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v9-2372-0
MAGDALA
MAGDALA, (Géograp.)​ Magdala, magdalum, magdolum ou migdole, sont autant de termes qui signifient une tour. Il se trouve quelquefois seul, & quelquefois joint à un autre nom propre. Ainsi Magdalel signifie la tour de Dieu ; Magdal-gad, la tour de Gad. (D. J.)​
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v9-2372-1
Magdala
Magdala, (Géog. sacrée.)​ ville de la Palestine, proche de Tibériade & de Chammatha, à une journée de Gadara. Il est dit dans S. Matthieu, ch. xiij. v. 39. que Jesus se rendit aux confins de Magdala, & quelques manuscrits portent Magédan. (D. J.)​
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v9-2373-0
MAGDALENA
MAGDALENA, (Géog.)​ c’est-à-dire en françois baie de la Magdeleine, baie de l’Amérique septentrionale au midi de la Californie, à l’orient de la baie de S. Martin, vers les 263 degrés de longitude, & les 25 degrés de latitude nord. (D. J.)​
[ [ "25 N 263 E" ] ]
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v9-2375-0
MAGDEBOURG, le Duché de
MAGDEBOURG, le Duché de, (Géogr.)​ pays d’Allemagne au cercle de la basse Saxe. C’étoit autrefois le diocèse & l’état souverain de l’archevêque de Magdebourg ; c’est à présent un duché, depuis qu’il a été sécularisé par les traités de paix de Westphalie, en faveur de l’électeur de Brandebourg, roi de Prusse, qui en jouit. La confession d’Augsbourg s’y est introduite sous la régence de ses ayeux. La capitale de ce beau duché est Magdebourg. Voyez-en l’article. (D. J.)​
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v9-2375-1
Magdebourg, Magdeburgum
Magdebourg, Magdeburgum, (Géog.)​ ancienne, forte, belle & commerçante ville d’Allemagne, capitale du cercle de la basse Saxe & du duché de même nom, autrefois impériale & anséatique, avec un archevêché dont l’archevêque étoit souverain, & prenoit la qualité de primat de Germanie ; mais en 1666 cette archevêché a été sécularisé par le traité de Westphalie, & cédé au roi de Prusse, outre que la ville avoit déjà embrassé la confession d’Augsbourg. Quelques auteurs prennent cette ville pour le Mesovium de Ptolomée. Bertius est même fondé à tirer son étymologie de Magd, vierge, & de Burg ; car Othon en fit un présent de nôces à Edithe sa femme, l’entoura de murs, lui donna des privileges, & obtint du pape que son évêché seroit érigé en siége archiépiscopal ; ce qui fut fait en 968. On ne sçauroit dire combien cette ville a souffert par les guerres & autres accidens, non-seulement avant le regne d’Othon, mais depuis même qu’elle eut monté par les soins de ce monarque, à un haut degré de splendeur. Avant lui, Charlemagne avoit pris plaisir à l’embellir ; mais les Wendes la ravagerent à diverses reprises. En 1013 elle fut ruinée par Boleslas, roi de Pologne ; réduite en cendres par un incendie en 1180 ; ravagée en 1214 par l’empereur Othon IV. assiégée en 1547 & 1549 ; saccagée en 1631 par les Impériaux qui la prirent d’assaut, y commirent tous les desordres imaginables, & finirent par la brûler. Elle est sur l’Elbe, à 9 milles d’Halberstad, 11 de Brandebourg, 12 N. E. de Wittemberg, 35 S. O. d’Hambourg, & 98 N. E. de Vienne. Long. selon Bertius, 83. 50. lat. 62. 18. Magdebourg est la patrie d’Othon de Guérike & de Georges-Adam Struve. Guérike devint bourguemestre de cette ville, lui rendit de grands services par ses négociations, & se fit un nom célebre par son invention de la pompe pneumatique. Il décéda en 1686, âgé de 84 ans. Struve est connu des jurisconsultes par des ouvrages estimés, & en particulier par son Syntagma Juris civilis. Il mourut en 1692, âgé de 73 ans.
[ [ "62 18' N 83 50' E" ] ]
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v9-2377-0
MAGDOLOS
MAGDOLOS, (Géog. anc.)​ ville d’Egypte dont parlent Jérémie, c. xlvj, Hérodote & Etienne le géographe. L’itinéraire d’Antonin semble la placer aux environs du Delta, à douze milles de Péluse. (D. J.)​
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v9-2379-0
MAGÉDAN
MAGÉDAN, (Géog. sacrée.)​ lieu de la Palestine, dans le canton de Dalmanutha. Saint Marc, c. viij. V x. dit que Jesus-Christ s’étant embarqué sur la mer de Tibériade avec ses disciples, vint à Dalmanutha (saint Matthieu dit Magedan, & dans le grec Magdala.) Il est assez vrai-semblable que Médan, Magedam, Delmana, & Delmanutha sont un même lieu près de la source du Jourdain nommé Dan, au pié du mont Liban. (D. J.)​
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v9-2380-0
MAGELLAN, Détroit de
MAGELLAN, Détroit de (Géog.)​ celebre dans l’Amérique septentrionale. Ce fut en 1519, dans le commencement des conquêtes espagnoles en Amérique, & au milieu des grands succès des Portugais en Asie & en Afrique, que Ferdinand Magalhaens, que nous nommons Magellan, découvrit pour l’Espagne le fameux détroit qui porte son nom ; qu’il entra le premier dans la mer du Sud ; & qu’en voguant de l’occident à l’orient, il trouva les îles qu’on nomme depuis Mariannes, & une des Philippines, où il perdit la vie. Magellan étoit un portugais auquel on avoit refusé​une augmentation de paye de six écus. Ce refus le détermina à servir l’Espagne, & à chercher par l’Amérique un passage, pour aller partager les possessions des Portugais en Asie. Le détroit de Magellan est selon Acosta, sur 42 degrés ou environ de la ligne vers le sud. Il a de longueur 80 ou 100 lieues d’une mer à l’autre, & une lieue de large dans l’endroit où il est le plus étroit. Nous avons plusieurs cartes estimées du détroit de Magellan ; mais la meilleure au jugement de milord Anson, est celle qui a été dressée par le chevalier Narborough. Elle est plus exacte dans ce qu’elle contient, & est à quelques égards supérieure à celle du docteur Halley, particulierement dans ce qui regarde la longitude de ce détroit & celle de ses différentes parties. Les Espagnols, les Anglois, & les Hollandois ont souvent entrepris de passer ce détroit malgré tous les dangers. Le chevalier François Drake étant entré dans la mer du Sud, y éprouva une si furieuse tempête pendant cinquante jours, qu’il se vit emporté jusques sur la hauteur de cinquante sept degrés d’élévation du pole antarctique, & fut contraint par la violence des vents de regagner la haute mer. Les difficultés que tous les Navigateurs conviennent avoir éprouvées à passer ce détroit, ont ensuite engagé quelques marins à essayer si vers le midi ils ne trouveroient point un passage moins long & moins dangereux. Brant hollandois prit sa route plus au sud, & donna son nom au passage qui est à l’orient de la petite île des états. Enfin, depuis ce tems là on a découvert la nouvelle mer du Sud au midi de la terre de Feu, où le passage de la mer du Nord dans l’ancienne mer du Sud est très-libre, puisqu’on y est toujours en pleine mer. C’est ce qui a fait négliger le détroit de Magellan, comme sujet à trop de périls & de contre-tems. Néanmoins ce détroit est important à la Géographie, parce que sa position sert à d’autres déterminations avantageuses aux navigateurs. Voyez donc dans les Mém. de l’acad. des Scienc. année 1716, les observations de M. de Lisle sur la longitude du détroit de Magellan, que M. Halley suppose être dans sa partie orientale, de 75 degrés plus occidentale que Londres ; & M. de Lisle pense que M. Halley se trompe de 10 degrés. (D. J.)​
[ [ "42 S 75 W" ] ]
[ "Londres" ]
v9-2381-0
MAGELLANIQUE la terre
MAGELLANIQUE la terre, (Géog.)​ C’est ainsi que l’on nomme la pointe la plus méridionale de l’Amérique, au midi du Brésil & du Paraguay, à l’orient & au sud du Chili, & au nord du détroit de Magellan. Les Espagnols regardent ce pays comme une dépendance du Chili ; mais on ne connoit de ses côtes, du côté de la mer du nord, que quelques baies où les navigateurs ont relâché par hasard. Les habitans de cette vaste contrée nous sont par conséquent très-inconnus. Nous avons appellé Pampas, un grand peuple qui en occupe la partie septentrionale ; Cessares, les sauvages qui sont à l’orient de la source de la riviere Saint-Domingue ; & Patagons, ceux qui sont au midi, entre la mer du Nord & le détroit de la mer Pacifique. Voilà jusqu’où s’étendent nos connoissances. (D. J.)​
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v9-2382-0
MAGELLI
MAGELLI, (Géog. anc.)​ ancien peuple d’Italie, dans la Ligurie, selon Pline, l. III. c. v. (D. J.)​
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v9-2383-0
MAGHIAN
MAGHIAN, (Géog.)​ ville de l’Arabie Heureuse en Asie, située dans une plaine, à six stations de Sanan, & à trois de Zabid. Long. 61. 50. lat. 16. 3. (D. J.)​
[ [ "16 3' N 61 50' E" ] ]
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v9-2388-0
MAGIOVINTUM
MAGIOVINTUM, (Géog. anc.)​ ancien lieu de l’île de la Grande-Bretgne entre Lactodorum & Durocobriva, à dix sept mille pas de la premiere, & à douze mille de la seconde, selon l’itineraire d’Antonin. Cambden croit que c’est Ashwell, bourgade aux confins d’Hertfordshire, en tirant vers Cambridge. M. Gale penche à croire que c’est Dunstable, parce que la distance entre Lactodorum & Dunstable convient beaucoup mieux au nombre de milles déterminé par Antonin, quoiqu’elle ne s’y accorde pas tout-à-fait. (D. J.)​
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v9-2395-0
MAGLIANO, Manliana
MAGLIANO, Manliana, (Géogr.)​ petite ville d’Italie dans la Sabine ; elle est située sur la cime d’une montagne, près du Tibre, à 12 lieues S. O. de Spolete, 8 N. E. de Rome. Long. 30. 10. lat. 42. 20. (D. J.)​
[ [ "42 20' N 30 10' E" ] ]
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v9-24-0
IVELINE, la forêt d’
