontaires provenant de la cavalerie métropolitaine.\n\nCréés en 1830, les deux escadrons de Zouaves à cheval sont formés, mais ils intègrent les corps des Chasseurs d’Afrique en 1831.\n\nLa loi du 9 mars 1831 autorise les généraux commandant les pays occupés à former des corps militaires composés d’indigènes et d’étrangers. Dix ans plus tard ils deviennent des Spahis en application de l'ordonnance du 7 décembre 1841 créant un corps unique de cavaliers indigènes.\n\nLa formation des Chasseurs d'Afrique date de décembre 1830. Le 1er régiment de chasseurs d'Afrique est créé le 1er mars 1832 par ordonnance royale avec deux escadrons de Chasseurs algériens ou Zouaves à cheval dont vingt Turcs ayant servi sous les ordres de Joseph Vantini (Youssouff). Il livre sa première bataille le 6 avril 1832, dans l'affaire d'El Ouffia sous le commandement du colonel Schauenbourg. De 1830 à 1834 le nouveau corps de cavalerie, des Chasseurs d'Afrique, est mixte ou « franco-arabe », il est composé de Français et d'indigènes algériens Arabes.\n\nLe corps des cavaliers Spahis est créé par l'ordonnance du 10 septembre 1834 prescrivant la formation à Alger d'un corps de cavaliers indigènes sous la dénomination de « spahis réguliers ». Les unités de Chasseurs indigènes et Mamelouks sont transférées dans le corps des Spahis à la suite de l'ordonnance du 7 décembre 1841 qui crée un corps unique de cavaliers indigènes. Les Spahis sont dissous en 1962, à l'exception de l'historique 1er régiment de spahis marocains, stationné à Valence, Rhône-Alpes, et qui subsiste en 2009 comme arme blindée-cavalerie.\n\nLes méharistes constituent un corps de cavalerie à dos de dromadaire créé en 1901 sous l'impulsion du commandant François-Henry Laperrine. Plusieurs unités sont successivement créées telles les Compagnies des Oasis sahariennes qui forment un corps spécial de l'armée française, créé par décret le 1er avril 1902, et composé d'indigènes, à l'origine des Mozabites de la tribu Chaamba. Il s'oppose aux tribus Touaregs (ennemis des Chaamba) et opère sous les ordres du lieutenant Guillo Lohan durant la campagne du Sahara (1902-1907).\n\n", "title": " Les indigènes algériens et l'Armée française (1830-1964) - Cavalerie " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Algérie_française
Auschwitz - Après la guerre (1)
2,429
[ { "img": [], "source_text": "\n\nAuschwitz (en allemand : Konzentrationslager Auschwitz , « camp de concentration d'Auschwitz ») est le plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, à la fois camp de concentration et centre d'extermination. Faisant auparavant office de camp militaire, il est situé dans la province de Silésie, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Cracovie, sur le territoire des localités d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich après l'invasion de la Pologne en septembre 1939.\n\nLe camp de concentration, dirigé par les SS, est créé le 27 avril 1940 à l'initiative de Heinrich Himmler ; il est complété par un centre d’extermination (dont la construction démarre à la fin de 1941) et par un second camp de concentration destiné au travail forcé (créé au printemps 1942). Ces camps sont libérés par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "1947, procès de Rudolf Höss, à Varsovie, du 11 au 29 mars 1947.\n\n1947, premier procès d'Auschwitz, il se tint à Cracovie en Pologne. Y furent jugés 41 prévenus dont Arthur Liebehenschel.\n\n1963-1965, second procès d'Auschwitz appelé couramment Procès de Francfort qui s'est tenu à Francfort-sur-le-Main. 22 prévenus y furent jugés.\n\n1977, un procès complémentaire se tint également à Francfort où deux membres de la SS furent poursuivis pour meurtres perpétrés dans le camp annexe de Lagischa (en polonais : Lagisza) et la marche de la mort de Golleschau à Wodzisław Śląski (en allemand : Loslau).En 2008, l'Allemagne adapte ses textes de lois pour y intégrer la notion de participation passive à des meurtres de masse l'autorisant désormais à poursuivre d'anciens Nazis pour leur seule appartenance à une organisation criminelle et tandis qu'aucun fait précis ne peut leur être attribué. Oskar Gröning est poursuivi sur cette base. Il est condamné le 15 juillet 2015 à quatre ans de prison pour « complicité » dans le meurtre de 300 000 Juifs. Reinhold Hanning est quant à lui condamné à cinq années de réclusion, en 2016, pour complicité dans le meurtre de masse de 170 000 Juifs. Il meurt l'année suivante tandis que son appel est en attente de traitement par la justice allemande.\n\n", "title": " Procès et condamnations " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz
Auschwitz - Bilan des déportés (2)
2,431
[ { "img": [], "source_text": "\n\nAuschwitz (en allemand : Konzentrationslager Auschwitz , « camp de concentration d'Auschwitz ») est le plus grand complexe concentrationnaire du Troisième Reich, à la fois camp de concentration et centre d'extermination. Faisant auparavant office de camp militaire, il est situé dans la province de Silésie, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Cracovie, sur le territoire des localités d'Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich après l'invasion de la Pologne en septembre 1939.\n\nLe camp de concentration, dirigé par les SS, est créé le 27 avril 1940 à l'initiative de Heinrich Himmler ; il est complété par un centre d’extermination (dont la construction démarre à la fin de 1941) et par un second camp de concentration destiné au travail forcé (créé au printemps 1942). Ces camps sont libérés par l'Armée rouge le 27 janvier 1945.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Joseph Saks, Grand Rabbin de la Synagogue Nazareth, de Paris.\n\nCharlotte Salomon, artiste plasticienne et peintre allemande. Meurt en 1943 en compagnie de son époux autrichien.\n\nErich Salomon, photographe allemand, il meurt à Auschwitz en 1944.\n\nViolette Jacquet-Silberstein, violoniste, membre de l'orchestre des femmes d'Auschwitz\n\nMichel Sima, sculpteur et photographe juif polonais, arrêté en 1942 à Golfe Juan, survivant.\n\nPaul Sobol, survivant, auteur du livre : Je me souviens d'Auschwitz… De l'étoile de shérif à la croix de vie.\n\nHélène Solomon-Langevin, résistante et femme politique française, députée communiste en 1945 et 1946, puis bibliothécaire au CNRS.\n\nWladek (dit Vladek) Spiegelman, Juif polonais déporté à Auschwitz en 1944 et survivant. Son histoire est racontée sous forme de bande dessinée (Maus, parue en deux tomes) par son fils, Art Spiegelman.\n\nRosa Stallbaumer, résistante autrichienne déportée à Dachau puis à Auschwitz où elle meurt en 1942.\n\nEdith Stein, philosophe juive convertie au catholicisme et devenue carmélite ; déportée et gazée à Auschwitz, elle sera canonisée par Jean-Paul II et déclarée copatronne de l'Europe.\n\nArmand Steinberg, dentiste français, centenaire, un des 3 survivants de la Rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon.\n\nAnne-Lise Stern, psychanalyste française. Matricule 78765.\n\nHersz Strasfogel, auteur du seul texte d'un déporté écrit en français retrouvé à Auschwitz.\n\n", "title": " Principaux déportés connus - S " }, { "img": [], "source_text": "Jerzy Tabeau, s'évade le 19 novembre 1943.\n\n", "title": " Principaux déportés connus - T " }, { "img": [], "source_text": "Marie-Claude Vaillant-Couturier résistante et femme politique française.\n\nSimone Veil, femme politique française, ministre et présidente du parlement européen. Détenue 13 mois à Auschwitz (Bobrek) et après la marche de la mort à Bergen-Belsen ; libérée le 27 janvier 1945.\n\nErna de Vries, « demi-juive » qui a volontairement été déportée pour rester avec sa mère\n\n", "title": " Principaux déportés connus - V " }, { "img": [], "source_text": "Joseph Wajsblat, rescapé d'une chambre à gaz, a publié, en collaboration avec Gilles Lambert, Le témoin imprévu, J'ai lu, 2003\n\nRose Warfman, résistante française, survivante\n\nElie Wiesel, écrivain américain, survivant d'Auschwitz III Monowitz. Écrivit plus tard sur son expérience de prisonnier.\n\n", "title": " Principaux déportés connus - W " }, { "img": [], "source_text": "Anja Zylberbeg, juive polonaise déportée à Auschwitz en 1944 et survivante. Elle était l'épouse de Wladek Spiegelman et la mère d'Art Spiegelman. Son histoire est également racontée dans l'œuvre de son fils, Maus, mais de manière moins complète que celle de son mari, car elle est décédée en 1968, soit longtemps avant la genèse du livre, et n'a donc pas pu témoigner auprès de son fils.\n\n", "title": " Principaux déportés connus - Z " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Auschwitz
Commune (France) - Histoire (3)
707
[ { "img": [], "source_text": "\n\nEn France, la commune est, sur le plan institutionnel, à la fois une collectivité territoriale, à savoir une autorité administrative décentralisée bénéficiant de la personnalité morale, et disposant d'affaires propres, distinctes des affaires de l'État, et une circonscription administrative, à savoir une division administrative dépourvue de personnalité juridique, territoire d'exercice d'un service déconcentré de l'administration étatique ou d'un de ses représentants. Chacun de ces organes est caractérisé par une identité (un nom, un territoire et une population) et par des compétences qui leur sont dévolues par la loi. Sur le plan géographique, la commune est une division élémentaire du territoire national qui peut également servir de division de gestion ou de connaissance du territoire.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les changements issus des élections législatives de 1986 n’ont pas remis en cause la décentralisation, mais ont marqué une pause temporaire, tout du moins jusqu’en 1988, puisqu’ une loi du 5 janvier dite d'amélioration de la décentralisation est venue encadrer davantage les interventions économiques des collectivités territoriales, et notamment des communes. L'objectif poursuivi était de préserver les finances locales face à la tentation de venir en aide, de manière inconsidérée parfois, aux entreprises en difficulté situées sur le territoire de la collectivité.\n\nPar ailleurs, d’autres textes sont adoptés durant cette période parmi lesquels on peut citer les différentes lois ci-dessous, concernant les communes :\n\nla loi du 3 février 1992 vise à démocratiser l'accès et exercice des mandats locaux ;\n\nla loi du 6 février 1992, dite « loi ATR » renforce les droits des élus de la minorité au sein des assemblées locales, crée la possibilité d'organiser des consultations des habitants dans le cadre des communes et vise également à renforcer l'intercommunalité en créant les communautés de communes et communautés de villes ;\n\nla loi organique du 25 mai 1998 détermine les conditions permettant aux ressortissants des pays membres de l'Union européenne de participer aux élections municipales\n\nle développement de l'intercommunalité est relancé par la Loi relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale du 12 juillet 1999, dite « loi Chevènement ». Désormais, les principales structures intercommunales sont les communautés urbaines, communautés d’agglomération et communautés de communes, financées par une fiscalité propre.\n\nla loi du 6 juin 2000 instaure une parité relativement stricte pour les élections municipales dans les communes de plus de 3 500 habitants.\n\n", "title": " XXe siècle - 1986-2000 : conditions d'exercice des élus précisées et relance de l'intercommunalité " }, { "img": [], "source_text": "Enfin, la loi du 27 février 2002, dite de démocratie de proximité, est principalement consacrée aux communes. Elle crée des conseils de quartier (communes de plus de 80 000 habitants) afin de renforcer la participation des habitants à la vie locale. Elle donne la possibilité pour les élus locaux de demander la création de mission d’information et d’évaluation et facilite l’exercice simultané d’un mandat local et d'une activité professionnelle.\n\n", "title": " XXIe siècle - 2002 : démocratie de proximité " }, { "img": [], "source_text": "La loi constitutionnelle du 28 mars 2003 ajoute dans son article 1er que l’organisation de la République française est décentralisée, une avancée majeure. L’article 72 est également modifié et les collectivités se voient reconnaître un pouvoir réglementaire dans les conditions définies par la loi ou qu'elles peuvent « organiser les modalités de leur action commune » en désignant un chef de file, lorsqu'une compétence est partagée entre plusieurs niveaux de collectivités. La loi ordinaire du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales vient ensuite lister les différents transferts de compétence vers les collectivités locales (régions, départements et groupements de communes).\n\n", "title": " XXIe siècle - 2004 : nouveaux transferts de compétences " }, { "img": [], "source_text": "La loi du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales modifie entre autres les rapports entre les communes et les intercommunalités : elle facilite l’achèvement et la rationalisation de la carte intercommunale en obligeant chaque commune à adhérer à un établissement public de coopération intercommunale ; elle crée de nouvelles structures de coopération intercommunale, les métropoles et pôles métropolitains ; l’élection au suffrage universel direct, à partir de 2014, des délégués des communes au sein des conseils des différentes communautés de communes, d’agglomération ou urbaines, en même temps que les conseillers municipaux, .\n\n", "title": " XXIe siècle - 2010 : achèvement de la carte intercommunale visé " }, { "img": [], "source_text": "Avec la Loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale les communes deviennent chefs de file pour la mobilité durable et la qualité de l'air et crée un nouveau statut pour les métropoles afin de permettre aux agglomérations de plus de 400 000 habitants d'exercer pleinement leur rôle en matière de développement économique, d'innovation, de transition énergétique et de politique de la ville. Les métropoles de Paris, Lyon et Marseille sont dotées d'un statut particulier.\n\n", "title": " XXIe siècle - 2014 : affirmation des métropoles " }, { "img": [], "source_text": "La loi NOTRe du 7 août 2015 vise notamment à renforcer les compétences des régions et des établissements publics de coopération intercommunale et à créer une spécialisation des différentes catégories de collectivités et un transfert par \"blocs de compétences\". Mais en 2018, un rapport d’évaluation de la loi est très critique et fait état qu’elle a donné naissance à une organisation territoriale plus complexe et plus éloignée des citoyens.\n\n", "title": " XXIe siècle - 2015 : loi Notre, toujours plus de complexité " }, { "img": [], "source_text": "Pris en tenaille entre le renforcement des structures intercommunales et la baisse des dotations financières de l’État, les communes et leurs élus s’inquiètent pour l’avenir du périmètre communal. Si l’intercommunalité parvient à remédier à certains inconvénients du morcellement communal, elle pose cependant le problème de la gouvernance et de la légitimité démocratique des nouvelles instances exécutives.\n\nUn projet de loi constitutionnelle pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace est déposé par le gouvernement en mai 2018. Il introduit pour les collectivités territoriales une double possibilité de différenciation sous l’angle des compétences et des normes. Mais en novembre 2018, le mouvement des Gilets jaunes met en lumière des fractures importantes entre territoires. Pour de nombreux Français, il existe simultanément un sentiment d’enfermement territorial ou d’entrave à la mobilité spatiale et un choix de lieu de vie motivé par des raisons familiales ou professionnelles. Il apparaît donc indispensable de dépasser l’idée d’un modèle de développement unique sur un territoire, comme si la population y était homogène. L’enjeu est bien davantage de redonner le pouvoir de choisir leur parcours de vie aux Français qui l’ont perdu, afin que chacun puisse choisir de partir comme de rester pour réaliser son projet de vie sur le territoire qu’il souhaite.\n\nDans ce contexte, le gouvernement réfléchit en 2019 aux modalités de différenciation des territoires, . Parallèlement il adopte le 1er août 2019 une loi visant à adapter l'organisation des communes nouvelles à la diversité des territoires.\n\nEn 2020, un projet de loi « Décentralisation, différenciation, déconcentration et décomplexification » (4DS) se précise. Mais la crise sanitaire engendrée par la pandémie de Covid-19 révèle les limites et capacités d'action de l’État dans les territoires et pèse lourdement sur le projet de loi. Il devient en 2021 le projet de loi 3DS (« Différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification de l'action publique » ).\n\n", "title": " XXIe siècle - 2020 : la question des territoires " }, { "img": [], "source_text": "On note que depuis la création des communes est malgré plusieurs lois qui ont créer ou renforcer de nouvelles structures comme les régions ou les intercommunalités, les gens demeurent dans leurs grande majorité attachés à leurs communes ,\n\n", "title": " XXIe siècle - Une constante depuis leur création, l'attachement des populations à la commune " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_(France)
Gentrification - Histoire (1)
1,231
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa gentrification, mot issu de l'anglais gentrification — en français québécois embourgeoisement ou, dans la presse, boboïsation (du terme bobo) — désigne « les transformations de quartiers populaires dues à l’arrivée de catégories sociales plus favorisées qui réhabilitent certains logements et importent des modes de vie et de consommation différents ».\n\nCette expression est employée pour la première fois par la sociologue Ruth Glass dans son ouvrage London: Aspects of Change, étudiant dans les années 1960 les processus par lesquels les populations les moins favorisées de Londres étaient chassées de certains quartiers tandis que s'y créaient de véritables ghettos de la classe aisée.\n\nLe concept a par la suite été repris, développé et approfondi partout au Royaume-Uni ainsi qu'aux États-Unis. Ce n'est qu'au début des années 2000 que le terme « gentrification » apparaît dans les milieux académiques français.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Dès le IIIe siècle après Jésus-Christ, la Rome antique voit le remplacement de petites boutiques par des grandes villas. En 1939, Hoyt théorise que « les riches reviennent rarement sur leurs pas, pour retrouver les logements obsolètes qu'ils avaient abandonnés ». Dans les années 1940 et 1950, les villes évoluent de façon linéaire vers un modèle suburbain.\n\nLe terme de « gentrification » naît dans les années 1950. Dans la décennie suivante, Ruth Glass définit le concept plus en détail et en 1964, pour la première fois, elle l'utilise dans le sens actuel du terme : l'influx des classes moyennes remplaçant les ouvriers dans les quartiers urbains. Elle s'appuie pour cela sur l'étude d'Islington, un quartier gentrifié de Londres. Elle utilise ce mot pour qualifier un phénomène jusque-là qualifié de « renouveau » ou de « renaissance » des quartiers, des expressions à forte connotation positive. En utilisant le terme de gentrification, Glass propose la prise en compte de l'appropriation des lieux par la « gentry », la petite noblesse britannique.\n\nLe concept est popularisé pendant les années 1970 et 1980, débuts de la gentrification massive des métropoles dans l'Amérique du Nord, l'Australie et l'Europe. Le phénomène reste cependant marginal en comparaison avec la suburbanisation et le déclin des centre-villes. Chris Hamnett définit en 1984 la gentrification comme « un phénomène à la fois physique, économique, social et culturel. La gentrification implique en général l'invasion de quartiers auparavant ouvriers ou d'immeubles collectifs en dégradation par des groupes de classes moyennes ou aisées et le remplacement ou le déplacement de beaucoup des occupants originaux de ces quartiers. Cela implique la rénovation ou la réhabilitation physique de ce qui était auparavant un stock de logements très dégradés et son amélioration pour convenir aux besoins des nouveaux occupants. Au cours de ce processus, le prix des logements situés dans les quartiers concernés, réhabilités ou non, augmente fortement. Un tel processus de transition des quartiers implique en règle générale un certain degré de transformation des statuts d'occupation, de la location à la propriété occupante. » La gentrification inclut donc une transformation de la population d'un quartier, mais également des logements qu'on y trouve et des flux économiques qui y passent. En 2003, Hamnett définit la gentrification comme un processus complexe incluant une amélioration des résidences, un glissement de la location vers la propriété, une augmentation des coûts et le déplacement ou remplacement de la classe ouvrière par les classes moyennes.\n\nSelon Christophe Guilluy, ce sont non seulement les classes populaires mais encore les classes moyennes qui doivent quitter progressivement les métropoles occidentales. À Paris, la part des cadres et des professions intellectuelles passe de 24,7 % de la population active en 1982 à 46,4 % en 2013, de 15 à 32,6 % à Lyon, de 14,7 à 30,9 % à Toulouse.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Gentrification
Union européenne - Grands axes des politiques menées (3)
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[ { "img": [], "source_text": "", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La politique agricole commune (PAC), créée en 1957 et mise en place à partir de 1962, est fondée principalement sur des mesures de contrôle des prix et de subventionnement des exploitations agricoles, visant à les moderniser et à développer l'autosuffisance alimentaire et la pérennité du secteur et de ses acteurs. Le budget alloué aux dépenses liées au développement de l'agriculture s'élève en 2014 à près de 58 milliards d'euros, soit 40 % du budget communautaire pour un secteur qui représente 0,5 % du PIB de l'UE. À l'origine, les objectifs de la PAC étaient les suivants :\n\naccroître la productivité en développant le progrès technique et en assurant une utilisation optimale des facteurs de production et notamment de la main d'œuvre ;\n\nassurer un niveau de vie équitable à la population agricole, notamment par le relèvement du revenu individuel de ceux qui travaillent dans l'agriculture ;\n\nstabiliser les marchés et les prix des matières premières agricoles et des produits agro-industriels finis ;\n\ngarantir la sécurité des approvisionnements et l'autosuffisance alimentaire ;\n\nassurer des prix raisonnables aux consommateurs.Mais conséquemment aux décisions qui sont prises dans le cadre de l'élaboration du budget de la période 2014-2020 et du projet Europe 2020, la quatrième réforme de la PAC entre en vigueur au 1er janvier 2014 ; la refonte des objectifs et des financements s'opère afin de répondre aux nouvelles attentes des citoyens et des organes politiques en matière de qualité et de sécurité des filières agricoles, de leur compétitivité et leur impact sur les zones rurales. La réforme met davantage en avant une agriculture durable, de l'innovation, soutenant la création d'emplois et la croissance des activités liées.\n\nLa politique européenne en matière de pêche (PCP) a été introduite en 1983 en adaptant la PAC au secteur halieutique, elle concerne les 23 États membres de l'Union ayant un accès à la mer. Le secteur contribue à moins de 1 % du PIB de l'Union et emploie près de 400 000 pêcheurs et aquaculteurs auxquels il convient d'ajouter les emplois dans les activités en aval de l'industrie agroalimentaire liée aux produits marins. Ainsi, l'UE, avec plus de six millions de tonnes de poissons pêchés et élevés (soit 4,6 % de la production mondiale) chaque année et une flotte de plus de 80 000 navires, est le quatrième producteur mondial de produits de la mer.\n\nAux côtés de la PCP, la nouvelle politique maritime cherche à apporter des réponses aux problèmes connexes : la pollution des mers, la protection de l'environnement, le développement des régions côtières, la création d'emplois et la surveillance des frontières et des ZEE des pays membres. Ainsi, la PCP se compose de quatre volets :\n\nréglementation de la production, labels de qualité, calibrage, emballage et étiquetage ;\n\nsoutien aux organismes de protection des pêcheurs contre les aléas du marché ;\n\nfixation de prix minimums et rachat des invendus ;\n\n", "title": " Politique régionale, agricole et de la pêche " }, { "img": [], "source_text": "L'Union européenne a créé au total six programmes d'action pour l'environnement, depuis 1972. Un plan climat-énergie a par ailleurs été adopté en 2008, dont les objectifs d'ici 2020 sont les suivants : \n\ndiminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (30 % en cas d'accord international) ;\n\nabaisser la consommation d'énergie de 20 % grâce à une meilleure efficacité énergétique ;\n\ncouvrir 20 % de nos besoins énergétiques grâce aux énergies renouvelables.Les actions destinées à soutenir ces objectifs sont nombreuses et visent essentiellement le secteur industriel. Parmi celles-ci, les constructeurs automobiles devront réduire les émissions de CO2, l'efficacité énergétique de nombreux types d'appareils domestiques doit être améliorée, et le recours aux énergies renouvelables : éolienne, solaire et hydroélectrique, à la biomasse et aux biocarburants doit être accru.\n\nToutefois, cette politique ne peut porter ses fruits que si elle est suivie à l'international. L'UE a participé à l'élaboration de traités internationaux tels que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, en 1992, et son Protocole de Kyoto, en 1997. Ce protocole s'était traduit par la mise en place d'un Système communautaire d'échange de quotas d'émission. Le prochain sommet de la Terre ayant lieu en 2012, le Comité économique et social européen a recommandé que l'UE joue un rôle moteur dans l'élaboration de ce sommet.\n\nAu-delà de ces plans d'action, l'Union européenne dispose d'une Agence européenne pour l'environnement (AEE) dont la mission est de fournir des informations fiables et indépendantes sur l'environnement afin de mettre en œuvre et évaluer la politique environnementale. L'AEE utilise pour cela le réseau européen d'information et d'observation sur l'environnement (EIONET) constitué de points focaux nationaux, généralement des agences environnementales nationales.\n\nPar ailleurs, la Commission européenne désigne chaque année plusieurs villes qui reçoivent le prix de la Capitale verte de l’Europe et celui de la Feuille verte ; ces programmes récompensent respectivement les villes qui prennent en compte l'environnement dans leurs aménagements urbains et la volonté d'obtenir de meilleurs résultats environnementaux en mettant l'accent sur la croissance verte et la création d'emplois dans les secteurs du développement durable.\n\nEnfin, le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l'Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu'ils contiennent, en prenant en compte les préoccupations économiques et sociales des territoires. En décembre 2018, l'Union européenne comptait 5 646 zones de protection spéciale (ZPS) pour les oiseaux, sur une superficie de 843 245 km2, et 24 191 zones spéciales de conservation (ZSC) (dont les sites d'importance communautaire, pSIC, SIC) pour les habitats et les espèces sur une superficie totale de 1 051 569 km2, ce qui représente 18 % de la surface terrestre et 6 % de la zone économique exclusive de l'Union européenne.\n\n", "title": " Politique énergétique et environnementale " }, { "img": [], "source_text": "La politique des transports conduite par l'Union européenne vise à répondre à des problématiques concernant tous les États membres, telles que la gestion du trafic routier, ferroviaire, maritime et aérien, la réduction de la pollution générée par le secteur, l'acheminement des hydrocarbures, le développement des infrastructures de transport, ainsi que la maitrise de la circulation des biens et des personnes ou encore les problématiques de sécurité que cela implique ; les compétences des institutions européennes en la matière sont précisées au titre VI du TUE. Les transports constituent un secteur économique important, générant en 2016, un PIB de 548 milliards d'euros (UE-28) et représentant neuf millions d'emplois en Europe ; cette politique est récente et s'intègre dans le marché unique de l'UE, elle est au cœur de l'espace Schengen qui prévoit l'ouverture des frontières et forme un espace commun des transports.\n\nLa Commission européenne élabore et encourage « des politiques de transports efficaces, sûres, fiables et durables, afin de créer les conditions favorables à une industrie compétitive et créatrice d'emplois et de richesses ». Cette politique communautaire est définie dans des Livres Blancs et prévoit notamment le déploiement du réseau transeuropéen de transport qui concerne l'ensemble des modes de transport, des infrastructures de transport et des services nécessaires à leur bon fonctionnement. Le réseau couvre l'ensemble de l'UE et s'étend même au-delà de ses frontières, il permet notamment de rapprocher les périphéries du centre de l'Europe et doit à terme, permettre de relier 94 ports majeurs aux réseaux ferroviaires et routiers et 38 aéroports majeurs aux grandes villes par des liaisons ferroviaires. Dans ce cadre, une liste de 30 projets prioritaires a été arrêtée en avril 2004, ils peuvent bénéficier de financements européens à hauteur maximale de 20 %, ce qui va représenter 26 milliards d'euros la période 2014-2020 ; la Commission européenne estime que le projet total coûtera 250 milliards d'euros.\n\n", "title": " Politique des transports et infrastructures " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_européenne
Adolf Hitler - Accession au pouvoir absolu (5)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L’adhésion des Allemands à sa politique (et plus encore à sa personne) fut importante, surtout au début.\n\nL'« autre Allemagne », « une Allemagne contre Hitler », a certes existé, mais ces expressions mêmes soulignent après coup son caractère désespérément minoritaire et isolé. Toute opposition a été vite réduite par l'exil, la prison ou l'internement en camp. Démocrates, socialistes et communistes ont payé par milliers le plus lourd tribut, ainsi que tous ceux qui refusaient la guerre, le salut nazi ou tout signe d'allégeance à l'idolâtrie entourant le Führer. La délation de masse a sévi et plongé le pays dans une atmosphère de crainte, où nul ne peut plus s'ouvrir sans risques à son voisin, des enfants endoctrinés allant jusqu'à dénoncer leurs parents.\n\nRares sont ceux qui au nom de leurs principes humanistes, marxistes, libéraux, chrétiens ou patriotiques, ou tout simplement par humanité et au nom de leur conscience, oseront douter du Führer, le braver en s'abstenant du salut nazi, en transgressant les multiples interdits de la société nazie, ou en venant en aide à des persécutés — a fortiori en entrant en résistance active. Par mépris, le très nationaliste écrivain Ernst Jünger appelait Hitler Kniebolo dans son journal de guerre. Le communiste Bertolt Brecht le mettra en scène sous les traits du gangster Arturo Ui. Le démocrate Thomas Mann le dénoncera à la radio américaine, tout en reconnaissant que « cet homme est une calamité, d'accord, mais ce n'est pas une raison pour ne pas trouver son cas intéressant ». Pour les étudiants chrétiens de la Rose blanche, revenus de leurs illusions initiales, il représentait l'Antéchrist. Mgr Lichtenberg, mort déporté pour avoir prié à Berlin pour les Juifs, dira à la Gestapo : « Je n'ai qu'un seul Führer : Jésus-Christ ».\n\nMalgré son interdiction et la violente répression qui s'abat sur ses membres, le KPD parvient à conserver une organisation clandestine structurée autour de l'« Orchestre rouge », qui diffuse tracts et brochures et infiltre les sommets de l'appareil d'État allemand. Les autres courants marxistes sont également actifs dans la résistance anti-nazie clandestine (c'est le cas du futur chancelier Willy Brandt), en lien avec leurs directions en exil pour les partis les plus importants (SPD, SAP, KPD-O).\n\nLa terreur et la répression menées par la Gestapo limitèrent l'impact de la résistance allemande au nazisme. L’antisémitisme et le racisme du nazisme faisaient écho à des préjugés très répandus, mais sauf pour une faible minorité, ils ne furent pas l’unique motivation du vote en faveur de Hitler ni du soutien à sa dictature — ils n’eurent guère non plus d’effet dissuasif. La large popularité du Führer avant-guerre provient surtout du rétablissement brutal de l'ordre public, de son anticommunisme, de son opposition au « Diktat » de Versailles, des succès diplomatiques et économiques obtenus (notamment l'importante réduction du chômage) et de sa politique de réarmement.\n\nCes succès ne doivent cependant masquer ni les conditions sociales et politiques dans lesquelles les améliorations économiques ont été obtenues, ni les pénibles situations de pénurie alimentaire, l'imposition d'ersatz de pauvre qualité en remplacement des importations condamnées par l'autarcie, et le manque de devises dès 1935. En particulier, le pouvoir d’achat des ouvriers a baissé entre 1933 et 1939. Les femmes ont été renvoyées de force au foyer. L’exode rural s’est accéléré. Les lois nazies encourageant la concentration des entreprises et du commerce ont conduit à 400 000 fermetures de petites entreprises dès avant-guerre. Les catégories sociales qui avaient mis leurs espoirs en Hitler sont donc loin d’avoir toujours été satisfaites.\n\nPar ailleurs, beaucoup d’Allemands reprennent au profit de Hitler la distinction ancestrale entre le bon monarque et ses mauvais serviteurs. Alors que les « bonzes », les privilégiés du Parti-État, sont généralement méprisés et haïs pour leurs abus et leur corruption fréquente, on considère spontanément Hitler comme exempt de ces tares et comme un recours contre eux. Beaucoup d’Allemands croient spontanément que le Führer est laissé dans l’ignorance des « excès » de ses hommes ou de son régime. En quelques années, Hitler s'est de fait identifié à la nation, canalisant au profit de sa personne le sentiment patriotique même de citoyens réservés envers le nazisme. L'aspect de « religion civile » revêtu par le nazisme a séduit aussi nombre d'Allemands, et le culte messianique organisé autour de Hitler a soudé la population autour de lui. Bien des esprits se sont laissés fasciner aussi par l'irrationalisme nazi, avec son culte néo-romantique de la nuit, du sang, de la nature, son goût des uniformes et des défilés, ses rituels et ses cérémonies spectaculaires ressuscitant un univers médiéval ou païen, et par l'appel efficace aux héros mythiques du passé national (Arminius, Barberousse, Frédéric II du Saint-Empire, Frédéric II de Prusse, Andreas Hofer, Otto von Bismarck…), mobilisés rétrospectivement comme précurseurs du Führer providentiel.\n\nPourtant victimes de maintes tracasseries, les Églises en tant qu'institutions ont peu cherché à s'opposer à Hitler. Celui-ci s'est toujours bien gardé de mettre en application les projets d'éradication du christianisme nourris par son bras droit Martin Bormann ou l'idéologue du parti Alfred Rosenberg. Il a joué sur l'anticommunisme, l'antiféminisme et les aspects réactionnaires de son programme pour séduire les électorats religieux. La signature du concordat avec le Vatican, en juin 1933, a été un triomphe personnel, qui a lié les mains à l'épiscopat et renforcé sa stature internationale. Se défendant de « faire de la politique », évêques, curés et pasteurs ne s'opposaient que sur des points matériels ou confessionnels et terminaient leurs sermons en priant « pour la patrie et pour le Führer ». L'encyclique du pape Pie XI, Mit brennender Sorge (1937), distribuée dans le plus grand secret aux paroisses catholiques allemandes pour y être lue le 21 mars 1937, proteste contre les manquements de l'État allemand au concordat de 1933, et dénonce avec une rare virulence les excès idéologiques du régime nazi comme la divinisation de la race et le culte de la personnalité du chef de l'État. Elle exhorte les prêtres et les laïcs à résister à la dissolution des structures catholiques et à la mainmise de l'éducation officielle sur la morale des enfants, sans toutefois condamner le régime politique en place. En somme, l'église catholique, minoritaire parmi les églises chrétiennes allemandes, choisit une attitude de composition avec le régime nazi. Un petit nombre de catholiques choisissent cependant de résister au régime, par exemple en sauvant des Juifs même non mariés à des catholiques.\n\nContrairement à une légende, Hitler n'était avant 1933 ni le candidat ni l'instrument des milieux d'affaires. Mais le grand patronat s'est vite rallié à lui, et a amplement bénéficié de la restauration de l'économie puis du pillage de l'Europe, allant souvent jusqu'à se compromettre dans l'exploitation de la main-d'œuvre concentrationnaire (IG Farben à Auschwitz, Siemens à Ravensbrück). Alors que tous les éléments conservateurs (militaires, aristocrates, hommes d'Église) ont fourni leur tribut à la (faible) résistance allemande, le patronat y est resté remarquablement peu présent. Une des rares exceptions est paradoxalement celle de son très ancien partisan Fritz Thyssen, qui rompt avec Hitler et fuit le Reich en 1939, avant de lui être livré l'an suivant par l'État français et interné.\n\nL'historien Götz Aly insiste quant à lui sur le fait que les bénéfices matériels de l'aryanisation et du pillage de l'Europe, plus que l'idéologie, ont rendu maints Allemands redevables et complices de leur Führer. Les centaines de trains de biens volés aux Juifs assassinés n'ont pas été perdus pour tout le monde, ni les milliers de logements vacants qu'ils étaient contraints d'abandonner.\n\n", "title": " Opinion publique allemande " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler
Jean-Baptiste Colbert - Biographie (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nJean-Baptiste Colbert, né le 29 août 1619 à Reims et mort le 6 septembre 1683 à Paris, est un homme d'État français.\n\nÀ partir de 1665, il est l'un des principaux ministres de Louis XIV, en tant que contrôleur général des finances (1665-1683), secrétaire d'État de la Maison du roi et secrétaire d'État de la Marine (1669-1683).\n\nEntré au service du roi à la mort de son protecteur Mazarin, il incite Louis XIV à disgracier son rival Nicolas Fouquet. Inspirateur et promoteur d'une politique économique interventionniste et mercantiliste, ultérieurement appelée « colbertisme », il favorise le développement du commerce et de l'industrie en France par la création de fabriques et l'institution de monopoles royaux. En tant que ministre de la Marine, il commence à préparer le Code noir, relatif à l'administration de l'esclavage dans les colonies, dont la première version, mise au point par son fils Jean-Baptiste, sera promulguée par Louis XIV en 1685.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le premier Colbert connu, Jehan Colbert (vers 1450-1512), entrepreneur en maçonnerie à Reims, épouse vers 1492 la fille d'un collègue, Marie Thuillier, premier signe de cette endogamie qui caractérise les Colbert, leurs alliés et leurs milieux. De leur union naissent une fille et deux fils : Gérard Colbert (1493-1574), sieur de Magneux et de Crèvecoeur, entrepreneur en maçonnerie, architecte, marchand et notable de Reims, marié vers 1519 avec Jeanne Thierry, ancêtre de Jean-Baptiste Colbert, et Jean (1501-1575), apothicaire, juge-consul de Reims, auteur d'une branche cadette.\n\nAu XVIIe siècle, c'est une famille de riches marchands et banquiers à Reims dont plusieurs branches sont anoblies.\n\nJean-Baptiste Colbert est le fils de Nicolas Colbert (1590-1661), seigneur de Vandières, marchand et banquier à Reims\n\npuis à Paris (établi en 1629), receveur-général et payeur des anciennes rentes de la Ville de Paris assignées sur les Aides puis conseiller d’État, et de Mariane Pussort (fille d’Henri Pussort, conseiller d’État et membre du Conseil royal des Finances).\n\nLa jeunesse de Colbert est mal connue : après des études dans un collège jésuite, il est envoyé en 1634 à Lyon pour faire son apprentissage chez les Mascrany, banquiers associés aux Lumague ; un peu plus tard, il va chez un notaire parisien, le père de Jean Chapelain.\n\n", "title": " Origines familiales et formation " }, { "img": [], "source_text": "Jean-Baptiste Colbert entre au service de son cousin Jean-Baptiste Colbert de Saint-Pouange, premier commis du département de la guerre sous Louis XIII.\n\nEn 1640, alors qu'il est âgé de 21 ans, son père lui achète la charge de commissaire ordinaire des guerres, commis du secrétaire d'État à la Guerre, François Sublet de Noyers, fonction qui oblige Colbert à inspecter les troupes et lui donne une certaine notoriété auprès des officiers, tous issus de la noblesse.\n\nEn 1645, Saint-Pouange le recommande à Michel Le Tellier, père du marquis de Louvois, son beau-frère, alors secrétaire d'État à la Guerre. Celui-ci l'engage comme secrétaire privé, puis le fait nommer conseiller du roi en 1649.\n\n", "title": " Carrière politique - Débuts dans l'administration (1640-1651) " }, { "img": [], "source_text": "En 1651, Le Tellier le présente au cardinal Mazarin qui lui confie la gestion de sa fortune, l'une des plus importantes du royaume. Il gérera ainsi la fortune de Mazarin pendant dix ans (1651-1661). Mais il va \n\naussi se familiariser avec le système des finances royales et découvrir les questions navales.\n\nRéputé cassant et peu disert, il n’est guère aimé de la Cour. Madame de Sévigné le surnomme « Le Nord ».\n\nChargé de veiller à la gestion des Finances de l'État, Colbert rédige en octobre 1659 un mémoire sur de prétendues malversations de Nicolas Fouquet, surintendant des finances, pointant que « moins de 50 % des impôts collectés arrivent jusqu’au roi ».\n\nPeu avant sa mort (9 mars 1661), Mazarin recommande à Louis XIV de prendre Colbert à son service, par la phrase célèbre : « Sire, je dois tout à votre Majesté, mais je m'acquitte de ma dette en lui présentant Colbert ».\n\nPour le jeune roi, Colbert n’est d'ailleurs pas un inconnu. Louis XIV et Colbert partagent le même acharnement au travail, le même souci de l’information, le même goût de la grandeur du royaume. Le roi apprécie le grand commis zélé et fidèle qu’il côtoie depuis son enfance ballottée par la Fronde. Colbert vénère ce jeune souverain, son cadet de dix-neuf ans, dont il se veut l’éducateur respectueux et compétent en matière de marine. Mais, y compris au moment où il cumulera les plus hautes charges du royaume, Colbert n’oubliera jamais qu’il n’est qu’un informateur privilégié et écouté du roi qui conserve seul le pouvoir de décision.\n\n", "title": " Carrière politique - Au service de Mazarin (1651-1661) " }, { "img": [], "source_text": "Colbert devient intendant des finances le 8 mars 1661, après la chute de Nicolas Fouquet, surintendant des finances et ennemi juré de Colbert. Colbert est, avec le jeune roi Louis XIV, un acteur principal dans cette chute. Pour commencer, il mène une campagne efficace de dénigrement visant Fouquet, auprès du roi et du Cardinal Mazarin. Ensuite, il participe à la planification de l'arrêt de Fouquet et il gère, parfois personnellement, les perquisitions :97-112. En plus, il veille soigneusement à la composition du tribunal exceptionnel constitué pour le procès.:156Les plans du roi et de Colbert fonctionnent parfaitement. Le 5 septembre 1661, Fouquet est arrêté à Nantes par le capitaine d'Artagnan. En suite, le procès, très suivi par les français, durera 3 ans. À la fin, les 22 juges rendent un verdict de 'coupable' et condamnent Fouquet à une peine de bannissement hors du royaume et de confiscation de tous ses biens. Cette peine ne plait pas au roi, qui la commue en prison à vie et envoie Fouquet à la forteresse de Pignerol. Entre-temps, le roi supprime la charge de Fouquet, décidant de l'exercer lui-même avec l'aide d'un conseil réuni pour la première fois le 15 septembre 1661 : le Conseil royal des finances, dont Colbert est un des trois membres.\n\nÀ partir de 1663, Colbert joue un rôle important dans la mise au pas des provinces, notamment pour juguler la puissance des nobles et mettre fin à une certaine impunité nobiliaire. Ainsi, le tribunal des Grands jours d'Auvergne siégera de septembre 1665 à janvier 1666. Ce tribunal, qui a pour but de « purger la montagne d'une infinité de désordres », statuera sur 1 360 affaires concernant des officiers corrompus et des nobles auteurs d'exactions. La condamnation de 87 nobles, 26 officiers et quatre ecclésiastiques est annoncée sur la place publique et durant les prônes vantant les mérites du roi protecteur et justicier.\n\n", "title": " Carrière politique - Disgrâce de Fouquet et ascension de Colbert (1661-1665) " }, { "img": [], "source_text": "Le 12 décembre 1665, Colbert reste seul contrôleur général des finances et sera désormais désigné le plus souvent par ce titre ; il devient le chef effectif de l'administration des Finances.\n\nDans son Mémoire sur les travaux de Versailles, adressé à Louis XIV en 1665, il exprime son hostilité à tout projet de quelque ampleur.\n\nMémoire sur les travaux de Versailles, Archives nationales.\n\nLe 16 février 1669, Colbert renforce son pouvoir en devenant secrétaire d'État de la Maison du Roi et secrétaire d'État de la Marine. Ces diverses charges lui permettent d'exercer une grande influence dans plusieurs secteurs d'intervention de l'État : finances, industrie, commerce, marine, police, justice, administration, travaux publics, postes, agriculture, aménagement du territoire, culture. Colbert contrôle donc près des deux tiers de l'activité et des finances du royaume.\n\nSeules lui échappent les affaires étrangères et la guerre, confiées à Hugues de Lionne et à Michel Le Tellier, puis à son fils François Michel Le Tellier de Louvois (« Louvois »).\n\nTout en gérant les affaires de l'État et en enrichissant la France, Colbert amasse une fortune personnelle importante (environ 4,5 millions de livres), mais moins élevée que celle de Mazarin.\n\n", "title": " Carrière politique - Éminence grise du royaume (1665-1683) " }, { "img": [], "source_text": "Ayant refusé de recevoir Louis XIV sur son lit de mort, officiellement parce que son état ne le lui permettait pas, il disait, selon ses proches : « J'ai tout donné de moi au roi ; qu'il me laisse au moins ma mort » et : « si j'avais fait pour Dieu tout ce que j'ai fait pour cet homme, je serais sauvé dix fois ! ».\n\nAprès plus d'une semaine de souffrances atroces, Colbert meurt dans la journée du 6 septembre 1683 d'une crise de coliques néphrétiques. Le lendemain, l’enterrement a lieu la nuit à Paris dans l'église Saint-Eustache, sa paroisse. L’assistance est nombreuse, mais les obsèques se déroulent sous protection des archers. Certains de ses contemporains diront que ces obsèques hâtives ont eu lieu pendant la nuit afin de déjouer la menace des populations parisiennes hostiles.\n\nSon tombeau, chef-d'œuvre est dessiné à la demande de sa veuve par Charles Le Brun et exécuté par les sculpteurs Jean-Baptiste Tuby et Antoine Coysevox. Actuellement il y reste ses jambes, tandis que le reste de sa dépouille a été transféré dans les catacombes de Paris en 1787.\n\n", "title": " Carrière politique - Décès et inhumation " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Colbert