IVELINE, la forêt d’, (Géog.)​ forêt de France, dans l’île de France, entre Chevreuse, Rochefort, saint Arnould & Epernon. Elle s’étendoit au tems jadis fort loin, & le bois de Rambouillet en faisoit une portion. Toutes ces parties détachées ont présentement des noms particuliers, comme le bois des Ivelines qui conserve l’ancien nom, le bois de Rochefort, la forêt de Dourdans, le bois de Batonneau, le bois de Rambouillet, les tailles d’Epernon & la forêt de saint Léger ; le tout ensemble faisoit autrefois une forêt continue, nommée Aquilina sylva, sylva Evelina ou Eulina dans les anciens titres (D. J.)​
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v9-2403-3
Magnésie
Magnésie, (Géog. anc.)​ province de la Macédoine, annexée à la Thessalie ; elle s’étendoit entre le golfe de Thermée & le golfe Pélasgique, depuis le mont Ossa jusqu’à l’embouchure de l’Amphrise. Sa ville capitale portoit le nom de la province, ainsi que son principal promontoire, qu’on appelle à présent Cabo S. Gregorio. Les monts Olympe, Ossa, & Pélion, sont connus des gens les moins lettrés. Aujourd’hui cette province de Magnésie est une presqu’île de la Janna, entre les golfes de Salonique & de Volo. (D. J.)​
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v9-2403-4
Magnésie
Magnésie, (Géog. anc.)​ ville de la Macédoine, dans la province de Magnésie. Pline l’a nommée Pegaza, Pégase, parce qu’elle s’accrut des ruines de cet endroit. Elle étoit située au pié du mont Pélée. Pausanias la met au nombre des trois villes qu’on appelloit les trois clés de la Grece. Philippe s’en empara, en assurant qu’il la rendroit, & se promettant bien de la garder. Le D. d’Albe disoit à un autre Philippe, que les princes ne se gouvernoient point par des scrupules ; & cet autre Philippe prouva, par sa conduite, que cette maxime lui plaisoit. (D. J.)​
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v9-2403-5
Magnésie sur le Méandre
Magnésie sur le Méandre, (Géog. anc.)​ ville de l’Asie mineure, dans l’Ionie ; son surnom ad Moeandrum, la distinguoit de Magnésie, ville de Lydie, au pié du mont Sipyle : cependant on l’appelloit aussi Magnésie tout court, parce qu’elle étoit beaucoup plus considérable que Magnésie ad Sipylum, qui avoit besoin de ce surnom. C’est de cette maniere qu’on en a usé dans les médailles qui appartiennent à ces deux villes. Strabon, liv. XIV. pag. 647. nous apprend que la Magnésie d’Ionie n’étoit pas précisément sur le Méandre, & que la riviere Léthée en étoit plus près que ce fleuve, vicinior urbi amnis Lethœus. Scylax donne à Magnésie Ionienne, le titre de ville grecque. Paterculus l’estime une colonie de Lacédémoniens ; & Pline la regarde comme colonie des Magnésiens de Thessalie. Elle a été épiscopale sous la métropole d’Ephese : on la nomme à présent Gusetlissar. (D. J.)​
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v9-2403-6
Magnésie ad Sipylum
Magnésie ad Sipylum, (Géog. anc.)​ autrement dite Manachie (on l’appelloit encore Héraclée, selon dionysius dans Eustathe) ville de l’Asie mineure en Lydie, au pié du mont Sipyle, dans un pays assez plat, terminée par une grande plaine, qui mérite un article à part. La victoire que les Romains y remporterent sur Antiochus, rendit célebre cette plaine & la ville, & la montagne au bas de laquelle elle est située. Sous l’empereur Tibere, & du tems de Strabon, la ville fut ruinée par des tremblemens de terre, & rétablie à chaque fois. Elle avoit déjà été pillée antérieurement par Gygès, roi de Lydie, & par les Scythes, qui traiterent les habitans avec la derniere inhumanité : voici la suite de ses autres vicissitudes. Après la prise de Constantinople par le comte de Flandres, Jean Ducas Vatatze, successeur de Théodore Lascaris, regna dans Magnésie pendant trente-trois ans. Les Turcs s’en rendirent maîtres sous Bajazet ; mais Tamerlan qui le fit prisonnier à la fameuse bataille d’Angora, vint à Magnésie, & y transporta toutes les richesses des villes de Lydie. Roger de Flor, vice-roi de Sicile, assiégéa cette place sans succès : Amurat y passa à la fin de ses jours. Mahomet II. son fils, forma des environs de Magnésie une petite province, & le grand Soliman II. y résida jusqu’à la mort de son pere. C’est un monsselin & un sardar qui commandent à présent dans Magnésie. Elle n’est pas plus grande que la moitié de la Prusse ; il n’y a ni belles églises, ni beaux caravansérais ; on n’y trafique qu’en coton.​La plûpart de ses habitans sont Mahométans, les autres sont des Grecs, des Arméniens, & des Juifs, qui y ont trois synagogues. Le serrail y tombe en ruine, & n’a pour tout ornement que quelques vieux cyprès. (D. J.)​
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v9-2403-7
Magnésie plaine de
Magnésie plaine de, (Géog. anc. histor.)​ plaine à jamais célebre, aux environs de la ville de même nom, au pié du mont Sipyle. Quoique cette plaine soit d’une beauté surprenante, dit M. de Tournefort, elle est cependant presque toute couverte de tamaris, & n’est bien cultivée que du côté du levant : la fertilité en est marquée par une médaille du cabinet du roi : d’un côté c’est la tête de Domitia, femme de Domitien ; de l’autre est un fleuve couché, lequel de la main droite tient un rameau, de la gauche une corne d’abondance. Du haut du mont Sipyle la plaine paroît admirable, & l’on découvre avec plaisir tout le cours de l’Hermus. C’est dans cette plaine que les grandes armées d’Agésilaüs & de Thissapherne, & celles de Scipion & d’Antiochus, se sont disputées l’empire de l’Asie. Le roi de Lacédémone, étant descendu du mont Sipyle, attaqua les Perses le long du Pactole, & les mit en déroute. La bataille de Scipion & d’Antiochus se donna entre Magnésie & la riviere Hermus, que Tite-Live & Appien appellent le fleuve de Phrigie. Antiochus campé avantageusement autour de la ville ; des élephans d’une grandeur extraordinaire brilloient par l’or, l’argent, l’ivoire & la pourpre dont ils étoient couverts. Scipion ayant fait passer la riviere à son armée, obligea les ennemis de combattre, & cette bataille, qui fut la premiere que les Romains gagnerent en Asie, leur assura la possession du pays, jusqu’aux guerres de Mithridate. (D. J.)​
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v9-2407-0
MAGNICE ou MAGNICA
MAGNICE ou MAGNICA, (Géog.)​ fleuve d’Afrique, dont l’embouchure est à 27d. 40′. de lat. mérid. On dit qu’il prend sa source du lac Gayane. Il se divise en deux bras, dont l’un traverse les ter-​res du Monomotapa, & se décharge dans la mer par sept embouchures. (D. J.)​
[ [ "27 40' S" ] ]
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v9-241-0
KARGAPOL, Cargapolis
KARGAPOL, Cargapolis, (Géog.)​ ville de l’empire Russien, capitale de la province de même nom, sur le bord de Loméga, à 50 lieues S. O. d’Archangel, 125 N. O. de Moscou. Long. 55. 44. lat. 52. 4. (D. J.)​
[ [ "52 4' N 55 44' E" ] ]
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v9-2410-0
MAGNI-SIAH
MAGNI-SIAH, (Géog.) ville d'Asie, dans la province de Serhan, au pié d'une montagne ; c'est la même ville, selon les apparences, que la Magnésie du mont Sipyle. Les orientaux lui donnent 60d. de long. & 40d. de lat. (D. J.)
[ [ "40 N 60 E" ] ]
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v9-2412-0
MAGNOAC
MAGNOAC, (Géog.)​ petit pays sur les confins du pays d’Astarac, & qui fait aujourd’hui partie de celui d’Armagnac. Voyez Longuerue, descript. de la France, part. I. pag. 201. (D. J.)​
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v9-2414-0
MAGNUS, a, um
MAGNUS, a, um, (Géogr. anc.)​ Il faut remarquer ici sur ce mot latin, que les anciens appelloient magnum promontorium le cap d’Afrique nommé Deyrat-Lincyn par les Africains ; & qu’ils ont donné le même nom au cap de Lisbonne. Ils appelloient magnum ostium, la grande embouchure, l’une des bouches du Gange. Ils donnoient le nom de magni campi à des plaines d’Afrique, au voisinage d’Utique ; ils nommerent magnus portus, un port de la Grande-Bretagne, vis-à-vis l’île de Wigth, & magnus sinus, le grand golfe, une partie de l’Océan oriental, &c. (D. J.)​
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v9-2415-0
MAGNY
MAGNY, (Géog.)​ petite ville de France, au Vexin françois, sur la route de Paris à Rouen, à 14 lieues de ces deux villes, & dans un terrein fertile en blé : le P. Breit croit que c’est le Petromantalum des anciens. Long. 19. 22. lat. 49. 8. C’est la patrie de Jean-Baptiste Santerre, un de nos peintres qui a excellé dans les sujets de fantaisie. Il a fait encore des tableaux de chevalet d’une grande beauté, entre autres celui d’Adam & d’Eve. Voyez l’article de cet illustre maître, au mot Ecole françoise (D. J.)​
[ [ "49 8' N 19 22' E" ] ]
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v9-2416-0
MAGO
MAGO, (Géogr. anc.)​ ville de la petite île Baléard, selon Pline, liv. III. chap. v. & Pomponius Mela, liv. II. chap. vij. C’est présentement Port-Mahon dans l’île de Minorque.
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v9-242-0
KARHAIS ou CARALIS ou KÉRAHES
KARHAIS, (Géog.)​ ou CARALIS ou KÉRAHES, petite ville de France, dans la basse-Bretagne, sur l’Aufer, à 16 lieues de Brest, 12 d’Hennebon, 11 de Kimper. Le gibier, sur-tout les perdrix, y sont d’un goût exquis. Long. 14. 3. lat. 48. 15. (D. J.)​
[ [ "48 15' N 14 3' E" ] ]
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v9-2421-0
MAGRA, la vallée de
MAGRA, la vallée de (Géogr.)​ en latin vallis Macræ ; vallée d’Italie dans la Toscane, d’environ onze lieues de long sur six de large. Elle appartient presque toute au grand-duc. Pontremoli en est la capitale.
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v9-2421-1
Magra, la
Magra, la (Géogr.)​ en italien Macra, riviere d’Italie. Elle a sa source dans les montagnes de l’Apennin, coule dans la vallée de son nom, & va se perdre dans la mer, auprès du cap del Corvo.