Réfugié écologique - Les causes (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLes réfugiés climatiques ou écologiques ou écoréfugiés sont une catégorie de réfugiés environnementaux.\n\nCe sont des personnes ou groupes qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d'une rupture environnementale (d'origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie. Ce sont souvent des agriculteurs, mais aussi parfois des chasseurs-cueilleurs, des pêcheurs ou des éleveurs.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les causes principales et « classiques » du phénomène sont notamment la désertification, la déforestation, la salinisation, l'érosion, l'aridification, une catastrophe naturelle, ou divers problèmes de toxicité du sol, de l'air ou de l'eau (par salinisation notamment) qui conduisent à la disparition de ressources vitales (eau, aliments) et d'épidémies et/ou de famines.\n\nDes causes plus récentes et qui selon l'ONU et le GIEC (son Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) devraient s'aggraver sont les conséquences directes et indirectes des modifications climatiques, avec en particulier :\n\nle réchauffement de la planète, qui rend certaines zones incultivables et invivables ;\n\nune montée de l'océan, qui devrait se prolonger durant de décennies et les siècles à venir. Or, sur les 21 villes qui, en 2015, comptent plus de 10 millions d'habitants, 16 sont littorales. A titre d'exemple la submersion d’archipels menace des millions de gens, parfois dans des régions très isolées comme les îles Tuvalu où 11 600 personnes, actuellement menacées par l'élévation du niveau marin, ou encore des populations inuit et amérindiennes d'Alaska (213 communautés menacées par le recul des glaces et par le recul du trait de côte induit par la fonte du pergélisol et par la montée chaque année croissante du plus haut niveau des marées).\n\nl'érosion et/ou la désertification et/ou salinisation des sols. L'érosion est constatée dans de nombreux pays d'Europe dont en France, et elle menace particulièrement les marges de l'Europe, dont la Turquie concernée par 160 000 km2 de sols cultivables dégradés par l'érosion et le manque d'eau. En Égypte, environ 50 % des terres arables irriguées sont déjà touchées par la salinisation. L'avancée de déserts (ex : le désert de Gobi en Chine s'agrandit de 10 000 km2 par an)\n\ndes catastrophes naturelles telles que cyclones, typhons, ouragans, ondes de tempête, tsunamis, accidents industriels majeurs, etc.). Les inondations majeures et récurrentes, comme au Bangladesh ou dans le delta du Nil rendent difficile la survie dans certains territoires. Les ruptures de digues seront probablement de plus en plus fréquentes ;\n\nl'assèchement de lacs ou même de mers intérieurs (ex : mer d'Aral).\n\nla surexploitation des ressources halieutiques (surpêche, exacerbée par la pêche illégale et la pêche industrielle) et aggravée par l'acidification des océans, et le développement de zones marines mortes\n\nla déforestation, les maladies d'arbres et les incendies de forêt récurrents : en zone tropicale le rapide recul des forêts induit par la déforestation et localement par des incendies de forêt (naturels ou allumés par l'homme avant qu'il en ait perdu la maîtrise), est une source supplémentaire d'exode vers les villes, et de réfugiés parmi les populations autochtones, dont une partie sont déjà issues de groupes qui s'y étaient réfugié (descendant d'anciens esclaves par exemple en Amazonie).\n\ncauses géopolitiques : L'humanité de plus en plus nombreuse a beoins de mines, de carrière, d'eau, de sols cultivables, de barrages ; elle développe ses villes et étend la périurbanisation, crée des cultures d'agrocarburants ou de biomasse-énergie (dont à méthaniser), telles que canne à sucre, betterave, colza, huile de palme... Ces activités nécessitent beaucoup d'espace et se font souvent au détriment de peuples autochtones ou résidents, de milieux naturels et/ou de terres arables qui produisaient des cultures alimentaires ou supportaient des élevages. Les personnes chassées de leurs terre, par des moyens légaux ou non, viennent gonfler le flux de réfugiés. Le réchauffement est aussi cause de guerres civiles, militaires ou religieuses, qui se font toujours au détriment des populations civiles, souvent chassées de chez elles.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Réfugié_écologique
États-Unis - Histoire (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLes États-Unis (prononcé : [etazyni]), en forme longue les États-Unis d'Amérique, également appelés informellement les USA ou moins exactement l'Amérique (en anglais : United States, United States of America, US, USA, America), sont un État transcontinental dont la majorité du territoire se situe en Amérique du Nord. Les États-Unis ont la structure politique d'une république et d'un État fédéral à régime présidentiel, composé de cinquante États. La capitale fédérale, Washington, est située dans le district de Columbia, une zone enclavée dans l'Union, mais hors des cinquante États. La monnaie est le dollar américain. Il n'y a pas de langue officielle aux États-Unis, bien que la langue nationale soit de facto l'anglais américain.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'histoire américaine au XIXe siècle est marquée par quatre questions majeures : la conquête de l'Ouest, l'esclavage dans le Sud, l'industrialisation et l'immigration.\n\nLe territoire américain s'agrandit progressivement vers l'ouest par des achats (Louisiane à la France en 1803, Alaska à la Russie en 1867) et des conflits. Poussés par la doctrine de la « Destinée manifeste » et par le « Mythe de la Frontière », les Américains font la guerre aux Amérindiens et s'étendent vers l'Ouest. La guerre contre le Mexique (1846-1848) et le traité de Guadeloupe Hidalgo entraînent l'annexion du Texas puis de la Californie. Le traité de l'Oregon (1846) définit le tracé de la frontière entre le Canada et les États-Unis à l'ouest des montagnes Rocheuses. La ruée vers l'or à partir du milieu du XIXe siècle accélère la colonisation blanche de l'Ouest. En 1859, la découverte des plus importants filons d'argent de l'histoire provoque l'afflux d'aventuriers dans le Nevada, sur le Comstock Lode.\n\nEnfin, la construction du premier chemin de fer transcontinental (1869) facilite l'intégration des nouveaux territoires. La conquête de l'Ouest s'achève avec le massacre de Wounded Knee (1890), l'annexion d'Hawaï (1898) et l'entrée de l'Arizona dans l'Union (1912).\n\nAlors que la traite des Noirs est supprimée au niveau fédéral en 1808 et que les États du Nord ont aboli l'esclavage entre 1777 et 1804, les planteurs du Sud continuaient de défendre cette institution. Ont lieu entre 1801 et 1815 les Guerres barbaresques afin de protéger les navires américains des pirates barbaresques qui les capturent et mettent en esclavage les marins, ce sont les premières guerres extérieures des États-Unis. En 1860, Abraham Lincoln, candidat du parti antiesclavagiste, remporte l'élection présidentielle : sept États esclavagistes font alors sécession et forment les États confédérés d'Amérique. La bataille de Fort Sumter (avril 1861) marque le début de la guerre de Sécession qui fit 970 000 victimes (3 % de la population américaine), dont 620 000 soldats. La guerre se termina en 1865, à l'avantage des États du Nord, protectionnistes et égalitaires face à ceux du Sud, libre-échangistes et esclavagistes. Après cette victoire, trois nouveaux amendements à la constitution sont votés pour abolir l'esclavage, libérer les quatre millions d'esclaves, leur donner la citoyenneté et le droit de vote. Mais les lois Jim Crow introduisent la ségrégation raciale dans le Sud, jusque dans les années 1950-1960. La guerre de Sécession a également pour conséquence de renforcer le pouvoir fédéral.\n\nL'industrialisation débute à partir des années 1850. Elle entraîne des bouleversements démographiques, économiques et sociaux. Les villes américaines se multiplient et grandissent rapidement. L'immigration s'accélère et se diversifie. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la deuxième révolution industrielle voit l'apparition de la société de consommation et de l'automobile. Les premiers gratte-ciel sont construits dans les centres-villes de Chicago et New York. La presse écrite pénètre dans de nombreux foyers grâce aux gros tirages permis par l'invention de la rotative.\n\nLe pays remporte la guerre hispano-américaine en 1898 : Porto Rico et les Philippines passent sous contrôle de Washington, et Cuba devient un protectorat des États-Unis.\n\n", "title": " Conquête de l'Ouest, industrialisation et fin de l'esclavage (1800-1917) " }, { "img": [], "source_text": "C'est véritablement la Première Guerre mondiale qui consacre la puissance américaine ; au XXe siècle, les États-Unis deviennent la première puissance économique, culturelle, politique et militaire du monde. D'abord neutre au début de la Première Guerre mondiale, le pays s'engage dans la Triple-Entente sous la présidence de Woodrow Wilson et entre en guerre le 6 avril 1917. Le pays dès lors renverse le rapport de force dans le conflit. Le Congrès des États-Unis refuse de ratifier le traité de Versailles (1919) et d'intégrer la Société des Nations, fidèle au principe de l'isolationnisme. L'entre-deux-guerres est d'abord une période de prospérité matérielle et d'effervescence culturelle appelée les « Roaring Twenties ». Les femmes puis les Amérindiens obtiennent le droit de vote. C'est également le temps de la Prohibition et de la mise en place de grands travaux publics par divers présidents (le barrage Hoover et le pont du Golden Gate dans les années 1930 notamment).\n\nLa Grande Dépression de 1929 qui suit le krach de Wall Street a en effet, provoqué une montée du chômage. Le Dust Bowl affecte le sud du pays et accroît la misère des paysans. Franklin Delano Roosevelt est élu en 1932 et propose un New Deal (« Nouvelle Donne ») pour combattre la crise, en posant les bases de l'État-providence, au contraire de ses prédécesseurs Calvin Coolidge et Herbert Hoover qui menaient une politique de laissez-faire. Le chômage ne se résorbe totalement que pendant la Seconde Guerre mondiale. L'attaque japonaise contre Pearl Harbor le 7 décembre 1941 provoque l'entrée en guerre des États-Unis dans le camp des Alliés contre l'Axe, mettant fin de facto aux lois des années 1930 sur la neutralité. L'armée américaine joue un grand rôle dans la libération de l'Europe occidentale et durant la guerre du Pacifique. En août 1945, le président Harry S. Truman décide d'envoyer deux bombes atomiques sur l'empire du Japon pour le faire capituler. Les États-Unis deviennent une superpuissance aux côtés de l'URSS. La charte des Nations unies signée en juin 1945 à San Francisco, pose les bases de l'ONU, dont l'Assemblée générale siège à New York.\n\nDans les années qui suivent le conflit, les États-Unis se posent en meneurs du camp capitaliste face à l'Union soviétique : la guerre froide oppose alors deux modèles politiques et économiques. Afin d'endiguer le communisme, les Américains interviennent en Europe par le biais du plan Marshall — finançant la reconstruction après la guerre, mais aussi par leur présence militaire dans la capitale allemande lors du blocus de Berlin — et la création de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord et en Asie (guerre de Corée et du Viêtnam). Dans le même esprit, en 1949, Truman affirme sa volonté d'aider les pays sous-développés à accroître leur niveau de vie par l'industrialisation, grâce à l'apport de connaissance technique des États-Unis. Depuis 1948 en outre, les États-Unis protègent diplomatiquement et fournissent en armes l'État d'Israël qu'ils ont soutenu à sa création comme un refuge pour les Juifs après le génocide qu'ils ont subi. Les États-Unis se lancent également dans la course à l'armement et à l'espace (création de la NASA en 1958, premiers pas sur la lune en 1969). En 1962, la crise des missiles de Cuba manque d'être l'élément déclencheur d'une Troisième Guerre mondiale et entraîne un embargo total des États-Unis sur Cuba décidé par John Fitzgerald Kennedy, toujours en vigueur, même si assoupli depuis.\n\nL'histoire intérieure du pays est marquée par le mouvement afro-américain des droits civiques dans les années 1950 et 1960, mené par des Afro-Américains tels que Martin Luther King et Malcolm X et le scandale du Watergate touchant le président Richard Nixon en 1974, qui le contraint à la démission. La nouvelle politique de Ronald Reagan (dite des Reaganomics), élu en 1980, est un succès autant dans le pays qu'à l'étranger, où il favorise les relations, notamment avec l'URSS, et diminue les armements. Les États-Unis sont généralement perçus comme les vainqueurs de la guerre froide après l'effondrement du bloc communiste.\n\n", "title": " Élévation du pays au rang d'hyperpuissance à travers les guerres (1917-1991) " } ]
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Napoléon III - Empereur des Français (1852-1870) (14)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nCharles Louis Napoléon Bonaparte, dit Louis-Napoléon Bonaparte, né le 20 avril 1808 à Paris et mort le 9 janvier 1873 à Chislehurst (Royaume-Uni), est un monarque et un homme d'État français. Il est à la fois l'unique président de la Deuxième République, le premier chef d'État français élu au suffrage universel masculin, le 10 décembre 1848, le premier président de la République française, et, après la proclamation de l'Empire le 2 décembre 1852, le dernier monarque du pays sous le nom de Napoléon III, empereur des Français.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Au début des années 1860, l'attachement de Napoléon III au principe des nationalités l'incite à ne pas s'opposer à l'éventualité d'une unification allemande, remettant ainsi en cause une politique menée depuis Richelieu et le traité de Westphalie (1648). Pour lui, « la Prusse incarne la nationalité allemande, la réforme religieuse, le progrès du commerce, le constitutionnalisme libéral ». Il la considère comme « la plus grande des véritables monarchies allemandes » notamment parce qu'elle accorde « plus de liberté de conscience, est plus éclairée, accorde plus de droits politiques que la plupart des autres États allemands ». Cette conviction basée sur le principe des nationalités le conduit non seulement à apporter son soutien à la révolte polonaise contre le tsar en 1863 ce qui provoque la rupture de l'alliance franco-russe mais aussi à adopter une neutralité bienveillante lors de l'affrontement décisif entre la Prusse et l'Autriche. L'Empereur espère en fait tirer avantage de la situation quel que soit le vainqueur en dépit des avertissements de Thiers devant le Corps législatif.\n\nÀ la suite de la bataille de Sadowa, l'Autriche est refoulée vers les Balkans : l'Italie obtient la Vénétie comme le souhaitait Napoléon III alors que la Prusse obtient le Holstein, le Hanovre, la Hesse-Cassel, le duché de Nassau et Francfort-sur-le-Main pour former la confédération de l'Allemagne du Nord.\n\nNapoléon III entend aussi récolter les fruits de son attitude conciliante vis-à-vis de la Prusse. Lors de l'entrevue de Biarritz (1865), le chancelier Otto von Bismarck lui avait affirmé qu'aucune cession de territoire allemand à la France n'était envisageable, mais qu'il admettait toutefois qu'en cas d'intercession de la France dans la résolution du conflit avec l'Autriche, des concessions territoriales puissent être possibles. Ainsi, la Prusse resterait neutre en cas d'occupation par la France de la Belgique et du Luxembourg (politique dite des « pourboires »). Dans le même temps, Bismarck passe secrètement avec les États d’Allemagne méridionale un traité de protection mutuelle pour se prémunir d’une agression éventuelle de la France. L'annexion par la France du grand-duché du Luxembourg paraît d'autant plus accessible que Guillaume III, le roi des Pays-Bas, souverain en titre du Luxembourg, se déclare ouvert à une compensation financière. Ainsi, le 23 mars 1867, il accepte l'offre française de lui verser 5 millions de florins en échange du grand-duché. Les accords secrets de 1866 entre la Prusse et les États d'Allemagne méridionale ayant été officialisés, Guillaume III subordonne la vente du Luxembourg à l'accord de la Prusse. Celle-ci, via Bismarck, fait alors connaître publiquement l'offre française à toute l'Europe, divulguant ainsi la teneur de ces pourparlers secrets, déchaînant une réaction explosive de l'opinion publique dans les États allemands et provoquant la crise luxembourgeoise.\n\nL'opinion publique allemande est d'autant plus scandalisée que la dynastie des Luxembourg a donné quatre empereurs au Saint-Empire romain germanique. Il lui est inimaginable de laisser le grand-duché à la France. Dans ces circonstances, Otto von Bismarck considère qu'il ne peut plus honorer les promesses faites secrètement à la France et enjoint à Guillaume III de revenir sur la vente du Luxembourg. En France, l'opinion publique se mobilise elle aussi, entraînant la mobilisation des troupes, tandis que des députés allemands poussent Bismarck à décréter la mobilisation générale de la Confédération de l'Allemagne du Nord. Au Luxembourg même, des activistes pro-français provoquent la garnison prussienne alors que d'autres manifestants demandent au roi des Pays-Bas le retour au statu quo. Napoléon III est conscient que son armée n'est pas prête à entrer en guerre contre son puissant voisin et est préoccupé par l'état de santé de son fils tombé gravement malade. À l'initiative de la Grande-Bretagne, une conférence est organisée à Londres. La crise est résolue par le deuxième traité de Londres selon lequel la France renonce à ses prétentions sur le Luxembourg, en laisse la souveraineté au roi de Hollande, tandis que la Prusse démobilise sa garnison et démantèle ses fortifications autant que le Roi de Hollande le jugera utile. Il est entendu que le Luxembourg doit rester neutre au cours des futurs conflits.\n\nLe déroulement de la crise luxembourgeoise montre le poids des opinions publiques et la prégnance croissante du nationalisme. L'antagonisme entre la France et la Prusse en sort d'autant plus attisé que Napoléon III réalise désormais à quel point il a été joué par Bismarck depuis 1864, n'ayant obtenu aucune des compensations secrètement convenues avec le Prussien. En conséquence de l'expédition militaire au Mexique, du soutien à la révolte polonaise contre le Tsar et de la crise luxembourgeoise, la France se retrouve isolée en Europe, y compris de l'Angleterre, désormais méfiante envers les ambitions territoriales de son voisin, .\n\n", "title": " Politique étrangère sous le Second Empire - Crise luxembourgeoise " }, { "img": [], "source_text": "Les tensions avec la Prusse sont avivées quand le prince Léopold de Hohenzollern se porte candidat le 21 juin 1870 à la succession d'Espagne, vacante depuis deux ans, ce qui provoque des inquiétudes dans plusieurs chancelleries européennes : un Hohenzollern sur le trône espagnol placerait la France dans une situation d'encerclement proche de celle de l'époque de Charles Quint.\n\nLe prince retire sa candidature le 12 juillet 1870, mais le gouvernement de Napoléon III subit la pression des belliqueux : une partie de la presse de Paris et de la Cour, ainsi que des opposants de droite ou de gauche. Il exige un engagement écrit de renonciation définitive et une garantie de bonne conduite de la part de Guillaume Ier. Le Roi de Prusse confirme la renonciation de son cousin sans se soumettre à l'exigence française.\n\nCependant, pour Bismarck, une guerre contre la France est le meilleur moyen de parachever l'unification allemande. La version dédaigneuse qu'il fait transcrire dans la dépêche d'Ems de la réponse polie qu'avait faite Guillaume de Prusse confine au soufflet diplomatique pour la France, d'autant plus qu'elle est diffusée à toutes les chancelleries européennes. Tandis que la passion anti-française embrase l'Allemagne, la foule parisienne, excitée par une partie de la presse, réclame la guerre. Bien que tous deux personnellement favorables à la paix et à l'organisation d'un congrès pour régler le différend, Ollivier et Napoléon III, qui ont finalement obtenu de leur ambassadeur la version exacte de ce qui s'était passé à Ems, se laissent dépasser par les partisans de la guerre, dont l'Impératrice Eugénie, mais aussi de ceux qui veulent une revanche sur l'Empire libéral. Les deux hommes finissent par se laisser entraîner contre leur conviction profonde.\n\nMême s'il se dit de nature pacifique, Napoléon III est affaibli par ses échecs internationaux antérieurs et a besoin d'un succès de prestige avant de laisser le trône à son fils. Il n'ose pas contrarier l'opinion majoritairement belliciste, exprimée au sein du gouvernement et au parlement, y compris chez les républicains, décidés à en découdre avec la Prusse, alors que quelques semaines plus tôt il avait hésité à s'opposer à la décision d'Ollivier de réduire le contingent militaire, et ce malgré les avertissements lucides de Thiers.\n\n", "title": " Guerre franco-allemande de 1870 - Tensions avec la Prusse " }, { "img": [], "source_text": "La guerre est déclarée le 19 juillet 1870. L'armée prussienne a d'ores et déjà l'avantage en hommes (plus du double par rapport à l'armée française), en matériels (le canon Krupp) et même en stratégie, celle-ci ayant été élaborée dès 1866.\n\n", "title": " Guerre franco-allemande de 1870 - Début du conflit " } ]
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Monarchie de Juillet - Une évolution contrariée vers le parlementarisme (5)
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[ { "img": [], "source_text": "", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le régime semble désormais stabilisé, la prospérité économique est revenue. Aussi le roi et Molé jugent-ils, contre l'opinion du duc d'Orléans, le moment propice pour prononcer la dissolution de la Chambre des députés, décidée le 3 octobre 1837. Pour peser sur les élections, Louis-Philippe décide l'expédition de Constantine en Algérie, qui aboutit à la prise de la ville par le général Valée et le duc de Nemours le 13 octobre.\n\nLes élections, qui ont lieu le 4 novembre 1837, ne répondent pas aux espoirs de Louis-Philippe. Sur 459 députés, les ministériels ne sont que 220 environ, majorité relative, étroite, incertaine. Les extrêmes comptent une vingtaine de députés à droite (légitimistes) et une trentaine à gauche (républicains). Le centre-droit (doctrinaires) aligne une trentaine de députés, le centre-gauche une soixantaine et l'opposition dynastique 65. Le Tiers-Parti n'a plus qu'une quinzaine de députés, tandis qu'une trentaine d'indécis sont inclassables dans les catégories précédentes.\n\nLe risque est considérable, dans une chambre ainsi composée, qu'une coalition hétéroclite se forme pour renverser le gouvernement, sans pour autant que puisse émerger une majorité cohérente : c'est exactement ce qui va se produire.\n\nDès janvier 1838, à l'occasion du débat sur l'adresse, le gouvernement est vivement pris à partie, notamment par Charles Gauguier à propos des députés fonctionnaires : le 9 janvier, celui-ci accuse le ministère de manipuler les élections pour faire élire des fonctionnaires à sa dévotion. Le nombre de députés fonctionnaires est passé de 178 sous la précédente législature à 191. Adolphe Thiers et ses amis reprennent leurs attaques au sujet des affaires d'Espagne. Malgré tout, grâce aux voix des doctrinaires, le gouvernement obtient, le 13 janvier, le vote d'une adresse favorable par 216 voix contre 116.\n\nThiers a perdu la première manche, mais il est apparu clairement que le gouvernement est l'otage des doctrinaires, au moment même où Guizot ne cesse de s'éloigner de Molé. Dès lors, tous les efforts de Thiers vont tendre à détacher les doctrinaires de la majorité ministérielle : dès le 17 janvier, à un bal aux Tuileries, Thiers et Guizot ont une longue conversation en ce sens, qui est écoutée par des oreilles indiscrètes et rapportée au roi et à Molé. Le 12 mars, lors du débat sur les fonds secrets, Guizot ne le dissimule pas : « N'est-il pas évident, interroge-t-il, qu'il y a peu d'union intime, peu d'action réciproque entre le gouvernement et les chambres ? ». Le duc de Broglie adopte la même attitude à la Chambre des pairs : il critique sévèrement le ministère tout en déclarant qu'il votera les fonds secrets. Pourtant, le gouvernement obtient le vote de la confiance le 15 mars par 249 voix contre 133. La Chambre des députés manifeste son indépendance, le 10 mai, en rejetant le plan de développement du réseau de chemin de fer proposé par le gouvernement (196 voix contre 69) ; le 4 mai, elle adopte le projet de conversion des rentes (251 voix contre 145), que le gouvernement doit faire repousser par la Chambre des pairs, il parvient à tenir jusqu'à la fin de la session parlementaire après avoir obtenu, le 20 juin, le vote du budget de 1839 par 248 voix contre 37.\n\nPendant toute l'année 1838, l'opposition fourbit ses armes et une coalition se forme pour renverser le ministère. La session parlementaire s'ouvre le 17 décembre. Deux jours plus tard, Dupin aîné, proche des Tuileries, n'est réélu que de justesse par 183 voix contre 178 à Hippolyte Passy, candidat de centre gauche, adversaire véhément du « ministère du château ». Pour les quatre vice-présidents, après Jean-Louis Calmon (ministériel), Hippolyte Passy et Tanneguy Duchâtel (coalition), Laurent Cunin-Gridaine (ministériel), n'est réélu que de justesse devant Odilon Barrot (coalition). Au sein de la commission chargée de rédiger le projet d'adresse, les députés de la coalition sont majoritaires (6 députés dont Guizot, Thiers, Duvergier de Hauranne, Passy) contre 3 députés ministériels. Mais, le 19 janvier, le ministère parvient à faire adopter, par 221 boules blanches contre 208 boules noires, un texte qui, après plusieurs amendements au projet initial, lui est plutôt favorable.\n\n", "title": " Les deux ministères Molé (septembre 1836 - mars 1839) - Les élections anticipées du 4 novembre 1837 et la coalition " }, { "img": [], "source_text": "Si la coalition est donc vaincue, Molé estime ne pas pouvoir continuer à gouverner avec une majorité aussi étroite et aussi incertaine et il remet sa démission au roi le 22 janvier 1839. Le roi commence par la refuser puis approche en vain le maréchal Soult pour prendre la tête du ministère : le 24 janvier, Soult répond au roi avec la plus grande réticence mais remet sa décision et accepte de réfléchir pendant que le roi va à Dreux enterrer sa fille, la duchesse de Wurtemberg, morte de la tuberculose. Quand le roi revient, le maréchal décline en prétextant une « fluxion dentaire », puis se laisse arracher une acceptation, mais à la condition de nouvelles élections victorieuses. Le roi décide alors, le 2 février 1839, de dissoudre la Chambre des députés et convoque les électeurs pour le 2 mars et les Chambres pour le 26.\n\nLa campagne électorale se déroule dans une atmosphère enfiévrée. L'opposition de gauche crie au coup de force constitutionnel, rapprochant les dissolutions de 1837 et 1839 des deux dissolutions consécutives de Charles X en 1830. Thiers compare Molé et Polignac et déplore de voir « se renouveler, après huit années seulement, des fautes si graves, si cruellement punies ». Guizot reproche aux ministres d'isoler le roi de la Nation.\n\nLe 2 mars, les élections déçoivent les espoirs de Louis-Philippe. Les 221 députés qui avaient soutenu le ministère ne sont plus que 199 tandis que la coalition rassemble 240 membres. Lors du conseil du 8, Molé présente sa démission que le roi est contraint d'accepter.\n\n", "title": " Les deux ministères Molé (septembre 1836 - mars 1839) - Les élections anticipées du 2 mars 1839 " }, { "img": [], "source_text": "La coalition qui s'est opposée au gouvernement Molé est hétéroclite et a les plus grandes peines à faire émerger en son sein une majorité stable. Les années 1839-1840 sont largement marquées par des jeux parlementaires compliqués, qui entraînent un retour de l'instabilité ministérielle, jugulée pendant les deux années et demi où le roi avait maintenu Molé en place.\n\n", "title": " Les poisons du parlementarisme et le retour de l'instabilité ministérielle " } ]
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Guerre franco-allemande de 1870 - Déroulement du conflit (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'armée du Nord fut dirigée par le général Bourbaki puis par le général Farre qui fut remplacé par le général Faidherbe, le 3 décembre 1870. Après la bataille d'Amiens, suivie de la bataille de l'Hallue, du siège de Péronne et de la bataille de Bapaume, en janvier 1871, le général Faidherbe livra une dernière bataille à Saint-Quentin qui se solda par un échec puis battit en retraite à l'abri des places fortes de Cambrai et Lille, sans être vraiment inquiété par le général von Goeben. Paris ne put être secouru, cependant l'action de Faidherbe permit aux départements du Nord et du Pas-de-Calais de ne pas être envahis.\n\nDu côté du département de la Seine inférieure, en Normandie, les villes du Havre et de Rouen se préparent à leur façon à l'avancée prussienne. D'un coté nous avons le Havre, plutôt très réactive, envoyant une délégation à Paris pour demander de l'aide. De l'autre côté nous avons la ville de Rouen, jugée plutôt passive dans la prise de décision concernant sa défense. Une vraie opposition se crée entre les deux villes dans la gestion de la guerre. Mais rapidement, la reddition de Bazaine à Metz le 27 octobre renforce la présence allemande et les défaites de l'armée du Nord. L'armée prussienne, dirigée par le général Manteuffel, descend vers Rouen . Cette série d'évènements finit par réveiller l'autorité rouennaise, qui n'hésite pas à faire appel à l'amiral Mouchez en charge des défenses du Havre. Mais alors qu'a lieu une série de défaites au nord du chef-lieu et que se développe la rumeur d'une percée du lors du siège de Paris vers décembre, les travaux de défense sont inachevés et l'armée mal préparée.\n\nDevant cette situation, le général Briand ne croit pas à la défense de la ville mais refuse de la livrer sans combattre. Rapidement, le général se heurte au conseil municipal, si bien que le 5 décembre 1870, voyant que la mobilisation n'était pas suffisante, il décide de se replier vers le Havre. Ainsi, les Prussiens occupèrent Rouen sans combat.\n\nÀ la suite de l'occupation de Rouen, c'est la consternation qui domine au Havre. Avec la prise de cette ville, de nouvelles tensions vont éclater entre la ville normande et le gouvernement de Tours concernant sa propre défense. Pour autant, le Havre va être d'une résistance assez efficace dans le département.\n\n", "title": " La délégation gouvernementale de Tours - Dans le Nord " }, { "img": [], "source_text": "À l’est, Bourbaki, après une victoire à Villersexel, échoua dans sa tentative de libérer Belfort assiégée : son offensive fut stoppée à Héricourt et Montbéliard. Il fut remplacé le 26 janvier, à la suite d'une tentative de suicide, par le commandant du 20e corps, le général Clinchant, qui, encerclé par les Allemands, n’eut d’autres ressources que de négocier avec le général suisse Hans Herzog l'entrée des soldats français désarmés en Suisse, le 1er février 1871, ce qui provoqua la disparition de l’armée de l’Est.\n\nNéanmoins, de durs combats eurent lieu au défilé de la Cluse (au sud de Pontarlier) où des troupes françaises se firent massacrer courageusement pour sauver le gros de l’armée. D’autres généraux dont Camille Crémer et Pallu de la Barrière ainsi que l'amiral Penhoat réussirent à passer le massif du Jura enneigé avec plusieurs milliers d’hommes et à rejoindre Lyon par Gex. Les forts de Joux et du Larmont ne se rendirent que le 10 février après avoir occasionné de lourdes pertes aux Allemands.\n\n", "title": " La délégation gouvernementale de Tours - Dans l'Est " }, { "img": [], "source_text": "L'organisation de la Défense nationale connut des ratés. Gambetta, en tant que ministre de la Guerre, décida de créer onze camps régionaux (Les Alpines, Bordeaux, Cherbourg, Clermont-Ferrand, Conlie, Montpellier, Nevers, La Rochelle, Saint-Ouen, Sathonay et Toulouse) où les nouvelles recrues reçurent une formation avant de combattre. Le général de Kératry avait constitué une armée de Bretagne forte de 60 000 volontaires bretons qui furent rassemblés au camp de Conlie à 24 km du Mans. En raison de leur nombre, les hommes étaient répartis au hasard des routes voisines du camp. Ils attendirent en vain des carabines américaines qui étaient bloquées, faute d'en avoir payé les droits de douane, à Brest.\n\nGambetta, craignant une renaissance de la chouannerie royaliste, regarda avec méfiance cette armée. Son hébergement, son ravitaillement et son équipement furent négligés. Elle fut décimée par la dysenterie. Une partie de ces volontaires bretons fut incorporée à la IIe armée de la Loire et participa à la bataille du Mans, dernière défaite avant l'armistice.\n\nLe 8 décembre 1870, la Délégation du Gouvernement de la Défense nationale de Tours fut transférée à Bordeaux.\n\n", "title": " La délégation gouvernementale de Tours - Les ratés de la Défense nationale : le camp de Conlie " }, { "img": [], "source_text": "À la déclaration de guerre, un blocus de l'Allemagne par ses côtes maritimes fut décidé à Paris. La flotte prussienne ne pouvait s'y opposer, mais la marine française n'était pas opérationnelle (manque de charbon, de réservistes qui devaient servir sur les 470 navires français difficiles à mobiliser). Le blocus de Wilhelmshaven s’avéra ainsi inefficace. À partir de septembre 1870, la mer devenant trop impraticable, la flotte française regagna les ports de la Manche et n'en sortit plus.\n\nUn débarquement sur la côte de la Baltique fut envisagé, cette diversion avait pour but de soulager la pression sur l'Alsace et la Lorraine, mais aussi, d'amener le Danemark à déclarer la guerre à la Prusse. Mais l'idée s’avéra impossible à mettre en œuvre ; les défenses côtières allemandes (canons Krupp à longue portée), et la géographie de la mer des Wadden n'avaient pas été correctement évaluées.\n\nLes troupes de Marine furent redéployées au camp de Châlons et participèrent à la bataille de Sedan. Une grande partie de l'armée étant prisonnière à Metz, la Marine fournit les officiers et sous-officiers qui encadrèrent les Gardes mobiles et les forts de Paris.\n\nLes seuls combats navals se résumèrent au combat entre le Bouvet et le Meteor devant La Havane en novembre 1870, au blocus du Herta par le Dupleix en rade de Nagasaki, au forçage du blocus de Wilhelmshaven par la corvette Augusta, à la capture de trois navires marchands au large de Brest, de Rochefort et à l'embouchure de la Gironde, et à une poursuite menée par la frégate L'Héroïne qui s'achèvera par le refuge d'un navire allemand dans le port espagnol de Vigo.\n\n", "title": " L'impossible guerre navale " }, { "img": [], "source_text": "Ce qui restait des armées françaises tenta de résister et parvint à faire reculer l'ennemi, notamment sur la Loire et dans le Nord, mais, très affaiblies, elles durent battre en retraite sur tous les fronts en janvier 1871. L'armée de la Loire, commandée par Chanzy, fut vaincue au Mans, l'armée de l'Est, commandée par Bourbaki, fut stoppée à la bataille d'Héricourt et ne put rejoindre Belfort, l'armée du Nord, commandée par Faidherbe, fut vaincue à Saint-Quentin et les Parisiens le furent à Buzenval. Seules Belfort et Bitche, assiégées, tenaient bon.\n\n", "title": " Une victoire sans appel de l'Allemagne " }, { "img": [], "source_text": "Le 20 janvier 1871, le gouvernement de la Défense nationale se résolut à demander l'armistice, dont il avait une première fois repoussé les conditions en septembre lors de l'entrevue de Ferrières.\n\nLe manque de vivres, le bombardement quotidien et la succession des échecs militaires provoquèrent une agitation croissante de la population parisienne qui fit craindre au gouvernement provisoire une prochaine révolte. Il décida donc de cesser le combat au plus vite.\n\nLe 22 janvier, des Parisiens excédés par la faim et les bombardements réclamèrent l'élection d'une commune, une fusillade éclata entre manifestants et gardes nationaux faisant cinq morts et une vingtaine de blessés.\n\nPressé d'en finir, le gouvernement adressa secrètement, le lendemain, une demande de négociation à Bismarck. Le 26 janvier un armistice, était signé et aussitôt appliqué. Le 28 janvier 1871 furent signées les conventions militaires.\n\nL'armistice et les conventions militaires signés respectivement les 26 et 28 janvier, ne concernaient toutefois pas les opérations militaires dans l'Est de la France car les négociations sur le futur tracé de la frontière franco-allemande n'avaient pas encore abouti. L'armistice général intervint le 15 février 1871. L'ordre fut alors donné à la place fortifiée de Belfort de se rendre, ce qu'elle fit, le 18 février, l'ennemi lui rendant les honneurs de la guerre.\n\n", "title": " La fin des combats " } ]
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Chapelle Sixtine - Histoire (2)
3,018
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa chapelle Sixtine (en italien, Cappella Sistina), appelée originellement chapelle de Sixte, est une des salles des palais pontificaux du Vatican et fait partie des Musées du Vatican. Remplaçant la chapelle Pauline, puis le palais du Quirinal, la chapelle Sixtine est le lieu où, traditionnellement depuis le XVe siècle, les cardinaux réunis en conclave élisent le nouveau pape, et obligatoirement depuis la constitution apostolique édictée par Jean-Paul II en 1996, intitulée Universi Dominici gregis.\n\nDédiée à l'Assomption de Marie, elle est la chapelle principale du palais apostolique, ainsi que l'un des trésors culturels et artistiques les plus célèbres de la Cité du Vatican. Elle a été construite entre 1475 et 1481 environ, à l'époque du pape Sixte IV della Rovere, dont elle tire son nom.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le programme général de la décoration picturale de la chapelle est réparti sur trois registres de bas en haut: le socle avec de fausses tapisseries, le second ordre avec des scènes de l'Ancien Testament (scènes de la vie de Moïse) et du Nouveau Testament (scènes de la vie du Christ) et enfin le plus haut ordre avec la représentation des papes martyrs.\n\nLa décoration picturale commence sur le mur derrière l'autel (celui aujourd'hui avec le Jugement dernier ) où Pérugin, qui a déjà travaillé pour le pape dans la Cappella della Concezione de l'ancienne basilique vaticane, réalise un retable représentant l'Assomption de la Vierge. La voûte est décorée d'un ciel bleu constellé où de petites boules de cire dorée, collées sur la peinture, figurant les étoiles par le maestro dell'Annuciazione Gardner, suivant la tradition médiévale. Un tel décor, plus simple à réaliser que des fresques à personnages, est fréquent dans les chapelles contemporaines. Toutefois, les examens effectués lors des dernières restaurations n’ont mis au jour aucune trace de bleu.\n\nLes fresques sont réalisées, entre 1481 et 1482, par les meilleurs peintres florentins, ombriens et toscans de l'époque : le seigneur de Florence Laurent de Médicis, dans le cadre d'une politique de réconciliation avec les opposants qui ont soutenu la Conjuration des Pazzi (1478), dont le pape lui-même, propose d'envoyer les meilleurs artistes présents sur la scène florentine de l'époque, en tant qu'ambassadeurs de la beauté, de l'harmonie et de la primauté culturelle de Florence. L'offre est acceptée et le 27 octobre 1480, Sandro Botticelli, Cosimo Rosselli, Domenico Ghirlandaio et leurs collaborateurs respectifs partent pour Rome, où ils sont documentés au travail à partir du le printemps 1481.\n\nChacun de ces artistes, avec l'aide de ses collaborateurs Pinturicchio, Piero di Cosimo et Bartolomeo della Gatta, peint l'un des quatre panneaux sur le mur à droite de l'autel, puis, avec un nouveau contrat daté du 27 octobre 1481, ils sont reconfirmés pour l'exécution des dix autres panneaux restants (les deux sur le mur de l'autel avaient déjà été achevés par le Pérugin dans la toute première phase) à terminer en mars de l'année suivante. Les termes ne sont pas toujours respectés ; Luca Signorelli succède au Pérugin, qui a peint à la fresque le Testament et la mort de Moïse et la Contention autour du corps de Moïse sur le mur de l'entrée. Le programme iconographique complexe est défini dans les moindres détails par le pape lui-même et ses conseillers, même si cette complexité même nécessite une intervention importante des artistes dans l'invention figurative et iconographique. À noter la petite contribution picturale du maître Filippo Brunelleschi dans l'aile nord du bâtiment. Selon certains historiens, la conception du programme iconographique global a été reprise de l'Expositio super septem visiones libri apocalypsis, une exégèse d'épisodes bibliques remontant peut-être au IXe siècle, ou de l'œuvre de Joachim de Fiore, auteur d'une théorie complexe de la « concorde » entre l'Ancien et le Nouveau Testament.\n\nLe cycle présente une grande homogénéité, malgré la participation d'artistes aux personnalités nettement différentes. Cela a été possible grâce à l'adoption de la même échelle dimensionnelle des figures et de la structuration rythmique aux mêmes nuances dominantes, parmi lesquelles se distingue l'abondance des finitions dorées, qui intensifient la lumière avec des effets qui devaient paraître particulièrement suggestifs à la lueur des torches et des bougies.\n\nLes emblèmes héraldiques de Sixte IV, peints et sculptés, représentant des feuilles de chêne et des glands, symbolisant son patronyme Della Rovere (du chêne en italien) parsèment le décor.\n\n", "title": " XVe siècle - Décoration picturale " }, { "img": [], "source_text": "Le splendide complexe voulu par Sixte IV demeure dans les décennies suivantes au centre des intérêts des papes, avec des interventions qui constituent des pages fondamentales de l'art de la Haute Renaissance.\n\n", "title": " XVIe siècle " }, { "img": [], "source_text": "Au printemps 1504, la nature particulière du terrain sur lequel se dresse la chapelle provoque probablement une inclinaison du mur sud qui, à la suite d'affaissements, laisse une fissure importante et menaçante dans le plafond, ce qui nécessite une suspension de toutes les fonctions ecclésiastiques dans la chapelle par précaution. Jules II della Rovere fait consolider la voûte par des chaînes, à la fois au-dessus de la voûte principale et dans les salles inférieures, rendant la chapelle à nouveau accessible après la mi-octobre. La longue fissure, découverte à partir du coin nord-est, est bouchée par l'insertion de nouvelles briques, peut-être à l'été 1504. Le décor de la voûte du maestro dell'Annuciazione Gardner est irrémédiablement endommagé.\n\nLa voûte, décorée de fresques achevées par Michel-Ange en quatre ans, est inaugurée par Jules II le 31 octobre 1512. Ce dernier avait commencé son pontificat en 1503. Pape guerrier, assoiffé de pouvoir et désireux de rendre à Rome sa splendeur passée, il avait déjà fait appel à Michel-Ange pour la conception de sa tombe, projet qui restera inachevé. L'idée de faire refaire la décoration de la voûte par Michel-Ange doit lui venir en avril 1506, comme en témoigne une lettre envoyée à l'artiste par le maître d'œuvre florentin Piero Rosselli, qui a appris la nouvelle du pape lui-même. Le départ précipité de Michel-Ange de Rome, en raison des intrigues qui ont bloqué son projet grandiose pour le tombeau, suspend le projet jusqu'à la réconciliation avec le pape qui a lieu en 1507.\n\nEn 1508, l'artiste retourne à Rome et signe le contrat. La décoration de la voûte rencontre de nombreuses difficultés, toutes brillamment surmontées par l'artiste et ses collaborateurs. Pour pouvoir atteindre le plafond, Michel-Ange a besoin d'une structure de support ; la première idée est de Bramante, qui veut lui construire un échafaudage spécial, suspendu dans les airs au moyen de cordes. Mais Michel-Ange craint que cette solution laisse des trous dans le plafond une fois les travaux terminés ; il construit donc lui-même un échafaudage, une simple plate-forme en bois sur des supports faits de trous dans les murs placés en haut près des fenêtres. Cet échafaudage est déplacé par étapes afin de permettre un travail facile dans chaque partie de la voûte. La première couche de plâtre étalée commence à moisir car elle est trop humide. Michel-Ange doit l'enlever et recommencer en essayant un nouveau mélange créé par l'un de ses assistants, Jacopo Torni, qui non seulement résiste à la moisissure, mais entre désormais dans la tradition de la construction italienne.\n\nInitialement, Michel-Ange est chargé de ne peindre que douze personnages, les apôtres, mais lorsque le travail est terminé, il y en a plus de trois cents présents. De nombreux dessins subsistent de l'entreprise, documents très précieux.\n\n", "title": " XVIe siècle - Jules II " }, { "img": [], "source_text": "Léon X souhaite également associer son nom au prestige inégalé de la Chapelle Sixtine, jusqu'alors parrainée par les papes de la famille Della Rovere. Il décide alors de faire don d'une série de précieuses tapisseries tissées à Bruxelles sur un dessin de Raphaël à la fin de 1514. Les tapisseries, tissées dans l'atelier de Pieter van Aelst, montrent les Histoires des saints Pierre et Paul, dont les sujets ont des correspondances précises avec les panneaux peints à la fresque du registre central. Couvrant la zone destinée au pape et aux religieux séparés par la transenne de marbre, elles étaient utilisées lors des cérémonies solennelles et pouvaient être lues, comme les histoires au-dessus, depuis le mur de l'autel.\n\nA travers la célébration des deux premiers « architectes de l'Église », les apôtres Pierre et Paul, œuvrant respectivement envers les Juifs et envers les « Gentils », le lien avec le souverain pontife, leur héritier, est réaffirmé.\n\nLorsque les sept premières tapisseries arrivent de Flandre et sont installées, le 26 décembre 1519, le maître de cérémonie Paris de Grassis note : « tota cappella stupefacta est in aspectu illorum ».\n\n", "title": " XVIe siècle - Léon X " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Sixtine
Guerre franco-allemande de 1870 - Les pertes humaines (1)
1,920
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le conflit fait 139 000 morts dans les rangs français (combat ou maladie) et 51 000 morts côté allemand.\n\nBien que victorieuse dans la quasi-totalité des combats, l'armée allemande perdit parfois plus de soldats que la France. La victoire prussienne de la bataille de Saint-Privat où les Allemands eurent 20 000 tués, blessés et disparus contre 12 000 Français, est bien représentative. De plus les Allemands progressaient à travers un pays résolument hostile : l’action des francs-tireurs fut très forte et entraîna une psychose dans l’armée allemande.\n\nLa variole a ravagé les deux armées. Cependant, les Prussiens, qui connaissaient l'efficacité du rappel antivariolique, ont eu nettement moins de pertes dues à cette maladie. En effet, sur 8 500 Prussiens contaminés, 450 en sont morts (5 %), alors que les Français, qui ne connaissaient pas la nécessité du rappel du vaccin, ont eu 125 000 contaminations et 23 500 décès (19 %).\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Le nombre de prisonniers de guerre français fut exceptionnellement élevé. En février 1871, Jules Favre, ministre des affaires étrangères, donnait l'estimation suivante : 509 000 combattants français prisonniers dont 420 000 détenus en Allemagne, 4 000 internés en Belgique et 85 000 en Suisse contre 35 000 soldats allemands faits prisonniers.\n\nLa plupart des prisonniers français restèrent captifs en Allemagne de 2 à 10 mois, certains ne revenant que plusieurs mois après la fin de la guerre et le traité de paix. 18 000 prisonniers français morts dans les camps sont enterrés en Allemagne.\n\n", "title": " Prisonniers de guerre " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870
Développement durable
850
[ { "img": [], "source_text": "Le développement durable (en anglais : sustainable development, parfois traduit par développement soutenable) est une conception du développement qui s'inscrit dans une perspective de long terme et en intégrant les contraintes environnementales et sociales à l'économie. Selon la définition donnée dans le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour la première fois en 1987, « le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».\n\nCette notion s'est imposée à la suite de la prise de conscience progressive, depuis les années 1970, de la finitude écologique de la Terre, liée aux limites planétaires sur le long terme. La notion fait toutefois l'objet de critiques, notamment de la part des tenants de la décroissance, pour lesquels cette notion reste trop liée à celle de la croissance économique, mais aussi de la part de ceux qui y voient un frein au développement.\n\nDes Objectifs de développement durable sont définis par les nations unies.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Développement_durable
Guerre franco-allemande de 1870 - Les traités de paix (1)
1,921
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Conformément aux clauses de l'armistice, une Assemblée nationale est élue au suffrage universel le 8 février. Cette Assemblée est majoritairement monarchiste et favorable à la paix. Elle investit le 19 février un gouvernement dirigé par Adolphe Thiers.\n\nLe traité de paix préliminaire franco-allemand est signé à Versailles le 26 février et ratifié par l'Assemblée nationale le 1er mars par 546 voix contre 170 et 23 abstentions.\n\nIl est confirmé par le traité de Francfort du 10 mai 1871.\n\nLa France dut céder à l'Allemagne l'Alsace, française depuis les traités de Westphalie (1648) et Ryswick (1697), les territoires annexés par Louis XIV dont Strasbourg en 1681, ainsi que Metz, française depuis le siège de 1552, soit tout ou partie de cinq départements de l'Alsace et de la Lorraine :\n\nle Haut-Rhin sauf le Territoire de Belfort ;\n\nune très grande partie du département de la Moselle ;\n\nune grande partie du département de la Meurthe ;\n\nune toute petite partie du département des Vosges, qui constituèrent jusqu'en 1919 la province allemande d'Alsace-Lorraine.Elle dut également payer une indemnité de guerre de 5 milliards de francs-or. Les historiens Jean-Pierre Azéma et Michel Winock soulignent que le montant exigé « représentait beaucoup plus que ce que la guerre avait coûté aux Allemands : ce n’était pas une simple « indemnité », c’était un tribut ». Les troupes allemandes occupèrent une partie de la France, jusqu'à ce que le total du tribut soit versé en septembre 1873.\n\nL'annexion devait concerner la Moselle et l'Alsace dont le Territoire de Belfort, mais étant donné la résistance jusqu'au bout des troupes françaises du colonel Denfert-Rochereau lors du siège de Belfort, ce territoire resta à la France en contrepartie d'autres territoires lorrains, notamment les villages correspondant au champ de bataille de Saint-Privat : « le tombeau de ma garde » disait Guillaume Ier de Prusse.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870
L'affirmation du pouvoir absolu
172
[ { "img": [], "source_text": " François Ier se fait appeler « Majesté » et gouverne avec la seule aide d’un conseil privé (dossier 1). Après sa mort, les guerres de religion fragilisent le pouvoir royal.  Henri III préserve le caractère sacré de la monarchie. Henri IV, ancien prince protestant, doit reconquérir le royaume contre la Ligue catholique (doc. 1 p. 174), rétablir la paix religieuse avec l’édit de Nantes en 1598 et restaurer l’autorité du roi (dossier 2).  Richelieu (doc. 2 p. 174), principal ministre de Louis XIII, renforce le pouvoir royal en envoyant des intendants dans les provinces. Alors que sa mère, Anne d’Autriche, assure la régence, Louis XIV subit la Fronde, mais les nobles finissent par se soumettre au roi en 1653.", "title": " La monarchie absolue s’impose" }, { "img": [], "source_text": " Louis XIV est un monarque absolu de droit divin : il est sacré à Reims et reçoit son pouvoir de Dieu. En 1661, à la mort de Mazarin, Louis XIV décide de gouverner seul. Pendant son long règne, il veut être informé et décider de tout.  Il reçoit l’aide de ministres spécialisés, prend avis auprès de conseils (doc. 3 p. 175), et nomme des intendants pour exécuter ses décisions dans les provinces (dossier 3). Les parlements veillent au respect des lois fondamentales, en exerçant des remontrances.  Louis XIV impose la religion catholique (doc. 4 p. 175) et agrandit le royaume par des guerres. Il contrôle les journaux et les livres; il peut punir et envoyer quiconque en prison sans aucun jugement par lettre de cachet.", "title": " Louis XIV, modèle du roi absolu" }, { "img": [], "source_text": " Louis XIV fait construire le château de Versailles, qui incarne la gloire et la puissance du roi (Histoire des arts). C’est de là qu’il gouverne, entouré de nombreux courtisans. Il attire les artistes à la cour pour célébrer la personne du roi.  Son ministre de la guerre met en place la plus puissante armée d’Europe, qui remporte de nombreux succès militaires. Les villes des frontières sont fortifiées par Vauban.", "title": " L’œuvre du roi-soleil" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110207/h5.8.les.richelieu-robe-rose.jpg" ], "source_text": "Portrait du cardinal Richelieu, vers 1633 (National Gallery, Londres).", "title": " Richelieu" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110207/h5.8.les.francois-1er.jpg" ], "source_text": " Roi guerrier, il s’oppose à l’empereur Charles Quint. Ce prince de la Renaissance, grand mécène, renforce le pouvoir absolu.", "title": " François Iᵉ (1494-1547)" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110207/h5.8.les.henri-iv.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\n\nAncien prince protestant, il devient roi de France en 1589 et signe l’édit de Nantes. Il est assassiné en 1610.\n\n", "title": "Henri IV (1553-1610)" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110207/h5.8.les.louis-xiv.jpg" ], "source_text": "\n\n\n\n\n\n\nSa devise (Nec pluribus impar, « Au-dessus de tous ») illustre l’apogée de la monarchie absolue de droit divin.\n", "title": " Louis XIV (1638-1715)" }, { "img": [], "source_text": " La cour : ensemble des personnes vivant auprès du roi. Les nobles vivant à la cour sont appelés les courtisans.\n\nLa Fronde : révolte des nobles et des parlementaires contre l’autorité royale, pendant la minorité de Louis XIV  (la régence).\n\nUne lettre de cachet : lettre qui sert à la transmission rapide et discrète d’un ordre du roi.\n\nLa Ligue : mouvement catholique fondé en 1576 pour défendre la religion catholique contre le protestantisme.\n\nLes lois fondamentales : coutumes que le roi doit respecter. Par exemple, la couronne ne peut être transmise par les femmes.\n\nUn parlement : tribunal rendant  la justice au nom du roi.\n\nUne remontrance : droit de contester une décision royale ou avertissement pour le bon respect d’une règle. ", "title": "Vocabulaire" } ]
lls-histoire-geographie-cinquieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110207
Louis XIV - Profil et caractéristiques (1)
838
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLouis XIV, dit « le Grand » ou « le Roi-Soleil », né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre. Son règne s'étend du 14 mai 1643 — sous la régence de sa mère Anne d'Autriche jusqu'au 7 septembre 1651 — à sa mort en 1715. Son règne d’une durée de 72 ans est l'un des plus longs de l'histoire d'Europe et le plus long de l'histoire de France.\n\nNé Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire, ce qui fait de lui l'un des plus jeunes rois de France. Il devient ainsi le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième roi de France issu de la dynastie des Bourbons.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le « portrait de Louis XIV » occupe une place de choix dans les Mémoires de Saint-Simon (381 pages dans l'édition Boislisle de 1916). Pour le mémorialiste, tout le « caractère » du roi découle de son trait fondamental, l'orgueil, alimenté par la flatterie dont il fait sans cesse l'objet, et par son esprit qui est, dit-il, « au-dessous du médiocre […] mais capable de se former et de se raffiner ». Selon l'historien moderne Thierry Sarmant, l'orgueil de Louis XIV vient du sentiment d'appartenir à la plus ancienne, la plus puissante et la plus noble dynastie d'Europe, les Capétiens, de même que de la grande confiance en sa capacité de gouverner qu'il gagne après des débuts hésitants.\n\nCertains de ses contemporains tel le maréchal de Berwick ont souligné sa grande politesse, et sa belle-sœur Madame Palatine son affabilité. Il traite ses domestiques avec respect, Saint-Simon note d'ailleurs que sa mort n'est regrettée « que de ses valets inférieurs, de peu d'autres gens ». Il a d'ailleurs comme principal homme de confiance son fidèle valet Alexandre Bontemps, organisateur de son mariage secret avec Madame de Maintenon et l'un des rares témoins de ce remariage.\n\nMalgré son surnom de « roi soleil », il est de nature timide, ce qui n'est pas sans rappeler son père Louis XIII et ses successeurs Louis XV et Louis XVI. Il redoute les conflits et les scènes, ce qui l'amène à s'entourer de plus en plus de ministres effacés et dociles tels que d'Aligre, Boucherat, mais surtout Chamillart, l'un de ses favoris. Au demeurant, il n'est en confiance que dans un cercle restreint de parents, domestiques, ministres de longue date et quelques grands seigneurs.\n\nAu fil des années, il a su maîtriser sa timidité, sans la surmonter, et la fait paraître comme maîtrise de soi. Primi Visconti, un chroniqueur du XVIIe siècle, relate qu' « en public, il est plein de gravité et très différent de ce qu'il est en son particulier. Me trouvant dans sa chambre avec d'autres courtisans, j'ai remarqué plusieurs fois que, si la porte vient par hasard à être ouverte, ou s'il sort, il compose aussitôt son attitude et prend une autre expression de figure, comme s'il devait paraître sur un théâtre ». S'exprimant de manière laconique et préférant réfléchir seul avant de prendre une décision, une de ses répliques célèbres est « je verrai », en réponse à des requêtes de toutes sortes.\n\nLe roi lit moins que la moyenne de ses contemporains cultivés. Il préfère se faire lire les livres. Il aime en revanche la conversation. Un de ses interlocuteurs favoris, Jean Racine, est aussi un de ses lecteurs préférés. Louis XIV lui trouve « un talent particulier pour faire sentir la beauté des ouvrages ». Racine lui lit notamment La Vie des hommes célèbres de Plutarque. À partir de 1701, le roi se met à constituer une bibliothèque de livres rares, parmi lesquels figurent : Les Éléments de la politique de Thomas Hobbes, Le Prince parfait de J. Bauduin, Le portrait du gouverneur politique de Mardaillan et la Dîme royale de Vauban.\n\n", "title": " Personnalité " }, { "img": [], "source_text": "Louis XIV choisit pour emblème le soleil. C'est l'astre qui donne vie à toute chose, mais c'est aussi le symbole de l'ordre et de la régularité. Il régna en soleil sur la cour, les courtisans et la France. Les courtisans assistaient à la journée du roi comme à la course journalière du soleil. Il apparaît même déguisé en soleil lors d'une fête donnée à la cour en 1653.\n\n", "title": " Emblème, devise et monogramme - Emblème " }, { "img": [], "source_text": "Voltaire rappelle, dans son Histoire du siècle de Louis XIV, la genèse de la devise du Roi-Soleil. Louis Douvrier, spécialiste des monnaies antiques, en prévision du carrousel de 1662, a l'idée d'attribuer un emblème et une devise à Louis XIV, qui n'en a pas. Cet ensemble ne plait pas au roi qui le trouve ostentatoire et prétentieux. Douvrier, pour assurer malgré tout le succès de sa production, la promeut discrètement auprès de la cour qui s'enthousiasme de cette trouvaille et y voit l'occasion de montrer son éternel esprit de flatterie. Le blason comporte un globe éclairé par un soleil étincelant et la devise latine : nec pluribus impar, formule construite en litote dont le sens a prêté à discussion, signifiant littéralement « sans son pareil même dans un grand nombre ». Louis XIV refuse toutefois de s'en parer et ne la porte jamais dans les carrousels. Il semble que, par la suite, il ne fit que la tolérer, pour ne pas décevoir ses courtisans. Charles Rozan rapporte la parole que Louvois adresse au roi quand celui-ci déplore le sort de Jacques II d'Angleterre chassé de son pays : « Si jamais devise a été juste à tous égards, c'est celle qui a été faite pour votre Majesté : Seul contre tous ».\n\n", "title": " Emblème, devise et monogramme - Devise " }, { "img": [], "source_text": "Le monogramme de Louis XIV représente deux lettres \"L\" affrontées :\n\n", "title": " Emblème, devise et monogramme - Monogramme " }, { "img": [], "source_text": "Louis XIV travaille environ six heures par jour : de 2 à 3 heures le matin et l'après-midi, sans compter le temps consacré à la réflexion et aux affaires extraordinaires, à la participation aux différents conseils et à la liasse c'est-à-dire aux tête-à-tête avec les ministres ou ambassadeurs. Le roi tient également à se tenir informé de l'opinion de ses sujets. C'est lui qui traite directement les demandes de grâce car, de la sorte, il peut s'instruire de l'état de ses peuples. Après dix ans d'exercice du pouvoir, il écrit : \n\n« C'est ici la dixième année que je marche, comme il me semble, assez constamment dans la même route ; écoutant mes moindres sujets ; sachant à toute heure le nombre et la qualité de mes troupes et l'état de mes places ; donnant incessamment mes ordres pour tous leurs besoins ; traitant immédiatement avec les ministres étrangers; recevant et lisant les dépêches ; faisant moi-même une partie des réponses et donnant à mes secrétaires la substance des autres. »\n\nSi l'historien François Bluche admet l'existence « d'accords instinctifs, implicites ou intuitifs entre le souverain et ses sujets », il pointe malgré tout « la relative insuffisance de relations entre le gouvernement et les sujets de Sa Majesté ».\n\n", "title": " Travail " }, { "img": [], "source_text": "Il a souvent été dit du roi qu'il n'était pas grand. En 1956, Louis Hastier a déduit, à partir des dimensions de l'armure qui lui a été offerte en 1668 par la république de Venise, que le roi ne pouvait mesurer plus de 1,65 m. Cette déduction est aujourd'hui contestée car cette armure a pu être fabriquée selon un standard moyen de l'époque. En effet, il s'agissait d'un présent honorifique n'étant pas destiné à être porté, si ce n'est dans les tableaux peints à sujet antique. Certains témoignages confirment que le roi était d'une belle prestance, ce qui laisse supposer que, pour son temps, il avait au moins une taille moyenne et une silhouette bien proportionnée. Madame de Motteville raconte, par exemple, que lors de l'entrevue sur l'île des Faisans, en juin 1660, entre les jeunes promis présentés par les deux parties — française et espagnole — que l'Infante Reine « le regardait avec des yeux tout à fait intéressés par sa bonne mine, parce que sa belle taille le faisait dépasser les deux ministres [Mazarin, d'un côté et don Louis de Haro, de l'autre] de toute la tête ». Enfin, un témoin, François-Joseph de Lagrange-Chancel, maître d'hôtel de la Princesse Palatine, belle-sœur du roi, avance une mesure précise : « Cinq pieds, huit pouces de hauteur », soit 1,84 m.\n\n", "title": " Physionomie " } ]
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Guerre franco-allemande de 1870 - Conséquences de la guerre (1)
1,922
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La capitulation de Sedan provoqua deux jours plus tard, le 4 septembre 1870 à Paris, une révolution sans violence. La déchéance de l'empereur Napoléon III fut votée par le Corps législatif et Léon Gambetta proclama la république à l'hôtel de ville de Paris. Un Gouvernement de la Défense nationale se forma pour continuer la guerre.\n\nAu niveau colonial, la France qui était déjà présente en Extrême-Orient depuis la conquête de la Cochinchine, dut cesser toute expansion dans la péninsule indochinoise jusqu'aux années 1880, date à laquelle les conquêtes coloniales reprirent. En Afrique, l'expansion des conquêtes coloniales autour du Sénégal furent aussi ralenties, tout comme la pénétration du Sahara au sud de l'Algérie.\n\n", "title": " La chute du Second Empire " }, { "img": [], "source_text": "La guerre franco-prussienne eut pour conséquence indirecte l'achèvement de l'unité italienne. Pendant le Second Empire, les troupes françaises protégeaient la ville de Rome qui restait ainsi sous la souveraineté pontificale. Après l'évacuation des troupes françaises du fait de la guerre avec la Prusse, Rome fut annexée (le 20 septembre 1870) par l'Italie et devint la capitale du pays. Le pape cessa d'être un souverain temporel jusqu'à la signature des Accords du Latran de 1929 qui lui accordèrent la souveraineté sur la cité du Vatican.\n\n", "title": " L'achèvement de l'unité italienne " }, { "img": [], "source_text": "La conséquence immédiate de la guerre de 1870 fut l'avènement de l'Empire allemand — l'Allemagne bismarckienne — et donc d'un pays unifié en tant que nation et en tant qu’État, qui domina l'Europe continentale pendant près de trente ans devenant progressivement la première puissance industrielle du continent.\n\nLa politique du chancelier Bismarck fut dès lors d'isoler diplomatiquement la France.\n\nLa guerre avait uni tous les territoires allemands sous l'autorité de la couronne prussienne, dans le combat contre l'agresseur français. Le roi de Prusse fut proclamé empereur, le 18 janvier 1871, dans la galerie des Glaces du château de Versailles. La politique de Bismarck avait triomphé. Bismarck aurait choisi Versailles en représailles de la décision de Louis XIV de mettre à sac le Palatinat.\n\nL'Allemagne décida, en outre, d'annexer l'Alsace-Lorraine (l'Alsace et la Moselle actuelle), qui demeurèrent allemandes jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale.\n\n", "title": " L'unité allemande " }, { "img": [], "source_text": "Profitant de la distraction de la guerre franco-prussienne, la Russie avait commencé en novembre 1870 la reconstruction de ses bases navales en mer Noire, une violation flagrante du traité qui avait mis fin à la guerre de Crimée 14 ans plus tôt. Après la paix de Francfort de 1871 naît un rapprochement entre la France et la Russie. « Au lieu de tisser des liens avec la Russie à l'est et de paralyser davantage la France à l'ouest, l'erreur de calcul de Bismarck avait ouvert la porte à de futures relations entre Paris et Saint-Pétersbourg. Le point culminant de cette nouvelle relation sera finalement l'Alliance franco-russe de 1894 ; une alliance qui fait explicitement référence à la menace perçue de l'Allemagne et à sa réponse militaire ».\n\n", "title": " Fin de la démilitarisation de la mer Noire " }, { "img": [], "source_text": "La déception face à la défaite, l’hostilité vis-à-vis de l’Assemblée récemment élue, à majorité monarchiste ainsi que certaines mesures prises par celle-ci ou par le gouvernement renforcèrent un climat d’agitation, à Paris, au sein de la Garde nationale et des milieux populaires. Une insurrection éclata à Montmartre, le 18 mars 1871, alors que des troupes régulières essayaient, sur ordre du gouvernement, de saisir des canons de la Garde nationale. Une autorité insurrectionnelle se mit en place : la Commune de Paris. Avec l'accord tacite des Prussiens, elle fut combattue puis écrasée lors de la « Semaine sanglante » (21-28 mai) par le gouvernement investi par l'Assemblée nationale, qui était replié à Versailles depuis le 18 mars.\n\n", "title": " L'insurrection de la Commune de Paris " }, { "img": [], "source_text": "L'avènement d'un régime républicain en France suscita la méfiance des monarchies européennes. Isolée en Europe, la France s'employa à constituer un vaste empire colonial, gage de sa puissance mais elle fut malgré tout en proie au sentiment douloureux d'une revanche à prendre, terreau d'un nationalisme qui perdura une vingtaine d'années. Toutefois, ce sentiment perdit progressivement de sa force et se réduisit ensuite à une nostalgie des « provinces perdues » jusqu'à la fin du XIXe siècle.\n\nCependant, à partir de la crise boulangiste, un nationalisme revanchard se développa, dans une partie de la presse et l'opinion française, renforcé par l'affaire Dreyfus. Il se diffusa pendant la Belle Époque et conduisit après l'assassinat de Jean Jaurès, partisan de la paix, le 31 juillet 1914, au ralliement des pacifistes à l'Union sacrée et à la Première Guerre mondiale.\n\n", "title": " Une volonté de revanche ? " }, { "img": [], "source_text": "Cette défaite provoqua un véritable traumatisme au sein des sphères intellectuelles françaises dans les années 1870, forcées malgré eux de constater la faillite collective et morale de leurs élites dans le cadre de la guerre franco-allemande. Frappés par l'arrogance, le manque d'ouverture et la méconnaissance accablante de ces élites, quelques érudits, savants, professeurs et hommes d'affaires emmenés par Émile Boutmy vont alors tirer les leçons de l'échec passé afin de remédier aux carences fonctionnelles et structurelles de la jeune IIIe République.\n\nCeci aboutit à la création de l’École Libre des Sciences Politiques en 1872 à Paris par Boutmy, qui s'entoure d'un cercle d'éminents universitaires, comptant dans ses rangs Hippolyte Taine, Ernest Renan, Albert Sorel et Paul Leroy-Beaulieu. L'ambition des fondateurs de la nouvelle école était de doter la IIIe République d'élites, la formation des élèves étant totalement repensée avec notamment une approche pluridisciplinaire et une ouverture à l'international.\n\n", "title": " Fondation de l'École Libre des Sciences Politiques " }, { "img": [], "source_text": "L'une des conséquences de la guerre de 1870-1871 fut une accélération du développement du droit humanitaire international. En effet, il n'existait auparavant que la première convention de Genève (22 août 1864) destinée à protéger des militaires blessés pendant les guerres, mais rien de précis n'encadrait le droit de la guerre. Cette lacune avait provoqué de sérieuses contestations entre les belligérants, et des mesures de représailles. Le tsar Alexandre II convoqua donc à Bruxelles, du 27 juillet au 27 août 1874, une conférence qui avait pour objet de codifier les lois et coutumes de la guerre.\n\nPar ailleurs, alors que son projet ne prévoyait rien quant aux règles à appliquer concernant l'internement de belligérants en pays neutre, la retraite et le passage en Suisse des 90 000 survivants de l'Armée Bourbaki avait si profondément marqué les esprits qu'il fallut aussi traiter cette question. En effet, les nombreux problèmes juridiques inédits posés par cet internement concernant le droit de la guerre et celui de la neutralité ne furent résolus que par des négociations bilatérales de la Suisse avec l'Allemagne d'une part, et avec la France d'autre part.\n\nTout cela fut intégré soit à la Convention concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre adoptée à La Haye le 29 juillet 1899 soit à la convention adoptée lors de la seconde conférence de La Haye conclue le 18 octobre 1907 quant aux droits et les devoirs des puissances et des personnes neutres en cas de guerre sur terre, dont les dispositions sont toujours en vigueur aujourd'hui (articles 11 à 15 de la Convention).\n\n", "title": " Progrès du droit humanitaire international " } ]
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Guerre franco-allemande de 1870 - Décorations (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Dans la mesure où la guerre fut une défaite pour la France et que les anciens combattants cherchaient à oublier cet aspect pour mettre en valeur des actes héroïques individuels, les monuments érigés comme les commémorations sont souvent issus d'initiatives locales (cf. section suivante et article dédié). C'est par ailleurs seulement en 1911 que l'État choisit d'honorer les anciens combattants de ce conflit par une médaille.\n\nMédaille commémorative de la guerre 1870-1871, créée par le décret du 9 novembre 1911 et remise avec diplôme nominatif aux 150 000 anciens combattants survivants par la Société des vétérans de terre et de mer 1870-1871, la Société des Combattants de 1870-1871 et la Société des Engagés volontaires de 1870-1871.\n\nMédaille des vétérans de la guerre de 1870.\n\nMédaille commémorative de la campagne de 1870-71 (de).\n\nMédaille des défenseurs de Belfort, gravure par Bartholdi.\n\n", "title": "" } ]
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Adolf Hitler - Seconde Guerre mondiale (8)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le 20 avril, les hauts dirigeants nazis viennent une dernière fois saluer hâtivement leur maître pour son anniversaire, avant de tous s'enfuir précipitamment loin de Berlin, attaquée par l'Armée rouge. Le même jour, Hitler visite l'exposition présentant les derniers modèles d'armes, organisée dans la cour de la chancellerie du Reich et ordonne que du matériel, stocké dans des wagons de chemins de fer, soit déchargé et donné aux unités combattantes.\n\nTerré au fond de son Führerbunker, Hitler refuse de partir pour la Bavière et choisit de rester à Berlin pour mieux mettre en scène sa mort. Au cours de séances quotidiennes de plus en plus orageuses, tandis qu'au-dehors la plus grande bataille de la guerre fait rage, il continue à ordonner d'impossibles manœuvres pour délivrer la capitale vite encerclée, notamment à Felix Steiner, commandant d'un corps de Panzer et à Walther Wenck, commandant de la 12e armée. Le 22 avril, comprenant la vanité de ces tentatives, il entre dans l'une de ses plus terribles colères, avant de s'effondrer en reconnaissant enfin pour la première fois que « la guerre est perdue » (Der Krieg ist verloren). La décision de rester définitivement à Berlin et de se suicider est prise dans les jours suivants.\n\nLe 23, Albert Speer revient en avion dans Berlin assaillie pour refaire ses adieux à Hitler. Il lui avoue avoir saboté la politique de la terre brûlée, sans que le dictateur réagisse, et s’en va en n’ayant obtenu qu'une molle poignée de main de son idole.\n\nLes dernières crises internes du régime ont lieu quand au soir du 25, Hermann Göring, toujours nominalement héritier de Hitler, lui envoie, sur la foi de ce qui lui avait été rapporté de la crise de désespoir du 22 avril, un télégramme de Bavière (où il se trouve) lui demandant s'il peut prendre la direction du Reich conformément aux dispositions de 1941. Persuadé par Bormann d'y voir à tort un ultimatum et un coup de force du Reichsmarschall, Hitler, furieux, destitue Göring et le fait placer sous la surveillance des SS au Berghof.\n\nSa fureur redouble le 27 quand la radio alliée lui apprend que son fidèle Himmler a tenté à son insu de négocier avec les Occidentaux. Cependant, certaines recherches récentes émettent l’hypothèse que Himmler aurait négocié avec les Alliés sur ordre de Hitler lui-même. Il fait fusiller dans les jardins de la chancellerie le beau-frère d’Eva Braun, le général SS Hermann Fegelein, agent de liaison de Himmler. Selon Kershaw, la mort de Fegelein serait en réalité un substitut au sort destiné à Himmler si ce dernier était tombé en son pouvoir. En réalité, comme Göring, Himmler a été informé de l'accès de désespoir du 22 avril, et comme ce dernier, il en a déduit qu'il disposait des mains libres pour ses négociations avec les alliés occidentaux. Ce calcul entraîne son exclusion immédiate du NSDAP et son arrestation, son rapatriement à Berlin, prélude à sa condamnation à mort.\n\nLe 28 avril, dans un accès de rage, il limoge le général Heinrici, qui venait de refuser d'exécuter une consigne impossible à accomplir, donnée par Keitel et Jodl.\n\nDans la nuit du 29 avril, après avoir été marié à Eva Braun par Walter Wagner, Hitler dicte à sa secrétaire Traudl Junge un testament privé puis un testament politique, exercice d'autojustification où il nie sa responsabilité dans le déclenchement de la guerre. Curieusement, le texte ne dit mot du bolchévisme, au moment même où les Soviétiques s'emparent de Berlin. En revanche, l'obsession antisémite de Hitler y apparaît toujours intacte. Il rappelle l'exclusion de Himmler et de Göring du NSDAP, écarte Speer, Ribbentrop et Keitel, récompense les partisans de la lutte acharnée que sont Goebbels, Bormann, Giesler, Hanke, Saur et Schörner, nommant le premier à la Chancellerie, les autres à des postes ministériels et Schörner commandant en chef de la Wehrmacht, puis confie la présidence du Reich au grand-amiral Karl Dönitz.\n\nLe 30 avril, vers 15 h 30, alors que l’Armée rouge est à moins de 300 mètres du bunker et s'apprête à investir le Reichstag, Adolf Hitler se suicide en compagnie d’Eva Braun : il se donne la mort d’une balle dans la tempe ou dans le cou ; on retrouve ensuite son pistolet à ses pieds. Les chercheurs n'ont retrouvé aucune trace de poudre sur sa dentition, ce qui implique qu'il ne s'est pas donné la mort en se tirant une balle dans la bouche.[réf. nécessaire]Une affirmation fréquente précise qu’il aurait mordu une capsule de cyanure juste avant ou presque en même temps qu’il se serait tiré une balle dans la tempe : Ian Kershaw affirme qu’il est impossible de tirer juste après avoir mordu un tel poison et que le corps de Hitler n’a pas dégagé l’odeur d’amande amère caractéristique de l’acide prussique et constatée sur celui d’Eva Braun. Néanmoins, des dépôts bleuâtres présents sur la prothèse dentaire de Hitler, vraisemblablement liés à une réaction chimique entre le cyanure et prothèse, peuvent faire penser que le dictateur a effectivement mordu dans une capsule. De nombreuses autres thèses circulent, impliquant parfois un tiers qui aurait tiré la balle, mais elles sont considérées comme fantaisistes.\n\nPour ne pas voir son cadavre emporté en trophée par l’ennemi (Mussolini a été fusillé le 28 avril 1945 par les partisans italiens et son corps pendu par les pieds devant la foule à Milan), Hitler a donné l’ordre de l’incinérer. C’est aussitôt chose faite par son chauffeur Erich Kempka et son aide de camp Otto Günsche, qui brûlent le corps de Hitler et celui d'Eva Braun dans un cratère de bombe près du bunker. La pluie d’obus soviétiques labourant Berlin a presque certainement détruit l’essentiel des deux corps.\n\nRefusant de survivre à son maître malgré ses ordres et considérant qu’il n’y a plus de vie imaginable dans un monde sans national-socialisme, Goebbels se suicide le lendemain avec sa femme Magda, après que cette dernière a empoisonné leurs six enfants.\n\nCe même 1er mai à 22 h 26, la radio, sur ordre de Karl Dönitz, diffuse le communiqué suivant : « Le QG du Führer annonce que cet après-midi, notre Führer Adolf Hitler est tombé à son poste de commandement dans la chancellerie du Reich en combattant jusqu'à son dernier souffle contre le bolchevisme ». Le 2 mai, après avoir signé la capitulation de Berlin, le général Weidling rétablit la vérité au micro et accuse Adolf Hitler d’avoir abandonné « en plan » (im Stich) soldats et civils. Dans les villes ruinées ou sur les routes, la masse des Allemands d’abord soucieuse de survie restera plutôt indifférente à la fin de Hitler.\n\nLe 4 mai, la 2e DB du général Leclerc s’empare symboliquement du Berghof, la résidence du Führer à Berchtesgaden. Le 8 mai 1945, le Troisième Reich capitule sans condition. Au même moment, l’ouverture des camps de concentration révèle définitivement l’ampleur de l’œuvre de mort hitlérienne. « La guerre de Hitler était finie. Le traumatisme moral, qui était l’œuvre de Hitler, ne faisait que commencer » — Ian Kershaw.\n\n", "title": " Défaite finale et mort - Dix derniers jours " } ]
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Femmes au Moyen Âge - La vie religieuse, une alternative au mariage pour les femmes (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'histoire centrée sur la situation des femmes au Moyen Âge permet d'enrichir l'historiographie. En effet, la plupart des textes sources, qui servent aux historiens et aux historiennes, sont écrits par des hommes. À cela s'ajoute le fait que l'histoire a longtemps été une discipline dont les auteurs étaient majoritairement des hommes, ce qui a pu induire un regard particulier sur les événements.\n\nLa majorité des hommes et des femmes du Moyen Âge vit dans un milieu rural, dans un ensemble social qualifié de société d'ordres puisque l'ensemble de la société est divisée en trois ordres : paysans, nobles et clercs.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Au Moyen Âge, la religion permet aux femmes de bonne naissance et aux jeunes filles de riches familles citadines d'acquérir une position influente. Parfois, des femmes d'origine plus modeste peuvent également acquérir une certaine autorité grâce à leur personnalité. Les couvents constituent donc une occasion de montrer leurs talents et d'acquérir, en dehors du mariage, une certaine reconnaissance de la société.\n\nDepuis le Ve siècle les femmes ont l’interdiction de recevoir les ordres sacrés,[réf. nécessaire]. En revanche les ordres monastiques et les communautés religieuses acceptent les femmes. Elles sont même un nombre très important. En 1760, un abbé dénombre 80 000 religieuses sur 206 000 ecclésiastiques (religieux - religieuse). Ces 80 000 religieuses sont réparties dans 253 abbayes et 64 prieurés qui bénéficient d’une organisation spéciale. À la tête des abbayes il y a l’abbesse qui normalement est élue par les religieuses mais le plus souvent c’est le roi qui la désigne avec le vote de la communauté. Au-dessous de l’abbesse, il y a une prieure qui l’aide dans l’administration et si pour une raison quelconque (maladie, interdite par l’évêque) l’abbesse est incapable d’exercer c’est la prieure qui s’en charge. La prieure prend parfois le nom de coadjutrice ou d’assistante. Une économe ou trésorière est chargée de l’administration financière et de la comptabilité.\n\nLes pouvoirs des abbesses ont été très grands au Moyen Âge, en revanche leurs pouvoirs spirituels sont très limités à cause de l’interdiction aux femmes de recevoir les ordres religieux. Mais, les abbesses les plus importantes ont quand même le droit de nommer les prêtres qui exercent en leur nom les fonctions spirituelles. Des textes formels ont interdit aux abbesses d’entendre les confessions des religieuses et aucun texte n’indique qu’elles y étaient opposées.\n\nLes religieuses ne sont contraintes à presque aucune obligation à part à celle du célibat. À l’église, elles sont habillées comme toutes les autres dames, sauf qu’elles portent un voile blanc sur la tête et un grand manteau pendant la messe.\n\nLa vie religieuse est une alternative fréquente\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_au_Moyen_Âge
Guerre franco-allemande de 1870 - Mémoire de la guerre de 1870 (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le traité de Francfort du 10 mai 1871, qui clôtura la guerre franco-prussienne de 1870, stipulait, dans son article 16, que les deux États signataires s'engageaient, sur leur territoire respectif, à entretenir les tombes de soldats morts pendant le conflit.\n\nLa loi allemande du 2 février 1872 régla la question des tombes militaires allemandes et françaises dans les trois départements annexés d'Alsace-Lorraine. La loi française du 4 avril 1873, relative à la conservation des tombes des soldats morts pendant la guerre de 1870-1871, réglementa la question des tombes militaires sur le sol français. De 1873 à 1878, l’État français a financé la construction de 25 ossuaires surmontés d'un monument et l'aménagement de 87 396 sépultures réparties dans 1 438 communes et 36 départements.\n\nEn France, l'édification de monuments commémoratifs a été, pour une part, l’œuvre du Souvenir français et celle des sections de vétérans. C'est à partir de la loi de 1890, laissant aux communes l'initiative de leur érection, que l'on vit se multiplier les monuments aux morts de la guerre de 1870-1871 en France.\n\nOutre les monuments et mémoriaux (comme le Lion de Belfort) érigés sur les lieux des combats, une plaque a été apposée au Panthéon dans l'escalier menant à la crypte. Il y est gravé : « À la mémoire des généraux D'Aurelles de Paladines, Chanzy et Faidherbe, des colonels Denfert-Rochereau et Teyssier ainsi que des officiers et des soldats des armées de terre et de mer qui en 1870-1871 ont sauvé l'honneur de la France ». Deux médaillons portent les noms de villes où les officiers et leurs soldats se sont distingués : Patay, Orléans, Belfort, Bapaume, Coulmiers, Bitche.\n\nEn France comme en Allemagne, la mémoire de la guerre de 1870 se matérialise rapidement dans l'architecture et l'urbanisme. Des monuments, des mémoriaux et des toponymes sont ainsi inaugurés, qui donnent lieu à des commémorations officielles auxquelles participent les associations d'anciens combattants. Tandis que du côté français, les œuvres (panoramas, sculptures, etc.) valorisent le courage des vaincus et que la mémoire de la Commune s'inscrit dans des réalisations plus modestes du fait de la censure (livres, chansons, estampes, etc.), du côté allemand la victoire est célébrée dans les arts (peintures, statues, monuments à Guillaume Ier, Bismarck et Moltke), alors que le monde des lettres (historiens, journalistes) retrace le récit de l'unification du pays.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870
Histoire de la mesure du temps - Utilisation des phénomènes périodiques mécaniques (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’histoire de la mesure du temps remonte aux premières civilisations (Égypte, Chine). La mesure du temps a rapidement été une préoccupation importante, notamment pour organiser la vie sociale, religieuse et économique des sociétés. Les phénomènes périodiques du milieu où l'Homme vivait - comme le déplacement quotidien de l'ombre, le retour des saisons ou le cycle lunaire - ont servi de premières références.\n\nMais progressivement, l'Homme s'est inspiré de phénomènes physiques, dont il avait remarqué le caractère périodique, pour concevoir et mettre au point des dispositifs de mesure du temps de plus en plus précis, ainsi que des unités adaptées. L'application du balancier aux horloges mécaniques en est un exemple ; ces appareils permirent aux hommes de connaître l'heure à tout moment et en tout lieu. ", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Mais l'Homme ne s'est pas contenté d'observer et d'utiliser la nature. Il a aussi su utiliser son sens de l'observation et son intelligence pour concevoir des instruments de mesure du temps qui ne se basent pas forcément sur des phénomènes naturels qui ne sont pas sous son contrôle. Les usages de la vie quotidienne (temps de parole dans un conseil, un procès, sonneries des cloches pour les heures des offices, réunions de conseils de villes, le couvre-feu, etc.) lui en fournirent la motivation.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Les Égyptiens utilisaient la clepsydre, grand vase percé à sa base, gradué à l'intérieur et qui laisse échapper un mince filet d'eau. Les Grecs l'ont perfectionnée pour la rendre plus précise. Ils lui ont ajouté un cadran et une aiguille, la transformant en un véritable instrument de mesure.\n\nD'origine inconnue, le sablier est basé sur le même principe que la clepsydre, excepté que l'eau est remplacée par du sable. Il sert plus à mesurer des intervalles de temps qu'à indiquer l'heure. Une anecdote couramment citée est celle de Christophe Colomb qui, en 1492, lors de son voyage vers l'Amérique, utilisait pour faire le point un sablier qu'il retournait depuis son départ toutes les demi-heures.\n\nCes outils étaient peu précis sur de longues périodes et les écarts s'accumulaient.\n\n", "title": " La clepsydre et le sablier " }, { "img": [], "source_text": "Les premières horloges mécaniques apparaissent au XIVe siècle. Au début, elles sonnent les cloches, n'ont pas de cadran et, lorsqu'elles en seront dotées au XVe siècle, il n'y aura qu'une aiguille, celle des heures.\n\nCes premières horloges consistent schématiquement en un poids moteur qui entraîne un train d'engrenages, lequel fait accessoirement tourner la ou les aiguilles. Le tout ne constitue une horloge que si l'on sait réguler la chute du poids. C'est l'apparition de l'échappement qui va transformer ce simple assemblage d'engrenages en véritable horloge. L'échappement permet alternativement de libérer puis de bloquer la chute du poids, grâce à un mécanisme oscillant.\n\nDans ces premières horloges, ce mécanisme est un foliot, simple tige aux extrémités de laquelle sont accrochées deux masses, qui peut osciller horizontalement autour d'un axe vertical la supportant en son milieu. Les masses lui confèrent l'inertie nécessaire pour stopper la chute du poids. Solidaires de l'axe d'oscillation, deux palettes viennent alternativement bloquer la roue de rencontre (qui donne son nom à ce premier type d'échappement) qu'entraîne le poids moteur.\n\nCe mécanisme très ingénieux est aussi très délicat à régler précisément ; frottements et chocs sont importants, difficiles à maîtriser. Et surtout, chacun des éléments participe de façon indiscernable aux deux fonctions motrice et régulatrice.\n\n", "title": " L'horlogerie - L'horloge mécanique " }, { "img": [], "source_text": "Parmi de nombreux autres phénomènes, Galilée étudia le pendule oscillant et nota que la période (la durée d'un aller et retour complet) du pendule semblait être remarquablement constante pour un pendule donné. Il dessina en 1641 un projet d'horloge réglée par un pendule oscillant sans la construire. Ce sont finalement Christiaan Huygens et Salomon Coster qui construisirent la première horloge à pendule en 1657.\n\nLe progrès technique est important ; le progrès conceptuel l'est encore plus. Les fonctions régulatrice et motrice sont clairement identifiées et séparées, ce qui va rendre possibles des réglages précis. Les premières horloges retardent la chute d'un poids grâce à un mécanisme oscillant irrégulier au travers d'un échappement. Les horloges à pendule entretiennent le mouvement oscillant régulier du pendule en prélevant au travers de l'échappement juste l'énergie nécessaire à un poids qui descend.\n\nEn 1675, Huygens invente également le ressort spiral, organes régulateur, qui va constituer avec le balancier l'organe réglant des montres.\n\n", "title": " L'horlogerie - Le pendule et le ressort spiral " }, { "img": [], "source_text": "La mesure du temps dans la marine est indispensable, comme le montre l'exemple de Christophe Colomb. En particulier la détermination de la longitude impose de conserver à bord l'heure du port de départ. À tel point qu'au début du XVIIIe siècle les gouvernements britannique et espagnol offrirent de fortes récompenses au savant qui réussirait à construire un chronomètre transportable ayant une précision et, surtout, une stabilité suffisante pour faire un point complet en mer. Car il est impossible de faire fonctionner un pendule sur un bateau à cause du roulis.\n\nUn tel instrument de mesure est inventé par l'horloger britannique John Harrison en 1737. Après plusieurs tentatives, il crée un chronomètre d'une précision et d'une stabilité étonnantes. Il remporte le prix en 1764 seulement avec son quatrième prototype, beaucoup plus compact dans sa forme, et qui, en deux mois de voyage, ne se décale que de quelques secondes, performance jamais atteinte jusque-là.\n\n", "title": " L'horlogerie - Vers un outil de mesure transportable " }, { "img": [], "source_text": "Au cours du XVIIIe siècle, il est de bon ton, quand on en a les moyens, de posséder une pendule. Le raffinement de son décor et sa précision indiquent la richesse de son propriétaire. Cette précision n'est, à l'époque, d'aucune utilité dans la vie courante, mais le goût du « dernier cri » technologique n'est pas une manie apparue au XXe siècle. Au cours du XIXe siècle, l'industrialisation de l'horlogerie permet petit à petit à tous de posséder une horloge ou une pendule. En même temps, la diffusion de l'heure va se répandre avec le télégraphe et l'uniformisation du temps deviendra nécessaire en particulier avec le développement du chemin de fer, qui oblige à synchroniser les horloges d'un pays entier. Puis, le temps va aussi s'introduire dans les usines avec la mesure du temps de travail et de la productivité.\n\n", "title": " L'horlogerie - Une horloge pour tous " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_mesure_du_temps