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v9-2422-0
MAGRAN
MAGRAN, (Géograph.)​ montagne d’Afrique au royaume de Maroc, dans la province de Tedla. Ses habitans logent dans des hutes d’écorces d’arbres, & vivent de leurs bestiaux. Ils ont à redouter les lions dont cette montagne est pleine, & le froid qui est très-grand, sur-tout au sommet.
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v9-2423-0
MAGUELONE, ou MAGALO, MAGALONA, MAGALONE
MAGUELONE, ou MAGALO, MAGALONA, MAGALONE, en latin civitas Magalonensis, ville ruinée dans le bas Languedoc. Elle étoit située au midi de Montpellier dans une île ou péninsule de l’étang de Maguelone, sur la côte méridionale de cet étang, qui est à l’orient de celui de Thau, insula Magalo. On a sans doute dit dans la suite Magalona, d’où l’on a fait le nom vulgaire Maguelone. Il n’est point parlé de Maguelone dans les anciens géographes, ni dans aucun écrit antérieur à la domination des Wisigoths ; c’est pourquoi nous pouvons leur attribuer l’origine de cette ville & de son évêché. Maguelone qui tomba sous le pouvoir des Sarrasins, après la ruine de la monarchie des Wisigoths, fut prise & détruite par Charles Martel, l’an 737 ; alors l’évêque, son clergé, & la plûpart des habitans, se retirerent en terre ferme, à une petite ville ou bourgade nommée Sustantion, qui est marquée dans la carte de Peutinger. Ce lieu appellé Sustantion, qui avoit ses comtes particuliers, a été entierement détruit. Maguelone au contraire fut rebâtie vers l’an 1060, au lieu où elle avoit été précédemment dans l’île, & les évêques y eurent leur siége ainsi que leur cathédrale, jusqu’à l’an 1536, que le pape Paul III. transféra ce siége dans la ville de Montpellier ; la raison de cette translation est qu’on ne pouvoit plus être en sureté à Maguelone, à cause des incursions des pirates maures & sarrasins, qui y faisoient souvent des descentes. Si vous êtes curieux de plus grands détails, voyez Catel, mém. de Languedoc, & Longuerue, descript. de la France. J’ajoute seulement que cette ville a été la patrie de Bernard de Tréviez, chanoine de son église cathédrale, & qui vivoit en 1178. Il est l’auteur du roman intitulé, histoire des deux vrais & parfaits amans, Pierre de Provence & la belle Maguelone, fille du roi de Naples. Ce roman fut imprimé pour la premiere fois à Avignon en 1524, in-8°.
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v9-2425-0
MAGUIL
MAGUIL, (Géogr.)​ petite ville d’Afrique en Barbarie, au royaume de Fez. Les Romains l’ont fondée. Elle est bâtie sur la pointe de la montagne de Zarbon, & jouit au bas d’une belle plaine qui rapporte beaucoup de blé, de chanvre, de carvi, de moutarde, &c. mais les murailles de la ville sont tombées en ruine.
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v9-2426-0
MAGULABA
MAGULABA, (Géogr. anc.)​ ville de l’Arabie heureuse selon Ptolomée, liv. VI. chap. vij. qui la place entre Jula & Sylecum.
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v9-2428-0
MAGWIBA, ou RIO-NOVO
MAGWIBA, ou RIO-NOVO, (Géogr.)​ grande riviere d’Afrique en Guinée, au royaume de Quoja. En été cette riviere est moins grosse qu’en hiver, & l’eau qui y remonte est salée jusqu’à deux lieues au-dessus de la côte.
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v9-2429-0
MAHA
MAHA, (Géogr.)​ peuple errant de l’Amérique septentrionale, dans la Louisiane, au nord du Missouri & des habitations les plus septentrionales des Padoucas, par les quarante-cinquieme de lat. septentrionale, & à deux cens lieues de l’embouchure du Missouri dans le Mississipi.
[ [ "45 N" ] ]
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v9-2430-0
MAHAGEN
MAHAGEN, (Géogr.)​ ville de l’Arabie heureuse, où elle sépare les deux provinces nommées Jémamah & Temamah. Elle est située dans une plaine fertile, à deux journées de Zébid.
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v9-2433-0
MAHALEU
MAHALEU, (Géog.)​ considérable ville d’Egypte, capitale de la Garbie, l’une des deux provinces du Deltha. Il s’y fait un grand commerce de toiles de lin, de toiles de coton, & de sel ammoniac. Il y a des fours à faire éclore des poulets par la chaleur, à la façon des anciens Egyptiens. Elle est près de la mer. Long. 49. 56. lat. 31. 4. (D. J.)​
[ [ "31 4' N 49 56' E" ] ]
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v9-2435-0
MAHATTAM
MAHATTAM, (Géogr.)​ île de l’Amérique septentrionale sur la côte de la nouvelle Yorck, à l’embouchure de la riviere de Hudson, ainsi nommée par ce fameux navigateur anglois, qui la découvrit en 1609.
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v9-2436-0
MAHLSTROM, ou MOSKOESTROM
MAHLSTROM, ou MOSKOESTROM, (Géog.)​ c’est ainsi qu’on nomme un goufre fameux placé près des côtes de Norwege, à environ quarante milles au nord de la ville de Drontheim. En cet endroit de la mer on rencontre une suite de cinq îles, que l’on nomme le district de Lofoden, quoique chacune de ces îles ait un nom particulier. Entre chacune de ces îles le passage n’a jamais plus d’un quart de mille de largeur ; mais au sud ouest du district de Lofoden, il se trouve encore deux îles habitées, que l’on nomme Wœron & Roeston, qui sont séparées de Lofoden, & les unes des autres par des passages ou détroits assez larges. Entre cette rangée d’îles & le Helgeland, qui est une portion du continent de la Norwege, la mer forme un golfe. C’est entre le promontoire de Lofoden & l’île de Waron, que passe le courant qu’on nomme Mahlstrom. Sa largeur du nord au sud est d’environ deux milles ; sa longueur de l’est​ à l’ouest est d’environ cinq milles. Il y a aussi un courant entre l’île de Wœron & celle de Roeston, mais il est moins fort que le Mahlstrom. Au milieu du détroit qui sépare Lofoden & Wœron, mais un peu plus du côté du sud, se trouve le rocher appellé Moskoe, qui forme une île qui peut avoir un tiers de mille de longueur, & quelque chose de moins en largeur ; cette île n’est point habitée, mais comme elle a de bons pâturages, les habitans des îles voisines y laissent paître des brebis l’hiver & l’été. C’est entre cette île de Moskoe & la pointe de Lofoden, que le courant est le plus violent ; il devient moins sensible à mesure qu’il approche des îles de Wœron & de Roeston. On trouve dans plusieurs relations des descriptions étonnantes de ce goufre & de ce courant ; mais la plûpart de ces circonstances ne sont fondées que sur des bruits populaires ; on dit que ce goufre fait un bruit horrible, & qu’il attire à une très-grande distance les baleines, les arbres, les barques & les vaisseaux qui ont le malheur de s’en approcher ; quaprès les avoir attirés, il les réduit en pieces contre les rochers pointus qui sont au fond du goufre. C’est de cette prétendue propriété qu’est venu le nom de Mahlstrom, qui signifie courant qui moud. L’on ajoute qu’au bout de quelques heures, il rejette les débris de ce qu’il avoit englouti. Cela dément le sentiment du pere Kircher, qui a prétendu qu’il y avoit en cet endroit un trou ou un abîme qui alloit au centre de la terre, & qui communiquoit avec le golfe de Bothnie. Quelques auteurs ont assuré que ce courant, ainsi que le tournoyement qui l’accompagne, n’étoit jamais tranquille ; mais on a publié en 1750, dans le tome XII. des mém. de l’académie royale des Sciences de Suede, une description du Mahlstrom, qui ne laisse plus rien à désirer aux Physiciens, & qui en faisant disparoître tout le merveilleux, réduit tous ces phénomenes à la simple vérité. Voici comme on nous les décrit. Le courant a sa direction pendant six heures du nord au sud, & pendant six autres heures du sud au nord ; il suit constamment cette marche. Ce courant ne suit point le mouvement de la marée, mais il en a un tout contraire, en effet dans le tems que la marée monte & va du sud au nord, le Mahlstrom va du nord au sud, &c. Lorsque ce courant est le plus violent, il forme de grands tourbillons ou tournoyemens qui ont la forme d’un cône creux renversé, qui peut avoir environ deux famnars, c’est-à-dire douze piés de profondeur ; mais loin d’engloutir & de briser tout ce qui s’y trouve, c’est dans le tems que le courant est le plus fort, que l’on y pêche avec le plus de succès ; & même en y jettant un morceau de bois, il diminue la violence du tournoyement. C’est dans le tems que la marée est la plus haute & qu’elle est la plus basse, que le goufre est le plus tranquille ; mais il est très-dangereux dans le tems des tempêtes & des vents orageux, qui sont très-communs dans ces mers, alors les navires s’en éloignent avec soin, & le Mahlstrom fait un bruit terrible. Il n’y a point de trous ni d’abîme en ce lieu, & les pêcheurs ont trouvé avec la sonde, que le fond du goufre étoit composé de rochers & d’un sable blanc qui se trouve à vingt brasses dans la plus grande profondeur. M. Schelderup, conseiller d’état en Norwege, à qui cette description est dûe, dit que tous ces phénomenes viennent de la disposition dans laquelle se trouve cette rangée d’îles, entre lesquelles il n’y a que des passages étroits qui font que les eaux de la pleine mer ne pouvent y passer librement, & par là s’amassent & demeurent en quelque façon suspendues lorsque la marée hausse ; d’un autre côté lorsque la marée se retire, les eaux qui se trouvent dans le golfe qui sépare ces îles du continent, ne peuvent point​s’écouler promptement au-travers de ces mêmes passages étroits. Voyez les mém. de l’académie royale de Suede, année 1750, tome XII. Les marins donnent en général le nom de Mahlstrom à tous les tournans d’eau qui se trouvent dans la mer. Les voyageurs rapportent qu’il y en a un très-considérable dans l’Océan, entre l’Afrique & l’Amérique ; les navigateurs l’évitent avec grand soin. Les goufres de Sylla & de Charybde sont aussi des especes de mahlstroms. (—)​
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v9-2439-1
Mahon
Mahon, (Géog.)​ voyez Port-Mahon. (D. J.)​
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v9-2443-0
MAHOUZA
MAHOUZA, (Géog.)​ ville d’Asie dans l’Iraque arabique, située près de Bagdat. Cosroës, fils de Nouschirvan, y établit une colonie des habitans d’Antioche qu’il avoit conquise.