Adolf Hitler - Doctrines raciales et crimes contre l’humanité (5)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nAdolf Hitler ([ˈadɔlf ˈhɪtlɐ] ) est un idéologue et homme d'État allemand, né le 20 avril 1889 à Braunau am Inn en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Autriche et toujours ville-frontière avec l’Allemagne) et mort par suicide le 30 avril 1945 à Berlin. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L’extension du Lebensraum allemand devait fatalement se réaliser aux dépens des populations slaves repoussées vers l’Est. Pour Hitler, la Pologne, les Pays baltes, la Biélorussie et l’Ukraine devaient être traités comme des colonies. À ce sujet, Hitler aurait dit, selon Hermann Rauschning, en 1934 : « ainsi s’impose à nous le devoir de dépeupler, comme nous avons celui de cultiver méthodiquement l’accroissement de la population allemande. Vous allez me demander ce que signifie « dépeuplement », et si j’ai l’intention de supprimer des nations entières ? Eh bien, oui, c’est à peu près cela. La nature est cruelle, nous avons donc le droit de l’être aussi ».\n\nLes populations non germaniques sont expulsées des territoires annexés par le IIIe Reich après 1939, et dirigées vers le Gouvernement général de Pologne, entité totalement vassalisée et placée par Hitler sous le joug de Hans Frank, le juriste du parti nazi. Dès octobre 1939, le RSHA programme la « liquidation physique de tous les éléments polonais qui ont occupé une quelconque responsabilité en Pologne (ou) qui pourront prendre la tête d’une résistance polonaise ». Sont visés les prêtres, les enseignants, les médecins, les officiers, les fonctionnaires et les commerçants importants, les grands propriétaires fonciers, les écrivains, les journalistes, et de manière générale, toute personne ayant effectué des études supérieures. Des commandos SS sont chargés de cette besogne. Ce traitement extrêmement dur aura causé la mort de près de 2 200 000 Polonais, dont 50 000 membres des élites. C'est ainsi que 30 % des professeurs de l'enseignement supérieur polonais ont péri, et des milliers d'hommes d'Église, d'aristocrates et d'officiers. En comptant les 3 000 000 de Juifs polonais, exterminés à plus de 90 %, c’est 15 à 20 % de la population civile polonaise qui a disparu.\n\nLes nazis firent aussi fermer les théâtres, les journaux, les séminaires, l’enseignement secondaire, technique et supérieur. Du 1er août au 2 octobre 1944, avec l’accord de Hitler, Himmler orchestra la répression de l’insurrection de Varsovie, avec pour but la destruction totale de la capitale, foyer le plus actif de la résistance polonaise. Avec la complicité passive de l’Armée rouge qui, stoppée par les Allemands aux portes de la ville, ne parachuta aucune aide aux insurgés, les nazis détruisirent la ville à 90 %, et la vidèrent de ses derniers civils après avoir causé la mort d’environ 200 000 personnes.\n\nAvec l’agression de l’URSS, Hitler a prémédité une guerre d’anéantissement contre les populations soviétiques, des experts réunis par Göring ayant notamment prévu que « nos projets devraient entraîner la mort d’environ 10 millions de personnes ». Le but est de piller toutes les ressources du pays, de démanteler toute l’économie, de raser les villes, et de réduire les populations à l’état d’esclavage et de famine (Hungerplan). La répression contre les Slaves prend donc une tournure encore plus massive, bien que certaines populations, notamment les nationalistes baltes et ukrainiens aient été initialement disposées à collaborer contre le régime stalinien.\n\nLe traitement des prisonniers soviétiques capturés par les Allemands a été particulièrement inhumain : 3 700 000 d’entre eux sur 5 500 000 meurent de faim, d’épuisement ou de maladie, parfois après avoir été torturés ou suppliciés ; des milliers d’autres sont conduits dans les camps de concentration du Reich pour y être abattus au cours de fusillades massives. Les commissaires politiques sont systématiquement abattus au nom du « décret des commissaires » (Kommissarbefehl) signé par Keitel dès avant l’invasion. Des millions de femmes et d’hommes, parfois des enfants et des adolescents, sont raflés au cours de chasses à l’homme dramatiques pour être transférés dans le Reich comme main-d’œuvre servile.\n\nLes actions des partisans sont l’occasion de représailles impitoyables sur les populations civiles, aussi bien en URSS qu’en Pologne, en Grèce et en Yougoslavie. Environ 11 500 000 civils soviétiques meurent ainsi pendant la Seconde Guerre mondiale.\n\nÀ l'automne 1944, après l'échec de la première offensive soviétique en Prusse Orientale, visionnant les images des petites villes prussiennes reprises aux soviétiques rapportées par des unités de la police militaire, il entre dans une fureur noire et assimile les soldats de l'Armée rouge, les Slaves et les populations soviétiques, non à des hommes mais à des animaux, définissant ainsi la guerre comme un conflit pour la défense de l'humanité européenne, menacée par les steppes asiatiques ; dans cette perspective, il ordonne que ces images soient largement diffusées pour susciter la haine contre les Slaves.\n\nL’obsession personnelle de Hitler à réduire ces peuples à l’état de sous-hommes a privé la Wehrmacht de nombreuses aides potentielles parmi les populations soumises au joug soviétique. Elle a également eu un rôle mortifère direct, comme lorsque Hitler interdit de prendre d’assaut la ville de Leningrad, qu’il soumet délibérément à un blocus meurtrier responsable, en mille jours de siège, de plus de 700 000 morts de civils. À ses yeux, la ville qui avait vu naître la révolution de 1917 devait être affamée puis rasée au sol. Mais il est difficile de supputer sur les conséquences d'une « attitude plus modérée, acceptable pour la majorité de la population, russe ou allogène. Le fait est qu'une telle politique était exclue car les nazis n'auraient plus été des nazis, et la Seconde Guerre mondiale n'aurait pas eu lieu ». De même, Hitler a cautionné les expériences pseudo-médicales visant à mettre au point un programme de stérilisation massive des femmes slaves, perpétré sur des milliers de cobayes humains de Ravensbrück et d’Auschwitz. Et les premières victimes de gazages au Zyklon B à Auschwitz furent des prisonniers soviétiques.\n\n", "title": " « Sous-hommes » slaves " }, { "img": [], "source_text": "Hitler semble avoir été essentiellement pragmatique dans ce domaine : il toléra un temps l'homosexualité au sein du parti nazi, mais sut user de l'homophobie populaire lorsqu'il pouvait en tirer profit, en particulier lors de la nuit des Longs Couteaux et de l'élimination d'Ernst Röhm, ainsi que lors de l'affaire Blomberg-Fritsch. Il ne développa pas de doctrine spécifique à cet égard, au contraire de Himmler.\n\nEntre 5 000 et 15 000 homosexuels ont été déportés en camp de concentration entre 1933 et 1945, sur environ 50 000 poursuivis au titre du paragraphe 175 criminalisant les actes sexuels entre deux hommes (l'homosexualité féminine n'ayant pas été criminalisée). Représentant moins de 1 % des effectifs des camps, ils sont en revanche le plus souvent affectés aux commandos de travail les plus durs et, comparés à d'autres groupes, connaissent une mortalité particulièrement élevée.\n\n", "title": " Persécution des homosexuels " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Hitler
Scribe dans l'Égypte antique - Scribe des Archives royales (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe scribe (du latin scriba, de scribere, écrire) désigne dans l'Égypte antique un fonctionnaire lettré, éduqué dans l’art de l’écriture et de l’arithmétique. Omniprésent comme administrateur, comptable, littérateur ou écrivain public, il fait fonctionner l’État de Pharaon au sein de sa bureaucratie, de son armée ou de ses temples. Le scribe royal domine l’administration centrale. Les scribes supérieurs font partie de la cour du pharaon, ils ne paient pas d’impôts et n’ont pas d’obligations militaires.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Parvenu au faîte de son art et de la société, le scribe des Archives royales domine l'administration centrale. Ses compétences sont étendues : il coiffe, contrôle et enregistre les actions de toutes les autres institutions. L'ampleur de sa charge souligne, dès les plus hautes époques, l'importance que l'État accorde à l'écrit, c'est le témoin indispensable de tout ce qui constitue la vie d'un pays dont le gouvernement est fondé sur une connaissance précise des personnes, des biens et des situations.\n\nSous l'Ancien Empire, le scribe des Archives royales, dont on trouve trace à partir du règne de Néferirkarê Kakaï (Ve dynastie), est responsable du département des Documents royaux, également appelé le « Double Laboratoire ». À cette institution se rattachent d'autres services d'archives et de bibliothèques.\n\nLe scribe Khououiou, qui vivait sous la Ve dynastie, était à la fois « chargé d'affaires du roi », « scribe des Documents royaux » et « directeur des Scribes ».\n\nSous la VIe dynastie, Djâou, dont on a retrouvé la tombe à Abydos, était « scribe des Rouleaux divins », « directeur des scribes royaux » et « prêtre lecteur ».\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Scribe_dans_l'Égypte_antique
Marseille - Histoire (5)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nMarseille (Marsiho en provençal) est la principale ville française du littoral méditerranéen de Provence (Sud-Est de la France), chef-lieu du département des Bouches-du-Rhône et préfecture de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.\n\nPlus ancienne ville de France, fondée vers 600 av. J.-C. par des marins et des marchands grecs originaires de Phocée (aujourd'hui Foça en Turquie, près d'Izmir) sous le nom de Μασσαλία / Massalía, Marseille est depuis l'Antiquité un important port de commerce et de passage. Elle connaît un essor commercial considérable pendant la période coloniale et plus particulièrement au cours du XIXe siècle, devenant une ville industrielle et négociante prospère.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Si Marseille a pratiquement ignoré la Renaissance, elle se transforme à partir du XVIIe siècle, entre esprit classique et baroque, sous l'influence notamment de Pierre Puget. Après la soumission de la ville par Louis XIV, l'agrandissement en est décidé. Pour la première fois, Marseille s'étend au-delà de ses murailles médiévales. Le Cours (renommé Cours Belsunce en 1852), axe principal des nouveaux quartiers, est construit en 1670.\n\nEn mars 1669, Jean-Baptiste Colbert fait de Marseille un port franc, supprimant la quasi-totalité des droits. En 1685, un édit interdit aux marchandises du Levant d'entrer dans le royaume par un autre port que Marseille, qui se retrouve ainsi en situation de monopole. La Chambre de commerce, la plus ancienne de France, fondée en 1599, reçoit la gestion du commerce français avec le Levant et la Barbarie. Ces dispositions attirent une nouvelle prospérité grâce au commerce méditerranéen. À partir de 1700, Marseille se lance dans le commerce océanique, d'abord dans le trafic d'argent avec l'Amérique du Sud, puis des alcools, sucre et café avec les Antilles.\n\nL’Embarquement du corps expéditionnaire de Minorque par Jean-Joseph Kapeller, peint en 1756, montre avec une grande précision les façades de l'Arsenal des galères à gauche et de l'hôtel de ville à droite. La tour du Fort Saint-Jean se dresse au centre et au fond, à la sortie du grand bassin.\n\nÀ la fin du XVIIIe siècle, Marseille est le premier port de Méditerranée, devant Gênes. Si la peste de 1720 porte un rude coup à la démographie de la ville (38 000 victimes sur 75 000 habitants), celle-ci se rétablit vite et atteint son niveau d'avant la peste dès 1730.\n\nEn dehors de la cité, le terroir marseillais, comprenant une cinquantaine de villages et de riches familles exploitantes agricoles, profite de cette prospérité. La principale richesse du terroir est le vin, qui est vendu en ville où aucun vin étranger n'est autorisé.\n\n", "title": " XVIIe et XVIIIe siècles : l'essor commercial " }, { "img": [], "source_text": "Il faut attendre la Révolution française et l'uniformisation du territoire français (langue, monnaie, droit) pour que Marseille qui jusqu'alors faisait partie des provinces à l'instar de l'étranger effectif via son port franc (liberté de commerce avec l'étranger mais droit de douanes avec le reste des provinces françaises) perde cette spécificité qu'elle a toujours tenté de conserver. La ville accueille toutefois avec enthousiasme le début de la révolution, envoyant un bataillon de fédérés en 1792 à Paris qui arrivera en chantant le chant de guerre de l'armée du Rhin de Rouget de Lisle, chant qui prendra par la suite comme nom La Marseillaise.\n\nPar la suite, révoltée contre la Convention en raison de la perte de ses libertés communales et rejoignant le parti fédéraliste, Marseille est officiellement débaptisée et désignée du 6 janvier au 12 février 1794 comme la ville « sans nom ». Au printemps, dans un souci d'apaisement, Maignet, qui remplace Fréron, redonne son nom à la ville.\n\n", "title": " Révolution et Empire " }, { "img": [], "source_text": "En 1792, Rouget de Lisle, jeune officier du génie, compose à Strasbourg le Chant de guerre de l'Armée du Rhin. Cet hymne, qui a été édité, parvient à Marseille qui a accueilli la Révolution avec enthousiasme. La ville, envoyant à Paris 500 volontaires, leur offre un banquet, au cours duquel le général François Mireur chante l'œuvre venue d'Alsace. Elle soulève l'enthousiasme et les assistants la reprennent en chœur. Quand ils défilent dans les rues de Paris, leurs voix chaudes de Méridionaux, qui lancent à toute volée les strophes enflammées, électrisent la foule. Le nouvel hymne trouve aussitôt son nom : c'est la Marseillaise. Une plaque commémorative de Rouget de Lisle est visible rue Thubaneau au centre de Marseille.\n\n", "title": " Révolution et Empire - La Marseillaise " }, { "img": [], "source_text": "Le XIXe siècle, avec son cortège d'innovations industrielles (dont l'apparition de la navigation à vapeur), la fin de la piraterie barbaresque et les traités de libre échange des années 1860, les conquêtes coloniales de la France à partir de 1830 puis le percement du canal de Suez en 1869, stimulent le commerce maritime et la prospérité de la ville, qui passe d'environ 300 000 habitants en 1870 à environ 600 000 habitants en 1940. La zone portuaire déborde de son périmètre historique (le Vieux-Port) et s'étend à partir de 1844 aux rivages Nord. Les actuels bassins de la Joliette sont ouverts en 1853, ceux du Lazaret et d'Arenc en 1856. La banque de Marseille la plus réputée est alors celle créée par Pierre Pascal II au début de l'Empire.\n\nEn 1870, Marseille se place au premier rang des ports d’Europe continentale avant de se laisser dépasser par Hambourg, Anvers et Rotterdam à la fin du siècle.\n\nEn mars 1871, les insurgés républicains proclament la Commune de Marseille. Celle-ci sera écrasée à l'issue d'une répression sanglante par les troupes du régime versaillais[source insuffisante].\n\nL'économie de la ville est alors basée sur le négoce et l'industrie : production de corps gras, huile et savons, sucre, semoulerie, chimie, tuilerie, réparation navale et construction mécanique.\n\nLe Port fin XIXe siècle par Félix Ziem\n\nSi la fin du XIXe siècle est moins florissante, la période précédant la Première Guerre mondiale est le point culminant de ce système « industrialo-portuaire » marseillais : l'année 1913 est celle où le tonnage portuaire est le plus important, notamment les oléagineux. À cette époque se développent de petites entreprises créées par de nouveaux venus (sud de la France, Italie, Empire ottoman) et d'abord spécialisées dans le négoce et la transformation des produits coloniaux, puis des armateurs, négociants, fabricants d'huile, raffineurs de sucre et savonniers, voire banquiers. Dans ce système concurrentiel et de spéculation de marchés, défini par l'individualisme industriel, l'activité repose souvent sur un système familial. Très attachés à ce modèle libéral, bénéficiant d'une main d'œuvre étrangère peu qualifiée, ces patrons marseillais sont contre toute intervention « parisienne » du type d'investissement de capitaux privés ou de mise en place de réglementations publiques. Marseille célèbre cette richesse à travers les expositions coloniales de 1906 et 1922, qui connaissent un vif succès.\n\n", "title": " Du XIXe au début du XXe siècle : Marseille, port des colonies - De 1860 au début de la Première Guerre mondiale " }, { "img": [], "source_text": "L'accroissement territorial et démographique de la ville est à l'origine d'un chantier majeur : l'adduction des eaux de la Durance, décidée dès 1834 par le maire Maximin Dominique Consolat. Cette mesure s'impose d'autant plus que sévissent cette année-là une grande sécheresse et une épidémie de choléra. La construction par 5 000 ouvriers du canal de Marseille, long de 87 km, demande onze ans de travaux et l'eau de la Durance arrive le 8 juillet 1847 à Marseille. En 1862, afin de commémorer cet événement, l'architecte d'origine nîmoise Henri-Jacques Espérandieu (1829-1874) est chargé de réaliser un vaste monument « à la gloire de l'eau » ; c'est le palais Longchamp, qui est inauguré en août 1869.\n\nCe dernier a également édifié la basilique de Notre-Dame-de-la-Garde à partir de 1853 (consacrée en 1864) et est intervenu aussi sur le grand chantier de construction de la nouvelle cathédrale de La Major, sur les quais de la Joliette. Il a réalisé également de 1864 à 1874 le palais des Arts situé place Carli et a participé à la construction de la monumentale préfecture.\n\nL'autre grand chantier est, comme partout en France à cette époque, l'arrivée du chemin de fer. Marseille est reliée à Avignon au début de l'année 1848, à Lyon en 1854, à Paris en 1857. La gare terminus, établie sur la butte Saint-Charles, fait l'objet de nombreux remaniements et aménagements jusqu'à la fin du siècle.\n\nEn 1871, pendant le soulèvement de la Commune de Paris, la ville connaît une insurrection similaire qui dure quinze jours. La préfecture est bombardée et le chef des insurgés, un avocat modéré, Gaston Crémieux, fusillé six mois plus tard, au Pharo.\n\nEn 1884 sévit une nouvelle épidémie de choléra. En 1891 débutent les travaux d’un réseau d'assainissement aboutissant à la construction d'un grand collecteur.\n\n", "title": " Du XIXe au début du XXe siècle : Marseille, port des colonies - Grands chantiers " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Marseille
Histoire de l'agriculture - Naissance et expansion de l'agriculture par régions (5)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’histoire de l'agriculture est l'histoire de la domestication des plantes, des animaux et du développement, par les êtres humains, des techniques nécessaires pour les cultiver ou les élever, puis de la modification des écosystèmes cultivés, transformés en agroécosystèmes. L'agriculture est apparue indépendamment dans différentes parties du monde lors de la Révolution néolithique, il y a parfois plus de dix mille ans. On peut supposer que cela a débuté par une agriculture de subsistance. Puis, peu à peu, s'est créée une agriculture de production et de négoce.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Dans certaines régions, l'arrivée de l'agriculture entraîne un mouvement important de domestication d'espèces locales. Ces zones sont appelées centres secondaires de domestication.\n\nEn Afrique, il est encore difficile d'établir s'il s'agit de centres secondaires ou d'apparitions autonomes de l'agriculture, : l'importance de ce continent est probablement sous-estimée. Il peut en être de même pour le Sud-Est asiatique.\n\nL'ouest et le nord du Sahel, où sont domestiqués le sorgho commun (grand mil, Sorghum bicolor, - 2000), le mil des teinturiers (S. bicolor caudatum qui fournissait une teinture rouge de grande importance), le fonio (Digitaria exilis), le mil à chandelles (petit mil, millet perlé, Pennisetum glaucum) et le riz africain vers - 1000, le karité, le niébé, le pois bambara, le gombo, le figuier sycomore et une espèce de bovins (Bos primigenius).Le sud du sahel, dans la zone de mosaïque forêt-savane où sont domestiqués le fonio noir (Digitaria iburua), l'igname, le palmier à huile et la noix de kola .Les plateaux éthiopiens où sont domestiqués le khat, le bananier d'Abyssinie (Ensete ventricosum) utilisable pour son sagou et ses fibres, le nyger (Guizotia abyssinica, une astéracée oléagineuse), deux céréales : le teff et l'éleusine, le café (Histoire de la caféiculture) et peut-être l'âne (- 5000) et des bovins. La myrrhe, résine de Commiphora myrrha, provenait d'abord d'Éthiopie.Madagascar est sans doute la terre d'origine de Raphia farinifera, un palmier qui fournit des fibres, le raphia, et une farine (sagou).Dans le sud de la Chine et le Sud-Est asiatique sont domestiqués la fève, le taro, l'igname, la rave, le litchi, le durian, le mandarinier, le bananier, l'abaca (une espèce de bananier qui donne une fibre très solide : le chanvre de Manille), le kapok (Bombax ceiba qui donne une fibre similaire au coton), une canne à sucre, le bétel (Piper Betle) à usage médicinal, le palmier à bétel (Areca catechu, un stimulant), la poule, les premiers ossements répertoriés en Thaïlande venant de Ban Non Wat (en) et datant d'environ -1500, le canard colvert, un porc (Sus celebensis, le sanglier des Célèbes) et des bovins : le gaur ou gayal et le banteng (à Java). Lorsque l'agriculture chinoise diffuse dans le Sud-Est asiatique elle influence diverses communautés de chasseurs-cueilleurs qui pratiquent une proto-agriculture.\n\nEn Sibérie, les Samis (Lapons) ont domestiqué puis exploité le renne suivant un système pastoral après - 1000, avant d'occuper leurs parcours de l'extrême nord de l'Europe (aujourd'hui nord de la Scandinavie, péninsule de Kola, Carélie). Les Iakoutes avaient domestiqué l'élan, animal particulièrement adapté à la vie dans les marais et les forêts, il fut utilisé surtout comme animal de trait et ponctuellement pour son lait et comme monture (atteignant 60 km/h, l'élan peut distancer les chevaux).À partir de ces centres, les nouvelles espèces domestiquées se diffusent à leur tour vers d'autres territoires, à l'exemple du taro et du bananier qui atteignent la côte est de l'Afrique puis se diffusent à l'intérieur des terres, vers l'ouest.\n\n", "title": " Centres secondaires de domestication " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l'agriculture
Convention européenne des droits de l'homme - Protocoles (1)
2,039
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (CSDHLF), communément appelée Convention européenne des droits de l'homme (CEDH, ou ConvEDH afin de ne pas être confondue avec la Cour européenne des droits de l'homme, qui en contrôle l'application et qui possède le même sigle), est un traité international signé par les États membres du Conseil de l'Europe le 4 novembre 1950 et entré en vigueur le 3 septembre 1953.\n\nElle a pour but de protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales en permettant un contrôle judiciaire du respect de ces droits individuels. La Convention se réfère à la Déclaration universelle des droits de l'homme, proclamée par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948. Le respect des obligations par les États parties à la CEDH est contrôlé dans le cadre d’une procédure de plainte individuelle ou étatique.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En 2002, treize protocoles à la Convention ont été ouverts à signature.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "Toutes les dispositions législatives qui avaient été amendées ou ajoutées par ces protocoles sont remplacées par le protocole no 11 (STE no 155), à compter de la date de son entrée en vigueur le 1er novembre 1998. À compter de cette date, le protocole no 9 (STE no 140), entré en vigueur le 1er octobre 1994, est abrogé et le protocole no 10 (STE no 146) est devenu sans objet.\n\nLe texte de la Convention a été amendé plusieurs fois.\n\nLes principaux protocoles sont les suivants :\n\nprotocole no 3 (STE no 45, adopté le 6 mai 1963) ;\n\nprotocole no 5 (STE no 55, adopté le 20 janvier 1966) ;\n\nprotocole no 8 (STE no 118, adopté le 19 mars 1985) ;\n\nprotocole no 9 (STE no 140, adopté le 9 novembre 1990) ;\n\nprotocole no 10 (STE no 146, adopté le 25 mars 1992) ;\n\nprotocole no 11 (STE no 155, adopté le 11 mai 1994), est le plus important.Le protocole no 2 (STE no 44, adopté le 6 mai 1963), bien qu'il n'amende pas le texte de la Convention en tant que telle, stipule qu'il doit être considéré comme une partie intégrante de la Convention, et a été consolidé dans la Convention par le protocole no 11.\n\nLe protocole no 11 institue un changement fondamental dans le mécanisme de la Convention. Comme indiqué plus haut, la Commission a été abolie, et les personnes physiques ont été autorisées à saisir directement la Cour. Cela a nécessité des changements dans l'organisation de la Cour, pour lui permettre de jouer son nouveau rôle plus étendu. Le protocole no 11 a aussi aboli toutes les fonctions judiciaires du Comité des Ministres. Le protocole no 11 a également rendu nécessaires des amendements aux protocoles qui avaient étendu les droits substantiels.\n\nLes autres protocoles (no 1, 4, 6, 7, 12 et 13) ont ajouté des droits substantiels à ceux déjà protégés par la Convention, qui sont exposés plus bas, à la suite de ceux contenus dans la Convention elle-même.\n\nLes protocoles 14 et 14 bis adoptés en 2004 et entrés en vigueur le 1er juin 2010 réforment en profondeur le fonctionnement de la Cour : il est ici question de réguler l'encombrement de la Cour.\n\nLe protocole 15 ouvert à la signature des États parties depuis le 24 juin 2013 et qui entrera en vigueur lorsqu'il aura été ratifié par l'ensemble des États parties amende la Convention en y introduisant une référence au principe de subsidiarité et à la marge d’appréciation laissée au juge national dans l'interprétation de la Convention. Avec le protocole 15, le délai pour former un recours devant la Cour passera de 6 à 4 mois à compter de la décision nationale définitive.\n\nLe protocole 16, ouvert à la signature des États parties à partir du 2 octobre 2013, est entré en vigueur le 1er août 2018, à la suite de sa ratification par la France. Il introduit une procédure facultative permettant aux plus hautes juridictions nationales de saisir la Cour pour avis sur un litige en cours.\n\n", "title": " Protocoles amendant la Convention " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_européenne_des_droits_de_l'homme
Harcèlement scolaire - Cyberharcèlement (1)
3,597
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe harcèlement scolaire, intimidation ou plus rarement « caïdage » (voir également brimade, bizutage) décrit des comportements de harcèlement en milieu scolaire. Il est caractérisé par l'usage répété de violences, dont des moqueries et autres humiliations.\n\nLes récents développements dans les technologies de la communication viennent compliquer le problème du harcèlement scolaire. Au moyen du « cyberharcèlement » (ou « cyberintimidation », « cyberbullying »), les enfants harceleurs peuvent poursuivre leurs méfaits hors des murs de l'école, anonymement ou pas.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le « cyberharcèlement » ou, au Canada, « cyberintimidation » ou « cyberbullying », est une nouvelle forme de harcèlement dont la particularité est qu'elle se fait par Internet ou en utilisant les nouvelles technologies de l'information et de la communication notamment par courrier électronique, sur des forums, par messagerie instantanée (tchats), ou sur les réseaux sociaux en ligne et blogs, mais également par téléphone mobile via des appels ou des textos.\n\nIl se distingue du harcèlement scolaire par les critères suivants :\n\nIl n’est pas cantonné à la cour de recréation ou aux moments où l’enfant est à l’école.\n\nIl fait appel à des connaissances techniques des technologies en ligne, dans ce sens c'est une arme utilisable par ceux qui ne peuvent physiquement ou socialement pratiquer le harcèlement scolaire.\n\nIl peut être anonyme : la victime ignore l’auteur des méfaits.\n\nLa fréquence et l'intensité des insultes et de la violence psychique sont renforcés par les moyens technologiques (diffusion d'informations, harcèlement on line collectif)Sur les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, TikTok ou Snapchat, il consiste en la publication de messages humiliants, diffamatoires ou encore dégradants ainsi que la publication de photos embarrassantes.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Harcèlement_scolaire
Histoire-géographie
659
[ { "img": [], "source_text": "Dans l'enseignement secondaire du système éducatif français, la matière consacrée aux sciences humaines se compose de l'histoire, la géographie et l'enseignement moral et civique au collège. Elle se poursuit accompagnée des sciences économiques et sociales au lycée général et technologique. Elle est rattachée aux Lettres au lycée professionnel.\n\nL'association de l'enseignement du temps historique et de l'espace géographique est une spécialité de la République française. Les programmes d'histoire et de géographie sont généralement séparés dans les autres pays du monde. Depuis la IIIe République, l'histoire des programmes d'histoire-géographie a évolué en fonction des ministères. Ces derniers sont aujourd'hui composés par le Conseil supérieur des programmes.\n\n", "title": "" } ]
wik-geo-premiere
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire-géographie
Métropole
643
[ { "img": [], "source_text": "Une métropole (dérivé du bas latin metropolis « capitale d'une province », lui-même du grec ancien μητρόπολις / mētrópolis, « ville-mère ») est la ville principale d'une région géographique ou d'un pays qui est à la tête d'une aire urbaine importante, par sa grande population et par ses activités économiques et culturelles, permet d'exercer des fonctions organisationnelles sur l'ensemble de la région qu'elle domine. ; par exemple, New York est la plus grande métropole des États-Unis alors que Washington en est la capitale.\n\nPar extension, le terme métropole peut s'employer pour désigner un endroit où se concentre une activité spécifique, comme Paris, qui est la métropole de la mode par excellence, ou Los Angeles, qui est la métropole du cinéma.\n\nLa métropole désignait aussi, pour certains pays, le territoire continental ou central par rapport à ses colonies. Le terme est encore utilisé, de manière erronée, pour parler d'un territoire continental par rapport à ses territoires extérieurs ou collectivités d'outre-mer. Par exemple, la France métropolitaine est appelée, à tort, « la métropole » par opposition aux territoires français situés outre-mer. Il est préférable de parler de France hexagonale ou continentale, ou encore de l'Hexagone. ; la guerre d'indépendance des États-Unis opposa certains colons britanniques d'Amérique du Nord à leur métropole, le royaume de Grande-Bretagne.\n\nPour résumer, la métropole est une ville où se concentre le pouvoir : économique, politique et culturel.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Métropole
Penser le changement global et agir face à ses effets
189
[ { "img": [], "source_text": " Le changement global désigne des phénomènes qui ont des conséquences à l’échelle mondiale (doc. 3 p. 267). C’est le cas par exemple de la déforestation, ou du changement climatique.\n❯ Le changement climatique est un phénomène de modification du climat de la Terre. Il s’explique par des causes naturelles et par des causes humaines. En effet, les activités humaines (industries, transports, agriculture) génèrent des gaz à effet de serre (GES), qui participent au réchauffement de l’atmosphère.  ❯ Le changement climatique provoque d’autres phénomènes, comme l’augmentation de la fréquence des catastrophes naturelles, la hausse du niveau de la mer (doc. 4 p. 267) ou l’acidification des océans.", "title": "❯" }, { "img": [], "source_text": " ✔ Changement global : changements à l’échelle mondiale ✔ Changement climatique : modification du climat de la Terre ✔ Causes naturelles et humaines ✔ Effets multiples", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Les principaux pays contributeurs au changement global sont les pays développés et les pays émergents. Ce sont les pays qui émettent le plus de GES.❯ Les pays pauvres polluent peu. Ils subissent pourtant les effets du changement global. Du fait de leur faible développement, ils peinent à mettre en place des mesures pour s’adapter à certains de ses effets comme la désertification (doc. 2 p. 267). Leur résilience est plus limitée que celle des pays développés (étude de cas 2). ", "title": "❯" }, { "img": [], "source_text": " ✔ Un réchauffement global accéléré par les pays développés et émergents ✔ Des effets sur tous les territoires. En particulier sur les pays en développement, les plus ", "title": "vulnérables" }, { "img": [], "source_text": " Face au changement global et à ses principaux effets, les sociétés humaines peuvent agir (étude de cas 1).\n❯ À l’échelle mondiale, les pays tentent de trouver des solutions (doc. 1 p. 266). En décembre 2015, à la COP21, 195 états ont adopté un accord qui prévoit de maintenir le réchauffement sous le seuil des 2° C par rapport aux niveaux préindustriels.  ❯ Les villes génèrent 80 % des émissions de CO2. À l’échelle locale (étude de cas 3), des politiques sont mises en place pour réduire les émissions de GES. ", "title": "❯" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110214/g5.5.les.ville-flottante-copie.jpg" ], "source_text": "Projet de ville flottante pour les réfugiés climatiques", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " Le changement climatique\n \n\n Le changement global\n \n\n Un gaz à effet de serre (GES) \n\n \n La résilience\n \n\n La vulnérabilité\n \n \n ", "title": "Vocabulaire" }, { "img": [], "source_text": " : phénomène de modification du climat de la Terre.\n\nLe changement global : nombreuses modifications de l’environnement qui ont des conséquences sur la vie des hommes et sur les écosystèmes.\n\nUn gaz à effet de serre (GES) : gaz qui retient une partie de la chaleur de la Terre et participe au réchauffement de l’atmosphère. L’un des principaux est le dioxyde de carbone (CO2).\n\nLa résilience : capacité d’un acteur à revenir à un fonctionnement normal après avoir subi une catastrophe.\n\nLa vulnérabilité : fragilité d’un territoire et d’une société face aux risques. La vulnérabilité est liée au degré d’exposition au risque mais aussi à la capacité de la société à s’en protéger.", "title": "Le changement climatique" } ]
lls-histoire-geographie-cinquieme
https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110214
Gouvernance environnementale - Acteurs (3)
878
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’environnement et les ressources naturelles doivent être considérés comme des biens communs mondiaux, qui appartiennent aux catégories spécifiques des biens non manufacturés qui, lorsqu’ils sont partagés, peuvent être soit divisés soit détruits. Le caractère mondial de ces biens découle de l’appartenance de chacun des éléments qui le composent à un système intégré. Chacun peut profiter de l’atmosphère, du climat et de la biodiversité (entre autres) et, en même temps, la planète tout entière souffre des effets dramatiques du réchauffement global, de la réduction de la couche d'ozone ou de l’extinction des espèces. Cette dimension planétaire incite à une gestion partagée.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La question des acteurs participant à la gouvernance environnementale est directement liée à la démocratisation de cette dernière. Ainsi, selon Bäckstrand et Saward, il existe un consensus sur le fait qu’une « plus grande participation des acteurs non étatiques dans les décisions environnementales à caractère multilatéral (concernant l’élaboration d’agendas, le lancement de campagnes, la pression, la consultation, le contrôle et la mise en place) renforce la légitimité démocratique de la gouvernance environnementale ».\n\nToutefois, d’autres exemples montrent que face à la puissance déployée par les entreprises pour agir sur le développement d’un territoire (entreprises minières notamment), seul un fort activisme à l’échelle locale permet de rassembler l’ensemble de la population et les autorités publiques. Cela a été le cas de Cotacachi (Équateur), où un mouvement social a combiné l’éducation populaire en matière de politique environnementale, particulièrement chez les femmes, l’action directe, l’influence des autorités publiques locales et la dénonciation des plans de l’industrie minière dans le pays d’origine (Canada), avec le soutien de groupes environnementalistes internationaux.\n\nCette importance de la multiplicité des stratégies est également signalée par Fisher lorsqu’il fait référence aux acteurs de la société civile exerçant des pressions au sein des institutions internationales par le biais de délégations nationales d’ONG, tout en organisant des manifestations à l’extérieur des rencontres de ces institutions. L’objectif des mouvements sociaux est parfois de se porter garants des lois que les gouvernements de leurs pays respectifs n’ont pas respectées ou qu’ils ont mal interprétées.\n\nMais au-delà des résultats positifs de l’action des mouvements sociaux sur la démocratisation des sociétés dont ils font partie, il convient de se demander dans quelle mesure ils peuvent être les acteurs principaux d’une transformation du territoire ou jusqu’à quel point ils contribuent à générer une gouvernance environnementale au niveau territorial (nouvelles institutions, systèmes de normes, comportements, formes d’organisation et modalités de gestion). Selon Bengoa, \" les mouvements sociaux ont contribué de manière décisive à la création d’un espace institutionnel dans lequel la lutte contre la pauvreté et l’exclusion devient une référence à laquelle on ne peut échapper ”, mais en dépit des succès obtenus dans ce sens, “ ces changements institutionnels n’ont pas donné lieu à des processus de transformation qui auraient pu modifier de façon substantielle les opportunités des habitants des campagnes, particulièrement les plus pauvres et les exclus sociaux \". Les raisons de cette limitation sont, entre autres, les suivantes :\n\nConfrontation entre force de cohésion de l’identité et ouverture à la différence pour accroître la solidité des mouvements ;\n\nManque de capacité pour renforcer la confiance entre les individus et obtenir la coopération d’autrui ;\n\nContradiction entre participation sociale et innovation : au-delà de la volonté politique, la participation débouche sur une transformation réussie de l’économie du territoire dans certains cas seulement ;\n\nOn arrive souvent à produire des biens et des services, mais on ne parvient pas à éviter que ceux-ci soient commercialisés à travers des circuits conventionnels déjà existants. Autrement dit, la critique idéologique du “ marché ” n’est souvent pas en mesure de se donner les moyens d’intervenir sur le marché et encore moins d’organiser des marchés.Une autre question, non moins importante que la capacité d’initiative des mouvements sociaux, est leur capacité d’articulation à l’échelle locale dans des cadres de gouvernance au sein desquels ils s’organisent avec des acteurs institutionnels. On peut citer à cet égard l’exemple de l’Équateur, où se déroule l’expérience novatrice d’une formation de fédérations et de comités de gestion auxquels participent différents acteurs (ONG, communauté, municipalités, ministère) afin de mener à bien, d’un point de vue social, la gestion d’une forêt protégée.\n\n", "title": " Acteurs non-étatiques " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernance_environnementale
Édit de Fontainebleau (1685) - Les prémices de la révocation (2)
3,106
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume. L'édit de 1685, qui consiste à interdire le culte protestant en France, est plus connu sous le nom de « révocation de l'édit de Nantes ».", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En 1679, débute la seconde vague de textes anti-protestants. La Caisse de conversions a donc obtenu des résultats limités. Soumise au « bon désir du roi », la France, à l’apogée de sa puissance en Europe, n’a toujours pas réglé le sort des religionnaires du royaume. Affaiblies, les E.R.F. affichent toujours leur fidélité à la monarchie, mais leur résistance et les vestiges subsistants de l’édit de Nantes sont anéantis dans les années 1679-1685 par les arrêts du Conseil. On compte plus de quatre-vingts arrêts dans cette période.\n\nLe processus méthodique d’étouffement du protestantisme s'accélère :\n\nsuppression des assemblées locales protestantes et du synode national ;\n\nréexamen des droits des temples amenant la destruction d’un temple sur deux ;\n\nà partir de 1683, réservation, dans les temples, d'une place pour des catholiques venus écouter le pasteur pour favoriser la délation ;\n\nexclusion des offices dont l’acquisition est essentielle dans le processus d’ascension sociale des familles protestantes, puis des professions libérales (avocats, notaires, médecins, apothicaires, mais aussi imprimeurs et libraires, personnages-clés pour la diffusion de la Bible) ;\n\nsuppression des chambres mi-parties dites de l’édit (mais antérieures à l'édit de Nantes) ;\n\nsuppression de tous les établissements d’enseignement au-delà de l’enseignement primaire, ce qui revient à confier l’éducation des enfants aux catholiques ;\n\ncréation d’une caisse de conversion pour acheter les conversions.Au contraire des événements qui avaient suivi l’annexion du Béarn par la monarchie en 1620, il n'y eut guère de soulèvements. Les nobles protestants, pour mieux plaire au roi en servant leurs ambitions s’étaient convertis au catholicisme depuis 1630 ; la paix d’Alès avait privé les huguenots de leurs places fortes et de leurs troupes. En 1683, la tentative de s'assembler sur les « masures » (ruines des temples détruits) pour le culte du dimanche fut écrasée dans le sang, et le pasteur Isaac Homel fut roué vif à Tournon.\n\nEn octobre 1679, les synodes réformés doivent accepter la présence d'un commissaire nommé par la cour ; à Lyon, c’est Jean-Baptiste Dulieu, lieutenant de la sénéchaussée et présidial de Lyon, qui assiste aux séances du consistoire, à partir du 18 mars 1685. Un autre arrêt accentue les peines à l’encontre des relaps protestants. En 1680, un nouvel édit exclut les protestants de certaines professions et on interdit aux catholiques de se convertir au protestantisme. D’autres mesures sont prises : le 17 juin 1681, l’âge de la conversion au catholicisme passe à 7 ans, en juillet 1681, un arrêt supprime l’académie de Sedan ; suivent celles de Die en septembre 1684, de Saumur en janvier 1685 et de Puylaurens en mars 1685.\n\nL'ordonnance du 11 avril 1681 est à l’origine des dragonnades. Elle permet : « l’exemption de logement des gens de guerre et contribution d’iceux pendant deux ans en faveur de ceux qui, étant de la RPR se sont convertis et faits catholiques depuis le 1er janvier dernier et qui se convertiront ci-après ».\n\n", "title": " L’œuvre de démantèlement de l’édit de Nantes par l’État (1661-1685) - Intensification des persécutions (1679-1685) - Les textes anti-protestants " }, { "img": [], "source_text": "Le but des dragonnades mises en œuvre à partir du mois de mai 1681 dans le Poitou par l’intendant Marillac est de terroriser les populations et d'obtenir leur conversion. Les soldats du roi logent chez l’habitant protestant et tentent par tous les moyens de le faire abjurer car « le roi le veut ». Les moyens employés vont d’une simple démonstration de force jusqu’au pillage, au viol et au meurtre. Une fois qu'un village s'est converti, les soldats passent à un autre.\n\nLes temples encore debout ferment et les conversions de réformés poitevins, obtenues par l'arme de la terreur, sont massives : la première dragonnade organisée en 1681 par l’intendant du Poitou, Marillac, permit à cet agent du pouvoir royal d'annoncer « 30 000 conversions obtenues entre août et novembre ».\n\nLes premiers fugitifs tentent de s'échapper par les ports de l’Atlantique.\n\nEn 1682, l'assemblée du clergé rédige un avertissement pastoral adressé aux protestants, qui les menace de « malheurs incomparablement plus épouvantables et plus funestes que tous ceux qui vous ont atteints jusqu'à présent dans votre révolte et votre schisme » s'ils persistent à ne pas réintégrer l'Église romaine. Homologué par Louis XIV, cet avertissement est envoyé aux Intendants et lu dans les temples où il est lu par un membre du clergé catholique. Les protestants répondent poliment mais fermement qu'ils ne reconnaissent à ce clergé aucun pouvoir sur leurs consciences.\n\nAprès une pause de trois ans, les dragonnades reprennent dans le Sud-Ouest à partir de mai 1685. Partant du Béarn, elles gagnent le Languedoc et la vallée du Rhône à l’est, puis la Saintonge au nord. « On estime qu’à la fin de l’été [1685, soit avant l'édit de Fontainebleau], le nombre de ceux qui signèrent sous la contrainte une Confession de Foi catholique préparée à cette fin atteignit environ 400 000 ».\n\n", "title": " L’œuvre de démantèlement de l’édit de Nantes par l’État (1661-1685) - Intensification des persécutions (1679-1685) - Les conversions forcées " }, { "img": [], "source_text": "La législation renforce l’impact des dragonnades. En août 1684, les biens des consistoires sont transférés aux hôpitaux. En septembre 1684, un arrêt interdit aux réformés d’aider les religionnaires pauvres et malades ; les hôpitaux sont tenus par des ordres religieux. En décembre 1684, l’exercice du culte est prohibé là où il y a moins de 10 familles protestantes. En mai 1685, les réformés fugitifs encourent les galères en cas d'arrestation.\n\nAu mois d’octobre 1685, sous prétexte que la plupart des réformés sont convertis et que l’Église réformée a presque totalement disparu, « l’hérésie » est déclarée extirpée. Il ne reste plus au roi qu’à révoquer l’édit de Nantes, symbole inutile d’un temps révolu.\n\n", "title": " L’œuvre de démantèlement de l’édit de Nantes par l’État (1661-1685) - Intensification des persécutions (1679-1685) - Nouvelles mesures vexatoires " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Édit_de_Fontainebleau_(1685)