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v9-2444-0
MAHURAH
MAHURAH, (Géog.)​ ou MAHOURAT, ville d’Asie dans l’Indoustan, à peu de distance de celle de Cambaye. C’est peut-être la même ville que Massourat, qu’on appelle par abréviation Sourat. (D. J.)​
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v9-2447-0
MAIDA
MAIDA, (Géog.)​ petite ville d’Italie au royaume de Naples, dans la Calabre ultérieure, au pié du mont Appennin, & à 8 milles de Nicastro ; c’est​peut-être le Malanius d’Etienne le géographe.
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v9-2448-0
MAIDSTONE
MAIDSTONE, (Géogr.)​ en latin Madus & Vagniacum, ville à marché d’Angleterre au pays de Kent, sur Medway. Elle est assez considérable, bien peuplée ; elle envoie deux députés au parlement, & est à 9 lieues E. S. de Londres. Long. 18. 20. lat. 51. 21.
[ [ "51 21' N 18 20' E" ] ]
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v9-2449-0
MAIED
MAIED, (Géog.)​ île d’Asie dans l’Océan oriental, sur la côte de la Chine, à trois journées de navigation de l’île Dhalah. Les Chinois y font un grand trafic.
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v9-2450-0
MAIENNE, la
MAIENNE, la, (Géog.)​ riviere de France. Voyez Maine, le, (Géog.)
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v9-2450-1
Maienne
Maienne, (Géograph.)​ ville de France. Voyez Mayenne. (D. J.)​
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v9-246-0
KARKOUH
KARKOUH, (Géog.)​ ou, comme quelques géographes écrivent CARCOUH, CARCUB, ville de Perse, lieu de grand passage pour tous les pélerins qui vont à la Mecque, & qui viennent des hautes contrées de la Perse. Long. 74. 45. latit. 32. 15. (D. J.)​
[ [ "32 15' N 74 45' E" ] ]
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v9-2464-0
MAILLEZAIS, , Malliacum Pictonum
MAILLEZAIS, Malliacum Pictonum, (Géogr.)​ ville de France en Poitou ; son évêché fut transféré à la Rochelle en 1648. Elle est dans une île formée par la Seure & l’Autise, entre dans des marais à huit lieues N. E. de la Rochelle, vingt S. O. de Poitiers, quatre-vingt onze S. O. de Paris. Long. 16d. 55′. 22″. lat. 46d. 22′. 16″. (D. J.)​
[ [ "46 22' 16\" N 16 55' 22\" E" ] ]
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v9-2473-0
MAINA Brazzodi
MAINA Brazzodi, (Géog.)​ contrée de Grece dans la Morée, où elle occupe la partie méridionale du fameux pays de Lacédémone. Le Brazzo di Maina est renfermé entre deux chaînes de montagnes qui s’avancent dans la mer, pour former le cap de Matapan, nommé par les anciens, le promontoire de Ténare. Ce cap fait à l’ouest le golfe de Coron, autrefois golfe de Messene, & à l’est le golfe Laconique. Les habitans de Brazzo di Maina sont nommés Mainotes, ou Magnotes, & ne sont guere qu’au nombre de vingt à vingt-cinq mille ames. On parle bien diversement de ce peuple : quelques-uns les regardent comme des perfides & des brigands ; d’autres au contraire trouvent encore dans les Magnotes des traces de ces grecs magnanimes, qui préféroient leur liberté à leur propre vie, & qui par mille actions héroïques, ont donné de la terreur & du respect aux autres nations. Il est vrai que de tous les peuples de la Grece, il ne s’est trouvé que les Epirotes, aujourd’hui les Albanois & les Magnotes, déplorables restes des Lacédémoniens, qui ayent pû chicanner le terrein aux Musulmans. Les albanois succomberent en 1466, que mourut Scanderberg leur général ; & depuis la prise de Candie en 1669, la plûpart des Magnotes ont cherché d’autres habitations. Ceux qui sont demeurés dans le pays, vivent de brigandage autant qu’ils peuvent, & ont pour directeurs des calogers, espece de moines de l’ordre de S. Basile, qui leur montrent l’exemple. Ils font des captifs par tout, enlevent des Chrétiens qu’ils vendent aux Turcs, & prennent des Turcs qu’ils vendent aux Chrétiens. Aussi les Turcs ont fortifié plusieurs portes dans le Brazzo, pour tenir les Magnotes en respect, & chaque poste est gardé par un aga, qui commande quelques janissaires.
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v9-2474-0
MAINE le
MAINE le, Pagus cenomanensis, (Géog.)​ province de France. Il est borné au levant par le Per-​che, au nord par la Normandie, au couchant par l’Anjou & la Bretagne, au midi par la Touraine & le Vendomois. Sa longueur du levant au couchant est de 35 lieues ; sa largeur du midi au nord de 20 ou environ, & son circuit de 90. Le nom du Maine, aussi bien que celui du Mans sa capitale, vient des peuples celtiques, Cenomani, nommés aussi Aulerci, nom qui leur étoit commun avec quelques autres peuples d’entre les Celtes. Les Francs se rendirent maîtres de ce pays, peu après leur arrivée dans les Gaules : il fut souvent désolé sous la seconde race par les Normands ; & dans le x. siecle, sous le regne de Louis d’Outremer, il vint au pouvoir du comte Hugues, qui laissa ce comté héréditaire à sa postérité. Philippe Auguste conquit le Maine sur Jean-sans-Terre ; S. Louis le donna en partage avec l’Anjou, à son frere Charles, qui fut depuis roi de Sicile, & comte de Provence ; enfin, il échut par succession à Louis XI. & depuis lors, le Maine est demeuré uni à la couronne. C’est une bonne province, où l’on trouve des terres labourables, des côteaux ornés de quelques vignobles, de jolies collines, des prairies, des forêts, & des étangs. Ses principales rivieres sont la Mayenne, l’Huisne, la Sarte, & le Loir. Il y a dans le Maine des mines de fer, deux carrieres de marbre, & plusieurs verreries. Laval a une ancienne manufacture de toiles fines & blanchies. Cette province se divise en haut & bas Maine ; elle a sa coûtume particuliere, & est du ressort du parlement de Paris. Entre les gens de lettres qu’elle a produits, c’est assez de nommer ici Belon, de la Chambre, la Croix du Maine, Lami, Mersenne, & Poupart. Belon (Pierre), a publié les observations qu’il avoit faites dans ses courses en Grece, en Egypte, en Arabie, &c. & d’autres écrits sur l’histoire naturelle, qui sont rares aujourd’hui. Il fut tué près de Paris par un de ses ennemis, à l’âge d’environ 46 ans. M. de la Chambre, (Marin Cureau), l’un des premiers des 40 de l’académie françoise, & ensuite de l’académie des Sciences, se fit beaucoup de réputation par des ouvrages qu’on ne lit plus. Il décéda en 1669, à 75 ans. La Croix du Maine, (François Gradé de) est uniquement connu par sa bibliotheque françoise, qu’il mit au jour en 1584. Il fut assassiné à Tours en 1592 à la fleur de son âge. Lami (Bernard) de l’Oratoire, savant en plus d’un genre, composa ses élémens de mathématiques, dans un voyage qu’il fit à pié de Grenoble à Paris. Il est mort en 1715, à 70 ans. Mersenne (Marie) minime, ami de Descartes, philosophe doux & tranquille, fut un des savans hommes en plus d’un genre du xvij. siecle ; il préféra l’étude & les connoissances à toute autre chose ; ses questions sur la Genèse, & ses traités de l’harmonie & des sons, sont de beaux ouvrages. Il mourut séxagénaire en 1648. Le P. Hilarion de Coste a donné sa vie. Poupart (François), de l’académie des Sciences, où il a donné quelques mémoires, cultiva beaucoup l’histoire naturelle, qui est peut-être la seule physique à notre portée. Il vécut pauvre, & mourut tel, ayant toûjours mieux aimé étudier, que de chercher à se procurer les commodités de la vie.
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v9-2474-1
Maine le, ou la Mayenne
Maine le, ou la Mayenne, en latin Meduana, (Géog.)​ riviere de France ; elle a sa source à Limieres, aux confins du Maine & de la Normandie, parcourt la seule généralité de Tours, & se jette dans la Loire, à deux lieues au-dessous du pont de Cé​ en Anjou. Il seroit aisé de rendre cette riviere navigable jusqu’à Mayenne ; & ce seroit une chose très-utile, non-seulement pour tout le pays, mais encore pour les provinces de Normandie & de Bretagne.
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v9-2475-0
MAINLAND
MAINLAND, Minlandia, (Géog.)​ île au nord de l’Ecosse, entre celles de Schetland. Elle a environ 20 lieues de long sur cinq de large ; elle est fertile, & bien peuplée sur les côtes. Ses lieux les plus considérables sont Lerwich & Scallowai : cette île est à la couronne britannique. (D. J.)​
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v9-2478-0
MAINTENON
MAINTENON, (Géog.)​ gros bourg de France dans la Beauce, sur la riviere d’Eure, à quatre lieues de Chartres. Il y a une collégiale & un château : ce fut près de ce bourg, que Louis XIV. entreprit en 1684, de conduire une partie des eaux de la riviere d’Eure à Versailles. Les travaux furent abandonnés en 1688, & sont restés inutiles. En 1679, le même prince érigea la terre de Maintenon en marquisat, & en fit présent à Françoise d’Aubigné, qui prit le titre de marquise de Maintenon, sous lequel elle devint si célebre par sa faveur auprès du monarque dont elle conserva la confiance tant qu’il vécut, quoiqu’elle fût plus âgée que lui. Long. de ce bourg. 19. 15. lat. 48. 33. (D. J.)​
[ [ "48 33' N 19 15' E" ] ]
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v9-2481-0
MAINUNGEN
MAINUNGEN, (Géog.)​ ville d’Allemagne en Franconie, sur la Werre, chef-lieu d’un petit état dont jouit une branche de la maison de Saxe-Gotha. Elle est à trois lieues N. E. d’Henneberg. Long. 28. 10. lat. 50. 36. (D. J.)​
[ [ "50 36' N 28 10' E" ] ]
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v9-2488-0
MAIORQUE, le royaume de
MAIORQUE, le royaume de (Géogr.)​ petit royaume qui comprenoit les îles de Maiorque, de Minorque, d’Ivica, & quelques annexes, tantôt plus, tantôt moins. Les Maures s’étant établis en Espagne, assujettirent ces îles, & fonderent un royaume ; mais Jacques, le premier des rois d’Arragon, leur enleva ce royaume en 1229 & 1230 ; enfin cent cinquante ans après, il fut réuni par dom Pedre, à l’Arragon, à la Castille, & aux autres parties qui composent la monarchie d’Espagne.