États-Unis - Géographie (2)
1,142
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLes États-Unis (prononcé : [etazyni]), en forme longue les États-Unis d'Amérique, également appelés informellement les USA ou moins exactement l'Amérique (en anglais : United States, United States of America, US, USA, America), sont un État transcontinental dont la majorité du territoire se situe en Amérique du Nord. Les États-Unis ont la structure politique d'une république et d'un État fédéral à régime présidentiel, composé de cinquante États. La capitale fédérale, Washington, est située dans le district de Columbia, une zone enclavée dans l'Union, mais hors des cinquante États. La monnaie est le dollar américain. Il n'y a pas de langue officielle aux États-Unis, bien que la langue nationale soit de facto l'anglais américain.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les régions les plus dynamiques et les plus attractives sont situées dans la Sun Belt. La reconversion du Nord-Est du pays lui permet de tenir un rôle important.\n\nLe développement sans précédent des activités humaines sur ce territoire (urbanisation, agriculture, exploitation des ressources énergétiques, infrastructures) ont eu un impact fort sur les paysages et l'environnement. Les États-Unis ont souvent été précurseurs dans le développement d'une politique environnementale ; ils ont les premiers mis en place depuis 1872 des parcs nationaux ; et une partie de la population est très active dans la protection de l'environnement. Dès les années 1970, la conscience écologique se développe aux États-Unis : le Jour de la Terre (Earth Day) célébré depuis 1970. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) est le principal organe des politiques environnementales à l'échelon national. L'air, les paysages, l'eau et les sols ont été et restent néanmoins soumis à des contraintes fortes d'exploitations et de rejets, avec par exemple, l'exploitation pétrolière à partir du XIXe siècle puis plus récemment la croissance de l'exploitation du gaz de schiste.\n\nLe Service américain de la pêche et de la faune sauvage estime que chaque année 72 millions d'oiseaux sont tués par les pesticides aux États-UnisLes entreprises de forage ont utilisé 770 % d'eau supplémentaire par puits entre 2011 et 2016, tandis que les eaux usées toxiques relâchées ont augmenté de 1 440 %. La moitié des gazoducs et oléoducs en développement dans le monde en 2019, le sont en Amérique du Nord.[réf. nécessaire]Pour les États-Unis, ces nouveaux pipelines devraient être à l'origine de 559 millions de tonnes de CO2 par an d'ici à 2040. Le gouvernement prend des mesures en 2018 pour étendre considérablement le forage en mer dans les eaux américaines. Le ministère de l'Intérieur propose d'ouvrir presque entièrement le littoral du pays au forage.\n\nDe par leurs émissions importantes de gaz à effet de serre, les États-Unis sont un acteur majeur du réchauffement climatique. En 2010, avec plus de 5 300 millions de tonnes par an (en baisse d'année en année), ils sont le deuxième pays émetteur de dioxyde de carbone du monde derrière la Chine. Cependant, des efforts sont réalisés pour diminuer ces émissions à tous les échelons, principalement à l'échelle locale. Ainsi, entre 1990 et 2016, les émissions de CO2 par habitant ont diminué de 21,9 %. Avec 15,5 tonnes par habitant en 2016, les États-Unis figurent parmi les premiers émetteurs de CO2 derrière le Canada, l'Arabie saoudite et les émirats du golfe arabo-persique.\n\nUne grande partie des déchets produits par les États-Unis sont envoyés à l'étranger.[réf. nécessaire]\n\nEn 2018, 81 % des exportations américaines de déchets ménagers ont été expédiés en Asie. Alors que la Chine décide en 2018 de stopper les importations de déchets plastiques afin de ne plus être la « poubelle du monde », l'industrie du recyclage aux États-Unis s'en trouve bouleversé. Le prix du traitement des déchets augmente considérablement et de nombreuses villes préfèrent incinérer leurs déchets, affectant la qualité de l'air, ou ouvrir des décharges à ciel ouvert, source importante d'émission de méthane En 2015, les États-Unis ont produit 262,4 millions de tonnes de déchets, soit 4,5 % de plus qu'en 2010 et 60 % de plus qu'en 1985 selon les données officielles : cela s'explique en partie par la croissance démographique et économique du pays. De nombreuses grandes villes appliquent les recommandations environnementales de l'Agenda 21 et mettent en œuvre des politiques ambitieuses de recyclage, à l'instar de San Francisco.\n\nPour l'année 2019, le jour du dépassement (date de l'année, calculée par l'ONG Global Footprint Network, à partir de laquelle l'humanité est supposée avoir consommé l'ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an) des États-Unis est le 15 mars Les États-Unis sont le 2e pays (après le Luxembourg) dont la consommation dépasse le plus les capacités de la planète.\n\nLe nombre de coléoptères aux États-Unis a chuté de 83 % depuis les années 1980.\n\n", "title": " Géographie humaine - Répartition des activités et environnement " }, { "img": [], "source_text": "De loin dominés par l'automobile et l'avion, les transports aux États-Unis s'effectuent également en train et, dans les grandes agglomérations, en transports en commun. Le pays est souvent vu comme le « Pays de la voiture ».\n\n", "title": " Transport " }, { "img": [], "source_text": "Le réseau routier américain comprend 6 334 859 km de routes, dont 80 000 km d'autoroutes. Les Interstate highway (« autoroute inter-États »), également appelées « routes fédérales », sont gérées par l'État fédéral et financées par un fonds fiduciaire (Highway Trust Fund), ce sont les routes les plus récentes du pays.\n\nUne partie du réseau routier est géré par les États eux-mêmes dans le cas des routes nationales (U.S. Highways ou U.S. Routes). Ces routes nationales font partie du réseau original des États-Unis, construites à partir des années 1920. Parmi elles, se trouve la route 66, l'une des plus mythiques du pays, le traversant de Chicago à Los Angeles.\n\nEnfin, les routes locales sont gérées par les comtés ou par les villes.\n\n", "title": " Transport - Transport routier " }, { "img": [], "source_text": "Avec 14 947 aéroports, les États-Unis sont le pays possédant le plus grand nombre d'aéroports au monde. En augmentation depuis plus de 10 ans, le trafic aérien représente 229 millions de passagers en 2017.\n\nPlus gros aéroport du monde en termes de fréquentation, l'aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta est un hub central mondial d'échange aérien.\n\nEn raison de la taille du pays, une grande partie des voyages entre les États s'effectuent par avion. Il faut compter environ 6 h pour traverser le pays d'est en ouest en avion, contre plusieurs jours en voiture ou en train.\n\n", "title": " Transport - Transport aérien " }, { "img": [], "source_text": "Le transport ferroviaire sert principalement pour le transport de fret. 40 % des marchandises voyagent en train dans le pays, en raison du faible coût de ce type de transport sur de longues distances. Le réseau de passager est très disparate. Les seules lignes à grandes vitesses sont situées dans le couloir du Northeast Corridor entre Boston et Washington. Le principal opérateur est Amtrak.\n\n", "title": " Transport - Transport ferroviaire " }, { "img": [], "source_text": "La plupart des grandes villes américaines possèdent un réseau de transport en commun. Mais, à l'exception notable de la ville de New York, les transports en commun sont caractérisés par une faible utilisation. Seuls 10 % des Américains utilisent régulièrement les transports en commun (hors New York).\n\nLa ville de New York, la plus peuplée des États-Unis, fait office d'exception. Les transports en commun y sont très développés, et très empruntés. En particulier, le métro de New York, comprenant 24 lignes et fonctionnant 24h/24, fait partie intégrante du mode de vie des New-Yorkais.\n\nLa ville de Chicago, dans une moindre mesure, possède également un réseau de transport en commun relativement développé. En particulier, il se caractérise par son métro aérien, formant une boucle dans le centre de la ville.\n\n", "title": " Transport - Transport en commun " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/États-Unis
Édit de Fontainebleau (1685) - La révocation de l'édit de Nantes (1)
3,107
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume. L'édit de 1685, qui consiste à interdire le culte protestant en France, est plus connu sous le nom de « révocation de l'édit de Nantes ».", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Après réflexion, le Conseil du roi se prononce en faveur de la révocation. Louvois, secrétaire d'État de la Guerre et principal artisan des dragonnades, le Chancelier Le Tellier, le Contrôleur général des finances Le Peletier sont favorables à la suppression du protestantisme. Le Grand Dauphin, lui, aurait préféré une mort lente et sans heurts de l'hérésie. Quelques intendants influents, Marillac, Bâville, Foucault considèrent le protestantisme comme une menace contre l'absolutisme.\n\nDe son côté, Bossuet, grand théoricien de la monarchie de droit divin, ne cesse de présenter l'absolutisme dans son unicité : tous les sujets sont indissolublement liés à le servir comme ministre de Dieu, auquel il doit seulement rendre compte. Intérêt divin, intérêt royal et intérêt public sont confondus. Supprimer le protestantisme apparaît comme une garantie de l'ordre et de la stabilité d'un régime voulu par Dieu lui-même.\n\nContre l'avis de la marquise de Maintenon, à qui l'on a prêté l'opinion contraire (avant l'étude de son biographe François Bluche), Louis XIV révoque l’édit de Nantes, le 18 octobre 1685, décision enregistrée par le Parlement de Paris le 22 octobre. Plusieurs raisons aident Louis XIV à prendre cette décision. Le roi s'en explique lui-même dans le préambule de l'édit :\n\n« Dieu ayant enfin permis que nos peuples jouissent d’un parfait repos et que nous-mêmes, n’étant pas occupés des soins de les protéger contre nos ennemis [...] nous voyons présentement, avec la juste reconnaissance que nous devons à Dieu, que nos soins ont eu la fin que nous nous sommes proposés, puisque la meilleure et la plus grande partie de nos sujets de ladite R.P.R. (\"Religion Prétendument Réformée\") ont embrassé la Catholique. Et d’autant qu’au moyen de l’exécution de l’édit de Nantes et de tout ce qui a été ordonné en faveur de ladite R.P.R. demeure inutile, nous avons jugé que nous ne pouvions rien faire de mieux, pour effacer entièrement la mémoire des troubles, de la confusion et des maux que le progrès de cette fausse religion a causés dans notre royaume et qui ont donné lieu audit édit et à tant d’autres édits et déclarations qui l’ont précédé ou ont été faits en conséquence, que de révoquer entièrement ledit édit de Nantes. […] »\n\nSur le plan purement politique, la France semble ne plus être menacée. La guerre de Hollande (1672-1679) s'est terminée par la paix de Nimègue, signée le 10 août 1678 avec les Provinces-Unies. Suivront les signatures de l'Espagne le 17 septembre, de l'empereur le 5 février 1679, suivies, la même année, de celles de l'électeur de Brandebourg (20 juin), du roi du Danemark (2 septembre) et de la Suède (26 novembre). Si ce traité sonne comme le triomphe de « Louis le Grand », ce n'est en réalité qu'une victoire en demi-teinte, car la république des Provinces-Unies n'est ni vaincue ni démembrée.\n\nSur le plan religieux, il devenait urgent pour Louis XIV de prouver sa fidélité à la cause catholique, après son absence à la bataille de Vienne (1683), et aussi d'apaiser les relations avec le pape Innocent XI. Le gallicanisme s'était développé avec l'absolutisme d'un roi qui avait multiplié les causes de conflit avec la papauté au début des années 1680. La « déclaration des quatre articles de 1682 », rendue publique le 19 mars 1682, proclame que le Pape doit respecter les us et coutumes de l’Église de France. Ce manifeste pour l’église gallicane est reçu par Rome comme un outrage.\n\nLes sanctions papales sont immédiates : Innocent XI refuse d’investir les évêques nommés par le roi. Dans la mesure où les évêques constituent des relais du pouvoir central, leur absence provoque une rupture dans la transmission des ordres par voie hiérarchique. Avant même que l’affaire ne soit réglée en 1692 et qu'Innocent XII n'apaise les tensions avec le roi de France, il convient que Louis XIV donne des preuves de sa bonne volonté. Les participants de l’Assemblée du clergé de 1682 regrettent publiquement leur publication et Louis XIV ordonne de ne plus enseigner la déclaration des Quatre articles de la même année.\n\nDans ce climat de tension avec la Papauté, le succès des dragonnades passe pour un moyen d'apaisement. Il arrive à point nommé pour prouver l’inéluctabilité de la conversion des réformés au catholicisme. Mais il faut une preuve encore plus grande de la sincérité royale, qui n'entame pas l'autorité de la fonction et redonne du prestige à la monarchie : l'édit de révocation doit y contribuer.\n\n", "title": " Le point de vue du pouvoir royal " }, { "img": [], "source_text": "Le préambule de l'édit de Fontainebleau présente l'édit de Nantes comme une mesure provisoire :\n\n« Le Roi Henry le Grand, notre aïeul de glorieuse mémoire, voulant empêcher que la paix qu’il avait procurée à ses sujets, après les grandes pertes qu’ils avaient souffertes par la durée des guerres civiles et étrangères, ne fut troublée à l’occasion de la Religion Prétendue Réformée, comme il était arrivé sous les règnes des Rois ses prédécesseurs, aurait par son édit donné à Nantes au mois d’avril 1598, réglé la conduite à tenir à l’égard de ceux de ladite religion, les lieux dans lesquels ils en pourraient faire l’exercice, établi des juges extraordinaires pour leur administrer la justice, et enfin pourvu même par des articles particuliers à tout ce qu’il aurait jugé nécessaire pour maintenir la tranquillité dans son royaume, et pour diminuer l’aversion entre ceux qui étaient de l’une et l’autre religion, afin d’être plus en état de travailler comme il avait résolu de faire réunir à l’Église ceux qui s’en étaient si facilement éloignés. »\n\nl’article 1 révoque l’édit de Nantes et présente les modifications apportées au texte pour le faire accepter par les parlements ; il ordonne la destruction de tous les temples ;\n\nl’article 3 interdit l’exercice du culte réformé et l'enseignement dans les écoles pour enfants protestants ;\n\nles articles 4 et 5 donnent le choix aux « ministres » (pasteurs) de la conversion ou de l’exil ;\n\nl’article 10 interdit aux protestants non-convertis de quitter le royaume sous peine de galères pour les hommes, de prison avec confiscation de corps et de biens pour les femmes ; les protestants émigrés sont autorisés à revenir dans le Royaume et pourront recouvrer leurs biens ;\n\nl’article 12 conclut l’édit royal de façon ambiguë :\n\n« Pourront au surplus lesdits de la RPR, en attendant qu’il plaise à Dieu de les éclairer comme les autres, de demeurer dans les villes et lieux de notre royaume, pays et terres de notre obéissance, y continuer leur commerce et jouir de leurs biens sans pouvoir être troublés ni empêchés sous prétexte de ladite R.P.R. à condition, comme il est dit, de ne point faire d’exercices ni de s’assembler sous prétexte de prières ou de culte de ladite religion de quelque nature qu’il soit, sous les peines (...) de confiscation de corps et de biens. »\n\nCet article laisse les historiens circonspects. Ainsi, le pouvoir royal, contre toute logique, autoriserait les protestants à rester dans le royaume à condition de ne pas s’assembler pour exercer leur culte, malgré les mesures coercitives qu'il a décrétées depuis plusieurs années. Selon Élisabeth Labrousse, cette clause est une « duperie », un moyen de modérer les réactions indignées des nations protestantes, comme l’électeur palatin ou le prince-électeur de Brandebourg. Selon Bernard Hours, il faut rapprocher cet article 12 des Quatre Articles de 1682 : le Roi y aurait l'intention de marquer la séparation entre le pouvoir temporel, permettant de légiférer sur l’organisation matérielle du culte protestant, et le pouvoir spirituel, seul capable d'imprégner durablement les consciences de la foi catholique.\n\n", "title": " Le contenu de l'édit de Fontainebleau " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Édit_de_Fontainebleau_(1685)
Édit de Fontainebleau (1685) - Conséquences immédiates (1)
3,108
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume. L'édit de 1685, qui consiste à interdire le culte protestant en France, est plus connu sous le nom de « révocation de l'édit de Nantes ».", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Selon toute évidence, les catholiques français et pas seulement les dévots approuvent la décision du monarque dans leur grande majorité.\n\nUn concert de louanges glorifie Louis XIV à l’image de la marquise de Sévigné : « Jamais aucun roi n’a fait et ne fera rien de plus mémorable. » Dans son oraison funèbre au chancelier Le Tellier, Bossuet célèbre en Louis XIV le « nouveau Constantin » et le « nouveau Théodose », le restaurateur de l’unité religieuse du Royaume.\n\nCette décision est la plus populaire auprès des Français de toutes les décisions prises par Louis XIV et soude la nation autour du roi.\n\n", "title": " En France - Une décision approuvée par les catholiques français " }, { "img": [], "source_text": "Diverses voix finissent cependant par s'élever dans les milieux catholiques : Vauban, Chamlay, le collaborateur de Louvois, Bégon, l'intendant de La Rochelle, d'Aguesseau, en Languedoc, les évêques et archevêques de Paris, Reims, Châlons, Soissons, La Rochelle et Saint-Pons. Le Père Tixier, bénédictin, ami du Grand Condé, lui avoue qu'à son avis les « convertis » étaient plus huguenots après leur conversion qu'ils ne l'étaient auparavant et l'évêque de Grenoble renchérira : « Ils ne veulent entendre parler ni de messe ni de sacrement. »\n\nVauban envoya un Mémoire pour le rappel des Huguenots par deux fois (1687 et 1689) à Louvois — lequel ne répondit pas, pas plus qu'il ne transmit le texte au roi ou au Conseil d'en haut comme l'espérait Vauban. Il y développe quatre raisons d'annuler l’édit de Fontainebleau de 1685 :\n\nraison militaire : la France, en guerre contre une vaste coalition européenne, pourrait faire revenir à elle les nombreux militaires chassés par la révocation : 8 à 9 000 marins, 10 à 12 000 soldats aguerris, 5 à 600 officiers qui servent à présent dans les armées de ses ennemis ; les ingénieurs militaires peu nombreux mais extrêmement recherchés pour la guerre de siège et les artilleurs.\n\nraison économique : les quelque 80 à 100 000 huguenots (selon l'estimation de Vauban) sont partis avec des fonds, mais surtout avec leur savoir-faire, avec pour conséquence un appauvrissement des métiers d’art et des manufactures françaises que Colbert avait développées, et un renforcement de la concurrence internationale ;\n\nraison politique : lors des négociations de paix qui succéderont à la guerre en cours, les puissances étrangères risquent d’imposer au roi leurs conditions, et parmi elles, de rétablir l’édit de Nantes. Vauban propose que la France prenne les devants pour s’attirer la reconnaissance des huguenots et les détacher des princes protestants ;\n\nraison morale : catholique sincère, Vauban a observé les violences exercées sur les populations notamment lors de voyages dans le Sud de la France. Scandalisé, il argumente que les persécutions sont toujours inefficaces et parfois même contre-productives puisque, écrit-il, la Saint-Barthélemy avait fait augmenter le nombre des protestants. Il va même jusqu’à dire que la concurrence entre les religions est saine : « Il n’y a qu’à remonter jusqu’au règne de François Ier et voir ce que c’étaient que les ecclésiastiques de ce temps-là, leurs mœurs et leur doctrine ».Vauban ne fut pas entendu. Pierre Gaxotte avance l'explication suivante : « L'Église de France avait des docteurs, des saints, des politiques, des prélats intelligents et habiles. Elle pouvait produire de grandes œuvres de controverse : Bossuet publie l'Histoire des variations en 1688 ; elle pouvait envoyer en terre rebelle de prestigieux missionnaires : Fénelon en Saintonge, Bourdaloue en Languedoc. Il lui manquait un clergé populaire, éclairé, patient, capable de gagner les cœurs par un travail insensible ».\n\n", "title": " En France - Désolidarisation de certains catholiques " }, { "img": [], "source_text": "Les derniers temples sont rasés, comme celui de Charenton du 18 au 23 octobre 1685. Exception, le temple du Collet-de-Dèze dans les Cévennes a survécu à la destruction générale des temples construits avant 1685.\n\n", "title": " En France - Destruction des derniers temples " }, { "img": [], "source_text": "Au XVIIe siècle, Vauban évalue à 100 000 le nombre d'émigrés, mais des historiens modernes comme Didier Boisson et Hugues Daussy avancent entre 150 000 et 180 000 départs entre 1680 et 1715. « Au total, selon Jean-Paul Pittion, il est probable qu’entre 1680 et 1700, quelque 25 % des protestants français, soit 200 000 huguenots (comme on les appela au Refuge), s’enfuirent du royaume ». L'exode s'étant poursuivi pendant un demi-siècle, ces évaluations demeurent incomplètes.\n\nLe roi commença par interdire la sortie du royaume, sans doute pour faciliter les conversions. L'émigration s'organisa ; elle fut favorisée par l'édit de Potsdam, promulgué trois semaines après celui de Fontainebleau (par lequel le Grand Électeur de Brandebourg faisait connaître les avantages attendant les protestants français). Les agents du pouvoir royal commencèrent par laisser faire, puis arrêtèrent quelques fugitifs pour les envoyer aux galères, ou bien les tuèrent.\n\n", "title": " En France - L'exode massif des protestants français " }, { "img": [], "source_text": "« Le dernier article de l’édit [de Fontainebleau] garantissait aux réformés qu’ils ne seraient pas inquiétés pour leur croyance, à condition « de ne pas s’assembler sous prétexte de prières ou de culte ». Beaucoup crurent un temps que cet article les protégerait en cas de refus d’abjurer. Il n’en fut rien. Les dragonnades pour obtenir les conversions continuèrent en Normandie, Anjou, Touraine, Picardie et dans le territoire de Metz. Une série de sanctions fut prise à l’encontre des plus opiniâtres, placement des enfants dans les hôpitaux ou les couvents, emprisonnement des parents. […]. En 1686-1687, le pouvoir royal en fut réduit à se débarrasser des irréductibles, en expulsant les notables vers l’Angleterre et en déportant les humbles aux Antilles ».\n\nDès lors le protestantisme devient une religion clandestine. De nombreux protestants, forcés de se dire convertis au catholicisme et dénommés « nouveaux convertis » par les autorités, s’abstiennent parfois massivement d’aller à la messe ou d’envoyer leurs enfants au catéchisme dès que les dragons s’éloignent. L’assistance à la messe est plus surveillée pour les notables que pour le petit peuple. Par exemple à Anduze, bourg protestant des Cévennes, les curés constatent en 1689 que seulement 10 % des nouveaux convertis ont communié à Pâques. Ceux qui sont forcés d’envoyer leurs enfants au catéchisme défont souvent le soir à la maison l’enseignement catholique et transmettent à leurs enfants leur rejet du catholicisme.\n\nL’édit de Fontainebleau rend le baptême catholique obligatoire. Les nouveaux convertis s’y soumettent, ne serait-ce que pour donner un état civil à leur enfant, puisque c'est l’Église catholique qui tient les registres d’état civil. L'édit a en revanche omis le mariage. Quelques nouveaux convertis acceptent le mariage catholique mais d’autres font seulement un contrat de mariage devant notaire, et éventuellement un mariage religieux clandestin, mais leurs enfants sont alors portés comme illégitimes dans les registres de baptême. Cette marque d’infamie ne pourra être régularisée qu'après l’édit de tolérance de 1787. Les nouveaux convertis trouvent aussi toutes sortes de ruses pour échapper à l'extrême onction (déclaration de mort subite, absence d’appel du médecin qui a obligation de déclarer l’état du malade au pouvoir civil et au curé).\n\nLa résistance devient plus active par le maintien d’une pratique religieuse familiale ou des réunions privées avec des voisins. Les pasteurs du Refuge cherchent à favoriser ces réunions privées en imprimant des « liturgies pour les chrétiens privés de pasteur ». Très vite, surtout dans les régions méridionales, les nouveaux convertis se réunissent dans des endroits reculés pour célébrer le culte protestant clandestinement. Ce sont les « assemblées du désert ». Elles sont évidemment activement réprimées.\n\n", "title": " En France - Résistance passive des protestants et poursuite des persécutions " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Édit_de_Fontainebleau_(1685)
Édit de Fontainebleau (1685) - Conséquences à long terme (1)
3,110
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’édit de Fontainebleau, signé par Louis XIV le 18 octobre 1685, révoque l’édit de Nantes par lequel Henri IV, en 1598, avait octroyé une certaine liberté de culte aux protestants du royaume. L'édit de 1685, qui consiste à interdire le culte protestant en France, est plus connu sous le nom de « révocation de l'édit de Nantes ».", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'édit de Fontainebleau est d'abord à l'origine du foisonnement des petits prophètes, témoignage des souffrances du petit peuple protestant pour qui il n'est pas question d'émigrer, puis d'une insurrection protestante dans les Cévennes (Camisards) qui mobilise plusieurs régiments de 1702 à 1704 et se prolonge par intermittences jusqu'en 1711.\n\n", "title": " Le prophétisme et l'insurrection protestante dans les Cévennes (1702-1711) " }, { "img": [], "source_text": "La répression n'empêcha pas le protestantisme français de se reconstituer. La restauration clandestine des Églises est l’œuvre d’Antoine Court qui, malgré les risques et la clandestinité, rétablit la discipline des Églises réformées, d’abord dans le Midi, puis dans quelques provinces du Nord. On nomme cette période de l'histoire protestante « le Désert » ou bien « l’Église sous la Croix ».\n\n", "title": " Échec des visées prosélytes - Reconstitution du protestantisme institutionnel " }, { "img": [], "source_text": "La rédaction par la Constituante de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en août 1789 est marquée par les suites de la révocation de l’édit de Nantes. Le pasteur Rabaut-Saint-Étienne réclame « non la tolérance, mais la liberté », alors que l’article 10 déclare : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi ». Cet article tolère la liberté religieuse mais n'accorde pas la liberté de culte sans condition. Il est en retrait par rapport au projet proposé par le comte de Castellane : « Nul homme ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses, ni troublé dans l'exercice de sa religion », et par rapport au souhait de Rabaut-Saint-Étienne : « Tout homme est libre dans ses opinions, tout citoyen a le droit de professer librement son culte, et nul ne doit être inquiété à cause de sa religion ».\n\nLa Constitution de 1791 déclare tout citoyen « libre d’exercer le culte auquel il est attaché ».\n\n", "title": " Échec des visées prosélytes - La Déclaration des droits de l'homme " }, { "img": [], "source_text": "On peut dresser la liste de quelques descendants de huguenots, que le grand électeur Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg avait invités à s’établir dans son royaume pour l’aider à reconstruire son pays ravagé par la guerre et sous-peuplé, élevés à des postes d’importance dans leur pays d'accueil. Plusieurs personnalités allemandes de premier plan, intellectuel, culturel, politique et militaire de l’histoire allemande, dont l'académicien Formey, le romancier August Lafontaine, l’écrivain Friedrich de La Motte-Fouqué, le physiologiste Emil du Bois-Reymond, le poète Theodor Fontane, le général Hermann von François ou les as de l'aviation Hans-Joachim Marseille et Adolf Galland sont d’origine huguenote. Le dernier Premier ministre de la République démocratique allemande, Lothar de Maizière, descend aussi d’une famille huguenote de Maizières-lès-Metz ainsi que Thomas de Maizière. La Suisse accueillit son contingent de familles huguenotes qui s'établirent dans le commerce et la finance. Parmi elles, au XIXe siècle, on parlera du célèbre « royaume Pourtalès ». De Hollande, beaucoup sont repartis pour la colonie néerlandaise du Cap, en Afrique du Sud, où les huguenots originaires de la région bordelaise ont contribué à l'implantation de la viticulture locale. Certains sont envoyés vers d'autres colonies hollandaises comme Pierre Minuit à La Nouvelle-Amsterdam. Aux États-Unis même, les huguenots comptent des descendants illustres comme John Jay, Paul Revere, Franklin Delano Roosevelt, Warren Buffett ou Robert Duvall.\n\nEn Europe, Pierre Gaxotte cite le cas d'un marchand de vin parisien arrivé en Hollande avec 600 000 livres, un libraire de Lyon avec 1 000 000. Si la France du XIXe siècle est redevable de personnalités calvinistes du secteur bancaire d'origine française, ayant quitté la France au rythme des persécutions, elle ne retrouvera pas cette multitude d'artisans et de commerçants de valeur que le colbertisme avait contribué à protéger et à faire prospérer.\n\nL'exil n'était pas nécessairement définitif. Ainsi, il arrivait que, pour des affaires familiales ou commerciales, les réfugiés reviennent dans le royaume de France, en abjurant, provisoirement ou non, leur foi. Ces retours étaient envisagés avec circonspection par l'État, y compris quand il s'agissait de descendants de huguenots exilés. Ainsi, comme l'a montré Myriam Yardeni avec le cas de Suzanne Cappe, le roi de France renonçait difficilement à ses droits sur ceux de ses sujets qui s'étaient exilés, même naturalisés ou nés à l'étranger.\n\n", "title": " Les descendants des huguenots en Europe " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Édit_de_Fontainebleau_(1685)
Géographie
883
[ { "img": [], "source_text": "La géographie (du grec ancien γεωγραφία – geographia, composé de « η γη » (hê gê) (la Terre) et « γραφειν » (graphein) décrire, puis du latin geographia, littéralement traduit par « dessin de la Terre ») est une science centrée sur le présent, ayant pour objet la description de la Terre et en particulier l'étude des phénomènes physiques, biologiques et humains qui se produisent sur le globe terrestre, à un certain niveau d'abstraction relative qui s'y prête, pluridisciplinarité comprise voire transdisciplinarité en un certain sens. En effet Yves Lacoste disait : « La géographie ne sert pas seulement à faire de la géopolitique. Cela sert aussi, pour tout un chacun, à admirer davantage de beaux paysage, en comprenant mieux comment ils sont construits. » Le portail de l'information géographique du gouvernement du Québec définit la géographie comme « une science de la connaissance de l'aspect actuel, naturel et humain de la surface terrestre. Elle permet de comprendre l'organisation spatiale de phénomènes (physiques ou humains) qui se manifestent dans notre environnement et façonnent notre monde ».\n\nElle se divise en trois branches principales :\n\ngéographie mathématique qui est la première à être apparue avec « l'étude des formes et des dimensions de la Terre » à travers la géodésie ;\n\ngéographie physique qui comprend des disciplines scientifiques intégrant les sciences naturelles ;\n\ngéographie humaine qui comprend des disciplines scientifiques intégrant les sciences humaines et sociales.Grâce aux progrès de l'astronomie et de l'astronautique, des formations sont maintenant connues ailleurs que sur cette planète, le terme est utilisé pour tous les objets célestes.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Géographie
Transition énergétique - Situation par pays (2)
948
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa transition énergétique désigne à la fois l'évolution passée de la répartition des énergies consommées sur la planète (bois, eau, charbon, pétrole, nucléaire, etc.) et, pour l'avenir, un objectif politique et technique d'une modification structurelle profonde des modes de production et de consommation de l'énergie. C'est l'un des volets de la transition écologique.\n\nLa possibilité de changer le niveau de consommation d'énergies et sa répartition entre différents modes résulte des évolutions techniques, des prix et de la disponibilité des ressources énergétiques, mais aussi d'une volonté des populations, des gouvernements, des entreprises, etc. qui souhaitent réduire les effets négatifs de ce secteur sur l'environnement.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "De par sa situation géographique, l'Autriche a toujours accordé une place importante aux énergies renouvelables, notamment à l'énergie hydraulique. Plus de 76 % de la production d'électricité nationale est issue de ces énergies, 14 % de la combustion de gaz naturel et 9 % de la combustion de pétrole. En raison de la « loi constitutionnelle pour une Autriche sans nucléaire », il n'existe aucune centrale nucléaire en activité dans le pays.\n\nLa production nationale ne couvre cependant que 31 % de la consommation énergétique totale du pays (électricité, chauffage et transport). Cette couverture est assurée à 42 % par le pétrole, à 23 % par les énergies renouvelables, à 23 % par le gaz et à 12 % par le charbon. Au cours des 20 dernières années, la part des énergies renouvelables dans la consommation totale n'a augmenté que de 1 %. Selon les directives européennes, l'objectif à atteindre est de 35 % d'ici 2020.\n\nAinsi, l'Autriche n'a pas pu atteindre l'objectif fixé par la directive européenne 2001/77/CE, qui stipulait que la production d'électricité issue des énergies renouvelables devait atteindre 78,1 % de la consommation brute d'électricité en 2010. En conséquence, le pays risque des sanctions pour non-respect de ses engagements.\n\nLa transition énergétique en Autriche n'a donc en général eu lieu que de manière localisée, à l'échelle des villages et des villes, voire des régions. On peut notamment citer la commune de Güssing dans le Burgenland, pionnière d'une production indépendante et durable de l'énergie. Depuis 2005, la production de chauffage (57,5 GWh) et d'électricité (14 GWh) issue de ressources renouvelables dépasse de loin les besoins de la commune. Sur la base d'une décision prise par le Landtag le 8 juin 2006, le Burgenland prévoit de couvrir l'ensemble de ses besoins en électricité à l'aide des énergies renouvelables. Cet objectif doit être atteint principalement grâce à la construction d'éoliennes supplémentaires. L'achèvement de tous les projets, prévu pour 2013, devrait porter le nombre d'éoliennes à 290, pour une puissance totale d'environ 520 MW.\n\n", "title": " Autriche " }, { "img": [], "source_text": "Le gouvernement a officiellement annoncé, mardi 1er décembre, la prolongation de ses deux plus anciens réacteurs jusqu’en 2025.\n\n", "title": " Belgique " }, { "img": [], "source_text": "Le gouvernement danois se donne l'objectif d'atteindre en 2050 une production énergétique issue à 100 % des énergies renouvelables.[source insuffisante]\n\n", "title": " Danemark " }, { "img": [], "source_text": "Au 1er semestre 2012, la « transition énergétique » a été présentée à la fois comme une réponse aux enjeux environnementaux du sommet de Rio et comme un élément de relance de l'économie française via la « croissance verte ».\n\nEn septembre 2012, la ministre Delphine Batho évoque un « patriotisme écologique » et le gouvernement introduit un planning pour la transition énergétique, qui comprend un projet de loi de programmation (annoncé pour juin 2013) après un débat et une concertation nationale centrés sur quatre grandes questions.\n\nLa conférence environnementale sur le développement durable des 14 et 15 septembre 2012 a abordé, comme thème principal, le sujet de la « transition écologique et énergétique ».\n\n", "title": " France " }, { "img": [], "source_text": "Ce débat vise à répondre au double défi climatique et énergétique, notamment en préparant l'« objectif 2050 » de la France qui est de diviser par quatre ou cinq ses émissions de gaz à effet de serre, tout en ramenant d'ici à 2035 la part du nucléaire à 50 % de la production française d’électricité, en développant les énergies renouvelables et en recherchant toutes les formes d'efficacité énergétique et donc d'économies d'énergie.\n\n", "title": " France - Débat national sur la transition énergétique (à horizon 2025-2050) - Enjeux " }, { "img": [], "source_text": "une feuille de route pour la transition écologique ;\n\nle guide méthodologique du débat territorial ;\n\nles membres du Conseil national ;\n\nles membres du Comité de pilotage du débat national sur la transition énergétique ;\n\nles membres du Comité de liaison du débat centralisé et l'organigramme du Secrétariat général.\n\n", "title": " France - Débat national sur la transition énergétique (à horizon 2025-2050) - Cadrage " }, { "img": [], "source_text": "Le lancement s'est fait le 29 novembre 2012, sous l’égide du ministère de l'écologie, avec un portail Internet ouvert à tous, contenant des informations et une synthèse dite « socle de connaissance » et des « cahiers d’acteurs », avec possibilité pour chaque citoyen de contribuer en ligne.\n\nIl inclut des débats régionaux (dès février 2013), devant aboutir à des recommandations préparant une loi de programmation prévue pour l'été 2013.\n\n", "title": " France - Débat national sur la transition énergétique (à horizon 2025-2050) - Lancement " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Transition_énergétique
Bataille de la Marne (1914) - Voir aussi (1)
2,173
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa première bataille de la Marne, souvent identifiée comme « la bataille de la Marne », a eu lieu lors de la Première Guerre mondiale, du 5 septembre au 12 septembre 1914 entre d'une part l'armée allemande et d'autre part l'armée française et le corps expéditionnaire britannique.\n\nLes combats se déroulent le long d'un arc-de-cercle de 225 km à travers la Brie, la Champagne et l'Argonne, limités à l'ouest par le camp retranché de Paris et à l'est par la place fortifiée de Verdun. Ce champ de bataille est subdivisé en plusieurs batailles plus restreintes : à l'ouest les batailles de l'Ourcq et des deux Morins, au centre les batailles des marais de Saint-Gond et de Vitry, et à l'est la bataille de Revigny. La bataille donne lieu à un célèbre épisode : celui des « taxis de la Marne ». ", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Jean-Jacques Petit, Bataille de la Marne 1914, Jeux Descartes, 1982.\n\n", "title": " Jeux de simulations historiques " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_Marne_(1914)
Station spatiale internationale - Modalités de la coopération internationale (1)
3,733
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Station spatiale internationale, en abrégé SSI (surtout au Canada francophone) ou ISS (d'après le nom anglais : International Space Station), est une station spatiale placée en orbite terrestre basse, occupée en permanence par un équipage international qui se consacre à la recherche scientifique dans l'environnement spatial. Ce programme, lancé et piloté par la NASA, est développé conjointement avec l'agence spatiale fédérale russe, avec la participation des agences spatiales européenne, japonaise et canadienne.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le programme de la station internationale est un programme développé en coopération par plusieurs pays. Sa construction et sa gestion sont régies par des accords de coopération internationaux établis à trois niveaux :\n\nl'Accord intergouvernemental de la station spatiale internationale (IGA en anglais International Space Station Intergovernmental Agreement) signé le 29 janvier 1998 par les 15 pays impliqués dans le projet : les États-Unis, le Canada, le Japon, la Russie, et les 11 membres de l'Agence spatiale européenne (Belgique, Danemark, France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Norvège, Espagne, Suède, Suisse et Royaume-Uni). Il fixe le cadre juridique dans lequel la station est construite et utilisée.\n\nquatre Memoranda of Understandings (MoU) signés entre la NASA et les agences européenne ESA, russe Roscosmos, canadienne CSA et japonaise JAXA. Ils décrivent de manière détaillée les rôles et responsabilités des agences dans la construction et l'utilisation de la station. C'est dans le cadre de cet accord qu'est définie l'organisation permettant l'utilisation de la station.\n\ndifférents accords bilatéraux entre les agences spatiales ont été rédigés pour implémenter les MoU. Ces accords se traduisent par des règles et des tâches à réaliser.Les droits d'utilisation de la station spatiale par chaque pays ou entité sont déterminés par l'investissement effectué. Toutefois la partie russe de la station est uniquement utilisée par la Russie qui, par ailleurs, fournit 2 à 3 des membres de l'équipage permanent de 6 personnes. Au sein de la partie non russe de la station, chaque partenaire détient le droit d'utilisation de la charge utile (laboratoire, expériences) qu'il a fournie. Les pays qui ont fourni des éléments de support comme le Canada (bras Canadarm2) reçoivent en échange des droits d'utilisation de certains éléments. Chaque utilisateur peut céder une partie de ses droits à un autre participant ou à une agence non impliquée dans la construction de la station. L'objectif de ces règles est que les biens et les services puissent être échangés grâce à des opérations de troc sans mouvements de fonds. C'est ainsi que l'Agence spatiale européenne a construit les modules Harmony et Tranquility en échange de la mise en orbite du module Columbus par la navette spatiale américaine. Les taux d'échange sont fixés par les parties au cas par cas dans le respect du cadre fixé par les accords généraux.\n\nL'agence spatiale européenne détient 8,3 % des droits d'utilisation de la station (partie non russe), ce qui lui permet d'envoyer un astronaute environ 3 à 4 mois par an avec un équipage permanent de 6 personnes. Dans le cadre d'un accord de troc avec la NASA, elle a cédé 51 % des droits d'utilisation de son laboratoire Columbus en échange des services de transport de la navette spatiale. La NASA dispose de 76,6 % des droits d'utilisation, l'agence japonaise de 12,8 % et l'agence canadienne de 2,3 %, .\n\n", "title": "" } ]
wik-histoire-geographie-sixieme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Station_spatiale_internationale
Mémoire collective
2,413