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v9-2488-1
Maïorque, île de
Maïorque, île de (Géogr.)​ Balearis major, île considérable de la Méditerranée, & l’une de celles que les anciens ont connues sous le nom de Baléares. Elle est entre l’île d’Ivica au couchant, & celle de Minorque au levant. On lui donne environ trente-cinq lieues de circuit. Il semble que la nature se soit jouée agréablement dans la charmante perspective qu’elle offre à la vue. Les sommets de ses montagnes sont entr’ouverts, pour laisser sortir de leurs ouvertures des forêts d’oliviers sauvages. Les habitans industrieux ont pris soin de cultiver, & ont si bien choisi les greffes, qu’il n’y a guere de meilleures olives que celles qui en proviennent, ni de meilleure huile que celle qu’on en tire. Au bas des montagnes sont de belles collines où regne un vignoble qui fournit en abondance d’ex-​cellens vins ; ce vignoble commence une vaste plaine, qui produit d’aussi bon froment que celui de la Sicile. Une si belle décoration de terrein a fait appliquer ingénieusement aux Maïorquois ce passage du pseaume, à fructu frumenti & olei sui, multiplicati sunt. Le ciel y est sérain, le paysage diversifié de tous côtés ; un grand nombre de fontaines & de puits dont l’eau est excellente, réparent le manque de rivieres. Cette île, qu’Alphonse I. roi d’Arragon, a conquise sur les Maures en 1229, n’est séparée de Minorque que par un détroit. Maïorque sa capitale, dont nous parlerons, & Alcudia, en sont les principaux lieux. C’est là qu’on fabrique la plûpart des réales & doubles réales, qui ont cours dans le commerce. Les Maïorquois sont robustes, & d’un esprit subtil. Leur pays a produit des gens singuliers dans les arts & les sciences. Raimond Lulle y prit naissance en 1225. Ses ouvrages de Chimie & d’Alchimie sont en manuscrits dans la bibliotheque de Leyde. Il parcourut toute l’Europe, & se rendit auprès de Geber en Mauritanie, dans l’espérance d’apprendre de lui quelque remede pour guerir un cancer de sa maîtresse. Enfin il finit ses jours par être lapidé en Afrique, où il alla prêcher le christianisme aux infideles.
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v9-2488-2
Maïorque
Maïorque, (Géogr.) les Latins l'ont connue sous le nom de Palma ; c'est une belle & riche ville, capitale de l'île de même nom, avec un évêché suffragant de Valence. On y compte huit à dix mille habitans, & on loue beaucoup la beauté des places publiques, de la cathédrale, du palais royal, & de la maison de contractation, où se traitent les affaires du commerce. Il y a dans cette ville un capitaine général qui commande à toute l'île, & une garnison contre l'incursion des Maures. Les Anglois prirent Maïorque en 1706, mais elle fut reprise en 1715, & depuis ce tems elle est restée aux Espagnols. Elle est au S. O. de l'île, avec un bon havre, à 29 lieues N. E. d'Ivica, 48 S. E. de Barcelone, 57 E. de Valence. Long. selon Cassini, 20. o. 4. lat. 39. 35. (D. J.)
[ [ "39 35' N 20 0' 4\" E" ] ]
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v9-2490-8
Maire, détroit de
Maire, détroit de, (Géog.)​ détroit qui est au-delà de la terre del Fuego, entre laquelle est le con-​tinent de l’Amérique, & le détroit de Magellan au sud. Ce détroit est ainsi nommé de Jacques le Maire, fameux pilote hollandois, qui le découvrit le premier l’an 1615. Nous avons la relation de son expédition dans le recueil des voyages de l’Amérique, imprimés à Amsterdam en 1622 in-folio ; mais les détroits de le Maire & de Magellan sont devenus inutiles aux navigateurs ; car depuis qu’on sait que la terre de Feu, del Fuego, est entre ces deux détroits & la mer, on fait le tour pour éviter les longueurs & les dangers du vent contraire, des courans, & du voisinage des terres. (D. J.)​
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v9-2495-0
MAITABIROTINE, la
MAITABIROTINE, la, (Géogr.)​ riviere de l’Amérique septentrionale, dans le Canada. Plusieurs nations sauvages voisines de la baye de Hudson, descendent cette riviere, & apportent les plus belles pelleteries du Canada. (D. J.)​
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v9-2502-1
Majume, ou Majuma, ou la petite Gaza
Majume, ou Majuma, ou la petite Gaza, (Géog.)​ c’étoit proprement le port de la ville de Gaze. Il étoit ordinaire aux villes trafiquantes, situées à quelque distance de la mer, d’avoir un port pour le magasinage & le commerce, tel étoit Ma-​juma pour Gaza. Mais Constantin en fit une ville séparée, indépendante, lui donna le droit de cité, & l’appella Constantia. L’empereur Julien la dépouilla de ses privileges, lui rendit son ancien nom, & la remit sous la dépendance de Gaze quant au temporel. A l’égard du spirituel, Majume conserva son évêque, son clergé & son diocèse. Il faut donc distinguer l’ancienne ville de Gaza & la nouvelle, surnommée Majuma ou Constantia. Cette derniere étoit au bord de la mer, & la premiere à environ 2 milles de la mer. On ne voit plus des deux Gaza que des ruines, des mosquées, & un vieux château dont un bacha avoit fait son serrail dans le dernier siecle, au rapport de Thevenot. (D. J.)​
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v9-2504-0
MAIXENT, Saint, Maxentium
MAIXENT, Saint, Maxentium, (Géogr.)​ ville de France dans le Poitou, chef lieu d’une élection, avec une abbaye. Elle est sur la Sevre, à 12 lieues S. O. de Poitiers, 86 S. O. de Paris. Long. 17. 18. lat. 46. 25. Saint-Maixent est la patrie d’André Rivet, fameux ministre calviniste, qui devint professeur en Théologie à Leyde. Il mourut à Breda en 1651, âgé de 78 ans. Ses œuvres théologiques ont été recueillies en 3 volumes in-fol. (D. J.)​
[ [ "46 25' N 17 18' E" ] ]
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v9-2511-0
MALABAR, la côte de
MALABAR, la côte de, (Géogr.)​ Quelques-uns comprennent sous ce nom toute la partie occidentale de la presqu’île de l’Inde en-deçà du Gange, depuis le royaume de Beylana au nord, jusqu’au cap Comorin au midi ; d’autres prennent seulement cette​ côte à l’extrémité septentrionale du royaume de Canare, & la terminent, comme les premiers, au cap Comorin. Le Malabar peut passer pour le plus beau pays des Indes au-deçà du Gange : outre les villes qu’on y voit de tous côtés, les campagnes de riz, les touffes de bois de palmiers, de cocotiers, & autres arbres toujours verds ou chargés de fruits, les ruisseaux & les torrens qui arrosent les prairies & les paturages, rendent toutes les plaines également belles & riantes. La mer & les rivieres fournissent d’excellens poissons ; & sur la terre, outre la plûpart des animaux connus en Europe, il y en a beaucoup d’autres qui sont particuliers au pays. Le riz blanc & noir, le cardamome, les ananas, le poivre, le tamarin, s’y recueillent en abondance. Il suffit de savoir qu’on a mis au jour en Europe 12 tomes de plantes de Malabar, pour juger combien le pays est riche en ce genre. Les Malabares de la côte sont noirs, ont les cheveux noirs, lisses & fort longs. Ils portent quantité de bracelets d’or, d’argent, d’ivoire, de cuivre ou d’autre métal ; les bouts de leurs oreilles descendent fort bas : ils y font plusieurs trous & y pendent toutes sortes d’ornemens. Les hommes, les femmes & les filles se baignent ensemble dans des bassins publiquement au milieu des villes. On marie les filles dès l’âge de huit ans. (M. Menuret.)​ L’ordre de succession, soit pour la couronne, soit pour les particuliers, se fait en ligne féminine : on ne connoît les enfans que du côté de la mere, parce que les femmes sont en quelque maniere communes, & que les peres sont incertains. Les Malabares sont divisés en deux ordres ou castes, savoir les nairos, qui sont les nobles, & les poliars, qui sont artisans, paysans ou pêcheurs. Les nairos seuls peuvent porter les armes & commercent avec les femmes des poliars tant qu’il leur plaît : c’est un honneur pour ces derniers. La langue du pays est une langue particuliere. La religion des peuples qui l’habitent n’est qu’un assemblage de superstitions & d’idolatrie ; ils représentent leurs dieux supérieurs & inférieurs sous de monstrueuses figures, & mettent sur leurs têtes des couronnes d’argille, de métal, ou de quelqu’autre matiere. Les pagodes où ils tiennent ces dieux ont des murailles épaisses bâties de grosses pierres brutes ou de briques. Les prêtres de ces idoles laissent croître leurs cheveux sans les attacher ; ils sont nuds depuis la ceinture jusqu’aux genoux : les uns vivent du service des idoles, d’autres exercent la medecine, & d’autres sont courtiers. Il est vrai qu’il y a eu des chrétiens jettés de bonne heure sur les côtes de Malabar, & au milieu de ces idolâtres. Un marchand de Syrie nommé Marc-Thomas, s’étant établi sur cette côte avec sa famille & ses facteurs au vj. siecle, y laissa sa religion, qui étoit le Nestorianisme. Ces sectaires orientaux s’étant multipliés, se nommerent les chrétiens de S. Thomas, & vécurent paisiblement parmi les idolâtres. (D. J.)​