[ { "img": [], "source_text": "La mémoire collective regroupe les représentations qu'un groupe partage de son passé.\n\nS'il n'existe pas de consensus quant à la manière de la définir, l'expression « mémoire collective » consiste (au moins métaphoriquement) à attribuer une faculté psychologique individuelle — c'est-à-dire la mémoire — à un groupe, comme une famille ou une nation. La mémoire collective est, selon Pierre Nora, « le souvenir ou l’ensemble de souvenirs, conscients ou non, d’une expérience vécue et/ou mythifiée par une collectivité vivante de l’identité dans laquelle le sentiment du passé fait partie intégrante ».\n\nCe concept fait l'objet de travaux dans de nombreuses disciplines, notamment la sociologie, l'histoire, la philosophie, l'anthropologie et la psychologie.\n\nLes travaux sur la mémoire collective ont été lancés par Maurice Halbwachs dans son ouvrage Les cadres sociaux de la mémoire, publié en 1925. Dans son œuvre, Halbwachs a donné au concept de mémoire collective au moins deux sens distincts dont on peut retrouver l'influence jusque dans les travaux actuels. Dans le premier, la notion de mémoire collective renvoie à l'idée que la mémoire individuelle est systématiquement influencée par les cadres sociaux dans lesquels elle s'insère. Dans le deuxième sens, la mémoire collective prend un sens plus radicalement collectiviste et renvoie à la mémoire du groupe en lui-même, au-delà de la mémoire de ses membres.\n\n", "title": "" } ]
wik-hist-premiere
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mémoire_collective
Machine à vapeur - Impact socio-économique de la machine à vapeur (1)
3,218
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa machine à vapeur est un moteur à combustion externe qui transforme l'énergie thermique de la vapeur d'eau (produite par une ou des chaudières) en énergie mécanique. Les évolutions les plus significatives de cette invention datent du XVIIIe siècle.\n\nComme première source d'énergie mécanique maîtrisée par l'homme (contrairement à l'énergie hydraulique, marémotrice ou éolienne, qui nécessitent des sites spéciaux et que l'on ne peut actionner facilement à la demande), elle a une importance majeure lors de la révolution industrielle. Au XXe siècle, elle est supplantée par la turbine à vapeur, le moteur électrique et le moteur à combustion interne pour fournir de l'énergie mécanique.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le déploiement des machines à vapeur accélère la mécanisation de l’agriculture et, par conséquent, l’exode rural, ce qui, par contrecoup, crée une main-d'œuvre plus qualifiée employable par le secteur industriel.\n\nEn utilisant le nombre de machines à vapeur installées en 1800 comme indicateur synthétique du changement technologique et des statistiques professionnelles pour mesurer les compétences professionnelles, une corrélation positive est établie entre l'utilisation de machines à vapeur et la part de travailleurs qualifiés au niveau des comtés. La variation exogène dans les strates de roches carbonifères (contenant du charbon pour alimenter les moteurs) montre que l'effet était causal.\n\nSi le changement technologique stimule la formation de compétences professionnelles, il a un effet globalement neutre sur la formation de l'enseignement primaire, reflété par les taux d'alphabétisation et de scolarisation, qui n’augmentent pas spécialement pendant cette époque. L’effet ambigu de la révolution industrielle sur la formation du capital humain étaye le discours selon lequel l’industrialisation précoce de l’Angleterre a un effet neutre sur l’enseignement primaire, voire lui nuit. Cela provoque un manque de développement de l'éducation, dans le sens où la société a un intérêt plus important dans les nouvelles opportunités que l’industrie offre, en impulsant la formation des compétences professionnelles formelles au détriment de l’enseignement classique. Mais les effets observés montrent également que les débuts de l'industrie stimulent la formation de compétences professionnelles formelles, en particulier celles spécifiques à l'industrie.\n\n", "title": " Impact social " }, { "img": [], "source_text": "Les machines à vapeur permettent de simplifier des processus d’extraction et de fabrication.\n\nUn premier exemple est l’extraction du charbon. Ce processus est simplifié et son rendement augmente par l’instauration de machine à vapeur, ce qui a une influence directe sur la baisse du prix du charbon au XVIIe siècle.\n\nL’industrie textile est aussi touchée par les progrès dus à l’instauration de la machine à vapeur, qui permettent de faire fonctionner de nouvelles machines à tisser et favorisent l'activité en atelier. Les fabriques et les manufactures se développent ainsi considérablement, provoquant la ruine des artisans et des entreprises familiales. Tous ces progrès permettent un essor et une productivité sans précédent pour l’industrie du coton. En même temps, la machine à vapeur se développe de plus en plus au sein des industries et remplace peu à peu l’énergie hydraulique.\n\nLa métallurgie connaît également des progrès importants, tels que le remplacement du bois par le charbon dans la fonte au coke, ou plus généralement comme combustible.\n\n", "title": " Impact économique " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Machine_à_vapeur
Empire d'Autriche - Les prétendants au trône (1)
1,961
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'Empire d'Autriche (en allemand : Kaisertum Österreich) est le nom officiel porté par l'ensemble des territoires sous domination autrichienne de 1804 à 1867. L'empire existait auparavant, de facto, comme ensemble des possessions des Habsbourg d'Autriche, mais de jure, la partie occidentale était une composante du Saint-Empire romain germanique tandis que la partie orientale était constituée de plusieurs royaumes, principautés et duchés à part. En 1804, François Ier prend le titre d'empereur d'Autriche et doit en 1806 abandonner celui d'empereur romain germanique. La défaite autrichienne à l'issue de la guerre austro-prussienne de 1866 aboutit l'année suivante à la transformation de l'empire en une double monarchie appelée l'Autriche-Hongrie.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "1961-2007 : archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine, prince impérial\n\n2007 : archiduc Charles de Habsbourg-Lorraine\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_d'Autriche
Bas-Empire romain - Caractéristiques du Bas-Empire (5)
2,664
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe Bas-Empire constitue avec le Haut-Empire un élément de la division historiographique de l’Empire romain telle que vue par les historiens francophones. \n\nSi ces termes sont largement utilisés, la date de la transition du Haut-Empire au Bas-Empire fait l’objet de discussions. Certains historiens proposent de faire commencer le Bas-Empire à la fin de la dynastie des Antonins (192 apr. J.-C.), d’autres avec le renversement de la dynastie des Sévères (235 apr. J.-C.), d’autres enfin avec le début du règne de Dioclétien (284-305). Par contre, il y a pratiquement unanimité pour en faire coïncider la fin avec celle de l’Empire romain d’Occident en 476. ", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "S’il n’est plus le même qu’à la période de Cicéron ou même du Haut-Empire, le paganisme, terme générique qui recouvre une vaste panoplie de religions diverses, reste très vivant au IVe siècle. Dans les hautes classes de la société, il se teinte chez les uns d’un sentiment d’attachement aux valeurs traditionnelles de Rome face à la barbarisation croissante, alors que chez les autres influencés par les religions et philosophies orientales, il devient de plus en plus mystique et s’oriente vers un monothéisme qui donne à un dieu la supériorité sur les autres. C’est ainsi qu’Aurélien (r. 270-275) institutionnalisera le culte du dieu solaire (Sol Invictus), divinité très populaire dans les armées du Danube à laquelle peuvent adhérer aussi bien les Orientaux adorateurs de Baal d'Émèse que les élites cultivant le néo-platonisme. Dans les basses classes, il est de plus en plus teinté de pratiques magiques ou astrologiques.\n\nLa tétrarchie de Dioclétien était placée sous la protection des dieux de l’État romain; lui-même avait pour protecteur le dieu Jupiter et Maximien le héros Hercule. Et si les tétrarques acceptèrent volontiers le dieu oriental Mithra, ils s’opposèrent en revanche avec vigueur, Galère surtout, tant au christianisme qu’au manichéisme dont les valeurs étaient irréconciliables avec la théologie impériale où l’empereur faisait partie de la famille des dieux. \n\nEntré dans la famille de Maximien et devenu César, Constantin après avoir rompu avec ce dernier revendiqua la protection d’Apollon, Sol Invictus, comme Claude le Gothique (r. 268-270) dont il commença à se prétendre descendant. Sa lente conversion commence en 312 lors de sa célèbre bataille contre Maximien. De 313 à 321, il cherche à concilier ses croyances personnelles et celles des tenants de la religion qui lui a assuré la victoire avec des termes ambigus comme « summus deus, summa divinita ». Vient d’abord « l’édit de Milan » que l’on date de 313; puis l’hérésie donatiste le force à préciser sa position vis-à-vis l’Église lors du concile d’Arles en 314. De 316 à 320, des forces contradictoires s’exercent sur lui et sa politique en est une de balance entre chrétiens et païens, alors que la législation commence à intégrer l’Église au sein de l’État, donnant à celle-ci en 318 le pouvoir d’avoir ses propres tribunaux. Les derniers symboles solaires disparaissent entre 320 et 322. \n\nCe n’est semble-t-il qu’après 324 et sa victoire sur Licinius qu’il penche définitivement du côté chrétien alors que le titre de « Victor » remplace celui d’ « Invictus » signifiant l’abandon définitif du culte solaire. Il préside en 325 le premier concile de Nicée où il cherche avant tout à assurer l’unité de l’empire, se proclamant « l’évêque de ceux du dehors c’est-à-dire de tous les chrétiens qui n’étaient pas des clercs qu’ils appartinssent ou non à l’empire. Dans les dernières années de sa vie, sa politique religieuse sera dominée par deux idées forces : la réconciliation avec les Ariens (il fut baptisé par un évêque arien) et l’affaiblissement du paganisme.\n\nAu lendemain de la mort de Constantin, Constant Ier (r. 337-350) prend le contrôle de l’Occident après avoir tué son frère Constantin II (r. 337-340). Comme son père et son autre frère Constance II (r. 337-361) en Orient, il se montre déterminé à propager le christianisme et à mettre fin aux sacrifices païens et à la pratique de la magie. Partisan de l'orthodoxie et du crédo nicéen, il s’opposera à la fois aux donatistes en Afrique et aux ariens que défend son frère, Constance II (r. 337- 361), lequel reste fidèle aux idées de son père, Constantin Ier. \n\nLe court intervalle de l’empereur Julien (r. 361-363) s’il permit de constater que le paganisme était encore bien vivant dans certains secteurs de la société, ne fut qu’un feu de paille et l’on vit le retour triomphal de l’orthodoxie sous Valentinien (r. 364-375) et Valens (r. 364-378). Dans l’Occident devenu largement « nicéen », Valentinien pratiqua une politique de tolérance, se gardant d’attaquer ceux qui voulaient demeurer païens et évitant de se mêler des affaires de l’Église. Seuls les manichéens en Italie et les donatistes en Afrique furent réprimés mais plus en raison des désordres sociaux qu’ils provoquaient que de leurs convictions religieuses. Valens, qui opérait dans le contexte oriental où les luttes religieuses faisaient rage, était pour sa part un arien convaincu qui voulut imposer par la violence ses idées à ses adversaires nicéens, homéousiens et anoméens.\n\nAprès eux, Théodose pour l'Empire romain d'Orient, et Gratien, pour l'Empire romain d'Occident, feront du christianisme nicéen la religion officielle de l'État, par l'édit du 28 février 380, dit édit de Thessalonique : « Tous les peuples doivent se rallier à la foi transmise aux Romains par l'apôtre Pierre, celle que reconnaissent le pontife Damase et Pierre, l'évêque d'Alexandrie, c'est-à-dire la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». La doctrine chrétienne telle que définie au premier concile de Nicée s’impose ainsi non seulement face aux païens qui existent encore, mais encore face aux différentes Églises chrétiennes schismatiques comme les ariens dont la doctrine sera à nouveau condamnée lors du premier concile de Constantinople (381). Sous le règne de Théodose s’affermit l’alliance du trône et de l’autel en dépit des conflits qui opposèrent l’empereur à saint Ambroise, évêque de Milan. \n\nL’organisation territoriale de l’Église se développe alors, se calquant sur celle de l’empire : presque chaque cité a son évêque et celui de la capitale d’un diocèse, le « métropolitain », prend autorité sur les autres. En 381, le concile de Constantinople affirmera que le patriarche de Constantinople prendra le pas sur les autres et deviendra l’égal de celui de Rome, sauf « en honneur ». L’Église tend alors à former un État dans l’État jouissant de privilèges fiscaux et se dotant d’une fortune considérable. Sur le plan théologique la lutte contre les hérésies donnera aux Pères de l’Église comme Basile de Césarée, Grégoire de Nysse, Grégoire de Nazianse et Jean Chrysostome l’occasion d’approfondir sa doctrine qui sera définie lors des nombreux conciles de l’époque.\n\nSi au IIIe siècle l’Église était encore l’affaire d’une minorité, un siècle plus tard elle sera devenue une « religion de masse ». Par réaction contre ces compromis avec le « monde », divers chrétiens, surtout en Orient, voudront atteindre la connaissance de Dieu en se retirant du monde pour vivre une vie de mortification et d’ascétisme. Ce sera le point de départ du monachisme qui devait par la suite jouer un rôle politique considérable dans l’Empire d’Orient.\n\n", "title": " Religion " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Bas-Empire_romain
Révolution française - 1789 : fin de la monarchie absolue et de l’Ancien Régime (2)
1,338
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa Révolution française est une période de bouleversements sociaux et politiques de grande envergure en France, dans ses colonies et en Europe à la fin du XVIIIe siècle. La période habituellement comprise s'étend entre l'ouverture des États généraux, le 5 mai 1789, et au plus tard le coup d'État de Napoléon Bonaparte le 9 novembre 1799 (18 brumaire de l'an VIII). Cette période de l'histoire de France a mis fin à l'Ancien Régime en remplaçant la monarchie absolue par une suite de régimes plus ou moins définis, dont la Première République un peu plus de trois ans après la prise de la Bastille.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La prise de la Bastille s'explique d'abord par la volonté de trouver la poudre nécessaire aux milices bourgeoises des districts mais elle est immédiatement élevée au rang d'acte fondateur de la révolution populaire. Le 14 juillet, les émeutiers du faubourg Saint-Antoine se rendent autant maîtres d'une forteresse royale que d'un symbole du despotisme. C'est aussi la première manifestation des foules révolutionnaires organisées. Le matin, les émeutiers pillent l'arsenal de l’hôtel des Invalides où ils trouvent des armes et des canons. Ils arrivent ensuite aux portes de la prison royale de la Bastille et y retrouvent d'autres émeutiers massés devant la forteresse du faubourg Saint-Antoine depuis le matin, .\n\nFace à la foule marchant sur la Bastille, son gouverneur, le marquis de Launay, accède à la demande de médiateurs venus de l'Hôtel de Ville et accepte par écrit la reddition de la forteresse sous la promesse qu'il ne sera fait aucun mal à la garnison. Il laisse la foule pénétrer dans la première cour. Il se ravise et fait tirer à la mitraille : il y a des morts. Des Gardes françaises mutinées amènent alors des canons pris aux Invalides : le gouverneur cède et abaisse les ponts-levis. Il est cinq heures de l'après-midi. Les Vainqueurs de la Bastille se dirigent ensuite vers l'Hôtel de Ville avec leurs prisonniers. Sur le chemin, Launay est massacré. Sa tête est découpée au canif. Arrivés à l’Hôtel de Ville, les émeutiers accusent le prévôt des marchands Flesselles de trahison. Il est lui aussi lynché et sa tête promenée au bout d’une pique avec celle de Launay. Toute la journée, des barrières et des bâtiments fiscaux parisiens sont attaqués et incendiés.\n\n", "title": " Été 1789 - Journée révolutionnaire du 14 juillet " }, { "img": [], "source_text": "Louis XVI cherche l'apaisement et vient en personne le lendemain annoncer à l’Assemblée le retrait des troupes et l'appelle à rétablir l'ordre. Le lendemain, il rappelle Necker ainsi que tous les ministres renvoyés. À l’hôtel de ville de Paris, tous les membres de l’ancienne administration ayant pris la fuite, Jean Sylvain Bailly, président de l'Assemblée nationale, est nommé par acclamation « Maire de Paris ». La Fayette est nommé Commandant général de la Garde nationale. Louis XVI reconnaît la nouvelle organisation municipale qui se met en place, en se rendant à Paris le 17 juillet. À cette occasion, Bailly lui remet la cocarde bleue et rouge aux couleurs de la ville de Paris que Louis XVI fixe sur son chapeau, associant ainsi ces couleurs au blanc de la monarchie. Ce geste paraît sceller la réconciliation de Paris et de son roi. Dans les faits cependant, le roi accepte mal que son autorité soit tenue en échec par une émeute parisienne, de la même façon que les députés acceptent difficilement que leur pouvoir dépende de la violence populaire.\n\nPendant ce temps, la renommée des « Vainqueurs de la Bastille » gagne la France entière. La force l'a emporté, venant au secours des réformateurs. Très vite, une interprétation symbolique de la prise de la Bastille est élaborée. La Bastille y représente l'arbitraire royal. Les bruits les plus fous se répandent, qui décrivent des cachots souterrains emplis de squelettes et inventent le personnage fabuleux du comte de Lorges, victime exemplaire de cet arbitraire. Le « patriote » Palloy fait fortune en entreprenant la démolition de la Bastille et en commercialisant de nombreux souvenirs commémoratifs.\n\nLa prise de la Bastille s'inscrit dans une vague d'agitation sociale qui touche toutes les provinces. Dès le début du mois de juillet, la crise frumentaire et les émeutes qu'elle provoque, poussent des citoyens à se mobiliser pour contester un pouvoir municipal jugé défaillant. Dans de nombreuses villes, les patriotes se constituent en comités permanents et prennent le contrôle du pouvoir municipal. La réception des évènements parisiens comme le renvoi de Necker, contribuent à renforcer cette mobilisation qui entraîne dans plusieurs villes une véritable révolution municipale. La prise de la Bastille, accueillie avec enthousiasme, porte ce mouvement à son paroxysme. À Rennes et Strasbourg, des groupes assaillent les arsenaux où les armes leur sont données sans résistance ; d'autres groupes prennent les citadelles de Bordeaux, Nantes ou Marseille où les garnisons se rendent. En marge de ces mouvements, se constitue la Garde nationale. Antoine Barnave recommande pour Grenoble qu'elle soit réservée à la « bonne bourgeoisie ». En effet leur rôle est souvent de contrôler les comités permanents et les mouvements populaires.\n\n", "title": " Été 1789 - La révolution municipale " }, { "img": [], "source_text": "Ces événements déclenchent la première émigration : le jeune frère de Louis XVI, le comte d’Artois, les grands du Royaume comme le prince de Condé, le duc de Polignac et le duc d’Enghien. Leur destination est l’Angleterre, les Pays-Bas ou l’Allemagne. Tous pensent revenir dans les trois mois.\n\nUn peu partout dans les campagnes, à partir du 20 juillet 1789 jusqu'au 6 août 1789, la « Grande Peur » se répand : rumeurs de complots aristocratiques en représailles des évènements de Paris, ou peur plus vague de « brigands » menaçant les récoltes, amènent les paysans à s'armer et finalement à attaquer de nombreux châteaux, où les archives relatives aux droits seigneuriaux ou aux impôts sont brûlées. Ces insurrections marquent l'effondrement de l'autorité monarchique, incapable de s'interposer, et déclenchent une vague d'émigration de la noblesse.\n\nFace à ces troubles, l'Assemblée réagit en abolissant les privilèges, les droits féodaux, la vénalité des offices et les inégalités fiscales dans la nuit du 4 août 1789. C’est la fin de la société d'Ancien Régime.\n\nLes impôts afférant aux privilèges cesseront immédiatement d'être versés, même si l'abolition des droits réels portant sur la rente de la terre (cens, champart) est d'abord assortie d'une clause de rachat, que l'Assemblée constituante fixera même le 15 juin 1791 à un prix si élevé qu'il aurait empêché quasiment tout rachat réel. Les droits sont définitivement abolis sans contrepartie le 17 juillet 1793. L'abolition de la dîme est également assortie initialement d'une clause de rachat, finalement annulée en avril 1790. \n\nLes droits personnels (corvées, servage…) et le monopole de la chasse noble sont simplement supprimés. La loi du 11 août 1789 accorde à tout propriétaire le droit de détruire et faire détruire toute espèce de gibier sur ses possessions, mettant fin au caractère régalien du droit de chasse.\n\nLe 26 août 1789, l’Assemblée constituante publie la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. S’inspirant des principes des Lumières, elle est une condamnation sans appel de la monarchie absolue et de la société d'ordres et proclame en principe la démocratie juridique et sociale. Elle est aussi le reflet des aspirations de la bourgeoisie de l'époque : la garantie de libertés individuelles, la sacralisation de la propriété privée, l'accès de tous aux emplois publics.\n\n", "title": " Été 1789 - Grande peur dans les campagnes françaises et nuit du 4 août 1789 " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_française
Versailles 1685 : Complot à la cour du Roi Soleil
3,133
[ { "img": [], "source_text": "Versailles 1685 : Complot à la cour du Roi Soleil est un jeu vidéo d'aventure historique, présenté comme le premier jeu ludo-culturel, coproduit par la Réunion des musées nationaux, Canal + Multimedia et Cryo Interactive, sorti en 1996 sous Windows, Mac OS et sur PlayStation. Comme son titre l'indique, il se déroule en 1685 au château de Versailles. L'intrigue du jeu, fictive, se construit progressivement au fil d'une journée type du Roi Soleil: le joueur doit parcourir les lieux historiques majeurs du château et des jardins afin de déjouer un complot menaçant la vie de Louis XIV. \n\nValidé par la Conservation de l'Établissement public du château de Versailles et la Réunion des Musées nationaux, le jeu Versailles a marqué l'histoire du jeu vidéo pour sa réalisation associant pour la première fois la reconstitution en image de synthèse 3D, le game-play et la vérité historique. Premier jeu français publié sur PSX (Sony Playstation 1), localisé en 14 langues et versions, Versailles est devenu un jeu culte de la French touch apparue dans les années 1990. Arte TV lui consacre en 2018 un épisode de la série Retrogaming Made in France.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Versailles_1685_:_Complot_à_la_cour_du_Roi_Soleil
Tourisme - Histoire (1)
1,264
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe mot tourisme désigne le fait de voyager pour son plaisir hors de ses lieux de vie habituels, et d'y résider de façon temporaire, mais aussi un secteur économique qui comprend en plus de l'hôtellerie l'ensemble des activités liées à la satisfaction et aux déplacements des touristes.\n\nLe voyage d'agrément existe depuis l'Antiquité mais le tourisme apparaît à partir du XVIIIe siècle en Angleterre avec le développement du Grand Tour, grand voyage. En 1803, le terme « touriste » apparaît dans la langue française, dérivant du mot anglais tourist apparu en 1800, désignant des voyageurs parcourant des pays étrangers avec d'autres buts que les affaires, l'exploration scientifique ou le prosélytisme religieux, avant de revenir chez eux. Stendhal publie en 1838 Mémoires d'un touriste où il relate ses voyages en Normandie, en Bretagne, et dans plusieurs régions françaises.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Bien que la notion de « tourisme » soit récente, le sociologue du tourisme Rachid Amirou note des analogies de comportement plus anciens, par exemple l'attrait de la mer pour les Romains ou encore avec les pèlerinages médiévaux. Il étudie également comment, depuis le XIXe siècle s'est opposée la notion méliorative du « voyageur » à celle, péjorative, du tourisme de masse et de quelle manière s'est construit un imaginaire touristique (par exemple l'île et le fantasme construit culturellement du « paradis perdu ») avec les dérives que cela peut engendrer (comme la mise en valeur d'une authenticité qui serait surtout une assignation identitaire à l'immuabilité des peuples visités.\n\nDes spécialistes de sciences historiques comme Korstanje et Saidi dénoncent l'ethnocentrisme de la vision officielle des origines historiques du tourisme. Bien avant le Grand Tour, les voyages culturels sont pratiqués ailleurs qu'en Europe. La tradition de l'hospitalité est présente chez la plupart, voire tous les peuples, mais est peu mise en valeur. C'est pourtant cette valeur de l'hospitalité qui est un des principaux leviers du tourisme et de la découverte culturelle d'autrefois, et elle garde une importance relative aujourd'hui.\n\nCe trait social explique bien le désir de mobilité à travers les continents et les époques. Cette soif d'exploration, d'apprentissage et de repos laisse de nombreuses traces archéologiques, telles les routes et cités de pèlerinage. D'autres traces du développement de l'activité touristiques sont restées : des graffitis remontant à il y a plus de 3 500 ans sur des pyramides égyptiennes, des vestiges d'hôtels en Crète en 1500 av. J.-C., etc..\n\n", "title": " Les premières formes " }, { "img": [], "source_text": "Les termes « tourisme » et « touriste » furent utilisés officiellement pour la première fois par la Société des Nations pour dénommer les gens qui voyageaient à l'étranger pour des périodes de plus de 24 heures. Mais l'industrie du tourisme est bien plus ancienne que cela.\n\nLe tourisme moderne apparaît avec ce que l'on appelait le Grand Tour, un voyage traditionnel en Europe (en particulier en Allemagne et en Italie), entrepris principalement par des jeunes hommes nobles européens. En 1624, le jeune prince de Pologne, Ladislas Sigismond Vasa, fils aîné et héritier de Sigismond III, entreprit un voyage à travers l'Europe, comme c'était le cas chez la noblesse polonaise. Il a parcouru les territoires de l'Allemagne d'aujourd'hui, de la Belgique, des Pays-Bas, où il a admiré le siège de Breda par les forces espagnoles, il a visité la France, la Suisse, l'Italie, l'Autriche et la Bohême. C'était un voyage éducatif dont l'un des résultats a été l'introduction de l'opéra italien dans la République polono-lituanien.\n\nLe terme de « tour » devint populaire en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, quand le « Grand Tour of Europe » (Grand Tour de l'Europe) devint une part de l'éducation des jeunes et riches gentilshommes britanniques. Pour parachever leur éducation et fuir le mauvais temps de leur île natale (bien que cela s'explique également politiquement par le recul du pouvoir de caste des nobles anglais après la révolution anglaise de 1641 qui se replient sur leur domaine tout en se tournant vers l'extérieur et donc d'autres horizons), nombre de jeunes gens allaient partout en Europe, mais surtout en des lieux d'intérêt culturel et esthétique comme Rome, la Toscane ou les Alpes, et les capitales européennes.\n\nDès le XVIe siècle, nombre d'artistes britanniques et européens faisaient le « voyage en Italie », comme Claude Lorrain. Si Rome, Naples et Florence attiraient depuis longtemps les visiteurs étrangers, c'est l'influence des poètes romantiques comme Lord Byron et William Blake qui rendit la campagne, les Alpes, les torrents et les gorges de montagnes, populaires\n\nLes aristocrates britanniques du XVIIIe siècle raffolaient particulièrement du « Grand Tour », profitant de l'occasion pour découvrir les richesses artistiques et archéologiques de l'Italie en particulier, et accumuler des trésors artistiques de toute l'Europe. Ils jouèrent un rôle prépondérant dans la naissance de l'archéologie, avec la découverte de Pompéi et Herculanum, notamment. Ils ont ramené ainsi des œuvres d'art dans des quantités jamais égalées ailleurs en Europe, c'est ce qui explique la richesse actuelle de nombreuses collections tant publiques que privées britanniques. Le tourisme de cette époque était fondamentalement élitiste, voyage d'agrément et de formation qui permettait de rencontrer ses homologues dans toute l'Europe.\n\nLe tourisme, au sens moderne du terme, s'est développé au XIXe siècle ; il représente de nos jours la majeure partie de l'industrie touristique. Le début de cette industrialisation du tourisme fut une invention britannique durant ce siècle, avec notamment la création de la première agence de voyages par Thomas Cook. Cette activité répondait aux besoins croissants de déplacement des Britanniques, dont le pays fut le premier État européen à s'industrialiser. Dans un premier temps, ce sont essentiellement les nobles, bientôt suivis par la bourgeoisie formée par les propriétaires des moyens de production - les usines -, les commerçants et progressivement la nouvelle classe moyenne qui bénéficièrent de temps libre. Mais pour cela, encore fallait-il avoir l'idée et l'envie de voyager. Dans ce contexte, les expositions universelles jouèrent un rôle considérable dans le développement de l'activité touristique. Elles constituèrent des buts de voyage fort appréciés et prisés, à commencer par la première exposition universelle de Londres, en 1851, qui attira plus de six millions de visiteurs, fascinés par l'attrait et l'éclat des expositions mais aussi du bâtiment qui les accueillait, le Crystal Palace.\n\nLe tourisme se diversifie au cours du XIXe siècle avec d’autres pratiques telles que le voyage d'agrément, le voyage d'affaires, le thermalisme (qui connaît un très fort développement), tandis que progressivement on recherche d'une part la mer, mais aussi bientôt la douceur du soleil méditerranéen durant la froide saison. Plus tard, au tournant du XXe siècle, les cures de soleil pour soigner la tuberculose - un des fléaux de l'époque- amènent le développement des sanatoriums.\n\nL'origine britannique de cette nouvelle industrie est attestée par de nombreux noms :\n\nà Nice, la longue esplanade le long de la mer est encore connue comme la « promenade des Anglais » ;\n\ndans de nombreuses stations touristiques de l'Europe continentale, les palaces ont des noms comme Hôtel Bristol, Hôtel Carlton ou Hôtel Majestic.Ce sont également des hôteliers du village de St Moritz, en Suisse, et des touristes britanniques qui inventèrent les sports d'hiver, en 1865. Un hôtelier de la station réussit à convaincre des touristes anglais de revenir durant l'hiver, leur promettant un climat ensoleillé, aux antipodes des hivers britanniques. Dans le cas contraire, ils seraient remboursés. Cet événement marque le début des sports d'hiver et de ce que l'on appelle la « saison hivernale ».\n\n", "title": " Grand Tour " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Tourisme
Ordonnance de Villers-Cotterêts - En Acadie (1)
3,118
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'ordonnance d'août 1539 sur le fait de la justice, dite l'ordonnance de Villers-Cotterêts, aussi appelée l'ordonnance Guillemine, est un texte législatif édicté par le roi de France François Ier, entre le 10 et le 25 août 1539 à Villers-Cotterêts (dans le département actuel de l'Aisne), enregistré au Parlement de Paris le 6 septembre 1539. Cette ordonnance est le plus ancien texte législatif encore en vigueur en France, ses articles 110 et 111 (concernant la langue française) n'ayant jamais été abrogés.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'ordonnance fut appliquée dans les colonies françaises, notamment en Acadie. Puisque les Britanniques n'ont pas révoqué les lois françaises après l'annexion de 1713, l'historien du droit Christian Néron affirme, en 2014, que le français est la seule langue officielle dans les provinces canadiennes de l'Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse et que cela pourrait aider les Acadiens dans la valorisation de leurs droits ; certains juristes soutiennent cette théorie.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotterêts
Auguste - Mort d'Auguste (14) (1)
2,634
[ { "img": [], "source_text": "\n\nAuguste, en latin Augustus (né sous le nom de Caius Octavius le 23 septembre 63 av. J.-C. à Rome – d'abord appelé Octave puis portant le nom d'Imperator Caesar Divi Filius Augustus à sa mort le 19 août 14 apr. J.-C. à Nola), est le premier empereur romain, du 16 janvier 27 av. J.-C. au 19 août 14 apr. J.-C.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Après 40 ans de règne, Auguste meurt le 19 août 14 apr. J.-C. alors qu'il se trouve à Nola, ville natale de son père, à l'âge de 75 ans. Tacite et Dion Cassius rapportent tous les deux que Livie aurait servi à son époux des figues empoisonnées mais ces allégations restent sans preuve, .\n\n« Auguste donc succomba à la maladie et Livie fut soupçonnée d'être l'auteur de sa mort, parce qu'il était allé en secret voir Agrippa [Postumus] dans son île et semblait tout disposé à une réconciliation. Craignant, dit-on, qu'Auguste ne rappelât Agrippa pour lui donner l'empire, elle empoisonna des figues encore pendantes à des arbres où Auguste avait l'habitude de les cueillir de sa propre main ; elle mangea les fruits sur lesquels il n'y avait pas de poison et lui présenta ceux qui étaient empoisonnés. »\n\n— Dion Cassius, Histoire romaine, Livre LVI, 30\n\n« Quoi qu'il en soit, à peine entré dans l'Illyricum, Tibère est rappelé par une lettre pressante de sa mère. On ne saurait dire si Auguste respirait encore ou n'était déjà plus lorsqu'il arriva à Nola car Livie avait entouré la maison de gardes qui en fermaient soigneusement les avenues. De temps en temps, elle faisait publier des nouvelles rassurantes, et, lorsqu'elle eut bien concerté ses mesures, on apprit qu'Auguste était mort et Tibère empereur. »\n\nTibère est donc présent aux côtés de Livie au chevet du lit de mort d'Auguste et est officiellement désigné comme héritier à cet instant. Le corps d'Auguste est rapatrié à Rome, accompagné d'une immense procession funéraire. Le jour de l'inhumation dans le mausolée du Champ de Mars, tous les commerces et centres d'affaires de Rome, privés comme publics, ferment leurs portes.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "« À son dernier jour, il s'informa de temps en temps si son état occasionnait déjà de la rumeur au dehors. Il se fit apporter un miroir, arranger la chevelure et réparer le teint. Puis, ayant reçu ses amis, il leur demanda s'il paraissait avoir bien joué le drame de la vie, et y ajouta cette finale : « Si vous avez pris goût à ces délassements, ne leur refusez pas vos applaudissements. » Ayant ensuite congédié tout le monde, […] tout à coup il expira au milieu des embrassements de Livie, en prononçant ces mots : « Adieu, Livie : souviens-toi de notre union ; adieu ». »\n\n— Suétone, Vie des douze Césars, Auguste, 99, 1-2\n\nLes derniers mots d'Auguste nous sont connus grâce à Suétone, mais ne sont pas repris par d'autres auteurs antiques comme Tacite ou Dion Cassius, peut-être parce qu'ils laissent une grande place à Livie que les deux auteurs accusent plus ou moins directement d'empoisonnement. Par ces mots, Auguste livre son point de vue sur la vie humaine qu'il tourne en dérision. Cette réflexion a plus tard donné naissance à la formule célèbre Acta fabula est, qui peut se traduire par « la pièce de théâtre est jouée ». Mais cette formule, bien qu'attribuée à Auguste, n'a en fait pas été prononcée par ce dernier. Il pourrait s'agir d'un mélange entre le récit des derniers instants d'Auguste tels qu'ils sont rapportés par Suétone et les considérations philosophiques de Sénèque dans ses Lettres à Lucilius.\n\n", "title": " Acta est fabula " }, { "img": [], "source_text": "Les Res gestae Divi Augusti sont un texte dont l'auteur n'est autre qu'Auguste et dans lequel il résume ses principales actions. À sa mort en 14 apr. J.-C., le texte des Res gestae est gravé sur des plaques de bronze qui sont disposées devant son mausolée à Rome. Le contenu est divisé en trois grandes parties, elles-mêmes divisées en une quinzaine de chapitres. Auguste commence par énumérer les charges et les honneurs civils et religieux qu'il a reçus, puis il fait le bilan des dépenses effectuées en faveur de l'État ou du peuple romain, des jeux et spectacles qu'il a organisés et termine en énumérant tous ses exploits en tant que pacificateur et conquérant.\n\n", "title": " Testament et Res gestae " }, { "img": [], "source_text": "Auguste a épousé en premières noces Clodia Pulchra, la fille de Fulvie et de Publius Clodius Pulcher. Ils n'ont pas d'enfants et se séparent en 40 av. J.-C.\n\nIl épouse la même année en deuxièmes noces Scribonia, fille de Lucius Scribonius Libo et de Cornelia Sulla. Il a une fille de cette union, Julia l'Aînée.\n\nFinalement, en troisièmes noces, il épouse en 38 av. J.-C. Livia Drusilla qui ne lui donne aucun enfant.\n\nAuguste adopte par ailleurs quatre enfants :\n\nLucius Julius Caesar Vipsanianus, son petit-fils, fils de Marcus Vipsanius Agrippa et de Julia l'Aînée ;\n\nCaius Julius Caesar Vipsanianus, son petit-fils, autre fils de Marcus Vipsanius Agrippa et de Julia l'Aînée ;\n\nAgrippa Postumus, son petit-fils, fils posthume de Marcus Vipsanius Agrippa et de Julia l'Aînée ;\n\nTibère, fils de Tiberius Néron et de Livia Drusilla, sa troisième épouse, et qui sera finalement son successeur.\n\n", "title": " Descendance " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste
Géographie de l'Afrique du Sud - Divisions régionales (2)
1,303
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'Afrique du Sud occupe toute la partie australe de l'Afrique. Son littoral couvre plus de 2 850 km allant de la frontière désertique avec la Namibie sur l'Océan Atlantique à l'ouest, jusqu'à la frontière avec le Mozambique sur l'Océan Indien au nord-est. La zone côtière inférieure est étroite sur une grande partie de cette surface, cédant la place à un escarpement montagneux (Great Escarpment) qui sépare la côte du plateau élevé. À certains endroits, notamment dans la province du KwaZulu-Natal, à l'est, une plus longue distance sépare la côte de l'escarpement. Bien que la majeure partie du pays soit classée comme semi-aride, le climat et la topographie varient considérablement. \n\nLe plateau central sud-africain n'a que deux fleuves principaux : le Limpopo et l'Orange qui traversent le paysage central avec un débit variable d'est en ouest et se jettent dans l'océan Atlantique près de la frontière namibienne. ", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le KwaZulu-Natal est une province d'Afrique du Sud située entièrement en dessous du Grand Escarpement, qui forme ses frontières ouest et sud-ouest. Elle fait donc partie du « Coastal Belt » sud-africain, qui s'étend sur une grande partie de cette région de plus de 220 km de large. La région peut être divisée en trois zones géographiques distinctes. La région des basses terres le long de la côte de l'océan Indien est extrêmement étroite au sud, s'élargissant au nord de la province, tandis que les Midlands du Natal central se composent d'un plateau vallonné de 1 000 m d'altitude, s'élevant à 1 500 m vers l'ouest, au pied du Grand Escarpement. Le grand escarpement, connu ici sous le nom de Drakensberg, ainsi que les monts Lebombo au nord forment les régions montagneuses de la province. \n\nLes régions côtières sont généralement couvertes de buissons subtropicaux, tandis que les ravins les plus profonds et les pentes raides des vallées fluviales abritent la forêt afromontane. Les terres du centre sont couvertes de prairies humides avec des parcelles isolées de la forêt afromontane. Le nord est essentiellement constitué d'un habitat de savane humide, tandis que la région du Drakensberg abrite principalement des prairies alpines. \n\nLa plupart du KwaZulu-Natal Drakensberg se trouve à 2 000 m d'altitude, mais là où il forme la frontière avec le Lesotho, il culmine à plus de 3 000 m. Les monts Lebombo sont une longue chaîne étroite, pas beaucoup plus haute que 700 m, qui longe la frontière du Mozambique avec l'Afrique du Sud et l'Eswatini. Depuis l'Eswatini, la chaîne continue vers le sud-est sur environ 400 m dans le KwaZulu-Natal. \n\nDans le Drakensberg, un grand nombre de rivières naissent. Elles ont creusé des vallées assez profondes, et parfois des gorges, dans le paysage du KwaZulu-Natal, donnant à la province un aspect très vallonné. La Vallée des Mille Collines, entre Durban et Pietermaritzburg, est particulièrement spectaculaire. La plus grande des rivières est la Tugela, dont une partie des eaux est pompée au-dessus de l'escarpement jusqu'au Highveld pour compléter l'approvisionnement en eau des grandes villes industrielles du Gauteng.\n\nLa province contient de riches zones de biodiversité d'une grande variété de flore et de faune. Le parc des zones humides d'iSimangaliso et le parc d'uKhahlamba Drakensberg ont été déclarés sites du patrimoine mondial par l'UNESCO. Le parc de zones humides d'iSimangaliso, ainsi que le parc de uKhahlamba Drakensberg et le parc de Ndumo, sont des zones humides d'importance internationale pour les espèces migratrices et sont désignés comme sites RAMSAR. L'Afrique du Sud a signé la Convention RAMSAR de 1971 pour tenter de conserver et de protéger les zones humides importantes en raison de leur importance pour les habitats et de nombreuses espèces.\n\nLa région bénéficie d'un climat varié et verdoyant grâce à sa topographie diversifiée et complexe. Généralement, la côte est subtropicale, les régions intérieures devenant progressivement plus fraîches en hiver, mais plus chaudes en été (sauf sur l'escarpement). Durban, sur la côte, enregistre des précipitations annuelles moyennes de 1 010 mm. La température moyenne à midi en été (janvier - mars) est de 28 °C, avec des températures minimales de 21 °C en début de matinée. En hiver (juin-août), la température maximale moyenne est de 23 °C, et la température minimale est de 11 °C. Les températures estivales à Pietermaritzburg sont semblables à celles de Durban, mais il fait beaucoup plus frais en hiver. La température à Ladysmith, plus à l'intérieur des terres, dans la vallée de la rivière Tugela, atteint 30 °C en été, mais peut descendre sous le point de gel en hiver, les soirs d'hiver. Le Drakensberg peut connaître de fortes chutes de neige hivernale, avec parfois de la neige légère sur les sommets les plus élevés en été. La région côtière du Zululand, au nord de la province, a un climat tropical avec de fortes humidités, supportant de nombreuses fermes de canne à sucre. \n\nLes plages du KwaZulu-Natal sont de qualité mondiale. Le climat chaud de la côte attire les visiteurs tout au long de l'année. Certains visiteurs viennent cependant pour la sardine run (« course à la sardine ») annuelle de la fin de l'automne ou du début de l'hiver le long de la côte du KwaZulu-Natal, au sud de Durban. Appelée « le plus grand banc de sardines du monde », la migration des sardines se produit lorsque des millions de sardines quittent leurs bancs de ponte au sud de la pointe de l'Afrique vers le nord, le long du littoral du Cap oriental en direction du KwaZulu-Natal. Les sardines suivent une route près de la côte, ce qui entraîne souvent l'échouage de nombreux poissons sur les plages. L'immense banc de petits poissons peut s'étendre sur plusieurs kilomètres ; il est la proie de milliers de prédateurs, y compris des poissons de chasse, des requins, des dauphins et des oiseaux marins. Habituellement, les hauts-fonds se séparent et les poissons disparaissent dans les eaux plus profondes autour de Durban. Les scientifiques n'ont pas été en mesure de répondre à de nombreuses questions concernant cet événement saisonnier exceptionnel. \n\n", "title": " KwaZulu-Natal " }, { "img": [], "source_text": "Bushmanland est une zone aride à l'intérieur des terres à partir du Namaqualand (voir ci-dessous). Sa frontière nord est le fleuve Orange, derrière lequel se trouve la Namibie. Dans le sud, il s'incline vers le nord-ouest du Grand Karoo. À l'ouest se trouve Griqualand Ouest. C'est probablement la région la plus hostile d'Afrique du Sud, en raison de son aridité, de son sol infertile et de ses eaux souterraines très salées. Avec le désert du Kalahari au nord-est, ses précipitations sont les plus variables (en pourcentage d'écart par rapport à la moyenne annuelle), et sa plage de températures est la plus importante (différence entre la température moyenne en janvier et en juillet) en Afrique du Sud. Par contre, sa faune et sa flore, bien que clairsemées, sont d'un grand intérêt. Bien que le veld soit trop aride pour fleurir comme celui de la côte ouest du Namaqualand, même lorsqu'il pleut un peu au printemps, ce qui apparaît est très inhabituel et souvent d'une beauté obsédante. \n\nUne mine de métaux communs très productive située sur la ferme Aggeneys près de la route N14 entre Upington et Springbok exploite un minerai riche en zinc, plomb, cuivre et argent depuis 1977. Tout près, à l'est, se trouve Ghaamsberg, qui renferme de très grands gisements de zinc, mais le minerai est à faible teneur et, par conséquent, non rentable à l'heure actuelle pour une exploitation minière à grande échelle. \n\nVaalputs, un dépôt de déchets nucléaires, est situé entre Bushmanland et le nord-ouest du Grand Karoo, et sert de réserve naturelle de facto. \n\n", "title": " Bushmanland " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Géographie_de_l'Afrique_du_Sud
Inégalités femmes-hommes en France - Santé (2)
1,181