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v9-2515-0
MALABRIGO
MALABRIGO, (Géogr.)​ port de l’Amérique Méridionale, au Pérou, dans l’audience de Lima. Son nom qui signifie mauvais abri, montre assez qu’on n’y est pas à couvert des vents. Il y a de ce port à celui de Guanchaco qui est sous le huitieme degré de latitude méridionale, environ quatorze lieues. (D. J.)​
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v9-2516-0
MALACA
MALACA, (Géog. anc.)​ ville d’Espagne dans la Bétique, sur la Méditerranée. Pline, l. III. c. j. dit qu’elle appartenoit aux alliés du peuple romain. Strabon remarque que c’étoit une colonie des Carthaginois, & une ville de grand commerce, où l’on saloit beaucoup de vivres pour les habitans de la côte opposite. La riviere qui l’arrose s’appelloit de même que la ville ; son nom moderne est guadalmedina, & celui de la ville est malaga, au royaume de Grenade. Voyez Malaga. (D. J.)​
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v9-2518-0
MALACCA, Royaume de
MALACCA, Royaume de, (Géogr.)​ royaume des Indes orientales, dans la partie occidentale de la péninsule de Malacca, & sur le détroit de même nom. Sa largeur est de huit à dix lieues, & sa longueur de trente. (D. J.)​
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v9-2518-1
Malacca
Malacca, (Géog.)​ capitale du royaume de Malacca, dans la partie méridionale de la péninsule, sur le détroit auquel elle donne son nom. Cette ville est habitée par des Hollandois, des Maures & des Chinois. On y compte quatre à cinq mille ames. Comme sa situation est à 2 degrés 12 m. de latitude, elle jouit toujours d’un parfait équinoxe ; son climat tempéré produit presque tous les fruits qu’on voit à Goa ; mais les coccos y sont beaucoup plus grands. Le port de Malacca est fort bon, & il s’y fait un grand commerce. On y trouve dans les bazards les marchandises du Japon, de la Chine, de Bengale, de Perse & de la côte de Coromandel. On compte environ 300 lieues espagnoles de Ceylan à Malacca, & 350 de Malacca à la Chine. Elle est défendue par une forteresse, dont le gouverneur de la ville est le commandant. Les Hollandois en sont les maîtres depuis plus d’un siecle ; car ils s’en emparerent sur les Portugais en 1640. Long. selon Cas-​sini, 119. 36′30″ selon les pp. de Beze & Camille, 117. 20′30″. (D. J.)​
[ [ "multsrc" ], [ "2 12' N 119 36' 30\" E" ], [ "2 12' N 117 20' 30\" E" ] ]
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v9-2518-2
Malacca, Péninsule de
Malacca, Péninsule de, (Géog.)​ grande presqu’île des Indes, au midi du royaume de Siam, entre le golfe de Siam à l’orient, celui de Bengale & le détroit de Malacca à l’occident. On estime que la longueur de cette péninsule, le long de la côte, est d’environ 250 lieues. Cette étendue de terre renferme le royaume de Malacca, & six autres. Les habitans de cette presqu’île sont noirs, petits, bien proportionnés dans leur petite taille, & redoutables lorsqu’ils ont pris de l’opium, qui leur cause une espece d’ivresse furieuse. Ils vont tous nuds de la ceinture en haut, à l’exception d’une petite écharpe qu’ils portent tantôt sur l’une, tantôt sur l’autre épaule. Ils sont fort vifs, fort sensuels, & se noircissent les dents par le fréquent usage qu’ils font du bétel. Long. 119. lat. 3. 40. (D. J.)​
[ [ "3 40' N 119 E" ] ]
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v9-2518-3
Malacca, Détroit de
Malacca, Détroit de, (Géog.)​ détroit dans les Indes, entre la péninsule de Malacca, qui lui donne son nom, & l’île de Sumatra. Les Portugais le nomment le détroit de Sincapour. Il communique, du côté du nord, au golfe de Bengale. (D. J.)​
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v9-252-0
KASEMIECH
KASEMIECH, (Géog.)​ on écrit aussi KAZEINIECK, CASEMIECH, CASEMICH, KASEMITH, &c. riviere de Syrie, qui a sa source dans les montagnes de l’Anti-liban, & se jette dans la mer de Phénicie, entre Tyr & Sidon. La pêche de la morue qui est yabondante en certains tems de l’année, lui donne une grande considération dans le pays : M. de la Roque dit l’avoir passé en allant de Seyde à Tyr. Les voyageurs François, les Missionnaires & plusieurs Géographes modernes, prétendent que le Kasemiech est l’Eleuthéros des anciens. L’auteur du voyage nouveau de la Terre-sainte n’en doute point : il dit ; liv. V. ch. iv, que ce fleuve est très-remarquable par sa profondeur, par la rapidité de son cours, par les détours des montagnes au fond desquelles il serpente (d’où vient qu’on le nomme Kasemiech, terme arabe, qui signifie séparation, partage), enfin par sa célébrité dans le premier livre des Machabées, puisque ce fut jusques-là que l’illustre Jonathas poursuivit les généraux des troupes de Démétrius. Malgré tant d’autorités, l’Eleuthéros des anciens ne peut être ni le Kasemiech, ni même aucune des rivieres qui sont entre Tyr & Sydon, puisqu’il étoit au nord de cette derniere ville. Ptolomée lui donne 1 degré 20′ de latitude plus qu’à Sydon ; & Josephe, Ant. jud. liv. XIV. ch. vij & viij, parlant des présens que Marc-Antoine fit à Cléopatre, observe que cet amant prodigue lui donna toutes les villes situées entre l’Egypte & l’Eleuthéros, à la réserve de Tyr & de Sydon ; ces deux villes étoient donc situées entre l’Eleuthere de l’Egypte, c’est à-dire au midi de cette riviere. En un mot, on ne sait quel est le nom moderne de l’Eleuthéros, mais on voit que ce n’est point le Kasemiech de nos jours ; ce n’est pas non plus le fleuve saint du P. Hardouin, qui est le Kadisca, dont l’embouchure est à l’orient de Tripoli qu’il traverse. (D. J.)​
[ [ "1 20' N" ] ]
[ "Sydon" ]
v9-2532-0
MALAGA
MALAGA, (Géog.)​ en latin Malaca ; ancienne, belle, riche & forte ville d’Espagne, au royaume de Grenade, avec deux châteaux, un évêché de vingt mille ducats de revenu, suffragant de Grenade, & un bon port qui la rend très-commerçante. Les Anglois & les Hollandois y vont charger des fruits exquis, & des vins délicieux que son terrein produit en abondance. Elle est sur le rivage de la mer, au pié d’une montagne escarpée, à vingt-deux lieues de Gibraltar, 34 S. de Cordoue, 25 S. O. de Madrid. Long. 13. 40. lat. 36. 45. (D. J.)​
[ [ "36 45' N 13 40' E" ] ]
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v9-2535-0
MALAGUETTE, la côte de
MALAGUETTE, la côte de, (Géogr.)​ ou la côte de Maniguette, grand pays d’Afrique dans la Guinée, le long de la mer. On borne ordinairement ce pays depuis Rio-Sanguin jusqu’au cap de Palmes. Cette côte est partagée en plusieurs souverainetés, dont la principale est le royaume de Sanguin Elle est arrosée de quantité de rivieres. Les negres du pays sont grands, forts & vigoureux. Les hommes & les femmes y vont plus nuds qu’en aucuns autres lieux de la Guinée. Ils ne portent au plus qu’un fort petit chiffon sur ce qui distingue un sexe de l’autre. Leur pays qui est bas, uni, gras, arrosé de rivieres & de ruisseaux, est extrèmement fertile, & propre à produire tout ce qu’on y semeroit. On en tire de l’ivoire, des esclaves, de l’or en poudre, & sur-tout de la maniguette ou malaguette, qui donne le nom au pays ; c’est une graine rondelette, de la grosseur du chénevi, d’un goût piquant, & approchant de celui du poivre, d’où vient qu’on l’appelle aussi poivre de Guinée. (D. J.)​
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v9-2541-0
MALAT
MALAT, (Géogr.)​ montagne de l’Amérique septentrionale au Méxique, dans la province de Seiton ; c’est un des grands volcans des Indes, qui vomit de tems en tems par plusieurs bouches, la fumée, le feu & des pierres ardentes.
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v9-2542-0
MALATHIA
MALATHIA, (Géogr.) ville d'Asie sur l'Euphrate, à 72 degrés de long. & à 37 de lat. Elle dépend de la Syrie, & en est frontiere.
[ [ "37 N 72 E" ] ]
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v9-2543-0
MALATHIAH
MALATHIAH, (Géogr.)​ ville d’Asie en Turquie dans l’Aladulie, sur la riviere d’Arzu. C’est la Mélitene des anciens. Elle est située à 61 degrés de long. & à 39. 8. de latitude.
[ [ "39 8' N 61 E" ] ]
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v9-2544-0
MALATOUR
MALATOUR, (Géogr.)​ anciennement Mars-latour, en latin Martis turris, chef-lieu d’un petit ter-​ritoire de France au pays Messin, sur lequel on peut lire Longuerue, descript. de la France, II. partie, pag. 202. (D. J.)​
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v9-2547-0
MALAYE
MALAYE, (Géogr.)​ ville d’Asie, dans l’île de Ternate, une des Moluques. Les Hollandois à qui elle appartient, l’ont fortifiée.