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLes inégalités femmes-hommes en France touchent plusieurs domaines : vie familiale, études, vie professionnelle, santé, vie politique...\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "En 2021, la Délégation aux droits des femmes au Sénat indique dans son rapport Femmes et ruralités : pour en finir avec les zones blanches de l'égalité que la santé des femmes n'est « pas considérée comme une priorité dans les territoires ruraux où la désertification médicale touche tout particulièrement les gynécologues ». Ceci entraîne un renoncement aux soins médicaux et au suivi gynécologique pour certaines femmes, ainsi qu'un moins bon dépistage des cancers dits « féminins » (seins, ovaires…). Si, au début des années 2020, la France manque globalement de gynécologues médicaux, qui s'occupent en particulier de certains aspects de la santé des femmes (prise en compte globale entre adolescence et ménopause, et suivi des problèmes gynécologiques) et se différencient des gynécologues obstétriciens (spécialisés dans la chirurgie et les accouchements), une partie de ses départements n'en comporte aucun. La gynécologie médicale en tant que discipline ayant ses propres spécialistes est une particularité française, d'autres pays européens n'ont pas ce type d'organisation ; la France, souhaitant s'inspirer de ses voisins, a cessé de former des gynécologues médicaux entre 1984 et 2003.\n\n", "title": " Accès aux soins de santé " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Inégalités_femmes-hommes_en_France
Système éducatif en France - Organisation scolaire (1)
1,118
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe système éducatif en France est dirigé par le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.\n\nDepuis la Loi pour une école de la confiance (aussi dite « réforme Blanquer ») de 2019, l'instruction est obligatoire en France de 3 à 16 ans, et la formation obligatoire de 16 à 18 ans. Il peut dans ce cas s'agir d'une scolarisation, d'un apprentissage, d'une insertion professionnelle ou encore d'un service civique. Ce système est divisé en trois grandes étapes successives : l'enseignement primaire (école maternelle et école élémentaire), l'enseignement secondaire (collège, lycées et certaines formations spécifiques) et l'enseignement supérieur (université, grandes écoles, formations spécifiques, etc.). Il existe environ 60 000 établissements scolaires. Les établissements privés représentent 17 % des élèves, dont 97 % sont sous contrat.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le système éducatif français est divisé en trois niveaux d'enseignement successifs : l'enseignement primaire (composé de trois années d'école maternelle et cinq années d'école élémentaire), l'enseignement secondaire (composé de quatre années de collège et, généralement, de trois années de lycée) et l'enseignement supérieur (accessible après le baccalauréat, généralement obtenu au cours de dernière année au lycée).\n\nIl est important de noter que le système français constitue une voie unique jusqu'à la classe de cinquième incluse. En effet, à partir de la classe de quatrième, les élèves peuvent choisir entre l'enseignement général et l'enseignement agricole (l'enseignement agricole dès cette classe s'est néanmoins beaucoup réduit depuis les années 1980). Au lycée, les voies d'enseignement et les diplômes préparés se multiplient afin de correspondre aux orientations de chacun (baccalauréats général, technologiques et professionnels en 3 ans, CAP en 2 ans, apprentissage, etc.).\n\n", "title": " Généralités " }, { "img": [], "source_text": "Jusqu'en 2014, l'enseignement primaire est divisé en trois cycles (petite, moyenne et grande section pour le cycle 1, CP et CE1 pour le cycle 2 et CE2, CM1 et CM2 pour le cycle 3). L'instruction n'étant alors obligatoire qu'à partir de six ans, la fréquentation du cycle 1 n'était pas obligatoire.\n\nDepuis la réforme de 2013 entreprise par le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon, les cycles s'organisent ainsi :\n\nLe cycle 1, dit « cycle des apprentissages premiers », regroupe les classes de petite section, moyenne section et de grande section, soit les trois années de l'école maternelle.\n\nLe cycle 2, dit « cycle des apprentissages fondamentaux », regroupe le cours préparatoire (CP), le cours élémentaire 1re année (CE1) et le cours élémentaire 2e année (CE2), soit les trois premières années de l'école élémentaire.\n\nLe cycle 3, dit « cycle de consolidation », regroupe le cours moyen 1re année (CM1), le cours moyen 2e année (CM2) et la classe de sixième, soit les deux dernières années de l'école élémentaire et la première année du collège.\n\nLe cycle 4, dit « cycle des approfondissements », regroupe les classes de cinquième, de quatrième et de troisième, soit les trois dernières années du collège. En fin de troisième, les élèves passent le diplôme national du brevet qui sanctionne ce cycle 4.\n\nLe « cycle de détermination » correspond à la classe de seconde, première année du lycée. Ce cycle est surtout nommé ainsi au lycée général et technologique car le choix du baccalauréat préparé est effectué à la fin de celui-ci. En lycée professionnel, le choix est souvent à faire dès la classe de troisième.\n\nLe « cycle terminal » regroupe les classes de première et de terminale, deux dernières années du lycée et de l'enseignement secondaire. Comme pour la classe de seconde, le terme « cycle terminal » est surtout utilisé pour les lycées généraux et technologiques en raison des baccalauréats qui se préparent particulièrement dans ces deux années (après avoir choisi sa voie ou sa série d'enseignement en fin de seconde).\n\nL'enseignement supérieur, accessible uniquement avec le baccalauréat ou un diplôme équivalent, est divisé en trois cycles successifs conformément au processus de Bologne (effectué pour un rapprochement des systèmes d'études européens) : le cycle 1, composé de trois ans et permettant d'obtenir une licence, le cycle 2, composé de deux ans et permettant d'obtenir un master et le cycle 3 qui se déroule en deux à six ans afin d'accéder au grade de docteur.\n\n", "title": " Les cycles " }, { "img": [], "source_text": "L'enseignement primaire regroupe l'école maternelle ainsi que l'école élémentaire.\n\n", "title": " L'enseignement primaire " }, { "img": [], "source_text": "Avant 1881, il n'existe aucune école maternelle. Les instituts qui accueillent les enfants de 2 à 6 ans sont appelés « salles d'asile » et ne prennent en charge qu'un faible nombre d'enfants. Mais les familles peuvent choisir, à cette époque, de faire garder leurs enfants en bas âge dans des classes appelées « sections enfantines », directement intégrées aux écoles primaires.\n\nLes enfants peuvent entrer à l'école maternelle l'année de leurs trois ans, au mois de septembre. Les enseignants sont les mêmes qu'en élémentaire. L'école maternelle obéit à un programme national précis et détaillé. À l'école maternelle où l'élève passe trois ou quatre ans (il a alors entre 2 et 6 ans) en toute petite section, petite section, moyenne section et grande section. La scolarisation à deux ans est très variable selon les régions et les zones (elle est ainsi plus fréquente dans les ZEP). Elle concerne le plus souvent les enfants les plus âgées de leur classe d'âge, ceux nés en début d'année. Une enquête menée pour le ministre de l'Éducation montre que les enfants scolarisés à deux ans s'intègrent plutôt mieux dans le cursus scolaire et redoublent moins souvent le CP et le CE1 mais contrairement aux ambitions affichées, les classes des deux ans sont surtout fréquentées par les enfants des familles aisées ou d'enseignants. De ce fait, les résultats de l'enquête sont quelque peu biaisés. Il semblerait que la scolarisation anticipée n'a pas réellement d'effet bénéfique sur les enfants. De plus, l'essentiel des hiérarchies scolaires est déjà en place à la fin de la grande section. L'école maternelle française ne parvient pas à amener les petits sur un pied d'égalité. Une partie de l'explication pourrait être le fonctionnement déjà très scolaire de la grande section.\n\nNéanmoins, l'école maternelle française reste une exception, et rares sont les pays qui proposent une école maternelle publique dès le plus jeune âge : si un enfant peut commencer l'école à deux ans presque trois en France, ce sera trois ans en Allemagne voire quatre ans en Suisse, sans même regarder des pays très éloignés.\n\n", "title": " L'enseignement primaire - L'école maternelle " }, { "img": [], "source_text": "L'école élémentaire est l'école qui accueille les enfants à partir de six ans (cinq ans pour ceux nés en fin d'année civile). Elle représente la suite de la maternelle (à partir de trois ans âge auquel commence l'instruction obligatoire en France depuis septembre 2019), avec laquelle elle forme l'école dite primaire.\n\nL'école publique est gratuite et laïque. Une école a obligation d'accueillir les enfants habitant dans la zone qui lui est attribuée par la carte scolaire, qu'ils soient de nationalité française ou pas, en situation régulière ou pas. Tout comme la maternelle, elle accueille les enfants dont le handicap a été reconnu par la MDPH situés hors carte scolaire, lorsqu'ils ne trouvent pas de structure d'accueil dans l'école la plus proche, école dite de rattachement (c'est le cas principalement pour les élèves accueillis en classe pour l'inclusion scolaire). Selon le ministère de l'Éducation nationale en 2020 : « La scolarité obligatoire doit garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l’acquisition d’un socle commun de connaissances, de compétences et de culture, auquel contribue l’ensemble des enseignements dispensés ». L'objectif de l'école élémentaire est notamment d'enseigner aux enfants les savoirs fondamentaux : l'apprentissage de la lecture (lire), de l'écriture (écrire) et du calcul (compter). Les activités d'éveil (activités artistiques et ludiques) y sont importantes, surtout dans les premières classes.\n\n", "title": " L'enseignement primaire - L'école élémentaire " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_éducatif_en_France
Démographie - Histoire (2)
1,158
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa démographie est l'étude quantitative et qualitative des caractéristiques des populations et de leurs dynamiques, à partir de thèmes tels que la natalité, la fécondité, la mortalité, la nuptialité (ou conjugalité) et la migration.\n\nLe démographe analyse les variations de ces phénomènes dans le temps et dans l'espace, en fonction des milieux socio-économiques et culturels.\n\nSur cette base la prospective démographique est en mesure d'établir différents scénarios d'évolution : de type tendanciels, alternatifs, de crise ou de ruptures, etc.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Notre planète voit sa population croître de plus de 400 millions d'individus tous les cinq ans. Selon les prévisions de l'ONU, nous serons ainsi plus de onze milliards en 2100. Une situation qui, désormais, constitue un axe majeur de toute analyse géopolitique. C'est notamment vrai pour les pays de l'Union européenne (UE), cette dernière ayant enregistré en 2015 une « variation naturelle négative de sa population ». Cependant, celle-ci a été plus que compensée par un apport migratoire de plus de 1,9 million de personnes, l'année précédente.\n\nAu-delà, le vieillissement généralisé de la population européenne et la charge économique grandissante des seniors pourraient nourrir d'importantes tensions intergénérationnelles. Car au-delà du seul coût des retraites (qui, en France, repose pour l'essentiel sur les cotisations des actifs), le financement social et médical des personnes âgées représente un poids financier considérable, qui ne cessera de croître dans les années à venir. En France (2019), la seule prise en charge des seniors en perte d'autonomie coûte déjà 30 milliards d'euros par an, soit 1,4 point de PIB.\n\nEn 2060, elle devrait presque doubler selon le ministère de la santé. Il n'est pas sûr que les jeunes générations, déjà directement impactées par un marché du travail de plus en plus contraint et un niveau de vie de moins en moins élevé, ne consentent sans sourciller à de tels efforts ' . Des confrontations entre classes d'âges, à l'intérieur de chaque pays concerné, se superposant aux tensions démographiques de migrants aux frontières, le tout dans un contexte d'appauvrissement des ressources naturelles et de crises climatiques (favorisant les phénomènes migratoires massifs et incontrôlés) : on le voit, la question démographique est désormais – et pour longtemps encore – au cœur des grandes problématiques sociales et géopolitiques contemporaines.\n\n", "title": " Au XXIe siècle " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Démographie
Réfugié écologique - Etudes (1)
1,244
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLes réfugiés climatiques ou écologiques ou écoréfugiés sont une catégorie de réfugiés environnementaux.\n\nCe sont des personnes ou groupes qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d'une rupture environnementale (d'origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie. Ce sont souvent des agriculteurs, mais aussi parfois des chasseurs-cueilleurs, des pêcheurs ou des éleveurs.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "A titre d'exemple pour l'Europe :\n\nEn 2018, l'Observatoire Hugo a été aidé à hauteur de 3,2 millions d'euros par le programme Horizon 2020 de la Commission Européenne à lancer le projet MAGYC (sur la gouvernance des migrations.\n\nEn 2020 (27 mai) un projet international de recherche sur les liens « entre le changement climatique, l'habitabilité et les points de basculement sociaux : Scénarios pour la migration climatique » a été lancé. Dénommé HABITABLE et financé à hauteur de 6,8 millions d'euros par le programme Horizon 2020 de la Commission Européenne, ce projet est centré autour de la notion d'« habitabilité ». L'Observatoire Hugo de l'Université de Liège est chargé de coordonner un consortium de 20 partenaires (instituts de recherche, Think tank, ONG et organisations internationales). Ces partenaires viennent de 17 pays et trois continents (les partenaires sont basés en Europe, Afrique de l'Ouest, Afrique australe, Afrique de l'Est et Asie du Sud-Est).\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Réfugié_écologique
Guerre du Péloponnèse - Origine du conflit (1)
2,599
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre du Péloponnèse est le conflit qui oppose la ligue de Délos, menée par Athènes, et la ligue du Péloponnèse, sous l'hégémonie de Sparte. Le déroulement du conflit est principalement connu à travers les récits qu'en ont fait Thucydide et Xénophon. Provoquée par trois crises successives en peu de temps, la guerre est cependant principalement causée par la crainte de l'impérialisme athénien chez les alliés de Sparte. Ce conflit met fin à la pentécontaétie et s'étend de 431 à 404 en trois périodes généralement admises : la période archidamique de 431 à 421, la guerre indirecte de 421 à 413, et la guerre de Décélie et d'Ionie, de 413 à 404. Il est caractérisé par une transformation totale des modes de combats traditionnels de la Grèce antique, notamment par un abandon progressif de la bataille en formation de phalange vers ce que l'historien Victor Davis Hanson qualifiera de premier conflit « total » de l'Histoire.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Pour Thucydide, la guerre est inévitable en raison de la montée de l'impérialisme athénien dans le cadre de la ligue de Délos. Cette dernière est fondée en 478, dans le contexte des guerres médiques, et voit vite s'imposer l'hégémonie d'Athènes : les cités alliées, plutôt que de s'investir directement dans la défense de l'alliance préfèrent s'acquitter d'un tribut, le phoros, qui entretient la puissance militaire de l'unique cité prenant en main toutes les opérations militaires de la confédération. La flotte athénienne devient donc bientôt la plus puissante du monde grec et permet l'émergence de ce que les historiens nomment la thalassocratie athénienne, accordant à la cité une emprise de plus en plus grande sur les autres membres de la ligue ; d'alliés ces derniers deviennent des sujets, non plus placés sous une hégémonie mais sous une archè, une autorité. Ainsi, les cités cherchant à quitter la ligue voient leurs désirs réprimés par une flotte constituée à l'origine pour les défendre. Les révoltes de l'Eubée, en 446, et de Samos, en 440, sont ainsi durement réprimées par les Athéniens. À l'aube de la guerre du Péloponnèse, ce qui était à l'origine une alliance de cités indépendantes dirigée par Athènes pour mettre fin à la menace perse est devenu un empire athénien où, sur plus de 150 membres de la ligue, seules les îles de Lesbos et Chios conservent encore leurs propres flottes et une certaine autonomie.\n\nEn plus de créer des dissensions internes à la confédération, cet impérialisme effraie les autres cités du monde grec, comme celles de la ligue du Péloponnèse, placées sous l'hégémonie de Sparte et faisant contrepoids à la puissance athénienne. Les relations entre Sparte et Athènes se dégradent dès la fin des guerres médiques. En 462, alors que les Spartiates doivent faire face à une révolte de hilotes, ils refusent de manière brutale l'assistance offerte par Athènes, ce qui entraîne dans cette cité l'ostracisme de Cimon, chef du parti favorable à l'alliance avec Sparte. Les deux cités s'affrontent par intermittence lors de la première guerre du Péloponnèse (460-445), qui est provoquée par le conflit entre Corinthe et Mégare, deux cités membres de la ligue du Péloponnèse. Mégare, en mauvaise posture, conclut alors une alliance avec Athènes susceptible de bouleverser l'équilibre des forces. La guerre oppose principalement les Athéniens et leurs alliés à Corinthe et à Thèbes. Après une période initiale favorable à Athènes, la victoire des Thébains sur les Athéniens à Coronée (447) met ces derniers en difficulté. Mégare regagne le giron de la ligue du Péloponnèse, et les Lacédémoniens envahissent l'Attique mais retournent chez eux sans combattre après s'être laissés soudoyer. Peu après, Athènes et Sparte concluent une paix de Trente Ans, les Athéniens devant restituer leurs conquêtes sauf Égine et Naupacte. Une clause importante du traité interdit désormais aux membres des deux ligues de changer d'alliance, ce qui divise officiellement le monde grec en deux camps, et une autre exige de soumettre de futures doléances à un arbitrage.\n\nNéanmoins, Sparte doit, au risque de voir son hégémonie s'effondrer, prouver auprès de ses alliées sa capacité à les protéger de la menace que constitue l'impérialisme athénien. Ainsi, une cité comme Corinthe — la plus peuplée de la péninsule après Athènes — menace de quitter la ligue si les Lacédémoniens ne s'opposent pas activement à leur rivale. Selon Thucydide, la cause véritable, mais non avouée, du conflit est donc la puissance à laquelle les Athéniens sont parvenus. La crainte pour les Spartiates de la voir encore s'accroître, à leur détriment, les pousse alors à frapper les premiers. La lutte est aussi, et peut-être surtout, idéologique, l'oligarchie spartiate s'inquiétant de la volonté d'Athènes d'imposer son modèle démocratique, par la force si nécessaire, dans de nombreuses autres cités.\n\n", "title": " Causes profondes " } ]
wik-hist-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Péloponnèse
Second empire colonial français - Avant 1815 (1)
2,121
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe second empire colonial français est l'ensemble des colonies de l'empire colonial français, possédé et administré par la France à partir de 1815, puis essentiellement structuré sous la Troisième République. \n\nLe second empire colonial français est également appelé Empire colonial français contemporain (ayant été érigé à l'époque contemporaine), ou de façon plus politiquement correcte, second espace colonial français.\n\n", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Après la défaite de la France lors de la guerre de Sept Ans, tous les établissements et comptoirs en Afrique noire, à l’exception de l'île de Gorée au Sénégal, sont cédés lors du traité de Paris en 1763. L'Empire britannique profite largement de cette victoire.\n\nUne partie sera toutefois récupérée quelques années plus tard, à la faveur du traité de Versailles en 1783.\n\nEn 1803, Napoléon Ier vend la Louisiane, restituée l'année précédente par l'Espagne, aux États-Unis. En 1804, la France perd sa plus riche colonie Saint-Domingue qui devient indépendante sous le nom d'Haïti.\n\nAprès la chute du Premier Empire, la France n'a dès lors plus de vastes territoires coloniaux, ne conservant que quelques comptoirs : les établissements français de l'Inde, Gorée, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), La Réunion dans l'océan Indien, ainsi que la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon.\n\n", "title": "" } ]
wik-hist-premiere
https://fr.wikipedia.org/wiki/Second_empire_colonial_français
Léonard de Vinci - Léonard de Vinci polymathe (14)
3,310
[ { "img": [], "source_text": "\n\nLéonard de Vinci (italien : Leonardo di ser Piero da Vinci, dit Leonardo da Vinci), né le 14 avril 1452 du calendrier actuel à Vinci (Toscane) et mort le 2 mai 1519 à Amboise (Touraine), est un peintre italien polymathe, à la fois artiste, organisateur de spectacles et de fêtes, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, sculpteur, peintre, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, philosophe et écrivain.\n\nEnfant naturel d'une paysanne, Caterina di Meo Lippi et d'un notaire, Pierre de Vinci, il est élevé auprès de ses grands-parents paternels dans la maison familiale de Vinci jusqu’à l’âge de dix ans. À Florence, son père l'inscrit pour deux ans d’apprentissage dans une scuola d’abaco et ensuite à l'atelier d'Andrea del Verrocchio où il côtoie Botticelli, Le Pérugin et Domenico Ghirlandaio.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'hydraulique constitue un des domaines de prédilection de Léonard de Vinci et ce, dès les années 1477-1482. Mais son travail, dans les années 1490, sur la « Cité Idéale » à Milan, constitue une entreprise fondatrice dans le domaine puisque la gestion de l'eau en termes de flux constitue le point central de sa réflexion. Autre aspect de sa réflexion, il s'y intéresse lors de son séjour à Venise en 1500 alors que la cité cherche des solutions pour se défendre d'une possible invasion des Turcs : il propose d'inonder les environs de la cité-état en guise de moyen de défense. Puis, lors de son séjour romain, il étudie les moyens d'évacuer les eaux stagnantes des marais pontins au sud de Rome. Mais la mort du commanditaire, le cardinal Julien de Médicis en arrête définitivement les travaux.\n\nTémoin le plus important de son activité, le Codex Leicester (vers 1504-1508) — le plus vaste et complet écrit du maître sur le sujet — traite exclusivement de l’eau dans toutes ses manifestations et est rédigé alors que Léonard se trouve en Toscane. Les recherches de Léonard comprennent alors des relevés topographiques, des calculs, des projets d’excavation, des plans d'écluses, de barrages; Il y envisage les machines hydrauliques comme sources d'énergie autre que la force animale.\n\nIci également, il s'inscrit dans une lignée d'ingénieurs comme Mariano di Jacopo (dit « Taccola »), qui, dans son traité technologique De Ingeneis, dessinait déjà les ouvrages d'art comprenant ponts-siphons, aqueducs, tunnels, des vis d'Archimède ou norias, et Francesco di Giorgio Martini, qui élaborait quant à lui quantité de machines mues par l’énergie hydraulique (pompes, foulons, scies ou moulins), et, enfin, Leon Battista Alberti et son De Re Aedificatoria qui s'intéresse à la puissance des cours d'eau et des tourbillons.\n\nLe travail de Léonard sur l'hydraulique fait que ses compétences dans le domaine sont reconnues par ses contemporains. François Ier le charge ainsi de l'aménagement fluvial dans le cadre du projet urbanistique du roi à Romorantin.\n\nSes activités le conduisent à étudier divers projets au nombre duquel se trouve la défense de Venise d'une éventuelle attaque turque par l'inondation de zones terrestres par les eaux du fleuve Isonzo. Contrairement à l'idée répandue que ses études ne débouchent jamais sur des réalisations concrètes, il semble que des essais aient été conduits avec succès puisqu'en 1515 et en 1515, il les évoque dans ses notes.\n\nEntre 1493 et 1494, il rédige le début d'un Traité des Eaux dans lequel il a pour ambition de mettre en place une méthodologie alliant théorie et expérience voire à faire primer les connaissances théoriques sur la pratique : ainsi, il conduit des expériences avec notamment de l'eau colorée et des maquettes comportant des parois en verre, desquelles il tire des conclusions conceptuelles.\n\nDe fait, ses apports sont indéniables dans le domaine : il est ainsi le premier à étudier de façon systématique la formation des lits des rivières. De même, personne avant lui n'articule à ce point, « comme dans le Milanais, une entreprise urbanistique hygiéniste et une planification du développement de la région fondé sur la maîtrise de l’eau ».\n\nPourtant, il demeure fils de son temps, avec ses théories erronées. Ainsi, Bertrand Gille note-t-il que « si Leonard possède effectivement des connaissances sur la nature et sur la puissance virtuelle de la vapeur d'eau, il en arrive, après des vues fort justes à des aberrations totales. Dans un passage, il nous montre l'origine des fleuves dans la chaleur volcanique ».\n\n", "title": " L'ingénieur et le scientifique - L'ingénieur - Ingénieur hydraulicien " } ]
wik-histoire-geographie-cinquieme
https://fr.wikipedia.org/wiki/Léonard_de_Vinci
Histoire de la Grèce antique - L'Antiquité tardive : l'Empire romain d'Orient (1)
2,478
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’histoire de la Grèce antique se décompose en plusieurs périodes, allant du développement des premières communautés agricoles durant le Néolithique, à partir du VIIe millénaire av. J.-C., jusqu'à l'Antiquité tardive, qui s'achève au VIIIe siècle. Il s'agit de la première civilisation à s'être développée sur le continent européen, tirant parti de sa proximité avec les plus anciens foyers néolithiques et urbains du Proche-Orient et d'Égypte, devenant durant le Ier millénaire av. J.-C. une civilisation très dynamique et influente, marquant de son empreinte les cultures voisines, nombre de ses aspects étant érigés en modèle et servant de référence pour les civilisations postérieures, en premier lieu en Europe.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'Antiquité tardive est une période à cheval entre la dernière partie de l'Antiquité et la première partie du Moyen-Âge du découpage historique classique, longtemps perçues comme des phases de déclin en raison du poids historiographique de la chute de l'Empire romain d'Occident. En Orient l'Empire romain ne chute pas avant 1453, donc l'impression de décadence politique est moins marquée, même si la période se conclut par les conquêtes arabo-musulmanes qui l'amputent grande partie de ses territoires. Cet empire s'est formé par la division de l'Empire romain en deux entités, un de langue dominante latine, et l'autre de langue dominante grecque. Cet empire est souvent qualifié de « byzantin », sa capitale, Constantinople, ayant été érigée à l'emplacement de l'ancienne Byzance, et assure la continuité politique de Rome. La période de l'Antiquité tardive est désignée dans cette région comme une phase « paléo-byzantine ». Elle est plus stable et plus prospère qu'en Occident, ce qui est visible dans beaucoup de régions, les villes et les échanges sont très actifs jusqu'au milieu du VIe siècle. La culture grecque y est préservée et révisée, le cadre civique y subsiste plusieurs siècles, mais plusieurs éléments caractéristiques de la culture grecque antique disparaissent à cette période. La christianisation met ainsi fin aux cultes grecs antiques, et entraîne un renouvellement culturel important qui se retrouve dans l'art, l'architecture et la littérature, et au sortir de cette phase l'éducation grecque a subi d'importants changements. Du point de vue politique, les cités perdent en importance et les institutions impériales prennent de plus en plus de place au niveau local, en même temps que les institutions ecclésiastiques. Cela conduit au délitement progressif des institutions municipales, achevé par la phase de crise du VIIe siècle, qui marque la fin de la cité grecque. C'est donc une nouvelle civilisation grecque, la civilisation byzantine, qui se forme durant cette période, reposant sur la culture grecque, une structure du pouvoir romaine, et la religion chrétienne.\n\n", "title": "" }, { "img": [], "source_text": "La fin du IIIe siècle et le début du IVe siècle sont marqués par une accalmie et un rétablissement dans l'Empire romain, avec le relâchement des attaques venues de l'extérieur (peuples germaniques au nord, mais aussi Perses sassanides à l'est et les victoires militaires et réformes des empereurs, en premier lieu Dioclétien (284-305) et sa Tétrarchie qui organise une division Est/Ouest de l'empire afin de mieux assurer sa défense autour de co-empereurs, et la prospérité revient. Constantin (306-337) rétablit la domination d'un seul empereur, mais il prend une décision à la portée considérable pour l'organisation géographique de l'empire, la fondation d'une seconde capitale à l'emplacement de la cité de Byzance, qu'il nomme Constantinople.\n\nPensée pour être une Nouvelle Rome, Constantinople dépasse finalement la première en raison du délitement politique de la partie occidentale de l'Empire. La ville est située sur des voies de communication majeures, aussi bien sur terre que sur mer, et le site est facile à défendre. Le chantier commence par l'érection d'une muraille qui délimite un espace de 700 hectares, et des monuments dignes d'une capitale (Palais, Sénat, hippodrome, thermes, etc.), mais il faut encore plusieurs années et des mesures incitatives de la part du fondateur et de son successeur pour assurer le succès de la fondation. Le développement de la ville se poursuit, avec la création de nouveaux ports, et Théodose II érige une nouvelle enceinte, de 7 kilomètres de long, afin d'améliorer la sécurité de la ville, qui assure sa défense pendant un millénaire. Au milieu du Ve siècle la ville atteint peut-être les 500 000 habitants. Avec la scission définitive de l'empire en deux en 395, Constantinople est devenue une capitale permanente, avec plusieurs palais, une administration nombreuse, concentrant de plus en plus de pouvoir, la tendance étant à la centralisation.\n\nLa période de séparation de l'empire est marquée par de nouvelles guerres contre les Goths. En 378 ceux-ci défont les troupes romaines d'Orient à Andrinople, tuant l'empereur Valens. Une vingtaine d'années plus tard, le chef goth Alaric, mis au service des Romains, provoque diverses attaques afin de bénéficier de conditions plus avantageuses. Un de ses raids eux ravage la Grèce en 396-397. Il se dirige ensuite vers l'Occident, où le pouvoir est moins fort, et l'affaire se conclut par le sac de Rome de 410, événement majeur de la période de la chute de l'Empire romain d'Occident. La disparition de la moitié occidentale de l'empire laisse la moitié orientale seule dépositaire de l'héritage romain. Dès lors et pour le restant de leur histoire, les populations de l'Empire romain d'Orient (byzantin), majoritairement de langue grecque, se définissent principalement comme des « Romains », notamment au regard du prestige politique que renferme cette dénomination, tout en l'intégrant à l'hellénisme, et se perçoivent comme un des derniers bastions de la civilisation. La dénomination d'« Hellènes » est associée au paganisme dans le nouveau monde chrétien, à la suite de l'usage qui est fait du terme dans le Nouveau Testament.\n\nSous Justinien (527-565), l'Empire romain d'Orient atteint son apogée par la reconquête de plusieurs régions occidentales (Afrique du nord, Sicile, Italie, Hispanie), et la basilique Sainte-Sophie symbolise le statut de capitale chrétienne de Constantinople. Mais cette période est marquée par l'irruption de la peste justinienne à compter de 542, puis après la mort de Justinien se produit un regain des menaces extérieures. Dans les Balkans, les Avars et les Slaves lancent des raids, qui atteignent la Grèce continentale dans les années 580, jusqu'au Péloponnèse, et beaucoup s'installent dans ces régions, notamment autour de Thessalonique. Puis le long conflit qui oppose Romains et Perses au début du VIIe siècle se solde dans sa première partie par des raids ravageant plusieurs cités asiatiques, jusqu'en Asie mineure, avant la réplique byzantine tout aussi destructrice pour l'ennemi. La tendance économique et démographique s'est alors retournée dans la plupart des régions, qui voient le déclin de leurs villes et des échanges. Lorsque les troupes arabo-musulmanes attaquent le Proche-Orient byzantin, elles progressent très rapidement, et elles ne sont arrêtées que sous les remparts de Constantinople, après avoir amputé l'Empire romain d'Orient d'une grande partie de son territoire.\n\n", "title": " La formation de l'Empire romain d'Orient " } ]
wik-hist-seconde
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Grèce_antique
Histoire de France - La Troisième République de 1870 à 1940 (2)
1,328
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'histoire de la France commence avec les premières occupations humaines du territoire correspondant au pays actuel. Aux groupes présents depuis le Paléolithique et le Néolithique, sont venues s'ajouter, à l'Âge du bronze et à l'Âge du fer, des vagues successives de Celtes, puis au IIIe siècle de peuples germains (Francs, Wisigoths, Alamans, Burgondes) et au IXe siècle de scandinaves appelés Normands.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les républicains s'attachent à enraciner la République en établissant les grandes libertés : la liberté de réunion et de la presse en 1881, le droit de se syndiquer par la loi Waldeck-Rousseau de 1884, la possibilité de divorcer la même année. La loi de 1901 sur la liberté d'association permet la formation de partis politiques qui remplacent les groupements informels des clubs et des comités. Les premiers partis à se former sont le parti radical en 1901 et le parti socialiste, la SFIO en 1905.\n\nLa République se dote de ses grands symboles : le buste de Marianne, la Marseillaise qui redevient l'hymne national en 1878 et le 14 juillet comme fête nationale. En même temps, des grands républicains comme Victor Hugo ou Léon Gambetta reçoivent à leur mort des obsèques nationales.\n\nJules Ferry joue un rôle central dans la mise en œuvre de ces objectifs lui qui poursuit trois objectifs : étendre les libertés, soustraire l'école à l'emprise de l'Église catholique et « relever » la France de la défaite grâce à la colonisation. Cependant le nom de Jules Ferry évoque pour tous les Français l'instauration de l'école gratuite, obligatoire et laïque. En effet, pour rendre la république irréversible, la formation de jeunes générations paraît indispensable. Or l'école est placée depuis la loi Falloux sous l'autorité de l'Église qui s'est toujours montrée une adversaire de la République. Jules Ferry fait voter toute une série de lois portant sur la question scolaire : création de lycées publics pour jeunes filles par Camille Sée en 1880 (même si ceux-ci ne permettent pas de passer le baccalauréat), instauration de l'école gratuite laïque et obligatoire par les lois Ferry de 1881-1882, laïcisation de personnel enseignant des écoles publiques. L'instituteur devient un des piliers de la République. C'est à lui que revient le devoir d'inculquer aux jeunes élèves la morale républicaine et l'amour de la patrie.\n\nMais face aux républicains au pouvoir appelés \"modérés\" ou \"opportunistes\" par leurs adversaires, une partie du mouvement républicain reste attaché aux convictions des années 1860 et au programme de Belleville de 1869 qui a été abandonné au profit du compromis avec les orléanistes. De là nait la division entre républicains modérés et républicains radicaux. En particulier la lutte contre l'influence de l'Église est un thème qui permet l'émergence d'un nouveau parti à gauche de l'échiquier politique, le parti radical. L'attachement des Français à la République n'empêche pas celle-ci d'être secouée par de nombreuses crises dues à la montée du nationalisme (épisodes du boulangisme dirigé par le général Georges Boulanger) ou de l'antisémitisme (affaire Dreyfus). Ces événements montrent qu'il existe deux France, l'une conservatrice et revancharde, l'autre acquise aux idéaux révolutionnaires et au progrès social.\n\nCe sont finalement les progressistes qui l'emportent. Les républicains forment un gouvernement d'union nationale dirigée par Pierre Waldeck-Rousseau entre 1899 et 1902. L'arrivée au pouvoir du parti radical en 1902 accentue la laïcisation de la société. En 1904, les congrégations religieuses n'ont plus le droit d'enseigner et un grand nombre d'entre elles sont expulsées de France. En 1905, sous l'impulsion du président du conseil Émile Combes, L'Assemblée nationale vote la loi de séparation de l'Église et de l'État. Les ministres du culte cessent d'être rétribués par l'État. Les biens mobiliers et immobiliers du culte sont nationalisés et mis à la disposition d'associations cultuelles religieuses après un inventaire de tous les biens nationalisés. Dans quelques régions, les inventaires ont donné lieu à des affrontements violents entre les catholiques et les forces de l'ordre, mais le phénomène reste marginal même s'il a beaucoup frappé les esprits. À partir de 1905, la religion devient une affaire privée.\n\n", "title": " L'instauration du régime républicain - L'enracinement de la République " }, { "img": [], "source_text": "La France connaît un fort déclin démographique. Alors qu'en 1800, la France était deux fois plus peuplée que l'Allemagne et trois fois plus que le Royaume-Uni, elle compte en 1913 moins d'habitants que chacun de ces deux pays. La France devient le pays du fils unique, protégé, poussé, sur lequel reposent les projets d'ascension sociale de la famille. Le malthusianisme français s'explique en partie par la volonté de ne pas diviser l'héritage familial. Face à la montée des tensions, la faiblesse démographique de la France inquiète. Pour pallier le manque de soldats, le service militaire est porté à trois ans en juillet 1913. Le recrutement de troupes coloniales a débuté dès la fin du XIXe siècle ; il s'accélère en 1910.\n\nAutre conséquence, le recours à l'immigration, qui apparaît comme une solution au déclin démographique. Elle est encouragée par l'instauration du principe du droit du sol pour l'obtention de la nationalité française en 1889. En 1914, la France compte 1,2 million d'étrangers venus de Belgique et d'Italie[réf. nécessaire], ce qui suscite une série de réactions xénophobes (Vêpres marseillaises en 1881, pogrom d'Aigues-Mortes en 1893, etc.).\n\nLa France reste ainsi un pays essentiellement agricole, comme le prouve la part du secteur primaire dans la population active (43,2 % en 1906), alors que ce secteur représente moins du quart de la production nationale[réf. nécessaire]. L'exode rural qui a commencé en 1848 continue. Environ 35 000 personnes quittent chaque année les campagnes vers 1900[réf. nécessaire]. Les petites exploitations dominent : 80 % d'entre elles ont moins de 10 hectares. Dans les petites exploitations, les rendements sont très médiocres : 13 quintaux de blé à l'hectare en moyenne voire 4 ou 5 dans les régions où les sols sont les plus pauvres. En fait, les petites exploitations pratiquent une polyculture vivrière où seule une petite partie de la production est commercialisée.\n\nAu nord de la Loire existe une agriculture capitaliste et productive. Les années 1900 sont en effet celles d'une timide mutation agricole : semoirs mécaniques, moissonneuses deviennent plus courants dans ces exploitations. Leur poids électoral font des agriculteurs une préoccupation des Républicains. En 1881, le ministère de l'Agriculture est créé. Un tarif protectionniste est instauré en 1892 par Jules Méline pour protéger les petits agriculteurs de la baisse mondiale des prix agricoles.\n\n", "title": " La France sous la Troisième République - Population et société " }, { "img": [], "source_text": "Faidherbe forme les fameux tirailleurs sénégalais qui accompliront la conquête des régions du Niger en 1898 avec des officiers comme Gallieni, Voulet-Chanoine, Fourreau-Lamy, Monteil et Gentil. Les Touaregs opposeront une sérieuse résistance. La France confère le statut de « commune française de plein exercice » à Saint-Louis, Gorée et Dakar en 1872 et à la ville de Rufisque en 1880. À compter de ces dates, les habitants de ces quatre communes sont citoyens français avec tous leurs droits et tous leurs devoirs, représentés dans les Assemblées parlementaires de France. À tout cela viendront s'ajouter la conquête du Gabon, du Congo, de la Mauritanie, de la Guinée, de la Haute-Volta, du Tchad, du Dahomey et de l'Indochine. En 1914 l'empire français est alors 22 fois plus grand que l'Hexagone.\n\nLes conquêtes coloniales sont entreprises en partie pour des raisons économiques, apporter des matières premières des territoires colonisés à l'industrie française, créer des débouchés grâce aux colonats ou aux colonisés. Elles sont effectuées sous la pression de lobby coloniaux comme Afrique française ou Asie française (voir article sur l'Indochine française) dans lesquelles on trouve des banquiers, des hommes d'affaires, des journalistes, des parlementaires et des militaires. À côté de la prétention à apporter la « civilisation » aux peuples « sauvages », les protestations contre cette expansion coloniale sont nombreuses.\n\nL'exposition coloniale de 1931 voit la reconstruction du temple d'Angkor Vat à Paris, mais aussi des zoos humains. Au total cette exposition attire à peu près 8 millions de visiteurs (dont 1 million d'étrangers).\n\n", "title": " La France sous la Troisième République - La France coloniale " } ]
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Humanisme de la Renaissance - Facettes de l'humanisme de la Renaissance (2)
3,289
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'humanisme est un mouvement de pensée européen pendant la Renaissance qui se caractérise par un retour aux textes antiques comme modèle de vie, d'écriture et de pensée. Le terme est formé sur le latin : au XVIe siècle, l'humaniste, « l'humanista » s'occupe d'humanités, studia humanitatis en latin : il enseigne les langues, les littératures et les cultures latines et grecques. Plus largement, le terme humanitas est pris dans le sens cicéronien et représente « la culture qui, parachevant les qualités naturelles de l'Homme, le rend digne de ce nom ». L'humanisme au sens d'étude littéraire et philologique de la culture antique côtoie ce sens élargi pendant toute la période et encore aujourd'hui dans l'historiographie.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "La pensée nouvelle fait une place première à l'expérimentation. Les dogmes, même issus de la bibliographie gréco-romaine, sont remis en question, et doivent passer par l'épreuve du fait (cf Bernard Palissy, Discours admirables aux Eaux et Fontaines). Ainsi se développe une pensée critique, où l'expérience scientifique permet de dégager une connaissance libre de préjugés. Artistes, lettrés et savants se lancent dans la construction d'un savoir moderne. Léonard de Vinci, par exemple, s'intéresse à l'anatomie et opère plusieurs dissections dont témoignent ses carnets de dessin. Copernic conçoit le modèle héliocentrique, en réaction au modèle géocentrique de Ptolémée et Aristote. Rabelais donne dans son Gargantua l'exemple d'une éducation idéale et universelle, ajoutant aux langues anciennes la connaissance des mathématiques, de l'astronomie et des sciences naturelles.\n\n", "title": " Humanisme et sciences " }, { "img": [], "source_text": "Les humanistes prônent des valeurs morales et intellectuelles contenues dans la littérature gréco-latine et leur adaptation à des besoins nouveaux. De ce fait certains scolastiques les accusent de paganisme. Pour les humanistes, la philosophie grecque a préparé le monde à la religion chrétienne, celle de l'Évangile, des Épîtres de saint Paul et des Pères de l'Église.\n\nÉrasme est un des plus fervents partisans de l'humanisme chrétien. Il fait la conjonction entre la religion et la liberté dans son livre de 1503, Enchiridion militis christiani. À une religion basée sur un ritualisme sans âme et des obligations comme la messe dominicale, il oppose une religion de l'homme s'adressant directement à Dieu. À sa suite, l'humanisme chrétien touche exclusivement les pratiques ecclésiastiques, et non pas la religion. À ce titre, les humanistes sont en partie à l'origine de la Réforme protestante du XVIe siècle introduite par Martin Luther en Allemagne et Jean Calvin à Genève. En 1524, Érasme se lance dans une controverse avec Luther en publiant Essai sur le libre-arbitre. Le réformateur allemand y répond par l' Essai sur le serf-arbitre. Les débats portent sur la liberté de l'homme et la manière dont celui-ci l'utilise face à la Grâce divine.\n\n", "title": " Humanisme et religion " }, { "img": [], "source_text": "Les humanistes sont en général pacifistes et cosmopolites. Même quand ils sont au service d'un prince, comme Guillaume Budé, ils font passer leurs impératifs moraux avant les considérations politiques. Érasme, quant à lui, est un temps conseiller de Charles Quint. En 1516, il écrit L'Institution du prince chrétien. Il y loue la notion de bien commun dans un État où le devoir du peuple est mis en parallèle avec celui du prince. Parfois ils envoient des lettres ou dédient leurs ouvrages à un souverain pour essayer d'exercer une influence salutaire sur leurs décisions politiques. Ils proposent volontiers des réformes politiques comme Érasme dans L'Éloge de la Folie en 1511, Thomas More dans l'Utopie en 1515-1516, Rabelais dans Gargantua en 1534. À Florence, tout au long du XVe siècle et même au début du XVIe siècle, les grands humanistes de la ville sont aussi les Chanceliers de la République : Leonardo Bruni, Ange Politien, Nicolas Machiavel...\n\n", "title": " Humanisme et politique " }, { "img": [], "source_text": "Le parallèle célèbre mené par Horace entre les deux arts, Ut Pictura Poesis, devient l'une des références presque obligatoire dans tout discours sur l'art. Au début du XVIe siècle, l'éloge du peintre est un genre littéraire établi. Pourtant, les écrivains restent relativement silencieux sur le renouveau pictural qui leur est contemporain. Dans son Della Pittura de 1435, Alberti propose le premier manuel de peinture qui est aussi un traité théorique exaltant la dignité de l'art envisagé, mais il ne cite à l'appui de son intention, aucun peintre contemporain, n'évoquant qu'une image de Giotto, la Navicella. Dans l'atmosphère culturelle du Quattrocento, « l'esprit prime toujours le visuel ». L'humanisme littéraire n'enregistre même pas les noms de ceux qui orientent de manière décisive la Renaissance picturale, même si l'humanisme contribue à définir la culture nouvelle de la peinture « moderne ».\n\nPour la plupart des humanistes, la peinture demeure un art d'imitation, inférieur à l'art de connaissance et de persuasion qu'est la rhétorique. Il existe pourtant une série de textes venant du milieu humaniste rassemblé autour de Guarino qui s'enthousiasme pour l'image. Il s'agit de descriptions littéraires d'œuvres picturales, dont on admire les qualités narratives. Ce genre littéraire, l'ekphrasis, est d'origine byzantine et constituait, au départ, un exercice d'apprentissage oratoire dans les écoles de rhétoriques. Pisanello est honoré par l'ekphrasis humaniste du début du XVe siècle, à qui sont dédiés des poèmes descriptifs et panégyriques. La peinture est appréciée si elle autorise, par sa composition et son abondance anecdotiques, un tel discours descriptif.\n\nLe milieu florentin gravitant autour de Marsile Ficin reconnait un prestige particulier à l'image car elle est un symbole visuel permettant de voir d'un coup d'œil ce que le discours montrerait au prix d'une chaîne logique d'arguments ou d'explications. C'est dans le contexte d'une approche hermétique, « égyptienne » et ésotérique du symbole visuel, que le néoplatonisme ficinien commence par apprécier et valoriser le domaine de l'image. Le travail du « sage moderne » consiste, en particulier, à décrypter et déchiffrer les images incompréhensibles et étranges. Landino se distingue à l'intérieur du mouvement néoplatonicien par le mérite qu'il accorde à la vie active, aussi digne que la vie contemplative de gagner le salut, tandis que Ficin épouse de façon bien plus radicale la cause de la vie « contemplative ». Le néoplatonicien « actif » enregistre l'importance « concrète » prise par la peinture dans la vie mentale et politique de la cité. La peinture gagne sa dignité à ce prix. \n\n", "title": " Humanisme et peinture " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Humanisme_de_la_Renaissance
Environnement - Économie de l'environnement (1)
1,019
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL'environnement est « l'ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins », ou encore « l'ensemble des conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines ».\n\nLa notion d'environnement naturel, souvent désignée par le seul mot « environnement », a beaucoup évolué au cours des derniers siècles et tout particulièrement des dernières décennies. L'environnement est compris comme l'ensemble des composants naturels de la planète Terre, comme l'air, l'eau, l'atmosphère, les roches, les végétaux, les animaux, et l'ensemble des phénomènes et interactions qui s'y déploient, c'est-à-dire tout ce qui entoure l'Homme et ses activités ; bien que cette position centrale de l'être humain soit précisément un objet de controverse dans le champ de l'écologie.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "L'économie de l'environnement est souvent considérée comme une sous-discipline de l'économie, qui s'intéresse aux relations entre l'environnement et l'économie, c'est-à-dire aux coûts des atteintes à l'environnement, de la protection et de la connaissance de l'environnement, ainsi qu'à l'efficacité et à la conception d'instruments économiques pour changer les comportements à l'égard de l'environnement. Toutefois, cette position est critiquée notamment par l'agroéconomiste américain Lester R. Brown, qui considère que l'économie devrait être au contraire une sous-discipline de l'écologie.\n\nLe problème qui se pose souvent est celui de la valeur marchande à attribuer à un bien environnemental, à une ressource ou à sa qualité. Par exemple, il est très difficile d'attribuer un montant à un air de bonne qualité ou de chiffrer les impacts d'une pollution sur l'eau. Les outils économiques permettant d'influencer les comportements sont nombreux, allant de la loi de l'offre et de la demande (qui rend moins accessible une ressource rare en augmentant son prix), les amendes, dont le calcul du montant peut s'avérer difficile, les licences, normes, permissions, etc.\n\nCela nécessite une prise en compte des problèmes relatifs aux externalités liées à une activité, qui induisent un coût environnemental non pris en compte par le responsable ; par exemple, un agriculteur ne va pas payer les coûts engendrés par une éventuelle pollution de l'eau par les pesticides, ou un transporteur ne va pas payer pour les gaz rejetés dans l'atmosphère. C'est la prise en compte de ces problèmes qui a fait naître le principe de pollueur-payeur, mais également les droits à polluer, dont l'exemple le plus connu est peut-être la bourse du carbone, prévue par le protocole de KyotoL'économie de l'environnement traite également des marchés associés au domaine de l'environnement, et dont la croissance est forte. Ces marchés répondent à des besoins de non-pollution, d'efficacité énergétique, de traitement de l'air, de l'eau, de propreté ou de dépollution. Cette croissance entraîne une hausse de la demande en personnel formé aux métiers de l'environnement.\n\n", "title": " Théorie économique " }, { "img": [], "source_text": "Les métiers de l'environnement se sont fortement développés dans le contexte du développement durable, faisant de l'environnement un secteur économique en plein développement. Le Grenelle de l'Environnement en France, et les objectifs de croissance verte et de réduction des rejets de CO2 dans les pays industrialisés ont donné une nouvelle impulsion au développement des métiers de l'environnement. On peut les séparer en cinq grands domaines :\n\nla protection et la gestion des espaces et espèces naturelles, ne représentant qu'un faible pourcentage des emplois du secteur. Assurées par l'État et des organisations spécialisées, ces missions se retrouvent principalement dans le secteur des forêts, des ressources naturelles et des parcs naturels. ;\n\nla prévention et le traitement des pollutions et des nuisances, dans les secteurs de l'eau (avec notamment l'ultrafiltration et l'osmose inverse), du bruit (murs anti-bruits), des déchets ménagers ou industriels, mais aussi de la recherche scientifique et technique de nouveaux moyens en vue de réduire les nuisances ;\n\nl'aménagement du territoire, principalement dans l'urbanisation, le paysage et la construction d'infrastructures ;\n\nla prise en compte des incidences sur l'environnement des différents projets, plans ou programmes à travers l'élaboration des études d'impact ou des évaluations environnementales. Ces documents sont pris en charge, en général, par des bureaux d'étude qui rassemblent les différentes compétences qui couvrent les champs de l'environnement : biodiversité, pollutions, nuisances...) ;\n\nla prise en compte des problématiques environnementales dans les entreprises est généralement du ressort du ou des pôles « QHSE » (Qualité Hygiène Sécurité Environnement). Il s'agit de prendre en compte la règlementation sur l'environnement et de réduire les impacts en matière de pollutions au cours de l'activité régulière ou accidentelle d'une entreprise. La majorité des grandes entreprises aujourd'hui ont engagé une démarche environnementale ;\n\nla gestion sociétale de l'environnement, qui englobe les métiers de l'éducation à l'environnement, les politiques, les métiers du droit de l'environnement, mais aussi le lobbying, le conseil et l'audit.À cela il faut ajouter tous les métiers qui ne sont pas directement liés à l'environnement, mais qui comportent une fort dimension environnementale, comme les métiers de l'énergie, de la construction et de la thermique du bâtiment.\n\nLa forte croissance de ces métiers demande des formations adaptées, elles aussi en forte augmentation. Dans les pays développés, il est aujourd'hui possible de trouver de nombreuses formations spécialisées ou ayant un lien avec l'environnement.\n\n", "title": " Métiers et formations " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Environnement
Indochine française - Écroulement de l'économie indochinoise dans les années 1930 (1)
1,823
[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’Indochine française, est un territoire de l'ancien empire colonial français, dont elle était la possession la plus riche et la plus peuplée. Officiellement nommée Union indochinoise puis Fédération indochinoise, elle fut fondée en 1887 et regroupait, jusqu'à sa disparition en 1954, diverses entités possédées ou dominées par la France en Extrême-Orient : trois pays d'Asie du Sud-Est aujourd'hui indépendants, le Vietnam, le Laos et le Cambodge, ainsi qu'une portion de territoire chinois située dans l'actuelle province du Guangdong.\n\nL'Indochine française fut créée pour englober plusieurs territoires aux statuts officiels différents, conquis entre 1858 et 1907 par la France au fil de son expansion en Asie orientale. Elle se composait de la colonie de Cochinchine (Sud du Vietnam), des protectorats de l'Annam et du Tonkin (Centre et Nord du Vietnam), du protectorat du Cambodge, du protectorat du Laos et du territoire à bail chinois de Kouang-Tchéou-Wan.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Durant l'entre-deux-guerres, l'Indochine française connaît, après plusieurs années de boom économique, les effets de la dépression économique mondiale consécutive au krach de 1929. L'économie de l'Indochine commence d'ailleurs dès 1928 à perdre de son dynamisme, avec la baisse des cours du caoutchouc. En 1930, les cours du riz commencent à s'effondrer. Les opérations spéculatives à court terme des exportateurs de paddy et des banques viennent encore aggraver la situation, comme d'ailleurs dans le reste de l'Asie du Sud-Est. Les branches motrices de l'économie indochinoise se trouvent surendettées, et les faillites se multiplient : 1 348 faillites et liquidations d'entreprises sont prononcées entre 1928 et 1937 ; entre 1927 et 1931, l'indice des valeurs indochinoises tombe de 300 à 34, tandis que le budget général s'effondre de 108 millions de piastres en 1931 à 60,9 millions en 1934. L'expansion de la rizière s'arrête net en Cochinchine : 15 % des rizières ont été abandonnées en 1933, et de nombreuses sociétés ferment boutique ou changent de main, au profit d'organismes de crédit, d'usuriers ou de grandes sociétés. La Banque de l'Indochine, qui avait multiplié les prêts à court terme, s'engage avec l'accord du Gouvernement général dans une récupération inflexible des créances hypothécaires : un violent conflit éclate alors entre la Banque et les milieux d'affaires français et vietnamien de Cochinchine, qui l'accusent de vouloir faire « main basse sur toutes les bonnes affaires du pays ».\n\nPour sortir de la crise, le Gouvernement général prend une série de mesures, destinées notamment à assainir le tissu des entreprises après des années de spéculation et à rationaliser la production. Un décret du 26 avril 1932 crée le Service des prêts fonciers, qui accorde des crédits à long terme et à faible taux garantis par le budget général aux agriculteurs : 99,6 millions de francs sont prêtés aux riziculteurs entre 1933 et 1942. La principale mesure pour la sauvegarde du capitalisme indochinois est la stabilisation de la piastre, rattachée à l'étalon-or par un décret du 31 mai 1931. Cette réévaluation de la monnaie indochinoise permet d'échapper à la baisse durable des cours du métal-argent, et élimine le risque de dépréciation des placements en Indochine ; elle a cependant pour conséquence de surévaluer les dettes des colons et des propriétaires terriens, qui auraient au contraire souhaité une dévaluation pour alléger la dette du secteur rizicole et relancer les exportations vers l'Extrême-Orient.\n\nEn dotant l'Indochine d'une monnaie forte parmi des pays asiatiques aux monnaies affaiblies, cette mesure désorganise temporairement les flux commerciaux en direction de l'Asie et resserre les liens commerciaux entre la colonie et la France métropolitaine. La part des exportations indochinoises vers la Métropole et le reste de l'Empire devient prépondérante : elle se monte à 50,5 % en 1933 et 53 % en 1938. Ce phénomène a pour conséquence de rendre l'Indochine plus dépendante de la Métropole, qui se trouve quant à elle menacée de devoir assumer les déficits, devenus préoccupants, de sa colonie.\n\nDe manière générale, les effets de la dépression économique mondiale créent les conditions d'une « sécession morale » entre les élites indochinoises et les classes populaires. Ils se conjuguent en outre avec une grave crise de l'économie paysanne dans les deltas de l'Annam et du Tonkin qui, après des années de forte croissance démographique, sont désormais surpeuplés. La crise économique et le sous-emploi massif dans les villes ont en outre provoqué un retour massif des habitants vers les campagnes. À Haïphong, la moitié de la population chinoise regagne la Chine entre 1931 et 1935, tandis que les deux tiers de la population vietnamienne reflue vers les campagnes. L'Indochine connaît une dévalorisation générale de la terre et une chute vertigineuse des salaires agricoles, entrant dans une spirale de sous-développement. La situation des paysans dans le delta du fleuve Rouge est particulièrement critique, et la région est plus que jamais dépendante des arrivages de nourriture en provenance du Sud. Une majorité de familles paysannes pauvres connaît une situation proche de la disette. Dans ce contexte, l'organisation traditionnelle de la société indigène — hiérarchisée de façon rigide, où les élites locales s'opposent à toute reforme, où une forte proportion des terres appartiennent à des grandes familles et où les paysans endettés subissent une quasi-servitude — génère de profondes tensions, sans que l'administration coloniale puisse trouver une solution.\n\nPour relancer l'économie agricole, le Gouvernement général mise sur une « politique du paysannat » qui consiste à aider la propriété, à favoriser la transmigration des paysans depuis les terres surpeuplées du Nord vers celles, « vacantes », du delta du Mékong, et surtout à lancer un important programme hydraulique pour aménager les deltas et y systématiser la double récolte. Environ 42 millions de piastres sont investis entre 1931 et 1940 dans les grands travaux hydrauliques.\n\n", "title": "" } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Indochine_française
Économie de la Chine sous la dynastie Han - Système monétaire et urbanisation (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa dynastie Han (chinois simplifié : 汉朝 ; chinois traditionnel : 漢朝) gouverne la Chine de 206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C. Elle est traditionnellement divisée en deux périodes : celle des Han occidentaux (西漢) ou Han antérieurs (前漢) (206 av. J.-C. - 9) et celle des Han orientaux (東漢) ou Han postérieurs (後漢), (25 - 220). Ces deux périodes sont séparées par la courte dynastie Xin fondée par Wang Mang. Après la chute de Mang, la capitale de la dynastie est transférée de Chang'an à Luoyang, située plus à l'est. C'est à cause de ce déplacement vers l'est que les historiens parlent de Han occidentaux avant le changement de capitale et de Han orientaux après.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Les marchands et les paysans payent un impôt sur la propriété et un impôt par tête qui doivent être réglés en espèces, auxquels se rajoute un impôt sur la production agricole, payé en reversant à l'État une partie des récoltes. Si de par leur activité, les marchands ont la plupart du temps des espèces pour payer ces impôts, les petits paysans autosuffisants en manquent. Pour gagner l'argent nécessaire au paiement, ils louent leur force de travail comme travailleurs salariés aux grands propriétaires terriens ou travaillent dans des entreprises locales, comme des brasseries. Enfin, ils peuvent aussi vendre dans les marchés urbains des produits agricoles ou des objets qu'ils ont fabriqués. Il est difficile de savoir pourquoi les Han font le choix de privilégier les espèces pour le paiement de certains impôts. Peut-être ont-ils trouvé cette méthode plus simple que de transporter à travers tout l'empire les énormes quantité de marchandises liées à un paiement en nature de tous les impôts.\n\nEntre l'an 118 av. J.-C. et l'an 5, le gouvernement des Han occidentaux fait frapper autour de 28 milliards de pièces, soit une moyenne de 220 millions de pièces frappées chaque année. En comparaison, pendant l’ère Tianbao(天寶) de la dynastie Tang, soit de 742 à 755, il est frappé 327 millions de pièces par an. Et sous la dynastie Song, on frappe 3 milliards de pièces durant l'année 1045 et 5,860 milliards durant l'année 1080. C'est sous les Han orientaux que la quantité de pièces de monnaie possédée par un particulier devient l'indicateur de sa prospérité, car c'est à partir de cette époque que la plus grande partie des salaires sont payés uniquement en espèces. Ainsi, Diwu Lun (第五倫) (fl. 40–85), le gouverneur de la province de Shu, décrit la fortune de ses subordonnés non pas en indiquant quelle est la superficie de leurs propriétés foncières, mais en expliquant que l'ensemble de ces propriétés équivaut à 10 millions de pièces de monnaie. À cette époque, les transactions commerciales se chiffrant en milliers de pièces sont courantes.\n\nSelon les estimations d'Angus Maddison, le produit intérieur brut (ou PIB) chinois sous les Han est équivalent à 450 dollars par tête, une somme qui est au-dessus du niveau de subsistance et qui ne change pas significativement avant le début de la dynastie Song, à la fin du Xe siècle. Le sinologue Joseph Needham conteste ces résultats et affirme que le PIB par habitant de la Chine a considérablement dépassé celui de l’Europe depuis le Ve siècle av. J.-C. et conclut que la Chine des Han est beaucoup plus riche que l’Empire romain dont elle est contemporaine.\n\nDans tous les cas de figures, la large diffusion des pièces de monnaie enrichit de nombreux commerçants, qui investissent leur argent dans la terre et deviennent de riches propriétaires terriens. Finalement, les efforts du gouvernement pour faire circuler les espèces ont fini par renforcer la classe sociale qu'il a activement essayé de supprimer par le biais de lourdes taxes, d'amendes, de confiscations et de réglementation des prix.\n\n", "title": " Circulation monétaire et salaires " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Économie_de_la_Chine_sous_la_dynastie_Han
Histoire de la Grèce antique - L'époque classique (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nL’histoire de la Grèce antique se décompose en plusieurs périodes, allant du développement des premières communautés agricoles durant le Néolithique, à partir du VIIe millénaire av. J.-C., jusqu'à l'Antiquité tardive, qui s'achève au VIIIe siècle. Il s'agit de la première civilisation à s'être développée sur le continent européen, tirant parti de sa proximité avec les plus anciens foyers néolithiques et urbains du Proche-Orient et d'Égypte, devenant durant le Ier millénaire av. J.-C. une civilisation très dynamique et influente, marquant de son empreinte les cultures voisines, nombre de ses aspects étant érigés en modèle et servant de référence pour les civilisations postérieures, en premier lieu en Europe.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Dans le domaine politique, le Ve siècle av. J.-C. est marqué par la rivalité entre les deux plus puissantes cités de Grèce, Athènes et Sparte, qui présentent deux trajectoires politiques et militaires opposées.\n\nAthènes, située en Attique où elle contrôle un territoire très étendu, disposant de terres fertiles, de mines de plomb argentifère (le Laurion) et bien situé pour jouer un rôle maritime. Au VIIe siècle av. J.-C. la cité n'est pas soumise à la tyrannie malgré la tentative de Cylon (v. 630). Les réformes attribuées à Solon (v. 594) aboutissent à l'abolition de l'esclavage pour dette des citoyens, et la création d'une assemblée politique et législative de 400 membres, la Boulè, à laquelle on accède en fonction de ses revenus et non de sa naissance, ce qui est vu comme une mesure anti-aristocratique, et il crée aussi le dikastèrion, sorte de « tribunal du peuple » chargé de s'assurer du respect des lois. Ce système n'empêche pas Athènes de passer durant la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C. sous la domination d'une dynastie de tyrans, les Pisistratides, qui entreprennent d'importantes constructions et la constitution d'une flotte de guerre importante. Ils sont chassés en 510, et dans la foulée les lois instaurant le régime démocratique sont votées, sous l'égide de Clisthène, pensées pour donner le pouvoir au « peuple », le démos. Marquées par le principe de l'isonomie, l'égalité politique et juridique de tous les citoyens, elles réorganisent ceux-ci en un ensemble de circonscription destinées à se contrebalancer, prévoit l'accès à la Boulè par tirage au sort, cette institution préparant les lois, ensuite votées par l'assemblée des citoyens, l’Ecclésia. L'aréopage, tribunal constitué d'anciens magistrats (archontes) et jugé comme trop aristocratique, voit ses pouvoirs limités au domaine juridique en 461. Les magistrats sont soumis à une surveillance constante du corps civique. Les citoyens servent dans l'armée, notamment sa puissante flotte financée par les ressources du Laurion, et donc les équipages se recrutent parmi les catégories les moins riches de citoyens, les thètes, qui sont les plus fervents soutiens de la démocratie. S'est donc constitué un milieu du Ve siècle av. J.-C. un système démocratique qui survit jusqu'à la fin du IVe siècle av. J.-C., qui assure aux citoyens une capacité à participer à la vie politique, une vie civique très vivante, reposant sur le débat public, la réflexion politique. Cela s'accompagne comme ailleurs de l'exclusion des femmes de la vie politique, et du développement d'un esclavage de masse qui soutient largement le développement économique de la cité. La vie politique reste dominée par les élites, notamment les membres des grandes familles comme les Alcméonides (Clisthène, Périclès et Alcibiade), malgré la mise en place à l'instigation de Périclès d'une compensation monétaire (misthos) pour faciliter la participation des plus pauvres à la vie politique. La dénonciation des « démagogues » qui cherchent à s'attirer des votes en trompant le peuple sur leurs intentions (du moins du point de vue de leurs rivaux) est courante, et l'opposition anti-démocratique reste vivante chez les aristocrates (comme Cimon, aussi Platon), proclamant que seuls les citoyens les plus aisés et mieux éduqués peuvent gouverner la cité. Mais elle est éteinte tant que la démocratie remporte des succès, sous la direction des dirigeants démocrates (Éphialtès, Périclès). Les étrangers résidents (les métèques) disposent d'un statut certes inférieur à celui des citoyens (ils payent un impôt mais sont exclus de la vie politique) mais peuvent profiter de la riche économie athénienne pour développer leur fortune, ce qui explique que la cité accueille de nombreuses personnes venus de tout le monde grec voire d'au-delà, créant une cité cosmopolite, .\n\nLe régime démocratique n'est en tout cas pas un monopole athénien, puisque d'autres cités archaïques ont prétendu donner le pouvoir au peuple (Sparte, Chios), et qu'à l'époque classique le système se retrouve ailleurs, notamment à Argos, même si souvent l'influence athénienne semble expliquer ces évolutions. En effet le concept de « liberté » invoqué face aux menaces extérieures est transposé pour les affaires intérieures de la cité, en opposition à la tyrannie et à l'oligarchie.\n\nSparte (ou Lacédémone) en Laconie propose un tout autre modèle. Celui-ci est essentiellement connu par des sources extérieures, avant tout les écrits d'Athéniens (en premier lieu Xénophon), la cité laconienne ne manquant pas d'admirateurs chez sa plus grande rivale. Durant l'époque archaïque Sparte avait annexé la Messénie voisine et disposait du plus vaste territoire dominé par une cité de Grèce. Ses habitants avaient été réduits à un statut servile, les Hilotes. D'autres habitants de Laconie et de Messénie soumis aux Spartiates, les Périèques, restent libres mais ont un statut subordonné. Ces groupes font l'objet d'un contrôle strict par la cité spartiate, afin d'assurer leur soumission, qui se traduit par des exactions régulières envers les Hilotes. Les citoyens spartiates, les Homoioi (les « Semblables ») disposent de l'autorité politique dans la cité dès une haute époque, les réformes attribuées à Lycurgue étant difficile à resituer dans le temps peut-être au VIIe siècle av. J.-C., leur système ancien ayant peut-être alors des accents démocratiques. Le gouvernement est assuré par un collège de cinq magistrats, les éphores, exerçant cette fonction sur une base annuelle, et deux rois issus de deux dynasties distinctes, se succédant de père en fils, sont chargés de diriger l'armée, en plus de fonctions dans le culte. Les Spartiates accordent une grande importance aux rites et à la divination, et en principe ils ne partent pas au combat pendant leurs principales fêtes et sans augures favorables. Se met aussi en place (on ne sait ni quand ni comment) l’agôgê, la fameuse éducation spartiate, organisant sous le contrôle strict de l’État la formation morale et militaire des citoyens, soudés par l'entraînement et les repas en commun, et amenés à former le cœur de la redoutable armée spartiate qui l'a rendue célèbre et constitue la base de sa puissance. Sparte se singularise aussi parmi les principales cités par le fait qu'elle n'a donné naissance qu'à une colonie (Tarente) et qu'elle accorde plus de libertés aux citoyennes que les autres (ce qui scandalise les observateurs Athéniens).\n\n", "title": " Athènes et Sparte " } ]
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Socialisme - Histoire (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLe mot socialisme recouvre un ensemble très divers de courants de pensée et de mouvements politiques, dont le point commun est de rechercher une organisation sociale et économique plus juste. Le but originel du socialisme est d'obtenir l'égalité sociale, ou du moins une réduction des inégalités et, notamment pour les courants d'inspiration marxiste, d'établir une société sans classes sociales. Plus largement, le socialisme peut être défini comme une tendance politique, historiquement marquée à gauche, dont le principe de base est l'aspiration à un monde meilleur, fondé sur une organisation sociale harmonieuse et sur la lutte contre les injustices. Selon les contextes, le mot socialisme ou l'adjectif socialiste peuvent qualifier une idéologie, un parti politique, un régime politique ou une organisation sociale. La notion de socialisme s'exprime également par une forme spécifique de morale sociale laïque et non-religieuse véhiculant des valeurs morales individuelles et collectives.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Durant les premières décennies du XIXe siècle, la révolution industrielle bouleverse l'Europe occidentale, modifiant paysages, modes de vie et cultures. La transformation progressive des économies et des sociétés entraîne le développement en milieu urbain d'une classe ouvrière, vivant dans des conditions souvent difficiles. L'école de pensée socialiste se développe en réponse à cette situation, d'abord par la recherche de nouveaux modes d'organisation sociale destinés à résoudre les problèmes de l'époque. Le mouvement socialiste naît durant la première moitié du siècle. Dans les années 1820 et 1830, le mot « socialisme » rentre progressivement dans le vocabulaire politique courant, dans diverses langues. À l'origine, cependant, le mouvement socialiste est distinct du mouvement ouvrier : si une doctrine socialiste, ou plutôt un ensemble de doctrines, émerge par le biais d'une multitude d'écrits d'auteurs se reconnaissant comme socialistes, le mouvement ouvrier lui-même ne peut être qualifié de socialiste que dans la mesure où il reprend à son compte les objectifs, ou certains objectifs, des doctrines socialistes. Il existe par ailleurs des mouvements ouvriers sans finalité socialiste, comme des mouvements socialistes sans ouvriers. Ce n'est que dans la deuxième moitié du siècle que le courant de pensée socialiste se constitue progressivement en partis politiques et en mouvements internationaux. Cette première époque du socialisme correspond à ce qui est par la suite désigné par les marxistes du nom de socialisme utopique, par opposition au socialisme scientifique qu'eux-mêmes estiment représenter. Certains socialistes préfèrent par ailleurs se désigner comme « communistes », le terme désignant une opposition à la propriété privée. La plupart du temps, les socialistes accompagnent les mouvements démocratiques qui réclament l'instauration du suffrage universel, comme le chartisme au Royaume-Uni ou les républicains en France sous la Restauration et la Monarchie de Juillet.\n\nTrois pays européens jouent un rôle fondamental dans l'apparition de la mouvance socialiste : la France contribue à l'émergence du socialisme par le biais de sa tradition révolutionnaire ; le Royaume-Uni, par la puissance de son mouvement industriel, aux profondes conséquences sociales, contribue à la naissance du mouvement ouvrier en tant que force organisée ; l'Allemagne, qui n'est pas encore à l'époque un État unifié, apporte au mouvement un cadre philosophique, grâce aux travaux de nombreux penseurs de langue germanique.\n\n", "title": " Avant 1848 " }, { "img": [], "source_text": "Les idées socialistes se développent au Royaume-Uni alors que le pays connaît, en avance sur le reste de l'Europe, une forte industrialisation ainsi que le développement d'un capitalisme très dynamique : l'idéologie accompagne les transformations de l'économie britannique au lieu de les précéder. Robert Owen, chef d'entreprise aux idées humanistes et théoricien politique, fait partie des auteurs qui réfléchissent sur les bouleversements des rapports de production et des relations de travail. Le socialisme ambitionne de proposer, face aux aspects « inhumains » du capitalisme, un idéal de liberté et de communauté harmonieuse : les théoriciens socialistes qui se font connaître à l'époque au Royaume-Uni ne sont pas des intellectuels mais, dans leur majorité, des membres de la classe dirigeante, qui souhaitent améliorer le sort du peuple et se réclament souvent d'exemples issus du passé national, comme les niveleurs. Les œuvres d'auteurs britanniques de la fin du XVIIIe siècle, comme William Godwin, William Ogilvie (en) ou Thomas Paine, ainsi que les idées du jacobinisme, contribuent à nourrir le courant. En 1812, Thomas Spence fonde avec quelques-uns de ses partisans une société philanthropique qui apparaît comme la première, et modeste, organisation « socialiste » britannique. Les disciples de Spence, qui meurt en 1814, se situent dans la lignée du jacobinisme, à mi-chemin entre l'action légale et les rêves de soulèvement.\n\nAvec Robert Owen, le socialisme britannique gagne en notoriété et en influence : ce sont d'ailleurs des disciples d'Owen qui, en 1822, introduisent le mot socialism dans la langue anglaise. Auteur très prolifique, bénéficiant de son vivant d'une renommée sans commune mesure avec celle des autres théoriciens socialistes de l'époque, Owen préconise, pour résoudre les problèmes nés de l'individualisme capitaliste, une nouvelle organisation de la société via la constitution de communautés - des « villages de coopération » de 500 à 2 000 personnes, formés de groupes égalitaires d'ouvriers et de cultivateurs organisant leur auto-suffisance sur le modèle coopératif. Dans les années 1820, Owen, dont la démarche et le langage se font volontiers messianistes, fonde plusieurs communautés de ce type, dont la plus célèbre est celle de New Harmony, aux États-Unis. L'échec de ces projets n'empêche pas leur inspirateur de bénéficier d'une grande renommée : entre les années 1820 et 1840, l'« owénisme » compte de nombreux disciples, tant chez les intellectuels que chez les ouvriers. Différents philosophes et économistes britanniques, comme John N. Gray, William Thompson ou Thomas Hodgskin, se livrent à la même époque à une critique de l'économie capitaliste.\n\nLe Royaume-Uni se distingue également, dans le contexte de son industrialisation avancée, par le développement d'un mouvement ouvrier, qui dès la fin du XVIIIe siècle constitue une ébauche du syndicalisme. À partir de 1829, le syndicalisme se développe rapidement en Grande-Bretagne, à la faveur d'une pointe de prospérité. À la même époque, le mouvement ouvrier britannique rencontre le socialisme avec l'adoption de l'idéologie oweniste, qui se traduit notamment par la constitution d'entreprises coopératives selon les principes d'Owen. Robert Owen lui-même joue un rôle important dans l'éclosion d'un syndicalisme de masse au Royaume-Uni. Le chartisme, entre 1836 et 1848, rencontre un très fort écho parmi les travailleurs britanniques, en mêlant au cours de son histoire réformisme et tentations radicales.\n\nC'est également au Royaume-Uni que se développe un courant de pensée libéral qui aspire à concilier le libéralisme avec les idées socialistes : John Stuart Mill, intéressé dans les années 1830 par le saint-simonisme, s'éloigne du libéralisme économique classique pour prôner une société dans laquelle le progrès économique ne serait pas une fin en soi et qui viserait la justice sociale via une équitable répartition des richesses et du travail, ainsi qu'une organisation autogestionnaire des travailleurs qui prendraient eux-mêmes en charge leur destin dans des coopératives. Les idées de Mill trouvent ensuite une continuation dans le courant dit du social-libéralisme, qui reprend le concept de socialisme libéral et constitue la première école de pensée libérale à s'ouvrir aux idées socialistes.\n\n", "title": " Avant 1848 - Le socialisme au Royaume-Uni " } ]
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George Sand - Mémoire (1)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nGeorge Sand [ʒɔʁʒ sɑ̃d], nom de plume d'Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, par mariage baronne Dudevant, est une romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire et journaliste française, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876. Elle compte parmi les écrivains les plus prolifiques, avec plus de 70 romans à son actif et 50 volumes d'œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques.\n\nÀ l'image de son arrière-grand-mère, Louise Dupin, qu'elle admire, George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Honoré de Balzac l'a transposée dans le personnage de Félicité des Touches, « l'illustre écrivain qui fume le narghilé », dans son roman Béatrix.\n\nVictor Hugo a déclaré le 8 juin 1876 : « Je pleure une morte, je salue une immortelle ! ». Dans l'éloge funèbre qu'il lui consacre, et qui fut lu par Paul Meurice, il écrit : « Dans ce siècle qui a pour loi d'achever la Révolution française et de commencer la Révolution humaine, l'égalité des sexes faisant partie de l'égalité des hommes, il fallait une forte femme ».\n\nFiodor Dostoïevski dans son Journal d'un écrivain en juin 1876 : « Les femmes de l’univers entier doivent à présent porter le deuil de George Sand, parce que l’un des plus nobles représentants du sexe féminin est mort, parce qu’elle fut une femme d’une force d’esprit et d’un talent presque inouïs. Son nom, dès à présent, devient historique, et c’est un nom que l’on n’a pas le droit d’oublier, qui ne disparaîtra jamais ».\n\nErnest Renan écrit au lendemain de la disparition de George Sand : « Une corde est brisée dans la lyre du siècle […] Madame Sand traversa tous les rêves ; elle sourit à tous, crut un moment à tous ; son jugement pratique put parfois s'égarer, mais comme artiste, elle ne s'est jamais trompée. Ses œuvres sont vraiment l'écho de notre siècle ».\n\nLe poète américain Walt Whitman déclare, lors d'entretiens publiés en 1898, qu'il place George Sand parmi ses auteurs favoris, et qu’il admire tout particulièrement Consuelo. Il ajoute qu’il tient les héroïnes de l'auteure française pour supérieures à celles de Shakespeare. Quant aux reproches sur sa moralité, ils n'ont, selon lui, pas de sens chez une artiste à la recherche de la liberté et de la vérité, et que les bien-pensants agaçaient.\n\nGeorge Sand inspire deux poèmes à la poétesse anglaise Elizabeth Browning. Le premier intitulé, To George Sand : A Desire, débute par ces vers : « Toi femme de grand esprit et homme de grand cœur / Qui se donna le nom de George Sand ! ». Dans le second, To George Sand : A Recognition, elle la reconnaît comme « Vrai génie, mais vraie femme ».\n\nLorsque Thomas Hardy demande au rédacteur de la revue littéraire le Cornhill Magazine des conseils de lectures profitables, celui-ci lui conseille entre autres, George Sand. Ses « histoires de vie campagnarde me semblent parfaites », lui écrit-il, et « présentent une certaine parenté avec les vôtres. La dernière que j'ai lue était Les Maîtres sonneurs que je vous recommande pour leur quasi-perfection ».\n\nEn astronomie, sont nommés en son honneur (10733) Georgesand, un astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes, et Sand Corona, une corona de la planète Vénus.\n\n", "title": " Hommages " }, { "img": [], "source_text": "Le 25 juillet 1883, la fille de George Sand, Solange (1828-1899) écrit à Émile Aucante (1822-1909), un ami très proche de la famille Sand. Malgré des relations difficiles, Solange a aimé sincèrement sa mère, comme en témoigne cette correspondance. En 1883, Solange a 55 ans et elle vit dans la maison familiale à Nohant. George Sand est morte depuis sept ans et les souvenirs sont intacts, :\n\n« On a beau faire, les années s'accumulent et on est saisi par l'immense vide de cette gigantesque personnalité disparue. Une morne et incommensurable tristesse emplit cette maison, ce jardin, ces prairies. Derrière chaque porte qu'on ouvre, on s'attend à la voir. Au détour de chaque allée, on se dit : Où est-elle ! Pourquoi ne vient-elle pas ! Le soir surtout, sur cette terrasse, et le long de cette avenue du pavillon, quand l'ombre se fait sous les incertaines lueurs de la lune, on se figure qu'elle va enfin apparaître, cherchant un papillon ou une fleur préférée. Attente atroce qu'on sait vaine. Alors l'effroi de cette implacable absence vous glace. Le cœur se serre d'angoisse et de regret, dans la désespérance de l'impitoyable néant où s'est englouti un être si précieux, une âme si vaste et si élevée. Être à jamais perdu, génie pour toujours disparu ! Nohant est lugubre. Nohant sans George Sand, c'est la rivière sans eau, la prairie sans soleil, la montagne sans forêt, une chose matérielle, assez laide, sans poésie, sans attrait, sans rien qui fasse endurer une souffrance incessante et cruelle. »\n\n— Solange Dudevant épouse Clésinger.\n\n", "title": " Lettre de Solange Dudevant-Sand " } ]
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L'engagement humanitaire de la France dans le monde
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[ { "img": [], "source_text": " La France est attachée aux valeurs de solidarité et d’aide aux populations en difficulté dans le monde. Dans l’objectif de mettre en place une opération de solidarité, menez l’enquête sur les engagements humanitaires de la France. Parrainage d’enfants, jumelage d’établissements, collectes d’objets scolaires, récupération de manuels scolaires : trouvez un projet à mettre en place dans votre collège !", "title": "Objectif" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110282/emcc1.png" ], "source_text": "Source : Ministère des Affaires étrangères, Centre de crise, décembre 2012.", "title": "Doc. 1 Les actions humanitaires françaises dans le monde" }, { "img": [], "source_text": " Le 25 avril 2015, un violent séisme frappe le Népal et provoque la mort de 17 000 personnes. L’aide afflue du monde entier, notamment de France.\n\nLa France déploie une aide d’urgence significative. Un vol mis à sa disposition par Airbus qui transporte 55 personnels de santé et humanitaires, ainsi que 25 tonnes de matériel humanitaire (abris, médicaments, aide alimentaire) s’est posé ce matin à Katmandou. [...] Ces vols acheminent notamment du personnels des ONG et rapatrient de Katmandou nos compatriotes. [...] Les autorités françaises ont également veillé à ce que plusieurs dizaines de tonnes d’aide humanitaire, notamment des générateurs électriques, des tentes, des médicaments, du matériel chirurgical et des suppléments nutritionnels, soient envoyés. Médecins du Monde, Handicap International et Action contre la Faim participent aux opérations de secours et Médecins Sans frontières compte déployer un hôpital gonflable pour prendre en charge les blessés à l’extérieur de Katmandou.\n\n D’après www.diplomatie.gouv.fr, 2015.", "title": "Doc. 2 Une intervention française au Népal" }, { "img": [ "https://assets.lls.fr/pages/15110282/emc5.12.aide-humanitaire.jpg" ], "source_text": "Distribution de nourriture par une équipe française, Katmandou (Népal), avril 2015.", "title": "" }, { "img": [], "source_text": " L’humanitaire : aide d’urgence face à une situation de crise exceptionnelle (catastrophe naturelle ou technologique, conflits armés).\nUne organisation non gouvernementale (ONG) : association indépendante qui intervient dans le monde entier pour aider les populations.", "title": "Vocabulaire" } ]
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https://www.lelivrescolaire.fr/page/15110282
Guerre franco-allemande de 1870 - Causes (2)
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[ { "img": [], "source_text": "\n\nLa guerre franco-allemande de 1870-1871, parfois appelée guerre franco-prussienne ou guerre de 1870, est un conflit qui oppose, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les vingt-et-un autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord, ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.", "title": "Contexte" }, { "img": [], "source_text": "Le roi Guillaume de Prusse approuva la renonciation du prince au trône d'Espagne. Cependant, la France voulait obtenir la garantie qu'aucun autre prince de la maison Hohenzollern ne prétendrait jamais plus au trône d'Espagne. L'ambassadeur de France, Vincent Benedetti, fut reçu, le 13 juillet, à Ems par le roi de Prusse qui lui confirma son approbation du retrait du prince mais ne voulut pas s'engager plus avant (pour ne pas céder aux exigences françaises), considérant l'affaire comme close. Il refusa courtoisement d'accorder une seconde entrevue à l'ambassadeur lui faisant savoir qu'il « n'a plus rien d'autre à dire à l'ambassadeur ». L'ambassadeur de France alla cependant saluer le roi de Prusse avant son départ pour Berlin. La situation semblait donc s'apaiser.\n\nCependant, Bismarck, bien informé des réalités de l'armée française, fort peu préparée à une guerre européenne et démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique, en avait décidé autrement. Après concertation avec le chef d'état-major des armées Moltke, il adressa aux chancelleries étrangères un récit tronqué de l'entretien entre Guillaume de Prusse et l'ambassadeur de France, c'est la « dépêche d'Ems », qui laissait croire à un congédiement humiliant de l'ambassadeur, espérant que « ce texte fera sur le taureau gaulois l'effet d'un chiffon rouge ». En effet, il provoqua, à Paris, l'indignation de l'opinion. Cette dépêche est débattue au Palais Bourbon, le député Emmanuel Arago mit en garde : « Si vous faites la guerre, c’est que vous la voulez à tout prix ! ». Un nouveau mensonge implicite troubla les cartes. La commission chargée de statuer sur les suites à donner à la dépêche d’Ems demanda à Émile Ollivier, chef du gouvernement, sur quels alliés la France pouvait compter en temps de guerre. Celui-ci joua la carte du secret d’État pour faire silence. Son rapporteur, Monsieur de Talhouët, fit en séance le compte-rendu des travaux de la commission, la disant animée par une aveugle confiance. Léon Gambetta remonta à la tribune, ne comprenant pas pourquoi une telle fermeté ne fut pas appliquée à Sadowa : « Ce sentiment tardif et ce changement de conduite, il faut que vous en donniez les raisons devant l’Europe. Vous lancez la France dans une guerre qui verra la fin du XIXe siècle consacrée à vider la question de la prépondérance entre la race germanique et la race française et vous ne voulez pas que la France et l’Europe puissent savoir s’il y a réellement outrage pour la France ! ».\n\nUn député conservateur, Monsieur d’Andelarre, résuma cette séance en disant : « C’est ainsi qu’une Chambre fut amenée à voter une guerre terrible, sans armée, sans allié, sans raison, sans prétexte, ainsi que nous le savions bien, lorsque nous demandions, sans nous lasser, la communication des pièces qu’on nous refusait impitoyablement ».\n\nLe 19 juillet 1870, la France déclara la guerre à la Prusse.\n\nL'Association internationale des travailleurs dénonça cette guerre : « une fois encore, sous prétexte d'équilibre européen, d'honneur national, des ambitions politiques menacent la paix du monde. Travailleurs français, allemands, espagnols, que nos voix s'unissent dans un cri de réprobation contre la guerre ! (…) La guerre ne peut être aux yeux des travailleurs qu'une criminelle absurdité ».\n\n", "title": " La dépêche d'Ems " } ]
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_franco-allemande_de_1870