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v9-2548-0
MALCHIN
MALCHIN, (Géogr.)​ prononcé Malkin, petite ville d’Allemagne en basse Saxe, au duché de Meckelbourg dans la Vandalie, à l’entrée de la riviere de la Pene, dans le lac de Cummerow. Long. 30. 18. lat. 53. 58. (D. J.)​
[ [ "53 58' N 30 18' E" ] ]
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v9-2551-0
MALDEN, ou plûtôt MALDON
MALDEN, ou plûtôt MALDON, (Géogr.)​ ville à marché d’Angleterre, dans la province d’Essex, sur le Chelmer, à dix milles de Colchester, à douze de la mer, & à trente N. E. de Londres. Elle envoie deux députés au parlement. Long. 18. 10. lat. 51. 42. Plusieurs savans ons prétendu que Malden est le Camulodunum des Trinobantes. Le pere Porcheron, le pere Hardouin, & autres, dont l’autorité peut prévenir en faveur d’une opinion, ont embrassé ce sentiment d’après Cambden ; mais les raisons du contraire, données par le seul M. Gale, sont triomphantes. Le Camulodunum désigne une colline sur la riviere Cam, dont la source est aux frontieres du côté d’Essex. De ces deux noms, Cam & Dunum, les Romains ont fait leur Camulodunum, qui étoit la Waldemburgh des Saxons ; cette colline s’appelle à présent Sterburg-Hill. On y a trouvé une médaille d’or de Claudius César, une coupe d’argent d’un ouvrage, d’un poids & d’une figure qui en justifient l’antiquité ; & ce sont des découvertes qui conviennent à ce que dit Tacite, qu’on avoit érigé dans cet endroit, un temple au divin Claudius ; mais M. Gale apporte un concours d’autres preuves, qu’il seroit trop long de suivre, & qui persuadent toutes que cette célebre colonie romaine dont parlent les auteurs, étoit dans cet endroit là. (D. J.)​
[ [ "51 42' N 18 10' E" ] ]
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v9-2553-0
MALDIVES
MALDIVES, (Géogr.)​ îles des Indes orientales en-deçà du Gange, dans la grande mer des Indes. Elles commencent à huit degrés de la ligne équinoxiale du côté du nord, & finissent à quatre degrés du côté du sud. Leur longueur est ainsi de 200 lieues, mais elles n’ont que 30 à 35 lieues de largeur. Elles​sont éloignées de la terre ferme, & à 50 lieues du cap Comorin. Ce fut en 1506 que dom Laurent d’Almeyda, portugais, fils du viceroi des Indes, fit la découverte des Maldives, ensuite les Portugais les ont divisées en treize provinces, qu’ils nomment atollons. La division est naturelle, selon la situation des lieux. Chaque atollon est séparé des autres, & contient une grande multitude de petites îles. Ptolomée, liv. VII. c. iv. en parlant de ces îles, qu’il met devant celle de Taprobane, dit que de son tems, on vouloit qu’elles fussent au nombre de 1378. Il est certain que le nombre en est grand, quoiqu’il diminue tous les jours par les courans & les grandes marées. Le tout même semble n’avoir autrefois formé qu’une seule île, qui a été partagée en plusieurs. La mer y est pacifique, & a peu de profondeur. Entre ces îles, il y en a beaucoup d’inhabitées, & qui ne sont couvertes que de gros crabes, & d’oiseaux qu’on nomme pinguy. Par la position de toutes ces îles, on doit juger que la chaleur y est excessive ; les jours en tout tems y sont égaux aux nuits ; mais les nuits y amenent une rosée abondante, qui les rafraichissent, & qui font qu’on supporte plus aisément la chaleur du jour. L’hiver, qui dure six mois, consiste en pluies perpétuelles, qui fertillisent la terre. Le miel, le riz, & plusieurs sortes de racines croissent aux Maldives en abondance. Le coco y est plus commun qu’en aucun lieu du monde, & la banane y est délicieuse. La religion des Maldivois est celle de Mahomet ; le gouvernement y est monarchique & absolu ; mais il y regne une bonne coutume bien différente de celle de la Perse, du Japon, & autres états despotiques ; c’est que lorsqu’un seigneur est disgracié, il peut aller tous les jours faire sa cour au roi, jusqu’à ce qu’il rentre en grace ; sa présence desarme le courroux du prince. On trouve dans ces îles une assez grande police ; les peres y marient leurs filles à dix ans, & la loi permet de reprendre la femme qui a été répudiée. Pyrard vous indiquera leurs autres usages. On croit que les Maldives ont été autrefois peuplées par les Chingulois ; c’est le nom que l’on donne aux habitans de l’île de Ceylan. Cependant ils ne leur ressemblent guere, car les Chingulois sont noirs & mal-faits, au lieu que les Maldivois sont bien formés & proportionnés, & qu’ils ne different presque des Européens que par la couleur qui est olivâtre. C’est vraissemblablement un peuple mêlé de diverses nations, qui s’y sont établies après y avoir fait nauffrage. Il est vrai que toutes les femmes & les hommes y ont les cheveux noirs, mais l’art y contribue pour beaucoup, parce que c’est une idée de beauté du pays. L’oisiveté & la lasciveté y sont les vices du climat. Le sexe s’y met fort modestement, & s’abandonne aux hommes avec la plus grande ardeur & le moins de retenue. (D. J.)​
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v9-2554-3
Male
Male, (Géog.)​ petite île des Indes, qui est la principale & la plus fertile des Maldives, quoique mal-saine & toute couverte de fourmis, qui y sont fort incommodes. Le roi des Maldives réside dans cette île, & y a un palais, dont Pyrard a fait la description. Long. 92. lat. 4. 30. (D. J.)​
[ [ "4 30' N 92 E" ] ]
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v9-2555-0
MALEA
MALEA, (Géog. anc.)​ cap de l’île de Lesbos, vis-à-vis de Mitylene, selon Thucydide ; c’est aussi, selon Ptolomée, une montagne de la Taprobane. (D. J.)​
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v9-2558-0
MALÉE cap
MALÉE cap, (Géogr. anc.)​ Μαλήα, Μαλεαι, & en latin Malea, promontoire du Péloponese, dans la Laconie, où il fait l’angle qui unit la côte méridio-​nale avec la côte orientale. Tous les auteurs grecs & latins en parlent comme d’un cap où la mer est fort orageuse ; c’est ce qui fait dire à Malherbe : Il faut dans la plaine salée Avoir lutté contre Malée, Et près du naufrage dernier, S’être vû dessous les Pleyades Eloigné des ports & des rades, Pour être cru bon marinier. Son nom moderne est Cabo Malio, & quelquefois par les matelots françois, les aîles de S. Michel : le golfe de Malée, Maleus sinus, étoit sans doute près du cap Malée. (D. J.)​
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v9-2562-0
MALEMBA
MALEMBA, (Géog.)​ royaume dans la basse-Éthiopie, au midi du royaume de Metamba. La Coanza, dont la source est inconnue, le coupe d’orient en occident. (D. J.)​
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v9-2565-0
MALEUS Sinus
MALEUS Sinus, (Géog. anc.)​ le golfe de Malée qui étoit sans doute près du cap Malée. Florus en parle lib. III. cap. vj. (D. J.)​
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v9-257-0
KASSRE-EL-LEHOUS
KASSRE-EL-LEHOUS, (Géog.)​ autrement​nommée Kengaver, ville de Perse, située dans un pays fertile en excellens fruits. Voyez Tavernier ; long. selon lui 76. 20. lat. 33. 35. (D. J.)​
[ [ "33 35' N 76 20' E" ] ]
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v9-2573-0
MALIAQUE, Golfe
MALIAQUE, Golfe, en latin Maliacus sinus, (Géog.)​ ancien nom d’un golfe de Grece dans l’Archipel. Polybe l’appelle Melicus sinus, & Pausanias Lamiacus sinus. Son nom moderne est golfe de Zeiton, & non pas golfe de Volo, car ce golfe de Volo est le sinus Pelasgicus des anciens. (D. J.)​
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v9-2576-0
MALICUT
MALICUT, (Géog.)​ petite île des Indes sur la côte de Malabar, & à 35 lieues N. des Maldives. Elle est entourée de bancs dangereux, mais l’air y est tempéré, & le terroir abondant en toutes sortes de fruits. (D. J.)​
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v9-2580-1
Maline, la
Maline, la, (Géog.)​ riviere de l’Amérique septentrionale, qui se perd dans le golfe du Mexique. Les Espagnols la nomment riviere de sainte Thérese.
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v9-2581-0
MALINES
MALINES, (Géog.)​ ville des Pays-bas dans le Brabant autrichien, capitale de la seigneurie du même nom, avec un archevêché érigé par Paul IV. en 1559, dont l’archevêque prend le titre de primat des Pays-bas, & un conseil que Charles IV. duc de Bourgogne, y établit en 1474. Il s’est tenu à Malines trois conciles provinciaux. Cette ville est appellée Machelen par les Flamands, & Machel par les Allemands. Le nom latin Mechlinia qu’on lui donne, ne differe guere de celui que lui donnoient les anciens écrivains. Elle est sur la Dendre près du confluent de la Dyle & de l’Escaut, au milieu du Brabant, à 4 lieues N. O. de Louvain, autant N. E. de Bruxelles, & à pareille distance S. E. d’Anvers, 10 S. E. de Gand. Long. 22. 5. lat. 51. 2. Malines a perdu son ancien éclat ; elle ne cherche qu’à subsister de son commerce de grains, de fil & de dentelles. Autrefois on la nommoit Malines la magnifique, Malines la belliqueuse ; & elle produisoit encore de tems à autre des hommes de lettres, dont à présent ni elle, ni les autres villes des Pays-bas autrichiens, ne renouvellent plus les noms. Rembert Dodoné, Christophe Longueuil, Van den Zipe, naquirent à Malines. Le premier est connu des Botanistes par ses ouvrages. Le second mort à Padoue en 1522 à 32 ans, est un écrivain élégant du xvj. siecle. Van den Zipe, en latin Zipæus, est un célebre canoniste, dont on a recueilli les œuvres en 1675, en 2 vol. in-fol. Il mourut en 1650, à 71 ans. (D. J.)​
[ [ "51 2' N 22 5' E" ] ]
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v9-2589-0
MALLIENS, les
MALLIENS, les, (Géog. anc.)​ en latin Malli ; anciens peuples des Indes, voisins des Oxydraques, vers la source de l’Indus. C’est chez ce peuple que Alexandre risqua d’être tué, dit Strabon, en assiégeant une place. Quint-Curse prétend que c’étoit chez les Oxydraques mêmes. (D. J.)​
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v9-259-0
KATIF el
KATIF el, (Géog.)​ ville de l’Arabie heureuse, dans la province de Bahrain, du côte de Ahsa, sur la côte du golfe Persique. Les hautes marées vont jusqu’au pié de ses murs, & il y a un golfe ou canal, par lequel les plus gros navires s’approchent de la ville avec la marée. Long. selon Abulféda, 73. 55. lat. 22. 35. (D. J.)​
[ [ "22 35' N 73 55' E" ] ]
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v9-2591-0
MALLOEA
MALLOEA, (Géogr. anc.)​ ancienne place de la Perrhébie, selon Tite-Live. Elle fut prise par les Etoliens dans la guerre contre Philippe, reprise par ce prince, & enfin par les Romains qui la mirent au pillage. (D. J.)​
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v9-2593-0
MALLUS
MALLUS, (Géog. anc.)​ ville d’Asie en Cilicie, & dans les terres assez près du fleuve Pyram, que l’on remontoit pour y arriver par eau quand on venoit de la côte. Elle avoit été bâtie par Amphiloque & par Mopsus, fils d’Apollon & de la nymphe Manto, c’est pourquoi l’oracle de Mallus est nommé l’oracle d’Amphiloque par Dion Cassius, dans la vie de Commode. Mallus de Cilicie étoit la patrie du fameux grammairien Cratès, contemporain d’Aristarque, & que le roi Attalus députa vers le sénat. Il mit le premier à Rome l’étude de la grammaire en honneur, & fut aussi goûté que suivi dans les leçons qu’il en donna pendant le cours de son ambassade. Strabon le surnomme le Mallotès.
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v9-2594-0
MALMÉDI
MALMÉDI, (Géog.)​ en latin moderne Malmundarium ; petite ville d’Allemagne vers la frontiere des pays de Liége & de Luxembourg, avec une abbaye de Bénédictins. Malmédi est sur la riviere de Recht, à 21 lieues N. de Luxembourg. Long. 23. 40. lat. 50. 28.
[ [ "50 28' N 23 40' E" ] ]
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v9-2595-0
MALMESBURY
MALMESBURY, (Géogr.)​ en latin Maldunum ; petite ville à marché d’Angleterre en Wiltshire. Elle envoie deux députés au parlement, & est située sur l’Aven, à 72 milles O. de Londres. Long. 15. 36. lat 51. 36. Ce lieu est remarquable par les ruines de sa célebre abbaye fondée en 660, & pour avoir donné la naissance non-seulement à Guillaume de Malmesbury, mais au fameux Hobbes. Le moine bénédictin qui porte le nom de cette abbaye détruite, florissoit dans le xij. siecle. Il est auteur d’une histoire ecclésiastique d’Angleterre, & d’autres ouvrages qu’Henri Saville fit imprimer à Londres en 1596. Hobbes (Thomas), l’un des plus grands esprits du dernier siecle & qui en abusa, homme étonnant par la profondeur de ses méditations, naquit en 1588, & mourut en 1679 à 91 ans ; cependant sa mere, saisie de frayeur à l’approche de l’armée navale d’Espagne, étoit accouchée de lui avant terme. Tout le monde connoît les dangereux principes qu’il établit dans son traité du citoyen & son léviathan ; il désigne le corps politique sous le nom de cette bête. Les inconvéniens du système de cet auteur ingénieux sont immenses, & les beaux génies d’Angleterre les ont trop bien mis au jour pour qu’on puisse jamais les déguiser à soi-même ou aux autres. Voyez l’art. Hobbisme. (D. J.)​
[ [ "51 36' N 15 36' E" ] ]
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v9-2597-0
MALMISTRA
MALMISTRA, (Géogr.)​ ville en Caramanie, située sur une riviere de même nom, entre les ruines de Tarse & d’Adena. Cette ville est encore le siege d’un évêque grec. (D. J.)​
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v9-2598-0
MALMOÉ, ou Malmuyen, en latin, Malmogita
MALMOÉ, ou Malmuyen, en latin, Malmogita, (Géogr.)​ petite ville de Suede, dans la Scanie. Elle fut cédée aux Suédois par les Danois en 1658. Les Flamands l’appellent Ellemogen, c’est-à-dire coude, parce qu’elle fait une maniere de recoin. Elle est sur le Sund, à 4 lieues S. O. de Lunden, capitale, 6 S. E. de Copenhague. Long. 30. 54. lat. 53. 5. (D. J.)​
[ [ "53 5' N 30 54' E" ] ]
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v9-2601-0
MALO, Saint, en latin moderne Macloviopolis
MALO, Saint, en latin moderne Macloviopolis, (Géogr.)​ ville de France en Bretagne, avec un évéché suffragant de Tours, qui vaut aujourd’hui 36 mille livres de rente. Elle a pris le nom qu’elle porte de Saint-Malo son premier évêque, en 1149. Son port est célebre, & très-fréquenté ; cependant il est d’un difficile accès, à cause des rochers qui l’environnent. Les gros bâtimens vont décharger à Saint-Sorvand, qui est plus avant dans la baie au midi. Saint-Malo est défendu par un château, qui est à l’entrée de la chaussée, & par plusieurs forts. C’est une des villes du royaume où se fait le plus grand & le plus avantageux commerce, sur-tout avec l’Espagne pour l’Amérique, & en terre ferme, pour la pêche de la morue. Elle a formé d’illustres pilotes, entr’autres Jacques Cartier, célebre navigateur, & qui découvrit le Canada en 1534. On sait qu’elle est la patrie de M. du Guay du Trouin, un des grands hommes de mer de notre siecle. On a de lui des mémoires curieux, imprimés à Paris en 1740, in-4. où l’on peut voir le détail de ses expéditions. Saint-Malo est situé dans une île, jointe à la terre ferme par une chaussée ou jettée très-solide, à 7. lieues N. O. de Dol, 17. N. O. de Rennes, 38 N. O. de Nantes, 82. S. O. de Paris. Long. selon Cassini, 15d21′30″. lat. 49d16′12″. Mém. de l’ac. 1732. (D. J.)​
[ [ "49 16' 12\" N 15 21' 30\" E" ] ]
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v9-2613-0
MALTHE
MALTHE, (Géog.)​ en grec μελίτη, en latin Melita, île de la mer Méditerranée, entre les côtes d’Afrique, & celle de l’île de Sicile, qui n’en est éloignée que de quinze lieues au septentrion. Elle a à l’orient la mer Méditerranée qui regarde l’île de Candie, au midi la ville de Tripoli en Barbarie, & à l’occident les îles de Pantalavée, de Linose, & de Lampadouze. Elle peut avoir six ou sept lieues de longueur, sur trois de large, & environ vingt de circuit. Cluvier croyoit que cette île étoit l’ancienne Ogygie, où la nymphe Calypso demeuroit, & où elle reçut Ulysse avec tant d’humanité, après le naufrage qui lui arriva sur ses côtes. Mais outre qu’Homere nous en fait une description si riante, qu’il est impossible d’y reconnoître Malthe, il ne faut chercher en aucun climat une île fictive, habitée par une déesse imaginaire. Ptolomée a mis l’isle de Malthe entre celles d’Afrique, soit faute de lumieres, soit qu’il se fondât sur le langage qu’on y parloit de son tems, & que les natifs du pays y parlent encore aujourd’hui ; c’est un jargon qui tient de l’arabe corrompu. Malthe est en elle-même un rocher stérile, où le travail avoit autrefois forcé la terre à être féconde, quand ce pays étoit entre les mains des Carthaginois ; car lorsque les chevaliers de S. Jean de Jérusalem en furent possesseurs, ils y trouverent des débris de colonnes, & de grands édifices de marbre, avec des inscriptions en langue punique. Ces restes de grandeur étoient des témoignages que le pays avoit été florissant. Les Romains l’usurperent sur les Carthaginois, & y établirent un préfet, πρῶτος, comme il est nommé dans les actes des Apôtres, c. xxviij. v. 7. & comme le prouve une ancienne inscription qui porte πρῶτος Μελιταιῶν ; ce préfet étoit sous la dépendance du préteur de Sicile. Les Arabes s’emparerent de l’isle de Malthe vers le neuvieme siecle, & le Normand Roger, comte de Sicile, en fit la conquête sur les Barbares, vers l’an 1190. Depuis lors, elle demeura annexée au royaume de Sicile, dont elle suivit toujours la fortune. Après que Soliman eut chassé les chevaliers de Malthe de l’isle de Rhodes en 1523, le grand maître Villiers-Lisle-Adam se trouvoit errant avec ses religieux & les Rhodiens attachés à eux sans demeure fixe & sans ports pour retirer sa flotte. Il jetta les​ yeux sur l’isle de Malthe, & se rendit à Madrid, pour demander à l’empereur qu’il lui plût par une inféodation libre & franche de tout assujettissement, remettre aux chevaliers cette isle, sans lesquelles graces la religion alloit être ruinée. L’envie de devenir le restaurateur & comme le second fondateur d’un ordre qui depuis plusieurs siecles s’étoit consacré à la défense des chrétiens, & l’espérance de mettre à couvert des incursions des infideles les isles de Sicile & de Sardaigne, le royaume de Naples, & les côtes d’Italie déterminerent Charles-Quint en 1525, à faire présent aux chevaliers de Jérusalem, des isles de Malthe & de Goze, aussi bien que de Tripoli, avec tous les droits honorifiques & utiles. Le pape confirma le don en 1530 ; mais Tripoli fut bien-tôt enlevé à la religion par les amiraux de Soliman. Les chevaliers de Jérusalem, après leur établissement à Malthe, la fortifierent de toutes parts ; & même quelques-unes de ses fortifications se firent des deniers du grand-maître. Cependant Soliman indigné de voir tous les jours ses vaisseaux exposés aux courses des ennemis qu’il avoit cru détruits, se proposa en 1565 de prendre Malthe, comme il avoit pris Rhodes. Il envoya 30 mille hommes devant la ville, qu’on appelloit alors le bourg de Malthe : elle fut défendue par 700 chevaliers, & environ 8000 soldats étrangers. Le grand-maître Jean de la Valette, âgé de 71 ans, soutint quatre mois le siege ; les Turcs monterent à l’assaut en plusieurs endroits différens ; on les repoussoit avec une machine d’une nouvelle invention ; c’étoient de grands cercles de bois couverts de laine enduite d’eau-de-vie, d’huile, de salpètre, & de poudre à canon ; & on jettoit ces cercles enflammés sur les assaillans. Enfin, environ six mille hommes de secours étant arrivés de Sicile, les Turcs leverent le siége. Le bourg de Malthe qui avoit soutenu le plus d’assauts, fut appellé la cité victorieuse, nom qu’il conserve encore aujourd’hui. Pierre de Monté grand-maître de l’ordre, acheva la construction de la nouvelle ville, qui fut nommée la cité de la Valette. Le grand-maître Alof de Vignacourt, fit faire en 1616 un magnifique aqueduc pour conduire de l’eau dans cette nouvelle cité. Il fortifia plusieurs autres endroits de l’isle ; & le grand-maître Nicolas Cotoner y joignit encore de nouveaux ouvrages qui rendent Malthe imprenable. Depuis ce tems-là, cette petite isle brave toute la puissance ottomane ; mais l’ordre n’a jamais été assez riche pour tenter de grandes conquêtes, ni pour équiper des flottes nombreuses. Ce monastere d’illustres guerriers ne subsiste guere que des redevances des bénéfices qu’il possede dans les états catholiques, & il a fait bien moins de mal aux Turcs, que les corsaires d’Alger & de Tripoli n’en ont fait aux chrétiens. L’isle de Malthe tire ses provisions de la Sicile. La terre y est cultivée autant que la qualité du terroir peut le permettre. On y recueille du miel, du coton, du cumin, & un peu de blé. On comptoit dans cette isle & dans celle de Goze, en 1662, environ 50 mille habitans. La distance de Malthe à Alexandrie est estimée à 283 lieues de 20 au degré, en cinglant à l’est-sud-est. La distance de Malthe à Tripoli de Barbarie, peut-être de 53 lieues en tirant au sud, un quart à l’ouest. Dappert a situé Malthe à 49d. de longitude, & à 35d. 10 de latitude. Cette situation n’est ni vraie ni conforme à celle qui a été exactement déterminée par les observations du P. Feuillé, suivant lesquelles la longitude de cette isle est de 33d. 40′. 0″. & sa latitude de 35d. 54′. 33″. (D. J.)​​
[ [ "multsrc" ], [ "35 10' N 49 E" ], [ "35 54' 33\" N 33 40' 0\" E" ] ]
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